Sénégal - Demographic and Health Survey - 2016

Publication date: 2016

Sénégal Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue) 2015 Sénégal 2015 Enquête Dém ographique et de Santé Continue (EDS-Continue) RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL Sénégal : Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue) 2015 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) Dakar, Sénégal The DHS Program ICF Rockville, Maryland, USA Octobre 2016 Ministère de la Santé et l’Action Sociale Ce rapport présente les résultats de la troisième année de l’Enquête Démographique et de Santé Continue au Sénégal (EDS-Continue 2015), exécutée de février à octobre 2015 par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD). L’EDS-Continue 2015 a été réalisée avec l’appui financier du Gouvernement du Sénégal, de l’USAID, de l’UNICEF, de l’UNFPA et de Micronutrient Initiative. Elle a bénéficié de l’assistance technique du programme mondial des Enquêtes Démographiques et de Santé (Demographic and Health Surveys – The DHS Program) de ICF dont l’objectif est de collecter, d’analyser et de diffuser des données démographiques et de santé portant, en particulier, sur la fécondité, la mortalité, la planification familiale, la santé de la mère et de l’enfant, la nutrition, le paludisme et le VIH. Le Laboratoire de Parasitologie de la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop a apporté son expertise à la réalisation de cette opération. Pour tous renseignements concernant l’EDS-Continue 2015, contacter : Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) Rocade Fann Bel-air Cerf-volant B.P. 116 ; Dakar RP (Sénégal) Téléphone : (221) 33 869 21 39/33 869 21 60 Fax : (221) 33 824 36 15 E-mail : statsenegal@ansd.sn / statsenegal@yahoo.fr Site web : www.ansd.sn Concernant The DHS Program, des renseignements peuvent être obtenus auprès de : ICF 530 Gaither Road, Suite 500, Rockville, MD 20850 USA Téléphone : 1-301-407-6500 Fax : 1-301-407-6501 E-mail : info@dhsprogram.com Internet : www.dhsprogram.com Citation recommandée : Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) [Sénégal], et ICF. 2016. Sénégal : Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue 2015). Rockville, Maryland, USA : ANSD et ICF. Table des matières • iii TABLE DES MATIÈRES LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES . vii AVANT-PROPOS . xv REMERCIEMENTS . xvii SIGLES ET ABRÉVIATIONS . xix CARTE DU SÉNÉGAL . xx 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE . 1 1.1 Présentation du pays . 1 1.1.1 Géographie . 1 1.1.2 Économie . 1 1.1.3 Population . 2 1.1.4 Politique en matière de santé et situation sanitaire . 2 1.2 Cadre institutionnel, objectifs et méthodologie de l’enquête . 3 1.2.1 Cadre institutionnel . 3 1.2.2 Objectifs . 4 1.2.3 Méthodologie . 4 1.2.4 Réalisation de l’EDS-Continue . 9 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES . 11 2.1 Conditions de vie des ménages et biens possédés . 11 2.1.1 Caractéristiques de l’habitat . 11 2.1.2 Biens possédés . 15 2.1.3 Bien-être économique des ménages . 16 2.1.4 Lavage des mains . 17 2.2 Caracteristiques sociodemographiques de la population des ménages. 18 2.2.1 Structure par âge et sexe de la population. 18 2.2.2 Taille et composition des ménages . 19 2.2.3 Niveau d’instruction des membres du ménage . 21 2.2.4 Fréquentation scolaire . 24 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS . 27 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés . 27 3.2 Niveau d’instruction par caractéristiques sociodémographiques . 29 3.3 Alphabétisation . 32 3.4 Exposition aux médias . 33 3.5 Activité économique des enquetés . 35 3.5.1 Activité économique des femmes . 36 3.5.2 Activité économique des hommes . 37 3.6 Caractéristiques de l’emploi . 38 3.6.1 Occupation des femmes . 38 3.6.2 Occupation des hommes . 40 3.7 Caractéristiques de l’emploi des femmes . 41 4 NUPTIALITÉ . 43 4.1 État Matrimonial . 43 4.2 Pratique de la Polygamie . 45 4.3 Àge à la première union . 48 4.4 Âge aux premiers rapports sexuels . 49 4.5 Activité sexuelle récente . 52 iv • Table des matières 5 FÉCONDITÉ . 55 5.1 Niveau de la fécondité et fécondité différentielle . 56 5.2 Tendances de la fécondité . 59 5.3 Parité et stérilité primaire . 60 5.4 Intervalle intergénésique . 61 5.5 Exposition au risque de grossesse . 63 5.6 Ménopause . 64 5.7 Âge à la première naissance . 65 5.8 Fécondité des adolescentes . 66 6 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ . 69 6.1 Désir d’enfants supplémentaires . 69 6.2 Nombre idéal d’enfants . 72 6.3 Planification de la fécondité . 75 7 PLANIFICATION FAMILIALE . 79 7.1 Connaissance de la contraception . 80 7.2 Utilisation actuelle de la contraception . 82 7.3 Sources d’approvisionnement de la contraception . 86 7.4 Informations relatives aux méthodes contraceptives . 87 7.5 Raisons d’interruption de méthode contraceptive . 89 7.6 Connaissance de la période féconde. 90 7.7 Besoins en matière de planification familiale . 91 7.8 Utilisation future de la contraception . 93 7.9 Sources d’information sur la contraception . 94 8 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS . 97 8.1 Méthodologie et qualité des données . 97 8.1.1 Limites d’ordre méthodologique. 98 8.1.2 Risques d’erreurs d’enregistrement . 98 8.2 Niveaux et tendances . 99 8.3 Mortalité différentielle . 100 8.4 Mortalité périnatale . 103 8.5 Groupes à haut risque . 104 9 SANTÉ DE LA MÈRE. 107 9.1 Soins prénatals, accouchement et visites postnatales . 107 9.1.1 Soins prénatals . 107 9.1.2 Accouchement . 114 9.1.3 Examens postnatals . 118 10 SANTÉ DE L’ENFANT . 123 10.1 Caractéristiques du nouveau-né . 123 10.2 Vaccination des enfants . 124 10.3 Maladies des enfants . 128 10.3.1 Prévalence et traitement des Infections respiratoires aiguës . 128 10.3.2 Prévalence et traitement de la fièvre . 130 10.3.3 Prévalence et traitement de la diarrhée . 131 10.4 Evacuation des selles des enfants . 137 11 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL . 139 11.1 Allaitement et alimentation de complément . 139 11.1.1 Allaitement maternel . 140 11.1.2 Aliments de complément . 144 11.2 Consommation de micronutriments . 147 11.2.1 Consommation de sel iodé par les ménages. 147 11.2.2 Consommation de vitamine A . 148 11.2.3 Consommation de fer . 150 11.3 Anémie par carence en fer. 150 11.3.1 Prévalence de l’anémie chez les enfants . 151 Table des matières • v 11.4 État nutritionnel des enfants . 152 11.4.1 État nutritionnel des enfants . 152 12 PALUDISME . 157 12.1 Prévention du paludisme . 158 12.1.1 Possession de moustiquaires par les ménages . 158 12.1.2 Pulvérisation intra-domiciliaire (PID) . 160 12.1.3 Accès à une MII dans le ménage . 161 12.2 Utilisation des moustiquaires . 163 12.2.1 Utilisation des moustiquaires par les ménages . 163 12.2.2 Utilisation des MII existantes . 165 12.2.3 Utilisation des moustiquaires par les enfants de moins de cinq ans . 166 12.3 Traitement du paludisme . 170 12.3.1 Traitement préventif intermittent chez la femme enceinte . 170 12.3.2 Fièvre et traitement précoce de la fièvre chez les enfants de moins de cinq ans . 171 12.3.3 Source des conseils ou de traitements . 173 12.4 Anémie chez les enfants de moins de cinq ans . 173 12.5 Parasitémie palustre . 174 12.5.1 Principe et méthodologie . 175 12.5.2 Prévalence du paludisme . 176 13 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DU VIH/SIDA . 179 13.1 Connaissance du vih/sida, des moyens de prévention et de transmission . 180 13.2 Stigmatisation envers les personnes vivant avec le VIH/sida . 186 13.3 Opinions concernant la prévention des ist et du VIH . 189 13.4 Test du VIH . 191 13.5 Infections sexuellement transmissibles . 195 13.6 Comportements sexuels chez les jeunes et VIH/sida . 197 13.7 Test du VIH parmi les jeunes . 202 14 STATUT DE LA FEMME . 205 14.1 Emploi et rémunération . 205 14.2 Contrôle sur les revenus et importance relative des gains . 206 14.3 Possession de biens . 209 14.4 Participation dans la prise de certaines décisions . 212 14.5 Opinion sur la violence conjugale . 216 14.6 Indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 218 14.6.1 Pouvoir d’action des femmes et utilisation de la contraception . 219 14.6.2 Pouvoir d’action des femmes, nombre idéal d’enfants et besoins non satisfaits en matière de planification familiale . 220 14.6.3 Pouvoir d’action des femmes et soins de santé maternelle . 221 15 SITUATION DES ENFANTS . 223 15.1 Enregistrement des naissances . 223 15.2 Enfants vivant séparés de leurs parents biologiques et enfants orphelins . 225 15.3 Développement du jeune enfant . 227 15.4 Travail des enfants . 228 15.4.1 Participation des enfants aux activités économiques . 228 15.4.2 Participation des enfants aux tâches domestiques . 230 15.4.3 Travail des enfants . 231 16 EXCISION . 235 16.1 Connaissance et pratique de l’excision chez lez femmes enquêtées . 236 16.1.1 Connaissance de l’excision . 236 16.1.2 Pratique de l’excision . 237 16.2 Âge à l’excision des femmes . 239 16.3 Pratique de l’excision chez les filles de moins de 15 ans . 240 16.3.1 Prévalence de l’excision chez les filles . 240 16.3.2 Infibulation parmi les filles excisées de 0-14 ans . 242 16.3.3 Personne qui a procédé à l’excision des mères et des filles . 243 vi • Table des matières 16.4 Croyances et opinions vis-à-vis de l’excision . 244 16.4.1 Croyance concernant l’excision . 244 16.4.2 Opinion sur l’excision . 245 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE . 247 A.1 Objectifs . 247 A.2 Base de sondage . 247 A.3 Procédure de tirage et la répartition de l’échantillon . 248 A.4 Calcul des probabilités de tirage . 250 A.5 Les résultats de l’enquête . 251 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE . 253 ANNEXE C TABLEAUX POUR L’EVALUATION DE LA QUALITE DES DONNÉES . 263 ANNEXE D PERSONNEL DE L’EDS-CONTINUE, 2015 . 269 ANNEXE E QUESTIONNAIRES . 273 Liste des tableaux et des graphiques • vii LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE . 1 Tableau 1.1 Résultats des interviews ménages et individuelles . 8 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES . 11 Tableau 2.1 Eau utilisée par les ménages pour boire . 12 Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages . 13 Tableau 2.3 Caractéristiques du logement. 14 Tableau 2.4 Biens possédés par les ménages . 16 Tableau 2.5 Quintiles de bien-être économique . 17 Tableau 2.6 Lavage des mains . 18 Tableau 2.7 Population des ménages par âge, selon le sexe et le milieu de résidence . 19 Tableau 2.8 Composition des ménages . 20 Tableau 2.9 Niveau d’instruction de la population des ménages: Femme . 22 Tableau 2.10 Niveau d’instruction de la population des ménages: Homme . 23 Tableau 2.11 Taux de fréquentation scolaire . 25 Graphique 2.1 Caractéristiques des logements selon le milieu de résidence . 15 Graphique 2.2 Pyramide des âges de la population des ménages. 19 Graphique 2.3 Proportions d’hommes et de femmes sans instruction selon le milieu de résidence et la région . 23 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS . 27 Tableau 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés . 28 Tableau 3.2.1 Niveau d’instruction : Femmes . 30 Tableau 3.2.2 Niveau d’instruction : Hommes . 31 Tableau 3.3.1 Alphabétisation : Femmes . 32 Tableau 3.3.2 Alphabétisation : Hommes . 33 Tableau 3.4.1 Exposition aux médias: Femmes . 34 Tableau 3.4.2 Exposition aux médias : Hommes . 35 Tableau 3.5.1 Emploi : Femmes . 37 Tableau 3.5.2 Emploi : Hommes . 38 Tableau 3.6.1 Occupation : Femmes . 39 Tableau 3.6.2 Occupation : Hommes . 40 Tableau 3.7 Type d’emploi : Femmes . 41 4 NUPTIALITÉ . 43 Tableau 4.1 État matrimonial actuel . 44 Tableau 4.2.1 Nombre de coépouses . 45 Tableau 4.2.2 Nombre d’épouses . 47 Tableau 4.3 Âge à la première union . 48 Tableau 4.4 Âge médian à la première union selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 49 Tableau 4.5 Âge aux premiers rapports sexuels . 50 Tableau 4.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels certaines caractéristiques sociodémographiques . 51 Tableau 4.7.1 Activité sexuelle récente des femmes . 53 Tableau 4.7.2 Activité sexuelle récente des hommes . 54 viii • Liste des tableaux et des graphiques Graphique 4.1 Proportions de célibataires par âge . 44 Graphique 4.2 Proportions de femmes en union polygame selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 46 Graphique 4.3 Proportions d’hommes en union polygame selon le milieu et la région de résidence . 47 Graphique 4.4 Âges médians des femmes à la première union et aux premiers rapports sexuels . 51 Graphique 4.5 Âges médians des femmes et des hommes aux premiers rapports sexuels . 52 5 FÉCONDITÉ . 55 Tableau 5.1 Fécondité actuelle . 56 Tableau 5.2 Fécondité selon certaines caractéristiques . 57 Tableau 5.3.1 Fécondité par âge selon différentes sources . 59 Tableau 5.3.2 Tendance de la fécondité par âge . 60 Tableau 5.4 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes . 61 Tableau 5.5 Intervalle intergénésique . 62 Tableau 5.6 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum . 63 Tableau 5.7 Durée médiane de l’aménorrhée, de l’abstinence post-partum et de l’insusceptibilité post-partum . 64 Tableau 5.8 Ménopause . 65 Tableau 5.9 Âge à la première naissance . 65 Tableau 5.10 Âge médian à la première naissance . 66 Graphique 5.1 Fécondité par âge . 57 Graphique 5.2 Fécondité par âge selon le milieu de résidence . 58 Graphique 5.3 Tendances de l’indice synthétique de fécondité . 59 Graphique 5.4 Taux de fécondité par âge par période de 5 ans ayant précédé l’enquête . 60 Graphique 5.5 Adolescentes de 15-19 ans ayant déjà commencé leur vie féconde . 68 6 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ . 69 Tableau 6.1 Préférences en matière de fécondité par nombre d’enfants vivants . 70 Tableau 6.2 Désir de limiter les naissances : Femmes . 71 Tableau 6.3 Nombre idéal d’enfants . 72 Tableau 6.4 Nombre idéal d’enfants par caractéristique sociodémographique . 74 Tableau 6.5 Planification de la fécondité . 75 Tableau 6.6 Taux de fécondité désirée . 76 Graphique 6.1 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants . 70 Graphique 6.2 Nombre Idéal moyen d’enfants pour les femmes . 74 Graphique 6.3 Indice synthétique de fécondité et indice synthétique de fécondité désirée . 76 7 PLANIFICATION FAMILIALE . 79 Tableau 7.1 Connaissance des méthodes contraceptives . 80 Tableau 7.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques sociodémographiques . 81 Tableau 7.3 Utilisation actuelle de la contraception selon âge . 83 Tableau 7.4 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques sociodémographiques . 85 Tableau 7.5 Source d’approvisionnement des méthodes modernes . 87 Tableau 7.6 Choix informé de la méthode . 88 Tableau 7.7 Taux de discontinuation des méthodes contraceptives sur 12 mois . 89 Tableau 7.8 Raisons de discontinuation . 90 Liste des tableaux et des graphiques • ix Tableau 7.9 Connaissance de la période féconde . 91 Tableau 7.10.1 Besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union . 92 Tableau 7.10.2 Besoins en matière de planification familiale de l’ensemble des femmes . 93 Tableau 7.11 Utilisation future de la contraception . 93 Tableau 7.12 Exposition aux messages sur la planification familiale . 95 Tableau 7.13 Contact des non utilisatrices de la contraception avec des prestataires de planification familiale . 96 Graphique 7.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union selon la méthode . 84 Graphique 7.2 Tendance de l’utilisation des méthodes modernes parmi les femmes en union dans les différentes enquêtes, selon le milieu de résidence urbain-rural, 2005-2015 . 86 8 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS . 97 Tableau 8.1 Quotients de mortalité des enfants de moins de cinq ans . 99 Tableau 8.2 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio- économiques . 101 Tableau 8.3 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques Tableau 8.4 Mortalité périnatale . 104 Tableau 8.5 Comportement procréateur à hauts risques . 105 Graphique 8.1 Tendance de la mortalité néonatale, postnéonatale, infantile et infanto juvénile, 1986-2015 . 100 9 SANTÉ DE LA MÈRE. 107 Tableau 9.1 Soins prénatals . 108 Tableau 9.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse . 111 Tableau 9.3 Composants des visites prénatales . 112 Tableau 9.4 Vaccination antitétanique . 113 Tableau 9.5 Lieu de l’accouchement . 114 Tableau 9.6 Assistance durant l’accouchement . 117 Tableau 9.7 Soins postnatals . 118 Tableau 9.8 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals . 120 Tableau 9.9 Moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés au nouveau-né . 121 Tableau 9.10 Type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né . 122 Graphique 9.1 Soins prénatals par du personnel qualifié selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 109 Graphique 9.2 Tendances dans la couverture de soins prénatals, assistance à l’accouchement et lieu d’accouchement . 110 Graphique 9.3 Nombre de mois de grossesse à la première consultation prénatale par milieu de résidence . 111 Graphique 9.4 Accouchement dans un établissement de santé selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 115 Graphique 9.5 Premiers examens postnatals selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 119 10 SANTÉ DE L’ENFANT . 123 Tableau 10.1 Poids et taille de l’enfant à la naissance . 124 Tableau 10.2 Vaccinations par sources d’information . 125 Tableau 10.3 Vaccinations selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 127 x • Liste des tableaux et des graphiques Tableau 10.4 Vaccinations au cours de la première année . 128 Tableau 10.5 Prévalence et traitement des symptômes d’Infection Respiratoire Aiguë (IRA) . 129 Tableau 10.6 Prévalence et traitement de la fièvre . 131 Tableau 10.7 Prévalence de la diarrhée . 132 Tableau 10.8 Connaissance des sachets de SRO ou des liquides préconditionnés, . 133 Tableau 10.9 Traitement de la diarrhée . 134 Tableau 10.10 Pratiques alimentaires durant la diarrhée . 136 Tableau 10.11 Évacuation des selles des enfants . 137 Graphique 10.1 Tendances de la couverture de la vaccination des enfants selon différentes enquêtes, 1993-2015. . 125 Graphique 10.2 Pourcentage des enfants de 12-23 mois (en %) ayant reçu tous les vaccins y compris la Fièvre Jaune, selon le milieu de résidence, éducation et quintiles de bien-être économique . 127 Graphique 10.3 Prévalence des IRA, de la fièvre et de la diarrhée parmi les enfants de moins de 5 ans, selon l’âge de l’enfant . 130 11 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL . 139 Tableau 11.1 Allaitement initial . 141 Tableau 11.2 Type d’allaitement selon l’âge de l’enfant . 143 Tableau 11.3 Durée médiane de l’allaitement . 144 Tableau 11.4 Aliments et liquides reçus par les enfants le jour ou la nuit ayant précédé l’interview . 145 Tableau 11.5 Pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant . 146 Tableau 11.6 Présence de sel iodé dans le ménage . 148 Tableau 11.7 Consommation de micronutriments par les enfants . 149 Tableau 11.8 Prévalence de l’anémie chez les enfants . 151 Tableau 11.9 Échelle pour l’interprétation des valeurs de prévalence de la malnutrition (-2 Z-score) dans une population . 153 Tableau 11.10 État nutritionnel des enfants . 154 Graphique 11.1 Pratiques d’allaitement des enfants de moins de 2 ans . 142 12 PALUDISME . 157 Tableau 12.1 Possession de moustiquaires par les ménages . 159 Tableau 12.2 Pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel (PID) contre les moustiques . 161 Tableau 12.3 Accès à une moustiquaire préimprégnée d’insecticide (MII) . 162 Tableau 12 4 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages . 164 Tableau 12.5 Utilisation de MII existantes. 165 Tableau 12.6 Utilisation des moustiquaires par les enfants . 167 Tableau 12.7 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes . 168 Tableau 12.8 Utilisation du traitement préventif intermittent (TPIg) . 170 Tableau 12.9 Prévalence, diagnostic et traitement précoce de la fièvre chez les enfants . 172 Tableau 12.10 Sources des conseils ou de traitement chez l’enfant ayant eu de la fièvre . 173 Tableau 12.11 Hémoglobine < 8,0 g/dl . 174 Tableau 12.12 Couverture du test de paludisme chez les enfants (non pondéré) . 176 Tableau 12.13 Résultat du test de diagnostic rapide (TDR) et de la goutte épaisse (GE) du paludisme chez les enfants . 177 Graphique 12.1 Pourcentage de la population des ménages ayant accès à une MII . 163 Graphique 12.2 Possession et utilisation des MII . 169 Liste des tableaux et des graphiques • xi 13 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DU VIH/SIDA . 179 Tableau 13.1 Connaissance du sida . 180 Tableau 13.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH . 181 Tableau 13.3.1 Connaissance approfondie du sida : Femmes . 183 Tableau 13.3.2 Connaissance approfondie du sida : Hommes . 184 Tableau 13.4 Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant . 186 Tableau 13.5.1 Attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida : Femmes . 188 Tableau 13.5.2 Attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida: Hommes . 189 Tableau 13.6 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint. 190 Tableau 13.7 Adultes favorables à l’enseignement de l’utilisation du condom en tant que moyen de prévention du sida . 191 Tableau 13.8.1 Couverture du test du VIH antérieur à l’enquête : Femme . 192 Tableau 13.8.2 Couverture du test du VIH antérieur à l’enquête : Homme . 193 Tableau 13.9 Femmes enceintes conseillées et ayant effectué un test du VIH . 195 Tableau 13.10 Prévalence déclarée des infections sexuellement transmissibles (IST) et symptômes déclarés d’IST. 196 Tableau 13.11 Connaissance « approfondie » du VIH/sida et connaissance d’un endroit où se procurer des condoms parmi les jeunes . 197 Tableau 13.12 Âge aux premiers rapports sexuels parmi les jeunes . 198 Tableau 13.13 Rapports sexuels prénuptiaux et utilisation du condom au cours des rapports sexuels prénuptiaux parmi les jeunes . 200 Tableau 13.14.1 Partenaires sexuels multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Femme . 201 Tableau 13.14.2 Partenaires sexuelles multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Homme . 201 Tableau 13.15 Disparité d’âges entre partenaires sexuels parmi les femmes et les hommes de 15-19 ans . 202 Tableau 13.16 Test du VIH récent parmi les jeunes . 203 14 STATUT DE LA FEMME . 205 Tableau 14.1 Emploi et type de rémunération des femmes et des hommes actuellement en union . 206 Tableau 14.2.1 Contrôle de l’utilisation de l’argent gagné par les femmes et importance de l’argent gagné par les femmes par rapport à celui gagné par le conjoint . 207 Tableau 14.2.2 Contrôle de l’utilisation de l’argent gagné par les hommes . 208 Tableau 14.3 Contrôle par les femmes de l’utilisation de leurs propres gains et contrôle de l’utilisation des gains du conjoint . 209 Tableau 14.4.1 Possession de biens par la femme . 210 Tableau 14.4.2 Possession de biens par les hommes . 212 Tableau 14.5 Participation dans la prise de décision . 213 Tableau 14.6.1 Participation des femmes dans la prise de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 214 Tableau 14.6.2 Participation des hommes dans la prise de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 215 Tableau 14.7.1 Opinion des femmes concernant le fait qu’un mari batte sa femme . 216 Tableau 14.7.2 Opinion des hommes concernant le fait qu’un mari batte sa femme . 