Sénégal - Demographic and Health Survey - 2016

Publication date: 2016

Sénégal Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue) 2015 Sénégal 2015 Enquête Dém ographique et de Santé Continue (EDS-Continue) RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL Sénégal : Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue) 2015 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) Dakar, Sénégal The DHS Program ICF Rockville, Maryland, USA Octobre 2016 Ministère de la Santé et l’Action Sociale Ce rapport présente les résultats de la troisième année de l’Enquête Démographique et de Santé Continue au Sénégal (EDS-Continue 2015), exécutée de février à octobre 2015 par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD). L’EDS-Continue 2015 a été réalisée avec l’appui financier du Gouvernement du Sénégal, de l’USAID, de l’UNICEF, de l’UNFPA et de Micronutrient Initiative. Elle a bénéficié de l’assistance technique du programme mondial des Enquêtes Démographiques et de Santé (Demographic and Health Surveys – The DHS Program) de ICF dont l’objectif est de collecter, d’analyser et de diffuser des données démographiques et de santé portant, en particulier, sur la fécondité, la mortalité, la planification familiale, la santé de la mère et de l’enfant, la nutrition, le paludisme et le VIH. Le Laboratoire de Parasitologie de la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop a apporté son expertise à la réalisation de cette opération. Pour tous renseignements concernant l’EDS-Continue 2015, contacter : Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) Rocade Fann Bel-air Cerf-volant B.P. 116 ; Dakar RP (Sénégal) Téléphone : (221) 33 869 21 39/33 869 21 60 Fax : (221) 33 824 36 15 E-mail : statsenegal@ansd.sn / statsenegal@yahoo.fr Site web : www.ansd.sn Concernant The DHS Program, des renseignements peuvent être obtenus auprès de : ICF 530 Gaither Road, Suite 500, Rockville, MD 20850 USA Téléphone : 1-301-407-6500 Fax : 1-301-407-6501 E-mail : info@dhsprogram.com Internet : www.dhsprogram.com Citation recommandée : Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) [Sénégal], et ICF. 2016. Sénégal : Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue 2015). Rockville, Maryland, USA : ANSD et ICF. Table des matières • iii TABLE DES MATIÈRES LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES . vii AVANT-PROPOS . xv REMERCIEMENTS . xvii SIGLES ET ABRÉVIATIONS . xix CARTE DU SÉNÉGAL . xx 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE . 1 1.1 Présentation du pays . 1 1.1.1 Géographie . 1 1.1.2 Économie . 1 1.1.3 Population . 2 1.1.4 Politique en matière de santé et situation sanitaire . 2 1.2 Cadre institutionnel, objectifs et méthodologie de l’enquête . 3 1.2.1 Cadre institutionnel . 3 1.2.2 Objectifs . 4 1.2.3 Méthodologie . 4 1.2.4 Réalisation de l’EDS-Continue . 9 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES . 11 2.1 Conditions de vie des ménages et biens possédés . 11 2.1.1 Caractéristiques de l’habitat . 11 2.1.2 Biens possédés . 15 2.1.3 Bien-être économique des ménages . 16 2.1.4 Lavage des mains . 17 2.2 Caracteristiques sociodemographiques de la population des ménages. 18 2.2.1 Structure par âge et sexe de la population. 18 2.2.2 Taille et composition des ménages . 19 2.2.3 Niveau d’instruction des membres du ménage . 21 2.2.4 Fréquentation scolaire . 24 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS . 27 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés . 27 3.2 Niveau d’instruction par caractéristiques sociodémographiques . 29 3.3 Alphabétisation . 32 3.4 Exposition aux médias . 33 3.5 Activité économique des enquetés . 35 3.5.1 Activité économique des femmes . 36 3.5.2 Activité économique des hommes . 37 3.6 Caractéristiques de l’emploi . 38 3.6.1 Occupation des femmes . 38 3.6.2 Occupation des hommes . 40 3.7 Caractéristiques de l’emploi des femmes . 41 4 NUPTIALITÉ . 43 4.1 État Matrimonial . 43 4.2 Pratique de la Polygamie . 45 4.3 Àge à la première union . 48 4.4 Âge aux premiers rapports sexuels . 49 4.5 Activité sexuelle récente . 52 iv • Table des matières 5 FÉCONDITÉ . 55 5.1 Niveau de la fécondité et fécondité différentielle . 56 5.2 Tendances de la fécondité . 59 5.3 Parité et stérilité primaire . 60 5.4 Intervalle intergénésique . 61 5.5 Exposition au risque de grossesse . 63 5.6 Ménopause . 64 5.7 Âge à la première naissance . 65 5.8 Fécondité des adolescentes . 66 6 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ . 69 6.1 Désir d’enfants supplémentaires . 69 6.2 Nombre idéal d’enfants . 72 6.3 Planification de la fécondité . 75 7 PLANIFICATION FAMILIALE . 79 7.1 Connaissance de la contraception . 80 7.2 Utilisation actuelle de la contraception . 82 7.3 Sources d’approvisionnement de la contraception . 86 7.4 Informations relatives aux méthodes contraceptives . 87 7.5 Raisons d’interruption de méthode contraceptive . 89 7.6 Connaissance de la période féconde. 90 7.7 Besoins en matière de planification familiale . 91 7.8 Utilisation future de la contraception . 93 7.9 Sources d’information sur la contraception . 94 8 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS . 97 8.1 Méthodologie et qualité des données . 97 8.1.1 Limites d’ordre méthodologique. 98 8.1.2 Risques d’erreurs d’enregistrement . 98 8.2 Niveaux et tendances . 99 8.3 Mortalité différentielle . 100 8.4 Mortalité périnatale . 103 8.5 Groupes à haut risque . 104 9 SANTÉ DE LA MÈRE. 107 9.1 Soins prénatals, accouchement et visites postnatales . 107 9.1.1 Soins prénatals . 107 9.1.2 Accouchement . 114 9.1.3 Examens postnatals . 118 10 SANTÉ DE L’ENFANT . 123 10.1 Caractéristiques du nouveau-né . 123 10.2 Vaccination des enfants . 124 10.3 Maladies des enfants . 128 10.3.1 Prévalence et traitement des Infections respiratoires aiguës . 128 10.3.2 Prévalence et traitement de la fièvre . 130 10.3.3 Prévalence et traitement de la diarrhée . 131 10.4 Evacuation des selles des enfants . 137 11 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL . 139 11.1 Allaitement et alimentation de complément . 139 11.1.1 Allaitement maternel . 140 11.1.2 Aliments de complément . 144 11.2 Consommation de micronutriments . 147 11.2.1 Consommation de sel iodé par les ménages. 147 11.2.2 Consommation de vitamine A . 148 11.2.3 Consommation de fer . 150 11.3 Anémie par carence en fer. 150 11.3.1 Prévalence de l’anémie chez les enfants . 151 Table des matières • v 11.4 État nutritionnel des enfants . 152 11.4.1 État nutritionnel des enfants . 152 12 PALUDISME . 157 12.1 Prévention du paludisme . 158 12.1.1 Possession de moustiquaires par les ménages . 158 12.1.2 Pulvérisation intra-domiciliaire (PID) . 160 12.1.3 Accès à une MII dans le ménage . 161 12.2 Utilisation des moustiquaires . 163 12.2.1 Utilisation des moustiquaires par les ménages . 163 12.2.2 Utilisation des MII existantes . 165 12.2.3 Utilisation des moustiquaires par les enfants de moins de cinq ans . 166 12.3 Traitement du paludisme . 170 12.3.1 Traitement préventif intermittent chez la femme enceinte . 170 12.3.2 Fièvre et traitement précoce de la fièvre chez les enfants de moins de cinq ans . 171 12.3.3 Source des conseils ou de traitements . 173 12.4 Anémie chez les enfants de moins de cinq ans . 173 12.5 Parasitémie palustre . 174 12.5.1 Principe et méthodologie . 175 12.5.2 Prévalence du paludisme . 176 13 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DU VIH/SIDA . 179 13.1 Connaissance du vih/sida, des moyens de prévention et de transmission . 180 13.2 Stigmatisation envers les personnes vivant avec le VIH/sida . 186 13.3 Opinions concernant la prévention des ist et du VIH . 189 13.4 Test du VIH . 191 13.5 Infections sexuellement transmissibles . 195 13.6 Comportements sexuels chez les jeunes et VIH/sida . 197 13.7 Test du VIH parmi les jeunes . 202 14 STATUT DE LA FEMME . 205 14.1 Emploi et rémunération . 205 14.2 Contrôle sur les revenus et importance relative des gains . 206 14.3 Possession de biens . 209 14.4 Participation dans la prise de certaines décisions . 212 14.5 Opinion sur la violence conjugale . 216 14.6 Indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 218 14.6.1 Pouvoir d’action des femmes et utilisation de la contraception . 219 14.6.2 Pouvoir d’action des femmes, nombre idéal d’enfants et besoins non satisfaits en matière de planification familiale . 220 14.6.3 Pouvoir d’action des femmes et soins de santé maternelle . 221 15 SITUATION DES ENFANTS . 223 15.1 Enregistrement des naissances . 223 15.2 Enfants vivant séparés de leurs parents biologiques et enfants orphelins . 225 15.3 Développement du jeune enfant . 227 15.4 Travail des enfants . 228 15.4.1 Participation des enfants aux activités économiques . 228 15.4.2 Participation des enfants aux tâches domestiques . 230 15.4.3 Travail des enfants . 231 16 EXCISION . 235 16.1 Connaissance et pratique de l’excision chez lez femmes enquêtées . 236 16.1.1 Connaissance de l’excision . 236 16.1.2 Pratique de l’excision . 237 16.2 Âge à l’excision des femmes . 239 16.3 Pratique de l’excision chez les filles de moins de 15 ans . 240 16.3.1 Prévalence de l’excision chez les filles . 240 16.3.2 Infibulation parmi les filles excisées de 0-14 ans . 242 16.3.3 Personne qui a procédé à l’excision des mères et des filles . 243 vi • Table des matières 16.4 Croyances et opinions vis-à-vis de l’excision . 244 16.4.1 Croyance concernant l’excision . 244 16.4.2 Opinion sur l’excision . 245 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE . 247 A.1 Objectifs . 247 A.2 Base de sondage . 247 A.3 Procédure de tirage et la répartition de l’échantillon . 248 A.4 Calcul des probabilités de tirage . 250 A.5 Les résultats de l’enquête . 251 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE . 253 ANNEXE C TABLEAUX POUR L’EVALUATION DE LA QUALITE DES DONNÉES . 263 ANNEXE D PERSONNEL DE L’EDS-CONTINUE, 2015 . 269 ANNEXE E QUESTIONNAIRES . 273 Liste des tableaux et des graphiques • vii LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE . 1 Tableau 1.1 Résultats des interviews ménages et individuelles . 8 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES . 11 Tableau 2.1 Eau utilisée par les ménages pour boire . 12 Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages . 13 Tableau 2.3 Caractéristiques du logement. 14 Tableau 2.4 Biens possédés par les ménages . 16 Tableau 2.5 Quintiles de bien-être économique . 17 Tableau 2.6 Lavage des mains . 18 Tableau 2.7 Population des ménages par âge, selon le sexe et le milieu de résidence . 19 Tableau 2.8 Composition des ménages . 20 Tableau 2.9 Niveau d’instruction de la population des ménages: Femme . 22 Tableau 2.10 Niveau d’instruction de la population des ménages: Homme . 23 Tableau 2.11 Taux de fréquentation scolaire . 25 Graphique 2.1 Caractéristiques des logements selon le milieu de résidence . 15 Graphique 2.2 Pyramide des âges de la population des ménages. 19 Graphique 2.3 Proportions d’hommes et de femmes sans instruction selon le milieu de résidence et la région . 23 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS . 27 Tableau 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés . 28 Tableau 3.2.1 Niveau d’instruction : Femmes . 30 Tableau 3.2.2 Niveau d’instruction : Hommes . 31 Tableau 3.3.1 Alphabétisation : Femmes . 32 Tableau 3.3.2 Alphabétisation : Hommes . 33 Tableau 3.4.1 Exposition aux médias: Femmes . 34 Tableau 3.4.2 Exposition aux médias : Hommes . 35 Tableau 3.5.1 Emploi : Femmes . 37 Tableau 3.5.2 Emploi : Hommes . 38 Tableau 3.6.1 Occupation : Femmes . 39 Tableau 3.6.2 Occupation : Hommes . 40 Tableau 3.7 Type d’emploi : Femmes . 41 4 NUPTIALITÉ . 43 Tableau 4.1 État matrimonial actuel . 44 Tableau 4.2.1 Nombre de coépouses . 45 Tableau 4.2.2 Nombre d’épouses . 47 Tableau 4.3 Âge à la première union . 48 Tableau 4.4 Âge médian à la première union selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 49 Tableau 4.5 Âge aux premiers rapports sexuels . 50 Tableau 4.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels certaines caractéristiques sociodémographiques . 51 Tableau 4.7.1 Activité sexuelle récente des femmes . 53 Tableau 4.7.2 Activité sexuelle récente des hommes . 54 viii • Liste des tableaux et des graphiques Graphique 4.1 Proportions de célibataires par âge . 44 Graphique 4.2 Proportions de femmes en union polygame selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 46 Graphique 4.3 Proportions d’hommes en union polygame selon le milieu et la région de résidence . 47 Graphique 4.4 Âges médians des femmes à la première union et aux premiers rapports sexuels . 51 Graphique 4.5 Âges médians des femmes et des hommes aux premiers rapports sexuels . 52 5 FÉCONDITÉ . 55 Tableau 5.1 Fécondité actuelle . 56 Tableau 5.2 Fécondité selon certaines caractéristiques . 57 Tableau 5.3.1 Fécondité par âge selon différentes sources . 59 Tableau 5.3.2 Tendance de la fécondité par âge . 60 Tableau 5.4 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes . 61 Tableau 5.5 Intervalle intergénésique . 62 Tableau 5.6 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum . 63 Tableau 5.7 Durée médiane de l’aménorrhée, de l’abstinence post-partum et de l’insusceptibilité post-partum . 64 Tableau 5.8 Ménopause . 65 Tableau 5.9 Âge à la première naissance . 65 Tableau 5.10 Âge médian à la première naissance . 66 Graphique 5.1 Fécondité par âge . 57 Graphique 5.2 Fécondité par âge selon le milieu de résidence . 58 Graphique 5.3 Tendances de l’indice synthétique de fécondité . 59 Graphique 5.4 Taux de fécondité par âge par période de 5 ans ayant précédé l’enquête . 60 Graphique 5.5 Adolescentes de 15-19 ans ayant déjà commencé leur vie féconde . 68 6 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ . 69 Tableau 6.1 Préférences en matière de fécondité par nombre d’enfants vivants . 70 Tableau 6.2 Désir de limiter les naissances : Femmes . 71 Tableau 6.3 Nombre idéal d’enfants . 72 Tableau 6.4 Nombre idéal d’enfants par caractéristique sociodémographique . 74 Tableau 6.5 Planification de la fécondité . 75 Tableau 6.6 Taux de fécondité désirée . 76 Graphique 6.1 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants . 70 Graphique 6.2 Nombre Idéal moyen d’enfants pour les femmes . 74 Graphique 6.3 Indice synthétique de fécondité et indice synthétique de fécondité désirée . 76 7 PLANIFICATION FAMILIALE . 79 Tableau 7.1 Connaissance des méthodes contraceptives . 80 Tableau 7.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques sociodémographiques . 81 Tableau 7.3 Utilisation actuelle de la contraception selon âge . 83 Tableau 7.4 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques sociodémographiques . 85 Tableau 7.5 Source d’approvisionnement des méthodes modernes . 87 Tableau 7.6 Choix informé de la méthode . 88 Tableau 7.7 Taux de discontinuation des méthodes contraceptives sur 12 mois . 89 Tableau 7.8 Raisons de discontinuation . 90 Liste des tableaux et des graphiques • ix Tableau 7.9 Connaissance de la période féconde . 91 Tableau 7.10.1 Besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union . 92 Tableau 7.10.2 Besoins en matière de planification familiale de l’ensemble des femmes . 93 Tableau 7.11 Utilisation future de la contraception . 93 Tableau 7.12 Exposition aux messages sur la planification familiale . 95 Tableau 7.13 Contact des non utilisatrices de la contraception avec des prestataires de planification familiale . 96 Graphique 7.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union selon la méthode . 84 Graphique 7.2 Tendance de l’utilisation des méthodes modernes parmi les femmes en union dans les différentes enquêtes, selon le milieu de résidence urbain-rural, 2005-2015 . 86 8 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS . 97 Tableau 8.1 Quotients de mortalité des enfants de moins de cinq ans . 99 Tableau 8.2 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio- économiques . 101 Tableau 8.3 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques Tableau 8.4 Mortalité périnatale . 104 Tableau 8.5 Comportement procréateur à hauts risques . 105 Graphique 8.1 Tendance de la mortalité néonatale, postnéonatale, infantile et infanto juvénile, 1986-2015 . 100 9 SANTÉ DE LA MÈRE. 107 Tableau 9.1 Soins prénatals . 108 Tableau 9.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse . 111 Tableau 9.3 Composants des visites prénatales . 112 Tableau 9.4 Vaccination antitétanique . 113 Tableau 9.5 Lieu de l’accouchement . 114 Tableau 9.6 Assistance durant l’accouchement . 117 Tableau 9.7 Soins postnatals . 118 Tableau 9.8 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals . 120 Tableau 9.9 Moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés au nouveau-né . 121 Tableau 9.10 Type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né . 122 Graphique 9.1 Soins prénatals par du personnel qualifié selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 109 Graphique 9.2 Tendances dans la couverture de soins prénatals, assistance à l’accouchement et lieu d’accouchement . 