Tchad - Demographic and Health Survey - 2005

Publication date: 2005

7FKDG (QTXrWH�'pPRJUDSKLTXH HW�GH�6DQWp ���� INDICATEURS DU SOMMET MONDIAL POUR LES ENFANTS – EDST-II Taux de mortalité infanto-juvénile Probabilité de décéder entre la naissance et l’âge de 5 ans, pour 1 000 naissances vivantes (pour la période 0-4 ans avant l’enquête) 191 Taux de mortalité infantile Probabilité de décéder entre la naissance et le 1er anniversaire, pour 1 000 naissances vivantes (pour la période 0-4 ans avant l’enquête) 102 Insuffisance pondérale Enfants de moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondérale (%) 37 Retard de croissance Enfants de moins de cinq ans souffrant de retard de croissance (%) 41 Émaciation Enfants de moins de cinq ans souffrant d’émaciation (%) 14 Utilisation de l’eau salubre Pourcentage de la population qui utilise une source d’eau salubre pour boire1 36 Utilisation des sanitaires Pourcentage de la population disposant de latrines améliorées ou chasse d’eau 4 Taux d’alphabétisation Pourcentage de la population âgée de 15 ans ou plus qui sait lire un texte court et simple lié à la vie quotidienne Homme : Femme : 35 12 Soins prénatals Femmes de 15-49 ans ayant consulté au moins une fois durant la grossesse du personnel de santé formé (%)2 43 Soins à la naissance de l’enfant Naissances dont la mère a accouché avec l’assistance de personnel de santé (%) 21 Poids à la naissance < 2,5 kg Naissances vivantes qui pèsent moins de 2 500 grammes (%)3 19 Consommation de sel iodé Ménages qui consomment du sel suffisamment iodé (%) 15 ppm ou plus 56 Compléments de vitamine A Enfants de 6-59 mois ayant reçu un supplément de vitamine A au cours des 6 derniers mois (%) 32 Cécité crépusculaire Femmes qui souffraient de cécité nocturne déclarée durant la dernière grossesse (%) 18 Taux d’allaitement exclusif Enfants de moins de 6 mois qui reçoivent exclusivement le sein (%) 2 Taux d’allaitement continu Enfants de 12-15 mois qui sont allaités (%) 92 Taux d’allaitement continu Enfants de 20-23 mois qui sont allaités (%) 65 Alimentation de complément Proportion des enfants de 6-9 mois recevant une alimentation de complément 77 Vaccin du DTCoq Enfants de 12-23 mois vaccinés contre le DTCoq (%) 20 Vaccin de la rougeole Enfants de 12-23 mois vaccinés contre la rougeole (%) 23 Vaccin de la polio Enfants de 12-23 mois vaccinés contre la poliomyélite (%) 36 Vaccin du BCG Enfants de 12-23 mois vaccinés contre la tuberculose (%) 40 Vaccination antitétanique Femmes ayant reçu deux doses ou plus de vaccin antitétanique au cours de la grossesse (%) 29 Prévalence de la diarrhée Enfants de moins de cinq ans ayant souffert de la diarrhée au cours des deux dernières semaines (%) 27 Utilisation de la TRO Enfants de 0-59 mois qui ont eu la diarrhée durant les deux dernières semaines et qui ont été traités avec une SRO ou une solution préparée à la maison (%) 18 Prévalence des IRA Enfants de moins de cinq ans ayant souffert de symptômes d’IRA au cours des deux dernières semaines (%) 9 Traitement des IRA Enfants de 0-59 mois qui ont eu une IRA au cours des deux dernières semaines et qui ont été conduits à un centre de santé ou auprès d’un agent de santé (%) 12 1 Eau provenant d’un robinet, d’un puits moderne, d’une fontaine publique ou d’une source protégée 2 Pour la dernière naissance au cours des cinq années précédant l’enquête 3 Pour les enfants pour lesquels on ne dispose pas du poids déclaré à la naissance, on suppose qui la proportion de faible poids à la naissance est la même que celle que l’on trouve dans chague catégorie de poids parmi les enfants pour lesquels on connaît le poids. Pour les indicateurs supplémentaires, se référer à la couverture intérieure arrière. INDICATEURS SUPPLÉMENTAIRES – EDST-II Orphelins dans les ménages Enfants de 0-14 ans orphelins vivant dans des ménages (%) 7 Possession de moustiquaire Ménages possédant au moins une moustiquaire (%) 64 Connaissance des moyens de prévention du VIH Femmes qui ont déclaré qu’ou pouvait éviter le VIH en ayant des rapports sexuels avec seulement un partenaire qui n’a pas d’autre partenaire et en utilisant un condom au cours de chaque rapport sexuel (%) 23 Connaissance de la transmission du VIH Femmes qui ont identifié deux idées erronées concernant le sida (%)4 17 Connaissance de la transmission du VIH de la mère à son enfant Femmes qui pensent que le VIH peut être transmis de la mère à son enfant durant la grossesse (%) Femmes qui pensent que le VIH peut être transmis de la mère à son enfant durant l’accouchement (%) Femmes qui pensent que le VIH peut être transmis de la mère à son enfant durant l’allaitement (%) 48 41 36 Population testée pour le VIH Pourcentage de femmes ayant effectué le test du VIH (%)5 1 4 Femmes rejetant les deux idées erronées les plus courantes (transmission par les moustiques et en partageant les repas avec une personne infectée) et sachant qu’une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida. 5 Femmes ayant effectué un test de VIH/sida et ayant reçu les résultats RÉPUBLIQUE DU TCHAD Enquête Démographique et de Santé Tchad 2004 Bandoumal Ouagadjio Kostelngar Nodjimadji Tchobkréo Bagamla Riradjim Madnodji Joël Sibaye Tokindang Ningam Ngakoutou Joël Nodjimbatem Ngoniri Caman Bédaou Donato Koyalta Bernard Barrère Monique Barrère Septembre 2005 Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED) Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération N=Djaména, Tchad ORC Macro Calverton, Maryland USA Ce rapport présente les principaux résultats de l=Enquête Démographique et de Santé (EDST-II) réalisée au Tchad en 2004 par l’Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED). L'EDST-II a été financée par le Gouvernement Tchadien, grâce à ses propres ressources et par un crédit auprès de la Banque Mondiale, et par l=UNICEF et elle a bénéficié de l'assistance technique de ORC Macro. L'EDST-II fait partie du programme mondial des Enquêtes Démographiques et de Santé (Demographic and Health Surveys-DHS) dont l'objectif est de collecter, analyser et diffuser des données démographiques portant en particulier sur la fécondité, la planification familiale et la santé de la mère et de l'enfant. Des informations complémentaires sur l'EDST-II peuvent être obtenues auprès de l’INSEED, B.P. 453, N=Djaména, Tchad. Téléphone (235) 52 31 64 ; e-mail : inseed@intnet.td et inseed1@intnet.td ; Internet : http://www.inseed-tchad.org. Concernant le programme DHS, des renseignements peuvent être obtenus auprès de ORC Macro, 11785 Beltsville Drive, Calverton, MD 20705, USA. Téléphone 301-572-0200 ; Fax 301-572-0999 ; e-mail : reports@orcmacro.com ; Internet : http://www.measuredhs.com). Citation recommandée : Ouagadjio, Bandoumal, Kostelngar Nodjimadji, Tchobkréo Bagamla, Riradjim Madnodji, Joël Sibaye Tokindang, Ningam Ngakoutou, Joël Nodjimbatem Ngoniri, Caman Bédaou, Donato Koyalta, Bernard Barrère, Monique Barrère. 2004. Enquête Démographique et de Santé Tchad 2004. Calverton, Maryland, U.S.A. : INSEED et ORC Macro. Table des Matières | iii TABLE DES MATIÈRES Page Liste des tableaux et des graphiques . ix Préface . xvii Remerciements. xviii Sigles et abréviations. xix Résumé . xxi Carte du Tchad. xvi CHAPITRE 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE Bandoumal Ouagadjio 1.1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS .1 1.1.1 Géographie et climat .1 1.1.2 Évolution récente de la situation politique et administrative.1 1.1.3 Situation démographique .2 1.1.4 Évolution économique récente .2 1.1.5 Situation sanitaire .4 1.1.6 Politique de Population .5 1.2 MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE .8 1.2.1 Cadre institutionnel .8 1.2.2 Objectifs de l'enquête.8 1.3 QUESTIONNAIRES.9 1.3.1 Questionnaire ménage .9 1.3.2 Questionnaire femme.9 1.3.3 Questionnaire homme.10 1.3.4 Questionnaire communautaire .11 1.4 ÉCHANTILLONNAGE.11 1.5 DÉROULEMENT DES ACTIVITÉS.13 1.5.1 Cartographie.13 1.5.2 Enquête pilote .13 1.5.3 Enquête principale .13 1.5.4 Traitement des données .13 1.5.5 Analyse.14 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES ET SITUATION DES ENFANTS Kostelngar Nodjimadji 2.1 POPULATION DES MÉNAGES .15 2.1.1 Structure par sexe et âge de la population .15 2.1.2 Taille et composition des ménages.17 2.1.3 Niveau d'instruction et fréquentation scolaire .18 2. 2 CONDITIONS DE VIE .22 2.2.1 Caractéristiques des logements .22 iv | Table des Matières 2.2.2 Biens possédés par le ménage .26 2.2.3 Consommation de sel iodé .27 2.3 SITUATION DES ENFANTS .28 2.3.1 Enregistrement des naissances à l'état civil .28 2.3.2 Orphelins, dispositions relatives à la garde des enfants et scolarisation .30 2.3.3 Travail des enfants .33 CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES ENQUÊTÉS Riradjim Madnodji 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS .35 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION ET ALPHABÉTISATION .38 3.3 CARACTÉRISTIQUES DES COUPLES.44 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIA.45 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE.47 CHAPITRE 4 FÉCONDITÉ Bernard Barrère et Monique Barrère 4.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES .55 4.2 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE .56 4.3 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ .60 4.4 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE .62 4.5 GROSSESSES IMPRODUCTIVES.64 4.6 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE.65 4.7 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE.67 4.8 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES.69 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE Tchobkréo Bagamla 5.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION .71 5.2 UTILISATION PASSÉE DE LA CONTRACEPTION .75 5.3 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION .76 5.4 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE.82 5.5 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION.83 5.6 RAISON DE NON UTILISATION DE LA CONTRACEPTION.84 5.7 SOURCES D'INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION .85 5.8 OPINIONS ET ATTITUDES VIS-À-VIS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE .87 CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Joël Sibaye Tokindang 6.1 ÉTAT MATRIMONIAL.89 6.2 POLYGAMIE.91 6.3 ÂGE A LA PREMIÈRE UNION ET ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS .92 6.4 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE .98 6.5 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE . 101 Table des Matières | v CHAPITRE 7 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Ningam Ngakoutou 7.1 DÉSIR D'AVOIR DES ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES). 105 7.2 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE . 111 7.3 NOMBRE IDÉAL D’ENFANTS . 114 7.4 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ. 118 CHAPITRE 8 HANDICAP Ningam Ngakoutou 8.1 PRÉVALENCE DES HANDICAPS . 121 8.2 CAUSES DES HANDICAPS. 123 CHAPITRE 9 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT Joël Sibaye Tokindang et Kostelngar Nodjimadji 9.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET VISITES POSTNATALES . 127 9.1.1 Soins prénatals. 127 9.1.2 Conditions d’accouchement . 135 9.1.3 Visites postnatales . 142 9.1.4 Tendances . 143 9.2 VACCINATION. 144 9.2.1 Tendances . 147 9.2.2 Avitaminose A. 147 9.3 MALADIES DES ENFANTS . 149 9.3.1 Infections respiratoires et fièvre. 149 9.3.2 Disponibilité et utilisation de moustiquaires . 152 9.3.3 Diarrhée . 153 CHAPITRE 10 ABLATION DE LA LUETTE Joël Nodjimbatem Ngoniri 10.1 Introduction . 159 10.2 Connaissance de la pratique de la luette . 159 10.3 Pratique de l’ablation de la luette. 159 10.4 Caractéristiques de l’ablation de la luette . 162 10.5 Avantages de l’ablation de la luette . 163 10.6 Inconvénients de l’ablation de la luette . 165 CHAPITRE 11 EXCISION Joël Sibaye Tokindang 11.1 CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FEMMES ENQUÊTÉES . 169 11.1.1 Connaissance de l’excision parmi les femmes enquêtées. 169 11.1.2 Pratique de l’excision chez les femmes enquêtées . 171 11.1.3 Âge à l’excision des femmes enquêtées. 172 11.1.4 Personne ayant procédé à l’excision . 174 vi | Table des Matières 11.1.5 Les complications liées à l’excision des femmes . 174 11.2 PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FILLES DES FEMMES ENQUÊTÉES . 175 11.2.1 Pratique de l’excision chez les filles. 175 11.2.2 Âge des filles à l’excision. 178 11.2.3 Excision des filles et complications . 179 11.3 OPINIONS ET CROYANCES VIS-À-VIS DE L’EXCISION . 180 11.3.1 Avantages pour une fille d’être excisée . 180 11.3.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée. 184 11.3.3 Opinions sur l’excision. 189 CHAPITRE 12 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL Joël Nodjimbatem Ngoniri 12.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT. 193 12.2 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES. 200 12.2.1 État nutritionnel des enfants . 200 12.2.2 État nutritionnel des femmes. 207 CHAPITRE 13 MORTALITÉ DES ENFANTS Bernard Barrère et Monique Barrère 13.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES. 211 13.2 NIVEAUX ET TENDANCES DE LA MORTALITÉ DES ENFANTS . 213 13.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE . 215 13.4 MORTALITÉ ET GROUPES À HAUTS RISQUES . 217 CHAPITRE 14 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE Bernard Barrère 14.1 COLLECTE DES DONNÉES. 223 14.2 ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES. 224 14.3 ESTIMATION DE LA MORTALITÉ ADULTE. 226 14.4 ESTIMATION DIRECTE DE LA MORTALITÉ MATERNELLE. 228 CHAPITRE 15 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DES IST/SIDA Caman Bédaou, Dr Donato Koyalta et Kostelngar Nodjimadji INTRODUCTION. 231 15.1 CONNAISSANCE, OPINIONS ET ATTITUDES . 231 15.1.1 Connaissance des moyens de prévention et de transmission . 232 15.1.2 Perception du sida . 234 15.1.3 Connaissance générale. 237 15.1.4 Stigmatisation . 238 15.1.5 Connaissance de la transmission de la mère à l’enfant. 241 15.2 POPULATION AYANT EFFECTUÉ UN TEST DE VIH/SIDA . 243 15.3 RAPPORTS SEXUELS À HAUTS RISQUES ET UTILISATION DU CONDOM. 246 15.4 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES. 249 15.5 OPINIONS. 252 Table des Matières | vii 15.6 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA ET COMPORTEMENTS SEXUELS CHEZ LES JEUNES. 255 15.6.1 Connaissance. 255 15.6.2 Comportements sexuels . 257 CHAPITRE 16 DISPONIBILITÉ DES SERVICES COMMUNAUTAIRES Riradjim Madnodji 16.1 CARACTÉRISTIQUES DES COMMUNAUTÉS RURALES . 265 16.2 DISTANCE PAR RAPPORT AUX SERVICES SOCIOÉCONOMIQUES . 266 16.3 TEMPS DE TRAJET POUR ATTEINDRE LES SERVICES SOCIO- ÉCONOMIQUES . 269 16.4 DISPONIBILITÉ DES ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ . 270 16.4.1 Disponibilité des établissements de santé offrant des services de santé maternelle et infantile . 273 16.4.2 Accès au service de santé maternelle et infantile le plus proche . 274 16.5 PROBLÈMES DE SANTÉ. 275 16.5.1 Principaux problèmes pour se soigner. 276 16.5.2 Principales maladies des jeunes enfants . 279 RÉFÉRENCES .283 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE . 285 A.1 INTRODUCTION . 285 A.2 BASE DE SONDAGE . 285 A.3 ÉCHANTILLONNAGE . 286 A.4 PROBABILITÉS DE SONDAGE . 287 A.5 RÉSULTATS DES ENQUÊTES . 287 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE . 291 ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES. 301 ANNEXE D PERSONNEL DE L’EDST-II 2004. 307 ANNEXE E QUESTIONNAIRES .309 Liste des Tableaux et des Graphiques | ix LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES Page CHAPITRE 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE Tableau 1.1 Taille et couverture de l’échantillon . 12 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES ET SITUATION DES ENFANTS Tableau 2.1 Population des ménages par âge et sexe . 16 Tableau 2.2 Composition des ménages . 17 Tableau 2.3.1 Niveau d'instruction de la population des hommes . 19 Tableau 2.3.2 Niveau d'instruction de la population des femmes . 20 Tableau 2.4 Taux de fréquentation scolaire . 21 Tableau 2.5 Caractéristiques des logements . 24 Tableau 2.6 Biens possédés par les ménages . 26 Tableau 2.7 Consommation de sel iodé . 28 Tableau 2.8 Enregistrement des enfants à l'état civil. 29 Tableau 2.9 Enfants orphelins et résidence des enfants avec les parents . 31 Tableau 2.10 Scolarisation des enfants de 10-14 ans orphelins ou non. 32 Tableau 2.11 Travail des enfants . 34 Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population . 17 Graphique 2.2 Taux de fréquentation scolaire par âge. 22 Graphique 2.3 Biens possédés par les ménages, selon l’EDST-I et l’EDST-II . 27 CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES ENQUÊTÉS Tableau 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés . 36 Tableau 3.2 Niveau d'instruction des enquêtés. 39 Tableau 3.3 Fréquentation scolaire et raisons de l'abandon de l'école. 40 Tableau 3.4.1 Alphabétisation (femmes). 41 Tableau 3.4.2 Alphabétisation (hommes). 42 Tableau 3.5 Caractéristiques différentielles des couples. 44 Tableau 3.6 Exposition aux média. 46 Tableau 3.7 Travail des femmes . 48 Tableau 3.8 Employeur et formes de revenus . 49 Tableau 3.9 Occupation des femmes . 52 Graphique 3.1 Niveau d’instruction des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans selon l’EDST-I et l’EDST-II. 40 Graphique 3.2 Proportion d’analphabètes par sexe et selon le quintile de bien-être économique . 43 x | Liste des Tableaux et des Graphiques Graphique 3.3 Caractéristiques des couples . 44 CHAPITRE 4 FÉCONDITÉ Tableau 4.1 Fécondité actuelle. 57 Tableau 4.2 Fécondité par caractéristiques sociodémographiques . 58 Tableau 4.3 Fécondité selon l’EDST-I et l’EDST-II. 60 Tableau 4.4 Tendance de la fécondité par âge . 61 Tableau 4.5.1 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes . 63 Tableau 4.5.2 Enfants nés vivants et enfants survivants des hommes. 64 Tableau 4.6 Grossesses improductives. 65 Tableau 4.7 Intervalle intergénésique . 66 Tableau 4.8 Âge à la première naissance . 68 Tableau 4.9 Âge médian à la première naissance selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 68 Tableau 4.10 Grossesse et fécondité des adolescentes. 69 Graphique 4.1 Taux de fécondité par âge selon le milieu de résidence. 57 Graphique 4.2 Indice Synthétique de Fécondité et descendance atteinte à 40-49 ans . 60 Graphique 4.3 Taux de fécondité par âge selon l'EDST-I et l’EDST-II . 61 Graphique 4.4 Tendances de l'ISF pour les femmes de 15-34 ans selon l'EDST-I et l'EDST-II. 62 Graphique 4.5 Proportion d'adolescentes ayant commencé leur vie féconde selon l'EDST-I et l'EDST-II. 70 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE Tableau 5.1 Connaissance des méthodes contraceptives . 73 Tableau 5.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques socio- démographiques . 74 Tableau 5.3 Utilisation de la contraception à un moment quelconque . 76 Tableau 5.4 Utilisation actuelle de la contraception . 77 Tableau 5.5.1 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques socio- démographiques (femmes). 79 Tableau 5.5.2 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques socio- démographiques (hommes). 81 Tableau 5.6 Connaissance de la période féconde. 83 Tableau 5.7 Utilisation future . 84 Tableau 5.8 Raison de non utilisation de la contraception . 85 Tableau 5.9 Exposition aux messages sur la planification familiale . 86 Tableau 5.10 Discussion de la planification familiale avec le conjoint. 87 Graphique 5.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union selon l’EDST-I et l’EDST-II . 78 Graphique 5.2 Prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union selon le milieu de résidence . 80 Graphique 5.3 Prévalence contraceptive moderne parmi les hommes en union selon le milieu de résidence . 82 Liste des Tableaux et des Graphiques | xi Graphique 5.4 Intention d’utiliser la contraception par les femmes et les hommes en union non utilisateurs . 84 CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Tableau 6.1 État matrimonial . 90 Tableau 6.2 Nombre d'épouses et de co-épouses. 92 Tableau 6.3 Âge à la première union. 93 Tableau 6.4 Âge médian à la première union . 94 Tableau 6.5 Âge aux premiers rapports sexuels . 96 Tableau 6.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels. 97 Tableau 6.7 Activité sexuelle récente des femmes . 99 Tableau 6.8 Activité sexuelle récente des hommes . 100 Tableau 6.9 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum. 101 Tableau 6.10 Durée médiane de l'insusceptibilité post-partum. 102 Graphique 6.1 Proportion de femmes célibataires par âge, selon l’EDST-I et l’EDST-II . 90 Graphique 6.2 Âge médian des femmes et des hommes à la première union . 95 Graphique 6.3 Âge médian des femmes et des hommes aux premiers rapports sexuels . 98 CHAPITRE 7 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Tableau 7.1 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d'enfant vivants . 106 Tableau 7.2 Préférences en matière de fécondité selon l'âge . 108 Tableau 7.3 Préférences des couples monogames en matière de fécondité . 109 Tableau 7.4 Désir de limiter les naissances . 110 Tableau 7.5 Besoins en matière de planification familiale. 112 Tableau 7.6 Nombre idéal d'enfants . 115 Tableau 7.7 Nombre idéal d'enfants par caractéristiques sociodémographiques . 116 Tableau 7.8 Planification de la fécondité. 118 Tableau 7.9 Taux de fécondité désirée. 119 Graphique 7.1 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants . 107 Graphique 7.2 Proportion d’hommes et de femmes ne voulant plus d’enfants selon le nombre d’enfants vivants . 107 Graphique 7.3 Nombre idéal d'enfants pour les femmes et les hommes . 117 Graphique 7.4 Indice Synthétique de Fécondité et Indice Synthétique de Fécondité Désirée . 120 CHAPITRE 8 HANDICAP Tableau 8.1 Prévalence des handicaps . 122 Tableau 8.2 Cause des handicaps. 123 Tableau 8.3 Prévalence des handicaps par caractéristique de la population. 125 Graphique 8.1 Prévalence des handicaps par type d’handicap et sévérité. 123 xii | Liste des Tableaux et des Graphiques Graphique 8.2 Pourcentage de la population souffrant d’au moins un handicap par milieu et zone de résidence. 126 CHAPITRE 9 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT Tableau 9.1 Soins prénatals. 128 Tableau 9.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse . 130 Tableau 9.3 Examens au cours des visites prénatales . 131 Tableau 9.4 Vaccination antitétanique . 132 Tableau 9.5 Cécité crépusculaire. 133 Tableau 9.6 Traitements au cours de la grossesse . 135 Tableau 9.7 Lieu d'accouchement. 136 Tableau 9.8 Assistance lors de l'accouchement. 138 Tableau 9.9 Raison de non utilisation des établissements sanitaires pour l'accouchement . 140 Tableau 9.10 Caractéristiques de l'accouchement: césarienne, poids et grosseur à la naissance . 141 Tableau 9.11 Soins postnatals. 142 Tableau 9.12 Vaccinations selon les sources d'information . 144 Tableau 9.13 Vaccinations selon les caractéristiques sociodémographiques . 146 Tableau 9.14 Vitamine A. 148 Tableau 9.15 Prévalence et traitement des Infections Respiratoires Aiguës (IRA) . 149 Tableau 9.16 Prévalence et traitement de la fièvre . 151 Tableau 9.17 Disponibilité et utilisation des moustiquaires. 153 Tableau 9.18 Prévalence de la diarrhée. 154 Tableau 9.19 Connaissance des sachets de SRO. 155 Tableau 9.20 Traitement de la diarrhée. 156 Graphique 9.1 Enfants de moins de cinq ans dont la mère a bénéficié de soins prénatals pendant la grossesse . 129 Graphique 9.2 Enfants de moins de cinq ans dont la naissance a été assistée par un professionnel de la santé. 139 Graphique 9.3 Soins prénatals et conditions d’accouchement, selon l’EDST-I et l’EDST-II . 144 Graphique 9.4 Vaccination des enfants de 12-23 mois, selon l’EDST-I et l’EDST-II . 147 Graphique 9.5 Alimentation pendant la diarrhée. 157 CHAPITRE 10 ABLATION DE LA LUETTE Tableau 10.1 Connaissance de la pratique de l'ablation de la luette . 160 Tableau 10.2 Pratique de l'ablation de la luette . 161 Tableau 10.3 Caractéristiques de l'ablation de la luette . 162 Tableau 10.4 Avantages de l’ablation de la luette . 164 Tableau 10.5 Inconvénients de l’ablation de la luette . 166 Graphique 10.1 Avantages de l’ablation de la luette selon le niveau d’instruction des femmes. 165 Graphique 10.2 Inconvénients de l’ablation de la luette selon le niveau d’instruction des femmes. 167 Liste des Tableaux et des Graphiques | xiii CHAPITRE 11 EXCISION Tableau 11.1 Connaissance et pratique de l'excision . 170 Tableau 11.2 Âge des enquêtées à l'excision . 173 Tableau 11.3 Personne qui a procédé à l’excision . 174 Tableau 11.4 Excision des femmes et complications. 175 Tableau 11.5 Pratique de l'excision parmi les filles des femmes enquêtées . 176 Tableau 11.6 Type d'excision des filles . 178 Tableau 11.7 Âge des filles à l'excision . 179 Tableau 11.8 Excision des filles et complications . 180 Tableau 11.9.1 Avantages pour une fille d'être excisée, selon les femmes. 181 Tableau 11.9.2 Avantages pour une fille d'être excisée, selon les hommes. 183 Tableau 11.10.1 Avantages pour une fille de ne pas être excisée, selon les femmes . 185 Tableau 11.10.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée, selon les hommes . 186 Tableau 11.11 Croyances au sujet de l'excision . 188 Tableau 11.12 Opinion des femmes par rapport à l’excision selon leur situation par rapport à l’excision . 189 Tableau 11.13 Opinion par rapport à l'excision selon les caractéristiques socio- démographiques . 190 Tableau 11.14 Opinion des femmes et des hommes par rapport à l'excision . 192 Graphique 11.1 Proportion de femmes excisées selon l’ethnie . 171 Graphique 11.2 Prévalence de l’excision dans certains pays d’Afrique. 172 Graphique 11.3 Proportion de filles qui sont déjà excisées ou qui seront excisées selon l’ethnie . 177 Graphique 11.4 Avantages pour une fille d’être excisée, selon les femmes et les hommes . 184 Graphique 11.5 Proportion de femmes et d’hommes favorables à l’abandon de la pratique de l’excision. 191 CHAPITRE 12 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL Tableau 12.1 Allaitement initial. 194 Tableau 12.2 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant. 196 Tableau 12.3 Durée médiane et fréquence de l'allaitement. 198 Tableau 12.4 Aliments reçus par les enfants allaités le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête. 200 Tableau 12.5 État nutritionnel des enfants . 201 Tableau 12.6 Indicateurs anthropométriques de l'état nutritionnel des mères . 208 Tableau 12.7 État nutritionnel des mères par caractéristiques sociodémographiques . 210 Graphique 12.1 Pratique d'allaitement des enfants de moins de 3 ans. 197 Graphique 12.2 Durée médiane de l’allaitement dans certains pays d’Afrique Subsaharienne . 199 Graphique 12.3 État nutritionnel des enfants de moins de 5 ans. 202 Graphique 12.4 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans accusant un retard de croissance. 203 Graphique 12.5 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans accusant un retard de croissance selon la zone. 204 Graphique 12.6 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans atteints d’émaciation. 206 xiv | Liste des Tableaux et des Graphiques Graphique 12.7 Tendances de la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans, selon l’EDST-I et l’EDST-II . 207 CHAPITRE 13 MORTALITÉ DES ENFANTS Tableau 13.1 Taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans . 213 Tableau 13.2 Taux de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 215 Tableau 13.3 Taux de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants . 218 Tableau 13.4 Comportement procréateur à hauts risques. 220 Graphique 13.1 Tendance de la mortalité infantile selon l’EDST-I et l’EDST-II . 214 Graphique 13.2 Tendance de la mortalité juvénile et infanto-juvénile selon l’EDST-I et l’EDST-II . 214 Graphique 13.3 Mortalité infanto-juvénile. 216 Graphique 13.4 Mortalité infantile et caractéristiques des naissances. 218 CHAPITRE 14 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE Tableau 14.1 Complétude de l'information sur les frères et soeurs. 225 Tableau 14.2 Indicateurs de la qualité des données sur les frères et sœurs. 226 Tableau 14.3 Estimation de la mortalité adulte par âge. 227 Tableau 14.4 Estimation directe de la mortalité maternelle. 229 Graphique 14.1 Taux de mortalité féminine par âge et par période avant l’EDST-II et l’EDST-I . 228 Graphique 14.2 Taux de mortalité masculine par âge et par période avant l’EDST-II et l’EDST-I . 228 Graphique 14.3 Intervalle de confiance du taux de mortalité maternelle pour la période 0-6 ans avant l’EDST-I et l’EDST-II . 230 CHAPITRE 15 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DES IST/SIDA Tableau 15.1 Connaissance du sida. 232 Tableau 15.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH. 233 Tableau 15.3.1 Idées erronées à propos du sida (femmes). 235 Tableau 15.3.2 Idées erronées à propos du sida (hommes). 236 Tableau 15.4 Connaissance générale du sida. 238 Tableau 15.5.1 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH (femmes) . 240 Tableau 15.5.2 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH (hommes en union) . 241 Tableau 15.6 Connaissance de la transmission du VIH de la mère à l'enfant. 242 Tableau 15.7 Population ayant effectué un test du VIH et ayant reçu les résultats . 244 Tableau 15.8 Femmes enceintes conseillées et testées pour le VIH. 245 Tableau 15.9 Multiplicité des partenaires sexuels . 247 Liste des Tableaux et des Graphiques | xv Tableau 15.10 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques . 248 Tableau 15.11 Rapports sexuels payants au cours des 12 derniers mois et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels payants . 249 Tableau 15.12 Infection Sexuellement Transmissible (IST) et symptômes d'IST déclarés. 251 Tableau 15.13 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint . 253 Tableau 15.14 Adultes (femmes et hommes) qui pensent que l’utilisation du condom devrait être enseignée aux jeunes de 12-14 ans . 254 Tableau 15.15 Idées erronées à propos du sida chez les jeunes. 256 Tableau 15.16 Connaissance générale du sida par les jeunes. 257 Tableau 15.17 Âge des jeunes de 15-24 ans aux premiers rapports sexuels . 258 Tableau 15.18 Connaissance par les jeunes d'un endroit où se procurer des condoms . 259 Tableau 15.19 Utilisation du condom aux premiers rapports sexuels par les jeunes de 15-24 ans . 260 Tableau 15.20 Jeunes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels prémaritaux au cours des 12 derniers mois. 261 Tableau 15.21 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom lors des derniers rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois par les jeunes de 15-24 ans. 262 Tableau 15.22 Disparité d'âges entre partenaires sexuels. 264 Graphique 15.1 Recherche de conseils et de traitement pour les IST. 252 Graphique 15.2 Abstinence, fidélité et utilisation du condom dans la population des jeunes de 15-24 ans . 263 CHAPITRE 16 DISPONIBILITÉ DES SERVICES COMMUNAUTAIRES Tableau 16.1 Caractéristiques des communautés rurales . 266 Tableau 16.2 Distance par rapport à certains services socioéconomiques . 267 Tableau 16.3 Temps de trajet pour atteindre certains services socioéconomiques . 269 Tableau 16.4 Distance par rapport aux formations sanitaires . 271 Tableau 16.5 Temps de trajet pour atteindre les formations sanitaires . 272 Tableau 16.6 Distance par rapport aux services de santé maternelle et infantile les plus proches. 273 Tableau 16.7 Temps de trajet pour atteindre les services de santé maternelle et infantile les plus proches . 274 Tableau 16.8 Distance par rapport aux services de santé maternelle et infantile les plus proches, soins prénatals et couverture vaccinale . 275 Tableau 16.9 Principaux problèmes pour se soigner. 276 Tableau 16.10 Principaux problèmes pour se soigner par milieu de résidence. 278 Tableau 16.11 Principales maladies des jeunes enfants . 280 Tableau 16.12 Principales maladies des jeunes enfants par milieu de résidence . 281 Graphique 16.1 Principaux problèmes pour se soigner, selon l’EDST-I et l’EDST-II . 277 Graphique 16.2 Principaux problèmes pour se soigner, selon le milieu de résidence. 279 Graphique 16.3 Principales maladies des jeunes enfants, selon l’EDST-I et l’EDST-II. 280 xvi | Liste des Tableaux et des Graphiques ANNEXE A PLAN DE SONDAGE Tableau A.1 Répartition de l’échantillon entres les domaines et par milieu de résidence. 286 Tableau A.2 Résultats de l'enquête auprès des ménages et auprès des femmes . 288 Tableau A.3 Résultats de l'enquête auprès des ménages et auprès des hommes. 289 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE Tableau B.1 Variables utilisées pour le calcul des erreurs de sondage . 294 Tableau B.2 Erreurs de sondage - Échantillon national . 295 Tableau B.3 Erreurs de sondage - Échantillon N’Djaména. 296 Tableau B.4 Erreurs de sondage - Échantillon autres villes. 297 Tableau B.5 Erreurs de sondage - Échantillon urbain . 298 Tableau B.6 Erreurs de sondage - Échantillon rural . 299 ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES Tableau C.1 Répartition par âge de la population des ménages . 301 Tableau C.2 Répartition par âge des femmes éligibles et enquêtées . 302 Tableau C.3 Répartition par âge des hommes éligibles et enquêtés. 302 Tableau C.4 Complétude de l'enregistrement . 303 Tableau C.5 Naissances par année de naissance . 303 Tableau C.6 Enregistrement de l'âge au décès en jours . 304 Tableau C.7 Enregistrement de l'âge au décès en mois. 305 Préface | xvii PRÉFACE Sur décision du Gouvernement, une Deuxième Enquête Démographique et de Santé au Tchad (EDST-II) a été instituée par Arrêté N°022/MPED/DG/DSEED/2001 du 02 août 2001. Cette Enquête a été réalisée grâce aux ressources propres du Gouvernement Tchadien, un crédit de la Banque Mondiale à travers le Projet d’Appui au Secteur Santé (PASS) et la contribution de l’UNICEF. L’exécution de l’Enquête a été assurée par l’Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED), avec l’appui technique de ORC Macro (un cabinet d’études basé aux États Unis), et des services techniques du Ministère de la Santé Publique, du Ministère des Affaires Sociales et de la Famille. La réalisation de l’EDST-II s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de se doter d’outils statistiques fiables pour permettre une meilleure connaissance de la situation socioéconomique, sanitaire et démographique du pays, et plus particulièrement pour le suivi des résultats des efforts menés dans le cadre du Projet Appui au Secteur Santé (PASS). D’une manière générale, les résultats de cette Enquête vont aider à évaluer la situation socio-sanitaire des populations à travers des informations collectées dans plusieurs domaines, à savoir : le niveau actuel de la fécondité, la connaissance et l’utilisation de la contraception, la couverture vaccinale, l’état nutritionnel des femmes et des enfants, la mortalité infantile, juvénile et maternelle et la connaissance des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et du VIH/SIDA, etc. L’EDST-II fournit également des informations sur la disponibilité et l’accessibilité aux services socio- économiques et sanitaires. Après l’EDST-I, réalisée en 1996-1997, les résultats de l’EDST-II permettent de mesurer les progrès réalisés ces dernières années dans le domaine de l’amélioration de la situation socio-sanitaire de la population. Le présent rapport met à la disposition des décideurs publics, des responsables des projets et programmes Santé, des partenaires bilatéraux et multilatéraux au développement, des enseignants, des chercheurs et étudiants, des ONG et de la société civile, des informations et des indicateurs précieux dont ils ont besoin dans le cadre de leurs activités. Dans le souci de satisfaire aux nombreuses et urgentes demandes, l’INSEED a été amené à publier les résultats préliminaires de l’EDST-II, aussitôt après l’exploitation informatique des données. En plus de ces résultats préliminaires à usage limité, un rapport principal de l’enquête, et un rapport de synthèse ont été également élaborés et publiés. Je voudrais au nom du Gouvernement, adresser mes sincères remerciements à la Banque Mondiale à travers le Projet d’Appui au Secteur Santé (PASS) et à l’UNICEF qui, par leur contribution, ont permis la réalisation de cette enquête. J’exprime également toute ma reconnaissance aux experts de ORC Macro pour leur appui technique. Enfin, je tiens à féliciter et encourager au nom du Gouvernement notre jeune Institut National de la Statistique pour les efforts qu’il déploie afin de répondre à une demande nationale d’information toujours croissante. xviii | Remerciements REMERCIEMENTS Une opération d’enquête est un travail d’équipe. La Deuxième Enquête Démographique et de Santé est une opération d’envergure nationale qui a mobilisé d’importantes ressources financières, matérielles et humaines. Elle a pu être réalisée dans les délais et dans de bonnes conditions grâce à la bonne volonté et à la sollicitude constante du Gouvernement, à la disponibilité des bailleurs de fonds, et au dynamisme de l’équipe technique et des agents enquêteurs/enquêtrices et de saisie. Je voudrais exprimer ma gratitude à toutes les institutions et à toutes les personnes qui ont apporté leur contribution à quelque niveau que soit à la réalisation de cette importante opération dont les résultats permettront au Gouvernement et plus particulièrement aux responsables des programmes et projets de santé, en amont, d’initier des projets et programmes en matière de santé et, en aval, de mesurer les efforts réalisés jusque là dans le domaine de la santé. Je voudrais remercier plus particulièrement : x Les autorités politiques, administratives, religieuses, traditionnelles et militaires pour leur soutien matériel et moral ; x Les populations des zones enquêtées qui n’ont ménagé aucun effort, malgré leurs multiples occupations quotidiennes, et qui se sont prêtées aux questions souvent intimes des agents enquêteurs et enquêtrices ; x Tout le personnel de l’INSEED et plus particulièrement l’équipe technique de l’EDST II pour l’esprit de responsabilité et de sacrifice dont il a fait preuve ; x Les consultants nationaux et internationaux pour leur contribution aux travaux d’élaboration des documents méthodologiques et autres manuels pour la formation du personnel de terrain, de saisie et d’analyse ; x Les experts du cabinet ORC Macro pour leur appui technique. Sigles et Abréviations | xix SIGLES ET ABRÉVIATIONS AFJT Association des Femmes Juristes du Tchad ASTBEF Association Tchadienne pour le Bien-être Familial BCG Bilié de Calmette et Guérin (vaccin antituberculeux) BET Borkou-Ennedi-Tibesti CDC Centers for Disease Control and Prevention (centre de contrôle des maladies, États-Unis) CELIAF Cellule de Liaison pour les Associations Féminines CIDP Conférence Internationale sur la Population et le Développement CILSS Comité permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel CNS Conférence Nationale Souveraine CSPro Census and Survey Processing DCAP Direction de la Coordination des Activités en matière de Population DIU Dispositif Intra Utérin DPP Déclaration de la Politique de Population DTCoq Diphtérie, Tétanos, Coqueluche (vaccin) ECOSIT-I Enquête sur la Consommation et le Secteur Informel au Tchad EDS (DHS) Enquêtes Démographiques et de Santé (Demographic and Health Surveys) EDST Enquête Démographique et de Santé au Tchad ET Écart Type FCFA Franc de la Communauté Financière Africaine FMI Fond Monétaire International IEC Information, Éducation et Communication IMC Indice de Masse Corporelle INSEED Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques ISF Indice Synthétique de Fécondité IRA Infections Respiratoires Aiguës ISFD Indice Synthétique de Fécondité Désirée IST Infections Sexuellement Transmissibles MAMA Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée MASOCOT Marketing Social de Condom au Tchad MGF Mutilations Génitales Féminines NCHS National Center for Health Statistics (Centre national des statistiques sanitaires, États-Unis) OMS Organisation Mondiale de la Santé ONUSIDA Programme Commun des Nations Unies sur le VIH/sida xx | Sigles et Abréviations PASS Projet d’Appui au Secteur Santé PEV Programme Élargi de Vaccination PIB Produit Intérieur Brut PNB Produit National Brut PNLS-I Programme National de Lutte contre le Sida PNP Politique Nationale de Population PNSR Programme National de la Santé de la Reproduction PPM Parties par million RDV Risque de Mortalité Maternelle sur la Durée de Vie REPS Racine Carrée de l’Effet du Plan de Sondage RGPH Recensement Général de la Population et de l'Habitat SIDA Syndrome de l'ImmunoDéficience Acquise SMI Santé Maternelle et Infantile SMI/BEF Santé Maternelle et Infantile et Bien-Être Familial SR Santé de la Reproduction SRO Sels de Réhydratation par voie Orale TBM Taux Brut de Mortalité TBN Taux Brut de Natalité TGFG Taux Global de Fécondité Générale TMM Taux de Mortalité Maternelle TRO Thérapie de Réhydratation par voie Orale UNFPA Fonds des Nations Unies pour la Population UNICEF Fonds des Nations Unies pour l'Enfance UPS Unité Primaire de Sondage VAT Vaccination Antitétanique VIH Virus de l'Immunodéficience Humaine ZD Zones de Dénombrement Résumé | xxi RÉSUMÉ L’Enquête Démographique et de Santé au Tchad (EDST-II) est la deuxième enquête de ce type réalisée au Tchad. Il s’agit d’une enquête par sondage représentative au niveau national. Cette enquête a été exécutée par l’Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED). En outre, elle a bénéficié de l’assistance technique de ORC Macro, institution de coopération américaine en charge du programme international des Enquêtes Démographiques et de Santé (DHS). Elle a été financée par le Gouvernement tchadien grâce à ses propres ressources, par la Banque Mondiale par l’intermédiaire du Projet d’Appui au Secteur Santé (PASS) et par l’UNICEF. L’EDST-II fournit des informations sur les niveaux de fécondité et de mortalité infantile, adulte et maternelle. Une partie de ce rapport est consacrée à l’analyse des résultats concernant la planification familiale, ce qui inclut la connais- sance et l’utilisation des méthodes contraceptives, ainsi que les préférences en matière de fécondité. L’analyse des résultats concernant la santé de la mère et de l’enfant occupe une place importante. En effet, au cours de l’enquête, des données ont été collectées sur la fréquence des soins prénatals et postnatals, sur la couverture antitétanique des mères pendant la grossesse ainsi que sur certains traitements effectués au cours de la grossesse comme la supplémentation en fer et un traitement antipaludéen préventif. En outre, des données ont également été collectées en vue d’obtenir une estimation de la cécité crépusculaire ajustée des femmes au cours de la grossesse. Enfin les résultats concernant le lieu et l’assistance à l’accouchement sont également analysés dans ce chapitre santé. Les résultats concernant la santé des enfants de moins de cinq ans portent essentiellement sur la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois et sur la prévalence et le traitement de la diarrhée, de la fièvre et des IRA. L’enquête présente également les résultats concernant l’état nutritionnel des femmes et des enfants de moins de cinq ans ainsi que les pratiques d’allaitement. Il faut également citer une partie non moins importante consacrée à l’analyse des résultats portant sur la connaissance, les attitudes et les comportements vis-à-vis du Sida et autres infections sexuellement transmissibles. Les résultats provenant de nouveaux modules sur les pratiques traditionnelles que sont l’excision et l’ablation de la luette qui n’avaient pas été posés au cours de la première enquête ont été analysés dans ce rapport. Enfin, le dernier chapitre de ce rapport est consacré à l’analyse des résultats provenant de l’enquête sur la disponibilité des services communautaires. Les informations collectées au cours de l’EDST-II permettent la mise à jour des indicateurs de base sur la situation démographique et sanitaire estimés lors de la précédente enquête effectuée en 1996-1997. Au cours de l’enquête, dont la collecte des données s’est déroulée de 23 juillet au 10 décembre 2004, 6 085 femmes âgées de 15-49 ans et 1 887 hommes de 15-59 ans ont été interviewés avec succès. Les informations recueillies sont représentatives au niveau national, au niveau du milieu de résidence (N’Djaména, Autres Villes, et milieu rural) et au niveau des zone de résidence qui constitue chacune un regroupement de régions qui partagent des us et coutumes et des liens historiques. Les 18 régions sont regroupées comme suit : - Zone 1 : N’Djaména - Zone 2 : BET, Kanem et Lac - Zone 3 : Batha, Guéra et Salamat - Zone 4 : Ouaddaï et Wadi Fira - Zone 5 : Hadjer Lamis et Chari Baguirmi - Zone 6 : Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest - Zone 7 : Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé - Zone 8 : Mandoul et Moyen Chari. La quasi-totalité des ménages tchadiens ne dispose pas d’électricité (97 %). Si l’on compare cette proportion à celle observée à l’enquête précédente de 1996-1997, on ne note aucune amélioration. En effet, à cette date, la proportion de ménages n’ayant pas xxii | Résumé l’électricité était de 98 %. En ce qui concerne l’approvisionnement en eau de boisson salubre, les résultats montrent que 36 % des ménages tchadiens consomment de l’eau potable. Cette proportion varie de 30 % en milieu rural à 57 % en milieu urbain. À N’Djaména, 61 % des ménages ont accès à de l’eau potable. Comparé aux résultats de l’enquête précédente, cette proportion a très peu augmenté (27 % à l’EDST-I). Au cours de cette deuxième enquête, des données ont été collectées sur la situation des enfants, essentiellement sur l’enregistrement des naissances à l’état civil et sur la survie des parents des enfants de moins de 18 ans. Au niveau national, on constate que seulement un enfant sur dix (10 %) a été déclaré à l’état civil dont 6 % l’ont été au cours des trois mois suivant la naissance. En outre, parmi les enfants de moins de 15 ans, 7 % sont orphelins, soit leurs deux parents sont décédés (0,6 %), soit le père seulement (4 %), soit la mère seulement (2 %). Cette proportion passe à 8 % pour l’ensemble des enfants de moins de 18 ans. D’autre part, les résultats ont mis en évidence des proportions d’analphabètes encore très élevées puisque 88 % des femmes et 65 % des hommes ne savent pas lire. En outre, cette proportion varie de manière importante selon le milieu de résidence, la zone de résidence et le quintile de bien-être économique. En milieu urbain, environ un tiers des femmes (34 %) et 59 % des hommes sont alphabétisés contre moins d’une femme sur dix (6 %) et environ un homme sur quatre (26 %) en milieu rural. FÉCONDITÉ Niveau de fécondité et tendance. Les données de l’EDST-II montrent que la fécondité des femmes tchadiennes demeure parmi l’une des plus élevée au monde. Avec les niveaux actuels, le nombre moyen d’enfants par femme en fin de vie féconde est estimé à 6,3 enfants et la comparaison des résultats avec la première enquête montre que la fécondité n’aurait que très peu varié au cours des 15 dernières années. Cette fécondité qui se maintient à un niveau élevé est également précoce puisque 37 % des jeunes filles de moins de 20 ans ont déjà donné naissance à, au moins, un enfant ou sont enceintes pour la première fois. Cette proportion a peu changé depuis l’EDST-I qui estimait à 39 % la proportion d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde. Fécondité différentielle. Des différences très nettes de fécondité apparaissent entre milieux de résidence : En effet, le nombre moyen d’enfants présente des variations importantes selon la zone de résidence des femmes, passant d’un minimum de 4,3 enfants par femme dans la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) et de 5,8 dans la zone 1 (N’Djaména) à un maximum de 7,2 dans la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) et 7,3 dans la zone 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé). NUPTIALITÉ Au moment de l’enquête, plus de trois femmes sur quatre (77 %) étaient en union. Les célibataires ne représentaient que 14 % de la population et les femmes en rupture d’union 9 %. De plus, la polygamie est une pratique répandue au Tchad puisqu’elle concerne 39 % des femmes en union ; dès l’âge de 15-19 ans, près d’une femme en union sur cinq vit déjà en union polygame (19 %). On constate également que les femmes tchadiennes se marient très jeunes. Parmi les femmes de 25-49 ans, l’âge médian s’établit à 15,9 ans. Par ailleurs, la comparaison des résultats des deux enquêtes montre de façon très nette qu’il n’y a eu aucun changement dans le calendrier de la primo nuptialité entre 1996 et 2004. L’âge médian estimé lors de la précédente enquête (EDST-I de 1996/1997) est quasiment identique (15,8 ans) à celui obtenu à l’EDST-II. De même, les résultats ne semblent pas montrer une quelconque tendance à une diminution des mariages précoces. Les hommes entrent en première union à un âge beaucoup plus tardif que les femmes (âge médian de 23,1 ans contre 15,9 ans). De plus, contrairement aux femmes, on constate entre les deux enquêtes, un léger vieillissement de l’âge au premier mariage : de 22,6 ans à l’EDST-I, cet âge médian à la première union est passé à 23,1 ans. PLANIFICATION FAMILIALE Connaissance des méthodes contraceptives. Les résultats montrent que 61 % des femmes et une proportion nettement plus élevée d’hommes (79 %) ont déclaré connaître une méthode contraceptive. Résumé | xxiii Prévalence contraceptive. Malgré ce niveau élevé de connaissance, la prévalence contraceptive demeure très faible au Tchad. Parmi l’ensemble des femmes âgées de 15 à 49 ans, 3 % utilisaient une méthode contraceptive quelconque au moment de l’enquête et 2 % une méthode moderne. En 1996/1997, la prévalence était de 4 % pour une méthode et 1 % pour une méthode moderne. Besoins non satisfaits en planification. Alors que le niveau d’utilisation actuelle de la contraception est encore faible chez les femmes en union (3 %), les besoins non satisfaits en matière de planification familiale sont environ huit fois plus importants puisque 23 % en ont exprimé le besoin. Ces femmes auraient davantage besoin d’utiliser la contraception pour espacer que pour limiter les naissances (19 % contre 4 %). Si les femmes ayant des besoins non satisfaits en matière de contraception satisfaisaient ces besoins, c’est-à-dire si elles utilisaient effectivement la contraception, la prévalence contraceptive pourrait atteindre 26 % chez les femmes en union, c’est-à-dire neuf fois plus élevée que ce qu’elle est actuellement. Cette demande potentielle totale en planification familiale aurait pour objectif essentiel l'espace- ment des naissances (21 % contre 5 % pour la limitation). SANTÉ DE LA MÈRE Soins prénatals. En ce qui concerne les soins prénatals et les conditions d’accouchement, on constate que pour moins de la moitié des naissances survenues dans les 5 années précédant l’enquête, les mères ont effectué une visite prénatale auprès de personnel qualifié (43 %) et que seulement 42 % d’entre elles ont été protégées contre le tétanos néonatal, par au moins une dose de vaccin antitétanique. La grande majorité des naissances (86 %) se sont déroulées à domicile, et seulement une femme sur cinq a bénéficié d’une assistance par du personnel formé durant l’accouchement. Les femmes du milieu rural (12 %), celles sans instruction (13 %), celles appartenant aux ménages les plus pauvres (4 %) et celles n’ayant reçu aucun soin prénatal (5 %) sont, celles dont l’accouchement a été le moins fréquemment assisté par du personnel qualifié. Tendances des soins prénatals. La comparaison avec les résultats de la précédente enquête réalisée en 1996-1997 fait apparaître une amélioration du suivi prénatal par du personnel qualifié et une augmentation de la couverture antitétanique des femmes et, à l’opposé, une légère détérioration des conditions d’accouchement. SANTÉ DE L’ENFANT Vaccination des enfants. La couverture vaccinale reste extrêmement faible au Tchad : 40 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG, 20 % les trois doses de DTCoq, 36 % celles de la polio, 23 % ont été vaccinés contre la rougeole et 20 % ont reçu la vaccination antiamarile. Globalement, seulement 11 % des enfants de 12-23 mois ont reçu tous les vaccins du Programme Élargi de Vaccination (PEV). À l’inverse, 19 % des enfants de 12-23 mois n'ont reçu aucun vaccin. La comparaison des résultats des deux enquêtes concernant la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois permet de constater que la proportion d’enfants qui n’avaient pas été vaccinés a nettement diminué, passant de 44 % en 1996-1997 à 19 % en 2004. Cependant, la proportion de ceux qui sont complètement vaccinés est restée stable (11 %). Les taux de déperdition entre les doses de vaccins restent très élevés. Les enfants bénéficiant d’une meilleure couverture vaccinale sont ceux qui vivent à N’Djaména, ceux dont la mère est instruite et ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus riche. Maladies de l’enfance. Au Tchad, les infections respiratoires aiguës, la fièvre et la diarrhée sont des problèmes de santé importants chez les enfants. Parmi les enfants de moins de cinq ans, on relève qu’un peu moins d’un enfant sur dix (9 %) avait souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide, plus d’un tiers (34 %) avait eu de la fièvre durant les deux semaines ayant précédé l'interview. En outre, les résultats montrent que 27 % d’enfants de moins de cinq ans avaient souffert de diarrhée pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête. La prévalence de la diarrhée est particulièrement importante chez les jeunes enfants de 6-11 mois (40 %). Pendant les épisodes diarrhéiques, 38 % des enfants ont été soignés à l’aide d’une TRO, c'est-à-dire qu’ils ont reçu soit des sachets de SRO, soit une solution maison ou leur quantité de liquides a été augmentée. À l’opposé, un quart des enfants n’ont reçu aucun traitement contre la diarrhée. xxiv | Résumé Possession et utilisation des mousti- quaires. L’utilisation des moustiquaires est un moyen efficace de protection contre les moustiques qui transmettent le paludisme. Les données de l’enquête montrent que 64 % des ménages du Tchad disposent au moins d’une moustiquaire, cette proportion variant d’un minimum de 61 % en milieu rural à 77 % en milieu urbain. À N’Djaména, où la stagnation des eaux de pluie et des eaux usées favorise la multiplication des moustiques, la proportion de ménages disposent d’au moins une moustiquaire est élevée (89 %) En outre, dans 56 % des ménages qui comptent au moins un enfant de moins de cinq ans, tous les enfants avaient dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête ; dans 2 % des cas, seulement certains enfants avaient dormi sous une moustiquaire et à l’opposé, dans 40 % des ménages, aucun enfant n’avait dormi sous une moustiquaire la nuit avant l’enquête. NUTRITION Allaitement des jeunes enfants. Plus de neuf enfants sur dix (98 %) nés durant les cinq années ayant précédé l’enquête ont été allaités. Bien que la majorité des enfants aient été allaités, seulement 34 % l’ont été dans l’heure qui a suivi leur naissance. Cependant, cette proportion est nettement supérieure à celle enregistrée à l'EDST-I de 1996-97 (34 % contre 24 %). Sevrage et aliments de compléments. Les résultats concernant les pratiques alimentaires des jeunes enfants montrent qu’au Tchad, les recom- mandations de l’OMS et de l’UNICEF ne sont pas suivies. En effet, dès la naissance, seulement 1 % des enfants ne reçoivent exclusivement que le lait maternel. Parmi les nouveau-nés de moins de 2 mois, 75 % reçoivent le lait maternel avec de l’eau seulement ; dans 11 % des cas ils reçoivent en plus du lait maternel d’autres liquides et 12 % ont déjà reçu en plus du lait maternel des aliments de complément. Par contre, entre 6-7 mois, âge à partir duquel tous les enfants devraient déjà recevoir des aliments de complément en plus du lait maternel, seulement 76 % sont nourris de cette façon. Supplémentation nutritionnel. Environ un tiers des enfants (32 %) âgés de moins de cinq ans ont reçu des compléments de vitamine A. Les proportions d’enfants qui ont reçu ces suppléments de vitamine A varient surtout selon le milieu de résidence (60 % à N’Djaména contre 48 % dans les Autres Villes et 28 % en rural). Parmi les femmes, les résultats montrent que seulement 29 % ont bénéficié d’un apport nutritionnel sous forme de complément de fer durant la grossesse. En outre, 39 % ont pris des antipaludéens à titre préventif pendant leur grossesse. État nutritionnel des enfants. Les indices concernant l’état nutritionnel montrent que 41 % des enfants âgés de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique, ou accusent un retard de croissance, c’est-à-dire sont trop petits pour leur âge et 23 % présentent un retard de croissance sévère. En outre, 14 % sont émaciés et 37 % présentent une insuffisance pondérale. Les niveaux de malnutrition chronique sont particulièrement critiques en milieu rural, dans les zones 2 et 4 et parmi les enfants dont la mère n’a pas d’instruction ou qui vivent dans les ménages les plus pauvres. En outre, la situation des enfants sur le plan nutritionnel, entre 1996-1997 et 2004 n’a connu aucune amélioration et s’est même dégradée. En effet, Les proportions d’enfants souffrant de malnutrition n’ont pas diminué. En revanche, la proportion des enfants souffrant d’un retard de crois- sance sous la forme sévère a augmenté, passant de 20 % en 1996-1997 à 23 % en 2004. MORTALITÉ INFANTILE Niveau de mortalité et tendance. La mortalité infanto-juvénile reste élevée au plan national. Pour la période la plus récente (0-4 ans avant l’enquête), les résultats montrent que sur 1 000 naissances vivantes, 102 meurent avant d’atteindre leur premier anniversaire (39 ‰ entre 0 et 1 mois exact et 63 ‰ entre 1 et 12 mois exacts), et que sur 1 000 enfants âgés d’un an, 99 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire. Globalement, le risque de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire est de 191 pour 1 000 naissances, soit environ un enfant sur sept. Tendance de la mortalité des jeunes enfants. La comparaison des résultats avec la première enquête montrent clairement que la mortalité des enfants tchadiens n’a pratiquement pas connu d’amélioration au cours des 25 dernières années : la mortalité infantile se maintenant dans un intervalle de 100-120 ‰ et la mortalité juvénile dans un intervalle de 100-110 ‰. Aujourd’hui, comme il y a vingt ans, environ un enfant sur cinq décède avant l’âge de cinq ans. Résumé | xxv EXCISION Prévalence. Près d’une femme sur deux (45 %) a déclaré avoir été excisée. Cependant, on constate des variations selon les catégories de femmes. Dans les zones 3 (Batha, Guéra et Salamat), 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) et 8 (Mandoul et Moyen Chari), la quasi-totalité des femmes ont été excisées (au moins 80 %). De même, l’appartenance ethnique, la religion et le niveau d’instruction influencent la fréquence du recours à cette pratique. Perspectives. Dans près de la moitié des cas (49 %), les femmes ont déclaré que la pratique de l’excision devait être maintenue. Les hommes sont, en proportion, un peu moins nombreux à soutenir cette opinion (41 %). Ces résultats ne laissent pas présager du déclin de cette pratique au Tchad dans un avenir proche. Ablation de la luette. Les résultats montrent que la pratique de l’ablation de la luette est encore courante au Tchad puisque environ un enfant âgé de moins de cinq ans sur deux l’a subie (47 %). C’est à N’Djaména (61 %) et dans la zone 5 (56 %) (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) que cette pratique est la plus répandue. VIH/sida Connaissance du Sida. Le VIH/Sida est connu par une grande majorité de femmes (80 %) et d’hommes (90 %) Cependant, bien que la grande majorité des femmes aient entendu parler du VIH/Sida, seulement 7 % d’entre elles possèdent les informations correctes concernant les moyens de prévention et de transmission du VIH/sida. Chez les hommes, la proportion de ceux qui sont bien informés est supérieure à celle des femmes (21 %). La connaissance de la transmission du VIH de la mère à l’enfant est, quel qu’en soit le moment, légèrement plus répandue parmi les hommes que parmi les femmes. Sida et stigma. Le comportement que les gens adopteraient face à des personnes atteintes par le VIH/Sida est révélateur du niveau de stigmatisation et de discrimination à l’égard des personnes infectées par ce virus. Cette enquête montre que 75 % des femmes ont déclaré qu’elles seraient prêtes à prendre soin chez elles d’un membre de la famille atteint du Sida. La proportion est nettement plus faible chez les hommes (51 %). Rapports à hauts risques et utilisation du condom chez les jeunes de 15-24 ans. Les résultats de l’enquête montrent que parmi les jeunes de 15-24 ans, seule une très faible proportion ont utilisé un condom au cours des premiers rapports sexuels (3 % des femmes et 8 % des hommes). Parmi les jeunes vivant à N’Djaména et parmi ceux ayant un niveau d’instruction au moins secondaire, cette proportion est beaucoup plus élevée (respectivement, 8 % des femmes et 15 % des hommes et 13 % des femmes et 12 % des hommes). DISPONIBILITÉ DES SERVICES COMMUNAUTAIRES L’analyse des résultats provenant de l’enquête sur la disponibilité des services communautaires a mis en évidence les difficultés d’accès des femmes aux établissements de santé, en particulier ceux offrant des services de santé maternelle et infantile et surtout en milieu rural. xxvi | Carte du Tchad Caractéristiques du Pays et Méthodologie de l’Enquête | 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1 Bandoumal Ouagadjio 1.1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS 1.1.1 Géographie et climat Le Tchad est situé entre les 7e et 24e degrés de latitude Nord et les 13e et 24e degrés de longitude Est. Il couvre une superficie de 1 284 000 km2 ; il est le cinquième pays le plus vaste d’Afrique après le Soudan, l’Algérie, le Zaïre et la Libye. Du Nord au Sud, il s’étend sur 1 700 km et, de l’Est à l’Ouest, sur 1 000 km. Il partage ses frontières avec, au Nord, la Libye, à l’Est, le Soudan, au Sud, la République Centrafricaine et, à l’Ouest, le Cameroun, le Nigeria et le Niger. De par sa position géographique, au Sud du Tropique du Cancer et au cœur du continent africain, le Tchad est marqué par une continentalité accentuée dont l’étranglement économique est l’une des conséquences. En effet, le pays est dépourvu de toute façade maritime. Le port le plus proche est Port Harcourt (Nigéria), à 1 700 km de N’Djaména. Cet enclavement extérieur est accentué par une insuffisance des réseaux routiers qui rend difficile la circulation durant une bonne partie de l’année. Le pays appartient politiquement et économiquement à l’Afrique Centrale, mais en raison des similitudes des conditions climatiques, il est rattaché également aux pays sahéliens. Sur le plan climatique, on distingue trois zones principales : • la zone saharienne qui couvre environ 50 % de la superficie du pays et qui comprend les régions du BET, le nord de la région du Kanem et une partie de la région du Batha. Elle est marquée par une pluviométrie très faible (moins de 300 mm par an), et par une végétation de type steppique ou pseudo steppique. Les sols nus caractérisés par les dunes et ergs du désert saharien occupent les confins septentrionaux de la zone. • la zone sahélienne qui couvre une partie de la région du Batha, une partie de la région du Kanem, les régions du Chari Baguirmi y compris la ville de N’Djaména, de Hadjer Lamis, du Guéra, de Wadi Fira (Biltine), du Lac, du Ouaddaï et du Salamat. Elle s’étend sur environ 40 % de la superficie du territoire et se situe entre la zone saharienne au nord et soudanienne au sud. Les pluies ne sont abondantes que dans sa partie sud (400 à 700 mm par an) et s’étalent sur deux à trois mois. La formation végétale est celle de la savane arbustive du type sahélo soudanien. • la zone soudanienne comprend les régions du Logone Occidental, du Logone Oriental, du Mandoul, du Mayo Kebbi Est, du Mayo Kebbi Ouest, du Moyen Chari et de la Tandjilé. Elle s’étend sur une superficie représentant environ 10 % de celle du pays. Elle est constituée par deux bassins des principaux fleuves (le Chari et le Logone). La pluviométrie dépasse 700 mm par an et pourrait atteindre 1 200 à 1 300 mm au sud (Moundou, Goré et Baibokoum). 1.1.2 Évolution récente de la situation politique et administrative Ancienne colonie française, le Tchad a accédé à l’indépendance le 11 août 1960. Devenu indépendant, le Tchad a hérité des structures administratives et économiques mises en place par la France. Moins de quatre ans après l’indépendance, son développement a été miné par une succession de crises 2 | Caractéristiques du Pays et Méthodologie de l’Enquête politico-militaires qui ont eu un effet désastreux sur son potentiel économique. D’une manière générale, la situation se caractérisait par : le gaspillage des ressources publiques en raison principalement du poids des dépenses militaires, de l’inadéquation des modes d’allocation et de pratiques avérées de corruption, d’une prédominance de l’Etat organisé sur une base fortement centralisée, tandis qu’un rôle négligeable était laissé d’une part, au secteur privé et, d’autre part, aux organisations de la société civile, et enfin une absence de possibilité d’expression pour un grand nombre, faute d’élections démocratiques. L’actuelle décennie a constitué, de ce point de vue, un tournant important pour le Tchad avec l’amorce du processus démocratique qui a conduit à la Conférence Nationale Souveraine (CNS) en 1993, et à l’adoption d’une nouvelle constitution en 1996, puis à la tenue des élections présidentielles et législatives libres et transparentes en 1996 et 2001. Sur le plan administratif, pour mieux rapprocher l’administrateur de l’administré, le pays a connu une profonde réforme administrative. La situation actuelle se caractérise par le découpage du territoire en 18 régions (y compris la capitale N’Djaména), 50 départements et 202 sous-préfectures. 1.1.3 Situation démographique La population du Tchad, estimée en 1993 à environ 6 280 000 habitants s’établit en 2005 à 9,3 millions et atteindra 12 millions d’habitants en 2015 selon les projections de la Direction de la Coordination des Activités en matière de Population (DCAP, 2003). Le taux d’accroissement de cette population est passé de 1,4 % en 1964 (Service de Statistique, 1966) à 2,5 % en 1993 (BCR, 1995) pour atteindre 3,2 % en 2000 selon les projections de la DCAP en 2003. Cette population est très mal répartie à travers l’espace national. Cette inégale répartition a pour conséquence des zones de fortes et de faibles concentrations. Environ la moitié de la population du pays (47 %) est concentrée sur seulement 10 % de la superficie totale. La densité moyenne de la population en 1993 est relativement faible (4,9 habitants par kilomètres carrés) et varie de 0,1 habitants par kilomètres carrés dans la région du Borkou-Ennedi-Tibesti (BET) à 52 habitants par kilomètres carrés dans la région du Logone Occidental. Cette densité moyenne de la population du Tchad estimée à 7,2 habitants par kilomètres carrés en 2005 s’établira autour de 9,3 habitants par kilomètres carrés en 2015. La structure par âge et sexe révèle que la population du Tchad est relativement jeune et à dominance féminine. En 1993, la population âgée de moins de 15 ans représentait 48 % de la population totale, 47 % pour les 15-59 ans et 3,5 % pour les personnes âgées de plus de 64 ans. Les femmes représentaient 52 %, alors que la proportion des hommes se situait autour de 48 %. Le niveau de fécondité au Tchad reste l’un des plus élevés de la sous-région. L’Indice Synthétique de Fécondité (nombre moyen d’enfants par femme) était de 5,1 enfants par femme en 1964 (Service de Statistique, 1966). Il était estimé à 5,6 enfants par femme en 1993 (BCR, 1995) et à 6,6 enfants par femme en 1996-97 (EDST-I). 1.1.4 Évolution économique récente Depuis 1994, grâce à l’appui de la Facilité d’ajustement structurel renforcée et de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance, le Tchad a connu une performance macroéconomique satisfaisante. La croissance du PIB a été, en moyenne, de 5,2 % en valeur réelle pendant la période 1994- 2003. Depuis 2001, elle a dépassé 9,5 % en moyenne, par an. D’après les dernières estimations et projections, le PIB réel a continué d’augmenter à un rythme soutenu (8,4 et 12,6 %) en 2002 et 2003 sous l’effet des investissements liés au pétrole et de leurs retombées. La construction de l’oléoduc entre le Caractéristiques du Pays et Méthodologie de l’Enquête | 3 Tchad et le Cameroun a avancé plus rapidement que prévu. La production pétrolière a commencé en juillet 2003 et le Tchad a perçu ses premiers revenus pétroliers à la fin du mois de novembre 2003. Pendant les dernières années, la politique budgétaire s’est généralement conformée aux objectifs macroéconomiques. Depuis le dernier trimestre de 2001, la mobilisation des recettes fiscales intérieures s’est quelque peu améliorée. En 2003, les recettes de l’État, en pourcentage du PNB, bien qu’étant relativement faibles, ont augmenté par rapport à 2002 (de 8 % à 8,9 %). Le ratio recettes publiques/PNB reste toutefois l’un des plus bas du monde et les efforts en cours doivent être vigoureusement poursuivis en vue d’élargir la base et l’efficience de la mobilisation des impôts ainsi que des opérations douanières. En 2003, le déficit primaire, dons exclus, a augmenté jusqu’à 2,7 % du PNB contre 2,4 % en 2002. Les dépenses totales ont représenté, en moyenne, 19,1 % du PNB pendant la période 1994-2003 tandis que les dépenses courantes ont été strictement maîtrisées et se sont maintenues en moyenne à 10 % environ du PNB. En même temps, la répartition des dépenses a été modifiée en faveur de l’éducation, de la santé, des affaires sociales, des transports, des travaux publics et de la justice. Les allocations budgétaires aux secteurs prioritaires pour la réduction de la pauvreté ont été encore accrues dans toutes les lois de finances depuis 1997. Ces allocations se sont ensuite accrues dans la loi de finance 2004, étant donné que la majorité des revenus pétroliers ont été assignés à ces secteurs. En ce qui concerne le développement humain, le Tchad occupe la 167e place parmi les 177 pays inclus dans l’indice 2004 du développement humain des Nations Unies. D’après la première Enquête sur la Consommation et le Secteur Informel au Tchad (ECOSIT-I) en 1995- 96, l’incidence de la pauvreté (à savoir le pourcentage de ménages dont les dépenses annuelles sont inférieures au niveau nécessaire pour couvrir les besoins alimentaires et non alimentaires minima1 est estimée à 43,4 %. Si l’on utilise une définition transnationale du seuil de pauvreté, quatre cinquièmes des neuf millions d’habitants vivent avec moins d’un dollar par jour. Les indicateurs sociaux restent bien au-dessous des moyennes de l’Afrique subsaharienne. Plus de la moitié des habitants de plus de 15 ans (y compris la majorité des femmes) sont analphabètes. L’accès à des sources améliorées d’eau potable s’est étendu au cours des trois dernières années mais reste néanmoins limité à trois personnes sur neuf. Seulement 1 % de la population dispose de l’électricité et on ne compte que 550 kilomètres de routes revêtues sur un territoire de plus de 1,2 millions kilomètres carrés. Le PIB réel par habitant a, d’après les estimations, augmenté en moyenne de 7,6 % au Tchad entre 2001 et 2003 et il devrait augmenter, en moyenne, de 8,3 % entre 2004-2008. En l’absence de données sur l’évolution des revenus des ménages, il est difficile d’évaluer son impact sur la réduction de la pauvreté et sur la redistribution de cette croissance moyenne. Cela étant, on peut raisonnablement supposer que la récente augmentation du revenu national, entraînée par les investissements pétroliers et les retombées dans les secteurs de la construction et des services, bénéficie principalement aux citadins qui vivent à N’Djaména et dans les villes secondaires du sud. En même temps, la population rurale du sud a subi les effets de la chute des prix mondiaux du coton jusqu’en 2002. Pendant la dernière décennie, les prix mondiaux du coton ont baissé d’une manière soutenue. Ils sont tombés à leur niveau le plus bas en 30 ans en 2001/02 et ont diminué de 56 % entre 1994/95 et 2001/02. Ils remontent légèrement à l’heure actuelle mais dans l’ensemble, la chute des prix pendant la dernière décennie a creusé l’écart entre les revenus urbains et ruraux. Les faibles indicateurs sociaux du Tchad exigent des efforts intensifiés pour que l’utilisation des ressources pétrolières permette de réduire la pauvreté, et notamment des efforts spécifiques pour atteindre les pauvres dans les régions rurales et isolées du pays. Le programme de réforme soutenu par le crédit proposé, qui porte sur les dépenses publiques et les services pour le développement humain et 1 Pour l’ensemble du territoire couvert par l’ECOSIT-I, le niveau (quotidien) est estimé à 253 FCFA, nettement en deçà de la norme internationale du seuil de pauvreté qui est d’un dollar par personne par jour (environ 700 FCFA). 4 | Caractéristiques du Pays et Méthodologie de l’Enquête économique, ainsi que la réforme du secteur cotonnier, fournit la politique et le cadre institutionnel approprié afin d’exécuter les mesures nécessaires pour améliorer les conditions de vie. Il est prévu que le démarrage de la production et des exportations de pétrole conduisent à une forte accélération de la croissance économique avec une augmentation du PIB réel qui atteindra 33,6 % en 2004, 13,5 % en 2005 et seulement 4,3 % en 2006. Pendant la période 2007-2020, la progression du PIB devrait être environ de 2 % par an en raison de la baisse prévue de la production dans la région de Doba. En revanche, il est prévu que la croissance du secteur non pétrolier soit soutenue et que le PIB non pétrolier augmente en moyenne d’environ 5 % par an. Ces prévisions sont relativement prudentes dans la mesure où elles reposent sur l’hypothèse qu’aucun nouveau site pétrolier ne sera exploité. 1.1.5 Situation sanitaire Le Tchad est l’un des pays où la situation sanitaire demeure très précaire du fait du manque d’eau potable (27 % seulement de la population ont accès à l’eau potable, EDST-I 1996-97). Les conditions de vie et d’hygiène très défavorables constituent les principaux facteurs de la morbidité et de la mortalité au sein de la population. Dans l’ensemble, cette situation est illustrée par les indicateurs suivants : • le taux de mortalité infantile (0 an) : 103 ‰ (EDST-I, 1996-97) ; • le taux de mortalité infanto-juvénile (0-4 ans) : 194 ‰ (EDST-I, 1996-97) ; • l’espérance de vie à la naissance : 49,6 ans pour l’ensemble des deux sexes (hommes : 48,5 ans, femmes : 50,6 ans) selon les projections de la DCAP en 2005, hypothèse moyenne ; • le taux de mortalité maternelle : 827 décès pour 100 000 naissances vivantes (EDST-I, 1996-97) ; • le taux brut de mortalité : 16,3 ‰ au RGPH en 1993 (18,6 ‰ pour les hommes et 14,2 ‰ pour les femmes) ; • 64 % des femmes, au cours des cinq années ayant précédé l’EDST-I n’ont suivi aucune consultation prénatale (EDST-I, 1996-97) ; • 88 % des naissances ont eu lieu à la maison (EDST-I, 1996-97) ; • 44 % des enfants n’ont reçu aucune dose de vaccin (EDST-I, 1996-97) ; • 11 % seulement des enfants de 11–23 mois ont reçu toutes les doses de vaccin (EDST-I, 1996-97). La faiblesse de ces indicateurs justifie la mise en place de la Politique Nationale de la Santé dont l’objectif général est « d’assurer l’accès à des services de base de qualité ». Cette politique s’inscrit dans la philosophie de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à savoir : Santé pour tous à un horizon aussi rapproché que possible. Les principaux axes de la Politique Nationale de Santé sont : 1) le développement des services de santé de base de qualité pour la population, 2) l’urgence de disposer des ressources humaines de qualité, 3) l’amélioration de la gestion du système de santé, 4) la poursuite de la lutte contre les maladies endémiques et épidémiques. Les objectifs intermédiaires retenus sont les suivants : - Assurer la couverture sanitaire ; - Développer la politique pharmaceutique ; - Poursuivre et développer les efforts pour augmenter le taux de fréquentation des centres de santé ; - Développer les ressources humaines ; Caractéristiques du Pays et Méthodologie de l’Enquête | 5 - Assurer la gestion du système de santé ; - Mettre en place des mécanismes contractuels régissant la fourniture des services de santé par des opérations privées ; - Fournir les efforts pour réduire l’impact des maladies endémiques et épidémiques ; - Renforcer le système de suivi et d’alerte avancée contre les maladies potentiellement épidémiques (choléra, méningite, tuberculose). 1.1.6 Politique de Population Le Tchad a adopté la Déclaration de la Politique de Population en 1994 et sa mise en œuvre de 1994 à 2001. La politique Nationale de Population (PNP) repose sur le principe que les problèmes de population sont, dans une très grande mesure, la conséquence de choix, d’attitudes et de comportements des individus, des couples et des familles, et participent de ce fait à la culture et à la civilisation. Ces choix se traduisent souvent en terme de besoins d’éducation, de santé, de logement et d’emploi que la performance actuelle de l’économie tchadienne ne peut satisfaire. Plusieurs activités de développement ont été initiées par le Gouvernement en vue de maîtriser ces problèmes mais, ces problèmes demeurent préoccupants malgré les efforts qui ont été déployés. C’est cette situation qui justifie amplement l’actualisation de la présente Politique Nationale de la Population qui couvre la période 2002-2015. Tenant compte également des engagements, pris lors des conférences internationales et régionales qui se sont tenues après l’adoption de la Déclaration de la Politique de Population, telles que la Conférence Internationale sur la Population et le développement (Caire 1994), la Conférence Mondiale sur les Femmes (Beijing 1995), le Sommet Mondial sur le Développement Social (Copenhague 1995), la CIPD+5 (New York, 1999), le Programme d’Action de Ouagadougou (octobre 1997) qui cherche à harmoniser les positions et interventions des pays du Sahel (CILSS) vis-à-vis des problèmes de population et la Déclaration du Millénaire (2000), le gouvernement a décidé de procéder à la révision de la Déclaration de la Politique de Population (DPP). Pour permettre une meilleure orientation, il a été décidé de faire le bilan de mise en œuvre de cette politique pour en tirer les enseignements utiles afin d’effectuer des modifications. Dans la suite du rapport, le terme « Déclaration de la Politique de Population » a été remplacé par celui de Politique Nationale de la Population (PNP). Objectifs généraux et spécifiques : Objectif général 1 : assurer une meilleure adéquation entre la croissance de la population, les ressources disponibles et le développement socioéconomique du pays ; Objectif spécifique 1 : promouvoir la prise en compte des questions de population, genre et développement durable dans les programmes et projets aux niveaux sectoriel, national, régional et local ; Objectif spécifique 2 : renforcer au niveau des populations et des leaders politiques, religieux et traditionnels, la compréhension des interrelations populations et développement et leur impact sur la dynamique du changement social ; Objectif spécifique 3 : adapter la mise en œuvre de la Politique Nationale de Population aux spécificités régionales du Pays ; Objectif spécifique 4 : améliorer la connaissance de l’information socioculturelle, démographique et économique. Objectif général 2 : contribuer à l’amélioration de l’état général de santé de la population en accordant une attention particulière à la santé de la reproduction et à la lutte contre les IST/VIH/SIDA. 6 | Caractéristiques du Pays et Méthodologie de l’Enquête Objectif spécifique 1 : assurer à la population l’accès géographique et financier aux services de santé en général et à ceux de la santé de la reproduction ; Objectif spécifique 2 : améliorer la qualité des services ; Objectif spécifique 3 : mettre en place et intensifier le programme de santé de la reproduction et des adolescents ; Objectif spécifique 4 : endiguer la propagation du VIH/SIDA d’ici 2015 en inversant la tendance actuelle ; Objectif spécifique 5 : réduire le taux de mortalité infanto-juvénile de 194 ‰ en 1997 à 97 ‰ en 2015, cela, en augmentant la couverture vaccinale des enfants de 24 % en 1997 à 75 % à 2015 et faire diminuer le taux de mortalité maternelle de 827 pour 100 000 naissances vivantes en 1997 à 413 pour 100 000 naissances vivantes en 2015. Objectif spécifique 6 : maîtriser la fécondité pour ramener l’indice synthétique de fécondité de 6,6 enfants par femme en 1997 à 5 enfants par femme en 2015 en augmentant la prévalence contraceptive moderne de 3 % en 2000 à 35 % en 2015. Objectif Général 3 : éliminer toutes les formes de discrimination à l’égard des filles et des femmes et assurer leur pleine participation au processus de développement. Il en est de même à l’endroit des autres groupes vulnérables que sont les vieillards, les handicapés et les enfants en circonstance particulièrement difficile. Objectif spécifique 1 : valoriser le rôle et le statut de la femme tchadienne et développer ses capacités à participer pleinement au processus de développement à tous les niveaux ; Objectif spécifique 2 : promouvoir la scolarisation des filles (en portant le taux brut de scolarisation de 55 % en 2000 à 100 % en 2015) et l’alphabétisation des femmes ; Objectif spécifique 3 : assurer une sécurité sociale aux personnes du troisième âge ; Objectif spécifique 4 : intégrer les personnes handicapées dans le processus de développement socioéconomique ; Objectif spécifique 5 : assurer la formation socioprofessionnelle des enfants en circonstance particulièrement difficile à travers le programme Éducation de base et développement du jeune enfant ; Objectif général 4 : assurer le développement des ressources humaines : Objectif spécifique 1 : renforcer l’équité et l’accès à l’enseignement de base et porter le taux d’inscription en première année primaire à 100 % d’ici 2009 et le taux brut de scolarisation à 100 % d’ici 2015 ; Objectif spécifique 2 : promouvoir l’accès à l’enseignement secondaire et supérieur à un nombre important d’élèves et particulièrement aux filles ; Objectif spécifique 3 : accélérer l’alphabétisation des adultes pour porter le taux à 60 % en 2015 ; Objectif spécifique 4 : renforcer la formation professionnelle et en cours d’emploi ; Objectif spécifique 5 : promouvoir les politiques économiques et créatrices d’emploi. Objectif général 5 : assurer une répartition spatiale équilibrée de la population dans le cadre de la politique d’aménagement du territoire, en prenant en compte la dimension environnementale. Caractéristiques du Pays et Méthodologie de l’Enquête | 7 Objectif spécifique 1 : assurer une meilleure couverture des besoins de base nutritionnels et alimentaires de la population et augmenter la proportion des personnes ayant accès à l’eau potable de 26 % en 1996/1997 à 80 % d’ici 2015 ; Objectif spécifique 2 : améliorer les conditions d’habitat tant en milieu urbain que rural ; Objectif 3 : promouvoir le développement intégré des milieux ruraux et urbains en prenant en compte la dimension environnementale. Le rapport bilan a révélé que pour toutes les stratégies confondues regroupant cent cinq objectifs intermédiaires, trente-neuf ont été atteints, vingt et un partiellement et quarante-cinq n’ont pas été atteints, soit un taux de réalisation de 47,1 %. En passant en revue les neuf objectifs spécifiques de la Déclaration de la Politique de Population (DPP), on note que : trois sont totalement atteints, quatre ne l’ont été que partiellement et deux restent à atteindre, soit un taux de réalisation de 56 %. De manière générale, ce sont les objectifs spécifiques, destinés à mesurer les actions gouvernementales telles que l’élaboration et la promulgation des textes de lois, les actions d’information et de sensibilisation sur les droits des enfants et des femmes ou sur le renforcement des capacités économiques des femmes qui ont connu la meilleure réussite dans leur réalisation. Par contre, les objectifs spécifiques destinés à mesurer le changement en termes d’impact des programmes et projets exécutés sont ceux qui ont le moins réussi. La formulation des objectifs globaux, spécifiques et des stratégies pour les atteindre a tenu compte des difficultés de l’opérationnalisation du document de la DPP. C’est ainsi que la structuration du document dans les parties objectifs et stratégies de mise en œuvre a totalement changé. Au niveau du cadre institutionnel, quelques modifications apportées au document méritent d’être relevées : - l’organe de programmation et de coordination de l’ensemble des activités est la Direction de la Coordination des Activités en matière de Population (DCAP) ; - au sein de chaque ministère, on désignera un point focal de la Direction de la Coordination des Activités en matière de Population ; - l’ensemble des points focaux constituera le groupe technique de coordination de la PNP, c’est-à-dire le Comité Technique de suivi et d’évaluation de la politique et des programmes de population ; - chaque région disposera d’une Commission Régionale de la Population et chaque département d’une Commission Départementale de la Population. Ces deux niveaux de structures décentralisées suffisent pour coordonner et mener des activités au niveau des régions, des départements, des sous-préfectures et des cantons. Finalement, il n’existera plus de sous-commissions sous-préfectorales et de cellules cantonales comme par le passé à cause du manque de moyens financiers et humains pour les faire fonctionner et les encadrer ; - chaque région élaborera son Programme d’Action et d’Investissements Prioritaires en matière de Population (PAIP) afin de traduire la Politique Nationale de Population en projets et en activités. Le bilan de la mise en œuvre de la Déclaration de la Politique de Population de 1994-2001 a permis de réajuster la Politique Nationale de Population tant dans ses objectifs, ses stratégies que son assise institutionnelle. Cette Politique Nationale de Population est déjà approuvée par la Commission Nationale de la Population et des Ressources Humaines et le Haut Conseil de la Population et des Ressources Humaines. Elle va bientôt être soumise à l’approbation de l’Assemblée Nationale. 8 | Caractéristiques du Pays et Méthodologie de l’Enquête L’approbation de la Politique Nationale de Population donnera un cadre légal pour sa mise en œuvre. Elle permettra de revoir la composition du Haut Conseil de la Population et de la Commission Nationale de la Population qui devraient être élargies aux autres ministères et associations de la société civile travaillant dans le domaine de la population. 1.2 MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1.2.1 Cadre Institutionnel La Deuxième Enquête Démographique et de Santé (EDST II) a été exécutée par l’Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED) avec l’appui Technique de Macro International. Elle a été financée par le Gouvernement tchadien grâce à ses propres ressources, par la Banque Mondiale à travers le Projet d’Appui au Secteur Santé (PASS) et par l’UNICEF. La coordination de l’enquête a fait appel aux linguistes de l’Université de N’Djaména et au personnel de la Santé pour la traduction des expressions et termes relatifs aux points sensibles des questionnaires (en particulier les questions sur la reproduction, l’activité sexuelle, la contraception et les maladies) dans les 14 langues principales du Tchad. Ces lexiques ont été testés et améliorés au cours des formations et du pré-test avant leur utilisation pour l’enquête principale. 1.2.2 Objectifs de l'enquête La Deuxième Enquête Démographique et de Santé au Tchad (EDST-II), réalisée auprès d'un échantillon national de femmes de 15-49 ans et d'hommes de 15-59 ans, vise à atteindre un certain nombre d'objectifs dont les principaux sont : • recueillir des données à l'échelle nationale et par milieu de résidence permettant de calculer divers indicateurs démographiques, en particulier les taux de fécondité et de mortalité infantile et juvénile ; • mesurer le niveau de mortalité maternelle au niveau national ; • analyser les facteurs directs et indirects qui déterminent les niveaux et tendances de la fécondité, telles que les structures du mariage et l'utilisation de la contraception ; • identifier les catégories de femmes susceptibles d'avoir plus ou moins d'enfants et susceptibles d'utiliser la contraception ; • mesurer les taux de connaissance et de pratique contraceptive par méthode, selon diverses caractéristiques sociodémographiques des femmes et des hommes ; • analyser les facteurs directs et indirects qui déterminent les niveaux et tendances de la mortalité ; • recueillir des données détaillées sur la santé maternelle et infantile : visites prénatales, assistance à l'accouchement, allaitement, vaccinations, supplémentation en Vitamine A, prévalence et traitement de la diarrhée et d'autres maladies chez les enfants de moins de cinq ans ; • évaluer le niveau de consommation de sel iodé ; • déterminer l'état nutritionnel des mères et des enfants de moins de cinq ans au moyen des mesures anthropométriques (poids et taille) ; Caractéristiques du Pays et Méthodologie de l’Enquête | 9 • recueillir des données détaillées sur la connaissance, les opinions et attitudes des femmes et des hommes vis-à-vis des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et du VIH/sida ; • recueillir des données sur les handicaps, le travail des enfants et l’enregistrement des naissances à l’état civil ; • recueillir des informations sur les connaissances et pratiques de l’excision et de l’ablation de la luette et l’opinion des femmes et des hommes par rapport à ces pratiques. De plus, l'EDST-II fournit des informations sur la disponibilité et l'accessibilité des services socioéconomiques et sanitaires au niveau des communautés. Par ailleurs, les données ont été collectées selon une méthodologie similaire à celle utilisée dans d’autres pays ayant participé au programme DHS. Ces bases de données sont utilisables et comparables au niveau international. Enfin, la réalisation de cette enquête contribue au renforcement du cadre institutionnel et au renforcement des compétences des cadres nationaux nécessaires pour entreprendre la collecte et l'analyse de données démographiques, socioéconomiques et sanitaires. 1.3 QUESTIONNAIRES Afin d’atteindre les objectifs fixés, quatre types de questionnaires ont été utilisés : 1.3.1 Questionnaire ménage Ce questionnaire permet de collecter des informations tels que le nombre de personnes composant le ménage, le sexe, l’âge, le niveau d’instruction, la prévalence des handicaps, le travail des enfants de 5-17 ans, l’enregistrement des naissances à l’état civil, etc. Des informations sur les caractéristiques du logement (approvisionnement en eau, type de toilettes, etc.) sont aussi recueillies afin d’apprécier les conditions environnementales dans lesquelles vivent les personnes enquêtées. Cependant, le but premier du questionnaire ménage est d’établir l’éligibilité des personnes à interviewer individuellement. Il permet aussi de déterminer les populations de référence pour le calcul de certains indicateurs démographiques. 1.3.2 Questionnaire femme Il comprend les sections suivantes : - caractéristiques sociodémographiques des enquêtées. Cette section porte sur le lieu de résidence, l’âge et la date de naissance, la scolarisation, l’alphabétisation, la nationalité, la religion, l’ethnie et, l’accès aux média. - reproduction. Cette section permet de collecter des informations sur les naissances vivantes que la femme a eues durant sa vie ainsi que sur leur état de survie au moment de l’enquête, sur l’état de grossesse au moment de l’enquête et sur la connaissance de la période féconde au cours du cycle mensuel. - planification familiale. Cette section porte sur la connaissance spontanée ou non des diverses méthodes contraceptives, sur leur utilisation ainsi que sur les diverses sources d’approvisionnement. Des questions concernant les raisons de non utilisation de la contraception figurent également dans cette section. - grossesses et allaitement. Cette section porte uniquement sur les naissances ayant eu lieu au cours des cinq années précédant l’enquête. Le questionnaire permet d’obtenir des 10 | Caractéristiques du Pays et Méthodologie de l’Enquête informations sur la période de la grossesse, les soins prénatals y compris la vaccination antitétanique, le lieu d’accouchement et la qualification de la personne ayant assisté la femme pendant l’accouchement, le retour des règles et la reprise des rapports sexuels après la naissance de l’enfant. Concernant l’allaitement, les questions portent sur sa fréquence et sa durée, sur le type d’allaitement (maternel ou artificiel), ainsi que sur l’utilisation des différents compléments. - vaccination et santé des enfants. Cette section porte sur les naissances ayant eu lieu au cours des cinq années précédant l’enquête. La section porte également sur les vaccinations incluses dans le Programme Elargi de Vaccination (PEV), sur la santé des enfants de moins de cinq ans et, plus particulièrement, sur la prévalence, et le traitement de la fièvre. - nuptialité et activité sexuelle. Cette section permet de recueillir des informations sur l’état matrimonial, le régime de mariage (monogamie ou polygamie), l’âge aux premiers rapports sexuels ainsi que sur l’activité sexuelle. - connaissance et opinions sur les pratiques traditionnelles de l’excision et de l’ablation de la luette. - préférences en matière de fécondité. Cette section recueille des informations sur le désir d’enfants supplémentaires, l’intervalle entre les naissances et l’attitude concernant la taille de la famille. - caractéristiques du conjoint et activité professionnelle de la femme. Dans cette section, les questions concernent les caractéristiques socioprofessionnelles du conjoint des femmes en union et sur l’activité professionnelle des femmes. - maladies sexuellement transmissibles et VIH/sida. Cette section permet d’obtenir des informations sur la connaissance des modes de transmission et de prévention des IST ainsi qu’une prévalence déclarée des IST. - mortalité maternelle. Au niveau de cette section, on enregistre des informations sur l’âge et l’état de survie des frères et sœurs de l’enquêtée. Pour les sœurs décédées à l’âge de 12 ans ou plus, des questions supplémentaires permettent de déterminer si le décès est en rapport avec la maternité. - mesures anthropométriques. Cette section est consacrée aux mesures anthropométriques des femmes enquêtées et de leurs enfants âgés de moins de cinq ans. Ces sections permettent de calculer les différents indicateurs signalés précédemment. 1.3.3 Questionnaire homme Il s’agit également d’un questionnaire individuel comprenant les six sections suivantes : - caractéristiques sociodémographiques des enquêtés, - reproduction, - planification familiale, - nuptialité et activité sexuelle, - excision, - préférences en matière de fécondité, - Infections Sexuellement Transmissibles et VIH/Sida. Caractéristiques du Pays et Méthodologie de l’Enquête | 11 1.3.4 Questionnaire communautaire Il porte sur les infrastructures socioéconomiques et sanitaires des 196 grappes visitées. Cette enquête a été réalisée en même temps que l'enquête principale. Ces instruments ont été développés à partir des questionnaires de base du programme DHS, préalablement adaptés au contexte tchadien et en tenant compte des objectifs de l'enquête. Par ailleurs, environ 80 expressions et termes relatifs aux parties sensibles des questionnaires (en particulier, les questions sur la reproduction, l'activité sexuelle, la contraception, les maladies et l’excision) ont été traduits en 8 principales langues parlées au Tchad de façon à ce qu'au cours de l'enquête, les enquêtrices traduisent les questions le plus fidèlement possible. Ces lexiques ont été testés et améliorés au cours des formations et du pré-test avant leur utilisation pour l'enquête principale. 1.4 ÉCHANTILLONNAGE L'échantillon de l'EDST-II est un échantillon représentatif au niveau national, basé sur un sondage par grappes stratifié à deux degrés. Au premier degré, 196 grappes ont été tirées à partir de la liste des Zones de Dénombrement (ZD) établie lors du Recensement Général de la Population et de l'Habitat (RGPH) de 1993. Toutes les grappes sélectionnées ont fait l'objet d'un dénombrement exhaustif des ménages. Au deuxième degré, des ménages ont été tirés à partir de la liste des ménages établie lors de l'opération de dénombrement. Toutes les femmes âgées de 15 à 49 ans (résidentes habituelles ou visiteuses) qui se trouvaient dans les ménages ont été enquêtées. De plus, dans un ménage sur trois, tous les hommes de 15 à 59 ans (résidents habituels ou visiteurs) ont été enquêtés. Compte tenu de la taille variable de chaque strate (zone 1 à zone 8), constituant chacune un domaine d'études, différents taux de sondage ont été appliqués à chaque strate et les résultats ont été pondérés au niveau national. Par contre, l'échantillon est auto-pondéré au niveau de chaque domaine. Les 196 grappes sélectionnées dans l’échantillon ont pu être enquêtées au cours de l’EDST-II. Au total sur 5 512 ménages qui ont été sélectionnés, 5 369 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 99 % (tableau 1.1). À l’intérieur des 5 369 ménages enquêtés, 6 262 femmes âgées de 15-49 ans ont été identifiées comme étant éligibles pour l’enquête individuelle et, pour 6 085 d’entre elles, l’interview a pu être menée à bien. Le taux de réponse s’établit donc à 97 % pour l’enquête auprès des femmes. L’enquête homme a été réalisée dans un ménage sur trois : au total, 1 999 hommes de 15-59 ans ont été identifiés dans les ménages du sous-échantillon. Parmi ces 1 999 hommes devant être interviewés individuellement, 1 887 ont été enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 94 %. Quelque soit le sexe, les taux de réponse en milieu rural sont légèrement plus élevés que ceux obtenus en milieu urbain. En dehors du milieu de résidence (la ville de N’Djaména, les Autres Villes et le milieu rural), l’analyse des résultats de l’EDST-II a été effectuée en fonction d’autres critères comme la zone de résidence qui est un regroupement des régions, l’appartenance à un groupe ethnique qui est un regroupement des ethnies et également en fonction du critère de bien-être économique (cf chapitre II pour des explications détaillées). Ce regroupement obéit à un certain nombre de critères, notamment les us et coutumes et les liens historiques en ce qui concerne le regroupement des régions ; les similitudes linguistiques, les mœurs, les us et coutume et la gestion d’un même espace géographique en ce qui concerne celui des ethnies. 12 | Caractéristiques du Pays et Méthodologie de l’Enquête Tableau 1.1 Taille et couverture de l’échantillon Effectifs de ménages, de femmes et d’hommes sélectionnés, identifiés et enquêtés, et taux de réponse, selon le milieu de résidence, Tchad 2004 Résidence Résultat N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural Total Enquête ménages Ménages sélectionnés 1 200 1 344 2 544 2 968 5 512 Ménages identifiés 1 185 1 318 2 503 2 896 5 399 Ménages enquêtés 1 169 1 311 2 480 2 889 5 369 Taux de réponse des ménages 98,6 99,5 99,1 99,8 99,4 Enquête individuelle femme Effectif de femmes éligibles 1 392 1 594 2 986 3 276 6 262 Effectif de femmes éligibles enquêtées 1 324 1 562 2 886 3 199 6 085 Taux de réponse des femmes éligibles 95,1 98,0 96,7 97,6 97,2 Ménages pour l'enquête homme Ménages sélectionnés pour l'enquête homme 393 445 838 976 1 814 Ménages identifiés 390 439 829 952 1 781 Ménages enquêtés 384 436 820 950 1 770 Taux de réponse des ménages pour l'enquête homme 98,5 99,3 98,9 99,8 99,4 Enquêtes individuelle hommes Nombre d'hommes éligibles 588 517 1 105 894 1 999 Nombre d'hommes éligibles enquêtés 549 493 1 042 845 1 887 Taux de réponse des hommes éligibles 93,4 95,4 94,3 94,5 94,4 Les milieux de résidence retenus sont : la ville de N'Djaména, les Autres Villes et le milieu rural. Un regroupement des 18 régions a été effectué afin de permettre de disposer des indicateurs au niveau régional. Les 18 régions sont regroupées comme suit : - Zone 1 : N’Djaména - Zone 2 : BET, Kanem et Lac - Zone 3 : Batha, Guéra et Salamat - Zone 4 : Ouaddaï et Wadi Fira - Zone 5 : Hadjer Lamis et Chari Baguirmi - Zone 6 : Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest - Zone 7 : Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé - Zone 8 : Mandoul et Moyen Chari. Au Recensement Général de la Population de l’Habitat de 1993, plus d’une centaine d’ethnies ont été répertoriées. Ces ethnies ont été regroupées en 13 grands groupes, en tenant compte des similitudes linguistiques, des mœurs, des us et coutumes et de la gestion d’un même espace. Il s’agit des grands groupes suivants : 1. OUADDAÏ : Maba, Bachas, Karanga, Massalit, Aboucharib, Assongori, Mararit, Mimi, Tama 2. PEUL Caractéristiques du Pays et Méthodologie de l’Enquête | 13 3. FOULBE 4. SARA : Ngambaye, Gor, Bédjonde, Goulaye, Mbaye, Sara Madingaye, Noi (ou Nogne), Sara Kaba, Ngama, Mboum, Daye. 5. TANDJILE : Besmé, Kabalaye, Goundo, Kimré, Kouang (ou Gam), Lélé, Mangsé. 6. GORANE : Bilia, Zaghawa, Bideyat, Daza, Teda. 7. HADJARAI 8. KANEM-BORNOU : Kanembou, Bornou, Kanouri, Boudouma, Kotoko. 9. LAC IRO : Rounga, Goula, (ou Bone), Routo (ou Louto). 10. MAYO KEBBI : Kim, Moundang, Guiziga, Guidar, Mombaye, Massa, Mouloui, Mousgom, Mousseye, Dombaye, Lamé (ou pévé), Zimé (ou Kado), Toupouri, Kéra. 11. ARABE : Babalia, Béni Said (ou Beni Seid), Ghawalmé, Hassa’one, Beni Hassan, Hamat, Hémadjié, Houmour, Missirié, Zourouk, Ouled Sliman, Rachid, Salamat, Toundjour, Tribus Arabes de l’est, Autres Arabe. 12. BAGUIRMI : Barma, Bodoré, Boua, Gori, Miltou, Ndam (ou Ndom), Niellim, Saroua, Toumak, Tounia. 13. FITRI BATHA : Médégo, Boulala, Kouka, Mesmédjé (ou Masmadjé), Massalat. 1.5 DÉROULEMENT DES ACTIVITÉS 1.5.1 Cartographie L’opération de cartographie et de dénombrement des ménages des 196 grappes de l’échantillon a débuté au mois d’avril 2004 et s’est achevée au mois de mai 2004, soit deux mois de travail pour cette activité. Vingt-huit agents cartographes et énumérateurs, préalablement formés, étaient chargés de ce travail. 1.5.2 Enquête pilote Au mois de mai 2004, les questionnaires en français ont été testés, en utilisant les lexiques en langues nationales, dans le cadre d’une pré-enquête à laquelle ont participé 22 enquêtrices et enquêteurs. Cette pré-enquête a duré cinq jours et s’est déroulée sur deux zones de la ville de N’Djaména et deux zones rurales qui ne faisaient pas partie de l’échantillon de l’enquête. Cette opération a permis de réviser les questionnaires ainsi que les lexiques en langues nationales. 1.5.3 Enquête principale La formation pour l’enquête principale a duré quatre semaines pendant lesquelles différents consultants nationaux sont intervenus pour présenter aux enquêtrices et enquêteurs un panorama complet de l’état sanitaire du pays et leur expliquer l’importance de l’EDST-II. À l’issue de la formation, huit équipes, chacune composée de trois enquêtrices, d’un enquêteur chargé des enquêtes auprès des hommes, d’un chef d’équipe, d’une contrôleuse et d’un chauffeur, ont visité les grappes sélectionnées pour procéder aux interviews. La collecte des données s’est déroulée de 23 juillet au 10 décembre 2004. 1.5.4 Traitement des données La saisie des données sur micro-ordinateur a débuté une semaine après le démarrage de l'enquête sur le terrain, en utilisant le logiciel CSPro, développé conjointement par le Bureau du Recensement des Etats-Unis, le Programme DHS, et le Serpro S.A. Deux personnes étaient chargées de la vérification des questionnaires ainsi que de la codification des questions relatives aux catégories socioprofessionnelles. La 14 | Caractéristiques du Pays et Méthodologie de l’Enquête saisie a été réalisée par quatorze opérateurs, assistés de deux contrôleurs et supervisés par l'équipe technique. Tous les questionnaires ont fait l'objet d'une double saisie, ce qui a permis d'éliminer du fichier, les erreurs dues à la saisie. Par ailleurs, un programme de contrôle de qualité permettait de détecter, pour chaque équipe, certaines des principales erreurs de collecte. Ces informations étaient immédiatement répercutées sur les équipes de terrain lors des missions de supervision afin d'améliorer la qualité des données. À la suite de la saisie, les données ont été éditées en vue de vérifier la cohérence interne des réponses. La vérification finale a été réalisée par un informaticien et un démographe du programme DHS, utilisant une technique éprouvée au cours de dizaines d'enquêtes similaires. 1.5.5 Analyse Comme à l’ESDT-I, les travaux d’analyse ont été réalisés en collaboration avec Macro International. Contrairement à l’EDST-I qui comportait 12 chapitres, l’EDST-II en comporte 16. Cette augmentation du nombre de chapitres est liée au rajout de nouveaux thèmes jugés utiles par les membres du Comité de pilotage de l’EDST-II ; il s’agit des thèmes suivants : le handicap, l’ablation de la luette, l’excision et le travail des enfants. Sur les seize chapitres, treize ont été traités par les Experts nationaux et trois par ORC Macro International. Un séminaire d’harmonisation et de pré-finalisation du rapport national, d’une durée de cinq jours a été organisé du 8 au 13 août 2005 à N’Djaména au Tchad. Tous les chapitres traités ont été centralisés à l’INSEED un mois avant pour être reproduits et distribués aux différents consultants et personnes ressources pour lecture et observations avant l’atelier de validation. Excepté les Experts de Macro, le séminaire a regroupé en plus des analystes nationaux, les personnes ressources venant du ministère de la Santé Publique, du ministère de l’Éducation Nationale, du ministère de l’Action Sociale et de la Famille et de l’Université du Tchad. Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants | 15 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES ET SITUATION DES ENFANTS 2 Kostelngar Nodjimadji Ce chapitre porte sur les caractéristiques sociodémographiques de la population des ménages (structure par âge et sexe, taux de fréquentation scolaire, niveau d’instruction). Il aborde également les caractéristiques des logements ainsi que les biens durables possédés par les ménages. L’objectif de ce chapitre est donc de présenter un profil de la population des ménages et quelques caractéristiques de l’environnement socioéconomique dans lesquels vivent les hommes, les femmes et les enfants ciblés par l’enquête. Une telle description est essentielle dans la mesure où ces caractéristiques socioéconomiques et environnementales sont des déterminants des conditions de vie et de l’état de santé de la population. Ce chapitre porte également sur la situation des enfants du point de vue de leur statut légal, de la survie de leurs parents, de leur scolarisation, ainsi que sur le travail des enfants. En préambule à ce chapitre, il convient d’introduire le concept de bien-être économique du ménage qui sera utilisé dans la suite de ce chapitre ainsi que dans tous les chapitres qui suivent. L'indice de bien-être économique est construit à partir des données sur les biens des ménages (voir section 2.4 - Conditions de vie) et en utilisant l'analyse en composante principale. Les informations sur les biens des ménages proviennent des réponses aux questions relatives à la possession par les ménages de certains biens durables (la télévision, la radio ou la voiture, etc.) et celles concernant certaines caractéristiques du logement comme la disponibilité de l'électricité, le type d'approvisionnement en eau, le type de toilettes, le type de sol du logement, le nombre de pièces utilisées pour dormir, etc. Cet indice est construit de la manière suivante : • on affecte à chacun des biens ou caractéristiques un poids (score ou coefficient) généré à partir d'une analyse en composante principale ; • les scores des biens qui en résultent sont standardisés selon une distribution normale standard de moyenne 0 et d'écart type 1 (Gwatkin et al., 2000) ; • on attribue à chaque ménage un score pour chaque bien et on fait la somme de tous les scores par ménage ; • les ménages sont classés par ordre croissant de score total et divisés en 5 catégories d’effectifs égaux, appelés quintiles. On établie ainsi une échelle allant de 1 (quintile le plus pauvre) à 5 (quintile le plus riche) : • le score de chaque ménage est affecté aux individus qui le composent. Les individus sont ainsi repartis dans les différentes catégories. 2.1 POPULATION DES MÉNAGES 2.1.1 Structure par sexe et âge de la population L’étude de la structure par sexe et âge d’une population est capitale puisqu’elle permet de mettre en évidence le poids de certains sous-groupes de population par rapport à d’autres. À son tour, la connaissance de ces sous-groupes de population permet d’orienter la politique de population. Le tableau 2.1 présente la répartition par âge et sexe de la population des ménages enquêtés, selon le milieu de 16 | Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants Tableau 2.1 Population des ménages par âge et sexe Répartition (en %) de la population (de fait) des ménages par groupe d'âges quinquennal, selon le milieu de résidence et le sexe, Tchad 2004 Urbain Rural Ensemble Groupe d'âges Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble <5 17,7 16,8 17,3 20,8 18,5 19,6 20,1 18,1 19,1 5-9 15,3 15,8 15,5 20,3 18,4 19,3 19,2 17,9 18,5 10-14 13,9 13,7 13,8 14,9 13,0 13,9 14,7 13,1 13,9 15-19 10,7 11,5 11,1 8,7 8,9 8,8 9,1 9,5 9,3 20-24 9,2 8,5 8,9 5,8 7,3 6,6 6,6 7,5 7,1 25-29 8,1 8,0 8,1 4,7 7,9 6,4 5,5 8,0 6,7 30-34 6,0 5,5 5,7 4,7 5,4 5,0 4,9 5,4 5,2 35-39 4,2 5,1 4,7 4,0 4,4 4,2 4,1 4,5 4,3 40-44 4,1 3,3 3,7 3,8 3,8 3,8 3,9 3,7 3,8 45-49 3,7 3,4 3,6 3,1 3,8 3,5 3,2 3,7 3,5 50-54 2,1 2,9 2,5 2,5 2,8 2,7 2,4 2,8 2,6 55-59 1,2 1,6 1,4 1,7 1,6 1,6 1,6 1,6 1,6 60-64 1,5 1,4 1,5 1,6 1,7 1,7 1,6 1,6 1,6 65-69 0,9 0,8 0,9 1,1 0,9 1,0 1,0 0,9 1,0 70-74 0,8 0,9 0,8 1,2 0,9 1,1 1,1 0,9 1,0 75-79 0,4 0,4 0,4 0,5 0,2 0,3 0,4 0,2 0,3 80 + 0,3 0,4 0,3 0,7 0,5 0,6 0,6 0,5 0,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 983 2 845 5 828 10 532 11 519 22 052 13 515 14 364 27 879 résidence. L’enquête ménage a touché 27 879 personnes dont 22 052 en milieu rural. La proportion de femmes dans la population est de 52 %, proportion identique à celle du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 1993 et de l’Enquête Démographique et de Santé (EDST-I) de 1996-1997. La pyramide des âges présente une base élargie qui se rétrécit rapidement au fur et à mesure que l’on avance vers les âges élevés, forme caractéristique des populations à forte proportion de jeunes et à forte fécondité (graphique 2.1). En effet, cette répartition par âge permet de constater que la population tchadienne est relativement jeune puisque 38 % de la population est âgée de moins de 10 ans et 52 % de moins de 15 ans. La structure de la population des ménages révèle une prédominance du sexe masculin dans la tranche d’âge 0-14 ans. De 15 à 54 ans, la tendance inverse s’observe. Cela pourrait s’expliquer par les migrations internationales sélectives des hommes, notamment vers les pays voisins pour la recherche de travail. À partir de 65 ans, les proportions d’hommes deviennent à nouveau plus importantes que celles des femmes. De manière générale, le rapport de masculinité s’établit à 94 hommes pour 100 femmes (contre 91 hommes pour 100 femmes à l’EDST-I de 1996-1997). En considérant le milieu résidence, on constate qu’en milieu rural, la proportion de femme est plus élevée (52 %) que celle des hommes. Par contre, en milieu urbain, c’est la tendance inverse qui est observée : 51 % d’hommes contre 49 % de femmes. Comme constaté au niveau national, en milieu rural, on note aussi une prédominance d’hommes dans la tranche d’âges 0-14 ans. À partir de 15 ans et jusqu’à 55 ans, la situation s’inverse au profit des femmes. En milieu urbain, la tendance est globalement la même Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants | 17 mais avec des écarts beaucoup plus réduits entre les proportions d’hommes et de femmes et avec quelques irrégularités dans les groupes d’âges 5-9 ans et 15-19 ans où les hommes sont relativement moins nombreux que les femmes. Cette situation pourrait résulter du phénomène migratoire, principalement de jeunes filles rurales placées dans des familles urbaines notamment pour des raisons de travail et, à un moindre degré, pour des raisons de scolarisation. 2.1.2 Taille et composition des ménages Le tableau 2.2 fournit des informations sur le sexe des chefs de ménage, le nombre de membres habituels et la taille moyenne des ménages, selon le milieu de résidence. Tableau 2.2 Composition des ménages Répartition (en %) des ménages par sexe du chef du ménage et taille du ménage, selon le milieu de résidence, Tchad 2004 Caractéristique N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural Ensemble Sexe du chef de ménage Masculin 83,1 75,4 78,5 80,9 80,4 Féminin 16,9 24,6 21,5 19,1 19,6 Effectif des résidents habituels 1 12,8 13,6 13,3 6,8 8,1 2 9,9 9,5 9,7 10,4 10,3 3 11,5 11,3 11,4 12,9 12,6 4 12,4 11,2 11,7 14,9 14,3 5 11,5 11,6 11,5 13,4 13,1 6 8,3 10,5 9,6 11,4 11,0 7 6,8 9,2 8,3 10,3 9,9 8 6,2 6,2 6,2 7,9 7,6 9 ou plus 20,6 16,8 18,3 11,9 13,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de ménages 432 642 1 074 4 295 5 369 Taille moyenne 5,6 5,4 5,5 5,3 5,4 Note : Tableau basé sur la population de droit, c’est-à-dire les résidents habituels. EDST-II 2004 Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population 80 + 75-79 70-74 65-69 60-64 55-59 50-54 45-49 40-44 35-39 30-34 25-29 20-24 15-19 10-14 5-9 <5 Âge 0246810 0 2 4 6 8 10 Hommes Femmes Pourcentage 18 | Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants Il ressort de ce tableau que sur cent ménages, vingt sont dirigés par une femme. Par rapport au niveau observé à l’EDST-I de 1996-97, la proportion de ménages dirigés par une femme a légèrement baissé, passant de 22 % à 20 %. La proportion de ménages dirigés par une femme est légèrement plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (22 % contre 19 %). Dans les Autres Villes, cette proportion est de 25 % contre 17 % à N’Djaména. Comparé au niveau observé en 1996-97, la proportion des femmes chefs de ménages est passée de 20 % à 17 % pour la ville de N’Djaména. En ce qui concerne la taille, 8 % des ménages sont composés d’une seule personne. Les ménages de 2 à 6 personnes sont les plus fréquents (10 % à 14 %) avec un maximum pour les ménages de 4 personnes (14 %). Près d’un tiers des ménages (31 %) sont de grande taille et comportent 7 membres ou plus. En milieu urbain, la proportion de ménages composés d’une seule personne est plus élevée qu’en milieu rural : 13 % contre 7 %. La proportion de ménages de grande taille (7 membres ou plus) est aussi légèrement plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (33 % contre 30 %), en particulier à N’Djaména où 21 % des ménages comptent 9 personnes ou plus. Ce résultat est surprenant car on pourrait s’attendre à trouver les ménages de grande dimension principalement en milieu rural. La taille moyenne s’établit à 5,4 personnes par ménage et ne varie qu’assez peu selon le milieu de résidence, d’un minimum de 5,3 en milieu rural contre 5,6 à N’Djaména. 2.1.3 Niveau d'instruction et fréquentation scolaire Les tableaux 2.3.1 et 2.3.2 présentent, pour chaque sexe, la répartition de la population de six ans ou plus des ménages enquêtés selon le niveau d’instruction atteint, l’âge et certaines caractéristiques sociodémographiques. Une proportion importante de la population tchadienne âgée de 6 ans ou plus n’a jamais fréquenté l’école et, plus particulièrement, les femmes (73 % contre 54 % pour les hommes). Un tiers des hommes (34 %) et moins d’un quart des femmes (23 %) ont fréquenté l’école primaire. Le pourcentage de femmes ayant atteint, au moins, le niveau secondaire se situe à 4 % contre 12 % pour les hommes. Par rapport à l’EDST-I, on constate une légère amélioration de la scolarisation des femmes. En effet, la proportion de femmes sans instruction est passée de 78 % en 1996-97 à 73 % en 2004. De même, on constate chez les hommes une légère amélioration de la scolarisation : 56 % d’hommes sans instruction en 1996-97 contre 54 % en 2004. On constate que des générations les plus âgées aux plus jeunes, la proportion d’hommes sans instruction est passée de 92 % à 65 ans ou plus à 40 % à 10-14 ans. Cependant il faut relever la forte proportion d’enfants de 6 à 9 ans qui n’ont jamais fréquenté l’école (63 %). La même tendance est observée chez les femmes avec de proportions plus élevées. Néanmois, des générations les plus âgées aux plus jeunes, la proportion des femmes sans instruction passe de 99 % à 60 ans ou plus à 54 % dans la génération des 10-14 ans ; la proportion des filles de 6-9 ans n’ayant jamais fréquenté l’école atteint 72 %. Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants | 19 Tableau 2.3.1 Niveau d'instruction de la population des hommes Répartition (en %) de la population (de fait) des hommes des ménages, âgés de six ans et plus par niveau d'instruction atteint, selon l'âge et certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Aucune instruction Primaire Secondaire Supérieur Total1 Effectif Groupe d'âges 6-9 62,7 37,2 0,0 0,0 100,0 2 082 10-14 40,2 55,3 4,4 0,0 100,0 1 985 15-19 41,8 34,5 23,3 0,2 100,0 1 231 20-24 40,2 27,8 29,9 1,7 100,0 888 25-29 39,1 32,0 25,4 3,1 100,0 738 30-34 54,3 26,6 14,9 3,9 100,0 668 35-39 60,1 25,8 11,6 2,1 100,0 549 40-44 65,2 21,7 10,4 2,3 100,0 523 45-49 60,8 29,6 7,2 2,2 100,0 433 50-54 67,7 23,5 7,1 1,4 100,0 321 55-59 72,1 21,6 4,6 1,2 100,0 213 60-64 88,4 5,8 4,9 0,8 100,0 215 65+ 91,7 6,9 0,5 0,3 100,0 438 Résidence N'Djaména 27,1 31,9 32,2 8,4 100,0 1 049 Autres Villes 37,8 40,1 20,0 1,5 100,0 1 326 Ensemble urbain 33,1 36,5 25,4 4,6 100,0 2 375 Rural 59,9 33,4 6,6 0,0 100,0 7 911 Zone2 Zone 1 27,1 31,9 32,2 8,4 100,0 1 049 Zone 2 80,1 16,2 3,6 0,1 100,0 1 241 Zone 3 72,5 24,1 3,3 0,2 100,0 1 311 Zone 4 87,5 8,0 4,0 0,4 100,0 839 Zone 5 85,6 12,8 1,4 0,1 100,0 1 141 Zone 6 33,4 43,2 23,2 0,3 100,0 990 Zone 7 28,8 57,9 12,7 0,4 100,0 2 292 Zone 8 41,9 48,1 8,8 0,1 100,0 1 424 Quintile de bien- être économique Le plus pauvre 90,1 9,8 0,1 0,0 100,0 1 918 Second 55,3 39,3 5,1 0,1 100,0 2 135 Moyen 53,8 38,5 7,4 0,0 100,0 1 835 Quatrième 43,4 44,1 12,2 0,1 100,0 2 099 Le plus riche 31,3 36,7 27,0 4,6 100,0 2 298 Ensemble2 53,7 34,1 10,9 1,1 100,0 10 286 Note : Les 18 régions administratives sont regroupées comme suit : Zone 1 (N’Djaména), Zone 2 (BET, Kanem et Lac), Zone 3 (Batha, Guéra et Salamat), Zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira), Zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi), Zone 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest), Zone 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé), Zone 8 (Mandoul et Moyen Chari). Note : Les catégories de niveau d’instruction font référence au plus haut niveau d’instruction atteint que ce niveau ait été achevé ou non. 1 Y compris les non déterminés. 2 Y compris 1 homme dont l’âge est non déterminé. 20 | Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants Tableau 2.3.2 Niveau d'instruction de la population des femmes Répartition (en %) de la population (de fait) des femmes des ménages, âgées de six ans et plus par niveau d'instruction atteint, selon l'âge et certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Aucune instruction Primaire Secondaire Supérieur Total1 Effectif Groupe d'âges 6-9 71,6 28,2 0,1 0,0 100,0 2 065 10-14 54,3 42,9 2,8 0,0 100,0 1 882 15-19 61,2 27,5 10,7 0,3 100,0 1 358 20-24 69,6 21,1 8,8 0,4 100,0 1 081 25-29 75,5 17,9 5,9 0,6 100,0 1 142 30-34 80,0 17,0 2,5 0,5 100,0 776 35-39 82,2 14,7 2,7 0,4 100,0 650 40-44 82,3 15,5 2,0 0,2 100,0 529 45-49 90,0 8,6 0,9 0,5 100,0 535 50-54 93,1 6,1 0,8 0,1 100,0 407 55-59 98,4 1,5 0,0 0,0 100,0 230 60-64 99,2 0,8 0,0 0,0 100,0 234 65+ 98,5 1,5 0,0 0,0 100,0 367 Résidence N'Djaména 42,7 33,3 21,4 2,3 100,0 896 Autres Villes 58,3 32,6 8,9 0,1 100,0 1 387 Ensemble urbain 52,2 32,9 13,8 1,0 100,0 2 283 Rural 78,3 20,5 1,2 0,0 100,0 8 977 Zone Zone 1 42,7 33,3 21,4 2,3 100,0 896 Zone 2 90,3 9,1 0,5 0,0 100,0 1 402 Zone 3 86,3 13,0 0,7 0,0 100,0 1 522 Zone 4 94,0 4,5 1,4 0,0 100,0 1 059 Zone 5 92,0 7,0 0,9 0,0 100,0 1 256 Zone 6 58,9 34,8 6,3 0,0 100,0 1 216 Zone 7 60,7 36,2 2,8 0,2 100,0 2 358 Zone 8 61,6 35,6 2,7 0,0 100,0 1 550 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 95,9 4,0 0,0 0,0 100,0 2 312 Second 77,0 22,3 0,6 0,0 100,0 2 518 Moyen 76,7 21,8 1,3 0,1 100,0 2 038 Quatrième 63,9 33,3 2,8 0,0 100,0 2 261 Le plus riche 49,5 34,6 14,7 1,0 100,0 2 131 Ensemble2 73,0 23,0 3,7 0,2 100,0 11 259 1 Y compris les non déterminés. 2 Y compris 3 femmes dont l’âge est non déterminé. Les données selon le milieu de résidence mettent en évidence des écarts importants de scolarisation. En milieu rural, 60 % des hommes et 78 % des femmes n’ont pas d’instruction contre respectivement, 33 % et 52 % en milieu urbain. C’est à N’Djaména que la proportion d’hommes et de femmes sans aucune instruction est la plus faible (respectivement, 27 % et 43 %). Du point de vue régional, mis à part N’Djaména (zone 1) et dans une moindre mesure, les régions méridionales du pays (zone 6 - Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest, zone 7 - Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé, et zone 8 - Mandoul et Moyen Chari), les pourcentages de population sans instruction sont très élevés. En effet, la proportion d’hommes sans instruction varie d’un minimum de 73 % dans la zone 3 (Batha, Guéra et Salamat) à un maximum de 88 % dans la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira). Chez les Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants | 21 femmes, cette prortion varie d’un minimum de 43 % dans la zone 1 (N’Djaména) à un maximum de 94 % dans la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira). En d’autres termes, seulement 12 % des hommes et 6 % des femmes de la zone 4 ont fréquenté, à un moment donné, un établissement scolaire. Du point de vue du niveau de bien-être économique, que ce soit chez les hommes ou les femmes, la proportion sans niveau d’instruction est plus élevée chez les personnes vivant dans les ménages les plus pauvres (90 % des hommes et 96 % des femmes) et baisse régulièrement avec l’augmentation du niveau de bien-être pour atteindre le minimum chez les plus riches (31 % des hommes et 50 % des femmes). De manière générale, quelle que soit la caractéristique sociodémographique, rares sont ceux qui ont atteint le niveau secondaire. Le niveau d’accès au système éducatif de la population est un des indicateurs clés du niveau de développement socioéconomique d’un pays. Au cours de l’enquête, des questions relatives à la fréquentation scolaire actuelle ont été posées pour toutes les personnes âgées de 6-24 ans. Le tableau 2.4 présente la proportion de la population des ménages, âgée de 6 à 24 ans, fréquentant un établissement scolaire selon l’âge et le milieu de résidence. Tableau 2.4 Taux de fréquentation scolaire Proportion de la population (de fait) des ménages, âgée de 6 à 24 ans, fréquentant un établissement scolaire, par âge, selon le sexe et le milieu de résidence, Tchad 2004 Masculin Féminin Ensemble Groupe d'âges N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural Ensemble N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural Ensemble N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural Ensemble 6-10 77,7 61,5 67,2 43,5 47,7 69,7 51,3 58,2 30,1 35,2 73,7 56,5 62,8 36,9 41,5 11-15 88,9 73,9 80,4 67,3 70,2 76,9 60,7 67,6 35,5 42,4 83,0 67,4 74,1 51,6 56,5 6-15 83,3 66,7 73,1 52,7 56,7 73,1 55,3 62,4 32,2 38,1 78,2 61,1 67,8 42,6 47,5 16-20 66,1 61,6 63,7 44,9 50,3 46,5 33,0 38,6 9,7 16,6 56,7 46,8 51,2 25,1 31,9 21-24 52,6 35,2 43,8 27,5 32,6 28,9 16,4 21,6 1,9 6,3 43,1 26,0 33,8 13,1 18,6 Le taux de fréquentation scolaire est le rapport du nombre de personnes d'un groupe d'âges donné fréquentant actuellement un établissement scolaire à la population totale de ce groupe d'âges. Au niveau national, ce taux est de 42 % (36 % à l’EDST-I) chez les enfants de 6-10 ans et atteint son maximum à 11-15 ans (57 % contre 49 % à l’EDST-I). Globalement, le taux est de 48 % pour les enfants de la tranche d’âges 6-15 ans. À 16-20 ans, âges correspondant, en principe, au niveau secondaire, ce taux tombe à 32 % (27 % à l’EDST-I). À 21-24 ans, seulement 19 % (15 % à l’EDST-I) fréquentent actuellement l’école. Le degré de fréquentation scolaire selon le sexe présente de fortes disparités. En effet, le taux de fréquentation scolaire des garçons est de 57 % pour le groupe d'âges 6-15 ans contre seulement 38 % chez les filles. Ces taux étaient respectivement de 52 % et de 30% en 1996-97. Cet écart se creuse au fur et à mesure que l'âge et le niveau d'étude augmentent : à 16-20 ans, 50 % (48 % à l’EDST-I) des garçons sont scolarisés contre seulement 17 % (11 % à l’EDST-I) des filles ; à 21-24 ans, ce taux chute à 33 % chez les garçons contre seulement 6 % chez les filles. Ainsi, malgré les efforts réalisés en vue de l’amélioration de la scolarisation des filles et de la réduction de l’écart qui existe entre filles et garçons, l’écart de niveau d’instruction entre les hommes et les femmes persiste. Si l’on considère le milieu de résidence, on constate que le taux de fréquentation scolaire est beaucoup plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural et l'écart s'accentue avec l'âge. En effet, dans la 22 | Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants tranche d’âges 6-15 ans, le taux de fréquentation scolaire est de 68 % en milieu urbain contre 43 % en milieu rural. Entre 16 et 20 ans, les jeunes résidant en milieu urbain sont deux fois plus scolarisés que ceux du milieu rural (51 % contre 25 %) ; à 21-24 ans, ces taux sont respectivement de 34 % contre 13 %. Ces grands écarts de scolarisation observés selon le milieu de résidence s’expliquent par la concentration des infrastructures scolaires dans les centres urbains, favorisant ainsi les jeunes d’âge scolaire vivant dans ce milieu. À contrario, dans les campagnes, en plus de la rareté des écoles à cycles complets, le comportement des parents enclins à faire travailler les enfants dans les champs contribuerait aussi à freiner la scolarisation des enfants. Le graphique 2.2 présente le pourcentage de la population des ménages âgée de 5-24 ans fréquentant l’école par âge et par sexe. On observe sur ce graphique que seulement 27 % des garçons et 20 % des filles de 6 ans fréquentent l’école. Les taux de fréquentation augmentent avec l’âge jusqu’à 11 ans chez les garçons où ils atteignent 74 % tandis que chez les filles, le taux de fréquentation maximum est atteint à 14 ans (51 %). Ces résultats traduisent le fait qu’une proportion importante d’enfants n’entrent dans le système scolaire qu’à un âge plus avancé que l’âge normal. De 11 % à 14 %, les taux se maintiennent à un niveau relativement élevé chez les garçons (au-dessus de 70 %), pour diminuer ensuite régulièrement au-delà de 15 ans. Chez les filles par contre, ces taux diminuent plus rapidement que chez les garçons creusant ainsi l’écart qui existe entre les deux sexes pour tomber à moins de 10 % à partir de 20 ans. Graphique 2.2 Taux de fréquentation scolaire par âge (Pourcentage de la population de 5-24 ans fréquentant l'école par âge et sexe) EDST-II 2004 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Âge 0 10 20 30 40 50 60 70 80 Pourcentage Hommes Femmes 2. 2 CONDITIONS DE VIE 2.2.1 Caractéristiques des logements Lors de l’enquête ménage, on s’est intéressé à certaines caractéristiques du logement (disponibilité de l’électricité, approvisionnement en eau, matériaux du toit et revêtement du sol, type de toilettes). On a également recueilli des informations sur la possession d’un certain nombre d’équipements modernes (radio, télévision, réfrigérateur, bicyclette, motocyclette, véhicule). Ces caractéristiques permettent d’apprécier le niveau socioéconomique des ménages. Ce sont, en outre, des éléments qui Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants | 23 entrent en compte dans l’amélioration des conditions de vie et partant dans l’amélioration de l’état de santé et du bien-être de la population. L’examen du tableau 2.5 révèle qu’au niveau national, seulement 4 % de ménages disposent de l’électricité. Par rapport à 1996-97 (2 %), on constate une augmentation minime de la possession de l’électricité en huit ans : l’électricité demeure un luxe pour les ménages tchadiens. Les résultats mettent en évidence des disparités importantes selon le milieu de résidence. En milieu rural, moins d’un pour cent (0,3 %) des ménages disposent de l’électricité contre 16 % en milieu urbain. C’est à N’Djaména que la proportion de ménages ayant l’électricité est la plus élevée (29 %). Dans les autres centres urbains, cette proportion n’est que de 8 %. Concernant l’approvisionnement en eau destinée à la consommation, il apparaît qu’au niveau national, 31 % des ménages consomment de l’eau provenant des puits traditionnels communautaires, 23 % consomment l’eau des puits modernes communautaires et 12 % utilisent de l’eau d’une source non protégée comme l’eau de fleuve, de rivière, de lac ou marigot alors qu’on sait que la consommation de l’eau de telle source peut provoquer de sérieux problèmes de santé. En milieu rural, les sources telles que les puits traditionnels publics au communautaires constituent un des principaux modes d’approvisionne- ment en eau (37 %). En milieu urbain, la fontaine publique est la principale source d’approvisionnement en eau (23 %) ; suivent les ménages possédant un robinet soit dans leur logement ou dans la cour (19 %) et ceux qui s’approvisionnent auprès des revendeurs d’eau des puits modernes ou forage (17 %). Si l’on considère que l’eau provenant des puits modernes, forages, des robinets et des sources protégées est considérée comme de l’eau potable, alors 36 % des ménages résidant au Tchad consomment de l’eau potable (27 % à l’EDST-I). Cette proportion varie de 30 % en milieu rural à 57 % en milieu urbain. À N’Djaména, 61 % des ménages ont accès à de l’eau potable. Il ressort également du tableau 2.5 que plus de deux ménages sur cinq (45 %) mettent moins de 15 minutes pour s’approvisionner en eau. Cette proportion est plus élevée en milieu urbain (74 %) qu’en milieu rural (37 %). Le temps médian d’approvisionnement en eau de consommation est de 14,5 minutes au niveau national. Par rapport à l’EDST-I, il y a une relative amélioration du temps pour s’approvisionner en eau. En effet, en 1996-97, ce temps médian était de 20 minutes. Ces résultats montrent qu’il y a encore beaucoup d’efforts à fournir pour améliorer la disponibilité en eau de la population. En ce qui concerne le type de toilettes dont disposent les ménages, les données du tableau 2.5 montrent qu’une proportion élevée de ménages tchadiens ne possèdent pas de toilettes et utilisent la nature comme lieux d’aisance (74 %). Cette proportion n’a pratiquement pas changé depuis la première EDST-I (73 %). Moins d’un ménage sur cinq (22 %) utilise des latrines rudimentaires et seulement 2 % des fosses ou latrines améliorées. En milieu rural, 88 % des ménages ne disposent pas de toilettes. En milieu urbain, par contre, 65 % des ménages utilisent les fosses rudimentaires et il faut aussi relever que 18 % des ménages urbains utilisent la nature comme lieux d’aisance. Plus de la moitié des ménages tchadiens utilisent la lampe à pétrole pour s’éclairer (57 %) suivi du bois/tige/paille qui est utilisé par 26 % des ménages. La lampe à pétrole est utilisée par 81 % des ménages urbains contre 51 % des ménages ruraux. À N’Djaména, l’électricité est utilisée pour l’éclairage par 20 % des ménages (17 % à l’EDST-I). 24 | Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants Tableau 2.5 Caractéristiques des logements Répartition (en %) des ménages par caractéristiques des logements, selon le milieu de résidence, Tchad 2004 Caractéristiques des logements N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural Ensemble Électricité (du réseau ou personnelle) Oui 29,2 7,8 16,4 0,3 3,5 Non 70,8 92,2 83,6 99,7 96,5 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Provenance de l'eau pour boire Robinet dans logement/cour 27,6 12,5 18,6 0,0 3,7 Fontaine publique 20,9 25,1 23,4 2,6 6,7 Puits traditionnel dans la cour 7,2 11,3 9,7 8,5 8,7 Puits traditionnel public/communautaire 1,0 15,3 9,6 36,5 31,1 Puits moderne/forage dans cour 4,7 1,3 2,7 0,9 1,3 Puits moderne/forage public/communautaire 5,8 13,4 10,4 26,5 23,2 Source protégée 1,5 1,5 1,5 0,4 0,6 Source non protégée/fleuve/rivière/canal 0,0 2,3 1,4 15,0 12,3 Mare/lac/marigot 0,0 0,5 0,3 8,4 6,7 Vendeur d'eau de puits moderne/forage 27,2 10,0 16,9 0,0 3,4 Vendeur d'eau d’autres sources 2,6 4,5 3,7 0,5 1,1 Autre/ND 1,5 2,2 1,9 0,9 1,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Temps nécessaire pour s'approvisionner en eau Moins de 15 minutes (%) 85,9 65,8 73,9 37,3 44,6 Temps médian pour s'approvisionner en eau (en minutes) 0,0 5,4 - 19,1 14,5 Type de toilettes Chasse d'eau pour le ménage seul 1,6 0,3 0,8 0,0 0,2 Chasse d'eau en commun 8,7 2,4 4,9 0,4 1,3 Fosse/latrines améliorées 20,7 5,1 11,4 0,1 2,4 Fosse/latrines rudimentaires 67,3 62,9 64,7 11,1 21,9 Pas de toilettes/nature 1,6 29,0 18,0 88,1 74,1 Autre/ND 0,1 0,3 0,3 0,2 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Type d'éclairage Électricité 20,0 5,5 11,3 0,1 2.3 Lampe à pétrole 77,7 82,4 80,5 50,5 56,5 Lampe à piles 0,7 5,9 3,8 16,3 13,8 Bois/tige/paille 0,0 5,1 3,0 32,2 26,4 Autre/ND 1,6 1,0 1,4 0,9 1,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Type de sol Terre/sable/palme/nattes 74,5 85,9 81,3 99,4 95,8 Carrelage 1,2 0,3 0,6 0,1 0,2 Ciment 24,1 13,5 17,8 0,4 3,9 Autre/ND 0,2 0,3 0,2 0,1 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Suite… Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants | 25 Tableau 2.5—Suite Caractéristiques des logements N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural Ensemble Type de murs Paille/palme/bambou/bois 0,8 6,5 4,2 29,7 24,6 Banco 72,9 75,6 74,5 68,8 69,9 Semi dur 13,0 13,6 13,4 1,0 3,5 Dur 10,9 2,7 6,0 0,1 1,3 Autre/ND 2,3 1,6 1,9 0,3 0,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Type de toit Paille/palme 2,2 29,0 18,2 83,1 70,1 Banco 14,3 24,9 20,6 14,3 15,6 Tôles 81,9 46,0 60,4 2,5 14,1 Autre/ND 1,6 0,1 0,6 0,0 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Personnes par pièce utilisée pour dormir <3 56,6 52,5 54,2 47,7 49,0 3-4 27,9 30,9 29,7 33,9 33,1 5-6 10,8 12,4 11,8 13,4 13,0 7 ou plus 3,5 3,4 3,4 4,7 4,5 ND 1,2 0,8 1,0 0,3 0,5 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre moyen de personnes par pièce 2,6 2,7 2,6 2,8 2,8 Effectif de ménages 432 642 1 074 4 295 5 369 Le revêtement du sol des pièces d’habitation revêt une importance capitale car il peut être un facteur de propagation de certains parasites ou germes responsables de maladies. On constate qu’au Tchad, la quasi-totalité des ménages vivent dans des logements dont le sol est recouvert de terre/sable (96 %). Cette proportion varie de 99 % en milieu rural à 75 % à N’Djaména. On note également qu’à N’Djaména, 25 % des ménages vivent dans des logements dont le sol est recouvert de ciment ou de carrelage. Concernant le type de murs, on note que 70 % des ménages vivent dans des logements dont les murs sont en banco et 25 % des ménages habitent des huttes. Cette tendance s’observe aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural, mais dans les villes, les logements avec des murs en paille sont très limités et 19 % ont des murs en dur ou semi-dur. S'agissant de la toiture des habitations, on constate que 70 % des logements sont recouverts de paille, 16 % de banco et 14 % sont en tôle. Ces proportions sont du même ordre de grandeur qu’à l’EDST-I. La différence selon le milieu de résidence fait apparaître que les logements dont la toiture est en tôle sont beaucoup plus fréquents en milieu urbain (60 %) suivi du banco (21 %) tandis qu'en milieu rural, la toiture dominante reste la paille (83 %). La connaissance du nombre de personnes qui dorment dans une même pièce fournit une indication sur le degré d’entassement dans le logement, lequel est lié à la situation socioéconomique du ménage. En effet, plus le ménage est pauvre, moins il dispose d’espace pour vivre et le risque de contagion ou de contamination des personnes est important dans les ménages où les individus sont très entassés. Selon le tableau 2.5, on constate que dans environ un ménage sur deux (49 %), moins de 3 personnes couchent dans la même pièce et dans 33 % de cas, 3 à 4 personnes dorment dans une même 26 | Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants pièce ; la moyenne étant de 2,8 personnes par pièce. Ces proportions sont sensiblement les mêmes quel que soit le milieu de résidence et le nombre moyen de personnes par pièce est de 2,6 en milieu urbain contre 2,8 personnes en milieu rural. 2.2.2 Biens possédés par le ménage Au cours de l’enquête, pour évaluer le niveau socioéconomique des ménages, on s’est intéressé à la possession de certains biens durables considérés comme des indicateurs du niveau de vie socioéconomique (tableau 2.6). On constate qu’au niveau national, le bien le plus fréquemment possédé par les ménages est la radio (37 % contre 29 % en 1996-97, voir graphique 2.3), suivi de la possession d’un animal utilisé pour le transport (chameau/âne/cheval) (37 %). En outre, 22 % des ménages possèdent une bicyclette, contre seulement 12 % en 1996-97. En milieu rural, le chameau/cheval/âne est le bien le plus répandu dans les ménages (44 %). En milieu urbain, le bien le plus fréquemment possédé par les ménages est la radio (73 %) suivi de la bicyclette (34 %). Les biens comme le poste téléviseur (3 % contre 2 % en 1996-97), la mobylette/moto (4 % contre 3 % en 1996-97), le réfrigérateur ou congélateur (1 % en 2004 et en 1996-97) sont des biens de luxe et les ménages qui en possèdent sont très rares au niveau national. Ces types de biens sont généralement des biens d’équipement des ménages urbains notamment ceux qui vivent à N’Djaména. En effet, l’examen du tableau 2.6 révèle que 30 % des ménages de la capitale possèdent un poste téléviseur, 29 % disposent d’une mobylette/moto et 13 % ont une voiture/camion. Tableau 2.6 Biens possédés par les ménages Pourcentage de ménages possédant certains biens, selon le milieu de résidence, Tchad 2004 Biens N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural Total Radio 87,6 62,6 72,6 27,6 36,6 Télévision 30,3 3,4 14,2 0,1 2,9 Téléphone 6,5 0,8 3,1 0,0 0,7 Réfrigérateur 9,7 1,5 4,8 0,0 1,0 Bicyclette 40,2 30,2 34,3 18,3 21,5 Mobylette/moto 29,4 10,4 18,0 0,9 4,3 Voiture/camion 12,7 2,1 6,4 0,3 1,5 Pirogue 0,7 0,3 0,5 0,7 0,7 Charrette 1,3 4,6 3,2 7,6 6,8 Chameau/cheval/âne 1,6 18,8 11,9 43,7 37,3 Aucun 9,3 23,8 18,0 33,7 30,5 Effectif de ménages 432 642 1 074 4 295 5 369 Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants | 27 2.2.3 Consommation de sel iodé Il est reconnu que la faible consommation d’iode peut entraîner des troubles souvent graves et parfois irréversibles. La carence en iode peut accroître les risques d’avortements spontanés, de mortinatalité et de mortalité infantile, d’accouchement prématurés, d’anomalies congénitales, de retard de croissance, de difficulté d’apprentissage, de retard du développement mental de l’enfant (crétinisme) et favoriser l’apparition du goitre chez les adultes. L’apport alimentaire insuffisant en iode est généralement dû à la pauvreté en iode du sol où les aliments ont été produits, mais peut être compensé par la consommation de sel iodé. Pour lutter contre les troubles dues aux carences en iode, il est donc nécessaire de savoir si les populations consomment du sel dont la teneur en iode est suffisante. Pour cela, au cours de l’EDST-II, les agents enquêteurs ont testé dans chaque ménage un échantillon du sel utilisé pour la cuisine afin d’en déterminer sa teneur en iode. Il ressort du tableau 2.7 que, dans l’ensemble du pays, 20 % des ménages utilisent pour la cuisine du sel non iodé, 56 % utilisent du sel suffisamment iodé (15 parties par million [ppm] ou plus) et, dans 9 % des cas, le sel est insuffisamment iodé (moins de 15 ppm)1. On n’observe qu’assez peu de variations selon le milieu de résidence des ménages. En effet, 60 % des ménages résidant en milieu urbain utilisent du sel suffisamment iodé contre 55 % en milieu rural. À N’Djaména, 67 % des ménages utilisent du sel suffisamment iodé. 1 Il faut préciser que dans 15 % des cas on ne dispose pas d’information sur la teneur en iode du sel : soit le test n’a pas été réalisé car il n’y avait pas de sel disponible dans le ménage au moment de l’enquête, soit le résultat du test n’était pas probant. Graphique 2.3 Biens possédés par les ménages, selon l’EDST-I et l’EDST-II 29 2 0 1 12 3 1 37 3 1 1 22 4 2 Radio Télévision Téléphone Réfrigérateur Bicyclette Mobylette/moto Voiture/camion 0 5 10 15 20 25 30 35 40 Pourcentage EDST-I 1996-97 EDST-II 2004 28 | Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants Tableau 2.7 Consommation de sel iodé Répartition (en %) des ménages par type de sel utilisé pour la cuisine (d'après les résultats du test), selon le milieu de résidence, Tchad 2004 Type de sel N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural Total Sel iodé (15ppm ou plus) 66,9 54,9 59,7 54,9 55,8 Sel iodé (moins de 15ppm) 10,6 8,5 9,3 9,0 9,0 Sel non iodé 5,8 16,8 12,4 21,7 19,9 Pas de sel disponible 12,8 18,3 16,1 12,7 13,4 Test non réalisé 2,4 0,6 1,3 0,7 0,8 ND 1,4 0,9 1,1 1,0 1,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de ménages 432 642 1 074 4 295 5 369 2.3 SITUATION DES ENFANTS L’enfant, de part sa vulnérabilité (immaturité physique et intellectuelle) a besoin de protection et de soins spéciaux, notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance. De nombreux textes ont été ratifiés en faveur de la protection de l’enfant parmi lesquels la Convention Relative aux Droits de l’Enfant (Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, 1989), qui stipule en certains points ce qui suit : • « L'enfant est enregistré aussitôt sa naissance et a dès celle-ci le droit à un nom, le droit d'acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d'être élevé par eux. » (Article 7.1) ; • « Les Etats doivent veiller à ce que l’enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré… » (Article 9.1) ; • « Les Etats parties reconnaissent le droit de l'enfant à l'éducation, et en particulier, en vue d'assurer l'exercice de ce droit progressivement et sur la base de l'égalité des chances : ils rendent l'enseignement primaire obligatoire et gratuit pour tous. » (Article 28.1) ; • Les Etats doivent reconnaître le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou son développement physique, mental, spirituel, moral ou social. Pour cela, ils doivent prendre des mesures législatives, administratives, sociales et éducatives en fixant un âge minimum ou des âges minimums d’admission à l’emploi, en prévoyant une réglementation appropriée des horaires de travail et des conditions d’emploi mais aussi des peines ou autres sanctions appropriées (Article 32). 2.3.1 Enregistrement des naissances à l'état civil Comme mentionné précédemment, la Convention Relative aux droits de l'Enfant stipule que chaque enfant a droit à un nom, à une nationalité et à la protection contre la privation de son identité. L'enregistrement des naissances à l'état civil constitue un moyen fondamental de préserver ces droits pour les enfants. Au niveau national, seulement un enfant sur dix (10 %) a été déclaré à l’état civil dont 6 % l’ont été au cours des trois mois suivant la naissance (tableau 2.8). Si on se limite aux enfants de moins de Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants | 29 5 ans, seulement 9 % des naissances ont été déclarées à l’état civil2. La proportion de naissances déclarées augmente avec l’âge de l’enfant, passant de 8 % à 0-2 ans à 11 % à 5-9 ans. En fait, ce sont surtout les naissances déclarées longtemps après la naissance qui augmentent avec l’âge (passant de 2 % à 5 %), alors que celles déclarées juste après la naissance ne varient pratiquement pas (autour de 6 %). Ce résultat indique qu’il n’y a pas d’amélioration récente de l’enregistrement des naissances, mais que plus l’enfant vieillit, plus de naissances sont enregistrées « en retard », certainement pour des raisons de scolarisation. La mise en place, au sein du Ministère de l’Administration du Territoire, d’un projet « État Civil », financé par le PNUD, dont le principal objectif est l’amélioration de l’enregistrement des naissances à l’état civil au cours des deux premiers mois, devrait contribuer à une augmentation des naissances déclarées à l’état civil. Tableau 2.8 Enregistrement des enfants à l'état civil Répartition (en %) des enfants de moins de dix ans selon que leur naissance a été ou non déclarée à l'état civil, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Naissance déclarée à l'état civil Pas de déclaration à l'état civil Caractéristique sociodémographique Dans les 3 mois suivant la naissance 3 mois ou plus après la naissance NSP quand Naissance non déclarée NSP si la naissance a été déclarée, ND Total Effectif d’enfants de moins de 10 ans Âge 0-2 5,9 2,0 0,1 91,0 1,1 100,0 3 107 3-4 6,4 3,5 0,2 88,5 1,4 100,0 2 284 5-9 6,4 4,6 0,3 86,9 1,8 100,0 5 268 Sexe Masculin 6,6 4,1 0,2 87,4 1,7 100,0 5 383 Féminin 5,9 3,1 0,2 89,4 1,4 100,0 5 277 Résidence N'Djaména 42,5 15,6 0,9 39,8 1,3 100,0 731 Autres Villes 14,9 10,9 1,4 70,3 2,4 100,0 1 183 Ensemble urbain 25,4 12,7 1,2 58,7 2,0 100,0 1 914 Rural 2,0 1,6 0,0 94,9 1,4 100,0 8 747 Zone Zone 1 42,5 15,6 0,9 39,8 1,3 100,0 731 Zone 2 1,0 1,6 0,0 96,6 0,9 100,0 1 369 Zone 3 2,6 1,5 0,2 94,8 1,0 100,0 1 410 Zone 4 3,8 2,1 0,3 93,0 0,8 100,0 875 Zone 5 3,5 1,9 0,1 94,0 0,5 100,0 1 265 Zone 6 6,2 2,5 0,0 90,9 0,4 100,0 1 070 Zone 7 4,1 4,3 0,2 88,2 3,2 100,0 2 475 Zone 8 4,1 3,6 0,3 89,8 2,1 100,0 1 465 Ensemble 6,2 3,6 0,2 88,4 1,5 100,0 10 660 2 Selon l’enquête MICS réalisée en l’an 2000 (DSEED, 2001), on estimait qu’une naissance sur quatre d’enfants de moins de cinq ans avait été enregistrée. Cependant, l’enquête MICS ne précisait pas de quel enregistrement il s’agissait (légal à l’état civil, auprès des autorités religieuses, etc.) il se peut donc que cette enquête ait légèrement surestimé l’enregistrement « légal » des naissances auprès des autorités civiles. Par contre, au cours de la MICS on posait directement cette question à la mère de l’enfant alors que lors de l’EDST-II, la question s’adressait à la personne « en charge » de l’enfant qui est peut-être moins bien informée que la mère. De ce point de vue, il est possible que l’EDST-II sous-estime légèrement l’enregistrement des naissances à l’état-civil. Compte tenu de cet écart, il serait souhaitable d’entreprendre une étude approfondie spécifique sur l’enregistrement des naissances à l’état civil. 30 | Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants Il n'existe que peu de disparités concernant l'enregistrement des naissances à l'état civil selon le sexe ; les naissances de garçons sont néanmoins enregistrées légèrement plus fréquemment que celles des filles (11 % contre 9 %). Par contre, on constate des différences très importantes selon le milieu de résidence : en milieu rural, à peine 4 % des enfants nés au cours des dix dernières années sont enregistrés à l’état civil, contre 27 % dans les Autres Villes et 59 % à N’Djaména. Du point de vue de la zone de résidence, mis à part à N’Djaména (zone 1), les proportions d’enfants enregistrés varient d’un « maximum » de 9 % dans les zones 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest) et 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) à un minimum de 3 % en zone 2 (BET, Kanem et Lac). 2.3.2 Orphelins, dispositions relatives à la garde des enfants et scolarisation Un enfant orphelin ou un enfant qui vit loin de ses parents biologiques peut facilement être exposé à un risque accru d'appauvrissement, de discrimination, de déni des droits de propriété et des droits d'héritage, de différentes formes de sévices, de négligence et d'exploitation par le travail ou par la sexualité. Comme le Tchad a ratifié la Convention Internationale du droit de l’enfant, le suivi des dispositions relatives à la garde des enfants permet d'identifier ceux qui peuvent être exposés aux risques et de suivre l'évolution de leur situation au fil du temps. Au cours de l’EDST-II, on a donc cherché à identifier les enfants orphelins et les enfants qui ne vivaient pas avec leurs parents biologiques. Parmi les enfants de moins de 15 ans, 7 % sont orphelins (tableau 2.9) : soit leurs deux parents sont décédés (0,6 %), soit le père seulement (4 %), soit la mère seulement (2 %). Cette proportion passe à 8 % pour l’ensemble des enfants de moins de 18 ans. Comme on pouvait s’y attendre, les pourcentages d’orphelins augmentent régulièrement avec l’âge, passant de 2 % chez les enfants de 0-2 ans à 18 % chez ceux de 15-17 ans. Les proportions d’enfants orphelins sont beaucoup plus élevées en milieu urbain et, en particulier, à N’Djaména qu’en milieu rural (13 % contre 7 %) et parmi les enfants vivant dans les ménages les plus riches (11 % contre 9 % ou moins pour les autres quintiles). Ce résultat ne signifie pas que la mortalité des parents est plus élevée à N’Djaména ou dans les ménages les plus riches, mais certainement que les ménages de N’Djaména et les ménages les plus riches ont plus tendances que les autres à accueillir des orphelins, en particulier lorsque ces orphelins sont membres de leur famille. On constate par ailleurs (tableau 2.9) qu’environ trois enfants de moins de 15 ans sur quatre (74 %) et 72 % de ceux de moins de 18 ans vivent avec leurs deux parents biologiques. Dans 13 % des cas, les enfants vivent seulement avec leur mère biologique et, dans 4 % des cas, seulement avec leur père. Au total, un enfant de moins de 15 ans sur dix (10 %) ne vit avec aucun des ses parents biologiques, que ceux-ci soient vivants ou décédés. La proportion d’enfants vivant avec leurs deux parents diminue régulièrement avec l’âge passant de 83 % pour les 0-2 ans, à 66 % à 10-14 ans et à 51 % à 15-17 ans. Par ailleurs, on constate que la proportion d’enfants vivant avec leurs deux parents biologiques est beaucoup plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (74 % contre 61 %). Cette différence peut s’expliquer en partie par le fait qu’un bon nombre d’enfants originaires du milieu rural sont envoyés en ville, parfois en domesticité mais surtout pour être inscrits à l’école ; par ailleurs, comme on l’a indiqué précédemment, il est possible que certains ménages du milieu urbain accueillent des enfants orphelins de leur famille. En ce qui concerne la région de résidence, c’est dans la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi - 85 %), suivi de la zone 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest - 79 %) que les proportions d’enfants vivant avec les deux parents biologiques sont les plus élevées. Enfin, c’est dans les ménages les plus riches que la proportion d’enfants vivant avec les deux parents biologiques est la plus faible (66 %) : ce phénomène s’explique certainement par les mêmes raisons que celles avancées pour le milieu urbain. Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants | 31 Tableau 2.9 Enfants orphelins et résidence des enfants avec les parents Répartition (en %) de la population d'enfants (de droit) de moins de 18 ans par état de survie des parents et résidence avec les parents, et pourcentage d’orphelins, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Vivant avec la mère seulement Vivant avec le père seulement Ne vivant avec aucun des deux parents Caractéristique sociodémographique Vivant avec les deux parents Père en vie Père décédé Mère en vie Mère décédée Les deux vivants Seul le père vivant Seule la mère vivante Les deux décédés Information sur père/ mère non déclarée Total Pourcentage d'orphelins (père et/ou mère décédés) Effectif d'enfants Âge 0-2 83,4 13,0 1,4 0,4 0,1 1,0 0,2 0,0 0,1 0,3 100,0 1,9 3 104 3-5 76,7 10,4 1,8 2,4 1,0 5,5 0,9 0,9 0,2 0,2 100,0 4,8 3 317 6-9 72,5 8,9 3,1 3,5 0,9 7,9 1,0 1,2 0,7 0,3 100,0 6,9 4 239 10-14 65,5 7,3 5,1 3,2 1,8 10,0 1,6 3,0 1,3 1,1 100,0 12,9 3 967 15-17 50,6 7,2 7,0 4,3 3,0 16,3 2,1 4,0 2,3 3,4 100,0 18,3 1 688 Sexe Masculin 72,2 9,6 3,2 3,3 1,1 6,4 1,0 1,8 0,7 0,7 100,0 7,8 8 244 Féminin 70,7 9,3 3,7 2,1 1,2 8,5 1,2 1,5 0,9 0,9 100,0 8,5 8 071 Résidence N'Djaména 62,6 10,2 4,7 3,0 1,8 9,3 1,3 2,5 3,2 1,5 100,0 13,4 1 232 Autres Villes 60,1 16,0 5,3 2,7 1,1 8,6 1,5 2,4 1,9 0,5 100,0 12,2 1 895 Ensemble urbain 61,1 13,7 5,1 2,9 1,4 8,8 1,4 2,4 2,4 0,9 100,0 12,7 3 127 Rural 73,9 8,4 3,0 2,7 1,1 7,1 1,0 1,5 0,4 0,8 100,0 7,1 13 188 Zone Zone 1 62,6 10,2 4,7 3,0 1,8 9,3 1,3 2,5 3,2 1,5 100,0 13,4 1 232 Zone 2 73,5 10,1 2,4 2,9 0,8 6,8 1,4 0,7 0,5 0,9 100,0 5,8 2 094 Zone 3 66,0 13,6 4,6 2,7 0,7 7,9 1,5 1,5 0,8 0,6 100,0 9,2 2 155 Zone 4 68,6 18,4 2,6 0,8 0,3 6,1 0,5 1,7 0,2 0,7 100,0 5,3 1 434 Zone 5 84,5 2,9 1,8 2,9 1,1 4,9 0,6 0,3 0,7 0,3 100,0 4,4 1 859 Zone 6 79,1 5,2 3,1 1,5 0,8 6,4 0,6 1,7 0,9 0,7 100,0 7,1 1 640 Zone 7 69,5 7,4 4,0 3,7 1,7 8,4 1,2 2,3 0,7 1,1 100,0 9,9 3 687 Zone 8 68,2 10,5 3,6 2,6 1,8 9,0 1,4 2,2 0,4 0,4 100,0 9,3 2 214 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 70,4 13,4 3,6 2,5 0,4 6,8 1,0 0,9 0,3 0,7 100,0 6,1 3 188 Second 70,2 10,4 4,2 2,1 1,3 7,5 0,8 1,7 0,6 1,2 100,0 8,6 3 569 Moyen 75,6 7,5 3,2 1,5 1,5 6,4 1,1 2,0 0,5 0,8 100,0 8,3 3 121 Quatrième 75,1 6,2 2,3 4,3 1,1 7,6 1,3 1,3 0,6 0,3 100,0 6,6 3 396 Le plus riche 65,8 9,7 3,8 3,1 1,7 9,0 1,3 2,5 2,1 1,0 100,0 11,4 3 040 Ensemble 0-17 71,5 9,4 3,4 2,7 1,2 7,5 1,1 1,6 0,8 0,8 100,0 8,1 16 315 Ensemble 0-14 73,9 9,7 3,0 2,5 1,0 6,5 1,0 1,4 0,6 0,5 100,0 7,0 14 627 Le tableau 2.10 présente le pourcentage d’enfants de 10-14 ans orphelins ou non fréquentant actuellement l’école, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Il ressort de ce tableau que les taux de fréquentation scolaire sont légèrement plus élevés parmi les enfants dont l’un des parents biologiques est décédé (60 % lorsque seule la mère est décédée, et 62 % lorsque seul le père est décédé) et ceux dont les deux parents sont décédés (60 %) que parmi les enfants dont les deux parents sont en vie, que l’enfant vive ou non avec au moins un parent (respectivement (57 % et 58 %). 32 | Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants Tableau 2.10 Scolarisation des enfants de 10-14 ans orphelins ou non Pourcentage d'enfants (de droit) de 10-14 ans orphelins ou non fréquentant actuellement l'école, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Les deux parents en vie, vivant avec au moins un parent Les deux parents en vie, ne vivant avec aucun parent Seule la mère est décédée Seule le père est décédée Les deux parents sont décédés Mère, père ou les deux sont décédés Caractéristique sociodémographique % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif Sexe Masculin 69,1 1 555 66,9 229 75,2 70 74,0 167 (81,2) 20 74,9 257 Féminin 44,1 1 465 48,5 205 43,8 66 49,8 157 (46,8) 31 47,9 255 Résidence N'Djaména 87,7 219 83,7 46 (81,0) 12 78,1 36 (73,8) 22 77,3 70 Autres Villes 72,5 338 61,8 53 (75,1) 21 68,9 56 (75,3) 15 71,4 93 Ensemble urbain 78,5 557 72,0 98 77,3 34 72,5 92 (74,4) 37 73,9 163 Rural 52,1 2 464 54,2 336 54,2 102 58,3 233 * 14 55,6 349 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 32,7 675 49,2 83 * 9 (47,9) 46 * 4 (47,1) 59 Second 57,5 594 62,4 79 * 28 60,8 94 * 7 56,0 129 Moyen 50,4 600 (46,1) 78 (42,9) 36 (47,3) 55 * 1 44,8 93 Quatrième 66,9 621 52,9 93 * 26 (69,5) 49 * 4 67,4 78 Le plus riche 83,1 531 76,3 102 (79,5) 36 77,8 82 (79,2) 34 78,6 153 Ensemble. 57,0 3 021 58,2 435 59,9 136 62,3 325 60,1 51 61,4 512 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés * Basé sur trop peu de cas non pondérés On constate de fortes disparités selon le sexe de l’enfant. Tout d’abord, on constate que, quel que soit l’état d’orphelin et le statut de résidence, le taux de fréquentation scolaire des garçons est toujours beaucoup plus élevé que celui des filles. Chez les filles, les taux de scolarisation les plus bas s’observent chez celles ayant perdu leur mère seulement et chez celles ayant leurs deux parents en vie et vivant avec au moins un des parents (44 % dans les deux cas) ; à l’opposé, ce sont les filles dont seul le père est décédé qui fréquentent le plus fréquemment l’école (50 %). Chez les garçons, les variations sont nettement plus importantes que chez les filles puisque le niveau de scolarisation varie d’un minimum de 67 % lorsque les deux parents sont vivants mais que l’enfant ne vit pas avec ses parents à un maximum de 81 % pour les enfants qui ont perdu leurs deux parents. L’écart le plus important entre les taux de scolarisation des garçons et filles s’observe lorsque la mère est décédée ou lorsque les deux parents sont décédés ; en termes relatifs, les garçons de ces catégories ont 1,7 fois plus de chance de fréquenter l’école que les filles. Si la proportion d’enfants scolarisés est toujours plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural, on constate que l’écart est particulièrement important dans le cas des enfants résidant en milieu rural dont les deux parents sont vivants et qui résident avec au moins un parent (52 % contre 79 % en milieu urbain). Alors qu’en milieu urbain, le niveau de scolarisation des enfants dont les deux parents sont vivants et qui vivent avec au moins un des parents est légèrement plus élevé que pour les enfants qui ont perdu un ou les deux parents (79 % contre 74 %), c’est l’inverse qui se passe en milieu rural (52 % contre 56 %). De même, dans les ménages les plus riches, le niveau de scolarisation des enfants dont les deux parents sont Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants | 33 vivants et qui vivent avec au moins un des parents est légèrement plus élevé que pour les enfants qui ont perdu un ou les deux parents (83 % contre 79 %) ; par contre, on observe le phénomène contraire pour les enfants vivant dans les ménages les plus pauvres (33 % contre 47 %). 2.3.3 Travail des enfants Selon la Convention relative aux droits de l’Enfant, « l’enfant a le droit d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou son développement physique, mental, spirituel, moral ou social » (Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, 1989). Toutes les dispositions doivent être prises pour que les enfants ne soient pas exposés à des risques, qu’ils ne soient pas exploités et qu’ils ne tombent pas dans un cycle de pauvreté et de privation. De plus, même si certaines activités sont considérées parfois comme faisant partie du processus d’éducation (par exemple, les jeunes filles qui font la cuisine, le nettoyage, la lessive, etc.), il n’en reste pas moins que les enfants qui travaillent, y compris dans les activités domestiques ont moins de chance d’être scolarisés et plus de chance d’abandonner l’école. À l’EDST-II, des informations sur le travail des enfants ont été collectées au cours de l’enquête ménage pour tous les enfants de 5 à 17 ans. Le tableau 2.11 présente le pourcentage d'enfants de 5-17 ans qui, au cours de la semaine ayant précédé l'enquête, ont travaillé pour quelqu'un d'autre qu'un membre de la famille, ont travaillé dans les champs ou dans les affaires de la famille, ou ont fait des travaux domestiques, en fonction du nombre d'heures travaillées. L’enquête révèle que 83 % des enfants âgés de 5 à 17 ans ont effectué un travail quelconque, dont près de la moitié (43 %) ont travaillé pendant au moins 4 heures par jour. Trois enfants sur quatre (75 %) ont fait du travail dans le cadre domestique et 13 % y ont consacré plus de quatre heures par jour ; 17 % des enfants ont travaillé pour quelqu’un d’autre qu’un membre du ménage au cours de la semaine précédant l’enquête, une minorité (1 %) ayant travaillé pendant au moins quatre heures par jour, mais la majorité (12 %) n’ayant reçu aucun salaire pour leur travail ; enfin, 49 % des enfants ont travaillé dans les champs ou dans l’affaire de la famille3. La proportion d’enfants qui travaillent augmente avec l’âge, en particulier ceux qui travaillent pour quelqu’un d’autre ou dans les champs ou les affaires de la famille. Il faut souligner que près de trois enfants de 5-9 ans sur quatre avaient travaillé au cours de la semaine précédent l’enquête. En particulier, 33 % des enfants de 5-9 ans avaient travaillé aux champs ou dans l’affaire de la famille et, surtout, 13 % de ces très jeunes enfants avaient travaillé pour quelqu’un d’autre. Une proportion légèrement plus importante de filles que de garçons avaient travaillé la semaine avant l’enquête (85 % contre 80 %) ; en particulier, les filles sont plus impliquées que les garçons dans les travaux domestiques (82 % contre 67 %), alors qu’elles le sont moins dans les champs ou les affaires de famille (46 % contre 53 %). Le milieu de résidence ne fait pas apparaître de disparités importantes en ce qui concerne le travail des enfants en dehors du ménage ; par contre, et comme on pouvait s’y attendre, 56 % des enfants du milieu rural, contre 22 % de ceux du milieu urbain travaillent pour la famille, essentiellement dans les champs. De même, une proportion plus importante d’enfants sont impliqués dans les travaux domestiques en milieu rural qu’en milieu urbain (76 % contre 70 %). 3 Un même enfant pouvant travailler dans l’affaire de famille, pour quelqu’un d’autre et faire des travaux domestiques, la proportion d’ensemble d’enfants qui travaillent (83 %) ne correspond pas à la somme, mais à une combinaison de ces trois types d’activités. Par contre, un enfant qui travaille moins de quatre heures par jour dans chaque type d’activités peut, en tout, travailler plus de quatre heures par jour : pour cette raison, la proportion d’ensemble d’enfants qui travaillent plus de 4 heures par jour (43 %) est supérieure à la somme des proportions d’enfants qui travaillent plus de quatre heures par jour dans chaque type d’activité. 34 | Caractéristiques des Ménages et Situation des Enfants Tableau 2.11 Travail des enfants Pourcentage d'enfant de 5-17 ans qui, au cours de la semaine ayant précédé l'enquête, ont travaillé pour quelqu'un d'autre qu'un membre de la famille, ont travaillé dans les champs ou dans une l'affaire familiale, ou ont fait des travaux domestiques et pourcentage d’ensemble des enfants qui ont fait un travail quelconque, en fonction du nombre d'heures travaillées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Enfants qui ont travaillé pour quelqu'un d'autre qu'un membre du ménage Enfants qui ont travaillé dans les champs/affaires de la famille Enfants qui ont fait des travaux domestiques Ensemble des enfants qui ont travaillé Caractéristique sociodémographique Payé, < 4 heures/ jour Payé, 4+ heures/ jour Non payé, < 4 heures/ jour Non payé, 4+ heures/ jour Ensemble < 4 heures/ jour 4+ heures/ jour Ensemble < 4 heures/ jour 4+ heures/ jour Ensemble < 4 heures/ jour 4+ heures/ jour Ensemble Effectif d’enfants de 5-17 ans Âge 5-9 1,7 0,2 10,7 0,3 12,9 27,1 6,0 33,1 60,3 8,1 68,4 42,4 32,1 74,5 5 321 10-14 5,5 1,4 13,1 0,8 20,8 44,8 18,3 63,1 65,7 16,6 82,3 39,3 52,5 91,8 4 005 15-17 7,8 1,7 12,1 0,7 22,4 41,2 25,4 66,6 56,3 20,2 76,4 31,8 55,5 87,3 1 729 Sexe Masculin 4,6 0,8 11,4 0,5 17,3 36,5 16,2 52,7 58,2 9,0 67,1 39,7 40,7 80,4 5 558 Féminin 3,5 0,9 12,2 0,6 17,2 35,0 10,7 45,6 65,1 17,3 82,4 39,5 45,7 85,1 5 496 Résidence N'Djaména 2,4 0,6 12,0 0,2 15,3 6,7 0,8 7,5 55,9 5,5 61,4 46,6 18,7 65,3 856 Autres Villes 2,3 0,7 11,3 0,8 15,1 25,5 5,3 30,8 64,4 10,4 74,8 45,5 35,3 80,8 1 312 Ensemble urbain 2,3 0,7 11,6 0,6 15,2 18,1 3,5 21,6 61,1 8,4 69,5 45,9 28,8 74,7 2 167 Rural 4,4 0,9 11,9 0,6 17,8 40,0 15,9 55,9 61,8 14,2 76,0 38,1 46,7 84,7 8 887 Zone Zone 1 2,4 0,6 12,0 0,2 15,3 6,7 0,8 7,5 55,9 5,5 61,4 46,6 18,7 65,3 856 Zone 2 0,9 0,0 12,8 0,0 13,7 38,7 4,6 43,3 52,8 5,0 57,8 56,2 14,2 70,4 1 445 Zone 3 1,7 1,1 1,9 0,1 4,7 42,6 19,2 61,7 66,1 9,9 76,0 38,5 48,9 87,5 1 509 Zone 4 1,5 0,0 11,2 0,2 12,8 56,7 9,4 66,1 69,8 9,1 78,9 44,8 38,6 83,3 999 Zone 5 0,1 0,0 6,2 0,1 6,3 56,8 6,7 63,5 77,5 2,7 80,2 62,2 23,9 86,1 1 210 Zone 6 1,8 0,8 2,9 0,3 5,8 18,5 24,9 43,4 44,8 23,7 68,4 17,8 61,6 79,4 1 075 Zone 7 7,2 1,9 18,4 2,1 29,5 21,0 22,5 43,6 51,2 29,1 80,3 17,7 70,5 88,1 2 488 Zone 8 11,7 1,3 21,3 0,0 34,4 48,5 8,4 56,8 80,3 5,1 85,5 51,2 39,2 90,4 1 474 Orphelin (père et/ ou mère décédés) Oui 6,5 1,2 14,3 0,2 22,2 35,6 16,5 52,1 59,1 17,5 76,6 33,7 51,4 85,1 1 194 Non 3,7 0,8 11,5 0,6 16,7 35,7 13,1 48,8 61,9 12,6 74,5 40,3 42,2 82,5 9 861 Total 4,0 0,9 11,8 0,6 17,3 35,7 13,5 49,2 61,6 13,1 74,7 39,6 43,2 82,8 11 054 Du point de vue de la région de résidence, on constate de très fortes disparités. La proportion d’enfants travaillant en dehors du ménage varie d’un minimum de 5 % dans la zone 3 (Batha, Guéra et Salamat), à un maximum de 34 % dans la zone 8 (Mandoul et Moyen Chari) dont une majorité (21 %) n’est pas payé. Concernant le travail dans les champs ou les affaires de famille, les proportions varient de 8 % à N’Djaména à plus de 60 % dans les zones 3 (Batha, Guéra et Salamat), 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) et 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi). On constate beaucoup moins de variations en ce qui concerne les travaux domestiques, les proportions passant de 58 % en zone 2 (BET, Kanem et Lac) à 86 % en zone 8 (Mandoul et Moyen Chari). La proportion d’enfants orphelins (un ou les deux parents décédés) qui travaillent en dehors du ménage est nettement supérieure à celle des enfants dont les deux parents sont en vie (22 % contre 17 %) ; il en est de même, mais avec un écart relatif moins important pour les travaux des champs (52 % contre 49 %) et pour les travaux domestiques (77 % contre 75 %). Caractéristiques des Enquêtés | 35 CARACTÉRISTIQUES DES ENQUÊTÉS 3 Riradjim Madnodji Ce chapitre porte sur les caractéristiques sociodémographiques des enquêtés (femmes de 15-49 ans et hommes de 15-59 ans). Il s’agit principalement de l’âge, de l’état matrimonial, du milieu et de la zone de résidence, du niveau d’instruction, du bien-être économique, de la religion, de l’appartenance ethnique, de l’alphabétisation, du travail et des formes de revenus. Ces caractéristiques individuelles sont d’une grande importance pour comprendre et expliquer les comportements des enquêtés en matière de fécondité, d’hygiène, de contraception, d’utilisation des services, etc. Par ailleurs, compte tenu de l’importance des média dans les programmes d’Information, Éducation et Communication (IEC) pour la mise en place des programmes de planification et de santé, une section est consacrée à l’exposition aux média. Les caractéristiques des couples sont analysées ; en particulier, des questions ont été posées concernant l’âge et le niveau d’instruction des conjoints. Enfin, une section particulière porte sur l'activité économique des enquêtés. 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS L'âge est une variable fondamentale dans l'analyse des phénomènes démographiques. Il constitue l'une des informations les plus difficiles à obtenir lorsque les événements ne sont généralement pas transcrits, comme c'est le cas au Tchad où le taux d’analphabétisme reste encore très élevé (selon l’Enquête MICS 2000, 88 % de femmes et 59 % d’hommes sont encore analphabètes ; pour les 15 ans et plus, la proportion d’analphabètes tous sexes confondus est de 75 %) (DSEED, 2001). De ce fait, un soin particulier a été accordé à son estimation au moment de l'enquête individuelle. On demandait d'abord aux femmes et aux hommes, leur date de naissance, puis leur âge. Lorsque la date de naissance et l'âge étaient obtenus, l'enquêteur contrôlait la cohérence des deux informations. Dans le cas où l'enquêté ne connaissait pas sa date de naissance ou son âge, l'enquêteur essayait d'obtenir un document officiel (carte d'identité, acte de naissance, etc.) où figure la date de naissance. Lorsque aucun document n'était disponible, l'enquêteur devait estimer l'âge de la femme ou de l'homme, soit par comparaison avec l'âge d'autres membres du ménage, soit par déduction à partir de certains événements marquants (mariage, décès, etc.) de l'enquêté, ou encore en utilisant le calendrier historique au niveau local, voire national. La distribution des femmes de 15-49 ans par groupe d'âges quinquennal présente une allure assez régulière (tableau 3.1), les proportions des femmes et des hommes de chaque groupe d'âges diminuent régulièrement au fur et à mesure que l'on avance vers les âges élevés, ce qui se traduit par un rétrécissement régulier de la pyramide des âges. Ainsi, chez les femmes, ces proportions passent de 22 % à 15-19 ans à 13 % à 30-34 ans et à 9 % à 45-49 ans. On observe également que près de trois femmes sur cinq (59 %) sont âgées de moins de 30 ans. Pour être sélectionnés en vue de l'enquête individuelle, les hommes devaient être âgés de 15 à 59 ans. Un peu plus de la moitié de ces hommes enquêtés ont moins de 30 ans (51%). Les proportions des groupes d’âges quinquennaux chez les hommes, passent de 22 % à 15-19 ans à 5 % à 55-59 ans. 36 | Caractéristiques des Enquêtés Tableau 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes enquêtés selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Âge 15-19 22,4 1 360 1 459 21,5 406 413 20-24 17,6 1 072 1 072 14,1 267 294 25-29 18,7 1 140 1 092 15,5 293 290 30-34 12,9 783 769 11,2 212 216 35-39 10,8 657 650 9,6 181 189 40-44 8,6 525 506 9,1 172 153 45-49 9,0 547 537 8,0 151 143 50-54 na na na 6,0 113 108 55-59 na na na 4,9 92 81 État matrimonial Célibataire 14,3 873 1 047 34,6 653 750 En union 76,6 4 663 4 415 62,0 1 170 1 063 Divorcé/séparé 5,8 354 397 2,7 51 59 Veuf 3,2 195 226 0,7 14 15 Résidence N'Djaména 8,5 516 1,324 12,3 233 549 Autres Villes 12,7 773 1,562 14,3 270 493 Ensemble urbain 21,2 1 289 2 886 26,6 503 1 042 Rural 78,8 4 796 3 199 73,4 1 384 845 Zone Zone 1 8,5 516 1 324 12,3 233 549 Zone 2 12,0 731 607 12,2 230 182 Zone 3 12,0 732 827 10,7 202 199 Zone 4 9,9 605 594 8,3 156 163 Zone 5 11,9 723 571 10,7 202 172 Zone 6 10,2 620 654 8,8 166 186 Zone 7 21,7 1 320 671 23,3 440 194 Zone 8 13,7 836 837 13,7 258 242 Niveau d'instruction Aucune instruction 74,8 4 549 4 262 47,3 893 836 Primaire 18,8 1 144 1 112 32,1 606 453 Secondaire 6,0 367 649 18,1 341 492 Supérieur 0,4 25 62 2,5 47 106 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 20,0 1 216 1 107 16,0 302 250 Second 21,5 1 310 873 19,4 366 217 Moyen 18,1 1 100 748 18,8 355 220 Quatrième 20,5 1 246 1 003 19,5 368 272 Le plus riche 19,9 1 213 2 354 26,2 495 928 Religion Catholique 21,8 1 326 963 23,1 436 305 Protestante 17,1 1 043 816 18,1 341 280 Musulmane 57,3 3 484 4 098 54,0 1 019 1 234 Animiste/sans religion/autre 3,8 232 208 4,8 91 68 Ethnie Gorane 4,7 287 436 4,4 84 143 Arabe 12,6 769 1 032 12,5 236 292 Ouadai 10,3 627 638 9,6 181 213 Baguirmien 1,4 83 107 1,1 21 30 Kanem-bornou 11,7 712 633 13,2 249 226 Fitri-batha 4,0 243 248 1,7 33 33 Hadjarai 7,4 452 536 6,6 125 158 Lac iro 2,2 134 92 1,7 32 26 Sara 23,3 1 418 1 037 26,4 498 355 Tandjile 6,6 402 256 7,7 146 91 Peul 1,1 67 111 1,2 22 39 Mayo kebbi 10,0 606 605 8,7 164 186 Autres ethnies/Étranger 4,7 287 354 5,2 97 95 Ensemble 100,0 6 085 6 085 100,0 1 887 1 887 Note : Les niveaux d'instruction correspondent au plus haut niveau d'instruction atteint, qu'il soit achevé ou non. na = Non applicable Caractéristiques des Enquêtés | 37 Concernant l'état matrimonial, il faut préciser que dans le cadre de l'EDST-II, ont été considérés en union tous les hommes et les femmes mariés, de façon formelle ou non, ainsi que ceux vivant en union consensuelle. Selon cette définition, on constate que la très grande majorité des femmes (77 %) étaient en union au moment de l'enquête et, qu’à l'inverse, seulement 14 % d’entre elles étaient célibataires. Chez les hommes, 35 % étaient célibataires au moment de l’enquête et 62 % étaient en union. Cette situation pourrait s’expliquer par le fait que l’âge à l'union est beaucoup plus tardif chez les hommes que chez les femmes (âge médian à la première union de 15,8 ans chez les femmes de 25-49 ans contre 22,6 ans chez les hommes de 30-59 ans à l’EDST-I de 1996-97). La proportion de femmes en rupture d'union (veuves, divorcées, séparées) représente 9 % des enquêtées contre 3 % chez les hommes. Comme au RGPH de 1993 et à l’EDST-I de 1996-97, la proportion d'hommes en rupture d'union est beaucoup plus faible que celle des femmes. Cette situation pourrait s'expliquer par la facilité de remariage des hommes divorcés et veufs, surtout aux âges avancés par rapport aux femmes. Du point de vue de l’état matrimonial, les distributions sont très proches de celles obtenues à l’EDST-I de 1996-97. S’agissant du milieu de résidence, les résultats montrent que plus des trois quarts des femmes enquêtées (79 %) résident en milieu rural. Chez les hommes, cette proportion est de 73 %. Un peu plus d’une femme sur cinq (21 %) et plus du quart des hommes (27 %) résident en milieu urbain. Les hommes sont relativement plus nombreux que les femmes en milieu urbain, et cela peut s’expliquer, en partie, par la migration masculine vers les villes. Cependant, il convient de noter que contre toute attente, par rapport à l’EDST-I, les proportions de femmes et d’hommes résidant en milieu rural ont légèrement augmenté (chez les femmes, 76 % à l’EDST-I contre 79 % à l’EDST-II ; chez les hommes, 70 % à l’EDST-I contre 73 % à l’EDST-II). Cette différence peut s’expliquer, en partie, par une modification des ensembles urbain et rural. Concernant la zone de résidence, on constate que les femmes et les hommes enquêtés sont relativement plus nombreux dans la zone 7 (Logone occidental, Logone Oriental et Tandjilé) (22 % chez les femmes et 23 % chez les hommes) et dans la zone 8 (Mandoul et Moyen Chari) (14 % pour chaque sexe). À l’opposé, ils sont proportionnellement moins nombreux dans la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira), dans la zone 1 (N’Djamena ) et dans la zone 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest). Cette répartition par zone est très proche de celle constatée lors du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 1993, ce qui témoigne de la bonne représentativité de l’échantillon de l’EDST-II. Il convient de rappeler qu’à l’EDST-I, l’analyse n’a été faite selon cette variable que dans le cadre des analyses régionales. Concernant le niveau d'instruction, les résultats montrent que 75 % des femmes et 47 % des hommes n'ont jamais fréquenté l'école formelle1. Par rapport à l’EDST-I, on constate une légère baisse puisqu’à cette date, 77 % des femmes et 55 % des hommes n’avaient pas fréquenté l’école. Environ une femme sur cinq (19 %) et près d’un tiers des hommes (32 %) ont un niveau d'instruction primaire. Par contre, on constate que seulement 6 % des femmes et 21 % des hommes ont atteint un niveau secondaire ou plus. Le tableau 3.1 présente également la répartition des hommes et des femmes selon l’indice de bien-être économique du ménage. La définition et le mode de calcul de cet indice figurent au chapitre II. On constate qu’un cinquième des femmes et une proportion légèrement inférieure d’hommes (16 %) vivent dans des ménages du quintile le plus pauvre et qu’à l’opposé, une femme sur cinq (20 %) et une proportion légèrement plus élevée d’hommes (26 %) vivent dans des ménages du quintile le plus riche. La 1 L’école coranique n'a pas été comptabilisée ici dans le système éducatif formel. Par contre, les personnes ayant fréquenté des médersa sont comptabilisées dans les niveaux d’instruction correspondants (primaire, secondaire ou plus). 38 | Caractéristiques des Enquêtés proportion d’individus vivant dans des ménages du niveau de bien-être économique moyen est respectivement de 18 % chez les femmes et de 19 % chez les hommes. Il convient de noter qu’à l’EDST-I, l’analyse n’a pas été faite selon cet indice de bien-être économique du ménage. En outre, selon les données recueillies, on constate que plus de la moitié des enquêtés sont de confession musulmane (57 % des femmes et 54 % des hommes). Les catholiques représentent moins d'un quart de la population (22 % des femmes et 23 % des hommes). Les protestants représentent 17 % chez les femmes et 18 % chez les hommes alors que les Animistes/Sans religion/Autre représentent une part relativement moins importante, 4 % chez les femmes et 5 % chez les hommes. Il convient de signaler que cette répartition n’est pas très différente de celle obtenue à l’EDST-I. Du point de vue de l’appartenance ethnique, on constate que c’est dans le groupe Sara que les femmes et les hommes sont proportionnellement les plus nombreux (respectivement, 23 % et 26 %), suivi du groupe Arabe (13 % pour chaque sexe) et du groupe Kanem-Bornou (12 % chez les femmes et 13 % chez les hommes). À l’opposé, seulement 1 % des femmes et 1 % des hommes appartiennent à l’ethnie Peul. Cette répartition des ethnies est quasi-similaire à celle observée au RGPH de 1993. 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION ET ALPHABÉTISATION Les résultats par groupe d’âges montrent que des générations les plus anciennes aux plus récentes, les proportions de femmes et d’hommes n’ayant jamais fréquenté l’école diminuent, passant de 89 % parmi les femmes de 45-49 ans à 63 % parmi les jeunes de 15-19 ans et de 62 % parmi les hommes de 55-59 ans à 44 % parmi ceux de 15-19 ans. Corrélativement, les proportions de femmes ayant une instruction primaire augmentent au fil des générations : de 10 % parmi les femmes de 45-49 ans, cette proportion atteint 26 % chez celles de 15-19 ans ; chez les hommes, on constate le même phénomène, mais de moindre ampleur, puisqu’à 45-49 ans, pratiquement un quart avait déjà atteint le niveau primaire ; à 15-19 ans, 31 % des hommes ont un niveau primaire. En ce qui concerne le niveau secondaire ou plus, on constate également des améliorations dans les générations ; cependant, même dans les générations les plus jeunes, les hommes sont plus de deux fois plus nombreux à avoir atteint ce niveau (25 % contre 11 %). Les résultats par milieu de résidence font apparaître des écarts importants du niveau d’instruction. En milieu rural, seulement 46 % des hommes sont allés à l'école contre 71 % en milieu urbain. La situation en milieu urbain s’explique par le fait que la ville de N’Djaména est englobée dans l’ensemble du milieu urbain. En effet, c’est à N’Djaména que l’on constate les proportions les plus faibles de femmes et d’hommes qui n’ont jamais fréquenté l’école (respectivement, 42 % et 23 %). Cela s’explique par la présence d’infrastructures plus nombreuses et par le fait qu’elle abrite une population plus hétérogène. Par ailleurs, en milieu rural, seulement 19 % des femmes ont atteint, au moins, le niveau d'instruction primaire, contre 48 % en milieu urbain. En fonction de la zone de résidence, on constate que dans quatre zones sur huit, la quasi-totalité des femmes n’ont jamais fréquenté l’école. Chez les hommes, on observe la même situation dans la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) où 90 % d’entre eux n’ont pas d’instruction. Caractéristiques des Enquêtés | 39 Tableau 3.2 Niveau d'instruction des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes enquêtés par niveau d'instruction atteint, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique Sociodémographique Aucune instruction Primaire Secondaire ou plus Total Effectif Aucune instruction Primaire Secondaire ou plus Total Effectif Âge 15-19 63,0 25,6 11,4 100,0 1 360 44,0 30,8 25,2 100,0 417 20-24 69,2 21,3 9,5 100,0 1 072 51,6 27,6 20,8 100,0 326 25-29 75,9 17,8 6,4 100,0 1 140 37,1 38,7 24,2 100,0 327 30-34 80,3 16,8 2,9 100,0 783 50,5 36,4 13,1 100,0 258 35-39 82,2 14,7 3,1 100,0 657 47,1 33,3 19,6 100,0 235 40-44 82,2 15,7 2,0 100,0 525 55,9 31,1 13,0 100,0 162 45-49 88,5 9,9 1,6 100,0 547 54,9 23,5 21,6 100,0 163 50-54 na na na na na 69,7 21,9 8,5 100,0 113 55-59 na na na na na 62,3 27,0 10,7 100,0 92 Résidence N'Djaména 42,3 22,5 35,1 100,0 516 22,9 17,3 59,7 100,0 233 Autres Villes 58,3 27,1 14,6 100,0 773 34,2 31,6 34,1 100,0 270 Ensemble urbain 51,9 25,3 22,8 100,0 1 289 29,0 25,0 46,0 100,0 503 Rural 80,9 17,1 2,0 100,0 4 796 54,0 34,7 11,3 100,0 1 384 Zone Zone 1 42,3 22,5 35,1 100,0 516 22,9 17,3 59,7 100,0 233 Zone 2 93,8 5,6 0,6 100,0 731 78,8 11,4 9,8 100,0 230 Zone 3 93,5 5,6 0,9 100,0 732 79,8 15,2 5,0 100,0 202 Zone 4 95,9 1,6 2,5 100,0 605 90,4 1,9 7,7 100,0 156 Zone 5 92,9 6,1 1,0 100,0 723 87,1 10,9 2,0 100,0 202 Zone 6 60,8 28,0 11,2 100,0 620 17,7 38,2 44,1 100,0 166 Zone 7 60,9 33,9 5,3 100,0 1 320 17,6 65,7 16,7 100,0 440 Zone 8 62,9 32,4 4,7 100,0 836 28,3 51,1 20,7 100,0 258 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 98,1 1,9 0,0 100,0 1 216 94,9 4,7 0,4 100,0 302 Second 80,7 18,0 1,3 100,0 1 310 43,3 47,3 9,4 100,0 366 Moyen 78,1 19,4 2,5 100,0 1 100 45,1 41,2 13,6 100,0 355 Quatrième 67,7 28,0 4,4 100,0 1 246 37,4 42,1 20,5 100,0 368 Le plus riche 49,2 26,7 24,1 100,0 1 213 30,2 23,6 46,1 100,0 495 Ensemble 74,8 18,8 6,4 100,0 6 085 47,3 32,1 20,5 100,0 1 887 na = Non applicable Les résultats selon l’indice de bien-être économique du ménage mettent en évidence une relation très nette entre le niveau d’instruction et le niveau de richesse du ménage. En effet, dans le quintile le plus pauvre, 98 % des femmes et 95 % des hommes n’ont aucun niveau d’instruction ; dans le quintile le plus élevé, ces proportions sont respectivement de 49 % et de 30 %. Toutefois, il faut noter que même dans le quintile le plus riche, la proportion de femmes sans instruction est nettement supérieure à celle des hommes (49 % contre 30 %). De même, la proportion d’ hommes ayant le niveau secondaire ou plus y est environ deux fois plus importante que celle des femmes (46 % contre 24 %). Dans le quintile le plus pauvre, les proportions de femmes et d’hommes ayant le niveau secondaire ou plus sont quasiment nulles. 40 | Caractéristiques des Enquêtés Graphique 3.1 Niveau d’instruction des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans selon l’EDST-I et l’EDST-II 77 19 4 55 29 17 75 19 6 47 32 21 FEMMES Sans instruction Primaire Secondaire ou plus HOMMES Sans instruction Primaire Secondaire ou plus 0 10 20 30 40 50 60 70 80 Pourcentage EDST-I 1996-97 EDST-II 2004 Le tableau 3.3 présente la réparti- tion des femmes de 15-24 ans qui ont fréquenté l’école, selon qu'elles fréquent- aient ou non l'école au moment de l'enquête. Sur l'ensemble des femmes de 15-24 ans ayant fréquenté l’école, 59 % ne la fréquentaient plus au moment de l'enquête. Le tableau présente également les raisons pour lesquelles les femmes ont abandonné l’école. La raison la plus souvent évoquée pour l'arrêt des études est le fait que l'enquêtée s’était mariée (29 %), dans 22 % des cas, ce sont des raisons financières qui expliquent l’abandon de l’école car ces femmes ne pouvaient pas payer les frais de scolarité et dans 16 % des cas, l’enquêtée a déclaré qu’elle n’aimait pas l’école. Il convient de noter que le mariage, le manque d’intérêt et les difficultés financières étaient, dans l’ordre, les principales raisons d’abandon scolaire chez les femmes de 15-29 ans à l’EDST-I de 1996-97. Lorsqu'on examine de près ces raisons selon le niveau d'instruction atteint au moment de l'abandon, on constate que quel que soit le niveau, les femmes ont abandonné l’école parce qu’elles s’étaient mariées (27 % au niveau primaire et 40 % au niveau secondaire ou plus) ; il faut également noter que dans 16 % des cas, les femmes ont abandonné l’école au niveau secondaire parce qu’elles étaient enceintes. Tableau 3.3 Fréquentation scolaire et raisons de l'abandon de l'école Répartition (en %) des femmes de 15 à 24 ans qui ont fréquenté l’école, selon qu’elles fréquentent ou non l’école actuellement et répartition (en %) des femmes qui ne fréquentent plus l’école actuellement selon la raison principale de l'abandon de l'école, en fonction du niveau d'instruction atteint, Tchad 2004 Niveau d'instruction Primaire Secondaire ou plus Ensemble Fréquente l’école actuellement Oui 26,8 72,4 40,8 Non 73,2 27,6 59,2 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 577 257 833 Raisons d'abandon scolaire S'est mariée 26,6 40,4 28,6 Tombée enceinte 2,4 16,1 4,4 Garde des enfants 2,6 2,8 2,6 Aide la famille au travail 5,4 2,9 5,1 Ne pouvait pas payer l’école 23,4 16,0 22,3 Avait besoin d'argent 0,8 0,0 0,7 Assez scolarisée 0,0 1,7 0,2 N'aimait pas l'école 18,6 3,5 16,4 Echec scolaire 3,6 4,0 3,7 École non accessible 3,1 1,1 2,8 Raisons de santé 2,1 0,6 1,9 Manque de tuteur 3,0 1,7 2,9 Autre 6,8 2,5 6,2 NSP/ND 1,4 6,6 2,2 Ensemble 100,0 100,0 100,0 Effectif qui ne fréquente plus l'école 422 71 493 Caractéristiques des Enquêtés | 41 Les tableaux 3.4.1 et 3.4.2 présentent les résultats concernant l’alphabétisation. Pour obtenir ces informations, on a demandé à ceux qui avaient déclaré ne pas avoir fréquenté l’école, à ceux qui avaient fréquenté seulement l’école coranique et à ceux qui avaient seulement le niveau primaire s’ils savaient lire une phrase entière ou une partie de la phrase en Français ou dans au moins une des langues officielles (français et arabe). Les femmes et les hommes ayant atteint le niveau secondaire ou plus (6 % des femmes et 21 % des hommes) ont été considérés comme étant alphabétisés. Tableau 3.4.1 Alphabétisation (femmes) Répartition (en %) des femmes enquêtées par niveau d'instruction atteint et niveau d'alphabétisation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Primaire ou sans instruction Caractéristique sociodémographique Secondaire ou plus Lit une phrase entière Lit une partie de phrase Ne sait pas lire Total1 Effectif Pourcentage alphabétisé2 Âge 15-19 11,4 4,0 5,2 79,5 100,0 1 360 20,5 20-24 9,5 1,8 3,3 85,4 100,0 1 072 14,6 25-29 6,4 1,9 2,3 89,4 100,0 1 140 10,6 30-34 2,9 1,4 2,7 93,0 100,0 783 6,9 35-39 3,1 3,1 1,9 91,9 100,0 657 8,1 40-44 2,0 3,1 2,3 92,5 100,0 525 7,5 45-49 1,6 2,1 1,7 94,5 100,0 547 5,5 Résidence N'Djaména 35,1 5,0 6,0 53,8 100,0 516 46,2 Autres Villes 14,6 5,8 5,1 74,3 100,0 773 25,5 Ensemble urbain 22,8 5,5 5,4 66,1 100,0 1 289 33,8 Rural 2,0 1,7 2,4 93,8 100,0 4 796 6,2 Zone Zone 1 35,1 5,0 6,0 53,8 100,0 516 46,2 Zone 2 0,6 1,2 1,5 96,8 100,0 731 3,2 Zone 3 0,9 0,6 1,1 97,3 100,0 732 2,6 Zone 4 2,5 0,2 0,4 97,0 100,0 605 3,0 Zone 5 1,0 0,8 1,2 97,0 100,0 723 3,0 Zone 6 11,2 2,7 4,6 81,5 100,0 620 18,5 Zone 7 5,3 4,3 4,2 86,3 100,0 1 320 13,7 Zone 8 4,7 4,3 5,2 85,9 100,0 836 14,1 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 0,4 0,2 99,4 100,0 1 216 0,6 Second 1,3 1,7 2,3 94,7 100,0 1 310 5,3 Moyen 2,5 1,3 3,0 93,1 100,0 1 100 6,9 Quatrième 4,4 2,9 3,9 88,8 100,0 1 246 11,2 Le plus riche 24,1 6,3 6,0 63,5 100,0 1 213 36,4 Ensemble 6,4 2,5 3,1 87,9 100,0 6 085 12,1 1 Y compris les non déterminés 2 Correspond aux femmes qui ont, au moins, fréquenté l'école secondaire et à celles pouvant lire une phrase entière ou une partie de phrase. 42 | Caractéristiques des Enquêtés Tableau 3.4.2 Alphabétisation (hommes) Répartition (en %) des hommes enquêtés par niveau d'instruction atteint et niveau d'alphabétisation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Primaire ou sans instruction Caractéristique sociodémographique Secondaire ou plus Lit une phrase entière Lit une partie de phrase Ne sait pas lire Total1 Effectif Pourcentage alphabétisé2 Âge 15-19 25,2 8,9 6,5 59,4 100,0 417 40,6 20-24 20,8 7,7 5,5 64,7 100,0 326 34,0 25-29 24,2 11,0 8,9 56,0 100,0 327 44,0 30-34 13,1 8,6 3,6 74,5 100,0 258 25,3 35-39 19,6 9,9 4,5 65,5 100,0 235 33,9 40-44 13,0 7,1 4,8 75,1 100,0 162 24,9 45-49 21,6 6,0 5,7 66,7 100,0 163 33,3 50-54 8,5 13,2 2,6 75,7 100,0 113 24,3 55-59 10,7 8,6 4,7 75,6 100,0 92 24,0 Résidence N'Djaména 59,7 6,6 3,0 29,6 100,0 233 69,4 Autres Villes 34,1 7,5 8,9 49,2 100,0 270 50,5 Ensemble urbain 46,0 7,1 6,2 40,1 100,0 503 59,2 Rural 11,3 9,3 5,8 73,4 100,0 1 384 26,4 Zone Zone 1 59,7 6,6 3,0 29,6 100,0 233 69,4 Zone 2 9,8 1,8 6,1 82,1 100,0 230 17,7 Zone 3 5,0 0,6 7,6 86,8 100,0 202 13,2 Zone 4 7,7 0,5 1,4 90,4 100,0 156 9,6 Zone 5 2,0 1,0 3,0 93,8 100,0 202 6,0 Zone 6 44,1 13,5 6,8 35,6 100,0 166 64,4 Zone 7 16,7 15,1 10,1 57,3 100,0 440 42,0 Zone 8 20,7 20,2 3,9 55,2 100,0 258 44,8 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,4 0,0 0,9 98,7 100,0 302 1,3 Second 9,4 7,0 9,9 73,7 100,0 366 26,3 Moyen 13,6 12,4 4,9 69,0 100,0 355 31,0 Quatrième 20,5 15,4 6,8 56,5 100,0 368 42,7 Le plus riche 46,1 7,7 5,9 39,6 100,0 495 59,7 Ensemble 20,5 8,7 5,9 64,5 100,0 1 887 35,1 1 Y compris les non déterminés 2 Correspond aux hommes qui ont, au moins, fréquenté l'école secondaire et à ceux pouvant lire une phrase entière ou une partie de phrase. On constate que d’une part, les proportions de femmes et d’hommes qui ne savent pas lire restent élevées (respectivement, 88 % et 65 %), et d’autre part que la proportion d’hommes alphabétisés est environ trois fois plus élevée que celle des femmes (35 % contre 12 %). Caractéristiques des Enquêtés | 43 À l’instar de ce qui a été observé précédemment avec le niveau d’instruction (Section 3.2), on constate que la proportion de femmes alphabétisées augmente, de manière régulière, des générations les plus anciennes aux plus récentes : de 6 % à 45-49 ans, la proportion passe à 21 % à 15-19 ans. Chez les hommes, on constate le même phénomène, bien que plus irrégulier : de 24 % à 55-59 ans, la proportion de ceux qui sont alphabétisés atteint 41 % à 15-19 ans. En comparant les données du tableau 3.2 à celles des tableaux 3.4.1 et 3.4.2, on remarque que la proportion de ceux qui ne savent pas lire du tout est supérieure à la proportion de ceux qui n’ont jamais fréquenté l’école (88 % contre 75 % chez les femmes et 65 % contre 47 % chez les hommes). Le fait que ces proportions soient différentes montre qu’une partie non négligeable de la population n’a pas fréquenté suffisamment l’école pour apprendre correctement à lire ou qu’elle a oublié ce qu’elle avait appris (analphabétisme de retour). En outre, on constate que les proportions d’alphabétisés varient de façon importante selon le milieu de résidence, la zone de résidence et le quintile de bien-être économique. C’est ainsi qu’en milieu urbain, environ un tiers des femmes (34 %) et 59 % des hommes sont alphabétisés contre moins d’une femme sur dix (6 %) et environ un homme sur quatre (26 %) en milieu rural. Les écarts entre quintiles de bien-être économique sont importants : dans le quintile le plus riche, 36 % des femmes et 60 % des hommes sont alphabétisés ; dans le plus pauvre, ces proportions sont respectivement de moins d’un pour cent et d’un pour cent. De plus, il faut souligner que même dans le quintile le plus riche, la proportion d’hommes alphabétisés est plus d’une fois et demie plus élevé que celle des femmes, ce qui montre que le désavantage dont souffrent les femmes sur le plan de l’instruction ne peut s’expliquer uniquement par des raisons financières. (graphique 3.2). Enfin, les résultats selon les zones mettent également en évidence des disparités : quel que soit le sexe, dans les zones 2 (BET, Kanem et Lac), 3 (Batha, Guéra et Salamat), 4 (OuaddaÏ et Wadi Fira), et 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi), la quasi-totalité de la population est analphabète. Graphique 3.2 Proportion d’analphabètes par sexe et selon le quintile de bien-être économique Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche Quintile de bien-être économique 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Pourcentage Femmes 15-49 ans Hommes 15-59 ans EDST-II 2004 44 | Caractéristiques des Enquêtés 3.3 CARACTÉRISTIQUES DES COUPLES Parmi les 1 887 hommes interviewés, 1 170 étaient en union au moment de l’enquête et, parmi ces derniers, 1 082 ont leurs conjointes qui ont été enquêtées. Il est alors possible d’associer l’homme à sa femme et de reconstituer ainsi des couples qui, par la suite, seront étudiés du point de vue de leur convergence ou divergence d’idées en matière de planification familiale et de la dimension idéale de la famille. Il faut préciser que dans les cas où plusieurs épouses d’un même homme étaient interrogées, cet homme a été associé à chacune de ses femmes pour former autant de différents couples : c’est ainsi que 1 082 couples ont pu être formés. Pour cette raison, au niveau du couple, on ne compare l’homme qu’avec une seule de ses épouses. On présente ici quelques unes des caractéristiques des 1 082 couples qui ont été reconstitués (tableau 3.5 et graphique 3.3). Graphique 3.3 Caractéristiques des couples 18 19 23 17 23 53 5 27 16 DIFFÉRENCE D'ÂGES Femme plus âgée Mari + 0-4 ans Mari + 5-9 ans Mari + 10-14 ans Mari + 15 ans ou + INSTRUCTION Les deux sans Femme instruite, mari sans Mari instruit, femme sans Les deux instruits 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage EDST-II 2004 Du point de vue de l’âge, on constate que dans 82 % des cas, le mari est plus âgé que sa femme : dans 19 % des cas, l’écart est de 0-4 ans, dans 23 % des cas, la différence d’âges est de 5-9 ans, dans 17 % des cas, la différence d’âges est de 10-14 ans et, pour un peu plus d’un couple sur cinq (23 %), le mari a, au moins, 15 ans de plus que sa femme. En moyenne, les maris ont 10,4 ans de plus que leurs femmes contre 8,8 ans à l’EDST-I. Dans seulement 18 % des couples, la femme est plus âgée que l’homme. Tableau 3.5 Caractéristiques différentielles des couples Répartition (en %) des couples par différence d'âges entre conjoints et différence de niveau d'instruction, Tchad 2004 Différence Pourcentage Effectif Âge Femme plus âgée 18,2 197 Homme plus âgé de : 0-4 ans 18,9 205 5-9 ans 22,9 248 10-14 ans 17,3 187 15 ans ou plus 22,6 245 Différence d'âge moyenne 10,4 1 082 Niveau d'instruction du couple Homme et femme, aucun 52,9 572 Femme instruite, homme non 4,7 50 Homme instruit, femme non 26,7 289 Homme et femme instruits 15,8 171 Ensemble 100,0 1 082 Caractéristiques des Enquêtés | 45 En ce qui concerne le niveau d’instruction, les résultats montrent que dans un peu plus d’un couple sur deux (53 %), les deux conjoints n’ont pas d’instruction. À l’opposé, dans 16 % des cas, les deux partenaires ont fréquenté l’école. Lorsqu’un seul des partenaires est instruit, c’est le plus souvent l’homme (27 %) et il est rare (5 %) de trouver une femme instruite mariée à un homme sans instruction. À l’EDST-I de 1996-1997, le pourcentage des couples composés d’un homme et d’une femme sans instruction était légèrement plus important (58 %). 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIA L’exposition aux média est d'une importance capitale car elle influence l’accès aux programmes d'éducation et d'information concernant, en particulier, la planification familiale, la santé, ainsi que les IST et le sida. Il est donc très important de connaître le degré d’exposition de la population aux média. Il faut rappeler qu'il n'est pas nécessaire de posséder un poste radio ou une télévision pour avoir accès aux informations; de nombreuses personnes peuvent aller écouter la radio ou regarder la télévision chez des voisins. Les données concernant l’exposition des femmes et des hommes aux média sont présentées au tableau 3.6. On constate que plus des trois quarts des femmes (76 %) et une proportion plus faible d’hommes (42 %) ne sont exposés à aucun média. Comparativement à l’EDST-I, on note une nette amélioration chez les hommes et une stagnation, voire une légère détérioration de la situation chez les femmes (chez les femmes, 76 % contre 75 % à l’EDST-I ; chez les hommes, 42 % contre 56 % à l’EDST-I). La radio demeure le média le plus écouté. Un peu plus d’une femme sur cinq (22 %) et un peu plus d’un homme sur deux (56 %) ont déclaré écouter la radio, au moins une fois par semaine. Les proportions d’hommes et des femmes qui ont déclaré lire un journal ou regardé la télévision au moins une fois par semaine demeurent très faibles. Le degré d’exposition aux média varie selon certaines caractéristiques des enquêtés comme l’âge, le milieu de résidence, le niveau d'instruction ou le quintile de bien-être économique. En effet, selon l’âge, on constate que les jeunes générations sont un peu plus exposées aux média que les plus âgées. Par ailleurs, le milieu de résidence fait apparaître des différences significatives. En milieu rural, les femmes qui ne sont exposées à aucun média sont proportionnellement plus nombreuses (87 %) qu’en milieu urbain (36 %). La possession moins fréquente de moyens de communication en milieu rural par rapport au milieu urbain peut en partie expliquer cet écart (la radio est possédée par 28 % des ménages ruraux contre 73 % des ménages urbains et la télévision par 1 % des ménages ruraux contre 14 % des ménages urbains). Le niveau d’instruction et l’indice de bien-être économique semblent influencer de manière significative le niveau d’exposition aux média. Que ce soit chez les femmes ou chez les hommes, ce sont les plus instruits et les individus vivant dans les ménages les plus riches qui sont les plus fréquemment exposés aux trois média. Chez les femmes, 82 % de celles sans instruction et 96 % de celles vivant dans les ménages les plus pauvres n’ont accès à aucun média. Chez les hommes, ces proportions sont respectivement, de 56 % et 84 %. 46 | Caractéristiques des Enquêtés Tableau 3.6 Exposition aux média Pourcentage de femmes et d'hommes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision au moins une fois par semaine, et/ou écoutent la radio au moins une fois par jour, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Exposition aux trois média Aucun média Effectif FEMMES Âge 15-19 4,8 6,8 21,9 2,2 76,3 1 360 20-24 4,2 6,0 26,7 1,6 71,7 1 072 25-29 3,2 4,7 23,8 1,1 75,4 1 140 30-34 1,8 4,3 20,7 0,9 79,1 783 35-39 2,4 5,9 22,6 0,9 75,7 657 40-44 2,3 2,9 20,7 0,8 78,0 525 45-49 1,3 3,9 16,3 0,7 82,6 547 Résidence N'Djaména 21,9 40,7 83,2 13,3 13,1 516 Autres Villes 6,5 7,6 45,6 1,5 51,4 773 Ensemble urbain 12,7 20,8 60,6 6,2 36,1 1 289 Rural 0,7 1,1 12,1 0,0 87,1 4 796 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,4 3,1 17,4 0,1 82,2 4 549 Primaire 3,6 5,1 27,3 0,8 70,0 1 144 Secondaire ou plus 34,7 31,3 66,5 16,8 26,9 392 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,2 0,4 4,0 0,0 95,9 1 216 Second 0,4 1,1 10,9 0,0 88,4 1 310 Moyen 0,3 1,1 10,7 0,1 88,8 1 100 Quatrième 1,4 1,3 22,1 0,1 76,9 1 246 Le plus riche 13,8 22,5 64,1 6,6 31,7 1 213 Ensemble 3,2 5,3 22,4 1,3 76,3 6 085 HOMMES Âge 15-19 14,6 15,8 52,2 6,4 44,8 417 20-24 15,3 16,9 61,9 7,8 35,6 326 25-29 14,9 13,7 55,6 5,8 42,1 327 30-34 8,1 7,5 56,1 4,3 43,0 258 35-39 11,7 15,5 52,4 7,1 45,4 235 40-44 14,4 10,4 56,5 4,8 41,8 162 45-49 12,3 19,6 57,2 8,5 40,6 163 50-54 5,8 6,0 54,7 2,1 43,3 113 55-59 6,3 6,4 47,2 2,2 52,3 92 Résidence N'Djaména 46,5 51,8 89,7 32,7 7,4 233 Autres Villes 21,1 25,9 71,5 8,2 23,9 270 Ensemble urbain 32,9 37,9 79,9 19,5 16,3 503 Rural 6,2 5,8 47,1 1,6 51,3 1 384 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,9 7,9 42,0 0,5 56,3 893 Primaire 7,9 6,6 57,4 1,2 40,6 606 Secondaire ou plus 50,4 41,2 85,1 28,1 10,9 388 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 1,3 16,5 0,0 83,5 302 Second 3,1 4,8 44,5 1,2 54,6 366 Moyen 8,3 6,5 53,1 1,7 45,2 355 Quatrième 12,0 8,4 67,2 3,1 29,9 368 Le plus riche 33,5 39,3 81,6 19,9 13,9 495 Ensemble 13,3 14,3 55,8 6,4 42,0 1 887 Caractéristiques des Enquêtés | 47 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE Lors de l'EDST-II, des informations relatives à l'emploi des femmes et des hommes ont été collectées. Selon la définition adoptée dans l'enquête, est considérée comme ayant un travail, toute personne ayant déclaré une activité régulière ou non dans le secteur formel ou informel, avec une contrepartie financière ou non, indépendamment du secteur d’activité, au cours des douze derniers mois. Le tableau 3.7 fournit la répartition des femmes selon qu'elles ont ou non un emploi, par caractéristiques sociodémographiques. Dans l’ensemble, environ une femme sur quatre (26 %) ne travaillait pas au moment de l’enquête : dans 21 % des cas, les femmes n’avaient pas travaillé dans les 12 derniers mois et une faible proportion (5%) avait travaillé au cours des 12 derniers mois. À l’opposé, pratiquement les trois-quarts des femmes travaillaient au moment de l‘enquête (74 %). Parmi ces femmes, la grande majorité a déclaré travailler de manière saisonnière ou une partie de l’année (56 %). La comparaison de ces résultats à ceux de la précédente enquête montre que la proportion de femmes qui travaillaient au moment de l’enquête est beaucoup plus élevée en 2004 qu’en 1996-1997 (74 % contre 44 %). En particulier, la proportion de femmes ayant déclaré travailler de manière saisonnière ou de temps en temps est nettement plus élevée qu’en 1996-1997 (56 % contre 30 %). Cet écart pourrait s’expliquer, en partie, par le fait que les deux enquêtes se sont déroulées à des saisons différentes ; L’EDST-I a eu lieu essentiellement en saison sèche (décembre 1996-juillet 1997) alors que l’EDST-II a eu lieu en saison des pluies (juillet-décembre 2004). À l’EDST-I, une proportion non négligeable d’agricultrices se serait déclarée sans emploi au moment de l’enquête (56 %) alors qu’elles avaient probablement exercé une activité au cours des 12 derniers mois, c’est-à-dire pendant la saison des pluies écoulée de 1996. L’analyse des résultats selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes, met en évidence des disparités selon l’âge, l’état matrimonial, le nombre d’enfants vivants, le milieu et la zone de résidence, le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique. Comme on pouvait s’y attendre, le pourcentage des femmes qui travaillaient au moment de l’enquête augmente régulièrement avec l’âge, passant d’un minimum de 65 % à 15-19 ans à un maximum de 82 % à 45-49 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les résultats montrent que ce sont les femmes en union (76 %) et celles en rupture d’union (75 %) qui étaient les plus actives au moment de l’enquête. Le nombre d’enfants influence également le niveau d’activité de la femme. En effet, plus le nombre d’enfants vivants augmente, plus la proportion des femmes actives augmente, de 65 % quand celles-ci n’ont pas d’enfants, la proportion passe à 80 % quand elles en ont 5 ou plus. Selon le milieu de résidence, on constate qu’en milieu rural, la proportion de femmes actives au moment de l’enquête est supérieure à celle du milieu urbain (80 % contre 54 %). Cet écart est dû au fait qu’en milieu rural, les femmes sont en majorité occupées à des travaux agricoles ; ce qui se traduit dans les chiffres par une proportion de femmes travaillant saisonnièrement beaucoup plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (60 % contre 15 %). Du point de vue de la zone de résidence, on constate qu’au moment de l’enquête, les proportions de femmes actives sont plus importantes dans la zone 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest) (90 %), la zone 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) (87 %), dans la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) et dans la zone 8 (Mandoul et Moyen Chari) (81 %) qu’ailleurs. Cette situation pourrait s’expliquer par le fait que ces zones sont essentiellement situées dans la partie soudanienne du pays qui est plus favorable aux activités agricoles. Il faut souligner que dans la zone 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest), près des trois quarts des femmes (73 %) ont déclaré travailler toute l’année. 48 | Caractéristiques des Enquêtés Tableau 3.7 Travail des femmes Répartition (en %) des femmes selon qu'elles travaillent ou non et selon la durée du travail, par certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Ne travaille pas au moment de l'enquête Travaille au moment de l'enquête Caractéristique sociodémographique N'a pas travaillé dans les 12 derniers mois A travaillé dans les 12 derniers mois Toute l'année Saison- nière/partie de l'année De temps en temps Total1 Effectif Âge 15-19 31,3 4,3 12,6 47,2 4,7 100,0 1 360 20-24 23,2 3,8 15,4 52,3 5,0 100,0 1 072 25-29 18,9 5,3 21,1 49,3 5,3 100,0 1 140 30-34 18,4 4,9 21,2 49,5 5,8 100,0 783 35-39 15,2 5,8 22,7 49,8 5,9 100,0 657 40-44 13,1 6,3 21,1 54,6 4,9 100,0 525 45-49 12,0 5,8 20,0 57,0 5,3 100,0 547 État matrimonial Célibataire 32,7 4,0 12,7 44,9 5,7 100,0 873 En union 19,1 4,7 18,5 52,5 5,0 100,0 4 663 En rupture d’union 16,4 8,2 25,5 43,6 6,1 100,0 549 Nombre d'enfants vivants 0 31,0 3,8 14,3 45,6 5,2 100,0 1 363 1-2 21,4 4,3 16,8 52,7 4,8 100,0 1 720 3-4 17,3 6,1 19,3 51,7 5,4 100,0 1 395 5+ 14,7 5,5 22,4 51,7 5,5 100,0 1 606 Résidence N'Djaména 51,6 2,5 25,5 8,3 12,0 100,0 516 Autres Villes 38,4 3,0 30,3 18,8 9,5 100,0 773 Ensemble urbain 43,7 2,8 28,4 14,6 10,5 100,0 1 289 Rural 14,7 5,5 15,6 60,3 3,8 100,0 4 796 Zone Zone 1 51,6 2,5 25,5 8,3 12,0 100,0 516 Zone 2 46,2 2,0 7,5 37,8 6,6 100,0 731 Zone 3 8,9 27,1 9,9 49,6 4,6 100,0 732 Zone 4 17,4 0,7 4,8 75,8 1,4 100,0 605 Zone 5 20,6 5,4 7,4 63,6 2,9 100,0 723 Zone 6 8,6 1,1 72,7 13,2 4,3 100,0 620 Zone 7 11,1 1,2 16,6 68,6 2,1 100,0 1 320 Zone 8 17,4 1,0 12,1 58,5 10,7 100,0 836 Niveau d'instruction Aucune instruction 20,2 5,7 15,9 54,1 3,9 100,0 4 549 Primaire 17,0 2,9 24,6 46,5 8,7 100,0 1 144 Secondaire ou plus 39,0 1,5 27,7 21,6 10,3 100,0 392 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 14,3 9,0 4,3 69,9 2,5 100,0 1 216 Second 10,8 6,6 14,3 64,7 3,2 100,0 1 310 Moyen 17,4 3,8 18,8 54,1 5,9 100,0 1 100 Quatrième 18,2 3,1 26,9 46,5 4,9 100,0 1 246 Le plus riche 44,0 1,9 27,2 17,0 9,8 100,0 1 213 Ensemble 20,8 4,9 18,3 50,6 5,2 100,0 6 085 1 Y compris les non déterminés Caractéristiques des Enquêtés | 49 Les données selon le niveau d’instruction révèlent que ce sont les femmes ayant le niveau primaire (80 %) et celles sans instruction (74 %) qui sont proportionnellement les plus nombreuses à avoir déclaré exercer une activité au moment de l’enquête. La proportion des femmes actives au moment de l’enquête et ayant un niveau secondaire ou plus n’est que de 60 %. Par ailleurs, on constate que c’est parmi les femmes vivant dans les ménages les plus riches que la proportion des actives au moment de l’enquête est la plus faible (54 %), alors que cette proportion est de 82 % chez celles des ménages du second quintile et de 77 % chez celles des ménages les plus pauvres. En outre, le tableau 3.8 présente la répartition des femmes actives au moment de l'enquête par type d'employeur et de revenus selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 3.8 Employeur et formes de revenus Répartition (en %) des femmes qui travaillent actuellement par type d'employeur et selon qu’elles gagnent ou non de l'argent, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Type d'employeur Travaille pour un membre de la famille Travaille pour quelqu'un d'autre que la famille Travaille à son propre compte Caractéristique sociodémographique Gagne de l’argent Ne gagne pas d’argent Gagne de l’argent Ne gagne pas d’argent Gagne de l’argent Ne gagne pas d’argent Pourcentage qui gagne de l'argent Effectif de femmes qui travaillent Âge 15-19 2,2 54,2 0,6 1,8 17,2 23,8 20,2 876 20-24 0,6 34,2 0,4 2,3 20,4 42,0 21,4 783 25-29 0,6 33,0 0,9 1,4 23,0 41,0 24,6 865 30-34 0,0 30,1 0,4 2,9 24,2 42,4 24,6 601 35-39 0,4 27,3 1,2 1,4 27,4 42,0 29,0 518 40-44 0,5 24,4 1,1 0,9 26,4 46,7 28,0 423 45-49 0,3 21,2 1,3 1,5 21,1 54,2 23,2 450 État matrimonial Célibataire 3,6 59,9 1,6 2,9 20,2 11,8 25,5 552 En union 0,4 33,6 0,6 1,7 20,8 42,9 21,8 3 550 En rupture d’union 0,6 6,6 1,7 1,1 37,1 52,8 39,5 415 Résidence N'Djaména 3,2 0,3 8,6 0,8 84,8 2,0 96,9 237 Autres Villes 2,3 10,3 1,1 0,6 67,5 17,9 71,0 454 Ensemble urbain 2,6 6,9 3,7 0,7 73,5 12,4 79,9 691 Rural 0,4 39,3 0,3 2,0 13,0 45,0 13,8 3 826 Zone Zone 1 3,2 0,3 8,6 0,8 84,8 2,0 96,9 237 Zone 2 0,4 10,2 0,8 0,0 23,0 65,5 24,3 379 Zone 3 0,2 13,7 0,6 3,6 22,0 59,9 22,8 469 Zone 4 1,7 26,1 0,1 2,6 8,5 61,0 10,3 496 Zone 5 0,2 57,0 0,1 1,0 14,5 27,1 14,9 535 Zone 6 0,2 51,8 0,6 0,0 12,3 34,9 13,2 560 Zone 7 0,9 37,5 0,0 0,3 20,3 40,8 21,4 1 158 Zone 8 0,6 42,1 0,6 6,0 27,7 22,9 28,9 682 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,7 34,5 0,3 1,8 17,5 45,0 18,6 3 367 Primaire 0,7 36,4 0,8 1,6 31,6 28,8 33,1 916 Secondaire ou plus 1,6 22,8 8,4 2,1 53,7 11,3 63,7 233 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,5 34,2 0,1 3,3 7,2 54,3 8,1 933 Second 1,0 39,6 0,2 2,7 13,3 43,0 14,5 1 081 Moyen 0,1 38,1 0,1 0,8 15,5 45,4 15,7 867 Quatrième 0,3 40,3 0,5 1,0 23,2 34,8 23,9 980 Le plus riche 2,3 11,7 4,0 0,6 65,9 15,2 72,4 656 Ensemble 0,8 34,3 0,8 1,8 22,2 40,0 23,9 4 517 50 | Caractéristiques des Enquêtés On constate que parmi ces femmes, la majorité travaillait sans contrepartie financière ; seulement environ un quart travaillait pour de l’argent (24 %). C’est parmi les femmes résidant à N’Djaména (97 %), celles dont le ménage appartient au quintile le plus riche (72 %) et parmi celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire (64 %) que les proportions de celles qui travaillent et qui reçoivent une contrepartie financière sont les plus élevées. Par ailleurs, 62 % travaillaient à leur propre compte, 35 % travaillaient pour un membre de la famille et seulement 3 % travaillaient pour quelqu’un d’autre que la famille (personne, société ou fonction publique). Les activités au Tchad étant essentiellement agro-sylvo-pastorales, les proportions de femmes actives au moment de l’enquête et travaillant pour quelqu’un d’autre que la famille, sont négligeables (3 %) et ce, quelle que soit la caractéristique sociodémographique (maximum de 11 % chez les femmes de niveau secondaire ou plus). En fait, les femmes actives au moment de l’enquête étaient constituées majoritairement de femmes qui travaillaient pour un membre de la famille (35 %) et de celles qui travaillaient à leur propre compte (62 %). Du point de vue de l’âge, les femmes qui travaillent à leur propre compte sont, proportion- nellement, moins nombreuses aux âges jeunes qu’aux âges élevés : 41 % à 15-19 ans et 62 % à 20-24 ans, contre plus de 70 % à partir de 40 ans. À l’opposé, c’est chez les femmes les plus jeunes que l’on trouve les proportions les plus élevées de celles qui travaillent pour un membre de la famille (56 % à 15-19 ans contre moins de 30 % à partir de 35 ans). Selon l’état matrimonial, on constate que les célibataires travaillent en majorité pour un membre de la famille (64 %). La quasi-totalité des femmes en rupture d’union (90 %) travaillent à leur propre compte. Dans 64 % des cas, les femmes en union travaillent à leur propre compte et dans 34 % des cas, elles travaillent pour un membre de la famille. L’analyse selon le milieu de résidence montre que les femmes résidant à N’Djaména et, de manière plus générale, en milieu urbain sont celles qui travaillent le plus fréquemment à leur propre compte et pour une contrepartie financière (respectivement, 85 % et 74 %). En milieu rural, dans 39 % des cas, les femmes travaillent pour un membre de la famille sans gagner d’argent et dans 45 % des cas, elles travaillent à leur compte mais sans contrepartie financière. En fonction de la zone de résidence, on constate qu’une grande majorité des femmes de la zone 1 (N’Djaména) travaillent à leur propre compte et pour de l’argent (85 %) alors que dans la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira), cette proportion n’est que de 9 %. Dans les zones 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi ) et 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest), plus de la moitié des femmes travaillent pour un membre de la famille sans contrepartie financière (respectivement, 57 % et 52 %). En ce qui concerne le niveau d’instruction, on constate que les femmes ayant un niveau secondaire ou plus sont celles qui travaillent le moins fréquemment pour un membre de la famille (24 %) et qu’à l’opposé, elles sont proportionnellement plus nombreuses à travailler à leur propre compte avec une contrepartie financière (54 %). Par contre, dans 45 % des cas, les femmes sans instruction travaillent à leur compte mais sans gagner d’argent. En fonction du quintile de bien-être, les résultats montrent que les femmes du quintile le plus riche travaillent plus fréquemment à leur propre compte avec une contrepartie financière (66 %) tandis que dans 54 % des cas, celles du quintile le plus pauvre travaillent à leur compte sans contrepartie financière. L’analyse selon le niveau d’instruction et l’indice de bien-être économique met en évidence une relation entre le fait de gagner de l’argent et le niveau d’instruction d’une part, et entre le fait de gagner de l’argent et le niveau de bien-être économique d’autre part. Ainsi, la proportion de femmes actives et qui gagnent de l’argent, augmente au fur et à mesure que le niveau d’instruction augmente. En effet, si la Caractéristiques des Enquêtés | 51 proportion de femmes qui gagnent de l’argent est de 19 % parmi les femmes qui travaillent et qui n’ont aucun niveau d’instruction, cette proportion est environ 1,8 fois plus importante chez celles qui ont le niveau primaire et 3,4 fois plus importante chez celles qui ont le niveau secondaire ou plus. De même, la proportion de femmes qui gagnent de l’argent et qui vivent dans les ménages les plus riches est 9 fois plus importante que celle observée chez les femmes appartenant aux ménages les plus pauvres (72 % contre 8 %). Le tableau 3.9 présente les résultats sur le type d’occupation des femmes actives au moment de l’enquête. Trois femmes sur quatre exerçaient, au moment de l’enquête, une activité agricole (76 %), 17 % exerçaient un travail manuel non qualifié, seulement 4 % travaillaient en tant que cadre ou exerçaient une activité technique ou d’encadrement et 2 % ont déclaré avoir exercé un travail manuel qualifié. Lors de la précédente enquête, la proportion de femmes qui travaillaient dans l’agriculture n’était que de 32 %. Une fois encore, cet écart est probablement dû au fait que les deux enquêtes se sont déroulées à des saisons différentes ; l’EDST-I ayant eu lieu essentiellement en saison sèche (décembre 1996-juillet 1997) alors que l’EDST-II a eu lieu en saison des pluies (juillet-décembre 2004). Les femmes qui travaillent le moins fréquemment dans l’agriculture sont surtout les femmes de N’Djaména (2 %), celles vivant dans les villes en général, et dans une certaine mesure celles vivant dans les ménages les plus riches (26 %) et les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus (31 %). Les femmes de niveau secondaire ou plus (43 %), celles résidant à N’Djaména (67 %), dans l’ensemble du milieu urbain (61 %) et celles vivant dans des ménages les plus riches (54 %) exercent le plus souvent des travaux manuels non qualifiés. Ces mêmes catégories de femmes exercent des emplois techniques, d'encadrement ou de gestion qui incluent les activités de ventes et de services (16 % des femmes de niveau secondaire ou plus et celles résidant en ville, 20 % des femmes de N’Djaména, et 14 % des femmes vivant dans des ménages les plus riches). 