Senegal DHS Final Report (French) (2010-2011)

Publication date: 2012

RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL Enquête Démographique et de Santé à Indicateurs Multiples Sénégal (EDS-MICS) 2010-2011 Rapport final Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) Dakar, Sénégal MEASURE DHS ICF International Calverton, Maryland, USA Février 2012 Ministère de la Santé, de la Prévention et de l’Hygiène Familiale Investing in our future The Global Fund To Fight AIDS, Tuberculosis and Malaria Ce rapport présente les résultats de la cinquième Enquête Démographique et de Santé à Indicateurs Multiples au Sénégal (EDS-MICS), exécutée d’octobre 2010 à avril 2011 par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD). L’EDS-MICS 2010-2011 a été réalisée avec l’appui financier du Gouvernement du Sénégal, de l’USAID, de l’UNICEF, du PMI, du Fonds Mondial, de la Cellule de Lutte contre la Malnutrition (CLM) et de l’UNFPA. Elle a bénéficié de l’assistance technique du programme mondial des Enquêtes Démographiques et de Santé (Demographic and Health Surveys - MEASURE DHS) de ICF International, dont l’objectif est de collecter, d’analyser et de diffuser des données démographiques et de santé portant, en particulier, sur la fécondité, la mortalité, la planification familiale, la santé de la mère et de l’enfant, la nutrition, le paludisme et le VIH. D’autres organismes tels le Centre de Recherche pour le Développement Humain (CRDH), le Laboratoire de Bactériologie et de Virologie du CHU de Le Dantec et le Laboratoire de Parasitologie ont apporté leur expertise à la réalisation de cette opération. Pour tous renseignements concernant l’EDS-MICS 2010-2011, contacter : Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) Rue de Saint Louis x Rue de Diourbel - Point E B.P. 116 ; Dakar RP (Sénégal) Téléphone : (221) 33 869 21 40 Fax : (221) 33 824 36 15 E-mail : statsenegal@ansd.sn / statsenegal@yahoo.fr Site web : www.ansd.sn Concernant le programme MEASURE DHS, des renseignements peuvent être obtenus auprès de : ICF International 11785 Beltsville Drive, Suite 300, Calverton, MD 20705 USA Téléphone 301-572-0200 Fax 301-572-0999 E-mail : reports@measuredhs.com Internet : http://www.measuredhs.com Citation recommandée: Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) [Sénégal], et ICF International. 2012. Enquête Démographique et de Santé à Indicateurs Multiples au Sénégal (EDS-MICS) 2010-2011. Calverton, Maryland, USA: ANSD et ICF International. Table des Matières • iii TABLE DES MATIÈRES Page Liste des tableaux et des graphiques . xi Avant-Propos .xxiii Remerciements . xxv Sigles et Abréviations . xxvii Résumé . xxix Indicateurs des Objectifs du Millénaire pour le Développement . xxxv Carte du Sénégal . xxxvi CHAPITRE 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE Papa Ibrahima Sylmang SENE 1.1 PRÉSENTATION DU PAYS . 1 1.1.1 Géographie . 1 1.1.2 Économie . 1 1.1.3 Population . 2 1.1.4 Politique en matière de santé et situation sanitaire . 2 1.2 CADRE INSTITUTIONNEL, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE . 3 1.2.1 Cadre institutionnel . 3 1.2.2 Objectifs . 4 1.2.3 Méthodologie . 5 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES Awa CISSOKO 2.1 CONDITIONS DE VIE . 15 2.2 CARACTERISTIQUES DES MEMBRES DES MÉNAGES . 21 2.3 NIVEAU D’INSTRUCTION ET FREQUENTATION SCOLAIRE . 24 iv • Table des Matières CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS Abdou GUEYE et Dr Moussa DIAKHATE 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS . 31 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES . 33 3.3 ALPHABÉTISATION . 36 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS . 39 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE . 42 3.6 COUVERTURE MEDICALE . 46 3.7 CONSOMMATION DE TABAC . 49 3.8 MALADIES CHRONIQUES . 51 CHAPITRE 4 NUPTIALITÉ Jean Pierre Diamane BAHOUM 4.1 ÉTAT MATRIMONIAL . 57 4.2 POLYGAMIE . 59 4.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION . 62 4.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS . 65 4.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE . 67 CHAPITRE 5 FÉCONDITÉ Ndèye Binta DIEME 5.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE . 71 5.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ . 74 5.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE . 76 5.4 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE . 77 5.5 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE . 79 5.6 MÉNOPAUSE . 82 5.7 ÂGE À LA PREMIERE NAISSANCE . 82 5.8 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES . 83 Table des Matières • v CHAPITRE 6 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Atoumane FALL 6.1 DÉSIR D'ENFANTS SUPPLÉMENTAIRES . 87 6.2 NOMBRE IDÉAL D'ENFANTS . 91 6.3 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ . 94 CHAPITRE 7 PLANIFICATION FAMILIALE Cheikh Tidiane NDIAYE et Papa Mabèye DIOP 7.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION. 97 7.2 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION . 100 7.3 SOURCES D'APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION . 103 7.4 INFORMATIONS RELATIVES AUX MÉTHODES CONTRACEPTIVES . 104 7.5 RAISONS D’INTERRUPTIONS DE METHODE CONTRACEPTIVE . 105 7.6 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE . 106 7.7 BESOINS EN MATIERE DE PLANIFICATION FAMILIALE . 107 7.8 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION . 111 7.9 SOURCES D'INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION . 111 CHAPITRE 8 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS Mamadou Matar GUEYE et Cheikh Tidiane NDIAYE 8.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES . 115 8.1.1 Limites d’ordre méthodologique . 116 8.1.2 Risques d’erreurs d’enregistrement . 116 8.2 NIVEAUX ET TENDANCES . 117 8.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE . 118 8.4 MORTALITÉ PÉRINATALE . 123 8.5 GROUPES À HAUT RISQUE . 125 vi • Table des Matières CHAPITRE 9 SANTÉ DE LA MÈRE Fatou Bintou Niang CAMARA 9.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET VISITES POSTNATALES . 129 9.1.1 Soins prénatals . 129 9.1.2 Accouchement . 136 9.1.3 Examens postnatals . 140 9.2 PROBLEMES PERÇUS POUR L’ACCES AUX SOINS DE SANTE DE LA FEMME . 146 9.3 LES FISTULES OBSTRETRICALES . 147 CHAPITRE 10 SANTÉ DE L’ENFANT Mahmouth DIOUF 10.1 CARACTÉRISTIQUES DU NOUVEAU-NÉ . 151 10.2 VACCINATION DES ENFANTS . 152 10.3 MALADIES DES ENFANTS . 157 10.3.1 Prévalence et traitement des Infections respiratoires aiguës . 157 10.3.2 Pévalence et traitement de la fièvre . 159 10.3.3 Prévalence et traitement de la diarrhée . 160 10.4 EVACUATION DES SELLES DES ENFANTS . 167 CHAPITRE 11 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL Babou DIAHAM et Abdou GUEYE 11.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT . 169 11.1.1 Allaitement maternel . 170 11.1.2 Aliments de complément . 175 11.1.3 Types d’aliments de complément . 175 11.2 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS. 178 11.2.1 Consommation de sel iodé par les ménages . 178 11.2.2 Consommation de vitamine A . 179 11.2.3 Consommation de fer . 182 11.3 ANÉMIE PAR CARENCE EN FER . 183 11.3.1 Prévalence de l’anémie chez les enfants . 183 Table des Matières • vii 11.3.2 Prévalence de l’anémie chez les femmes . 185 11.3.3 Prévalence de l’anémie chez les hommes . 186 11.4 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES . 187 11.4.1 État nutritionnel des enfants . 187 11.4.2 État nutritionnel des femmes . 193 11.4.3 État nutritionnel des hommes . 195 CHAPITRE 12 PALUDISME Pr Oumar GAYE, Dr Mouhamed NDIAYE, Dr Roger TINE, Dr Jean Louis NDIAYE et Dr Mohamed AYAD 12.1 MOUSTIQUAIRES ET PULVÉRISATION INTRA-DOMICILIAIRE . 198 12.1.1 Possession de moustiquaires . 198 12.1.2 Pulvérisation intra-domiciliaire (PID) . 200 12.1.3 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages . 202 12.1.4 Utilisation des moustiquaires par les groupes vulnérables . 204 12.2 TRAITEMENT PREVENTIF ANTIPALUDEEN AU COURS DE LA GROSSESSE. 207 12.3 FIÈVRE ET TRAITEMENT ANTIPALUDÉEN DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS . 208 12.4 TAUX D’HÉMOGLOBINE . 212 12.5 PARASITEMIE PALUSTRE . 213 12.5.1 Principe et méthodologie . 213 12.5.2 Prévalence de la parasitémie palustre chez les enfants . 213 CHAPITRE 13 VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES Samba NDIAYE 13.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA, DES MOYENS DE PRÉVENTION ET DE TRANSMISSION . 218 13.2 STIGMATISATION ENVERS LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH/SIDA . 225 13.3 OPINIONS CONCERNANT LA PRÉVENTION DES IST ET DU VIH . 227 13.4 RAPPORTS SEXUELS MULTIPLES ET UTILISATION DU CONDOM . 229 13.5 TEST ANTÉRIEUR DU VIH. 234 13.6 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST) . 239 viii • Table des Matières 13.7 PRÉVALENCE DES INJECTIONS . 240 13.8 LES JEUNES DE 15-24 ANS ET LE VIH/SIDA . 242 CHAPITRE 14 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS Dr Astou Gueye GAYE, Dr Aïssatou Gueye NDIAYE, Ousmane DIOUF, Dr Abdou Salam MBENGUE, Pr Coumba Touré KANE, Pr Aissatou Gaye DIALLO, Abdoulaye Aziz HANE et Pr Souleymane MBOUP 14.1 APPROCHE SUIVIE POUR LE TEST DU VIH ET DE L’HÉMOGLOBINE . 250 14.1.1 Méthodologie . 250 14.1.2 Formation et travail de terrain . 251 14.1.3 Procédures de laboratoire . 252 14.2 TAUX DE COUVERTURE DU TEST DE VIH . 255 14.2.1 Couverture du test VIH selon le milieu et la région de résidence . 255 14.2.2 Couverture du test VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 257 14.3 PREVALENCE DU VIH . 258 14.3.1 Prévalence du VIH selon l’âge . 258 14.3.2 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio-économiques . 259 14.3.3 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 261 14.3.4 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 262 14.3.5 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans . 263 14.3.6 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans selon cerrtaines caractéristiques du comportement sexuel . 265 14.4 PRÉVALENCE DU VIH SELON D’AUTRES CARACTÉRISTIQUES . 266 14.5 PRÉVALENCE DU VIH PARMI LES COUPLES . 267 CHAPITRE 15 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE Mohamed AYAD et Salif NDIAYE 15.1 INTRODUCTION . 269 15.2 COLLECTE DES DONNÉES . 270 15.3 ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES . 270 15.4 ESTIMATION DE LA MORTALITÉ ADULTE . 272 15.5 ESTIMATION DE LA MORTALITÉ MATERNELLE . 273 Table des Matières • ix CHAPITRE 16 RAPPORTS DE GENRE Diatta CAMARA 16.1 EMPLOI ET RÉMUNÉRATION . 275 16.2 POSSESSION DES BIENS . 279 16.3 PARTICIPATION DANS LA PRISE DE CERTAINES DÉCISIONS . 282 16.4 OPINION SUR LA VIOLENCE CONJUGALE . 286 16.5 INDICATEURS DU POUVOIR D’ACTION DES FEMMES . 289 CHAPITRE 17 EXCISION Marie DIOP, Babacar MANÉ, Fatou Bintou Niang CAMARA et Rémy PIGOIS 17.1 CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’EXCISION . 294 17.2 ÂGE À L’EXCISION DES FEMMES . 296 17.3 PERSONNE AYANT PROCÉDÉ À L’EXCISION . 297 17.4 PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FILLES DE MOINS DE 10 ANS . 298 17.5 CROYANCES ET OPINIONS VIS-À-VIS DE L’EXCISION . 300 CHAPITRE 18 SITUATION DES ENFANTS Papa Ibrahima Sylmang SENE et Rémy PIGOIS 18.1 ENREGISTREMENT DES NAISSANCES . 303 18.2 ENFANTS VIVANT SÉPARÉS DE LEURS PARENTS BIOLOGIQUES ET ENFANTS ORPHELINS . 304 18.3 ACCÈS À L’INSTRUCTION . 306 18.3.1 Taux net de scolarisation . 306 18.3.2 La non scolarisation des enfants . 308 18.4 TRAVAIL DES ENFANTS . 308 18.5 DÉVELOPPEMENT DU JEUNE ENFANT . 311 RÉFÉRENCES .313 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE . 315 A.1 INTRODUCTION . 315 A.2 BASE DE SONDAGE . 315 A.3 PROCÉDURE DE TIRAGE ET RÉPARTITION DE L’ÉCHANTILLON . 316 x • Table des Matières A.4 PROBABILITÉS DE SONDAGE . 319 A.5 RESULTATS DE L’ENQUETE . 320 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE . 327 ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES .347 ANNEXE D PERSONNEL DE L’EDS-MICS 2010-11 .353 ANNEXE E QUESTIONNAIRES.357 Liste des Tableaux et des Graphiques • xi LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES Page CHAPITRE 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE Tableau 1.1 Résultats de l'enquête ménage et de l'enquête individuelle . 11 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES Tableau 2.1 Eau utilisée par les ménages pour boire . 16 Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages . 17 Tableau 2.3 Lavage des mains . 18 Tableau 2.4 Caractéristiques du logement . 19 Tableau 2.5 Biens possédés par les ménages . 20 Tableau 2.6 Quintiles de bien-être économique . 21 Tableau 2.7 Population des ménages par âge, selon le sexe et le milieu de résidence . 22 Tableau 2.8 Composition des ménages . 23 Tableau 2.9.1 Niveau d'instruction de la population des ménages: Femme . 25 Tableau 2.9.2 Niveau d'instruction de la population des ménages: Homme . 26 Tableau 2.10 Taux de fréquentation scolaire . 28 Graphique 2.1 Caractéristiques des logements selon le milieu de résidence . 20 Graphique 2.2 Pyramide des âges de la population . 23 Graphique 2.3 Proportion de femmes et d’hommes sans instruction selon le milieu de résidence et la région . 27 CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS Tableau 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés . 32 Tableau 3.2.1 Niveau d'instruction : Femmes . 34 Tableau 3.2.2 Niveau d'instruction: Hommes . 35 Tableau 3.3.1 Alphabétisation: Femmes . 37 xii • Liste des Tableaux et des Graphiques Tableau 3.3.2 Alphabétisation : Hommes . 38 Tableau 3.4.1 Exposition aux média : Femmes. 40 Tableau 3.4.2 Exposition aux média : Hommes . 41 Tableau 3.5 Emploi . 42 Tableau 3.6.1 Occupation : Femmes . 44 Tableau 3.6.2 Occupation: Hommes . 45 Tableau 3.7 Type d'emploi . 46 Tableau 3.8.1 Couverture médicale: Femme . 47 Tableau 3.8.2 Couverture médicale: Homme . 48 Tableau 3.9.1 Consommation de tabac: Femme . 49 Tableau 3.9.2 Consommation de tabac: Homme . 50 Tableau 3.10.1 Maladies chroniques chez les femmes . 53 Tableau 3.10.2 Maladies chroniques chez les hommes . 55 Graphique 3.1 Proportion d’alphabétisés parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans . 39 Graphique 3.2 Répartition des femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois précédant l'enquête par type de revenu . 46 Graphique 3.3 Pourcentage de femmes de 15-49 ans atteintes d'une maladie chronique par type de maladie . 52 Graphique 3.4 Pourcentage d’hommes de 15-59 ans atteints d'une maladie chronique par type de maladie . 54 CHAPITRE 4 NUPTIALITÉ Tableau 4.1 État matrimonial actuel . 58 Tableau 4.2 Nombre de coépouses . 59 Tableau 4.3 Nombre d'épouses . 61 Tableau 4.4 Âge à la première union . 63 Tableau 4.5 Âge médian à la première union selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 64 Tableau 4.6 Âge aux premiers rapports sexuels . 65 Tableau 4.7 Âge médian aux premiers rapports sexuels . 66 Tableau 4.8 Activité sexuelle récente des femmes . 68 Tableau 4.9 Activité sexuelle récente des hommes . 69 Liste des Tableaux et des Graphiques • xiii Graphique 4.1 Proportion de femmes et d'hommes célibataires par âge . 58 Graphique 4.2 Proportions de femmes en union polygame selon le milieu et la région de résidence . 60 Graphique 4.3 Proportions d'hommes en union polygame selon le milieu et la région de résidence . 62 Graphique 4.4 Âge médian des femmes 25-49 ans à la première union . 64 Graphique 4.5 Âge médian des femmes et des hommes aux premiers rapports sexuels selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 67 CHAPITRE 5 FÉCONDITÉ Tableau 5.1 Fécondité actuelle . 72 Tableau 5.2 Fécondité par caractéristiques sociodémographiques . 73 Tableau 5.3.1 Fécondité par âge selon cinq sources . 74 Tableau 5.3.2 Tendance de la fécondité par âge . 75 Tableau 5.4 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes . 77 Tableau 5.5 Intervalle intergénésique . 78 Tableau 5.6 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum . 80 Tableau 5.7 Durée médiane de l'aménorrhée, de l'abstinence post-partum et de l'insusceptibilité post-partum . 81 Tableau 5.8 Ménopause . 82 Tableau 5.9 Age à la première naissance . 82 Tableau 5.10 Age médian à la première naissance . 83 Tableau 5.11 Grossesse et fécondité des adolescentes . 84 Graphique 5.1 Taux de fécondité générale par âge selon le milieu de résidence . 72 Graphique 5.2 Taux de fécondité générale selon cinq sources. 75 Graphique 5.3 Taux de fécondité générale pour différentes périodes avant l'enquête . 76 Graphique 5.4 Proportions d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde selon l'EDS-IV et l’EDS-MICS . 85 CHAPITRE 6 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Tableau 6.1 Préférences en matière de fécondité par nombre d'enfants vivants . 88 Tableau 6.2.1 Désir de limiter les naissances: Femme . 89 Tableau 6.2.2 Désir de limiter les naissances : Hommes . 90 xiv • Liste des Tableaux et des Graphiques Tableau 6.3 Nombre idéal d'enfants . 92 Tableau 6.4 Nombre idéal d'enfants par caractéristique sociodémographique . 93 Tableau 6.5 Planification de la fécondité . 95 Tableau 6.6 Taux de fécondité désirée . 96 Graphique 6.1 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants . 88 Graphique 6.2 Nombre idéal d'enfants pour les femmes . 94 Graphique 6.3 Indice Synthétique de Fécondité et Indice Synthétique de Fécondité Désirée . 96 CHAPITRE 7 PLANIFICATION FAMILIALE Tableau 7.1 Connaissance des méthodes contraceptives . 98 Tableau 7.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques sociodémographiques . 99 Tableau 7.3 Utilisation actuelle de la contraception selon âge. 100 Tableau 7.4 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques sociodémographiques . 102 Tableau 7.5 Source d'approvisionnement des méthodes modernes . 104 Tableau 7.6 Choix informé de la méthode . 105 Tableau 7.7 Raisons d'interruption d'une méthode . 106 Tableau 7.8 Connaissance de la période féconde . 106 Tableau 7.9.1 Besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union . 108 Tableau 7.9.2 Besoins en matière de planification familiale de toutes les femmes et de celles qui ne sont pas actuellement en union . 109 Tableau 7.10 Utilisation future . 111 Tableau 7.11 Exposition aux messages sur la planification familiale . 112 Tableau 7.12 Contact des non utilisatrices de la contraception avec des agents de planification familiale . 114 Graphique 7.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union selon la méthode . 101 Graphique 7.2 Tendance de la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union, EDS 1992-1993, EDS 1997, EDS 2005 et EDS-MICS 2010-2011 . 103 CHAPITRE 8 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS Tableau 8.1 Quotients de mortalité des enfants de moins de cinq ans . 117 Tableau 8.2 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio-économiques . 119 Liste des Tableaux et des Graphiques • xv Tableau 8.3 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants . 122 Tableau 8.4 Mortalité périnatale . 124 Tableau 8.5 Comportement procréateur à hauts risques . 127 Graphique 8.1 Tendances de la mortalité infantile selon l'EDS-IV 2005 et l’EDS-MICS 2010-11 . 118 Graphique 8.2 Tendances de la mortalité juvénile selon l'EDS-IV 2005 et l’EDS-MICS 2010-11 . 118 CHAPITRE 9 SANTÉ DE LA MÈRE Tableau 9.1 Soins prénatals. 130 Tableau 9.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse . 132 Tableau 9.3 Composants des visites prénatales . 134 Tableau 9.4 Vaccination antitétanique . 135 Tableau 9.5 Lieu de l'accouchement . 137 Tableau 9.6 Assistance lors de l'accouchement. 139 Tableau 9.7 Soins postnatals . 141 Tableau 9.8 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals . 143 Tableau 9.9 Moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés au nouveau-né . 144 Tableau 9.10 Type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né . 145 Tableau 9.11 Problèmes d'accès aux soins de santé . 147 Tableau 9.12 Connaissance et prévalence de la fistule obstétricale . 148 Graphique 9.1 Soins prénatals par du personnel qualifié selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 131 Graphique 9.2 Soins prénatals, assistance à l'accouchement et lieu d'accouchement . 131 Graphique 9.3 Nombre de mois de grossesse à la première consultation prénatale par milieu se résidence . 133 Graphique 9.4 Assistance à l'accouchement par du personnel formé selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 137 Graphique 9.5 Premiers examens postnatals par du personnel formé selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 142 xvi • Liste des Tableaux et des Graphiques CHAPITRE 10 SANTÉ DE L’ENFANT Tableau 10.1 Taille et poids de l'enfant à la naissance . 152 Tableau 10.2 Vaccinations par sources d'information . 153 Tableau 10.3 Vaccinations selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 155 Tableau 10.4 Vaccinations au cours de la première année . 157 Tableau 10.5 Prévalence et traitement des symptômes d'Infection Respiratoire Aiguë (IRA) . 158 Tableau 10.6 Prévalence et traitement de la fièvre . 160 Tableau 10.7 Prévalence de la diarrhée . 161 Tableau 10.8 Connaissance des sachets de SRO ou des liquides pré conditionnés, . 163 Tableau 10.9 Traitement de la diarrhée . 164 Tableau 10.10 Pratiques alimentaires durant la diarrhée . 166 Tableau 10.11 Évacuation des selles des enfants . 167 Graphique 10.1 Vaccinations des enfants de 12-23 mois selon trois sources . 153 Graphique 10.2 Pourcentage d’enfants de 12-23 mois complètement vaccinés selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 156 Graphique 10.3 Prévalence des IRA, de la fièvre et de la diarrhée selon l’âge . 159 Graphique 10.4 Prévalence de la diarrhée par région . 162 CHAPITRE 11 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL Tableau 11.1 Initiation précoce de l’allaitement au sein . 171 Tableau 11.2 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant . 173 Tableau 11.3 Durée médiane de l'allaitement . 174 Tableau 11.4 Aliments et liquides reçus par les enfants le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête . 176 Tableau 11.5 Pratiques alimentaires des nourrissons et des jeunes enfants . 177 Tableau 11.6 Sel iodé dans le ménage . 179 Tableau 11.7 Consommation de micronutriments . 180 Tableau 11.8 Consommation de micronutriments par les mères. 182 Tableau 11.9 Prévalence de l'anémie chez les enfants . 184 Tableau 11.10 Prévalence de l'anémie chez les femmes . 186 Liste des Tableaux et des Graphiques • xvii Tableau 11.11 Prévalence de l'anémie chez les hommes . 187 Tableau 11.12 Échelle pour l'interprétation des valeurs de prévalence de la malnutrition (-2 Z-score) dans une population . 188 Tableau 11.13 État nutritionnel des enfants . 189 Tableau 11.14 État nutritionnel des femmes . 195 Tableau 11.15 État nutritionnel des hommes . 196 Graphique 11.1 Pratique d'allaitement des enfants de moins de 2 ans . 173 Graphique 11.2 Durée médiane de l'allaitement dans certains pays d'Afrique de l'Ouest . 175 Graphique 11.3 État nutritionel des enfants de moins de 5 ans . 190 Graphique 11.4 Prévalence du retard de croissance (enfants de moins de 5 ans) . 190 Graphique 11.5 Prévalence de l’insuffisance pondérale (enfants de moins de 5 ans) . 193 CHAPITRE 12 PALUDISME Tableau 12.1.1 Possession de moustiquaires par les ménages . 199 Tableau 12.1.2 Mois de l'interview . 200 Tableau 12.2.1 Pulvérisation intra-domiciliaire d'insecticide résiduel (PID) contre les moustiques . 201 Tableau 12.2.2 Pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide résiduel (PID) contre les moustiques . 202 Tableau 12.3 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages . 203 Tableau 12.4 Utilisation des moustiquaires par les enfants . 205 Tableau 12.5 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes . 206 Tableau 12.6 Utilisation d'antipaludéens à titre préventif et du Traitement Préventif Intermittent (TPIg) par les femmes au cours de la grossesse . 208 Tableau 12.7 Prévalence, diagnostic et traitement précoce de la fièvre chez les enfants . 209 Tableau 12.8 Type de médicaments antipaludéens pris par les enfants qui ont pris des antipaludiques . 210 Tableau 12.9 Type d'antipaludéens et moment de leur prise par les enfants ayant eu de la fièvre . 211 Tableau 12.10 Hémoglobine < 8,0 g/dl . 212 Tableau 12.11 Prévalence de la parasitémie palustre chez les enfants . 214 Graphique 12.1 Évolution de la prévalence de la parasitémie palustre chez les enfants de 6-59 mois selon la région entre l'ENPS-II 2008-09 et l'EDS MICS 2010-11 . 215 xviii • Liste des Tableaux et des Graphiques CHAPITRE 13 VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES Tableau 13.1 Connaissance du sida . 218 Tableau 13.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH. 219 Tableau 13.3.1 Connaissance « approfondie » du sida : Femmes . 221 Tableau 13.3.2 Connaissance « approfondie » du sida : Hommes . 222 Tableau 13.4 Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant . 224 Tableau 13.5.1 Attitudes de tolérance à l'égard des personnes vivant avec le VIH: Femmes . 226 Tableau 13.5.2 Attitudes de tolérance à l'égard des personnes vivant avec le VIH: Hommes . 227 Tableau 13.6 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint . 228 Tableau 13.7 Adultes favorables à l'enseignement de l'utilisation du condom en tant que moyen de prévention du sida . 229 Tableau 13.8.1 Partenaires sexuels multiples: Femme . 230 Tableau 13.8.2 Partenaires sexuels multiples: Homme . 231 Tableau 13.9 Prévalence ponctuelle et prévalence cumulée des partenaires sexuelles concomitantes . 233 Tableau 13.10 Rapports sexuels payants . 234 Tableau 13.11.1 Couverture du test du VIH antérieur à l'enquête : Femme . 235 Tableau 13.11.2 Couverture du test du VIH antérieur à l'enquête : Homme . 237 Tableau 13.12 Femmes enceintes conseillées et ayant effectué un test du VIH . 238 Tableau 13.13 Prévalence déclarée des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et symptômes déclarés d'IST . 239 Tableau 13.14 Prévalence des injections médicales . 241 Tableau 13.15 Connaissance approfondie du VIH/sida et connaissance d'un endroit où se procurer des condoms parmi les jeunes . 243 Tableau 13.16 Âge aux premiers rapports sexuels parmi les jeunes . 244 Tableau 13.17 Rapports sexuels prénuptiaux et utilisation du condom au cours des rapports sexuels prénuptiaux parmi les jeunes . 245 Tableau 13.18 Partenaires sexuels multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Femme . 246 Tableau 13.19 Disparité d'âges entre partenaires sexuels parmi les femmes de 15-19 ans . 247 Tableau 13.20 Test du VIH récent parmi les jeunes . 248 Graphique 13.1 Recherche de traitement par les femmes et les hommes ayant déclaré avoir eu une IST . 240 Liste des Tableaux et des Graphiques • xix CHAPITRE 14 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS Tableau 14.1 Couverture du test du VIH selon le milieu et la région de résidence . 256 Tableau 14.2 Couverture du test du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 257 Tableau 14.3 Prévalence du VIH selon l'âge . 258 Tableau 14.4 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio-économiques. 260 Tableau 14.5 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques démographiques . 261 Tableau 14.6 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 262 Tableau 14.7 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 an selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 264 Tableau 14.8 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans selon certaines caractéristiques du comportement sexue . 266 Tableau 14.9 Prévalence du VIH selon d'autres caractéristiques . 266 Tableau 14.10 Prévalence du VIH parmi les couples . 268 Graphique 14.1 Algorithme de dépistage du VIH . 254 Graphique 14.2 Prévalence du VIH par sexe et âge . 259 Graphique 14.3 Prévalence du VIH par sexe et âge chez les jeunes de 15-24 ans . 265 CHAPITRE 15 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE Tableau 15.1 Complétude de l’information sur les frères et sœurs . 270 Tableau 15.2 Indicateurs de la qualité des données sur les frères et sœurs . 271 Tableau 15.3 Estimation de la mortalité adulte par âge . 272 Tableau 15.4 Estimation indirecte de la mortalité maternelle . 274 Graphique 15.1 Taux de mortalité féminine et masculine pour la période 1998-2011 . 273 Graphique 15.2 Mortalité maternelle au Sénégal et en Afrique subsaharienne . 274 CHAPITRE 16 RAPPORTS DE GENRE Tableau 16.1 Emploi et type de rémunération des femmes et des hommes actuellement en union . 275 Tableau 16.2.1 Contrôle du revenu des femmes et importance des gains de la femme par rapports à ceux de son mari/partenaire: Femmes . 276 Tableau 16.2.2 Contrôle de l'utilisation de l'argent gagné par les hommes . 278 xx • Liste des Tableaux et des Graphiques Tableau 16.3 Contrôle des femmes sur leurs propres revenus et sur ceux de leur mari/partenaire . 279 Tableau 16.4.1 Possession de biens par les femmes . 280 Tableau 16.4.2 Possession de biens par les hommes . 281 Tableau 16.5 Participation dans la prise de décision . 282 Tableau 16.6.1 Participation des femmes dans la prise de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 284 Tableau 16.6.2 Participation des hommes dans la prise de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 285 Tableau 16.7.1 Opinion concernant le fait qu'un mari batte sa femme: Femmes . 286 Tableau 16.7.2 Opinion concernant le fait qu'un mari batte sa femme: Hommes . 288 Tableau 16.8 Indicateurs du pouvoir d'action des femmes . 289 Tableau 16.9 Utilisation actuelle de la contraception selon certains indicateurs du pouvoir d'action des femmes . 290 Tableau 16.10 Pouvoir d'action des femmes, nombre idéal d'enfant et besoins non satisfaits en matière de planification familiale . 291 Tableau 16.11 Soins de santé reproductive selon les indicateurs du pouvoir des femmes . 291 Graphique 16.1 Possession des biens par les femmes et les hommes de 15-49 ans . 280 Graphique 16.2 Particpation dans la prise des décisions par les femme . 283 CHAPITRE 17 EXCISION Tableau 17.1 Connaissance de l'excision . 294 Tableau 17.2 Pratique de l'excision . 295 Tableau 17.3 Age à l’excision des femmes . 297 Tableau 17.4 Personne qui a procédé à l'excision . 297 Tableau 17.5 Pratique de l'excision parmi les filles des femmes enquêtées . 298 Tableau 17.6 Âge des filles à l'excision . 300 Tableau 17.7 Croyance au sujet de l'excision . 301 Tableau 17.8 Opinion au sujet de l'excision . 302 Graphique 17.1 Pourcentage de femmes excisées selon l’ethnie . 296 Graphique 17.2 Pratique de l’excision chez les mères et les filles de moins de 10 ans, selon l’ethnie . 299 Liste des Tableaux et des Graphiques • xxi CHAPITRE 18 SITUATION DES ENFANTS Tableau 18.1 Enregistrement des naissances d'enfants de moins de cinq ans . 304 Tableau 18.2 Enfants orphelins et résidence avec les parents . 305 Tableau 18.3 Taux net de scolarisation . 307 Tableau 18.4 Pourcentage d'enfants n'ayant jamais été scolarisés par groupe d'âge, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 . 308 Tableau 18.5 Travail des enfants . 310 Tableau 18.6 Programme d'apprentissage ou d'éveil . 311 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE Tableau A.1 Répartition du nombre de DR et la taille moyenne des DR par milieu de résidence selon la région . 316 Tableau A.2 Répartition des ménages et de la population par milieu de résidence selon la région . 316 Tableau A.3 Répartition de l'échantillon des grappes par milieu de résidence selon la région . 317 Tableau A.4 Répartition des effectifs attendus de femmes et d'hommes enquêtés avec succès par milieu de résidence selon la région . 318 Tableau A.5 Répartition des effectifs de femmes et d'hommes éligibles pour le test du VIH par milieu de résidence selon la région . 318 Tableau A.6 Répartition des effectifs attendus de femmes et d'hommes enquêtés et testés pour le test du VIH par milieu se résidence selon la région . 318 Tableau A.7 Résultats de l'enquête : Femmes . 321 Tableau A.8 Résultats de l'enquête : Hommes . 322 Tableau A.9 Couverture du test du VIH parmi les femmes enquêtées selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 323 Tableau A.10 Couverture du test du VIH parmi les hommes enquêtés selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 324 Tableau A.11 Couverture du test du VIH parmi les femmes enquêtées selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 325 Tableau A.12 Couverture du test du VIH parmi les hommes enquêtés selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 326 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE Tableau B.1 Variables utilisées pour le calcul des erreurs de sondage . 329 Tableau B.2 Erreurs de sondage : Echantillon Total . 330 xxii • Liste des Tableaux et des Graphiques Tableau B.3 Erreurs de sondage : Echantillon Urbain . 331 Tableau B.4 Erreurs de sondage : Echantillon Rural. 332 Tableau B.5 Erreurs de sondage : Echantillon Dakar . 333 Tableau B.6 Erreurs de sondage : Echantillon Ziguinchor . 334 Tableau B.7 Erreurs de sondage : Echantillon Diourbel . 335 Tableau B.8 Erreurs de sondage : Echantillon Saint-Louis . 336 Tableau B.9 Erreurs de sondage : Echantillon Tambacounda . 337 Tableau B.10 Erreurs de sondage : Echantillon Kaolack . 338 Tableau B.11 Erreurs de sondage : Echantillon Thiès. 339 Tableau B.12 Erreurs de sondage : Echantillon Louga . 340 Tableau B.13 Erreurs de sondage : Echantillon Fatick . 341 Tableau B.14 Erreurs de sondage : Echantillon Kolda . 342 Tableau B.15 Erreurs de sondage : Echantillon Matam . 343 Tableau B.16 Erreurs de sondage : Echantillon Kaffrine . 344 Tableau B.17 Erreurs de sondage : Echantillon Kédougou . 345 Tableau B.18 Erreurs de sondage : Echantillon Sédhiou . 346 ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES Tableau C.1 Répartition par âge des ménages . 347 Tableau C.2.1 Répartition par âge des femmes éligibles et enquêtées . 348 Tableau C.2.2 Répartition par âge des hommes éligibles et enquêtés . 348 Tableau C.3 Complétude de l'enregistrement . 349 Tableau C.4 Naissances par année de naissance . 349 Tableau C.5 Enregistrement de l'âge au décès en jours . 350 Tableau C.6 Enregistrement de l'âge au décès en mois . 351 Tableau C.7 État nutritionnel des enfants . 352 Avant-propos • xxiii AVANT PROPOS Enquête Démographique et de Santé du Sénégal (EDS-MICS), fait suite aux EDS de 1986, 1992, 1997 et 2005. Comme les précédentes, l’EDS-MICS 2010/2011 avait pour objectif de produire les informations nécessaires à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation des programmes en matière de développement économique et social en général, dans le domaine de la santé en particulier. Je me réjouis de la qualité de la collaboration avec le Ministère de l’Economie et des Finances qui a associé le Ministère de la Santé et de la Prévention Médicale dans cette importante rencontre. L’EDS-MICS 2010/2011 a été réalisée par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) avec le concours technique d’ICF Macro International Inc.et du CRDH. Le laboratoire de Bactériologie et de Virologie du CHU de l’hôpital Aristide le Dantec de Dakar et le laboratoire de parasitémie de l’Université Cheikh Anta DIOP (UCAD) ont apportée leur appuie dans la mise en œuvre des volets Sérologie du VIH et de la parasitémie palustre. Je leurs adresse mes vifs remerciements. L’EDS-MICS, tout en reprenant les thèmes développés dans les précédentes EDS, a été renforcé d’indicateurs de l’Enquête « Multiple Indicator Cluster Survey » ou Enquête par Grappe à Indicateurs Multiples (MICS), parmi lesquels la fécondité, la planification familiale, les soins pré et postnatals, les maladies des enfants, leur prévention et leur prise en charge, la mortalité au cours de l’enfance. Elle vient combler l’insuffisance des données sur d’autres questions majeures, à savoir les questions de genre, la malnutrition chez les enfants mais aussi chez les adultes hommes et les femmes à partir des mesures anthropométrique, le niveau d’hémoglobine dans le sang et la mesure de la prévalence du VIH dans la population adulte. Les questions sur la mortalité maternelle ont été rééditées et celles sur la prévention du paludisme et l’alimentation des enfants approfondies. En mutualisation différentes enquêtes, cette opération a permis de rationaliser les ressources publiques de plus en plus rares. Finalement, l’EDS-MICS a permis de disposer d’une grande variété de données actualisées ou tout simplement inédites nécessaires à une bonne planification économique et sociale. Des efforts importants ont été faits pour faciliter l’accès aux données pour la communauté scientifique, et surtout pour le Gouvernement et ses partenaires au développement. A la suite du présent rapport, viendront quatorze (14) fascicules régionaux qui constitueront des références précieuses pour les planificateurs au niveau périphérique local. Des affiches et des dépliants portant sur les indicateurs de base seront également élaborés et vulgarisés. Enfin, toute la documentation sur l’enquête sera accessible en ligne ou directement auprès de l’ANSD, mais aussi du Centre de Recherche pour le Développement Humain (CRDH) et d’ICF Macro International. Je suis convaincu que tous les utilisateurs sauront tirer profit de cette mine d’informations qu’est l’EDS-MICS pour une meilleure planification de leurs activités. La mise en œuvre de cette enquête a mobilisé des ressources financières importantes. L’Agence Américaine pour le développent International (USAID), la Banque Mondiale, le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), le Fonds Mondial, la Cellule de Lutte contre la Malnutrition (CLM) et l’ANSD en ont assuré le financement, à côté de l’Etat. Je leur adresse mes sincères remerciements. Mes remerciements vont également à tous les partenaires institutionnels et toutes les personnes qui ont contribué à la réussite de cette importante investigation. J’exprime toute ma gratitude à la population et aux services de l’Etat pour la disponibilité dont ils ont fait montrer pendant la collecte des données sur le terrain. L’ Remerciements • xxv REMERCIEMENTS our assurer un meilleur suivi de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), le Sénégal vient de réaliser une enquête nationale de grande envergure dénommée Enquête Démographique et de Santé à Indicateurs Multiples (EDS-MICS, 2010-2011). Cette enquête qui entre dans le cadre du programme d’activités du Schéma Directeur de la Statistique, est une nouveauté en ce sens qu’elle a combiné l’Enquête Démographique et de Santé (EDS-IV), l’Enquête par Grappes à Indicateur Multiple (MICS-II) et l’Enquête Nationale sur le Paludisme (ENPS-III). A travers celle-ci, le pays dispose, à partir d’une opération unique, d’informations pertinentes et fiables sur la fécondité, la planification familiale, la morbidité et la mortalité des adultes et des enfants. Les indicateurs ainsi produits sont représentatifs au niveau régional et permettent la mise-à- jour de ceux de la situation sociodémographique et sanitaire de base qui datent de 2005 pour l’EDS, de 2000 pour la MICS et de 2008 pour l’ENPS. Cette opération mixte est une illustration de la politique de rationalisation des ressources aussi bien financières que techniques, par l’harmonisation et la mutualisation des nos enquêtes. Elle a nécessité la mobilisation d’importantes ressources financières, de la disponibilité et de la compétence de plusieurs personnes ressources. Je voudrais donc, à l’occasion de la publication du présent rapport, adresser mes sincères remerciements au Gouvernement du Sénégal, à ses partenaires au développement, notamment l’USAID, l’UNICEF, le Fond Mondial, l’UNFPA, à la Cellule de lutte contre la malnutrition (CLM), à ICF Macro et au CRDH qui ont appuyé l’ANSD tout le long de cette opération. À travers cette enquête, l’ANSD vient aussi d’expérimenter avec succès une collecte de données sans questionnaires papiers, grâce à l’utilisation d’ordinateurs portables qui ont permis la saisie directe des données sur le terrain. L’ANSD aura ainsi été l’un des premiers instituts nationaux de statistique à réaliser cette grande première dans le continent africain. Le succès avec lequel l’ANSD a réalisé ce projet confirme le leadership de cette structure et la nécessité à faire confiance à l’expertise nationale. J’exprime donc mes félicitations aux experts de l’ANSD et mes sincères remerciements à ICF Macro et au CRDH pour leur appui technique si précieux. Je voudrais aussi remercier les personnels techniques et administratifs du Ministère de la Santé et de la Prévention, au niveau central comme au niveau périphérique pour leur précieuse collaboration ; les membres du Comité de pilotage et du Comité technique pour leur compétence et leur disponibilité ainsi que les personnels du laboratoire de bactériologie et de virologie de l’hôpital Aristide Le Dantec et du laboratoire de parasitémie de l’Université Cheikh Anta Diop pour leur efficacité dans l’exploitation des analyses biologiques. Je voudrais également témoigner ma profonde gratitude et ma reconnaissance à l’égard des populations des localités enquêtées ainsi qu’aux autorités administratives, locales, coutumières et religieuses pour l’accueil chaleureux qu’elles ont réservé aux personnels de terrain. Enfin, j’adresse toutes mes félicitations aux personnels de terrain, chauffeurs, enquêteurs, techniciens médicaux, chefs d’équipe et superviseurs pour leur professionnalisme, leur dévouement et leur endurance qui ont été déterminants pour la réussite de l’enquête. P xxvi • Remerciements Je salue l’expertise des collègues de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie qui se sont tous mobilisés pour assurer un succès éclatant à cette enquête cruciale, aussi bien du point de vue technique, logistique qu’administratif et financier. Sigles et Abréviations • xxvii SIGLES ET ABRÉVIATIONS AEC Agences d’Exécution Communautaires ANSD Agence nationale de la Statistique et de la Démographie BCG Bacille de Calmette et Guérin (Vaccin antituberculeux) BEN Bureau Exécutif National de la CLM BER Bureau Exécutif Régional (du PRN) CAID Campagne d’Aspersion Intra-Domiciliaire CAPI Computer-assisted personal interviewing (système d’interview assisté par ordinateur) CDC Centers for Disease Control and Prevention (États Unis) CDE Convention relative aux Droits de l’Enfant CDV Centres de Déspistage Volontaire CLM Cellule de Lutte contre la Malnutrition CNERS Comité National d’Éthique pour la Recherche en Santé CNLS Conseil National de Lutte contre le Sida CRDH Centre de Recherche pour le Développement Humain CSPro Census and Survey Processing System CTA Combinaison thérapeutique à base d'artésiminine DANSE Division de l’Alimentation, de la Nutrition et de la Survie de l’Enfant DHS Demographic and Health Surveys DIU Dispositif intra utérin DPS Direction de la Prévision et de la Statistique DS District Sanitaire DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté DSSP Division des Soins de Santé Primaires DTCoq Diphtérie, Tétanos et Coqueluche EDS Enquête Démographique et de Santé EIPRN Enquête Initiale pour l’évaluation de l’impact du Programme de Renforcement de la EMUS Enquête sur les Migrations et l’Urbanisation au Sénégal ENTES Enquête Nationale sur le Travail des Enfants au Sénégal, 2005 ESAM Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages ESF Enquête Sénégalaise sur la Fécondité ESIS Enquête Sénégalaise sur les Indicateurs de Santé de 1999 ESP Enquête Sur les Priorités, 1991 ESPS Enquête de Suivi de la Pauvreté au Sénégal, 2006 ICP Infirmiers Chefs de Poste IDA Association Internationale de Développement IEC/CCC Information, Education, Communication/Communication pour le Changement de Comportement IMC Indice de masse corporelle IRA Infections respiratoires aiguës IRD Institut de Recherche pour le Développement ISF Indice synthétique de fécondité ISFD Indice synthétique de fécondité désirée IST Infections sexuellement transmissibles xxviii • Sigles et Abréviations LBV Laboratoire de Bactériologie et de Virologie (CHU Hôpital, Le Dantec) MAMA Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée MCD Médecins Chefs de District MICS Multiple Indicator Cluster Surveys (Enquête par grappes à indicateurs multiples) MII Moustiquaire imprégnée d’insecticide MILDA Moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d'action MN Mortalité néonatale NCHS National Center for Health Statistics NEPAD Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique OMD Objectifs du Millénaire pour le développement OMS Organisation Mondiale de la Santé ONG Organisation Non Gouvernementale OUA Organisation de l’Unité Africaine PCIME Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant PDIS Programme de Développement Intégré de la Santé PENTA Le pentavalent contient cinq antigènes contre la Diphtérie, le Tétanos, la Coqueluche, l’Hépatite B et l’Infection à Haemophilus influenzae B (HIB) PEV Programme élargi de vaccination PNB Produit National Brut PNDS Plan National de Développement Sanitaire et Social PNLP Programme National de Lutte contre le Paludisme PNN Mortalité post-néonatale PNUD Programme des Nations pour le Développement PRN Programme de Renforcement de la Nutrition RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat SNEIPS Service National de l’Éducation et de l’Information Pour la Santé SP Sulfadoxine pyriméthamine SRO Sel de réhydratation par voie orale TBN Taux brut de natalité TDR Test de diagnostic rapide TGFG Taux global de fécondité générale TPI Traitement préventif intermittent TRO Thérapie de réhydratation par voie orale UCAD Université Cheikh Anta Diop UNFPA Fonds des Nations Unies pour la Population UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance USAID Agence américaine pour le développement international VIH Virus de l’immunodéficience humaine Résumé • xxix RÉSUMÉ L’Enquête Démographique et de Santé à Indicateurs Multiples au Sénégal (EDS-MICS 2010-11) est la cinquième du genre. Elle est une enquête par sondage, représentative au niveau national. Commanditée par le Gouvernement sénégalais, elle a été conduite par l’Agence Nationale de la Démographie et de la Statistique (ANSD) en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique à travers la Division de Lutte contre Sida et les IST (Projet de renfocement du système de santé). Elle a bénéficié de l’assistance technique d’ICF Macro, institution de coopération américaine en charge du programme international des Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS), et du Centre de Recherche pour le Développement Humain (CRDH) du Sénégal. Le projet EDS-MICS a été exécuté grâce à l’appui financier de l’USAID, l’UNICEF, le PMI, le Fonds Mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, le CLM et l’UNFPA. En outre, l'EDS-MICS a bénéficié de l'apport financier du Gouvernement sénégalais et de sa contribution par la mise à disposition des cadres techniques et de logistique. L’EDS-MICS a collecté des informations sur les niveaux de fécondité, l’activité sexuelle, les préférences en matière de fécondité, la connaissance et l’utilisation des méthodes de la planification familiale, les pratiques de l’allaitement, l’état nutritionnel des femmes et des enfants de moins de cinq ans, la mortalité infantile, la mortalité maternelle, la santé de la mère et de l’enfant et sur la connaissance, les attitudes et les comportements vis-à-vis du sida et autres infections sexuellement transmissibles et l’excision. D’autres volets inclus dans l’enquête fournissent des informations sur les fistules, l’utilisation des moustiquaires ainsi que les tests du VIH, de l’anémie et de la parasitémie palustre Les informations collectées au cours de l’EDS-MICS permettront la mise à jour des indicateurs de base sur la situation démographique et sanitaire couverts lors des principales précédentes enquêtes de 1986, 1992, 1997 et 2005. Au cours de l’enquête, réalisée sur le terrain d’ octobre 2010 à avril 2011, 7 902 ménages, 15 689 femmes âgées de 15-49 ans et 4 931 hommes de 15-59 ans ont été interviewés avec succès, parmi lesquels 5 326 femmes de 15-49 ans et 4 591 hommes de 15-59 ans ont été testés pour le VIH. Les informations recueillies sont représentatives au niveau national, au niveau du milieu de résidence (milieu urbain et milieu rural) et au niveau des 14 régions administratives. Près de six ménages sur dix (57 %) au Sénégal disposent de l’électricité (57 %). Par rapport à 2005, on constate cependant une nette amélioration puisque à cette date, ce sont 47 % des ménages qui en disposaient. Pour l’approvisionnement en eau de boisson, 78 % des ménages sur le territoire national ont accès à l’eau potable en 2010-2011 contre 70 % en 2005. SITUATION DES ENFANTS L’enquête s’est intéressée à la survie des parents des enfants de moins de 18 ans. Il en ressort que 55 % des enfants de moins de 18 ans vivent avec leurs deux parents biologiques. Cette situation est plus fréquente en milieu rural (56 %) qu’en milieu urbain (52 %). En 2010, la fréquentation scolaire au Sénégal indique que 54 % des enfants d’âge scolaire primaire fréquentent l’école primaire et seuls 28 % des enfants d’âge scolaire secondaire fréquentent l’école secondaire. En d’autres termes, 1 enfant sur 2 en âge de scolarisation primaire a accès à l’éducation, et 1 enfant en âge de scolarisation secondaire sur 4 y a accès. Les filles fréquentent l’école primaire un peu plus que les garçons : l’indice de parité entre les sexes (IPS) au primaire est de 1,07. Cependant, au niveau de l’école secondaire, l’IPS est de 0,93, dénotant que les filles fréquentent le secondaire relativement moins que les garçons. Par ailleurs, 75 % des enfants de moins de cinq ans étaient enregistrés à l’état civil. Ce niveau constitue une xxx • Résumé hausse de 20 points de pourcenatge par rapport à la situation de 2005, date à laquelle le taux d’enregistre- ment des enfants de moins de 5 ans à l’état civil était de 55 %. La fréquence de l’enregistrement des enfants augmente avec le niveau de bien-être économique : 50 % dans les ménages les plus pauvres contre plus de 90 % dans les ménages riches En outre, 72 % des enfants âgés de 5-17 ans sont engagés dans le travail des enfants au Sénégal en 2010. Les enfants les plus âgés sont plus exposés au risque d’être engagés dans le travail des enfants que ceux d’âge pré-pubères (83 % contre 61 %). De même, les enfants du milieu rural sont plus exposés au risque d’être engagés dans le travail des enfants que ceux du milieu urbain (76 % contre 66 %). Enfin, on note que le travail rémunéré des enfants est plus fréquent dans les couches défavorisées FÉCONDITÉ Niveau de fécondité et tendance. Les données de l’EDS-MICS montrent que la fécondité des femmes au Sénégal en 2010-2011 demeure élevée. Avec les niveaux actuels, chaque femme donnerait naissance en moyenne à 5,0 enfants à la fin de sa vie féconde. Cette fécondité est également précoce puisque 19 % des filles de moins de 20 ans ont déjà donné naissance à, au moins, un enfant ou en sont à leur première grossesse au moment de l’enquête. La fécondité continue de baisser dans la mesure où d’après l’EDS-I (1986), une femme arrivée en fin de vie féconde avait, en moyenne, 6,6 enfants; l’EDS-II (1992), l’EDS-III (1997) et l’EDS-IV (2005) ont respectivement estimé ce nombre à 6,0 enfants, 5,7 enfants et 5,3 enfants alors que d’après l’EDS-MICS, une femme aurait, en moyenne, 5,0 enfants en fin de vie féconde, soit, au total, 1,6 enfants de moins par rapport au niveau de 1986. Au Sénégal, 2,3 % seulement des femmes actuellement en union et âgées de 40-49 ans n’ont jamais eu d’enfant et pourraient être considérées comme stériles. Fécondité différentielle. Des différences très nettes de fécondité apparaissent entre milieux de résidence : une femme urbaine a un niveau de fécondité nettement plus faible (ISF de 3,9) que qu’une femme rurale (6,0). En outre, le nombre moyen d’enfants par femme varie de façon importante selon les régions : de 3,7 enfants à Dakar, il dépasse 6 dans les régions de Sédhiou, Kolda, Kaffrine, Fatick et Kédougou. Ce nombre varie également selon le niveau d'instruction des femmes (2,9 enfants par femme chez celles ayant atteint le niveau d’instruction secondaire ou plus contre 5,8 chez celles sans niveau d’instruction) et le niveau de vie de leur ménage d’appartenance: 3,3 enfants en moyenne pour les femmes appartenant aux ménages les plus riches contre 7 pour celles des ménages les plus pauvres. NUPTIALITÉ Parmi les femmes de 15-49 ans, 66 % étaient en union au moment de l’enquête. La proportion de femmes qui restent encore célibataires à 35-39 ans est de 4 % seulement ; à 45-49 ans, elle est de 3 %. Ainsi, le mariage qui demeure le cadre privilégié de l'activité sexuelle et de la procréation est pratiquement universel au Sénégal. En outre, la pratique de la polygamie est assez répandue ; plus d’un tiers des femmes (35 %) sont en union polygame. L’entrée en union demeure précoce : 38 % des femmes de 20-49 ans étaient déjà en union à 18 ans et la moitié des femmes entrent en première union dès l’âge de 19,6 ans. En 2005, les valeurs correspondantes étaient respectivement de 46 % et 18,5 ans chez les femmes des mêmes âges. Les premiers rapports sexuels se produisent également tôt et sont essentiellement déterminés par l’entrée en union : 41 % des femmes de 20-49 ans avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels à 18 ans et la moitié des femmes étaient sexuellement actives à 19 ans. En 2005 (EDS- IV), les valeurs correspondantes étaient de 44 % et 18,7 ans chez les femmes des mêmes âges. Les hommes contractent leur première union à un âge beaucoup plus tardif ; l’âge médian à la première union des hommes de 30 à 59 ans étant de 29,2 ans. Quant à l’âge aux premiers rapports sexuels pour les hommes âgés de 25-59 ans, il est 22,7 ans, ce qui implique que, contrairement aux femmes, les hommes commencent la vie sexuelle longtemps avant le mariage. PLANIFICATION FAMILIALE Connaissance des méthodes contraceptives. Bien que la connaissance des méthodes contraceptives soit généralisée (plus de 90 % connaissent au moins une méthode moderne), peu de femmes les utilisent (12 % Résumé • xxxi des femmes en union utilisent actuellement une méthode moderne). Prévalence contraceptive. En effet, le taux de prévalence contraceptive chez les femmes en union est seulement de 13 %, toutes méthodes confondues, et 12 % pour les méthodes modernes. Parmi les femmes en union, la prévalence des méthodes modernes a légèrement augmenté depuis 2005 où elle était de 10 %. L’utilisation des méthodes modernes de contraception reste essentiellement le fait de certains groupes : les femmes urbaines (20 % contre 7 % en milieu rural), celles résidant dans les régions de Saint-Louis, Thiès, Ziguinchor et Dakar (entre 16 et 21 %), les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (26 %), et celles appartenant au quintile le plus riche (23 %). Besoins non satisfaits. Bien que l’utilisation actuelle de la contraception soit relativement faible, les besoins en matière de planification familiale sont assez importants chez les femmes en union. Plus de trois femmes en union sur dix (29 %) en expriment le besoin mais essentiellement, pour l’espacement des naissances (22 %). Actuellement, 31 % de la demande potentielle totale en planification familiale chez les femmes en union se trouve satisfaite au Sénégal. Si tous les besoins étaient satisfaits, la prévalence contraceptive des femmes en union serait de 43 %, c’est-à-dire plus de trois fois plus que ce qu’elle est actuellement. SANTÉ DE LA MÈRE Soins prénatals. En ce qui concerne les soins prénatals et les conditions d’accouchement, on constate que parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des cinq dernières années précédant l’enquête, la grande majorité (93 %) a consulté un professionnel de santé durant la grossesse de leur naissance la plus récente, et une femme sur deux (50 %) en a fait quatre ou plus. Près de sept femmes sur dix (69 %) ont été protégées contre le tétanos néonatal par une dose de vaccin antitétanique (VAT) et près de six femmes sur dix (57 %) en ont reçu deux ou plus. Plus de sept naissances sur dix (73 %) se sont déroulées dans un établissement sanitaire, et 65 % d’entre elles ont bénéficié de l’assistance de personnel de santé au moment de l’accouchement. Les femmes urbaines ont été relativement plus nombreuses à avoir reçu quatre consultations prénatales ou plus (62 % contre 42 % en milieu rural). Par ailleurs, les femmes rurales (40 %), celles résidant dans les régions de Kédougou (68 %) et de Kolda (57 %), celles appartenant aux ménages les plus pauvres (60 %) et celles n’ayant reçu aucun soin prénatal (85 %) ont, beaucoup plus fréquemment que les autres, accouché à domicile. Tendances des soins prénatals. Par rapport à l’EDS-IV de 2005, le pourcentage de naissances pour lesquelles les mères ont bénéficié d’au moins une visite prénatale auprès d’un personnel de santé qualifié a connu une augmentation de 12% passant de 83 % en 2005 contre 93 % en 2010-2011 ; par ailleurs, le pourcentage de naissances pour lesquelles les mères ont effectué 4 visites ou plus a augmenté de 25 % (40 % en 2005 contre 50 % en 2010-2011). En ce qui concerne le VAT, la couverture a plus que triplé : 69 % des mères avaient reçu une seule dose (contre 22 % en 2005). Enfin, le pourcentage de naissances ayant eu lieu dans une formation sanitaire a beaucoup augmenté : 62 % en 2005 contre 73 % en 2010-2011. SANTÉ DE L’ENFANT Vaccination des enfants. Pour la couverture vaccinale des enfants, on relève que la majorité a reçu certains vaccins : 95 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG, 83 % les trois doses de Penta, 73% celles de la Polio et 82 % ont été vaccinés contre la rougeole avant l’âge de 12 mois. Au total, près de la moitié des enfants de 12-23 mois (53 %) ont reçu tous les vaccins du Programme Élargi de Vaccination (PEV) (sans la fièvre jaune) avant l’âge de 12 mois. À l’inverse, seulement 3 % des enfants de 12-23 mois n'ont reçu aucun vaccin. Maladies de l’enfance. Au Sénégal, les infections respiratoires aiguës (IRA), la fièvre et la diarrhée sont des problèmes de santé importants chez les enfants. Plus de 5 % d’enfants ont présenté des symptômes d’IRA et près de 23 % d’enats ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. S’agissant de la diarrhée, plus d’un enfant sur cinq (21 %) a eu une ou plusieurs épisodes diarrhéiques durant cette même période. Au cours des épisodes diarrhéiques, 27 % des enfants ont reçu une TRO (SRO ou solution préparée à la maison) et dans 16 % des cas, ils n’ont reçu aucun traitement. En 2005, 28 % des enfants n’ont reçu aucun remède. xxxii • Résumé PALUDISME L’utilisation des moustiquaires est un moyen efficace de protection contre les moustiques qui transmettent le paludisme. Pour les moustiquaires préimprégnées d’insecticide (MII), les résultats de l’enquête indiquent que 63 % des ménages ont déclaré en posséder au moins une. Ce pourcenatge était de 20 % en 2005 selon l’EDS-IV et 60 % en 2008-2009 selon la deuxième Enquête Nationale sur le Paludisme (ENPS-II). Le pourcentage de ménages disposant d’au moins une moustiquaire est nettement plus élevé dans les campagnes (72 %) que dans les villes (52 %) et parmi les ménages plus pauvres que parmi les ménages les plus riches. Plus d’un enfant de moins de cinq ans sur trois (35 %) a dormi sous une moustiquaire MII la nuit ayant précédé l’enquête contre 7 % en 2005 et 29 % en 2008-2009. En outre, 36 % des femmes enceintes âgées de 15-49 ans ont dormi sous une MII contre 9 % en 2005 et 29 % en 2008-2009. Pour ce qui est de la prévalence de la parasitémie palustre (basée sur l’analyse de la goutte épaisse) parmi les enfants de 6-59 mois, elle est de 2,9 %. En 2008-2009, la prévalence était de 5,7 %. Il y a lieu de remarquer que plus de la moitié du travail sur le terrain de l’EDS- MICS a été effectué après la période de haute transmission de la maladie. NUTRITION Allaitement des enfants. L’allaitement est presque universel au Sénégal et il y est par ailleurs prolongé. En effet, les résultats de l’enquête montrent que 98 % des enfants de moins de six mois sont allaités, et de plus, 99% des enfants de 9 à 11 mois sont encore au sein. Toutefois, la recommandation d’allaitement exclusif n’est pas bien respectée. La proportion d’enfants de moins de six mois exclusivement allaités est faible: seulement près de quatre enfants sur dix (39%) sont sous allaitement exclusif. L’introduction d’autres liquides ou suppléments est précoce. Par exemple, chez les nouveau-nés de moins de deux mois, 35% reçoivent, en plus du sein, de l’eau (22%), un autre lait (5%) et d’autres liquides ou jus (3%), ou des suppléments solides ou semi-solides (6%). La recommandation relative à l’introduction d’aliments solides de complément à partir de six mois semble donc être relativement respectée : 71% des enfants de 6 à 9 mois ont reçu un supplément de nourriture. Allaitement et aliments de complément. À partir de 6 mois, tous les enfants devraient recevoir une alimentation de complément, car à partir de cet âge, le lait maternel seul n’est plus suffisant pour assurer la croissance optimale de l’enfant. Au Sénégal, une proportion importante d’enfants consomme des céréales et des tubercules ou racines avant l’âge de 6 mois. Par contre, entre 6 et 8 mois, âge à partir duquel tous les enfants devraient déjà recevoir des aliments de complément en plus du lait maternel, 67 % seulement sont nourris ; en 2005, cette proportion était de 73 %. Supplémentation en vitamine A. La carence en vitamine A (avitaminose A) affecte le système immunitaire de l’enfant et augmente ainsi ses risques de décéder de maladies de l’enfance. L’avitaminose A peut également affecter la vue et causer la cécité crépusculaire chez les enfants, affecter aussi la santé des mères enceintes ou de celles qui allaitent. Elle peut être évitée par des compléments en vitamine A ou l’enrichissement des aliments. Dans l’ensemble, plus de trois enfants de 6-59 mois sur quatre (78 %) ont reçu des compléments de vitamine A au cours dex six derniers mois, près de 13 % ont reçu des suppléments de fer au cours des 7 derniers jours, et plus de la moitié des enfants (55 %) ont reçu des vermifuges au cours des 6 derniers mois. Prévalence de l’anémie chez les enfants. Les résultats de l’enquête montrent que près de huit enfants de 6-59 mois sur dix (76 %) sont atteints d’anémie : 23 % sous une forme légère, 48 % sous une forme modérée et 5 % sont atteints d’anémie sévère. En 2005, 83 % des enfants ont été anémiés : 20 % sous une forme légère, 55 % sous une forme modérée et plus de 7 % sous une forme sévère. Etat nutritionnel des enfants. Les indices concernant l’état nutritionnel montrent que 27 % des enfants au Sénégal souffrent de retard de croissance et près d’un enfant sur dix (11 %) souffre de retard de croissance sévère (indice taille-pour-âge). En ce qui concerne l’émaciation ou la maigreur (poids-pour- taille), environ un enfant sur dix (10 %) est atteint de maigreur sous forme modérée ou sévère. Les enfants de 6-8 mois souffrent plus fréquemment de ce type de malnutrition. Selon l’indice taille-pour-âge, près d’un enfant sur six (18 %). Ces indices sont plus élevés que ceux enregistrés en 2005 selon l’EDS-IV. Des analyses Résumé • xxxiii approfondies approfondies s'imposent en vue de vérifier les résultats trouvés dans la présente enquête. MORTALITÉ INFANTILE Niveau de mortalité. La mortalité infanto-juvénile reste élevée au plan national. Pour la période la plus récente (0-4 ans avant l’enquête), les résultats montrent que sur 1 000 naissances vivantes, 47 meurent avant d’atteindre leur premier anniversaire (29 ‰ entre 0 et 1 mois exact et 18 ‰ entre 1 et 12 mois exacts) ; sur 1 000 enfants âgés d’un an, 26 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire. Globalement, le risque de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire est de 72 pour 1000 naissances, soit environ un enfant sur 14. Tendance de la mortalité des enfants de moins de 5 ans. Par rapport aux résultats de la précédente enquête réalisée en 2005 (EDS-IV), les niveaux de la mortalité des enfants obtenus en 2010-2011 sont nettement inférieurs : mortalité infantile de 47 ‰ à l’EDS-MICS contre 61 ‰ en 2005 pour les cinq dernières années ; mortalité infanto-juvénile de 72 ‰ en 2005 contre 121 ‰ dans l’EDS-IV. Mortalité différentielle. Les niveaux de mortalité sont nettement plus bas dans les villes que dans les campagnes : la mortalité infantile est de 44 ‰ en milieu urbain (contre 59 ‰ en milieu rural) ; pour la mortalité infanto-juvénile, les quotients sont respectivement de 62 ‰ et 102 ‰. Les disparités de la mortalité infantile juvénile sont également très fortes selon la région : aux deux extrêmes, on trouve Thiès (36 ‰) et Sédhiou et Kédougou (respectivement 142 ‰ et 154 ‰). Les enfants de mères de niveau secondaire ou plus et ceux de mères appartenant à des ménages riches ont également des risques de décès nettement plus bas que les autres. MORTALITÉ MATERNELLE La mortalité maternelle est l’indicateur de santé montrant la plus grande disparité entre les pays en développement et les pays développés. En Afrique subsaharienne, une femme a une chance sur 12 de mourir au cours d’une grossesse ou d’un accouchement contre une chance sur 4 000 dans les pays riches. L'estimation indirecte du ratio de mortalité maternelle à partir de l'ED-MICS pour la période 2000- 2011 est de 392 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. Le ratio estimé par l’EDS-IV de 2005 de 434 pour 100 000 naissances vivantes pour la période de 1994-2005. Du fait de l’importance de l’intervalle de confiance associé à cet indicateur, il est évident que la mortalité maternelle n’a pratiquement pas changé entre l’EDS 2005 et l’EDS-MICS 2010-11. EXCISION Prévalence. La pratique de l’excision est assez répandue au Sénégal puisque qu’elle concerne 26 % des femmes de 15-49 ans. Ce taux était de 28 % selon l’EDS de 2005. La pratique de l’excision est essentiellement déterminée par l’appartenance ethnique. Dans deux des principaux groupes ethniques, à savoir les Wolof et les Serer, les pourcentages de femmes excisées sont très faibles, ils ont respectivement de 1 % et de 2 %. Chez les Soninké, les Mandingue, les Poular et les Diola, il varie de 52 à 82 %. Perspectives. Chez les femmes ayant au moins une fille de moins de 10 ans, 14 % étaient excisées. Les résultats de l’EDS de 2005 montrent que chez les femmes ayant au moins une fille vivante, 20 % des filles étaient excisées. SIDA ET AUTRES IST Connaissance du sida. Le VIH/sida est connu par pratiquement toute la population (95 % des femmes et 97 % des hommes). Dans l’ensemble, 67 % des femmes et 76 % des hommes ont déclaré qu’on pouvait limiter les risques de contracter le VIH/sida en utilisant des condoms lors des rapport sexuels et en limitant des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté. Plus de la moitié des femmes (54 %) ont déclaré savoir qu le VIH peut être transmis de la mère à l'enfant par l'allaitement. Sida et stigma. Le comportement que les gens adopteraient face à des personnes vivant avec le VIH/sida est révélateur du niveau de stigmatisation et de discrimination à l’égard des personnes infectées par ce virus. Plus de huit femmes sur dix (83 %) ont déclaré qu’elles seraient prêtes à prendre soin chez elles d’un xxxiv • Résumé membre de la famille atteint du sida. Ce pourcentage était de 71 % d’après l’EDS-IV. Selon la région, les résultats montrent que c’est surtout à Thiès (93 %) et Dakar (92 %) que les femmes seraient le plus disposées à s’occuper d’un parent vivant avec le VIH chez elles ; à l’opposé, dans celles de Tambacounda et Kédougou (63 % chacune), ces proportions sont beaucoup plus faibles. Parmi les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus et chez celles vivant dans les ménages les plus riches, ces proportions sont les plus fortes (93 % dans les deux cas). Rapports avec plus d’un partenaire et utilisation du condom. Un des objectifs essentiels du Conseil National de Lutte contre le Sida est d’encourager la population sexuellement active à utiliser de façon régulière le condom. L’EDS-MICS fournit les proportions de femmes et d’hommes qui ont eu des rapports sexuels avec plus d’un partenaire au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête ainsi que les proportions de ceux/celles qui ont utilisé un condom au cours de ces rapports sexuels. Seulement 0,5 % des femmes de 15-49 ans et 11 % des hommes ont déclaré avoir eu des rapports sexuels avec deux partenaires ou plus au cours des 12 derniers mois. Plus de deux femmes sur dix (22 %) et près d un homme sur sept (15 %) ont déclaré avoir utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels. PRÉVALENCE DU VIH Taux de couverture. Les résultats de l’EDS-MICS 2010-2011 indiquent que plus de huit personnes sur dix ont consenti à donner quelques gouttes de leur sang pour être testées sur le VIH. Le taux de couverture est plus élevé chez les femmes (84 %) que chez les hommes (76 %). Les taux d’acceptation chez les femmes et les hommes du milieu rural sont légèrement plus élevés que chez ceux du milieu urbain. Dans l’ensemble, 81 % des personnes dans les zones rurales ont accepté, contre 80 % chez celles des villes. Enfin, les meilleurs taux de couverture ont été observés dans les régions de Ziguinchour (91%) et Kaffrine (90 %) et les plus bas concernent Kédougou (52 %) et Matam (70 %). VIH et vulnérabilité des femmes. Les résultats de l’EDS-MICS de 2010-2011 montrent que 0,7 % des adultes au Sénégal âgés de 15-49 ans sont séropositifs au VIH. Ce taux est resté le même par rapport à la prévalence enregistrée dans l’EDS-IV de 2005 qui était aussi de 0,7 %. Le taux de séroprévalence chez les femmes de 15- 49 ans est supérieur à celui des hommes de la même tranche d’âges : 0,8 % contre 0,5 %. Il en résulte un ratio d’infection entre les femmes et les hommes de 1,6 ; autrement dit, il y a 160 femmes infectées pour 100 hommes. Ce chiffre comparable à d’autres ratios trouvés dans des enquêtes similaires en Afrique subsaharienne, confirme la plus grande grande vulnérabilité des femmes par rapport aux hommes. Différentiels du niveau de prévalence du VIH. Les femmes des régions de Kédougou (2,5 %) et de Kolda (2,4 %), et celles de niveau primaire (1,2 %) ont des taux de séroprévalence plus élevés que les autres. Chez les hommes, c’est dans la région de Kolda (2,4 %) et, dans une moindre mesure, de Tambacounda (1,2 %) et de Ziguinchor (0,9 %) que le niveau de la séroprévalence est le plus élevé. Les femmes en rupture d’union (4,6 %) ont une prévalence environ six fois plus élevée que celles en union (0,8 %). Les femmes en union sont elles aussi environ deux fois plus fréquemment infectées que les célibataires (0,8 % contre 0,4 %). Par ailleurs, les femmes ayant déclaré être enceintes sont deux fois plus infectées que les autres : 1,5 % contre 0,8 % des femmes qui ne sont pas enceintes ou qui n’en sont pas sûres. Indicateurs des Objectifs du Millénaire pour le Développement • xxxv INDICATEURS DES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT Indicateurs des Objectifs du Millénaire pour le Développement, EDS-MICS Sénégal 2010-11 Indicateur Sexe Ensemble Masculin Féminin 1. Éliminer l’extrême pauvreté et la faim 1.8 Prévalence de l’insuffisance pondérale parmi les enfants de moins de cinq ans 18,6 % 16,7 % 17,7 % 2. Assurer l’éducation primaire pour tous 2.1 Taux net de fréquentation scolaire au niveau primaire1 52,3 % 56,1 % 54,2 % 2.3 Taux d’alphabétisation dans la population des 15-24 ans2 65,7 %a 48,8 % 57,3 %b 3. Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes 3.1a Ratio filles/garçons dans l’enseignement primaire 3 - - 1,07 3.1b Ratio filles/garçons dans l’enseignement secondaire 3 - - 0,93 3.1c Ratio filles/garçons dans l’enseignement supérieur 3 0,60 4. Réduire la mortalité des enfants de moins de cinq ans 4.1 Taux de mortalité infanto-juvénile4 91 ‰ 83 ‰ 72 ‰ 4.2 Taux de mortalité infantile4 60 ‰ 46 ‰ 47 ‰ 4.3 Pourcentage d’enfants d’un an vaccinés contre la rougeole 82,1 % 82,1 % 82,1 % 5. Améliorer la santé maternelle 5.1 Taux de mortalité maternelle5 na 392 na 5.2 Pourcentage de naissances dont l’accouchement a été assisté par un prestataire de santé formé6 na na 65,1 % 5.3 Taux de prévalence contraceptive7 na 13,1 % na 5.4 Taux de fécondité des adolescentes8 na 93 ‰ na 5.5 Couverture en soins prénatals 5.5a Au moins une visite prénatale na 93,3 % na 5.5b Quatre visites prénatales ou plus na 50,0 % na 5.6 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale na 29,4 % na 6. Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies 6.1 Prévalence du VIH dans la population des 15-24 ans 0,1 %a 0,3 % 0,2 %b 6.2 Utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels à risques9 na na na 6.3 Proportion de la population de 15-24 ans ayant une connaissance « approfondie » du VIH/sida10 32,5 %a 30,7 % 31,6 %b 6.4 Ratio du pourcentage d’orphelins qui fréquentent l’école au pourcentage des non orphelins de 10-14 ans qui fréquentent l’école 0,90 1,03 0,97 6.7 Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans dormant sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide 34,2 % 34,9 % 34,5 % 6.8 Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans dont la fièvre a été traitée avec des antipaludéens appropriés11 9,3 % 7,0 % 8,2 % Urbain Rural Ensemble 7. Assurer un environnement durable 7.8 Proportion de la population utilisant une source d’eau améliorée12 93,7 % 65,9 % 78,3 % 7.9 Proportion de la population utilisant des installations sanitaires améliorées13 66,1 % 30,0 % 46,2 % na = Non applicable. 1 Le taux est basé sur la fréquentation déclarée, non l’inscription, au niveau primaire parmi les enfants d'âge de fréquentation du niveau primaire (6-11 ans). Le taux comprend aussi les enfants d'âge de fréquentation du niveau primaire qui fréquent le niveau secondaire. Il s’agit d’une mesure indirecte de l’indicateur 2.1 des OMD : Taux net total de scolarisation dans le primaire. 2 Correspond aux enquêtés qui ont fréquenté l’école secondaire ou le supérieur, ou qui peuvent lire une phrase ou une partie de phrase. 3 Basé sur la fréquentation nette déclarée, non l’inscription, parmi les 6-11 ans pour le primaire et 12-16 ans pour le secondaire. 4 Exprimé en termes de décès pour 1 000 naissances vivantes. La mortalité par sexe fait référence à la période de 10 ans précédant l’enquête. La mortalité pour les deux sexes ensemble fait référence à la période de 5 ans précédant l’enquête. 5 Exprimé en termes de décès maternels pour 100 000 naissances au cours des 12 ans précédant l’enquête. 6 Parmi les naissances des cinq années précédant l’enquête. 7 Pourcentage de femmes actuellement en union qui utilisent une méthode contraceptive quelconque. 8 Équivaut au taux de fécondité par âge pour les femmes de 15-19 ans for la période de 3 ans précédant l’enquête, exprimé en termes de naissances pour 1 000 femmes de 15-19 ans. 9 Des rapports sexuels à hauts risques sont des rapports sexuels avec un partenaire non marital et non cohabitant. Exprimé en pourcentage de femmes et d’hommes de 15-24 ans qui ont eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois. 10 Sont considérées comme ayant une connaissance "approfondie", les personnes qui savent que l'utilisation régulière du condom au cours des rapports sexuels et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, celles qui savent qu'une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et celles qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du sida. 11 Pourcentage d’enfants de 0-59 mois ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines précédant l’enquête et qui ont reçu n’importe quel médicament antipaludéen. 12 Pourcentage de la population de droit dont la source principale d’eau de boisson est un robinet dans le logement/cours, un robinet public/fontaine, un puits à pompe/forage, un puits creusé protégé, une source d’eau protégée, la collecte d’eau de pluie, ou l’eau en bouteille. 13 Pourcentage de la population de droit dont le ménage a une chasse d’eau, fosse d’aisance auto-aérée, une fausse d’aisance avec dalle, ou des toilettes à compostage et ne partage pas cette installation avec d’autres ménages. a Limité aux hommes dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête au près des hommes. b Le total est calculé comme une simple moyenne arithmétique des pourcentages des colonnes des hommes et des femmes. xxxvi • Carte du Sénégal Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête • 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1 Papa Ibrahima Sylmang SENE e premier chapitre présente le pays ainsi que le contexte de la cinquième Enquête Démographique et de Santé et à indicateurs multiples EDS-MICS 2010-2011. Ses objectifs et sa méthodologie y sont également exposés. 1.1 PRÉSENTATION DU PAYS 1.1.1 Géographie Pays Soudano-Sahélien situé à l’extrême Ouest du continent africain, le Sénégal est limité au Nord par la République de Mauritanie, à l’Est par le Mali, au Sud par la Guinée Bissau et la Guinée et à l’Ouest par l’Océan Atlantique. Il est traversé par la Gambie qui est une enclave de terre située entre les régions de Kaolack et de Ziguinchor, sur le cours inférieur du fleuve du même nom. D’une superficie de 196 722 kilomètres carrés, le Sénégal possède une grande ouverture sur l’océan atlantique avec ses 700 kilomètres de côtes. C’est un pays plat ; l’altitude dépasse rarement 100 mètres et le point culminant, le mont Assiriki situé au sud-est du pays, à une hauteur de 381 mètres. Au plan hydrographique, le pays est traversé d’Est en Ouest par quatre fleuves : le Sénégal, la Gambie, la Casamance et le Saloum et leurs affluents. Ce réseau est complété par quelques cours d’eau temporaires et une contribution significative du lac de Guiers au nord du pays. Au niveau administratif, la nouvelle organisation administrative, territoriale et locale, du Sénégal est fixée par le décret du 10 septembre 2008. Le territoire passe ainsi de 11 à 14 régions administratives avec comme dernières créations Kaffrine, Kédougou et Sédhiou issues respectivement des anciennes régions de Kaolack, Tambacounda et Kolda. Les régions sont subdivisées en départements (au nombre de 45). On dénombre 150 communes (assimilées au milieu urbain), 117 arrondissements et 353 communautés rurales. 1.1.2 Économie Les rapports d’avancement du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP11) 2003 et 2004 montrent que d’importants progrès ont été réalisés dans la mise en œuvre de la stratégie dans les secteurs prioritaires. En effet, le Gouvernement a réalisé la plupart des mesures d’accompagnement du pilier « création de richesses » et inscrit l’économie nationale dans une dynamique d’accélération de la croissance par des politiques macroéconomiques rationnelles, l’amélioration du cadre de l’investissement. Les investissements dans le capital humain de manière générale ont fait l’objet d’une attention particulière avec l’allocation de 50 % du budget de fonctionnement aux secteurs sociaux (éducation, santé). Ces investissements dans les services sociaux de base ont permis d’améliorer les indicateurs sociaux tendant vers l’atteinte des OMD. 1 Ce document dégage une Stratégie de Réduction de la Pauvreté (SRP) basée sur trois principaux axes de priorité : (i) la création de richesse ; (ii) le renforcement des capacités et la promotion des services sociaux de base ; (iii) l’amélioration des conditions de vie des groupes vulnérables. Ces axes de priorités ont un soubassement axé sur la croissance économique soutenue afin d’asseoir les véritables bases d’un développement harmonieux. C 2 • Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête Cette tendance positive a été ralentie par les effets de la crise financière internationale, de 2008 à 2009. Depuis 2010, l’économie du Sénégal a amorcé une reprise sous le double effet de la relance de l’économie mondiale et des mesures prises par les autorités en faveur de l’activité économique nationale. En effet, le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) est passé de 2,2 % en 2009 à 4,2 % en 2010. 1.1.3 Population Le Sénégal dispose d’une masse importante de données sociodémographiques et économiques grâce à de nombreuses enquêtes réalisées au cours des trente dernières années. En effet, en dehors de trois recensements généraux (RGP de 1976, RGPH de 1988 et RGPH de 2002), il a été mené plusieurs enquêtes d’envergure nationale parmi lesquelles on peut citer l’Enquête Sénégalaise sur la Fécondité de 1978, l’Enquête sur les Migrations et l’Urbanisation au Sénégal en 1993, l’Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (1994/1995 et 2001/2002), quatre Enquêtes Démographiques et de Santé (1986, 1992/1993, 1997 et 2005), l’Enquête Nationale sur le Travail des Enfants au Sénégal en 2005 et l’Enquête de Suivi de la Pauvreté au Sénégal en 2006. Ces différentes investigations ont permis d’obtenir des indicateurs démographiques de base à différentes dates qui contribuent au suivi et à l’évaluation des projets et programmes de développement. La population du pays a presque doublé de 1988 (RGPH) à 2010 en passant de 6 896 000 à 12 526 488 habitants. La densité moyenne est de 64 habitants au kilomètre carré. Cependant, cette population est inégalement répartie entre les 14 régions administratives du pays. La région la moins étendue, celle de Dakar, occupe 0,3 % de la superficie du territoire national et abrite près de 23 % de la population totale et 75 % de la population urbaine. La région la plus étendue, Tambacounda, abrite environ 6 % seulement de la population. La population croît rapidement ; le fort taux de croissance démographique (2,5 % en 2002 RGPH) résulte essentiellement d’une fécondité encore élevée (ISF de 5,3 en 2005) et d’une mortalité infantile en baisse (68 ‰ en 96-97 et 61 ‰ en 2005). De cette forte croissance, résulte une extrême jeunesse de la population (plus de 50 % sont âgés de moins de 20 ans). Au niveau national, le taux d’analphabétisme se situe à 65 %. Ce taux d’analphabétisme varie d’une région à une autre : le plus faible est observé à Dakar (35 %) ; Ziguinchor suit avec 43 %. Dans les autres régions, en dehors de Saint-Louis et Thiès, l’analphabétisme se situe à plus de 75 %. Bien que le Sénégal compte plus de 20 ethnies, plus de 90 % de la population appartiennent à cinq groupes ethniques dominants : Wolof (43 %), Poular (24 %), Sérer (15 %), Diola (5 %) et Mandingue (4 %). La population du Sénégal est essentiellement musulmane (94 % de musulmans). On y trouve aussi des chrétiens (4 %); les animistes et les autres représentent les 2 % restants. 1.1.4 Politique en matière de santé et situation sanitaire La politique dans le secteur de la santé demeure dans la dynamique de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et de la réalisation des objectifs prioritaires du Plan National de Développement Sanitaire deux (PNDS-II, 2009-2018), notamment la réduction de la mortalité maternelle et de la mortalité infanto juvénile, la maîtrise de la fécondité et l’accès accru aux services de base pour les plus démunis. La part du budget de l’Etat allouée au secteur de la santé est en hausse régulière ces dernières années. La priorité accordée au secteur de la santé s’est traduite par une augmentation constante du budget du Ministère de la Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête • 3 Santé qui est passé de 29 milliards en 2000 à 108,4 milliards CFA, en 20102. Ce budget représente aujourd’hui 10,4 % du budget de fonctionnement de l’Etat. En 20103, le Sénégal compte 34 hôpitaux4, 89 centres de santé dont 20 sont en réalité des postes de santé faisant office de centre de santé et 1 195 postes de santé dont 1 035 fonctionnels, 2 centres de santé psychiatriques5 (qui ne sont pas considérés ici comme des hôpitaux mais des centres de santé spécialisés), 76 Dispensaires Privés Catholiques (DPC) et 1 603 cases de santé fonctionnelles. Cependant, en termes de couverture en infrastructures sanitaires, le Sénégal n’a pas encore atteint les normes6 préconisées par l’OMS. Ces deux dernières décennies sont marquées par une amélioration de la situation sanitaire comme en atteste la tendance de la plupart des indicateurs suivis par les programmes de santé. Les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile bien qu’encore élevés, ont connu une baisse significative. En effet, le taux de mortalité infanto- juvénile est passé de 131 ‰ en 1992 à 121 ‰ en 2005 et celui de la mortalité infantile est passée de 68 ‰ en 1992 à 61 ‰ en 2005. Enfin, la mortalité maternelle de 510 pour 100 000 naissances vivantes en 1992 est tombée à 401 pour 100 000 naissances vivantes en 2005. Le PNDS-II accorde une place importante à la surveillance épidémiologique, à la santé de la reproduction, aux MST/SIDA et au contrôle des maladies endémiques, notamment le paludisme. Cette dernière endémie qui est une des premières causes de morbidité, est en train de perdre du terrain, résultat à mettre notamment à l’actif du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP). Le niveau de prévalence du VIH relativement faible au sein de la population générale âgée de 15 à 49 ans (0,7 % en 2005) reste stable. Cependant, les résultats des enquêtes sur les groupes à risque montrent des prévalences beaucoup plus élevées (5 à 25 %). Pour les consultations prénatales, plus de 9 mères sur 10 (93%) ont été consultées par un personnel médical formé pendant la grossesse en 2005. Pour les naissances survenues au cours des 5 dernières années, 40 % des mères (en 2005) ont bénéficié de l’assistance d’un personnel médical formé à l’accouchement. La couverture vaccinale chez les enfants de moins de cinq ans est marquée par une amélioration des taux correspondants en 2005 (59 %). 1.2 CADRE INSTITUTIONNEL, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1.2.1 Cadre institutionnel L’Enquête Démographique et de Santé à Indicateurs Multiples du Sénégal de 2010-2011 (EDS-MICS, 2010-11) est la cinquième du genre pour les EDS et la troisième de la série des MICS au Sénégal. L’EDS-MICS 2010-11 a été réalisée par l’ANSD avec l’assistance technique de ICF Macro l’organisme américain en charge du programme international des EDS (Demographic and Health Surveys-DHS) et du Centre de Recherche pour le Développement Humain (CRDH). Les Laboratoires de Bactériologie Virologie du CHU Le Dantec de Dakar et le laboratoire de parasitologie de l’UCAD ont apporté leur appui dans la mise en œuvre du volet portant sur le test du VIH et sur le test du paludisme (formation des agents, prélèvements et analyses des échantillons de sang, analyse des données). 2 Selon la loi de finances de 2010. 3 Selon l’annuaire des statistiques sanitaires du Service National de l’Information Sanitaire édition 2011. 4 Dont deux non fonctionnels (hôpital de la paix de Ziguinchor et celui de Fatick) et les hôpitaux de : Saint Jean de Dieu de Thiès, Nénéfécha de Kédougou et militaire de Ouakam font également partie de cette liste. 5 Dalal Xel de Thiès et Dalal Xel de Fatick. 6 Normes OMS : 1 poste de santé pour 10 000 habitants ; 1 centre de santé pour 50 000 habitants et 1 hôpital pour 150 000 habitants. 4 • Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête Pour la mise en œuvre de l’enquête, il a été mis en place un comité de pilotage comprenant en plus l’équipe technique de l’EDS-MICS, le ministère de la santé et les partenaires au développement. Le Gouvernement du Sénégal a bénéficié de l’appui financier de l’USAID, de l’UNICEF, du Fond Mondial, de la Cellule de Lutte contre la Malnutrition (CLM) et de l’UNFPA. 1.2.2 Objectifs L’Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples au Sénégal (EDS-MICS, 2010-11) réalisée sur un échantillon représentatif de femmes de 15-49 ans et d’hommes de 15-59 ans avait pour principaux objectifs : 1. Calculer des indicateurs démographiques essentiels, plus particulièrement les taux de fécondité et de mortalité infantile et infanto-juvénile et analyser les facteurs directs et indirects qui déterminent le niveau et la tendance de la fécondité et de la mortalité infanto- juvénile ; 2. Mesurer les indicateurs de fréquentation et d’achèvement scolaire au primaire et secondaire (Taux Brut et Taux Net de Scolarisation au Primaire, Taux d’achèvement en 5e année du primaire) ; le niveau d’analphabétisme au sein de la population adulte ; 3. Mesurer les niveaux de connaissance et de pratique contraceptive des femmes par méthode ; évaluer le comportement des adolescents en matière de la santé de la reproduction (contraception, sexualité, utilisation des services) ; 4. Apprécier l’état de santé familiale : vaccination, prévalence et traitement de la diarrhée et d’autres maladies chez les enfants de moins de cinq ans, visites prénatales, assistance à l’accouchement et visites postnatales ; 5. Mesurer la fréquence de la fièvre, le degré de prévention et de traitement du paludisme, en particulier la possession et l’utilisation de moustiquaires, la prévention du paludisme chez les femmes enceintes, le traitement des enfants atteints de fièvre et/ou de convulsions ; 6. Evaluer l’état nutritionnel des enfants et des femmes, apprécier les pratiques nutritionnelles des enfants, y compris l’allaitement ; mesurer le niveau de consommation du sel iodé par les ménages ; 7. Evaluer la prévalence de l’anémie parmi les enfants de moins de cinq ans, les femmes de 15-49 ans et les hommes de 15-59 ans ; 8. Evaluer le niveau d’accessibilité de la population à l’eau potable et celui de l’accessibilité à l’assainissement adéquat ; 9. Apprécier les connaissances, attitudes et pratiques des femmes et des hommes en matière d’IST et de sida ; 10. Estimer la prévalence du VIH dans la population générale adulte d’âge reproductif à travers les prélèvements de sang pour le dépistage anonyme du VIH auprès des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans ; 11. Estimer la prévalence de la parasitémie palustre chez les enfants de moins de cinq ans à travers l’examen microscopique de la goutte épaisse ; 12. Apprécier le niveau d’enregistrement des enfants à l’état-civil, le travail des enfants ; Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête • 5 13. Mesurer l’ampleur de la pratique de l’excision ; 14. Estimer, à l’échelle nationale, le niveau de la mortalité adulte et particulièrement maternelle. 1.2.3 Méthodologie Questionnaires Les questionnaires préparés par le projet DHS et MICS sont les instruments de base de l’EDS-MICS 2010-11. Des modifications jugées nécessaires ont été apportées aux questionnaires de base pour les adapter aux spécificités socioculturelles du pays et répondre aux besoins des utilisateurs. Pour assurer la comparabilité des résultats au niveau international, ces changements ont été aussi limités que possible. Trois questionnaires ont été utilisés au cours de l’EDS-MICS 2010-11: (1) un questionnaire ménage, (2) un questionnaire individuel pour les femmes de 15-49 ans et (3) un questionnaire individuel pour les hommes de 15-59 ans. En plus des sections habituelles des Programme MEASURE DHS, les questionnaires ont inclus aussi les modules suivants : - Education préscolaire ; - Prise en charge des enfants de 3-5 ans ; - Travail des enfants de 5-17 ans ; - Excision ; - Maladies chroniques ; - VIH/sida de façon à obtenir les informations nécessaires au calcul des indicateurs de Suivi et Evaluation à partir des recommandations de l’ONUSIDA ; - Mortalité maternelle ; - Paludisme. Les contenus spécifiques de ces différents questionnaires sont les suivants : Le questionnaire ménage : Le questionnaire ménage a été utilisé pour lister tous les membres habituels et les visiteurs des ménages sélectionnés. La page de couverture contient les informations relatives à l’identification du ménage, aux résultats de l’interview qui permettent de calculer le taux de couverture de l’enquête et aux contrôles de terrain et de bureau. Ce questionnaire a permis de collecter des informations sur les membres habituels du ménage et les visiteurs qui y ont passé la nuit précédant l’interview. Les informations recueillies portent sur le sexe, l’âge, l’éducation scolaire et préscolaire, la survie des parents, la déclaration des enfants à l’état civil, la prise en charge des jeunes enfants au niveau préscolaire et le travail des enfants. Par ailleurs, d’autres informations portant sur les caractéristiques du logement (approvisionnement en eau, type de toilettes, matériau de construction, disponibilité de l’électricité, possession de biens durables, etc.), la possession, l’utilisation et le traitement des moustiquaires, ainsi que l’utilisation du sel iodé7 dans la préparation des repas, ont été également collectées. Des questions relatives à l’accès à la propriété foncière et à la sécurité 7 Dans tous les ménages enquêtés, le sel utilisé pour la cuisine est testé pour déterminer sa teneur en iode. Les résultats du test permettront de déterminer la proportion de femmes et d’enfants vivant dans des ménages utilisant du sel suffisamment iodé. 6 • Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête résidentielle ont également été posées. Ces informations ont été recueillies afin d’évaluer les conditions environnementales et socioéconomiques dans lesquelles vivent les personnes enquêtées. En outre, un des objectifs essentiels du questionnaire ménage était d’identifier les femmes et les hommes éligibles pour des interviews individuelles et les enfants éligibles pour l’anthropométrie, les tests d’anémie et de parasitémie. De plus, dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête auprès des hommes (soit huit ménages sur vingt et un), le questionnaire ménage a permis de recueillir les résultats des tests sur le paludisme et des mesures anthropométriques de tous les enfants de moins de 5 ans des ménages enquêtés de façon à déterminer leur état nutritionnel (émaciation, insuffisance pondérale et retard de croissance pour les enfants, et Indice de Masse Corporelle pour les femmes). Ce questionnaire a également été utilisé pour enregistrer, pour les personnes éligibles, les résultats des mesures anthropométriques (poids et taille) et des tests du VIH, de l’hémoglobine (anémie) et de la parasitémie. Les prélèvements de sang pour les tests éclairés et volontaires de VIH ont été documentés sur d’autres supports. Dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête auprès des hommes, les tests d’anémie et de VIH ont été effectués sur les femmes de 15-49 ans et les hommes de 15-59 ans et les tests d’anémie et de parasitémie l’ont été sur les enfants de 6-59 mois. À partir d’un prélèvement sanguin, il a été fait un diagnostique du paludisme (s’il s’agit d’un enfant) et une mesure par un test direct du niveau d’hémoglobine de toutes les femmes de 15-49 ans, de tous les hommes de 15-59 ans et de tous les enfants de 6-59 mois. Ce même prélèvement a servi pour le test du VIH/sida sur toutes les femmes de 15-49 ans et tous les hommes de 15-59 ans. Il est important de noter que les tests du VIH/sida et de l’hémoglobine ont été opérés sur les enquêtés qui ont accepté de s’y soumettre volontairement, après un consentement éclairé. Pour les mineurs (moins de 18 ans), le consentement est demandé aux parents ou personnes en charge (représentants légaux) des mineurs. Le questionnaire individuel femme : Il constitue l’élément central de l’EDS-MICS 2010-11. Il comprend une page de couverture similaire à celle du questionnaire ménage sur laquelle sont enregistrés les informations d’identification du ménage, le résultat de l’interview qui permet de calculer le taux de couverture de l’enquête et les contrôles de terrain et de bureau, ainsi que dix sections qui servent à recueillir des informations sur les thèmes suivants : • Caractéristiques sociodémographiques : cette section porte sur le lieu de résidence, l’âge et la date de naissance, la scolarisation, l’alphabétisation, la nationalité, la religion, l’ethnie et l’exposition aux médias ; • Reproduction : cette deuxième section permet de collecter des informations sur les naissances vivantes que la femme a eues durant sa vie, ainsi que sur leur état de survie au moment de l’enquête, sur l’état de grossesse au moment de l’enquête, et sur la connaissance de la période féconde dans le cycle menstruel ; • Connaissance et utilisation de la contraception : cette section permet de recueillir des informations sur la connaissance et l’utilisation antérieure et actuelle des différentes méthodes contraceptives, ainsi que sur la source d’approvisionnement. Elle porte également sur le lieu et la date de la stérilisation féminine, ainsi que sur les raisons de la non-utilisation d’une méthode. • Grossesse et allaitement, vaccination et santé des enfants : cette section porte sur les naissances des cinq années ayant précédé l’enquête. Elle est composée de deux parties. La première permet d’obtenir Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête • 7 des informations sur la période de la grossesse, les soins prénatals incluant la vaccination antitétanique, le lieu d’accouchement et la qualification de la personne ayant assisté la femme, les soins postnatals, le retour des règles et la reprise des rapports sexuels après la naissance de l’enfant. Concernant l’allaitement, les questions portent sur sa fréquence et sa durée, sur le type d’allaitement (maternel ou artificiel), ainsi que sur l’utilisation des différents compléments nutritionnels. La deuxième partie porte sur les vaccinations incluses dans le Programme Élargi de Vaccinations (PEV) et la santé des enfants de moins de cinq ans, plus particulièrement sur la prévalence et le traitement de la fièvre, de la toux et de la diarrhée ; • Mariage et activité sexuelle : cette section porte sur l’état matrimonial de la femme, la cohabitation avec le conjoint, le type de mariage (monogamie ou polygamie), l’âge au premier mariage et l’âge aux premiers rapports sexuels ainsi que sur l’activité sexuelle ; • Préférences en matière de fécondité : cette section recueille des informations sur le désir d’enfants supplémentaires, l’intervalle souhaité entre les naissances et l’opinion concernant la taille de la famille ; • Autres problèmes de santé ; • Caractéristiques du conjoint et travail de la femme : les questions qui ont été posées permettent de connaître les caractéristiques socioprofessionnelles du conjoint des femmes en union et l’activité professionnelle de celles-ci ; • IST et sida : cette section vise à obtenir des informations sur la connaissance et la prévalence des infections sexuellement transmissibles, sur les modes de transmission et les moyens de prévention du sida ; • Les fistules obstétriques ; • Excision : on collecte ici des informations sur la pratique de l’excision chez les femmes enquêtées et leurs filles âgées de moins de 10 ans, ainsi que sur leur attitude vis-à-vis de cette pratique ; • Mortalité maternelle : dans cette section, on enregistre des informations sur l’âge et l’état de survie des frères et sœurs de l’enquêtée. Pour les sœurs décédées à l’âge de 12 ans ou plus, des questions supplémentaires permettent de déterminer si le décès est en rapport avec la maternité. Des questions sur le nombre d’enfants de la sœur (décédée ou non) ainsi que sur leur état de survie sont aussi posées. Le questionnaire individuel homme : Le questionnaire homme administré aux hommes de 15-59 ans est une forme allégée du questionnaire individuel femme. Il comprend une page de couverture similaire à celle du questionnaire femme et sept sections servant à recueillir des informations sur les thèmes suivants : • Caractéristiques sociodémographiques ; • Fécondité ; • Contraception ; • Mariage et activité sexuelle ; • Préférences en matière de fécondité ; • Emploi et rôle des sexes ; 8 • Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête • VIH/sida et autres infections sexuellement transmissibles ; • Autres problèmes de santé. Les questionnaires définitifs ont été traduits dans les quatre principales langues nationales (Wolof, Sérère, Poular et Mandingue). Manuels et autres documents techniques En plus des questionnaires, d’autres documents techniques ont été élaborés par l’équipe technique du l’EDS-MICS 2010-11. Il s’agit en particulier : • du manuel des enquêteurs/enquêtrices ; • du manuel des chefs d’équipe ; • du manuel de cartographie et de dénombrement des ménages ; • du manuel d’utilisation des tablettes PC (système d’interview assisté par ordinateur (CAPI)) ; • du manuel pour l’anthropométrie ; • du manuel du test du paludisme ; • du manuel du test d’anémie et du test du VIH ; • des autres fiches de terrain et de gestion; • des fiches d’affectation des enquêteurs/contrôleuses ; • des fiches de contrôle et de gestion pour les tests (anémie, VIH et paludisme) ; • des fiches de référence pour les tests (anémie et paludisme). L’ANSD a assuré la reproduction en nombre suffisant de ces différents documents. Tests de l’hémoglobine, du VIH et de la parasitémie palustre Dans huit (8) ménages sur vingt et un (21), les femmes de 15-49 ans, les hommes de 15-59 ans et les enfants de moins de 5 ans étaient éligibles pour le test d’anémie. En outre, les femmes et les hommes étaient éligibles pour le test du VIH et les enfants de 6-59 mois pour les tests de parasitémie. Les protocoles pour les tests de l’anémie, du VIH et de la parasitémie ont été approuvés par le Comité d’Éthique (Internal Review Board) d’ICF Macro à Calverton et par le Comité National d’Éthique pour la Recherche en Santé (CNERS) du Sénégal. Test de l’hémoglobine : Le test d’hémoglobine est la principale méthode pour diagnostiquer l’anémie ; ce test est effectué en utilisant le système d’HemoCue. Un consentement libre et éclairé était demandé à la personne éligible (majeur capable) ou au parent/adulte responsable de l’enfant ou du jeune de 15-17 ans (représentant légal). Ce consentement est obtenu auprès de l’individu éligible (ou le parent/personne responsable) à partir d’une lettre d’information qui explique l’objectif du test, la remise immédiate des résultats et les conditions de prise en charge en cas de besoin. Avant de prélever le sang, le doigt était nettoyé avec un tampon imbibé d’alcool et séché à l’air. Ensuite, le bout du doigt (ou du talon des enfants de moins d’un an et très maigre) était piqué avec une lancette rétractable, Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête • 9 stérile et non ré-utilisable. Une goutte de sang était récupérée dans une micro cuvette et ensuite introduite dans le photomètre HemoCue qui indiquait le niveau d’hémoglobine. Ces résultats étaient enregistrés dans le questionnaire ménage et communiqués à la personne testée, ou au parent/adulte responsable, en expliquant la signification des résultats. Si la personne présentait une anémie sévère (un niveau d’hémoglobine <7 g/dl), l’enquêteur lui fournissait une fiche de référence pour rechercher des soins auprès d’un service de santé. Test du VIH : Le test du VIH était effectué dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête homme. Les prélèvements de sang étaient effectués auprès de tous les hommes et toutes les femmes éligibles de ces ménages qui acceptaient volontairement de se soumettre au test. Le protocole pour dépister le VIH est basé sur le protocole anonyme-lié développé par le projet DHS (Demographic and Health Surveys) et approuvé par le Comité d’Éthique (Internal Review Board) de ICF Macro. Selon ce protocole, aucun nom ou autre caractéristique individuelle ou géographique permettant d’identifier un individu ne peut être lié à l’échantillon du sang. Le Comité National d’Éthique pour la Recherche en Santé du Sénégal a, après examen et amendement, approuvé le protocole. Etant donné que les tests du VIH sont strictement anonymes, il n’était pas possible et ne sera pas possible d’informer les enquêtés sur les résultats de leur test. Pour accomplir les prélèvements sanguins auprès des personnes éligibles, chaque équipe de terrain comprenait un enquêteur-technicien spécialement chargé des prélèvements. En plus de la formation d’enquêteurs, ce technicien avait reçu une formation spéciale sur tous les aspects des protocoles des tests d’anémie et du VIH. D’abord, pour chaque personne éligible, le technicien cherchait à obtenir son consentement éclairé après lui avoir expliqué les procédures de prélèvement, la confidentialité et l’anonymat du test. Pour les femmes et les hommes qui acceptaient d’être testés, le technicien, en respectant toutes les précautions d’hygiène et de sécurité recommandées, prélevait des gouttes de sang sur un papier filtre. Dans la plupart des cas, les gouttes de sang pour les deux tests étaient obtenues à partir d’une même piqûre au doigt. Une étiquette contenant un code barre était collée sur le papier filtre contenant du sang. Une deuxième étiquette avec le même code barre était collée sur le questionnaire ménage sur la ligne correspondant au consentement de la personne éligible et une troisième étiquette, toujours avec le même code barre, était collée sur la fiche de transmission. Les gouttes de sang sur papier filtre étaient séchées pendant 24 heures au minimum dans une boîte de séchage avec des dessicants absorbants l’humidité. Le lendemain, chaque échantillon séché était placé dans un petit sac en plastique imperméable et à fermeture hermétique. Pour la conservation des prélèvements, des dessicants et un indicateur d’humidité étaient placés dans le petit sac. Les sacs en plastique individuels étaient ainsi conservés secs jusqu’à leur acheminement au bureau central de l’ANSD à Dakar. À l’ANSD, ils étaient immédiatement vérifiés et placés au frais avant leur enregistrement et leur transfert au Laboratoire de Bactériologie Virologie (LBV) du CHU de Le Dantec. Le test des anticorps anti-VIH et la restitution des résultats étaient effectués par le LBV à Dakar. Le LBV est le laboratoire de référence au Sénégal ; il est régulièrement soumis à un contrôle de qualité interne rigoureux, ainsi qu’à un contrôle de qualité externe. Le LBV participe à différents programmes de contrôle de qualité de la sérologie VIH organisés par l’OMS (sérologie effectuée sur sérums) et le CDC d’Atlanta aux USA (sérologie effectuée sur sérums et sur gouttes de sang séchées). Pour ce qui concerne les procédures d’analyse au laboratoire, les gouttes de sang séchées sur papier filtre étaient perforées à l’aide d’une poinçonneuse. Le poinçon coupé mesurait approximativement 6 mm de diamètre et était ensuite plongé dans 150 micro litres de solution PBS pour élution du sérum. Ensuite le LBV a traité les prélèvements selon l’algorithme suivant: • Tous les échantillons sont testés par un 1er ELISA (Vironostika® HIV Uni-Form II plus O). • Les échantillons dépistés positifs par le 1er ELISA 1 ainsi que 10% des négatifs sont ensuite analysés à l’aide d’un second ELISA (Enzignost® HIV Anti-VIH1/2 plus). • Tous les échantillons positifs sur les deux ELISA sont reportés positifs. • Tous les échantillons discordants aux deux ELISA (positifs au Vironostika et négatifs à l’Enzygnost) sont confirmés par Inno-Lia Blot. 10 • Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête Un programme en CSPro (Census and Survey Processing System) développé par ICF Macro, spécialement conçu selon l’algorithme retenu, était fourni au LBV pour la saisie des résultats des tests. Au fur et à mesure des entrées, ce programme procédait à un comptage automatique de toutes les entrées (nombre de prélèvements testés, nombre de positifs et de négatifs selon les différents kits utilisés). Test de la parasitémie palustre : Les tests de parasitémie palustre ont été effectués dans un tiers de l’échantillon sur les enfants de 6-59 mois. Deux tests du diagnostic du paludisme ont été réalisés : test de diagnostic rapide (TDR) et goutte épaisse. Les enfants testés positifs au TDR ont été référencés par les techniciens de laboratoire de l’enquête selon le protocole en vigueur. Par ailleurs, les gouttes épaisses confectionnées sur une lame porte-objet après prélèvement d’un échantillon de sang ont été analysés au laboratoire du Département de Parasitologie de la Faculté de Médecine de l’UCAD de Dakar. Échantillonnage Pour atteindre les objectifs assignés à cette enquête, un échantillon national stratifié de 8232 ménages a été tiré ; il était attendu d’enquêter environ 15044 femmes de 15-49 ans et 4429 hommes de 15-59 ans dans ces ménages. Des prélèvements de sang ont été effectués auprès d’un tiers de l’échantillon global, 4104 hommes et 5326 femmes. La procédure d’échantillonnage retenue pour l’EDS-MICS, 2010-11 est un tirage aréolaire stratifié à deux degrés. L’unité primaire de sondage, appelée aussi grappe, est le district de recensement (DR) ou une partie du DR lorsque ce dernier est de très grande taille. La partie urbaine et la partie rurale de chaque région correspondent chacune à une strate d’échantillonnage. Au total, 28 strates ont été crées. L’échantillon de premier degré a été tiré indépendamment dans chaque strate et l’échantillon de second degré l’a été indépendamment dans chaque unité primaire tirée au premier degré. Le plan de sondage détaillé est présenté en annexe. Au premier degré de sondage, 391 grappes (147 grappes en milieu urbain et 244 grappes en milieu rural) ont été sélectionnées en procédant à un tirage systématique avec probabilité proportionnelle à la taille ; la taille du DR étant le nombre de ménages. Un dénombrement des ménages dans chacune de ces grappes a fourni la liste des ménages à partir de laquelle a été tiré au second degré un échantillon de 21 ménages avec un tirage systématique à probabilité égale. Toutes les femmes de 15 à 49 ans, résidentes habituelles ou visiteuses, identifiées dans ces ménages ont été individuellement enquêtées. Dans chaque grappe, parmi les 21 ménages sélectionnés pour l’enquête des femmes, 8 ménages ont été sélectionnés pour faire l’objet d’enquête auprès des hommes. Tous les hommes âgés de 15 à 59 ans dans les ménages ainsi sélectionnés étaient éligibles pour l’enquête homme. Dans ce sous-échantillon, toutes les femmes et tous les hommes éligibles pour l’enquête individuelle étaient aussi éligibles pour le test du VIH. En outre, dans ce sous-échantillon de ménages, il était proposé à toutes les femmes et tous les hommes éligibles pour l’enquête ainsi que pour tous les enfants de 6-59 mois, un test d’anémie. Par ailleurs, dans ce même sous-échantillon de ménages, touts les hommes et les femmes éligibles ainsi que tous les enfants de moins de 5 ans étaient sélectionnés pour être mesurés et pesés afin de déterminer leur état nutritionnel. Enfin tous les enfants de 6-59 mois dans le sous-échantillon étaient éligibles pour subir le test de dépistage du paludisme. Au cours de l’EDS-MICS 2010-11, 391 grappes sélectionnées dans l’échantillon ont été finalement enquêtées. Au total, 8 212 ménages ont été sélectionnés et parmi eux, 8 029 ménages occupés ont été identifiés au moment de l’enquête. Parmi ces 8029 ménages, 7902 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête • 11 plus de 98 % (Tableau 1). Le taux de réponse est légèrement plus élevé en milieu rural (98,6 %) qu’en milieu urbain (98,0 %). Tableau 1.1 Résultats de l’enquête ménage et de l’enquête individuelle Effectifs des ménages, nombre d’enquêtes et taux de réponses, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Milieu de résidence Résultat Urbain Rural Ensemble Enquêtes ménages Ménages sélectionnés 3 088 5 124 8 212 Ménages occupés 3 022 5 007 8 029 Ménages enquêtés 2 963 4 939 7 902 Taux de réponse des ménages 98,0 98,6 98,4 Enquêtes individuelles: femmes Nombre de femmes éligibles 6 743 10 188 16 931 Nombre de femmes éligibles enquêtées 6 192 9 496 15 688 Taux de réponses des femmes éligibles 91,8 93,2 92,7 Enquêtes individuelles: hommes Nombre d’hommes éligibles 2 427 3 241 5 668 Nombre d’hommes éligibles enquêtés 2 058 2 871 4 929 Taux de réponse des hommes éligibles 84,8 88,6 87,0 Dans les 7 902 ménages enquêtés, 16 931 femmes âgées de 15-49 ans ont été identifiées comme éligibles pour l’enquête individuelle, et pour 15 688 d’entre elles, l’interview a été menée avec succès, soit un taux de réponse de 92,7%. L’enquête homme a été réalisée dans un ménage sur trois : au total 4 929 hommes de 15-59 sur 5 668 éligibles ont été entièrement enquêtés (taux de réponses de 87%). Comme pour les femmes, les taux de réponse observés en milieu rural sont sensiblement plus élevés que ceux obtenus en milieu urbain. Activités de l’EDS-MICS L’EDS-MICS, 2010-11 s’est déroulée en quatre étapes principales : la phase préparatoire, la cartographie et le dénombrement des ménages des grappes échantillonnées (en septembre 2010), l’enquête pilote (Aout 2010) et l’enquête principale (15 octobre 2010 au 27 avril 2011). Pour chacune de ces trois dernières étapes, une formation a été dispensée aux personnes recrutées pour les besoins des activités de terrain. La phase préparatoire : La phase préparatoire a démarré en novembre 2009 avec l’élaboration du premier document de projet et a pris fin en juin 2010 juste avant la formation des agents de l’enquête pilote. Les documents de projet, de plaidoyer et les supports de collecte de l’EDS-MICS2010-11 ont été élaborés durant cette phase. La mobilisation du budget a également été faite; il en a été de même de la présentation des documents de projet et de plaidoyer ont été présentés au Ministère de la Sante et aux Partenaires Techniques et Financiers et validés par eux. Une équipe technique chargée de piloter le projet assistée par ICF MACRO/CRDH, a été mise en place au niveau de l’ANSD. Un coordonateur médical et un nutritionniste étaient recrutés et intégrés dans l’équipe technique. Deux laboratoires chargés des volets biologiques (bactériologie-virologie et parasitologie) étaient également mis à contribution. Ceux-ci avaient la charge de la formation et de la supervision de des techniciens de santé, des analyses de laboratoire et devaient participer à l’analyse des données. Le coordonnateur médical était chargé de coordonner les activités effectuées par les techniciens de santé et les laboratoires. Enquête pilote : Pour les besoins de l’enquête pilote, 20 agents (4 agents techniques de santé et 16 enquêteurs) ont été sélectionnés pour suivre une formation en 25 jours. Elle a comporté trois volets : une formation 12 • Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête sur les questionnaires papier (ménage, femme et homme), sur les tests biologiques et anthropométriques et sur les tablettes PC. La formation sur les questionnaires papier qui a duré 3 semaines a été assurée par l’encadrement de l’ESD- MICS 2010-11 (ANSD et CRDH/MACRO). La formation sur les tests biologiques et anthropométriques (anémie, VIH, parasitémie et anthropométrie a été assurée par des personnels des laboratoires de bactériologie et virologie et de parasitologie et un nutritionniste. Le troisième volet de la formation portant sur les tablettes PC (UMPC) a été par des experts de Macro et du CRDH. Tous les agents de terrain ont suivi la toute la formation, sauf le module sur les tests biologiques qui était réservé aux seuls techniciens de santé. A la fin de la formation, les agents ont reçu une formation complémentaire sur le contrôle technique, l’organisation et la logistique du terrain ainsi que sur le contact avec les autorités et les populations. L’enquête pilote a duré cinq jours et a couvert une quarantaine de ménages. Elle a été l’occasion d’apprécier la réaction des populations devant certaines questions en vue de prendre des mesures correctives, notamment dans la sensibilisation, la manipulation des UMPC, le programme de saisie Cs Pro et la formulation des questions. Les agents ont été répartis en quatre équipes. Dans chaque équipe, il y’avait, en plus des enquêtrices un chef d’équipe et un technicien de santé. Les équipes étaient réparties entre le milieu rural et le milieu urbain de la région de Dakar ; deux équipes en milieu urbain (Guédiawaye) et les deux autres en milieu rural (département de Rufisque). Cartographie et dénombrement : La formation des cartographes qui a été réalisée en septembre 2010 et les travaux de terrain de septembre à mi-octobre 2010. La formation comprenait des exposés théoriques sur la définition des concepts de base, les procédures et la méthodologie de cartographie; et ; ii) des exercices pratiques de terrain et des évaluations continues. Sur la base des différentes évaluations organisées pendant la formation, 28 agents cartographes (répartis en 7 équipes composées chacune d’un chef d’équipe et de 3 agents cartographes) ont été définitivement retenus pour mettre en œuvre la cartographie et le dénombrement des ménages dans les grappes sélectionnées. Recrutement et formation du personnel de terrain : Pour la réalisation de la collecte de l’EDS-MICS 2010-11, 110 personnes ont été retenues pour suivre la formation de l’enquête principale. Elle s’est déroulée comme pour la phase pilote en quatre phases et a été assurée par la même équipe technique. Dans cette phase, quinze jours ont été consacrés à la formation des agents sur la manipulation des tablettes UMPC. La collecte des données : Après la formation, 16 équipes ont été constituées pour le travail de terrain ; chaque équipe était composée de 3 enquêtrices chargées des enquêtes auprès des femmes, un technicien de santé pour effectuer les mesures anthropométriques, les tests du paludisme, de l’anémie et du VIH, et un chef d’équipe pour les enquêtes auprès des hommes. Ce dernier était responsable de la performance et de la gestion de son équipe. Il servait aussi d’assistant au technicien de santé pour la prise des mesures anthropométriques. En appui aux chefs d’équipe, des missions de la coordination précédaient les équipes dans les grappes pour informer et sensibiliser les autorités et les populations à les accueillir et à les aider à bien mener l’opération de collecte. La sensibilisation des autorités et les populations était faite à travers les lettres circulaires aux autorités régionales et des visites aux élus locaux. Pendant la cartographie, cette activité faisait partie des termes de référence des équipes. Des missions d’information et de sensibilisation ont été organisées avant le démarrage de la collecte des données et se sont poursuivies pendant toute la durée des travaux de terrain. Les média (radios communautaires) ont également été mis à contribution dans la sensibilisation des populations. À cet égard, un point de presse dont ont largement fait écho la Radio Télévision Nationale, les Télévisions privées, les Radios privées et la presse écrite, a été tenu dans les locaux de l’ANSD. Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête • 13 La collecte des données sur le terrain a durée 6 mois et demi (du 13 octobre 2010 au 28 avril 2011) et a permis de visiter 456 DR (391 DR de l’échantillon EDS-MICS 2010-11 et 65 DR supplémentaires8 du PMI). Pour assurer une bonne supervision des travaux de collecte, des missions de supervision rapprochées ont été organisées par l’encadrement technique. Parallèlement, ne mission de supervision organisée par le Comité National d’Ethique pour la Recherche en Santé (CNERS) a permis de s’assurer du respect des règles d’éthiques sur le terrain. Exploitation des tableaux de qualité des données : Pendant toute la durée de la collecte, un dispositif de contrôle de qualité des données à travers le suivi de certains indicateurs clés (le taux de couverture, âge des enquêtés, âges au décès des enfants, etc.) a été mis en place. Les erreurs détectées à l’occasion de ces contrôles étaient partagées avec les équipes de terrain à travers des missions de supervision de l’équipe de coordination et de contacts téléphoniques en cas d’urgence. Traitement des données : Le travail d’apurement des données se faisait au fur et à mesure de la réception des dossiers des grappes achevées. Une équipe composée d’informaticiens et de démographes corrigeait les erreurs détectées. Après la fusion des fichiers, les dernières erreurs détectées ont été traitées avec l’appui de l’expert informaticien d’ICF Macro. Analyse au laboratoire des prélèvements de sang : Les travaux d’analyse des prélèvements de sang (goutte séchée sur papier filtre) pour le test du VIH ont été effectués par le laboratoire de bactériologie virologie de l’Hôpital Aristide Le Dantec. En ce qui concerne le test du paludisme, la parasitémie était réalisée par le laboratoire de parasitologie de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Le traitement des échantillons des gouttes épaisses de sang s’est fait au fur et mesure de collecte des données sur le terrain. Quant à l’analyse des échantillons de sang pour le test du VIH, elle a démarre à la fin de la collecte pour des raisons de confidentialité des données même si les prélèvements en provenance du terrain étaient régulièrement réceptionnés au niveau du laboratoire de bactériologie et de virologie. 8 L’échantillon supplémentaire du PMI concerne six régions: Kaolack, Kaffrine, Kédougou, Kolda, Saint Louis et Tambacounda. Caractéristiques des Ménages • 15 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES 2 Awa CISSOKO ’objectif de ce chapitre est de présenter une évaluation des conditions environnementales dans lesquelles vivent les femmes, les hommes et les enfants ciblés par l’EDS-MICS 2010-2011 ainsi qu’un profil démographique et socio-économique de la population des ménages de l’enquête. La première partie de ce chapitre est consacrée à la présentation de certaines caractéristiques des logements comme le type d’approvisionnement en eau de boisson, le type de toilettes, les matériaux de revêtement du sol, la disponibilité de l’électricité et la possession de biens durables. La deuxième partie est consacrée à la présentation de certaines caractéristiques démographiques de la population des ménages telles que la structure par âge et sexe ainsi que certaines caractéristiques socio-économiques comme le milieu de résidence et la composition des ménages avec, en particulier, la présence dans le ménage d’orphelins ou d’enfants vivant sans leurs parents. La troisième partie de ce chapitre présente les données sur le niveau d’instruction des femmes et des hommes des ménages. 2.1 CONDITIONS DE VIE Les données collectées sur certaines caractéristiques du logement sont présentées pour les ménages et pour l’ensemble de la population de droit des ménages, en fonction du milieu de résidence. Provenance de l’eau de boisson Le tableau 2.1 présente la répartition des ménages et la population selon la source d’approvisionnement en eau de boisson. Les sources auxquelles s’alimentent la plupart des ménages sénégalais, quel que soit le milieu de résidence, sont une source améliorée (79 % pour l’ensemble, 94 % pour les ménages urbains et 65 % pour les ménages ruraux). L’eau de robinet vient en tête avec 69 % pour l’ensemble des ménages (88 % pour le milieu urbain et 51 % pour le milieu rural). Les autres sources améliorées (puits protégés, eau en bouteille et eau de pluie) représentent seulement 10 % pour l’ensemble des ménages (6 % pour le milieu urbain et 14 % pour le milieu rural). Les sources améliorées représentaient 70 % pour l’ensemble des ménages à l’EDS-IV de 2005, soit une augmentation de 13 % au cours des cinq dernières années. Pour le milieu urbain, la proportion de sources améliorées est passée de 91 % en 2005 à 94 % en 2010-11, soit une augmentation de 3 % ; pour le milieu rural, la proportion des sources améliorées a connu une importante augmentation de 29 % entre les deux enquêtes (50 % en 2005 contre 65 % en 2010-11). La répartition de la population selon la source d’approvisionnement en eau de boisson diffère à peine de celle des ménages. Le tableau 2.1 montre aussi que pour près de neuf ménages sénégalais sur dix (89 %), il faut moins de 30 minutes pour s’approvisionner en eau. En milieu rural, cette proportion est plus faible qu’en milieu urbain (82 % contre 97 %). La plupart du temps, l’eau ne fait l’objet d’aucun traitement avant son utilisation, surtout en zone urbaine (66 % de l’ensemble des ménages, 74 % en milieu urbain et 59 % en milieu rural). Quelques fois, les ménages traitent l’eau à l’eau de javel ou au chlore (entre 16 et 17 %) ou bien procèdent au filtrage à travers un linge (18 % dans l’ensemble). Cette dernière pratique est surtout le fait du milieu rural (29 % contre 8 % en milieu urbain). L’ébullition, la désinfection solaire et les autres procédés de filtrage (céramique, sable, etc.) sont pratiquement inconnus. L 16 • Caractéristiques des Ménages Tableau 2.1 Eau utilisée par les ménages pour boire Répartition (en %) des ménages et de la population de droit par la provenance de l'eau pour boire, le temps pour s'approvisionner en eau et par le moyen utilisé pour traiter l'eau, selon le milieu de résidence, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Ménages Population Caractéristique Urbain Rural Ensemble Urbain Rural Ensemble Source d'approvisionnement en eau de boisson Source améliorée 93,6 64,8 78,9 93,7 65,9 78,3 Robinet dans logement/concession 77,1 29,8 52,9 79,3 32,9 53,7 Robinet public/fontaine 10,5 20,9 15,8 9,7 19,1 14,9 Puits à pompe/ forage 1,0 6,4 3,7 1,0 6,1 3,8 Puits creusé protégé 2,7 7,0 4,9 2,6 7,2 5,1 Source d'eau protégée 0,1 0,2 0,2 0,1 0,2 0,1 Eau de pluie 0,0 0,3 0,1 0,0 0,3 0,2 Eau en bouteille 2,3 0,2 1,2 1,0 0,1 0,5 Source non améliorée 4,9 33,5 19,5 4,9 32,9 20,4 Puits creusé non protégée 4,3 30,4 17,7 4,5 30,2 18,7 Source d'eau non protégée 0,0 1,0 0,5 0,0 0,8 0,4 Camion citerne/charrette avec petite citerne 0,5 1,2 0,8 0,4 1,0 0,8 Eau de surface 0,0 0,9 0,5 0,0 0,9 0,5 Autre 1,5 1,7 1,6 1,4 1,2 1,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Pourcentage utilisant pour boire l'eau d'une source améliorée 93,6 64,8 78,9 93,7 65,9 78,3 Temps de trajet pour s'approvisionner en eau de boisson Eau sur place 83,3 40,5 61,4 85,2 43,9 62,4 Moins de 30 minutes 13,3 41,3 27,6 11,3 38,2 26,1 30 minutes ou plus 3,0 17,4 10,4 3,2 17,3 11,0 NSP/manquant 0,4 0,8 0,6 0,3 0,6 0,5 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Moyen de traitement de l'eau1 Ébullition 0,4 0,2 0,3 0,2 0,3 0,3 Ajout d'eau de Javel/chlore 17,0 16,0 16,5 17,2 16,0 16,6 Passée à travers un linge 7,6 28,8 18,5 8,0 29,2 19,7 Céramique, sable ou autre filtre 1,6 0,7 1,2 1,2 0,7 0,9 Désinfection solaire 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Autre 3,4 2,3 2,8 3,5 2,0 2,7 Aucun traitement 73,7 59,4 66,4 74,0 59,3 65,9 Pourcentage utilisant une méthode de traitement approprié2 23,4 39,7 31,8 22,9 40,0 32,4 Effectif 3 864 4 038 7 902 33 003 40 641 73 645 1 Les enquêtés pouvant déclarer plusieurs types de traitement, la somme des pourcentages peut excéder 100 %. 2 Les méthodes appropriées pour le traitement de l'eau comprennent l'ébullition, l’ajout de chlore, l'utilisation d'un linge pour passer l'eau, le filtrage et la désinfection solaire. Types de toilettes Avec l’amélioration de l’approvisionnement en eau, l’accès à des installations sanitaires adéquates et la promotion de pratiques hygiéniques constituent des objectifs importants pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Les résultats de l’EDS-MICS présentés au tableau 2.2 montrent que 41 % des ménages sénégalais utilisent des toilettes améliorées non partagées. Comme il fallait s’y attendre l’utilisation de toilettes améliorées est plus fréquente en milieu urbain que rural (57 % contre 26 %). Par ailleurs, près de deux ménages sur dix (19 %) ont accès à des toilettes améliorées partagées. On note également des variations importantes selon le milieu de résidence (30 % en urbain contre 9 % en rural). En outre, 40 % ménages n’ont pas accès à des toilettes améliorées (22 %) ou n’ont pas de toilettes du tout (18 %). En milieu rural, cette proportion atteint 66 % dont 33 % ne disposant pas de toilettes contre seulement 13 % en milieu urbain dont 2 % ne disposant pas de toilettes. Caractéristiques des Ménages • 17 En 2005, les proportions de ménages ne disposant pas de toilettes étaient de 23 % dans l’ensemble, et de 40 % en milieu rural contre 4 % en milieu urbain. Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages Répartition (en %) des ménages et de la population de droit par type de toilettes/latrines, selon le milieu de résidence, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Ménages Population Type de toilettes/latrines Urbain Rural Ensemble Urbain Rural Ensemble Toilettes améliorées, non partagées Chasse d'eau/chasse manuelle connectée à un système d'égout 16,2 0,6 8,2 15,0 0,9 7,2 Chasse d'eau/chasse manuelle reliée à une fosse septique 16,4 6,7 11,4 20,6 8,2 13,8 Fosse d'aisances améliorées auto- aérées 3,9 3,7 3,8 5,2 4,2 4,6 Fosses d'aisances avec dalle 16,9 13,3 15,0 20,9 14,7 17,5 Latrines à chasse manuelle 3,5 1,6 2,6 4,4 2,0 3,1 Toilettes partagées1 Chasse d'eau/chasse manuelle connectée à un système d'égout 6,9 0,2 3,5 4,1 0,1 1,9 Chasse d'eau/chasse manuelle reliée à une fosse septique 8,4 1,8 5,0 5,6 1,8 3,5 Fosse d'aisances améliorées auto- aérées 1,5 1,2 1,3 1,2 1,1 1,2 Fosse d'aisances avec dalle 10,1 4,6 7,3 7,6 4,2 5,7 Latrines à chasse manuelle 3,4 0,7 2,0 2,2 0,8 1,4 Toilettes non améliorées Latrines traditionnelles 10,9 32,9 22,1 11,7 33,3 23,6 Pas de toilettes/nature 2,0 32,8 17,7 1,4 28,7 16,5 Autre 0,1 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 3 864 4 038 7 902 33 003 40 641 73 645 1 Toilettes partagées qui seraient considérées comme "améliorées" si elles n'étaient pas partagées. Lavage des mains Le lavage des mains au savon, notamment à certaines occasions critiques (après les selles, avant de préparer à manger ou de donner à manger aux enfants) est un élément important en matière d’hygiène. L’endroit où ce lavage a lieu est également important. Ainsi, au cours de l’enquête, des questions ont été posées sur la disponibilité d’un endroit spécifique pour le lavage des mains et la disponibilité à cet endroit d’eau, de savon ou de produits nettoyants autres que le savon. Dans l’ensemble des ménages enquêtés, pour plus de la moitié (55%) un endroit précis pour se laver les mains n’a pas été observé (tableau 2.3). Le milieu urbain enregistre le pourcentage le plus élevé de ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé (56 % contre 35 % en milieu rural). Parmi les ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé, 45 % disposent de savon et de l’eau ; en milieu urbain, le pourcentage est de 57 % contre 26 % en milieu rural. Le pourcentage de ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé augmente avec le niveau du bien-être économique du ménage ; il passe de 29 % pour les ménages les plus pauvres à 74 % pour les ménages les plus riches. Il en est de même pour la disponibilité de l’eau et du savon à l’endroit réservé au lavage des mains ; le pourcentage passe de 18 % chez les ménages les plus pauvres à 68 % chez les ménages les plus riches. Dans beaucoup de ménages, surtout en milieu rural et dans les régions de Ziguinchor, Diourbel, Tambacounda, Louga, Fatick et Sédhiou, les pourcentages ne disposant que de l’eau pour laver les mains sont largement supérieurs à ceux disposant d’eau et de savon à cet effet. Enfin, un pourcentage non négligeable de ménages ne dispose pas d'eau, ni de savon, ni d’autres produits nettoyants pour se laver les mains. 18 • Caractéristiques des Ménages Tableau 2.3 Lavage des mains Pourcentage de ménages dans lesquels l'endroit utilisé le plus souvent pour se laver les mains a été observé et, parmi ces ménages, répartition (en %) par disponibilité de l'eau, de savon et d'autres produits nettoyants, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Parmi les ménages dans lesquels l'endroit pour se laver les mains a été observé Effectif de ménages dans lesquels l'endroit pour se laver les mains a été observé Caractéristique sociodémographique Pourcentage de ménages dans lesquels l'endroit pour se laver les mains a été observé Effectif de ménages Savon et eau1 Eau et produit nettoyant2 autre que le savon seulement Eau seulement Savon mais pas d'eau3 Produits nettoyants autres que le savon seulement2 Pas d'eau, ni savon, ni autre produit nettoyant Total Milieu de résidence Urbain 55,9 3 864 57,0 1,0 29,4 1,0 1,6 10,0 100,0 2 161 Rural 34,9 4 038 26,2 0,3 42,7 1,4 4,9 24,5 100,0 1 408 Région Dakar 68,4 2 112 62,5 1,6 24,6 1,0 2,0 8,3 100,0 1 445 Ziguinchor 16,2 343 34,4 0,0 47,1 2,3 0,0 16,2 100,0 56 Diourbel 54,6 810 17,0 0,0 44,5 2,2 0,3 36,0 100,0 442 Saint-Louis 35,2 558 37,6 0,0 21,3 3,2 0,0 37,9 100,0 196 Tambacounda 25,9 373 25,1 0,0 58,3 1,3 0,0 15,3 100,0 97 Kaolack 27,8 514 41,2 0,6 48,6 0,6 0,0 8,9 100,0 143 Thiès 38,0 1 017 38,4 0,0 39,2 0,7 1,2 20,5 100,0 387 Louga 39,4 496 29,4 0,0 55,6 0,7 0,0 14,3 100,0 195 Fatick 33,4 413 20,4 0,5 68,4 0,4 0,0 10,3 100,0 138 Kolda 21,9 333 33,3 0,0 29,2 2,0 0,0 35,5 100,0 73 Matam 37,4 286 59,9 0,0 30,9 0,0 0,0 9,2 100,0 107 Kaffrine 79,8 330 42,9 0,6 25,7 0,7 25,8 4,3 100,0 263 Kédougou 7,0 83 (51,9) (0,0) (37,9) (0,0) (0,0) (10,3) 100,0 6 Sédhiou 9,3 235 35,1 0,0 52,7 0,0 0,0 12,2 100,0 22 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 28,7 1 600 18,4 0,6 47,3 0,6 7,7 25,3 100,0 460 Second 29,3 1 584 28,3 0,2 39,2 1,3 5,6 25,5 100,0 464 Moyen 40,3 1 490 28,8 0,4 40,9 1,8 2,9 25,1 100,0 600 Quatrième 51,7 1 574 46,6 2,1 32,8 1,0 2,9 14,6 100,0 813 Le plus riche 74,5 1 653 67,6 0,3 26,3 1,2 0,0 4,6 100,0 1 232 Ensemble 45,2 7 902 44,8 0,7 34,6 1,2 2,9 15,7 100,0 3 569 1 Par "savon", on entend ici le savon ou un détergent en morceau, sous forme liquide, en poudre ou sous forme de pâte. Cette colonne inclut les ménages possédant du savon et de l'eau seulement ainsi que ceux qui possèdent du savon et de l'eau et un autre détergent. 2 Les produits nettoyants autres que le savon incluent des produits disponibles localement comme la cendre, la boue ou du sable 3 Y compris les ménages disposant de savon seulement ainsi que ceux qui disposent de savon et d'autres produits nettoyants ( ) Basé sur un effectif non pondéré entre 25 et 49 cas. Caractéristiques des logements Le tableau 2.4 présente certaines caractéristiques du logement. Dans l’ensemble, les résultats montrent que 57 % des ménages enquêtés (contre 47 % à l’EDS-IV de 2005) disposent de l’électricité. Les résultats mettent en évidence des disparités importantes selon le milieu de résidence. Le milieu rural est nettement plus défavorisé, seulement 27 % des ménages y disposant de l’électricité, contre 88 % en milieu urbain (graphique 2.1). Toutefois, il faut noter qu’entre 2005 et 2010-11, le niveau d’accès des ménages à l’électricité dans le milieu rural a connu une progression rapide (16 % à 27 %). Ce résultat est cohérent avec l’accélération de la mise en œuvre de la politique d’électrification villageoise au cours des dix dernières années. Certains types de revêtement du sol peuvent faciliter la propagation de certains germes responsables de maladies. Pour cette raison, des questions ont été posées sur le type de matériau composant le revêtement du sol des pièces à usage d’habitation du logement. Au Sénégal, 64 % des ménages ont un logement dont le sol est en ciment, en carreaux ou en vinyle (contre 64 % à l’EDS-IV de 2005) et pour 30 % des ménages, le sol est revêtu de terre ou de sable (contre 31 % en 2005). En milieu rural, les ménages vivent plus fréquemment dans un logement dont le sol est recouvert de terre/sable (48 %) et de ciment (36 %). En milieu urbain, dans 45 % des cas, les ménages vivent dans un logement dont le sol est recouvert de ciment et dans 34 % des cas, le sol est recouvert de carreaux. Caractéristiques des Ménages • 19 Le tableau 2.4 présente aussi la répartition des ménages selon le nombre de pièces utilisées pour dormir. Dans 67 % des cas, les ménages utilisent trois pièces ou plus pour dormir et dans 19 % des cas, deux pièces. On constate également que 69 % des ménages cuisinent à l’intérieur de la maison, alors que, dans 17 % des cas, la cuisine se fait dans un bâtiment séparé et que 12 % des ménages cuisinent à l’extérieur. Cette proportion est plus élevée en milieu urbain que rural (10 % contre 13 %). Pour évaluer le niveau de pollution à l’intérieur du logement, on a demandé quel était le combustible utilisé par le ménage pour cuisiner. On constate, au niveau global, que plus de la moitié des ménages (53 %) utilisent du bois à bruler ou de la paille. Cette proportion varie de manière importante entre les deux milieux de résidence, de 83 % en rural à 21 % en urbain. Les ménages du milieu urbain utilisent plus fréquemment du gaz pour cuisiner (59 %). Dans l'ensemble, la majorité des ménages (66 %) utilisent des combustibles solides pour cuisiner. Tableau 2.4 Caractéristiques du logement Répartition (en %) des ménages en fonction de certaines caractéristiques du logement, et pourcentage utilisant du combustible solide pour cuisiner; Répartition (en%)des ménages en fonction de la fréquence à laquelle on fume dans le logement, selon le milieu de résidence, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Milieu de résidence Caractéristique du logement Urbain Rural Ensemble Électricité Oui 87,8 26,6 56,5 Non 12,2 73,4 43,5 Total 100,0 100,0 100,0 Matériau de revêtement du sol Terre, sable 11,6 47,6 30,0 Bouse 0,2 7,4 3,9 Planches en bois 0,0 0,1 0,0 Palmes/bambou 0,0 0,4 0,2 Parquet ou bois ciré 0,2 0,1 0,2 Bandes de vinyle u asphalte 6,6 2,0 4,2 Carrelage 33,8 5,9 19,5 Ciment 44,7 36,0 40,2 Moquette 2,7 0,6 1,6 Autre 0,1 0,0 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 Pièces utilisées pour dormir Une 21,2 8,0 14,4 Deux 18,5 19,4 19,0 Trois ou plus 60,3 72,6 66,6 Total 100,0 100,0 100,0 Endroit pour cuisiner Dans la maison 72,5 66,2 69,3 Dans un bâtiment séparé 14,7 20,0 17,4 A l'extérieur 10,4 13,3 11,9 Autre 2,4 0,5 1,5 Total 100,0 100,0 100,0 Combustible utilisé pour cuisiner Électricité 2,0 0,5 1,2 GPL/gaz naturel/biogaz 59,3 5,1 31,6 Charbon de bois 15,5 8,2 11,8 Bois à bruler/paille 20,8 82,8 52,5 Bouse 0,1 2,7 1,4 Autre 2,3 0,7 1,5 Total 100,0 100,0 100,0 Pourcentage utilisant un combustible solide pour cuisiner1 36,4 93,7 65,7 Effectif 3 864 4 038 7 902 GPL = Gaz propane liquéfié 1 Inclut : Charbon/lignite, Charbon de bois, Bois, Paille/branchages/herbe, Résidus agricoles et Bouse 20 • Caractéristiques des Ménages Biens possédés par les ménages Au cours de l’enquête, pour évaluer le niveau socioéconomique des ménages, on a cherché à savoir si les ménages possédaient certains biens considérés comme des indicateurs du niveau socioéconomique et de leur niveau d’accès à l’information et aux services sociaux de base. Dans l’ensemble, l’essentiel des ménages possèdent au moins un bien durable (tableau 2.5). Près de neuf ménages sur dix (88 %) possèdent un téléphone mobile qui constitue ainsi, et de loin, le canal de communication le plus répandu au Sénégal, que ce soit en milieu urbain (95 %) ou en milieu rural (82 %). Outre le téléphone portable, les biens les plus fréquemment possédés par les ménages sénégalais sont la radio (74 %), la télévision (52 %), la charrette (25 %) et le réfrigérateur (22 %). En milieu urbain, sauf pour le cas de la charrette, la proportion de ménages qui possèdent chacun de ces biens est plus élevée qu’en milieu rural (par exemple 79 % des ménages urbains possèdent une télévision contre seulement 26 % en milieu rural, pour le réfrigérateur, les proportions sont respectivement de 39 % et de 6 %). Quintiles de bien-être économique des ménages Le tableau 2.6 présente la répartition de la population de droit par quintile de bien-être économique selon le milieu de résidence et la région. L’indice de bien-être économique est construit à partir des données sur les biens des ménages et en utilisant l’analyse en composante principale. Les informations sur les biens des ménages proviennent Tableau 2.5 Biens possédés par les ménages Pourcentage de ménages possédant certains équipements, des moyens de transport de la terre agricole et du bétail/animaux de ferme selon le milieu de résidence, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Milieu de résidence Possession Urbain Rural Ensemble Biens possédés par le ménage Radio 76,8 70,6 73,6 Télévision 79,4 25,5 51,8 Téléphone portable 95,4 81,7 88,4 Téléphone fixe 20,9 4,3 12,4 Réfrigérateur 38,5 5,9 21,9 Moyens de transport Bicyclette 13,4 19,6 16,6 Charette tirée par un animal 5,3 44,1 25,1 Motocyclette/scooter 10,3 6,0 8,1 Voiture/camion 3,2 2,3 2,7 Possession de terre agricole 17,0 76,0 47,1 Possession d'animaux de ferme1 33,6 81,5 58,1 Effectif 3 864 4 038 7 902 1 Bétail, vaches, taureaux, chevaux, ânes, chèvres, moutons ou poulets Graphique 2.1 Caractéristiques des logements selon le milieu de résidence EDS-MICS 2010-11 88 12 0 7 34 45 3 0 2 59 16 21 0 2 27 48 7 2 6 36 1 1 1 5 8 83 3 1 ÉLECTRICITÉ MATÉRIAU DE REVÊTEMENT DU SOL Terre, sable Bouse Bandes de vinyle/asphalte Carrelage Ciment Moquette Autre COMBUSTIBLE POUR CUISINER Électricité GPL/gaz naturel/biogaz Charbon de bois Bois à bruler/paille Bouse Autre 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Pourcentage Urbain Rural Caractéristiques des Ménages • 21 du questionnaire ménage de l’EDS-MICS 2010-2011 sur la possession par les ménages de certains biens de consommation et sur certaines caractéristiques du logement comme la disponibilité de l’électricité, le type d’approvisionnement en eau, le type de toilettes, le matériau de revêtement du sol, le nombre de personnes par pièce pour dormir et le combustible utilisé pour cuisiner. On a affecté à chacun de ces biens et caractéristiques un poids (score ou coefficient) généré à partir d’une analyse en composante principale. Les scores des biens qui en résultent sont standardisés selon une distribution normale standard de moyenne 0 et d’écart type 1 (Gwatkin, Rutstein, Johnson, Pande et Wagstaff, 2000). On attribue ensuite à chaque ménage un score pour chaque bien et on fait la somme de tous les scores par ménage ; les individus sont classés en fonction du score total du ménage dans lequel ils résident. L’échantillon est ensuite divisé en quintile de population, chaque quintile correspondant à un niveau allant de 1 (le plus pauvre) à 5 (le plus riche). Dans l’ensemble, les résultats présentés dans le tableau 2.6 montre que le niveau de bien être économique est plus bas en milieu rural qu’en milieu urbain ; on enregistre 5 % de ménages de niveau de bien être économique « plus riche » en milieu rural, contre 39 % en milieu urbain. Par contre, pour les ménages les plus pauvres, le pourcentage passe de 35 % en milieu rural à 2 % en milieu urbain. Par rapport à la région, Dakar est de loin la région qui enregistre le plus de ménages de niveau de la catégorie la plus riche (56 %) ; elle est suivie des régions de Diourbel (19 %) et de Thiès (15 %). Par contre, les régions de Kédougou, Kolda et Tambacounda ont les pourcentages de ménages de la catégorie la plus pauvre les plus élevés (respectivement 61 %, 54 % et 53 %). Tableau 2.6 Quintiles de bien-être économique Répartition (en %) de la population de droit par quintile de bien-être économique et coefficient de Gini, selon le milieu de résidence et la région, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Quintiles de bien-être économique Milieu résidence/région Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche Total Effectif d'enquêtés Coefficient de Gini Milieu de résidence Urbain 1,9 5,9 19,6 33,9 38,8 100,0 33 003 14,0 Rural 34,7 31,5 20,4 8,7 4,8 100,0 40 641 25,3 Région Dakar 0,0 1,9 8,1 33,8 56,2 100,0 17 015 7,5 Ziguinchor 7,8 30,7 37,2 17,7 6,6 100,0 2 770 16,6 Diourbel 17,7 15,7 23,5 23,6 19,5 100,0 8 123 22,4 Saint-Louis 15,8 21,2 35,6 18,7 8,8 100,0 4 881 25,2 Tambacounda 52,9 24,8 15,4 5,1 1,8 100,0 3 756 31,6 Kaolack 23,8 36,8 17,6 12,5 9,2 100,0 5 638 30,3 Thiès 6,1 22,0 29,8 27,4 14,8 100,0 9 640 19,9 Louga 31,9 20,9 21,6 16,1 9,6 100,0 5 135 26,6 Fatick 31,5 35,5 20,8 8,2 4,0 100,0 4 061 27,9 Kolda 54,4 23,8 14,0 5,0 2,8 100,0 3 489 31,7 Matam 27,5 27,3 25,2 15,9 4,1 100,0 2 926 22,8 Kaffrine 46,2 29,7 15,4 7,0 1,7 100,0 3 021 25,7 Kédougou 61,3 19,0 13,8 4,6 1,3 100,0 648 24,9 Sédhiou 38,0 38,3 20,0 2,2 1,4 100,0 2 540 21,0 Ensemble 20,0 20,0 20,0 20,0 20,0 100,0 73 645 29,9 2.2 CARACTERISTIQUES DES MEMBRES DES MÉNAGES Structure par âge et par sexe de la population Dans les 7 902 ménages enquêtés avec, 73 365 personnes résidentes de fait (ayant passé la nuit précédant l’enquête dans le ménage) ont été dénombrées. Au tableau 2.7, on relève en premier lieu, un déséquilibre dans la structure par sexe. En effet, le rapport de masculinité qui est de 89 hommes pour 100 femmes indique une sous représentation des hommes par rapport aux femmes. Ce rapport de masculinité est cependant cohérent avec ceux observés dans des enquêtes antérieures : 91 hommes pour 100 femmes à l’EDS de 1992-1993, 89 à celle de 1997 et 90 à celle de 2005. Cette sous représentation des hommes résulte en partie des phénomènes migratoires qui touchent davantage les hommes. 22 • Caractéristiques des Ménages Le déficit d’hommes est plus prononcé en milieu rural qu’en milieu urbain (rapport de masculinité de 87 hommes pour 100 femmes contre 92 en milieu urbain). À l’EDS-IV de 2005, ce rapport de masculinité était de 87 hommes pour 100 femmes pour le milieu rural contre 93 en milieu urbain. En outre, l’examen de la structure par âge révèle que la population est jeune : 45 % ont moins de 15 ans et seulement 5 % ont plus de 65 ans. Ces résultats sont concordants avec ceux observés dans des enquêtes antérieures. La pyramide des âges (graphique 2.2) qui présente une base élargie qui se rétrécit rapidement au fur et à mesure que l’on avance vers les âges élevés, illustre cette jeunesse de cette population. Cette forme de pyramide des âges est caractéristique des populations à forte fécondité et à mortalité élevée. Toutefois, il faut noter que l’on assiste de plus en plus à un vieillissement de la population qui se traduit par une diminution progressive de la part des moins de 15 ans, au cours des dernières années : 48 % dans l’EDS de 1997 contre 45 % à celles de 2005 et de 2010-11. La diminution de la proportion des moins de 15 ans est plus prononcée en milieu urbain (17,4 points de pourcentage) qu’en milieu rural (0,9 point), au cours de la période 1997-2005. En outre, cette proportion est restée identique durant la période allant de 2005 à 2010-2011, aussi bien en milieu urbain (38 %) qu’en milieu rural (50 %). Tableau 2.7 Population des ménages par âge, selon le sexe et le milieu de résidence Répartition (en %) de la population de fait des ménages par groupe d'âges quinquennal, selon le sexe et le milieu de résidence, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Urbain Rural Ensemble Groupe d'âges Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble <5 14,8 13,1 13,9 21,1 17,4 19,1 18,2 15,5 16,8 5-9 12,7 11,8 12,2 19,2 16,2 17,6 16,3 14,3 15,2 10-14 11,8 11,5 11,7 14,4 13,0 13,6 13,2 12,3 12,8 15-19 10,8 10,4 10,6 9,4 8,9 9,2 10,1 9,6 9,8 20-24 10,2 10,5 10,4 6,2 8,2 7,3 8,1 9,2 8,7 25-29 8,5 8,6 8,6 4,8 6,8 5,9 6,5 7,6 7,1 30-34 6,9 6,9 6,9 4,0 5,7 4,9 5,3 6,2 5,8 35-39 4,9 5,7 5,3 3,5 4,7 4,2 4,1 5,2 4,7 40-44 3,9 4,4 4,2 3,3 3,5 3,4 3,6 3,9 3,8 45-49 3,0 3,0 3,0 2,5 2,5 2,5 2,7 2,7 2,7 50-54 3,1 4,3 3,7 2,5 4,2 3,4 2,8 4,2 3,5 55-59 2,5 2,9 2,7 1,9 2,3 2,1 2,2 2,6 2,4 60-64 1,8 2,0 1,9 2,1 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 65-69 1,2 1,3 1,2 1,3 1,3 1,3 1,2 1,3 1,3 70-74 1,4 1,2 1,3 1,6 1,6 1,6 1,5 1,5 1,5 75-79 0,6 0,7 0,6 0,8 0,6 0,7 0,7 0,6 0,7 80 + 0,8 1,0 0,9 1,0 0,9 1,0 0,9 0,9 0,9 Ne sait pas/manquant 1,1 0,5 0,8 0,2 0,1 0,1 0,6 0,3 0,4 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 15 774 17 127 32 901 18 806 21 658 40 464 34 580 38 785 73 365 Note: Le total inclut X individus pour lesquels le sexe n'a pas été déclaré. Par ailleurs, la structure par âge présente peu d’irrégularités au niveau de chaque sexe mis à part le déficit en hommes souligné précédemment. Néanmoins, pour la population féminine, on observe un gonflement des effectifs à 50-54 ans, au détriment du groupe d’âge 45-49 ans. Cela est vraisemblablement dû à un transfert d’effectifs du groupe 45-49 ans vers le groupe 50-54 ans. Caractéristiques des Ménages • 23 Taille et composition des ménages Le tableau 2.8 révèle que dans l’ensemble, au Sénégal, l’essentiel des ménages sont dirigés par des hommes. En effet, dans 75 % des cas, les chefs de ménage sont des hommes ; néanmoins dans un ménage sur quatre (25 %), le chef de ménage est une femme. Cette proportion est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (32 % et 18 % respectivement). Au cours de la période 1992-2011, on note une augmentation progressive de la proportion de chefs de ménage femmes tant au niveau national que dans chaque type de milieu de résidence. Au niveau national, entre 1992- 1993 et 1997, elle était passée de 16 % à 18 %, soit une augmentation relative de 13 % ; entre 1997 et 2005, elle est passée de 18 % à 23 %, (soit une augmentation de 28 %) et, enfin, entre 2005 et 2010-2011, cette proportion est passée de 23 % à 25 %, soit une augmentation relative de 9 %. En milieu urbain, la proportion de chefs de ménage femmes est passée de 23 % en 1992-1993 à 26 % en 1997, de 29 % en 2005 et à 32 % en 2010-2011, (soit une augmentation relative de 39 % entre 1992-1993 et 2010-2011). En milieu rural, l’augmentation a été moins importante; la proportion étant passée de 11 % en 1992-93 à 13 % en 1997, de 17 % en 2005 et à 18% en 2010-2011. Cette augmentation importante de la proportion de ménages dirigés par une femme peut s'expliquer en grande partie par l’émigration qui touche davantage les hommes. Tableau 2.8 Composition des ménages Répartition (en %) des ménages par sexe du chef de ménage et par taille du ménage; taille moyenne du ménage; pourcentage de ménages avec des orphelins et des enfants de moins de 18 ans vivant sans leurs parents, selon le milieu de résidence, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Milieu de résidence Caractéristique Urbain Rural Ensemble Chef de ménage Homme 67,6 82,5 75,2 Femme 32,4 17,5 24,8 Total 100,0 100,0 100,0 Nombre de membres habituels 0 0,0 0,0 0,0 1 5,1 1,8 3,4 2 6,0 2,1 4,0 3 6,5 3,6 5,0 4 8,3 5,4 6,8 5 8,8 7,9 8,3 6 9,7 10,0 9,9 7 8,7 8,6 8,6 8 7,4 8,9 8,1 9+ 39,5 51,7 45,8 Total 100,0 100,0 100,0 Taille moyenne du ménage 8,5 10,1 9,3 Pourcentage de ménages avec des orphelins et des enfants de moins de 18 ans vivant sans leurs parents Enfants vivants sans leurs parents1 33,4 42,5 38,1 Orphelin double 1,6 1,7 1,6 Orphelin simple2 16,5 19,1 17,8 Enfant orphelin et/ou vivant sans leurs parents 37,9 48,0 43,1 Effectif de ménages 3 864 4 038 7 902 Note: Le tableau est basé sur la population de droit des ménages, c'est-à- dire les résidents habituels. 1 Les enfants vivant sans leurs parents sont les enfants de moins de 18 ans qui vivent dans un ménage dans lequel il n'y a ni leur père, ni leur mère. 2 Comprend les enfants dont l'un des parents est décédé et dont l'état de survie de l'autre est inconnu. EDS-MICS 2010-11 Graphique 2.2 Pyramide des âges de la population 80 + 75-79 70-74 65-69 60-64 55-59 50-54 45-49 40-44 35-39 30-34 25-29 20-24 15-19 10-14 5-9 <5 Âge 0246810 0 2 4 6 8 10 Hommes Femmes Pourcentage 24 • Caractéristiques des Ménages Le tableau 2.8 qui présente également la taille moyenne des ménages montre que les ménages sénégalais sont de grande taille : un ménage compte en moyenne 9,3 personnes. À l’EDS-IV de 2005, cette taille moyenne était de 8,7 personnes. La dispersion autour de la moyenne est assez importante puisque 43 % des ménages compte 9 personnes ou plus. Les ménages ruraux sont de plus grande taille que ceux du milieu urbain (respectivement 10,1 et 8,5 personnes en moyenne). Il convient de noter que les ménages de taille supérieure ou égale à 5 personnes sont plus fréquents en milieu rural. Entre 2005 et 2010-2011, on note une augmentation de la taille moyenne des ménages aussi bien en milieu urbain (7,8 contre 8,5 personnes) qu’en milieu rural (9,5 contre 10,1 personnes). Le tableau 2.8 présente également les proportions de ménages qui comprennent des enfants de moins de 18 ans orphelins ou vivant sans leurs parents. Parmi les ménages, 43 % comptent des enfants orphelins ou vivant sans leurs parents et cette proportion est plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (48 % contre 38 %). Dans 38 % des cas, les ménages comprennent des enfants vivant sans leurs parents et, ici aussi, cette proportion est plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (43 % contre 33 %). La proportion de ménages qui abritent des orphelins simples (un seul parent décédé) s’élève à 18 % et elle varie peu selon les milieux de résidence. Enfin, moins de 2 % des ménages abritent des orphelins doubles (les deux parents décédés) et cette proportion est la même dans les deux milieux. 2.3 NIVEAU D’INSTRUCTION ET FRÉQUENTATION SCOLAIRE Au cours de l’enquête, des informations relatives au niveau d’instruction atteint et à la dernière classe achevée à ce niveau ont été collectées pour toutes les personnes âgées de 6 ans et plus recensées dans le ménage. L’instruction de la population et surtout celle des femmes est un élément important pour l’amélioration des conditions de vie des ménages. Entre autres, le niveau d’instruction des membres du ménage influe sur le comportement procréateur, le recours à la contraception moderne, le comportement en matière de santé, la scolarisation des autres membres du ménage, ainsi que sur les habitudes en matière d’hygiène et de nutrition. Malgré les efforts importants consentis par le gouvernement en matière d’éducation, le niveau d’instruction de la population de 6 ans et plus, demeure encore faible, surtout chez les femmes. Dans l’ensemble, environ un homme sur deux (48 %) et près de six femmes sur dix (57 %) n’ont aucune instruction (tableaux 2.9.1 et 2.9.2). On note également que quel que soit le niveau atteint, les hommes sont plus scolarisés que les femmes. Par ailleurs, seulement 3 % des hommes et 3 % des femmes ont achevé le niveau primaire, tandis que 28 % des hommes et 26 % des femmes n’ont pas achevé ce cycle. Seulement 1 % des hommes et moins de 1 % des femmes ont déclaré avoir achevé le cycle secondaire alors que la proportion de ceux qui ont déclaré n’avoir pas terminé le cycle secondaire est de 15 % chez les hommes et de 11 % chez les femmes. L’examen des résultats selon l’âge met en évidence une nette amélioration du niveau de scolarisation des générations anciennes aux plus récentes. En effet, la proportion d’hommes sans aucune instruction passe de 81 % chez ceux âgés de 65 ans et plus, à 33 % chez ceux de 10-14 ans. Chez les femmes, les progrès ont été plus rapides au cours de la période récente. En effet, la proportion de celles sans instruction passe de 94 % parmi celles de 65 ans et plus, à 41 % chez celles de 15-19 ans et 31 % à 10-14 ans. Caractéristiques des Ménages • 25 Tableau 2.9.1 Niveau d'instruction de la population des ménages: Femme Répartition (en %) de la population de fait des femmes des ménages âgées de six ans et plus, en fonction du plus haut niveau d'instruction atteint ou achevé et nombre médian d'années complétées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Aucun Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Ne sait pas/ manquant Total Effectif Nombre médian d'années complétées Groupe d’âges 6-9 46,8 52,7 0,0 0,3 0,0 0,0 0,2 100,0 4 443 0,0 10-14 30,7 53,3 4,9 10,5 0,0 0,0 0,5 100,0 4 785 2,3 15-19 40,9 19,3 3,8 35,0 0,1 0,1 0,6 100,0 3 726 3,4 20-24 52,9 19,7 2,7 19,4 1,5 2,9 0,9 100,0 3 570 0,0 25-29 59,8 20,7 4,2 8,8 1,6 3,7 1,2 100,0 2 957 0,0 30-34 62,6 19,1 4,4 9,3 0,7 3,1 0,9 100,0 2 422 0,0 35-39 67,7 16,4 4,5 7,8 0,8 1,8 1,0 100,0 2 004 0,0 40-44 73,6 10,0 4,1 8,1 0,9 2,8 0,5 100,0 1 519 0,0 45-49 74,5 10,2 3,6 9,3 0,8 1,4 0,2 100,0 1 052 0,0 50-54 81,1 7,9 1,9 6,2 0,9 1,0 1,0 100,0 1 643 0,0 55-59 78,8 7,2 3,0 8,7 0,7 0,9 0,7 100,0 997 0,0 60-64 84,5 4,9 2,9 5,2 0,8 1,0 0,7 100,0 766 0,0 65+ 94,4 2,7 0,5 0,7 0,1 0,4 1,2 100,0 1 678 0,0 Ne sait pas/manquant 67,9 6,6 3,5 3,8 6,4 7,8 4,0 100,0 105 0,0 Milieu de résidence Urbain 38,7 32,0 4,8 19,3 1,3 2,9 1,0 100,0 14 430 1,9 Rural 71,6 21,2 1,8 4,8 0,1 0,1 0,5 100,0 17 238 0,0 Région Dakar 33,4 34,2 4,7 19,7 1,8 5,0 1,2 100,0 7 330 2,9 Ziguinchor 33,9 33,6 6,4 23,8 1,3 0,5 0,5 100,0 1 175 2,4 Diourbel 80,0 12,5 1,4 5,2 0,2 0,1 0,5 100,0 3 729 0,0 Saint-Louis 51,6 30,5 4,2 12,3 0,1 0,6 0,7 100,0 2 086 0,0 Tambacounda 68,0 24,7 2,1 4,9 0,0 0,1 0,1 100,0 1 503 0,0 Kaolack 61,1 26,2 2,5 9,4 0,2 0,2 0,4 100,0 2 469 0,0 Thiès 56,0 25,5 4,1 12,5 0,3 0,6 1,1 100,0 4 190 0,0 Louga 75,3 17,0 1,8 4,9 0,1 0,2 0,8 100,0 2 320 0,0 Fatick 54,6 30,8 1,5 12,1 0,3 0,2 0,6 100,0 1 672 0,0 Kolda 59,5 30,6 2,2 7,1 0,3 0,2 0,2 100,0 1 369 0,0 Matam 69,2 22,9 1,6 5,6 0,2 0,2 0,4 100,0 1 247 0,0 Kaffrine 78,6 15,4 1,7 3,6 0,4 0,0 0,3 100,0 1 277 0,0 Kédougou 54,6 35,5 1,6 7,2 0,0 0,0 1,0 100,0 263 0,0 Sédhiou 63,6 27,3 1,9 6,8 0,1 0,1 0,3 100,0 1 039 0,0 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 74,8 21,2 1,0 2,7 0,0 0,0 0,3 100,0 5 941 0,0 Second 69,1 22,9 1,7 5,6 0,0 0,0 0,5 100,0 6 202 0,0 Moyen 58,8 26,5 3,4 10,2 0,2 0,1 0,6 100,0 6 281 0,0 Quatrième 50,4 30,2 4,0 13,7 0,5 0,7 0,5 100,0 6 472 0,0 Le plus riche 33,0 29,1 5,2 23,4 2,2 5,5 1,6 100,0 6 773 3,8 Ensemble 56,6 26,1 3,1 11,4 0,6 1,4 0,7 100,0 31 668 0,0 1 A achevé avec succès les 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès les 7 classes du niveau secondaire. 26 • Caractéristiques des Ménages Tableau 2.9.2 Niveau d'instruction de la population des ménages: Homme Répartition (en %) de la population de fait des hommes des ménages âgés de six ans et plus, en fonction du plus haut niveau d'instruction atteint ou achevé et nombre médian d'années complétées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Aucun Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Ne sait pas/ manquant Total Effectif Nombre médian d'années complétées Groupe d’âges 6-9 49,9 49,5 0,0 0,2 0,0 0,0 0,5 100,0 4 460 0,0 10-14 33,2 51,7 3,7 11,0 0,0 0,0 0,5 100,0 4 571 2,1 15-19 33,6 18,8 3,4 42,7 0,5 0,1 0,9 100,0 3 477 4,6 20-24 42,1 18,3 2,5 29,3 1,5 4,9 1,4 100,0 2 785 3,2 25-29 47,0 20,0 5,1 15,6 2,6 7,4 2,5 100,0 2 242 1,5 30-34 45,6 23,9 6,7 12,6 2,0 5,2 4,0 100,0 1 848 1,2 35-39 51,2 16,9 3,8 13,9 2,2 7,6 4,3 100,0 1 426 0,0 40-44 54,9 14,0 3,4 14,9 3,6 5,0 4,2 100,0 1 237 0,0 45-49 59,5 12,5 4,4 11,9 2,0 5,3 4,4 100,0 938 0,0 50-54 59,1 10,8 5,8 12,4 2,7 5,0 4,2 100,0 952 0,0 55-59 67,1 7,8 3,7 10,5 2,7 4,8 3,3 100,0 767 0,0 60-64 74,7 7,4 3,2 4,3 1,8 5,5 3,1 100,0 683 0,0 65+ 80,5 5,0 2,5 4,5 1,1 3,1 3,3 100,0 1 520 0,0 NSP/manquant 69,4 8,6 1,5 3,6 0,0 1,9 14,9 100,0 201 0,0 Milieu de résidence Urbain 29,1 31,7 5,0 23,2 2,2 5,6 3,2 100,0 13 008 3,6 Rural 64,6 23,7 1,6 8,3 0,3 0,4 1,1 100,0 14 099 0,0 Région Dakar 25,3 32,8 5,1 22,9 2,4 8,0 3,5 100,0 6 915 4,2 Ziguinchor 21,0 35,4 6,3 29,5 2,4 2,5 2,9 100,0 1 132 4,3 Diourbel 75,8 14,1 1,5 6,6 0,5 0,7 0,8 100,0 2 612 0,0 Saint-Louis 47,4 29,9 3,9 14,9 1,0 1,6 1,3 100,0 1 725 0,0 Tambacounda 62,9 25,8 1,8 8,3 0,4 0,5 0,3 100,0 1 419 0,0 Kaolack 53,7 26,2 2,2 14,5 0,2 1,3 1,9 100,0 1 901 0,0 Thiès 47,3 27,0 3,5 16,0 1,5 1,6 3,1 100,0 3 731 0,0 Louga 72,4 17,1 1,1 7,2 0,3 0,6 1,2 100,0 1 786 0,0 Fatick 43,2 35,7 2,0 15,0 0,4 1,7 2,0 100,0 1 465 0,2 Kolda 46,0 33,8 3,2 14,0 0,5 1,3 1,2 100,0 1 257 0,0 Matam 68,7 19,6 2,0 8,1 0,3 0,6 0,7 100,0 1 002 0,0 Kaffrine 76,0 15,5 1,5 6,0 0,4 0,4 0,3 100,0 1 045 0,0 Kédougou 32,3 49,6 1,6 13,9 0,6 0,6 1,3 100,0 229 1,1 Sédhiou 42,6 35,6 2,7 16,9 0,4 0,9 0,9 100,0 888 0,3 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 70,4 22,8 1,2 4,9 0,1 0,1 0,5 100,0 5 216 0,0 Second 60,8 26,4 1,7 9,4 0,2 0,3 1,2 100,0 5 137 0,0 Moyen 48,8 29,1 3,2 15,7 0,6 0,9 1,7 100,0 5 518 0,0 Quatrième 39,4 30,6 4,5 18,9 1,3 2,2 3,2 100,0 5 546 1,3 Le plus riche 21,5 28,5 5,4 27,0 3,6 10,5 3,6 100,0 5 690 4,8 Ensemble 47,6 27,5 3,2 15,4 1,2 2,9 2,1 100,0 27 106 0,0 1 A achevé avec succès les 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès les 7 classes du niveau secondaire. De même, dans les jeunes générations, les proportions de femmes et d’hommes ayant fréquenté l’école primaire sont très proches: à 15-19 ans, 23 % des femmes ont déclaré avoir atteint le niveau primaire contre 22 % des hommes ; à 20-24 ans les pourcentages correspondants pour les femmes et pour les hommes sont de 22 % et 21 %. Par contre, l’accès au cycle secondaire ou plus reste encore limité pour les femmes : à 15-19 ans, 35 % des femmes contre 43 % des hommes ont déclaré avoir atteint un niveau secondaire ou plus, et à 20-24 ans, ces proportions sont respectivement de 21 et 31 %. Le pourcentage plus élevé de non instruits chez les enfants de 6-9 ans par rapport à ceux de 10-14 ans (respectivement 50 % contre 33 % chez les garçons et 47 et 31% chez les filles) s’expliquerait par le fait que certains enfants de 6-9 ans n’ont pas encore intégré le système scolaire. Par ailleurs, aussi bien pour les femmes que pour les hommes, les écarts entre les villes et les campagnes sont énormes. En milieu urbain, 29 % des hommes et 39 % des femmes n’ont aucun niveau d’instruction, contre respectivement 65 % et 72 % en milieu rural. En outre, en milieu urbain, les proportions de personnes ayant atteint Caractéristiques des Ménages • 27 un niveau secondaire ou plus sont de 31 % pour les hommes et 24 % pour les femmes, contre respectivement 9 % et 5 % en milieu rural. Les disparités entre les régions sont également importantes. Les régions de Dakar (25 % des hommes et 33 % des femmes) et de Ziguinchor (21 % des hommes et 34 % des femmes) se caractérisent par les plus faibles proportions de non scolarisées. À l’opposé, la région de Diourbel détient le plus faible niveau de scolarisation : 76 % des hommes et 80 % des femmes n’ont aucun niveau d’instruction. Elle est suivie par celle de Kaffrine dans laquelle 76 % des hommes et 79 % des femmes n’ont jamais été à l’école (graphique 2.3). Enfin, la scolarisation est positivement corrélée avec le niveau de bien-être économique du ménage. En effet, plus le niveau de bien-être est élevé, plus les proportions de personnes n’ayant jamais été à l’école sont faibles : pour les hommes, elles passent de 70 % dans le quintile le plus pauvre à 22 % dans le plus riche ; chez les femmes, ces proportions sont respectivement de 75 et 33 %. Au cours de l’enquête, des questions concernant la fréquentation scolaire ont également été posées à toutes les personnes âgées de 6 à 24 ans. Le tableau 2.10 présente les taux nets et les taux bruts de fréquentation scolaire selon le niveau d’instruction, le sexe et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Graphique 2.3 Proportion de femmes et d’hommes sans instruction selon le milieu de résidence et la région Ur ba in Ru ral Da ka r Zig uin ch or Dio urb el Sa int -Lo uis Ta mb ac ou nd a Ka ola ck Th iès Lo ug a Fa tic k Ko lda Ma tam Ka ffri ne Ké do ug ou Sé dh iou 0 20 40 60 80 100 Âge Hommes Femmes EDS-MICS 2010-11 28 • Caractéristiques des Ménages Tableau 2.10 Taux de fréquentation scolaire Taux net de fréquentation scolaire (TNF) et taux brut de fréquentation scolaire (TBF) de la population de fait des ménages, par sexe et niveau d'études, et indice de parité entre les genres selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Taux net de fréquentation scolaire1 Taux brut de fréquentation scolaire2 Homme Femme Ensemble Indice de parité entre les genres3 Homme Femme Ensemble Indice de parité entre les genres3 NIVEAU PRIMAIRE Milieu de résidence Urbain 71,2 73,3 72,2 1,03 96,9 100,1 98,5 1,03 Rural 41,3 45,9 43,6 1,11 60,9 66,5 63,7 1,09 Région Dakar 73,2 74,2 73,7 1,01 99,7 98,7 99,2 0,99 Ziguinchor 81,6 87,2 84,2 1,07 114,2 122,4 118,0 1,07 Diourbel 22,1 26,3 24,3 1,19 33,4 37,3 35,4 1,12 Saint-Louis 60,0 70,5 65,3 1,18 79,4 97,7 88,6 1,23 Tambacounda 43,4 51,5 47,2 1,19 59,0 70,5 64,4 1,19 Kaolack 47,7 56,1 52,1 1,17 71,9 81,5 76,9 1,13 Thiès 54,4 58,2 56,2 1,07 77,8 86,0 81,6 1,11 Louga 31,7 37,6 34,6 1,18 45,4 55,5 50,4 1,22 Fatick 61,1 64,1 62,5 1,05 88,4 96,2 92,1 1,09 Kolda 66,7 60,2 63,5 0,90 94,2 87,8 91,1 0,93 Matam 39,5 56,6 48,0 1,43 53,4 75,0 64,1 1,41 Kaffrine 27,3 33,9 30,8 1,24 42,5 44,5 43,6 1,05 Kédougou 80,6 80,0 80,3 0,99 111,0 107,4 109,3 0,97 Sédhiou 63,4 58,5 60,9 0,92 101,1 87,6 94,3 0,87 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 37,7 44,4 41,0 1,18 55,9 64,5 60,1 1,15 Second 47,7 52,0 49,8 1,09 69,2 74,7 71,9 1,08 Moyen 54,6 57,7 56,1 1,06 79,4 83,7 81,5 1,05 Quatrième 59,4 62,8 61,2 1,06 84,7 88,0 86,4 1,04 Le plus riche 70,8 69,3 70,0 0,98 90,8 90,1 90,4 0,99 Ensemble 52,3 56,1 54,2 1,07 74,2 79,0 76,5 1,06 NIVEAU MOYEN SECONDAIRE Milieu de résidence Urbain 44,2 43,4 43,8 0,98 99,9 90,4 95,1 0,91 Rural 18,0 15,4 16,7 0,86 39,6 28,9 34,1 0,73 Région Dakar 42,7 42,2 42,5 0,99 95,9 84,7 90,3 0,88 Ziguinchor 51,6 46,6 49,2 0,90 150,8 143,3 147,2 0,95 Diourbel 13,8 13,8 13,8 1,00 29,9 30,8 30,4 1,03 Saint-Louis 35,1 36,7 35,9 1,05 60,7 61,4 61,0 1,01 Tambacounda 17,6 17,5 17,6 0,99 42,0 29,1 35,1 0,69 Kaolack 29,7 24,6 26,9 0,83 68,1 50,2 58,3 0,74 Thiès 32,4 31,6 32,0 0,98 65,1 63,5 64,4 0,98 Louga 16,2 18,0 17,2 1,11 35,0 28,6 31,3 0,82 Fatick 31,1 29,6 30,4 0,95 69,1 68,8 69,0 1,00 Kolda 29,8 18,0 23,6 0,60 70,4 35,9 52,2 0,51 Matam 15,4 21,0 18,1 1,37 29,8 30,9 30,3 1,04 Kaffrine 13,1 13,7 13,4 1,04 31,1 24,2 27,5 0,78 Kédougou 30,8 26,4 28,5 0,86 72,2 40,8 55,8 0,56 Sédhiou 21,9 16,7 19,4 0,76 70,4 34,5 52,9 0,49 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 12,9 9,5 11,1 0,74 26,6 17,4 21,8 0,65 Second 19,6 17,6 18,6 0,90 45,6 35,5 40,5 0,78 Moyen 28,2 28,7 28,5 1,02 70,4 56,2 63,2 0,80 Quatrième 36,3 34,2 35,2 0,94 75,1 65,9 70,3 0,88 Le plus riche 54,3 51,6 52,9 0,95 119,3 112,1 115,6 0,94 Ensemble 29,4 27,4 28,4 0,93 65,8 55,3 60,4 0,84 1 Le taux net de fréquentation scolaire (TNF) pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d'âge de fréquentation du niveau primaire (6-11 ans) qui fréquente l'école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d'âge de fréquentation du niveau moyen secondaire (12-16 ans) qui fréquente l'école du moyen secondaire. Par définition le taux net de fréquentation ne peut excéder 100 %. 2 Le taux brut de fréquentation scolaire (TBF) au niveau primaire est le nombre total d'élèves du niveau primaire, exprimé en pourcentage de la population d'âge officiel de fréquentation du niveau primaire. Le taux brut de fréquentation scolaire au niveau moyen secondaire est le nombre total d'élèves du niveau secondaire, exprimé en pourcentage de la population d'âge officiel de fréquentation du niveau moyen secondaire. S'il y a pour un niveau donné un nombre important d'élèves plus âgés ou plus jeunes que l'âge officiel pour ce niveau, le TBF peut excéder 100 %. 3 L'indice de parité entre les genres pour le primaire est le ratio du TBF au niveau primaire des filles sur le TBF des garçons. L'indice de parité entre les genres pour le secondaire est le ratio du TBF au niveau secondaire des filles sur le TBF des garçons. Caractéristiques des Ménages • 29 Le taux net de fréquentation scolaire mesure la fréquentation scolaire parmi les enfants d’âge officiel scolaire c’est-à-dire 6-11 ans pour le niveau primaire et 12-16 ans pour le niveau moyen secondaire. Le taux brut de fréquentation scolaire mesure la fréquentation scolaire parmi les jeunes de n’importe quel âge compris entre 6 et 24 ans. Il équivaut au pourcentage de la population de 6-24 ans qui fréquente un niveau donné par rapport à la population d’âge scolaire officiel pour ce niveau. Pour un niveau d’étude donné, le taux brut est pratiquement toujours plus élevé que le taux net du fait que des enfants plus âgés ou plus jeunes par rapport à l’âge normal de ce niveau sont inclus dans son calcul. Un taux net de 100 % signifierait que tous les enfants ayant l’âge normal d’un niveau d’étude donné fréquentent ce niveau ; le taux brut peut être supérieur à 100 % si un nombre significatif d’enfants plus âgés ou plus jeunes par rapport à l’âge normal de fréquentation d’un niveau scolaire fréquentent ce niveau. La différence entre ces deux taux traduit la fréquentation scolaire par des enfants trop jeunes ou trop âgés pour un niveau scolaire donné. Le tableau 2.10 révèle que dans l’ensemble, plus d’un enfant de 6-11 ans sur deux (54 %) fréquente l’école primaire. On constate un léger écart entre les hommes et les femmes (52 % contre 56 %). Par contre, il est nettement plus élevé en milieu urbain (72 %) qu’en milieu rural (44 %). Les régions de Ziguinchor (84 %), de Kédougou (80 %) et de Dakar (74 %) se caractérisent par les taux nets de fréquentation de l’école primaire les plus élevés ; à l’opposé, Diourbel enregistre le niveau le plus faible du pays, avec seulement 24 %. Dans les régions de Kolda (67 % contre 60 %), Kédougou (81 % contre 80 %) et Sédhiou (63 % contre 59 %), le taux net de fréquentation scolaire est plus élevé pour les garçons que pour les filles. Par contre, dans les autres régions, le taux net de scolarisation des filles étant plus élevé que celui des garçons. Le niveau de fréquentation de l’école primaire est positivement corrélé au niveau de bien-être du ménage : il passe de 41 % pour les plus pauvres à 70 % pour les plus riches. La même tendance se dégage, aussi bien chez les garçons que chez les filles. En outre, dans l’ensemble, près de 77 personnes sur 100 ayant l’âge officiel du primaire fréquentent ce niveau. Selon le sexe, on constate que le taux brut féminin (79 %) est supérieur à celui des garçons (74 %), en d’autres termes, il y a plus de filles que de garçons trop âgés par rapport à l’âge officiel qui fréquentent l’école primaire. Selon le milieu de résidence, le taux brut de fréquentation du primaire est plus élevé en milieu urbain (99 %) qu’en milieu rural (64 %). Les régions de Ziguinchor (118 %), de Kédougou (109 %) et de Dakar (99 %) se caractérisent par les taux bruts de fréquentation les plus élevés. Avec seulement 35 %, la région de Diourbel a le taux brut de fréquentation en primaire le plus faible. A Kédougou, Sédhiou et Kolda, le taux brut de fréquentation scolaire est beaucoup plus élevé pour les garçons que pour les filles (111 % contre 107 %, 101 % contre 88 % et 94 % contre 88 % respectivement). Le tableau 2.10 montre également que le niveau de fréquentation scolaire du cycle moyen secondaire est faible puisque seulement 28 % des enfants de 12-16 ans le fréquentent. Ce taux net est beaucoup plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (44 % contre 17 %). Selon la région, il varie de 13 % à Kaffrine à 49 % à Ziguinchor. Ce taux net est légèrement plus élevé chez les garçons que chez les filles, quelle que soit la caractéristique socioéconomique considérée, sauf à Louga (18 % pour les filles et 16 % pour les garçons), Matam (21 % et 15 %) et Kaffrine (14 % contre 13 %) où le taux net de scolarisation des filles étant plus élevé que celui des garçons. À Diourbel, on relève le même taux pour les filles et pour les garçons (14 %). Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau moyen secondaire atteint 60 %, ce qui signifie que sur 100 personnes ayant l’âge officiel du moyen secondaire, seulement un peu plus de la moitié fréquente ce niveau secondaire. La valeur du taux brut supérieure à celle du taux net indique qu’un nombre important de personnes qui n’ont pas l’âge du niveau secondaire fréquentent néanmoins ce niveau. La variation de ce taux selon le milieu de résidence est importante: 95 % pour le milieu urbain contre 34 % en milieu rural. Quelle que soit la caractéristique sociodémographique considérée, le taux brut de fréquentation du niveau secondaire est plus élevé pour les garçons que pour les filles, sauf pour Diourbel, Saint-Louis, et Matam où le taux brut est légèrement plus élevé chez les filles 30 • Caractéristiques des Ménages que chez les garçons. Les écarts les plus importants entre les garçons et les filles sont observés dans les régions de Sédhiou (70 % des hommes contre 35 %), Kédougou (72 % contre 41 %) et Kolda (70 % contre 36 %). Le tableau 2.10 présente également l’indice de parité de genre qui est le rapport entre le taux brut de fréquentation scolaire des femmes et celui des hommes. Plus l’indice de parité est proche de 1, moins l’écart de fréquentation scolaire entre les genres est important. Un indice égal à 1 indique l’égalité totale. Au Sénégal, l’indice estimé à 1,06 pour le niveau primaire, montre que les filles ont un avantage sur le plan scolaire. Sauf pour les régions de Sédhiou (0,87), Kolda (0,93), Kédougou (0,99) et Dakar (0,99), cet avantage des filles au niveau primaire est maintenu pour les autres régions. Au niveau du moyen secondaire, les filles sont désavantagées puisque l’indice de parité est de 0,82. L’importance de cette discrimination selon le genre varie d’un milieu de résidence à l’autre et d’une région à l’autre. Cet indice est plus faible en rural qu’en urbain : 0,73 contre 0,91. On constate que l’indice de parité est toujours plus faible que pour le primaire ; dans les régions de Sédhiou, de Kolda et de Kédougou, il est particulièrement faible (0,49, 0,51 et 0,54 % respectivement). Enfin, quel que soit le niveau, cet indice est toujours plus élevé dans les ménages les plus riches que dans les plus pauvres. Cependant, même dans les ménages les plus riches, il n’est pas égal à 1. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés • 31 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS 3 Abdou GUEYE et Dr Moussa DIAKHATE e chapitre porte sur les caractéristiques sociodémographiques des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans enquêtés. L’enquête a en effet permis de recueillir diverses informations sur les enquêtés telles que l’âge, le milieu de résidence, l’état matrimonial, le niveau d’instruction et l’alphabétisation. D’autres informations concernant l’accès aux médias, l’activité économique, la couverture médicale, les maladies chroniques et la consommation de tabac seront également traitées. 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS L’âge, variable fondamentale dans l’analyse des phénomènes démographiques, est l’une des informations les plus difficiles à obtenir de façon précise, lorsque l’enregistrement écrit des événements (notamment des faits d’état civil) n’est pas encore ancré dans les habitudes de certaines populations, comme c’est le cas au Sénégal. De ce fait, un soin particulier a été accordé à son estimation au moment de l’enquête individuelle. Le tableau 3.1 montre que les répartitions des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-49 ans par groupe d’âges quinquennaux présentent une allure assez régulière, les proportions de chaque groupe d’âges diminuant régulièrement au fur et à mesure que l’on avance vers les âges élevés. Pour les femmes, elles passent de 22 % pour les 15-19 ans à 6 % à 45- 49 ans. Pour les hommes, les proportions varient de 27 % à 15-19 ans à 6 % à 45-49 ans. Les questions sur l’état matrimonial ont été posées à toutes les femmes et à tous les hommes éligibles de l’échantillon. Dans le cadre de l’EDS-MICS 2010-2011, ont été considérés comme étant en union toutes les femmes et tous les hommes mariés légalement ainsi que tous ceux et toutes celles vivant en union consensuelle. Selon cette définition, près de trois femmes sur dix (29 %) sont célibataires, deux tiers (66 %) sont en union, et 5 % sont en rupture d’union (divorcées, séparées ou veuves). Chez les hommes, plus de trois hommes sur cinq sont célibataires (62 %), plus d’un homme sur trois (36 %) sont en union, et moins de 2 % sont en rupture d’union. La moitié des femmes (49 %) et la majorité des hommes (56 %) enquêtés vivent en milieu urbain. Plus d’une femme sur quatre (26 %) et près d’un homme sur trois (31 %) vivent dans la région de Dakar. Environ 13 % des hommes et un pourcentage égal des femmes de l’échantillon ont été enquêtés dans la région de Thiès. La région de Kédougou a la plus faible part de l’échantillon dans l’échantillon (moins de 1 % de l’échantillon pondéré pour chacun des sexes). C 32 • Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Tableau 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes enquêtés de 15-49 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Age 15-19 21,9 3 429 3 604 26,5 1 170 1 263 20-24 20,5 3 220 3 169 20,3 897 885 25-29 17,5 2 746 2 700 15,9 701 642 30-34 13,7 2 148 2 114 12,3 545 511 35-39 11,6 1 817 1 788 9,9 438 417 40-44 8,8 1 379 1 349 8,7 383 377 45-49 6,1 949 964 6,4 284 319 Religion Musulman 95,4 14 967 14 968 95,1 4 199 4 196 Chrétien 4,2 656 625 4,7 206 199 Animiste 0,4 61 88 0,2 10 14 Sans religion 0,0 3 4 0,0 0 0 Autre 0,0 1 3 0,1 3 5 Ethnie Wolof 38,7 6 066 5 171 38,2 1 686 1 377 Poular 26,5 4 164 4 934 27,0 1 191 1 434 Serer 15,0 2 353 2 000 14,4 634 528 Mandingue 4,2 652 1 032 6,1 271 386 Diola 4,0 634 748 4,4 194 255 Soninké 2,3 362 364 2,3 102 84 Autre/non sénégalais 9,3 1 458 1 439 7,7 340 350 État matrimonial Célibataire 29,2 4 585 4 182 62,0 2 738 2 680 Marié 65,3 10 237 10 705 36,0 1 589 1 663 Vivant ensemble 0,7 110 99 0,4 19 8 Divorcé/séparé 3,8 589 525 1,4 64 55 Veuf 1,1 168 177 0,2 7 8 Milieu de résidence Urbain 49,3 7 738 6 192 55,8 2 467 1 885 Rural 50,7 7 950 9 496 44,2 1 951 2 529 Région Dakar 26,0 4 078 1 357 31,3 1 381 450 Ziguinchor 3,7 581 946 4,8 210 350 Diourbel 11,8 1 851 1 426 8,0 354 286 Saint-Louis 6,6 1 034 1 089 6,0 266 294 Tambacounda 4,6 725 1 134 4,8 214 327 Kaolack 7,5 1 172 1 400 7,2 317 389 Thiès 12,9 2 030 1 316 12,8 565 366 Louga 7,2 1 130 1 267 5,9 262 291 Fatick 4,6 717 1 056 4,6 204 313 Kolda 4,1 640 1 085 4,5 198 342 Matam 3,8 595 1 034 3,4 152 247 Kaffrine 3,6 572 1 035 3,2 141 278 Kédougou 0,7 115 494 0,8 34 170 Sédhiou 2,9 448 1 049 2,7 120 311 Niveau d’instruction Aucun 57,9 9 079 9 756 36,9 1 632 1 794 Primaire 21,8 3 414 3 130 28,5 1 261 1 174 Secondaire 18,3 2 871 2 658 30,9 1 363 1 333 Supérieur 2,1 323 144 3,7 162 113 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,5 2 585 3 723 15,1 665 1 017 Second 17,9 2 805 3 581 15,6 688 939 Moyen 19,9 3 114 3 561 20,6 908 1 072 Quatrième 22,3 3 494 2 724 23,1 1 019 789 Le plus riche 23,5 3 689 2 099 25,7 1 137 597 Ensemble 15-49 100,0 15 688 15 688 100,0 4 417 4 414 50-59 na na na na 512 515 Ensemble 15-59 na na na na 4 929 4 929 Note: Le niveau d’instruction correspond au plus haut niveau d’instruction atteint, qu’il ait été achevé ou non. na = Non applicable Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés • 33 La distribution selon le niveau d’instruction montre qu’environ six femmes sur dix (58 %) et près de quatre hommes sur dix (37 %) n’ont aucune instruction ; plus d’une femme sur cinq (22 %), près de trois hommes sur dix (29 %) ont un niveau primaire, et seulement 20 % des femmes ont un niveau secondaire ou plus. Chez les hommes, la proportion de ceux ayant une instruction secondaire ou plus est presque le double de celle des femmes (35 %). Le même tableau 3.1 présente également la répartition des hommes et des femmes selon le niveau de bien- être économique du ménage. On constate qu’au moins une femme sur dix vit dans un ménage du quintile le plus pauvre (17 %), cette proportion est légèrement plus faible pour les hommes (15 %). À l’opposé, environ un quart des femmes (24 %) et une proportion légèrement plus élevée d’hommes (26 %) vivent dans un ménage classé dans le quintile le plus riche. En ce qui concerne la religion, 95 % des enquêtés se sont déclarés de confession musulmane la religion chrétienne concerne environ 4 % des enquêtés. Quant à la répartition de la population selon l’ethnie, trois grands groupes apparaissent : le Wolof (39 % des femmes et 38 % des hommes) ; le Poular (27 % des femmes et des hommes) ; le Serer (15 % des femmes et 14 % des hommes). Puis viennent les mandingues (4 % des femmes et 6 % des hommes), les diolas (4 % des femmes et des hommes) et les soninkés (2 % des femmes et des hommes). Les autres groupes ethniques et les étrangers du Sénégal représentent en tout 9 % chez les femmes et 8 % chez les hommes. 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES Dans le tableau 3.1, le niveau d’instruction de l’ensemble des femmes et celui de l’ensemble des hommes ont été présenté. Les tableaux 3.2.1 et 3.2.2 indiquent la répartition des enquêtés selon le niveau d’instruction atteint par les femmes et les hommes pour différentes caractéristiques sociodémographiques des enquêtés. Selon ces tableaux, la proportion de femmes n’ayant reçu aucune instruction formelle est nettement plus élevée que celle des hommes (58 % contre 39 %). En ce qui concerne le primaire, les hommes ont un niveau d’instruction légèrement plus élevé (22 % de femmes contre 27 % d’hommes). Par contre, les proportions d’hommes ayant atteint le niveau secondaire ou plus sont nettement plus élevées que celles des femmes (respectivement, 33 % et 20 %). 34 • Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Tableau 3.2.1 Niveau d’instruction : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années d’instruction achevées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Plus haut niveau d’instruction atteint Total Nombre médian d’années complétées Effectif de femmes Sans instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Groupe d’âges 15-24 46,4 19,5 2,9 29,0 1,0 1,4 100,0 2,0 6 648 15-19 40,0 18,8 3,5 37,2 0,4 0,2 100,0 3,9 3 429 20-24 53,1 20,2 2,2 20,2 1,5 2,7 100,0 a 3 220 25-29 61,0 21,0 4,2 9,3 1,0 3,5 100,0 a 2 746 30-34 63,4 19,0 4,6 10,0 0,8 2,2 100,0 a 2 148 35-39 66,7 18,0 4,1 7,6 1,1 2,5 100,0 a 1 817 40-44 74,2 10,8 4,0 8,4 0,5 2,2 100,0 a 1 379 45-49 76,6 9,8 3,3 8,3 0,6 1,5 100,0 a 949 Milieu de résidence Urbain 37,5 24,8 4,9 27,1 1,6 4,1 100,0 4,2 7 738 Rural 77,7 11,7 2,4 8,0 0,2 0,1 100,0 a 7 950 Région Dakar 33,3 27,9 4,0 26,3 2,0 6,5 100,0 4,3 4 078 Ziguinchor 25,3 22,3 7,5 41,5 2,5 0,9 100,0 5,3 581 Diourbel 79,0 9,0 2,3 9,2 0,3 0,3 100,0 a 1 851 Saint-Louis 56,8 20,3 4,0 17,3 0,6 1,0 100,0 a 1 034 Tambacounda 77,3 12,6 2,0 7,9 0,2 0,1 100,0 a 725 Kaolack 65,7 15,3 3,7 14,6 0,5 0,3 100,0 a 1 172 Thiès 55,9 17,7 6,4 18,3 0,7 1,0 100,0 a 2 030 Louga 78,2 12,1 1,8 7,2 0,4 0,3 100,0 a 1 130 Fatick 59,3 16,5 2,2 21,2 0,3 0,5 100,0 a 717 Kolda 67,6 17,5 2,2 11,8 0,4 0,4 100,0 a 640 Matam 75,8 13,7 1,7 8,5 0,1 0,3 100,0 a 595 Kaffrine 83,4 7,2 2,2 6,3 0,7 0,2 100,0 a 572 Kédougou 64,6 22,0 0,8 12,7 0,0 0,0 100,0 a 115 Sédhiou 70,5 13,4 2,7 13,1 0,1 0,2 100,0 a 448 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 84,8 9,4 1,2 4,6 0,0 0,0 100,0 a 2 585 Second 76,5 11,8 2,0 9,6 0,1 0,0 100,0 a 2 805 Moyen 61,2 17,9 4,1 16,2 0,4 0,2 100,0 a 3 114 Quatrième 49,9 23,3 5,1 20,1 0,7 1,0 100,0 a 3 494 Le plus riche 29,6 24,6 4,6 30,8 2,8 7,7 100,0 4,8 3 689 Ensemble 57,9 18,2 3,6 17,4 0,9 2,1 100,0 a 15 688 1 A achevé avec succès les 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès les 7 classes du niveau secondaire. a = sans objet parce que moins de 50 % des femmes n’ont aucune éducation formelle. Cependant, quel que soit le sexe, généralement le niveau d’instruction s’améliore des générations les plus anciennes aux générations les plus récentes. En effet, la proportion des femmes sans niveau d’instruction diminue avec l’âge, passant de 77 % parmi celles de 45-49 ans à 40 % parmi celles 15-19 ans. Inversement, la proportion de celles ayant un niveau secondaire passe de 9 % à 40 ans ou plus à 30 % à 15-24 ans. De même, la proportion de femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus, varie de 10 % chez celles de 45-49 ans à 38 % chez celles de 15-19 ans. Chez les hommes, ce même effet de génération apparait puisque des générations anciennes aux plus récentes, les proportions de ceux sans niveau d’instruction sont passées de 60 % parmi ceux de 50-59 ans à 24 % parmi ceux de 15-19 ans. En ce qui concerne le niveau secondaire ou plus, chez les proportions varient de 13 % à 45-49 ans à 49 % à 15-19 ans. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés • 35 Tableau 3.2.2 Niveau d’instruction: Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années d’instruction achevées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Plus haut niveau d’instruction atteint Nombre médian d’années complétées Caractéristique sociodémographique Sans instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Total Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 27,1 25,6 1,5 41,8 1,4 2,6 100,0 4,7 2 067 15-19 23,8 25,5 1,6 48,4 0,4 0,3 100,0 5,1 1 170 20-24 31,4 25,7 1,3 33,2 2,7 5,7 100,0 4,4 897 25-29 42,0 31,7 2,9 17,1 2,0 4,2 100,0 2,7 701 30-34 37,8 32,3 4,8 18,5 2,3 4,4 100,0 4,1 545 35-39 44,4 25,0 3,1 18,5 2,1 6,9 100,0 2,3 438 40-44 50,6 16,9 1,2 23,8 3,9 3,6 100,0 - 383 45-49 64,4 18,6 4,3 8,1 1,0 3,6 100,0 - 284 Milieu de résidence Urbain 20,3 30,1 3,0 38,0 2,9 5,8 100,0 5,0 2 467 Rural 58,0 21,1 1,7 17,6 0,6 1,0 100,0 a 1 951 Région Dakar 18,3 32,1 2,7 36,4 2,8 7,6 100,0 5,0 1 381 Ziguinchor 13,8 19,9 4,5 52,2 6,1 3,4 100,0 7,5 210 Diourbel 66,4 16,0 2,0 12,6 1,5 1,4 100,0 a 354 Saint-Louis 39,9 27,3 5,0 23,3 2,4 2,2 100,0 2,8 266 Tambacounda 56,0 24,3 2,6 14,1 0,7 2,5 100,0 a 214 Kaolack 46,7 20,9 0,8 29,8 0,7 1,1 100,0 1,1 317 Thiès 34,1 30,1 1,6 31,6 0,9 1,7 100,0 3,9 565 Louga 60,3 20,7 1,5 15,5 0,4 1,6 100,0 a 262 Fatick 33,1 25,8 2,7 33,9 0,5 4,0 100,0 4,3 204 Kolda 43,3 22,5 1,7 28,5 1,6 2,3 100,0 2,6 198 Matam 60,6 19,0 0,6 17,5 1,1 1,1 100,0 a 152 Kaffrine 62,7 18,7 2,9 13,8 1,4 0,5 100,0 a 141 Kédougou 30,9 32,5 7,0 26,9 1,8 0,9 100,0 4,0 34 Sédhiou 38,3 27,7 1,8 30,7 0,8 0,7 100,0 4,0 120 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 67,2 19,5 1,6 11,2 0,2 0,3 100,0 a 665 Second 54,3 24,8 1,5 18,5 0,5 0,6 100,0 a 688 Moyen 37,8 26,5 2,5 30,7 1,2 1,3 100,0 3,7 908 Quatrième 29,5 30,5 3,3 32,0 1,9 2,8 100,0 4,4 1 019 Le plus riche 14,8 26,6 2,6 41,7 4,1 10,2 100,0 6,9 1 137 Ensemble 15-49 36,9 26,1 2,4 29,0 1,9 3,7 100,0 4,0 4 417 50-59 60,3 14,1 4,1 14,5 1,0 6,0 100,0 a- 512 Ensemble 15-59 39,4 24,9 2,6 27,5 1,8 3,9 100,0 3,6 4 929 1 A achevé avec succès les 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès les 7 classes du niveau secondaire. a = sans objet parce que moins de 50 % des hommes n’ont aucune éducation formelle. Par ailleurs, le niveau d’instruction des enquêtés varie en fonction du milieu de résidence. En effet, les proportions de femmes et d’hommes instruits sont plus élevées en milieu urbain qu’en milieu rural : en effet, seuls 38 % des femmes et 20 % des hommes vivant en milieu urbain n’ont pas de niveau d’instruction, contre respectivement 78 % et 58 % en milieu rural Les résultats selon la région de résidence mettent également en évidence de fortes disparités. La proportion de femmes sans aucun niveau d’instruction est particulièrement élevée dans les régions de Kaffrine, Diourbel, Louga, Tambacounda, Matam et Sédhiou, où elle varie entre 70 % et 83 %. Chez les hommes, la proportion la plus élevée des non scolarisés est observée à Diourbel, Kaffrine, Matam et Louga ; dans ces régions, elle varie de 60 % à 66 %. À l’opposé, Dakar et Ziguinchor sont les deux régions les plus fortement scolarisées. Ainsi, seulement 14 % des hommes et 25 % des femmes de Ziguinchor, et 18 % des hommes et 33 % des femmes de Dakar n’ont aucune instruction. 36 • Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Ce tableau montre aussi qu’il y a une relation positive entre le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique du ménage : en effet, les proportions de femmes et d’hommes sans instruction diminuent des ménages les plus pauvres aux plus riches. Dans la suite du rapport, le niveau d’instruction comportera les trois modalités que sont: • aucun niveau : les personnes qui n’ont jamais été à l’école, • Niveau primaire: les niveaux « primaire incomplet » et « primaire complet » seront regroupés en une seule catégorie. Il s’agit des personnes qui ont fréquenté l’école, mais ne sont pas entrées au niveau secondaire, • Niveau secondaire ou plus: ce sont les personnes qui ont un niveau « secondaire incomplet, un niveau secondaire complet, ou bien niveau supérieur. 3.3 ALPHABÉTISATION Au cours de l’enquête, mises à part les questions posées sur la dernière classe achevée et le niveau d’instruction atteint par les enquêtés, on a demandé à ceux qui n’avaient aucun niveau d’instruction et à ceux qui avaient déclaré n’avoir atteint que le niveau primaire, de lire une phrase rédigée dans les langues nationales préparée à l’avance et détenue par les agents enquêteurs. Trois modalités étaient retenues : « peut lire toute la phrase », « peut lire une partie de la phrase », ou, « ne peut pas lire du tout ». Les enquêtés ayant atteint le niveau secondaire ou plus, considérés d’office comme étant alphabétisés, étaient pas concernés par cette question. Les résultats sont présentés au tableau 3.3.1 pour les femmes et 3.3.2 pour les hommes, ainsi qu’au graphique 3.1. Près de quatre femmes sur dix (38 %) et près de six hommes sur dix (59 %) sont considérés comme étant alphabétisés. En d’autres termes, dans l’ensemble, la proportion de femmes analphabètes est pratiquement une fois et demie plus élevée que celle des hommes (62 % contre 41 %). En comparant les tableaux 3.2.1 et 3.3.1, on remarque que la proportion de femmes qui ne savent pas du tout lire est supérieure à la proportion de celles qui n’ont jamais fréquenté l’école (62 % contre 58 %). Cette différence révèle qu’une partie de la population féminine qui a fréquenté l’école ne l’a pas fait suffisamment au point de savoir lire et écrire, ou bien qu’après avoir quitté l’école, elle est redevenue analphabète en ayant oublié ce qu’elle avait appris (désalphabétisation fonctionnelle). Les proportions de femmes et d’hommes alphabétisés varient sensiblement selon le milieu de résidence. En milieu urbain, 56 % des femmes et 73 % des hommes sont alphabétisés contre respectivement 21 % et 43 % en milieu rural. L’examen des résultats selon la région met également en évidence des disparités spatiales du niveau d’alphabétisation: que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, comme il a été indiqué plus haut concernant la scolarisation, c’est dans les deux régions de Dakar (60 % des femmes et 75 % des hommes) et de Ziguinchor (64 % des femmes et 82 % des hommes) que l’on observe les proportions d’alphabétisés les plus élevées. En dehors de ces deux régions, les deux autres régions qui comptent les proportions les plus élevées de personnes alphabétisées sont : Thiès (40 % des femmes et 64 % des hommes) et Saint Louis (36 % des femmes et 60 % des hommes). Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés • 37 Tableau 3.3.1 Alphabétisation: Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans par niveau d’instruction atteint et niveau d’alphabétisation et pourcentage de femmes alphabétisées selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Pas d’instruction ou niveau primaire Caractéristique sociodémographique Secondaire ou supérieur Peut lire une phrase entière Peut lire une partie de la phrase Ne peut pas lire Pas de carte dans la langue de l’enquêté Aveugle/ malvoyant Total Pourcentage alphabétisé1 Effectif de femmes Groupe d’âges 15-24 31,3 8,4 9,1 51,1 0,1 0,0 100,0 48,8 6 648 15-19 37,7 9,1 7,7 45,3 0,1 0,0 100,0 54,6 3 429 20-24 24,4 7,6 10,7 57,2 0,0 0,0 100,0 42,7 3 220 25-29 13,9 9,2 9,9 66,9 0,2 0,0 100,0 32,9 2 746 30-34 13,0 10,5 8,7 67,4 0,1 0,2 100,0 32,2 2 148 35-39 11,2 8,1 9,0 71,7 0,0 0,0 100,0 28,3 1 817 40-44 11,0 7,9 6,5 74,5 0,1 0,0 100,0 25,4 1 379 45-49 10,4 5,1 7,9 76,4 0,0 0,3 100,0 23,4 949 Milieu de résidence Urbain 32,8 11,4 11,3 44,4 0,1 0,1 100,0 55,5 7 738 Rural 8,3 5,8 6,6 79,3 0,1 0,0 100,0 20,6 7 950 Région Dakar 31,3 8,4 9,1 51,1 0,1 100 100,0 59,6 4 078 Ziguinchor 37,7 9,1 7,7 45,3 0,1 100 100,0 63,7 581 Diourbel 24,4 7,6 10,7 57,2 0 100 100,0 20,3 1 851 Saint-Louis 13,9 9,2 9,9 66,9 0,2 100 100,0 36,2 1 034 Tambacounda 13,0 10,5 8,7 67,4 0,1 100 100,0 16,9 725 Kaolack 11,2 8,1 9,0 71,7 0 100 100,0 31,8 1 172 Thiès 11,0 7,9 6,5 74,5 0,1 100 100,0 40,2 2 030 Louga 10,4 5,1 7,9 76,4 0 100 100,0 22,7 1 130 Fatick 31,3 8,4 9,1 51,1 0,1 100 100,0 39,0 717 Kolda 12,7 6,9 6,7 73,6 0,1 0,0 100,0 26,3 640 Matam 8,9 5,3 7,4 78,3 0,0 0,1 100,0 21,6 595 Kaffrine 7,2 2,5 6,8 83,4 0,1 0,0 100,0 16,5 572 Kédougou 12,7 4,3 5,8 77,3 0,0 0,0 100,0 22,7 115 Sédhiou 13,3 6,0 6,7 73,9 0,0 0,0 100,0 26,1 448 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 4,6 3,7 5,7 86,0 0,1 0,0 100,0 14,0 2 585 Second 9,6 5,3 6,1 78,9 0,0 0,1 100,0 21,0 2 805 Moyen 16,9 8,1 8,0 66,9 0,2 0,1 100,0 32,9 3 114 Quatrième 21,7 11,1 11,6 55,3 0,1 0,1 100,0 44,5 3 494 Le plus riche 41,2 12,4 11,5 34,9 0,0 0,0 100,0 65,1 3 689 Ensemble 20,4 8,6 8,9 62,1 0,1 0,1 100,0 37,8 15 688 1 C’est-à-dire les femmes qui ont, au moins, fréquenté l’école secondaire et celles qui peuvent lire une phrase entière ou une partie de phrase. Pour ce qui est du quintile de bien être, comme il fallait s’y attendre, les proportions de femmes et d’hommes qui sont alphabétisés augmentent des ménages les plus pauvres aux plus riches. Par exemple, le pourcentage de femmes alphabétisées passe de 14 % parmi celles appartenant au quintile le plus pauvre à 65 % parmi celles appartenant au quintile le plus riche. Pour les hommes, les pourcentages correspondants sont de 28 % et 83 %. 38 • Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Tableau 3.3.2 Alphabétisation : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans par niveau d’instruction atteint et niveau d’alphabétisation et pourcentage d’hommes alphabétisés selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Pas d’instruction ou niveau primaire Caractéristique sociodémographique Secondaire ou supérieur Peut lire une phrase entière Peut lire une partie de la phrase Ne peut pas lire Pas de carte dans la langue de l’enquêté Aveugle/ malvoyant Total Pourcentage alphabétisé1 Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 45,8 8,6 11,2 33,9 0,4 0,1 100,0 65,7 2 067 15-19 49,0 8,4 9,8 32,2 0,5 0,1 100,0 67,2 1 170 20-24 41,6 8,9 13,1 36,1 0,3 0,0 100,0 63,6 897 25-29 23,4 12,3 21,5 42,4 0,4 0,0 100,0 57,2 701 30-34 25,2 16,7 18,7 38,8 0,6 0,0 100,0 60,6 545 35-39 27,5 14,9 13,3 43,9 0,5 0,0 100,0 55,7 438 40-44 31,3 10,9 11,3 45,8 0,7 0,0 100,0 53,5 383 45-49 12,7 15,0 12,8 58,7 0,4 0,3 100,0 40,6 284 Milieu de résidence Urbain 46,6 13,9 12,9 26,5 0,1 0,0 100,0 73.4 2 467 Rural 19,2 8,3 15,6 55,9 0,9 0,1 100,0 43.1 1 951 Région Dakar 46,8 15,6 12,3 25,3 0,0 0,0 100,0 74.7 1 381 Ziguinchor 61,7 10,6 10,1 17,6 0,0 0,0 100,0 82.4 210 Diourbel 15,6 6,0 21,3 57,1 0,0 0,0 100,0 42.9 354 Saint-Louis 27,8 17,6 14,6 39,2 0,4 0,4 100,0 60.1 266 Tambacounda 17,2 8,5 11,9 62,3 0,0 0,0 100,0 37.7 214 Kaolack 31,6 6,7 16,7 44,8 0,3 0,0 100,0 54.9 317 Thiès 34,2 9,9 19,6 35,8 0,2 0,3 100,0 63.7 565 Louga 17,5 11,3 19,5 51,6 0,0 0,0 100,0 48.4 262 Fatick 38,5 11,6 4,3 44,9 0,8 0,0 100,0 54.4 204 Kolda 32,5 5,1 13,7 48,3 0,4 0,0 100,0 51.3 198 Matam 19,7 6,3 5,6 68,4 0,0 0,0 100,0 31.6 152 Kaffrine 15,7 14,4 6,6 52,4 10,8 0,0 100,0 36.8 141 Kédougou 29,6 10,7 12,9 46,8 0,0 0,0 100,0 53.2 34 Sédhiou 32,3 4,6 16,0 47,2 0,0 0,0 100,0 52.8 120 Quintile de bien- être économique Le plus pauvre 11,7 5,4 11,0 71,1 0,7 0,0 100,0 28.2 665 Second 19,5 7,9 17,7 54,3 0,6 0,0 100,0 45.1 688 Moyen 33,2 10,4 15,5 40,1 0,8 0,0 100,0 59.1 908 Quatrième 36,7 15,1 14,0 33,7 0,4 0,1 100,0 65.8 1 019 Le plus riche 56,0 14,5 12,7 16,7 0,0 0,1 100,0 83.3 1 137 Ensemble 15-49 34,5 11,4 14,1 39,5 0,5 0,1 100,0 60,0 4 417 50-59 21,5 9,7 16,3 51,2 0,2 1,2 100,0 47,4 512 Ensemble 15-59 33,2 11,2 14,3 40,7 0,4 0,2 100,0 58,7 4 929 1 C’est-à-dire les hommes qui ont, au moins, fréquenté l’école secondaire et qui peuvent lire une phrase entière ou une partie de phrase. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés • 39 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS Les données relatives à l’exposition des femmes et des hommes aux médias sont particulièrement importantes pour la mise en place des programmes d’éducation et de diffusion d’informations dans tous les domaines, notamment dans ceux relatifs à la santé et à la planification familiale. Les tableaux 3.4.1 et 3.4.2 présentent les données sur l’exposition des femmes et des hommes aux médias. Les femmes sont moins exposées que les hommes aux médias. En effet, la proportion des femmes qui ne sont exposées à aucun média est presque le double de celles des hommes (20 % contre 11 %). La radio1 et la télévision2 sont les principaux médias utilisés par les enquêté(e)s. En effet, plus de six femmes sur dix (63 % pour la radio et 62 % pour la télévision) et plus de sept hommes sur dix (73 % pour la télévision et 75 % pour la radio) ont déclaré écouter la radio et regarder la télévision, au moins une fois par semaine. Cependant, les hommes ont déclaré plus fréquemment que les femmes qu’ils lisaient des journaux : seulement 12 % des femmes contre 24 % des hommes ont déclaré lire un journal au moins une fois par semaine. Les proportions de ceux et celles qui ont été exposés à la fois aux trois médias (radio, télévision et journal) sont très faibles : seulement 10 % des femmes et 22 % des hommes. Cependant, quel que soit le sexe, les résultats selon l’âge ne mettent pas en évidence des fortes disparités. En effet, les écarts entre les différents groupes d’âge en ce qui concerne les proportions d’hommes ou de femmes qui ne sont exposés à aucun média sont faibles. 1 74% des ménages au Sénégal possèdent un poste radio (voir tableau 2.5) 2 52% possède une télévision (voir tableau 2.5) Graphique 3.1 Proportion d’alphabétisés parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans EDS-MICS 2010-11 38 56 21 14 21 33 45 65 60 73 43 28 45 59 66 83 SÉNÉGAL MILIEU DE RÉSIDENCE Urbain Rural QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Femmes Hommes 40 • Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Tableau 3.4.1 Exposition aux média : Femmes Pourcentage de femmes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Exposition aux trois médias Aucun média Effectif Groupe d’âges 15-19 15,5 66,0 61,7 11,0 18,9 3 429 20-24 14,5 65,2 64,9 11,3 17,7 3 220 25-29 11,8 62,4 64,7 10,4 19,7 2 746 30-34 10,7 62,0 62,9 8,8 21,3 2 148 35-39 10,4 57,9 62,7 8,6 21,8 1 817 40-44 9,6 56,1 59,7 7,9 24,4 1 379 45-49 7,9 56,2 60,7 7,3 24,2 949 Milieu de résidence Urbain 22,4 87,9 69,3 18,3 6,9 7 738 Rural 2,7 37,3 56,7 1,7 33,3 7 950 Région Dakar 31,6 91,7 69,1 25,4 4,2 4 078 Ziguinchor 5,8 64,9 60,9 4,7 21,2 581 Diourbel 3,8 60,7 58,4 3,3 24,6 1 851 Saint-Louis 9,1 57,6 50,0 6,6 28,5 1 034 Tambacounda 1,7 24,4 33,1 1,1 58,9 725 Kaolack 7,8 48,4 69,1 6,2 20,6 1 172 Thiès 8,3 75,2 78,0 7,0 7,2 2 030 Louga 4,6 49,5 65,3 3,3 22,9 1 130 Fatick 7,3 44,6 54,2 4,6 32,0 717 Kolda 3,7 29,1 58,0 2,6 34,4 640 Matam 2,5 44,3 53,1 1,8 33,4 595 Kaffrine 6,4 27,5 57,3 4,9 38,0 572 Kédougou 2,6 28,5 49,5 1,6 39,3 115 Sédhiou 2,3 32,3 60,1 1,7 33,2 448 Niveau d’instruction Aucun 0,4 48,0 58,5 0,3 28,1 9 079 Primaire 12,4 77,8 66,7 9,8 11,9 3 414 Secondaire ou plus 46,7 86,2 71,4 37,2 7,0 3 195 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,2 6,0 41,8 0,1 55,9 2 585 Second 1,9 21,2 56,6 0,9 37,3 2 805 Moyen 4,6 73,7 64,1 3,5 14,0 3 114 Quatrième 13,1 91,5 69,0 10,6 4,8 3 494 Le plus riche 34,2 95,6 75,7 28,4 2,2 3 689 Ensemble 12,4 62,3 62,9 9,9 20,3 15 688 Selon le milieu de résidence, les résultats font apparaître des différences significatives. En milieu rural, les femmes qui ne sont exposées à aucun média sont proportionnellement plus nombreuses (33 %) qu’en milieu urbain (7 %). Chez les hommes, l’écart est également important, la proportion variant de 20 % en rural à 3 % en urbain. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés • 41 Tableau 3.4.2 Exposition aux média : Hommes Pourcentage d’hommes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Exposition aux trois Aucun média Effectif Groupe d’âges 15-19 16,4 75,2 57,0 13,2 14,5 1 170 20-24 24,9 79,8 74,8 22,2 9,0 897 25-29 27,1 76,5 79,2 24,9 9,0 701 30-34 28,1 75,2 86,0 27,0 8,3 545 35-39 34,3 70,1 82,3 29,8 8,1 438 40-44 28,4 71,7 82,8 27,4 9,3 383 45-49 17,3 60,2 75,8 15,0 14,2 284 Milieu de résidence Urbain 38,3 92,8 77,1 34,4 3,3 2 467 Rural 6,3 51,5 69,3 5,4 19,9 1 951 Région Dakar 48,4 93,0 77,7 44,3 2,9 1 381 Ziguinchor 14,2 77,2 83,3 13,1 6,6 210 Diourbel 12,0 66,7 69,1 9,0 16,8 354 Saint-Louis 21,9 76,5 79,8 18,1 6,7 266 Tambacounda 7,3 56,8 63,2 7,0 19,4 214 Kaolack 9,5 62,7 86,0 8,8 8,1 317 Thiès 22,6 84,8 71,2 20,0 6,4 565 Louga 12,9 50,5 66,7 10,1 23,2 262 Fatick 8,4 56,6 47,0 7,3 30,7 204 Kolda 5,7 52,1 82,7 5,4 13,3 198 Matam 10,2 65,6 67,6 9,1 15,8 152 Kaffrine 4,2 44,3 49,1 2,7 31,1 141 Kédougou 16,8 59,4 89,7 14,3 5,8 34 Sédhiou 3,7 63,7 85,9 3,7 12,8 120 Niveau d’instruction Aucun 2,2 55,9 69,6 2,0 18,2 1 632 Primaire 18,2 79,6 73,6 16,6 8,7 1 261 Secondaire ou plus 52,5 90,4 78,0 46,7 4,2 1 525 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,2 23,3 62,8 0,7 32,8 665 Second 4,2 49,0 68,7 3,1 19,8 688 Moyen 12,1 84,8 73,0 10,8 6,4 908 Quatrième 27,9 93,4 75,1 25,2 3,0 1 019 Le plus riche 55,9 95,0 82,3 50,4 2,4 1 137 Ensemble 15-49 24,1 74,6 73,7 21,6 10,6 4 417 Hommes 50-59 24,9 57,3 81,5 21,4 12,5 512 Ensemble 15-59 24,2 72,8 74,5 21,6 10,8 4 929 Les résultats selon la région mettent également en évidence des disparités : la proportion de femmes n’ayant accès à aucun média est faible dans les régions de Dakar et Thiès (respectivement, 4 % et 7 %). Elle est, par contre, très élevée dans certaines régions : 59 % pour la région de Tambacounda, 39 % à Kédougou et 38 % à Kaffrine. Chez les hommes, la proportion de ceux n’ayant aucun accès aux médias varient d’un minimum de 3 % à Dakar à un maximum de 31 % à Fatick. En outre, le niveau d’instruction semble influencer de manière significative le niveau d’exposition aux médias. Que ce soit chez les femmes que chez les hommes, ceux ayant le niveau secondaire ou plus, sont les plus fréquemment exposés aux trois médias : 37 % des femmes et 47 % des hommes, contre seulement 10 % des femmes et 17 % de ceux ayant le niveau d’instruction primaire. Par ailleurs, les résultats montrent que 28 % des femmes sans niveau d’instruction ne sont exposées à aucun média, contre 7 % de celles ayant un niveau secondaire ou plus. Ces proportions sont respectivement de 18 % et 4 % pour les hommes. Comme pour le niveau d’instruction, on note une relation positive entre le niveau de bien-être du ménage et l’exposition aux médias. Ce sont les hommes et les femmes vivant dans les ménages les plus riches qui sont les plus fréquemment exposés tous les trois médias : 50 % des hommes et 28 % des femmes, contre seulement 1 % des hommes et 0 % des femmes des ménages les plus pauvres. 42 • Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE Lors de l’EDS-MICS, 2010-11, des questions relatives à l’emploi ont été posées aux hommes et aux femmes. Etaient considérés comme ayant un travail, les hommes et les femmes qui ont déclaré avoir eu au cours des douze mois précédant l’enquête, une activité rémunérée ou non, indépendamment du secteur d’activité. Les résultats sont présentés au tableau 3.5. Tableau 3.5 Emploi Répartition (en %) des femmes et hommes par le fait qu’elles ont, ou non, un emploi et par durée de l’emploi, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Travaille actuelle- ment Ne travaille pas actuelle- ment N’a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête Total Effectif Travaille actuelle- ment Ne travaille pas actuelle- ment N’a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête Total Effectif Groupe d’âges 15-19 20,0 5,3 74,6 100,0 3 429 52,6 14,8 32,6 100,0 1 170 20-24 32,3 6,8 60,9 100,0 3 220 69,8 10,2 19,9 100,0 897 25-29 40,4 8,1 51,4 100,0 2 746 91,6 3,3 5,1 100,0 701 30-34 47,5 8,4 44,1 100,0 2 148 92,9 4,2 2,9 100,0 545 35-39 51,3 7,4 41,3 100,0 1 817 96,7 2,8 0,5 100,0 438 40-44 58,8 7,4 33,8 100,0 1 379 95,3 3,2 1,5 100,0 383 45-49 63,4 5,2 31,4 100,0 949 94,9 3,5 1,6 100,0 284 État matrimonial Célibataire 31,4 6,3 62,3 100,0 4 585 67,2 10,8 22,1 100,0 2 738 En union 41,8 7,2 51,0 100,0 10 347 95,8 3,0 1,2 100,0 1 609 Divorcée, séparée, veuve 57,9 7,6 34,4 100,0 757 94,8 3,1 2,1 100,0 71 Nombre d’enfants vivants 0 30,8 6,3 62,8 100,0 5 595 69,2 10,4 20,4 100,0 2 915 1-2 38,6 6,5 54,9 100,0 4 187 94,6 3,1 2,3 100,0 672 3-4 45,0 7,5 47,6 100,0 2 937 95,3 2,4 2,3 100,0 421 5+ 52,0 8,3 39,7 100,0 2 969 96,3 2,7 1,0 100,0 409 Milieu de résidence Urbain 44,7 6,3 49,0 100,0 7 738 74,5 6,5 19,0 100,0 2 467 Rural 34,5 7,6 57,9 100,0 7 950 82,6 9,5 7,9 100,0 1 951 Région Dakar 49,7 8,8 41,5 100,0 4 078 75,4 5,8 18,8 100,0 1 381 Ziguinchor 36,5 6,2 57,4 100,0 581 68,0 11,1 20,9 100,0 210 Diourbel 46,7 5,2 48,1 100,0 1 851 80,1 5,9 14,0 100,0 354 Saint-Louis 38,7 5,3 56,0 100,0 1 034 80,5 3,9 15,6 100,0 266 Tambacounda 28,9 5,4 65,8 100,0 725 80,1 2,8 17,1 100,0 214 Kaolack 30,5 8,4 61,2 100,0 1 172 86,0 8,7 5,2 100,0 317 Thiès 30,2 3,0 66,8 100,0 2 030 81,1 3,6 15,3 100,0 565 Louga 37,3 3,8 58,9 100,0 1 130 86,9 4,3 8,8 100,0 262 Fatick 31,5 13,9 54,5 100,0 717 65,5 26,0 8,4 100,0 204 Kolda 49,8 12,8 37,3 100,0 640 76,1 19,1 4,8 100,0 198 Matam 22,4 2,0 75,6 100,0 595 79,8 6,0 14,2 100,0 152 Kaffrine 22,0 6,8 71,2 100,0 572 82,5 14,3 3,2 100,0 141 Kédougou 38,1 15,5 46,4 100,0 115 83,8 7,9 8,3 100,0 34 Sédhiou 56,5 11,3 32,3 100,0 448 71,4 19,0 9,6 100,0 120 Niveau d’instruction Aucun 41,4 6,9 51,8 100,0 9 079 92,5 3,9 3,6 100,0 1 632 Primaire 44,9 7,9 47,2 100,0 3 414 88,8 4,0 7,2 100,0 1 261 Secondaire ou plus 28,8 6,1 65,2 100,0 3 195 53,7 15,2 31,1 100,0 1 525 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 31,6 11,1 57,3 100,0 2 585 87,1 9,1 3,9 100,0 665 Second 33,3 8,0 58,7 100,0 2 805 83,2 11,8 5,0 100,0 688 Moyen 40,7 4,3 55,0 100,0 3 114 78,2 7,3 14,5 100,0 908 Quatrième 42,3 6,1 51,6 100,0 3 494 75,4 6,1 18,5 100,0 1 019 Le plus riche 46,3 6,3 47,4 100,0 3 689 71,9 6,6 21,5 100,0 1 137 Ensemble 15-49 39,6 6,9 53,5 100,0 15 688 78,0 7,8 14,1 100,0 4 417 Hommes 50-59 na na na na na 88,2 4,7 7,1 100,0 512 Ensemble des hommes 15-59 na na na na na 79,1 7,5 13,4 100,0 4 929 na = Non applicable Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés • 43 Dans l’ensemble, plus d’une femme sur deux (54 %) ne travaillait pas au moment de l’enquête ; une faible proportion (7 %) ne travaillaient pas au moment de l’enquête mais avaient eu une activité au cours des 12 derniers mois. À l’opposé, quatre femmes sur dix (40 %) exerçaient une activité (tableau 3.5). Le pourcentage de femmes qui travaillaient au moment de l’enquête augmente régulièrement avec l’âge, passant d’un minimum de 20 % à 15-19 ans à un maximum de 63 % à 45-49 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, ce sont les femmes en rupture d’union (58 %, contre 42 % de celles en union et 31 % des célibataires) qui étaient proportionnellement les plus nombreuses à exercer une activité au moment de l’enquête. Le nombre d’enfants influence également l’activité économique de la femme. Plus le nombre d’enfants augmente, plus la proportion de femmes exerçant une activité augmente: de 31 % quand celles-ci n’ont pas d’enfant, la proportion passe à 52 % quand elles en ont 5 ou plus. Les données selon le milieu de résidence montrent que c’est en milieu urbain que la proportion de femmes qui travaillaient au moment de l’enquête est la plus élevée (45 % contre 35 % en milieu rural). Selon la région, la proportion de femmes ayant une activité varie de 22 % à Kaffrine et Matam à un maximum de 57 % à Sédhiou et 50 % à Dakar et Kolda. Selon le niveau d’instruction, les femmes ayant un niveau d’instruction primaire (45 %) sont proportionnellement plus nombreuses à exercer une activité que celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (29 %). Par contre, les femmes des ménages les plus riches sont plus fréquemment occupées (46 %) que celles des ménages les plus pauvres (32 %). Les résultats concernant les hommes montrent que 79 % des hommes exerçaient une activité quelconque au moment de l’enquête. Comme chez les femmes, mais de manière plus irrégulière, le pourcentage d’hommes qui travaillaient au moment de l’enquête augmente régulièrement avec l’âge, passant de 53 % à 15-19 ans à 97 % à 35- 39 ans et 95 % à 40-49 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les hommes en union et ceux en rupture d’union étaient, proportionnellement, les plus nombreux à travailler au moment de l’enquête (respectivement, 96 % et 95 %). Par rapport au milieu de résidence, la proportion d’hommes qui travaillaient au moment de l’enquête est plus élevée en milieu rural (83 %) qu’en milieu urbain (75 %). Concernant le niveau d’instruction, les résultats montrent que les hommes sans niveau d’instruction (93 %) étaient plus nombreux à exercer une activité que ceux ayant un niveau primaire (89 %) et ceux de niveau d’instruction secondaire ou plus (54 %). Enfin, la proportion d’hommes travaillant diminue légèrement avec le quintile du bien être. En effet, elle passe d’un maximum de 87 % chez les hommes des ménages les plus pauvres à 72 % chez ceux des ménages les plus riches. Les tableaux 3.6.1 et 3.6.2 présentent les résultats selon le type d’occupation des femmes et des hommes. Six femmes sur dix parmi celles qui exerçaient une activité au moment de l’enquête ou qui avaient exercé une activité au cours des douze derniers mois ayant précédé l’enquête, travaillaient dans le secteur des ventes et services (61 %). Par ailleurs, environ une femme sur cinq (19 %) travaillait dans le secteur agricole, 3 % faisaient un travail manuel non agricole (1,3 % pour manuel qualifié et 1,8 % pour manuel non qualifié), 11 % étaient des domestiques, et seulement 5 % exerçaient un emploi de cadre ou une activité professionnelle technique ou administrative (0,5 % pour les cadres et techniciens et 4,5 % pour les employés de bureau). Selon le milieu de résidence, la proportion de femmes ayant déclaré une activité agricole est naturellement plus élevée en milieu rural (39 %) qu’en milieu urbain (2 %). Par région, cette proportion est seulement de 1 % dans la région de Dakar, 3 % dans la région de Thiès et elle est inférieure à 15 % dans les régions de Matam et Diourbel. Par contre, elle est de 46 % dans la région de Kédougou, et dépasse 70 % dans les régions de Kolda (71 %) et Sédhiou (75 %). En ce qui concerne le niveau d’instruction, les résultats montrent que 27 % des femmes travaillant dans l’agriculture n’ont aucun niveau d’instruction et que 5 % ont un niveau d’instruction secondaire ou plus. Dans le travail manuel non agricole plus d’un homme sur trois (35 %) en activité travaillent; en outre, près de trois hommes sur dix (29 %) travaillent dans l’agriculture, plus d’un sur quatre (25 %) exercent dans le secteur des ventes et services et moins d’un sur dix (8 %) travaille en tant que cadre ou exerce une activité professionnelle technique ou administrative (0,5 % pour les cadres et techniciens et 4,5 % pour les employé de bureau). De plus, selon l’âge les proportions d’hommes exerçant un travail manuel qualifié ou non tendent à baisser au fur et à mesure que l’âge augmente. 