Togo - Multiple Indicator Cluster Survey - 2006

Publication date: 2006

Suivi de la Situation des Enfants et des Femmes Résultats de l’enquête nationale à indicateurs multiples TOGO 2006 RAPPORT FINAL AOUT 2007 DIRECTION GENERALE DE LA STATISTIQUE ET DE LA COMPTABILITE NATIONALE Tel. : (228) 221 62 24 / 221 22 87 BP 118, Lomé, Togo Email : dgscn_tg@yahoo.fr Site Web: www.stat-togo.org i Tableau récapitulatif des résultats Indicateurs de l’Enquête par grappes à Indicateurs Multiples (MICS) et des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), Togo, 2006 RUBRIQUE N° INDICATEUR MICS N° INDICATEUR OMD INDICATEURS VALEUR MORTALITE INFANTILE 1 13 Taux de mortalité infantile 77 ‰ Mortalité Infantile 2 14 Taux de mortalité chez les moins de 5 ans 123 ‰ NUTRITION 6 4 Prévalence de l’insuffisance pondérale 26,8 % 7 Prévalence des retards de croissance 23,7 % Etat Nutritionnel 8 Prévalence de la déperdition 14,3 % 45 Allaitement commencé à temps 35,8 % 15 Taux d’allaitement continu 28,4 % 16 Taux d’allaitement continu chez 12-15 mois chez 20-23 mois 70,2 44,2 % % 17 Taux d’alimentation complémentaire commencé à temps 34,9 % 18 Fréquence de l’alimentation complémentaire 24,9 % Allaitement 19 Enfants bien nourris 26,6 % 42 Supplémentation en vitamine A (moins de 5 ans) 39,3 % Vitamine A 43 Supplémentation en vitamine A (accouchées) 45,5 % 9 Enfants de faible poids à la naissance 11,5 % Faible poids à la naissance 10 Enfants pesés à la naissance 43,6 % SANTE DE L’ENFANT 25 Couverture vaccinale contre la tuberculose 88,0 % 26 Couverture vaccinale contre la polio 70,6 % 27 Couverture vaccinale contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC) 65,0 % 28 15 Couverture vaccinale contre la rougeole 63,1 % 31 Enfants entièrement vaccinés 49,2 % 29 Couverture vaccinale contre l’hépatite B 1,5 % Couverture vaccinale 30 Couverture vaccinale contre la fièvre jaune 49,5 % Toxoïde tétanique 32 Protection contre le tétanos néonatal 71,0 % 33 Utilisation de la thérapie de réhydratation par voie orale (TRO) 21,0 % 34 Traitement à domicile de la diarrhée 9,2 % 35 Traitement RVO reçu ou apport d’aliments liquides, et poursuite de l’alimentation 21,6 % 23 Consultations pour les enfants suspectés de pneumonie 22,7 % Traitement par la réhydratation orale 22 Traitement antibiotique des enfants suspectés de pneumonie 25,6 % Combustible solide 24 29 Combustibles solides 97,8 % 36 Disponibilité de moustiquaires imprégnées (MII) par ménage 40,2 % 37 22 Enfants de moins de 5 ans dormant sous une MII 38,4 % 38 Enfants de moins de 5 ans dormant sous une moustiquaire 40,8 % 39 22 Traitement antipaludéen (moins de 5 ans) 37,5 % Paludisme 40 Traitement préventif intermittent du paludisme (femmes enceintes) 18,1 % ii RUBRIQUE N° INDICATEUR MICS N° INDICATEUR OMD INDICATEURS VALEUR 96 Source d’approvisionnement Moustiquaires imprégnées 83,4 % 97 Coût d’approvisionnement Moustiquaire imprégnée Secteur public 2463 FCFA Sources et Coûts de l'approvisionnement Secteur médical privé 4000 FCFA ENVIRONNEMENT 11 30 Utilisation de source d’eau potable améliorée 60,6 % 13 Traitement de l’eau 5,4 % 12 31 Utilisation d’installations sanitaires améliorées 31,7 % Eau et assainissement 14 Élimination des excréments infantiles 26,5 % 93 Bail assuré 49,8 % 94 Durabilité de l’habitat 0,7 % Bail assuré et durabilité de l’habitat 95 32 Taudis 71,9 % SANTE DE LA REPRODUCTION 21 19c Prévalence des contraceptifs 16,8 % 98 Besoins à couvrir en matière de planning familial 40,6 % Contraception et besoins à couvrir 99 Demande couverte en matière de planning familial 29,3 % 20 Soins prénatals 83,8 % 44 Contenu des soins prénatals 88,6 % 4 17 Assistance par un personnel qualifié 62,0 % Santé de la mère et de l’enfant 5 Accouchements dans un établissement spécialisé 62,9 % DEVELOPPEMENT DE L’ENFANT 46 Soutien pour les études 36,3 % 47 Soutien paternel pour les études 40,9 % 48 Soutien pour les études : livres pour enfants 4,9 % 49 Soutien pour les études : autres livres 26,2 % 50 Soutien pour les études : matériel ludique 15,1 % Développement de l’enfant 51 Tuteur mineur 30,2 % EDUCATION Education 52 Fréquentation du préscolaire 15,7 % 53 Prédisposition pour la scolarisation 10,9 % 54 Taux d’entrée net au cycle primaire 52,4 % 55 Taux net de fréquentation au cycle primaire 79,3 % 56 Taux net de fréquentation au cycle secondaire 38,8 % 61 9 Indice de parité Primaire Secondaire 0,9 0,7 ratio ratio 57 7 Enfants parvenus au CM2 92,0 % 58 Taux de transition (passage) au cycle secondaire 44,9 % 59 7b Taux d’achèvement des études primaires 22,6 % Alphabétisation 60 8 Taux d’alphabétisation chez les femmes de15-24 ans 55,5 % iii RUBRIQUE N° INDICATEUR MICS N° INDICATEUR OMD INDICATEURS VALEUR PROTECTION DE L’ENFANT Enregistrement des naissances 62 Enregistrement des naissances 78,1 % 71 Travail des enfants 29,4 % 72 Élèves ouvriers 71,7 % Travail des enfants 73 Ouvriers élèves 29,1 % Discipline des enfants 74 Punitions de l’enfant Punition psychologique/physique 90,3 % 67 Mariage avant 15 ans Mariage avant 18 ans 5,2 27,9 % % 68 Jeunes femmes de 15-19 ans mariées ou en union 16,2 % 70 Polygamie 33,6 % Mariage précoce et polygamie 69 Différence d’âges des conjoints Femmes âgées de 15-19 ans Femmes âgées de 20-24 ans 21,9 24,6 % % 66 Approbation de l’E/MGF 2,0 % 63 Prévalence de l’E/MGF 5,8 % 64 Prévalence d’une forme extrême d’E/MGF 1,3 % Excision/ Mutilation génitale féminine (E/MGF) 65 Prévalence de l’E/MGF chez les filles 1,0 % Violence domestique 100 Attitudes face à la violence domestique 53,2 % Handicap 101 Enfants handicapés % VIH/SIDA, COMPORTEMENT SEXUEL ET ENFANTS ORPHELINS ET VULNERABLES 82 19b Connaissances générales sur la prévention du VIH/SIDA chez les jeunes 12,6 % 89 Connaissances sur la transmission mère-enfant du VIH/SIDA 60,0 % 86 Attitude face aux porteurs du VIH/SIDA 14,2 % 87 Femmes connaissant les centres de dépistage du VIH/SIDA 44,2 % 88 Femmes ayant subi le test de dépistage du VIH/SIDA 9,7 % 90 Prise en charge psychologique pour la prévention de la transmission mère-enfant du VIH/SIDA 48,5 % Connaissance du VIH/SIDA et attitude 91 Dépistage pour la prévention de la transmission mère- enfant du VIH/SIDA 8,4 % 84 Femmes de 15-19 ans ayant eu leur premier rapport sexuel avant l’âge de 15 ans 12,4 % 92 Femmes ayant eu le rapport sexuel au cours des 12 mois précédant l'enquête avec un homme les dépassant de 10 ans ou plus 15,8 % 83 19a Utilisation de préservatifs avec les partenaires occasionnels 49,9 % Comportement sexuel 85 Rapport sexuel à haut risque au cours de l’année écoulée 47,7 % 75 Prévalence d’orphelins 9,9 % 78 Conditions d’accueil des enfants 16,7 % 76 Prévalence d’enfants vulnérables 9,2 % 77 20 Fréquentation scolaire comparative orphelins/non- orphelins 0,9 ratio 81 Soutien extérieur aux enfants rendus orphelins ou vulnérables par le VIH/SIDA 6,0 % 79 Malnutrition chez les enfants rendus orphelins ou vulnérables par le VIH/SIDA - Faible poids - Retard de croissance - Emaciation 1,15 1,09 1,08 ratio Orphelins et enfants vulnérables 80 Rapports sexuels précoces chez les enfants rendus orphelins ou vulnérables par le VIH/SIDA 0,7 ratio v SOMMAIRE TABLEAU RÉCAPITULATIF DES RÉSULTATS. i SOMMAIRE. v LISTE DES TABLEAUX.vii LISTE DES GRAPHIQUES.iix SIGLES ET ABREVIATIONS. x AVANT-PROPOS ET REMERCIEMENTS. xi RESUME ANALYTIQUE .xii I. INTRODUCTION.1 1.1 CONTEXTE .1 1.2 OBJECTIFS DE L’ENQUETE.3 II. METHODOLOGIE D’ECHANTILLONNAGE ET D’ENQUETE.4 2.1 CONCEPTION DE L’ECHANTILLON.4 2.2 QUESTIONNAIRES .4 2.3 FORMATION ET TRAVAIL SUR LE TERRAIN.6 2.4 TRAITEMENT DES DONNEES .6 III. REPRESENTATIVITE DE L’ECHANTILLON ET CARACTERISTIQUES DES MENAGES ET DES PERSONNES INTERROGEES .7 3.1 REPRESENTATIVITE DE L’ECHANTILLON .7 3.2 CARACTERISTIQUES DES MENAGES.7 3.3 CARACTERISTIQUES DES PERSONNES INTERROGEES .10 IV. MORTALITE DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS.11 4.1 METHODOLOGIE .11 4.2 NIVEAU DE LA MORTALITE SELON LES CARACTERISTIQUES SOCIO- DEMOGRAPHIQUES .11 4.3 TENDANCE ET EVOLUTION DE LA MORTALITE DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS .13 V. ETAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS .15 5.1 STATUT NUTRITIONNEL .15 5.2 ALLAITEMENT AU SEIN .17 5.3 IODATION DU SEL.22 5.4 SUPPLEMENT EN VITAMINE A.22 5.5 FAIBLE POIDS A LA NAISSANCE .24 VI. SANTE DE L’ENFANT.26 6.1 COUVERTURE VACCINALE .26 6.2 PROTECTION CONTRE LE TETANOS NEONATAL (anatoxine tétanique).28 6.3 TRAITEMENT PAR SOLUTION DE REHYDRATATION ORALE .29 6.4 TRAITEMENT ANTIBIOTIQUE DES ENFANTS SUSPECTES DE PNEUMONIE.32 6.5 UTILISATION DES COMBUSTIBLES SOLIDES.34 6.6 PALUDISME .35 6.7 SOURCES ET COUTS DE L'APPROVISIONNEMENT EN MOUSTIQUAIRE TRAITEE.37 VII. ENVIRONNEMENT .39 7.1 EAU ET ASSAINISSEMENT.39 7.2 CONDITION DE L’HABITAT .44 VIII. SANTE DE LA REPRODUCTION .46 8.1 CONTRACEPTION.46 8.2 BESOINS NON SATISFAITS .47 8.3 CONSULTATIONS PRENATALES .48 8.4 ASSISTANCE PENDANT L'ACCOUCHEMENT.50 IX. DEVELOPPEMENT DE L’ENFANT.52 9.1 SOUTIEN FAMILIAL DANS L’EDUCATION DE LA PETITE ENFANCE .52 9.2 MATERIELS D’APPRENTISSAGE .53 9.3 ENFANTS LAISSES SANS SURVEILLANCE OU AVEC D’AUTRES ENFANTS.54 X. EDUCATION .55 10.1 EDUCATION PRESCOLAIRE ET PREDISPOSITION A LA SCOLARISATION.55 10.2 FREQUENTATION DE L’ECOLE PRIMAIRE ET SECONDAIRE .56 10.3 ALPHABETISATION DES JEUNES FEMMES .59 vi XI. PROTECTION DE L’ENFANT .61 11.1 ENREGISTREMENT DE LA NAISSANCE.61 11.2 TRAVAIL DES ENFANTS.62 11.3 DISCIPLINE DES ENFANTS .63 11.4 MARIAGE PRECOCE ET POLYGAMIE .63 11.5 EXCISION OU MUTILATION GENITALE FEMININE .66 11.6 VIOLENCE CONJUGALE.67 XII. VIH /SIDA : COMPORTEMENT SEXUEL, ENFANTS ORPHELINS ET VULNERABLES .69 12.1 CONNAISSANCE DE LA TRANSMISSION DU VIH/SIDA ET UTILISATION DU PRESERVATIF .69 12.2 COMPORTEMENT SEXUEL LIE A LA TRANSMISSION DU VIH/SIDA .74 12.3 ORPHELINS ET ENFANTS VULNERABLES.77 TABLEAUX.81 ANNEXES.Erreur ! Signet non défini. vii LISTE DES TABLEAUX Tableau HH.1: Résultats des enquêtes auprès des ménages et des personnes .83 Tableau HH.2: Répartition de la population des ménages par âge et sexe .84 Tableau HH.3: Composition du ménage .85 Tableau HH.4: Caractéristiques individuelles des femmes.86 Tableau HH.5: Caractéristiques individuelles des enfants.87 Tableau CM.1: Mortalité des enfants.88 Tableau CM.2: Naissances vivantes et proportion de décès .89 Tableau NU.1: Malnutrition infantile.90 Tableau NU.1W: Malnutrition infantile .91 Tableau NU.2: Allaitement initial .92 Tableau NU.3: Allaitement maternel.93 Tableau NU.3W: Allaitement maternel .94 Tableau NU.4: Enfants adéquatement nourris.95 Tableau NU.6: Supplémentation des enfants en vitamine A .96 Tableau NU.7: Supplémentation post partum de la mère en vitamine A .97 Tableau NU.8: Enfants à faible poids à la naissance .98 Tableau CH.1: Vaccinations au cours de la première année.99 Tableau CH.1c: Vaccination durant la première année de vie (suite).100 Tableau CH.2: Vaccinations selon les caractéristiques contextuelles .101 Tableau CH.2c Vaccinations selon les caractéristiques contextuelles.102 Tableau CH.2c: Vaccinations selon les caractéristiques contextuelles (suite).103 Tableau CH.2c: Vaccinations selon les caractéristiques contextuelles (suite).104 Tableau CH.3: Protection contre le tétanos néonatal .105 Tableau CH.4: Réhydratation par voie orale .106 Tableau CH.5: Prise en charge de la diarrhée à domicile .107 Tableau CH.6: Recherche de soins pour des cas de pneumonie suspectés .108 Tableau CH.7: Traitement Antibiotique de la pneumonie .109 Tableau CH.7A: Connaissance de deux signes de risque de pneumonie .110 Tableau CH.8: Utilisation de combustibles solides.111 Tableau CH.9: Utilisation de combustible solide par type de foyer .112 Tableau CH.10: Disponibilité de moustiquaires imprégnées .113 Tableau CH.11: Enfants dormant dans un lit avec moustiquaire.114 Tableau CH.12: Traitement des enfants avec des médicaments anti-paludéens.115 Tableau CH.13: Traitement préventif du paludisme par intermittence.116 Tableau CH.14: Source et coût de l'approvisionnement en moustiquaires traitées.117 Tableau EN.1: Utilisation de sources d'eau améliorées.118 Tableau EN.2: Traitement domestique de l'eau .119 Tableau EN.3: Durée par rapport à la source d'eau.120 Tableau EN.4: Personne en charge de la corvée de l'eau.121 Tableau EN.5: Utilisation des moyens sains d'évacuation des excréments .122 Tableau EN.5w: Utilisation commune des installations d'assainissement améliorées.123 Tableau EN.6: Evacuation des excréments des enfants.124 Tableau EN.7: Utilisation de sources d'approvisionnement amelioré et d'installations sanitaires améliorées .125 Tableau EN.8: Sécurité de la propriété .126 viii Tableau EN.9: Durabilité du logement .127 Tableau EN.10: Habitat précaire .128 Tableau RH.1: Utilisation de la contraception.129 Tableau RH.2: Besoins non satisfaits en matière de contraception .130 Tableau RH.3: Prestataires de soins prénatals.131 Tableau RH.4: Soins prénatals .132 Tableau RH.4w: Contenu des soins prénatals .133 Tableau RH.5: Assistance pendant l'accouchement.134 Tableau CD.1: Soutien familial dans l'éducation de la petite enfance .135 Tableau CD.2: Matériels d’apprentissage.136 Tableau CD.3: Enfants laissés sans surveillance ou avec d’autres enfants .137 Tableau ED.1: Education préscolaire.138 Tableau ED.2: Admission à l’école primaire .139 Tableau ED.3: Taux net de scolarisation primaire.140 Tableau ED.4: Taux net de scolarisation secondaire.141 Tableau ED.4w: Enfants ayant l'âge de fréquenter l'école secondaire qui fréquentent l'école primaire .142 Tableau ED.5: Enfants atteignant la 5ème année .143 Tableau ED.6: Achèvement de l'école primaire et passage au cours secondaire .144 Tableau ED.7: Parité entre les sexes en matière d'éducation .145 Tableau ED.8: Alphabétisation des adultes .146 Tableau CP.1: Enregistrement des naissances .147 Tableau CP.2: Travail des enfants.148 Tableau CP.2w: Travail des enfants .149 Tableau CP.3: Etudiants travailleurs et travailleurs étudiants.150 Tableau CP.4: Discipline des enfants .151 Tableau CP.5: Mariage précoce et polygamie.152 Tableau CP.6: Écart d'âge entre les conjoints .153 Tableau CP.7: Excision.154 Tableau CP.8: Excision des filles .155 Tableau CP.9: Attitudes à l'égard de la violence domestique.156 Tableau HA.01: Connaissance de prévention de la transmission du VIH/SIDA.157 Tableau HA.02: Identification des préjugés concernant le VIH/SIDA .158 Tableau HA.03: Parfaite connaissance des voies de transmission du VIH/SIDA.159 Tableau HA.04: Connaissance de la transmission mère-enfant du VIH.160 Tableau HA.05: Attitudes à l'égard des personnes vivant avec le VIH/SIDA.161 Tableau HA.06: Connaissance d'une structure sanitaire pour le test de dépistage du VIH .162 Tableau HA.07: Couverture du test de dépistage et du counselling durant les soins prénataux .163 Tableau HA.08: Comportement sexuel qui augmente le risque d'infection par le HIV.164 Tableau HA.09 : Utilisation d’un préservatif lors des derniers rapports sexuels à haut risque.165 Tableau HA.10: Enfants vulnérables et orphelins .166 Tableau HA.11: Prévalence d’état d'orphelin et de vulnérabilité parmi les enfants .167 Tableau HA.12: Fréquentation scolaire des enfants orphelins et vulnérables.168 Tableau HA.13: Soutien des enfants orphelins et vulnérables dû au SIDA.169 Tableau HA.14: Malnutrition chez les enfants orphelins et vulnérables.170 Tableau HA.15: Comportement sexuel chez les jeunes femmes par statut d'orphelin et de vulnérabilité du fait du SIDA.171 ix LISTE DES GRAPHIQUES Graphique HH.1 : Pyramide des âges .9 Graphique CM.1: Taux de mortalité infantile selon certaines caractéristiques socio démographiques .13 Graphique CM.2: Variation des taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans.14 Graphique NU.1: Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans qui sont malnutris .16 Graphique NU.2: Pourcentage de femmes ayant commencé à allaiter moins d'une heure et d’un jour après la naissance .19 Graphique NU.3: Différentes formes d'alimentation des enfants selon leur âge.21 Graphique NU.5: Pourcentage de naissances vivantes dont le poids est inférieur à 2500 grammes à la naissance .25 Graphique CH.1: Pourcentage d'enfants de 12 à 23 mois vaccinés contre les maladies de l’enfance .27 Graphique CH.2: Pourcentage de mères ayant eu une naissance vivante au cours des 12 derniers mois, protégées contre le tétanos néonatal .29 Graphique CH.3: Pourcentage d’enfants de 0-59 mois ayant eu la diarrhée durant les 2 semaines et reçu une solution pour la réhydratation par voie orale (RVO) .31 Graphique CH.4: Pourcentage d’enfants de 0-59 mois ayant eu la diarrhée dans les deux dernières semaines et qui ont reçu plus de liquide et ont poursuivi l’alimentation .32 Graphique EN.1: Pourcentage de la population des ménages selon la source d'approvisionnement en eau de boisson .39 Graphique HA.1: Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant une connaissance exhaustive du mode de transmission du VIH/SIDA .71 Graphique HA.2: Comportement sexuel qui augmente le risque d’infection par le HIV .76 x SIGLES ET ABREVIATIONS ACT Associations médicamenteuses à base d’artémisinine BCG Bacille Bilié de Calmette et Guérin (Vaccin antituberculeux) CDC Centers for Disease Control, Etats-Unis CDE Convention relative aux droits des enfants CEDEF Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des Femmes CO Monoxyde de carbone CSPro Census and Survey Processing System DEVINFO Système de gestion de base de données DGSCN Direction Générale de la Statistique et de la Comptabilité Nationale DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté DTCoq Diphtérie, Tétanos, Coqueluche (Vaccin) E/MGF Excision ou Mutilation Génitale Féminine EDST Enquête Démographique et de Santé au Togo IPS Indice de Parité des Sexes IST Infections Sexuellement Transmissibles MDE Monde Digne des Enfants MII Moustiquaire Imprégnée à l’Insecticide MICS Enquête par grappes à indicateurs multiples NCHS National Center for Health Statistics, Etats-Unis OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement OMS Organisation Mondiale de la Santé ONU Organisation des Nations Unies ONUSIDA Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA PEV Programme Elargi de Vaccination PPTE Pays Pauvres Très Endettés QI Quotient Intellectuel QUIBB Questionnaire des Indicateurs de Base du Bien-être SIDA Syndrome d’Immunodéficience Acquise SO2 Dioxyde d’azote SPSS Statistical Package for Social Sciences SRO Sel de Réhydratation par voie Orale TCI Troubles liés à la Carence en Iode TPI Traitement Préventif Intermittent TRO Thérapie de Réhydratation par voie Orale UNDAF Plan cadre d’assistance des Nations Unies UNGASS Session spéciale de l’Assemblée de l’ONU sur le VIH/SIDA UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance VIH Virus de l’Immunodéficience Humaine ZD Zone de Dénombrement xi AVANT-PROPOS ET REMERCIEMENTS L’enquête MICS3-TOGO qui vient d’être réalisée a été rendue possible grâce à la volonté de l’UNICEF qui l’a initiée et soutenue matériellement, techniquement et financièrement. Au terme de cette enquête qui vient enrichir la banque de données sur la situation des enfants et des femmes au Togo, la Direction Générale de la Statistique et de la Comptabilité Nationale (DGSCN) tient à adresser ses sincères remerciements aux institutions et aux personnes ci-après : ƒ L’UNICEF pour sa noble initiative et toutes les ressources mises à la disposition de l’enquête ; ƒ Le PNUD pour sa contribution financière ; ƒ Le Comité de pilotage de MICS3 pour avoir su prendre, conformément à ses attributions, les dispositions appropriées pour la réalisation effective de l’enquête ; ƒ La Direction Générale de la Santé pour son aide matérielle ayant permis la collecte des données; ƒ Le 5ème PPMR (Programme Pluriannuel de Micro Réalisations) pour sa contribution efficace à la réussite de l’enquête ; ƒ Les préfets et autorités traditionnelles (chefs de canton, de village, etc.) pour les facilités administratives offertes en vue de sensibiliser et mobiliser la population à enquêter ; ƒ Tout le personnel d’encadrement technique pour les efforts consentis et le sérieux du travail accompli ; ƒ Les directeurs régionaux de la Statistique et de la Comptabilité Nationale pour avoir prouvé encore une fois leur maturité en matière de collecte de données ; ƒ Les directeurs régionaux du Plan et de l’Aménagement du Territoire pour les ressources matérielles mises à la disposition de l’enquête ; ƒ Les agents de collecte et de saisie pour l’esprit de sacrifice dont ils ont fait preuve ; ƒ Madame Hanu Béatrice VOSSAH-MOOH, Monsieur Kodjo Mawulolo ANIPAH et Monsieur Julien AMEGANDJIN, respectivement Administrateur Adjoint du projet Suivi /Evaluation, Consultant en cartographie et analyse des données, et Consultant en sondage, tous trois pour le compte de UNICEF-Togo, pour avoir apporté leurs expériences à toutes les phases de l’enquête ; ƒ Docteur Mouawiyatou BOURAIMA, Chef du Service National de la Nutrition au Ministère de la Santé, pour sa contribution inestimable tant pour la logistique que pour l’appui technique. xii RESUME ANALYTIQUE L’enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS3-2006) du Togo est une enquête nationale sur les ménages, les femmes et les enfants. Les données collectées sont représentatives au niveau national, au niveau du milieu de résidence (urbain et rural) et au niveau des cinq régions du pays et de la ville de Lomé. Les principaux objectifs consistent à recueillir des informations récentes pour le suivi de la progression des Objectifs du millénaire pour le développement adopté en septembre 2000 et du Plan d'action d'un Monde digne des enfants, adopté en mai 2002. MORTALITE DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS Dans le cadre de l’enquête MICS3, les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile sont calculés sur la base d’une technique d’estimation indirecte dénommée Méthode de Brass. Le taux de mortalité infantile (avant 1 an) s’élève à 77 pour mille, alors que la probabilité de mourir avant cinq ans est de 123 pour mille (taux de mortalité infanto-juvénile). Les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile sont plus élevés chez les enfants de sexe masculin (respectivement 89 pour mille et 139 pour mille) que chez les enfants de sexe féminin (65 pour mille et 105 pour mille). Les probabilités de décès des nourrissons et des enfants de moins de cinq ans sont environ deux fois plus élevées dans les zones rurales (89 pour mille et 143 pour mille) que dans les centres urbains (49 pour mille et 73 pour mille). ETAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS - Statut nutritionnel L’insuffisance pondérale qui se traduit par un poids insuffisant par rapport à l’âge, concerne environ le quart (27 %) des enfants de moins de cinq ans ; parmi ces derniers 7 % sont atteints de la forme sévère. Le retard de croissance qui se manifeste par une taille un peu plus petite par rapport à l’âge touche un peu moins du quart des enfants (24 %) alors qu’un enfant sur dix (10 %) souffre de la forme sévère. L’émaciation ou la déperdition aiguë qui se traduit par un poids de l’enfant trop faible par rapport à sa taille concerne 14 % des enfants dont 3 % présentent une forme sévère. Par ailleurs, 3 % des enfants de moins de cinq ans sont obèses, ce qui se manifeste par une surcharge pondérale. L’insuffisance pondérale et le retard de croissance sont plus répandus chez les garçons avec des proportions respectives de 27 % et 26 % que chez les filles (26% et 22%). En revanche, les filles sont légèrement plus émaciées (15%) que les garçons (14 %). - Allaitement au sein L’allaitement initial qui consiste à commencer à allaiter le bébé moins d’une heure après la naissance est pratiqué par un peu plus du tiers des femmes (36 %) alors que plus des deux tiers des femmes (70 %) ont allaité leurs enfants moins d’une journée après la naissance. L’allaitement maternel exclusif n’est pas encore systématique car seulement 35 % des enfants âgés de moins de 4 mois sont exclusivement nourris au lait maternel contre 28 % chez les enfants âgés de