52 | Caractéristiques des Enquêtés Tableau 3.9 Occupation des femmes Répartition (en %) des femmes qui travaillent actuellement par type d'occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Agriculture Personnel d’encadre- ment/ technique/ de gestion Travail manuel qualifié Travail manuel non qualifié Autre Total1 Effectif Âge 15-19 79,3 2,5 1,7 15,6 0,7 100,0 876 20-24 77,2 4,3 1,3 16,4 0,5 100,0 783 25-29 74,3 3,5 2,7 18,2 0,9 100,0 865 30-34 74,6 4,5 4,0 15,8 0,8 100,0 601 35-39 71,7 4,7 1,3 20,8 1,1 100,0 518 40-44 72,6 5,8 3,2 18,2 0,2 100,0 423 45-49 76,0 3,1 2,7 17,1 0,5 100,0 450 État matrimonial Célibataire 74,5 3,9 1,0 19,1 0,9 100,0 552 En union 77,6 3,5 2,5 15,7 0,5 100,0 3 550 En rupture d’union 58,7 7,4 2,6 28,5 2,1 100,0 415 Résidence N'Djaména 1,5 20,0 2,6 66,7 7,9 100,0 237 Autres Villes 24,6 14,0 1,5 57,8 1,8 100,0 454 Ensemble urbain 16,7 16,0 1,9 60,8 3,9 100,0 691 Rural 86,1 1,7 2,4 9,4 0,1 100,0 3 826 Zone Zone 1 1,5 20,0 2,6 66,7 7,9 100,0 237 Zone 2 72,6 2,6 8,8 15,9 0,0 100,0 379 Zone 3 74,7 2,9 10,5 11,4 0,0 100,0 469 Zone 4 90,7 2,3 0,1 6,5 0,0 100,0 496 Zone 5 84,8 2,4 1,7 9,5 0,6 100,0 535 Zone 6 85,0 1,5 0,1 12,4 0,3 100,0 560 Zone 7 79,5 4,5 0,2 15,4 0,4 100,0 1 158 Zone 8 70,5 2,9 0,4 25,9 0,3 100,0 682 Niveau d'instruction Aucune instruction 81,0 2,9 2,8 12,7 0,3 100,0 3 367 Primaire 66,6 4,2 0,6 27,5 0,6 100,0 916 Secondaire ou plus 31,1 16,1 2,2 43,0 6,6 100,0 233 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 91,0 0,4 4,4 4,0 0,0 100,0 933 Second 87,0 1,7 1,1 9,6 0,0 100,0 1 081 Moyen 82,6 3,6 2,9 10,9 0,1 100,0 867 Quatrième 74,8 3,0 1,5 19,5 0,7 100,0 980 Le plus riche 26,1 14,2 1,7 53,8 3,6 100,0 656 Ensemble 75,5 3,9 2,3 17,3 0,7 100,0 4 517 1 Y compris les non déterminés D’autre part, les données du tableau 3.10 révèlent qu’un homme sur dix, proportion inférieure à celle des femmes, ne travaillait pas au moment de l’enquête (10 % contre 26 %) et environ neuf hommes sur dix (90 %) exerçaient une activité quelconque. Ces proportions sont proches de celles observées à l’EDST-I où elles étaient respectivement de 14 % et de 86 %. Les deux tiers des hommes travaillaient dans l’agriculture (66 %). En outre, un sur dix occupait une fonction d’encadrement et 7 % exerçaient un emploi manuel non qualifié. Enfin, dans 5 % des cas, les hommes occupaient un emploi de travailleur manuel qualifié. Comme chez les femmes, mais de manière plus irrégulière, le pourcentage d’hommes qui travaillaient au moment de l’enquête augmente régulièrement avec l’âge passant de 73 % à 15-19 ans à 97 % à 55-59 ans. La faible proportion de jeunes hommes dans la vie active s'expliquerait en grande partie par le fait qu’ils fréquentent encore l’école. Du point de vue du milieu de résidence, ce sont les hommes résidant à N’Djaména et ceux des Autres Villes Caractéristiques des Enquêtés | 53 qui étaient proportionnellement les moins nombreux à exercer une activité au moment de l’enquête (respectivement, 71 % et 79 %) alors qu’en milieu rural, la quasi-totalité des hommes ont déclaré avoir une activité au moment de l’enquête (95 %). En ce qui concerne le milieu de résidence, on constate que seule la zone 1 (N’Djaména) se différencie des autres zones puisque seulement 3 % des hommes travaillent dans l’agriculture contre un minimum de 62 % dans les autres zones. Du point de vue du niveau d’instruction, les résultats montrent que les hommes ayant un niveau secondaire sont ceux qui travaillaient le moins fréquemment, probablement parce qu’ils faisaient des études ; proportionnellement, ils sont moins nombreux à travailler dans l’agriculture que les autres (35 % contre 74 % parmi ceux sans instruction et 76 % parmi ceux ayant un niveau primaire). L’analyse selon le niveau de bien-être économique montre que les proportions d’hommes travaillant dans l’agriculture sont beaucoup plus faibles parmi ceux dont le ménage appartient au quintile le plus riche (19 % contre un maximum de 90 % dans le second quintile) ; à l’opposé, c’est dans le quintile le plus riche que l’on observe la proportion la plus élevée d’hommes occupant des fonctions d’encadrement (24 % contre 4 % dans les ménages les plus pauvres). Tableau 3.10 Occupation des hommes Répartition (en %) des hommes selon qu'ils travaillent ou non, par type d'occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Ne travaille pas Agriculture Personnel d’encadre- ment/ technique/ de gestion Travail manuel qualifié Travail manuel non qualifié Autre Total1 Effectif Âge 15-19 27,2 62,6 2,0 2,1 6,0 0,1 100,0 406 20-24 16,7 59,2 7,9 5,1 10,0 0,7 100,0 267 25-29 5,3 65,0 11,8 4,8 10,5 2,1 100,0 293 30-34 2,9 67,3 13,1 6,7 7,3 1,9 100,0 212 35-39 0,9 65,0 12,1 7,5 9,6 0,4 100,0 181 40-44 2,1 72,4 11,5 5,5 5,1 2,8 100,0 172 45-49 1,3 71,2 16,1 5,4 3,0 0,7 100,0 151 50-54 3,6 77,0 9,2 3,8 5,3 1,1 100,0 113 55-59 3,3 72,2 12,3 4,4 5,8 1,9 100,0 92 Résidence N'Djaména 28,9 2,8 27,6 13,4 21,2 4,6 100,0 233 Autres Villes 21,2 25,5 20,8 11,7 17,8 2,0 100,0 270 Ensemble urbain 24,8 15,0 24,0 12,5 19,4 3,2 100,0 503 Rural 4,8 84,7 4,2 1,9 3,0 0,4 100,0 1 384 Zone Zone 1 28,9 2,8 27,6 13,4 21,2 4,6 100,0 233 Zone 2 13,6 63,1 8,0 3,5 8,6 2,3 100,0 230 Zone 3 4,0 87,1 5,0 2,4 1,5 0,0 100,0 202 Zone 4 19,3 62,4 11,8 3,5 2,5 0,4 100,0 156 Zone 5 4,0 76,1 11,3 4,3 2,7 0,6 100,0 202 Zone 6 6,2 78,6 4,8 6,0 3,4 0,1 100,0 166 Zone 7 4,5 80,3 3,2 2,7 7,4 0,2 100,0 440 Zone 8 6,0 72,0 8,9 3,7 7,4 1,2 100,0 258 Niveau d'instruction Aucune instruction 6,1 73,6 9,3 3,6 6,2 0,6 100,0 893 Primaire 7,1 75,5 3,5 4,4 7,4 0,7 100,0 606 Secondaire ou plus 23,9 34,5 19,3 7,9 10,0 3,2 100,0 388 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 10,8 82,0 4,0 1,8 0,9 0,0 100,0 302 Second 2,3 89,8 3,6 1,9 1,4 0,4 100,0 366 Moyen 3,8 81,1 3,8 2,4 7,5 0,4 100,0 355 Quatrième 5,4 78,2 5,6 3,6 4,7 1,2 100,0 368 Le plus riche 23,5 19,4 24,2 11,2 17,7 3,0 100,0 495 Ensemble 10,1 66,2 9,5 4,8 7,4 1,2 100,0 1 887 1 Y compris les non déterminés Fécondité | 55 FÉCONDITÉ 4 Bernard Barrère et Monique Barrère Après l’EDST-I de 1996-97, l’EDST-II est la seconde enquête nationale qui a permis de collecter des informations sur la fécondité de l’ensemble des femmes. Comme l’EDST-I, l’EDST-II s’est intéressée uniquement à un échantillon national de femmes en âge de procréer (15-49 ans), et les informations fournies sur l'histoire génésique des femmes permettent d'estimer les niveaux de la fécondité à l’échelle nationale, selon le milieu de résidence, le niveau d'instruction et la zone géographique. De plus, comme l’EDST-II a collecté ces informations en suivant la même méthodologie que l’EDST-I, les résultats de l’enquête actuelle peuvent être comparés à ceux de l’enquête précédente, ce qui permettra de dégager les tendances de la fécondité au Tchad. 4.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES Toutes les informations sur la fécondité ont été obtenues par l’intermédiaire d'une série de questions que les enquêtrices ont posées aux femmes éligibles. Au cours de l’interview, les enquêtrices devaient enregistrer avec exactitude le nombre total d'enfants que la femme avait eus, en distinguant les garçons des filles, ceux vivant avec elle de ceux vivant ailleurs, et ceux encore en vie de ceux décédés. L'enquêtrice reconstituait ensuite avec la femme interrogée, l'historique complet de ses naissances, de la plus ancienne à la plus récente, en enregistrant, pour chacune d'entre elles, le type de naissance (simple ou multiple), le sexe, la date de naissance et l'état de survie. Pour les enfants encore en vie, elle enregistrait leur âge et distinguait ceux vivant avec leur mère de ceux vivant ailleurs ; pour les enfants décédés, elle enregistrait l'âge au décès. À la fin de l'interview de la section reproduction, l'enquêtrice devait s'assurer que le nombre total d'enfants déclaré par la mère (chaque catégorie : vivants, décédés, etc.) était cohérent avec le nombre d'enfants obtenu à partir de l'historique des naissances. Malgré l'organisation mise en place pour atteindre les objectifs de l'enquête, la formation et les instructions données aux agents de terrain, ainsi qu’à ceux chargés du traitement informatique des données, et en dépit des contrôles opérés à tous les niveaux, les données obtenues peuvent être sujettes à différents types d’erreurs. Ces erreurs sont principalement celles inhérentes aux enquêtes rétrospectives. Il s'agit notamment : • du sous-enregistrement des naissances, en particulier l'omission d'enfants qui vivent ailleurs, de ceux qui meurent très jeunes, quelques heures ou quelques jours seulement après la naissance, ce qui peut entraîner une sous-estimation des niveaux de fécondité ; • de l'imprécision des déclarations de date de naissance et/ou d'âge, en particulier l'attraction pour des années de naissance ou pour des âges ronds, ce qui peut entraîner des sous- estimations ou des surestimations de la fécondité à certains âges et pour certaines périodes ; • de l'effet de sélectivité (Ignégongba, 1991), c'est-à-dire que les femmes enquêtées sont celles qui sont survivantes. Si l’on suppose que la fécondité des femmes décédées avant l'enquête est différente de celle des survivantes, les niveaux de fécondité obtenus s’en trouveraient légèrement biaisés. Par ailleurs, il est possible qu'il y ait eu certains transferts de dates de naissance d'enfants nés depuis janvier 1999 vers les années précédentes. Ces transferts d'années de naissance sont souvent effectués par les enquêtrices pour éviter de poser les questions sur la santé des enfants (Section 4 du 56 | Fécondité questionnaire) qui ne portent que sur les enfants nés depuis janvier 1999 et pour éviter de prendre les mesures anthropométriques (poids et taille) de ces enfants. Ces transferts sont généralement plus fréquents lorsque l’enquêtée ne connaît pas avec exactitude le mois et l'année de naissance ou l'âge de ses enfants. Dans le cas de l’EDST-II, il semble effectivement y avoir eu certains déplacements de naissances de l’année 1999 sur l’année 19981. Pour cette raison, le niveau de fécondité actuelle est mesurée ici pour les trois dernières années (soit la période 2001-2004), ainsi les transferts de 1999 vers 1998 se situent à l’extérieur de la période de référence. Par contre, ces transferts affectent les niveaux de fécondité par période de cinq ans avant l’enquête qui sont utilisés plus loin pour analyser les tendances. Dans le cas de l’EDST-II, l’analyse des données sur la fécondité a fait apparaître certaines omissions de naissances, essentiellement des naissances d’enfants qui sont morts par la suite. Ces omissions semblent concerner essentiellement la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira), où la fécondité est manifestement sous-estimée. Bien évidemment, les niveaux de fécondité de l’ensemble du pays sont aussi affectés mais, au niveau national, la marge de sous-estimation est tout à fait limitée. Enfin, au cours de l’enquête auprès des hommes, on a recueilli des informations sur leur fécondité totale, en leur posant une série de questions sur le nombre total d'enfants qu'ils ont eus, en distinguant les garçons des filles, ceux vivant avec eux de ceux vivant ailleurs, et ceux encore en vie de ceux qui sont décédés. Par contre, les enquêteurs n'avaient pas à reconstituer l’historique complet des naissances des hommes. 4.2 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE Le niveau actuel de la fécondité ainsi que ses variations sont mesurés par les taux de fécondité générale par âge et l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) ou somme des naissances réduites. Les taux de fécondité par âge sont calculés en rapportant les naissances issues des femmes de chaque groupe d’âges à l’effectif des femmes du groupe d’âges correspondant. Quant à l’ISF qui est un indicateur conjoncturel de fécondité, il est obtenu à partir du cumul des taux de fécondité par âge. Il correspond au nombre moyen d’enfants que mettrait au monde une femme à la fin de sa vie féconde si elle subissait les taux de fécondité par âge observés pendant une période considérée, ici la période de trois années ayant précédé l’enquête, soit approximativement 2001-2004. Cette période de référence de trois ans a été choisie comme compromis entre trois critères : fournir des indicateurs de fécondité les plus récents possible ; minimiser les erreurs de sondage et éviter au maximum les problèmes de transfert de dates de certaines naissances. Le tableau 4.1 présente les principaux indicateurs de fécondité selon le milieu de résidence. Les taux de fécondité suivent un schéma classique observé en général dans les pays caractérisés par une fécondité élevée (graphique 4.1) : une fécondité précoce élevée (187 ‰ à 15-19 ans) qui augmente rapidement pour atteindre son maximum à 20-24 ans (295 ‰) et qui se maintient longtemps à des niveaux importants (275 ‰ à 25-29 ans et 263 ‰ à 30-34 ans), avant de décroître de façon régulière. La fécondité des femmes résidant au Tchad demeure élevée puisqu’en arrivant en fin de vie féconde une femme aurait, en moyenne 6,3 enfants. Ainsi le niveau de fécondité des femmes tchadiennes n’aurait pratiquement pas changé au cours des dernières années puisque, lors de la précédente enquête réalisée en 1996-97, l’ISF avait été estimé à 6,6 enfants par femme. 1 À l'Annexe C, le tableau C.5 fournit la distribution des naissances par année de naissance. Le rapport de naissances annuelles (rapport des naissances d'année x à la demi-somme des naissances des années précédentes et suivantes, soit Nx/[(Nx-1+Nx+1)/2]), rend compte des déplacements d'années de naissance. Le rapport indique un manque de naissances en 1999 (rapport = 74 < 100) et un excédent en 1998 (rapport = 136 > 100). Fécondité | 57 Tableau 4.1 Fécondité actuelle Taux de fécondité par âge, Indice Synthétique de Fécondité (ISF), Taux Brut de Natalité (TBN) et Taux Global de Fécondité Générale (TGFG) pour la période des trois années précédant l'enquête, selon le milieu de résidence, Tchad 2004 Résidence Groupe d'âges N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural Total 15-19 154 169 163 195 187 20-24 261 288 277 300 295 25-29 265 248 256 280 275 30-34 251 231 238 269 263 35-39 176 138 152 166 163 40-44 42 56 50 78 73 45-49 11 13 13 14 13 ISF 5,8 5,7 5,7 6,5 6,3 TGFG 204 205 205 231 225 TBN 41,2 42,3 41,8 45,3 44,6 Note : Les taux du groupe d'âges 45-49 ans peuvent être légèrement biaisés du fait de données incomplètes pour ce groupe d'âges. ISF = Indice Synthétique de Fécondité des femmes de 15-49 ans exprimé pour une femme. TGFG = Taux Global de Fécondité Générale (naissances divisées par le nombre de femmes de 15-44 ans), pour 1 000 femmes. TBN = Taux Brut de Natalité pour 1,000 individus. Graphique 4.1 Taux de fécondité par âge selon le milieu de résidence EDST-II 2004 $ $ $ $ $ $ $ + + + + + + + * * * * * * * 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 Pour mille Rural Tchad Ensemble urbain * + $ En outre, les résultats mettent en évidence un écart important entre le milieu rural et les autres milieux de résidence : en fin de vie féconde, les femmes du milieu rural auraient, en moyenne, 6,5 enfants contre 5,7 dans les Autres Villes et 5,8 à N’Djaména, soit près d’un enfant de plus (graphique 4.1). Cette 58 | Fécondité différence de niveau de fécondité entre le milieu rural et les autres milieux s’observe à tous les âges. Au tableau 4.1 figurent également le Taux Brut de Natalité (TBN) ou nombre annuel moyen de naissances vivantes dans la population totale, qui est estimé à 45 ‰ pour l’ensemble du pays, et le Taux Global de Fécondité Générale (TGFG), c’est-à-dire le nombre moyen de naissances vivantes dans une population de femmes en âge de procréer, estimé ici à 225 ‰. Comme l’ISF, on note que ces deux indicateurs sont plus élevés en milieu rural qu’en milieu urbain. Le tableau 4.2 présente l’ISF selon certaines caractéristiques sociodémographiques, ainsi que le pourcentage de femmes actuellement enceintes et le nombre moyen d’enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans, nombre qui est assimilable à la descendance finale. À l’inverse de l’ISF (qui mesure la fécondité actuelle ou récente des femmes de 15-49 ans), ce nombre moyen est le résultat de la fécondité passée des femmes enquêtées qui atteignent la fin de leur vie féconde. Dans une population où la fécondité reste invariable, cette descendance tend à se rapprocher de l’ISF. Par contre, si l’ISF est inférieur au nombre moyen d’enfants par femme en fin de vie féconde, cela peut indiquer une tendance à la baisse de la fécondité. Au Tchad, l’ISF, estimé à 6,3 enfants par femme, est inférieur à la descendance estimée, dans l’ensemble, à 7,1 enfants. Cependant si, comme on l’a mentionné précédemment, l’ISF est légèrement sous-estimé, cet écart serait plus limité et ne pourrait être donc interprété comme le signe d’une tendance à la baisse de la fécondité au Tchad. En 1996-97, l’ISF (6,6) était pratiquement identique à la descendance finale (6,8 enfants). Tableau 4.2 Fécondité par caractéristiques sociodémographiques Indice Synthétique de Fécondité pour les trois années précédant l'enquête, pourcentage de femmes actuellement enceintes et nombre moyen d'enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Indice Synthétique de Fécondité1 Pourcentage de femmes actuellement enceintes Nombre moyen d'enfants nés vivants des femmes de 40-49 ans Résidence N'Djaména 5,8 11,6 6,9 Autres Villes 5,7 11,1 6,7 Ensemble urbain 5,7 11,3 6,8 Rural 6,5 14,5 7,1 Zone Zone 1 5,8 11,6 6,9 Zone 2 6,0 9,2 6,8 Zone 3 5,7 13,0 6,4 Zone 4 4,3 11,8 6,7 Zone 5 7,2 15,0 6,8 Zone 6 6,6 16,6 7,6 Zone 7 7,3 15,8 7,9 Zone 8 6,6 15,3 7,0 Niveau d'instruction Aucune instruction 6,3 14,0 7,0 Primaire 7,4 14,7 7,6 Secondaire ou plus 4,2 8,9 6,1 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 5,1 12,8 6,7 Second 6,6 16,4 6,9 Moyen 6,9 13,7 7,6 Quatrième 7,2 13,8 7,2 Le plus riche 6,0 12,3 7,0 Total 6,3 13,8 7,1 1 Indice Synthétique de Fécondité pour les femmes de 15-49 ans. Fécondité | 59 Le tableau 4.2 fournit également le pourcentage de femmes qui se sont déclarées enceintes au moment de l'enquête. Il faut préciser qu'il ne s'agit pas de la proportion exacte de femmes qui sont enceintes dans la mesure où les enquêtées qui sont en début de grossesse et ne savent pas si elles sont enceintes n'ont pas déclaré leur état. Au niveau national, on constate que, comme à l’EDST-I, 14 % des femmes se sont déclarées enceintes au moment de l’enquête. L’ISF présente des variations importantes selon la zone de résidence des femmes (tableau 4.2), passant d’un minimum de 5,7 enfants par femme dans la zone 3 (Batha, Guéra et Salamat) et de 5,8 dans la zone 1 (N’Djaména) à un maximum de 7,2 dans la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) et 7,3 dans la zone 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé). Concernant la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira), l’ISF serait seulement de 4,3 enfants par femme : cette fécondité particulièrement faible semble tout à fait sous-estimée alors que, comme à N’Djaména, 12 % des femmes de cette zone se sont déclarées enceintes. Par ailleurs, avec 6,7 enfants, la descendance finale des femmes de cette zone est sensiblement la même que celle des femmes des autres zones. Si l’ISF était réellement de 4,3 dans la zone 4, cela signifierait que la fécondité de ces femmes a connu récemment une baisse extrêmement importante qu’aucun des déterminants proches de la fécondité (en particulier l’âge aux premiers rapports sexuels et l’utilisation de la contraception) ne vient étayer. Enfin, on verra plus loin (chapitre 13 - Mortalité des enfants) que le niveau de mortalité des enfants de cette zone a également été très largement sous-estimé. Il semble donc que les femmes de cette zone aient très largement sous-déclaré leurs naissances, en particulier les naissances d’enfants décédés en bas âge. Comme les femmes de la zone 4 sont, dans leur grande majorité, rurales et sans instruction et appartiennent au quintile de bien-être économique le plus pauvre, la fécondité de ces différentes sous- populations de femmes s’en trouvent également légèrement sous-estimée, ainsi que, dans une moindre mesure, la fécondité au niveau national. Ce sont les femmes qui ont un niveau d’instruction primaire qui se caractérisent par le nombre moyen d’enfants le plus élevé (7,4). Avec un ISF de 6,3, les femmes sans instruction occupent une position intermédiaire et ce sont les femmes les plus instruites qui ont le nombre moyen d’enfants le plus faible (4,2) (graphique 4.2). Avec un ISF de 7,4 enfants, une femme ayant un niveau d’instruction primaire a, en moyenne, 3,2 enfants de plus que celle qui a un niveau d’instruction secondaire (4,2). Du point de vue du niveau de bien-être économique, ce sont les femmes appartenant aux ménages les plus riches (6,0 enfants) et aux plus pauvres (5,1 enfants) qui auraient la fécondité la plus faible et celles appartenant aux ménages de niveau économique intermédiaire, la fécondité la plus élevée (autour de 7 enfants par femme pour les troisième et quatrième quintiles. Comme on l’a indiqué précédemment, la fécondité des femmes sans instruction et celle des femmes des ménages les plus pauvres est très certainement légèrement sous-estimée : la proportion de femmes enceintes dans ces deux sous- populations, proche de la proportion de femmes enceintes dans les autres sous-populations, semble effectivement peu cohérente avec leur niveau de fécondité actuelle. Il en est de même de leur descendance finale dans la mesure où rien n’indique que la fécondité aurait récemment amorcé une baisse parmi ces catégories de femmes (graphique 4.2). L’écart observé entre leur niveau de fécondité et celui des femmes ayant un niveau d’instruction primaire et celui des femmes de ménages moins pauvres est donc certainement moindre qu’il n’apparaît. 60 | Fécondité 4.3 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ La comparaison des résultats de l’EDST-II avec ceux de l'EDST-I indique que les niveaux de fécondité par âge et de l’ISF n’ont pratiquement pas changé au cours des dernières années, surtout si l’on considère que les niveaux actuels sont très légèrement sous- estimés (tableau 4.3 et graphique 4.3). Malgré un taux de fécondité légèrement plus faible à 25-29 ans à l’EDST-II par rapport à l’EDST-I, les courbes des taux de fécondité présentent une allure assez similaire : elles augmentent de la même manière à partir de 15-19 ans, accusent ensuite un palier entre 20-29 ans, baissent légèrement à 30-34 ans, puis décroissent régulièrement jusqu'à 45-49 ans. Les données collectées lors de l'EDST-II permettent également de retracer les tendances passées de la fécondité à partir des taux de fécondité par groupes d'âges des femmes, par période quinquennale avant l'enquête (tableau 4.4). Comme on l’a signalé précédemment, du fait de transferts de naissances des années 1999 vers 1998, les taux pour la période 0-4 avant l’enquête seraient légèrement sous-estimés et ceux de la période 5-9 ans avant l’enquête légèrement surestimés. Si l’on tient compte de ces transferts, la fécondité n’aurait donc que très peu variée au cours des 15 dernières années. Tableau 4.3 Fécondité selon l’EDST-I et l’EDST-II Taux de fécondité par âge et Indice Synthétique de Fécondité selon l’EDST-I (1996-97) et l’EDST-II (2004) Groupe d'âges EDST-I1 EDST-II2 15-19 194 187 20-24 314 295 25-29 313 275 30-34 255 263 35-39 168 163 40-44 68 73 45-49 13 13 ISF 6,6 6,3 Note : Les taux de fécondité par âge sont exprimés pour 1 000 femmes. L’Indice Synthétique de Fécondité est calculé pour les femmes de 15-49 ans. 1 Fécondité pour les cinq années précédant l’enquête. 2 Fécondité pour les trois années précédant l’enquête. Graphique 4.2 Indice synthétique de fécondité et descendance atteinte à 40-49 ans EDST-II 2004 TCHAD RÉSIDENCE N'Djaména Autres Villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou + 0 2 4 6 8 Nombre d'enfants par femme ISF Descendance Fécondité | 61 À partir des taux par âge, on a également calculé, pour chaque période quinquennale, l'ISF des femmes de 15-34 ans, âges auxquels elles ont déjà eu l’essentiel de leurs naissances. Ces données, représentées au graphique 4.4, ont été positionnées par rapport à l'année centrale de chaque période pour laquelle la fécondité a été estimée. Le graphique met en évidence la surestimation de l’ISF pour la période centrée autour de 1996 et la sous-estimation correspondante pour la période centrée sur 2002. On a également représenté sur ce graphique l’ISF des femmes de 15-34 ans selon l’EDST-I : le même phénomène de transferts apparaît entre le niveau de fécondité centré sur 1989 (surestimation) et celui centré sur 1994 (sous- estimation). Ainsi, globalement, si l’on tient compte de ces différents transferts, de la fin des années 80 à aujourd’hui, les différents points devraient être environ au même niveau, signe d’une quasi-stabilité des niveaux de fécondité. Tableau 4.4 Tendance de la fécondité par âge Taux de fécondité par âge par période de cinq ans précédant l'enquête, selon l'âge de la mère au moment de la naissance de l'enfant, Tchad 2004 Nombre d'années avant l'enquête Groupe d'âges 0-4 5-9 10-14 15-19 15-19 193 248 216 235 20-24 306 345 341 338 25-29 295 354 358 308 30-34 269 325 259 [274] 35-39 173 209 [190] - 40-44 68 [87] - - 45-49 [17] - - - Note : Les taux de fécondité par âges sont exprimés pour 1 000 femmes. Les taux entre crochets sont calculés sur la base de données incomplètes. Graphique 4.3 Taux de fécondité par âge selon l'EDST-I et l’EDST-II % % % % % % % * * * * * * * 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 350 Pour mille EDST-II (2001-2004) EDST-I (1992-1997) * % 62 | Fécondité 4.4 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE Lors de l’enquête, on a posé aux femmes une série de questions pour déterminer le nombre total d’enfants qu’elles avaient eus au cours de leur vie. Ces informations ont permis le calcul des parités moyennes par groupe d’âges, pour toutes les femmes et pour les seules femmes en union (tableau 4.5.1). On observe, en premier lieu, une augmentation rapide et régulière des parités avec l’âge de la femme. Pour l’ensemble des femmes, le nombre moyen d’enfants passe de 0,4 enfant à 15-19 ans, à 1,9 enfant à 20-24 ans et atteint 6,9 enfants à 45-49 ans, en fin de vie féconde. Par ailleurs, la répartition des femmes selon le nombre de naissances met en évidence une fécondité précoce élevée puisque environ 30 % des jeunes filles de moins de 20 ans ont déjà donné naissance à, au moins, un enfant. À 40-49 ans, en fin de vie féconde, environ un tiers des femmes ont donné naissance à 9 enfants et plus. Les résultats concernant les femmes en union diffèrent très peu de ceux concernant toutes les femmes sauf à 15-19 ans, âge auquel une proportion importante de femmes ne sont pas encore en union. En effet, à 15-19 ans, on constate que les deux tiers des femmes en union (67 %) ont déjà eu, au moins, un enfant contre seulement 30 % de l’ensemble des femmes. À partir de 20 ans, âge à partir duquel la majorité des femmes sont en union, les écarts tendent à s’estomper : ainsi à 20-24 ans, 91 % des femmes en union ont déjà eu, au moins, un enfant contre 82 % de l’ensemble des femmes. D’une manière générale, les femmes qui restent volontairement sans enfant sont relativement rares en Afrique et, en particulier au Tchad où la population reste encore très pro-nataliste (voir Chapitre 7 : Préférences en matière de fécondité). Par conséquent, la parité zéro des femmes en union et âgées de 35-49 ans (âges auxquels l’arrivée d’un premier enfant est peu probable) permet d’estimer le niveau de la stérilité totale ou primaire. Au Tchad, 2 % des femmes de 35-49 ans en union n’ont jamais eu d’enfants et peuvent être considérées comme stériles. Ce niveau est très proche de celui observé lors de l’enquête précédente (2,5 %). Graphique 4.4 Tendances de l'ISF pour les femmes de 15-34 ans selon l'EDST-I et l'EDST-II # # # # & & & & 1979 1984 89 90 1994 1996 2002 2004 Année centrale des estimations 3 4 5 6 7 Enfants par femme EDST-II EDST-I Fécondité | 63 Tableau 4.5.1 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes Répartition (en %) de toutes les femmes et de celles actuellement en union par nombre d'enfants nés vivants, nombre moyen d'enfants nés vivants et nombre moyen d'enfants survivants, selon le groupe d'âges des femmes, Tchad 2004 Nombre d'enfants nés vivants Groupe d'âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10+ Total Effectif Nombre moyen d'enfants nés vivants Nombre moyen d'enfants survivants TOUTES LES FEMMES 15-19 69,8 21,6 7,8 0,8 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 360 0,40 0,32 20-24 17,8 21,8 30,7 18,9 8,2 1,8 0,9 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 072 1,87 1,56 25-29 4,0 6,8 13,5 24,2 23,0 18,2 6,5 2,4 1,1 0,3 0,0 100,0 1 140 3,56 2,83 30-34 2,3 2,8 4,9 11,7 16,1 19,5 17,9 13,5 6,8 3,6 0,8 100,0 783 5,07 4,09 35-39 1,2 3,0 2,1 4,1 6,5 9,8 14,1 20,0 17,2 10,5 11,5 100,0 657 6,73 5,29 40-44 2,0 2,3 2,1 1,4 5,4 11,4 11,8 14,8 15,3 15,5 17,8 100,0 525 7,22 5,59 45-49 3,4 2,9 3,6 5,6 7,8 8,7 9,2 10,9 12,5 13,7 21,7 100,0 547 6,92 5,06 Ensemble 20,4 11,1 11,0 10,6 9,7 9,1 7,0 6,6 5,4 4,2 4,8 100,0 6 085 3,71 2,91 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 33,5 47,1 17,6 1,7 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 571 0,88 0,71 20-24 9,2 23,2 33,9 21,1 9,5 2,1 1,1 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 907 2,09 1,75 25-29 1,9 6,2 12,8 25,1 23,9 19,7 6,6 2,4 1,2 0,3 0,0 100,0 1 051 3,70 2,94 30-34 1,6 2,2 4,3 11,7 16,1 19,6 18,1 14,6 6,9 3,9 0,9 100,0 712 5,19 4,20 35-39 1,0 2,2 1,6 3,7 6,2 9,6 13,5 20,1 18,6 11,0 12,6 100,0 598 6,91 5,44 40-44 1,7 1,7 1,2 1,2 5,3 11,2 11,6 14,7 15,3 16,4 19,8 100,0 443 7,45 5,80 45-49 3,4 3,0 2,6 5,3 7,4 5,7 8,0 11,3 13,9 18,1 21,2 100,0 380 7,14 5,35 Ensemble 7,1 12,7 12,8 12,8 11,6 10,6 8,0 7,7 6,3 5,1 5,4 100,0 4 663 4,32 3,42 Le tableau 4.5.2 présente les données sur la fécondité totale de l’ensemble des hommes et des hommes en union. Comme chez les femmes, on constate une augmentation régulière et rapide du nombre moyen d’enfants nés vivants : ainsi, de 0,4 enfant, en moyenne, à 20-24 ans, ce nombre atteint 3,6 enfants à 30-34 ans et plus de 9 enfants à 50 ans et plus. Jusqu’à 30 ans, le nombre moyen d’enfants est nettement plus élevé chez les hommes en union ; au-delà de cet âge, comme la quasi-totalité des hommes sont en union, les écarts tendent à s’estomper. La comparaison de ces résultats avec ceux des femmes en union permet de relever que chez ces dernières, le nombre moyen d’enfants augmente beaucoup plus rapidement que chez les hommes ; mais, aux âges élevés, les hommes en union, par le biais des unions successives et de la polygamie, finissent par avoir une parité moyenne beaucoup plus élevée que celle des femmes. 64 | Fécondité Tableau 4.5.2 Enfants nés vivants et enfants survivants des hommes Répartition (en %) de toutes les hommes et de ceux actuellement en union par nombre d'enfants nés vivants, nombre moyen d'enfants nés vivants et nombre moyen d'enfants survivants, selon le groupe d'âges des hommes, Tchad 2004 Nombre d'enfants nés vivants Groupe d'âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10+ Total Effectif Nombre moyen d'enfants nés vivants Nombre moyen d'enfants survivants TOUS LES HOMMES 15-19 99,3 0,7 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 406 0,01 0,01 20-24 75,0 14,3 7,4 2,1 1,0 0,0 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 100,0 267 0,41 0,38 25-29 30,1 17,9 17,1 14,3 10,5 5,0 2,9 1,9 0,0 0,3 0,0 100,0 293 1,95 1,55 30-34 12,6 11,5 12,5 19,6 13,1 11,0 9,4 2,0 1,9 0,4 5,9 100,0 212 3,55 2,91 35-39 5,0 7,3 7,6 8,4 14,2 12,2 10,9 7,1 11,6 5,2 10,5 100,0 181 5,40 4,27 40-44 3,1 1,4 5,1 6,5 3,7 8,5 12,8 12,2 8,2 10,4 28,1 100,0 172 7,43 5,75 45-49 0,7 2,2 0,4 5,3 3,5 6,0 10,5 13,6 9,2 11,6 36,9 100,0 151 8,95 6,48 50-54 0,9 0,0 1,5 6,8 10,2 6,6 2,9 8,7 4,8 10,2 47,5 100,0 113 9,23 6,83 55-59 2,5 0,5 2,9 3,1 2,5 6,2 9,1 3,2 6,7 17,2 46,2 100,0 92 9,74 7,43 Ensemble 39,0 7,3 6,6 7,1 6,0 5,1 5,2 4,1 3,4 3,9 12,3 100,0 1 887 3,70 2,85 HOMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 * * * * * * * * * * * * 4 0,64 0,64 20-24 35,2 33,8 21,3 6,3 2,9 0,0 0,0 0,6 0,0 0,0 0,0 100,0 91 1,11 1,03 25-29 11,1 20,5 21,1 19,4 14,2 6,8 4,0 2,5 0,0 0,4 0,0 100,0 217 2,56 2,04 30-34 5,3 12,7 13,0 20,3 14,7 12,3 10,5 2,3 2,2 0,3 6,5 100,0 190 3,89 3,22 35-39 1,7 5,4 8,2 8,2 14,6 13,2 11,4 7,7 12,6 5,6 11,4 100,0 167 5,75 4,56 40-44 0,3 1,3 5,4 4,3 3,9 9,0 13,5 12,9 8,7 11,0 29,7 100,0 162 7,78 6,00 45-49 0,4 2,0 0,4 5,0 3,6 4,8 10,8 14,0 9,2 11,8 37,9 100,0 147 9,08 6,58 50-54 0,0 0,0 1,5 4,9 10,6 5,9 3,0 9,0 5,0 10,6 49,4 100,0 109 9,50 7,04 55-59 0,0 0,5 3,2 3,4 0,8 5,2 9,1 2,1 7,3 18,1 50,3 100,0 84 10,27 7,84 Ensemble 6,1 9,9 10,0 10,5 9,3 7,9 8,2 6,5 5,5 6,2 19,8 100,0 1 170 5,85 4,51 * Basé sur un faible nombre de cas non pondérés 4.5 GROSSESSES IMPRODUCTIVES Lors de l’interview, on a demandé à toutes les femmes, qu’elles aient déjà eu ou non un enfant, si elles avaient eu des grossesses qui n’avaient pas abouti à une naissance vivante, à savoir un mort-né, une fausse-couche ou un avortement provoqué. Le tableau 4.6 présente la répartition de toutes les femmes selon qu’elles ont eu ou non au moins une grossesse improductive au cours de leur vie. Seulement 12 % des femmes ont déclaré avoir eu, au moins, une grossesse improductive au cours de leur vie féconde. Cette proportion est très nettement inférieure à celle estimée par l’EDST-I de 1996- 97 (20 %). Dans la mesure où il s’agit d’évènements rétrospectifs et dans la mesure où la majorité des femmes de l’EDST-I de 1996-97 sont toujours présentes dans la population enquêtée en 2004, il n’est pas possible que cette proportion ait chuté de façon aussi importante (de 20 % à 12 %, soit une baisse de 40 %) en l’espace de sept ans. Par ailleurs, il est fort improbable que cette proportion ait été surestimée en 1996-97 puisque cela signifierait que les femmes auraient alors déclaré des grossesses improductives qui ne se seraient pas produites. Il faut donc supposer que cet écart est dû, du moins en partie, à des sous- déclarations des grossesses improductives au cours de l’enquête de 2004. Fécondité | 65 Comme la durée d’exposition au risque de grossesses improductives augmente avec l’âge, on s’attend à ce que la proportion de femmes ayant déjà eu, au moins, une grossesse de ce type augmente également avec l’âge. Les données du tableau 4.6 font effectivement apparaître une augmentation régulière des proportions avec l’âge, passant de 2 % à 15-19 ans à 19 % à 30-34 ans. Cependant, à partir de 30-34 ans, les proportions n’augmentent plus, mais varient de façon irrégulière entre 18 % et 21 %. Ce sont donc très certainement les femmes de 35 ans et plus qui ont sous-déclaré les grossesses improductives. Si la fréquence des grossesses improduc- tives ne varie que très peu selon le milieu de résidence et le niveau d’instruction de la femme, il n’en est pas de même du point de vue régional, puisque les proportions varient, de façon surprenante, d’un minimum de 5 % (certainement sous-estimé) dans la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) à un maximum de 17 % dans la zone 3 (Batha, Guéra et Salamat). 4.6 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE La durée de l’intervalle qui sépare la naissance d’un enfant de la naissance précédente a une influence sur le niveau de fécondité, mais aussi sur l’état de santé de la mère et de l’enfant. Les intervalles intergénésiques courts (inférieurs à 24 mois) sont nuisibles à la santé et à l’état nutritionnel des enfants et augmentent fortement leurs risques de décéder (voir chapitre 13 - Mortalité des enfants). Par ailleurs, les naissances trop rapprochées amoindrissent la capacité physiologique de la femme ; ce faisant, elles exposent la mère aux complications durant la grossesse et à l’accouchement (éclampsie, fausses couches) et accroissent leurs risques de mortalité maternelle. L’étude des intervalles intergénésiques revêt donc une grande importance, non seulement, dans l’analyse de la fécondité, mais aussi pour la mise en place de programmes en matière de santé de la reproduction. Le tableau 4.7 présente la répartition des naissances, autres que de rang 1, survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, en fonction des caractéristiques sociodémographiques. Tableau 4.6 Grossesses improductives Répartition (en %) de l'ensemble des femmes par nombre de grossesses improductives, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Grossesses improductives Caractéristique sociodémographique Aucun 1 ou plus Total Effectif Âge 15-19 98,0 2,0 100,0 1 360 20-24 92,0 8,0 100,0 1 072 25-29 86,9 13,1 100,0 1 140 30-34 80,8 19,2 100,0 783 35-39 81,2 18,8 100,0 657 40-44 79,1 20,9 100,0 525 45-49 82,4 17,6 100,0 547 Nombre d'enfants vivants 0 96,8 3,2 100,0 1 219 1 89,8 10,2 100,0 887 2 86,5 13,5 100,0 796 3 86,4 13,6 100,0 812 4 84,4 15,6 100,0 678 5 84,7 15,3 100,0 539 6+ 82,3 17,7 100,0 1 154 Résidence N'Djaména 87,4 12,6 100,0 516 Autres Villes 85,5 14,5 100,0 773 Ensemble urbain 86,3 13,7 100,0 1 289 Rural 88,2 11,8 100,0 4 796 Zone Zone 1 87,4 12,6 100,0 516 Zone 2 90,8 9,2 100,0 731 Zone 3 82,7 17,3 100,0 732 Zone 4 90,0 10,0 100,0 605 Zone 5 94,9 5,1 100,0 723 Zone 6 85,8 14,2 100,0 620 Zone 7 85,1 14,9 100,0 1 320 Zone 8 88,1 11,9 100,0 836 Niveau d'instruction Aucune instruction 87,5 12,5 100,0 4 549 Primaire 88,5 11,5 100,0 1 144 Secondaire ou plus 90,1 9,9 100,0 392 Ensemble 87,8 12,2 100,0 6 085 66 | Fécondité Tableau 4.7 Intervalle intergénésique Répartition (en %) des naissances, autres que les naissances de rang un, survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente Caractéristique sociodémographique 7-17 18-23 24-35 36-47 48+ Total Effectif de naissances suivant une première naissance Nombre médian de mois écoulés depuis la naissance précédente Âge 15-19 21,3 23,6 39,5 13,9 1,6 100,0 117 26,0 20-29 7,7 18,3 43,4 20,5 10,1 100,0 2 494 29,3 30-39 6,4 18,2 38,2 20,5 16,7 100,0 1 867 31,0 40-49 7,0 14,8 34,4 22,8 20,9 100,0 459 33,5 Rang de naissance 2-3 7,6 16,7 43,4 20,5 11,7 100,0 1 830 30,1 4-6 7,0 19,9 37,6 20,4 15,0 100,0 1 916 30,3 7+ 8,0 17,2 40,8 20,7 13,3 100,0 1 192 30,1 Sexe de la naissance Masculin 7,7 18,1 40,7 20,5 13,0 100,0 2 573 30,2 Féminin 7,2 18,0 40,4 20,6 13,8 100,0 2 365 30,1 État de survie de la naissance précédente En vie 5,6 17,2 41,9 21,8 13,5 100,0 3 970 31,0 Décédée 15,4 21,5 34,8 15,3 13,1 100,0 967 27,1 Résidence N'Djaména 10,3 16,7 37,7 21,6 13,7 100,0 346 30,6 Autres Villes 7,1 17,1 41,9 19,8 14,0 100,0 546 30,4 Ensemble urbain 8,4 16,9 40,3 20,5 13,9 100,0 892 30,5 Rural 7,3 18,3 40,6 20,5 13,3 100,0 4 045 30,1 Zone Zone 1 10,3 16,7 37,7 21,6 13,7 100,0 346 30,6 Zone 2 6,0 15,3 42,1 20,9 15,7 100,0 619 31,8 Zone 3 8,2 18,5 39,8 21,5 12,0 100,0 573 29,5 Zone 4 6,1 18,5 45,5 18,8 11,1 100,0 343 30,5 Zone 5 6,2 19,1 40,1 20,8 13,9 100,0 655 29,5 Zone 6 8,4 19,5 40,8 16,9 14,5 100,0 517 29,0 Zone 7 9,4 19,5 39,9 19,1 12,1 100,0 1 228 28,5 Zone 8 4,6 15,8 40,1 25,1 14,4 100,0 655 33,4 Niveau d'instruction Aucune instruction 6,9 18,5 39,9 20,9 13,7 100,0 3 858 30,4 Primaire 9,8 17,3 41,8 19,4 11,8 100,0 925 28,7 Secondaire ou plus 7,6 10,7 47,9 18,6 15,2 100,0 154 31,7 Ensemble 7,5 18,1 40,5 20,5 13,4 100,0 4 937 30,2 Note : Les naissances de rang 1 sont exclues. L'intervalle pour les naissances multiples est le nombre de mois écoulés depuis la grossesse précédente qui a abouti à une naissance vivante. Fécondité | 67 On constate que 8 % des naissances sont survenues à moins de 18 mois de la naissance précédente et que dans 18 % des cas, les enfants sont nés entre 18 et 24 mois après leur aîné : ainsi, au total, dans 26 % des cas, l’intervalle intergénésique est inférieur à deux ans. Néanmoins, une importante proportion de naissances (41 %) se produisent entre 2 et 3 ans après la naissance précédente, et environ un tiers des enfants (34 %) sont nés trois ans ou plus après leur aîné. La durée médiane de l’intervalle intergénésique est estimée à environ deux ans et demi (30,2 mois), soit approximativement la même qu’à l’EDST-I (31,1 mois). On remarque que l’intervalle intergénésique s’accroît au fur et à mesure que l’âge des femmes augmente : la médiane passe d’un minimum de 26,0 mois parmi les jeunes femmes de 15-19 ans à un maximum de 33,5 mois parmi les plus âgées de 40-49 ans. Parmi les jeunes femmes de 15-19 ans, 45 % ont un enfant moins de deux ans après la naissance précédente. Ni le rang de naissance de l’enfant, ni son sexe n’influent sur l’intervalle intergénésique. Il en va différemment de l’état de survie de l’enfant précédent puisque lorsque celui-ci est décédé, dans 50 % des cas, il est suivi d’une autre naissance dans les 27 mois. Par contre, lorsque l’enfant précédent est toujours en vie, la médiane est de 31 mois. Ainsi, les naissances qui suivent les enfants décédés se produisent beaucoup plus rapidement que lorsque l’enfant précédent est toujours en vie : 37 % des naissances ont lieu moins de deux ans après la naissance de l’enfant précédent, si celui-ci est décédé, 23 % lorsqu’il est toujours en vie. Le désir de remplacement de l’enfant décédé explique très certainement en partie ce comportement. On ne constate aucune variation significative de l’intervalle médian selon le milieu de résidence. Cependant, du point de vue régional, le nombre médian de mois qui se sont écoulés depuis la naissance précédente varie d’un minimum de 28,5 mois dans la zone 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé), où 29 % des naissances se produisent moins de deux ans après la naissance précédente, à un maximum de 33,4 mois dans la zone 8 (Mandoul et Moyen Chari). En ce qui concerne le niveau d’instruction de la mère, on constate peu d’écarts. C’est parmi les femmes qui ont un niveau d’instruction primaire que l’intervalle intergénésique est le plus court (28,7 mois) et c’est parmi les plus instruites qu’il est le plus long (31,7 mois). 4.7 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE La descendance finale est généralement influencée par l’âge auquel les femmes ont eu leur première naissance, en particulier lorsque l’utilisation de la contraception est faible. Plus l’âge à la première naissance est précoce, plus la probabilité qu’une femme ait de nombreux enfants est élevée ; d’autre part, un âge à la première naissance trop précoce peut aussi avoir des répercussions importantes sur la santé de la mère et constituer un facteur de risque de mortalité des enfants. Le tableau 4.8 présente la proportion de femmes ayant déjà eu une première naissance avant d’atteindre certains âges et l’âge médian à la première naissance selon le groupe d’âges au moment de l’enquête. 68 | Fécondité Tableau 4.8 Âge à la première naissance Pourcentage de femmes qui ont eu une première naissance avant d'atteindre certains âges exacts et âge médian à la première naissance selon l'âge actuel, Tchad 2004 Pourcentage qui ont eu une première naissance avant d'atteindre l'âge: Âge actuel 15 18 20 22 25 Pourcentage de femmes sans naissance vivante Effectif des femmes Âge médian à la première naissance 15-19 5,8 na na na na 69,8 1 360 a 20-24 12,4 48,0 70,5 na na 17,8 1 072 18,2 25-29 10,9 48,0 71,6 84,5 94,1 4,0 1 140 18,2 30-34 12,3 48,9 68,3 80,3 92,5 2,3 783 18,1 35-39 11,6 52,3 70,6 85,9 94,6 1,2 657 17,8 40-44 11,8 43,4 63,3 75,9 88,9 2,0 525 18,7 45-49 11,1 37,4 57,4 71,8 84,9 3,4 547 19,1 na = Non applicable a = Sans objet parce que moins de 50 % de femmes ont eu une naissance avant d'atteindre le début du groupe d'âges. Parmi les femmes de 20-24 ans, 48 % avaient déjà, au moins, un enfant en atteignant leur 18ème anniversaire et 71 % en atteignant 20 ans. Ces proportions sont pratiquement les mêmes pour les femmes de 25-39 ans ; par contre, elles sont légèrement plus faibles parmi les femmes de 40-44 et 45-49 ans. Pour ces femmes des générations les plus anciennes, il en résulte un âge médian à la première naissance (respectivement 18,7 et 19,1 ans) légèrement plus élevé que pour les générations les plus récentes (18,2 ans). Compte tenu de la faiblesse des écarts et de l’imprécision des déclarations d’âges, imprécisions d’autant plus importante que l’âge de la femme avance, il est improbable que ces variations soient le signe d’un rajeunissement, au fil des générations, de l’âge des femmes à la naissance de leur premier enfant. Ce que semble corroborer le fait que l’âge médian de l’ensemble des femmes de 25-49 ans soit resté inchangé (18,3 ans) depuis l’EDST-I (tableau 4.9). Tableau 4.9 Âge médian à la première naissance selon certaines caractéristiques sociodémographiques Âge médian à la première naissance des femmes de 20 (25)-49 ans par âge actuel, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Âge actuel Caractéristique sociodémographique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Âge 25-49 Résidence N'Djaména 19,1 19,3 18,4 18,1 18,1 17,3 18,5 Autres Villes 18,1 18,5 18,2 18,7 19,0 18,8 18,6 Ensemble urbain 18,6 18,9 18,3 18,5 18,7 18,2 18,5 Rural 18,0 18,0 18,1 17,6 18,7 19,4 18,3 Zone Zone 1 19,1 19,3 18,4 18,1 18,1 17,3 18,5 Zone 2 16,9 16,7 17,0 17,8 20,2 23,2 18,1 Zone 3 17,0 17,4 16,9 17,5 17,9 18,0 17,4 Zone 4 - 18,8 19,3 17,5 18,8 19,2 18,7 Zone 5 17,5 17,3 17,4 17,5 17,8 19,1 17,7 Zone 6 18,2 18,0 17,9 17,8 17,7 18,4 17,9 Zone 7 17,3 18,3 17,8 17,3 18,7 19,0 18,2 Zone 8 19,6 19,9 20,4 19,0 20,4 19,7 19,8 Niveau d'instruction Aucune instruction 17,7 17,8 17,9 17,7 18,6 19,2 18,1 Primaire 18,3 19,0 18,3 18,2 19,0 18,9 18,6 Secondaire ou plus a 20,7 21,1 20,2 19,6 18,6 20,5 Ensemble 18,2 18,2 18,1 17,8 18,7 19,1 18,3 a = Sans objet parce que moins de 50 % de femmes ont eu une naissance avant d'atteindre le début du groupe d'âges. Fécondité | 69 Le tableau 4.9 présente l’âge médian à la première naissance par âge actuel et selon différentes caractéristiques sociodémographiques de la femme. Pour l’ensemble des femmes de 25-49 ans, l’âge médian ne présente que de très faibles variation selon le milieu de résidence, par contre il varie fortement au niveau régional et selon le niveau d’instruction. Au point de vue régional, avec un âge médian inférieur à 18 ans, ce sont les femmes des zones 3 (Batha, Guéra et Salamat), 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) et 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest) qui ont la fécondité la plus précoce ; par contre, dans la zone 8 (Mandoul et Moyen Chari), il faut attendre 19,8 ans, soit près de deux plus tard, pour que la moitié des femmes aient déjà eu leur premier enfant. De même, la venue d’un premier enfant se produit près de deux ans plus tôt chez les femmes sans instruction (18,1 ans) et chez celles ayant un niveau d’instruction primaire (18,6 ans) que chez celles qui ont un niveau d’instruction au moins secondaire (20,5 ans). 4.8 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES La fécondité des adolescentes occupe une place importante dans l’élaboration des politiques et la mise en oeuvre des stratégies et des programmes de la santé de la reproduction. L’analyse de la fécondité des adolescentes revêt une grande importance pour des raisons diverses. Premièrement, les enfants nés de mère très jeune courent des risques élevés de morbidité et de mortalité. Deuxièmement, les mères adolescentes sont plus exposées que leurs aînées aux complications de la grossesse et moins aptes à les gérer, ce qui leur fait courir des risques accrus de complications pendant l’accouchement et de décès pour causes maternelles. Troisièmement, leur entrée précoce dans la vie reproductive réduit considérablement leurs opportunités scolaires et donc profes- sionnelles. Le tableau 4.10 présente les proportions d’adolescentes de 15-19 ans qui ont déjà eu un ou plusieurs enfants et de celles qui sont enceintes pour la première fois. En considérant que la somme de ces deux pourcentages fournit la proportion d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde, on constate que plus du tiers des jeunes femmes de 15-19 ans (37 %) ont déjà commencé leur vie féconde : 30 % sont déjà mères et 6 % sont enceintes pour la première fois. Ces proportions ont peu changé depuis l’EDST-I qui estimait à 39 % la proportion d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde. Tableau 4.10 Grossesse et fécondité des adolescentes Pourcentage d'adolescentes de 15-19 ans ayant déjà eu un enfant ou étant enceintes d'un premier enfant, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Pourcentage de femmes qui sont: Caractéristique sociodémographique Mères Enceintes d'une première naissance Pourcentage ayant déjà commencé leur vie féconde Effectif de femmes Âge 15 3,0 3,7 6,7 324 16 16,0 3,8 19,8 264 17 31,6 10,0 41,6 270 18 49,7 7,8 57,5 332 19 64,0 7,2 71,3 170 Résidence N'Djaména 25,0 4,6 29,6 133 Autres Villes 28,1 4,6 32,8 202 Ensemble urbain 26,9 4,6 31,5 335 Rural 31,3 7,0 38,3 1 026 Zone Zone 1 25,0 4,6 29,6 133 Zone 2 30,8 3,4 34,3 147 Zone 3 37,9 7,4 45,3 133 Zone 4 16,8 2,0 18,8 169 Zone 5 49,6 9,1 58,7 159 Zone 6 30,5 9,5 40,0 160 Zone 7 33,8 6,0 39,8 287 Zone 8 16,7 9,4 26,1 173 Niveau d'instruction Aucune instruction 34,8 6,4 41,2 857 Primaire 24,1 7,7 31,8 349 Secondaire ou plus 18,5 3,8 22,3 155 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 24,5 6,4 30,9 279 Second 34,5 8,2 42,8 257 Moyen 36,7 5,2 41,8 228 Quatrième 31,9 4,9 36,8 288 Le plus riche 25,5 7,3 32,8 309 Ensemble 30,2 6,4 36,6 1 360 70 | Fécondité À l’âge de 15 ans, 7 % des femmes ont déjà commencé leur vie féconde et cette proportion augmente régulièrement et rapidement avec l’âge (graphique 4.5) : à 17 ans, 42 % des femmes ont déjà, au moins, un enfant ou sont enceintes pour la première fois et, à 19 ans, cette proportion concerne près des trois quarts des jeunes femmes (71 %) dont la grande majorité (64 %) a déjà, au moins, un enfant. Les proportions d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde ne varient qu’assez peu selon le milieu de résidence, passant de 32 % en milieu urbain à 38 % en milieu rural. Par contre, ces proportions présentent de très fortes variations au niveau régional : dans les zones 8 (Mandoul et Moyen Chari) et 1 (N’Djaména), moins de 30 % de jeunes femmes sont mères ou enceintes de leur premier enfant, alors que ces proportions atteignent 45 % dans la zone 3 (Batha, Guéra et Salamat) et près du double (59 %) dans la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi). On notera la proportion particulièrement faible pour la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) (19 %) qui résulte des sous-déclarations de naissances déjà mentionnées pour cette zone. Du point de vue de l’instruction, la proportion d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde est environ deux fois plus importante chez celles qui n’ont pas fréquenté l’école que chez celles ayant atteint un niveau secondaire (41 % contre 22 %). Enfin, on constate une diminution des proportions avec l’augmentation du niveau de bien-être du ménage, sauf pour les adolescentes des ménages les plus pauvres qui seraient, proportionnellement, les moins nombreuses (31 %) à avoir commencé leur vie féconde. Graphique 4.5 Proportion d'adolescentes ayant commencé leur vie féconde selon l'EDST-I et l'EDST-II 39 9 21 40 58 68 37 7 20 42 58 71 15-19 15 16 17 18 19 Âge 0 20 40 60 80 Pourcentage EDST-I EDST-II Planification Familiale | 71 PLANIFICATION FAMILIALE 5 Tchobkréo Bagamla Le rythme élevé de la croissance démographique constitue un frein aux efforts de développement dans la plupart des pays africains. La persistance d’un écart important entre la croissance démographique et la croissance économique insuffisante est souvent un facteur qui contribue à la détérioration des conditions de vie des populations. La fécondité qui est l’une des composantes essentielles de cette évolution démographique fait l’objet de toutes les préoccupations. Il convient de souligner qu’en dépit des actions entreprises, le niveau de fécondité observé actuellement au Tchad, demeure l’un des plus élevés au monde. C’est pourquoi l’une des priorités du gouvernement tchadien est de créer des conditions appropriées pour une maîtrise de la fécondité, et ce, en prenant en compte la dimension population dans tous les plans et programmes de développement. Ce souci a été matérialisé par la Déclaration de la Politique de Population (DPP) qui a été adoptée en juillet 1994 et révisé en 2002. À l’instar des pays d’Afrique au sud du Sahara, l’offre des services de planification familiale est récente au Tchad. Les activités de planification familiale ont commencé à se pratiquer après l’abrogation en 1993 de la loi française de 1920 qui interdisait l'importation, la vente des contraceptifs et la propagande anticonceptionnelle. C’est ainsi qu’a démarré en septembre 1995 le projet de Marketing Social de Condom au Tchad (MASOCOT) dont l'un des objectifs est de promouvoir la vente des condoms et de comportements responsables en vue de limiter la propagation des IST/VIH/sida, cela par l’inter- médiaire d’une campagne de communication. Cependant, l’EDST-I réalisée en 1996-97 a montré que la prévalence de la contraception se situait à un niveau relativement faible (4 %), alors que le niveau des besoins non satisfaits en matière de planification familiale était estimé à 8 %. Cette décision du gouverne- ment, dont l’objectif principal est de permettre aux couples et, en particulier, aux femmes de maîtriser leur fécondité et de prendre librement et en pleine connaissance de cause leurs décisions concernant le nombre de naissances et l’espacement de ces naissances vient donc à point nommé. La vulgarisation des méthodes de contraception pourra ainsi répondre aussi bien aux attentes qu’à la réalisation des objectifs en matière de population. Les informations collectées par l’EDST-II sur la planification familiale sont importantes et permettent d’évaluer les actions en cours et d’ajuster, éventuellement, les stratégies mises en place dans ce domaine. Comme lors de la précédente enquête, l’EDST-II a collecté des informations sur : • la connaissance et la pratique de la contraception ; • la connaissance de la période féconde ; • les sources d’approvisionnement en contraception ; • l’utilisation future de la contraception ; • les sources d’information sur la contraception ; • les opinions et les attitudes face à la contraception. 5.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION La pratique de la contraception suppose, au préalable la connaissance d’au moins une méthode contraceptive, ainsi qu’une source d’approvisionnement. La collecte des informations relatives à la connaissance des méthodes est faite en deux étapes. D’abord, l’agent note la (ou les) méthode(s) citée(s) 72 | Planification Familiale spontanément par l’interviewé. Ensuite, dans le cas où la personne enquêtée n’a pas cité l’ensemble des méthodes listées dans le questionnaire, l’agent devait procéder à une brève présentation des méthodes non citées et enregistrer si oui ou non l’interviewé en avait entendu parler. Une personne est supposée connaître une méthode contraceptive si elle la cite spontanément ou si elle déclare la connaître après la présentation. Les différentes méthodes retenues dans le questionnaire sont classées en trois catégories : • les méthodes modernes, comprenant la stérilisation féminine et la stérilisation masculine, la pilule, le stérilet ou DIU (Dispositif Intra Utérin), les injectables, les implants (Norplant), le condom masculin, le condom féminin, le diaphragme, les méthodes vaginales (spermicides, mousses et gelées) et la pilule du lendemain ; • les méthodes traditionnelles, comprenant la méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA), la continence périodique et le retrait ; • les méthodes, dites populaires, comme les herbes, les tisanes et autres méthodes pouvant rentrer dans cette catégorie. Les résultats présentés au tableau 5.1 montrent que 61 % des femmes et une proportion nettement plus élevée d’hommes (79 %) ont déclaré connaître une méthode contraceptive. En outre, par rapport à l’EDST-I, on observe une augmentation des proportions de femmes et d’hommes ayant déclaré connaître une méthode contraceptive (45 % et 72 % contre 61 % et 79 %). Les résultats montrent que l’écart de niveau de connaissance entre les deux enquêtes est dû à la proportion élevée de femmes et d’hommes ayant déclaré connaître la MAMA, méthode qui n’avait pas été pris en compte lors de la première enquête (26 % des femmes et 36 % des hommes). Ce niveau élevé de connaissance de la MAMA est sujet à caution car cette méthode est très mal connue et a souvent été assimilée à l’allaitement1. Il faut rappeler que cette méthode requiert trois conditions : la mère doit être en aménorrhée ; l’enfant doit être âgé de moins de six mois et il doit être exclusivement allaité. Or, les résultats concernant les pratiques d’allaitement (voir chapitre 12) montrent qu’au Tchad la proportion d’enfants de moins de six mois exclusivement allaités est négligeable. Il semble fort probable que ce niveau élevé de connaissance de cette méthode résulte d’une confusion avec l’allaitement et que donc l’amélioration du niveau de connaissance ne soit, en partie, qu’artificielle. En ce qui concerne le type de méthode, on constate que les méthodes modernes sont plus fréquemment connues que les méthodes traditionnelles (48 % contre 32 % parmi les femmes ; 74 % contre 60 % parmi les hommes). Parmi les méthodes modernes, les plus connues sont le condom masculin (36 % des femmes et 68 % des hommes), la pilule (35 % des femmes et 44 % des hommes) et les injections (32 % des femmes et 50 % des hommes). Parmi les méthodes traditionnelles, on constate que les femmes comme les hommes ont cité la méthode de l’allaitement (26 % des femmes et 36 % des hommes). Il faut souligner enfin que plus d’un tiers des hommes (38 % contre seulement 4 % des femmes) ont déclaré connaître le retrait. Les résultats du tableau 5.1 sont également présentés pour les femmes et les hommes en union. Chez les femmes, les écarts entre les deux catégories de femmes sont minimes et cela quelle que soit la méthode, 61 % de l'ensemble des femmes et 63 % des femmes en union connaissent au moins une méthode. Il en est de même pour la connaissance des méthodes modernes : elle est de 49 % pour les femmes en union et de 48 % pour l’ensemble des femmes. Pour les méthodes traditionnelles, les proportions sont, respectivement, de 36 % et de 32 %. Le nombre moyen de méthodes connues est très proche (1,7 contre 1,8 méthodes connues). 1 Pour cette raison, au tableau 5.1, la MAMA a été remplacée par l’allaitement. Planification Familiale | 73 Tableau 5.1 Connaissance des méthodes contraceptives Pourcentage de femmes et d'hommes, et de femmes et d'hommes actuellement en union, qui connaissent une méthode contraceptive, selon les méthodes, Tchad 2004 Femmes Hommes Méthode contraceptive Ensemble Actuellement en union Ensemble Actuellement en union Une méthode quelconque 60,6 62,7 78,5 81,8 Une méthode moderne 48,4 48,6 74,0 75,1 Stérilisation féminine 11,4 11,8 38,8 44,9 Stérilisation masculine 2,8 2,6 16,6 20,7 Pilule 35,2 36,0 43,9 47,0 DIU 3,1 2,9 9,6 10,8 Injections 31,6 32,2 50,1 54,9 Implants 2,0 1,9 4,7 4,9 Condom masculin 35,7 35,4 67,7 68,3 Condom féminin 7,1 6,4 27,3 28,5 Diaphragme 1,3 1,1 5,6 5,7 Mousse /gelée 1,2 1,2 11,1 13,0 Contraception d'urgence 1,6 1,5 7,8 8,4 Une méthode traditionnelle 32,1 35,5 59,5 69,5 Allaitement 25,7 29,3 35,5 48,3 Continence périodique 12,5 13,2 50,4 57,5 Retrait 4,0 3,9 38,0 43,3 Méthode populaire 0,5 0,5 3,7 4,4 Aucune méthode 39,4 37,3 21,5 18,2 Nombre moyen de méthodes connues 1,7 1,8 4,0 4,5 Effectif 6 085 4 663 1 887 1 170 La comparaison avec l’enquête précédente fait apparaître une légère amélioration de la connaissance des méthodes modernes (de 43 % à 48 % parmi l’ensemble des femmes et de 43 % à 49 % parmi les femmes en union). Cette amélioration du niveau de connaissance est due à l’amélioration de la connaissance des trois méthodes les plus fréquemment citées : pilule, injections et condom masculin : en 1996/97, 25 % des femmes en union avaient déclaré connaître le condom ; en 2004, cette proportion est de 35 %. En ce qui concerne la connaissance de la pilule, les proportions sont passées de 28 % à 36 %. Quant aux autres méthodes, on constate que la tendance générale est plutôt à la baisse : par exemple, la proportion connaissant le DIU est passée de 6 % en 1996-97 à 3 % en 2004). Le niveau de connaissance des hommes est plus élevé que celui des femmes (parmi ceux en union, 75 % connaissent une méthode moderne contre 49 % des femmes en union). Le nombre moyen de méthodes connues par les hommes en union est de 4,5 contre 1,8 parmi les femmes en union. Comme chez les femmes, le niveau de connaissance des hommes en union est très peu différent de celui de l’ensemble des hommes (respectivement 82 % et 79 % pour une méthode quelconque et 75 % contre 74 % pour une méthode moderne). Quelle que soit la catégorie d’hommes, on constate que c’est le condom masculin qui est la méthode la plus fréquemment connue (68 % dans les deux cas). Par rapport à la précédente enquête, à l’exception des implants, on constate que le niveau de connaissance s’est régulièrement accru chez les hommes, cela quelle que soit la méthode. 74 | Planification Familiale Le tableau 5.2 présente les proportions de femmes et d’hommes en union, qui connaissent, au moins, une méthode quelconque ou une méthode moderne de contraception selon certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate des disparités importantes. Tout d’abord, en fonction de l’âge, on constate que chez les hommes comme chez les femmes, le niveau de connaissance diminue à partir de 40 ans. Le milieu de résidence influence nettement le niveau de connaissance des méthodes contraceptives, en particulier chez les femmes : en milieu urbain, 83 % des femmes en union et 88 % des hommes en union connaissent une méthode contre seulement 58 % des femmes en union et 80 % des hommes en union du milieu rural. Ce sont les femmes et les hommes vivant à N’Djaména qui connaissent le plus fréquemment une méthode contraceptive (90 % et 89 %). Les résultats selon la zone de résidence mettent en évidence un très faible niveau de connaissance contraceptive parmi les femmes de la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) (27 %). Chez les hommes, c’est la zone 2 (BET, Kanem et Lac) qui se caractérise par le pourcentage le plus faible d’hommes connaissant une méthode (26 %). Tableau 5.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes et d’hommes actuellement en union qui connaissent au moins une méthode de contraception et pourcentage de celles et de ceux qui connaissent au moins une méthode moderne, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Connaît une méthode Connaît une méthode moderne1 Effectif Connaît une méthode Connaît une méthode moderne1 Effectif Âge 15-19 59,5 48,4 571 * * 4 20-24 61,7 50,7 907 84,6 84,3 91 25-29 66,2 52,3 1,051 89,1 86,9 217 30-34 69,1 52,9 712 84,0 74,0 190 35-39 64,5 48,3 598 86,4 82,5 167 40-44 59,5 40,1 443 72,2 65,2 162 45-49 50,1 35,7 380 84,4 72,7 147 50-54 na na na 65,8 59,9 109 55-59 na na na 80,2 64,6 84 Résidence N'Djaména 90,0 87,0 338 88,6 88,2 106 Autres Villes 78,2 72,0 519 87,2 85,2 130 Ensemble urbain 82,9 78,0 857 87,8 86,6 236 Rural 58,2 42,0 3,806 80,3 72,2 933 Zone Zone 1 90,0 87,0 338 88,6 88,2 106 Zone 2 43,0 16,1 606 26,3 25,0 150 Zone 3 65,4 42,3 560 88,5 84,5 125 Zone 4 27,3 14,0 400 75,1 40,0 100 Zone 5 58,3 23,7 623 76,8 62,3 136 Zone 6 61,0 53,9 484 98,1 98,1 103 Zone 7 72,6 69,6 1,002 98,8 97,1 285 Zone 8 76,9 73,1 651 91,5 84,6 163 Niveau d'instruction Aucune instruction 56,2 39,0 3,662 68,1 56,0 625 Primaire 83,7 80,5 803 98,2 97,4 366 Secondaire ou plus 98,2 96,8 198 96,1 96,1 179 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 43,9 17,7 900 67,6 42,0 193 Second 63,9 52,0 1,026 88,8 83,1 270 Moyen 59,1 44,4 905 75,3 70,2 211 Quatrième 64,9 52,8 985 82,7 82,1 259 Le plus riche 82,7 76,9 847 90,5 89,7 237 Ensemble 62,7 48,6 4,663 81,8 75,1 1 170 1 Stérilisation féminine, stérilisation masculine, pilule, DIU, injections, implants, condom masculin, condom féminin, diaphragme, mousse ou gelée, et la pilule du lendemain. na = Non applicable * Basé sur un faible nombre de cas non pondérés Planification Familiale | 75 Quant au niveau d’instruction, il semble influencer la connaissance des méthodes contraceptives. Les femmes ayant atteint un niveau secondaire ou plus sont proportionnellement plus nombreuses que les autres à connaître une méthode (98 %). Parmi celles ayant le niveau primaire, cette proportion est de 84 % et c’est parmi celles sans instruction que la proportion est la plus faible (56 %). La même tendance se dégage chez les hommes. De même, le niveau de connaissance des méthodes varie avec le niveau du bien-être économique. À titre d’exemple pour les méthodes modernes, dans le quintile le plus pauvre, 18 % des femmes connaissent une méthode contre 77 % dans le quintile le plus riche. Ces proportions varient de 42 % à 90 % chez les hommes. 5.2 UTILISATION PASSÉE DE LA CONTRACEPTION La réussite des programmes de planification familiale est évaluée à partir du niveau d’utilisation des méthodes contraceptives. Afin de mesurer le niveau de pratique de la contraception à un moment quelconque de la vie des personnes enquêtées, on a posé une question sur l’utilisation passée de la contraception. Les pourcentages des femmes et des hommes ayant utilisé un moyen contraceptif au cours de leur vie sont présentés au tableau 5.3. Le niveau d’utilisation de la contraception à un moment quelconque est très faible au Tchad. Parmi l’ensemble des femmes interviewées, 8 % seulement ont déjà utilisé au moins une méthode contraceptive à un moment quelconque de leur vie. Cette proportion n’a pratiquement pas varié ; elle s’élevait également à 8 % à l’EDST-I. On ne relève pas d’écart important de pratique entre les méthodes traditionnelles (4 %) et les méthodes modernes (5 %). Ces niveaux sont pratiquement les mêmes que ceux observés à l’EDST-I (6 % et 3 %). Parmi les méthodes modernes, le condom masculin (3 %) et la pilule (2 %) sont les méthodes qui ont été les plus utilisées. Au niveau des méthodes traditionnelles, c’est principalement la continence périodique (4 %) qui a été la plus utilisée. Il convient de noter toutefois que l’allaitement qui a été pris en compte dans l’analyse de la connaissance des méthodes n’est pas inclus dans l’utilisation de la contraception. Le niveau d’utilisation passée des femmes en union n’est pas différent de celui de l’ensemble des femmes : 8 % ont utilisé au moins une méthode et 5 % une méthode moderne. Tout comme pour l’ensemble des femmes, le condom masculin (3 %) et la pilule (2 %) ont été les méthodes les plus utilisées par les femmes en union et, parmi les méthodes traditionnelles, c’est la continence périodique (4 %). Ce sont les femmes non en union et sexuellement actives qui présentent le niveau d’utilisation passée de la contraception le plus élevé : un peu plus d’une femme sur dix a déclaré avoir déjà utilisé une méthode (15 %). Ces femmes utilisent plus fréquemment les méthodes modernes que traditionnelles (12 % contre 5 %). Parmi les méthodes modernes utilisées, le condom masculin vient en tête (10 %), suivi des injections (3 %) et de la pilule (3 %). Parmi les méthodes traditionnelles, leur choix s’est porté sur la continence périodique (4 %). De l'examen des données selon l'âge, il se dégage des différences dans le niveau de pratique passée de la contraception. L'utilisation de la contraception est plus élevée dans les générations âgées de 20 à 39 ans. C’est dans le groupe d’âges 20-24 ans et 35-39 ans que la pratique passée est la plus élevée (11 % et 10 %). À 45-49 ans, les proportions d’utilisatrices passées sont les plus faibles (5 %). Le tableau 5.3 indique également que 40 % des hommes ont déjà utilisé une méthode quelconque et 16 % ont utilisé une méthode moderne. Chez les hommes actuellement en union, ces pourcentages sont respectivement, de 48 % et de 14 %. Quant aux hommes non en union, mais sexuellement actifs au moment de l’enquête, on note que ces pourcentages sont plus élevés (63 % et 44 %). Comme pour l’ensemble des hommes, les méthodes les plus pratiquées par ceux-ci sont, par ordre d’importance, le condom masculin (38 %) et la continence périodique (45 %). 76 | Planification Familiale Tableau 5.3 Utilisation de la contraception à un moment quelconque Pourcentage de femmes et d'hommes, de femmes et d'hommes actuellement en union, et de femmes et d'hommes qui ne sont pas actuellement en union mais sexuellement actifs qui ont déjà utilisé une méthode contraceptive, par méthode spécifique, selon le groupe d'âges, Tchad 2004 Méthode moderne Méthode traditionnelle Groupe d'âge Une méthode quelconque Une méthode moderne Stérilisation féminine Pilule DIU Injections Condom Autre Une méthode traditionnelle Continence périodique Retrait et autres Effectif TOUTES LES FEMMES 15-19 4,3 3,4 0,0 0,7 0,0 0,4 2,8 0,0 1,6 1,5 0,1 1 360 20-24 10,7 7,4 0,0 1,3 0,0 0,8 6,0 0,2 5,1 4,7 0,7 1 072 25-29 9,8 5,9 0,3 2,3 0,1 1,9 2,0 0,5 5,0 4,6 0,7 1 140 30-34 7,5 4,1 0,2 2,0 0,1 0,8 1,6 0,3 4,3 4,3 0,7 783 35-39 10,1 6,1 0,1 2,5 0,1 1,1 3,2 0,4 5,3 5,2 0,4 657 40-44 5,2 3,1 0,4 1,4 0,2 0,9 1,2 0,1 3,2 3,0 0,3 525 45-49 4,5 2,6 0,5 1,1 0,2 0,8 0,7 0,2 1,9 1,9 0,0 547 Ensemble 7,6 4,8 0,2 1,6 0,1 0,9 2,8 0,2 3,8 3,6 0,4 6 085 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 7,0 5,5 0,0 1,4 0,0 0,9 4,1 0,0 2,6 2,6 0,1 571 20-24 10,6 7,3 0,0 1,4 0,0 0,8 5,7 0,2 5,0 4,6 0,7 907 25-29 9,3 5,4 0,3 2,0 0,0 1,7 1,6 0,5 4,8 4,4 0,6 1 051 30-34 7,2 3,7 0,2 1,6 0,1 0,8 1,4 0,2 4,4 4,4 0,8 712 35-39 9,8 6,4 0,2 2,6 0,1 1,2 3,4 0,4 4,8 4,8 0,4 598 40-44 5,4 3,0 0,4 1,4 0,3 0,8 1,0 0,1 3,3 3,0 0,2 443 45-49 4,8 2,5 0,3 1,3 0,2 0,9 1,0 0,0 2,3 2,3 0,0 380 Ensemble 8,3 5,2 0,2 1,7 0,1 1,1 2,8 0,2 4,2 4,0 0,5 4 663 FEMMES PAS EN UNION ET SEXUELLEMENT ACTIVES Ensemble 15,1 12,2 0,7 2,8 0,0 3,2 10,1 0,0 4,5 4,0 0,5 70 TOUS LES HOMMES Ensemble 39,8 15,9 0,6 2,4 0,1 2,7 13,1 3,3 35,6 34,2 11,1 1 887 HOMMES ACTUELLEMENT EN UNION Ensemble 47,6 14,0 0,8 2,3 0,1 3,0 10,4 2,7 45,0 43,5 13,2 1 170 HOMMES PAS EN UNION ET SEXUELLEMENT ACTIFS Ensemble 63,2 43,7 0,6 7,6 0,6 8,4 37,6 13,5 49,0 44,9 19,9 142 5.3 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION Contrairement au tableau 5.3 qui fournit des données sur l’utilisation de la contraception à un moment quelconque de la vie des personnes interviewées, le tableau 5.4 présente les proportions de femmes et d’hommes qui utilisaient une méthode au moment de l’enquête. Ces résultats permettent d’obtenir la prévalence contraceptive. Grâce à ces résultats, il est possible aussi d’évaluer l’impact actuel des programmes de planification familiale. Planification Familiale | 77 Tableau 5.4 Utilisation actuelle de la contraception Répartition (en %) des femmes et des hommes, de femmes et d'hommes actuellement en union, et de femmes et d'hommes qui ne sont pas actuellement en union mais sexuellement actifs qui utilisent actuellement une méthode contraceptive, par méthode contraceptive spécifique, selon le groupe d'âges, Tchad 2004 Méthode moderne Méthode traditionnelle Groupe d'âge Une méthode quelconque Une méthode moderne Stérilisation féminine Pilule DIU Injections Condom Autre Une méthode traditionnelle Continence périodique Retrait et autres N'utilise pas actuelle- ment Total Effectif TOUTES LES FEMMES 15-19 1,4 0,9 0,0 0,4 0,0 0,2 0,4 0,0 0,5 0,5 0,0 98,6 100,0 1,360 20-24 3,1 1,8 0,0 0,4 0,0 0,3 0,9 0,0 1,3 1,3 0,1 96,9 100,0 1,072 25-29 3,7 2,6 0,3 0,9 0,0 0,9 0,3 0,2 1,1 1,1 0,0 96,3 100,0 1,140 30-34 3,3 1,2 0,2 0,4 0,1 0,3 0,3 0,0 2,0 2,0 0,0 96,7 100,0 783 35-39 1,7 1,4 0,1 0,3 0,0 0,8 0,2 0,0 0,3 0,3 0,1 98,3 100,0 657 40-44 2,0 1,2 0,4 0,2 0,0 0,4 0,2 0,0 0,8 0,6 0,1 98,0 100,0 525 45-49 1,4 1,0 0,5 0,3 0,1 0,0 0,0 0,0 0,4 0,4 0,0 98,6 100,0 547 Total 2,5 1,5 0,2 0,4 0,0 0,4 0,4 0,0 1,0 0,9 0,0 97,5 100,0 6,085 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 2,2 1,4 0,0 0,5 0,0 0,4 0,5 0,0 0,8 0,8 0,0 97,8 100,0 571 20-24 3,1 1,7 0,0 0,5 0,0 0,4 0,7 0,1 1,4 1,4 0,1 96,9 100,0 907 25-29 3,6 2,4 0,3 0,9 0,0 0,8 0,3 0,2 1,1 1,1 0,0 96,4 100,0 1,051 30-34 3,4 1,2 0,2 0,3 0,1 0,4 0,2 0,0 2,2 2,2 0,0 96,6 100,0 712 35-39 1,8 1,5 0,2 0,3 0,0 0,8 0,3 0,0 0,2 0,1 0,1 98,2 100,0 598 40-44 2,3 1,4 0,4 0,3 0,0 0,5 0,2 0,0 0,9 0,7 0,2 97,7 100,0 443 45-49 1,5 1,0 0,3 0,5 0,2 0,0 0,0 0,0 0,6 0,6 0,0 98,5 100,0 380 Total 2,8 1,6 0,2 0,5 0,0 0,5 0,4 0,1 1,1 1,1 0,0 97,2 100,0 4,663 FEMMES PAS EN UNION ET SEXUELLEMENT ACTIVES Total 10,6 10,1 0,7 2,2 0,0 3,2 4,0 0,0 0,5 0,5 0,0 89,4 100,0 70 TOUS LES HOMMES Total 22,5 7,0 0,2 0,5 0,0 0,6 5,7 0,1 15,6 14,3 1,3 77,5 100,0 1,887 HOMMES ACTUELLEMENT EN UNION Total 26,5 4,9 0,3 0,7 0,0 0,9 3,0 0,1 21,5 20,0 1,5 73,5 100,0 1,170 HOMMES PAS EN UNION ET SEXUELLEMENT ACTIFS Total 41,3 24,3 0,0 0,0 0,0 0,0 24,3 0,0 17,0 12,9 4,2 58,7 100,0 142 Parmi l’ensemble des femmes âgées de 15 à 49 ans, 3 % utilisaient une méthode contraceptive quelconque au moment de l’enquête et 2 % une méthode moderne. En 1996/97, la prévalence était de 4 % pour une méthode et 1 % pour une méthode moderne (graphique 5.1). Étant donné la faiblesse de la prévalence globale, il est difficile de commenter le taux d’utilisation par méthode spécifique. On ne constate pas d’écart de prévalence entre les femmes en union et l’ensemble des femmes puisque 3 % des femmes en union utilisaient au moment de l’enquête une méthode quelconque et 2 % une méthode moderne. 78 | Planification Familiale Graphique 5.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union selon l’EDST-I et l’EDST-II 4 1 1 0 0 0 3 2 0 3 2 1 1 0 0 1 1 0 Toutes méthodes Méthodes modernes Pilule Injection Condom Autres modernes Méthodes tradit./pop. Continence périodique Retrait 0 1 2 3 4 5 Pourcentage EDST-I 1996-97 EDST-II 2004 Les femmes non en union et sexuellement actives sont proportionnellement plus nombreuses à utiliser la contraception : 11 % utilisaient au moment de l’enquête une méthode quelconque et 10 % une méthode moderne. La méthode la plus utilisée est le condom masculin (4 %). Par rapport à l’âge, que ce soit chez l’ensemble des femmes ou chez les femmes en union, on constate que la prévalence contraceptive augmente avec l’âge jusqu’à 34 ans, l’âge à partir duquel elle diminue pour atteindre son plus bas niveau à 45-49 ans (1 %). Chez les hommes, le niveau de la prévalence contraceptive est supérieur à celui des femmes (respectivement 23 % contre 3 %). Pour les méthodes modernes, ces proportions sont, respectivement, de 7 % contre 2 %. On relève que l’utilisation de la contraception est légèrement plus fréquente chez les hommes en union que parmi l’ensemble des hommes (27 % contre 23 %). Cet écart est dû essentiellement à une utilisation plus importante de la continence périodique (20 %) par les hommes en union. Par contre, on ne note pas d’écart important de la prévalence moderne entre les deux catégories (5 % et 7 %). Concernant la méthode utilisée par les hommes, on retiendra que les méthodes les plus utilisées sont le condom masculin (6 % pour tous les hommes et 3 % pour ceux en union) et la continence périodique (respectivement 14 % et 20 %). Par rapport à l’EDST-I, on observe une légère augmentation de l’utilisation du condom masculin par tous les hommes (6 % contre 3 %) et par ceux en union (3 % contre 2 %). La prévalence contraceptive des hommes non en union et sexuellement actifs est plus élevée que celle des autres catégories d’hommes (41 %). Il y a lieu de relever cependant que par rapport à l’EDST-I, l’accroissement observé dans l’utilisation des méthodes de contraception par les hommes non en union et sexuellement actifs est remarquable : le niveau d’utilisation est passé de 23 % en 1996/97 à 41 % en 2004. Cette augmentation est due essentiellement à l’emploi des méthodes modernes, essentielle- ment le condom masculin dont la prévalence est passée de 15 % à 24 %, soit un accroissement d’environ 60 % entre les deux enquêtes. Planification Familiale | 79 Par ailleurs, les renseignements du tableau 5.5.1 permettent aussi l’analyse de la prévalence contraceptive selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes en union. Tableau 5.5.1 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques sociodémographiques (femmes) Répartition (en %) des femmes actuellement en union par méthode contraceptive actuellement utilisée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Méthode moderne Méthode traditionnelle Caractéristique sociodémographique Une méthode quelconque Une méthode moderne Stérilisa- tion féminine Pilule DIU Injections Condom Autre Une méthode tradition- nelle Conti- nence périodique Retrait et autres N'utilise pas actuelle- ment Total Effectif Résidence N'Djaména 14,2 10,0 0,9 3,4 0,3 3,6 1,7 0,0 4,3 3,7 0,6 85,8 100,0 338 Autres Villes 7,0 5,3 0,2 1,8 0,0 1,9 1,2 0,1 1,7 1,7 0,0 93,0 100,0 519 Ensemble urbain 9,9 7,1 0,5 2,5 0,1 2,6 1,4 0,1 2,7 2,5 0,2 90,1 100,0 857 Rural 1,2 0,4 0,1 0,1 0,0 0,0 0,1 0,1 0,8 0,8 0,0 98,8 100,0 3 806 Zone Zone 1 14,2 10,0 0,9 3,4 0,3 3,6 1,7 0,0 4,3 3,7 0,6 85,8 100,0 338 Zone 2 1,1 0,8 0,0 0,1 0,0 0,1 0,2 0,4 0,3 0,3 0,0 98,9 100,0 606 Zone 3 0,3 0,3 0,0 0,1 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 99,7 100,0 560 Zone 4 0,3 0,3 0,0 0,1 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 99,7 100,0 400 Zone 5 0,2 0,2 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,0 99,8 100,0 623 Zone 6 1,8 1,6 0,6 0,2 0,0 0,3 0,5 0,0 0,2 0,2 0,0 98,2 100,0 484 Zone 7 3,7 1,4 0,1 0,5 0,0 0,5 0,2 0,1 2,3 2,3 0,0 96,3 100,0 1 002 Zone 8 3,7 1,9 0,3 0,5 0,0 0,4 0,7 0,0 1,8 1,8 0,0 96,3 100,0 651 Niveau d'instruction Aucune instruction 1,1 0,5 0,1 0,2 0,0 0,2 0,0 0,1 0,6 0,5 0,0 98,9 100,0 3 662 Primaire 5,0 2,6 0,4 0,4 0,0 0,8 0,9 0,1 2,4 2,4 0,0 95,0 100,0 803 Secondaire ou plus 25,1 18,1 1,7 6,0 0,5 5,4 4,4 0,0 7,0 6,5 0,4 74,9 100,0 198 Nombre d'enfants vivants 0 3,0 2,1 0,4 0,0 0,0 0,5 1,2 0,0 0,8 0,7 0,1 97,0 100,0 438 1-2 2,7 1,5 0,2 0,6 0,0 0,3 0,3 0,0 1,2 1,2 0,0 97,3 100,0 1 533 3-4 2,9 1,7 0,1 0,6 0,0 0,6 0,3 0,0 1,2 1,2 0,0 97,1 100,0 1 247 5+ 2,6 1,6 0,1 0,4 0,0 0,6 0,2 0,2 1,0 1,0 0,1 97,4 100,0 1 445 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 100,0 900 Second 0,4 0,2 0,0 0,1 0,0 0,0 0,1 0,0 0,2 0,2 0,0 99,6 100,0 1 026 Moyen 1,8 1,0 0,3 0,1 0,0 0,2 0,3 0,0 0,8 0,8 0,0 98,2 100,0 905 Quatrième 2,2 0,4 0,2 0,1 0,0 0,1 0,0 0,1 1,8 1,8 0,0 97,8 100,0 985 Le plus riche 10,3 7,3 0,5 2,4 0,1 2,5 1,5 0,3 3,0 2,8 0,2 89,7 100,0 847 Total 2,8 1,6 0,2 0,5 0,0 0,5 0,4 0,1 1,1 1,1 0,0 97,2 100,0 4 663 La prévalence contraceptive parmi les femmes en union est beaucoup plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (10 % contre 1 %) (graphique 5.2). C’est à N’Djaména que la prévalence contraceptive est la plus élevée (14 % pour une méthode quelconque et 10 % pour une méthode moderne). En milieu urbain, les méthodes modernes les plus fréquemment utilisées par les femmes sont la pilule (3 %) et les injections (3 %). Concernant les méthodes traditionnelles, on constate que la prévalence contraceptive est toujours plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (3 % contre 1 %). De même, il existe un écart important entre la prévalence contraceptive des femmes vivant à N’Djaména et celle des femmes vivant dans les autres villes (14 % contre 7 %). 80 | Planification Familiale Selon la zone de résidence des enquêtés (tableau 5.5.1), on constate qu’en dehors de la zone 1 (14 % pour N’Djaména), la prévalence contraceptive demeure très faible. Après N’Djaména, viennent respectivement, la zone 7 (4 % pour le Logone Occidental, le Logone Oriental plus la Tandjilé), la zone 8 (4 % pour le Mandoul et le Moyen Chari) et dans une moindre mesure la zone 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest) avec une proportion de 2 %. Pour le reste des zones, les femmes en union n’utilisent pratiquement pas les méthodes contraceptives. Il convient encore de signaler qu’il s’agit des régions fortement islamisées et situées au centre au nord et à l’est du pays. Lorsque l’on considère le type de méthode, on s’aperçoit que la prévalence observée à N’Djaména, est essentiellement liée à la pratique des méthodes modernes (10 %) et plus précisément à l’utilisation des injections (4 %), de la pilule (3 %) et dans une moindre mesure du condom masculin (2 %). Par contre, dans la zone 7 et la zone 8, on constate que la prévalence contraceptive de 4 % se résume à l’emploi des méthodes traditionnelles et en particulier la continence périodique (2 %). La prévalence de la contraception, qu'elle soit moderne ou traditionnelle, augmente de façon significative avec le niveau d'instruction : 1 % seulement des femmes sans instruction utilisent une méthode quelconque. Chez les femmes qui ont atteint un niveau d'instruction du primaire, ces proportions sont de 5 % (3 % pour les méthodes modernes et 2 % pour les méthodes traditionnelles). Chez les femmes les plus instruites (niveau secondaire ou plus), la prévalence contraceptive est élevée (25 %), soit une femme sur quatre qui utilise une méthode quelconque. Parmi ces femmes près de deux sur cinq (18 %) ont recours aux méthodes modernes qui sont par ordre d’importance, la pilule (6 %), les injections (5 %) et le condom masculin (4 %). C’est encore les femmes les plus instruites qui utilisent le plus fréquemment les méthodes traditionnelles (7 %), essentiellement la continence périodique (7 %). En ce qui concerne l’utilisation de la contraception selon le nombre d’enfants vivants, on ne constate aucune tendance. La prévalence contraceptive tourne autour de 3 % quelle que soit la parité de la femme. Selon les types de méthodes, on observe la même situation. La prévalence de la contraception semble ne pas varier avec la parité de la femme. Selon le niveau de bien-être économique, on constate que l’utilisation de la contraception augmente avec le niveau de bien être du ménage dans lequel vit la femme, puisque la prévalence passe de 0 % chez les femmes appartenant aux ménages les plus pauvres à 10 % chez celles appartenant aux Graphique 5.2 Prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union selon le milieu de résidence 1 7 3 4 0 2 10 5 7 0 TCHAD N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural 0 2 4 6 8 10 12 Pourcentage EDST-I 1996-97 EDST-II 2004 Planification Familiale | 81 ménages les plus riches. Ici également, aucune tendance ne se dégage en ce qui concerne la prévalence par méthode. Le tableau 5.5.2 présente les résultats de la prévalence contraceptive des hommes en union selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 5.5.2 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques sociodémographiques (hommes) Répartition (en %) des hommes actuellement en union par méthode contraceptive actuellement utilisée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Méthode moderne Méthode traditionnelle Caractéristique sociodémographique Une méthode quelconque Une méthode moderne Stérilisa- tion féminine Pilule DIU Injections Condom Autre Une méthode tradition- nelle Conti- nence périodique Retrait et autres N'utilise pas actuelle- ment Total Effectif Résidence N'Djaména 34,3 19,8 0,7 3,2 0,0 1,7 13,5 0,8 14,5 13,6 0,9 65,7 100,0 106 Autres Villes 29,1 11,0 0,0 1,5 0,0 0,6 8,9 0,0 18,1 17,1 0,9 70,9 100,0 130 Ensemble urbain 31,4 15,0 0,3 2,3 0,0 1,1 11,0 0,3 16,5 15,5 0,9 68,6 100,0 236 Rural 25,2 2,4 0,2 0,3 0,0 0,9 1,0 0,0 22,8 21,1 1,7 74,8 100,0 933 Zone Zone 1 34,3 19,8 0,7 3,2 0,0 1,7 13,5 0,8 14,5 13,6 0,9 65,7 100,0 106 Zone 2 3,2 1,5 0,0 0,0 0,0 0,9 0,6 0,0 1,7 1,7 0,0 96,8 100,0 150 Zone 3 3,8 0,6 0,0 0,2 0,0 0,0 0,5 0,0 3,1 3,1 0,0 96,2 100,0 125 Zone 4 0,2 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 99,8 100,0 100 Zone 5 2,3 0,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,5 0,0 1,8 1,8 0,0 97,7 100,0 136 Zone 6 57,1 5,1 0,0 0,3 0,0 0,0 4,8 0,0 52,0 50,8 1,2 42,9 100,0 103 Zone 7 38,5 5,9 0,8 1,5 0,0 2,3 1,3 0,0 32,6 28,9 3,7 61,5 100,0 285 Zone 8 56,0 6,4 0,0 0,0 0,0 0,5 5,9 0,0 49,6 46,3 3,3 44,0 100,0 163 Niveau d'instruction Aucune instruction 9,6 0,3 0,0 0,1 0,0 0,0 0,2 0,0 9,3 7,9 1,5 90,4 100,0 625 Primaire 40,4 6,7 0,6 1,3 0,0 1,8 2,9 0,0 33,7 33,2 0,5 59,6 100,0 366 Secondaire ou plus 57,1 17,7 0,4 1,7 0,0 2,2 12,9 0,4 39,4 35,5 3,9 42,9 100,0 179 Quintile de bien- être économique Le plus pauvre 0,8 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,8 0,8 0,0 99,2 100,0 193 Second 29,3 2,0 0,9 0,0 0,0 0,9 0,3 0,0 27,4 26,3 1,1 70,7 100,0 270 Moyen 33,3 2,4 0,0 1,4 0,0 0,7 0,4 0,0 30,9 28,0 2,9 66,7 100,0 211 Quatrième 34,0 5,3 0,0 0,0 0,0 1,6 3,7 0,0 28,6 26,0 2,6 66,0 100,0 259 Le plus riche 29,8 14,1 0,3 2,3 0,0 1,1 10,1 0,3 15,7 14,8 0,9 70,2 100,0 237 Total 26,5 4,9 0,3 0,7 0,0 0,9 3,0 0,1 21,5 20,0 1,5 73,5 100,0 1 170 Comme chez les femmes, l'utilisation de la contraception est beaucoup plus élevée chez les hommes en union vivant en milieu urbain (31 %) que chez ceux vivant en milieu rural (25 %). Ces différences observées dans l’utilisation sont illustrées par le graphique 5.3. À N’Djaména et dans les Autres Villes, la prévalence contraceptive pour les hommes en union est, respectivement, de 34 % (28 % à l’EDST-I) et de 29 % (18 % à l’EDST-I). De même que chez les femmes, la prévalence contraceptive des hommes varie selon la zone de résidence. Hormis à N’Djaména (34 %), c’est toujours dans les zones situées au sud du pays que la prévalence contraceptive est la plus élevée (57 % pour la zone 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest) ; 56 % pour la zone 8 (Mandoul et Moyen Chari) et 39 % pour la zone 7) (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé). Selon les types de méthodes, les hommes de ces trois zones emploient en priorité les méthodes traditionnelles (respectivement, 52 %, 50 % et 33 %) dont principalement la continence périodique. Tout comme chez les femmes, la prévalence contraceptive des hommes augmente sensiblement avec le niveau d'instruction : elle varie de 10 % parmi ceux sans instruction à 57 % parmi ceux les plus instruits. 82 | Planification Familiale Graphique 5.3 Prévalence contraceptive moderne parmi les hommes en union selon le milieu de résidence 3 13 6 9 1 5 20 11 15 2 TCHAD N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural 0 5 10 15 20 25 Pourcentage EDST-I 1996-97 EDST-II 2004 Par rapport au niveau de bien-être économique, en dehors des hommes appartenant aux ménages du premier quintile (le plus pauvre) qui n’utilisent pratiquement pas la contraception (1 %), les écarts constatés sont très faibles. Comme on l’a déjà souligné, les hommes utilisent en majorité les méthodes traditionnelles sauf chez ceux appartenant aux ménages du dernier quintile (le plus riche) où on observe une utilisation presque égale des deux types de méthodes : 14 % pour les méthodes modernes et 16 % pour les méthodes traditionnelles. Les méthodes les plus utilisées par les hommes du dernier quintile sont le condom masculin (10 %) pour les méthodes modernes et la continence périodique (15 %) pour les méthodes traditionnelles. De même que l’EDST-I, les résultats de l’EDST-II indiquent une très faible utilisation des méthodes contraceptives, surtout chez les femmes ; ce qui pourrait expliquer le niveau de fécondité encore élevé (6,3 enfants par femme) (voir chapitre 4). 5.4 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE L'efficacité de l'utilisation de certaines méthodes de contraception, en particulier de la continence périodique, dépend de la connaissance exacte de la période féconde au cours du cycle menstruel. Pour mesurer le niveau de connaissance des femmes, on leur a demandé si elles pensaient, qu'au cours du cycle, il existait une période pendant laquelle elles avaient plus de chance de tomber enceinte et, si oui, à quel moment du cycle se situait cette période. Compte tenu des très nombreuses nuances que peuvent comporter les réponses à cette dernière question, les réponses ont été groupées en trois grandes catégories (tableau 5.6) : • Connaissance : « milieu du cycle » ; • Connaissance douteuse : « juste avant le début des règles », « juste après la fin des règles ». Ces réponses sont trop vagues pour pouvoir être considérées comme exactes mais, selon l'idée que se font les femmes du « juste après la fin » et du « juste avant le début », elles peuvent correspondre à la période féconde ; Planification Familiale | 83 • Méconnaissance : « pendant ses règles », « pas de période spécifique », « ne sait pas » ou « autre ». Le tableau 5.6 indique que seulement 19 % des femmes ont pu identifier correcte- ment la période de fécondabilité, 23 % en ont une connaissance douteuse et dans 58 % des cas, les femmes n’ont aucune idée de l’existence d’une période particulière ou ne savent pas situer correctement cette période. Si on ne prend en compte que les femmes qui ont déjà utilisé la continence périodique comme méthode de contraception, et qui sont donc censées connaître en principe leur cycle menstruel pour utiliser efficacement cette méthode, on constate que leur connaissance de la période de fécondabilité est nettement meilleure (42 %). Cependant, 34 % de ces femmes utilisatrices de la continence pério- dique n'en ont qu'une connaissance vague et, surtout 24 %, soit environ plus d’une utilisa- trice sur cinq n’arrive pas à situer cette période féconde. On retient de ces données que pour que la continence périodique soit pratiquée avec efficacité, un effort réel d’éducation surtout axée sur la bonne connaissance du cycle menstruel s’avère indispensable. 5.5 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION On a demandé aux femmes et aux hommes qui n'utilisaient pas la contraception au moment de l'enquête, si elles avaient l'intention d'utiliser une méthode dans l'avenir. Le tableau 5.7 fournit la distribution des femmes et des hommes en union selon l'intention d'utiliser une méthode de contraception dans le futur. Selon les données du tableau 5.7, environ trois femmes en union sur cinq (61 %) qui n'utilisaient pas une méthode contraceptive au moment de l'enquête, n'ont pas l'intention de le faire dans l'avenir contre 21 % qui ont l'intention d'utiliser la contraception dans le futur. On note aussi que dans 9 % des cas, les femmes étaient indécises. Par ailleurs, selon le nombre d’enfants, on constate que 14 % des femmes nullipares ont déclaré avoir l'intention d'utiliser une méthode de planification familiale dans l’avenir. Cette proportion augmente et passe à 26 % chez les femmes ayant 1 enfant, puis à 22 % chez celles en ayant 2 et à 23 % chez celles en ayant 3. En outre, plus de trois femmes nullipares sur cinq (67 %) n’ont pas du tout l’intention d’utiliser la contraception. Parmi les hommes non utilisateurs de la contraception, une proportion légèrement plus élevée que celle des femmes (69 %) n'a pas l'intention de pratiquer la contraception. À l’opposé, environ un homme sur sept (14 %) a manifesté son intention de pratiquer une méthode de contraception dans le futur. Tableu 5.6 Connaissance de la période féconde Répartition (en %) des femmes qui utilisent la continence périodique, des femmes qui n'utilisent pas la continence périodique et de l'ensemble des femmes selon leur connaissance de la période féconde au cours du cycle menstruel, Tchad 2004 Connaissance de la période féconde Utilisatrices de la continence périodique Non utilisatrices de la continence périodique Toutes les femmes Connaissance Au milieu du cycle 41,9 18,7 19,0 Connaissance douteuse Juste après la fin des règles 26,7 20,4 20,4 Juste avant le début des règles 7,6 2,8 2,9 Ne connaît pas Pendant ses règles 0,0 1,4 1,4 Pas de moment spécifique 18,9 27,0 26,9 Autre 0,0 0,4 0,4 NSP 4,6 28,4 28,2 ND 0,3 0,9 0,9 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 56 6 029 6 085 84 | Planification Familiale Tableau 5.7 Utilisation future Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union n'utilisant pas actuellement une méthode contraceptive, par intention d'utiliser une méthode dans l'avenir, selon le nombre d'enfants vivants (pour les femmes), Tchad 2004 Nombre d'enfants vivants Intention 0 1 2 3 4+ Ensemble des femmes Ensemble des hommes A l'intention d'utiliser 13,7 26,1 21,8 22,6 18,2 20,5 13,9 Pas sûr 14,4 12,2 8,9 9,6 7,0 9,0 1,8 N'a pas l'intention d'utiliser 66,9 52,8 58,4 57,7 64,7 60,8 69,1 ND 5,0 8,9 10,9 10,1 10,1 9,7 15,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 290 750 702 709 2 083 4 534 860 Graphique 5.4 Intention d’utiliser la contraception par les femmes et les hommes en union non utilisateurs EDST-II -2004 A l'intention d’utiliser 21 % N'a pas l'intention d’utiliser 61 % Pas sûre 9 % ND 10 % N'a pas l'intention d’utiliser 69 % A l'intention d’utiliser 14 % Pas sûr 2 % ND 15 % FEMME HOMME 5.6 RAISON DE NON UTILISATION DE LA CONTRACEPTION Aux femmes et aux hommes non utilisateurs de la contraception et qui ont déclaré ne pas avoir l'intention de l'utiliser dans l'avenir, on a demandé quelle en était la raison. Les données du tableau 5.8 indiquent que, quel que soit l'âge, dans 38 % des cas, les femmes ont cité des raisons relatives à la fécondité, en particulier le désir d’avoir autant d’enfants que possible (18 %) et la sous-fécondité/stérilité (15 %). On note que la sous-fécondité a été citée par une part importante (28 %) des femmes les plus âgées (30-49 ans). L’opposition à l’utilisation des méthodes contraceptives a été évoquée par 24 % des femmes, dans plus de la moitié des cas (14 %), c’est l’enquêtée elle même qui y est opposée et, dans une moindre mesure, l’enquêtée a mentionné les interdits religieux (8 %). La méconnaissance des méthodes et des sources d’approvisionnement a été citée par une femme sur quatre (25 %), et en particulier la méconnaissance d’une méthode (19 %). La proportion de femmes ayant cité des raisons relatives à la méthode (problème de santé, peur des effets secondaires, etc.) est en revanche plus faible (6 %). Planification Familiale | 85 Tableau 5.8 Raison de non utilisation de la contraception Répartition (en %) des femmes et des hommes n'utilisant pas actuellement une méthode contraceptive et n'ayant pas l'intention d'en utiliser une dans l'avenir, par âge et selon la principale raison pour laquelle elles/ils n'ont pas l'intention d'utiliser la contraception, Tchad 2004 Femmes Hommes Raison 15-29 30-49 Ensemble 15-29 30-49 Ensemble Pas marié(e) 5,5 0,1 2,9 36,9 1,1 18,0 Raisons relatives à la fécondité 27,9 48,6 37,9 24,4 42,6 34,0 Rapports sexuels peu fréquents/ pas de rapports 1,7 3,2 2,4 1,8 3,4 2,6 Ménopause/hystérectomie 0,0 4,7 2,3 0,0 9,1 4,8 Sous-féconde/stérilité 3,3 27,9 15,2 0,0 2,9 1,5 Veut autant d'enfants que possible 22,9 12,8 18,0 22,6 27,2 25,0 Opposition à l'utilisation 27,7 19,6 23,8 18,8 40,0 30,0 Enquêtée opposée 17,0 11,6 14,4 2,1 4,1 3,2 Mari/conjoint opposé 1,9 1,9 1,9 0,0 0,0 0,0 Interdits religieux 8,8 6,1 7,5 16,7 35,9 26,8 Manque de connaissance 29,8 20,6 25,4 13,7 12,6 13,1 Ne connaît aucune méthode 21,0 15,9 18,5 12,4 12,3 12,4 Ne connaît aucune source 8,9 4,7 6,8 1,3 0,2 0,7 Raisons relatives à la méthode 5,3 7,5 6,4 3,2 1,5 2,3 Problèmes de santé 0,9 2,7 1,7 0,3 0,2 0,2 Peur des effets secondaires 1,8 1,9 1,8 0,9 0,5 0,7 Difficulté d'accès/trop éloigné 0,2 0,2 0,2 0,0 0,0 0,0 Trop cher 0,8 0,6 0,7 0,1 0,3 0,2 Inconvénients à l'utilisation 1,0 0,8 0,9 1,9 0,1 0,9 Interfère avec le processus normal du corps 0,8 1,4 1,1 0,0 0,4 0,2 Autre 1,7 1,8 1,7 0,3 1,7 1,0 NSP/Manquant 2,1 1,8 2,0 2,8 0,6 1,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 879 1 763 3 641 448 501 949 De même que chez les femmes, la principale raison de non utilisation de la contraception par les hommes est liée à la fécondité (34 %) ; un quart des hommes a déclaré vouloir autant d’enfants que possible. Les raisons liées à l’opposition de l’utilisation (30 %) et le manque de connaissance de méthodes (12 %) sont également des raisons qui ont été citées. À la différence des femmes, les hommes qui ont cité des raisons liées à l’opposition à l’utilisation de la méthode ont avancé les interdits religieux (27 %) pour justifier leur opinion. Dans 36 % des cas, ce sont les hommes de 30-49 ans qui ont avancé cet argument. 5.7 SOURCES D'INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION Les média peuvent se révéler très utiles pour diffuser aussi bien des informations sur la planifica- tion familiale en général que sur les différentes méthodes de contraception. Pour cette raison, on a demandé à l'ensemble des femmes et des hommes s’ils avaient entendu un message quelconque sur la planification familiale à la radio et/ou à la télévision durant le mois ayant précédé l'enquête. Les résultats du tableau 5.9 permettent de constater que, durant le mois précédant l'enquête, près de quatre femmes sur cinq (78 % contre 73 % en 1996-97) n’ont entendu ou vu aucun message à la radio ou à la télévision. Une femme sur cinq (21 %) a déclaré avoir entendu un message sur la planification familiale à la radio et seulement 7 % à la télévision. En ce qui concerne les hommes, on constate que plus de la moitié (54 %) n’ont ni entendu, ni vu aucun message à la radio ou à la télévision, dans les journaux, les affiches ou les prospectus. 86 | Planification Familiale Comme cela était prévisible, les résultats mettent en évidence des disparités importantes selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes : les femmes du milieu urbain et les femmes les plus instruites sont celles qui ont le plus accès à l'information. Néanmoins, à N’Djaména (34 %) et parmi les femmes les plus instruites (38 %), plus de trois sur dix n’ont été exposées à aucun message. Parmi les femmes de niveau d’instruction primaire et parmi celles sans instruction, ces proportion sont respectivement, de 71 % et 83 %. Tableau 5.9 Exposition aux messages sur la planification familiale Répartition (en %) de femmes et d'hommes selon qu'ils ont ou non entendu ou vu un message sur la planification familiale dans cinq média (radio, TV, journaux, affiches, prospectus) au cours du mois précédant l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Radio Télévision Journaux Affiches Prospectus Aucun des cinq media Effectif FEMMES Âge 15-29 21,2 7,8 6,4 8,3 5,9 77,5 3 573 30+ 21,2 6,7 5,8 7,2 5,7 77,9 2 512 Résidence N'Djaména 62,6 40,7 32,0 36,4 28,4 34,1 516 Autres Villes 34,1 9,3 8,4 13,3 8,8 63,0 773 Ensemble urbain 45,5 21,9 17,9 22,5 16,6 51,4 1 289 Rural 14,7 3,4 3,0 3,9 2,9 84,7 4 796 Niveau d'instruction Aucune instruction 16,7 4,2 3,3 4,5 3,2 82,9 4 549 Primaire 27,4 8,9 7,0 10,5 6,8 70,5 1 144 Secondaire ou plus 55,9 38,8 37,1 39,2 32,9 38,3 392 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 8,3 0,6 0,8 1,1 1,1 91,3 1 216 Second 12,0 2,0 1,9 2,1 1,8 87,8 1 310 Moyen 17,9 4,8 4,5 6,1 4,1 81,3 1 100 Quatrième 20,8 5,4 5,1 6,9 4,7 78,3 1 246 Le plus riche 47,7 24,2 18,6 23,3 17,6 49,0 1 213 Ensemble 21,2 7,3 6,1 7,9 5,8 77,7 6 085 HOMMES Âge 15-29 40,9 18,9 21,9 22,4 16,3 52,8 966 30+ 42,6 12,8 15,9 17,6 15,2 54,3 921 Résidence N'Djaména 70,7 57,0 55,2 48,8 47,1 25,7 233 Autres Villes 48,8 23,7 25,8 27,5 22,8 42,5 270 Ensemble urbain 58,9 39,1 39,4 37,4 34,0 34,7 503 Rural 35,4 7,5 11,5 13,8 9,2 60,4 1 384 Niveau d'instruction Aucune instruction 28,3 8,1 5,3 5,7 4,6 70,4 893 Primaire 44,8 11,9 16,9 18,8 13,7 49,0 606 Secondaire ou plus 67,9 40,0 53,6 55,4 44,7 21,8 388 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,5 1,6 1,7 1,7 1,7 83,5 302 Second 34,6 3,7 12,6 13,8 8,3 59,7 366 Moyen 36,5 10,1 11,8 15,2 9,9 57,7 355 Quatrième 49,1 15,4 17,9 20,2 15,5 47,4 368 Le plus riche 60,5 38,1 39,9 39,4 34,4 32,4 495 Ensemble 41,7 15,9 18,9 20,1 15,8 53,6 1 887 Planification Familiale | 87 Pour les hommes, comme pour les femmes, ce sont les plus instruits et ceux résidant à N’Djaména ou en milieu urbain qui ont le plus accès à l’information. Les messages écrits sur la planification familiale n’atteignent pas la population en général, comme le démontrent les résultats présentés au tableau 5.9. Les femmes sont moins nombreuses que les hommes à avoir vu ou lu un message sur la planification familiale dans les journaux (6 %), affiches (8 %) ou les prospectus (6 %) au cours du mois précédant l’enquête. On constate que quel que soit le type de support écrit, les femmes qui ont le plus fréquemment accès aux messages sur la planification familiale sont celles du milieu urbain, de N’Djaména et celles qui ont un niveau secondaire ou plus. Que ce soit chez les femmes ou chez les hommes, la proportion de ceux qui ne sont exposés à aucun message diminue au fur et à mesure que le niveau du bien-être économique augmente : parmi les femmes, elle varie de 91 % dans le quintile le plus pauvre à 49 % dans le plus riche; chez les hommes, ces proportions sont respectivement de 84 % et 32 %. Quel que soit le support d’information, les hommes et les femmes appartenant aux ménages les plus riches sont plus exposés aux messages sur la planification familiale que les autres. Enfin, quel que soit le canal d’informations choisi, on note des proportions légèrement plus élevées d’hommes que de femmes qui ont entendu ou vu des messages sur la planification familiale. En général, le canal d’informations le plus connu est la radio. 5.8 OPINIONS ET ATTITUDES VIS-À-VIS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE Dans la société tchadienne, le pouvoir de décision en ce qui concerne les affaires familiales relève le plus souvent du mari et quelquefois des autres membres de la famille. Il en est de même en ce qui concerne la planification familiale. La discussion au sujet de la planification familiale avec le conjoint tout comme les opinions des couples peut être un élément décisif pour la pratique de la contraception. L'enquête s'est donc penchée sur cette question, car le rôle joué par l'époux peut influencer grandement la décision de la femme. Il ressort des résultats présentés au tableau 5.10 qu'au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête, 66 % des femmes en union qui connaissent une méthode quelconque de contraception n'ont jamais discuté de la planification familiale avec leur conjoint. À l’opposé, environ un tiers des femmes ont déclaré avoir abordé le sujet avec leur conjoint : 19 % en ont discuté une ou deux fois seulement tandis que 14 % en ont parlé souvent (plus de deux fois) au cours des douze derniers mois avant l'enquête. Quand on examine les proportions des femmes selon l’âge, elles varient très peu. Il y a lieu cependant de constater que globalement les femmes les plus âgées (40-49 ans) et les plus jeunes (15-19 ans) abordent relativement moins fréquemment ce sujet avec leur époux : 71 % pour les jeunes de 15-19 ans et les femmes âgées de 40-44 ans et 70 % pour celles de 45-49 ans. Lors de l'enquête, on a aussi posé la question suivante aux femmes et aux hommes : « En général, est-ce que vous approuvez ou désapprouvez les couples qui utilisent une méthode pour éviter une grossesse ? ». Tableau 5.10 Discussion de la planification familiale avec le conjoint Répartition (en %) des femmes actuellement en union connaissant une méthode contraceptive, en fonction du nombre de fois qu'elles ont discuté de planification familiale (PF) avec leur conjoint au cours de l'année passée, selon l'âge actuel, Tchad 2004 Nombre de fois que la femme a discuté de la PF avec son mari : Âge actuel Jamais Une ou deux fois Trois fois ou plus ND Total Effectif 15-19 70,8 18,4 10,1 0,8 100,0 340 20-24 64,0 17,6 17,1 1,3 100,0 559 25-29 64,4 20,4 13,6 1,7 100,0 696 30-34 61,7 22,6 14,2 1,5 100,0 492 35-39 66,3 14,8 17,7 1,3 100,0 386 40-44 70,6 17,2 12,0 0,1 100,0 264 45-49 70,2 16,8 12,1 0,9 100,0 190 Total 65,8 18,7 14,2 1,2 100,0 2 926 88 | Planification Familiale Cette question a permis de déterminer l'opinion des couples vis-à-vis de la planification familiale (tableau 5.11). Dans 55 % des cas, les conjoints ont la même opinion : 28 % approuvent la contraception et 27 % la désapprouvent. On remarque que quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques, lorsque les opinions des couples divergent, les cas dans lesquels la femme approuve et l’homme désapprouve (10 %) sont nettement plus fréquents que les cas contraires (3 %). Selon les quintiles de bien-être, aucune tendance ne se dégage. On relève cependant que les couples dans lesquels l’homme et la femme approuvent la planification familiale sont plus fréquents dans les quatrième et cinquième quintiles que dans le premier quintile (31 % et 33 % contre 18 %). Tableau 5.11 Opinion des couples face à la planification familiale Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui connaissent une méthode de planification familiale, en fonction du fait qu'elles approuvent, ou non, la planification familiale et en fonction de leur perception de l'opinion de leur conjoint concernant la planification familiale selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Enquêtée approuve la planification familiale Enquêtée désapprouve la planification familiale Caractéristique sociodémographique Mari approuve Mari désapprouve Opinion du mari non connue, ND Mari approuve Mari désapprouve Opinion du mari non connue, ND Enquêtée pas sûre Total Effectif Âge 15-19 30,3 7,3 20,4 1,6 24,4 9,3 6,7 100,0 340 20-24 31,4 7,8 20,8 3,2 23,4 7,8 5,6 100,0 559 25-29 29,9 8,3 20,3 3,7 24,5 8,6 4,7 100,0 696 30-34 27,9 16,0 18,1 2,4 23,4 7,6 4,6 100,0 492 35-39 27,6 11,5 17,8 1,6 27,0 8,4 6,1 100,0 386 40-44 21,7 10,1 12,9 2,1 39,3 6,8 7,0 100,0 264 45-49 21,0 5,2 10,9 6,3 36,5 12,3 7,7 100,0 190 Résidence N'Djaména 32,9 8,9 10,5 5,5 28,6 7,4 6,1 100,0 304 Autres Villes 31,6 10,1 19,0 3,7 19,1 9,5 7,0 100,0 406 Ensemble urbain 32,1 9,6 15,4 4,5 23,2 8,6 6,6 100,0 710 Rural 27,0 9,8 19,4 2,4 27,6 8,4 5,4 100,0 2 216 Niveau d'instruction Aucune instruction 23,0 10,0 19,0 2,1 30,7 9,0 6,2 100,0 2 059 Primaire 36,9 9,4 18,1 4,6 18,0 7,9 5,1 100,0 673 Secondaire ou plus 54,1 8,2 13,7 5,7 12,3 4,0 1,9 100,0 194 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 17,9 10,9 22,0 0,4 33,5 8,6 6,7 100,0 395 Second 28,7 9,1 25,5 2,1 21,2 5,7 7,6 100,0 655 Moyen 26,0 10,1 14,6 2,4 30,7 11,7 4,5 100,0 535 Quatrième 31,2 10,8 14,6 3,4 27,3 8,1 4,5 100,0 639 Le plus riche 32,7 8,5 16,3 4,9 23,8 8,7 5,2 100,0 701 Total 28,3 9,8 18,4 2,9 26,5 8,4 5,7 100,0 2 926 Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 89 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE 6 Joël Sibaye Tokindang Ce chapitre porte sur les principaux facteurs qui, en dehors du recours aux méthodes de planification familiale, affectent le risque d’exposition à la grossesse. Au nombre de ces déterminants de la fécondité figurent la nuptialité, l’activité sexuelle, l’aménorrhée et l’abstinence post-partum. Du fait que dans la plupart des sociétés, le mariage, ou plus généralement l’union, constitue le début d’exposition des femmes au risque de grossesse, il constitue un indicateur important. De plus, les résultats concernant l’âge aux premiers rapports sexuels et la fréquence des rapports sexuels qui agissent directement sur le risque d’exposition à la grossesse sont également analysés dans ce chapitre. 