44 • Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Selon le milieu de résidence, comme on pouvait s’attendre, c’est en milieu rural que la proportion d’hommes ayant une activité agricole est la plus élevée (51 % contre 8 % en milieu urbain). Par contre, en milieu urbain, la proportion d’hommes exerçant un travail manuel qualifié ou non est nettement supérieure à celle observée en milieu rural (50 % contre 22 %). En ce qui concerne le niveau d’instruction, 39 % des hommes travaillant dans l’agriculture n’ont aucun niveau d’instruction tandis qu’un homme sur cinq (20 %) travaillant en tant que cadre ou exerçant une activité professionnelle technique ou administrative a un niveau d’instruction secondaire ou plus. La proportion des hommes qui sont des cadres ou sont occupés dans des activités professionnelles ou administratives augmente significativement avec le bien-être du ménage. Elle passe de moins de 1 % chez les hommes vivant dans les ménages les plus pauvres à 17 % chez ceux des ménages les plus riches. La tendance s’inverse pour ceux qui ont une activité agricole : près de deux hommes sur trois des ménages les plus pauvres (65 %) sont occupés dans l’agriculture contre seulement 3 % dans les ménages les plus riches. Tableau 3.6.1 Occupation : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Cadre/ technicien/ direction Employé Ventes et services Manuel qualifié Manuel non qualifié Employé de maison Agriculture Manquant Total Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 0,2 1,6 39,8 0,5 4,1 29,3 22,8 1,7 100,0 871 20-24 0,4 3,0 56,0 1,3 2,4 16,1 19,2 1,6 100,0 1 259 25-29 0,4 5,3 60,4 2,2 2,2 10,2 18,5 0,8 100,0 1 334 30-34 0,8 5,6 67,2 0,9 0,7 5,8 18,2 0,7 100,0 1 201 35-39 1,0 6,2 65,0 1,2 1,2 6,4 18,7 0,5 100,0 1 067 40-44 0,4 5,7 68,6 1,2 1,1 3,8 18,6 0,5 100,0 913 45-49 0,2 7,5 66,9 1,9 1,0 2,6 19,6 0,3 100,0 651 État matrimonial Célibataire 0,9 7,3 49,1 0,7 3,6 27,2 9,3 1,8 100,0 1 730 En union 0,4 4,2 63,9 1,5 1,1 4,5 23,9 0,7 100,0 5 068 Divorcé/séparé/veuf 0,3 3,7 66,9 2,0 2,9 17,3 6,7 0,3 100,0 496 Nombre d’enfants vivants 0 0,8 7,3 51,9 0,8 3,5 22,2 11,8 1,7 100,0 2 079 1-2 0,4 6,0 61,9 1,9 2,1 9,8 17,2 0,6 100,0 1 887 3-4 0,6 3,7 64,1 1,4 0,6 5,5 23,3 0,9 100,0 1 539 5+ 0,2 2,0 66,1 1,2 0,7 2,9 26,6 0,3 100,0 1 790 Milieu de résidence Urbain 0,6 7,8 69,4 1,1 2,0 15,4 2,3 1,3 100,0 3 947 Rural 0,4 1,5 50,1 1,5 1,6 5,2 39,2 0,4 100,0 3 348 Région Dakar 0,7 8,3 68,5 1,2 1,7 17,0 1,0 1,6 100,0 2 388 Ziguinchor 0,8 4,3 62,8 1,6 1,9 11,0 17,4 0,2 100,0 248 Diourbel 1,1 1,6 67,2 2,9 3,3 8,8 14,9 0,3 100,0 960 Saint-Louis 0,3 5,5 54,5 2,3 1,7 6,5 27,8 1,4 100,0 455 Tambacounda 0,0 3,6 66,2 0,0 3,5 10,6 16,0 0,1 100,0 248 Kaolack 0,0 3,5 63,5 0,1 1,4 6,9 24,3 0,2 100,0 455 Thiès 0,6 5,7 73,7 1,0 2,9 12,5 2,5 1,1 100,0 674 Louga 0,0 1,7 54,3 1,5 0,8 4,9 36,3 0,4 100,0 465 Fatick 0,3 3,5 50,0 0,4 0,8 12,0 32,7 0,3 100,0 326 Kolda 0,3 1,7 24,5 0,5 0,7 0,9 70,9 0,6 100,0 401 Matam 0,4 3,6 73,7 1,1 0,6 6,5 14,2 0,0 100,0 145 Kaffrine 0,0 3,5 46,9 0,9 0,2 6,0 38,9 3,5 100,0 165 Kédougou 0,0 4,5 36,7 2,3 2,7 6,5 46,5 0,8 100,0 62 Sédhiou 0,2 1,3 20,7 0,8 0,5 1,7 74,8 0,1 100,0 303 Niveau d’instruction Aucun 0,2 0,6 59,3 1,6 1,3 9,4 27,1 0,5 100,0 4 380 Primaire 0,2 2,4 69,8 0,8 2,7 14,8 8,9 0,5 100,0 1 802 Secondaire ou plus 2,2 25,8 50,4 1,2 2,5 9,3 5,3 3,3 100,0 1 113 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 0,5 33,6 1,0 0,9 5,7 58,0 0,3 100,0 1 103 Second 0,1 0,8 49,1 1,0 1,2 8,4 38,7 0,8 100,0 1 159 Moyen 0,3 2,5 64,9 0,9 1,7 11,6 17,4 0,7 100,0 1 400 Quatrième 0,4 4,5 74,3 1,5 2,4 12,6 3,1 1,2 100,0 1 692 Le plus riche 1,3 11,9 67,6 1,9 2,3 12,8 1,0 1,2 100,0 1 941 Ensemble 0,5 4,9 60,6 1,3 1,8 10,7 19,2 0,9 100,0 7 295 Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés • 45 Tableau 3.6.2 Occupation: Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Cadre/ technicien/ direction Employé Ventes et services Manuel qualifié Manuel non qualifié Employé de maison Agriculture Manquant Total Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 0,0 0,7 9,9 17,5 18,3 0,3 41,6 11,7 100,0 788 20-24 0,7 1,2 21,2 27,1 17,0 0,1 28,8 3,9 100,0 718 25-29 2,0 5,1 27,6 35,3 9,0 0,0 20,4 0,6 100,0 665 30-34 2,8 5,5 30,9 33,7 6,4 0,2 20,0 0,6 100,0 530 35-39 2,5 11,3 36,1 21,2 6,5 0,1 21,7 0,6 100,0 436 40-44 3,9 11,4 32,7 20,9 4,0 0,4 26,2 0,4 100,0 377 45-49 3,2 6,4 29,8 18,4 6,8 0,3 34,6 0,4 100,0 279 État matrimonial Célibataire 1,2 3,5 18,7 27,2 15,7 0,2 27,7 5,8 100,0 2 134 En union 2,4 6,6 32,8 22,9 5,3 0,2 29,2 0,5 100,0 1 590 Divorcé/séparé/veuf 4,6 11,3 29,8 33,7 4,3 0,0 16,3 0,0 100,0 69 Nombre d’enfants vivants 0 1,3 3,8 19,8 26,5 14,9 0,1 28,3 5,3 100,0 2 320 1-2 3,1 8,1 32,7 27,2 5,6 0,0 22,2 1,0 100,0 656 3-4 3,6 7,4 31,4 25,6 6,0 0,7 25,0 0,3 100,0 411 5+ 0,7 3,7 34,3 17,2 3,8 0,2 39,9 0,2 100,0 405 Milieu de résidence Urbain 3,0 7,3 29,6 35,6 14,0 0,0 7,7 2,8 100,0 1 997 Rural 0,5 2,3 19,5 14,3 7,9 0,4 50,9 4,2 100,0 1 796 Région Dakar 4,2 8,6 29,1 39,9 14,3 0,0 3,2 0,7 100,0 1 122 Ziguinchor 1,5 7,2 23,1 19,5 3,9 0,4 28,7 15,7 100,0 166 Diourbel 0,3 4,4 24,7 31,8 12,6 0,0 18,4 7,8 100,0 305 Saint-Louis 1,1 5,2 18,9 15,5 7,7 0,4 49,0 2,2 100,0 224 Tambacounda 2,0 1,7 28,2 18,5 11,1 0,0 36,4 2,1 100,0 177 Kaolack 0,2 2,4 25,4 13,5 13,9 0,0 26,8 17,9 100,0 300 Thiès 0,8 2,9 28,1 31,1 11,5 0,0 24,5 1,0 100,0 478 Louga 0,0 2,6 21,6 16,9 9,5 0,2 48,2 1,0 100,0 239 Fatick 0,8 4,8 17,9 11,9 11,2 2,6 50,5 0,4 100,0 187 Kolda 1,1 2,9 11,6 9,5 4,5 0,0 69,9 0,5 100,0 188 Matam 1,0 2,1 21,9 14,3 6,3 0,0 52,0 2,4 100,0 131 Kaffrine 1,0 2,1 28,9 16,7 9,5 0,0 41,8 0,0 100,0 136 Kédougou 0,4 6,0 27,3 12,8 6,9 0,4 44,5 1,7 100,0 31 Sédhiou 0,6 1,8 13,6 8,2 6,6 0,0 69,3 0,0 100,0 108 Niveau d’instruction Aucun 0,1 1,2 26,0 21,8 11,2 0,3 38,7 0,8 100,0 1 573 Primaire 0,5 2,0 22,4 38,5 14,6 0,2 19,7 2,1 100,0 1 170 Secondaire ou plus 5,8 13,9 25,8 16,7 7,1 0,1 21,6 9,1 100,0 1 051 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,1 0,4 18,6 7,4 5,0 0,3 65,2 3,1 100,0 639 Second 0,6 1,2 18,4 13,8 10,1 0,4 52,2 3,4 100,0 654 Moyen 0,6 3,4 24,8 26,9 10,8 0,3 26,5 6,7 100,0 777 Quatrième 1,4 5,7 26,2 40,6 14,7 0,1 9,4 2,0 100,0 831 Le plus riche 5,2 11,6 32,7 32,0 13,2 0,0 2,7 2,6 100,0 893 Ensemble 15-49 1,8 4,9 24,8 25,5 11,1 0,2 28,1 3,5 100,0 3 793 50-59 5,0 8,9 31,4 14,1 2,9 0,3 35,5 1,9 100,0 475 Ensemble 15-59 2,1 5,4 25,6 24,3 10,2 0,2 28,9 3,3 100,0 4 269 Le tableau 3.7 présente la répartition des femmes ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type de revenus, type d’employeur et en fonction de la régularité de l’emploi. Dans l’ensemble, la majorité des femmes (79 %) ont été payées en argent seulement, 5 % en argent et en nature, 2 % en nature seulement et 14 % n’ont pas été payées (graphique 3.2). Les femmes travaillant ou ayant travaillé dans le secteur non agricole ont été plus fréquemment payées en argent (90 %) que celles qui ont exercé une activité dans le domaine agricole (37 %). De plus, dans la majorité des cas (76 %), les femmes travaillaient pour leur propre compte, cela quel que soit le type d’emploi. Dans le secteur agricole, les femmes ont été en proportion un peu plus nombreuses à travailler pour un membre de la famille que dans le secteur non agricole (29 % contre 8 %). Enfin, dans 57 % des cas, les femmes ont travaillé toute l’année, en particulier celles ayant travaillé dans le secteur non agricole (67 %). Dans le secteur agricole, la majorité des femmes (80 %) ont été des saisonnières. 46 • Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Tableau 3.7 Type d’emploi Répartition (en %) des femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois précédant l’enquête par type de revenus, type d’employeur et régularité de l’emploi, selon le type de l’emploi (agricole ou non-agricole), EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique de l’emploi Travail agricole Travail non agricole ND Total Type de revenu Argent seulement 36,9 89,9 27,5 79,1 Argent et en nature 17,6 1,9 7,2 5,0 En nature seulement 9,1 0,6 0,0 2,2 Sans rémunération 36,4 7,6 65,3 13,7 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Type d’employeur Travaille pour un membre de la famille 29,4 7,7 18,9 12,0 Travaille pour quelqu’un d’autre que la famille 5,9 13,6 16,2 12,1 Travaille à son propre compte 64,7 78,7 64,9 75,9 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Régularité du travail Annuel 16,9 66,8 57,7 57,1 Saisonnier 79,7 15,6 25,5 28,0 Occasionnel 3,4 17,6 16,7 14,8 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 404 5 824 67 7 295 Note: Le total comprend les femmes dont l’information sur le type d’emploi est manquante. 3.6 COUVERTURE MÉDICALE Lors de l’EDSV-MICS, une question relative à la couverture médicale a été posée aux hommes et aux femmes. L’objectif de cette question était de chercher à savoir si la personne enquêtée a une assurance médicale qui susceptible de couvrir les dépenses de santé en cas de besoin. L’assurance médicale peut être une assurance mutuelle ou une assurance communautaire, une sécurité sociale, une imputation budgétaire, un plan offert par l’employeur (que ce soit pour l’enquêtée ou pour un autre membre de la famille) ou encore une assurance privée commerciale. Les tableaux 3.8.1 et 3.8.2 présentent les données sur la couverture médicale des femmes et des hommes. Graphique 3.2 Répartition des femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois précédant l'enquête par type de revenu EDS-MICS 2010-11 Argent seulement 79 % Sans rémunération 14 % En nature seulement 2 % Argent et en nature 5 % Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés • 47 Tableau 3.8.1 Couverture médicale: Femme Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans par type d’assurance médicale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristiques sociodémographiques Sécurité sociale assurance santé par l’employeur assurance mutuelle/ assurance santé Communautaire Souscription individuelle à une assurance privée Autres types assurances Sans assurance Effectif Groupe d’âges 15-19 0,5 0,9 1,9 0,2 4,0 92,7 3 429 20-24 0,7 0,9 0,7 0,3 2,7 94,8 3 220 25-29 0,8 2,2 1,5 0,1 2,1 93,4 2 746 30-34 0,6 2,0 1,9 0,0 1,7 94,2 2 148 35-39 0,5 2,6 1,3 0,0 2,4 93,3 1 817 40-44 0,3 1,6 2,0 0,1 3,0 93,3 1 379 45-49 0,2 2,0 1,3 0,1 3,4 93,1 949 Milieu de résidence Urbain 1,0 2,9 2,3 0,2 4,9 89,0 7 738 Rural 0,1 0,3 0,6 0,1 0,7 98,1 7 950 Région Dakar 1,5 4,2 2,4 0,2 5,7 86,5 4 078 Ziguinchor 0,2 1,0 1,0 0,1 4,1 93,7 581 Diourbel 0,2 0,1 1,0 0,1 1,2 97,5 1 851 Saint-Louis 0,4 2,4 2,3 0,0 2,9 92,2 1 034 Tambacounda 0,2 0,9 0,6 0,6 0,9 97,1 725 Kaolack 0,4 0,5 1,8 0,2 2,5 94,6 1 172 Thiès 0,3 0,9 1,0 0,1 1,6 96,1 2 030 Louga 0,1 0,1 0,2 0,1 1,0 98,4 1 130 Fatick 0,4 0,3 2,7 0,2 3,1 93,3 717 Kolda 0,2 0,6 0,6 0,1 2,2 96,3 640 Matam 0,0 1,0 0,6 0,0 1,0 97,4 595 Kaffrine 0,3 0,1 1,3 0,0 0,2 98,1 572 Kédougou 0,1 0,7 1,5 0,0 0,9 97,1 115 Sédhiou 0,0 0,2 0,5 0,0 1,1 98,2 448 Niveau d’instruction Aucun 0,1 0,5 0,6 0,0 0,3 98,5 9 079 Primaire 0,4 2,8 1,4 0,1 2,6 92,8 3 414 secondaire ou plus 2,1 3,5 4,1 0,4 10,0 80,5 3 195 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 0,1 0,3 0,1 0,5 98,9 2 585 Second 0,1 0,2 0,6 0,0 0,8 98,3 2 805 Moyen 0,2 0,6 1,1 0,2 2,0 95,9 3 114 Quatrième 0,7 1,5 1,4 0,0 3,1 93,6 3 494 Le plus riche 1,5 4,6 3,4 0,3 6,2 84,3 3 689 Ensemble 0,6 1,6 1,5 0,1 2,8 93,6 15 688 Dans l’ensemble, la majorité des hommes et des femmes enquêtés n’ont aucune couverture médicale. En effet les pourcentages des femmes et des hommes ne disposant pas de couverture médicale sont respectivement de 94 % et 92 %. Ces proportions sont très élevées quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques des femmes et des hommes. Une proportion très faible de femmes et d’hommes est couverte par une sécurité sociale (moins de 1 % pour les femmes et les hommes) et une assurance santé privée commerciale (0,1 % pour les femmes et 0,5 % pour les hommes). Seulement, 2 % des femmes et des hommes sont assurés par leur employeur ; 2 % des femmes et 3 % des hommes font recours aux mutuels de santé et aux assurances de santé communautaire. Les résultats de l’enquête révèlent aussi que 3 % des femmes et 2 % des hommes sont pris en charge en cas de maladie par un autre type d’assurance santé tel que l’imputation budgétaire. Malgré cette faiblesse de la couverture médicale, des disparités socioéconomiques subsistent. Les femmes bénéficiant d’une couverture médicale sont surtout celles du milieu urbain (11 % contre 2 % pour le milieu rural), celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (20 % contre 1 % pour les femmes non instruites) et celles vivant dans les ménages les plus riches (16 %). Les résultats selon les régions mettent également en évidence des disparités. La proportion de femmes sans couverture médicale est particulièrement élevée dans les régions de Louga, Sédhiou, Kaffrine, Diourbel, Tambacounda, Matam, où elle varie entre 97 % et 98 %. À l’opposé, Dakar et Saint 48 • Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Louis sont les deux régions où les proportions des femmes couvertes par une assurance santé sont les plus élevées. Ainsi, 86 % des femmes de Dakar, 92 % des femmes de Saint Louis se trouvent sans aucune couverture médicale. Les résultats concernant les hommes montrent les mêmes tendances que celles observées chez les femmes. Par exemples, les hommes du milieu urbain (11 %), ceux ayant le niveau d’instruction secondaire et plus (17 %) sont plus couverts par une assurance santé que les hommes du milieu rural (4 %) ou ceux non instruits (2 %). Au niveau régional, la proportion la plus élevée des hommes ne disposant d’une assurance maladie est observée à Tambacounda, Kaffrine, Fatick, Louga et Matam où elle varie entre 97 % et 98 %. Les régions de Saint Louis (89 %), Diourbel, Ziguinchor et Dakar (90 %) sont celles où les hommes bénéficient plus d’une couverture médicale. Cependant, on constate, quel que soit le sexe, que l’âge n’est pas un facteur déterminant quant à la possession d’une couverture médicale. Les écarts entre les différents groupes d’âges, des hommes ou des femmes sans couverture médicale, sont faibles. Tableau 3.8.2 Couverture médicale: Homme Répartition (en %) des hommes de 15-49 par type d’assurance médicale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS- MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Sécurité sociale Assurance santé par l’employeur Assurance mutuelle/ assurance santé Communautaire Souscription individuelle à une assurance privée Autres types assurances Sans assurance Effectif Groupe d’âges 15-19 0,7 0,4 0,9 0,1 4,8 93,3 1 170 20-24 0,6 1,2 2,1 0,5 3,7 92,4 897 25-29 0,1 1,4 1,7 0,5 0,2 96,1 701 30-34 0,4 2,8 2,6 0,7 0,7 93,0 545 35-39 0,4 5,6 5,0 0,8 1,9 87,0 438 40-44 2,5 2,8 5,6 0,4 0,8 88,3 383 45-49 0,5 4,1 1,7 1,8 1,7 90,3 284 Milieu de résidence Urbain 1,0 3,3 3,2 0,8 3,1 89,2 2 467 Rural 0,2 0,4 1,3 0,2 1,7 96,3 1 951 Région Dakar 1,4 3,8 2,4 0,8 2,7 89,5 1 381 Ziguinchor 0,0 1,9 2,9 2,7 2,2 90,4 210 Diourbel 0,4 0,8 0,7 0,0 8,3 89,9 354 Saint-Louis 0,6 2,8 6,5 1,1 1,3 88,6 266 Tambacounda 0,3 0,2 1,0 0,0 0,0 98,4 214 Kaolack 0,5 0,3 1,4 0,3 4,7 92,8 317 Thiès 0,5 2,8 3,6 0,0 0,3 93,3 565 Louga 0,2 0,3 1,7 0,2 0,6 97,0 262 Fatick 0,0 0,0 2,3 0,6 0,0 97,0 204 Kolda 0,5 1,2 1,4 0,0 4,8 92,2 198 Matam 0,3 0,4 1,0 0,0 2,0 96,5 152 Kaffrine 0,2 0,0 1,0 0,0 1,4 97,9 141 Kédougou 0,4 1,2 2,3 0,4 0,5 95,3 34 Sédhiou 0,0 0,6 1,5 0,0 2,5 95,3 120 Niveau d’instruction Aucun 0,0 1,0 0,4 0,0 0,1 98,4 1 632 Primaire 0,1 2,2 1,2 0,4 0,7 95,5 1 261 secondaire ou plus 1,9 3,0 5,3 1,1 6,6 83,1 1 525 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 0,0 0,4 0,1 1,5 98,0 665 Second 0,1 0,4 0,9 0,1 2,1 96,4 688 Moyen 0,4 1,2 2,2 0,2 2,2 94,1 908 Quatrième 0,7 2,9 1,8 0,4 1,6 92,9 1 019 Le plus riche 1,5 4,1 5,0 1,3 4,5 84,5 1 137 Ensemble 15-49 0,7 2,0 2,3 0,5 2,5 92,3 4 417 Hommes 50-59 2,7 5,1 4,9 0,7 1,9 86,5 512 Ensemble 15-59 0,9 2,3 2,6 0,5 2,4 91,7 4 929 Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés • 49 3.7 CONSOMMATION DE TABAC Au cours de l’enquête, des questions sur la consommation du tabac ont été posées aux femmes et aux hommes. La consommation de tabac nuit à la santé, et pendant la grossesse, sa consommation fait courir des risques à l’enfant à naître. Les tableaux 3.9.1 et 3.9.2 indiquent les résultats concernant la consommation du tabac par les femmes et les hommes. Le tableau 3.9.1 qui présente les proportions de femmes de 15-49 ans qui consomment du tabac montre que presque la totalité des femmes ne consommaient pas de tabac au moment de l’enquête. En effet, seulement quatre femmes sur mille fument la cigarette ou consomment du tabac sous d’autres formes que la cigarette ou la pipe (0,2 % dans les deux cas). Cette proportion de femmes qui ne consommaient pas du tabac au moment de l’enquête est très élevée quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques des femmes. La consommation de tabac ne varie pas de façon significative suivant les caractéristiques sociodémographiques. En effet, quel que soit le caractère sociodémographique, la proportion de femmes ne consommant pas de tabac varie entre 99 % et 100 %. Tableau 3.9.1 Consommation de tabac: Femme Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui fument des cigarettes, la pipe ou du tabac sous d’autres formes selon certaines caractéristiques sociodémographiques et selon qu’elles sont enceintes et qu’elles allaitent, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Cigarettes Pipe Autre tabac Ne consomme pas de tabac Nombre de femmes Groupe d’âges 15-19 0,2 0,0 0,0 99,8 3 429 20-24 0,1 0,0 0,1 99,8 3 220 25-29 0,2 0,0 0,3 99,5 2 746 30-34 0,2 0,0 0,3 99,5 2 148 35-39 0,3 0,0 0,3 99,4 1 817 40-44 0,0 0,1 0,3 99,6 1 379 45-49 0,1 0,3 0,9 98,7 949 Maternité Enceinte 0,2 0,0 0,3 99,5 1 208 Allaite (non enceinte) 0,0 0,0 0,4 99,6 4 081 Ni l’un, ni l’autre 0,2 0,0 0,2 99,6 10 400 Milieu de résidence Urbain 0,3 0,0 0,0 99,7 7 738 Rural 0,1 0,0 0,4 99,5 7 950 Région Dakar 0,4 0,0 0,0 99,6 4 078 Ziguinchor 0,2 0,0 0,0 99,8 581 Diourbel 0,0 0,0 0,1 99,9 1 851 Saint-Louis 0,1 0,2 0,0 99,7 1 034 Tambacounda 0,1 0,0 0,4 99,5 725 Kaolack 0,1 0,0 0,0 99,9 1 172 Thiès 0,1 0,0 0,1 99,9 2 030 Louga 0,3 0,0 0,2 99,6 1 130 Fatick 0,1 0,0 0,0 99,9 717 Kolda 0,1 0,2 3,8 95,9 640 Matam 0,0 0,0 0,0 100,0 595 Kaffrine 0,1 0,0 0,0 99,9 572 Kédougou 0,3 0,0 0,7 99,0 115 Sédhiou 0,1 0,1 0,6 99,2 448 Niveau d’instruction Aucun 0,1 0,0 0,4 99,5 9 079 Primaire 0,1 0,0 0,0 99,9 3 414 Secondaire ou plus 0,4 0,0 0,0 99,6 3 195 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,1 0,1 1,0 98,8 2 585 Second 0,1 0,0 0,3 99,7 2 805 Moyen 0,1 0,0 0,0 99,8 3 114 Quatrième 0,3 0,0 0,0 99,7 3 494 Le plus riche 0,2 0,0 0,0 99,8 3 689 Ensemble 0,2 0,0 0,2 99,6 15 688 50 • Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Chez les hommes, le tableau 3.9.2 qui indique que 82 % des hommes de 15-59 ans ne consommaient pas de tabac au moment de l’enquête. Le pourcentage d’hommes qui fument la cigarette est le double de celui de ceux qui consomment du tabac sous d’autres formes que la cigarette ou la pipe. Moins de 1 % des hommes utilise la pipe. Cette tendance est généralement vérifiée selon le caractère sociodémographique étudié. L’utilisation du tabac est faible chez les adolescents. En effet, seulement 5 % des hommes de 15-19 ans et 13 % de ceux de 20-24 ans consomment le tabac. Par contre, dans les autres générations, la proportion d’hommes consommateurs de tabac varie entre 23 % et 33 %. Par ailleurs, les résultats révèlent aussi que les hommes qui consomment du tabac sont surtout ceux sans instruction ou ayant le niveau primaire (20 %) et ceux vivant dans les ménages les plus pauvres (26 % et 16 % pour le second quintile). Selon la région, les proportions les plus élevées sont notées dans les régions de Kolda (29 %), Matam (27 %), Sédhiou (25 %), Kédougou (25 %) et Ziguinchor (23 %). A l’opposée, Diourbel (10 %), Kaolack (13 %) et Louga (14 %) ont les proportions les plus faibles. L’utilisation de tabac autre que la cigarette ou la pipe est très élevée dans la région de Louga (11 %), suivie des régions de Kaffrine et Fatick (9 %). Enfin, la consommation de tabac ne varie pas de façon significative selon le milieu de résidence. Tableau 3.9.2 Consommation de tabac: Homme Pourcentage d’hommes enquêtés qui fument des cigarettes, la pipe ou du tabac sous d’autres formes et répartition (en %) des hommes qui fument des cigarettes en fonction du nombre de cigarettes fumées au cours des dernières vingt-quatre heures selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS- MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Utilisation du tabac Nombre de cigarettes fumées au cours des dernières 24 heures Cigarettes Pipe Autre tabac Ne consomme pas de tabac Effectif 0 1-2 3-5 6-9 10+ NSP/ ND Total Nombre de fumeurs de cigarettes Groupe d’âges 15-19 4,3 0,0 1,3 95,1 1 170 11,5 12,9 41,0 15,0 17,9 1,7 100,0 50 20-24 11,1 0,3 3,9 87,1 897 0,0 14,5 46,9 15,4 21,1 2,1 100,0 100 25-29 20,7 0,4 5,0 77,5 701 0,3 2,4 25,9 27,1 41,0 3,3 100,0 145 30-34 19,8 0,6 9,8 75,9 545 1,1 2,5 27,0 23,5 45,3 0,6 100,0 108 35-39 27,8 1,2 14,8 66,7 438 0,6 5,4 31,2 24,4 37,1 1,2 100,0 122 40-44 18,6 1,5 11,4 74,0 383 1,0 3,5 25,3 2,4 65,6 2,1 100,0 71 45-49 18,2 0,9 11,7 73,7 284 7,6 22,2 15,7 13,2 41,2 0,0 100,0 52 Milieu de résidence Urbain 16,7 0,1 5,6 81,8 2 467 2,2 5,3 28,5 21,1 41,2 1,7 100,0 411 Rural 12,1 1,0 7,3 82,9 1 951 1,5 11,1 34,4 16,6 34,6 1,8 100,0 237 Région Dakar 16,5 0,0 5,3 82,5 1 381 3,5 5,1 27,2 27,7 35,1 1,4 100,0 227 Ziguinchor 21,9 0,4 5,1 76,7 210 0,0 3,7 32,1 10,9 53,3 0,0 100,0 46 Diourbel 5,5 1,5 7,2 90,7 354 0,0 46,1 30,8 8,4 14,8 0,0 100,0 20 Saint-Louis 12,9 0,4 6,0 83,4 266 6,7 2,9 26,1 18,1 42,9 3,3 100,0 34 Tambacounda 17,9 0,0 5,2 78,8 214 0,0 4,1 37,9 13,1 44,9 0,0 100,0 38 Kaolack 10,6 0,2 4,1 87,3 317 2,3 6,9 38,1 19,0 31,3 2,3 100,0 34 Thiès 12,1 0,0 7,2 83,5 565 0,0 0,0 35,4 14,1 48,3 2,2 100,0 68 Louga 8,6 1,6 10,6 85,8 262 0,0 16,4 27,9 7,5 41,8 6,4 100,0 23 Fatick 9,7 0,4 9,0 84,5 204 0,0 9,0 40,1 18,5 32,4 0,0 100,0 20 Kolda 24,9 0,9 8,7 71,4 198 1,3 13,7 36,2 24,6 24,2 0,0 100,0 49 Matam 23,9 2,0 4,5 73,3 152 2,0 3,7 16,2 17,8 52,1 8,2 100,0 36 Kaffrine 10,7 3,0 9,1 79,2 141 2,6 13,0 33,5 13,6 37,3 0,0 100,0 15 Kédougou 24,6 0,0 0,7 75,1 34 0,0 16,4 25,2 15,3 39,5 3,5 100,0 8 Sédhiou 24,1 0,0 5,2 74,8 120 0,0 13,0 35,2 5,8 46,0 0,0 100,0 29 Niveau d’instruction Aucun 14,0 1,3 8,1 80,4 1 632 3,0 10,2 32,2 20,5 33,1 1,0 100,0 229 Primaire 17,5 0,1 6,5 80,3 1 261 2,7 6,1 35,2 17,0 34,9 4,0 100,0 221 secondaire ou plus 13,0 0,0 4,4 86,0 1 525 0,0 5,5 23,7 20,9 49,8 0,1 100,0 198 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,9 2,0 13,4 74,1 665 2,6 16,1 34,0 17,2 28,0 2,0 100,0 112 Second 13,0 0,8 4,9 83,5 688 0,8 5,3 35,8 16,9 38,9 2,2 100,0 90 Moyen 13,7 0,3 4,8 84,4 908 0,0 6,1 35,0 12,0 46,2 0,7 100,0 124 Quatrième 14,0 0,0 3,1 84,8 1 019 3,7 5,0 32,1 30,5 24,5 4,3 100,0 142 Le plus riche 15,7 0,0 7,2 82,6 1137 2,2 5,8 21,7 18,5 51,9 0,0 100,0 179 Ensemble 15-49 14,7 0,5 6,3 82,3 4 417 2,0 7,4 30,6 19,4 38,8 1,8 100,0 648 Homme 50-59 11,3 2,4 9,0 81,6 512 5,9 4,5 17,8 22,9 46,1 2,8 100,0 58 Ensemble 15-59 14,3 0,7 6,6 82,3 4 929 2,3 7,1 29,6 19,7 39,4 1,8 100,0 706 Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés • 51 Le tableau 3.9.2 présente également les résultats sur le nombre de cigarettes fumées par les hommes de 15- 59 ans au cours des dernières vingt quatre heures. Parmi ces hommes qui fument la cigarette, près de quatre sur dix (39 %) ont utilisé plus de 10 cigarettes, un sur cinq (20 %) ont fumé entre 6 et 9 cigarettes, trois sur dix (30 %) ont consommé 3 à 5 cigarettes et seulement 9 % ont fumé au plus 2 cigarettes. le nombre de cigarettes fumées au cours des dernières vingt quatre heures varie en fonction des caractéristiques sociodémographiques. La proportion d’hommes fumant plus de 6 cigarettes est plus élevée chez ceux de 25-59 (54 % à 69 %). A l’opposée, les hommes de 15-24 ans (33 % pour les 15-19 ans et 36 % pour 20-24 ans) ont les proportions les plus faibles. On constate aussi, que seuls 12 % des hommes de 15-19 ans, 8 % des 45-49 ans et 6 % des 50-59 ans n’ont pas fumé de cigarettes durant les dernières vingt quatre heures. Les hommes qui consomment plus de 10 cigarettes par jour sont ceux du milieu urbain (62 %), ceux ayant le niveau d’instruction secondaire ou plus (50 %) et ceux vivant dans les ménages les plus riches (52 %). Au niveau régional, la proportion la plus élevée d’hommes ayant fumé plus de 10 cigarettes durant les dernières vingt quatre heures est observée à Ziguinchor, Matam, Thiès et Sédhiou, où elle varie entre 46 % et 53 %. Les proportions les plus faibles sont notées dans les régions de Diourbel (15 %) et Kolda (24 %). 3.8 MALADIES CHRONIQUES L’évolution du mode de vie au Sénégal est marquée de plus en plus par une sédentarité des populations aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural et par un changement des habitudes alimentaires. Sur le plan sanitaire, ce changement se traduit par l’apparition et ou l’accroissement des maladies chroniques. En outre, l’augmentation de l’espérance de vie qui a atteint 62 ans en 2009, a comme corolaire une augmentation du nombre des personnes âgées en vie, qui du reste, ont une grande promptitude à développer des maladies chroniques liées à la vieillesse. Ainsi, sur la demande des autorités sanitaires, des questions sur les maladies chroniques ont été posées aux femmes de 15-49 ans et aux hommes de 15-59 ans. Il s’agissait des questions suivantes : i) souffrez-vous d’une quelconque des maladies suivantes (diabète, hypertension artérielle/avc, insuffisance rénale, cancer, paralysie, asthme/bronchite chronique) ? ; ii) Un diagnostic de cette maladie a-t-il été fait par un personnel médical ? ; iii) A quel(s) type(s) de traitement avez-vous eu recours pour cette (ces) maladie(s) ? Dans l’ensemble, 18,6 % des femmes et 8,5 % des hommes (soit deux fois moins que chez les femmes) ont déclaré souffrir d’une maladie chronique quelconque au moment de l’enquête. Les principales maladies dont les enquêtés se sont plus souvent plaints sont l’hypertension artérielle, l’asthme ou les bronchites chroniques, les maladies cardiaques et la paralysie. Chez les femmes âgées de 15-49 ans, la survenue de maladies chroniques augmente régulièrement avec l’âge. La prévalence des maladies chroniques toutes catégories confondues passe de 9,5 % à 15-19 ans à 32,6 % à 45-49 ans. Les maladies chroniques spécifiques les plus évoquées comme l’illustre le graphique 3.3, sont l’hypertension artérielle (10,5 %), suivie des affections respiratoires chroniques notamment l’asthme et les bronchites chroniques (3,4 %), des maladies cardiaques (0,8 %) et du diabète (0,5 %). L’évolution de la prévalence de ces différentes affections selon l’âge suit généralement la même tendance selon l’âge que précédemment. Par exemple, la prévalence de l’hypertension artérielle passe de moins de 3 % à 15-19 ans à 19 à 22 % entre 40 et 49 ans. Par contre, la prévalence de l’asthme et des bronchites chroniques parait plus faible à 25-34 ans qu’entre 15 et 24 ans et entre 35 et 49 ans. 52 • Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Les femmes résidant en milieu urbain se plaignent plus souvent de maladies chroniques que celles du milieu rural (22,9 % contre 14,5 %). Plus spécifiquement, par rapport aux principales affections citées, on note une différence entre le milieu urbain et le milieu rural pour le diabète (0,7 % en milieu urbain et 0,3 % en milieu rural) ; l’hypertension artérielle (12,4 % et 8,6 %) ; l’asthme et les bronchites chroniques (4,9 % et 1,9 %) et pour les maladies cardiaques (1,1 % et 0,5 % respectivement pour le milieu urbain et le milieu rural). Les régions de Dakar (25,9 %), de Saint Louis (20,3 %), de Louga (19,3 %) et de Diourbel (19,2 %) ont les proportions les plus élevées de femmes qui se plaignent de maladies chroniques. Dans les régions de Kaffrine et Kédougou, à peine une femme sur dix souffre de maladies chroniques. Pour l’hypertension artérielle, Dakar et Louga (13,6 %) sont les régions où les femmes se sont le plus fréquemment plaintes d’hypertension artérielle ; ensuite vient Saint-Louis avec 11,2 %. Les régions où l’hypertension artérielle a été le moins citée sont Sédhiou (3,7 %), Kaffrine (4 %), Kaolack (4,1 %), Tambacounda (4, 3 %) et Kolda (5,4 %). L’asthme et les bronchites chroniques sont plus présents dans les régions de Dakar (5,7 %), Saint-Louis (4,9 %) et Ziguinchor (3,7 %) que dans les régions de Kédougou (0,6 %), de Diourbel (1,2 %), de Kaffrine (1,4 %) de Kaolack (1,6 % et de Sédhiou (2,3 %). En ce qui concerne le diabète, il est plus cité par les femmes des régions de Dakar (0,8 %), Saint-Louis (0,8 %), suivi de la région de Thiès (0,7 %), alors qu’il est moins cité dans les régions de Kaolack (0,1 %), de Kaffrine (0,1 %), de Kolda (0,2 %), de Kédougou (0,2 %) et de Sédhiou (0,2 %). Graphique 3.3 Pourcentage de femmes de 15-49 ans atteintes d'une maladie chronique par type de maladie EDS-MICS 2010-11 Pourcentage de malades Diabète Hypertension artérielle Maladies cardiaques Insuffisance rénale Cancer Paralysie Asthme/ Bronchite chronique Autre 0 5 10 15 20 Pourcentage 18,6 0,5 10,5 0,8 <0,01 <0,01 0,4 3,4 3,8 Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés • 53 Tableau 3.10.1 Maladies chroniques chez les femmes Pourcentage de femmes atteintes d’une maladie chronique par type de maladie selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Sénégal 2010-11 Type de maladie1 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de malades Diabète Hypertension artérielle Maladies cardiaques Insuffisance rénale Cancer Paralysie Asthme/ Bronchite chronique Autre Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 9,5 0,0 2,5 0,6 0,0 0,0 0,3 3,8 2,4 3 429 20-24 15,1 0,0 7,7 0,7 0,1 0,0 0,2 3,8 3,3 3 220 25-29 17,4 0,2 9,5 0,7 0,0 0,0 0,3 2,9 4,0 2 746 30-34 20,8 0,3 13,1 1,4 0,0 0,0 0,3 2,4 4,2 2 148 35-39 25,4 1,4 16,1 0,5 0,0 0,0 0,4 3,4 4,6 1 817 40-44 30,1 1,5 19,4 1,0 0,0 0,1 0,6 3,3 6,4 1 379 45-49 32,6 2,0 21,7 1,4 0,0 0,0 0,9 3,8 4,8 949 Milieu de résidence Urbain 22,9 0,7 12,4 1,1 0,0 0,0 0,4 4,9 4,6 7 738 Rural 14,5 0,3 8,6 0,5 0,0 0,0 0,4 1,9 3,1 7 950 Région Dakar 25,9 0,8 13,6 1,5 0,0 0,0 0,3 5,7 5,6 4 078 Ziguinchor 13,4 0,3 6,7 0,6 0,0 0,0 0,1 3,7 2,4 581 Diourbel 19,2 0,3 11,0 0,4 0,0 0,0 0,6 1,2 6,0 1 851 Saint-Louis 20,3 0,8 11,2 1,1 0,3 0,0 0,4 4,9 3,0 1 034 Tambacounda 12,4 0,5 4,3 0,4 0,0 0,2 0,6 2,5 4,4 725 Kaolack 14,4 0,1 10,8 0,4 0,0 0,0 0,6 1,6 1,6 1 172 Thiès 18,0 0,7 10,9 0,4 0,0 0,0 0,3 2,7 3,2 2 030 Louga 19,3 0,4 13,6 0,3 0,0 0,1 0,5 2,7 2,2 1 130 Fatick 13,3 0,3 7,5 0,6 0,0 0,1 0,2 3,2 1,4 717 Kolda 11,8 0,2 5,4 0,6 0,0 0,0 0,1 3,0 2,8 640 Matam 18,3 0,4 10,6 1,1 0,2 0,0 0,2 3,0 3,7 595 Kaffrine 8,3 0,1 4,0 0,4 0,0 0,0 0,1 1,4 2,5 572 Kédougou 8,4 0,2 4,1 3,1 0,0 0,0 0,0 0,6 0,8 115 Sédhiou 10,3 0,2 3,7 0,7 0,1 0,0 0,4 2,3 2,9 448 Niveau d’instruction Aucun 17,4 0,3 11,1 0,6 0,0 0,0 0,4 2,1 3,4 9 079 Primaire 20,7 0,8 11,9 1,0 0,0 0,0 0,4 4,0 3,6 3 414 Moyen/secondaire ou plus 20,0 0,7 7,1 1,3 0,0 0,0 0,1 6,4 5,3 3 195 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 12,6 0,2 6,9 0,6 0,0 0,1 0,3 1,7 3,0 2 585 Second 14,1 0,3 9,3 0,3 0,0 0,0 0,3 1,6 2,7 2 805 Moyen 17,0 0,4 10,6 0,8 0,0 0,0 0,3 3,1 2,4 3 114 Quatrième 23,0 0,5 13,3 0,8 0,1 0,0 0,4 4,2 4,9 3 494 Le plus riche 23,6 1,0 11,0 1,4 0,0 0,0 0,4 5,4 5,6 3 689 Ensemble 18,6 0,5 10,5 0,8 0,0 0,0 0,4 3,4 3,8 15 688 1 il s’agit d’une réponse multiple. L’ensemble des réponses aux différents types de maladie peut être supérieur au pourcentage de femmes malades. La proportion de femme se plaignant de maladies chroniques augmente légèrement avec le niveau d’instruction. En effet, 17,4 % des femmes sans instruction déclarent avoir une maladie chronique tandis que pour les femmes de niveau primaire et celle de niveau secondaire ou plus, les proportions sont respectivement 20,7 % et 20 %. Cependant, les femmes sans instruction (0,3 %) se plaignent moins de diabète que les femmes de niveau primaire (0,8 %) ou secondaire ou plus (0,7 %). Les femmes sans instruction (11,1 %) et les femmes de niveau primaire (11,9 %) souffrent plus d’hypertension artérielle que celles qui ont atteint un niveau secondaire ou plus (7,1 %). La proportion de femmes qui souffrant de maladies chroniques croît avec le degré de richesse. La survenue des maladies chronique passe du simple au double des femmes les plus pauvres (12,6 %) aux femmes les lus riches (23,3 %). De façon spécifique, les niveaux de prévalence des maladies chroniques sont largement moins élevés chez les femmes les plus pauvres et que chez les plus riches : respectivement 0,2 % et 11 % pour le diabète ; 6,9 % et 11 % pour l’hypertension artérielle ; 0,6 % et 1,4 % pour les maladies cardiaques ; 1,7 % et 5,4 % pour l’asthme et les bronchites chroniques. 54 • Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Comme chez les femmes, la survenue de maladies chroniques chez les hommes âgés de 15 à 49 ans augmente de façon irrégulièrement avec l’âge. La proportion tourne autours de 7 % entre 15 et29 ans ; 10 % 30-34 et 44 ans ; et 15 % à 45-49 ans. Pour les hommes de 15-59 ans, le graphique 3.4 montre que les plaintes pour les maladies chroniques portent aussi sur l’asthme et les bronchites chroniques (3,7 %), l’hypertension artérielle (2,1 %), le diabète (0,5 %), l’insuffisance rénale (0,4 %), la paralysie (0,3 %), les maladies cardiaques (0,3 %) et le cancer (0,1 %). On obtient des niveaux de prévalence tout à fait différents, si l’on porte l’analyse des personnes plus âgées (en incluant les hommes de 50-59 ans). En effet, dans ce cas, les maladies viennent dans l’ordre suivant : diabète : 4,2 % ; hypertension artérielle : 7,8 % ; asthme et bronchites chroniques : 4,2 % ; maladies cardiaques : 0,8 % ; insuffisance rénale : 1,1 % ; cancer : 0,7 % et paralysie : 0,4 %. Bien que la proportion d’hommes se plaignant de maladie soit quasiment similaire entre le milieu urbain (8,9 %) et le milieu rural (8,3 %), il existe une différence selon la résidence pour le diabète et l’hypertension artérielle. En milieu urbain, le diabète est à 0,2 % et l’hypertension artérielle à 1,8 % tandis qu’en milieu rural le diabète est à 0,1 % et l’hypertension artérielle à 0,9 %. Les régions qui abritent le plus d’hommes de 15 à 49 ans présentant des symptômes de maladies chroniques sont les régions de Saint-Louis (15,6 %), Matam (11,5 %), Tambacounda (10,4 %) et Dakar (9,4 %). L’hypertension artérielle est plus présente à Saint-Louis (2,9 %), Dakar (2,4 %) et Ziguinchor (2,2 %), tandis que l’asthme et les bronchites chroniques sont plus fréquents à Matam (7,5 %), Saint-Louis (6,9 %) et Diourbel (5,6 %). En ce qui concerne les plaintes en rapport avec le diabète, elles sont très rares chez les hommes de 15 à 49 ans. Le pourcentage d’hommes de 15 à 49 ans se plaignant de certaines maladies chroniques semble plus élevé chez les hommes de niveau secondaire ou plus (9,4 % contre 8,5 % pour les hommes sans instruction et 8 % pour ceux de niveau primaire). Enfin, les hommes de 15 à 49 ans appartenant au quintile le plus riche et au quintile le pauvre se plaignent plus fréquemment de maladies chroniques que ceux des autres quintiles. Graphique 3.4 Pourcentage d’hommes de 15-59 ans atteints d'une maladie chronique par type de maladie EDS-MICS 2010-11 Pourcentage de malades Diabète Hypertension artérielle Maladies cardiaques Insuffisance rénale Cancer Paralysie Asthme/ Bronchite chronique Autre 0 5 10 15 20 Pourcentage 10,4 0,6 2,1 0,3 0,4 0,1 0,4 3,7 3,8 Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés • 55 Tableau 3.10.2 Maladies chroniques chez les hommes Pourcentage d’hommes atteints d’une maladie chronique par type de maladie selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Type de maladie1 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de malades Diabète Hypertension artérielle Maladies cardiaques Insuffisance rénale Cancer Paralysie Asthme/ Bronchite chronique Autre Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 7,3 0,0 0,1 0,1 0,1 0,0 0,2 4,6 2,5 1 170 20-24 6,1 0,0 0,4 0,0 0,2 0,0 0,2 2,5 2,8 897 25-29 8,3 0,0 0,7 0,9 0,2 0,0 0,5 3,9 2,3 701 30-34 10,5 0,5 2,4 0,6 0,3 0,0 0,2 4,3 2,5 545 35-39 10,1 0,0 1,3 0,3 1,1 0,0 0,0 3,4 3,9 438 40-44 10,4 0,0 3,8 0,3 0,8 0,0 0,3 2,0 3,4 383 45-49 15,0 1,1 6,7 0,0 1,0 0,0 0,8 3,3 3,6 284 Milieu de résidence Urbain 8,9 0,2 1,8 0,2 0,2 0,0 0,0 4,0 2,8 2 467 Rural 8,3 0,1 0,9 0,4 0,6 0,0 0,6 3,1 2,8 1 951 Région Dakar 9,4 0,2 2,4 0,2 0,0 0,0 0,0 4,3 2,8 1 381 Ziguinchor 9,3 0,3 2,2 0,4 0,3 0,0 0,3 2,7 3,5 210 Diourbel 9,3 0,0 1,6 0,0 0,0 0,0 0,7 5,6 1,4 354 Saint-Louis 15,6 0,0 2,9 0,5 0,4 0,0 0,0 6,9 5,6 266 Tambacounda 10,4 0,0 1,8 1,3 0,6 0,0 0,5 3,7 2,4 214 Kaolack 6,3 0,3 1,0 0,0 1,7 0,0 0,0 1,6 1,7 317 Thiès 6,6 0,3 0,0 0,3 0,6 0,0 0,5 2,2 2,9 565 Louga 7,2 0,0 0,3 0,3 0,6 0,0 0,6 2,4 3,3 262 Fatick 5,6 0,0 0,0 0,4 0,2 0,0 0,7 1,6 2,6 204 Kolda 5,1 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 1,3 3,8 198 Matam 11,5 0,0 1,8 0,0 0,8 0,0 0,9 7,5 0,5 152 Kaffrine 6,6 0,0 0,0 0,4 0,8 0,0 0,7 3,2 1,4 141 Kédougou 4,3 0,0 0,6 1,1 0,8 0,0 0,8 0,5 0,6 34 Sédhiou 8,3 0,0 0,6 0,0 0,2 0,0 0,0 1,4 6,1 120 Niveau d’instruction Aucun 8,5 0,1 1,3 0,4 0,5 0,0 0,5 3,1 2,9 1 632 Primaire 8,0 0,0 1,6 0,4 0,4 0,0 0,1 3,2 2,2 1 261 Secondaire ou plus 9,4 0,3 1,4 0,1 0,2 0,0 0,2 4,4 3,2 1 525 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 9,9 0,0 1,3 0,7 1,1 0,0 0,7 3,4 3,1 665 Second 7,7 0,0 0,2 0,1 0,5 0,0 0,4 2,7 3,7 688 Moyen 7,8 0,2 1,3 0,3 0,2 0,0 0,4 2,9 2,6 908 Quatrième 8,4 0,1 1,2 0,0 0,1 0,0 0,0 4,2 3,0 1 019 Le plus riche 9,4 0,3 2,5 0,4 0,3 0,0 0,1 4,3 2,2 1 137 Ensemble 15-49 8,7 0,1 1,4 0,3 0,4 0,0 0,3 3,6 2,8 4 417 50-59 25,1 4,2 7,8 0,8 1,1 0,7 0,4 4,2 7,6 512 Ensemble 15-59 10,4 0,6 2,1 0,3 0,4 0,1 0,3 3,7 3,3 4 929 1 il s’agit d’une réponse multiple. L’ensemble des réponses aux différents types de maladie peut être supérieur au pourcentage d’hommes malades. Nuptialité • 57 NUPTIALITÉ 4 Jean Pierre Diamane BAHOUM e chapitre présente les niveaux, différentiels et tendances de la nuptialité. Dans le contexte sénégalais, celle- ci constitue en effet un déterminant proche important de la fécondité par son rôle majeur dans l'exposition des femmes aux risques de grossesse. Par ailleurs, l’activité sexuelle des femmes sera également abordée, puisqu’elle influence aussi largement leur comportement procréateur. 4.1 ÉTAT MATRIMONIAL Au Sénégal où la population est à 95 % musulmane, le mariage est une pratique commune et le célibat définitif est plutôt un phénomène marginal. Le mariage constitue l’évènement qui légalise le début d'exposition aux risques de grossesse. Dans le cadre de l’EDS-MICS, le terme union s'applique à l'ensemble des femmes et des hommes qui se sont déclarés mariés ou qui vivent maritalement avec un/une partenaire. Entrent donc dans cette catégorie, aussi bien les mariages civils, religieux et coutumiers, que les unions de fait. Nous verrons dans la suite que cette dernière catégorie est plutôt rare. Le tableau 4.1 présente la répartition des femmes et des hommes selon leur état matrimonial au moment de l'enquête. Deux tiers des femmes de 15-49 ans (66 %) et 4 hommes de 15-59 ans sur 10 (42 %) étaient en union au moment de l'enquête. Au Sénégal, l’union se réduit au mariage, 99 % des femmes et 99 % des hommes déclarés en union, étant effectivement mariés. Seulement 0,7 % des femmes et 0,4% des hommes vivaient avec un/e conjoint/e sans être mariés (union consensuelle). Le célibat concernait 29 % des femmes et 56% des hommes; moins de 4% des femmes et moins de 2 % des hommes étaient divorcés ou séparés. Environ une femme sur cent (1 %) et seulement 0,2 % des hommes étaient veufs. Le calendrier de la nuptialité plus tardif chez les hommes explique les plus forts pourcentages d’hommes encore célibataires. La pratique de la polygamie explique en partie les faibles proportions de divorcés et de veufs parmi les hommes. Le même tableau montre également que les proportions de femmes célibataires diminuent rapidement avec l’âge, passant de 75% à 15-19 ans à 17% à 25-29 ans et à 4 % à 35-44 ans ; après 45 ans, le célibat est rare (moins de 3 %). Inversement, la proportion de femmes mariées augmente avec l’âge. Elle passe de 24 % à 15-19 ans à 59 % à 20-24 ans, pour atteindre son maximum à 35-39 ans (88 %). Comme pour les femmes, le pourcentage d’hommes célibataires diminue rapidement avec l’âge, à l’inverse du pourcentage de mariés. Les hommes se marient plus tard: à 20-24 ans, 95 % sont encore célibataires contre 38 % chez les femmes (graphique 4.1). La situation matrimoniale des sénégalais a évolué durant la période 2005- 2010/2011. En effet, entre ces deux dates, la proportion de femmes et surtout d'hommes en union a baissé en passant de 68 % (2005) à 66% (2010- 2011) pour les femmes et de 50% et 42 % respectivement pour les hommes. Par rapport à 2005 (EDS-IV), le pourcentage de célibataires a beaucoup augmenté, surtout chez les hommes (9 points de pourcentage et 2 points chez les femmes) en passant respectivement de 47 % à 56% et de 27 % à 29% (tableau 4.1). C 58 • Nuptialité Tableau 4.1 État matrimonial actuel Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans par état matrimonial actuel, selon l'âge, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 État matrimonial Pourcentage d'enquêtés actuellement en union Groupe d'âges Célibataire Marié Vivant ensemble Divorcé Séparé Veuf Total Effectif d'enquêtés FEMME Groupe d’âges 15-19 74,8 23,8 0,5 0,7 0,3 0,0 100,0 24,3 3 429 20-24 37,8 59,0 1,0 1,6 0,3 0,2 100,0 60,0 3 220 25-29 16,7 76,9 0,6 4,2 0,9 0,7 100,0 77,5 2 746 30-34 8,9 83,9 1,0 4,6 0,7 0,9 100,0 84,9 2 148 35-39 3,8 88,1 0,7 4,8 0,7 1,8 100,0 88,8 1 817 40-44 4,0 85,9 0,5 5,5 0,9 3,2 100,0 86,4 1 379 45-49 3,0 86,4 0,5 5,3 0,2 4,7 100,0 86,9 949 Ensemble 15-49 29,2 65,3 0,7 3,2 0,5 1,1 100,0 66,0 15 688 EDS-IV 2005 27,0 64,9 2,7 3,0 1,2 1,1 100,0 67,6 14 602 HOMME Groupe d’âges 15-19 99,3 0,7 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 0,7 1 170 20-24 94,5 5,4 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 5,4 897 25-29 63,9 34,6 0,4 0,1 1,0 0,0 100,0 35,1 701 30-34 32,1 63,1 1,1 2,8 0,8 0,2 100,0 64,2 545 35-39 16,8 78,8 0,1 3,3 0,0 1,0 100,0 78,9 438 40-44 5,6 89,4 2,6 2,3 0,0 0,1 100,0 92,0 383 45-49 4,0 91,0 0,0 4,0 0,5 0,5 100,0 91,0 284 Ensemble 15-49 62,0 36,0 0,4 1,1 0,3 0,2 100,0 36,4 4 417 50-59 2,9 93,6 0,0 2,4 0,3 0,7 100,0 93,6 512 Ensemble 15-59 55,9 42,0 0,4 1,3 0,3 0,2 100,0 42,4 4 929 EDS-IV 2005 46,8 43,9 5,7 0,7 2,7 0,2 100,0 49,6 3 761 Graphique 4.1 Proportion de femmes et d'hommes célibataires par âge 75 38 17 9 4 4 3 99 95 64 32 17 6 4 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 ÂGE 0 20 40 60 80 100 Hommes Femmes EDS-MICS 2010-11 Pourcentage Nuptialité • 59 4.2 POLYGAMIE Les données de l'enquête ont permis de distinguer les femmes qui vivaient en union monogamique de celles qui vivaient en union polygamique. Le tableau 4.2 présente la répartition des femmes en union selon le nombre de co-épouses et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Malgré la prédominance des unions monogamiques (65 %), la polygamie est une pratique assez répandue puisqu’elle concerne 35 % des femmes en union. La forme de polygamie la plus courante est la bigamie (75% des cas de polygamie). Moins de 9 % (8,6 %) des femmes en union ont deux co-épouses ou plus. La proportion de femmes en union polygamique augmente régulièrement avec l’âge, passant de 20 % à 20-24 ans à 39 % à 30-34 ans et à 59 % au-delà de 40 ans. Tableau 4.2 Nombre de coépouses Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans, actuellement en union, par nombre de co-épouses, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Nombre de coépouses Caractéristique sociodémographique 0 1 2+ Manquant Total Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 87,2 11,0 1,9 0,0 100,0 832 20-24 79,8 17,0 3,1 0,2 100,0 1 932 25-29 74,2 20,7 5,2 0,0 100,0 2 128 30-34 61,2 28,8 9,9 0,0 100,0 1 825 35-39 55,2 33,4 11,4 0,0 100,0 1 614 40-44 48,0 37,2 14,5 0,3 100,0 1 192 45-49 40,4 38,4 20,7 0,6 100,0 825 Milieu de résidence Urbain 72,1 21,3 6,3 0,2 100,0 4 256 Rural 60,5 29,1 10,3 0,1 100,0 6 091 Région Dakar 74,8 18,8 6,1 0,4 100,0 2 217 Ziguinchor 71,4 22,1 6,5 0,0 100,0 270 Diourbel 56,8 28,5 14,6 0,1 100,0 1 375 Saint-Louis 64,3 28,9 6,8 0,0 100,0 666 Tambacounda 60,7 28,1 11,2 0,0 100,0 577 Kaolack 57,4 31,0 11,6 0,1 100,0 815 Thiès 71,4 24,8 3,8 0,0 100,0 1 301 Louga 64,0 27,8 8,2 0,1 100,0 806 Fatick 72,2 20,0 7,8 0,0 100,0 485 Kolda 58,0 32,6 9,4 0,0 100,0 510 Matam 68,0 25,2 6,7 0,1 100,0 446 Kaffrine 55,6 29,9 14,5 0,1 100,0 449 Kédougou 51,7 38,1 10,1 0,0 100,0 97 Sédhiou 55,7 34,3 9,8 0,2 100,0 332 Niveau d'instruction Aucun 60,3 29,3 10,3 0,1 100,0 7 326 Primaire 76,6 18,9 4,4 0,0 100,0 2 049 Secondaire ou plus 79,4 15,0 5,3 0,3 100,0 972 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 63,8 29,2 6,9 0,0 100,0 2 170 Second 62,8 27,8 9,3 0,1 100,0 2 079 Moyen 63,0 28,3 8,6 0,1 100,0 1 976 Quatrième 66,6 23,7 9,5 0,2 100,0 2 168 Le plus riche 70,4 20,3 9,0 0,3 100,0 1 954 Ensemble 65,3 25,9 8,6 0,1 100,0 10 347 EDS-IV 2005 60.2 28,3 11,2 0,3 100,0 9 866 Les résultats mettent également en évidence des écarts importants dans la fréquence de la pratique de la polygamie selon certaines caractéristiques socioéconomiques. En effet, la proportion de femmes en union polygamique est plus importante en milieu rural (39 %) qu’en milieu urbain (28 %). De même, la fréquence de cette pratique est également très variable d’une région à l’autre : c’est dans la région de Dakar (25 %) et, dans une moindre mesure, celles de Fatick (28 %), de Thiès (29 %) et de Ziguinchor (29 %) que la polygamie est la moins pratiquée. A l'inverse, elle est plus répandue dans les régions de Kédougou (48%), Kaffrine (44%), Sédhiou (44 %), Diourbel (43 %), Kaolack (43 %) et Kolda (42 %) (graphique 4.2). 60 • Nuptialité Il a été relevé aussi que la proportion des unions comptant au moins trois épouses est la plus élevée (plus de 15 %) dans les régions de Diourbel et de Kaffrine. Par ailleurs, la proportion de femmes en union ayant au moins une co-épouse diminue avec le niveau d’instruction : 40 % chez les femmes n’ayant jamais fréquenté l’école, 23 % chez celles de niveau primaire et 20% chez celles de niveau secondaire ou plus. Enfin, les résultats selon l’indice de bien être économique du ménage montrent que la polygamie est moins fréquente dans les quintiles riches (quatrième et cinquième quintiles). En ce qui concerne les hommes (tableau 4.3), le taux de polygamie ou rapport des hommes en union polygamique sur l’ensemble des hommes mariés, est de 17 %. Négligeable avant 30 ans (moins de 4 %), ce taux augmente rapidement après cet âge pour atteindre 7 % à 30-34 ans, 16 % à 40-44 ans et plus de 20 % après 45 ans. Les résultats selon le milieu de résidence font apparaître une différence très nette entre le milieu rural (18 % de polygames) et le milieu urbain (5 %). Comme pour les femmes, c’est dans les régions de Dakar (3 %) et, dans une moindre mesure, dans celles de Saint-Louis (9 %) et de Thiès (10 %), que les pourcentages d’hommes ayant au moins deux épouses sont les plus faibles. Inversement, la polygamie est la plus répandue dans les régions de Sédhiou (30%), de Kaffrine, de Kédougou et de Kaolack (22 % chacune) (graphique 4.3). Ici également, la fréquence de la polygamie diminue avec le niveau d’instruction : 18 % chez les hommes sans niveau d’instruction, contre 5 % chez ceux ayant un niveau d’instruction primaire et moins de 4 % chez ceux de niveau secondaire ou plus. Enfin, le taux de polygamie diminue au fur et à mesure que le niveau de bien-être augmente : d’un maximum de 16 à 20 % parmi les ménages les plus pauvres, la proportion tombe à 4 % parmi les plus riches. Ainsi, entre 2005 et 2010-2011, quel que soit le facteur sociodémographique considéré, la pratique de la polygamie a nettement reculé au profit des unions monogamiques, aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Graphique 4.2 Proportions de femmes en union polygame selon le milieu et la région de résidence EDS-MICS 2010-11 35 28 39 25 29 43 36 39 43 29 36 28 42 32 44 48 44 SÉNÉGAL MILIEU DE RÉSIDENCE Urbain Rural RÉGION Dakar Ziguinchor Diourbel Saint-Louis Tambacounda Kaolack Thiès Louga Fatick Kolda Matam Kaffrine Kédougou Sédhiou 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage Nuptialité • 61 Tableau 4.3 Nombre d'épouses Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans, actuellement en union, par nombre d'épouses, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Nombre d'épouses Caractéristique sociodémographique 1 2+ Total Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-19 100,0 0,0 100,0 9 20-24 96,7 3,3 100,0 49 25-29 97,9 2,1 100,0 246 30-34 93,4 6,6 100,0 350 35-39 91,0 9,0 100,0 345 40-44 83,7 16,3 100,0 352 45-49 72,5 27,5 100,0 258 Milieu de résidence Urbain 95,2 4,8 100,0 760 Rural 82,0 18,0 100,0 848 Région Dakar 96,8 3,2 100,0 445 Ziguinchor 88,3 11,7 100,0 52 Diourbel 81,2 18,8 100,0 126 Saint-Louis 91,2 8,8 100,0 96 Tambacounda 88,6 11,4 100,0 95 Kaolack 77,6 22,4 100,0 125 Thiès 90,2 9,8 100,0 194 Louga 88,8 11,2 100,0 118 Fatick 86,9 13,1 100,0 76 Kolda 83,6 16,4 100,0 93 Matam 85,1 14,9 100,0 65 Kaffrine 77,6 22,4 100,0 63 Kédougou 78,2 21,8 100,0 17 Sédhiou 69,9 30,1 100,0 44 Niveau d'instruction Aucun 82,2 17,8 100,0 877 Primaire 94,7 5,3 100,0 427 Secondaire ou plus 96,3 3,7 100,0 304 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 83,7 16,3 100,0 361 Second 80,4 19,6 100,0 282 Moyen 86,7 13,3 100,0 294 Quatrième 93,0 7,0 100,0 332 Le plus riche 96,3 3,7 100,0 339 Ensemble 15-49 88,2 11,8 100,0 1 609 50-59 64,6 35,4 100,0 479 Ensemble 15-59 82,8 17,2 100,0 2 087 EDS-IV, 2005 80,0 20,0 100,0 1 866 62 • Nuptialité 4.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION Il est important d'étudier le calendrier de la primo-nuptialité en raison de la relation étroite entre l'âge à la première union et le début de la vie féconde. Le tableau 4.4 présente les proportions de femmes et d’hommes non célibataires déjà en union à différents âges exacts, ainsi que les âges médians à la première union en fonction de l'âge actuel. Au Sénégal, l’âge d’entrée en union des femmes est assez précoce. En effet, 16 % des femmes âgées de 25- 49 ans au moment de l’enquête étaient déjà en union avant d’atteindre l’âge de 15 ans, bien que dans le code de la famille adopté depuis 1973, une femme ne puisse contracter un mariage avant l’âge de 16 ans. Quatre femmes sur dix (40 %) étaient déjà en union en atteignant 18 ans et près de huit femmes sur dix (78 %) avant 25 ans (tableau 4.4). L’âge médian d’entrée en première union des femmes de 25-49 ans est de 19,3 ans ; il est de 19,6 ans chez l’ensemble des femmes de 20-49 ans. On relève un net recul de l’âge d’entrée en union des générations les plus anciennes aux plus récentes. L’âge médian à la première union passe de 18,3 ans dans les générations de 45-49 ans, à 19,7 ans chez les femmes de 35-39 ans et 20 ans chez celles de 20 à 29 ans. De même, la proportion des femmes qui entrent en union avant l’âge de 18 ans diminue des générations les plus anciennes aux plus jeunes : elle est de 48 % pour les femmes actuellement âgées de 45-49 ans et de 33 % pour celles de 20-24 ans. Les hommes entrent en première union à un âge beaucoup plus tardif que les femmes : jusqu’à 30 ans, plus de 50 % d’entre eux sont toujours célibataires; l’âge médian à la première union tourne autour de 29 ans chez les hommes de 30-39 ans. Parmi les hommes de 20-49 ans, seulement 5% étaient en union avant d'atteindre 20 ans; parmi ceux de 25-49 ans, 6% et 12% étaient respectivement mariés en atteignant 20 ans et 22 ans. Comme pour les femmes, les pourcentages d'hommes mariés avant certains âges exacts suggèrent une tendance à la hausse de l'âge au premier mariage. Entre 2005 et 2010-2011, l’âge à la première union a sensiblement reculé en passant de 18,5 ans à 19,6 ans chez les femmes de 20-49 ans. Il en est de même chez les hommes pour lesquels il a connu une faible augmentation, puisqu’il est passé de 28,1 ans à 29 ans. 12 5 18 3 12 19 9 11 22 10 11 13 16 15 22 22 30 SÉNÉGAL MILIEU DE RÉSIDENCE Urbain Rural RÉGION Dakar Ziguinchor Diourbel Saint-Louis Tambacounda Kaolack Thiès Louga Fatick Kolda Matam Kaffrine Kédougou Sédhiou 0 5 10 15 20 25 30 35 Pourcentage Graphique 4.3 Proportions d'hommes en union polygame selon le milieu et la région de résidence EEDS-MICS 2010-11 Nuptialité • 63 Tableau 4.4 Âge à la première union Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans par âge exact à la première union et âge médian à la première union selon l'âge actuel, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Pourcentage selon l'âge exact au 1er mariage Pourcentage de célibataires Effectif des enquêtes Âge médian au 1er mariage Age actuel 15 18 20 22 25 Femmes Groupe d’âges 15-19 9,3 na na na na 74,8 3 429 a 20-24 12,0 32,9 47,7 na na 37,8 3 220 a 25-29 14,2 36,2 50,6 63,9 76,6 16,7 2 746 19,9 30-34 14,4 38,0 53,0 63,8 76,3 8,9 2 148 19,5 35-39 15,2 38,7 52,1 62,7 76,5 3,8 1 817 19,7 40-44 21,7 49,3 62,8 72,0 80,8 4,0 1 379 18,1 45-49 20,1 47,7 60,9 70,4 80,9 3,0 949 18,3 20-49 15,1 38,4 52,6 na na 16,5 12 259 19,6 25-49 16,2 40,3 54,4 65,6 77,6 8,9 9 040 19,3 EDS-IV, 2005 13,5 45,5 61,0 71,4 79,7 13,1 11 046 18,5 Hommes Groupe d’âges 15-19 0,0 na na na na 99,3 1 170 a 20-24 0,0 1,0 2,4 na na 94,5 897 a 25-29 1,4 2,6 5,8 9,8 23,0 63,9 701 a 30-34 0,9 1,7 4,0 9,5 22,7 32,1 545 28,9 35-39 1,4 3,6 8,3 15,2 26,4 16,8 438 29,5 40-44 0,5 1,7 4,5 12,0 22,3 5,6 383 a 45-49 0,4 2,8 8,2 13,5 26,4 4,0 284 29,0 20-49 0,7 2,0 4,9 na na 48,6 3 248 a 25-49 1,0 2,4 5,9 11,5 23,9 31,0 2 350 a 20-59 0,8 2,1 5,2 na na 42,3 3 759 a 25-59 1,1 2,5 6,0 11,4 24,5 26,0 2 862 a EDS-IV, 2005 0,5 4,5 8,8 17,0 32,2 20,0 2 190 28,1 Note: L'âge à la première union est défini comme étant l'âge auquel l'enquêté(e) a commencé à vivre avec son premier époux/épouse/partenaire na = Non applicable pour cause de troncature. a = Non calculé pa rce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont commencé à vivre pour la première fois avec leur conjoint(e)/partenaire avant d'atteindre le début du groupe d'âges Le tableau 4.5 et le graphique 4.4 présentent les âges médians à la première union des femmes de 20-49 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Le milieu de résidence influe beaucoup sur le calendrier du premier mariage. Les femmes du milieu urbain se marient plus tard que celles du milieu rural (21,5 ans contre 17,7 ans parmi les femmes de 25-49 ans). Les différences inter régionales sont également importantes (graphique 4.4) : aux deux extrêmes, on trouve d’une part, Dakar (âge médian de 22,4 ans) et Ziguinchor (22,0 ans) et d’autre part, les régions ayant les entrées en union les plus précoces, à savoir Kédougou (16,4 ans) Kolda (16,5 ans), Matam (16,7 ans). De même, l’âge d’entrée en union est très fortement corrélé au niveau d’instruction : l’âge médian passe de 17,9 ans chez les femmes sans instruction, à 21,5 ans chez celles de niveau primaire. Enfin, l’âge médian à la première union augmente avec le niveau de bien-être, et il est particulièrement élevé chez les femmes appartenant aux ménages les plus riches (23,2 ans contre 16,5 ans chez les femmes des ménages les plus pauvres). 64 • Nuptialité Tableau 4.5 Age médian à la première union selon certaines caractéristiques sociodémographiques Age médian à la première union des femmes de 20- 49 ans et de 25-49 ans et, des hommes de 20-59 ans et de 25-59 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Age des femmes Caractéristique sociodémographique 20-49 25-49 Milieu de résidence Urbain a 21,5 Rural 17,8 17,7 Région Dakar a 22,4 Ziguinchor a 22,0 Diourbel 18,3 18,3 Saint-Louis 19,6 19,1 Tambacounda 17,3 17,3 Kaolack 18,7 18,4 Thiès a 20,9 Louga 18,4 18,3 Fatick 19,0 18,6 Kolda 16,5 16,5 Matam 16,9 16,7 Kaffrine 17,3 17,1 Kédougou 16,3 16,4 Sédhiou 17,8 17,5 Niveau d'instruction Aucun 18,0 17,9 Primaire a 21,5 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,5 16,5 Second 17,9 17,7 Moyen 19,4 19,1 Quatrième a 20,6 Le plus riche a 23,2 Total 19,6 19,3 EDS-IV, 2005 18,5 18,3 Note: L'âge à la première union est défini comme étant l'âge auquel l'enquêté(e) a commencé à vivre avec son premier conjoint(e)/partenaire. a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont commencé à vivre pour la première fois avec leur conjoint(e)/partenaire avant d'atteindre le début du groupe d'âges. 19 22 18 22 22 18 19 17 18 21 18 19 17 17 17 16 18 18 22 17 18 19 21 23 SÉNÉGAL RÉSIDENCE Urbain Rural RÉGION Dakar Ziguinchor Diourbel Saint-Louis Tambacounda Kaolack Thiès Louga Fatick Kolda Matam Kaffrine Kédougou Sédhiou NIVEAU D'INSTRUCTION Aucune Primaire QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 5 10 15 20 25 30 35 Pourcentage Graphique 4.4 Âge médian des femmes 25-49 ans à la première union EEDS-MICS 2010-11 Nuptialité • 65 4.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS En tant que déterminant de la fécondité, l'âge aux premiers rapports sexuels est tout aussi important que l'âge à la première union, les rapports sexuels n'ayant pas exclusivement lieu dans le cadre de l'union. Pour cette raison, on a demandé aux personnes enquêtées, l'âge auquel elles avaient eu, pour la première fois, des rapports sexuels. Au tableau 4.6, sont présentées les proportions de femmes et d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels avant d’atteindre certains âges exacts, les pourcentages n'ayant jamais eu de rapports sexuels et l'âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l’âge actuel. Avant d’atteindre 15 ans, 15% des femmes de 20-49 ans avaient déjà eu des rapports sexuels. Cette proportion est de 56 % avant d’atteindre 20 ans. L’âge médian aux premiers rapports sexuels chez les femmes âgées de 20-49 ans est estimé à 19,0 ans. Cet âge est quasiment le même que l’âge d’entrée en première union (19,9 ans). Par ailleurs, des générations les plus anciennes aux plus récentes, on note un recul sensible de l’âge aux premiers rapports sexuels : de 17,9 ans entre 45 et 49 ans, l’âge médian passe à plus de 19 ans entre 20 et 29 ans. Enfin, 13% des femmes de 20-49 ans ont déclaré n’avoir jamais eu de rapports sexuels. Tableau 4.6 Age aux premiers rapports sexuels Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans ayant eu leurs premiers rapports sexuels avant d'atteindre certains âges exacts, pourcentage n'ayant jamais eu de rapports sexuels et âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l'âge actuel, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Age actuel Pourcentage selon l'âge exact aux premiers rapports sexuels Pourcentage n'ayant jamais eu de rapports sexuels Effectif Âge médian aux 1ers rapports sexuels 15 18 20 22 25 FEMMES Groupe d’âges 15-19 9,6 na na na na 72,1 3 429 a 20-24 11,9 34,8 51,2 na na 32,6 3 220 19,8 25-29 13,4 39,5 54,0 65,7 76,2 13,2 2 746 19,4 30-34 14,8 40,2 56,3 67,2 77,0 6,1 2 148 19,0 35-39 17,2 42,9 55,4 67,0 77,4 1,4 1 817 18,9 40-44 21,4 53,9 65,5 74,2 82,2 2,3 1 379 17,6 45-49 20,6 50,5 62,8 70,6 79,6 1,6 949 17,9 20-49 15,3 41,4 55,8 na na 13,2 12 259 19,0 25-49 16,5 43,7 57,5 68,1 77,9 6,3 9 040 18,8 15-24 10,7 na na na na 53,0 6 648 a EDS-IV, 2005 13,4 44,1 59,1 68,2 74,7 12,3 11 046 18,7 HOMMES Groupe d’âges 15-19 6,3 na na na na 80,9 1 170 a 20-24 3,1 19,7 34,5 na na 55,0 897 a 25-29 2,6 21,4 35,0 50,0 62,6 25,9 701 22,0 30-34 3,6 18,1 31,8 45,8 57,9 8,5 545 22,7 35-39 4,5 19,2 36,0 51,2 62,7 1,6 438 21,8 40-44 2,6 17,0 33,5 52,3 64,1 0,4 383 21,6 45-49 2,4 14,4 28,2 44,8 56,0 0,9 284 22,7 20-49 3,2 18,9 33,7 na na 22,6 3 248 a 25-49 3,2 18,7 33,4 49,0 61,0 10,2 2 350 22,2 15-24 4,9 na na na na 69,7 2 067 a 20-59 2,9 17,8 31,9 na na 19,6 3 759 a 25-59 2,8 17,3 31,1 46,7 59,3 8,5 2 862 22,7 EDS-IV, 2005 5,4 25,4 40,5 55,6 69,1 6,0 2 190 20,9 na = Non applicable pour cause de troncature. a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d'atteindre le début du groupe d'âges. 66 • Nuptialité Chez les hommes âgés de 25-59 ans, 17 % avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels en atteignant 18 ans ; cette proportion passe à 47 % en atteignant 22 ans et 59% à 25 ans. L’âge médian des hommes aux premiers rapports sexuels qui s’établit à 22,7 ans, varie à peine des générations les plus âgées aux plus jeunes. Notons enfin, que les hommes ont leurs premiers rapports sexuels environ 7 ans avant leur entrée en première union. Entre l'EDS-IV de 2005 et la présente enquête, l’âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 20-49 ans n’a pratiquement pas changé. De 18,7 ans en 2005, il s’établit à 18,8 ans en 2010-2011. Par contre, pour les hommes de 25-59 ans, on relève un net recul de l’âge aux premiers rapports sexuels qui passe de 20,9 ans à 22,7 ans. Ces résultats cachent des disparités importantes selon certaines caractéristiques sociodémographiques comme le montre le tableau 4.7 qui présente l’âge médian aux premiers rapports sexuels pour les femmes et pour les hommes. Les femmes urbaines entrent dans la vie sexuelle 3,5 ans plus tard que celles du milieu rural (20,5 ans contre 17,5 ans) (graphique 4.5). Les femmes de niveau secondaire ou plus commencent à être sexuellement actives 6 ans plus tard que celles n’ayant aucun niveau (23,8 ans contre 17,7 ans). De même, les femmes vivant dans un ménage du quintile le plus riche (22,0 ans) débutent leur vie sexuelle beaucoup plus tard que celles des ménages du quintile le plus pauvre (16,2 ans, soit 6 ans d’écart). Les différences dans l’entrée dans la vie sexuelle entre les régions sont importantes. Dakar (20,8 ans) et Thiès (20,4 ans) sont les régions où le début de la vie sexuelle a lieu le plus tardivement; à l’inverse, c’est dans les régions de Kolda (16,0 ans), Kédougou (16,4 ans), Sédhiou (16,6 ans) et Matam (16,7 ans) où l’entrée dans la vie sexuelle est la plus précoce. Chez les hommes, l’âge d’entrée dans la vie sexuelle varie peu quel que soit le facteur sociodémographique considéré ; la médiane tourne au tour de 23 ans. Tableau 4.7 Age médian aux premiers rapports sexuels Age médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 20-49 ans et de 25-49 ans et des hommes de 20-59 ans et de 25-59 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS- MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Age des femmes Age des hommes 20-49 25-49 20-59 25-59 Milieu de résidence Urbain a 20,5 a 22,7 Rural 17,7 17,5 a 22,7 Région Dakar a 20,8 a 22,7 Ziguinchor 18,5 18,3 19,6 19,7 Diourbel 18,4 18,3 a a Saint-Louis 19,3 18,7 a a Tambacounda 17,1 17,1 18,8 18,9 Kaolack 18,3 18,1 a 24,1 Thiès a 20,4 a 24,6 Louga 18,3 18,2 a 23,8 Fatick 18,8 18,5 a 23,7 Kolda 16,1 16,0 19,9 20,4 Matam 17,1 16,7 a 21,9 Kaffrine 17,3 17,0 a 21,3 Kédougou 16,4 16,4 a 20,9 Sédhiou 16,6 16,6 19,6 20,0 Niveau d'instruction Aucun 17,8 17,7 a 23,9 Primaire a 20,3 a 22,4 secondaire ou plus a 23,8 a 20,8 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,3 16,2 a 20,9 Second 17,6 17,4 a 22,4 Moyen 18,7 18,5 a 23,8 Quatrième a 20,0 a 24,5 Le plus riche a 22,0 a 22,5 Total 19,0 18,8 a 22,7 EDS-IV, 2005 18,7 18,4 a 20,9 a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d'atteindre le début du groupe d'âges. Nuptialité • 67 4.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE La fréquence des rapports sexuels est également un facteur de l'exposition au risque de grossesse, en particulier lorsque la prévalence de la contraception moderne est faible, comme c'est le cas au Sénégal. Le tableau 4.8 présente les résultats sur l’activité sexuelle des femmes âgées de 15-49 ans. Dans l’ensemble, 43 % des femmes étaient sexuellement actives au moment de l'enquête, car elles ont déclaré avoir eu au moins une fois, des rapports sexuels durant les quatre semaines ayant précédé l'enquête. À l’opposé, plus d’une femme sur quatre (26 %) n’avaient jamais eu de rapports sexuels. Dans 20 % des cas, les femmes avaient eu leurs derniers rapports sexuels dans la période de 1-11 mois avant l’enquête et pour 11 % d’entre elles, les derniers rapports sexuels remontaient à plus d’un an. La proportion de femmes sexuellement actives au moment de l’enquête augmente avec l’âge ; elle passe d’un minimum de 14 % à 15-19 ans (âge auquel 72 % n’ont jamais eu de rapports sexuels), à 37 % à 20-24 ans et à un maximum de 59 % à 40-44 ans. En ce qui concerne l’état matrimonial, les résultats montrent que l’activité sexuelle est très faible chez les femmes célibataires (2 %) et même chez les femmes en rupture d’union (moins de 4 %). À l’opposé, plus de six femmes mariées sur dix (64 %) sont sexuellement actives ; 25 % d’entre elles ont eu leurs derniers rapports sexuels au cours des 1 à 11 derniers mois. De plus, la durée de l’union semble influer très légèrement sur l’activité sexuelle récente. Parmi les femmes ayant été en union une seule fois, la proportion de femmes sexuellement actives varie de 60 % chez celles dont la durée de l’union se situe entre 0 et 4 ans, à 71 % chez celles en union depuis 20-24 ans et à 70 % chez celles en union depuis 25 ans ou plus. La proportion de femmes sexuellement actives est plus élevée en milieu rural (49 %) qu’en milieu urbain (37 %). Les femmes des régions de Ziguinchor (32 %), Dakar (37 %), Kédougou (37 %), Sédhiou (38 %) et Kolda (39 %), se sont moins fréquemment déclarées comme étant sexuellement actives que celles des régions de Kaffrine (54 %) et Tambacounda (51,1 %). Par ailleurs, 52 % des femmes qui n'ont aucun niveau d'instruction se sont déclarées sexuellement actives contre 21 % de celles de niveau d’instruction secondaire ou plus. Enfin, la proportion de femmes sexuellement actives décroît avec le niveau de bien-être économique. Graphique 4.5 Âge médian des femmes et des hommes aux premiers rapports sexuels selon certaines caractéristiques sociodémographiques SÉNÉGAL MILIEU DE RÉSIDENCE Urbain Rural NIVEAU D'INSTRUCTION Aucun Primaire Secondaire ou + QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 5 10 15 20 25 30 Âge Femmes 25-49 ans Hommes 25-59 ans EDS-MICS 2010-11 68 • Nuptialité Tableau 4.8 Activité sexuelle récente des femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en fonction du moment auquel ont eu lieu leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Derniers rapports sexuels : Caractéristique sociodémographique Au cours des quatre dernières semaines Au cours de la dernière année1 Il y a un an ou plus N'a jamais eu de rapports sexuels Total Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 14,1 10,0 3,8 72,1 100,0 3 429 20-24 37,3 21,7 8,4 32,6 100,0 3 220 25-29 51,5 22,7 12,6 13,2 100,0 2 746 30-34 57,2 23,1 13,6 6,1 100,0 2 148 35-39 58,9 24,1 15,6 1,4 100,0 1 817 40-44 59,4 20,0 18,3 2,3 100,0 1 379 45-49 58,4 22,0 18,0 1,6 100,0 949 État matrimonial Célibataire 2,2 6,3 5,1 86,4 100,0 4 585 Marié ou vivant ensemble 64,2 25,0 9,5 1,2 100,0 10 347 Divorcé/séparé/veuf 3,8 26,9 69,4 0,0 100,0 757 Durée de l'union2 0-4 ans 59,8 29,3 5,9 5,0 100,0 2 442 5-9 ans 64,6 25,6 9,7 0,1 100,0 2 008 10-14 ans 65,6 24,5 9,9 0,0 100,0 1 642 15-19 ans 68,7 22,3 8,9 0,0 100,0 1 091 20-24 ans 70,6 21,1 8,3 0,0 100,0 877 25 ans+ 70,0 21,1 8,9 0,0 100,0 901 Marié plus d'une fois 58,4 24,6 16,7 0,2 100,0 1 385 Milieu de résidence Urbain 37,1 16,8 12,4 33,7 100,0 7 738 Rural 49,1 22,4 9,8 18,6 100,0 7 950 Région Dakar 36,6 16,2 13,6 33,7 100,0 4 078 Ziguinchor 32,4 27,3 14,3 26,0 100,0 581 Diourbel 46,7 20,0 9,4 23,9 100,0 1 851 Saint-Louis 41,9 18,8 10,8 28,4 100,0 1 034 Tambacounda 51,0 24,3 11,2 13,6 100,0 725 Kaolack 47,2 22,2 5,8 24,8 100,0 1 172 Thiès 48,3 15,5 5,7 30,5 100,0 2 030 Louga 48,5 18,6 8,0 24,9 100,0 1 130 Fatick 45,0 22,6 7,9 24,5 100,0 717 Kolda 39,3 28,4 19,3 13,0 100,0 640 Matam 42,2 18,6 22,7 16,5 100,0 595 Kaffrine 53,7 21,9 6,5 17,9 100,0 572 Kédougou 37,4 25,9 23,5 13,1 100,0 115 Sédhiou 37,7 28,7 19,6 14,0 100,0 448 Niveau d'instruction Aucun 52,2 22,1 12,0 13,8 100,0 9 079 Primaire 39,9 20,6 10,9 28,6 100,0 3 414 secondaire ou plus 21,2 11,8 8,8 58,3 100,0 3 195 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 53,7 24,6 10,1 11,6 100,0 2 585 Second 48,3 23,0 9,9 18,8 100,0 2 805 Moyen 42,2 20,2 9,7 27,9 100,0 3 114 Quatrième 40,7 18,3 12,7 28,3 100,0 3 494 Le plus riche 35,0 14,4 12,5 38,1 100,0 3 689 Ensemble 43,2 19,6 11,1 26,1 100,0 15 688 EDS-IV, 2005 45,3 17,0 8,0 26,6 100,0 14 602 1 Non compris les femmes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines. 2 Non compris les femmes qui ne sont pas actuellement en union. Au moment de l’enquête, 37 % des hommes de 15-59 ans se sont déclarés sexuellement actifs et 34 % d’entre eux n’avaient jamais eu de rapports sexuels (tableau 4.9). Pour 18 % des hommes, les derniers rapports sexuels ont eu lieu entre 1 et 11 mois avant l’enquête. Le pourcentage d’hommes sexuellement actifs augmente avec l’âge. Il est par ailleurs plus élevé en milieu rural (38 %) qu’en milieu urbain (28 %). Comme observé chez les femmes, la proportion des hommes ayant déclaré être sexuellement actifs diminue avec le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique. Des variations notables sont observées aussi selon la région de résidence : il varie d’un minimum de 26 % à Dakar à un maximum de 48% à Tambacounda. Nuptialité • 69 Tableau 4.9 Activité sexuelle récente des hommes Répartition (en %) des hommes en fonction du moment auquel ont eu lieu leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Derniers rapports sexuels : Caractéristique sociodémographique Au cours des quatre dernières semaines Au cours de la dernière année1 Il y a un an ou plus Manquant N'a jamais eu de rapports sexuels Total Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-19 2,8 8,5 7,8 0,0 80,9 100,0 1 170 20-24 11,1 20,3 13,6 0,0 55,0 100,0 897 25-29 33,5 22,9 17,3 0,5 25,9 100,0 701 30-34 53,1 24,4 12,8 1,2 8,5 100,0 545 35-39 64,8 21,2 11,7 0,7 1,6 100,0 438 40-44 70,9 22,1 6,6 0,0 0,4 100,0 383 45-49 73,1 17,2 8,5 0,3 0,9 100,0 284 État matrimonial Célibataire 7,4 15,8 15,4 0,3 61,1 100,0 2 738 Marié ou vivant ensemble 75,0 21,0 3,6 0,0 0,4 100,0 1 609 Divorcé/séparé/veuf 14,4 42,9 36,9 5,8 0,0 100,0 71 Durée de l'union2 0-4 ans 67,2 29,3 2,2 0,0 1,3 100,0 399 5-9 ans 70,5 25,1 4,4 0,0 0,0 100,0 334 10-14 ans 86,0 11,5 2,5 0,0 0,0 100,0 188 15-19 ans 74,0 24,3 1,7 0,0 0,0 100,0 114 20-24 ans 80,4 14,5 5,1 0,0 0,0 100,0 42 25 ans+ 95,0 5,0 0,0 0,0 0,0 100,0 19 Marié plus d'une fois 79,0 15,6 5,1 0,1 0,2 100,0 512 Milieu de résidence Urbain 27,8 19,2 14,6 0,5 37,9 100,0 2 467 Rural 37,6 16,8 7,4 0,0 38,2 100,0 1 951 Région Dakar 26,3 19,3 17,3 0,8 36,3 100,0 1 381 Ziguinchor 37,3 25,8 9,1 0,4 27,4 100,0 210 Diourbel 32,2 6,0 7,1 0,0 54,7 100,0 354 Saint-Louis 32,0 18,5 8,4 0,4 40,7 100,0 266 Tambacounda 48,4 21,3 5,4 0,0 25,0 100,0 214 Kaolack 30,8 20,0 2,5 0,0 46,7 100,0 317 Thiès 29,9 16,0 9,7 0,0 44,4 100,0 565 Louga 37,4 10,7 9,1 0,0 42,9 100,0 262 Fatick 35,7 14,2 13,3 0,0 36,8 100,0 204 Kolda 36,4 26,1 11,4 0,2 25,9 100,0 198 Matam 43,8 20,9 9,9 0,0 25,3 100,0 152 Kaffrine 34,4 20,0 11,5 0,0 34,1 100,0 141 Kédougou 35,9 28,9 11,7 0,0 23,6 100,0 34 Sédhiou 32,3 26,4 14,2 0,0 27,2 100,0 120 Niveau d'instruction Aucun 43,3 18,0 7,4 0,3 31,0 100,0 1 632 Primaire 32,2 17,0 13,8 0,3 36,7 100,0 1 261 Secondaire ou plus 20,1 19,2 13,7 0,3 46,6 100,0 1 525 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 44,3 19,7 7,8 0,1 28,1 100,0 665 Second 35,6 17,4 7,9 0,0 39,1 100,0 688 Moyen 30,4 19,3 10,9 0,0 39,3 100,0 908 Quatrième 28,9 15,5 11,9 0,6 43,1 100,0 1 019 Le plus riche 27,1 19,1 15,6 0,5 37,6 100,0 1 137 Ensemble 15-49 32,1 18,1 11,4 0,3 38,0 100,0 4 417 50-59 77,6 14,4 6,7 0,2 1,1 100,0 512 Ensemble 15-59 36,8 17,7 10,9 0,3 34,2 100,0 4 929 1 Non compris les hommes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines. 2 Non compris les hommes qui ne sont pas actuellement en union. Fécondité • 71 FÉCONDITÉ 5 Ndèye Binta DIEME omme dans les enquêtes démographiques et de santé précédentes, dans l'EDS-MICS de 2010-2011, des informations ont été collectées sur l'histoire génésique des femmes afin d'estimer les niveaux de la fécondité, de dégager ses tendances et d'apprécier les éventuelles différences entre certains groupes socioéconomiques. À cet effet, il a été demandé à toutes les femmes de 15-49 ans des ménages tirés, le nombre total d'enfants nés vivants qu'elles avaient eus, ceux vivant avec elles et ceux vivant ailleurs, et ceux encore en vie et ceux décédés. Ensuite, l'historique complet des naissances de l'enquêtée était établi, de la plus ancienne à la plus récente, en enregistrant pour ce qui concerne la fécondité, pour chacune d'entre elles, le type de naissance (simple ou multiple), le sexe, la date de naissance et l’âge actuel. Les données collectées permettent d'estimer, non seulement, le niveau de la fécondité sur la période actuelle, mais également les tendances passées de la fécondité au cours des 20 dernières années précédant l'enquête. Cependant, il convient de mentionner certaines limites inhérentes aux enquêtes rétrospectives. Il s’agit : • du sous enregistrement de naissances, en particulier l'omission d'enfants en bas âge, d'enfants qui ne vivent pas avec leur mère, d'enfants qui meurent très jeunes, quelques heures ou quelques jours seulement après la naissance, ce qui peut entraîner une sous-estimation des niveaux de fécondité; • de l'imprécision des déclarations de date de naissance et/ou d'âge, en particulier l'attraction pour des années de naissance ou pour des âges ronds, qui pourrait entraîner des sous-estimations ou des sur- estimations de la fécondité à certains âges et/ou pour certaines périodes; • du biais sélectif de la survie, c'est-à-dire que les femmes enquêtées sont celles qui sont survivantes. Si l'on suppose que la fécondité des femmes décédées avant l'enquête est différente de celle des survivantes, les niveaux de fécondité obtenus s'en trouveraient légèrement biaisés. Les informations peuvent également être affectées par le mauvais classement des dates de naissance d'enfants nés depuis 2005, transférées vers les années précédentes. Ces transferts d'année de naissance, que l'on retrouve dans la plupart des enquêtes de type EDS, sont parfois effectués par les enquêtrices pour éviter de poser les questions sur la santé des enfants nés depuis 2005 (Sections 4 et 5 du questionnaire). On constate que des transferts de naissances se sont produits1 de 2005 vers 2004. Cependant, ces transferts ne sont pas importants au point d'affecter de façon significative les niveaux actuels de fécondité. 5.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE Le niveau de la fécondité est mesuré par les taux de fécondité par âge et l'Indice Synthétique de Fécondité (ISF) ou somme des naissances réduites. Les taux de fécondité par âge sont calculés en rapportant les naissances issues des femmes de chaque groupe d'âges à l'effectif des femmes du groupe d'âges correspondant. Quant à l'ISF, qui est un indicateur conjoncturel de fécondité, il est obtenu à partir du cumul des taux de fécondité par âge. Il correspond au nombre moyen d'enfants que mettrait au monde une femme à la fin de sa vie féconde si les taux de 1 À l'Annexe C, le tableau C.4 fournit la distribution des naissances par année de naissance. Le rapport de naissances annuelles (rapport des naissances de l'année x à la demi somme des naissances des années précédentes et suivantes, soit NJ[(Nx-i+Nx+J/2}), rend compte des déplacements d'années de naissance. Le rapport semble indiquer un manque de naissances en 2005 (rapport = 87 < 100) et un excédent en 2004 (rapport = 114> 100). C 72 • Fécondité fécondité du moment restaient invariables. Pour la fécondité actuelle, les taux de fécondité et l'ISF ont été calculés pour la période des trois années ayant précédé l'enquête. Cette période de référence de trois années a été choisie afin de pouvoir fournir des indicateurs de fécondité les plus récents possibles et tout en disposant de suffisamment de cas afin de réduire les erreurs de sondage. Le tableau 5.1, illustré par le graphique 5.1, montre que les taux de fécondité par âge suivent un schéma classique observé en général, dans les pays à forte fécondité: une fécondité précoce élevée (93 ‰ à 15-19 ans), qui augmente très rapidement pour atteindre son maximum à 25-29 ans (241 ‰) et qui, par la suite, décroît régulièrement pour tomber 13 ‰ à 45-49 ans. Globalement, la fécondité des femmes sénégalaises demeure encore élevée: une femme donne naissance en moyenne, à 5,0 enfants en fin de vie féconde. Le taux global de fécondité générale (TGFG), c'est-à-dire le nombre annuel moyen de naissances vivantes dans la population des femmes en âge de procréer, et le taux brut de natalité (TBN) qui est le rapport entre nombre de naissances vivantes et la population moyenne de l’année, sont respectivement estimés à 168 ‰ et 37 ‰2. Ce niveau global de fécondité cache des disparités importantes selon le milieu de résidence. La fécondité est nettement plus faible en milieu urbain qu’en milieu rural (ISF de 3,9 contre 6,3 enfants par femme respectivement). En fin de vie féconde, les femmes des zones rurales donneraient naissance en moyenne, à plus de 2 enfants de plus que celles du milieu urbain. Cette différence de niveau de fécondité entre milieu urbain et milieu rural s'observe à tous les âges, en particulier chez les adolescentes de moins de 20 ans. Parmi ces dernières, les femmes rurales sont deux fois plus fécondes que celles du milieu urbain. 2 Le Taux Global de Fécondité Générale (TGFG) est le nombre annuel moyen de naissances vivantes dans la population des femmes en âge de procréer. Tableau 5.1 Fécondité actuelle Taux de fécondité par âge, Indice Synthétique de Fécondité (ISF), Taux Brut de Natalité (TBN) et Taux Global de Fécondité Générale (TGFG) pour la période des trois années ayant précédé l'enquête par milieu de résidence, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Groupe d'âges Milieu de résidence Urbain Rural Total 15-19 60 125 93 20-24 147 256 201 25-29 203 277 241 30-34 186 251 219 35-39 127 185 156 40-44 57 88 73 45-49 3 24 13 ISF (15-49) 3,9 6,0 5,0 TGFG 131 205 168 TBN 32,3 41,6 37,4 Note : Les taux du groupe d'âges 45-49 ans peuve biaisés du fait de données incomplètes pour ce gro ISF : Indice synthétique de fécondité pour les âges exprimé pour une femme. TGFG : Taux global de fécondité générale pour 1 0 15-49 ans. TBN : Taux brut de natalité pour 1 000 individus. Graphique 5.1 Taux de fécondité générale par âge selon le milieu de résidence , , , , , , , + + + + + + + * * * * * * * 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 350 Pour mille Urbain Rural Ensemble* + , EDS-MICS 2010-11 Fécondité • 73 L'ISF varie également de façon très importante selon la région de résidence. On peut ainsi distinguer quatre groupes de régions: Dakar (3,7 enfants par femme) avec la fécondité la plus faible; suivi de Ziguinchor, Thiès et Louga avec moins de 5 enfants par femme (ISF de 4,8). A Saint-Louis, Diourbel et Matam, l'ISF est autour de 5,5 enfants. Les régions de Kaolack et Kaffrine (ancienne région de Kaolack), Tambacounda et Kédougou (ancienne région de Tambacounda), Sédhiou et Kolda (ancienne région de Kolda) et Fatick, avec 6 enfants ou plus par femme, demeurent encore celles ayant les plus hauts niveaux de fécondité. Le tableau 5.2 met aussi en évidence le caractère fortement discriminant du niveau d'instruction des femmes. Les femmes non instruites ont 1,3 enfant de moins que celles de niveau primaire (5,8 contre 4,5) et deux de plus que celles de niveau secondaire ou plus (2,9 enfants par femme). On observe par ailleurs une corrélation fortement négative entre la fécondité et le niveau de bien-être économique, la fécondité diminuant régulièrement quand le niveau de bien-être augmente. Les femmes du quintile le plus riche ont un niveau de fécondité deux fois moins élevé que celles du quintile le plus pauvre (ISF de 3,3 contre 7). Tableau 5.2 Fécondité par caractéristiques sociodémographiques Indice Synthétique de Fécondité pour les trois années ayant précédé l'enquête, pourcentage de femmes 15-49 ans actuellement enceintes et nombre moyen d'enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans, selon certaines caractéristiques socio-économiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Indice synthétique de fécondité Pourcentage de femmes actuellement enceintes Nombre moyen d’enfants nés vivants des femmes de 40-49 ans Milieu de résidence Urbain 3,9 5,9 4,8 Rural 6,0 9,4 6,6 Région Dakar 3,7 6,5 4,6 Ziguinchor 4,8 6,4 5,4 Diourbel 5,2 6,6 6,1 Saint-Louis 5,0 8,5 5,5 Tambacounda 6,0 11,7 6,2 Kaolack 6,0 8,7 6,9 Thiès 4,8 6,3 5,1 Louga 4,8 6,7 5,9 Fatick 6,3 8,9 6,7 Kolda 6,8 11,9 7,3 Matam 5,4 8,5 6,3 Kaffrine 6,5 9,8 7,0 Kédougou 6,1 11,1 6,7 Sédhiou 6,9 9,6 6,8 Niveau d’instruction Aucun 5,8 9,1 6,3 Primaire 4,5 7,7 4,6 Secondaire ou plus 2,9 3,6 3,4 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 7,0 12,1 7,2 Second 6,2 8,9 6,7 Moyen 5,0 7,0 5,9 La Quatrième 4,3 5,9 5,3 Le plus riche 3,3 6,0 4,0 Total 5,0 7,7 5,7 EDS-IV, 2005 5,3 8,5 6,4 EDS-III, 1997 5,7 8,2 7,1 Note: Les taux de fécondité générale portent sur la période 1-36 mois précédant l’interview. 74 • Fécondité En ce qui concerne le nombre d'enfants nés vivants par femme et le pourcentage de femmes enceintes au moment de l'enquête, on relève des différentiels similaires à ceux observés pour l'ISF. Au tableau 5.2 figure également le nombre moyen d'enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans, nombre assimilable à la descendance finale. À l'inverse de l'ISF (qui mesure la fécondité actuelle des femmes de 15- 49 ans), cet indice est le résultat de la fécondité passée des femmes enquêtées qui atteignent la fin de leur vie féconde. Dans une population où la fécondité reste invariable, cette descendance tend à se rapprocher de l'ISF. Par contre, un ISF inférieur au nombre moyen d'enfants nés par femme en fin de vie féconde, indique une tendance à la baisse de la fécondité. Au Sénégal, l'écart entre l'ISF (5,0) et la descendance (5,7), soit 0,7 enfants est assez important pour suggérer une tendance à la baisse (graphique 5.2). Les écarts les plus importants entre ces deux indices sont observés chez les femmes urbaines (0,9), chez les femmes de niveau secondaire ou plus et chez celles sans instruction (0,5), et dans les régions de Louga (1,1), de Dakar, de Diourbel, de Kaolack, et de Matam (0,9). C'est donc parmi ces femmes que le niveau de la fécondité aurait le plus tendance à diminuer. Cependant, force est de constater que la région de Sédhiou ne suit pas la même tendance. En effet, l’ISF y est légèrement supérieur à la descendance des femmes de 40-49 ans, ce qui pourrait suggérer un calendrier de la fécondité plus précoce chez les jeunes générations. Le tableau 5.2 fournit aussi le pourcentage de femmes qui se sont déclarées enceintes au moment de l'enquête. Il faut préciser qu'il ne s'agit pas de la proportion exacte de femmes qui sont enceintes dans la mesure où les enquêtées qui sont en début de grossesse et qui ne le savent pas n’ont pas déclaré leur état. Au niveau national, on constate qu'environ 8 % des femmes se sont déclarées enceintes. Les proportions de femmes enceintes présentent les mêmes variations que l’ISF selon les différentes caractéristiques sociodémographiques, à l’exception du niveau de bien être économique où la proportion de femmes enceintes du quintile le plus riche est légèrement supérieure à celle du quatrième quintile. 5.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ Le Sénégal a réalisé cinq Enquêtes Démographiques et de Santé au cours de ces vingt- cinq dernières années dont un des objectifs principaux était l'estimation du niveau de la fécondité. À partir de ces cinq sources de données, on peut donc apprécier les tendances de la fécondité (tableau 5.3.1 et graphique 5.2). La comparaison des résultats de l'EDS-MICS avec ceux des enquêtes précédentes révèle une tendance régulière à la baisse des niveaux de la fécondité mesurés par l’ISF. L’indice synthétique de fécondité est passé de 6,4 enfants par femme en 1986, à 6,0 en 1992, 5,7 en 1997, 5,3 en 2005 et 5,0 en 2011. Pratiquement, à tous les âges, les taux de fécondité ont accusé la même tendance à la baisse. Par ailleurs, les cinq courbes de taux de fécondité présentent une allure similaire et suivent le schéma classique d’évolution des taux de fécondité. En effet, la fécondité est très précoce aux âges 15-19 ans, augmente significativement entre 20-29 ans avant de décroître de manière régulière à 45-49 ans. Tableau 5.3.1 Fécondité par âge selon cinq sources Taux de fécondité par âge et indice synthétique de fécondité (sur une période de trois années ayant précédé l’enquête). Groupe d'âges EDS 1986 EDS 1992 EDS 1997 EDS 2005 EDS-MICS 2010-11 15-19 154 127 103 101 93 20-24 270 250 219 212 201 25-29 271 266 240 250 241 30-34 261 244 245 228 219 35-39 196 185 186 169 156 40-44 89 99 99 74 73 45-49 36 34 41 22 13 ISF 15-49 ans 6,4 6,0 5,7 5,3 5,0 Note : Taux de fécondité par groupe d’âges pour 1 000 femmes Fécondité • 75 Les données collectées lors de l'enquête permettent également de retracer les tendances passées de la fécondité à partir des taux de fécondité des groupes d'âges des femmes, par périodes quinquennales avant l'enquête (tableau 5.3.2 et graphique 5.3). On relève que dans tous les groupes d’âges, les taux de fécondité ont régulièrement baissé des périodes les plus anciennes aux plus récentes, sauf dans la période 10-14 ans avant l’enquête. Cette dernière période est assez singulière car quel que soit le groupe d’âges considéré, les taux de fécondité y sont, généralement plus élevés. Ainsi, par exemple, pour le groupe d’âges 25-29 ans, le taux de fécondité estimé à 264 ‰ il y a 15-19 ans, s’est accru d’environ 3% en terme relatif à 10-14 ans avant l’enquête (273 ‰), puis s’est réduit d’environ 9 % à 5-9 ans avant l’enquête (249 ‰), pour se situer à 239 ‰ au cours des cinq dernières années. Ces résultats confirment donc la tendance à la baisse de la fécondité au cours des dernières années. Tableau 5.3.2 Tendance de la fécondité par âge Taux de fécondité par âge par période de cinq ans ayant précédé l'enquête, selon l'âge de la mère au moment de la naissance de l'enfant, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Nombre d’années précédant l’enquête Groupe d'âges 0-4 5-9 10-14 15-19 15-19 96 105 113 110 20-24 204 223 225 225 25-29 239 249 273 264 30-34 216 233 248 [236] 35-39 154 178 [196] - 40-44 78 [91] - - 45-49 [15] - - - Note: Les taux de fécondité par âges sont exprimés pour 1 000 femmes. Les taux entre crochets sont calculés sur la base de données incomplètes. Les taux excluent le mois de l’interview. Graphique 5.2 Taux de fécondité générale selon cinq sources , , , , , , , + + + + + + + * * * * * * * 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 Pour mille EDS 1986 EDS 1992 EDS 1997 EDS 2005 EDS-MICS 2010-11* + , 76 • Fécondité 5.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE Les données de l'enquête ont permis de calculer la distribution des femmes selon le nombre total d'enfants nés vivants que les femmes ont eus au cours de leur vie ainsi que leurs parités moyennes, par groupe d'âges. Le tableau 5.4 présente ses parités pour l'ensemble des femmes et pour les femmes actuellement en union. Au moment de l'enquête, 35 % de l'ensemble des femmes (soit plus d'une femme sur trois) et seulement 11% de celles en union n'avaient jamais eu d'enfants nés vivants. Plus de 23 % et 34 % respectivement ont eu entre 3 et 5 enfants. Plus de 16 % de l'ensemble des femmes et près de 24 % de celles en union, ont eu 6 enfants ou plus. La répartition des femmes selon le nombre de naissances vivantes met en évidence une fécondité relativement précoce : près de 16 % des femmes de moins de 20 ans ont déjà donné naissance à au moins un enfant ; il en est de même pour 54 % des femmes de 20-24 ans. Plus de six femmes de 25-29 ans sur dix (60 %) ont eu au moins 2 enfants. Enfin, à 45-49 ans, en fin de vie féconde, plus d'une femme sur trois (35 % de l'ensemble des femmes et 38 % des celles en union) ont donné naissance à 8 enfants ou plus. Dans l’ensemble, une femme a eu en moyenne 2,5 enfants nés vivants ; chez les femmes actuellement en union, cette parité moyenne est de 3,6 enfants, soit un enfant de plus. De façon générale, la parité moyenne augmente de façon régulière et rapide avec l'âge de la femme. Par exemple pour l'ensemble des femmes, elle passe de 0,2 enfant en moyenne à 15-19 ans, à 1 enfant à 20-24 ans et à 6,1 à 45-49 ans. Les résultats concernant les femmes actuellement en union montrent qu’à tous les âges, la parité est plus élevée que pour l’ensemble des femmes. Ceci traduit le rôle déterminant de la nuptialité dans la fécondité. À partir de 30-34 ans, âges auxquels la proportion de femmes qui ne sont pas en union est déjà faible, les différences de parités entre femmes en union et toutes femmes sont plus faibles. En fin de vie féconde, (45-49 ans), la parité des femmes en union (6,1 enfants) est à peine différente de celle de l'ensemble des femmes (6,4). D'une manière générale, les femmes qui restent volontairement sans enfant sont relativement peu nombreuses. Par conséquent, la parité zéro des femmes actuellement mariées et âgées de 45-49 ans, âges auxquels la probabilité d'avoir un premier enfant devient très faible, permet d'estimer le niveau de la stérilité primaire. Parmi ces femmes, entre 2,5 % (femmes en union) et 4,8 % (toutes femmes) n'ont jamais eu d'enfants et peuvent être Graphique 5.3 Taux de fécondité générale pour différentes période avant l'enquête , , , , , + + + + + + * * * * * * * 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 Pour mille 0-4 ans 5-9 ans 10-14 ans 15-19 ans* + , EDS-MICS 2010-11 Fécondité • 77 considérées comme stériles. Ces pourcentages sont cohérents avec les données de l'EDS-IV de 2005 où les pourcentages étaient de 2,2 et 3 %. Enfin, le tableau 5.4 donne le nombre moyen d’enfants vivants. Dans l’ensemble, une femme a actuellement 2,2 enfants et une femme en union, 3,2 enfants, soit 88 % des enfants nés vivants. Autrement dit, 12 % des enfants nés vivants sont décédés ; ceci donne une première idée du niveau de la mortalité. Tableau 5.4 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes Répartition (en %) de toutes les femmes et de celles actuellement en union par nombre d'enfants nés vivants, nombre moyen d'enfants nés vivants et nombre moyen d'enfants survivants, selon le groupe d'âges des femmes, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Ensemble Nombre moyen d'enfants nés vivants Nombre moyen d'enfants vivants Nombre d'enfants nés vivants Total Groupe d'âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10+ Total Effectif TOUTES LES FEMMES 15-19 84,5 11,4 3,5 0,5 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 3 429 0,20 0,19 20-24 46,4 24,5 16,6 8,4 2,6 1,2 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 3 220 1,02 0,93 25-29 21,2 18,5 18,2 18,3 12,6 7,4 3,0 0,6 0,2 0,1 0,0 100,0 2 746 2,22 2,04 30-34 11,8 10,1 13,8 13,9 13,9 15,7 11,5 6,2 2,0 0,8 0,2 100,0 2 148 3,51 3,20 35-39 6,2 7,7 9,3 11,0 13,5 13,7 13,5 10,2 8,1 3,7 3,2 100,0 1 817 4,65 4,10 40-44 6,0 5,7 6,7 8,4 9,3 13,0 12,3 11,4 10,1 8,7 8,4 100,0 1 379 5,47 4,71 45-49 4,8 4,7 5,5 6,8 9,1 8,7 11,2 14,4 11,7 9,2 13,8 100,0 949 6,07 5,01 Ensemble 34,8 13,8 11,2 9,4 7,6 6,9 5,5 4,0 2,8 1,9 2,0 100,0 15 688 2,51 2,22 MMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 45,2 38,7 13,6 1,8 0,7 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 832 0,74 0,69 20-24 20,0 34,2 25,5 13,4 4,3 1,9 0,6 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 932 1,56 1,44 25-29 8,8 17,4 21,2 22,6 15,8 9,3 3,6 0,8 0,2 0,2 0,0 100,0 2 128 2,68 2,46 30-34 5,2 8,5 13,0 15,7 15,6 18,0 13,3 7,1 2,3 1,0 0,2 100,0 1 825 3,94 3,58 35-39 3,6 5,5 9,0 11,3 14,2 14,3 14,3 11,2 8,8 4,2 3,6 100,0 1 614 4,95 4,36 40-44 2,2 4,9 5,6 8,1 9,6 13,8 13,0 12,7 11,0 9,5 9,6 100,0 1 192 5,89 5,08 45-49 2,5 3,2 5,5 7,0 8,1 8,8 11,8 15,3 12,4 9,8 15,5 100,0 825 6,41 5,28 Ensemble 11,1 16,3 15,0 13,3 10,8 10,0 7,9 5,9 4,1 2,7 2,9 100,0 10 347 3,56 3,15 5.4 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE La durée de l'intervalle qui sépare la naissance d'un enfant de la naissance précédente a une influence sur l'état de santé de la mère et de l'enfant. Elle est également importante dans l'analyse des niveaux et différentiels de la fécondité. Il est admis que les intervalles intergénésiques courts (inférieurs à 24 mois) sont nuisibles à la santé et à l'état nutritionnel des enfants et augmentent les risques de décès de la mère et de l’enfant. Les naissances trop rapprochées amoindrissent la capacité physiologique de la femme, exposant ainsi la mère aux complications pendant et après la grossesse (fausses couches, éclampsie). Le tableau 5.5 présente la répartition des naissances des cinq années ayant précédé l'enquête selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, en fonction des caractéristiques sociodémographiques. Globalement, l'intervalle médian se situe à 34 mois. Le pourcentage des naissances survenues moins de 18 mois après la naissance précédente est relativement faible : 7 % (contre 6,7 % dans l'EDS-IV de 2005). Environ, 11 % des enfants sont nés entre 18 et 24 mois après leur aîné, soit au total, 18 % de naissances espacées de moins de 24 mois de la naissance précédente (tableau 5.6). Néanmoins, une forte proportion des naissances (38 %) se produisent entre 24 et 35 mois après la naissance précédente, et 44 % des enfants sont nés trois ans ou plus après leur aîné. La durée médiane de l'intervalle intergénésique est proche de 3 ans (34 mois), ce qui signifie que la moitié des naissances intervient dans un intervalle de près de 3 ans après la naissance précédente. Cet intervalle médian est demeuré au même niveau (33-34 mois) depuis 1997 (EDS-III). Il en est de même de la proportion de naissances se produisant dans un intervalle inférieur à 24 mois par rapport à la naissance précédente (18 %). 78 • Fécondité Tableau 5.5 Intervalle intergénésique Répartition (en %) des naissances, autres que les naissances de rang un, survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, et nombre médian de mois depuis la naissance précédente selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Effectif des naissances de rang 2 et plus Nombre médian de mois depuis la naissance précédente Nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente Caractéristique sociodémographique 7-17 18-23 24-35 36-47 48-59 60+ Total Groupe d’âges 15-19 10,5 21,7 38,5 24,5 3,9 0,9 100,0 158 28,4 20-29 8,2 12,7 42,5 20,6 9,5 6,5 100,0 3 719 31,8 30-39 5,8 10,2 36,2 21,2 11,5 15,0 100,0 3 980 35,0 40-49 3,7 8,0 29,7 21,1 14,5 23,0 100,0 1 003 39,7 Sexe de la naissance précédente Garçon 6,3 11,8 37,9 21,4 10,6 12,1 100,0 4 467 33,8 Fille 7,1 10,7 38,4 20,6 11,1 12,1 100,0 4 392 33,9 Survie de la naissance précédente Vivante 5,6 10,8 39,0 21,4 11,1 12,2 100,0 8 162 34,2 Décédée 19,0 16,8 28,6 16,3 8,5 10,9 100,0 698 28,0 Rang de naissance 2-3 7,6 11,8 36,6 20,5 10,2 13,3 100,0 3 858 33,8 4-6 5,9 10,4 40,1 20,6 11,5 11,5 100,0 3 546 33,9 7+ 6,1 11,6 37,5 23,3 11,2 10,3 100,0 1 455 33,8 Milieu de résidence Urbain 6,2 10,5 35,0 20,2 11,2 17,0 100,0 3 155 35,3 Rural 7,0 11,7 39,9 21,4 10,7 9,4 100,0 5 704 33,0 Région Dakar 6,4 11,6 36,4 19,2 10,2 16,2 100,0 1 603 34,3 Ziguinchor 5,7 7,7 40,8 18,8 10,4 16,5 100,0 285 34,5 Diourbel 6,7 11,5 39,8 18,8 11,7 11,5 100,0 1 138 33,5 Saint-Louis 7,3 13,3 35,2 22,4 10,2 11,7 100,0 586 33,4 Tambacounda 7,2 12,6 37,1 24,0 10,3 8,8 100,0 506 33,5 Kaolack 4,5 13,0 43,0 21,4 9,8 8,2 100,0 805 33,0 Thiès 7,4 8,5 34,7 19,9 13,3 16,0 100,0 1 036 35,7 Louga 6,8 10,2 37,6 23,8 10,1 11,5 100,0 623 34,1 Fatick 8,1 9,8 43,5 20,7 11,0 7,0 100,0 534 31,9 Kolda 6,2 12,9 40,2 24,2 9,8 6,6 100,0 523 33,1 Matam 8,6 11,1 38,7 21,2 8,8 11,6 100,0 373 32,5 Kaffrine 7,6 11,4 35,3 21,3 11,5 12,9 100,0 417 34,3 Kédougou 6,1 7,9 34,9 27,3 14,4 9,5 100,0 91 36,3 Sédhiou 4,9 12,2 37,4 22,2 11,9 11,3 100,0 340 34,2 Niveau d’instruction Aucun 6,6 11,3 38,9 21,3 11,0 10,8 100,0 6 646 33,6 Primaire 7,2 11,6 36,2 19,8 11,1 14,1 100,0 1 662 34,1 Secondaire ou plus 6,2 8,9 34,4 21,1 8,2 21,4 100,0 552 36,3 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 6,4 12,1 41,7 22,1 10,5 7,2 100,0 2 186 32,7 Second 6,3 11,4 39,8 22,6 10,5 9,4 100,0 2 044 33,3 Moyen 7,7 10,6 37,0 20,5 11,1 13,1 100,0 1 727 34,0 La Quatrième 6,5 12,5 36,0 20,4 10,9 13,6 100,0 1 610 34,0 Le plus riche 6,4 8,8 33,7 18,0 11,7 21,4 100,0 1 293 36,4 Ensemble 6,7 11,2 38,2 21,0 10,9 12,1 100,0 8 859 33,8 Note: Les naissances de rang 1 sont exclues. L'intervalle pour les naissances multiples est le nombre de mois écoulés depuis la grossesse précédente qui a abouti à une naissance vivante. L'âge des mères influe sur la durée d'espacement des naissances. En effet, on relève que les intervalles intergénésiques sont plus courts chez les jeunes femmes que chez les plus âgées : de 28 mois chez les femmes de 15- 19 ans, il passe à 32 mois chez celles de 20-29 ans, 35 mois chez celles de 30-39 ans et 40 mois chez celles de 40-49 ans. Le pourcentage de naissances pour lesquelles l'intervalle est inférieur à 18 mois est de 11 % chez les femmes de 20 ans et de moins de 6 % chez les mères de plus de 30 ans. Fécondité • 79 Le sexe d'un enfant n'a visiblement pas d'incidence sur le délai de survenance de la naissance suivante. Par contre, les naissances qui suivent des enfants décédés se produisent beaucoup plus rapidement que lorsque l'enfant précédent est toujours en vie (intervalle médian de 28 mois contre 34 mois). Alors que seulement 6 % des naissances surviennent dans les 18 mois après la naissance de l’enfant précédent si ce dernier est en vie, 19% de décès prématurés d’enfants sont suivis d’une autre naissance dans ce délai. La durée de l'intervalle inter-génésique est deux mois plus longue en milieu urbain qu'en milieu rural (35 mois et 33 mois respectivement). Concernant les régions, des écarts assez notables sont observés entre elles. L'intervalle intergénésique varie d'un maximum de 36 mois dans les régions de Kédougou et Thiès à un minimum de 32 mois dans celle de Fatick. Les résultats montrent aussi que le niveau d'instruction de la mère influence la durée de l'intervalle intergénésique : sa valeur médiane passe d’environ 34 mois pour les naissances dont les mères ont le niveau primaire ou sont sans instruction à 36 mois pour celles dont les mères ont un niveau d'instruction secondaire ou plus. Enfin, les résultats semblent mettre en évidence une association positive entre le niveau de bien-être économique et la longueur de l’intervalle inter-génésique, celle-ci augmentant sensiblement avec le niveau de richesse. Elle passe de 33 mois dans les deux groupes les plus pauvres à près de 36 mois dans la catégorie la plus riche. 5.5 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Rappelons qu'après la naissance d'un enfant, l'exposition au risque de grossesse dépend, entre autres facteurs, du retour de l'ovulation et de l'abstinence sexuelle ou de l’abstinence postpartum. Le temps écoulé entre l'accouchement et le retour de l'ovulation qui constitue l'aménorrhée post-partum est estimé ici par la longueur de l'intervalle qui sépare la naissance d'un enfant et le retour des règles. La longueur de cet intervalle peut être influencée par l'intensité, la fréquence et la durée de l'allaitement au sein. L’examen de ces facteurs permet d'identifier les femmes non susceptibles d'être exposées au risque de grossesse et ainsi d'évaluer la durée de la non susceptibilité. Une femme est considérée comme non susceptible d'être exposée au risque de grossesse quand elle n'a pas repris les rapports sexuels depuis la dernière naissance, ou quand elle est en aménorrhée post-partum, ce qui signifie que ses risques de tomber enceinte sont minimes si elle reprend les rapports sexuels sans protection contraceptive. La période de non susceptibilité se définit donc comme celle pendant laquelle une femme n'est pratiquement pas soumise au risque de grossesse par suite d'aménorrhée et/ou d'abstinence post-partum. Les données du tableau 5.6 se rapportent aux naissances des 3 dernières années dont la mère est encore en aménorrhée ou en abstinence post-partum et donc non susceptible d'être exposée au risque de grossesse. La distribution de la proportion de naissances selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance est analogue à la série des survivants (Sx) d'une table de mortalité. Le tableau indique également les durées médiane et moyenne de l'aménorrhée, de l'abstinence et de la non-susceptibilité. Dans l’ensemble, 35 % des femmes ayant accouché au cours des trois années précédant l’enquête sont encore en aménorrhée post-partum. Sept femmes sur dix restent en aménorrhée jusqu’à 4-5 mois, près de sept femmes sur dix (68 %) le sont encore à 8-9 mois et 30 % à 16-17 mois. Au delà de 22 mois, la proportion de femmes dont le retour de l'ovulation ne s'est pas encore produit est largement inférieure à 15 %. La durée médiane de l’aménorrhée post-partum est estimée à 12,2 mois et sa valeur moyenne se situe à 12,6 mois. La durée, l'intensité et la fréquence de l'allaitement exclusif qui agissent sur le retour de l'ovulation, expliqueraient en partie, ces durées relativement longues. La pratique de l'abstinence post-partum est courante au Sénégal. Deux à trois mois après la naissance de son dernier enfant, plus d’une femme sur deux (56 %, soit exactement le même niveau qu'en 2005) n’avaient pas encore repris ses rapports sexuels ; 8-9 mois après la naissance, plus d'une femme sur cinq (21 %) des mères sont encore en abstinence. La durée médiane de l'abstinence post-partum s’établit à 3,5 mois (contre 3,1 en 2005) et sa valeur 80 • Fécondité moyenne à 7,8 (contre 7,4 mois en 2005). Par rapport aux enquêtes précédentes (EDS-IV de 2005 et EDS-III, 1997), on ne relève pratiquement aucun changement dans les durées moyenne et médiane de l’abstinence post-partum (respectivement, 2,9 et 7,6 mois). Pour 42 % des naissances survenues au cours des trois dernières années ayant précédé l’enquête, les mères sont en insusceptibilité postpartum. Cette période d’insusceptibilité dure en moyenne 15 mois et pour 50 % des naissances, les mères ne sont pas susceptibles de tomber enceintes pendant 14 mois. Tableau 5.6 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum Pourcentage de naissances survenues au cours des trois années ayant précédé l'enquête dont les mères sont en aménorrhée, en abstinence et en insusceptibilité post-partum, selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance et durées médiane et moyenne, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Pourcentage de naissances dont la mère est: Nombre de mois depuis la naissance En aménorrhée En abstinence Insusceptible1 Nombre de naissances < 2 90,6 93,9 98,2 328 2-3 82,2 56,0 86,6 486 4-5 69,7 34,5 74,9 409 6-7 68,3 27,4 75,3 309 8-9 59,3 21,1 66,6 383 10-11 59,9 17,0 66,5 421 12-13 51,7 18,4 57,7 452 14-15 36,1 18,8 48,7 467 16-17 29,7 13,8 38,3 371 18-19 19,1 15,9 31,5 333 20-21 19,6 17,3 31,6 281 22-23 15,4 11,8 24,2 364 24-25 5,0 6,5 9,4 415 26-27 2,8 6,8 8,8 431 28-29 1,4 4,9 6,0 326 30-31 2,4 4,2 6,4 299 32-33 0,7 4,6 5,1 309 34-35 2,4 4,1 6,1 500 Ensemble 35,1 21,0 42,0 6 886 Médiane 12,2 3,5 14,2 na Moyenne 12,6 7,8 15,1 na Note: Les estimations sont basées sur le statut au moment de l’enquête. na = Non applicable 1 Inclut les naissances dont les mères sont soit encore aménorrhée soit encore en abstinence (ou les deux) après une naissance Les durées médianes d'aménorrhée, d'abstinence post-partum et de non susceptibilité selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes sont présentées dans le tableau 5.7. Contrairement au résultat observé dans l'EDS-IV, ces différentes durées varient avec l’âge des mères: à l'inverse de l'abstinence, l'aménorrhée et la non susceptibilité sont plus longues d'au moins trois mois chez les femmes de 30-49 que celles chez celles 15-29 ans. La durée de non exposition aux risques de grossesse est généralement plus longue en milieu rural qu'en milieu urbain. Le niveau d'instruction influe également sur la longueur de l’aménorrhée : de 12,9 mois parmi les femmes sans niveau instruction, cette durée s’établit à 5,8 mois parmi les femmes de niveau secondaire ou plus. En ce qui concerne la durée médiane de l’abstinence, les résultats montrent que les plus faibles valeurs sont observées dans les régions de Diourbel (2,4 mois), Kaolack (2,5 mois), Louga (3,1 mois) et Saint-Louis (3,5 mois) et les plus grandes à Kolda (16,4 mois). En ce qui concerne l'abstinence post-partum, on distingue deux groupes relativement homogènes de régions: les régions Kédougou, Kolda et Sédhiou avec des durées médianes de l'ordre 15 à 16 mois; et les autres régions (à l'exception de Ziguinchor avec 9 mois) qui ont une durée médiane largement plus courte (inférieure à 6 mois). La durée des risques d'exposition accuse une tendance générale à la baisse avec le niveau de bien-être économique. Fécondité • 81 Tableau 5.7 Durée médiane de l'aménorrhée, de l'abstinence post-partum et de l'insusceptibilité post-partum Durées médianes (en mois) d'aménorrhée, d'abstinence et d'insusceptibilité post- partum, suivant une naissance survenue au cours des trois années ayant précédé l'enquête selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Aménorrhée post-partum Abstinence postpartum Insusceptibilité postpartum1 Age de la mère 15-29 11,5 4,0 13,5 30-49 14,0 2,6 16,6 Milieu de résidence Urbain 9,0 3,0 12,9 Rural 13,5 3,8 15,1 Région Dakar 5,9 2,9 12,6 Ziguinchor 10,5 8,8 14,7 Diourbel 13,1 2,4 13,7 Saint-Louis 8,8 3,5 10,8 Tambacounda 12,4 5,6 13,1 Kaolack 12,5 2,5 14,9 Thiès 13,0 2,4 14,0 Louga 13,3 3,2 14,0 Fatick 13,9 3,1 14,5 Kolda 11,6 16,4 20,0 Matam 9,9 4,4 12,4 Kaffrine 14,6 3,2 15,6 Kédougou 12,1 14,7 17,5 Sédhiou 14,4 16,8 18,0 Niveau d’instruction Aucun 12,9 3,4 14,6 Primaire 6,2 3,5 13,3 Secondaire ou plus 5,8 4,7 9,6 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 13,9 4,1 15,4 Second 14,1 3,7 15,9 Moyen 11,7 4,3 14,0 Le Quatrième 11,2 2,3 12,4 Le plus riche 5,7 3,2 6,1 Total 12,2 3,5 14,2 Note: Les médianes sont basées sur le statut au moment de l’enquête (statut actuel) 1 inclut les naissances dont les mères sont encore en aménorrhée ou en abstinence (ou les deux) après une naissance 82 • Fécondité 5.6 MÉNOPAUSE Le tableau 5.8 présente la terminaison de l'exposition au risque de grossesse chez les femmes de 30-49 ans. La sortie de la vie fertile est mesurée par la proportion de femmes en ménopause, c’est-à-dire la proportion de femmes actuellement en union qui ne sont ni enceintes, ni en aménorrhée post-partum, et qui n'ont pas eu de règles pendant au moins six mois avant l'enquête ou alors qui se sont déclarées en ménopause. Les résultats de l'enquête montrent que 9 % des femmes de 30-49 ans étaient en ménopause au moment de l’enquête. Comme on pouvait le deviner, la proportion de femmes en ménopause augmente rapidement avec l'âge: elle passe de moins de 1 % à 30-34 ans, à 12 % à 42-43 ans, pour atteindre 38 % à 48-49 ans. On observe pratiquement les mêmes niveaux qu'en 2005 (EDS- IV). 5.7 ÂGE À LA PREMIERE NAISSANCE Le tableau 5.9 donne la répartition des femmes par âge à leur première naissance et leur âge médian à la première naissance, selon le groupe d'âges au moment de l'enquête. L'âge auquel les femmes ont leur première naissance est en effet déterminant pour leur fécondité ultérieure et peut avoir des répercussions importantes sur leur propre santé et celle de leurs enfants. Tableau 5.9 Age à la première naissance Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui ont eu une première naissance avant d'atteindre certains âges exacts, pourcentage qui n'ont jamais eu d'enfant et âge médian à la première naissance selon l'âge actuel, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Pourcentage n'ayant jamais donné naissance Effectifs de femmes Age médian à la première naissance Pourcentage ayant eu une naissance avant d'atteindre l'âge exact de : Age actuel 15 18 20 22 25 15-19 3,2 na na na na 84,5 3 429 a 20-24 5,7 21,5 37,4 na na 46,4 3 220 a 25-29 4,9 22,4 39,4 55,0 70,6 21,2 2 746 21,4 30-34 6,9 24,2 41,5 56,8 72,8 11,8 2 148 21,0 35-39 7,5 25,8 40,6 55,6 72,6 6,2 1 817 21,3 40-44 8,8 31,0 49,2 63,3 77,0 6,0 1 379 20,1 45-49 7,6 30,1 46,6 59,2 74,6 4,8 949 20,5 20-49 6,5 24,5 41,1 a a 21,0 12 259 a 25-49 6,8 25,6 42,4 57,3 72,9 11,9 9 040 21,0 na = Non applicable. a = Sans objet parce que moins de 50 % de femmes ont eu une naissance avant d'atteindre le début du groupe d'âges. Tableau 5.8 Ménopause Pourcentage de femmes de 30-49 ans en ménopause selon l'âge, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Groupe d’âges Pourcentage de femmes ménopausées1 Effectif de femmes 30-34 0,7 2 148 35-39 2,6 1 817 40-41 12,2 709 42-43 13,0 456 44-45 23,2 523 46-47 28,7 333 48-49 37,7 307 Ensemble 8,6 6 294 EDS-IV, 2005 9,0 5 823 1 Proportion de femmes actuellement en union qui ne sont ni enceintes, ni en aménorrhée post-partum, et qui n'ont pas eu de règles pendant au moins six mois avant l'enquête Fécondité • 83 Dans l’ensemble, l'âge médian à la première naissance est 21 ans chez les femmes 25-49 ans; plus de 50% des femmes de 20- 49 ans n'ont pas eu de naissances vivantes en atteignant 20 ans. Le pourcentage de femmes ayant eu leur première naissance vivante en atteignant 15 ans ou 18 ans accuse une tendance générale à la hausse avec l'âge actuel des femmes. Ce résultat semble traduire une entrée de plus en plus tardive dans la vie féconde. Cette tendance, si elle est réelle, est cependant très lente; la comparaison avec les données de l'EDS-IV de 2005 va dans ce sens. Le résultat le plus net est plutôt observé entre les groupes socioéconomiques (tableau 5.10) : les femmes rurales, sans instruction et celles qui sont les plus pauvres, ont une fécondité plus précoce. Il en est de mêmes des régions de Kolda, Kédougou, Tambacounda, Kaffrine, Sédhiou et Matam. 