218 Tableau 14.8 Indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 219 Tableau 14.9 Utilisation actuelle de la contraception selon certains indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 220 xii • Liste des tableaux et des graphiques Tableau 14.10 Nombre idéal d’enfant et besoins non satisfaits en matière de planification familiale selon certains indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 221 Tableau 14.11 Soins de santé maternelle selon les indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 221 Graphique 14.1 Possession de maison et de terres par les hommes et par les femmes de 15-49 ans . 211 Graphique 14.2 Participation dans la prise de décision par les femmes . 213 15 SITUATION DES ENFANTS . 223 Tableau 15.1 Enregistrement des naissances d’enfants de moins de 5 ans . 225 Tableau 15.2 Enfants orphelins et résidence avec les parents . 226 Tableau 15.3 Programme d’apprentissage ou d’éveil . 227 Tableau 15.4 Participation des enfants à des activités économiques. 229 Tableau 15.5 Participation des enfants à des tâches domestiques . 230 Tableau 15.6 Travail des enfants . 232 16 EXCISION . 235 Tableau 16.1 Connaissance de l’excision . 237 Tableau 16.2 Pratique de l’excision . 238 Tableau 16.3 Âge à l’excision . 240 Tableau 16.4 Prévalence de l’excision et âge à l’excision : Filles 0-14 ans . 241 Tableau 16.5 Excision des filles de 0-14 ans selon les caractéristiques sociodémographiques de la mère . 242 Tableau 16.6 Infibulation parmi les filles excises âgées de 0-14 ans . 243 Tableau 16.7 Personne qui a procédé à l’excision et type d’excision parmi les filles excisées de 0-14 ans et les femmes de 15-49 ans . 244 Tableau 16.8 Opinions des femmes et des hommes sur l’excision, en tant que nécessité religieuse . 245 Tableau 16.9 Opinions des femmes et des hommes sur le maintien ou non de cette pratique . 246 Graphique 16.1 Pourcentage de femmes excisées selon l’ethnie et la région . 239 Graphique 16.2 Pourcentage de femmes de 15-49 ans et de filles de 0-14 ans excisées selon l’âge . 241 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE . 247 Tableau A.1 Répartition de nombres de DR et la taille moyenne de DR en ménage par région et selon le milieu de résidence (RGPH-2013) . 248 Tableau A.2 Répartition de ménage et de population par région et selon le milieu de résidence (RGPH-2013) . 248 Tableau A.3 Répartition de l’échantillon grappes et de l’échantillon ménages par région et par type de résidence, EDS-Continue 2015 . 249 Tableau A.4 Répartition de nombres attendus de femmes et hommes enquêtés avec succès par région et par type de résidence, EDS-Continue 2015 . 249 Tableau A.5 Résultats de l’enquête . 251 Tableau A.6 Résultats de l’enquête . 252 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE . 253 Tableau B.1 Variables utilisées pour le calcul des erreurs de sondage, EDS-Continue 2015 . 255 Tableau B.2 Erreurs de sondage : Echantillon Total, Sénégal EDS-Continue 2015 . 256 Tableau B.3 Erreurs de sondage: Echantillon Urbain, Sénégal EDS-Continue 2015 . 257 Tableau B.4 Erreurs de sondage: Echantillon Rural, Sénégal EDS-Continue 2015 . 258 Liste des tableaux et des graphiques • xiii Tableau B.5 Erreurs de sondage: Echantillon Région Nord, Sénégal EDS-Continue 2015 . 259 Tableau B.6 Erreurs de sondage: Echantillon Région Ouest, Sénégal EDS-Continue 2015 . 260 Tableau B.7 Erreurs de sondage: Echantillon Region Centre, Sénégal EDS-Continue 2015 . 261 Tableau B.8 Erreurs de sondage: Echantillon Région Sud, Sénégal EDS-Continue 2015 . 262 ANNEXE C TABLEAUX POUR L’EVALUATION DE LA QUALITE DES DONNÉES . 263 Tableau C.1 Répartition par âge de la population des ménages . 263 Tableau C.2.1 Répartition par âge des femmes éligibles et enquêtées . 264 Tableau C.2.2 Répartition par âge des hommes éligibles et enquêtés . 264 Tableau C.3 Complétude de l’enregistrement . 265 Tableau C.4 Naissances par année de naissance . 265 Tableau C.5 Enregistrement de l’âge au décès en jours . 266 Tableau C.6 Enregistrement de l’âge au décès en mois . 266 Tableau C.7 État nutritionel des enfants . 267 Avant-propos • xv AVANT-PROPOS ’Enquête Démographique et de Santé du Sénégal Continue 2015 (EDS-Continue 2015), fait suite aux EDS de 1986, 1992, 1997, 2005, à l’EDS-MICS 2010-2011 et à l’EDS-Continue de 2012-2013 et 2014. Au sortir de l’édition 2011, le Sénégal s’est engagé dans la mise en œuvre d’un programme d’enquêtes dans lequel des phases de collecte de données sont répétées à des intervalles réguliers et annuels. C’est ainsi, que la première phase a été réalisée en 2012-2013 et la deuxième phase en 2014. L’EDS- Continue comporte un volet traitant de la production d’indicateurs sociodémographiques (Volet ménages) et un autre (ECPSS 2015) visant à apprécier la disponibilité des ressources matérielles et humaines ainsi que la qualité des soins offerts par les services de santé aux populations (Volet Établissements de santé). Je me réjouis de la qualité de la collaboration avec le Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan qui a associé le Ministère de la Santé et l’Action Sociale dans cette importante démarche. L’EDS-Continue 2015 a été réalisée par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) avec le concours technique d’ICF. Le laboratoire de parasitologie de l’Université Cheikh Anta DIOP (UCAD) a apporté son appui dans la mise en œuvre du volet relatif à la parasitémie palustre et la supervision du composant des biomarqueurs. Je leur adresse mes vifs remerciements. Cette deuxième phase de l’EDS-Continue a pris en charge quelques thèmes développés dans les précédentes EDS, en particulier la fécondité, la planification familiale, les soins pré et postnatals, les maladies des enfants, leur prévention et leur prise en charge, la mortalité au cours de l’enfance. Elle renseigne également les questions relatives à la malnutrition des enfants à partir des mesures anthropométriques. Les indicateurs ayant trait à la prévention du paludisme et à l’alimentation des enfants sont aussi appréhendés. En mettant en place ce dispositif, l’ANSD entend mettre à la disposition des utilisateurs et producteurs de statistiques et des décideurs politiques une grande variété de données actualisées ou tout simplement inédites nécessaires à une bonne planification économique et sociale. À travers cette enquête, l’ANSD poursuit ses efforts à l’endroit de la communauté scientifique pour leur faciliter l’accès aux données. Comme toutes les enquêtes EDS, les bases de données de l’EDS-Continue sont téléchargeables en ligne en vue de promouvoir les études approfondies. Il importe de signaler aussi que toute la documentation de l’enquête sera accessible en ligne ou directement auprès de l’ANSD et à ICF. Je suis convaincu que tous les utilisateurs sauront tirer profit de cette mine d’informations qu’est l’EDS- Continue pour une meilleure planification de leurs activités. La mise en œuvre de cette enquête a mobilisé des ressources financières importantes. L’Agence Américaine pour le développent International (USAID), le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), le Micronutient Initiative (MI) et l’État en ont assuré le financement. Les partenaires techniques et financiers ont aussi contribué techniquement à la mise en œuvre de cette opération dans le cadre des comités technique et de pilotage du projet. Je leur adresse mes sincères remerciements. Mes remerciements vont donc à tous les partenaires institutionnels et à toutes les personnes qui ont contribué à la réussite de cette importante investigation. J’exprime ma profonde gratitude aux populations et aux services de l’État pour leur appui et leur disponibilité tout au long du travail de collecte des données. L Remerciements • xvii REMERCIEMENTS our assurer un meilleur suivi des indicateurs les plus importantes pour les programmes nationaux de santé et des indicateurs des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), le Sénégal vient de réaliser en 2015, la troisième phase d’une Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS- Continue) conformément au programme d’actions du Schéma Directeur de la Statistique. Le programme de l’EDS-Continue couvre la période 2012-2017 et offre la possibilité de créer un flux continu de données sur la population qui aidera à répondre à la demande de suivi plus régulier des indicateurs de couverture et d’impact résultant des initiatives mondiales en cours, visant à renforcer les programmes de santé. Cette enquête qui entre dans le cadre du programme d’activités du Schéma Directeur de la Statistique permet de répondre aux besoins permanents en données pour planifier, suivre et évaluer les programmes de santé et de population. Elle permet également de renforcer les capacités au sein des institutions du pays d’accueil pour collecter, traiter, analyser et diffuser les données et les résultats. Cette opération régulière qui regroupe une enquête ménage et une enquête auprès des établissements de santé est une nouvelle illustration de la politique de rationalisation des ressources aussi bien financières que techniques, par l’harmonisation et la mutualisation des moyens. Elle a nécessité la mobilisation d’importantes ressources financières, de la disponibilité et de la compétence de plusieurs personnes ressources. Je voudrais donc, à l’occasion de la publication du présent rapport, adresser mes sincères remerciements au Gouvernement du Sénégal, à ses partenaires au développement, notamment l’USAID, l’UNICEF, l’UNFPA, à ICF et à Micronutrient Initiative qui ont appuyé l’ANSD tout le long de cette opération. À travers cette enquête, l’ANSD réaffirme son ancrage dans les nouvelles technologies en ayant encore recours aux ordinateurs portables pour la collecte et la saisie directe des données sur le terrain. L’ANSD s’inscrit donc résolument dans la collecte de données d’enquêtes sans questionnaires papiers. Une telle option à succès consolide son leadership et confirme la nécessité de faire confiance à l’expertise nationale. J’exprime donc mes félicitations aux experts de l’ANSD et mes sincères remerciements à ICF. Je voudrais aussi remercier les personnels techniques et administratifs du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale, au niveau central comme au niveau périphérique pour leur précieuse collaboration ; les membres des Comité de pilotage et technique pour leur compétence et leur disponibilité ainsi que les personnels du laboratoire de parasitologie de l’Université Cheikh Anta Diop pour leur efficacité dans l’exploitation des analyses biologiques. Je voudrais également témoigner ma profonde gratitude et ma reconnaissance à l’égard des populations des localités enquêtées ainsi qu’aux autorités administratives, locales, coutumières et religieuses pour l’accueil chaleureux qu’elles ont réservé aux personnels de terrain. Enfin, j’adresse toutes mes félicitations aux personnels de terrain, chauffeurs, enquêteurs, techniciens de santé, chefs d’équipe et superviseurs et les informaticiens de l’enquête pour leur professionnalisme, leur dévouement et leur endurance qui ont été déterminants pour la réussite de l’enquête. Je salue le concours des collègues de l’ensemble des services techniques, administratifs, logistiques et financiers de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie qui se sont tous mobilisés pour assurer un succès éclatant à cette enquête cruciale. P Sigles et abréviations • xix SIGLES ET ABRÉVIATIONS ANSD Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie CNERS Comité National d’Éthique pour la Recherche en Santé CRDH Centre de Recherche pour le Développement Humain CTA Combinaisons Thérapeutiques à base d’Artémisinine DHS Demographic and Health Surveys DPES Document de Politique Économique et Social DR District de Recensement DTC Diphtérie, Tétanos et Coqueluche GHI Global Health Initiative ICP Infirmiers/ères Chefs de Poste IRA Infections Respiratoires Aiguës ISF Indice Synthétique de Fécondité MII Moustiquaires Imprégnées d’Insecticide MILDA Moustiquaires Imprégnées à Longue Durée d’Action OIT Organisation Internationale du Travail OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement OMS Organisation Mondiale de la Santé PEV Programme Élargi de Vaccinations PFTE Pires Formes de Travail des Enfants PID Pulvérisation Intradomiciliaire PNDS Plan National de Développement Sanitaire PNLP Programme National de Lutte contre le Paludisme PPTE Pays Pauvre Très Endetté RGP Recensement Général de la Population RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat SP Sulfadoxine-Pyriméthamine SRO Sels de Réhydratation par voie Orale TBF Taux Brut de Fréquentation scolaire TBN Taux Brut de Natalité TDR Test de Diagnostic Rapide TGFG Taux Global de Fécondité Générale TNF Taux Net de Fréquentation scolaire TPIg Traitement Préventif Intermittent TRO Traitement de Réhydratation par voie Orale UCAD Université Cheikh Anta Diop xx • Carte du Sénégal CARTE DU SÉNÉGAL MAURITANIE MALI GUINÉEGUINÉE-BISSAU GAMBIE Sud Nord Centre Ouest Louga Matam Tambacounda Kolda Saint-Louis Kédougou Fatick Kaffrine Thiès SédhiouZiguinchor Kaolack Diourbel Dakar 0 100 20050 Kilomètres ¯ Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1 Fatou Bintou Niang CAMARA e premier chapitre présente le pays ainsi que le contexte de la troisième Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue 2015). Ses objectifs et sa méthodologie y sont également exposés. 1.1 PRÉSENTATION DU PAYS 1.1.1 Géographie Pays Soudano-Sahélien situé à l’extrême ouest du continent africain, le Sénégal est limité, au nord, par la République de Mauritanie, à l’est, par le Mali, au sud, par la Guinée Bissau et la Guinée et, à l’ouest, par l’Océan Atlantique. Il est traversé par la Gambie qui est une enclave de terre située entre les régions de Kaolack et de Ziguinchor, sur le cours inférieur du fleuve du même nom. D’une superficie de 196 722 kilomètres carrés, le Sénégal possède une grande ouverture sur l’Océan Atlantique avec ses 700 kilomètres de côtes. C’est un pays plat, l’altitude dépassant rarement 100 mètres et le point culminant, le mont Assiriki, situé au sud-est du pays, a une hauteur de 381 mètres. Au plan hydrographique, le pays est traversé d’est en ouest par quatre fleuves, le Sénégal, la Gambie, la Casamance et le Saloum et leurs affluents. Ce réseau est complété par quelques cours d’eau temporaires et une contribution significative du lac de Guiers au nord du pays. Au niveau administratif, la nouvelle organisation administrative, territoriale et locale du Sénégal est fixée par le décret du 10 septembre 2008. Le territoire passe ainsi de 11 à 14 régions administratives avec comme dernières créations Kaffrine, Kédougou et Sédhiou issues respectivement des anciennes régions de Kaolack, Tambacounda et Kolda. Les régions sont subdivisées en départements (au nombre de 45). On dénombre 554 collectivités locales composées de 46 communes d’arrondissement, 125 communes (assimilées au milieu urbain) et 383 communautés rurales. 1.1.2 Économie Le Sénégal s’est engagé dans un nouveau modèle de développement à travers une stratégie qui vise l’émergence dans la solidarité à l’horizon 2035. Cette stratégie constitue le référentiel de la politique économique et sociale. Elle met l’accent sur la création de richesses et d’emplois, le renforcement de la gouvernance, le développement des secteurs stratégiques ayant des impacts significatifs sur l’amélioration du bien-être des populations, particulièrement par la protection des groupes vulnérables et la garantie de l’accès aux services essentiels. Les indicateurs sur la période 2005-2011 révèlent une stagnation relative de la pauvreté, expliquée en partie par un taux de croissance du PIB par tête d’environ de 0,5 % en moyenne par an. Même si l’incidence de la pauvreté a légèrement baissé, elle a été accompagnée par une augmentation absolue du nombre de pauvres sur la période. La pauvreté est plus élevée en zone rurale que dans les centres urbains. Ces résultats mettent en évidence la fragilité de l’économie sénégalaise et sa capacité, dans le long terme, à améliorer de manière durable les conditions de vie des populations. En outre, selon la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee), de 3 738 milliards en 2014, la dette publique projetée est évaluée à 4 109 milliards en 2015. L’encours de la dette publique totale connaîtra par conséquent un accroissement de 9,9 % comparativement à 2014. Cette dette reste cependant en adéquation avec les normes communautaires puisqu’elle est projetée à 49,9 % du Pib en 2015. Ainsi, la perspective d’atteindre tous les OMD à l’horizon 2015 s’éloigne de plus en plus, notamment en matière de réduction de la pauvreté et pour les secteurs de la santé (mortalité maternelle et infantile), de l’éducation (achèvement du cycle élémentaire) et de l’assainissement. C 2 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête 1.1.3 Population Le Sénégal dispose d’une masse importante de données sociodémographiques et économiques grâce à de nombreuses enquêtes réalisées au cours des trente dernières années. En effet, en dehors de quatre recensements généraux (RGP de 1976, RGPH de 1988, RGPH de 2002 et RGPHAE de 2013), plusieurs enquêtes d’envergure nationale ont été menées, parmi lesquelles on peut citer l’Enquête Sénégalaise sur la Fécondité de 1978, l’Enquête sur les Migrations et l’Urbanisation au Sénégal en 1993, l’Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (1994/1995 et 2001/2002), sept Enquêtes Démographiques et de Santé (1986, 1992-1993, 1997, 2005, 2010-2011, 2012-2013 et 2014), l’Enquête Nationale sur le Travail des Enfants au Sénégal en 2005 et l’Enquête de Suivi de la Pauvreté au Sénégal en 2006 et en 2011. Ces différentes investigations ont permis d’obtenir des indicateurs démographiques de base à différentes dates qui contribuent au suivi et à l’évaluation des projets et programmes de développement. La population du Sénégal recensée en 2013 est de 13 508 715 habitants1 dont 6 735 421 hommes et 6 773 294 femmes. Cette population s’établissait en 2002 à 9 858 482 habitants, soit un taux d’accroissement annuel moyen intercensitaire de 2,7 % entre 2002-2013. Avec 4 958 085 en 1976 et 6 881 919 en 1988, les taux d’accroissement intercensitaires étaient de 2,7 % pour 1976-1988et 2,6 % pour 1988-2002. La densité moyenne est de 65 habitants au km2. Cependant, cette population est inégalement répartie entre les 14 régions administratives du pays. Les effectifs de population les plus élevés se retrouvent dans les régions de Dakar, Thiès et Diourbel avec, respectivement, 3 139 325 habitants (23,2 % de la population totale), 1 789 923 habitants (13,3 %) et 1 499 867 habitants (11,1 %) alors que les régions septentrionales et orientales du pays se caractérisent toujours par la faiblesse de leur population. La région de Kédougou enregistre le plus faible effectif de population avec 151 715 habitants (1,1 %). La région de Tambacounda, qui représente la région la plus vaste du pays (21,5 % de la superficie du pays), ne compte que 5,0 % de la population du Sénégal. La population croît rapidement : le fort taux de croissance démographique de 2,7 % observé entre 2002 et 2013 résulte essentiellement d’une fécondité encore élevée (ISF de 5,0 en 2012-2013) et d’une mortalité infantile en baisse (61 ‰ en 2005, 47 ‰ en 2010-2011 et 43 ‰ 2012-2013). De cette forte croissance, résulte une extrême jeunesse de la population : l’âge moyen de la population est de 22,7 ans et la moitié de la population à moins de 18 ans (âge médian). Au niveau national, Les résultats du RGPHAE révèlent que près d’un Sénégalais sur deux âgé d’au moins dix ans (46 %) sait lire et écrire dans une langue quelconque (54 % chez les hommes contre 38 % chez les femmes). Le taux d’alphabétisation est plus élevé en milieu urbain où on enregistre 58 % contre 34 % en milieu rural. Selon la région de résidence, c’est Ziguinchor (72 %) et Dakar (69 %) qui affichent les taux les plus élevés. La population du Sénégal est essentiellement musulmane (96,1 %). On y trouve aussi des chrétiens (3,8 %) ; les animistes et autres religions constituent les 0,1 % restant. 1.1.4 Politique en matière de santé et situation sanitaire La politique dans le secteur de la santé demeure dans la dynamique de l’atteinte des Objectifs du Développement Durable(ODD) et de la réalisation des objectifs prioritaires du deuxième Plan National de Développement Sanitaire (PNDS-II, 2009-2018) avec notamment pour objectif la réduction de la mortalité maternelle et de la mortalité infanto juvénile, la maîtrise de la fécondité et un plus grand accès aux services de base pour les plus démunis. 1 Il s’agit ici de toute la population résidente (population de droit) au Sénégal y compris la population comptée à part (population des ménages ordinaires, collectifs et population flottante). Les données de population des précédents recensements n’incluant pas ce type de population, les taux d’accroissement annuel moyen sont calculés au regard de la seule population résidente, hors celle comptée à part. Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 3 La part du budget de l’État allouée au secteur de la santé a été en hausse régulière ces dernières années. La priorité accordée au secteur de la santé s’est traduite par une augmentation constante du budget du ministère de la Santé qui est passé de 36 milliards de Francs CFA en 1998, à 90,5 en 2008, 105,9 en 2011 et à 110,5 milliards en 2012. Ce budget représente aujourd’hui 10,4 % du budget de fonctionnement de l’État. À l’heure actuelle, le Sénégal compte un total de 3 084 structures de santé (dont 86 hôpitaux, 242 centres de santé y compris les centres médicaux de garnison (CMG), 1 250 postes de santé y compris les infirmeries des maisons d’arrêt et de correction (MAC) et 1 506 cases de santé2. Cependant, en termes de couverture en infrastructures sanitaires, le Sénégal n’a pas encore atteint les normes3 préconisées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ces deux dernières décennies ont été marquées par une amélioration de la situation sanitaire comme en atteste la tendance de la plupart des indicateurs suivis par les programmes de santé. Les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile bien qu’encore élevés, ont connu une baisse significative. En effet, le taux de mortalité infanto-juvénile est passé de 121 ‰ en 2005, 72 ‰ en 2010-2011, 65 ‰ en 2012-2013 et 54 ‰ en 2014 et celui de la mortalité infantile est passée de 61 ‰ en 2005, à 47 ‰ en 2010-2011, à 43 ‰ en 2012-2013 et à 33 ‰ en 2014. Enfin, le rapport de mortalité maternelle s’établit à 392 pour 100 000 naissances vivantes en 2010-2011. Le PNDS accorde une place importante à la surveillance épidémiologique, à la santé de la reproduction, aux MST/Sida et au contrôle des maladies endémiques, notamment le paludisme. Cette dernière endémie qui est une des premières causes de morbidité, est en train de perdre du terrain, résultat à mettre notamment à l’actif du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP). Le niveau de prévalence du VIH relativement faible au sein de la population générale âgée de 15 à 49 ans (0,7 % en 2010-2011) reste stable. En 2014, plus de neuf mères sur dix (96 %) ont consulté du personnel médical formé pendant la grossesse. En 2014, pour les naissances ayant eu lieu au cours des 5 dernières années, 59 % des mères ont bénéficié, pendant l’accouchement, de l’assistance de personnel médical formé. La couverture vaccinale chez les enfants de moins de cinq ans a enregistré une amélioration (74 % en 2014). 