6.1 ÉTAT MATRIMONIAL Au Tchad comme dans la plupart des pays africains, le mariage (et l’union en général), bien qu’il ne soit pas le cadre exclusif des rapports sexuels, demeure le cadre privilégié de la procréation. En effet, les sociétés tchadiennes valorisent la virginité jusqu'au mariage à tel enseigne que la sexualité prénuptiale des filles est fortement réprouvée. Cependant, les changements liés à la modernité ont tendance à favoriser de plus en plus des rapports sexuels avant le mariage et on assiste à une augmentation du nombre de grossesses non désirées. Dans le cadre de l'EDST-II, toutes les femmes et tous les hommes cohabitant régulièrement sont considérés comme étant mariés ou plus exactement en union, qu’ils soient en union légale ou non, formelle ou non. Entrent donc dans cette catégorie, aussi bien les mariages civils, religieux et coutumiers que les unions de fait. Ainsi, dans cette analyse, le terme union désigne l'ensemble des femmes et des hommes qui se sont déclarés mariés ou vivant avec un(e) partenaire. Les femmes qui ne sont ni en union, ni veuves, ni séparées ou divorcées, constituent le groupe des célibataires. Les mêmes définitions s’appliquent aux hommes. On constate au tableau 6.1 que, sur 6 085 femmes interrogées âgées de 15 à 49 ans, plus de trois femmes sur quatre (77 %) étaient en union au moment de l’enquête. Les célibataires ne représentaient que 14 % de la population et les femmes en rupture d’union 9 %. Les résultats mettent aussi en évidence une diminution rapide des proportions de femmes célibataires avec l’âge, ce qui montre que la vie en union est un phénomène quasi-général chez les femmes tchadiennes. En effet, de 55 % de femmes célibataires à 15- 19 ans, cette proportion passe à 10 % à 20-24 ans et, à partir de 25 ans, elle devient très faible : 2 % dans le groupe d’âges 25-29 ans, et pratiquement aucune femme ne reste célibataire au-delà de 35 ans (moins de 1 %). Corrélativement, on constate que la proportion de femmes en union augmente avec l’âge jusqu’à 25-29 ans (92 %), puis diminue légèrement du fait de l’augmentation de la proportion des femmes en rupture d’union (divorcées, séparées et veuves) qui atteint 31 % à 45-49 ans. Au graphique 6.1 sont représentées les proportions de femmes célibataires par âge observées au cours des deux enquêtes (EDST-I 1996/97 et EDST-II 2004). On peut constater que les proportions de célibataires sont restées quasi invariables entre les deux dates à tous les âges. De même, les proportions de femmes en union n’ont pas également varié de façon significative. Ce comportement inchangé depuis 1996 est un facteur important qui pourrait expliquer, en partie, le maintien du niveau élevé de la fécondité observée ces dernières années au Tchad. 90 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Tableau 6.1 État matrimonial Répartition (en %) des femmes et des hommes par état matrimonial actuel, selon l'âge, Tchad 2004 État matrimonial Groupe d'âges Célibataire En union Veuve/Veuf Divorcé(e), séparé(e) Total Effectif FEMMES 15-19 54,7 42,0 0,4 2,9 100,0 1 360 20-24 9,7 84,6 0,7 4,9 100,0 1 072 25-29 1,7 92,2 0,5 5,7 100,0 1 140 30-34 0,2 90,9 1,9 7,0 100,0 783 35-39 0,3 91,1 3,5 5,0 100,0 657 40-44 0,2 84,5 7,6 7,7 100,0 525 45-49 0,0 69,4 18,1 12,5 100,0 547 Ensemble 14,3 76,6 3,2 5,8 100,0 6 085 HOMMES 15-19 98,9 0,9 0,0 0,2 100,0 406 20-24 62,0 34,0 0,0 4,0 100,0 267 25-29 21,4 74,0 0,0 4,6 100,0 293 30-34 6,1 89,6 0,2 4,2 100,0 212 35-39 2,0 92,1 2,1 3,8 100,0 181 40-44 1,6 94,5 0,0 3,9 100,0 172 45-49 0,3 97,2 2,2 0,3 100,0 151 50-54 0,9 96,1 2,4 0,6 100,0 113 55-59 2,5 91,0 3,7 2,8 100,0 92 Ensemble 34,6 62,0 0,7 2,7 100,0 1 887 Graphique 6.1 Proportion de femmes célibataires par âge, selon l’EDST-I et l’EDST-II 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Groupe d'âges 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 91 En ce qui concerne les hommes, on constate qu’au moment de l’enquête, plus de six sur dix (62 %) étaient en union. Plus du tiers des hommes étaient célibataires (35 %), soit une proportion nettement supérieure à celle des femmes (14 %). Les résultats montrent, comme chez les femmes, mais de façon moins rapide, une diminution des proportions de célibataires avec l’âge. Entre 15-19 ans, la quasi- totalité des hommes sont célibataires (99 %) mais à 25-29 ans, cette proportion n’est plus que de 21 % contre 2 % parmi les femmes du même groupe d’âges. Au-delà de 30 ans, le célibat décline considérable- ment, passant de 6 % à 30-34 ans à moins de 1 % à 45-49 ans. À l’inverse, la proportion des hommes en union passe de 34 % à 20-24 ans à 97 % à 45-49 ans. 6.2 POLYGAMIE Parmi les femmes actuellement en union, on a distingué celles qui vivent en union monogame de celles qui ont déclaré que leur mari ou conjoint avait une ou plusieurs autres épouses. Le tableau 6.2 présente la proportion de femmes en union selon le nombre de co-épouses par certaines caractéristiques sociodémographiques. La polygamie est une pratique répandue au Tchad puisqu’elle concerne 39 % des femmes en union. On constate, en outre, que la proportion de femmes ayant, au moins, une co-épouse augmente régulièrement avec l’âge, passant de 28 % à 20-24 ans à 51 % à 30-34 ans et à 50 % à 45-49 ans. Il est important de souligner que dès l’âge de 15-19 ans, près d’une femme en union sur cinq vit déjà en union polygame (19 %). Les résultats montrent que la pratique de la polygamie varie légèrement en fonction des caractéristiques sociodémographiques des femmes. Tout d’abord, il apparaît qu’elle est un peu plus fréquente en milieu rural qu’en milieu urbain (40 % contre 35 %). Avec 32 % de femmes polygames, c’est à N’Djaména que la polygamie est la moins pratiquée. Dans les Autres Villes, la proportion de femmes polygames se situe dans une position intermédiaire (37 %). En fonction de la zone de résidence, on constate que 3 zones se distinguent des autres par des proportions de femmes polygames légèrement plus élevées que les autres ; il s’agit des zones 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) (48 %), 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest) (43 %) et 3 (Batha,Guéra et Salamat) (41 %). Par ailleurs, le niveau d’instruction des femmes semble jouer un rôle déterminant sur la fréquence de la polygamie puisque la proportion de femmes en union polygame diminue au fur et à mesure que le niveau d’instruction augmente : d’un maximum de 41 % parmi les femmes sans instruction, la proportion passe à 36 % parmi celles ayant un niveau d’instruction primaire et à un minimum de 22 % parmi les plus instruites. Par ailleurs, les résultats selon l’indice de bien être économique du ménage ne font pas apparaître d’écarts vraiment importants de la fréquence de la polygamie, la proportion de femmes polygames variant de 38 % et 36 % dans les deux premiers quintiles à environ 40 % dans les 3 derniers quintiles. Le tableau 6.2 présente également les résultats concernant les hommes. On constate que près d’un quart des hommes en union (23 %) ont déclaré avoir plusieurs épouses. Comme chez les femmes, c’est en fonction de l’âge et du niveau d’instruction que la fréquence de la polygamie chez les hommes varie le plus. En effet, les proportions d’hommes polygames passent de moins 1 % à 20 -24 ans, à 21 % à 30-34 ans et à 40 % à 50-54 ans. Selon le niveau d’instruction, la proportion varie d’un maximum de 29 % parmi les hommes sans instruction à 18 % parmi ceux qui ont un niveau d’instruction primaire et c’est parmi les plus instruits qu’elle est la plus faible (12 %). Les résultats selon le quintile de bien-être économique ne font pas apparaître de tendance régulière. Le milieu de résidence ne fait pas non plus apparaître de différences importantes. La proportion d’hommes polygames étant identique à N’Djaména et en milieu rural (22 %). En fonction de la zone de résidence, on constate que ce sont les zones 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) et 8 (Mandoul et Moyen Chari) qui se caractérisent par les proportions d’hommes en union polygame les plus élevées (respectivement, 32 % et 31 %). À l’opposé, c’est dans les zones 3 (Batha, Guéra et Salamat), 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest) et 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé qu’elles sont les plus faibles (moins de 19 %). 92 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Tableau 6.2 Nombre d'épouses et de co-épouses Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union par nombre d'épouses ou de co-épouses, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Nombre de co-épouses Nombre d’épouses Caractéristique sociodémographique Pas de co-épouse 1 2+ Total1 Effectif de femmes 1 2+ Total Effectif d’hommes Âge 15-19 80,6 14,9 3,9 100,0 571 * * * 4 20-24 72,4 20,1 7,2 100,0 907 99,4 0,6 100,0 91 25-29 59,8 29,1 10,9 100,0 1 051 89,4 10,6 100,0 217 30-34 49,0 32,3 18,6 100,0 712 79,1 20,9 100,0 190 35-39 54,2 28,9 16,8 100,0 598 70,6 29,4 100,0 167 40-44 49,9 33,6 16,1 100,0 443 72,5 27,5 100,0 162 45-49 50,5 26,8 22,4 100,0 380 72,0 28,0 100,0 147 50-54 na na na na na 59,9 40,1 100,0 109 55-59 na na na na na 72,2 27,8 100,0 84 Résidence N'Djaména 68,3 19,6 11,3 100,0 338 77,8 22,2 100,0 106 Autres Villes 62,9 23,2 13,8 100,0 519 74,8 25,2 100,0 130 Ensemble urbain 65,0 21,8 12,8 100,0 857 76,1 23,9 100,0 236 Rural 59,7 27,3 12,7 100,0 3 806 77,7 22,3 100,0 933 Zone Zone 1 68,3 19,6 11,3 100,0 338 77,8 22,2 100,0 106 Zone 2 61,2 31,5 6,4 100,0 606 78,4 21,6 100,0 150 Zone 3 59,3 30,6 9,8 100,0 560 82,5 17,5 100,0 125 Zone 4 51,6 37,2 11,2 100,0 400 68,1 31,9 100,0 100 Zone 5 64,4 27,8 7,8 100,0 623 76,1 23,9 100,0 136 Zone 6 57,4 23,1 19,1 100,0 484 82,9 17,1 100,0 103 Zone 7 62,3 17,5 20,2 100,0 1 002 81,2 18,8 100,0 285 Zone 8 59,6 29,1 11,1 100,0 651 68,6 31,4 100,0 163 Niveau d'instruction Aucune instruction 59,0 27,9 12,9 100,0 3 662 71,3 28,7 100,0 625 Primaire 64,5 22,7 12,7 100,0 803 82,5 17,5 100,0 366 Secondaire ou plus 77,8 12,5 9,3 100,0 198 88,1 11,9 100,0 179 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 62,3 27,6 10,0 100,0 900 75,5 24,5 100,0 193 Second 64,1 24,8 11,0 100,0 1 026 79,9 20,1 100,0 270 Moyen 58,5 29,3 11,5 100,0 905 77,1 22,9 100,0 211 Quatrième 58,7 26,9 14,2 100,0 985 78,8 21,2 100,0 259 Le plus riche 59,7 22,9 17,2 100,0 847 74,5 25,5 100,0 237 Ensemble 60,7 26,3 12,7 100,0 4 663 77,4 22,6 100,0 1 170 1 Y compris les non déterminés * Basé sur trop peu de cas non pondérés 6.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION ET ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS Âge à la première union Au Tchad, le mariage demeure le cadre légal dans lequel ont lieu les premiers rapports sexuels et l’étude du calendrier de la primo-nuptialité revêt donc une grande importance. Il faut cependant préciser que la date du premier mariage ne coïncide pas toujours avec la date de sa consommation. Dans le cas de mariages très précoces, il peut s'écouler un certain temps entre la date de célébration du mariage et sa consommation. À l'inverse, comme on le verra par la suite, même si cela n’est pas encouragé par la société, les rapports sexuels prénuptiaux existent. Dans le cadre de ce travail, comme on l’a déjà précisé, le mariage est défini comme toute cohabitation maritale, sans référence à son caractère légal. Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 93 Les tableaux 6.3 et 6.4 présentent les proportions de femmes et d’hommes déjà entrés en union à différents âges, ainsi que les âges médians au premier mariage selon l'âge actuel des enquêtés. Tableau 6.3 Âge à la première union Pourcentage de femmes qui étaient déjà en première union aux âges exacts 15, 18, 20, 22 et 25 ans, pourcentage d’hommes qui étaient déjà en première union aux âges exacts 20, 22, 25, 28 et 30 ans et âge médian à la première union, selon l'âge actuel, Tchad 2004 Pourcentage en première union avant d'atteindre l'âge exact de : Groupe d’âges 15 18 20 22 25 Pourcentage jamais en union Effectif Âge médian à la 1ere union FEMMES 15-19 17,9 na na na na 54,7 1 360 a 20-24 35,0 71,5 85,6 na na 9,7 1 072 16,0 25-29 33,5 72,0 86,2 92,7 97,9 1,7 1 140 16,0 30-34 36,2 72,4 85,2 93,0 97,7 0,2 783 15,8 35-39 35,8 76,5 89,1 95,6 98,9 0,3 657 15,8 40-44 35,7 71,5 84,4 91,6 94,8 0,2 525 15,9 45-49 34,1 70,5 79,9 89,8 95,6 0,0 547 15,9 20-49 34,9 72,3 85,4 92,0 95,7 2,7 4 725 15,9 25-49 34,9 72,6 85,3 92,7 97,3 0,6 3 653 15,9 HOMMES Pourcentage en première union avant d'atteindre l'âge exact de : Groupe d’âges 20 22 25 28 30 Pourcentage jamais en union Effectif Âge médian à la 1ere union 15-19 na na na na na 98,9 406 a 20-24 20,4 na na na na 62,0 267 a 25-29 33,8 48,8 67,1 na na 21,4 293 22,4 30-34 23,8 43,5 68,3 85,4 91,4 6,1 212 22,6 35-39 29,9 44,2 62,5 80,2 85,4 2,0 181 23,1 40-44 27,7 42,2 72,3 83,3 87,9 1,6 172 22,7 45-49 25,5 40,5 65,8 79,0 85,6 0,3 151 23,0 50-54 19,3 34,1 59,9 78,5 83,1 0,9 113 23,8 55-59 28,8 35,8 50,6 69,0 77,8 2,5 92 24,9 30-59 26,0 41,0 64,7 80,5 86,2 2,5 921 23,1 na = Non applicable a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes sont en union pour la première fois avant d'atteindre le début du groupe d'âges. Les résultats montrent de manière très nette que les femmes tchadiennes se marient très jeunes. En effet, plus d’un tiers des femmes de 25-49 ans avaient déjà contracté leur première union avant d’atteindre 15 ans (35 %). À 25 ans exacts, la quasi-totalité des femmes tchadiennes (97 %) avaient déjà contracté une union. Parmi les femmes de 25-49 ans, l’âge médian s’établit à 15,9 ans. Par ailleurs, les résultats ne font apparaître aucune modification du calendrier de la primo-nuptialité au fil des générations : l’âge médian à la première union des femmes les plus âgées (45-49 ans à l’enquête, 15,9 ans) est pratiquement identique à celui des femmes des générations récentes (20-24 ans à l’enquête, 16,0 ans). De même, les résultats ne semblent pas montrer une quelconque tendance à une diminution des mariages précoces : 36 % des femmes de 30-34 ans étaient déjà mariées à 15 ans exact contre 34 % parmi celles de 25-29 ans et 35 % parmi celles de 20-24 ans à l’enquête. L’âge médian estimé lors de la précédente enquête (EDST-I de 1996/97) est quasiment identique (15,8 ans) à celui obtenu à l’EDST-II. La comparaison des résultats des deux enquêtes montre donc de façon très nette qu’il n’y a eu aucun changement dans le calendrier de la primo-nuptialité entre 1996 et 2004. 94 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Les hommes entrent en première union à un âge beaucoup plus tardif que les femmes (âge médian de 23,1 ans contre 15,9 ans). De plus, contrairement aux femmes, on constate entre les deux enquêtes, un léger recul de l’âge au premier mariage : de 22,6 ans à l’EDST-I, cet âge médian à la première union est passé à 23,1 ans. L’âge médian est passé de 24,9 ans parmi les hommes de 55-59 ans à 22,4 ans parmi ceux de 25-29 ans. Le tableau 6.4 présente l’âge médian des femmes et des hommes en fonction des caractéristiques sociodémographiques. Le calendrier de la primo-nuptialité des femmes tchadiennes varie très peu selon le milieu de résidence (graphique 6.2) : tout au plus peut-on souligner que les femmes du milieu rural entrent légèrement plus tôt en union (15,8 ans) que celles du milieu urbain (16,2 ans). Selon la zone de résidence, l’âge médian varie d’un maximum de 17,6 ans dans la zone 8 (Mandoul et Moyen Chari) à un minimum de 15,0 ans dans les zones 3 (Batha, Guéra et Salamat) et 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi). Le niveau d’instruction atteint par les femmes est certainement le facteur qui influence le plus directement le calendrier de la primo-nuptialité : plus le niveau d’instruction est élevé, plus l’âge d’entrée en union est tardif. C’est ainsi que les femmes ayant une instruction secondaire ou plus (âge médian de 18,5 ans) se marient 1,8 ans plus tard que les femmes ayant une instruction primaire (16,7 ans) et 2,8 ans plus tard que les femmes sans instruction (15,7 ans). En ce qui concerne le niveau de bien-être du ménage, on constate que les femmes vivant dans les ménages les plus pauvres entrent plus rapidement en union (15,5 ans) que celles vivant dans les autres types ménages (âge médian avoisinant les 16 ans). Tableau 6.4 Âge médian à la première union Âge médian à la première union des femmes de 25-49 ans et des hommes de 30-59 ans, par âge actuel et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Groupe d’âges Caractéristique sociodémographique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Femmes de 25-49 ans Hommes de 30-59 ans Résidence N'Djaména 17,2 16,6 15,9 16,5 16,1 15,6 16,1 25,3 Autres Villes 16,0 16,7 16,0 16,1 16,4 15,4 16,2 24,0 Ensemble urbain 16,5 16,7 16,0 16,2 16,2 15,5 16,2 24,5 Rural 15,9 15,9 15,7 15,6 15,9 16,0 15,8 22,7 Zone Zone 1 17,2 16,6 15,9 16,5 16,1 15,6 16,1 25,3 Zone 2 15,1 14,9 15,3 15,7 16,8 19,3 15,6 22,3 Zone 3 14,8 14,9 14,7 14,8 15,3 15,5 15,0 21,9 Zone 4 17,4 16,9 15,8 14,9 16,3 14,8 15,9 24,8 Zone 5 14,7 14,9 15,3 15,2 14,8 15,0 15,0 22,7 Zone 6 15,9 15,9 15,8 15,7 15,9 15,6 15,8 24,2 Zone 7 15,6 16,8 16,5 15,7 15,8 16,9 16,5 21,5 Zone 8 18,1 17,8 17,5 17,3 18,2 17,5 17,6 23,3 Niveau d'instruction Aucune instruction 15,5 15,6 15,6 15,6 15,9 15,7 15,7 22,9 Primaire 16,8 17,2 16,2 16,4 16,0 17,0 16,7 22,9 Secondaire ou plus 19,4 19,0 19,3 17,4 17,7 17,3 18,5 24,1 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,3 15,6 15,7 15,4 15,9 15,4 15,5 24,0 Second 15,8 16,3 15,6 15,9 15,7 16,2 15,9 22,8 Moyen 15,7 16,0 16,2 15,5 16,4 17,4 16,1 22,3 Quatrième 15,6 15,7 15,7 15,9 15,8 16,0 15,8 21,9 Le plus riche 16,6 16,6 15,8 16,1 15,8 15,7 16,1 24,4 Ensemble des femmes 16,0 16,0 15,8 15,8 15,9 15,9 15,9 na Ensemble des hommes a 22,4 22,6 23,1 22,7 23,0 na 23,1 na = Non applicable a = Non calculé parce que moins de 50 % des hommes sont en union pour la première fois avant d'atteindre le début du groupe d'âges Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 95 On constate également des variations chez les hommes : comme chez les femmes, cet âge médian à la première union est plus précoce parmi ceux du milieu rural (22,7 ans contre 24,5 ans en milieu urbain et 25,3 ans à N’Djaména) ; en fonction du niveau d’instruction, on ne constate un écart qu’à partir du niveau secondaire : 24,1 ans contre 22,9 ans parmi ceux sans instruction et parmi ceux ayant un niveau primaire. Par rapport à la zone de résidence, on constate que les hommes vivant dans les zones 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) et 3 (Batha,Guéra et Salamat), (âges médians de 21,5 ans et 21,9 ans se marient un peu plus tôt que les autres. Par ailleurs, les résultats selon les quintiles de bien-être du ménage ne font pas réellement apparaître de tendance, l’âge médian des hommes du quintile le plus pauvre et celui du plus riche étant quasiment identique (respectivement, 24 et 24,4 ans). Âge aux premiers rapports sexuels Bien qu'au Tchad les rapports sexuels ne soient, en règle générale, autorisés que dans le cadre du mariage, il n’en demeure pas moins que les relations prénuptiales sont de plus en plus fréquentes. Dès lors, l'examen de l'âge aux premiers rapports sexuels en tant que déterminant de la fécondité devient pertinent au même titre que l'âge à la première union. Pour cette raison, on a demandé aux personnes enquêtées, l'âge auquel elles avaient eu, pour la première fois, des rapports sexuels. Les tableaux 6.5 et 6.6 présentent les proportions de femmes et d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels à différents âges et l'âge médian aux premiers rapports sexuels. TCHAD RÉSIDENCE N'Djaména Autres Villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou plus 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 Âge (année) Femmes Hommes Graphique 6.2 Âge médian des femmes et des hommes à la première union EDST-II 2004Note : Femmes de 25-49 ans ; hommes de 30-59 ans 96 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Tableau 6.5 Âge aux premiers rapports sexuels Pourcentage de femmes et d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels avant d'atteindre certains âges exacts et âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l'âge actuel, Tchad 2004 Pourcentage ayant eu les premiers rapports sexuels avant d'atteindre l'âge exact de: Groupe d’âges 15 18 20 22 25 Pourcentage n'ayant jamais eu de rapports sexuels Effectif Âge médian aux 1ers rapports sexuels FEMMES 15-19 19,0 na na na na 51,4 1 360 a 20-24 35,5 74,7 88,1 na na 8,0 1 072 15,9 25-29 35,3 75,5 88,4 93,6 98,0 1,2 1 140 15,8 30-34 35,5 75,1 87,2 93,6 97,7 0,2 783 15,7 35-39 38,3 81,0 92,6 97,7 99,2 0,0 657 15,6 40-44 37,3 75,6 86,8 93,6 96,4 0,0 525 15,7 45-49 34,5 76,2 85,9 94,0 97,6 0,0 547 15,8 20-49 35,9 76,1 88,2 93,8 96,5 2,1 4 725 15,8 25-49 36,0 76,5 88,3 94,4 97,9 0,4 3 653 15,7 HOMMES 15-19 10,7 na na na na 68,8 406 a 20-24 9,4 37,6 61,5 na na 23,8 267 18,8 25-29 16,8 48,5 78,1 89,0 94,6 3,1 293 18,1 30-34 4,7 46,6 63,8 79,8 88,6 2,3 212 18,3 35-39 9,2 34,8 62,2 75,5 85,5 0,2 181 18,9 40-44 8,4 31,3 58,8 76,0 86,2 0,7 172 18,8 45-49 6,6 39,7 60,9 73,0 85,7 0,0 151 18,7 50-54 1,3 19,3 48,2 66,2 81,7 0,0 113 20,1 55-59 3,6 24,2 36,0 56,7 74,5 0,0 92 21,2 25-49 8,6 38,0 62,4 77,0 87,2 1,3 1 214 18,8 30-59 6,0 34,7 57,4 73,2 84,8 0,7 921 19,0 na = Non applicable a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d'atteindre le début du groupe d'âges. À la lecture des résultats, on constate d’emblée que l’âge aux premiers rapports sexuels des femmes est très précoce. Plus d’un tiers des femmes de 25-49 ans avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels en atteignant 15 ans exacts (36 %). Cette proportion est de 76 % à 18 ans, et la quasi-totalité des femmes de 25-49 ans (94 %) avaient eu leurs premiers rapports sexuels avant l’âge de 22 ans. L’âge médian aux premiers rapports sexuels, estimé à 15,7 ans chez les femmes de 25-49 ans est pratiquement identique à l’âge médian d’entrée en union (15,9 ans), ce qui semble indiquer que les premiers rapports sexuels des femmes ont lieu, en général, au moment de l’union. En outre, on n'observe pas de modifications significatives de l’âge aux premiers rapports sexuels au fil des générations : l’âge médian, estimé à 15,8 ans parmi les femmes des générations les plus âgées (45-49 ans), s’établit à 15,9 ans parmi celles des générations les plus jeunes (20-24 ans). En ce qui concerne les hommes (tableau 6.5), on constate qu’en atteignant 18 ans, 35 % des hommes de 30-59 ans avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels ; à l’âge de 22 ans, cette proportion est de 73 % et à 25 ans, 85 % avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels. Ces proportions sont plus faibles que celles observées chez les femmes. À l’inverse des femmes, on constate un net rajeunissement de l’âge aux premiers rapports sexuels au fil des générations : de 21,2 ans parmi ceux de 55-59 ans, l’âge médian s’établit à 18,1 ans parmi les hommes âgés de 25 à 29 ans. L'âge médian aux premiers rapports sexuels, estimé à 19 ans parmi les hommes de 30-59 ans, est inférieur à l’âge d’entrée en première union Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 97 (23,1 ans). À l’opposé des femmes qui ont leurs premiers rapports sexuels pratiquement au moment de la première union, les hommes ont leurs premiers rapports sexuels 4,1 ans avant d’entrer en première union. Au tableau 6.6 figurent les résultats selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes et des hommes (graphique 6.3). En premier lieu, on ne constate pas chez les femmes d’écart important en fonction du milieu de résidence, l’âge médian variant d’un minimum de 15,7 ans en rural à un maximum de 15,9 ans en milieu urbain. Par contre, chez les hommes, c’est à N’Djaména qu’il est le plus précoce (18,6 ans) et dans les Autres Villes qu’il est le plus tardif (19,8 ans). Les résultats selon la zone de résidence font apparaître des écarts importants : avec un âge médian de 14,9 ans, ce sont les femmes de la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) qui ont les premiers rapports sexuels les plus précoces. À l’opposé, dans la zone 8 (Mandoul et Moyen Chari), l’âge médian aux premiers rapports sexuels est de 17,3 ans. Chez les hommes, on constate que les zones 2, (BET, Kanem et Lac), 4 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) et 8 (Mandoul et Moyen Chari) se caractérisent par des âges médians relativement tardifs (respectivement, 20,8 ans, 20,9 ans et 20,6 ans). À l’opposé, dans la zone 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjiilé), la moitié des hommes ont eu leurs premiers rapports sexuels à 18,1 ans. Tableau 6.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels Âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 25-49 ans et des hommes 30-59 ans, par âge actuel et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Âge actuel Caractéristique sociodémographique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Femmes de 25-49 ans Hommes de 30-59 ans Résidence N'Djaména 16,8 16,2 15,9 15,6 15,7 15,5 15,8 18,6 Autres Villes 15,9 16,5 15,8 15,9 16,0 15,3 15,9 19,8 Ensemble urbain 16,3 16,4 15,8 15,9 15,9 15,3 15,9 19,1 Rural 15,8 15,7 15,7 15,5 15,7 15,9 15,7 19,0 Zone Zone 1 16,8 16,2 15,9 15,6 15,7 15,5 15,8 18,6 Zone 2 15,4 14,7 15,3 15,5 17,0 17,1 15,5 20,8 Zone 3 14,8 15,0 14,8 15,1 15,4 15,4 15,1 18,4 Zone 4 17,4 17,0 16,0 15,2 15,4 15,0 15,9 20,9 Zone 5 14,8 14,9 15,1 14,9 14,7 14,9 14,9 18,2 Zone 6 15,4 15,4 15,5 15,3 15,7 15,5 15,5 18,5 Zone 7 15,4 16,5 16,2 15,6 16,0 16,6 16,2 18,1 Zone 8 17,7 17,6 17,2 16,8 17,9 17,5 17,3 20,6 Niveau d'instruction Aucune instruction 15,5 15,5 15,6 15,5 15,6 15,6 15,6 19,8 Primaire 16,5 16,6 16,0 16,0 16,1 16,8 16,4 18,5 Secondaire ou plus 18,4 18,5 18,3 17,0 17,8 17,3 18,1 18,4 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,3 15,6 15,7 15,5 15,3 15,2 15,5 20,4 Second 15,7 16,2 15,6 15,6 15,6 16,3 15,8 18,7 Moyen 15,7 15,7 15,9 15,2 16,4 16,3 15,8 18,8 Quatrième 15,5 15,6 15,7 15,7 15,3 15,9 15,6 19,1 Le plus riche 16,5 16,1 15,7 15,7 15,9 15,6 15,8 18,8 Ensemble des femmes 15,9 15,8 15,7 15,6 15,7 15,8 15,7 na Ensemble des hommes 18,8 18,1 18,3 18,9 18,8 18,7 na 19,0 na = Non applicable a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d'atteindre le début du groupe d'âges. 98 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Le niveau d’instruction influe sur l’âge aux premiers rapports sexuels. Chez les femmes, on constate que plus elles sont instruites, plus elles ont leurs premiers rapports sexuels tard : de 15,6 ans parmi celles qui n’ont pas d’instruction, cet âge médian passe à 18,1 ans quand elles ont un niveau au moins secondaire. Par contre, chez les hommes, on constate le phénomène inverse, les hommes instruits ayant leurs premiers rapports sexuels à un âge plus précoce que ceux qui ne sont pas instruits (18,4 ans pour le niveau secondaire et 18,5 ans pour le niveau primaire contre 19,8 ans pour ceux sans instruction). En ce qui concerne le niveau de bien-être du ménage, on ne constate pratiquement pas chez les femmes d’écart. Chez les hommes, il apparaît que l’âge aux premiers rapports sexuels est un peu plus tardif dans le quintile le plus pauvre (20,4 ans contre 18,7 ans dans le second quintile). TCHAD RÉSIDENCE N'Djaména Autres Villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou plus 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 Âge (année) Femmes Hommes Graphique 6.3 Âge médian des femmes et des hommes aux premiers rapports sexuels EDST-II 2004Note : Femmes de 25-49 ans ; hommes de 30-59 ans 6.4 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE En l'absence d’une pratique contraceptive régulière, la fréquence des rapports sexuels augmente les risques de conception et constitue donc un déterminant direct de la fécondité. Lors de l’enquête, on a posé la question suivante à toutes les femmes et à tous les hommes, sans tenir compte de leur état matrimonial : « Combien de temps y a-t-il depuis que vous avez eu des relations sexuelles pour la dernière fois ? » Les résultats sont présentés pour les femmes au tableau 6.7. On constate que plus de la moitié des femmes (55 %) ont déclaré avoir eu des relations sexuelles au cours des quatre semaines ayant précédé l’enquête. L’activité sexuelle augmente avec l’âge pour atteindre un maximum à 35-39 ans (70 %), et c’est à 45-49 ans qu’elle est la plus faible (48 %). Par ailleurs, l’activité sexuelle récente des femmes varie selon les caractéristiques socio démographiques ; tout d’abord, en fonction de l’état matrimonial, on constate que l’activité sexuelle des femmes célibataires est très faible (3 %). Ces résultats confirment l’hypothèse avancée précédemment selon laquelle l’union n’est pas le cadre exclusif de l’activité sexuelle mais en reste néanmoins le cadre privilégié. À l’opposé, parmi les femmes en union, 70 % ont déclaré avoir été sexuellement actives au cours des quatre dernières semaines ; parmi les femmes en rupture d’union, la proportion n’est que de 8 %. Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 99 Les femmes sexuellement inactives sont considérées comme étant en abstinence, soit à la suite d’une naissance (abstinence post-partum : 10 %), soit pour d’autres raisons (abstinence prolongée : 20 %). Quelle que soit la raison de l’abstinence, elle dure depuis moins de 2 ans pour la majorité des femmes. En outre, l’activité sexuelle des femmes en union augmente avec la durée de l’union : de 65 % à 0-4 ans de mariage, la proportion passe à 72 % à 10-14 ans et à 75 % à 25-29 ans de mariage. Les résultats selon le milieu de résidence font apparaître de légers écarts ; c’est en milieu rural que la proportion de femmes sexuellement actives est la plus élevée (57 %) et dans les Autres Villes qu’elle est la plus faible (46 %). Par ailleurs, il semblerait que le niveau d’instruction joue un rôle négatif sur la fréquence de l’activité sexuelle, la proportion de femmes sexuellement actives diminuant au fur et à mesure que le niveau d’instruction augmente. En fait, il s’agit ici beaucoup plus d’un problème de structure par âge que d’influence du niveau d’instruction sur la fréquence de l’activité sexuelle. Les jeunes femmes dont une part importante n’a pas encore eu de relations sexuelles sont proportionnellement plus nombreuses parmi les femmes ayant de l’instruction que parmi celles n’en ayant pas acquis. Tableau 6.7 Activité sexuelle récente des femmes Répartition (en %) des femmes par activité sexuelle dans les quatre semaines précédant l'enquête et par durée d'abstinence (post- partum ou non) selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Non sexuellement active dans les 4 dernières semaines En abstinence post-partum En abstinence non post- partum Caractéristique sociodémographique Sexuellement active dans les 4 dernières semaines 0-1 ans 2 ans ou + 0-1 ans 2 ans ou + ND N'a jamais eu de rapports sexuels Total Effectif Âge 15-19 30,7 3,4 0,7 9,9 2,6 1,3 51,4 100,0 1 360 20-24 57,9 9,8 2,7 11,3 7,3 2,9 8,0 100,0 1 072 25-29 65,9 10,0 2,8 10,3 7,2 2,6 1,2 100,0 1 140 30-34 64,4 12,9 2,9 9,6 6,9 3,0 0,2 100,0 783 35-39 69,6 10,0 1,2 6,5 11,6 1,1 0,0 100,0 657 40-44 62,7 7,8 3,0 6,9 18,1 1,6 0,0 100,0 525 45-49 48,1 1,8 1,5 12,3 35,7 0,7 0,0 100,0 547 État matrimonial Célibataire 3,3 0,2 0,0 3,1 1,7 0,1 91,6 100,0 873 En union 70,2 9,1 1,6 11,0 5,9 2,2 0,0 100,0 4 663 Divorcée, séparée, veuve 7,5 10,0 9,2 10,5 59,3 3,5 0,0 100,0 549 Durée du mariage (en années) Jamais mariée 3,3 0,2 0,0 3,1 1,7 0,1 91,6 100,0 873 0-4 ans 64,6 6,8 1,1 18,9 5,7 2,7 0,2 100,0 892 5-9 ans 68,2 11,5 1,7 10,0 5,5 3,1 0,0 100,0 974 10-14 ans 72,0 9,8 2,1 9,6 4,5 2,0 0,0 100,0 937 15-19 ans 72,4 11,5 2,3 7,3 4,0 2,6 0,0 100,0 668 20-24 ans 74,8 10,5 1,6 6,3 6,3 0,4 0,0 100,0 597 25-29 74,6 4,3 0,5 9,1 9,3 2,2 0,0 100,0 354 30+ 68,1 3,1 0,7 15,0 12,5 0,6 0,0 100,0 241 Mariée plus d'une fois 7,5 10,0 9,2 10,5 59,3 3,5 0,0 100,0 549 Résidence N'Djaména 52,6 6,7 1,6 9,1 9,6 2,4 17,9 100,0 516 Autres Villes 46,3 10,2 2,1 11,6 12,0 1,9 15,8 100,0 773 Ensemble urbain 48,9 8,8 1,9 10,6 11,1 2,1 16,6 100,0 1 289 Rural 56,6 7,7 2,1 9,6 9,9 2,0 12,2 100,0 4 796 Niveau d'instruction Aucune instruction 59,7 7,8 2,4 8,3 10,3 1,8 9,7 100,0 4 549 Primaire 43,9 8,3 1,1 14,8 9,8 2,5 19,7 100,0 1 144 Secondaire ou plus 32,9 9,0 1,1 12,1 8,6 2,3 34,0 100,0 392 Ensemble 55,0 7,9 2,0 9,8 10,1 2,0 13,2 100,0 6 085 100 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Le tableau 6.8 présente les résultats concernant l’activité sexuelle récente des hommes. il ressort que plus d’un homme sur deux (56 %) a déclaré avoir été sexuellement actifs durant les quatre semaines ayant précédé l'enquête. Tableau 6.8 Activité sexuelle récente des hommes Répartition (en %) des hommes en fonction du temps écoulé depuis leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Temps écoulé depuis les derniers rapports sexuels Caractéristique sociodémographique Durant les 4 dernières semaines Durant la dernière année1 Une ou plusieurs années N'a jamais eu de rapports sexuels Total2 Effectif Âge 15-19 12,7 14,6 4,0 68,8 100,0 406 20-24 45,4 23,5 7,4 23,8 100,0 267 25-29 65,1 23,7 8,1 3,1 100,0 293 30-34 75,0 16,4 6,4 2,3 100,0 212 35-39 70,8 24,9 4,0 0,2 100,0 181 40-44 81,3 14,7 3,3 0,7 100,0 172 45-49 78,9 17,2 3,9 0,0 100,0 151 50-54 84,3 11,9 3,9 0,0 100,0 113 55-59 65,2 17,8 13,9 0,0 100,0 92 État matrimonial Célibataire 20,4 17,9 6,5 54,8 100,0 653 En union 78,9 17,1 3,8 0,0 100,0 1 170 Divorcée, séparée, veuve 13,0 53,7 33,2 0,0 100,0 65 Durée du mariage (en années) Jamais marié 20,4 17,9 6,5 54,8 100,0 653 0-4 ans 72,0 24,9 3,1 0,0 100,0 193 5-9 ans 79,4 15,3 5,1 0,2 100,0 230 10-14 ans 78,2 15,7 6,0 0,0 100,0 195 15-19 ans 79,3 20,6 0,1 0,0 100,0 163 20-24 ans 83,4 14,1 2,1 0,0 100,0 160 25-29 79,1 15,8 5,0 0,0 100,0 114 30+ 83,7 10,8 5,5 0,0 100,0 113 Marié plus d'une fois 13,0 53,7 33,2 0,0 100,0 65 Résidence N'Djaména 47,7 23,0 11,4 17,9 100,0 233 Autres Villes 43,9 27,5 8,0 20,3 100,0 270 Ensemble urbain 45,6 25,4 9,5 19,2 100,0 503 Rural 60,3 16,2 4,4 18,9 100,0 1 384 Niveau d'instruction Aucune instruction 63,2 13,8 4,9 17,8 100,0 893 Primaire 54,8 20,0 4,0 21,2 100,0 606 Secondaire ou plus 43,3 27,6 10,6 18,3 100,0 388 Ensemble 56,4 18,7 5,8 19,0 100,0 1 887 1 Non compris les hommes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines. 2 Y compris les non déterminés La proportion des hommes sexuellement actifs au moment de l’enquête augmente avec l’âge, passant d’un minimum de 13 % à 15-19 ans à un maximum de 84 % à 50-54 ans. Même si l’activité sexuelle est nettement plus fréquente chez les hommes mariés (79 %), on constate néanmoins qu’un homme célibataire sur cinq (20 %) a déclaré avoir été sexuellement actif au cours des quatre dernières semaines. Par ailleurs, les proportions d’hommes sexuellement actifs, quoique assez irrégulières, semblent augmenter avec la durée du mariage : de 72 % à 0-4 ans de mariage, elles passent à 83 % à 20-24 ans de mariage. Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 101 De même que chez les femmes, les données du tableau 6.8 font apparaître des variations importantes selon le milieu de résidence : en effet, 60 % des hommes du milieu rural ont été sexuellement actifs contre 46 % en milieu urbain. Enfin, en fonction du niveau d’instruction, on retrouve la même tendance que celle observée chez les femmes. 6.5 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Après la naissance d’un enfant, l’exposition au risque de grossesse dépend, entre autres facteurs, du retour de l’ovulation et de l’abstinence sexuelle ou abstinence post- partum. Le temps écoulé entre l’accouchement et le retour de l’ovulation est appelé aménorrhée post-partum, qui est estimée ici par la longueur de l’intervalle qui sépare la naissance d’un enfant et le retour des règles. Par ailleurs, sa durée peut être influencée par l’intensité, la fréquence et la durée de l’allaitement au sein. La combinaison de ces facteurs examinés successivement dans cette section, permet d’identifier les femmes non susceptibles d’être exposées au risque de grossesse et d’évaluer la durée de la non susceptibilité. Une femme est considérée comme non susceptible d’être exposée au risque de grossesse quand elle n’a pas repris les rapports sexuels depuis la dernière naissance (elle ne peut pas tomber enceinte), ou quand elle est en aménorrhée post-partum, ce qui signifie que ses risques de tomber enceinte sont minimes si elle reprend ses relations sexuelles sans couverture contraceptive. La non susceptibilité se définit comme la période pendant laquelle une femme n’est pratiquement pas soumise au risque de grossesse par suite d’aménorrhée et/ou d’abstinence post-partum. Les données du tableau 6.9 concernent les naissances des 3 dernières années dont les mères sont encore en aménorrhée ou en abstinence post-partum et donc non susceptibles d’être exposées au risque de grossesse, selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance. Cette distribution de la proportion de naissances selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance est analogue à la série des survivants (Sx) d’une table de mortalité. Figurent également dans le même tableau, les durées médiane et moyenne de l’aménorrhée, de l’abstinence et de la non susceptibilité, ainsi que la moyenne « prévalence/incidence »1. 1 La moyenne « prévalence/incidence » est calculée, pour l'aménorrhée par exemple, en divisant le nombre d'enfants dont les mères sont encore en aménorrhée au moment de l'enquête (prévalence) par le nombre moyen de naissances par mois (incidence), estimé à partir des naissances d'une période de 36 mois pour éviter les problèmes de saisonnalité et d'erreurs possibles de période de référence. Tableau 6.9 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum Pourcentage de naissances survenues au cours des trois années ayant précédé l'enquête dont les mères sont en aménorrhée, en abstinence et en insusceptibilité post-partum, selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance et durées médiane et moyenne, Tchad 2004 Pourcentage de naissances dont la mère est: Nombre de mois depuis la naissance En aménorrhée En abstinence En insusceptibilité post-partum Effectif de naissances < 2 96,4 85,9 97,1 197 2-3 89,2 41,4 90,6 276 4-5 80,9 27,3 84,7 203 6-7 85,9 29,5 86,8 206 8-9 69,2 26,2 75,3 186 10-11 68,1 23,5 71,0 164 12-13 56,3 11,1 62,3 220 14-15 48,0 11,8 51,8 263 16-17 35,1 8,4 37,2 185 18-19 37,6 14,7 44,6 158 20-21 37,0 13,0 43,3 129 22-23 16,1 3,7 18,2 113 24-25 8,1 3,0 11,1 293 26-27 8,0 8,4 13,1 253 28-29 9,3 4,1 10,6 229 30-31 7,3 3,9 9,8 168 32-33 2,4 6,0 7,3 121 34-35 4,6 4,9 8,0 121 Ensemble 44,3 19,0 47,7 3 485 Médiane 13,9 2,5 14,9 na Moyenne 15,5 6,9 16,7 na Note : Les calculs sont basés sur le statut au moment de l'enquête. na = Non applicable 102 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Pratiquement deux tiers des femmes enquêtées (68 %) restent en aménorrhée jusqu’à 11 mois, et plus d’une femme sur deux (56 %) pour au moins 13 mois. À 18-19 mois, la proportion de femmes dont les règles n’ont pas encore repris est de 38 %, et à 24-25 mois, cette proportion s’établit à 8 % seulement. La moitié des femmes qui ont accouché ont leur retour de règles après 13,9 mois (durée médiane) et, en moyenne, l’aménorrhée dure 15,5 mois. Il convient de rappeler que la durée d’aménorrhée relativement longue est fonction de la durée, de l’intensité et de la fréquence de l’allaitement qui agissent sur le retour de l’ovulation. L'abstinence post-partum est largement pratiquée au Tchad, mais seulement pour une courte période. Le tableau 6.9 montre que si 86 % des femmes s'abstiennent de rapport sexuels pendant les deux premiers mois suivant une naissance, cette proportion diminue très rapidement : 41 % à 2-3 mois, et seulement 27 % des femmes s'abstiennent encore entre 4 et 5 mois. Il faut noter que la durée médiane de l’abstinence post-partum est de 2,5 mois, ce qui est bien inférieur à la valeur moyenne (6,9 mois). Ces résultats ne sont guère surprenants et s’expliquent en partie par le fait qu’une partie de la population se conforme aux valeurs islamiques selon lesquelles les femmes doivent s'abstenir de rapports sexuels pendant les 40 jours qui suivent l'accouchement2. Quatre mois après la naissance, près des trois quarts des femmes (73 %) ont repris leurs rapports sexuels. La reprise des relations sexuelles a donc lieu assez rapidement après l'accouchement et, de ce fait, l'abstinence post-partum ne contribuera que de façon négligeable dans l'espacement des naissances. Le même tableau fournit la proportion de naissances dont les mères sont considérées comme non susceptibles d'être exposées au risque de grossesse selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance du dernier enfant. En absence d'allaitement et/ou d'abstinence post-partum, la période de non susceptibilité peut varier d'un mois à plus de deux ans. Dans l'ensemble, 48 % des femmes sont en période de non susceptibilité. À 12-13 mois, 62 % des femmes sont dans cette situation. La proportion de femmes en période de non susceptibilité, très élevée au cours des 2 premiers mois après la naissance (97 %), reste à un niveau élevé jusqu'à 7 mois (87 %) et ne tombe en dessous de 50 % qu'après 15 mois. La durée médiane de non susceptibilité est de 14,9 mois et sa durée moyenne s'établit à 16,7 mois. Le tableau 6.10 présente les durées médianes d’aménorrhée, d’absti- nence post-partum et de non suscepti- bilité selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes. On constate tout d’abord que les durées d’aménorrhée et de non susceptibilité varient légèrement en fonction de l’âge : les femmes les plus jeunes (moins de 30 ans) présentent des durées d’aménorrhée d’environ 2,3 mois plus courtes que leurs aînées (femmes de plus de 30 ans). En ce qui concerne l’abstinence, il n’y a pratiquement pas de variations avec l’âge (0,6 mois). 2 Selon les données du dernier recensement de 1993, environ 52 % de la population tchadienne est musulmane. Tableau 6.10 Durée médiane de l'insusceptibilité post-partum Durées médianes (en mois) d'aménorrhée, d'abstinence et d'insusceptibilité post-partum selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Aménorrhée post-partum Abstinence post-partum Insusceptibilité post-partum Effectif de naissances Âge 15-29 12,9 2,8 14,4 2 279 30+ 15,2 2,2 16,1 1 206 Résidence N'Djaména 7,2 2,0 8,5 263 Autres Villes 11,5 3,7 11,9 403 Ensemble urbain 10,6 3,0 11,3 666 Rural 14,8 2,5 16,0 2 819 Niveau d'instruction Aucune instruction 15,3 2,2 16,2 2 612 Primaire 11,4 5,5 12,7 721 Secondaire ou plus 8,8 6,1 11,7 152 Ensemble 13,9 2,5 14,9 3 485 Note : Les médianes sont basées sur le statut actuel. Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 103 Le milieu de résidence influe aussi sur la durée de l’aménorrhée qui est plus longue chez les femmes du milieu rural (14,8 mois) que chez celles du milieu urbain (10,6 mois). Par contre, on observe de faible différence pour l’abstinence post-partum (0,5 mois). En ce qui concerne le niveau d’instruction, on constate que les femmes qui n’ont pas d’instruction ont une durée d’aménorrhée plus longue (15,3 mois) que celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire (8,8 mois). Au niveau de l’abstinence post-partum on constate le phènomène inverse (respectivement, 2,2 contre 6,1 mois). Les différentiels observés dans les durées d'aménorrhée se répercutent sur les durées de la période de non susceptibilité. Sa durée médiane est ainsi plus courte chez les jeunes femmes de moins de 30 ans (14,4 mois contre 16,1 mois parmi les 30 ans et plus), en milieu urbain (11,3 contre 16,0 mois en rural) et parmi les femmes ayant un niveau secondaire ou plus (11,7 contre 16,2 mois parmi celles sans instruction). Préférences en Matière de Fécondité | 105 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ 7 Ningam Ngakoutou L’EDST-II a abordé le sujet des préférences en matière de fécondité par le biais de questions concernant le désir d’avoir ou non des enfants supplémentaires, le délai d’attente avant d’avoir le prochain enfant et le nombre total d’enfants désirés. Ces questions visent à évaluer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité et à mesurer les besoins futurs en matière de contraception, non seulement pour espacer, mais aussi pour limiter les naissances. Les réponses à ces questions sont particulièrement utiles au Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR) et à l’Association Tchadienne pour le Bien-être Familial (ASTBEF) afin d’évaluer les efforts fournis et d’améliorer leurs services. L’interprétation des données sur les attitudes et les opinions vis-à-vis de la procréation ont toujours été un sujet de controverse. En effet, certains chercheurs pensent que, d’une part, les réponses aux questions sur les préférences en matière de fécondité reflètent des points de vue exprimés sans beaucoup de conviction et que, d’autre part, ces réponses ne tiennent pas compte de l’effet des pressions sociales ou des attitudes des autres membres de la famille, particulièrement de celles du mari, qui peuvent avoir une grande influence sur les décisions en matière de reproduction. De plus, ces données sont obtenues à partir d’un échantillon de femmes de différents âges et vivant des moments différents de leur histoire génésique. Pour les femmes en début d’union, les réponses sont liées à des objectifs à moyen ou long terme dont la stabilité et la valeur prédictive sont incertaines. Pour les femmes en fin de vie féconde, les réponses sont inévitablement influencées par leur passé. Malgré les problèmes d’interprétation concernant l’analyse des données sur les préférences en matière de fécondité, les résultats présentés dans ce chapitre peuvent aider à expliquer les facteurs qui affectent la fécondité au Tchad, où la prévalence contraceptive demeure faible et où les niveaux de la fécondité restent très élevés. L’analyse qui suit, porte exclusivement sur les femmes et les hommes en union au moment de l’enquête. 7.1 DÉSIR D'AVOIR DES ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES) Le désir d’avoir ou non des enfants dépend généralement de l’âge de la femme et du nombre d’enfants actuellement en vie de celle-ci ou du couple. Il ressort des tableaux 7.1 et 7.2 que ces deux variables sont déterminantes dans l’analyse du désir d’enfants. Une série de questions a été posée à l’EDST-II aux femmes et aux hommes actuellement en union pour obtenir des informations sur les attitudes quant au désir d’espacer leur prochaine naissance ou au désir de ne plus avoir d’enfants. Les résultats du tableau 7.1 montrent que seulement une femme sur douze (8 %) a répondu qu’elle ne désirait plus d’enfant tandis que plus des trois quarts des femmes (76 %) en voulaient davantage. On peut noter que, parmi les femmes qui ont déclaré qu’elles désiraient avoir des enfants (supplémentaires) dans l’avenir, la majorité (38 %) voulait espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus et 30 % voulaient avoir un enfant rapidement (avant deux ans). Au total donc, 46 % des femmes – celles ne voulant plus d’enfants (8 %) plus celles désirant espacer pour une période d’au moins deux ans (38 %) – peuvent être considérées comme des candidates potentielles à la planification familiale. En ce qui concerne le désir d’espacer les naissances pour une période d’au moins deux ans, les niveaux sont très proches de ceux enregistrés dans le cadre de l’EDST-I de 1996-1997 (39 % de femmes). De même, la proportion des femmes ayant déclaré ne plus vouloir d’enfants est restée relativement stable entre 1996-1997 (10 %) et 2004 (8 %). 106 | Préférences en Matière de Fécondité Tableau 7.1 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d'enfant vivants Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union par désir d'enfants supplémentaires selon le nombre d'enfants vivants, Tchad 2004 Nombre d'enfants vivants1 Désir d'enfants 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble FEMMES Veut un autre Veut un autre bientôt2 71,3 33,6 31,2 32,7 26,5 24,4 18,3 30,2 Veut un autre plus tard3 5,5 46,9 50,2 43,1 44,2 36,7 26,0 38,0 Veut un autre, NSP quand 7,5 11,1 7,4 8,7 6,5 6,5 4,9 7,4 Indécise 4,0 3,8 5,8 6,1 9,3 10,5 12,4 7,8 Ne veut plus d'enfant 0,3 1,0 2,5 4,0 6,6 10,9 22,4 8,3 Stérilisée 0,6 0,1 0,4 0,2 0,0 0,0 0,2 0,2 Femme/homme déclaré stérile 10,7 3,5 2,5 5,2 6,5 11,0 15,8 8,0 Total4 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 303 771 723 722 616 474 1 055 4 663 HOMMES Veut un autre Veut un autre bientôt2 53,3 32,1 39,5 38,5 41,4 30,6 27,3 35,0 Veut un autre plus tard3 24,6 56,2 55,6 43,7 38,7 49,1 40,7 44,0 Veut un autre, NSP quand 8,4 4,1 1,9 6,7 5,2 4,2 5,7 5,2 Indécis 3,5 1,7 0,3 1,9 0,1 3,0 4,6 2,5 Ne veut plus d'enfant 0,6 2,5 0,5 8,0 5,4 3,1 10,0 5,8 Femme/homme déclaré stérile 9,6 3,5 2,2 1,2 9,2 9,9 11,8 7,6 Total4 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif d’hommes 88 138 155 146 156 85 402 1 170 1 Y compris la grossesse actuelle. 2 Veut une autre naissance dans les deux ans. 3 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. 4 Y compris les non déterminés. Comme il fallait s’y attendre, la proportion de femmes qui ne veulent plus d’enfants augmente considérablement avec le nombre d’enfants vivants (graphique 7.1) : elle passe de moins de 1 % chez les nullipares à 4 % chez celles ayant 3 enfants et à 22 % chez celles qui en ont au moins 6. On remarque également que la grande majorité des femmes nullipares souhaitent avoir un enfant (84 %) et que, de plus, la plupart de ces femmes désirent une naissance rapidement, dans les deux années à venir (71 %). Contrairement à toute attente, les femmes ayant déjà un enfant (92 %) et deux enfants (89 %) sont, proportionnellement, plus nombreuses que les nullipares (84 %) à souhaiter un enfant supplémentaire. Ce résultat, déjà observé à l’EDST-I, s’explique par la proportion relativement importante de nullipares qui se déclarent (elle ou leur conjoint) stériles (11 %). Après la parité un, au fur et à mesure que la parité augmente, la proportion de femmes désirant un autre enfant diminue passant de 89 % chez celles ayant deux enfants à 77 % chez celles ayant quatre enfants, puis à 49 % chez celles ayant six enfants et plus. Préférences en Matière de Fécondité | 107 Parmi les femmes qui souhaitent avoir un enfant supplémentaire, à l’exception des nullipares qui, dans leur grande majorité, veulent avoir un enfant immédiatement, à partir de la parité un, plus de la moitié de ces femmes expriment le désir d’avoir un enfant à intervalle de plus de deux ans. La proportion des femmes indécises sur leur désir ou non d’avoir des enfants supplémentaires est la même que celle des femmes qui ne veulent plus d’enfants (8 %). Globalement, il semblerait que les hommes soient plus pronatalistes que les femmes puisque que la proportion d’hommes qui ne souhaitent plus avoir d’enfant (6 %) est moins élevée que chez les femmes (8 %) (graphique 7.2). À l’inverse, 84 % des hommes en union souhaiteraient avoir des (d’autres) enfants contre 76 % chez les femmes. Graphique 7.1 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants EDST-II 2004 0 1 2 3 4 5 6 + Nombre d'enfants vivants 0% 20% 40% 60% 80% 100% Pourcentage Femme/homme déclaré stérile Ne veut plus d'enfant/stérilisée Indécise Veut espacer de deux ans Veut NSP quand Veut dans les deux ans Graphique 7.2 Proportion d’hommes et de femmes ne voulant plus d’enfants selon le nombre d’enfants vivants EDST-II 2004 & & & & & & & " " " " " " " 0 1 2 3 4 5 6 + Nombre d'enfants vivants 0 5 10 15 20 25 Pourcentage Hommes Femmes" & 108 | Préférences en Matière de Fécondité Comme chez les femmes, on observe que la proportion d’hommes désirant avoir des enfants varie selon le nombre d’enfants vivants, passant de 92 % à la parité un, à 85 % à la parité quatre pour atteindre 74 % au rang six ou plus. Par ailleurs, en dehors de la parité quatre, parmi les hommes ayant des enfants survivants, les proportions de ceux qui veulent espacer la venue de leur enfant, sont toujours plus élevées que les proportions de ceux qui veulent une naissance dans l’immédiat. Cette tendance diffère des résultats de l’EDST-I où, quelle que soit la parité, parmi les hommes ayant des enfants survivants, les proportions de ceux qui voulaient espacer la venue de leur enfant étaient toujours plus faibles que les proportions de ceux qui voulaient leur naissance dans l'immédiat. Chez les hommes en union, le besoin potentiel en matière de planification familiale peut être évalué, au total, à 50 % : 6 % ne voulant plus d'enfant et 44 % désirant espacer la prochaine naissance d'au moins deux ans. Le tableau 7.2 indique qu'il existe une forte relation entre les préférences en matière de fécondité et l'âge actuel des femmes. Tout comme pour la parité, la proportion de femmes actuellement en union voulant un autre enfant diminue avec l'âge : elle passe de 95 % pour les femmes âgées de 15-19 ans, à 80 % pour celles de 30-34 ans et à 13 % pour celles de la tranche d’âges 45-49 ans. Inversement, le désir de ne plus avoir d'enfants augmente avec l'âge jusqu'à 40-44 ans, puis décroît du fait de la forte proportion de femmes qui se sont déclarées stériles. La proportion de femmes ne voulant plus d’enfants passe de 1 % chez les femmes de 15-24 ans actuellement en union, à 25 % chez celles âgées de 40-44 ans et à 22 % chez celles de 45-49 ans. Avant 35 ans, la majorité des femmes qui souhaitent un autre enfant le veulent dans un délai de plus de deux ans. Par contre, après cet âge, les femmes qui désirent avoir un autre enfant le veulent rapidement, c’est-à-dire dans les deux ans à venir. Tableau 7.2 Préférences en matière de fécondité selon l'âge Répartition (en %) des femmes actuellement en union par désir d'enfants supplémentaires selon l'âge, Tchad 2004 Âge Désir d'enfants 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Ensemble Veut un autre Veut un autre bientôt1 40,5 30,6 29,0 34,8 33,1 24,2 10,8 30,2 Veut un autre plus tard2 45,6 52,6 51,8 37,2 28,5 10,6 1,7 38,0 Veut un autre, NSP quand 9,0 11,2 7,5 8,0 6,1 4,4 0,4 7,4 Indécise 2,8 3,6 5,6 9,5 11,3 15,0 14,6 7,8 Ne veut plus d'enfant 1,1 1,2 3,9 7,6 13,5 24,6 21,9 8,3 Stérilisée 0,0 0,0 0,3 0,2 0,2 0,4 0,3 0,2 Femme/homme déclaré stérile 1,0 0,7 1,6 2,7 7,3 20,6 50,3 8,0 Total3 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 571 907 1 051 712 598 443 380 4 663 1 Veut une autre naissance dans les deux ans. 2 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. 3 Y compris les non déterminés. Le tableau 7.3 présente les préférences en matière de fécondité au niveau des couples monogames selon que l’homme et/ou la femme veulent ou non des enfants supplémentaires selon le nombre d’enfants vivants de l’homme ou de la femme. Dans l’ensemble, 73 % des couples monogames souhaitent avoir d’autres enfants contre seulement 1 % qui n’en veulent plus. D’autre part, dans 8 % des couples, l’homme et la femme sont en désaccord ; le plus souvent (5 %), il s’agit de couples dans lesquels l’homme souhaite plus d’enfants que la femme. Préférences en Matière de Fécondité | 109 Tableau 7.3 Préférences des couples monogames en matière de fécondité Répartition (en %) des couples monogames selon que l'homme et/ou la femme veulent ou non des enfants supplémentaires, selon le nombre d'enfants vivants de l'homme et de la femme, Tchad 2004 Désir d'enfants supplémentaires Nombre d’enfants vivants Homme/ Femme veulent d'autres enfants Homme veut, Femme ne veut pas Femme veut, Homme ne veut pas Homme/ Femme ne veulent plus d’enfants Homme et/ou femme stérile Un ou les deux indécis, ND Total Effectif de couples monogames Même nombre 0 (86,7) (1,2) (0,0) (0,0) (5,1) (7,0) 100,0 47 1-3 85,6 2,7 3,2 0,0 2,3 6,3 100,0 265 4-6 72,4 6,2 4,6 0,5 8,9 7,3 100,0 150 7+ 33,9 11,7 0,7 6,7 26,8 20,2 100,0 69 Nombre différent Homme > Femme 57,1 4,6 4,8 0,0 19,7 13,8 100,0 98 Femme > Homme (77,0) (4,3) (0,0) (0,0) (18,4) (0,4) 100,0 40 Ensemble 72,7 4,7 3,1 0,8 10,0 8,7 100,0 669 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés Il apparaît dans ce même tableau que plus la parité est élevée, moins les partenaires sont d’accord sur leur désir d’avoir d’autres enfants. Ainsi, 87 % des hommes et des femmes en union monogame qui n’ont pas d’enfants désirent en avoir un contre 34 % des couples qui ont sept enfants ou plus. À l’inverse, plus la parité augmente, plus le décalage entre l’avis des femmes et celui des hommes est important, le plus souvent, l’homme souhaitant d’autres enfants alors que la femme n’en veut plus. Au-delà de la parité six, il n’y a plus de couples dans lesquels la femme désire des enfants supplémentaires et le mari non, alors que dans 12 % de ces couples, l’homme veut plus d’enfants et la femme non. Enfin, dans les couples où l’homme et la femme n’ont pas le même nombre d’enfants, les proportions de ceux dans lesquels les partenaires expriment tous les deux le désir d’avoir d’autres enfants sont très divergentes. Le rapprochement des résultats de l’EDST-I avec ceux de l’EDST-II fait apparaître une diminution de la proportion des couples dans lesquels l’homme et la femme veulent d’autres enfants (respectivement 79 % et 73 %), une diminution de la proportion de couples dans lesquels l’homme veut d’autres enfants et la femme non (6 % contre 5 %) et une augmentation de la proportion de couples dans lesquels la femme veut d’autres enfants et l’homme non (1 % contre 3 %). De même, les proportions de couples dans lesquels l’homme et/ou la femme se sont déclarés stérile, et de couples dans lesquels un ou les deux conjoints sont indécis ont connu une augmentation passant, respectivement, de 6 % à 10 % et de 6 % à 9 %. Le tableau 7.4 fournit la répartition des femmes et des hommes en union ne souhaitant plus d'enfants supplémentaires (y compris les femmes stérilisées), selon le nombre d'enfants vivants et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Il ressort de ce tableau que, globalement, une femme sur douze (8 %) estime qu’elle a atteint la taille désirée de sa famille et ne désire donc plus d’enfants. Ce pourcentage de femmes ne désirant plus d'enfants augmente régulièrement avec le nombre d'enfants survivants passant de 1 % chez les femmes de parité un à 7 % chez celles de parité quatre et à 23 % chez celles de parité six ou plus. 110 | Préférences en Matière de Fécondité Les femmes résidant à N’Djaména (14 %) et dans les Autres Villes (9 %) sont, proportionnellement, un peu plus nombreuses que celles du milieu rural (8 %) à souhaiter limiter leur descendance. Bien que l'écart selon le milieu de résidence ne soit pas important, on notera qu'à parité égale (excepté pour la parité 0), la proportion de femmes voulant limiter leur descendance est toujours plus élevée en milieu urbain qu'en milieu rural. Comme pour le milieu de résidence, on n'observe qu’assez peu d'écarts en ce qui concerne le niveau d'instruction. En effet, si 8 % des femmes sans instruction veulent limiter leur descendance, cette proportion passe à 10 % aussi bien pour les femmes de niveau d'instruction primaire que pour celles de niveau d'instruction secondaire ou plus. Tableau 7.4 Désir de limiter les naissances Pourcentage de femmes et d'hommes actuellement en union ne voulant plus d'enfants par nombre d'enfants vivants (pour les femmes), selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Nombre d'enfants vivants1 Caractéristique sociodémographique 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble des femmes Ensemble des hommes Résidence N'Djaména 0,0 2,6 4,8 7,7 13,4 13,2 38,0 13,5 6,1 Autres Villes 0,8 1,9 3,1 6,3 4,6 11,8 23,6 8,5 7,3 Ensemble urbain 0,4 2,1 3,8 6,8 8,6 12,3 29,5 10,5 6,7 Rural 1,1 0,9 2,6 3,7 6,2 10,6 21,2 8,0 5,6 Zone Zone 1 0,0 2,6 4,8 7,7 13,4 13,2 38,0 13,5 6,1 Zone 2 0,5 0,0 0,0 0,3 6,1 6,6 20,5 6,4 0,2 Zone 3 1,8 3,2 8,3 5,8 6,6 5,9 28,3 11,8 0,0 Zone 4 0,0 2,1 0,0 2,1 0,0 4,4 5,9 2,6 4,4 Zone 5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1,6 5,2 1,3 6,8 Zone 6 6,0 0,0 2,8 1,1 9,8 13,6 25,3 10,1 4,8 Zone 7 0,0 2,1 2,2 7,7 7,0 9,9 33,2 11,3 5,2 Zone 8 0,0 0,0 4,0 5,9 10,3 27,8 19,5 9,6 16,8 Niveau d'instruction Aucune instruction 1,2 0,9 2,9 2,6 6,3 9,7 20,9 8,0 3,4 Primaire 0,0 2,2 1,5 11,1 7,8 15,8 28,5 10,1 8,6 Secondaire ou plus 0,0 1,5 7,4 5,7 9,4 22,8 57,4 10,5 8,4 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,0 1,0 4,7 2,0 4,5 2,9 21,0 7,4 4,1 Second 0,0 2,7 4,5 2,0 5,1 15,0 22,6 8,6 5,4 Moyen 3,7 0,3 0,2 2,3 2,8 18,0 21,3 8,2 4,8 Quatrième 0,5 0,3 0,7 6,2 10,4 3,0 17,5 6,7 7,2 Le plus riche 0,0 1,6 3,9 9,1 10,3 14,3 33,2 11,7 6,9 Ensemble 0,9 1,2 2,8 4,2 6,6 10,9 22,6 8,4 5,8 Note : Les femmes stérilisées sont considérées comme ne voulant plus d'enfant. 1 Y compris la grossesse actuelle. Selon la zone, les résultats montrent que la proportion de femmes ne voulant plus d’enfants varie d’un minimum de 1 % dans la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) à un maximum de 14 % dans la zone 1 (N’Djaména). Les autres zones où la proportion de femmes ne voulant plus d’enfants est élevée sont les zones 3 (Batha, Guéra et Salamat) (12 %), 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest) (10 %) et 8 (Mandoul et Moyen Chari) (10 %). Enfin, le niveau de bien-être économique n’est un facteur discriminant que pour les femmes habitant dans les ménages les plus riches où la proportion des femmes ne voulant plus d’enfants atteint 12 %. Pour les autres quintiles, on constate que la proportion de femmes ne voulant plus d’enfants est légèrement plus élevée chez les femmes vivant dans les ménages les plus pauvres que chez celles du quatrième quintile. Préférences en Matière de Fécondité | 111 Chez les hommes, on remarque pour certaines caractéristiques des différences par rapport aux femmes. Aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain, la proportion d’hommes qui veulent limiter leur descendance est nettement inférieure à celle des femmes (respectivement 7 % contre 11 % en milieu urbain et 6 % contre 8 % en milieu rural). De même, seulement 3 % des hommes sans instruction ont déclaré vouloir limiter leurs naissances : la proportion correspondante chez les femmes est plus du double (8 %). Comme chez les femmes, on n’observe pas de différence de comportement entre le niveau d’instruction primaire et le niveau secondaire et plus. Selon la zone, la proportion d’hommes ne voulant plus d’enfants varie de 0 % dans les zones 3 (Batha, Guéra et Salamat) et 2 (BET, Kanem et Lac) à un maximum de 17 % dans la zone 8 (Mandoul et Moyen Chari). Comme chez les femmes, le quintile du bien-être économique ne semble être un facteur discriminant que pour les hommes vivant dans les ménages les plus riches. 7.2 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE Les femmes en union, qui n'utilisent pas actuellement la contraception et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants (elles désirent donc limiter leurs naissances) ou qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant la prochaine naissance (elles souhaitent donc espacer leurs naissances) sont considérées comme ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale1. Les femmes ayant des besoins non satisfaits et celles utilisant actuellement la contraception constituent la demande potentielle totale en planification familiale. Le tableau 7.5 présente, pour les femmes actuellement en union, les estimations des besoins non satisfaits et satisfaits en matière de contraception selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Alors que le niveau d’utilisation actuelle de la contraception est encore faible chez les femmes en union (3 %, voir chapitre 5 - Planification familiale), les besoins non satisfaits en matière de planification familiale sont environ huit fois plus importants puisqu’ils concernent 23 % des femmes en union. Ces femmes auraient davantage besoin d’utiliser la contraception pour espacer que pour limiter (19 % contre 4 %). Si les femmes ayant des besoins non satisfaits en matière de contraception satisfaisaient ces besoins, c’est-à-dire si elles utilisaient effectivement la contraception, la prévalence contraceptive pourrait atteindre 26 % chez les femmes en union, c’est-à-dire neuf fois plus élevée que ce qu’elle est actuellement. Cette demande potentielle totale en planification familiale aurait pour objectif essentiel l'espacement des naissances (21 % contre 5 % pour la limitation). Aujourd'hui, seulement 11 % de la demande potentielle totale (26 %) en planification familiale se trouve satisfaite au Tchad. En 2004, les besoins non satisfaits sont très supérieurs à ce qu’ils étaient à l’EDST-I de 1996- 1997 (23 % contre 9 %). Entre 1996-1997 et 2004, le niveau d’utilisation de la contraception a légèrement diminué, passant de 4 % à 3 %. Cette diminution s’explique par une utilisation plus faible des méthodes traditionnelles/populaires (1 % en 2004 contre 3 % en 1996-1997) alors que l’utilisation des méthodes modernes n’a pratiquement pas changé (2 % contre 1 % en 1996-1997). Ce résultat n’est pas à la mesure des efforts fournis par le Programme National de la Santé de la Reproduction, l’Association Tchadienne pour le Bien-être familial et la Direction de la Coordination des Activités en matière de Population. Ces trois structures mènent depuis l’adoption de la Déclaration de la Politique de Population des activités de sensibilisation de la population et de plaidoyer auprès des leaders d’opinion (Réseau des femmes Ministres et parlementaires, Réseau des parlementaires en Population et Développement, chefs religieux, traditionnels, responsables des syndicats, etc.) et des autorités admini- stratives pour l’utilisation accrue de la contraception. On se serait donc attendu à une augmentation de l’utilisation de la contraception. 1 Le calcul exact des besoins non satisfaits est expliqué en note du tableau 7.5. 112 | Préférences en Matière de Fécondité Tableau 7.5 Besoins en matière de planification familiale Pourcentage de femmes actuellement en union ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de celles dont les besoins sont satisfaits et pourcentage de demande potentielle totale de services de planification familiale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale1 pour : Besoins en PF satisfaits (utilisation actuelle) 2 pour : Demande potentielle totale en planification familiale3 Caractéristique sociodémographique Espacer Limiter Total Espacer Limiter Total Espacer Limiter Total Pourcentage de demande satisfaite Effectif Âge 15-19 20,6 0,2 20,8 2,1 0,1 2,2 22,7 0,2 23,0 9,6 571 20-24 23,6 0,3 23,8 3,0 0,1 3,1 26,6 0,4 26,9 11,6 907 25-29 25,2 0,7 25,9 3,1 0,5 3,6 28,3 1,2 29,5 12,2 1 051 30-34 19,8 2,8 22,6 2,9 0,5 3,4 22,7 3,3 26,0 13,1 712 35-39 14,9 9,2 24,1 0,7 1,0 1,8 15,6 10,2 25,8 6,8 598 40-44 11,2 15,5 26,7 0,8 1,5 2,3 12,0 17,0 29,0 7,9 443 45-49 4,7 9,9 14,7 0,3 1,2 1,5 5,0 11,2 16,2 9,5 380 Résidence N'Djaména 25,7 4,2 30,0 10,3 3,9 14,2 36,1 8,1 44,2 32,2 338 Autres Villes 21,3 3,8 25,0 5,7 1,3 7,0 27,0 5,1 32,0 21,9 519 Ensemble urbain 23,0 3,9 27,0 7,5 2,3 9,9 30,6 6,3 36,8 26,8 857 Rural 18,3 4,2 22,5 1,0 0,2 1,2 19,3 4,4 23,6 5,0 3 806 Zone Zone 1 25,7 4,2 30,0 10,3 3,9 14,2 36,1 8,1 44,2 32,2 338 Zone 2 19,6 3,5 23,0 1,1 0,0 1,1 20,7 3,5 24,1 4,6 606 Zone 3 22,4 8,0 30,4 0,3 0,0 0,3 22,7 8,0 30,7 0,9 560 Zone 4 17,4 1,1 18,4 0,3 0,0 0,3 17,7 1,1 18,8 1,9 400 Zone 5 15,8 0,8 16,6 0,1 0,1 0,2 15,9 1,0 16,8 1,3 623 Zone 6 13,4 6,4 19,9 1,0 0,9 1,8 14,4 7,3 21,7 8,5 484 Zone 7 17,1 4,2 21,3 3,4 0,3 3,7 20,4 4,5 25,0 14,7 1 002 Zone 8 24,5 4,5 29,0 2,8 0,9 3,7 27,3 5,4 32,7 11,4 651 Niveau d'instruction Aucune instruction 17,6 4,2 21,7 0,9 0,2 1,1 18,4 4,4 22,8 4,7 3 662 Primaire 25,3 4,4 29,7 3,8 1,1 5,0 29,1 5,6 34,7 14,4 803 Secondaire ou plus 24,3 1,8 26,1 19,8 5,3 25,1 44,1 7,1 51,2 49,0 198 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 17,1 4,7 21,8 0,0 0,0 0,0 17,1 4,7 21,8 0,0 900 Second 17,8 4,5 22,4 0,4 0,0 0,4 18,2 4,5 22,7 1,6 1 026 Moyen 20,9 3,3 24,2 1,3 0,5 1,8 22,2 3,8 26,0 6,8 905 Quatrième 18,3 3,3 21,6 2,0 0,2 2,2 20,3 3,5 23,8 9,3 985 Le plus riche 22,2 4,8 27,0 7,9 2,5 10,3 30,0 7,3 37,3 27,7 847 Ensemble des femmes en union 19,2 4,1 23,3 2,2 0,6 2,8 21,4 4,7 26,1 10,6 4 663 Ensemble des femmes qui ne sont pas en union 1,8 0,1 1,9 1,1 0,3 1,4 2,9 0,5 3,3 43,0 1 422 Ensemble des femmes 15,1 3,2 18,3 1,9 0,5 2,5 17,0 3,7 20,8 11,9 6 085 1 Les besoins non-satisfaits pour espacer concernent les femmes enceintes dont la grossesse ne s'est pas produite au moment voulu, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance ne s'est pas produite au moment voulu et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n'utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant leur prochaine naissance. Sont également incluses dans les besoins non-satisfaits pour espacer, les femmes qui ne sont pas sûres de vouloir un autre enfant ou qui veulent un autre enfant mais ne savent pas à quel moment elles veulent avoir cet enfant à moins qu'elles déclarent que ce ne serait pas un problème si elles apprenaient qu'elles étaient enceintes dans les semaines à venir. Les besoins non-satisfaits pour limiter concernent les femmes enceintes dont la grossesse n'était pas voulue, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance n'était pas voulue et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n'utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants. Sont exclues les femmes qui sont enceintes ou en aménorrhée et qui sont tombées enceintes alors qu'elles utilisaient une méthode (ces femmes ont besoin d'une meilleure méthode de contraception). 2 L'utilisation pour espacer concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir un autre enfant ou qui ne sont pas sûres d'en vouloir un autre. L'utilisation pour limiter concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants. Il faut noter que les méthodes spécifiques utilisées ne sont pas prises en compte ici. 3 Besoins non satisfaits et utilisation actuelle. Préférences en Matière de Fécondité | 113 C’est probablement sous l’effet des campagnes de sensibilisation menées par ces structures que la demande potentielle totale en planification familiale a pratiquement doublé entre les deux enquêtes, passant de 14 % à 26 %. Alors que presque le tiers de la demande était satisfait en 1996-1997, en 2004 à peine 11 % de la demande étaient satisfaits. On a donc créé des besoins sans être en mesure de les satisfaire. Au début de la mise en œuvre de la Déclaration de la Politique de Population, la Division de la Population (actuelle Direction de la Coordination des Activités en matière de Population), grâce aux fonds du (PPLS-I), fournissait des contraceptifs au Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR) dont l’essentiel du financement provient du UNFPA. Depuis fin 2000, elle a arrêté ses approvisionnements entraînant des ruptures partielles de stocks des produits contraceptifs dans les centres de santé. Depuis le début 2004, le Programme National de la Santé de la Reproduction ne dispose pas de produits contraceptifs pour alimenter les centres de santé. Au moment du dénombrement de l’EDST-II, l’ensemble du pays n’avait pas de produits contraceptifs sauf dans les quatre villes où se trouvent les cliniques de l’ASTBEF (N’Djaména, Moundou, Sarh et Faya Largeau). Les besoins en matière de planification familiale varient selon les caractéristiques socio- démographiques. Quand on considère l'âge, c'est entre 20-44 ans que les besoins non satisfaits sont les plus élevés et particulièrement à 40-44 ans (27 %) et 25-29 ans (26 %). Comme les besoins non satisfaits en planification familiale, la demande potentielle totale est plus élevée entre 20 et 45 ans et particulièrement à 25-29 ans (30 %) et 40-44 ans (29 %). En dehors du groupe d’âges 45-49 ans (16 %) et 20-24 ans (23 %), cette demande potentielle totale en planification familiale est supérieure à 25 % pour tous les autres groupes d’âges. En outre, on peut noter que jusqu'à 39 ans, les besoins non satisfaits et la demande potentielle totale en matière de planification familiale sont essentiellement orientés vers l'espacement des naissances. Par contre, à 40 ans et plus, les femmes ont beaucoup plus de besoins pour limiter que pour espacer leurs naissances. Les résultats concernant le milieu de résidence montrent que les besoins non satisfaits en matière de planification familiale varient faiblement passant de 23 % en milieu rural à 25 % dans les Autres Villes pour atteindre 30 % à N’Djaména. La demande potentielle en matière de planification familiale, par contre, varie très fortement : de 24 % en milieu rural, elle passe à 32 % dans les Autres Villes et à 44 % à N’Djaména. Quel que soit le milieu, les besoins pour l'espacement sont toujours nettement plus importants que les besoins pour la limitation des naissances (respectivement, 23 % et 4 % en milieu urbain et 18 % et 4 % en milieu rural). En milieu urbain, pour 27 % des femmes, les besoins en matière de planification familiale se trouvent satisfaits, contre seulement 5 % en milieu rural. À N'Djaména, à peine le tiers de la demande en matière de contraception est satisfaite (32 %). Comparativement aux niveaux observés à l’enquête de 1996-1997, on note un accroissement sensible de la demande potentielle totale, quel que soit le milieu de résidence considéré. En ce qui concerne le niveau d'instruction, on constate que la demande totale concerne plus de la moitié des femmes ayant un niveau secondaire ou plus (51 %) contre 35 % des femmes de niveau d'instruction primaire et 23 % des femmes sans instruction. De plus, dans 49 % des cas, cette demande est satisfaite pour les femmes ayant un niveau d'instruction secondaire ou plus, alors qu'elle n'est satisfaite que dans 14 % des cas pour les femmes de niveau primaire et 5 % pour les femmes sans instruction. Au niveau régional, la proportion de femmes dont les besoins en matière de planification familiale sont non satisfaits varient d’un minimum de 17 % dans la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) à 30 % dans les zone 1 (N’Djaména) et 3 (Batha, Guéra, Salamat). La troisième zone à fort niveau de besoins non satisfaits est la zone 8 (29 %), c’est-à-dire le Mandoul et le Moyen Chari. Ces zones sont aussi celles où la demande potentielle totale en planification familiale est la plus élevée (respectivement, 44 %, 31 % et 33 %), Comme pour les besoins non satisfaits, la zone 5 est aussi celle où la demande potentielle totale en planification familiale est la plus faible (17 %). 114 | Préférences en Matière de Fécondité Selon le niveau de bien-être économique, les besoins non satisfaits sont surtout importants parmi les femmes des ménages les plus riches (27 %). Quant aux autres quintiles, on n’observe que de faibles différences au niveau des besoins non satisfaits. La demande potentielle totale quant à elle, concerne 37 % des femmes du quintile le plus riche et dans 28 % des cas, elle est satisfaite. Par contre, dans chacun des autres quintiles, cette demande est satisfaite dans moins de 10 % des cas. 7.3 NOMBRE IDÉAL D’ENFANTS Le comportement reproductif d'une femme peut être influencé par ce qui est, pour elle ou pour son mari, le nombre idéal d'enfants. Pour essayer de connaître ce nombre idéal pour les femmes tchadiennes, lors de l’EDST-II, on a posé à tous les enquêtés l'une des deux questions suivantes, selon leur situation au moment de l'enquête : • Aux femmes et aux hommes qui n’ont pas d’enfant, on a demandé : « Si vous pouviez choisir exactement le nombre d'enfants à avoir dans votre vie, combien voudriez-vous en avoir ? » • Aux femmes et aux hommes qui ont des enfants, la question a été formulée comme suit : « Si vous pouviez revenir à l'époque où vous n'aviez pas d'enfant et choisir exactement le nombre d'enfants à avoir dans votre vie, combien auriez-vous voulu en avoir ? » Ces questions, simples en apparence, peuvent être embarrassantes, en particulier pour les femmes et les hommes ayant déjà des enfants, parce qu'ils doivent se prononcer sur le nombre d'enfants qu'ils souhaiteraient avoir, dans l'absolu, indépendamment du nombre d'enfants qu'ils ont déjà. Or, il peut être difficile pour une femme ou un homme de déclarer un nombre idéal d'enfants inférieur à la taille actuelle de sa famille. Les résultats à ces questions sont présentés au tableau 7.6. On constate tout d’abord que 12 % des femmes et 7 % des hommes n’ont pu fournir des réponses numériques et ont donné, à la place, des réponses approximatives telles que « Ce que Dieu me donne », « Je ne sais pas », ou « N’importe quel nombre ». En outre, les données montrent que les femmes tchadiennes aspirent à une famille nombreuse. En effet, le nombre idéal d’enfants est de 8,9 pour l’ensemble des femmes et il atteint 9,2 pour les femmes en union. On ne constate que peu de changements par rapport à 1996-1997 puisque, à cette date, ces nombres moyens étaient de 8,3 pour l’ensemble des femmes et 8,5 pour les femmes en union. Comme à l’EDST-I, quel que soit l’état matrimonial des femmes, le nombre idéal d’enfants est nettement supérieur à l'ISF (6,3 enfants). Si l'on examine la distribution des tailles idéales déclarées, il apparaît que pour près des trois quarts des femmes (74 %), le nombre idéal est de 6 enfants ou plus. Cette proportion varie de 67 % chez les femmes sans enfant à 77 % chez les femmes ayant quatre enfants vivants. Chez les hommes, le nombre idéal d'enfants est beaucoup plus élevé que chez les femmes : il est de 12,0 pour l’ensemble des hommes et atteint 13,7 chez les hommes en union. Ces résultats confirment l'attachement des Tchadiens à une descendance nombreuse. En général, on peut noter une corrélation entre la taille actuelle de la famille et la taille idéale qui passe de 7,7 pour l’ensemble des femmes sans enfant à 10,5 pour celles qui ont déjà six enfants ou plus. Chez les femmes en union, cette taille idéale de la famille varie, respectivement, de 8,7 à 10,5 enfants. En ce qui concerne les hommes, la taille idéale passe de 9,3 enfants chez ceux n'ayant pas d'enfants à 17,5 enfants chez ceux ayant 6 enfants ou plus. Quand on considère les hommes en union, cette taille passe de 11,2 à 17,5 enfants. Comme chez les femmes, il n’existe pas de différence du nombre moyen idéal Préférences en Matière de Fécondité | 115 Tableau 7.6 Nombre idéal d'enfants Répartition (en %) des femmes et des hommes par nombre idéal d'enfants et nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des femmes et l'ensemble des hommes et pour celles/ceux actuellement en union, selon le nombre d'enfants vivants, Tchad 2004 Nombre d'enfants vivants1 Nombre idéal d'enfants 0 1 2 3 4 5 6+ Total FEMMES 0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,1 1 0,3 0,2 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0 0,1 2 1,8 0,6 0,8 0,7 0,4 1,8 0,9 1,0 3 2,3 1,3 1,2 0,8 0,3 0,2 1,0 1,2 4 9,8 6,7 5,3 3,5 4,3 3,2 2,2 5,3 5 8,1 9,9 10,2 5,1 4,8 3,2 2,7 6,4 6+ 67,0 71,1 68,8 79,1 77,4 75,8 80,1 73,9 Réponse non numérique 10,5 10,2 13,6 10,8 12,6 15,8 13,0 12,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1,219 887 796 812 678 539 1,154 6,085 Nombre idéal moyen d'enfants2 Ensemble des femmes 7,7 8,3 8,1 9,1 9,0 9,6 10,5 8,9 Actuellement en union 8,7 8,4 8,1 9,2 9,1 9,6 10,5 9,2 HOMMES 0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 2 1,7 0,0 0,3 0,0 0,8 0,8 0,3 0,9 3 2,7 5,5 1,2 1,5 1,6 0,8 0,8 2,1 4 11,6 6,8 7,5 1,4 0,1 0,5 1,5 6,4 5 12,3 13,8 5,6 4,7 2,0 1,7 2,9 7,9 6+ 65,4 68,3 80,5 86,5 88,3 90,4 83,2 75,6 Réponse non numérique 6,2 5,5 4,9 5,9 7,2 5,8 11,3 7,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 761 159 164 153 157 89 404 1 887 Nombre idéal moyen d'enfants2 Ensemble des hommes 9,3 9,4 11,5 12,7 12,2 15,2 17,5 12,0 Actuellement en union 11,2 9,2 11,5 12,8 12,2 15,0 17,5 13,7 - En union monogame 11,3 8,8 11,2 12,5 11,6 13,9 15,5 12,3 - En union polygame * * * * * * 20,4 18,7 1 Y compris la grossesse actuelle. 2 Les moyennes sont calculées en excluant les femmes et les hommes ayant donné des réponses non numériques. * Calculé sur trop peu de cas non pondérés. d’enfants pour l’ensemble des hommes et les hommes en union à partir de six enfants ou plus. Il est difficile de savoir si ces variations résultent d'une modification réelle de l'idéal allant dans le sens d'une famille de taille plus réduite chez les femmes et les hommes des générations les plus récentes (et à parité faible) ou s'il s'agit, au contraire, d'une évolution de l'idéal de la femme et de l’homme dans le sens de la hausse au fur et à mesure qu'ils vieillissent et que se constitue leur descendance. Le désir d'enfants est plus prononcé chez les polygames (nombre idéal de 18,7 enfants, en moyenne) que chez les monogames (12,3 enfants). Quand on rapproche la taille idéale souhaitée par les hommes du nombre réel d’enfants qu'ils ont eus, on constate un décalage important. En effet, à 55-59 ans, la descendance moyenne des hommes est de 9,7 enfants pour tous les hommes et de 10,3 enfants pour les hommes mariés (voir chapitre 4 - Fécondité) alors que la taille idéale est de 12,0 enfants pour tous les hommes et de 13,7 enfants pour les hommes en union. 116 | Préférences en Matière de Fécondité Comparativement à la situation de 1996-1997 (EDST-I), on constate que les hommes désirent une famille de taille un peu moins élevée (12,0 en 2004 contre 13,4 en 1996-1997 pour l’ensemble des hommes et 13,7 contre 15,1 pour les hommes en union). Le tableau 7.7 présente le nombre moyen idéal d’enfants pour l’ensemble des femmes selon l’âge actuel et selon certaines variables sociodémographiques et économiques. Pour les femmes comme pour les hommes, et quelles que soient les caractéristiques étudiées, la taille idéale de la famille tend à augmenter selon l'âge de la même manière qu'elle augmente avec la parité. Elle passe de 7,8 enfants chez les femmes de 15-19 ans, à 10,2 chez celles de 45-49 ans. Là encore, il est difficile de conclure que ces variations résultent d'une modification réelle de l'idéal allant dans le sens d'une famille de taille plus réduite chez les femmes des générations les plus récentes ou, au contraire, d'une évolution de l'idéal de la femme dans le sens de la hausse au fur et à mesure qu'elle vieillit. On constate la même tendance chez les hommes, le nombre idéal passant de 9,5 à 15-19 ans à 15,3 à 45-49 ans. En outre, à tous les âges, le nombre idéal d'enfants des hommes reste nettement supérieur à celui des femmes. Tableau 7.7 Nombre idéal d'enfants par caractéristiques sociodémographiques Nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des femmes et l'ensemble des hommes, par âge (pour les femmes) et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Âge Caractéristique sociodémographique 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Ensemble des femmes Ensemble des hommes Résidence N'Djaména 5,8 6,4 6,9 8,2 8,2 8,1 8,6 6,9 8,4 Autres Villes 6,8 7,6 7,9 9,0 9,1 9,5 9,9 8,1 10,4 Ensemble urbain 6,4 7,1 7,5 8,7 8,8 9,0 9,4 7,7 9,5 Rural 8,2 8,7 9,1 9,2 10,3 10,2 10,3 9,2 12,9 Zone Zone 1 5,8 6,4 6,9 8,2 8,2 8,1 8,6 6,9 8,4 Zone 2 8,8 9,6 10,4 10,1 11,3 11,8 10,8 10,2 11,9 Zone 3 7,8 8,5 9,3 9,2 10,1 9,3 9,6 9,0 16,8 Zone 4 8,1 7,9 9,0 9,7 10,4 9,9 9,2 8,8 14,5 Zone 5 9,5 9,8 10,4 10,4 12,9 11,4 12,8 10,7 15,1 Zone 6 7,8 8,7 8,4 9,2 9,6 9,8 9,4 8,7 11,0 Zone 7 7,5 8,2 8,2 8,5 8,8 9,1 9,7 8,3 11,0 Zone 8 6,7 7,1 7,4 7,2 9,0 8,8 9,0 7,5 9,8 Niveau d'instruction Aucune instruction 8,5 8,9 9,3 9,4 10,4 10,3 10,3 9,4 14,7 Primaire 7,0 7,6 7,8 8,2 8,6 8,4 8,8 7,7 10,4 Secondaire ou plus 5,5 6,2 6,3 5,9 7,3 6,0 7,6 6,0 8,4 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 8,4 8,5 8,9 9,4 10,4 9,8 9,8 9,1 15,1 Second 8,0 8,5 9,0 8,4 9,7 10,5 10,5 9,0 13,1 Moyen 7,8 9,1 9,4 9,8 10,0 10,0 10,4 9,3 11,9 Quatrième 8,3 8,9 9,3 9,0 10,7 10,4 11,0 9,3 11,6 Le plus riche 6,5 7,1 7,5 9,0 9,5 8,7 8,7 7,7 9,7 Ensemble des femmes 7,8 8,4 8,8 9,1 10,0 10,0 10,2 8,9 - Ensemble des hommes 9,5 9,3 10,8 12,5 14,5 14,6 15,3 - 12,0 Pour l'ensemble des femmes et des hommes, le nombre idéal moyen d'enfants présente des variations assez importantes selon le milieu de résidence, la région, le niveau d'instruction et l’indice de bien-être (tableau 7.7 et graphique 7.3) et ces variations sont du même type que celles observées pour les niveaux de la fécondité actuelle. En milieu urbain, les femmes et les hommes ont pour idéal une famille nettement moins nombreuse qu’en milieu rural. L'écart absolu observé entre les deux milieux est de 1,5 Préférences en Matière de Fécondité | 117 enfants chez les femmes et de 3,4 enfants chez les hommes. On constate que le nombre idéal d'enfants diminue lorsque le niveau d'instruction augmente. Il passe de 9,4 enfants chez les femmes sans niveau d’instruction à 7,7 chez celles ayant un niveau d'instruction primaire et à 6,0 enfants chez celles de niveau d'instruction secondaire ou plus. Chez les hommes, la variation est beaucoup plus importante, puisque le nombre idéal d'enfants passe de 14,7 chez les hommes n’ayant pas d’instruction à 10,4 chez ceux de niveau d'instruction primaire et à 8,4 chez ceux de niveau d'instruction secondaire ou plus. Entre les hommes sans instruction et ceux ayant le niveau d'instruction secondaire ou plus, l'écart absolu est de 6,3 enfants. Selon la zone, on constate des écarts significatifs aussi bien chez les femmes que chez les hommes ; les femmes des zones 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi), 2 (B.E.T, Lac et Kanem) et 3 (Batha, Guéra et Salamat), sont celles qui ont déclaré le nombre idéal moyen d’enfants le plus élevé (respectivement 10,7, 10,2 et 9,0 enfants). Chez les hommes, ce sont ceux des zones 3 (Batha, Guéra et Salamat) (16,8 enfants), 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) (15,1 enfants) et 4 (Ouaddaï et Ouadi Fira) (14,5 enfants) qui ont déclaré le nombre idéal moyen d’enfants le plus élevé. À l’opposé, les femmes et les hommes de N’Djaména et de la zone 8 (Mandoul et Moyen Chari) sont ceux qui désirent le moins d’enfants (respectivement 6,9 enfants pour les femmes et 8,4 pour les hommes, 7,5 enfants pour les femmes et 9,8 enfants pour les hommes). Graphique 7.3 Nombre idéal d'enfants pour les femmes et les hommes EDST-II 2004 TCHAD RÉSIDENCE N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou + 0 2 4 6 8 10 12 14 Nombre idéal d'enfants Femmes Hommes En fonction du niveau de bien-être économique, on relève qu’en dehors des femmes habitant dans les ménages les plus riches où l’augmentation du niveau économique s’accompagne d’une tendance favorable à une descendance moins nombreuse, pour les autres quintiles, il n’y a pratiquement pas de différence. Par contre, chez les hommes on constate que l’amélioration du niveau économique s’accompagne d’une tendance favorable à une descendance moins nombreuse. L’écart du nombre d’enfants désirés entre les hommes des ménages les plus riches et ceux des plus pauvres est de 5,4 enfants. La comparaison du nombre idéal moyen d’enfants pour les femmes et les hommes permet de dégager deux tendances majeures : 118 | Préférences en Matière de Fécondité • en général, les hommes désirent plus d’enfants que les femmes (12,8 enfants contre 8,9). Les écarts sont particulièrement importants en milieu rural (nombre idéal de 12,9 pour les hommes et 9,2 pour les femmes), dans les zones 3 (16,8 contre 9,0), 4 (14,5 contre 8,8) et 5 (15,1 contre 10,7) ; parmi ceux et celles qui n’ont pas d’instruction (14,7 contre 9,4) et parmi ceux vivant dans les ménages les plus pauvres ; • le nombre idéal d’enfants diffère assez peu entre les femmes et les hommes vivant en milieu urbain, à N’Djaména, parmi ceux qui ont un niveau d’instruction au moins secondaire ou parmi ceux vivant dans les ménages les plus riches. 7.4 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ La maîtrise de la fécondité constitue l’un des objectifs à long terme de la Déclaration de la Politique de Population révisée pour la période 2002-2015. L’atteinte de cet objectif suppose la connaissance du niveau de contrôle de la fécondité par les couples. Ainsi, pendant l'enquête, pour chaque enfant né au cours des cinq dernières années et pour la grossesse actuelle (si l'enquêtée était enceinte), on a demandé à la mère si elle souhaitait être enceinte à ce moment-là, plus tard ou s'il s'agissait d'une grossesse non désirée. Les réponses à ces questions permettent de mesurer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité. De telles questions exigent de la femme un effort de concentration pour se souvenir avec exactitude de ses désirs à un ou plusieurs moments précis des cinq dernières années. En outre, il existe un risque de rationalisation dans la mesure où, souvent, une grossesse non désirée peut aboutir à la naissance d'un enfant auquel on s'est attaché. D'après le tableau 7.8, la presque totalité des naissances des cinq dernières années (99 %) étaient désirées : la plupart de ces naissances (83 %) se sont produites au moment voulu et, dans 16 % des cas, les femmes souhaitaient cette naissance mais auraient préféré qu'elle se produise plus tard. Les grossesses non désirées représentent seulement 1 %. Quel que soit le rang de naissance, la grande majorité des naissances sont voulues et arrivent au moment voulu. Cependant, on peut noter qu’au-delà du rang un, les naissances semblent moins bien planifiées : en effet, la proportion des naissances voulues mais qui se sont produites trop tôt varie de 10 % pour les naissances de rang un à 17 % pour les naissances de rang quatre ou plus. Pour le rang quatre, 2 % des naissances sont non désirées. Par rapport à l'âge de la mère, c'est chez les femmes ayant eu leurs enfants à moins de 25 ans que les naissances sont les mieux planifiées (tableau 7.8). En effet, la proportion des naissances non désirées est insignifiante à ces âges (0,1 %). Par contre, la proportion de naissances qui étaient désirées mais qui ne se sont pas produites au moment voulu n’est pas négligeable quel que soit le groupe d’âges des femmes. Cette proportion varie de 13 % pour les Tableau 7.8 Planification de la fécondité Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête (y compris les grossesses actuelles) par statut de la grossesse, selon le rang de naissance et l'âge de la mère à la naissance, Tchad 2004 Planification de la fécondité Rang de naissance et âge de la mère à la naissance Voulue au moment Voulue plus tard Non désirée Total1 Nombre de naissances Rang de naissance 1 89,3 10,4 0,1 100,0 1 160 2 82,7 16,4 0,4 100,0 1 055 3 83,7 16,0 0,1 100,0 1 017 4+ 80,6 17,2 1,8 100,0 3 598 Âge à la naissance <20 86,4 13,4 0,1 100,0 1 407 20-24 83,0 16,5 0,1 100,0 1 870 25-29 79,9 18,7 0,9 100,0 1 685 30-34 82,6 16,0 1,0 100,0 1 053 35-39 83,8 11,8 3,9 100,0 595 40-44 82,2 11,9 5,9 100,0 199 45-49 * * * * 23 Ensemble 82,9 15,8 1,0 100,0 6 831 1 Y compris les non déterminés * Basé sur trop peu de cas non pondérés Préférences en Matière de Fécondité | 119 mères moins de 20 ans à 19 % pour les mères de 25-29 ans. Mais au fur et à mesure que l’âge des mères augmente, la proportion des naissances non désirées augmente aussi passant de 1 % à 25-34 ans à 6 % à 40-44 ans. Par ailleurs, le tableau 7.9 et le graphique 7.4 présentent une comparaison entre l'Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et l'Indice Synthétique de Fécondité actuelle (ISF). Le calcul de l'ISFD est analogue à celui de l'ISF, les naissances considérées comme non désirées étant éliminées du numérateur. Si toutes les naissances non désirées étaient évitées, l'ISF des femmes tchadiennes serait de 6,1 enfants au lieu de 6,3 enfants. Ce niveau de fécondité désirée, pratiquement le même que la fécondité réelle, explique le faible niveau de demande potentielle totale en planification familiale. Quelles que soient les caractéristiques socio- démographiques des femmes, l'ISFD est toujours inférieur à l'ISF, sauf dans les zones 2 (BET, Kanem et Lac) et 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) où les deux indicateurs ont la même valeur. Quelles que soient les caracté- ristiques sociodémographiques l’écart entre les deux indicateurs est toujours très faible (graphique 7.3). Les écarts les plus importants entre la fécondité réelle et la fécondité désirée s'observent chez les femmes résidant dans la zone 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) où l’ISFD est de 6,5 et l’ISF de 7,3, soit une différence de 0,8. Il en est de même pour les femmes de niveau d’instruction primaire (6,6 et 7,4, soit une différence de 0,8). Pour les autres catégories de femmes, l'écart est plus limité, variant de 0,1 à 0,5 enfant. Il semble donc que la fécondité des femmes tchadiennes n’ait que très peu varié au cours des dernières années (voir chapitre 4 - Fécondité) et que, dans l’avenir immédiat, rien ne laisse présager un changement de tendance. Tableau 7.9 Taux de fécondité désirée Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et Indice Synthétique de Fécondité (ISF) pour les trois années ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Indice Synthétique de Fécondité Désirée Indice Synthétique de Fécondité Résidence N'Djaména 5,6 5,8 Autres Villes 5,5 5,7 Ensemble urbain 5,5 5,7 Rural 6,2 6,5 Zone Zone 1 5,6 5,8 Zone 2 6,0 6,0 Zone 3 5,6 5,7 Zone 4 4,3 4,3 Zone 5 7,1 7,2 Zone 6 6,1 6,6 Zone 7 6,5 7,3 Zone 8 6,5 6,6 Niveau d'instruction Aucune instruction 6,1 6,3 Primaire 6,6 7,4 Secondaire ou plus 3,9 4,2 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 5,1 5,1 Second 6,3 6,6 Moyen 6,4 6,9 Quatrième 6,9 7,2 Le plus riche 5,8 6,0 Total 6,1 6,3 Note : L'ISFD et l'ISF sont basés sur les naissances des femmes de 15-49 ans durant la période 1-36 mois avant l'enquête. L'ISF est le même que celui présenté au tableau 4.2. 120 | Préférences en Matière de Fécondité Graphique 7.4 Indice Synthétique de Fécondité et Indice Synthétique de Fécondité Désirée EDST-II 2004 TCHAD RÉSIDENCE N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou + 0 2 4 6 8 Nombre d'enfants/femme Fécondité actuelle Fécondité désirée Handicap | 121 HANDICAP 8 Ningam Ngakoutou Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), « le handicap est un désavantage résultant pour un individu d’une déficience ou d’une invalidité, qui limite l’individu concerné dans l’exercice d’un rôle normal pour lui, compte tenu de son âge, de son sexe et de facteurs sociaux et culturels ou l’empêche d’exercer ce rôle ». Elle définit la déficience comme « perte ou anomalie d’une structure ou d’une fonction psychologique, physiologique ou anatomique » et l’invalidité comme « toute réduction ou absence, due à une déficience, de la capacité d’exécuter une activité de la manière ou dans la plénitude considérées comme normal pour un être humain ». Une personne handicapée est donc une personne ayant des incapacités physiques, mentales ou sensorielles qui affectent ou limitent ses activités de la vie quotidienne. Il existe plusieurs groupes de personnes handicapées : les personnes atteintes d’une infirmité locomotrice, les personnes ayant des déficiences visuelle, auditives ou de la parole, les personnes ayant des troubles du comportement, etc. Plusieurs études et recherches ont révélé que les personnes handicapées sont souvent défavorisées par les barrières physiques et sociales qui les empêchent de participer à la vie de la société. Leurs besoins et leurs préoccupations sont rarement pris en compte dans les politiques et programmes de développement. Même dans les pays où des mesures sociales et des programmes d’intégration des personnes handicapées existent, ces études ont démontré que celles-ci ont une situation économique largement inférieure à celle de la population en général. C’est pour faire prendre conscience de ces problèmes que les Nations Unies ont décrété la décennie 1983-1992 comme la décennie des Nations Unies pour les personnes handicapées et ont élaboré un Programme d’Action Mondial concernant les personnes handicapées. Ce programme « entend promouvoir des mesures propres à assurer la prévention de l’incapacité, la réadaptation et la poursuite des objectifs qui sont la participation pleine et entière des handicapés à la vie sociale et au développement et à l’égalité » (Nations Unies, 1987). Selon le Programme d’Action Mondial concernant les personnes handicapées, nombre d’incapacités pourraient être évitées si des mesures étaient prises contre la malnutrition, la pollution du milieu, la mauvaise hygiène, l’insuffisance des soins prénatals et post-natals, les maladies transmises par l’eau et les accidents de tous genres. Pour connaître la prévalence du handicap dans la population du Tchad, le questionnaire ménage de l’EDST-II a inclus plusieurs questions sur l’état de santé de chaque membre du ménage. Ces questions portent sur l’existence d’un handicap ou d’une déficience, sur la nature du handicap, ses causes et le degré du handicap. Ainsi, ces différentes questions ont permis de déterminer sept types de handicaps (absence des membres inférieurs ou supérieurs, déformation/difficulté à se servir des membres inférieurs ou supérieurs, cécité totale ou partielle, surdité totale ou partielle, mutisme total ou partiel, pertes de certaines extrémités du corps et troubles de comportement). Ces différents types ont été regroupés en déficience motrice, déficience visuelle, déficience auditive, déficience de la parole ou du langage, pertes de certaines extrémités du corps et en troubles de comportement. 8.1 PRÉVALENCE DES HANDICAPS Le tableau 8.1 présente la prévalence des handicaps au Tchad. Globalement, 5,3 % de la population vit avec, au moins, un handicap. Par grandes catégories de handicap, les déficiences visuelles 122 | Handicap (2,3 %), les déficiences motrices (1,6 %) touchent plus la population que les déficiences auditives (1,2 %) et les déficiences de la parole ou du langage (0,5 %). La perte de certaines extrémités du corps (symptôme possible de lèpre quand elle est accompagnée d’une insensibilité des extrémités) et les troubles de comportement (0,3 % dans les deux cas) sont les handicaps les moins fréquents. L’extrapolation de la prévalence moyenne de 5,3 % dans la population de l’échantillon à l’ensemble de la population du Tchad, estimée à 8 986 100 habitants en 2004, donnerait un nombre de handicapés toutes catégories confondues de 476 263. Pour chaque type de handicap, une question subsidiaire a été posée pour déterminer la sévérité ou le statut du handicap. Par exemple, si à la question, « Y a-t-il dans votre ménage quelqu’un qui ne voit presque pas ou qui est aveugle ? », la réponse était oui, la question suivante était posée : « Est-ce que ce membre de votre ménage a des difficultés pour voir ou est-ce qu’il est complètement aveugle ? » Cette question subsidiaire a permis de distinguer le handicap partiel du handicap total. De façon générale, le handicap partiel est dominant. Pour les membres du ménage qui souffrent de déformation des membres inférieurs ou supérieurs ou qui ont des difficultés à se servir des membres inférieurs ou supérieurs, dans 86 % des cas (soit 1,2 % de la population), le handicap est partiel, c’est-à-dire que la personne a des difficulté à se servir de ses bras ou jambes, et dans 14 % (soit 0,2 % de la population), il est total, c’est-à-dire que la personne ne peut pas du tout se servir de ses bras ou jambes (tableau 8.1 et graphique 8.1). Pour les déficiences visuelles, auditives et de la parole, le handicap partiel domine dans au moins 80 % de cas, tandis qu’il correspond à 67 % et 33 % des cas en ce qui concerne, respectivement, les troubles de comportement et la perte de certaines extrémités du corps. Tableau 8.1 Prévalence des handicaps Proportion de la population des ménages souffrant de handicap selon le type de handicap, Tchad 2004 Type de handicap Pourcentage Absence de membres (ou de parties de membres) inférieurs ou supérieurs 0,2 Déformation/difficulté à se servir des membres inférieurs ou supérieurs Ensemble 1,4 Déficience partielle 1,2 Déficience totale 0,2 Au moins une déficience motrice 1,6 Déficience visuelle Ensemble 2,3 Déficience visuelle partielle 1,9 Déficience visuelle totale 0,4 Déficience auditive Ensemble 1,2 Déficience auditive partielle 1,0 Déficience auditive totale 0,1 Déficience du langage ou de la parole Ensemble 0,5 Déficience partielle de la parole 0,4 Déficience totale de la parole 0,1 Au moins une déficience sensorielle 3,6 Perte de certaines extrémités du corps Ensemble 0,3 Avec insensibilité des extrémités 0,1 Sans insensibilité 0,1 Troubles du comportement Ensemble 0,3 Léger 0,2 Profond 0,1 Au moins un handicap 5,3 Effectif 29 233 Note : Le tableau est basé sur l'information de tous les membres du ménage, qu'ils soient de fait ou de droit. Handicap | 123 Graphique 8.1 Prévalence des handicaps par type de handicap et sévérité 0.2 1.4 2.3 1.1 0.5 0.2 0.3 Absence membres supérieurs ou inférieurs Déformation membres supérieurs ou inférieurs Déficience visuelle Déficience auditive Déficience de la parole Perte extrémité du corps Troubles du comportement 0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 Pourcentage Partiel/Léger Total/Profond EDST-II 2004 8.2 CAUSES DES HANDICAPS Pour chaque membre du ménage pour lequel un handicap a été déclaré, l’enquêteur a demandé si la personne souffrait de cet handicap depuis la naissance ou s’il était dû à un accident, une maladie ou à une autre cause. Douze types de causes ont été envisagées. Le tableau 8.2 présente les différents types de handicaps selon leur cause. La maladie et dans une moindre proportion la vieillesse se révèlent être les principales causes des handicaps. En outre, les handicaps de naissance constituent également une proportion élevée. Tableau 8.2 Cause des handicaps Répartition (en %) de la population souffrant de handicap par type de handicap, et selon la cause du handicap, Tchad 2004 Cause du handicap Type de handicap De naissance Accident route Accident travail Mines, armes Brûlure Soins/ injections mal faits Autre accident Maladie Vieillesse Sorcellerie Autre NSP/ND Total Effectif souffrant de handicap Absence de membres ou de parties de membres 6,2 29,2 0,8 1,9 8,1 6,1 15,6 24,5 4,1 3,6 0,0 0,0 100,0 68 Déformation des membres 13,0 0,0 0,0 0,0 0,0 9,1 23,6 36,2 14,2 2,9 0,9 0,3 100,0 396 Déficience visuelle 5,6 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 9,7 48,1 33,4 1,0 0,7 1,5 100,0 675 Déficience auditive 11,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,2 1,5 68,1 17,8 0,3 0,2 0,4 100,0 338 Déficience du langage ou de la parole 54,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1,6 2,7 33,6 3,5 0,0 0,3 4,2 100,0 145 Perte de certaines extrémités 8,8 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 44,7 40,6 0,0 2,5 3,5 0,0 100,0 81 Troubles du comportement 25,6 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 8,8 54,0 6,6 3,5 0,2 1,3 100,0 100 Note : Le tableau est basé sur l'information de tous les membres du ménage, qu'ils soient de fait ou de droit. 124 | Handicap En dehors des déficiences de la parole dont 54 % des enquêtés souffrent depuis la naissance, de l’absence de membres ou de parties des membres qui s’explique dans 29 % des cas par les accidents de la route, et des pertes d’extrémités du corps causées dans 45 % des cas par d’autres accidents, la cause principale des handicaps est la maladie. Cette cause explique 68 % des cas de déficience auditive, 54 % de cas de trouble de comportement, 48 % des cas de déficience visuelle. Pour les autres types de handicap, la maladie les explique dans une proportion allant de 25 % pour l’absence de membres ou de parties de membres à 41 % pour les cas de perte de certaines extrémités du corps. La deuxième cause principale de la plupart des handicaps est la vieillesse qui explique plus du tiers des cas de déficience visuelle, 18 % des cas de déficience auditive et 14 % des cas de déformation des membres. Pour les autres handicaps, ils existent fréquemment depuis la naissance. C’est notamment le cas de troubles de comportement (26 %) et des déformations de membres (13 %). Les causes accidentelles, telles que les accidents du travail, les mines et armes, les brûlures, les soins et injections mal faits expliquent assez rarement les handicaps. Le tableau 8.3 présente la proportion de la population souffrant de handicaps, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Chez les enfants de 0-4 ans, la prévalence est très faible (1,6 % ont au moins un handicap) et elle augmente lentement pour atteindre 5,2 % à 25-49 ans. Elle augmente ensuite de façon très importante, puisqu’à 50 ans et plus, la prévalence des handicaps concerne plus du quart de la population de cette tranche d’âges (26 %). Handicap | 125 Tableau 8.3 Prévalence des handicaps par caractéristique de la population Proportion de la population souffrant de handicap, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Absence de membres ou de parties de membres Déforma- tion des membres Au moins une déficience motrice Déficience visuelle Déficience auditive Déficience du langage ou de la parole Au moins une déficience sensorielle Perte de certaines extrémités Troubles du comporte- ment Au moins un handicap Effectif Âge 0-4 0,0 0,4 0,4 0,4 0,5 0,3 1,2 0,1 0,0 1,6 5 500 5-14 0,1 0,7 0,8 0,5 1,0 0,7 2,0 0,1 0,2 3,0 9 325 15-24 0,3 0,8 1,0 0,9 0,7 0,5 1,9 0,2 0,6 3,2 4 793 25-49 0,3 1,5 1,8 1,8 0,8 0,3 2,8 0,3 0,5 5,2 7 039 50+ 0,8 6,3 7,0 17,1 4,7 0,5 19,6 1,5 0,7 25,8 2 571 Sexe Masculin 0,3 1,3 1,5 2,2 1,2 0,6 3,8 0,3 0,3 5,6 14 298 Féminin 0,2 1,4 1,6 2,4 1,1 0,4 3,4 0,2 0,4 5,1 14 933 Résidence N'Djaména 0,4 1,0 1,3 1,6 0,6 0,3 2,3 0,3 0,4 4,1 2 477 Autres Villes 0,2 1,6 1,8 2,3 1,1 0,4 3,6 0,2 0,4 5,6 3 573 Ensemble urbain 0,3 1,3 1,6 2,0 0,9 0,3 3,1 0,3 0,4 5,0 6 050 Rural 0,2 1,4 1,6 2,4 1,2 0,5 3,7 0,3 0,3 5,4 23 183 Zone Zone 1 0,4 1,0 1,3 1,6 0,6 0,3 2,3 0,3 0,4 4,1 2 477 Zone 2 0,4 0,3 0,7 1,6 0,4 0,2 2,0 0,0 0,1 2,8 3 600 Zone 3 0,3 2,2 2,6 4,1 1,9 1,1 6,3 0,4 0,6 9,0 3 755 Zone 4 0,2 1,6 1,7 2,6 1,7 0,9 4,7 0,0 0,5 6,2 2 637 Zone 5 0,4 0,9 1,2 1,0 0,5 0,5 1,8 0,2 0,2 3,1 3 282 Zone 6 0,0 0,7 0,7 1,9 0,9 0,3 2,8 0,4 0,2 3,9 2 938 Zone 7 0,0 2,2 2,2 2,4 1,6 0,5 4,1 0,3 0,3 6,4 6 458 Zone 8 0,3 1,1 1,4 2,8 1,1 0,3 3,9 0,4 0,4 5,5 4 085 Quintiles de bien- être économique Le plus pauvre 0,3 1,6 1,9 3,7 1,7 0,7 5,5 0,2 0,4 7,3 5 727 Second 0,2 1,9 2,0 2,7 1,3 0,7 4,2 0,6 0,4 6,5 6 428 Moyen 0,2 1,1 1,2 2,0 1,3 0,4 3,4 0,2 0,2 4,6 5 375 Quatrième 0,3 1,1 1,3 1,4 0,6 0,3 2,0 0,2 0,4 3,6 5 908 Le plus riche 0,3 1,0 1,3 1,8 0,9 0,4 2,9 0,2 0,4 4,5 5 795 Ensemble1 0,2 1,4 1,6 2,3 1,2 0,5 3,6 0,3 0,3 5,3 29 233 Note : Le tableau est basé sur l'information de tous les membres du ménage, qu'ils soient de fait ou de droit. 