moins de six mois. L’introduction des aliments complémentaires solides et semi solides ou pâteux en plus de l’allaitement est assez répandue car les pourcentages des enfants qui reçoivent ces aliments passent de 35 % entre 6-9 mois à 70 % entre 12-15 mois. Toutefois le sevrage reste assez tardif car 44 % des enfants du groupe d’âges 20-23 mois sont toujours allaités au sein avec des aliments solides ou semi solides ; cette pratique est nettement plus répandue dans les zones rurales (56 %) que dans les centres urbains (26 %). xiii - Supplément en vitamine A Un peu plus de sept enfants sur dix (73 %) ont reçu une capsule de supplément en vitamine A au cours des douze derniers mois : 39 % au cours des 6 derniers mois et 34 % avant les 6 derniers mois. Par ailleurs, 15 % des enfants l’ont reçue à un moment quelconques (non connu). Au total, plus de 88 % des enfants ont reçu à un moment donné une capsule de supplément en vitamine A tandis que 11 % ne l’ont jamais reçue. Concernant les femmes ayant eu une naissance au cours des deux dernières années précédant l’enquête, moins d’une mère sur deux (46 %) a reçu un supplément en vitamine A avant les huit premières semaines qui ont suivi la naissance de son nouveau-né. En outre 2 % des femmes ont déclaré qu’elles ne sont pas sûres d’en avoir reçu. - Faible poids à la naissance Un peu plus de quatre enfants sur dix (44 %) nés au cours des deux dernières années ont été pesés et près de 12 % de ces enfants ont un poids inférieur à 2 500 grammes. SANTE DE L’ENFANT - Couverture vaccinale Environ 87 % des enfants âgés de 12 à 23 mois ont reçu un vaccin du BCG avant le 1er anniversaire alors que respectivement 63 % et 69 % ont reçu les trois doses de DTCoq et de Polio avant l'âge de 12 mois ; la couverture pour le vaccin contre la rougeole avant l'âge de 12 mois est de 58 %. Au total 49 % des enfants ont reçu toutes les huit doses des vaccins du Programme élargi de vaccination (PEV), et parmi eux, 43 % ont été complètement vaccinés avant leur premier anniversaire. Dans le même temps, 6 % des enfants n’ont reçu aucune dose de vaccin avant l’âge d’un an. La protection contre le tétanos néonatal touche environ sept mères sur dix (71 %) et de grandes disparités existent selon les régions car les pourcentages varient de 84 % dans la Commune de Lomé à 61 % dans la région des Savanes. - Traitement par solution de réhydratation orale La prévalence de la diarrhée au cours des deux semaines précédant l'enquête est de 15 % chez les enfants de moins de cinq ans et la pointe se situe chez les enfants âgés de 12 à 23 mois (23 %), ce qui correspond à la période de sevrage. Environ un enfant sur dix (10 %) qui a fait la diarrhée a reçu des liquides préparés à partir des paquets de solution de réhydratation par voie orale (SRO) alors que 2 % ont reçu des liquides de SRO pré conditionnés et 13 % des liquides recommandés faits à la maison. La grande majorité des enfants (79 %) ayant fait la diarrhée n’a reçu aucun traitement. - Traitement antibiotique des enfants suspectés de pneumonie Des symptômes de pneumonie sont signalés chez 6 % des enfants de moins de cinq ans au cours des deux semaines qui ont précédé l'enquête. Parmi ces enfants, 23 % ont été emmenés chez un prestataire de soins de santé appropriés dont 19 % dans une formation sanitaire publique et 6 % dans des structures privées ; un enfant malade sur quatre (26 %) a reçu un traitement antibiotique. La respiration rapide et la respiration difficile sont identifiées respectivement par 19 % et 22 % des mères comme étant des symptômes qui nécessitent que l'enfant soit emmené immédiatement chez un prestataire de soins de santé. Dans l'ensemble, 12 % seulement des femmes ont identifié correctement à la fois ces deux signes d'alerte de la pneumonie. Par contre, la fièvre (82%) est le symptôme le plus cité par la mère pour emmener l’enfant dans un établissement sanitaire. - Utilisation des combustibles solides Dans l'ensemble, la majeure partie des ménages (98 %) utilise encore les combustibles solides pour faire la cuisine. Le charbon de bois (44 %) et le bois de chauffe (50 %) sont les xiv deux combustibles les plus utilisés. La "paille/branchages/herbes" (4 %) et le gaz (1 %) constituent respectivement les troisième et quatrième combustibles les plus utilisés. Pour tous les autres types de combustibles, la proportion des ménages utilisateurs est inférieure à 1 %. - Paludisme Près d’un ménage sur deux (46 %) possède au moins une moustiquaire et 40 % une moustiquaire imprégnée. Par ailleurs 41 % des enfants de moins de cinq ans ont dormi sous une moustiquaire et 38 % sous une moustiquaire imprégnée. Il existe une disparité liée au sexe, marquée par une légère prédominance de l’utilisation de moustiquaires imprégnées chez les garçons (40 %) que chez les filles (37 %). Un peu moins d’un enfant sur cinq (19 %) a fait la fièvre au cours des deux semaines qui ont précédé l’enquête. En tout, 48 % des enfants fébriles ont été traités avec un antipaludéen "approprié" et 38 % ont reçu des antipaludéens dans les 24 heures qui ont suivi l'apparition des symptômes. Un peu moins d’une femme sur cinq (18 %) qui a donné une naissance au cours des deux dernières années a eu un traitement préventif intermittent (TPI) contre le paludisme durant leur grossesse. Les médicaments les plus utilisés sont la chloroquine (59 %) et le Fansidar (23 %). Les femmes qui résident dans les centres urbains (90 %) utilisent plus un médicament contre le paludisme durant leur grossesse que celles des zones rurales (70 %). Les sources publiques (83 %) ou privées (4 %) ont été les principaux moyens d'approvisionnement en moustiquaire traitée. Par ailleurs, 93 % des ménages ont reçu gratuitement les moustiquaires imprégnées au cours des campagnes nationales dans les structures publiques tandis que 14 % des ménages les ont obtenues auprès des sources privées. Le coût moyen d'acquisition des moustiquaires traitées par les ménages est de 2 500F CFA pour les sources publiques et de 4 000F CFA pour les sources privées. ENVIRONNEMENT - Eau et assainissement Au total, 61 % de la population utilise une source d’approvisionnement améliorée en eau de boisson ; cette proportion est deux fois plus élevée dans les zones urbaines (90 %) que dans les zones rurales (43 %). La grande majorité des ménages (90 %) n’utilise aucune méthode pour traiter l’eau de boisson ; en revanche 5 % des ménages, traitent l’eau de boisson surtout en y ajoutant de l’eau de javel ou du chlore et parfois en utilisant un filtre à eau ou en faisant bouillir l’eau avant de la boire. Seulement 18 % des ménages disposent d’une source d’approvisionnement en eau de boisson à domicile. Pour les ménages n’ayant pas sur place leur source d’approvisionnement, le temps moyen pour aller chercher et ramener l’eau à boire est de 24 minutes. Ce temps est deux fois plus élevé dans les zones rurales (30 minutes) que dans les zones urbaines (14 minutes). Dans la majorité des ménages, c’est une femme adulte (58 %) qui est chargée de la corvée d’eau. Les hommes adultes ne vont chercher de l’eau que dans 11 % des ménages, tandis que les proportions des filles et des garçons de moins de 15 ans qui vont chercher de l’eau représentent respectivement 6 % et 3 %. Un peu moins du tiers des ménages (32 %) dispose d’installations sanitaires améliorées ; toutefois ce pourcentage est presque sept fois plus élevé en milieu urbain (67 %) qu’en milieu rural (10 %). Dans les centres urbains, les installations d’assainissement améliorées les plus répandues sont les fosses septiques (23 %), les latrines couvertes (18 %) et les latrines améliorées aérées (13 %). Par contre, dans les zones rurales où les installations sanitaires non améliorées sont prédominantes, ce sont les "autres types de toilettes" (77 %) qui sont les plus utilisés. xv Dans l’ensemble, l’évacuation des excréments de 27 % des enfants âgés de 0 à 2 ans est faite de façon saine. Cette proportion est nettement plus élevée en milieu urbain (59 %) qu’en milieu rural (8 %). - Conditions de l’habitat La moitié des ménages urbains (50 %) n’a pas la sécurité de logement. Moins de 1 % de ménage vit dans des habitations considérées comme non durables; pour chacun des autres types de logements à savoir "logement en mauvais état", "logement situé dans une zone à risque" et "logement vulnérable aux accidents", moins de 1% des ménages sont concernés. Un peu moins de trois quarts des ménages urbains (72 %) vivent dans un habitat précaire. Les principaux facteurs qui contribuent à rendre l’habitat urbain précaire sont l’absence de sécurité de logement (55 %), l’absence d’utilisation d’installations sanitaires améliorées (34 %) et la promiscuité dans le logement (19 %). SANTE DE LA REPRODUCTION Le taux global de prévalence contraceptive est de 17 % dont 11 % concernent les méthodes modernes et 6 % les méthodes traditionnelles (abstinence, retrait et méthode de l’aménorrhée post partum). La contraception moderne est plus pratiquée par les femmes mariées des centres urbains (14 %) que celles qui résident dans les zones rurales (9 %). Quatre femmes en union sur dix (41 %) ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale ; cette proportion de femmes mariées regroupe 26 % pour l’espacement des naissances et 15 % pour la limitation des naissances. Sur 100 naissances 84 ont fait l’objet au moins une fois de consultations prénatales dispensées par un personnel qualifié de santé. Le taux de couverture des soins prénatals est plus élevé dans le milieu urbain (96 %) que dans la zone rurale (77 %). Pour près de neuf grossesses sur dix (89 %), les femmes enceintes qui ont accouché ont reçu des soins prénatals au moins une fois pendant la grossesse et que plus de huit femmes enceintes sur dix ont effectué au cours des consultations prénatales, des prises de poids (86 %) et des mesures de tensions artérielles (84 %). L’analyse des urines est effectuée par moins de sept femmes enceintes sur dix (68 %). D’autre part, plus de six accouchements sur dix (63 %) au cours des deux dernières années se sont déroulés dans une formation sanitaire, alors que 62 % des mères ont bénéficié de l’assistance d’un personnel qualifié. Les accouchements assistés par un personnel qualifié de la santé sont plus fréquents à Lomé (98 %) que dans les autres régions ; ils restent faibles particulièrement dans la région des Savanes (19 %). DEVELOPPEMENT DE L’ENFANT Pour plus du tiers des enfants de moins de cinq ans (36 %), un adulte était impliqué dans plus de quatre activités favorisant l’apprentissage et la maturité scolaire durant les trois jours précédant l’enquête. Le nombre moyen d’activités que des adultes ont entrepris avec des enfants est de 3. Par ailleurs quatre pères sur dix (41 %) se sont engagés dans au moins une activité de promotion de l’apprentissage et de préparation aux études de leurs enfants. Le quart (26 %) des enfants vit dans des ménages où il y a au moins 3 livres pour adultes tandis que 5 % seulement des enfants âgés de 0 à 59 mois ont des livres pour enfants. La proportion des enfants âgés de 0 à 59 mois ayant trois jouets ou plus pour s’amuser à la maison se situe à 15 % alors que ceux ne disposant d’aucun jouet représentent 24 %. Près de trois enfants sur dix (29 %) de moins de cinq ans ont été mis sous la surveillance d’autres enfants, tandis que 9 % ont été laissés seuls durant la semaine qui a précédé l’enquête. xvi EDUCATION La fréquentation d’une école maternelle ou d’un jardin pour les enfants de 36 à 59 mois reste encore faible (16 %). Les disparités entre les milieux urbain (32 %) et rural (5 %) sont importantes tandis que les enfants du sexe féminin (18 %) semblent être privilégiés dans la fréquentation d’un programme préscolaire que les petits garçons (14 %). Parmi les enfants en âge d’entrer à l’école primaire (6 ans), 52 % sont inscrits en première année du primaire et le pourcentage des enfants de sexe masculin est un peu plus élevé (55 %) que celui des filles (50 %). La majorité des enfants (79 %) en âge d’être dans l’enseignement primaire (6-11ans) est scolarisée. Il existe un écart entre le taux net de scolarisation des garçons de 6-11 ans (82 %) et celui des filles de même groupe d’âges (76 %). Dans les centres urbains, 91 % des enfants de (6-11 ans) sont scolarisés contre 74 % dans la zone rurale. Dans l’enseignement secondaire, seulement près de quatre enfants sur dix (39 %) en âge de fréquenter le secondaire (12-18 ans) suivent les cours dans un établissement secondaire. Sur tous les enfants qui entrent en première année, la majorité (92 %) va en définitive atteindre la cinquième année du cycle primaire. Toutefois seuls 23 % des enfants en âge d’achever le cycle primaire (11 ans) étaient en dernière année du cycle. Ce pourcentage est plus important dans les centres urbains (40 %) que dans les zones rurales (15 %). Par ailleurs, moins d’un élève sur deux (45 %) qui a achevé avec succès la dernière année de l’école primaire se trouvait en première année du secondaire l’année suivante. Ce taux de transition est un peu plus élevé chez les garçons (47 %) que chez les filles (43 %) et plus élevé dans le milieu urbain (53 %) que dans le milieu rural (40 %). L’indice de parité des sexes (IPS) est proche de 1 au cycle primaire dans presque toutes les régions, ce qui indique qu’il n’existe presque pas d’écart entre filles et garçons âgés de 5 à 11 ans en termes de fréquentation de l’école primaire. Par contre, pour le cycle secondaire, l’IPS est de 0,7 pour l’ensemble du pays. L’analphabétisme est encore répandu chez les femmes. Parmi celles qui sont âgées de 15 à 24 ans, 56 % seulement savent lire et écrire. La proportion des jeunes alphabètes est plus importante dans les centres urbains (67 %) que la zone rurale (42 %). PROTECTION DE L’ENFANT - Enregistrement de la naissance Au niveau national, 78 % des enfants de moins de cinq ans ont été enregistrés à l’état civil ; l’enregistrement des naissances ne se fait pas nécessairement dans les délais légaux, car à l’âge de 11 mois, 70 % seulement des enfants sont enregistrés ; ce pourcentage augmente graduellement avec l’âge jusqu’à 59 mois pour atteindre 80 %. Parmi les différentes raisons du non enregistrement des naissances à l’état civil, le coût élevé (25 %), la peur de payer une amende (8 %), l’éloignement (7 %) et l’ignorance (6 %) sont plus évoqués. - Travail des enfants Au total, 29 % des enfants âgés de 5-14 ans ont effectué au cours de la semaine qui a précédé l’enquête des travaux rémunérés ou domestiques. Dans l’ensemble, les enfants sont plus occupés dans le ménage pour l’entreprise familiale (21 %) alors qu’en dehors du ménage, ils sont employés pour des travaux non rémunérés (7 %). Les enfants effectuant des travaux rémunérés en dehors du ménage sont peu nombreux (3 %). - Discipline des enfants Neuf enfants âgés de 2 à 14 ans sur dix (90 %) ont subi au moins une forme de punition psychologique ou corporelle de la part de leur mère ou d’autres membres du ménage, tandis que près du quart des enfants (24 %) a fait l’objet de corrections corporelles sévères. xvii - Mariage précoce et polygamie Pour l’ensemble du pays, 5 % des femmes en union ont contracté leur premier mariage avant l’âge de 15 ans. Cette proportion est deux fois plus élevée dans les zones rurales (7 %) que dans les centres urbains (3 %). La polygamie pour sa part reste assez répandue, car plus du tiers des femmes âgées de 15 à 49 ans en union (34 %) vit dans une union polygamique. Cette pratique est plus développée dans les zones rurales (40 %) que dans les centres urbains (24 %). Plus d’une adolescente âgée de 15 à 19 ans mariée sur cinq (22 %) et le quart (25 %) des jeunes femmes âgées de 20-24 ans en union ont un conjoint plus âgé d’au moins dix ans. Le phénomène est plus répandu dans les centres urbains où 40 % des jeunes mariées de 15-19 ans et 29 % des femmes de 20-24 ans ont épousé des maris plus âgés de 10 ans au moins alors que dans la zone rurale les pourcentages s’élèvent respectivement à 15 % et 21 %. - Excision ou mutilation génitale féminine La prévalence de la mutilation génitale chez les femmes de 15-49 ans est de 6 %. Le pourcentage des femmes qui ont subi une excision est plus élevé en milieu rural (7 %) qu’en milieu urbain (4 %). Parmi les femmes excisées, 86 % ont subi une ablation partielle alors que 2 % ont été victimes de la forme extrême de la mutilation génitale qui se manifeste par la couture ou la fermeture du vagin. Sur 100 femmes, 85 pensent que la pratique de l’excision doit s’arrêter, 9 estiment que cela dépend de la situation alors que 2 % croient que la pratique peut continuer. L’excision des jeunes filles est une pratique qui tend à disparaître car la prévalence est de 1 % pour l’ensemble du pays. Parmi les filles qui ont été excisées, 11 % ont subi la forme extrême de mutilation et 82 % une ablation partielle des organes génitaux. - Violence conjugale Au total 53 % des femmes enquêtées approuvent qu’un mari puisse battre sa femme ou sa partenaire dans certaines conditions ; ce pourcentage est plus élevé dans la zone rurale (62 %) que dans le milieu urbain (44 %). VIH / SIDA : COMPORTEMENT SEXUEL, ENFANTS ORPHELINS ET VULNERABLES - Connaissance de la transmission du VIH/SIDA et utilisation du préservatif La très grande majorité des femmes (96 %) a entendu parler de la pandémie du sida. Cependant, le pourcentage des femmes qui connaissent l’un des trois principaux moyens de prévenir la transmission du VIH/SIDA est de 92 % alors que 53 % en ont une connaissance exhaustive. Par ailleurs, six femmes sur dix (60 %) connaissent tous les trois modes de transmission du sida de la mère à l’enfant tandis que 5 % des femmes ne connaissent aucun de ces trois moyens. Au total, près de neuf femmes sur dix (86 %) approuvent au moins une attitude discriminatoire vis-à-vis des personnes atteintes de VIH/SIDA alors que 14 % des enquêtées sont opposées à toutes les formes discriminatoires et de stigmatisation des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Ces pourcentages sont deux fois plus élevés dans le milieu urbain (20 %) que dans les zones rurales (9 %). Dans l’ensemble, quatre femmes âgées de 15-49 ans sur dix (44 %) connaissent un endroit où l’on peut faire le test de dépistage du sida tandis qu’une femme sur dix (10 %) a déjà effectué ce test. Parmi les femmes qui ont effectivement effectué le test, neuf sur dix (92 %) ont eu les résultats. En outre, presque une femme sur deux (49 %) qui avait donné naissance au cours des deux dernières années a bénéficié des informations ou conseils sur la prévention du VIH/SIDA lors des consultations prénatales mais seulement 8 % ont effectué le test de dépistage pour connaître leur situation sérologique. xviii - Comportement sexuel lié à la transmission du VIH/SIDA Le pourcentage des filles adolescentes âgées de 15-19 ans qui ont eu leur premier rapport sexuel avant l’âge de 15 ans est de 12 %. Ce pourcentage est deux fois plus élevé dans les zones rurales (18 %) que dans les zones urbaines (8 %). Chez les femmes mariées âgées de 20-24 ans, 54 % ont eu leur premier rapport sexuel avant l’âge de 18 ans. Ces pratiques sont plus répandues chez les jeunes femmes des zones rurales (64 %) que chez celles du milieu urbain (46 %). La plupart des jeunes femmes de 15-24 ans (72 %) sont sexuellement actives dont 62 % ont eu des rapports sexuels au cours des douze derniers mois. Une proportion non négligeable (3 %) de ces femmes ont des comportements à hauts risques, parce qu’elles ont eu des rapports sexuels avec plusieurs partenaires tandis que près d’une jeune femme sur deux (48 %) a eu une sexualité extraconjugale. Parmi ces dernières, une sur deux (50 %) a déclaré avoir eu des rapports protégés. - Orphelins et enfants vulnérables Le ratio taux de fréquentation scolaire des enfants orphelins et vulnérables par rapport au taux de fréquentation des enfants ni orphelins ni vulnérables est égal à 1, ce qui signifie qu’il n’y a pas de différence apparente entre les deux groupes d’enfants dans la fréquentation scolaire. La très grande majorité des enfants orphelins et vulnérables du sida (94%) ne reçoit aucun soutien de la part du gouvernement et des organisations communautaires. Seuls 6 % de ces enfants ont reçu au moins un des quatre types de soutien au cours des douze derniers mois tandis qu’une proportion très infime (0,2%) a reçu tous les quatre types de soutien (médical, émotionnel ou psychosocial, social ou matériel et scolaire). Globalement, les enfants orphelins et vulnérables présentent une prévalence de malnutrition un peu plus importante que les enfants qui vivent avec leurs parents biologiques. Toutefois, les trois indices de l’état nutritionnel sont moins élevés chez les enfants orphelins que chez les enfants vulnérables. Le pourcentage des adolescentes âgées de 15 à 17 ans qui ont eu des rapports sexuels avant l'âge de15 ans est moins élevé chez les jeunes orphelines et vulnérables (10%) que chez les adolescentes n’étant ni orphelines et ni vulnérables (15%). Le ratio pourcentage des adolescentes orphelines et vulnérables sur le pourcentage de jeunes filles âgées de 15 à 17 ans non orphelines ou non vulnérables est de 0.7, ce qui indique que les jeunes filles en situation difficile, à la différence de ce qui se passe dans beaucoup de pays, courent moins de 30 % de risques de contracter leurs premiers rapports sexuels avant l’âge de 15 ans. I. INTRODUCTION 1.1 CONTEXTE Ce rapport est basé sur l'Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) menée au Togo en 2006 par la Direction Générale de la Statistique et de la Comptabilité Nationale (DGSCN). Cette enquête fournit des informations précieuses sur la situation des enfants et des femmes au Togo, et se base en grande partie sur la nécessité de surveiller la progression vers les objectifs et cibles émanant d'accords internationaux récents : la Déclaration du Millénaire adoptée par tous les 191 Etats membres des Nations Unies en septembre 2000 et le Plan d'Action d'un Monde digne des enfants (MDE), adopté par 189 Etats membres lors d'une session spéciale des Nations Unies sur les enfants en mai 2002. Ces deux engagements se basent sur les promesses faites par la communauté internationale lors du Sommet Mondial de 1990 pour les enfants. En signant ces accords internationaux, les gouvernements se sont engagés à améliorer les conditions de vie de leurs enfants et à surveiller les progrès réalisés en ce sens. L'UNICEF s'est vu attribuer un rôle de soutien dans le cadre de cette mission (voir tableau ci-dessous). Un engagement à l'action : Responsabilités nationales et internationales de compte-rendu Les gouvernements qui ont signé la Déclaration du Millénaire ainsi que la Déclaration et le Plan d'Action pour un Monde digne des enfants se sont également engagés à faire le suivi des progrès réalisés pour atteindre les buts et les objectifs qu'ils contiennent : • "Nous assurerons le suivi régulier et l’évaluation au niveau national et, si besoin est au niveau régional, des progrès accomplis vers les objectifs et les cibles du présent Plan d’action aux échelles nationales, régionales et internationales. En conséquence, nous renforcerons notre capacité statistique nationale en améliorant la collecte, l’analyse et la ventilation des données, notamment par sexe, âge et autres facteurs susceptibles de créer des inégalités, et nous appuierons toute une série de recherches axées sur les enfants. Nous améliorerons la coopération internationale afin d’appuyer les efforts de renforcement des capacités statistiques, et d’accroître les capacités des communautés en matière de suivi, d’évaluation et de planification. (Un Monde digne des enfants, paragraphe 60) • “…Nous évaluerons périodiquement les progrès réalisés, aux niveaux national et sous- national, afin de mieux surmonter les obstacles et d’accélérer l’action…." (Un Monde digne des enfants, paragraphe 61) Le Plan d’Action (paragraphe 61) préconise également l'implication spécifique de l'UNICEF dans la rédaction de rapports d'étape périodiques: • “… En tant que qu’organisation mondiale chef de file pour la protection de l’enfance, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance est prier de continuer à préparer et à diffuser, en étroite collaboration avec les Gouvernements, les fonds, programmes et institutions spécialisées concernés des Nations Unies, et avec les autres acteurs appropriés, le cas échéant, l’information sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la présente déclaration et du présent plan d'action". De la même façon, la Déclaration du Millénaire (paragraphe 31) suggère la rédaction périodique de rapports sur ces progrès: • “…Nous demandons à l'Assemblée Générale de réviser régulièrement les progrès réalisés dans l'application des dispositions de cette Déclaration, et demandons au Secrétaire Général de publier des rapports périodiques à soumettre à l'Assemblée Générale et qui serviront de base à d'autres actions". 