5.8 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES Les enfants nés de jeunes mères (moins de 20 ans) courent généralement un risque plus important de décéder que ceux issus de mères plus âgées (voir Chapitre 8 - Mortalité des enfants). De même les grossesses et les accouchements précoces augmentent le risque de décéder chez les adolescentes. Les adolescentes qui constituent 22 % de l'ensemble des femmes en âge de procréer, contribuent pour près de 10 % à la fécondité totale des femmes. Le tableau 5.11 donne, par année d'âge de 15 à 19 ans, les proportions d'adolescentes qui ont déjà eu un ou plusieurs enfants ainsi que les proportions de celles qui sont enceintes pour la première fois. En considérant que la somme de ces deux pourcentages fournit la proportion d'adolescentes ayant commencé leur vie féconde, on constate que 19 % des jeunes femmes de 15-19 ans ont déjà commencé leur vie féconde : 16 % ont déjà eu au moins un enfant et 3 % sont enceintes pour la première fois. Chez les femmes de 17 ans, 16 % ont commencé leur vie féconde et, à 19 ans, cette proportion est à 32 %. Comparés à l’EDS de 2005, les résultats de l'EDS-MICS semblent mettre en évidence une relative stabilité de la fécondité des adolescentes (graphique 5.4) qui accusait pourtant une tendance à la baisse entre 1997 (EDS-III) et 2005 (EDS-IV). Tableau 5.10 Age médian à la première naissance Age médian à la première naissance des femmes de 20-49 ans (25-49) par âge actuel, selon certaines caractéristiques socio-économiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Age des femmes 20-49 Age des femmes 25-49 Milieu de résidence Urbain a 22,5 Rural 19,8 19,8 Région Dakar a 23,1 Ziguinchor a 20,8 Diourbel a 20,6 Saint-Louis a 21,2 Tambacounda 18,8 18,9 Kaolack a 19,8 Thiès a 22,0 Louga a 20,4 Fatick a 20,4 Kolda 18,5 18,7 Matam 19,9 20,2 Kaffrine 19,2 19,1 Kédougou 18,6 18,9 Sédhiou 19,6 19,6 Niveau d’instruction Aucun 19,9 19,9 Primaire a 22,1 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 18,7 18,8 Second 19,6 19,4 Moyen a 20,6 La Quatrième a 22,0 Le plus riche a 24,2 Total a 21,0 a = Sans objet parce que moins de 50 % des femmes ont eu une naissance avant d’atteindre le début du groupe d’âges. 84 • Fécondité Tableau 5.11 Grossesse et fécondité des adolescentes Pourcentage d'adolescentes de 15-19 ans qui ont déjà eu une naissance vivante ou qui sont enceintes d'un premier enfant et pourcentage qui ont déjà commencé leur vie procréatrice, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Pourcentage de femmes de 15-19 ans qui: Caractéristique sociodémographique Ont eu une naissance vivante Sont enceintes d'un premier enfant Pourcentage ayant déjà commencé leur vie procréatrice Effectif de femmes Age 15 2,4 1,3 3,7 687 16 7,3 3,8 11,2 621 17 11,6 4,2 15,8 665 18 26,2 2,9 29,1 905 19 28,3 3,7 32,1 551 Milieu de résidence Urbain 10,5 1,5 12,0 1 683 Rural 20,4 4,7 25,0 1 746 Région Dakar 11,2 0,8 11,9 783 Ziguinchor 8,9 1,7 10,7 149 Diourbel 11,0 2,3 13,3 418 Saint-Louis 14,3 3,1 17,4 223 Tambacounda 30,9 8,7 39,5 186 Kaolack 15,5 4,6 20,2 268 Thiès 10,0 3,1 13,0 436 Louga 16,7 2,9 19,6 276 Fatick 15,3 1,8 17,0 157 Kolda 34,4 9,1 43,4 148 Matam 24,5 2,1 26,6 128 Kaffrine 23,2 6,0 29,2 129 Kédougou 31,1 6,1 37,2 24 Sédhiou 20,7 4,0 24,8 105 Niveau d'instruction Aucun 25,6 5,5 31,1 1 371 Primaire 17,6 2,9 20,5 764 Secondaire ou plus 3,7 0,8 4,4 1 294 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 30,9 7,3 38,3 556 Second 20,2 4,8 24,9 618 Moyen 11,2 2,5 13,7 766 Quatrième 13,6 1,7 15,3 740 Le plus riche 6,6 0,7 7,3 749 Total 15,5 3,1 18,7 3 429 EDS-V, 2005 15,3 3,6 18,9 3556 EDS-III, 1997 18,2 4,1 22,3 1937 Les résultats par caractéristiques sociodémographiques mettent en évidence des écarts très importants. En effet, on relève que les adolescentes du milieu rural (25 %) ont une fécondité beaucoup plus précoce que leurs homologues du milieu urbain (12 %). Au niveau régional, deux régions se singularisent par leur fort pourcentage d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde ; il s’agit, comme l'avait montré l'EDS-IV de 2005, de Kolda (43 % contre 38 % en 2005) et de Tambacounda la région géographique voisine (40 % à Tambacounda et 38 % à Kédougou contre 36 %). À l’autre extrême, on trouve Ziguinchor avec 11 %, Dakar (12 %), Thiès et Diourbel (13 %). Comme toujours, on relève aussi, que la fécondité précoce est essentiellement le fait des filles non instruites (31 %). Chez les filles de niveau primaire, on compte 21 % ayant commencé leur vie féconde contre seulement 4 % chez celles ayant un niveau secondaire ou plus. Enfin, on relève que les femmes des ménages les plus défavorisés sont largement plus exposées aux risques de grossesse et de maternité précoces. Dans les ménages les plus pauvres, près de 4 femmes sur 10 (38 %) ont commencé leur maternité contre moins 7 % chez les femmes des ménages les plus riches. Fécondité • 85 Graphique 5.4 Proportions d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde selon l'EDS-IV et l’EDS-MICS 19 12 26 28 15 4 19 13 28 31 21 4 SÉNÉGAL Urbain Rural Aucun Primaire Secondaire ou + 0 5 10 15 20 25 30 35 % EDS-IV 2005 EDS-MICS 2010-2011 NIVEAU D’INSTRUCTIONMILIEU DE RÉSIDENCE Préférences en Matière de Fécondité • 87 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ 6 Atoumane FALL es questions relatives aux préférences en matière de fécondité permettent d’évaluer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité, et de mesurer les besoins futurs en matière de contraception en vue de l’espacement ou de la limitation des naissances. Dans le cadre de l’Enquête Démographique et de Santé à Indicateurs Multiples (EDS-MICS, 2010-11), les questions relatives au désir de la femme d'avoir ou non des enfants supplémentaires dans l'avenir, au délai d'attente avant d'avoir un prochain enfant et au nombre total d'enfants désirés ont permis d’aborder ce sujet. Rappelons que les données sur les attitudes et les opinions relatives à la procréation ont toujours été un sujet de controverse. En effet, certains chercheurs pensent que les réponses aux questions sur les préférences en matière de fécondité reflètent des points de vue éphémères. Ces derniers sont exprimés sans beaucoup de conviction, ou ne tiennent pas compte de l’effet des pressions sociales et des attitudes des autres membres de la famille. Ces attitudes, particulièrement celles du mari, peuvent avoir une grande influence sur les décisions en matière de reproduction. De plus, ces données sont obtenues à partir d’un échantillon de femmes de différents âges et vivant à des moments différents de leur histoire génésique. Pour les femmes en début d’union, les réponses sont liées à des objectifs à moyen ou long terme dont la stabilité et la valeur prédictive sont incertaines. Pour les femmes en fin de vie féconde, les réponses sont inévitablement influencées par leur histoire génésique. Malgré toutes ces difficultés, l’analyse des données sur les préférences en matière de fécondité, peut aider dans l’explication de certains facteurs qui agissent sur le comportement procréateur de la femme. Dans ce chapitre, seront ainsi examinés le désir d’avoir ou non des enfants supplémentaires, les besoins en matière de planification familiale, le nombre idéal d’enfants et les perspectives en matière de planification de la fécondité. 6.1 DÉSIR D'ENFANTS SUPPLÉMENTAIRES Le désir d’avoir ou non des enfants supplémentaires dans l’avenir est généralement lié à l’âge de la femme et au nombre d’enfants actuellement en vie. Des questions ont été posées aux femmes de 15-49 ans ainsi qu’aux hommes de 15-59 ans actuellement en union pour obtenir des informations sur leurs attitudes quant au désir d’espacer leur prochaine naissance ou au désir de ne plus avoir d’enfants. Les résultats présentés au tableau 6.1 et au graphique 6.1 montrent que plus d’une femme sur cinq (22 %) a répondu qu’elle ne désirait plus d’enfants tandis que plus de sept femmes sur dix (74 %) en voulaient davantage. Ces résultats révèlent également que parmi les femmes qui ont déclaré qu’elles désiraient avoir des enfants supplémentaires dans l’avenir, la majorité (38 %) désire espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. Au total donc, 60 % des femmes, (celles ne voulant plus d’enfants (22 %) et celles désirant espacer pour une période d’au moins deux ans la naissance de leurs prochains enfants (38 %)), peuvent être considérées comme des candidates potentielles à la planification familiale. Ces niveaux sont voisins de ceux enregistrés dans les enquêtes précédentes : EDS-II de 1992-1993 (20 % pour celles qui désiraient limiter et 39 % pour celles qui souhaitaient espacer d’au moins deux ans), EDS-III de 1997 (respectivement, 23 % et 39 %) et EDS-IV de 2005 (respectivement 21 % et 38 %). L 88 • Préférences en Matière de Fécondité Tableau 6.1 Préférences en matière de fécondité par nombre d'enfants vivants Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans, actuellement en union, par désir d'enfants supplémentaires, selon le nombre d'enfants vivants, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Nombre d'enfants vivants1 Ensemble 15-49 Ensemble 15-59 Désir d'enfants 0 1 2 3 4 5 6+ FEMME Veut un autre bientôt2 80.2 39.0 31.1 26.0 22.6 18.7 8.4 30.0 na Veut un autre plus tard3 8.0 49.8 52.8 50.5 44.2 33.0 16.8 37.9 na Veut un autre. NSP quand 7.9 7.8 6.9 6.7 4.9 4.4 2.1 5.7 na Indécise 0.6 0.4 1.4 1.8 2.4 4.9 3.3 2.0 na Ne veut plus d'enfant 0.5 1.6 6.0 12.4 23.4 35.7 63.8 21.4 na Stérilisée4 0.0 0.0 0.1 0.1 0.1 0.1 1.0 0.2 na S'est déclarée stérile 2.8 1.5 1.6 2.5 2.4 3.1 4.5 2.6 na Total 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 na Effectif 1 006 1 775 1 783 1 518 1 312 1 082 1 870 10 347 na HOMME Veut un autre bientôt2 71.7 31.7 27.2 23.2 14.0 18.1 28.5 30.0 30.0 Veut un autre plus tard3 12.0 58.3 57.0 62.8 59.8 47.6 52.4 51.9 44.3 Veut un autre. NSP quand 15.0 8.1 10.2 5.6 13.2 20.9 10.0 11.0 11.7 Indécise 0.3 1.3 2.7 2.3 5.1 4.3 2.8 2.6 3.2 Ne veut plus d'enfant 0.4 0.2 2.9 5.4 7.1 9.1 5.9 4.1 9.7 Stérilisée4 0.2 0.2 0.0 0.0 0.0 0.0 0.3 0.1 0.3 S'est déclarée stérile 0.5 0.2 0.0 0.8 0.8 0.0 0.0 0.3 0.9 Total 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 100.0 Effectif 169 282 303 240 175 156 285 1 609 2 087 na = Non applicable 1 Le nombre d'enfants vivants inclut la grossesse actuelle. 2 Veut une autre naissance dans les deux ans. 3 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. 4 Y compris la stérilisation féminine et masculine. 5 Le nombre d'enfants vivants comprend un enfant supplémentaire si l'épouse de l'enquêtée est enceinte (ou si une des épouses est enceinte. pour les hommes qui ont actuellement plus d'une épouse). Comme on pouvait s’y attendre, la proportion de femmes qui ne veulent plus d’enfants augmentent régulièrement avec le nombre d’enfants actuellement en vie : elle passe de moins de 1 % chez les femmes qui n’ont aucun enfant à 12 % chez celles qui en ont 3 et à 64 % chez celles qui en ont au moins 6. On note également que la quasi-totalité des femmes nullipares (96 %) souhaitent avoir un enfant et la grande majorité (80 %) désire une naissance dans les deux années à venir. Le désir d’en avoir un autre (74 %) est plus important chez les nullipares et Graphique 6.1 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants EDS-MICS 2010-11 0 1 2 3 4 5 6 + Nombre d'enfants vivants 0% 20% 40% 60% 80% 100% Pourcentage Femme/homme déclaré stérile Ne veut plus d'enfant/stérilisée Indécise Veut espacer de deux ans Veut NSP quand Veut dans les deux ans Préférences en Matière de Fécondité • 89 les primipares (avec respectivement 96 % et 97 % des femmes). Cependant, contrairement à ces dernières, la majorité des femmes (53 %) ayant déjà eu 2 enfants, souhaitent attendre au moins deux ans avant la prochaine naissance. En ce qui concerne les hommes, seulement 10 % de ceux qui sont en union ont déclaré ne plus vouloir d’enfants et, à l’inverse, 86 % en désiraient davantage. Les hommes en union souhaitant avoir d’autres enfants sont proportionnellement, plus nombreux que les femmes en union. Autrement dit, les hommes sont plus pronatalistes que les femmes. Comme chez les femmes, la proportion d’hommes désirant avoir des enfants diminue avec le nombre d’enfants vivants, passant de 98 % à la parité 1, à 96 % à la parité 3 et à 91 % au rang 6 ou plus. Chez les hommes en union, le besoin potentiel en matière de planification familiale peut être approché à un total de 54 % (soit 10 % ne voulant plus d'enfant et 44 % désirant espacer la prochaine naissance d'au moins deux ans). Parmi les hommes voulant des enfants supplémentaires, une proportion supérieure à celles des femmes (44 % contre 38 %) désire espacer la prochaine naissance d’au moins deux ans. Les tableaux 6.2.1 et 6.2.2 présentent les proportions de femmes et d’hommes en union ne désirant plus avoir d’enfants selon certaines caractéristiques sociodémographiques et selon le nombre d’enfants vivants. Tableau 6.2.1 Désir de limiter les naissances: Femme Pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, ne voulant plus d'enfants, par nombre d'enfants vivants, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Nombre d'enfants vivants1 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble Milieu de résidence Urbain 0,3 1,2 9,0 16,9 30,3 45,1 71,6 22,9 Rural 0,6 1,9 3,6 9,2 19,1 30,1 61,5 20,8 Région Dakar 0,0 1,2 10,1 20,7 34,1 44,6 76,0 23,5 Ziguinchor 0,0 3,4 8,9 10,7 13,7 32,1 66,4 22,3 Diourbel 0,0 1,7 3,1 6,6 25,1 36,6 62,8 18,0 Saint-Louis 0,0 2,4 7,3 23,4 24,0 31,0 60,6 24,6 Tambacounda 2,3 5,6 7,2 13,3 18,3 23,2 51,9 19,8 Kaolack 0,0 1,3 3,3 16,7 28,0 35,1 74,3 28,4 Thiès 1,4 0,0 4,2 6,5 25,0 48,7 69,5 22,7 Louga 0,0 3,3 7,2 12,8 22,2 30,1 60,9 19,9 Fatick 0,0 0,7 5,0 3,4 17,9 32,2 62,7 24,1 Kolda 2,2 0,8 3,0 5,9 17,7 30,8 64,9 20,1 Matam 1,5 0,0 3,8 10,4 11,0 14,9 47,1 14,1 Kaffrine 1,6 2,1 4,1 11,3 16,4 32,8 70,3 24,1 Kédougou 0,0 2,2 11,5 10,0 13,3 27,3 55,4 17,8 Sédhiou 0,0 0,0 1,8 3,8 7,8 15,6 38,9 11,1 Niveau d'instruction Aucun 0,7 1,8 4,6 10,9 21,0 33,0 64,5 23,0 Primaire 0,0 1,7 7,0 14,0 25,6 44,7 64,7 18,7 Secondaire ou plus 0,4 0,5 12,9 23,2 46,9 45,9 75,5 17,9 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,8 2,3 4,4 10,2 20,0 27,1 61,4 23,0 Second 0,3 1,4 3,0 9,1 18,1 27,9 61,2 21,3 Moyen 1,1 1,8 6,5 10,0 24,2 39,0 67,3 23,9 Quatrième 0,3 0,9 6,7 12,6 25,5 46,6 69,0 20,9 Le plus riche 0,0 1,5 8,9 19,7 31,4 42,0 71,9 19,0 Ensemble 0,5 1,6 6,1 12,5 23,4 35,9 64,8 21,6 Note: Les femmes stérilisées sont considérées comme ne voulant plus d'enfant. 1 Le nombre d'enfants vivants inclut la grossesse actuelle. Dans l’ensemble, plus de deux femmes en union sur dix (22 %) ne désirent plus d’enfants. Les femmes ne désirant plus d’enfants sont relativement légèrement plus nombreuses en milieu urbain (23 %) qu’en milieu rural (21 %). Selon la région de résidence, les femmes de la région de Kaolack ont le plus fréquemment exprimé le désir de limiter leurs naissances (28 %). A Saint-Louis, le pourcentage correspondant est de 25 %; viennent ensuite Dakar, la région abritant la capitale du pays (24 %), et la nouvelle région de Kaffrine avec 24 %. La région de Sédhiou (11 %) est celle où les femmes ont été les moins nombreuses à exprimer ce souhait. Par ailleurs, les femmes 90 • Préférences en Matière de Fécondité des ménages les plus riches ont moins fréquemment exprimé le désir de ne plus avoir d’enfants comparativement à celles issues des ménages à niveau de vie moins élevé : 19 % des femmes du quintile le plus riche, 21 % de celles du quatrième quintile, contre 23 % de celles vivant dans un ménage du quintile le plus pauvre. Ces résultats montrent également que le pourcentage de femmes ne désirant plus d'enfants augmente régulièrement avec le nombre d'enfants survivants, aussi bien en milieu urbain qu'en milieu rural. En outre, l'instruction apparaît comme un facteur influençant positivement le désir de ne plus avoir d'enfants, en particulier chez les femmes ayant quatre enfants ou plus. Par exemple, parmi les femmes qui ont trois enfants, 21 % de celles qui n’ont aucune instruction ont exprimé le souhait de ne plus avoir d’enfants contre 26 % pour les femmes ayant un niveau d’instruction primaire et 46 % pour celles qui ont un niveau secondaire ou plus. Dans l’ensemble, un homme en union sur dix (10 %) ne désire plus d’enfants (tableau 6.2.2). Ceux du milieu urbain (6 %) sont relativement deux fois plus nombreux que ceux du milieu rural (3 %) à ne plus vouloir d’enfants. Selon la région, ce sont les hommes de Ziguinchor (10 %) et de Dakar (8 %) qui ont le plus fréquemment exprimé le désir de limiter leur descendance. A Sédhiou et Dakar, la proportion correspondante est d'environ 8 %. A Kaffrine et Kédougou, respectivement 2 % et 1 % ne désirent plus d’enfants. Les hommes de Fatick et de Diourbel, avec moins de 1 %, sont relativement moins nombreux dans ce cas. Enfin, comme chez les femmes, le niveau d’instruction et le niveau de vie du ménage semblent être des facteurs positivement corrélés avec le désir de ne plus avoir d’enfants. Tableau 6.2.2 Désir de limiter les naissances : Hommes Pourcentage d'hommes de 15-49 ans, actuellement en union, ne voulant plus d'enfants, par nombre d'enfants vivants, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Nombre d'enfants vivants1 0 1 2 3 4 5 6+ Total Milieu de résidence Urbain 0,5 0,9 3,9 8,6 8,4 18,4 5,7 5,9 Rural 0,6 0,0 1,2 1,6 5,9 0,0 6,4 2,7 Région Dakar 0,0 0,0 4,3 12,1 9,5 25,9 2,2 7,6 Ziguinchor 13,4 10,6 5,2 12,1 8,2 7,2 14,4 10,1 Diourbel 0,0 0,0 4,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,8 Saint-Louis 0,0 0,0 11,6 0,0 7,9 9,3 8,4 5,9 Tambacounda 0,0 0,0 0,0 2,3 0,0 0,0 17,5 4,1 Thiès 0,0 0,0 0,0 0,0 21,5 0,0 7,2 2,6 Louga 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 7,3 1,8 Fatick 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 3,1 0,9 Kolda 0,0 0,0 0,0 4,2 11,3 5,0 7,8 4,0 Matam 0,0 0,0 0,0 7,7 0,0 0,0 8,5 3,3 Kaffrine 6,8 0,0 0,0 0,0 6,4 5,5 0,0 2,4 Kédougou 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 7,7 1,4 Sédhiou 0,0 0,0 0,0 0,0 10,0 3,8 17,6 7,5 Niveau d'instruction Aucun 0,7 0,5 0,3 4,5 7,0 1,0 4,6 2,8 Primaire 0,0 0,8 2,6 0,0 0,8 13,8 11,2 3,4 Secondaire ou plus 1,0 0,0 9,3 11,5 18,9 39,9 10,8 9,6 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,6 0,0 2,0 2,3 6,0 2,5 4,4 2,9 Second 0,0 0,0 0,0 0,0 1,0 1,0 8,4 2,5 Moyen 1,0 2,4 0,7 0,0 5,9 0,4 6,8 2,3 Quatrième 0,0 0,0 3,4 5,6 6,9 20,1 4,4 5,1 Le plus riche 0,0 0,0 5,4 14,0 15,4 30,8 8,8 8,0 Ensemble 15-49 0,6 0,4 2,9 5,4 7,1 9,1 6,3 4,2 50-59 27,4 15,1 4,3 43,1 32,4 27,5 30,8 29,5 Ensemble 15-59 2,5 1,2 3,0 10,6 10,0 15,3 18,6 10,0 Note : Les hommes stérilisés ou qui ont répondu à la question sur le désir d'enfant que leur épouse était stérilisée sont considérés comme ne voulant plus d'enfant. Le nombre d'enfants vivants comprend un enfant supplémentaire si l'épouse de l'enquêté est enceinte (ou si une des épouses est enceinte, pour les hommes qui ont actuellement plus d'une épouse). Préférences en Matière de Fécondité • 91 6.2 NOMBRE IDÉAL D'ENFANTS Le comportement reproductif d'une femme peut être influencé par ce qui est pour elle ou pour son mari, le nombre idéal d'enfants. Ainsi pour appréhender ce nombre idéal, la question suivante a été posée aux femmes et hommes selon leur situation au moment de l’enquête : • Aux femmes et aux hommes qui n’avaient pas d’enfant : «Si vous pouviez choisir exactement le nombre d'enfants à avoir dans votre vie, combien voudriez-vous en avoir ? » • Aux femmes et aux hommes qui avaient des enfants: « Si vous pouviez revenir à l'époque où vous n'aviez pas d'enfant et choisir exactement le nombre d'enfants à avoir dans votre vie, combien auriez- vous voulu en avoir ? » Ces questions, simples en apparence, sont embarrassantes notamment pour les femmes et les hommes qui ont déjà des enfants. En effet, ils sont appelés à se prononcer sur ce qui est pour eux, la taille idéale de la famille, indépendamment du nombre d’enfants qu’ils ont actuellement. Il pourrait donc être difficile pour les enquêtés de déclarer un nombre idéal d’enfants inférieur à la taille actuelle de sa famille. Le tableau 6.3 présente les résultats obtenus aux questions posées. Tout d’abord, aussi bien chez les femmes que chez les hommes, 20 % n’ont pu fournir de nombre mais des réponses qualitatives (du genre «ce que Dieu me donne », «Je ne sais pas », ou «N’importe quel nombre »). En outre, les données montrent que les femmes sénégalaises aspirent à une famille nombreuse (5,2 enfants en moyenne par femme pour l’ensemble des femmes). En ce qui concerne les femmes en union, ce nombre est légèrement plus élevé (5,5 enfants). Par rapport à 2005, on ne relève pas de changement majeur puisque ce nombre moyen était de 5,4 enfants pour l’ensemble des femmes et 5,7 pour les femmes en union. L’examen de la distribution des femmes selon le nombre idéal d'enfants montre que dans l'ensemble, près de trois femmes sur dix (29 %), désirent avoir 6 enfants ou plus. Cette proportion augmente avec le nombre d'enfants actuellement en vie; elle passe de 21 % chez les femmes sans enfant à 40 % chez les femmes ayant quatre enfants vivants. Chez les hommes, le nombre moyen idéal d'enfants est beaucoup plus élevé que chez les femmes : il est de 7,3 pour l’ensemble des hommes et de 8,5 chez les hommes en union. Ces résultats confirment l'attachement des sénégalais à une descendance très nombreuse. D’une manière générale, on note une corrélation positive entre la taille actuelle et la taille idéale de la famille. Ainsi, pour l’ensemble des femmes, cette taille moyenne idéale de la famille varie de 4,8 enfants pour celles qui n’ont aucun enfant à 6,1 enfants chez celles qui en ont 6 ou plus. Chez les femmes en union, elle varie de 5,3 enfants parmi celles qui n’en ont aucun à 6,1 parmi celles qui en ont déjà au moins 6. En ce qui concerne les hommes, pour l’ensemble, la taille moyenne idéale passe 6,8 enfants chez les primipares (ayant un enfant) à plus de 11 enfants chez ceux ayant 6 enfants ou plus. Pour ceux en union, elle passe 8,1 chez les femmes ayant un enfant, à 11,6 chez ceux qui en ont au moins 6. 92 • Préférences en Matière de Fécondité Tableau 6.3 Nombre idéal d'enfants Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans par nombre idéal d'enfants et nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des femmes et des hommes et pour celles et ceux actuellement en union, selon le nombre d'enfants vivants, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Nombre d'enfants vivants1 Nombre idéal d'enfants 0 1 2 3 4 5 6+ Total FEMME 0 0,7 0,9 1,1 1,1 1,3 1,4 1,1 1,0 1 0,7 0,7 0,2 0,2 0,8 0,1 0,6 0,5 2 2,7 2,3 2,5 2,0 2,4 2,3 2,9 2,5 3 11,9 10,9 6,1 5,0 3,3 5,0 3,8 8,0 4 28,0 26,3 25,9 16,0 13,7 10,4 12,1 21,7 5 19,0 17,9 18,6 19,2 14,7 16,6 8,8 17,0 6+ 21,4 24,0 28,3 34,0 39,9 37,0 40,2 29,1 Réponse non numérique 15,7 17,1 17,3 22,4 24,0 27,3 30,5 20,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 5 317 2 284 2 003 1 623 1 369 1 146 1 946 15 688 Nombre idéal moyen d’enfants:2 Ensemble 4,8 4,9 5,1 5,5 5,8 5,8 6,1 5,2 Effectif 4 481 1 894 1 656 1 260 1 040 833 1 354 12 517 Actuellement en union 5,3 5,1 5,2 5,5 5,8 5,9 6,1 5,5 Effectif 791 1 453 1 456 1 174 997 787 1 296 7 954 HOMME3 0 0,1 0,7 0,3 0,4 0,0 0,7 2,0 0,4 1 0,1 0,0 1,6 0,0 0,0 0,0 0,0 0,2 2 2,7 1,6 2,3 0,0 0,8 0,0 0,9 2,1 3 7,6 5,2 2,0 5,8 2,1 0,2 1,1 6,0 4 13,0 14,7 10,2 6,1 8,4 4,7 3,1 11,5 5 20,1 26,5 22,0 21,6 12,9 11,2 3,1 19,1 6+ 39,1 33,4 40,2 49,1 49,5 48,6 53,2 41,0 Réponse non numérique 17,2 17,9 21,5 17,0 26,2 34,6 36,7 19,8 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 867 359 315 256 178 157 286 4 417 Nombre idéal moyen d’enfants:2 Ensemble 6,8 6,5 8,1 7,2 8,5 9,7 11,6 7,3 Effectif 2 374 295 247 212 132 102 181 3 544 Actuellement en union 8,1 7,0 8,1 7,2 8,6 9,8 11,6 8,5 Effectif 130 225 240 199 130 102 180 1 205 Nombre idéal moyen d’enfants (Hommes 15-59 ans):2 Ensemble 6,8 6,4 7,9 7,0 8,2 8,9 11,6 7,4 Effectif 2 395 312 266 243 151 160 367 3 893 Actuellement en union 8,1 6,9 7,9 7,0 8,2 9,0 11,6 8,7 Effectif 136 237 259 228 146 158 366 1 529 1 Le nombre d'enfants vivants inclut la grossesse actuelle pour les femmes. 2 Les moyennes sont calculées en excluant les femmes et les hommes ayant donné des réponses non numériques. 3 Le nombre d'enfants vivants comprend un enfant supplémentaire si l'épouse de l'enquêté est enceinte (ou si l'une des femmes est enceinte pour les hommes qui ont plusieurs femmes). Le tableau 6.4 présente le nombre moyen idéal d’enfants pour l’ensemble des femmes selon l’âge actuel et selon certaines variables sociodémographiques. Les plus jeunes ont déclaré un nombre moyen idéal d’enfants moins élevé que les femmes d’âge plus avancé. En effet, ce nombre varie d’une moyenne de 5 pour les femmes de 15 -19 ans à 5,9 chez celles de 45-49 ans. On pourrait donc penser que si le désir exprimé par les jeunes générations se traduisait dans les faits, on assisterait à une tendance plus forte de la baisse de la fécondité. Préférences en Matière de Fécondité • 93 Tableau 6.4 Nombre idéal d'enfants par caractéristique sociodémographique Nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des femmes de 15-49 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Nombre moyen Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 5,0 2 892 20-24 5,1 2 690 25-29 5,2 2 201 30-34 5,3 1 687 35-39 5,4 1 369 40-44 5,6 1 043 45-49 5,9 635 Milieu de résidence Urbain 4,7 6 513 Rural 5,8 6 005 Région Dakar 4,6 3 554 Ziguinchor 4,6 514 Diourbel 5,8 1 244 Saint-Louis 4,9 843 Tambacounda 6,1 490 Kaolack 5,6 1 072 Thiès 5,0 1 472 Louga 5,4 822 Fatick 5,6 582 Kolda 5,5 551 Matam 6,5 369 Kaffrine 6,1 541 Kédougou 5,5 73 Sédhiou 6,1 390 Niveau d'instruction Aucun 5,8 6 700 Primaire 4,9 2 873 Secondaire ou plus 4,4 2 944 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 6,2 1 917 Second 5,7 2 229 Moyen 5,3 2 441 Quatrième 4,8 2 787 Le plus riche 4,6 3 144 Ensemble 5,2 12 517 1 Effectif de femmes ayant donné une réponse numérique. Pour l'ensemble des femmes de la tranche d’âges 15-49 ans, le nombre idéal moyen d'enfants présente des variations assez importantes, que ce soit selon le milieu de résidence, la région, le niveau d'instruction ou encore l’indice de bien-être économique (graphique 6.2). Ces variations notées ici sont similaires à celles observées pour les niveaux de la fécondité actuelle (voir chapitre 5). Les femmes du milieu urbain souhaitent avoir une famille bien moins nombreuse que celles du milieu rural. L'écart moyen observé entre les deux milieux est de 1,1 enfant. Par ailleurs, le nombre idéal moyen d'enfants diminue lorsque le niveau d'instruction augmente. Il passe d’une moyenne de 5,8 enfants chez les femmes sans niveau d’instruction, à 4,9 enfants chez celles ayant un niveau primaire et à 4,4 enfants chez celles de niveau secondaire ou plus. Ainsi, les écarts observés entre les milieux urbain et rural d’une part, et entre les femmes ayant fréquenté l’école et celles sans instruction d’autre part, donnent une indication sur les changements sociaux dont ces facteurs de modernisme sont des indicateurs. Tout comme pour l’instruction, l’amélioration du niveau de vie du ménage s’accompagne d’une légère tendance en faveur d’une descendance plus réduite. L’écart du nombre moyen idéal d’enfants est de 1,6 enfant entre les femmes des ménages les plus riches et ceux des plus pauvres. 94 • Préférences en Matière de Fécondité Enfin, des variations notables du nombre moyen idéal d’enfants sont relevées selon la région, chez les femmes. Les femmes des régions de Kaffrine, de Sédhiou ainsi que celles de Tambacounda (avec chacune 6,1 enfants) et de Matam (6,5 enfants) sont celles qui aspirent le plus fréquemment à avoir une famille de grande taille. A l’opposé, celles de Dakar, de Ziguinchor et de Saint-Louis apparaissent moins enclines à avoir une descendance nombreuse (4,6 enfants). 6.3 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ Des questions relatives à chaque enfant né au cours des cinq dernières années et à la grossesse actuelle (s’il y en a une) ont été posées au cours de l’enquête. Ces questions avaient pour objectif de déterminer si, au moment de tomber enceinte, la femme souhaitait être enceinte à ce moment-là, plus tard, ou s’il s’agissait d’une grossesse non désirée. Les réponses à ces questions permettent de mesurer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité. Le tableau 6.5 montre que la quasi-totalité des grossesses (96 %) au cours des cinq dernières années étaient désirées. La plupart de ces naissances (75 %) sont survenues au moment voulu, mais dans 20 % des cas, les femmes auraient préféré qu'elles se produisent plus tard. Les grossesses non désirées représentent 4 %. Comparé à 2005, il apparaît que les femmes observent les mêmes comportements en matière de planification de la fécondité. Par ailleurs, ces résultats révèlent également que la proportion de grossesses non désirées augmente avec le rang de naissance : elle passe ainsi de 1 % pour le rang 1 et 2 à 8 % pour le rang 4 ou plus. Selon l’âge de la mère, les naissances qui sont les mieux planifiées sont celles des mères jeunes, puisque la proportion d’enfants non désirés passe de 1 % à moins de 20 ans à 31 % chez les mères âgées de 40- 44 ans et à 25 % à 45-49 ans. Graphique 6.2 Nombre idéal d'enfants pour les femmes EDS-MICS 2010-11 5.2 5.8 4.7 4.6 4.6 5.8 4.9 6.1 5.6 5 5.4 5.6 5.5 6.5 6.1 5.5 6.1 5.8 4.9 4.4 6.2 5.7 5.3 4.8 4.6 SÉNÉGAL MILIEU DE RÉSIDENCE Rural Urbain RÉGION Dakar Ziguinchor Diourbel Saint-Louis Tambacounda Kaolack Thiès Louga Fatick Kolda Matam Kaffrine Kédougou Sédhiou NIVEAU D'INSTRUCTION Aucun Primaire Secondaire ou plus QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 2 4 6 8 Nombre d'enfants 5.0 Préférences en Matière de Fécondité • 95 Tableau 6.5 Planification de la fécondité Répartition (en %) des naissances de femmes de 15-49 ans survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête (y compris les grossesses actuelles) par planification de la grossesse selon le rang de naissance et l'âge de la mère à la naissance de l'enfant, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Rang de naissance et âge de la mère à la naissance de l'enfant Planification de la naissance Voulue au moment Voulue plus tard Non désirée Manquant Total Effectif de naissances Rang de naissance 1 84,6 14,0 1,2 0,1 100,0 2 867 2 76,1 22,7 1,2 0,0 100,0 2 380 3 79,2 19,4 1,4 0,0 100,0 1 922 4+ 69,2 23,0 7,8 0,0 100,0 5 518 Age de la mère à la naissance de l'enfant <20 79,7 19,0 1,2 0,1 100,0 1 869 20-24 79,1 19,6 1,3 0,0 100,0 3 437 25-29 75,5 22,8 1,7 0,0 100,0 3 134 30-34 72,9 23,0 4,1 0,0 100,0 2 354 35-39 70,8 18,4 10,7 0,1 100,0 1 368 40-44 60,3 9,2 30,5 0,0 100,0 486 45-49 65,0 9,9 25,1 0,0 100,0 39 Total 75,5 20,4 4,1 0,0 100,0 12 687 Le tableau 6.6 et le graphique 6.3 présentent une comparaison de l’Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et de l’Indice Synthétique de Fécondité actuelle (ISF). Le calcul de l’ISFD est analogue à celui de l’ISF présenté dans le chapitre 5, les naissances considérées comme non désirées étant éliminées du numérateur. La comparaison du taux de fécondité avec celui de la fécondité désirée met en évidence l’impact démographique potentiel de la prévention des naissances non désirées. Théoriquement, l’ISFD devrait être un meilleur indice de la fécondité désirée que la réponse à la question sur le nombre idéal d’enfants. Cet indice est plus proche de la réalité, car les réponses des femmes enquêtées tiennent probablement compte de la répartition selon le sexe des enfants déjà nés et de considérations de survie. Les réponses à la question sur le nombre total d’enfants désirés, par contre se réfèrent aux enfants encore en vie et peuvent laisser supposer une répartition idéale des deux sexes. Si toutes les naissances non désirées étaient évitées, l'ISF des femmes au Sénégal serait de 3,2 enfants au lieu de 5 enfants. Ceci laisse supposer que plus de 36 %1 des couples sénégalais ne réussissent pas encore à planifier le nombre d’enfants désirés. Comparativement à l’EDS-IV de 2005, on note que les couples réussissent de moins en moins la planification du nombre d’enfants désirés : 15 % contre 36 %. En ce qui concerne les variations selon les caractéristiques sociodémographiques, on constate que l’ISFD varie de la même manière que l’ISF. 1 Ce pourcentage est obtenu comme suit : 1 – [3,2(ISFD)/5 (ISF)]. 96 • Préférences en Matière de Fécondité Tableau 6.6 Taux de fécondité désirée Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et Indice Synthétique de Fécondité (ISF) pour les trois années ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Taux de fécondité désiré Taux de fécondité Milieu de résidence Urbain 2,6 3,9 Rural 3,8 6,0 Région Dakar 2,4 3,7 Ziguinchor 3,2 4,8 Diourbel 2,8 5,2 Saint-Louis 3,1 5,0 Tambacounda 3,6 6,0 Kaolack 4,1 6,0 Thiès 2,9 4,8 Louga 3,0 4,8 Fatick 4,5 6,3 Kolda 4,7 6,8 Matam 2,8 5,4 Kaffrine 4,8 6,5 Kédougou 3,3 6,1 Sédhiou 4,9 6,9 Niveau d'instruction Aucun 3,6 5,8 Primaire 3,2 4,5 Secondaire ou plus 2,2 2,9 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 4,3 7,0 Second 4,0 6,2 Moyen 3,2 5,0 Quatrième 2,6 4,3 Le plus riche 2,4 3,3 Ensemble 3,2 5,0 Note : L'ISFD et l'ISF sont basés sur les naissances des femmes de 15-49 ans durant la période 1-36 mois avant l'enquête. L'ISF est le même que celui présenté au tableau 5.2. Graphique 6.3 Indice Synthétique de Fécondité et Indice Synthétique de Fécondité Désirée EDS-MICS 2010-11 5 6 3.9 5.8 4.5 2.9 7 6.2 5 4.3 3.3 3.2 3.8 3.3 3.6 3.2 2.2 4.3 4 3.2 2.6 2.4 SÉNÉGAL MILIEU DE RÉSIDENCE Rural Urbain NIVEAU INSTRUCTION Aucun Primaire Secondaire ou + QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 2 4 6 8 Nombre d'enfants par femme Fécondité actuelle Fécondité désirée 6.0 7.0 5.0 5.0 6.0 4.0 Planification Familiale • 97 PLANIFICATION FAMILIALE 7 Cheikh Tidiane NDIAYE et Papa Mabèye DIOP Dans les pays africains, le rythme élevé de la croissance de la population constitue une contrainte majeure aux efforts de développement. Le déséquilibre persistant entre l'accroissement élevé de la population et la croissance économique insuffisante contribue à la détérioration des conditions de vie des ménages. Avec des taux de fécondité parmi les plus élevés du monde, les pays d’Afrique subsaharienne ont cependant des situations très diversifiées. Grâce à la collecte de données démographiques depuis les années 1970, la connaissance de l’évolution de la fécondité s’est nettement améliorée. En plus des disparités existant entre régions et entre pays, il existe également des différences de fécondité entre les milieux de résidence rural et urbain, ce dernier étant souvent associé à une fécondité plus réduite. Mais au-delà de cette dichotomie, certaines caractéristiques de la population s’avèrent plus importantes que d’autres. L’un des facteurs de la récente baisse de la fécondité observée dans les pays ayant effectué des Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS), est la pratique contraceptive. Au cours de ces dernières décennies, il y a eu partout dans le monde un accroissement rapide et considérable de l’utilisation de la contraception. Comme lors des précédentes enquêtes, l'EDS-MICS, 2010-2011 a collecté des informations sur les méthodes contraceptives pour connaître les niveaux actuels et les éventuelles modifications intervenues au cours des dernières années dans l'utilisation de la contraception. Ainsi, les sujets suivants ont-ils été abordés dans ce chapitre : • la connaissance et la pratique passée et présente de la contraception ; • la connaissance de la période féconde ; • les sources d'approvisionnement en contraception ; • l’utilisation future de la contraception ; • les sources d'information sur la contraception ; • les opinions et les attitudes face à la contraception. 7.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION La collecte des informations relatives à la connaissance des méthodes contraceptives a été effectuée en deux étapes. Après avoir informé la personne enquêtée de l’existence de méthodes ou moyens qu’un couple peut utiliser pour retarder ou éviter une grossesse, l’enquêteur demandait à l’enquêté s’il avait entendu parler de chaque méthode après l’avoir citée et décrite. Les résultats présentés au tableau 7.1 montrent que la quasi-totalité des femmes (90 %) connaissent, au moins, une méthode contraceptive quelconque. Chez les femmes en union, le pourcentage correspondant est légèrement supérieur (93 %). Le niveau de connaissance des méthodes modernes (plus de 90 %) est plus élevé que celui des méthodes traditionnelles (52 %) aussi bien dans l’ensemble des femmes que parmi les seules femmes en union. Le nombre moyen de méthodes connues par les femmes est plus élevé que celui des hommes (5,8 contre 4,5) ; parmi celles et ceux en union, ces nombres moyens sont respectivement de 6,2 et 5,7. En outre, le niveau de connaissance des méthodes, modernes comme traditionnelles, est légèrement plus élevé chez les femmes en union (93 % pour les méthodes modernes) que chez l’ensemble des femmes (90 %). En 98 • Planification Familiale moyenne, les femmes en union connaissent 6,2 méthodes, contre 5,8 pour l’ensemble des femmes. Les femmes célibataires sexuellement actives sont celles qui sont les plus informées : pratiquement toutes connaissent, au moins, une méthode contraceptive moderne. Les résultats en fonction de la méthode montrent que ce sont le condom (77 % chez les femmes et 92 % chez les hommes), la pilule (79 % chez les femmes et 67 % chez les hommes) et les injectables (75% chez les femmes et 54 % chez les hommes) qui sont les plus connus, cela quel que soit l’état matrimonial. À l’opposé, la stérilisation masculine est peu connue (de l’ordre de 10 %). Le niveau de connaissance du condom masculin est particulièrement élevé chez les femmes et les hommes non en union et sexuellement actifs (respectivement, 98 % et 99 %). Parmi les méthodes traditionnelles, la méthode du rythme est la plus connue (36 % dans l’ensemble des femmes et 66 % chez les femmes non en union sexuellement actives). Chez les hommes, ces proportions sont respectivement de 33 % et 41 %. Tableau 7.1 Connaissance des méthodes contraceptives Pourcentage d'hommes et de femmes de 15-49 ans, d'hommes et de femmes actuellement en union et d'hommes et de femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actifs qui connaissent une méthode contraceptive, selon la méthode, EDS- MICS, Sénégal 2010-11 Femme Homme Méthode Ensemble des femmes Femmes actuellement en union Femmes non en union sexuellement actives1 Ensemble des hommes Hommes actuellement en union Hommes non en union sexuellement actifs1 N'importe quelle méthode 90,4 92,7 100,0 96,8 98,3 99,4 Une méthode moderne 90,1 92,5 100,0 92,8 96,1 99,4 Stérilisation féminine 53,0 58,4 55,2 32,7 43,0 38,6 Stérilisation masculine 9,9 9,8 13,7 8,9 10,9 11,2 Pilule 78,9 83,4 90,7 66,6 81,8 78,5 DIU 44,9 50,5 46,5 20,8 29,7 27,6 Injectables 75,2 81,5 82,1 53,5 70,8 65,6 Implants 57,2 63,5 69,3 22,9 34,3 33,9 Condom masculin 77,1 77,4 97,7 91,6 94,3 98,9 Condom féminin 37,2 35,7 66,4 44,5 47,0 57,5 MAMA 2 48,5 54,5 60,9 19,4 32,1 18,4 Pilule du lendemain 13,0 11,6 27,0 14,2 17,7 20,1 Une méthode traditionnelle 51,7 56,0 75,4 48,4 61,9 53,6 Rythme 35,9 36,2 66,4 33,3 46,1 40,6 Retrait 31,1 34,8 52,7 33,3 47,9 45,3 Autre 15,7 19,1 16,4 13,1 18,5 5,0 Nombre moyen de méthodes connues par les enquêtés de 15-49 ans 5,8 6,2 7,5 4,5 5,7 5,4 Effectif d'enquêtés 15 688 10 347 138 4 417 1 609 213 Nombre moyen de méthodes connues par les hommes de 15-59 ans na na na 4,7 5,7 5,4 Effectif d’ hommes na na na 4 929 2 087 216 na = Non applicable 1 A eu ses derniers rapports sexuels dans les 30 jours ayant précédé l'enquête 2 MAMA : Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée La comparaison de ces résultats avec ceux de la précédente enquête effectuée en 2005 ne fait pas apparaître de changements importants, la proportion de femmes qui connaissent au moins une méthode étant passée de 92 % pour une méthode quelconque et de 91 % pour une méthode moderne à 90 % à l’enquête actuelle, cela quel que soit le type de méthode. Chez les femmes en union, la proportion est passée de 94 % en 2005 à 93 % à l’enquête actuelle pour la connaissance d’au moins une méthode quelconque. En ce qui concerne les méthodes traditionnelles, on note une amélioration de leur connaissance, la proportion de femmes ayant déclaré connaître ce type de méthodes étant passée de 42 % en 2005 à 52 % à l’enquête actuelle. Le tableau 7.2 présente les pourcentages de femmes et d'hommes en union, qui connaissent au moins une méthode quelconque ou une méthode moderne de contraception selon certaines caractéristiques Planification Familiale • 99 sociodémographiques. Les résultats ne font pas apparaître d'écarts importants ; quelle que soit la caractéristique considérée, les niveaux de connaissance sont élevés. On peut toutefois souligner que la proportion de femmes connaissant une méthode est plus faible à 15-19 ans, comparativement aux autres groupes d’âges (84 % pour une méthode quelconque et 83 % pour les méthodes modernes contre plus de 91 % aux autres âges). Au niveau régional, quatre régions se caractérisent par des proportions relativement plus faibles de femmes qui ont déclaré connaître une méthode moderne ; il s’agit des régions de Tambacounda (76 %), de Kaffrine (83 %), de Matam (84 %) et de Louga (89 %); Dans les autres régions, la proportion varie entre 90 et 98 %. C’est dans la région de Ziguinchor que la proportion de femmes qui connaissent, au moins, une méthode est la plus élevée (98 %). Chez les hommes en union, c’est dans les régions de Louga (83 %) et de Diourbel (84 %) que l’on enregistre les proportions les plus faibles de ceux qui connaissent au moins une m’méthode. Par contre, dans les régions de Ziguinchor, Thiès, Fatick, Kolda et Sédhiou, tous les hommes en union connaissent, au moins, une méthode contraceptive moderne. Tableau 7.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans, actuellement en union, qui connaissent, au moins, une méthode contraceptive et pourcentage qui connaissent au moins une méthode moderne, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Ont entendu parler d'une méthode Ont entendu parler d'une méthode moderne1 Effectif de femmes Ont entendu parler d'une méthode Ont entendu parler d'une méthode moderne1 Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 84,4 83,1 832 * * 9 20-24 91,9 91,8 1 932 94,2 89,3 49 25-29 93,5 93,3 2 128 98,4 97,2 246 30-34 94,6 94,5 1 825 97,7 95,3 350 35-39 94,9 94,7 1 614 99,8 97,3 345 40-44 92,9 92,8 1 192 98,7 97,8 352 45-49 91,9 91,9 825 97,4 94,0 258 Milieu de résidence Urbain 96,4 96,3 4 256 98,7 98,7 760 Rural 90,1 89,8 6 091 97,9 93,9 848 Région Dakar 96,5 96,4 2 217 98,8 98,8 445 Ziguinchor 97,9 97,9 270 100,0 100,0 52 Diourbel 93,4 93,0 1 375 100,0 83,7 126 Saint-Louis 94,1 93,8 666 97,5 95,5 96 Tambacounda 76,1 75,7 577 97,2 97,2 95 Kaolack 96,2 95,8 815 98,5 98,5 125 Thiès 94,9 94,9 1 301 100,0 100,0 194 Louga 89,1 88,6 806 92,3 82,8 118 Fatick 94,0 94,0 485 100,0 100,0 76 Kolda 95,2 94,8 510 100,0 100,0 93 Matam 84,3 84,0 446 91,6 90,1 65 Kaffrine 83,3 83,3 449 99,2 99,2 63 Kédougou 90,3 90,3 97 98,8 98,8 17 Sédhiou 96,2 96,2 332 100,0 100,0 44 Niveau d'instruction Aucun 90,4 90,1 7 326 97,9 94,4 877 Primaire 97,8 97,7 2 049 97,8 97,3 427 Secondaire ou plus 99,2 99,2 972 100,0 99,6 304 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 84,8 84,3 2 170 97,2 92,8 361 Second 91,5 91,4 2 079 98,5 96,0 282 Moyen 94,2 93,9 1 976 97,9 97,3 294 Quatrième 94,7 94,5 2 168 97,9 96,1 332 Le plus riche 98,9 98,9 1 954 100,0 98,7 339 Ensemble 15-49 92,7 92,5 10 347 98,3 96,1 1 609 50-59 na na na 96,6 91,1 479 Ensemble des hommes de 15-59 na na na 97,9 95,0 2 087 1 Stérilisation féminine, stérilisation masculine, pilule, DIU, injectables, implants, condom masculin, condom féminin, diaphragme, mousse ou gelée, MAMA et pilule du lendemain. * Basé sur des cas non pondérés inférieurs à 25. na = Non applicable 100 • Planification Familiale 7.2 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION Le niveau d'utilisation de la contraception est l'un des indicateurs qui permettent de juger de la réussite des programmes de planification familiale. L'EDS-MICS 2010-2011 permet de mesurer le niveau d'utilisation de la contraception au moment de la collecte des données. Aux femmes qui avaient déclaré connaître une méthode contraceptive, on a demandé si elles en utilisaient une actuellement. Le tableau 7.3 présente la prévalence contraceptive actuelle, c'est-à-dire la proportion de femmes qui utilisaient une méthode de contraception au moment de l'enquête. Dans l’ensemble, environ 10 % des femmes utilisent actuellement une méthode contraceptive ; 9 % d’entre elles ont recours à une méthode moderne et 1 % à une méthode traditionnelle. Les femmes utilisent essentiellement deux méthodes : les injectables (4 %) et la pilule (3 %). Toutes les autres méthodes concernent moins de 1 % des enquêtées. La prévalence contraceptive augmente avec l’âge entre 15 et 44 ans. C’est entre 30-44 ans que l’on note les proportions les plus élevées d’utilisatrices de méthodes contraceptives. Tableau 7.3 Utilisation actuelle de la contraception selon âge Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans, des femmes actuellement en union et des femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives, par méthode contraceptive actuellement utilisée selon le groupe d'âges, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Méthode moderne Méthode traditionnelle Groupe d'âges Toutes méthodes Méthode moderne Stérilisation féminine Pilule DIU Injec- tables Implants Condom masculin Autres2 Méthode tradition- nelle Méthode du rythme Retrait Autres Non utilisatrice Total Effectif de femmes TOUTES LES FEMMES 15-19 2,1 1,9 0,0 0,4 0,0 0,7 0,2 0,6 0,0 0,2 0,0 0,0 0,2 97,9 100,0 3 429 20-24 6,6 6,0 0,0 1,7 0,1 2,9 0,3 0,9 0,1 0,5 0,3 0,1 0,2 93,4 100,0 3 220 25-29 11,6 11,0 0,1 4,3 0,6 4,1 0,9 0,7 0,3 0,7 0,2 0,2 0,3 88,4 100,0 2 746 30-34 14,9 13,9 0,0 4,7 0,3 6,3 1,7 0,6 0,2 1,1 0,4 0,3 0,3 85,1 100,0 2 148 35-39 14,5 13,2 0,2 5,0 0,8 5,5 1,1 0,5 0,1 1,3 0,6 0,2 0,5 85,5 100,0 1 817 40-44 15,9 14,8 0,5 3,7 1,3 5,7 3,0 0,5 0,1 1,1 0,1 0,3 0,7 84,1 100,0 1 379 45-49 10,2 9,2 1,0 2,8 0,7 3,9 0,4 0,4 0,1 0,9 0,3 0,0 0,6 89,8 100,0 949 Ensemble 9,6 8,9 0,2 2,9 0,4 3,7 0,9 0,6 0,1 0,7 0,2 0,1 0,3 90,4 100,0 15 688 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 5,8 5,0 0,0 1,8 0,1 2,1 0,1 0,8 0,0 0,8 0,0 0,0 0,8 94,2 100,0 832 20-24 9,1 8,4 0,1 2,4 0,2 4,3 0,3 1,0 0,2 0,7 0,4 0,0 0,3 90,9 100,0 1 932 25-29 13,7 12,8 0,1 5,3 0,7 4,9 1,0 0,5 0,1 0,8 0,2 0,3 0,4 86,3 100,0 2 128 30-34 16,3 15,1 0,0 5,1 0,3 7,1 1,6 0,6 0,3 1,2 0,4 0,4 0,3 83,7 100,0 1 825 35-39 15,6 14,2 0,2 5,2 0,9 6,0 1,2 0,5 0,1 1,4 0,6 0,2 0,6 84,4 100,0 1 614 40-44 17,1 15,8 0,6 3,8 1,4 6,2 3,1 0,5 0,1 1,3 0,2 0.4 0,8 82,9 100,0 1 192 45-49 11,0 9,9 1,2 3,1 0,8 4,0 0,3 0,4 0,1 1,1 0,4 0,0 0,7 89,0 100,0 825 Ensemble 13,1 12,1 0,2 4,1 0,6 5,2 1,1 0,6 0,2 1,0 0,3 0,2 0,5 86,9 100,0 10 347 FEMMES NON EN UNION SEXUELLEMENT ACTIVE1 Total 26,0 25,0 0,0 2,6 0,5 7,8 3,1 11,1 0,0 1,0 0,0 0,0 1,0 74,0 100,0 138 Note : Si plus d'une méthode est utilisée, seule la plus efficace est prise en compte dans ce tableau. 1 Femmes ayant eu des rapports sexuels au cours du mois précédant l’enquête. 2 Y compris la méthode MAMA. Chez les femmes en union, la prévalence est un peu plus élevée que chez les femmes toutes situations matrimoniales confondues : 13 % pour une méthode quelconque et 12 % pour une méthode moderne (Graphique 7.1). En ce qui concerne les femmes non en union sexuellement actives, les résultats font apparaitre une prévalence contraceptive de l’ordre de 26 % pour une méthode quelconque et 25 % pour une méthode moderne. Les femmes de ce groupe recourent presque exclusivement à deux méthodes : le condom (11 %) et les injectables (8 %). Etant donné le faible effectif de ces femmes, seules les proportions globales sont présentées dans ce tableau. Planification Familiale • 101 Par ailleurs, les renseignements recueillis permettent aussi l'analyse de la prévalence contraceptive selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes en union (tableau 7.4). La prévalence contraceptive pour l'ensemble des méthodes est 3 fois plus élevée en milieu urbain (22 %) qu'en milieu rural (7 %). En milieu urbain comme en milieu rural, les méthodes modernes les plus fréquemment utilisées par les femmes sont les injectables (8 % en zone urbaine et 4 % en zone rurale), la pilule (8 % zone urbaine contre 2 % en zone rurale), et les implants (2 % en zone urbaine et moins de 1 % en zone rurale). La principale méthode traditionnelle utilisée, la méthode du rythme concerne surtout les femmes urbaines (0,7 %). Cependant, au niveau global, seulement 0,3 % des femmes ont recours `a cette méthode pour planifier leurs naissances .Les différences inter régionales sont très importantes. Quatre régions se distinguent par leur forte prévalence contraceptive moderne : Dakar (21 %), Ziguinchor (17 %), Thiès (16 %) et Saint Louis (16 %). À l’inverse, dans les régions de Matam (3 %), Tambacounda (4 %), Kaffrine (5 %), Diourbel (5 %), Kédougou (6 %) et Sédhiou (6 %), la prévalence demeure faible. La prévalence de la contraception, qu'elle soit moderne ou traditionnelle, augmente de façon très importante avec le niveau d'instruction. Pour les méthodes modernes, la prévalence passe de 8 % chez les femmes sans instruction à 21 % chez celles ayant un niveau d'instruction primaire et à 26 % chez les femmes de niveau secondaire ou plus. En outre, on note que les femmes sans instruction recourent plus fréquemment aux injectables (4 %) qu’à d’autres méthodes alors que les femmes de niveau secondaire ou plus utilisent plus souvent la pilule (9 % dans les deux cas). L'utilisation de la contraception moderne augmente aussi avec le nombre d'enfants, passant de 3 % chez les femmes nullipares à 16 % parmi celles ayant 5 enfants ou plus. Graphique 7.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union selon la méthode EDS-MICS2010-11 13 12 4 1 5 1 1 1 1 0 1 To ute s l es m éth od es Mé tho de s m od ern es Pil ule DI U Inj ec tab les Im pla nts Co nd om m as cu lin Au tre s m od ern es Mé tho de s t rad itio nn ell es Ry thm e Au tre s t rad itio nn ell es 0 2 4 6 8 10 12 14 Pourcentage 102 • Planification Familiale Tableau 7.4 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques sociodémographiques Répartition (en %) des femmes actuellement en union de 15-49 ans par méthode contraceptive actuellement utilisée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS- MICS, Sénégal 2010-2011 Méthodes modernes Méthode tradition- nelle Méthodes traditionnelles Caractéristique sociodémographique Toutes métho des Méthode moderne Stérili- sation féminine Pilule DIU Injec- tables Implants Condom masculin Autres Méthode du rythme Retrait Autres Non utilisatrice Total Effectif de femmes Nombre d’enfants vivants 0 3,4 2,9 0,0 0,8 0,0 0,2 0,1 1,7 0,0 0,6 0,5 0,0 0,0 96,6 100,0 1 253 1-2 12,5 11,6 0,0 4,7 0,5 4,6 0,7 0,8 0,3 0,9 0,3 0,2 0,4 87,5 100,0 3 489 3-4 14,6 13,3 0,1 4,3 0,7 6,3 1,5 0,3 0,2 1,3 0,3 0,4 0,5 85,4 100,0 2 776 5+ 16,8 15,6 0,7 4,6 0,9 7,1 1,8 0,3 0,2 1,1 0,4 0,1 0,7 83,2 100,0 2 829 Milieu de résidence Urbain 22,0 20,2 0,2 7,5 1,3 7,7 1,8 1,3 0,2 1,8 0,7 0,5 0,6 78,0 100,0 4 256 Rural 7,0 6,5 0,2 1,7 0,1 3,5 0,6 0,2 0,2 0,5 0,1 0,0 0,4 93,0 100,0 6 091 Région Dakar 23,9 21,4 0,3 7,3 1,8 7,7 2,3 1,7 0,3 2,5 0,9 0,7 0,9 76,1 100,0 2 217 Ziguinchor 17,9 17,3 0,6 3,4 0,8 6,0 2,9 2,2 1.3 0,7 0,4 0,2 0,0 82,1 100,0 270 Diourbel 5,6 5,3 0,1 2,7 0,0 1,8 0,6 0,1 0,1 0,3 0,0 0,0 0,3 94,4 100,0 1 375 Saint-Louis 17,7 16,1 0,1 8,5 1,0 4,7 0,6 0,6 0,6 1,5 0,9 0,1 0,5 82,3 100,0 666 Tambacounda 4,3 4,2 0,0 0,8 0,0 3,3 0,0 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0 0,1 95,7 100,0 577 Kaolack 11,7 10,9 0,1 2,8 0,5 5,1 1,9 0,3 0,2 0,8 0,1 0,1 0,6 88,3 100,0 815 Thiès 16,7 16,3 0,5 5,6 0,5 8,5 1,0 0,2 0,0 0,4 0,4 0,0 0,0 83,3 100,0 1 301 Louga 7,8 7,4 0,0 2,6 0,3 3,9 0,2 0,2 0,2 0,4 0,1 0,2 0,1 92,2 100,0 806 Fatick 10,9 10,3 0,6 3,4 0,0 4,6 1,5 0,2 0,0 0,6 0,0 0,0 0,6 89,1 100,0 485 Kolda 12,0 10,5 0,3 1,5 0,0 7,5 0,2 1,0 0,1 1,5 0,1 0,2 1,2 88,0 100,0 510 Matam 3,2 3,2 0,0 1,6 0,0 1,2 0,2 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 96,8 100,0 446 Kaffrine 5,4 4,6 0,3 0,6 0,2 3,0 0,5 0,0 0,0 0,8 0,1 0,0 0,8 94,6 100,0 449 Kédougou 7,1 6,1 1,2 0,8 0,0 3,1 0,5 0,2 0,2 1,0 0,5 0,2 0,3 92,9 100,0 97 Sédhiou 7,4 6,4 0,2 0,3 0,0 3,1 1,5 0,9 0,4 1,0 0,2 0,0 0,8 92,6 100,0 332 Niveau d’instruction Aucun 8,8 7,9 0,3 2,4 0,4 3,8 0,8 0,1 0,1 0,8 0,2 0,1 0,5 91,2 100,0 7 326 Primaire 22,1 20,5 0,1 7,4 1,3 8,4 2,4 0,6 0,3 1,6 0,7 0,4 0,5 77,9 100,0 2 049 Secondaire ou plus 27,0 25,6 0,3 9,4 0,8 8,8 1,1 4,8 0,3 1,4 0,6 0,5 0,3 73,0 100,0 972 Quintile de bien être économique Le plus pauvre 4,8 4,4 0,3 0,6 0,0 2,7 0,6 0,1 0,1 0,4 0,0 0,0 0,3 95,2 100,0 2 170 Second 7,4 6,8 0,3 1,5 0,2 3,8 0,7 0,2 0,1 0,6 0,1 0,0 0,5 92,6 100,0 2 079 Moyen 13,0 12,0 0,2 4,8 0,4 5,1 0,9 0,3 0,3 1,0 0,3 0,0 0,7 87,0 100,0 1 976 Quatrième 16,9 15,2 0,1 5,1 0,9 7,1 1,2 0,6 0,2 1,6 0,8 0,1 0,8 83,1 100,0 2 168 Le plus riche 24,5 22,9 0,3 9,0 1,5 7,5 2,3 1,9 0,2 1,6 0,5 1,0 0,1 75,5 100,0 1 954 Ensemble 13,1 12,1 0,2 4,1 0,6 5,2 1,1 0,6 0,2 1,0 0,3 0,2 0,5 86,9 100,0 10 347 Note: Si plus d'une méthode est utilisée, seule la méthode la plus efficace est prise en compte dans ce tableau. MAMA = Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée. Tendances La comparaison avec les résultats des enquêtes précédentes montre que la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union ne cesse d’augmenter, la proportion d'utilisatrices étant passée de 5 % en 1993 (EDS-II), à 8 % en 1997 (EDS-III) à 10 % en 2005 (EDS-IV), pour atteindre 12 % en 2010 (graphique 7.2). C’est surtout parmi les femmes du milieu rural et celles sans instruction que ces progrès ont été les plus importants. En effet, la prévalence contraceptive moderne s’est nettement améliorée en zone rurale : de 1 % en 1993, elle est passée à 4 % en 1997 et à 5 % en 2005 pour atteindre 7 % à l’enquête actuelle. Dans la région de Kaolack, on note une amélioration du niveau de la prévalence contraceptive moderne, la proportion d’utilisatrices de méthodes modernes étant passée de 5 % en 2005 à 11 % à l’enquête actuelle. En fonction du niveau d’instruction, on note qu’entre 1993 et 1997, la proportion de femmes sans instruction qui utilisaient une méthode moderne a doublé passant de 2 % à 4 % ; cette tendance s’est poursuivie puisqu’entre 1997 et 2005, cette proportion a très légèrement augmenté, passant de 4 % à 5 % pour atteindre 8 % à l’enquête actuelle. Il faut enfin souligner qu’en zone urbaine et chez les femmes de niveau d’instruction primaire, on observe entre 2005 et 2010, une tendance à la hausse du pourcentage d’utilisatrices de méthodes modernes, tendance qu’on ne constate pas chez les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus puisque la prévalence moderne est passée de 30 % en 2005 à 26 % à l’enquête actuelle. Planification Familiale • 103 7.3 SOURCES D'APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION Pour évaluer la contribution des secteurs médicaux publics et privés dans la distribution ou la vente des différentes méthodes modernes de contraception, on a demandé aux utilisatrices d'indiquer l'endroit où elles ont obtenu leur méthode actuelle (tableau 7.5). Pour obtenir les méthodes modernes de contraception, 85 % des femmes s'adressent au secteur médical public. Un peu plus d’une femme sur dix (12 %) s'adresse au secteur médical privé et seulement 2 % se dirigent vers d’autres sources. Dans le secteur public, ce sont surtout vers les postes de santé que les femmes se dirigent pour obtenir leur méthode (37 %), soit un peu moins de la moitié de la clientèle du secteur. En outre, les centres de santé contribuent pour 20 %. Dans le secteur privé, les principaux fournisseurs sont de loin, les pharmacies (8 %) ; dans 2 % des cas, les femmes se sont procuré leur méthode dans les hôpitaux/cliniques privés. Quant aux sources non médicales, il s’agit essentiellement des amis/parents (2 %). Il faut souligner que dans 52 % des cas, les femmes s’adressent au secteur médical privé pour obtenir les condoms masculins, en majorité dans les pharmacies (49 %). Avec moins de 21 %, le secteur public joue un rôle mineur dans la distribution des condoms. Par contre, la pilule, les implants et les injectables sont essentiellement fournis par le secteur public ; 90 % de la clientèle. Graphique 7.2 Tendance de la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union, EDS 1992-1993, EDS 1997, EDS 2005 et EDS-MICS 2010-2011 5 8 10 12 EDS 1992-1993 EDS1997 EDS 2005 EDS-MICS 2010-2011 0 2 4 6 8 10 12 14 Pourcentage 104 • Planification Familiale Tableau 7.5 Source d'approvisionnement des méthodes modernes Répartition (en %) des utilisatrices actuelles de méthodes contraceptives modernes âgées de 15-49 ans par source d'approvisionnement la plus récente, en fonction de la méthode, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Source d'approvisionnement Stérilisation féminine Pilule DIU Injectables Implants Condom masculin Ensemble Secteur public (88,3) 82,4 (91,0) 94,8 96,6 20,7 84,8 Hôpital Gouvernement (53,7) 10,9 (31,6) 14,9 34,6 3,1 16,2 Centre Santé Gouv. (31,8) 19,3 (24,8) 21,6 25,8 1,2 20,0 Poste de Santé Gouv. (0,0) 40,3 (30,6) 46,9 22,9 5,5 37,4 Centre de PF Gouv. (0,0) 7,6 (4,0) 9,0 12,6 3,7 8,1 Maternité Rurale (0,0) 0,5 (0,0) 0,7 0,4 0,0 0,5 Case de Santé (2,8) 1,4 (0,0) 0,5 0,0 0,7 0,8 Pharmacie communautaire (0,0) 1,5 (0,0) 0,0 0,0 6,6 1,0 Autres publics (0,0) 0,9 (0,0) 1,2 0,3 0,0 0,8 Secteur Médical Privé (11,7) 16,5 (9,0) 4,0 1,1 51,9 11,8 Clinique privé (11,7) 1,5 (9,0) 1,9 0,0 3,0 2,2 Pharmacie (0,0) 12,5 (0,0) 0,1 0,0 48,9 7,8 Médecin privé (0,0) 2,0 (0,0) 1,0 1,1 0,0 1,2 Dispensaire religieux (0,0) 0,2 (0,0) 0,9 0,0 0,0 0,5 Autres privés (0,0) 0,3 (0,0) 0,2 0,0 0,0 0,2 Autres sources (0,0) 0,6 (0,0) 0,0 0,0 23,8 2,0 Boutique (0,0) 0,0 (0,0) 0,0 0,0 3,6 0,3 Parents/Amis (0,0) 0,6 (0,0) 0,0 0,0 20,2 1,7 Autres (0,0) 0,4 (0,0) 1,2 2,2 3,6 1,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 99,7 Effectif de femmes 24 457 66 578 141 102 1 372 Note : Le total comprend d'autres méthodes modernes, mais exclut l'aménorrhée (MAMA). ( ) Basé sur des cas non pondérés entre 25 et 49. 7.4 INFORMATIONS RELATIVES AUX MÉTHODES CONTRACEPTIVES Au niveau des formations sanitaires, les prestataires de services de planification familiale sont censés assurer des services complets à leur clientèle en leur donnant le maximum d'informations utiles, entre autres, des informations sur l'éventail des différentes méthodes contraceptives existantes et leurs contraintes, ainsi que sur leurs effets secondaires et leurs contre-indications éventuelles. Ces informations dont l’objectif est d'aider les femmes à faire un choix informé permettent aussi de corriger et de combattre les préjugés concernant les méthodes de contraception. Les résultats sont présentés au tableau 7.6. Dans l’ensemble, environ huit femmes sur dix (76 %) ont été informées que des méthodes autres que celles qu’elles utilisent existent. Dans 57 % des cas, les femmes ont été informées sur les effets secondaires et autres problèmes liés à l’utilisation de la méthode et dans 52 % des cas, les femmes ont été informées sur les mesures à prendre en cas d’effets secondaires liés à la méthode. En matière d’information de la clientèle, on constate que dans le secteur public, la proportion de femmes ayant été informées de l’existence d’autres méthodes est plus élevée que dans le secteur privé (79 % contre 54 %). En ce qui concerne l’information sur les effets secondaires et les problèmes liés à la méthode, on ne constate pas d’écarts importants entre les deux secteurs. Par contre, en ce qui concerne les mesures à prendre en cas d’effets secondaires, on note que c’est dans le secteur public que les femmes ont été les plus fréquemment informées (53 % contre 41 %). En outre, on peut souligner que dans le secteur public, ce sont dans les centres de PF et les centres de santé du gouvernement que les femmes ont été les plus fréquemment informées. En outre, dans 76 % des cas, les femmes qui se sont adressées à des postes de santé, qui constituent les principaux pourvoyeurs de contraceptifs, ont été informées sur l’existence d’autres méthodes et, plus d’ une femme sur deux a été avertie des effets secondaires et des mesures à prendre en cas de problèmes (54 %). Les effectifs de femmes qui se sont adressées au secteur privé pour obtenir des informations sur les méthodes contraceptives sont trop faibles et ne peuvent donc pas être commentés. Planification Familiale • 105 Tableau 7.6 Choix informé de la méthode Parmi les utilisatrices actuelles de méthodes modernes, âgées de 15-49 ans, dont la dernière période d'utilisation d'une méthode a commencé au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, pourcentage ayant été informé de possibles effets secondaires ou sur des problèmes liés à cette méthode, pourcentage ayant été informé sur ce qu'il fallait faire en cas d'effets secondaires et pourcentage ayant été informé de l'existence d'autres méthodes, selon la méthode et la source; EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Parmi les utilisatrices actuelles de méthodes modernes dont la dernière période d'utilisation a commencé au cours des cinq années ayant précédé l'enquête : Méthode/source Pourcentage ayant été informé des effets secondaires ou des problèmes de la méthode utilisée Pourcentage ayant été informé sur ce qu'il fallait faire en cas d'effets secondaires Pourcentage ayant été informé par un agent de santé ou de planification familiale sur d'autres méthodes qui peuvent être utilisées Effectif de femmes Méthode Stérilisation féminine * * * 20 Pilule 51,2 45,5 70,2 415 DIU (68,2) (70,3) (60,2) 52 Injectables 57,1 54,7 80,6 548 Implants 55,7 54,3 86,2 121 Source initiale de la méthode1 Secteur public 56,0 52,8 78,7 1 049 Hôpital du gouvernement 52,8 43,2 75,3 188 Centre de santé du gouvernement 55,7 55,8 83,3 264 Poste de santé du gouvernement 57,1 54,4 76,0 477 Clinique de PF 57,0 53,8 85,0 99 Maternité rurale * * * 8 Case de santé * * * 9 Pharmacie communautaire * * * 1 Autre public * * * 3 Secteur médical privé 54,1 40,9 54,2 82 Hôpital/clinique privé * * * 24 Pharmacie (47,9) (26,2) (21,2) 36 Médecin privé * * * 11 Dispensaire religieux * * * 6 privé * * * 5 Autre secteur privé * * * 1 Amis/parents * * * 1 Autre * * * 19 Ensemble2 55,6 51,8 76,4 1 155 Note: Le tableau n'inclut que les utilisatrices de méthodes figurant sur la liste. 1 Source au moment où a commencé l'épisode d'utilisation de la méthode actuelle. 2 Y compris 4 femmes pour lesquelles l’information est manquante ( ) Basé sur des cas non pondérés entre 25 et 49 ; * Basé sur des cas non pondérés inférieurs à 25. 7.5 RAISONS D’INTERRUPTIONS DE MÉTHODE CONTRACEPTIVE On a demandé aux femmes la raison principale de l’interruption de la méthode contraceptive au cours des cinq dernières années ayant précédé l’enquête. Les résultats sont présentés au tableau 7.7. Les résultats montrent que les effets secondaires ou les problèmes de santé et le désir de tomber enceinte sont les premières causes d’interruption de la méthode contraceptive. Pour toutes méthodes confondues, 24 % des femmes ont interrompu la méthode contraceptive à cause des effets secondaires ou des problèmes de santé et 23 % voulaient tomber enceintes. Les femmes qui sont tombées enceintes pendant l’utilisation de la contraception représentent 7 % et, dans 23 % des cas, il s’agit d’utilisatrices de la méthode du rythme (23 %) et de celles du condom masculin (13 %). Les effets secondaires ou des problèmes de santé constituent les principaux raisons d’abandon d’une méthode spécifique. Cette situation concerne 43 % des femmes qui ont eu recours aux implants, 39 % de celles ayant utilisant les injections et 23 % des cas d’utilisation de la pilule. 106 • Planification Familiale Tableau 7.7 Raisons d'interruption d'une méthode Pourcentage de femmes ayant interrompu une méthode contraceptive au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par méthode et selon la raison principale de l'interruption, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Raison de l'interruption Pilule Injection Implants Condom masculin MAMA Méthode rythme Retrait Autres Toutes méthodes1 Tomber enceinte durant l’utilisation 10,0 2,0 4,1 12,8 0,8 22,7 0,0 23,0 7,2 Vouloir tomber enceinte 24,2 23,5 13,7 34,6 0,0 38,4 35,5 27,8 22,7 Mari/Partenaire opposé 5,1 3,6 8,5 18,0 0,0 0,0 2,9 7,4 5,0 Souhaite une méthode plus efficace 5,2 3,6 1,6 13,4 6,0 2,4 38,3 4,3 5,5 Effets secondaires/ problème de santé 23,0 39,4 43,1 0,0 1,5 1,1 7,1 9,5 24,0 Pas accessible/trop loin 2,3 3,7 1,8 2,3 0,0 0,0 0,0 0,0 2,3 Trop chère 0,6 1,3 0,7 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,8 Pas pratique à utiliser 3,5 2,7 3,9 6,8 0,7 0,8 6,1 8,3 3,5 Fataliste 0,1 0,7 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,5 0,3 Divorce/séparation 1,1 2,0 0,4 1,3 0,0 4,0 0,0 0,5 1,3 Autres 23,1 15,6 22,1 9,9 91,0 30,7 7,4 15,8 25,9 NSP 1,8 1,7 0,0 0,6 0,0 0,0 2,8 3,0 1,4 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre de discontinuations 689 691 88 160 204 91 25 74 2 083 MAMA = Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée 1 Y compris 2 cas d’utilisation de condom et 7 de mousse/gelée. 7.6 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE Pour savoir si les femmes ont une connaissance correcte de la période de fécondabilité, on leur a demandé si elles pensaient, qu'au cours du cycle, il existait une période pendant laquelle elles avaient plus de chance de tomber enceinte et, si oui, à quel moment du cycle se situait cette période. Les résultats des réponses à cette dernière question sont présentés au tableau 7.8 et ils portent uniquement sur l’ensemble des femmes, la proportion de femmes utilisatrices de la méthode du rythme étant trop faible (0,7 %). Compte tenu des nombreuses nuances que peuvent comporter les réponses à cette question, les femmes ont été regroupées en trois grandes catégories : • celles qui connaissent la période de fécondabilité sont les femmes qui ont déclaré « milieu du cycle » ; • celles qui ont une connaissance douteuse de la période sont les femmes qui ont déclaré « juste avant le début des règles », «juste après la fin des règles ». Ces réponses sont trop vagues pour pouvoir être considérées comme exactes mais, selon l'idée que se font les femmes du « juste après la fin » et du « juste avant le début », elles peuvent correspondre à la période féconde ; • celles qui ne connaissent pas la période sont les femmes qui ont déclaré « durant les règles », « pas de période spécifique », « ne sait pas » ou toute autre réponse. Globalement, le tableau 7.8 indique que dans pratiquement la moitie des cas, les femmes n'ont aucune idée de l'existence d'une période particulière ou ne savent pas situer correctement la période de fertilité au cours du cycle menstruel : 23 % ont déclaré ne pas savoir du tout et 22 % ont déclaré qu’une telle période n’existait pas. Pratiquement une femme sur trois (32 %) n’en a qu’une connaissance approximative, voire douteuse. Seulement 21 % des femmes ayant mentionné le milieu du cycle sont considérées comme ayant une connaissance précise de la période où une femme a le plus de chances de tomber enceinte au cours du cycle menstruel. Tableau 7.8 Connaissance de la période féconde Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans selon leur connaissance de la période féconde au cours du cycle menstruel en fonction de l'utilisation actuelle de la continence périodique, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Connaissance de la période féconde Ensemble des femmes Juste avant le début des règles 3,4 Durant les règles 1,6 Juste après la fin des règles 28,4 Au milieu du cycle/entre deux périodes de règles 20,8 Autre 0,1 Pas de moment spécifique 22,3 Ne sait pas 23,3 Total 100,0 Effectif de femmes 15 688 Planification Familiale • 107 7.7 BESOINS EN MATIERE DE PLANIFICATION FAMILIALE Pour évaluer la demande potentielle en matière de planification des femmes, différents groupes de femmes ont été constitués à partir des informations collectées dans l'enquête. Il s’agit des femmes ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, celles dont les besoins sont satisfaits et la demande en matière de planification familiale (satisfaite et non satisfaite). Le tableau 7.9.1 présentent la distribution des femmes en union qui ont des besoins en matière de planification familiale. Le tableau 7.9.2 porte sur l’ensemble des femmes et les femmes non en union sexuellement actives. Selon l’utilisation, les femmes sont groupées en deux catégories : • Utilisation pour l'espacement : entrent dans cette catégorie, les femmes qui utilisent une méthode de planification familiale et déclarent qu'elles veulent avoir un autre enfant ou qui sont indécises quant à une autre naissance. • Utilisation pour limiter : il s'agit des femmes qui utilisent et qui ne veulent plus d'enfants. Le tableau 7.9.1 indique que 29 % des femmes en union ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale. Cette proportion comprend 22 % des femmes ayant des besoins non satisfaits pour espacer et 8 % pour limiter. Par ailleurs, 13 % des femmes en union utilisent actuellement une méthode contraceptive, dont 9 % pour espacer et 4 % pour limiter leur descendance. Enfin, la demande totale de services de planification familiale est évaluée à 43 %. En d’autres termes, la prévalence contraceptive passerait de 13 % à 43 % si tous les besoins en matière de planification familiale étaient satisfaits. Cependant, on constate que la demande en planification familiale n’est satisfaite que dans 28 % des cas. On constate au tableau 7.9.1 que la demande totale en services de PF varie avec l’âge des femmes en union. Elle passe de 37 % pour les femmes âgées de 15-19 ans à 48 % pour celles âgées de 30-34ans. C’est dans le groupe d’âges 45-49 ans que cette proportion est la plus faible (31 %). Le pourcentage de demande satisfaite augmente aussi avec l’âge des femmes. En outre, les résultats montrent que la demande en planification familiale est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (53 % contre 36 %); En milieu urbain, 43 % de la demande est satisfaite contre seulement 20 % en milieu rural. Les régions de Tambacounda (30 %), Sédhiou (31 %), Diourbel (34 %) et Kaffrine (35 %) enregistrent les proportions de demande en matière de planification familiale les plus faibles ; par contre, à Dakar, Saint louis, Ziguinchor, Kaolack et Fatick, on observe des proportions plus élevées. La proportion de demande satisfaite est assez faible dans toutes les régions, en particulier dans celles de Matam (9 %), Tambacounda (14 %), Kaffrine (16 %) et Diourbel (17 %). Par ailleurs, la demande totale en services de PF augmente avec le niveau d’instruction mais aussi avec le niveau de bien-être économique : plus le niveau d’instruction ou le niveau de bien-être économique est élevé, plus la demande en matière de planification familiale est élevée (tableaux 7.9.1). Par ailleurs, on constate au tableau 7.9.2 que les femmes célibataires ont une faible demande en matière de planification familiale (4,2 %). Cependant, le taux de satisfaction reste élevé ; le pourcentage de demande satisfaite en méthode moderne étant estimé à 62 %. 108 • Planification Familiale Tableau 7.9.1 Besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union Pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de celles dont les besoins sont satisfaits, pourcentage de demande potentielle totale de services de planification familiale et pourcentage de demande satisfaite, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale1 Besoins satisfaits en matière de planification familiale (utilisation actuelle)2 Demande totale en planification familiale Pour- centage de demande satisfaite Pour- centage de demande satisfaite par des méthodes modernes Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Groupe d’âges 15-19 30,8 0,3 31,1 5,5 0,3 5,8 36,3 0,6 36,9 15,9 13,5 832 20-24 29,2 0,5 29,6 8,8 0,3 9,1 38,2 0,8 39,0 24,0 21,6 1 932 25-29 28,5 2,7 31,2 12,5 1,2 13,7 41,3 3,9 45,3 31,1 28,4 2 128 30-34 25,4 5,4 30,7 13,2 3,1 16,3 38,9 8,5 47,5 35,2 31,8 1 825 35-39 17,8 13,1 30,9 8,5 7,1 15,6 26,3 20,2 46,6 33,7 30,4 1 614 40-44 5,3 21,7 27,1 2,8 14,2 17,1 8,2 36,0 44,2 38,8 35,7 1 192 45-49 2,3 18,1 20,4 0,7 10,3 11,0 3,0 28,4 31,3 34,9 31,5 825 Milieu de résidence Urbain 22,4 7,9 30,3 14,9 7,0 22,0 37,7 14,9 52,6 42,5 38,3 4 256 Rural 21,4 7,4 28,8 4,3 2,6 7,0 25,8 10,1 35,9 19,7 18,0 6 091 Région Dakar 23,3 8,3 31,6 16,3 7,7 23,9 40,0 16,0 56,1 43,6 38,2 2 217 Ziguinchor 20,4 8,2 28,6 11,8 6,1 17,9 32,4 14,3 46,7 38,7 37,0 270 Diourbel 21,2 7,0 28,2 4,0 1,6 5,6 25,2 8,6 33,8 16,6 15,7 1 375 Saint-Louis 21,3 8,3 29,6 12,0 5,7 17,7 34,0 14,2 48,2 38,6 33,5 666 Tambacounda 19,5 6,6 26,1 3,0 1,3 4,3 22,4 7,9 30,3 14,0 13,7 577 Kaolack 24,7 9,6 34,3 6,4 5,3 11,7 31,4 15,0 46,4 26,1 23,5 815 Thiès 19,6 6,4 25,9 11,0 5,7 16,7 30,6 12,1 42,8 39,3 38,1 1 301 Louga 19,7 8,3 28,0 5,8 2,1 7,8 25,4 10,4 35,8 21,9 20,6 806 Fatick 25,4 9,0 34,3 6,2 4,7 10,9 31,5 13,7 45,2 24,1 22,8 485 Kolda 20,2 6,6 26,8 6,6 5,4 12,0 26,9 11,9 38,8 30,9 27,0 510 Matam 26,5 6,5 33,0 2,8 0,5 3,2 29,3 7,0 36,3 8,9 8,8 446 Kaffrine 20,7 8,4 29,1 3,2 2,2 5,4 24,2 10,5 34,7 16,2 13,1 449 Kéougou 24,6 7,5 32,1 4,5 2,5 7,1 29,3 10,0 39,3 18,4 15,4 97 Sédhiou 19,6 3,6 23,2 5,3 2,1 7,4 24,9 5,7 30,6 24,4 20,9 332 Niveau d'instruction Aucun 21,0 8,1 29,1 5,3 3,5 8,8 26,4 11,7 38,1 23,6 20,9 7 326 Primaire 25,6 5,9 31,4 15,2 6,9 22,1 41,0 12,8 53,8 41,5 38,2 2 049 Secondaire ou plus 20,3 7,4 27,7 20,7 6,3 27,0 41,4 13,8 55,2 49,7 46,4 972 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 21,0 8,6 29,6 2,2 2,6 4,8 23,3 11,3 34,5 14,2 12,9 2 170 Second 22,7 6,9 29,6 4,6 2,8 7,4 27,6 9,6 37,2 20,4 18,2 2 079 Moyen 23,3 8,3 31,5 8,2 4,8 13,0 31,7 13,2 44,9 29,7 26,7 1 976 Quatrième 22,1 6,9 29,0 11,5 5,3 16,9 34,1 12,2 46,3 37,3 32,9 2 168 Le plus riche 20,0 7,3 27,3 17,5 6,9 24,5 37,5 14,3 51,8 47,3 44,1 1 954 Ensemble 21,8 7,6 29,4 8,7 4,4 13,1 30,7 12,1 42,8 31,2 28,3 10 347 1 Les besoins non satisfaits pour espacer concernent les femmes fertiles et qui n'utilisent pas de méthode de planification familiale et qui déclarent qu'elles veulent attendre, au moins, deux ans avant leur prochaine naissance, ou qui déclarent qu'elles ne sont pas sûres de vouloir un autre enfant ou qui veulent un autre enfant mais qui ne savent pas quand. De plus, dans cette catégorie, sont incluses les femmes enceintes dont la grossesse actuelle a été mal planifiée, ou celles dont la grossesse actuelle n'était pas voulue mais qui disent maintenant qu'elles veulent d'autres enfants. Les besoins non satisfaits pour espacer incluent aussi les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance ne s'est pas produite au moment voulue ou celles dont la dernière naissance n'était pas voulue mais qui déclarent maintenant qu'elles veulent d'autres enfants. Les besoins non satisfaits pour limiter concernent les femmes qui sont fertiles et qui n'utilisent pas de méthode de planification familiale et qui déclarent qu'elles ne veulent plus d'enfant. De plus, les besoins non satisfaits pour limiter concernent les femmes enceintes dont la grossesse actuelle n'était pas voulue mais qui déclarent maintenant qu'elles ne veulent plus d'enfant ou qui n'ont pas décidé si elles veulent ou non un autre enfant. Les besoins non satisfaits pour limiter incluent aussi les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance n'était pas voulue mais qui déclarent maintenant qu'elles ne veulent plus d'enfant ou qui n'ont pas décidé si elles voulaient ou non un autre enfant. 2 L'utilisation pour espacer concerne les femmes qui utilisent certaines méthodes de planification familiale et qui disent qu'elles veulent un autre enfant ou qui n'ont pas décidé si elles en voulaient, ou non, un autre. L'utilisation pour limiter concerne les femmes qui utilisent une méthode de planification familiale et qui ne veulent plus d'enfants. Notez que les méthodes spécifiques utilisées ne sont pas prises en compte ici Planification Familiale • 109 Tableau 7.9.2 Besoins en matière de planification familiale de toutes les femmes et de celles qui ne sont pas actuellement en union Pourcentage de toutes les femmes et de celles qui ne sont pas actuellement en union, âgées de 15-49 ans, ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de celles dont les besoins sont satisfaits, pourcentage de demande potentielle totale de services de planification familiale et pourcentage de demande satisfaite, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale1 Besoins satisfaits en matière de planification familiale (utilisation actuelle)2 Demande totale en planification familiale Pourcentage de demande satisfaite Pourcentage de demande satisfaite par des méthodes modernes Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total ENSEMBLE DES FEMMES Groupe d’âges 15-19 8,2 0,1 8,3 2,1 0,1 2,1 10,3 0,2 10,4 20,8 18,3 3 429 20-24 18,4 0,3 18,7 6,3 0,2 6,6 24,8 0,5 25,4 26,4 23,7 3 220 25-29 22,2 2,3 24,5 10,7 0,9 11,6 33,2 3,2 36,4 32,7 30,1 2 746 30-34 22,0 4,6 26,6 12,2 2,7 14,9 34,6 7,3 41,9 36,5 33,1 2 148 35-39 15,9 11,6 27,5 8,1 6,4 14,5 24,1 18,0 42,1 34,7 31,3 1 817 40-44 4,7 18,8 23,4 3,0 12,9 15,9 7,7 31,8 39,4 40,6 37,6 1 379 45-49 2,0 15,7 17,7 0,9 9,2 10,2 2,9 25,0 27,9 36,4 33,1 949 Milieu de résidence Urbain 12,9 4,4 17,2 9,5 4,0 13,5 22,6 8,4 31,0 44,3 40,1 7 738 Rural 16,8 5,7 22,5 3,7 2,1 5,8 20,5 7,8 28,3 20,7 19,0 7 950 Région Dakar 13,3 4,6 17,9 9,9 4,3 14,2 23,4 9,0 32,4 44,7 39,7 4 078 Ziguinchor 11,8 3,8 15,6 12,8 3,2 15,9 24,9 7,0 31,9 51,0 48,1 581 Diourbel 15,7 5,2 20,9 3,0 1,2 4,2 18,8 6,4 25,1 16,8 15,9 1 851 Saint-Louis 14,1 5,4 19,5 7,9 3,9 11,8 22,5 9,4 31,9 38,9 33,6 1 034 Tambacounda 16,0 5,3 21,3 3,2 1,0 4,3 19,2 6,3 25,6 16,7 16,4 725 Kaolack 17,5 6,7 24,2 4,8 3,7 8,5 22,5 10,4 33,0 26,5 23,7 1 172 Thiès 12,8 4,1 16,9 7,3 3,7 11,0 20,2 7,8 28,0 39,4 38,2 2 030 Louga 14,0 5,9 20,0 4,3 1,5 5,7 18,3 7,4 25,7 22,3 21,1 1 130 Fatick 17,6 6,1 23,7 4,7 3,5 8,3 22,4 9,6 32,0 25,8 24,3 717 Kolda 16,7 5,2 21,9 6,5 4,6 11,1 23,2 9,8 33,0 33,5 29,2 640 Matam 20,0 4,9 24,8 2,2 0,5 2,7 22,2 5,3 27,5 9,8 9,6 595 Kaffrine 16,5 6,6 23,1 2,8 1,8 4,6 19,5 8,4 27,9 17,2 14,0 572 Kédougou 20,9 6,3 27,2 4,1 2,1 6,3 25,2 8,4 33,6 19,0 15,6 115 Sédhiou 15,4 2,7 18,1 5,9 1,7 7,6 21,4 4,4 25,8 29,7 25,3 448 Niveau d'instruction Aucun 17,1 6,6 23,6 4,6 2,9 7,5 21,8 9,5 31,3 24,5 21,8 9 079 Primaire 16,2 3,7 19,8 10,6 4,2 14,8 26,9 7,9 34,8 43,1 39,7 3 414 Secondaire ou plus 7,0 2,3 9,3 7,9 2,0 9,9 15,0 4,3 19,4 51,9 48,2 3 195 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 18,0 7,2 25,3 2,3 2,2 4,5 20,4 9,5 29,8 15,3 14,0 2 585 Second 17,3 5,1 22,4 4,2 2,1 6,3 21,7 7,2 28,9 22,3 19,9 2 805 Moyen 15,2 5,3 20,5 6,2 3,2 9,4 21,6 8,5 30,1 32,1 28,9 3 114 Quatrième 14,4 4,3 18,7 7,9 3,4 11,4 22,6 7,7 30,3 38,4 34,0 3 494 Le plus riche 10,8 4,0 14,8 10,3 3,8 14,1 21,2 7,8 29,0 48,8 45,6 3 689 Ensemble 14,8 5,0 19,9 6,6 3,0 9,6 21,5 8,1 29,6 32,9 29,9 15 688 A suivre. 110 • Planification Familiale Tableau 7.9.2—Continu Besoins non satisfaits en matière de planification familiale1 Besoins satisfaits en matière de planification familiale (utilisation actuelle)2 Demande totale en planification familiale Pourcentage de demande satisfaite Pourcentage de demande satisfaite par des méthodes modernes Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total FEMMES QUI NE SONT PAS ACTUELLEMENT EN UNION Groupe d’âges 15-19 0,9 0,0 1,0 1,0 0,0 1,0 1,9 0,1 2,0 50,5 47,6 2 597 20-24 2,2 0,0 2,2 2,6 0,1 2,7 4,8 0,1 4,9 55,6 49,6 1 288 25-29 0,8 0,7 1,5 4,5 0,0 4,6 5,4 0,7 6,1 75,1 73,2 618 30-34 3,3 0,0 3,3 6,8 0,3 7,1 10,3 0,3 10,6 68,9 64,6 323 35-39 0,7 0,0 0,7 5,1 0,6 5,7 5,9 0,6 6,4 88,5 78,7 203 40-44 0,3 0,0 0,3 4,2 4,6 8,8 4,5 4,6 9,1 96,9 96,0 187 45-49 0,0 0,0 0,0 2,5 2,4 4,9 2,5 2,4 4,9 100,0 100,0 125 Milieu de résidence Urbain 1,2 0,1 1,3 2,8 0,3 3,1 4,1 0,4 4,5 70,3 66,0 3 483 Rural 1,5 0,0 1,5 1,7 0,3 1,9 3,2 0,3 3,5 56,0 52,5 1 858 Région Dakar 1,4 0,2 1,6 2,3 0,3 2,7 3,7 0,5 4,2 62,6 62,6 1 861 Ziguinchor 4,4 0,0 4,4 13,6 0,6 14,2 18,4 0,6 19,0 77,0 71,7 311 Diourbel 0,0 0,0 0,0 0,2 0,0 0,2 0,2 0,0 0,2 100,0 100,0 476 Saint-Louis 1,1 0,1 1,2 0,6 0,6 1,2 1,7 0,7 2,4 49,9 37,7 368 Tambacounda 2,3 0,3 2,6 4,3 0,0 4,3 6,7 0,3 6,9 62,0 62,0 148 Kaolack 1,1 0,0 1,1 1,1 0,0 1,1 2,2 0,0 2,2 49,1 37,3 357 Thiès 0,9 0,0 0,9 0,7 0,0 0,7 1,6 0,0 1,6 43,8 43,8 729 Louga 0,0 0,0 0,0 0,5 0,0 0,5 0,5 0,0 0,5 100,0 100,0 323 Fatick 1,5 0,0 1,5 1,6 1,1 2,7 3,1 1,1 4,2 64,4 59,1 232 Kolda 2,9 0,0 2,9 6,0 1,4 7,4 8,9 1,4 10,3 71,6 62,5 130 Matam 0,3 0,0 0,3 0,5 0,5 1,0 0,9 0,5 1,3 76,4 76,4 149 Kaffrine 1,0 0,0 1,0 1,1 0,6 1,7 2,1 0,6 2,7 64,0 53,8 123 Kédougou 1,0 0,0 1,0 1,8 0,0 1,8 2,8 0,0 2,8 64,5 33,2 18 Sédhiou 3,7 0,0 3,7 7,8 0,4 8,2 11,4 0,4 11,9 69,2 58,1 117 Niveau d'instruction Aucun 0,9 0,0 0,9 1,6 0,5 2,2 2,5 0,6 3,0 70,9 70,9 1 753 Primaire 2,0 0,3 2,3 3,7 0,2 3,9 5,8 0,5 6,3 63,1 58,8 1 365 Secondaire ou plus 1,2 0,0 1,3 2,3 0,2 2,4 3,5 0,2 3,7 66,2 59,9 2 223 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 2,6 0,0 2,6 2,8 0,0 2,8 5,3 0,0 5,3 52,1 52,1 416 Second 2,0 0,0 2,0 2,9 0,2 3,1 4,9 0,2 5,1 61,1 55,4 726 Moyen 1,1 0,1 1,2 2,8 0,5 3,3 4,0 0,6 4,6 73,7 66,8 1 139 Quatrième 1,7 0,0 1,7 2,0 0,3 2,3 3,7 0,3 4,0 57,7 55,5 1 326 Le plus riche 0,6 0,2 0,8 2,2 0,3 2,5 2,8 0,5 3,3 75,7 72,1 1 735 Ensemble 1,3 0,1 1,4 2,4 0,3 2,7 3,8 0,4 4,2 66,1 62,1 5 341 1 Les besoins non satisfaits pour espacer concernent les femmes fertiles et qui n'utilisent pas de méthode de planification familiale et qui déclarent qu'elles veulent attendre, au moins, deux ans avant leur prochaine naissance, ou qui déclarent qu'elles ne sont pas sûres de vouloir un autre enfant ou qui veulent un autre enfant mais qui ne savent pas quand. De plus, dans cette catégorie, sont incluses les femmes enceintes dont la grossesse actuelle a été mal planifiée, ou celles dont la grossesse actuelle n'était pas voulue mais qui disent maintenant qu'elles veulent d'autres enfants. Les besoins non satisfaits pour espacer incluent aussi les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance ne s'est pas produite au moment voulue ou celles dont la dernière naissance n'était pas voulue mais qui déclarent maintenant qu'elles veulent d'autres enfants. Les besoins non satisfaits pour limiter concernent les femmes qui sont fertiles et qui n'utilisent pas de méthode de planification familiale et qui déclarent qu'elles ne veulent plus d'enfant. De plus, les besoins non satisfaits pour limiter concernent les femmes enceintes dont la grossesse actuelle n'était pas voulue mais qui déclarent maintenant qu'elles ne veulent plus d'enfant ou qui n'ont pas décidé si elles veulent ou non un autre enfant. Les besoins non satisfaits pour limiter incluent aussi les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance n'était pas voulue mais qui déclarent maintenant qu'elles ne veulent plus d'enfant ou qui n'ont pas décidé si elles voulaient ou non un autre enfant. 2 L'utilisation pour espacer concerne les femmes qui utilisent certaines méthodes de planification familiale et qui disent qu'elles veulent un autre enfant ou qui n'ont pas décidé si elles en voulaient, ou non, un autre. L'utilisation pour limiter concerne les femmes qui utilisent une méthode de planification familiale et qui ne veulent plus d'enfants. Notez que les méthodes spécifiques utilisées ne sont pas prises en compte ici Planification Familiale • 111 7.8 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION On a demandé aux femmes qui n'utilisaient pas la contraception au moment de l'enquête, si elles avaient l'intention d'utiliser une méthode dans l'avenir. Le tableau 7.10 présente la répartition de ces femmes par intention d’utiliser une méthode dans l’avenir selon le nombre d’enfants vivants. Tableau 7.10 Utilisation future Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans, actuellement en union qui n'utilisent pas actuellement de méthode, par nombre d'enfants vivants et selon l'intention d'utiliser une méthode dans l'avenir, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Nombre d’enfants vivants1 Intention 0 1 2 3 4+ Ensemble Intention d’utiliser 17,4 26,6 30,5 28,8 28,6 27,4 Pas sûre 11,3 10,3 7,1 6,3 6,0 7,5 Pas d’intention d’utiliser 71,4 63,1 62,4 64,9 65,4 65,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 963 1 575 1 546 1 285 3 619 8 988 1 Comprend les grossesses actuelles Plus d’une femme sur quatre (27 %) a déclaré avoir l'intention d’utiliser une méthode contraceptive dans l'avenir. Par contre, deux femmes sur trois (65 %) ont déclaré ne pas avoir l'intention d'en utiliser une dans le futur et, dans 8 % des cas, les femmes étaient indécises. Par ailleurs, selon le nombre d'enfants, on constate que parmi les femmes sans enfant, près d’une femme sur cinq (17 %) a déclaré avoir l'intention d'utiliser dans le futur une méthode de planification familiale. Parmi les femmes ayant un enfant, cette proportion est de 27 % et parmi celles qui en ont 3, elle est de 29 %. 7.9 SOURCES D'INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION L'accès à l’information constitue un préalable important pour promouvoir l’utilisation des méthodes contraceptives. C’est en effet par ce biais qu’on parvient à informer et à sensibiliser la population à la planification familiale et à vulgariser les différentes méthodes contraceptives. Pour appréhender le niveau d’accès des femmes et des hommes à l’information sur la planification familiale et les canaux par lesquels ils ont été informés, on leur a demandé si elles/ils avaient entendu un message quelconque sur la planification familiale à la radio ou à la télévision durant le mois ayant précédé l'enquête. Selon le tableau 7.11, on constate que durant le mois qui a précédé l'enquête, près de deux femme sur trois (60 %) et un homme sur deux (49 %) n'ont entendu aucun message, ni à la radio, ni à la télévision, ni vu ou lu de message dans les journaux et magazines, sur la planification familiale. Chez les femmes, 31 % ont entendu un message à la télévision et 30 % en ont entendu à la radio. La proportion de femmes informées par les journaux ou magasines est plutôt faible (5 %), cela étant en partie dû au faible niveau d’alphabétisation. La proportion de femmes ayant entendu un message à la radio augmente avec l’âge, passant d’un minimum de 21 % à 15-19 ans à 34 % à 30-44 ans. Cette proportion est également plus importante en milieu urbain qu’en milieu rural (36 % contre 23%). C’est dans les régions de Dakar (41 %), Ziguinchor (36 %), Thiès (33 %), Sédhiou (32 %) et Kaffrine (31 %) que les femmes ont le plus fréquemment reçu des messages sur la planification familiale en écoutant la radio. Dans les autres régions, les pourcentages sont inférieurs à 30 % (20 % à Kédougou et 13 % à Fatick). Enfin, le pourcentage de femmes ayant reçu des messages sur la planification familiale en écoutant la radio augmente avec le niveau d’instruction variant de 25 % chez les femmes sans instruction à 33 % chez celles de niveau primaire et 40 % chez celles de niveau secondaire ou plus. La télévision existe essentiellement dans les villes ; aussi a-t-elle plus servi de canal d’information en milieu urbain (48 % contre 15 % en milieu rural) et dans les régions les plus urbanisées : 112 • Planification Familiale Dakar (58 %), Ziguinchor (33 %), Thiès (32 %) et Saint Louis (30 %). Comme pour la radio, le pourcentage de femmes informées par la télévision augmente avec le niveau d’instruction : de 20 % chez les femmes sans instruction, il passe à 51 % chez celles de niveau secondaire ou plus. L’information par les journaux et magazines concerne presque exclusivement le milieu urbain (9 % contre 1 % en milieu rural), la région de Dakar (13 % contre moins de 5 % ailleurs) et les femmes instruites, surtout celles ayant au moins niveau secondaire ou plus (20 %). L’exposition aux messages sur la planification familiale augmente avec le niveau du bien-être économique du ménage, quel que soit le canal de diffusion : la proportion des femmes passe de 16 % chez les plus pauvres à 42 % chez les plus riches, pour la radio, de 3 % chez les plus pauvres à 57 % chez les plus riches, pour la télévision et de moins de 1 % chez les pauvres à 14 % chez les plus riches pour les journaux. Chez les femmes des ménages pauvres, la radio est la source d’information la plus utilisée ; à partir du quintile moyen, la télévision devient le média d’information prédominant. Quel que soit le niveau de bien être du ménage, les journaux constituent la source d’information la moins utilisée. Cependant, l’exposition à ce média croit fortement avec le niveau de bien-être. Les résultats concernant les hommes mettent en évidence les mêmes variations sociodémographiques que celles constatées chez les femmes. Tableau 7.11 Exposition aux messages sur la planification familiale Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans qui, au cours des derniers mois ayant précédé l'enquête, ont, soit entendu à la radio, soit vu à la télévision ou dans un journal ou une revue, un message sur la planification familiale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Radio Télévision Journaux/ magazines Aucun des trois médias Effectif Radio Télévision Journaux/ magazines Aucun des trois médias Effectif Groupe d’âges 15-19 21,1 23,5 4,1 68,8 3 429 21,8 27,6 4,0 66,0 1 170 20-24 30,4 31,9 4,9 59,9 3 220 36,0 34,0 5,6 54,9 897 25-29 32,1 34,2 5,6 56,6 2 746 43,6 46,6 8,1 43,8 701 30-34 34,1 33,8 5,2 56,8 2 148 51,9 48,8 10,8 40,0 545 35-39 32,9 32,9 5,1 57,1 1 817 61,7 54,7 13,7 30,3 438 40-44 33,3 31,9 6,1 58,0 1 379 61,5 49,7 11,6 32,8 383 45-49 31,3 31,2 4,5 58,1 949 53,7 45,0 13,2 41,2 284 Milieu de résidence Urbain 36,5 47,6 9,0 47,2 7 738 46,3 50,5 11,7 40,8 2 467 Rural 23,2 14,5 1,1 72,9 7 950 35,0 27,3 3,3 59,4 1 951 Région Dakar 40,6 57,5 12,7 38,5 4 078 47,9 50,0 12,3 41,1 1 381 Ziguinchor 36,4 33,4 4,5 54,1 581 48,6 43,1 15,1 44,5 210 Diourbel 22,6 23,9 1,6 69,8 1 851 36,2 28,8 5,2 59,1 354 Saint-Louis 27,9 30,3 5,2 59,5 1 034 37,2 40,8 7,4 50,8 266 Tambacounda 23,6 15,4 1,4 73,8 725 19,7 10,7 0,0 74,7 214 Kaolack 22,2 12,9 1,4 73,4 1 172 30,7 33,3 2,4 61,1 317 Thiès 32,7 31,7 3,0 60,5 2 030 45,7 54,5 10,0 35,6 565 Louga 23,5 19,4 0,8 71,1 1 130 39,4 28,4 4,4 55,6 262 Fatick 13,0 13,0 1,9 80,5 717 28,7 29,6 5,0 64,0 204 Kolda 28,5 14,2 1,8 67,8 640 58,1 41,0 4,3 34,5 198 Matam 20,2 14,7 2,3 75,9 595 23,6 20,2 5,0 69,3 152 Kaffrine 30,8 13,1 1,7 67,5 572 20,0 13,8 1,1 76,8 141 Kédougou 20,0 10,1 1,1 76,6 115 38,7 22,4 10,2 56,4 34 Sédhiou 32,0 12,0 1,5 65,3 448 68,8 64,7 6,0 22,6 120 Niveau d'instruction Aucun 25,0 19,9 0,2 69,2 9 079 35,5 28,1 1,4 58,3 1 632 Primaire 32,8 40,5 3,6 53,7 3 414 41,3 41,3 3,6 49,9 1 261 Secondaire ou plus 40,2 51,4 20,1 41,7 3 195 47,7 52,4 18,7 38,3 1 525 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 15,5 3,3 0,4 83,6 2 585 31,7 13,5 0,6 66,1 665 Second 25,7 8,5 0,7 72,3 2 805 34,8 28,5 2,6 58,1 688 Moyen 27,7 28,8 2,7 63,3 3 114 39,3 42,8 6,8 49,1 908 Quatrième 32,8 43,8 4,0 52,3 3 494 44,5 46,4 8,7 46,3 1 019 Le plus riche 41,8 56,5 14,3 39,5 3 689 49,6 55,5 16,0 35,8 1 137 Ensemble 15-49 29,8 30,8 5,0 60,2 15 688 41,3 40,3 8,0 49,0 4 417 50-59 na na na na 0 56,2 42,2 12,9 38,5 512 Ensemble 15-59 na na na na 0 42,9 40,5 8,5 47,9 4 929 na = Non applicable Planification Familiale • 113 Au tableau 7.12 figurent les résultats concernant le contact des non utilisatrices de la contraception avec des agents de la planification familiale. Dans 89 % des cas, les femmes ont déclaré ne pas avoir discuté de planification familiale au cours des douze mois ayant précédé l'enquête ni avec un agent de santé, ni dans une structure sanitaire. L’analyse différentielle montre que ce sont les jeunes femmes et les femmes âgées qui ont le moins fréquemment eu de contact avec les agents de la planification familiale. Par rapport à la région de résidence, ce sont les femmes de Matam (96 %), de Diourbel (95 %) et de Tambacounda (94 %) qui sont proportionnellement les plus nombreuses à n’avoir pas discuté de contraception avec un agent de PF. Dans la région de Sédhiou, cette proportion est plus faible (77 %). Au total, une femme sur deux (51 %) s’est rendue dans un établissement sanitaire mais dans la majorité des cas (44 %), les femmes n’ont pas parle de PF. Cette proportion d’ensemble cache des différences plus ou moins marquées selon l’âge et la région de résidence de la femme. En effet, dans le groupe 15-19 ans, la fréquentation d’un établissement de santé par les jeunes femmes reste faible (31 %) et la discussion sur la PF est rare (2 %). Ce sont les femmes des tranches d’âge de 25 à 39 ans qui d’une part fréquentent le plus fréquemment les structures de santé et qui, d’autre part, discutent le plus de la PF lors de leur visite (11 % a 25-29 ans, 10 % a 30-34 ans et 12 % a 35-39 ans). Au delà de 40 ans, aussi bien pour la fréquentation des établissements de santé que pour la discussion sur la PF avec l’agent de santé, on note une diminution des proportions. En ce qui concerne la région de résidence de la femme, un classement en trois groupes plus ou moins homogènes peut être effectué. Kaolack et Dakar composent le premier groupe ; ce sont des régions où environ 3 femmes sur 5 ont fréquenté un établissement de santé. A l’autre extrême nous avons un groupe de quatre régions (Thiès, Kaffrine, Fatick et Kolda) où entre 36 % et 45 % des femmes se sont rendues dans une formation sanitaire ; et entre les deux, un groupe intermédiaire de régions dans lesquelles la proportion de femmes qui sont allées dans une formation sanitaire est d’environ une femme sur deux. Dans l’ensemble, la proportion de femmes ayant reçu la visite d’un agent de terrain et ayant discuté de la planification familiale avec lui est relativement faible (6 %). On peut cependant souligner que Sédhiou et, dans une moindre mesure, Fatick et Kolda se caractérisent par des proportions plus élevées qu’ailleurs, de femmes ayant reçu la visite d’agents de terrain pour parler de planification familiale (respectivement 18 %, 11 % et 10 %). A l’inverse, ce sont les femmes des régions de Matam, Diourbel (2 %) et Tambacounda (3 %) ainsi que Saint louis (4 %) et Dakar (5 %) qui ont le moins fréquemment reçu la visite d’un agent de terrain et discuté avec lui ; c’est également le cas des femmes les plus jeunes (2 %) et des femmes les plus âgées (4 %) toutes régions confondues. 114 • Planification Familiale Tableau 7.12 Contact des non utilisatrices de la contraception avec des agents de planification familiale Parmi les femmes de 15-49 ans qui n'utilisent pas de méthode contraceptive, pourcentage de celles qui ont été contactées au cours des 12 derniers mois par un agent de terrain qui leur a parlé de planification familiale, qui ont visité un service de santé et parlé de PF, pourcentage qui ont visité un service de santé mais qui n'ont pas parlé de PF et pourcentage qui n'ont ni discuté de PF avec un agent de terrain, ni dans un centre de santé selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Pourcentage de femmes qui ont reçu la visite d'un agent de terrain qui a parlé de planification familiale Pourcentage de femmes qui ont visité un établissement de santé au cours des 12 derniers mois et qui : Pourcentage de femmes qui n'ont parlé de planification familiale ni avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé Caractéristique sociodémographique Ont parlé de planification familiale N'ont pas parlé de planification familiale Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 2,0 1,6 29,7 96,6 3 355 20-24 5,1 6,5 47,8 89,8 3 009 25-29 7,9 10,8 51,2 84,1 2 427 30-34 7,2 10,2 49,1 85,2 1 828 35-39 8,1 12,1 49,0 82,5 1 554 40-44 8,3 7,8 43,8 86,7 1 159 45-49 4,3 4,7 40,9 91,9 853 Résidence Urbain 5,1 8,2 43,5 88,5 6 694 Rural 6,2 6,3 43,8 89,3 7 490 Région Dakar 4,6 9,2 49,0 88,1 3 498 Ziguinchor 7,4 10,2 41,0 85,4 489 Diourbel 2,0 4,0 47,1 94,9 1 773 Saint-Louis 3,8 5,9 40,5 92,3 912 Tambacounda 3,4 4,3 45,0 93,6 694 Kaolack 7,2 9,4 59,5 84,8 1 073 Thiès 6,1 7,4 29,0 87,8 1 807 Louga 5,9 6,3 43,4 89,6 1 065 Fatick 10,8 7,7 37,1 84,2 657 Kolda 10,2 9,6 35,3 82,9 569 Matam 2,1 2,8 44,4 95,8 579 Kaffrine 7,4 3,5 39,8 90,4 546 Kédougou 7,2 4,0 49,6 90,7 108 Sédhiou 17,6 10,9 40,0 77,0 414 Niveau d'instruction Aucun 5,8 7,2 45,0 88,7 8 398 Primaire 5,9 8,5 45,2 87,5 2 908 Secondaire ou plus 5,0 5,7 38,1 90,9 2 878 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 5,6 5,2 41,5 90,6 2 469 Second 7,2 8,0 44,3 86,9 2 629 Moyen 6,3 7,2 41,6 88,7 2 821 Quatrième 4,8 7,4 45,1 89,1 3 098 Le plus riche 4,7 7,7 45,2 89,2 3 168 Ensemble 5,7 7,2 43,7 88,9 14 184 Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans • 115 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS 8 Mamadou Matar GUEYE et Cheikh Tidiane NDIAYE l est désormais établi que les niveaux, les tendances et les caractéristiques de la mortalité des enfants dépendent, quelles que soient la population visée et la région géographique considérée, des conditions sanitaires, environnementales, socioéconomiques et culturelles qui prévalent dans leur contexte global mais aussi des caractéristiques individuelles des mères. Aussi, dans ce chapitre, l’état des lieux de la mortalité des enfants sera t-il apprécié à travers (1) le milieu de résidence, la région administrative d’appartenance et le niveau de vie du ménage, d’une part, et d’autre part, (2) l’instruction de la mère, l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, ainsi que d’autres caractéristiques de la mère en relation avec son comportement reproductif (intervalle entre naissances), mais aussi (3) le statut de la femme à travers sa capacité à prendre des décisions dans son ménage et à avoir des opinions sur ses droits, toutes choses qui déterminent l’importance de son pouvoir d’action. Certaines caractéristiques de l’enfant seront aussi analysées et mises en rapport avec les risques de décéder qu’il court, notamment le sexe, le rang de naissance et le poids à la naissance. 8.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES Les indicateurs de mortalité présentés dans ce chapitre sont estimés à partir de l’historique des naissances du questionnaire femme. En plus de la liste de toutes les naissances que la femme a eues, il a été collecté sur chaque naissance des informations telles que le sexe, l’âge, l’état de survie mais aussi l’âge au décès pour les enfants décédés. Du fait de son importance dans la mesure du phénomène, l’âge au décès a été collecté au jour près pour les décès de moins d’un mois, entre un mois et 23 mois, et en années pour les décès survenus à deux ans ou plus. Les indicateurs examinés dans ce chapitre sont définis ci-après : Le quotient de mortalité néonatale (NN) : probabilité de décéder avant d’atteindre l’âge d’un mois exact ; Le quotient de mortalité post-néonatale (PNN) : probabilité de décéder entre le premier mois et le douzième mois exact ; Le quotient de mortalité infantile (1q0) : probabilité de décéder entre la naissance et le premier anniversaire ; Le quotient de mortalité juvénile (4q1) : probabilité de décéder entre le premier et le cinquième anniversaire ; Le quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) : probabilité de décéder entre la naissance et le cinquième anniversaire. Au plan méthodologique, l’estimation de la mortalité des enfants présente certaines limites. Ces limites ainsi que certains risques d’erreurs d’enregistrement inhérentes à la méthode et pouvant, dans une certaine mesure, affecter la qualité des données recueillies. I 116 • Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans 8.1.1 Limites d’ordre méthodologique L’une des faiblesses de la méthode utilisée dans l’enquête est de limiter la collecte des données aux seules femmes de 15-49 ans vivantes au moment de l’interview, en excluant ainsi les informations sur l’état de survie des enfants dont la mère est décédée avant l’enquête. En effet, l’estimation du niveau général de la mortalité peut être biaisée, (1) si le nombre d’enfants orphelins de mère est relativement important, et (2) si la mortalité de ces orphelins est sensiblement différente de celle des enfants dont la mère a été interviewée dans l’enquête. Ce biais sera d’autant plus important que le nombre de mères de 15-49 ans décédées avant l’enquête est important dans la population enquêtée. Le fait de limiter la collecte d’informations aux seules femmes vivantes au moment de l’enquête peut conduire à un défaut de non représentativité sur certaines parties de la période de référence. C’est le cas lorsqu’aucune information sur les naissances des femmes de 40-49 ans n’est pas disponible pour la période 10- 14 ans avant l’enquête. Il convient de souligner qu’au moment de l’enquête, les femmes de 15-49 ans avaient moins de 40 ans, 10 ans avant l’enquête, tandis que celles de 40-49 ans n’étaient plus éligibles à l’enquête. En conséquence, si une proportion importante des naissances de cette époque était issue des femmes de 40-49 ans et que le risque de décéder de ces enfants était très différent de celui des naissances issues des femmes plus jeunes, cela pourrait constituer un biais dans l’estimation de la mortalité relative à la période d’observation. Dans l’ensemble, l’effet de tels phénomènes ne constituent pas un biais sérieux, le pourcentage d’orphelins de mère étant relativement faible, et les femmes de 40 ans et plus arrivant au terme de leur vie reproductive contribuent peu à la fécondité générale. 8.1.2 Risques d’erreurs d’enregistrement La validité des données sur la mortalité des enfants peut être affectée par : 1) La sous-déclaration des événements pouvant résulter d’omissions systématiques de naissances et/ou de décès entraine une sous-estimation de la mortalité. Les omissions de naissances interviennent généralement quand l’enfant meurt très jeune, c’est-à-dire quelques heures/jours après la naissance. Dans de tels cas, plus la période de référence est éloignée de la date de l’enquête, plus les risques d’omission sont élevés et plus la sous-estimation des niveaux de la mortalité est importante. L’évaluation du sous enregistrement des décès de très jeunes enfants est faite à partir de la proportion d’enfants décédés entre 0 et 6 jours par rapport aux décès survenus au cours du premier mois. Cette proportion doit augmenter avec une diminution de la mortalité des enfants du fait que le niveau de la mortalité diminue très rapidement entre la naissance et les jours qui suivent. Selon cette technique une proportion inférieure à 60 % indiquerait un sous enregistrement important des décès précoces. Une application de cette technique à l’EDS-MICS Sénégal 2010-11 ne montre pas de sous enregistrement significatif des décès précoces durant les cinq années précédant l’enquête. 2) Les transferts de dates de naissance des enfants d’une période à une autre peuvent causer une sous- estimation de la mortalité d’une période au profit des périodes adjacentes. Ainsi, un mauvais classement des décès dans l’intervalle 0-4 ans avant l’enquête entraînerait une sous-estimation de la mortalité pour cette période et une surestimation de celle-ci dans l’intervalle précédente, soit 5-9 ans avant l’enquête. De tels transferts ne semblent pas affecter de façon significative la qualité des données observées. 3) L’imprécision des déclarations de l’âge au décès comme l’attraction de certains âges au décès peuvent engendrer une sous-estimation de la mortalité infantile et une surestimation de la mortalité juvénile, par le transfert d’une partie des décès d’enfants de moins d’un an aux décès d’enfants plus âgés. C’est pour minimiser ce type d’erreur que l’âge au décès a été enregistré en jours, en mois et en années, selon que le décès est intervenu dans les 29 jours suivant la naissance, entre 1 et 23 mois ou au-delà de 23 mois Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans • 117 respectivement. Si les données observées montrent une attraction pour l’âge au décès « 12 mois », l’effet sur les niveaux de mortalité infantile et juvénile reste négligeable. Malgré ces problèmes inhérents à la méthodologie basée sur l’historique des naissances, aucun ajustement des données sur les tendances de la mortalité des enfants ne s’impose. En effet, les travaux de Sullivan et al. (1990) ont montré que les erreurs et imprécisions inhérentes à cette méthode n’ont qu’un faible effet sur la mesure d’événements récents. 8.2 NIVEAUX ET TENDANCES Les différents quotients de mortalité pour les quinze années ayant précédé l’enquête sont présentés dans le tableau 8.1. Les niveaux sont calculés par période quinquennale de 0-4 ans, 5-9 ans et 10-14 ans avant l’enquête, soit de 1997 à 2011. Tableau 8.1 Quotients de mortalité des enfants de moins de cinq ans Quotients de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile par période de cinq ans ayant précédé l'enquête, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Nombre d'années ayant précédé l'enquête Mortalité néonatale (NN) Mortalité postnéonatale1 (PNN) Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) 0-4 29 18 47 26 72 5-9 36 24 60 48 105 10-14 41 27 68 70 132 1 Calculé par différence entre le taux de mortalité infantile et néonatale. Dans la période 2007-2011, soit 0-4 ans avant l’enquête, 47 naissances vivantes sur 1 000 sont décédées avant d’atteindre leur premier anniversaire dont 29 ‰ entre 0 et 1 mois exact et 18 ‰ entre 1 et 12 mois exacts. Parmi les enfants ayant atteint un an, 26 ‰ n’ont pas atteint leur cinquième anniversaire. Durant cette même période, le risque global de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire est estimé à 72 ‰, soit moins d’un enfant sur dix. Un examen de l’évolution de la mortalité des enfants au cours des quinze dernières années montre que, quel que soit le type de mortalité, le niveau a sensiblement fléchi dans la période. Ainsi, de 68 ‰ dans la période 10- 14 ans avant l’enquête, le taux de mortalité infantile est passé à 47 ‰ dans la période 0-4 ans (5 dernières années), soit une baisse globale de 31 %. Cependant, cette baisse n’est pas uniforme sur toute la période : elle est deux fois plus forte entre 2005 et 2009 (22 %) qu’entre 2001 et 2005 (12 %). La diminution de la mortalité juvénile dans la période a été plus forte : le taux est tombé de 70 ‰ à 26 ‰, soit une chute de 63% et un niveau 2,7 fois plus bas en 2009 qu’en 2001. Comme pour la mortalité infantile, la baisse de la dernière période est plus importante (46% entre 2005 et 2009 contre 31% entre 2001 et 2005). En ce qui concerne la mortalité infanto-juvénile, la baisse qui suit les mêmes tendances se situe à des niveaux intermédiaires : le taux global est passé de 132 ‰ à 72 ‰, soit une baisse de 45 % avec une diminution plus importante dans la période récente (31 % entre 2005 et 2009 contre 20 % entre 2001 et 2005). Il y a lieu de signaler que de tous les types de mortalité, c’est la mortalité juvénile qui a enregistré la plus forte baisse. S’agissant des composantes de la mortalité infantile, c’est la mortalité post-néonatale qui a le plus baissé (25 % contre 19 % pour la mortalité néonatale entre 2005 et 2009). Les graphiques 8.1 et 8.2 présentent les tendances de la mortalité infantile et juvénile selon l’EDS-IV 2005 et l’EDS-MICS de 2010-11. 