1.2 CADRE INSTITUTIONNEL, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1.2.1 Cadre institutionnel Le Gouvernement du Sénégal vient de réaliser en 2015 la troisième phase d’une Enquête Continue, conformément au programme d’actions du Schéma Directeur de la Statistique. Elle couvre la période 2012-2017 et offre la possibilité de créer un flux continu de données sur la population qui aidera à répondre à la demande de suivi plus régulier des indicateurs de couverture et d’impact résultant des initiatives mondiales en cours, visant à renforcer les programmes de santé. L’Enquête-Continue a été réalisée par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) avec l’assistance technique d’ICF, organisme américain chargé de la mise en œuvre du programme international des EDS (Demographic and Health Surveys-DHS). Le laboratoire de parasitologie de la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) a apporté son appui dans la mise en œuvre du volet portant sur le 2 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) [Sénégal] et ICF International. 2012. Enquête Continue sur la Prestation des Services de Soins de Santé (ECPSS) du Sénégal 2014. Rockville, Maryland, USA : ANSD et ICF International. 3 Normes OMS : 1 poste de santé pour 10 000 habitants ; 1 centre de santé pour 50 000 habitants et 1 hôpital pour 150 000 habitants. 4 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête test du paludisme (formation des agents, prélèvements et analyses des échantillons de sang, analyse des données). Pour la mise en œuvre de l’enquête, un comité de pilotage a été mis en place comprenant, en plus de l’équipe technique de l’EDS-Continue, le ministère de la Santé et les partenaires au développement. Pour la réalisation de l’EDS-Continue, le Gouvernement du Sénégal a bénéficié de l’appui financier de l’USAID, de l’UNFPA, de l’UNICEF et de Micronutrient Initiative (MI). 1.2.2 Objectifs L’Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue) a comme objectifs fondamentaux : (1) répondre aux besoins permanents en données pour planifier, suivre et évaluer les programmes de santé et de population, et (2) renforcer les capacités au sein des institutions du pays pour collecter, traiter, analyser, diffuser et utiliser ces données. En outre, l’EDS-Continue comporte d’autres avantages potentiels. La rétention plus longue du bureau central et du personnel de terrain inhérente à l’EDS-Continue conduit à une « institutionnalisation de fait » du processus EDS, ce qui apporte des avantages que ne peut apporter une EDS quinquennale. On s’attend à ce que le renforcement des capacités du personnel et l’institutionnalisation du processus EDS se traduisent par une amélioration de la qualité des données et une réduction des besoins en assistance technique. La conception de l’EDS-Continue permet également une plus grande souplesse pour répondre aux besoins en statistiques du pays dans la mesure où chacune des phases de l’EDS-Continue peut être adaptée à des sujets particuliers, ce qui est difficile dans le cadre d’une enquête quinquennale. Ces objectifs sont en accord avec les principes fondamentaux de Global Health Initiative (GHI), récemment lancée par le gouvernement des États-Unis pour soutenir les résultats qui améliorent la santé, en particulier chez les femmes et les jeunes enfants, en renforçant la performance du système de santé dans les pays en développement. La GHI est un programme axé sur le résultat et qui compte, parmi ses principes fondamentaux, l’engagement à la prise de décision basée sur la connaissance et à un suivi et une évaluation améliorés. L’engagement au respect de la propriété nationale fait partie intégrante du GHI. Conformément à ce principe, c’est au Sénégal que revient la tâche de réaliser une EDS-Continue. Il convient de noter que le Sénégal est le premier pays en Afrique et le deuxième pays après le Pérou à entreprendre une enquête continue dans le cadre du programme DHS. 1.2.3 Méthodologie Questionnaires Pour permettre une certaine souplesse dans la conception de chaque phase de l’EDS-Continue, le questionnaire standard du Programme DHS utilisé a été réduit. Des modifications jugées nécessaires ont été apportées aux questionnaires de base pour les adapter aux spécificités socioculturelles du Sénégal et répondre aux besoins des utilisateurs. Aussi, pour assurer la comparabilité des résultats au niveau international, ces changements ont été aussi limités que possible. Ce questionnaire réduit comprend un historique des naissances complet permettant le calcul des taux de fécondité et de mortalité et fournit la plupart des indicateurs recommandés au niveau international. Trois questionnaires ont été utilisés : un questionnaire ménage, un questionnaire individuel pour les femmes de 15-49 ans et, un questionnaire individuel pour les hommes de 15-59 ans. Le contenu spécifique de ces différents questionnaires est le suivant : Le questionnaire ménage : Le questionnaire ménage a été utilisé pour lister tous les membres habituels et les visiteurs des ménages sélectionnés. La page de couverture contient les informations relatives à l’identification du ménage, aux résultats de l’interview qui permettent de calculer le taux de couverture de l’enquête et aux contrôles de terrain et de bureau. Ce questionnaire a permis de collecter des Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 5 informations sur les membres habituels du ménage et les visiteurs qui y ont passé la nuit précédant l’interview. Les informations recueillies portent sur le sexe, l’âge, l’éducation scolaire et préscolaire, la survie des parents, la déclaration des naissances à l’état civil, la prise en charge des jeunes enfants au niveau préscolaire et le travail des enfants. Par ailleurs, d’autres informations portant sur les caractéristiques du logement (approvisionnement en eau, type de toilettes, matériau de construction, disponibilité de l’électricité, possession de biens durables, etc.), la possession, l’utilisation et le traitement des moustiquaires, ainsi que l’utilisation du sel iodé4 dans la préparation des repas, ont été également collectées. Des questions relatives à l’accès à la propriété foncière et à la sécurité résidentielle ont également été posées. Ces informations ont été recueillies afin d’évaluer les conditions environnementales et socioéconomiques dans lesquelles vivent les personnes enquêtées. En outre, des questions sur le tabagisme ont aussi été incluses dans cette enquête. Finalement, un des objectifs essentiels du questionnaire ménage était d’identifier les femmes éligibles pour des interviews individuelles et les enfants éligibles pour l’anthropométrie, les tests d’anémie et de parasitémie palustre. De plus, le questionnaire ménage a permis de recueillir les résultats des tests sur le paludisme et des mesures anthropométriques de tous les enfants de moins de 5 ans des ménages enquêtés de façon à évaluer leur état nutritionnel (émaciation, insuffisance pondérale et retard de croissance pour les enfants). Ce questionnaire a également été utilisé pour enregistrer les résultats des mesures anthropométriques, de l’hémoglobine (anémie) et de la parasitémie palustre. Dans les ménages échantillonnés, les tests d’anémie et de parasitémie palustre ont été effectués sur les enfants de 6-59 mois. Après obtention du consentement éclairé des parents ou des personnes en charge des enfants, un prélèvement sanguin a été effectué auprès des enfants de 6-59 mois. Il a permis d’effectuer, sur le terrain, un test mesurant le niveau d’hémoglobine, et un Test de Diagnostic Rapide (TDR) du paludisme. En outre, du sang a été collecté sur lame pour constituer une goutte épaisse qui a été analysée ultérieurement en laboratoire pour estimer la prévalence du paludisme. Le questionnaire individuel femme : Il constitue l’élément central de l’enquête. Il comprend une page de couverture similaire à celle du questionnaire ménage sur laquelle sont enregistrés les informations d’identification du ménage, le résultat de l’interview qui permet de calculer le taux de couverture de l’enquête et les contrôles de terrain et de bureau, ainsi que dix sections qui servent à recueillir des informations sur les thèmes suivants : • Caractéristiques sociodémographiques : cette section porte sur le lieu de résidence, l’âge et la date de naissance, la scolarisation, l’alphabétisation, la nationalité, la religion et l’ethnie ; • Reproduction : cette deuxième section permet de collecter des informations sur les naissances vivantes que la femme a eues durant sa vie, ainsi que sur leur état de survie au moment de l’enquête, sur l’état de grossesse au moment de l’enquête, et sur la connaissance de la période féconde dans le cycle menstruel ; • Connaissance et utilisation de la contraception : cette section permet de recueillir des informations sur la connaissance et l’utilisation actuelle des différentes méthodes contraceptives, ainsi que sur les sources d’approvisionnement. Elle porte également sur les raisons de la non-utilisation d’une méthode ; • Grossesse et soins postnatals : cette section porte sur les naissances des cinq années ayant précédé l’enquête. Elle permet d’obtenir des informations sur la période de la grossesse, les soins prénatals incluant la vaccination antitétanique, le lieu d’accouchement et la qualification 4 Dans tous les ménages enquêtés, le sel utilisé pour la cuisine est testé pour déterminer sa teneur en iode. Les résultats du test permettront de déterminer la proportion de femmes et d’enfants vivant dans un ménage utilisant du sel suffisamment iodé. 6 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête de la personne ayant assisté la femme, les soins postnatals, le retour des règles et la reprise des rapports sexuels après la naissance de l’enfant ; • Vaccination des enfants, santé et nutrition : les questions portent sur la fréquence et la durée de l’allaitement, sur le type d’allaitement (maternel ou artificiel), ainsi que sur l’utilisation des différents compléments nutritionnels. La deuxième partie porte sur les vaccinations incluses dans le Programme Élargi de Vaccinations (PEV) et la santé des enfants de moins de cinq ans, plus particulièrement sur la prévalence et le traitement de la fièvre, de la toux et de la diarrhée ; • Mariage et activité sexuelle : cette section porte sur l’état matrimonial de la femme, la cohabitation avec le conjoint, le type de mariage (monogamie ou polygamie), l’âge au premier mariage et l’âge aux premiers rapports sexuels ainsi que sur l’activité sexuelle récente ; • Préférences en matière de fécondité : cette section recueille des informations sur le désir d’enfants supplémentaires, l’intervalle souhaité entre les naissances et l’opinion concernant la taille de la famille ; • Caractéristiques du conjoint et travail de la femme : les questions qui ont été posées permettent de connaître les caractéristiques socioprofessionnelles du conjoint des femmes en union et l’activité professionnelle de celles-ci ; • IST et sida : cette section vise à obtenir des informations sur la connaissance et la prévalence des infections sexuellement transmissibles, sur les modes de transmission et les moyens de prévention du sida ; et • Excision : on collecte ici des informations sur la pratique de l’excision chez les femmes interviewées et sur les filles âgées de moins de 15 ans. Le questionnaire individuel homme : Il comprend une page de couverture similaire à celle du questionnaire ménage sur laquelle sont enregistrés les informations d’identification du ménage, le résultat de l’interview qui permet de calculer le taux de couverture de l’enquête et les contrôles de terrain et de bureau, ainsi que huit sections qui servent à recueillir des informations sur les thèmes suivants : • Caractéristiques sociodémographiques ; • Reproduction ; • Connaissance et utilisation de la contraception ; • Mariage et activité sexuelle ; • Préférences en matière de fécondité ; • Emploi et rôle des sexes ; • VIH et autres infections sexuellement transmissibles ; et • Excision Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 7 Manuels et autres documents techniques En plus des questionnaires, d’autres documents techniques ont été élaborés par l’équipe technique. Il s’agit en particulier : • du manuel des enquêtrices ; • du manuel des chefs d’équipe ; • du manuel de cartographie et de dénombrement des ménages ; • du manuel d’utilisation des tablettes PC (système d’interview assisté par ordinateur (CAPI) ; • du manuel pour l’anthropométrie ; • du manuel du test du paludisme ; • des fiches d’affectation des enquêteurs/contrôleuses ; • des fiches de contrôle et de gestion pour les tests (anémie et paludisme) ; et • des fiches de référence pour les tests (anémie et paludisme). L’ANSD a assuré la reproduction en nombre suffisant de ces différents documents. Tests d’hémoglobine et de la parasitémie palustre Dans les ménages sélectionnés, les enfants de 6-59 mois étaient éligibles pour le test d’anémie et de parasitémie. Les protocoles pour les tests de l’anémie et de la parasitémie palustre ont été approuvés par le Comité d’Éthique (Internal Review Board) d’ICF à Rockville, Maryland (USA) et par le Comité National d’Éthique pour la Recherche en Santé (CNERS) du Sénégal. Pour réaliser les prélèvements sanguins auprès des personnes éligibles, chaque équipe de terrain comprenait un enquêteur-technicien de santé spécialement chargé des prélèvements. En plus de la formation d’enquêteurs, ce technicien avait reçu une formation spéciale sur tous les aspects des protocoles du test d’anémie. D’abord, pour chaque enfant éligible, le technicien cherchait à obtenir le consentement éclairé de la personne responsable de l’enfant après lui avoir expliqué les procédures de prélèvement, la confidentialité du test et les conditions de prise en charge en cas de besoin. Test d’hémoglobine : Le test d’hémoglobine est la principale méthode pour diagnostiquer l’anémie ; ce test est effectué en utilisant le système d’HemoCue. Avant de prélever le sang, le doigt était nettoyé avec un tampon imbibé d’alcool et séché à l’air. Ensuite, le bout du doigt (ou du talon des enfants de moins d’un an et très maigre) était piqué avec une lancette rétractable, stérile et non réutilisable. Une goutte de sang était récupérée dans une microcuvette et ensuite introduite dans le photomètre HemoCue qui indiquait le niveau d’hémoglobine. Ces résultats étaient enregistrés dans le questionnaire ménage et communiqués à la personne testée, ou au parent/adulte responsable, en expliquant la signification des résultats. Si la personne présentait une anémie sévère (un niveau d’hémoglobine <7 g/dl), l’enquêteur fournissait une fiche de référence pour rechercher des soins auprès d’un service de santé. Test de parasitémie palustre : Les tests de parasitémie palustre ont été effectués sur les enfants de 6-59 mois. Deux tests du diagnostic du paludisme ont été réalisés : un Test de Diagnostic Rapide (TDR) dont les résultats étaient communiqués aux parents/personne en charge de l’enfant, et une goutte épaisse. 8 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête Les enfants testés positifs au TDR étaient référencés auprès d’un service de santé par les techniciens de laboratoire de l’enquête selon le protocole en vigueur. Par ailleurs, les gouttes épaisses confectionnées sur une lame porte-objet après prélèvement d’un échantillon de sang ont été analysées au laboratoire du Département de Parasitologie de la Faculté de Médecine de l’UCAD de Dakar. Échantillonnage L’EDS Continue 2015 vise trois cibles : les femmes de 15-49 ans, les hommes de 15-59 ans et les enfants de 0-59 mois. Le champ de l’enquête couvre l’ensemble du territoire et porte sur un échantillon national stratifié d’environ 4 706 ménages, tiré à deux degrés. Cet échantillon permet de produire, pour la plupart des indicateurs, des résultats représentatifs au niveau des quatre grandes régions5 : • l’Ouest, constitué des régions de Dakar et de Thiès ; • le Centre, il s’agit des régions de Diourbel, de Fatick, de Kaolack et de Kaffrine ; • le Nord, composé des régions de Matam, de Louga et de Saint Louis ; et • le Sud, constitué des régions de Tambacounda, de Kolda, de Kédougou, de Sédhiou et de Ziguinchor. Pour constituer l’échantillon, 214 Districts de Recensement (84 DR en milieu urbain et 130 en milieu rural) ont été tirés au premier degré de sondage en procédant à un tirage systématique avec probabilité proportionnelle à la taille (nombre de ménages dans le DR). Un dénombrement des ménages dans chacun de ces DR a fourni la liste des ménages à partir de laquelle a été tiré au second degré un échantillon de 22 ménages avec un tirage systématique à probabilité égale. Dans cet échantillon de ménages, on s’attendait à trouver 9 000 femmes de 15-49 ans et 8 700 enfants éligibles pour l’enquête. Toutes les femmes de 15 à 49 ans, résidentes habituelles ou visiteuses, identifiées dans ces ménages ont été individuellement enquêtées. Tous les enfants de 6-59 mois étaient éligibles pour subir le test de dépistage du paludisme et celui d’anémie. Au cours de l’EDS-Continue 2015, au total, 4 706 ménages ont été sélectionnés et parmi eux, 4 571 ménages occupés ont été identifiés au moment de l’enquête. Parmi ces 4 571 ménages, 4 511 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 98,7 % (Tableau 1.1). Le taux de réponse est légèrement plus élevé en milieu rural (99,0 %) qu’en milieu urbain (98,2 %). Dans les 4 511 ménages enquêtés, 9 180 femmes âgées de 15-49 ans ont été identifiées comme éligibles pour l’enquête individuelle, et pour 8 851 d’entre elles, l’interview a été menée avec succès, soit un taux de réponse de 96,4 %. Le taux de réponse est pratiquement le même en milieu urbain (96,3 %) et en milieu rural (96,5 %). L’enquête homme a été réalisé dans un ménage sur deux : 5 Ainsi, le terme région ou zone utilisé dans le texte fait référence aux grandes régions. Tableau 1.1 Résultats des interviews ménages et individuelles Effectif de ménages, nombre d’interviews et taux de réponse par milieu de résidence (non pondéré), EDS-Continue, Sénégal 2015 Résidence Total Résultat Urbain Rural Interviews Ménages Ménages sélectionnés 1 846 2 860 4 706 Ménages identifiés 1 787 2 784 4 571 Ménages interviewés 1 754 2 757 4 511 Taux de réponse des ménages1 98,2 99,0 98,7 Interviews des femmes de 15-49 ans Effectif de femmes éligibles 3 367 5 813 9 180 Effectif de femmes éligibles interviewées 3 244 5 607 8 851 Taux de réponse des femmes éligibles2 96,3 96;5 96,4 Interviews des hommes de 15-59 ans Effectif d’hommes éligibles 1 564 2 480 4 044 Effectif d’hommes éligibles interviewés 1 440 2 294 3 734 Taux de réponse des hommes éligibles2 92,1 92,5 92,3 1 Ménages enquêtés/ménages identifiés 2 Enquêtés interviewés/enquêtés éligibles Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 9 au total 3 734 hommes de 15-59 ans sur 4 044 éligibles ont été entièrement enquêtés (taux de réponse de 92,3 %). De même que chez les femmes, le taux de réponse observé en milieu rural (92,5 %) est très proche de celui du milieu urbain (92,1 %). 1.2.4 Réalisation de l’EDS-Continue L’EDS-Continue 2015 s’est déroulée en trois étapes principales : la phase préparatoire, la cartographie et le dénombrement des ménages des grappes échantillonnées (en décembre 2014) et la collecte proprement dite. Pour chacune de ces deux dernières étapes, une formation a été dispensée aux personnes recrutées pour les besoins des activités de terrain. La phase préparatoire : La phase préparatoire a démarré en 2014 avec la mise à jour des documents de collecte pour prendre en compte les préoccupations nationales. En outre, le projet a mis à profit les résultats du Recensement Général de la Population, de l’habitat, de l’Agriculture et de l’Élevage réalisé en 2013 pour l’établissement de la liste des districts de recensement et celle des ménages sélectionnés. Ce qui a permis de rationaliser les ressources pour la phase cartographie. Une équipe technique chargée de piloter le projet et assistée par ICF, a été mise en place au niveau de l’ANSD depuis la première phase. Le laboratoire chargé de la parasitologie était également mis à contribution. Celui-ci avait la charge de la formation et de la supervision des techniciens de santé et les analyses sanguines pour le test de paludisme. Recrutement et formation du personnel de terrain : Puisqu’il s’agit d’une enquête continue, les mêmes agents de terrain, en nombre limité, de l’édition passée ont été reconduits. Ces agents de terrain ont été sélectionnés sur la base de leur expérience, de leur capacité à communiquer, de leur niveau d’instruction, de leur connaissance des langues nationales, de leur pratique informatique et de leur disponibilité pour travailler d’une manière permanente sur l’enquête. Tout a été fait pour engager du personnel de terrain qualifié dont le profil a été prédéfini par l’équipe technique de l’enquête. Les agents de terrain ont suivi une mise à niveau (à partir du 12 janvier 2015) de 13 jours, portant sur tous les aspects de l’enquête en mettant l’accent sur les nouveaux modules, en particulier celui portant sur les hommes. Des exposés sur des thèmes spécifiques ont été effectués par des personnes ressources du ministère de la Santé et de l’Action Sociale ou d’autres institutions appropriées. La formation sur l’utilisation des Tablettes PC, principal outil de collecte, a été assurée par des experts de l’ANSD et d’ICF. Tous les agents de terrain ont suivi la formation sur tous les modules sauf celle sur les tests biologiques qui était réservée aux seuls techniciens de santé. À la fin de la formation, les agents ont reçu une formation complémentaire sur le contrôle technique, l’organisation et la logistique du terrain ainsi que sur le contact avec les autorités et les populations. La formation sur les tests biologiques (anémie et parasitémie palustre) et les mesures anthropométriques a été assurée par le personnel du laboratoire de parasitologie et un nutritionniste. Les techniciens de santé ont pratiqué les tests sur le terrain, et tous les agents de terrain ont pratiqué les mesures anthropométriques dans des centres de santé à Dakar. Collecte des données : Après la formation, quatre équipes ont été constituées pour le travail de terrain ; chaque équipe était composée de 3 enquêtrices chargées des interviews auprès des ménages et des femmes sur les Tablettes PC, un technicien de santé pour effectuer les mesures anthropométriques, les tests du paludisme et de l’anémie sur un questionnaire papier, et un chef d’équipe chargé des interviews auprès des hommes et qui, était aussi chargé d’administrer le questionnaire ménage sur les Tablettes PC. Ce dernier était responsable de la performance et de la gestion de son équipe. Il servait aussi d’assistant au technicien de santé pour la prise des mesures anthropométriques. 