2 Le Togo fait partie des pays qui ont souscrit à plusieurs initiatives internationales telles que : les Objectifs du millénaire pour le Développement (OMD), les Pays pauvres très endettés (PPTE), un "Monde digne des enfants " (MDE), etc. Le gouvernement togolais en collaboration avec les partenaires au développement a mis en œuvre des politiques et stratégies sectorielles pour améliorer la situation des enfants. A cet effet, le Ministère de la Santé a élaboré, validé et lancé le Plan national de réduction de la mortalité maternelle et néonatale qui couvre la période 2002-2006 ; par ailleurs, le Cadre Stratégique National de lutte contre le VIH/SIDA/IST 2001-2005 a été mis en œuvre à partir de 2004. Le Plan d’Action National "Education pour Tous " a été validé en 2005 en vue d’atteindre les objectifs nationaux basés sur les initiatives internationales dont le Togo est partie prenante. Le Document intérimaire de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) du Togo validé par le Gouvernement Togolais en Novembre 2004 est aligné sur les OMD/MDE. L’analyse couvre tous les secteurs des OMD mais elle n’est pas approfondie au stade du DSRP intérimaire. Le processus du DSRP final en cours fera une analyse plus détaillée à partir de certaines enquêtes et évaluations comme MICS3, QUIBB, Estimation des coûts (Costing) des OMD. Bien que le Togo ne dispose pas encore du DSRP approuvé par les partenaires au développement en particulier la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI), il fait de ce document un cadre de référence pour tout programme de développement du pays. Le système de gestion de base de données DEVINFO adopté par le gouvernement sera l’un des outils de suivi et d’évaluation des indicateurs des OMD. Les orientations stratégiques de l’UNDAF (Plan cadre d’assistance des Nations Unies) 2008- 2012 basées sur les OMD portent sur trois priorités : - La lutte contre la pauvreté (OMD 1); - Le développement des secteurs sociaux et des ressources humaines (OMD 2 à 6 et 7 (Eau et Assainissement)) ; - La promotion de la bonne gouvernance démocratique, administrative et économique. En plus de ces trois priorités le Togo a retenu une quatrième priorité à savoir la gestion durable de l’environnement et des ressources naturelles. Par ailleurs, les recommandations issues des différents rapports (Convention relative aux Droits de l’Enfant présenté par le Gouvernement Togolais le 24 Janvier 2005 à Genève et de la Convention sur l’Elimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard des Femmes soumis en Janvier 2006 à New York) présentés par le Togo sont en cours d’exécution à travers les différents programmes énumérés ci-dessus. Les validations de UNDAF (2008-2012) et des stratégies nationales de développement basées sur les OMD (mars 2007) sont des signes d’espoir pour créer un "Monde digne des enfants". A défaut du recensement général de la population depuis plus de 25 ans, des enquêtes récentes telles que MICS, QUIBB_2006 ont été réalisées pour fournir des informations fiables, complémentaires et croisées sur les indicateurs retenus par le pays pour suivre les différents engagements pris par le Togo y compris un "Monde digne des enfants". Plus concrètement, l’objectif principal de l’enquête MICS3 n’est pas de collecter simplement des données mais c’est d’orienter l’attention des décideurs politiques et des partenaires au développement vers un certain nombre de problèmes à résoudre, notamment vers l’amélioration des services sociaux de base. Ce rapport final présente les résultats des indicateurs et des sujets couverts dans le cadre de l’enquête. 3 1.2 OBJECTIFS DE L’ENQUETE L’enquête MICS3 a pour principaux objectifs: • d’apporter des informations récentes pour l’évaluation de la situation des enfants et des femmes au Togo; • de fournir les données nécessaires pour contrôler les progrès dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement, les objectifs d’un Monde digne des enfants (MDE) et d’autres objectifs fixés au plan international, comme base à une action future ; • de contribuer à l’amélioration des systèmes de collecte et de suivi des données au Togo et de renforcer l’expertise technique en matière de conception, de mise en œuvre et d’analyse de ces systèmes. 4 II. METHODOLOGIE D’ECHANTILLONNAGE ET D’ENQUETE 2.1 CONCEPTION DE L’ECHANTILLON Le plan de sondage de l’enquête MICS du Togo a été conçu pour fournir des estimations sur un grand nombre d’indicateurs sur la situation des enfants et des femmes au niveau national, en zones urbaine et rurale et pour six (6) domaines d’études presque confondues aux régions du pays à savoir : Lomé la capitale, la région Maritime (sans Lomé), la région des Plateaux, la région Centrale, la région de la Kara et la région des Savanes. Les régions ont été identifiées comme les principaux domaines d’échantillonnage et l’échantillon a été sélectionné en deux étapes. Dans chaque région, un certain nombre de zones de dénombrement (ZD) a été sélectionné avec une probabilité proportionnelle à l’effectif de la population. Domaines d'étude Lomé Maritime Plateaux Centrale Kara Savanes Total Nombre de ZD 64 53 55 40 45 43 300 Après l’établissement d’une liste des ménages dans les zones de dénombrement sélectionnées, un échantillon systématique de 22 ménages a été tiré au sort dans chaque zone de dénombrement. Etant donné que toutes les 300 zones de dénombrement sélectionnées ont pu être visitées, on a obtenu au total un échantillon de 6 600 ménages. L’échantillon a été stratifié par région et n’est pas auto-pondéré ; pour donner des résultats au niveau national, des échantillons pondérés sont utilisés et on peut trouver une description plus détaillée du plan d’échantillonnage dans l’Annexe A. 2.2 QUESTIONNAIRES Trois types de questionnaires ont été utilisés dans le cadre de l’enquête : 1) un questionnaire ménage pour recueillir des informations sur tous les membres et visiteurs du ménage et sur les caractéristiques de l’habitat ; 2) un questionnaire individuel femme administré dans chaque ménage à toutes les femmes âgées de 15 à 49 ans ; 3) un questionnaire individuel enfant, administré aux mères ou personnes en charge de tous les enfants de moins de cinq ans vivant dans le ménage. Chaque type de questionnaire comprend des modules différents. Le questionnaire ménage comprend les modules suivants: o Liste des membres du ménage o Education o Eau et assainissement o Caractéristiques du chef de ménage et de l’habitat o Sécurité de la propriété/Durabilité de l’habitat o Moustiquaires traitées aux insecticides o Enfants vulnérables et orphelins du fait du sida o Travail des enfants 5 o Discipline des enfants o Iodation du sel. Le questionnaire individuel femme comprend les modules suivants : o Mortalité des enfants o Anatoxine tétanique (Protection contre le tétanos néonatal) o Santé maternelle et du nouveau-né o Union/Mariage et polygamie o Sécurité de la propriété pour femme o Contraception o Excision/mutilations génitales féminines o Attitudes face à la violence conjugale o Comportement sexuel o Connaissance du VIH/SIDA. Le questionnaire individuel enfant a été administré aux mères ou aux personnes en charge des enfants de moins de cinq ans1 vivant dans le ménage. Ce questionnaire est administré aux mères des enfants de moins de cinq ans ; dans le cas où la mère ne figure pas sur la liste établie sur les membres du ménage, la personne en charge de l’enfant est identifiée et interviewée. Le questionnaire individuel enfant comprend les modules suivants : o Enregistrement de la naissance à l’état-civil et apprentissage précoce o Développement de l’enfant o Vitamine A o Déparasitage o Allaitement o Traitement des maladies o Paludisme o Vaccination o Anthropométrie. Ces questionnaires sont basés sur le modèle de questionnaire MICS32. A partir de la version anglaise du modèle de questionnaire MICS3, les questionnaires ont été traduits en français et ont fait l’objet d’un essai préliminaire à Lomé pendant 5 jours c’est-à-dire du 1er au 05 avril 2006. Sur la base des résultats de l’essai préliminaire, des modifications ont été apportées à la formulation et à la traduction des questionnaires. Une copie des questionnaires MICS3 du Togo est fournie dans l’Annexe F. En plus de l’administration des questionnaires, les équipes en charge du travail sur le terrain ont testé la teneur en iode du sel de cuisine utilisé par les ménages et mesuré le poids et la taille des enfants de moins de 5 ans. Les détails et conclusions de ces mesures sont fournis dans les chapitres respectifs du rapport. 1 Les termes “ enfants de moins de 5 ans”, “enfants de 0 à 4 ans » et « enfants de 0 à 59 mois » sont utilisés de façon interchangeable dans ce rapport. 2 On peut trouver le modèle de questionnaire MICS3 sur www.childinfo.org, ou dans UNICEF, 2006. 6 2.3 FORMATION ET TRAVAIL SUR LE TERRAIN La formation comprenait des cours sur la cartographie et la reconnaissance des zone de dénombrement (ZD) et les contenus des questionnaires ainsi que des interviews simulées entre les agents de collecte pour leur permettre de s’habituer à poser des questions. a)- Enquête pilote La formation du personnel pour le travail sur le terrain a été menée pendant 11 jours c’est-à- dire du 21 au 31 mars 2006. Vers la fin de la période de formation, les agents de collecte ont passé 3 jours à s’exercer à mener des interviews dans 2 quartiers choisis à Lomé (Kodjoviakopé et Nyékonakpoè). Les données ont été collectées par 4 équipes, chacune comprenant 4 enquêteurs et 1 superviseur. Le travail sur le terrain a commencé le 1er avril 2006 et s’est terminé le 05 avril 2006. b)- Enquête principale La formation du personnel pour le travail sur le terrain a été menée pendant 14 jours, du 21 avril au 04 mai 2006. Vers la fin de la période de formation, les agents de collecte ont passé 4 jours à s’exercer à mener des interviews dans 5 quartiers choisis à Lomé (Totsi, Tokoin- Hôpital, Hanoukopé, Kodjoviakopé et Nyékonakpoè). Les données ont été collectées par 13 équipes, chacune comprenant 5 ou 6 enquêteurs (selon les régions), un contrôleur, un chauffeur (pour 2 équipes) et un superviseur. Le travail sur le terrain a commencé le 10 mai 2006 et s’est terminé le 24 juin 2006. 2.4 TRAITEMENT DES DONNEES Les données de l’enquête ont été saisies à l’aide du logiciel CSPro sur 8 micro-ordinateurs par 14 opérateurs de saisie sous la surveillance de 3 contrôleurs et 2 superviseurs. Afin de garantir la qualité des données, on a procédé à la double saisie suivie d’un contrôle de cohérence et de vraisemblance. Des procédures et programmes standard élaborés dans le cadre du projet global MICS3 et adaptés au questionnaire du Togo ont été utilisés tout au long du processus. Le traitement des données a commencé vingt jours après le début de la collecte des données c’est-à-dire le 30 mai 2006 et s’est achevé le 15 juillet 2006. Les données ont été analysées à l’aide du logiciel Statistical Package for Social Sciences (SPSS), Version 14, et le modèle de syntaxe et les plans d’exploitation des données élaborés par l’UNICEF. 7 III. REPRESENTATIVITE DE L’ECHANTILLON ET CARACTERISTIQUES DES MENAGES ET DES PERSONNES INTERROGEES 3.1 REPRESENTATIVITE DE L’ECHANTILLON Sur les 6 600 ménages sélectionnés, 6 562 ont été retrouvés et 6 492 ont été interrogés avec succès soit un taux de réponse des ménages de 98,9 %. Dans les ménages enquêtés, 6 713 femmes (âgées de 15 à 49 ans) ont été identifiées. Sur ces femmes, 6 213 ont été interrogées avec succès soit un taux de réponse de 92,6%. En outre, 4 158 enfants de moins de cinq ans ont été identifiés dans les ménages et 4 077 ont été enquêtés avec succès, ce qui correspond à un taux de réponse de 98,1%. Le taux global de réponse pour les femmes est de 91,6% et celui pour les enfants de moins de cinq ans est de 97,0% (tableau HH.1). D’après les résultats du tableau HH.1, il ressort qu’il n’y a pas d’écart sensible entre les taux de réponse des ménages, tant au niveau des régions qu’au niveau des zones (urbaine et rurale). Il est à noter cependant que ces taux tournent autour de la moyenne nationale qui est de 98,9%. En ce qui concerne le taux de réponse des femmes, il existe un écart entre les centres urbains (88,3%) et les zones rurales (95,4%). Les raisons majeures de cet écart seraient dues au fait que les ruraux sont le plus souvent des agriculteurs rattachés à leurs terres alors que les citadins sont très mobiles et sont rarement disponibles pour accepter les interviews. Au niveau des régions, on note une grande disparité de ces taux entre Lomé la capitale (84,5%) et les autres : Plateaux (91,3%), Kara (94,8%), Savanes (95,7%), Maritime (97,3%) et Centrale (98,2%). Pour les enfants de moins de cinq ans, il n’existe pas de différence notoire entre ces taux au niveau urbain, rural et régional. Le taux de réponse est en moyenne de 98,1% au niveau national et régional sauf dans la région des Plateaux où il est le plus bas (94,4%). 3.2 CARACTERISTIQUES DES MENAGES La distribution par âge et par sexe de la population touchée par l’enquête est fournie dans le tableau HH.2. Cette distribution est également utilisée pour produire la pyramide des âges dans le graphique HH.1. Dans les 6 492 ménages interrogés avec succès au cours de l’enquête, 30 542 membres de ménage ont été répertoriés. Sur ces 30 542 membres de ménage, on compte 15 131 hommes et 15 411 femmes ; ce qui représente 49,5% pour la population masculine contre 50,5% pour la population féminine. Les résultats indiquent également que la taille moyenne des ménages est de 4,7 individus. La structure par âge et par sexe de la population enquêtée est fournie dans le tableau HH.2. Les données de ce tableau montrent que les effectifs et les pourcentages de la population sont nettement plus importants vers les bas âges (moins de 20 ans) que vers les âges avancés (notamment à partir de 55 ans). 8 En effet, la répartition de la population en pourcentage par groupes d’âges quinquennaux se présente comme suit : 12 % pour 0-4 ans, 16 % pour 5-9 ans, 14 % pour 10-14 ans, 10 % pour 15-19 ans, 8 % pour 20-24 ans, 7.5% pour 25-29ans, 6 % pour 30-34 ans et 35-39ans tandis que l’on enregistre moins de 5 % pour tous les autres groupes d’âges. En comparant la structure par sexe et par grands groupes d’âges de MICS3 à celle obtenue lors de EDST2 (cf. tableau HH.2w), on se rend également compte que la population togolaise est légèrement plus féminine (51%) que masculine (49%). Par ailleurs, la répartition par grands groupes d’âges montre que la proportion des moins de 15 ans a tendance à baisser alors que celles des tranches 15-64 ans et 65 ans+ ont augmenté de 1998 à 2006. Tableau HH.2w : Répartition en pourcentage de la population par grands groupes d’âges selon différentes sources, Togo 2006 EDST (1998) MICS (2006) Grand groupe d’âges Homme Femme Total Homme Femme Total < 15 ans 50,6 45,1 47,7 42,7 41,5 42,2 15-64 ans 45,4 50,3 48,0 53,0 53,4 53,2 65 ans + 4,0 4,6 4,2 4,1 4,8 4,5 La structure par âge et par sexe est également illustrée par la pyramide de population dans la graphique HH.1. La pyramide des âges présente une allure régulière caractérisée par une base large avec une forte population de moins de 20 ans représentant plus de la moitié de la population et un sommet rétréci à cause de la mortalité élevée des adultes. Cependant on constate un très grand rétrécissement de la base. Ce rétrécissement peut être dû d’une part à une baisse récente de la fécondité au Togo et d’autre part à un mauvais enregistrement par les agents enquêteurs pour diminuer les interviews sur les enfants de moins de cinq ans. A l’exception des enfants de moins de cinq ans, les âges des hommes en général sont mieux déclarés que ceux des femmes. En ajout à la tendance à déclarer les âges ronds terminés par zéro (0) ou cinq (5) pour les personnes qui n’ont pas une idée précise de leur âge, il y a gonflement des femmes âgées de 50-54 ans et des enfants de 5-9 ans et un creux pour les femmes de 15-19 ans. Cette situation s’explique par le fait que, dans la recherche de faire diminuer leurs charges de travail à effectuer sur le terrain, les agents enquêteurs ont procédé à des manipulations suivantes : - le vieillissement des femmes de 45-49 ans en les classant dans la tranche d’âges 50-54 ans ; - le vieillissement des enfants de 0-4 ans en les renvoyant dans la tranche d’âges 5-9 ans ; - le rajeunissement des femmes de 15-19 ans en les faisant passer dans la tranche d’âges 10-14 ans. Ces vieillissements et rajeunissements peuvent mieux s’observer à travers la distribution de la population par année d’âge dans le tableau DQ.1 en annexe D. Il faut reconnaître que cette mauvaise qualité du travail des agents sur le terrain s’expliquerait par le fait que le contrôle ou la supervision a manqué de vigilance. 9 Les données du tableau HH.2 indiquent également que la proportion des enfants dont l’âge est compris entre 0 et 17 ans est importante ; elle s’élève à 48,2 % dans l’ensemble. Cette proportion est de 50,2 % pour les garçons contre 46,3 % pour les filles. Graphique HH.1: Structure par âge et par sexe de la population, Togo, 2006 10 8 6 4 2 0 2 4 6 8 10 0-4 5-9 10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 65-69 70-74 75-79 80 et+ Le tableau HH.3 fournit des informations sur les caractéristiques socio-démographiques et contextuelles sur les ménages ; il s’agit du sexe du chef de ménage, de la région et du milieu de résidence, de la taille du ménage et du groupe ethnique3 du chef de ménage. Ces variables fondamentales sont également utilisées tout au long de ce rapport à travers les différents tableaux. Les nombres pondérés et non pondérés des ménages sont égaux, puisque les pondérations de l’échantillonnage ont été normalisées (voir Annexe A). Le tableau HH.3 permet également de connaître la proportion des ménages ayant au moins un enfant de moins de 18 ans (76 %), la proportion des ménages ayant au moins un enfant de moins de cinq ans (42 %) et la proportion des ménages ayant au moins une femme éligible de 15 à 49 ans (73 %). Les données du tableau font aussi ressortir que les ménages dirigés par les hommes (74 %), représentent un peu moins de trois fois ceux dirigés par les femmes (26 %). Les ménages enquêtés sont relativement plus nombreux en milieu rural (59 %) qu’en milieu urbain (41 %). Par ailleurs, il est à mentionner que les ménages composés de 4-5 personnes (28 %) et ceux de 2-3 personnes (26%) sont les plus représentés ; ils sont suivis par les ménages composés de 6-7 personnes (18 %) et ceux d’une seule personne (13 %). Les ménages de grande taille (plus de 7 personnes) sont en faibles proportions (moins de 10 %). 3Les questions posées pour cerner ou collecter les informations relatives à ces variables de base sont consignées dans le questionnaire en annexe F. Les détails des différents groupes ethniques se retrouvent en annexe G. Pourcentage ANS Hommes Femmes 10 3.3 CARACTERISTIQUES DES PERSONNES INTERROGEES Les tableaux HH.4 et HH.5 fournissent des informations sur les caractéristiques socio- démographiques et contextuelles des femmes enquêtées âgées de 15 à 49 ans et des enfants de moins de cinq ans. Dans ces deux tableaux, le nombre total d’observations pondérées et non pondérées est égal, puisque la pondération des échantillons a été normalisée (standardisée). Ces tableaux fournissent également des informations utiles sur les caractéristiques socio-démographiques et contextuelles des femmes et des enfants. Le tableau HH4 fournit des caractéristiques fondamentales sur les femmes enquêtées âgées de 15 à 49 ans. Ce tableau comprend des informations sur la distribution des femmes selon la région, le milieu de résidence (urbain/rural), l’âge, la situation matrimoniale, le statut de mère, l’éducation4, l’indice de richesse5 et le groupe ethnique. Il ressort des données qu’un grand nombre de femmes résident dans le milieu rural (52 %) contre 48% dans le milieu urbain. Par ailleurs, la région Maritime (sans Lomé commune) abrite la proportion la plus élevée des femmes enquêtées (31 %) ; elle est suivie par Lomé commune (23%) et la région des Plateaux (17 %). La plus faible proportion est observée dans la région Centrale. Plus de la moitié de ces femmes ont un âge compris entre 15-30 ans (54 %). Par ailleurs, les femmes de 15-49 ans enquêtées présentent les caractéristiques suivantes : 1) les deux tiers des femmes (66 %) sont actuellement mariées ; 2) environ sept femmes sur dix (71 %) ont déjà donné naissance à un enfant ; 3) près de quatre femmes sur dix (39 %) sont sans aucune instruction ; 4) seulement un tiers des femmes (33 %) est pauvre. Certaines caractéristiques fondamentales des enfants de moins de cinq ans sont présentées dans le tableau HH.5. Elles comprennent la distribution des enfants selon plusieurs attributs : le sexe, la région et le milieu de résidence, l’âge en mois, l’éducation de la mère ou de la personne en charge, l’indice de richesse et le groupe ethnique. Les données du tableau montrent que les proportions de filles (50,5 %) et de garçons (49,5 %) enquêtés sont presque identiques. Une grande partie des enfants de moins de cinq ans réside dans les zones rurales : 63 % contre 27 % dans les centres urbains. Au niveau des régions, on constate que les enfants de moins de 5 ans touchés par l’enquête résident en grande partie dans la région Maritime (30 %) ; cette région est suivie par Lomé Commune (18 %) et la région des Plateaux (16 %). La proportion la plus faible est enregistrée dans la région Centrale (9 %). Près de la moitié des enfants de moins de 5 ans (49 %) a une mère n’ayant aucun niveau d’instruction. Parmi les mères des enfants ayant reçu une instruction, celles qui ont le niveau primaire sont les plus nombreuses (34 %). Par ailleurs, les données montrent que près de quatre mères sur dix (39 %) sont riches (riches ou très riches). 4Dans tout le rapport, le terme “éducation” fait référence au niveau d’instruction des personnes enquêtées. 5 Une analyse des composantes de base a été effectuée en utilisant les informations sur la propriété des biens et des équipements des ménages (terre et bétail non compris) afin d’assigner des coefficients de pondération aux biens de chaque ménage et d’obtenir des scores de richesse pour chaque ménage de l’échantillon. Les biens utilisés dans le calcul de l’indice de richesse sont les suivants : sources d’approvisionnement en eau, type d’installations sanitaires, mode d’évacuation des eaux usées, nombre de pièces utilisées pour dormir, nature du sol-mur-toit du logement, type de source d’énergie utilisée pour l’éclairage et la cuisson des aliments, quelques biens possédés (voir les variables HC9 et HC10 du questionnaire en annexe F). L’indice de richesse a pour but de produire un classement des ménages selon leur richesse, des plus pauvres au plus riches. 