110 Graphique 9.3 Nombre de mois de grossesse à la première consultation prénatale par milieu de résidence . 111 Graphique 9.4 Accouchement dans un établissement de santé selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 115 Graphique 9.5 Premiers examens postnatals selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 119 10 SANTÉ DE L’ENFANT . 123 Tableau 10.1 Poids et taille de l’enfant à la naissance . 124 Tableau 10.2 Vaccinations par sources d’information . 125 Tableau 10.3 Vaccinations selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 127 x • Liste des tableaux et des graphiques Tableau 10.4 Vaccinations au cours de la première année . 128 Tableau 10.5 Prévalence et traitement des symptômes d’Infection Respiratoire Aiguë (IRA) . 129 Tableau 10.6 Prévalence et traitement de la fièvre . 131 Tableau 10.7 Prévalence de la diarrhée . 132 Tableau 10.8 Connaissance des sachets de SRO ou des liquides préconditionnés, . 133 Tableau 10.9 Traitement de la diarrhée . 134 Tableau 10.10 Pratiques alimentaires durant la diarrhée . 136 Tableau 10.11 Évacuation des selles des enfants . 137 Graphique 10.1 Tendances de la couverture de la vaccination des enfants selon différentes enquêtes, 1993-2015. . 125 Graphique 10.2 Pourcentage des enfants de 12-23 mois (en %) ayant reçu tous les vaccins y compris la Fièvre Jaune, selon le milieu de résidence, éducation et quintiles de bien-être économique . 127 Graphique 10.3 Prévalence des IRA, de la fièvre et de la diarrhée parmi les enfants de moins de 5 ans, selon l’âge de l’enfant . 130 11 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL . 139 Tableau 11.1 Allaitement initial . 141 Tableau 11.2 Type d’allaitement selon l’âge de l’enfant . 143 Tableau 11.3 Durée médiane de l’allaitement . 144 Tableau 11.4 Aliments et liquides reçus par les enfants le jour ou la nuit ayant précédé l’interview . 145 Tableau 11.5 Pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant . 146 Tableau 11.6 Présence de sel iodé dans le ménage . 148 Tableau 11.7 Consommation de micronutriments par les enfants . 149 Tableau 11.8 Prévalence de l’anémie chez les enfants . 151 Tableau 11.9 Échelle pour l’interprétation des valeurs de prévalence de la malnutrition (-2 Z-score) dans une population . 153 Tableau 11.10 État nutritionnel des enfants . 154 Graphique 11.1 Pratiques d’allaitement des enfants de moins de 2 ans . 142 12 PALUDISME . 157 Tableau 12.1 Possession de moustiquaires par les ménages . 159 Tableau 12.2 Pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel (PID) contre les moustiques . 161 Tableau 12.3 Accès à une moustiquaire préimprégnée d’insecticide (MII) . 162 Tableau 12 4 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages . 164 Tableau 12.5 Utilisation de MII existantes. 165 Tableau 12.6 Utilisation des moustiquaires par les enfants . 167 Tableau 12.7 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes . 168 Tableau 12.8 Utilisation du traitement préventif intermittent (TPIg) . 170 Tableau 12.9 Prévalence, diagnostic et traitement précoce de la fièvre chez les enfants . 172 Tableau 12.10 Sources des conseils ou de traitement chez l’enfant ayant eu de la fièvre . 173 Tableau 12.11 Hémoglobine < 8,0 g/dl . 174 Tableau 12.12 Couverture du test de paludisme chez les enfants (non pondéré) . 176 Tableau 12.13 Résultat du test de diagnostic rapide (TDR) et de la goutte épaisse (GE) du paludisme chez les enfants . 177 Graphique 12.1 Pourcentage de la population des ménages ayant accès à une MII . 163 Graphique 12.2 Possession et utilisation des MII . 169 Liste des tableaux et des graphiques • xi 13 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DU VIH/SIDA . 179 Tableau 13.1 Connaissance du sida . 180 Tableau 13.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH . 181 Tableau 13.3.1 Connaissance approfondie du sida : Femmes . 183 Tableau 13.3.2 Connaissance approfondie du sida : Hommes . 184 Tableau 13.4 Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant . 186 Tableau 13.5.1 Attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida : Femmes . 188 Tableau 13.5.2 Attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida: Hommes . 189 Tableau 13.6 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint. 190 Tableau 13.7 Adultes favorables à l’enseignement de l’utilisation du condom en tant que moyen de prévention du sida . 191 Tableau 13.8.1 Couverture du test du VIH antérieur à l’enquête : Femme . 192 Tableau 13.8.2 Couverture du test du VIH antérieur à l’enquête : Homme . 193 Tableau 13.9 Femmes enceintes conseillées et ayant effectué un test du VIH . 195 Tableau 13.10 Prévalence déclarée des infections sexuellement transmissibles (IST) et symptômes déclarés d’IST. 196 Tableau 13.11 Connaissance « approfondie » du VIH/sida et connaissance d’un endroit où se procurer des condoms parmi les jeunes . 197 Tableau 13.12 Âge aux premiers rapports sexuels parmi les jeunes . 198 Tableau 13.13 Rapports sexuels prénuptiaux et utilisation du condom au cours des rapports sexuels prénuptiaux parmi les jeunes . 200 Tableau 13.14.1 Partenaires sexuels multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Femme . 201 Tableau 13.14.2 Partenaires sexuelles multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Homme . 201 Tableau 13.15 Disparité d’âges entre partenaires sexuels parmi les femmes et les hommes de 15-19 ans . 202 Tableau 13.16 Test du VIH récent parmi les jeunes . 203 14 STATUT DE LA FEMME . 205 Tableau 14.1 Emploi et type de rémunération des femmes et des hommes actuellement en union . 206 Tableau 14.2.1 Contrôle de l’utilisation de l’argent gagné par les femmes et importance de l’argent gagné par les femmes par rapport à celui gagné par le conjoint . 207 Tableau 14.2.2 Contrôle de l’utilisation de l’argent gagné par les hommes . 208 Tableau 14.3 Contrôle par les femmes de l’utilisation de leurs propres gains et contrôle de l’utilisation des gains du conjoint . 209 Tableau 14.4.1 Possession de biens par la femme . 210 Tableau 14.4.2 Possession de biens par les hommes . 212 Tableau 14.5 Participation dans la prise de décision . 213 Tableau 14.6.1 Participation des femmes dans la prise de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 214 Tableau 14.6.2 Participation des hommes dans la prise de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 215 Tableau 14.7.1 Opinion des femmes concernant le fait qu’un mari batte sa femme . 216 Tableau 14.7.2 Opinion des hommes concernant le fait qu’un mari batte sa femme . 218 Tableau 14.8 Indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 219 Tableau 14.9 Utilisation actuelle de la contraception selon certains indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 220 xii • Liste des tableaux et des graphiques Tableau 14.10 Nombre idéal d’enfant et besoins non satisfaits en matière de planification familiale selon certains indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 221 Tableau 14.11 Soins de santé maternelle selon les indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 221 Graphique 14.1 Possession de maison et de terres par les hommes et par les femmes de 15-49 ans . 211 Graphique 14.2 Participation dans la prise de décision par les femmes . 213 15 SITUATION DES ENFANTS . 223 Tableau 15.1 Enregistrement des naissances d’enfants de moins de 5 ans . 225 Tableau 15.2 Enfants orphelins et résidence avec les parents . 226 Tableau 15.3 Programme d’apprentissage ou d’éveil . 227 Tableau 15.4 Participation des enfants à des activités économiques. 229 Tableau 15.5 Participation des enfants à des tâches domestiques . 230 Tableau 15.6 Travail des enfants . 232 16 EXCISION . 235 Tableau 16.1 Connaissance de l’excision . 237 Tableau 16.2 Pratique de l’excision . 238 Tableau 16.3 Âge à l’excision . 240 Tableau 16.4 Prévalence de l’excision et âge à l’excision : Filles 0-14 ans . 241 Tableau 16.5 Excision des filles de 0-14 ans selon les caractéristiques sociodémographiques de la mère . 242 Tableau 16.6 Infibulation parmi les filles excises âgées de 0-14 ans . 243 Tableau 16.7 Personne qui a procédé à l’excision et type d’excision parmi les filles excisées de 0-14 ans et les femmes de 15-49 ans . 244 Tableau 16.8 Opinions des femmes et des hommes sur l’excision, en tant que nécessité religieuse . 245 Tableau 16.9 Opinions des femmes et des hommes sur le maintien ou non de cette pratique . 246 Graphique 16.1 Pourcentage de femmes excisées selon l’ethnie et la région . 239 Graphique 16.2 Pourcentage de femmes de 15-49 ans et de filles de 0-14 ans excisées selon l’âge . 241 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE . 247 Tableau A.1 Répartition de nombres de DR et la taille moyenne de DR en ménage par région et selon le milieu de résidence (RGPH-2013) . 248 Tableau A.2 Répartition de ménage et de population par région et selon le milieu de résidence (RGPH-2013) . 248 Tableau A.3 Répartition de l’échantillon grappes et de l’échantillon ménages par région et par type de résidence, EDS-Continue 2015 . 249 Tableau A.4 Répartition de nombres attendus de femmes et hommes enquêtés avec succès par région et par type de résidence, EDS-Continue 2015 . 249 Tableau A.5 Résultats de l’enquête . 251 Tableau A.6 Résultats de l’enquête . 252 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE . 253 Tableau B.1 Variables utilisées pour le calcul des erreurs de sondage, EDS-Continue 2015 . 255 Tableau B.2 Erreurs de sondage : Echantillon Total, Sénégal EDS-Continue 2015 . 256 Tableau B.3 Erreurs de sondage: Echantillon Urbain, Sénégal EDS-Continue 2015 . 257 Tableau B.4 Erreurs de sondage: Echantillon Rural, Sénégal EDS-Continue 2015 . 258 Liste des tableaux et des graphiques • xiii Tableau B.5 Erreurs de sondage: Echantillon Région Nord, Sénégal EDS-Continue 2015 . 259 Tableau B.6 Erreurs de sondage: Echantillon Région Ouest, Sénégal EDS-Continue 2015 . 260 Tableau B.7 Erreurs de sondage: Echantillon Region Centre, Sénégal EDS-Continue 2015 . 261 Tableau B.8 Erreurs de sondage: Echantillon Région Sud, Sénégal EDS-Continue 2015 . 262 ANNEXE C TABLEAUX POUR L’EVALUATION DE LA QUALITE DES DONNÉES . 263 Tableau C.1 Répartition par âge de la population des ménages . 263 Tableau C.2.1 Répartition par âge des femmes éligibles et enquêtées . 264 Tableau C.2.2 Répartition par âge des hommes éligibles et enquêtés . 264 Tableau C.3 Complétude de l’enregistrement . 265 Tableau C.4 Naissances par année de naissance . 265 Tableau C.5 Enregistrement de l’âge au décès en jours . 266 Tableau C.6 Enregistrement de l’âge au décès en mois . 266 Tableau C.7 État nutritionel des enfants . 267 Avant-propos • xv AVANT-PROPOS ’Enquête Démographique et de Santé du Sénégal Continue 2015 (EDS-Continue 2015), fait suite aux EDS de 1986, 1992, 1997, 2005, à l’EDS-MICS 2010-2011 et à l’EDS-Continue de 2012-2013 et 2014. Au sortir de l’édition 2011, le Sénégal s’est engagé dans la mise en œuvre d’un programme d’enquêtes dans lequel des phases de collecte de données sont répétées à des intervalles réguliers et annuels. C’est ainsi, que la première phase a été réalisée en 2012-2013 et la deuxième phase en 2014. L’EDS- Continue comporte un volet traitant de la production d’indicateurs sociodémographiques (Volet ménages) et un autre (ECPSS 2015) visant à apprécier la disponibilité des ressources matérielles et humaines ainsi que la qualité des soins offerts par les services de santé aux populations (Volet Établissements de santé). Je me réjouis de la qualité de la collaboration avec le Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan qui a associé le Ministère de la Santé et l’Action Sociale dans cette importante démarche. L’EDS-Continue 2015 a été réalisée par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) avec le concours technique d’ICF. Le laboratoire de parasitologie de l’Université Cheikh Anta DIOP (UCAD) a apporté son appui dans la mise en œuvre du volet relatif à la parasitémie palustre et la supervision du composant des biomarqueurs. Je leur adresse mes vifs remerciements. Cette deuxième phase de l’EDS-Continue a pris en charge quelques thèmes développés dans les précédentes EDS, en particulier la fécondité, la planification familiale, les soins pré et postnatals, les maladies des enfants, leur prévention et leur prise en charge, la mortalité au cours de l’enfance. Elle renseigne également les questions relatives à la malnutrition des enfants à partir des mesures anthropométriques. Les indicateurs ayant trait à la prévention du paludisme et à l’alimentation des enfants sont aussi appréhendés. En mettant en place ce dispositif, l’ANSD entend mettre à la disposition des utilisateurs et producteurs de statistiques et des décideurs politiques une grande variété de données actualisées ou tout simplement inédites nécessaires à une bonne planification économique et sociale. À travers cette enquête, l’ANSD poursuit ses efforts à l’endroit de la communauté scientifique pour leur faciliter l’accès aux données. Comme toutes les enquêtes EDS, les bases de données de l’EDS-Continue sont téléchargeables en ligne en vue de promouvoir les études approfondies. Il importe de signaler aussi que toute la documentation de l’enquête sera accessible en ligne ou directement auprès de l’ANSD et à ICF. Je suis convaincu que tous les utilisateurs sauront tirer profit de cette mine d’informations qu’est l’EDS- Continue pour une meilleure planification de leurs activités. La mise en œuvre de cette enquête a mobilisé des ressources financières importantes. L’Agence Américaine pour le développent International (USAID), le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), le Micronutient Initiative (MI) et l’État en ont assuré le financement. Les partenaires techniques et financiers ont aussi contribué techniquement à la mise en œuvre de cette opération dans le cadre des comités technique et de pilotage du projet. Je leur adresse mes sincères remerciements. Mes remerciements vont donc à tous les partenaires institutionnels et à toutes les personnes qui ont contribué à la réussite de cette importante investigation. J’exprime ma profonde gratitude aux populations et aux services de l’État pour leur appui et leur disponibilité tout au long du travail de collecte des données. L Remerciements • xvii REMERCIEMENTS our assurer un meilleur suivi des indicateurs les plus importantes pour les programmes nationaux de santé et des indicateurs des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), le Sénégal vient de réaliser en 2015, la troisième phase d’une Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS- Continue) conformément au programme d’actions du Schéma Directeur de la Statistique. Le programme de l’EDS-Continue couvre la période 2012-2017 et offre la possibilité de créer un flux continu de données sur la population qui aidera à répondre à la demande de suivi plus régulier des indicateurs de couverture et d’impact résultant des initiatives mondiales en cours, visant à renforcer les programmes de santé. Cette enquête qui entre dans le cadre du programme d’activités du Schéma Directeur de la Statistique permet de répondre aux besoins permanents en données pour planifier, suivre et évaluer les programmes de santé et de population. Elle permet également de renforcer les capacités au sein des institutions du pays d’accueil pour collecter, traiter, analyser et diffuser les données et les résultats. Cette opération régulière qui regroupe une enquête ménage et une enquête auprès des établissements de santé est une nouvelle illustration de la politique de rationalisation des ressources aussi bien financières que techniques, par l’harmonisation et la mutualisation des moyens. Elle a nécessité la mobilisation d’importantes ressources financières, de la disponibilité et de la compétence de plusieurs personnes ressources. Je voudrais donc, à l’occasion de la publication du présent rapport, adresser mes sincères remerciements au Gouvernement du Sénégal, à ses partenaires au développement, notamment l’USAID, l’UNICEF, l’UNFPA, à ICF et à Micronutrient Initiative qui ont appuyé l’ANSD tout le long de cette opération. À travers cette enquête, l’ANSD réaffirme son ancrage dans les nouvelles technologies en ayant encore recours aux ordinateurs portables pour la collecte et la saisie directe des données sur le terrain. L’ANSD s’inscrit donc résolument dans la collecte de données d’enquêtes sans questionnaires papiers. Une telle option à succès consolide son leadership et confirme la nécessité de faire confiance à l’expertise nationale. J’exprime donc mes félicitations aux experts de l’ANSD et mes sincères remerciements à ICF. Je voudrais aussi remercier les personnels techniques et administratifs du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale, au niveau central comme au niveau périphérique pour leur précieuse collaboration ; les membres des Comité de pilotage et technique pour leur compétence et leur disponibilité ainsi que les personnels