1 Y compris 3 cas dont l’âge est non déterminé. Les handicaps touchent autant les hommes que les femmes (respectivement, 5,6 % contre 5,1 %). Les résultats concernant le milieu de résidence (graphique 8.2) révèlent que la population de N’Djaména est légèrement moins touchée par les handicaps (4,1 %) que celle du milieu rural (5,4 %) et des Autres Villes (5,6 %). Au niveau régional (graphique 8.2), les populations des zones 2 (B.E.T, Lac et Kanem), 5 (Chari Baguirmi et Hadjer Lamis) et 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest) sont celles qui ont la prévalence la moins élevée (respectivement, 2,8 %, 3,1 % et 3,9 %). Par contre, les populations des zones 3 (Batha, Guéra et Salamat), 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) et 4 (Ouaddaï et Wadi Fira), sont celles qui ont la prévalence la plus élevée (respectivement, 9,0 %, 6,4 % et 6,2 %). 126 | Handicap Enfin, il semble que le quintile de bien-être économique soit un facteur discriminant en matière de prévalence des handicaps. En effet, la prévalence des handicaps diminue au fur et à mesure que le niveau de bien-être économique du ménage augmente, passant de 7,3 % de la population vivant dans les ménages les plus pauvres à 3,6 % de la population vivant dans les ménages du quatrième quintile. Paradoxalement, la prévalence des handicaps est légèrement plus élevée dans la population vivant dans les ménages les plus riches (4,5 %) que dans celle vivant dans les ménages du quatrième quintile. Les données de l’EDST-II fournissent des informations sur l’ampleur du problème des handicaps, sur ses différentes formes, son niveau de sévérité et sur ses causes. Cependant, ces résultats ne renseignent pas sur les besoins des personnes handicapées. Ils ne permettent donc pas de concevoir et mettre en place des programmes et politiques spécifiques pour les personnes handicapées. Il y a donc lieu de mener une enquête particulière sur la situation des personnes handicapées dont les résultats permettront l’élaboration des politiques et programmes qui leur sont spécifiques. Graphique 8.2 Pourcentage de la population souffrant d’au moins un handicap par milieu et zone de résidence EDST-II 2004 5 4 6 5 4 3 9 6 3 4 6 6 TCHAD RÉSIDENCE N'Djaména Autres Villes Rural ZONE 1 (N’Djaména) 2 (BET, Kanem, Lac) 3 (Batha, Guéra, Salamat) 4 (Ouaddaï Wadi Fira) 5 (Hadjer Lamis, Chari Baguirmi) 6 (Mayo Kebbi Est et Ouest) 7 (Logone Occidental, Oriental, Tandjilé) 8 (Mandoul, Moyen Chari) 0 2 4 6 8 10 Pourcentage Santé de la Mère et de l’Enfant | 127 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT 9 Joël Sibaye Tokindang et Kostelngar Nodjimadji L’EDST-II a permis de collecter un certain nombre d’informations sur la santé des mères et de leurs enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. Ce chapitre présente les résultats relatifs aux soins prénatals et postnatals, aux conditions d’accouchement ainsi que les résultats concernant les caractéristiques des nouveau-nés, la couverture vaccinale, la prévalence et le traitement des principales maladies des enfants, en particulier les infections respiratoires, la fièvre et la diarrhée ; les résultats présentés dans ce chapitre permettent donc d’identifier les problèmes les plus importants en matière de santé maternelle et infantile et d’une manière générale en santé de la reproduction. En les comparant aux résultats de l’enquête précédente, ils permettent l’évaluation et la planification des politiques et des programmes de santé. 9.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET VISITES POSTNATALES 9.1.1 Soins prénatals Pendant l’enquête, on a demandé aux femmes, pour chaque naissance d’enfant dernier-né depuis janvier 1999, si au cours de la grossesse, elles avaient été en consultation prénatale. On a aussi enregistré le nombre de visites prénatales effectuées et la durée de grossesse au moment de la première visite, ainsi que le nombre d’injections antitétaniques qu’elles avaient reçues. 9.1.1.1 Visites prénatales Le tableau 9.1 présente la répartition des femmes qui ont eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, par type de personnel consulté par la mère durant la grossesse la plus récente, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Il convient de rappeler que ces données ne portent que sur les dernières naissances de la période 0-59 mois ayant précédé l’enquête. Il faut également préciser que lors de l’enquête, toutes les catégories de personnel consulté par la mère pendant la grossesse ont été enregistrées, mais seule la personne la plus qualifiée a été retenue dans ce tableau. On observe que parmi les dernières naissances survenues au cours des cinq dernières années, moins de la moitié (43 %) ont bénéficié de consultations prénatales auprès de professionnels de la santé (médecins, infirmières, sages-femmes et accoucheuse traditionnelle formée). Ces consultations ont été, dans leur grande majorité, effectuées par des sages-femmes (27 %), dans une moindre proportion par des infirmières (9 %) et dans très peu de cas, elles ont été dispensées par des médecins (3 %) et des matrones ou accoucheuses traditionnelles formées (4 %). Cependant, pour plus d’une naissance sur deux (56 %), les mères n’ont consulté personne au cours de leur grossesse. 128 | Santé de la Mère et de l’Enfant Tableau 9.1 Soins prénatals Répartition (en %) des naissances d'enfants derniers-nés survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, par type de personne consultée par la mère durant la grossesse, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Médecin Infirmière Sage femme Matrone/ agent de santé/ accou- cheuse trad. formée Ensemble du personnel formé Autre Personne Total1 Effectif Âge de la mère à la naissance de l’enfant <20 2,9 9,9 28,0 6,9 47,7 1,0 51,2 100,0 728 20-34 2,6 9,0 27,2 3,2 42,1 0,8 57,0 100,0 2 465 35-49 2,1 8,5 26,1 1,7 38,4 2,2 58,5 100,0 527 Rang de naissance 1 3,4 11,9 33,2 6,0 54,6 0,8 44,6 100,0 578 2-3 2,4 7,6 28,3 4,6 42,8 0,9 56,1 100,0 1 113 4-5 2,5 7,9 24,5 3,7 38,7 0,8 60,4 100,0 896 6+ 2,5 10,0 25,3 1,8 39,5 1,4 58,6 100,0 1 132 Résidence N'Djaména 11,3 11,5 61,3 2,9 87,0 0,6 12,1 100,0 274 Autres Villes 3,5 11,0 57,6 4,3 76,4 0,5 23,0 100,0 430 Ensemble urbain 6,5 11,2 59,1 3,7 80,5 0,5 18,8 100,0 704 Rural 1,7 8,6 19,8 3,7 33,8 1,1 64,8 100,0 3 016 Zone Zone 1 11,3 11,5 61,3 2,9 87,0 0,6 12,1 100,0 274 Zone 2 4,8 22,5 10,5 0,7 38,5 1,3 60,1 100,0 471 Zone 3 2,3 6,8 10,2 4,5 23,8 0,5 75,7 100,0 434 Zone 4 1,3 2,5 7,5 0,6 12,0 1,8 86,2 100,0 294 Zone 5 0,1 10,7 5,4 3,2 19,5 0,0 80,5 100,0 474 Zone 6 1,4 10,4 43,4 1,9 57,2 0,0 42,3 100,0 377 Zone 7 1,2 2,8 39,3 7,6 51,0 2,1 46,4 100,0 871 Zone 8 2,4 9,2 37,6 3,4 52,6 0,8 46,4 100,0 524 Niveau d'instruction Aucune instruction 2,3 8,5 18,3 3,2 32,3 1,1 66,3 100,0 2 860 Primaire 2,9 11,1 54,3 5,2 73,5 0,6 25,8 100,0 691 Secondaire ou plus 7,2 10,4 67,8 6,6 92,0 0,6 7,4 100,0 169 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,3 3,6 3,0 2,3 9,2 0,8 89,8 100,0 669 Second 0,9 6,0 18,6 4,9 30,4 1,0 68,5 100,0 848 Moyen 2,4 12,3 24,3 4,2 43,2 1,5 55,3 100,0 726 Quatrième 3,3 12,7 34,2 3,6 53,7 1,5 44,1 100,0 802 Le plus riche 6,4 10,6 56,9 3,5 77,4 0,2 22,2 100,0 674 Ensemble 2,6 9,1 27,2 3,7 42,6 1,0 56,1 100,0 3 720 Note : Les données concernent les naissances d'enfants derniers-nés de la période 0-59 mois précédant l'enquête. Si différentes personnes ont été consultées, seule la plus qualifiée a été prise en compte dans ce tableau. 1 Y compris les non déterminés. Les résultats font apparaître des écarts importants selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes (graphique 9.1) Les consultations prénatales auprès de professionnels de la santé sont légèrement plus fréquentes pour les naissances issues de femmes de moins de 20 ans (48 %) que pour celles issues de femmes plus âgées (42 % pour celles de 20-34 ans et 38 % à partir de 35 ans). On constate également que la proportion de naissances pour laquelle la mère a consulté un professionnel de la santé diminue avec le rang de naissance; en effet, pour 55 % des naissances de rang 1 (qui sont le plus souvent celles issues des femmes les plus jeunes), la mère est allée en consultation contre 43 % des naissances de rang 2-3 et seulement 39 % de celles de rang 4 ou plus. De plus, ces résultats font apparaître de fortes variations selon le milieu et la zone de résidence. Si, en milieu urbain, plus de huit naissances sur dix (81 %) ont donné lieu à des consultations prénatales, en milieu rural, cette proportion n’est que de 34 %. À N’Djaména, dans 87 % des cas, les mères sont allées en consultation prénatale. Corrélativement, c’est en milieu rural que l’on trouve la plus forte proportion de femmes (65 %) qui ne sont jamais allées en consultation prénatale. Santé de la Mère et de l’Enfant | 129 Graphique 9.1 Enfants de moins de cinq ans dont la mère a bénéficié de soins prénatals pendant la grossesse EDST-II 2004 43 87 76 34 32 74 92 9 30 43 54 77 TCHAD RÉSIDENCE N'Djaména Autres Villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou + QUINTILES DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Les résultats mettent également en évidence des disparités importantes selon la zone de résidence. Dans les zones 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest), 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) et 8 (Mandoul et Moyen Chari), un peu plus de la moitié des dernières naissances ont fait l’objet de consultation prénatale auprès de personnel formé (respectivement, 57 %, 51 % et 53 %). À l’opposé, dans les zones 2 (BET, Kanem et Lac) et 3 (Batha, Guéra et Salamat), les proportions sont nettement inférieures, en particulier dans la zone 3 (respectivement, 39 % et 24 %). Ce sont les zones 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) et 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) qui détiennent les proportions les plus faibles de naissances ayant bénéficié d’un suivi prénatal (respectivement, 12 % et 20 %). Dans la zone 1 (N’Djaména), dans 87 % des cas, les femmes ont effectué des visites prénatales. Il convient de souligner que les visites prénatales auprès d’une accoucheuse traditionnelle sont plus fréquentes dans les zones 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) (8 %), 3 (Batha,Guéra et Salamat) (5 %), 8 (Mandoul et Moyen Chari) (3 %) ainsi que dans la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) (3 %) qu’ailleurs. Cette situation s’expliquerait par un début d’amélioration de l’accès aux structures de soins de santé dans ces zones. En outre, le recours aux consultations prénatales varie de façon très importante avec le niveau d’instruction des femmes. C’est ainsi que pour la quasi-totalité des naissances issues de femmes ayant un niveau secondaire ou plus (92 %), il y a eu un suivi de la grossesse, alors que 74 % des naissances de femmes ayant un niveau primaire et seulement 32 % de celles de femmes sans instruction ont donné lieu à des visites prénatales. Se rendre en consultation prénatale est une pratique plus fréquente chez les femmes des ménages les plus riches (77 % dans le quintile le plus riche et 54 % dans le quatrième) que dans les autres catégories de ménages, en particulier parmi ceux du quintile le plus pauvre dans lesquels seulement 9 % des naissances ont bénéficié d’un suivi prénatal. Pour être efficaces, les soins prénatals doivent être effectués à un stade précoce de la grossesse et, surtout, ils doivent se poursuivre avec une certaine régularité jusqu’à l’accouchement. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande au moins quatre visites prénatales, à intervalles réguliers tout au long de la grossesse. Le tableau 9.2 présente les données concernant le nombre de visites prénatales effectuées par les femmes enceintes et le stade de la grossesse à la première visite. Seulement pour un peu 130 | Santé de la Mère et de l’Enfant moins d’une naissance sur cinq (18 %), les mères ont effectué au moins les quatre visites recommandées. Pour un peu plus d’une naissance sur cinq (21 %), elles n’ont effectué que 2 ou 3 visites et dans 4 % des cas, elles n’en ont effectué qu’une seule. Par ailleurs, on constate que pour seulement 17 % des naissances, la première visite prénatale s’est effectuée à un stade précoce de la grossesse, c’est-à-dire à moins de 4 mois. Par contre, pour 10 % des naissances, la première visite n’a eu lieu qu’après le 6ème mois de grossesse, compromettant ainsi le nombre et l’espacement régulier des visites prénatales préconisés par l’OMS. La durée médiane de grossesse à la première visite s’établit à 4,5 mois. Cette durée médiane est plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (4,8 contre 4,0). De plus, ce nombre médian est quasiment identique à celui estimé lors de la précédente enquête (4,3 mois). 9.1.1.2 Types de soins prénatals L’efficacité des soins prénatals dépend non seulement de « l’exécution » d’un certain nombre d’examens effectués pendant les consultations, mais aussi de conseils qui sont prodigués aux femmes. Pour cette raison, l’EDST-II a collecté des données sur cet aspect important du suivi prénatal en demandant aux femmes si, au cours des visites prénatales, elles avaient été informées des signes révélateurs de complications de la grossesse, si certains examens médicaux (la prise du poids et de la taille, la prise de la tension artérielle) avaient été effectués et également si on avait procédé à des examens d’urine et de sang. Ces résultats sont présentés au tableau 9.3 selon certaines caractéristiques sociodémographiques. On observe que seulement 18 % des femmes ont été informées des signes de complications de la grossesse ; par contre, dans la grande majorité des cas, le poids a été relevé (86 %), et la taille (75 %) et la tension artérielle (74 %) ont été mesurées. Par contre, l’examen d’urine n’a été effectué que pour moins de la moitié des femmes (42 %), et dans 39 % des cas seulement, un échantillon de sang a été prélevé. En outre, les résultats montrent que, dans plus de la moitié des cas (57 %), un toucher vaginal a été effectué. Les résultats selon les caractéristiques sociodémographiques montrent que, dans l’ensemble, ce sont parmi les femmes les plus jeunes (moins de 20 ans), celles du milieu rural et les moins instruites que ces examens ont été les moins fréquemment effectués au cours des visites prénatales. En fonction du nombre d’enfants, en dépit de variations irrégulières, il semble que ce soient pour les naissances de rang 1 que ces examens aient été les moins fréquemment effectués. Les résultats selon la zone de résidence mettent en évidence des écarts importants. En effet, le pourcentage de femmes ayant reçu des informations sur les signes de complications de la grossesse varie d’un minimum de 4 % dans la zone 2 (BET, Kanem et Lac) à un maximum de 35 % dans la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) et de 34 % dans les zones 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) et 8 (Mandoul et Moyen Chari). Tableau 9.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse Répartition (en %) des naissances d'enfants derniers-nés survenus au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, par nombre de visites prénatales durant la grossesse et par stade de la grossesse au moment de la première visite, par milieu de résidence, Tchad 2004 Résidence Visites prénatales Urbain Rural Ensemble Nombre de visites prénatales Aucune 19,0 65.1 56,3 1 4,2 3.7 3,8 2-3 31,4 18.5 20,9 4+ 43,7 11.7 17,8 NSP/ND 1,8 1.1 1,2 Total 100,0 100.0 100,0 Nombre médian de visites 4,2 3.5 3,7 Mois de grossesse à la 1ère visite prénatale Aucun soin prénatal 19,0 65.1 56,3 <4 39,6 11.3 16,7 4-5 30,6 14.1 17,2 6-7 9,5 8.4 8,6 8+ 0,7 0.9 0,8 NSP/ND 0,6 0.3 0,3 Total 100,0 100.0 100,0 Nombre médian de mois de grossesse à la première visite 4,0 4.8 4,5 Effectif 704 3 016 3 720 Santé de la Mère et de l’Enfant | 131 Tableau 9.3 Examens au cours des visites prénatales Pourcentage de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et qui ont bénéficié de certains examens au cours des soins prénatals pour la naissance la plus récente selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Parmi les femmes ayant reçu des soins prénatals, pourcentage : Caractéristique sociodémographique A été informée des signes de complications de grossesse Poids mesuré Taille mesurée Tension artérielle mesurée Urine prélevée Sang prélevé Touché vaginal Effectif de femmes ayant reçu des soins prénatals Âge de la mère à la naissance de l’enfant <20 16,4 81,8 70,3 67,6 39,4 36,4 49,0 355 20-34 17,3 87,5 75,8 76,6 43,0 39,8 59,0 1 056 35-49 24,5 86,7 77,0 72,4 41,8 40,2 57,1 214 Rang de naissance 1 16,2 81,1 72,4 71,0 43,0 40,7 51,5 320 2-3 19,3 87,2 72,1 73,9 40,1 34,0 56,7 487 4-5 18,8 87,5 77,5 74,1 43,2 45,0 58,7 354 6+ 17,4 87,4 77,0 76,3 42,7 39,0 58,1 464 Résidence N'Djaména 25,6 96,2 87,3 91,8 70,7 65,2 80,4 240 Autres Villes 19,1 92,6 77,9 80,8 46,6 44,4 62,6 330 Ensemble urbain 21,8 94,1 81,8 85,4 56,7 53,2 70,1 570 Rural 16,0 81,8 70,9 67,9 34,2 31,6 49,2 1 054 Zone Zone 1 25,6 96,2 87,3 91,8 70,7 65,2 80,4 240 Zone 2 4,4 73,2 74,2 77,4 37,0 42,2 23,9 187 Zone 3 12,8 84,6 68,4 66,6 43,3 26,8 52,2 105 Zone 4 34,5 79,8 57,1 76,0 34,9 28,0 54,1 41 Zone 5 33,9 86,0 87,6 86,0 37,3 40,6 45,9 92 Zone 6 9,7 94,3 90,4 77,7 17,5 14,9 63,2 216 Zone 7 10,6 77,5 56,5 55,9 44,0 38,9 51,2 463 Zone 8 33,8 95,5 83,2 82,4 38,8 39,6 67,1 280 Niveau d'instruction Aucune instruction 16,4 82,5 73,8 73,2 39,5 37,5 51,7 957 Primaire 19,6 90,1 72,8 71,1 41,0 35,8 59,5 512 Secondaire ou plus 23,1 95,6 86,8 88,7 61,5 60,3 76,2 156 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 26,6 70,7 59,5 69,8 30,5 26,6 50,8 67 Second 18,0 82,3 69,8 60,9 42,9 37,5 52,9 266 Moyen 15,2 77,4 68,7 67,7 34,1 29,0 40,6 325 Quatrième 14,9 86,1 75,0 72,3 31,1 30,6 52,9 443 Le plus riche 21,4 95,5 82,7 86,7 57,4 55,1 72,0 523 Ensemble 18,0 86,1 74,7 74,0 42,1 39,1 56,5 1 624 9.1.1.3 Vaccinations antitétaniques Le tétanos néonatal est l’une des principales causes de décès des nouveau-nés dans les pays en développement. Pour protéger la mère et son enfant, le ministère de la Santé recommande l’administration d’au moins deux doses de vaccin antitétanique aux femmes enceintes. Pour une protection complète de la mère et de l’enfant, il faut deux injections au cours de la grossesse, avec au moins 30 jours d’intervalle, ou bien une seule injection, si la mère a déjà été vaccinée lors de la grossesse précédente. Au tableau 9.4 figurent les résultats sur la vaccination antitétanique (VAT) reçue par les mères pour les naissances d’enfants derniers-nés survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. 132 | Santé de la Mère et de l’Enfant Les données du tableau 9.4 révèlent que seulement 42 % des femmes ayant eu une dernière naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête ont été complètement ou partiellement protégées contre le tétanos néonatal. Celles qui ont reçu au moins deux doses (29 %) sont, ainsi que leurs enfants, complètement protégées. Celles qui n’ont reçu qu’une dose (13 %) le sont aussi si elles ont été vaccinées précédem- ment. Selon les caractéristiques socio- démographiques, on observe très peu d’écart selon l’âge des mères, la couverture variant de 44 % pour les femmes de moins de 20 ans à 41 % pour celles de 20 ans ou plus. On constate également que les naissances de rang 1 ont été mieux protégées que celles de derniers rangs (47 % contre 39 % des naissances de rangs 4-5 et 41 % de celles de rangs 6 et plus). Par ailleurs, des écarts importants apparaissent quand on considère le milieu et la zone de résidence : en effet, la couverture vaccinale varie de 76 % en milieu urbain à 34 % en milieu rural. En outre, c’est dans les zones 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) et 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) que les proportions de femmes complètement ou partiellement vaccinées sont les plus faibles (respectivement, 15 % et 17 %), alors que dans les zones 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest), 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) et 8 (Mandoul et Moyen Chari), ces proportions sont supérieures à 50 %. C’est, sans surprise, la ville de N’Djaména (81 %) qui enregistre la proportion la plus élevée de mères vaccinées. Par ailleurs, la couverture vaccinale antitétanique varie avec le niveau d’instruction et le niveau de bien-être du ménage. Plus le niveau d’instruction de la mère est élevé et plus la proportion de naissances protégées contre le tétanos est élevée. Ainsi, seulement 33 % des naissances dont la mère n’est jamais allée à l’école ont été protégées par au moins une injection alors que cette proportion concerne 70 % des naissances dont la mère a un niveau primaire et 83 % de celles dont la mère a un niveau secondaire ou plus. En outre, on constate que plus le niveau de richesse du ménage augmente, plus le niveau de la couverture vaccinale antitétanique des femmes augmente (d’un minimum de 12 % parmi les femmes des ménages du quintile le plus pauvre à un maximum de 72 % parmi celles des ménages du quintile le plus riche). Tableau 9.4 Vaccination antitétanique Répartition (en %) des naissances d'enfants derniers-nés survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, par nombre d'injections antitétaniques reçues par la mère pendant la grossesse, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Aucune Une injection Deux injections ou plus Total1 Effectif Âge de la mère à la naissance de l’enfant <20 55,1 15,4 29,0 100,0 728 20-34 58,7 11,3 29,9 100,0 2 465 35-49 58,7 14,2 26,7 100,0 527 Rang de naissance 1 52,7 16,2 30,6 100,0 578 2-3 57,7 11,6 30,6 100,0 1 113 4-5 61,0 12,2 26,8 100,0 896 6+ 58,7 11,8 29,3 100,0 1 132 Résidence N'Djaména 18,8 13,2 67,6 100,0 274 Autres Villes 27,3 14,9 57,6 100,0 430 Ensemble urbain 24,0 14,3 61,5 100,0 704 Rural 66,0 12,1 21,8 100,0 3 016 Zone Zone 1 18,8 13,2 67,6 100,0 274 Zone 2 70,2 7,0 22,7 100,0 471 Zone 3 74,6 6,9 18,5 100,0 434 Zone 4 85,4 7,0 7,5 100,0 294 Zone 5 83,4 6,2 10,4 100,0 474 Zone 6 47,1 22,0 30,7 100,0 377 Zone 7 46,9 16,9 35,9 100,0 871 Zone 8 41,8 16,6 41,3 100,0 524 Niveau d'instruction Aucune instruction 67,1 9,6 23,1 100,0 2 860 Primaire 30,5 23,1 46,4 100,0 691 Secondaire ou plus 16,8 19,3 63,3 100,0 169 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 87,9 4,9 6,9 100,0 669 Second 65,6 10,1 23,9 100,0 848 Moyen 60,7 13,8 25,5 100,0 726 Quatrième 48,4 19,0 32,6 100,0 802 Le plus riche 27,3 14,0 58,4 100,0 674 Ensemble 58,0 12,5 29,3 100,0 3 720 1 Y compris les non déterminés. Santé de la Mère et de l’Enfant | 133 9.1.1.4 Cécité crépusculaire La cécité crépusculaire, c’est-à-dire, la difficulté de voir au crépuscule chez des personnes qui n’ont pas de difficultés pour voir pendant la journée, est la manifestation oculaire la plus fréquente de la carence en vitamine A, modérée ou sévère. Elle est due à une diminution de la production de rhodopsine (pigment photosensible de la rétine de l’œil) suite à une carence en vitamine A. Dans les régions où la carence en vitamine A est fréquente, la cécité crépusculaire chez les femmes enceintes est souvent perçue comme un symptôme de la grossesse étant donné sa fréquence et sa tendance à disparaître sans traitement peu après l’accouchement. La Deuxième Enquête Démographique et de Santé (EDST-II), s’est intéressée à la prévalence de la cécité crépusculaire chez les mères. On a demandé aux mères si, pendant leur grossesse la plus récente, elles avaient souffert de cécité crépusculaire, c’est-à-dire de problèmes de vue à la tombée du jour. Les résultats sont présentés au tableau 9.5. Dix huit pour cent des femmes inter- viewées ont déclaré qu’elles avaient eu des difficultés pour voir à la tombée du jour lors de leur dernière grossesse. Cependant, une proportion importante de ces femmes a déclaré aussi avoir eu également des difficultés pour voir pendant la journée. Ces femmes auraient donc des problèmes de vue, mais pas nécessairement des problèmes de cécité crépusculaire. Une prévalence « ajustée » de la cécité crépusculaire a été alors calculée en éliminant de la cécité crépusculaire « déclarée » les femmes ayant également déclaré avoir eu des problèmes de vue pendant la journée. La préva- lence de la cécité crépusculaire ainsi « ajustée » est de l’ordre de 2 % au niveau national, ce qui peut ne pas être considéré comme un problème de santé publique1. Par ailleurs, on constate que la cécité crépusculaire ajustée augmente avec l’âge des femmes et corrélativement avec le rang de naissance des enfants. Elle est plus fréquente en milieu rural (2 %) qu’en milieu urbain (1 %). On note également des variations en fonction de la zone de résidence : c’est dans la 1 Quand la prévalence de la cécité crépusculaire chez les mères est supérieure ou égale à 5 %, on peut considérer que la carence en vitamine A est un problème de santé publique pour l’ensemble de la population. Tableau 9.5 Cécité crépusculaire Pourcentage de naissances d'enfants derniers-nés survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête dont la mère a souffert de cécité crépusculaire au cours de la grossesse, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Cécité crépusculaire Cécité crépusculaire ajustée1 Effectif Âge de la mère à la naissance de l’enfant <20 15,0 1,1 728 20-34 18,4 1,8 2 465 35-49 21,4 3,2 527 Rang de naissance 1 14,1 0,6 578 2-3 17,1 1,2 1 113 4-5 18,8 2,7 896 6+ 20,8 2,4 1 132 Résidence N'Djaména 13,6 1,4 274 Autres Villes 15,9 0,8 430 Ensemble urbain 15,0 1,0 704 Rural 18,9 2,0 3 016 Zone Zone 1 13,6 1,4 274 Zone 2 23,3 0,7 471 Zone 3 10,4 1,0 434 Zone 4 9,9 2,6 294 Zone 5 28,7 0,2 474 Zone 6 20,9 0,1 377 Zone 7 16,0 4,8 871 Zone 8 19,4 1,0 524 Niveau d'instruction Aucune instruction 18,3 1,8 2 860 Primaire 18,4 2,0 691 Secondaire ou plus 16,1 1,0 169 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 12,8 1,5 669 Second 17,9 1,6 848 Moyen 24,1 3,6 726 Quatrième 19,8 1,2 802 Le plus riche 15,6 1,2 674 Total 18,2 1,8 3 720 1 Femmes ayant déclaré souffrir de cécité crépusculaire mais qui ont déclaré ne pas avoir de difficulté pour y voir pendant le jour. 134 | Santé de la Mère et de l’Enfant zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) (3 %) et dans la zone 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) (5 %), que les femmes ont le plus fréquemment déclaré souffrir de cécité nocturne. 9.1.1.5 Supplémentation en fer et prophylaxie antipaludéenne Chez les femmes enceintes, l’anémie due à la carence en fer et le paludisme contribuent à une augmentation du risque de mortalité et de morbidité maternelle et fœtale. Au cours de l’EDST-II, des questions ont été posées aux femmes pour savoir si, au cours de leur dernière grossesse, elles avaient pris d’une part des suppléments de fer et d’autre part si elles avaient pris des antipaludéens à titre préventif. Les résultats sont présentés au tableau 9.6 selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Dans l’ensemble, on constate que la majorité des femmes n’ont pris aucun comprimé de fer au cours de leur dernière grossesse. Dans seulement 24 % des cas, les mères ont déclaré avoir pris ce type de supplément : plus précisément, 21 % en ont pris pendant une durée inférieure à deux mois et 2 % pendant deux mois ou plus. La proportion de femmes n’ayant pris aucun comprimé de fer au cours de leur dernière grossesse est plus élevée chez les mères de plus de 20 ans (71 %) et corrélativement pour les rangs de naissance les plus élevés (73 % pour les rangs 4-5). En milieu rural (78 %), chez les femmes sans instruction (77 %) et chez celles des trois premiers quintiles (92 %, 83 % et 72 %), les proportions de celles qui n’ont pris aucun comprimé de fer sont élevées. Les résultats selon la zone de résidence ne font pas apparaître d’écarts importants : dans les zones 3, (Batha, Guéra et Salamat), 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) et 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi), plus des quatre cinquièmes des femmes n’ont pris aucun supplément de fer pendant leur dernière grossesse ; avec une proportion de 50 % de femmes ayant pris ce type de complément nutritionnel, seule la zone 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest) se démarque des autres zones. Les femmes de N’Djaména (64 %), celles ayant un niveau secondaire ou plus (75 %) et celles dont le ménage appartient au quintile le plus riche (59 %) sont, sans surprise, celles qui ont bénéficié le plus fréquemment de ce type d’apport nutritionnel. Par ailleurs, à la question concernant la prise d’antipaludéens à titre préventif, 39 % des femmes ont déclaré avoir pris un antipaludéen quelconque. Dans la majorité des cas, les femmes ont pris de la chloroquine/nivaquine (32 %) ; dans 9 % des cas, les femmes ont déclaré avoir pris d’autres anti- paludéens, y compris du Fansidar. Enfin, dans 4 % des cas, les femmes ont pris des remèdes traditionnels pour éviter un accès palustre. En fonction de l’âge et du rang de naissance, on ne constate pas d’écart significatif. Par contre, le niveau d’instruction, le milieu de résidence et le niveau de bien-être du ménage ont une influence sur le recours à un traitement préventif antipaludéen pendant la grossesse. Comme pour la prise de comprimés de fer, ce sont les femmes du milieu urbain (61 % contre 33 % en rural), celles qui sont instruites (79 % parmi celles de niveau secondaire et 53 % parmi celles ayant un niveau primaire contre 33 % parmi celles sans instruction) et celles dont le ménage appartient au quintile le plus riche (62 %) qui ont déclaré le plus fréquemment s’être protégées du paludisme pendant leur grossesse en prenant des antipaludéens. Il faut souligner que c’est parmi les femmes de N’Djaména (21 %), parmi celles ayant un niveau secondaire ou plus (24 %) et parmi celles des ménages du quintile le plus riche (19 %) que les proportions de femmes qui ont pris d’autres antipaludéens que la Chloroquine Nivaquine, comme entre autres le Fansidar, sont les plus élevées. Santé de la Mère et de l’Enfant | 135 Tableau 9.6 Traitements au cours de la grossesse Répartition (en %) des naissances d'enfants derniers-nés survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, dont la mère a pris des comprimés de fer pendant la grossesse selon le nombre de jours qu'elle a pris les comprimés, et pourcentage ayant pris des antipaludéens, par type de médicament, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Comprimé de fer Antipaludéen1 Caractéristique sociodémographique N'a pas pris A pris pendant 1-59 jours A pris pendant 60 jours et plus NSP/ ND Total N'importe quel anti- paludéen Chloroquine, nivaquine Autres antipaludéens (y compris Fansidar) Médicament indéterminé Remèdes traditionnels Effectif Âge de la mère à la naissance de l’enfant <20 67,4 21,7 2,3 8,5 100,0 37,0 30,3 8,4 2,3 3,4 728 20-34 71,2 21,1 2,1 5,6 100,0 39,1 33,0 9,1 1,7 3,7 2 465 35-49 71,0 22,8 2,2 4,1 100,0 37,6 30,5 9,5 2,0 4,6 527 Rang de naissance 1 62,7 25,9 2,5 8,9 100,0 37,7 32,1 9,4 2,2 2,5 578 2-3 71,7 20,6 2,5 5,3 100,0 39,8 32,8 9,5 1,3 4,8 1 113 4-5 73,3 18,3 2,2 6,3 100,0 39,9 33,3 8,0 2,5 4,0 896 6+ 71,0 22,4 1,8 4,8 100,0 36,5 30,5 9,3 1,7 3,2 1 132 Résidence N'Djaména 36,3 47,9 4,5 11,2 100,0 68,7 59,5 21,4 3,8 6,7 274 Autres Villes 43,1 39,0 5,0 12,8 100,0 55,7 48,8 16,8 1,4 3,1 430 Ensemble urbain 40,5 42,5 4,8 12,2 100,0 60,8 53,0 18,6 2,4 4,5 704 Rural 77,5 16,5 1,6 4,5 100,0 33,3 27,2 6,8 1,7 3,6 3 016 Zone Zone 1 36,3 47,9 4,5 11,2 100,0 68,7 59,5 21,4 3,8 6,7 274 Zone 2 70,0 18,2 0,0 11,9 100,0 47,2 29,6 14,6 1,9 5,8 471 Zone 3 84,1 14,5 0,7 0,7 100,0 19,1 16,3 1,3 1,2 3,2 434 Zone 4 87,9 10,1 0,9 1,1 100,0 14,1 9,8 4,6 1,2 2,1 294 Zone 5 83,9 11,6 2,8 1,7 100,0 25,6 22,0 5,5 0,1 3,4 474 Zone 6 49,8 39,0 9,6 1,6 100,0 50,4 47,0 5,9 0,7 0,4 377 Zone 7 69,9 19,1 1,5 9,5 100,0 36,5 31,4 11,0 2,9 1,9 871 Zone 8 71,3 22,6 0,1 5,9 100,0 51,0 45,1 8,6 2,3 7,5 524 Niveau d'instruction Aucune instruction 77,1 16,3 1,6 5,1 100,0 32,6 26,4 7,3 1,7 3,5 2 860 Primaire 54,2 34,3 3,4 8,1 100,0 52,9 46,6 12,7 2,4 4,5 691 Secondaire ou plus 24,9 55,8 7,3 11,9 100,0 78,9 69,1 23,8 2,3 4,4 169 Quintile de bien- être économique Le plus pauvre 92,1 6,8 0,0 1,1 100,0 13,8 10,3 2,5 1,2 3,0 669 Second 83,3 11,3 2,1 3,3 100,0 28,0 24,3 5,9 1,4 2,4 848 Moyen 71,7 20,2 0,8 7,2 100,0 43,5 32,9 10,2 2,7 5,7 726 Quatrième 62,3 26,9 3,0 7,9 100,0 46,0 39,2 8,5 1,7 3,5 802 Le plus riche 41,3 43,4 4,9 10,4 100,0 61,8 54,3 18,8 2,2 4,3 674 Total 70,5 21,4 2,2 5,9 100,0 38,5 32,1 9,0 1,8 3,7 3 720 1 La somme des pourcentages concernant les médicaments contre le paludisme peut excéder 100 % car une femme a pu prendre plusieurs types de médicaments. 9.1.2 Conditions d’accouchement 9.1.2.1 Lieu d’accouchement Parmi les naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, près de neuf naissances sur dix (86 %) ont eu lieu à la maison (tableau 9.7). Malgré cette proportion élevée, les 136 | Santé de la Mère et de l’Enfant résultats selon les caractéristiques sociodémographiques mettent en évidence des écarts importants. En milieu rural, parmi les femmes sans instruction et parmi celles dont le ménage appartient au quintile le plus pauvre, plus de 90 % ont accouché à domicile. Par contre, à N’Djaména (54 %) et parmi les femmes ayant au moins un niveau secondaire (58 %) plus de la moitié ont accouché dans un établissement sanitaire. On constate également que les proportions de femmes ayant accouché dans un établissement de santé diminuent au fur et à mesure que le rang de naissance augmente (de 20 % pour le rang 1 à 12 % pour le rang 6 ou plus). Tableau 9.7 Lieu d'accouchement Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par lieu d'accouchement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Établissement de santé Maison Autre/ND Total Effectif de naissances Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 15,4 84,2 0,4 100,0 1 274 20-34 12,6 86,6 0,8 100,0 4 023 35-49 12,9 86,3 0,8 100,0 692 Rang de naissance 1 19,6 79,8 0,6 100,0 1 039 2-3 12,5 86,8 0,7 100,0 1 843 4-5 11,2 88,0 0,8 100,0 1 404 6+ 11,9 87,4 0,8 100,0 1 704 Résidence N'Djaména 53,5 46,3 0,2 100,0 439 Autres Villes 40,2 59,0 0,8 100,0 684 Ensemble urbain 45,4 54,0 0,6 100,0 1 123 Rural 5,8 93,4 0,8 100,0 4 866 Zone Zone 1 53,5 46,3 0,2 100,0 439 Zone 2 2,6 97,0 0,4 100,0 730 Zone 3 5,0 93,8 1,2 100,0 673 Zone 4 6,8 92,6 0,6 100,0 444 Zone 5 2,3 97,2 0,5 100,0 786 Zone 6 9,8 90,0 0,2 100,0 628 Zone 7 18,2 81,2 0,6 100,0 1 479 Zone 8 15,5 82,7 1,8 100,0 809 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 8,6 90,6 0,8 100,0 4 580 Primaire 22,0 77,3 0,7 100,0 1 164 Secondaire ou plus 58,1 41,8 0,1 100,0 245 Visites prénatales1 Aucune 1,5 97,6 0,9 100,0 2 095 1-3 20,8 79,2 0,0 100,0 918 4 ou plus 38,2 61,2 0,5 100,0 661 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,1 97,7 1,1 100,0 1 019 Second 5,5 93,6 0,9 100,0 1 356 Moyen 6,1 93,4 0,5 100,0 1 187 Quatrième 12,6 87,2 0,3 100,0 1 333 Le plus riche 42,6 56,4 1,0 100,0 1 093 Ensemble 13,2 86,0 0,7 100,0 5 989 1 Pour les visites prénatales, les données concernent uniquement les naissances d'enfants derniers-nés de la période 0-59 mois précédant l'enquête. Santé de la Mère et de l’Enfant | 137 Au niveau de la zone de résidence, les résultats font aussi apparaître des variations. À l’exception des zones 1 (N’Djaména), 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) et 8 (Mandoul et Moyen Chari) dans lesquelles respectivement 54 %, 18 % et 16 % des femmes ont accouché dans un établissement sanitaire, dans les autres zones, cette proportion est inférieure à 10 %. En particulier, dans les zones 2 (BET, Kanem et Lac) et 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi), la quasi-totalité des femmes ont accouché à domicile. Le nombre de visites prénatales effectuées par les femmes enceintes influence nettement le lieu d’accouchement. En effet, seulement 2 % des femmes qui n’ont effectué aucune visite prénatale ont accouché dans un établissement sanitaire. Par contre parmi les femmes qui ont effectué 1 à 3 visites, cette proportion est de 21 % et elle atteint un maximum de 38 % quand les femmes en ont effectué 4 ou plus. Le niveau d’instruction plus élevé des femmes qui effectuent des visites prénatales et un meilleur accès aux services d’accouchement expliquent en partie cette relation. Les résultats selon l’indice de bien-être montrent que la proportion de naissances qui ont eu lieu dans un établissement sanitaire augmente des ménages les plus pauvres aux plus riches (d’un minimum de 1 % dans le quintile le plus pauvre à un maximum de 43 % dans le plus riche). 9.1.2.2 Assistance lors de l’accouchement Le tableau 9.8 présente la répartition des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, par type d’assistance à l’accouchement, selon certaines caractéristiques socio- démographiques des mères. On constate tout d’abord que 21 % des naissances des cinq dernières années ont été assistées par un professionnel de la santé : dans la majorité des cas, ce sont des sages-femmes (12 %) qui ont aidé à l’accouchement, les infirmières et les médecins n’intervenant que pour une part négligeable (respectivement, 2 % et moins de 1 %). À l’opposé, on relève que les trois quarts des accouchements ont été assistés par du personnel non qualifié (accoucheuses traditionnelles : 27 % et parentes/Autres 48 %). Les accouchements qui se sont déroulés sans assistance représentent 4 %. L’examen des données par caractéristiques sociodémographiques de la mère met en évidence le même type de variations que celles observées à propos du lieu d’accouchement (graphique 9.2). L’âge des mères à la naissance des enfants ne semble pas induire de différence de comportement quant à l’assistance ou non par du personnel de santé (entre 20 et 21 % quel que soit l’âge). Par contre, les proportions de naissances assistées par du personnel de santé diminuent au fur et à mesure que la parité augmente (de 27 % au rang 1, la proportion passe à 18 % pour les rangs 4 et 5) ; de même, on constate que les femmes qui ont effectué des visites prénatales ont plus fréquemment tendance à accoucher avec l’assistance de personnel qualifié que celles qui n’en ont pas effectué (d’un minimum de 5 % pour aucune visite prénatale à un maximum de 51 % pour au moins 4 visites). 138 | Santé de la Mère et de l’Enfant Tableau 9.8 Assistance lors de l'accouchement Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par type d'assistance durant l'accouchement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Médecin Infirmière Sage femme Matrone/ agent de santé/ accoucheuse trad. formée Ensemble du personnel formé Accoucheuse traditionnelle Parent/ autre Personne Total1 Effectif de naissances Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 0,8 2,4 12,5 5,6 21,3 24,7 51,5 2,4 100,0 1 274 20-34 0,8 1,5 12,0 6,1 20,4 27,5 47,7 4,3 100,0 4 023 35-49 0,5 1,4 11,3 7,8 21,0 29,6 44,8 4,5 100,0 692 Rang de naissance 1 1,1 3,1 15,6 6,7 26,7 25,4 46,0 1,9 100,0 1 039 2-3 0,9 1,7 11,4 6,4 20,5 26,3 49,8 3,3 100,0 1 843 4-5 0,6 1,0 11,4 5,4 18,4 30,5 46,7 4,2 100,0 1 404 6+ 0,5 1,4 11,0 6,2 19,1 26,4 48,9 5,5 100,0 1 704 Résidence N'Djaména 4,8 7,9 51,5 3,8 67,9 7,9 20,9 3,1 100,0 439 Autres Villes 1,7 4,8 36,7 8,4 51,6 13,1 33,0 2,4 100,0 684 Ensemble urbain 2,9 6,0 42,5 6,6 58,0 11,0 28,2 2,7 100,0 1 123 Rural 0,3 0,7 5,0 6,1 12,1 30,9 52,8 4,2 100,0 4 866 Zone Zone 1 4,8 7,9 51,5 3,8 67,9 7,9 20,9 3,1 100,0 439 Zone 2 0,0 0,4 2,5 4,3 7,2 44,6 44,9 3,2 100,0 730 Zone 3 0,7 1,9 3,1 3,8 9,5 13,2 70,1 7,2 100,0 673 Zone 4 0,9 1,6 5,5 2,0 9,9 38,1 51,6 0,4 100,0 444 Zone 5 0,1 0,5 2,5 2,4 5,5 55,9 37,4 1,2 100,0 786 Zone 6 0,1 1,3 8,7 8,9 19,0 20,3 56,4 4,0 100,0 628 Zone 7 0,5 1,1 17,1 4,4 22,9 12,9 60,0 4,2 100,0 1 479 Zone 8 0,9 2,1 12,9 18,3 34,3 31,0 28,5 6,1 100,0 809 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 0,5 1,2 7,5 4,2 13,4 30,2 52,7 3,6 100,0 4 580 Primaire 0,9 2,4 21,8 12,9 38,0 20,0 36,3 5,7 100,0 1 164 Secondaire ou plus 4,9 8,2 50,1 10,5 73,6 3,9 21,5 0,9 100,0 245 Visites prénatales2 Aucune 0,1 0,3 1,0 3,6 4,9 33,3 57,4 4,4 100,0 2 095 1-3 1,1 2,9 19,7 11,0 34,7 23,9 38,2 3,2 100,0 918 4 ou plus 2,5 5,2 33,8 9,5 51,0 14,8 31,1 3,1 100,0 661 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,1 0,1 0,7 2,7 3,6 35,4 57,5 3,4 100,0 1 019 Second 0,3 0,9 4,1 7,2 12,5 27,3 54,0 6,2 100,0 1 356 Moyen 0,2 1,3 5,4 6,8 13,8 30,6 52,5 3,0 100,0 1 187 Quatrième 0,6 1,2 11,4 6,4 19,6 29,5 47,1 3,7 100,0 1 333 Le plus riche 2,7 5,3 40,3 7,1 55,4 12,8 28,9 2,8 100,0 1 093 Ensemble 0,7 1,7 12,0 6,2 20,7 27,2 48,2 3,9 100,0 5 989 Note : Si différentes personnes ont assisté l'accouchement, seule la plus qualifiée a été prise en compte dans ce tableau. 1 Y compris les non déterminés. 2 Pour les visites prénatales, les données concernent uniquement les naissances d'enfants derniers-nés de la période 0-59 mois précédant l'enquête. Santé de la Mère et de l’Enfant | 139 Graphique 9.2 Enfants de moins de cinq ans dont la naissance a été assistée par un professionnel de la santé EDST-II 2004 21 21 20 21 68 52 12 13 38 74 TCHAD ÂGE DE LA MÈRE Moins de 20 ans 20-34 ans 35-49 ans RÉSIDENCE N'Djaména Autres Villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou + 0 10 20 30 40 50 60 70 80 Pourcentage On a vu précédemment que le milieu rural se caractérise par le plus faible pourcentage d’accouchements en structure sanitaire ; les résultats du tableau 9.8 montrent également qu’il détient la plus faible proportion de naissances assistées par du personnel de santé (12 %). À l’opposé, avec une proportion de 68 % d’accouchements assistés par du personnel de santé, les femmes de la ville de N’Djaména bénéficient de meilleures conditions d’accouchements, même si des améliorations sont nécessaires. Les résultats selon les régions font apparaître des écarts importants. Dans les zones 2 (BET, Kanem et Lac), 3 (Batha, Guéra et Salamat), 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) et 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi), moins de 10 % des naissances se sont déroulées avec l’assistance de personnel formé contre 68 % à N’Djaména. Le niveau d’instruction est certainement l’un des facteurs discriminants le plus important parmi les différentes caractéristiques étudiées. En effet, si seulement 13 % des naissances de femmes sans instruction se sont déroulées avec l’assistance de personnel formé, ce pourcentage est plus de six fois plus élevé quand la mère a un niveau secondaire ou plus (74 %). De même, le statut socioéconomique du ménage influence la qualité de l’assistance à l’accouchement. De 4 % parmi les femmes des ménages les plus pauvres, la proportion d’accouchements assistés passe à 55 % parmi celles des ménages aisés. On constate en outre que les naissances assistées par des accoucheuses traditionnelles sont peu fréquentes en milieu urbain (11 %) et chez les femmes de niveau secondaire ou plus (4 %) alors qu’elles représentent 31 % des naissances du milieu rural et 30 % des naissances de mères sans instruction. Les résultats montrent également qu’au Tchad, les parents et amis jouent un rôle non négligeable puisque près d’une naissance sur deux (48 %) s’est déroulée avec leur assistance : leur rôle est particulièrement important en milieu rural (53 %), et quand il s’agit de naissances de femmes sans instruction (53 %) ou encore de femmes n’ayant effectué aucune visite prénatale (57 %). Enfin, le recours aux parents est également plus fréquent dans les ménages pauvres ou de niveau de vie moyen (plus de 50 %). 140 | Santé de la Mère et de l’Enfant 9.1.2.3 Raison de non utilisation des établissements sanitaires Aux femmes qui n’ont pas accouché en établissement sanitaire, on a demandé la raison de cette décision. Les résultats sont présentés au tableau 9.9. On constate dans l’ensemble que pour un tiers des femmes (33 %), la raison est liée à la distance, l’établissement se trouvant trop loin de leur domicile. Cette proportion est nettement plus élevée en rural qu’en urbain (37 % contre 6 %). Dans 21 % des cas, les femmes ont déclaré ne pas avoir eu le temps d’arriver ; de manière surprenante, les femmes ayant cité cette raison sont proportion- nellement plus nombreuses en milieu urbain qu’en milieu rural (37 % contre 19 %). Pour 16 % des femmes, la maison est préférable à l’établissement de santé pour accoucher et c’est en urbain que les femmes ont le plus fréquemment cité cette raison (26 % contre 15 % en rural). Le coût des prestations est également une des raisons avancées par 12 % des femmes du milieu rural contre 7 % par celles du milieu urbain. Enfin, une femme sur dix a expliqué qu’elle n’avait pas accouché en établissement sanitaire puisqu’elle n’était pas malade : cette raison a été autant avancé en milieu rural qu’en milieu urbain (10 % contre 11 % en milieu urbain). Les raisons liées à la qualité ou à la disponibilité des services (équipements, médicaments, hygiène, person- nel, etc.) ont été moins fréquemment citées. 9.1.2.4 Type d’accouchement et caractéristiques du nouveau-né Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes qui avaient eu une naissance vivante au cours des cinq dernières années, si l’accouchement avait eu lieu par césarienne ou par voie basse et quels étaient le poids et la taille de l’enfant à la naissance. Parmi ces naissances, on constate que moins d’un pour cent a eu lieu par césarienne (tableau 9.10). Cette faible proportion n’est pas surprenante, puisque, respectivement, seulement 1 % et 14 % des naissances se sont déroulées avec l’assistance de médecins et de sages-femmes/infirmières. Comme il fallait s’y attendre, les césariennes qui nécessitent un environnement hospitalier, sont plus fréquemment pratiquées à N’Djaména (3 %) et chez les femmes de niveau secondaire ou plus (4 %). D’après les carnets de santé ou les déclarations de la mère, il ressort que près de neuf nouveau- nés sur dix (87 %) n’ont pas été pesés à la naissance. On ne connaît le poids à la naissance des enfants que dans seulement 10 % des cas. Parmi ces enfants, 9 % avaient un poids égal ou supérieur à 2 500 grammes alors que 1 % étaient de faible poids (moins de 2 500 grammes). La proportion d’enfants pour lesquels on connaît le poids à la naissance varie fortement en fonction de certaines caractéristiques socio- démographiques puisqu’elle passe de 95 % en milieu rural à 52 % en milieu urbain et de 91 % parmi Tableau 9.9 Raison de non utilisation des établissements sanitaires pour l'accouchement Répartition (en %) des naissances d'enfants derniers-nés survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête qui n'ont pas eu lieu dans un établissement sanitaire selon la raison principale pour laquelle la mère n’a pas accouché dans un établissement sanitaire, Tchad 2004 Résidence Raison principale Urbain Rural Ensemble Préfère la maison 25,5 14,6 15,9 N'était pas malade 10,9 10,4 10,4 Trop loin 5,6 36,6 33,0 Pas le temps d'arriver 36,5 18,7 20,8 Trop cher 6,7 11,7 11,2 Temps d'attente trop long 4,3 1,2 1,6 Mauvais équipement 0,6 0,3 0,3 Médicaments non disponibles 0,2 0,2 0,2 Manque d'hygiène 0,0 0,1 0,1 Manque d'intimité 0,9 0,2 0,3 Manque de personnel 2,6 1,7 1,8 Personnel pas qualifié 0,3 0,9 0,8 Personnel pas aimable 0,9 0,0 0,1 Autre 2,6 2,3 2,3 NSP/ND 2,2 1,0 1,1 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 373 2 852 3 225 Note : Les données concernent les naissances d'enfants derniers-nés de la période 0-59 mois précédant l'enquête. Santé de la Mère et de l’Enfant | 141 les naissances dont la mère n’a pas d’instruction à 35 % parmi celles dont la mère a un niveau secondaire ou plus. Du fait de la proportion élevé de données non disponible et des variations importantes de cette proportion selon les différentes variables sociodémographiques, le pourcentage d’enfants de faible poids à la naissance est fortement biaisé (très certainement dans le sens d’une sous-estimation) et doit donc être utilisée avec beaucoup de prudence. À la question très subjective concernant la grosseur de leur bébé à la naissance : « Quand votre enfant est né, était-il très gros, plus gros que la moyenne, moyen, plus petit que la moyenne ou très petit ? », les mères ont répondu, dans 69 % des cas, qu’elles estimaient que l’enfant était moyen ou plus gros que la moyenne. Dans 16 % des cas, elles ont déclaré qu’il était plus petit que la moyenne et, dans 15 % des cas, qu’il était très petit. Tableau 9.10 Caractéristiques de l'accouchement: césarienne, poids et grosseur à la naissance Parmi les naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, pourcentage de césariennes et répartition (en %) des naissances par poids et par grosseur (estimée par la mère) de l'enfant à la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Grosseur de l'enfant à la naissance Poids de l'enfant Caractéristique sociodémographique Accouche- ment par césarienne Non pesé Moins de 2.5 kg 2.5 kg ou plus NSP/ ND Total Très petit Plus petit que la moyenne Moyen ou plus gros que la moyenne NSP/ ND Total Effectif de naissances Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 0,6 85,5 1,5 8,5 4,5 100,0 15,6 16,5 67,7 0,1 100,0 1 274 20-34 0,4 86,9 1,0 8,5 3,5 100,0 14,8 15,0 69,9 0,4 100,0 4 023 35-49 0,2 86,8 1,8 9,2 2,2 100,0 13,4 18,6 67,8 0,2 100,0 692 Rang de naissance 1 1,1 82,5 1,7 10,9 4,9 100,0 15,9 15,5 68,2 0,3 100,0 1 039 2-3 0,3 86,8 1,3 8,4 3,5 100,0 13,6 16,4 69,6 0,3 100,0 1 843 4-5 0,3 87,5 0,7 8,6 3,2 100,0 15,7 15,4 68,5 0,4 100,0 1 404 6+ 0,3 88,3 1,2 7,4 3,1 100,0 14,7 15,3 69,8 0,2 100,0 1 704 Résidence N'Djaména 2,5 38,9 6,1 45,2 9,8 100,0 11,8 14,4 71,8 2,0 100,0 439 Autres Villes 0,8 60,4 3,3 25,6 10,7 100,0 11,3 11,9 76,5 0,2 100,0 684 Ensemble urbain 1,4 52,0 4,4 33,2 10,3 100,0 11,5 12,9 74,7 0,9 100,0 1 123 Rural 0,2 94,6 0,5 2,9 2,0 100,0 15,6 16,4 67,9 0,2 100,0 4 866 Zone Zone 1 2,5 38,9 6,1 45,2 9,8 100,0 11,8 14,4 71,8 2,0 100,0 439 Zone 2 0,0 96,1 1,0 1,6 1,3 100,0 27,8 33,7 38,5 0,0 100,0 730 Zone 3 0,2 94,6 0,3 3,2 2,0 100,0 29,1 17,2 53,7 0,0 100,0 673 Zone 4 0,0 91,2 1,3 4,5 3,0 100,0 15,7 21,7 61,6 1,0 100,0 444 Zone 5 0,1 97,2 0,1 1,5 1,3 100,0 21,5 23,9 54,6 0,0 100,0 786 Zone 6 0,2 90,9 1,2 5,4 2,5 100,0 7,4 18,2 73,9 0,5 100,0 628 Zone 7 0,3 84,9 1,1 9,3 4,8 100,0 3,5 3,8 92,7 0,1 100,0 1 479 Zone 8 1,0 84,5 0,8 9,9 4,8 100,0 12,3 7,6 80,2 0,0 100,0 809 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 0,3 91,4 0,8 4,5 3,3 100,0 17,1 17,7 64,8 0,3 100,0 4 580 Primaire 0,5 78,7 2,2 14,8 4,3 100,0 7,6 9,8 82,5 0,1 100,0 1 164 Secondaire ou plus 3,5 34,9 3,6 55,6 6,0 100,0 5,8 6,6 87,1 0,5 100,0 245 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 98,6 0,2 0,3 0,9 100,0 26,8 20,1 53,0 0,1 100,0 1 019 Second 0,0 95,6 0,3 2,8 1,3 100,0 11,6 11,2 76,9 0,4 100,0 1 356 Moyen 0,5 94,0 0,7 2,1 3,1 100,0 14,0 19,0 67,0 0,1 100,0 1 187 Quatrième 0,3 87,9 1,2 7,0 3,9 100,0 12,4 15,6 72,0 0,0 100,0 1 333 Le plus riche 1,5 54,8 3,9 32,4 8,9 100,0 11,4 13,9 73,8 0,9 100,0 1 093 Ensemble 0,4 86,6 1,2 8,6 3,6 100,0 14,8 15,7 69,2 0,3 100,0 5 989 142 | Santé de la Mère et de l’Enfant 9.1.3 Visites post-natales Une proportion importante de décès maternels et de décès de nouveau-nés qui surviennent dans la période néonatale se produisent dans les 48 heures qui suivent l’accouchement. Il est donc fortement recommandé que les femmes effectuent une visite postnatale dans les deux jours qui suivent l’accouchement. Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes qui avaient accouché en dehors d’un établissement de santé si, après l’accouchement, elles avaient effectué un examen postnatal et combien de temps après l’accouchement cet examen avait eu lieu. Les résultats sont présentés au tableau 9.11 selon les caractéristiques sociodémographiques. Il faut rappeler que les données ne portent que sur la dernière naissance survenue au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. Tableau 9.11 Soins postnatals Proportion de naissances d'enfants derniers-nés survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, dont la mère a accouché dans un établissement sanitaire et répartition (en %) des naissances d'enfants derniers- nés survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête dont la mère n’a pas accouché dans un établissement sanitaire selon le moment où a eu lieu la première visite postnatale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Visites postnatales pour les naissances survenues en dehors d'un établissement sanitaire Caractéristique sociodémographique Accouche- ment en établis- sement sanitaire Effectif de naissances Au cours des 7 jours suivant la naissance 8 jours ou plus après la naissance Aucune visite postnatale Total1 Effectif de naissances en dehors d'un établis- sement sanitaire Âge de la mère à la naissance de l’enfant <20 16,4 728 3,4 4,4 92,0 100,0 609 20-34 12,6 2 465 5,0 3,1 91,8 100,0 2 154 35-49 12,2 527 4,7 2,5 92,1 100,0 462 Rang de naissance 1 22,0 578 4,9 3,9 91,0 100,0 451 2-3 12,6 1 113 4,4 3,3 92,0 100,0 972 4-5 11,7 896 3,9 3,0 92,7 100,0 791 6+ 10,8 1 132 5,4 3,1 91,5 100,0 1 010 Résidence N'Djaména 54,9 274 20,0 11,6 68,0 100,0 124 Autres Villes 42,0 430 9,4 4,4 86,3 100,0 249 Ensemble urbain 47,1 704 12,9 6,8 80,2 100,0 373 Rural 5,4 3 016 3,6 2,8 93,4 100,0 2 852 Zone Zone 1 54,9 274 20,0 11,6 68,0 100,0 124 Zone 2 3,0 471 2,3 7,5 90,1 100,0 457 Zone 3 4,8 434 1,0 1,2 97,8 100,0 413 Zone 4 6,9 294 1,4 0,4 97,7 100,0 273 Zone 5 2,6 474 1,1 1,2 97,8 100,0 462 Zone 6 10,2 377 5,9 1,5 92,6 100,0 339 Zone 7 18,1 871 4,5 2,2 92,6 100,0 714 Zone 8 15,3 524 11,1 5,3 83,3 100,0 444 Niveau d'instruction Aucune instruction 8,5 2 860 2,9 2,6 94,4 100,0 2 618 Primaire 22,6 691 11,0 6,3 82,1 100,0 534 Secondaire ou plus 57,1 169 19,4 6,0 74,6 100,0 72 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,4 669 0,9 1,1 97,8 100,0 660 Second 5,6 848 2,4 1,7 95,6 100,0 801 Moyen 7,0 726 4,4 3,1 92,6 100,0 675 Quatrième 10,8 802 6,4 5,3 88,0 100,0 716 Le plus riche 44,7 674 13,4 6,9 79,6 100,0 373 Ensemble 13,3 3 720 4,6 3,3 91,9 100,0 3 225 1 Y compris les non déterminés. Santé de la Mère et de l’Enfant | 143 En ce qui concerne la proportion de 13 % de femmes qui ont accouché dans des établissements sanitaires, l’on peut supposer qu’à la suite de l’accouchement, leur état de santé ainsi que celui de leur enfant ont fait l’objet d’un suivi avant qu’elles ne quittent l’établissement (on suppose donc que ces femmes ont reçu des soins postnatals). Parmi les 87 % de femmes qui n’ont pas accouché dans un établissement sanitaire, on constate que la majorité d’entre elles (92 %) n’ont bénéficié d’aucun suivi postnatal. Seulement 8 % des femmes qui ont accouché en dehors d’un établissement sanitaire sont allées en consultation postnatale pour le suivi de leur santé et celle de leur enfant : plus de la moitié de ces femmes (5 %) y sont allées relativement tôt, c’est-à-dire dans les sept jours qui ont suivi l’accouchement et dans 3 % des cas, ces femmes ont effectué une visite postnatale dans les 8 jours ou plus qui ont suivi l’accouchement. Les pourcentages de naissances qui n’ont pas eu lieu dans un établissement sanitaire et pour lesquelles la mère n’a pas reçu des soins postnatals varient très peu en fonction de l’âge de la mère et du rang de naissance des enfants. Par contre, on observe des variations selon le milieu et la zone de résidence : les proportions de femmes qui ne se sont pas rendues en consultation postnatale sont plus élevées en milieu rural (93 %) qu’en milieu urbain (80 %) ; de même, on constate un écart important entre les zones de résidence et la ville de N’Djaména (au moins 83 % contre 68 %). Le niveau d’instruction de la mère influence la fréquence du suivi postnatal puisque la quasi-totalité des mères sans instruction (94 %) n’en ont pas effectué contre 82 % parmi celles ayant un niveau primaire et 75 % parmi celles ayant un niveau secondaire ou plus. Le niveau de bien-être est également une variable déterminante puisque du quintile le plus pauvre au plus riche, la proportion de femmes n’ayant effectué aucune visite postnatale varie de 98 % à 80 %. 9.1.4 Tendances La comparaison avec les résultats de la précédente enquête réalisée en 1996-1997 fait apparaître une amélioration du suivi prénatal par du personnel qualifié et une augmentation de la couverture antitétanique des femmes et, à l’opposé, une légère détérioration des conditions d’accouchement. En effet, la proportion de naissances ayant fait l’objet de consultation prénatale par du personnel formé est passée de 32 % à 43 % (graphique 9.3). C’est surtout l’augmentation des visites prénatales effectuées par des sages-femmes (16 % en 1996-1997 contre 27 % en 2004) et, dans une moindre mesure, celles effectuées par des infirmières (6 % contre 9 %) qui expliquent cet écart. En milieu rural, la proportion de femmes ayant effectué un suivi prénatal dispensé par une sage-femme est passée de 8 % en 1996-1997 à 20 % en 2004. Par contre, on constate entre ces deux dates une diminution de la proportion des visites effectuées par les matrones ou accoucheuses traditionnelles formées (9 % contre 4 %). La proportion de visites effectuées par des médecins est restée quasiment inchangée (2 % contre 3 %). En ce qui concerne la couverture antitétanique des femmes, on constate également une amélioration, la proportion de femmes vaccinées étant passée de 31 % en 1996-1997 à 42 % en 2004. En rural, entre les deux dates, cette proportion est passée de 22 % à 34 %. Par contre, la proportion de femmes qui accouchent à domicile n’a pratiquement pas varié entre les deux enquêtes (88 % en 1996-1997 contre 86 % en 2004). Corrélativement, la proportion de naissances qui ont eu lieu en établissement sanitaire n’a pas significativement augmenté : 11 % en 1996- 97 contre 13 % en 2004. Quant aux proportions de femmes ayant accouché avec l’assistance de personnel formé, on constate qu’entre ces deux dates, elles ont légèrement diminué (de 24 % à la première enquête, cette proportion est passé à 21 % en 2004). 144 | Santé de la Mère et de l’Enfant 9.2 VACCINATION Au cours de l'enquête, on a enregistré, pour tous les enfants nés au cours des cinq dernières années, les informations pouvant permettre une évaluation de la couverture vaccinale du Programme Élargi de Vaccinations (PEV) au Tchad. Selon les directives de l'OMS, un enfant devrait recevoir la vaccination du BCG afin de le protéger contre la tuberculose, trois doses de DTCoq pour le protéger contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos, trois doses de vaccin contre la polio, une vaccination contre la rougeole et une vaccination contre la fièvre jaune à l'âge de 12 mois. En outre, depuis quelques années, une première dose de vaccin contre la polio (polio 0) est donnée à la naissance. D'après le calendrier vaccinal, tous ces vaccins doivent être administrés avant l'âge d'un an. Les données sur la vaccination ont été collectées à partir de deux sources : le carnet de vaccination de l'enfant et les déclarations de la mère, quand le carnet n'était pas disponible ou n'existait pas. Le tableau 9.12 présente les résultats relatifs à la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois c’est-à-dire ceux qui, d’après les recommandations de l’OMS, ont atteint l’âge où ils devraient être correctement et complètement vaccinés. Tableau 9.12 Vaccinations selon les sources d'information Pourcentage d'enfants de 12-23 mois ayant reçu chaque vaccination, quel que soit l'âge à la vaccination, selon que l'information provienne d'un carnet de vaccination ou des déclarations de la mère, et pourcentage de ceux qui ont été vaccinés avant l'âge de 12 mois, Tchad 2004 DTCoq Polio1 Source d'information BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rougeole Tous les vaccins2 Aucune vaccina- tion Fièvre jaune Effectif d'enfants Vacciné à n'importe quel âge avant 'enquête Carnet de vaccination 20,3 23,6 17,7 11,6 13,5 23,0 18,4 12,3 13,6 8,0 0,1 13,5 231 Déclaration de la mère 19,9 21,0 16,2 8,5 7,2 55,0 41,8 23,2 9,2 3,3 18,8 6,7 710 Les deux sources 40,2 44,6 33,9 20,1 20,7 78,0 60,3 35,5 22,8 11,3 18,9 20,2 941 Vacciné avant l'âge de 12 mois3 36,5 41,5 26,6 15,9 20,1 73,1 49,2 28,1 14,8 6,4 24,8 14,1 941 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTCoq et les trois doses de polio (non compris la dose de polio donnée à la naissance). 3 Pour les enfants dont l'information est basée sur la déclaration de la mère, la proportion de vaccinations reçues durant la première année est supposée être la même que celle observée pour les enfants ayant un carnet de vaccination. Graphique 9.3 Soins prénatals et conditions d’accouchement, selon l’EDST-I et l’EDST-II 32 31 11 24 43 42 13 21 La mère a bénéficié de soins prénatals La mère a reçu une vaccination antitétanique La naissance a eu lieu dans établissement sanitair La naissance a été assistée par personnel médical 0 10 20 30 40 50 Pourcentage d'enfants dont : EDST-I 1996-97 EDST-II 2004 sanitaire Santé de la Mère et de l’Enfant | 145 La couverture vaccinale reste extrêmement faible au Tchad. L’analyse des données tirées du carnet de vaccination révèle que moins d’un enfant de 12-23 mois sur dix (8 %) a été complètement vacciné. Quand on y ajoute les renseignements fournis par la mère, ce pourcentage n’atteint que 11 %. Cette proportion est identique à celle observée à la première enquête (graphique 9.4). À l’inverse, 19 % des enfants n’avaient reçu aucun des vaccins du PEV contre 44 % à l’EDST-I. Lorsqu’on examine chaque vaccin de manière spécifique, selon le carnet de vaccination, il apparaît que seulement 20 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG; de plus, si l’on se base sur les seules déclarations de la mère, 20 % l’ont également reçu. Au total donc, 40 % des enfants étaient vaccinés contre le BCG (donné en principe à la naissance) au moment de l’enquête et 37 % l’avaient reçu avant l’âge de 12 mois. La proportion d’enfants ayant reçu la première dose de DTCoq est également faible (45 %); de plus, cette proportion diminue nettement avec le nombre de doses : de 45 % pour la première dose, la proportion passe à 34 % pour la deuxième dose et à seulement 20 % pour les trois doses. Le taux de déperdition2 entre la première et la deuxième dose est de 24 % et il est de 55 % entre la première et la troisième dose. Le vaccin de la polio étant administré, en général, au même moment que celui du DTCoq, on s’attend à trouver des niveaux de couverture vaccinale très proches. Ce qui n’est pas le cas. Les proportions d’enfants vaccinés contre la polio sont, quelque soit la dose, supérieures à celles du DTCoq. Ces écarts entre les deux vaccinations s’expliquent très certainement par les Journées Nationales de Vaccination (JNV) organisées régulièrement depuis quelques années en vue de l’éradication de la poliomyélite au Tchad. La comparaison avec les données de la précédente enquête met en évidence une augmentation de la proportion d’enfants ayant reçu la troisième dose de polio (36 % en 2004 contre 18 %) Cependant, malgré ces campagnes, le taux de déperdition n’en demeure pas moins élevé : de 78 % pour la première dose, cette proportion diminue ensuite pour atteindre 60 % pour la deuxième dose et 36 % pour la troisième dose. Le taux de déperdition entre la première et la troisième dose de polio est donc de 62 %. En outre, seulement 23 % des enfants ont été vaccinés contre la rougeole et seulement un enfant sur cinq a été protégé contre la fièvre jaune (20 %). Parmi les enfants qui ont reçu tous les vaccins, seulement 6 % ont été vaccinés selon le calendrier recommandé, c’est-à-dire avant l’âge de 12 mois, cela selon les deux sources d’information. À l’inverse, un enfant de 12-23 mois sur quatre (25 %) n’a reçu aucun des vaccins du PEV avant l’âge de 12 mois. Le tableau 9.13 présente la couverture vaccinale complète des enfants de 12-23 mois selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère et de l’enfant. En ce qui concerne la vaccination complète, on constate que la proportion de filles vaccinées (12 %) est quasiment identique à celle des garçons (11 %). La couverture vaccinale en fonction du rang de naissance évolue en dents de scie entre un minimum de 9 % pour les naissances de rang 6 et un maximum de 14 % pour les rangs 4 et 5. Selon le milieu de résidence, on constate que c’est en milieu rural que la couverture vaccinale est la plus faible (9 %) ; c’est à N’Djaména (26 %) qu’elle est la plus élevée, le reste du milieu urbain occupant une position intermédiaire (18 %). 2 Le taux de déperdition pour le DTCoq, par exemple, est la proportion d’enfants qui, ayant reçu la première dose du vaccin, ne reçoivent pas la troisième. 146 | Santé de la Mère et de l’Enfant Tableau 9.13 Vaccinations selon les caractéristiques sociodémographiques Pourcentage d'enfants de 12-23 mois ayant reçu chaque vaccination (selon le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère) et pourcentage de ceux pour lesquels un carnet de vaccination a été présentée à l'enquêtrice, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 DTCoq Polio1 Caractéristique sociodémographique BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rougeole Tous les vaccins 2 Aucune vaccina- tion Fièvre jaune Pourcentage avec carnet de vaccination montré Effectif d'enfants Sexe Masculin 40,2 43,2 34,1 19,6 17,8 76,1 58,9 35,0 22,6 10,6 22,1 19,2 23,8 449 Féminin 40,1 45,9 33,7 20,6 23,3 79,7 61,5 35,9 23,0 11,8 16,0 21,2 25,2 492 Rang de naissance 1 41,3 48,2 31,8 24,7 21,9 84,8 52,5 34,6 27,2 13,1 13,5 22,3 28,5 146 2-3 42,2 44,2 31,4 15,7 20,6 71,9 54,8 28,7 18,5 10,3 23,7 19,9 25,0 274 4-5 40,1 47,7 37,8 24,8 24,6 78,6 66,3 40,9 26,2 13,9 18,0 21,1 24,6 251 6+ 37,6 40,2 33,9 17,8 16,4 79,8 64,4 37,7 21,7 8,7 17,8 18,6 21,9 270 Résidence N'Djaména 78,3 78,8 67,2 44,6 56,1 85,0 75,6 49,0 47,8 25,5 10,9 44,9 32,7 72 Autres Villes 61,9 64,0 53,1 39,1 41,4 85,0 68,5 42,9 31,2 18,0 11,3 29,1 33,7 115 Ensemble urbain 68,2 69,7 58,5 41,2 47,0 85,0 71,3 45,2 37,5 20,9 11,1 35,1 33,3 187 Rural 33,3 38,4 27,8 14,9 14,1 76,2 57,5 33,0 19,2 8,9 20,8 16,5 22,4 755 Zone Zone 1 78,3 78,8 67,2 44,6 56,1 85,0 75,6 49,0 47,8 25,5 10,9 44,9 32,7 72 Zone 2 50,1 45,5 33,8 20,5 17,3 82,8 65,3 36,4 21,8 12,8 15,2 19,2 19,9 104 Zone 3 33,5 36,8 23,0 13,2 18,9 68,6 36,6 12,8 17,1 6,2 27,4 13,5 20,2 100 Zone 4 7,5 5,2 4,7 4,2 10,2 58,1 27,0 12,8 9,7 1,7 35,6 3,1 3,4 85 Zone 5 10,2 9,2 4,7 2,0 5,0 75,4 57,4 35,4 6,3 1,4 21,2 6,3 4,4 122 Zone 6 61,3 71,6 57,9 42,9 43,2 82,3 75,1 47,0 42,0 27,5 14,3 41,0 51,8 105 Zone 7 49,8 52,6 37,1 15,4 18,5 85,0 70,9 45,1 19,6 7,2 13,6 19,9 28,0 215 Zone 8 33,4 54,5 45,2 28,2 12,7 77,9 61,0 34,5 27,8 14,9 19,1 20,6 31,8 138 Niveau d'instruction Aucune instruction 32,2 35,8 26,8 15,2 16,0 74,3 54,6 29,8 18,2 7,7 22,1 14,3 18,5 703 Primaire 59,6 67,7 51,9 29,4 27,5 89,4 76,9 51,7 31,6 19,4 9,5 32,1 41,5 187 Secondaire ou plus 78,2 81,5 65,7 53,3 60,3 87,2 77,3 53,3 53,7 30,4 9,2 57,5 46,2 51 Quintile de bien- être économique Le plus pauvre 13,8 15,9 8,0 4,7 6,8 65,9 30,8 12,0 8,2 1,1 29,1 4,9 7,7 174 Second 34,2 37,7 30,0 14,2 10,3 78,1 63,1 34,7 16,3 7,1 17,5 16,3 20,4 190 Moyen 41,8 45,4 34,3 17,3 19,1 80,8 66,3 36,4 28,2 12,4 18,0 21,3 24,6 183 Quatrième 43,3 53,6 36,6 22,4 21,0 80,7 65,7 43,2 23,6 12,4 17,5 22,5 34,0 222 Le plus riche 67,8 68,9 60,5 42,3 47,4 83,6 73,5 49,1 38,1 23,6 13,0 35,8 34,0 172 Ensemble 40,2 44,6 33,9 20,1 20,7 78,0 60,3 35,5 22,8 11,3 18,9 20,2 24,5 941 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTCoq et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance). La couverture vaccinale complète varie de manière importante selon la zone de résidence. En effet, avec 28 % d’enfants complètement vaccinés, la zone 6 (Mayo Kebbi Ouest et Mayo Kebbi Est) se caractérise par le niveau de couverture vaccinale le plus élevé. La ville de N’Djaména vient en seconde position (26 %). Avec des proportions supérieures à 10 %, les zones 2 (BET, Kanem et Lac) (13 %) et 8 (Mandoul et Moyen Chari) (15 %) occupent des positions intermédiaires. Dans les autres zones, la couverture vaccinale est extrêmement faible puisque dans les zones 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) et 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi), moins de 2 % des enfants sont vaccinés contre les maladies cible du PEV. Par ailleurs, le niveau d’instruction des mères met en évidence des disparités importantes : la couverture vaccinale des enfants dont la mère a reçu une instruction est bien meilleure (19 % pour le primaire et Santé de la Mère et de l’Enfant | 147 30 % pour le secondaire ou plus) que celle des enfants dont la mère n’a aucune instruction (8 %). Les résultats selon l’indice de bien-être économique montrent que la proportion d’enfants complètement vaccinés augmente avec le niveau de richesses du ménage (de 1 % dans le quintile le plus pauvre, la proportion passe à 24 % dans le quintile le plus riche). 9.2.1 Tendances La comparaison des résultats des deux enquêtes concernant la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois permet de constater que la proportion d’enfants qui n’ont reçu aucun vaccin a nettement diminué, passant de 44 % en 1996-1997 à 19 % (graphique 9.4). Cependant, la proportion de ceux qui sont complètement vaccinés est restée stable (11 %). Cette diminution de la proportion d’enfants n’ayant reçu aucun vaccin est due à l’amélioration très nette de la couverture vaccinale contre la polio. Par rapport à 1996-1997, la proportion d’enfants ayant reçu la troisième dose de polio est deux fois plus élevée (36 % contre 18 %). En ce qui concerne le BCG, l’amélioration est trés faible (40 % contre 39 %). Par contre, on ne constate aucune amélioration de la couverture vaccinale contre le DTCoq (20 %) et contre la rougeole (23 %). 9.2.2 Avitaminose A Les carences en vitamine A (ou avitaminose A) qui résultent d’une alimentation pauvre et peu variée ainsi que d’une consommation insuffisante d’aliments contenant cette vitamine se manifestent, à un certain stade, par une affection connue sous le nom de cécité crépusculaire. Les enfants atteints de cette affection éprouvent des difficultés pour voir au crépuscule ou dans une pièce mal éclairée. Pour lutter contre l’avitaminose A, les services de santé fournissent aux enfants des capsules de vitamine A. Au cours de l’EDST-II, on a demandé à toutes les femmes ayant un enfant vivant âgé de moins de 5 ans si ces enfants avaient reçu une dose de vitamine A au cours des six derniers mois précédant l’enquête. Au cours de l’enquête, l’enquêteur devait montrer à l’enquêtée une gélule de couleur rouge ou bleue. 39 20 18 23 11 44 40 20 36 23 11 19 BCG DTCoq3 Polio3 Rougeole Tous vaccins Aucun vaccin 0 10 20 30 40 50 Pourcentage EDST-I 1996-97 EDST-II 2004 Graphique 9.4 Vaccination des enfants de 12-23 mois, selon l’EDST-I et l’EDST-II 148 | Santé de la Mère et de l’Enfant Le tableau 9.14 présente les propor- tions d’enfants de moins de cinq ans qui ont reçu une dose de vitamine A au cours des six derniers mois précédant l’enquête selon certaines caractéristiques sociodémographi- ques. Selon les déclarations des mères, on constate que 31 % des enfants de moins de cinq ans ont reçu une dose de vitamine A. En outre, selon le carnet de vaccination, cette proprotion est de 1 %. Au total, 32 % des enfants âgés de moins de cinq avaient reçu au cours des six derniers mois une dose de vitamine A. La proportion d’enfants ayant reçu cet apport nutritionnel varie fortement selon les caractéristiques sociodémographiques. Les variations en fonction de l’âge de la mère à la naissance de l’enfant et du rang de naissance ne mettent pas en évidence de tendance régulière et nette. Il en est de même des proportions selon le sexe de l’enfant qui sont quasiment identiques (32 % pour les deux sexes). Par contre, les résultats selon le milieu et la zone de résidence, le niveau d’instruction de la mère et le niveau de bien-être du ménage dans lequel elle vit font apparaître des variations importantes. Globalement, ce sont les enfants du milieu urbain (53 % contre 28 % en milieu rural) et, en particulier, ceux de N’Djaména (60 %), ceux dont la mère a un niveau d’instruction au moins secondaire (62 % contre 30 % quand la mère est sans instruction) et ceux dont la mère vit dans un ménage du quintile le plus riche (51 % contre un minimum de 22 % dans le quintile moyen) qui ont bénéficié le plus fréquemment d’un supplément de vitamine A au cours des 6 mois ayant précédé l’enquête. En outre, les résultats selon la zone de résidence montrent que ce sont les enfants de la zone 2 (BET, Kanem et Lac) qui ont le moins fréquemment reçu cet apport nutritionnel (10 % contre 42 % dans la zone 3 (Batha, Guéra et Salamat) et un maximum de 60 % à N’Djaména). Tableau 9.14 Vitamine A Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui ont reçu, au moins, une dose de vitamine A au cours des six mois précédant l'enquête selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Vitamine A selon les déclarations de la mère Vitamine A selon le carnet de vaccination Vitamine A selon les deux sources Effectif d'enfants Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 30,2 0,9 31,1 1 064 20-34 31,8 1,2 33,0 3 509 35-49 30,1 0,4 30,6 593 Rang de naissance 1 31,9 1,9 33,9 864 2-3 31,8 1,4 33,2 1 607 4-5 30,7 0,7 31,3 1 228 6+ 30,8 0,5 31,3 1 466 Sexe de l'enfant Masculin 31,3 1,1 32,4 2 595 Féminin 31,3 1,0 32,3 2 570 Résidence N'Djaména 58,9 1,3 60,1 385 Autres Villes 46,7 1,5 48,3 609 Ensemble urbain 51,4 1,4 52,9 995 Rural 26,5 0,9 27,5 4 170 Zone Zone 1 58,9 1,3 60,1 385 Zone 2 10,1 0,0 10,1 647 Zone 3 41,3 0,4 41,7 602 Zone 4 31,6 0,9 32,5 404 Zone 5 24,7 0,4 25,1 652 Zone 6 42,5 0,7 43,3 545 Zone 7 23,4 1,9 25,2 1 230 Zone 8 38,1 2,2 40,3 699 Niveau d'instruction Aucune instruction 28,8 0,8 29,6 3 975 Primaire 35,3 2,0 37,3 975 Secondaire ou plus 59,0 2,6 61,6 215 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 30,9 0,5 31,4 897 Second 27,8 0,6 28,4 1 155 Moyen 20,6 1,6 22,1 1 046 Quatrième 30,1 1,0 31,2 1 114 Le plus riche 49,1 1,5 50,6 952 Ensemble 31,0 1,0 32,0 5 165 Santé de la Mère et de l’Enfant | 149 9.3 MALADIES DES ENFANTS 9.3.1 Infections respiratoires et fièvre Les infections respiratoires aiguës (IRA) et, particulièrement la pneumonie, constituent l’une des premières causes de mortalité des enfants dans les pays en développement. Selon les résultats de la première enquête, les IRA constituaient, dans 25 % des cas, l’une des principales causes probables de décès parmi les enfants de 1 à 59 mois. Pour évaluer la prévalence de ces infections parmi les enfants, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient souffert de la toux pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête et, dans le cas d’une réponse positive, on demandait alors si la toux avait été accompagnée d’une respiration courte et rapide. Par ailleurs, comme la fièvre peut être un symptôme important de nombreuses maladies, on a aussi demandé aux mères si leurs enfants avaient eu de la fièvre durant les deux semaines ayant précédé l'interview. En outre, pour les enfants ayant présentés ces symptômes d’IRA et ayant eu de la fièvre, on a cherché à connaître le pourcentage de ceux qui avaient été conduits en consultation ainsi que les traitements éventuels qui avaient été donnés. Parmi les enfants de moins de cinq ans, on relève qu’un peu moins d’un enfant sur dix (9 %) avait souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide (tableau 9.15). On ne constate pas d’écart de la prévalence des IRA en fonction des caractéristiques socio- démographiques. Cependant, du point de vue de la zone de résidence, on peut souligner que la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) et surtout la zone 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) se caractérisent par une prévalence relativement élevée des IRA (respectivement, 10 % et 17 %). Parmi les enfants ayant présenté des symptômes d'infections respiratoires aiguës, 12 % seulement ont été conduits dans un établissement sanitaire ou auprès de personnel médical pour être traités ou pour obtenir un conseil. À l’EDST-I, cette Tableau 9.15 Prévalence et traitement des Infections Respiratoires Aiguës (IRA) Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui ont souffert de la toux et de respiration courte et rapide (symptômes d'IRA) au cours des deux semaines qui ont précédé l'enquête et pourcentage d'enfants malades pour lesquels la mère a consulté un établissement sanitaire ou du personnel de santé pour conseil et/ou traitement, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Pourcentage d'enfants avec toux et respiration courte et rapide Effectif d'enfants Pourcentage d'enfants avec IRA pour lesquels la mère a consulté Effectif d'enfants avec IRA Rang de naissance 1 9,9 864 13,0 85 2-3 10,1 1,607 10,8 162 4-5 7,8 1,228 13,0 96 6+ 9,1 1,466 11,2 133 Sexe de l'enfant Masculin 8,1 2,595 12,8 211 Féminin 10,3 2,570 10,9 265 Résidence N'Djaména 8,5 385 55,0 33 Autres Villes 10,2 609 34,1 62 Ensemble urbain 9,5 995 41,3 95 Rural 9,1 4,170 4,4 381 Zone Zone 1 8,5 385 55,0 33 Zone 2 4,7 647 (6,2) 30 Zone 3 6,4 602 22,8 38 Zone 4 5,4 404 (14,7) 22 Zone 5 10,4 652 6,0 68 Zone 6 2,9 545 * 16 Zone 7 17,3 1,230 3,7 213 Zone 8 8,1 699 12,3 56 Niveau d'instruction Aucune instruction 8,8 3,975 10,2 348 Primaire 10,7 975 12,1 104 Secondaire ou plus 11,1 215 (32,7) 24 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 7,4 897 4,3 67 Second 10,7 1,155 3,0 124 Moyen 7,9 1,046 (10,0) 83 Quatrième 9,5 1,114 7,7 106 Le plus riche 10,1 952 34,3 96 Ensemble 9,2 5,165 11,8 476 Note : Les pharmacies ne sont pas considérées comme personnel/ établissement médical. ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. 150 | Santé de la Mère et de l’Enfant proportion était de 19 %. On ne constate pas d’écart important ni en fonction du rang de naissance, ni en fonction du sexe de l’enfant (13 % pour les garçons contre 11 % pour les filles). Par contre, des écarts importants apparaissent à la lecture des résultats selon le milieu de résidence et le quintile de bien-être : en milieu urbain, 41 % des enfants malades ont été menés en consultation contre 4 % en milieu rural. La faible disponibilité d’infrastructures sanitaires et le manque d’accessibilité de ces formations sanitaires en milieu rural explique en grande partie cet écart. Parmi les enfants des ménages du quintile le plus riche, 34 % ont été conduits auprès de personnel de santé pour être soignés contre seulement 4 % parmi ceux des ménages du quintile le plus pauvre. Le tableau 9.16 présente le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Les résultats montrent qu'au niveau national, plus d’un tiers des enfants de moins de cinq ans (34 %) a eu de la fièvre durant les deux semaines ayant précédé l'interview. La fièvre a touché autant de garçons (35 %) que de filles (34 %). En fonction du milieu de résidence, on constate que c’est dans les Autres Villes que la prévalence est la plus élevée (38 %) et à N’Djaména qu’elle est la plus faible (31 %). En ce qui concerne la zone de résidence, il apparaît que la prévalence de la fièvre est beaucoup plus élevée dans les zones 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) (54%) et 8 (Mandoul et Moyen Chari) (46 %) qui sont des régions où sévit le paludisme. Si l’on considère le niveau d’instruction de la mère, on note que c’est parmi les enfants dont la mère a un niveau d’instruction primaire que la prévalence de la fièvre est la plus élevée (45 %) et chez ceux dont la mère n’est pas instruite qu’elle est la plus faible (32 %). Selon l’indice de bien-être, on constate que la prévalence varie d’un minimum de 27 % parmi les enfants du quintile le plus pauvre à un maximum de 39 % dans le second quintile, ce qui semble paradoxal. Aux mères qui avaient déclaré que l’enfant avait eu de la fièvre au cours des deux dernières semaines, on a demandé si des conseils ou un traitement avaient été recherchés. À cette question, seulement 12 % des mères ont répondu de manière affirmative. Les proportions d’enfants pour lesquels la mère a consulté varient de manière significative selon le milieu et la zone de résidence, le niveau d’instruction de la mère et le quintile de bien-être du ménage. Ce sont les enfants du milieu urbain (32 % contre 6 % en rural), en particulier à N’Djaména (42 %), ceux dont la mère est instruite (13 % quand elle a le niveau primaire et 33 % quand elle a le niveau au moins secondaire contre 10 % quand elle n’a pas d’instruction) qui ont été les plus fréquemment menés en consultation; de même, on constate que la proportion d’enfants pour lesquels on a recherché un traitement augmente des ménages les plus pauvres aux plus riches, passant d’un minimum de 3 % à 34 %. Les résultats selon la zone de résidence font également apparaître des disparités : en dehors de N’Djaména (42 %), c’est dans la zone 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest) que l’on constate la proportion la plus élevée d’enfants ayant été traités pour la fièvre (27 %). En fonction du rang de naissance de l’enfant, on constate que ce sont pour les enfants de rang 1 que l’on a le plus fréquemment consulté (14 % contre un minimum de 9 % pour les rangs 6 ou plus). Le sexe de l’enfant ne semble pas être un facteur déterminant car l’écart observé entre les filles et les garçons qui ont été menés en consultation n’est que de 1 % (12 % de filles contre 11 % de garçons). Santé de la Mère et de l’Enfant | 151 Tableau 9.16 Prévalence et traitement de la fièvre Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, pourcentage d'enfants malades pour lesquels la mère a consulté un établissement sanitaire ou du personnel de santé pour conseil et/ou traitement, et pourcentage d'enfants malades ayant reçu différents types de traitement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Pourcentage d'enfants avec la fièvre ayant reçu différents médicaments1 Caractéristique sociodémographique Pourcentage d'enfants avec la fièvre Effectif d'enfants de moins de 5 ans Pourcentage avec fièvre pour lesquels la mère a consulté Chloro- quine/ nivaquine Fansidar Quini- max Autres anti- paludéens Aucun médica- ment anti- paludéen Médica- ment indéter- miné Remèdes tradition- nels Autre Aucun traite- ment Effectif d’enfants avec la fièvre Rang de naissance 1 33,7 864 13,7 52,9 0,3 1,9 19,2 43,6 2,7 8,8 10,2 24,0 291 2-3 32,4 1 607 11,3 51,7 0,4 2,7 15,9 43,6 2,2 5,3 9,9 29,5 521 4-5 35,9 1 228 12,9 54,7 0,1 1,6 17,6 44,0 2,8 8,8 11,2 24,4 441 6+ 35,4 1 466 9,1 52,9 0,0 1,6 23,9 45,1 2,3 5,0 10,1 23,5 519 Sexe de l'enfant Masculin 35,1 2 595 10,5 53,0 0,2 2,1 22,2 44,4 2,3 6,8 9,1 24,5 910 Féminin 33,5 2 570 12,4 53,0 0,2 1,8 16,0 43,9 2,6 6,5 11,5 26,7 862 Résidence N'Djaména 31,2 385 42,4 52,1 2,1 3,4 32,1 39,9 7,1 4,4 16,1 12,8 120 Autres Villes 37,7 609 26,9 65,5 0,3 2,5 26,0 31,5 2,0 2,7 11,0 14,7 230 Ensemble urbain 35,2 995 32,2 60,9 0,9 2,8 28,1 34,4 3,7 3,3 12,8 14,0 350 Rural 34,1 4 170 6,3 51,0 0,0 1,7 17,0 46,6 2,2 7,5 9,7 28,4 1 422 Zone Zone 1 31,2 385 42,4 52,1 2,1 3,4 32,1 39,9 7,1 4,4 16,1 12,8 120 Zone 2 19,4 647 10,2 21,6 0,0 1,8 11,0 76,3 0,9 8,9 14,1 46,2 125 Zone 3 24,3 602 6,4 30,3 0,5 1,7 2,9 67,6 3,6 6,7 1,2 58,1 146 Zone 4 15,5 404 5,2 39,4 0,0 0,9 3,7 59,4 0,3 15,2 10,9 42,3 63 Zone 5 33,2 652 6,1 43,7 0,0 1,5 20,3 53,1 1,9 11,6 4,9 30,9 217 Zone 6 22,2 545 26,6 72,1 0,0 1,8 20,1 26,6 2,0 4,6 0,0 15,8 121 Zone 7 53,5 1 230 10,0 61,9 0,0 2,0 25,2 36,3 0,7 1,8 11,9 20,2 658 Zone 8 45,9 699 4,9 59,5 0,0 2,0 14,6 36,3 5,5 12,4 15,0 15,1 321 Niveau d'instruction Aucune instruction 31,5 3 975 9,5 48,0 0,1 1,9 16,5 49,3 2,7 7,4 8,2 31,8 1 254 Primaire 44,9 975 13,2 63,7 0,2 2,3 25,1 33,2 1,9 5,4 15,9 10,5 437 Secondaire ou plus 37,4 215 33,4 73,3 1,8 1,2 29,0 22,9 1,9 1,8 12,4 10,6 80 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 26,5 897 3,1 31,0 0,0 1,9 8,3 65,9 2,0 10,7 6,8 48,2 238 Second 38,7 1 155 4,9 59,9 0,0 2,1 14,1 37,6 2,4 7,7 8,2 25,4 447 Moyen 32,8 1 046 7,0 51,3 0,0 0,9 19,1 48,3 1,7 7,0 12,5 26,4 343 Quatrième 37,6 1 114 9,2 52,0 0,0 2,3 22,2 44,4 1,9 4,5 10,5 23,4 419 Le plus riche 34,0 952 34,3 62,7 1,0 2,5 30,6 32,5 4,5 4,8 13,3 11,1 324 Ensemble 34,3 5 165 11,5 53,0 0,2 2,0 19,2 44,2 2,5 6,7 10,3 25,5 1 772 Note : Les pharmacies ne sont pas considérées comme personnel/établissement médical. 1 La somme des pourcentages concernant les médicaments contre le paludisme peut excéder 100% car un enfant a pu prendre plusieurs types de médicaments. On a également demandé à la mère si quelque chose avait été donné à l’enfant pour traiter la fièvre. Au tableau 9.16 figure également les pourcentages d’enfants de moins de cinq ans qui ont reçu différents médicaments pour traiter la fièvre. Plus de la moitié des enfants ont été traités avec de la Chloroquine/Nivaquine. En particulier, cet antipaludéen a été utilisé dans 72 % des cas dans la zone 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest). De même, dans les zones 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) et 8 (Mandoul et Moyen Chari) qui sont des zones de forte transmission du paludisme, ces proportions sont respectivement de 62 % et 60 %. En outre, dans 19 % des cas, ce sont d’autres antipaludéens qui ont été donnés. Le Fansidar et le Quinimax n’ont été que très peu utilisés 152 | Santé de la Mère et de l’Enfant (respectivement, moins d’un pour cent et 2 %). À l’opposé, on note que plus de deux enfants sur cinq (44 %) n’ont pas été traités avec des antipaludéens ; en particulier dans la zone 2 (BET, Kanem et Lac), cette proportion est de 76 %. Dans 7 % des cas, les enfants ont été traités avec des remèdes traditionnels ; c’est en milieu rural (8 %), dans la zone 8 (Mandoul et moyen Chari) (12 %) et parmi les ménages du quintile le plus pauvre (11 %) que cette proportion est la plus élevée. En outre, les résultats mettent en évidence une proportion élevée d’enfants (26 %) n’ayant reçu aucun traitement contre la fièvre. Cette proportion est deux fois plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (28 % contre 14 %). Dans la zone 3 (Batha, Guéra et Salamat), elle concerne 58 % des enfants ayant souffert de la fièvre. Parmi les enfants dont la mère n’a aucune instruction, la proportion de ceux qui n’ont bénéficié d’aucun traitement est pratiquement 3 fois plus élevée que parmi ceux dont la mère a un niveau d’instruction au moins secondaire (32 % contre 11 %). Enfin, on constate que c’est en fonction du quintile de bien-être que l’écart est le plus important : dans les ménages les plus riches, seulement 11 % des enfants n’ont pas été traités contre 48 % parmi ceux des ménages les plus pauvres. 9.3.2 Disponibilité et utilisation des moustiquaires Dans les zones où le paludisme est répandu, les recommandations internationales suggèrent, comme mesure préventive, l'utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide qui permettent de réduire de façon sensible la transmission du paludisme. Au cours de l’EDST-II, dans l’enquête ménage, on a cherché à savoir si chaque ménage possédait au moins une moustiquaire et, dans l’affirmative, si les enfants de moins de cinq ans du ménage avaient dormi sous une moustiquaire la nuit précédent l’enquête. Les résultats sont présentés au tableau 9.17. Ces questions ont été posées dans toutes les régions, y compris dans les parties du pays où le risque de transmission du paludisme est négligeable. Le tableau 9.17 présente la proportion de ménages qui disposent d'au moins une moustiquaire ainsi que la distribution des ménages qui comptent, au moins, un enfant de moins de cinq ans, selon que certains de ces enfants ont dormi ou non sous une moustiquaire la nuit précédant l'enquête. Ces résultats montrent que 64 % des ménages du Tchad disposent d’au moins une moustiquaire, cette proportion variant d’un minimum de 61 % en milieu rural à 77 % en milieu urbain. À N’Djaména, où la stagnation des eaux de pluie et des eaux usées favorise la multiplication des moustiques, la proportion de ménages disposant d’au moins une moustiquaire est élevée (89 %). Du point de vue régional, il est surprenant de constater que c’est dans les zones 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest), 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) et 8 (Mandoul et Moyen Chari), zones réputées à hauts risques de paludisme, que la proportion des ménages disposant d’au moins une moustiquaire est la plus faible. En effet, ces proportions varient de 36 % dans la zone 6 à 47 % dans la zone 8, alors que, dans les autres régions du pays, plus de huit ménages sur dix disposent d’au moins une moustiquaire, y compris dans la zone 2 (BET, Kanem et Lac). En outre, dans 56 % des ménages qui comptent au moins un enfant de moins de cinq ans, tous les enfants avaient dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête ; dans 2 % des cas, seulement certains enfants avaient dormi sous une moustiquaire et à l’opposé, dans 40 % des ménages, aucun enfant n’avait dormi sous une moustiquaire la nuit avant l’enquête. De manière surprenante, c’est dans les ménages des zones, 6, 7 et 8, à forte prévalence de paludisme, que l’on trouve les plus faibles pourcentages d’enfants ayant dormi sous une moustiquaire (26 % pour les zones 6 et 7, et 41 % en zone 8), alors que dans 84 % des ménages de N’Djaména, tous les enfants avaient dormi sous une moustiquaire le nuit avant l’enquête. Santé de la Mère et de l’Enfant | 153 Tableau 9.17 Disponibilité et utilisation des moustiquaires Proportion de ménages qui disposent d'au moins une moustiquaire et distribution (en %) des ménages dans lesquels il y a, au moins, un enfant de moins de cinq ans, selon que certains enfants de moins de cinq ans ont dormi ou non sous une moustiquaire la nuit précédant l'enquête, en fonction du milieu et de la zone de résidence, Tchad 2004 Enfants de moins de cinq ans qui ont dormi sous une moustiquaire Caractéristique sociodémographique Pourcentage de ménages qui ont, au moins, une moustiquaire Effectif de ménages Tous Certains Aucun NSP/ND Total Effectif de ménages avec des enfants de moins de 5 ans Résidence N'Djaména 89,3 432 83,8 0,8 9,7 5,7 100,0 228 Autres Villes 69,1 642 61,7 3,6 32,4 2,3 100,0 350 Ensemble urbain 77,2 1 074 70,4 2,5 23,4 3,6 100,0 578 Rural 61,0 4 295 52,4 2,3 43,6 1,7 100,0 2 642 Zone Zone 1 89,3 432 83,8 0,8 9,7 5,7 100,0 228 Zone 2 81,0 605 72,7 2,8 23,7 0,9 100,0 410 Zone 3 80,4 706 80,1 0,5 18,5 0,9 100,0 422 Zone 4 80,5 559 69,0 4,4 23,7 3,0 100,0 277 Zone 5 90,5 655 81,1 1,2 11,8 5,9 100,0 397 Zone 6 36,3 491 26,3 3,6 70,1 0,0 100,0 309 Zone 7 36,7 1 127 25,5 3,5 69,3 1,7 100,0 723 Zone 8 46,6 793 40,7 1,5 57,6 0,3 100,0 454 Ensemble 64,2 5 369 55,6 2,4 40,0 2,0 100,0 3 220 9.3.3 Diarrhée Les maladies diarrhéiques ont pour conséquence la déshydratation qui peut survenir en quelques heures et entraîner chez le nourrisson, de graves séquelles et même causer le décès. Les résultats de l’EDST-I avaient montré que la diarrhée constituait la première cause de décès probable des jeunes enfants de moins de cinq ans. Le traitement préventif de la déshydratation aiguë requiert l'utilisation de solutés SRO qui sont recommandés par l’OMS qui les a adoptés depuis 1978 comme premier moyen de lutte contre la diarrhée. En vue de juguler les effets néfastes de la déshydratation, le Tchad s’est engagé dans un programme de Traitement de Réhydratation par voie Orale (TRO) et de vulgarisation d’une solution préparée à partir du contenu des sachets de Sels de Réhydratation par voie Orale (SRO), ou d’une solution préparée à la maison avec de l’eau, du sucre et du sel. Au cours de l'EDST-II, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines précédant l'interview, afin de mesurer la prévalence des maladies diarrhéiques chez les enfants de moins de cinq ans. En ce qui concerne le traitement de la diarrhée, on a demandé aux mères si elles connaissaient le SRO et si, durant les épisodes diarrhéiques, elles avaient utilisé cela et/ou une solution d'eau sucrée et salée. 9.3.3.1 Prévalence de la diarrhée La lecture du tableau 9.18 fait apparaître que 27 % d’enfants de moins de cinq ans avaient souffert de diarrhée pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête. La prévalence de la diarrhée est particulièrement importante chez les jeunes enfants de 6-11 mois (40 %). Ces âges de forte prévalence sont aussi les âges auxquels les enfants commencent à recevoir des aliments autres que le lait maternel et parfois à être sevrés. Ils correspondent surtout aux âges auxquels les enfants commencent à explorer leur environnement, ce qui les expose davantage à la contamination par des agents pathogènes. 154 | Santé de la Mère et de l’Enfant On constate des variations selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Les résultats selon le sexe de l’enfant n’en font pas apparaître. La proportion de garçons ayant eu la diarrhée est sensiblement la même que celle des filles (27 % contre 26 %). Du point de vue du milieu de résidence, on note que la prévalence de la diarrhée est légèrement plus élevée en milieu rural (27 %) qu’en milieu urbain (25 %). À N’Djaména par contre, la proportion d’enfants ayant souffert de diarrhée est un peu plus élevée (31 %). Quand on considère les régions, il apparaît de fortes variations. En effet, dans la zone 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé), 34 % des enfants ont eu la diarrhée. Dans les zones 8 (Mandoul et Moyen Chari) (28 %) et 3 (Batha,Guéra et Salamat) (26 %), plus du quart des enfants ont souffert de diarrhée. À l’opposé, c’est dans la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) (14 %) que la prévalence de la diarrhée est la plus faible. En ce qui concerne le niveau d’instruction des mères, on s'attendrait à ce que la prévalence de la diarrhée chez les enfants diminue avec l'augmentation du niveau d'instruction de la mère. Cependant, on constate plutôt la tendance inverse. En effet, même si les écarts observés sont faibles, on constate qu’au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, 26 % d’enfants de femmes sans instruction ont eu la diarrhée contre 29 % parmi ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus. En principe, la consommation d’eau potable devrait contribuer à faire baisser la prévalence de la diarrhée des enfants qui résident dans les ménages qui en disposent. Cependant, c’est le phénomène contraire qui est observé. En effet, on ne constate pratiquement aucun écart entre la prévalence de la diarrhée chez les enfants des ménages qui consomment l’eau provenant du marigot et celle des enfants qui utilisent l’eau provenant d’un robinet (22 % contre 23 %). De même, il n’y a aucun écart de prévalence entre ceux qui utilisent l’eau d’un puits protégé et ceux qui consomment l’eau provenant d’un puits non protégé (28 % dans les deux cas). En considérant l’indice de bien-être économique, on constate aussi des résultats atypiques. En effet, c’est parmi les enfants des ménages du quintile le plus pauvre que la prévalence de la diarrhée au cours des deux semaines précédant l’enquête a été la plus faible (19 % contre 32 % dans le second quintile et 27 % dans le quintile le plus riche). Tableau 9.18 Prévalence de la diarrhée Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Toute diarrhée Diarrhée avec sang dans les selles Effectif d'enfants Âge des enfants en mois <6 25,4 1,8 639 6-11 39,5 2,5 525 12-23 34,9 7,1 941 24-35 28,2 5,2 1 010 36-47 23,4 5,0 940 48-59 15,1 3,2 1 110 Sexe Masculin 26,9 4,8 2 595 Féminin 26,1 4,0 2 570 Rang de naissance 1 24,5 4,1 864 2-3 26,8 4,5 1 607 4-5 27,3 4,7 1 228 6+ 26,7 4,2 1 466 Résidence N'Djaména 31,0 5,8 385 Autres Villes 20,9 4,8 609 Ensemble urbain 24,8 5,2 995 Rural 26,9 4,2 4 170 Zone Zone 1 31,0 5,8 385 Zone 2 22,7 2,5 647 Zone 3 26,0 4,6 602 Zone 4 13,7 1,2 404 Zone 5 24,1 4,4 652 Zone 6 21,0 3,0 545 Zone 7 34,4 6,1 1 230 Zone 8 28,3 5,1 699 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 26,2 4,0 3 975 Primaire 27,4 6,0 975 Secondaire ou plus 29,2 5,0 215 Source d'eau potable Robinet 23,1 4,5 543 Puits protégé 28,1 3,3 1 371 Puits non protégé 28,3 5,6 2 082 Marigot 21,9 3,2 918 Autre/ND 26,9 4,4 250 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 19,4 2,0 897 Second 31,6 5,0 1 155 Moyen 27,3 4,7 1 046 Quatrième 26,0 4,5 1 114 Le plus riche 26,8 5,4 952 Ensemble 26,5 4,4 5 165 Santé de la Mère et de l’Enfant | 155 9.3.3.2 Connaissance des sachets de SRO Parmi les femmes ayant eu des enfants au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, une proportion relativement élevée (65 %) ont déclaré connaître le Sel de Réhydratation par voie Orale ou SRO (Tableau 9.19). Le niveau de connaissance des sachets de SRO varie de manière sensible selon les caractéristiques sociodémographiques des mères. On constate que cette connaissance est relativement plus faible en milieu rural qu’en milieu urbain (58 % contre 93 %). Il en est de même dans les zones 3 (Batha Guéra et Salamat), 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) et 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) où moins de la moitié des femmes connaissent le SRO. À N’Djaména, la majeure partie des femmes connaissent le SRO (94 %). De manière non surprenante, on constate que les femmes ayant un niveau d'instruction secondaire ou plus en ont une meilleure connaissance (95 %) que celles qui n’ont aucune instruction (58 %). Selon l’indice de bien-être des ménages, on note que la proportion de femmes qui connaissent les sachets de SRO passe d’un minimum de 34 % dans les ménages les plus pauvres à un maximum de 91 % dans les plus riches. 9.3.3.3 Traitement de la diarrhée Le tableau 9.20 montre que parmi les enfants ayant eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, dans seulement 11 % des cas, la mère a recherché des conseils ou un traitement. Les enfants de 6-11 mois, qui sont ceux qui ont le plus souffert de la diarrhée, ont été menés plus fréquemment en consultation que les autres (16 %). Par ailleurs, les enfants résidant à N’Djaména (40 %), ceux dont la mère a un niveau d’instruction au moins secondaire (42 %) et ceux qui vivent dans les ménages du quintile le plus riche (32 %) sont plus susceptibles d’être conduits en consultation que les autres. Au niveau de la zone de résidence, à l’exception des zones 1 (N’Djaména) (40 %) et 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest) (23 %), les proportions d’enfants menés en consultation sont faibles et même extrêmement faibles dans certaines zones. Pendant les épisodes diarrhéiques, 38 % des enfants ont été soignés à l’aide d’une TRO, c'est-à-dire qu’ils ont reçu soit des sachets de SRO, soit une solution maison ou leur quantité de liquides a été augmentée. À l’opposé, un quart des enfants n’ont reçu aucun traitement contre la diarrhée. Ce sont les enfants de 6-11 mois (45 %), ceux de N’Djaména (54 %) ceux dont la mère a un niveau d’instruction au moins secondaire (65 %) et ceux des ménages du quintile le plus riche (50 %) qui ont été les plus fréquemment traités à l’aide d’une TRO. En outre, d’autres types de traitements ont été utilisés. Ainsi 36 % des enfants ont été soignés avec des comprimés ou sirops et 30 % avec des remèdes maison. Tableau 9.19 Connaissance des sachets de SRO Pourcentage de mères ayant eu des naissances au cours des cinq années ayant précédé l'enquête qui connaissent les sachets de SRO pour le traitement de la diarrhée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de mères connaissant les sachets de SRO Effectif Âge 15-19 61,8 410 20-24 61,4 861 25-29 66,4 998 30-34 66,0 647 35-49 66,9 803 Résidence N'Djaména 93,9 274 Autres Villes 92,2 430 Ensemble urbain 92,8 704 Rural 58,2 3 016 Zone Zone 1 93,9 274 Zone 2 50,5 471 Zone 3 45,2 434 Zone 4 46,7 294 Zone 5 47,6 474 Zone 6 85,2 377 Zone 7 77,8 871 Zone 8 67,6 524 Niveau d'instruction Aucune instruction 58,3 2 860 Primaire 84,2 691 Secondaire ou plus 95,0 169 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 34,1 669 Second 61,0 848 Moyen 65,3 726 Quatrième 71,5 802 Le plus riche 91,2 674 Ensemble 64,7 3 720 SRO = Sels de Réhydratation Orale. 156 | Santé de la Mère et de l’Enfant Tableau 9.20 Traitement de la diarrhée Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans ayant eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête pour lesquels la mère a consulté un établissement sanitaire ou du personnel de santé pour conseil et/ou traitement, pourcentage de ceux qui ont suivi une Thérapie de Réhydratation par voie Orale (TRO) et pourcentage à qui on a donné d'autres traitements, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Thérapie de Réhydratation Orale (TRO) Autres traitements Caractéristique sociodémographique Pourcentage avec diarrhée pour lesquels la mère a consulté1 Sachets de SRO Solution maison SRO ou solution maison Apport en liquides augmenté SRO, solution maison, ou apport en liquides augmenté Comprimés ou sirop Injection/ perfusion Remède maison/ autre Aucun traitement Effectif d'enfants Âge des enfants en mois <6 6,6 5,8 0,9 6,3 26,3 29,7 29,3 0,0 39,8 24,7 162 6-11 15,8 22,5 4,0 24,1 32,9 45,3 38,9 1,3 31,1 19,4 207 12-23 11,9 17,2 5,7 21,2 28,1 39,6 35,5 1,3 28,7 26,6 328 24-35 10,4 13,9 4,0 16,9 25,6 35,5 31,5 0,6 30,3 29,3 285 36-47 12,6 14,1 2,6 16,4 30,1 36,1 38,5 0,3 28,6 23,8 220 48-59 7,0 14,5 4,4 17,0 25,7 36,5 41,1 2,0 26,1 22,4 167 Sexe Masculin 10,1 16,1 4,4 19,2 30,0 40,0 33,8 0,6 31,2 25,4 699 Féminin 12,1 14,2 3,2 16,1 26,2 34,8 37,5 1,2 29,5 24,4 671 Résidence N'Djaména 39,9 39,8 8,4 41,6 26,7 53,8 55,4 3,4 25,6 13,6 119 Autres Villes 23,5 23,2 4,3 25,7 34,5 46,3 42,2 1,5 30,0 18,2 128 Ensemble urbain 31,4 31,2 6,2 33,4 30,8 49,9 48,5 2,4 27,8 16,0 247 Rural 6,6 11,6 3,3 14,2 27,6 34,8 32,8 0,6 30,9 26,8 1 123 Zone Zone 1 39,9 39,8 8,4 41,6 26,7 53,8 55,4 3,4 25,6 13,6 119 Zone 2 12,3 12,9 0,0 12,9 3,8 16,3 20,1 0,8 34,7 36,2 147 Zone 3 4,3 4,8 4,7 9,6 8,9 16,4 19,4 0,3 22,6 52,1 156 Zone 4 10,1 8,2 0,7 8,2 12,6 20,5 21,4 0,0 30,4 47,9 55 Zone 5 8,7 12,5 0,0 12,5 35,5 41,9 46,0 1,3 36,7 12,0 157 Zone 6 23,2 16,4 6,5 20,1 43,0 50,4 37,8 0,3 24,2 17,9 115 Zone 7 6,6 13,6 1,1 14,4 28,8 32,7 46,3 0,6 22,8 22,5 423 Zone 8 2,8 16,6 11,6 25,5 50,7 64,1 19,7 1,0 50,9 14,8 198 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 8,6 12,5 2,6 14,4 26,0 34,0 35,0 0,5 30,3 27,0 1 040 Primaire 13,2 17,6 6,9 22,5 33,9 44,7 35,3 1,8 31,9 19,6 267 Secondaire ou plus 42,1 47,7 11,6 51,2 38,5 64,7 47,7 3,6 25,5 13,1 63 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,2 0,9 0,6 1,5 13,4 14,9 18,7 0,5 27,0 49,1 174 Second 4,6 10,2 4,4 14,1 32,2 40,1 35,7 0,5 29,7 21,4 365 Moyen 11,1 13,2 4,8 17,0 23,0 32,2 24,2 0,9 35,0 28,3 286 Quatrième 6,7 18,2 3,5 20,1 34,1 42,5 46,9 0,6 33,2 18,1 290 Le plus riche 32,0 30,7 4,7 31,8 31,4 49,5 46,9 2,2 25,2 17,3 255 Ensemble 11,1 15,1 3,9 17,7 28,1 37,5 35,6 0,9 30,4 24,9 1 370 Note : La TRO comprend la solution préparée à partir des Sels de Réhydratation Orale (SRO), les Solutions Maison Recommandées (SMR), et l'augmentation de la quantité de liquides. 1 Non compris les pharmacies, les boutiques et les guérisseurs traditionnels. Santé de la Mère et de l’Enfant | 157 Le graphique 9.5 présente les résultats concernant l’alimentation des enfants de moins de cinq ans durant les épisodes diarrhéiques. Dans 28 % des cas, les enfants ont reçu plus de liquides que d’habitude ; par contre, 43 % des enfants en ont reçu la même quantité ; à l’opposé, 28 % en ont reçu moins qu’en période normale dont 10 % beaucoup moins. Par ailleurs, au cours des épisodes diarrhéiques, 41 % des enfants ont continué d’être alimentés de la même façon alors que 10 % ont vu leurs rations alimentaires augmenter. Cependant dans 35 % des cas, les rations alimentaires ont été réduites voire très réduites (5 %). Enfin, on constate que 9 % des enfants n’ont rien eu à manger. Graphique 9.5 Alimentation pendant la diarrhée EDST-II -2004 Plus que d'habitude 28 % Comme d'habitude 43 % Un peu moins 18 % Beaucoup moins 10 % Quantité de liquides donnée Rien 0,5 % Comme d'habitude 41 % Plus que d'habitude 10 % Un peu moins 30 % Beaucoup moins 5 % Rien 9 % Ne mange pas encore 5 % Quantité d’aliments donnée Ablation de la Luette | 159 ABLATION DE LA LUETTE 10 Joël Nodjimbatem Ngoniri 10.1 Introduction Au cours de l’enquête, des données ont été collectées concernant la pratique traditionnelle de l’ablation de la luette chez les enfants. Cette pratique traditionnelle, très ancienne, qui reste encore très vivace, dans certaines régions d’Afrique, notamment au Tchad consiste à couper la luette pour « évacuer des humeurs malignes du cerveau ». Pratiquée dans des conditions d’hygiène désastreuse, elle constitue donc une menace grave pour la santé de l’enfant. Au Tchad, une commission nationale chargée d’élaborer un code de la famille a été mise sur pied. Conformément à ses recommandations, une direction de l’enfance et des personnes handicapées a été crée. Elle a été chargée, entre autres, d’élaborer et de mettre en application un code de l’enfant pour lutter contre les pratiques traditionnelles néfastes que sont l’excision, l’infibulation, l’ablation de la luette et les tabous alimentaires1. Les données collectées au cours de l’EDST-II portent sur la connaissance et la fréquence de la pratique de l’ablation de la luette ainsi que sur certaines de ses caractéristiques. En outre, on a cherché à connaître l’opinion des femmes concernant les avantages qui demeurent attachés à cette pratique, et à l’opposé, ses inconvénients. Les résultats font l’objet de ce chapitre. 10.2 Connaissance de la pratique de la luette Le tableau 10.1 présente les proportions de femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et qui ont déclaré connaître la pratique de l’ablation de la luette ; les résultats sont présentés en fonction de certaines caractéristiques sociodémographiques comme l’âge, le milieu et la zone de résidence, le niveau d’instruction, l’appartenance ethnique des femmes et le quintile de bien-être du ménage dans lequel vit l’enquêtée. On constate que la quasi-totalité des femmes ont déclaré connaître cette pratique (98 %). En outre, cette connaissance est généralisée puisque, quelle que soit la caractéristique socio- démographique, plus de neuf femmes sur dix ont déclaré connaître l’existence de cette pratique. 