11 IV. MORTALITE DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS L’un des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et d’un Monde digne des enfants est de réduire la mortalité infantile et infanto-juvénile. En particulier, les OMD prônent la réduction de la mortalité infanto-juvénile de deux tiers entre 1990 et 2015. Le suivi des progrès vers cet objectif est une tâche importante mais difficile. L’évaluation de la mortalité infantile semble une chose aisée, mais les tentatives d’utiliser des questions directes telles que, «un membre de ce ménage est-il décédé l’année dernière ? » donne des résultats inexacts. L’utilisation d’évaluations directes de la mortalité infantile à partir des naissances fait perdre beaucoup de temps, est plus coûteuse et nécessite d’accorder une plus grande attention à la formation et à la supervision. Par contre, les méthodes indirectes mises au point pour calculer les taux de mortalité infantile donnent des estimations solides comparables à celles obtenues à partir d’autres sources. Les méthodes indirectes minimisent les pièges des trous de mémoire, des définitions inexactes ou mal interprétées et de mauvaises techniques de sondage. 4.1 METHODOLOGIE Le taux de mortalité infantile est la probabilité de mourir avant le premier anniversaire. Le taux de mortalité infanto-juvénile est la probabilité de mourir avant le cinquième anniversaire. Dans le cadre des enquêtes de type MICS, les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile sont calculés sur la base d’une technique d’estimation indirecte dénommée Méthode de Brass (Nations Unies, 1983 ; 1990a ; 1990b). Les données utilisées pour les estimations sont les suivantes : le nombre moyen d’enfants nés-vivants, le nombre moyen d’enfants survivants chez les femmes âgées de 15 à 49 ans réparties en groupes d’âges de cinq ans, et la proportion de ces enfants qui sont décédés. Cette technique convertit ces données en probabilités de mourir en tenant compte tant des risques de mortalité auxquels les enfants sont exposés que de la durée de leur exposition au risque de mourir, en supposant un type de mortalité particulière selon le groupe d’âge. Sur la base des informations recueillies précédemment sur la mortalité au Togo, le modèle Nord a été sélectionné comme étant le tableau type de mortalité le plus approprié. 4.2 NIVEAU DE LA MORTALITE SELON LES CARACTERISTIQUES SOCIO- DEMOGRAPHIQUES Le tableau CM.1 présente des estimations de la mortalité infantile et infanto-juvénile selon des caractéristiques socio démographiques de la mère et des enfants, alors que le tableau CM.2 présente les données de base utilisées dans le calcul des taux de mortalité pour le total national. Le taux de mortalité infantile est estimé à 77 pour mille, alors que la probabilité de mourir des moins de cinq ans tourne autour de 123 pour mille. Ces estimations ont été calculées en faisant la moyenne des estimations de mortalité obtenues de femmes entre 25- 29 ans et 30-34 ans et se rapportent à la mi-2001. 4.2.1 Analyse selon le sexe Il existe des différences dans les probabilités de mourir entre les garçons et les filles. Les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile sont plus élevés chez les enfants de sexe masculin (respectivement 89 pour mille et 139 pour mille) que chez les enfants de sexe féminin (respectivement 65 pour mille et 105 pour mille). 12 4.2.2 Analyse selon la zone de résidence Il ressort des données du tableau CM1 qu’il existe de grandes disparités entre les taux de mortalité des enfants des milieux urbain et rural, et des différentes régions du pays. En effet, les probabilités de décès des nourrissons et des enfants de moins de cinq ans sont environ deux fois plus élevées dans les zones rurales (89 pour mille et 143 pour mille) que dans les centres urbains (49 pour mille et 73 pour mille). Par ailleurs, les taux les plus élevés sont enregistrés dans la région des Savanes (111 pour mille pour la mortalité infantile et 186 pour mille pour la mortalité infanto-juvénile) et les probabilités de décès les moins élevées sont observées à Lomé 37 pour mille chez les moins d’un an et 52 pour mille pour les enfants de moins de cinq ans. Après la capitale, les niveaux de mortalité infantile et infanto-juvénile les moins élevés sont enregistrés dans les régions de la Kara (respectivement 77 pour mille et 122 pour mille) et Maritime sans la ville de Lomé (respectivement 78 et 124 pour mille). Quant aux régions des Plateaux et Centrale, la probabilité de décès des enfants de moins d’un an s’élève respectivement à 79 et à 86 pour mille tandis que pour 1000 naissances vivantes respectivement 125 dans la région des Plateaux et 139 dans la région Centrale meurent avant l’âge de cinq ans. 4.2.3 Analyse selon le niveau d’instruction de la mère Le niveau d’instruction de la mère a une très grande influence sur la probabilité de décès des enfants. Un enfant dont la mère est sans instruction court deux fois plus de risque de mourir avant le premier anniversaire et avant cinq ans (taux de mortalité infantile : 90 pour mille et taux de mortalité infanto-juvénile : 145 pour mille) qu’un enfant dont la mère a atteint le niveau secondaire ou plus (44 pour mille et 64 pour mille). Les enfants dont les mères ont fréquenté l’école primaire ont des niveaux de mortalité infantile (61 pour mille) et infanto- juvénile (93 pour mille) inférieurs à la moyenne nationale. Les meilleures conditions de vie, d’hygiène et d’alimentation, mais surtout le recours plus important des femmes instruites aux services de santé (meilleur suivi des grossesses et nombre plus important d’enfants vaccinés) pourraient expliquer l’essentiel de ces différences de mortalité. 4.2.4 Analyse selon l’indice de richesse D’importants écarts entre les niveaux de mortalité ont également été observés au niveau des indices de richesse. En effet, les probabilités de décès des moins d’un an et des enfants de moins de 5 ans nés dans les ménages très pauvres (respectivement 92 pour mille et 150 pour mille) sont deux fois plus élevées que celles observées dans les ménages riches (43 pour mille pour le taux de mortalité infantile et 62 pour mille pour la mortalité infanto- juvénile). Les enfants appartenant aux ménages modestes (moyens) présentent un niveau de mortalité infantile (78 pour mille) légèrement supérieur à la moyenne nationale et un niveau de mortalité infanto-juvénile similaire au taux national (123 pour mille). 13 Graphique CM.1: Taux de mortalité infantile suivant la région, le milieu de résidence, l'éducation de la mère et l'indice de richesse, [Togo], [2006] 37 79 86 77 111 49 89 90 61 44 90 51 77 78 0 20 40 60 80 100 120 Region Lomé Maritime Plateaux Centrale Kara Savanes Milieu de résidence Urbain Rural Education de la mère Aucun Primaire Secondaire + Indice de richesse Très pauvre 60 % Très riche 40 % Togo 4.3 TENDANCE ET EVOLUTION DE LA MORTALITE DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS Le tableau CM2w illustré par le graphique CM2 donne les niveaux de la mortalité infantile et infanto-juvénile estimés à partir de l’enquête MISC3 réalisée en 2006 et des premières et deuxième enquêtes démographiques et de santé (EDST-I et II) réalisées en 1988 et en 1998. Il est à noter que les enquêtes démographiques et de santé ont calculé les taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans à partir d’informations sur l’historique des naissances recueillies auprès des mères des enfants tandis que l’enquête MISC3 a utilisé la méthode de Brass décrite ci-dessus. Tableau CM 2w : Evolution des taux de mortalité infantile et infanto-juvénile Les indicateurs clés (Pour Mille Naissances vivantes) 1988 (EDST- I) 1998 (EDST- II) 2006 (MICS3) Le taux de mortalité infantile 81 80 77 Le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans 158 146 123 Les niveaux de mortalité infantile et infanto-juvénile pour MISC3 ont été calculés en faisant la moyenne des estimations de mortalité obtenues de femmes entre 25-29 ans et 30-34 ans et se rapportent au milieu de l’année 2001 alors que les niveaux estimés dans les deux enquêtes démographiques et de santé concernent les périodes de 0 à 5 ans avant les enquêtes réalisées en 1988 et 1998 ce qui correspond aux périodes de 1983-1987 pour l’EDST I et de 1993-1997 pour l’EDST II. Pour mille 14 Il ressort des données du tableau CM2w que la mortalité infantile a très peu évolué au cours des vingt dernières années. En effet sur 1000 naissances vivantes en 2001, 77 décèdent avant leur premier anniversaire alors que les données de l’EDST-II, (1998) et de l’EDST - I (1988) révèlent respectivement qu’entre 1993 et 1997, et entre 1983 et 1987 que sur 1000 naissances vivantes 80 et 81 enfants n’atteignent pas l’âge d’un an révolu. Le niveau de la mortalité des enfants de moins de cinq ans par contre a connu une baisse régulière et sensible pendant ce temps passant de 158 pour mille au cours de la période 1983-1987, à 146 pour mille pendant la période 1993-1997 et à 123 pour mille en 2001. Une analyse approfondie et séparée devrait être entreprise pour expliquer les déterminants et les causes de ces baisses. Graphique CM.2: Variation des taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans, Togo, 2006 0 50 100 150 200 250 300 1962 1966 1970 1974 1978 1982 1986 1990 1994 1998 2002 2006 Année Po ur 1 ,0 00 MICS 2006 EDST2 98 EDST1 88 15 V. ETAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS 5.1 STATUT NUTRITIONNEL Le statut nutritionnel des enfants reflète leur santé générale. Lorsque les enfants ont accès à suffisamment de nourriture, qu’ils ne sont pas exposés à des maladies répétées et que l’on s’occupe bien d’eux, ils mettent à profit toutes leurs potentialités de croissance et sont considérés comme bien nourris. La malnutrition est associée à plus de la moitié des décès d’enfants dans le monde. Les enfants en état de malnutrition courent plus de risques de mourir des maladies communes de l’enfance et ceux qui survivent souffrent de maladies répétées et de retard de croissance. Trois quarts des enfants qui sont morts de causes liées à la malnutrition n’étaient que légèrement ou modérément malnutris c'est-à-dire qu’ils ne présentaient pas de signes extérieurs de leur vulnérabilité. Un des Objectifs du millénaire pour le développement est de réduire de moitié la proportion des personnes souffrant de la faim entre 1990 et 2015. L’objectif d’un Monde digne des enfants est de réduire la prévalence de la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans d’au moins d’un tiers (entre 2000 et 2010), en accordant une attention particulière aux enfants de moins de deux ans. Une réduction de la prévalence de la malnutrition contribuera à atteindre l’objectif de la réduction de la mortalité dans l’enfance. Au sein d’une population bien nourrie, il existe une distribution standard de la taille et du poids pour les enfants de moins de cinq ans. La malnutrition au sein d’une population peut être évaluée en comparant les enfants avec une population standard. La population de référence utilisée dans ce rapport est la norme OMS/CDC/NCHS, qui a été recommandée par l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la santé dans le cadre des enquêtes MICS. Chacun des trois indicateurs du statut nutritionnel peut être exprimé en unités d’écarts types (scores-z) par rapport à la médiane de cette population de référence. 5.1.1 Indices de l’état nutritionnel Le poids pour âge est une mesure tant de la malnutrition aiguë que chronique. Les enfants dont le poids pour âge est supérieur à deux écarts types en dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant d’insuffisance pondérale modérée ou sévère alors que ceux dont le poids pour âge est supérieur à trois écarts types en dessous de la médiane sont considérés comme souffrant d’insuffisance pondérale sévère. La taille pour âge est une mesure de la croissance linéaire. Les enfants dont la taille pour âge est supérieure à deux écarts types en dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme courts (petits de taille) pour leur âge et comme souffrant d’un retard de croissance modéré ou sévère. Ceux dont la taille pour âge est supérieure à trois écarts types en dessous de la médiane sont considérés comme souffrant d’un retard de croissance sévère. Le retard de croissance reflète une malnutrition chronique due à l’insuffisance d’une nutrition adéquate sur une longue période et aux maladies chroniques ou récurrentes. Enfin, les enfants dont le poids pour la taille est supérieur à deux écarts types en dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme émaciés de façon modérée ou sévère, tandis que ceux qui ont plus de trois écarts types en dessous de la médiane sont considérés comme émaciés de façon sévère. L’émaciation est en général la conséquence d’une insuffisance nutritionnelle récente. Cet indicateur peut présenter des variations saisonnières importantes associées à l’évolution de la disponibilité de la nourriture ou la prévalence des maladies. Dans le cadre de l’enquête MICS3, les poids et les tailles des enfants sont mesurés en utilisant l’équipement anthropométrique recommandé par l’UNICEF (UNICEF, 2006). Les conclusions de ce chapitre sont basées sur les résultats de ces mesures. 16 5.1.2 Niveaux de l’état nutritionnel des enfants Le tableau NU.1 présente les pourcentages d’enfants classés dans chacune de ces catégories, sur la base des mesures anthropométriques prises durant le travail sur le terrain. Ce tableau comprend en outre le pourcentage d’enfants en surcharge pondérale, qui prend en compte les enfants dont le poids pour la taille est supérieur à deux écarts types au dessus de la médiane de la population de référence. Le tableau NU.1w présente le pourcentage des enfants qui n’ont pas pu être pesés et mesurés au moment de la collecte. Ces derniers représentent 2% des enfants de moins de cinq ans pour l’ensemble du pays. L’insuffisance pondérale, qui se traduit par un poids insuffisant par rapport à l’âge, concerne le quart (26 %) des enfants de moins de cinq ans vivant au Togo, dont 7 % sont atteints de la forme sévère. Le retard de croissance qui se manifeste par une taille un peu plus petite par rapport à l’âge et qui est provoqué par une sous nutrition chronique touche un peu moins du quart des enfants (24 %) dont un enfant sur dix (10 %) souffre de la forme sévère. L’émaciation ou la déperdition aiguë qui se traduit par un poids de l’enfant trop faible par rapport à sa taille touche 14 % des enfants dont 3 % présentent une forme sévère. Par ailleurs, 3 % des enfants de moins de cinq ans sont obèses ce qui se manifeste par une surcharge pondérale ou un poids plus important que la taille. Graphique NU.1: Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans qui sont malnutris, Togo, 2006 0,0 5,0 10,0 15,0 20,0 25,0 30,0 35,0 0 6 12 18 24 30 36 42 48 54 60 Age (en mois) Po ur ce nt ag e Insuff isance pondérale Retard de croissance Emaciation 5.1.3 Niveaux de l’état nutritionnel des enfants selon les caractéristiques socio démographiques Les écarts entre le sexe pour les trois indices sont relativement faibles. Toutefois l’insuffisance pondérale et le retard de croissance sont plus répandus chez les garçons avec des proportions respectives de 27 % et 26 % que chez les filles (26% et 22%). En revanche, les filles sont légèrement plus émaciées (15%) que les garçons (14 %). La région des Savanes présente pour les trois indices les pourcentages les plus élevés d’enfants malnutris alors que les plus faibles proportions sont enregistrées à Lomé. Les 17 écarts entre les deux régions sont très importants ; en effet les enfants qui résident dans la région des Savanes (33 %) sont deux fois plus touchés par le retard de croissance que ceux qui sont à Lomé (14 %). Plus d’un enfant sur deux de la région des Savanes (54 %) souffre d’insuffisance pondérale alors qu’à Lomé cette forme de malnutrition frappe moins de deux enfants sur dix (15 %). Par ailleurs, les résultats montrent que près du tiers (32%) des enfants dans la région des Savanes souffrent d’une émaciation contre 6 % à Lomé. Les enfants qui résident dans les zones rurales sont beaucoup plus malnutris que les enfants des centres urbains. En effet, 16 % des enfants du milieu urbain souffrent d’une insuffisance pondérale dont 3 % de la forme sévère contre 32 % des enfants du milieu rural dont 9 % ont la forme sévère. Les enfants du milieu rural (28 %) souffrent plus du retard de croissance que les enfants du milieu urbain (17 %) ; les proportions des enfants qui présentent la forme sévère s’élèvent à 8 % dans les centres urbains et à 12 % dans la zone rurale. La forme modérée de l’émaciation qui traduit une sous-alimentation aiguë est deux fois plus répandue chez les enfants du milieu rural (18 %) que chez les enfants du milieu urbain (8 %) tandis que la forme sévère est près de cinq fois plus importante dans le milieu rural (5 %) que dans le milieu urbain (1 %). L’instruction de la mère est un important facteur de réduction de la malnutrition chez les enfants. Les insuffisances pondérales modérées et sévères s’élèvent respectivement à 32 % et à 9 % chez les enfants dont la mère est sans instruction alors que chez les enfants dont la mère a un niveau secondaire ou plus, 18 % présentent la forme modérée et 3 % la forme sévère. Le pourcentage des enfants souffrant d’insuffisance pondérale et d’émaciation croit avec l’âge et atteint le pic entre 12 et 23 mois, 32 % pour l’insuffisance pondérale et 22 % pour l’émaciation. Par la suite, on note une légère baisse graduelle jusqu’à 59 mois ; cette tendance est prévisible, car elle correspond à l’âge où beaucoup d’enfants sont sevrés du lait maternel, et exposés à la contamination due à l’eau de boisson, aux aliments et à l’environnement. En ce qui concerne le retard de croissance, la proportion des enfants atteints augmente avec l’âge, passant de 7 % avant six mois à 24 % à 12-23 mois pour s’établir à 31 % à 48-59 mois. La surcharge pondérale est deux fois plus élevée chez les petites filles (4 %) que les petits garçons (2 %). Il existe de grands contrastes entre les différentes régions ; en effet, dans la région des savanes moins de 1 % des enfants de moins de cinq ans présente une surcharge pondérale contre 6 % dans la région des Plateaux. 5.2 ALLAITEMENT AU SEIN L’allaitement au sein au cours des premières années joue un rôle important dans l’état nutritionnel des enfants. Il transmet les anticorps de la mère à l’enfant, donc protège les enfants contre les infections et certaines maladies comme la diarrhée. Aussi le lait maternel contient-il tous les éléments nutritifs indispensables au bon développement et à la croissance de l’enfant durant ses premiers mois d’existence. Le lait maternel est une source idéale d’éléments nutritifs ; il est sûr et plus économique. Cependant de nombreuses mères abandonnent l’allaitement trop tôt et souvent utilisent le lait artificiel pour nourrisson, ce qui peut contribuer à un fléchissement de la croissance et à une malnutrition due à une carence en micronutriments. De plus, ce lait autre que maternel n’est pas sûr en cas d’absence d’eau potable. L’objectif du plan d’action d’un «Monde digne des enfants» stipule que les enfants doivent être allaités exclusivement au sein pendant 6 mois, puis les mères doivent poursuivre l’allaitement jusqu’à l’âge de 2 ans au moins, en l’associant avec des aliments complémentaires sûrs, appropriés et suffisants. L’OMS et l’UNICEF donnent les recommandations d’alimentation suivantes : • l’allaitement exclusif au cours des six premiers mois ; • la poursuite de l’allaitement jusqu’à deux ans ou plus ; • l’alimentation complémentaire sûre, appropriée et adéquate à partir du sixième mois ; 18 • la fréquence de l’alimentation complémentaire: 2 fois par jour pour les enfants de 6 à 8 mois ; 3 fois par jour pour les enfants de 9 à 11 mois. Il est également recommandé que l’allaitement au sein commence dans l’heure qui suit la naissance. Les indicateurs des pratiques d’alimentation des enfants recommandées sont les suivants : • taux d’allaitement exclusif (< 6 mois ou < 4 mois) ; • taux d’alimentation complémentaire opportun (6-9 mois) ; • taux de poursuite de l’allaitement (12-15 ou 20-23 mois) ; • début opportun de l’allaitement (dans l’heure qui suit la naissance) ; • fréquence de l’alimentation complémentaire (6-11 mois) ; • bébés adéquatement nourris (0-11 mois). Ainsi, pour permettre de décrire la situation du moment sur l’allaitement maternel, les questions ci-après ont été posées aux mères ou tutrices des enfants de moins de cinq (5) ans : - les enfants qui sont sous allaitement au moment de l’enquête ; - les enfants ayant reçu des aliments en complément les dernières vingt-quatre (24) heures précédant le passage de l’agent enquêteur. 