du laboratoire de parasitologie de l’Université Cheikh Anta Diop pour leur efficacité dans l’exploitation des analyses biologiques. Je voudrais également témoigner ma profonde gratitude et ma reconnaissance à l’égard des populations des localités enquêtées ainsi qu’aux autorités administratives, locales, coutumières et religieuses pour l’accueil chaleureux qu’elles ont réservé aux personnels de terrain. Enfin, j’adresse toutes mes félicitations aux personnels de terrain, chauffeurs, enquêteurs, techniciens de santé, chefs d’équipe et superviseurs et les informaticiens de l’enquête pour leur professionnalisme, leur dévouement et leur endurance qui ont été déterminants pour la réussite de l’enquête. Je salue le concours des collègues de l’ensemble des services techniques, administratifs, logistiques et financiers de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie qui se sont tous mobilisés pour assurer un succès éclatant à cette enquête cruciale. P Sigles et abréviations • xix SIGLES ET ABRÉVIATIONS ANSD Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie CNERS Comité National d’Éthique pour la Recherche en Santé CRDH Centre de Recherche pour le Développement Humain CTA Combinaisons Thérapeutiques à base d’Artémisinine DHS Demographic and Health Surveys DPES Document de Politique Économique et Social DR District de Recensement DTC Diphtérie, Tétanos et Coqueluche GHI Global Health Initiative ICP Infirmiers/ères Chefs de Poste IRA Infections Respiratoires Aiguës ISF Indice Synthétique de Fécondité MII Moustiquaires Imprégnées d’Insecticide MILDA Moustiquaires Imprégnées à Longue Durée d’Action OIT Organisation Internationale du Travail OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement OMS Organisation Mondiale de la Santé PEV Programme Élargi de Vaccinations PFTE Pires Formes de Travail des Enfants PID Pulvérisation Intradomiciliaire PNDS Plan National de Développement Sanitaire PNLP Programme National de Lutte contre le Paludisme PPTE Pays Pauvre Très Endetté RGP Recensement Général de la Population RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat SP Sulfadoxine-Pyriméthamine SRO Sels de Réhydratation par voie Orale TBF Taux Brut de Fréquentation scolaire TBN Taux Brut de Natalité TDR Test de Diagnostic Rapide TGFG Taux Global de Fécondité Générale TNF Taux Net de Fréquentation scolaire TPIg Traitement Préventif Intermittent TRO Traitement de Réhydratation par voie Orale UCAD Université Cheikh Anta Diop xx • Carte du Sénégal CARTE DU SÉNÉGAL MAURITANIE MALI GUINÉEGUINÉE-BISSAU GAMBIE Sud Nord Centre Ouest Louga Matam Tambacounda Kolda Saint-Louis Kédougou Fatick Kaffrine Thiès SédhiouZiguinchor Kaolack Diourbel Dakar 0 100 20050 Kilomètres ¯ Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1 Fatou Bintou Niang CAMARA e premier chapitre présente le pays ainsi que le contexte de la troisième Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue 2015). Ses objectifs et sa méthodologie y sont également exposés. 1.1 PRÉSENTATION DU PAYS 1.1.1 Géographie Pays Soudano-Sahélien situé à l’extrême ouest du continent africain, le Sénégal est limité, au nord, par la République de Mauritanie, à l’est, par le Mali, au sud, par la Guinée Bissau et la Guinée et, à l’ouest, par l’Océan Atlantique. Il est traversé par la Gambie qui est une enclave de terre située entre les régions de Kaolack et de Ziguinchor, sur le cours inférieur du fleuve du même nom. D’une superficie de 196 722 kilomètres carrés, le Sénégal possède une grande ouverture sur l’Océan Atlantique avec ses 700 kilomètres de côtes. C’est un pays plat, l’altitude dépassant rarement 100 mètres et le point culminant, le mont Assiriki, situé au sud-est du pays, a une hauteur de 381 mètres. Au plan hydrographique, le pays est traversé d’est en ouest par quatre fleuves, le Sénégal, la Gambie, la Casamance et le Saloum et leurs affluents. Ce réseau est complété par quelques cours d’eau temporaires et une contribution significative du lac de Guiers au nord du pays. Au niveau administratif, la nouvelle organisation administrative, territoriale et locale du Sénégal est fixée par le décret du 10 septembre 2008. Le territoire passe ainsi de 11 à 14 régions administratives avec comme dernières créations Kaffrine, Kédougou et Sédhiou issues respectivement des anciennes régions de Kaolack, Tambacounda et Kolda. Les régions sont subdivisées en départements (au nombre de 45). On dénombre 554 collectivités locales composées de 46 communes d’arrondissement, 125 communes (assimilées au milieu urbain) et 383 communautés rurales. 1.1.2 Économie Le Sénégal s’est engagé dans un nouveau modèle de développement à travers une stratégie qui vise l’émergence dans la solidarité à l’horizon 2035. Cette stratégie constitue le référentiel de la politique économique et sociale. Elle met l’accent sur la création de richesses et d’emplois, le renforcement de la gouvernance, le développement des secteurs stratégiques ayant des impacts significatifs sur l’amélioration du bien-être des populations, particulièrement par la protection des groupes vulnérables et la garantie de l’accès aux services essentiels. Les indicateurs sur la période 2005-2011 révèlent une stagnation relative de la pauvreté, expliquée en partie par un taux de croissance du PIB par tête d’environ de 0,5 % en moyenne par an. Même si l’incidence de la pauvreté a légèrement baissé, elle a été accompagnée par une augmentation absolue du nombre de pauvres sur la période. La pauvreté est plus élevée en zone rurale que dans les centres urbains. Ces résultats mettent en évidence la fragilité de l’économie sénégalaise et sa capacité, dans le long terme, à améliorer de manière durable les conditions de vie des populations. En outre, selon la Direction de la prévision et des études économiques (Dpee), de 3 738 milliards en 2014, la dette publique projetée est évaluée à 4 109 milliards en 2015. L’encours de la dette publique totale connaîtra par conséquent un accroissement de 9,9 % comparativement à 2014. Cette dette reste cependant en adéquation avec les normes communautaires puisqu’elle est projetée à 49,9 % du Pib en 2015. Ainsi, la perspective d’atteindre tous les OMD à l’horizon 2015 s’éloigne de plus en plus, notamment en matière de réduction de la pauvreté et pour les secteurs de la santé (mortalité maternelle et infantile), de l’éducation (achèvement du cycle élémentaire) et de l’assainissement. C 2 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête 1.1.3 Population Le Sénégal dispose d’une masse importante de données sociodémographiques et économiques grâce à de nombreuses enquêtes réalisées au cours des trente dernières années. En effet, en dehors de quatre recensements généraux (RGP de 1976, RGPH de 1988, RGPH de 2002 et RGPHAE de 2013), plusieurs enquêtes d’envergure nationale ont été menées, parmi lesquelles on peut citer l’Enquête Sénégalaise sur la Fécondité de 1978, l’Enquête sur les Migrations et l’Urbanisation au Sénégal en 1993, l’Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (1994/1995 et 2001/2002), sept Enquêtes Démographiques et de Santé (1986, 1992-1993, 1997, 2005, 2010-2011, 2012-2013 et 2014), l’Enquête Nationale sur le Travail des Enfants au Sénégal en 2005 et l’Enquête de Suivi de la Pauvreté au Sénégal en 2006 et en 2011. Ces différentes investigations ont permis d’obtenir des indicateurs démographiques de base à différentes dates qui contribuent au suivi et à l’évaluation des projets et programmes de développement. La population du Sénégal recensée en 2013 est de 13 508 715 habitants1 dont 6 735 421 hommes et 6 773 294 femmes. Cette population s’établissait en 2002 à 9 858 482 habitants, soit un taux d’accroissement annuel moyen intercensitaire de 2,7 % entre 2002-2013. Avec 4 958 085 en 1976 et 6 881 919 en 1988, les taux d’accroissement intercensitaires étaient de 2,7 % pour 1976-1988et 2,6 % pour 1988-2002. La densité moyenne est de 65 habitants au km2. Cependant, cette population est inégalement répartie entre les 14 régions administratives du pays. Les effectifs de population les plus élevés se retrouvent dans les régions de Dakar, Thiès et Diourbel avec, respectivement, 3 139 325 habitants (23,2 % de la population totale), 1 789 923 habitants (13,3 %) et 1 499 867 habitants (11,1 %) alors que les régions septentrionales et orientales du pays se caractérisent toujours par la faiblesse de leur population. La région de Kédougou enregistre le plus faible effectif de population avec 151 715 habitants (1,1 %). La région de Tambacounda, qui représente la région la plus vaste du pays (21,5 % de la superficie du pays), ne compte que 5,0 % de la population du Sénégal. La population croît rapidement : le fort taux de croissance démographique de 2,7 % observé entre 2002 et 2013 résulte essentiellement d’une fécondité encore élevée (ISF de 5,0 en 2012-2013) et d’une mortalité infantile en baisse (61 ‰ en 2005, 47 ‰ en 2010-2011 et 43 ‰ 2012-2013). De cette forte croissance, résulte une extrême jeunesse de la population : l’âge moyen de la population est de 22,7 ans et la moitié de la population à moins de 18 ans (âge médian). Au niveau national, Les résultats du RGPHAE révèlent que près d’un Sénégalais sur deux âgé d’au moins dix ans (46 %) sait lire et écrire dans une langue quelconque (54 % chez les hommes contre 38 % chez les femmes). Le taux d’alphabétisation est plus élevé en milieu urbain où on enregistre 58 % contre 34 % en milieu rural. Selon la région de résidence, c’est Ziguinchor (72 %) et Dakar (69 %) qui affichent les taux les plus élevés. La population du Sénégal est essentiellement musulmane (96,1 %). On y trouve aussi des chrétiens (3,8 %) ; les animistes et autres religions constituent les 0,1 % restant. 1.1.4 Politique en matière de santé et situation sanitaire La politique dans le secteur de la santé demeure dans la dynamique de l’atteinte des Objectifs du Développement Durable(ODD) et de la réalisation des objectifs prioritaires du deuxième Plan National de Développement Sanitaire (PNDS-II, 2009-2018) avec notamment pour objectif la réduction de la mortalité maternelle et de la mortalité infanto juvénile, la maîtrise de la fécondité et un plus grand accès aux services de base pour les plus démunis. 1 Il s’agit ici de toute la population résidente (population de droit) au Sénégal y compris la population comptée à part (population des ménages ordinaires, collectifs et population flottante). Les données de population des précédents recensements n’incluant pas ce type de population, les taux d’accroissement annuel moyen sont calculés au regard de la seule population résidente, hors celle comptée à part. Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 3 La part du budget de l’État allouée au secteur de la santé a été en hausse régulière ces dernières années. La priorité accordée au secteur de la santé s’est traduite par une augmentation constante du budget du ministère de la Santé qui est passé de 36 milliards de Francs CFA en 1998, à 90,5 en 2008, 105,9 en 2011 et à 110,5 milliards en 2012. Ce budget représente aujourd’hui 10,4 % du budget de fonctionnement de l’État. À l’heure actuelle, le Sénégal compte un total de 3 084 structures de santé (dont 86 hôpitaux, 242 centres de santé y compris les centres médicaux de garnison (CMG), 1 250 postes de santé y compris les infirmeries des maisons d’arrêt et de correction (MAC) et 1 506 cases de santé2. Cependant, en termes de couverture en infrastructures sanitaires, le Sénégal n’a pas encore atteint les normes3 préconisées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ces deux dernières décennies ont été marquées par une amélioration de la situation sanitaire comme en atteste la tendance de la plupart des indicateurs suivis par les programmes de santé. Les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile bien qu’encore élevés, ont connu une baisse significative. En effet, le taux de mortalité infanto-juvénile est passé de 121 ‰ en 2005, 72 ‰ en 2010-2011, 65 ‰ en 2012-2013 et 54 ‰ en 2014 et celui de la mortalité infantile est passée de 61 ‰ en 2005, à 47 ‰ en 2010-2011, à 43 ‰ en 2012-2013 et à 33 ‰ en 2014. Enfin, le rapport de mortalité maternelle s’établit à 392 pour 100 000 naissances vivantes en 2010-2011. Le PNDS accorde une place importante à la surveillance épidémiologique, à la santé de la reproduction, aux MST/Sida et au contrôle des maladies endémiques, notamment le paludisme. Cette dernière endémie qui est une des premières causes de morbidité, est en train de perdre du terrain, résultat à mettre notamment à l’actif du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP). Le niveau de prévalence du VIH relativement faible au sein de la population générale âgée de 15 à 49 ans (0,7 % en 2010-2011) reste stable. En 2014, plus de neuf mères sur dix (96 %) ont consulté du personnel médical formé pendant la grossesse. En 2014, pour les naissances ayant eu lieu au cours des 5 dernières années, 59 % des mères ont bénéficié, pendant l’accouchement, de l’assistance de personnel médical formé. La couverture vaccinale chez les enfants de moins de cinq ans a enregistré une amélioration (74 % en 2014). 1.2 CADRE INSTITUTIONNEL, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1.2.1 Cadre institutionnel Le Gouvernement du Sénégal vient de réaliser en 2015 la troisième phase d’une Enquête Continue, conformément au programme d’actions du Schéma Directeur de la Statistique. Elle couvre la période 2012-2017 et offre la possibilité de créer un flux continu de données sur la population qui aidera à répondre à la demande de suivi plus régulier des indicateurs de couverture et d’impact résultant des initiatives mondiales en cours, visant à renforcer les programmes de santé. L’Enquête-Continue a été réalisée par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) avec l’assistance technique d’ICF, organisme américain chargé de la mise en œuvre du programme international des EDS (Demographic and Health Surveys-DHS). Le laboratoire de parasitologie de la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) a apporté son appui dans la mise en œuvre du volet portant sur le 2 Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) [Sénégal] et ICF International. 2012. Enquête Continue sur la Prestation des Services de Soins de Santé (ECPSS) du Sénégal 2014. Rockville, Maryland, USA : ANSD et ICF International. 3 Normes OMS : 1 poste de santé pour 10 000 habitants ; 1 centre de santé pour 50 000 habitants et 1 hôpital pour 150 000 habitants. 4 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête test du paludisme (formation des agents, prélèvements et analyses des échantillons de sang, analyse des données). Pour la mise en œuvre de l’enquête, un comité de pilotage a été mis en place comprenant, en plus de l’équipe technique de l’EDS-Continue, le ministère de la Santé et les partenaires au développement. Pour la réalisation de l’EDS-Continue, le Gouvernement du Sénégal a bénéficié de l’appui financier de l’USAID, de l’UNFPA, de l’UNICEF et de Micronutrient Initiative (MI). 