118 • Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans 8.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE Le tableau 8.2 présente les quotients de mortalité des enfants dans la période des dix années précédant l’enquête selon certaines caractéristiques sociodémographiques et économiques de la mère, notamment son milieu de résidence, sa région administrative d’appartenance, son niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique de son ménage. L’effet du statut de la femme dans la prise en charge de la santé de l’enfant est également abordé dans cette partie. Graphique 8.1 Tendances de la mortalité infantile selon l'EDS-IV 2005 et l’EDS-MICS 2010-11 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 Année 0 20 40 60 80 100 Pour mille EDS-IV EDS-MICS 2010-11 Graphique 8.2 Tendances de la mortalité juvénile selon l'EDS-IV 2005 et l’EDS-MICS 2010-11 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 2011 Année 0 20 40 60 80 Pour mille EDS-IV EDS-MICS 2010-11 Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans • 119 Tableau 8.2 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio-économiques Quotients de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période des dix années ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques socio-économiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique socio-économique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale1 (PNN) Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Milieu de résidence Urbain 28 16 44 19 62 Rural 35 24 59 46 102 Région Dakar 26 17 43 17 59 Ziguinchor 27 26 53 21 73 Diourbel 43 25 68 38 104 Saint-Louis 39 20 59 34 91 Tambacounda 29 19 49 54 100 Kaolack 36 20 56 44 98 Thiès 22 14 36 18 53 Louga 40 17 57 24 80 Fatick 26 21 47 43 88 Kolda 38 31 69 82 145 Matam 39 24 63 28 89 Kaffrine 30 14 43 52 93 Kédougou 30 38 68 92 154 Sédhiou 38 34 72 76 142 Niveau d'instruction de la mère Aucun 33 23 56 44 97 Primaire 34 14 48 16 63 Secondaire ou plus 23 9 31 5 36 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 40 25 65 58 119 Second 34 19 53 44 94 Moyen 26 25 51 32 81 Quatrième 29 21 49 21 69 Le plus riche 31 10 41 14 54 1 Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale. La mortalité des enfants varie très fortement selon le milieu de résidence. Ainsi, quel que soit le type de mortalité considéré, le taux est nettement plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain. Entre autres, ces disparités pourraient être liées aux différences dans la prise en charge de la grossesse, notamment dans le suivi prénatal et les conditions d’accouchement plus favorables en milieu urbain mais aussi dans l’état nutritionnel et de santé des mères. Ces différences devraient affecter en premier la mortalité de la petite enfance, notamment la mortalité néonatale et post-néonatale. Le désavantage des enfants dont la mère réside en milieu rural se traduit par une mortalité néonatale 1,25 fois plus élevée qu’en milieu urbain avec un taux qui passe de 28 ‰ en milieu urbain à 35 ‰ en milieu rural et une mortalité post-néonatale une fois et demi plus forte en milieu rural qu’en milieu urbain (24 ‰ contre 16 ‰). Le quotient de mortalité infantile passe de 59 ‰ en milieu rural à 44 ‰ en milieu urbain, soit une baisse de 25 %. Au-delà d’un an, non seulement cette différence persiste mais elle se creuse davantage, avec un niveau de mortalité juvénile presque deux fois et demi plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (46 ‰ contre 19 ‰). Cela signifie que sur 1000 enfants survivants à leur premier anniversaire, 46 décèdent en milieu rural contre seulement 19 en milieu urbain, avant leur cinquième anniversaire. La tendance est la même pour la mortalité infanto-juvénile, mais avec un quotient 65 % plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (102 ‰ contre 62 ‰). 120 • Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans Le niveau de mortalité des enfants varie sensiblement d’une région administrative à l’autre, le quotient pouvant passer du simple à plus du double. Le taux de mortalité néonatale varie entre 22 ‰ à Thiès et presque deux fois plus à Diourbel (43 ‰). En plus de la région de Thiès, celles de Dakar, Fatick et Ziguinchor connaissent aussi des taux relativement faible (26-27 ‰). Les régions de Louga, Saint Louis, Matam, Kolda et Sédhiou comptent parmi les régions où la mortalité néonatale est la plus forte (le taux varie entre 38 et 40 ‰). Concernant la mortalité post-néonatale, la tendance est presque la même que pour la mortalité néonatale, avec cependant des niveaux plus faibles, sauf pour la région de Kédougou où le taux de mortalité post-néonatale est plus élevé, (38 ‰ contre30 ‰). Il est à noter que les régions qui ont les quotients de mortalité néonatale les plus élevés telles que Diourbel, Louga et Matam, ne sont pas celles qui enregistrent les plus forts quotients de mortalité post-néonatale. S’agissant de la mortalité infantile, elle varie très fortement de 36 ‰ à Thiès à 72 ‰ à Sédhiou. C’est dans les régions de Thiès (36 ‰), Dakar (43 ‰) et Kaffrine (43 ‰) que la mortalité infantile est la plus fiable. Il convient de noter que les régions de Kolda, de Kédougou et de Diourbel se distinguent par des taux particulièrement élevés par rapport à la moyenne nationale. Concernant la mortalité juvénile, les écarts sont plus importants : entre 92 ‰ dans la région de Kédougou et respectivement 17 et 18 ‰ dans les régions de Dakar et Thiès. D’autres régions comme Kolda et Sédhiou connaissent aussi des taux très élevés (respectivement 82 et 76 ‰). En revanche, les taux enregistrés dans les régions de Ziguinchor (21 ‰), Louga (24 ‰) et Matam (28 ‰) sont parmi les plus faibles. Si la mortalité infanto-juvénile reflète le niveau général de la mortalité des enfants, toutes choses bien considérées, les régions du Sud du pays restent les plus touchées : les taux varient de 154 ‰ dans la région de Kédougou à 145 ‰ dans celle de Kolda, 142 ‰ dans celle de Sédhiou et à 100 ‰ dans celle de Tambacounda. La région de Diourbel et celle de Kaolack enregistrent aussi des niveaux élevés de mortalité (104 et 98 ‰ respectivement), mais dans une moindre mesure. Les régions de l’Ouest, notamment, Thiès et Dakar ont les niveaux de mortalité infanto-juvénile les plus faibles dans l’ensemble (respectivement 53 et 59 ‰). Sauf pour la mortalité juvénile (pour laquelle la région de Thiès est à égalité avec celle de Dakar). Quel que soit le type de mortalité, les données montrent une forte association entre le niveau de mortalité et le niveau d’instruction de la mère. En effet, les taux baissent de façon drastique avec le niveau d’instruction de la mère. Les enfants dont la mère a le niveau primaire ont presque le même niveau de mortalité néonatale que les enfants dont la mère n’a aucune instruction. S’agissant de la mortalité néonatale, mais surtout de la mortalité post- néonatale, les enfants dont la mère a atteint un niveau d’instruction secondaire sont nettement plus avantagés que les enfants dont la mère n’a pas reçu d’instruction. En effet, les enfants dont la mère a le niveau secondaire ou plus ont un quotient de mortalité néonatale estimé à 23 ‰ contre 33 ‰ pour les enfants dont la mère n’a pas reçu d’instruction, soit un taux presque une fois et demi plus élevé. L’écart est important pour la mortalité post-néonatale (respectivement 9 ‰ et 23 ‰, soit un taux 6 fois plus élevé pour les enfants de mère non instruite). Dans les dix dernières années avant l’enquête, le quotient de mortalité infantile était de 31 ‰ chez les enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus et de 56 ‰ chez ceux dont la mère n’a aucune instruction, soit presque deux fois plus pour les derniers. Les enfants dont la mère a le niveau primaire ont enregistré un taux de 48 ‰, soit 17 % moins de risque de décéder que les enfants de mère non instruite. En ce qui concerne la mortalité juvénile, on observe des taux plus faibles que ceux de la mortalité infantile mais aussi des disparités plus fortes. De 44 ‰ chez les enfants dont la mère n’a aucune instruction, le quotient de mortalité juvénile tombe à 5 ‰ parmi les enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus, soit près Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans • 121 de neuf fois moins. Les enfants dont la mère a le niveau primaire ont un quotient de mortalité juvénile de 16 ‰, soit près de trois fois moins que celui des enfants de mère sans instruction. Pour ce qui est de la mortalité infanto-juvénile, non seulement les disparités persistent en faveur des enfants dont la mère est instruite, mais les écarts se creusent davantage : les enfants dont la mère n’a aucune instruction ont un taux 1,5 fois plus élevé que celui des enfants dont la mère a le niveau primaire (97 ‰ contre 63 ‰) et 2,7 fois plus élevé que celui des enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus (97 ‰ contre 36 ‰). On constate en outre, une forte influence du niveau d’instruction des mères au niveau de la mortalité post- néonatale et de la mortalité juvénile. Les résultats de l’enquête ne permettent pas de confirmer un effet net du niveau de vie sur la mortalité néonatale et post-néonatale. Par exemple, contre toute attente, les enfants vivant dans les ménages les plus riches ont un quotient de mortalité néonatale légèrement plus élevés que celui des enfants vivant dans des ménages des troisième et quatrième quintiles (respectivement 31 ‰, 26 ‰ et 29 ‰). La même remarque s’applique pour la mortalité post-néonatale, même si le quotient de mortalité des enfants vivant dans les ménages les plus riches est au moins deux fois plus bas que ceux des autres enfants. En effet, le quotient de mortalité post-néonatale dans le second quintile est plus bas que celui des troisième et quatrième quintiles (19 ‰ contre 25 ‰ et 21 ‰). En revanche, les résultats de l’enquête montrent que le niveau de bien-être économique du ménage influence sensiblement les autres types de mortalité, notamment la mortalité infantile, la mortalité juvénile et la mortalité infanto-juvénile. En effet, le taux baisse de façon continue quand on passe du quintile le plus pauvre au quintile le plus riche. Ainsi, les enfants vivant dans les ménages les plus pauvres courent plus de risques de décéder que ceux vivant dans les ménages les plus riches. Au vu des résultats, le taux est nettement plus élevé parmi les ménages les plus pauvres que parmi les ménages les plus riches, quel que soit le type de mortalité : 1,6 fois pour la mortalité infantile, (65 ‰ contre 41 ‰), plus de quatre fois pour la mortalité juvénile et plus de deux fois pour la mortalité infanto-juvénile. D’autres caractéristiques démographiques de la mère et de l’enfant comme le sexe de l’enfant, le rang de naissance, l’intervalle entre l’enfant observé et la naissance précédente, le poids de l’enfant à la naissance ainsi que l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, sont supposées avoir une influence sur le niveau de la mortalité des enfants. Le tableau 8.3 présente les quotients de mortalité pour la période des cinq années précédant l’enquête selon ces caractéristiques. Le fait que dans la plupart des populations, les garçons présentent un risque de mortalité légèrement plus élevé que celui des filles laisse penser qu’il existe une certaine relation entre le sexe de l’enfant et le niveau de mortalité. Toutefois, les résultats de l’enquête ne montrent nullement un effet à sens unique. Seuls les quotients de mortalité néonatale, infantile et infanto-juvénile sont favorables aux enfants de sexe féminin. Le quotient de mortalité néonatale chez les garçons est 1,7 fois plus élevé que chez les filles (40 ‰ contre 24 ‰) et le quotient de mortalité infantile 1,3 fois (60 ‰ contre 46 ‰) tandis que celui de la mortalité juvénile est 10% plus élevé (91 ‰ contre 83 ‰). Les données montrent une légère différence de quotient de mortalité juvénile en faveur des garçons (33 ‰ contre 39 ‰) tandis que les quotients de mortalité post-néonatale ne montrent pas de différence significative (19 ‰ contre 22 ‰). Certaines caractéristiques et conditions sont favorables à une meilleure survie tandis que d’autres ont des effets aggravants sur le risque de décéder des nouveau-nés. La littérature abonde ainsi d’études établissant une forte corrélation entre la mortalité des enfants et les grossesses précoces ou tardives. Pour tous les types de mortalité, sauf pour la mortalité néonatale, ce sont les enfants de mères très jeunes (moins de 20 ans) qui courent les risques de décéder les plus élevés 66, 40 et 103 ‰ respectivement pour la moralité infantile, juvénile et infanto-juvénile ; les 122 • Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans taux correspondants pour les enfants nés de femmes de 20-24 sont 47, 34, 80 ‰). Cependant, quel que soit le type de mortalité considéré, les données de l’enquête ne montrent pas une baisse continue quand l’âge de la mère augmente, même si, globalement, on observe des taux plus faibles pour les enfants des mères de 20-29 (47-34 et 80 ‰ respectivement pour la moralité infantile, juvénile et infanto-juvénile) comparés aux enfants de mères âgées de 30-39 ans (55-37 et 90 ‰ respectivement pour la moralité infantile, juvénile et infanto-juvénile). En revanche, sauf pour la mortalité néonatale pour laquelle ils enregistrent un taux légèrement plus élevés et la mortalité post- néonatale, les enfants de mères âgées (40-49 ans) ont des taux similaires à ceux des enfants des mères de 20-29 ans et ceux des mères de 30-39 ans. Globalement, on peut noter que les enfants des mères de 20-29 courent des risques de décéder plus faibles tandis que les enfants de mères plus jeunes (moins de 20 ans) ont les taux les plus élevés. Tableau 8.3 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants Quotients de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période des dix années ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique démographique Mortalité néonatale (NN) Mortalité postnéonatale 1 (PNN) Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Sexe de l'enfant Masculin 40 19 60 33 91 Féminin 24 22 46 39 83 Age de la mère à la naissance de l'enfant <20 39 27 66 40 103 20-29 27 20 47 34 80 30-39 37 18 55 37 90 40-49 41 15 55 34 88 Rang de naissance 1 38 21 59 28 86 2-3 26 19 44 33 76 4-6 32 20 53 40 91 7+ 41 25 66 51 113 Intervalle avec la naissance précédente2 <2 années 54 29 84 55 134 2 années 24 22 46 39 83 3 années 23 13 36 30 65 4 années+ 22 12 35 24 58 Taille à la naissance3 Petit/très petit 37 21 58 na na Moyen ou gros 21 14 35 na na NSP/Manquant 292 12 303 na na na = Non applicable. 1 Calculé par différence entre les quotients de mortalité infantile et néonatale. 2 Non compris les naissances de rang 1. 3 Quotients pour la période des cinq années avant l'enquête. Sauf pour la mortalité juvénile des enfants de rang 1, les naissances de rang 2-3 courent des risques de décéder plus faibles que les enfants de rang 1 et ceux de rang 4 ou plus. A l’opposé, quel que soit le type de mortalité, les naissances de rang 7 et plus courent des risques de décéder plus élevés que les enfants de rang 1 à 6. Le désavantage des enfants de rang 1 face au risque de décéder et ceux de rang 7 et plus, peut s’expliquer par le fait que leur naissance est souvent associée à une grossesse précoce ou tardive. Par exemple, le risque de décéder entre le premier anniversaire et le cinquième passe de 33 ‰ pour les enfants de rang 2-3 à 40 ‰ et 51 ‰ respectivement pour les enfants de rang 4-6 et ceux de rang 7 et plus. De même, le risque de décéder entre la naissance et le cinquième anniversaire passe de 76 ‰pour les enfants de rang 2-3 à 91 ‰ et 113 ‰ respectivement pour les enfants de rang 4-6 et ceux de rang 7 et plus, tandis qu’il est de 86 ‰ pour les enfants de rang 1. Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans • 123 Pour résumer, on peut noter, toutes choses égales par ailleurs, qu’une naissance de rang 7 et plus court 1,5 fois plus de risque qu’une naissance de rang 2-3, de décéder avant son cinquième anniversaire, d’une part, et d’autre part, qu’une naissance de rang 1 court 20 % de risque de plus de décéder avant son cinquième anniversaire qu’une naissance de rang 2-3. On pense que les naissances très rapprochées (moins de deux ans d’intervalle), issues généralement de grossesses précoces et celles très espacées qui surviennent souvent après une grossesse tardive, courent des risques plus élevés de décéder avant leur cinquième anniversaire que les naissances après un intervalle de 2-4 ans, par exemple. En effet, les résultats de l’enquête montrent que le risque de décéder avant le cinquième anniversaire baisse avec l’intervalle précédente, quel que soit le type de mortalité considéré. Ainsi, les enfants dont l’intervalle avec la naissance précédente est inférieur à 2 ans, courent des risques de décéder plus élevés que ceux dont l’intervalle est égal ou supérieur à 2. En particulier, comparés aux enfants dont l’intervalle précédent est égal ou supérieur à 2 ans, les enfants dont l’intervalle est inferieur à 2 ans, non compris les naissances de rang 1, courent 2,4 fois plus de risques de décéder, quel que soit le type de mortalité considéré. Les risques de mortalité des enfants varient aussi selon le poids de l’enfant à la naissance En effet, on constate que les nouveau-nés de faible poids à la naissance (moins de 2 500 grammes), connaissent une mortalité néonatale plus élevée que ceux ayant un poids égal ou supérieur à 2500 g. L’enquête n’a pas collecté d’information sur le poids des enfants à la naissance. Par contre, il a été demandé à chaque mère, si, selon sa propre perception, son enfant était petit, très petit, moyen, gros ou très gros à la naissance, comparé à la taille moyenne qu’on observe dans sa société. Etant donné qu’au delà du premier anniversaire, l’effet du poids à la naissance n’influe pas de façon très significative sur la survie de l’enfant, l’observation porte seulement sur la mortalité néonatale, post néonatale et infantile. Les données du tableau 8.3 montrent que, quel que soit le type de mortalité, les enfants de petite taille à la naissance ont un niveau de mortalité plus élevé que celui des enfants qui étaient moyens ou gros. En effet, comparés aux enfants de taille moyenne ou grosse à la naissance, les enfants de petite taille courent 1,8 fois plus de risques de décéder avant d’atteindre l’âge d’un mois exact, 1,5 fois plus de risques de décéder entre le premier mois et le douzième mois exact et 1,7 fois plus de risques de décéder entre la naissance et le premier anniversaire. Les quotients sont ainsi estimés : 37 ‰ contre 21 ‰ pour le quotient de mortalité néonatale, 21 ‰ contre 14 ‰ pour le quotient de mortalité post-néonatale et 58 ‰ contre 35 ‰ pour le quotient de mortalité infantile. Les disparités ainsi observées dans le risque de décéder avant l’âge de cinq ans mettent en évidence la forte influence négative de certains comportements en matière de fécondité comme la précocité des naissances, le rang élevé de la naissance et les intervalles intergénésiques court. 8.4 MORTALITÉ PÉRINATALE Etant la combinaison de la mortinatalité et de la mortalité néonatale, la mortalité périnatale est un indicateur de la qualité des soins pendant la grossesse et l’accouchement. Dans l’enquête, la mortinatalité désigne les grossesses de sept mois révolus ou plus qui n’ont pas abouti à une naissance vivante. Le calcul du taux de mortalité périnatale est la somme de la mortinatalité et des décès d’enfants survenus au cours des 6 premiers jours, rapportée aux grossesses de sept mois ou plus. Pour obtenir cette information, il a été demandé aux femmes enquêtées de déclarer leurs grossesses n’ayant pas abouti à une naissance vivante et pour chaque cas survenu au cours des cinq dernières années, d’indiquer la durée de la grossesse, c’est-à-dire le nombre de mois écoulés au moment où celle-ci s’est interrompue. 124 • Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans Les données sur la mortalité périnatale pour la période de cinq ans précédant l’enquête sont présentées au tableau 8.4. Elles sont analysées à travers certaines caractéristiques sociodémographiques que sont l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, l’intervalle par rapport à la grossesse précédente, le milieu de résidence, la région de résidence, le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique du ménage. Tableau 8.4 Mortalité périnatale Nombre de mort-nés, de décès néonatals précoces et taux de mortalité périnatale pour la période des cinq années ayant précédé l'enquête selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Effectif de morts-nés1 Nombre de décès des 1ers jours de naissance2 Taux de mortalité périnatale3 Effectif de grossesses de durée de 7 mois ou plus Âge de la mère à la naissance de l’enfant <20 31 43 42 1 748 20-29 91 109 33 6 042 30-39 62 82 42 3 391 40-49 8 15 51 465 Intervalle en mois depuis la précédente grossesse4 Première grossesse 43 64 43 2 500 <15 12 25 58 627 15-26 42 64 42 2 533 27-38 40 50 30 3 021 39+ 55 47 34 2 965 Milieu de Résidence Urbain 66 88 35 4 450 Rural 127 162 40 7 194 Région Dakar 31 43 33 2 303 Ziguinchor 5 10 38 371 Diourbel 30 39 48 1 439 Saint-Louis 12 18 39 761 Tambacounda 9 11 31 643 Kaolack 26 23 48 1 023 Thiès 16 23 28 1 389 Louga 18 23 50 816 Fatick 9 12 32 662 Kolda 9 15 35 662 Matam 10 12 43 503 Kaffrine 6 11 33 536 Kédougou 3 2 49 111 Sédhiou 7 10 39 425 Niveau d’instruction de la mère Sans instruction 143 187 40 8 305 Primaire 39 46 36 2 381 Secondaire ou plus 10 17 28 959 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 54 65 44 2 699 Le Second 48 58 41 2 571 Le Moyen 32 48 35 2 250 Le Quatrième 40 50 40 2 264 Le plus riche 18 29 26 1 862 Total 192 250 38 11 645 1 Les mort-nés sont des décès fœtaux qui se sont produits à 7 mois ou plus de grossesse. 2 Les décès néonatals précoces sont des décès qui se sont produits à 0-6 jours parmi les enfants nés vivants. 3 La somme du nombre de mort-nés et de décès néonatals divisée par le nombre de grossesses de 7 mois ou plus, exprimée pour 1000. 4 Puisqu’une grossesse dure en moyenne 9 mois, les catégories correspondent aux intervalles de naissances de <24 mois, 24-35 mois, 36-47 mois, and 48+ mois. Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans • 125 Globalement, le taux de mortalité périnatale est estimé à 38 ‰. Ce taux était de 45 ‰ dans l’EDS de 2005, soit une baisse de près de 20 % durant la période. Cette moyenne générale cache d’importantes disparités selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Ainsi, par rapport à l’âge de la mère, les risques de mortalité périnatale sont plus élevés quand la mère a moins de 20 ans (42 ‰), quand son âge à la naissance de l’enfant est compris entre 30 et 39 ans (42 ‰), mais surtout quand elle a 40 à 49 ans (51 ‰). Ils sont plus faibles quand la mère est âgée de 20-29 ans (33 ‰). Les taux de mortalité périnatale sont également sensibles à l’intervalle depuis la précédente grossesse. Même si la tendance n’est pas nette et linéaire, les données laissent penser que les risques de mortalité périnatale diminuent avec la longueur de l’intervalle depuis la précédente grossesse. En effet, les risques de mortalité périnatale attachés à la première grossesse, à un intervalle inférieur à 15 mois et à un intervalle compris entre 15-26 mois, sont plus élevés (entre 42 et 58 ‰) que ceux liés à des intervalles de 27-38 mois et 39 mois et plus (moins de 35 ‰). Les moyennes pondérées sont estimées pour les deux groupes à 52 ‰ et 32 ‰ respectivement. Cela signifie que les risques de mortalité périnatale sont 1,6 fois plus élevés quand l’intervalle depuis la précédente grossesse est inférieur à 27 mois. Cependant, on note que les risques de mortalité périnatale attachés à la première grossesse sont moins élevés que ceux liés à un intervalle inferieur à 15 mois. Cela semble plutôt infirmer l’hypothèse selon laquelle les risques liés à la première grossesse devraient, toutes choses égales par ailleurs, être plus élevés du fait de l’immaturité physiologique de la mère et de son manque d’expérience en matière de maternité. Ces résultats ne laissent apparaitre une différence de mortalité périnatale importante selon le milieu de résidence (40 ‰ contre 35 ‰ en milieu urbain). Cette faible différence pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs dont les grossesses plus précoces et rapprochées mais aussi les conditions de prise en charge des femmes enceintes moins favorables en milieu rural. Au plan régional, les différences de niveau de risques de mortalité périnatale sont assez importantes. Les taux les plus faibles sont observés dans la région de Thiès (28 ‰) et dans une moindre mesure dans celles de Tambacounda (31 ‰), Fatick (32 ‰), Kaffrine (33 ‰) et Dakar (33 ‰). Les régions à plus hauts risques de mortalité périnatale sont Louga (50 ‰), Kédougou (49 ‰), Diourbel (48 ‰) et Kaolack (48 ‰). Bien que les régions de Kaolack et de Kaffrine soient proches et similaires géographiquement, les taux qu’on y observe sont assez différents (respectivement 48 ‰ et 33 ‰). La même remarque s’applique aux régions de Tambacounda et Kédougou (respectivement 49 ‰ et 31 ‰). Par contre, l’égalité des niveaux de risques entre la région de Diourbel et celle de Louga est conforme à leur proximité géographique. Le niveau d’instruction de la mère semble exercer une influence réelle sur le niveau de risques de mortalité périnatale. En effet, les données de l’enquête montrent qu’il fait baisser le taux de façon continue. Il passe ainsi de 40 ‰ chez les femmes sans instruction, à 36 ‰ chez celles qui ont le niveau primaire et tombe à 28 ‰ parmi les femmes ayant le niveau secondaire ou plus. Le niveau de vie ne semble pas avoir un lien avec le niveau de risques de mortalité périnatale, même si l’écart de taux entre les ménages les plus riches et les ménages les plus pauvres est important (44 ‰ contre 26 ‰). 8.5 GROUPES À HAUT RISQUE Il est important de porter une attention particulière à certaines catégories de naissances présentant des niveaux de risques particulièrement élevés. Pour déterminer les cibles, les naissances des cinq dernières années ont été réparties dans les quatre catégories à hauts risques prédéfinies ci-dessous: 126 • Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans • Les catégories à risques inévitables : naissances de rang 1 issues de jeunes femmes âgées de 18 ans à 34 ans ; • Les catégories particulières à hauts risques : naissances issues de mères appartenant à une seule catégorie à haut risque : âge de procréation précoce (moins de 18 ans) ou tardif (35 ans ou plus), intervalle inter génésique court (moins de 24 mois) et rang de naissance élevé (supérieur à 3) ; • Les catégories à plusieurs hauts risques : naissances correspondant à une combinaison de catégories de risque suivant l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, l’intervalle intergénésique et le rang de naissance de l’enfant. • Les naissances ne correspondant à aucune des catégories à hauts risques prédéfinies. Le tableau 8.5 montre que le quart des naissances des cinq dernières années avant l’enquête ne correspondent à aucune des catégories à hauts risques prédéfinies. La catégorie des naissances à risques inévitables (enfants de rang 1 et de mère âgée de moins de 18 ans ou de plus de 34 ans) comptent pour 17 %, celle à haut risque unique pour 39 % et celle à haut risque multiple pour 19 %. Pour mesurer le risque additionnel de décéder liés à certains comportements procréateurs des mères, les naissances n’appartenant à aucune catégorie à haut risque sont prises comme référence dans le calcul du ratio de risque calculé. Ce ratio de risque est donc défini comme le rapport de la proportion d’enfants décédés dans chaque catégorie à haut risque, à la proportion d’enfants décédés dans la catégorie sans risque. Les naissances de rang 1, considérées comme inévitables, même lorsqu’elles n’interviennent pas à un âge précoce ou trop tardif, comportent une part de risques. En effet, elles courent un risque de décéder 14 % plus élevé que celui des enfants de la catégorie de référence, c’est-à-dire, ceux qui n’appartiennent à aucune des catégories à risques spécifiées. Les catégories particulières à hauts risques comprenant les naissances issues de mères appartenant à une seule catégorie à haut risque (âge de procréation précoce ou tardif, intervalle intergénésique court et rang de naissance élevé) courent globalement un risque de 13 % plus élevé que celui des enfants de la catégorie de référence. Cependant, cette moyenne générale cache d’importantes disparités au sein du groupe. Les enfants dont la mère est âgée de plus de 34 ans courent les risques additionnels les plus élevés (81 %), suivis des naissances dont l’intervalle intergénésique est inferieur à 24 mois (53 %) et celles dont la mère est âgée de moins de 18 ans (25 %). En revanche, les naissances de rang supérieur à 3, courent légèrement moins de risque que les enfants de la catégorie de référence (4 %). Ce sont les catégories à plusieurs hauts risques (naissances correspondant à une combinaison de catégories de risque suivant l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, l’intervalle intergénésique et le rang de naissance de l’enfant) qui courtent le risque additionnel le plus élevé (61 %). Cependant, hormis les naissances de mère de plus de 34 ans et d’intervalle inferieur à 24 mois qui présentent une situation beaucoup plus favorable que la catégorie de référence (le ratio de risque est de zéro) et les enfants de mère âgée de plus de 34 ans et de rang de naissance supérieur à 3 (27 % de risque additionnel), le risque additionnel est très élevé par rapport à la moyenne mais moins inégal au sein du groupe (entre 108 % pour les naissance dont l’intervalle intergénésique est inferieur à 24 mois et le rang de naissance supérieur à 3, et 122 % pour les naissances de mère âgée de plus de 34 et dont l’intervalle intergénésique est inferieur à 24 mois et le rang supérieur à 3. Enfin, dans une catégorie à haut risque évitable, le risque additionnel de décéder atteint un niveau relativement élevé, soit près de 30 % plus que le groupe de référence. Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans • 127 Les résultats de l’enquête ont montré un lien entre les comportements procréateurs à hauts risques et la survie des enfants. En effet, les risques additionnels par rapport aux enfants de référence sont élevés, en particulier pour certains groupes très vulnérables. Les principaux facteurs en cause sont les grossesses précoces ou tardives, les intervalles intergénésiques courts et les rangs de naissance élevés. Tableau 8.5 Comportement procréateur à hauts risques Répartition (en %) des enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par catégorie de hauts risques de mortalité ratio de risque et répartition (en %) des femmes actuellement en union par catégorie de hauts risques si elles concevaient un enfant au moment de l'enquête, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Naissances des cinq années ayant précédé l'enquête Pourcentage de femmes actuellement en union1 Catégories de risques Pourcentage de naissances Ratio de risques Dans aucune catégorie à hauts risques 24,9 1,00 16,3 a Catégorie à risque inévitable Naissances de rang 1, entre 18 et 34 ans 17,0 1,14 8,7 Catégorie à haut risque unique Age de la mère <18 6,3 1,25 1,5 âge de la mère >34 1,8 1,81 5,3 Intervalle intergénésique <24 mois 5,9 1,53 10,1 Rang de naissance >3 25,0 0,96 14,0 Sous-total 39,0 1,13 30,8 Catégorie à hauts risques multiples Age <18 et intervalle intergénésique <24 mois2 0,7 2,20 0,4 Age >34 et intervalle intergénésique <24 mois 0,1 0,00 0,3 Age >34 et rang de naissance >3 11,2 1,27 26,7 Age >34 et intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance >3 1,5 2,22 4,9 Intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance >3 5,7 2,08 11,9 Sous-total 19,1 1,61 44,1 Dans une des catégories de hauts risques évitables 58,1 1,29 74,9 Total 100,0 na 100,0 Effectif de naissances/femmes 11 503 na 10 347 Note : Le rapport de risque est le rapport de la proportion d'enfants décédés, parmi les enfants appartenant à chaque catégorie à hauts risques, à la proportion d'enfants décédés parmi les enfants n'appartenant à aucune catégorie à hauts risques. na = Non applicable. 1 Les femmes sont classées dans les catégories à hauts risques selon le statut qu'elles auraient à la naissance de l'enfant si l'enfant était conçu au moment de l'enquête: âge actuel inférieur à 17 ans et 3 mois ou supérieur à 34 ans et 2 mois, ou la dernière naissance a eu lieu dans les 15 derniers mois, ou la dernière naissance était de rang 3 ou plus. 2 Y compris la catégorie: âge < 18 ans et RG > 3. a Y compris les femmes stérilisées. Santé de la Mère • 129 SANTÉ DE LA MÈRE 9 Fatou Bintou Niang CAMARA enquête démographique et de Santé à Indicateurs Multiples (EDS-MICS) a collecté des informations détaillées sur la santé des mères. Ces informations concernent l’accès des femmes aux soins de santé, les soins pré et postnatals et les conditions d'accouchement. Les résultats présentés dans ce chapitre permettent d'identifier les problèmes les plus importants en matière de prise en charge de la grossesse et de l’accouchement. Ils constituent ainsi des outils de grande importance pour l'évaluation et la planification des politiques et des programmes de santé. 9.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET VISITES POSTNATALES 9.1.1 Soins prénatals La surveillance médicale de la grossesse a une influence considérable sur la santé de la femme et de l’enfant. En effet, les soins prénatals permettent de déceler les complications qui peuvent mettre en danger la vie du couple mère-enfant. Il est recommandé au moins quatre consultations prénatales pour assurer un suivi correct de l’évolution de la grossesse. Les consultations prénatales donnent l'occasion d'immuniser la future mère contre le tétanos et de faire bénéficier à celle-ci de conseils, et si besoin, de suppléments nutritionnels en cas de signes de malnutrition. Les données du tableau 9.1 présentent la répartition des femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête selon le type de personnel médical consulté durant la grossesse et selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes enquêtées. Au cours de l’EDS- MICS, toutes les catégories de personnes consultées par la mère pendant la grossesse ont été enregistrées. Lorsque plusieurs personnes avaient été consultées par la femme, seule la personne la plus qualifiée a été prise en compte dans ce tableau. On relève que parmi les dernières naissances vivantes survenues au cours des cinq dernières années, plus de neuf naissances sur dix (93 %) ont fait l'objet de consultations prénatales auprès de professionnels de la santé (médecins, sages-femmes et infirmières). Ces consultations ont été principalement effectuées par les sages-femmes (70 % des femmes), suivies des infirmières (18 %) ; dans très peu de cas, elles ont été fournies par des médecins (5 %). En revanche, un peu plus de 2 % des mères ont effectué des consultations prénatales auprès des accoucheuses traditionnelles. Les différences selon l’âge de la femme et le rang de naissance sont peu importantes. La proportion de naissances pour lesquelles la mère a bénéficié de soins prénatals auprès de personnel formé varie selon le niveau d'instruction: elle passe de 91 % pour les femmes sans instruction à 98 % pour celles qui ont le niveau d’instruction primaire ou plus (graphique 9.1). Le pourcentage de femmes ayant consulté un médecin augmente avec le niveau d'instruction : moins de 4 % chez les femmes n'ayant jamais fréquenté, 7 % parmi celles de niveau primaire et 17 % pour celles niveau d’instruction secondaire ou plus A l'inverse, le pourcentage de femmes ayant consulté une infirmière diminue fortement quand le niveau d'instruction augmente. De même, les enfants du milieu urbain ont été relativement plus nombreux (99 % contre 90 %) à être de mère ayant bénéficié de visites prénatales au cours de leur grossesse. Les consultations auprès des médecins sont plutôt rares, surtout en milieu rural (moins de 3 % contre 10 % en milieu urbain); celles auprès d'une infirmière sont plus fréquentes en milieu rural (28 % contre 4 % en milieu urbain). Du point de vue régional, des disparités importantes sont également relevées : les femmes qui ont le moins fréquemment consulté un professionnel de la santé au cours de leur grossesse sont celles des régions de Tambacounda (79 %), de Matam et Kédougou (83 %) et de Kaffrine (84 %). A l’opposé, dans les régions de Dakar L’ 130 • Santé de la Mère et de Thiès, (respectivement 99 % et 99 %), les femmes se sont rendues plus souvent en consultation prénatale auprès des professionnels de santé. Enfin, la proportion de naissances dont les mères ont eu au moins une visite prénatale augmente régulièrement avec l’indice du niveau de bien-être du ménage : de 82 % parmi les femmes des ménages les plus pauvres, elle passe à 95 % dans la classe moyenne et atteint pratiquement 100 % parmi les femmes vivant dans les ménages les plus riches. Dans cette dernière catégorie, 15 % des femmes ont consulté un médecin alors que dans les autres groupes, cette proportion n'atteint pas 6 %. Tableau 9.1 Soins prénatals Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par type de prestataire consulté durant la grossesse pour la naissance la plus récente, et pourcentage de naissances les plus récentes pour lesquelles la mère a consulté un professionnel de la santé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Pourcentage ayant reçu des soins prénatals par un prestataire formé1 Effectif de femmes Prestataire de soins prénatals Caractéristique sociodémographique Médecin Sage-femme Infirmière Matrone/ accoucheuse traditionnelle Autre Manquant Total Age de la mère à la naissance <20 3,4 65,7 23,6 2,7 0,1 4,6 100,0 92,6 1 067 20-34 5,2 71,0 17,7 2,2 0,2 3,7 100,0 93,9 5 280 35-49 8,1 67,6 16,1 3,0 0,2 5,0 100,0 91,8 1 331 Rang de naissance 1 8,2 71,6 16,2 2,0 0,1 1,9 100,0 96,0 1 700 2-3 5,4 72,8 16,1 1,9 0,1 3,7 100,0 94,3 2 549 4-5 4,6 68,2 20,1 2,6 0,2 4,3 100,0 92,8 1 720 6+ 3,6 64,7 21,5 3,5 0,2 6,5 100,0 89,8 1 710 Milieu de résidence Urbain 9,6 84,8 4,2 0,4 0,1 1,0 100,0 98,5 3 171 Rural 2,5 59,1 28,1 3,8 0,2 6,3 100,0 89,7 4 508 Région Dakar 12,5 85,2 1,5 0,3 0,0 0,4 100,0 99,3 1 663 Ziguinchor 2,4 73,7 19,0 3,2 1,1 0,6 100,0 95,1 250 Diourbel 2,4 76,7 14,2 2,3 0,1 4,2 100,0 93,3 905 Saint-Louis 7,5 62,6 22,2 1,5 0,7 5,5 100,0 92,4 495 Tambacounda 1,4 45,4 32,2 8,8 0,0 12,2 100,0 79,0 418 Kaolack 3,7 55,8 35,5 2,6 0,2 2,2 100,0 95,0 625 Thiès 5,0 91,1 2,8 0,4 0,0 0,7 100,0 98,9 958 Louga 4,4 65,5 24,1 0,8 0,0 5,2 100,0 94,0 525 Fatick 4,6 74,4 15,6 2,5 0,0 2,9 100,0 94,6 397 Kolda 0,7 51,4 35,9 3,2 0,0 8,8 100,0 88,0 427 Matam 3,7 52,3 27,0 4,4 0,3 12,2 100,0 83,0 322 Kaffrine 2,0 43,0 38,6 7,1 0,0 9,3 100,0 83,5 342 Kédougou 5,2 37,1 40,7 5,6 1,0 10,5 100,0 82,9 73 Sédhiou 0,1 47,6 41,3 6,6 0,0 4,4 100,0 89,0 279 Niveau d'instruction de la mère Aucun 3,5 66,2 21,7 2,9 0,2 5,5 100,0 91,4 5 277 Primaire 6,5 79,1 11,9 1,7 0,1 0,8 100,0 97,5 1 647 Secondaire ou plus 17,0 74,0 7,1 0,7 0,1 1,1 100,0 98,1 754 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,9 42,7 37,8 6,2 0,3 11,1 100,0 82,4 1 672 Second 3,0 60,0 29,9 2,6 0,1 4,3 100,0 92,9 1 600 Moyen 3,1 80,2 12,2 1,8 0,1 2,7 100,0 95,4 1 491 Quatrième 5,7 87,9 4,7 0,8 0,2 0,8 100,0 98,3 1 548 Le plus riche 14,9 82,2 2,4 0,1 0,0 0,4 100,0 99,5 1 368 Ensemble 5,4 69,7 18,2 2,4 0,1 4,1 100,0 93,3 7 678 Note: Si plus d'un prestataire de soins prénatals a été déclaré, seul le prestataire le plus qualifié est pris en compte dans ce tableau. Par ailleurs, les femmes de 15-49 ans qui ont consulté les accoucheuses traditionnelles durant la grossesse pour la naissance la plus récente sont plutôt peu nombreuses (2,4 % dans l’ensemble). On relève les proportions les plus élevées chez les femmes âgées entre 35 et 49 ans (3 %), les multipares (4 %), les résidentes du milieu rural (4 %) et des régions de Tambacounda (9 %), de Kaffrine (7 %) et de Sédhiou (7 % chacune) et de Kédougou (6 %). Elles sont également relativement plus nombreuses, chez les femmes sans instruction (3 %) et chez celles vivant dans les ménages les plus pauvres (6 %). Santé de la Mère • 131 Par rapport aux enquêtes précédentes (graphique 9.2), on relève une augmentation de la proportion de femmes ayant bénéficié de soins prénatals auprès de professionnel de la santé : de 74 % en 1993, 82 % en 1997, cette proportion est passée à 87 % en 2005 pour atteindre 93% en 2010-11. Graphique 9.1 Soins prénatals par du personnel qualifié selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-MICS 2010-11 93 99 90 91 96 96 82 93 96 98 100 SÉ NÉ GA L Ur ba in Ru ral Au cu n Pr im air e Se co nd air e ou + Le pl us pa uv re Se co nd Mo ye n Qu atr ièm e Le pl us ric he 0 20 40 60 80 100 Pourcentage RÉSIDENCE INSTRUCTION QUINTILE DE BIEN-ÊTRE 74 47 47 82 47 48 87 52 62 93 65 73 Soins prénatals Assistance à l'accouchement Accouchement en établissement sanitaire 0 20 40 60 80 100 Pourcentage EDS-II 1993 EDS-III 1997 EDS-IV 2005 EDS-MICS 2010-11 Graphique 9.2 Soins prénatals, assistance à l'accouchement et lieu d'accouchement Graphique 9.1 Soins prénatals par du personnel qualifié selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-MICS 2010-11 93 99 90 91 96 96 82 93 96 98 100 SÉ NÉ GA L Ur ba in Ru ral Au cu n Pr im air e Se co nd air e ou + Le pl us pa uv re Se co nd Mo ye n Qu atr ièm e Le pl us ric he 0 20 40 60 80 100 Pourcentage RÉSIDENCE INSTRUCTION QUINTILE DE BIEN-ÊTRE 132 • Santé de la Mère Pour être efficaces, les soins prénatals doivent être effectués à un stade précoce de la grossesse, et surtout, ils doivent se poursuivre avec une certaine régularité jusqu'à l'accouchement. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande au moins quatre visites prénatales, à intervalles réguliers tout au long de la grossesse. Le tableau 9.2 présente les données concernant le nombre de visites prénatales effectuées par les femmes enceintes et le stade de la grossesse à la première visite. Dans l’ensemble, pour une naissance sur deux (50 %), les mères ont effectué au moins les quatre visites recommandées. Pour près de quatre naissance sur dix (40 %), elles n’ont effectué que 2 à 3 visites prénatales et dans 4 % des cas, elles n’ont effectué qu’une seule visite. Environ, 4 % des mères n’ont effectué aucune visite. La proportion de femmes ayant effectué les quatre visites prénatales recommandées est nettement plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (62 % contre 42 %). En ce qui concerne le stade de la grossesse auquel a eu lieu la première visite, dans six cas sur dix, (61 %), la première visite s’est déroulée à moins de quatre mois de grossesse (graphique 9.3). Même en zone rurale, plus de la moitié des femmes (52 %) ont effectué leur première visite prénatale avant quatre mois. Cependant, dans près d’un cas sur quatre (24 %), la visite prénatale a eu lieu à 4-5 mois de grossesse. La moitié des femmes enceintes a effectué une première visite à 3,6 mois et cela, quel que soit le milieu de résidence. Cependant, les femmes du milieu rural commencent un peu plus tardivement leurs consultations prénatales que celles du milieu urbain (durée médiane de 3,3 mois contre 3,8). Tableau 9.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, selon le nombre de visites prénatales et selon le stade de la grossesse au moment de la première visite pour la naissance la plus récente et, parmi les femmes ayant effectué des visites prénatales, nombre médian de mois de grossesse à la première visite, par milieu de résidence, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Résidence Visites prénatales Urbain Rural Total Nombre de consultations prénatales Aucune 1,0 6,3 4,1 1 2,2 5,2 4,0 2-3 31,3 45,5 39,7 4+ 62,1 41,5 50,0 Ne sait pas/manquant 3,4 1,5 2,3 Total 100,0 100,0 100,0 Nombre de mois de grossesse à la première consultation prénatale Aucune consultation prénatale 1,0 6,3 4,1 <4 72,7 52,2 60,7 4-5 18,0 28,1 23,9 6-7 4,9 9,7 7,7 8+ 2,3 1,7 1,9 Ne sait pas/manquant 1,2 2,0 1,7 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 3 171 4 508 7 678 Nombre médian de mois de grossesse à la première consultation (pour les femmes ayant reçu des soins prénatals) 3,3 3,8 3,6 Effectif de femmes ayant effectué des consultations prénatales 3 140 4 226 7 366 Santé de la Mère • 133 Types de soins prénatals L’efficacité des soins prénatals dépend aussi du type d’examens effectués pendant les consultations, mais aussi des conseils qui sont prodigués aux femmes. Pour cette raison, lors de l’EDS-MICS, il a été demandé aux femmes si, au cours des visites prénatales, elles avaient été informées sur les signes révélateurs de complications de la grossesse et si elles avaient subi certains examens médicaux (vérification de la tension artérielle, analyses d’urine et de sang). En outre, on a cherché à savoir si elles avaient reçu des suppléments de fer et si elles avaient été protégées contre les parasites intestinaux. Ces résultats sont présentés au tableau 9.3. Selon leurs déclarations, lors des visites prénatales, les femmes ont en général été peu informées des signes de complications de la grossesse. En effet, plus de quatre femmes sur dix (45 %) ont reçu ces informations. Même dans les catégories les plus favorisées (citadines, femmes instruites et dans le quintile le plus riche), près de la moitié des femmes n’ont reçu aucune information sur les signes de complications de la grossesse. Par contre, dans la quasi-totalité des cas, on a vérifié leur tension artérielle (97 %). Les examens d’urine chez les femmes enceintes ont été beaucoup moins fréquemment effectués (85 %) et pour 76 % des femmes, on a effectué un prélèvement de sang. Cette dernière proportion est plus faible en zone rurale qu’en zone urbaine (69 % contre 86 % en urbain) et dans les régions de Matam (60 %), Kédougou (61%), de Kolda (62 %) et de Tambacounda (63 %) que dans les autres régions. En outre, au cours de ces visites prénatales, plus de neuf femmes sur dix ont reçu des suppléments de fer (94 %) et un quart d'entre elles ont reçu des médicaments contre les parasites intestinaux (25 %). Les femmes des zones rurales, celles qui n’ont pas d’instruction et celles des régions de Matam, Kolda Kédougou et de Kaffrine ont moins bénéficié que les autres, de ces suppléments nutritionnels et de traitement préventif contre les vers intestinaux (Thiès). EDS-MICS 2010-11 1 73 18 5 2 1 6 52 28 10 2 24 61 24 8 2 17 Aucune consultation prénatale <4 mois 4-5 mois 6-7 mois 8+ mois NSP/manquant 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Urbain Rural Ensemble Graphique 9.3 Nombre de mois de grossesse à la première consultation prénatale par milieu de résidence 134 • Santé de la Mère Tableau 9.3 Composants des visites prénatales Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, pourcentage ayant pris des suppléments de fer, sous forme de comprimés ou de sirop, et des médicaments contre les parasites intestinaux au cours de la grossesse la plus récente et parmi les femmes ayant bénéficié de soins prénatals pour la naissance la plus récente des cinq dernières années, pourcentage ayant effectué certains examens prénatals, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Parmi les femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, pourcentage qui, durant la grossesse la plus récente, ont pris : Parmi les femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente des cinq dernières années, pourcentage qui : Caractéristique sociodémographique Du fer sous forme de comprimés ou de sirop Des médicaments contre les parasites intestinaux Effectif de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq dernières années Ont été informées des signes de complication de la grossesse Ont eu leur tension artérielle vérifiée Ont eu un prélèvement d'urine Ont eu un prélèvement de sang Effectif de femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente Age de la mère à la naissance <20 91,6 21,2 1 067 40,9 96,6 81,6 73,9 1 018 20-34 94,2 26,0 5 280 45,3 97,4 85,1 76,7 5 083 35-49 92,7 23,7 1 331 48,5 97,7 86,2 75,3 1 265 Rang de naissance 1 95,5 25,7 1 700 47,0 97,7 85,8 83,2 1 667 2-3 94,3 25,5 2 549 43,2 97,8 86,6 78,3 2 455 4-5 93,1 25,4 1 720 45,3 97,0 84,5 73,9 1 645 6+ 91,2 23,0 1 710 46,7 96,6 81,4 67,5 1 599 Milieu de résidence Urbain 96,6 26,8 3 171 47,7 98,9 92,3 85,9 3 140 Rural 91,5 23,7 4 508 43,4 96,2 79,3 68,8 4 226 Région Dakar 97,0 30,3 1 663 48,2 99,4 94,6 87,4 1 656 Ziguinchor 97,2 33,5 250 53,9 99,5 94,3 93,4 248 Diourbel 94,5 22,4 905 49,6 97,0 79,1 67,8 867 Saint-Louis 91,3 26,2 495 32,9 99,1 74,1 75,0 467 Tambacounda 86,1 41,8 418 21,7 91,6 66,8 63,4 367 Kaolack 96,6 26,5 625 49,2 99,6 89,7 66,4 612 Thiès 97,0 18,3 958 50,1 97,6 94,4 89,2 951 Louga 93,3 23,6 525 40,3 95,6 88,2 71,9 498 Fatick 94,4 25,3 397 39,3 96,7 81,9 68,9 385 Kolda 85,2 22,8 427 46,6 92,6 68,4 61,7 389 Matam 84,8 14,4 322 38,1 95,0 78,8 60,3 283 Kaffrine 89,8 9,8 342 50,0 96,0 82,8 78,9 310 Kédougou 87,7 19,7 73 40,1 97,3 62,2 61,2 65 Sédhiou 92,5 23,2 279 51,6 98,2 69,1 67,4 266 Niveau d'instruction de la mère Aucun 91,9 23,7 5 277 42,8 96,6 81,9 72,1 4 985 Primaire 97,1 28,3 1 647 49,5 98,6 89,7 82,1 1 635 Secondaire ou plus 97,5 26,8 754 52,5 99,6 93,4 89,3 746 Quintiles de bien-être Le plus pauvre 86,0 21,3 1 672 39,7 94,3 68,1 59,1 1 487 Second 93,6 23,6 1 600 43,9 96,6 81,8 71,4 1 530 Moyen 94,8 23,8 1 491 44,2 97,6 89,3 76,6 1 451 Quatrième 97,1 26,2 1 548 47,2 98,9 92,0 84,9 1 535 Le plus riche 97,6 30,7 1 368 51,7 99,5 93,6 89,4 1 362 Ensemble 93,6 25,0 7 678 45,3 97,4 84,8 76,1 7 366 Vaccinations antitétaniques Le tétanos néonatal est l’une des maladies les plus graves auxquelles le nouveau-né peut être exposé. Pour faire face à cette pathologie, il est recommandé l’administration d’au moins deux doses de vaccin antitétanique aux femmes enceintes. Les données du tableau 9.4 révèlent que 57 % des femmes ont reçu au moins deux injections antitétaniques au cours de la grossesse pour la naissance vivante la plus récente au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. Il est important de souligner que les informations présentées ici ont pris en compte l’histoire vaccinale des femmes. Ainsi, 69 % des femmes qui ont reçu la vaccination durant les dix dernières années et avant leur grossesse restent également immunisées. Par conséquent, elles protègent leurs enfants contre le tétanos néonatal. Santé de la Mère • 135 Tableau 9.4 Vaccination antitétanique Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, pourcentage ayant reçu au moins deux injections antitétaniques au cours de la grossesse pour la naissance vivante la plus récente et pourcentage dont la dernière naissance vivante a été protégée contre le tétanos néo-natal, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant reçu deux injections ou plus durant la dernière grossesse Pourcentage dont la dernière naissance a été protégée contre le tétanos néonatal 1 Effectif de mères Age de la mère à la naissance <20 58,8 65,8 1 067 20-34 57,3 69,3 5 280 35-49 56,5 68,0 1 331 Rang de naissance 1 64,4 70,6 1 700 2-3 57,4 70,0 2 549 4-5 54,1 67,0 1 720 6+ 53,6 66,0 1 710 Milieu de résidence Urbain 61,3 70,4 3 171 Rural 54,6 67,3 4 508 Région Dakar 60,5 67,3 1 663 Ziguinchor 57,9 78,8 250 Diourbel 46,6 68,6 905 Saint-Louis 52,2 66,0 495 Tambacounda 41,2 53,5 418 Kaolack 64,6 83,0 625 Thiès 68,3 75,1 958 Louga 57,0 62,2 525 Fatick 45,8 54,0 397 Kolda 55,4 66,6 427 Matam 49,8 64,1 322 Kaffrine 65,9 70,1 342 Kédougou 50,2 65,5 73 Sédhiou 73,4 79,4 279 Niveau d'instruction de la mère Aucun 56,0 67,3 5 277 Primaire 58,8 69,9 1 647 Secondaire ou plus 63,7 74,9 754 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 49,0 59,8 1 672 Second 61,1 72,7 1 600 Moyen 56,9 71,0 1 491 Quatrième 57,2 67,1 1 548 Le plus riche 63,9 73,5 1 368 Ensemble 57,4 68,6 7 678 1 Y compris les mères ayant reçu deux injections au cours de la grossesse de leur dernière naissance ou, au moins, deux injections (la dernière ayant été effectuée au cours des trois années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, trois injections (la dernière ayant été effectuée au cours des cinq années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, quatre injections (la dernière ayant été effectuée au cours des dix années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, cinq injections avant la dernière naissance. L’âge de la mère n’est pas déterminant pour la couverture vaccinale contre le tétanos néonatal : 59 % à moins de 20 ans et 57 % à 20-34 ans et à 35-49 ans. Par contre, les naissances de rang 1 sont mieux protégées que les autres : 64 % contre 54 % pour les femmes qui ont 6 enfants et plus. En ce qui concerne le milieu de résidence, les naissances qui se sont produites en milieu urbain ont été mieux protégées que celles qui ont eu lieu en milieu rural (61 % contre 55 %). Il faut souligner que le statut vaccinal des mères varie peu avec la région et le niveau d’instruction. Tout au plus peut-on souligner que dans les régions de Diourbel (47 %), Fatick (46 %) et Tambacounda (41 %), les proportions sont un peu plus faibles qu’ailleurs. Par ailleurs, la fréquence de la vaccination augmente avec l’indice de bien-être du ménage, passant d’un minimum de 49 % pour les femmes vivant dans les ménages les plus pauvres à un maximum de 64 % pour celles des ménages les plus riches. 136 • Santé de la Mère Par rapport aux résultats de l’EDS de 2005, la couverture vaccinale contre le tétanos néonatal (deux injections ou plus) a baissé (66 % en 2005 et 57 % en 2010-2011). 9.1.2 Accouchement Lieu d’accouchement Parmi les naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, près de trois sur dix (27 %) ont eu lieu à domicile, 69 % dans une structure sanitaire publique et 4 % dans une structure privée (tableau 9.5). On observe une légère amélioration du taux de fréquentation des structures de santé entre 2005 et 2010 (respectivement 69 % et 73 %). L'examen des données par caractéristiques sociodémographiques de la mère ne met pas en évidence une tendance nette selon l’âge de la mère. A l’inverse, le rang de naissance semble jouer un rôle important dans le choix du lieu d’accouchement. Dans 85 % des cas, les naissances de rang 1 ont lieu dans un établissement sanitaire et presque exclusivement du secteur public, contre 74 % pour les rangs 2-3 et 62 % pour le rang six ou plus. Il a été relevé aussi une augmentation du pourcentage de naissances ayant eu lieu dans une structure de santé avec le nombre de visites prénatales. Seulement de 15 % chez celles n’ayant effectué aucune visite prénatale, cette proportion est supérieure à 67 % chez les femmes ayant effectué au moins une visite prénatale. De même, on observe des disparités selon le milieu et la région de résidence. L’accouchement dans les structures de santé concerne d’avantage les femmes citadines (93 % contre 60 % des femmes rurales) et celles résidant dans les régions de Dakar (96 %), Ziguinchor (90) et de Thiès (89 %). En outre, c’est dans la région de Dakar qu’on trouve la plus forte proportion de femmes ayant accouché dans les structures privées (11 %). Ceci s’expliquerait par une concentration de ces structures dans cette région. A l’opposé, les femmes des régions de Kédougou, Kolda, Sédhiou, Tambacounda et de Kaffrine privilégient le plus l’accouchement à domicile avec moins de 50 % ayant accouché dans les structures de santé. De même, le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique des femmes semblent exercer une influence positive dans le choix du lieu d’accouchement (graphique 9.4). Ainsi, plus le niveau d’instruction est élevé, plus la proportion des femmes qui ont accouché dans les structures de santé augmente, passant de 66 % chez celles non instruites à 94 % chez celles de niveau d’instruction secondaire ou plus. La même tendance est observée selon le quintile de bien-être économique : seuls 40 % de femmes appartenant aux ménages les plus pauvres ont accouché dans les structures de santé contre 98 % dans les ménages les plus riches. Dans cette dernière catégorie, pratiquement toutes les femmes ont choisi comme lieu d’accouchement les structures de santé dont 14 % dans le secteur privé. Dans l’ensemble, 27 % des femmes ont accouché à domicile. Les accouchements à domicile concernent principalement les femmes du milieu rural (39 %), les femmes non instruites (33 %), les multipares (38 %) et celles des régions de Kédougou (68%), Kolda (57 %), Tambacounda (53 %), Sédhiou (52 %) et les femmes des ménages les plus pauvres (60 %). Par rapport aux résultats des enquêtes précédentes, on note une augmentation de la proportion de femmes dont l’accouchement s’est déroulé en structure sanitaire : cette proportion est passée de 47 % en 1993 à 49 % en 1997, 62 % en 2005 et à 73 % (graphique 9.2). Corrélativement, il a été relevé une diminution très sensible de la proportion de femmes qui ont accouché à domicile (53 % en 1993 contre 51 % en 1997, 37 % en 2005 et 27 % en 2010-2011). Santé de la Mère • 137 Tableau 9.5 Lieu de l'accouchement Répartition (en %) des naissances vivantes survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par lieu d'accouchement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Pourcentage dont l'accouchement s'est déroulée dans un établissement de santé Établissement de santé Caractéristique sociodémographique Secteur public Secteur privé Maison Autre Total Effectif de naissances Age de la mère à la naissance <20 69,1 2,8 27,7 0,3 100,0 71,9 1 728 20-34 68,6 4,4 26,6 0,4 100,0 73,0 8 081 35-49 68,5 4,6 26,4 0,4 100,0 73,1 1 670 Rang de naissance 1 79,6 5,5 14,7 0,2 100,0 85,2 2 611 2-3 69,1 5,2 25,4 0,3 100,0 74,4 3 875 4-5 64,7 3,4 31,3 0,6 100,0 68,1 2 661 6+ 59,9 1,8 37,6 0,7 100,0 61,8 2 332 Visites prénatales1 Aucune 13,9 1,0 84,4 0,7 100,0 14,9 313 1-3 64,3 2,7 32,4 0,5 100,0 67,0 3 350 4+ 79,9 6,0 13,8 0,3 100,0 85,9 3 841 Ne sait pas/manquant 77,2 9,7 12,8 0,3 100,0 86,9 175 Milieu de résidence Urbain 84,6 8,5 6,8 0,1 100,0 93,1 4 399 Rural 58,7 1,5 39,2 0,6 100,0 60,2 7 080 Région Dakar 85,7 10,5 3,8 0,0 100,0 96,2 2 280 Ziguinchor 87,1 3,0 9,3 0,6 100,0 90,2 367 Diourbel 71,5 6,3 21,8 0,4 100,0 77,7 1 417 Saint-Louis 70,0 1,4 28,3 0,2 100,0 71,4 750 Tambacounda 44,6 0,6 53,0 1,8 100,0 45,1 634 Kaolack 60,1 5,7 33,8 0,5 100,0 65,7 997 Thiès 86,6 2,3 11,0 0,1 100,0 88,9 1 376 Louga 69,1 1,8 28,6 0,5 100,0 70,9 799 Fatick 64,2 1,2 34,0 0,6 100,0 65,4 654 Kolda 41,8 0,7 56,6 0,8 100,0 42,6 653 Matam 52,9 1,3 45,6 0,3 100,0 54,1 493 Kaffrine 48,7 0,5 50,6 0,2 100,0 49,2 532 Kédougou 30,6 1,8 67,6 0,0 100,0 32,4 108 Sédhiou 46,5 0,5 52,3 0,7 100,0 47,0 418 Niveau d'instruction de la mère Aucun 63,5 2,8 33,1 0,5 100,0 66,4 8 187 Primaire 82,2 4,6 13,0 0,2 100,0 86,8 2 343 Secondaire ou plus 79,3 14,8 5,8 0,1 100,0 94,0 949 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 39,2 0,5 59,5 0,8 100,0 39,8 2 649 Second 62,4 1,0 36,1 0,5 100,0 63,4 2 523 Moyen 80,4 2,3 16,9 0,4 100,0 82,7 2 223 Quatrième 86,5 5,7 7,8 0,0 100,0 92,2 2 234 Le plus riche 83,5 14,3 2,0 0,2 100,0 97,8 1 851 Ensemble 68,6 4,2 26,8 0,4 100,0 72,8 11 479 1 Inclut seulement la naissance la plus récente survenue au cours des cinq années ayant précédé l'enquête EDS-MICS 2010-11 73 93 60 66 87 94 40 63 83 92 98 SÉ NÉ GA L Ur ba in Ru ral Au cu n Pr im air e Se co nd air e ou + Le pl us pa uv re Se co nd Mo ye n Qu atr ièm e Le pl us ric he 0 20 40 60 80 100 Pourcentage RÉSIDENCE EDUCATION QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Graphique 9.4 Accouchement dans un établissement de santé selon certaines caractéristiques sociodémographiques 138 • Santé de la Mère Assistance lors de l’accouchement Une bonne prise en charge de l’accouchement, élément clé dans la lutte contre la morbidité et la mortalité maternelles, dépend de la qualification des personnels de santé. Le tableau 9.6 montre que plus de six naissances sur dix (65 %) ont eu lieu avec l’assistance de personnel de santé qualifié, essentiellement des infirmières et des sages- femmes (60 %). En outre, 72 % des accouchements dans les structures de santé sont assistés par des sages-femmes. Par ailleurs, trois accouchements sur dix (30%) se sont déroulés sans assistance de personnel formé, soit donc avec l’aide de parents et d’amis (22 %), soit sans aucune assistance (5 %). Les accoucheuses traditionnelles sont intervenues dans 8 % des cas. Le pourcentage de naissances assistées par un professionnel de santé varie selon le rang de naissance : de 78 % chez les primipares, il passe à 67 % chez les paucipares (2-3 enfants) et tombe à 53 % chez les grandes multipares. Comme il fallait s’y attendre, 88 % des naissances dans les structures de santé sont assistées soit par un médecin, soit par une sage-femme, une infirmière ou une aide-infirmière, contre 5 % des naissances qui ont eu lieu dans un endroit autre que des structures de santé. En outre, le tableau 9.6 met en exergue des disparités selon le milieu et la région de résidence. En milieu urbain, neuf naissances sur dix sont assistées par un professionnel de santé contre une naissance sur deux (49 %) en milieu rural. En général, les régions du sud, à l’exception de Ziguinchor où moins d’un quart des naissances n’est pas assisté par un professionnel de santé, sont les moins avantagées. Dans ces régions, l’essentiel des accouchements sont assistés par des parents ou d'autres personnes. Dans au moins 4 cas sur 5, les naissances dont la mère est instruite ou appartient aux ménages aisés, sont assistées par des professionnels de santé. Entre les deux dernières enquêtes, la proportion d’accouchements assistés a sensiblement augmenté, passant de 52 % à 65 %. A ce rythme de progression, selon le Document de Politique Economique et Social (DPES), le pourcentage d’accouchements assistés au niveau national serait égal ou dépasserait les 90 % d’ici 2015 et cela conformément aux objectifs du millénaire pour le développement relatifs à l’amélioration de la santé maternelle. Type d’accouchement Dans la stratégie pour la maternité sans risque, la césarienne est un des moyens préconisés pour réduire la mortalité maternelle et périnatale. C’est un mode d’accouchement auquel l’obstétricien fait recours chaque fois que l’accouchement par voie naturelle s’avère greffé d’un risque fœtal et/ou maternel, pour amoindrir le risque. Ainsi, a- t-on demandé aux mères, pour toutes les naissances vivantes des cinq dernières années, si l’accouchement avait eu lieu par césarienne ou par voie basse. Santé de la Mère • 139 Tableau 9.6 Assistance lors de l'accouchement Répartition (en %) des naissances vivantes survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par type d'assistance durant l'accouchement, pourcentage de naissances assistées par un professionnel de santé et pourcentage de naissances accouchées par césarienne selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Personne ayant assisté l'accouchement : Pourcentage dont l'accou- chement a été assisté par un prestataire formé1 Pourcentage accouché par césarienne Caractéristique sociodémographique Médecin Sage- femme Infir- Mière/ ICP Matrone/ Accou- cheuse tradition- nelle Parents/ Autre Personne NSP/ Manquant Total Effetif de naissances Age de la mère à la naissance <20 3,0 51,9 9,7 18,6 13,3 3,5 0,0 100,0 64,6 5,8 1 728 20-34 4,5 54,7 6,1 19,7 10,0 5,0 0,0 100,0 65,2 5,7 8 081 35-49 7,8 51,2 6,0 19,2 8,1 7,7 0,0 100,0 65,0 6,9 1 670 Rang de naissance 1 7,2 63,4 7,3 13,9 6,6 1,5 0,0 100,0 78,0 10,1 2 611 2-3 4,6 56,1 6,1 19,8 9,6 3,8 0,1 100,0 66,8 5,4 3 875 4-5 4,0 50,0 6,4 19,8 13,1 6,6 0,0 100,0 60,5 4,2 2 661 6+ 3,1 43,2 6,9 24,8 12,0 10,1 0,0 100,0 53,2 3,8 2 332 Lieu d'accouchement Établissement de santé 6,5 72,2 8,9 12,2 0,2 0,1 0,0 100,0 87,5 8,1 8 360 Ailleurs 0,1 4,3 0,6 39,1 37,1 18,7 0,1 100,0 5,0 0,0 3 120 Milieu de résidence Urbain 9,4 77,8 3,5 6,0 2,0 1,2 0,0 100,0 90,7 10,9 4 399 Rural 1,8 38,8 8,6 27,9 15,3 7,7 0,0 100,0 49,2 2,7 7 080 Région Dakar 13,6 79,7 1,7 3,0 1,1 0,9 0,0 100,0 95,0 15,5 2 280 Ziguinchor 3,4 52,8 11,1 29,5 2,0 1,3 0,0 100,0 67,3 4,8 367 Diourbel 2,2 59,4 6,9 15,6 9,9 5,9 0,1 100,0 68,5 3,0 1 417 Saint-Louis 4,4 52,9 11,4 17,4 8,7 5,2 0,0 100,0 68,8 5,2 750 Tambacounda 1,5 24,7 6,1 19,9 31,7 16,0 0,0 100,0 32,4 1,7 634 Kaolack 3,0 34,0 12,2 45,3 3,7 1,7 0,0 100,0 49,3 1,6 997 Thiès 3,0 81,0 1,4 9,7 3,1 1,9 0,0 100,0 85,3 7,1 1 376 Louga 3,5 53,6 6,1 21,0 9,6 6,1 0,0 100,0 63,3 3,3 799 Fatick 1,9 45,8 5,2 25,9 13,1 8,1 0,0 100,0 52,9 2,1 654 Kolda 1,5 21,5 10,2 29,5 25,2 12,0 0,0 100,0 33,3 2,3 653 Matam 2,1 38,6 5,1 17,5 27,3 9,4 0,0 100,0 45,8 2,9 493 Kaffrine 0,7 24,3 19,0 36,5 12,1 7,4 0,0 100,0 44,0 1,7 532 Kédougou 4,7 15,7 5,0 21,0 34,2 19,4 0,0 100,0 25,4 3,6 108 Sédhiou 1,9 24,5 8,5 39,4 21,4 4,3 0,0 100,0 34,9 3,0 418 Niveau d'instruction de la mère Aucun 2,8 48,7 6,7 22,6 12,5 6,6 0,0 100,0 58,2 4,0 8 187 Primaire 7,1 66,2 6,8 12,6 5,5 1,9 0,0 100,0 80,0 8,7 2 343 Secondaire + 15,9 66,7 5,1 9,4 1,8 1,0 0,0 100,0 87,8 14,6 949 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 1,4 19,8 8,5 30,4 25,9 14,0 0,0 100,0 29,7 1,8 2 649 Second 1,7 39,3 10,1 31,4 11,7 5,8 0,0 100,0 51,1 2,1 2 523 Moyen 3,3 64,5 6,9 17,8 5,1 2,4 0,0 100,0 74,7 5,1 2 223 Quatrième 4,8 78,9 4,4 8,4 2,5 0,9 0,0 100,0 88,2 7,7 2 234 Le plus riche 15,5 78,7 1,4 3,1 1,0 0,3 0,1 100,0 95,5 15,5 1 851 Ensemble 4,8 53,7 6,6 19,5 10,2 5,2 0,0 100,0 65,1 5,9 11 479 Note: Si l'enquêtée a déclaré que plus d'une personne avait assisté l'accouchement, seule la personne la plus qualifiée est prise en compte dans ce tableau. Pour 6 % des naissances, on a pratiqué la césarienne (tableau 9.6). La fréquence de cette intervention est peu variable avec l’âge et est plus fréquente chez les primipares (10 %). La gravido-puerpéralité chez les adolescentes et les primipares est souvent émaillée de complications. Cette gravido-puerpéralité est liée aux anomalies du bassin en rapport avec la nuptialité et la maternité précoces. Des précautions comme un suivi prénatal régulier et de qualité et une bonne prise en charge de la grossesse et de l’accouchement sont à entreprendre pour amoindrir ce risque. Les césariennes se pratiquent dans un environnement médico-chirurgical. Elles sont exclusivement pratiquées dans les structures de santé (8,1 %), sont plutôt rares chez les femmes du milieu rural (3 %), dans les régions les moins urbanisées et chez les femmes non instruites qui résident aussi plus souvent en zone rurale. Ce type d’intervention qui n’est réalisable que dans les formations sanitaires suffisamment équipées et dotées de personnels qualifiés n’est pas à la portée des couches les plus défavorisées (moins de 2 % contre 16 % dans les 140 • Santé de la Mère classes aisées) et qui sont également souvent éloignées de ces services (moins de 2% dans les régions de Tambacounda, Kaolack et Kaffrine, contre 16 % à Dakar et 7 % à Thiès). Il convient de signaler que la fréquence de la césarienne chez les plus instruites (15%) pourrait plutôt être liée à la maternité tardive qui les expose à des complications obstétricales telles que les mort-nés et un accouchement bloqué (la dystocie) nécessitant une intervention chirurgicale. 9.1.3 Examens postnatals Examens postnatals pour les mères Le tableau 9.7 présente la répartition des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des deux années ayant précédé l'enquête, en fonction du moment où les premiers soins postnatals ont été effectués après l'accouchement de la naissance la plus récente selon certaines caractéristiques sociodémographiques et selon que la mère a reçu ou non des soins postnatals. Dans l'ensemble, près de 7 femmes sur 10 (68 %) ont reçu des soins postnatals dans les deux jours consécutifs à l’accouchement. Cette proportion cache des disparités selon les caractéristiques sociodémographiques de la femme et selon le lieu d’accouchement. En effet, la proportion varie de 65 % chez les femmes de moins 20 ans à 70 chez celles âgées entre 35-49 ans. En outre, de 75 % chez les primipares, la proportion de femmes ayant bénéficié de soins postnatals dans les deux jours à l’accouchement atteint 62 % chez les grandes multipares. Huit femmes sur 10 ayant accouché dans un établissement sanitaire ont reçu des soins postnatals dans les deux jours consécutifs à l’accouchement et 50 % à moins de 4 heures. Globalement, parmi les femmes ayant accouché au cours des deux années ayant précédé l’enquête, un quart (25 %) n’a bénéficié d’aucun suivi postnatal dans les 41 jours consécutifs à l’accouchement et 75 % en ont effectué au moins un. La plupart de ces femmes (68 %) sont allées en consultation dans les deux jours qui ont suivi l’accouchement, 2 % au cours des 3-6 jours après l’accouchement et dans 4 % des cas, les femmes ont attendu entre 7 et 41 jours pour se rendre à une consultation postnatale. La proportion de femmes n’ayant pas reçu des soins postnatals dans les 41 après l’accouchement, diminuent sensiblement avec l’âge, passant de 27 % à moins de 20 ans, à 24 % à plus de 20 ans. Cette proportion varie selon le rang de naissance : elle passe de 18 % pour les primipares à 31 % pour les femmes ayant six enfants ou plus. En outre, on observe des écarts selon le milieu et la région de résidence : ces proportions sont plus élevées en milieu rural (32 %) qu’en milieu urbain (14 %), et dans les régions de Kolda (54 %), Kédougou (43 %) et Kaffrine (42 %). De même, le niveau d’instruction de la mère influence la fréquence du suivi postnatal puisque trois mères sans instruction sur dix n’ont pas consulté après leur accouchement contre 16 % parmi celles qui ont un niveau primaire et 17 % parmi les plus instruites. Par ailleurs, le pourcentage de femmes ayant reçu un examen postnatal dans les deux jours consécutifs à leur accouchement augmente avec le niveau de bien-être économique : 44 % dans les ménages les plus pauvres (premier quintile), 67 % dans le second quintile, et 83 % dans le dernier quintile. Corrélativement, les femmes n’ayant reçu aucun examen postnatal sont relativement plus nombreuses dans les deux quintiles les plus pauvres. Santé de la Mère • 141 Tableau 9.7 Soins postnatals Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des deux années ayant précédé l'enquête, en fonction du moment où les premiers soins postnatals ont été effectués après l'accouchement, pour la naissance la plus récente selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Pourcentage de femmes ayant reçu des soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance Durée écoulée entre l'accouchement et le moment où la mère a reçu ses premiers soins postnatals Caractéristiques sociodémographiques Moins de 4 heures 4-23 heures 1-2 jours 3-6 jours 7-41 jours NSP/ Manquant Pas de soins postnatals1 Total Effectif de femmes Age de la mère à la naissance <20 48,3 8,5 8,6 2,2 4,3 1,1 27,1 100,0 65,4 650 20-34 49,2 12,0 6,8 1,7 4,3 1,6 24,4 100,0 68,0 3 197 35-49 51,9 11,9 6,6 0,4 3,3 1,8 24,2 100,0 70,3 662 Rang de naissance 1 53,6 13,2 8,4 1,6 2,8 2,1 18,4 100,0 75,2 1 009 2-3 49,2 11,4 6,8 1,6 4,6 1,5 24,9 100,0 67,5 1 554 4-5 52,0 9,8 5,4 1,5 4,9 1,5 24,9 100,0 67,2 1 009 6+ 42,7 11,4 7,8 1,5 4,1 1,2 31,3 100,0 61,9 938 Lieu d'accouchement Établissement de santé 61,3 12,8 6,7 1,2 2,6 2,0 13,5 100,0 80,8 3 291 Ailleurs 17,5 7,9 8,1 2,6 8,5 0,4 55,1 100,0 33,4 1 217 Milieu de résidence Urbain 58,6 13,3 8,6 1,1 2,6 2,2 13,5 100,0 80,5 1 695 Rural 43,9 10,4 6,1 1,8 5,1 1,2 31,5 100,0 60,4 2 814 Région Dakar 58,1 14,0 9,6 0,5 2,8 2,6 12,5 100,0 81,7 825 Ziguinchor 59,0 10,5 7,5 2,5 1,8 1,6 17,1 100,0 77,1 149 Diourbel 51,3 16,6 3,9 2,1 2,9 2,0 21,1 100,0 71,9 563 Saint-Louis 44,2 11,5 7,7 1,7 3,1 2,5 29,3 100,0 63,4 291 Tambacounda 35,9 9,2 4,6 4,6 9,2 0,6 36,0 100,0 49,7 246 Kaolack 41,7 14,9 6,5 1,3 4,5 0,9 30,2 100,0 63,1 412 Thiès 75,0 8,1 6,3 0,8 1,2 1,2 7,4 100,0 89,4 577 Louga 54,9 6,6 5,7 1,1 4,1 1,4 26,2 100,0 67,2 311 Fatick 43,2 13,1 12,4 2,5 4,0 1,3 23,5 100,0 68,7 266 Kolda 18,8 9,8 5,3 2,3 8,2 1,5 54,0 100,0 34,0 248 Matam 31,1 10,8 9,2 0,2 7,4 1,8 39,6 100,0 51,0 186 Kaffrine 45,3 2,1 1,2 0,3 8,6 0,3 42,2 100,0 48,6 221 Kédougou 23,8 9,4 5,7 3,9 12,9 1,7 42,6 100,0 38,9 43 Sédhiou 30,4 11,3 13,3 3,4 3,3 0,0 38,2 100,0 55,0 172 Niveau d'instruction Aucun 46,8 10,5 7,1 1,6 4,5 1,2 28,3 100,0 64,3 3 159 Primaire 57,4 13,4 6,3 1,4 3,2 2,2 16,1 100,0 77,0 981 Secondaire ou plus 51,6 14,5 9,2 1,3 3,8 2,6 17,0 100,0 75,3 369 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 29,4 8,9 5,8 1,6 6,2 1,2 46,8 100,0 44,2 1 061 Second 49,1 10,0 7,4 2,4 4,7 1,2 25,2 100,0 66,5 1 020 Moyen 56,9 12,2 7,2 1,7 3,1 1,3 17,5 100,0 76,3 865 Quatrième 58,5 12,1 7,9 1,2 2,8 1,5 16,0 100,0 78,5 878 Le plus riche 60,1 15,8 7,2 0,3 3,1 3,1 10,4 100,0 83,1 685 Ensemble 49,5 11,5 7,1 1,5 4,2 1,6 24,8 100,0 68,0 4 509 1 Y compris les femmes qui ont eu une visite postnatale après 41 jours. Enfin, 31 % des femmes n’ont pas reçu de soins postnatals dans les deux jours consécutifs à l’accouchement (tableau 9.8). Les femmes qui ont fait l’objet de consultation postnatale dans les deux jours après l’accouchement sont âgées en général de moins de 20 ans (34 %), sont de grandes multipares (37 %), ont accouché ailleurs que dans des structures de santé (67 %), résident en milieu rural (39 %) et dans des régions Sud (Tambacounda, Kolda et Kédougou). Elles sont en majorité sans niveau d’instruction (35 %) et plus de la moitié appartiennent aux ménages les plus pauvres (55 %) (graphique 9.5). 142 • Santé de la Mère Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals pour les mères Le tableau 9.8 présente la répartition des femmes ayant eu des naissances au cours des deux années ayant précédé l'enquête, selon le type de personnel ayant dispensé les premiers soins postnatals pour leur dernière naissance et selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes. Dans l’ensemble, 64 % des femmes ayant eu une naissance vivante au cours des deux années, ont bénéficié de soins postnatals auprès de professionnels de la santé (médecins, sage-femmes, infirmières et agents de santé communautaire). Ces soins postnatals ont été principalement effectués par des médecins, sages-femmes ou infirmières (53 %) et, dans une moindre mesure par des aides-infirmiers et matrones (10 %). Les femmes ayant reçu des soins postnatals auprès des agents de santé communautaire représentent moins de 1 %. Par contre, 6 % des mères ont bénéficié des soins postnatals des accoucheuses traditionnelles. Les différences selon l’âge de la femme sont peu importantes. Par contre, en fonction d’autres caractéristiques sociodémographiques, les écarts sont assez notables. La proportion de naissances pour lesquelles la mère a bénéficié de soins postnatals auprès de personnel formé varie de 71 % pour les primipares à 56 % pour les femmes au rang de naissance 6 ou plus. Selon le niveau d’instruction, la proportion est de 59 % pour les femmes sans instruction, 72 % pour celles qui ont le niveau d’instruction primaire et 74 % pour celles de niveau secondaire ou plus (graphique 9.5). En outre, des disparités s’observent selon le lieu d’accouchement : 77 % ayant accouché dans une structure de santé ont fait l’objet de consultation postnatale contre 26 % de celles qui ont accouché ailleurs. De même, les femmes du milieu urbain ont plus bénéficié de soins postnatals que les femmes du milieu rural (79 % contre 53 %). Au niveau régional, des disparités sont importantes : les femmes qui ont le moins bénéficié des premiers soins postnatals auprès d’un professionnel de la santé sont celles des régions de Kolda (29 %), Kédougou (32 %), Tambacounda (41 %), de Matam (45 %) et Sédhiou (43 %). A l’opposé, dans les régions de Dakar et de Thiès, respectivement 80 % et 87 % des femmes ont reçu des soins postnatals auprès des professionnels de santé. Enfin, la proportion de femmes ayant eu au moins une consultation postnatale augmente régulièrement avec l’indice du niveau de bien-être du ménage : de 36 % parmi les femmes du quintile le plus pauvre, la proportion passe à 81 % dans le plus riche. EDS-MICS 2010-11 64 77 28 80 50 60 72 74 37 60 73 77 81 SÉ NÉ GA L Str uc tur e d e s an té Ail leu rs Ur ba in Ru ral Au cu n Pr im air e Se co nd air e ou + Le pl us pa uv re Se co nd Mo ye n Qu atr ièm e Le pl us ric he 0 20 40 60 80 100 Pourcentage RÉSIDENCE QUINTILE DE BIEN-ÊTRELIEU D’ACCOUCHEMENT Graphique 9.5 Premiers examens postnatals par du personnel formé selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDUCATION Santé de la Mère • 143 Tableau 9.8 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals, pour la naissance la plus récente, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals à la mère : Pas de soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance Caractéristique sociodémographique Médecin/ Sage- femme Infirmière Matrone/ Accoucheuse traditionnelle Total Effectif de femmes Age de la mère à la naissance <20 50,5 11,3 4,7 33,5 100,0 650 20-34 52,1 10,3 6,5 31,1 100,0 3 197 35-49 56,0 9,8 5,4 28,8 100,0 662 Rang de naissance 1 60,9 9,7 5,8 23,6 100,0 1 009 2-3 53,7 9,0 5,7 31,6 100,0 1 554 4-5 49,4 11,8 6,6 32,2 100,0 1 009 6+ 44,4 11,9 6,4 37,3 100,0 938 Lieu d'accouchement Établissement de santé 65,3 11,2 5,5 18,0 100,0 3 291 Ailleurs 17,6 8,1 7,7 66,5 100,0 1 217 Milieu de résidence Urbain 73,8 5,4 2,3 18,5 100,0 1 695 Rural 39,5 13,4 8,3 38,7 100,0 2 814 Région Dakar 74,2 5,7 2,2 17,8 100,0 825 Ziguinchor 53,1 13,2 11,6 22,1 100,0 149 Diourbel 57,5 8,7 7,0 26,8 100,0 563 Saint-Louis 47,2 15,8 2,0 35,0 100,0 291 Tambacounda 25,0 15,7 8,9 50,3 100,0 246 Kaolack 35,6 21,3 8,5 34,6 100,0 412 Thiès 85,3 2,0 3,5 9,2 100,0 577 Louga 50,1 13,4 4,0 32,4 100,0 311 Fatick 51,3 7,8 10,2 30,7 100,0 266 Kolda 21,4 7,9 4,9 65,7 100,0 248 Matam 33,8 10,9 7,0 48,4 100,0 186 Kaffrine 22,4 15,6 10,9 51,2 100,0 221 Kédougou 19,2 12,8 7,2 60,8 100,0 43 Sédhiou 26,6 15,9 13,7 43,9 100,0 172 Niveau d'instruction Aucun 47,4 11,4 6,4 34,8 100,0 3 159 Primaire 63,3 8,4 6,0 22,3 100,0 981 Secondaire ou plus 66,5 7,0 3,6 22,9 100,0 369 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 22,1 13,9 8,8 55,1 100,0 1 061 Second 42,9 15,7 8,8 32,6 100,0 1 020 Moyen 63,2 9,6 4,3 23,0 100,0 865 Quatrième 69,8 6,3 3,8 20,1 100,0 878 Le plus riche 77,9 3,2 2,9 16,0 100,0 685 Ensemble 52,4 10,4 6,1 31,1 100,0 4 509 1 Y compris les femmes qui ont eu une visite postnatale après 41 jours Examens postnatals pour les nouveau-nés Le tableau 9.9 présente la répartition (en %) des naissances au cours des deux années ayant précédé l'enquête, en fonction du moment où les premiers soins postnatals pour le nourrisson ont été effectués, pour la naissance la plus récente selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère. Au total, 41 % des naissances ont reçu des soins postnatals dans les 2 jours consécutifs à l’accouchement. La proportion de femmes dont les nouveau-nés ont bénéficié de soins postnatals dans les deux jours consécutifs à l’accouchement augmente avec l’âge de 39 % à moins de 20 ans, elle est à 45 % entre 35-49 ans. De même, cette proportion est plus importante chez les primipares (45 %) et les grandes multipares (42 %). Selon le lieu d’accouchement, 47 % des naissances ayant lieu dans un établissement sanitaire ont reçu des soins postnatals dans les deux jours consécutifs à l’accouchement contre 26 % pour celles dont l’accouchement a eu lieu ailleurs. En outre, des écarts sont notés selon le milieu et la région de résidence : ces proportions sont plus élevées en milieu urbain (46 %) qu’en milieu rural (38 %) et dans les régions de Thiès (57 %), Kaolack (53 %) et Ziguinchor (50 %) que dans les autres. De même, le niveau d’instruction de la mère influence la fréquence du suivi postnatal du nouveau –né puisque 39 % des mères sans instruction ont consulté après leur accouchement contre 47 % parmi celles qui ont un niveau primaire et 49 % parmi les plus instruites. Les résultats selon le niveau de bien être économique montrent un suivi postnatal du 144 • Santé de la Mère nouveau-né plus fréquent dans les ménages les plus riches (54 %) que dans les autres. Dans les ménages les plus pauvres, la proportion n’est que de 29 %. Tableau 9.9 Moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés au nouveau-né Répartition (en %) des naissances survenues dans les deux années ayant précédé l'enquête par durée écoulée entre l'accouchement et le moment où ont été donnés les premiers soins postnatals au nouveau-né et pourcentage de naissances ayant reçu des soins postnatals dans les deux jours qui ont suivi la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Durée écoulée entre l'accouchement et le moment où le nouveau-né a reçu ses premiers soins postnatals Pas de soins post- natals1 Total Pourcentage de naissances ayant reçu des soins postnatals dans les 2 premiers jours après la naissance Effectif de naissances Moins d'une heure 1-3 heures 4-23 heures 1-2 jours 3-6 jours NSP/ manquant Age de la mère à la naissance <20 13,0 14,7 4,4 6,5 4,4 0,7 56,3 100,0 38,6 650 20-34 15,5 14,3 5,4 5,7 3,9 1,2 54,0 100,0 41,0 3197 35-49 16,0 14,8 6,3 7,6 3,9 1,3 50,1 100,0 44,7 662 Rang de naissance 1 19,6 14,0 5,3 5,9 4,2 1,4 49,7 100,0 44,7 1009 2-3 13,3 15,5 4,7 5,6 3,9 1,3 55,7 100,0 39,1 1554 4-5 15,8 14,5 5,2 5,0 4,3 1,0 54,2 100,0 40,4 1009 6+ 13,2 13,2 6,7 8,6 3,2 0,8 54,3 100,0 41,7 938 Lieu d'accouchement Établissement de santé 19,6 16,9 5,1 5,3 3,8 1,4 47,9 100,0 47,0 3291 Ailleurs 3,4 7,7 6,0 8,4 4,5 0,4 69,6 100,0 25,5 1217 Milieu de résidence Urbain 19,9 15,8 4,3 5,9 3,0 1,6 49,4 100,0 45,9 1695 Rural 12,5 13,6 6,0 6,3 4,5 0,8 56,3 100,0 38,3 2814 Région Dakar 19,3 16,5 2,0 6,0 1,4 1,4 53,4 100,0 43,8 825 Ziguinchor 16,8 17,2 5,4 10,2 2,8 1,7 46,0 100,0 49,5 149 Diourbel 15,3 22,9 5,9 4,3 7,7 0,7 43,2 100,0 48,4 563 Saint-Louis 7,9 7,4 5,2 7,3 3,9 1,9 66,4 100,0 27,8 291 Tambacounda 4,6 10,2 5,1 5,7 6,2 0,4 67,8 100,0 25,6 246 Kaolack 9,0 23,6 10,9 9,3 3,5 1,9 41,7 100,0 52,8 412 Thiès 37,9 10,3 5,7 3,1 5,4 1,6 35,9 100,0 57,1 577 Louga 16,3 18,5 5,4 3,9 1,9 1,0 53,1 100,0 44,0 311 Fatick 12,7 12,9 10,0 12,1 4,4 1,4 46,5 100,0 47,7 266 Kolda 8,3 4,8 4,2 4,6 3,2 0,4 74,5 100,0 21,9 248 Matam 5,2 8,3 3,1 3,6 2,2 0,0 77,6 100,0 20,2 186 Kaffrine 2,4 7,7 3,0 3,9 2,7 0,3 79,9 100,0 17,0 221 Kédougou 3,2 6,5 4,6 3,2 5,3 2,4 74,7 100,0 17,6 43 Sédhiou 3,6 10,6 6,0 13,2 5,4 0,0 61,2 100,0 33,5 172 Niveau d'instruction de la mère Aucun 12,7 14,1 5,3 6,3 4,2 1,1 56,2 100,0 38,5 3159 Primaire 20,9 15,9 5,1 5,1 3,5 0,9 48,5 100,0 47,1 981 Secondaire ou + 21,8 13,8 6,1 6,9 2,8 2,1 46,4 100,0 48,7 369 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 6,9 10,4 6,2 5,6 3,1 0,9 66,8 100,0 29,2 1061 Second 13,8 14,6 7,3 8,1 5,0 0,7 50,6 100,0 43,7 1020 Moyen 17,0 14,2 5,4 5,6 5,0 0,9 51,9 100,0 42,1 865 Quatrième 18,7 14,6 2,6 6,1 2,9 1,9 53,3 100,0 42,0 878 Le plus riche 23,7 20,6 4,7 4,7 3,7 1,6 41,0 100,0 53,7 685 Ensemble 15,2 14,4 5,4 6,1 4,0 1,1 53,7 100,0 41,2 4509 1 Y compris les nouveaux-nés qui ont eu une visite postnatale après une semaine. Par ailleurs, 54 % des naissances n’ont bénéficié d’aucun soin postnatal ou bien le suivi ne s’est pas fait dans les 7 jours après la naissance. La proportion de naissances qui n’ont reçu aucun soin postnatal (y compris celles qui ont bénéficié des soins postnatals après la première semaine), diminuent sensiblement avec l’âge de la mère, passant de 56 % à moins de 20 ans, à 54 % à 20-34 ans et à 50 % à 35-49 ans. Cette proportion varie selon le rang de naissance en passant de 50 % pour les primipares à 54 % pour les femmes ayant six enfants ou plus. En outre, ces proportions sont plus élevées en milieu rural (56 %) qu’en milieu urbain (49 %) et dans les régions de Kaffrine (80 %), Matam (78 %), Kolda et Kédougou (75 %) que dans les autres. De même, le niveau d’instruction de la mère influe sur la fréquence du suivi postnatal de l’enfant puisque 56% des mères sans instruction n’ont effectué un suivi Santé de la Mère • 145 postnatal pour leur enfant dans les 7 jours consécutifs à l’accouchement contre plus de 46 % parmi les plus instruites. Selon le niveau de bien-être économique, la proportion est de 67 % pour les plus pauvres contre 41 % parmi les plus riches. Les données du tableau 9.10 mettent en exergue la répartition des dernières naissances survenues dans les deux années ayant précédé l'enquête, selon le type de personnel ayant dispensé les premiers soins postnatals et selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes enquêtées. Les résultats révèlent que 38 % des naissances des deux dernières années ont bénéficié de soins postnatals auprès de professionnels de la santé (médecins, sages-femmes, infirmières et agents de santé communautaire). Ces soins postnatals ont été principalement effectués par les médecins et les sages-femmes (29 %) suivis des infirmières et des infirmiers chefs de poste (ICP) (8 %). Par contre, 4 % des naissances ont bénéficié des soins postnatals des matrones et des accoucheuses traditionnelles. Tableau 9.10 Type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né Répartition (en %) des naissances survenues dans les deux années ayant précédé l'enquête par type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né dans les deux jours qui ont suivi la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né Pas de soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance Caractéristique sociodémographique Médecin/ Sage- femme Infirmière Matrone/ Accoucheuse traditionnelle Total Effectif de naissances Age de la mère à la naissance <20 26,9 7,9 3,9 61,4 100,0 650 20-34 29,4 7,5 4,1 59,0 100,0 3 197 35-49 32,0 8,1 4,6 55,3 100,0 662 Rang de naissance 1 34,2 6,7 3,8 55,3 100,0 1 009 2-3 29,2 6,2 3,7 60,9 100,0 1 554 4-5 26,4 9,5 4,6 59,6 100,0 1 009 6+ 28,0 9,0 4,6 58,3 100,0 938 Lieu d'accouchement Établissement de santé 35,6 7,5 3,9 53,0 100,0 3 291 Ailleurs 12,9 8,0 4,7 74,5 100,0 1 217 Milieu de résidence Urbain 39,2 5,0 1,7 54,1 100,0 1 695 Rural 23,6 9,2 5,6 61,7 100,0 2 814 Région Dakar 37,5 5,9 0,5 56,2 100,0 825 Ziguinchor 30,6 11,0 7,9 50,5 100,0 149 Diourbel 33,7 6,0 8,7 51,6 100,0 563 Saint-Louis 17,6 8,7 1,5 72,2 100,0 291 Tambacounda 14,3 8,4 2,9 74,4 100,0 246 Kaolack 25,7 22,2 4,9 47,2 100,0 412 Thiès 53,3 1,0 2,7 42,9 100,0 577 Louga 28,5 12,4 3,1 56,0 100,0 311 Fatick 34,2 5,8 7,6 52,3 100,0 266 Kolda 13,1 4,3 4,5 78,1 100,0 248 Matam 13,3 4,1 2,7 79,8 100,0 186 Kaffrine 7,8 6,8 2,5 83,0 100,0 221 Kédougou 7,5 7,5 2,6 82,4 100,0 43 Sédhiou 15,2 6,7 11,5 66,5 100,0 172 Niveau d'instruction de la mère Aucun 25,9 8,2 4,5 61,5 100,0 3 159 Primaire 37,4 6,4 3,3 52,9 100,0 981 Moyen/secondaire ou plus 39,0 6,3 3,4 51,3 100,0 369 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 13,3 9,4 6,5 70,8 100,0 1 061 Second 26,4 12,0 5,4 56,3 100,0 1 020 Moyen 32,8 6,7 2,6 57,9 100,0 865 Quatrième 35,0 4,1 2,8 58,0 100,0 878 Le plus riche 47,6 4,1 2,1 46,3 100,0 685 Ensemble 29,4 7,6 4,1 58,8 100,0 4 509 146 • Santé de la Mère Le pourcentage de naissances des deux dernières années ayant bénéficié de soins postnatals auprès de professionnels de la santé augmente à peine avec l’âge : 35 % chez les moins de 20 ans, à 37 % à 20-34 ans et 40 % à 35-49 ans. Par contre, en fonction d’autres caractéristiques sociodémographiques, les variations sont importantes. Selon le rang de naissance, les proportions sont plus importantes chez les primipares avec 41 %. En outre, le lieu d’accouchement de l’enfant révèle, comme on pouvait s’y attendre, que c’est lorsque l’accouchement a eu lieu dans une structure de santé que le suivi postnatal de l’enfant auprès des professionnel de santé a été plus fréquent (43 % contre 21 % lorsque l’accouchement a eu lieu ailleurs). Les résultats selon le milieu de résidence montrent que la proportion des naissances vivantes au cours des deux dernières années qui ont bénéficié de soins postnatals auprès d’un professionnel de santé est plus importante en milieu urbain (44 %) qu’en milieu rural (33 %). Du point de vue régional, on observe aussi des disparités importantes : les femmes qui ont le moins fréquemment consulté un professionnel de la santé pour le suivi postnatal de leur enfant sont celles des régions de Kédougou et Kaffrine ( 15 % chacune), Kolda (17 %) et Matam (17 %). À l’opposé, dans les régions de Thiès, Kaolack et de Dakar, respectivement 54 % et 49 % et 44% des naissances qui ont reçu de soins postnatals auprès des professionnels de santé. Enfin, cette proportion augmente avec le niveau d’instruction de la mère : de 34 % chez les mères sans instruction, elle atteint au moins 44 % parmi les mères de niveau primaire ou plus. Selon le quintile de bien-être économique, la différence est plus nette entre les deux quintiles extrêmes (de 23 % parmi les femmes du quintile le plus pauvre, la proportion passe à 52 % parmi celles vivant dans des ménages du quintile le plus riche). 9.2 PROBLEMES PERÇUS POUR L’ACCES AUX SOINS DE SANTE DE LA FEMME L’accès de la population aux soins de santé est l’une des priorités des autorités sanitaires. Ainsi, au cours de l’enquête, on a cherché à connaître les types de problèmes auxquels ont été confrontées les femmes lorsqu’elles ont eu besoin de soins de santé. Le tableau 9.11 montre que le premier problème qui a été cité comme obstacle à l'accès aux soins de santé des femmes est le manque d’argent (51 %). L’importance de ce problème augmente avec l’âge et la parité. De plus, les femmes en union (53 %) ou en rupture d’union (60 %) ont déclaré plus fréquemment que les célibataires (45 %) avoir été confrontées à ce problème. Cette contrainte concerne également davantage les femmes du milieu rural (56 %) que celles du milieu urbain (46 %). De même, les femmes sans instruction (57 %) ont été plus souvent confrontées à ce problème que celles de niveau primaire (47 %) et de niveau secondaire ou plus (38 %). Les femmes des régions de Tambacounda (68%), Kaffrine (66 %), Sédhiou (62 %), Kaolack (60 %), de Fatick (59 %) et de Ziguinchor (58 %) ont été proportionnellement les plus nombreuses à mentionner le manque d’argent comme obstacle à leur accès aux soins de santé. À l’inverse, dans les régions de Diourbel et de Dakar, ces proportions sont plus faibles (respectivement, 38 % et 44 %). Le manque d’argent n’est pas cependant le seul obstacle que les femmes ont eu à franchir pour accéder aux services de santé. Près d’un tiers d’entre elles (32 %) ont mentionné la distance à parcourir pour atteindre le service de santé. Cet obstacle est beaucoup plus fréquent en milieu rural (45 %) et dans les régions de Sédhiou (62 %), de Kolda (59 %) et de Tambacounda (53 %). Par ailleurs, les catégories les plus pauvres (63 %) ont plus de difficultés à accéder aux services de santé en cas de maladie. Enfin, notons que la permission d’aller consulter et le fait de ne pas vouloir aller seule posent aussi des problèmes aux femmes puisque respectivement, 17 % et 16 % ont cité ces difficultés. Globalement, 60 % des femmes ont mentionné au moins un obstacle spécifique pour accéder à des soins de santé. Santé de la Mère • 147 Tableau 9.11 Problèmes d'accès aux soins de santé Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui ont déclaré avoir rencontré des problèmes importants d'accès aux soins de santé quand elles étaient malades par type de problème, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS- MICS, Sénégal 2010-11 Problèmes d'accès aux soins de santé Caractéristique sociodémographique Avoir la permission d'aller se faire soigner Avoir l'argent pour le traitement Distance au service de santé Ne pas vouloir y aller seule Au moins un des problèmes rencontrés pour l'accès aux soins de santé Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 17,2 45,6 30,9 21,3 58,1 3 429 20-34 16,2 48,5 29,7 14,6 57,5 8 114 35-49 18,7 60,0 35,6 13,8 67,7 4 145 Nombre d'enfants vivants 0 16,3 42,8 25,8 17,2 53,5 5 595 1-2 15,6 46,6 29,1 13,6 55,9 4 187 3-4 18,2 56,1 36,3 15,6 65,0 2 937 5+ 19,4 67,0 40,9 16,9 74,9 2 969 État matrimonial Célibataire 16,6 44,5 24,0 17,3 54,4 4 585 Marié ou vivant ensemble 17,2 53,1 35,1 15,4 62,5 10 347 Divorcé/séparé/veuf 18,3 59,6 28,2 13,1 66,1 757 Emploi au cours des 12 derniers mois N'a pas travaillé 18,7 50,7 33,1 16,2 60,0 8 393 A travaillé pour de l'argent 14,6 51,0 26,7 13,4 59,6 6 135 A travaillé sans contrepartie financière 18,2 51,4 45,0 26,6 67,2 1 160 Milieu de résidence Urbain 15,1 45,5 17,8 11,5 52,9 7 738 Rural 18,9 56,1 44,9 20,0 67,6 7 950 Région Dakar 17,4 44,0 15,4 11,2 51,7 4 078 Ziguinchor 18,3 58,3 30,2 15,0 69,1 581 Diourbel 9,1 37,5 15,1 6,9 42,5 1 851 Saint-Louis 27,0 54,5 42,3 25,6 66,8 1 034 Tambacounda 15,8 67,9 53,0 22,1 77,3 725 Kaolack 20,9 59,9 45,6 23,4 68,8 1 172 Thiès 21,1 51,9 29,8 9,5 58,0 2 030 Louga 11,8 49,4 40,9 13,8 62,4 1 130 Fatick 9,9 58,9 39,3 16,5 67,4 717 Kolda 16,7 52,2 58,9 38,2 76,4 640 Matam 13,8 53,2 39,0 21,1 68,2 595 Kaffrine 27,9 66,2 38,1 16,7 71,3 572 Kédougou 8,6 50,7 42,4 29,1 71,7 115 Sédhiou 14,0 61,9 61,6 33,5 81,1 448 Niveau d'instruction Aucun 19,2 57,1 39,1 17,5 67,1 9 079 Primaire 15,9 46,6 22,6 14,5 55,5 3 414 Secondaire ou plus 12,1 37,7 19,5 12,4 46,3 3 195 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 20,4 68,2 63,4 28,1 82,6 2 585 Second 23,0 65,1 49,8 22,9 76,9 2 805 Moyen 17,4 54,1 27,5 13,8 61,7 3 114 Quatrième 16,5 46,3 17,6 10,5 55,1 3 494 Le plus riche 10,4 29,6 11,7 8,6 35,9 3 689 Ensemble 17,1 50,9 31,5 15,8 60,3 15 688 9.3 LES FISTULES OBSTRETRICALES Les femmes peuvent parfois avoir, en permanence, le jour et la nuit, un problème de pertes urinaires ou fécales par le vagin. Ce problème survient généralement à la suite d'un accouchement difficile, mais il peut aussi se produire après une agression sexuelle ou après une opération du pelvis. Telle a été la définition de la fistule obstétricale dans l’EDS. 148 • Santé de la Mère Le tableau 9.12 présente la proportion de femmes ayant entendu parler de la fistule obstétricale et proportion de femmes ayant déclaré avoir (ou avoir eu) une fistule obstétricale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Au total, 22 % des femmes enquêtées ont déclaré avoir entendu parler de la fistule obstétricale. La proportion est de 24 % chez les femmes ayant déjà eu une naissance vivante contre 19 % chez celles qui n’en ont jamais eu. Cette proportion augmente avec l’âge des femmes jusqu’à 44 ans en passante de 11 % chez les 15-19 ans à environ 30 % à plus de 40 ans. En outre, on constate des écarts selon le milieu et la région de résidence : la proportion de femmes ayant déjà entendu parler de la fistule obstétricale est plus élevée en milieu urbain (27 % contre 18 % en milieu rural) et dans les régions de Kolda (31 %), Sédhiou (30 %), Dakar (28 %) et Kédougou (26 %). En outre, la proportion de femmes déclarant avoir entendu parler de la fistule obstétricale augmente avec le niveau d’instruction : 19 % des femmes sans instruction en ont déjà entendu parler contre 25 % de celles qui ont un niveau primaire et 28 % parmi celles de niveau secondaire ou plus. Les résultats selon le niveau de bien-être économique font apparaître un écart entre les ménages des deux quintiles les plus pauvres et les autres : parmi les deux plus pauvres, 16 à 18 % des femmes ont déjà entendu parler de la fistule et parmi les plus riches, ces proportions sont de 24 % pour l’avant dernier quintile et 31 % pour les plus riches. Tableau 9.12 Connaissance et prévalence de la fistule obstétricale Proportion de femmes ayant entendu parler de la fistule obstétricale et proportion de femmes ayant déclaré avoir ou avoir eu une fistule obstétricale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Pourcentage de femmes Caractéristique ayant entendu parler de la fistule obstétricale ayant ou avoir eu une fistule obstétricale Effectif de femmes Maternité A déjà eu une naissance vivante 24,2 0,2 10 223 N'a jamais eu de naissance vivante 18,6 0,0 5 465 Groupe d'âges 15-19 11,2 0,0 3 429 20-24 21,7 0,1 3 220 25-29 22,9 0,2 2 746 30-34 27,0 0,1 2 148 35-39 27,6 0,4 1 817 40-44 30,9 0,0 1 379 45-49 28,6 0,1 949 Milieu de résidence Urbain 26,8 0,1 7 738 Rural 17,8 0,1 7 950 Région Dakar 28,3 0,2 4 078 Ziguinchor 18,2 0,5 581 Diourbel 18,5 0,0 1 851 Saint-Louis 21,6 0,3 1 034 Tambacounda 20,0 0,0 725 Kaolack 12,8 0,0 1 172 Thiès 23,2 0,0 2 030 Louga 20,8 0,2 1 130 Fatick 19,3 0,0 717 Kolda 31,4 0,4 640 Matam 20,5 0,1 595 Kaffrine 6,3 0,0 572 Kédougou 26,2 0,0 115 Sédhiou 29,5 0,0 448 Niveau d'instruction Aucun 19,2 0,2 9 079 Primaire 24,6 0,1 3 414 Secondaire ou plus 28,2 0,0 3 195 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 16,2 0,2 2 585 Second 17,7 0,1 2 805 Moyen 19,3 0,0 3 114 Quatrième 24,1 0,2 3 494 Le plus riche 30,6 0,1 3 689 Ensemble 22,2 0,1 15 688 Santé de la Mère • 149 Également, on a demandé aux femmes si elles ont déjà eu, en permanence, durant le jour et la nuit, des pertes urinaires ou fécales par le vagin. Sur les 15 688 femmes enquêtées, seules 0,1 % (soit 17 femmes, toutes ayant déjà eu une naissance vivante) ont répondu par l’affirmative. Santé de l’Enfant • 151 SANTÉ DE L’ENFANT 10 Mahmouth DIOUF EDS-MICS 2010-11 a collecté des informations détaillées sur la santé des enfants nés au cours des cinq dernières années. Ces informations concernent les caractéristiques des nouveau-nés, la couverture vaccinale, la prévalence et le traitement des principales maladies des enfants, en particulier les infections respiratoires, la fièvre et la diarrhée. Les résultats présentés dans ce chapitre, permettent d'identifier les problèmes les plus importants en matière de santé maternelle et infantile. Ils constituent ainsi des outils de grande importance pour l'évaluation et la planification des politiques et des programmes de santé. 10.1 CARACTÉRISTIQUES DU NOUVEAU-NÉ Le tableau 10.1 présente les résultats concernant le poids et la taille des enfants. Il faut tout d’abord noter que seulement 61 % des enfants pour lesquels le poids à la naissance a pu être établi. En effet, près de quatre nouveau-nés sur dix (39 %) n’ont pas été pesés à la naissance. Peser les enfants à la naissance est une pratique généralisée dans les régions de Dakar (87 %) et de Ziguinchor (80 %), en milieu urbain (81 %), et parmi les femmes provenant des ménages les plus riches (86 %). Dans l’ensemble, plus de huit nourrissons sur dix (84 %) avaient un poids supérieur ou égal à 2500 grammes et 16 % qui avaient un poids inférieur à 2500 grammes, et étaient donc de faible poids à la naissance. On relève que quelle que soit la variable sociodémographique, la proportion de nourrissons dont le poids est de 2500 grammes ou plus se situe à 80 % ou plus. La deuxième partie du tableau présente les résultats sur la taille estimée du nourrisson selon l’appréciation de la mère à partir de la question : « Quand votre enfant est né, était-il très gros, plus gros que la moyenne, moyen, plus petit que la moyenne ou très petit ? ». Cette appréciation est donc quelque peu subjective dans la mesure où les notions de « petit », « moyen » et « gros » peuvent dépendre de divers facteurs socioculturels. Pour l’ensemble des naissances survenues au cours des cinq dernières années, environ 71 % ont été considérés comme étant de taille moyenne ou plus grosse que la moyenne, 19 % ont été estimés comme plus petits que la moyenne, et 10 % ont été considérés comme étant de très petite taille. La perception de la taille du nouveau-né par les mères varie très peu (entre 9 et 11 %) selon les caractéristiques sociodémographiques : âge de la mère à la naissance, rang de naissance, milieu de résidence, niveau d’instruction de la mère et quintile de bien-être économique. Par contre, les différences inter régionales semblent importantes. Les nourrissons de petite taille ont été beaucoup plus souvent mentionnés dans les régions de Saint-Louis (15 %) et Kaolack (14 %) ; à l’inverse, dans les régions de Sédhiou (4 %), Kolda (4 %), Tambacounda (5 %), Kaffrine (7 %) et Thiès (7 %) ces proportions sont bien plus faibles. L’ 152 • Santé de l’Enfant Tableau 10.1 Taille et poids de l'enfant à la naissance Pourcentage de naissances vivantes ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et dont le poids à la naissance a été déclaré; Répartition (en %)de toutes les naissances vivantes ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par grosseur de l'enfant à la naissance estimée par la mère et pourcentage de toutes les naissances dont le poids à la naissance a été déclaré, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Pourcentage de toutes les naissances dont le poids à la naissance a été déclaré 1 Répartition (%) des naissances dont le poids à la naissance a été déclaré1 Répartition (en %) de toutes les naissances vivantes par grosseur de l'enfant à la naissance Caractéristique sociodémographique Moins de 2,5 kg 2,5 kg ou plus Total Effectif de naissances Très petit Plus petit que la moyenne Moyen ou plus gros que la moyenne NSP/ manquant Total Effectif de naissances Age de la mère à la naissance <20 54,8 18,8 81,2 100,0 946 10,7 21,0 67,8 0,5 100,0 1 728 20-34 62,0 15,3 84,7 100,0 5 008 9,2 18,5 71,3 0,9 100,0 8 081 35-49 60,5 15,9 84,1 100,0 1 010 10,6 19,0 69,5 0,9 100,0 1 670 Rang de naissance 1 68,5 18,8 81,2 100,0 1 789 10,9 21,7 66,7 0,7 100,0 2 611 2-3 63,7 14,8 85,2 100,0 2 470 9,0 18,4 71,8 0,8 100,0 3 875 4-5 58,0 12,7 87,3 100,0 1 542 8,9 18,1 72,0 0,9 100,0 2 661 6+ 49,9 17,7 82,3 100,0 1 163 10,1 17,9 71,1 1,0 100,0 2 332 Consommation de tabac/ cigarettes par le mère Fume cigarettes/tabac * * * * 2 * * * * * 10 Ne fume pas 60,7 15,8 84,2 100,0 6 961 9,7 19,0 70,5 0,8 100,0 11 469 Résidence Urbain 81,0 17,4 82,6 100,0 3 561 10,3 20,1 68,7 0,9 100,0 4 399 Rural 48,1 14,3 85,7 100,0 3 403 9,3 18,3 71,7 0,7 100,0 7 080 Région Dakar 87,6 19,7 80,3 100,0 1 997 11,3 16,7 71,5 0,5 100,0 2 280 Ziguinchor 79,8 13,6 86,4 100,0 293 11,1 13,8 74,8 0,3 100,0 367 Diourbel 61,8 13,4 86,6 100,0 875 7,7 17,8 74,0 0,5 100,0 1 417 Saint-Louis 51,4 20,2 79,8 100,0 385 14,6 15,8 66,6 3,0 100,0 750 Tambacounda 31,5 12,3 87,7 100,0 200 8,7 16,1 74,8 0,4 100,0 634 Kaolack 51,2 15,4 84,6 100,0 510 14,4 18,7 66,2 0,8 100,0 997 Thiès 77,3 12,4 87,6 100,0 1 064 7,0 34,1 57,6 1,3 100,0 1 376 Louga 54,6 18,0 82,0 100,0 437 9,6 24,9 64,9 0,6 100,0 799 Fatick 63,4 12,7 87,3 100,0 415 9,2 19,7 70,8 0,2 100,0 654 Kolda 36,9 13,5 86,5 100,0 241 4,3 11,2 83,7 0,7 100,0 653 Matam 37,3 15,2 84,8 100,0 184 13,3 17,4 68,5 0,8 100,0 493 Kaffrine 30,9 14,2 85,8 100,0 164 6,8 12,9 79,2 1,1 100,0 532 Kédougou 22,2 15,7 84,3 100,0 24 10,7 12,9 76,1 0,4 100,0 108 Sédhiou 41,7 13,1 86,9 100,0 174 4,3 11,8 83,3 0,7 100,0 418 Niveau d'instruction de la mère Aucun 53,0 15,5 84,5 100,0 4 343 9,1 19,1 70,9 0,9 100,0 8 187 Primaire 76,1 15,9 84,1 100,0 1 784 11,3 18,3 70,0 0,5 100,0 2 343 Secondaire ou plus 88,2 17,6 82,4 100,0 837 10,8 19,8 68,7 0,7 100,0 949 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 32,0 16,1 83,9 100,0 847 9,6 17,3 72,4 0,7 100,0 2 649 Second 51,6 14,8 85,2 100,0 1 301 9,8 17,8 71,5 0,9 100,0 2 523 Moyen 65,2 15,1 84,9 100,0 1 449 10,1 19,6 69,3 1,0 100,0 2 223 Quatrième 79,1 15,2 84,8 100,0 1 767 8,9 21,6 68,4 1,1 100,0 2 234 Le plus riche 86,4 17,9 82,1 100,0 1 599 10,0 19,1 70,6 0,4 100,0 1 851 Ensemble 60,7 15,9 84,1 100,0 6 964 9,7 19,0 70,5 0,8 100,0 11 479 1 Basé sur, soit un enregistrement écrit, soit la déclaration de la mère. * Basé sur des cas non pondérés inférieurs à 25 cas. 10.2 VACCINATION DES ENFANTS Au cours de l'enquête, on a enregistré, pour tous les enfants nés au cours des cinq dernières années, les informations pouvant permettre une évaluation de la couverture vaccinale du Programme Élargi de Vaccinations (PEV) au Sénégal. Un enfant est considéré complètement vacciné lorsqu'il a reçu le BCG (protection contre la tuberculose), le vaccin contre la rougeole et trois doses de vaccin contre la poliomyélite. Depuis peu, une nouvelle combinaison, le « pentavalent », est utilisé en remplacement du ‘’DTC’’ (Diphtérie, Tétanos et Coqueluche). Le pentavalent contient en fait cinq antigènes contre la Diphtérie, le Tétanos, la Coqueluche, l’Hépatite B et l’Infection à Haemophilus influenzae B (HIB). En outre, une première dose de vaccin contre la poliomyélite (polio 0) est Santé de l’Enfant • 153 donnée à la naissance. D'après le calendrier vaccinal, tous ces vaccins doivent être administrés à l’enfant avant l'âge d'un an. Des données ont également été collectées sur la fièvre jaune. Les données sur la vaccination ont été collectées à partir de deux sources : le carnet de vaccination de l'enfant et les déclarations de la mère, quand le carnet n'était pas disponible ou n'existait pas. Le tableau 10.1 et le graphique 10.1 présentent les résultats sur la couverture vaccinale selon les différentes sources d’information pour les enfants de 12-23 mois, c’est-à-dire ceux qui, d’après les recommandations de l’OMS, ont atteint l’âge où ils devraient avoir été complètement vaccinés. Les résultats du tableau 10.2 montrent que cinq enfants de 12-23 mois sur dix (54 %) ont été complètement vaccinés d’après les informations tirées du carnet de vaccination et 9 % selon les déclarations de leurs mères. Toutes sources de renseignements confondues, six enfants de 12-23 mois sur dix (63 %) ont reçu tous les vaccins alors que cinq enfants sur dix (54 %) avaient reçu tous les vaccins avant l’âge de 12 mois. Tableau 10.2 Vaccinations par sources d'information Pourcentage d'enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins, à n'importe quel moment avant l'enquête selon la source d'information (carnet de vaccination ou déclaration de la mère) et pourcentage ayant été vacciné avant l'âge de 12 mois, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Source d'information BCG Penta 1 Penta 2 Penta 3 Polio 0 Polio 1 Polio 2 Polio 3 Rougeole Tous les vaccins2 Aucun vaccin Effectif d'enfants Vacciné à n'importe quel moment avant l'enquête Carnet de vaccination 64,4 64,5 63,0 60,1 60,0 64,7 63,3 60,4 56,1 53,8 0,5 1 460 Déclaration de la mère 30,3 29,4 27,8 22,5 19,2 29,9 27,4 12,3 26,0 9,1 2,6 738 Les deux sources 94,7 93,9 90,9 82,6 79,2 94,6 90,7 72,7 82,1 62,8 3,1 2 199 Vacciné avant l'âge de 12 mois3 93,3 93,0 89,4 80,3 77,7 93,7 89,2 70,4 71,1 54,5 4,5 2 199 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de Pentavalent et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance). 