5.2.1 Allaitement initial Le tableau NU.2 présente la proportion de femmes âgées de 15 à 49 ans qui ont donné naissance au cours des deux années ayant précédé l’enquête et qui ont commencé juste après la naissance de l’enfant, à allaiter leurs nouveau-nés en moins d’une heure ou en moins d’une journée. Les données du tableau indiquent qu’un peu plus du tiers des femmes (36 %) ont commencé à allaiter leur bébé moins d’une heure après la naissance alors que plus des deux tiers des femmes (70 %) ont allaité leurs enfants moins d’une journée après la naissance. Il découle de ces résultats que trois mères sur dix (30 %) n’ont pas donné de lait à leurs enfants dès le premier jour. Le fait de ne pas allaiter l’enfant dès sa naissance peut avoir un effet néfaste sur sa santé car c’est lors des premiers allaitements dans les vingt- quatre heures suivant la naissance, que l’enfant bénéficie du colostrum qui contient les anticorps de la mère qui sont essentiels pour éviter de nombreuses maladies. De plus, si le nouveau-né n’est pas allaité dans les vingt-quatre heures, il reçoit à la place, divers liquides qui risquent de le mettre en contact avec des agents pathogènes. Dans les zones rurales 69 % des enfants ont été allaités durant les premières vingt-quatre heures et le tiers (34 %) durant la première heure, alors que dans les centres urbains 71 % des mères ont allaité leurs enfants dans les premières vingt-quatre heures et 40 % durant la première heure qui a suivi la naissance. Dans la plupart des régions, au moins 7 mères sur 10 ont mis leurs nouveau-nés au sein dans les vingt-quatre heures qui ont suivi la naissance ; en revanche dans la région des Savanes seulement 6 enfants sur 10 ont été allaités dès le premier jour. En ce qui concerne l’allaitement durant la première heure qui a suivi la naissance, dans la région de la Kara et à Lomé 41 % et 44 % des femmes ont respectivement commencé à allaiter leurs enfants moins d’une heure après la naissance alors que dans la région des Savanes seulement 28 % de mères ont allaité leurs enfants durant la première heure. Le niveau d’instruction influence sensiblement le début de l’allaitement. Les enfants dont la mère est sans instruction commencent à être allaités plus tardivement que ceux dont la mère est instruite : en effet, le pourcentage d’enfants allaités dès le premier jour varie de 69 % chez les enfants dont la mère est sans instruction à 72 % chez les enfants dont la 19 mère a le niveau secondaire ou plus. Les écarts sont un peu plus importants dans le cas où l’allaitement a eu lieu durant la première heure ; ainsi 34 % des femmes non instruites ont allaité leurs enfants durant la première heure, alors que respectivement 37 % des femmes qui ont le niveau primaire et 39 % de celles qui le niveau secondaire ou plus, ont mis leurs enfants au sein immédiatement après la naissance. Par ailleurs, l’indice de richesse pour sa part a une relation positive sur l’allaitement initial des nouveaux-nés. Les enfants issus des ménages pauvres sont plus tardivement allaités que les enfants des ménages modestes et riches ; en effet, 62 % des enfants issus des ménages pauvres et 69 % des enfants des ménages très pauvres sont allaités durant le premier jour alors que dans les ménages moyens et riches les proportions des enfants allaités moins d’un jour après la naissance sont similaires et s’élèvent à 75 %. La proportion des enfants qui ont été mis au sein moins d’une heure après leur naissance, varie de 28 % dans les ménages pauvres à 40 % dans les ménages riches et à 43% dans les ménages moyens. Graphique NU.2: Pourcentage de femmes ayant commencé à allaiter moins d'une heure et d'un jour après la naissance, Togo, 2006 69 70 71 73 71 63 71 69 70 44 34 32 35 41 28 40 34 36 0 10 20 30 40 50 60 70 80 Lomé Marit ime Plat eaux Cent rale Kara Savanes Urbain Rural Ensemble P ou rc en ta ge Moins d'un jour Moins d'une heure 5.2.2 Allaitement maternel exclusif Dans le tableau NU.3, le statut d’allaitement est basé sur les informations des mères ou des personnes en charge des enfants en ce qui concerne la consommation d’aliments et de bouillies au cours des 24 heures ayant précédé l’enquête. L’allaitement exclusif, fait référence aux enfants qui ne reçoivent que du lait maternel (et des vitamines, des suppléments minéraux ou des médicaments). Ce tableau présente l’allaitement exclusif des enfants au cours des six premiers mois de la vie (séparément pour les 0-3 mois et les 0-5 mois), ainsi que l’allaitement complémentaire des enfants de 6 à 9 mois et la poursuite de l’allaitement des enfants de 12 à 15 mois et de 20 à 23 mois. Cette rubrique concerne les groupes d’âges 0-3 mois et 0-5 mois révolus. Il ressort des données du tableau NU.3, que 35 % des enfants âgés de moins de 4 mois sont exclusivement nourris au lait maternel. L’allaitement maternel exclusif ne présente pas 20 d’écart sensible suivant le sexe. On enregistre 34 % des enfants de sexe masculin contre 36 % des enfants de sexe féminin. Le niveau d’instruction de la mère a une influence sur l’allaitement exclusif des enfants de 0- 3 mois. En effet, les résultats de l’enquête montrent que 29 % des enfants dont les mères n’ont jamais été à l’école ont été exclusivement nourris au lait maternel contre 35 % chez les enfants dont les mères ont fait l’école primaire et 48 % des enfants dont les mères ont fait le cours secondaire. Par ailleurs chez les enfants âgés de moins de 6 mois, 28 % sont exclusivement nourris au lait maternel. Il existe un grand écart entre le milieu urbain (41 %) et le milieu rural (22 %). On remarque aussi que les proportions des enfants soumis exclusivement au lait maternel dans ce groupe d’âges augmentent au fur et à mesure que le niveau d’instruction de leurs mères s’élève. Les résultats révèlent en outre qu’il existe une relation entre le niveau d’instruction de la mère et l’allaitement exclusif au sein des enfants ; en effet les proportions des enfants exclusivement nourris au sein augmentent avec le niveau d’instruction de la mère ; ces pourcentages passent de 23 % chez les enfants dont la mère est sans instruction à 31 % chez ceux dont la mère a fait l’école primaire et à 39 % chez les enfants dont la mère a suivi les cours secondaires ou plus. 5.2.3 Allaitement et alimentation de complément Le tableau NU.3 fournit également des informations sur les types d’aliments reçus par les enfants âgés de moins de deux ans au cours des vingt-quatre heures qui ont précédé l’interview. L’alimentation complémentaire concerne les enfants des groupes d’âges 6-9 mois, 12-15 mois et 20-23 mois révolus qui en plus du lait maternel reçoivent des aliments solides ou semi-solides. Pour le groupe d’âges 6-9 mois, 35 % des enfants reçoivent en plus du lait maternel des aliments complémentaires solides et semi solides ou pâteux. Cette situation est plus observée en milieu rural (36 %) qu’en milieu urbain (32 %). Cette proportion est relativement plus élevée chez les filles (41 %) que chez les garçons (30 %). En se référant au niveau d’instruction de la mère, on remarque que cette pratique est plus répandue chez les enfants dont les mères ont fait l’école primaire (41 %) et chez ceux dont les mères n’ont jamais été à l’école (33 %). Toutefois on note que 31 % des enfants dont les mères ont fait au moins le cours secondaire reçoivent également les compléments d’aliments en plus du lait maternel. Il est à noter que 70 % des enfants du groupe d’âges 12-15 mois continuent d’être allaités ; cette pratique est plus fréquente chez les garçons (72 %) que chez les filles (68 %) d‘une part et plus chez les enfants du milieu rural (72 %) que chez des enfants résidant dans les centres urbains (68 %) d’autre part. L’allaitement tardif est un peu plus répandu chez les femmes instruites (72 %) que les femmes sans instruction (69 %). Par ailleurs 44 % des enfants du groupe d’âges 20-23 mois sont allaités au sein avec des aliments solides ou semi solides en complément. Cette pratique est plus répandue dans les zones rurales (56 %) que dans les centres urbains (26 %). Le graphique NU.3 présente la situation détaillée du statut d’allaitement par âge en mois de l’enfant. La majorité des enfants reçoit des aliments liquides ou des aliments autres que le lait maternel, même aux âges les plus précoces. A la fin du sixième mois, le pourcentage des enfants allaités exclusivement au sein est inférieur à 2 %, alors qu’environ 21% des enfants sont encore allaités après 2 ans. 21 Graphique NU.3: Pourcentage des enfants âgés de moins de 3 ans selon la forme d'alimentation et l'âge, Togo, 2006 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0- 1 2- 3 4- 5 6- 7 8- 9 10 -1 1 12 -1 3 14 -1 5 16 -1 7 18 -1 9 20 -2 1 22 -2 3 24 -2 5 26 -2 7 28 -2 9 30 -3 1 32 -3 3 34 -3 5 Age (en Mois) Po ur ce nt ag e Sèvre (non allait e) Allait ement mat ernel et aut res complément s aliment aires Allait ement mat ernel t et aut re f orme de lait Allait ement mat ernel et liquides aut re que le lait Allait ement mat ernel et eau nat urelle uniquement 5.2.4 Les enfants adéquatement nourris Le tableau NU.4 donne des indications sur les enfants adéquatement nourris. Les différents critères usés pour déterminer une alimentation adéquate dépendent de l’âge de l’enfant ; il s’agit des : - enfants âgés de 0 à 5 mois allaités exclusivement au sein ; - enfants âgés de 6 à 8 mois qui ont reçu en plus du lait maternel, des aliments complémentaires au moins de deux fois au cours des 24 dernières heures ; - enfants âgés de 9 à 11 mois qui ont été allaités au sein et qui ont reçu des compléments alimentaires au moins trois fois au cours des 24 dernières heures ; - enfants âgés de 6 à 11 mois qui ont été allaités au sein et qui ont reçu des compléments alimentaires un nombre minimum de fois recommandé par jour. La combinaison de ces différents critères donne la proportion des enfants âgés de 0 à 11 mois révolus qui sont nourris d’une manière appropriée. Les données du tableau NU.4 indiquent que seulement un peu plus du quart (27 %) des enfants de moins d’un an quel que soit le sexe sont adéquatement nourris selon les recommandations de l’OMS et de l’UNICEF. Les proportions les plus élevées des enfants adéquatement nourris sont enregistrées dans les régions Maritime (31 %), de la Kara (31 %) et à Lomé (30 %) alors que la région Centrale présente avec 13 % la proportion la plus faible, suivie des régions des Plateaux et des Savanes, (23 % chacune). Selon le milieu de résidence, les résultats montrent que les proportions des enfants adéquatement nourris sont plus importantes dans les centres urbains (29 %) que dans le milieu rural (25 %). Les résultats révèlent en outre que le niveau d’instruction des mères n’est déterminant qu’à partir du secondaire ; en effet les enfants des femmes qui ont atteint le secondaire ou plus présentent les forts pourcentages (32 %) d’enfants correctement nourris alors que les enfants des femmes sans instruction ou qui ont le niveau primaire présentent respectivement les proportions d’enfants bien nourris de 26 % et 25 %. L’analyse des données selon l’indice de richesse présente des résultats très contrastés ; les proportions des enfants exclusivement allaités au sein jusqu’à cinq mois sont plus faibles dans les ménages très pauvres (12 %) et pauvres (16 %) que dans les ménages de condition de vie moyenne (35 %) et des ménages riches (49 %). Toutefois les enfants des ménages très 22 riches ne respectent pas les recommandations de l’UNICEF et de l’OMS, car seulement 31 % des enfants de ces ménages sont soumis à un allaitement exclusif jusqu’à six mois. Le rôle de l’indice de richesse dans l’alimentation correcte des enfants de moins d’un an n’est pas perceptible, car les données révèlent qu’il n’y a pratiquement pas de différence entre les enfants nourris de manière appropriée des ménages très pauvres (25%) et ceux des ménages très riches (26 %). Toutefois les enfants des ménages de condition moyenne (33 %) et des ménages riches (30 %) semblent être plus adéquatement nourris que les autres enfants. 5.3 IODATION DU SEL Les troubles liés à la carence en iode (TCI) sont la principale cause au monde de l’arriération mentale susceptible d’être évitée et du retard du développement psychomoteur du jeune enfant. Sous sa forme la plus extrême, la carence en iode est responsable du crétinisme. Elle augmente également le risque de mort à la naissance et de fausse couche chez la femme enceinte. La carence en iode est plus généralement et visiblement associée au goitre. Les TCI sont surtout responsables de l’arriération mentale et contribuent ainsi aux mauvais résultats scolaires, à la réduction du quotient intellectuel et à un faible rendement au travail. L’objectif international était de parvenir à une élimination durable de la carence en iode d’ici 2005. L’indicateur est le pourcentage de ménages consommant un sel iodé de façon adéquate (>15 parts par million). Il convient de souligner que les résultats sur la disponibilité du sel iodé dans les ménages consignés dans ce rapport, proviennent de l’enquête nationale TDCI (Troubles Dus à la Carence en Iode) réalisée en 2005 grâce à l’appui financier de l’UNICEF. En effet, cette enquête ne s’est pas limitée au test qualitatif c’est-à-dire un test rapide à l’iodate à l’aide des kits comme cela a été le cas pour l’enquête MICS3. Au cours de l’enquête TDCI, les résultats ont été confirmés grâce au dosage de l’iode par titrimétrie en laboratoire ; ceci constitue un test quantitatif plus objectif que le test qualitatif qui peut être influencé par la mauvaise interprétation de la coloration du sel au réactif des kits, par la détérioration des kits, etc. Somme toute, d’après les résultats de l’enquête TDCI, la proportion de sel iodé à plus de 15 ppm est de 93 % au Togo en 2005 (voir détails en annexe H). 5.4 SUPPLEMENT EN VITAMINE A La vitamine A est essentielle pour la santé des yeux et le bon fonctionnement du système immunitaire. On la trouve dans des aliments comme le lait, le foie, les œufs, les fruits rouges et oranges, l’huile de palme rouge et les légumes à feuilles vertes ; la quantité de vitamine A que le corps tire de ces sources varie largement. Dans les régions en développement, où la vitamine A est largement consommée sous forme de fruits et de légumes, la consommation quotidienne par habitant est souvent insuffisante pour couvrir les besoins alimentaires. Cette consommation inadéquate est encore aggravée par l’augmentation des besoins en vitamine A durant la croissance de l’enfant ou durant les périodes de maladie ainsi que par les pertes accrues durant les infections générales de l’enfance. En conséquence, la carence en vitamine A est assez répandue dans les pays en développement et particulièrement dans les pays où le taux de mortalité dans l’enfance est le plus élevé. Le Sommet mondial pour les enfants de 1990 s’était fixé comme objectif l’élimination presque totale de la carence en vitamine A et des ses conséquences, comme la cécité, d’ici l’an 2000. Cet objectif a également été approuvé par la Conférence politique sur Ending Hidden Hunger de 1991, la Conférence internationale sur la nutrition de 1992 et la Session spéciale de l’Assemblée Générale de l’ONU sur les enfants de 2002. Le rôle essentiel de la 23 vitamine A pour la santé de l’enfant et le renforcement du système immunitaire fait du contrôle de sa carence un élément essentiel des efforts pour la survie de l’enfant et la réalisation du quatrième Objectif du millénaire pour le développement, à savoir une réduction de deux tiers de la mortalité des moins de cinq ans d’ici 2015. Pour les pays qui ont des problèmes de carence en vitamine A, les recommandations internationales actuelles préconisent l’administration d’une dose élevée de vitamine A tous les quatre à six mois, pour tous les enfants âgés de 6 à 59 mois vivant dans les régions affectées. Donner aux jeunes enfants deux capsules de vitamine A par an est une stratégie sûre, peu coûteuse et efficace pour éliminer la carence en vitamine A et améliorer la survie des enfants. Donner de la vitamine A aux nouvelles mères allaitantes aide à protéger leurs enfants durant les premiers mois de la vie et aide à la reconstitution des réserves de la mère en vitamine A, qui s’épuisent pendant la grossesse et l’allaitement. Pour les pays qui ont des programmes de supplément en vitamine A, la définition de l’indicateur est le pourcentage des enfants de 6 à 59 mois qui ont reçu au moins une dose de supplément en vitamine A au cours des six derniers mois. Sur la base des directives de l’UNICEF et de l’OMS, le ministère de la Santé du Togo recommande que les enfants de 12-59 mois reçoivent une capsule de vitamine A tous les six mois. Dans certaines régions du pays, les capsules de vitamine A sont associées aux services de vaccination et sont donnés quand l’enfant entre en contact avec ces services après ses six premiers mois. Il est également recommandé que les mères prennent un supplément en vitamine A huit semaines avant l’accouchement en raison des besoins accrus en vitamine A pendant la grossesse et l’allaitement. Les résultats du tableau NU.6 montrent que près de 4 enfants sur dix (39 %) ont reçu une capsule à dose élevée de supplément en vitamine A au cours des six derniers mois qui ont précédé l’enquête MICS3, alors qu’un peu plus du tiers des enfants (34 %) l’ont reçue avant les six derniers mois, 15 % des enfants l’ont reçue à un moment donné mais leurs parents ne savent pas la période exacte. Au total, près de 88 % des enfants de 6 à 59 mois ont reçu à un moment donné une capsule de supplément en vitamine A alors que 11 % ne l’ont jamais reçue et pour 1 % les parents ne sont pas sûrs de la prise de la vitamine A par les enfants. L’analyse des données selon l’âge révèle que plus de la moitié (52 %) des enfants âgés de 6 à 11 mois a reçu une capsule de supplément en vitamine A au cours des six derniers mois contre 40 % chez les enfants âgés de 12-23 mois, 37 % chez ceux de 24-35 mois et 38 % chez les enfants de 36-47 mois et enfin 35 % chez ceux de 48-59 mois. La région des Plateaux présente la proportion la plus élevée (46 %) des enfants qui ont reçu un supplément en vitamine A durant les six derniers mois tandis que la région Centrale a le pourcentage le plus faible (27 %). L’instruction de la mère des enfants a une influence sur l’administration des suppléments de vitamine A aux enfants. En effet, les pourcentages des enfants qui ont reçu les capsules au cours des six derniers mois qui ont précédé l’enquête augmentent avec le niveau d’instruction ; ils passent de 35 % chez les enfants des femmes sans instruction à 44 % chez celles qui ont le niveau secondaire ou plus. En revanche, les pourcentages des enfants qui n’ont reçu aucun supplément en vitamine A sont presque deux fois plus élevés chez les enfants dont la mère est sans instruction (15 %) que chez ceux dont la mère a le niveau primaire (8%) ou le niveau secondaire ou plus (8 %). Le tableau NU.7 donne le pourcentage des femmes âgées de 15-49 ans qui ont une naissance vivante au cours des deux dernières années qui ont précédé l’enquête, selon qu’elles ont reçu un supplément de vitamine A avant la huitième semaine après la naissance de l’enfant. Les données du tableau NU.7 indiquent que près d’une mère sur deux (46 %) a reçu un supplément en vitamine A avant les huit premières semaines qui ont suivi la naissance de 24 son nouveau-né tandis que 2 % des mères ne sont pas sûres d’en avoir reçu. Les mères qui résident en milieu rural ont plus reçu le supplément en vitamine A (47 %) que les mères des centres urbains (43 %). Les régions des Plateaux et de la Kara enregistrent les proportions les plus élevées avec respectivement 58 % et 51% des mères qui ont reçu un supplément post partum, alors qu’à Lomé, seulement 41 % des mères ont reçu une capsule de vitamine A après la naissance de leur nouveau-né. La proportion des mères qui ont reçu un supplément en vitamine A croît avec le niveau d’instruction de la mère, passant de 42 % chez les mères sans instruction à 49 % chez celles qui ont atteint le niveau secondaire ou plus. 5.5 FAIBLE POIDS A LA NAISSANCE Le poids à la naissance est un bon indicateur non seulement de la santé et du statut nutritionnel de la mère mais également des chances de survie, de croissance, de santé à long terme et de développement psychosocial du nouveau-né. Un faible poids à la naissance (moins de 2 500 grammes) comporte une série de risques graves pour la santé des enfants. Les bébés sous-alimentés dans le ventre de leurs mères risquent davantage de mourir au cours de leurs premiers mois et années. Ceux qui survivent ont un système immunitaire affaibli et courent plus de risques de tomber malades; ils vont probablement rester malnutris ce qui va entraîner une réduction de leur force musculaire tout au long de leur vie. Ils seront en outre davantage exposés au diabète et aux maladies cardiovasculaires à l'âge adulte. Les enfants présentant un faible poids à la naissance ont tendance à avoir un quotient intellectuel plus faible et des troubles cognitifs, qui auront une incidence sur leur réussite scolaire et leurs opportunités d'emploi en tant qu'adultes. Dans les pays en développement, un faible poids à la naissance découle principalement d'une mauvaise santé et d'un mauvais statut nutritionnel de la mère. Trois facteurs ont plus d'impact : - le mauvais statut nutritionnel de la mère avant la conception, - la petite taille de l’enfant (due principalement à la malnutrition et aux infections contractées durant son enfance), - la mauvaise nutrition durant la grossesse. La prise de poids insuffisante de la femme durant la grossesse joue un rôle particulièrement important puisqu’elle est responsable en grande partie du retard de la croissance du fœtus. Qui plus est, des maladies comme la diarrhée et le paludisme, qui sont courantes dans de nombreux pays en développement peuvent sensiblement retarder la croissance du fœtus si la mère en est atteinte durant sa grossesse. Dans les pays industrialisés, le tabagisme durant la grossesse est la principale cause du faible poids à la naissance. Dans les pays tant développés qu'en développement, les adolescentes qui donnent naissance à des enfants alors qu'elles n'ont pas terminé leur propre croissance courent le risque de mettre au monde des enfants souffrant d'insuffisance pondérale. Un des principaux obstacles à l'évaluation de l'incidence du faible poids à la naissance est le fait que plus de la moitié des nourrissons ne sont pas pesés à la naissance dans les pays en développement. Par le passé, la plupart des estimations de la faiblesse du poids à la naissance dans les pays en développement étaient basées sur les données collectées auprès des structures sanitaires. Cependant, ces estimations sont biaisées pour la plupart des pays en développement parce que la majorité des nouveau-nés ne naissent pas dans ces structures, et ceux qui y voient le jour ne représentent qu'un échantillon sélectionné de toutes les naissances. Etant donné que de nombreux nourrissons ne sont pas pesés à la naissance et que ceux qui le sont peuvent constituer un échantillon biaisé de toutes les naissances, les poids à la naissance notifiés ne peuvent généralement pas être utilisés pour évaluer la prévalence du faible poids à la naissance pour tous les enfants. Par conséquent, le pourcentage des naissances dont le poids est inférieur à 2 500 grammes est calculé à partir de deux 25 éléments du questionnaire: l'évaluation faite par la mère de la taille de l'enfant à la naissance (c'est à dire très petit, plus petit que la moyenne, moyen, plus gros que la moyenne, très gros) et le rappel de la mère du poids ou le poids tel qu'enregistré sur une fiche de santé si l'enfant a été pesé à la naissance6 . Il ressort du tableau NU.8 que 44 % des enfants nés au cours des deux dernières années avant MICS3, ont été pesés et près de 12 % de ces enfants ont un poids inférieur à 2 500 grammes. 5.5.1 Les enfants pesés à la naissance Les proportions des nouveau-nés pesés cachent de très grandes disparités. La ville de Lomé se détache des autres régions ; en effet un peu plus de 3 naissances sur 4 survenues dans la capitale (76 %) ont été pesées contre un peu moins de deux naissances sur 10 (18 %) dans la région des Savanes. Les proportions des bébés pesés à la naissance sont également faibles dans les régions des Plateaux (24 %). Dans la Maritime sans Lomé 42 % des enfants sont pesés à la naissance tandis que dans les régions Centrale et de la Kara, les enfants pesées à la naissance représentent respectivement 50 % et 47 %. En ce qui concerne le milieu de résidence, les données révèlent que 7 naissances sur 10 (70 %) sont pesées dans les centres urbains contre moins de 3 naissances sur 10 (28 %) dans les zones rurales. L’instruction a une grande influence sur la pesée des enfants à la naissance. Les proportions des enfants pesés varient avec le niveau d’instruction de la mère, entre 28 % chez les enfants dont la mère est sans instruction à 75 % chez les enfants dont les mères ont le niveau secondaire ou plus. Il existe également des écarts importants qui augmentent graduellement avec l’indice de richesse ; en effet les proportions des naissances pesées à la naissance passent de 18 % chez les enfants des ménages très pauvres à 78% chez les enfants des ménages très riches. 5.5.2 Les enfants de poids à la naissance inférieur à 2 500 grammes Parmi les enfants qui ont été pesés, les proportions des enfants qui ont un poids inférieur à 2 500 grammes varient entre 10 % dans la région Maritime sans Lomé à 14 % dans la région des Savanes. D’une manière générale, il existe très peu d’écart entre les proportions des enfants dont le poids est inférieur à 2 500 grammes quelles que soient les caractéristiques socio démographiques et contextuelles. Graphique NU.5: Pourcentage de naissances vivantes dont le poids est inférieur à 2500 grammes à la naissance, Togo, 2006 11 10 13 10 11 14 12 0 2 4 6 8 10 12 14 16 Lo m é M ar itim e Pl at ea ux Ce nt ra le Ka ra Sa va ne s En se m bl e Regions Po ur ce nt ag e 6Pour une description détaillée de cette méthodologie, voir Boerma, Weinstein, Rutstein and Sommerfelt, 1996. 