10 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête La collecte des données sur le terrain a duré 8 mois (du 1er février au 31 octobre 2015). Elle s’est faite en deux vagues de quatre mois chacune entrecoupée d’une période d’un mois de repos, la première allant de février à juin et la deuxième de juillet à octobre, ce qui a permis de visiter les 214 DR. Des statisticiens ont été recrutés pour assurer la supervision des travaux de collecte. Ainsi, étaient organisées des missions de supervision rapprochées pour s’assurer de la qualité des données collectées sur le terrain. Parallèlement, des missions de supervision organisées par la Cellule de Lutte contre la Malnutrition et le Laboratoire de Parasitologie de l’Université Cheikh Anta Diop ont permis de s’assurer du respect des règles de prélèvement et de mesures anthropométriques sur le terrain. Exploitation des tableaux de qualité des données : le contrôle de qualité a été assuré par la supervision et le suivi des équipes pendant les travaux sur le terrain. Chaque chef d’équipe était responsable de la qualité du travail de son équipe : il tenait des réunions régulières avec son équipe de façon à renforcer la formation et à corriger les erreurs éventuelles commises au cours de la collecte. De plus, les chefs d’équipe devaient ré-interviewer environ 5 % des ménages de façon à contrôler la qualité des données. Ces ré-interviews, limitées à certaines sections du questionnaire, étaient menées avant de quitter le DR. Les chefs d’équipe utilisaient les ré-interviews pour contrôler étroitement les raisons des « non-réponses », en particulier les absences du ménage et les refus. Enfin, un ensemble de tableaux de contrôle a été produit par le programmeur informatique au moins une fois toutes les deux semaines tout au long de la collecte pour vérifier la validité des données saisies. Dès qu’ils étaient produits, ces tableaux étaient examinés par l’équipe technique de l’enquête et les problèmes éventuels décelés dans ces tableaux ont été examinés avec les quatre équipes de terrain afin d’améliorer les taux de réponse et la qualité de la collecte. Traitement des données : La collecte des données a été réalisée au moyen de Tablettes PC. Après validation des données sur le terrain, les fichiers de données ont été transférés au bureau central de l’ANSD à Dakar par DR. Ces fichiers de données ont été ensuite enregistrés, compilés et traités sur un ordinateur central. Les données de chaque DR ont été vérifiées et un fichier unique de données apurées a été créé après que les fichiers de tous les DR aient été enregistrés et approuvés. L’enregistrement, contrôle et compilation des données ont été effectués par deux informaticiens recrutés pour les besoins de l’EDS-Continue. Après la fusion des fichiers, les dernières erreurs détectées ont été traitées avec l’appui de l’expert informaticien d’ICF. Analyse au laboratoire des prélèvements de sang : En ce qui concerne le test du paludisme, la parasitémie palustre était réalisée par le Laboratoire de Parasitologie de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Le traitement des échantillons des gouttes épaisses de sang s’est fait au fur et à mesure de la collecte des données sur le terrain. Au final, les résultats des tests ont été fusionnés avec la base de données de l’enquête. Caractéristiques des ménages • 11 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES 2 Ndèye Binta DIEME ’objectif de ce chapitre est de présenter les caractéristiques socio-économiques de la population des ménages couverts par l’EDS-Continue 2015 ainsi que les conditions environnementales dans lesquelles ils vivent. La première partie porte sur certaines caractéristiques des logements tels que le type d’approvisionnement en eau de boisson, le type de toilettes, le type de revêtement du sol et la disponibilité de l’électricité. La seconde partie est consacrée à la description des caractéristiques sociodémographiques des membres du ménage ; il s’agit entre autres, de la structure par âge et sexe, du niveau d’instruction de ses membres. 2.1 CONDITIONS DE VIE DES MÉNAGES ET BIENS POSSÉDÉS 2.1.1 Caractéristiques de l’habitat Accès à l’eau Le Tableau 2.1 présente la répartition des ménages et de la population selon la source d’approvisionnement en eau de boisson. La plupart des ménages sénégalais s’approvisionne en eau potable à partir d’une source améliorée, quel que soit le milieu de résidence (74 % pour l’ensemble, 85 % pour les ménages urbains et 63 % pour les ménages ruraux). Le robinet constitue le principal moyen d’approvisionnement en eau de boisson des ménages (51 %). Il concerne 68 % des ménages urbains 34 % des ruraux. Le plus souvent, les ménages utilisent l’eau d’un robinet public ou borne fontaine (35 %). Seuls 16 % des ménages disposent d’un robinet dans leur logement/concession. Il s’agit essentiellement de ménages urbains (25 %). Les autres sources améliorées (puits protégés, eau en bouteille et eau de pluie) représentent seulement 23 % de l’ensemble des ménages (17 % pour le milieu urbain et 29 % pour le milieu rural). La répartition de la population selon la source d’approvisionnement en eau de boisson diffère à peine de celle des ménages. Le Tableau 2.1 montre aussi un accès relativement facile à une source d’approvisionnement en eau potable pour près de neuf ménages sénégalais sur dix (96 % en milieu urbain et 83 % en milieu rural). Cependant, seulement 58 % des ménages disposent d’eau pour la boisson sur place (74 % en zone urbaine et 42 % en zone rurale), autrement dit dans leur lieu d’habitation et 31 % mettent moins de 30 minutes pour s’approvisionner en eau potable. L Principaux résultats • Au Sénégal, plus de la moitié des ménages disposent de l’électricité (61 %), avec cependant une grande disparité entre le milieu urbain (87 %) et le milieu rural (32 %). • Environ, un ménage sur deux (52 %) a accès à l’eau de robinet ou à une borne fontaine publique. Deux ménages sur cinq disposent de toilettes améliorées non partagées (43 %) ; cependant, 14 % des ménages, essentiellement ruraux (26 %), ne disposent d’aucun type de toilettes. • La quasi-totalité des ménages (93 %) possèdent un téléphone portable (97 % en milieu urbain et 88 % en milieu rural). 12 • Caractéristiques des ménages Dans l’ensemble, l’eau ne fait l’objet d’aucun traitement avant son utilisation, surtout en zone urbaine (71 % de l’ensemble des ménages, 80 % en milieu urbain et 62 % en milieu rural). Certains ménages traitent l’eau à l’eau de javel ou au chlore (13 %) d’autres procèdent au filtrage à travers un linge (20 %). Ce dernier moyen de traitement est surtout utilisé en milieu rural (32 % contre 9 % en milieu urbain). L’ébullition, la désinfection solaire et les autres procédés de filtrage (céramique, sable, etc.) sont très peu utilisés. Tableau 2.1 Eau utilisée par les ménages pour boire Répartition (en %) des ménages et de la population de droit par la provenance de l’eau pour boire, le temps pour s’approvisionner en eau et par le moyen utilisé pour traiter l’eau, selon le milieu de résidence, EDS-Continue, Sénégal 2015 Ménages Enquêtés Caractéristique Urbain Rural Ensemble Urbain Rural Ensemble Source d’approvisionnement en eau de boisson Source améliorée 84,9 62,6 74,2 84,5 62,4 72,1 Robinet dans logement/concession 25,0 6,8 16,2 22,8 7,2 14,0 Robinet public/fontaine 43,3 26,7 35,3 45,8 27,5 35,4 Puits à pompe/ forage 13,5 18,8 16,1 12,4 17,2 15,1 Puits creusé protégé 0,2 5,2 2,6 0,3 4,9 2,9 Source d’eau protégée 2,9 5,0 3,9 3,2 5,6 4,6 Eau de pluie 0,0 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 Source non améliorée 8,7 32,3 20,0 8,5 33,0 22,4 Puits creusé non protégé 5,9 31,1 18,0 7,1 32,1 21,2 Source d’eau non protégée 0,0 0,4 0,2 0,0 0,3 0,2 Camion-citerne/charrette avec petite citerne 2,8 0,5 1,7 1,4 0,4 0,9 Eau de surface 0,0 0,3 0,1 0,0 0,1 0,1 Autre 3,1 3,0 3,1 3,3 2,2 2,7 Manquant 3,3 2,1 2,7 3,6 2,4 2,9 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Temps de trajet pour s’approvisionner en eau de boisson Eau sur place 73,9 41,5 58,4 74,8 42,9 56,8 Moins de 30 minutes 21,8 41,5 31,3 20,6 40,0 31,5 30 minutes ou plus 4,0 16,9 10,2 4,3 17,1 11,5 NSP/manquant 0,3 0,1 0,2 0,3 0,0 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Moyen de traitement de l’eau1 Ébullition 0,0 0,2 0,1 0,0 0,1 0,1 Ajout d’eau de Javel/chlore 13,3 13,1 13,2 13,5 13,0 13,2 Passée à travers un linge 9,1 32,1 20,2 10,5 33,4 23,4 Céramique, sable ou autre filtre 0,7 0,2 0,5 0,9 0,1 0,5 Autre 2,5 0,9 1,8 3,1 0,9 1,9 Aucun traitement 79,6 62,0 71,2 78,0 60,9 68,3 Pourcentage utilisant une méthode de traitement approprié2 13,8 13,5 13,7 14,3 13,2 13,7 Effectif 2 345 2 166 4 511 16 323 21 179 37 502 1 Les enquêtés pouvant déclarer plusieurs types de traitement, la somme des pourcentages peut excéder 100 %. 2 Les méthodes appropriées pour le traitement de l’eau comprennent l’ébullition, l’ajout de chlore, le filtrage et la désinfection solaire. Types de toilettes L’accès à des installations sanitaires adéquates et la promotion de pratiques hygiéniques constituent des objectifs importants pour la réalisation des Objectifs du Développement Durable. Les résultats de l’EDS-Continue 2015 présentés au Tableau 2.2 montrent que 43 % des ménages sénégalais utilisent des toilettes améliorées non partagées. Comme il fallait s’y attendre, l’utilisation de toilettes améliorées non partagées est plus fréquente en milieu urbain qu’en rural (51 % contre 33 %). Par ailleurs, près d’un ménage sur quatre (23 %) a accès à des toilettes améliorées partagées et on note également des variations importantes selon le milieu de résidence (37 % en urbain contre 7 % en rural). En outre, 20 % des ménages n’ont accès qu’à des latrines traditionnelles et 14 % n’ont pas du tout accès à des toilettes. En milieu rural, les proportions correspondantes sont de 33 % et 27 % contre, respectivement 8 % et 3 % seulement en milieu urbain. Caractéristiques des ménages • 13 Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages Répartition (en %) des ménages et de la population de droit par type de toilettes/latrines, selon le milieu de résidence EDS-Continue, Sénégal 2015 Ménages Enquêtés Type de toilettes/latrines Urbain Rural Ensemble Urbain Rural Ensemble Toilettes améliorées, non partagées Chasse d’eau/chasse manuelle connectée à un système d’égout 9,6 0,0 5,0 9,1 0,0 4,0 Chasse d’eau/chasse manuelle reliée à une fosse septique 20,8 11,5 16,3 26,8 12,4 18,7 Fosse d’aisances améliorée auto- aérée 2,3 5,9 4,0 2,8 6,6 4,9 Fosses d’aisances avec dalle 16,9 15,3 16,1 22,0 17,5 19,4 Latrines à chasse manuelle 1,6 0,3 1,0 1,6 0,2 0,8 Total 51,3 33,0 42,5 62,2 36,7 47,8 Toilettes partagées1 Chasse d’eau/chasse manuelle connectée à un système d’égout 6,9 0,0 3,6 4,7 0,0 2,0 Chasse d’eau/chasse manuelle reliée à une fosse septique 18,1 1,8 10,3 13,5 1,2 6,6 Fosse d’aisances améliorée auto- aérée 0,6 0,6 0,6 0,5 0,4 0,4 Fosse d’aisances avec dalle 11,6 4,2 8,0 7,2 3,4 5,0 Latrines à chasse manuelle 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 Total 37,3 6,7 22,6 25,9 5,0 14,1 Toilettes non améliorées Latrines traditionnelles 7,9 33,3 20,1 9,0 35,6 24,1 Pas de toilettes/nature 3,2 26,5 14,4 2,6 22,3 13,7 Autre 0,4 0,5 0,4 0,3 0,3 0,3 Total 11,5 60,3 34,9 11,9 58,3 38,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 345 2 166 4 511 16 323 21 179 37 502 1 Toilettes partagées qui seraient considérées comme "améliorées" si elles n’étaient pas partagées par deux ménages ou plus. Caractéristiques du logement Le Tableau 2.3 montre que dans l’ensemble, 61 % des ménages enquêtés disposent de l’électricité. Le milieu rural est nettement plus défavorisé: seulement 32 % des ménages y disposent de l’électricité, contre 87 % en milieu urbain (Graphique 2.1). En outre, il faut noter qu’entre 2010 et 2015, le niveau d’accès des ménages ruraux à l’électricité a faiblement évolué (27 % EDS-MICS 2010-2011 et 32 % EDS- Continue 2015). Certains types de revêtement du sol peuvent faciliter la propagation de germes responsables de maladies. Pour cette raison, des questions ont été posées sur le type de matériau constituant le revêtement du sol des pièces à usage d’habitation du logement. Au Sénégal, 76 % des ménages ont un logement dont le sol est en ciment, en carreaux ou en vinyle (contre 64 % à l’EDS-MICS 2010-2011) et, pour 20 % des ménages, le sol est revêtu de terre, de sable ou de bouse (contre 34 % à l’EDS-MICS 2010-2011). Quel que soit le milieu de résidence, au moins un tiers des ménages vit dans un logement où le sol des pièces à usage d’habitation est recouvert de ciment. En milieu rural, les ménages qui vivent dans un logement dont le sol est recouvert de terre/sable ou bouse restent encore élevés (37 %). En milieu urbain, dans 34 % des cas, les ménages vivent dans un logement dont le sol est recouvert de ciment et dans 38 % des cas, le sol est recouvert de carreaux. Le Tableau 2.3 présente aussi la répartition des ménages selon le nombre de pièces utilisées pour dormir. Dans 60 % des cas, les ménages utilisent trois pièces ou plus pour dormir et, environ 19 % deux pièces. En milieu urbain, 29 % (soit plus du quart) des ménages vivent dans une seule pièce, alors qu’en milieu rural seuls 11 % des ménages se trouvent dans cette situation. Plus des deux tiers des ménages ruraux dorment dans un logement comprenant au moins trois pièces tandis qu’en milieu urbain, à peine un peu plus de la moitié des ménages sont concernés. On constate également que 55 % des ménages font la cuisine à l’intérieur de la maison alors que, dans 31 % des cas, la cuisine se fait dans un bâtiment séparé et que 8 % des ménages cuisinent à l’extérieur. 14 • Caractéristiques des ménages Tableau 2.3 Caractéristiques du logement Répartition (en %) des ménages en fonction de certaines caractéristiques du logement et pourcentage utilisant du combustible solide pour cuisiner; selon le milieu de résidence, EDS-Continue, Sénégal 2015 Résidence EnsembleCaractéristique du logement Urbain Rural Électricité Oui 86,9 31,8 60,5 Non 13,1 68,2 39,5 Total 100,0 100,0 100,0 Matériau de revêtement du sol Terre, sable 4,2 31,3 17,2 Bouse 0,4 5,9 3,1 Palmes/bambou 0,0 0,3 0,2 Parquet ou bois ciré 0,4 0,0 0,2 Bandes de vinyle ou asphalte 18,7 11,8 15,4 Carrelage 37,7 8,5 23,7 Ciment 33,7 40,5 37,0 Moquette 5,0 1,7 3,4 Total 100,0 100,0 100,0 Pièces utilisées pour dormir Une 28,9 10,8 20,2 Deux 18,4 20,6 19,4 Trois ou plus 52,7 68,6 60,4 Total 100,0 100,0 100,0 Endroit pour cuisiner Dans la maison 57,9 52,6 55,3 Dans un bâtiment séparé 26,0 37,0 31,3 A l’extérieur 8,3 8,5 8,4 Autre 7,8 1,9 5,0 Total 100,0 100,0 100,0 Combustible utilisé pour cuisiner Électricité 1,1 0,8 1,0 GPL/gaz naturel/biogaz 41,6 3,8 23,5 Charbon de bois 29,4 11,3 20,7 Paille/branchage/herbe 17,5 77,8 46,5 Bouse 0,1 3,5 1,7 Autre 10,2 2,9 6,7 Total 100,0 100,0 100,0 Pourcentage utilisant un combustible solide pour cuisiner1 47,0 92,5 68,9 Effectif 2 345 2 166 4 511 GPL = Gaz propane liquéfié. 1 Inclut Charbon/lignite, Charbon de bois, Bois, Paille/branchages/herbe, Résidus agricoles et Bouse [la liste des catégories est incluse dans le questionnaire du pays]. Pour évaluer le niveau de pollution à l’intérieur du logement, on a demandé quel était le combustible utilisé par le ménage pour cuisiner. On constate, au niveau global, que 47 % des ménages utilisent des branchages, de l’herbe ou de la paille. Cette proportion varie de manière importante selon le milieu de résidence : 7 8 % en milieu rural et 18 % en milieu urbain. Les ménages du milieu urbain utilisent plus fréquemment du gaz pour cuisiner (42 %). Dans l’ensemble, la majorité des ménages (69 %) utilisent des combustibles solides pour cuisiner. Caractéristiques des ménages • 15 Graphique 2.1 Caractéristiques des logements selon le milieu de résidence GPL = Gaz propane liquéfié. 1 Inclut Charbon/lignite, Charbon de bois, Bois, Paille/branchages/herbe, Résidus agricoles et Bouse [la liste des catégories est incluse dans le questionnaire du pays]. 2.1.2 Biens possédés La possession ou non de certains biens permettant d’améliorer les conditions d’existence des populations est un indicateur du niveau de vie des ménages. C’est en ce sens que des questions spécifiques ont été posées. Le tableau 2.4 montre que la possession du téléphone portable dans les ménages est quasi générale. En effet, 93 % des ménages en disposent (97 % en milieu urbain et 89 % en milieu rural). A l’inverse, 87 13 4 0 0 0 19 38 34 5 29 18 53 58 26 8 8 1 42 29 18 0 10 47 32 68 31 6 0 0 12 9 41 2 11 21 69 53 37 9 2 1 4 11 78 4 3 93 Oui Non Terre, sable Bouse Palmes/bambou Parquet ou bois ciré Bandes de vinyle ou asphalte Carrelage Ciment Moquette Une Deux Trois ou plus Endroit pour cuisiner Dans la maison Dans un bâtiment séparé A l’extérieur Autre Combustible utilisé pour cuisiner Électricité GPL/gaz naturel/biogaz Charbon de bois Paille/branchage/herbe Bouse Autre Pourcentage utilisant un combustible solide pour cuisiner É le ct ric ité M at ér ia u de re vê te m en t d u so l P iè ce s ut ili sé es p ou r do rm ir E nd ro it po ur c ui si ne r C om bu st ib le u til is é po ur c ui si ne r Urbain Rural 1 1 EDS-Continue 2015 16 • Caractéristiques des ménages posséder un téléphone fixe est moins fréquent : seulement 5 % des ménages, essentiellement urbains (8 %) en possèdent un. La radio est disponible dans 65 % des ménages. Il s’agit d’un bien un peu plus fréquent en milieu rural qu’urbain (69 % contre 61 %). A l’inverse, 80 % des ménages urbains disposent d’une télévision, contre à peine plus du quart (29 %) en zone rurale. Bien que plus fréquent en milieu urbain (36 %), le réfrigérateur demeure tout de même un bien peu répandu dans les ménages (22 %). En ce qui concerne les moyens de transport possédés par les ménages, on constate que c’est la charrette tirée par un animal qui est le moyen le plus répandu (22 %), davantage . en milieu rural qu’urbain (39 % contre 5 %). Il en est de même en ce qui concerne la possession de bicyclette. Quant à la voiture ou le camion, 11 % des ménages urbains en possèdent contre 4 % pour les ménages ruraux. Comme on pouvait s’y attendre, la possession de terres agricoles et d’animaux de ferme concerne bien plus souvent les ménages ruraux. En effet, 69 % d’entre eux disposent de terres agricoles et 80 % des animaux de trait contre seulement 10 % et 35 % des ménages urbains. Tableau 2.4 Biens possédés par les ménages Pourcentage de ménages possédant certains équipements, des moyens de transport de la terre agricole et du bétail/animaux de ferme selon le milieu de résidence, EDS-Continue, Sénégal 2015 Résidence EnsemblePossession Urbain Rural Biens possédés par le ménage Radio 61,1 68,5 64,7 Télévision 80,1 28,8 55,5 Téléphone portable 97,3 88,5 93,1 Téléphone fixe 7,9 2,2 5,1 Réfrigérateur 36,1 7,2 22,3 Moyens de transport Bicyclette 8,4 16,4 12,3 Charrette tirée par un animal 4,9 39,4 21,5 Motocyclette/scooter 9,5 8,5 9,0 Voiture/camion 11,2 4,1 7,8 Possession de terres agricoles 10,1 69,4 38,6 Possession d’animaux de ferme1 35,0 80,0 56,6 Effectif 2 345 2 166 4 511 1 Bétail, vaches, taureaux, chevaux, ânes, chèvres, moutons ou poulets. 2.1.3 Bien-être économique des ménages Le Tableau 2.5 présente la répartition de la population de droit par quintile de bien-être économique selon le milieu de résidence et la région. L’indice de bien-être économique est construit à partir des données sur les biens des ménages et sur certaines caractéristiques du logement (électricité, type d’approvisionnement en eau, type de toilettes, matériau de revêtement du sol, etc.) collectées dans le questionnaire ménage de l’EDS-Continue 2015 et en utilisant l’analyse en composante principale. On a affecté à chacun de ces biens et caractéristiques un poids (score ou coefficient) généré à partir d’une analyse en composante principale. Les scores des biens qui en résultent sont standardisés selon une distribution normale standard de moyenne 0 et d’écart type 1 (Gwatkin et al, 2000). On a attribué ensuite à chaque ménage un score pour chaque bien et on a fait la somme de tous les scores par ménage ; les individus sont classés en fonction du score total du ménage dans lequel ils résident. L’échantillon est ensuite divisé en quintile de population, chaque quintile correspondant à un niveau allant de 1 (le plus bas) à 5 (le plus élevé). Les résultats présentés dans le tableau ci-dessous montrent une disparité très nette en termes de bien- être économique selon le lieu de résidence, qu’il s’agisse du milieu ou de la région. En effet, en milieu rural, la majorité de la population (65 %) est pauvre, voire très pauvre, contre seulement 8 % en milieu urbain. En Caractéristiques des ménages • 17 milieu rural 34 % de la population est classés dans le quintile le plus bas et 31 % dans le second alors qu’en milieu urbain, ces proportions sont respectivement de seulement 2 % et 5 %. On constate par ailleurs qu’en milieu urbain, 41 % de la population sont classés dans le quintile le plus élevé contre environ 4 % en milieu rural. Lorsqu’on considère les régions, on constate que c’est dans l’Ouest qu’est concentrée la population dont le niveau économique est le plus élevé : 43 % sont classés dans le quintile le plus élevé et 30 % dans le quatrième quintile. La région Sud apparaît comme la région la plus pauvre du pays puisque l’essentiel de la population y résidant est classé dans les quintiles les plus pauvres (41 % dans le quintile le plus bas et 28 % dans le second quintile). A peine 3 % appartiennent au quintile le plus élevé et 8 % au quatrième quintile. Le tableau 2.5 permet aussi de connaître les disparités intra groupes. On constate ainsi qu’au niveau national, l’indice de Gini s’établit à 0,32. Les inégalités sont plus faibles en milieu urbain et dans la région Ouest. Cet indice est assez comparable dans les régions Nord, Centre et Sud. Tableau 2.5 Quintiles de bien-être économique Répartition (en %) de la population de droit par quintile de bien-être économique et coefficient de Gini, selon le milieu de résidence et la région, EDS-Continue, Sénégal 2015 Quintiles de bien-être économique Total Effectif d’enquêtés Coefficient de Gini Milieu de résidence/ région Le plus bas Second Moyen Quatrième Le plus élevé Résidence Urbain 2,2 5,5 17,6 33,3 41,3 100,0 16 323 0,13 Rural 33,7 31,2 21,8 9,7 3,6 100,0 21 179 0,35 Région Nord 20,1 28,4 27,4 15,2 8,9 100,0 6 387 0,32 Ouest 2,5 6,2 18,4 29,7 43,2 100,0 13 167 0,20 Centre 27,8 26,4 17,7 18,7 9,4 100,0 10 917 0,36 Sud 40,6 28,3 19,8 8,1 3,3 100,0 7 031 0,36 Ensemble 20,0 20,0 20,0 20,0 20,0 100,0 37 502 0,32 2.1.4 Lavage des mains Le lavage des mains au savon, est un élément important en matière d’hygiène. Ainsi, au cours de l’enquête, on a demandé à voir l’endroit où les membres du ménages se lavaient les mains et la disponibilité à cet endroit d’eau, de savon ou de produits nettoyants autres que le savon. Dans plus des deux tiers des cas, (73 %), l’endroit pour se laver les mains n’a pas été observé. (Tableau 2.6). Le milieu urbain enregistre le pourcentage le plus élevé de ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé (34 % contre 19 % en milieu rural). Parmi les ménages dans lesquels ce lieu a été observé, 70 % disposaient de savon et d’eau ; en milieu urbain le pourcentage est de 72 % contre 69 % en milieu rural. Dans les régions Centre et Sud, une part importante des ménages ne dispose pas d’eau, ni de savon, ni d’autres produits nettoyants pour se laver les mains. Selon le niveau de vie, les résultats de l’enquête montrent que la disponibilité d’un endroit pour se laver les mains dans le logement a été généralement observé dans les ménages appartenant aux deux derniers quintiles. En effet, dans 48 % des ménages du quintile le plus élevé, on a observé un endroit où se laver les mains contre 17-19 % dans les trois premiers quintiles. En outre, lorsqu’un endroit pour se laver les mains a été observé, l’eau et le savon sont généralement disponibles (environ 72 %) sauf dans les ménages du quintile le plus bas où cette proportion n’est que de 45 %. Par contre, la proportion de ménages où on ne trouve ni eau, ni produit nettoyant à l’endroit le plus souvent utilisé pour se laver les mains tend à diminuer avec le niveau de vie des ménages (31 % dans le quintile le plus bas contre 5 % dans le plus élevé). 