3 Pour les enfants dont l'information est basée sur la déclaration de la mère, on suppose que la proportion de vaccins effectués au cours de la première année est la même que celle des enfants dont l'information provient d'un carnet de vaccination. Graphique 10.1 Vaccinations des enfants de 12-23 mois selon trois sources 84 59 59 57 49 15 92 78 73 74 59 4 95 83 73 82 63 3 BCG Penta Polio3 Rougeole Tous vaccins Aucun vaccin 0 20 40 60 80 100 Pourcentage EDS-II 1993 EDS-IV 2005 EDS-MICS 2010-11 154 • Santé de l’Enfant Environ, 64 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG d’après le carnet de vaccination et 30 % selon les déclarations de leurs mères. Au total donc, 95 % des enfants avaient reçu le BCG (donné en principe à la naissance) au moment de l’enquête et pratiquement tous (93 %) l’avaient reçu avant l’âge de 12 mois. La proportion d’enfants ayant reçu la première dose de Pentavalent est également très importante (94 %), mais la couverture vaccinale diminue avec le nombre de doses : de 91 % pour la deuxième dose, elle tombe à 83 % à la troisième dose. Le taux de déperdition1 pour ce vaccin, assez faible entre les première et deuxième doses (3 %), augmente entre les deuxième et troisième doses (8 %) ; le taux de déperdition global ente les première et troisième doses est de 11 %. On notera que le taux de déperdition est plus élevé entre le Penta 2 et le Penta 3 (8 %) qu’entre le Penta 1 et le Penta 2 (4 %). Le vaccin contre la poliomyélite étant administré en même temps que celui du Penta, on s’attend donc à trouver des niveaux de couverture vaccinale très proches. La couverture vaccinale contre la poliomyélite est cependant légèrement plus faible (polio 0 : 79 %, polio 1 : 95 %, polio 2 : 91 % et polio 3 : 73 %) et connaît une déperdition plus importante entre les première et troisième doses. La couverture contre la rougeole est la plus faible de toutes (82 % quel que soit l’âge de l’enfant et 71 % pour ceux vaccinés avant 12 mois). Parmi les enfants qui ont reçu tous les vaccins, 55 % ont été vaccinés selon le calendrier recommandé, c’est-à-dire avant l’âge de 12 mois, selon les deux sources d’information. Par contre, moins de 5 % des enfants de 12-23 mois n’ont reçu aucun des vaccins du PEV avant l’âge de 12 mois. Le tableau 10.3 et le graphique 10.2 présentent la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère et de l’enfant. En ce qui concerne le sexe de l’enfant, on ne constate aucun écart (63 % pour les enfants de sexe masculin contre 63 % pour ceux de sexe féminin). La couverture vaccinale diminue avec le rang de naissance de 67% chez les enfants de rang 1, elle passe à 62 % chez les enfants de rang 5 et 59 % pour les rangs de naissance six ou plus. Le pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu tous les vaccins est identique en milieu urbain et en milieu rural (63 %). Par contre, les variations régionales sont très marquées. Deux régions sont particulièrement défavorisées : Kédougou (40 %) et Tambacounda (47 %). À l’opposé, c’est dans les régions de Ziguinchor (75 %) et de Fatick (70 %) que l’on observe les proportions les plus élevées. Le niveau d’instruction des mères est une variable discriminante pour la vaccination des enfants : la couverture vaccinale des enfants dont les mères ont reçu une instruction est bien meilleure (64 % pour le primaire et 76 % pour le secondaire ou plus) que celle des enfants dont les mères n’ont aucune instruction (61 %). 1 Le taux de déperdition pour le Penta, par exemple, est la proportion d’enfants qui, ayant reçu la première dose du vaccin, ne reçoivent pas la troisième. Santé de l’Enfant • 155 Tableau 10.3 Vaccinations selon certaines caractéristiques sociodémographiques Pourcentage d'enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins à n'importe quel moment avant l'enquête (selon le carnet de vaccination ou la déclaration de la mère) et pourcentage pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l'enquêtrice, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Pourcentage avec un carnet de vaccination présenté à l'enquêtrice Penta Polio Tous les vaccins2 Caractéristique sociodémographique BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rougeole Aucun vaccin Effectif d'enfants Sexe Masculin 93,9 94,6 91,6 84,3 80,0 94,6 90,2 73,1 82,1 62,9 2,7 67,1 1 127 Féminin 95,5 93,2 90,1 80,7 78,3 94,6 91,2 72,3 82,1 62,8 3,4 65,7 1 072 Rang de naissance 1 96,9 96,5 93,6 87,3 85,3 97,0 92,5 75,3 86,9 67,3 1,2 69,4 483 2-3 94,0 93,6 90,5 81,8 77,0 94,7 91,4 73,0 82,1 62,9 4,0 65,8 742 4-5 93,5 92,5 89,6 82,3 79,4 92,9 88,9 71,6 81,9 62,0 3,5 65,3 495 6+ 94,8 93,3 89,9 79,2 76,0 93,9 89,7 70,5 77,5 59,1 3,1 65,5 479 Milieu de résidence Urbain 96,6 94,6 92,8 83,6 83,8 95,7 93,1 72,6 84,8 63,1 2,2 65,1 849 Rural 93,5 93,5 89,6 81,9 76,2 94,0 89,2 72,7 80,4 62,7 3,6 67,3 1 350 Région Dakar 95,0 92,5 91,1 79,4 84,5 94,4 92,2 72,5 83,8 64,3 2,8 66,7 416 Ziguinchor 100,0 98,4 98,4 95,1 77,2 99,1 99,1 82,5 93,7 75,5 0,0 67,6 77 Diourbel 92,3 91,3 86,3 83,0 82,7 91,4 86,6 71,5 80,5 63,7 5,2 68,7 272 Saint-Louis 96,5 94,0 90,9 77,1 77,1 94,6 89,2 72,5 80,0 55,6 2,3 64,2 149 Tambacounda 87,9 92,8 85,4 71,3 56,3 92,2 86,0 61,8 74,9 47,1 4,2 55,3 113 Kaolack 98,4 96,8 93,5 83,4 74,3 97,2 92,4 81,5 79,4 65,7 1,0 66,8 184 Thiès 98,8 98,5 97,3 91,0 93,5 99,1 96,2 71,2 90,8 66,9 0,0 70,8 273 Louga 92,6 93,0 90,6 84,2 80,9 91,8 88,9 71,6 82,5 63,4 5,8 61,0 153 Fatick 96,3 96,0 94,4 88,1 85,9 96,6 94,5 79,9 82,4 70,2 2,8 78,8 132 Kolda 88,1 92,3 83,9 75,1 58,2 92,7 83,6 70,2 76,6 60,1 4,3 60,7 118 Matam 87,8 83,8 80,9 73,1 67,9 86,9 81,7 62,7 69,6 52,8 10,1 60,6 96 Kaffrine 96,9 96,9 94,3 91,6 81,7 97,5 93,8 70,8 81,8 59,3 2,0 66,2 104 Kédougou 91,0 80,0 77,4 58,8 63,0 87,0 83,1 56,0 76,5 40,4 3,7 57,4 22 Sédhiou 96,9 97,2 92,9 85,6 71,8 97,7 91,8 80,4 82,4 68,3 1,5 68,3 89 Niveau d'instruction de la mère Aucun 93,5 92,5 89,0 80,4 76,6 93,1 88,8 71,3 79,2 60,8 4,3 64,7 1 510 Primaire 96,5 96,2 93,4 84,5 83,7 97,3 94,0 74,1 85,9 64,4 0,5 68,4 515 secondaire ou plus 100,0 99,7 99,0 95,3 87,8 99,5 97,5 80,7 96,1 76,1 0,0 75,4 174 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 90,0 90,5 85,4 74,2 66,1 91,2 85,9 67,6 74,4 56,4 6,1 61,6 493 Second 96,1 94,6 91,8 84,9 78,4 95,5 90,8 73,9 82,0 62,6 1,7 65,6 470 Moyen 95,0 95,0 91,1 85,1 82,7 94,9 91,8 72,6 83,4 63,9 3,1 68,6 452 Quatrième 95,3 94,2 92,0 82,6 83,8 95,3 93,1 72,7 84,5 64,1 2,6 65,9 472 Le plus riche 98,7 96,2 95,8 88,3 88,8 97,2 93,0 78,8 88,9 70,0 0,9 72,8 312 Ensemble 94,7 93,9 90,9 82,6 79,2 94,6 90,7 72,7 82,1 62,8 3,1 66,4 2 199 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de Penta et les trois doses de polio (non compris la dose de polio donnée à la naissance). 156 • Santé de l’Enfant Par ailleurs, il importe de relever que la situation économique du ménage fait apparaître des disparités importantes, en particulier entre les enfants des ménages les plus pauvres et ceux des plus riches. En effet, le pourcentage d’enfants complètement vaccinés est de 56 % chez les premiers alors qu’il s’établit à 70 % chez les enfants des ménages les plus riches, soit 14 points de différence. Au cours de l’enquête, les données sur la vaccination ont été collectées pour les enfants de moins de cinq ans. Il a été ainsi possible d’évaluer rétrospectivement les tendances de la couverture vaccinale avant l’âge de douze mois pour les quatre années ayant précédé l’enquête à partir des données concernant les enfants de 12-23, 24-35, 36- 47 et 48-59 mois. Au tableau 10.4 sont présentés les taux de couverture vaccinale d’après le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère pour les enfants de ces différents groupes d’âges. On y trouve également les proportions d’enfants de chaque groupe d’âges pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice. Pour l’ensemble des enfants de 12-59 mois, on constate que 92 % ont reçu le vaccin du BCG avant l’âge de 12 mois, 77 % la troisième dose de Penta et 61 % la troisième dose de polio. En outre, 71 % ont été vaccinés contre la rougeole. Ce sont 47 % des enfants qui ont été vaccinés contre toutes les maladies du PEV avant l’âge de 12 mois. À l’opposé, 6 % des enfants de 1-4 ans n’ont reçu aucun de ces vaccins. Au regard du tableau, on relève une amélioration de la couverture vaccinale des enfants dans le temps. En effet, la proportion d’enfants complètement vaccinés passe de 42 % chez les enfants âgés de 48-59 mois au moment de l’enquête, à 55 % chez ceux âgés de 12-23 mois. La même tendance est observée quel que soit l’antigène considéré. Pour l’ensemble des enfants de 12-59 mois, un carnet de vaccination n’a cependant été présenté à l’enquêtrice que dans 51 % des cas. L’analyse par tranche d’âges semble indiquer une moindre importance accordée à la conservation de la carte de vaccination au fur et à mesure que l’enfant grandit. En effet, la proportion d’enfants pour lesquels un carnet de vaccination a été montré diminue rapidement quand l’âge des enfants augmente : de 66 % pour les enfants âgés de 12-23 mois au moment de l’enquête, elle passe à 53 % pour ceux de 24-35 mois, puis tombe à 44 % à 36-47 mois et à 38 % à 48-59 mois. Graphique 10.2 Pourcentage d’enfants de 12-23 mois complètement vaccinés selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-MICS 2010-11 63 63 63 61 64 76 56 63 64 64 70 SÉ NÉ GA L Ur ba in Ru ral Au cu n Pr im air e Se co nd air e ou + Le pl us pa uv re Se co nd Mo ye n Qu atr ièm e Le pl us ric he 0 20 40 60 80 100 Pourcentage MILIEU DE RÉSIDENCE NIVEAU D’INSTRUCTION QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Santé de l’Enfant • 157 Tableau 10.4 Vaccinations au cours de la première année Pourcentage d'enfants âgés de moins de 12-59 mois au moment de l'enquête ayant reçu certains vaccins avant l'âge de 12[18] mois et pourcentage de ceux pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l'enquêtrice, selon l'âge actuel de l'enfant, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Age en mois BCG Penta 1 Penta 2 Penta 3 Polio 0 Polio 1 Polio 2 Polio 3 Rougeole Tous vaccins2 Aucune vaccina- tion Pourcentage avec carte de vaccination vue Nombre d’enfants vivants 12-23 93,3 93,0 89,4 80,3 77,7 93,7 89,2 70,4 71,1 54,5 4,5 66,4 2 199 24-35 93,0 90,8 86,7 76,4 75,2 92,0 86,4 62,0 71,7 47,9 4,8 53,0 2 195 36-47 90,8 89,0 84,4 73,4 70,3 89,2 82,8 52,3 67,5 40,5 8,0 43,7 2 234 48-59 91,5 90,8 85,9 76,9 69,3 91,5 85,8 56,2 70,0 42,0 5,4 38,4 1 963 Ensemble 92,4 91,1 86,9 77,3 73,3 91,8 86,4 60,6 70,9 46,8 5,5 50,7 8 590 Note : L’information a été obtenue à partir du carnet de vaccination, ou s’il n’y a pas de carnet, elle provient de la déclaration de la mère. Pour les enfants dont l’information est basée sur la déclaration de la mère, la proportion de vaccins administrée durant la première année est supposée être la même que celle observée pour les enfants ayant un carnet de vaccination. 1 Polio 0 est le vaccin le polio administré à la naissance. 2 BCG, rougeole et les trois doses de Penta et de polio (le polio 0 exclus) 10.3 MALADIES DES ENFANTS 10.3.1 Prévalence et traitement des Infections respiratoires aiguës Les infections respiratoires aiguës (IRA) et particulièrement la pneumonie constituent l’une des premières causes de mortalité des enfants dans les pays en développement. Pour évaluer la prévalence de ces infections parmi les enfants, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient souffert de la toux pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête et, si oui, on demandait alors si la toux avait été accompagnée d’une respiration courte et rapide, symptômes d’infections respiratoires aiguës (IRA). En outre, pour les enfants ayant présenté ces symptômes d’IRA, on a cherché à connaître le pourcentage de ceux qui avaient été amenés en consultation et l’endroit où cette consultation avait eu lieu, ainsi que les traitements éventuels qui avaient été donnés. Parmi les enfants de moins de cinq ans, 5 % ont souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête (tableau 10.5). C'est chez les enfants de moins de 12 mois (7 %) que ces infections respiratoires ont été les plus fréquentes (graphique 10.3). On ne note qu'une légère différence entre les pourcentages de garçons et de filles ayant souffert de toux (respectivement, 6 % et 5 %). En outre, la prévalence des IRA a été plus fréquente en milieu urbain qu’en milieu rural (respectivement 7 % et 4 %). Les différences interrégionales sont particulièrement importantes ; Dakar (10 %), Kédougou (8 %), Saint-Louis (6 %) et Matam (6 %) sont celles qui connaissent les plus fortes prévalences d’IRA. À l’inverse, c’est dans les régions de Sédhiou (3 %), Tambacounda (3%) et Ziguinchor (3 %) que les proportions d’enfants ayant eu des IRA au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête sont les plus faibles. Cette prévalence élevée de la fièvre en milieu urbain et dans la région de Dakar se retrouve parmi les ménages les plus riches (8 % contre 5 % chez les plus pauvres), ces derniers résidant plus fréquemment dans les zones urbaines dont Dakar. Le tableau 10.5 montre enfin, que parmi les enfants qui ont eu des symptômes d'infections respiratoires aiguës, un sur deux (50 %) a été conduit à un établissement sanitaire ou auprès d’un personnel médical pour traitement ou conseil. On relève que les mères sont relativement plus promptes à chercher un traitement pour les enfants âgés de 36 à 47 mois (63 % ont bénéficié d’un traitement) que pour les autres. Les enfants du milieu urbain, ceux résidant dans la région de Dakar, ceux dont la mère est instruite et ceux appartenant aux ménages les plus riches ont reçu plus fréquemment que les autres, des soins appropriés. 158 • Santé de l’Enfant Tableau 10.5 Prévalence et traitement des symptômes d'Infection Respiratoire Aiguë (IRA) Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont présenté des symptômes d'Infection Respiratoire Aiguë au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête; Parmi ces enfants, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d'un établissement ou d'un prestataire de santé et pourcentage qui ont reçu des antibiotiques comme traitement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Parmi les enfants de moins de cinq ans : Parmi les enfants de moins de cinq ans avec des symptômes d'IRA : Caractéristique sociodémographique Pourcentag e avec des symptômes d'IRA1 Effectif d'enfants Pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d'un établissement ou d'un prestataire de santé2 Effectif d'enfants Age en mois <6 5,6 1 204 32,6 67 6-11 7,1 1 098 54,4 78 12-23 5,6 2 199 45,0 122 24-35 5,8 2 195 49,5 128 36-47 5,4 2 234 63,0 121 48-59 3,7 1 963 48,3 72 Sexe Masculin 6,0 5 573 51,5 332 Féminin 4,8 5 321 47,8 256 Combustible pour cuisiner Électricité ou gaz 8,3 2 708 64,7 226 Charbon de bois 5,6 1 180 35,8 66 Bois/paille3 4,1 6 760 42,3 280 Bouse 6,5 231 * 15 Autre combustible * 14 * 2 Milieu de résidence Urbain 7,3 4 239 60,5 310 Rural 4,2 6 654 38,1 278 Région Dakar 10,2 2 204 64,1 225 Ziguinchor 3,3 349 * 12 Diourbel 4,9 1 329 (40,7) 65 Saint-Louis 6,0 716 (44,6) 43 Tambacounda 3,0 596 (53,3) 18 Kaolack 3,7 948 (26,7) 35 Thiès 3,5 1 324 (33,9) 47 Louga 4,0 752 (51,7) 30 Fatick 4,8 623 (52,6) 30 Kolda 3,5 596 (42,9) 21 Matam 6,0 466 (25,4) 28 Kaffrine 3,5 500 (39,9) 18 Kédougou 7,5 100 (42,4) 7 Sédhiou 2,7 390 (47,6) 11 Niveau d'instruction de la mère Aucun 4,7 7 705 43,1 360 Primaire 7,5 2 262 56,5 170 Secondaire ou plus 6,4 927 (72,4) 59 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 4,7 2 468 32,1 115 Second 3,1 2 393 38,4 74 Moyen 4,9 2 114 55,9 105 Quatrième 7,3 2 126 47,5 156 Le plus riche 7,8 1 793 69,0 140 Ensemble 5,4 10 893 49,9 589 1 Les symptômes d'IRA (toux accompagnée d'une respiration courte et rapide associée à des problèmes de congestion dans la poitrine et/ou à des difficultés respiratoires associées à des problèmes de congestion dans la poitrine) sont considérés comme une mesure indirecte de la pneumonie. 2 Non compris les pharmacies, les boutiques et les praticiens traditionnels ; 3 Y compris l'herbe, les arbustes et les résidus agricoles. * Basé sur des cas non pondérés inférieurs à 25 ; ( ) Basé sur des cas non pondérés entre 25 et 49. Santé de l’Enfant • 159 10.3.2 Prévalence et traitement de la fièvre Le tableau 10.6 présente le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. Il ressort de ce tableau que 23 % des enfants ont eu la fièvre pendant cette période. Parmi ces enfants, ceux âgés de 6 à 11 mois ont été plus touchés par la fièvre (34 % contre 15 % des enfants âgés de 48 à 59 mois) (graphique 10.3). Les garçons sont légèrement plus touchés que les filles (24 % contre 21 %). On note une disparité importante dans la prévalence de la fièvre selon de milieu de résidence : 29 % en milieu urbain contre 19% en milieu rural. Les cas de fièvre sont plus récurrents dans la région de Dakar (36 %) et dans les régions du nord (Saint-Louis et Louga), avec des proportions de plus de 20 %, contrairement aux régions de Kaffrine et Ziguinchor où il a été enregistré moins de 15 %. Dans l’ensemble, parmi les enfants qui ont la fièvre, pour 43% des cas, il a été recherché un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé. Parmi ces cas, 8% seulement ont pris des antipaludéens et 26% ont recours aux antibiotiques. Graphique 10.3 Prévalence des IRA, de la fièvre et de la diarrhée selon l’âge EDS-MICS 2010-11 5.6 7.1 5.6 5.8 5.4 3.7 21 34.4 28.2 22.9 19 14.6 20.1 33.2 30.2 21.5 13.9 9.8 <6 mois 6-11 mois 12-23 mois 24-35 mois 36-47 mois 48-59 mois 0 10 20 30 40 50 Pourcentage IRA Fièvre Diarrhée 21.0 19.0 160 • Santé de l’Enfant Tableau 10.6 Prévalence et traitement de la fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête; Parmi ces enfants, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d'un établissement ou d'un prestataire de santé, pourcentage qui ont pris des antipaludéens et pourcentage qui ont pris des antibiotiques comme traitement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre Pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d'un établissement ou d'un prestataire de santé1 Parmi les enfants de moins de cinq ans : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu de la fièvre Effectif d'enfants Pourcentage ayant pris des antipaludéens Pourcentage ayant pris des antibiotiques Effectif d'enfants Age en mois <6 21,0 1 204 39,6 5,7 25,5 252 6-11 34,4 1 098 39,5 5,9 22,4 378 12-23 28,2 2 199 40,5 6,8 26,2 620 24-35 22,9 2 195 46,9 10,6 29,5 502 36-47 19,0 2 234 49,0 11,6 25,6 424 48-59 14,6 1 963 42,1 7,4 26,8 287 Sexe Masculin 23,9 5 573 43,8 9,3 26,1 1 332 Féminin 21,3 5 321 42,5 7,0 26,3 1 131 Milieu de résidence Urbain 28,6 4 239 49,6 10,2 31,2 1 211 Rural 18,8 6 654 37,0 6,3 21,3 1 252 Région Dakar 36,3 2 204 52,1 11,9 32,0 800 Ziguinchor 12,6 349 60,9 11,1 40,6 44 Diourbel 22,3 1 329 34,6 5,1 16,1 297 Saint-Louis 26,0 716 46,5 7,9 24,6 187 Tambacounda 14,3 596 46,7 19,9 19,2 85 Kaolack 17,9 948 35,6 1,8 11,5 170 Thiès 15,1 1 324 42,0 4,9 29,1 200 Louga 24,9 752 40,5 5,7 28,3 187 Fatick 20,2 623 37,1 5,1 32,0 126 Kolda 20,3 596 34,2 7,9 30,7 121 Matam 20,2 466 30,9 6,4 17,8 94 Kaffrine 11,4 500 31,9 6,1 27,2 57 Kédougou 21,5 100 52,4 2,4 8,2 21 Sédhiou 18,6 390 33,3 8,1 24,9 73 Niveau d'instruction de la mère Aucun 21,1 7 705 39,6 7,2 23,4 1 628 Primaire 26,1 2 262 48,0 10,2 31,9 590 Secondaire ou plus 26,5 927 55,5 10,2 30,8 245 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 19,9 2 468 30,0 5,5 16,8 490 Second 16,3 2 393 39,5 7,3 24,1 390 Moyen 20,3 2 114 47,1 8,5 27,8 430 Quatrième 29,4 2 126 42,9 7,6 28,2 626 Le plus riche 29,4 1 793 55,4 11,9 32,7 528 Ensemble 22,6 10 893 43,2 8,2 26,2 2 463 1 Non compris les pharmacies, les boutiques et les praticiens traditionnels. 10.3.3 Prévalence et traitement de la diarrhée Prévalence de la diarrhée De par leurs conséquences, notamment la déshydratation et la malnutrition, les maladies diarrhéiques constituent, directement ou indirectement, une des principales causes de décès des jeunes enfants dans les pays en développement. Pour lutter contre les effets de la déshydratation, l'OMS recommande la généralisation du Traitement de Réhydratation par voie Orale (TRO), en conseillant l'utilisation, soit d'une solution préparée à partir du contenu de sachets de Sels de Réhydratation par voie Orale (SRO), soit d'une solution préparée à la maison avec de l'eau, du sucre et du sel. Santé de l’Enfant • 161 Au cours de l’EDS-MICS, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'interview afin de mesurer la prévalence des maladies diarrhéiques chez les enfants de moins de cinq ans. En ce qui concerne le traitement de la diarrhée, on a demandé aux mères si elles connaissaient le SRO et si, durant les épisodes diarrhéiques, elles avaient eu recours au Traitement de Réhydratation par voie Orale (TRO). De l’examen des données du tableau 10.7, il ressort qu’un peu plus d’un enfant de moins de cinq ans sur cinq (21 %) avait souffert de diarrhée pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête. La prévalence de la diarrhée est particulièrement forte chez les jeunes enfants de 6-23 mois (33 à 30 %). Ces âges de forte prévalence sont aussi les âges auxquels les enfants commencent à recevoir des aliments autres que le lait maternel et à être sevrés. Ils correspondent également aux âges auxquels les enfants commencent à explorer leur environnement, ce qui les expose davantage à la contamination par des agents pathogènes (graphique 10.3). On constate des variations importantes selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Le milieu de résidence laisse apparaitre une légère variation de la prévalence de la diarrhée, les proportions variant de 23 % en milieu urbain à 19 % en milieu rural. Par contre, les disparités inter régionales sont très importantes : aux deux extrêmes, on trouve les régions de Kédougou et Ziguinchor avec une prévalence d’environ 12 % et les régions de Dakar et de Kolda avec une prévalence de 27 % (graphique 10.4). En ce qui concerne le niveau d’instruction des femmes, les enfants dont la mère a un niveau secondaire ou plus ont une prévalence de la diarrhée moins élevée que les autres (18 % contre 20 % chez ceux dont la mère n’a aucune instruction et 23 % chez ceux dont la mère a un niveau primaire). On ne constate pas d’écarts significative- ment importants de la prévalence en fonction de l’indice de bien-être du ménage. Tableau 10.7 Prévalence de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête : Caractéristique sociodémographique Toute diarrhée Diarrhée avec sang Effectif d'enfants Age en mois <6 20,1 1,1 1 204 6-11 33,2 2,4 1 098 12-23 30,2 2,7 2 199 24-35 21,5 2,8 2 195 36-47 13,9 1,5 2 234 48-59 9,8 1,3 1 963 Sexe Masculin 21,2 2,1 5 573 Féminin 20,0 2,0 5 321 Provenance de l'eau de consommation1 Source améliorée 21,1 1,9 8 274 Non améliorée 19,3 2,5 2 539 Autre/manquant 14,9 0,6 80 Type d'installation sanitaire2 Améliorée, non partagée 21,6 1,9 4 581 Non améliorée 19,9 2,1 6 312 Milieu de résidence Urbain 23,1 2,0 4 239 Rural 19,1 2,0 6 654 Région Dakar 27,0 2,7 2 204 Ziguinchor 11,1 1,2 349 Diourbel 21,3 0,6 1 329 Saint-Louis 21,3 1,5 716 Tambacounda 19,1 2,1 596 Kaolack 18,5 1,4 948 Thiès 17,7 1,8 1 324 Louga 14,4 1,4 752 Fatick 21,5 2,2 623 Kolda 26,2 4,9 596 Matam 17,6 1,8 466 Kaffrine 15,4 1,8 500 Kédougou 12,1 2,0 100 Sédhiou 21,0 3,5 390 Niveau d'instruction de la mère Aucun 20,3 2,2 7 705 Primaire 22,6 1,8 2 262 Secondaire ou plus 18,1 0,7 927 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 20,3 2,7 2 468 Second 18,3 1,6 2 393 Moyen 19,4 1,8 2 114 Quatrième 25,8 2,3 2 126 Le plus riche 19,5 1,6 1 793 Ensemble 20,6 2,0 10 893 1 Se reporter au tableau 2.7 pour la définition des catégories. 2 Se reporter au tableau 2.2 pour la définition des catégories. 162 • Santé de l’Enfant Connaissance des sachets de SRO Parmi les femmes ayant eu des enfants dans les cinq années ayant précédé l'enquête, 59 % ont déclaré connaître le Sel de Réhydratation par voie orale ou SRO (tableau 10.8). Le niveau de connaissance des sachets de SRO est assez variable selon les caractéristiques sociodémographiques des mères. Il est identique selon qu’on est en milieu rural ou en milieu urbain (59 %). C’est dans les régions de Sédhiou (79 %), Thiès (76 %), Kaolack (75 %) et Ziguinchor (73 %) que le niveau de connaissance est le plus élevé. Par ailleurs, les femmes instruites ont un meilleur niveau de connaissance des sachets de SRO et ce, d’autant plus que le niveau d’éducation est élevé : 67 % pour le niveau secondaire et plus contre 58 % chez les femmes sans niveau d’instruction. Selon l’indice de bien-être des ménages, la connaissance des SRO par les femmes passe de 51 % dans les ménages les plus pauvres à 59 % chez les plus riches. Graphique 10.4 Prévalence de la diarrhée par région EDS-MICS 2010-11 27 11 21 21 19 19 18 14 22 26 18 15 12 21 Da ka r Zig uin ch or Di ou rbe l Sa int -Lo uis Ta mb ac ou nd a Ka ola ck Th iès Lo ug a Fa tic k Ko lda Ma tam Ka ffri ne Ké do ug ou Sé dh iou 0 5 10 15 20 25 30 Pourcentage Santé de l’Enfant • 163 Tableau 10.8 Connaissance des sachets de SRO ou des liquides pré conditionnés, Pourcentage de mères de 15-49 ans qui ont eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et qui connaissent les sachets de SRO ou les liquides SRO pré conditionnés pour le traitement de la diarrhée selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de femmes qui connaissent les sachets de SRO et les liquides pré conditionnés Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 38,5 529 20-24 51,2 1 659 25-34 60,6 3 531 35-49 69,7 1 971 Milieu de résidence Urbain 59,4 3 182 Rural 59,4 4 508 Région Dakar 52,7 1 674 Ziguinchor 72,6 250 Diourbel 45,4 905 Saint-Louis 52,8 495 Tambacounda 52,7 418 Kaolack 74,6 625 Thiès 76,1 958 Louga 55,9 525 Fatick 61,4 397 Kolda 62,8 427 Matam 51,4 322 Kaffrine 54,5 342 Kédougou 53,5 73 Sédhiou 78,6 279 Niveau d'instruction Aucun 57,9 5 289 Primaire 60,9 1 647 Secondaire ou plus 66,7 754 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 51,3 1 672 Second 65,1 1 600 Moyen 63,5 1 492 Quatrième 59,1 1 552 Le plus riche 58,5 1 375 Ensemble 59,4 7 690 SRO = Sels de Réhydratation Orale. Traitement de la diarrhée Au cours de l’EDS-MICS, on a demandé aux mères dont les enfants avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, quels traitements elles ont utilisés lors des épisodes diarrhéiques. Le tableau 10.9 montre que parmi les enfants ayant eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, seulement 35 % ont été conduits à un établissement de santé au cours de leur maladie. Les enfants de 36-47 mois ont été les plus nombreux à bénéficier de soins dans une formation sanitaire (40 %) ; ceux de moins de 6 mois ont été à l’inverse les moins nombreux (24 %). Par contre, les enfants résidant en milieu urbain ont bénéficié de la même fréquence de traitement que ceux du milieu rural, à savoir 35%. En fonction des régions, à Ziguinchor, Sédhiou, Fatick, Saint-Louis et Kédougou, environ 41 % des enfants malades ont reçu des soins ; par contre, à Diourbel, Kolda et Matam, les proportions ne dépassent pas 28 %. Les résultats selon le niveau d’instruction de la mère font apparaître des écarts : en effet, la proportion d’enfants qui ont reçu des soins au cours de leur épisode diarrhéique varie de 32 % parmi ceux dont la mère n’est pas instruite à 54 % parmi ceux dont la mère a au moins un niveau d’instruction secondaire. Ta bl ea u 10 .9 T ra ite m en t d e la d ia rrh ée P ar m i l es e nf an ts d e m oi ns d e ci nq a ns a ya nt e u la d ia rrh ée a u co ur s de s de ux s em ai ne s ay an t p ré cé dé l' en qu êt e, p ou rc en ta ge p ou r l es qu el s on a re ch er ch é de s co ns ei ls o u un tr ai te m en t a up rè s d' un é ta bl is se m en t o u d' un p re st at ai re de s an té ; P ou rc en ta ge a ya nt r eç u un e Th ér ap ie d e R éh yd ra ta tio n pa r vo ie O ra le ( TR O ), po ur ce nt ag e à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es , p ou rc en ta ge a ya nt é té tr ai té a ve c un e TR O o u à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es e t po ur ce nt ag e d' en fa nt s a qu i o n a ad m in is tré d 'a ut re s tra ite m en ts , s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, E D S -M IC S S én ég al 2 01 0- 11 P ou rc en ta ge d' en fa nt s av ec di ar rh ée p ou r le sq ue ls o n a re ch er ch é de s co ns ei ls o u un tra ite m en t a up rè s d' un é ta bl is se m en t ou d 'u n pr es ta ta ire de s an té 1 Th ér ap ie d e R éh yd ra ta tio n pa r v oi e O ra le (T R O ) S ol ut io n M ai so n R ec om - m an dé e (S M R ) S ac he ts S R O ou li qu id es p ré co nd iti on né s A ut re s tra ite m en ts C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue S oi t S R O ou S M R Li qu id es au gm en té s TR O o u liq ui de s au gm en té s A nt i- bi ot iq ue M éd ic a- m en ts an ti- m ot ilit é S up pl ém en ts de z in c S ol ut io n in tra - ve in eu se R em èd e m ai so n/ A ut re M an qu an t A uc un tra ite - m en t Ef fe ct if d' en fa nt s av ec la di ar rh ée A ge e n m oi s <6 24 ,2 10 ,0 5, 5 12 ,8 21 ,0 31 ,3 16 ,8 0, 4 0, 3 0, 0 20 ,8 0, 0 48 ,4 24 2 6- 11 32 ,4 20 ,9 7, 4 24 ,5 31 ,1 46 ,8 19 ,9 0, 2 0, 4 0, 0 28 ,3 0, 0 28 ,7 36 5 12 -2 3 38 ,1 25 ,0 6, 2 27 ,8 44 ,4 59 ,2 23 ,7 1, 2 0, 3 0, 2 29 ,0 0, 0 21 ,5 66 4 24 -3 5 36 ,5 23 ,8 10 ,4 29 ,4 45 ,9 59 ,5 23 ,0 0, 7 0, 0 0, 4 35 ,0 0, 0 20 ,0 47 1 36 -4 7 40 ,3 26 ,7 10 ,5 33 ,1 42 ,0 57 ,7 22 ,5 2, 6 0, 4 0, 0 27 ,3 0, 2 21 ,7 31 1 48 -5 9 26 ,7 21 ,4 6, 1 24 ,9 37 ,3 55 ,0 8, 9 2, 8 0, 0 0, 0 25 ,0 0, 0 30 ,0 19 2 Se xe M as cu lin 35 ,6 22 ,8 8, 4 27 ,1 38 ,5 52 ,5 23 ,2 0, 8 0, 3 0, 1 28 ,6 0, 1 26 ,9 1 18 0 Fé m in in 33 ,7 22 ,0 7, 1 25 ,9 39 ,7 55 ,0 18 ,0 1, 5 0, 2 0, 2 28 ,8 0, 0 25 ,0 1 06 6 T y pe d e di ar rh ée 2 P as d e pr és en ce d e sa ng 33 ,5 21 ,7 7, 2 25 ,5 38 ,8 52 ,8 20 ,9 1, 3 0, 3 0, 1 27 ,9 0, 0 27 ,0 2 01 9 P ré se nc e de s an g 44 ,8 29 ,1 12 ,8 35 ,7 42 ,5 62 ,4 20 ,0 0, 3 0, 0 0, 2 35 ,5 0, 0 17 ,0 21 9 M ili eu d e ré si de nc e U rb ai n 34 ,8 24 ,4 9, 3 28 ,8 44 ,0 58 ,0 22 ,9 1, 6 0, 1 0, 0 26 ,3 0, 0 23 ,4 97 8 R ur al 34 ,6 20 ,9 6, 6 24 ,7 35 ,3 50 ,3 19 ,1 0, 8 0, 4 0, 2 30 ,5 0, 1 28 ,0 1 26 8 R ég io n D ak ar 32 ,3 26 ,6 10 ,0 30 ,9 46 ,9 61 ,3 21 ,5 1, 6 0, 0 0, 0 24 ,9 0, 0 21 ,3 59 6 Zi gu in ch or 45 ,1 35 ,5 8, 9 38 ,3 31 ,4 57 ,7 20 ,7 4, 8 0, 0 0, 0 33 ,4 0, 0 24 ,6 39 D io ur be l 27 ,1 10 ,3 7, 0 17 ,0 35 ,3 45 ,4 13 ,9 2, 9 0, 6 0, 6 23 ,7 0, 0 36 ,9 28 4 S ai nt -L ou is 40 ,8 24 ,3 11 ,8 31 ,7 41 ,0 56 ,4 28 ,2 0, 6 0, 0 0, 6 27 ,0 0, 0 24 ,1 15 2 Ta m ba co un da 41 ,2 26 ,4 8, 0 30 ,5 38 ,1 57 ,6 37 ,0 1, 7 1, 1 0, 0 25 ,1 0, 6 23 ,5 11 4 K ao la ck 37 ,1 19 ,2 6, 6 21 ,4 53 ,4 64 ,6 28 ,6 0, 0 0, 0 0, 0 39 ,1 0, 0 14 ,2 17 5 Th iè s 38 ,8 25 ,5 5, 2 27 ,9 21 ,2 42 ,3 14 ,4 0, 0 0, 0 0, 0 25 ,9 0, 0 33 ,9 23 5 Lo u g a 37 ,0 22 ,8 7, 0 26 ,3 40 ,4 56 ,7 15 ,8 0, 6 0, 7 0, 0 22 ,6 0, 0 27 ,5 10 8 Fa tic k 40 ,5 25 ,2 5, 3 28 ,8 47 ,5 60 ,8 18 ,5 0, 5 0, 5 0, 0 37 ,1 0, 0 16 ,6 13 4 K ol da 28 ,4 20 ,1 6, 9 22 ,9 31 ,6 44 ,1 19 ,9 0, 0 0, 0 0, 0 38 ,3 0, 0 27 ,0 15 6 M at am 26 ,5 20 ,1 5, 0 20 ,6 27 ,0 42 ,2 13 ,3 0, 0 0, 1 0, 0 25 ,6 0, 0 43 ,8 82 K af fri ne 35 ,3 17 ,2 9, 7 23 ,1 31 ,1 45 ,9 16 ,8 0, 0 0, 0 0, 7 29 ,1 0, 0 32 ,5 77 K éd ou go u (4 0, 4) (2 1, 0) (9 ,8 ) (2 9, 3) (3 2, 5) (4 6, 5) (9 ,2 ) (1 ,5 ) (0 ,0 ) (0 ,0 ) (3 9, 7) (0 ,0 ) (2 7, 7) 12 S éd hi ou 41 ,8 23 ,5 3, 8 24 ,9 36 ,8 45 ,9 28 ,8 2, 2 1, 1 0, 0 41 ,8 0, 0 19 ,9 82 N iv ea u d' in st ru ct io n de la m èr e A uc un 31 ,7 19 ,5 7, 4 23 ,8 35 ,4 49 ,8 18 ,2 0, 7 0, 2 0, 2 29 ,2 0, 0 28 ,6 1 56 7 P rim ai re 37 ,4 26 ,8 7, 7 29 ,8 50 ,5 62 ,4 26 ,1 1, 8 0, 4 0, 0 25 ,8 0, 0 21 ,1 51 1 S ec on da ire o u pl us 54 ,0 35 ,9 12 ,3 41 ,6 39 ,0 63 ,0 28 ,7 3, 1 0, 0 0, 0 33 ,1 0, 0 16 ,6 16 8 Q ui nt ile d e bi en -ê tr e éc on om iq ue Le p lu s pa uv re 30 ,7 20 ,5 7, 0 24 ,7 36 ,3 52 ,1 19 ,9 0, 4 0, 3 0, 3 32 ,1 0, 0 26 ,5 50 1 S ec on d 35 ,4 19 ,4 6, 1 22 ,2 32 ,3 45 ,4 20 ,3 0, 9 0, 5 0, 0 32 ,3 0, 2 28 ,0 43 7 M o y en 37 ,0 21 ,4 9, 3 26 ,9 42 ,1 54 ,3 23 ,0 0, 5 0, 2 0, 4 29 ,3 0, 0 25 ,7 41 1 Q ua tri èm e 31 ,3 21 ,9 6, 6 25 ,1 44 ,7 56 ,6 22 ,0 1, 1 0, 0 0, 0 20 ,3 0, 0 29 ,0 54 8 Le p lu s ric he 42 ,2 30 ,7 11 ,3 36 ,2 39 ,2 60 ,9 18 ,0 3, 5 0, 2 0, 0 31 ,7 0, 0 18 ,3 34 9 To ta l 34 ,7 22 ,4 7, 8 26 ,5 39 ,1 53 ,7 20 ,8 1, 2 0, 2 0, 1 28 ,7 0, 0 26 ,0 2 24 6 N ot e: L a TR O c om pr en d la s ol ut io n pr ép ar ée à p ar tir d es S el s de R éh yd ra ta tio n O ra le (S R O ), le s sa ch et s S R O p ré c on di tio nn és , l es S ol ut io ns M ai so n R ec om m an dé es (S M R ). 1 N on c om pr is le s ph ar m ac ie s, le s bo ut iq ue s et le s gu ér is se ur s tra di tio nn el s. 2 H ui t c as s on t m an qu an ts p ou r c et te c at ég or ie ( ) B as é su r d es c as n on p on dé ré s en tre 2 5 et 4 9. 164 • Santé de l’Enfant Santé de l’Enfant • 165 On constate que seulement 22 % des enfants qui ont souffert de diarrhée ont bénéficié de traitement par réhydratation de Sachets SRO ou liquides; dans seulement 8 % des cas, on a eu recours à la solution salée et sucrée préparée à la maison ; dans l’ensemble 27 % des enfants ayant souffert de diarrhée ont bénéficié d’une TRO (sachet de SRO, solution d’eau salée et sucrée ou les deux). Cependant, près de quatre enfants sur dix (39 %) ont vu leur quantité de liquides augmenter. De façon globale, dans plus de la moitié des cas (54 %), les enfants malades ont été traités, soit avec un SRO ou une solution maison ou bien ils ont eu des quantités de liquides supplémentaires. En dehors de la TRO, pour plusieurs enfants ayant eu un épisode de diarrhée au cours des deux dernières semaines, les parents ont eu recours à d’autres remèdes. Parmi ceux-ci, les gélules ou sirops (21%) et des remèdes divers administrés à domicile (29 %) ont été les plus utilisés. Les perfusions et injections ont été très rarement utilisées (moins de 1 %). Enfin, malgré les risques que peuvent entraîner les maladies diarrhéiques, il faut noter qu’un nombre élevé d’enfants n’ont bénéficié d’aucun traitement lors de leur maladie (26 %). Les différences socioéconomiques dans la prise en charge de la diarrhée sont quelques fois importantes. Les enfants du milieu urbain sont plus nombreux à avoir été conduits dans une formation sanitaire et à avoir bénéficié d’une TRO. Cependant, le pourcentage d’enfants ayant été soignés à l’aide de SRO ou d’une solution maison ou ayant reçu plus de liquides qu’à l’accoutumée est à peine différent dans les villes comparées aux campagnes (respectivement, 58 et 50 %). Le recours aux gélules et aux sirops a été plus fréquent dans les zones urbaines (23 % contre 19 % en zone rurale). L’examen des résultats selon le niveau d’instruction montre que les écarts entre les femmes instruites et les femmes non instruites sont faibles en ce qui concerne l’utilisation de l’eau sucrée et salée, de la TRO de façon générale et de l’augmentation de l’apport en liquides divers. Enfin, les catégories aisées (4ème et 5ème quintiles) sont relativement plus nombreuses à conduire leurs enfants à une formation sanitaire ou à recourir au SRO. Par contre, il est important de noter que l’augmentation des rations en liquides (TRO comprise) et le recours aux gélules ou aux sirops ne varient pratiquement pas avec le niveau de bien-être. Alimentation pendant la diarrhée Au cours des épisodes diarrhéiques, il est recommandé de donner plus de liquides et d’aliments à l’enfant. Le tableau 10.10 montre que 39 % des enfants ayant eu la diarrhée ont reçu plus de liquides que d’habitude, 38 % en ont reçu la même quantité et, en revanche, 16 % en ont reçu un peu moins et 5% beaucoup moins. En ce qui concerne la nourriture, on relève que dans seulement 8 % des cas, les rations alimentaires ont été augmentées, dans 40% des cas, elles n’ont pas changé et pour 33 % des enfants, elles ont été un peu diminuées. Signalons par ailleurs que dans 8 % des cas, l’alimentation a été très réduite, et même arrêtée dans près de 4 % des cas. Ces résultats montrent donc que la majorité des femmes ne respectent pas les principes de base en matière de nutrition des enfants durant les épisodes diarrhéiques. Le tableau montre également que seulement trois enfants sur dix ayant la diarrhée ont reçu, comme il est recommandé, davantage de liquides et ont continué à s’alimenter. Dans les régions de Thiès, de Matam et de Kédougou, les proportions sont inférieures à 20 %. Par ailleurs, seulement un peu plus de quatre enfants sur dix (42 %) ont continué à s'alimenter ont été traités avec une TRO et/ou à qui on a donné davantage de liquides. C’est parmi les enfants de 24-47 mois, ceux de la région de Tambacounda, les enfants dont les mères ont le niveau d’instruction du secondaire ou plus, et ceux appartement aux ménages du quintile le plus riche où l’on enregistre des proportions supérieures à 50 %. Ta bl ea u 10 .1 0 P ra tiq ue s al im en ta ire s du ra nt la d ia rrh ée R ép ar tit io n (e n % ) d es e nf an ts d e m oi ns d e ci nq a ns a ya nt e u la d ia rrh ée a u co ur s de s de ux s em ai ne s ay an t p ré cé dé l' en qu êt e pa r q ua nt ité d e liq ui de s et d 'a lim en ts d on né e pa r r ap po rt au x qu an tit és h ab itu el le s, p ou rc en ta ge d 'e nf an ts à q ui o n a au gm en té la q ua nt ité d e liq ui de s et q ui o nt c on tin ué à s 'a lim en te r p en da nt l' ép is od e di ar rh éi qu e et p ou rc en ta ge d 'e nf an ts q ui o nt c on tin ué à s 'a lim en te r e t q ui o nt é té tr ai té s au m oy en d 'u ne T R O e t/o u à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es d ur an t le s ép is od es d ia rrh éi qu es , s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s E D S -M IC S , S én ég al 2 01 0- 11 P ou rc en ta ge à qu i o n a do nn é da va nt ag e de liq ui de s et q ui on t c on tin ué à s' al im en te r1 P ou rc en ta ge q ui on t c on tin ué à s' al im en te r e t q ui on t é té tr ai té s av ec u ne T R O et /o u à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es 1 Q ua nt ité d e liq ui de s do nn ée Q ua nt ité d e no ur rit ur e do nn ée Ef fe ct if d' en fa nt s av ec la di ar rh ée C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue D av an ta ge M êm e qu e d' ha bi tu de U n pe u m oi ns B ea uc ou p m oi ns A uc un e N e sa it pa s/ m an qu an t To ta l D av an ta ge M êm e qu e d' ha bi tu de U n pe u m oi ns B ea uc ou p m oi ns A uc un e N e m an ge pa s en co re N e sa it pa s/ m an qu an t To ta l A ge e n m oi s <6 21 ,0 53 ,4 11 ,5 3, 8 10 ,2 0, 0 10 0, 0 5, 8 28 ,8 12 ,5 1, 5 0, 5 50 ,8 0, 0 10 0, 0 9, 4 13 ,1 24 2 6- 11 31 ,1 46 ,2 18 ,1 4, 0 0, 5 0, 2 10 0, 0 6, 0 38 ,6 30 ,2 7, 6 6, 1 11 ,5 0, 0 10 0, 0 21 ,2 32 ,2 36 5 12 -2 3 44 ,4 33 ,9 16 ,1 5, 3 0, 4 0, 0 10 0, 0 6, 8 39 ,9 36 ,3 9, 8 7, 0 0, 3 0, 0 10 0, 0 32 ,9 45 ,8 66 4 24 -3 5 45 ,9 33 ,1 14 ,6 5, 5 1, 0 0, 0 10 0, 0 12 ,7 43 ,2 33 ,9 7, 7 2, 4 0, 2 0, 0 10 0, 0 40 ,2 51 ,5 47 1 36 -4 7 42 ,0 30 ,4 19 ,3 5, 5 0, 0 2, 7 10 0, 0 9, 9 39 ,6 37 ,9 7, 2 3, 7 0, 0 1, 6 10 0, 0 35 ,7 50 ,4 31 1 48 -5 9 37 ,3 38 ,3 16 ,5 5, 9 0, 0 2, 1 10 0, 0 4, 7 43 ,6 40 ,1 7, 6 2, 9 0, 0 1, 1 10 0, 0 32 ,6 48 ,4 19 2 Se xe M as cu lin 38 ,5 38 ,5 16 ,5 4, 9 1, 1 0, 5 10 0, 0 8, 4 41 ,3 30 ,1 7, 4 4, 7 8, 0 0, 1 10 0, 0 29 ,8 41 ,1 1 18 0 Fé m in in 39 ,7 36 ,9 15 ,6 5, 2 1, 9 0, 7 10 0, 0 7, 6 37 ,4 35 ,7 7, 8 4, 0 6, 9 0, 5 10 0, 0 30 ,9 43 ,3 1 06 6 Ty pe d e di ar rh ée 2 P as d e pr és en ce d e sa ng 38 ,8 39 ,8 15 ,1 4, 4 1, 5 0, 4 10 0, 0 8, 2 40 ,9 31 ,7 7, 3 4, 2 7, 4 0, 2 10 0, 0 30 ,0 41 ,9 2 01 9 P ré se nc e de s an g 42 ,5 19 ,7 25 ,8 10 ,3 1, 2 0, 5 10 0, 0 6, 8 27 ,3 43 ,1 9, 4 5, 3 8, 2 0, 0 10 0, 0 33 ,8 45 ,4 21 9 M ili eu d e ré si de nc e U rb ai n 44 ,0 34 ,3 13 ,4 6, 3 1, 2 0, 9 10 0, 0 8, 6 35 ,0 33 ,4 10 ,7 4, 6 7, 1 0, 6 10 0, 0 33 ,5 44 ,0 97 8 R ur al 35 ,3 40 ,4 18 ,1 4, 1 1, 7 0, 4 10 0, 0 7, 6 42 ,9 32 ,3 5, 1 4, 2 7, 7 0, 1 10 0, 0 27 ,9 40 ,7 1 26 8 R ég io n D ak ar 46 ,9 34 ,8 9, 2 7, 5 0, 6 1, 0 10 0, 0 9, 3 34 ,3 32 ,1 13 ,8 3, 3 6, 3 0, 8 10 0, 0 35 ,7 45 ,7 59 6 Zi gu in ch or 31 ,4 40 ,9 15 ,7 3, 6 6, 7 1, 7 10 0, 0 7, 2 35 ,8 34 ,3 3, 6 9, 5 9, 6 0, 0 10 0, 0 25 ,9 42 ,3 39 D io ur be l 35 ,3 45 ,8 15 ,8 1, 2 1, 4 0, 5 10 0, 0 5, 0 47 ,1 36 ,9 1, 7 2, 0 7, 3 0, 0 10 0, 0 31 ,0 41 ,1 28 4 S ai nt -L ou is 41 ,0 26 ,8 21 ,9 6, 5 3, 4 0, 4 10 0, 0 12 ,7 25 ,5 35 ,1 8, 0 10 ,7 7, 7 0, 3 10 0, 0 29 ,3 40 ,2 15 2 Ta m ba co un da 38 ,1 29 ,2 21 ,5 9, 3 1, 9 0, 0 10 0, 0 11 ,8 46 ,6 31 ,8 3, 3 0, 6 5, 8 0, 0 10 0, 0 36 ,2 52 ,5 11 4 K ao la ck 53 ,4 32 ,8 10 ,1 1, 4 0, 9 1, 5 10 0, 0 5, 3 42 ,8 23 ,0 6, 5 6, 2 15 ,8 0, 5 10 0, 0 36 ,8 45 ,3 17 5 Th iè s 21 ,2 38 ,0 30 ,9 8, 6 1, 3 0, 0 10 0, 0 3, 2 41 ,9 41 ,7 6, 8 2, 4 4, 0 0, 0 10 0, 0 18 ,7 38 ,0 23 5 Lo ug a 40 ,4 38 ,8 13 ,5 4, 9 1, 5 0, 9 10 0, 0 7, 3 45 ,2 34 ,1 5, 7 2, 4 5, 2 0, 0 10 0, 0 33 ,5 49 ,9 10 8 Fa tic k 47 ,5 31 ,2 18 ,5 2, 0 0, 8 0, 0 10 0, 0 13 ,1 32 ,7 27 ,0 5, 4 12 ,4 9, 4 0, 0 10 0, 0 30 ,8 41 ,4 13 4 K ol da 31 ,6 45 ,3 15 ,7 5, 4 2, 1 0, 0 10 0, 0 11 ,5 42 ,6 30 ,6 7, 0 3, 9 4, 5 0, 0 10 0, 0 24 ,6 35 ,6 15 6 M at am 27 ,0 50 ,4 16 ,9 1, 9 2, 9 1, 0 10 0, 0 5, 4 48 ,8 25 ,0 7, 5 4, 0 8, 3 1, 0 10 0, 0 19 ,7 30 ,8 82 K af fri ne 31 ,1 48 ,9 17 ,9 2, 0 0, 0 0, 0 10 0, 0 4, 1 36 ,1 36 ,4 4, 5 2, 1 16 ,7 0, 0 10 0, 0 22 ,9 35 ,0 77 K éd ou go u (3 2, 5) (3 2, 0) (3 4, 6) (1 ,0 ) (0 ,0 ) (0 ,0 ) 10 0, 0 (7 ,8 ) (2 4, 3) (3 8, 6) ((6 ,8 ) 16 ,4 ) (6 ,2 ) (0 ,0 ) 10 0, 0 (1 9, 3) (2 7, 1) 12 S éd hi ou 36 ,8 44 ,3 14 ,3 1, 0 3, 5 0, 0 10 0, 0 8, 2 48 ,0 30 ,2 4, 1 4, 0 5, 4 0, 0 10 0, 0 30 ,4 38 ,3 82 N iv ea u d' in st ru ct io n de la m èr e A uc un 35 ,4 40 ,1 17 ,4 5, 1 1, 4 0, 6 10 0, 0 6, 3 41 ,1 32 ,6 7, 0 4, 3 8, 5 0, 2 10 0, 0 27 ,1 38 ,8 1 56 7 P rim ai re 50 ,5 30 ,3 11 ,5 6, 0 1, 0 0, 7 10 0, 0 12 ,1 34 ,1 34 ,3 9, 1 4, 6 5, 0 0, 7 10 0, 0 39 ,9 49 ,9 51 1 S ec on da ire o u pl us 39 ,0 38 ,0 18 ,1 1, 5 3, 4 0, 0 10 0, 0 11 ,6 40 ,9 29 ,3 8, 5 4, 4 5, 2 0, 0 10 0, 0 31 ,5 50 ,0 16 8 Q ui nt ile s de b ie n- êt re é co no m iq ue Le p lu s pa uv re 36 ,3 39 ,7 17 ,7 4, 1 1, 9 0, 3 10 0, 0 8, 3 42 ,4 29 ,8 6, 9 5, 4 7, 2 0, 2 10 0, 0 27 ,8 40 ,9 50 1 S ec on d 32 ,3 42 ,3 17 ,8 5, 0 2, 2 0, 4 10 0, 0 6, 9 42 ,4 31 ,2 4, 4 3, 2 11 ,9 0, 0 10 0, 0 25 ,0 35 ,8 43 7 M oy en 42 ,1 33 ,5 18 ,2 4, 7 0, 9 0, 5 10 0, 0 5, 7 44 ,5 32 ,4 6, 1 5, 7 5, 5 0, 1 10 0, 0 33 ,6 44 ,0 41 1 Q ua tri èm e 44 ,7 34 ,5 13 ,2 6, 3 0, 5 0, 9 10 0, 0 8, 3 33 ,3 33 ,1 11 ,0 5, 4 7, 9 1, 0 10 0, 0 31 ,8 39 ,5 54 8 Le p lu s ric he 39 ,2 39 ,3 13 ,6 4, 9 2, 1 0, 8 10 0, 0 11 ,5 35 ,5 38 ,9 8, 9 1, 2 4, 0 0, 0 10 0, 0 34 ,6 53 ,9 34 9 E ns em bl e 39 ,1 37 ,7 16 ,1 5, 0 1, 5 0, 6 10 0, 0 8, 0 39 ,5 32 ,8 7, 6 4, 4 7, 5 0, 3 10 0, 0 30 ,4 42 ,1 2 24 6 N ot e: P en da nt la d ia rrh ée , i l e st re co m m an dé d e do nn er d av an ta ge d e liq ui de s au x en fa nt s et d e ne p as ré du ire le s qu an tit és d e no ur rit ur e. 1 « C on tin ue r à s ’a lim en te r » co m pr en d le s en fa nt s do nt le s qu an tit és d e no ur rit ur e on t é té a ug m en té es , c eu x po ur q ui e lle s so nt re st ée s id en tiq ue s ou c eu x qu i e n on t r eç u un p eu m oi ns p en da nt le s ép is od es d ia rrh éi qu es . 2 S ep t c as n on p on dé ré s qu i s on t m an qu an ts p ou r c et te c at ég or ie ( ) B as é su r d es c as n on p on dé ré s en tre 2 5 et 4 9. 166 • Santé de l’Enfant Santé de l’Enfant • 167 10.4 EVACUATION DES SELLES DES ENFANTS Le tableau 10.11 présente la répartition des enfants de moins de cinq ans les plus jeunes vivant avec leur mère par moyens d'évacuation des dernières selles des enfants, et les pourcentages d'enfants dont on s'est débarrassé des selles de manière hygiénique selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tout d’abord, on constate que dans 62 % des cas, les mères ont déclaré qu’elles jetaient les excréments dans les toilettes ou les latrines. Cette proportion est plus élevée en urbain qu’en rural (78 % contre 51 %). Les femmes instruites sont plus enclines à l’utilisation des toilettes ou latrines que celles sans instruction (58 % contre 71 %). De même, les résultats montrent que c’est dans les ménages les plus pauvres que l’utilisation de toilettes et latrines est la moins fréquente (30 % contre plus de 76 % dans les ménages riches). En outre, dans 20 % des cas, les mères ont déclaré que pour se débarrasser des selles des enfants, elles les jetaient dans les ordures contre 5% dans les fosses, 4% à l’air libre et 2% ont déclaré les enterrer. Les résultats du tableau montrent enfin que 69 % des mères ont déclaré évacuer les selles des enfants de façon sécuritaire. Tableau 10.11 Évacuation des selles des enfants Répartition (en %) des enfants de moins de cinq ans les plus jeunes, vivant avec la mère par moyens d'évacuation des dernières selles des enfants, et pourcentage d'enfants dont on s'est débarrassé des selles de manière hygiénique selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Pourcentage d'enfants dont on s'est débarrassé des selles de manière hygiénique1 Moyens pour se débarrasser des selles des enfants Caractéristique sociodémographique Enfant utilise les toilettes ou latrines Jetées/ rinsées dans toilettes ou latrines Enterrées Jetées/ rinsées dans égouts /caniveaux Jetées aux ordures Laissées à l'air libre Autre Total Effectif d'enfants Age en mois <6 1,1 54,1 2,8 5,9 29,7 4,8 1,7 100,0 57,9 1 181 6-11 0,9 61,5 2,5 4,4 25,2 3,8 1,7 100,0 64,9 1 069 12-23 2,0 64,8 2,6 5,0 20,7 3,6 1,4 100,0 69,4 2 086 24-35 2,8 67,5 2,3 3,8 17,2 4,6 1,8 100,0 72,6 1 525 36-47 12,9 60,0 2,2 5,5 11,8 5,4 2,2 100,0 75,0 900 48-59 19,2 59,2 1,7 4,8 7,8 4,0 3,3 100,0 80,2 576 Installation sanitaire Améliorée, non partagée2 5,7 77,8 0,3 6,8 8,3 0,9 0,3 100,0 83,8 3 166 Non améliorée ou partagée 3,7 50,2 4,1 3,4 28,8 6,8 3,0 100,0 58,0 4 172 Milieu de résidence Urbain 6,4 78,3 0,2 5,3 9,0 0,5 0,3 100,0 84,9 3 006 Rural 3,3 50,9 4,0 4,5 27,6 6,9 2,8 100,0 58,2 4 332 Région Dakar 8,6 79,2 0,3 3,4 8,5 0,1 0,0 100,0 88,1 1 572 Ziguinchor 3,5 75,7 2,4 7,3 9,8 1,3 0,0 100,0 81,5 232 Diourbel 2,9 76,4 1,2 0,5 16,1 2,2 0,7 100,0 80,5 871 Saint-Louis 3,0 59,2 4,1 4,0 18,1 7,1 4,4 100,0 66,4 472 Tambacounda 5,4 59,2 9,4 6,7 13,3 4,1 1,9 100,0 74,1 401 Kaolack 2,2 36,7 0,3 0,9 33,2 20,4 6,3 100,0 39,1 612 Thiès 2,6 64,5 0,6 17,9 12,9 0,3 1,3 100,0 67,7 919 Louga 2,4 51,3 4,9 5,2 29,2 5,7 1,3 100,0 58,6 496 Fatick 2,0 42,7 6,2 0,4 42,0 3,3 3,4 100,0 50,9 385 Kolda 6,3 58,1 1,7 1,4 30,1 2,2 0,1 100,0 66,2 407 Matam 5,0 48,2 6,4 2,2 24,3 7,6 6,2 100,0 59,6 310 Kaffrine 4,2 45,2 3,6 4,8 31,7 9,5 1,2 100,0 52,9 328 Kédougou 2,0 46,6 2,1 2,8 32,6 7,2 6,9 100,0 50,6 68 Sédhiou 6,0 58,0 2,3 3,8 29,4 0,3 0,2 100,0 66,3 264 Niveau d'instruction de la mère Aucun 3,8 58,0 3,1 4,8 22,6 5,5 2,3 100,0 64,9 5 045 Primaire 4,8 71,0 1,2 5,4 14,6 2,1 1,0 100,0 76,9 1 570 Secondaire ou plus 9,5 71,3 0,5 4,0 13,6 0,6 0,4 100,0 81,3 723 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 2,8 30,1 7,4 3,8 40,7 10,4 4,7 100,0 40,4 1 603 Second 3,5 49,3 3,2 4,4 29,5 7,1 2,9 100,0 56,0 1 538 Moyen 3,1 75,2 0,6 7,1 11,2 2,2 0,6 100,0 78,9 1 428 Quatrième 4,2 85,1 0,0 4,8 5,2 0,3 0,3 100,0 89,4 1 478 Le plus riche 10,0 76,3 0,1 4,3 9,4 0,0 0,0 100,0 86,3 1 291 Ensemble 4,6 62,1 2,4 4,9 20,0 4,3 1,8 100,0 69,1 7 338 1 On considère que les selles des enfants sont évacuées de manière hygiénique si l’enfant utilise des toilettes ou des latrines, si les matières fécales sont jetées/rincées dans des toilettes ou des latrines ou si elles sont enterrées. 2 Inclut des toilettes non partagées qui appartiennent aux catégories suivantes : Chasse d’eau/Chasse manuelle reliée à un système d’égout/une fosse septique/une fosse d’aisances; Fosse d’aisances améliorée auto-aérée (VIP); Toilettes à compostage. Allaitement et État Nutritionnel • 169 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL 11 Babou DIAHAM et Abdou GUEYE a malnutrition est l’un des principaux problèmes de santé qui affecte les enfants dans les pays en développement en général et au Sénégal en particulier. Selon la définition de l’OMS, la malnutrition se caractérise par un « état pathologique résultant de la carence ou de l’excès, relatif ou absolu, d’un ou de plusieurs nutriments essentiels, que cet état se manifeste cliniquement ou ne soit décelable que par des analyses biochimiques, anthropométriques ou physiologiques » (OMS, 1982). Elle résulte aussi bien d’une alimentation inadéquate que d’un environnement sanitaire déficient ou les deux à la fois. Les pratiques alimentaires inadéquates font référence, non seulement à la qualité et à la quantité des aliments donnés aux enfants, mais aussi aux étapes de leur introduction. La malnutrition englobe à la fois la dénutrition et la surnutrition. La dénutrition est due à une ration alimentaire continuellement insuffisante par rapport aux besoins nutritionnels, à une malabsorption et/ou une utilisation biologique insuffisante des nutriments consommés. Elle se traduit habituellement par une perte de poids corporel. La surnutrition est un état chronique d’absorption d’aliments en quantité excessive par rapport aux besoins nutritionnels, et engendre une surcharge pondérale et/ou une obésité. L’état nutritionnel est mesuré par anthropométrie en utilisant les nouvelles normes OMS qui ont remplacé les normes NCHS (WHO, 2006). Ce chapitre porte sur les résultats concernant l’alimentation des enfants nés dans les cinq années ayant précédé l’enquête et sur l’état nutritionnel des enfants et des adultes. Les pratiques d’allaitement et d’alimentation de complément constituent la première partie du chapitre. La deuxième partie est consacrée aux carences en micronutriments : elle porte en particulier sur la prévalence de l’anémie dans la population des enfants et des femmes, elle porte, également, sur la consommation d’aliments riches en Vitamine A, de sel iodé et de complément en fer et en Vitamine A. Enfin, la dernière partie est consacrée aux résultats portant sur les mesures anthropométriques (poids et taille) des enfants et des adultes, à partir desquelles a été évalué leur état nutritionnel. 11.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT Les pratiques d’alimentation constituent les facteurs déterminants de l’état nutritionnel des enfants qui, à son tour, affecte la morbidité et la mortalité de ces enfants. Parmi ces pratiques, celles concernant l’allaitement revêtent une importance particulière. Le lait maternel qui est stérile permet le transfert de l’immunité passive maternelle (type d'immunité acquise transférée naturellement de la mère au fœtus par le placenta ou de la mère à l'enfant par le colostrum) en apportant des substances et des cellules qui par leurs actions directes et indirectes contribuent de manière efficace à la prévention des infections (Bocquet et al 2005). Il contient tous les éléments nutritifs nécessaires aux enfants dans les premiers mois d’existence et permet d’éviter les carences nutritionnelles. D’autre part, par son intensité et sa fréquence, l’allaitement prolonge l’infécondité post-partum et affecte, par conséquent, l’intervalle intergénésique, ce qui influe sur le niveau de la fécondité et, donc, sur l’état de santé des enfants et des mères. L 170 • Allaitement et État Nutritionnel L’allaitement au sein a également, un effet favorable au niveau de la santé de la mère. En effet, il diminue le risque d’infections du post-partum, favorise la perte de poids pendant les six premiers mois du postpartum et réduit l’incidence des cancers du sein et de l’ovaire avant la ménopause (Bocquet et al 2005). Compte tenu de l’importance des pratiques d’allaitement, pour étudier les indicateurs d’évaluation de ces pratiques, les conclusions contenues dans le rapport de l’OMS, 2007 ont été utilisées. Pour ce faire, il a été demandé aux mères si elles avaient allaité leurs enfants nés dans les deux années ayant précédé l’enquête et, plus précisément, quel âge avaient ces enfants au moment où elles avaient commencé à allaiter, pendant combien de temps elles les avaient allaités, quelle était la fréquence de l’allaitement, à quel âge avaient été introduits des aliments de complément et de quel type d’aliments il s’agissait, et enfin à quelle fréquence les différents types d’aliments étaient donnés à l’enfant. On a également, demandé aux mères si elles avaient utilisé le biberon. 11.1.1 Allaitement maternel Début de l’allaitement maternel Selon les recommandations de l’UNICEF et de l’OMS, tous les enfants devraient être initiés précocement à l’allaitement au sein dans l’heure qui suit la naissance, être ensuite exclusivement allaités au sein jusqu’à l’âge de 6 mois et enfin continuer à recevoir l’allaitement maternel jusqu’à 24 mois et au-delà. Le tableau 11.1 présente, d’une part, les pourcentages d’enfants nés au cours des 24 derniers mois qui ont été allaités et, d’autre part, parmi ces enfants allaités, les pourcentages de ceux qui ont été allaités dans l’heure ou le jour qui a suivi la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. La quasi-totalité des enfants (97 %) ont été allaités et cette pratique est très courante quelles que soient les caractéristiques de la mère. Cependant, elle a plus progressé dans les milieux favorisés (milieu urbain, femmes instruites, niveau de bien-être élevé, accouchement dans un centre de santé ou avec l’assistance de professionnel de santé) où elle est un peu plus fréquente. La proportion d’enfants ayant été allaités a légèrement augmenté depuis l’EDS-IV (96 %). Parmi les enfants allaités, la proportion de ceux qui ont été allaités dans l’heure qui a suivi la naissance est de 48 % ; en ce qui concerne la proportion de ceux qui ont été allaités le jour qui a suivi leur naissance, elle est de 89 %. Bien que ces proportions soient en nette augmentation par rapport à celles enregistrées au cours de l’EDS-IV de 2005 (respectivement 23 % et 80 %), aujourd’hui encore plus d’un enfant sur deux (52 %) ne sont pas allaités dans l’heure qui suit leur naissance et un enfant sur dix (11 %) ne reçoit pas le lait maternel dans le premier jour qui suit sa naissance. En outre, plus d’un enfant sur deux (53 %) reçoit autre chose que le lait maternel dans les 3 premiers jours de sa vie. Ce comportement peut se révéler néfaste pour l’enfant et mettre ainsi en danger sa survie. En effet, c’est au cours des premiers allaitements, dans les vingt-quatre heures qui suivent la naissance, que l’enfant reçoit le colostrum qui contient les anticorps de la mère (immunité passive) qui lui sont essentiels pour résister à de nombreuses maladies tel que rappelé à l’introduction. Bien que l’allaitement soit largement pratiqué par toutes les catégories de femmes, le moment où cet allaitement commence varie quelque peu selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes. C’est surtout en fonction de la région que les pourcentages d’enfants allaités dans l’heure qui a suivi la naissance varient de manière sensible : en effet, dans la région de Kaolack (18 %), moins d’un enfant sur cinq a bénéficié du lait maternel dans l’heure qui a suivi sa naissance ; à l’opposé, dans les régions de Sédhiou et de Thiès, ces proportions sont respectivement de 63 % et 75 %. En ce qui concerne le pourcentage d’enfants allaités dans les vingt-quatre heures après leur naissance, on ne constate pas d’écarts importants selon les caractéristiques présentées dans le tableau; on juste noter que la proportion la plus faible concerne les enfants dont la mère n’a pas été assistée au cours de son accouchement (86 %), tandis que la plus forte proportion est observée dans la région de Thiès (94 %). Allaitement et État Nutritionnel • 171 Tableau 11.1 Initiation précoce de l’allaitement au sein Pourcentage d'enfants nés au cours des deux dernières années ayant précédé l'enquête qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités dans l'heure qui a suivi la naissance et pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités le jour de la naissance, et pourcentage de ceux ayant reçu le colostrum, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Enfants derniers nés de moins de deux ans: Parmi tous les enfants nés au cours des 2 dernières années et qui ont été allaités Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant été allaité Pourcentage mis au sein dans l’heure qui a suivi la naissance Pourcentage mis au sein dans les 24 heures qui ont suivi la naissance1 Nombre d'enfants derniers-nés Pourcentage alimenté avant le début de l'allaitement2 Effectif d'enfants allaités Sexe Masculin 97,4 46,2 87,8 2 346 55,2 2 285 Féminin 97,7 49,8 89,9 2 163 51,8 2 113 Assistance à l'accouchement Professionnel de la santé3 97,4 51,8 88,8 2 913 52,0 2 836 Accoucheuse traditionnelle 98,6 41,7 88,6 370 62,6 364 Autre 98,0 39,3 89,6 1 006 55,2 986 Personne 96,9 47,4 86,1 218 50,3 212 NSP/ND 0,0 0,0 0,0 2 - 0 Lieu d'accouchement Centre de santé 97,4 50,3 89,3 3 291 52,7 3 205 A domicile 98,3 42,2 87,8 1 198 55,5 1 177 Autre 85,5 15,0 63,0 20 67,9 17 Milieu résidence Urbain 98,0 50,5 87,6 1 695 51,8 1 662 Rural 97,3 46,5 89,6 2 814 54,6 2 737 Région Dakar 98,2 46,6 83,7 825 47,8 810 Ziguinchor 98,2 54,4 92,0 149 21,4 146 Diourbel 96,1 36,0 87,8 563 71,5 541 Saint-Louis 97,1 35,9 89,8 291 46,9 282 Tambacounda 98,2 50,9 85,8 246 44,0 241 Kaolack 98,0 18,3 88,3 412 78,0 404 Thiès 97,2 75,0 94,1 577 56,8 560 Louga 97,7 57,8 90,8 311 61,9 304 Fatick 99,2 35,6 88,0 266 57,7 264 Kolda 96,0 53,6 89,2 248 35,0 238 Matam 96,6 55,8 88,8 186 48,1 179 Kaffrine 98,4 52,8 93,7 221 43,1 218 Kédougou 98,1 50,7 81,6 43 41,1 42 Sédhiou 97,7 62,9 92,7 172 33,6 168 Niveau d’instruction de la mère Aucun 97,5 48,3 89,3 3 159 55,7 3 080 Primaire 98,0 48,0 88,6 981 50,1 961 Secondaire ou plus 96,8 45,5 85,1 369 43,7 357 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 97,5 42,4 87,5 1 061 50,3 1 034 Second 97,7 48,0 90,2 1 020 53,8 997 Moyen 97,1 49,6 90,1 865 55,3 840 Quatrième 98,2 52,0 90,4 878 58,2 862 Le plus riche 97,2 49,3 84,9 685 50,0 666 Ensemble 97,5 48,0 88,8 4 509 53,5 4 398 Note : Le tableau est basé sur tous les enfants nés au cours des deux dernières années ayant précédé l’enquête, vivants ou décédés au moment de l'enquête 1 Y compris les enfants qui ont été allaités dans l'heure suivant la naissance. 2 Les enfants ayant reçu quelque chose autre que le lait maternel durant les premiers trois jours avant que la mère ne commence l'allaitement d'une manière régulière. 3 Médecin, infirmière/sage-femme, aide soignante Par rapport à l’EDS IV, la pratique de l’allaitement au sein a progressé à Dakar (de 93 à 98 %), à Ziguinchor (de 96 à 98 %), à Kaolack (de 95 à 98 %) et à Fatick (de 97 à 99 %) ; elle a été stationnaire à Saint - Louis (97 %), Tambacounda (98 %) et à Matam (97 %) ; et enfin elle a régressé à Diourbel (de 98 à 96 %), à Thiès 172 • Allaitement et État Nutritionnel (de 98 à 97 %) et à Kolda (de 97 à 96 %). En Afrique et par rapport au Sénégal, l’allaitement au sein est plus pratiqué au Burkina Faso (98 %, EDS 2003) et au Niger (98 %, EDSN, 2006) ; par contre il est moins pratiqué en Sierra Léone (95 %, EDS 2008) et au Libéria (95 %, EDS 2007). En outre, la proportion de nourrissons allaités dans l’heure qui suit la naissance (de 48 % au Sénégal) est plus élevée dans d’autres : Libéria (67 %, EDS 2007), Egypte (56 %, EDS 2008) et Sierra Léone (51 %, EDS 2008). Le niveau d’instruction de la mère ne semble pas avoir un lien important avec la pratique de l’allaitement dans les premières heures qui suivent la naissance. On remarque néanmoins que les enfants dont la mère a le niveau primaire ou moins ont été un peu plus fréquemment allaités dans l’heure qui a suivi la naissance que ceux dont la mère a le niveau secondaire ou plus (48 % contre 45 %). L’assistance à l’accouchement et, par conséquent, le lieu où celui-ci s’est déroulé ont un lien avec le début de l’allaitement. En effet, quand la mère a accouché avec l’assistance de personnel de santé, un enfant sur deux (52 %) a été allaité dans l’heure qui a suivi sa naissance, contre 42 % pour ceux dont la mère a accouché avec l’assistance d’accoucheuse traditionnelle et 39 % avec l’assistance d’une autre personne. De même, 50 % des femmes ayant accouché dans un établissement sanitaire ont allaité l’enfant dans l’heure qui a suivi la naissance ; quand la mère a accouché à la maison, cette proportion est de 42 %. Le niveau de bien-être de la mère a un lien avec la fréquence de l’allaitement précoce. Ainsi, lorsque la mère vit dans un ménage du quintile le plus pauvre, 42 % seulement des enfants ont été allaités dans l’heure qui a suivi la naissance contre 51 % pour ceux dont la mère vit dans un ménage des deux quintiles les plus riches. Si la fréquence de l’allaitement au sein a toujours été élevée (au-dessus de 96 %), celle de l’initiation précoce à l’allaitement au sein a connu une augmentation considérable. En 1992, seuls 12 % des nourrissons étaient allaités au sein dans l’heure qui suit la naissance. Cette proportion est passée à 16 % en 1997, à 23 % en 2005 et 48 % en 2010-11. En ce qui concerne la fréquence de l’allaitement dans le jour qui suit la naissance, elle a connu une évolution similaire. Elle était de 46 % en 1992, 56 % en 1997, 80 % en 2005 et se situe aujourd’hui à 89 %. Allaitement maternel exclusif Les résultats du tableau 11.2 montrent que dès la naissance, presque tous les enfants sont allaités (99 %) et cette pratique se poursuit longtemps après la naissance puisqu’à 12-17 mois, 95 % des enfants sont allaités et à 18-23 mois, trois enfants sur cinq (60 %) le sont encore. On constate qu’au Sénégal, l’allaitement exclusif n’est pas une pratique courante (graphique 11.1). En effet, à moins de 2 mois, seulement 62 % des enfants ne reçoivent que le lait maternel et à 4-5 mois cette proportion n’est que de 19 %. Dans l’ensemble, la proportion d’enfants âgés de moins de six mois sous allaitement maternel exclusif s’élève à 39 %, tandis que les deux cinquièmes des enfants reçoivent d’autres liquides ou solides en plus du lait maternel. Par contre, entre 6 et 8 mois, âge à partir duquel tous les enfants devraient déjà recevoir des aliments de complément en plus du lait maternel, seulement deux enfants sur trois sont nourris de cette façon (67 %) ; à 9-11 mois, cette proportion concerne, pratiquement, quatre enfants sur cinq (82 %). L’allaitement exclusif au sein des nourrissons de moins de 6 mois bien qu’encore faible a connu une évolution croissante depuis le début des années 90. La fréquence était de seulement 5 % en 1992, de 11 % en 1997, de 34 % en 2005. La proportion des nourrissons de moins de 6 mois sous allaitement maternel exclusif est plus élevée que dans la plupart des pays africains. Elle est cependant, plus faible que celles observées en Tanzanie (50 %, 2010) et en Egypte (53 %, EDS 2008). Le tableau 11.2 montre que l’utilisation du biberon chez les enfants sénégalais est plutôt rare puisque seulement, 5 % de ceux de moins de 2 mois et 6 % de l’ensemble de ceux de moins de 6 mois avaient été nourris au biberon au cours des dernières 24 heures. Cependant, ce niveau reflète une baisse par rapport à l’EDS-IV de 2005, Allaitement et État Nutritionnel • 173 où le pourcentage d’enfants de moins de 6 mois ayant pris des aliments au biberon au cours des 24 heures ayant précédé l’enquête était de 8 %. L’utilisation du biberon pour les nourrissons de moins de 6 mois, est trois fois plus fréquente dans des pays comme le Nigéria (16 %), l’Egypte (16 %, 2008) et la Sierra Léone (16 %, EDS 2008). Cette fréquence est comparable à celle observée au Niger (5 %, EDS 2006) et en Tanzanie (5 %, 2010), mais largement au-dessous des niveaux observés au Burkina Faso (1 %, EDS 2003). Toutefois, l’utilisation du biberon n’est pas recommandée chez les jeunes enfants car elle est le plus souvent associée à une augmentation des risques de maladies, en particulier des maladies diarrhéiques. Les biberons mal nettoyés et les tétines mal stérilisées sont à l’origine de troubles gastriques, de diarrhées et de vomissements chez les bébés (OMS, 2007). Tableau 11.2 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant Répartition (en %) des enfants derniers-nés de moins de 2 ans vivant avec leur mère par type d'allaitement et pourcentage actuellement allaités ; et pourcentage de l'ensemble des enfants de moins de deux ans nourris au biberon, selon l'âge de l'enfant en mois, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Allaitement et alimentation Effectif de derniers-nés de moins de 2 ans Effectif d'enfants de moins de 2 ans Age en mois Non allaités Allaité seulement Allaitement et eau seulement Allaités et jus/liquides non-lactés1 Allaitement et autre lait Allaités et aliments de complément Total Pourcentage actuellement allaité Pourcentage utilisant un biberon 0-1 3.2 62.2 21.7 3.2 4.6 5.1 100,0 96,8 319 5,0 328 2-3 1.3 39.8 42.3 0.9 6.7 9.1 100,0 98,7 473 7,8 477 4-5 0.6 19.0 49.8 0.9 4.3 25.3 100,0 99,4 389 5,1 400 6-8 1.0 2.5 25.1 1.7 3.2 66.6 100,0 99,0 478 5,3 491 9-11 1.2 3.5 10.4 1.5 1.8 81.6 100,0 98,8 591 10,6 607 12-17 4.8 0.9 4.8 0.4 0.8 88.3 100,0 95,2 1214 3,4 1259 18-23 39.7 0.5 2.6 0.0 0.7 56.5 100,0 60,3 872 3,9 940 0-3 2.1 48.8 34.0 1.8 5.8 7.5 100,0 97,9 792 6,6 805 0-5 1.6 39.0 39.2 1.5 5.3 13.4 100,0 98,4 1181 6,1 1204 6-9 1.2 3.7 20.7 1.2 2.7 70.5 100,0 98,8 673 6,7 690 12-15 2.9 0.9 5.1 0.6 0.8 89.7 100,0 97,1 872 3,6 901 12-23 19.4 0.7 3.9 0.2 0.8 75.0 100,0 80,6 2086 3,6 2 199 20-23 49.2 0.3 3.1 0.0 0.5 46.8 100,0 50,8 567 3,7 621 Note : La situation face à l'allaitement fait référence aux dernières « 24 heures » (hier et la nuit dernière). Les enfants classés dans la catégorie « allaitement et eau seulement » ne reçoivent pas d’autres compléments. Les catégories « non allaité », « allaité seulement », « eau seulement », « liquides à base d'eau, jus », « autre lait », et « aliments de complément » (solides et semi-solides) sont hiérarchiquement et mutuellement exclusives et la somme des pourcentages fait 100 %. Ainsi les enfants allaités qui reçoivent des liquides à base d'eau et qui ne reçoivent pas d'aliments de complément sont classés dans la catégorie « liquides à base d'eau » même s'ils reçoivent également de l'eau. Tout enfant qui reçoit des aliments de complément est classé dans cette catégorie tant qu'il est toujours allaité. Graphique 11.1 Pratique d'allaitement des enfants de moins de 2 ans EDS-MICS 2010-11 0-1 4-5 9-11 18-23 Âge en mois Pourcentage Allaitement seul Allaitement et autres liquides Allaitement et eau seulement Allaitement et aliments de complément Non allaités Allaitement et autre lait 100 80 60 40 20 0 174 • Allaitement et État Nutritionnel Allaitement maternel prolongé La poursuite de l’allaitement au sein à l’âge d’un an, qui correspond à la proportion d’enfants âgés de 12 à 15 mois qui sont nourris au lait maternel, est importante (97,1 %). La durée médiane de l’allaitement est calculée pour les enfants derniers-nés âgés de moins de trois ans. Le tableau 11.3 indique qu’au Sénégal, la moitié des enfants sont allaités pendant une période de moins de deux ans (20,9 mois). On ne constate pas de disparités dans la durée d’allaitement selon les caractéristiques sociodémographiques. Cependant, du point de vue régional, la durée médiane de l’allaitement varie d’un minimum de 18,6 mois à Ziguinchor à un maximum de 22,5 mois à Kédougou. Selon le quintile de bien-être économique du ménage, on constate une tendance à la baisse des durées d’allaitement avec l’augmentation du niveau de bien-être du ménage dans lequel vit la mère, passant de 22,0 mois dans les ménages les plus pauvres à 20 mois dans les plus riches. Par rapport à 2005 (EDS- IV), la durée médiane de l’allaitement n’a pratiquement pas augmenté passant de 20,1 à 20,9 mois. Comparativement aux pays d’Afrique de l’Ouest pour lesquels les durées médianes d’allaitement ont été calculées selon le même procédé (graphique 11.2), on constate que la durée médiane d’allaitement au Sénégal ne diffère pas particulièrement de la médiane des durées observées dans ces pays. Tableau 11.3 Durée médiane de l'allaitement Durée médiane de l'allaitement, de l'allaitement exclusif et de l'allaitement prédominant des enfants nés au cours des trois années ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS- MICS, Sénégal 2010-11 Durée médiane de l’allaitement au sein (mois)1 Caractéristique sociodémographique Allaitement au sein Allaitement exclusif au sein Allaitement au sein prédominant2 Sexe Masculin 20,7 1,5 5,3 Féminin 21,0 1,5 6,1 Milieu de résidence Urbain 20,4 0,7 5,0 Rural 21,2 1,8 5,9 Région Dakar 20,7 0,6 4,8 Ziguinchor 18,6 2,0 4,4 Diourbel 19,8 1,5 5,9 Saint-Louis 19,7 0,9 5,8 Tambacounda 21,9 0,6 5,9 Kaolack 20,5 0,7 6,6 Thiès 21,4 2,4 5,3 Louga 21,0 2,1 5,6 Fatick 21,7 0,7 5,6 Kolda 22,2 1,1 4,7 Matam 21,6 1,4 6,5 Kaffrine 21,6 2,4 7,8 Kédougou 22,5 0,7 5,9 Sédhiou 21,7 2,3 4,7 Niveau d’instruction de la mère Aucun 21,1 1,6 5,8 Primaire 20,7 1,3 5,0 Secondaire ou plus 18,3 0,7 5,2 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 22,0 1,4 5,8 Second 21,3 1,7 6,0 Moyen 20,4 1,8 5,3 Quatrième 19,9 1,1 5,6 Le plus riche 20,5 0,8 5,1 Ensemble 20,9 1,5 5,6 Moyenne 21,2 3,2 6,7 Note : Les moyennes et médianes sont basées sur le statut d’allaitement au moment de l’enquête et sont calculées sur tous les enfants derniers nés (actuellement vivants ou non) au cours des 3 années ayant précédé l’enquête. 1 On suppose que les enfants derniers-nés et les naissances précédentes qui ne vivent pas actuellement avec leur mère ne sont pas allaités actuellement. 2 Soit exclusivement allaité ou reçoit le lait maternel et de l'eau, des liquides à base d'eau, et/ou des jus seulement (les autres types de lait sont exclus). Allaitement et État Nutritionnel • 175 11.1.2 Aliments de complément A partir de six mois, l’allaitement au sein doit être complété par l’introduction d’autres aliments appropriés pour satisfaire les besoins nutritionnels de l’enfant et lui permettre la meilleure croissance possible. Les informations sur l’alimentation de complément ont été obtenues en demandant à la mère si son enfant était allaité et quel type d’aliments (solides ou liquides), il avait reçu au cours des dernières 24 heures. Les questions sur l’allaitement et sur les compléments nutritionnels ont été posées pour tous les enfants derniers nés au cours des deux années ayant précédé l’enquête et vivant avec leurs mères. L’introduction des aliments de complément débute très tôt puisque 5 % des nourrissons de moins de 2 mois en reçoivent déjà (tableau 11.2). La proportion est de 13 % pour l’ensemble des enfants de moins de 6 mois. La proportion des enfants de moins de 6 mois qui ont reçu des aliments de complément était de 30 % en 1992, de 32 % en 1997 et de 14 % en 2005. 11.1.3 Types d’aliments de complément Les informations relatives aux types d’aliments donnés aux enfants de moins de deux ans sont présentées au tableau 11.4 selon que l’enfant est allaité ou non. Le tableau indique que l’introduction de liquides autres que le lait maternel et d’aliments solides ou semi-solides a lieu très tôt (avant 6 mois). Ainsi, chez les enfants de moins de 2 mois, 5 % avaient reçu de la nourriture solide ou semi-solide et, à 4-5 mois, 26 % avaient reçu des aliments solides ou semi solides surtout à base de céréales. Les poissons, volailles, viandes ou œufs sont également introduits assez tôt (2 % à partir 4 mois et 16 % ou plus à partir de 6-8 mois). À 6-8 mois, 28 % des enfants reçoivent des aliments riches en vitamine A et à 12-17 mois, un enfant sur deux (50 %) a reçu ce type d’aliment. L’OMS recommande l’introduction d’aliments solides dans l’alimentation des enfants à l’âge de 6 mois, car à partir de cet âge, le lait maternel seul n’est plus suffisant pour assurer la croissance optimale de l’enfant. Graphique 11.2 Durée médiane de l'allaitement dans certains pays d'Afrique de l'Ouest Nigéria (2008) Libéria (2007) Côte d'Ivoire (1999) Sierra Léone (2008) Mauritanie (2001) Ghana (2008) Sénégal (2011) Mali (2006) Burkina Faso (2003) Niger (2006) Bénin (2006) Guinée (2005) 0 5 10 15 20 25 30 Pourcentage Note: Les médianes sont calculées par StatCompiler, sauf pour le Sénégal 20.9 20,7 21.4 21,7 20,5 20,6 20,5 21,7 21,9 20,2 18,7 22,4 176 • Allaitement et État Nutritionnel Toutefois, au Sénégal, la diversification de l’alimentation (ou proportion de nourrissons âgés de 6 à 8 mois qui ont reçu des aliments solides, semi-solides ou mous) se situe à 67 %, soit deux enfants sur trois. Une proportion de 74 % des enfants de 6-23 mois consomme de la nourriture à base de céréales ou de tubercules. Cependant, à 6-8 mois, une proportion assez importante d’enfants consomme, en plus du lait maternel, des aliments solides ou semi- solides suffisamment variés et riches en protéines et en minéraux : 10 % consomment des aliments pour bébé, 42 % des céréales, 28 % des fruits et/ou légumes, 19 % des tubercules ou racines, mais 16 % seulement de la viande, de la volaille, du poisson et/ou des œufs. Les effectifs des enfants non allaités de moins 18 mois sont trop faibles pour permettre une comparaison des consommations d’aliments autres que le lait maternel. Tableau 11.4 Aliments et liquides reçus par les enfants le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête Pourcentage d'enfants derniers-nés de moins de deux ans vivant avec leur mère, qui ont reçu certains aliments le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête, en fonction du fait qu'ils sont, ou non, allaités, selon l'âge, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Liquides Nourritures solides ou semi-solides Age en mois Infant formula Autres laits1 Autres liquides2 Nourritur es du bébé fortifiées Nourritur e à base de céréales3 Fruits et légumes riches en vitamine A4 Autres Fruits et légumes Nourritur e à base de tubercul es Aliments a base de légumin euses et de noix viande, poisson, Volaille Œufs Fromag e/ yaourt et autre produit laitier Nourritur e solide ou semi solide quelconq ue Nombre d’enfant ENFANTS ALLAITÉS 0-1 2,6 4,8 6,7 0,5 2,8 3,0 1,1 3,0 1,1 1,5 0,0 1,8 5,3 309 2-3 4,8 6,1 3,0 0,9 4,0 1,1 0,3 2,2 0,1 1,1 1,6 1,6 9,2 467 4-5 3,3 8,6 7,0 4,3 11,4 4,2 0,5 4,6 0,3 1,7 0,2 2,4 25,5 387 6-8 3,4 16,2 16,0 9,5 42,2 27,9 4,4 19,1 3,7 16,4 4,7 9,5 67,2 473 9-11 5,9 27,4 26,2 15,0 65,1 42,5 11,7 28,3 9,0 37,0 6,5 15,2 82,7 584 12-17 2,8 31,3 30,3 10,0 85,7 49,9 15,2 28,0 9,7 50,2 10,9 15,7 92,7 1 156 18-23 2,6 37,7 31,4 7,5 87,5 46,8 14,3 31,7 7,0 53,0 10,1 17,3 93,7 525 6-23 3,5 29,1 27,2 10,5 74,1 43,9 12,4 27,3 8,0 42,1 8,7 14,8 86,4 2 738 Total 3,6 22,4 20,7 7,9 53,9 31,6 8,9 20,1 5,7 * * 11,0 64,7 3 901 ENFANTS NON ALLAITÉS 0-1 * * * * * * * * * * * * * 10 2-3 * * * * * * * * * * * * * 6 4-5 * * * * * * * * * * * * * 2 6-8 * * * * * * * * * * * * * 5 9-11 * * * * * * * * * * * * * 7 12-17 7,3 43,9 38,8 6,2 89,4 60,4 18,8 29,7 12,2 65,1 13,6 30,3 100,0 58 18-23 5,2 49,4 36,9 11,5 95,4 59,8 24,9 32,0 12,0 64,7 11,0 20,7 98,5 346 6-23 7,1 48,7 37,4 11,2 93,5 59,9 24,1 31,8 11,9 64,4 11,1 23,0 98,3 417 Total 7,4 48,2 35,8 10,7 90,8 58,7 23,0 31,4 11,4 62,9 10,6 22,0 95,5 436 Note : Le statut d'allaitement et la nourriture consommée font référence à la période de "24 dernières heures" (hier et la nuit dernière). 1 Autre lait inclut le lait de vache ou d'un autre animal, qu'il soit frais, en boite, ou en poudre. 2 N'inclut pas l'eau 3 Inclut les aliments enrichis pour bébé 4 Y compris les courges, les carottes, les patates rouges sucrées, les mangues, les papayes, et autres fruits locaux et feuilles qui sont riches en vitamine A * Basé sur des cas non pondérés inférieurs à 25. Le tableau 11.5 présente les pratiques alimentaires des nourrissons et des jeunes enfants de 6 à 23 mois. La diversification alimentaire minimum est évaluée par la proportion d’enfants de 6 à 23 mois ayant consommé des aliments appartenant au moins à 4 groupes alimentaires distincts parmi les 7 groupes définis : céréales, racines et tubercules ; légumineuses et noix ; produits laitiers (lait, yaourt, fromage) ; produits carnés (viande, volaille, abats) et poissons ; œufs ; fruits et légumes riches en vitamine A et enfin autres fruits et légumes. Cette diversification est très faible chez les enfants de 6-23 mois allaités au sein ou non. Ta bl ea u 11 .5 P ra tiq ue s al im en ta ire s de s no ur ris so ns e t d es je un es e nf an ts P ou rc en ta ge d 'e nf an ts d er ni er s- né s de 6 -2 3 m oi s vi va nt a ve c le ur m èr e qu i o nt é té n ou rr is e n su iv an t l es tr oi s pr at iq ue s d' al im en ta tio n du n ou rri ss on e t d u je un e en fa nt , p ar n om br e de g ro up es d 'a lim en ts e t pa r n om br e de fo is q u' ils s on t n ou rr is d ur an t l e jo ur o u la n ui t a ya nt p ré cé dé l' en qu êt e se lo n qu 'ils s on t o u no n al la ité s et s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, E D S -M IC S S én ég al 2 01 0- 11 P ar m i l es e nf an ts a lla ite s de 6 -2 3 m oi s, po ur ce nt ag e ay an t r eç u : P ar m i l es e nf an ts n on a lla ite s de 6 -2 3 m oi s, po ur ce nt ag e ay an t r eç u: P ar m i t ou s le s en fa nt s de 6 -2 3 an s, p ou rc en ta ge a ya nt re çu : C ar ac té ris tiq ue s oc io dé m o g ra ph iq ue A u m oi ns 4 gr ou pe s de no ur rit ur e1 U n no m br e m in im um de fo is ou p lu s2 A u m oi ns 4 gr ou pe s d' al im en ts et un n om br e m in im um de fo is o u pl us E ffe ct if d' en fa nt s al la ité s de 6 -2 3 m oi s La it ou pr od ui ts la iti er s3 A u m oi ns 4 gr ou pe s d' al im en ts 4 fo is ou p lu s 3 p ra tiq ue s d' al im en ta tio n du n ou rr is so n et d u je un e en fa nt ap pr op rie es 4 E ffe ct if d' en fa nt s no n al la ite s de 6- 23 m oi s M at er ne l, la it ou pr od ui ts la iti er s3 A u m oi ns 4 gr ou pe s de no ur rit ur e U n no m br e m in im um de fo is ou p lu s5 3 p ra tiq ue s d' al im en ta tio n du n ou rr is so n et d u je un e en fa nt a p pr op rié es E ffe ct if de to us le s en fa nt s de 6- 23 m oi s A ge e n m oi s 6- 8 9, 6 39 ,2 6, 2 47 3 21 ,1 0, 0 21 ,1 0, 0 5 99 ,2 9, 5 39 ,0 6, 1 47 8 9- 11 21 ,5 22 ,1 8, 3 58 4 84 ,1 84 ,1 41 ,4 0, 0 7 99 ,8 22 ,3 22 ,3 8, 2 59 1 12 -1 7 29 ,9 32 ,6 12 ,2 11 56 36 ,2 45 ,9 19 ,4 2, 2 58 96 ,9 30 ,6 32 ,0 11 ,7 1 21 4 18 -2 3 29 ,3 33 ,5 12 ,3 52 5 32 ,0 46 ,4 21 ,7 2, 0 34 6 73 ,0 36 ,1 28 ,8 8, 2 87 2 Se xe M as cu lin 24 ,8 31 ,8 10 ,5 1 42 6 31 ,6 47 ,9 20 ,4 2, 3 22 5 90 ,7 27 ,9 30 ,3 9, 3 1 65 1 Fé m in in 24 ,2 31 ,5 10 ,2 1 31 2 35 ,4 44 ,8 23 ,3 1, 5 19 2 91 ,8 26 ,8 30 ,4 9, 1 1 50 4 M ili eu d e ré si de nc e U rb ai n 33 ,8 30 ,3 13 ,1 1 04 1 49 ,3 63 ,7 20 ,7 2, 9 18 9 92 ,2 38 ,4 28 ,8 11 ,5 1 23 0 R ur al 18 ,7 32 ,5 8, 6 1 69 8 20 ,1 32 ,2 22 ,7 1, 2 22 8 90 ,5 20 ,3 31 ,3 7, 8 1 92 6 R ég io n D ak ar 34 ,7 18 ,1 8, 3 53 9 50 ,1 64 ,6 11 ,8 0, 0 10 0 92 ,2 39 ,4 17 ,1 7, 0 63 9 Zi gu in ch or 24 ,8 51 ,9 17 ,1 77 21 ,2 52 ,3 45 ,1 8, 7 23 82 ,2 31 ,0 50 ,4 15 ,2 10 0 D io ur be l 21 ,3 33 ,1 6, 1 32 1 14 ,7 39 ,5 40 ,8 1, 2 59 86 ,7 24 ,1 34 ,3 5, 3 38 1 S ai nt -L ou is 28 ,3 25 ,9 11 ,6 16 0 33 ,9 47 ,3 14 ,8 5, 3 37 87 ,6 31 ,8 23 ,8 10 ,4 19 7 Ta m ba co un da 12 ,2 19 ,8 3, 0 14 4 55 ,1 32 ,2 2, 2 0, 0 23 93 ,9 14 ,9 17 ,4 2, 6 16 7 K ao la ck 12 ,3 29 ,7 4, 6 23 7 25 ,1 29 ,6 12 ,1 0, 0 38 89 ,6 14 ,7 27 ,2 4, 0 27 6 Th iè s 31 ,6 40 ,1 20 ,1 36 7 37 ,9 42 ,6 18 ,1 5, 2 30 95 ,3 32 ,4 38 ,4 18 ,9 39 8 Lo ug a 34 ,9 47 ,6 22 ,1 20 1 35 ,1 59 ,4 42 ,1 4, 6 19 94 ,5 37 ,0 47 ,1 20 ,6 22 0 Fa tic k 14 ,5 28 ,7 6, 5 15 7 23 ,5 42 ,9 19 ,1 0, 0 21 91 ,0 17 ,9 27 ,6 5, 7 17 8 K ol da 14 ,2 42 ,2 9, 8 15 3 29 ,5 26 ,7 27 ,3 3, 0 21 91 ,6 15 ,7 40 ,4 8, 9 17 4 M at am 30 ,6 18 ,8 8, 7 10 7 42 ,5 51 ,5 8, 6 0, 0 14 93 ,5 32 ,9 17 ,6 7, 7 12 1 K af fri ne 17 ,5 12 ,9 3, 1 13 6 24 ,4 40 ,5 6, 2 2, 4 15 92 ,3 19 ,8 12 ,2 3, 0 15 2 K éd ou go u 2, 0 36 ,9 1, 0 28 37 ,9 7, 4 30 ,4 0, 0 2 95 ,0 2, 4 36 ,3 0, 9 30 S éd hi ou 14 ,6 75 ,3 13 ,5 10 9 6, 4 38 ,3 56 ,2 0, 0 14 89 ,4 17 ,3 73 ,1 12 ,0 12 2 N iv ea u d’ in st ru ct io n de la m èr e A uc un 20 ,9 33 ,0 9, 3 1 94 8 25 ,8 33 ,4 19 ,9 1, 7 24 4 91 ,8 22 ,3 31 ,5 8, 5 2 19 1 P rim ai re 30 ,2 27 ,2 12 ,2 58 7 39 ,5 65 ,4 19 ,0 2, 7 12 3 89 ,5 36 ,3 25 ,8 10 ,5 71 0 S ec on da ire o u pl us 42 ,4 31 ,8 14 ,8 20 4 55 ,0 63 ,9 37 ,5 1, 3 50 91 ,2 46 ,6 33 ,0 12 ,2 25 4 Q ui nt ile d u bi en -ê tr e éc on om iq ue Le p lu s pa uv re 13 ,2 34 ,1 6, 5 64 3 24 ,7 21 ,8 19 ,0 0, 0 82 91 ,5 14 ,2 32 ,4 5, 8 72 5 S ec on d 16 ,8 34 ,2 8, 6 60 5 22 ,9 32 ,9 17 ,7 2, 3 72 91 ,8 18 ,5 32 ,5 7, 9 67 6 M oy en 28 ,5 31 ,4 11 ,8 53 2 25 ,0 43 ,1 28 ,1 3, 2 89 89 ,2 30 ,6 30 ,9 10 ,6 62 2 Q ua tri èm e 24 ,0 26 ,7 10 ,0 53 7 36 ,1 63 ,4 21 ,7 2, 6 10 4 89 ,6 30 ,4 25 ,9 8, 8 64 2 Le p lu s ric he 48 ,3 30 ,9 17 ,3 42 1 61 ,0 68 ,3 21 ,1 1, 2 70 94 ,5 51 ,1 29 ,5 15 ,0 49 0 To ta l 24 ,5 31 ,7 10 ,3 27 38 33 ,4 46 ,5 21 ,8 1, 9 41 7 91 ,2 27 ,4 30 ,4 9, 2 31 55 1 L es g ro up es d 'a lim en ts : a . p ré pa ra tio ns p ou r n ou rri ss on s, le la it qu e le la it m at er ne l, du fr om ag e ou d u yo go ur t o u au tre s pr od ui ts la iti er s; b . a lim en ts à b as e de c ér éa le s, d e ra ci ne s et tu be rc ul es , y c om pr is du p or rid ge , al im en ts p ou r bé bé s en ric hi es à p ar tir d e gr ai ns ; c. r ic he s en v ita m in e A d es f ru its e t lé gu m es ( et h ui le d e pa lm e ro ug e) ; d. a ut re s fru its e t lé gu m es ; e. œ uf s; f . vi an de , vo la ill e, p oi ss on , m ol lu sq ue s et c ru st ac és (e t a ba ts ); g. lé gu m in eu se s et le s no ix 2 A u m oi ns d eu x fo is p ar jo ur p ou r l es e nf an ts a lla ité s de 6 -8 m oi s et , a u m oi ns , t ro is fo is p ar jo ur p ou r l es e nf an ts a lla ité s de 9 -2 3 m oi s 3 c om pr is le s pr ép ar at io ns c om m er ci al es p ou r e nf an ts , l e la it d' an im al fr ai s, e n bo ite , o u en p ou dr e, a in si q ue le s fro m ag es , y ao ur ts o u au tre s pr od ui ts la iti er s 4 O n co ns id èr e qu e le s en fa nt s de 6 -2 3 m oi s no n al la ite s so nt n ou rri s co nf or m ém en t a ux tr oi s pr at iq ue s al im en ta ire s ap pr op rié es s 'ils re ço iv en t d u la it (a ut re q ue le la it m at er ne l) ou d es p ro du its la iti er s et s 'ils re ço iv en t a u m oi ns le n om br e m in im um d e gr ou pe d 'a lim en ts , c el a le n om br e m in im um d e fo is p ar jo ur . 5 N ou rr is d ’a lim en ts s ol id es o u se m i s ol id es , a u m oi ns d eu x fo is p ar jo ur p ou r l es e nf an ts d e 6- 8 m oi s, a u m oi ns 3 fo is p ar jo ur p ou r l es a ut re s en fa nt s al la ité s et a u m oi ns 4 fo is p ar jo ur p ou r l es e nf an ts n on al la ité s. Allaitement et État Nutritionnel • 177 178 • Allaitement et État Nutritionnel Chez les enfants allaités au sein, seulement 24,5 % des enfants bénéficient d’une diversification minimum. La proportion est de 10 % chez les nourrissons de 6-8 mois, de 22 % chez les 9-11 mois et seulement de 29 % chez les 18-23 mois. Cette proportion est plus élevée en milieu urbain (34 %), chez les enfants de mère instruite (42 % pour le niveau secondaire ou plus) ou appartenant au quintile de bien-être le plus élevé (48 %). Elle est également plus élevée dans les régions de Louga (35 %), de Dakar (35 %) et de Matam (31 %), et plus faible dans les régions de Kédougou (2 %), de Tambacounda (12 %), de Kaolack (12 %), de Kolda (14 %), de Fatick (15 %) et de Sédhiou (15 %). Le nombre minimum de repas pour les enfants allaités au sein est de 2 pour les 6-8 mois et de 3 pour les 9- 23 mois. La proportion des enfants de 6 à 23 mois allaités au sein qui ont reçu des aliments solides, semi-solides ou mous au moins le nombre minimum de fois est de 32 %. Elle est 39 % chez les 6-8 mois contre 22 % chez les 9-11 mois. Elle est légèrement plus élevée en milieu rural (33 %) qu’en milieu urbain (30 %). Au niveau des régions, elle est plus élevée à Ziguinchor (52 %), Kolda (42 %) et Thiès (40 %) ; elle est plus faible à Kaffrine (13 %), Matam (19 %) et Tambacounda (20 %). En combinant les deux critères (diversification minimum et nombre de repas minimum qui définissent l’apport alimentaire minimum), les recommandations de l’OMS en matière de pratiques alimentaires des enfants allaités au sein ne sont pas respectées. En effet, seulement 10 % des enfants de 6-23 mois reçoivent l’apport alimentaire minimum. La proportion d’enfants allaités correctement nourris croît avec l’âge (6 % pour les 6-8 mois et 12 % pour les enfants de 12 mois et plus). Elle est plus élevée en milieu urbain (13 %) qu’en milieu rural (9 %). Dans les régions où la situation est plus favorable (Thiès et Louga), seulement un enfant sur cinq reçoit une alimentation appropriée. Les enfants non allaités au sein sont considérés comme correctement alimentés s’ils reçoivent des produits laitiers et s’ils sont alimentés selon le nombre minimum de repas avec le nombre minimum de groupes alimentaires. Le nombre minimum de repas pour les enfants non allaités au sein est de 4. Sur cette base, seulement 2 % des enfants non allaités au sein sont correctement alimentés. 11.2 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS Les carences en vitamines et en minéraux peuvent être à l’origine de certaines maladies. Par exemple, la carence en vitamine A peut entraîner la cécité crépusculaire, celle en iode entraîne le goitre et le crétinisme, et un apport insuffisant en fer est à l’origine de l’anémie. Ces carences ont aussi des conséquences moins visibles, telles que l’affaiblissement du système immunitaire. 11.2.1 Consommation de sel iodé par les ménages Il est reconnu que la faible consommation d’iode peut entraîner un retard dans le développement mental de l’enfant (crétinisme) et favoriser l’apparition du goitre chez les adultes. Elle peut également accroître les risques d’avortement spontané, de stérilité, de mortinatalité et de mortalité infantile. Jusqu’à une date récente, le sel produit localement n’était pas iodé et la consommation de sel iodé n’était donc pas généralisée. Lors de l’EDS-MICS 2010-11, les enquêteurs ont demandé, dans chaque ménage, un peu de sel utilisé pour la cuisine. Ce sel a été testé au moyen d’un « kit » fourni par l’UNICEF pour déterminer sa teneur en iode. Ce test permet de savoir si le sel n’est pas du tout iodé ou s’il est iodé à plus ou moins de 15 parties par million (ppm). Le sel qui contient au moins 15 ppm d’iode est considéré comme iodé de façon adéquate. Il faut noter que le sel a été testé dans 91 % des ménages, et que 9 % des ménages ne disposaient pas de sel lors du passage des équipes d’enquête. Il ressort du tableau 11.6 que dans l’ensemble, 63 % des ménages disposaient de sel iodé : pour 47 % des ménages, le sel était adéquatement iodé, et pour les 16 %, le sel avait une faible teneur en iode (moins de 15 ppm). À l’opposé, 37 % des ménages ne disposaient que de sel non iodé. Le pourcentage de ménages disposant de sel avec une teneur appropriée en iode est plus élevé en milieu urbain (67 %) qu’en milieu rural (29 %). Par région, on constate que la proportion de ménages disposant de sel adéquatement iodé présente de grandes variations, passant Allaitement et État Nutritionnel • 179 d’un minimum de 2 % dans la région de Sédhiou à un maximum de 79 % dans la région de Dakar. La disponibilité du sel adéquatement iodé dans les ménages augmente avec leur niveau de bien-être économique ; dans les ménages du quintile le plus riche, 74 % disposaient de sel iodé approprié ; par contre dans ceux du quintile le plus pauvre, cette proportion n’est que de 25 %. Tableau 11.6 Sel iodé dans le ménage Parmi tous les ménages, pourcentage dont le sel a été testé pour la présence d'iode et pourcentage ne disposant pas de sel; parmi les ménages dont le sel a été testé, répartition (en %) des ménages par niveau d'iode dans le sel (parts par million ou ppm) selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS- MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Parmi tous les ménages : Parmi tous les ménages testés: Pourcentage de ménages dont le sel est testé Sans sel Nombre de ménages Contenu en iode inadéquat (<15 ppm) Contenu en iode adéquat (≥15 ppm) Nombre de ménages Milieu de résidence Urbain 88,4 11,6 3 864 14,3 67 3 416 Rural 94,3 5,7 4 038 17,3 29 3 809 Région Dakar 87,7 12,3 2 112 12,7 79 1 851 Ziguinchor 91,0 9,0 343 7,0 29 312 Diourbel 93,3 6,7 810 14,8 16 756 Saint-Louis 92,8 7,2 558 8,5 62 518 Tambacounda 91,9 8,1 373 24,6 51 343 Kaolack 93,1 6,9 514 20,2 35 478 Thiès 92,0 8,0 1 017 12,1 60 936 Louga 95,5 4,5 496 34,0 25 473 Fatick 93,1 6,9 413 11,8 14 385 Kolda 90,0 10,0 333 18,7 20 299 Matam 92,6 7,4 286 22,5 38 265 Kaffrine 91,3 8,7 330 25,2 39 301 Kédougou 91,3 8,7 83 40,7 33 76 Sédhiou 98,4 1,6 235 5,7 2 231 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 94,3 5,7 1 600 20,6 25 1 509 Second 92,5 7,5 1 584 15,8 34 1 465 Moyen 89,7 10,3 1 490 15,2 43 1 337 Quatrième 86,7 13,3 1 574 16,5 58 1 365 Le plus riche 93,7 6,3 1 653 11,5 74 1 549 Ensemble 91,4 8,6 7 902 15,9 47 7 224 11.2.2 Consommation de vitamine A La vitamine A est nécessaire au développement et à la conservation du tissu épithélial, de l’appareil digestif et respiratoire, entre autres, et elle est essentielle au bon fonctionnement de la rétine. La vitamine A permet également de maintenir les défenses immunitaires de l’organisme. Elle est stockée par le foie, mais lorsque les quantités sont trop faibles ou épuisées, les conséquences de la carence deviennent manifestes. La carence en vitamine A, ou l’avitaminose A, affecte le système immunitaire de l’enfant et augmente ainsi ses risques de décéder de maladies infectieuses. L’avitaminose A peut également affecter la vue et causer la cécité crépusculaire chez les enfants ; elle peut affecter aussi la santé des femmes enceintes ou de celles qui allaitent. Toutefois, elle peut être évitée par des compléments de vitamine A et l’enrichissement des aliments. L’UNICEF et l’OMS recommandent que dans tous les pays qui ont une mortalité infanto-juvénile supérieure à 70 pour mille, et dans lesquels la carence en vitamine est un problème de santé publique, un programme de contrôle de la vitamine A soit mis en place. Le tableau 11.7 présente le pourcentage d’enfants derniers-nés qui ont reçu des aliments riches en vitamine A au cours des sept derniers jours et le pourcentage d’enfants de moins de 5 ans qui ont reçu au moins, en supplément, une dose de vitamine A au cours des six derniers mois. 180 • Allaitement et État Nutritionnel Tableau 11.7 Consommation de micronutriments Pourcentage d'enfants les plus jeunes de 6-23 mois vivant avec leur mère qui ont reçu des aliments riches en vitamine A et riches en fer durant le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête; pourcentage d'enfants de 6-59 mois à qui on a donné des compléments de vitamine A au cours des six mois ayant précédé l'enquête, des compléments de fer au cours des sept derniers jours et des vermifuges au cours des six mois ayant précédé l'enquête et, parmi les enfants de 6-59 mois vivant dans un ménage dont le sel a été testé, pourcentage vivant dans un ménage avec du sel adéquatement iodé selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Parmi plus jeunes de 6-23 mois vivant avec leur mère : Parmi tous les d'enfants de 6-59 mois : Parmi tous les enfants de 6-59 mois vivant dans un ménage disposant de sel iodé Caractéristique sociodémographique A consommé des aliments riches en vitamine A dans les dernières 24 heures1 A consommé des aliments riches en fer dans les dernières 24 heures2 Nombre d’enfants A consommé des suppléments de vitamine A dans les 6 derniers mois A consommé des suppléments de fer dans les 7 derniers jours A consommé des anti- parasitaires dans les 6 derniers3 Effectif d'enfants Pourcentage vivant dans un ménage disposant de sel iodé4 Effectif d'enfants Age en mois 6-8 34,2 16,9 478 62,9 9,2 22,4 491 37,1 470 9-11 56,5 39,4 591 75,3 11,5 30,0 607 42,2 585 12-17 68,9 54,2 1214 81,3 11,8 53,0 1259 41,1 1 221 18-23 73,9 61,5 872 81,1 13,8 57,0 940 40,3 904 24-35 - - 0 80,0 14,6 62,3 2 195 44,3 2 093 36-47 - - 0 77,9 11,9 60,8 2 234 41,5 2 153 48-59 - - 0 78,7 13,2 59,1 1 963 39,9 1 897 Sexe Masculin 63,4 47,6 1 651 78,9 13,0 56,8 4 967 41,6 4 761 Féminin 62,0 48,0 1 504 77,7 12,6 54,2 4 722 41,3 4 562 Statut d'allaitement au sein Allaité au sein 60,0 45,0 2738 76,7 11,8 43,7 304 40,5 2919 Non allaité au sein 80,7 65,9 417 79,1 13,2 60,9 6 665 41,9 6404 Age de la mère à la naissance 15-19 59,4 43,3 260 72,1 11,9 46,8 481 41,1 458 20-29 63,1 47,3 1 616 76,4 12,5 54,2 4 643 39,3 4 458 30-39 61,9 48,2 1 062 80,0 13,0 56,9 3 662 44,4 3 543 40-49 67,5 54,4 217 85,0 13,7 61,8 903 40,8 865 Milieu de résidence Urbain 68,8 52,2 1 230 81,6 14,8 57,3 3 819 63,3 3 645 Rural 58,8 44,9 1 926 76,3 11,5 54,4 5 870 27,5 5 679 Région Dakar 67,8 46,6 639 80,8 13,5 55,3 2 033 73,9 1 949 Ziguinchor 69,1 61,2 100 77,5 13,7 58,0 306 34,5 296 Diourbel 68,3 47,5 381 59,6 5,5 52,4 1 170 18,4 1 149 Saint-Louis 66,7 51,4 197 74,4 18,8 39,3 636 61,2 609 Tambacounda 49,0 35,0 167 82,8 22,0 72,6 528 48,4 512 Kaolack 59,3 49,2 276 83,0 7,8 60,1 822 30,4 792 Thiès 67,4 51,1 398 91,2 26,9 64,9 1 166 53,8 1 121 Louga 65,9 58,2 220 75,8 12,9 29,6 675 22,7 651 Fatick 61,7 54,0 178 75,6 6,4 58,7 542 13,5 519 Kolda 44,5 32,3 174 84,5 5,1 63,0 531 20,8 480 Matam 67,9 56,4 121 69,5 9,0 41,1 408 40,8 399 Kaffrine 54,5 40,5 152 76,9 7,3 58,8 436 31,6 417 Kédougou 29,3 12,1 30 73,9 6,0 58,1 89 34,3 86 Sédhiou 53,1 45,6 122 87,5 6,2 73,1 348 1,1 344 Niveau d’instruction de la mère Aucun 59,2 44,7 2 191 76,5 11,9 52,9 6 847 36,1 6 585 Primaire 67,5 52,3 710 83,2 14,0 61,1 2 019 49,5 1 954 Secondaire ou plus 80,0 61,5 254 82,0 17,2 63,4 823 66,2 784 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 49,8 39,5 725 70,4 8,8 53,7 2 176 22,5 2 088 Second 59,1 45,6 676 80,2 11,8 54,5 2 085 29,8 2 000 Moyen 70,8 56,7 622 80,4 15,0 55,1 1 898 40,8 1 832 Quatrième 62,2 43,4 642 81,5 12,8 54,9 1 913 54,1 1 842 Le plus riche 77,1 57,5 490 80,7 16,7 60,5 1 617 67,7 1 561 Ensemble 62,7 47,8 3 155 78,4 12,8 55,5 9 689 41,5 9 324 Note: L'information sur la vitamine A est basé sur la déclaration de la mère et la carte de vaccination (si disponible). L’information sur les suppléments de fer et des médicaments vermifuges est basée sur la déclaration de la mère. na = Non applicable 1 Comprend les viandes (et abats), poisson, volaille, œufs, la citrouille, l'igname rouge ou jaune ou le squash, les carottes, les patates douces rouges, les légumes vert foncé à feuilles, mangues, papayes et autres fruits et légumes cultivés localement qui sont riches en vitamine A, et huile de palme rouge [si les données sont recueillies.] 2 Y compris la viande (abats inclus) 3 les antiparasitaires (vermifuges) contre les parasites intestinaux sont faits couramment pour les helminthes et de la bilharziose. 4 Sel contenant 15 ppm d'iode ou plus par million. Sont exclus les enfants vivant dans un ménage dont le sel n'a pas été teste. Allaitement et État Nutritionnel • 181 Dans l’ensemble, plus de trois enfants de moins de deux ans sur cinq (63 %) ont reçu des aliments riches en vitamine A. La consommation de ces aliments riches en vitamines A augmente avec l’âge de l’enfant : elle concerne 34 % des nourrissons de 6-8 mois et 74 % des 18-23 mois. Elle est plus élevée lorsque l’enfant n’est pas allaité au sein (81 %), l’enfant vit en milieu urbain (69 %), sa mère est instruite (80 % pour le niveau secondaire ou plus) ou appartient au quintile le plus riche (77 %). Selon les régions, la consommation de ces aliments varie de 29 % à Kédougou à 69 % à Ziguinchor. Parmi les enfants de 6-59 mois, presque quatre enfants sur cinq (78 %) ont reçu des suppléments en vitamine A dans les six derniers mois, mais seulement un enfant sur dix en a reçu dans les sept derniers jours. La supplémentation touche moins les nourrissons de 6-8 mois (63 %). Les proportions d’enfants qui ont reçu des suppléments de vitamine A varient surtout selon le statut de l’allaitement, le milieu de résidence, la région, le niveau d’instruction, l’âge de la mère et le niveau de bien-être économique du ménage dans lequel ils vivent. Les enfants du milieu urbain sont proportionnellement plus nombreux à en avoir reçu (82 %) que ceux du milieu rural (76 %). En fonction des régions, les résultats montrent que c’est dans les régions de Thiès (91 %), de Sédhiou (88 %) et de Kolda (85 %) que les proportions d’enfants ayant bénéficié de ce complément nutritionnel sont les plus élevées. À l’opposé, dans la région de Matam, environ 70 % en ont reçu. Selon le niveau d’instruction, les enfants des mères les plus instruites ont le plus fréquemment bénéficié de cet apport nutritionnel (plus de 82 %, contre 77 % parmi les autres enfants). Selon l’indice de bien-être, les enfants des ménages les plus riches (deuxième quintile et plus) ont un peu plus souvent reçu ces suppléments (80 %) que ceux des ménages les plus pauvres (77 %). En outre, les enfants dont l’âge de la mère à la naissance est inférieur à 20 ans ont moins fréquemment reçu de la vitamine A que les autres enfants (72 %). Cette proportion est plus élevée quand l’âge de la mère est dans les 20-29 ans à la naissance de l’enfant (au moins 76 %) ou dans les 30-39 ans (80 %) ou supérieur ou égal à 40 ans (85 %). Enfin, lorsque l’enfant n’est pas allaité au sein, la supplémentation est un peu plus fréquente (79 % contre 77 % pour les enfants allaités). En ce qui concerne les femmes, on a également demandé aux mères ayant eu une naissance au cours des cinq dernières années, si elles avaient reçu de la vitamine A au cours des deux premiers mois qui ont suivi l’accouchement. Le tableau 11.8 rapporte les résultats de la consommation de micronutriments par les mères. Il ressort que 45 % des mères ont reçu une dose de vitamine A dans les deux mois qui ont suivi la naissance du dernier enfant. La fréquence de la prise de la dose augmente avec l’âge de la femme (38 % chez les 15-19 ans, 47 % chez les 40-49 ans). Elle est plus élevée en milieu urbain (50 %) qu’en milieu rural (42 %). Elle augmente également avec le niveau d’éducation et de bien-être (43 % pour les mères non instruites contre 59 % pour celles de niveau secondaire et plus ; 33 % pour les ménages les plus pauvres contre 51 % pour les plus riches). Au niveau régional, c’est dans la région de Kédougou (24 %) que cette proportion est la plus faible, suivie de celles de Matam et de Kolda (respectivement 33 % et 34 %). À l’opposé, la région de Thiès (64 %) se caractérise par la proportion la plus élevée de femmes qui ont reçu ces suppléments de vitamine A. Le tableau 11.8 donne les résultats sur la consommation de sel iodé par les mères d’enfants de moins de cinq ans. Il en ressort que 43 % des mères vivent dans des ménages disposant de sel iodé. La proportion de femmes vivant dans un ménage disposant de sel adéquatement iodé ne varie pas avec l’âge. Par contre, elle varie selon le milieu de résidence, selon le niveau d’éducation et le niveau de bien-être économique du ménage. La proportion est plus élevée en milieu urbain (64 %) qu’en milieu rural (28 %). Les femmes plus instruites consomment plus de sel iodé (37 % des femmes non instruites contre 67 % des femmes de niveau secondaire ou plus). La consommation de sel iodé augmente régulièrement avec le niveau de bien-être (22 % dans les ménages pauvres et 69 % dans les ménages les plus riches). La consommation de sel iodé par les mères d’enfants de moins de cinq varie de façon considérable d’une région à l’autre. Si trois mères sur cinq (75 %) consomment du sel iodé à Dakar, la proportion est d’une mère sur sept (14 %) à Fatick et seulement d’une mère sur cent (1 %) à Sédhiou. 182 • Allaitement et État Nutritionnel Tableau 11.8 Consommation de micronutriments par les mères Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant un enfant né au cours des cinq dernières années qui ont reçu une dose de vitamine A au cours des deux mois qui ont suivi la naissance du dernier enfant; pourcentage qui ont pris des suppléments de fer, sous forme de comprimés ou de sirop, pendant un nombre déterminé de jours et pourcentage ayant pris des vermifuges; pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant un enfant né dans les cinq dernières années et vivant dans un ménage dont le sel a été testé qui vivent dans une ménage disposant de sel adéquatement iodé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique A reçu vitamine A post- partum1 Prise de fer pendant la grossesse (en nombre de jours) A consommé des médicaments de déparasitage durant la dernière grossesse Effectif de femmes Parmi les femmes ayant un enfant né dans les cinq dernières années et vivant dans un ménage disposant de sel iodé None <60 60-89 90+ NSP/ND Vivant dans un ménage disposant de sel adéquate- ment iodé2 Effectif de femmes Age en mois 15-19 38,4 9,0 13,8 9,8 57,4 10,0 22,2 529 39,6 500 20-29 45,1 5,4 12,4 9,1 64,4 8,7 25,7 3 634 41,0 3 491 30-39 46,8 6,4 14,4 8,1 61,6 9,4 24,9 2 756 46,2 2 659 40-49 46,9 6,4 13,7 7,6 61,4 10,9 22,7 771 41,1 739 Milieu de résidence Urbain 50,0 3,0 12,2 6,6 67,6 10,6 26,7 3 182 63,8 3 023 Rural 42,2 8,3 14,2 10,1 59,1 8,3 23,7 4 508 28,2 4 366 Région Dakar 44,9 2,6 14,7 5,4 65,2 12,1 30,1 1 674 75,0 1 599 Ziguinchor 58,5 2,5 7,9 4,8 80,8 3,9 33,5 250 33,9 241 Diourbel 35,2 5,4 11,9 14,3 52,8 15,6 22,4 905 18,2 888 Saint-Louis 49,4 7,8 17,5 10,5 56,6 7,7 26,2 495 62,5 477 Tambacounda 49,7 13,8 13,6 6,9 56,8 8,9 41,8 418 48,8 406 Kaolack 39,0 3,1 25,0 12,9 53,4 5,6 26,5 625 33,5 604 Thiès 63,8 2,8 5,9 8,4 69,7 13,2 18,3 958 56,0 912 Louga 44,2 6,2 8,3 7,7 69,4 8,3 23,6 525 23,5 509 Fatick 46,1 5,6 14,3 7,4 70,2 2,5 25,3 397 14,1 379 Kolda 33,9 14,7 17,9 11,6 53,4 2,3 22,8 427 19,6 387 Matam 33,5 14,5 15,8 4,3 50,9 14,5 14,4 322 40,5 315 Kaffrine 48,4 10,2 8,5 6,3 74,5 0,4 9,8 342 31,5 327 Kédougou 24,4 11,6 24,4 11,3 39,8 12,8 19,7 73 34,0 70 Sédhiou 42,6 7,3 7,9 10,5 73,5 0,8 23,2 279 1,2 275 Niveau d’instruction Aucun 42,7 7,8 14,0 9,4 59,5 9,3 23,6 5 289 36,6 5 083 Primaire 48,2 2,5 12,7 8,1 67,8 8,9 28,3 1 647 51,7 1 594 secondaire ou plus 58,7 2,1 10,4 4,5 72,8 10,1 26,8 754 66,7 713 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 32,9 13,9 15,7 10,4 54,2 5,8 21,3 1 672 22,2 1 603 Second 44,6 6,2 15,5 9,1 61,6 7,5 23,6 1 600 31,6 1 536 Moyen 51,3 4,9 13,1 9,8 63,6 8,6 23,8 1 492 41,4 1 440 Quatrième 49,6 2,6 10,5 8,2 66,1 12,7 26,2 1 552 54,5 1 488 Le plus riche 50,6 1,9 11,4 5,3 69,1 12,3 30,5 1 375 68,9 1 322 Ensemble 45,4 6,1 13,3 8,7 62,6 9,3 24,9 7 690 42,8 7 389 1 Dans les deux premiers mois après l'accouchement 2 Sont exclues les femmes qui vivent dans des ménages dont le sel n'a pas été testé. 11.2.3 Consommation de fer Le tableau 11.7 (plus haut) fournit également des informations sur la consommation d’aliments riches en fer chez les nourrissons de 6-23 mois. Moins d’un enfant sur deux (48 %) a consommé des aliments riches en fer dans les 24 heures qui ont précédé l’enquête. La consommation augmente avec l’âge de l’enfant : elle concerne 17 % des nourrissons de 6-8 mois et 62 % des 18-23 mois. Elle est plus élevée lorsque l’enfant n’est pas allaité au sein (66 %), l’enfant vit en milieu urbain (52 %), sa mère est instruite (62 % pour le niveau secondaire ou plus) ou appartient au quintile le plus riche (58 %). Selon les régions, la consommation varie de 12 % à Kédougou à 61 % à Ziguinchor. La prise de fer sous forme de comprimés ou de sirop pendant la grossesse de la dernière naissance a également été renseignée (tableau 11.8). Dans le contexte sénégalais, 6 % des femmes enceintes n’ont pas du tout pris du fer. La proportion de ces femmes est plus importante en milieu rural (8 % contre 3 % en milieu urbain ; dans Allaitement et État Nutritionnel • 183 les régions de Kolda, Matam et Tambacounda (en moyenne 14 % contre 3% dans les régions de Dakar, Ziguinchor et Thiès) ; chez les femmes non instruites (8 % contre 2 % pour les femmes instruites) et dans les ménages les plus pauvres (14 % contre 2 % dans les ménages les plus riches). A l’opposé, 13 % ont pris du fer pendant moins de 60 jours, 8 % entre 60 et 89 jours et 63 % pendant au moins trois mois. La proportion de femmes qui ont pris du fer pendant au moins 90 jours est légèrement plus faible chez les femmes de 15-19 ans (57 % contre 62% pour les 30-39 ans et 64% pour les 20-29 ans). Elle est plus élevée en milieu urbain (68 %) qu’en milieu rural (59 %). Elle augmente avec le niveau d’éducation de la femme et avec le niveau de bien-être du ménage (60 % des femmes non instruites contre 73 % chez les plus instruites ; 54 % dans les ménages les pauvres contre 69 % dans les ménages les plus riches). Selon la région, c’est parmi les femmes des régions de Ziguinchor (81 %), de Kaffrine (74%) et de Sédhiou (73%) que l’on observe les proportions les plus élevées de celles qui en ont pris pendant au moins 90 jours. Les régions de Kédougou (40%), Matam (51%), Diourbel (53%) et Kolda (53%) ont les proportions les plus faibles. 