1.2.2 Objectifs L’Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue) a comme objectifs fondamentaux : (1) répondre aux besoins permanents en données pour planifier, suivre et évaluer les programmes de santé et de population, et (2) renforcer les capacités au sein des institutions du pays pour collecter, traiter, analyser, diffuser et utiliser ces données. En outre, l’EDS-Continue comporte d’autres avantages potentiels. La rétention plus longue du bureau central et du personnel de terrain inhérente à l’EDS-Continue conduit à une « institutionnalisation de fait » du processus EDS, ce qui apporte des avantages que ne peut apporter une EDS quinquennale. On s’attend à ce que le renforcement des capacités du personnel et l’institutionnalisation du processus EDS se traduisent par une amélioration de la qualité des données et une réduction des besoins en assistance technique. La conception de l’EDS-Continue permet également une plus grande souplesse pour répondre aux besoins en statistiques du pays dans la mesure où chacune des phases de l’EDS-Continue peut être adaptée à des sujets particuliers, ce qui est difficile dans le cadre d’une enquête quinquennale. Ces objectifs sont en accord avec les principes fondamentaux de Global Health Initiative (GHI), récemment lancée par le gouvernement des États-Unis pour soutenir les résultats qui améliorent la santé, en particulier chez les femmes et les jeunes enfants, en renforçant la performance du système de santé dans les pays en développement. La GHI est un programme axé sur le résultat et qui compte, parmi ses principes fondamentaux, l’engagement à la prise de décision basée sur la connaissance et à un suivi et une évaluation améliorés. L’engagement au respect de la propriété nationale fait partie intégrante du GHI. Conformément à ce principe, c’est au Sénégal que revient la tâche de réaliser une EDS-Continue. Il convient de noter que le Sénégal est le premier pays en Afrique et le deuxième pays après le Pérou à entreprendre une enquête continue dans le cadre du programme DHS. 1.2.3 Méthodologie Questionnaires Pour permettre une certaine souplesse dans la conception de chaque phase de l’EDS-Continue, le questionnaire standard du Programme DHS utilisé a été réduit. Des modifications jugées nécessaires ont été apportées aux questionnaires de base pour les adapter aux spécificités socioculturelles du Sénégal et répondre aux besoins des utilisateurs. Aussi, pour assurer la comparabilité des résultats au niveau international, ces changements ont été aussi limités que possible. Ce questionnaire réduit comprend un historique des naissances complet permettant le calcul des taux de fécondité et de mortalité et fournit la plupart des indicateurs recommandés au niveau international. Trois questionnaires ont été utilisés : un questionnaire ménage, un questionnaire individuel pour les femmes de 15-49 ans et, un questionnaire individuel pour les hommes de 15-59 ans. Le contenu spécifique de ces différents questionnaires est le suivant : Le questionnaire ménage : Le questionnaire ménage a été utilisé pour lister tous les membres habituels et les visiteurs des ménages sélectionnés. La page de couverture contient les informations relatives à l’identification du ménage, aux résultats de l’interview qui permettent de calculer le taux de couverture de l’enquête et aux contrôles de terrain et de bureau. Ce questionnaire a permis de collecter des Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 5 informations sur les membres habituels du ménage et les visiteurs qui y ont passé la nuit précédant l’interview. Les informations recueillies portent sur le sexe, l’âge, l’éducation scolaire et préscolaire, la survie des parents, la déclaration des naissances à l’état civil, la prise en charge des jeunes enfants au niveau préscolaire et le travail des enfants. Par ailleurs, d’autres informations portant sur les caractéristiques du logement (approvisionnement en eau, type de toilettes, matériau de construction, disponibilité de l’électricité, possession de biens durables, etc.), la possession, l’utilisation et le traitement des moustiquaires, ainsi que l’utilisation du sel iodé4 dans la préparation des repas, ont été également collectées. Des questions relatives à l’accès à la propriété foncière et à la sécurité résidentielle ont également été posées. Ces informations ont été recueillies afin d’évaluer les conditions environnementales et socioéconomiques dans lesquelles vivent les personnes enquêtées. En outre, des questions sur le tabagisme ont aussi été incluses dans cette enquête. Finalement, un des objectifs essentiels du questionnaire ménage était d’identifier les femmes éligibles pour des interviews individuelles et les enfants éligibles pour l’anthropométrie, les tests d’anémie et de parasitémie palustre. De plus, le questionnaire ménage a permis de recueillir les résultats des tests sur le paludisme et des mesures anthropométriques de tous les enfants de moins de 5 ans des ménages enquêtés de façon à évaluer leur état nutritionnel (émaciation, insuffisance pondérale et retard de croissance pour les enfants). Ce questionnaire a également été utilisé pour enregistrer les résultats des mesures anthropométriques, de l’hémoglobine (anémie) et de la parasitémie palustre. Dans les ménages échantillonnés, les tests d’anémie et de parasitémie palustre ont été effectués sur les enfants de 6-59 mois. Après obtention du consentement éclairé des parents ou des personnes en charge des enfants, un prélèvement sanguin a été effectué auprès des enfants de 6-59 mois. Il a permis d’effectuer, sur le terrain, un test mesurant le niveau d’hémoglobine, et un Test de Diagnostic Rapide (TDR) du paludisme. En outre, du sang a été collecté sur lame pour constituer une goutte épaisse qui a été analysée ultérieurement en laboratoire pour estimer la prévalence du paludisme. Le questionnaire individuel femme : Il constitue l’élément central de l’enquête. Il comprend une page de couverture similaire à celle du questionnaire ménage sur laquelle sont enregistrés les informations d’identification du ménage, le résultat de l’interview qui permet de calculer le taux de couverture de l’enquête et les contrôles de terrain et de bureau, ainsi que dix sections qui servent à recueillir des informations sur les thèmes suivants : • Caractéristiques sociodémographiques : cette section porte sur le lieu de résidence, l’âge et la date de naissance, la scolarisation, l’alphabétisation, la nationalité, la religion et l’ethnie ; • Reproduction : cette deuxième section permet de collecter des informations sur les naissances vivantes que la femme a eues durant sa vie, ainsi que sur leur état de survie au moment de l’enquête, sur l’état de grossesse au moment de l’enquête, et sur la connaissance de la période féconde dans le cycle menstruel ; • Connaissance et utilisation de la contraception : cette section permet de recueillir des informations sur la connaissance et l’utilisation actuelle des différentes méthodes contraceptives, ainsi que sur les sources d’approvisionnement. Elle porte également sur les raisons de la non-utilisation d’une méthode ; • Grossesse et soins postnatals : cette section porte sur les naissances des cinq années ayant précédé l’enquête. Elle permet d’obtenir des informations sur la période de la grossesse, les soins prénatals incluant la vaccination antitétanique, le lieu d’accouchement et la qualification 4 Dans tous les ménages enquêtés, le sel utilisé pour la cuisine est testé pour déterminer sa teneur en iode. Les résultats du test permettront de déterminer la proportion de femmes et d’enfants vivant dans un ménage utilisant du sel suffisamment iodé. 6 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête de la personne ayant assisté la femme, les soins postnatals, le retour des règles et la reprise des rapports sexuels après la naissance de l’enfant ; • Vaccination des enfants, santé et nutrition : les questions portent sur la fréquence et la durée de l’allaitement, sur le type d’allaitement (maternel ou artificiel), ainsi que sur l’utilisation des différents compléments nutritionnels. La deuxième partie porte sur les vaccinations incluses dans le Programme Élargi de Vaccinations (PEV) et la santé des enfants de moins de cinq ans, plus particulièrement sur la prévalence et le traitement de la fièvre, de la toux et de la diarrhée ; • Mariage et activité sexuelle : cette section porte sur l’état matrimonial de la femme, la cohabitation avec le conjoint, le type de mariage (monogamie ou polygamie), l’âge au premier mariage et l’âge aux premiers rapports sexuels ainsi que sur l’activité sexuelle récente ; • Préférences en matière de fécondité : cette section recueille des informations sur le désir d’enfants supplémentaires, l’intervalle souhaité entre les naissances et l’opinion concernant la taille de la famille ; • Caractéristiques du conjoint et travail de la femme : les questions qui ont été posées permettent de connaître les caractéristiques socioprofessionnelles du conjoint des femmes en union et l’activité professionnelle de celles-ci ; • IST et sida : cette section vise à obtenir des informations sur la connaissance et la prévalence des infections sexuellement transmissibles, sur les modes de transmission et les moyens de prévention du sida ; et • Excision : on collecte ici des informations sur la pratique de l’excision chez les femmes interviewées et sur les filles âgées de moins de 15 ans. Le questionnaire individuel homme : Il comprend une page de couverture similaire à celle du questionnaire ménage sur laquelle sont enregistrés les informations d’identification du ménage, le résultat de l’interview qui permet de calculer le taux de couverture de l’enquête et les contrôles de terrain et de bureau, ainsi que huit sections qui servent à recueillir des informations sur les thèmes suivants : • Caractéristiques sociodémographiques ; • Reproduction ; • Connaissance et utilisation de la contraception ; • Mariage et activité sexuelle ; • Préférences en matière de fécondité ; • Emploi et rôle des sexes ; • VIH et autres infections sexuellement transmissibles ; et • Excision Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 7 Manuels et autres documents techniques En plus des questionnaires, d’autres documents techniques ont été élaborés par l’équipe technique. Il s’agit en particulier : • du manuel des enquêtrices ; • du manuel des chefs d’équipe ; • du manuel de cartographie et de dénombrement des ménages ; • du manuel d’utilisation des tablettes PC (système d’interview assisté par ordinateur (CAPI) ; • du manuel pour l’anthropométrie ; • du manuel du test du paludisme ; • des fiches d’affectation des enquêteurs/contrôleuses ; • des fiches de contrôle et de gestion pour les tests (anémie et paludisme) ; et • des fiches de référence pour les tests (anémie et paludisme). L’ANSD a assuré la reproduction en nombre suffisant de ces différents documents. Tests d’hémoglobine et de la parasitémie palustre Dans les ménages sélectionnés, les enfants de 6-59 mois étaient éligibles pour le test d’anémie et de parasitémie. Les protocoles pour les tests de l’anémie et de la parasitémie palustre ont été approuvés par le Comité d’Éthique (Internal Review Board) d’ICF à Rockville, Maryland (USA) et par le Comité National d’Éthique pour la Recherche en Santé (CNERS) du Sénégal. Pour réaliser les prélèvements sanguins auprès des personnes éligibles, chaque équipe de terrain comprenait un enquêteur-technicien de santé spécialement chargé des prélèvements. En plus de la formation d’enquêteurs, ce technicien avait reçu une formation spéciale sur tous les aspects des protocoles du test d’anémie. D’abord, pour chaque enfant éligible, le technicien cherchait à obtenir le consentement éclairé de la personne responsable de l’enfant après lui avoir expliqué les procédures de prélèvement, la confidentialité du test et les conditions de prise en charge en cas de besoin. Test d’hémoglobine : Le test d’hémoglobine est la principale méthode pour diagnostiquer l’anémie ; ce test est effectué en utilisant le système d’HemoCue. Avant de prélever le sang, le doigt était nettoyé avec un tampon imbibé d’alcool et séché à l’air. Ensuite, le bout du doigt (ou du talon des enfants de moins d’un an et très maigre) était piqué avec une lancette rétractable, stérile et non réutilisable. Une goutte de sang était récupérée dans une microcuvette et ensuite introduite dans le photomètre HemoCue qui indiquait le niveau d’hémoglobine. Ces résultats étaient enregistrés dans le questionnaire ménage et communiqués à la personne testée, ou au parent/adulte responsable, en expliquant la signification des résultats. Si la personne présentait une anémie sévère (un niveau d’hémoglobine <7 g/dl), l’enquêteur fournissait une fiche de référence pour rechercher des soins auprès d’un service de santé. Test de parasitémie palustre : Les tests de parasitémie palustre ont été effectués sur les enfants de 6-59 mois. Deux tests du diagnostic du paludisme ont été réalisés : un Test de Diagnostic Rapide (TDR) dont les résultats étaient communiqués aux parents/personne en charge de l’enfant, et une goutte épaisse. 8 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête Les enfants testés positifs au TDR étaient référencés auprès d’un service de santé par les techniciens de laboratoire de l’enquête selon le protocole en vigueur. Par ailleurs, les gouttes épaisses confectionnées sur une lame porte-objet après prélèvement d’un échantillon de sang ont été analysées au laboratoire du Département de Parasitologie de la Faculté de Médecine de l’UCAD de Dakar. Échantillonnage L’EDS Continue 2015 vise trois cibles : les femmes de 15-49 ans, les hommes de 15-59 ans et les enfants de 0-59 mois. Le champ de l’enquête couvre l’ensemble du territoire et porte sur un échantillon national stratifié d’environ 4 706 ménages, tiré à deux degrés. Cet échantillon permet de produire, pour la plupart des indicateurs, des résultats représentatifs au niveau des quatre grandes régions5 : • l’Ouest, constitué des régions de Dakar et de Thiès ; • le Centre, il s’agit des régions de Diourbel, de Fatick, de Kaolack et de Kaffrine ; • le Nord, composé des régions de Matam, de Louga et de Saint Louis ; et • le Sud, constitué des régions de Tambacounda, de Kolda, de Kédougou, de Sédhiou et de Ziguinchor. Pour constituer l’échantillon, 214 Districts de Recensement (84 DR en milieu urbain et 130 en milieu rural) ont été tirés au premier degré de sondage en procédant à un tirage systématique avec probabilité proportionnelle à la taille (nombre de ménages dans le DR). Un dénombrement des ménages dans chacun de ces DR a fourni la liste des ménages à partir de laquelle a été tiré au second degré un échantillon de 22 ménages avec un tirage systématique à probabilité égale. Dans cet échantillon de ménages, on s’attendait à trouver 9 000 femmes de 15-49 ans et 8 700 enfants éligibles pour l’enquête. Toutes les femmes de 15 à 49 ans, résidentes habituelles ou visiteuses, identifiées dans ces ménages ont été individuellement enquêtées. Tous les enfants de 6-59 mois étaient éligibles pour subir le test de dépistage du paludisme et celui d’anémie. Au cours de l’EDS-Continue 2015, au total, 4 706 ménages ont été sélectionnés et parmi eux, 4 571 ménages occupés ont été identifiés au moment de l’enquête. Parmi ces 4 571 ménages, 4 511 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 98,7 % (Tableau 1.1). Le taux de réponse est légèrement plus élevé en milieu rural (99,0 %) qu’en milieu urbain (98,2 %). Dans les 4 511 ménages enquêtés, 9 180 femmes âgées de 15-49 ans ont été identifiées comme éligibles pour l’enquête individuelle, et pour 8 851 d’entre elles, l’interview a été menée avec succès, soit un taux de réponse de 96,4 %. Le taux de réponse est pratiquement le même en milieu urbain (96,3 %) et en milieu rural (96,5 %). L’enquête homme a été réalisé dans un ménage sur deux : 5 Ainsi, le terme région ou zone utilisé dans le texte fait référence aux grandes régions. Tableau 1.1 Résultats des interviews ménages et individuelles Effectif de ménages, nombre d’interviews et taux de réponse par milieu de résidence (non pondéré), EDS-Continue, Sénégal 2015 Résidence Total Résultat Urbain Rural Interviews Ménages Ménages sélectionnés 1 846 2 860 4 706 Ménages identifiés 1 787 2 784 4 571 Ménages interviewés 1 754 2 757 4 511 Taux de réponse des ménages1 98,2 99,0 98,7 Interviews des femmes de 15-49 ans Effectif de femmes éligibles 3 367 5 813 9 180 Effectif de femmes éligibles interviewées 3 244 5 607 8 851 Taux de réponse des femmes éligibles2 96,3 96;5 96,4 Interviews des hommes de 15-59 ans Effectif d’hommes éligibles 1 564 2 480 4 044 Effectif d’hommes éligibles interviewés 1 440 2 294 3 734 Taux de réponse des hommes éligibles2 92,1 92,5 92,3 1 Ménages enquêtés/ménages identifiés 2 Enquêtés interviewés/enquêtés éligibles Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête • 9 au total 3 734 hommes de 15-59 ans sur 4 044 éligibles ont été entièrement enquêtés (taux de réponse de 92,3 %). De même que chez les femmes, le taux de réponse observé en milieu rural (92,5 %) est très proche de celui du milieu urbain (92,1 %). 