10.3 Pratique de l’ablation de la luette Les informations figurant au tableau 10.2 concernent les enfants de moins de cinq ans selon qu'ils ont ou non subi l'ablation de la luette, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Ces résultats montrent que la pratique de l’ablation de la luette est encore courante au Tchad puisque environ un enfant âgé de moins de cinq ans sur deux (47 %) en a été victime. Aux femmes qui avaient déclaré que leur enfant n’avait pas subi cette intervention, on leur a demandé si elles avaient l’intention d’y recourir. À cette question, 12 % des mères ont répondu de manière affirmative, ce qui porte à 58 % la proportion d’enfants qui ont subi ou qui subiront cette pratique. À l’opposé, plus d’un tiers des mères n’ont pas l’intention de faire procéder à cette intervention (34 %). 1 Direction créée par décret du 27 décembre 1993 au sein du Ministère de la condition féminine et des affaires sociales. 160 | Ablation de la Luette Tableau 10.1 Connaissance de la pratique de l'ablation de la luette Proportion de femmes ayant eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l'enquête qui ont entendu parler de la pratique de l'ablation de la luette, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Pourcentage connaissant l’ablation de la luette Effectif de femmes Âge 15-19 96,3 355 20-24 96,9 805 25-29 98,2 907 30-34 97,4 595 35-39 97,5 422 40-44 98,9 228 45-49 96,6 61 Résidence N'Djaména 95,5 246 Autres Villes 98,4 397 Ensemble urbain 97,3 643 Rural 97,5 2 730 Zone Zone 1 95,5 246 Zone 2 95,6 443 Zone 3 98,5 402 Zone 4 99,3 267 Zone 5 99,7 425 Zone 6 94,9 345 Zone 7 96,5 760 Zone 8 99,7 485 Niveau d'instruction Aucune instruction 97,6 2 607 Primaire 97,4 613 Secondaire ou plus 96,2 154 Ethnie Gorane 97,8 149 Arabe 98,2 426 Ouadai 98,9 291 Baguirmien 100,0 46 Kanem-bornou 96,1 435 Fitri-batha 99,1 143 Hadjarai 98,2 227 Lac iro 100,0 79 Sara 98,2 802 Tandjile 97,7 235 Peul 93,7 43 Mayo kebbi 95,6 331 Autres ethnies/ Etranger/ND 92,7 166 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 98,8 606 Second 96,9 764 Moyen 97,1 676 Quatrième 97,9 716 Le plus riche 96,8 612 Ensemble 97,5 3 373 Note : Le tableau porte sur les femmes qui ont eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et dont la dernière naissance est vivante. Ablation de la Luette | 161 Tableau 10.2 Pratique de l'ablation de la luette Répartition (en %) des enfants de moins de cinq ans selon qu'ils ont subi ou non l'ablation de la luette, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 L’enfant : Caractéristique sociodémographique La mère ne connaît pas la pratique de l’ablation de la luette A subi l'ablation N'a pas subi, mais la mère a l'intention de le faire N'a pas subi, et la mère n’a pas l'intention de le faire ND Total Effectif d'enfants Sexe de l’enfant Masculin 2,2 45,5 11,4 34,6 6,4 100,0 2 595 Féminin 1,1 47,4 12,0 33,0 6,5 100,0 2 570 Âge de la mère 15-19 3,1 46,0 13,8 28,4 8,7 100,0 425 20-24 2,0 48,1 11,7 31,7 6,5 100,0 1 241 25-29 1,1 47,0 11,6 33,9 6,3 100,0 1 464 30-34 1,6 42,2 11,6 38,9 5,7 100,0 977 35-39 1,6 51,6 10,7 31,6 4,5 100,0 662 40-44 0,8 42,0 11,3 36,3 9,6 100,0 321 45-49 2,7 41,3 10,8 37,2 7,9 100,0 76 Résidence N'Djaména 2,8 61,2 7,4 26,9 1,7 100,0 385 Autres Villes 1,0 57,1 6,5 28,4 6,9 100,0 609 Ensemble urbain 1,7 58,7 6,9 27,8 4,9 100,0 995 Rural 1,6 43,5 12,8 35,2 6,8 100,0 4 170 Zone Zone 1 2,8 61,2 7,4 26,9 1,7 100,0 385 Zone 2 3,0 35,8 28,4 32,4 0,4 100,0 647 Zone 3 1,0 42,4 11,1 34,6 11,0 100,0 602 Zone 4 0,5 40,7 12,6 34,6 11,7 100,0 404 Zone 5 0,2 55,7 13,5 19,8 10,9 100,0 652 Zone 6 3,2 47,6 7,9 39,1 2,2 100,0 545 Zone 7 2,2 45,5 5,8 41,0 5,6 100,0 1 230 Zone 8 0,2 47,3 10,1 33,9 8,5 100,0 699 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 1,6 46,5 13,3 31,5 7,1 100,0 3 975 Primaire 1,7 46,2 7,1 40,7 4,4 100,0 975 Secondaire ou plus 2,7 46,7 2,3 44,5 3,8 100,0 215 Ethnie Gorane 1,4 45,1 24,6 26,7 2,2 100,0 232 Arabe 1,2 52,6 11,6 24,4 10,3 100,0 648 Ouadai 0,7 41,6 12,5 33,8 11,4 100,0 440 Baguirmien 0,0 55,7 9,9 24,0 10,4 100,0 60 Kanem-bornou 2,6 45,3 21,3 29,0 1,9 100,0 650 Fitri-batha 0,6 47,5 14,4 21,1 16,5 100,0 231 Hadjarai 1,3 29,4 10,0 48,5 10,8 100,0 325 Lac iro 0,0 40,0 18,9 39,1 2,0 100,0 115 Sara 1,1 42,4 6,8 43,6 6,1 100,0 1 262 Tandjile 1,5 72,0 4,3 19,3 2,9 100,0 367 Peul 4,2 44,2 5,5 37,6 8,5 100,0 64 Mayo kebbi 2,8 51,7 7,3 37,1 1,1 100,0 525 Autres ethnies/Etranger/ND 5,0 38,1 16,3 33,2 7,6 100,0 246 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,8 38,8 15,5 31,6 13,3 100,0 897 Second 2,0 48,1 10,5 33,6 5,7 100,0 1 155 Moyen 1,9 43,9 12,4 36,4 5,4 100,0 1 046 Quatrième 1,4 44,7 13,0 36,3 4,6 100,0 1 114 Le plus riche 2,1 56,7 7,0 30,0 4,2 100,0 952 Ensemble 1,7 46,5 11,7 33,8 6,4 100,0 5 165 162 | Ablation de la Luette Les proportions d’enfants ayant subi l’ablation de la luette varient de manière significative selon le milieu et la zone de résidence ainsi que selon l’appartenance ethnique. C’est à N’Djaména que la proportion d’enfants ayant subi cette pratique est la plus élevée (61 %) et, par contre, c’est en milieu rural qu’elle est la plus faible (44 %). Il faut cependant souligner que 13 % des femmes du milieu rural ont déclaré avoir l’intention de faire procéder à l’ablation de la luette contre 7 % N’Djaména, ce qui porte à 56 % la proportion d’enfants du milieu rural qui ont subi ou qui subiront l’ablation de la luette contre 69 % à N’Djaména. Dans les régions, on constate qu’en dehors de la zone 1 (N’Djaména), c’est la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) qui détient le pourcentage le plus élevé d’enfants à qui on a enlevé la luette (56 %). De plus, dans cette zone, 14 % des femmes ont également déclaré qu’elles feront procéder à l’ablation de la luette de leur enfant. Si l’on considère les résultats selon l’appartenance ethnique, il apparaît que c’est parmi l’ethnie Tandjilé que l’ablation de la luette est la plus fréquemment pratiquée (72 %). Si l’on ajoute à cette proportion, ceux qui la subiront probablement parce que la mère en a l’intention, on constate que plus des trois quarts des enfants de cette ethnie ont subi ou subiront cette intervention. À l’opposé, dans l’ethnie Hadjarai, cette proportion n’est seulement que de 39 %. Par ailleurs, les résultats selon l’âge de la mère ne font pas apparaître de tendance très nette, bien que les proportions d’enfants à qui on a enlevé la luette soient relativement plus élevées parmi les jeunes mères que parmi les plus âgées (48 % à 20-24 ans contre 41 % à 45-49 ans). De plus, il ne semble pas que le niveau d’instruction ait une influence sur la fréquence de cette pratique. En effet, les pourcentages d’enfants ayant subi l’ablation de la luette sont pratiquement identiques que la mère soit instruite ou pas : 47 % pour les mères sans aucune instruction et pour celles ayant un niveau secondaire et plus contre 46 % pour celles de niveau primaire. Cependant si l’on prend en compte l’intention de la mère, on constate que la proportion d’enfant qui ont subi ou qui subiront cette ablation passe de 60 % parmi ceux dont la mère est sans instruction à 49 % parmi ceux dont elle a un niveau secondaire ou plus. Les résultats selon le quintile de bien-être montrent que dans le plus riche, plus de la moitié des enfants (57 %) ont subi cette pratique contre un minimum de 39 % dans le quintile le plus pauvre. Enfin, il n’y a aucun écart en fonction du sexe de l’enfant (46 % de garçons contre 47 % de filles). 10.4 Caractéristiques de l’ablation de la luette Au cours de l’enquête, on a demandé à la mère de l’enfant qui a subi l’ablation de la luette à quel âge avait eu lieu cette intervention, qui avait procédé à l’ablation et enfin si des complications étaient survenues à la suite de l’ablation. Les résultats sont présentés au tableau 10.3. Ils montrent que l’ablation est généralement pratiquée à un âge précoce (86 % avant l’âge d’un an). Dans 14 % des cas, elle a été pratiquée à un an ou plus. En ce qui concerne la personne qui a procédé à l’ablation, les résultats montrent que ce sont dans la quasi- totalité des cas, des guérisseurs traditionnels ou des personnes sans compétence médicale qui sont chargés d’effectuer cette intervention. Le personnel médical n’intervient que dans 1 % des cas et les parents et amis dans 2 % des cas. Les résultats montrent également qu’à la suite de l’ablation de la luette, 60 % des enfants ont eu, au moins, une complication et dans 39 % des cas, deux complications au moins. Ces Tableau 10.3 Caractéristiques de l'ablation de la luette Distribution (en %) des enfants de moins de cinq ans qui ont subi l'ablation de la luette selon l'âge à l'ablation, selon la personne qui a procédé à l’ablation et proportion d’enfants qui ont eu des complications à la suite de l’ablation, Tchad 2004 Pourcentage Âge de l’enfant à l'ablation Moins d'un an 86,4 Un an ou plus 13,5 Total1 100,0 Personne qui a procédé à l'ablation Personnel médical 1,0 Guérisseur traditionnel 40,1 Homme spécialisé 42,5 Femme spécialisée 14,2 Parents, amis 1,6 Total1 100,0 Type de complication Infection 15,0 Saignements 43,4 Difficultés pour téter 42,3 Difficultés pour respirer 10,2 Difficultés pour parler 10,5 - Au moins une complication 60,1 - Deux complications ou plus 38,5 Effectif d'enfants 2 400 1 Y compris les non déterminés Ablation de la Luette | 163 résultats ne sont guère surprenants quand on connaît la qualité des instruments utilisés et les conditions d’hygiène dans lesquelles cette intervention est effectuée. En effet, au nombre des complications qui surviennent, on peut citer des lésions de la langue, de la lèvre, des douleurs dans l’oreille, des complications infectieuses telles que les otites ou les abcès ainsi que des saignements dans les jours qui suivent l’ablation. En outre, du fait du manque d’asepsie et de l’utilisation d’outils tranchants, le risque de transmission du VIH est élevé. À la question concernant les complications qui ont suivi l’ablation, les mères ont déclaré que dans 43 % des cas, les enfants avaient eu des saignements, dans 42 % des cas des difficultés pour téter, dans 10 % des cas, les enfants ont même eu des difficultés pour respirer et enfin dans 11 % des cas, l’enfant a eu des difficultés pour parler. 10.5 Avantages de l’ablation de la luette Pour mieux comprendre les raisons qui expliqueraient cette pratique, on a demandé aux mères d’enfants de moins de cinq ans quels étaient selon elles les avantages et les inconvénients à pratiquer l’ablation de la luette chez les enfants. Le tableau 10.4 présente les proportions de femmes qui ont cité différents avantages à l’ablation de la luette, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Il ressort de ces données que seulement 20 % des femmes pensent que l’ablation de la luette chez les enfants ne présente aucun avantage. À l’opposé, 53 % pensent que l’ablation de cet appendice permet d’atténuer les vomissements ; pour 29 % d’entre elles, cela empêcherait la toux et pour 20 % elle éviterait les angines. Pour 10 % des femmes, on fait enlever la luette aux enfants pour perpétuer la tradition, même si aucune infection ou anomalie ne justifie cette intervention. Les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont importantes. En effet, les avantages de « l’uvulectomie » sont perçus différemment selon que l’enfant a subi ou non l’ablation et que la mère a ou non l’intention de la faire pratiquer. C’est, de manière cohérente, parmi les femmes dont l’enfant n’a pas subi cette intervention et qui n’ont pas l’intention de la faire pratiquer que la proportion de celles qui ont déclaré qu’il n’y avait aucun avantage est la plus élevée (49 %). Les résultats selon l’âge des mères ne font pas apparaître de tendance régulière. Cependant, parmi les femmes de 20-24 ans, seulement 19 % ont déclaré que l’ablation de la luette ne comportait aucun avantage alors que chez les femmes de 45-49 ans, cette proportion est de 40 %. On ne constate pas de variation importante selon le milieu de résidence, les proportions de femmes qui pensent que l’ablation de la luette comporte un avantage variant d’un minimum de 18 % dans les Autres Villes à un maximum de 23 % à N’Djaména, où pour plus de la moitié des femmes, cette pratique permet d’atténuer les vomissements (52 %). Par contre, les résultats selon les zones font apparaître des écarts. Dans la zone 2 (BET, Kanem et Lac), pour 31 % des femmes, l’ablation de la luette ne présente pas d’avantage ; dans les zones 6 (Mayo Kebbi Ouest et Mayo Kebbi Est) et 8 (Mandoul et Moyen Chari), respectivement 21 % et 24 % des femmes partagent cette opinion. A l’opposé, dans la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira), cette proportion n’est que de 5 %. Dans cette zone, où plus de la moitié des enfants ont subi ou subiront cette pratique, 83 % des femmes pensent que l’ablation de la luette atténue les vomissements et 76 % pensent qu’elle permet d’atténuer la toux. Par ailleurs, les opinions des femmes diffèrent en fonction de l’appartenance ethnique. Dans les ethnies Gorane (26 %), Kanem Bornou (25 %), Hadjarai (25 %), Peul (24 %) et surtout dans l’ethnie Sara (29 %), au moins un quart des femmes pense qu’il n’y a aucun avantage pour l’enfant à subir l’ablation de la luette. En revanche, dans les ethnies Ouaddaï et Fitri-Batha, cette opinion n’est partagée que par respectivement, 5 et 6 % des femmes. On constate aussi que les femmes des groupes ethniques Ouaddaï (12%), Kanem Bornou (12 %), Arabe (15 %), Lac Iro (13 %), Peul (12 %) et Mayo Kebbi (12 %) ont évoqué la tradition pour justifier cette pratique. 164 | Ablation de la Luette Tableau 10.4 Avantages de l’ablation de la luette Proportion de femmes ayant eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l'enquête qui connaissent la pratique de l’ablation de la luette et qui ont évoqué différents avantages de l'ablation de la luette, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Avantages à l'ablation de la luette Caractéristique sociodémographique Pas d'avantage Atténue les vomisse- ments Atténue la toux Empêche les angines Aide à respirer Se conformer à la tradition Autre/ND Effectif de femmes Ablation de la luette Enfant a subi l'ablation 4,2 65,1 32,7 25,1 1,5 11,9 5,3 1 437 Enfant n'a pas subi, mais la mère a l'intention de la faire faire 4,8 71,9 36,7 22,0 1,3 9,1 9,3 484 Enfant n'a pas subi et la mère n’a pas l'intention de la faire faire 49,1 28,3 17,9 12,9 2,4 6,6 3,2 1 107 ND 17,3 52,8 37,9 18,8 1,2 11,5 4,8 259 Âge 15-19 21,2 48,5 27,8 19,5 2,2 10,4 2,8 342 20-24 19,3 55,1 27,9 20,1 1,3 8,3 5,4 780 25-29 20,2 53,6 28,8 20,2 1,7 10,8 6,1 891 30-34 25,8 48,4 29,0 17,6 2,2 8,4 4,2 579 35-39 14,1 55,3 31,8 23,7 2,4 10,3 6,0 411 40-44 16,6 55,8 28,4 18,6 1,0 11,6 6,2 226 45-49 39,5 44,6 20,1 25,6 1,7 9,4 1,3 59 Résidence N'Djaména 23,3 52,2 18,8 28,3 3,3 12,0 5,5 235 Autres Villes 18,0 53,7 26,1 20,5 1,7 10,9 5,5 391 Ensemble urbain 20,0 53,2 23,3 23,5 2,3 11,3 5,5 626 Rural 20,5 52,6 30,0 19,3 1,7 9,3 5,1 2 662 Zone Zone 1 23,3 52,2 18,8 28,3 3,3 12,0 5,5 235 Zone 2 30,9 57,5 26,0 15,8 2,1 2,8 7,2 424 Zone 3 18,8 67,9 45,7 12,9 2,6 6,2 0,8 396 Zone 4 4,7 82,8 76,2 8,8 0,2 11,7 0,7 265 Zone 5 17,1 53,7 19,2 14,5 1,2 22,2 5,1 424 Zone 6 20,9 58,1 26,4 11,1 1,6 13,5 1,0 327 Zone 7 19,6 40,8 10,0 30,1 1,7 5,8 4,9 733 Zone 8 23,6 33,5 34,1 27,5 1,8 8,7 12,4 483 Niveau d'instruction Aucune instruction 18,2 56,0 32,1 19,4 1,9 10,6 4,5 2 543 Primaire 25,7 42,9 18,5 22,8 1,5 6,3 7,5 597 Secondaire ou plus 37,2 35,5 12,1 20,5 1,3 7,7 7,0 148 Ethnie Gorane 26,1 57,6 32,8 16,6 0,2 3,7 11,8 146 Arabe 17,4 61,3 31,4 12,6 2,1 15,0 1,2 419 Ouadai 5,3 80,7 71,6 10,5 0,0 12,0 0,3 288 Baguirmien 18,9 26,5 23,5 40,2 1,7 7,0 20,0 46 Kanem-bornou 24,8 59,7 22,4 15,5 2,5 11,8 7,0 418 Fitri-batha 5,9 80,1 52,0 13,4 1,4 7,6 1,6 141 Hadjarai 24,5 54,2 42,6 17,8 3,0 8,8 1,4 223 Lac iro 20,0 29,3 31,4 37,7 0,0 13,3 8,3 79 Sara 29,2 30,0 11,3 27,5 2,0 5,8 9,5 788 Tandjile 10,1 52,6 14,8 33,2 1,4 6,1 2,1 230 Peul 24,0 56,1 25,3 12,1 0,0 11,9 4,8 40 Mayo kebbi 20,3 57,4 28,4 13,8 1,6 12,2 1,3 316 Autres ethnies/Etranger/ND 18,0 52,6 24,7 25,5 3,4 12,5 6,6 154 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 13,2 65,8 51,6 15,2 1,9 9,9 0,8 598 Second 19,9 49,1 27,9 22,2 2,3 9,6 4,3 741 Moyen 24,1 46,3 24,3 20,5 1,3 7,7 8,0 656 Quatrième 23,9 50,9 21,7 18,3 1,4 9,4 6,2 700 Le plus riche 20,2 53,3 19,7 23,8 2,1 12,1 6,2 592 Ensemble 20,4 52,7 28,7 20,1 1,8 9,7 5,1 3 288 Note : Le tableau porte sur les femmes qui ont eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et dont la dernière naissance est vivante. La somme des pourcentages peut dépasser 100 % car la femme pouvait évoquer plusieurs avantages. Ablation de la Luette | 165 Le niveau d’instruction est probablement la caractéristique qui influence le plus l’opinion des mères : en effet, la proportion de celles qui pensent que l’ablation de la luette ne comporte aucun avantage augmente avec le niveau d’instruction de la mère : de 18 % parmi celles sans instruction, la proportion passe à 26 % parmi celles ayant un niveau primaire et à 37 % parmi celles ayant un niveau secondaire ou plus. De plus, pour plus de la moitié des femmes sans instruction (56 %), l’ablation de la luette a pour avantage d’atténuer les vomissements et, dans 11 % des cas, il s’agit de perpétuer la tradition (graphique 10.1). Enfin, c’est dans les ménages des trois quintiles les plus riches que les proportions de mères pour qui l’ablation de la luette ne présentent aucun avantage sont les plus élevées (au moins 20 % contre 13 % dans le quintile le plus pauvre). 10.6 Inconvénients de l’ablation de la luette Le tableau 10.5 présente les proportions de femmes qui ont évoqué différents inconvénients à la pratique de l’ablation de la luette, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate que pour 38 % des mères, l’ablation de la luette est une pratique qui ne présente pas d’inconvénients. Parmi celles dont l’enfant n’a pas subi cette pratique mais qui ont l’intention de la faire faire, 50 % ont exprimé cette opinion. Il en est de même de 42 % de celles dont l’enfant a subi l’intervention. En fonction de l’âge, on constate que les proportions de femmes pour qui l’ablation de la luette ne comporte aucun inconvénient sont légèrement plus élevées parmi celles de moins de 35 ans que parmi les autres. En particulier, la proportion est de 40 % à 20-24 ans contre 27 % à 45-49 ans. D’autre part, en fonction du milieu de résidence, on note que ce sont les femmes des Autres Villes qui pensent le plus fréquemment que d’enlever la luette ne présente aucun inconvénient (40 % contre un minimum de 34 % à N’Djaména). Les résultats par niveau d’instruction montrent que plus les femmes sont instruites, moins elles ont tendance à penser que l’ablation de la luette ne comporte aucun inconvénient (d’un maximum de 39 % parmi les femmes sans instruction à un minimum de 27 % parmi les plus instruites). Quand on considère les résultats selon l’appartenance ethnique, on constate que c’est parmi les femmes de l’ethnie Tandjilé Graphique 10.1 Avantages de l’ablation de la luette selon le niveau d’instruction des femmes EDST-II 2004 19 32 56 18 23 19 43 26 21 12 36 37 Empêche les angines Atténue la toux Atténue les vomissements Pas d'avantage 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage Aucune instruction Primaire Secondaire ou plus 166 | Ablation de la Luette Tableau 10.5 Inconvénients de l’ablation de la luette Proportion de femmes ayant eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l'enquête qui connaissent la pratique de l’ablation de la luette et qui ont évoqué différents inconvénients de l'ablation de la luette, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Inconvénients de l'ablation de la luette Caractéristique sociodémographique Pas d'incon- vénients Douleur Risque d'infection Risque de saignement Risque pour respirer Risque pour parler Autre/ND Effectif de femmes Ablation de la luette Enfant a subi l'ablation 42,1 46,8 10,7 11,3 0,4 4,8 4,8 1 437 Enfant n'a pas subi, mais la mère a l'intention de la faire faire 49,6 42,7 8,9 13,1 1,2 2,9 2,5 484 Enfant n'a pas subi et la mère n’a pas l'intention de la faire faire 27,6 46,0 24,0 17,0 2,1 2,2 12,6 1 107 ND 32,2 53,4 12,6 12,1 0,0 8,8 11,8 259 Âge 15-19 38,6 47,6 11,4 12,2 1,4 4,0 6,8 342 20-24 40,2 43,6 15,1 12,7 1,3 4,1 7,6 780 25-29 37,0 47,3 13,5 15,2 0,6 3,9 8,7 891 30-34 38,5 45,4 19,6 10,9 1,6 3,6 7,1 579 35-39 33,0 48,7 14,6 16,3 1,2 2,7 9,0 411 40-44 37,0 49,4 14,4 11,3 0,6 6,2 3,6 226 45-49 27,0 47,7 18,4 23,6 0,0 4,7 6,5 59 Résidence N'Djaména 33,5 41,5 31,0 21,1 2,5 3,6 9,4 235 Autres Villes 40,0 43,4 17,4 9,8 0,9 2,9 7,9 391 Ensemble urbain 37,6 42,7 22,5 14,1 1,5 3,2 8,5 626 Rural 37,5 47,3 13,3 13,4 1,0 4,1 7,4 2 662 Zone Zone 1 33,5 41,5 31,0 21,1 2,5 3,6 9,4 235 Zone 2 45,3 45,7 13,3 24,9 2,6 4,0 1,1 424 Zone 3 26,3 60,0 24,0 18,2 1,8 1,9 2,5 396 Zone 4 33,0 59,9 8,3 17,5 0,7 1,7 3,1 265 Zone 5 28,6 60,9 6,6 15,3 1,0 18,2 7,4 424 Zone 6 65,5 26,9 6,2 2,3 0,4 2,3 5,0 327 Zone 7 41,7 31,4 14,8 7,5 0,1 0,6 12,9 733 Zone 8 26,9 54,4 18,8 9,4 0,7 0,7 13,2 483 Niveau d'instruction Aucune instruction 38,6 48,8 13,3 14,7 1,1 4,7 5,3 2 543 Primaire 35,3 39,1 18,8 8,9 0,9 1,3 14,6 597 Secondaire ou plus 27,4 36,2 30,0 12,1 1,8 2,1 18,5 148 Ethnie Gorane 43,8 47,0 17,4 18,2 2,7 2,4 5,2 146 Arabe 38,8 51,2 11,9 12,1 1,1 12,5 4,6 419 Ouadai 33,8 58,6 8,9 17,3 0,5 1,6 3,2 288 Baguirmien 25,9 60,4 26,2 6,8 0,0 4,4 9,8 46 Kanem-bornou 39,6 50,1 9,8 27,1 2,0 6,2 3,9 418 Fitri-batha 10,4 81,0 17,2 13,9 2,2 5,3 6,9 141 Hadjarai 34,3 48,2 25,4 20,6 1,9 3,3 1,5 223 Lac iro 26,7 40,9 45,3 10,3 0,0 3,0 12,0 79 Sara 23,5 46,1 19,0 10,9 0,7 1,0 18,0 788 Tandjile 60,7 28,8 11,3 1,5 0,0 0,5 2,6 230 Peul 56,1 27,0 7,8 4,2 3,4 9,0 6,9 40 Mayo kebbi 65,8 24,8 7,4 4,3 0,3 2,0 5,3 316 Autres ethnies/Etranger/ND 42,6 42,6 14,3 15,6 1,5 3,4 2,0 154 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 33,1 59,4 11,1 12,8 0,8 6,4 2,4 598 Second 33,1 50,5 15,0 14,1 1,0 3,4 8,2 741 Moyen 41,3 39,7 14,0 13,8 0,7 3,8 8,4 656 Quatrième 43,7 39,8 13,9 12,1 1,5 3,8 9,1 700 Le plus riche 36,1 43,8 21,5 15,2 1,4 2,5 9,5 592 Ensemble 37,5 46,5 15,0 13,6 1,1 3,9 7,6 3 288 Note : Le tableau porte sur les femmes qui ont eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et dont la dernière naissance est vivante. La somme des pourcentages peut dépasser 100 % car la femme pouvait évoquer plusieurs inconvénients. Ablation de la Luette | 167 que la proportion de celles qui pensent que l’ablation de la luette ne présente aucun inconvénient est la plus élevée (61 %). C’est également dans cette ethnie que 72 % des enfants ont subi cette pratique. À l’opposé, parmi le groupe Fitri-Batha, cette proportion n’est que de 10 %. Enfin, selon les quintiles de bien-être, les proportions de femmes pour qui l’ablation de la luette ne présente pas d’inconvénient varie d’un maximum de 44 % dans le quatrième quintile à un minimum de 33 % dans le quintile le plus pauvre. Quand les femmes ont cité des inconvénients à cette pratique, elles ont cité, dans 47 % des cas, la douleur. Cet inconvénient a été cité par 81 % des femmes de l’ethnie Fitri-Batha, 61 % des femmes de la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) ainsi que par près de la moitié des femmes sans instruction (graphique 10.2). Pour environ une femme sur sept (15 %), le risque d’infection est un inconvénient lié à cette pratique et 14 % ont évoqué des risques de saignement. Graphique 10.2 Inconvénients de l’ablation de la luette selon le niveau d’instruction des femmes EDST-II 2004 15 13 49 39 9 19 39 35 12 30 36 27 Risque de saignement Risque d'infection Douleur Pas d'inconvénient 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage Aucune instruction Primaire Secondaire ou plus Excision | 169 EXCISION 11 Joël Sibaye Tokindang Tradition séculaire ancrée chez certains peuples, l’excision est pratiquée essentiellement en Afrique. Si, à l’heure actuelle, on situe avec certitude son origine géographique et historique – l’excision serait apparue en Égypte il y a près de 3000 ans – il est difficile d’en comprendre les motivations tant elles sont diverses. Celles-ci vont de la préservation de la virginité à certaines croyances, y compris religieuses. L’excision est aussi bien pratiquée par les musulmans, par les chrétiens que par les animistes. Bien que les types d’excision varient en fonction des régions et de l’appartenance ethnique, on recense généralement trois formes d’excision : l’ablation du clitoris (clitoridectomie), l’ablation du clitoris et d’une partie des petites lèvres (excision)1 et l’ablation du clitoris et des grandes et petites lèvres avec suture du sexe de la femme (infibulation). Les conséquences immédiates et à long terme de cette pratique sur la santé varient selon le type et la gravité de l’intervention. Malgré la mobilisation internationale pour tenter de mettre fin à cette pratique et les mesures répressives mises en place par certains pays africains, les statistiques actuelles ne laissent guère présager du déclin de cette pratique. Au Tchad, la volonté politique du gouvernement de prendre en compte la lutte contre la pratique de l’excision s’est traduite par des actions telles que la Loi 006 de 2002 sur la Santé de la Reproduction qui condamne toutes les formes de violences faites aux femmes dont les Mutilations Génitales Féminines (MGF). La déclaration de politique de population de 1994 révisée en 2003 et la déclaration de la politique de l’intégration de la femme au développement condamnent elles aussi la pratique de l’excision. Par ailleurs, on a pu constater que plusieurs associations féminines (CELIAF, CONOCIAF, AFJT, etc.) mènent des campagnes de sensibilisation auprès des différentes couches de la population pour enrayer cette pratique jugée dégradante et comportant beaucoup de risques pour les femmes. Au Tchad, aucune donnée sur l’excision n’avait été collectée au cours de la précédente enquête et on ne disposait que de données parcellaires sur la fréquence de cette pratique. L’introduction de ce module dans l’EDST-II a permis de collecter des informations pour obtenir une estimation de sa prévalence et pour connaître l’opinion des femmes et des hommes à ce sujet. Les résultats sont présentés dans ce chapitre. Afin de lever toute ambiguïté sur les différents termes qui désignent la pratique de l’excision, dans le questionnaire individuel, on a utilisé la terminologie utilisée dans chacune des langues locales du pays. 11.1 CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FEMMES ENQUÊTÉES 11.1.1 Connaissance de l’excision parmi les femmes enquêtées Au Tchad, la connaissance de l’excision est très répandue puisque chez les femmes comme chez les hommes, au moins huit sur dix (85 % de femmes et 83 % d’hommes) ont déclaré connaître cette pratique (tableau 11.1). De plus, quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques, ces proportions sont très élevées. Dans les zones 3 (Batha, Guéra et Salamat) et 8 (Mandoul et Moyen Chari), la totalité des femmes et des hommes ont déclaré connaître cette pratique. À l’opposé, dans les zones 2 (BET, Kanem et Lac) et 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest), ces proportions sont bien plus faibles. 1 Bien que le terme excision corresponde à une forme d’ablation bien spécifique, dans la suite de ce chapitre, ce terme sera également utilisé pour désigner, de façon générique, les différentes formes que peut prendre cette intervention. 170 | Excision Tableau 11.1 Connaissance et pratique de l'excision Proportion de femmes et d'hommes connaissant l'excision, proportion de femmes excisées, et répartition (en %) des femmes excisées par type d'excision, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Type d'excision Caractéristique sociodémographique Proportion d’hommes connaissant l’excision Effectif d’hommes Proportion de femmes connaissant l’excision Proportion de femmes excisées Effectif de femmes Entaille, pas de chair enlevée Chair enlevée seulement Chair enlevée et suture des lèvres ND Total Effectif de femmes excisées Âge 15-19 75,3 406 81,7 43,4 1 360 20,1 73,3 2,1 4,5 100,0 591 20-24 82,9 267 81,4 45,8 1 072 16,9 75,3 3,4 4,5 100,0 491 25-29 89,1 293 85,2 45,2 1 140 18,8 75,5 2,4 3,4 100,0 516 30-34 85,2 212 86,9 43,5 783 20,3 73,5 3,2 3,0 100,0 341 35-39 88,5 181 88,3 46,2 657 19,8 77,2 1,0 2,1 100,0 304 40-44 85,2 172 86,1 46,1 525 21,5 74,7 1,1 2,6 100,0 242 45-49 85,6 151 87,7 45,9 547 20,6 74,1 2,9 2,4 100,0 251 50-54 73,6 113 na na na na na na na na na 55-59 80,1 92 na na na na na na na na na Résidence N'Djaména 90,9 233 98,0 44,2 516 8,0 76,1 11,0 4,9 100,0 228 Autres Villes 87,9 270 95,7 48,9 773 15,7 77,1 2,3 4,9 100,0 378 Ensemble urbain 89,3 503 96,6 47,0 1 289 12,8 76,7 5,6 4,9 100,0 606 Rural 80,4 1,384 81,4 44,4 4 796 21,3 74,2 1,5 3,1 100,0 2 129 Zone Zone 1 90,9 233 98,0 44,2 516 8,0 76,1 11,0 4,9 100,0 228 Zone 2 21,1 230 67,3 4,2 731 (7,1) (88,5) (1,6) (2,9) 100,0 31 Zone 3 100,0 202 99,7 92,2 732 25,2 72,4 2,2 0,2 100,0 675 Zone 4 99,2 156 100,0 91,7 605 51,4 44,1 0,5 4,0 100,0 555 Zone 5 93,9 202 98,3 53,8 723 0,7 93,8 3,9 1,5 100,0 389 Zone 6 78,4 166 49,9 3,5 620 (0,0) (100,0) (0,0) (0,0) 100,0 21 Zone 7 83,3 440 72,6 12,6 1 320 0,7 71,2 2,9 25,2 100,0 167 Zone 8 100,0 258 99,9 79,9 836 7,6 90,4 0,3 1,7 100,0 668 Niveau d'instruction Aucune instruction 80,0 893 84,2 49,8 4 549 22,5 72,5 2,1 2,8 100,0 2 265 Primaire 81,6 606 84,0 30,5 1 144 3,2 88,0 1,9 6,9 100,0 349 Secondaire ou plus 90,9 388 91,9 30,6 392 7,6 77,1 8,9 6,4 100,0 120 Ethnie Gorane 42,8 84 77,7 2,4 287 * * * * * 7 Arabe 94,1 236 98,1 95,2 769 11,7 82,8 3,4 2,2 100,0 732 Ouadai 97,9 181 100,0 90,9 627 47,7 47,2 1,0 4,0 100,0 570 Baguirmien (100,0) 21 97,6 67,8 83 2,9 93,2 3,1 0,8 100,0 56 Kanem-bornou 44,4 249 77,6 4,9 712 17,3 78,2 3,1 1,4 100,0 35 Fitri-batha (99,3) 33 99,3 85,6 243 59,9 37,5 2,2 0,4 100,0 208 Hadjarai 98,4 125 99,9 93,9 452 7,0 88,6 3,4 1,0 100,0 424 Lac iro (100,0) 32 99,2 48,8 134 (0,0) (98,8) (0,0) (1,2) 100,0 65 Sara 89,6 498 93,6 38,4 1 418 0,9 89,4 1,2 8,5 100,0 544 Tandjile 89,7 146 50,9 1,7 402 * * * * * 7 Peul (94,0) 22 70,8 12,0 67 * * * * * 8 Mayo kebbi 79,0 164 47,0 0,1 606 * * * * * 0 Autre/Etranger/ND 83,0 97 77,7 27,2 287 5,7 85,6 7,5 1,2 100,0 78 Religion Catholique 89,6 436 80,2 31,3 1 326 0,8 89,7 1,3 8,2 100,0 416 Protestant 83,6 341 73,0 16,3 1 043 0,5 89,7 1,6 8,3 100,0 170 Musulman 79,9 1,019 92,2 60,9 3 484 24,8 70,3 2,7 2,2 100,0 2 121 Animiste/Autre/ND 78,5 91 49,1 12,1 232 * * * * * 28 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 93,3 302 96,6 85,1 1 216 31,2 65,5 1,0 2,4 100,0 1 035 Second 87,4 366 80,1 47,0 1 310 15,4 78,5 2,0 4,1 100,0 615 Moyen 69,8 355 72,5 24,7 1 100 12,4 85,6 1,8 0,2 100,0 272 Quatrième 71,9 368 78,1 24,7 1 246 7,3 85,4 3,4 3,9 100,0 308 Le plus riche 90,3 495 95,1 41,6 1 213 11,4 76,7 5,5 6,4 100,0 505 Ensemble 82,8 1,887 84,6 44,9 6 085 19,4 74,7 2,4 3,5 100,0 2 734 na = Non applicable ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. Excision | 171 11.1.2 Pratique de l’excision chez les femmes enquêtées On constate que près d’une femme sur deux (45 %) a déclaré avoir été excisée. Dans 75 % des cas, l’excision a consisté à enlever des chairs. Par ailleurs, dans 19 % des cas, seule une entaille (pas de chair enlevée) a été pratiquée, et 2 % des femmes ont subi la forme la plus extrême, l’infibulation (excision avec suture du vagin). Au tableau 11.1 figure également la proportion de femmes ayant déclaré avoir été excisées, selon les caractéristiques sociodémographiques. À l’exception des résultats selon l’âge qui ne font pas apparaître de tendance très nette, ceux concernant toutes les autres caractéristiques font apparaître des écarts importants de la fréquence de l’excision. En premier lieu, on observe des variations importantes en fonction de la zone de résidence et de l’appartenance ethnique (graphique 11.1). Dans les zones 3 (Batha, Guéra et Salamat), 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) et 8 (Mandoul et Moyen Chari), la quasi-totalité des femmes ont été excisées (au moins 80 %). À l’opposé, dans les zones 2 (BET, Kanem et Lac) et 6 (Mayo Kebbi Ouest et Mayo Kebbi Est), l’excision est peu pratiquée (moins de 5 % des femmes). En fonction de l’appartenance ethnique, on observe que la quasi-totalité des femmes ont subi cette pratique dans les ethnies Arabe (95 %), Ouaddaï (91 %) et Hadjarai (94 %). À l’opposé, dans les ethnies Gorane (2 %), Kanem-Bornou (5 %) et Tandjilé (2 %), la proportion de femmes excisées est très faible et enfin, on constate qu’avec moins d’un pour cent de femmes excisées, cette pratique est quasiment inexistante dans l’ethnie Mayo Kebbi. De plus, la religion influence très nettement la fréquence de cette pratique : c’est parmi les femmes musulmanes que l’on constate la proportion la plus élevée de femmes qui ont été excisées (61 % contre 31 % chez les catholiques et 16 % chez les protestantes). En outre, on constate que les proportions de femmes excisées sont plus élevées parmi celles qui n’ont pas d’instruction que parmi celles qui sont instruites (50 % contre 31 %). Les résultats selon le milieu de résidence montrent que l’excision est légèrement plus fréquente en milieu urbain (47 %) qu’en milieu rural (44 %). Enfin, on note également que les proportions de femmes excisées varient avec le niveau de bien-être du ménage puisque d’un maximum de 85 % dans le quintile le plus pauvre, cette proportion passe à un minimum de 42 % dans le plus riche. Le fait que l’on ne constate pas de baisse régulière des proportions de femmes excisées des générations anciennes aux plus récentes (proportion variant entre 43 % et 46 %) peut signifier que cette pratique perdure d’une génération à l’autre. Graphique 11.1 Proportion de femmes excisées selon l’ethnie 45 0 2 2 5 12 27 38 49 68 86 91 94 95 TCHAD ETHNIE Mayo kebbi Tandjile Gorane Kanem-bornou Peul Autre/Etranger/ND Sara Lac iro Baguirmien Fitri-batha Ouadai Hadjarai Arabe 0 20 40 60 80 100 Pourcentage EDST-II 2004 172 | Excision Compte tenu des difficultés à obtenir des informations fiables sur le type d’excision subi, au cours de l’enquête, on a simplement demandé aux femmes si on leur avait fait une simple entaille ou si on leur avait enlevé des morceaux de chair dans la zone génitale. Cette information ne permet pas de définir le type d’excision, mais elle permet au moins de différencier une certaine forme d’excision dite « symbolique », consistant à faire une « simple » entaille, de l’excision proprement dite qui se traduit par l’ablation d’une partie, plus ou moins importante, des organes génitaux externes de la femme. On a également demandé aux femmes si on leur avait fermé le vagin. Les résultats du tableau 11.1 indiquent que, trois femmes tchadiennes excisées sur quatre (75 %) ont subi une excision « réelle », c’est à dire qu’une partie de leurs organes génitaux externes a été enlevée au cours de la procédure. Une proportion non négligeable des femmes (19 %) a subi la forme « légère » d’excision (entaille sans ablation de chairs) et moins de 3 % des femmes ont eu leur vagin fermé (infibulation). Dans 4 % des cas, le type d’excision n’a pas pu être déterminé. En ce qui la prévalence de l’excision, comparée à d’autres pays de la sous-région comme la Guinée, le Mali, le Burkina Faso et le Niger (graphique 11.2), le Tchad occupe une position intermédiaire. 11.1.3 Âge à l’excision des femmes enquêtées Le tableau 11.2 présente les données sur l’âge des femmes à l’excision. Globalement, plus de quatre femmes sur cinq (86 %) ont été excisées à 5-14 ans. Dans 37 % des cas, les femmes ont déclaré qu’elles avaient été excisées à un âge compris entre 10 et 14 ans et 50 % des femmes ont été excisées à 5-9 ans. Pour seulement 4 % des femmes, l’excision a été pratiquée alors qu’elles étaient encore très jeunes. Enfin dans 6 % des cas, les femmes n’ont pas pu dire à quel âge elles avaient été excisées, ce qui signifie qu’elles ont été très probablement excisées à un âge très jeune. Les résultats selon les caractéristiques sociodémographiques ne font pas apparaître de variations très significatives de l’âge à l’excision. Graphique 11.2 Prévalence de l’excision dans certains pays d’Afrique 99 97 92 89 89 80 76 71 45 45 43 32 23 19 17 5 5 1 Guinée 1999 Égypte 2000 Mali 2001 Soudan (Nord) 1990 Érythrée 2002 Éthiopie 2000 Burkina Faso 2003 Mauritanie 2000-01 Côte d'Ivoire 1998-99 Tchad 2004 RCA 1994-95 Kenya 2003 Yemen 1997 Nigeria 2003 Bénin 2001 Niger 1998 Ghana 2003 Cameroun 2004 0 20 40 60 80 100 PourcentageSource : Enquêtes EDS Excision | 173 Tableau 11.2 Âge des enquêtées à l'excision Répartition (en %) des femmes excisées par âge à l'excision, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Âge à l'excision Caractéristique sociodémographique 0-4 5-9 10-14 15 ou plus ND Total Effectif de femmes excisées Âge actuel 15-19 5,2 54,0 32,4 3,9 4,5 100,0 591 20-24 3,9 48,6 36,8 3,6 7,1 100,0 491 25-29 2,9 49,8 39,3 4,2 3,8 100,0 516 30-34 2,9 48,0 37,6 3,5 7,9 100,0 341 35-39 2,8 45,0 40,6 5,3 6,2 100,0 304 40-44 2,1 51,3 38,2 3,7 4,7 100,0 242 45-49 7,9 45,9 35,2 5,4 5,6 100,0 251 Résidence N'Djaména 7,3 52,8 33,3 3,4 3,2 100,0 228 Autres Villes 5,0 47,1 39,8 4,9 3,1 100,0 378 Ensemble urbain 5,9 49,3 37,3 4,4 3,1 100,0 606 Rural 3,4 49,6 36,7 4,1 6,3 100,0 2 129 Zone Zone 1 7,3 52,8 33,3 3,4 3,2 100,0 228 Zone 2 (7,9) (63,0) (29,1) (0,0) (0,0) 100,0 31 Zone 3 6,0 57,1 30,4 1,9 4,7 100,0 675 Zone 4 3,7 58,7 26,5 1,7 9,4 100,0 555 Zone 5 0,6 57,5 37,6 2,7 1,6 100,0 389 Zone 6 (0,0) (42,2) (51,4) (6,4) (0,0) 100,0 21 Zone 7 11,1 42,9 33,2 1,6 11,2 100,0 167 Zone 8 1,1 29,8 53,4 10,3 5,4 100,0 668 Ethnie Gorane * * * * * * 7 Arabe 2,7 54,3 36,9 2,4 3,7 100,0 732 Ouadai 3,4 57,8 27,6 1,7 9,5 100,0 570 Baguirmien 3,1 19,4 57,4 17,7 2,4 100,0 56 Kanem-bornou 10,3 43,7 35,3 1,8 8,9 100,0 35 Fitri-batha 2,6 58,8 29,6 1,7 7,2 100,0 208 Hadjarai 6,0 61,4 29,5 1,5 1,7 100,0 424 Lac iro (3,3) (9,8) (54,1) (13,1) (19,7) 100,0 65 Sara 4,1 30,1 50,3 9,9 5,7 100,0 544 Tandjile * * * * * * 7 Peul * * * * * * 8 Mayo kebbi * * * * * * 0 Autre/Etranger/ND 7,4 48,8 41,3 2,1 0,4 100,0 78 Religion Catholique 5,5 28,6 49,1 8,7 8,1 100,0 416 Protestant 1,8 23,7 55,1 15,1 4,3 100,0 170 Musulman 3,9 55,9 32,9 2,3 5,1 100,0 2 121 Animiste/Autre/ND * * * * * * 28 Ensemble 4,0 49,5 36,8 4,1 5,6 100,0 2 734 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. Tout au plus peut-on souligner que dans les zones 3 (Batha,Guéra et Salamat) et 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) qui sont des zones de forte prévalence, les proportions de femmes excisées entre 0 et 9 ans y sont plus élevées qu’ailleurs (plus de 60 %). À l’opposé, c’est dans la zone 8 (Mandoul et Moyen Chari) que l’excision se pratique le plus tardivement (53 % à 10-14 ans et 10 % des femmes excisées à 15 ans ou plus). 174 | Excision En fonction de la religion, on constate que près de 60 % des femmes musulmanes sont excisées à 0-9 ans alors que cette proportion n’est que de 34 % chez les catholiques et de 26 % chez les protestantes ; parmi ces dernières, 15 % ont déclaré avoir été excisées à 15 ans ou plus. Du point de vue ethnique, on constate que ce sont dans les ethnies Hadjarai (67 %), Fitri-Batha (61 %), Ouaddaï (61 %) et arabe (57 %), qui comptent parmi les ethnies où l’on pratique le plus fréquemment l’excision, que la proportion de femmes excisées à 0-9 ans est la plus élevée. Chez les Baguirmiens, une proportion élevée de femmes a été excisée à 15 ans ou plus (18 %). Par contre, dans l’ethnie Sara, la moitié des femmes sont excisées à 10-14 ans (50 %). 11.1.4 Personne ayant procédé à l’excision La quasi-totalité des femmes excisées (94 %) l’ont été par des praticiens traditionnels (tableau 11.3), essentiellement des exciseuses (75 %). Le recours à des professionnels de la santé est très rare et concerne moins de 3 % des cas. Par ailleurs, on constate que dans 3 % des cas, les femmes n’arrivent pas à se rappeler exactement de l’identité de la personne qui a procédé à leur excision. Tableau 11.3 Personne qui a procédé à l’excision Répartition (en %) des femmes excisées par type d'excision, selon la personne qui a pratiqué l'excision, Tchad 2004 Type d'excision de la femme Personne qui a pratiqué l'excision Entaille, pas de chair enlevée Chair enlevée seulement Chair enlevée et suture des lèvres ND Ensemble Professionnel de la santé 1,3 3,1 0,0 2,3 2,7 Médecin 0,0 0,8 0,0 1,7 0,7 Infirmière, sage-femme 1,2 2,0 0,0 0,4 1,7 Matrone 0,2 0,3 0,0 0,2 0,3 Traditionnel 98,7 96,2 0,0 92,0 94,2 Exciseuse 73,7 78,6 0,0 55,2 74,9 Accoucheuse traditionnelle 0,2 0,7 0,0 3,8 0,7 Vieille femme 24,8 16,9 0,0 33,0 18,6 Autre 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 ND 0,0 0,7 100,0 5,7 3,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes excisées 531 2 043 65 95 2 734 11.1.5 Les complications liées à l’excision des femmes Le tableau 11.4 présente les résultats sur les différentes complications dont les femmes ont souffert au moment ou après l’excision2. Les résultats montrent que, dans l’ensemble, près des trois- quarts des femmes (73 %) ont eu, au moins, une complication et, dans 53 % des cas, au moins deux complications. Au nombre des complications, les femmes ont cité dans 62 % des cas des saignements excessifs, dans 57 % des cas, des difficultés à uriner. Plus d’un quart des femmes (27 %), ont constaté un 2 Étant donné l’âge relativement jeune auquel la plupart des femmes ont dû subir l’excision, il est évident que beaucoup d’entre elles ne peuvent pas se rappeler exactement des effets ayant suivi cette procédure (pendant ou après). Excision | 175 gonflement dans la zone génitale ; 14 % ont eu une infection et 13 % des femmes ont mentionné des problèmes de cicatrisation. Il faut souligner que les femmes à qui on a enlevé des chairs et à qui on a suturé le vagin ont cité dans 23 % des cas des problèmes de cicatrisation. Tableau 11.4 Excision des femmes et complications Pourcentage des femmes excisées qui ont eu des complications au moment ou après l'excision, par type d'excision, selon les complications déclarées par la femme, Tchad 2004 Type d'excision de la femme Type de complication Entaille, pas de chair enlevée Chair enlevée seulement Chair enlevée et suture des lèvres ND Ensemble Saignement excessif 66,0 61,6 54,2 39,6 61,5 Difficultés à uriner, rétention d'urine 61,2 58,0 48,9 23,2 57,2 Gonflement 5,9 33,0 23,6 4,5 26,5 Infection 17,4 13,9 16,5 3,6 14,3 Problème de cicatrisation 3,9 15,3 23,3 4,4 12,9 Au moins une complication 74,5 74,8 64,9 44,0 73,4 Deux complications ou plus 59,2 53,5 48,8 23,3 53,4 Effectif 531 2 043 65 95 2 734 11.2 PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FILLES DES FEMMES ENQUÊTÉES Lors de l’interview, des questions ont également été posées aux femmes qui avaient, au moins, une fille vivante, pour savoir si elle ou l’une d’entre elles avait été excisée. Si plusieurs filles de la femme enquêtée avaient été excisées, les questions concernant le type d’excisions, l’âge à l’excision et les complications portaient uniquement sur la dernière fille qui avait été excisée. Comme certaines filles de l’enquêtée étaient trop jeunes au moment de l’enquête pour avoir déjà été excisées, on a également demandé aux femmes dont la fille n’avait pas été excisée si elles avaient l’intention de le faire. 11.2.1 Pratique de l’excision chez les filles Les résultats du tableau 11.5 montrent que pratiquement un cinquième des enquêtées (21 %) ayant, au moins, une fille avaient déjà fait exciser leur fille ou au moins l’une de leurs filles, 18 % n’avaient encore aucune fille excisée mais avaient l’intention de la (ou les) faire exciser et, à l’opposé, 43 % n’avaient pas de fille excisée et n’avaient pas l’intention de le faire. Seulement 4 % ont déclaré qu’elles n’avaient pas pris de décision. Au total 39 % des filles des femmes enquêtées sont ou seront excisées, c’est-à-dire un niveau inférieur à celui des mères (45 %). Les proportions de femmes ayant au moins une fille excisée diminuent nettement des générations anciennes aux plus récentes : à 45-49 ans, 44 % des femmes ont, au moins, une fille excisée contre 20 % à 30-34 ans. Cependant, si l’on considère l’intention des femmes, on constate que parmi les jeunes femmes de 20-29 ans, en moyenne, plus d’un tiers (31 %) ont l’intention de faire exciser leur fille contre 16 % parmi celles de 30-34 ans et 8 % parmi celles de 35-39 ans, ce qui ne semble pas être un signe de dépérissement de la pratique dans les générations. En outre, en fonction des autres caractéristiques sociodémographiques, on note que ce sont les femmes chez qui la prévalence de l’excision est la plus 176 | Excision Tableau 11.5 Pratique de l'excision parmi les filles des femmes enquêtées Répartition (en %) des femmes ayant, au moins, une fille en vie, selon qu'au moins une fille a été excisée et, si non, selon qu'elles ont ou non l'intention de la/les faire exciser, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Au moins une fille excisée Aucune fille excisée, mais a l'intention de la/les faire exciser Aucune fille excisée et n’a pas l'intention de la/les faire exciser Aucune fille excisée, intention indéterminée La mère ne connaît pas l'excision Total Effectif de femmes ayant une/ des fille(s) Excision de la mère Ne connaît pas l'excision 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 100,0 569 Excisée 44,8 39,4 11,5 4,3 0,0 100,0 1 759 Pas excisée 1,2 1,2 93,1 4,6 0,0 100,0 1 565 Âge 15-19 1,3 43,0 27,9 7,2 20,6 100,0 182 20-24 1,0 35,4 39,4 4,7 19,4 100,0 598 25-29 8,0 27,6 44,3 5,1 14,8 100,0 887 30-34 20,0 16,4 46,8 4,2 12,6 100,0 677 35-39 32,7 7,9 44,9 2,9 11,5 100,0 600 40-44 39,6 3,1 42,2 1,1 14,0 100,0 471 45-49 43,6 0,6 40,5 2,0 13,3 100,0 477 Résidence N'Djaména 19,3 18,3 57,0 3,1 2,2 100,0 288 Autres Villes 24,0 18,2 50,7 4,2 2,9 100,0 461 Ensemble urbain 22,2 18,3 53,2 3,8 2,7 100,0 749 Rural 20,4 18,3 40,1 3,8 17,5 100,0 3 144 Zone Zone 1 19,3 18,3 57,0 3,1 2,2 100,0 288 Zone 2 1,4 2,0 64,1 2,5 29,9 100,0 497 Zone 3 52,0 36,5 10,0 1,4 0,2 100,0 520 Zone 4 50,7 35,9 12,3 1,2 0,0 100,0 327 Zone 5 24,2 28,7 42,6 3,1 1,4 100,0 514 Zone 6 1,2 1,0 48,4 1,8 47,6 100,0 379 Zone 7 3,2 6,8 59,1 4,4 26,4 100,0 852 Zone 8 29,3 25,7 34,3 10,6 0,0 100,0 517 Niveau d'instruction Aucune instruction 23,9 20,3 37,3 3,4 15,1 100,0 3 100 Primaire 8,7 9,8 62,4 4,9 14,3 100,0 650 Secondaire ou plus 7,6 13,2 66,7 6,8 5,7 100,0 143 Ethnie Gorane 1,0 1,5 74,0 1,7 21,8 100,0 176 Arabe 45,5 44,9 5,6 2,0 2,0 100,0 514 Ouadai 48,9 36,9 13,1 1,1 0,0 100,0 346 Baguirmien 20,3 27,3 28,3 20,7 3,4 100,0 38 Kanem-bornou 1,3 2,7 72,7 3,0 20,4 100,0 480 Fitri-batha 47,2 34,4 17,4 0,8 0,2 100,0 176 Hadjarai 54,0 35,2 8,0 2,8 0,1 100,0 304 Lac iro 4,7 22,9 65,8 6,6 0,0 100,0 77 Sara 12,0 12,3 63,0 7,6 5,2 100,0 913 Tandjile 0,0 0,4 45,9 3,3 50,4 100,0 258 Peul 3,0 2,9 57,8 5,1 31,2 100,0 45 Mayo kebbi 0,0 0,1 48,3 1,5 50,2 100,0 368 Autre/Etranger/ND 13,5 13,9 46,3 4,2 22,1 100,0 198 Religion Catholique 9,2 12,0 51,5 7,9 19,5 100,0 848 Protestant 5,7 2,4 62,3 4,2 25,4 100,0 639 Musulman 30,6 26,0 33,5 2,3 7,6 100,0 2 242 Animiste/Autre/ND 3,1 7,7 44,1 1,4 43,7 100,0 164 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 45,3 35,2 14,2 2,2 3,1 100,0 760 Second 20,3 20,4 34,5 5,8 18,9 100,0 907 Moyen 10,6 8,3 52,3 4,0 24,8 100,0 739 Quatrième 10,2 10,4 56,0 2,8 20,6 100,0 800 Le plus riche 17,2 16,6 58,7 3,8 3,7 100,0 688 Ensemble 20,7 18,3 42,6 3,8 14,6 100,0 3 893 Excision | 177 élevée qui sont, proportionnellement, les plus nombreuses à avoir fait exciser leur fille ou à avoir l’intention de le faire. Dans les zones 3 (Batha, Guéra et Salamat), 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) et 8 (Mandoul et Moyen Chari) dans lesquelles la quasi-totalité des femmes sont excisées, on constate aussi qu’une proportion élevée de femmes ont fait ou feront exciser leurs filles (respectivement, 89 %, 87 % et 55 %). En fonction de l’appartenance ethnique, les résultats font apparaître le même type de relation (graphique 11.3). Dans les ethnies Arabe, Ouaddaï et Hadjarai dans lesquelles plus de neuf femmes sur dix ont été excisées, il apparaît que respectivement 90 %, 86 % et 89 % ont fait ou feront exciser leurs filles, ce qui semble témoigner de la persistance de cette pratique dans ces groupes. De même, dans 44 % des cas, les femmes sans instruction ont fait ou ont l’intention de faire exciser leurs filles contre 21 % parmi celles qui ont un niveau secondaire ou plus. En fonction de la religion, on constate que dans 57 % des cas, les femmes musulmanes ont fait ou feront exciser leurs filles. Enfin, dans le quintile le plus pauvre où la prévalence de l’excision s’établit à 85 %, on note que 81 % des femmes ont l’intention de continuer à pratiquer l’excision. À l’opposé, dans les zones et les ethnies où la prévalence de l’excision est faible, on constate également de faibles proportions de femmes qui ont fait ou qui feront exciser leurs filles. C’est par exemple, le cas des zones 2 (BET, Kanem et Lac) et 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest) où moins de 4 % des femmes sont excisées et plus de 90 % n’ont pas l’intention de le faire où ne connaissent pas l’excision. En ce qui concerne le type d’excision des filles, on constate au tableau 11.6 que, comme pour les mères, la pratique la plus fréquente a consisté en l’ablation de chair (73 %). Il apparaît cependant que dans pratiquement 4 % des cas, soit une fois et demi plus que chez les mères, c’est la forme d’excision la plus radicale qui a été effectuée. Quant à la forme « légère » d’excision (entaille sans ablation de chairs), elle a été pratiquée dans moins de 22 % des cas. De plus, on ne constate que très peu d’écarts selon les caractéristiques sociodémographiques. Graphique 11.3 Proportion de filles qui sont déjà excisées ou qui seront excisées selon l’ethnie 39 0 0 3 4 6 24 27 28 48 82 86 89 90 TCHAD ETHNIE Mayo kebbi Tandjile Gorane Kanem-bornou Peul Sara Autre/Etranger/ND Lac iro Baguirmien Fitri-batha Ouadai Hadjarai Arabe 0 20 40 60 80 100 Pourcentage EDST-II 2004 178 | Excision Tableau 11.6 Type d'excision des filles Répartition (en %) des filles excisées le plus récemment par type d'excision, selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère, Tchad 2004 Type d'excision de la fille Caractéristique de la mère Entaille, pas de chair enlevée Chair enlevée seulement Chair enlevée et suture des lèvres ND Total Effectif de filles excisées le plus récemment Type d'excision de la mère - Entaille, pas de chair enlevée 93,8 5,0 0,0 1,1 100,0 181 - Chair enlevée seulement 0,4 95,2 4,3 0,1 100,0 570 - Chair enlevée et suture des lèvres (4,4) (58,5) (37,1) (0,0) 100,0 17 - Indéterminé * * * * * 20 Pas excisée * * * * * 19 Résidence N'Djaména 9,5 83,2 5,5 1,8 100,0 56 Autres Villes 20,7 74,9 3,9 0,6 100,0 110 Ensemble urbain 16,9 77,7 4,4 1,0 100,0 166 Rural 23,2 71,4 3,9 1,5 100,0 640 Niveau d'instruction Aucune instruction 23,6 71,0 4,0 1,5 100,0 740 Primaire 4,7 90,3 4,7 0,3 100,0 56 Secondaire ou plus (0,0) (93,3) (2,0) (4,7) 100,0 11 Ensemble 21,9 72,7 4,0 1,4 100,0 807 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. 11.2.2 Âge des filles à l’excision Le tableau 11.7 présente la répartition des filles qui ont été excisées le plus récemment selon l’âge à l’excision. Par rapport aux mères, on assiste à un rajeunissement de l’âge à l’excision des filles3. En effet, pour 70 % des filles excisées, l’excision a eu lieu à 0-9 ans alors que cette proportion était de 54 % chez les mères. En outre, la proportion de filles excisées à 0-5 ans est trois fois plus élevée que chez les mères (12 % contre 4 %). On observe certains écarts entre les âges à l’excision des filles selon les caractéristiques sociodémographiques des mères. L’excision est pratiquée à un âge plus tardif dans les Autres Villes que dans le reste du pays (59 % à 0-9 ans contre 72 % à N’Djaména et en milieu rural). Dans les Autres Villes, plus d’un tiers des filles ont été excisées à 10-14 ans (36 %) contre environ un quart à N’Djaména et en rural. Selon le niveau d’instruction, on constate que la proportion de filles excisées à 5-14 ans est très proche (84 % et 88 %), que la mère soit instruite ou pas. Cependant, quand la mère n’a pas d’instruction, 13 % des filles ont été excisées à 0-4 ans ; à l’opposé, quand la mère a un niveau primaire, 10 % des filles ont été excisées à 15 ans ou plus. Du point de vue ethnique, on constate, comme pour les mères, que dans les ethnies Arabe, Ouaddaï, Fitri-Batha et Hadjarai, l’excision se pratique toujours dans environ 70 % des cas à un âge plus précoce (à 0-9 ans) que dans les autres ethnies. 3 Il faut cependant préciser que ces résultats doivent être interprétés avec prudence dans la mesure où la structure par âge des filles est totalement différente de celle des femmes enquêtées et où certaines filles étaient encore trop jeunes au moment de l’enquête pour être excisées. Excision | 179 Tableau 11.7 Âge des filles à l'excision Répartition (en %) des filles excisées le plus récemment par âge à l'excision, selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère, Tchad 2004 Âge à l'excision des filles Caractéristique de la mère 0-4 5-9 10-14 15 ou plus Total1 Effectif Résidence N'Djaména 13,7 58,4 25,7 0,7 100,0 56 Autres Villes 7,7 51,6 35,7 5,0 100,0 110 Ensemble urbain 9,7 53,9 32,3 3,6 100,0 166 Rural 12,5 59,1 24,5 2,9 100,0 640 Niveau d'instruction Aucune instruction 12,8 59,0 24,9 2,4 100,0 740 Primaire 1,1 47,5 40,8 10,3 100,0 56 Secondaire ou plus (8,3) (48,5) (35,3) (8,0) 100,0 11 Ethnie Gorane * * * * * 2 Arabe 11,8 56,0 30,5 1,5 100,0 234 Ouadai 11,8 61,7 26,4 0,0 100,0 169 Baguirmien * * * * * 8 Kanem-bornou * * * * * 6 Fitri-batha 15,0 70,6 14,4 0,0 100,0 83 Hadjarai 14,5 65,4 18,1 1,8 100,0 164 Lac iro * * * * * 4 Sara 7,5 38,2 38,0 13,2 100,0 109 Peul * * * * * 1 Autre/Etranger/ND (12,1) (59,9) (22,6) (2,9) 100,0 27 Religion Catholique 7,8 34,4 32,9 17,9 100,0 78 Protestant (0,0) (42,9) (47,6) (9,5) 100,0 37 Musulman 12,8 61,6 24,3 1,0 100,0 687 Animiste/Autre/ND * * * * * 5 Ensemble 12,0 58,0 26,1 3,0 100,0 807 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. 1 Y compris les non déterminés. Par ailleurs, la très grande majorité des filles (94 % des cas comme chez les mères) ont été excisées par des exciseuses traditionnelles (tableau non publié). Le recours à des professionnels de la santé est toutefois un peu plus fréquent chez les filles que chez les mères (6 % contre moins de 3 % des cas) ; ce qui peut laisser supposer une trés légère amélioration des conditions d’asepsie dans lesquelles sont pratiquées ces interventions. Néanmoins, on peut aussi considérer que cette tendance à la médicalisation de l’excision que l’on peut observer de plus en plus en Afrique, notamment en Guinée et au Sénégal, constitue un nouveau défi qui devra être pris en compte dans les dispositifs de lutte contre la pratique de l’excision. 11.2.3 Excision des filles et complications Au cours de l’enquête, on a également demandé aux femmes si leur fille qui avait été excisée récemment avait souffert d’un certain nombre de complications pendant ou après l’excision. Les résultats sont présentés au tableau 11.8. D’après les déclarations de la mère, près d’un tiers des filles (73 %) ont eu, au moins, une complication, et dans 52 % des cas, les filles ont même eu, au moins, deux complications. 180 | Excision Tableau 11.8 Excision des filles et complications Pourcentage des filles excisées le plus récemment qui, d'après les déclarations de la mère, ont eu des complications au moment ou après l'excision, par type d'excision, selon les complications déclarées par la mère, Tchad 2004 Type d'excision de la fille Type de complication Entaille, pas de chair enlevée Chair enlevée seulement Chair enlevée et suture des lèvres Ensemble1 Saignement excessif 75,9 56,2 (67,6) 61.2 Difficultés à uriner, rétention d'urine 64,5 55,3 (58,4) 56.8 Gonflement 9,8 27,9 (31,2) 23.7 Infection 23,9 11,2 (11,0) 14.2 Problème de cicatrisation 5,2 11,6 (20,3) 10.4 Au moins une complication 83,1 69,5 (86,1) 73.2 Deux complications ou plus 63,6 48,8 (44,4) 51.5 Effectif 177 586 32 807 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés 1 Y compris 11 cas pour lesquels le type d’excision est non déterminé L’analyse des résultats selon le type de complications subies par les filles indique que dans 61 % des cas, elles ont eu des saignements excessifs, dans 57 % des cas elles ont eu des difficultés pour uriner ou elles ont fait de la rétention urinaire, et dans 24 % des cas, elles ont eu un gonflement dans la zone génitale (ce qui peut aussi être un signe d’infection). En outre, selon 14 % des mères, leurs filles ont eu des problèmes d’infections et 10 % des mères ont déclaré des problèmes de cicatrisation. 11.3 OPINIONS ET CROYANCES VIS-À-VIS DE L’EXCISION Pour mieux comprendre les raisons qui expliquent le maintien de cette pratique, on a demandé aux femmes et aux hommes quels étaient, à leur avis, les avantages pour une fille d’être excisée et, au contraire, les avantages de ne pas l’être. 11.3.1 Avantages pour une fille d’être excisée Le tableau 11.9.1 présentent les résultats concernant les avantages de l’excision des filles d’après les femmes. On constate tout d’abord que 37 % ont déclaré qu’il n’y a aucun avantage pour une fille à être excisée et cette proportion est particulièrement élevée chez les femmes qui n’ont pas été excisées (66 %). De même, plus de la moitié des femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (58 %) ont déclaré que l’excision ne comportait aucun avantage contre seulement 31 % parmi celles sans instruction. Selon l’ethnie, on note que plus des trois quarts des femmes (78 %) des ethnies Mayo-Kebbi considèrent qu’il n’y a aucun avantage pour une femme à être excisée. Il faut rappeler que dans cette ethnie, l’excision est une pratique quasiment inexistante. Dans une proportion supérieure à 60 %, les femmes des ethnies Gorane, Kanem-Bornou et Tandjilé ont déclaré la même opinion. Excision | 181 Tableau 11.9.1 Avantages pour une fille d'être excisée selon les femmes Pourcentage de femmes connaissant l’excision qui ont cité différents avantages pour une fille d'être excisée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Avantages de l'excision Caractéristique sociodémographique Pas d'avantage Meilleure hygiène Recon- naissance sociale Meilleure chance de mariage Apaise désir sexuel de la femme Plus grand plaisir de l'homme Nécessité religieuse Autre Effectif de femmes connaissant l’excision Type d'excision de la femme - Entaille, pas de chair enlevée 10,9 0,6 30,7 11,2 2,0 4,9 8,4 4,2 531 - Chair enlevée seulement 10,6 11,3 49,8 15,8 15,4 2,0 37,7 1,9 2 043 - Chair enlevée et suture des lèvres 11,6 15,6 33,3 16,2 14,4 3,8 38,6 4,6 65 - ND 31,1 6,4 30,5 6,9 5,8 2,0 14,1 0,3 95 Pas excisée 66,2 1,0 14,5 1,2 1,3 0,5 13,2 5,1 2 415 Âge 15-19 38,8 4,6 26,0 7,3 5,5 1,1 22,0 3,5 1 112 20-24 37,8 5,8 30,1 7,5 7,7 1,2 22,4 3,5 873 25-29 38,6 4,3 30,5 8,4 7,1 1,7 23,8 2,9 971 30-34 38,7 6,7 31,5 6,5 6,6 2,3 18,7 5,0 681 35-39 37,0 5,5 33,7 9,3 7,2 1,2 23,3 2,9 580 40-44 32,7 4,7 31,6 7,5 10,6 3,5 27,5 4,4 452 45-49 30,7 6,5 37,5 14,1 8,2 1,2 23,6 3,9 480 Résidence N'Djaména 49,2 4,6 21,7 5,8 7,2 2,2 15,3 2,0 506 Autres Villes 36,8 5,6 32,9 5,8 7,1 0,5 22,2 4,8 740 Ensemble urbain 41,8 5,2 28,3 5,8 7,1 1,2 19,4 3,7 1 246 Rural 35,6 5,4 31,5 9,1 7,2 1,8 23,8 3,6 3 903 Niveau d'instruction Aucune instruction 31,2 6,4 31,6 10,2 8,3 1,8 27,3 3,2 3 828 Primaire 52,7 2,3 31,3 2,6 3,1 1,0 8,3 6,0 961 Secondaire ou plus 57,9 2,3 19,6 3,4 6,3 1,6 12,7 2,6 360 Ethnie Gorane 63,0 2,6 11,5 2,5 1,4 1,4 27,2 0,8 223 Arabe 5,8 10,7 33,4 23,6 9,7 1,7 58,8 0,9 754 Ouadai 9,2 7,5 29,3 11,1 14,0 3,7 26,7 0,8 626 Baguirmien 35,8 3,1 53,2 2,8 2,9 0,8 6,1 0,0 81 Kanem-bornou 63,2 2,2 11,4 2,9 2,0 0,5 26,4 0,9 553 Fitri-batha 30,5 4,2 33,6 12,9 4,3 4,7 21,0 5,7 241 Hadjarai 8,5 18,5 53,4 21,2 28,9 4,6 31,6 1,4 452 Lac iro 46,0 2,8 49,7 2,8 0,8 0,0 1,4 2,9 133 Sara 48,2 0,6 37,7 1,0 2,3 0,5 2,9 9,3 1 327 Tandjile 63,1 2,4 22,0 0,6 1,7 0,0 6,7 5,5 205 Peul 54,8 3,3 6,4 1,1 0,4 0,9 28,5 5,7 47 Mayo kebbi 77,9 0,6 5,1 0,0 1,2 0,0 15,7 0,3 285 Autre/Etranger/ND 44,6 5,6 28,6 5,4 6,6 1,2 20,2 2,9 223 Religion Catholique 46,1 1,0 39,4 1,1 2,0 0,4 4,4 8,4 1 063 Protestant 64,6 0,3 23,4 0,5 2,1 0,3 4,0 5,9 761 Musulman 27,1 8,0 29,4 12,8 10,4 2,4 33,6 1,6 3 211 Animiste/Autre/ND 51,1 2,6 36,4 1,9 1,8 0,4 14,5 1,3 114 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 11,5 9,8 33,5 15,8 14,9 3,3 37,3 1,4 1 175 Second 33,8 6,0 42,1 9,6 6,3 1,7 18,4 5,9 1 049 Moyen 48,5 2,4 27,6 5,6 2,9 1,3 18,6 3,2 798 Quatrième 50,1 2,9 22,8 3,7 3,8 0,3 19,8 5,4 973 Le plus riche 47,2 4,2 26,3 5,3 6,1 1,1 17,3 2,7 1 154 Ensemble 37,1 5,3 30,7 8,3 7,2 1,6 22,8 3,6 5 149 182 | Excision Selon les caractéristiques sociodémographiques, on note que les femmes ont plus ou moins fréquemment cité certains avantages (graphique 11.4). Par exemple, l’argument selon lequel la pratique de l’excision est une nécessité religieuse a été plus fréquemment cité par les femmes du milieu rural (24 % contre un minimum de 15 % à N’Djaména), par celles qui n’ont pas d’instruction (27 % contre 8 % par celles ayant un niveau primaire et 13 % parmi celles de niveau secondaire), par celles de l’ethnie Arabe (59 %), par les musulmanes (34 %) et enfin par celles dont le ménage appartient au quintile le plus pauvre (37 % contre 17 % pour le plus riche). La reconnaissance sociale est davantage perçue comme un avantage parmi les femmes plus âgées que parmi les plus jeunes, la proportion de celles qui l’ont cité variant d’un maximum de 38 % parmi celles de 45-49 ans à un minimum de 26 % parmi les plus jeunes de 15-19 ans. Il en est de même de l’avantage selon lequel l’excision favoriserait les chances de mariage : 14 % des femmes de 45-49 ans l’ont cité contre moins de 10 % aux autres âges. Une meilleure hygiène est considérée comme un avantage par 19 % des femmes de l’ethnie Hadjarai. Au tableau 11.9.2 sont présentées les proportions d’hommes ayant cité divers avantages de l’excision. Le premier constat qui s’impose est que la proportion des hommes (42 %) qui déclarent que l’excision n’apporte aucun avantage particulier à la femme est plus importante que celle observée chez les femmes (37 %). L’âge ne fait pas apparaître de tendance très nette. Comme chez les femmes, les hommes les plus instruits (55 % contre 32 % parmi ceux sans instruction), les protestants (57 % contre 34 % chez les musulmans) et ceux du quintile le plus riche (50 % contre 10 % dans le plus pauvre) sont proportionnellement les plus nombreux à penser que la pratique de l’excision n’apporte aucun avantage aux femmes. De même, cette proportion est élevée parmi les hommes des ethnies Gorane (59 %), Kanem Bornou (66 %) et Mayo Kebbi (64 %) qui sont des ethnies où la fréquence de l’excision est faible. Par contre à la différence des femmes, c’est dans les Autres Villes et non à N’Djaména que la proportion d’hommes qui pensent qu’il n’y a aucun avantage pour une femme à être excisée est la plus élevée (47 % contre un minimum de 40 % en rural). Cependant, pour 19 % des hommes, l’excision comporte des avantages puisqu’elle apporte à la femme une certaine reconnaissance sociale (graphique 11.4) : ce sont surtout les hommes de l’ethnie Hadjarai (39 %) et Ouaddaï (24 %), ceux vivant dans les ménages les plus pauvres (25 %), ceux sans instruction (20 %) et les musulmans (21 %) qui ont été les plus nombreux à citer cet avantage. En outre, pour 15 % d’entre eux, l’excision apaise le désir sexuel de la femme : cette opinion est partagée par les hommes vivant à N’Djamena (25 %), par ceux de confession musulmane (22 %) et par les hommes des ethnies où la fréquence de la pratique est la plus élevée, c’est-à-dire les ethnies arabe (23 %), Ouaddaï (31 %) et Hadjarai (20 %). Enfin, pour 12 % des hommes, l’excision est une nécessité religieuse, et pour 8 % d’entre eux , elle contribue à une meilleure hygiène de la femme. Excision | 183 Tableau 11.9.2 Avantages pour une fille d'être excisée selon les hommes Pourcentage d’hommes connaissant l’excision qui ont cité différents avantages pour une fille d'être excisée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Avantages de l'excision Caractéristique sociodémographique Pas d'avantage Meilleure hygiène Recon- naissance sociale Meilleure chance de mariage Apaise désir sexuel de la femme Plus grand plaisir de l'homme Nécessité religieuse Autre Effectif d’hommes connaissant l’excision Âge 15-19 36,1 7,3 18,9 5,7 13,7 2,4 13,5 6,9 306 20-24 49,6 7,0 14,9 2,3 9,7 4,5 9,0 8,2 221 25-29 53,1 5,4 13,2 4,7 16,0 1,7 7,1 9,3 261 30-34 37,9 12,5 22,6 5,0 20,9 4,9 15,4 7,1 181 35-39 38,3 8,0 22,2 5,4 15,0 2,5 10,6 3,8 160 40-44 38,3 9,4 20,2 5,4 17,0 1,8 18,4 2,3 146 45-49 29,8 6,8 24,4 5,0 14,3 1,7 17,9 11,4 130 50-54 43,9 11,4 13,3 1,8 15,4 3,1 8,4 10,9 83 55-59 45,2 7,3 20,0 2,2 12,0 4,9 11,3 6,8 74 Résidence N'Djaména 45,0 8,8 18,1 3,3 25,1 3,2 12,7 4,7 212 Autres Villes 47,2 6,5 24,8 1,9 14,7 3,8 6,5 6,6 237 Ensemble urbain 46,2 7,6 21,7 2,6 19,6 3,5 9,4 5,7 449 Rural 40,1 8,2 17,2 5,2 13,0 2,7 13,3 8,0 1 113 Niveau d'instruction Aucune instruction 31,8 10,8 20,4 5,9 18,4 3,3 21,5 4,0 714 Primaire 46,6 5,8 18,4 4,1 7,9 2,8 4,0 11,4 495 Secondaire ou plus 55,3 5,2 14,7 2,1 17,5 2,4 4,8 8,5 353 Ethnie Gorane 58,7 5,4 18,4 1,4 17,2 3,7 2,3 2,1 36 Arabe 28,8 7,8 17,6 2,3 22,5 3,2 31,5 1,0 222 Ouadai 10,2 19,9 24,0 4,4 31,0 2,7 28,9 1,8 177 Baguirmien (74,1) (3,0) (9,8) (0,0) (3,5) (8,9) (0,0) (2,2) 21 Kanem-bornou 66,1 1,4 8,5 4,8 12,0 6,2 3,3 0,5 110 Fitri-batha (22,0) (32,4) (11,4) (1,0) (41,4) (5,7) (23,7) (0,0) 32 Hadjarai 23,7 4,6 39,1 16,7 20,0 2,9 20,0 7,4 123 Lac iro (93,8) (0,0) (0,0) (2,1) (2,1) (0,0) (0,0) (4,1) 32 Sara 47,1 6,3 21,6 3,4 7,8 3,0 2,1 9,6 446 Tandjile 40,1 13,4 8,1 4,4 3,1 3,0 5,4 23,2 131 Peul (81,0) (0,0) (0,0) (0,0) (9,8) (0,0) (2,9) (4,3) 21 Mayo kebbi 64,1 4,2 2,4 0,2 13,8 0,0 6,1 10,6 130 Autre/Etranger/ND 40,1 1,1 34,0 10,1 12,1 1,7 9,3 11,2 81 Religion Catholique 44,6 7,8 19,2 2,8 8,2 2,9 2,3 12,9 391 Protestant 56,8 2,4 13,1 3,7 6,7 1,9 3,7 10,8 285 Musulman 33,8 9,2 20,9 5,9 21,7 3,6 20,3 2,8 815 Animiste/Autre/ND 58,0 17,1 8,0 0,0 5,6 0,0 6,9 14,1 71 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 10,2 12,5 24,9 7,1 21,8 3,1 36,2 3,7 282 Second 36,6 9,7 22,3 6,6 11,3 2,5 11,5 11,9 320 Moyen 50,0 5,9 16,4 1,9 9,5 1,3 1,7 8,3 248 Quatrième 59,6 5,0 9,9 5,2 10,1 3,2 3,7 6,3 265 Le plus riche 50,4 6,8 17,9 2,2 18,9 3,9 8,4 6,5 447 Ensemble 41,8 8,0 18,5 4,5 14,9 2,9 12,2 7,3 1 562 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. 184 | Excision 11.3.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée Au tableau 11.10.1, figurent les proportions de femmes ayant cité divers avantages pour une fille de ne pas être excisée. Plus de quatre femmes sur dix (44 %) ont déclaré que le fait de ne pas être excisée n’avait aucun avantage. Cette opinion est particulièrement fréquente chez les femmes les plus jeunes (49 %), celles sans instruction (47 %), les femmes des ethnies Mayo Kebbi (71 %) et Fitri-Batha (70 %), les musulmanes (49 %) et les animistes (55 %) sont également en proportion plus nombreuses que les chrétiennes à penser que le fait de ne pas être excisée n’apporte aucun avantage aux femmes. Enfin, plus de la moitié des femmes vivant dans les ménages les plus pauvres (54 %) partagent cette opinion. Par contre, pour 17 % des femmes, ne pas être excisée a l’avantage d’avoir moins de problèmes à l’accouchement; cet argument a été particulièrement avancé par 31 % des femmes vivant à N’Djaména et 34 % des femmes de niveau secondaire ou plus, ainsi que par 30 % de celles de l’ethnie Sara et Baguirmien ; de même, 31 % des protestantes et 26 % de celles vivant dans les ménages les plus riches sont également de cet avis. Environ une femme sur dix (12 %) pense que les femmes qui ne sont pas excisées ont moins de problèmes de santé et, dans une proportion quasiment identique (11 %), elles pensent que ne pas être excisée permet d’éviter de souffrir. Pour près d’une femme sur quatre (24 %), ne pas être excisée est conforme avec la religion. C’est parmi les femmes les plus âgées (32 %), celles des ethnies Gorane (44 %), Arabe (45 %) et Kanem Bornou (45 %) que cette proportion est la plus élevée. Graphique 11.4 Avantages pour une fille d’être excisée, selon les femmes et les hommes EDST-II 2004 2 4 5 7 8 23 31 37 3 7 8 15 5 12 19 42 Plus grand plaisir pour l'homme Autre Meilleure hygiène Apaise désir sexuel de la femme Meilleure chance de mariage Nécessité religieuse Reconnaissance sociale Pas d'avantage 0 10 20 30 40 50 Pourcentage Femme Homme Excision | 185 Tableau 11.10.1 Avantages pour une fille de ne pas être excisée selon les femmes Pourcentage de femmes connaissant l’excision qui ont cité différents avantages pour une fille de ne pas être excisée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Avantages de ne pas être excisée Caractéristique sociodémographique Pas d'avantage Moins de problèmes de santé Moins de problèmes à l'accouche- ment Évite la souf- france Plus grand plaisir de la femme Plus grand plaisir de l'homme En accord avec la religion Autre Effectif de femmes connaissant l’excision Type d'excision de la femme - Entaille, pas de chair enlevée 71,7 3,2 4,1 15,8 1,0 1,1 9,2 1,8 531 - Chair enlevée seulement 43,5 16,8 17,6 7,2 12,6 4,7 29,5 4,4 2 043 - Chair enlevée et suture des lèvres 32,1 18,2 19,0 17,0 14,4 4,8 40,0 0,8 65 - ND 30,6 9,1 30,8 22,0 4,7 10,6 14,3 7,0 95 Pas excisée 38,6 9,5 18,6 11,6 4,0 2,4 21,9 11,0 2 415 Âge 15-19 49,2 9,0 12,9 10,0 6,3 2,9 20,0 7,4 1 112 20-24 43,8 11,3 16,1 9,8 5,9 4,3 20,6 7,2 873 25-29 42,7 13,8 17,2 9,9 9,2 3,6 24,8 6,4 971 30-34 43,7 13,5 19,1 9,5 7,8 3,2 24,0 7,6 681 35-39 40,5 13,1 22,3 12,1 8,2 3,7 23,0 8,7 580 40-44 41,1 9,0 17,4 11,1 5,8 3,4 28,2 7,8 452 45-49 39,5 14,5 17,4 13,2 7,5 2,2 31,9 5,5 480 Résidence N'Djaména 37,7 13,8 31,2 11,9 9,6 5,4 14,5 2,0 506 Autres Villes 40,0 14,0 20,7 10,1 6,1 4,3 22,2 8,6 740 Ensemble urbain 39,1 13,9 25,0 10,8 7,5 4,7 19,1 5,9 1 246 Rural 45,2 11,2 14,4 10,4 7,2 2,9 25,2 7,6 3 903 Niveau d'instruction Aucune instruction 46,8 11,3 13,2 10,2 7,1 3,4 27,1 5,8 3 828 Primaire 34,8 12,4 25,6 12,1 7,5 2,5 15,8 12,5 961 Secondaire ou plus 35,5 16,0 33,7 9,1 7,7 5,1 8,5 8,1 360 Ethnie Gorane 40,3 6,2 13,4 16,4 4,6 4,7 44,4 0,5 223 Arabe 37,4 14,5 11,1 4,4 11,2 4,7 45,3 1,0 754 Ouadai 62,4 8,8 5,3 12,0 2,1 6,1 10,7 1,9 626 Baguirmien 50,6 13,3 29,8 2,7 6,3 2,5 12,8 6,2 81 Kanem-bornou 39,4 4,4 9,5 17,7 6,2 3,8 44,8 1,2 553 Fitri-batha 69,8 7,5 6,0 7,5 3,7 0,3 17,5 0,0 241 Hadjarai 53,8 20,0 22,0 14,1 18,0 5,4 27,2 1,5 452 Lac iro 34,7 6,8 27,9 1,2 8,8 4,8 13,3 26,2 133 Sara 28,1 15,4 30,1 12,3 7,0 1,9 11,6 16,9 1 327 Tandjile 37,1 10,1 13,1 7,8 3,1 0,0 7,5 29,0 205 Peul 62,4 4,1 3,6 4,4 1,6 0,0 23,8 4,6 47 Mayo kebbi 70,9 7,1 9,5 2,8 1,5 0,8 12,7 1,1 285 Autre/Etranger/ND 41,6 15,3 19,6 10,6 9,0 3,2 25,3 3,4 223 Religion Catholique 37,5 11,9 23,5 9,9 5,8 1,4 11,2 16,8 1 063 Protestant 26,9 16,4 31,1 10,5 7,7 2,8 11,6 17,0 761 Musulman 49,4 10,9 11,7 10,8 7,9 4,3 31,0 1,7 3 211 Animiste/Autre/ND 55,1 7,9 8,7 6,5 0,8 0,4 16,4 7,9 114 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 53,6 12,8 8,3 10,6 8,3 4,8 25,2 2,2 1 175 Second 43,0 12,0 16,6 14,0 7,8 2,4 23,8 10,8 1 049 Moyen 43,4 9,1 17,7 11,0 7,4 3,4 25,3 6,5 798 Quatrième 37,9 10,8 16,0 7,1 5,1 1,8 26,7 12,4 973 Le plus riche 39,5 13,7 26,4 9,7 7,4 4,2 18,4 5,1 1 154 Ensemble 43,7 11,9 16,9 10,5 7,2 3,4 23,7 7,2 5 149 186 | Excision Tableau 11.10.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée selon les hommes Pourcentage d’hommes connaissant l’excision qui ont cité différents avantages pour une fille de ne pas être excisée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Avantages de ne pas être excisée Caractéristique sociodémographique Pas d'avantage Moins de problèmes de santé Moins de problèmes à l'accouche- ment Évite la souffrance Plus grand plaisir de la femme Plus grand plaisir de l'homme En accord avec la religion Autre Effectif d’hommes connaissant l’excision Âge 15-19 51,5 14,2 10,5 3,7 13,1 0,6 1,9 12,9 306 20-24 27,3 28,5 23,9 6,8 20,8 2,8 4,8 15,3 221 25-29 31,0 26,4 25,0 10,4 21,8 6,5 4,6 13,5 261 30-34 31,4 20,1 18,1 9,9 22,3 6,2 4,6 5,1 181 35-39 40,6 23,4 17,6 11,7 18,2 5,3 1,9 10,9 160 40-44 44,5 23,3 22,4 11,6 16,9 3,2 2,8 7,0 146 45-49 37,2 17,8 15,3 7,8 21,5 2,8 10,7 7,2 130 50-54 32,0 24,1 24,5 6,8 28,6 5,8 4,8 1,2 83 55-59 43,8 12,6 16,0 8,1 10,3 0,0 6,2 15,5 74 Résidence N'Djaména 26,1 30,6 33,2 6,4 29,9 6,7 8,3 6,9 212 Autres Villes 29,4 24,0 24,0 7,4 22,1 2,9 4,9 10,3 237 Ensemble urbain 27,8 27,1 28,3 6,9 25,8 4,7 6,5 8,7 449 Rural 42,1 19,3 15,2 8,8 16,2 3,3 3,4 11,5 1 113 Niveau d'instruction Aucune instruction 49,9 18,5 11,0 8,4 22,3 2,4 4,9 3,1 714 Primaire 30,1 19,9 19,7 7,6 13,4 5,4 3,6 20,8 495 Secondaire ou plus 24,8 29,8 34,0 8,9 20,0 4,2 4,0 12,0 353 Ethnie Gorane 21,5 28,3 28,5 10,3 15,8 3,0 12,6 1,3 36 Arabe 54,0 20,7 12,6 7,7 22,8 1,5 2,0 0,1 222 Ouadai 52,7 9,2 9,6 8,1 18,5 2,0 1,5 1,1 177 Baguirmien (19,4) (19,8) (52,3) (2,1) (12,2) (6,4) (2,2) (2,2) 21 Kanem-bornou 27,8 36,1 22,3 11,2 38,2 0,6 14,2 2,6 110 Fitri-batha (49,0) (6,9) (4,1) (0,0) (45,0) (4,3) (7,8) (0,0) 32 Hadjarai 59,4 9,9 11,6 4,1 16,3 2,2 7,4 1,5 123 Lac iro (2,1) (29,0) (66,8) (2,1) (18,7) (0,0) (0,0) (12,4) 32 Sara 28,7 26,6 26,7 12,1 13,5 3,9 1,9 20,5 446 Tandjile 27,6 24,0 11,8 1,5 14,8 12,9 1,7 22,3 131 Peul (25,8) (40,5) (11,0) (31,7) (10,6) (2,0) (8,6) (11,9) 21 Mayo kebbi 31,2 21,5 18,5 6,9 20,3 3,1 9,4 13,4 130 Autre/Etranger/ND 47,6 11,6 8,9 5,2 17,3 6,5 2,9 18,3 81 Religion Catholique 27,8 29,2 23,0 8,5 15,7 5,8 2,5 21,3 391 Protestant 28,1 19,1 27,2 9,4 13,0 3,9 3,5 19,9 285 Musulman 46,9 19,1 14,7 8,0 23,1 1,9 5,3 1,9 815 Animiste/Autre/ND 30,8 16,4 12,7 4,9 13,6 11,8 4,8 16,4 71 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 65,7 6,7 4,1 5,4 15,7 1,0 0,9 3,3 282 Second 43,6 24,4 12,1 9,3 15,8 2,7 2,7 10,2 320 Moyen 30,8 18,3 19,1 8,4 17,7 4,5 4,2 19,2 248 Quatrième 27,1 23,9 25,7 7,6 16,4 5,2 5,8 16,4 265 Le plus riche 26,9 29,2 29,1 9,6 25,5 4,9 6,6 7,7 447 Ensemble 38,0 21,5 18,9 8,3 19,0 3,7 4,3 10,7 1 562 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. Excision | 187 Le tableau 11.10.2 présente le même type de résultats selon les hommes. Une proportion d’hommes inférieure à celle des femmes (38 %) a déclaré que, ne pas être excisée ne comportait aucun avantage pour une femme. C’est parmi les hommes du milieu rural (42 %), ceux n’ayant aucune instruction (50 %), ceux des ethnies Arabe (54 %), Ouaddaï (53 %) et Hadjarai (59 %), parmi les musulmans (47 %) et parmi les ménages les plus pauvres (66 %) que cette proportion est la plus élevée. Par contre, 22 % des hommes ont déclaré que ne pas être excisée évitait aux femmes d’avoir des problèmes de santé, et pour 19 %, cela causait moins de problèmes à l’accouchement. Ils sont également 19 % à penser que ne pas être excisée augmente le plaisir sexuel de la femme. Les autres avantages tels que « évite la souffrance », « le plus grand plaisir pour l’homme» et «en accord avec la religion » ont été cités dans des proportions moindres (moins de 8 %). Bien que parmi les avantages d’être ou de ne pas être excisée figurait le fait que l’excision soit exigée par la religion et le fait que ce soit un moyen pour éviter les relations sexuelles avant le mariage, au cours de l’enquête, on a demandé spécifiquement aux femmes et aux hommes s’ils étaient d’accord avec ces deux assertions. Les résultats sont présentés au tableau 11.11. À la première question, on constate que 34 % des femmes et 27 % des hommes ont déclaré qu’ils pensaient que l’excision était une pratique exigée par la religion. Cette proportion est particulièrement élevée chez les femmes n’ayant aucun niveau d’instruction (39 %), chez les femmes des ethnies Arabe (70 %), Ouaddaï (41 %), Kanem-Bornou (44 %) Hadjarai (43 %) et Peul (43 %), ainsi que parmi celles de religion musulmane (47 %) ou encore parmi celles vivant dans les ménages les plus pauvres (49 %). Chez les hommes, c’est également dans les mêmes groupes que cette opinion est la plus répandue. 188 | Excision Tableau 11.11 Croyances au sujet de l'excision Pourcentage de femmes et d'hommes qui connaissent l'excision et qui sont d'accord avec différentes affirmations, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femme, l’excision est Homme Caractéristique sociodémographique Exigée par la religion Un moyen d'apaiser le désir sexuel Effectif connaissant l'excision Exigée par la religion Un moyen d'apaiser le désir sexuel Effectif connaissant l'excision Excision de la femme Excisée 43,1 30,5 2 734 na na na Pas excisée 23,1 7,3 2 415 na na na Âge 15-19 36,3 14,0 1 112 31,1 34,1 306 20-24 33,4 25,3 873 22,5 30,2 221 25-29 32,9 20,5 971 20,5 38,9 261 30-34 28,3 18,4 681 28,2 49,9 181 35-39 32,7 19,5 580 26,8 40,1 160 40-44 37,9 20,9 452 27,8 37,5 146 45-49 35,3 21,1 480 31,9 34,4 130 50-54 na na na 21,7 31,8 83 55-59 na na na 31,0 18,5 74 Résidence N'Djaména 30,9 23,1 506 27,0 42,6 212 Autres Villes 32,0 21,4 740 18,1 33,4 237 Rural 34,4 18,8 3 903 28,3 35,7 1 113 Niveau d'instruction Aucune instruction 38,8 20,7 3 828 36,3 31,9 714 Primaire 16,6 14,7 961 21,8 39,6 495 Secondaire ou plus 25,3 21,7 360 13,7 40,4 353 Ethnie Gorane 32,9 7,5 223 11,3 31,4 36 Arabe 70,1 32,5 754 44,9 34,4 222 Ouadai 41,2 23,1 626 40,2 40,2 177 Baguirmien 18,9 24,0 81 (39,4) (56,5) 21 Kanem-bornou 44,3 6,9 553 11,5 20,3 110 Fitri-batha 23,8 20,7 241 (32,6) (61,3) 32 Hadjarai 42,9 40,6 452 60,8 37,3 123 Lac iro 4,6 8,0 133 (2,1) (36,5) 32 Sara 11,0 17,5 1 327 15,8 43,0 446 Tandjile 15,3 6,8 205 18,7 28,3 131 Peul 43,0 6,5 47 (17,9) (24,1) 21 Mayo kebbi 28,6 3,9 285 7,0 26,1 130 Autre/Etranger/ND 35,8 18,7 223 31,8 35,5 81 Religion Catholique 14,0 15,0 1 063 18,5 43,5 391 Protestant 9,2 12,3 761 7,0 33,0 285 Musulman 46,5 23,2 3 211 38,2 35,4 815 Animiste/Autre/ND 21,5 9,9 114 16,2 19,8 71 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 48,8 27,4 1 175 48,8 32,6 282 Second 25,5 21,5 1 049 32,8 38,0 320 Moyen 29,6 14,0 798 12,1 33,2 248 Quatrième 30,0 12,1 973 17,6 36,2 265 Le plus riche 31,9 20,0 1 154 21,5 39,1 447 Ensemble 34 20 5 149 27 36 1 562 na = Non applicable ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. Excision | 189 11.3.3 Opinions sur l’excision On a également demandé aux femmes et aux hommes enquêtés leur opinion sur la poursuite ou l’abandon de l’excision. Les résultats sont présentés aux tableaux 11.12 et 11.13 et au graphique 11.5. Tableau 11.12 Opinion des femmes par rapport à l'excision selon leur situation par rapport à l’excision Répartition (en %) des femmes qui connaissent l'excision selon leur opinion concernant le maintien ou l’abandon de cette pratique, selon qu'elles sont excisées et qu'au moins une de leur fille est excisée, Tchad 2004 Opinion sur l'excision Situation par rapport à l'excision Devrait disparaître Devrait être maintenue Ça dépend ND Total Effectif de femmes connaissant l’excision Type d'excision de la femme Excisée 19,1 73,4 5,1 2,5 100,0 2 640 - Entaille, pas de chair enlevée 9,7 87,5 2,1 0,7 100,0 531 - Chair enlevée seulement 21,3 70,0 5,7 3,0 100,0 2 043 - Chair enlevée et suture des lèvres 24,3 66,0 9,7 0,0 100,0 65 - Indéterminé 41,1 53,2 0,4 5,2 100,0 95 Pas excisée 55,1 23,0 12,2 9,6 100,0 2 415 Filles de l'enquêtée L'enquêtée n'a pas de fille 39,4 47,0 6,8 6,8 100,0 1 824 Aucune fille excisée 41,5 41,9 10,4 6,2 100,0 2 518 - Pas l'intention de la faire exciser 56,4 24,4 12,1 7,0 100,0 1 659 - Intention de la faire exciser 7,4 85,9 5,2 1,5 100,0 711 - Intention non déterminée 38,3 25,9 15,7 20,0 100,0 148 Au moins une fille excisée 12,8 79,0 5,6 2,6 100,0 795 Ensemble 36,4 49,4 8,3 5,9 100,0 5 149 D’une manière générale (tableau 11.12), plus d’une femme sur trois (36 %) pense que l’excision devrait disparaître et près de la moitié (49 %) pense le contraire. Celles qui sont indécises représentent 8 %. Les femmes ayant été excisées (quel que soit le type d’excisions) sont dans leur majorité favorables au maintien de cette tradition (plus 66 %). De même, les femmes qui n’ont pas fait exciser leur fille mais qui ont l’intention de le faire sont, dans 86 % des cas, pour le maintien de cette pratique. Le tableau 11.13 présente également l’opinion des femmes et des hommes sur le maintien ou l’abandon de l’excision selon les caractéristiques sociodémographiques. L’âge des femmes ne semble pas influencer de manière très nette l’opinion des femmes. Par contre, on constate que c’est parmi les femmes du milieu urbain (46 %), celles qui sont instruites (60 % pour le niveau primaire et 65 % pour le niveau secondaire ou plus) et parmi celles vivant dans les ménages des trois derniers quintiles (plus de 40 %) que l’on observe les proportions les plus élevées de femmes favorables à la disparition de cette pratique (graphique 11.5). 190 | Excision Tableau 11.13 Opinion par rapport à l'excision selon les caractéristiques sociodémographiques Répartition (en %) des femmes et des hommes qui connaissent l'excision selon leur opinion concernant le maintien ou l'abandon de cette pratique, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Opinion sur l'excision Caractéristique sociodémographique Devrait disparaître Devrait être maintenue Ça dépend ND Total Effectif connaissant l’excision FEMMES Âge 15-19 37,7 47,9 7,1 7,2 100,0 1 112 20-24 36,6 49,9 7,9 5,6 100,0 873 25-29 37,6 49,7 7,8 5,0 100,0 971 30-34 37,5 46,9 9,8 5,8 100,0 681 35-39 36,0 48,0 11,3 4,7 100,0 580 40-44 31,3 53,3 9,9 5,4 100,0 452 45-49 34,1 52,8 6,1 7,0 100,0 480 Résidence N'Djaména 52,7 33,5 8,7 5,2 100,0 506 Autres Villes 41,3 40,8 10,2 7,7 100,0 740 Ensemble urbain 45,9 37,8 9,6 6,7 100,0 1 246 Rural 33,4 53,1 7,9 5,6 100,0 3 903 Niveau d'instruction Aucune instruction 27,8 57,9 8,6 5,6 100,0 3 828 Primaire 59,9 25,0 7,8 7,4 100,0 961 Secondaire ou plus 65,0 23,8 6,9 4,4 100,0 360 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 10,9 82,7 4,5 2,0 100,0 1 175 Second 37,9 47,5 9,3 5,2 100,0 1 049 Moyen 42,0 38,5 11,4 8,0 100,0 798 Quatrième 43,5 38,5 9,6 8,5 100,0 973 Le plus riche 51,1 33,9 8,2 6,7 100,0 1 154 Ensemble 36,4 49,4 8,3 5,9 100,0 5 149 HOMMES Âge 15-19 39,1 50,8 7,3 2,9 100,0 306 20-24 59,2 32,3 5,8 2,7 100,0 221 25-29 63,4 27,1 8,8 0,6 100,0 261 30-34 47,5 43,3 8,1 1,1 100,0 181 35-39 48,4 40,4 7,3 3,9 100,0 160 40-44 42,4 44,4 11,8 1,4 100,0 146 45-49 31,8 55,7 10,9 1,7 100,0 130 50-54 48,9 43,6 7,5 0,0 100,0 83 55-59 49,9 41,6 4,2 4,4 100,0 74 Résidence N'Djaména 55,8 30,7 9,3 4,2 100,0 212 Autres Villes 58,0 30,6 10,5 0,9 100,0 237 Ensemble urbain 57,0 30,6 9,9 2,5 100,0 449 Rural 45,3 45,6 7,2 1,9 100,0 1 113 Niveau d'instruction Aucune instruction 28,9 59,4 9,3 2,4 100,0 714 Primaire 57,9 32,8 7,4 1,9 100,0 495 Secondaire ou plus 75,7 16,4 6,2 1,6 100,0 353 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 11,0 78,4 9,7 1,0 100,0 282 Second 42,6 49,3 5,6 2,5 100,0 320 Moyen 63,4 26,8 6,9 2,9 100,0 248 Quatrième 64,1 26,3 7,8 1,8 100,0 265 Le plus riche 59,4 29,0 9,5 2,1 100,0 447 Ensemble 48,7 41,3 8,0 2,1 100,0 1 562 Excision | 191 Le tableau 11.13 présente également la répartition des hommes selon qu’ils sont favorables ou non à l’abandon de l’excision. Les hommes sont proportionnellement plus nombreux que les femmes à penser que la pratique de l’excision devrait être abandonnée (49 % contre 36 %) À l’opposé, malgré les campagnes de sensibilisation, 41 % se sont déclarés en faveur de son maintien. Les résultats selon l’âge ne font pas apparaître une tendance nette. Selon le milieu de résidence, on constate que c’est dans le milieu urbain que la proportion d’hommes (57 %) qui pensent qu’il faudrait abandonner cette pratique est la plus élevée (contre 45 % en milieu rural). Quant aux résultats selon le niveau d’instruction, ils montrent, comme chez les femmes, que la grande majorité des hommes instruits se sont déclarés contre la poursuite de cette pratique (58 % pour le primaire et 76 % pour le secondaire et plus contre seulement 29 % parmi ceux sans instruction). Enfin, les hommes qui affirment que cette pratique devrait disparaître sont proportionnellement plus nombreux dans les ménages aisés que dans les plus pauvres (plus de 60 %) contre 11 % dans le quintile le plus pauvre. En plus de demander aux femmes si elles pensaient que la pratique de l’excision devait être maintenue ou disparaître, on leur a posé la question suivante : « Pensez-vous que les hommes tiennent à ce que la pratique de l’excision soit conservée ou, au contraire, pensez-vous qu’ils sont favorables à son abandon ? » Une question similaire a été posée aux hommes. Les réponses à ces questions, présentées au tableau 11.14, permettent de mesurer l’écart qui peut exister entre l’opinion des femmes et l’idée qu’elles se font de l’opinion des hommes et, de même, entre l’opinion des hommes et l’idée qu’ils se font de l’opinion des femmes. On constate que parmi les femmes qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être maintenue (49 %), la grande majorité (41 %) pense que les hommes sont du même avis, c’est-à-dire qu’ils sont favorables au maintien de l’excision. Parallèlement, parmi les femmes qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être abandonnée (36 %), la majorité (27 %) pense que les hommes sont également du même avis, c’est-à-dire qu’ils sont favorables à la disparition de cette pratique. Globalement, on peut dire que les femmes ont une bonne connaissance de l’opinion des hommes en la matière. Graphique 11.5 Proportion de femmes et d’hommes favorables à l’abandon de la pratique de l’excision EDST-II 2004 36 53 41 33 49 56 58 45 TCHAD RÉSIDENCE N'Djaména Autres Villes Rural 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage Femme Homme 192 | Excision Tableau 11.14 Opinion des femmes et des hommes par rapport à l'excision Répartition (en %) des femmes et des hommes qui connaissent l'excision selon leur opinion concernant le maintien ou l'abandon de cette pratique et selon leur perception de l'opinion du sexe opposé, Tchad 2004 Opinion et perception Femmes Hommes Enquêté(e) pense que la pratique de l’excision devrait être maintenue 49,4 41,3 Et pense que le sexe opposé souhaite que l’excision soit maintenue 41,0 36,9 Et pense que le sexe opposé souhaite que l’excision disparaisse 1,8 1,8 Et ne connaît pas l’opinion du sexe opposé 6,6 2,6 Enquêté(e) pense que la pratique de l’excision devrait disparaître 36,4 48,7 Et pense que le sexe opposé souhaite que l’excision soit maintenue 2,2 11,0 Et pense que le sexe opposé souhaite que l’excision disparaisse 26,6 30,4 Et ne connaît pas l’opinion du sexe opposé 7,6 7,3 NSP, pas sûr(e) 14,2 10,1 Total 100,0 100,0 Effectif 5 149 1 562 Concernant les hommes, on constate que parmi ceux qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être maintenue (41 %), la majorité (37 %) pense que les femmes sont du même avis, c’est-à-dire qu’elles sont aussi favorables au maintien de l’excision. Parallèlement, parmi les hommes qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être abandonnée (49 %), 30 % d’entre eux pensent que les femmes sont du même avis, c’est-à-dire qu’elles sont favorables à la disparition de cette pratique. Globalement, là encore, on constate une bonne connaissance par les hommes de l’opinion des femmes en la matière. Allaitement et État Nutritionnel | 193 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL 12 Joël Nodjimbatem Ngoniri La malnutrition est l’un des principaux problèmes de santé et de bien-être qui affecte les enfants dans les pays en développement en général et au Tchad en particulier, où la majorité de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Elle résulte aussi bien d'une alimentation inadéquate que d’un environnement sanitaire déficient. Les pratiques alimentaires inadéquates font référence, non seulement à la qualité et à la quantité des aliments donnés aux enfants, mais aussi aux étapes de l’introduction de ces aliments dans leur alimentation. Ce chapitre est consacré à l'analyse des données sur les pratiques alimentaires des enfants nés dans les cinq années ayant précédé l'enquête et sur l'état nutritionnel des enfants et des mères. Les pratiques d’allaitement et d’alimentation de complément constituent la première partie de ce chapitre. La deuxième partie est consacrée aux résultats portant sur les mesures anthropométriques (poids et taille) des enfants et des mères à partir desquelles a été évalué leur état nutritionnel. 12.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT Les pratiques d'alimentation constituent l’un des facteurs déterminants de l'état nutritionnel des enfants qui affecte, à son tour, la morbidité et la mortalité de ces enfants. Parmi ces pratiques, celles concernant l’allaitement maternel revêtent une importance particulière. En effet, de par ses propriétés particulières (stérile et il transmet les anticorps de la mère et tous les éléments nutritifs nécessaires aux enfants dans les premiers mois d'existence), le lait maternel permet d’éviter les carences nutritionnelles et de limiter la prévalence de la diarrhée et d'autres maladies. Par ailleurs, par son intensité et sa fréquence, l'allaitement maternel prolonge l’infécondité post-partum et par conséquent, en affectant l’intervalle intergénésique, il influe sur le niveau de la fécondité et, donc, sur l’état de santé des enfants et des mères. Compte tenu de l’importance des pratiques d'allaitement, on a demandé aux mères si elles avaient allaité leurs enfants nés dans les cinq années ayant précédé l'enquête et, plus précisément, à quel moment elles avaient commencé à les allaiter, pendant combien de temps elles les avaient allaités, quelle était la fréquence de l'allaitement, à quel âge les aliments de complément avaient été introduits et de quel type d'aliments il s'agissait. On a également demandé aux mères si elles avaient utilisé un biberon. Début de l’allaitement Le tableau 12.1 présente, d’une part les pourcentages d'enfants nés au cours des cinq dernières années qui ont été allaités et, d’autre part, parmi ces enfants allaités, les pourcentages de ceux qui ont été allaités dans l’heure ou le jour qui a suivi la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Ces données indiquent que quelles que soient les caractéristiques des mères, pratiquement tous les enfants (98 %) ont été allaités. En outre, cette proportion d’enfants allaités est identique à celle observée à celle de l’EDST- I (98 %). Cependant, malgré cette proportion élevée, on constate que parmi ces enfants, seulement 34 % ont été immédiatement mis au sein, c’est-à-dire dans l’heure qui a suivi leur naissance. Dans 42 % des cas, les enfants n’ont été allaités que dans les 24 heures après la naissance et dans 64 % des cas, les enfants ont été alimentés avant le début de l’allaitement. Ces comportements peuvent se révéler néfastes pour les enfants et mettre en danger leur survie car, c’est au cours des premiers allaitements, dans les vingt-quatre heures qui suivent leur naissance, que les enfants 194 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 12.1 Allaitement initial Pourcentage d'enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l'enquête qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités dans l'heure qui a suivi la naissance, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités le jour de la naissance et pourcentage de ceux ayant reçu des aliments avant d'être allaités, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant été allaité Effectif d'enfants Pourcentage allaité dans l'heure suivant la naissance Pourcentage allaité dans la journée suivant la naissance1 Pourcentage alimenté avant le début de l’allaitement2 Effectif d'enfants allaités Âge de l'enfant en mois <6 99,1 682 35,6 42,4 62,6 676 6-9 99,3 406 29,5 35,3 68,2 403 10-11 99,5 164 27,2 33,1 71,6 163 12-23 98,0 1 084 32,3 40,5 65,1 1 062 24-35 98,3 1 201 37,4 44,1 60,8 1 181 36-47 97,9 1 108 35,5 43,6 63,1 1 085 48-59 98,5 1 344 33,7 40,7 63,9 1 324 Sexe Masculin 98,0 3 058 34,0 40,6 63,8 2 998 Féminin 98,8 2 931 34,5 42,4 63,6 2 896 Résidence N'Djaména 94,1 439 35,2 46,7 64,0 414 Autres Villes 99,0 684 35,6 43,3 61,8 677 Ensemble urbain 97,1 1 123 35,4 44,6 62,6 1 091 Rural 98,7 4 866 34,0 40,8 64,0 4 803 Zone Zone 1 94,1 439 35,2 46,7 64,0 414 Zone 2 97,8 730 63,2 78,2 35,8 714 Zone 3 99,4 673 36,0 47,4 63,6 669 Zone 4 99,5 444 23,9 32,1 76,9 442 Zone 5 99,0 786 50,8 53,4 49,2 779 Zone 6 98,8 628 28,1 38,9 71,6 621 Zone 7 98,4 1 479 20,3 23,1 79,2 1 456 Zone 8 98,8 809 26,5 30,1 61,1 800 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 98,7 4 580 37,0 43,9 61,4 4 520 Primaire 97,9 1 164 24,8 32,5 71,7 1 139 Secondaire ou plus 95,5 245 28,8 39,5 70,5 234 Assistance à l'accouchement Professionnel de la santé 96,6 966 33,1 42,3 63,9 933 Accoucheuse traditionnelle 98,9 1 900 42,0 49,6 54,7 1 880 Autre 98,7 2 887 30,0 36,0 69,3 2 849 Personne 97,9 234 29,6 40,4 67,7 229 Lieu d'accouchement Centre de santé 96,2 792 36,3 45,8 60,3 762 À domicile 98,7 5 153 34,1 41,0 64,2 5 088 Autre (100,0) 34 (22,8) (28,6) (65,4) 34 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 99,1 1 019 42,4 50,2 57,4 1 010 Second 98,6 1 356 28,0 33,7 69,4 1 337 Moyen 98,5 1 187 31,6 39,0 65,4 1 169 Quatrième 98,9 1 333 35,1 42,5 62,6 1 319 Le plus riche 96,8 1 093 36,5 44,5 62,1 1 058 Ensemble3 98,4 5 989 34,3 41,5 63,7 5 893 Note : Le tableau est basée sur tous les enfants nés dans les cinq ans ayant précédé l'enquête, qu'ils soient vivants ou décédés au moment de l'enquête. ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés 1 Y compris les enfants allaités dans l'heure qui a suivi la naissance. 2 Les enfants ayant reçu quelque chose d’autre que le lait maternel au cours des premiers trois jours avant que la mère ne commence à allaiter de manière régulière. 3 Y compris 2 cas dont l’assistance à l’accouchement est non déterminée et 9 cas dont le lieu d’accouchement est non déterminé. Allaitement et État Nutritionnel | 195 reçoivent le colostrum qui contient les anticorps de la mère et qui sont essentiels pour résister à de nombreuses maladies. De plus, quand un nouveau-né n’est pas allaité dans les vingt-quatre heures qui suivent la naissance, il reçoit, à la place du lait maternel, d’autres liquides pouvant le mettre en contact avec des agents pathogènes. Ces résultats montrent donc qu’il reste encore beaucoup à faire pour sensibiliser les mères sur l'importance et/ou la nécessité ou encore les bienfaits de l'allaitement maternel dès les premières heures de la vie des enfants. Il faut cependant souligner que la proportion des enfants allaités dans l’heure suivant leur naissance est nettement supérieure à celle enregistrée à l'EDST-I de 1996-97 (34 % contre 24 %), ce qui constitue une amélioration. Bien que l'allaitement soit largement pratiqué par toutes les catégories de femmes, le moment où cet allaitement commence varie sensiblement selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes, notamment le milieu et la zone de résidence, le niveau d’instruction, l’assistance à l’accouchement, le lieu d’accouchement et le niveau de vie du ménage. Les proportions d’enfants allaités immédiatement après leur naissance varient en fonction de la zone de résidence : en effet, c’est dans la zone 2 (BET, Kanem et Lac) que l’on constate la proportion la plus élevée d’enfants dont la mise au sein s’est effectuée dans l’heure qui a suivi la naissance (63 %). Dans la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi), cette proportion est aussi relativement élevée puisqu’elle concerne environ un enfant sur deux (51 %). À l’opposé, dans la zone 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé), seulement 20 % des enfants ont été allaités immédiatement après leur naissance. Si l’on considère les résultats par niveau d’instruction de la mère, on constate que ce sont les enfants dont la mère n’a pas d’instruction qui ont été les plus fréquemment allaités immédiatement après la naissance (37 % contre 25 % quand la mère a un niveau primaire et 29 % quand elle a atteint un niveau secondaire). D’autre part, les résultats montrent que le type d’assistance à l’accouchement influence le moment auquel l’enfant est mis au sein pour la première fois : en effet, dans 42 % des cas, quand la mère a accouché avec l’assistance d’une accoucheuse traditionnelle, l’enfant est allaité immédiatement après la naissance ; quand l’accouchement a été assisté par du personnel de santé, la proportion d’enfants allaités dans l’heure qui a suivi la naissance est un peu plus faible (33 %). Cette proportion est encore plus faible quand la mère n’a été assistée par personne durant son accouchement (30 %). Par contre, le lieu d’accouchement n’influence que très légèrement la proportion d’enfants immédiatement allaités : 36 % quand la mère a accouché dans un centre de santé contre 34 % quand elle a accouché à domicile. Enfin, il ne semble pas qu’il y ait une relation très nette entre le niveau de bien-être du ménage et le moment auquel l’enfant est allaité pour la première fois après sa naissance. Cela dit, dans les ménages du quintile le plus pauvre, 42 % des enfants ont été mis au sein immédiatement après la naissance contre 37 % dans le quintile le plus riche. Introduction de l’alimentation de complément Selon les recommandations de l’UNICEF et de l’OMS, tous les enfants devraient être exclusivement nourris au sein jusqu’à six mois. L’introduction d’autres aliments appropriés pour satisfaire les besoins de l’enfant ne devrait intervenir qu’à partir de cet âge. L’introduction trop précoce d’aliments de complément n’est pas recommandée parce qu’elle expose les enfants aux agents pathogènes et augmente ainsi leur risque de contracter des maladies infectieuses. De plus, elle diminue la prise de lait par l’enfant, et donc la succion, ce qui réduit la production de lait. Enfin, dans une population économiquement pauvre comme au Tchad, les aliments de complément ont souvent une valeur nutritionnelle faible. Les informations sur l’alimentation de complément ont été obtenues en demandant à la mère si son enfant était allaité et quel type d’aliments (solides ou liquides) il avait reçu au cours des dernières 24 heures. Bien que les questions sur l’allaitement aient été posées pour tous les enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, celles sur les compléments nutritionnels n’ont été posées que pour 196 | Allaitement et État Nutritionnel les derniers-nés. De plus, les résultats ne sont présentés que pour les enfants de moins de trois ans, dans la mesure où pratiquement tous les enfants sont sevrés au-delà de cet âge. Les résultats du tableau 12.2 et du graphique 12.1 montrent que, après leur naissance, pratiquement tous les enfants sont allaités (99 %), et cette pratique se poursuit longtemps après la naissance puisque, à 20-23 mois, près de sept enfants sur dix (65 %) sont encore allaités ; parmi les enfants de 32-35 mois, environ 20 % continuent d’être allaités. Tableau 12.2 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant Répartition (en %) des enfants derniers-nés de moins de trois ans qui vivent avec leur mère par type d'allaitement, et pourcentage de tous les enfants de moins de trois ans utilisant le biberon, selon l'âge de l'enfant en mois, Tchad 2004 Âge en mois Pas allaité actuellement Allaitement exclusif Allaitement et eau seulement Allaitement et autres liquides Allaitement et aliments de complément Total Effectif d'enfants derniers nés Pourcentage utilisant biberon1 Effectif d'enfants <2 0,7 1,1 75,3 11,0 11,9 100,0 189 2,4 189 2-3 0,8 2,5 60,7 11,1 24,9 100,0 255 3,4 259 4-5 0,0 2,4 36,8 10,6 50,3 100,0 189 5,1 190 6-7 1,6 0,4 17,6 4,9 75,5 100,0 199 2,9 206 8-9 1,6 1,9 16,1 2,0 78,5 100,0 169 3,1 172 10-11 1,5 1,0 8,7 1,5 87,3 100,0 147 3,3 147 12-15 8,5 0,1 4,9 2,8 83,8 100,0 429 1,9 436 16-19 14,5 0,0 3,4 0,8 81,2 100,0 289 2,3 293 20-23 35,1 0,6 2,9 0,7 60,7 100,0 201 0,6 212 24-27 73,9 0,0 0,7 0,0 25,4 100,0 405 1,2 488 28-31 82,7 0,0 1,4 0,0 16,0 100,0 241 1,7 328 32-35 80,4 0,0 0,0 0,0 19,6 100,0 131 1,3 194 <6 0,5 2,1 57,9 10,9 28,6 100,0 633 3,6 639 6-9 1,6 1,1 16,9 3,5 76,9 100,0 369 3,0 378 Note : Le statut de l'allaitement fait référence à la période des dernières 24 heures (hier et la nuit dernière). Les enfants classés dans la catégorie "allaitement et eau seulement" ne reçoivent aucun complément. Les catégories "non allaités", "allaités exclusivement", "allaités et eau seulement", "autres liquides " et "aliments de complément" (solides et semi solides) sont hiérarchiquement et mutuellement exclusives et la somme des pourcentages fait 100 %. Ainsi les enfants allaités qui reçoivent des liquides autres que l’eau et qui ne reçoivent pas d'aliments de complément sont classés dans la catégorie "autres liquides " même s'ils reçoivent également de l'eau. Tout enfant qui reçoit des aliments de complément est classé dans cette catégorie tant qu'il est toujours allaité. 1 Basé sur tous les enfants de moins de trois ans. L’utilisation du biberon, n’est, en principe, pas très recommandée chez les jeunes enfants. En effet, l’utilisation du biberon est le plus souvent associée à une augmentation des risques de maladies, en particulier, les maladies diarrhéiques. Les biberons mal nettoyés et les tétines mal stérilisées sont à l’origine de troubles gastriques, de diarrhées et de vomissements chez les enfants. Le tableau 12.2 montre que l'utilisation du biberon chez les enfants demeure une pratique peu répandue au Tchad. C’est à l’âge de 4-5 mois que cette proportion est la plus élevée (5 %). Les données indiquent également que, l'allaitement exclusif demeure une pratique quasi inexistante au Tchad. Dès la naissance, seulement 1 % des enfants ne reçoivent exclusivement que le lait maternel et après 4-5 mois, la proportion est négligeable. Autrement dit, la grande majorité des enfants ne sont pas exclusivement allaités comme le recommandent l’OMS et l’UNICEF. La quasi-totalité des enfants allaités de moins de 6 mois reçoivent d’autres liquides ou solides en plus du lait maternel. Les résultats montrent que parmi les nouveau-nés de moins de 2 mois, 75 % reçoivent le lait maternel avec de Allaitement et État Nutritionnel | 197 l’eau seulement ; dans 11 % des cas, ils reçoivent en plus du lait maternel d’autres liquides et 12 % ont déjà reçu en plus du lait maternel des aliments de complément. Par contre, entre 6-7 mois, âge à partir duquel tous les enfants devraient déjà recevoir des aliments de complément en plus du lait maternel, seulement 76 % sont nourris de cette façon. Il faut attendre 10-11 mois pour que la majorité des enfants (87 %) soient allaités et reçoivent une alimentation de complément adéquate. Par ailleurs, les pratiques qui consistent à ne pas donner le colostrum aux nouveau-nés et celles qui consistent à introduire de manière précoce, des liquides et des aliments de complément dans l’alimentation des jeunes enfants peuvent avoir des implications néfastes sur leur état de santé et sur leur état nutritionnel. Ces résultats montrent que les pratiques d’allaitement au Tchad font courir aux jeunes enfants des risques accrus de contracter des maladies infectieuses comme par exemple, les maladies diarrhéiques. Durée et fréquence de l’allaitement La durée médiane de l’allaitement ou période pendant laquelle la moitié des enfants sont allaités, est calculée pour les enfants derniers-nés âgés de moins de trois ans. Le tableau 12.3 indique qu’au Tchad, la moitié des enfants sont allaités pendant une période n’excédant pas deux ans (21,3 mois), les durées médianes de l'allaitement exclusif (0,4 mois) ou d’allaitement et eau seulement (4,2 mois) sont très courtes. On constate néanmoins que le nombre moyen d’allaitement par jour ou par nuit est assez élevé (respectivement 7,5 tétés par jour et 4,2 tétés par nuit) et que 98 % des enfants de moins de six mois ont été allaités six fois ou plus au cours des dernières vingt quatre heures. Par rapport aux caractéristiques sociodémographiques, les résultats indiquent qu’il n’y a pas d’écart par rapport au sexe : la durée médiane d’allaitement d’un garçon est la même que celle d’une fille. C’est à N’Djaména que la durée médiane d’allaitement est la plus courte (17,8 mois) et en milieu rural qu’elle est la plus longue (21,5 mois). Le niveau d’instruction de la mère ainsi que le niveau de vie du ménage dans lequel elle vit n’induisent que de légères différences. La durée médiane d’allaitement des enfants dont la mère n’a pas d’instruction qui est de 21,5 mois n’est supérieure que d’environ un mois à celle des autres mères. Quant au niveau de vie des ménages on constate que dans les ménages du quintile le plus pauvre, la durée médiane de l’allaitement est supérieure de 2,6 mois à celle estimée dans les ménages du quintile le plus riche. Graphique 12.1 Pratique d'allaitement des enfants de moins de 3 ans EDST-II 2004 >2 4-5 8-9 12-15 20-23 28-31 Âge en mois Pourcentage Allaitement exclusif Allaitement et eau seulement Allaitement et autres liquides Allaitement et aliments de complément Non allaités 100 80 60 40 20 0 198 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 12.3 Durée médiane et fréquence de l'allaitement Durée médiane de l'allaitement et pourcentage d'enfants allaités de moins de six mois qui ont été allaités six fois ou plus au cours des vingt-quatre heures ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Enfants de moins de six mois allaités au sein Durée médiane de l'allaitement (en mois) Caractéristique sociodémographique Ensemble de l'allaitement Allaitement exclusif Allaitement et eau seulement Effectif d'enfants Pourcentage allaité 6+ fois dans les dernières 24 heures Nombre moyen d’allaitement par jour Nombre moyen d’allaitement par nuit Effectif d'enfants Sexe Masculin 21,3 0,4 4,1 1 816 98,5 7,7 4,1 327 Féminin 21,2 0,4 4,3 1 721 97,1 7,2 4,3 306 Résidence N'Djaména 17,8 0,4 4,8 268 95,9 7,3 4,1 42 Autres Villes 21,1 0,4 4,8 407 95,2 7,1 4,0 67 Ensemble urbain 19,7 0,4 4,8 675 95,5 7,2 4,0 109 Rural 21,5 0,4 4,0 2 862 98,3 7,5 4,2 524 Zone Zone 1 17,8 0,4 4,8 268 95,9 7,3 4,1 42 Zone 2 21,3 0,4 5,4 418 94,4 7,0 3,6 85 Zone 3 21,8 0,4 6,6 398 98,9 8,9 4,5 71 Zone 4 21,6 0,4 2,8 223 (99,1) (8,1) (3,8) 23 Zone 5 21,3 0,4 2,0 483 98,6 7,5 4,2 109 Zone 6 22,0 0,4 4,6 364 100,0 7,7 5,3 56 Zone 7 20,7 0,4 4,0 881 98,6 7,5 3,6 149 Zone 8 21,7 0,4 5,5 501 97,1 6,6 4,7 99 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 21,5 0,4 4,1 2 652 97,6 7,4 4,2 499 Primaire 20,4 0,4 4,1 730 99,7 7,9 4,3 111 Secondaire ou plus 19,7 0,4 5,3 154 (92,6) (6,1) (3,4) 23 Assistance à l'accouchement Professionnel de la santé 19,9 0,4 4,6 598 97,8 7,4 4,0 80 Accoucheuse traditionnelle 21,7 0,4 4,4 1 132 97,3 7,2 4,2 239 Autre 21,5 0,4 3,7 1 664 98,0 7,8 4,2 288 Personne 20,8 0,4 6,6 143 * * * 26 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 22,0 0,4 6,5 562 98,0 7,1 4,2 99 Second 21,8 0,4 3,8 793 100,0 7,7 4,5 167 Moyen 21,8 0,4 4,3 700 98,1 7,5 3,8 124 Quatrième 20,1 0,4 4,1 813 97,6 7,9 4,2 138 Le plus riche 19,4 0,4 4,1 669 94,0 7,0 4,1 105 Ensemble 21,3 0,4 4,2 3 537 97,8 7,5 4,2 633 Moyenne pour tous les enfants 21,0 0,9 6,0 na na na na na Note : Les durées moyennes et médianes sont basées sur le statut d'allaitement au moment de l'enquête. na = Non applicable ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. Allaitement et État Nutritionnel | 199 Par rapport aux résultats de l’EDST-I, la durée médiane de l’allaitement n’a connu pratiquement aucune modification (durée médiane estimée en 1996-1997 à 21,4 mois). Comparativement aux pays d’Afrique subsaharienne pour lesquels les durées moyennes d’allaitement ont été calculées selon le même procédé, on peut constater que la durée moyenne d’allaitement au Tchad n’est pas très différente de celles observées dans les autres pays africains (graphique 12.2). Graphique 12.2 Durée médiane de l’allaitement dans certains pays d’Afrique Subsaharienne Cameroun (2004) Côte d’Ivoire (98/99) Sénégal (1992/1993) Tanzanie (1999) Niger (1998) Tchad (2004) Guinée (1999) Ouganda (2000/2001) Mali (2001) Togo (1998) Burkina Faso (2003) Éthiopie (2000) 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 Pourcentage Type d’aliments de complément L’OMS recommande l’introduction d’aliments solides dans l’alimentation des enfants à l’âge de 6 mois, car à partir de cet âge, le lait maternel seul n’est plus suffisant pour assurer la croissance optimale de l’enfant. Le tableau 12.4 présente les pourcentages d’enfants derniers-nés allaités qui ont reçu des aliments particuliers au cours des vingt-quatre heures ayant précédé l’enquête. On constate tout d’abord que l’introduction de liquides, autres que le lait maternel et d’aliments solides ou semi-solides a lieu très tôt bien avant 6 mois. En effet, à 2-3 mois, 18 % des enfants ont reçu d’autres aliments et 8 % des céréales ; à 4-5 mois, ces proportions sont respectivement de 20 % et 36 %. Par contre, à 6-7 mois, âges auxquels le lait maternel ne suffit plus, seulement 19 % consomment de la viande, des œufs ou du poisson, aliments riches en protéines et minéraux et 19 % des fruits et légumes. 