11.3 ANÉMIE PAR CARENCE EN FER Le manque de fer est la forme de carence en micronutriments la plus répandue dans le monde et elle affecte plus de 3,5 milliards d’individus dans les pays en développement (ACC/SCN, 2000). L’anémie est une affection caractérisée par une réduction du nombre de globules rouges et un affaiblissement de la concentration de l’hémoglobine dans le sang. L’anémie est habituellement la conséquence d’une déficience alimentaire en fer, en vitamine B12 ou en d’autres nutriments. Bien que l’anémie puisse être causée par des parasitoses, des hémorragies, des affections congénitales ou des maladies chroniques, elle est due le plus souvent à une déficience alimentaire, dont à la base, un manque de fer (DeMaeyer, 1989 ; Yip, 1994). Au cours de l’EDS-MICS_2010-2011, en plus de la mesure de la taille et du poids des femmes, des hommes et des enfants, un prélèvement de sang a été effectué dans un tiers des ménages de l’échantillon. Le prélèvement était réalisé de la manière suivante : (a) du sang capillaire était prélevé au moyen d’une piqûre au doigt faite à l’aide d’une petite lance rétractable (Tenderlette) ; (b) on laissait alors tomber une ou deux gouttes de sang sur une cuvette miniature que l’on plaçait ensuite dans un hémoglobinomètre portatif (HemoCue), appareil qui, en moins d’une minute, pouvait donner une mesure exacte du niveau (en grammes) d’hémoglobine par décilitre de sang ; et (c) cette valeur était enfin enregistrée dans le questionnaire. L’anémie peut être classée en trois niveaux selon la concentration de l’hémoglobine dans le sang ; cette classification a été développée par des chercheurs de l’OMS (DeMaeyer, 1989). Ainsi, l’anémie est considérée comme sévère si la mesure d’hémoglobine par décilitre de sang est inférieure à 7,0 g/dl ; elle est modérée si cette valeur se situe entre 7,0 et 9,9 g/dl et, enfin, elle est qualifiée de légère si la mesure se situe entre 10,0 et 11,9 g/dl. Pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, l’anémie sera considérée comme légère si le niveau d’hémoglobine se situe entre 10,0 et 10,9 g/dl. Le niveau d’hémoglobine dans le sang augmente avec l’altitude. Ceci est dû au fait que la pression partielle de l’oxygène diminue en haute altitude, et il en est de même pour la saturation d’oxygène dans le sang ; on assiste de plus à un phénomène de compensation qui fait augmenter la production de globules rouges afin d’assurer une irrigation sanguine adéquate (CDC, 1998). En d’autres termes, plus l’altitude est élevée, plus le besoin d’hémoglobine dans le sang augmente. Au Sénégal, la majorité de la population vivant dans des régions de faibles altitudes, il ne s’est pas avéré nécessaire d’ajuster les valeurs de la concentration d’hémoglobine dans le sang. 11.3.1 Prévalence de l’anémie chez les enfants Le tableau 11.9 indique qu’au Sénégal plus de trois enfants sur quatre de 6-59 mois (76 %) sont atteints d’anémie : 23 % sous une forme légère, 48 % sous une forme modérée et 5 % sont atteints d’anémie sévère. Selon l’âge, c’est entre 12 et 23 mois que les enfants sont les plus touchés par l’anémie (85 %). Comme nous l’avons vu précédemment, c’est la période pendant laquelle beaucoup d’enfants ne reçoivent pas de 184 • Allaitement et État Nutritionnel compléments alimentaires en quantité et en qualité suffisantes. Les résultats font apparaître des différences entre les sexes (80 % chez les garçons et 72 % chez les filles), entre les milieux de résidence (72 % en milieu urbain et 79 % en milieu rural) et selon la région (73 % à Dakar et Thiès, 74 % à Louga et Saint-Louis et plus de 76 % dans les autres régions). Selon le niveau d’instruction, la proportion d’enfants anémiés est de 78 % quand la mère n’a aucune instruction contre 75 % quand elle a un niveau primaire et 73 % quand elle a au moins un niveau secondaire. La prévalence de l’anémie est plus importante quand la mère vit dans le ménage (77 % contre 73 % lorsque la mère est absente). Enfin, les résultats selon le quintile de bien-être montrent que la prévalence de l’anémie des enfants diminue des ménages les plus pauvres aux ménages les plus riches (82 % contre 70 %). Tableau 11.9 Prévalence de l'anémie chez les enfants Pourcentage d'enfants de 6-59 mois considérés comme anémiés, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS- MICS, Sénégal 2010-11 Pourcentage d'enfants anémiés Caractéristique sociodémographique Anémiés (en dessous de 11g/dl) Légère (10.0-10.9 g/dl) Modérée (7.0-9.9 g/dl) Sévère (en dessous de 7.0 g/dl) Nombre d’enfants Age en mois 6-8 80,5 35,4 42,4 2,7 168 9-11 84,8 24,0 59,6 1,2 232 12-17 85,5 20,3 60,4 4,8 495 18-23 85,4 13,2 66,3 6,0 326 24-35 81,4 20,6 54,5 6,3 848 36-47 71,3 24,6 40,6 6,2 866 48-59 64,6 27,8 33,5 3,3 826 Sexe Masculin 80,3 24,2 51,1 5,1 1 941 Féminin 72,3 22,3 45,3 4,7 1 820 Statut d’interview de la mère Enfants de mères enquêtées 76,9 23,4 48,6 4,9 3 264 Enfants de mères non enquêtées3 Mère vivant dans le ménage 76,5 22,8 44,1 9,6 129 Mère ne vivant pas dans le ménage 72,7 22,7 46,5 3,5 368 Milieu de résidence Urbain 72,0 24,0 45,9 2,1 1 434 Rural 79,2 22,9 49,7 6,6 2 327 Région Dakar 72,5 23,5 48,0 1,0 766 Ziguinchor 76,9 30,1 45,6 1,3 95 Diourbel 75,6 29,2 42,4 4,0 445 Saint-Louis 74,0 22,0 47,0 5,1 224 Tambacounda 82,6 23,4 50,9 8,3 209 Kaolack 78,2 21,2 48,9 8,1 335 Thiès 72,8 21,3 46,0 5,4 447 Louga 74,2 23,0 46,9 4,3 275 Fatick 81,8 17,5 60,3 4,0 243 Kolda 83,2 23,1 49,5 10,6 228 Matam 76,1 18,4 51,3 6,4 142 Kaffrine 81,1 26,6 45,5 9,0 187 Kédougou 79,6 22,4 51,4 5,8 29 Sédhiou 80,3 23,4 53,7 3,3 133 Niveau instruction de la mère Aucun 77,8 23,4 48,5 5,9 2 449 Primaire 74,7 21,5 50,3 2,9 663 secondaire ou plus 73,2 27,0 43,5 2,8 279 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 82,1 21,5 51,8 8,8 852 Second 81,0 20,6 53,4 7,1 815 Moyen 74,3 27,0 44,2 3,2 752 Quatrième 72,1 22,4 46,8 3,0 749 Le plus riche 70,1 26,0 43,2 0,9 593 Ensemble 76,4 23,3 48,3 4,9 3 761 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l'interview. La prévalence est ajustée pour l'altitude en utilisant la formule dans CDC (1998). g/dl = grammes par décilitre 1 Y compris les enfants dont les mères sont décédées 2 F Pour les femmes qui n'ont pas été enquêtées, les informations proviennent du questionnaire ménage. Non compris les enfants dont la mère n'est pas listée dans le ménage. Allaitement et État Nutritionnel • 185 Plus de la majorité des enfants anémiés le sont modérément (63 % des enfants anémiés). Les enfants souffrant d’anémie sévère présentent un profil sociodémographique différent de celui des enfants présentant la forme légère. On observe ainsi que la prévalence de l’anémie sévère dans les régions les plus touchées (Kolda, Kaffrine, Tambacounda et Kaolack) est deux à dix fois plus élevée que dans les régions les moins touchées (Dakar, Ziguinchor et Diourbel). Les enfants de mère sans instruction souffrent également, plus de deux fois plus d’anémie sévère que ceux des mères de niveau primaire ou plus (6 % et 3 % respectivement). Enfin, la prévalence de l’anémie sévère des enfants des ménages les plus pauvres est neuf fois plus élevée que celle des enfants des ménages les plus riches (9 % contre 1 %). Au demeurant, la prévalence de l’anémie a légèrement baissé par rapport à l’EDS IV et cela pour toutes les formes d’anémie sauf pour l’anémie légère (anémie : 76 % contre 83 % en 2005 ; anémie légère : 23 % contre 20 % ; anémie modérée : 48 % contre 55 % et anémie sévère : 5 % contre 7 % en 2005). 11.3.2 Prévalence de l’anémie chez les femmes Le tableau 11.10 présente les résultats des tests d’anémie pour les femmes. Plus d’une femme sur deux est anémiée (54 %) : 39 % souffrent d’anémie sous sa forme légère, 14 % sous une forme modérée et 2 % sous une forme sévère. La prévalence de l’anémie varie en fonction des différentes variables sociodémographiques. En effet, elle est plus élevée chez les femmes de 15-29 ans (en moyenne, 55 %) que chez les femmes plus âgées. Les femmes enceintes qui sont plus vulnérables sont plus fréquemment anémiées (61 %) que celles qui allaitent (49 %) ou celles qui ne sont ni enceintes, ni allaitantes (56 %). L’allaitement ne semble donc pas augmenter le risque d’anémie. Le tableau ne fait pas apparaître un écart de prévalence entre les milieux de résidence. Au niveau régional, la prévalence de l’anémie varie de 43 % (Ziguinchor) à 61 % (Tambacounda et de Fatick). La prévalence de l’anémie ne semble pas diminuer avec le niveau d’instruction (54 % pour les femmes non instruites contre 57 % pour celles ayant atteint le niveau secondaire). Elle baisse légèrement avec le niveau de bien-être (58 % pour les femmes des ménages les plus pauvres contre 53 % pour celles des ménages les plus riches). La majorité des femmes anémiées le sont de façon légère ou modérée. La forme sévère concerne seulement 2 % des femmes. Il faut noter que c’est parmi les femmes enceintes (3 %) et parmi les femmes de la région de Fatick (3 %) que la prévalence de l’anémie sévère est la plus élevée. 186 • Allaitement et État Nutritionnel Tableau 11.10 Prévalence de l'anémie chez les femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans anémiées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS- MICS, Sénégal 2010-11 Anemia status by hemoglobin level Caractéristique sociodémographique Any (NP <12.0 g/dl / P <11.0 g/dl) Mild (NP 10.0- 11.9 g/dl / P 10.0-10.9 g/dl) Moderate (NP 7.0-9.9 g/dl / P 7.0-9.9 g/dl) Severe (NP <7.0 g/dl / P < 7.0 g/dl) Effectif des femmes Age 15-19 55,5 39,9 13,3 2,3 1 266 20-29 55,3 38,6 15,3 1,4 2 086 30-39 52,9 36,7 14,2 2,0 1 370 40-49 52,7 39,7 11,5 1,5 900 Enfants nés vivants Aucun 59,0 41,9 14,8 2,3 1 962 1 50,6 37,5 12,3 0,7 752 2-3 51,4 34,4 14,6 2,4 1 131 4-5 50,2 37,3 11,9 1,0 818 6+ 54,8 38,7 14,6 1,5 958 Maternité Enceinte 61,4 28,9 29,7 2,8 440 Allaite 48,9 37,5 10,5 0,8 1 495 Aucun des deux 55,7 40,2 13,5 2,0 3 687 Utilise le DIU Oui 51,5 41,1 10,3 0,0 19 Non 54,4 38,6 14,0 1,8 5 602 Consommation de tabac/cigarettes Consomme le tabac 58,9 33,5 25,5 0,0 27 Ne consomme pas 54,3 38,6 13,9 1,8 5 594 Milieu de résidence Urbain 54,7 40,4 12,6 1,7 2 749 Rural 54,0 36,9 15,3 1,8 2 873 Région Dakar 58,5 42,2 14,3 2,1 1 483 Ziguinchor 42,5 33,8 8,0 0,6 192 Diourbel 47,7 33,4 13,0 1,4 652 Saint-Louis 56,8 39,2 16,3 1,3 327 Tambacounda 61,3 42,5 17,1 1,6 246 Kaolack 53,8 36,3 15,2 2,2 445 Thiès 50,0 37,8 11,1 1,1 745 Louga 54,9 36,7 15,8 2,4 401 Fatick 61,5 42,4 16,3 2,8 275 Kolda 55,8 39,4 14,7 1,7 237 Matam 52,9 39,9 11,2 1,8 211 Kaffrine 52,4 34,9 14,9 2,5 216 Kédougou 53,5 36,8 14,6 2,1 36 Sédhiou 51,9 35,4 15,9 0,6 157 Niveau d’instruction Aucun 53,7 37,4 14,7 1,6 3 225 Primaire 53,3 38,3 12,4 2,5 1 216 Secondaire ou plus 57,2 42,2 13,5 1,4 1 180 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 57,8 36,8 18,3 2,7 913 Second 55,0 37,6 15,7 1,6 956 Moyen 52,4 38,2 12,8 1,4 1 139 Quatrième 53,0 37,9 12,9 2,2 1 244 Le plus riche 54,4 41,4 11,8 1,2 1 368 Ensemble 54,3 38,6 14,0 1,8 5 622 11.3.3 Prévalence de l’anémie chez les hommes Le tableau 11.11 présente la prévalence de l’anémie chez les hommes de 15-49 ans. La proportion d’hommes de 15-49 ans anémiés est de 31 %. La prévalence est nettement plus élevée pour les adolescents (15-19 ans) que pour les hommes plus âgés (54 % contre 22 %). Il n’y a pas de fortes variations de cette prévalence en fonction de la consommation de tabac (29 % pour les fumeurs et 32 % pour les non fumeurs) ou en fonction de la résidence (29 % en milieu urbain et 33 % en milieu rural). La prévalence de l’anémie chez les hommes diminue avec le niveau de bien-être (de 38 % dans les ménages les plus pauvres à 28 % pour les ménages les plus riches). Selon la région, la prévalence varie presque du simple au double : 23 % à Kédougou, 25 % à Diourbel et à Matam, 39 % à Louga et à Saint-Louis et 42 % à Fatick. Allaitement et État Nutritionnel • 187 La prévalence de l’anémie chez les hommes de 50-59 ans (33 %) est inférieure à celle observée chez les adolescents (54 %), mais supérieure à celle observée chez les hommes de 40-49 ans (25 %). Il convient de noter au regard des deux tableaux (11.10 et 11.11) que la prévalence de l’anémie est plus faible chez les hommes (31 %) que chez les femmes (54 %). 11.4 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES L’un des objectifs de l’enquête est d’évaluer l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans et de leurs mères. 11.4.1 État nutritionnel des enfants Méthodologie La malnutrition protéino-énergétique chez les enfants désigne un ensemble de désordres caractérisés avant tout par un arrêt ou un retard de la croissance. Elle résulte à la fois des apports alimentaires inadéquats et de la morbidité. La malnutrition peut être évaluée par des critères cliniques, des analyses biochimiques ou des mesures anthropométriques. Cependant, pour des raisons pratiques, la plupart des enquêtes nutritionnelles utilisent des indicateurs anthropométriques. Chez les enfants âgés de moins de 5 ans, les indicateurs les plus utilisés sont le poids en fonction de l'âge (poids-pour-âge), la taille en fonction de l'âge (taille-pour-âge) et le poids en fonction de la taille (poids-pour-taille). Ces indices ont été exprimés en écart- type (Z-score) par rapport à la médiane de la population de référence internationale OMS (WHO, 2006). La définition conventionnelle de la malnutrition chez les enfants, proposée par l'Organisation Mondiale de la Santé est le poids-pour-âge, la taille-pour-âge ou le poids-pour-taille inférieurs à moins 2 écarts-type (tableau 11.12) ; lorsque le niveau atteint moins 3 écarts-type la malnutrition est considérée comme sévère : • La taille-pour-âge est une mesure spécifique du retard de croissance. • Le poids-pour-taille est une mesure spécifique de la maigreur ou émaciation. • Le poids-pour-âge constitue un bon reflet de l'état nutritionnel global de l'enfant et peut être utilisé pour suivre le gain pondéral d’un enfant. Cependant, il ne permet pas de distinguer l'émaciation du retard de croissance. Tableau 11.11 Prévalence de l'anémie chez les hommes Pourcentage d'hommes de 15-49 ans anémiés, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Anémiés (<13.0 g/dl) Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 54,0 1 030 20-29 22,3 1 378 30-39 21,3 846 40-49 25,1 571 Consommation de tabac Consomme le tabac 29,1 679 Ne consomme pas 31,5 3 146 Milieu de résidence Urbain 29,2 2 144 Rural 33,3 1 681 Région Dakar 30,7 1 205 Ziguinchor 25,9 159 Diourbel 24,9 272 Saint-Louis 38,8 212 Tambacounda 33,8 195 Kaolack 32,9 277 Thiès 27,5 513 Louga 38,9 226 Fatick 42,1 191 Kolda 27,8 188 Matam 25,5 125 Kaffrine 28,2 127 Kédougou 22,7 22 Sédhiou 29,9 113 Niveau d’instruction Aucun 29,7 1 365 Primaire 29,7 1 116 Secondaire ou plus 33,5 1 344 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 37,7 566 Second 31,8 593 Moyen 32,4 783 Quatrième 29,0 863 Le plus riche 27,6 1 020 Ensemble 15-49 31,0 3 825 Hommes 50-59 33,0 458 Ensemble 15-59 31,2 4 283 188 • Allaitement et État Nutritionnel Tableau 11.12 Échelle pour l'interprétation des valeurs de prévalence de la malnutrition (-2 Z-score) dans une population Situation de malnutrition Indicateurs Acceptable Mauvaise Grave Critique Prévalence du retard de croissance (% d’enfants Z < -2) <20 ≥20 et <30 ≥30 et <40 ≥40 Prévalence de l’insuffisance pondérale (% d’enfants Z < -2) <10 ≥10 et <20 ≥20 et <30 ≥30 Prévalence de l’émaciation (% d’enfants Z < -2) <5 ≥ 5 et <10 ≥10 et <15 ≥15 Retard de croissance Selon les résultats du tableau 11.13 concernant l'indice taille-pour-âge, 26 % des enfants au Sénégal souffrent de retard de croissance et plus d’un enfant sur neuf (11 %) souffre de retard de croissance sévère. Le retard de croissance reflète une malnutrition chronique. Dans l’ensemble, la situation nutritionnelle selon l’indice taille- pour-âge peut être caractérisée de précaire, mais cette situation masque des disparités importantes en fonction des variables sociodémographiques. Tout d’abord, la proportion d’enfants accusant un retard de croissance est près de deux fois plus élevée en milieu rural (31 %) qu’en milieu urbain (19 %). Selon l'âge, on observe des variations importantes de la prévalence du retard de croissance, qu’elle soit modérée ou sévère (tableau 11.13 et graphique 11.3). La proportion d’enfants accusant un retard de croissance augmente avec l’âge : de 14 % à moins de 6 mois, la prévalence du retard de croissance augmente pour atteindre plus de 37 % à 18-23 mois, avant de retomber à 25 % entre 48-59 mois. Le retard de croissance touche de façon similaire les garçons et les filles (28 % contre 25 %). En ce qui concerne l’effet de l’intervalle intergénésique, on constate pour les femmes multipares, que le retard de croissance des enfants diminue lorsque l’intervalle augmente. Le retard de croissance qui est sévère lorsque l’intervalle est inférieur à 24 mois (34 %) diminue progressivement et devient précaire pour un intervalle supérieur à 48 mois (25 %). Le retard de croissance touche 26 % des enfants de mères primipares. La même évolution est observée pour le retard de croissance sévère dont la prévalence varie de 16 à 9 %. Lorsque la mère ne vit pas dans le ménage, le tableau ne montre pas de différence importante quant à la prévalence du retard de croissance (25 % contre 26 % lorsque la mère vit dans ménage). Le retard de croissance est élevé chez les enfants de 18-35 mois, chez les enfants de mères maigres selon l’indice de masse corporelle, en milieu rural, dans les régions de Kaffrine et Kédougou et dans les ménages les plus pauvres (premier et deuxième quintiles). Il est très élevé dans les régions de Kolda et de Sédhiou. Allaitement et État Nutritionnel • 189 Tableau 11.13 État nutritionnel des enfants Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans considérés comme atteints de malnutrition selon les trois indices anthropométriques de l'état nutritionnel (taille-pour-âge, poids-pour- taille et poids-pour-âge), selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Taille-pour-age1 Poids-pour-taille Poids-pour-âge Caractéristique sociodémographique Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET2 Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET2 Pourcentage au dessus de 2 ET Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET2 Pourcentage au dessus de 2 ET Effectif des enfants Age en mois <6 5.6 13.9 4.4 14.0 9.2 2.0 7.7 2.8 376 6-8 5.1 14.6 5.5 15.5 3.8 5.4 14.6 2.0 167 9-11 4.9 12.2 5.1 10.4 5.3 3.4 9.8 2.1 230 12-17 9.6 27.3 2.5 11.9 3.4 4.5 17.8 0.2 468 18-23 17.1 37.3 0.8 8.0 0.0 5.9 23.0 0.3 300 24-35 13.8 34.3 1.2 7.8 1.8 4.6 20.6 0.7 777 36-47 10.9 28.4 1.5 8.0 1.1 3.9 17.7 0.5 780 48-59 10.3 25.1 1.9 11.4 0.2 5.8 20.8 0.1 664 Sexe Masculin 11.1 28.1 2.0 10.2 2.2 4.8 18.6 0.9 1 930 Féminin 10.1 24.9 2.5 10.0 2.7 4.2 16.7 0.8 1 832 Intervalle entre naissance en mois3 Première naissance4 10.3 25.5 1.9 9.9 3.2 3.1 15.0 0.9 774 <24 15.9 33.9 2.6 10.1 2.9 7.0 22.1 0.8 445 24-47 9.2 26.0 1.8 9.5 2.2 4.6 17.7 0.7 1 581 48+ 9.5 24.5 3.7 11.5 2.6 3.6 17.0 1.5 618 Relation avec la mère Enfants des mères enquêtées 10.4 26.7 2.3 10.0 2.6 4.4 17.5 0.9 3 419 Enfants de mère non enquêtée Mère vivant dans le ménage 17.1 26.4 3.3 13.6 2.5 7.4 22.0 0.0 102 Mère ne vivant pas dans le ménage5 10.6 25.0 1.5 10.1 0.9 4.0 17.7 0.5 241 Etat nutritionnel de la mère6 Maigre 13.9 33.2 3.2 14.5 3.4 6.1 25.1 0.8 592 Normal 11.3 26.8 2.1 9.8 2.6 4.4 17.3 0.9 2 119 Gros ou obèse 4.6 20.2 2.5 7.3 1.8 3.2 12.1 0.9 722 ND 17.4 28.3 1.0 12.4 2.0 7.0 17.7 0.0 76 Milieu de résidence Urbain 6.7 19.0 1.6 9.5 2.8 2.4 11.8 1.1 1 461 Rural 13.0 31.3 2.7 10.5 2.3 5.8 21.3 0.7 2 301 Région Dakar 6.7 18.0 0.0 7.8 3.4 1.0 9.2 1.3 775 Ziguinchor 7.9 21.3 2.2 4.1 2.0 4.9 10.7 0.9 124 Diourbel 11.6 29.6 2.2 9.4 2.1 3.4 19.1 0.0 404 Saint-Louis 7.0 22.8 4.4 17.6 0.7 4.8 25.2 0.9 225 Tambacounda 11.6 26.2 2.8 12.3 1.8 6.0 22.1 0.0 189 Kaolack 9.4 29.0 2.1 7.3 2.4 4.8 17.8 1.3 361 Thiès 9.3 23.5 5.5 14.3 2.8 4.6 15.4 1.4 440 Louga 9.9 26.8 3.9 15.6 1.9 8.3 23.3 0.7 236 Fatick 6.5 21.6 2.1 7.5 1.9 2.5 11.4 0.6 268 Kolda 18.1 43.5 1.2 6.6 1.8 6.8 25.6 0.9 236 Matam 13.0 26.1 3.9 17.3 2.1 8.1 24.8 0.6 128 Kaffrine 21.0 37.6 1.6 9.8 3.7 7.3 24.3 0.3 205 Kédougou 12.0 39.1 0.4 5.4 0.0 6.4 20.7 0.0 30 Sédhiou 21.3 41.0 0.8 6.9 4.0 7.8 26.8 0.2 143 Niveau d’instruction de la mère7 Aucun 12.6 29.7 2.7 10.4 2.7 5.4 20.5 0.8 2 478 Primaire 6.6 22.4 1.9 9.7 1.9 3.1 12.1 0.4 745 Secondaire ou plus 3.6 12.2 0.4 9.2 2.7 0.6 7.3 2.7 297 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 15,0 35,4 2,6 9,5 2,5 6,6 23,6 0,5 850 Second 12,9 33,3 3,0 11,5 1,9 6,0 22,3 0,8 828 Moyen 9,8 23,7 1,9 9,3 2,4 3,4 16,1 0,8 752 Quatrième 8,2 22,6 2,3 8,9 3,3 3,5 13,5 0,8 717 Le plus riche 5,1 13,3 1,2 11,6 2,4 1,7 9,9 1,4 614 Ensemble 10,6 26,5 2,3 10,1 2,5 4,5 17,7 0,8 3 761 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l'interview. Chaque indice est exprimé en terme de nombre d'unîtes d'écart type (ET) par rapport a la médiane des Normes OMS de la croissance de l’enfant, adoptées en 2006. Le tableau est basé sur les enfants dont les dates de naissance (mois et année) et les mesures du poids et de la taille sont valables. Les indices de ce tableau ne sont pas comparables à ceux utilisés précédemment basés sur les références internationales NCHS/CDC/OMS. Le tableau est basé sur les enfants dont les dates de naissance (mois et année) et les mesures du poids et de la taille sont valables. 1 La taille des enfants de moins de 2 ans et moins de 85 cm est mesurée en position couchée et celle de tous les autres enfants est mesurée debout 2 Y compris les enfants qui se situent à moins de -3 ET de la médiane de la population de référence. 3 Non compris les enfants dont la mère n’a pas été enquêtée 4 Les premières naissances multiples (jumeaux ou triplets) sont considérées comme des premières naissances car elles n’ont pas d’intervalle intergénésique précédent 5 Y compris les enfants dont les mères sont décédées 6 Non compris les enfants dont la mère n’a pas été pesée et mesurée. L'état nutritionnel de la mère, évalue au moyen de l'IMC (Indice de Masse Corporelle), est présenté au Tableau 11.10 7 Pour les femmes qui n'ont pas été enquêtées, les informations proviennent du questionnaire ménage. Non compris les enfants dont la mère n'est pas listée dans le ménage. 190 • Allaitement et État Nutritionnel Selon le milieu de résidence, les niveaux de retard de croissance présentent de fortes variations. Presque un enfant sur trois du milieu rural (31 %) est affecté par le retard de croissance contre 19 % en milieu urbain. Selon la région, la prévalence du retard de croissance est « très élevée » dans les régions de Kolda (44 %) et de Sédhiou (41 %), elle est « élevée » dans les régions de Kaffrine (38 %) et de Kédougou (39 %), tandis que la situation peut être caractérisée de « précaire » dans toutes les autres régions sauf celle de Dakar (18 %) où elle est satisfaisante (graphique 11.4). Le niveau d'instruction de la mère est la variable en fonction de laquelle l'état nutritionnel des enfants présente les variations les plus fortes : les enfants dont la mère n'a aucune instruction (30 %) sont plus affectés par le retard de croissance que ceux dont la mère a le niveau primaire (22 %) et presque trois fois plus affectés que ceux de mères de niveau d’instruction secondaire ou plus (12 %). Il en est de même pour le retard de croissance sévère qui est de 13 % pour les enfants dont la mère n'a aucune instruction, contre 7 % pour les enfants dont la mère a un niveau Graphique 11.4 Prévalence du retard de croissance (enfants de moins de 5 ans) EDS-MICS 2010-11 27 19 31 18 21 30 23 26 29 24 27 22 43 26 38 39 41 30 22 12 SÉNÉGAL MILIEU DE RÉSIDENCE Urbain Rural RÉGION Dakar Ziguinchor Diourbel Saint-Louis Tambacounda Kaolack Thiès Louga Fatick Kolda Matam Kaffrine Kédougou Sédhiou NIVEAU D'INSTRUCTION Aucun Primaire Secondaire ou plus 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 Pourcentage Graphique 11.3 État nutritionel des enfants de moins de 5 ans EDS-MICS 2010-11 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 Âge en mois 0 10 20 30 40 50 Prévalence (Pourcentage) Retard de croissance Insuffisance pondérale Émaciation Note : Moyenne mobile sur 5 mois Allaitement et État Nutritionnel • 191 d’instruction primaire et 4 % pour les enfants dont la mère a un niveau d’instruction au moins secondaire. La prévalence du retard de croissance baisse régulièrement de 35 % dans le quintile le plus pauvre à 13 % dans le plus riche. Cette situation n’est pas nouvelle puisqu’une étude économétrique utilisant toute l’information disponible sur les indices de l’état nutritionnel (retard de croissance et insuffisance pondérale) a montré que l’indice de richesse qui est l’estimateur du niveau de vie, explique relativement mieux l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans au Sénégal (Badji, 2006). Sur la base des résultats des Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS) utilisant les nouvelles normes de l’OMS, la situation du retard de croissance global du Sénégal est meilleure que celle des pays de l’Afrique de l’Ouest comme le Ghana 2008 (28 %), la Sierra Léone (36 %), le Mali (38 %), la Guinée (39 %), le Libéria (39 %), le Nigeria (41 %), le Bénin (43 %), le Burkina Faso (43 %) et le Niger (55 %)1. Émaciation ou maigreur Au tableau 11.13 figurent également les résultats concernant les proportions d'enfants atteints de maigreur, évaluées par l'indice poids-pour-taille. Cet indice peut être fortement influencé par la saison pendant laquelle s'est effectuée la collecte des données. En effet, la plupart des facteurs susceptibles de causer un déséquilibre entre le poids et la taille de l'enfant, qu’il s’agisse des maladies (rougeole, diarrhée, paludisme, etc.) ou des périodes de déficits alimentaires (sécheresse, périodes de soudure), sont très sensibles à la saison. Les enfants dont le poids-pour- taille se situe en dessous de moins deux écarts-types de la médiane de la population de référence, sont considérés comme étant atteints de maigreur ou émaciation, ceux se situant en dessous de moins trois écarts-type sont considérés comme souffrant de forme sévère de maigreur (OMS et UNICEF 2009). L’émaciation reflète une malnutrition aigüe. Dans l’ensemble, la malnutrition aigüe globale (MAG) est caractérisée d’élevée : un enfant sur dix (10 %) est atteint de maigreur sous forme modérée ou sévère. Du point de vue de l'âge, ce sont les enfants de moins de 8 mois qui en souffrent le plus fréquemment (plus de 14 %). La prévalence baisse et la situation devient précaire entre 18 et 47 mois (8 %) et augmente à nouveau pour les enfants de 48-59 mois (11 %), (graphique 11.3). La malnutrition aigüe globale ne varie pas avec le sexe. Elle est élevée lorsque l’intervalle entre les naissances est inférieur à 24 mois ou supérieur à 48 mois. Elle est également plus élevée lorsque que la mère est malnutrie (15 %). Ceci laisse supposer que la MAG observée chez les enfants de moins 8 mois pourrait débuter depuis la vie utérine. Le milieu de résidence a peu de lien avec la MAG (11 % en milieu rural et 10 % en milieu urbain). La MAG varie fortement en fonction des régions. Elle est très élevée dans les régions de Saint – Louis (18 %), de Matam (17 %) et de Louga (16 %). Elle est élevée à Thiès (14 %) et à Tambacounda (12 %). La situation est précaire dans toutes les autres régions, sauf Ziguinchor où elle est satisfaisante (4 %). La MAG est également plus élevée lorsque la mère est sans instruction. La MAG n’est pas liée au niveau de bien-être car les valeurs les plus élevées sont observées dans le deuxième et le cinquième quintiles. Surpoids et obésité L’indice poids-pour-taille supérieur à + 2 z-score et inférieur ou égale à + 3 z-score définit le surpoids. L’obésité est déterminée par un indice poids pour taille supérieur à +3 z-scores. Le surpoids et l’obésité, conséquences de la suralimentation, correspondent à une accumulation excessive de graisse présentant un risque pour la santé. La suralimentation a été observée au niveau des enfants de moins de cinq ans (tableau 11.13), notamment au niveau des nourrissons. La prévalence de la suralimentation est plus élevée au niveau des nourrissons de moins de six mois (9 %). Elle baisse très rapidement avec l’âge : elle est de 5 % pour les 9-11 mois, 3 % pour les 12-17 mois et enfin de 1 % en moyenne pour les enfants de plus de 17 mois. La suralimentation n’est pas liée au sexe et à 1 Kothari, Monica and Noureddine Abderrahim. 2010. Nutrition Update 2010. Calverton, Maryland, USA: ICF Macro, p.7. 192 • Allaitement et État Nutritionnel l’intervalle intergénésique. Si la mère ne vit pas dans le ménage, la prévalence de la suralimentation baisse (1 % contre 3 % lorsque la mère vit dans le ménage). Cette prévalence est également légèrement plus élevée chez les enfants de mères malnutries (3 % contre 2 % lorsque la mère accuse un surpoids ou est obèse) et dans les régions de Sédhiou (4 %), de Kaffrine (4 %) et Dakar (3 %). Le niveau d’instruction de la mère et le niveau de bien-être ne semblent pas avoir un impact sur la prévalence de la suralimentation. Insuffisance pondérale Le tableau 11.13 présente également l'état nutritionnel des enfants mesuré au moyen de l'indice poids-pour- âge. Il s’agit d’un indice combiné, un faible poids-pour-âge pouvant être provoqué par la maigreur comme par le retard de croissance. Il traduit une insuffisance pondérale. Cet indice est celui qui est le plus souvent utilisé par les services de santé pour suivre les progrès nutritionnels et la croissance des enfants. Comme le poids-pour-taille, cet indice est sensible aux variations saisonnières. Les enfants dont le poids pour-âge se situe en dessous de moins deux écarts-types de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant d'insuffisance pondérale ; ceux se situant en dessous de moins trois écarts-types sont considérés comme souffrant d'insuffisance pondérale sévère. L’insuffisance pondérale est un indicateur composite qui reflète en même temps une malnutrition chronique et une malnutrition aigüe. Près d’un enfant sur six (18 % contre 17 % en 2005) souffrent d'insuffisance pondérale et 5 % d'insuffisance pondérale sévère (contre 3 % dans l’EDS-IV de 2005). Dans l’ensemble, l’ampleur du problème nutritionnel est moyenne selon ce critère. Cependant, on constate des disparités importantes du niveau de la prévalence en fonction des caractéristiques sociodémographiques. Les variations selon l'âge montrent que l’insuffisance pondérale est élevée chez les enfants de plus de onze mois (graphique 11.3). Cette forme de malnutrition survient très tôt (8 % à moins de six mois) et augmente rapidement pour toucher plus d’un enfant de 6-8 mois sur sept (15 %) et plus d’un enfant de 18-23 mois sur cinq (23 %). Elle est légèrement plus élevée chez les garçons (19 %) que chez les filles (17 %). Les enfants dont l’intervalle intergénésique est inférieur à 24 mois présentent plus fréquemment que les autres une insuffisance pondérale (22 % contre 17 % quand l’intervalle est supérieur à 48 mois). L’insuffisance pondérale est plus élevée pour les enfants issus de mères malnutries (25 % contre 17 % lorsque l’état nutritionnel de la mère est normal). En milieu rural, 21 % des enfants sont atteints de cette forme de malnutrition contre 12 % en milieu urbain. La prévalence de l’insuffisance pondérale est élevée dans les régions de Sédhiou (27 %), Kolda (26 %), Saint-Louis (25 %), Matam (25 %), Kaffrine (24 %), Louga (23 %), Tambacounda (22 %) et Kédougou (21 %) ; dans ces régions plus d’un enfant sur cinq en sont atteints. Dakar est la région où la prévalence de cette forme de malnutrition est la plus faible (9 %). Comme pour le retard de croissance, le niveau d’instruction de la mère est l’une des variables les plus discriminantes : 7 % des enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus, présentent une insuffisance pondérale contre 12 % pour ceux dont la mère a un niveau d’instruction primaire et 21 % pour ceux dont la mère n’a aucune instruction graphique 11.5). Enfin, dans les ménages les plus riches, 10 % des enfants présentent une insuffisance pondérale ; dans les ménages les plus pauvres, cette prévalence est de 24 %. En comparant les résultats de l’EDS-MICS 2010-11 utilisant les nouvelles normes de l’OMS à ceux des EDS des pays de la sous-région, on constate que la situation de l’Insuffisance pondérale globale du Sénégal (18%) est moins bonne que celle du Ghana 2008 (14 %) ; par contre elle est meilleure à celles des autres pays comme le Liberia 2007 (19 %), la Sierra Léone 2008 (21 %), la Guinée (22 %), le Nigeria 2008 (23 %), le Mali 2006 (27 %), le Burkina Faso (33 %) et le Niger 2006 (39 %)2. 2 Ibid., p.7. Allaitement et État Nutritionnel • 193 Tendances de la malnutrition Les nouvelles normes OMS ont été introduites à partir de 2006. Le changement de référence rend difficile, dans le principe, l’analyse tendancielle de la malnutrition au Sénégal entre 1992 et 2010. L’OMS recommande de recalculer les indices des études antérieures sur la base des nouvelles normes. Les études comparatives entre les normes NCHS et les normes OMS indiquent que le passage des scores Z poids-pour-taille des données de référence NCHS aux normes de l’OMS utilisant les mêmes seuils a peu d’effet sur le taux global de prévalence de la malnutrition aigüe ou sur la malnutrition aigüe modérée mais entraîne une augmentation notable de la malnutrition aigüe sévère. La prévalence de l’émaciation diffère surtout pour les nourrissons de moins 12 mois (Myatt et Duffield 2007 ; Groupe de nutrition 2009). En ce qui concerne l’insuffisance pondérale, la prévalence est trois fois plus élevée chez les enfants de moins de six mois si on utilise les normes OMS. Après cette période, la situation est inversée. Au total, pour les enfants de moins de 5 ans, la prévalence de l’insuffisance pondérale à partir des normes OMS est de 6 % plus faible que celle déterminée à partir de la référence NCHS. Le retard de croissance calculé à partir des normes OMS est élevé dans toutes les classes d’âge des enfants de moins de 5 ans. Sur l’ensemble des enfants de moins de 5 ans, le passage des normes NCHS à celles de l’OMS, augmente de 10 % la prévalence du retard de croissance (de Onis et al 2006). Le retard de croissance a augmenté entre 2005 et 2010. Elle est passée de 30 % en 1992 à 19 % en 2005 et à 27 % en 2010. L’insuffisance pondérale et l’émaciation ont également augmenté entre 2005 et 2010. La prévalence de l’insuffisance pondérale qui était de 18 % en 1992 et de 14 % en 2005, est de 18 % en 2010. Pour ce qui est de la maigreur, elle est passée de 9 % en 1992, à 9 % en 2005 et à 10 % en 2010. Au demeurant, les différences observées surtout au niveau du retard de croissance entre 2005 et 2010 peuvent être expliquées en partie par le passage aux normes OMS. 11.4.2 État nutritionnel des femmes L’état nutritionnel des femmes de 15-49 ans est un des déterminants de la mortalité maternelle, du bon déroulement des grossesses ainsi que de leur issue. Il influe aussi sur la morbidité et la mortalité des jeunes enfants. L’état nutritionnel des mères est conditionné à la fois, par la balance énergétique, leur état de santé et le temps écoulé depuis la dernière naissance. Il existe donc une relation étroite entre les niveaux de fécondité et de morbidité, et l’état Graphique 11.5 Prévalence de l’insuffisance pondérale (enfants de moins de 5 ans) EDS-MICS 2010-11 18 12 21 9 11 19 25 22 18 15 23 11 26 25 24 21 27 21 12 7 SÉNÉGAL MILIEU DE RÉSIDENCE Urbain Rural RÉGION Dakar Ziguinchor Diourbel Saint-Louis Tambacounda Kaolack Thiès Louga Fatick Kolda Matam Kaffrine Kédougou Sédhiou NIVEAU D'INSTRUCTION Aucun Primaire Secondaire ou plus 0 5 10 15 20 25 30 35 Pourcentage 194 • Allaitement et État Nutritionnel nutritionnel des mères. Pour ces raisons, l’évaluation de l’état nutritionnel des femmes en âge de procréer est particulièrement utile puisqu’elle permet d’affiner l’identification des groupes à haut risque. Bien que la taille puisse varier dans les populations à cause de facteurs génétiques, elle est néanmoins un indicateur indirect du statut socioéconomique de la mère dans la mesure où une petite taille peut résulter d’une malnutrition chronique durant l’enfance. En outre, d’un point de vue anatomique, la taille des mères étant associée à la largeur du bassin, les femmes de petites tailles sont plus susceptibles d’avoir des complications pendant la grossesse et surtout pendant l’accouchement. Elles sont aussi plus susceptibles que les autres de concevoir des enfants de faible poids. La taille critique en deçà de laquelle une femme peut être considérée à risque varie selon les populations, mais il est admis généralement que cette taille se situe entre 140 et 150 centimètres. Sur la base des résultats du tableau 11.14, moins de 1 % des femmes ont une taille inférieure à 145 centimètres, considérée ici comme la taille limite critique. Les proportions de femmes dont la taille est en deçà de la limite critique varient assez peu en fonction des régions. Elle est inférieure à 1 % dans toutes les régions. Le faible poids d’une femme avant une grossesse est un facteur de risque important pour le déroulement et l’issue de la grossesse. Cependant, le poids étant très variable selon la taille, il est préférable d’utiliser un indicateur tenant compte de cette relation. L’Indice de Masse Corporelle (IMC) ou encore Indice de Quételet, est le plus souvent utilisé pour exprimer la relation « poids (en kilos) sur le carré de la taille en mètres (kg/m2) ». Il permet de mettre en évidence le manque ou l’excès de poids en contrôlant la taille et, en outre, il présente l’avantage de ne pas nécessiter l’utilisation de tables de référence comme c’est le cas pour le poids-pour-taille. Les femmes dont l’IMC se situe à moins de 18,5 sont considérées comme atteintes de déficience énergétique chronique. À l’opposé, un IMC supérieur à 25 indique un surpoids. Au Sénégal, l’IMC se situe en moyenne à 22 kg/m2. L’IMC moyen augmente avec l’âge (20 pour les 15-19 ans et 25 pour les 40 ans et plus). Il est plus élevé en milieu urbain (23) qu’en milieu rural (21). La variation selon la région est peu importante (de 21 dans la région de Thiès à 23 dans (la région de Dakar). Il ne varie pas en fonction du niveau d’instruction de la femme mais augmente légèrement avec le niveau de bien-être du ménage. Une proportion relativement importante de femmes (22 %) se situe en deçà du seuil critique de 18,5 d’IMC correspondant à la déficience énergétique chronique. À l’opposé, 21 % de femmes ont un indice élevé (25 ou plus) et entrent dans la catégorie des surpoids. La proportion de femmes qui se situent en deçà du seuil critique de 18,5 varie de façon importante selon les caractéristiques sociodémographiques (tableau 10.14). C’est parmi les femmes les plus jeunes (15-19 ans) que le niveau de la déficience énergétique chronique est le plus élevé (35 %). Cette proportion baisse régulièrement avec l’âge : parmi les femmes de 20-29 ans, cette proportion est de 25 % contre 9 % parmi celles de 40 ans et plus. La prévalence de la déficience énergétique chronique est plus élevée en milieu rural (26 %) qu’en milieu urbain (18 %). Selon la région, le niveau de déficience énergétique varie d’un minimum de 11 % dans la région de Ziguinchor à un maximum de 39 % dans la région de Louga. Par contre, il ne présente pas de lien évident avec le niveau d’instruction de la femme et le niveau de bien-être du ménage. Cependant la prévalence chez les ménages les plus pauvres (26 %) est plus élevée que celle observée chez les ménages les plus riches (16 %). Le surpoids et l’obésité (IMC≥25) touche 21 % des femmes en âge de procréer. La prévalence du surpoids augmente avec l’âge (7 % pour les 15-19 ans à 41 % pour les 40 ans et plus). La proportion de femmes en surpoids ou obèses est deux fois plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (29 % contre 14 %). Elle varie également avec le niveau de bien-être du ménage (13 % pour les ménages les plus pauvres contre 31 % pour les ménages les plus riches). Moins d’une femme sur cinq sont en surpoids ou obèses dans toutes les régions sauf Dakar (33 %), Ziguinchor (26 %), Saint-Louis et Thiès (21 %). Dans les régions de Kédougou et Kaffrine, c’est une femme sur dix qui est concernée. L’obésité touche 6 % des femmes et concerne surtout les femmes de plus 40 ans. La prévalence de l’obésité est trois fois plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (9 % contre 3 %). Elle varie également du simple au triple des ménages les plus pauvres (13 %) aux ménages les plus riches (31 %). Allaitement et État Nutritionnel • 195 Tableau 11.14 État nutritionnel des femmes Parmi les femmes de 15-49 ans, pourcentage dont la taille est inférieure à 145 cm, Index de Masse Corporelle (IMC) moyen et pourcentages ayant des niveaux particuliers d'IMC selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Taille Indice de Masse Corporelle1 Pourcentage en dessous de 145 cm Effectif Moyenne de l'IMC 18.5- 24.9 (normal) <18.5 (maigre) 17.0-18.4 (Maigreur légère) <17 (maigreur sévère) ≥25.0 (Gros ou obèse) 25.0- 29.9 (Gros) >=30.0 (Obèse) Effectif de femmes Age 15-19 0,5 1 301 20,0 58,4 34,5 18,7 15,8 7,1 6,6 0,5 1 230 20-29 0,2 2 144 21,3 59,2 24,6 16,2 8,4 16,2 12,5 3,7 1 858 30-39 0,1 1 419 23,1 55,6 14,6 9,8 4,8 29,8 21,0 8,8 1 227 40-49 0,1 914 24,6 50,2 9,2 5,9 3,3 40,6 26,9 13,7 872 Milieu de résidence Urbain 0,2 2 840 22,8 52,9 18,3 11,3 6,9 28,9 20,3 8,6 2 610 Rural 0,3 2 937 21,1 60,5 25,8 15,8 10,0 13,7 10,7 3,0 2 577 Région Dakar 0,0 1 498 23,3 50,3 16,5 10,8 5,8 33,2 24,0 9,2 1 366 Ziguinchor 0,6 228 22,8 62,6 11,4 6,4 5,0 26,0 17,7 8,3 209 Diourbel 0,2 661 20,8 56,8 29,4 16,0 13,5 13,8 11,2 2,6 609 Saint-Louis 0,2 349 22,0 58,5 20,6 12,1 8,5 20,9 12,8 8,1 309 Tambacounda 0,2 251 21,7 55,5 25,4 16,0 9,4 19,1 13,2 6,0 213 Kaolack 0,4 453 21,6 65,9 18,6 12,6 6,0 15,5 12,2 3,2 407 Thiès 0,0 767 22,1 58,5 20,9 12,4 8,4 20,6 15,3 5,3 698 Louga 0,6 407 20,5 47,7 39,3 20,8 18,5 13,0 9,5 3,6 373 Fatick 0,0 284 22,0 65,4 16,1 12,0 4,1 18,5 13,6 4,9 247 Kolda 0,9 241 21,3 56,9 25,9 18,3 7,5 17,2 12,7 4,5 202 Matam 0,3 217 21,4 57,8 27,0 16,6 10,5 15,2 10,0 5,2 192 Kaffrine 0,3 223 21,1 63,2 24,2 17,4 6,8 12,6 9,6 3,0 191 Kédougou 0,4 40 21,1 71,0 19,1 13,1 6,0 9,9 9,0 0,8 36 Sédhiou 0,9 159 21,4 65,7 21,3 15,6 5,7 13,0 9,0 4,0 135 Niveau d’instruction de la mère Aucun 0,3 3 315 21,9 57,3 22,5 14,4 8,1 20,2 14,6 5,6 2 904 Primaire 0,2 1 255 22,4 54,8 19,6 11,5 8,1 25,6 18,3 7,4 1 124 Secondaire ou plus 0,0 1 208 21,8 57,1 22,9 13,4 9,6 19,9 15,2 4,8 1 160 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,7 942 21,0 61,6 25,8 16,7 9,1 12,5 10,0 2,5 795 Second 0,2 991 21,2 63,1 23,9 15,3 8,5 13,1 9,9 3,2 870 Moyen 0,2 1 173 21,9 58,6 21,8 12,6 9,1 19,6 13,4 6,2 1 066 Quatrième 0,1 1 275 22,1 50,3 24,9 14,9 9,9 24,8 19,0 5,9 1 168 Le plus riche 0,1 1 397 23,1 53,5 15,9 9,9 6,0 30,6 21,3 9,3 1 288 Ensemble 0,2 5 778 22,0 56,7 22,0 13,5 8,4 21,3 15,5 5,8 5 187 Note : L’Indice de Masse Corporelle (IMC) est le rapport entre le poids (en Kilogramme) et le carré de la taille (en Mettre) (kg/m²). 1 Sont exclues les femmes enceintes et les femmes ayant eu un enfant dans les deux derniers mois 11.4.3 État nutritionnel des hommes L’IMC se situe en moyenne à 20 kg/m2 pour les hommes de 15-49 ans et 21 kg/m2 pour les 15-59 ans. L’IMC moyen augmente légèrement avec l’âge (19 pour les 15-19 ans et 22 pour les 40 ans et plus). Il ne varie pas avec le milieu de résidence et avec le niveau de bien-être du ménage. La variation selon la région est peu importante (de 19 dans la région de Louga à 21 dans la région de Ziguinchor). Une proportion relativement importante d’hommes (27 %) se situe en deçà du seuil critique de 18,5 d’IMC, niveau correspondant à la déficience énergétique chronique. À l’opposé, 9 % des hommes ont un indice élevé (25 ou plus) et entrent dans la catégorie des surpoids. La proportion d’hommes atteints de déficience énergétique chronique varie de façon importante selon les caractéristiques sociodémographiques (tableau 11.15). C’est parmi les hommes les plus jeunes (15-19 ans) que le niveau de la déficience énergétique chronique est le plus élevé (51 %). Cette proportion baisse avec l’âge jusqu’à 15 % parmi les hommes de 40-49 ans. La prévalence de la déficience énergétique chronique est plus élevée en milieu rural (31 %) qu’en milieu urbain (26 %). Selon la région, le niveau de déficience énergétique varie d’un minimum de 17 % dans la région de Ziguinchor à un maximum de 41 % dans la région de Diourbel. Par contre, il ne présente pas de variations importantes en fonction du niveau de bien-être du ménage. 196 • Allaitement et État Nutritionnel Le surpoids et l’obésité (IMC≥25) concernent 7 % des hommes de 15-49 ans et 24 % des hommes de 50-59 ans. Sa prévalence augmente avec l’âge (moins de 1 % pour les 15-19 ans à 20 % pour les 40 -49 ans). La proportion d’hommes en surpoids ou obèses est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (9 % contre 5 %). Elle varie également avec le niveau de bien-être du ménage (3 % pour les ménages les plus pauvres contre 11 % pour les ménages les plus riches). Moins d’un homme sur dix est en surpoids ou obèse dans toutes les régions. Dans la région de Kédougou c’est un homme sur quarante qui est concerné (2,5 %). L’obésité touche 1 % des hommes et sa prévalence n’atteint pas 5 % même dans le groupe où elle est la plus élevée. L’IMC moyen des hommes (21 kg/m2) est légèrement plus faible que celui des femmes (22 kg/m2). Cependant la proportion des hommes classés « Normal » selon l’IMC, est plus élevée chez les hommes (65 % contre 57 % pour les femmes). La prévalence du surpoids et de l’obésité (IMC≥25) des hommes (9 %) est presque trois fois moins élevée que celle chez des femmes (21 %). Tableau 11.15 État nutritionnel des hommes Parmi les hommes de 15-49 ans, Index de Masse Corporelle (IMC) moyen et pourcentages ayant des niveaux particuliers d'IMC selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 IMC (kg/m2)1 Caractéristique sociodémographique Moyenne de l'IMC 18.5-24.9 (normal) <18.5 (Maigre) 17.0-18.4 (Maigreur légère) <17 (maigreur sévère) >=25.0 (Gros ou obèse) 25.0-29.9 (Gros) ≥30.0 (Obèse) Effectif des hommes Age 15-19 18,5 48,2 51,4 25,7 25,7 0,4 0,4 0,1 1 068 20-29 20,4 74,8 21,8 14,6 7,2 3,4 2,8 0,6 1 447 30-39 21,2 69,0 18,2 10,1 8,1 12,8 11,8 1,0 884 40-49 22,1 65,6 14,9 9,8 5,1 19,5 15,8 3,7 597 Milieu de résidence Urbain 20,6 65,6 25,8 14,7 11,2 8,6 7,4 1,2 2 257 Rural 20,0 64,3 30,5 17,4 13,1 5,1 4,3 0,8 1 739 Région Dakar 20,8 67,9 23,4 12,2 11,2 8,7 7,7 1,1 1 243 Ziguinchor 21,3 74,7 16,6 11,9 4,7 8,8 6,9 1,9 200 Diourbel 19,4 53,1 40,9 21,2 19,7 6,0 5,1 0,9 287 Saint-Louis 19,9 58,0 36,1 17,5 18,7 5,8 5,4 0,4 224 Tambacounda 20,4 73,7 21,7 12,0 9,6 4,6 3,0 1,6 197 Kaolack 20,1 63,0 30,4 19,3 11,1 6,6 5,4 1,2 283 Thiès 20,4 68,7 24,2 14,6 9,6 7,1 6,4 0,7 533 Louga 19,0 46,5 48,0 27,7 20,3 5,4 5,4 0,0 237 Fatick 20,9 65,9 25,3 13,8 11,5 8,8 6,0 2,8 200 Kolda 20,2 68,0 27,7 20,2 7,5 4,3 3,8 0,5 190 Matam 20,0 57,8 34,4 17,2 17,2 7,7 6,3 1,5 126 Kaffrine 19,7 61,7 34,6 22,1 12,5 3,7 2,9 0,8 133 Kédougou 20,7 79,7 17,8 13,7 4,0 2,5 1,9 0,6 25 Sédhiou 20,7 73,9 19,5 13,4 6,1 6,6 6,2 0,3 116 Niveau d’éducation Aucun 20,5 65,6 26,5 15,4 11,1 7,9 6,9 1,0 1 435 Primaire 20,4 65,1 28,4 15,3 13,1 6,6 5,7 0,9 1 166 Secondaire ou plus 20,2 64,4 28,9 16,8 12,1 6,7 5,6 1,1 1 395 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 19,8 65,5 31,5 18,1 13,4 3,1 2,4 0,7 588 Second 20,2 66,5 28,3 16,7 11,5 5,3 4,1 1,2 617 Moyen 20,2 65,3 28,1 16,7 11,4 6,6 5,9 0,6 829 Quatrième 20,3 64,3 29,3 16,0 13,3 6,4 5,4 1,1 896 Le plus riche 20,8 64,3 24,3 13,3 11,0 11,3 10,0 1,3 1 066 Ensemble 15-49 20,3 65,0 27,9 15,9 12,0 7,1 6,1 1,0 3 996 Hommes 50-59 22,4 59,3 16,7 11,2 5,5 24,1 19,3 4,7 473 Ensemble 15-59 20,6 64,4 26,7 15,4 11,3 8,9 7,5 1,4 4 469 Note : L’Indice de Masse Corporelle (IMC) et le rapport entre le poids(en Kilogramme) et le carré de la taille (en Mettre) (kg/m²). Paludisme • 197 PALUDISME 12 Pr Oumar GAYE1, Dr Mohamed NDIAYE1, Dr Roger TINE1, Dr Jean Louis NDIAYE1 et Dr Mohamed AYAD2 e paludisme est dû à un parasite, le plasmodium, transmis par des moustiques qui en sont porteurs. Les populations les plus vulnérables au paludisme sont les enfants de moins de cinq ans ainsi que les femmes enceintes. C’est en Afrique que le fardeau du paludisme demeure le plus important. Cependant, dans son rapport 2010 sur le paludisme dans le monde, l’OMS a montré que dans 11 pays d’Afrique, le nombre de cas confirmés de paludisme, d’hospitalisation et de décès dus à cette maladie a diminué de plus de 50 % au cours de la décennie écoulée. Ces résultats positifs sont la conséquence d’une action soutenue pour éliminer les décès dus au paludisme d’ici 2015. Ces progrès importants ont été accomplis grâce à la distribution massive de moustiquaires imprégnées d’insecticide, au développement des programmes de pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide à effet rémanent et à une plus grande utilisation des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA). Au Sénégal, le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) a inscrit dans sa planification stratégique la promotion de l’utilisation des Moustiquaires Imprégnées d’Insecticide (MII) comme un axe d’intervention majeure pour la réduction de la morbidité et de la mortalité liées au paludisme. Ce choix s’aligne sur les recommandations édictées par l’OMS et se justifie par la réduction prouvée de l’ordre de 20 % de la mortalité infantile grâce à l’utilisation élevée de la moustiquaire imprégnée par les communautés. Ainsi, le PNLP s’est fixé pour objectif d’atteindre un taux d’utilisation de MII de 80 % en 2010. Afin de réaliser cet objectif, le PNLP et ses partenaires ont mis en œuvre des activités d’approvisionnement et de distribution de Moustiquaires Imprégnées à Longue Durée d’Action (MILDA). Cette distribution est effectuée au cours d’activités de routine par le biais des structures sanitaires et des organisateurs de base (vente subventionnée), mais aussi à travers des campagnes de distribution gratuite. Le Sénégal a également adopté en 2003 une politique thérapeutique de traitement du paludisme. Cette thérapie consiste à prescrire, dans les structures sanitaires, d'une combinaison thérapeutique à base d'artémisinine (CTA). Pour le traitement du paludisme simple, les nouveaux protocoles de traitement par les CTA sont appliqués par les prestataires de service dans toutes les structures sanitaires. Pendant la période avant l’arrivée des premières CTA, la politique prescrit la combinaison de sulfadoxine-pyriméthamine (SP ou fansidar) et amodiaquine. Dès le premier semestre de 2006 et l’arrivée de l’artésunate—amodiaquine les nouveaux protocoles ont été en vigueur. Pour ce qui est de la quinine, elle n’est indiquée que pour les cas de paludisme grave tant chez l’enfant, que chez l’adulte et chez la femme enceinte. Les tests de diagnostic rapide (TDR) qui ont fait l'objet d'étude de faisabilité et d'acceptabilité au niveau opérationnel en 2006 ont démontré leur caractère indispensable pour une bonne prise en charge des cas et une meilleure appréciation de la morbidité palustre dans le pays. C'est pourquoi, le PNLP a procédé dans le troisième trimestre de 2007 à la mise à l'échelle de cet outil de diagnostic dans les structures de santé en procédant d'abord à la formation des prestataires et ensuite à la dotation gratuite des TDR. La mise à l’échelle du TDR a été accompagnée par l’introduction d’un ordinogramme pour le diagnostic et la prise en charge des cas de paludisme simple. Cet ordinogramme exige les TDR pour les personnes, tout âge confondu, manifestant une fièvre après élimination de toute autre cause de fièvre et le traitement seulement en cas des résultats positifs. 1 Département de Parasitologie, Faculté de Médecine, Université Cheikh Anta Diop, Dakar. Pr O. Gaye, Dr M. Ndiaye, Dr R. Tine et Dr J. L. Ndiaye ont rédigé la section 12.5 relative à la parasitémie palustre. 2 ICF international. Dr M. Ayad a rédigé les sections 12.1 à 12.4. Nous tenons à remercier Debbie Gueye et Dr Julie Thwing, PMI, Dakar, Sénégal, d’avoir accepté de lire le chapitre sur le paludisme et pour leurs observations pertinentes. L 198 • Paludisme Les informations collectées au cours de l’EDS-MICS 2010-11 permettent d’évaluer les interventions qui ont été menées au Sénégal dans le cadre de la lutte contre le paludisme, de mettre en lumière les progrès et les efforts à accomplir pour renforcer le système de prévention. 12.1 MOUSTIQUAIRES ET PULVÉRISATION INTRA-DOMICILIAIRE La prévention du paludisme repose sur deux types de mesure : un ensemble de précautions visant à limiter les risques d’infections et la prise préventive de certains médicaments. La moustiquaire imprégnée d’insecticide et l’aspersion ou la pulvérisation intra-domiciliaire (PID) d’insecticide comptent parmi les moyens de prévention les plus efficaces. L’approche stratégique choisie par le PNLP est celle de l’accès universel aux MILDA afin de garantir un meilleur taux de couverture et d’utilisation des MILDA, en particulier par les populations les plus vulnérables. La pulvérisation intra-domiciliaire constitue aussi une des composantes essentielles de la stratégie de lutte contre le paludisme au Sénégal. 12.1.1 Possession de moustiquaires Les données collectées au cours de l’EDS-MICS 2010-11 ont permis d’évaluer les proportions de ménages disposant de moustiquaires, traitées ou non, de ceux disposant de MII et de ceux disposant d’une MILDA. Une MILDA est une moustiquaire qui a été imprégnée d’insecticide industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire. Une MII est soit une MILDA, soit une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, soit une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. Le tableau 12.1.1 présente le pourcentage de ménages disposant d’au moins une moustiquaire quelconque, ceux ayant plus d’une moustiquaire et le nombre moyen de moustiquaires par ménage. Les mêmes informations sont fournies pour la possession des MII, ainsi que les MILDA. Ainsi, plus de sept ménages sur dix (72 % contre 68 % dans l’ENPS-II de 2008-2009), possèdent au moins une moustiquaire. La plupart des moustiquaires sont imprégnées : 63 % des ménages possèdent une moustiquaire de type MII, et 58 % possèdent une MILDA. La proportion de ménages disposant d’au moins une moustiquaire imprégnée de type MII est plus élevée en milieu rural (73 %) qu’en milieu urbain (52 %). Les variations inter régionales sont également fortes, ce qui s’explique par la mise en œuvre de la stratégie de couverture universelle en MILDA par le Programme National de Lutte Contre le Paludisme. Avant le passage des enquêteurs les régions de Kolda, Sédhiou, Kédougou, et Tambacounda ont bénéficié de la distribution de masse ciblant chaque espace de couchage. Les proportions les plus faibles sont observées à Dakar (37 %). Viennent ensuite, Thiès (53 %), Louga (61 %), et Diourbel (65 %). Les proportions les plus élevées sont observées dans les régions de Kolda (95 %), Sédhiou et Kédougou (94 % chacune), et Kaolack (88 %). On observe généralement des variations similaires pour les moustiquaires imprégnées de type MILDA. En moyenne, un ménage dispose de 2,3 moustiquaires de n’importe quel type (contre 2,0 moustiquaires dans l’ENPS-II de 2008-2009). En ce qui concerne les moustiquaires MII, la moyenne est de 1,9. En outre, 43 % des ménages possèdent plus d’une MILDA, et la moyenne par ménage est de 1,6. Paludisme • 199 Tableau 12.1.1 Possession de moustiquaires par les ménages Pourcentage de ménages qui possèdent au moins une moustiquaire et pourcentage de ceux qui en possèdent plus d'une (imprégnée ou non); pourcentage qui possède une moustiquaire pré imprégnée d'insecticide (MII) ; pourcentage qui possède une moustiquaire imprégnée à longue durée d'action (MILDA) et nombre moyen de moustiquaires par ménage, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 N'importe quel type de moustiquaire Moustiquaire Pré imprégnée d'Insecticide (MII)1 Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide à Longue Durée d'Action (MILDA) Caractéristique sociodémographique Pourcentage en ayant au moins une Pourcentage en ayant plus d'une Nombre moyen de moustiquaires par ménage Pourcentage en ayant au moins une Pourcentage en ayant plus d'une Nombre moyen de MII par ménage Pourcentage en ayant au moins une Pourcentage en ayant plus d'une Nombre moyen de MILDA par ménage Effectif de ménages Milieu de résidence Urbain 60,2 44,4 1,7 52,2 36,7 1,4 47,1 32,1 1,2 3,864 Rural 83,8 72,9 2,9 73,2 60,0 2,4 67,5 53,7 2,1 4,038 Région Dakar 46,6 28,9 1,0 37,0 21,7 0,8 32,2 19,1 0,7 2,112 Ziguinchor 86,7 71,2 2,9 79,5 63,9 2,5 77,4 61,6 2,4 343 Diourbel 85,6 73,0 2,9 65,1 50,4 1,9 63,2 48,7 1,8 810 Saint-Louis 91,2 79,8 3,1 79,3 63,4 2,2 67,9 51,6 1,8 558 Tambacounda 82,5 69,4 2,8 79,3 65,3 2,6 76,7 62,0 2,5 373 Kaolack 90,8 82,4 3,6 87,6 76,1 3,3 72,3 51,4 1,8 514 Thiès 58,4 45,4 1,6 52,8 38,6 1,4 47,8 33,2 1,2 1,017 Louga 78,3 61,6 2,2 61,3 42,8 1,5 50,5 32,1 1,2 496 Fatick 87,6 77,5 3,0 77,5 63,0 2,4 72,1 58,3 2,1 413 Kolda 95,4 88,0 4,0 94,7 86,9 3,9 93,5 86,8 3,9 333 Matam 92,2 81,4 3,3 69,6 51,1 2,0 62,4 44,9 1,7 286 Kaffrine 69,2 57,8 2,2 68,9 57,5 2,2 68,9 57,4 2,2 330 Kédougou 96,0 86,5 3,4 94,2 82,6 3,2 92,3 79,6 3,1 83 Sédhiou 95,2 89,6 4,2 94,4 88,8 4,1 94,1 88,6 4,0 235 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 85,1 72,2 2,8 75,0 60,0 2,4 70,4 55,6 2,1 1,600 Second 84,2 72,4 2,8 75,5 61,5 2,3 68,9 53,4 2,0 1,584 Moyen 77,9 64,9 2,7 69,1 55,4 2,2 62,9 47,9 1,8 1,490 Quatrième 65,8 49,7 2,0 53,8 38,5 1,5 48,4 35,3 1,3 1,574 Le plus riche 49,7 36,8 1,4 42,4 28,8 1,1 37,8 24,6 0,9 1,653 Ensemble 72,3 59,0 2,3 62,9 48,6 1,9 57,5 43,2 1,6 7,902 1 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MILDA) ou (2) une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. On relève des écarts notables selon les quintiles du bien-être économique. Ainsi, la possession des moustiquaires diminue avec l’amélioration du niveau économique des ménages. En effet, les ménages les plus riches sont moins exposés aux moustiques ou peuvent se procurer d’autres moyens de protection tels que les insecticides ou les grillages ou rideaux aux portes et fenêtres. Il y a lieu de noter que le travail sur le terrain de l’EDS-MICS 2010-11 s’est déroulé entre octobre 2010 et avril 2011. Plus de la moitié du travail sur le terrain (55 %) s’est déroulée entre octobre et décembre. Les régions enquêtées durant cette période sont Dakar, Saint-Louis, Louga et Matam, comme le montre le tableau 12.1.2. 200 • Paludisme Tableau 12.1.2 Mois de l’interview Répartition (en %) des ménages par mois de l'interview selon la région, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Région Mois de l'interview Total 2010 2011 Octobre Novembre Décembre Janvier Février Mars Avril Mai Dakar 57,8 29,1 13,0 -000- - - - 0,1 100,0 Ziguinchor - - - - - 9,6 90,4 - 100,0 Diourbel - - 34,9 40,0 13,9 11,3 - - 100,0 Saint-Louis 17,4 71,5 11,1 - - - - - 100,0 Tambacounda - - 23,2 31,3 32,5 10,7 2,3 - 100,0 Kaolack - - 11,7 25,0 24,6 28,6 10,1 - 100,0 Thiès - - 35,7 26,7 23,3 14,3 0,0 - 100,0 Louga 11,2 59,7 26,8 - - - 2,3 - 100,0 Fatick - - 0,0 8,7 38,5 35,5 17,3 - 100,0 Kolda - - 23,2 41,9 34,0 0,8 - - 100,0 Matam 4,4 41,5 54,1 - - - - - 100,0 Kaffrine - - 12,2 33,2 22,6 30,7 1,2 - 100,0 Kédougou - - 14,7 34,3 31,9 19,0 - - 100,0 Sédhiou - - - - 10,2 71,2 18,6 - 100,0 Ensemble 17,5 18,1 19,6 14,6 12,6 11,3 6,3 0,1 100,0 Effectif de ménages 1 383 1 429 1 546 1 155 995 890 501 3 7 902 12.1.2 Pulvérisation intra-domiciliaire (PID) La PID est une stratégie préventive, fortement efficace, qui a fait ses preuves et qui sauve des vies. C’est une technique de lutte anti-vectorielle qui consiste à pulvériser de l’insecticide liquide sur les murs intérieurs des habitations. Son effet est double : • Un effet létal : les anophèles qui se trouvent à l’intérieur de la maison sont tués en quelques instants en se posant sur les murs. • Un effet répulsif : la PID dissuade - cette fois avant la piqûre - les anophèles de rentrer dans une habitation dont les murs sont pulvérisés d’insecticide. Par ailleurs, certains insecticides utilisés pour la PID réduisent fortement la présence d’autres insectes nuisibles comme les cafards et les mouches. Au Sénégal, la pulvérisation intra-domiciliaire est un des axes d’intervention stratégique de lutte contre le paludisme du Programme Nationale de Lutte contre le Paludisme. Néanmoins, vu son coût et sa complexité, il n’est mise en œuvre que dans quelques districts sanitaires dans les régions de Saint Louis, Tambacounda, Kaolack, Kédougou et Kolda. Dans l’ensemble, les résultats du tableau 12.2.1 montrent que moins de 9,4 % des ménages enquêtés ont déclaré que les murs internes de leurs habitations ont été pulvérisés dans les 12 mois précédant l’enquête. Ce pourcentage a plus que triplé par rapport à l’ENPS-I de 2006 (3 %), mais a très peu changé par rapport à l’ENPS-II de 2008-2009 (9,6 %). L’analyse différentielle de la PID selon certaines caractéristiques des ménages permet de constater que les logements du milieu rural sont légèrement plus pulvérisés que ceux du milieu urbain (10 % contre 8 %). Par région, Kolda (39 %) et Kaolack (37 %) viennent en tête, suivies de Tambacounda (21 %), Saint-Louis (17 %) et Kédougou (14 %). Dans les autres régions, les proportions varient entre 6 % à Dakar et moins de 1 % à Louga. Le pourcentage de la PID varie également selon le quintile de bien-être économique (14 % dans le quintile le plus pauvre et moins de 6 % dans le quatrième quintile). Le même tableau montre que la majorité des ménages sénégalais (66 %) ont, au moins, une MII et/ou ont bénéficié d'une PID au cours des 12 derniers mois. Globalement, l’analyse différentielle de cet indicateur selon les caractéristiques des ménages montre des résultats similaires à ceux relatifs à la possession des moustiquaires observés au tableau 12.1.1. Paludisme • 201 Tableau 12.2.1 Pulvérisation intra-domiciliaire d'insecticide résiduel (PID) contre les moustiques Pourcentage de ménages ayant reçu la visite de quelqu'un qui a pulvérisé les murs intérieurs du logement contre les moustiques (PID) au cours des 12 derniers mois et pourcentage de ménages avec, au moins, une MII et/ou ayant bénéficié d'une PID au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de ménages dont les murs intérieurs du logement ont été pulvérisés au cours des 12 derniers mois Pourcentage de ménages avec, au moins, une MII1 et/ou ayant bénéficié d'une PID au cours des 12 derniers mois Effectif de ménages Milieu de résidence Urbain 7,7 55,5 3 864 Rural 11,0 75,2 4 038 Région Dakar 6,0 41,6 2 112 Ziguinchor 3,3 79,8 343 Diourbel 2,1 66,0 810 Saint-Louis 16,5 83,4 558 Tambacounda 21,0 85,8 373 Kaolack 37,4 91,7 514 Thiès 3,3 54,0 1 017 Louga 0,8 61,5 496 Fatick 2,6 77,5 413 Kolda 39,0 98,6 333 Matam 4,1 70,6 286 Kaffrine 5,7 70,8 330 Kédougou 14,0 94,2 83 Sédhiou 1,0 94,4 235 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 13,9 77,6 1 600 Second 11,7 77,4 1 584 Moyen 8,6 71,7 1 490 Quatrième 5,5 55,6 1 574 Le plus riche 7,2 46,5 1 653 Ensemble 9,4 65,6 7 902 PID = Pulvérisation intra domiciliaire d'insecticide résiduel 1 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MILDA) ou (2) une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. En ce qui concerne les 6 districts de santé (projet PMI) suréchantillonnés, le tableau 12.2.2 le pourcentage montre que de la PID atteint 80 % contre 9 % par rapport au niveau national. Les pourcentages observés dans les six districts variant entre 73 % dans le district Guinguinéo de Kaolack et 91 % dans le district de Koumpentoum de la région de Tambacounda. Par rapport aux sources de pulvérisation (tableau non montré), les services du secteur public viennent de loin en tête avec 58 %, suivi des organisations non gouvernementales (ONG) avec 19 %, alors que le secteur privé aurait joué un rôle encore très limité (11 %). 202 • Paludisme Tableau 12.2.2 Pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide résiduel (PID) contre les moustiques Pourcentage de ménages ayant reçu la visite de quelqu'un qui a pulvérisé les murs intérieurs du logement contre les moustiques (PID) au cours des 12 derniers mois et pourcentage de ménages avec, au moins, une MII et/ou ayant bénéficié d'une PID au cours des 12 derniers mois, selon le district sanitaire certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS ,Sénégal 2010-111 District sanitaire Pourcentage de ménages dont les murs intérieurs du logement ont été pulvérisés au cours des 12 derniers mois Pourcentage de ménages avec, au moins, une MII1 et/ou ayant bénéficié d'une PID au cours des 12 derniers mois Effectif de ménages Kaolack 75,2 93,4 842 -GUINGUINEO 73,0 90,1 189 -NIORO 75,8 94,3 654 Kaffrine 78,5 97,5 89 -MALEME HODAR 78,5 97,5 89 Kolda 84,7 99,4 520 -VELINGARA 84,7 99,4 520 Saint-Louis 76,1 97,4 256 -RICHARD TOLL 76,1 97,4 256 Tambacounda 91,3 98,7 205 -KOUMPENTOUM 91,3 98,7 205 Ensemble 79,8 93,1 1 913 PID = Pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide résiduel 1 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MILDA) ou (2) une moustiquaire préimprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 12.1.3 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages Le PNLP s’est fixé pour objectif l’utilisation de MII par 80 % de la population générale. Une attention particulière est toujours accordée aux groupes vulnérables que sont les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Pour évaluer le niveau d’utilisation des moustiquaires par les populations, au cours de l’enquête, on a demandé la liste de toutes les personnes qui avaient dormi sous chaque moustiquaire la nuit ayant précédé le passage de l’enquêteur. Les informations sur l’âge et sur l’état de grossesse pour les femmes, ont permis de déterminer la fréquence de l’utilisation des moustiquaires dans la population générale (tous âges et tous sexes confondus), et parmi les deux groupes vulnérables que sont les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Le tableau 12.3 sur l’utilisation des moustiquaires par la population générale montre que 35 % des membres des ménages enquêtés ont dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit précédant l’enquête (dans l’ENPS-II de 2008-2009, la proportion était de 27 %). Ce niveau d’utilisation est encore faible comparativement à l’objectif fixé pour cet indicateur (80%). Environ 29 % des membres des ménages ont déclaré avoir dormi sous une moustiquaire MII et 25 % sous une moustiquaire de type MILDA (ces proportions étaient respectivement de 23 % et de 22 % dans l’ENPS-II de 2008-2009). Par ailleurs, 36 % des membres ont dormi la nuit précédant l’enquête sous une moustiquaire MII ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés (PID) au cours des 12 derniers mois. Enfin, parmi les ménages disposant de moustiquaires MII, 44 % des membres ont dormi sous ce type de moustiquaire la nuit précédente. Paludisme • 203 Tableau 12.3 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages Pourcentage de la population de fait des ménages qui, la nuit précédant l'enquête, a dormi sous une moustiquaire (imprégnée ou non), sous une moustiquaire pré imprégnée d'insecticide (MII), et sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action (MILDA), ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés (PID) au cours des 12 derniers mois et, parmi la population de fait des ménages avec, au moins, une MII, pourcentage qui a dormi sous une MII la nuit précédant l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Population des ménages Caractéristiques sociodémographiques Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MILDA1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un logement pulvérisé contre les moustiques au cours des 12 derniers mois Effectif Population des ménages avec, au moins, une MII1 Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Effectif Age (en années) <5 41,0 34,5 30,8 41,7 12 395 49,0 8 722 5-14 33,2 27,4 23,9 35,3 20 457 40,1 13 964 15-34 31,7 26,3 22,6 33,6 22 975 40,8 14 774 35-39 37,4 30,8 27,0 37,3 8 233 48,3 5 240 50+ 38,6 30,5 26,7 37,0 9 002 47,8 5 752 NSP/Manquant 14,9 10,3 8,6 22,7 304 29,0 107 Sexe Masculin 32,9 27,0 23,5 34,9 34 580 40,8 22 946 Féminin 37,1 30,6 26,8 37,4 38 785 46,3 25 615 Milieu de résidence Urbain 29,9 25,2 21,9 31,6 32 901 44,5 18 624 Rural 39,4 32,0 28,0 40,0 40 464 43,2 29 937 égion Dakar 17,0 13,7 11,8 20,4 17 028 32,1 7 256 Ziguinchor 44,3 40,2 38,9 42,6 2 781 48,6 2 297 Diourbel 38,6 25,5 24,6 27,6 8 122 39,9 5 179 Saint-Louis 63,4 47,6 39,8 57,0 4 769 58,7 3 861 Tambacounda 37,8 35,2 33,2 51,5 3 772 43,8 3 030 Kaolack 45,0 41,5 24,5 68,0 5 669 47,9 4 910 Thiès 22,3 19,7 16,8 22,7 9 670 38,1 5 003 Louga 30,4 21,9 15,7 22,5 5 113 32,7 3 422 Fatick 32,3 25,6 23,0 27,3 4 023 32,7 3 147 Kolda 57,5 56,3 56,0 76,1 3 429 59,2 3 261 Matam 59,9 36,2 31,3 38,9 2 891 48,2 2 170 Kaffrine 31,8 31,5 31,4 36,9 2 991 45,1 2 086 Kédougou 48,7 46,7 44,2 57,0 622 49,1 591 Sédhiou 61,6 60,3 60,1 60,9 2 484 63,8 2 348 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 40,4 34,5 31,2 44,7 14 615 45,1 11 166 Second 42,2 35,5 30,3 44,3 14 630 46,2 11 247 Moyen 41,3 33,8 29,2 39,5 14 642 46,8 10 556 Quatrième 31,4 24,6 21,9 30,2 14 735 41,7 8 713 Le plus riche 20,4 16,3 13,8 22,7 14 743 35,0 6 879 Ensemble 35,1 28,9 25,3 36,2 73 365 43,7 48 561 PID = Pulvérisation intra domiciliaire d'insecticide résiduel 2 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MILDA) ou (2) une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. Parmi les membres des ménages, les enfants de moins de 5 ans bénéficient d’une attention particulière car ils constituent le groupe qui a le plus souvent dormi sous une moustiquaire, (on y reviendra plus loin). En général, les femmes sont relativement plus nombreuses à avoir dormi sous une moustiquaire. Par exemple, dans les ménages disposant d’au moins une MII, 46 % des femmes (contre 41 % des hommes) ont dormi sous une moustiquaire de ce type. Les différences interrégionales sont assez significatives. Trois régions ont des proportions importantes supérieures à 50 % de la population dormant sous une moustiquaire MII (Sédhiou :64 % ; Kolda : 59 % et Saint-Louis : 59 %). Les régions les moins couvertes sont Dakar (32 %), Louga (33 %), Fatick (33 %) et Thiès (38 %). Pour ce qui est du quintile de bien-être, la proportion la plus élevée des membres de ménages disposant d’au moins une MII ayant dormi sous une moustiquaire est au niveau du quintile moyen (47 %) et la proportion la plus faible se situe chez les populations les plus aisés (35 %). 204 • Paludisme 12.1.4 Utilisation des moustiquaires par les groupes vulnérables Bien que le Ministère de la Santé, de la Prévention et de l’Hygiène Publique se soit fixé comme objectif de protéger la population générale par les MII, il accorde néanmoins une attention spéciale aux femmes enceintes et aux enfants de moins de cinq ans. Ces deux groupes de population vulnérable font l’objet d’un suivi particulier. Utilisation des moustiquaires par les enfants de moins de cinq ans : Le tableau 12.4 présente la proportion d’enfants de moins de cinq ans qui ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête, pour chaque type de moustiquaire et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Il ressort de ce tableau que plus de quatre enfants sur dix (41 %) ont dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit ayant précédé l’enquête. Dans l’ENPS-II, cette proportion était de 33 %, soit une augmentation de 23 %. Environ 35 % des enfants ont dormi sous une moustiquaire MII et 31 % sous une moustiquaire de type MILDA (ces proportions étaient respectivement de 31 % et de 29 % selon l’ENPS-II). En outre, près de 42 % des enfants ont dormi sous une moustiquaire MII ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés au cours des 12 derniers mois. Parmi les enfants vivant dans des ménages disposant, au moins, d’une moustiquaire MII, presque un enfant sur deux (49 %) a dormi sous ce type de moustiquaire la nuit précédant l’enquête. La proportion d’enfants ayant dormi sous une MII ne varie pas d’une façon significative selon l’âge de l’enfant : elle est de 51 % chez les enfants de 12-23 mois et de 47 % chez ceux de 48-59 mois. Il est important de noter qu’il n’y a pas de différence liée au genre puisque l’utilisation d’une moustiquaire, quel qu’en soit le type, est presque identique chez les filles et chez les garçons. Selon le milieu de résidence, l’utilisation quel que soit le type de moustiquaire est plus fréquente en milieu rural qu’urbain. Selon la région de résidence, il existe une variation notable du niveau d’utilisation des moustiquaires chez les enfants de moins de cinq ans. Par exemple, pour ce qui est des moustiquaires MII, les régions de Dakar (18 %), Louga (25 %), Thiès (26 %), Fatick (28 %) et Diourbel (29 %) présentent les proportions les plus faibles. À l’inverse, Sédhiou (66 %), Kolda (58 %), Saint-Louis (54 %), Kédougou (54 %) et Ziguinchor (50 %) ont les niveaux d’utilisation les plus élevés. Paludisme • 205 Tableau 12.4 Utilisation des moustiquaires par les enfants Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui, la nuit précédant l'enquête, a dormi sous une moustiquaire (imprégnée ou non), sous une moustiquaire pré imprégnée d'insecticide (MII), et sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action (MILDA), ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés (PID) au cours des 12 derniers mois et, parmi les enfants de moins de cinq ans des ménages avec, au moins, une MII, pourcentage qui a dormi sous une MII la nuit précédant l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Enfants de moins de cinq ans dans tous les ménages Enfants de moins de cinq ans dans les ménages avec, au moins, une MII1 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MILDA1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un logement pulvérisé contre les moustiques au cours des 12 derniers mois Effectif d'enfants Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Effectif d'enfants Age (en mois) <12 41,7 35,3 30,7 42,8 2 505 50,1 1 767 12-23 44,0 36,9 33,6 43,7 2 397 51,1 1 732 24-35 39,9 34,4 30,9 41,6 2 524 48,6 1 785 36-47 40,1 32,8 29,2 40,2 2 596 48,5 1 756 48-59 39,5 33,1 29,6 40,4 2 373 46,8 1 681 Sexe Masculin 41,1 34,2 30,2 41,2 6 340 48,4 4 477 Féminin 41,0 34,9 31,4 42,3 6 054 49,7 4 245 Milieu de résidence Urbain 36,2 31,3 27,4 37,2 4 648 50,7 2 867 Rural 43,9 36,4 32,8 44,4 7 746 48,2 5 855 Région Dakar 20,6 17,5 15,5 24,2 2 372 36,1 1 150 Ziguinchor 52,8 49,7 47,5 50,4 400 58,3 340 Diourbel 43,9 28,9 28,6 30,4 1 526 44,2 997 Saint-Louis 69,1 54,4 46,5 62,9 831 65,7 688 Tambacounda 39,1 37,0 35,1 52,5 703 46,6 559 Kaolack 49,8 46,2 30,4 73,7 1 086 53,5 938 Thiès 29,0 25,9 21,7 28,1 1 495 46,1 841 Louga 34,6 25,3 20,4 25,8 855 36,5 592 Fatick 34,9 28,3 25,9 29,3 748 36,4 582 Kolda 59,7 58,4 58,4 77,4 687 61,5 652 Matam 64,0 40,1 35,7 42,1 542 51,7 420 Kaffrine 36,8 36,7 36,6 42,6 581 50,1 425 Kédougou 54,6 53,5 51,1 62,1 111 55,9 106 Sédhiou 66,2 65,5 65,4 66,3 461 69,7 433 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 44,2 38,2 35,3 48,2 2 904 49,2 2 257 Second 46,8 40,6 35,2 49,9 2 785 51,2 2 208 Moyen 48,6 39,7 35,3 44,0 2 408 54,0 1 770 Quatrième 35,5 28,6 25,6 33,6 2 295 46,5 1 413 Le plus riche 25,7 21,1 18,6 27,3 2 002 39,3 1 074 Ensemble 41,0 34,5 30,8 41,7 12 395 49,0 8 722 Note : Le tableau est basé sur les enfants ayant passé la nuit précédant l'interview dans le ménage. PID = Pulvérisation intra domiciliaire d'insecticide résiduel 1 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MILDA) ou (2) une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. Comme pour l’utilisation au niveau de la population générale, les résultats montrent que les enfants de moins de cinq ans vivant dans les ménages les plus aisés ont les niveaux d’utilisation de moustiquaires les plus faibles. Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes : Le tableau 12.5 présente les pourcentages de femmes enceintes de 15-49 ans ayant dormi la nuit ayant précédé l’enquête sous une moustiquaire de chaque type. Plus de quatre femmes enceintes sur dix (41 %), a dormi sous une moustiquaire ; en ce qui concerne les MII, la proportion est de 36 % et enfin en ce qui concerne les MILDA, elle est de 32 %. Par ailleurs, plus de 43 % des femmes enceintes ont dormi sous une moustiquaire MII ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés au cours des 12 derniers mois. Parmi les femmes enceintes vivant dans des ménages disposant, au moins, d’une moustiquaire MII, plus d’une femme enceinte sur deux (52 %) a dormi sous ce type de moustiquaire la nuit précédant l’enquête. 206 • Paludisme Tableau 12.5 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes Pourcentage de femmes enceintes de 15-49 ans qui, la nuit précédant l'enquête, a dormi sous une moustiquaire (imprégnée ou non), sous une moustiquaire pré imprégnée d'insecticide (MII), et sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action (MILDA), ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés (PID) au cours des 12 derniers mois et, parmi les femmes enceintes de 15-49 ans des ménages avec, au moins, une MII, pourcentage qui a dormi sous une MII la nuit précédant l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Femmes enceintes de 15-49 ans dans tous les ménages Femmes enceintes de 15-49 ans dans les ménages avec, au moins, une MII1 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MILDA1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un logement pulvérisé contre les moustiques au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Effectif de femmes Milieu de résidence Urbain 37,6 32,2 28,5 38,3 485 57,0 274 Rural 44,4 38,4 33,3 46,1 793 49,2 619 Région Dakar 21,7 14,7 13,5 22,5 277 33,5 121 Ziguinchor 40,5 40,5 38,5 46,8 41 47,0 35 Diourbel 41,3 29,9 29,9 29,9 125 44,2 84 Saint-Louis 73,4 67,3 49,5 72,8 92 77,8 79 Tambacounda 50,4 48,3 46,8 59,5 93 57,8 78 Kaolack 53,0 51,5 32,3 76,5 107 59,2 93 Thiès 25,9 21,8 17,7 22,5 149 40,7 80 Louga 37,3 28,1 19,6 28,7 76 42,8 50 Fatick 29,4 21,8 21,2 22,5 69 29,7 51 Kolda 60,0 58,4 57,6 79,9 81 62,0 76 Matam 72,2 51,2 47,9 51,8 53 60,8 44 Kaffrine 40,3 40,3 40,3 48,0 60 53,5 45 Kédougou 59,1 59,1 57,8 59,1 12 59,1 12 Sédhiou 67,7 67,3 66,7 67,3 45 68,3 44 Niveau d'instruction Aucun 42,4 37,7 33,2 45,0 877 52,6 627 Primaire 42,2 33,3 27,7 40,1 276 48,2 191 Secondaire ou plus 36,4 30,3 27,7 36,7 126 51,3 74 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 46,9 41,0 36,9 51,1 329 52,4 257 Second 47,3 45,0 37,9 52,7 262 54,0 219 Moyen 47,4 42,9 38,8 47,3 233 55,8 179 Quatrième 43,5 31,5 26,5 36,9 217 53,6 128 Le plus riche 21,6 16,4 14,1 23,0 237 35,4 110 Ensemble 41,8 36,0 31,5 43,1 1,279 51,6 893 Note : Le tableau est basé sur les femmes ayant passé la nuit précédant l'interview dans le ménage. PID = Pulvérisation intra domiciliaire d'insecticide résiduel 1 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MILDA) ou (2) une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. Les pourcentages de femmes enceintes ayant utilisé une moustiquaire sont plus élevés en zone rurale qu’en zone urbaine. On relève respectivement des proportions de 38 et 32 % pour les MII, et de 33 et 29 % pour les MILDA. Les femmes enceintes utilisent les MII dans des proportions différentes selon les régions. Ainsi, l’enquête révèle que ce sont les régions de Saint-Louis (67 %), Sédhiou (67 %), Kédougou (59 %), Kolda (58 %) Kaolack (52 %) et Matam (51 %) qui détiennent les proportions les plus élevées, alors que les plus faibles sont observées dans les régions de Dakar (18 %), Thiès (22 %), Fatick (22 %) et Louga (28 %). Des différences sont également notées dans l’utilisation des MII en fonction du niveau d’instruction. Les pourcentages de femmes enceintes utilisatrices diminuent avec le niveau d’instruction. On constate aussi que les pourcentages de femmes enceintes utilisatrices de MII sont plus importants dans les ménages du deuxième quintile de bien-être économique (45 % contre un minimum de 16 % dans le plus riche). On note enfin des progrès non négligeables dans le recours des femmes enceintes aux moustiquaires entre 2008-2009 et 2010-2011 : le pourcentage est passé de 34 % à 42 % pour les moustiquaires imprégnées ou non (soit une augmentation relative de 24 %), de 30 % à 36 % pour les moustiquaires MII (soit une Paludisme • 207 augmentation relative de 19 %), et de 28,5 % à 31,5 % pour les moustiquaires MILDA (soit une augmentation relative de 11 %). 12.2 TRAITEMENT PREVENTIF ANTIPALUDEEN AU COURS DE LA GROSSESSE Au cours de l’EDS-MICS, on a posé aux femmes qui avaient eu une naissance au cours des cinq dernières années, plusieurs questions pour savoir si elles avaient pris des antipaludiques à titre préventif au cours de leur dernière grossesse et quel type d’antipaludiques elles avaient pris. Ces questions sur le paludisme font partie des sections sur la santé de la mère et de l’enfant et qui portent sur la période de cinq and ayant précédé l’enquête. Le tableau 12.6 montre que 85 % des femmes enceintes ont pris des médicaments antipaludiques à titre préventif au cours de la dernière grossesse survenue au cours des deux années ayant précédé l’enquête (dans l’ENPS-II de 2008-2009, cette proportion était de 81%). En accord avec les directives de la politique de Traitement Préventif Intermittent (TPI), on constate que 68 % des femmes ont reçu du Fansidar pendant leur dernière grossesse, près de 65 % ont reçu le traitement préventif intermittent (TPI) de Fansidar pendant une visite prénatale de routine, et près de quatre femmes sur dix (39 %) ont reçu les deux doses ou plus de TPI recommandées. Dans l’ENPS-II, ces pourcentages étaient respectivement de 78 %, 76 % et 52 %. Les écarts entre les régions sont très importants. Le pourcentage de femmes ayant pris deux doses ou plus de TPI recommandées au cours de la dernière grossesse dépasse 50 % dans les régions de Thiès (69 %) et Ziguinchor (53 %). Les régions les moins couvertes sont Matam, Kaffrine, Kaolack, Tambacounda, Kédougou et Diourbel avec des proportions inférieures à 30 % ; les autres régions se situant entre 32 % et 48 %. Les différences entre les villes et les campagnes sont également prononcées (respectivement 46 % et 34 %). Le pourcentage de femmes ayant bénéficié de deux doses ou plus de TPI est, par ailleurs, plus élevé chez les femmes ayant une instruction secondaire ou plus (49 %) ou primaire (44 %) que chez celles n’ayant pas été à l’école (36 %). Ce pourcentage est également plus élevé chez les femmes appartenant aux ménages des trois quintiles les plus aisés que parmi celles appartenant aux deux quintiles les plus pauvres. L’écart entre le TPI 1 (SP/Fansidar pendant une visite prénatale de routine) et le TPI 2 (deux doses ou plus de SP/Fansidar pendant une visite prénatale de routine) bien qu’important reste cependant insignifiant entre le milieu urbain (25 points de pourcentage) et le milieu rural (27 points de pourcentage). Au niveau régional, cette déperdition est très importante à Diourbel et Tambacounda (36 points de pourcentage), Louga (34 points de pourcentage), et Kolda (32 points de pourcentage). Les régions avec une faible déperdition entre le TPI 1 et le TPI 2 sont celles des deux extrêmes de la couverture en TPI à savoir Thiès (9 points de pourcentage) et Kédougou (19 points de pourcentage). Par rapport au niveau d’instruction, c’est parmi les femmes sans instruction où l’on enregistre l’écart le plus élevé (27 points de pourcentage). Pour ce qui est du quintile de bien-être, l’écart le plus élevé est enregistré chez les femmes appartenant au deuxième et au troisième quintile (29 points de pourcentage). 208 • Paludisme Tableau 12.6 Utilisation d'antipaludéens à titre préventif et du Traitement Préventif Intermittent (TPIg) par les femmes au cours de la grossesse Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des deux années ayant précédé l'enquête qui, au cours de la grossesse, ont pris des antipaludéens à titre préventif, pourcentage qui ont pris une dose de SP/Fansidar et pourcentage qui ont reçu un Traitement Préventif Intermittent (TPIg) super 1 , selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant pris un antipaludéen SP/Fansidar Traitement Préventif Intermittent1 Effectif de femmes ayant eu une naissance au cours des deux dernières années Pourcentage ayant pris de la SP/Fansidar Pourcentage ayant reçu de la SP/Fansidar au cours d'une visite prénatale Pourcentage ayant pris 2 doses ou plus de SP/Fansidar Pourcentage ayant pris 2 doses ou plus de SP/Fansidar et qui en ont reçu au moins une au cours d'une visite prénatale Milieu de résidence Urbain 90,5 72,6 70,4 46,6 45,7 1 695 Rural 82,3 65,6 61,8 36,2 34,4 2 814 Région Dakar 88,7 65,0 63,5 41,9 41,5 825 Ziguinchor 93,8 88,2 82,5 55,2 53,1 149 Diourbel 80,7 66,7 65,2 29,4 29,2 563 Saint-Louis 84,6 63,1 59,9 33,9 32,5 291 Tambacounda 74,0 70,2 62,5 29,1 27,0 246 Kaolack 87,8 58,1 55,6 28,0 26,5 412 Thiès 96,3 80,9 78,5 71,4 69,2 577 Louga 86,8 66,1 65,3 32,4 31,6 311 Fatick 87,9 73,0 68,6 41,1 40,3 266 Kolda 77,8 69,3 65,8 34,7 33,4 248 Matam 69,0 57,5 50,6 26,4 24,7 186 Kaffrine 82,6 57,7 52,5 29,1 26,6 221 Kédougou 64,1 54,0 48,2 33,1 28,8 43 Sédhiou 83,5 82,0 75,3 53,6 47,6 172 Niveau d'instruction Aucun 83,6 65,9 62,8 37,1 35,7 3 159 Primaire 89,1 72,0 68,7 45,7 44,2 981 Secondaire ou plus 90,6 77,7 74,1 50,5 49,1 369 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 72,5 57,1 52,1 28,3 26,2 1 061 Second 85,6 68,2 65,0 37,6 35,8 1 020 Moyen 90,7 76,0 73,3 45,6 44,6 865 Quatrième 92,9 69,7 67,9 44,3 43,3 878 Le plus riche 88,6 73,7 71,0 49,7 48,6 685 Ensemble 85,4 68,2 65,0 40,1 38,6 4 509 1 TPIg: Le Traitement Préventif Intermittent durant la grossesse est un traitement préventif de deux doses ou plus de SP/Fansidar. 12.3 FIÈVRE ET TRAITEMENT ANTIPALUDÉEN DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS Les enquêteurs ont également demandé si les enfants de moins de cinq ans avaient eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. Si la réponse était positive, une série de questions sur le traitement de la fièvre a été alors posée (voir chapitre 10 – Santé de l’enfant). Ces questions portaient sur la prise de médicaments antipaludéens et sur le moment où le traitement antipaludéen avait été administré pour la première fois. Les résultats sont présentés dans le tableau 12.7 ci-dessous. Les résultats montrent que 23 % des enfants de moins de cinq ans avaient eu de la fièvre au cours des deux semaines précédant l’enquête. Cette proportion est nettement inférieure à celle enregistrée dans le cadre de l’ENPS- II de 2008-2009 qui était de 31 %. Paludisme • 209 C’est en fonction de l’âge de l’enfant et de sa région de résidence que l’on observe les variations les plus importantes de la prévalence de la fièvre. En effet, la proportion d’enfants ayant eu de la fièvre diminue généralement avec l’âge, passant d’un maximum de 28 % parmi ceux de moins de 12-23 mois à un minimum de 15 % chez les enfants de 48-59 mois. Tableau 12.7 Prévalence, diagnostic et traitement précoce de la fièvre chez les enfants Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête; parmi ces enfants, pourcentage à qui on a prélevé du sang au doigt ou au talon; pourcentage qui ont pris des antipaludéens et pourcentage qui les ont pris le jour même ou le jour suivant le début de la fièvre selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Parmi les enfants de moins de cinq ans : Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête Effectif d'enfants Pourcentage à qui on a prélevé du sang au doigt ou au talon pour être testé Pourcentage ayant pris des antipaludéens Pourcentage ayant pris des antipaludéen s le jour même ou le jour suivant Effectif d'enfants Age (en mois) <12 27,4 2 303 8,5 5,9 4,6 630 12-23 28,2 2 199 7,5 6,8 4,9 620 24-35 22,9 2 195 12,3 10,6 6,7 502 36-47 19,0 2 234 9,2 11,6 9,2 424 48-59 14,6 1 963 13,7 7,4 5,3 287 Sexe Masculin 23,9 5 573 8,9 9,3 6,1 1 332 Féminin 21,3 5 321 10,7 7,0 5,9 1 131 Milieu de résidence Urbain 28,6 4 239 10,4 10,2 7,6 1 211 Rural 18,8 6 654 9,1 6,3 4,4 1 252 Région Dakar 36,3 2 204 12,0 11,9 8,9 800 Ziguinchor 12,6 349 10,0 11,1 11,1 44 Diourbel 22,3 1 329 10,8 5,1 2,4 297 Saint-Louis 26,0 716 5,8 7,9 4,6 187 Tambacounda 14,3 596 16,6 19,9 16,6 85 Kaolack 17,9 948 5,2 1,8 1,4 170 Thiès 15,1 1 324 6,9 4,9 4,2 200 Louga 24,9 752 3,7 5,7 3,2 187 Fatick 20,2 623 12,5 5,1 4,2 126 Kolda 20,3 596 14,2 7,9 6,3 121 Matam 20,2 466 8,6 6,4 4,1 94 Kaffrine 11,4 500 5,5 6,1 4,0 57 Kédougou 21,5 100 22,0 2,4 2,4 21 Sédhiou 18,6 390 5,3 8,1 7,7 73 Niveau d'instruction de la mère Aucun 21,1 7 705 8,6 7,2 5,1 1 628 Primaire 26,1 2 262 11,0 10,2 7,0 590 Secondaire ou plus 26,5 927 14,4 10,2 9,6 245 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 19,9 2 468 8,0 5,5 3,4 490 Second 16,3 2 393 7,7 7,3 5,6 390 Moyen 20,3 2 114 7,8 8,5 5,3 430 Quatrième 29,4 2 126 9,9 7,6 5,0 626 Le plus riche 29,4 1 793 14,2 11,9 10,5 528 Ensemble 22,6 10 893 9,7 8,2 6,0 2 463 Les résultats selon le milieu de résidence font apparaître une prévalence plus élevée en milieu urbain (29 %) qu’en milieu rural (19 %). Au niveau régional, Dakar (36 %) et Saint-Louis (26 %) sont les régions les plus touchées ; à l’inverse, Kaffrine (11 %), Ziguinchor (13 %), Tambacounda (14 %) et Thiès (15 %) sont les moins affectées. En outre, les résultats montrent que les proportions d’enfants ayant eu de la fièvre sont plus élevées parmi ceux vivant dans un ménage économiquement aisé (29 % dans le quatrième quintile et dans le cinquième contre 210 • Paludisme 16 % dans le second quintile) et parmi ceux dont la mère est instruite (26 % quand elle a le niveau primaire et 27 % quand elle a, au moins, un niveau secondaire contre 21 % quand elle n’a aucun niveau d’instruction). Parmi les enfants ayant eu de la fièvre, 10 % ont subi un prélèvement de sang au doigt ou au talon pour effectuer un test du paludisme et 8,2 % ont été traités avec des antipaludiques. Par ailleurs, dans 6 % des cas, les antipaludiques ont été pris de manière précoce, c’est-à-dire soit le jour même où la fièvre est apparue, soit le jour suivant. En ce qui concerne le traitement par des antipaludiques, il y a des variations selon certaines caractéristiques : • la proportion d’enfants traités augmente avec l’âge jusqu’à l’âge exact de 4 ans, passant d’un minimum de 6 % chez ceux de moins de 12 mois à un maximum de 12 % chez ceux de 36-47 mois ; • La proportion d’enfants dont la fièvre a été traitée avec des antipaludéens varie de 6 % en milieu rural contre 10 % en milieu urbain ; • La proportion d’enfants traités avec des antipaludéens est plus élevée parmi ceux dont la mère a au moins le niveau primaire (10 %) que parmi ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction (7 %) ; • Le traitement est aussi plus fréquent chez les enfants qui vivent dans un ménage classé dans le quintile le plus riche (12 %) que ceux appartement à un ménage dans le quintile le plus pauvre (6 %). • Les enfants des régions de Tambacounda (20 %), Dakar (12 %) et Ziguinchor (11 %) ont reçu plus fréquemment des antipaludéens que les enfants des autres régions. On constate que les proportions d’enfants traités rapidement avec des antipaludiques sont plus faibles que celles des enfants traités à un moment quelconque. Il y a probalement plusieurs raisons pour que les mères ne soient pas en mesure de trouver un traitement rapide de la fièvre (distance, coût, etc.). En ce qui concerne les antipaludiques spécifiques pris par les enfants, le tableau 12.8 montre que 41 % ont pris des CTA (Combinaison Thérapeutique à base d'Artémisinine), 23 % ont pris de l’amodiaquine, 11 % de la quinine et moins de 11 % de la SP/Fansidar. Pour les enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre, le tableau 12.9 ci-dessous présente les proportions de ceux qui ont pris différents types d’antipaludéens et les proportions de ceux qui les ont pris rapidement après l’apparition de la fièvre. On note que 1,9 % (contre 0,7 % selon l’ENPS-II de 2008-2009) des enfants ayant eu de la fièvre ont été traités à l’amodiaquine, et 1,4 % (contre 0,2 % en 2008-2009) le même jour ou le jour suivant l’apparition de la fièvre. Les CTA et l’artémisinine sont les plus utilisées : 3,4 % des enfants les ont reçues à un moment quelconque et 2,9 % les ont reçues rapidement. Les autres médicaments administrés sont, par ordre d’importance, les « autres antipaludiques » (1,8 %) et la quinine (0,9 %). Enfin, on constate que la proportion d’enfants traités avec de la SP/Fansidar est négligeable (0,7 %). Les résultats sur l’utilisation des CTA (artémisinine et CTA) contre le paludisme selon la région montrent que c’est à Tambacounda (10,3 %), Dakar (6,3 %) et Kolda (4 %). que les proportions d’enfants traités sont les plus élevées. À Ziguinchor, Kaffrine et Sédhiou, l’utilisation des CTA est pratiquement inexistante. Les enfants du Tableau 12.8 Type de médicaments antipaludéens pris par les enfants qui ont pris des antipaludiques Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête et qui ont pris certains antipaludiques, le pourcentage qui ont pris des antipaludiques spécifiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Médicament Pourcentage SP/Fansidar 10,9 Amodiaquine 22,7 Quinine 11,1 ACTA CT/Artémisinine 41,0 Autre 22,2 Effectif d'enfants ayant pris un antipaludéen quelconque 202 Paludisme • 211 milieu urbain (5,0 %) ont plus fréquemment utilisé les CTA que ceux du milieu rural (2 %). La proportion d’enfants traités avec des CTA augmente avec le niveau d’instruction de la mère (7,8 % parmi les enfants dont la mère a au moins le niveau secondaire contre 2,8 % parmi ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction). Le niveau d’utilisation augmente également avec l’amélioration du quintile de bien-être économique (6,3 % parmi les enfants du quintile le plus riche contre 1,4 % parmi ceux du quintile le plus pauvre). Tableau 12.9 Type d'antipaludéens et moment de leur prise par les enfants ayant eu de la fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête pourcentage ayant pris des antipaludéens spécifiques et pourcentage qui ont pris chaque type d'antipaludéen le jour même ou le jours suivant le début de la fièvre, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-111 Pourcentage d'enfants ayant pris : Pourcentage d'enfants ayant pris l'antipaludéen le jour même ou le jour suivant : Effectif d'enfants ayant eu de la fièvre Caractéristique sociodémographique SP/ Fansidar Amodia- quine Quinine CTA Autre anti- paludéen SP/ Fansidar Amodia- quine Quinine CTA Autre anti- paludéen Age (en mois) <12 0,4 0,9 1,0 2,2 1,3 0,3 0,8 0,6 2,1 0,8 630 12-23 1,0 2,0 0,6 2,3 1,8 0,7 1,2 0,6 2,0 1,3 620 24-35 1,1 2,4 0,8 3,6 3,2 0,9 1,7 0,4 2,5 1,7 502 36-47 0,8 2,5 1,5 7,3 1,8 0,8 2,2 0,6 6,2 1,6 424 48-59 1,4 1,6 0,7 3,1 0,7 0,2 1,3 0,5 3,0 0,4 287 Sexe Masculin 1,0 1,7 1,1 3,3 2,8 0,6 1,1 0,5 2,8 1,7 1 332 Féminin 0,8 2,1 0,7 3,7 0,7 0,7 1,7 0,6 3,1 0,6 1 131 Milieu de résidence Urbain 1,1 2,2 0,4 5,0 2,9 0,8 1,4 0,3 4,6 2,0 1,211 Rural 0,7 1,6 1,4 2,0 0,8 0,5 1,5 0,8 1,4 0,5 1 252 Région Dakar 1,7 1,5 0,3 6,3 3,8 1,3 0,8 0,3 5,9 2,4 800 Ziguinchor 0,0 9,4 1,7 0,0 0,0 0,0 9,4 1,7 0,0 0,0 44 Diourbel 0,9 0,0 1,0 1,9 1,3 0,5 0,0 0,0 1,3 0,5 297 Saint-Louis 0,0 2,9 1,1 3,8 0,0 0,0 1,9 0,5 2,2 0,0 187 Tambacounda 3,1 8,0 0,9 10,3 0,0 2,2 7,4 0,9 8,0 0,0 85 Kaolack 0,4 0,0 0,0 1,4 0,0 0,0 0,0 0,0 1,4 0,0 170 Thiès 0,0 1,3 2,8 0,9 0,7 0,0 1,3 2,1 0,9 0,7 200 Louga 0,0 0,9 0,8 1,5 2,5 0,0 0,6 0,0 0,5 2,1 187 Fatick 1,1 1,0 2,0 1,0 0,0 0,5 0,7 2,0 1,0 0,0 126 Kolda 0,0 2,1 0,6 4,0 1,3 0,0 2,1 0,0 3,8 0,5 121 Matam 0,1 5,1 0,0 1,0 0,8 0,1 3,3 0,0 0,5 0,8 94 Kaffrine 1,1 0,0 2,9 0,0 2,1 1,1 0,0 0,9 0,0 2,1 57 Kédougou 0,0 0,8 0,0 0,8 0,8 0,0 0,8 0,0 0,8 0,8 21 Sédhiou 0,0 5,8 1,5 0,0 0,8 0,0 5,8 1,1 0,0 0,8 73 Niveau d'instruction de la mère Aucun 1,3 1,7 1,1 2,8 1,0 0,9 1,4 0,6 2,2 0,7 1 628 Primaire 0,1 2,1 0,4 3,4 4,3 0,1 1,2 0,4 3,1 2,4 590 Scondaire ou plus 0,0 2,5 0,8 7,8 1,6 0,0 2,2 0,5 7,8 1,6 245 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,9 1,4 1,6 1,4 0,3 0,6 1,3 0,6 1,0 0,0 490 Second 0,5 2,9 1,1 1,8 1,0 0,0 2,7 1,0 1,2 0,8 390 Moyen 1,3 1,0 0,8 3,1 2,4 0,5 0,9 0,3 2,3 1,4 430 Quatrième 0,5 2,0 0,6 4,0 1,4 0,5 0,6 0,6 3,2 1,0 626 Le plus riche 1,3 2,1 0,5 6,3 3,8 1,3 1,9 0,3 6,3 2,7 528 Ensemble 0,9 1,9 0,9 3,4 1,8 0,6 1,4 0,5 3,0 1,2 2 463 CTA = Combinaison Thérapeutique à base d'Artémisinine. 212 • Paludisme 12.4 TAUX D’HÉMOGLOBINE Dans les pays endémiques, un taux d’hémoglobine inférieur à 8,0 g/dl est considéré comme un indicateur indirect de la prévalence de l'anémie liée au paludisme. Au niveau national, 14 % des enfants de 6 à 59 mois ont un taux d’hémoglobine inférieur à 8,0 g/dl (tableau 12.10). Des variations existent en fonction de certaines caractéristiques : • La proportion d’enfants ayant un taux d’hémoglobine inférieur à 8,0 g/dl est la plus élevée chez les enfants de 12-23 mois (environ 24 %) ; • Elle est légèrement plus élevée chez les garçons (16 %) que chez les filles (13 %) ; • Elle est plus élevée parmi enfants du milieu rural par rapport à ceux du milieu urbain (16% contre 11 %) ; • La proportion la plus élevée est observée dans la région de Kolda (23 %), suivie des régions de Kaolack, Matam et Kaffrine (19 % chacune), et les proportions les plus faibles sont enregistrées dans les régions de Dakar, Ziguinchor et Diourbel (9 % chacune). Dans les autres régions, les proportions varient entre 12 % et 17 %. • Quand la mère n’a pas d’instruction, la proportion d’enfants ayant un niveau d’hémoglobine inférieur à 8,0 g/dl est plus élevée (16 %) par rapport à ceux dont la mère a un niveau primaire (12 %) ou un niveau au moins secondaire (8 %) ; • Quand l’enfant vit dans un ménage classé dans le quintile le plus pauvre, la proportion d’enfants ayant un niveau d’hémoglobine inférieur à 8,0 g/dl est deux fois et demi plus élevée (20 %) que la proportion de ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus riche (8 %). En comparant les résultats de l’EDS-IV 2005, l’ENPS-II 2008-2009 et l’EDS-MICS 2010-2011, nous pouvons constater une baisse continue de l’anémie : respectivement 20 %, 17 % et 14 %. Tableau 12.10 Hémoglobine < 8,0 g/dl Pourcentage d'enfants de 6-59 mois dont le niveau d'hémoglobine est inférieur à 8,0 g/dl, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Hémoglobine <8,0 g/dl Effectif d'enfants Âge (en mois) 6-8 10,8 168 9-11 6,8 232 12-17 16,3 495 18-23 24,3 326 24-35 17,4 848 36-47 13,2 866 48-59 9,2 826 Sexe Masculin 15,6 1 941 Féminin 12,6 1 820 Interview de la mère Interviewée 14,0 3 264 Non interviewée mais vivant dans le ménage 17,5 129 Non interviewée et ne vivant pas dans le ménage1 14,1 368 Milieu de résidence Urbain 10,6 1 434 Rural 16,3 2 327 Région Dakar 9,0 766 Ziguinchor 9,1 95 Diourbel 9,4 445 Saint-Louis 12,5 224 Tambacounda 17,0 209 Kaolack 19,4 335 Thiès 16,1 447 Louga 14,0 275 Fatick 16,2 243 Kolda 23,2 228 Matam 18,6 142 Kaffrine 18,5 187 Kédougou 14,3 29 Sédhiou 11,8 133 Niveau d'instruction de la mère Aucun 15,5 2 449 Primaire 11,7 663 Moyen/secondaire ou plus 8,2 279 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 19,9 852 Second 17,6 815 Moyen 11,7 752 Quatrième 11,6 749 Le plus riche 7,6 593 Ensemble 14,1 3 761 Note: Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit ayant précédé l'enquête. Les niveaux d'hémoglobine ont été ajustés en fonction de l'altitude en utilisant les formules du CDC (CDC, 1998). L'hémoglobine est mesurée en grammes par décilitre (g/dl). 1 Y compris les enfants dont la mère est décédée. 2 Pour les femmes qui n'ont pas été interviewées, l'information provient du Questionnaire Ménage. Non compris les enfants dont la mère n'est pas listée dans le ménage. Paludisme • 213 12.5 PARASITEMIE PALUSTRE Cette section présente les résultats de l’enquête sur la prévalence du paludisme estimée au moyen des gouttes épaisses effectuées sur le terrain et d’examens microscopiques réalisés au laboratoire de Parasitologie de la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. 12.5.1 Principe et méthodologie Les tests de parasitémie palustre n’ont concerné que les enfants de 6-59 mois et ont été réalisés sur les gouttes épaisses. L'examen se fait à partir d'un prélèvement d'une goutte de sang au bout du doigt sur une lame porte-objet qui permet, après coloration, l'identification précise du parasite Plasmodium. L'examen de la goutte épaisse présente l'avantage d’être 20 fois plus sensible que celui du frottis mince. Au laboratoire, chaque goutte a été analysée de façon indépendante par deux opérateurs différents, une confirmation étant faite par un troisième opérateur en cas de divergence entre les deux premiers. La participation au test de parasitémie était assujettie au consentement éclairé et volontaire des personnes responsables de l’enfant. L’enquêteur enregistrait la réponse des parents/personnes responsables/autre adulte sur le questionnaire et signait le questionnaire pour attester qu’il avait bien lu le consentement et que la décision enregistrée sur le questionnaire était bien celle de l’enquêté. Une fois le consentement obtenu, des gouttes de sang étaient prélevées en utilisant la technique de prélèvement de sang par piqûre au bout du doigt. Avant le prélèvement du sang, le doigt était nettoyé à l’aide d’une gaze pré imprégnée d’alcool et laissé sécher à l’air libre. Dans un deuxième temps, on piquait le bout du doigt avec une lancette stérile, rétractable et non réutilisable. La toute première goutte de sang était éliminée avec une compresse stérile. Les gouttes suivantes étaient utilisées pour la goutte épaisse. Deux lames étaient préparées pour chaque enfant testé. Les lames ainsi préparées étaient conditionnées et envoyées au bureau central de l’enquête pour enregistrement avant d’être transmises au laboratoire du Département de Parasitologie. Les tests sont anonymes ; aucun nom, ni aucun élément d’identification ne figuraient sur les échantillons de sang. Par contre, des codes à barres pré imprimés correspondant à des nombres générés au hasard étaient collés sur les lames utilisées pour la goutte épaisse ainsi que sur les questionnaires. Les risques associés à la procédure de prélèvement du sang sont considérés comme faibles. La zone de prélèvement du sang était complètement nettoyée avec une gaze pré imprégnée d’alcool avant la piqûre. La piqûre était effectuée avec une lancette stérile, rétractable et non réutilisable qui contenait une très petite lame activée par une gâchette. Le flux de sang était arrêté par pression sur l’endroit de la piqûre avec une compresse de gaze. Une fois le saignement arrêté, la zone était protégée de l’infection par du sparadrap. Par ailleurs, les prélèvements étaient effectués par des techniciens de laboratoire diplômés ayant reçu une mise à niveau spéciale sur la procédure et les précautions universelles à observer pour éviter la transmission d’agents pathogènes transmissibles par le sang. Les lancettes et tous les instruments contaminés par le sang étaient éliminés à la fin de la journée dans un sac pour produits bio dangereux, selon un protocole établi. Le Laboratoire du Département de Parasitologie avait la charge de créer un fichier de données contenant le numéro d’identification du prélèvement et le résultat de tous les tests effectués sur chaque prélèvement. Les données une fois vérifiées, étaient transmises à la direction de l’enquête. 12.5.2 Prévalence de la parasitémie palustre chez les enfants La prévalence du paludisme chez les enfants de 6-59 mois a été mesurée par la présence du parasite Plasmodium dans le sang à partir des gouttes épaisses confectionnées prélevées sur le terrain et les examens microscopiques effectués au laboratoire. Les résultats de ces examens sont présentés au tableau 12.11. 214 • Paludisme Tableau 12.11 Prévalence de la parasitémie palustre chez les enfants Pourcentage d'enfants de 6-59 mois ayant subi un test de laboratoire de parasitémie et parmi les enfants testés, pourcentage positifs au test, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Caractéristique sociodémographique Pourcentage d'enfants testés Effectif d'enfants Pourcentage d'enfants positifs Effectif d'enfants testés Âge (en mois) 6-8 77,0 214 2,6 165 9-11 82,8 280 1,3 232 12-17 85,4 576 1,0 492 18-23 81,9 393 2,1 321 24-35 86,6 982 2,2 851 36-47 86,7 1 001 4,2 868 48-59 56,0 1 489 4,0 834 Sexe Garçon 76,5 2 545 3,0 1 947 Fille 75,9 2 389 2,7 1 814 Statut de l’interview de la mère Interviewée 78,0 4 180 2,7 3 260 Pas interviewée mais dans le ménage 39,5 331 3,0 131 Pas interviewée et pas dans le ménage1 87,7 424 3,9 371 Milieu de résidence Urbain 78,4 1 837 1,4 1 440 Rural 75,0 3 097 3,8 2 321 Région Dakar 80,4 947 1,5 761 Ziguinchor 81,3 135 2,0 110 Diourbel 72,6 608 2,6 441 Saint-Louis 69,0 324 0,0 224 Tambacounda 74,7 281 6,7 210 Kaolack 74,3 451 4,0 335 Thiès 74,1 605 0,7 448 Louga 78,4 348 0,7 273 Fatick 76,2 318 2,7 242 Kolda 84,8 269 11,9 228 Matam 67,8 209 0,9 142 Kaffrine 81,7 227 5,6 186 Kédougou 60,0 49 13,5 29 Sédhiou 80,8 164 0,3 132 Niveau d’instruction de la mère Sans instruction 73,8 3 299 3,2 2 436 Primaire 79,0 848 1,7 670 Moyen/secondaire ou plus 78,7 360 0,7 283 Quintile de bien-être Le plus pauvre 74,1 1 146 6,2 849 Second 75,0 1 089 2,1 817 Moyen 78,0 979 1,6 764 Quatrième 77,7 944 1,6 734 Le plus riche 77,0 776 2,3 597 Ensemble 76,2 4 934 2,9 3 762 Note : Le tableau est basé sur les enfants ayant passé la nuit ayant précédé l’enquête dans le ménage. 1 y compris les enfants des mères décédées. 2 Pour les mères qui ne sont pas interviewées, l’information provient du Questionnaire Ménage. Sont exclus les enfants dont les mères ne sont pas listées dans le Questionnaire Ménage. La prévalence au niveau national révélée par l'enquête qui s'est déroulée d'octobre 2010 à avril 2011 est de 2,9 %. Le pourcentage d’enfants souffrant de paludisme présente globalement une tendance à la hausse avec l’âge à partir de 18 mois. Une prévalence relativement élevée a cependant été notée chez les enfants de 6 à 8 mois (2,6 %). L'enquête n'a pas révélé de différence significative selon le sexe (3,0 % chez les garçons contre 2,7 % chez les filles). Par contre, des variations selon le milieu de résidence sont importantes : les enfants des zones rurales (3,8 %) sont plus concernés par la maladie que ceux des zones urbaines (1,4 %). Paludisme • 215 Les différences inter-régionales sont également importantes (graphique 12.1). Dans les régions de Kédougou (13,5 %) et de Kolda (11,9 %), on observe les prévalences les plus élevées. Ensuite viennent les régions de Tambacounda (6,7 %), Kaffrine (5,6 %) et Kaolack (4 %). Les basses prévalences observées à Ziguinchor (2,0 %) et Sédhiou (0,3 %) pourraient être dues au fait que la collecte s’est déroulée en période de faible transmission (respectivement en mars-avril et février-avril au niveau de ces deux régions (voir tableau 12.1.2). Les niveaux les plus bas ont été observés dans la région de Saint-Louis, où aucun cas n’a été détecté comme lors de l’ENPS-II 2008- 2009, ainsi que dans les régions de Thiès et Louga où une prévalence de 0,7 % a été relevée. Dans l’ensemble les niveaux de prévalence trouvés en 2010-2011 sont plus bas que ceux de 2008-2009 (3,6 % contre 6,7 %). Seule la région de Dakar a connu une hausse de la prévalence passant à 1,5 % en 2011 alors qu’elle était de 0,8% en 2008- 09. Ceci peut être dû aux fortes inondations survenues en 2010 qui ont entrainé une augmentation de la transmission. Enfin, selon l’indice de bien-être économique, les résultats montrent que la prévalence du paludisme décroit d’un maximum de 6,2 % parmi les enfants des ménages les plus pauvres à 0,7 % parmi ceux des ménages les plus riches. 