1.2.4 Réalisation de l’EDS-Continue L’EDS-Continue 2015 s’est déroulée en trois étapes principales : la phase préparatoire, la cartographie et le dénombrement des ménages des grappes échantillonnées (en décembre 2014) et la collecte proprement dite. Pour chacune de ces deux dernières étapes, une formation a été dispensée aux personnes recrutées pour les besoins des activités de terrain. La phase préparatoire : La phase préparatoire a démarré en 2014 avec la mise à jour des documents de collecte pour prendre en compte les préoccupations nationales. En outre, le projet a mis à profit les résultats du Recensement Général de la Population, de l’habitat, de l’Agriculture et de l’Élevage réalisé en 2013 pour l’établissement de la liste des districts de recensement et celle des ménages sélectionnés. Ce qui a permis de rationaliser les ressources pour la phase cartographie. Une équipe technique chargée de piloter le projet et assistée par ICF, a été mise en place au niveau de l’ANSD depuis la première phase. Le laboratoire chargé de la parasitologie était également mis à contribution. Celui-ci avait la charge de la formation et de la supervision des techniciens de santé et les analyses sanguines pour le test de paludisme. Recrutement et formation du personnel de terrain : Puisqu’il s’agit d’une enquête continue, les mêmes agents de terrain, en nombre limité, de l’édition passée ont été reconduits. Ces agents de terrain ont été sélectionnés sur la base de leur expérience, de leur capacité à communiquer, de leur niveau d’instruction, de leur connaissance des langues nationales, de leur pratique informatique et de leur disponibilité pour travailler d’une manière permanente sur l’enquête. Tout a été fait pour engager du personnel de terrain qualifié dont le profil a été prédéfini par l’équipe technique de l’enquête. Les agents de terrain ont suivi une mise à niveau (à partir du 12 janvier 2015) de 13 jours, portant sur tous les aspects de l’enquête en mettant l’accent sur les nouveaux modules, en particulier celui portant sur les hommes. Des exposés sur des thèmes spécifiques ont été effectués par des personnes ressources du ministère de la Santé et de l’Action Sociale ou d’autres institutions appropriées. La formation sur l’utilisation des Tablettes PC, principal outil de collecte, a été assurée par des experts de l’ANSD et d’ICF. Tous les agents de terrain ont suivi la formation sur tous les modules sauf celle sur les tests biologiques qui était réservée aux seuls techniciens de santé. À la fin de la formation, les agents ont reçu une formation complémentaire sur le contrôle technique, l’organisation et la logistique du terrain ainsi que sur le contact avec les autorités et les populations. La formation sur les tests biologiques (anémie et parasitémie palustre) et les mesures anthropométriques a été assurée par le personnel du laboratoire de parasitologie et un nutritionniste. Les techniciens de santé ont pratiqué les tests sur le terrain, et tous les agents de terrain ont pratiqué les mesures anthropométriques dans des centres de santé à Dakar. Collecte des données : Après la formation, quatre équipes ont été constituées pour le travail de terrain ; chaque équipe était composée de 3 enquêtrices chargées des interviews auprès des ménages et des femmes sur les Tablettes PC, un technicien de santé pour effectuer les mesures anthropométriques, les tests du paludisme et de l’anémie sur un questionnaire papier, et un chef d’équipe chargé des interviews auprès des hommes et qui, était aussi chargé d’administrer le questionnaire ménage sur les Tablettes PC. Ce dernier était responsable de la performance et de la gestion de son équipe. Il servait aussi d’assistant au technicien de santé pour la prise des mesures anthropométriques. 10 • Présentation du pays, objectifs et méthodologie de l’enquête La collecte des données sur le terrain a duré 8 mois (du 1er février au 31 octobre 2015). Elle s’est faite en deux vagues de quatre mois chacune entrecoupée d’une période d’un mois de repos, la première allant de février à juin et la deuxième de juillet à octobre, ce qui a permis de visiter les 214 DR. Des statisticiens ont été recrutés pour assurer la supervision des travaux de collecte. Ainsi, étaient organisées des missions de supervision rapprochées pour s’assurer de la qualité des données collectées sur le terrain. Parallèlement, des missions de supervision organisées par la Cellule de Lutte contre la Malnutrition et le Laboratoire de Parasitologie de l’Université Cheikh Anta Diop ont permis de s’assurer du respect des règles de prélèvement et de mesures anthropométriques sur le terrain. Exploitation des tableaux de qualité des données : le contrôle de qualité a été assuré par la supervision et le suivi des équipes pendant les travaux sur le terrain. Chaque chef d’équipe était responsable de la qualité du travail de son équipe : il tenait des réunions régulières avec son équipe de façon à renforcer la formation et à corriger les erreurs éventuelles commises au cours de la collecte. De plus, les chefs d’équipe devaient ré-interviewer environ 5 % des ménages de façon à contrôler la qualité des données. Ces ré-interviews, limitées à certaines sections du questionnaire, étaient menées avant de quitter le DR. Les chefs d’équipe utilisaient les ré-interviews pour contrôler étroitement les raisons des « non-réponses », en particulier les absences du ménage et les refus. Enfin, un ensemble de tableaux de contrôle a été produit par le programmeur informatique au moins une fois toutes les deux semaines tout au long de la collecte pour vérifier la validité des données saisies. Dès qu’ils étaient produits, ces tableaux étaient examinés par l’équipe technique de l’enquête et les problèmes éventuels décelés dans ces tableaux ont été examinés avec les quatre équipes de terrain afin d’améliorer les taux de réponse et la qualité de la collecte. Traitement des données : La collecte des données a été réalisée au moyen de Tablettes PC. Après validation des données sur le terrain, les fichiers de données ont été transférés au bureau central de l’ANSD à Dakar par DR. Ces fichiers de données ont été ensuite enregistrés, compilés et traités sur un ordinateur central. Les données de chaque DR ont été vérifiées et un fichier unique de données apurées a été créé après que les fichiers de tous les DR aient été enregistrés et approuvés. L’enregistrement, contrôle et compilation des données ont été effectués par deux informaticiens recrutés pour les besoins de l’EDS-Continue. Après la fusion des fichiers, les dernières erreurs détectées ont été traitées avec l’appui de l’expert informaticien d’ICF. Analyse au laboratoire des prélèvements de sang : En ce qui concerne le test du paludisme, la parasitémie palustre était réalisée par le Laboratoire de Parasitologie de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Le traitement des échantillons des gouttes épaisses de sang s’est fait au fur et à mesure de la collecte des données sur le terrain. Au final, les résultats des tests ont été fusionnés avec la base de données de l’enquête. Caractéristiques des ménages • 11 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES 2 Ndèye Binta DIEME ’objectif de ce chapitre est de présenter les caractéristiques socio-économiques de la population des ménages couverts par l’EDS-Continue 2015 ainsi que les conditions environnementales dans lesquelles ils vivent. La première partie porte sur certaines caractéristiques des logements tels que le type d’approvisionnement en eau de boisson, le type de toilettes, le type de revêtement du sol et la disponibilité de l’électricité. La seconde partie est consacrée à la description des caractéristiques sociodémographiques des membres du ménage ; il s’agit entre autres, de la structure par âge et sexe, du niveau d’instruction de ses membres. 2.1 CONDITIONS DE VIE DES MÉNAGES ET BIENS POSSÉDÉS 2.1.1 Caractéristiques de l’habitat Accès à l’eau Le Tableau 2.1 présente la répartition des ménages et de la population selon la source d’approvisionnement en eau de boisson. La plupart des ménages sénégalais s’approvisionne en eau potable à partir d’une source améliorée, quel que soit le milieu de résidence (74 % pour l’ensemble, 85 % pour les ménages urbains et 63 % pour les ménages ruraux). Le robinet constitue le principal moyen d’approvisionnement en eau de boisson des ménages (51 %). Il concerne 68 % des ménages urbains 34 % des ruraux. Le plus souvent, les ménages utilisent l’eau d’un robinet public ou borne fontaine (35 %). Seuls 16 % des ménages disposent d’un robinet dans leur logement/concession. Il s’agit essentiellement de ménages urbains (25 %). Les autres sources améliorées (puits protégés, eau en bouteille et eau de pluie) représentent seulement 23 % de l’ensemble des ménages (17 % pour le milieu urbain et 29 % pour le milieu rural). La répartition de la population selon la source d’approvisionnement en eau de boisson diffère à peine de celle des ménages. Le Tableau 2.1 montre aussi un accès relativement facile à une source d’approvisionnement en eau potable pour près de neuf ménages sénégalais sur dix (96 % en milieu urbain et 83 % en milieu rural). Cependant, seulement 58 % des ménages disposent d’eau pour la boisson sur place (74 % en zone urbaine et 42 % en zone rurale), autrement dit dans leur lieu d’habitation et 31 % mettent moins de 30 minutes pour s’approvisionner en eau potable. L Principaux résultats • Au Sénégal, plus de la moitié des ménages disposent de l’électricité (61 %), avec cependant une grande disparité entre le milieu urbain (87 %) et le milieu rural (32 %). • Environ, un ménage sur deux (52 %) a accès à l’eau de robinet ou à une borne fontaine publique. Deux ménages sur cinq disposent de toilettes améliorées non partagées (43 %) ; cependant, 14 % des ménages, essentiellement ruraux (26 %), ne disposent d’aucun type de toilettes. • La quasi-totalité des ménages (93 %) possèdent un téléphone portable (97 % en milieu urbain et 88 % en milieu rural). 12 • Caractéristiques des ménages Dans l’ensemble, l’eau ne fait l’objet d’aucun traitement avant son utilisation, surtout en zone urbaine (71 % de l’ensemble des ménages, 80 % en milieu urbain et 62 % en milieu rural). Certains ménages traitent l’eau à l’eau de javel ou au chlore (13 %) d’autres procèdent au filtrage à travers un linge (20 %). Ce dernier moyen de traitement est surtout utilisé en milieu rural (32 % contre 9 % en milieu urbain). L’ébullition, la désinfection solaire et les autres procédés de filtrage (céramique, sable, etc.) sont très peu utilisés. Tableau 2.1 Eau utilisée par les ménages pour boire Répartition (en %) des ménages et de la population de droit par la provenance de l’eau pour boire, le temps pour s’approvisionner en eau et par le moyen utilisé pour traiter l’eau, selon le milieu de résidence, EDS-Continue, Sénégal 2015 Ménages Enquêtés Caractéristique Urbain Rural Ensemble Urbain Rural Ensemble Source d’approvisionnement en eau de boisson Source améliorée 84,9 62,6 74,2 84,5 62,4 72,1 Robinet dans logement/concession 25,0 6,8 16,2 22,8 7,2 14,0 Robinet public/fontaine 43,3 26,7 35,3 45,8 27,5 35,4 Puits à pompe/ forage 13,5 18,8 16,1 12,4 17,2 15,1 Puits creusé protégé 0,2 5,2 2,6 0,3 4,9 2,9 Source d’eau protégée 2,9 5,0 3,9 3,2 5,6 4,6 Eau de pluie 0,0 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 Source non améliorée 8,7 32,3 20,0 8,5 33,0 22,4 Puits creusé non protégé 5,9 31,1 18,0 7,1 32,1 21,2 Source d’eau non protégée 0,0 0,4 0,2 0,0 0,3 0,2 Camion-citerne/charrette avec petite citerne 2,8 0,5 1,7 1,4 0,4 0,9 Eau de surface 0,0 0,3 0,1 0,0 0,1 0,1 Autre 3,1 3,0 3,1 3,3 2,2 2,7 Manquant 3,3 2,1 2,7 3,6 2,4 2,9 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Temps de trajet pour s’approvisionner en eau de boisson Eau sur place 73,9 41,5 58,4 74,8 42,9 56,8 Moins de 30 minutes 21,8 41,5 31,3 20,6 40,0 31,5 30 minutes ou plus 4,0 16,9 10,2 4,3 17,1 11,5 NSP/manquant 0,3 0,1 0,2 0,3 0,0 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Moyen de traitement de l’eau1 Ébullition 0,0 0,2 0,1 0,0 0,1 0,1 Ajout d’eau de Javel/chlore 13,3 13,1 13,2 13,5 13,0 13,2 Passée à travers un linge 9,1 32,1 20,2 10,5 33,4 23,4 Céramique, sable ou autre filtre 0,7 0,2 0,5 0,9 0,1 0,5 Autre 2,5 0,9 1,8 3,1 0,9 1,9 Aucun traitement 79,6 62,0 71,2 78,0 60,9 68,3 Pourcentage utilisant une méthode de traitement approprié2 13,8 13,5 13,7 14,3 13,2 13,7 Effectif 2 345 2 166 4 511 16 323 21 179 37 502 1 Les enquêtés pouvant déclarer plusieurs types de traitement, la somme des pourcentages peut excéder 100 %. 2 Les méthodes appropriées pour le traitement de l’eau comprennent l’ébullition, l’ajout de chlore, le filtrage et la désinfection solaire. Types de toilettes L’accès à des installations sanitaires adéquates et la promotion de pratiques hygiéniques constituent des objectifs importants pour la réalisation des Objectifs du Développement Durable. Les résultats de l’EDS-Continue 2015 présentés au Tableau 2.2 montrent que 43 % des ménages sénégalais utilisent des toilettes améliorées non partagées. Comme il fallait s’y attendre, l’utilisation de toilettes améliorées non partagées est plus fréquente en milieu urbain qu’en rural (51 % contre 33 %). Par ailleurs, près d’un ménage sur quatre (23 %) a accès à des toilettes améliorées partagées et on note également des variations importantes selon le milieu de résidence (37 % en urbain contre 7 % en rural). En outre, 20 % des ménages n’ont accès qu’à des latrines traditionnelles et 14 % n’ont pas du tout accès à des toilettes. En milieu rural, les proportions correspondantes sont de 33 % et 27 % contre, respectivement 8 % et 3 % seulement en milieu urbain. Caractéristiques des ménages • 13 Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages Répartition (en %) des ménages et de la population de droit par type de toilettes/latrines, selon le milieu de résidence EDS-Continue, Sénégal 2015 Ménages Enquêtés Type de toilettes/latrines Urbain Rural Ensemble Urbain Rural Ensemble Toilettes améliorées, non partagées Chasse d’eau/chasse manuelle connectée à un système d’égout 9,6 0,0 5,0 9,1 0,0 4,0 Chasse d’eau/chasse manuelle reliée à une fosse septique 20,8 11,5 16,3 26,8 12,4 18,7 Fosse d’aisances améliorée auto- aérée 2,3 5,9 4,0 2,8 6,6 4,9 Fosses d’aisances avec dalle 16,9 15,3 16,1 22,0 17,5 19,4 Latrines à chasse manuelle 1,6 0,3 1,0 1,6 0,2 0,8 Total 51,3 33,0 42,5 62,2 36,7 47,8 Toilettes partagées1 Chasse d’eau/chasse manuelle connectée à un système d’égout 6,9 0,0 3,6 4,7 0,0 2,0 Chasse d’eau/chasse manuelle reliée à une fosse septique 18,1 1,8 10,3 13,5 1,2 6,6 Fosse d’aisances améliorée auto- aérée 0,6 0,6 0,6 0,5 0,4 0,4 Fosse d’aisances avec dalle 11,6 4,2 8,0 7,2 3,4 5,0 Latrines à chasse manuelle 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 Total 37,3 6,7 22,6 25,9 5,0 14,1 Toilettes non améliorées Latrines traditionnelles 7,9 33,3 20,1 9,0 35,6 24,1 Pas de toilettes/nature 3,2 26,5 14,4 2,6 22,3 13,7 Autre 0,4 0,5 0,4 0,3 0,3 0,3 Total 11,5 60,3 34,9 11,9 58,3 38,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 345 2 166 4 511 16 323 21 179 37 502 1 Toilettes partagées qui seraient considérées comme "améliorées" si elles n’étaient pas partagées par deux ménages ou plus. Caractéristiques du logement Le Tableau 2.3 montre que dans l’ensemble, 61 % des ménages enquêtés disposent de l’électricité. Le milieu rural est nettement plus défavorisé: seulement 32 % des ménages y disposent de l’électricité, contre 87 % en milieu urbain (Graphique 2.1). En outre, il faut noter qu’entre 2010 et 2015, le niveau d’accès des ménages ruraux à l’électricité a faiblement évolué (27 % EDS-MICS 2010-2011 et 32 % EDS- Continue 2015). Certains types de revêtement du sol peuvent faciliter la propagation de germes responsables de maladies. Pour cette raison, des questions ont été posées sur le type de matériau constituant le revêtement du sol des pièces à usage d’habitation du logement. Au Sénégal, 76 % des ménages ont un logement dont le sol est en ciment, en carreaux ou en vinyle (contre 64 % à l’EDS-MICS 2010-2011) et, pour 20 % des ménages, le sol est revêtu de terre, de sable ou de bouse (contre 34 % à l’EDS-MICS 2010-2011). Quel que soit le milieu de résidence, au moins un tiers des ménages vit dans un logement où le sol des pièces à usage d’habitation est recouvert de ciment. En milieu rural, les ménages qui vivent dans un logement dont le sol est recouvert de terre/sable ou bouse restent encore élevés (37 %). En milieu urbain, dans 34 % des cas, les ménages vivent dans un logement dont le sol est recouvert de ciment et dans 38 % des cas, le sol est recouvert de carreaux. Le Tableau 2.3 présente aussi la répartition des ménages selon le nombre de pièces utilisées pour dormir. Dans 60 % des cas, les ménages utilisent trois pièces ou plus pour dormir et, environ 19 % deux pièces. En milieu urbain, 29 % (soit plus du quart) des ménages vivent dans une seule pièce, alors qu’en milieu rural seuls 11 % des ménages se trouvent dans cette situation. Plus des deux tiers des ménages ruraux dorment dans un logement comprenant au moins trois pièces tandis qu’en milieu urbain, à peine un peu plus de la moitié des ménages sont concernés. On constate également que 55 % des ménages font la cuisine à l’intérieur de la maison alors que, dans 31 % des cas, la cuisine se fait dans un bâtiment séparé et que 8 % des ménages cuisinent à l’extérieur. 14 • Caractéristiques des ménages Tableau 2.3 Caractéristiques du logement Répartition (en %) des ménages en fonction de certaines caractéristiques du logement et pourcentage utilisant du combustible solide pour cuisiner; selon le milieu de résidence, EDS-Continue, Sénégal 2015 Résidence EnsembleCaractéristique du logement Urbain Rural Électricité Oui 86,9 31,8 60,5 Non 13,1 68,2 39,5 Total 100,0 100,0 100,0 Matériau de revêtement du sol Terre, sable 4,2 31,3 17,2 Bouse 0,4 5,9 3,1 Palmes/bambou 0,0 0,3 0,2 Parquet ou bois ciré 0,4 0,0 0,2 Bandes de vinyle ou asphalte 18,7 11,8 15,4 Carrelage 37,7 8,5 23,7 Ciment 33,7 40,5 37,0 Moquette 5,0 1,7 3,4 Total 100,0 100,0 100,0 Pièces utilisées pour dormir Une 28,9 10,8 20,2 Deux 18,4 20,6 19,4 Trois ou plus 52,7 68,6 60,4 Total 100,0 100,0 100,0 Endroit pour cuisiner Dans la maison 57,9 52,6 55,3 Dans un bâtiment séparé 26,0 37,0 31,3 A l’extérieur 8,3 8,5 8,4 Autre 7,8 1,9 5,0 Total 100,0 100,0 100,0 Combustible utilisé pour cuisiner Électricité 1,1 0,8 1,0 GPL/gaz naturel/biogaz 41,6 3,8 23,5 Charbon de bois 29,4 11,3 20,7 Paille/branchage/herbe 17,5 77,8 46,5 Bouse 0,1 3,5 1,7 Autre 10,2 2,9 6,7 Total 100,0 100,0 100,0 Pourcentage utilisant un combustible solide pour cuisiner1 47,0 92,5 68,9 Effectif 2 345 2 166 4 511 GPL = Gaz propane liquéfié. 