26 VI. SANTE DE L’ENFANT 6.1 COUVERTURE VACCINALE L'Objectif 4 du millénaire pour le développement (OMD) est de réduire la mortalité infantile de deux tiers entre 1990 et 2015. La couverture vaccinale joue un rôle essentiel dans cet objectif. La vaccination a sauvé la vie à des millions d'enfants au cours des trois dernières décennies depuis le lancement du Programme élargi de vaccination (PEV) en 1974. Cependant dans le monde il y a encore 27 millions d'enfants qui ne bénéficient pas d'une vaccination systématique, ce qui fait que des maladies qui peuvent être évitées par la vaccination causent encore plus de deux millions de décès par an. Un des objectifs d'un Monde digne des enfants est de garantir la couverture vaccinale totale de 90 % des enfants de moins d'un an au niveau national, avec une couverture d'au moins 80 % dans chaque préfecture ou district sanitaire. Selon les directives de l'UNICEF et de l'OMS, un enfant devrait recevoir la vaccination du BCG à la naissance pour le protéger contre la tuberculose, trois doses de DTCoq pour le protéger contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos, trois doses de vaccin contre la polio et une vaccination contre la rougeole à l'âge de 12 mois. Pendant la collecte de données, il a été demandé aux mères de produire les carnets de vaccination pour les enfants de moins de cinq ans. Les enquêteurs ont recopié les informations relatives à la vaccination dans le questionnaire de MICS3. Au total, 68 % des enfants possèdent un carnet de santé (tableau CH.1). Pour les enfants qui n’en possèdent pas, les enquêteurs ont demandé à la mère d’essayer de se rappeler si l’enfant a reçu ou non chacun des vaccins, ainsi que le nombre de fois pour le DTCoq et la Polio. Le tableau CH.1 indique le pourcentage d’enfants de 12 à 23 mois ayant reçu tous les vaccins. Son dénominateur est composé d’enfants âgés de 12-23 mois de façon à ne compter que les enfants suffisamment âgés pour être complètement vaccinés. Les indicateurs sont calculés en tenant compte de l’âge des enfants au moment de la vaccination. Dans un premier temps, le numérateur inclut l’ensemble des enfants vaccinés à un moment quelconque avant l’enquête sur la foi du carnet de vaccination ou du témoignage de la mère. Le second type d’indicateurs prend en compte uniquement les enfants vaccinés avant leur premier anniversaire. Pour les enfants dépourvus de carnet de vaccination, la proportion des enfants vaccinés avant le premier anniversaire est supposée identique à celle des enfants ayant un carnet. Environ 88 % des enfants âgés de 12 à 23 mois ont reçu un vaccin du BCG à l'âge de 12 mois et la première dose de la DTCoq a été administrée à 85 %. Le pourcentage baisse pour les doses suivantes de la DTCoq à 77 % pour la deuxième dose et à 65 % pour la troisième dose (Graphique CH.1). Par ailleurs, 92% des enfants ont reçu la première dose de Polio à l'âge de 12 mois et ce pourcentage baisse à 71 % pour la troisième dose. La couverture pour le vaccin contre la rougeole à l'âge de 12 mois est inférieure à celle des autres vaccins et s'établit à 58 % ; cette baisse est due essentiellement au fait que sur 63 % des enfants qui ont reçu ce vaccin, seuls 58% l'avaient reçu avant leur premier anniversaire. Au total 49 % des enfants ont reçu toutes les huit doses des vaccins du Programme Elargi de Vaccination (PEV), et parmi eux, 43% ont été complètement vaccinés avant leur premier anniversaire. Dans le même temps, on constate que 6 % des enfants n’ont reçu aucun vaccin avant l’âge d’un an. Le tableau CH.1c donne la répartition en pourcentage des enfants de 12-23 mois vaccinés à un moment quelconque avant l’enquête et avant le premier anniversaire contre les maladies l’hépatite B et la fièvre jaune. Il convient de signaler que parmi ces deux maladies, le vaccin contre qui ne faisaient partie de l’hépatite B ne fait pas encore partie du PEV tandis que le 27 vaccin contre la fièvre jaune (vaccin anti-amaril) n’est introduit dans le programme qu’en 2005. Les résultats montrent que très peu d’enfants ont été vaccinés contre l’hépatite B ; en effet seulement un peu plus de 1% des enfants ont eu les trois doses contre l’hépatite B, ce qui constitue une couverture assez faible compte tenu de la gravité de la maladie et l’ampleur de son expansion dans le pays. Beaucoup de sensibilisation et d’information doivent être portées aux ménages et aux femmes pour que les vaccins de cette maladie soient aussi vulgarisés comme ceux des autres maladies du Programme élargi de vaccination. Par ailleurs le vaccin contre la fièvre jaune a été administré à 44 % des enfants de 12 à 23 mois avant l’âge d’un an. Ce pourcentage passe presque à 50 % si on prend tous les enfants vaccinés à un moment quelconque. Graphique CH.1: Pourcentage d'enfants de 12 à 23 mois vaccinés contre les maladies infantiles avant le premier anniversaire, Togo, 2006 88 85 77 65 92 84 71 63 49 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 BCG DPT1 DPT2 DPT3 Polio1Polio2Polio3 Rougeole Tous Po ur ce nt ag e Les tableaux CH.2 et CH.2c présentent les taux de couverture vaccinale chez les enfants de 12-23 mois selon les caractéristiques socio démographiques et le milieu de résidence. Les pourcentages d'enfants qui ont reçu des vaccins à un moment quelconque avant l'enquête sont basés sur les informations tirées des carnets de santé et des informations fournies par les mères ou des personnes ayant la charge de ces enfants. Les données indiquent que la couverture vaccinale complète est un peu plus élevée chez les enfants de sexe féminin (51 %) que chez les enfants de sexe masculin (47 %). En revanche le pourcentage des petits garçons qui n’ont reçu aucune vaccination est moins important (4 %) que celui des petites filles (6 %). La ville de Lomé est la zone qui a la meilleure couverture vaccinale et la plus faible proportion des enfants qui n’ont reçu aucun vaccin. En effet 65 % des enfants de 12 à 23 mois qui résident dans la capitale sont correctement vaccinés contre les six principales maladies7 meurtrières de l’enfance incluses dans le programme élargi de vaccination alors que moins de 1% de ces enfants n’ont reçu aucune dose de ces vaccins. En revanche la région de la Kara, avec 34 %, a la plus faible couverture vaccinale tandis que la région des Savanes détient le pourcentage le plus élevé (13 %) des enfants qui n’ont reçu aucune dose des vaccins du PEV. 7 Tuberculose, Diphtérie, Tétanos, Coqueluche, Poliomyélite et Rougeole 28 Les résultats révèlent en outre qu’il y a une relation positive entre le niveau d’instruction de la mère et la couverture vaccinale des enfants. En effet, les proportions des enfants dont les mères ont suivi au moins les cours secondaires sont deux fois plus élevées (70 %) que les enfants des femmes sans instruction (34 %). Les indices de richesse pour leur part sont des facteurs de discrimination entre les enfants car les enfants dont les mères sont issues des ménages très riches et riches ont beaucoup plus de chance d’être complètement vaccinés contre les maladies du programme élargi de vaccination avec des taux respectifs de 63 % et 57 % que les enfants des ménages très pauvres et pauvres chez qui les taux de couverture s’établissent à 39 %. 6.2 PROTECTION CONTRE LE TETANOS NEONATAL (anatoxine tétanique) Un des objectifs des OMD consiste à réduire de trois quarts le taux de mortalité maternelle, avec une stratégie visant à éliminer le tétanos maternel. Un autre objectif est la réduction de l'incidence du tétanos néonatal à moins d'un cas pour 1000 naissances vivantes dans chaque district. Par ailleurs, un objectif d'un Monde digne des enfants était d'éliminer le tétanos maternel et néonatal avant 2005. La prévention du tétanos maternel et néonatal consiste à s'assurer que toutes les femmes enceintes reçoivent au moins deux doses de vaccins antitétaniques. Cependant, si toutes les femmes n'ont pas reçu deux doses de ce vaccin durant la grossesse, elles sont considérées (ainsi que leur nouveau-né) comme étant protégées si les conditions suivantes sont réunies: • elles ont reçu au moins deux doses de vaccins antitétaniques dont la dernière au cours des trois années précédentes ; • elles ont reçu au moins trois doses de vaccins antitétaniques dont la dernière au cours des cinq dernières années ; • elles ont reçu au moins 4 doses dont la dernière au cours des 10 dernières années; • elles ont reçu au moins cinq doses qui leur assurent une protection pour toute la vie féconde. Le tableau CH.3 présente l’état de protection contre le tétanos des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des 12 derniers mois. Le graphique CH.2 illustre la situation de protection des femmes contre le tétanos néonatal selon les caractéristiques socio- démographiques et contextuelles. Au total un peu plus de sept mères sur dix (71 %) sont protégées contre le tétanos néonatal. Toutefois, on note de grandes disparités selon les régions et le milieu de résidence. Lomé Commune avec un pourcentage de 84 % détient le meilleur taux des femmes protégées contre le tétanos néonatal alors que la région des Savanes (61 %) a la plus faible proportion. Les pourcentages des femmes protégées varient dans les autres régions entre 75 % (région Centrale) et 64 % (région de la Kara). Les mères du milieu urbain (83 %) sont mieux protégées que les femmes qui résident dans le milieu rural (64 %). On note également une différence de protection selon l’âge des mères. Les mères les mieux protégées sont celles qui ont 30-34 ans avec 76 % ; viennent ensuite les mères qui ont 25-29 ans (72 %) et 20-24 ans (71 %). Les femmes les moins protégées sont celles qui sont à la fin de leur vie féconde c’est-à-dire âgée de 45-49ans (48 %). L’éducation semble exercer une influence sur la protection des mères au tétanos néonatal. En effet, les femmes les mieux instruites, c’est-à-dire celles qui ont suivi les cours secondaires ou plus ont un taux de protection de 84 % alors que les femmes qui sont sans instruction n’ont qu’un taux de protection de 63 %. 29 Les pourcentages des mères protégées varient avec l’indice de richesse ; les résultats montrent que plus la mère est dans un ménage aisé, plus elle est mieux protégée contre le tétanos néonatal. Les proportions varient de 56 % chez les mères des ménages les plus pauvres à 88 % chez les femmes des ménages les plus riches. Graphique CH.2: Pourcentage de mères ayant eu une naissance vivante au cours de 12 derniers mois, protégées contre le tétanos néonatal, Togo, 2006 84 71 67 75 64 61 83 64 63 74 84 71 0 20 40 60 80 Regions Lomé Maritime Plateaux Centrale Kara Savanes Milieu de résidence Urbain Rural Education de la mère Aucun Primaire Secondaire + Ensemble Pourcentage 6.3 TRAITEMENT PAR SOLUTION DE REHYDRATATION ORALE La diarrhée est la deuxième cause principale de mortalité des enfants de moins de cinq ans dans le monde. La plupart des décès liés à la diarrhée dans l'enfance sont dus à la déshydratation du fait de la perte de grandes quantités d'eau et d'électrolytes du corps sous forme de selles liquides. La prise en charge de la diarrhée - soit par les sels de réhydratation orale (SRO) soit par les liquides faits à domicile recommandés - permet d'éviter nombre de ces décès. Prévenir la déshydratation et la malnutrition par l'augmentation de l'absorption des liquides et la poursuite de l'alimentation de l'enfant constituent également une stratégie importante pour la prise en charge de la diarrhée. 6.3.1 Rappel des objectifs Les Objectifs du millénaire pour le développement consistent en partie à : 1) réduire de moitié les décès dus à la diarrhée chez les enfants de moins de cinq ans d'ici 2010 et 2) réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans d'ici 2015. En outre, parmi les objectifs d'un Monde digne des enfants figure la réduction de 25 % de la prévalence de la diarrhée. Les indicateurs retenus sont : • La prévalence de la diarrhée ; • La thérapie de réhydratation par voie orale (TRO) ; • La prise en charge à domicile de la diarrhée ; • L'augmentation de l'absorption de liquides (TRO) et la poursuite de l'alimentation. 30 Dans le questionnaire de l’enquête MICS3, la mère (ou la personne en charge de l’enfant) a été invitée à indiquer si leur enfant avait eu la diarrhée au cours des deux semaines précédant l'enquête. Le cas échéant, une série de questions a été posée à la mère sur ce que l'enfant a bu et mangé durant l'épisode diarrhéique et si c'était plus ou moins ce que l'enfant avait l'habitude de manger et de boire. 6.3.2 Prévalence de la diarrhée D'une manière générale, 15 % des enfants de moins de cinq ans ont fait la diarrhée au cours des deux semaines précédant l'enquête (tableau CH.4). La prévalence de la diarrhée est la plus élevée dans les régions Centrale et Kara (20 %) tandis que la proportion la plus faible est observée dans la commune de Lomé (8 %). La pointe de la prévalence de la diarrhée se situe chez les enfants âgés de 12 à 23 mois (23 %), ce qui correspond à la période de sevrage. 6.3.3 Thérapie de réhydratation par voie orale Le tableau CH.4 présente également le pourcentage des enfants qui reçoivent les différents types de liquides recommandés pendant l'épisode de la diarrhée. Etant donné que les mères ont pu citer plus d'un type de liquides, le total des pourcentages n'est pas nécessairement égal à 100. Un peu moins de 10 % des enfants ont reçu des liquides préparés à partir des paquets de solution par la réhydratation par voie orale (SRO) ; 2 % ont reçu des liquides de SRO pré-conditionnés et 13 % ont reçu des liquides recommandés faits à la maison. Les enfants dont la mère a reçu une éducation secondaire (37 %) ont plus de chances de recevoir un traitement par réhydratation orale que les autres enfants. Un peu plus de 2 enfants sur 10 (21%) ayant fait la diarrhée ont reçu un ou plusieurs traitements recommandés à domicile (c'est-à-dire qu'ils ont été traités avec la SRO ou les liquides recommandés faits à domicile), tandis qu’un peu moins de 8 enfants sur 10 (79 %) n'ont reçu aucun traitement. La proportion des enfants qui ont reçu la solution pour la réhydratation par voie orale est quasi similaire dans les centres urbains (22 %) et dans les zones rurales (21 %). Par contre dans les régions, il y a de fortes disparités ; en effet, la plus forte proportion qui s’élève à 39 % est enregistrée dans la région des Plateaux alors que la plus faible proportion située à 7 % apparaît dans la commune de Lomé ; graphique CH.3. Par ailleurs, plus l’indice de richesse du ménage augmente, plus les enfants de 0-59 mois ayant eu la diarrhée reçoivent une solution de réhydratation appropriée : pauvre (15 %), moyen (21 %) et très riche (30 %). 31 Graphique CH.3: Pourcentage d'enfants de 0-59 mois ayant eu la diarrhée durant les 2 semaines et ayant reçu une solution pour la réhydratation par voie orale (RVO) , Togo, 2006 7 21 39 22 14 19 18 19 37 21 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 Lomé M aritime Plateaux Centrale Kara Savanes Aucun Primaire Secondaire + Ensemble Po ur ce nt ag e Un peu plus d'un enfant de moins de cinq ans sur 10 (13 %) ayant fait la diarrhée a bu plus de liquides que d'habitude tandis que 12 % ont bu la même quantité ou moins de liquide (tableau CH.5). En outre, 67 % des enfants ont mangé au moins la même chose ou plus que d'habitude, mais 33 % n’ont rien mangé ou ont moins mangé que d’habitude. Selon les données, 22 % des enfants ont reçu davantage de liquides tout en continuant à être alimenté. De la comparaison des informations des tableaux CH.5 et CH.4, il apparaît clairement que la tendance observée chez les enfants ayant reçu soit une TRO, soit davantage de liquides et qu'en même temps avaient continué de manger est similaire (21 %). Ces tendances sont conformes aux recommandations de l’OMS et de l’UNICEF. La prise en charge à domicile de la diarrhée est différente d’une région à une autre : Lomé (moins de 1 %), Kara (9 %), Centrale (11 %), Maritime (14 %). Parmi les enfants qui ont reçu une TRO ou davantage de liquides et qui ont continué de manger, les proportions varient de 4 % à Lomé à 33 % dans la région des Plateaux. Les enfants des mères ayant reçu une éducation secondaire (32 %) ont plus de chances de recevoir une TRO ou davantage de liquides et puis continuer de manger que les enfants dont la mère est sans instruction ou de niveau primaire (20 %). 32 Graphique CH.4: Pourcentage d'enfants de 0-59 mois ayant eu la diarrhée dans les 2 dernières semaines et qui ont reçu plus de liquides et qui ont poursuivi l'alimentaion, Togo, 2006 4 26 32 20 20 18 22 22 20 20 32 22 0 5 10 15 20 25 30 35 Regions Lomé Maritime Plateaux Centrale Kara Savanes Milieu de résidence Urbain Rural Education de la mère Aucun Primaire Secondaire + Ensemble Pourcentage 6.4 TRAITEMENT ANTIBIOTIQUE DES ENFANTS SUSPECTES DE PNEUMONIE La pneumonie est l’une des principales causes de mortalité infantile, et l’utilisation d’antibiotiques chez les enfants de moins de 5 ans suspectés de pneumonie est une intervention décisive. Un des objectifs d'un Monde digne des enfants est de réduire d'un tiers les décès liés aux infections respiratoires aiguës. Les enfants souffrant de pneumonie présumée sont ceux qui ont eu une maladie avec une manifestation de toux accompagnée d’une respiration rapide ou difficile et dont les symptômes n'étaient pas dus à un problème au niveau de la poitrine et à une obstruction nasale. Les indicateurs sont : • la prévalence des enfants suspectés de la pneumonie ; • la recherche de soins pour une pneumonie présumée ; • le traitement aux antibiotiques de la pneumonie suspectée ; • la connaissance des indicateurs d'alerte de la pneumonie. 6.4.1 Prévalence des enfants suspectés de la pneumonie et recherche de soins Le tableau CH.6 présente la prévalence de la pneumonie présumée et les formations sanitaires ou autres lieux de soins (si des soins ont été cherchés en dehors du domicile). Les résultats révèlent que 6 % des enfants âgés de 0 à 59 mois ont été signalés comme présentant des symptômes de pneumonie au cours des deux semaines qui ont précédé l'enquête. Parmi ces enfants, 23 % ont été emmenés chez un prestataire de soins de santé appropriés (pharmacie non comprise) dont 12 % dans un centre de santé, 3 % dans un hôpital public et 4 % dans d’autres centres publics de soins ; au total 19 % de ces enfants ont été emmenés dans une formation sanitaire publique et 4% dans des structures privées. 33 Dans l’utilisation des prestations appropriées, il n’y a pas de différence entre le sexe de l’enfant suspecté de pneumonie et consulté. Les enfants de moins d’un an (32%) sont plus amenés en consultation dans un centre de soins appropriés que les autres. On constate qu’une légère différence existe entre les centres urbains (24%) et les zones rurales (22%). L’analyse régionale révèle deux grands groupes : • un premier groupe où il y a un nombre significatif d’enfants suspectés de pneumonie et qui ont été emmenés dans les centres de soins. Il s’agit de Lomé (24 %), Maritime (24 %) et Centrale (13%) ; • un second groupe composé des régions des Plateaux, de la Kara et des Savanes dans lesquelles le nombre d’enfants malades emmenés dans les formations n’était pas suffisant pour calculer des indicateurs significatifs. Par ailleurs, plus le niveau d’instruction des mères évoluent plus elles amènent leur progéniture en consultation adéquate. La proportion des enfants dont les mères sont sans instruction est de 21 % ; elle se situe à 23 % chez les mères de niveau primaire et à 26 % chez celles de niveau secondaire ou plus. Dans les ménages moyens le pourcentage des enfants malades et emmenés dans un centre de soins appropriés est paradoxalement faible (6 %) tandis que dans les ménages très pauvres et pauvres ces pourcentages s’élèvent respectivement à 17 % et 26 %. Dans les ménages riches (33 %) et très riches (28 %) les enfants malades sont plus conduits dans les formations sanitaires appropriées. Ainsi donc les résultats selon l’indice de richesse présentent une particularité qui mérite d’être étudié en profondeur au cours des analyses supplémentaires. 6.4.2 Traitement aux antibiotiques de la pneumonie suspectée Le tableau CH.7 présente l’utilisation d’antibiotiques pour le traitement des enfants de moins de 5 ans suspectés de pneumonie par sexe, âge, région, lieu de résidence et indice de richesse. Au Togo, un enfant malade sur quatre (26 %), a reçu un antibiotique au cours des deux semaines qui ont précédé l’enquête. Le sexe de l’enfant ne semble pas avoir une influence sur le traitement des enfants suspectés (26 % tant pour les garçons que chez les filles). L’utilisation d’antibiotiques varie avec l’âge de l’enfant ; la proportion la plus importante est enregistrée chez les enfants de 24-35 mois (33%) tandis que le pourcentage le plus faible est observé dans les groupes d’âges 12-23 mois et 48-59 mois (22 %). Le pourcentage le plus élevé est enregistré dans la région de la Kara (36 %) alors que la proportion la plus faible est observée à Lomé (25 %). On observe aussi que la proportion des enfants suspectés de pneumonie ayant reçu un antibiotique est légèrement plus élevée en milieu urbain (27%) qu’en milieu rural (25%). Le tableau indique également que le traitement des enfants suspectés de pneumonie avec antibiotique est très faible dans les ménages pauvres (13%) et plus élevé dans les ménages riches (43%). Par ailleurs, le niveau d’instruction des mères ne semble pas avoir d’incidence majeure sur l’utilisation des antibiotiques pour le traitement de la pneumonie chez les enfants. En effet, le pourcentage des enfants suspectés de pneumonie et traité avec antibiotique est identique (25 %) chez les mères sans instruction et celles qui ont suivi au moins les cours secondaires alors que les enfants dont les mères ont fait les études primaires ont une proportion de 27 %. 34 6.4.3 Connaissance des indicateurs d'alerte de la pneumonie Les indications de la connaissance des signes d'alerte de la pneumonie sont présentées dans le tableau CH.7A. De toute évidence, la connaissance de la mère des signes d'alerte (respiration difficile et rapide) est un déterminant important de la recherche des soins. La respiration rapide et la respiration difficile sont identifiées respectivement par 19 % et 22 % des mères comme étant des symptômes qui nécessitent que l'enfant soit emmené immédiatement chez un prestataire de soins de santé. Dans l'ensemble, quelle que soit la caractéristique, 12 % seulement des femmes ont identifié correctement à la fois les deux signes d'alerte de la pneumonie. Par contre, le développement de la fièvre (82%) est le symptôme le plus cité par la mère ou la personne en charge pour emmener l’enfant dans un établissement sanitaire. Les mères ou les personnes en charge d’enfant reconnaissant les deux signes de risque de pneumonie sont en proportion plus importante en milieu urbain (15%) qu’en milieu rural (10%). Au niveau régional, cette proportion est la plus élevée dans la région des Savanes (29%). Celle-ci est suivie par la région des Plateaux (19%) et Lomé (17%) tandis que les régions Centrale (2%) et Maritime (5%) enregistrent les pourcentages les plus faibles. Les données révèlent qu’il n’existe pas de grand écart entre les pourcentages selon le niveau d’instruction des mères ou personnes en charges des enfants ; les proportions varient de 11% (niveau primaire) à 13% (niveau secondaire ou plus). Par ailleurs on constate qu’il n’y aurait pas de relation entre l’indice de richesse et la connaissance des deux signes de risque de pneumonie. La proportion la plus élevée (18%) s’observe chez les mères ou personnes en charges des enfants les plus riches. Elle est suivie par la proportion concernant les plus pauvres (13%). Ce sont les mères ou personnes en charges des enfants de la classe moyenne qui connaissent le moins (8%) les deux signes d’alerte de la pneumonie. 6.5 UTILISATION DES COMBUSTIBLES SOLIDES Plus de 3 millions de personnes dans le monde dépendent des combustibles solides (biomasse et charbon) pour leurs besoins en énergie de base, comme la cuisine et le chauffage. Faire la cuisine et se chauffer avec des combustibles solides entraîne des niveaux élevés de pollution de l'air intérieur, par la production d'un mélange complexe de polluants nuisibles pour la santé. Le principal problème posé par l'utilisation de combustibles solides est l’émanation d'une combustion incomplète, comme le monoxyde de carbone (CO), les hydrocarbures aromatiques polycycliques, le dioxyde d'azote (SO2) et autres éléments toxiques. L'utilisation de combustibles solides augmente les risques de maladies respiratoires aiguës, de pneumonie, d'obstruction pulmonaire chronique, de cancer et peut- être de tuberculose, de faible poids à la naissance, de cataracte, d'asthme et constitue une cause majeure de mauvaise santé en particulier chez les enfants de moins de 5 ans où elle se manifeste sous forme de maladie respiratoire aiguë. Le principal indicateur est la proportion de la population utilisant des combustibles solides comme source principale d'énergie domestique pour la cuisine. Dans l'ensemble, la majeure partie des ménages (98 %) utilise encore les combustibles solides pour faire la cuisine au Togo (tableau CH.8). Le charbon de bois (44 %) et le bois de chauffe (50 %) sont les combustibles les plus utilisées tandis que le pétrole (moins de 1 %) et le gaz (1 %) sont les sources d’énergies les moins utilisées dans le pays. En milieu urbain, les combustibles solides représentent 95 % des sources d’énergie utilisées par les ménages pour cuisiner contre 100 % en milieu rural. Le combustible le plus utilisé est le charbon de bois en milieu urbain (82 %) et le bois de chauffe en milieu rural (76 %). L’utilisation des sources d’énergie moderne notamment le gaz est plus répandue à Lomé (4 %) que dans les autres régions (moins de 1 %). 