5.7 0.8 5.2 2.5 0 23.4 7.2 3.1 1.4 7.6 19 3.7 2.9 1.5 2 2.6 0 6.7 4 0.7 0.7 2.7 11.9 0.9 5.6 13.5 0.3 SÉNÉGAL Dakar Ziguinchor Diourbel Saint-Louis Tambacounda Kaolack Thiès Louga Fatick Kolda Matam Kaffrine Kédougou Sédhiou 0 5 10 15 20 25 30 Pourcentage ENPS-II 2008-09 EDS-MICS 2010-11 Graphique 12.1 Évolution de la prévalence de la parasitémie palustre chez les enfants de 6-59 mois selon la région entre l'ENPS-II 2008-09 et l'EDS MICS 2010-11 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 217 VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES 13 Samba NDIAYE ans son dernier rapport mondial, l’ONUSIDA constate que « la croissance globale de l’épidémie de sida semble s’être stabilisée » (ONUSIDA, 2010). Cette tendance est attribuée à une combinaison de nombreux facteurs, dont l’évolution naturelle des épidémies de VIH, l’élargissement et l’intensification des programmes d’accès aux traitements et aux soins ; de même, les efforts déployés en matière de prévention ont porté leurs fruits et expliquent, en partie, ces résultats récents. Cependant, la mise en place de programmes de prévention et de prise en charge efficaces ciblant les groupes de population à haut risque d’infection au VIH reste une priorité. Dans ce contexte, les données collectées au cours de l’EDS-MICS, 2010-2011 concernant le niveau de connaissance du VIH/sida et de ses moyens de prévention et de transmission, les attitudes et les comportements des femmes et des hommes vis-à-vis de cette maladie s’avèrent très utiles Les informations ainsi collectées sont essentielles à l’ajustement des programmes en cours, ainsi qu’à la mise en place de nouvelles campagnes de communication dont l’objectif est de changer les comportements vis-à-vis du sida pour renforcer les programmes de prévention ou pour évaluer les résultats des interventions en cours. Les résultats présentés ici concernent principalement les points suivants : • la connaissance de l’existence du VIH/sida, des moyens de prévention, de ses modes de transmission ainsi que la croyance en des idées erronées sur la transmission et la prévention de l’infection ; • la connaissance de la transmission du virus du VIH de la mère à l’enfant ; • les attitudes et comportements à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida ; • les rapports sexuels avec des partenaires multiples et l’utilisation des condoms lors de ces derniers rapports sexuels à haut risque ; • l’âge des jeunes (15-24 ans) aux premiers rapports sexuels ; • les rapports sexuels avec des partenaires multiples et l’utilisation des condoms lors de ces derniers rapports sexuels chez les jeunes de 15-24 ans ; • les rapports sexuels prénuptiaux parmi les jeunes de 15-24 ans et l’utilisation de condom ; • la connaissance des autres IST et de leurs symptômes ; • la recherche de traitement pour les IST ; En outre, lors de l’EDS-MICS 2010-11, un test pour déterminer la séroprévalence du VIH dans la population générale masculine et féminine a été effectué. Les résultats sont présentés au chapitre 14. D 218 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles 13.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA, DES MOYENS DE PRÉVENTION ET DE TRANSMISSION L’EDS-MICS 2010-11 a cherché à évaluer, dans la population générale, les niveaux de connaissance du VIH/sida et de ses modes de transmission ainsi que la connaissance des moyens de prévention de l’infection. Pour évaluer le niveau de connaissance de cette infection par les femmes et les hommes, on leur a demandé s’ils en avaient déjà entendu parler. Les résultats présentés au tableau 13.1 révèlent que le niveau de connaissance du VIH/sida est très élevé au Sénégal. Le VIH/sida est pratiquement connu de toute la population : (95 % des femmes et 97 % des hommes contre respectivement 97 % et 98 % en 2005). En outre, ce niveau de connaissance est élevé aussi bien chez les hommes que chez les femmes, cela quelle que soit la caractéristique sociodémographique considérée. Tout au plus, peut-on souligner qu’avec une proportion de 85 %, c’est dans les régions de Kaffrine et de Kolda que l’on observe le niveau de connaissance le plus faible chez les femmes. Tableau 13.1 Connaissance du sida Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Femme Homme Caractéristique sociodémographique A entendu parler du sida Effectif d'enquêtés A entendu parler du sida Effectif d'enquêtés Groupe d’âges 15-24 94,9 6 648 95,1 2 067 15-19 93,9 3 429 92,8 1 170 20-24 95,9 3 220 98,0 897 25-29 95,5 2 746 99,0 701 30-39 96,2 3 966 99,1 983 40-49 94,6 2 328 98,3 666 État matrimonial Célibataire 96,3 4 585 96,2 2 738 A déjà eu des rapports sexuels 96,5 624 98,9 1 066 N'a jamais eu de rapports sexuels 96,3 3 960 94,5 1 672 Marié/Vivant ensemble 94,8 10 347 98,5 1 609 Divorcé/Séparé/Veuf 95,3 757 96,9 71 Milieu de résidence Urbain 98,1 7 738 99,5 2 467 Rural 92,6 7 950 94,0 1 951 Région Dakar 98,2 4 078 99,6 1 381 Ziguinchor 96,8 581 98,5 210 Diourbel 96,3 1 851 87,9 354 Saint-Louis 96,7 1 034 96,2 266 Tambacounda 93,6 725 95,4 214 Kaolack 96,1 1 172 98,8 317 Thiès 98,3 2 030 97,3 565 Louga 92,8 1 130 93,1 262 Fatick 92,3 717 97,9 204 Kolda 84,8 640 97,1 198 Matam 92,6 595 98,2 152 Kaffrine 84,7 572 97,2 141 Kédougou 92,0 115 99,6 34 Sédhiou 90,0 448 96,1 120 Niveau d'instruction Aucun 93,2 9 079 94,6 1 632 Primaire 97,1 3 414 97,3 1 261 Secondaire ou plus 99,4 3 195 99,5 1 525 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 86,7 2 585 92,1 665 Second 93,4 2 805 94,2 688 Moyen 97,1 3 114 98,0 908 Quatrième 97,4 3 494 98,4 1 019 Le plus riche 99,2 3 689 99,7 1 137 Ensemble 15-49 95,3 15 688 97,1 4 417 50-59 na na 97,5 512 Ensemble 15-59 na na 97,1 4 929 na = Non applicable VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 219 Connaissance des moyens de prévention du VIH/sida La connaissance des moyens de prévention appropriés est essentielle pour se protéger de l’infection à VIH. La limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté ainsi que l’utilisation du condom demeurent les principaux moyens de prévention de l’infection à VIH. Au cours de l’EDS-MICS, 2010-11, on a demandé aux enquêtés s’ils savaient que l’on pouvait réduire les risques de contracter le virus en utilisant ces deux moyens. Les résultats selon différentes caractéristiques sociodémographiques sont présentés au tableau 13.2. Tableau 13.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans qui, en réponse à une question déterminée, ont déclaré que l'on pouvait réduire les risques de contracter le virus du sida en utilisant des condoms à chaque rapport sexuel, et en se limitant à un seul partenaire sexuel qui n'est pas infecté et qui n'a pas d'autres partenaires, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Caractéristique sociodémographique Utilisant des condoms Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté Utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté Effectif de femmes Utilisant des condoms Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté Utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 67,8 84,7 64,2 6 648 75,0 80,9 70,8 2 067 15-19 62,5 81,1 58,6 3 429 69,7 75,8 65,1 1 170 20-24 73,4 88,4 70,1 3 220 82,0 87,6 78,2 897 25-29 72,2 87,4 68,9 2 746 83,9 90,0 80,9 701 30-39 74,0 88,7 70,4 3 966 84,5 91,7 81,4 983 40-49 68,3 87,0 65,8 2 328 80,8 88,4 77,4 666 État matrimonial Célibataire 70,7 85,2 66,5 4 585 78,2 84,1 74,6 2 738 A déjà eu des rapports sexuels 81,2 85,4 73,2 624 87,8 90,1 83,6 1 066 N’a jamais eu de rapports sexuels 69,1 85,2 65,5 3 960 72,2 80,3 68,8 1 672 En union 69,9 87,2 67,0 10 347 80,8 88,8 77,3 1 609 En rupture d’union 71,5 84,4 65,9 757 93,7 88,5 87,0 71 Milieu de résidence Urbain 79,6 89,4 75,4 7 738 86,8 91,7 83,0 2 467 Rural 61,1 83,7 58,5 7 950 70,1 78,6 66,5 1 951 Région Dakar 80,1 89,2 76,0 4 078 90,0 94,3 87,2 1 381 Ziguinchor 77,0 85,2 71,4 581 84,4 84,9 76,4 210 Diourbel 63,8 90,2 62,4 1 851 65,3 72,5 63,9 354 Saint-Louis 65,7 85,4 62,6 1 034 58,4 62,8 50,5 266 Tambacounda 51,5 76,0 47,7 725 62,0 77,8 55,4 214 Kaolack 63,7 92,8 62,5 1 172 84,7 92,7 83,5 317 Thiès 82,4 91,0 78,6 2 030 81,8 88,0 78,6 565 Louga 68,3 84,5 64,8 1 130 68,3 80,4 63,4 262 Fatick 69,7 83,9 64,5 717 80,5 86,6 79,3 204 Kolda 61,0 72,6 56,5 640 80,4 85,9 78,1 198 Matam 43,0 77,8 40,2 595 72,2 78,5 64,3 152 Kaffrine 62,4 81,3 60,9 572 83,1 95,8 82,3 141 Kédougou 59,0 81,5 55,5 115 64,0 86,9 58,7 34 Sédhiou 68,4 79,3 63,9 448 73,0 76,1 65,1 120 Niveau d’instruction Sans instruction 62,7 84,4 60,2 9 079 68,5 79,1 65,1 1 632 Primaire 75,9 87,6 71,2 3 414 82,1 86,8 78,3 1 261 Secondaire ou plus 85,5 91,4 80,9 3 195 88,9 92,4 85,1 1 525 Quintile de bien- être économique Le plus pauvre 50,1 76,3 47,6 2 585 65,6 77,3 62,6 665 Second 63,2 84,9 60,4 2 805 69,3 77,5 65,5 688 Moyen 69,6 87,8 66,3 3 114 77,2 83,4 72,2 908 Quatrième 77,0 89,0 73,7 3 494 85,0 89,9 81,4 1 019 Le plus riche 83,7 91,3 79,1 3 689 90,3 94,4 87,3 1 137 Ensemble 70,2 86,5 66,8 15688 79,4 85,9 75,8 4 417 220 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles On constate que 67 % des femmes et 76 % des hommes ont déclaré que le recours à ces deux moyens pouvait réduire les risques de contracter le VIH/sida. De ces deux moyens, c’est la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté qui a été citée le plus fréquemment : 87 % des femmes et 86 % des hommes contre respectivement, 70 % et 79 % pour l’utilisation du condom. On relève également, chez les femmes comme chez les hommes, que ces deux moyens de prévention sont plus connus par ceux qui résident dans les régions de Dakar, Thiès et Ziguinchor, les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels, les femmes et les hommes de niveau secondaire ou plus, ainsi que par ceux vivant dans les ménages les plus riches. Connaissance correcte de la transmission du VIH/sida et rejet d’idées erronées Une série de propositions a été soumise aux enquêtés pour mesurer leur niveau de connaissance correcte concernant la transmission et la prévention du VIH/sida. À partir des résultats obtenus pour chaque proposition, un indicateur qui fournit ce que l’on considère ici comme étant la connaissance « approfondie » du sida a été calculé. Les résultats sont présentés aux tableaux 13.3.1 pour les femmes et 13.3.2 pour les hommes. À la question « Est-il possible qu’une personne paraissant en bonne santé ait, en fait, le virus du Sida ? », 69 % des femmes ont répondu affirmativement. Cette opinion est cependant très variable selon les caractéristiques sociodémographiques. En effet, la proportion de femmes ayant donné une réponse affirmative varie d’un minimum de 62 % chez les femmes non instruites à un maximum de 86 % chez celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire (tableau 13.3.1). On constate également un écart selon le niveau de bien-être économique du ménage, la proportion variant de 44 % dans les ménages les plus pauvres à 83 % dans les plus riches. En milieu urbain, les femmes ont été proportionnellement plus nombreuses qu’en milieu rural à connaître cet aspect du VIH (respectivement, 79 % et 60 %). L’analyse selon la région de résidence laisse apparaître aussi des écarts : ce sont dans les régions de Thiès (81 %), Dakar (80 %), de Kaolack (74 %) et de Ziguinchor (70 %) que les proportions de femmes ayant répondu affirmativement à cette question sont les plus élevées ; en revanche, dans les régions de Kédougou (43 %) Tambacounda (44 %) et de Matam (52 %), les proportions sont plus faibles. À la question de savoir si le virus du sida peut être transmis par les piqûres de moustiques, on constate que seulement 50 % des femmes ont répondu correctement, c’est-à-dire de manière négative. En outre, on note qu’en milieu rural, (39 %), parmi les femmes de 40-49 ans (45 %) et celles vivant dans les ménages les plus pauvres (29 %) et celles qui n’ont pas d’instruction (38 %), la proportion de femmes qui ont répondu correctement est encore plus faible. Les résultats mettent aussi en évidence des différences interrégionales importantes. C’est dans les régions de Sédhiou (33 %), Kédougou (34 %) et Kolda (35 %) que les pourcentages de femme possédant l’information correcte sont les plus faibles contre 67 % dans la région de Dakar. En ce qui concerne la transmission par sorcellerie ou par des moyens surnaturels, les résultats montrent que près de neuf femmes sur dix (88 %) sont bien informées puisqu’elles ont répondu par la négative à cette question. C’est dans la région de Tambacounda que cette proportion est la plus faible (63 %). À la question, «Est-ce qu’on peut contacter le virus du sida en partageant les repas avec une personne atteinte du Sida ? », 77 % des femmes ont rejeté cette idée erronée. Néanmoins, parmi les femmes des ménages les plus pauvres, cette proportion n’est que de 50 %. On constate également de grandes différences entre les régions. C’est dans la région de Tambacounda (44 %) que les proportions de femmes rejetant cette idée erronée est la plus faible. Les deux idées locales erronées qui ont été les plus couramment citées par les femmes sont la transmission du virus par les piqûres de moustiques (50 %) et le partage des repas avec un séropositif (77 %). Le tableau 13.3.1 présente également les proportions de femmes qui rejettent ces deux idées et qui savent aussi qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida. Globalement, on constate que seules 38 % des femmes possèdent ces bonnes informations. Ce pourcentage varie peu avec l’âge mais par contre, il est nettement plus élevé VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 221 en milieu urbain (50 %) qu’en milieu rural (26 %) et il est aussi très variable d’une région à l’autre (de 14 % à Tambacounda et 15 % à Kédougou à 56 % à Dakar). Par ailleurs, ce niveau de connaissance correcte augmente avec le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique. Enfin, dans ce tableau, sont présentés les proportions de femmes qui ont une connaissance considérée comme « approfondie » du VIH/sida. Sont ainsi définies les femmes qui savent qu'on peut réduire le risque d’infection du virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, qui rejettent les deux idées erronées les plus courantes (définies précédemment) à propos de la transmission du sida, et qui savent aussi qu'une personne Tableau 13.3.1 Connaissance « approfondie » du sida : Femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant déclaré qu'une personne paraissant en bonne santé pouvait avoir le virus du sida et qui, en réponse à des questions déterminées, rejettent, de manière correcte, les idées locales erronées sur la transmission ou la prévention du virus du Sida et pourcentage ayant une connaissance considérée comme complète du sida selon certaines caractéristiques sociodémographiques. EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Pourcentage des femmes qui savent que : Pourcentage rejetant les 2 idées erronées les plus courantes et sachant qu’une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida 1 Caractéristique sociodémographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le sida ne peut pas être transmis par les moustiques Le sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d’une personne qui a le sida Pourcentage ayant une connaissance « approfondie » du sida2 Effectif de femmes Groupe d’âges 15-24 67,9 50,9 86,5 77,4 38,3 30,7 6 648 15-19 64,4 49,1 84,2 75,1 35,4 27,3 3 429 20-24 71,6 52,9 89,0 79,9 41,5 34,4 3 220 25-29 69,8 50,7 88,9 77,4 39,5 32,4 2 746 30-39 71,9 49,7 89,0 77,4 39,2 32,6 3 966 40-49 68,3 45,0 86,3 72,8 34,5 28,1 2 328 État matrimonial Célibataire 71,9 58,6 90,4 82,8 45,8 36,7 4 585 A déjà eu des rapports sexuels 77,1 55,9 91,5 83,8 45,4 35,4 624 N’a jamais eu de rapports sexuels 71,1 59,0 90,3 82,7 45,8 36,9 3 960 En union 67,7 45,6 86,1 73,9 34,5 28,5 10 347 En rupture d’union 75,7 51,3 89,7 79,1 43,1 33,1 757 Milieu de résidence Urbain 78,8 61,2 93,5 86,8 50,3 42,0 7 738 Rural 60,1 38,5 81,7 67,0 26,4 20,5 7 950 Région Dakar 80,3 66,6 94,6 87,2 55,9 45,8 4 078 Ziguinchor 70,2 51,8 89,7 76,2 39,1 32,6 581 Diourbel 62,6 41,1 89,3 82,7 28,8 23,0 1 851 Saint-Louis 59,1 46,7 83,8 74,9 29,6 23,4 1 034 Tambacounda 43,5 25,8 62,9 43,7 14,4 11,3 725 Kaolack 73,8 44,6 88,6 75,7 33,1 23,7 1 172 Thiès 80,9 52,0 95,0 87,6 44,2 38,7 2 030 Louga 69,1 45,2 86,1 73,4 34,0 27,1 1 130 Fatick 66,0 40,6 86,6 71,8 29,2 22,6 717 Kolda 57,0 35,4 75,3 57,6 23,3 18,7 640 Matam 52,1 38,5 76,0 62,9 22,9 16,8 595 Kaffrine 61,2 56,9 80,2 67,7 47,6 39,9 572 Kédougou 42,6 34,0 79,3 49,7 15,3 10,4 115 Sédhiou 60,1 33,0 75,0 49,8 20,5 17,3 448 Niveau d’instruction Aucun 61,5 38,0 82,7 68,6 26,4 20,6 9 079 Primaire 74,8 56,3 92,2 83,6 43,2 35,2 3 414 Secondaire ou plus 85,7 75,8 96,4 92,5 66,4 56,4 3 195 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 44,4 29,1 70,1 49,8 15,5 11,5 2 585 Second 63,9 40,4 83,0 67,6 28,1 21,1 2 805 Moyen 69,8 45,1 89,6 79,6 33,8 27,1 3 114 Quatrième 77,4 55,3 92,6 84,8 44,9 37,1 3 494 Le plus riche 82,8 69,8 96,7 92,6 59,2 50,0 3 689 Ensemble 69,3 49,7 87,5 76,7 38,2 31,1 15 688 1 Les deux idées erronées les plus couramment citées ont été : la transmission par les moustiques et le partage des repas avec une personne qui a le sida. 2 Sont considérés comme ayant une connaissance « approfondie », les femmes qui déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels avec un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, qui rejettent les idées locales erronées les plus courantes à propos de la transmission du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut néanmoins avoir le virus du sida. 222 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles paraissant en bonne santé peut néanmoins avoir le virus du sida. Environ trois femmes sur dix (31 %) peuvent être considérées comme ayant une connaissance correcte du sida. Ici également, le niveau de connaissance est particulièrement faible dans les régions de Kédougou (10 %) et Tambacounda (11 %). Il est nettement plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (42 % contre 21 %), dans la région de Dakar (46 %), chez les femmes de niveau secondaire ou plus (56 % contre 35 % chez celles de niveau primaire et seulement 21 % chez celles sans instruction). Cette proportion de femmes ayant une connaissance « approfondie »du sida augmente régulièrement avec le niveau de bien-être économique du ménage : elle passe de 12 % chez les plus pauvres à 27 % dans les ménages du quintile moyen et à un maximum de 50 % dans les ménages les plus riches. .Le tableau 13.3.2 présente les mêmes résultats pour les hommes. Globalement, on ne constate pas d’écart très important entre les hommes et les femmes. Tableau 13.3.2 Connaissance « approfondie » du sida : Hommes Pourcentage d'hommes de 15-49 ans ayant déclaré qu'une personne paraissant en bonne santé pouvait avoir le virus du sida et qui, en réponse à des questions déterminées, rejettent, de manière correcte, les idées locales erronées sur la transmission ou la prévention du virus du sida et pourcentage ayant une connaissance considérée comme complète du Sida selon certaines caractéristiques sociodémographiques. EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Pourcentage d’hommes qui savent que : Pourcentage rejetant les 2 idées erronées les plus courantes et sachant qu’une personne paraissant en bonne santé peut avoir le sida1 Caractéristique sociodémographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le sida ne peut pas être transmis par les moustiques Le sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas Pourcentage ayant une connaissance « approfondie »du sida2 Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 66,1 52,2 84,2 74,0 37,9 32,5 2 067 15-19 61,6 50,6 80,6 69,8 36,8 30,7 1 170 20-24 71,8 54,2 88,8 79,5 39,4 34,9 897 25-29 73,0 53,0 90,6 78,4 42,1 35,8 701 30-39 80,0 55,6 93,0 83,0 46,8 40,1 983 40-49 73,1 53,1 87,6 79,4 43,2 38,4 666 État matrimonial Célibataire 70,2 55,0 86,4 76,6 42,0 36,3 2 738 A déjà eu des rapports sexuels 77,4 60,6 91,8 82,4 46,7 41,0 1 066 N’a jamais eu des rapports sexuels 65,6 51,5 83,0 72,8 39,0 33,3 1 672 En union 73,1 50,6 89,5 78,7 40,4 34,4 1 609 En rupture d’union 75,8 41,7 95,1 85,8 37,7 36,0 71 Milieu de résidence Urbain 80,7 62,8 94,0 86,4 52,9 46,6 2 467 Rural 59,5 41,0 79,7 66,3 26,8 21,7 1 951 Région Dakar 83,1 64,6 95,6 86,1 55,8 50,5 1 381 Ziguinchor 82,8 58,9 94,2 80,2 50,5 42,0 210 Diourbel 70,2 37,2 74,4 66,9 31,6 27,1 354 Saint-Louis 64,2 48,8 83,9 75,9 36,3 22,8 266 Tambacounda 59,2 50,6 82,7 77,2 35,8 22,8 214 Kaolack 74,0 48,8 87,2 72,3 38,3 33,5 317 Thiès 67,5 56,7 85,0 79,5 42,2 38,0 565 Louga 56,6 39,5 74,4 75,0 24,6 18,9 262 Fatick 52,7 56,2 87,7 81,8 33,9 31,4 204 Kolda 60,1 53,2 92,5 74,7 32,9 30,0 198 Matam 56,9 34,6 83,0 62,3 20,6 16,5 152 Kaffrine 86,0 30,2 85,8 57,5 26,6 26,3 141 Kédougou 61,9 50,4 90,0 62,8 35,7 22,7 34 Sédhiou 52,8 44,8 83,5 63,2 20,9 15,9 120 Niveau d’instruction Aucun 59,8 36,8 79,3 64,5 24,3 19,3 1 632 Primaire 71,0 50,9 89,1 77,6 37,4 31,3 1 261 Secondaire ou plus 83,9 72,7 95,5 91,3 62,9 56,6 1 525 Quintile de bien–être économique Le plus pauvre 53,7 35,8 77,5 61,1 21,3 16,3 665 Second 57,7 40,0 77,0 61,5 25,9 20,5 688 Moyen 70,5 49,4 88,2 78,5 35,5 29,1 908 Quatrième 77,8 58,4 91,5 84,7 48,0 42,0 1 019 Le plus riche 84,7 69,7 96,2 89,5 61,2 55,5 1 137 Ensemble 71,3 53,2 87,7 77,5 41,4 35,6 4 417 1 Les deux idées erronées les plus couramment citées ont été : la transmission par les moustiques et le partage des repas avec une personne qui a le sida. 2 Sont considérés comme ayant une connaissance « approfondie », les hommes qui déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels avec un/e seul/e partenaire fidèle et qui n'est pas infecté/e, qui rejettent les idées locales erronées les plus courantes à propos de la transmission du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut néanmoins avoir le virus du sida. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 223 En résumé, 36 % des hommes ont une connaissance correcte de la transmission du sida, soit plus de 4 points de pourcentage que les femmes. En outre, comme chez les femmes, ce sont ceux qui résident en milieu urbain (47 % contre 22 % en rural), ceux qui vivent dans les ménages les plus riches (56 % contre 16 % dans les plus pauvres) et les plus instruits (57 % contre 19 % parmi ceux sans instruction) qui possèdent le plus fréquemment les informations correctes sur la transmission et la prévention du VIH/sida. Connaissance de la transmission mère-enfant Au cours de l’enquête, on a demandé à tous les enquêtés s’ils savaient que le virus qui cause le sida pouvait être transmis de la mère à son enfant par l’allaitement. En outre, on a demandé à tous les enquêtés s’ils connaissaient des médicaments spéciaux qu’une mère pouvait prendre durant la grossesse pour réduire le risque de transmission maternel du virus du sida. Le tableau 13.4 présente les résultats. Dans une proportion égale (54 %), les femmes et les hommes ont déclaré qu’ils savaient que le virus du sida pouvait se transmettre pendant l’allaitement. Cette proportion ne varie pas de manière importante, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes. Le dernier indicateur porte sur la connaissance de l’existence de médicaments spéciaux pouvant réduire le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant. Une femme sur deux (50 %) et près de deux hommes sur cinq (39 %) ont déclaré que le risque de transmission maternelle du VIH à l’enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par une mère infectée. Globalement, 37 % des femmes et 28 % des hommes ont déclaré connaître la voie de transmission du virus par l’allaitement et la possibilité de réduction du risque de transmission maternel par la prise de médicaments spéciaux par la mère. Chez les plus instruits, cette proportion atteint 43 % chez les femmes et 35 % chez les hommes. 224 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 13.4 Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant Pourcentage de femmes et d'hommes qui savent que le VIH peut être transmis de la mère à l'enfant par l'allaitement et que le risque de transmission maternelle du VIH à l'enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère durant la grossesse selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Femme Hommes Caractéristique sociodémographique Le VIH peut être transmis en allaitant Le risque de transmission maternelle du VIH à l'enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère Le VIH peut être transmis en allaitant et le risque de transmission maternelle peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux Effectif de femmes Le VIH peut être transmis en allaitant Le risque de transmission maternelle du VIH à l'enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère Le VIH peut être transmis en allaitant et le risque de transmission maternelle peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 51,7 47,8 35,0 6 648 52,9 36,9 27,8 2 067 15-19 50,2 44,8 32,5 3 429 49,8 32,6 24,3 1 170 20-24 53,4 51,0 37,7 3 220 56,9 42,5 32,3 897 25-29 52,8 54,0 38,0 2 746 56,3 39,8 29,3 701 30-39 55,9 52,8 39,0 3 966 53,4 44,6 28,9 983 40-49 57,6 47,6 36,9 2 328 52,8 39,3 24,8 666 État matrimonial Célibataire 49,9 50,6 34,5 4 585 53,3 39,0 29,1 2 738 A déjà eu des rapports sexuels 50,7 58,5 36,2 624 59,0 45,4 35,4 1 066 N’a jamais eu de rapports sexuels 49,8 49,3 34,2 3 960 49,7 34,9 25,1 1 672 En union 55,5 49,8 37,8 10 347 53,8 39,0 25,1 1 609 En rupture d’union 55,1 51,4 37,1 757 55,2 66,2 38,4 71 Enceinte Enceinte 54,6 49,1 37,6 1 208 na na- na- na Non enceinte ou pas sure 53,8 50,2 36,8 14 480 na na- na- na Milieu de résidence Urbain 53,2 58,6 39,6 7 738 55,0 46,7 32,9 2 467 Rural 54,5 41,9 34,1 7 950 51,6 30,2 21,4 1 951 Région Dakar 53,6 63,1 39,7 4 078 56,4 47,7 33,1 1 381 Ziguinchor 57,0 52,2 40,8 581 48,6 40,2 26,5 210 Diourbel 57,1 45,9 37,8 1 851 53,6 26,2 21,5 354 Saint-Louis 51,3 45,4 31,6 1 034 50,3 32,7 22,2 266 Tambacounda 45,0 23,3 20,9 725 58,8 25,8 18,9 214 Kaolack 59,8 53,5 39,6 1 172 48,8 44,6 23,1 317 Thiès 47,3 47,2 35,4 2 030 44,8 40,0 26,7 565 Louga 55,2 47,5 36,1 1 130 49,2 32,6 24,2 262 Fatick 52,8 48,7 34,0 717 57,2 38,6 30,6 204 Kolda 57,1 39,7 36,3 640 54,4 35,4 29,7 198 Matam 52,2 38,8 35,4 595 58,9 31,4 25,7 152 Kaffrine 53,0 52,7 41,9 572 63,3 46,0 35,6 141 Kédougou 60,0 29,6 24,3 115 58,3 34,3 26,6 34 Sédhiou 68,2 46,7 44,1 448 62,3 31,8 28,6 120 Niveau d’instruction Aucun 54,3 42,9 34,7 9 079 52,1 28,3 21,1 1 632 Primaire 52,1 54,8 37,0 3 414 55,9 37,5 28,2 1 261 Secondaire ou plus 54,5 65,7 42,8 3 195 53,1 52,9 34,6 1 525 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 51,3 30,5 26,8 2 585 53,4 21,9 16,6 665 Second 57,5 45,2 36,8 2 805 51,2 31,6 22,6 688 Moyen 54,2 48,7 37,1 3 114 50,9 38,3 25,9 908 Quatrième 54,1 56,7 41,1 3 494 58,2 43,8 31,8 1 019 Le plus riche 52,3 62,6 39,6 3 689 52,9 51,4 35,5 1 137 Ensemble 53,8 50,1 36,8 15 688 53,5 39,4 27,8 4 417 na = non applicable VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 225 13.2 STIGMATISATION ENVERS LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH/SIDA La stigmatisation et la discrimination représentent des obstacles majeurs à l’accès universel aux programmes de prévention et de traitement. Pour évaluer, le niveau de stigmatisation à l’égard des personnes malades du sida, on a demandé aux femmes et aux hommes qui avaient entendu parler de la maladie quelle attitude ils adopteraient s’ils se trouvaient confrontés à certaines situations impliquant des personnes vivant avec le VIH/sida. Plus précisément, on a cherché à savoir si les enquêtés seraient prêts à s’occuper chez eux d’un parent vivant avec le VIH ou s’ils achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH. On leur a également demandé, si de leur point de vue, une enseignante vivant avec le VIH devrait être autorisée à continuer d’exercer et si l’état de santé d’un membre de la famille atteint de sida devrait être gardé secret ou divulgué. À partir de ces résultats, on a défini un indicateur qui évalue le niveau global de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH/sida. Les résultats sont présentés au tableau 13.5.1 pour les femmes et au tableau 13.5.2 pour les hommes. Selon les résultats du tableau 13.5.1, 83 % des femmes de 15 à 49 ans seraient prêtes à s’occuper chez elles d’un membre de la famille ayant contracté le VIH. Dans une proportion plus faible (49 %), les femmes ont déclaré qu’elles achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH ; pour 59 % des femmes, une enseignante vivant avec le VIH et qui n’est pas malade devrait être autorisée à continuer d’enseigner ; enfin, on constate que seulement 17 % des femmes pensent qu’il n’est pas nécessaire de garder secret l’état d’un membre de la famille vivant avec le VIH. Globalement, seulement 4 % des femmes ont exprimé les quatre attitudes de tolérance. Bien que la proportion de femmes qui feraient preuve de tolérance dans les quatre situations soit faible, on note certaines variations selon les caractéristiques sociodémographiques. Il semble que les femmes qui vivent en milieu urbain (6 % contre 2 % en rural), celles qui ont un niveau d’instruction au moins secondaire (7 % contre 2 % pour celles sans instruction) et celles qui vivent dans un ménage du quintile le plus riche (7 % contre 1 % dans les ménages du quintile le plus pauvre) se montreraient plus tolérantes que les autres si elles se trouvaient confrontées aux quatre situations citées. Les résultats selon les régions montrent que c’est à Dakar que la proportion de femmes qui feraient preuve de tolérance dans les quatre situations citées est la plus élevée (7 % contre 1 % dans celle de Sedhiou et moins d’un pour cent (0,8 %) dans celle de Kaffrine). Le tableau 13.5.2 présente les mêmes informations concernant les hommes. On ne note pas d’écart très important avec les femmes: Seule la proportion d’hommes qui seraient prêts à s’occuper chez eux d’un parent vivant avec le VIH est plus élevée que chez les femmes (92 % contre 83 %). Globalement, 5 % des hommes de 15-49 ans contre 4 % des femmes ont exprimé les quatre attitudes de tolérance. En outre, comme chez les femmes, les comportements tolérants sont, dans l’ensemble, plus fréquents en milieu urbain (7 % contre 1 % en milieu rural), chez les hommes les plus instruits (9 % contre 3 % chez ceux ayant un niveau primaire et 2 % chez ceux sans instruction) et chez ceux des ménages classés dans le quintile le plus riche (8 % contre 1 % dans les ménages classés dans le second quintile). Enfin, à la différence des femmes, on constate que c’est dans la région de Kaolack que la proportion d’hommes qui se comporteraient de manière tolérante dans les quatre situations citées est la plus faible (0,5 %) et c’est dans celle de Ziguinchor qu’elle est la plus élevée (9 %). D’une manière générale, les résultats montrent que le degré de tolérance total est relativement faible au Sénégal, seulement 4 % des femmes et 5 % des hommes ayant exprimé une attitude de tolérance vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH. 226 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 13.5.1 Attitudes de tolérance à l'égard des personnes vivant avec le VIH: Femmes Parmi les femmes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, pourcentage exprimant des attitudes de tolérance, dans des situations déterminées, à l'égard des personnes vivant avec le VIH, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. EDS-MICS, Sénégal 2010- 2011 Pourcentage d'enquêtées qui: Caractéristique sociodémographique Seraient prêtes à s'occuper chez elle d'un parent vivant avec le VIH Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH Pensent qu’une enseignante vivant avec le VIH devrait être autorisée à continuer d'enseigner Pensent qu'il n'est pas nécessaire de garder secret l'état d'un membre de la famille vivant avec le VIH Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif de femmes ayant entendu parler du VIH/sida Groupe d’âges 15-24 84,5 50,5 59,4 15,7 4,0 6 307 15-19 83,0 47,2 57,7 15,9 3,9 3 219 20-24 86,1 53,9 61,2 15,4 4,2 3 088 25-29 83,5 52,1 61,6 17,8 4,8 2 622 30-39 81,9 47,7 59,9 17,8 3,5 3 816 40-49 79,3 40,9 54,2 19,4 3,2 2 203 État matrimonial Célibataire 88,4 59,6 67,4 13,4 5,0 4 417 A déjà eu des rapports sexuels 89,7 62,2 69,1 15,9 5,5 603 N’a jamais eu de rapports sexuels 88,2 59,1 67,1 13,0 4,9 3 814 En union 80,2 43,5 55,4 18,9 3,3 9 810 En rupture d’union 85,7 51,5 60,7 16,3 5,5 721 Milieu de résidence Urbain 91,3 64,2 74,6 12,7 5,5 7 588 Rural 74,3 32,7 43,2 21,8 2,2 7 360 Région Dakar 92,2 68,7 75,6 12,5 6,8 4 006 Ziguinchor 84,4 50,9 65,0 16,1 2,9 563 Diourbel 77,2 42,5 49,6 17,9 3,2 1 782 Saint-Louis 80,0 49,1 59,5 19,3 4,5 1 000 Tambacounda 62,7 18,3 25,8 42,0 2,7 679 Kaolack 71,4 38,2 48,8 15,2 2,2 1 126 Thiès 92,7 56,4 71,8 11,4 2,6 1 996 Louga 83,2 42,6 52,2 18,7 4,4 1 048 Fatick 89,1 42,2 56,7 11,4 2,2 661 Kolda 68,7 26,7 39,9 33,6 2,8 543 Matam 78,9 29,6 50,2 17,3 2,2 551 Kaffrine 75,4 36,2 44,7 11,1 0,8 485 Kédougou 63,1 16,6 32,5 47,0 3,3 106 Sédhiou 66,8 19,7 36,6 30,8 1,2 404 Niveau d’instruction Aucune 76,9 35,1 47,6 19,9 2,4 8 457 Primaire 88,3 59,6 66,9 15,1 5,1 3 316 Secondaire ou plus 93,2 73,4 81,9 12,1 6,9 3 174 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 63,7 16,9 27,8 32,8 1,4 2 241 Second 73,0 30,6 41,6 21,0 2,5 2 621 Moyen 84,6 46,5 60,3 14,0 2,9 3 022 Quatrième 90,5 60,9 71,5 12,3 4,3 3 404 Le plus riche 93,3 71,5 78,6 12,0 7,0 3 659 Ensemble 82,9 48,7 59,2 17,2 3,9 14 948 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 227 Tableau 13.5.2 Attitudes de tolérance à l'égard des personnes vivant avec le VIH: Hommes Parmi les hommes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, pourcentage exprimant des attitudes de tolérance, dans des situations déterminées, à l'égard des personnes vivant avec le VIH, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Pourcentage d'enquêtés qui: Caractéristique sociodémographique Seraient prêts à s'occuper chez eux d'un parent vivant avec le VIH Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH Pensent qu’une enseignante vivant avec le VIH devrait être autorisée à continuer d'enseigner Pensent qu'il n'est pas nécessaire de garder secret l'état d'un membre de la famille vivant avec le VIH Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif d’hommes ayant entendu parler du VIH/sida Groupe d’âges 15-24 90,8 40,1 51,5 19,2 5,0 1 965 15-19 88,2 36,9 47,4 19,3 5,2 1 086 20-24 93,9 44,1 56,6 19,0 4,7 880 25-29 92,2 43,1 59,1 18,3 4,3 693 30-39 93,7 49,5 60,5 18,2 5,0 975 40-49 93,3 46,9 55,8 18,1 4,5 655 État matrimonial Célibataire 92,1 43,5 56,5 18,3 5,7 2 635 A déjà eu des rapports sexuels 94,8 47,3 60,6 19,8 7,7 1 054 N’a jamais eu de rapports sexuels 90,3 41,0 53,7 17,4 4,3 1 581 En union 91,9 44,2 53,6 18,6 3,2 1 584 En rupture d’union 92,3 43,8 58,1 31,3 8,0 69 Milieu de résidence Urbain 95,3 55,5 66,9 18,6 7,3 2 455 Rural 87,7 28,0 40,0 18,7 1,5 1 833 Région Dakar 97,6 56,9 68,3 19,4 8,0 1 376 Ziguinchor 92,4 45,2 52,5 24,6 8,9 207 Diourbel 93,7 43,7 53,2 15,4 1,5 311 Saint-Louis 85,4 48,2 57,9 18,4 6,2 256 Tambacounda 78,7 24,3 46,5 14,7 1,4 204 Kaolack 94,5 34,4 51,3 8,2 0,5 313 Thiès 91,4 49,0 57,8 14,7 4,5 550 Louga 93,6 34,3 47,8 13,2 2,0 244 Fatick 93,0 33,9 45,8 6,3 1,5 200 Kolda 85,9 26,9 39,7 33,8 4,1 192 Matam 84,4 29,1 43,2 29,9 4,3 149 Kaffrine 84,5 29,3 39,0 26,3 1,9 137 Kédougou 79,0 22,4 28,4 52,7 4,9 34 Sédhiou 84,1 16,7 25,5 35,4 1,6 115 Niveau d’instruction Aucun 88,5 27,7 40,7 19,3 2,0 1 544 Primaire 91,5 40,9 53,6 17,4 3,4 1 227 Secondaire ou plus 96,1 62,4 72,0 19,0 8,8 1 517 Quintile de bien–être économique Le plus pauvre 82,5 18,0 29,5 24,3 1,7 613 Second 87,5 24,8 37,5 17,8 1,3 648 Moyen 91,6 41,0 56,5 16,6 4,1 889 Quatrième 94,2 53,6 62,7 17,9 6,1 1 003 Le plus riche 98,3 61,9 72,4 18,3 7,9 1 134 Ensemble 92,1 43,8 55,4 18,6 4,8 4 288 13.3 OPINIONS CONCERNANT LA PRÉVENTION DES IST ET DU VIH Négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint Les femmes sont plus exposées que les hommes au risque de contracter le VIH. Cette vulnérabilité physiologique et biologique au virus du sida est d’autant plus grave que pour la majorité des femmes, l’accès à l’information, à l’instruction et aux services de santé de la reproduction est limité, ce qui peut, entre autre, avoir pour conséquence d’entamer leur capacité de négociation au moment des rapports sexuels. Au cours de l’enquête, on a d’une part demandé aux femmes et aux hommes s’ils pensaient que, dans un couple où le mari/partenaire avait des relations sexuelles avec une autre femme, il était justifié que la femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui et 228 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles d’autre part si, dans le cas où la femme sait que son mari/partenaire a une IST, elle peut demander à ce dernier d’utiliser un condom. Les résultats sont présentés pour les femmes et les hommes au tableau 13.6. Dans une proportion un peu plus élevée que celle des hommes (66 % contre 58 %), les femmes pensent qu’il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint quand elle sait qu’il a des rapports sexuels avec d’autres femmes. Les femmes ayant un niveau au moins secondaire (72 % contre 63 % chez les femmes sans instruction), celles vivant dans un ménage classé dans le quintile le plus riche (72 % contre 60 % dans le plus pauvre) et celles des régions de Tambacounda et Thiès (74 % dans les deux cas) sont celles qui ont le plus fréquemment exprimé cette opinion. Tableau 13.6 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans qui pensent qu'il est justifié qu'une femme refuse d'avoir des rapports sexuels avec son conjoint quand elle sait qu'il a des relations sexuelles avec d'autres femmes et pourcentage qui pensent qu'il est justifié qu'une femme qui sait que son conjoint a une Infection Sexuellement Transmissible (IST) demande à utiliser un condom au cours des rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Refuse d'avoir des rapports sexuels avec son conjoint si elle sait qu'il a des relations sexuelles avec d'autres femmes Demande à son conjoint d'utiliser un condom au cours des rapports sexuels si elle sait qu'il a une IST Effectif de femmes Refuse d'avoir des rapports sexuels avec son conjoint si elle sait qu'il a des relations sexuelles avec d'autres femmes Demande à son conjoint d'utiliser un condom au cours des rapports sexuels si elle sait qu'il a une IST Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 65,3 75,7 6 648 54,3 69,8 2 067 15-19 63,4 72,1 3 429 53,4 63,8 1 170 20-24 67,2 79,6 3 220 55,3 77,7 897 25-29 66,1 80,9 2 746 60,3 81,8 701 30-39 67,1 82,2 3 966 63,1 87,5 983 40-49 64,6 80,1 2 328 56,7 84,9 666 État matrimonial Célibataire 65,9 77,6 4 585 56,6 73,9 2 738 A déjà eu de rapports sexuels 67,2 89,2 624 61,7 81,8 1 066 N’a jamais eu de rapports sexuels 65,7 75,8 3 960 53,3 68,9 1 672 En union 65,5 79,2 10 347 58,9 84,2 1 609 En rupture d’union 69,1 82,8 757 64,3 90,8 71 Résidence Urbain 67,6 85,8 7 738 60,4 82,2 2 467 Rural 64,1 72,2 7 950 53,9 72,5 1 951 Région Dakar 65,9 87,1 4 078 67,8 85,4 1 381 Ziguinchor 55,8 84,5 581 57,7 84,6 210 Diourbel 68,6 78,8 1 851 59,2 73,0 354 Saint-Louis 67,5 75,5 1 034 53,8 68,2 266 Tambacounda 73,7 68,0 725 74,3 86,8 214 Kaolack 59,5 76,1 1 172 71,4 77,0 317 Thiès 74,0 82,3 2 030 27,9 72,3 565 Louga 64,8 71,5 1 130 50,9 64,6 262 Fatick 63,4 81,4 717 44,8 73,2 204 Kolda 58,9 72,4 640 48,9 68,3 198 Matam 67,4 62,1 595 58,6 72,0 152 Kaffrine 53,2 62,3 572 81,9 91,9 141 Kédougou 66,1 77,7 115 52,7 79,8 34 Sédhiou 57,9 82,8 448 38,7 72,9 120 Niveau d’instruction Aucun 63,3 74,0 9 079 51,5 73,1 1 632 Primaire 66,4 82,8 3 414 55,7 75,4 1 261 Secondaire ou plus 72,3 88,7 3 195 65,5 85,2 1 525 Quintile de bien–être économique Le plus pauvre 60,2 65,0 2 585 57,5 71,2 665 Second 63,9 73,4 2 805 50,0 70,8 688 Moyen 64,7 77,7 3 114 53,5 76,6 908 Quatrième 66,1 84,1 3 494 56,3 78,3 1 019 Le plus riche 71,6 88,9 3 689 66,5 86,9 1 137 Ensemble 65,8 78,9 15 688 57,6 77,9 4 417 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 229 En ce qui concerne les hommes, on ne note pas de variations importantes de cette proportion. Quelle que soit la catégorie sociodémographique, la proportion d’hommes pour lesquels il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint quand elle sait qu’il a des rapports sexuels avec d’autres femmes est toujours un peu plus faible que chez les femmes. Par ailleurs, 79 % des femmes et 78 % des hommes pensent qu’il est normal qu’une femme qui sait que son mari/partenaire a une IST lui demande d’utiliser un condom au cours des rapports sexuels. Globalement, on constate que les femmes qui pensent le plus fréquemment qu’il est justifié que, dans cette situation, une femme cherche à se protéger appartiennent aux mêmes catégories que celles qui pensent qu’il est justifié de se protéger quand leur mari/partenaire a des rapports sexuels avec d’autres femmes. Cette constatation s’applique également aux hommes. Enseignement de l’utilisation du condom aux jeunes de 12-14 ans L’utilisation du condom, en tant que moyen de prévention du VIH, aux jeunes de 12-14 ans est une composante de toute stratégie de maitrise de l’épidémie. Le tableau 13.7 présente les proportions de femmes et d’hommes de 18-49 ans qui pensent que l’on devrait enseigner l’utilisation du condom, en tant que moyen de prévention du VIH, aux jeunes de 12-14 ans. Globalement, les résultats montrent que dans une proportion très proche, les femmes et les hommes (42 % contre 43 %) sont favorables à cette mesure de prévention. Les variations ne sont pas très importantes. En milieu urbain, parmi ceux et celles ayant un niveau secondaire ou plus et parmi ceux des ménages classés dans le quintile le plus riche, les proportions favorables à cette mesure de prévention sont néanmoins plus élevées qu’ailleurs. 13.4 RAPPORTS SEXUELS MULTIPLES ET UTILISATION DU CONDOM Étant donné que la transmission du virus du sida se fait essentiellement par voie sexuelle, il est admis que l’infléchissement de l’épidémie du sida passe nécessairement par un changement de comportement sexuel des hommes et des femmes. Pour évaluer l’exposition au risque de contracter le virus du sida, des questions ont été posées sur le nombre de partenaires sexuels au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, et sur l’utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels. Les résultats à ces questions sont présentés au tableau 13.8.1 pour les femmes et tableau 13.8.2 pour les hommes. Tableau 13.7 Adultes favorables à l'enseignement de l'utilisation du condom en tant que moyen de prévention du sida Pourcentage de femmes et d'hommes de 18-49 ans qui pensent que l'on devrait enseigner aux jeunes de 12-14 ans l'utilisation du condom comme moyen de prévention du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. EDS- MICS, Sénégal 2010-2011 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage favorable Effectif de femmes Pourcentage favorable Effectif d’hommes Groupe d’âges 18-24 44,9 4 676 47,9 1 328 18-19 46,3 1 456 47,9 431 20-24 44,3 3 220 47,9 897 25-29 43,1 2 746 45,9 701 30-39 41,3 3 966 40,6 983 40-49 34,9 2 328 36,1 666 État matrimonial Célibataire 49,8 2 946 49,8 2 000 En union 39,2 10 027 35,7 1 608 En rupture d’union 44,6 743 37,5 71 Milieu de résidence Urbain 48,1 6 813 45,9 2 112 Rural 35,6 6 903 40,1 1 566 Région Dakar 50,5 3 669 45,9 1 228 Ziguinchor 61,9 494 55,8 180 Diourbel 33,3 1 600 51,2 254 Saint-Louis 38,9 904 27,4 215 Tambacounda 24,1 618 36,9 177 Kaolack 47,6 1 012 39,4 251 Thiès 37,4 1 772 38,0 463 Louga 40,6 969 56,2 216 Fatick 46,8 631 38,2 163 Kolda 45,9 557 48,1 163 Matam 27,5 519 36,9 128 Kaffrine 20,9 487 37,5 115 Kédougou 43,2 98 45,8 29 Sédhiou 43,1 386 39,4 98 Niveau d’instruction Aucun 34,9 8 343 34,7 1 452 Primaire 50,1 2 951 43,7 1 050 Secondaire ou plus 55,3 2 422 53,9 1 176 Quintile de bien–être économique Le plus pauvre 30,8 2 259 38,3 548 Second 36,7 2 429 35,6 544 Moyen 41,4 2 650 44,5 724 Quatrième 45,9 3 078 45,6 848 Le plus riche 49,6 3 300 47,8 1 015 Ensemble 41,8 13 716 43,4 3 678 230 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Multiplicité des partenaires sexuels et utilisation du condom Le multipartenariat dans les rapports sexuels accroît le risque d’IST et, en particulier, le risque de contracter le VIH. Ce risque est d’autant plus important que l’utilisation du condom comme moyen de prévention est faible. Très peu de femmes sexuellement actives ont déclaré avoir eu deux partenaires ou plus au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête (0,5 %). En outre, d’après les déclarations des femmes, le nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie est estimé à 1,4. Il atteint un maximum de 2,0 parmi les femmes de la région de Ziguinchor (tableau 13.8.1). Tableau 13.8.1 Partenaires sexuels multiples: Femme Parmi toutes les femmes de 15-49 ans, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec plus d'un partenaire sexuel au cours des 12 derniers mois et nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie pour les femmes ayant déjà eu des rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Toutes les femmes Parmi les femmes qui ont déjà eu des rapports sexuels1: Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu plus de 2 partenaires sexuels durant les douze derniers mois Effectif de femmes Nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie Effectif de femmes Groupe d’âges 15-24 0,3 6 648 1,2 3 114 15-19 0,1 3 429 1,1 949 20-24 0,5 3 220 1,2 2 165 25-29 0,7 2 746 1,3 2 381 30-39 0,7 3 966 1,5 3 805 40-49 0,2 2 328 1,6 2 274 État matrimonial Célibataire 0,4 4 585 1,7 621 En union 0,5 10 347 1,3 10 198 En rupture d’union 1,3 757 1,6 755 Résidence Urbain 0,6 7 738 1,5 5 109 Rural 0,3 7 950 1,3 6 465 Région Dakar 0,7 4 078 1,5 2 689 Ziguinchor 1,9 581 2,0 430 Diourbel 0,0 1 851 1,2 1 407 Saint-Louis 0,2 1 034 1,6 739 Tambacounda 0,6 725 1,4 627 Kaolack 0,1 1 172 1,2 880 Thiès 0,4 2 030 1,1 1 408 Louga 0,1 1 130 1,2 846 Fatick 0,1 717 1,3 541 Kolda 0,8 640 1,4 557 Matam 0,6 595 1,6 497 Kaffrine 0,2 572 1,1 470 Kédougou 0,8 115 1,4 100 Sédhiou 1,3 448 1,5 385 Niveau d’instruction Aucune 0,3 9 079 1,4 7 816 Primaire 1,0 3 414 1,4 2 429 Secondaire ou plus 0,3 3 195 1,4 1 330 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,4 2 585 1,3 2 286 Second 0,5 2 805 1,4 2 276 Moyen 0,4 3 114 1,4 2 245 Quatrième 0,8 3 494 1,5 2 494 Le plus riche 0,2 3 689 1,3 2 274 Ensemble 0,5 15 688 1,4 11 575 1 Les moyennes sont calculées en excluant les enquêtées qui ont donné des réponses non é i VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 231 Les résultats présentés au tableau 13.8.2 montrent que, bien que faible, la proportion d’hommes de 15-49 ans ayant déclaré avoir eu, au moins, 2 partenaires sexuelles au cours des 12 derniers mois est nettement plus élevée que celle des femmes (8 % contre 0,3 %). Comme on pouvait s’y attendre, la proportion d’hommes ayant eu des partenaires sexuelles multiples est particulièrement élevée parmi les polygames (92 % contre 7 % parmi les monogames). On constate par ailleurs que la proportion d’hommes ayant eu plusieurs partenaires augment avec l’âge, de 4 % à 20-24 ans à 23 % à 40-49 ans ; cette proportion est aussi plus élevée chez les hommes en union que chez ceux en rupture d’union et surtout que chez les célibataires (17 % contre respectivement 10 % et 4 %), en milieu rural qu’en milieu urbain (12 % contre 6 %), parmi les hommes sans instruction (13 %) que parmi ceux qui ont fréquenté l’école (7 % parmi ceux qui ont un niveau primaire et 5 % parmi ceux qui ont un niveau secondaire ou plus) et enfin, parmi ceux dont le ménage est classé dans les deux quintiles les plus pauvres que dans les autres. Tableau 13.8.2 Partenaires sexuels multiples: Homme Parmi tous les hommes de 15-49 ans, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec plus d'une partenaire au cours des 12 derniers mois; parmi ces hommes, pourcentage ayant déclaré qu'un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels; nombre moyen de partenaires sexuelles sur la durée de vie pour les hommes ayant déjà eu des rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Parmi tous les hommes Parmi les hommes ayant eu plus de 2 partenaires sexuelles durant les douze derniers mois: Parmi les hommes qui ont déjà eu des rapports sexuels1: Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu plus de 2 partenaires sexuelles durant les douze derniers mois Effectif d’hommes Pourcentage ayant déclaré qu'un condom avait été utilisé durant les derniers rapports sexuels Effectif d’hommes Nombre moyen de partenaires sexuelles sur la durée de vie Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 2,4 2 067 48,8 50 2,7 620 15-19 1,3 1 170 * 16 2,3 218 20-24 3,9 897 (44,7) 35 2,9 402 25-29 8,6 701 52,1 60 3,9 506 30-39 11,0 983 16,9 108 3,8 877 40-49 23,1 666 2,0 154 4,9 609 État matrimonial Célibataire 3,6 2 738 64,5 99 3,5 1 030 En union 16,5 1 609 3,6 266 4,0 1 519 En rupture d’union 9,7 71 * 7 4,4 64 Type d’union Polygame 92,1 189 0,9 175 4,0 182 Non polygame 6,5 1 419 8,6 92 4,0 1 337 Célibataire/en rupture d’union 3,8 2 809 63,8 106 3,6 1 093 Milieu de résidence Urbain 6,0 2 467 35,4 149 4,0 1 474 Rural 11,5 1 951 11,0 224 3,7 1 139 Région Dakar 5,1 1 381 37,8 71 4,1 852 Ziguinchor 18,3 210 (41,0) 38 4,2 142 Diourbel 9,2 354 * 33 2,6 153 Saint-Louis 8,7 266 * 23 3,4 130 Tambacounda 11,6 214 (27,5) 25 6,0 158 Kaolack 10,6 317 (4,3) 34 1,8 141 Thiès 3,4 565 * 19 3,6 305 Louga 6,9 262 * 18 2,3 146 Fatick 6,7 204 * 14 3,7 129 Kolda 16,7 198 (25,2) 33 4,3 145 Matam 11,7 152 (7,8) 18 5,9 110 Kaffrine 12,3 141 (2,7) 17 2,7 92 Kédougou 16,4 34 (19,7) 6 2,9 23 Sédhiou 20,2 120 23,2 24 4,1 86 Niveau d’instruction Aucun 12,9 1 632 7,0 211 3,3 1 067 Primaire 7,1 1 261 33,6 90 3,9 767 Secondaire ou plus 4,7 1 525 45,1 72 4,4 779 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 12,6 665 7,3 84 4,1 457 Second 11,4 688 12,4 79 3,4 392 Moyen 9,2 908 23,7 84 3,6 519 Quatrième 5,7 1 019 21,1 58 3,5 564 Le plus riche 6,0 1 137 43,0 68 4,3 680 Ensemble 15-49 8,4 4 417 20,7 372 3,8 2 613 50-59 34,8 512 2,1 178 4,8 462 Ensemble 15-59 11,2 4 929 14,7 550 4,0 3 074 1 Les moyennes sont calculées en excluant les enquêtés qui ont donné des réponses non numériques. ( ) Basé sur des cas non pondérés entre 25 et 49 ; * Basé sur des cas non pondérés inférieurs à 25. 232 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Parmi les hommes de 15-49 ans ayant eu des partenaires sexuelles multiples au cours des 12 derniers mois, 21 % ont déclaré avoir utilisé un condom avec la dernière partenaire. On constate que le recours au condom a été plus fréquent parmi les hommes âgés de 25-29 ans (52 %), les célibataires (65 %), ceux de niveau d’instruction secondaire ou plus (45 %) et parmi ceux vivant dans les ménages du quintile le plus riche (43 %). Prévalence ponctuelle et prévalence cumulée des partenaires sexuels concomitants Les partenaires sexuels multiples peuvent être sériels, il s’agit alors de relations sexuelles « monogames », au cours de périodes plus ou moins longues, avec plusieurs partenaires qui se succèdent, ou concomitants, il s’agit alors de relations sexuelles avec plusieurs partenaires, au cours de périodes plus ou moins longues qui se chevauchent. Deux partenaires sexuels sont considérés comme concomitants quand la date des premiers rapports sexuels avec le partenaire le plus récent se situe avant la date des derniers rapports sexuels avec le partenaire précédent. Si le fait d’avoir des partenaires sexuels multiples augmente le risque de contracter le VIH, des rapports sexuels avec des partenaires concomitants sont, en théorie, des rapports qui comportent un risque accru d’infection. En effet, ce type de relation crée de larges réseaux sexuels, c’est-à-dire des groupes de personnes indirectement liées entre elles à travers les rapports sexuels, ce qui augmentent les risques de chaque membre du groupe de contracter le VIH. Au cours de l’EDS-MICS, on a collecté des informations sur le moment auquel ont eu lieu les premiers rapports sexuels et le moment auquel ont eu lieu les rapports sexuels les plus récents avec chaque partenaire sexuel au cours des 12 derniers mois. À partir de ces informations, on a déterminé si la personne avait eu des rapports sexuels avec plusieurs partenaires au cours d’une même période, c’est-à dire si elle avait eu des partenaires sexuels concomitants. Deux indicateurs mesurent le partenariat sexuel concomitant : la prévalence ponctuelle et la prévalence cumulative. La prévalence ponctuelle des partenaires sexuels concomitants est définie comme la proportion de femmes et d’hommes de 15-49 ans ayant des rapports sexuels avec des partenaires sexuels concomitants à un moment précis (six mois avant l’enquête). La prévalence cumulative des partenaires sexuels concomitants est définie comme la proportion de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui ont eu des partenaires sexuels concomitants à n’importe quel moment au cours des 12 derniers mois. Par ailleurs, en ce qui concerne les hommes qui vivent en union polygame, les relations sexuelles avec les différentes épouses au cours d’une même période sont, par définition, considérées comme des relations concomitantes par les deux indicateurs. La prévalence ponctuelle est toujours plus faible que la prévalence cumulée parce que la prévalence ponctuelle ne porte que sur les relations en cours un jour précis et non sur une année entière, les relations sexuelles de courte durée ont donc peu de chances d’être comptabilisées, alors que toute relation concomitante, quel que soit sa durée, est comptabilisée dans la prévalence cumulative. Le tableau 13.9 montrent qu’une faible proportion d’hommes de 15-49 ans ont eu des partenaires sexuelles concomitantes : environ 5 % avaient des partenaires sexuelles concomitantes six mois avant l’enquête (prévalence ponctuelle) et 7 % ont eu des partenaires sexuelles concomitantes à n’importe quel moment au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête (prévalence cumulative). Cependant, parmi les hommes qui avaient eu des relations sexuelles avec des partenaires multiples au cours des 12 derniers mois, il s’agissait dans 84 % des cas, de partenaires sexuelles concomitantes. Comme la proportion d’hommes ayant eu des partenaires multiples, la prévalence cumulative et la prévalence ponctuelle des partenaires concomitants augmentent avec l’âge et sont plus élevées parmi les hommes en union et ceux du milieu rural que parmi les autres hommes. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 233 Tableau 13.9 Prévalence ponctuelle et prévalence cumulée des partenaires sexuelles concomitantes Pourcentage de tous les hommes de 15-49 ans ayant eu des partenaires sexuelles concomitantes six mois avant l'enquête (prévalence ponctuelle), et pourcentage de tous les hommes de 15-49 ans ayant eu des partenaires sexuelles concomitantes au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête (prévalence cumulée) et, parmi les hommes ayant eu des partenaires sexuelles multiples au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête, pourcentage ayant eu des partenaires sexuelles concomitantes, EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Parmi tous les hommes Parmi tous les hommes ayant eu des partenaires sexuelles multiples au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête Caractéristique sociodémographique Prévalence ponctuelle des partenaires sexuelles concomitantes1 Prévalence cumulée des partenaires sexuelles concomitantes2 Effectif d'hommes Pourcentage ayant eu des partenaires sexuelles concomitantes2 Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-24 1,0 1,5 2 067 63,2 50 15-19 0,7 0,8 1 170 * 16 20-24 1,4 2,5 897 (64,1) 35 25-29 2,6 5,8 701 67,7 60 30-39 6,4 9,9 983 89,7 108 40-49 18,3 21,5 666 93,0 154 État matrimonial Célibataire 1,0 2,1 2 738 58,5 99 En union 12,0 15,5 1 609 93,7 266 En rupture d’union 2,9 7,0 71 * 7 Milieu de résidence Urbain 2,6 4,1 2 467 68,5 149 Rural 8,2 10,8 1 951 94,2 224 Ensemble 15-49 5,1 7,1 4417 83,9 372 50-59 29,7 33,2 512 95,4 178 Ensemble 15-59 7,6 9,8 4 929 87,6 550 Note: Deux partenaires sexuelles sont considérés comme étant concomitantes si la date des rapports sexuels les plus récents avec la partenaire précédente se situe après la date des derniers rapports sexuels avec la dernière partenaire. 1 Le pourcentage d'hommes qui ont eu deux partenaires sexuelles (ou plus) qui étaient concomitantes à un moment précis, six mois avant l'enquête. 2 Le pourcentage d'hommes qui ont eu deux partenaires sexuelles (ou plus) qui étaient concomitantes à n'importe quel moment au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête. ( ) Basé sur des cas non pondérés entre 25 et 49 ; * Basé sur des cas non pondérés inférieurs à 25. Rapports sexuels payants Les rapports sexuels payants sont considérés comme des rapports sexuels à hauts risques dans la mesure où ce sont des rapports avec des femmes qui ont un nombre élevé de partenaires. Au cours de l’EDS-MICS, on a demandé aux hommes s’il leur était déjà arrivé de payer pour des rapports sexuels et si cela était arrivé au cours des 12 derniers mois. Les résultats sont présentés au tableau 13.10. Parmi les hommes de 15-49 ans, 4 % ont déclaré avoir déjà eu des rapports sexuels payants. Parmi les hommes en rupture d’union, cette proportion est beaucoup plus élevée (11 %). En outre, les résultats montrent qu’au cours des 12 derniers mois, 0,7 % des hommes de 15-49 ans avaient payé quelqu’un en échange de rapports sexuels. Chez les hommes en rupture d’union, cette proportion est de 3 %. 234 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 13.10 Rapports sexuels payants Pourcentage d'hommes de 15-49 ans qui ont déjà eu des rapports sexuels payants; et pourcentage d'hommes ayant déclaré avoir eu des rapports sexuels payants au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Parmi tous les hommes Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant déjà eu des rapports sexuels payants Pourcentage ayant eu des rapports sexuels payants au cours des 12 derniers mois Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 1,8 0,4 2 067 15-19 0,7 0,2 1 170 20-24 3,4 0,7 897 25-29 6,5 1,6 701 30-39 6,3 0,8 983 40-49 6,9 0,5 666 État matrimonial Célibataire 2,7 0,6 2 738 En union 6,9 0,8 1 609 En rupture d’union 10,8 2,5 71 Milieu de résidence Urbain 4,3 0,6 2 467 Rural 4,3 0,8 1 951 Région Dakar 2,9 0,4 1 381 Ziguinchor 23,0 3,3 210 Diourbel 0,7 0,7 354 Saint-Louis 3,4 0,0 266 Tambacounda 8,9 2,1 214 Kaolack 5,7 0,7 317 Thiès 1,5 0,2 565 Louga 0,6 0,6 262 Fatick 0,4 0,0 204 Kolda 6,9 0,6 198 Matam 3,9 2,3 152 Kaffrine 3,6 1,0 141 Kédougou 3,6 1,5 34 Sédhiou 15,2 0,2 120 Niveau d’instruction Aucun 5,0 0,9 1 632 Primaire 4,5 0,7 1 261 Secondaire ou plus 3,5 0,5 1 525 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 6,9 1,6 665 Second 4,0 0,6 688 Moyen 6,1 0,8 908 Quatrième 2,4 0,3 1 019 Le plus riche 3,3 0,5 1 137 Ensemble 4,3 0,7 4 417 13.5 TEST ANTÉRIEUR DU VIH Test du VIH pour l’ensemble des enquêtés La connaissance du statut sérologique peut contribuer à limiter l’épidémie car elle permet aux personnes de se protéger et de protéger leur partenaire. Au cours de l’EDS-MICS, 2010-2011, on a demandé aux enquêtés s’ils avaient déjà effectué un test de dépistage du VIH et s’ils avaient reçu, ou non, les résultats de leur test. Les résultats sont présentés aux tableaux 13.11.1 et 13.11.2. On constate tout d’abord à la première colonne du tableau 13.11.1 que 63 % des femmes ont déclaré savoir où aller pour faire un test du VIH. Parmi les femmes ayant un niveau secondaire ou plus et parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus riche, cette proportion est beaucoup plus élevé et atteint respectivement 86 % et 80 %. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 235 Tableau 13.11.1 Couverture du test du VIH antérieur à l'enquête : Femme Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui savent où se rendre pour effectuer un test du VIH ; répartition (en %) des femmes de 15-49 ans selon qu'elles ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu'elles ont reçu, ou non, les résultats du dernier test ; pourcentage de femmes ayant déjà effectué un test du VIH et pourcentage de celles ayant reçu les résultats la dernière fois qu'elles ont effectué un test au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Répartition (en %) des femmes selon qu'elles ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu'elles ont reçu, ou non, les résultats du dernier test Pourcentage ayant reçu le résultat du dernier test effectué au cours des 12 derniers mois Caractéristique sociodémographique Pourcentage sachant où se rendre pour effectuer un test du VIH A effectué un test et a reçu le résultat A effectué un test mais n'a pas reçu le résultat N'a jamais effectué de test1 Total Pourcentage ayant déjà effectué un test Effectif de femmes Groupe d’âges 15-24 60,3 23,3 1,8 74,9 100,0 25,1 12,8 6 648 15-19 54,8 16,1 1,8 82,1 100,0 17,9 9,6 3 429 20-24 66,1 31,0 1,9 67,2 100,0 32,8 16,3 3 220 25-29 67,7 36,2 2,0 61,8 100,0 38,2 17,3 2 746 30-39 66,7 32,7 2,1 65,2 100,0 34,8 14,6 3 966 40-49 57,2 21,6 1,9 76,6 100,0 23,4 9,9 2 328 État matrimonial Célibataire 64,5 19,2 1,5 79,3 100,0 20,7 10,3 4 585 A déjà eu des rapports sexuels 79,2 39,1 1,5 59,4 100,0 40,6 21,0 624 N'a jamais eu de rapports sexuels 62,2 16,1 1,5 82,4 100,0 17,6 8,6 3 960 En union 61,7 31,1 2,1 66,8 100,0 33,2 15,0 10 347 En rupture d’union 65,1 32,3 2,3 65,4 100,0 34,6 15,3 757 Milieu de résidence Urbain 76,2 35,1 1,7 63,2 100,0 36,8 17,5 7 738 Rural 49,6 20,4 2,2 77,4 100,0 22,6 9,9 7 950 Région Dakar 75,9 36,4 1,1 62,5 100,0 37,5 18,1 4 078 Ziguinchor 81,1 44,7 3,8 51,5 100,0 48,5 29,0 581 Diourbel 46,3 21,2 1,0 77,8 100,0 22,2 7,7 1 851 Saint-Louis 62,8 31,1 1,7 67,2 100,0 32,8 16,0 1 034 Tambacounda 44,5 17,4 2,7 79,9 100,0 20,1 8,9 725 Kaolack 69,0 23,3 2,5 74,2 100,0 25,8 13,3 1 172 Thiès 71,9 30,8 3,3 65,9 100,0 34,1 13,4 2 030 Louga 59,1 18,2 2,5 79,3 100,0 20,7 8,1 1 130 Fatick 63,2 27,1 3,0 69,9 100,0 30,1 13,2 717 Kolda 54,8 24,7 2,3 73,0 100,0 27,0 15,3 640 Matam 42,3 15,5 0,3 84,2 100,0 15,8 7,7 595 Kaffrine 25,9 10,0 0,4 89,6 100,0 10,4 5,2 572 Kédougou 43,3 24,9 4,9 70,2 100,0 29,8 12,3 115 Sédhiou 56,9 27,6 2,7 69,7 100,0 30,3 12,7 448 Niveau d'instruction Aucun 51,1 21,9 2,0 76,1 100,0 23,9 10,5 9 079 Primaire 71,7 32,0 1,3 66,7 100,0 33,3 15,6 3 414 Secondaire ou plus 86,2 39,4 2,5 58,0 100,0 42,0 20,5 3 195 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 38,2 13,1 2,2 84,7 100,0 15,3 6,3 2 585 Second 54,0 22,8 2,5 74,6 100,0 25,4 11,4 2 805 Moyen 63,2 27,5 2,0 70,5 100,0 29,5 13,3 3 114 Quatrième 69,1 31,3 2,0 66,8 100,0 33,2 14,4 3 494 Le plus riche 80,1 38,2 1,3 60,5 100,0 39,5 20,1 3 689 Ensemble 15-49 62,7 27,7 1,9 70,4 100,0 29,6 13,6 15 688 1 Y compris : Ne sait pas/Manquant. 236 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Bien que 63 % des femmes aient déclaré connaître un endroit pour effectuer un test du VIH, on constate néanmoins que 70 % n’ont jamais effectué de test. Dans seulement 28 % des cas, les femmes ont subi un test de dépistage du VIH et en ont reçu le résultat et 2 % ont effectué le test mais sans recevoir le résultat. Les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (39 %), les femmes du milieu urbain (35 %), celles résidant dans la région de Ziguinchor (45 %), celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire (39 %) et celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus riche (38 %) sont celles qui ont le plus fréquemment fait un test du VIH et qui en ont reçu le résultat. L’avant-dernière colonne du tableau présente les proportions de femmes qui ont reçu le résultat du dernier test effectué au cours des 12 derniers mois. Seulement 14 % des femmes connaissent leur statut sérologique récent. Les femmes qui connaissent leur statut sérologique récent appartiennent aux mêmes catégories sociodémographiques que celles qui connaissent un endroit où effectuer un test du VIH et qui en ont déjà effectué un, c’est-à-dire, les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (21 %), celles du milieu urbain (18 %), celles de la région de Ziguinchor (29 %), celles ayant un niveau au moins secondaire (21%) et celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus riche (20 %). Le tableau 13.11.2 présente les mêmes résultats pour les hommes. On constate que la proportion d’hommes qui connaissent un endroit où effectuer un test du VIH est légèrement plus élevée que celle des femmes (68 % contre 63 %). Il faut souligner la proportion très élevée d’hommes en rupture d’union qui ont déclaré savoir où se rendre pour effectuer un test du VIH (91 %). Comme chez les femmes, on note aussi que les hommes qui connaissent le plus fréquemment un endroit où effectuer un test sont ceux du milieu urbain (76 %), ceux de la région de Ziguinchor (85 %), ceux ayant un niveau secondaire ou plus (87 %) et ceux vivant dans un ménage du quintile le plus riche (83 %). En outre, les résultats montrent que 81 % d’hommes n’ont jamais effectué de test, proportion plus importante que celle observée chez les femmes (70 %). Seulement 17 % des hommes ont effectué un test du VIH et en ont reçu le résultat contre 28 % chez les femmes. Dans 3 % des cas, ils ont effectué un test mais n’en connaissent pas le résultat. Les hommes qui ont déjà fait un test et reçu le résultat appartiennent aux mêmes catégories sociodémographiques que les femmes. Dans une proportion inférieure à celle des femmes, (9 % contre 14 %), les hommes ont reçu le résultat du dernier test effectué dans les 12 derniers mois. Parmi ceux en rupture d’union (15 %), dans les régions de Kédougou (31 %) et de Ziguinchor (17 %), parmi les plus instruits (16 %) et parmi ceux vivant dans un ménage classé dans le quintile le plus riche (14 %), la proportion de ceux qui ont une connaissance récente de leur statut sérologique est plus élevée qu’ailleurs. Par contre, parmi ceux sans instruction et parmi ceux vivant dans un ménage du quintile le plus pauvre, ces proportions ne sont que de respectivement 4 % et 5 %. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 237 Tableau 13.11.2 Couverture du test du VIH antérieur à l'enquête : Homme Pourcentage d'hommes de 15-49 ans qui savent où se rendre pour effectuer un test du VIH ; répartition (en %) des hommes de 15-49 ans selon qu'ils ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu'ils ont reçu, ou non, les résultats du dernier test ; pourcentage d'hommes ayant déjà effectué un test du VIH et pourcentage de ceux ayant reçu les résultats la dernière fois qu'ils ont effectué un test au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Pourcentage sachant où se rendre pour effectuer un test du VIH Répartition (en %) des hommes selon qu'elles ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu'elles ont reçu, ou non, les résultats du dernier test Pourcentage ayant reçu le résultat du dernier test effectué au cours des 12 derniers mois Caractéristique sociodémographique A effectué un test et a reçu le résultat A effectué un test mais n'a pas reçu le résultat N'a jamais effectué de test1 Total Pourcentage ayant déjà effectué un test Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-24 63,9 12,6 2,7 84,7 100,0 15,3 7,3 2 067 15-19 59,2 10,6 3,0 86,3 100,0 13,7 6,0 1 170 20-24 70,0 15,2 2,2 82,6 100,0 17,4 8,9 897 25-29 66,6 17,3 2,9 79,9 100,0 20,1 9,9 701 30-39 76,8 22,2 2,6 75,1 100,0 24,9 12,6 983 40-49 72,2 19,3 2,5 78,3 100,0 21,7 7,9 666 État matrimonial Célibataire 66,4 14,9 2,7 82,4 100,0 17,6 8,7 2 738 A déjà eu des rapports sexuels 76,6 21,4 2,8 75,8 100,0 24,2 12,4 1 066 N'a jamais eu de rapports sexuels 59,9 10,7 2,6 86,7 100,0 13,3 6,3 1 672 En union 70,9 18,5 2,6 78,9 100,0 21,1 9,1 1 609 En rupture d’union 91,2 34,5 2,3 63,2 100,0 36,8 15,3 71 Milieu de résidence Urbain 76,4 19,6 2,9 77,4 100,0 22,6 11,1 2 467 Rural 58,3 12,5 2,3 85,1 100,0 14,9 6,3 1 951 Région Dakar 73,9 17,1 3,0 80,0 100,0 20,0 9,8 1 381 Ziguinchor 85,4 29,3 9,1 61,7 100,0 38,3 17,3 210 Diourbel 51,1 12,0 2,4 85,6 100,0 14,4 8,3 354 Saint-Louis 71,1 21,8 1,2 77,0 100,0 23,0 10,2 266 Tambacounda 77,1 10,7 0,7 88,6 100,0 11,4 8,8 214 Kaolack 77,7 21,9 4,1 74,0 100,0 26,0 7,5 317 Thiès 66,6 11,5 1,7 86,8 100,0 13,2 4,5 565 Louga 51,0 10,1 2,4 87,5 100,0 12,5 7,2 262 Fatick 45,7 12,2 0,9 86,9 100,0 13,1 6,0 204 Kolda 84,0 25,0 0,8 74,2 100,0 25,8 13,6 198 Matam 72,0 16,1 3,2 80,8 100,0 19,2 8,9 152 Kaffrine 33,2 10,2 1,6 88,3 100,0 11,7 6,3 141 Kédougou 69,5 40,2 5,6 54,2 100,0 45,8 30,7 34 Sédhiou 77,4 17,6 2,0 80,5 100,0 19,5 6,9 120 Niveau d'instruction Aucun 53,0 9,0 1,3 89,6 100,0 10,4 3,9 1 632 Primaire 65,6 14,4 2,2 83,5 100,0 16,5 7,5 1 261 Secondaire ou plus 87,3 26,3 4,5 69,2 100,0 30,8 15,6 1 525 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 54,5 10,6 1,9 87,5 100,0 12,5 4,9 665 Second 60,6 13,4 2,4 84,2 100,0 15,8 6,9 688 Moyen 68,6 17,0 3,0 80,0 100,0 20,0 8,3 908 Quatrième 66,4 15,1 3,2 81,7 100,0 18,3 7,6 1 019 Le plus riche 83,0 22,7 2,5 74,7 100,0 25,3 14,4 1 137 Ensemble 15-49 68,4 16,5 2,7 80,8 100,0 19,2 9,0 4 417 50-59 66,3 12,6 1,8 85,5 100,0 14,5 6,2 512 Ensemble 15-59 68,2 16,1 2,6 81,3 100,0 18,7 8,7 4 929 1 Y compris : Ne sait pas/Manquant. Test du VIH pour les femmes enceintes Pour les femmes ayant eu une naissance au cours des deux années ayant précédé l'enquête, le tableau 13.12 présente les proportions de celles qui, pour leur naissance la plus récente, ont reçu des conseils sur le VIH et qui ont effectué un test du VIH durant une visite prénatale et la proportion de celles qui ont effectué un test du VIH au moment de l’accouchement. Dans l’ensemble, les résultats montrent que seulement 27 % des femmes ont reçu des conseils sur le VIH au cours d’une visite prénatale. Dans 23 % des cas, les femmes ont effectué un test du VIH au cours d’une visite prénatale, ont eu connaissance du résultat et ont reçu des conseils après le test ; 12 % des femmes ont effectué un test du VIH, en ont reçu le résultat mais pas de conseils après le test et, enfin, 2 % des femmes ont effectué un test du VIH et n’en ont pas reçu le résultat. Globalement, au cours d’une visite prénatale, seulement 19 % des femmes enceintes ont, à la fois, reçu des conseils sur le VIH/sida avant le test, effectué un test du VIH dont elles ont eu 238 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles connaissance des résultats. Les femmes qui ont le plus fréquemment bénéficié de conseils et qui ont aussi reçu les résultat du test du VIH sont celles en rupture d’union (34 %), celles du milieu urbain (29 % contre 14 % en rural), celles des régions de Ziguinchor et de Dakar (respectivement, 36 % et 30 % contre seulement 7 % dans la région de Kaffrine) ainsi que les femmes de niveau secondaire et plus (32 % contre 14 % parmi celles sans instruction) et celles qui vivent dans un ménage classé dans le quintile le plus riche (32 % contre 8 % dans les ménages les plus pauvres). Tableau 13.12 Femmes enceintes conseillées et ayant effectué un test du VIH Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance au cours des deux années ayant précédé l'enquête, pourcentage ayant reçu des conseils sur le VIH avant le test, pourcentage ayant effectué un test du VIH pendant une visite prénatale pour la naissance la plus récente selon qu'elles ont reçu ou non le résultat du test et qu'elles ont reçu ou non des conseils après le test; pourcentage ayant effectué un test du VIH au moment de l'accouchement pour la naissance la plus récente selon qu'elles ont reçu ou non le résultat du test, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Pourcentage ayant reçu des conseils sur le VIH avant le test au cours d'une visite prénatale1 Pourcentage ayant effectué un test du VIH durant une visite prénatale et qui : Pourcentage ayant reçu des conseils sur le VIH avant le test, ayant effectué un test du VIH et ayant reçu le résultat Caractéristique sociodémographique Ont reçu le résultat et des conseils après le test Ont reçu le résultat et n'ont pas reçu des conseils après le test N'ont pas reçu le résultat du test Effectif de femmes ayant eu une naissance au cours des deux dernières années2 Groupe d’âges 15-24 25,2 22,1 14,1 2,3 18,6 1 553 15-19 17,4 22,2 11,5 2,8 14,3 424 20-24 28,1 22,0 15,1 2,1 20,2 1 129 25-29 29,9 27,7 11,0 2,0 21,6 1 219 30-39 28,8 21,6 12,9 1,5 19,4 1 473 40-49 21,7 21,3 6,7 1,9 14,5 271 État matrimonial Célibataire 32,2 31,4 13,8 1,2 22,9 168 A déjà eu des rapports sexuels 32,2 31,4 13,8 1,2 22,9 168 En union 27,0 22,8 12,4 2,0 18,9 4 249 En rupture d’union 39,5 35,4 12,7 1,6 34,3 99 Résidence Urbain 36,5 32,0 19,7 1,8 28,8 1 702 Rural 22,0 18,2 8,0 2,0 13,7 2 814 Région Dakar 36,4 31,7 22,1 1,5 29,6 831 Ziguinchor 45,8 54,0 5,8 4,7 36,1 149 Diourbel 35,9 23,1 7,0 1,3 18,0 563 Saint-Louis 24,5 26,3 14,6 1,2 18,1 291 Tambacounda 9,4 16,4 2,9 0,9 8,6 246 Kaolack 16,0 20,8 8,3 2,6 12,6 412 Thiès 38,0 20,6 28,4 4,2 27,6 577 Louga 15,5 15,6 8,8 1,9 10,0 311 Fatick 30,8 25,8 7,4 1,8 19,1 266 Kolda 22,0 19,9 4,8 1,3 13,9 248 Matam 11,7 12,5 5,1 0,0 8,8 186 Kaffrine 11,3 9,5 2,2 0,5 7,3 221 Kédougou 11,6 13,7 5,7 1,1 7,5 43 Sédhiou 28,9 25,7 3,9 2,8 22,4 172 Niveau d'instruction Aucun 22,3 18,6 9,7 2,1 14,4 3 166 Primaire 38,3 33,7 16,8 1,1 30,7 981 Secondaire ou plus 42,5 37,0 24,9 2,8 32,3 369 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 13,5 11,4 4,0 2,3 7,8 1 061 Second 23,3 20,6 8,7 2,4 15,9 1 020 Moyen 30,0 27,6 13,4 1,7 21,7 865 Quatrième 36,3 29,2 17,7 2,5 25,3 882 Le plus riche 40,4 33,2 23,1 0,2 32,0 688 Ensemble 15-49 27,4 23,4 12,4 1,9 19,4 4 516 1 Des conseils sur le VIH avant le test signifie ici que quelqu'un a parlé à l'enquêtée des trois sujets suivants: 1) la transmission du virus du sida de la mère au bébé, 2) la prévention du virus et 3) effectuer un test du VIH. 2 Sont incluses dans le dénominateur les femmes qui n'ont pas reçu de soins prénatals pour leur dernière naissance ayant eu lieu au cours des deux dernières années. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 239 13.6 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST) Les IST pouvant favoriser la transmission du virus du sida, la prévention et la lutte contre ces infections constituent une priorité. Au cours de l’enquête, pour établir une prévalence déclarée des IST, on a demandé aux enquêtés ayant déjà eu des rapports sexuels s’ils avaient eu, au cours des 12 mois précédant l’enquête, une IST ou des symptômes associés à des IST. Les résultats sont présentés au tableau 13.13 pour les femmes et les hommes selon les caractéristiques sociodémographiques. Tableau 13.13 Prévalence déclarée des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et symptômes déclarés d'IST Parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans ayant déjà eu des rapports sexuels, pourcentage ayant déclaré avoir eu une IST et/ou des symptômes d'IST au cours des 12 derniers mois selon certaines caractéristiques sociodémographiques. EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Une IST Pertes vaginales anormales et malodorantes Plaie/ ulcère génital IST/ pertes/ plaie ou ulcère Effectif de femmes ayant déjà eu des rapports sexuels Une IST Écoulement du pénis Plaie/ ulcère génital IST/ pertes/ plaie ou ulcère Effectif d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels Groupe d’âges 15-24 0,8 11,2 3,4 13,2 3 127 0,2 2,8 0,9 3,5 627 15-19 0,5 10,6 3,0 12,6 956 0,0 1,7 0,2 1,7 224 20-24 1,0 11,4 3,5 13,5 2 171 0,3 3,5 1,3 4,5 404 25-29 2,7 11,6 4,9 14,5 2 384 0,2 0,5 0,3 0,8 519 30-39 2,0 9,9 4,3 12,6 3 809 1,6 1,1 0,8 2,5 930 40-49 1,1 5,9 3,7 8,7 2 281 0,8 1,2 0,9 2,3 662 État matrimonial Célibataire 2,1 12,9 4,9 15,9 624 0,2 1,9 0,7 2,4 1 066 A déjà eu des rapports sexuels 2,1 12,9 4,9 15,9 624 0,2 1,9 0,7 2,4 1 066 En union 1,6 9,8 4,0 12,3 10 220 1,1 1,0 0,6 2,2 1 602 En rupture d’union 1,5 7,9 4,0 10,8 757 4,2 4,8 5,3 5,9 71 Circoncision NSP /manquant na na na na na 0,8 1,4 0,8 2,4 2 739 Milieu de résidence Urbain 2,1 10,7 3,2 12,6 5 131 0,8 1,3 0,4 1,9 1 533 Rural 1,3 9,1 4,7 12,2 6 470 0,9 1,5 1,2 3,0 1 206 Région Dakar 2,0 12,4 3,1 13,8 2 706 1,0 1,2 0,3 1,9 880 Ziguinchor 4,2 10,7 3,2 13,7 430 0,8 2,6 1,2 3,3 153 Diourbel 1,0 11,2 7,1 13,9 1 408 2,6 3,7 0,4 4,8 160 Saint-Louis 2,0 11,9 6,7 15,4 740 0,9 2,4 1,0 4,3 158 Tambacounda 1,8 17,6 2,8 19,4 627 1,0 3,5 5,2 8,9 160 Kaolack 1,3 6,9 7,1 13,9 881 2,0 1,4 0,5 2,0 169 Thiès 1,1 6,3 3,6 8,7 1 410 0,0 0,6 0,0 0,6 314 Louga 2,3 9,9 2,2 12,1 849 0,5 0,0 0,0 0,5 150 Fatick 0,6 7,4 4,7 11,4 541 0,0 0,3 0,0 0,3 129 Kolda 1,7 6,7 3,3 8,7 557 0,0 0,0 0,0 0,0 146 Matam 1,9 8,2 2,8 11,3 497 0,7 2,1 1,9 4,0 114 Kaffrine 1,1 6,4 0,8 7,3 470 0,0 0,5 1,6 1,6 93 Kédougou 1,1 5,6 2,7 7,6 100 0,7 1,0 0,0 1,7 26 Sédhiou 0,7 2,8 1,6 4,2 385 0,0 1,2 0,6 1,2 87 Niveau d'instruction Aucun 1,3 8,8 4,2 11,4 7 829 0,6 1,5 1,0 2,6 1 126 Primaire 1,5 11,0 3,8 13,5 2 439 1,1 1,1 0,6 2,3 798 Secondaire ou plus 3,7 13,6 3,4 16,1 1 333 0,8 1,7 0,6 2,1 815 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,2 10,3 4,3 13,0 2 287 0,8 1,7 1,8 3,6 478 Second 1,2 7,0 4,0 10,3 2 279 0,4 0,6 0,8 1,4 419 Moyen 1,3 9,2 5,0 12,2 2 246 0,4 1,5 0,9 2,3 551 Quatrième 1,7 9,1 3,9 11,6 2 506 0,6 1,2 0,0 1,6 580 Le plus riche 2,8 13,5 2,9 15,0 2 284 1,5 1,9 0,6 2,8 710 Ensemble 15-49 1,6 9,8 4,0 12,4 11 601 0,8 1,4 0,8 2,4 2 739 50-59 na na na na na 2,3 0,2 0,2 2,5 506 Ensemble 15-59 na na na na na 1,0 1,2 0,7 2,4 3 244 na = Non applicable 240 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Les résultats montrent que 2 % des femmes ayant déjà eu des rapports sexuels ont déclaré avoir eu une IST au cours des 12 derniers mois. Par ailleurs, certaines enquêtées ont déclaré avoir eu des symptômes qui peuvent être révélateurs d’IST : ainsi, 10 % des femmes ont déclaré avoir eu des pertes vaginales malodorantes et 4 % des plaies ou ulcères génitaux. Si on prend en compte ces déclarations de symptômes, la prévalence passe de 2 % à 12 %. Rappelons néanmoins que cette prévalence étant basée sur les seules déclarations des enquêtées, elle doit être prise comme un ordre de grandeur et non comme une estimation précise. C’est parmi les femmes de la région de Tambacounda (19 %), les célibataires (16 %) celles ayant un niveau secondaire ou plus (16 %) et celles vivant dans un ménage du quintile le plus riche (15 %) que cette prévalence déclarée d’IST est la plus élevée. La prévalence déclarée des IST est plus faible chez les hommes ayant déjà eu des rapports sexuels : moins d’un pour cent a déclaré avoir eu une IST, 1 % a déclaré avoir eu des écoulements du pénis et moins d’un pour cent des plaies ou ulcères génitaux. Si on tient compte des symptômes, la prévalence des IST atteint 2%. À la différence des femmes, c’est chez les hommes en rupture d’union que la prévalence déclarée est la plus élevée (6 %). Le graphique 13.1 montre que, parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans ayant déclaré avoir eu une IST et/ou des symptômes associés aux IST au cours des 12 derniers mois, 40 % des femmes et 45 % des hommes n’ont recherché aucun conseil ou traitement pour leur IST. Par contre, 55 % des femmes et 51 % des hommes ayant eu une IST ont recherché un traitement ou des conseils auprès d’une clinique, d’un hôpital ou d’un prestataire de santé et 2 % des femmes et 4 % des hommes ont recherché des conseils dans une pharmacie. 13.7 PRÉVALENCE DES INJECTIONS Des injections faites sans respect des normes d’asepsie peuvent être source de contamination. Il est donc important de savoir dans quelle mesure la population reçoit des injections faites par du personnel de santé, selon les normes recommandées. En plus des questions pour estimer la proportion de la population ayant reçu des injections médicales, on a demandé comment se présentaient l’aiguille et la seringue utilisées lors de la dernière injection. Les résultats sont présentés au tableau 13.14 pour les femmes et les hommes de 15-49 ans. Graphique 13.1 Recherche de traitement par les femmes et les hommes ayant déclaré avoir eu une IST 40 55 5 2 45 51 0 4 Pas de conseils ni traitement Clinique/Hôpital/Professionnel de la santé Conseil ou traitement d'une source quelconque Conseil/Pharmacie 0 10 20 30 40 50 60 70 Pourcentage Femmes Hommes EDS-MICS 2010-11 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 241 Les résultats montrent que, dans l’ensemble, 34 % des femmes et 28 % des hommes ont reçu une injection médicale effectuée par du personnel de santé au cours des douze mois ayant précédé l’enquête. Le nombre moyen d’injections reçues par les femmes est estimé à 1,1 et chez les hommes à 0,8. Tableau 13.14 Prévalence des injections médicales Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans qui ont reçu, au moins, une injection médicale au cours des 12 derniers mois, nombre moyen d'injections médicales par personne au cours des 12 derniers mois et parmi ceux et celles qui ont reçu une injection médicale, pourcentage des dernières injections médicales pour lesquelles la seringue et l'aiguille provenaient d'un emballage neuf non ouvert, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant reçu une injection médicale au cours des 12 derniers mois Nombre moyen d'injections médicales par personne au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes La dernière fois, la seringue et l'aiguille provenaient d'un emballage neuf, non ouvert Effectif d'enqu de femmes ayant reçu une injection médicale au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant reçu une injection médicale au cours des 12 derniers mois Nombre moyen d'injections médicales par personne au cours des 12 derniers mois Effectif d’hommes La dernière fois, la seringue et l'aiguille provenaient d'un emballage neuf, non ouvert Effectif d’hommes ayant reçu une injection médicale au cours des 12 derniers mois Groupe d’âges 15-24 32,0 0,8 6 648 97,6 2 129 26,2 0,6 2 067 96,5 542 15-19 25,2 0,6 3 429 97,4 864 25,6 0,5 1 170 98,1 299 20-24 39,3 1,1 3 220 97,8 1 265 27,0 0,6 897 94,6 242 25-29 40,9 1,5 2 746 96,3 1 124 29,9 0,8 701 95,4 210 30-39 37,5 1,2 3 966 97,8 1 489 31,2 1,5 983 97,8 307 40-49 26,9 1,4 2 328 98,0 626 29,8 0,8 666 98,3 199 État matrimonial Célibataire 23,5 0,7 4 585 96,6 1 075 27,6 0,7 2 738 96,2 755 A déjà eu des rapports sexuels 38,4 0,9 624 95,1 239 30,6 1,0 1 066 94,8 326 N'a jamais eu de rapports sexuels 21,1 0,7 3 960 97,1 836 25,7 0,6 1 672 97,3 429 En union 39,2 1,3 10 347 97,6 4 061 29,6 1,0 1 609 97,8 476 En rupture d’union 30,6 1,1 757 97,9 232 35,3 1,1 71 100,0 25 Résidence Urbain 33,9 1,1 7 738 98,2 2 623 30,9 1,0 2 467 97,6 763 Rural 34,5 1,1 7 950 96,7 2 744 25,3 0,7 1 951 95,9 493 Région Dakar 35,7 1,1 4 078 99,1 1 455 34,0 1,2 1 381 98,1 470 Ziguinchor 30,7 1,1 581 96,9 178 22,2 0,4 210 96,9 47 Diourbel 34,0 1,2 1 851 97,4 629 27,1 0,6 354 93,8 96 Saint-Louis 33,2 1,0 1 034 97,6 343 26,0 0,6 266 97,0 69 Tambacounda 32,9 1,0 725 95,5 239 24,3 0,5 214 100,0 52 Kaolack 46,4 1,6 1 172 96,5 543 35,5 0,9 317 97,4 113 Thiès 24,9 0,9 2 030 95,9 506 26,6 0,9 565 96,0 150 Louga 30,6 1,3 1 130 98,1 345 18,9 0,4 262 98,9 50 Fatick 44,2 1,1 717 95,7 317 26,7 0,5 204 96,9 55 Kolda 36,5 1,1 640 99,1 234 24,5 0,5 198 96,8 48 Matam 36,7 1,2 595 98,5 218 16,1 0,4 152 93,5 25 Kaffrine 31,6 0,8 572 92,9 181 33,9 1,0 141 92,5 48 Kedougou 34,7 0,8 115 95,9 40 37,0 1,7 34 100,0 13 Sedhiou 31,1 0,8 448 97,5 139 19,5 0,4 120 88,5 23 Niveau d'instruction Aucun 34,2 1,1 9 079 97,1 3 102 22,7 0,6 1 632 96,0 370 Primaire 36,8 1,2 3 414 98,6 1 257 32,7 1,1 1 261 96,6 412 Secondaire ou plus 31,6 0,9 3 195 97,1 1 008 31,1 0,9 1 525 97,9 475 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 35,3 1,2 2 585 97,1 914 23,5 0,6 665 94,3 156 Second 35,3 1,2 2 805 95,7 990 22,5 0,5 688 97,5 155 Moyen 31,4 0,8 3 114 97,8 977 26,7 0,7 908 94,5 242 Quatrième 33,3 1,2 3 494 97,4 1 163 28,4 0,9 1 019 99,2 289 Le plus riche 35,9 1,1 3 689 98,8 1 324 36,4 1,1 1 137 97,5 414 Ensemble 15-49 34,2 1,1 15 688 97,4 5 368 28,4 0,8 4 417 96,9 1 257 50-59 na na na na na 22,3 1,1 512 96,4 114 Ensemble 15-59 na na na na na 27,8 0,9 4 929 96,9 1 370 Note : Les injections médicales sont celles effectuées par un médecin, un infirmier, un pharmacien, un dentiste ou n'importe quel autre personnel de santé. na = Non applicable 242 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Dans la quasi-totalité des cas, les femmes et les hommes (97 % dans les deux cas) ayant reçu une injection médicale au cours des 12 derniers mois ont déclaré que la dernière injection avait été faite avec une seringue et une aiguille prises d’un emballage neuf et qui n’avait pas été ouvert. De plus, on ne note aucune différence significative selon les caractéristiques sociodémographiques. 13.8 LES JEUNES DE 15-24 ANS ET LE VIH/SIDA Les données collectées sur le VIH/sida et les comportements sexuels ont permis de calculer des indicateurs spécifiques à la population des jeunes de 15-24 ans. Cette partie est consacrée à l’examen de ces résultats Connaissance « approfondie » du VIH/sida et connaissance d’un endroit où se procurer un condom Dans l’ensemble, 29 % des femmes et 31 % des hommes de 15-24 ans ont une connaissance «approfondie» du VIH/sida (tableau 13.15). En d’autres termes, ces jeunes savent qu’on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle qui n’est pas infecté. De plus, ils rejettent les idées erronées les plus courantes à propos de la transmission du sida (transmission par les moustiques et en partageant les repas d’une personne qui a le VIH/sida) et ils savent qu’une personne paraissant en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida1. Le niveau de connaissance « approfondie » du sida augmente avec l’âge, passant de 24 % chez les jeunes femmes de 15-17 ans à 35 % chez celles de 23-24 ans. Chez les hommes, il passe de 25 % à 38 % dans les mêmes groupes d’âges. En outre, on constate que ce sont les jeunes femmes et les jeunes hommes du milieu urbain (respectivement 41 % et 40 %) et celles et ceux qui ont, au moins, un niveau d’instruction secondaire (respectivement, 51 % et 46 %) qui ont le plus fréquemment une connaissance « approfondie » du sida. On a aussi demandé aux enquêtés s’ils connaissaient un endroit où ils pouvaient se procurer des condoms. Les résultats du tableau 13.15 montrent que 44 % des femmes de 15-24 ans connaissent un endroit où se procurer des condoms. Cette proportion est plus élevée chez les jeunes hommes (75 %). On observe des variations importantes en fonction des caractéristiques sociodémographiques, cela aussi bien chez les hommes que chez les femmes. En effet, la connaissance d’un endroit où se procurer des condoms augmente avec l’âge, passant de 35 % à 15-17 ans à 55 % à 23-24 ans chez les femmes et de 61% à 86% chez les hommes des mêmes groupes d’âges. Si on considère l’état matrimonial, on constate globalement que les célibataires qui ont déjà eu des rapports sexuels sont ceux qui connaissent le plus fréquemment un endroit où se procurer des condoms (64 % chez les femmes et 93 % chez les hommes). On observe également un écart important entre le milieu urbain (60 % chez les femmes et 88 % chez les hommes) et le milieu rural (respectivement 28 % et 59 %). La connaissance d’un tel endroit augmente avec le niveau d’instruction : 27 % des jeunes femmes et 54 % des jeunes hommes sans niveau d’instruction savent où se procurer des condoms contre, respectivement, 70 % et 90 % de ceux de niveau secondaire ou plus. 1 Cette définition est la même que celle utilisée pour l’ensemble de la population (voir tableaux 13.3.1 et 13.3.2). VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 243 Tableau 13.15 Connaissance approfondie du VIH/sida et connaissance d'un endroit où se procurer des condoms parmi les jeunes Pourcentage de jeunes femmes et de jeunes hommes de 15-24 ans ayant une connaissance approfondie du sida et pourcentage connaissant un endroit où se procurer des condoms, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant une connaissance approfondie du sida1 Pourcentage connaissant un endroit où se procurer des condoms1 Effectif de femmes Pourcentage ayant une connaissance approfondie du sida1 Pourcentage connaissant un endroit où se procurer des condoms1 Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-19 26,1 39,2 3 429 28,2 68,3 1 170 15-17 24,1 34,7 1 972 25,1 61,0 739 18-19 28,9 45,2 1 456 33,7 81,0 431 20-24 32,8 49,7 3 220 34,0 83,7 897 20-22 31,8 46,7 2 092 32,0 82,7 602 23-24 34,6 55,3 1 128 37,9 85,7 295 État matrimonial Célibataire 33,2 49,3 3 782 31,4 75,1 2 010 A déjà eu des rapports sexuels 32,3 64,4 367 32,1 93,4 572 N'a jamais eu de rapports sexuels 33,3 47,7 3 415 31,1 67,8 1 438 Marié 24,3 37,7 2 866 8,9 71,3 58 Milieu de résidence Urbain 40,5 60,4 3 314 40,3 88,2 1 144 Rural 18,3 28,3 3 335 18,9 58,6 924 Niveau d'instruction Aucun 16,6 27,1 3 082 13,4 54,0 561 Primaire 25,7 44,0 1 486 21,7 71,5 559 Secondaire ou plus 50,8 70,0 2 080 46,3 89,5 947 Ensemble 29,4 44,3 6 648 30,7 75,0 2 067 1 Sont considérés comme ayant une connaissance "approfondie", les femmes et les hommes qui savent que l'utilisation régulière du condom au cours des rapports sexuels et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, ceux qui savent qu'une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et ceux qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du sida. Les éléments de la connaissance complète sont présentés aux tableaux 13.2, 13.3.1 et 13.3.2. 2 Dans ce tableau, les réponses telles que "amis", "famille" et "maison" n'ont pas été prises en compte comme source d'approvisionnement du condom. Âge aux premiers rapports sexuels parmi les jeunes et utilisation du condom En tant que déterminant de l’activité sexuelle, l'âge aux premiers rapports sexuels des jeunes de 15-24 ans revêt une grande importance en matière de prévention du VIH. Pour cette raison, le tableau 13.16 présente les proportions d’hommes et de femmes âgés de 15-24 ans qui ont eu leurs premiers rapports sexuels en atteignant les âges exacts de 15 et 18 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Globalement, on constate qu’environ une femme sur dix avait déjà eu ses premiers rapports sexuels avant d’atteindre l’âge de 15 ans exacts (11 %). En outre, parmi les femmes en union (23 %), celles du milieu rural (16 %) et celles qui n’ont aucun niveau d’instruction (18 %), cette proportion est plus élevée. Dans 34 % des cas, les femmes de 18-24 ans avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre 18 ans exacts. Là encore, cette proportion est plus élevée chez les femmes en union que chez les célibataires (57 % contre 7 %), en milieu rural qu’en milieu urbain (48 % contre 21 %) et chez les femmes sans instruction que parmi celles qui sont instruites (48 % contre 31 % pour le niveau primaire et 11 % chez celles ayant un niveau au moins secondaire). 244 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 13.16 Âge aux premiers rapports sexuels parmi les jeunes Pourcentage de jeunes femmes et de jeunes hommes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels avant l'âge de 15 ans et pourcentage de jeunes femmes et de jeunes hommes de 18-24 ans ayant eu des rapports sexuels avant l'âge de 18 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant d'atteindre 15 ans exacts Effectif de femmes (15-24 ans) Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant d'atteindre 18 ans exacts Effectif de femmes (18-24 ans) Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant d'atteindre 15 ans exacts Effectif d’hommes (15-24 ans) Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant d'atteindre 18 ans exacts Effectif d’hommes (18-24 ans) Groupe d’âges 15-19 9,6 3 429 na na 6,3 1 170 na na 15-17 8,3 1 972 na na 6,2 739 na na 18-19 11,2 1 456 32,9 1 456 6,3 431 24,5 431 20-24 11,9 3 220 34,8 3 220 3,1 897 19,7 897 20-22 12,5 2 092 36,3 2 092 3,3 602 19,8 602 23-24 10,8 1 128 32,1 1 128 2,7 295 19,4 295 État matrimonial Célibataire 1,8 3 782 7,2 2 143 4,9 2 010 20,5 1 271 En union 22,5 2 866 57,1 2 533 5,7 58 36,7 57 Connaît une source de condom1 Oui 7,3 2 945 26,5 2 260 6,0 1 550 24,0 1 099 Non 13,4 3 703 41,4 2 416 1,6 517 7,7 229 Résidence Urbain 5,3 3 314 20,6 2 388 4,9 1 144 20,4 789 Rural 16,1 3 335 48,4 2 288 5,0 924 22,5 539 Niveau d'instruction Aucun 18,0 3 082 48,3 2 346 3,8 561 19,2 380 Primaire 7,7 1 486 31,1 1 022 4,3 559 20,8 349 Secondaire ou plus 2,1 2 080 11,3 1 308 5,9 947 22,8 598 Ensemble 10,7 6 648 34,2 4 676 4,9 2 067 21,2 1 328 na = Non applicable 1 Dans ce tableau, les réponses telles que "amis", "famille" et "maison" n'ont pas été prises en compte comme source d'approvisionnement du condom. Rapports sexuels prénuptiaux et utilisation du condom Les jeunes célibataires constituent une population à risque dans la mesure où à ces âges les relations sexuelles sont généralement instables et le multipartenariat fréquent. Au cours de l’EDS-MICS, 2010-11, il était donc important d’appréhender les types de comportement des jeunes célibataires de 15-24 ans en matière de prévention du VIH/Sida. Le tableau 13.17 présente les proportions de jeunes célibataires de 15-24 ans qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 mois précédant l’enquête et ceux qui ont utilisé des condoms au cours des derniers rapports sexuels selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Les données du tableau ci-dessus montrent que 90 % des femmes célibataires de 15-24 ans n’ont jamais eu de rapports sexuels. Dans seulement 7% des cas, les femmes ont déclaré avoir eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois. La proportion de jeunes femmes célibataires qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois augmente globalement avec l’âge, passant de 4 % à 15-19 ans à 12 % à 20-24 ans. Cette proportion est légèrement plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (8 % contre 6 %) et parmi celles ayant un niveau d’instruction primaire que parmi les autres (11 % contre 6% pour le niveau secondaire ou plus et 5 % pour celles sans instruction). Parmi les femmes célibataires ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, 40 % avaient utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels et c’est parmi les femmes de 23-24 ans (61 %), celles qui connaissent un endroit où se procurer un condom (51 %), celles du milieu urbain (47 %) et parmi celles ayant un niveau secondaire ou plus (62 %) que l’on observe les proportions les plus élevées d’utilisatrices du condom. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 245 Les résultats concernant les hommes montrent que 72 % des célibataires de 15-24 ans n’ont jamais eu de rapports sexuels. À l’opposé, 18 % d’entre eux ont déclaré avoir eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois. Comme chez les femmes, cette proportion augmente avec l’âge, passant de 11 % chez les 15-19 ans à 32 % dans le groupe d’âges 23-24 ans. Elle varie aussi légèrement selon le milieu de résidence (19 % en milieu urbain contre 17 % en milieu rural) et le niveau d’instruction, d’un maximum de 19 % parmi ceux qui sont instruits à un minimum de 16 % parmi ceux sans instruction. Parmi les célibataires ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, 64 % avaient utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels. C’est parmi ceux du milieu urbain et parmi ceux ayant un niveau secondaire ou plus que cette proportion est la plus élevée (respectivement, 71 % et 70 %). Tableau 13.17 Rapports sexuels prénuptiaux et utilisation du condom au cours des rapports sexuels prénuptiaux parmi les jeunes Parmi les femmes et les hommes célibataires de 15-24 ans, pourcentage qui n'ont jamais eu de rapports sexuels, pourcentage qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois et, parmi ceux qui ont eu des rapports sexuels prénuptiaux au cours des 12 derniers mois, pourcentage ayant utilisé un condom lors des derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage n’ayant jamais eu \de rapports sexuels Pourcentage ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes célibataires Pourcentage ayant déclaré qu'un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels Effectif de femmes Pourcentage n’ayant jamais eu de rapports sexuels Pourcentage ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Effectif d’hommes célibataires Pourcentage ayant déclaré qu'un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-19 94,0 4,4 2 564 36,2 113 81,4 10,8 1 161 53,4 125 15-17 96,0 3,0 1 639 41,1 49 87,3 6,0 738 42,2 45 18-19 90,5 6,9 925 32,4 64 71,1 19,0 423 59,5 80 20-24 82,4 11,9 1 218 43,3 145 58,1 28,0 848 68,9 237 20-22 82,8 12,0 883 36,9 106 60,6 26,1 581 71,7 152 23-24 81,5 11,6 336 60,7 39 52,7 32,0 268 64,1 86 Connaît une source de condom1 Oui 87,3 8,9 1 865 51,3 167 64,6 22,4 1 509 66,6 339 Non 93,2 4,8 1 918 19,9 91 92,5 4,8 500 (20,6) 24 Milieu de résidence Urbain 90,5 6,4 2 320 47,2 147 69,3 19,0 1 138 70,0 216 Rural 89,9 7,6 1 462 30,8 111 74,4 16,8 872 54,1 146 Niveau d'instruction Aucun 93,0 5,0 1 125 13,3 56 76,0 15,8 521 48,3 82 Primaire 84,7 11,3 876 32,5 99 70,0 18,7 544 63,3 102 Secondaire ou plus 91,4 5,8 1 782 62,2 103 70,0 18,9 944 70,8 178 Ensemble 90,3 6,8 3 782 40,2 258 71,5 18,0 2 010 63,6 362 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Dans ce tableau, les réponses telles que "amis", "famille" et "maison" n'ont pas été prises en compte comme source d'approvisionnement du condom. Partenaires sexuels multiples Le tableau 13.18 présente les proportions de femmes et d’hommes de 15-24 ans ayant déclaré avoir eu des rapports sexuels avec plus d’un partenaire sexuel au cours des 12 mois précédant l’enquête. Les résultats montrent que le multipartenariat est une pratique peu fréquente parmi les jeunes de 15-24 ans, seulement 0,3 % des femmes ayant déclaré avoir eu au cours des 12 derniers mois des rapports sexuels avec plus d’un partenaire. Chez les hommes, cette proportion est de 2 %. On peut toutefois souligner que parmi ceux en union, elle atteint 9 %. 246 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 13.18 Partenaires sexuels multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Femme Pourcentage de jeunes femmes et hommes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels avec plus d'un partenaire sexuel au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-MICS, Sénégal 2010-11 Parmi toutes les femmes de 15-24 ans Parmi toutes les hommes de 15-24 ans: Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu deux partenaires ou plus au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes Pourcentage ayant eu deux partenaires ou plus au cours des 12 derniers mois Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-19 0,1 3 429 1,3 1 170 15-17 0,1 1 972 0,5 739 18-19 0,2 1 456 2,8 431 20-24 0,5 3 220 3,9 897 20-22 0,6 2 092 2,6 602 23-24 0,3 1 128 6,5 295 État matrimonial Célibataire 0,3 3 782 2,3 2 010 Marié 0,3 2 866 9,1 58 Connaît une source de condom1 Oui 0,5 2 945 2,7 1 550 Non 0,1 3 703 1,6 517 Milieu de résidence Urbain 0,3 3 314 2,3 1 144 Rural 0,3 3 335 2,7 924 Niveau d'instruction Aucun 0,1 3 082 2,6 561 Primaire 0,5 1 486 3,1 559 Moyen/secondaire ou plus 0,4 2 080 2,0 947 Ensemble 15-24 0,3 6 648 2,4 2 067 1 Dans ce tableau, les réponses telles que "amis", "famille" et "maison" n'ont pas été prises en compte comme source d'approvisionnement du condom. Disparités d’âges entre partenaires sexuels Le tableau 13.19 qui porte sur les jeunes femmes de 15-19 ans qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois présente les pourcentages de celles ayant eu des rapports sexuels avec un partenaire plus âgé qu’elle d’au moins dix ans. Dans près de la moitié des cas (47 %), les femmes de 15-19 ans sexuellement actives ont eu des rapports sexuels avec un partenaire plus âgé qu’elle d’au moins dix ans. C’est parmi les femmes en union que cette proportion est la plus élevée (53 %). On note par ailleurs que cette proportion est nettement plus élevée parmi les femmes sans instruction que parmi les autres (54 % contre 34 % parmi celles ayant un niveau au moins secondaire). VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles • 247 Tableau 13.19 Disparité d'âges entre partenaires sexuels parmi les femmes de 15-19 ans Parmi les femmes de 15-19 ans ayant eu des rapports sexuels au cours derniers mois, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec un pa qui était plus âgé qu'elles d'au moins 10 ans, selon certaines caractér sociodémographiques,. EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Femmes de 15-19 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec un partenaire plus âgé qu'elle d'au moins dix ans Effectif de femmes Groupe d’âges 15-17 41,8 317 18-19 50,7 509 État matrimonial Célibataire 12,0 113 En union 52,9 713 Connaît une source de condom1 Oui 43,1 274 Non 49,4 552 Milieu de résidence Urbain 48,3 238 Rural 46,9 588 Niveau d'instruction Aucun 53,7 526 Primaire 37,4 198 Secondaire ou plus 33,7 103 Ensemble 47,3 826 1 Dans ce tableau, les réponses telles que "amis", "famille" et "maison" n'ont pas été prises en compte comme source d'approvisionnement du condom. Test de dépistage récent du VIH parmi les jeunes Le tableau 13.20 présente les proportions de jeunes femmes et de jeunes hommes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, qui ont effectué un test du VIH au cours des 12 derniers mois et qui en ont reçu le résultat. Parmi les jeunes femmes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, près d’une cinq (19 %) a déclaré avoir effectué un test du VIH au cours des douze mois ayant précédé l’enquête et en avoir reçu le résultat. Les jeunes femmes de 23-24 ans (24 %), les célibataires (24 %), celles qui résident en milieu urbain (31 %) et celles qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus (31 %) sont celles qui connaissent le plus fréquemment leur statut sérologique récent. Les résultats concernant les hommes montrent qu’une proportion plus faible que chez les femmes (11 % contre 19 %) a effectué un test de dépistage du VIH au cours des douze mois ayant précédé l’enquête et en a reçu le résultat. En outre, les résultats selon les caractéristiques sociodémographiques font apparaître les mêmes variations que celles déjà observées chez les femmes. 248 • VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 13.20 Test du VIH récent parmi les jeunes Parmi les jeunes femmes et les jeunes hommes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, pourcentage ayant effectué un test du VIH au cours des 12 derniers mois et ayant reçu les résultats selon certaines caractéristiques sociodémographiques. EDS-MICS, Sénégal 2010-2011 Parmi les femmes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois : Parmi les hommes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant effectué un test du VIH au cours des 12 derniers mois et ayant reçu le résultat Effectif de femmes Pourcentage ayant effectué un test du VIH au cours des 12 derniers mois et ayant reçu le résultat Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-19 15,5 826 9,4 133 15-17 14,6 317 12,5 46 18-19 16,0 509 7,8 87 20-24 20,5 1 901 11,9 282 20-22 18,7 1 158 10,8 171 23-24 23,5 743 13,6 111 État matrimonial Célibataire 24,1 258 12,5 362 En union 18,5 2 469 1,2 52 Connaît une source de condom1 Oui 25,9 1 104 12,3 375 Non 14,3 1 624 (0,0) 39 Milieu de résidence Urbain 30,9 1 014 14,2 222 Rural 12,0 1 714 7,5 192 Niveau d'instruction Aucun 15,3 1 746 3,4 118 Primaire 22,5 629 7,0 115 Secondaire ou plus 30,9 352 18,7 181 Ensemble 19,0 2 727 11,1 414 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Dans ce tableau, les réponses telles que "amis", "famille" et "maison" n'ont pas été prises en compte comme source d'approvisionnement du condom. Prévalence du VIH et Facteurs Associés • 249 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS 14 Dr Astou Gueye GAYE, Dr Aïssatou Gueye NDIAYE, Ousmane DIOUF, Dr Abdou Salam MBENGUE, Pr Coumba Toure KANE, Pr Aissatou Gaye DIALLO, Abdoulaye Aziz HANE et Pr Souleymane MBOUP elon le dernier rapport de l’ONUSIDA, 34 millions de personnes vivaient avec le VIH en fin 2010, ce qui reflète un plus grand nombre de nouvelles infections mais aussi une plus grande expansion de l’accès au traitement antirétroviral (ARV) à travers le monde. La vision globale de l’ONUSIDA est de: zéro nouvelle infection, zéro discrimination, zéro décès lié au sida d’ici 2015. Au Sénégal, en 2010 la deuxième édition de l’EDS a été réalisée 5 ans après la première et ce recul nous a permis de mieux connaître l’ampleur de l’épidémie dans la population générale en âge de procréation et de mieux appréhender le profil de l’infection. Les données sur le VIH fournissent également les informations nécessaires à la planification des actions de lutte contre l’épidémie et à l’évaluation de l’impact du programme en cours. L’estimation de la prévalence du VIH dans la population et l’analyse des facteurs sociaux, biologiques et comportementaux associés à l’infection par le VIH, fournissent de nouvelles perspectives sur la connaissance de l’épidémie du VIH au Sénégal. Ceci pourrait conduire à des interventions et des messages plus précis et plus ciblés. En outre, les résultats de l’EDS-IV ont permis de réajuster les estimations de la prévalence basées sur les données de la surveillance sentinelle qui constituent une référence pour apprécier les tendances de l’infection à VIH entre deux enquêtes dans la population générale. En effet, les données de l’enquête, fournissant des données comportementales liées à la prévalence du VIH peuvent être utilisées pour mieux guider les politiques et programmes d’intervention sur le VIH. Le système de surveillance par sites sentinelles mis en place depuis 1989, couvre aujourd’hui toutes les quatorze régions du pays aussi bien en zone rurale qu’en zone urbaine, et permet d’avoir tous les deux ans, la prévalence de l’infection à VIH et de la syphilis chez les femmes enceintes. Les résultats de cette surveillance ont montré une épidémie de type concentré (prévalence basse et stable autour de 1 % chez les femmes enceintes et entre 15 et 30 % dans le groupe des prostituées enregistrées) avec une circulation des deux types de virus (VIH1 et VIH2) (Mboup et al., 2004). Après une décennie de surveillance sentinelle classique, plusieurs évaluations ont dégagé les points forts et les points faibles de ce système. Ces analyses ont permis, en 2000, d’élaborer et de mettre en place un système renforcé de surveillance « seconde génération » selon les recommandations de l’ONUSIDA et de l’OMS, incluant : • Une surveillance sentinelle plus étendue ; • Des enquêtes de surveillance du comportement menées en 2001 et 2002 ; celle de 2002 ciblant des groupes dits passerelles (militaires, routiers, pêcheurs, travailleurs saisonniers) ; • une étude pilote combinée menée à Dakar en 2003 pour les mêmes groupes passerelles ; • une enquête nationale de surveillance combinée a été réalisée en intégrant l’étude de la prévalence des IST en plus du VIH en 2006 et 2010 ; (les orpailleurs, les pêcheurs, les camionneurs, détenus, les policiers, les professionnelles du sexe) S 250 • Prévalence du VIH et Facteurs Associés • des enquêtes spécifiques telles que l’enquête combinée chez les professionnelles du sexe et leurs partenaires sexuels masculins, l’enquête combinée chez les MSM (men who have sex with men), mais aussi l’enquête sur les personnes vivant avec une déficience a également été réalisée de même que chez les utilisateurs de drogue injectable. Toutes ces réalisations ont été possibles grâce à l’engagement du Chef de l’Etat et de son gouvernement à travers le CNLS dans la lutte contre le sida. Le dernier plan stratégique 2011-2015 comporte plusieurs objectifs stratégiques incluant la surveillance sentinelle de l’infection à VIH, la sécurité de la transfusion sanguine, la prise en charge des personnes vivant avec le VIH, la prévention de la transmission mère-enfant, le dépistage anonyme et volontaire et la prise en charge médicale a été décentralisée jusqu’au niveau district à trave