1 Inclut Charbon/lignite, Charbon de bois, Bois, Paille/branchages/herbe, Résidus agricoles et Bouse [la liste des catégories est incluse dans le questionnaire du pays]. Pour évaluer le niveau de pollution à l’intérieur du logement, on a demandé quel était le combustible utilisé par le ménage pour cuisiner. On constate, au niveau global, que 47 % des ménages utilisent des branchages, de l’herbe ou de la paille. Cette proportion varie de manière importante selon le milieu de résidence : 7 8 % en milieu rural et 18 % en milieu urbain. Les ménages du milieu urbain utilisent plus fréquemment du gaz pour cuisiner (42 %). Dans l’ensemble, la majorité des ménages (69 %) utilisent des combustibles solides pour cuisiner. Caractéristiques des ménages • 15 Graphique 2.1 Caractéristiques des logements selon le milieu de résidence GPL = Gaz propane liquéfié. 1 Inclut Charbon/lignite, Charbon de bois, Bois, Paille/branchages/herbe, Résidus agricoles et Bouse [la liste des catégories est incluse dans le questionnaire du pays]. 2.1.2 Biens possédés La possession ou non de certains biens permettant d’améliorer les conditions d’existence des populations est un indicateur du niveau de vie des ménages. C’est en ce sens que des questions spécifiques ont été posées. Le tableau 2.4 montre que la possession du téléphone portable dans les ménages est quasi générale. En effet, 93 % des ménages en disposent (97 % en milieu urbain et 89 % en milieu rural). A l’inverse, 87 13 4 0 0 0 19 38 34 5 29 18 53 58 26 8 8 1 42 29 18 0 10 47 32 68 31 6 0 0 12 9 41 2 11 21 69 53 37 9 2 1 4 11 78 4 3 93 Oui Non Terre, sable Bouse Palmes/bambou Parquet ou bois ciré Bandes de vinyle ou asphalte Carrelage Ciment Moquette Une Deux Trois ou plus Endroit pour cuisiner Dans la maison Dans un bâtiment séparé A l’extérieur Autre Combustible utilisé pour cuisiner Électricité GPL/gaz naturel/biogaz Charbon de bois Paille/branchage/herbe Bouse Autre Pourcentage utilisant un combustible solide pour cuisiner É le ct ric ité M at ér ia u de re vê te m en t d u so l P iè ce s ut ili sé es p ou r do rm ir E nd ro it po ur c ui si ne r C om bu st ib le u til is é po ur c ui si ne r Urbain Rural 1 1 EDS-Continue 2015 16 • Caractéristiques des ménages posséder un téléphone fixe est moins fréquent : seulement 5 % des ménages, essentiellement urbains (8 %) en possèdent un. La radio est disponible dans 65 % des ménages. Il s’agit d’un bien un peu plus fréquent en milieu rural qu’urbain (69 % contre 61 %). A l’inverse, 80 % des ménages urbains disposent d’une télévision, contre à peine plus du quart (29 %) en zone rurale. Bien que plus fréquent en milieu urbain (36 %), le réfrigérateur demeure tout de même un bien peu répandu dans les ménages (22 %). En ce qui concerne les moyens de transport possédés par les ménages, on constate que c’est la charrette tirée par un animal qui est le moyen le plus répandu (22 %), davantage . en milieu rural qu’urbain (39 % contre 5 %). Il en est de même en ce qui concerne la possession de bicyclette. Quant à la voiture ou le camion, 11 % des ménages urbains en possèdent contre 4 % pour les ménages ruraux. Comme on pouvait s’y attendre, la possession de terres agricoles et d’animaux de ferme concerne bien plus souvent les ménages ruraux. En effet, 69 % d’entre eux disposent de terres agricoles et 80 % des animaux de trait contre seulement 10 % et 35 % des ménages urbains. Tableau 2.4 Biens possédés par les ménages Pourcentage de ménages possédant certains équipements, des moyens de transport de la terre agricole et du bétail/animaux de ferme selon le milieu de résidence, EDS-Continue, Sénégal 2015 Résidence EnsemblePossession Urbain Rural Biens possédés par le ménage Radio 61,1 68,5 64,7 Télévision 80,1 28,8 55,5 Téléphone portable 97,3 88,5 93,1 Téléphone fixe 7,9 2,2 5,1 Réfrigérateur 36,1 7,2 22,3 Moyens de transport Bicyclette 8,4 16,4 12,3 Charrette tirée par un animal 4,9 39,4 21,5 Motocyclette/scooter 9,5 8,5 9,0 Voiture/camion 11,2 4,1 7,8 Possession de terres agricoles 10,1 69,4 38,6 Possession d’animaux de ferme1 35,0 80,0 56,6 Effectif 2 345 2 166 4 511 1 Bétail, vaches, taureaux, chevaux, ânes, chèvres, moutons ou poulets. 2.1.3 Bien-être économique des ménages Le Tableau 2.5 présente la répartition de la population de droit par quintile de bien-être économique selon le milieu de résidence et la région. L’indice de bien-être économique est construit à partir des données sur les biens des ménages et sur certaines caractéristiques du logement (électricité, type d’approvisionnement en eau, type de toilettes, matériau de revêtement du sol, etc.) collectées dans le questionnaire ménage de l’EDS-Continue 2015 et en utilisant l’analyse en composante principale. On a affecté à chacun de ces biens et caractéristiques un poids (score ou coefficient) généré à partir d’une analyse en composante principale. Les scores des biens qui en résultent sont standardisés selon une distribution normale standard de moyenne 0 et d’écart type 1 (Gwatkin et al, 2000). On a attribué ensuite à chaque ménage un score pour chaque bien et on a fait la somme de tous les scores par ménage ; les individus sont classés en fonction du score total du ménage dans lequel ils résident. L’échantillon est ensuite divisé en quintile de population, chaque quintile correspondant à un niveau allant de 1 (le plus bas) à 5 (le plus élevé). Les résultats présentés dans le tableau ci-dessous montrent une disparité très nette en termes de bien- être économique selon le lieu de résidence, qu’il s’agisse du milieu ou de la région. En effet, en milieu rural, la majorité de la population (65 %) est pauvre, voire très pauvre, contre seulement 8 % en milieu urbain. En Caractéristiques des ménages • 17 milieu rural 34 % de la population est classés dans le quintile le plus bas et 31 % dans le second alors qu’en milieu urbain, ces proportions sont respectivement de seulement 2 % et 5 %. On constate par ailleurs qu’en milieu urbain, 41 % de la population sont classés dans le quintile le plus élevé contre environ 4 % en milieu rural. Lorsqu’on considère les régions, on constate que c’est dans l’Ouest qu’est concentrée la population dont le niveau économique est le plus élevé : 43 % sont classés dans le quintile le plus élevé et 30 % dans le quatrième quintile. La région Sud apparaît comme la région la plus pauvre du pays puisque l’essentiel de la population y résidant est classé dans les quintiles les plus pauvres (41 % dans le quintile le plus bas et 28 % dans le second quintile). A peine 3 % appartiennent au quintile le plus élevé et 8 % au quatrième quintile. Le tableau 2.5 permet aussi de connaître les disparités intra groupes. On constate ainsi qu’au niveau national, l’indice de Gini s’établit à 0,32. Les inégalités sont plus faibles en milieu urbain et dans la région Ouest. Cet indice est assez comparable dans les régions Nord, Centre et Sud. Tableau 2.5 Quintiles de bien-être économique Répartition (en %) de la population de droit par quintile de bien-être économique et coefficient de Gini, selon le milieu de résidence et la région, EDS-Continue, Sénégal 2015 Quintiles de bien-être économique Total Effectif d’enquêtés Coefficient de Gini Milieu de résidence/ région Le plus bas Second Moyen Quatrième Le plus élevé Résidence Urbain 2,2 5,5 17,6 33,3 41,3 100,0 16 323 0,13 Rural 33,7 31,2 21,8 9,7 3,6 100,0 21 179 0,35 Région Nord 20,1 28,4 27,4 15,2 8,9 100,0 6 387 0,32 Ouest 2,5 6,2 18,4 29,7 43,2 100,0 13 167 0,20 Centre 27,8 26,4 17,7 18,7 9,4 100,0 10 917 0,36 Sud 40,6 28,3 19,8 8,1 3,3 100,0 7 031 0,36 Ensemble 20,0 20,0 20,0 20,0 20,0 100,0 37 502 0,32 2.1.4 Lavage des mains Le lavage des mains au savon, est un élément important en matière d’hygiène. Ainsi, au cours de l’enquête, on a demandé à voir l’endroit où les membres du ménages se lavaient les mains et la disponibilité à cet endroit d’eau, de savon ou de produits nettoyants autres que le savon. Dans plus des deux tiers des cas, (73 %), l’endroit pour se laver les mains n’a pas été observé. (Tableau 2.6). Le milieu urbain enregistre le pourcentage le plus élevé de ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé (34 % contre 19 % en milieu rural). Parmi les ménages dans lesquels ce lieu a été observé, 70 % disposaient de savon et d’eau ; en milieu urbain le pourcentage est de 72 % contre 69 % en milieu rural. Dans les régions Centre et Sud, une part importante des ménages ne dispose pas d’eau, ni de savon, ni d’autres produits nettoyants pour se laver les mains. Selon le niveau de vie, les résultats de l’enquête montrent que la disponibilité d’un endroit pour se laver les mains dans le logement a été généralement observé dans les ménages appartenant aux deux derniers quintiles. En effet, dans 48 % des ménages du quintile le plus élevé, on a observé un endroit où se laver les mains contre 17-19 % dans les trois premiers quintiles. En outre, lorsqu’un endroit pour se laver les mains a été observé, l’eau et le savon sont généralement disponibles (environ 72 %) sauf dans les ménages du quintile le plus bas où cette proportion n’est que de 45 %. Par contre, la proportion de ménages où on ne trouve ni eau, ni produit nettoyant à l’endroit le plus souvent utilisé pour se laver les mains tend à diminuer avec le niveau de vie des ménages (31 % dans le quintile le plus bas contre 5 % dans le plus élevé). 18 • Caractéristiques des ménages Tableau 2.6 Lavage des mains Pourcentage de ménages dans lesquels l’endroit utilisé le plus souvent pour se laver les mains a été observé et, parmi ces ménages, répartition (en%) par disponibilité de l’eau, de savon et d’autres produits nettoyants, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage de ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé Effectif de ménages Parmi les ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé, pourcentage avec: Effectif de ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé Caractéristique sociodémographique Savon et eau1 Eau et produit nettoyant2 autre que le savon seulement Eau seulement Savon mais pas d’eau3 Pas d’eau, ni savon, ni autre produit nettoyant Total Résidence Urbain 34,1 2 345 69,0 0,1 18,6 2,2 10,2 100,0 800 Rural 19,4 2 166 72,0 0,9 11,2 0,6 15,3 100,0 419 Région Nord 33,8 776 92,3 0,9 5,8 1,0 0,0 100,0 263 Ouest 32,8 1 872 67,5 0,0 20,7 2,3 9,5 100,0 614 Centre 21,9 1 076 63,6 0,8 11,7 1,1 22,8 100,0 235 Sud 13,7 787 44,0 0,0 23,6 0,8 31,6 100,0 108 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 18,1 734 45,1 0,7 22,2 1,2 30,8 100,0 133 Second 17,0 824 72,0 0,3 9,2 2,8 15,7 100,0 140 Moyen 18,6 890 72,8 0,0 10,6 3,5 13,1 100,0 166 Quatrième 27,3 1 029 71,9 1,0 13,3 1,3 12,4 100,0 281 Le plus élevé 48,3 1 035 74,1 0,0 19,7 1,0 5,2 100,0 500 Ensemble 27,0 4 511 70,0 0,3 16,0 1,6 12,0 100,0 1 219 1 Par « savon », on entend ici le savon ou un détergent en morceau, sous forme liquide, en poudre ou sous forme de pâte. Cette colonne inclut les ménages possédant du savon et de l’eau seulement ainsi que ceux qui possèdent du savon et de l’eau et un autre détergent. 2 Les produits nettoyants autres que le savon incluent des produits disponibles localement comme la cendre, la boue ou du sable. 3 Y compris les ménages disposant de savon seulement ainsi que ceux qui disposent de savon et d’autres produits nettoyants. 2.2 CARACTERISTIQUES SOCIODEMOGRAPHIQUES DE LA POPULATION DES MÉNAGES 2.2.1 Structure par âge et sexe de la population Le Graphique 2.2 (voir aussi Tableau 2.7) présente la structure par âge de la population des ménages enquêtés. La forme de la pyramide est caractéristique des populations à fécondité et mortalité élevée. La base élargie traduit l’extrême jeunesse de la population. En effet, plus de la moitié a un âge inférieur à 20 ans (55 %) et près d’un tiers a moins de 10 ans (32 %). Chez les hommes, 58 % ont moins de 20 ans et, chez les femmes, cette proportion est très proche (53 %). Des écarts sont observés entre hommes et femmes entre 20 et 40 ans, âges où, généralement, le phénomène migratoire est touche plus les hommes que les femmes. Les personnes de 50-54 ans représentent 3, % des membres des ménages (dont 2 % sont de sexe féminin), soit un peu plus que ceux appartenant à la classe d’âge 45-49 ans. Cette situation serait probablement liée à un mauvais enregistrement par les enquêteurs de l’âge des individus susceptibles de répondre au questionnaire individuel des hommes et des femmes âgés de 15 à 49 ans afin de réduire leur charge de travail. Il s’agirait donc d’un report des effectifs du groupe d’âge 45-49 ans vers le groupe d’âge supérieur. On note par ailleurs la faible part de la population âgée comme le montre le rétrécissement de la pyramide aux âges avancés. D’autre part, la population sénégalaise réside majoritairement en milieu rural (56 %). Caractéristiques des ménages • 19 Graphique 2.2 Pyramide des âges de la population des ménages Tableau 2.7 Population des ménages par âge, selon le sexe et le milieu de résidence Répartition (en %) de la population de fait des ménages par groupe d’âges quinquennal, selon le sexe et le milieu de résidence EDS-Continue, Sénégal 2015 Urbain Rural Homme Femme EnsembleGroupe d’âges Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble <5 14,5 12,7 13,6 20,5 17,7 19,0 17,9 15,6 16,6 5-9 14,1 12,7 13,4 19,0 16,5 17,7 16,8 14,9 15,8 10-14 11,5 11,3 11,4 14,2 12,5 13,3 13,0 12,0 12,5 15-19 10,8 10,2 10,5 9,7 9,8 9,7 10,1 10,0 10,1 20-24 9,4 9,2 9,3 6,5 7,3 6,9 7,8 8,1 8,0 25-29 7,9 9,3 8,6 5,3 7,5 6,5 6,5 8,3 7,4 30-34 6,0 7,1 6,6 4,5 5,4 4,9 5,2 6,1 5,7 35-39 6,0 5,6 5,8 3,7 4,7 4,2 4,7 5,1 4,9 40-44 4,8 4,1 4,4 3,1 3,6 3,4 3,8 3,8 3,8 45-49 3,6 3,0 3,3 2,6 2,0 2,3 3,1 2,4 2,7 50-54 2,9 4,5 3,7 1,9 3,9 3,0 2,4 4,2 3,3 55-59 2,5 3,3 2,9 1,9 3,2 2,7 2,2 3,3 2,8 60-64 2,4 2,3 2,3 2,4 1,9 2,1 2,4 2,1 2,2 65-69 1,1 1,5 1,3 1,5 1,5 1,5 1,3 1,5 1,4 70-74 0,9 0,9 0,9 1,3 1,2 1,2 1,1 1,1 1,1 75-79 0,7 0,9 0,8 0,8 0,6 0,7 0,8 0,7 0,7 80 + 0,8 1,3 1,1 1,0 0,8 0,9 0,9 1,0 1,0 Ne sait pas/ manquant 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 7 845 8 634 16 479 9 861 11 563 21 424 17 706 20 197 37 903 2.2.2 Taille et composition des ménages Le Tableau 2.8 présente des indicateurs sur la taille et la composition des ménages. Sexe du chef du ménage En général, au Sénégal le chef de ménage est de sexe masculin (70 %). Cette situation est bien plus fréquente en zone rurale où les trois quarts des ménages (75 %) sont dirigés par un homme. En milieu urbain, 35 % des ménages sont dirigés par une femme. Cette proportion a augmenté au fil des années aussi bien au niveau national que dans chaque milieu de résidence. Elle est ainsi passée de 23 % à 25 %, entre 2005 et 2010-2011, et s’établit à 30 % en 2015, soit une hausse de 5 points de pourcentage entre les deux dernières 10 8 6 4 2 0 2 4 6 8 10 <5 5-9 10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 65-69 70-74 75-79 80 + HOMMES FEMMES EDS-Continue 2015Pourcentage 20 • Caractéristiques des ménages périodes considérées. En milieu urbain, la proportion de ménages dirigés par une femme a connu une hausse de 3 points de pourcentage par rapport à 2010-2011 où était de 32 %. En milieu rural, cette proportion est passée de 18 % en 2010-2011 à 25 % en 2015. Cette augmentation importante de la proportion de ménages dirigés par une femme peut s’expliquer, entre autres facteurs, par l’émigration qui touche davantage les hommes. Taille des ménages Compte tenu de la forte influence de la tradition qui favorise la vie en communauté, les ménages sénégalais sont généralement de grande taille. Leur taille moyenne est estimée à 8,3 personnes (7 en milieu urbain et 9,8 en milieu rural). On relève des écarts selon le milieu de résidence. Au niveau national, 39 % des ménages sont composés d’au moins 9 personnes. En milieu rural, 49 % des ménages comptent au moins 9 personnes contre 30 % en milieu urbain. Dans la zone urbaine, un ménage sur 10 y est composé d’une seule personne. Résidence des enfants Le fait de confier des enfants à une ou plusieurs autres personnes est un phénomène très répandu dans la société sénégalaise. Plusieurs raisons conduisent les parents à confier leur descendance à d’autres individus avec qui ils ne partagent pas forcément un lien de parenté. La raison la plus fréquemment avancée est la non disponibilité de structures scolaires adaptées dans la localité de résidence des parents. Il est également courant de confier les enfants orphelins aux membres de la famille élargie. Un peu plus d’un tiers des ménages (35 %) compte des enfants de moins de 18 ans vivent sans leurs parents (ni père, ni mère). Cette part est plus forte en milieu rural (42 % contre 29 % en zone urbaine) probablement du fait de la migration saisonnière des parents se rendant en ville à la recherche de travail durant la saison sèche ou, tel que souligné plus haut, de carence des infrastructures scolaires, généralement plus nombreuses en milieu urbain. On dénombre très peu d’orphelins double, cela quel que soit le milieu de résidence (1 %). Par contre, les ménages comprenant des enfants dont l’un des parents est décédé représentent 14 % (17 % en milieu rural et 11 % en zone urbaine). Tableau 2.8 Composition des ménages Répartition (en %) des ménages par sexe du chef de ménage et par taille du ménage; taille moyenne du ménage; pourcentage de ménages avec des orphelins et des enfants de moins de 18 ans vivant sans leurs parents, selon le milieu de résidence, EDS-Continue, Sénégal 2015 Résidence EnsembleCaractéristique Urbain Rural Chef de ménage Homme 65,1 74,7 69,7 Femme 34,9 25,3 30,3 Total 100,0 100,0 100,0 Nombre de membres habituels 0 0,2 0,1 0,1 1 10,9 3,2 7,2 2 7,7 2,3 5,1 3 7,3 4,5 5,9 4 9,8 6,6 8,3 5 10,4 8,6 9,6 6 8,3 8,2 8,3 7 9,7 9,9 9,8 8 6,2 7,9 7,0 9+ 29,6 48,6 38,7 Total 100,0 100,0 100,0 Taille moyenne du ménage 7,0 9,8 8,3 Pourcentage de ménages avec des orphelins et des enfants de moins de 18 ans vivant sans leurs parents Enfants vivant sans leurs parents1 29,2 42,0 35,4 Orphelin double 0,9 1,1 1,0 Orphelin simple2 10,9 17,3 14,0 Enfant orphelin et/ou vivant sans leurs parents 32,8 47,1 39,6 Effectif de ménages 2 345 2 166 4 511 Note : Le tableau est basé sur la population de droit des ménages, c’est-à- dire les résidents habituels. 