35 Les ménages dont le chef a un niveau d’instruction élevé (secondaire ou plus) utilisent plus les sources modernes d’énergie notamment le gaz (3 %) que les ménages avec un chef sans instruction (moins de 1%). L'utilisation de combustible solide a plus ou moins d’effet sur la pollution intérieure, étant donné que la concentration des polluants est différente selon que le même combustible est consumé dans différents fourneaux. L'utilisation de fourneaux fermés avec des cheminées réduit la pollution intérieure, tandis qu'un fourneau ouvert ou un feu ouvert sans cheminée ni hotte signifie qu'il n'y a pas de protection contre les effets nocifs des combustibles solides. Le type de fourneau utilisé avec un combustible solide est présenté dans le tableau CH.9. Le foyer ouvert ou feu sans cheminée ou couvercle est le type de foyer le plus utilisé par les ménages au Togo (97%) et quelles que soient les caractéristiques plus de neuf ménages sur dix utilisent les foyers ouverts sans cheminée. 6.6 PALUDISME Le paludisme est une cause majeure de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans au Togo. Il est également un facteur d’anémie chez l’enfant et une cause fréquente d’absentéisme scolaire. Les mesures préventives, notamment l’utilisation de moustiquaires imprégnées à l’insecticide (MII), peuvent réduire considérablement le taux de mortalité lié au paludisme chez les enfants. Dans les zones où le paludisme est endémique, les recommandations internationales proposent de traiter toute fièvre chez l’enfant comme s’il s’agissait du paludisme, en lui donnant immédiatement un traitement complet à base de comprimés antipaludéens. Les enfants manifestant des symptômes de paludisme aigu, tels que la fièvre ou les convulsions, doivent être acheminés dans une formation sanitaire. De même, les enfants convalescents du paludisme doivent recevoir un surplus de liquides et d’aliments et, les plus petits d’entre eux doivent continuer d’être allaités. 6.6.1 Utilisation des moustiquaires Le questionnaire comprend des questions sur la disponibilité et l'utilisation des moustiquaires tant dans les ménages que chez les enfants de moins de cinq ans ; il comporte en outre des questions sur le traitement antipaludéen et la prophylaxie intermittente pour le paludisme. Les résultats de l’enquête révèlent que 46 % des ménages possèdent au moins une moustiquaire (tableau CH.10) et 40 % une moustiquaire imprégnée. La disponibilité de moustiquaire imprégnée est plus élevée en milieu rural (42 %) qu’en milieu urbain (37 %) et varie considérablement selon les régions ; la plus forte proportion des ménages ayant au moins une moustiquaire imprégnée est enregistrée dans la région des Savanes (60 %) tandis que le pourcentage le plus faible est observé dans la région des Plateaux (33 %). Le niveau d’instruction du chef de ménage a une influence positive sur la disponibilité de moustiquaire imprégnée. Les ménages dont le chef a un niveau secondaire ou plus possèdent plus de moustiquaires imprégnées (45 %) que ceux dont le chef a le niveau primaire (42 %) ou sont sans niveau d’instruction (34 %). Le tableau CH.11 donne le pourcentage des enfants de 0-59 mois qui ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant le passage de l’enquêteur. Il ressort des données que 41 % des enfants de moins de cinq ans ont dormi sous une moustiquaire et 38 % sous une moustiquaire imprégnée. Il est à noter que parmi l’ensemble de moustiquaires utilisées pour dormir, les moustiquaires imprégnées représentent la grande majorité. L’utilisation de moustiquaires imprégnées chez les enfants de moins de cinq ans varie très peu selon la tranche d’âges : 42 % chez les enfants de 24-35 mois et 37 % chez les enfants de 12-23 mois et 48-59 mois. Il existe une disparité liée au sexe, marquée par une légère prédominance de l’utilisation de moustiquaires imprégnées chez les garçons (40 %) que chez les filles (37 %). 36 Les enfants qui résident en milieu rural utilisent plus les moustiquaires traitées (40 %) que ceux de la zone urbaine (36 %). Sur le plan régional, la proportion des enfants qui dorment sous une moustiquaire traitée est plus élevée dans les régions Centrale (54 %), de la Kara (48 %) et des Plateaux (42 %) qu’à Lomé (31 %) et dans la région Maritime (32 %). 6.6.2 Prévalence et le traitement de la fièvre chez les enfants de moins de cinq ans Des questions sur la prévalence et le traitement de la fièvre ont été posées aux mères de tous les enfants âgés de moins de cinq ans ; les résultats montrent qu’un peu moins d’un enfant sur cinq (19 %) a fait la fièvre au cours des deux semaines qui ont précédé l’enquête (tableau CH.12). La prévalence de la fièvre varie avec l’âge, et connaît un maximum au groupe d’âges 12-23 mois et 24-35 mois (22 %). Il y a des écarts régionaux importants en matière de prévalence de la fièvre ; la plus forte proportion est enregistrée dans la région Maritime sans Lomé (25 %) et la plus faible dans la région des Plateaux (13 %). La fièvre est moins fréquente chez les enfants dont la mère a fait des études secondaires ou supérieures (17%) et chez ceux dont la mère est sans instruction (19 %) que chez les enfants dont la mère a un niveau primaire (21 %). De même, il a été demandé aux mères de mentionner tous les médicaments administrés à l'enfant pour traiter la fièvre, aussi bien les médicaments donnés à domicile que ceux prescrits dans un établissement de santé. En tout, 48 % des enfants fébriles au cours des deux dernières semaines ont été traités avec un antipaludéen "approprié" et 38 % ont reçu des antipaludéens dans les 24 heures qui ont suivi l'apparition des symptômes. Les médicaments antipaludéens « appropriés » incluent la chloroquine, la Sulfadoxine- Pÿriméthamine (SP/Fansidar), les associations médicamenteuses à base d’artémisine (ACT), etc. Les résultats montrent que 32 % des enfants atteints de fièvre ont reçu la chloroquine, tandis que 3 % seulement ont été soignés avec la SP/Fansidar. Un faible pourcentage (1 %) a reçu les associations médicamenteuses à base d’artémisine tandis qu’un pourcentage très élevé des enfants (85 %) a reçu des médicaments autres que les antipaludéens, y compris des antipyrétiques comme le paracétamol, l'aspirine ou l'ibuprofène. Il y a peu de différences entre les filles (49 %) et les garçons (47 %) en ce qui concerne l'administration d'antipaludéens. Par ailleurs, l’administration de médicaments antipaludéens est plus répandue chez les enfants résidant dans la zone urbaine (57 %) que ceux de la zone rurale (43 %). En ce qui concerne les régions, les proportions des enfants qui ont reçu des antipaludéens appropriés pour lutter contre la fièvre sont plus élevées dans les régions de la Kara (65 %), des Savanes (58 %) et Centrale (57 %) que dans les régions Maritime (34 %), Plateaux (49 %) et Lomé (55 %). Le niveau d’instruction de la mère a une grande influence sur le traitement des enfants ayant fait la fièvre les deux dernières semaines qui ont précédé l’enquête avec des antipaludéens appropriés. Les pourcentages les plus élevés sont enregistrés chez les enfants dont la mère a le niveau d'instruction secondaire ou supérieur (73 %) que chez les enfants dont la mère a le niveau primaire (45 %) ou sans instruction (43 %). 6.6.3 Prévention et traitement de la fièvre chez les femmes enceintes Dans le cadre de l’enquête MICS3, il a été demandé aux femmes de mentionner les médicaments qu'elles avaient reçus durant leur dernière grossesse au cours des deux années qui ont précédé l'enquête. Les femmes sont considérées comme ayant reçu une thérapie préventive intermittente si elles ont reçu au moins 2 doses de Sulfadoxine- Pyriméthamine/Fansidar durant leur grossesse. Le traitement préventif intermittent du paludisme chez les femmes enceintes ayant accouché au cours des deux années précédant l'enquête est présenté dans le tableau CH.13. 37 En cas d'infection, les femmes enceintes risquent l'anémie, l'accouchement prématuré et de donner naissance à un enfant mort-né. Leurs bébés risquent de présenter un faible poids à la naissance, ce qui compromet leurs chances de survie au bout de leur première année. Pour cette raison, des mesures sont prises pour protéger les femmes enceintes en leur distribuant des moustiquaires traitées à l'insecticide et en leur faisant prendre des médicaments lors des consultations prénatales pour prévenir l'infection du paludisme (traitement préventif intermittent, TPI). Les résultats révèlent que 78 % des femmes qui ont eu une naissance au cours des deux années qui ont précédé l'enquête ont eu un traitement préventif (IPT) contre le paludisme durant leur grossesse. Il est à remarquer que la chloroquine (59 %) est le médicament le plus utilisé par ces femmes. Viennent ensuite la prise du SP/Fansidar (23 %) et les autres médicaments (14 %). Les femmes qui résident dans les centres urbains (90 %) utilisent plus un médicament contre le paludisme durant leur grossesse que celles des zones rurales (70 %). La chloroquine est le médicament le plus utilisé par 77 % des femmes du milieu urbain et 54 % par celles du milieu rural. Le pourcentage de femmes qui ont utilisé un médicament contre le paludisme durant la grossesse varie selon les régions ; les proportions les plus élevées sont enregistrées à Lomé (91 %) et dans la région Maritime (80 %) tandis que les pourcentages les plus faibles sont observés dans les régions de la Kara (68 %) et des Savanes (70 %). A l’instar de ce qui est observé pour l’ensemble du pays et les milieux urbain et rural, la chloroquine est de loin le médicament le plus utilisé suivi de SP/Fansidar pour traiter le paludisme. 6.7 SOURCES ET COUTS DE L'APPROVISIONNEMENT EN MOUSTIQUAIRE TRAITEE Dans le cadre de l’enquête MICS3, des questions ont été également posées pour recueillir des informations sur les sources et les coûts d'approvisionnement en moustiquaires imprégnées. Ces informations sont très importantes du fait qu'elles permettent une évaluation basée sur la portée des programmes sur la population en général et sur les groupes cibles en particulier. Ces informations sont également utiles pour contrôler la fourniture de matériel gratuit ou subventionné et pour l'évaluation des coûts du matériel, étant donné que le prix du matériel pourrait constituer un obstacle à son utilisation. Pour les responsables de programme souhaitant déterminer la part des secteurs aussi bien public que privé dans la fourniture de ces approvisionnements, et l'importance relative de chacune des sources, les informations sur les sources et les coûts des approvisionnements peuvent être essentielles. Néanmoins, cette partie fait uniquement état des moustiquaires imprégnées. Les sources et coûts de l'approvisionnement en moustiquaires imprégnées (MII) sont fournis dans le tableau CH.14. Ce tableau donne des informations sur l'obtention des MII par la voie publique (83 %) ou la voie privée (4 %). Parmi les sources publiques, 93 % des ménages ont reçu gratuitement les moustiquaires imprégnées au cours des campagnes nationales alors que ce pourcentage est de 14 % chez les sources privées. Les pourcentages des moustiquaires imprégnées et traitées acquises gratuitement sont plus élevés dans les régions des Savanes (97 %), Centrale (96 %) et Maritime (94 %) que dans les autres régions et les campagnes (95 %) pour le type public; en outre le type privé est plus apprécié dans la commune de Lomé (20 %) qu’ailleurs. Quelle que soit la source d’approvisionnement, la MII coûte un peu plus cher dans les centres urbains que dans les zones rurales ; les montants sont de 2500 F CFA et 2000 F CFA pour la source publique et de 3500 F CFA et 4300 F CFA pour la source privée. 38 Au niveau régional, le coût de la MII est relativement plus élevé à Lomé et dans les régions Maritime et des Savanes que dans les autres régions. Les données relatives à l’indice de richesse indiquent qu’il n’ y a pas de discrimination dans la vente des MII d’autant plus que les coûts observés chez les ménages les plus pauvres et chez les ménages les plus riches sont presque identiques : 2900 F CFA et 3000 F CFA pour la voie publique et 3990 F CFA et 4000 F CFA pour la source privée. Toutefois, on constate en ce qui concerne les MII acquises gratuitement que les pourcentages sont légèrement plus élevés pour les ménages pauvres que pour les ménages riches. 39 VII. ENVIRONNEMENT 7.1 EAU ET ASSAINISSEMENT L’eau potable est une nécessité de base pour une bonne santé. Une eau non potable peut être un vecteur important de maladies telles que le trachome, le choléra, la fièvre typhoïde et la schistosomiase. L’eau de boisson peut également être contaminée par des produits chimiques, des matières physiques et radiologiques qui ont des effets néfastes sur la santé humaine. En plus de son association aux maladies, l’accès à l’eau potable peut être particulièrement important pour les femmes et les enfants à qui il incombe essentiellement le transport de l’eau, souvent sur de longues distances surtout dans les zones rurales. L’un des objectifs des OMD est de réduire de moitié, entre 1990 et 2015, les proportions des personnes qui n’ont pas un accès durable à une eau de boisson potable et à une hygiène de base. L’objectif d’un Monde digne des enfants est la réduction d’au moins d’un tiers de la proportion des ménages qui n’ont pas accès à des installations sanitaires hygiéniques et à une eau potable salubre à un coût abordable. La liste des indicateurs utilisés dans l’enquête MICS3 est la suivante : Dans le domaine de l’approvisionnement en eau : • Utilisation de sources d’approvisionnement en eau potable améliorées ; • Utilisation d’une méthode adéquate du traitement de l’eau ; • Temps d’approvisionnement en eau potable; • Personne recueillant l’eau potable. Dans le domaine de l’hygiène et de l’assainissement : • Utilisation d’installations sanitaires améliorées; • Elimination hygiénique des excréments des enfants. 7.1.1 Sources d’approvisionnement en eau 7.1.1.1 Les sources d’eau améliorée La distribution de la population par source d’approvisionnement en eau potable est présentée dans le tableau EN.1 et illustrée par le graphique EN.1. On y distingue deux types de sources d’eau à boire : les sources améliorées et les sources non améliorées. Graphique EN.1: Pourcentage de la population des ménages selon la source d'approvisionnement en eau de boisson, Togo, 2006 Eau de robinet logement/concessi on 5% Borne fontaine 35% Forage 10% Puits et source protégé 7% Puits et source non protégé 23% Eau de surface 17% Autre source 3% 40 Rentrent dans la catégorie des sources améliorées : l’eau de robinet dans le logement et dans la concession, l’eau des bornes fontaines ou kiosques à eau, l’eau de forage, l’eau des puits à pompe, l’eau de puits et sources protégées, l’eau de pluie et l’eau minérale (en bouteille ou sachets). L’eau minérale est considérée comme une source d’approvisionnement en eau améliorée seulement si le ménage utilise une source d’approvisionnement en eau améliorée pour d’autres besoins, comme la lessive et la cuisine. Au total, 61 % de la population utilise une source d’approvisionnement améliorée en eau de boisson. La proportion de la population qui utilise une source d’approvisionnement améliorée est deux fois plus élevée dans les zones urbaines (90 %) que dans les zones rurales (43 %). Les sources d’approvisionnement en eau de boisson varient considérablement selon les régions. Les proportions de la population utilisant une source d’approvisionnement en eau améliorée sont les plus élevées à Lomé (94 %), dans les régions de la Kara (64 %) et Centrale (60 %) alors que les proportions les plus faibles sont observées dans les régions Maritime (57 %), des Savanes (48 %) et des Plateaux (42 %). Dans l’ensemble, la proportion des personnes utilisant l’eau de robinet dans la concession (4 %) ou dans le logement (2 %) est faible. Les données montrent en outre que c’est particulièrement à Lomé (18 %) que les ménages utilisent l’eau de robinet dans la concession ou logement. Le pourcentage d’utilisation de l’eau des bornes fontaines ou kiosques à eau est le plus utilisée parmi les sources améliorées : 35 % dans l’ensemble du pays. Ce pourcentage est un peu plus de trois fois plus élevé dans les centres urbains (61 %) que dans les zones rurales (18 %). L’utilisation de l’eau des bornes fontaines est plus répandue à Lomé (68 %) ; viennent ensuite les régions Maritime (36 %) et des Plateaux (26 %). La proportion la plus faible est enregistrée dans la région des Savanes (15 %). Après les bornes fontaines ou kiosques à eau, c’est l’eau des forages qui est la plus utilisée (10 %) parmi les sources améliorées. Au niveau régional, les forages sont nettement plus répandus dans la région de la Kara (28 %) que dans les autres régions. Les sources non améliorées sont constituées par les eaux provenant des sources et puits non protégés, des camions citernes, des charrettes et de l’eau de surface. Les principales sources non améliorées utilisées sont les puits non protégés (21%) et les eaux de surface (17%). L’utilisation de ces sources d’eau est plus répandue dans les zones rurales que dans les centres urbains : 28 % contre 9 % pour les puits non protégés et 27 % contre 1 % pour les eaux de surface. L’utilisation de ces deux principales sources non améliorées diffère d’une région à une autre. Les eaux des puits non protégés sont plus utilisées dans les régions Maritime (34 %), des Savanes (31 %) et Centrale (26 %) alors que l’utilisation des eaux de surface est plus répandue dans les régions des Plateaux (48 %) et de la Kara (20 %). 7.1.1.2 Traitement domestique de l’eau Le tableau EN.2 présente la répartition en pourcentage de la population des ménages selon la méthode de traitement de l’eau de boisson utilisée dans le ménage et le pourcentage des populations des ménages qui utilise une méthode appropriée de traitement de l’eau. Les différents moyens adéquats de traitement de l’eau de boisson sont : - faire bouillir l’eau ou y ajouter de l’eau de Javel ou du chlore ; - utiliser un filtre à eau ; - utiliser la désinfection solaire. 41 Les résultats du tableau EN.2 révèlent que la grande majorité des ménages (90 %) n’utilise aucune méthode pour traiter l’eau de boisson ; en revanche 5 % des ménages, traitent l’eau de boisson en y ajoutant de l’eau de javel ou du chlore tandis que moins de 1 % des ménages utilise un filtre à eau et la même proportion fait bouillir l’eau avant de la boire. Parmi les méthodes utilisées par les ménages pour traiter l’eau de boisson, certaines sont peu fiables ou inadéquates ; il s’agit essentiellement de l’emploi de linge pour filtrer l’eau (3 %) et le fait de laisser reposer l’eau (1 %). Il ressort en outre des résultats du tableau EN.2 que pour toutes sources confondues d’approvisionnement en eau, un peu plus de 5 % des ménages utilisent une méthode appropriée de traitement de l’eau. S’agissant des sources améliorées et les sources non améliorées d’approvisionnement en eau, on y enregistre respectivement moins de 5 % et 7 % des ménages qui utilisent une méthode appropriée de traitement de l’eau. Les ménages des centres urbains utilisent plus des méthodes appropriées pour le traitement de l’eau que ceux du milieu rural quelles que soient les sources d’approvisionnement. Les pourcentages des ménages qui utilisent des méthodes appropriées pour traiter l’eau dans le milieu urbain s’élèvent à 7 % pour toutes sources, à 6 % pour les sources améliorées et à 17 % pour les sources non améliorées alors que dans les zones rurales, les proportions des ménages utilisant ces trois différentes sources représentent respectivement 4 %, 3 % et 5 %. La région Centrale enregistre les pourcentages les plus élevés des méthodes appropriées de traitement de l’eau (11 % pour toutes sources, 12 % pour les sources améliorées et 11 % pour les sources non améliorées) ; les proportions les plus faibles sont observées dans les régions de la Kara et des Savanes. La ville de Lomé pour sa part enregistre la proportion la plus élevée (22 %) de ménages utilisant une méthode appropriée de traitement de l’eau provenant des sources non améliorées. Le niveau d’instruction du chef de ménage a une influence sur l’utilisation des méthodes appropriées de traitement de l’eau, car les données montrent que plus le niveau d’instruction du chef de ménage est élevé, plus grande est la proportion qui utilise des méthodes appropriées pour traiter l’eau de boisson quelles que soient les sources d’approvisionnement. Pour les eaux provenant de toutes sources, les pourcentages passent de 3 % dans les ménages dont le chef est sans instruction à 6 % lorsque le chef de ménage a le niveau primaire et à 9 % si le chef a atteint le niveau secondaire. Des tendances similaires sont observées au niveau des sources non améliorées d’approvisionnement en eau où les pourcentages varient de 4 % dans les ménages dont le chef est sans instruction à 13 % dans les ménages dont le chef a atteint le niveau secondaire. L’examen des données du tableau EN.2 montre par ailleurs qu’il existe une relation entre l’indice de richesse et les méthodes appropriées de traitement de l’eau. Les pourcentages des ménages qui utilisent des méthodes appropriées pour traiter l’eau de boisson augmentent graduellement des ménages les plus pauvres aux ménages les plus riches ; on y enregistre 2 % dans les ménages les plus pauvres, 5 % dans les ménages de condition de vie moyenne et 8 % dans les ménages riches. 7.1.1.3 Transport de l’eau Le "temps qu’il faut pour obtenir de l’eau" et la "personne qui recueille habituellement l’eau" sont respectivement présentés dans les tableaux EN.3 et EN.4. Il faut noter que les résultats se rapportent à un aller-retour de la maison à la source d’approvisionnement en eau de boisson. Les informations sur le nombre de trajets effectués en une journée n’ont pas été recueillies. Le tableau EN.3 montre que pour 18 % des ménages, la source d’approvisionnement en eau de boisson se trouve sur place à domicile. Un peu plus du tiers des ménages (36 %) mettent moins d’un quart d’heure pour aller chercher l’eau à boire. Par ailleurs, un peu plus d’un ménage sur cinq (22 %) mettent entre 15 minutes et moins de 30 minutes pour s’approvisionner en eau à boire. Par conséquent, pour plus de la moitié des ménages 42 (57 %), il faut moins de 30 minutes pour arriver à la source et ramener l’eau à boire. Dans l’ensemble, 8 % des ménages mettent une heure ou plus pour aller chercher leur eau à boire. A l’exception des ménages qui ont accès à l’eau sur place, le temps moyen pour se rendre à la source d’approvisionnement en eau est de 24 minutes. Le temps moyen passé dans les zones rurales (30 minutes) pour s’approvisionner en eau est deux fois plus élevé que dans les zones urbaines (14 minutes). La durée moyenne d’accès à la source d’eau de boisson varie selon les régions ; la durée moyenne la moins élevée est observée à Lomé (11 minutes) alors que la plus élevée est enregistrée dans la région des Savanes (39 minutes). La durée moyenne d’accès à une source d’eau est influencée par le niveau d’instruction et l’indice de richesse du chef de ménage. Les ménages où le chef est sans instruction mettent en moyenne plus de temps (27 minutes) que les ménages dont le chef a fait les études primaires (24 minutes) ou a atteint le niveau secondaire (19 minutes). Par ailleurs, la durée moyenne d’accès à une source d’eau de boisson est presque trois fois plus élevée (35 mn) dans les ménages où le chef est pauvre que dans ceux dans lesquels le chef est très riche (13 mn). Le tableau EN.4 donne la répartition en pourcentage des ménages selon la personne qui a en charge la corvée d’eau dans le ménage. Il ressort des données que dans la majorité des ménages (58 %), une femme adulte est généralement la personne qui va chercher l’eau, quand la source d’approvisionnement en eau de boisson ne se trouve pas sur place. Les hommes adultes ne vont chercher de l’eau que dans 11 % des cas, tandis que les proportions des filles ou des garçons de moins de 15 ans allant chercher de l’eau représentent respectivement 6 % et 3 %. 