18 • Caractéristiques des ménages Tableau 2.6 Lavage des mains Pourcentage de ménages dans lesquels l’endroit utilisé le plus souvent pour se laver les mains a été observé et, parmi ces ménages, répartition (en%) par disponibilité de l’eau, de savon et d’autres produits nettoyants, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage de ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé Effectif de ménages Parmi les ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé, pourcentage avec: Effectif de ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé Caractéristique sociodémographique Savon et eau1 Eau et produit nettoyant2 autre que le savon seulement Eau seulement Savon mais pas d’eau3 Pas d’eau, ni savon, ni autre produit nettoyant Total Résidence Urbain 34,1 2 345 69,0 0,1 18,6 2,2 10,2 100,0 800 Rural 19,4 2 166 72,0 0,9 11,2 0,6 15,3 100,0 419 Région Nord 33,8 776 92,3 0,9 5,8 1,0 0,0 100,0 263 Ouest 32,8 1 872 67,5 0,0 20,7 2,3 9,5 100,0 614 Centre 21,9 1 076 63,6 0,8 11,7 1,1 22,8 100,0 235 Sud 13,7 787 44,0 0,0 23,6 0,8 31,6 100,0 108 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 18,1 734 45,1 0,7 22,2 1,2 30,8 100,0 133 Second 17,0 824 72,0 0,3 9,2 2,8 15,7 100,0 140 Moyen 18,6 890 72,8 0,0 10,6 3,5 13,1 100,0 166 Quatrième 27,3 1 029 71,9 1,0 13,3 1,3 12,4 100,0 281 Le plus élevé 48,3 1 035 74,1 0,0 19,7 1,0 5,2 100,0 500 Ensemble 27,0 4 511 70,0 0,3 16,0 1,6 12,0 100,0 1 219 1 Par « savon », on entend ici le savon ou un détergent en morceau, sous forme liquide, en poudre ou sous forme de pâte. Cette colonne inclut les ménages possédant du savon et de l’eau seulement ainsi que ceux qui possèdent du savon et de l’eau et un autre détergent. 2 Les produits nettoyants autres que le savon incluent des produits disponibles localement comme la cendre, la boue ou du sable. 3 Y compris les ménages disposant de savon seulement ainsi que ceux qui disposent de savon et d’autres produits nettoyants. 2.2 CARACTERISTIQUES SOCIODEMOGRAPHIQUES DE LA POPULATION DES MÉNAGES 2.2.1 Structure par âge et sexe de la population Le Graphique 2.2 (voir aussi Tableau 2.7) présente la structure par âge de la population des ménages enquêtés. La forme de la pyramide est caractéristique des populations à fécondité et mortalité élevée. La base élargie traduit l’extrême jeunesse de la population. En effet, plus de la moitié a un âge inférieur à 20 ans (55 %) et près d’un tiers a moins de 10 ans (32 %). Chez les hommes, 58 % ont moins de 20 ans et, chez les femmes, cette proportion est très proche (53 %). Des écarts sont observés entre hommes et femmes entre 20 et 40 ans, âges où, généralement, le phénomène migratoire est touche plus les hommes que les femmes. Les personnes de 50-54 ans représentent 3, % des membres des ménages (dont 2 % sont de sexe féminin), soit un peu plus que ceux appartenant à la classe d’âge 45-49 ans. Cette situation serait probablement liée à un mauvais enregistrement par les enquêteurs de l’âge des individus susceptibles de répondre au questionnaire individuel des hommes et des femmes âgés de 15 à 49 ans afin de réduire leur charge de travail. Il s’agirait donc d’un report des effectifs du groupe d’âge 45-49 ans vers le groupe d’âge supérieur. On note par ailleurs la faible part de la population âgée comme le montre le rétrécissement de la pyramide aux âges avancés. D’autre part, la population sénégalaise réside majoritairement en milieu rural (56 %). Caractéristiques des ménages • 19 Graphique 2.2 Pyramide des âges de la population des ménages Tableau 2.7 Population des ménages par âge, selon le sexe et le milieu de résidence Répartition (en %) de la population de fait des ménages par groupe d’âges quinquennal, selon le sexe et le milieu de résidence EDS-Continue, Sénégal 2015 Urbain Rural Homme Femme EnsembleGroupe d’âges Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble <5 14,5 12,7 13,6 20,5 17,7 19,0 17,9 15,6 16,6 5-9 14,1 12,7 13,4 19,0 16,5 17,7 16,8 14,9 15,8 10-14 11,5 11,3 11,4 14,2 12,5 13,3 13,0 12,0 12,5 15-19 10,8 10,2 10,5 9,7 9,8 9,7 10,1 10,0 10,1 20-24 9,4 9,2 9,3 6,5 7,3 6,9 7,8 8,1 8,0 25-29 7,9 9,3 8,6 5,3 7,5 6,5 6,5 8,3 7,4 30-34 6,0 7,1 6,6 4,5 5,4 4,9 5,2 6,1 5,7 35-39 6,0 5,6 5,8 3,7 4,7 4,2 4,7 5,1 4,9 40-44 4,8 4,1 4,4 3,1 3,6 3,4 3,8 3,8 3,8 45-49 3,6 3,0 3,3 2,6 2,0 2,3 3,1 2,4 2,7 50-54 2,9 4,5 3,7 1,9 3,9 3,0 2,4 4,2 3,3 55-59 2,5 3,3 2,9 1,9 3,2 2,7 2,2 3,3 2,8 60-64 2,4 2,3 2,3 2,4 1,9 2,1 2,4 2,1 2,2 65-69 1,1 1,5 1,3 1,5 1,5 1,5 1,3 1,5 1,4 70-74 0,9 0,9 0,9 1,3 1,2 1,2 1,1 1,1 1,1 75-79 0,7 0,9 0,8 0,8 0,6 0,7 0,8 0,7 0,7 80 + 0,8 1,3 1,1 1,0 0,8 0,9 0,9 1,0 1,0 Ne sait pas/ manquant 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 7 845 8 634 16 479 9 861 11 563 21 424 17 706 20 197 37 903 2.2.2 Taille et composition des ménages Le Tableau 2.8 présente des indicateurs sur la taille et la composition des ménages. Sexe du chef du ménage En général, au Sénégal le chef de ménage est de sexe masculin (70 %). Cette situation est bien plus fréquente en zone rurale où les trois quarts des ménages (75 %) sont dirigés par un homme. En milieu urbain, 35 % des ménages sont dirigés par une femme. Cette proportion a augmenté au fil des années aussi bien au niveau national que dans chaque milieu de résidence. Elle est ainsi passée de 23 % à 25 %, entre 2005 et 2010-2011, et s’établit à 30 % en 2015, soit une hausse de 5 points de pourcentage entre les deux dernières 10 8 6 4 2 0 2 4 6 8 10 <5 5-9 10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 65-69 70-74 75-79 80 + HOMMES FEMMES EDS-Continue 2015Pourcentage 20 • Caractéristiques des ménages périodes considérées. En milieu urbain, la proportion de ménages dirigés par une femme a connu une hausse de 3 points de pourcentage par rapport à 2010-2011 où était de 32 %. En milieu rural, cette proportion est passée de 18 % en 2010-2011 à 25 % en 2015. Cette augmentation importante de la proportion de ménages dirigés par une femme peut s’expliquer, entre autres facteurs, par l’émigration qui touche davantage les hommes. Taille des ménages Compte tenu de la forte influence de la tradition qui favorise la vie en communauté, les ménages sénégalais sont généralement de grande taille. Leur taille moyenne est estimée à 8,3 personnes (7 en milieu urbain et 9,8 en milieu rural). On relève des écarts selon le milieu de résidence. Au niveau national, 39 % des ménages sont composés d’au moins 9 personnes. En milieu rural, 49 % des ménages comptent au moins 9 personnes contre 30 % en milieu urbain. Dans la zone urbaine, un ménage sur 10 y est composé d’une seule personne. Résidence des enfants Le fait de confier des enfants à une ou plusieurs autres personnes est un phénomène très répandu dans la société sénégalaise. Plusieurs raisons conduisent les parents à confier leur descendance à d’autres individus avec qui ils ne partagent pas forcément un lien de parenté. La raison la plus fréquemment avancée est la non disponibilité de structures scolaires adaptées dans la localité de résidence des parents. Il est également courant de confier les enfants orphelins aux membres de la famille élargie. Un peu plus d’un tiers des ménages (35 %) compte des enfants de moins de 18 ans vivent sans leurs parents (ni père, ni mère). Cette part est plus forte en milieu rural (42 % contre 29 % en zone urbaine) probablement du fait de la migration saisonnière des parents se rendant en ville à la recherche de travail durant la saison sèche ou, tel que souligné plus haut, de carence des infrastructures scolaires, généralement plus nombreuses en milieu urbain. On dénombre très peu d’orphelins double, cela quel que soit le milieu de résidence (1 %). Par contre, les ménages comprenant des enfants dont l’un des parents est décédé représentent 14 % (17 % en milieu rural et 11 % en zone urbaine). Tableau 2.8 Composition des ménages Répartition (en %) des ménages par sexe du chef de ménage et par taille du ménage; taille moyenne du ménage; pourcentage de ménages avec des orphelins et des enfants de moins de 18 ans vivant sans leurs parents, selon le milieu de résidence, EDS-Continue, Sénégal 2015 Résidence EnsembleCaractéristique Urbain Rural Chef de ménage Homme 65,1 74,7 69,7 Femme 34,9 25,3 30,3 Total 100,0 100,0 100,0 Nombre de membres habituels 0 0,2 0,1 0,1 1 10,9 3,2 7,2 2 7,7 2,3 5,1 3 7,3 4,5 5,9 4 9,8 6,6 8,3 5 10,4 8,6 9,6 6 8,3 8,2 8,3 7 9,7 9,9 9,8 8 6,2 7,9 7,0 9+ 29,6 48,6 38,7 Total 100,0 100,0 100,0 Taille moyenne du ménage 7,0 9,8 8,3 Pourcentage de ménages avec des orphelins et des enfants de moins de 18 ans vivant sans leurs parents Enfants vivant sans leurs parents1 29,2 42,0 35,4 Orphelin double 0,9 1,1 1,0 Orphelin simple2 10,9 17,3 14,0 Enfant orphelin et/ou vivant sans leurs parents 32,8 47,1 39,6 Effectif de ménages 2 345 2 166 4 511 Note : Le tableau est basé sur la population de droit des ménages, c’est-à- dire les résidents habituels. 1 Les enfants vivant sans leurs parents sont les enfants de moins de 18 ans qui vivent dans un ménage dans lequel il n’y a ni leur père, ni leur mère. 2 Comprend les enfants dont l’un des parents est décédé et dont l’état de survie de l’autre est inconnu. Caractéristiques des ménages • 21 2.2.3 Niveau d’instruction des membres du ménage L’instruction pour tous, objectif phare des Objectives du Développent Durable, constitue un enjeu majeur du développement économique, car considéré comme une pierre angulaire de l’amélioration des conditions de vie des populations. Au Sénégal, 45 % des hommes et 54 % des femmes n’ont reçu aucune instruction (Tableaux 2.9 et 2.10). Un peu plus du quart ont reçu une instruction primaire sans l’avoir complétée (29 % pour les hommes et 26 % pour les femmes). En général, les membres des ménages ayant complété le cycle primaire entament des études secondaires sans toutefois compléter le cycle (17 % pour les hommes et 15 % pour les femmes). L’objectif de scolarisation universelle au niveau primaire n’est pas encore atteint, si on se réfère aux données des tableaux ci-dessous. En effet, environ 50 % des jeunes filles de 6 à 9 ans n’ont reçu aucune instruction. Il en est de même chez les jeunes garçons du même âge. Toutefois, des progrès notables sont à souligner, puisque l’absence d’instruction concerne bien plus souvent les vieilles générations. En effet, la proportion de personnes non instruites diminue des générations anciennes aux plus récentes. Ainsi, l’apparente hausse observée chez les personnes de moins de 10 ans, s’expliquerait par une part non négligeable de personnes n’ayant pas encore atteint l’âge requis pour accéder à l’instruction primaire (l’âge légal étant fixé à 7 ans). De même l’essentiel des personnes instruites de ce groupe d’âges n’ont pas encore terminé le cycle primaire. L’accès à l’instruction est plus important en milieu urbain comme en témoignent les résultats présentés dans les tableaux ci-dessous. En effet, l’absence d’instruction concerne près des deux tiers des ruraux (59 % des hommes et 68 % des femmes), contre 29 % des femmes et 37 % des hommes en milieu urbain (Graphique 2.3). Au niveau des zones écologiques, la région Ouest se distingue par le pourcentage le plus élevé de personnes instruites, aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Environ 68 % hommes ont reçu aucune instruction. Il en est de même pour 61 % des femmes de cette zone. L’accès au niveau supérieur y est également plus élevé : 6 % des hommes et 4 % des femmes. A l’inverse les régions Nord et Centre se démarquent, par la plus faible proportion de personnes instruites aussi bien chez les hommes que chez les femmes. En effet, quel que soit le sexe près des trois quarts de la population ne sont pas instruits et l’instruction supérieure y est également plus faible (moins de 1 % pour les femmes et moins de 2 % pour les hommes). Comme on pouvait s’y attendre, quel que soit le sexe, l’accès à l’instruction croît avec le niveau de bien-être économique. En effet, les proportions de personnes sans aucune instruction sont plus élevées dans les ménages des premiers quintiles et tendent à baisser avec l’élévation du niveau de vie. Elles passent ainsi de 70 % pour le quintile le plus bas à 31 % pour le plus élevé chez les femmes; pour les hommes, elles sont respectivement de 62 % et 20 %. Par ailleurs, l’accès au cycle supérieur, bien que faible est, de loin, plus fréquent dans les ménages appartenant au quintile le plus élevé quel que soit le sexe considéré (7 % des femmes et 12 % des hommes de ce quintile). 22 • Caractéristiques des ménages Tableau 2.9 Niveau d’instruction de la population des ménages: Femme Répartition (en %) de la population de fait des femmes des ménages âgées de six ans et plus, en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années complétées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Pas d’instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Ne sait pas/ manquant Total Effectif Nombre médian d’années complétées Groupe d’âges 6-9 49,9 50,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 2 452 0,0 10-14 29,3 54,4 2,9 13,1 0,0 0,0 0,3 100,0 2 418 2,6 15-19 33,4 17,4 3,1 44,6 0,5 0,5 0,5 100,0 2 015 4,9 20-24 40,9 16,1 3,1 34,1 0,9 3,5 1,5 100,0 1 639 4,2 25-29 57,6 17,0 1,9 14,7 1,5 6,5 0,8 100,0 1 673 0,0 30-34 62,1 23,4 2,6 7,6 0,4 3,2 0,7 100,0 1 235 0,0 35-39 64,5 19,4 1,8 8,2 0,8 3,5 1,7 100,0 1 024 0,0 40-44 75,0 15,9 2,3 5,0 0,2 0,9 0,7 100,0 767 0,0 45-49 61,5 16,2 3,0 12,8 1,0 4,4 1,1 100,0 490 0,0 50-54 78,4 7,7 1,6 9,9 0,8 0,1 1,6 100,0 840 0,0 55-59 82,9 6,7 0,6 6,4 0,1 1,4 1,8 100,0 659 0,0 60-64 85,4 4,1 1,6 4,0 0,5 2,2 2,1 100,0 417 0,0 65+ 97,2 1,3 0,5 0,7 0,1 0,0 0,2 100,0 867 0,0 Résidence Urbain 37,1 31,9 2,6 22,4 0,9 3,9 1,2 100,0 7 341 2,4 Rural 68,0 21,0 1,5 8,7 0,1 0,1 0,5 100,0 9 157 0,0 Région Nord 64,1 19,9 4,2 10,6 0,2 0,4 0,6 100,0 2 818 0,0 Ouest 39,1 31,3 1,8 21,3 0,9 4,4 1,2 100,0 5 815 2,0 Centre 67,2 20,3 1,5 9,9 0,2 0,4 0,4 100,0 4 908 0,0 Sud 53,0 30,1 1,0 14,2 0,4 0,5 0,8 100,0 2 957 0,0 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 70,2 22,5 1,0 6,0 0,0 0,0 0,2 100,0 3 099 0,0 Second 66,6 21,8 1,3 9,5 0,1 0,1 0,6 100,0 3 175 0,0 Moyen 56,6 25,3 2,6 14,0 0,2 0,4 0,8 100,0 3 249 0,0 Quatrième 50,2 28,3 2,0 17,8 0,3 0,9 0,5 100,0 3 420 0,0 Le plus élevé 30,9 30,6 2,9 25,0 1,7 7,2 1,8 100,0 3 555 4,1 Ensemble 54,2 25,9 2,0 14,8 0,5 1,8 0,8 100,0 16 498 0,0 Note : Le total inclut 3 femmes dont l’âge est manquant. 1 A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès 7 classes du niveau moyen et secondaire. Caractéristiques des ménages • 23 Tableau 2.10 Niveau d’instruction de la population des ménages: Homme Répartition (en %) de la population de fait des hommes des ménages âgés de six ans et plus, en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années complétées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Pas d’instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Ne sait pas/ manquant Total Effectif Nombre médian d’années complétées Groupe d’âges 6-9 50,4 49,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,2 100,0 2 428 0,0 10-14 31,0 53,9 2,7 12,0 0,0 0,0 0,4 100,0 2 302 2,1 15-19 30,7 18,8 3,2 45,4 0,0 0,0 1,9 100,0 1 797 4,9 20-24 32,9 16,7 2,1 39,4 1,5 5,8 1,6 100,0 1 377 5,0 25-29 40,0 20,6 2,3 19,8 2,8 10,5 4,0 100,0 1 144 3,9 30-34 49,9 23,2 3,2 10,4 0,7 6,6 6,0 100,0 913 0,0 35-39 48,3 22,0 4,3 15,1 1,2 5,7 3,5 100,0 829 0,0 40-44 53,2 14,9 3,5 11,9 2,6 5,5 8,5 100,0 682 0,0 45-49 53,4 18,1 1,4 13,9 1,3 6,8 5,2 100,0 541 0,0 50-54 62,5 11,2 3,6 9,5 2,2 6,3 4,7 100,0 422 0,0 55-59 65,5 9,3 2,0 10,9 0,3 6,5 5,5 100,0 388 0,0 60-64 65,4 10,3 2,3 7,6 0,9 6,2 7,2 100,0 421 0,0 65+ 84,4 4,1 1,3 3,1 1,4 2,0 3,7 100,0 739 0,0 Résidence Urbain 29,0 32,7 2,9 23,7 1,4 6,1 4,2 100,0 6 516 3,3 Rural 59,4 24,9 1,7 11,1 0,4 1,0 1,5 100,0 7 473 0,0 Région Nord 60,6 21,5 3,3 11,3 0,2 1,4 1,7 100,0 2 302 0,0 Ouest 31,6 33,1 2,6 21,0 1,2 6,4 4,2 100,0 5 331 2,8 Centre 59,5 23,0 1,6 12,3 0,6 1,4 1,6 100,0 3 654 0,0 Sud 39,8 33,2 1,5 20,1 1,1 1,9 2,4 100,0 2 702 0,9 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 62,3 26,1 1,2 9,3 0,1 0,2 0,9 100,0 2 629 0,0 Second 57,4 26,4 1,7 11,6 0,4 0,7 1,9 100,0 2 799 0,0 Moyen 48,2 30,1 1,9 15,6 0,7 1,7 1,7 100,0 2 817 0,0 Quatrième 40,0 31,2 3,2 18,9 1,0 2,0 3,7 100,0 2 805 1,3 Le plus élevé 20,5 28,9 3,1 28,4 2,0 11,9 5,3 100,0 2 939 4,8 Ensemble 45,2 28,6 2,3 17,0 0,8 3,4 2,7 100,0 13 989 0,0 Note : Le total inclut 11 ’ hommes dont l’âge est manquant. 1 A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès 7 classes du niveau moyen et secondaire. Graphique 2.3 Proportions d’hommes et de femmes sans instruction selon le milieu de résidence et la région 37 68 64 39 67 53 29 59 61 32 60 40 Urbain Rural Nord Ouest Centre Sud Résidence Région Femmes Hommes EDS-Continue 2015 24 • Caractéristiques des ménages 2.2.4 Fréquentation scolaire Au cours de l’enquête, des questions concernant la fréquentation scolaire ont également été posées à toutes les personnes âgées de 6 à 24 ans. Le Tableau 2.11 présente les taux nets et les taux bruts de fréquentation scolaire selon le niveau d’instruction, le sexe et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Le taux net de fréquentation scolaire mesure la fréquentation scolaire parmi les enfants d’âge officiel scolaire c’est-à-dire 6-11 ans pour le niveau primaire et 12-18 ans pour le niveau moyen et secondaire. Le taux brut de fréquentation scolaire mesure la fréquentation scolaire parmi les jeunes de n’importe quel âge compris entre 6 et 24 ans. Il équivaut au pourcentage de la population de 6-24 ans qui fréquente un niveau donné par rapport à la population d’âge scolaire officiel pour ce niveau. Pour un niveau d’études donné, le taux brut est pratiquement toujours plus élevé que le taux net du fait que des enfants plus âgés ou plus jeunes par rapport à l’âge normal de ce niveau sont inclus dans son calcul. Un taux net de 100 % signifierait que tous les enfants ayant l’âge normal d’un niveau d’études donné fréquentent ce niveau ; le taux brut peut être supérieur à 100 % si un nombre significatif d’enfants plus âgés ou plus jeunes par rapport à l’âge normal de fréquentation d’un niveau scolaire fréquentent ce niveau. La différence entre ces deux taux traduit la fréquentation scolaire par des enfants trop jeunes ou trop âgés pour un niveau scolaire donné. Le Tableau 2.11 révèle que dans l’ensemble, un peu plus d’un enfant de 6-11 ans sur deux (51 %) fréquente l’école primaire. On ne constate pas des écarts entre les garçons et les filles (50 % contre 51 %). Par contre, il est nettement plus élevé en milieu urbain (69 %) qu’en milieu rural (40 %). Les régions Ouest (66 %) et Sud (60 %) se caractérisent par les taux nets de fréquentation de l’école primaire les plus élevés ; à l’opposé, la région Centre enregistre le niveau le plus faible du pays (36 % %). Le taux net de fréquentation scolaire des filles est plus élevé que celui des garçons dans les régions Nord et Centre et est quasi identique dans la région Ouest. Le niveau de fréquentation de l’école primaire est positivement corrélé au niveau de bien-être économique du ménage : il passe de 41 % dans le quintile le plus bas à 75 % dans le plus élevé. La même tendance se dégage, aussi bien chez les garçons que chez les filles. En outre, dans l’ensemble, près de 74 personnes sur 100 fréquentent le niveau primaire. Selon le sexe, à l’image du taux net de fréquentation, on constate que le taux brut chez les filles (75 %) est peu diffèrent de celui des garçons (73 %). Le taux brut de fréquentation du primaire est plus élevé en milieu urbain (95 %) qu’en milieu rural (61 %). Les régions Ouest (91 %) et Sud (87 %) se caractérisent par les taux bruts de fréquentation les plus élevés. Avec 56 %, la région Centre a le taux brut de fréquentation au primaire le plus faible. Caractéristiques des ménages • 25 Tableau 2.11 Taux de fréquentation scolaire Taux net de fréquentation scolaire (TNF) et taux brut de fréquentation scolaire (TBF) de la population de fait des ménages, par sexe et niveau d’instruction, et indice de parité entre les genres selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Taux net de fréquentation scolaire1 Taux brut de fréquentation scolaire2 Caractéristique sociodémographique Homme Femme Ensemble Indice de parité entre les genres3 Homme Femme Ensemble Indice de parité entre les genres3 NIVEAU PRIMAIRE Résidence Urbain 68,3 69,5 68,9 1,02 93,3 96,4 94,8 1,03 Rural 39,0 40,4 39,7 1,04 60,2 62,0 61,1 1,03 Région Nord 37,6 46,9 42,0 1,25 57,9 66,1 61,8 1,14 Ouest 65,8 65,7 65,7 1,00 89,8 92,7 91,2 1,03 Centre 34,6 36,6 35,6 1,06 53,7 57,6 55,8 1,07 Sud 61,0 58,3 59,6 0,96 89,0 84,8 86,9 0,95 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 40,0 41,4 40,7 1,04 63,7 64,8 64,3 1,02 Second 42,2 42,9 42,5 1,02 62,8 67,5 65,0 1,08 Moyen 50,2 48,8 49,5 0,97 73,4 67,0 70,2 0,91 Quatrième 50,6 55,9 53,3 1,11 74,1 79,5 76,8 1,07 Le plus élevé 77,2 73,8 75,4 0,96 99,8 103,0 101,5 1,03 Ensemble 50,1 51,3 50,7 1,02 72,8 74,8 73,8 1,03 NIVEAU SECONDAIRE Résidence Urbain 41,6 45,5 43,6 1,09 102,5 99,9 101,2 0,97 Rural 18,5 18,6 18,5 1,01 48,9 44,5 46,7 0,91 Région Nord 20,3 26,4 23,3 1,30 46,3 54,3 50,1 1,17 Ouest 38,5 44,0 41,3 1,14 88,9 94,1 91,6 1,06 Centre 19,3 20,3 19,8 1,05 59,6 50,7 54,8 0,85 Sud 30,2 24,8 27,6 0,82 81,3 63,2 72,5 0,78 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 17,2 11,2 14,2 0,65 42,0 31,8 36,9 0,76 Second 18,0 21,0 19,5 1,16 53,8 48,2 51,0 0,90 Moyen 25,0 32,7 28,8 1,31 66,3 75,7 70,9 1,14 Quatrième 30,1 39,6 35,1 1,32 77,2 88,4 83,1 1,14 Le plus élevé 53,8 47,3 50,4 0,88 124,8 99,2 111,2 0,79 Ensemble 27,8 29,9 28,9 1,08 70,7 67,8 69,2 0,96 1 Le taux net de fréquentation scolaire (TNF) pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau primaire (A-B ans) qui fréquente l’école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau secondaire (C-D ans) qui fréquente l’école secondaire. Par définition le taux net de fréquentation ne peut excéder 100 %. 2 Le taux brut de fréquentation scolaire (TBF) au niveau primaire est le nombre total d’élèves du niveau primaire, exprimé en pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau primaire. Le taux brut de fréquentation scolaire au niveau secondaire est le nombre total d’élèves du niveau secondaire, exprimé en pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau secondaire. S’il y a pour un niveau donné un nombre important d’élèves plus âgés ou plus jeunes que l’âge officiel pour ce niveau, le TBF peut excéder 100 %. 3 L’indice de parité entre les genres pour le primaire est le ratio du TNF (TBF) au niveau primaire des filles sur le TNF (TBF) des garçons. L’indice de parité entre les genres pour le secondaire est le ratio du TNF (TBF) au niveau secondaire des filles sur le TNF (TBF) des garçons. Le Tableau 2.11 montre également que le niveau de fréquentation scolaire du cycle secondaire est faible puisque seulement 29 % des enfants de 12-18 ans le fréquentent. Ce taux net est beaucoup plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (44 % contre 19 %). Selon la région, il varie de 20 % au Centre à 41 % à l’Ouest. A l’exception de la région Sud, le taux net de fréquentation scolaire au secondaire des filles est généralement plus élevé que celui des garçons. Par ailleurs, de même qu’au niveau primaire, le taux net de fréquentation scolaire au niveau secondaire est positivement corrélé au niveau de bien-être économique. En outre, à l’exception du premier et du quintile le plus élevé, les filles se caractérisent par des taux plus élevés que les garçons Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire atteint 69 %, ce qui signifie que sur 100 personnes, seulement un peu plus de la moitié fréquente le niveau secondaire. La variation de ce taux selon le milieu de résidence est importante: 101 % pour le milieu urbain contre 47 % en milieu rural. Quelle 26 • Caractéristiques des ménages que soit la caractéristique socioéconomique, le taux brut de fréquentation du niveau secondaire est généralement plus élevé pour les garçons que pour les filles, sauf pour les régions Nord et Ouest, ainsi que les quintiles intermédiaires (moyen et quatrième). Les écarts les plus importants entre les garçons et les filles sont observés dans la région Sud (81 % des garçons contre 63 %) et les ménages du quintile le plus élevé (125 % contre 99 %). Le Tableau 2.11 présente également l’indice de parité de genre qui est le rapport entre le taux de fréquentation scolaire des femmes et celui des hommes. Plus l’indice de parité est proche de 1, moins l’écart de fréquentation scolaire entre les genres est important. Un indice égal à 1 indique l’égalité totale. Au Sénégal, l’indice estimé à 1,03 pour le niveau primaire, montre que les filles ne sont pas désavantagées sur le plan scolaire par rapport aux garçons. Toutefois, la région Sud, se démarque par un indice de parité favorable aux garçons (0,95). Au niveau du cycle secondaire, cet indice est inférieur à 1 (0,96 au niveau national). Cette sous- représentation des filles dans ce cycle varie selon le milieu de résidence et la région. Cet indice est légèrement plus faible en milieu rural que dans les zones urbaines : 0,91 contre 0,97. Au niveau régional, il est plus faible au Sud et au Centre (respectivement 0,78 et 0,85) et est supérieur à 1 dans les régions Nord et Ouest. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 27 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS 3 Awa CISSOKO, Jean Rodrigue MALOU, Djibril NDOYE e chapitre porte sur les caractéristiques sociodémographiques des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans enquêtés. L’enquête a, en effet, permis de recueillir diverses informations sur les enquêtés telles que l’âge, le milieu de résidence, l’état matrimonial, le niveau d’instruction et l’alphabétisation. D’autres informations concernant l’accès aux médias et l’activité économique sont aussi analysées. 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS Le Tableau 3.1 montre que les répartitions des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-49 ans par groupe d’âges quinquennaux présentent une allure régulière, les proportions de chaque groupe d’âges diminuant régulièrement au fur et à mesure que l’on avance vers les âges élevés. Pour les femmes, elles passent de 23 % pour les 15-19 ans à 6 % à 45-49 ans. Pour les hommes, les proportions varient de 24 % à 15-19 ans à 8 % à 45-49 ans. C Principaux résultats • Plus d’une femme sur deux (53 %) et un peu moins d’un homme sur deux (48 %) vivent en milieu rural. • La grande région Nord se caractérise par la plus faible proportion de femmes et d’hommes (respectivement 16 % et 14 %) • La proportion de femmes n’ayant reçu aucune instruction formelle est nettement plus élevée que celle des hommes (51 % contre 37 %). • La proportion de femmes sans aucun niveau d’instruction est particulièrement élevée dans les grandes régions du Nord et du Centre, (65 % chacune). • Seulement 7 % des femmes et 9 % des hommes de 15-49 ans sont exposés aux trois médias (radio, télévision et journaux) au moins une fois par semaine. 28 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Groupe d’âges 15-19 22,6 2 003 2 118 23,5 801 867 20-24 18,5 1 641 1 638 18,9 643 637 25-29 18,8 1 667 1 613 15,9 542 520 30-34 14,1 1 247 1 223 12,6 428 434 35-39 11,6 1 030 992 11,9 407 363 40-44 8,7 772 771 9,1 310 304 45-49 5,6 492 496 8,1 275 265 Religion Musulman 94,7 8 380 8 394 95,1 3 236 3 235 Chrétien 4,9 429 401 4,9 167 153 Animiste 0,5 41 55 0,0 1 1 Sans religion 0,0 1 1 0,0 1 1 Ethnie Wolof 39,8 3 524 2 989 36,0 1 224 1 023 Poular 26,5 2 341 2 798 26,8 913 1 074 Serer 15,0 1 330 1 062 17,3 591 459 Mandingue 6,2 548 782 7,0 240 366 Diola 3,7 324 316 4,7 159 179 Soninké 1,0 88 106 1,2 40 35 Autre/non Sénégalais 7,9 696 798 7,0 239 254 État matrimonial Célibataire 30,6 2 709 2 432 57,8 1 968 1 965 Marié 64,5 5 711 6 031 41,4 1 409 1 390 Vivant ensemble 0,2 20 17 0,1 3 4 Divorcé/séparé 3,6 317 274 0,7 22 26 Veuf 1,1 95 97 0,1 4 5 Résidence Urbain 47,5 4 205 3 244 52,0 1 771 1 317 Rural 52,5 4 646 5 607 48,0 1 634 2 073 Grande Région Nord 16,4 1 456 1 755 13,6 464 575 Ouest 38,2 3 384 1 492 43,4 1 477 655 Centre 28,5 2 520 2 904 24,7 843 1 015 Sud 16,8 1 491 2 700 18,3 622 1 145 Niveau d’instruction Pas d’instruction 50,9 4 505 4 925 36,9 1 255 1 391 Primaire 21,8 1 927 1 806 25,9 883 827 Moyen/secondaire ou plus 27,3 2 419 2 120 37,2 1 266 1 172 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 17,0 1 509 2 185 14,9 508 764 Second 17,8 1 579 2 041 18,1 616 831 Moyen 19,8 1 757 1 985 19,4 662 771 Quatrième 21,3 1 886 1 527 22,1 753 587 Le plus élevé 24,0 2 121 1 113 25,4 866 437 Ensemble 15-49 100,0 8 851 8 851 100,0 3 405 3 390 50-59 na na na na 329 344 Ensemble 15-59 na na na na 3 734 3 734 Note : Le niveau d’instruction correspond au plus haut niveau d’instruction atteint, qu’il ait été achevé ou non. na = non applicable En ce qui concerne la religion, on constate que 95 % des enquêtés se sont déclarés de confession musulmane ; Les chrétiens représentent 5 % des enquêtés. Les résultats selon l’ethnie montrent que la population se répartit essentiellement en trois grands groupes ethniques : le Wolof (40 % des femmes et 36 % des hommes) ; le Poular (27 % des femmes et des hommes) ; le Serer (15 % des femmes et 17 % des hommes). Puis viennent les mandingues (6 % des femmes et 7 % des hommes), les diolas (4 % des femmes et 5 % des hommes) et les soninkés (1 % des femmes et des hommes). Les autres groupes ethniques et les étrangers représentent en tout 8 % chez les femmes et 7 % chez les hommes. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 29 Les questions sur l’état matrimonial ont été posées à toutes les femmes et à tous les hommes éligibles dans le ménage. Dans le cadre de l’EDS-Continue, Sénégal 2015, la notion de l’ « union » s’applique à l’ensemble des femmes et des hommes qui se sont déclarés mariés (quel que soit le type de mariage) ou qui vivent maritalement avec un(e) partenaire. Selon cette définition, un peu de plus de trois femmes sur dix (31 %) sont célibataires et 65 % sont mariées. Chez les hommes, moins de trois hommes sur cinq (58 %) sont célibataires et 41 % sont en union. Moins de la moitié des femmes (48 %) et plus de la moitié des hommes (52 %) vivent en milieu urbain. Moins de deux femmes sur cinq (38 %) et plus de deux hommes sur cinq (43 %) vivent dans la grande région Ouest. La grande région Centre abrite près du tiers des femmes (29 %) et le quart des hommes (25 %) et 17 % des femmes et 18 % des hommes vivent dans la grande région du Sud. La grande région Nord se caractérise par la plus faible proportion (16 % des femmes et 14 % des hommes). La distribution selon le niveau d’instruction montre que plus d’une femme sur deux (51 % contre 37 % pour les hommes) n’a aucun niveau d’instruction alors plus d’une femme sur cinq (22 %) a un niveau primaire contre 26 % chez les hommes. Chez les femmes, la proportion de celles ayant une instruction moyen/secondaire ou plus est 27 % alors que chez les hommes représente 37 %. Le Tableau 3.1 présente également la répartition des hommes et des femmes selon le niveau de bien- être économique du ménage. On constate qu’ une femme sur six vit dans un ménage du quintile le plus bas (17 %), cette proportion est légèrement plus faible pour les hommes (15 %). À l’opposé, environ un quart des femmes (24 %) et une proportion légèrement plus élevée d’hommes (25 %) vivent dans un ménage classé dans le quintile le plus élevé. 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES Les Tableaux 3.2.1 et 3.2.2 indiquent la répartition des enquêtés selon le niveau d’instruction atteint par les femmes et les hommes selon différentes caractéristiques sociodémographiques des enquêtés. La proportion de femmes n’ayant reçu aucune instruction formelle est nettement plus élevée que celle des hommes (51 % contre 37 %). En ce qui concerne le primaire, 19 % des femmes contre 25 % des hommes n’ont pas achevé le cycle primaire et seulement 3 % des femmes contre 1 % des hommes ont atteint ce cycle. En ce qui concerne le niveau secondaire, on constate que 23 % des femmes contre 31 % des hommes n’ont pas achevé ce cycle et que moins d’un pour cent, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, ont achevé ce niveau. Enfin, 6 % des hommes et deux fois moins de femmes (6 % contre 3 %) ont achevé un cycle supérieur. 30 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.2.1 Niveau d’instruction : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années d’instruction achevées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Plus haut niveau d’instruction atteint Total Nombre médian d’années complétées Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Sans instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Groupe d’âges 15-24 35,1 16,6 3,8 41,9 0,7 1,9 100,0 4,8 3 643 15-19 31,9 16,9 3,8 46,4 0,5 0,5 100,0 5,2 2 003 20-24 38,9 16,3 3,8 36,4 0,9 3,7 100,0 4,4 1 641 25-29 55,3 20,4 2,0 14,3 1,5 6,5 100,0 - 1 667 30-34 62,2 24,2 1,8 7,6 0,5 3,7 100,0 - 1 247 35-39 63,7 20,9 1,9 9,4 1,2 2,9 100,0 - 1 030 40-44 74,4 17,3 2,1 5,1 0,1 0,9 100,0 - 772 45-49 60,9 18,0 2,9 13,6 0,2 4,4 100,0 - 492 Résidence Urbain 31,8 25,3 3,1 31,9 1,4 6,4 100,0 4,6 4 205 Rural 68,2 13,3 2,4 15,5 0,3 0,3 100,0 - 4 646 Grande Région Nord 65,0 9,7 6,3 18,0 0,4 0,7 100,0 - 1 456 Ouest 33,3 26,2 2,0 29,9 1,4 7,1 100,0 4,4 3 384 Centre 65,4 14,3 2,4 16,9 0,3 0,7 100,0 - 2 520 Sud 52,5 19,7 1,6 24,5 0,7 1,0 100,0 - 1 491 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 73,7 13,4 1,8 11,0 0,0 0,0 100,0 - 1 509 Second 67,7 12,7 1,9 17,4 0,1 0,1 100,0 - 1 579 Moyen 52,6 19,1 3,3 23,8 0,4 0,8 100,0 - 1 757 Quatrième 45,6 23,2 2,7 26,4 0,5 1,7 100,0 2,2 1 886 Le plus élevé 25,5 24,0 3,6 33,3 2,5 11,1 100,0 5,1 2 121 Ensemble 50,9 19,0 2,7 23,3 0,8 3,2 100,0 - 8 851 Note : Dans ce tableau et dans le texte, le niveau secondaire inclut le moyen. 1 A achevé avec succès les 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès les 7 classes du niveau secondaire (4 classes du niveau moyen et les 3 classes du niveau secondaire). Cependant, quel que soit le sexe, généralement le niveau d’instruction s’améliore des générations les plus anciennes aux générations les plus récentes,. la proportion de femmes sans niveau d’instruction passant de 74 % parmi celles de 40-44 ans à 32 % parmi celles 15-19 ans. Inversement, la proportion de femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus, varie de 6 % chez celles de 40-44 ans à 47 % chez celles de 15-19 ans. Chez les hommes, ce même effet de génération apparait puisque des générations anciennes aux plus récentes, les proportions de ceux sans niveau d’instruction sont passées de 52 % parmi ceux de 40-44 ans à 28 % parmi ceux de 15-19 ans. En ce qui concerne le niveau secondaire ou plus, les proportions varient de 25 % à 40-44 ans à 51 % à 15-19 ans. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 31 Tableau 3.2.2 Niveau d’instruction : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années d’instruction achevées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Plus haut niveau d’instruction atteint Total Nombre médian d’années complétées Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique Sans instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Groupe d’âges 15-24 28,6 18,9 1,8 48,0 0,3 2,4 100,0 5,4 1 444 15-19 28,1 18,8 2,6 50,6 0,0 0,0 100,0 5,3 801 20-24 29,2 19,0 0,9 44,9 0,6 5,3 100,0 5,8 643 25-29 37,6 27,7 0,4 19,6 1,4 13,4 100,0 4,1 542 30-34 41,7 36,3 0,8 12,5 1,1 7,7 100,0 2,8 428 35-39 42,1 32,1 1,7 20,1 0,6 3,4 100,0 4,0 407 40-44 52,0 22,2 1,1 18,5 1,2 5,0 100,0 - 310 45-49 46,7 22,7 0,4 21,2 0,1 8,9 100,0 1,4 275 Résidence Urbain 22,5 27,9 1,1 38,7 0,7 9,0 100,0 5,0 1 771 Rural 52,4 21,2 1,4 22,3 0,6 2,1 100,0 - 1 634 Grande Région Nord 51,5 19,8 0,6 25,4 0,0 2,6 100,0 - 464 Ouest 24,9 29,2 0,8 35,3 0,6 9,2 100,0 4,8 1 477 Centre 50,5 22,2 1,7 22,2 0,4 3,0 100,0 - 843 Sud 35,9 20,9 2,4 36,1 1,6 3,1 100,0 4,4 622 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 61,5 18,6 2,1 17,5 0,1 0,2 100,0 - 508 Second 51,4 21,2 1,1 23,9 0,4 2,0 100,0 - 616 Moyen 39,9 27,4 1,0 27,3 1,5 3,0 100,0 3,3 662 Quatrième 34,2 29,3 1,3 31,1 1,1 3,1 100,0 4,2 753 Le plus élevé 12,1 24,6 1,1 46,2 0,2 15,8 100,0 7,6 866 Ensemble 15-49 36,9 24,7 1,3 30,9 0,7 5,7 100,0 4,2 3 405 50-59 63,5 14,8 0,0 15,9 0,2 5,6 100,0 - 329 Ensemble 15-59 39,2 23,8 1,2 29,5 0,6 5,7 100,0 4,0 3 734 Note : Dans ce tableau et dans le texte, le niveau secondaire inclut le moyen. 1 A achevé avec succès les 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès les 7 classes du niveau secondaire (4 classes du niveau moyen et les 3 classes du niveau secondaire). Par ailleurs, le niveau d’instruction de la population varie en fonction du milieu de résidence. En effet, les proportions de femmes et d’hommes instruits sont plus élevées en milieu urbain qu’en milieu rural : en effet, seuls 32 % des femmes et 23 % des hommes sans niveau d’instruction vivent en milieu urbain, contre respectivement 68 % et 52 % en milieu rural Les résultats selon la région de résidence mettent également en évidence des disparités. La proportion de femmes sans aucun niveau d’instruction est particulièrement élevée dans les grandes régions de Nord et du Centre, avec 65 % chacune. Chez les hommes, c’est aussi dans ces deux régions que l’on constate les proportions les plus élevées de non instruits (52 % dans le Nord et 51 % dans le Centre). À l’opposé, la grande région de l’Ouest est celle qui compte la proportion la plus faible d’hommes et de femmes sans niveau d’instruction (respectivement 25 % et 33 %). Ce tableau montre aussi qu’il y a une relation positive entre le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique du ménage : en effet, les proportions de femmes et d’hommes sans instruction diminuent des ménages du quintile le plus bas au plus élevé. Dans la suite du rapport, le niveau d’instruction comportera les trois modalités que sont : • aucun niveau : les personnes qui n’ont jamais été à l’école, • Niveau primaire: les niveaux « primaire incomplet » et « primaire complet » seront regroupés en une seule catégorie. Il s’agit des personnes qui ont fréquenté l’école, mais ne sont pas entrées au niveau secondaire, 32 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Niveau secondaire ou plus: ce sont les personnes qui ont un niveau « secondaire incomplet, un niveau secondaire complet, ou bien un niveau supérieur ». 3.3 ALPHABÉTISATION Au cours de l’enquête, mises à part les questions posées sur la dernière classe achevée et le niveau d’instruction atteint par les enquêtés, on a demandé à ceux qui n’avaient aucun niveau d’instruction et à ceux qui avaient déclaré n’avoir atteint que le niveau primaire, de lire une phrase rédigée dans les langues nationales préparées à l’avance. Trois modalités ont été retenues : « peut lire toute la phrase », « peut lire une partie de la phrase », ou, « ne peut pas lire du tout ». Les enquêtés ayant atteint le niveau secondaire ou plus, considérés d’office comme étant alphabétisés, n’étaient pas concernés par cette question. Les résultats sont présentés au Tableau 3.3.1 pour les femmes et 3.3.2 pour les hommes. Plus de quatre femmes sur dix (42 %) et moins de six hommes sur dix (58 %) de 15-49 ans sont considérés comme étant alphabétisés. En comparant les Tableaux 3.2.1 et 3.3.1, on remarque que la proportion de femmes qui ne savent pas du tout lire est supérieure à la proportion de celles qui n’ont jamais fréquenté l’école (58 % contre 51 %). Cette différence révèle qu’une partie de la population féminine qui a fréquenté l’école ne l’a pas fait suffisamment au point de savoir lire et écrire, ou bien qu’après avoir quitté l’école, elle est redevenue analphabète en ayant désappris (désalphabétisation fonctionnelle). Les proportions de femmes et d’hommes de 15-49 ans alphabétisés varient sensiblement selon le milieu de résidence. En milieu urbain, 59 % des femmes et 71 % des hommes sont alphabétisés contre respectivement 27 % et 44 % en milieu rural. Tableau 3.3.1 Alphabétisation : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans par niveau d’instruction atteint et niveau d’alphabétisation et pourcentage de femmes alphabétisées selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Secondaire ou supérieur Pas d’instruction ou niveau primaire Total Pourcentage alpha- bétisée1 Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Peut lire une phrase entière Peut lire une partie de la phrase Ne peut pas lire Pas de carte dans la langue de l’enquêtée Aveugle/ malvoyant Groupe d’âges 15-24 44,5 6,8 5,2 43,0 0,4 0,1 100,0 56,6 3 643 15-19 47,4 6,8 5,5 40,0 0,3 0,0 100,0 59,7 2 003 20-24 41,0 6,8 4,9 46,6 0,5 0,1 100,0 52,8 1 641 25-29 22,3 8,9 7,4 60,8 0,5 0,0 100,0 38,7 1 667 30-34 11,8 10,2 7,7 70,1 0,2 0,0 100,0 29,7 1 247 35-39 13,5 8,7 7,9 69,9 0,0 0,0 100,0 30,0 1 030 40-44 6,2 9,9 6,3 77,6 0,0 0,0 100,0 22,4 772 45-49 18,2 10,1 6,1 65,5 0,0 0,0 100,0 34,5 492 Résidence Urbain 39,7 11,4 7,8 40,6 0,5 0,0 100,0 59,0 4 205 Rural 16,1 5,6 5,2 73,0 0,1 0,0 100,0 26,9 4 646 Grande Région Nord 19,1 6,0 5,7 69,2 0,0 0,0 100,0 30,8 1 456 Ouest 38,4 10,9 7,6 42,4 0,7 0,0 100,0 56,9 3 384 Centre 17,9 6,6 5,3 70,1 0,0 0,1 100,0 29,8 2 520 Sud 26,2 7,8 6,4 59,5 0,1 0,0 100,0 40,4 1 491 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 11,1 4,7 5,3 78,8 0,1 0,0 100,0 21,1 1 509 Second 17,7 5,5 4,0 72,8 0,1 0,0 100,0 27,1 1 579 Moyen 24,9 8,4 6,3 60,0 0,3 0,0 100,0 39,7 1 757 Quatrième 28,5 7,3 7,6 55,6 0,9 0,1 100,0 43,4 1 886 Le plus élevé 47,0 14,0 8,2 30,8 0,0 0,0 100,0 69,2 2 121 Ensemble 27,3 8,4 6,4 57,6 0,3 0,0 100,0 42,1 8 851 Note : Dans ce tableau et dans le texte, le niveau secondaire inclut le moyen. 1 C’est-à-dire les femmes qui ont, au moins, fréquenté l’école secondaire et celles qui peuvent lire une phrase entière ou une partie de phrase. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 33 L’examen des résultats selon la région met également en évidence des disparités spatiales du niveau d’alphabétisation: que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, comme on l’a constaté pour le niveau d’instruction. En effet, c’est dans les deux grandes régions de l’Ouest (57 % des femmes et 68 % des hommes) et du Sud (40 % des femmes et 57 % des hommes) que l’on observe les proportions d’alphabétisés les plus élevées. Pour ce qui est du quintile de bien être, comme il fallait s’y attendre, les proportions de femmes et d’hommes qui sont alphabétisés augmentent des ménages du quintile le plus bas au plus élevé. Par exemple, le pourcentage de femmes alphabétisées passe de 21 % parmi celles appartenant au quintile le plus bas à 69 % parmi celles appartenant au quintile le plus élevé. Pour les hommes, les pourcentages correspondants sont de 33 % et 84 %. Tableau 3.3.2 Alphabétisation : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans par niveau d’instruction atteint et niveau d’alphabétisation et pourcentage d’hommes alphabétisés selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Secondaire ou supérieur Pas d’instruction ou niveau primaire Total Pourcentage alphabétisé1 Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique Peut lire une phrase entière Peut lire une partie de la phrase Ne peut pas lire Pas de carte dans la langue de l’enquêté Aveugle/ malvoyant Groupe d’âges 15-24 50,7 9,2 5,4 34,3 0,4 0,0 100,0 65,3 1 444 15-19 50,6 10,7 5,6 32,8 0,2 0,0 100,0 66,9 801 20-24 50,9 7,3 5,2 36,2 0,5 0,0 100,0 63,3 643 25-29 34,3 15,2 8,9 41,1 0,4 0,0 100,0 58,5 542 30-34 21,2 18,6 11,4 48,0 0,6 0,2 100,0 51,2 428 35-39 24,1 24,6 8,4 42,3 0,6 0,0 100,0 57,1 407 40-44 24,7 15,5 5,8 52,0 2,0 0,0 100,0 46,1 310 45-49 30,3 10,8 6,4 51,4 1,2 0,0 100,0 47,4 275 Résidence Urbain 48,4 17,2 5,8 28,3 0,2 0,1 100,0 71,4 1 771 Rural 25,0 10,3 8,7 54,9 1,1 0,0 100,0 44,0 1 634 Grande Région Nord 28,0 10,1 12,8 49,1 0,0 0,0 100,0 50,9 464 Ouest 45,1 19,7 3,5 31,6 0,0 0,0 100,0 68,4 1 477 Centre 25,6 9,7 10,2 53,5 0,9 0,1 100,0 45,5 843 Sud 40,8 8,5 7,7 40,7 2,3 0,0 100,0 57,0 622 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 17,8 7,2 7,8 66,1 1,1 0,0 100,0 32,8 508 Second 26,3 7,5 7,6 57,1 1,4 0,0 100,0 41,4 616 Moyen 31,8 13,3 10,0 44,2 0,5 0,1 100,0 55,1 662 Quatrième 35,2 19,1 7,9 37,4 0,3 0,0 100,0 62,2 753 Le plus élevé 62,2 18,2 3,8 15,7 0,1 0,0 100,0 84,2 866 Ensemble 15-49 37,2 13,9 7,2 41,1 0,6 0,0 100,0 58,3 3 405 50-59 21,7 10,3 7,3 60,3 0,4 0,0 100,0 39,3 329 Ensemble 15-59 35,8 13,6 7,2 42,8 0,6 0,0 100,0 56,6 3 734 Note : Dans ce tableau et dans le texte, le niveau secondaire inclut le moyen. 1 C’est-à-dire les hommes qui ont, au moins, fréquenté l’école secondaire et qui peuvent lire une phrase entière ou une partie de phrase. 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS Les données relatives à l’exposition des femmes et des hommes aux médias sont particulièrement importantes pour la mise en place des programmes d’éducation et de diffusion d’informations dans tous les domaines, notamment dans ceux relatifs à la santé et à la planification familiale. Les Tableaux 3.4.1 et 3.4.2 présentent les données sur l’exposition des femmes et des hommes aux médias. Les résultats ne mettent pas en évidence de différences très importantes en ce qui concerne l’exposition aux médias. En effet, 22 % des femmes contre 21 % des hommes ne sont exposés à aucun média. 34 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés La radio1et la télévision2 sont les principaux médias utilisés par les enquêtés. En effet, chez les femmes, 59 % regardent la télévision au moins une fois par semaine et 56 % écoutent la radio au moins une fois par semaine alors que chez les hommes ces proportions sont respectivement de 64 % et de 58 %. Cependant, seulement 11 % des hommes et les femmes ont déclaré lire un journal au moins une fois par semaine. La proportion d’hommes qui ont été exposés à la fois aux trois médias (radio, télévision et journal) est peu différente de celle des femmes (9 % contre 7 %). Globalement, chez les femmes, l’âge influence l’exposition aux médias. Parmi celles de 40-44 ans, 27 % n’ont été exposées à aucun média contre 18 % parmi celles de 20-24 ans. En particulier, on note que seulement 4 % des femmes de 40-44 ans ont lu un journal au moins une fois par semaine contre 16 % à 20- 24 ans. Chez les hommes, la tendance est moins nette. Tableau 3.4.1 Exposition aux médias: Femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio, au moins, une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Lit un journal, au moins, une fois par semaine Regarde la télévision, au mois, une fois par semaine Écoute la radio, au moins, une fois par semaine Les trois médias, au moins, une fois par semaine Aucun média, au moins, une fois par semaine Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 10,1 58,7 46,7 5,9 24,1 2 003 20-24 15,6 63,5 61,1 11,2 18,1 1 641 25-29 12,0 59,1 59,3 8,2 21,0 1 667 30-34 8,9 63,6 58,1 7,4 20,2 1 247 35-39 8,8 56,9 56,8 5,6 24,1 1 030 40-44 4,0 51,9 56,2 3,1 27,0 772 45-49 8,6 56,4 59,6 7,6 21,0 492 Résidence Urbain 18,9 85,4 61,2 13,4 8,5 4 205 Rural 3,0 35,9 51,4 1,9 34,1 4 646 Grande Région Nord 4,6 48,4 50,0 2,3 27,9 1 456 Ouest 20,9 85,7 63,0 14,8 7,2 3 384 Centre 4,2 44,4 53,3 3,2 29,7 2 520 Sud 3,6 36,1 50,8 2,4 36,2 1 491 Niveau d’instruction Pas d’instruction 0,1 45,2 52,3 0,1 30,1 4 505 Primaire 7,9 71,7 59,8 6,3 14,8 1 927 Moyen/secondaire ou plus 32,0 76,2 60,1 21,7 12,3 2 419 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,7 5,8 45,4 0,1 52,4 1 509 Second 1,9 21,5 52,7 0,7 39,6 1 579 Moyen 4,7 65,1 55,2 2,6 18,7 1 757 Quatrième 8,8 89,0 55,4 6,2 7,3 1 886 Le plus élevé 30,3 94,8 67,5 22,4 2,7 2 121 Ensemble 10,5 59,4 56,1 7,4 21,9 8 851 Selon le milieu de résidence, les résultats font apparaître des différences importantes. En milieu rural, les populations sont beaucoup moins exposées aux médias qu’en milieu urbain. Parmi les femmes, 34 % en rural contre 9 % en urbain n’ont été exposées à aucun média. Chez les hommes, ces proportions sont respectivement de 35 % et de 9 %. 