200 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 12.4 Aliments reçus par les enfants allaités le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête Pourcentage d'enfants derniers-nés de moins de trois ans vivant avec leur mère qui sont allaités, par type d'aliments reçus au cours des vingt-quatre heures ayant précédé l'enquête et pourcentage de ceux utilisant un biberon, selon l'âge en mois, Tchad 2004 Âge en mois Allaitement exclusif ou allaitement et eau seulement Préparation pour bébé Autre lait Autre liquide1 Céréales Fruits/ légumes Tubercules Viande/ oeufs/ poisson Autre aliment Utilise biberon Effectif <2 75,8 1,1 11,7 0,0 4,7 0,4 2,9 1,4 8,8 2,4 188 2-3 63,2 0,5 16,9 4,1 7,7 0,3 2,3 2,3 17,7 3,3 253 4-5 38,9 1,2 22,2 3,0 35,9 5,4 9,1 7,8 19,6 5,1 189 6-7 17,6 3,3 25,2 7,0 64,0 19,0 17,9 19,1 25,1 2,7 196 8-9 18,3 5,4 20,9 12,0 70,6 39,3 23,8 32,2 25,2 2,0 167 10-11 9,9 3,9 41,2 17,8 82,3 45,5 26,0 48,2 34,2 2,6 145 12-15 5,4 4,0 36,4 11,7 88,6 46,2 31,1 50,2 40,5 1,4 393 16-19 4,0 7,7 28,8 10,2 90,2 42,8 42,4 52,1 47,6 1,9 247 20-23 5,4 0,8 21,5 10,5 90,6 58,5 31,5 52,2 54,3 0,1 130 24-35 3,6 2,7 34,8 9,3 90,4 59,2 44,2 38,8 41,1 1,4 173 <6 59,6 0,9 16,9 2,6 15,3 1,9 4,5 3,7 15,6 3,6 630 6-9 17,9 4,3 23,3 9,3 67,0 28,3 20,6 25,1 25,1 2,4 363 Note : Le statut d'allaitement et les aliments consommés font référence à la période des dernières 24 heures (hier et la nuit dernière). 1 Non compris l'eau. 12.2 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES 12.2.1 État nutritionnel des enfants Méthodologie L’état nutritionnel résulte à la fois, de l’histoire nutritionnelle (ancienne et récente) de l’enfant et des maladies ou infections qu’il a pu avoir. Cet état influe sur le risque qu’a l’enfant de contracter des maladies. En effet, un enfant mal nourri est en situation de faiblesse physique qui favorise les infections qui, à leur tour, influent sur ses risques de décéder. L’état nutritionnel est évalué au moyen d’indices anthropométriques calculés à partir de l’âge et des mesures de la taille1 et du poids de l’enfant pris au cours de l’enquête. Le poids et la taille permettent de calculer les trois indices suivants : la taille par rapport à l’âge (taille-pour-âge), le poids par rapport à la taille (poids-pour-taille) et le poids par rapport à l’âge (poids-pour-âge). Au cours de l’enquête, tous les enfants de moins de cinq ans présents dans les ménages enquêtés et dont la mère avait été enquêtée devaient être pesés et mesurés. Les données portent donc sur un effectif total de 4 635 enfants répondant à ces critères. 1 Les enfants de moins de 24 mois ont été mesurés en position couchée, alors que ceux de 24 mois et plus ont été mesurés en position debout. Cependant, pour faciliter la compréhension du texte, le même terme « taille » sera utilisé ici pour tous les enfants, quelle que soit la façon dont ils ont été mesurés. Allaitement et État Nutritionnel | 201 Tableau 12.5 État nutritionnel des enfants Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans considérés comme atteints de malnutrition selon les trois indices anthropométriques de l'état nutritionnel (taille-pour-âge, poids-pour-taille et poids-pour-âge), selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Taille-pour-âge Poids-pour-taille Poids-pour-âge Caractéristique sociodémographique Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET1 Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET1 Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET1 Effectif d'enfants Âge de l'enfant en mois <6 0,9 3,2 1,8 9,5 0,4 3,0 572 6-9 4,8 12,1 4,2 18,8 4,9 22,8 363 10-11 11,5 27,7 0,9 26,2 13,6 33,0 137 12-23 24,1 48,1 5,3 23,8 23,1 52,0 853 24-35 33,3 54,0 3,0 13,4 22,6 51,0 902 36-47 31,8 53,0 2,8 9,6 14,6 40,0 819 48-59 27,2 47,1 2,2 6,7 9,2 33,0 987 Sexe Masculin 23,6 40,5 3,0 14,7 13,9 36,7 2 337 Féminin 22,7 41,4 3,3 12,4 14,2 36,8 2 297 Rang de naissance 2-3 20,2 32,9 2,4 13,0 12,0 34,1 764 4-5 24,8 43,3 2,6 12,2 14,9 35,7 1 436 6+ 22,1 41,8 3,9 15,4 13,9 37,6 1 107 Intervalle intergénésique en mois Première naissance2 20,8 33,6 2,4 12,9 12,6 34,4 774 <24 27,7 48,0 4,2 12,4 16,5 41,4 882 24-47 23,2 42,0 3,0 13,6 13,7 36,4 2 420 48+ 19,2 35,3 3,1 16,0 13,7 34,0 559 Résidence N'Djaména 12,3 26,8 4,4 16,3 9,0 26,5 335 Autres Villes 18,1 35,6 3,1 13,2 9,6 32,1 547 Ensemble urbain 15,9 32,3 3,6 14,4 9,4 29,9 882 Rural 24,9 43,0 3,0 13,3 15,1 38,3 3 753 Zone Zone 1 12,3 26,8 4,4 16,3 9,0 26,5 335 Zone 2 39,0 58,4 6,3 20,0 31,8 59,2 552 Zone 3 27,7 43,1 4,1 18,1 20,2 43,2 552 Zone 4 33,1 54,1 1,5 12,8 18,5 49,1 369 Zone 5 21,2 42,1 2,2 14,2 13,7 40,7 572 Zone 6 18,8 37,4 3,9 12,2 9,3 31,3 501 Zone 7 21,9 38,3 1,1 8,6 7,6 26,8 1 089 Zone 8 13,1 30,5 3,4 12,0 8,6 28,0 664 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 26,3 44,3 3,5 14,9 16,6 40,5 3 539 Primaire 13,5 31,9 1,7 9,4 5,8 25,7 902 Secondaire ou plus 10,9 22,1 2,2 8,3 5,3 20,3 194 Âge de la mère 15-19 18,2 29,5 4,3 17,4 10,8 36,3 371 20-24 22,7 38,6 1,9 12,2 14,5 33,7 1 104 25-29 23,1 41,4 3,4 13,7 14,9 38,0 1 312 30-34 23,6 44,8 3,7 14,1 13,0 38,1 892 35-49 25,1 43,8 3,2 12,8 14,5 37,4 955 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 31,0 50,7 2,9 16,0 20,8 48,3 803 Second 23,7 39,0 2,8 12,3 11,9 34,9 1 061 Moyen 25,0 44,7 3,9 13,0 14,5 37,3 947 Quatrième 21,1 39,3 2,8 13,5 14,4 35,7 993 Le plus riche 15,1 31,7 3,2 13,4 9,3 28,5 830 Ensemble 23,2 40,9 3,1 13,5 14,0 36,7 4 635 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l'enquête. Chaque indice est exprimé en terme de nombre d'unités d'écart type (ET) par rapport à la médiane de la Population de Référence Internationale du NCHS/CDC/OMS. Le tableau présente les pourcentages d'enfants qui se situent à moins de -3 ET ou à moins de -2 ET de la médiane de la population de référence. 1 Y compris les enfants qui se situent en dessous de -3 ET de la médiane de la population de référence. 2 Les premières naissances multiples (jumeaux ou triplets, etc.) sont considérées comme première naissance car elles n'ont pas d'intervalle intergénésique précédent. 202 | Allaitement et État Nutritionnel Selon les recommandations de l’OMS, l’état nutritionnel des enfants observés pendant l’enquête est comparé à celui d’une population de référence internationale, connu sous le nom de standard NCHS/CDC/OMS2. Cette référence internationale a été établie à partir de l’observation d’enfants américains de moins de cinq ans en bonne santé et elle est utilisable pour tous les enfants de cet âge dans la mesure où, quel que soit le groupe de population, ils suivent un modèle de croissance à peu près similaire. Les données de la population de référence internationale ont été normalisées pour suivre une distribution normale où la médiane et la moyenne sont identiques. Pour les différents indices étudiés, on compare la situation des enfants dans l’enquête avec le standard de référence internationale, en calculant la proportion d'enfants observés qui se situent à moins de deux et à moins de trois écarts type en dessous de la médiane de la population de référence. Le tableau 12.5 et le graphique 12.3 présentent les pourcentages d’enfants souffrant de malnutrition selon les trois indices anthropométriques. Parmi les enfants ayant été pesés et mesurés avec succès, l’état nutritionnel a donc pu être analysé selon certaines caractéristiques disponibles à partir du questionnaire individuel femme, comme le rang de naissance, l’intervalle intergénésique et le niveau d’instruction de la mère. Graphique 12.3 État nutritionnel des enfants de moins de 5 ans EDST-II 2004 ( ( ((( ( ( ( ( ( ( ( ( ( ( ((((((((((((( (( (((( ( ( ( ((( ( ( (( ((( ( ( ((((( ((( ((( ' ' ''' '' '' ''' '''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''' # # ### ## # # # # # # # ## ## ## # ######## # #### # # ### # # # ## ### # # # ### ##### # # 0 3 6 9 12 15 18 21 24 27 30 33 36 39 42 45 48 51 54 57 60 Âge en mois 0 10 20 30 40 50 60 70 Pourcentage Retard de croissance Émaciation Insuffisance pondérale Retard de croissance Le tableau 12.5 fournit les proportions d’enfants de moins de cinq ans qui souffrent de malnutrition chronique. La malnutrition chronique qui se manifeste par une taille trop petite pour l’âge se traduit par un retard de croissance. Cette situation est généralement la conséquence d’une alimentation inadéquate et/ou de maladies survenues pendant une période relativement longue ou qui se sont manifestées à plusieurs reprises. L’indice taille-pour-âge, qui rend compte de la taille d’un enfant par rapport à son âge, est donc une mesure des effets à long terme de la malnutrition et elle ne varie que très 2 NCHS : National Center for Health Statistics (Centre National des Statistiques Sanitaires des États-Unis) ; CDC : Centers for Disease Control and Prevention (Centres de contrôle et prévention des maladies, des États-Unis) ; OMS : Organisation Mondiale de la Santé. Allaitement et État Nutritionnel | 203 peu en fonction de la saison au cours de laquelle les enfants sont mesurés. De plus, on considère qu’après l’âge de deux ans, « il y a peu de chance pour qu’une intervention quelle qu’elle soit puisse améliorer la croissance. » (Delpeuch, 1991). Ainsi, le retard de croissance staturale acquis dès les plus jeunes âges ne se rattrape pratiquement plus. La taille-pour-âge est révélatrice de la qualité de l’environnement et, d’une manière générale, du niveau de développement socioéconomique d’une population. L’enfant qui a une taille insuffisante pour son âge peut, cependant, avoir un poids en correspondance avec sa taille réelle ; pour cette raison, cette forme de malnutrition n’est pas toujours visible dans une population. À partir des résultats du tableau 12.5 concernant l'indice taille-pour-âge, on constate que la situation nutritionnelle des enfants tchadiens âgés de moins de cinq ans est critique : en effet, 41 % des enfants vivant avec leur mère (contre 40 % en 1996-1997) souffrent de malnutrition chronique modérée et près d'un enfant sur cinq (23 % contre 20 % en 1996-97) souffre de malnutrition chronique sévère. Ces proportions sont très élevées par rapport à celles que l'on s'attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie, à savoir respectivement, 2,3 % et 0,1 %. En outre, en plus des niveaux élevés de malnutrition chronique, les résultats indiquent que la situation des enfants au Tchad ne s’est pas améliorée au cours des huit dernières années. Le tableau 12.5 présente également les résultats selon les caractéristiques sociodémographiques qui sont représentés au graphique 12.4. On constate en premier lieu que la prévalence de la malnutrition chronique selon l'âge laisse apparaître des variations importantes, qu’elle soit modérée ou sévère. En effet, la proportion d'enfants accusant un retard de croissance augmente très rapidement avec l'âge : de 3 % à moins de 6 mois, la prévalence de la malnutrition chronique modérée atteint 28 % à 10-11 mois, soit un niveau neuf fois plus élevée et, en moyenne, entre 24-47 mois, plus d’un enfant sur deux accuse un retard de croissance modéré (54 % à 24-35 mois et 53 % à 36-47 mois). La proportion d’enfants atteints de ce type de malnutrition sous sa forme sévère augmente de manière importante jusqu’à l’âge de 35 mois où elle touche un tiers des enfants de 24-35 mois (33 %). Cette situation est très grave car comme on l’a mentionné précédemment, c'est avant deux ans que la plupart des enfants accumulent un retard de croissance staturale et, après cet âge, le retard n'est plus rattrapable. Graphique 12.4 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans accusant un retard de croissance EDST-II 2004 41 3 12 28 48 54 53 47 27 36 32 43 51 39 45 39 32 TCHAD ÂGE <6 mois 6-9 mois 10-11mois 12-23 mois 24-35 mois 36-47 mois 48-59 mois RÉSIDENCE N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural QUINTILES BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 Pourcentage 204 | Allaitement et État Nutritionnel On constate également que l’âge n’est pas la seule variable qui influence la prévalence de la malnutrition chronique. Les enfants de la zone 2 (BET, Kanem et Lac) et 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) sont particulièrement touchés par ce type de malnutrition (respectivement, 58 % et 54 %) (graphique 12.5). C’est également dans ces deux dernières zones que les pourcentages d’enfants souffrant de malnutrition chronique, dans sa forme sévère, sont les plus élevés (respectivement, 39 % et 33 %). De même, les enfants dont l’intervalle intergénésique est inférieur à 24 mois (48 %), ceux du milieu rural (43 %), ceux dont la mère n’a pas d’instruction (44 %), ceux dont l’âge de la mère à la naissance est supérieur à 30 ans (au moins 44 %) ainsi que ceux qui vivent dans les ménages du quintile le plus pauvre (51 %) souffrent particulièrement d’un retard de croissance modéré. Par contre, la malnutrition chronique affecte dans les mêmes proportions les garçons et les filles (41 %). Du point de vue du rang de naissance, on constate que plus le rang de l’enfant est élevé, plus la prévalence de la malnutrition est élevée: 33 % pour les enfants de rang 2-3 contre 43 % et 42 % pour ceux de rang 4-5 et 6 et plus. Cette situation pourrait s’expliquer par le fait que lorsque la taille du ménage s’agrandit, son pouvoir d’achat ne lui permet pas de satisfaire correctement les besoins nutritionnels de tous ses membres. Graphique 12.5 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans accusant un retard de croissance selon la zone EDST-II 2004 41 27 58 43 54 42 37 38 31 TCHAD Zone 1 (N’Djaména) Zone 2 (BET, Kanem, Lac) Zone 3 (Batha, Guéra, Salamat) Zone 4 (Ouaddaï Wadi Fira) Zone 5 (Hadjer Lamis Chari Baguirmi) Zone 6 (Mayo Kebbi Est et Ouest) Zone 7 (Logone Occidental, Oriental et Tandjilé) Zone 8 (Mandoul, Moyen Chari) 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 Pourcentage Les résultats selon le niveau d'instruction de la mère mettent en évidence des variations très importantes. En effet, les enfants dont la mère n'a aucune instruction sont plus de deux fois plus (44 %) affectés par le retard de croissance modéré que ceux dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus (22 %). Il en est de même pour la malnutrition chronique sévère (26 % contre 11 %). Il est certain qu’avec l'acquisition d'une certaine instruction, les femmes ont une meilleure connaissance de la composition équilibrée des aliments et des règles d'hygiène élémentaires. Cependant, les femmes non instruites, sont souvent celles qui vivent dans les conditions économiques les plus précaires, caractérisées par une quantité de nourriture disponible parfois limitée et de faible qualité. C'est peut-être cette conjonction de facteurs, et non le seul niveau d'instruction, qui explique la forte prévalence de la malnutrition chronique parmi les enfants des femmes sans niveau d’instruction. Allaitement et État Nutritionnel | 205 Émaciation Au tableau 12.5 figurent également les résultats concernant les proportions d'enfants atteints de malnutrition aiguë, exprimée par l'indice poids-pour-taille. Cet indice qui donne une mesure de la masse du corps en relation avec la taille reflète la situation nutritionnelle actuelle (au moment de l'enquête). Il peut donc être fortement influencé par la saison pendant laquelle s'est effectuée la collecte des données. En effet, la plupart des facteurs susceptibles de causer un déséquilibre entre le poids et la taille de l'enfant, qu’il s’agisse des maladies (rougeole, diarrhée) ou des déficits alimentaires (sécheresse, périodes de soudure), sont très sensibles à la saison. Ce type de malnutrition est la conséquence d'une alimentation insuffisante durant la période ayant précédé l'observation ou d'une perte de poids consécutive à une maladie (diarrhée sévère ou anorexie, par exemple). Un enfant souffrant de cette forme de malnutrition est maigre ou émacié. Les enfants dont le poids-pour-taille se situe à moins de deux écarts-types en dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme étant atteints de malnutrition aiguë modérée ; ceux se situant à moins de trois écarts type sont considérés comme souffrant de malnutrition aiguë sévère. Les résultats indiquent qu’au Tchad, les proportions d’enfants souffrant de malnutrition chronique sont, plus de cinq fois plus élevées que celles que l'on s'attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie (respectivement 2,3 % et 0,1 %). Dans l’ensemble, environ un enfant sur sept (14 %) est atteint de malnutrition aiguë modérée et 3 % en sont atteints sous la forme sévère. De même que pour le retard de croissance, on constate que la prévalence de l’émaciation varie fortement en fonction des caractéristiques sociodémographiques des mères et des enfants (graphique 12.6). La répartition par âge fait apparaître des variations importantes. Ce sont les enfants, âgés de 6-23 mois qui sont les plus touchés par la malnutrition aiguë, qu’elle soit modérée ou sévère : sous sa forme modérée, la malnutrition aiguë touche plus d’un quart des enfants de 10-11 mois (26 %) et à 12-23 mois, 5 % des enfants en souffrent sous la forme sévère. À partir de 24 mois, les proportions diminuent régulièrement et ne concernent plus que 7 % des enfants de 48-59 mois. Les enfants allaités mais qui ne reçoivent pas d’aliments de complément en quantité suffisante et en valeur nutritionnelle appropriée sont souvent ceux qui sont les plus exposés à cette forme de malnutrition. Par ailleurs, l’âge de 10-11 mois correspond au stade de développement où les enfants commencent à explorer leur environnement immédiat et à porter n’importe quel objet à leur bouche : ils sont ainsi particulièrement exposés aux agents pathogènes comme en dénote la très forte prévalence de la diarrhée dans ce groupe d’âges (voir Chapitre 9 - Santé de la mère et de l’enfant). En outre, le fait qu’après le 2ème anniversaire, les proportions d’enfants émaciés diminuent, n’est pas nécessairement le signe d’une amélioration de l’état nutritionnel des enfants. Elle peut être aussi la conséquence d’une forte mortalité des enfants les plus atteints, ceux les moins touchés ayant survécu après leur 2e anniversaire. La prévalence de la malnutrition aiguë varie légèrement selon le milieu de résidence, (d’un minimum de 13 % en milieu rural à un maximum de 16 % à N’Djaména) mais, par contre, en fonction de la zone, les écarts sont très importants. Dans la zone 2 (BET, Kanem et Lac), 20 % des enfants souffrent de malnutrition aiguë sous la forme modérée et 6 % sous la forme sévère. On a vu précédemment que c’est également dans cette zone que la proportion d’enfants souffrant de retard de croissance est la plus élevée. Dans la zone 3 (Batha, Guéra et Salamat), les proportions sont aussi très élevées (18 % et 4 %). C’est dans la zone 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) que ces proportions sont les plus faibles (9 % sous la forme modérée et 1 % sous la forme sévère). Cette prévalence de la malnutrition aiguë dans sa forme modérée est également affectée par le niveau d’instruction de la mère puisqu’elle varie d’un minimum de 8 % parmi ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus a un maximum de 15 % parmi ceux dont elle n’a pas d’instruction. On peut également souligner le rôle de l’âge de la mère à la naissance de l’enfant puisque parmi les femmes dont l’âge à la naissance est compris entre 15-19 ans, la prévalence est de 17 % et que ce niveau diminue ensuite au fur et à mesure que l’âge de la mère à la 206 | Allaitement et État Nutritionnel naissance augmente (un minimum de 13 % à 35-49 ans). À la différence de ce que l’on a observé pour le retard de croissance, on note, même si les écarts ne sont pas très importants, une augmentation de la prévalence au fur et à mesure que l’intervalle intergénésique augmente (de 12 % à moins de 24 mois, la prévalence passe à 16 % quand l’intervalle est de 48 mois ou plus). Graphique 12.6 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans atteints d’émaciation EDST-II 2004 14 10 19 26 24 13 10 7 16 13 14 13 16 12 13 14 13 TCHAD ÂGE <6 mois 6-9 mois 10-11mois 12-23 mois 24-35 mois 36-47 mois 48-59 mois RÉSIDENCE N'Djaména Autres Villes Ensemble urbain Rural QUINTILES BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 5 10 15 20 25 30 Pourcentage Insuffisance pondérale Enfin, le tableau 12.5 présente l'état nutritionnel des enfants mesuré au moyen de l'indice combinant le poids et l’âge, traduisant une insuffisance pondérale. Un faible poids-pour-âge peut être provoqué aussi bien par la maigreur que par le retard de croissance. Cet indice est celui qui est le plus souvent utilisé par les services de santé pour suivre les progrès nutritionnels et la croissance des enfants. Cependant, son utilisation reste limitée car il ne permet pas de distinguer les déficiences alimentaires de longue durée (retard de croissance) de celles qui sont récentes (émaciation). Comme le poids-pour-taille, cet indice est sensible aux variations saisonnières et sa valeur est limitée quand il n’en existe qu'une seule mesure dans le temps. Il est présenté ici essentiellement pour permettre des comparaisons avec les résultats des études ou des suivis nutritionnels des enfants qui utilisent cette mesure. Les enfants dont le poids-pour-âge se situe à moins de deux écarts-types en dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant d'insuffisance pondérale; ceux se situant à moins de trois écarts-types sont considérés comme souffrant d'insuffisance pondérale sévère. Les résultats indiquent qu’environ deux enfants sur cinq de moins de cinq ans (37 % contre 39 % en 1996-1997) souffrent d'insuffisance pondérale et 14 % sous la forme sévère (14 % en 1996-1997). Une fois encore, ces proportions sont nettement supérieures à celles que l'on s'attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie (respectivement, 2,3 % et 0,1 %). Cela met en évidence une fois de plus la situation nutritionnelle particulièrement critique des enfants tchadiens. Tout comme pour les deux premiers indices, les résultats permettent de se rendre compte que certaines caractéristiques des mères et des enfants sont des facteurs explicatifs importants des niveaux de la prévalence de la malnutrition. En effet, concernant l’insuffisance pondérale, on constate qu’elle est Allaitement et État Nutritionnel | 207 particulièrement fréquente chez les enfants de 12-35 mois (52 % à 12-23 mois et 51 % à 24-35 mois), parmi les enfants de la zone 2 (BET, Kanem et Lac) (59 %) et 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) (49 %) ; de même, on note que 38 % des enfants du milieu rural en souffrent contre 30 % en milieu urbain et 27 % à N’Djaména. Les résultats mettent encore en évidence le rôle du niveau d’instruction de la mère : quand celle-ci n’a pas d’instruction, 41 % des enfants présentent une insuffisance pondérale modérée contre 20 % quand elle a un niveau secondaire ou plus. Le niveau de bien-être du ménage dans lequel vit l’enfant affecte également son risque de présenter cette forme de malnutrition, quelle qu’en soit la forme, modérée ou sévère, puisque la prévalence de l’insuffisance pondérale modérée varie d’un minimum de 29 % dans les ménages du quintile le plus riche à un maximum de 48 % dans le plus pauvre. Tendances de la malnutrition Au graphique 12.7, figurent les niveaux de malnutrition des enfants de moins de cinq ans d’après l’EDST-I et l’EDST-II. On constate que la situation des enfants au Tchad, entre 1996-1997 et 2004 n’a connu aucune amélioration et s’est même dégradée. En effet, les proportions d’enfants souffrant de malnutrition n’ont pas diminué. En revanche, la proportion d’enfants souffrant d’un retard de croissance sous la forme sévère a augmenté, passant de 20 % en 1996-1997 à 23 % en 2004. Graphique 12.7 Tendances de la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans, selon l’EDST-I et l’EDST-II 40 14 39 41 14 37 Retard de croissance Émaciation Insuffisance pondérale 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 Pourcentage EDST-I 1996-97 EDST-II 2004 12.2.2 État nutritionnel des femmes L’état nutritionnel des femmes de 15-49 ans est un déterminant de la mortalité maternelle puisqu’il joue un rôle important dans l’évolution des grossesses. Par conséquent, il influence aussi bien la morbidité que la mortalité des jeunes enfants. L’état nutritionnel des mères est conditionné, à la fois, par la balance énergétique, leur état de santé et le temps écoulé depuis la dernière naissance. Il existe donc une relation étroite entre les niveaux de fécondité et de mortalité, et l’état nutritionnel des mères. L’évaluation de l’état nutritionnel des femmes en âge de procréer est, à juste titre, particulièrement utile puisqu’elle permet d’identifier des groupes à haut risque. 208 | Allaitement et État Nutritionnel Dans le cadre de l’EDST-II, pour déterminer l’état nutritionnel des femmes, on a relevé le poids et la taille de toutes les femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé la collecte. Même si ces données ne sont pas totalement représentatives de l’ensemble de la population des femmes de 15-49 ans, les résultats du tableau 12.6 donnent une indication de l’état nutritionnel des femmes en fournissant la moyenne, l’écart type et la distribution de la taille et du poids ainsi que l’Indice de Masse Corporelle (IMC)3 calculé à partir de la taille et du poids. Par ailleurs, pour éviter d’introduire des biais dans les distributions du poids et de l’IMC, on a exclu les femmes enceintes ainsi que celles qui avaient eu une naissance le mois de l’interview ou le mois précédent. Bien que la taille puisse varier dans les populations à cause de facteurs génétiques, elle est néanmoins un indicateur indirect du statut socioéconomique de la mère dans la mesure où une petite taille peut résulter d’une malnutrition chronique durant l’enfance. En outre, d’un point de vue anatomique, la taille des mères étant associée à la largeur du bassin, celles ayant une petite taille sont plus susceptibles d’avoir des complications pendant la grossesse et surtout pendant l’accouchement. Elles sont aussi plus susceptibles que les autres de concevoir des enfants de faible poids. Bien que la taille critique en deçà de laquelle une femme peut être considérée à risque varie selon les populations, on admet généralement que cette taille se situe entre 140 et 150 centimètres. À partir des résultats du tableau 12.6, on constate qu’au Tchad, la taille moyenne des femmes (162,3 centimètres avec un écart-type assez élevé de 6,3 centimètres) se situe largement au-dessus de l’intervalle mentionné. On constate que moins de 1 % de femmes ont une taille inférieure à 145 centimètres, considérée ici comme la taille limite critique. De plus les variations selon les caractéristiques socio- démographiques sont négligeables. On peut néanmoins souligner que dans les zones 2 (BET, Kanem et Lac) et 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) les femmes sont, en moyenne, un peu plus petites que dans les autres zones. Par ailleurs, il est reconnu que le faible poids d’une femme est un facteur de risque important pour le déroulement et l’issue de la grossesse. Cependant, le poids étant très variable selon la taille, il est préférable d’utiliser un indicateur tenant compte de cette relation. L’indice de Masse Corporelle (IMC) ou encore Indice de Quételet, est le plus souvent utilisé pour exprimer la relation poids/taille. Il permet de mettre en 3 L’IMC est calculé en divisant le poids en kilos par le carré de la taille en mètres (kg/m²). Tableau 12.6 Indicateurs anthropométriques de l'état nutritionnel des mères Distribution (en %), moyenne et écart type de la taille, du poids et de l’Indice de Masse Corporelle (IMC) pour les femmes ayant eu, au moins, une naissance durant les cinq années ayant précédé l’enquête, Tchad 2004 Indicateur Total Taille de l'enquêtée (en cm) 140.0-144.9 0,2 145.0-149.9 2,1 150.0-154.9 8,4 155.0-159.9 22,2 160.0-164.9 31,3 165.0-169.9 23,7 170.0-174.9 7,7 175.0-179.9 2,1 ≥180.0 0,4 ND 1,7 Total 100,0 Taille moyenne 162,3 Écart type 6,3 Poids de l'enquêtée (en kg) 40.0-49.9 30,4 50.0-59.9 44,8 60.0-69.9 18,0 ≥70.0 5,2 ND 1,6 Total 100,0 Poids moyen 54,9 Écart type 9,0 IMC (kg/m2) de l'enquêtée 12.0-15.9 (Sévère) 1,8 16.0-16.9 (Modérée) 3,9 17.0-18.4 (légère) 14,3 18.5-20.4 (Normal) 29,6 20.5-22.9 (Normal) 31,1 23.0-24.9 (Normal) 10,1 25.0-26.9 (Surpoids) 4,0 27.0-29.9 (Surpoids) 2,1 >= 30.0 (Obèse) 1,5 ND 1,6 Total 100,0 IMC moyen 20,8 Écart type 3,1 Effectif de mères 3 720 Allaitement et État Nutritionnel | 209 évidence le manque ou l’excès de poids en contrôlant la taille et, en outre, il présente l’avantage de ne pas nécessiter l’utilisation de tables de référence comme c’est le cas pour le poids-pour-taille. Les femmes dont l’IMC se situe à moins de 18,5 sont considérées comme atteintes de déficience énergétique chronique. À l’opposé, un IMC supérieur à 25 indique un surpoids. Les résultats indiquent donc qu’au Tchad, une proportion relativement importante de femmes (20 %) ont un IMC inférieur au seuil critique de 18,5 et sont donc atteintes de déficience énergétique chronique. Parmi ces femmes, 2 % en sont atteintes sous la forme sévère et 4 % sous la forme modérée. À l’opposé, 8 % des femmes ont un indice élevé (25 ou plus) et entrent dans la catégorie des surpoids ; parmi ces femmes, une très faible proportion (2 %) sont obèses. La proportion de femmes qui ont un IMC se situant en deçà du seuil critique de 18,5 varie de façon importante selon les caractéristiques sociodémographiques (tableau 12.7). Quand on considère l’âge des femmes, on constate que la proportion de femmes accusant un état de déficience énergétique chronique diminue avec l’âge, passant d’un maximum de 29 % parmi les adolescentes (15-19 ans) à un minimum de 12 % à 45-49 ans. Cette proportion est également assez élevée chez les femmes de 20-24 ans et de 25-29 ans (respectivement 23 % et 20 %). La prévalence de la déficience énergétique chronique varie également de manière importante selon le milieu et les zones de résidence : la proportion de femmes dont l’IMC est inférieur à 18,5 est plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (22 % contre 15 %). C’est à N’Djaména qu’elle est la plus faible (12 %). Dans les zones 2 (BET, Kanem et Lac), 3 (Batha, Guéra et Salamat) et 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi), plus d’un tiers des femmes présentent un état de déficience énergétique chronique et sont donc considérées comme maigres. On note, par ailleurs dans la zone 2, que 6 % des femmes ont un indice inférieur à 16 et sont donc extrêmement maigres. En outre, on constate des écarts en fonction du niveau d’instruction et de l’indice de bien-être du ménage : dans 23 % des cas, les femmes sans instruction présentent un état de déficience énergétique chronique contre 7 % parmi celles ayant une instruction secondaire ; de même, 31 % des femmes des ménages du quintile le plus pauvre sont trop maigres par rapport à 15 % dans les ménages du quintile le plus riche. À l’opposé, c’est en milieu urbain (20 %) et plus particulièrement à N’Djaména (27 %), parmi les femmes de niveau secondaire ou plus (23 %) et parmi celles des ménages du quintile le plus riche (20 %) que les proportions de femmes accusant un surpoids ou considérées comme obèses sont les plus élevées. Ces analyses faites à partir des données de l’EDST-II ne prétendent pas apporter toutes les explications qui permettent de comprendre la situation nutritionnelle critique dans laquelle se trouvent les enfants et les femmes au Tchad. Elles ont néanmoins le mérite de mettre en évidence la situation nutritionnelle préoccupante des enfants et des mères au Tchad et cela, en dépit des efforts considérables que mènent les acteurs du développement et les autorités pour améliorer cette situation. Beaucoup d’enfants de moins de cinq ans qui survivent sont dans un état nutritionnel critique. Cette situation est plus alarmante dans les zones rurales, cela aussi bien pour les enfants que pour les femmes. 210 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 12.7 État nutritionnel des mères par caractéristiques sociodémographiques Taille moyenne des femmes ayant eu, au moins, une naissance durant les cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage de celles dont la taille est inférieure à 145 centimètres, Indice de Masse Corporelle (IMC) moyen et pourcentage de celles ayant un niveau d'IMC déterminé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Taille IMC (kg/m2)1 Caractéristique sociodémographique Moyenne (en cm) Pourcentage < 145 cm Effectif de mères Moyenne 18.5- 24.9 (normal) <18.5 (maigre) 17.0- 18.4 (maigreur légère) 16.0- 16.9 (maigreur modérée) <16.0 (maigreur sévère) ≥25.0 (gros ou obèse) Effectif de mères Âge 15-19 160,8 0,5 403 20,3 67,1 28,7 22,3 4,2 2,1 4,3 403 20-24 161,6 0,0 843 20,4 72,0 23,4 17,3 4,1 2,0 4,6 844 25-29 162,7 0,5 987 20,7 72,8 20,0 14,2 3,3 2,5 7,2 988 30-34 162,4 0,4 637 21,2 72,3 16,5 10,4 4,8 1,3 11,2 637 35-39 163,0 0,0 464 21,5 72,9 17,1 11,7 3,9 1,5 10,1 464 40-44 163,5 0,0 252 21,4 71,7 16,2 10,7 4,5 1,0 12,1 253 45-49 161,8 0,0 69 21,4 79,6 11,9 11,1 0,8 0,0 8,5 69 Résidence N'Djaména 163,4 0,5 259 22,8 61,0 12,0 8,4 2,8 0,8 27,0 260 Autres Villes 162,9 0,3 421 21,8 67,1 17,1 12,2 3,4 1,5 15,9 421 Ensemble urbain 163,1 0,4 680 22,2 64,7 15,1 10,7 3,2 1,2 20,1 681 Rural 162,1 0,2 2 977 20,5 73,6 21,5 15,4 4,2 2,0 4,9 2 978 Zone Zone 1 163,4 0,5 259 22,8 61,0 12,0 8,4 2,8 0,8 27,0 260 Zone 2 160,3 0,2 466 19,7 63,8 32,7 21,2 6,0 5,5 3,5 466 Zone 3 161,3 0,8 426 19,5 60,5 36,2 26,1 6,8 3,4 3,2 426 Zone 4 160,7 0,1 294 20,6 73,7 19,2 14,2 4,6 0,5 7,1 294 Zone 5 161,8 0,3 456 20,1 57,7 35,7 23,7 9,2 2,9 6,6 456 Zone 6 163,1 0,1 373 21,4 81,3 12,0 10,3 0,6 1,1 6,7 374 Zone 7 163,1 0,2 862 21,7 82,8 7,9 6,4 1,2 0,3 9,2 862 Zone 8 163,6 0,0 521 20,9 80,8 14,2 10,9 2,5 0,8 5,0 521 Niveau d'instruction Aucune instruction 161,9 0,3 2 814 20,6 70,4 23,3 16,5 4,5 2,2 6,3 2 816 Primaire 163,2 0,0 682 21,6 78,6 11,3 8,4 2,3 0,6 10,1 682 Secondaire ou plus 164,5 0,0 161 22,6 70,1 7,3 5,3 1,5 0,5 22,7 161 Quintile de bien- être économique Le plus pauvre 161,3 0,3 662 19,8 65,8 30,6 21,0 6,6 3,0 3,7 662 Second 162,1 0,7 839 20,9 76,1 18,4 14,4 2,4 1,6 5,5 839 Moyen 162,0 0,0 718 20,5 76,1 20,6 15,3 3,8 1,5 3,4 720 Quatrième 162,8 0,1 786 20,9 74,4 18,0 12,1 3,5 2,5 7,5 786 Le plus riche 163,2 0,2 651 22,1 65,4 15,0 10,3 4,0 0,7 19,6 652 Total 162,3 0,3 3 656 20,8 72,0 20,3 14,5 4,0 1,9 7,7 3 659 1 Non compris les femmes enceintes et les femmes ayant eu un enfant dans les deux derniers mois. Mortalité des Enfants | 211 MORTALITÉ DES ENFANTS 13 Bernard Barrère et Monique Barrère Les niveaux de la mortalité infantile et juvénile rendent compte des conditions sanitaires, environnementales et socioéconomiques qui prévalent dans une population et du niveau de vie général de cette population. De plus, l’analyse des niveaux de mortalité selon différentes caractéristiques socio- démographiques permet d’identifier les sous-populations les plus à risques. Ainsi, l’estimation des niveaux, des tendances et des différentiels de la mortalité des jeunes enfants permet d’évaluer les politiques et programmes en cours dans le domaine de la population, de la santé et dans le domaine socio- économique et fournit également les données de base indispensables à la formulation de nouvelles politiques et programmes. 13.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES Les indicateurs de mortalité présentés dans ce chapitre sont calculés à partir des informations recueillies dans le questionnaire femme sur l’historique des naissances. Au cours de l’interview, les enquêtrices devaient enregistrer le nombre total d’enfants que la femme avait eus, en distinguant les garçons des filles, ceux vivant avec elle de ceux vivant ailleurs, et ceux encore en vie de ceux décédés. L’enquêtrice reconstituait ensuite avec la femme interrogée, l’historique complet de ses naissances, de la plus ancienne à la plus récente, en enregistrant, pour chacune d’entre elles, le type de naissance (simple ou multiple), le sexe, la date de naissance et l’état de survie. Pour les enfants encore en vie, elle enregistrait leur âge ; pour les enfants décédés, elle enregistrait l’âge au décès (au jour près pour les décès de moins d’un mois, au mois près pour ceux de moins de deux ans et en années pour les décès survenus à deux ans ou plus). La qualité des estimations de la mortalité basées sur l’historique des naissances dépend tout d’abord de la complétude avec laquelle les naissances et les décès sont déclarés et enregistrés, ainsi que de la précision de l’année de naissance des enfants et, pour ceux qui sont décédés, de leur âge au décès. L’estimation de la mortalité à partir de l’historique des naissances présente à la fois des limites d’ordre méthodologique et des risques d’erreurs d’enregistrement. Limites d’ordre méthodologique Les données étant collectées auprès de personnes vivantes au moment de l’enquête (les femmes de 15-49 ans), il n’est pas possible d’obtenir d’informations sur la survie ou le décès d’enfants dont la mère est décédée. Dans le cas où ces enfants dont la mère est décédée seraient en nombre important et où leur mortalité serait différente de celle des enfants dont la mère survit, le niveau de mortalité estimé s’en trouverait biaisé. En outre, en limitant la collecte des données aux seules femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête, les informations découlant de l’historique des naissances ne sont pas complètement représentatives pour certaines périodes passées. Ainsi, pour la période 10-14 ans avant l’enquête, par exemple, aucune information n’est disponible sur l’état de survie des enfants nés de femmes âgées de 40- 49 ans à ce moment-là puisque ces femmes, âgées de 50 ans et plus ne sont plus éligibles au moment de l’enquête. Par conséquent, si une proportion importante des naissances de cette époque étaient issues des femmes de 40-49 ans et si leur risque de décéder était très différent de celui des naissances issues des femmes plus jeunes, il pourrait en résulter un biais sur l’estimation de la mortalité des enfants pour la période considérée. 212 | Mortalité des Enfants Selon les résultats de l’enquête ménage, seulement 1 % des enfants de moins de 5 ans survivants et identifiés dans les ménages étaient orphelins de mère. Par ailleurs, au cours des cinq dernières années, les femmes de 40 ans ou plus n’ont contribué que pour 6 % à la fécondité totale. Par conséquent, les biais potentiels d’ordre méthodologique évoqués précédemment devraient être négligeables. Risques d’erreurs d’enregistrement En ce qui concerne la collecte proprement dite, la validité des données sur la mortalité des enfants peut être affectée par : 1) le sous-enregistrement de naissances. Généralement, les femmes enquêtées n’omettent pas de déclarer des enfants qui sont toujours vivants. Néanmoins, il arrive parfois que des enquêtrices n’enregistrent pas tous ces enfants, en particulier ceux nés récemment, ce qui leur évite de poser les nombreuses questions relatives à la santé de la mère et des enfants et ce qui leur évite également de devoir prendre les mesures anthropométriques de ces enfants. Si ces sous- enregistrements de naissances introduisent un biais dans les estimations de la fécondité, elles n’ont que peu d’effet sur les mesures de la mortalité. Par contre, les mères ont parfois tendance à omettre de déclarer la naissance d’enfants qui sont décédés par la suite, en particulier si le décès s’est produit à un très jeune âge : ces cas d’omission affectent les estimations de la fécondité mais ont surtout pour conséquence une sous-estimation de la mortalité. On a signalé au chapitre 4 (Fécondité) une légère sous-estimation de la fécondité, provenant de sous-enregistrements de naissances. On verra dans la suite de ce chapitre que les niveaux de mortalité sont également légèrement sous-estimés ; ce qui semble indiquer que les naissances non enregistrées ont été surtout des naissances d’enfants qui sont décédés par la suite. 2) les déplacements différentiels de dates de naissance des enfants selon qu’ils sont toujours vivants ou décédés. Ces mauvaises datations des naissances peuvent entraîner une sous- estimation de la mortalité d’une période (par exemple, 0-4 ans avant l’enquête) et, par conséquent, une surestimation de la mortalité de la période précédente (par exemple, 5-9 ans avant l’enquête). À l’Annexe C, le tableau C.5 fournit la distribution des naissances, selon leur état de survie, par année de naissance. Le « rapport de naissances annuelles » semble indiquer un déficit des naissances en 1999 et un surplus en 1998. Ces déplacements semblent plus prononcés pour les enfants décédés, avec un rapport de 63 (inférieur à 100) en 1999 contre 175 (supérieur à 100) pour 1998, que pour les enfants survivants (rapport de 74 en 1999 contre 136 pour 1998). La mortalité de la période la plus récente serait donc certainement légèrement sous-estimée et, celle de la période antérieure, légèrement surestimée. 3) l’imprécision des déclarations de l’âge au décès. L’attraction de certains âges au décès, peut engendrer une sous-estimation de la mortalité infantile et une surestimation de la mortalité juvénile, en transformant une partie des décès d’enfants de moins d’un an en décès d’enfants plus âgés (12-59 mois). Pour minimiser ce type d’erreurs, les enquêtrices devaient enregistrer les âges au décès en jours pour ceux survenus dans le mois suivant la naissance, en mois pour ceux survenus entre 1 et 23 mois, et en années pour le reste. À l’annexe C, le tableau C.7 fournit la distribution des décès par âge au décès en mois. On remarquera que, pour la période 0-4 ans avant l’enquête, à peu près le même nombre d’enfants seraient morts à 12 mois (52 décès) qu’aux âges 11 et 13 mois encadrants (50 décès) et le même phénomène s’observe pour les périodes précédentes : l’attraction pour l’âge au décès 12 mois est donc nette et résulte en une très légère sous-estimation de la mortalité infantile au profit de la mortalité juvénile. Mortalité des Enfants | 213 Compte tenu de ces différentes remarques sur la qualité des données, les niveaux, différentiels et tendances de la mortalité doivent donc être interprétés avec prudence. 13.2 NIVEAUX ET TENDANCES DE LA MORTALITÉ DES ENFANTS À partir des informations recueillies dans l’historique des naissances, on calcule les indicateurs suivants : quotient de mortalité néonatale (NN) : probabilité de décéder avant d’atteindre un mois ; quotient de mortalité post-néonatale (PNN) : probabilité de décéder après la période néonatale, mais avant le premier anniversaire ; quotient de mortalité infantile (1q0) : probabilité de décéder avant le premier anniversaire ; quotient de mortalité juvénile (4q1) : probabilité de décéder après le premier et avant le cinquième anniversaire ; quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) : probabilité de décéder avant le cinquième anniversaire. Le tableau 13.1 présente les différents quotients de mortalité pour les quinze années qui ont précédé l’enquête. Les quotients sont calculés pour les périodes 0-4 ans, 5-9 ans et 10-14 ans avant l’enquête, soit les années 1989 à 2004. Tableau 13.1 Taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto- juvénile par périodes de cinq ans précédant l'enquête, Tchad 2004 Nombre d'années précedant l'enquête Période Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale1 (PNN) Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) 0-4 1999-2004 39 63 102 99 191 5-9 1994-1999 56 72 129 98 214 10-14 1989-1994 51 58 109 100 198 1 Calculé par différence entre la mortalité infantile et la mortalité néonatale. Pour la période la plus récente (0-4 ans avant l’enquête), la mortalité infantile est estimée à 102 ‰, ce qui signifie que sur 1 000 naissances vivantes, 102 meurent avant d’atteindre leur premier anniversaire (39 entre 0 et 1 mois exact et 63 entre 1 et 12 mois exacts) ; par ailleurs, sur 1 000 enfants survivants à un an, 99 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire. Globalement, le risque de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire serait d’environ 191 ‰ : en d’autres termes, environ un enfant sur cinq n’atteint pas son cinquième anniversaire. 214 | Mortalité des Enfants Graphique 13.1 Tendance de la mortalité infantile selon l’EDST-I et l’EDST-II , , ,& & & & 1979 1984 89 90 1994 1996 2002 2004 Année centrale des estimations 30 50 70 90 110 130 150 Décès pour 1 000 EDST-II EDST-I Graphique 13.2 Tendance de la mortalité juvénile et infanto-juvénile selon l’EDST-I et l’EDST-II # # # # , ,, & & & & 1979 1984 89 90 1994 1996 2002 2004 Année centrale des estimations 20 60 100 140 180 220 Décès pour 1 000 Mortalité juvénile Mortalité infanto-juvénile Les données du tableau 13.1, représentées aux graphiques 13.1 et 13.2, permettent de retracer l’évolution de la mortalité infantile et juvénile au cours des 15 dernières années. Il semblerait tout d’abord que la mortalité des enfants de moins de cinq ans ait augmenté entre les années 1989-94 et 1994-99, pour diminuer ensuite. Si l’on tient compte des remarques faites précédemment concernant la légère sous- estimation de la mortalité de la période la plus récente et la surestimation équivalente de la mortalité de la période précédente, cette variation des niveaux de mortalité ne serait qu’artificielle et la mortalité serait, en fait, restée quasiment stable au cours des 15 dernières années. Mortalité des Enfants | 215 Aux graphiques 13.1 et 13.2, on a également représenté les niveaux de mortalité des enfants estimés par l’EDST-I de 1996-97 ce qui permet de retracer l’évolution de la mortalité au cours des 25 dernières années. Il apparaît clairement que la mortalité des enfants tchadiens n’a pratiquement pas connu d’amélioration au cours de cette période : la mortalité infantile se maintenant dans un intervalle de 100- 120 ‰ et la mortalité juvénile dans un intervalle de 100-110 ‰. Aujourd’hui, comme il y a vingt ans, environ un enfant sur cinq décède avant l’âge de cinq ans. Cette stagnation des niveaux de mortalité n’est pas étonnante dans la mesure où la situation sanitaire des enfants (voir chapitres 9) n’a connu pratiquement aucune amélioration au cours des dernières années. 13.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE Le tableau 13.2 illustré par le graphique 13.3 présente les différents quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques sociodémographiques pour les 10 années précédant l’enquête (1994-2004). La référence à une période de dix années utilisée ici est nécessaire pour disposer d’un effectif d’évènements statistiquement suffisant pour le calcul des probabilités dans chaque sous-groupe de population retenu. Tableau 13.2 Taux de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques sociodémographiques Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période de 10 ans précédant l'enquête selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale1 (PNN) Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Résidence N'Djaména 29 49 78 92 163 Autres Villes 40 63 103 96 189 Ensemble urbain 36 58 94 94 179 Rural 50 70 120 100 208 Zone Zone 1 29 49 78 92 163 Zone 2 44 40 84 89 166 Zone 3 52 67 119 73 184 Zone 4 44 35 79 61 134 Zone 5 59 80 139 117 240 Zone 6 42 64 106 80 178 Zone 7 58 94 153 122 256 Zone 8 33 64 97 118 204 Niveau d'instruction Aucune instruction 50 66 116 95 200 Primaire 43 78 121 117 225 Secondaire ou plus 22 44 66 83 143 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 58 51 109 75 176 Second 46 76 123 98 208 Moyen 52 66 117 107 212 Quatrième 45 77 122 117 225 Le plus riche 37 64 101 95 187 Ensemble 48 68 115 99 203 1 Calculé par différence entre la mortalité infantile et la mortalité néonatale. 216 | Mortalité des Enfants Graphique 13.3 Mortalité infanto-juvénile EDST-II 2004 203 163 189 208 200 225 143 176 208 212 225 187 TCHAD RÉSIDENCE N'Djaména Autres Villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire + QUINTILE DE BIEN-ETRE Plus pauvre Second Moyen Quatrième Plus riche 0 40 80 120 160 200 240 Décès pour 1 000 Le tableau 13.2 fait apparaître des résultats assez atypiques qu’il convient de souligner ici : • Du point de vue de la zone de résidence, le niveau de mortalité le plus faible concernerait les enfants de la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira : mortalité infanto-juvénile de 134 ‰) alors que la situation sanitaire des enfants de cette région est l’une des plus préoccupantes du Tchad. De même, mais dans une moindre mesure, les enfants de la zone 2 (BET, Kanem et Lac) pour lesquels les indicateurs sanitaires et nutritionnels sont préoccupants auraient un faible niveau de mortalité (mortalité infanto-juvénile de 166 ‰, soit environ le même niveau qu’à N’Djaména). • Contrairement à toute attente, le niveau de mortalité des enfants dont la mère n’a aucune instruction serait inférieur à celui des enfants dont la mère a un niveau d’instruction primaire (mortalité infanto-juvénile de 200 ‰ contre 225 ‰). Là encore, ces résultats sont peu cohérents avec la situation sanitaire et nutritionnelle des enfants qui est très nettement meilleure lorsque la mère a fréquenté l’école primaire. • Contrairement à toute attente, le niveau de mortalité le plus faible concernerait les enfants vivant dans les ménages les plus pauvres (mortalité infanto-juvénile de 176 ‰ contre 187 ‰ pour les ménages les plus riches). Ces résultats sont, une fois encore, en complète contradiction avec les indicateurs sanitaires des enfants. Ces constatations conduisent aux conclusions suivantes : • Le niveau de mortalité est sous-estimé pour certaines zones, à savoir, en particulier, la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira : très forte sous-estimation) et la zone 2 (BET, Kanem et Lac). Cette sous-estimation est due, comme on l’a signalé précédemment, à une sous- déclaration des naissances (voir chapitre 4 - Fécondité) et plus particulièrement de naissances d’enfants qui sont décédés en bas âge. Mortalité des Enfants | 217 • Comme les femmes de ces zones sont, dans leur grande majorité, rurales et sans instruction, le niveau de mortalité des enfants de ces différents sous-groupes s’en trouve également sous-estimé. • Il va de soi qu’une sous-estimation du niveau de mortalité des enfants dans ces sous- groupes entraîne également une sous-estimation, mais de moindre importance, du niveau de mortalité au niveau national. À partir de l’analyse des résultats de l’EDST-I et de l’EDST-II, on avait conclu précédemment que les niveaux de mortalité étaient restés quasiment stables au Tchad au cours des 20-25 dernières années. Une sous-estimation des niveaux actuels de mortalité semblerait alors signifier que la mortalité n’est pas restée stable, mais qu’elle a augmenté récemment. Pour vérifier cette hypothèse on a procédé à une seconde analyse des données de l’EDST-I de 1996-97 en fonction du niveau de bien-être économique des ménages. Cette analyse a révélé le même type d’incohérence dans les résultats de l’EDST-I que dans ceux de l’EDST-II : en 1996-97 le niveau de mortalité le plus faible concernait les enfants vivant dans les ménages les plus pauvres (mortalité infanto-juvénile de 171 ‰ contre 172 ‰ pour les ménages les plus riches), alors que leur situation sanitaire et nutritionnelle était nettement beaucoup plus mauvaise que celle des enfants des ménages les plus riches. Il semble donc que, comme à l’EDST-II, le niveau de mortalité des enfants des ménages les plus pauvres et, à un moindre degré, le niveau de mortalité de l’ensemble des enfants, aient été sous-estimés à l’EDST-I. Il n’y aurait donc pas eu d’augmentation récente de la mortalité : la mortalité serait bien restée stable au cours des 20-25 dernières années, mais à un niveau légèrement plus élevé que ne l’indiquent les estimations des deux enquêtes. 13.4 MORTALITÉ ET GROUPES À HAUTS RISQUES Le tableau 13.3 et le graphique 13.4 présentent les quotients de mortalité pour la période de dix années précédant l’enquête selon certaines caractéristiques des enfants et certains comportements procréateurs des mères. Entre la naissance et le cinquième anniversaire, la mortalité des enfants de sexe masculin est, comme dans la plupart des populations, légèrement plus élevée que celle des enfants de sexe féminin : sur 1 000 garçons à la naissance, 207 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire contre 198 pour 1 000 filles. Les trois autres caractéristiques qui figurent au tableau 13.3 et au graphique 13.4 concernent le comportement procréateur, à savoir l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, le rang de naissance et l’intervalle par rapport à la naissance précédente. En ce qui concerne l’âge de la mère, les risques de décéder les plus élevés sont observés chez les enfants nés de mère en début et en fin de vie reproductive (moins de 20 ans et 40-49 ans). Un enfant né d’une mère âgée de moins de 20 ans court un risque de décéder avant l’âge d’un an 22 % plus élevé qu’un enfant né d’une mère de 20-29 ans (135 ‰ contre 111 ‰) et 29 % plus élevé qu’un enfant né d’une mère de 30-39 ans (135 ‰ contre 105 ‰). De même, un enfant né d’une mère âgée de 40-49 ans court un risque de décéder avant l’âge d’un an 15 % plus élevé qu’un enfant né d’une mère de 30-39 ans (121 ‰ contre 105 ‰) . 218 | Mortalité des Enfants Tableau 13.3 Taux de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période de 10 ans précédant l'enquête selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants, Tchad 2004 Caractéristique démographique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale1 (PNN) Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Sexe de l'enfant Masculin 57 66 122 96 207 Féminin 38 69 108 101 198 Âge de la mère à la naissance <20 56 78 135 120 239 20-29 47 64 111 97 197 30-39 39 66 105 82 178 40-49 (61) (61) (121) * * Rang de naissance 1 59 70 129 100 216 2-3 43 66 109 105 202 4-6 45 61 106 94 189 7+ 48 80 129 95 212 Intervalle avec la naissance précédente2 <2 années 67 106 173 120 273 2 années 39 60 100 101 191 3 années 27 22 49 79 124 4+ années 23 34 58 46 101 * = Quotients basés sur moins de 250 cas d’exposition non-pondérés. ( ) = Quotients basés sur 250-499 cas d’exposition non-pondérés. 1 Calculé par différence entre la mortalité infantile et la mortalité néonatale. 2 Non compris les naissances de rang 1. Graphique 13.4 Mortalité infantile et caractéristiques des naissances EDST-II 2004 122 108 135 111 105 121 129 109 106 129 173 100 49 58 SEXE Masculin Féminin ÂGE DE LA MÈRE Moins de 20 ans 20-29 ans 30-39 ans 40-49 ans RANG DE NAISSANCE 1 2-3 4-6 7 ou + INT. INTERGÉNÉSIQUE < 2 ans 2 3 4 ou + 0 50 100 150 200 Décès pour 1 000 naissances Mortalité des Enfants | 219 Comme il fallait s’y attendre, les quotients de mortalité infantile sont élevés pour le rang 1 (129 ‰). Ils baissent nettement pour les rangs suivants (109 ‰ pour les rangs 2-3 et 106 ‰ pour les rangs 4-6), pour remonter ensuite pour les enfants de rangs les plus élevés (129 ‰ pour les rangs 7 et plus). La durée de l’intervalle intergénésique apparaît comme étant le facteur qui influe le plus nettement sur les niveaux de mortalité des enfants. Les intervalles de moins de deux ans, qui réduisent chez la femme le degré de récupération de ses capacités physiologiques, entraînent une mortalité infantile (173 ‰) plus de trois fois plus élevée que celle estimée pour les naissances qui suivent leur aîné de 3 ans (49 ‰) ou de 4 ans (58 ‰). Même les intervalles intergénésiques de deux ans seulement entraînent une surmortalité importante des enfants : mortalité infantile de 100 ‰ contre 49 ‰ pour les enfants qui suivent leur aîné de 3 ans et 58 ‰ pour ceux qui suivent leur aîné de 4 ans. L’analyse de ces trois dernières caractéristiques a permis de mettre en évidence les risques de mortalité importants encourus par les enfants dans un contexte de fécondité élevée, caractérisée par des naissances précoces ou tardives avec des intervalles intergénésiques courts. Le tableau 13.4 présente une classification des naissances des cinq dernières années selon les catégories à hauts risques auxquelles elles correspondent : • les naissances de rang 1 qui présentent un risque élevé de mortalité, mais qui sont inévitables sauf lorsqu’elles sont issues de jeunes mères (âgées de moins de 18 ans). On a donc isolé les naissances de rang 1 et de mères de 18 ans ou plus ; • les naissances issues de mères appartenant à une seule catégorie à haut risque : âge de procréation précoce (moins de 18 ans) ou tardif (35 ans ou plus), intervalle intergénésique court (moins de 24 mois) et rang élevé de naissance (supérieur à 3) ; • les naissances correspondant à une combinaison de catégories de risques selon l’âge de la mère à la naissance, l’intervalle intergénésique et le rang de naissance ; • enfin, les naissances ne correspondant à aucune catégorie à hauts risques définie ci- dessus. Il ressort du tableau 13.4 que 21 % des naissances des cinq années ayant précédé l’enquête ne correspondent à aucune catégorie à hauts risques identifiés, 9 % correspondent à des risques élevés parce qu’elles sont de rang un, mais elles sont inévitables, 46 % correspondent à des catégories à haut risque unique et 11 % correspondent à des catégories à hauts risques multiples. Pour évaluer le risque supplémentaire de décéder que font courir aux enfants certains comportements procréateurs des mères, des « ratios de risque » ont été calculés, en prenant comme référence les naissances n’appartenant à aucune catégorie à hauts risques. Le ratio de risque est donc le rapport de la proportion d’enfants décédés dans chaque catégorie à hauts risques, à la proportion d’enfants décédés dans la catégorie sans risque. Les naissances de rang 1 ne sont pas évitables mais, même lorsqu’elles n’interviennent pas à un âge trop précoce, c’est-à-dire avant 18 ans, elles apparaissent ici comme étant des naissances à risque puisque le risque de décéder pour un enfant de rang 1 et dont la mère a 18 ans ou plus est supérieur de 9 % à la catégorie de référence. Un enfant appartenant à une catégorie quelconque à haut risque unique (non compris les enfants de rang 1 et de mère de 18 ans et plus) court un risque de décéder 1,04 fois supérieur à un enfant n’appartenant à aucune catégorie à haut risque. La fécondité précoce apparaît ici comme étant un facteur important de risque puisque les enfants issus de ces jeunes femmes courent un risque 1,8 fois plus important de décéder que les enfants de la catégorie de référence. De même, un enfant né rapidement 220 | Mortalité des Enfants Tableau 13.4 Comportement procréateur à hauts risques Répartition (en %) des enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, rapport de risques et répartition (en %) des femmes actuellement en union à risque de concevoir un enfant à hauts risques de mortalité selon les catégories à hauts risques de mortalité, Tchad 2004 Naissances des 5 années précédant l'enquête Catégories à hauts risques Pourcentage de naissances Ratio de risques Pourcentage de femmes actuellement en union1 Dans aucune catégorie à haut risque 21,4 1,00 22,9 a Catégorie à haut risque inévitable Naissances de premier rang entre 18 et 34 ans 9,2 1,09 4,8 Catégorie à haut risque unique Âge des mères <18 10,0 1,75 3,1 Âge des mères >34 0,1 * 1,8 Intervalle intergénésique <24 mois 6,1 1,28 0,0 Rang de naissance > 3 29,3 0,75 37,7 Sous total 45,5 1,04 42,7 Catégorie à hauts risques multiples Âge <18 et intervalle intergénésique <24 mois2 1,4 1,67 0,0 Âge >34 et rang de naissance > 3 9,0 1,08 29,6 Âge >34 et Intervalle intergénésique <24 mois et rang > 3 2,4 1,85 0,0 Intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance > 3 11,2 2,07 0,0 Sous total 23,9 1,65 29,7 Dans une catégorie à hauts risques 69,4 1,25 72,3 Total 100,0 na 100,0 Effectif 5 989 na 4 663 Note: Le rapport de risque est le rapport de la proportion d’enfants décédés dans les cinq dernières années dans chaque catégorie à risque, à la proportion d’enfants décédés dans aucune catégorie à haut risque. * = Basé sur trop peu de cas na = Non applicable 1 Les femmes sont classées dans les catégories à hauts risques selon le statut qu’elles auraient à la naissance de l’enfant si l’enfant était conçu au moment de l’enquête: âge inférieur à 17 ans et 3 mois ou plus âgé que 34 ans et 2 mois, la dernière naissance a eu lieu dans les 15 derniers mois et la dernière naissance est de rang 4 ou plus. 2 Y compris l’âge < 18 ans et le rang de naissance > 3 a Y compris les femmes stérilisées. après son aîné (moins de 24 mois après) court un risque de décéder 1,3 fois plus important que la catégorie de référence. Mais ce sont les enfants appartenant à la catégorie de hauts risques multiples qui sont les plus exposés, puisque leur mortalité est 1,7 fois plus élevée que celle des enfants n’appartenant à aucune catégorie à risque ; les enfants de rang supérieur à 3 et avec un intervalle intergénésique court sont particulièrement exposés (risque 2,1 plus élevé que la catégorie de référence). Ces résultats démontrent qu’un meilleur espacement des naissances n’a pas pour seule conséquence une réduction des niveaux de la fécondité, mais aussi une amélioration des chances de survie des enfants. Mortalité des Enfants | 221 À partir de cette analyse du comportement procréateur à hauts risques, on a essayé de déterminer la proportion des femmes actuellement en union qui, potentiellement, pourraient avoir un tel comportement. Pour cela, à partir de l’âge actuel des femmes, de l’intervalle écoulé depuis leur dernière naissance et du rang de leur dernière naissance, on détermine dans quelle catégorie se situerait la prochaine naissance, si chaque femme concevait un enfant au moment de l’enquête. Il s’agit donc d’une simulation ayant pour objectif de déterminer quelles proportions de futures naissances entreraient dans les catégories à risques, en l’absence de tout comportement régulateur de la fécondité. Il apparaît au tableau 13.4 que 72 % des enfants à naître seraient alors des enfants appartenant à une catégorie quelconque à hauts risques (simple ou multiple). Cette simulation démontre la nécessité de mettre en place des mécanismes régulateurs de la fécondité dans le but de réduire les hauts risques de mortalité encourus par les jeunes enfants du Tchad. Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 223 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE 14 Bernard Barrère Un des objectifs de l’EDST-II était d’estimer le niveau de la mortalité adulte et celui de la mortalité maternelle. Compte tenu du fait qu’en 1996-97, l’EDST-I avait également estimé ces niveaux, il est possible de tracer les tendances de la mortalité et d’évaluer les modifications intervenues au cours des dernières années. Dans le contexte de l’épidémie de sida, cette évaluation est particulièrement importante pour la mortalité adulte. La mortalité maternelle est constituée des décès liés à la grossesse, à l’accouchement et à ses suites. C’est le domaine de la santé où l’on note les écarts les plus importants entre les pays en développement et les pays industrialisés. Selon un rapport de l’OMS, sur les 529 000 décès maternels survenus en 2000, 95 % se sont produits en Afrique et en Asie contre seulement 4 % en Amérique Latine et dans les Caraïbes et moins de 1 % dans les régions plus développées. Dans les pays développés, le rapport de mortalité maternelle se situe, en moyenne, autour de 27 décès pour 100 000 naissances vivantes ; dans les pays en développement, il est estimé à 480 décès pour 100 000 naissances vivantes. Alors que les taux de mortalité infantile sont, en moyenne, sept fois plus élevés dans les pays en développement, les taux de mortalité maternelle le sont 18 fois plus. Les causes de ces décès sont connues et ont été identifiées : il s’agit essentiellement du dépistage tardif des complications de la grossesse, de l’arrivée tardive au centre de santé pour accoucher ou de l’administration tardive de soins appropriés. Ces décès pourraient donc être évités si les femmes avaient accès à des soins prénatals durant la grossesse, aux soins d’urgence en cas de complications et si les accouchements étaient assistés par une personne qualifiée. 14.1 COLLECTE DES DONNÉES Les données nécessaires à l’estimation de la mortalité adulte et de la mortalité maternelle ont été collectées auprès des femmes de 15 à 49 ans. Le questionnaire utilisé pour la collecte des données est présenté en Annexe E (Section 9 du Questionnaire Femme). En premier lieu, on a demandé à chaque femme enquêtée la liste de tous ses frères et sœurs, c'est-à-dire tous les enfants que sa mère a mis au monde, en commençant par le premier-né. On a demandé ensuite aux enquêtées l'état de survie de chacun d’entre eux. Pour ceux qui étaient encore en vie, on a demandé leur âge actuel. Pour les décédés, on a collecté deux informations : le nombre d'années écoulées depuis le décès et l'âge au décès. Les enquêtrices étaient autorisées à accepter des réponses approximatives dans les cas où l’enquêtée n’était pas en mesure de fournir des réponses précises sur l'âge ou sur le nombre d'années écoulées depuis le décès. Pour les soeurs décédées, trois questions supplémentaires étaient posées à l’enquêtée pour déterminer si le décès était en rapport avec la maternité : • « Est-ce que [NOM DE LA SOEUR] est décédée pendant un accouchement ? » Dans le cas d'une réponse négative, on demandait alors : • « Est-ce que [NOM DE LA SOEUR] est décédée dans les deux mois suivant la fin d'une grossesse ou d’un accouchement ? » Dans le cas d'une réponse négative à cette deuxième question, on demandait alors : 224 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle • « Est-ce que [NOM DE LA SOEUR] était enceinte quand elle est décédée ? » Ces questions sont structurées pour encourager l’enquêtée à déclarer tout décès relié à une grossesse, quelle qu'en soit l'issue et, en particulier, une grossesse ayant donné lieu à un avortement provoqué, alors qu'on ne pose aucune question directe à propos de ce type d'événement. L'ensemble de ces décès sont considérés comme des décès maternels. 14.2 ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES L'estimation du niveau de mortalité des adultes nécessite des données exactes sur deux composantes : le nombre de frères et sœurs de l'enquêtée et le nombre de ceux qui sont décédés. Pour l'estimation du niveau de mortalité maternelle, il faut également connaître le nombre de soeurs décédées et dont le décès est lié à la maternité. En plus de ces trois composantes, l'estimation directe de la mortalité nécessite des données exactes sur l'âge au décès et sur le nombre d'années écoulées depuis le décès des frères et sœurs. Ces informations requièrent des précisions que les enquêtées peuvent ne pas connaître. Il n'existe pas de procédure clairement définie pour établir la complétude des données recueillies par une enquête rétrospective sur la survie des frères et des sœurs. Néanmoins, différents tests permettent d’évaluer la qualité des données. Le tableau 14.1 fournit le nombre de frères et sœurs déclaré par l'enquêtée et la complétude des données déclarées sur l'âge, l'âge au décès et le nombre d'années écoulées depuis le décès. D’après ce tableau, l’information concernant l’état de survie n’est manquante pour aucun des 35 847 frères ou sœurs déclarés. Des données complètes ont été recueillies pour presque toute la fratrie1 de l’enquêtée, quel que soit l’état de survie. Pour la quasi-totalité des frères et sœurs survivants (99,3 %), un âge a été déclaré ou estimé et les informations apparaissent aussi complètes pour les frères (99,4 %) que pour les sœurs (99,3 %). Pour les membres décédés de la fratrie, on dispose, dans la très grande majorité des cas (98,6 %) des informations, à la fois, sur l’âge au décès et sur le nombre d’années écoulées depuis le décès. Le nombre de cas pour lesquels les données déclarées ou estimées sont manquantes (âge au décès et /ou année écoulée depuis le décès) ne varie pas selon le sexe (1,4 % dans les deux cas). Ces pourcentages témoignent d’une bonne qualité des données. Plutôt que d'exclure des analyses suivantes les frères et sœurs pour lesquels certaines données sont manquantes, on a utilisé les informations concernant le rang de naissance des frères et sœurs en conjonction avec d'autres informations pour imputer une valeur aux données manquantes2. Les données sur la survie des frères et sœurs, y compris les cas avec des valeurs imputées, ont été utilisées dans le calcul direct des taux de mortalité des adultes et des taux de mortalité pour cause maternelle. 1 Le terme fratrie utilisé ici fait référence à l’ensemble des frères et sœurs de la personne enquêtée, issus de la même mère. 2 L'imputation est basée sur l'hypothèse selon laquelle l'ordre des frères et sœurs est correct. Premièrement, on a calculé une date de naissance pour chaque frère et sœurs survivant dont on connaît l'âge et, pour chaque frère et sœurs décédés pour lesquels on avait des informations complètes sur l'âge au décès et sur le nombre d'années écoulées depuis le décès. Pour les frères et sœurs pour lesquels ces données sont manquantes, on a imputé une date de naissance à l'intérieur de l'intervalle délimité par les dates de naissance des frères et sœurs « encadrants ». Pour les frères et sœurs survivants, on a calculé un âge à partir de la date de naissance imputée. Dans le cas de frères et de sœurs décédés, si l'on disposait soit de l'âge au décès, soit du nombre d'années écoulées depuis le décès, cette information a été combinée avec la date de naissance attribuée pour fournir l'information manquante. Si aucune des deux informations n'était disponible, la distribution de l'âge au décès des frères et sœurs dont on connaissait seulement l'âge au décès mais pas le nombre d'années écoulées depuis le décès a été utilisée comme base pour l'imputation de l'âge au décès. Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 225 Tableau 14.1 Complétude de l'information sur les frères et soeurs Effectif des frères et soeurs déclarés par les enquêtées et complétude des données déclarées concernant l'état de survie, l'âge au décès et le nombre d'années écoulées depuis le décès, Tchad 2004 Sœurs Frères Ensemble Frères et sœurs selon différentes variables Effectif % Effectif % Effectif % Ensemble des frères et soeurs 17 474 100,0 18 373 100,0 35 847 100,0 Survivants 13 460 77,0 13 551 73,8 27 011 75,4 Décédés 4 014 23,0 4 821 26,2 8 835 24,6 ND/Manquant 0 0,0 0 0,0 0 0,0 Ensemble des survivants 13 460 100,0 13 551 100,0 27 011 100,0 Âge déclaré 13 361 99,3 13 472 99,4 26 834 99,3 ND/Manquant 99 0,7 79 0,6 178 0,7 Ensemble des décédés 4 014 100,0 4 821 100,0 8 835 100,0 Âge et nombre d’années déclarés 3 959 98,6 4 752 98,6 8 711 98,6 Âge au décès manquant 16 0,4 21 0,4 37 0,4 Nombre d’années manquantes 33 0,8 41 0,9 74 0,8 Âge et nombre d’années manquants 6 0,2 7 0,1 13 0,1 Le nombre d'informations manquantes en ce qui concerne les dates n'est qu'un indicateur de la qualité d'ensemble des données. La complétude des informations de base, à savoir l'omission possible de frères ou de sœurs, est beaucoup plus importante. Le tableau 14.2 présente les résultats d’un certain nombre de tests supplémentaires qui permettent d'évaluer la complétude des données. Au niveau théorique, on s’attend à ce que, en moyenne, la date de naissance des enquêtées se situe au milieu des dates de naissance de la fratrie. Par conséquent, si l'année de naissance médiane des frères et sœurs était plus tardive que celle des enquêtées, cela signifierait que les enquêtées ont systématiquement omis des frères et sœurs plus âgés, peut-être parce que certains d'entre eux étaient décédés avant qu'elles ne soient nées. Les frères et sœurs plus âgés étant plus susceptibles de décéder avant les plus jeunes, leur omission pourrait entraîner une légère sous-estimation de la mortalité d'ensemble. Au tableau 14.2, l'année médiane de naissance des frères et sœurs est supérieure d’un an à celle des enquêtées (1978 contre 1977)3, ce qui dénote une légère sous-déclaration des frères et sœurs les plus âgés, ce qui ne devrait pas affecter de façon importante les niveaux de mortalité. Le rapport de masculinité à la naissance (nombre d’hommes par rapport aux femmes) est de 105,1, niveau cohérent avec les données internationales dont les estimations varient peu autour de 105, quelles que soient les populations. Selon l’année de naissance de l’enquêtée, le rapport de masculinité varie relativement peu (de 103 à 108), sauf pour les enquêtées nées en 1970-74 pour lesquelles le rapport de masculinité n’est que de 99 hommes pour 100 femmes, ce qui pourrait dénoter une sous-déclaration de frères par ce groupe de femmes (tableau 14.2). Compte tenu de la variabilité bien connue du rapport de masculinité dans les petits échantillons, aucune tendance au sous-enregistrement n’apparaît ici dans la déclaration des sœurs ou des frères, sauf pour les enquêtées nées en 1970-74. La taille moyenne de la fratrie (y compris l'enquêtée) est de 6,9, ce qui est proche de la parité finale des femmes du Tchad4. Par contre, l'évolution de la taille de la fratrie, qui diminue avec l'année de naissance des enquêtées, en particulier à partir des années de naissance précédant 1965, semblerait 3 On notera que la distribution des années de naissance des frères et soeurs ne suit pas celle des enquêtées : alors que les années de naissance des enquêtées se répartissent sur 36 ans (1954-1989), celles des frères et soeurs portent sur 83 ans. 4 Le nombre moyen d’enfants nés vivants pour les femmes en fin de vie féconde est estimé à 6,9 (femmes de 45-49 ans) et à 7,2 (femmes de 40-44 ans) (voir tableau 4.5 au chapitre 4). 226 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle indiquer qu'il y a eu certaines omissions de frères et soeurs d'enquêtées nés 39 ans et plus avant l'enquête. Ceci en supposant, bien entendu, que la fécondité n'a pas augmenté au cours du temps. Ce résultat semble indiquer de possibles omissions des frères et soeurs les plus âgés qui aurait comme conséquence une légère sous-estimation de la mortalité passée. Avec ce type de données, peut se poser un autre problème : celui de l'attraction pour certaines valeurs préférentielles, valeurs utilisées par les enquêtées qui ne connaissent pas avec précision l'âge exact au décès et/ou le nombre exact d'années écoulées depuis le décès, mais qui peuvent en fournir une estimation. Ainsi les décès déclarés aux âges se terminant par 0 ou 5 (15 ans, 20 ans, 25 ans, etc.) et les décès s’étant produits depuis un nombre d’années se terminant également par 0 ou 5 (le décès a eu lieu il y a 5 ans, 10 ans, 15 ans, etc.) sont surreprésentés. Pour limiter les effets de ce phénomène, on a procédé à des estimations de mortalité pour une période dont les limites ont été fixées de façon à minimiser les transferts d'événements entre années. En outre, la période de référence doit être suffisamment longue pour pouvoir disposer d'un nombre de cas de décès maternels (qui restent, malgré tout, relativement rares) suffisant pour une estimation fiable du niveau de la mortalité maternelle. À l'inverse, la période de référence doit être suffisamment courte pour rendre compte de la situation actuelle de la mortalité. Pour respecter ces différentes contraintes, une période de 7 années (c'est-à-dire 0-6 années avant l'enquête) a été retenue pour les estimations de mortalité adulte et de mortalité maternelle. 14.3 ESTIMATION DE LA MORTALITÉ ADULTE Les estimations de la mortalité masculine et féminine adulte par âge pour la période de 0-6 ans avant l'enquête, calculées directement d'après les déclarations sur la survie des frères et des sœurs, sont présentées au tableau 14.3. Les décès de frères et soeurs survenus pendant cette période de référence dans les différents groupes d’âges ne sont pas très importants : les taux par âge, basés sur des événements relativement peu nombreux, sont, de ce fait, sujets aux variations d'échantillon- nage. Le niveau de mortalité global des adultes de 15-49 ans pour la période la plus récente (0-6 ans avant l’enquête, soit la période 1997-2004) est élevé : 6,0 ‰ pour l'ensemble des femmes et 5,3 ‰ pour l'ensemble des hommes, soit une surmortalité féminine de 14 % (tableau 14.3). Comme les décès à ces âges restent relativement rares et comme les données sont celles d'un échantillon, les taux ne varient pas de façon régulière selon l'âge. Néanmoins, on observe chez les hommes comme chez les femmes une augmentation assez régulière des taux par âge (graphiques 14.1 et 14.2). Tableau 14.2 Indicateurs de la qualité des données sur les frères et sœurs Répartition (en %) des enquêtées et des frères et sœurs selon l'année de naissance, l’année de naissance médiane, le rapport de masculinité à la naissance et l'évolution de la taille moyenne de la fratrie selon l'année de naissance de l'enquêtée, Tchad 2004 Répartition en % Année de naissance Enquêtées Frères/Sœurs Avant 1955 0,1 4,1 1955-59 8,9 4,4 1960-64 8,8 7,0 1965-69 10,7 9,6 1970-74 13,0 13,5 1975-79 18,9 14,8 1980-84 17,6 16,4 1985 ou plus tard 22,0 30,2 Total 100,0 100,0 Intervalle 1954-1989 1920-2004 Médiane 1977 1978 Effectif 6 085 35 847 Année de naissance de l’enquêtée Taille moyenne de la fratrie Rapport de masculinité Avant 1960 5,9 104,9 1960-64 6,4 104,4 1965-69 6,7 103,3 1970-74 6,9 98,8 1975-79 7,1 106,9 1980-84 7,0 107,8 1985-89 7,3 106,5 Ensemble 6,9 105,1 Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 227 Aux graphiques 14.1 et 14.2 figurent également les taux de mortalité adulte estimés au cours de l’EDST-I de 1996-97. Les taux correspondent à la période 0-6 ans avant l’enquête, soit les années 1989-1997. D’après l’EDST-I, la mortalité à 15-49 ans était estimée à 4,5 ‰ pour les hommes et à 4,8 ‰ pour les femmes. Compte tenu de l’importance de l’intervalle de confiance associé à ces indicateurs, il faut être prudent quant à l’interprétation de ces changements. Néanmoins l’importance des écarts de niveau de mortalité est telle (6,0 ‰ contre 4,8 ‰ pour les femmes, soit une hausse de 26 %, et 5,3 ‰ contre 4,5 ‰ pour les hommes, soit une hausse de 18 %) que, très certainement, la mortalité adulte a connu une augmentation réelle au cours des dernières années. Par ailleurs, l’augmentation aurait été plus importante chez les femmes que chez les hommes, ce qui explique que la surmortalité féminine est aujourd’hui bien supérieure à ce qu’elle était en 1989-97 (14 % contre 6 %). Il reste maintenant à expliquer les raisons de cette augmentation de la mortalité adulte. Il est possible que cette augmentation résulte, du moins en partie, de la surmortalité due au sida. Deux éléments pourraient, en partie, corroborer cette hypothèse. Tout d’abord, l’augmentation de mortalité est plus importante chez les femmes que chez les hommes or, généralement ces dernières sont plus touchées par le sida que les hommes5. Par ailleurs, l’augmentation de mortalité la plus importante se situe à 15-29 ans chez les femmes contre 30-44 ans chez les hommes or, là encore, la prévalence du VIH atteint généralement son maximum à des âges plus jeunes chez les femmes que chez les hommes. 5 Dans de nombreux pays, l’estimation de la prévalence du VIH dans la population générale est dérivée de la prévalence observée chez les femmes enceintes qui se sont rendues en visites prénatales (système de surveillance sentinelle). À partir de l’estimation de la prévalence chez les femmes, on déduit la prévalence chez les hommes. Dans sa méthode de modélisation, l’ONUSIDA utilise généralement un ratio de 1,2 femmes infectées pour 1 homme pour estimer la prévalence du VIH dans la population masculine. Des enquêtes de prévalence récentes parmi la population générale des hommes et des femmes ont indiqué des ratios même plus élevés, par exemple 1,65 au Cameroun en 2004. Tableau 14.3 Estimation de la mortalité adulte par âge Estimation directe de la mortalité par âge à partir des données concernant l’état de survie des frères et sœurs des femmes enquêtées, par sexe, pour la période 0-6 avant l’enquête, Tchad 2004 Période 1998-2004 (0-6 ans avant l’enquête) Groupe d’âges Décès Années d’exposition Taux (‰) SEXE FÉMININ 15-19 867 14 9832 5,720 20-24 897 15 3362 5,828 25-29 651 13 2449 4,931 30-34 743 10 3171 7,229 35-39 389 7 2538 5,219 40-44 280 4 6792 6,018 45-49 213 2 4018 8,740 15-49 4 029 68 2132 6,02a SEXE MASCULIN 15-19 643 14 6729 4,340 20-24 516 15 4715 3,288 25-29 725 13 3412 5,363 30-34 699 10 4839 6,565 35-39 354 7 1112 4,925 40-44 385 4 4662 8,437 45-49 177 2 4418 6,950 15-49 3 449 67 9867 5,27a a Taux standardisés par âge 228 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle 14.4 ESTIMATION DIRECTE DE LA MORTALITÉ MATERNELLE L'estimation directe de la mortalité maternelle, obtenue à partir des déclarations sur la survie des soeurs, est présentée au tableau 14.4. Les décès maternels sont au nombre de 176 pour la période 1997- 2004. Étant donné le nombre peu important d'événements et, de ce fait, les variations aléatoires des taux par âge, la méthode retenue est l'estimation d'un taux unique de mortalité pour cause maternelle * ** * * * * # # # # # # # 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Age (en années) 0 2 4 6 8 10 Décès pour mille 0-6 ans avant l'EDST-II (1997-2004) 0-6 ans avant l'EDST-I (1989-1997)# * Graphique 14.1 Taux de mortalité féminine par âge et par période avant l’EDST-II et l’EDST-I , , , , , , ,# # # # # # # 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Age (en années) 0 2 4 6 8 10 12 Décès pour mille 0-6 ans avant l'EDST-II (1997-2004) 0-6 ans avant l'EDST-I (1989-1997)# , Graphique 14.2 Taux de mortalité masculine par âge et par période avant l’EDST-II et l’EDST-I Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 229 Tableau 14.4 Estimation directe de la mortalité maternelle Estimation directe de la mortalité maternelle à partir des données concernant l’état de survie des sœurs des femmes enquêtées pour la période 0-6 avant l’enquête, Tchad 2004 Période 1998-2004 (0-6 ans avant l’enquête) Groupe d’âges Décès maternels Années d’exposition Taux pour cause maternelle (‰) Proportion de décès maternels 15-19 549 14 9832 3,597 0,63 20-24 413 15 3362 2,659 0,46 25-29 378 13 2449 2,762 0,56 30-34 298 10 3171 2,826 0,39 35-39 72 7 2538 0,943 0,18 40-44 64 4 6792 1,275 0,21 45-49 36 2 4018 1,181 0,14 15-49 1761 68 2132 2,47a 0,44 Taux Global de Fécondité Générale (TGFG ‰) 225a Taux de mortalité maternelle (TMM)1 1 099 Risque de mortalité maternelle sur la durée de vie (RDV)2 0,074 a Taux standardisés par âge 1 Pour 100 000 naissances. Calculé comme suit : (Taux de mortalité par cause maternelle 15-49 ans)/TGFG. 2 Par femme. Calculé à partir de la formule suivante : (1-RDV) = (1-TMM/100 000)ISF, où l’ISF est l’indice synthétique de fécondité. Pour la période 0-6 ans avant l’enquête, l’ISF est estimé à 7,0 enfants par femme. correspondant à l’ensemble des âges de procréation. Ce taux mesure à la fois le risque associé à chaque grossesse, ou risque obstétrical, et la fréquence d’exposition à ce risque. L'estimation d'ensemble du taux de mortalité pour cause maternelle, exprimée pour 1 000 femmes-années d'exposition, est de 2,5 : ce taux est supérieur de 34 % à celui qui avait été estimé par l’EDST-I pour la période 1989-97 (1,8 ‰). Le taux de mortalité pour cause maternelle peut être converti en taux de mortalité maternelle (parfois appelé rapport de mortalité maternelle), exprimé pour 100 000 naissances vivantes, en le divisant par le taux global de fécondité pour la période donnée (tableau 14.4). Exprimé de cette manière, on met davantage en relief le risque obstétrical de la grossesse et de la maternité. Le taux de mortalité maternelle (TMM) est estimé à 1 099 décès maternels pour 100 000 naissances pour la période 1997-2004 contre 827 à l’EDST-I pour la période 1989-1997. Comme pour la mortalité adulte, on constate que les taux de mortalité pour cause maternelle et les taux de mortalité maternelle estimés par l’EDST-II sont nettement supérieurs à ceux estimés par l’EDST-I de 1996-97. Du fait de l’importance de l’intervalle de confiance associé à ces indicateurs6 (graphique 14.3), il faut être très prudent quant à l’interprétation des change- ments. Cependant l’importance des écarts est telle que, très certainement, la mortalité maternelle a connu une augmentation réelle au cours des dernières années, l’ampleur de cette augmentation ne pouvant néanmoins être estimée avec précision. 6 En plus des erreurs de sondage, les estimations obtenues au cours d’une enquête sont également sujettes aux erreurs de mesure ou de collecte. Quand l’estimation est basée sur un très faible nombre d’observations, comme c’est le cas pour la mortalité maternelle (176 décès maternels à l’EDST-II et 143 à l’EDST-I), même très peu d’erreurs de collecte (omission ou mauvaise classification de quelques décès par exemple) peuvent provoquer une variation importante de l’estimation. 230 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle 1001 1527 653 671 0-6 ans avant l'EDST-I (1989-1997) 0-6 ans avant l'EDST-II (1998-2004) 400 600 800 1000 1200 1400 1600 Décès pour 100 000 naissances Graphique 14.3 Intervalle de confiance du taux de mortalité maternelle pour la période 0-6 ans avant l’EDST-I et l’EDST-II 826 1 099 Un autre indicateur, le risque de mortalité maternelle sur la durée de vie (RDV) est calculé à partir du taux de mortalité maternelle (tableau 14.4). Cet indicateur tient compte à la fois de la probabilité d’une grossesse et de la probabilité de décéder à la suite de cette grossesse pendant toute la période féconde d’une femme. Ce risque est de l’ordre de 0,074 pour la période 1997-2004. Autrement dit, au Tchad, une femme court un risque d’environ 1 sur 14 de décéder pour cause maternelle pendant les âges de procréation. Ce risque était estimé à 0,055 (soit un risque de 1 sur 18) par l’EDST-I pour la période 1989-1997. À la différence des autres mesures de mortalité présentées précédemment, les proportions de décès imputables aux causes maternelles7 (tableau 14.4) ne peuvent être affectées par des sous- déclarations dans la mesure où l'on peut supposer que les sous-déclarations éventuelles n'affectent pas davantage les décès par cause maternelle que les autres décès. Parmi l'ensemble des décès de femmes en âge de procréation (15-49 ans), 44 % seraient dus à des causes maternelles pour la période 1997-2004, contre 41 % pour la période 1989-1997 d’après l’EDST-I. Ainsi, malgré l’augmentation de la mortalité maternelle notée précédemment, la part des décès de femmes imputables à des causes maternelles n’aurait que peu variée du fait, certainement, de l’augmentation de la mortalité non maternelle au cours de la même période. 7 La formule de calcul de cette probabilité figure en note du tableau 14.4. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 231 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DES IST/SIDA 15 Caman Bédaou, Dr Donato Koyalta et Kostelngar Nodjimadji INTRODUCTION Les premières notifications de cas de VIH/sida au Tchad remontent à 1986 (2 cas). Depuis lors, la pandémie du VIH/sida a fait un bond très inquiétant, touchant une tranche non négligeable de la population. L'ONUSIDA estime que la prévalence du VIH au Tchad est d'environ 4,8 % et que près de 200.000 personnes y vivent avec le virus du VIH/sida (ONUSIDA, 2004). Les actions structurées de lutte contre la pandémie ont démarré en 1988 avec la mise en œuvre du Plan à court terme (1988-1989). Ensuite se sont succédés les Plans à moyen terme I (1990-1994) et II (1995-1999), le Plan stratégique National I (1999-2003) et le plan actuel (2004-2009) qui constitue une version actualisée du précédent plan et qui a inscrit « la promotion d'un environnement favorable au plan juridique, éthique et de respect des droits humains » au nombre des domaines prioritaires d'intervention dans le contexte de la lutte contre le VIH/sida. Dans le souci d’évaluer l’impact des actions entreprises dans le cadre de la lutte contre la pandémie du VIH/sida, des données détaillées sur la connaissance, les opinions et attitudes des femmes et des hommes vis-à-vis des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et du VIH/sida ont été recueillies. Les informations ainsi collectées sont essentielles à l’ajustement des programmes en place, ainsi qu’à l’organisation de nouvelles campagnes d’information, d’éducation et de communication sur le sida. Ce chapitre porte donc sur la connaissance des modes de transmission du VIH/sida, sur les rapports sexuels à hauts risques et les Infections Sexuellement Transmissibles. 15.1 CONNAISSANCE, OPINIONS ET ATTITUDES Le tableau 15.1 présente les proportions de femmes et d’hommes ayant entendu parler du VIH/sida. On constate qu’une proportion très élevée de femmes et d’hommes connaît le sida : 80 % des femmes et 90 % d'hommes. Comparées à l’EDST-I (60 % des femmes et 88 % des hommes), on constate une amélioration très nette de la connaissance du VIH/sida chez les femmes tandis que chez les hommes, les changements sont plus modestes. Ce niveau de connaissance n’est pas homogène et il varie de manière importante selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tout d’abord, on note que les femmes de 25-39 ans sont, proportionnellement, les plus nombreuses à avoir déclarer connaître le VIH/sida (84 %). Parmi les jeunes femmes de 15-24 ans, cette proportion est de 77 % et elle est quasiment identique à celle observée parmi les femmes les plus âgées de 40-49 ans (78 %). L’examen des autres variables montre que c’est parmi les célibataires qui n’ont jamais eu de rapports sexuels (67 %), parmi celles du milieu rural (76 %), parmi celles sans instruction (74 %) et parmi celles des ménages du quintile le plus pauvre (44 %) que l’on constate les proportions les plus faibles de femmes qui ont entendu parler du VIH/sida. En outre, les résultats selon la zone de résidence font apparaître des écarts importants : avec seulement 25 % de femmes ayant déclaré connaître le VIH/sida, la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) se caractérise par le niveau de connaissance le plus faible. La zone 2 (BET, Kanem et Lac), malgré un niveau de connaissance plus élevé (65 %) se situe loin derrière les autres zones dans lesquelles au moins 80 % des femmes connaissent le VIH/sida. Chez les hommes, on constate que, globalement, le niveau de connaissance est plus élevé que chez les femmes (90 % contre 80 %). Comme chez les femmes, on note des variations selon les caractéristiques sociodémographiques et les catégories dans lesquelles les hommes connaissent le moins fréquemment le VIH/sida sont les mêmes que chez les femmes. 232 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.1 Connaissance du sida Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique A entendu parler du sida Effectif A entendu parler du sida Effectif Âge 15-24 76,6 2 432 84,3 673 15-19 73,2 1 360 80,1 406 20-24 81,0 1 072 90,7 267 25-29 83,9 1 140 96,0 293 30-39 83,6 1 440 95,8 393 40-49 78,1 1 072 88,5 323 État matrimonial Célibataire 68,6 873 84,3 649 A déjà eu des rapports sexuels 90,7 73 95,4 292 N'a jamais eu de rapports sexuels 66,6 799 75,4 358 En union 81,7 4 663 93,1 977 En rupture d’union 82,3 549 95,4 55 Résidence N'Djaména 95,8 516 94,5 219 Autres Villes 91,8 773 94,3 250 Ensemble urbain 93,4 1 289 94,4 469 Rural 76,2 4 796 88,0 1 213 Zone Zone 1 95,8 516 94,5 219 Zone 2 65,3 731 50,8 191 Zone 3 74,3 732 85,9 183 Zone 4 25,3 605 95,2 132 Zone 5 85,3 723 90,0 183 Zone 6 94,5 620 100,0 151 Zone 7 98,8 1 320 97,8 400 Zone 8 81,8 836 97,3 222 Niveau d'instruction Aucune instruction 74,0 4 549 82,3 757 Primaire 97,1 1 144 94,6 556 Secondaire ou plus 98,1 392 98,1 368 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 44,0 1 216 83,9 258 Second 85,0 1 310 93,1 325 Moyen 83,7 1 100 83,2 308 Quatrième 91,9 1 246 90,2 332 Le plus riche 94,6 1 213 94,9 460 Ensemble 79,9 6 085 89,8 1 682 15.1.1 Connaissance des moyens de prévention et de transmission La connaissance par la population des moyens de prévention est indispensable si l’on veut lutter efficacement contre la propagation du virus qui cause le sida Au cours de l’EDST-II, on a donc demandé aux enquêtés ce qui pouvait être fait pour éviter de contracter ce virus. À cette question, une faible proportion de femmes (27 %) et une proportion beaucoup plus élevée d’hommes (60 %) ont déclaré qu’on pouvait limiter ses risques de contracter le VIH/sida en utilisant des condoms. En outre, 56 % des femmes et 81 % des hommes ont cité la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté comme moyen de prévention du VIH/sida. Globalement, 23 % des femmes et 56 % des hommes ont cité ces deux moyens de prévention. (tableau 15.2). En fonction de l’âge, malgré des variations irrégulières, Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 233 Tableau 15.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans qui, en réponse une question déterminée, déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Utilisant des condoms Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté Utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire non infecté S'abstenant de rapports sexuels Effectif de femmes Utilisant des condoms Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté Utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire non infecté S'abstenant de rapports sexuels Effectif d'hommes Âge 15-24 28,7 52,0 23,9 51,5 2 432 57,3 72,7 53,3 67,6 673 15-19 27,6 48,4 22,9 48,2 1 360 48,0 67,2 45,5 62,0 406 20-24 30,1 56,5 25,0 55,8 1 072 71,5 81,1 65,0 76,2 267 25-29 31,2 60,0 26,0 59,6 1 140 71,0 88,4 66,5 79,8 293 30-39 25,5 57,0 21,3 56,2 1 440 64,6 86,6 59,3 77,2 393 40-49 23,0 57,5 19,5 54,5 1 072 49,9 84,7 48,4 74,4 323 État matrimonial Célibataire 29,8 42,5 23,2 44,6 873 55,9 72,3 51,9 66,6 649 A déjà eu des rapports sexuels 60,6 69,8 50,4 66,9 73 75,5 87,2 70,2 79,4 292 N'a jamais eu de rapports sexuels 26,9 40,0 20,7 42,6 799 40,0 60,1 36,9 56,2 358 En union 27,1 58,4 23,1 56,3 4 663 61,7 86,5 57,9 77,5 977 En rupture d’union 26,0 53,2 20,4 56,4 549 76,9 85,9 71,8 77,6 55 Résidence N'Djaména 51,1 67,5 43,2 58,9 516 61,9 82,1 55,4 70,7 219 Autres Villes 37,5 65,5 31,5 63,8 773 71,3 87,8 66,3 80,0 250 Ensemble urbain 42,9 66,3 36,2 61,9 1 289 66,9 85,1 61,2 75,7 469 Rural 23,2 52,8 19,3 52,7 4 796 57,3 79,4 54,0 72,4 1 213 Zone Zone 1 51,1 67,5 43,2 58,9 516 61,9 82,1 55,4 70,7 219 Zone 2 24,5 59,1 24,0 55,0 731 20,2 44,2 17,6 32,4 191 Zone 3 17,7 55,1 16,0 48,1 732 44,5 77,1 41,0 76,2 183 Zone 4 4,5 15,5 4,3 15,0 605 40,2 90,0 38,6 91,6 132 Zone 5 13,8 72,2 13,6 63,0 723 79,1 87,9 78,5 87,3 183 Zone 6 33,6 68,0 29,6 76,6 620 70,7 82,0 61,9 67,5 151 Zone 7 28,9 43,3 15,6 54,7 1 320 71,3 87,2 66,8 72,0 400 Zone 8 45,0 70,9 43,4 62,7 836 73,4 91,6 70,6 92,4 222 Niveau d'instruction Aucune instruction 20,7 53,2 17,3 52,1 4 549 44,8 76,3 42,6 72,4 757 Primaire 44,0 61,8 36,2 61,8 1 144 67,1 83,5 62,7 74,2 556 Secondaire ou plus 56,6 66,5 48,3 63,0 392 80,4 86,9 73,7 73,7 368 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 6,7 31,8 6,2 28,6 1 216 36,7 77,3 35,0 77,6 258 Second 26,5 54,7 20,4 59,4 1 310 67,9 86,0 65,2 78,7 325 Moyen 29,6 59,7 25,5 58,4 1 100 55,6 73,2 49,8 67,3 308 Quatrième 31,2 65,9 26,2 65,5 1 246 62,7 78,5 58,8 65,4 332 Le plus riche 43,2 66,4 36,5 61,1 1 213 68,4 86,5 63,6 76,7 460 Ensemble 27,4 55,7 22,9 54,7 6 085 60,0 81,0 56,0 73,3 1 682 on note, chez les femmes, que ce sont les plus âgées qui connaissent le moins fréquemment ces deux moyens de prévention (21 % à 30-39 ans et 20 % à 40-49 ans contre un maximum de 26 % à 25-29 ans). Dans la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira), seulement 5 % des femmes savent qu’on peut réduire les risques de contracter le VIH/sida en utilisation un condom et 16 % en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté. Globalement, dans cette zone, 4 % connaissent ces deux moyens. À l’opposé, c’est parmi les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (50 %), celles de N’Djaména (43 %), celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire (48 %) et celles des ménages les plus riches (37 %) que l’on observe les proportions les plus élevées de femmes qui ont cité ces deux moyens. Il faut rappeler ici que parmi les femmes sans instruction, parmi celles vivant en milieu rural et parmi celles vivant dans un ménage du quintile le plus pauvre, la quasi-majorité ne sont exposées à aucun média. Ce qui peut expliquer, en partie, leur faible niveau de connaissance des moyens de transmission du VIH/sida. 234 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Il faut signaler aussi que pour 73 % des femmes, en particulier pour 92 % de celles des zones 4 (Ouaddaï et Wadi Fira), et 8 (Moyen Chari et Mandoul) l’abstinence sexuelle est un moyen de prévention du VIH/sida. Chez les hommes, les écarts entre caractéristiques sociodémographiques sont également très importants et les variations sont pratiquement identiques à celles constatées chez les femmes; les célibataires n’ayant jamais eu de rapports sexuels (37 %), ceux sans instruction (43 %), et ceux des ménages les plus pauvres (35 %) sont ceux qui ont le moins fréquemment cité ces deux moyens de se protéger du VIH/sida. Par contre, en fonction du milieu de résidence, on constate de manière surprenante et à la différence des femmes que les proportions d’hommes qui connaissent les deux moyens de se protéger du sida sont identiques en milieu rural et à N’Djaména (respectivement, 54 % et 55 %). Enfin, les résultats selon la zone de résidence mettent en évidence une proportion élevée d’hommes qui connaissent les deux moyens de prévention dans la zone 5 (Hadger, Lamis et Chari Baguirmi) (79 %) et à l’opposé, une faible proportion dans la zone 2 (BET, Kanem et Lac) (18 %). 15.1.2 Perception du sida Les conceptions erronées sur l’infection à VIH et le sida conditionnent les attitudes et les comportements vis-à-vis de cette infection. Au cours de l’enquête, une série de propositions ont été soumises aux enquêtés pour mesurer leur niveau de connaissance correcte concernant la transmission et la prévention du virus. Les résultats sont présentés aux tableaux 15.3.1 pour les femmes et 15.3.2 pour les hommes. On constate que 39 % des femmes savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir le virus du sida. En outre, dans une proportion quasiment identique (40 %), les femmes ont déclaré que le sida ne peut pas être transmis par les moustiques. Pour 60 % des femmes, le sida ne se transmet pas par des moyens surnaturels, et dans la moitié des cas (52 %), les femmes ont déclaré qu’une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas avec un sidéen. Globalement, seulement 17 % des femmes rejettent les deux idées erronées les plus courantes sur la transmission, à savoir qu’on ne peut contracter le virus du sida ni en partageant ses repas avec une personne infectée, ni par des piqûres de moustiques. De plus, ces femmes savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida. Tout d’abord, on constate que les femmes de 20-39 ans possèdent plus fréquemment que les autres ces informations correctes (en moyenne, 19 % contre 15 % à 15-19 ans et 17 % à 45-49 ans). On constate également des écarts en fonction du statut matrimonial des femmes puisque la proportion de femmes qui ont une connaissance correcte des moyens de prévention varie d’un minimum de 12 % parmi les célibataires n’ayant jamais eu de rapports sexuels à un maximum de 38 % parmi les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels. Il faut ensuite souligner que ce niveau de connaissance correcte est particulièrement faible parmi les femmes du milieu rural (14 %) alors qu’en milieu urbain, la proportion de femmes bien informées est de 31 %. C’est en fonction du niveau d’instruction et du niveau de vie du ménage que les écarts sont les plus importants : en effet, la proportion de femmes ayant une connaissance correcte varie de 14 % chez celles sans instruction à 46 % chez celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire. En ce qui concerne le niveau de vie du ménage, cette proportion de femmes varie d’un minimum de 7 % dans les ménages les plus pauvres à un maximum de 31 % dans les ménages les plus riches. Enfin, dans les zones, on note que dans la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira), seulement 2 % sont correctement informées. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 235 Tableau 15.3.1 Idées erronées à propos du sida (femmes) Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui, en réponse à une question déterminée, rejettent des idées locales erronées à propos de la transmission ou de la prévention du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Pourcentage d'enquêtées qui savent que : Caractéristique sociodémographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le sida ne peut pas être transmis par les moustiques Le sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas avec un sidéen Pourcentage rejetant les 2 idées erronées les plus courantes1 et sachant qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Effectif de femmes Âge 15-19 33,5 36,8 53,1 48,6 15,3 1 360 20-24 42,2 40,8 61,2 52,2 18,7 1 072 25-29 41,0 41,9 64,8 56,3 19,0 1 140 30-34 40,9 36,0 62,6 56,5 16,5 783 35-39 44,8 43,7 61,8 56,5 21,1 657 40-44 36,1 39,6 62,5 45,0 14,5 525 45-49 39,8 41,5 61,3 49,6 16,8 547 État matrimonial Célibataire 31,0 33,2 50,2 46,6 14,6 873 A déjà eu des rapports sexuels 60,4 58,7 77,8 71,8 38,3 73 N'a jamais eu de rapports sexuels 28,3 30,9 47,7 44,3 12,4 799 En union 40,5 40,6 62,0 53,0 17,7 4 663 En rupture d’union 43,4 43,1 63,1 55,5 19,5 549 Résidence N'Djaména 60,7 65,6 82,7 82,1 41,4 516 Autres Villes 50,4 47,9 74,4 69,3 23,2 773 Ensemble urbain 54,5 55,0 77,7 74,4 30,5 1 289 Rural 35,3 35,7 55,8 46,4 13,9 4 796 Zone Zone 1 60,7 65,6 82,7 82,1 41,4 516 Zone 2 34,2 27,0 61,5 44,7 16,6 731 Zone 3 20,3 45,2 57,6 44,4 12,4 732 Zone 4 3,4 11,9 14,7 13,6 2,0 605 Zone 5 32,8 48,7 59,0 50,3 22,7 723 Zone 6 38,4 38,3 66,0 53,4 10,8 620 Zone 7 70,4 39,5 63,9 62,2 19,9 1 320 Zone 8 31,1 44,4 73,1 61,0 15,3 836 Niveau d'instruction Aucune instruction 32,5 36,5 54,3 45,2 14,4 4 549 Primaire 57,6 43,3 77,3 67,7 19,7 1 144 Secondaire ou plus 66,6 68,1 82,7 89,8 46,4 392 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 13,8 21,7 30,1 22,7 6,9 1 216 Second 40,3 42,3 60,4 50,2 16,0 1 310 Moyen 39,9 40,2 62,7 53,7 17,4 1 100 Quatrième 46,4 39,0 72,0 59,8 15,7 1 246 Le plus riche 56,5 55,6 77,0 75,4 31,3 1 213 Ensemble 39,4 39,8 60,4 52,3 17,4 6 085 1 Les deux idées erronées les plus courantes sont la transmission par les piqûres de moustiques et le fait de partager les repas avec une personne infectée. Concernant les hommes, les résultats montrent qu’ils sont proportionnellement plus nombreux que les femmes à avoir une connaissance correcte de la transmission du VIH/sida : près d’un homme sur deux (49 %) sait qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir le VIH/sida. De plus, 49 % savent que le VIH/sida ne peut pas être transmis par les moustiques et, environ, les trois-quarts (75 %) rejettent l’idée erronée selon laquelle le virus peut se transmettre par des moyens surnaturels ; dans 62 % des cas, les hommes savent qu’on ne peut pas être contaminé en partageant les repas d’une personne infectée. Globalement, 29 % rejettent les idées erronées les plus courantes et savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir le VIH/sida. 236 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.3.2 Idées erronées à propos du sida (hommes) Pourcentage d’hommes de 15-49 ans qui, en réponse à une question déterminée, rejettent des idées locales erronées à propos de la transmission ou de la prévention du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Pourcentage d'enquêtés qui savent que : Caractéristique sociodémographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le sida ne peut pas être transmis par les moustiques Le sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas avec un sidéen Pourcentage rejetant les 2 idées erronées les plus courantes1 et sachant qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Effectif d'hommes Âge 15-19 37,4 39,3 61,1 49,1 18,1 406 20-24 50,0 55,0 82,1 73,5 35,4 267 25-29 54,8 53,0 84,5 72,5 35,0 293 30-34 55,2 56,0 76,7 60,9 27,2 212 35-39 51,5 41,3 79,5 60,5 22,9 181 40-44 55,2 56,9 74,9 65,2 40,8 172 45-49 45,4 50,5 74,5 53,9 27,3 151 État matrimonial Célibataire 44,7 46,2 68,8 58,7 26,6 649 A déjà eu des rapports sexuels 61,0 57,3 85,6 72,3 37,8 292 N'a jamais eu de rapports sexuels 31,4 37,1 55,2 47,6 17,5 358 En union 52,1 50,9 78,9 62,8 29,7 977 En rupture d’union 37,3 58,1 81,3 81,1 32,3 55 Résidence N'Djaména 68,4 73,8 80,9 78,7 50,3 219 Autres Villes 56,4 54,2 83,0 70,7 33,3 250 Ensemble urbain 62,0 63,4 82,0 74,4 41,3 469 Rural 43,6 43,9 72,4 57,0 23,7 1 213 Zone Zone 1 68,4 73,8 80,9 78,7 50,3 219 Zone 2 25,4 34,3 47,1 37,9 17,2 191 Zone 3 64,0 37,2 72,0 51,3 17,3 183 Zone 4 53,1 79,6 72,7 52,9 35,2 132 Zone 5 86,9 87,1 89,1 87,0 82,3 183 Zone 6 78,4 44,1 81,5 73,0 31,6 151 Zone 7 21,9 31,6 78,7 58,6 8,6 400 Zone 8 30,8 34,4 74,8 57,3 12,1 222 Niveau d'instruction Aucune instruction 52,2 54,0 69,9 55,0 32,6 757 Primaire 36,9 32,5 72,8 53,8 13,8 556 Secondaire ou plus 59,5 65,1 89,1 87,9 42,7 368 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 49,2 52,6 61,4 45,3 26,5 258 Second 40,7 41,5 76,8 54,1 21,0 325 Moyen 46,4 38,1 68,2 52,4 20,9 308 Quatrième 40,3 41,0 77,3 69,7 24,2 332 Le plus riche 61,8 66,4 84,5 77,2 43,4 460 Ensemble 48,7 49,3 75,1 61,8 28,6 1 682 1 Les deux idées erronées les plus courantes sont la transmission par les piqûres de moustiques et le fait de partager les repas avec une personne infectée. En outre, on constate des écarts importants selon le statut matrimonial, le niveau d’instruction, le milieu de résidence et le niveau de vie du ménage. Seulement 18 % des célibataires qui n’ont jamais eu des rapports sexuels ont une connaissance correcte des moyens de transmission du virus contre 38 % parmi ceux qui ont déjà eu des rapports sexuels et 32 % parmi ceux qui sont en rupture d’union. En fonction du niveau d’instruction, on constate, de manière surprenante, que parmi les hommes qui ont un niveau primaire, la proportion de ceux qui ont une connaissance correcte des moyens de transmission est plus faible que parmi ceux sans instruction (14 % contre 33 %). C’est parmi les hommes ayant un niveau Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 237 secondaire ou plus que la proportion de ceux dont la connaissance est correcte est la plus élevée (43 %). Selon le niveau de vie du ménage, on constate un écart important entre le quintile le plus riche et les autres quintiles (43 % contre un minimum de 21 % dans le second et le moyen). 