7.1.2 Assainissement 7.1.2.1 Evacuation des excréments L’élimination inadéquate des excréments humains et la mauvaise hygiène personnelle sont associées à une série de maladies, notamment les maladies diarrhéiques et la poliomyélite. Les installations sanitaires améliorées pour l’élimination des excréments sont : - les toilettes à chasse d’eau reliées à un système d’égouts ou à des fosses septiques ou encore des latrines ; - les fosses d’aisance améliorées ventilées, les fosses d’aisance avec dalle et les toilettes à compostage. Les résultats du tableau EN.5 indiquent que moins du tiers de la population (32 %) dispose d’installations sanitaires améliorées. L’utilisation d’installations sanitaires améliorées varie considérablement entre les zones urbaines et les zones rurales. Le pourcentage de la population disposant d’installations sanitaires améliorées est presque sept fois plus élevé en milieu urbain (67 %) qu’en milieu rural (10 %). Il est à noter que Lomé la capitale avec 79 % enregistre le pourcentage le plus élevé de personnes disposant d’un système adéquat d’évacuation des excréments ; Lomé est suivie par les régions Maritime (34 %) et Centrale (24 %). Les proportions les plus faibles de la population utilisant des installations sanitaires améliorées sont enregistrées dans les régions des Savanes (6 %) et de la Kara (9 %). Dans les zones rurales la population dispose principalement de latrines à fosse ou de simples trous servant de fosses d’aisance (11 %) et beaucoup plus d’autres types d’installations sanitaires non améliorées (77 %). En revanche, les installations sanitaires sont plus répandues en zone urbaine : fosse septique (23 %) et latrine couverte (18 %). Il convient de souligner que les citadins font également beaucoup usage d’autres installations sanitaires non améliorées car on y enregistre 13 % pour les latrines à fosse/trous ouverts et 20 % pour les autres types de toilettes non améliorées. 43 Les données du tableau EN.5 montrent également qu’à l‘exception de Lomé et de la région Maritime plus de six membres de ménage sur dix ne disposent pas de toilettes dans leur logement ou concession. Le lieu d’aisance le plus utilisé par ces populations est la brousse et les champs. Le pourcentage de personnes qui utilisent ce type d’aisance dans la région Maritime est de 48 % ; cette proportion passe à 64 % dans la région des Plateaux, à 70 % dans la région Centrale, à 85 % dans les régions de la Kara et des Savanes. Le tableau EN.6 donne la répartition en pourcentage des enfants âgés de 0-2 ans selon le lieu d’évacuation de leurs excréments et le pourcentage des enfants âgés de 0-2 ans dont les excréments ont été évacués de façon saine. Les résultats indiquent que la plupart des excréments de ces enfants (34 %) sont jetés dans la poubelle avec des ordures ménagères ; les toilettes ou latrines (26 %) constituent par ordre d’importance, le second lieu d’évacuation des excréments des enfants. Au total la proportion des enfants de 0-2 ans dont les excréments sont évacués de façon saine s’élève à 27 %. Cette proportion est beaucoup plus élevée dans le milieu urbain (59 %) qu’en milieu rural (8 %). La commune de Lomé se distingue par le plus fort pourcentage (72 %) ; elle est suivie par les régions Maritime (28 %) et Centrale (17 %). La région des Savanes enregistre la plus faible proportion (5 %). Une relation existerait entre le niveau d’instruction de la mère d’une part et l’indice de richesse d’autre part et la proportion d’enfants dont les excréments sont évacués de façon saine. Les proportions d’enfants dont les excréments sont évacués sainement varient de 15 % chez les mères sans instruction à 57 % chez celles qui ont atteint le niveau secondaire. Par ailleurs, les pourcentages les plus faibles sont enregistrés chez les enfants des ménages les plus pauvres (2 %) alors qu’ils sont très élevés dans les ménages aisés : 52 % dans les ménages riches et 68 % dans les ménages très riches. 7.1.2.2 Sources en eau améliorée et évacuation saine des excréments Une vue d’ensemble des pourcentages des membres de ménage disposant de sources d’approvisionnement améliorées en eau de boisson et de moyens sanitaires pour l’élimination des excréments est présentée dans le tableau EN.7. Il ressort des résultats que pour l’ensemble du pays, un peu plus du quart (27 %) de la population utilise à la fois de sources d’approvisionnement améliorées en eau de boisson et de moyens sanitaires pour l’élimination des excréments. La proportion de la population utilisant à la fois les sources d’approvisionnement améliorées en eau et les moyens sains d’évacuation des excréments est beaucoup plus élevée dans les centres urbains (62 %) que dans les zones rurales (6 %). Il existe de grandes disparités entre les régions. La plus forte proportion est enregistrée à Lomé (75 %) ; viennent ensuite les régions Maritime (27 %) et Centrale (17 %). Les pourcentages les plus faibles sont observés dans les régions des Savanes (5 %) et de la Kara (9 %). Le niveau d’instruction du chef de ménage semble avoir une influence sur l’utilisation simultanée de sources d’approvisionnement améliorées en eau et d’installations sanitaires améliorées. Les pourcentages passent de 13 % dans les ménages dont le chef est sans instruction à 47 % dans les ménages dont le chef a atteint le niveau secondaire. Il existe une relation entre l’indice de richesse et l’utilisation simultanée des sources d’approvisionnement améliorée en eau et d’installations sanitaires améliorées. Les proportions relatives à l’utilisation des deux structures améliorées sont très faibles pour les ménages pauvres (moins de 1 %) et remarquablement élevées pour les ménages riches (41 %) et très riche (83 %). 44 7.2 CONDITION DE L’HABITAT Le but de l’OMD 11 est l’amélioration significative des conditions de vie d’au moins 100 millions d’habitants des bidonvilles et l’indicateur qui s’y rapporte est la proportion des membres des ménages urbains vivant dans des taudis. Dans le cadre de l’enquête MICS 3, trois indicateurs ont été introduits pour évaluer les problèmes liés au fait d’habiter dans les bidonvilles ; il s’agit de : - la sécurité du logement ; - la durabilité de l’habitat ; - la proportion des ménages vivant dans des taudis. Un ménage urbain est considéré comme vivant dans un taudis dans le cadre de l’enquête MICS 3, s’il remplit une des conditions suivantes : - il n’a pas accès à des sources d’approvisionnement en eau améliorées ; - il ne dispose pas d’installations sanitaires améliorées ; - la surface habitable n’est pas suffisante ; - l’habitat n’est pas durable ou la propriété n’est pas assurée. 7.2.1 Sécurité de la propriété Le fait que la propriété n’est pas assurée se définit par l’absence de documents officiels pour la résidence ou le risque perçu d’expulsion. Le tableau EN.8 porte sur la sécurité de la propriété ; il présente le pourcentage des membres de ménage urbains qui ne possèdent pas de pièces en règle pour la résidence qu’ils occupent ou qui pensent avoir le risque d’être expulsé de leur logement et le pourcentage des membres des ménages qui ont été expulsés de leur logement au cours des cinq dernières années. Les résultats du tableau EN.8 indiquent que dans les zones urbaines couvertes par l’enquête MICS 3, 13 % des personnes interrogées ont indiqué qu’elles courent le risque d’être expulsées de leur logement. Par ailleurs, les données montrent que la moitié des citadins (50 %) n’a pas la sécurité de leur logement. Il convient de rappeler que le ménage est considéré comme n’ayant pas une sécurité de logement lorsqu’il n’a pas un document en règle pour l’occupation de son logement ou lorsque les membres du ménage sentent courir un risque d’être expulsés du logement. Les données révèlent en outre que le manque de sécurité de logement est plus ressenti dans les régions des Savanes (71 %), de la Kara (67 %) et Centrale (64 %). Le phénomène est relativement plus atténué à Lomé, dans les régions des Plateaux et Maritime où les proportions s’élèvent respectivement à 50 %, 47 % et 41 %. Par ailleurs, pour l’ensemble du pays, 5 % des citadins interrogés lors de la collecte ont déclaré qu’ils ont été expulsés de leur logement au cours des cinq dernières années précédant l’enquête. Cette proportion est plus élevée dans la région de la Kara (8 %) et Maritime (7 %) tandis qu’elle est relativement plus faible dans la région des Plateaux (3 %) et celle des Savanes (4 %). Les ménages urbains qui n’ont pas de sécurité de logement présentent des disparités au niveau des régions ; les plus fortes proportions sont enregistrées dans les régions des Savanes (71 %) et de la Kara (67 %) tandis que les plus faibles proportions des ménages qui n’ont pas de sécurité de logement sont observées dans les régions Maritime (41 %) et des Plateaux (47 %). Il existe une relation entre le niveau d’instruction du chef de ménage et la sécurité de logement ; en effet plus le niveau d’instruction du chef ménage augmente, plus le ménage court moins de risques pour la sécurité de son logement. Les pourcentages des ménages qui n’ont pas de sécurité de logement varient de 57 % dans les ménages dont le chef est 45 sans instruction à 52 % lorsque le chef de ménage a le niveau primaire et à 47 % quand ce dernier a atteint le niveau secondaire. Au niveau de l’indice de richesse, les ménages les plus aisés sont plus en sécurité pour le logement que les autres. Les résultats montrent que les ménages urbains les plus pauvres sont dans une insécurisé totale dans leur logement (100 %). Les pourcentages des ménages qui n’ont pas de sécurité de logement s’élèvent à 76 % dans les ménages pauvres et à 72 % dans les ménages de conditions de vie moyennes. La situation de la sécurité de logement se pose avec moins d’acuité dans les ménages riches : 60 % dans les ménages riches et 36 % dans les ménages très riches. 7.2.2 Le confort du logement Le tableau EN.9 fournit des informations sur les caractéristiques et les matériaux qui ont servi à la construction des logements. Les habitations dans lesquelles vivent les ménages sont considérées comme non durables dans le cadre de l’enquête MICS3 si le sol du logement n’est pas recouvert et si deux mauvaises conditions ou plus sont identifiées. Dans l’ensemble, moins de 1 % des membres de ménage vit dans des habitations considérées comme non durables. Egalement, on enregistre moins de 1 % de ménages vivant dans chacun des types de logements suivants : "logement en mauvais état", "logement vulnérable aux accidents" et "logement situé dans une zone à risque". Quelles que soient les caractéristiques des ménages, il n’existe pas de grands écarts sur les différents types d’habitation. Le tableau EN.10 donne le pourcentage des ménages et celui de la population des villes vivant dans un habitat précaire. Un ménage est considéré comme vivant dans un habitat précaire si l’une des cinq conditions d’un habitat insalubre ci-après est vérifiée ; il s’agit de : - logement considéré comme non durable ; - logement avec absence de sécurité ; - logement encombré (plus de trois personnes par chambre à coucher) ; - logement sans source améliorée d’approvisionnement en eau ; - logement sans installation sanitaire améliorée. Les résultats révèlent qu’un peu moins des trois quarts des ménages urbains (72 %) vivent dans un habitat précaire, ce qui correspond approximativement à 70 % des membres des ménages. Les ménages vivant dans un habitat précaire et dont le chef est sans instruction représentent 78 %. Cette proportion baisse lentement à 72 % et 65 % respectivement chez les ménages dont le chef a fait le cycle primaire et chez ceux dont le chef a atteint le niveau secondaire. L’indice de richesse semble exercer également une influence sur la précarité de l’habitat ; en effet les ménages urbains pauvres et très pauvres vivent dans une précarité totale (100 %). On note une légère amélioration au fur et à mesure que l’indice de richesse s’élève ; le pourcentage se situe à 55 % chez les ménages très riches. Les facteurs qui contribuent à rendre l’habitat urbain au Togo précaire sont essentiellement l’absence de sécurité de logement (55 %) et l’absence d’utilisation d’installations sanitaires améliorées (34 %). Les autres composantes qui interviennent dans la précarité de l’habitat sont l’encombrement des logements marqué par la promiscuité des chambres à coucher c’est-à-dire plus de trois personnes par chambre à coucher (19 %), l’absence d’utilisation de source améliorée d’approvisionnement en eau (10 %) et dans une moindre mesure l’absence d’un logement durable (1 %). 46 VIII. SANTE DE LA REPRODUCTION 8.1 CONTRACEPTION La contraception ou la planification familiale appropriée est importante pour la santé des femmes et des enfants pour : - la prévention des grossesses trop précoces ou trop tardives ; - l’extension de la période entre les naissances ; - la limitation du nombre d’enfants. Un objectif d’un "Monde digne des enfants" est l’accès de tous les couples à l’information et aux services permettant la prévention des grossesses trop précoces, trop rapprochées, trop tardives ou trop nombreuses. La prévalence contraceptive est le pourcentage des femmes utilisant une méthode contraceptive (traditionnelle ou moderne) au moment de l’enquête. Elle permet d’évaluer l’impact des programmes de planification familiale dans le pays. Les données du tableau RH1 présentent le pourcentage de femmes âgées de 15 à 49 ans actuellement en union utilisant (ou dont le partenaire utilise) une méthode contraceptive. Les résultats indiquent que le taux global de prévalence (toutes méthodes confondues) est de 17 % dont 11 % concernent les méthodes modernes et 6 % les méthodes traditionnelles (abstinence, retrait et méthode de l’aménorrhée post partum). Les méthodes modernes les plus utilisées par les femmes en union sont les préservatifs masculins (4%), les injections (3%), les pilules (2%) et les implants (1 %). L’abstinence (5 %) est de loin la méthode traditionnelle la plus pratiquée par les femmes. La contraception moderne est plus pratiquée par les femmes mariées des centres urbains (14 %) que celles qui résident dans les zones rurales (9 %). L’utilisation des méthodes modernes est plus importante que les méthodes traditionnelles quel que soit le milieu de résidence. En milieu urbain les méthodes modernes et traditionnelles sont respectivement pratiquées par 14 % et 3 % des femmes mariées ou actuellement en union tandis que dans les zones rurales les méthodes modernes sont utilisées par 9 % des femmes mariées contre 7 % pour les méthodes traditionnelles. Le taux de prévalence contraceptive le plus élevé, quelle que soit la méthode et pour toutes méthodes confondues, est enregistré dans la région Centrale (27 %) ; celle-ci est suivie par les femmes en union des régions Maritime (23 %), de la Kara (18 %) et de Lomé (15 %). Les femmes mariées résidant dans les régions des Plateaux (10 %) et des Savanes (8 %) possèdent les taux de prévalence les plus faibles. Il est à noter que quels que soient la région et le milieu de résidence, les femmes en union utilisent plus les méthodes modernes que les méthodes traditionnelles de contraception. Par ailleurs l’examen des données montre qu’il existe une relation entre le niveau d’instruction des femmes et la prévalence de la contraception. En effet, pour toutes méthodes confondues, les femmes du niveau secondaire enregistrent les taux de prévalence les plus élevés (27 %). Elles sont suivies par les femmes qui ont fait des études primaire (19 %) et enfin celles n’ayant aucune instruction (12 %). Les femmes qui ont le niveau secondaire ou plus utilisent trois fois plus (21 %) de méthodes modernes que celles qui sont sans instruction (7 %), et environ deux fois plus que les femmes qui ont fait les études primaires (12 %). L’analyse des données révèle en outre qu’il n’existe pas de grands écarts entre les femmes des différents niveaux d’études par rapport à l’utilisation des méthodes traditionnelles car les taux de prévalence varient entre 7 % chez les femmes qui ont le niveau primaire et 5 % chez celles qui sont sans instruction. 47 L’examen des données par âge du tableau RH1, montre que quelle que soit la méthode utilisée, la prévalence contraceptive est plus élevée dans le groupe d’âges 25 -29 ans. Cependant il n’y a pas de grands écarts entre les taux de prévalence de contraception moderne jusqu’à 39 ans. Ces taux sont presque similaires dans les différents groupes de femmes de 15 à 39 ans et se situent entre 12 % et 13 %. Toutefois à partir de 40 ans, on note une baisse graduelle des pourcentages des femmes qui utilisent les méthodes modernes ; ces taux passent de 8 % chez les femmes mariées de 40-44 ans à 5 % chez celles âgées de 45-49 ans. Les données semblent indiquer qu’il existe une relation entre l’indice de richesse et l’utilisation des méthodes contraceptives. En effet, les proportions des femmes en union qui utilisent la contraception augmentent graduellement avec le niveau l’indice de richesse ; pour toutes méthodes confondues ces proportions passent de 12 % chez les femmes des ménages très pauvres à 17 % chez les femmes en union des ménages modestes pour s’établir à 19 % chez les femmes des ménages riches et très riches. Les mêmes tendances sont observées en ce qui concerne l’utilisation des méthodes modernes où les pourcentages varient de 12 % chez les femmes en union des familles pauvres à 19 % chez celles qui vivent dans les ménages très riches. 8.2 BESOINS NON SATISFAITS Les besoins à couvrir 8 en matière de contraception font référence aux femmes fécondes qui n’utilisent aucune méthode de contraception, mais qui souhaitent reporter la prochaine naissance ou qui souhaitent simplement arrêter de faire des enfants. Les besoins non satisfaits à couvrir sont identifiés dans le cadre de l’enquête MICS3 en utilisant une série de questions portant sur les comportements et les préférences à l’heure actuelle en matière d’utilisation des contraceptifs, de fécondité et de fertilité. Les femmes dont les besoins ne sont pas couverts en matière d’espacement des naissances sont des femmes mariées (ou en union) au moment de l’enquête, fécondes (qui sont actuellement enceintes ou qui pensent être physiquement en mesure de tomber enceinte), qui n’utilisent pas de contraceptifs actuellement et qui souhaitent espacer leurs naissances. Les femmes enceintes sont considérées comme voulant espacer leurs naissances quand elles ne souhaitaient pas d’enfants au moment où elles sont tombées enceintes. Les femmes qui ne sont pas enceintes sont classées dans cette catégorie si elles souhaitent avoir un (autre) enfant, mais qui veulent cet enfant au moins dans deux ans ou après le mariage. Les femmes dont les besoins sont à couvrir en matière de limitation des naissances sont celles qui sont actuellement mariées (ou en union), fécondes (sont enceintes ou pensent qu’elles sont physiquement en mesure de tomber enceinte à l’heure actuelle), qui n’utilisent aucun moyen de contraception et souhaitent limiter leurs naissances. Ce dernier groupe comprend les femmes qui sont enceintes au moment de l’enquête mais qui n’avaient pas du tout souhaité cette grossesse et les femmes qui ne sont pas enceintes actuellement mais qui ne souhaitent pas avoir un (autre) enfant. L’ensemble des besoins non couverts en matière de contraception est simplement la somme des besoins à couvrir en matière d’espacement et de limitation des naissances. En utilisant les informations sur la contraception et les besoins à couvrir, le pourcentage de la demande satisfaite en matière de contraception est également estimé à partir des données de l’enquête MICS3. Le pourcentage de demande satisfaite en matière de contraception est défini comme la proportion des femmes mariées ou en union au moment 8 L’évaluation des besoins à couvrir dans le cadre du MICS est un peu différente de celle utilisée dans d’autres enquêtes sur les ménages, telles que les Enquêtes démographiques et de santé (EDS). Dans une EDS, des informations plus détaillées sont recueillies sur des variables supplémentaires, telles que l’aménorrhée post- partum et l’activité sexuelle. Les résultats de ces deux types d’enquête ne sont strictement pas comparables. 48 de l’enquête qui utilisent une méthode contraceptive, sur la demande totale en matière de contraception. La demande totale de contraception concerne les femmes qui ont des besoins non couverts actuellement (en matière d’espacement et de limitation), plus celles qui utilisent une contraception actuellement. Le tableau RH.2 montre que 41 % des femmes en union ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale. Cette proportion regroupe 26 % des femmes mariées ou en union ayant des besoins non satisfaits en matière d’espacement des naissances et 15 % pour la limitation des naissances. Par ailleurs 17 % de ces femmes utilisent actuellement au moins une méthode contraceptive moderne ou traditionnelle et le pourcentage de demande en contraception satisfaite est de 29 %. Enfin la demande potentielle totale en planification familiale, constituée par l’ensemble des femmes en union qui ont des besoins non satisfaits et des besoins satisfaits est de 70 % tandis que la demande totale de contraception actuelle est de 58 %. Le pourcentage des besoins non satisfaits passe de 25 % chez les femmes âgées de 44-49 ans à 48 % chez les femmes de 20-24 ans. Il est à noter que les femmes âgées de moins de 35 ans ont un besoin en matière de l’espacement des naissances alors que celles de 35 ans et plus ont un besoin de limitation des naissances. Les besoins non satisfaits en contraception varient très peu entre le milieu urbain (40 %) et le milieu rural (41 %) ; en revanche, il existe des écarts assez importants entre les régions du pays. La région des Plateaux avec 43 % a le pourcentage de besoins non satisfaits le plus élevé tandis que dans la région Centrale 29 % seulement des femmes en union ont déclaré avoir des besoins non satisfaits en matière de contraception. L’instruction permet aux femmes les plus instruites d’avoir un taux de satisfaction de besoins plus élevé que les femmes sans instruction. Les proportions en besoins non satisfaits varient de 37 % chez les femmes qui ont le niveau secondaire ou plus à 43 % chez les femmes sans instruction. En revanche, les pourcentages des demandes de contraception satisfaites sont presque deux fois plus élevées chez les femmes qui ont fait le secondaire ou plus (42 %) que chez les femmes sans instruction (22 %). Les indices de richesse semblent introduire des différences dans la satisfaction des besoins en contraception. Les pourcentages des besoins satisfaits sont plus élevés chez les femmes des ménages très riches (36 %) que chez les femmes des ménages modestes (30 %) et surtout chez les femmes des ménages très pauvres (22 %). 8.3 CONSULTATIONS PRENATALES La période prénatale présente des opportunités importantes de faire profiter aux femmes enceintes de plusieurs interventions qui peuvent être vitales pour leur santé et leur bien-être et ceux de leurs bébés. Une meilleure compréhension de la croissance et du développement du fœtus et de sa relation avec la santé de la mère a débouché sur une attention accrue pour le potentiel d

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