1 74 % des ménages au Sénégal possèdent un poste radio (voir Tableau 2.5) 2 52 % possède une télévision (voir Tableau 2.5) Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 35 Tableau 3.4.2 Exposition aux médias : Hommes Pourcentage d’hommes de 15-49 ans qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio, au moins, une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Lit un journal, au moins, une fois par semaine Regarde la télévision, au mois, une fois par semaine Écoute la radio, au moins, une fois par semaine Les trois médias, au moins, une fois par semaine Aucun média, au moins, une fois par semaine Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 3,5 61,2 28,1 2,2 31,2 801 20-24 10,1 65,8 54,4 7,1 23,1 643 25-29 17,5 67,8 63,2 15,6 21,7 542 30-34 8,5 62,1 69,6 7,9 17,1 428 35-39 14,6 71,2 74,4 12,9 12,2 407 40-44 10,3 61,0 76,8 7,4 13,5 310 45-49 15,9 58,3 75,5 13,1 15,1 275 Résidence Urbain 17,5 85,1 61,5 14,4 8,6 1 771 Rural 3,0 41,5 53,4 2,3 34,8 1 634 Grande Région Nord 2,0 39,1 31,7 1,4 47,3 464 Ouest 18,5 83,2 59,5 15,3 11,1 1 477 Centre 5,5 48,8 55,1 4,2 30,5 843 Sud 4,8 58,5 76,2 4,1 13,3 622 Niveau d’instruction Pas d’instruction 0,3 45,9 58,5 0,2 30,2 1 255 Primaire 4,8 69,5 56,6 4,8 19,6 883 Moyen/secondaire ou plus 24,7 78,6 57,5 19,6 13,4 1 266 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,7 22,9 60,0 0,2 36,4 508 Second 1,7 33,3 49,4 1,1 41,8 616 Moyen 4,3 67,7 56,5 3,2 21,4 662 Quatrième 10,2 84,0 60,3 8,7 11,1 753 Le plus élevé 27,7 90,4 60,7 22,9 6,4 866 Ensemble 15-49 10,6 64,2 57,6 8,6 21,2 3 405 50-59 11,1 46,2 71,5 9,6 20,7 329 Ensemble 15-59 10,6 62,6 58,9 8,7 21,2 3 734 Les résultats selon la région mettent également en évidence des disparités : la proportion de femmes n’ayant accès à aucun média est faible dans la grande région de l’Ouest avec une proportion de 7 %. Elle est, par contre, élevée dans les autres grandes régions : 28 % dans la grande région du Nord, 30 % dans la grande région du Centre et 36 % dans celle du Sud. Chez les hommes, la proportion de ceux n’ayant aucun accès aux médias reste faible dans les grandes régions de l’Ouest et du Sud avec respectivement 11% et 13% contre 47 % pour le Nord et 31 % pour le Centre. En outre, le niveau d’instruction semble influencer de manière importante le niveau d’exposition aux médias. Que ce soit chez les femmes ou chez les hommes, ceux ayant le niveau secondaire ou plus, sont les plus fréquemment exposés aux trois médias : 22 % des femmes et 20 % des hommes, contre seulement 6 % des femmes et 5 % de ceux ayant le niveau d’instruction primaire. Parmi ceux sans instruction, les résultats montrent que 30 % des femmes et des hommes ne sont exposées à aucun média, contre respectivement 12 % et 13 % de ceux ayant un niveau secondaire ou plus. Comme pour le niveau d’instruction, on note une relation positive entre le niveau de bien-être du ménage et l’exposition aux médias. Ce sont les hommes et les femmes vivant dans les ménages du quintile le plus élevé qui sont les plus fréquemment exposés aux trois médias : 23 % des hommes et 22 % des femmes, contre moins de 1 % des hommes et des femmes des ménages du quintile le plus bas. 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE DES ENQUETÉS Cette partie concerne les résultats sur l’activité 36 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés 3.5.1 Activité économique des femmes Lors de l’enquête, des questions relatives à l’emploi ont été posées. Ces questions ont permis d’identifier les hommes et les femmes qui travaillaient au moment de l’enquête ainsi que ceux qui ne travaillaient pas au moment de l’enquête mais qui avaient travaillé au cours des 12 mois qui avaient précédé l’enquête. Aux femmes et aux hommes qui travaillaient au moment de l’enquête ou qui avaient effectué un travail au cours des 12 mois précédant l’enquête, on a posé une série de questions sur le type d’emploi et, pour les femmes, sur la régularité de l’emploi et sur le type de rémunération. Les résultats du tableau 3.5.1 montrent que, dans l’ensemble, 55 % des femmes de 15-49 ans avaient effectué un travail quelconque au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, Dans 43 % des cas, les femmes travaillaient au moment de l’enquête, c’est-à-dire au cours des sept jours avant l’interview et 12 % ne travaillaient pas au moment de l’enquête. À l’opposé, 45 % n’avaient pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Les résultats selon l’âge permettent de constater que la proportion de femmes qui avaient travaillé récemment augmente régulièrement avec l’âge, passant d’un minimum de 23 % à 15-19 ans à un maximum de 67 % à 45-49 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les résultats montrent que ce sont les femmes en rupture d’union (62 %) qui étaient proportionnellement les plus nombreuses à avoir travaillé au cours des sept jours ayant précédé l’enquête, contre 47 % de celles en union et 32 % des célibataires. Le niveau d’activité varie également en fonction du nombre d’enfants vivants par femme : la proportion de femmes actives augmente avec le nombre d’enfants, passant de 33 % à la parité 0 à 60 % à la parité cinq ou plus. Les données selon le milieu de résidence font apparaître des différences : en milieu rural, 41 % des femmes travaillaient récemment contre 47 % en milieu urbain. Les résultats par région montrent que c’est dans celle du Nord que la proportion de femmes actives est la plus faible (31 %). Dans les autres régions, les proportions sont assez proches puisqu’elles varient de 47 % dans l’Ouest à 45 % dans le Centre et dans le Sud. On constate, en outre, que la proportion de femmes récemment actives est nettement plus faible parmi celles ayant un niveau secondaire ou plus (32 % contre 50 % parmi celles ayant un niveau primaire et 47 % parmi celles n’ayant aucun niveau d’instruction).Enfin, les résultats selon les quintiles de bien-être ne montrent pas d’écarts important entre les quatre premiers quintiles. Par contre, dans le quintile le plus élevé, la proportion de femmes qui travaillaient au cours des sept jours avant l’enquête est plus élevée (49 %). Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 37 Tableau 3.5.1 Emploi : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en fonction du fait qu’elles travaillent ou non, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 A travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête N’a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête Total Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Travaille actuellement1 Ne travaille pas actuellement Groupe d’âges 15-19 23,2 11,1 65,8 100,0 2 003 20-24 33,6 10,7 55,7 100,0 1 641 25-29 43,7 12,5 43,8 100,0 1 667 30-34 53,5 13,4 33,2 100,0 1 247 35-39 58,7 13,4 27,9 100,0 1 030 40-44 63,1 13,0 23,9 100,0 772 45-49 66,9 10,7 22,4 100,0 492 État matrimonial Célibataire 32,4 9,9 57,7 100,0 2 709 Mariée ou vivant ensemble 47,0 13,3 39,7 100,0 5 731 Divorcée/séparée/veuve 62,2 8,3 29,4 100,0 412 Nombre d’enfants vivants 0 33,4 9,8 56,7 100,0 3 285 1-2 40,2 11,4 48,4 100,0 2 247 3-4 50,9 12,7 36,4 100,0 1 708 5+ 59,6 16,5 23,9 100,0 1 611 Résidence Urbain 46,2 5,3 48,5 100,0 4 205 Rural 40,6 18,1 41,3 100,0 4 646 Grande Région Nord 31,2 10,1 58,7 100,0 1 456 Ouest 46,5 6,0 47,4 100,0 3 384 Centre 44,7 15,2 40,0 100,0 2 520 Sud 45,3 21,9 32,7 100,0 1 491 Niveau d’instruction Pas d’instruction 46,7 15,0 38,3 100,0 4 505 Primaire 49,9 9,9 40,2 100,0 1 927 Moyen/secondaire ou plus 31,6 8,2 60,2 100,0 2 419 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 41,0 28,3 30,7 100,0 1 509 Second 41,0 19,8 39,2 100,0 1 579 Moyen 43,0 7,2 49,9 100,0 1 757 Quatrième 41,1 4,5 54,4 100,0 1 886 Le plus élevé 48,9 5,2 45,9 100,0 2 121 Ensemble 43,3 12,0 44,7 100,0 8 851 1 « Travaille actuellement » concerne les femmes qui ont travaillé au cours des sept derniers jours, y compris celles qui n’ont pas travaillé au cours des sept derniers jours mais qui ont un emploi régulier et qui étaient absentes parce qu’elles étaient en congé, malades ou en vacances ou pour d’autres raisons. 3.5.2 Activité économique des hommes Du tableau 3.5.2 concernant les hommes de 15-49 ans, il ressort que 87 % d’entre eux avaient effectué un travail quelconque au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête (contre 55 % chez les femmes) : la majorité (78 %) avait travaillé au cours des sept derniers jours avant l’enquête. À l’opposé, 13 % des hommes n’avaient pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. On constate, comme chez les femmes, que le pourcentage d’hommes qui avaient travaillé récemment augmente avec l’âge : de 54 % à 15- 19 ans, la proportion passe à 93 % à 45-49 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les résultats montrent que la quasi-totalité des hommes en union (96 %) travaillaient au moment de l’enquête contre 66 % parmi les célibataires. Par ailleurs, les données selon le milieu de résidence, montrent que la proportion d’hommes qui travaillaient au moment de l’enquête est plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (86 % contre 71 %). Par rapport au niveau d’instruction, on remarque (comme chez les femmes) que les hommes sans niveau d’instruction travaillaient un peu plus fréquemment que les autres : 92 % exerçaient une activité, contre 70 % pour le niveau primaire et seulement 57 % pour le niveau secondaire ou plus. Enfin, on constate que les 38 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés variations dans les trois premiers quintiles de bien-être économique ne sont pas très importantes. Par contre, dans le quatrième et surtout dans le plus élevé, les proportions d’hommes actifs sont un plus faibles (respectivement 76 % et 66 %). Tableau 3.5.2 Emploi : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans en fonction du fait qu’ils travaillent ou non, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 A travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête N’a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête Manquant/ Ne sait pas Total Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique Travaille actuellement1 Ne travaille pas actuellement Groupe d’âges 15-19 53,6 16,0 30,5 0,0 100,0 801 20-24 68,6 12,3 19,2 0,0 100,0 643 25-29 87,4 5,4 7,2 0,0 100,0 542 30-34 91,4 7,1 1,5 0,0 100,0 428 35-39 96,3 2,2 1,5 0,0 100,0 407 40-44 93,6 4,6 1,9 0,0 100,0 310 45-49 92,7 4,4 3,0 0,0 100,0 275 État matrimonial Célibataire 65,9 12,7 21,4 0,0 100,0 1 968 Marié ou vivant ensemble 95,7 3,5 0,8 0,0 100,0 1 411 Divorcé/séparé/veuf (92,3) (4,0) (3,7) (0,0) 100,0 26 Nombre d’enfants vivants 0 68,1 12,1 19,8 0,0 100,0 2 095 1-2 94,9 3,5 1,6 0,0 100,0 593 3-4 95,5 3,6 0,9 0,0 100,0 397 5+ 94,3 3,8 1,9 0,0 100,0 320 Résidence Urbain 71,4 8,4 20,2 0,0 100,0 1 771 Rural 86,1 9,3 4,6 0,0 100,0 1 634 Grande Région Nord 82,1 6,0 11,9 0,0 100,0 464 Ouest 74,8 6,9 18,3 0,0 100,0 1 477 Centre 78,8 13,7 7,5 0,0 100,0 843 Sud 83,8 9,2 7,0 0,0 100,0 622 Niveau d’instruction Pas d’instruction 92,0 4,5 3,4 0,0 100,0 1 255 Primaire 89,6 5,6 4,8 0,0 100,0 883 Moyen/secondaire ou plus 57,2 15,4 27,4 0,0 100,0 1 266 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 87,7 11,4 0,9 0,0 100,0 508 Second 85,8 11,3 2,8 0,0 100,0 616 Moyen 83,2 7,6 9,2 0,0 100,0 662 Quatrième 76,2 5,7 18,1 0,0 100,0 753 Le plus élevé 66,1 9,3 24,6 0,0 100,0 866 Ensemble 15-49 78,4 8,8 12,7 0,0 100,0 3 405 50-59 89,7 5,3 5,0 0,0 100,0 329 Ensemble 15-59 79,4 8,5 12,0 0,0 100,0 3 734 1 « Travaille actuellement » concerne les hommes qui ont travaillé au cours des sept derniers jours, y compris ceux qui n’ont pas travaillé au cours des sept derniers jours mais qui ont un emploi régulier et qui étaient absents parce qu’ils étaient en congé, malades ou en vacances ou pour d’autres raisons. 3.6 CARACTÉRISTIQUES DE L’EMPLOI Cette section permettra de caractériser l’occupation des personnes âgées de 15 à 49 ans au cours des 12 derniers. Au regard de certaines caractéristiques sociodémographiques, la répartition des individus selon le type de leur occupation ou leur catégorie socioprofessionnelle sera analysée afin de faire ressortir la structure des emplois. 3.6.1 Occupation des femmes Les tableaux 3.7.1 et 3.7.2 présentent les résultats concernant le type d’occupation des femmes et des hommes de 15-49 ans au cours des 12 mois qui précédaient l’enquête. La majorité des femmes exerçait, au moment de l’enquête, une activité dans les ventes et services (35 %) ou travaillaient dans l’agriculture Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 39 (28 %) ; dans 12 % des cas, les femmes travaillaient comme employée de maison et 10 % exerçaient un emploi manuel qualifié. Seulement 5 % avaient un emploi de cadre/technicien. La répartition des femmes selon le type d’emploi varie selon les caractéristiques sociodémographiques. On constate que la proportion de femmes occupées dans les Ventes et Services augmente avec l’âge, de 12 % parmi celles de 15-19 ans à 52 % parmi celles de 45-49 ans. Par contre, les femmes travaillant comme employées de maison sont proportionnellement plus nombreuses dans les groupes d’âges les plus jeunes (31 % à 15-19 ans et 20 % à 20-24 ans contre 4 % à 45-49 ans). On note que la proportion de femmes qui travaillent dans l’agriculture est particulièrement élevée parmi celles dont le ménage est classée dans le quintile le plus bas (75 %). En milieu rural (49 %), dans les régions Centre (41 %) et Sud (54 %), et parmi les femmes sans instruction (39 %), les emplois dans l’agriculture sont les plus fréquents. La proportion de femmes exerçant un emploi de cadre est plus élevée parmi celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (24 %) et parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (16 %). Ce type d’emploi est aussi plus fréquent en milieu urbain (10 % contre 1 % en rural ) et dans la région Ouest (10 % contre 2 et 3 % dans les autres régions). Tableau 3.6.1 Occupation : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Cadre/ technicien/ direction Employé Ventes et services Manuel qualifié Manuel non qualifié Employé de maison Agri- culture Manquant Total Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 0,2 0,1 11,6 9,0 7,1 30,5 38,3 3,1 100,0 686 20-24 3,0 0,0 23,2 13,0 9,4 20,4 29,0 2,1 100,0 727 25-29 7,3 1,0 34,0 12,8 6,9 8,5 28,1 1,4 100,0 937 30-34 6,8 0,5 37,5 11,4 9,3 7,3 26,2 1,2 100,0 833 35-39 6,6 0,2 46,3 7,8 7,7 5,8 24,2 1,5 100,0 743 40-44 3,1 0,0 49,7 4,4 9,2 3,5 28,4 1,6 100,0 587 45-49 8,1 0,0 52,3 6,7 6,2 4,0 22,4 0,4 100,0 381 État matrimonial Célibataire 7,0 0,4 20,3 13,5 7,9 32,0 16,9 2,0 100,0 1 147 Marié ou vivant ensemble 4,1 0,3 39,3 8,4 8,2 4,6 33,5 1,6 100,0 3 457 Divorcé/séparé/veuf 7,8 0,0 42,0 11,8 6,9 17,8 12,1 1,6 100,0 290 Nombre d’enfants vivants 0 8,7 0,4 20,6 14,0 7,8 26,5 19,7 2,3 100,0 1 422 1-2 5,7 0,9 33,3 13,0 7,6 9,0 28,4 2,1 100,0 1 160 3-4 3,4 0,0 45,6 5,8 9,8 5,3 29,0 1,1 100,0 1 086 5+ 1,7 0,0 43,9 5,4 7,3 3,0 37,7 1,0 100,0 1 226 Résidence Urbain 10,0 0,7 49,6 12,6 6,7 17,0 2,4 1,2 100,0 2 167 Rural 1,1 0,1 23,4 7,6 9,2 7,6 48,9 2,0 100,0 2 728 Grande Région Nord 3,0 0,3 35,4 11,1 14,3 6,7 28,1 1,2 100,0 602 Ouest 10,0 0,8 47,0 13,2 7,0 18,3 2,7 1,1 100,0 1 778 Centre 1,9 0,0 27,3 8,9 8,1 9,2 41,4 3,1 100,0 1 511 Sud 2,1 0,0 25,2 4,4 6,2 7,2 54,2 0,8 100,0 1 003 Niveau d’instruction Pas d’instruction 0,2 0,4 34,0 8,0 8,3 8,3 39,0 1,8 100,0 2 780 Primaire 1,2 0,0 42,3 15,5 8,6 15,7 16,2 0,5 100,0 1 152 Moyen/secondaire ou plus 23,6 0,5 29,1 8,2 6,7 17,3 11,8 2,8 100,0 962 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,2 0,1 10,3 0,7 7,1 6,5 74,6 0,5 100,0 1 046 Second 0,7 0,1 23,8 5,5 10,9 10,5 47,2 1,2 100,0 960 Moyen 2,4 0,5 47,2 13,6 9,1 12,7 13,1 1,5 100,0 881 Quatrième 3,8 0,6 50,1 16,9 10,5 13,1 2,6 2,4 100,0 860 Le plus élevé 16,0 0,4 46,3 13,5 3,9 16,0 1,3 2,7 100,0 1 147 Ensemble 5,0 0,3 35,0 9,8 8,1 11,8 28,3 1,7 100,0 4 894 . 40 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés 3.6.2 Occupation des hommes À la différence des femmes, c’est dans l’agriculture (32 %) et dans les emplois manuels qualifiés (28 %) que la majorité des hommes de 15-49 ans en activité travaillaient ; Seulement 15 % étaient occupés dans les ventes et services. en outre, un homme sur dix était cadre ou technicien (10 %). Le type d’activité exercée par les hommes diffère selon le milieu de résidence. En milieu rural, plus d’un homme sur deux est occupé dans l’agriculture (53 % contre 10 % en urbain), près d’un homme sur cinq occupe un emploi manuel qualifié (19 %). En milieu urbain, 37 % exercent un emploi manuel qualifié et 16 % occupent une fonction de cadre. Le type d’activité varie aussi avec le niveau d’instruction : près d’un quart des hommes ayant un niveau secondaire ou plus (24 %) occupent une fonction de cadre mais près d’un tiers travaillent dans l’agriculture (32 %). Parmi les hommes ayant le niveau primaire, environ deux sur cinq ont un emploi manuel qualifié et 14 % travaillent dans les Ventes et Services. Le travail dans l’agriculture occupe deux hommes sans instruction sur cinq (40 %). Les résultats selon le niveau de bien-être économique montrent que 62 % des hommes vivant dans un ménage classé dans le quintile le plus bas travaillent dans l’agriculture et qu’à l’opposé, c’est dans les ménages du quintile le plus élevé que l’on observe la proportion la plus importante d’hommes exerçant une activité de cadre ou de technicien (27 %). Tableau 3.6.2 Occupation : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Cadre/ technicien/ direction Employé Ventes et services Manuel qualifié Manuel non qualifié Employé de maison Agriculture Manquant Total Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 0,7 0,3 5,2 15,5 9,6 0,0 56,5 12,2 100,0 557 20-24 4,2 0,0 11,5 27,5 9,0 0,2 41,3 6,3 100,0 519 25-29 13,2 1,3 14,2 31,7 10,2 0,1 25,8 3,6 100,0 503 30-34 10,5 1,5 21,8 34,5 10,6 0,0 19,1 2,0 100,0 422 35-39 13,6 1,6 24,0 31,8 9,8 0,0 18,1 1,1 100,0 400 40-44 14,6 1,1 17,8 26,6 12,8 0,0 26,2 1,0 100,0 304 45-49 18,0 1,4 16,2 28,9 9,9 0,0 23,9 1,7 100,0 267 État matrimonial Célibataire 6,3 0,5 9,2 27,3 9,9 0,1 39,0 7,7 100,0 1 547 Marié ou vivant ensemble 13,0 1,4 21,3 28,2 10,4 0,0 24,4 1,4 100,0 1 401 Divorcé/séparé/veuf (20,7) (0,0) (21,8) (11,8) (6,3) (0,0) (39,4) (0,0) 100,0 25 Nombre d’enfants vivants 0 6,4 0,5 11,2 26,6 9,3 0,1 38,7 7,2 100,0 1 681 1-2 14,6 2,1 21,1 30,7 12,1 0,0 18,1 1,3 100,0 584 3-4 16,9 1,2 20,9 26,4 10,8 0,0 22,1 1,6 100,0 394 5+ 7,7 0,7 16,5 28,6 9,6 0,0 35,9 1,0 100,0 314 Résidence Urbain 16,3 0,9 19,7 37,4 11,3 0,0 9,7 4,6 100,0 1 413 Rural 3,4 1,0 10,7 18,7 9,1 0,1 52,5 4,7 100,0 1 559 Grande Région Nord 7,5 0,8 12,1 20,8 9,9 0,4 45,9 2,8 100,0 408 Ouest 15,5 0,4 20,3 33,1 10,7 0,0 14,9 5,0 100,0 1 206 Centre 4,4 1,2 13,3 26,5 5,9 0,0 43,5 5,3 100,0 779 Sud 5,5 1,7 8,1 22,3 14,8 0,0 43,2 4,4 100,0 578 Niveau d’instruction Pas d’instruction 1,5 1,8 17,8 25,0 9,9 0,1 39,5 4,4 100,0 1 212 Primaire 5,5 0,3 13,9 40,8 11,3 0,0 21,8 6,4 100,0 841 Moyen/secondaire ou plus 23,9 0,3 12,3 18,8 9,3 0,0 31,9 3,3 100,0 919 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,4 0,7 7,1 11,8 14,5 0,0 61,5 4,0 100,0 503 Second 2,1 1,0 6,0 19,5 8,7 0,0 58,1 4,6 100,0 599 Moyen 6,6 0,8 13,8 32,6 9,1 0,2 31,6 5,2 100,0 601 Quatrième 8,5 2,0 21,6 42,7 9,6 0,0 10,9 4,6 100,0 617 Le plus élevé 27,1 0,2 24,1 28,2 9,4 0,1 6,3 4,7 100,0 653 Ensemble 15-49 9,5 0,9 15,0 27,6 10,1 0,0 32,1 4,7 100,0 2 972 50-59 10,3 3,2 10,2 22,5 15,5 1,1 35,3 1,9 100,0 313 Ensemble 15-59 9,6 1,1 14,5 27,1 10,6 0,2 32,4 4,4 100,0 3 285 Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 41 3.7 CARACTÉRISTIQUES DE L’EMPLOI DES FEMMES Le tableau 3.7 présente la répartition des femmes ayant eu un emploi au cours des 12 derniers mois par type d’emploi agricole ou non agricole, selon certaines caractéristiques de l’emploi. Dans l’ensemble, 67 % des femmes ont été payées en argent seulement pour le travail effectué. À l’opposé, dans 24 % des cas, les femmes ont exercé un travail qui n’a pas été rémunéré. Six femmes sur dix (60 %) travaillaient à leur propre compte et 58 % travaillaient toute l’année. La comparaison des résultats entre le travail agricole et non agricole montre que les conditions de travail entre les deux secteurs sont différentes. Tout d’abord, 57 % des femmes qui travaillaient dans le domaine agricole n’ont pas été payées contre 10 % quand le travail effectué n’était pas dans l’agriculture. En outre, 86 % des femmes travaillant ailleurs que dans l’agriculture ont été payées en argent seulement contre 21 % quand le travail est dans le secteur agricole. Les résultats selon le type d’employeur font également apparaître des différences entre les femmes travaillant dans les domaines agricole et non agricole. Ainsi, dans le secteur agricole, 54 % des femmes travaillaient à leur propre compte et 43 % pour un membre de la famille. Parmi les femmes ne travaillant pas dans le domaine agricole, ces proportions sont respectivement de 63 % et de 10 % ; En outre, parmi les femmes ayant un emploi non agricole, 79 % occupaient un emploi à l’année contre 5 % parmi celles qui travaillaient dans le domaine agricole. Tableau 3.7 Type d’emploi : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête en fonction du type de rémunération, du type d’employeur et de la régularité de l’emploi, selon le secteur agricole et non-agricole, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique de l’emploi Travail agricole Travail non agricole Manquant Ensemble Type de revenu Argent seulement 20,9 85,6 64,1 66,9 Argent et en nature 18,9 4,1 5,5 8,3 En nature seulement 3,1 0,3 0,0 1,1 Pas rémunérée 57,0 10,1 30,4 23,7 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Type d’employeur Employée par un membre de la famille 42,8 9,8 8,2 19,1 Employée par quelqu’un qui n’est pas membre de la famille 2,8 27,5 31,1 20,6 Travaille à son propre compte 54,3 62,7 60,7 60,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Régularité de l’emploi Toute l’année 4,6 79,3 59,9 57,8 Saisonnier 94,2 13,8 22,5 36,7 Occasionnel 1,2 6,9 17,5 5,5 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes ayant eu un emploi au cours des 12 derniers mois 1 386 3 426 82 4 894 Note : L’ensemble comprend les femmes dont l’information sur le type d’emploi est manquante et qui ne sont pas présentées séparément. Nuptialité • 43 NUPTIALITÉ 4 Fatou Bintou Niang CAMARA, Nafissatou DIOP et Samba Cor SARR e chapitre présente les niveaux, différentiels et tendances de la nuptialité. Dans le contexte sénégalais, celle-ci constitue en effet un déterminant proche, important, de la fécondité par son rôle majeur dans l’exposition des femmes au risque de grossesse. Par ailleurs, l’activité sexuelle des femmes sera également abordée, puisqu’elle influence aussi largement leur comportement procréateur. 