15.1.3 Connaissance générale Le tableau 15.4 présente le pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui, en réponse à une question déterminée, déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes à propos de la transmission ou de la prévention du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Ces personnes sont considérées, à l’enquête, comme ayant une connaissance générale ou complète du VIH/sida. Les résultats sont présentés au tableau 15.4 pour les femmes et les hommes, selon les caractéristiques sociodémographiques. Concernant les femmes, les résultats montrent que seulement 7 % ont une connaissance complète du VIH/sida. Ces résultats étant une combinaison des résultats précédents sur la connaissance des moyens de transmission et de prévention, on retrouve ici les mêmes variations sociodémographiques que celles observées précédemment. Les femmes de 20-39 ans (en moyenne, 8 %), les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (30 %), celles vivant à N’Djaména (23 %), celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (26 %) et celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus riche (16 %) sont celles qui possèdent le plus fréquemment une connaissance considérée comme complète du VIH/sida. Si l’on considère la zone de résidence, on constate de nouveau que c’est la zone 4 (Ouaddaï et Wadi Fira) qui détient la proportion la plus faible de femmes ayant une connaissance complète des moyens de transmission et de prévention du virus (1 %). Les zones 3 (Batha, Guéra et Salamat), 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) et 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) se caractérisent également par de faibles proportions de femmes qui possèdent les informations correctes (respectivement, 4 %, 5 % et 3 %). À l’opposé, dans les zones 2 (BET, Kanem et Lac) et 8 (Moyen Chari et Mandoul), environ 10 % des femmes sont correctement informées. Les résultats concernant les hommes montrent qu’ils sont proportionnellement plus nombreux que les femmes à posséder une connaissance générale des moyens de transmission et de prévention du virus du VIH/sida. (21 % contre 7 %). Les résultats selon les caractéristiques sociodémographiques mettent en évidence les mêmes variations que celles observées précédemment. Les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (30 %), ceux de N’Djaména (36 %), ceux ayant un niveau d’instruction secondaire (34 %) et ceux dont le ménage appartient au quintile le plus riche (32 %) sont ceux qui possèdent le plus fréquemment des informations correctes. Les résultats selon la zone de résidence montrent que dans la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi), plus des trois quarts des hommes (76 %) ont une connaissance complète des moyens de transmission et de prévention du virus qui cause le sida contre un minimum de 6 % dans la zone 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé). Quand on considère l’âge, on ne constate pas de tendance : la proportion d’hommes ayant une connaissance complète varie d’un minimum de 13 % chez les jeunes hommes de 15-19 ans à un maximum de 31 % chez les hommes âgés de 20-24 ans. 238 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.4 Connaissance générale du sida Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 qui, en réponse à une question déterminée, déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes à propos de la transmission ou de la prévention du sida1, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Pourcentage Effectif Pourcentage Effectif Âge 15-19 7,5 1 360 12,9 406 20-24 8,8 1 072 31,3 267 25-29 7,3 1 140 25,8 293 30-34 6,8 783 19,3 212 35-39 8,3 657 16,6 181 40-44 6,3 525 24,5 172 45-49 4,8 547 17,9 151 État matrimonial Célibataire 8,1 873 20,3 649 A déjà eu des rapports sexuels 29,8 73 30,3 292 N'a jamais eu de rapports sexuels 6,1 799 12,1 358 En union 7,3 4 663 20,9 977 En rupture d’union 6,8 549 28,8 55 Résidence N'Djaména 23,0 516 35,8 219 Autres Villes 11,7 773 24,8 250 Ensemble urbain 16,2 1 289 29,9 469 Rural 5,0 4 796 17,4 1 213 Zone Zone 1 23,0 516 35,8 219 Zone 2 10,4 731 7,7 191 Zone 3 4,2 732 10,0 183 Zone 4 1,1 605 13,7 132 Zone 5 4,7 723 75,6 183 Zone 6 7,8 620 25,5 151 Zone 7 3,0 1 320 6,3 400 Zone 8 11,2 836 8,8 222 Niveau d'instruction Aucune instruction 5,1 4 549 22,8 757 Primaire 10,0 1 144 9,4 556 Secondaire ou plus 26,4 392 34,4 368 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,3 1 216 14,7 258 Second 6,0 1 310 17,5 325 Moyen 7,2 1 100 17,4 308 Quatrième 6,2 1 246 16,4 332 Le plus riche 16,3 1 213 32,4 460 Ensemble 7,4 6 085 20,9 1 682 1 Les deux idées erronées les plus courantes sont la transmission par les piqûres de moustiques et le fait de partager les repas avec une personne infectée. 15.1.4 Stigmatisation Le comportement que les individus adopteraient dans différentes situations face à des personnes atteintes par le VIH/sida est révélateur du niveau de perception du risque de transmission du virus qui peut se traduire, dans la vie courante, par une stigmatisation à l’égard des personnes infectées par ce virus. Dans le cadre de l’EDST-II, des questions ont été posées aux enquêtés pour savoir comment ils se comporteraient dans certaines circonstances face à des personnes ayant contracté la maladie. Plus précisément, on a cherché à savoir si les enquêtés seraient prêts à prendre soin chez eux d’un parent Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 239 vivant avec le VIH/sida, s’ils achèteraient des légumes frais chez un commerçant vivant avec le VIH/sida ; s’ils pensaient qu’une enseignante vivant avec le VIH/sida devrait être autorisée à continuer à travailler et, s’ils pensaient qu’il fallait garder secret l’état d’un membre de la famille vivant avec le VIH/sida. Les résultats sont présentés, pour les femmes au tableau 15.5.1 et au tableau 15.5.2 pour les hommes actuellement en union. Parmi les femmes de 15 à 49 ans ayant entendu parler du VIH/sida, 75 % seraient prêtes à s'occuper chez elles d'un parent vivant avec le VIH/sida ; 27 % achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH. En outre, environ trois femmes sur cinq (59 %) pensent qu'une enseignante vivant avec le VIH devrait être autorisée à continuer d'enseigner et 53 % pensent qu'il n’est pas nécessaire de garder secret l'état d'un membre de la famille vivant avec le VIH/sida. Globalement, on constate que seulement une femme sur dix (10 %) aurait une attitude tolérante dans les quatre situations citées. L’âge ne fait pas apparaître d’écarts. Les résultats selon les autres caractéristiques sociodémographiques montrent que cette attitude de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH/sida est plus répandue dans les groupes de femmes où la connaissance complète des moyens de transmission et de prévention du VIH/sida est la plus élevée. En effet, ce sont les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (16 %), celles de N’Djaména (17 %), celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (20 %) et celles vivant dans un ménage du quintile le plus riche (15 %) qui ont le plus fréquemment exprimé des attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida. En outre, les femmes des zones 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) et 8 (Mandoul et Moyen Chari) semblent plus tolérantes à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida que les femmes des autres zones (respectivement, 12 % et 13 % contre un minimum de 4 % dans la zone 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest). En raison d’une erreur de saut dans le questionnaire, les questions sur les attitudes de tolérances n’ont été posées qu’aux hommes en union. Le tableau 15.5.2 est donc limité aux seuls hommes en union. On constate que dans cette catégorie seulement 15 % des hommes ont exprimé les quatre attitudes de tolérance. Si l’on considère les résultats selon chaque type d’attitude, on constate que c’est dans le cas où un commerçant est atteint du VIH/sida que les hommes en union se montreraient les moins tolérants (30 %). Par contre, plus de quatre hommes en union sur cinq (84 %) ont déclaré qu’ils seraient prêts à s’occuper chez eux d’un membre de la famille vivant avec le VIH/sida. Les proportions d’hommes qui seraient les plus tolérants dans les quatre situations citées varient de manière importante selon les caractéristiques sociodémographiques. Ce sont les hommes qui possèdent le plus fréquemment les informations correctes sur les moyens de prévention et de transmission du VIH/sida qui sont également les plus tolérants : en effet, c’est parmi les hommes de N’Djaména (25 %), ceux de la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi), ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (31 %) et ceux du quintile le plus riche (26 %) que ces attitudes de tolérance sont les plus répandues. La comparaison de ces résultats avec ceux concernant les femmes en union montrent que, dans l’ensemble, les hommes se montreraient plus tolérants s’ils étaient confrontés aux quatre situations citées (15 % contre 9 %). On peut néanmoins noter que dans le cas d’une enseignante vivant avec le VIH/sida, les femmes en union seraient en proportion plus nombreuses que les hommes en union à tolérer qu’elle continue son travail (59 % contre 47 %). 240 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.5.1 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH (femmes) Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida exprimant des attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Pourcentage d'enquêtées qui : Caractéristique sociodémographique Seraient prêtes à s'occuper chez elle d'un parent vivant avec le VIH Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH Pensent qu'une enseignante vivant avec le VIH devrait être autorisée à continuer d'enseigner Pensent qu'il n'est pas nécessaire de garder secret l'état d'un membre de la famille vivant avec le VIH Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif de femmes ayant entendu parler du VIH/sida Âge 15-24 75,3 27,8 60,1 48,7 9,0 1 863 15-19 74,8 28,0 58,4 47,3 8,9 995 20-24 75,8 27,6 62,0 50,3 9,1 868 25-29 72,5 26,5 60,4 54,1 9,9 957 30-39 76,0 29,0 58,5 55,3 10,0 1 204 40-49 75,7 25,2 56,6 57,3 9,7 837 État matrimonial Célibataire 79,8 29,7 60,3 48,6 11,0 599 A déjà eu des rapports sexuels 87,8 47,1 69,3 53,3 15,5 66 N'a jamais eu de rapports sexuels 78,8 27,5 59,2 48,0 10,5 532 En union 73,9 26,4 59,2 53,7 8,9 3 810 En rupture d’union 77,4 32,6 57,4 52,1 12,7 452 Résidence N'Djaména 84,3 45,9 70,0 47,3 17,1 494 Autres Villes 78,5 36,1 65,0 49,0 14,4 710 Ensemble urbain 80,9 40,1 67,1 48,3 15,5 1 204 Rural 73,0 23,2 56,5 54,4 7,6 3 656 Zone Zone 1 84,3 45,9 70,0 47,3 17,1 494 Zone 2 55,1 24,1 53,7 55,3 6,4 478 Zone 3 60,1 23,7 43,8 59,6 4,7 544 Zone 4 69,5 15,5 24,7 45,4 5,1 153 Zone 5 79,8 25,8 55,0 52,9 7,3 617 Zone 6 64,5 14,2 54,7 41,0 4,2 586 Zone 7 79,0 31,3 59,6 59,4 11,8 1 305 Zone 8 92,0 27,0 81,9 49,3 13,4 684 Niveau d'instruction Aucune instruction 71,4 23,4 55,3 53,1 7,8 3 366 Primaire 81,1 32,1 64,6 53,6 11,4 1 110 Secondaire ou plus 88,4 48,8 77,6 49,3 19,8 385 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 68,2 20,8 45,2 57,3 5,0 535 Second 73,5 23,3 57,2 53,0 7,7 1 113 Moyen 73,2 24,4 61,1 53,1 9,1 921 Quatrième 73,5 25,4 57,9 55,1 8,9 1 144 Le plus riche 82,5 38,7 67,2 48,4 14,5 1 148 Ensemble 75,0 27,4 59,2 52,9 9,5 4 861 Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 241 Tableau 15.5.2 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH (hommes en union) Pourcentage d'hommes actuellement en union ayant entendu parler du sida exprimant des attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Pourcentage d'hommes en union qui : Caractéristique sociodémographique Seraient prêts à s'occuper chez eux d'un parent vivant avec le VIH Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH Pensent qu'une enseignante vivant avec le VIH devrait être autorisée à continuer d'enseigner Pensent qu'il n'est pas nécessaire de garder secret l'état d'un membre de la famille vivant avec le VIH Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif d’hommes en union ayant entendu parler du VIH/sida Âge 15-24 82,5 32,3 56,9 68,2 21,7 86 15-19 * * * * * 4 20-24 81,7 32,9 55,0 68,4 22,6 83 25-29 84,7 28,6 48,0 72,3 16,9 207 30-39 81,6 27,3 46,5 69,0 13,5 343 40-49 86,1 34,7 43,8 61,6 12,5 274 Résidence N'Djaména 78,5 51,6 68,6 55,7 24,7 90 Autres Villes 86,1 39,2 57,9 59,3 15,5 105 Ensemble urbain 82,6 44,9 62,8 57,6 19,8 195 Rural 84,1 26,3 42,7 70,1 13,4 715 Zone Zone 1 78,5 51,6 68,6 55,7 24,7 90 Zone 2 73,3 34,5 35,0 62,7 12,1 64 Zone 3 61,3 19,0 42,1 27,3 0,9 101 Zone 4 69,9 36,1 63,0 38,6 1,5 79 Zone 5 95,0 33,3 43,6 83,4 32,1 114 Zone 6 85,7 17,4 45,4 86,7 7,8 90 Zone 7 91,9 30,3 48,4 79,7 18,0 244 Zone 8 91,9 24,9 33,7 76,4 11,2 129 Niveau d'instruction Aucune instruction 78,5 24,6 44,3 54,7 10,3 437 Primaire 87,2 29,0 41,2 81,1 12,6 314 Secondaire ou plus 91,5 48,4 66,1 75,4 31,1 159 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 72,7 22,4 50,2 40,2 3,3 139 Second 83,8 23,3 43,1 69,5 10,0 224 Moyen 84,1 33,4 39,2 82,6 21,3 148 Quatrième 89,0 24,8 40,0 75,3 11,8 204 Le plus riche 85,9 47,3 62,5 65,0 26,4 195 Ensemble des hommes en union 83,7 30,3 47,0 67,5 14,7 910 * Basé sur trop peu de cas non pondérés. 15.1.5 Connaissance de la transmission de la mère à l’enfant Lors de l’EDST-II, on a demandé aux femmes et aux hommes s’ils savaient que le virus du sida pouvait être transmis de la mère à l’enfant et à quel moment cette transmission pouvait s’effectuer. Les résultats sont présentés au tableau 15.6 pour les femmes et pour les hommes, selon les caractéristiques sociodémographiques. 242 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.6 Connaissance de la transmission du VIH de la mère à l'enfant Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans qui savent que le VIH peut être transmis de la mère à l'enfant au cours de la grossesse, pendant l'accouchement et par l'allaitement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Le VIH peut être transmis pendant la grossesse Le VIH peut être transmis pendant l'accouche- ment Le VIH peut être transmis en allaitant Effectif d'enquêtées Le VIH peut être transmis pendant la grossesse Le VIH peut être transmis pendant l'accouche- ment Le VIH peut être transmis en allaitant Effectif d'enquêtées Âge 15-24 44,5 37,8 32,2 2 432 50,8 39,7 36,1 673 15-19 40,3 34,5 28,7 1 360 42,0 30,6 29,9 406 20-24 49,9 42,1 36,6 1 072 64,1 53,7 45,7 267 25-29 53,4 44,9 40,6 1 140 73,9 54,5 51,4 293 30-39 52,4 45,9 38,7 1 440 66,5 49,1 44,7 393 40-49 46,2 37,7 34,4 1 072 59,8 46,9 42,2 323 État matrimonial Célibataire 40,1 33,9 27,9 873 51,0 39,4 33,7 649 A déjà eu des rapports sexuels 61,3 54,5 38,4 73 67,8 54,3 45,9 292 N'a jamais eu de rapports sexuels 38,1 32,0 27,0 799 37,3 27,3 23,8 358 En union 49,8 42,2 37,2 4 663 65,4 49,5 46,7 977 En rupture d’union 48,7 42,9 35,0 549 77,7 57,8 54,4 55 Résidence N'Djaména 69,7 59,9 42,4 516 64,0 46,4 28,2 219 Autres Villes 62,5 54,4 43,8 773 64,0 57,6 43,3 250 Ensemble urbain 65,4 56,6 43,3 1 289 64,0 52,3 36,2 469 Rural 43,7 36,9 33,6 4 796 58,8 43,4 44,2 1 213 Zone Zone 1 69,7 59,9 42,4 516 64,0 46,4 28,2 219 Zone 2 41,1 37,2 37,6 731 19,3 10,1 10,8 191 Zone 3 15,1 10,1 6,8 732 44,6 35,2 31,4 183 Zone 4 8,6 6,0 3,9 605 31,6 27,7 26,1 132 Zone 5 38,7 37,8 26,2 723 77,9 46,5 42,6 183 Zone 6 67,8 47,3 52,4 620 76,9 51,8 50,1 151 Zone 7 69,4 59,6 48,9 1 320 69,0 54,1 56,1 400 Zone 8 60,0 54,3 52,9 836 79,9 76,4 68,9 222 Niveau d'instruction Aucune instruction 39,9 33,0 28,8 4 549 47,3 32,0 30,9 757 Primaire 71,3 62,5 55,6 1 144 69,9 53,5 53,9 556 Secondaire ou plus 78,7 72,5 57,7 392 72,1 62,8 46,7 368 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 14,1 10,7 8,2 1 216 37,2 29,5 24,5 258 Second 49,0 42,4 37,0 1 310 66,6 52,7 52,4 325 Moyen 53,2 44,8 40,6 1 100 59,0 45,2 48,0 308 Quatrième 58,3 49,3 47,1 1 246 62,4 39,9 41,7 332 Le plus riche 67,2 58,2 45,6 1 213 67,9 55,1 40,5 460 Ensemble 48,3 41,1 35,7 6 085 60,2 45,9 42,0 1 682 La transmission la plus connue par les femmes est la transmission pendant la grossesse (48 %) suivi de la transmission pendant l’accouchement (41 %). Le rôle de l’allaitement dans la transmission du virus n’est connu que de 36 % des femmes. En outre, on constate que les femmes de 20-39 ans, celles des zones 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest), 7 (Logone occidental, Logone Oriental et Tandjilé) et 8 Mandoul et Moyen Chari), celles qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus et celles vivant dans les ménages les plus riches sont celles qui connaissent le plus fréquemment ce mode de transmission quel qu’en soit le moment. On remarque aussi que les femmes en rupture d’union connaissent dans 49 % des cas, la transmission durant la grossesse. Les résultats selon le milieu de résidence font apparaître un écart très net entre le milieu rural et le milieu urbain dans son ensemble : en effet, dans les Autres Villes, les proportions de femmes qui connaissent ce mode de transmission quel que soit le moment, sont plus proches de celles de N’Djaména que du milieu rural. Notons enfin que 71 % des femmes ayant un niveau d’instruction primaire ont déclaré connaître la transmission pendant la grossesse contre 40 % parmi celles sans instruction. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 243 Les hommes sont en proportion plus nombreux que les femmes à connaître ce mode de transmission du virus de la mère à l’enfant, quelque soit le moment de la transmission. En effet, 60 % des hommes savent que le VIH peut être transmis de la mère à l’enfant pendant la grossesse, 46 % savent qu’il peut se transmettre pendant l’accouchement et 42 % connaissent le rôle de l’allaitement dans la transmission du virus. On remarque que comme chez les femmes, ce sont les hommes de 20-39 ans qui ont déclaré le plus fréquemment connaître les trois modes de transmission. De même, dans les zones 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi), 6 (Mayo Kebbi Est et Mayo Kebbi Ouest), 7 (Logone occidental, Logone Oriental et Tandjilé) et 8 (Mandoul et Moyen Chari), les proportions d’hommes connaissant ces modes de transmission sont plus élevées qu’ailleurs. En fonction du niveau de bien-être du ménage, on note que, globalement, la connaissance du mode de transmission mère-enfant est plus répandue parmi les hommes du quintile le plus riche que parmi les autres. On remarque légalement des proportions élevées d’hommes en rupture d’union qui connaissent ce mode de transmission. 15.2 POPULATION AYANT EFFECTUÉ UN TEST DE VIH/SIDA La connaissance du statut sérologique peut contribuer à limiter l’épidémie car elle permet aux personnes de se protéger et de protéger leur(s) partenaire(s). Au cours de l’EDST-II, on a donc demandé aux enquêtés si, au cours des douze derniers mois, ils avaient effectué un test de VIH/sida et s’ils avaient reçu les résultats. Les résultats sont présentés au tableau 15.7. Il ressort de ce tableau que plus des trois-quarts des femmes (78 %) et une proportion encore plus élevée d’hommes (86 %) n’ont jamais effectué de test. Chez les femmes, 0,9 % ont effectué un test et ont eu connaissance des résultats; cette proportion est un peu plus élevée chez les hommes (4 %). On constate aussi bien chez les femmes que chez les hommes, une très faible proportion de jeunes de 15-24 ans (1 % chez les femmes et 3 % chez les hommes) qui ont effectué un test et qui ont eu connaissance des résultats alors que cette frange de la population est davantage exposée au risque de contamination. Cependant, on remarque que 5 % des femmes célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels et 7 % de celles ayant le niveau secondaire ou plus ont été testées et ont reçu les résultats. En ce qui concerne les hommes, ce sont ceux en rupture d’union (9 %), ceux qui vivent à N’Djaména (14 %), ceux qui ont atteint le niveau secondaires ou plus (13 %) et ceux qui vivent dans les ménages les plus riches (11 %) qui sont relativement les plus nombreux à avoir effectué un test et à en avoir reçu les résultats. Par ailleurs, on a posé aux femmes qui avaient eu une naissance au cours des deux années ayant précédé l’enquête une série de questions pour savoir si, au cours d’une visite prénatale, elles avaient reçu des conseils sur le VIH/sida, si elles avaient accepté de faire le test et si elles avaient reçu ou non les résultats de ce test. Les résultats sont présentés au tableau 15.8. Moins d’une femme sur dix (8 %) a déclaré avoir reçu des conseils sur le VIH/sida durant une visite prénatale, c'est-à-dire une visite prénatale au cours de laquelle on a parlé à la femme de la transmission du virus de la mère à l’enfant et de l’importance du test de VIH/sida. Seulement moins d’un pour cent des femmes ont effectué volontairement un test de VIH/sida au cours des visites prénatales et en a reçu les résultats. Une infime proportion (0,3 %) de femmes ont bénéficié de conseils sur le VIH/sida, ont effectué volontairement le test et en ont reçu les résultats. Ce sont surtout les femmes de N’Djaména (2 %) qui ont bénéficié de tous ces éléments. 244 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.7 Population ayant effectué un test de VIH et ayant reçu les résultats Pourcentage de femmes et d'hommes qui ont effectué un test de VIH et pourcentage de femmes et d'hommes testés pour le VIH et ayant reçu les résultats au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes A effectué un test A effectué un test Caractéristique sociodémographique A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats N'a jamais été testée NSP/ ND Total Pourcentage testé et ayant reçu les résultats dans les 12 derniers mois Effectif de femmes A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats N'a jamais été testé NSP/ ND Total Pourcentage testé et ayant reçu les résultats dans les 12 derniers mois Effectif d'hommes Âge 15-24 0,7 0,1 74,9 24,3 100,0 0,6 2 432 2,6 0,5 81,2 15,7 100,0 1,4 673 15-19 0,6 0,1 72,2 27,2 100,0 0,5 1 360 1,5 0,2 78,4 19,9 100,0 1,1 406 20-24 0,8 0,0 78,5 20,7 100,0 0,7 1 072 4,1 1,0 85,5 9,3 100,0 1,9 267 25-29 0,9 0,2 81,1 17,9 100,0 0,5 1 140 5,2 0,6 90,2 4,0 100,0 2,7 293 30-39 1,3 0,1 80,8 17,8 100,0 0,6 1 440 5,3 0,3 90,3 4,2 100,0 2,2 393 40-49 1,0 0,1 76,7 22,2 100,0 0,4 1 072 2,8 0,5 85,2 11,5 100,0 0,9 323 État matrimonial Célibataire 0,8 0,1 67,6 31,5 100,0 0,3 873 3,3 0,6 80,4 15,7 100,0 1,6 649 A déjà eu des rapports sexuels 5,2 0,6 84,5 9,7 100,0 2,0 73 6,9 0,9 87,6 4,6 100,0 3,1 292 N'a jamais eu de rapports sexuels 0,4 0,1 66,0 33,5 100,0 0,2 799 0,5 0,2 74,7 24,6 100,0 0,3 358 En union 0,9 0,1 79,5 19,5 100,0 0,6 4 663 3,6 0,3 89,2 6,9 100,0 1,8 977 En rupture d’union 1,7 0,0 79,2 19,1 100,0 0,8 549 8,9 2,4 84,0 4,6 100,0 2,6 55 Résidence N'Djaména 5,3 0,5 84,0 10,2 100,0 3,1 516 14,0 2,0 78,5 5,5 100,0 5,9 219 Autres Villes 2,6 0,0 87,3 10,0 100,0 2,0 773 8,1 0,6 85,6 5,7 100,0 4,5 250 Ensemble urbain 3,7 0,2 86,0 10,1 100,0 2,4 1 289 10,9 1,3 82,3 5,6 100,0 5,2 469 Rural 0,2 0,1 75,6 24,2 100,0 0,0 4 796 0,9 0,1 87,0 12,0 100,0 0,4 1 213 Zone Zone 1 5,3 0,5 84,0 10,2 100,0 3,1 516 14,0 2,0 78,5 5,5 100,0 5,9 219 Zone 2 0,2 0,0 64,8 35,0 100,0 0,0 731 0,0 0,1 50,7 49,2 100,0 0,0 191 Zone 3 0,5 0,0 73,5 26,0 100,0 0,1 732 0,8 0,1 85,0 14,1 100,0 0,0 183 Zone 4 0,0 0,0 25,1 74,9 100,0 0,1 605 1,0 0,0 94,1 4,8 100,0 0,2 132 Zone 5 0,0 0,0 85,1 14,9 100,0 0,0 723 0,4 1,1 88,5 10,0 100,0 0,2 183 Zone 6 0,9 0,0 92,9 6,2 100,0 0,2 620 5,0 0,0 95,0 0,0 100,0 2,7 151 Zone 7 0,8 0,1 96,5 2,6 100,0 0,6 1 320 3,7 0,0 94,1 2,2 100,0 2,6 400 Zone 8 0,8 0,2 80,3 18,8 100,0 0,7 836 2,5 0,4 94,4 2,7 100,0 0,7 222 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,4 0,1 73,2 26,4 100,0 0,2 4 549 0,3 0,3 81,7 17,7 100,0 0,1 757 Primaire 1,1 0,0 93,9 5,0 100,0 0,6 1 144 2,5 0,1 91,9 5,4 100,0 1,1 556 Secondaire ou plus 7,0 0,7 84,3 8,0 100,0 4,0 392 12,5 1,2 84,4 1,9 100,0 6,0 368 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,2 0,0 43,8 56,0 100,0 0,0 1 216 0,0 0,7 83,3 16,1 100,0 0,0 258 Second 0,0 0,2 84,4 15,4 100,0 0,0 1 310 0,6 0,0 92,5 6,9 100,0 0,3 325 Moyen 0,0 0,0 83,6 16,4 100,0 0,1 1 100 1,2 0,0 82,0 16,8 100,0 0,0 308 Quatrième 0,6 0,0 90,1 9,3 100,0 0,1 1 246 1,3 0,0 88,9 9,8 100,0 0,7 332 Le plus riche 3,9 0,2 86,9 9,0 100,0 2,6 1 213 11,3 1,3 82,4 5,1 100,0 5,6 460 Ensemble 0,9 0,1 77,8 21,2 100,0 0,5 6 085 3,7 0,5 85,7 10,2 100,0 1,7 1 682 Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 245 Tableau 15.8 Femmes enceintes conseillées et testées pour le VIH Parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des 2 années ayant précédé l'enquête, pourcentage qui ont reçu des conseils, à qui on a proposé le test de VIH au cours des visites prénatales pour la naissance la plus récente, qui ont accepté de se faire tester et qui ont reçu les résultats du test, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 A effectué volontairement un test du VIH au cours des visites prénatales Caractéristique sociodémographique A reçu des conseils sur le VIH durant une visite prénatale1 A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats Pourcentage qui a reçu des conseils, a été testé et a reçu les résultats Nombre d'enquêtées qui ont eu une naissance au cours des 2 dernières années Âge 15-24 5,8 0,4 0,0 0,1 902 15-19 4,6 0,4 0,0 0,0 325 20-24 6,4 0,4 0,0 0,2 577 25-29 6,3 0,5 0,1 0,4 599 30-39 12,5 0,7 0,0 0,4 631 40-49 3,1 0,2 0,0 0,0 119 État matrimonial En union 7,4 0,5 0,0 0,3 2 171 Divorcée, séparée, veuve 14,6 0,0 0,0 0,0 75 Résidence N'Djaména 19,5 4,8 0,2 2,2 171 Autres Villes 14,9 0,6 0,0 0,3 265 Ensemble urbain 16,7 2,3 0,1 1,0 436 Rural 5,5 0,1 0,0 0,1 1 816 Zone Zone 1 19,5 4,8 0,2 2,2 171 Zone 2 1,3 0,3 0,0 0,0 257 Zone 3 1,9 0,0 0,0 0,0 239 Zone 4 0,4 0,0 0,0 0,0 150 Zone 5 0,7 0,0 0,0 0,0 315 Zone 6 1,1 0,0 0,0 0,0 231 Zone 7 16,1 0,2 0,0 0,2 567 Zone 8 10,9 0,5 0,0 0,5 323 Niveau d'instruction Aucune instruction 4,7 0,3 0,0 0,2 1 674 Primaire 13,9 1,1 0,0 0,6 473 Secondaire ou plus 26,8 1,1 0,0 0,7 103 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,9 0,0 0,0 0,0 358 Second 4,5 0,3 0,0 0,3 521 Moyen 5,3 0,0 0,0 0,0 426 Quatrième 10,4 0,0 0,0 0,0 532 Le plus riche 16,4 2,3 0,1 1,1 414 Ensemble2 7,7 0,5 0,0 0,3 2 251 1 Les femmes à qui on a parlé de la transmission du VIH mère-enfant et de l’importance de test du VIH sont considérées ici comme ayant reçu des conseils. 2 Y compris 5 femmes célibataires On remarque que les proportions de femmes ayant reçu des conseils sur le VIH/sida au cours des visites prénatales sont plus élevées parmi les femmes de 30-39 ans (13 %), parmi celles en rupture d’union (15 %) et celles vivant en milieu urbain (17 %) ; de même, les femmes ayant un niveau secondaire ou plus et celles qui vivent dans un ménage du quintile le plus riche (respectivement, 27 % et 16 %) ont plus fréquemment bénéficié de ces conseils au cours des visites prénatales que les autres femmes. Enfin, les résultats selon la zone de résidence font apparaître des proportions relativement élevées de femmes ayant reçu ce genre de conseils dans les zones 7 (Logone Occidental, Logone Oriental et Tandjilé) (16 %) et 8 (Mandoul et Moyen Chari) (11 %). 246 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA 15.3 RAPPORTS SEXUELS À HAUTS RISQUES ET UTILISATION DU CONDOM La multiplicité de partenaires sexuels différents augmente le risque de contracter les IST et le VIH, notamment dans les groupes de population où l’utilisation du condom comme moyen de prévention est faible. Au cours de l’enquête, on a donc demandé aux enquêtés s’ils avaient eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois ; dans le cas d’une réponse affirmative, on leur a demandé s’ils avaient eu des rapports sexuels avec plusieurs partenaires. En plus de ces résultats à ces questions, le tableau 15.9 présente également le nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie. Environ les trois quart (74 %) des femmes ont déclaré avoir eu des rapports sexuels au cours des douze derniers mois ayant précédé l’enquête, et parmi ces femmes, seulement 1 % ont eu, au moins, deux partenaires. Le nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie est de 1,3 personne. C’est parmi les femmes en rupture d’union que l’on constate la proportion la plus élevée de femmes ayant eu, au moins, 2 partenaires au cours des 12 derniers mois (11 %). La proportion d’hommes ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois est quasiment identique à celle observée chez les femmes (73 %) ; par contre, la proportion de ceux qui ont eu des rapports sexuels avec, au moins, 2 partenaires est nettement plus élevée (23 %). C’est parmi les hommes célibataires (35 %), ceux des Autres ViIles (34 %), ceux de la zone 8 (Mandoul et Moyen Chari) (39 %) ainsi que parmi ceux ayant un niveau secondaire ou plus (31 %) et ceux qui vivent dans un ménage du quintile le plus riche (31 %) que l’on constate la proportion la plus élevée d’hommes ayant eu, au cours des 12 derniers mois, au moins, 2 partenaires sexuelles. Aux enquêtés ayant déclaré avoir eu des rapports sexuels au cours des douze derniers mois, on a demandé si ces rapports sexuels avaient eu lieu avec des partenaires non maritaux et non cohabitants, considérés comme étant des rapports sexuels à risque. De plus, on a cherché à savoir si, au cours des derniers rapports à risques, un condom avait été utilisé (tableau 15.10). Au cours des 12 derniers mois, 4 % des femmes ont déclaré avoir eu des rapports sexuels à hauts risques. Il va de soi que la fréquence des rapports sexuels à risque est particulièrement élevée parmi les célibataires (88 %) et parmi les femmes en rupture d’union (36 %). Les jeunes filles de 15-19 ans (10 %), les femmes les plus instruites (20 %), celles de N’Djaména (13 %) et celles du quintile le plus riche (9 %) ont déclaré plus fréquemment que les autres avoir eu des rapports sexuels à risque. Une femme sur sept (14 %) a déclaré avoir utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels à risque. Étant donné la faiblesse des effectifs, il est difficile de commenter ces résultats en fonction des caractéristiques sociodémographiques. Parmi les hommes, on constate que 34 % ont déclaré avoir eu des relations sexuelles à risques. Parmi les jeunes de 15-19 ans qui sont à majorité célibataires et chez les célibataires, il va de soi que cette proportion est très élevée (respectivement, 97 % et 99 %). En milieu urbain, plus de la moitié des hommes (55 %) ont déclaré avoir eu des rapports à risque contre 26 % en milieu rural. Le niveau d’instruction influence la fréquence des rapports sexuels à risque puisque cette proportion est de 59 % parmi ceux de niveau secondaire ou plus contre 23 % parmi ceux sans instruction. Dans les quintiles, on constate également une relation entre le niveau de bien-être du ménage et la fréquence des rapports sexuels à risques, la proportion passant de 55 % parmi les hommes du quintile le plus riche à 19 % parmi ceux du quintile le plus pauvre. Environ un tiers des hommes ayant eu des rapports sexuels à risque ont déclaré avoir utilisé un condom (31 %) au cours des derniers rapports sexuels à risque. On remarque que c’est parmi les catégories d’hommes qui ont déclaré avoir eu des rapports sexuels à risque que l’utilisation du condom est la plus fréquente : en effet, en milieu urbain, la moitié des hommes ont utilisé un condom (50 %) ; il en est de même des hommes ayant un niveau secondaire ou plus (50 %) et de ceux du quintile le plus riche (47 %). Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 247 Tableau 15.9 Multiplicité des partenaires sexuels Parmi les femmes et les hommes âgés de 15-49 ans, pourcentage ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, parmi ceux ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, pourcentage qui ont eu des rapports sexuels avec plus d'un partenaire et, parmi les femmes et les hommes ayant déjà eu des rapports sexuels, nombre moyen de partenaire sur la durée de vie, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels les 12 derniers mois Effectif Pourcentage ayant eu 2+ partenaires les 12 derniers mois Effectif ayant eu des rapports sexuels les 12 derniers mois Nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie Effectif ayant eu des rapports sexuels Pourcentage ayant eu des rapports sexuels les 12 derniers mois Effectif Pourcentage ayant eu 2+ partenaires les 12 derniers mois Effectif ayant eu des rapports sexuels les 12 derniers mois Nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie Effectif ayant eu des rapports sexuels Âge 15-24 61,2 2 432 1,7 1,489 1,2 1 647 43,7 673 27,6 294 1,1 330 15-19 45,1 1 360 1,7 613 1,1 661 27,2 406 24,8 111 0,6 127 20-24 81,7 1 072 1,6 876 1,2 986 68,9 267 29,4 184 1,5 203 25-29 88,1 1 140 1,3 1,004 1,3 1 127 88,8 293 25,1 260 2,0 284 30-39 87,9 1 440 0,8 1,266 1,4 1 439 93,3 393 23,0 367 2,6 388 40-49 70,2 1 072 0,5 753 1,5 1 072 96,0 323 18,5 310 2,3 322 État matrimonial Célibataire 6,6 873 4,7 57 1,4 73 38,3 649 35,1 249 26,2 292 En union 92,1 4 663 0,7 4,292 1,3 4 662 96,4 977 20,8 942 1,6 977 En rupture d’union 29,5 549 11,4 162 1,7 549 73,8 55 (11,3) 41 1,9 55 Résidence N'Djaména 70,0 516 1,9 361 1,4 424 69,6 219 30,1 152 5,3 177 Autres Villes 69,6 773 1,7 538 1,4 651 69,6 250 33,8 174 2,6 195 Ensemble urbain 69,7 1 289 1,8 899 1,4 1 075 69,6 469 32,1 326 3,6 372 Rural 75,3 4 796 1,0 3,613 1,3 4 210 74,6 1,213 20,3 905 1,5 952 Zone Zone 1 70,0 516 1,9 361 1,4 424 69,6 219 30,1 152 5,3 177 Zone 2 84,2 731 0,0 616 1,3 671 69,5 191 19,3 133 0,5 136 Zone 3 72,0 732 0,6 527 1,3 674 69,7 183 13,7 128 0,7 131 Zone 4 60,7 605 0,3 367 1,1 453 68,8 132 28,8 91 0,6 97 Zone 5 88,2 723 2,9 638 1,4 679 79,9 183 26,6 146 0,9 154 Zone 6 73,2 620 3,4 454 1,5 521 71,3 151 20,5 108 2,0 118 Zone 7 71,4 1 320 0,6 943 1,2 1 152 78,1 400 15,5 313 3,6 331 Zone 8 72,3 836 0,1 605 1,4 712 72,6 222 39,4 161 1,8 179 Niveau d'instruction Aucune instruction 77,0 4 549 1,0 3 504 1,3 4 107 75,1 757 26,1 568 0,7 598 Primaire 69,1 1 144 1,5 791 1,4 919 72,7 556 14,9 405 4,8 428 Secondaire ou plus 55,2 392 2,2 217 1,5 259 70,2 368 30,6 259 12,4 297 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 68,0 1 216 0,0 827 1,2 1 022 68,5 258 23,5 176 0,6 182 Second 74,7 1 310 0,7 979 1,3 1 179 79,6 325 19,9 258 1,8 270 Moyen 79,0 1 100 0,9 869 1,3 989 69,1 308 21,5 213 2,0 229 Quatrième 77,6 1 246 1,8 967 1,4 1 081 76,4 332 19,2 253 1,6 270 Le plus riche 71,8 1 213 2,1 871 1,4 1 013 71,8 460 30,5 330 3,8 372 Ensemble 74,2 6 085 1,1 4 512 1,3 5 284 73,2 1 682 23,4 1 232 1,9 1 324 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. 248 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.10 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques Parmi les femmes et les hommes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête, pourcentage de celles/ceux qui ont eu des rapports sexuels avec un partenaire non marital et non cohabitant (rapports à hauts risques) au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête et, parmi ces femmes et ces hommes, pourcentage ayant déclaré avoir utilisé un condom la dernière fois qu'ils ont eu des rapports sexuels avec un partenaire non marital et non cohabitant, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif sexuellement actives au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques Effectif ayant eu des rapports à hauts risques au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif sexuellement actifs au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques Effectif ayant eu des rapports à hauts risques au cours des 12 derniers mois Âge 15-24 7,1 1 489 17,2 106 75,9 294 25,4 223 15-19 10,0 613 12,8 61 97,0 111 20,2 107 20-24 5,1 876 23,2 44 63,1 184 30,1 116 25-29 2,8 1 004 (11,3) 28 42,2 260 42,5 110 30-39 2,6 1 266 (6,1) 32 17,7 367 27,2 65 40-49 0,8 753 * 6 4,6 310 * 14 État matrimonial Célibataire 87,8 57 20,8 50 99,3 249 29,1 247 En union 1,5 4 292 13,2 63 14,9 942 30,6 140 En rupture d’union 36,1 162 8,5 59 (61,3) 41 (45,5) 25 Résidence N'Djaména 12,7 361 34,4 46 54,8 152 52,9 83 Autres Villes 8,6 538 15,5 46 54,5 174 46,7 95 Ensemble urbain 10,2 899 24,9 92 54,6 326 49,6 178 Rural 2,2 3 613 (1,2) 81 25,9 905 16,2 234 Zone Zone 1 12,7 361 34,4 46 54,8 152 52,9 83 Zone 2 3,2 616 * 20 22,7 133 * 30 Zone 3 2,1 527 * 11 15,5 128 * 20 Zone 4 0,9 367 * 3 17,4 91 * 16 Zone 5 4,1 638 * 26 34,1 146 (8,3) 50 Zone 6 5,0 454 (6,2) 23 34,6 108 (24,9) 37 Zone 7 2,2 943 * 21 35,5 313 39,6 111 Zone 8 3,8 605 * 23 40,4 161 27,7 65 Niveau d'instruction Aucune instruction 2,6 3 504 1,7 90 23,4 568 11,2 133 Primaire 5,1 791 9,9 40 31,1 405 27,6 126 Secondaire ou plus 19,5 217 43,2 42 59,3 259 49,8 153 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,9 827 * 7 18,9 176 * 33 Second 2,2 979 * 21 20,2 258 (12,9) 52 Moyen 2,2 869 * 19 36,0 213 (26,0) 77 Quatrième 4,5 967 (4,0) 43 27,4 253 19,7 69 Le plus riche 9,3 871 26,2 81 54,6 330 46,7 181 Ensemble 3,8 4 512 13,8 172 33,5 1 232 30,6 412 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. Les rapports sexuels payants sont considérés comme des rapports sexuels à haut risques. Au cours de l’EDST-II, on a donc demandé aux hommes si, au cours des 12 derniers mois, ils avaient eu des rapports sexuels avec une prostituée et si, au cours de ces rapports sexuels, ils avaient utilisé un condom. Les résultats sont présentés au tableau 15.11 selon les caractéristiques sociodémographiques. Une très faible proportion d’hommes (2 %) ont déclaré avoir eu des rapports sexuels avec une prostituée au cours des 12 derniers mois. Cette proportion reste faible quelle que soit la caractéristique sociodémographique. C’est à N’Djaména qu’elle est la plus élevée (7 %). Parmi les jeunes de 20-24 ans, cette proportion est de 6 %. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 249 Tableau 15.11 Rapports sexuels payants au cours des 12 derniers mois et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels payants Pourcentage d'hommes ayant déclaré avoir eu des rapports sexuels avec une prostituée au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant déclaré avoir eu des rapports sexuels avec une prostituée au cours des 12 derniers mois Effectif d'hommes Âge 15-24 3,6 673 15-19 2,1 406 20-24 5,8 267 25-29 3,0 293 30-39 1,0 393 40-49 0,1 323 État matrimonial Célibataire 4,1 649 En union 0,9 977 En rupture d’union 1,5 55 Résidence N'Djaména 7,0 219 Autres Villes 3,5 250 Ensemble urbain 5,1 469 Rural 1,1 1 213 Zone Zone 1 7,0 219 Zone 2 4,5 191 Zone 3 1,3 183 Zone 4 0,0 132 Zone 5 3,0 183 Zone 6 2,0 151 Zone 7 0,0 400 Zone 8 1,0 222 Niveau d'instruction Aucune instruction 2,0 757 Primaire 1,0 556 Secondaire ou plus 4,3 368 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,6 258 Second 0,6 325 Moyen 1,8 308 Quatrième 1,9 332 Le plus riche 4,7 460 Ensemble 2,2 1 682 15.4 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES Les IST (surtout ulcératives) augmentent le risque de contracter une infection à VIH à cause de la rupture de la barrière épithéliale. Une IST non traitée est un facteur de risque de contracter le VIH/sida. Par conséquent, une prise en charge correcte des IST contribue efficacement au contrôle de la transmission de l’infection par le VIH. La lutte contre ces maladies s’est donc intensifiée depuis l’apparition de l’épidémie de VIH/sida. Au cours de l’enquête, on a demandé aux enquêtés s’ils avaient déjà eu une IST et/ou des symptômes d’IST. Les résultats présentés au tableau 15.12 sont basés uniquement sur les déclarations des enquêtés et ne doivent donc pas être interprétés comme une mesure de la prévalence des IST. 250 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Aussi bien chez les femmes que chez les hommes, la proportion de ceux qui ont déclaré avoir eu une IST est très faible (respectivement 1 % et 2 %). Cependant 5 % des femmes ont déclaré avoir eu des pertes vaginales anormales et 1 % une plaie ou un ulcère génital. Globalement, 6 % des femmes ont déclaré avoir eu une IST ou des symptômes d’IST tels que des pertes, une plaie ou un ulcère dans la zone génitale. Chez les hommes, 2 % ont déclaré avoir eu un écoulement du pénis et une proportion identique a déclaré avoir eu une plaie ou un ulcère génital. Globalement, 4 % des hommes, soit une proportion légèrement inférieure à celle des femmes (6 %), ont déclaré avoir eu une IST ou des symptômes d’IST tels qu’un écoulement du pénis, une plaie ou un ulcère. Ces proportions sont plus élevées chez les femmes à partir de 25 ans ; c’est à 30-39 ans que la proportion est la plus élevée (8 %). On constate aussi que parmi les célibataires, celles qui résident à N’Djaména, celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus et parmi celles qui résident dans les ménages les plus riches, cette proportion est plus élevée qu’ailleurs. Dans les zones de résidence, on note dans la zone 3 (Batha, Guéra et Salamat) une proportion relativement élevée de femmes ayant déclaré avoir eu une IST ou des symptômes d’IST (14 %). En ce qui concerne les hommes, les résultats montrent que ce sont ceux en rupture d’union qui ont le plus fréquemment déclaré avoir eu une IST ou des symptômes pouvant indiquer la présence d’une IST (14 %). En ce qui concerne les mesures prises par les femmes ayant déclaré avoir eu une IST ou des symptômes, on constate que 45 % se sont rendues dans une structure sanitaire et ont consulté un professionnel de la santé (graphique 15.1) et à l’opposé, 36 % n’ont recherché ni conseil ni traitement. Les hommes se sont rendus plus fréquemment que les femmes dans un centre de santé (62 %) et seulement 7 % sont restés inactifs devant leur problème. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 251 Tableau 15.12 Infection Sexuellement Transmissible (IST) et symptômes d'IST déclarés Parmi les femmes et les hommes ayant déjà eu des rapports sexuels, pourcentage ayant déclaré avoir eu une IST et/ou des symptômes d'IST au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Pourcen- tage avec une IST Pourcen- tage avec des pertes vaginales anormales Pourcen- tage avec une plaie/ulcère génital Pourcen- tage avec IST/perte/ plaie/ulcére Effectif ayant déjà eu des rapports sexuels Pourcen- tage avec une IST Pourcen- tage avec écoulement du pénis Pourcen- tage avec une plaie/ulcère génital Pourcen- tage avec IST/ écoulement/ plaie/ulcére Effectif ayant déjà eu des rapports sexuels Âge 15-24 0,7 3,9 0,5 4,4 1 647 3,1 3,5 6,0 6,4 330 15-19 0,6 3,9 0,7 4,4 661 4,1 5,3 7,8 8,9 127 20-24 0,9 3,8 0,4 4,4 986 2,5 2,4 4,9 4,9 203 25-29 0,7 5,9 0,8 6,3 1 127 3,0 2,8 6,1 6,3 284 30-39 1,7 6,9 1,4 7,8 1 439 0,9 2,0 2,6 2,8 388 40-49 2,0 4,1 1,7 5,1 1 072 0,6 1,0 1,7 2,0 322 État matrimonial Célibataire 2,4 8,9 0,7 8,9 73 3,2 3,6 5,7 6,3 292 En union 1,2 5,1 1,0 5,8 4 662 1,2 1,6 3,0 3,1 977 En rupture d’union 1,3 5,0 1,2 6,5 549 6,1 8,6 12,4 13,6 55 Résidence N'Djaména 3,2 11,7 1,4 13,1 424 4,4 4,9 5,9 7,2 177 Autres Villes 1,6 5,8 2,2 7,5 651 2,5 1,8 3,7 4,0 195 Ensemble urbain 2,2 8,1 1,9 9,7 1 075 3,4 3,2 4,7 5,5 372 Rural 1,0 4,4 0,8 4,9 4 210 1,2 2,0 3,7 3,7 952 Zone Zone 1 3,2 11,7 1,4 13,1 424 4,4 4,9 5,9 7,2 177 Zone 2 0,0 1,5 0,3 1,8 671 1,8 1,4 4,7 5,2 136 Zone 3 2,4 12,1 2,9 14,0 674 0,3 2,5 2,7 2,7 131 Zone 4 0,6 2,0 0,0 2,6 453 0,0 0,0 0,0 0,0 97 Zone 5 1,9 8,2 1,3 8,2 679 2,7 0,8 2,9 2,9 154 Zone 6 0,9 3,6 0,2 3,9 521 1,9 5,8 7,0 7,0 118 Zone 7 1,1 1,3 1,0 2,0 1 152 2,0 2,5 5,9 5,9 331 Zone 8 0,4 4,6 1,0 5,4 712 0,4 0,4 0,0 0,4 179 Niveau d'instruction Aucune instruction 1,1 4,8 1,0 5,4 4 107 1,1 1,9 2,8 3,0 598 Primaire 1,2 6,0 0,8 6,8 919 1,9 2,2 4,7 5,2 428 Secondaire ou plus 3,5 8,6 2,6 10,2 259 3,2 3,3 5,3 5,3 297 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,1 4,8 1,2 5,4 1 022 1,0 2,2 2,4 2,7 182 Second 1,1 5,3 1,0 6,1 1 179 0,0 1,3 1,3 1,3 270 Moyen 0,4 2,4 0,6 3,0 989 0,5 3,2 4,8 4,8 229 Quatrième 0,9 4,4 0,6 4,7 1 081 3,6 2,1 6,7 6,7 270 Le plus riche 2,7 8,9 1,8 10,2 1 013 3,2 2,8 4,2 5,0 372 Ensemble 1,2 5,2 1,1 5,9 5 284 1,8 2,3 4,0 4,2 1 324 252 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Graphique 15.1 Recherche de conseils et de traitement pour les IST EDST-II 2004 45 62 19 31 36 7 Femmes Hommes 0 20 40 60 80 Pourcentage Conseils auprès de professionnels de santé Conseils auprès d'autres sources Pas de conseil pas de traitement 15.5 OPINIONS La promotion de comportements sexuels sans risque fait partie des mesures destinées à contrôler l’épidémie. De plus, étant donné que les femmes sont plus vulnérables au VIH/sida que les hommes, il est important de savoir si elles sont en mesure de refuser des rapports sexuels à risque avec leur mari/partenaire. Au cours de l’enquête, on a donc demandé aux femmes et aux hommes s’ils pensaient qu’une femme qui sait que son mari a une IST puisse, soit refuser d’avoir des rapports sexuels avec lui, soit lui proposer l’utilisation d’un condom. Les résultats sont présentés au tableau 15.13. Au niveau global, plus de sept femmes sur dix (72 %) ont déclaré qu’une femme pouvait refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire quand elle savait que ce dernier avait contracté une IST. Un peu plus du tiers (36 %) proposeraient l’utilisation d’un condom. Globalement, 76 % des femmes pensent que, dans le cas où le mari/partenaire a une IST, il est justifié qu’une femme prenne des mesures pour éviter le risque de transmission, soit en refusant d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire, soit en lui proposant d’utiliser un condom. On constate de fortes variations entre les différentes catégories de femmes. Contre toute attente, on constate que ce sont parmi les femmes les plus jeunes (59 % à 15-24 ans contre 88 % à 25-39 ans et 86 % à 40-49 ans), les femmes de N’Djaména (71 % contre 77 % en milieu rural) et celles qui ont un niveau d’instruction au moins secondaire (63 % contre 78 % parmi celles sans instruction) qui sont généralement les femmes qui possèdent les informations correctes que les proportions de celles qui prendront des mesures dans le cas d’un mari/partenaire atteint d’une IST sont les plus faibles. L’état matrimonial fait apparaître un écart important entre les célibataires et les femmes en union ou qui l’ont été (7 % contre 88 %). Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 253 Tableau 15.13 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint Pourcentage de femmes et d'hommes qui pensent que, si le conjoint a une IST, sa femme peut, soit refuser d'avoir des rapports sexuels avec lui, soit proposer l'utilisation du condom, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Refuser les rapports sexuels Proposer l'utilisation du condom Refuser les rapports sexuels ou proposer l'utilisation du condom Effectif d'enquêtées Refuser les rapports sexuels Proposer l'utilisation du condom Refuser les rapports sexuels ou proposer l'utilisation du condom Effectif d'enquêtés Âge 15-24 55,6 29,0 58,9 2 432 43,6 36,6 46,1 673 15-19 39,7 20,7 41,9 1 360 25,0 22,6 28,1 406 20-24 75,8 39,6 80,5 1 072 71,8 58,0 73,5 267 25-29 83,5 42,5 88,3 1 140 83,8 69,4 88,4 293 30-39 83,9 40,8 88,1 1 440 95,2 70,2 96,8 393 40-49 82,4 36,6 86,3 1 072 94,0 58,1 94,7 323 État matrimonial Célibataire 6,4 5,6 7,3 873 38,1 33,4 41,3 649 En union 83,4 41,1 87,9 4 663 94,2 67,4 96,1 977 En rupture d’union 82,4 37,7 85,7 549 87,6 68,3 88,2 55 Résidence N'Djaména 57,8 51,4 71,0 516 72,5 65,3 77,3 219 Autres Villes 71,4 39,2 74,0 773 73,0 56,8 76,1 250 Ensemble urbain 66,0 44,1 72,8 1 289 72,8 60,8 76,7 469 Rural 73,9 33,4 77,1 4 796 72,1 51,8 73,9 1 213 Niveau d'instruction Aucune instruction 74,6 32,2 77,9 4 549 71,5 39,6 74,2 757 Primaire 69,6 45,0 73,6 1 144 70,2 62,2 72,4 556 Secondaire ou plus 52,4 48,5 62,9 392 77,2 72,5 79,1 368 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 69,5 17,3 70,9 1 216 65,4 33,4 66,8 258 Second 82,0 33,0 84,2 1 310 78,6 62,0 80,8 325 Moyen 69,9 39,3 73,6 1 100 66,9 46,3 67,9 308 Quatrième 71,9 42,2 75,8 1 246 73,0 55,9 75,3 332 Le plus riche 66,9 47,0 75,3 1 213 74,9 64,7 78,8 460 Ensemble 72,2 35,7 76,1 6 085 72,3 54,3 74,7 1 682 Globalement, trois quart des hommes (75 %) pensent que, dans le cas où le mari/partenaire a une IST, il est justifié qu’une femme prenne des mesures pour éviter le risque de transmission soit en refusant d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire, soit en lui proposant d’utiliser un condom. Comme chez les femmes, ce sont les plus âgés qui ont déclaré le plus fréquemment qu’il était justifié qu’une femme prenne des mesures pour éviter la contagion (95 % à 40-49 ans). Comme chez les femmes, et de manière surprenante, les résultats selon le milieu de résidence et le niveau d’instruction ne font pas apparaître d’écarts importants : en effet, à N’Djaména, pour 77 % des hommes, une femme est en droit d’adopter un comportement sécuritaire contre 76 % dans les Autres Villes et 74 % en rural ; en fonction du niveau d’instruction, on constate que 79 % des hommes les plus instruits ont déclaré qu’une femme devait se protéger du risque de transmission contre 74 % parmi ceux sans instruction. On a également demandé aux enquêtés qui avaient déjà entendu parler du VIH/sida s’ils pensaient qu’on devrait enseigner l’utilisation du condom aux jeunes de 12-14 ans (tableau 15.14). Globalement, 54 % de femmes ont répondu par l’affirmative à cette question. Les femmes les plus âgées (52 % à 40-49 ans), les femmes en union ou rupture d’union (54 %), celles du milieu rural (52 %) et surtout celles résidant dans les ménages les plus pauvres (44 %) sont les moins favorables à cette initiative. 254 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Les hommes se sont déclarés plus favorables que les femmes (67 % contre 54 %) à ce que l’on enseigne l’utilisation du condom aux jeunes de 12-14 ans. Les résultats selon les caractéristiques socio- démographiques mettent en évidence que chez les hommes, ce sont plutôt les jeunes de 18-19 ans (59 %) et les hommes résidant dans la zone 2 (BET, Kanem et Lac) (51 %) qui sont, en proportion, les moins nombreux à être favorables à ce que l’on enseigne l’utilisation du condom aux jeunes enfants de 12-14 ans. À l’opposé, en milieu rural, 68 % des hommes y sont favorables contre 63 % en milieu urbain. Dans les quintiles de bien-être, la proportion d’hommes favorables à cet enseignement varie d’un maximum de 74 % dans le quatrième quintile à un minimum de 62 % dans le quintile moyen. Tableau 15.14 Adultes (femmes et hommes) qui pensent que l’utilisation du condom devrait être enseignée aux jeunes de 12-14 ans Pourcentage de femmes et d’hommes de 18-49 ayant entendu parler du sida qui pensent que l’utilisation du condom devrait être enseignée aux jeunes de 12-14 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Pourcentage Effectif Pourcentage Effectif Âge 18-19 60,9 385 58,6 139 20-24 56,1 868 73,2 242 25-29 53,0 957 68,4 281 30-39 53,2 1 204 63,9 377 40-49 52,2 837 66,9 286 État matrimonial Jamais marié(e) 61,1 197 66,2 363 A déjà été marié 53,9 4 054 66,8 962 Résidence N'Djaména 62,7 415 61,6 182 Autres Villes 58,3 603 64,5 198 Ensemble urbain 60,1 1 017 63,1 380 Rural 52,4 3 234 68,1 944 Zone Zone 1 62,7 415 61,6 182 Zone 2 36,0 433 50,7 90 Zone 3 53,3 498 66,4 136 Zone 4 28,4 137 48,6 106 Zone 5 57,4 534 73,8 151 Zone 6 38,7 498 70,9 133 Zone 7 61,0 1 127 69,1 336 Zone 8 65,5 609 76,3 191 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 43,9 481 63,2 183 Second 58,9 991 72,3 277 Moyen 51,7 829 62,0 220 Quatrième 49,4 981 73,7 266 Le plus riche 61,8 970 62,0 379 Ensemble 18-49 ans 54,3 4 251 66,6 1 324 Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 255 15.6 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA ET COMPORTEMENTS SEXUELS CHEZ LES JEUNES 15.6.1 Connaissance Les jeunes de 15-24 ans constituent une population à risque dans la mesure où à cette période de la vie, les relations sexuelles sont généralement instables et le multi-partenariat fréquent. Au cours de l’EDST-II, il a donc paru important d’évaluer dans cette population, non seulement, la connaissance correcte des moyens de transmission et de prévention du VIH/sida mais aussi les types de comportements sexuels. Le tableau 15.15 présente la proportion de jeunes femmes et de jeunes hommes de 15-24 ans en fonction de leur connaissance des moyens de transmission et de prévention du VIH/sida. Il ressort de ces résultats que 37 % des jeunes femmes savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir le VIH/sida. En outre, 39 % ont déclaré que le VIH/sida ne pouvait pas être transmis par des moustiques. Pour 57 % d’entre elles, le VIH/sida ne peut pas se transmettre par des moyens surnaturels et, pour une jeune femme sur deux (50 %) une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d’un malade du sida. Globalement, 17 % des jeunes femmes de 15-24 ans rejettent les deux idées erronées les plus courantes et savent qu’une personne apparemment en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le VIH/sida. Si l’on considère les résultats selon les caractéristiques sociodémographiques, il semble que c’est chez les plus jeunes (14 % à 15-17 ans), chez les célibataires n’ayant jamais eu de rapports sexuels qui sont certainement aussi les plus jeunes (12 %), chez celles qui vivent en milieu rural (12 %) et chez celles qui n’ont aucune instruction (12 %) que la connaissance correcte des moyens de transmission et de prévention du VIH/sida est la plus faible. En ce qui concerne les jeunes hommes, on constate que 42 % savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir le VIH/sida, 46 % ont déclaré que le virus du sida ne pouvait pas être transmis par des moustiques et une proportion plus élevée (69 %) a déclaré que le VIH/sida ne pouvait pas être transmis par des moyens surnaturels. Globalement, un quart des jeunes hommes (25 %) rejettent les deux idées erronées et savent qu’une personne apparemment en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le VIH/sida. Les résultats selon les caractéristiques sociodémographiques font apparaître les mêmes variations que celles observées chez les femmes, sauf en ce qui concerne le niveau d’instruction puisque ce sont les hommes ayant un niveau primaire qui possèdent le moins fréquemment les informations correctes sur la prévention et la transmission du VIH/sida (12 % contre 30 % parmi ceux sans instruction). Le tableau 15.16 présente la proportion de jeunes femmes et de jeunes hommes qui ont une connaissance générale du sida. Il s’agit des jeunes qui, en réponse à une question déterminée, ont déclaré qu’on peut réduire le risque de contracter le VIH/sida en utilisant des condoms et en limitant le nombre de rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n’est pas infecté. De plus, ces jeunes rejettent des idées locales erronées à propos de la transmission ou de la prévention du sida, et savent qu’une personne paraissant en bonne santé peut néanmoins avoir le virus du sida. Parmi les jeunes femmes de 15-24 ans, on constate que moins d’une sur dix (8 %) a une connaissance complète des moyens de transmission et de prévention du VIH/sida. La répartition par âge, bien qu’irrégulière, montre que ce sont celles de 23-24 ans qui possèdent le plus fréquemment une connaissance complète ou générale des moyens de transmission et de prévention du VIH/sida (13 % contre un minimum de 6 % à 15-17 ans). Par contre, parmi les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (28 %), celles résidant à N’Djaména (25 %) et parmi celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (22 %), la proportion de jeunes femmes bien informées est relativement élevée. 256 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.15 Idées erronées à propos du sida chez les jeunes Pourcentage d'enquêtés de 15-24 ans qui, en réponse à une question déterminée, rejettent des idées locales erronées à propos de la transmission ou de la prévention du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Pourcentage d'enquêtées qui savent que : Caractéristique sociodémographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le sida ne peut pas être transmis par les moustiques Le sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas avec un sidéen Pourcentage rejetant les 2 idées erronées les plus courantes 1 et sachant qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Effectif d'enquêtés FEMMES Âge 15-19 33,5 36,8 53,1 48,6 15,3 1 360 15-17 30,5 34,2 50,7 45,7 13,5 859 18-19 38,7 41,4 57,2 53,5 18,3 502 20-24 42,2 40,8 61,2 52,2 18,7 1 072 20-22 41,7 39,6 60,7 52,1 17,0 788 23-24 43,4 44,3 62,6 52,4 23,2 284 État matrimonial Célibataire 30,3 32,7 49,5 45,7 13,7 849 A déjà eu des rapports sexuels 56,6 55,5 74,8 68,8 33,9 64 N'a jamais eu de rapports sexuels 28,1 30,8 47,4 43,8 12,0 785 En union 40,6 42,3 60,8 51,9 18,2 1 478 En rupture d’union 49,0 34,8 57,0 61,4 21,1 105 Résidence N'Djaména 61,1 68,5 84,0 82,8 43,0 236 Autres Villes 47,4 46,7 73,2 68,8 23,0 340 Ensemble urbain 53,0 55,6 77,6 74,5 31,2 576 Rural 32,5 33,3 50,2 42,6 12,3 1 857 Niveau d'instruction Aucune instruction 28,2 32,6 46,1 39,7 12,4 1 599 Primaire 52,4 44,4 74,5 62,7 18,9 577 Secondaire ou plus 60,3 62,6 82,4 87,3 39,5 257 Ensemble 37,3 38,6 56,7 50,2 16,8 2 432 HOMMES Âge 15-19 37,4 39,3 61,1 49,1 18,1 406 15-17 30,9 32,1 51,4 42,6 15,0 251 18-19 48,0 50,9 76,8 59,7 23,1 155 20-24 50,0 55,0 82,1 73,5 35,4 267 20-22 47,0 50,7 80,8 74,8 34,6 175 23-24 55,9 63,2 84,7 70,9 36,9 92 État matrimonial Célibataire 42,6 43,6 66,2 55,8 24,3 567 A déjà eu des rapports sexuels 60,9 54,6 84,0 69,2 35,8 224 N'a jamais eu de rapports sexuels 30,7 36,4 54,6 47,1 16,8 343 En union 41,0 54,1 87,1 73,5 26,9 94 En rupture d’union * * * * * 12 Résidence N'Djaména 64,1 71,2 76,9 74,1 46,4 93 Autres Villes 52,9 54,9 80,3 67,2 29,9 118 Ensemble urbain 57,9 62,1 78,8 70,2 37,2 211 Rural 35,4 37,9 65,1 53,5 19,3 462 Niveau d'instruction Aucune instruction 45,4 48,8 58,4 50,1 30,4 254 Primaire 29,9 28,9 67,5 48,1 11,8 236 Secondaire ou plus 54,5 62,4 87,2 84,6 34,3 183 Ensemble 42,4 45,5 69,4 58,8 24,9 673 1 Les deux idées erronées les plus courantes sont la transmission par les piqûres de moustiques et le fait de partager les repas avec une personne infectée. * Basé sur trop peu de cas non pondérés Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 257 Les résultats concernant les jeunes hommes montrent que la proportion de ceux qui possèdent les informations correctes est supérieure à celle des femmes (20 % contre 8 %). En outre, les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont les mêmes que celles observées chez les femmes. Tableau 15.16 Connaissance générale du sida par les jeunes Pourcentage de jeunes de 15-24 ans qui, en réponse une question déterminée, déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, qui rejettent des idées locales erronées à propos de la transmission ou de la prévention du sida1, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Pourcentage Effectif Pourcentage Effectif Âge 15-19 7,5 1 360 12,9 406 15-17 6,2 859 11,6 251 18-19 9,7 502 15,1 155 20-24 8,8 1 072 31,3 267 20-22 7,5 788 29,9 175 23-24 12,5 284 34,1 92 État matrimonial Célibataire 7,6 849 18,9 567 A déjà eu des rapports sexuels 27,5 64 30,1 224 N'a jamais eu de rapports sexuels 6,0 785 11,6 343 En union 8,2 1 478 26,1 94 En rupture d’union 9,9 105 * 12 Résidence N'Djaména 24,7 236 35,0 93 Autres Villes 12,6 340 24,2 118 Ensemble urbain 17,6 576 29,0 211 Rural 5,1 1 857 16,2 462 Niveau d'instruction Aucune instruction 5,1 1 599 24,9 254 Primaire 10,0 577 9,3 236 Secondaire ou plus 22,1 257 27,8 183 Ensemble 8,1 2 432 20,2 673 1 Les deux idées erronées les plus courantes sont la transmission par les piqûres de moustiques et le fait de partager les repas avec une personne infectée. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. 15.6.2 Comportements sexuels La connaissance de l’âge aux premiers rapports sexuels est utile car elle permet d’adapter les programmes de prévention du VIH/sida afin de réduire l’exposition des jeunes aux rapports sexuels à risques. Parmi les jeunes femmes de 15-24 ans, 39 % avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre 15 ans et si on se limite au groupe d’âges 18-24 ans, on constate que la quasi-totalité des femmes (93 %) avaient eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre 18 ans (tableau 15.17). Dans le groupe de jeunes femmes de 15-24 ans, la proportion de celles qui ont eu des rapports sexuels avant d’atteindre 15 ans est nettement plus élevée chez celles qui résident en milieu rural (41 %), chez les femmes n’ayant pas d’instruction (45 %) et chez celles de la zone 5 (Hadjer Lamis et Chari Baguirmi) (61 %) (il faut rappeler que c’est dans cette zone que l’âge médian aux premiers rapports sexuels est le plus précoce : 14,9 ans). 258 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.17 Âge des jeunes de 15-24 ans aux premiers rapports sexuels Pourcentage de jeunes de 15-24 ans qui ont déjà eu des rapports sexuels avant d’atteindre les âges exacts de 15 et 18 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique 15 ans Effectif d'enquêtées de 15-24 ans 18 ans Effectif d'enquêtées de 18-24 ans 15 ans Effectif d'enquêtés de 15-24 ans 18 ans Effectif d'enquêtés de 18-24 ans Âge 15-19 29,7 1 360 na na 20.0 406 na na 15-17 24,8 859 na na 17,7 251 na na 18-19 38,0 502 99,1 376 23,6 155 97,0 77 20-24 51,5 1 072 90,8 985 17,9 267 70,9 203 20-22 50,2 788 91,3 714 11,9 175 74,8 124 23-24 55,2 284 89,3 271 29,2 92 64,7 79 État matrimonial Jamais marié(e) 2,6 849 84,5 36 18,4 567 83,4 175 A déjà été marié 59,0 1 583 93,3 1 325 23,2 106 69,2 105 Résidence N'Djaména 30,5 236 90,1 118 26,8 93 82,6 44 Autres Villes 37,5 340 95,6 184 28,6 118 78,5 55 Ensemble urbain 34,6 576 93,4 302 27,8 211 80,3 100 Rural 40,8 1 857 93,0 1 060 15,2 462 76,9 181 Zone Zone 1 30,5 236 90,1 118 26,8 93 82,6 44 Zone 2 46,2 281 98,5 172 14,4 88 * 30 Zone 3 57,3 233 96,2 139 17,9 76 * 21 Zone 4 16,7 277 88,3 116 0,0 47 * 12 Zone 5 61,4 267 99,6 167 13,1 69 (87,1) 36 Zone 6 44,4 271 97,9 139 22,4 61 (88,7) 24 Zone 7 43,2 550 91,7 333 25,2 158 (83,3) 77 Zone 8 16,4 318 82,9 178 18,5 80 (58,6) 36 Niveau d'instruction Aucune instruction 45,3 1 599 94,4 970 11,0 254 79,1 88 Primaire 31,7 577 91,6 285 21,0 236 76,5 96 Secondaire ou plus 19,2 257 84,9 106 28,0 183 78,8 97 Ensemble 39,3 2 432 93,1 1,362 19,1 673 78,1 280 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés * Basé sur trop peu de cas non pondérés na = Non applicable De manière générale, les hommes ont leurs premiers rapports sexuels à un âge plus tardif que les femmes : parmi ceux du groupe d’âges 15-24 ans, 19 % contre 39 % des femmes ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre 15 ans. Parmi les hommes de 18-24 ans, 78 % ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre 18 ans. Parmi ceux de 18-24 ans, on constate que c’est en milieu rural que la proportion de ceux dont les premiers rapports sexuels ont eu lieu avant d’atteindre 15 ans est la plus faible (15 %). Par contre, à N’Djaména (27 %), parmi ceux ayant un niveau secondaire ou plus (28 %), ces rapports sexuels précoces sont plus fréquents. Le tableau 15.18 présente les pourcentages de jeunes âgés de 15-24 qui connaissent ,au moins, un endroit où se procurer des condoms, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Globalement, seulement 6 % des jeunes femmes de 15-24 ans connaissent, au moins, un endroit où l'on peut se procurer des préservatifs. L’âge ne fait pas apparaître de disparités. Par contre, l’analyse selon l’état matrimonial montre que les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels sont, en proportion, les plus nombreuses (23 %) à connaître un endroit pour se procurer des condoms. Par ailleurs, ce sont les femmes résidant à N’Djaména (28 %) et celles ayant atteint le niveau secondaires ou plus (28 %) qui sont, en proportion, les plus nombreuses à connaître un endroit où se procurer des condoms. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 259 Tableau 15.18 Connaissance par les jeunes d'un endroit où se procurer des condoms Pourcentage de jeunes âgés de 15-24 qui connaissent au moins un endroit où se procurer des condoms, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Connaît un endroit où se procurer des condoms Effectif de femmes de 15-24 ans Connaît un endroit où se procurer des condoms Effectif d’hommes de 15-24 ans Âge 15-19 5,1 1 360 13,5 406 15-17 4,3 859 10,2 251 18-19 6,5 502 18,7 155 20-24 6,2 1 072 24,5 267 20-22 6,2 788 23,5 175 23-24 6,4 284 26,5 92 État matrimonial Célibataire 6,4 849 17,8 567 A déjà eu des rapports sexuels 23,1 64 29,0 224 N'a jamais eu de rapports sexuels 5,1 785 10,4 343 En union 4,8 1 478 16,1 94 En rupture d’union 10,1 105 * 12 Résidence N'Djaména 28,1 236 39,4 93 Autres Villes 11,4 340 32,3 118 Ensemble urbain 18,3 576 35,4 211 Rural 1,7 1 857 9,8 462 Zone Zone 1 28,1 236 39,4 93 Zone 2 4,9 281 8,3 88 Zone 3 4,0 233 13,5 76 Zone 4 2,2 277 13,8 47 Zone 5 1,9 267 6,7 69 Zone 6 5,7 271 40,2 61 Zone 7 0,9 550 14,6 158 Zone 8 4,9 318 8,4 80 Niveau d'instruction Aucune instruction 2,0 1 599 8,1 254 Primaire 5,6 577 11,2 236 Secondaire ou plus 27,9 257 39,9 183 Ensemble 15-24 5,6 2 432 17,8 673 Note : Dans ce tableau, les amis et parents ne sont pas considérés comme une « source » d’approvisionnement pour le condom. Les jeunes hommes de 15-24 ans sont proportionnellement plus nombreux que les femmes à connaître un endroit où se procurer des condoms (18 % contre 6 %). Selon l’âge, ces proportions varient de 10 % chez les jeunes de 15-17 ans à 27 % parmi ceux de 23-24 ans. De plus, on retrouve chez les homme les mêmes types de variations que celles observées chez les femmes ; ce sont les célibataires qui ont déjà eu des rapports sexuels (29 %) ceux de N’Djaména (39 %) et les plus instruits (40 %) qui connaissent le plus fréquemment un endroit où se procurer des condoms. Le tableau 15.19 présente les proportions de jeunes femmes et de jeunes hommes de 15-24 ans ayant déjà eu des rapports sexuels qui ont utilisé un condom au cours des premiers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Seulement 3 % des jeunes femmes ont déclaré avoir utilisé avec leur partenaire un condom au cours de leurs premiers rapports sexuels. Cette proportion reste très faible quel que soit l’âge considéré. Elle est nettement plus élevée chez les célibataires (15 %) et chez les jeunes femmes ayant un niveau secondaire ou plus (13 %). C’est également un comportement plus fréquent en milieu urbain qu’en milieu rural (6 % contre 2 %). 260 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.19 Utilisation du condom aux premiers rapports sexuels par les jeunes de 15-24 ans Parmi les femmes et les hommes de 15-24 ans ayant déjà eu des rapports sexuels, pourcentage qui ont utilisé un condom au cours des premiers rapports, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique A utilisé le condom durant les premiers rapports sexuels Effectif A utilisé le condom durant les premiers rapports sexuels Effectif Âge 15-19 3,7 661 9,5 127 15-17 3,8 284 6,8 49 18-19 3,6 376 11,2 77 20-24 3,0 986 8,4 203 20-22 3,1 714 6,5 124 23-24 2,7 271 11,3 79 État matrimonial Jamais marié(e) 14,6 64 9,9 224 A déjà été marié 2,8 1 582 6,5 106 Résidence N'Djaména 7,8 146 14,6 55 Autres Villes 5,5 219 7,8 68 Ensemble urbain 6,4 366 10,9 124 Rural 2,4 1 281 7,6 206 Niveau d'instruction Aucune instruction 2,5 1 163 0,9 102 Primaire 2,2 356 12,2 110 Secondaire ou plus 13,3 128 12,4 119 Ensemble 15-24 3,3 1 647 8,8 330 Chez les jeunes hommes, 9 % ont utilisé un condom au cours de leurs premiers rapports sexuels. Cette proportion varie d’un minimum de 7 % chez jeunes de 15-17 ans à un maximum de 11 % chez ceux de 18-19 ans et 23-24 ans. Les résultats selon le milieu de résidence montrent que l’utilisation du condom chez les jeunes hommes est plus fréquente en milieu urbain (11 %), en particulier à N’Djaména (15 %) qu’en milieu rural (8 %) ; Les jeunes hommes instruits ont déclaré plus fréquemment que les autres avoir utilisé un condom au cours de leurs premiers rapports sexuels (12 % contre moins d’un pour cent). Le tableau 15.20 présente les proportions de jeunes célibataires qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Parmi les jeunes femmes célibataires de 15-24 ans, cette proportion est de 6 % (tableau 15.20). Cette proportion est plus élevée parmi les femmes de 20-24 ans, parmi celles de N’Djaména (15 %) et parmi les plus instruites (13 %) ainsi que parmi celles de la zone 3 (Batha, Guéra et Salamat) (11 %). Chez les jeunes hommes de 15-24 ans, plus d’un homme sur trois (34 %) ont eu des rapports sexuels au cours des douze derniers mois. Selon l’âge, la proportion des jeunes ayant eu des rapports sexuels varie d’un minimum de 16 % à 15-17 ans à un maximum de 53 % dans le groupe de ceux âgés de 23-24 ans. L’analyse selon le niveau d’instruction montre que, comme chez les femmes, c’est à N'Djaména (42 %) et parmi les plus instruits que la proportion de ceux qui ont eu des rapports sexuels au cours des douze derniers mois est la plus élevée (45 % contre 28 % parmi ceux sans instruction). Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 261 Tableau 15.20 Jeunes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels prémaritaux au cours des 12 derniers mois Parmi les jeunes célibataires de 15-24 ans, pourcentage ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Effectif de célibataires de 15-24 ans Ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Effectif de célibataires de 15-24 ans Âge 15-19 5,4 745 26,5 402 15-17 4,3 601 15,6 251 18-19 9,8 143 44,4 151 20-24 14,1 104 52,6 165 20-22 14,4 87 52,4 127 23-24 12,5 18 53,4 39 Résidence N'Djaména 15,4 108 42,3 83 Autres Villes 11,2 137 43,7 104 Ensemble urbain 13,0 245 43,1 187 Rural 3,8 604 29,7 380 Zone Zone 1 15,4 108 42,3 83 Zone 2 8,9 67 23,3 71 Zone 3 10,7 66 23,1 65 Zone 4 1,1 152 23,9 46 Zone 5 9,9 49 41,2 53 Zone 6 2,8 101 35,2 55 Zone 7 4,6 174 38,0 120 Zone 8 5,8 133 38,9 75 Niveau d'instruction Aucune instruction 4,6 462 28,3 218 Primaire 5,8 236 32,4 198 Secondaire ou plus 13,1 151 44,8 151 Ensemble 15-24 6,4 849 34,1 567 Le tableau 15.21 présente les pourcentages de jeunes de 15-24 ans qui ont eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête et, parmi eux, le pourcentage de ceux qui ont utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels. Seulement 7 % des jeunes femmes ont déclaré avoir eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois et, parmi elles, 17 % ont déclaré avoir utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels. On constate bien entendu que c’est parmi celles qui n’ont jamais été mariées que la proportion de celles qui ont eu des rapports sexuels à risques est la plus élevée (89 %) ; ces rapports sexuels à risque sont plus fréquents parmi les plus instruites (30 %) et celles vivant à N’Djaména (25 %). La répartition par âge montre que la proportion de jeunes femmes ayant eu des rapports sexuels à risque au cours des 12 derniers mois diminue progressivement lorsqu’on avance en âge (12 % à 15-17 ans contre 3 % à 23-24 ans). 262 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.21 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom lors des derniers rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois par les jeunes de 15-24 ans Parmi les jeunes de 15-24 ans et sexuellement actifs, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec un partenaire non marital et non cohabitant (rapports à hauts risques) au cours des 12 derniers mois et, parmi ceux-ci, pourcentage qui ont déclaré avoir utilisé un condom la dernière fois qu'ils ont eu des rapports à hauts risques, selon certaines caractéristiques socio démographiques, Tchad 2004 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif d'enquêtées sexuellement actives les 12 derniers mois Pourcentage ayant utilisé un condom dans des rapports à hauts risques Effectif d'enquêtées 15-24 ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant eu dans des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif d'enquêtées sexuellement actives les 12 derniers mois Pourcentage ayant utilisé le condom dans des rapports à hauts risques Effectif d'enquêtées 15-24 ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Âge 15-19 10,0 613 12,8 61 97,0 111 20,2 107 15-17 12,0 270 (12,8) 32 (100,0) 40 (19,9) 40 18-19 8,4 343 (12,8) 29 95,4 71 20,4 67 20-24 5,1 876 23,2 44 63,1 184 30,1 116 20-22 5,7 635 (20,6) 36 75,2 111 28,0 84 23-24 3,3 241 * 8 44,6 72 (35,4) 32 État matrimonial Jamais marié(e) 89,4 55 20,0 49 99,3 193 24,7 192 A déjà été marié 4,0 1 434 14,7 57 30,9 101 (29,1) 31 Résidence N'Djaména 24,6 131 38,2 32 89,9 44 46,4 40 Autres Villes 14,4 198 20,4 28 89,6 58 41,0 52 Ensemble urbain 18,4 329 29,9 61 89,8 103 43,4 92 Rural 3,9 1 159 (0,0) 45 68,4 191 12,7 131 Niveau d'instruction Aucune instruction 4,5 1 049 (2,6) 47 74,6 94 4,9 70 Primaire 7,4 328 (7,2) 24 64,2 102 22,7 65 Secondaire ou plus 30,4 112 44,5 34 89,4 98 43,8 87 Ensemble 15-24 7,1 1 489 17,2 106 75,9 294 25,4 223 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. Les jeunes hommes sont, en proportion, plus nombreux que les femmes (76 % contre 7 %) à déclarer avoir eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois et, parmi ces jeunes hommes, 25 % ont déclaré avoir utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels à hauts risques. Les jeunes hommes les plus instruits (89 %), ceux vivant à N’Djaména (90 %) et les célibataires (99 %) sont ceux qui ont eu le plus fréquemment des rapports sexuels à hauts risques. C’est aussi parmi ces hommes que l’utilisation du condom a été la plus fréquente. Le graphique 15.2 présente les proportions de jeunes femmes et de jeunes hommes selon la catégorie de risque de contracter le sida à laquelle ils appartiennent. Parmi les jeunes de 15-24 ans, 32 % des femmes et plus de la moitié des hommes (51 %) n’ont couru aucun risque de contracter le VIH/sida puisqu’ils n’ont jamais eu de rapports sexuels. Cette proportion est beaucoup plus élevée chez les jeunes de 15-19 ans que chez les plus âgés, aussi bien chez les femmes (respectivement, 51 % contre 8 %) que chez les hommes (respectivement, 69 % contre 24 %). Une faible proportion de femmes (7 %) et d’hommes (5 %) n’a couru aucun risque récemment puisqu’ils n’ont pas eu de rapports sexuels au cours des 12 derniers mois. En outre, dans 1 % de cas pour les Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 263 femmes et dans 5 % de cas pour les hommes, les jeunes n’ont pas pris de risques de contracter le virus car ils ont eu un seul partenaire et ils ont utilisé un condom lors de leurs derniers rapports sexuels. Les autres groupes de femmes et d’hommes ont couru des risques de contracter le VIH/sida, soit parce qu’ils ont eu un seul partenaire mais n’ont pas utilisé de condom (59 % des femmes et 26 % des hommes), soit parce qu’ils ont eu plusieurs partenaires, même s’ils ont utilisé un condom aux derniers rapports sexuels (0,1 % des femmes et 3 % des hommes), soit parce qu’ils ont eu plusieurs partenaires et n’ont pas utilisé de condom aux derniers rapports sexuels (1 % des femmes et 9 % des hommes). Ce dernier groupe est celui qui a couru le plus de risques de contracter le VIH/sida. Graphique 15.2 Abstinence, fidélité et utilisation du condom dans la population des jeunes de 15-24 ans EDST-II 2004 15-19 20-24 15-24 15-19 20-24 15-24 FEMMES HOMMES 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Jamais eu de rapports Rapports mais pas les 12 derniers mois Un seul partenaire et condom aux derniers rapports Un seul partenaire mais pas condom aux derniers rapports Rapports avec plus d'un partenaire et condom aux derniers rapports Rapports avec plus d'un partenaire mais pas condom aux derniers rapports Les rapports sexuels entre des jeunes femmes de 15-19 ans et des hommes beaucoup plus âgés qu’elles, augmentent pour celles-ci les risques de contracter le VIH/sida. On a demandé aux jeunes femmes de 15-19 ans, ayant eu des rapports sexuels non maritaux, si elles avaient eu des rapports sexuels avec un homme plus âgé qu’elles de 10 ans ou plus. Le tableau 15.22 présente ces pourcentages. On remarque que parmi les femmes âgées de 15-19 ans qui ont eu des rapports sexuels hors mariage au cours des 12 mois qui ont précédé l’enquête, 29 % ont déclaré avoir eu des rapports avec un homme étant plus âgé de 10 ans ou plus. Étant donné la faiblesse des effectifs, il est difficile de commenter les variations en fonction des caractéristiques socio- démographiques. 264 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.22 Disparité d'âges entre partenaires sexuels Parmi les femmes âgées de 15-19 ans ayant eu des rapports sexuels non maritaux au cours des 12 derniers mois, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec un homme plus âgé qu'elles de 10 ans ou plus, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Tchad 2004 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu des rapports hors mariage avec un homme âgé de 10 ans ou plus Effectif de femmes 15-19 ayant eu des rapports hors mariage au cours des 12 derniers mois Âge 15-19 29,1 61 15-17 (27,4) 32 18-19 (31,0) 29 État matrimonial Jamais marié(e) 11,6 34 A déjà été marié (51,7) 27 Résidence N'Djaména (3,8) 17 Autres Villes (29,2) 18 Ensemble urbain 16,9 35 Rural * 26 Total 15-19 29,1 61 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés * Basé sur trop peu de cas non pondérés Disponibilité des Services Communautaires | 265 DISPONIBILITÉ DES SERVICES COMMUNAUTAIRES 16 Riradjim Madnodji Dans le cadre de l'EDST-II, en plus de l'enquête ménage et des enquêtes individuelles, une enquête sur la disponibilité des services communautaires a été menée dans chacune des 196 grappes sélectionnées. Cette enquête avait pour but de collecter, au niveau de chaque grappe, des informations sur l'existence des infrastructures socioéconomiques et entre autres, sur la disponibilité des services de santé maternelle et infantile et des services de planification familiale. L'existence ou non de ces infrastructures et de ces services ainsi que la distance qui les sépare de leur lieu de résidence ont une répercussion immédiate sur leur utilisation par les populations et, de ce fait, sur les niveaux de prévalence contraceptive et sur les niveaux de morbidité, de mortalité et de fécondité. Contrairement aux autres questionnaires de l'EDST-II utilisés au niveau du ménage ou des individus, le questionnaire sur la disponibilité des services est appliqué au niveau de l'unité primaire de sondage ou grappe; pour cette raison, il n'y a qu'un seul questionnaire par grappe. Bien que le questionnaire individuel Femme comprenne des questions sur les endroits où les femmes peuvent obtenir des services de santé et de planification familiale, les données recueillies au niveau de la grappe donnent de meilleures indications sur la disponibilité des services dans l’environnement immédiat dans lequel vit la population enquêtée (femmes et enfants). Cette enquête a consisté à interroger un groupe de personnes bien informées : les autorités administratives ou traditionnelles, le personnel éducatif, médical, religieux ou autres personnes. Au cours de l'entretien, l'enquêteur devait relever, avec leur aide, des informations sur certains services socio- économiques (écoles, marchés, boutiques, bureaux de poste, services réguliers de transport) et sur les différents types d'établissements de santé (hôpital, clinique, centre de santé communautaire) et estimer les distances à parcourir et le temps nécessaire pour les atteindre ; il devait aussi collecter des informations sur les principales maladies et les principaux problèmes auxquels doit faire face la communauté pour se soigner. L'objet de cette étude ne concerne ni le fonctionnement de ces formations sanitaires, ni leur équipement, ni la qualité des prestations offertes. Elle est axée uniquement sur la disponibilité physique de ces services dans les localités enquêtées ou à leur proximité. Bien que l’enquête sur la disponibilité des services communautaires ait été réalisée au niveau de chaque grappe de l’échantillon, les données sont analysées ici du point de vue de la population des femmes enquêtées dans chaque grappe. En effet, ces femmes sont considérées comme étant les premières utilisatrices des services de planification familiale et de santé maternelle et infantile. Ce chapitre comprend cinq sections : la première porte sur les caractéristiques des communautés rurales, la seconde sur la distance par rapport à certains services socioéconomiques, la troisième sur le temps de trajet pour atteindre ces services socioéconomiques, la quatrième sur la disponibilité des services de santé et, la cinquième, sur les problèmes de santé auxquels fait face la population. 16.1 CARACTÉRISTIQUES DES COMMUNAUTÉS RURALES Certaines informations ont été collectées uniquement dans les grappes rurales en vue d'évaluer le degré d'isolement de certaines populations. Ces questions ont porté sur le type d’habitat, les principales voies d'accès à la localité, la distance au centre urbain (chef-lieu) le plus proche et les moyens de transport disponibles les plus courants. 266 | Disponibilité des Services Communautaires Le tableau 16.1 présente la répartition des femmes rurales selon les caractéristiques de leur communauté. Ces données révèlent qu’en milieu rural, un peu plus d’une femme sur deux (53 %) vit dans une communauté d’habitat dispersé et deux femmes sur cinq (41 %) dans une communauté d’habitat dense. Par ailleurs, on a constaté que 6 % des femmes résident dans une communauté dont le type d’habitat n’a pas été précisé (ND). Deux femmes du milieu rural sur cinq (42 %) vivent dans une localité accessible toute l'année, soit par une route goudronnée (3 %), soit par une piste carrossable, en terre battue et praticable toute l’année (39 %). Par contre, un peu moins d’une femme du milieu rural sur cinq (18 %) est isolée durant une partie de l'année, car la seule voie d'accès à sa communauté est une piste non praticable en saison des pluies. De plus, dans environ 20 % des cas, la principale voie d'accès est une piste cyclable ou un simple sentier. Enfin, dans 13 % des cas, les femmes doivent utiliser une voie d'eau. Comparativement aux résultats de l’EDST-I de 1996-97, la proportion des femmes rurales vivant dans des localités accessibles par des pistes carrossables toute l’année a baissé (58 % contre 39 %) alors que celle des femmes vivant dans des localités accessibles par voie fluviale a augmenté (1 % contre 13 %). Par ailleurs, on constate que 14 % des femmes du milieu rural résident à moins de 15 kilomètres d’une ville (un chef-lieu), 16 % résident à une distance comprise entre 15 et 29 kilomètres et un peu plus des trois cinquièmes (65 %) vivent à plus de 30 kilomètres du centre urbain le plus proche. En se référant aux résultats de l’EDST-I, on constate que ces proportions n’ont pas varié de manière significative, à l’exception de celle des femmes qui résident dans des localités situées à une distance comprise entre 15 et 29 km du centre urbain le plus proche (28 % à l’EDST-I contre 16 % à l’EDST-II). En ce qui concerne les moyens de déplacement, on constate qu’environ une femme rurale sur deux (49 %) utilise un véhicule à moteur pour se rendre au centre urbain le plus proche et qu’à l’opposé, plus d’une femme sur trois (37 %) ne dispose d’aucun moyen de transport et se déplace à pied. Le moyen de transport le moins fréquemment utilisé par les femmes pour se rendre au centre urbain le plus proche est le bateau/pirogue (6 %). 16.2 DISTANCE PAR RAPPORT AUX SERVICES SOCIOÉCONOMIQUES Le tableau 16.2 présente par milieu de résidence les données concernant la distance estimée par l’enquêtée pour atteindre certains services socioéconomiques tels qu’une école qu’elle soit primaire, secondaire ou professionnelle, un marché journalier ou hebdomadaire, une boutique, un bureau de poste et des services de transport en commun. Compte tenu du caractère souvent approximatif des réponses données, les distances ont été réparties en cinq grandes catégories : sur place, distance proche (estimée à moins de 5 kilomètres), éloignée (estimée à 5-14 km), très éloignée (estimée à 15-29 km ou à 30 km ou plus). Il faut souligner que les distances (de même que les temps de trajet présentés plus loin) sont Tableau 16.1 Caractéristiques des communautés rurales Répartition (en %) des femmes du milieu rural selon les caractéristiques de leur communauté, Tchad 2004 Caractéristique des communautés rurales Pourcentage Type d'habitat Dense 40,7 Dispersé 53,2 ND 6,0 Total 100,0 Voie principale d'accès Route goudronnée 2,8 Piste carrossable facile 39,0 Piste carrossable difficile 18,2 Sentier 20,1 Voie d'eau 13,2 ND 6,7 Total 100,0 Distance au centre urbain le plus proche 0-14 km 13,6 15-29 km 15,5 30 km ou plus 64,9 ND 6,0 Total 100,0 Moyen de transport le plus courant Autobus 23,2 Camion/camionnette 26,0 Bateau/pirogue 6,3 Train 0,6 Aucun 37,2 ND 6,7 Total 100,0 Effectif de femmes 4 796 Disponibilité des Services Communautaires | 267 estimées par les personnes interrogées et sont donc très approximatives. Les valeurs présentées ici ne doivent donc être considérées que comme des ordres de grandeur. Selon les données du tableau 16.2, il ressort qu’un peu plus de sept femmes enquêtées sur dix (75 %) vivent à proximité (moins de 5 km) d'une école primaire, contre 10 % qui en sont très éloignées. Comparativement à l’EDST-I, la situation n’a pas changé de manière significative dans la mesure où ces proportions étaient respectivement de 70 % et de 16 %. Le milieu urbain paraît plus favorisé que le milieu rural (97 % à moins de 5 km contre 68 %). Il convient toutefois de noter qu’il existe une assez bonne répartition des écoles primaires sur le territoire national puisque, quel que soit le milieu de résidence, Tableau 16.2 Distance par rapport à certains services socioéconomiques Répartition (en %) des femmes selon la distance par rapport à certains services socioéconomiques par service, selon le milieu de résidence, Tchad 2004 Distance (en kilomètres) Service et milieu de résidence Sur place Proche : Estimée à 1-4 km Eloignée : Estimée à 5-14 km Très éloignée : Estimée à 15-29 km Très éloignée : Estimée à 30 km ou plus ND Total Effectif de femmes École primaire/Médersa/École communautaire N'Djaména 84,7 10,6 0,0 0,0 0,0 4,8 100,0 516 Autres Villes 83,9 14,7 0,0 0,0 0,0 1,4 100,0 773 Ensemble urbain 84,2 13,0 0,0 0,0 0,0 2,7 100,0 1 289 Rural 62,7 5,6 12,7 6,5 6,4 6,0 100,0 4 796 Ensemble 67,3 7,2 10,0 5,1 5,1 5,3 100,0 6 085 École secondaire ou professionnelle N'Djaména 37,7 35,1 22,4 0,0 0,0 4,8 100,0 516 Autres Villes 38,5 46,9 13,2 0,0 0,0 1,4 100,0 773 Ensemble urbain 38,2 42,2 16,9 0,0 0,0 2,7 100,0 1 289 Rural 11,9 5,9 28,8 10,1 37,2 6,0 100,0 4 796 Ensemble 17,5 13,6 26,3 7,9 29,4 5,3 100,0 6 085 Marché journalier N'Djaména 68,9 26,3 0,0 0,0 0,0 4,8 100,0 516 Autres Villes 61,3 20,4 9,7 1,2 6,0 1,4 100,0 773 Ensemble urbain 64,4 22,8 5,8 0,7 3,6 2,7 100,0 1 289 Rural 9,0 5,7 23,3 15,9 40,0 6,0 100,0 4 796 Ensemble 20,7 9,3 19,6 12,7 32,3 5,3 100,0 6 085 Marché hebdomadaire N'Djaména 24,2 7,2 0,0 15,8 0,0 52,8 100,0 516 Autres Villes 47,6 13,1 4,8 9,1 1,5 23,8 100,0 773 Ensemble urbain 38,2 10,8 2,9 11,8 0,9 35,4 100,0 1 289 Rural 37,9 11,1 26,0 12,6 4,8 7,6 100,0 4 796 Ensemble 38,0 11,1 21,1 12,4 4,0 13,5 100,0 6 085 Boutique N'Djaména 95,2 0,0 0,0 0,0 0,0 4,8 100,0 516 Autres Villes 90,8 7,8 0,0 0,0 0,0 1,4 100,0 773 Ensemble urbain 92,6 4,7 0,0 0,0 0,0 2,7 100,0 1 289 Rural 25,5 4,9 31,6 12,0 19,2 6,7 100,0 4 796 Ensemble 39,7 4,9 24,9 9,5 15,1 5,9 100,0 6 085 Bureau de poste N'Djaména 28,9 45,6 19,4 0,0 0,0 6,1 100,0 516 Autres Villes 38,7 36,8 9,7 0,0 8,0 6,9 100,0 773 Ensemble urbain 34,8 40,3 13,6 0,0 4,8 6,6 100,0 1 289 Rural 6,0 5,1 20,2 13,4 47,7 7,6 100,0 4 796 Ensemble 12,1 12,6 18,8 10,6 38,6 7,4 100,0 6 085 Service régulier de transport en commun N'Djaména 68,1 22,9 4,3 0,0 0,0 4,8 100,0 516 Autres Villes 47,2 24,7 19,9 0,0 3,3 5,0 100,0 773 Ensemble urbain 55,5 24,0 13,6 0,0 2,0 4,9 100,0 1 289 Rural 8,8 2,3 21,3 15,9 36,8 15,0 100,0 4 796 Ensemble 18,7 6,9 19,6 12,5 29,5 12,9 100,0 6 085 268 | Disponibilité des Services Communautaires elles sont accessibles à plus de trois femmes sur cinq : 95 % des femmes de N’Djaména et 99 % de celles résidant dans les Autres Villes disposent d’une école primaire située à moins de 5 km, alors qu’en milieu rural, cette proportion est de 68 %. Par contre, il faut quand même souligner qu’en rural, un peu plus d’une femme rurale sur dix (13 %) doit parcourir, au moins, 15 km pour atteindre une école primaire. Les femmes enquêtées vivant à proximité d'un établissement secondaire ou professionnel (à moins de 5 km) représentent 31 % contre 37 % qui en sont très éloignées. Ces proportions étaient, respectivement, de 26 % et de 57 % à l’EDST-I. La distinction entre les milieux de résidence met en évidence la situation privilégiée du milieu urbain et surtout des Autres Villes, où respectivement 80 % et 85 % des femmes enquêtées se situent à moins de 5 km, contre seulement 18 % en milieu rural. À l’opposé, en milieu rural, 47 % des femmes enquêtées se situent à, au moins, 15 km d’une école secondaire ou professionnelle. En ce qui concerne le marché journalier, on constate, au niveau national, que 30 % des femmes se situent à une distance proche et que par contre, 32 % doivent parcourir entre 5 et 30 km pour en atteindre un. Cependant, ici aussi, les résultats par milieu de résidence font apparaître des disparités importantes. Par ailleurs à la différence des résultats sur les centres scolaires qui ont mis en évidence l’éloignement des femmes du milieu rural par rapport à ce type d’établissements, on constate ici que le marché hebdomadaire est plus facilement accessible aux femmes du milieu rural et à celles des Autres Villes qu’à celles de N’Djaména. En effet, environ la moitié (49 %) des femmes du milieu rural et 61 % des Autres Villes vivent à proximité d’un marché hebdomadaire, alors que cette proportion est de 31 % seulement pour les femmes de N’Djaména. Par contre, ce sont les femmes de N’Djaména qui sont les plus proches d’un marché journalier (95 % à moins de 5 km) alors que dans 40 % des cas, en rural, les femmes doivent parcourir au moins 30 km. En ce qui concerne les boutiques, il ressort que 45 % des femmes enquêtées habitent à moins de 5 km d’une boutique et qu’à l’opposé, 25 % d’entre elles parcourent entre 5 et 15 km pour atteindre un tel service. Ces proportions étaient, respectivement, de 38 % et de 13 % à l’EDST-I. En outre, les boutiques sont, en général, à proximité des lieux d'habitation des femmes de N'Djamena (95 % à moins de 5 km) et des Autres Villes (99 %) alors qu’en milieu rural, cette proportion n’est que de 30 % et, en outre, pour 31 % des femmes rurales, il faut parcourir au moins 15 km pour en atteindre une. Les bureaux de poste1 sont rarement situés à proximité du lieu de résidence des femmes puisque environ une femme sur deux (49 %) doit parcourir, au moins, 15 km pour en atteindre un et, seulement une sur quatre (25 %) dispose d’un bureau de poste à moins de 5 km. Ces proportions étaient, respectivement, de 67 % et de 18 % à l’EDST-I. Les femmes du milieu rural sont celles qui vivent le moins fréquemment à proximité de ce type de service : 61 % d'entre elles résident à 15 km ou plus d'un endroit où elles peuvent envoyer et recevoir du courrier. À l’opposé, seules 8 % de celles des Autres Villes doivent parcourir au moins 30 km pour atteindre un bureau de poste. En ce qui concerne un service régulier de transport en commun, les résultats montrent que seule une femme sur quatre (26 %) dispose d’un tel service à moins de 5 km ; en outre, pour 42 % des femmes enquêtées, ce service est situé à, au moins, 15 km de leur lieu de résidence. Ces proportions étaient, respectivement, de 32 % et de 50 % à l’EDST-I. À N’Djaména, un peu moins de sept femmes sur dix (68 %) disposent de ce service sur place et, dans les Autres Villes, cette proportion est de 47 %. Par contre, en milieu rural, un service de transport en commun situé sur place n’est disponible que pour 9 % des femmes et une femme sur deux du milieu rural (53 %) doit parcourir au moins 15 kilomètres pour atteindre un tel service, ce qui accentue encore l'isolement de ces populations. Des constats similaires avaient déjà été faits à l’EDST-I. 1 La catégorie bureau de poste est définie ici comme tout établissement dans lequel il est possible de recevoir ou d’envoyer du courrier. Disponibilité des Services Communautaires | 269 16.3 TEMPS DE TRAJET POUR ATTEINDRE LES SERVICES SOCIOECONOMIQUES Le tableau 16.3 présente le même type d’information que le tableau précédent, selon le temps de trajet pour se rendre au service socioéconomique le plus proche. Comme pour les distances, les temps de trajet ont été classés en trois grandes catégories : court (moins de 31 mn), moyen (31 à 60 mn) et long (61 mn et plus). Il faut préciser que les temps de trajet sont estimés par les enquêtés et peuvent ne pas toujours correspondre aux durées réelles. De plus, du fait des difficultés de déplacement (liées à l’état des routes), ces durées peuvent varier considérablement. Tableau 16.3 Temps de trajet pour atteindre certains services socioéconomiques Répartition (en %) des femmes selon le temps de trajet nécessaire pour atteindre certains services socioéconomiques par service, selon le milieu de résidence, Tchad 2004 Temps de trajet (en minutes) Service et milieu de résidence Court : Estimé à moins de 31 mn Moyen : Estimé à 31 à 60 mn Long : Estimé à 61 mn ou plus ND Total Effectif de femmes École primaire/Médersa/ École communautaire N'Djaména 93,2 2,0 0,0 4,8 100,0 516 Autres Villes 98,6 0,0 0,0 1,4 100,0 773 Ensemble urbain 96,5 0,8 0,0 2,7 100,0 1 289 Rural 66,9 5,8 21,3 6,0 100,0 4 796 Ensemble 73,1 4,7 16,8 5,3 100,0 6 085 École secondaire ou professionnelle N'Djaména 71,3 22,6 0,0 6,1 100,0 516 Autres Villes 74,7 14,1 9,8 1,4 100,0 773 Ensemble urbain 73,3 17,5 5,9 3,3 100,0 1 289 Rural 17,3 22,6 54,1 6,0 100,0 4 796 Ensemble 29,2 21,5 43,9 5,5 100,0 6 085 Marché journalier N'Djaména 88,0 7,3 0,0 4,8 100,0 516 Autres Villes 77,8 5,5 15,3 1,4 100,0 773 Ensemble urbain 81,9 6,2 9,2 2,7 100,0 1 289 Rural 16,4 10,2 67,4 6,0 100,0 4 796 Ensemble 30,2 9,4 55,1 5,3 100,0 6 085 Marché hebdomadaire N'Djaména 34,0 5,4 7,8 52,8 100,0 516 Autres Villes 63,1 11,6 1,6 23,8 100,0 773 Ensemble urbain 51,4 9,1 4,1 35,4 100,0 1 289 Rural 44,5 18,6 29,3 7,6 100,0 4 796 Ensemble 45,9 16,6 24,0 13,5 100,0 6 085 Boutique N'Djaména 95,2 0,0 0,0 4,8 100,0 516 Autres Villes 94,9 3,7 0,0 1,4 100,0 773 Ensemble urbain 95,1 2,2 0,0 2,7 100,0 1 289 Rural 29,5 15,0 48,7 6,7 100,0 4 796 Ensemble 43,4 12,3 38,4 5,9 100,0 6 085 Bureau de poste N'Djaména 71,1 21,2 1,6 6,1 100,0 516 Autres Villes 69,4 7,7 16,1 6,9 100,0 773 Ensemble urbain 70,0 13,1 10,3 6,6 100,0 1 289 Rural 11,1 11,9 69,4 7,6 100,0 4 796 Ensemble 23,6 12,2 56,8 7,4 100,0 6 085 Service régulier de transport en commun N'Djaména 92,7 2,0 0,6 4,8 100,0 516 Autres Villes 70,9 12,8 11,4 5,0 100,0 773 Ensemble urbain 79,6 8,5 7,1 4,9 100,0 1 289 Rural 10,9 9,3 63,5 16,4 100,0 4 796 Ensemble 25,4 9,1 51,6 13,9 100,0 6 085 270 | Disponibilité des Services Communautaires Le temps de trajet nécessaire pour atteindre les différents services dépend à la fois de la distance à laquelle se situent ces services et des moyens de déplacement utilisés le plus fréquemment pour s’y rendre. Par conséquent, les différences de temps de trajet qui apparaissent au tableau 16.3 sont similaires aux différences constatées au tableau 16.2 concernant les distances et les moyens de déplacement. On constate que c’est pour atteindre l’école primaire et le marché hebdomadaire que le temps de trajet est le plus court : en effet, dans l’ensemble, 73 % des femmes ont un temps de trajet court estimé à moins de 31 minutes. Dans le tableau précédent, on a vu que les trois quarts des femmes disposaient sur place d’une école primaire. Cependant, si en urbain, dans 97 % des cas, le temps de trajet pour atteindre une école primaire est court, cette proportion n’est que de 67 % en milieu rural. En milieu rural, dans 21 % des cas, le temps de trajet est estimé à, au moins, 61 minutes. Pour atteindre un marché hebdomadaire, il faut dans 46 % des cas, moins de 31 minutes. Cependant, en rural, pour 29 % des femmes, le temps de trajet pour se rendre à un marché hebdomadaire est de 61 minutes ou plus. Les autres services sont situés à des distances plus importantes du lieu de résidence des femmes, ce qui leur impose des temps de trajet plus longs. En effet, on constate que dans l’ensemble, 44 % des femmes mettent au moins 61 minutes pour atteindre une école secondaire et qu’en rural, cette proportion est de 54 %. Au niveau national, le temps de trajet pour atteindre un marché journalier est d’au moins 61 minutes pour 55 % des femmes. En milieu rural, 67 % des femmes ont un long trajet à parcourir pour parvenir à un marché journalier. En ce qui concerne les boutiques, on constate que pour la quasi-totalité des femmes du milieu urbain, le temps de trajet est court. Cette situation ne concerne que 30 % des femmes du milieu rural. Le bureau de poste et le service régulier de transport en commun sont les services qui demandent les temps de déplacement les plus longs. Au niveau national, seulement 24 % des femmes mettent moins de 31 minutes pour atteindre un bureau de poste. En milieu rural, pour 69 % des femmes, le temps de trajet est estimé à, au moins, 61 minutes. Pour pouvoir utiliser un service de transport, 52 % des femmes doivent effectuer un long trajet d’au moins 61 minutes. En milieu rural, cette proportion et de 64 %. 16.4 DISPONIBILITÉ DES ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ Un des objectifs de l'enquête était de collecter des informations sur la disponibilité des services de santé. Le tableau 16.4 présente, par milieu de résidence, la répartition des femmes selon la distance qui les sépare des établissements sanitaires spécifiques les plus proches. Il convient de noter que dans de nombreux cas, certains types d’établissements spécifiques n’ont pas été identifiés. Ainsi, dans 40 % des cas, aucun hôpital militaire/garnison n’a pu être identifié, dans 31 % des cas, aucun hôpital privé, dans 26 % des cas, aucun centre de santé/dispensaire privé ou de clinique/cabinet médical, dans 19 % des cas, aucune pharmacie ou hôpital public/garnison et, dans 7 % des cas, aucun centre de santé/dispensaire. À la lecture des données du tableau 16.4, il ressort que seule une femme sur dix (11 %) habite à proximité (moins de 5 km) d’un hôpital public alors qu’à l’opposé, 63 % doivent parcourir, au moins, 15 km pour accéder à ce type d’établissement. À l’EDST-I, ces proportions étaient respectivement de 13 % et de 74 %. Les résultats selon le milieu de résidence, mettent en évidence le plus grand éloignement des femmes rurales par rapport à ce genre d’établissement. En effet, aucune femme du milieu rural ne dispose d’un hôpital public, ou même privé ou militaire, à moins de 5 km. Trois quarts des femmes rurales (76 %) doivent parcourir, au moins, 15 km pour atteindre un hôpital public ou une polyclinique. D’une manière générale, les femmes du milieu rural, disposent rarement de structures sanitaires à moins de 5 km. À l’exception de la pharmacie/centre de santé villageois que les femmes rurales peuvent atteindre dans 27 % des cas, dans un rayon inférieur à 5 km, quel que soit le type de formation sanitaire, les proportions des femmes rurales disposant d’une telle structure à moins de 5 km n’atteint guère les 20 % (maximum de 18 % pour les centres de santé/dispensaire public). Disponibilité des Services Communautaires | 271 Tableau 16.4 Distance par rapport aux formations sanitaires Répartition (en %) des femmes selon la distance par rapport aux formations sanitaires par formation sanitaire, selon le milieu de résidence, Tchad 2004 Distance (en kilomètres) Service et milieu de résidence Sur place Proche : Estimée à 1-4 km Éloignée : Estimée à 5-14 km Très éloignée : Estimée à 15-29 km Très éloignée : Estimée à 30 km ou plus ND Total Effectif de femmes Hôpital public/polyclinique N'Djaména 12,9 40,8 38,3 3,2 0,0 4,8 100,0 516 Autres Villes 15,3 32,0 10,5 1,2 18,9 22,0 100,0 773 Ensemble urbain 14,4 35,5 21,6 2,0 11,4 15,1 100,0 1 289 Rural 0,0 0,0 3,8 7,2 68,7 20,4 100,0 4 796 Ensemble 3,0 7,5 7,6 6,1 56,5 19,3 100,0 6 085 Hôpital militaire/garnison N'Djaména 0,0 17,2 71,6 6,5 0,0 4,8 100,0 516 Autres Villes 10,0 7,1 5,5 9,3 31,9 36,3 100,0 773 Ensemble urbain 6,0 11,1 31,9 8,2 19,1 23,7 100,0 1 289 Rural 0,0 0,0 0,0 3,2 52,0 44,8 100,0 4 796 Ensemble 1,3 2,4 6,8 4,2 45,1 40,3 100,0 6 085 Hôpital privé N'Djaména 12,4 18,4 17,5 4,4 25,7 21,6 100,0 516 Autres Villes 3,9 11,3 0,0 4,3 55,2 25,3 100,0 773 Ensemble urbain 7,3 14,1 7,0 4,4 43,4 23,8 100,0 1 289 Rural 0,0 0,0 2,8 6,7 57,8 32,7 100,0 4 796 Ensemble 1,5 3,0 3,7 6,2 54,7 30,8 100,0 6 085 Centre de santé/dispensaire public N'Djaména 43,5 48,5 3,2 0,0 0,0 4,8 100,0 516 Autres Villes 54,0 30,8 10,7 0,8 0,0 3,7 100,0 773 Ensemble urbain 49,8 37,9 7,7 0,5 0,0 4,1 100,0 1 289 Rural 11,1 6,5 29,3 27,8 17,7 7,6 100,0 4 796 Ensemble 19,3 13,2 24,7 22,0 13,9 6,9 100,0 6 085 Centre de santé/dispensaire privé N'Djaména 35,5 33,3 15,4 0,0 0,0 15,8 100,0 516 Autres Villes 21,2 21,7 9,1 5,5 21,5 21,0 100,0 773 Ensemble urbain 26,9 26,4 11,6 3,3 12,9 18,9 100,0 1 289 Rural 1,9 1,9 24,0 3,0 41,9 27,4 100,0 4 796 Ensemble 7,2 7,1 21,3 3,0 35,7 25,6 100,0 6 085 Clinique/cabinet médical N'Djaména 43,6 36,0 15,6 0,0 0,0 4,8 100,0 516 Autres Villes 9,8 23,7 7,1 1,2 37,6 20,6 100,0 773 Ensemble urbain 23,3 28,6 10,5 0,7 22,6 14,2 100,0 1 289 Rural 0,0 0,0 3,3 5,6 61,3 29,8 100,0 4 796 Ensemble 4,9 6,1 4,8 4,5 53,1 26,5 100,0 6 085 Pharmacie/dépôt pharmaceutique N'Djaména 70,5 16,7 0,0 0,0 3,2 9,6 100,0 516 Autres Villes 37,9 34,0 8,1 1,2 12,7 6,1 100,0 773 Ensemble urbain 50,9 27,1 4,8 0,7 8,9 7,5 100,0 1 289 Rural 0,0 1,2 9,4 10,8 56,1 22,5 100,0 4 796 Ensemble 10,8 6,7 8,4 8,6 46,1 19,3 100,0 6 085 Pharmacie/centre de santé villageois Rural 21,9 5,4 14,0 11,4 20,5 26,8 100,0 4 796 Les femmes de N’Djaména sont proportionnellement plus nombreuses à résider à proximité d’un centre de santé ou d’un dispensaire public (92 %), d’une pharmacie ou d’un dépôt pharmaceutique (87 %), d’une clinique ou d’un cabinet médical (80 %) et d’un centre de santé ou d’un dispensaire privé (69 %). Les femmes résidant dans les Autres Villes occupent une position intermédiaire entre celle des femmes de N’Djaména et celle des femmes du milieu rural. 272 | Disponibilité des Services Communautaires Le tableau 16.5 présente, par milieu de résidence, le même type de données que le tableau précédent, mais il s’agit ici non plus de la distance mais du temps de trajet pour atteindre les différents établissements sanitaires. Tableau 16.5 Temps de trajet pour atteindre les formations sanitaires Répartition (en %) des femmes selon le temps de trajet nécessaire pour atteindre les formations sanitaires par formation sanitaire, selon le milieu de résidence, Tchad 2004 Temps de trajet (en minutes) Service et milieu de résidence Court : Estimé à moins de 31 mn Moyen : Estimé à 31 à 60 mn Long : Estimé à 61 mn ou plus ND Total Effectif de femmes Hôpital public/polyclinique N'Djaména 74,1 15,9 5,3 4,8 100,0 516 Autres Villes 38,9 15,4 23,7 22,0 100,0 773 Ensemble urbain 53,0 15,6 16,3 15,1 100,0 1 289 Rural 0,3 9,6 68,1 22,1 100,0 4 796 Ensemble 11,4 10,8 57,1 20,6 100,0 6 085 Hôpital militaire/garnison N'Djaména 31,8 41,4 21,1 5,6 100,0 516 Autres Villes 15,0 8,2 40,4 36,3 100,0 773 Ensemble urbain 21,8 21,5 32,7 24,0 100,0 1 289 Rural 0,0 5,7 44,7 49,6 100,0 4 796 Ensemble 4,6 9,0 42,1 44,2 100,0 6 085 Hôpital privé N'Djaména 36,9 10,6 24,5 28,0 100,0 516 Autres Villes 8,9 13,7 52,1 25,3 100,0 773 Ensemble urbain 20,1 12,5 41,0 26,4 100,0 1 289 Rural 0,0 4,8 57,7 37,5 100,0 4 796 Ensemble 4,3 6,4 54,2 35,2 100,0 6 085 Centre de santé/dispensaire public N'Djaména 74,7 13,2 0,0 12,1 100,0 516 Autres Villes 71,0 14,7 10,6 3,7 100,0 773 Ensemble urbain 72,4 14,1 6,4 7,1 100,0 1 289 Rural 17,4 11,1 63,8 7,6 100,0 4 796 Ensemble 29,1 11,8 51,7 7,5 100,0 6 085 Centre de santé/dispensaire privé N'Djaména 73,8 7,1 3,3 15,8 100,0 516 Autres Villes 33,0 21,8 24,2 21,0 100,0 773 Ensemble urbain 49,3 15,9 15,8 18,9 100,0 1 289 Rural 3,8 18,9 42,7 34,6 100,0 4 796 Ensemble 13,4 18,3 37,0 31,3 100,0 6 085 Clinique/cabinet médical N'Djaména 85,9 6,0 3,3 4,8 100,0 516 Autres Villes 28,2 15,5 35,7 20,6 100,0 773 Ensemble urbain 51,3 11,7 22,7 14,2 100,0 1 289 Rural 0,0 6,9 57,0 36,2 100,0 4 796 Ensemble 10,9 7,9 49,7 31,5 100,0 6 085 Pharmacie/dépôt pharmaceutique N'Djaména 87,2 0,0 0,0 12,8 100,0 516 Autres Villes 61,9 12,4 19,6 6,1 100,0 773 Ensemble urbain 72,0 7,4 11,8 8,8 100,0 1 289 Rural 3,7 7,2 65,8 23,3 100,0 4 796 Ensemble 18,2 7,2 54,4 20,2 100,0 6 085 Pharmacie/centre de santé villageois Rural 27,0 8,1 35,2 29,7 100,0 4 796 Disponibilité des Services Co