4.1 ÉTAT MATRIMONIAL Au Sénégal où la population compte 95 % de musulmans, le mariage est une pratique générale et le célibat définitif est plutôt un phénomène marginal. Le mariage constitue l’évènement qui légalise le début d’exposition au risque de grossesse. Dans le cadre de l’EDS-Continue 2015, le terme union s’applique à l’ensemble des femmes et des hommes qui se sont déclarés mariés ou qui vivent maritalement avec un/une partenaire. Entrent donc dans cette catégorie, aussi bien les mariages civils, religieux et coutumiers, que les unions de fait. Nous verrons dans la suite que cette dernière catégorie est plutôt rare. Le Tableau 4.1 présente la répartition des femmes et des hommes selon leur état matrimonial au moment de l’enquête. Près des deux tiers des femmes de 15-49 ans (65 %) et environ quatre hommes de 15- 49 ans sur dix (42 %) étaient en union au moment de l’enquête. Au Sénégal, l’union se réduit au mariage, seulement 0,2 % des femmes et 0,1 % des hommes vivaient avec un/e conjoint/e sans être mariés (union consensuelle). Le célibat concernait 31 % des femmes de 15-49 ans et 58 % des hommes du même groupe d’âges; 3 % des femmes et 3 % des hommes étaient divorcés ou séparés. Environ une femme sur cent (1 %) et seulement 0,1 % des hommes étaient veufs. Le calendrier de la nuptialité plus tardif chez les hommes explique les plus forts pourcentages d’hommes encore célibataires. La pratique de la polygamie explique, en partie, les faibles proportions de divorcés et de veufs parmi les hommes. C Principaux résultats • Au moment de l’enquête, près des deux–tiers des femmes (65 %) et environ quatre hommes de 15-49 ans sur dix (42 %) étaient en union. • Le célibat concernait 31 % des femmes de 15-49 ans et 58 % des hommes du même groupe d’âges. • Près d’un tiers des femmes en union avaient, au moins, une coépouse. • Moins d’un homme sur cinq (17 %) est polygame. • L’âge médian d’entrée en première union des femmes âgées de 25-49 ans à l’enquête est de 19,5 ans. • l’âge médian à la première union est estimé à 29,8 ans parmi les hommes de 30-59 ans. • L’âge médian à la première union n’a pratiquement pas varié des générations anciennes aux plus récentes. • L’âge médian aux premiers rapports sexuels a légèrement varié des générations anciennes aux plus récentes dans le sens d’un vieillissement. 44 • Nuptialité Tableau 4.1 État matrimonial actuel Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans par état matrimonial actuel, selon l’âge, EDS-Continue, Sénégal 2015 État matrimonial Total Pour- centage d’enquêtés actuelleme nt en union Effectif d’enquêtésGroupe d’âges Célibataire Marié Vivant ensemble Divorcé Séparé Veuf FEMME Groupe d’âges 15-19 78,0 21,3 0,0 0,5 0,1 0,1 100,0 21,3 2 003 20-24 41,6 54,8 0,1 3,1 0,2 0,2 100,0 54,8 1 641 25-29 17,1 77,8 0,5 3,6 0,3 0,7 100,0 78,3 1 667 30-34 7,2 85,9 0,5 5,4 0,2 0,8 100,0 86,4 1 247 35-39 4,7 88,6 0,2 5,4 0,1 1,0 100,0 88,7 1 030 40-44 3,5 89,3 0,2 2,5 0,4 4,1 100,0 89,5 772 45-49 2,6 84,9 0,0 7,2 0,0 5,3 100,0 84,9 492 Ensemble 15-49 30,6 64,5 0,2 3,4 0,2 1,1 100,0 64,7 8 851 HOMME Groupe d’âges 15-19 99,7 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 0,3 801 20-24 94,6 5,1 0,1 0,1 0,0 0,0 100,0 5,2 643 25-29 64,0 35,2 0,0 0,8 0,0 0,0 100,0 35,2 542 30-34 31,1 68,2 0,4 0,3 0,0 0,0 100,0 68,6 428 35-39 11,9 87,4 0,0 0,5 0,0 0,2 100,0 87,4 407 40-44 6,8 90,9 0,0 2,1 0,2 0,0 100,0 90,9 310 45-49 4,2 92,3 0,0 1,1 1,5 0,9 100,0 92,3 275 Ensemble 15-49 57,8 41,4 0,1 0,5 0,1 0,1 100,0 41,5 3 405 50-59 3,0 93,8 0,0 3,1 0,0 0,1 100,0 93,8 329 Ensemble 15-59 53,0 46,0 0,1 0,8 0,1 0,1 100,0 46,1 3 734 Le même tableau montre également que les proportions de femmes célibataires diminuent rapidement avec l’âge, passant de 78 % à 15-19 ans à 17 % à 25-29 ans et à 4 % à 40-44 ans ; après 45 ans, le célibat est rare (moins de 3 %). Inversement, la proportion de femmes mariées augmente avec l’âge. Elle passe de 21 % à 15-19 ans à 55 % à 20-24 ans, pour atteindre son maximum à 35-44 ans (89 %). Comme pour les femmes, le pourcentage d’hommes célibataires diminue rapidement avec l’âge, à l’inverse du pourcentage de ceux qui sont mariés. Les hommes se marient plus tard: à 20-24 ans, 95 % sont encore célibataires contre 42 % chez les femmes (Graphique 4.1). Graphique 4.1 Proportions de célibataires par âge 78 42 17 7 5 4 3 31 100 95 64 31 12 7 4 58 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 15-49 Femme Homme Pourcentage EDS-Continue 2015 Nuptialité • 45 4.2 PRATIQUE DE LA POLYGAMIE Les données de l’enquête ont permis de distinguer les femmes qui vivaient en union monogamique de celles qui vivaient en union polygamique. Le Tableau 4.2.1 présente la répartition des femmes en union selon le nombre de coépouses et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Malgré la prédominance des unions monogamiques (68 %), la polygamie est une pratique assez répandue puisqu’elle concerne 32 % des femmes en union. La forme de polygamie la plus courante est la bigamie (77 % des cas de polygamie). Seulement 7 % des femmes en union ont deux coépouses ou plus. La proportion de femmes en union polygamique augmente régulièrement avec l’âge, passant de 15 % à 20-24 ans à 34 % à 30-34 ans et à 50 % au-delà de 40 ans. Tableau 4.2.1 Nombre de coépouses Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans, actuellement en union, par nombre de coépouses, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Nombre de coépouses Total Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique 0 1 2+ Groupe d’âges 15-19 85,7 11,7 2,6 100,0 427 20-24 85,0 12,8 2,0 99,8 900 25-29 77,1 18,4 4,4 100,0 1 305 30-34 65,8 27,5 6,7 100,0 1 077 35-39 56,6 33,4 10,1 100,0 914 40-44 49,9 35,9 14,2 100,0 691 45-49 48,6 34,2 17,2 100,0 418 Résidence Urbain 76,5 19,6 3,8 100,0 2 261 Rural 62,8 27,5 9,6 99,9 3 470 Grande Région Nord 72,0 21,8 6,0 99,9 1 046 Ouest 78,0 18,8 3,3 100,0 1 821 Centre 60,2 28,4 11,5 100,0 1 837 Sud 61,6 29,8 8,5 99,9 1 027 Niveau d’instruction Pas d’instruction 62,2 28,6 9,1 100,0 3 769 Primaire 76,4 20,0 3,6 99,9 1 212 Moyen/secondaire ou plus 85,3 10,3 4,5 100,0 750 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 60,8 29,5 9,6 99,9 1 208 Second 65,2 26,3 8,3 99,9 1 136 Moyen 69,1 24,6 6,3 100,0 1 139 Quatrième 72,6 21,2 6,2 100,0 1 176 Le plus élevé 74,1 19,9 6,1 100,0 1 072 Ensemble 68,2 24,4 7,3 100,0 5 731 Les résultats mettent également en évidence des écarts importants dans la fréquence de la pratique de la polygamie selon certaines caractéristiques socioéconomiques. En effet, la proportion de femmes en union polygamique est plus importante en milieu rural (37 %) qu’en milieu urbain (23 %). De même, la fréquence de cette pratique est également très variable d’une région à l’autre : c’est dans la région Ouest (22 %) qu’elle est le moins pratiquée contre 38 % dans le Sud et 40 % dans le Centre (Graphique 4.2). Par ailleurs, la proportion de femmes en union ayant au moins une coépouse diminue avec le niveau d’instruction : 38 % chez les femmes n’ayant aucun niveau d’instruction, 24 % chez celles ayant le niveau primaire et 15 % chez celles ayant le niveau moyen/secondaire ou plus. Enfin, les résultats selon l’indice de bien-être économique montrent que la proportion de femmes en union polygame diminue du quintile le plus bas au plus élevé, passant de 39 % à 27 %. 46 • Nuptialité Graphique 4.2 Proportions de femmes en union polygame selon certaines caractéristiques sociodémographiques En ce qui concerne les hommes (Tableau 4.2.2), on constate que le taux de polygamie ou rapport des hommes en union polygamique sur l’ensemble des hommes mariés, est de 17 % dans le groupe d’âges 15-59 ans. Négligeable avant 30 ans (moins de 3 %), ce taux augmente rapidement après cet âge pour atteindre 5 % à 30-34 ans, 19 % à 40-44 ans et 24 % à 45-49 ans. Les résultats selon le milieu de résidence font apparaître une différence très nette entre le milieu rural (15 % de polygames) et le milieu urbain (9 %) (Graphique 4.3). Comme pour les femmes, c’est dans les régions du Sud (17 %) et du Centre (16 %), que les pourcentages d’hommes ayant au moins deux épouses sont les plus importants. Inversement, la polygamie est moins répandue dans les régions du Nord et de l’Ouest (9 % chacune) (Graphique 4.3). Selon le niveau d’instruction, on remarque que c’est parmi les hommes ayant le niveau primaire que le taux de polygamie est, de loin, le plus faible (4 % contre 9 % parmi ceux ayant le niveau moyen/secondaire ou plus et 18 % parmi ceux n’ayant aucun niveau d’instruction). Enfin, le taux de polygamie est nettement plus élevé dans les ménages des deux premiers quintiles que dans les autres. 23 37 28 22 40 38 38 24 15 39 35 31 27 26 32 Résidence Urbain Rural Grande Région Nord Ouest Centre Sud Niveau d'instruction Pas d'instruction Primaire Moyen/secondaire ou plus Quintiles de bien-être économique Le plus bas Second Moyen Quatrième Le plus élevé Sénégal EDS-Continue 2015 Nuptialité • 47 Tableau 4.2.2 Nombre d’épouses Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans, actuellement en union, par nombre d’épouses, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Nombre d’épouses Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique 1 2+ Manquant Total Groupe d’âges 15-19 * * * 100,0 2 20-24 (98,0) (2,0) (0,0) 100,0 34 25-29 97,2 2,8 0,0 100,0 191 30-34 94,7 5,3 0,0 100,0 294 35-39 88,7 11,3 0,0 100,0 355 40-44 81,5 18,5 0,0 100,0 281 45-49 76,5 23,5 0,0 100,0 254 Résidence Urbain 90,7 9,3 0,0 100,0 696 Rural 84,8 15,2 0,0 100,0 715 Grande Région Nord 90,6 9,4 0,0 100,0 188 Ouest 90,8 9,2 0,0 100,0 602 Centre 84,0 16,0 0,0 100,0 364 Sud 83,4 16,6 0,0 100,0 257 Niveau d’instruction Pas d’instruction 82,0 18,0 0,0 100,0 720 Primaire 95,6 4,4 0,0 100,0 405 Moyen/secondaire ou plus 90,7 9,3 0,0 100,0 286 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 82,0 18,0 0,0 100,0 245 Second 85,5 14,5 0,0 100,0 256 Moyen 90,1 9,9 0,0 100,0 267 Quatrième 90,3 9,7 0,0 100,0 305 Le plus élevé 89,2 10,8 0,0 100,0 338 Ensemble 15-49 87,7 12,3 0,0 100,0 1 411 50-59 63,7 36,3 0,0 100,0 309 Ensemble 15-59 83,4 16,6 0,0 100,0 1 720 * Un astérisque indique qu'une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu'elle a été supprimée. Graphique 4.3 Proportions d’hommes en union polygame selon le milieu et la région de résidence 16 17 9 9 9 15 17 Centre Sud Nord Ouest Urbain Rural Sénégal Pourcentage EDS-Continue 2015 48 • Nuptialité La comparaison des résultats avec ceux de l’enquête de 2010-2011 montre que, quel que soit le facteur sociodémographique considéré, la pratique de la polygamie a nettement reculé au profit des unions monogamiques, chez les femmes. Par contre, chez les hommes, la pratique de la polygamie a augmenté passant de 12 % à 17 % entre 2010-2011 et 2015. En particulier, on observe cette tendance à la hausse parmi les hommes jeunes (à 35-39 ans, 9 % contre 11 %) et chez ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (4 % et 11 %). 4.3 ÀGE À LA PREMIÈRE UNION Il est important d’étudier le calendrier de la primo-nuptialité en raison de la relation étroite entre l’âge à la première union et le début de la vie féconde. Le Tableau 4.3 présente les proportions de femmes et d’hommes non célibataires déjà en union à différents âges exacts, ainsi que les âges médians à la première union en fonction de l’âge actuel. Tableau 4.3 Âge à la première union Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans par âge exact à la première union et âge médian à la première union selon l’âge actuel, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage en première union avant d’atteindre l’âge exact : Pourcentage de célibataires Effectif d’enquêtés Âge médian à la première union Age actuel 15 18 20 22 25 FEMME Groupe d’âges 15-19 4,9 na na na na 78,0 2 003 a 20-24 8,5 31,0 46,8 na na 41,6 1 641 a 25-29 9,5 34,5 50,9 63,0 76,1 17,1 1 667 19,9 30-34 9,4 35,1 52,2 64,1 79,5 7,2 1 247 19,7 35-39 10,2 41,0 54,6 68,2 79,3 4,7 1 030 19,2 40-44 12,3 45,6 62,3 72,1 82,1 3,5 772 18,5 45-49 9,1 39,9 53,0 67,1 76,2 2,6 492 19,6 20-49 9,6 36,4 52,2 na na 16,7 6 848 19,7 25-49 10,0 38,1 53,8 66,0 78,5 8,9 5 208 19,5 HOMME Groupe d’âges 15-19 0,0 na na na na 99,7 801 a 20-24 0,0 0,6 1,5 na na 94,6 643 a 25-29 0,0 0,6 2,5 4,7 17,8 64,0 542 a 30-34 0,0 1,0 2,8 9,0 19,5 31,1 428 29,5 35-39 0,0 1,5 4,4 8,5 20,5 11,9 407 29,7 40-44 0,0 1,4 5,6 10,3 19,9 6,8 310 a 45-49 0,0 0,4 2,3 6,4 19,8 4,2 275 a 20-49 0,0 0,9 3,0 na na 44,9 2 604 a 25-49 0,0 1,0 3,4 7,6 19,4 28,6 1 961 a 20-59 0,0 0,9 3,2 na na 40,2 2 933 a 25-59 0,0 1,0 3,7 7,8 20,0 24,9 2 290 a 30-59 0,0 1,2 4,1 8,8 20,6 12,8 1 749 29,8 Note : L’âge à la première union est défini comme étant l’âge auquel l’enquêté(e) a commencé à vivre avec son premier époux/épouse/ partenaire na = Non applicable pour cause de troncature. a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont commencé à vivre pour la première fois avec leur conjoint(e)/partenaire avant d’atteindre le début du groupe d’âges. Au Sénégal, l’âge d’entrée en union des femmes est assez précoce. En effet, 10 % des femmes âgées de 25-49 ans au moment de l’enquête étaient déjà en union avant d’atteindre l’âge de 15 ans, bien que dans le code de la famille adopté depuis 1973, une femme ne puisse contracter un mariage avant l’âge de 16 ans. Près de deux femmes sur cinq (38 %) étaient déjà en union en atteignant 18 ans exacts; avant d’atteindre 22 ans, 66 % des femmes étaient déjà en union et avant d’atteindre 25 ans exacts, cette proportion est de 79 % (Tableau 4.4). L’âge médian d’entrée en première union des femmes de 25-49 ans est de 19,5 ans ; il est de 19,7 ans parmi les femmes de 20-49 ans. Cet âge médian n’a pratiquement pas varié au fil des générations . Nuptialité • 49 Entre 2010-2011 et 2015, l’âge à la première union n’a pas varié, 19,6 ans et 19,7 ans chez les femmes de 20-49 ans. Les hommes entrent en première union à un âge beaucoup plus tardif que les femmes : dans le groupe d’âges 25-29 ans, près des deux tiers sont toujours célibataires (64 %) contre 17 % chez les femmes; l’âge médian à la première union est estimé à 29,8 ans parmi les hommes de 30-59 ans. Le Tableau 4.4 et le Graphique 4.4 présentent les âges médians à la première union des femmes de 20-49 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Le milieu de résidence influe beaucoup sur le calendrier du premier mariage. Les femmes du milieu urbain se marient plus tard que celles du milieu rural (22,0 ans contre 18,1 ans parmi les femmes de 25-49 ans). Les différences inter régionales sont également importantes (Graphique 4.4) : aux deux extrêmes, on trouve l’Ouest (âge médian de 21,8 ans) et le Nord et le Sud qui ont les âges médians à la première union les plus précoces.(18,2 ans chacune) et le Centre ( 18, 7 ans). De même, l’âge d’entrée en union varie fortement sous l’influence du niveau d’instruction : l’âge médian passe de 18,2 ans chez les femmes sans instruction à 20,9 ans chez celles de niveau primaire. Enfin, l’âge médian à la première union augmente avec le niveau de bien-être, et il est particulièrement élevé chez les femmes appartenant aux ménages du quintile le plus élevé (23,6 ans contre 17,3 ans chez les femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas). Tableau 4.4 Âge médian à la première union selon certaines caractéristiques sociodémographiques Âge médian à la première union des femmes de 20-49 ans et de 25-49 ans et, des hommes de 20-54[59] ans et de 25-54[59] ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Âge des femmes Âge des hommes Caractéristique sociodémographique 20-49 25-49 30-59 Résidence Urbain a 22,0 a Rural 18,2 18,1 28,4 Grande Région Nord 18,4 18,2 29,5 Ouest a 21,8 a Centre 18,7 18,7 28,6 Sud 18,4 18,2 29,0 Niveau d’instruction Pas d’instruction 18,2 18,2 28,2 Primaire a 20,9 a Moyen/secondaire ou plus a a a Quintiles de bien-être économique Le plus bas 17,3 17,3 27,0 Second 18,0 17,8 28,0 Moyen 19,4 19,2 29,9 Quatrième a 20,5 a Le plus élevé a 23,6 a Ensemble 19,7 19,5 29,8 Note : L’âge à la première union est défini comme étant l’âge auquel l’enquêté(e) a commencé à vivre avec son premier conjoint(e)/partenaire. a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont commencé à vivre pour la première fois avec leur conjoint(e)/partenaire avant d’atteindre le début du groupe d’âges. 4.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS En tant que déterminant de la fécondité, l’âge aux premiers rapports sexuels est tout aussi important que l’âge à la première union, les rapports sexuels n’ayant pas exclusivement lieu dans le cadre de l’union. Pour cette raison, on a demandé aux personnes enquêtées, l’âge auquel elles avaient eu, pour la première fois, des rapports sexuels. Au Tableau 4.5, sont présentées les proportions de femmes et d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels avant d’atteindre certains âges exacts, les pourcentages n’ayant jamais eu de rapports sexuels et l’âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l’âge actuel. 50 • Nuptialité Tableau 4.5 Âge aux premiers rapports sexuels Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans ayant eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre certains âges exacts, pourcentage n’ayant jamais eu de rapports sexuels et âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l’âge actuel, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage ayant déjà eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre l’âge exact de : Pourcentage n’ayant jamais eu de rapports sexuels Effectif Âge médian aux premiers rapports sexuels Âge actuel 15 18 20 22 25 FEMME Groupe d’âges 15-19 5,8 na na na na 74,8 2 003 a 20-24 9,4 34,3 52,2 na na 35,5 1 641 19,7 25-29 10,1 36,6 53,7 66,2 77,3 14,2 1 667 19,5 30-34 8,7 38,9 55,2 67,4 79,6 5,1 1 247 19,3 35-39 11,6 43,8 59,0 71,5 81,7 2,8 1 030 18,8 40-44 13,6 48,7 65,2 74,8 83,6 0,9 772 18,1 45-49 10,0 42,8 60,0 71,1 79,6 1,9 492 18,9 20-49 10,3 39,4 56,2 na na 13,6 6 848 19,2 25-49 10,6 41,0 57,4 69,2 79,9 6,7 5 208 19,0 15-24 7,4 na na na na 57,1 3 643 a HOMME Groupe d’âges 15-19 5,9 na na na na 86,6 801 a 20-24 3,7 15,5 27,1 na na 64,0 643 a 25-29 1,6 11,3 26,5 39,3 55,1 33,4 542 24,2 30-34 1,8 10,6 21,8 36,0 53,9 11,2 428 23,8 35-39 1,4 13,9 31,4 43,2 56,1 2,1 407 23,4 40-44 1,8 13,1 28,3 39,8 53,1 0,9 310 24,3 45-49 1,8 11,2 30,3 46,2 63,5 0,2 275 22,6 20-49 2,2 12,8 27,3 na na 25,0 2 604 a 25-49 1,7 12,0 27,3 40,4 55,9 12,3 1 961 23,7 15-24 4,9 na na na na 76,5 1 444 a 20-59 2,1 12,3 27,0 na na 22,3 2 933 a 25-59 1,7 11,4 27,0 40,0 55,2 10,6 2 290 23,8 na = Non applicable pour cause de troncature. a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre le début du groupe d’âges. Avant d’atteindre 15 ans exacts, 10 % des femmes de 20-49 ans avaient déjà eu des rapports sexuels. Cette proportion est de 56 % avant d’atteindre 20 ans exacts. L’âge médian aux premiers rapports sexuels chez les femmes âgées de 20-49 ans est estimé à 19,2 ans et parmi celles âgées de 25-49 ans, il est estimé à 19 ans. Cet âge est quasiment le même que celui d’entrée en première union (19,7 ans contre 19,2 ans parmi celles de 20-49 ans et 19,5 contre 19 ans parmi celles de 25-49 ans ) (Graphique 4.4). Par ailleurs, des générations les plus anciennes aux plus récentes, on note un très léger vieillissement de cet âge médian aux premiers rapports sexuels, celui-ci étant passé de 18,9 ans parmi les femmes de 45-49 ans à 19,7 ans parmi celles de 20-24 ans. Enfin, 14 % des femmes de 20-49 ans ont déclaré n’avoir jamais eu de rapports sexuels. Nuptialité • 51 Graphique 4.4 Âges médians des femmes à la première union et aux premiers rapports sexuels Chez les hommes âgés de 25-59 ans, 11 % avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre l’âge de 18 ans ; cette proportion passe à 40 % en atteignant 22 ans et 55% à 25 ans. L’âge médian des hommes aux premiers rapports sexuels qui s’établit à 23,8 ans parmi ceux âgés de 25-59 ans à l’enquête, varie légèrement, comme chez les femmes, dans le sens d’un vieillissement des générations les plus anciennes aux plus jeunes. Comme on peut le voir au Tableau 4.6, cet âge médian aux premiers rapports sexuels varie selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes et des hommes. Tableau 4.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels certaines caractéristiques sociodémographiques Âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 20-49 ans et de 25-49 ans et des hommes de 20-54[59] ans et de 25-54[59] ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Âge des femmes Âge des hommes Caractéristique sociodémographique 20-49 25-49 20-59 25-59 Résidence Urbain a 20,7 a 23,4 Rural 17,9 17,9 a 24,3 Grande Région Nord 18,6 18,4 a a Ouest a 20,9 a 23,8 Centre 18,5 18,5 a a Sud 17,1 17,0 19,9 20,4 Niveau d’instruction Pas d’instruction 18,0 18,1 a a Primaire 19,7 20,0 a 22,8 Moyen/secondaire ou plus a 23,5 a 22,1 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 17,1 17,1 a 23,1 Second 17,6 17,5 a 24,2 Moyen 18,9 18,7 a 24,9 Quatrième a 20,2 a 24,5 Le plus élevé a 22,5 a 22,7 Ensemble 19,2 19,0 a 23,8 a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre le début du groupe d’âges. 18 19 22 18 18 21 18 22 20 17 19 21 18 18 20 24 18 21 19 Sud Centre Ouest Nord RÉGION Aucun Primaire Moyen/secondaire ou + NIVEAU D'INSTRUCTION Rural Urbain MILIEU DE RÉSIDENCE SÉNÉGAL Âge (en années) Rapports sexuels Union EDS-Continue 2015 Âge médian pour les femmes de 25-49 ans l'âge médian à la 1ere union n'est pas présenté pour le niveau moyen/secondaire ou + parce que moins de 50 % des femmes sont en première union 52 • Nuptialité Les femmes urbaines commencent leur vie sexuelle 2,8 ans plus tard que celles du milieu rural (20,7 ans contre 17, 9 ans parmi celles de 25-49 ans) (Graphique 4.5). Les femmes ayant le niveau d’instruction moyen/secondaire ou plus débutent leur vie sexuelle 5,4 ans plus tard que celles qui n’ont aucun niveau (23,5 ans contre 18,1 ans). De même, les femmes vivant dans un ménage du quintile le plus élevé (22,5 ans) débutent leur vie sexuelle beaucoup plus tard que celles des ménages du quintile le plus bas (17,1 ans, soit 5,4 ans d’écart). Les différences entre les régions sont importantes. L’Ouest (20,9 ans) est la région dans laquelle les femmes commencent le plus tardivement leur vie sexuelle; à l’inverse, c’est dans la Sud (17 ans) que l’entrée dans la vie sexuelle est la plus précoce. Chez les hommes, on ne constate pas tout à fait les mêmes tendances et les écarts sont moins importants que chez les femmes (Graphique 4.5) ; contrairement à ce qui a été observé chez les femmes, l’âge médian aux premiers rapports sexuels est légèrement plus précoce en milieu urbain qu’en milieu rural (23,4 contre 24,3) ; de même, l’acquisition d’un niveau d’instruction plus élevé n’est pas associé à un âge aux premiers rapport sexuel plus tardif (22,8 pour le niveau primaire contre 22,1 pour le moyen/secondaire ou plus). Les variations selon le niveau de bien-être économique sont assez irrégulières et moins importantes que chez les femmes. Graphique 4.5 Âges médians des femmes et des hommes aux premiers rapports sexuels 4.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE La fréquence des rapports sexuels est également un facteur influençant l’exposition au risque de grossesse, en particulier lorsque la prévalence de la contraception moderne est faible, comme c’est le cas au Sénégal. Le Tableau 4.7.1 présente les résultats sur l’activité sexuelle des femmes âgées de 15-49 ans. Dans l’ensemble, 44 % des femmes étaient sexuellement actives au moment de l’enquête, car elles ont déclaré avoir eu au moins une fois, des rapports sexuels durant les quatre semaines ayant précédé l’enquête. À l’opposé, plus d’une femme sur quatre (27 %) n’avaient jamais eu de rapports sexuels. Dans 19 % des cas, les femmes avaient eu leurs derniers rapports sexuels dans la période de 1-11 mois avant l’enquête et pour 10 % d’entre elles, les derniers rapports sexuels remontaient à plus d’un an. 17 19 21 18 18 20 24 18 21 19 20 24 23 22 24 23 24 Sud Centre Ouest Nord RÉGION Aucun Primaire Moyen/secondaire ou + NIVEAU D'INSTRUCTION Rural Urbain MILIEU DE RÉSIDENCE SÉNÉGAL Âge (en années) Homme Femme EDS-Continue 2015 Âge médian pour les femmes de 25-49 ans et pour les hommes de 25-59 ans l'âge médian aux premiers rapports sexuels des hommes n'est pas présenté pour les régions du Centre et du Nord et pour les hommes sans niveau d'instruction parce ce que moins de 50 % avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels Nuptialité • 53 Tableau 4.7.1 Activité sexuelle récente des femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en fonction du moment auquel ont eu lieu leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Derniers rapports sexuels : N’a jamais eu de rapports sexuels Total Effectif de femmes Caractéristique sociodémograph

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