1 Les enfants vivant sans leurs parents sont les enfants de moins de 18 ans qui vivent dans un ménage dans lequel il n’y a ni leur père, ni leur mère. 2 Comprend les enfants dont l’un des parents est décédé et dont l’état de survie de l’autre est inconnu. Caractéristiques des ménages • 21 2.2.3 Niveau d’instruction des membres du ménage L’instruction pour tous, objectif phare des Objectives du Développent Durable, constitue un enjeu majeur du développement économique, car considéré comme une pierre angulaire de l’amélioration des conditions de vie des populations. Au Sénégal, 45 % des hommes et 54 % des femmes n’ont reçu aucune instruction (Tableaux 2.9 et 2.10). Un peu plus du quart ont reçu une instruction primaire sans l’avoir complétée (29 % pour les hommes et 26 % pour les femmes). En général, les membres des ménages ayant complété le cycle primaire entament des études secondaires sans toutefois compléter le cycle (17 % pour les hommes et 15 % pour les femmes). L’objectif de scolarisation universelle au niveau primaire n’est pas encore atteint, si on se réfère aux données des tableaux ci-dessous. En effet, environ 50 % des jeunes filles de 6 à 9 ans n’ont reçu aucune instruction. Il en est de même chez les jeunes garçons du même âge. Toutefois, des progrès notables sont à souligner, puisque l’absence d’instruction concerne bien plus souvent les vieilles générations. En effet, la proportion de personnes non instruites diminue des générations anciennes aux plus récentes. Ainsi, l’apparente hausse observée chez les personnes de moins de 10 ans, s’expliquerait par une part non négligeable de personnes n’ayant pas encore atteint l’âge requis pour accéder à l’instruction primaire (l’âge légal étant fixé à 7 ans). De même l’essentiel des personnes instruites de ce groupe d’âges n’ont pas encore terminé le cycle primaire. L’accès à l’instruction est plus important en milieu urbain comme en témoignent les résultats présentés dans les tableaux ci-dessous. En effet, l’absence d’instruction concerne près des deux tiers des ruraux (59 % des hommes et 68 % des femmes), contre 29 % des femmes et 37 % des hommes en milieu urbain (Graphique 2.3). Au niveau des zones écologiques, la région Ouest se distingue par le pourcentage le plus élevé de personnes instruites, aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Environ 68 % hommes ont reçu aucune instruction. Il en est de même pour 61 % des femmes de cette zone. L’accès au niveau supérieur y est également plus élevé : 6 % des hommes et 4 % des femmes. A l’inverse les régions Nord et Centre se démarquent, par la plus faible proportion de personnes instruites aussi bien chez les hommes que chez les femmes. En effet, quel que soit le sexe près des trois quarts de la population ne sont pas instruits et l’instruction supérieure y est également plus faible (moins de 1 % pour les femmes et moins de 2 % pour les hommes). Comme on pouvait s’y attendre, quel que soit le sexe, l’accès à l’instruction croît avec le niveau de bien-être économique. En effet, les proportions de personnes sans aucune instruction sont plus élevées dans les ménages des premiers quintiles et tendent à baisser avec l’élévation du niveau de vie. Elles passent ainsi de 70 % pour le quintile le plus bas à 31 % pour le plus élevé chez les femmes; pour les hommes, elles sont respectivement de 62 % et 20 %. Par ailleurs, l’accès au cycle supérieur, bien que faible est, de loin, plus fréquent dans les ménages appartenant au quintile le plus élevé quel que soit le sexe considéré (7 % des femmes et 12 % des hommes de ce quintile). 22 • Caractéristiques des ménages Tableau 2.9 Niveau d’instruction de la population des ménages: Femme Répartition (en %) de la population de fait des femmes des ménages âgées de six ans et plus, en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années complétées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Pas d’instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Ne sait pas/ manquant Total Effectif Nombre médian d’années complétées Groupe d’âges 6-9 49,9 50,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 2 452 0,0 10-14 29,3 54,4 2,9 13,1 0,0 0,0 0,3 100,0 2 418 2,6 15-19 33,4 17,4 3,1 44,6 0,5 0,5 0,5 100,0 2 015 4,9 20-24 40,9 16,1 3,1 34,1 0,9 3,5 1,5 100,0 1 639 4,2 25-29 57,6 17,0 1,9 14,7 1,5 6,5 0,8 100,0 1 673 0,0 30-34 62,1 23,4 2,6 7,6 0,4 3,2 0,7 100,0 1 235 0,0 35-39 64,5 19,4 1,8 8,2 0,8 3,5 1,7 100,0 1 024 0,0 40-44 75,0 15,9 2,3 5,0 0,2 0,9 0,7 100,0 767 0,0 45-49 61,5 16,2 3,0 12,8 1,0 4,4 1,1 100,0 490 0,0 50-54 78,4 7,7 1,6 9,9 0,8 0,1 1,6 100,0 840 0,0 55-59 82,9 6,7 0,6 6,4 0,1 1,4 1,8 100,0 659 0,0 60-64 85,4 4,1 1,6 4,0 0,5 2,2 2,1 100,0 417 0,0 65+ 97,2 1,3 0,5 0,7 0,1 0,0 0,2 100,0 867 0,0 Résidence Urbain 37,1 31,9 2,6 22,4 0,9 3,9 1,2 100,0 7 341 2,4 Rural 68,0 21,0 1,5 8,7 0,1 0,1 0,5 100,0 9 157 0,0 Région Nord 64,1 19,9 4,2 10,6 0,2 0,4 0,6 100,0 2 818 0,0 Ouest 39,1 31,3 1,8 21,3 0,9 4,4 1,2 100,0 5 815 2,0 Centre 67,2 20,3 1,5 9,9 0,2 0,4 0,4 100,0 4 908 0,0 Sud 53,0 30,1 1,0 14,2 0,4 0,5 0,8 100,0 2 957 0,0 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 70,2 22,5 1,0 6,0 0,0 0,0 0,2 100,0 3 099 0,0 Second 66,6 21,8 1,3 9,5 0,1 0,1 0,6 100,0 3 175 0,0 Moyen 56,6 25,3 2,6 14,0 0,2 0,4 0,8 100,0 3 249 0,0 Quatrième 50,2 28,3 2,0 17,8 0,3 0,9 0,5 100,0 3 420 0,0 Le plus élevé 30,9 30,6 2,9 25,0 1,7 7,2 1,8 100,0 3 555 4,1 Ensemble 54,2 25,9 2,0 14,8 0,5 1,8 0,8 100,0 16 498 0,0 Note : Le total inclut 3 femmes dont l’âge est manquant. 1 A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès 7 classes du niveau moyen et secondaire. Caractéristiques des ménages • 23 Tableau 2.10 Niveau d’instruction de la population des ménages: Homme Répartition (en %) de la population de fait des hommes des ménages âgés de six ans et plus, en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années complétées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Pas d’instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Ne sait pas/ manquant Total Effectif Nombre médian d’années complétées Groupe d’âges 6-9 50,4 49,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,2 100,0 2 428 0,0 10-14 31,0 53,9 2,7 12,0 0,0 0,0 0,4 100,0 2 302 2,1 15-19 30,7 18,8 3,2 45,4 0,0 0,0 1,9 100,0 1 797 4,9 20-24 32,9 16,7 2,1 39,4 1,5 5,8 1,6 100,0 1 377 5,0 25-29 40,0 20,6 2,3 19,8 2,8 10,5 4,0 100,0 1 144 3,9 30-34 49,9 23,2 3,2 10,4 0,7 6,6 6,0 100,0 913 0,0 35-39 48,3 22,0 4,3 15,1 1,2 5,7 3,5 100,0 829 0,0 40-44 53,2 14,9 3,5 11,9 2,6 5,5 8,5 100,0 682 0,0 45-49 53,4 18,1 1,4 13,9 1,3 6,8 5,2 100,0 541 0,0 50-54 62,5 11,2 3,6 9,5 2,2 6,3 4,7 100,0 422 0,0 55-59 65,5 9,3 2,0 10,9 0,3 6,5 5,5 100,0 388 0,0 60-64 65,4 10,3 2,3 7,6 0,9 6,2 7,2 100,0 421 0,0 65+ 84,4 4,1 1,3 3,1 1,4 2,0 3,7 100,0 739 0,0 Résidence Urbain 29,0 32,7 2,9 23,7 1,4 6,1 4,2 100,0 6 516 3,3 Rural 59,4 24,9 1,7 11,1 0,4 1,0 1,5 100,0 7 473 0,0 Région Nord 60,6 21,5 3,3 11,3 0,2 1,4 1,7 100,0 2 302 0,0 Ouest 31,6 33,1 2,6 21,0 1,2 6,4 4,2 100,0 5 331 2,8 Centre 59,5 23,0 1,6 12,3 0,6 1,4 1,6 100,0 3 654 0,0 Sud 39,8 33,2 1,5 20,1 1,1 1,9 2,4 100,0 2 702 0,9 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 62,3 26,1 1,2 9,3 0,1 0,2 0,9 100,0 2 629 0,0 Second 57,4 26,4 1,7 11,6 0,4 0,7 1,9 100,0 2 799 0,0 Moyen 48,2 30,1 1,9 15,6 0,7 1,7 1,7 100,0 2 817 0,0 Quatrième 40,0 31,2 3,2 18,9 1,0 2,0 3,7 100,0 2 805 1,3 Le plus élevé 20,5 28,9 3,1 28,4 2,0 11,9 5,3 100,0 2 939 4,8 Ensemble 45,2 28,6 2,3 17,0 0,8 3,4 2,7 100,0 13 989 0,0 Note : Le total inclut 11 ’ hommes dont l’âge est manquant. 1 A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès 7 classes du niveau moyen et secondaire. Graphique 2.3 Proportions d’hommes et de femmes sans instruction selon le milieu de résidence et la région 37 68 64 39 67 53 29 59 61 32 60 40 Urbain Rural Nord Ouest Centre Sud Résidence Région Femmes Hommes EDS-Continue 2015 24 • Caractéristiques des ménages 2.2.4 Fréquentation scolaire Au cours de l’enquête, des questions concernant la fréquentation scolaire ont également été posées à toutes les personnes âgées de 6 à 24 ans. Le Tableau 2.11 présente les taux nets et les taux bruts de fréquentation scolaire selon le niveau d’instruction, le sexe et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Le taux net de fréquentation scolaire mesure la fréquentation scolaire parmi les enfants d’âge officiel scolaire c’est-à-dire 6-11 ans pour le niveau primaire et 12-18 ans pour le niveau moyen et secondaire. Le taux brut de fréquentation scolaire mesure la fréquentation scolaire parmi les jeunes de n’importe quel âge compris entre 6 et 24 ans. Il équivaut au pourcentage de la population de 6-24 ans qui fréquente un niveau donné par rapport à la population d’âge scolaire officiel pour ce niveau. Pour un niveau d’études donné, le taux brut est pratiquement toujours plus élevé que le taux net du fait que des enfants plus âgés ou plus jeunes par rapport à l’âge normal de ce niveau sont inclus dans son calcul. Un taux net de 100 % signifierait que tous les enfants ayant l’âge normal d’un niveau d’études donné fréquentent ce niveau ; le taux brut peut être supérieur à 100 % si un nombre significatif d’enfants plus âgés ou plus jeunes par rapport à l’âge normal de fréquentation d’un niveau scolaire fréquentent ce niveau. La différence entre ces deux taux traduit la fréquentation scolaire par des enfants trop jeunes ou trop âgés pour un niveau scolaire donné. Le Tableau 2.11 révèle que dans l’ensemble, un peu plus d’un enfant de 6-11 ans sur deux (51 %) fréquente l’école primaire. On ne constate pas des écarts entre les garçons et les filles (50 % contre 51 %). Par contre, il est nettement plus élevé en milieu urbain (69 %) qu’en milieu rural (40 %). Les régions Ouest (66 %) et Sud (60 %) se caractérisent par les taux nets de fréquentation de l’école primaire les plus élevés ; à l’opposé, la région Centre enregistre le niveau le plus faible du pays (36 % %). Le taux net de fréquentation scolaire des filles est plus élevé que celui des garçons dans les régions Nord et Centre et est quasi identique dans la région Ouest. Le niveau de fréquentation de l’école primaire est positivement corrélé au niveau de bien-être économique du ménage : il passe de 41 % dans le quintile le plus bas à 75 % dans le plus élevé. La même tendance se dégage, aussi bien chez les garçons que chez les filles. En outre, dans l’ensemble, près de 74 personnes sur 100 fréquentent le niveau primaire. Selon le sexe, à l’image du taux net de fréquentation, on constate que le taux brut chez les filles (75 %) est peu diffèrent de celui des garçons (73 %). Le taux brut de fréquentation du primaire est plus élevé en milieu urbain (95 %) qu’en milieu rural (61 %). Les régions Ouest (91 %) et Sud (87 %) se caractérisent par les taux bruts de fréquentation les plus élevés. Avec 56 %, la région Centre a le taux brut de fréquentation au primaire le plus faible. Caractéristiques des ménages • 25 Tableau 2.11 Taux de fréquentation scolaire Taux net de fréquentation scolaire (TNF) et taux brut de fréquentation scolaire (TBF) de la population de fait des ménages, par sexe et niveau d’instruction, et indice de parité entre les genres selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Taux net de fréquentation scolaire1 Taux brut de fréquentation scolaire2 Caractéristique sociodémographique Homme Femme Ensemble Indice de parité entre les genres3 Homme Femme Ensemble Indice de parité entre les genres3 NIVEAU PRIMAIRE Résidence Urbain 68,3 69,5 68,9 1,02 93,3 96,4 94,8 1,03 Rural 39,0 40,4 39,7 1,04 60,2 62,0 61,1 1,03 Région Nord 37,6 46,9 42,0 1,25 57,9 66,1 61,8 1,14 Ouest 65,8 65,7 65,7 1,00 89,8 92,7 91,2 1,03 Centre 34,6 36,6 35,6 1,06 53,7 57,6 55,8 1,07 Sud 61,0 58,3 59,6 0,96 89,0 84,8 86,9 0,95 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 40,0 41,4 40,7 1,04 63,7 64,8 64,3 1,02 Second 42,2 42,9 42,5 1,02 62,8 67,5 65,0 1,08 Moyen 50,2 48,8 49,5 0,97 73,4 67,0 70,2 0,91 Quatrième 50,6 55,9 53,3 1,11 74,1 79,5 76,8 1,07 Le plus élevé 77,2 73,8 75,4 0,96 99,8 103,0 101,5 1,03 Ensemble 50,1 51,3 50,7 1,02 72,8 74,8 73,8 1,03 NIVEAU SECONDAIRE Résidence Urbain 41,6 45,5 43,6 1,09 102,5 99,9 101,2 0,97 Rural 18,5 18,6 18,5 1,01 48,9 44,5 46,7 0,91 Région Nord 20,3 26,4 23,3 1,30 46,3 54,3 50,1 1,17 Ouest 38,5 44,0 41,3 1,14 88,9 94,1 91,6 1,06 Centre 19,3 20,3 19,8 1,05 59,6 50,7 54,8 0,85 Sud 30,2 24,8 27,6 0,82 81,3 63,2 72,5 0,78 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 17,2 11,2 14,2 0,65 42,0 31,8 36,9 0,76 Second 18,0 21,0 19,5 1,16 53,8 48,2 51,0 0,90 Moyen 25,0 32,7 28,8 1,31 66,3 75,7 70,9 1,14 Quatrième 30,1 39,6 35,1 1,32 77,2 88,4 83,1 1,14 Le plus élevé 53,8 47,3 50,4 0,88 124,8 99,2 111,2 0,79 Ensemble 27,8 29,9 28,9 1,08 70,7 67,8 69,2 0,96 1 Le taux net de fréquentation scolaire (TNF) pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau primaire (A-B ans) qui fréquente l’école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau secondaire (C-D ans) qui fréquente l’école secondaire. Par définition le taux net de fréquentation ne peut excéder 100 %. 2 Le taux brut de fréquentation scolaire (TBF) au niveau primaire est le nombre total d’élèves du niveau primaire, exprimé en pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau primaire. Le taux brut de fréquentation scolaire au niveau secondaire est le nombre total d’élèves du niveau secondaire, exprimé en pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau secondaire. S’il y a pour un niveau donné un nombre important d’élèves plus âgés ou plus jeunes que l’âge officiel pour ce niveau, le TBF peut excéder 100 %. 3 L’indice de parité entre les genres pour le primaire est le ratio du TNF (TBF) au niveau primaire des filles sur le TNF (TBF) des garçons. L’indice de parité entre les genres pour le secondaire est le ratio du TNF (TBF) au niveau secondaire des filles sur le TNF (TBF) des garçons. Le Tableau 2.11 montre également que le niveau de fréquentation scolaire du cycle secondaire est faible puisque seulement 29 % des enfants de 12-18 ans le fréquentent. Ce taux net est beaucoup plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (44 % contre 19 %). Selon la région, il varie de 20 % au Centre à 41 % à l’Ouest. A l’exception de la région Sud, le taux net de fréquentation scolaire au secondaire des filles est généralement plus élevé que celui des garçons. Par ailleurs, de même qu’au niveau primaire, le taux net de fréquentation scolaire au niveau secondaire est positivement corrélé au niveau de bien-être économique. En outre, à l’exception du premier et du quintile le plus élevé, les filles se caractérisent par des taux plus élevés que les garçons Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire atteint 69 %, ce qui signifie que sur 100 personnes, seulement un peu plus de la moitié fréquente le niveau secondaire. La variation de ce taux selon le milieu de résidence est importante: 101 % pour le milieu urbain contre 47 % en milieu rural. Quelle 26 • Caractéristiques des ménages que soit la caractéristique socioéconomique, le taux brut de fréquentation du niveau secondaire est généralement plus élevé pour les garçons que pour les filles, sauf pour les régions Nord et Ouest, ainsi que les quintiles intermédiaires (moyen et quatrième). Les écarts les plus importants entre les garçons et les filles sont observés dans la région Sud (81 % des garçons contre 63 %) et les ménages du quintile le plus élevé (125 % contre 99 %). Le Tableau 2.11 présente également l’indice de parité de genre qui est le rapport entre le taux de fréquentation scolaire des femmes et celui des hommes. Plus l’indice de parité est proche de 1, moins l’écart de fréquentation scolaire entre les genres est important. Un indice égal à 1 indique l’égalité totale. Au Sénégal, l’indice estimé à 1,03 pour le niveau primaire, montre que les filles ne sont pas désavantagées sur le plan scolaire par rapport aux garçons. Toutefois, la région Sud, se démarque par un indice de parité favorable aux garçons (0,95). Au niveau du cycle secondaire, cet indice est inférieur à 1 (0,96 au niveau national). Cette sous- représentation des filles dans ce cycle varie selon le milieu de résidence et la région. Cet indice est légèrement plus faible en milieu rural que dans les zones urbaines : 0,91 contre 0,97. Au niveau régional, il est plus faible au Sud et au Centre (respectivement 0,78 et 0,85) et est supérieur à 1 dans les régions Nord et Ouest. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 27 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS 3 Awa CISSOKO, Jean Rodrigue MALOU, Djibril NDOYE e chapitre porte sur les caractéristiques sociodémographiques des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans enquêtés. L’enquête a, en effet, permis de recueillir diverses informations sur les enquêtés telles que l’âge, le milieu de résidence, l’état matrimonial, le niveau d’instruction et l’alphabétisation. D’autres informations concernant l’accès aux médias et l’activité économique sont aussi analysées. 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS Le Tableau 3.1 montre que les répartitions des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-49 ans par groupe d’âges quinquennaux présentent une allure régulière, les proportions de chaque groupe d’âges diminuant régulièrement au fur et à mesure que l’on avance vers les âges élevés. Pour les femmes, elles passent de 23 % pour les 15-19 ans à 6 % à 45-49 ans. Pour les hommes, les proportions varient de 24 % à 15-19 ans à 8 % à 45-49 ans. C Principaux résultats • Plus d’une femme sur deux (53 %) et un peu moins d’un homme sur deux (48 %) vivent en milieu rural. • La grande région Nord se caractérise par la plus faible proportion de femmes et d’hommes (respectivement 16 % et 14 %) • La proportion de femmes n’ayant reçu aucune instruction formelle est nettement plus élevée que celle des hommes (51 % contre 37 %). • La proportion de femmes sans aucun niveau d’instruction est particulièrement élevée dans les grandes régions du Nord et du Centre, (65 % chacune). • Seulement 7 % des femmes et 9 % des hommes de 15-49 ans sont exposés aux trois médias (radio, télévision et journaux) au moins une fois par semaine. 28 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Groupe d’âges 15-19 22,6 2 003 2 118 23,5 801 867 20-24 18,5 1 641 1 638 18,9 643 637 25-29 18,8 1 667 1 613 15,9 542 520 30-34 14,1 1 247 1 223 12,6 428 434 35-39 11,6 1 030 992 11,9 407 363 40-44 8,7 772 771 9,1 310 304 45-49 5,6 492 496 8,1 275 265 Religion Musulman 94,7 8 380 8 394 95,1 3 236 3 235 Chrétien 4,9 429 401 4,9 167 153 Animiste 0,5 41 55 0,0 1 1 Sans religion 0,0 1 1 0,0 1 1 Ethnie Wolof 39,8 3 524 2 989 36,0 1 224 1 023 Poular 26,5 2 341 2 798 26,8 913 1 074 Serer 15,0 1 330 1 062 17,3 591 459 Mandingue 6,2 548 782 7,0 240 366 Diola 3,7 324 316 4,7 159 179 Soninké 1,0 88 106 1,2 40 35 Autre/non Sénégalais 7,9 696 798 7,0 239 254 État matrimonial Célibataire 30,6 2 709 2 432 57,8 1 968 1 965 Marié 64,5 5 711 6 031 41,4 1 409 1 390 Vivant ensemble 0,2 20 17 0,1 3 4 Divorcé/séparé 3,6 317 274 0,7 22 26 Veuf 1,1 95 97 0,1 4 5 Résidence Urbain 47,5 4 205 3 244 52,0 1 771 1 317 Rural 52,5 4 646 5 607 48,0 1 634 2 073 Grande Région Nord 16,4 1 456 1 755 13,6 464 575 Ouest 38,2 3 384 1 492 43,4 1 477 655 Centre 28,5 2 520 2 904 24,7 843 1 015 Sud 16,8 1 491 2 700 18,3 622 1 145 Niveau d’instruction Pas d’instruction 50,9 4 505 4 925 36,9 1 255 1 391 Primaire 21,8 1 927 1 806 25,9 883 827 Moyen/secondaire ou plus 27,3 2 419 2 120 37,2 1 266 1 172 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 17,0 1 509 2 185 14,9 508 764 Second 17,8 1 579 2 041 18,1 616 831 Moyen 19,8 1 757 1 985 19,4 662 771 Quatrième 21,3 1 886 1 527 22,1 753 587 Le plus élevé 24,0 2 121 1 113 25,4 866 437 Ensemble 15-49 100,0 8 851 8 851 100,0 3 405 3 390 50-59 na na na na 329 344 Ensemble 15-59 na na na na 3 734 3 734 Note : Le niveau d’instruction correspond au plus haut niveau d’instruction atteint, qu’il ait été achevé ou non. na = non applicable En ce qui concerne la religion, on constate que 95 % des enquêtés se sont déclarés de confession musulmane ; Les chrétiens représentent 5 % des enquêtés. Les résultats selon l’ethnie montrent que la population se répartit essentiellement en trois grands groupes ethniques : le Wolof (40 % des femmes et 36 % des hommes) ; le Poular (27 % des femmes et des hommes) ; le Serer (15 % des femmes et 17 % des hommes). Puis viennent les mandingues (6 % des femmes et 7 % des hommes), les diolas (4 % des femmes et 5 % des hommes) et les soninkés (1 % des femmes et des hommes). Les autres groupes ethniques et les étrangers représentent en tout 8 % chez les femmes et 7 % chez les hommes. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 29 Les questions sur l’état matrimonial ont été posées à toutes les femmes et à tous les hommes éligibles dans le ménage. Dans le cadre de l’EDS-Continue, Sénégal 2015, la notion de l’ « union » s’applique à l’ensemble des femmes et des hommes qui se sont déclarés mariés (quel que soit le type de mariage) ou qui vivent maritalement avec un(e) partenaire. Selon cette définition, un peu de plus de trois femmes sur dix (31 %) sont célibataires et 65 % sont mariées. Chez les hommes, moins de trois hommes sur cinq (58 %) sont célibataires et 41 % sont en union. Moins de la moitié des femmes (48 %) et plus de la moitié des hommes (52 %) vivent en milieu urbain. Moins de deux femmes sur cinq (38 %) et plus de deux hommes sur cinq (43 %) vivent dans la grande région Ouest. La grande région Centre abrite près du tiers des femmes (29 %) et le quart des hommes (25 %) et 17 % des femmes et 18 % des hommes vivent dans la grande région du Sud. La grande région Nord se caractérise par la plus faible proportion (16 % des femmes et 14 % des hommes). La distribution selon le niveau d’instruction montre que plus d’une femme sur deux (51 % contre 37 % pour les hommes) n’a aucun niveau d’instruction alors plus d’une femme sur cinq (22 %) a un niveau primaire contre 26 % chez les hommes. Chez les femmes, la proportion de celles ayant une instruction moyen/secondaire ou plus est 27 % alors que chez les hommes représente 37 %. Le Tableau 3.1 présente également la répartition des hommes et des femmes selon le niveau de bien- être économique du ménage. On constate qu’ une femme sur six vit dans un ménage du quintile le plus bas (17 %), cette proportion est légèrement plus faible pour les hommes (15 %). À l’opposé, environ un quart des femmes (24 %) et une proportion légèrement plus élevée d’hommes (25 %) vivent dans un ménage classé dans le quintile le plus élevé. 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES Les Tableaux 3.2.1 et 3.2.2 indiquent la répartition des enquêtés selon le niveau d’instruction atteint par les femmes et les hommes selon différentes caractéristiques sociodémographiques des enquêtés. La proportion de femmes n’ayant reçu aucune instruction formelle est nettement plus élevée que celle des hommes (51 % contre 37 %). En ce qui concerne le primaire, 19 % des femmes contre 25 % des hommes n’ont pas achevé le cycle primaire et seulement 3 % des femmes contre 1 % des hommes ont atteint ce cycle. En ce qui concerne le niveau secondaire, on constate que 23 % des femmes contre 31 % des hommes n’ont pas achevé ce cycle et que moins d’un pour cent, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, ont achevé ce niveau. Enfin, 6 % des hommes et deux fois moins de femmes (6 % contre 3 %) ont achevé un cycle supérieur. 30 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.2.1 Niveau d’instruction : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années d’instruction achevées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Plus haut niveau d’instruction atteint Total Nombre médian d’années complétées Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Sans instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Groupe d’âges 15-24 35,1 16,6 3,8 41,9 0,7 1,9 100,0 4,8 3 643 15-19 31,9 16,9 3,8 46,4 0,5 0,5 100,0 5,2 2 003 20-24 38,9 16,3 3,8 36,4 0,9 3,7 100,0 4,4 1 641 25-29 55,3 20,4 2,0 14,3 1,5 6,5 100,0 - 1 667 30-34 62,2 24,2 1,8 7,6 0,5 3,7 100,0 - 1 247 35-39 63,7 20,9 1,9 9,4 1,2 2,9 100,0 - 1 030 40-44 74,4 17,3 2,1 5,1 0,1 0,9 100,0 - 772 45-49 60,9 18,0 2,9 13,6 0,2 4,4 100,0 - 492 Résidence Urbain 31,8 25,3 3,1 31,9 1,4 6,4 100,0 4,6 4 205 Rural 68,2 13,3 2,4 15,5 0,3 0,3 100,0 - 4 646 Grande Région Nord 65,0 9,7 6,3 18,0 0,4 0,7 100,0 - 1 456 Ouest 33,3 26,2 2,0 29,9 1,4 7,1 100,0 4,4 3 384 Centre 65,4 14,3 2,4 16,9 0,3 0,7 100,0 - 2 520 Sud 52,5 19,7 1,6 24,5 0,7 1,0 100,0 - 1 491 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 73,7 13,4 1,8 11,0 0,0 0,0 100,0 - 1 509 Second 67,7 12,7 1,9 17,4 0,1 0,1 100,0 - 1 579 Moyen 52,6 19,1 3,3 23,8 0,4 0,8 100,0 - 1 757 Quatrième 45,6 23,2 2,7 26,4 0,5 1,7 100,0 2,2 1 886 Le plus élevé 25,5 24,0 3,6 33,3 2,5 11,1 100,0 5,1 2 121 Ensemble 50,9 19,0 2,7 23,3 0,8 3,2 100,0 - 8 851 Note : Dans ce tableau et dans le texte, le niveau secondaire inclut le moyen. 1 A achevé avec succès les 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès les 7 classes du niveau secondaire (4 classes du niveau moyen et les 3 classes du niveau secondaire). Cependant, quel que soit le sexe, généralement le niveau d’instruction s’améliore des générations les plus anciennes aux générations les plus récentes,. la proportion de femmes sans niveau d’instruction passant de 74 % parmi celles de 40-44 ans à 32 % parmi celles 15-19 ans. Inversement, la proportion de femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus, varie de 6 % chez celles de 40-44 ans à 47 % chez celles de 15-19 ans. Chez les hommes, ce même effet de génération apparait puisque des générations anciennes aux plus récentes, les proportions de ceux sans niveau d’instruction sont passées de 52 % parmi ceux de 40-44 ans à 28 % parmi ceux de 15-19 ans. En ce qui concerne le niveau secondaire ou plus, les proportions varient de 25 % à 40-44 ans à 51 % à 15-19 ans. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 31 Tableau 3.2.2 Niveau d’instruction : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années d’instruction achevées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Plus haut niveau d’instruction atteint Total Nombre médian d’années complétées Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique Sans instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Groupe d’âges 15-24 28,6 18,9 1,8 48,0 0,3 2,4 100,0 5,4 1 444 15-19 28,1 18,8 2,6 50,6 0,0 0,0 100,0 5,3 801 20-24 29,2 19,0 0,9 44,9 0,6 5,3 100,0 5,8 643 25-29 37,6 27,7 0,4 19,6 1,4 13,4 100,0 4,1 542 30-34 41,7 36,3 0,8 12,5 1,1 7,7 100,0 2,8 428 35-39 42,1 32,1 1,7 20,1 0,6 3,4 100,0 4,0 407 40-44 52,0 22,2 1,1 18,5 1,2 5,0 100,0 - 310 45-49 46,7 22,7 0,4 21,2 0,1 8,9 100,0 1,4 275 Résidence Urbain 22,5 27,9 1,1 38,7 0,7 9,0 100,0 5,0 1 771 Rural 52,4 21,2 1,4 22,3 0,6 2,1 100,0 - 1 634 Grande Région Nord 51,5 19,8 0,6 25,4 0,0 2,6 100,0 - 464 Ouest 24,9 29,2 0,8 35,3 0,6 9,2 100,0 4,8 1 477 Centre 50,5 22,2 1,7 22,2 0,4 3,0 100,0 - 843 Sud 35,9 20,9 2,4 36,1 1,6 3,1 100,0 4,4 622 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 61,5 18,6 2,1 17,5 0,1 0,2 100,0 - 508 Second 51,4 21,2 1,1 23,9 0,4 2,0 100,0 - 616 Moyen 39,9 27,4 1,0 27,3 1,5 3,0 100,0 3,3 662 Quatrième 34,2 29,3 1,3 31,1 1,1 3,1 100,0 4,2 753 Le plus élevé 12,1 24,6 1,1 46,2 0,2 15,8 100,0 7,6 866 Ensemble 15-49 36,9 24,7 1,3 30,9 0,7 5,7 100,0 4,2 3 405 50-59 63,5 14,8 0,0 15,9 0,2 5,6 100,0 - 329 Ensemble 15-59 39,2 23,8 1,2 29,5 0,6 5,7 100,0 4,0 3 734 Note : Dans ce tableau et dans le texte, le niveau secondaire inclut le moyen. 1 A achevé avec succès les 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès les 7 classes du niveau secondaire (4 classes du niveau moyen et les 3 classes du niveau secondaire). Par ailleurs, le niveau d’instruction de la population varie en fonction du milieu de résidence. En effet, les proportions de femmes et d’hommes instruits sont plus élevées en milieu urbain qu’en milieu rural : en effet, seuls 32 % des femmes et 23 % des hommes sans niveau d’instruction vivent en milieu urbain, contre respectivement 68 % et 52 % en milieu rural Les résultats selon la région de résidence mettent également en évidence des disparités. La proportion de femmes sans aucun niveau d’instruction est particulièrement élevée dans les grandes régions de Nord et du Centre, avec 65 % chacune. Chez les hommes, c’est aussi dans ces deux régions que l’on constate les proportions les plus élevées de non instruits (52 % dans le Nord et 51 % dans le Centre). À l’opposé, la grande région de l’Ouest est celle qui compte la proportion la plus faible d’hommes et de femmes sans niveau d’instruction (respectivement 25 % et 33 %). Ce tableau montre aussi qu’il y a une relation positive entre le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique du ménage : en effet, les proportions de femmes et d’hommes sans instruction diminuent des ménages du quintile le plus bas au plus élevé. Dans la suite du rapport, le niveau d’instruction comportera les trois modalités que sont : • aucun niveau : les personnes qui n’ont jamais été à l’école, • Niveau primaire: les niveaux « primaire incomplet » et « primaire complet » seront regroupés en une seule catégorie. Il s’agit des personnes qui ont fréquenté l’école, mais ne sont pas entrées au niveau secondaire, 32 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Niveau secondaire ou plus: ce sont les personnes qui ont un niveau « secondaire incomplet, un niveau secondaire complet, ou bien un niveau supérieur ». 3.3 ALPHABÉTISATION Au cours de l’enquête, mises à part les questions posées sur la dernière classe achevée et le niveau d’instruction atteint par les enquêtés, on a demandé à ceux qui n’avaient aucun niveau d’instruction et à ceux qui avaient déclaré n’avoir atteint que le niveau primaire, de lire une phrase rédigée dans les langues nationales préparées à l’avance. Trois modalités ont été retenues : « peut lire toute la phrase », « peut lire une partie de la phrase », ou, « ne peut pas lire du tout ». Les enquêtés ayant atteint le niveau secondaire ou plus, considérés d’office comme étant alphabétisés, n’étaient pas concernés par cette question. Les résultats sont présentés au Tableau 3.3.1 pour les femmes et 3.3.2 pour les hommes. Plus de quatre femmes sur dix (42 %) et moins de six hommes sur dix (58 %) de 15-49 ans sont considérés comme étant alphabétisés. En comparant les Tableaux 3.2.1 et 3.3.1, on remarque que la proportion de femmes qui ne savent pas du tout lire est supérieure à la proportion de celles qui n’ont jamais fréquenté l’école (58 % contre 51 %). Cette différence révèle qu’une partie de la population féminine qui a fréquenté l’école ne l’a pas fait suffisamment au point de savoir lire et écrire, ou bien qu’après avoir quitté l’école, elle est redevenue analphabète en ayant désappris (désalphabétisation fonctionnelle). Les proportions de femmes et d’hommes de 15-49 ans alphabétisés varient sensiblement selon le milieu de résidence. En milieu urbain, 59 % des femmes et 71 % des hommes sont alphabétisés contre respectivement 27 % et 44 % en milieu rural. Tableau 3.3.1 Alphabétisation : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans par niveau d’instruction atteint et niveau d’alphabétisation et pourcentage de femmes alphabétisées selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Secondaire ou supérieur Pas d’instruction ou niveau primaire Total Pourcentage alpha- bétisée1 Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Peut lire une phrase entière Peut lire une partie de la phrase Ne peut pas lire Pas de carte dans la langue de l’enquêtée Aveugle/ malvoyant Groupe d’âges 15-24 44,5 6,8 5,2 43,0 0,4 0,1 100,0 56,6 3 643 15-19 47,4 6,8 5,5 40,0 0,3 0,0 100,0 59,7 2 003 20-24 41,0 6,8 4,9 46,6 0,5 0,1 100,0 52,8 1 641 25-29 22,3 8,9 7,4 60,8 0,5 0,0 100,0 38,7 1 667 30-34 11,8 10,2 7,7 70,1 0,2 0,0 100,0 29,7 1 247 35-39 13,5 8,7 7,9 69,9 0,0 0,0 100,0 30,0 1 030 40-44 6,2 9,9 6,3 77,6 0,0 0,0 100,0 22,4 772 45-49 18,2 10,1 6,1 65,5 0,0 0,0 100,0 34,5 492 Résidence Urbain 39,7 11,4 7,8 40,6 0,5 0,0 100,0 59,0 4 205 Rural 16,1 5,6 5,2 73,0 0,1 0,0 100,0 26,9 4 646 Grande Région Nord 19,1 6,0 5,7 69,2 0,0 0,0 100,0 30,8 1 456 Ouest 38,4 10,9 7,6 42,4 0,7 0,0 100,0 56,9 3 384 Centre 17,9 6,6 5,3 70,1 0,0 0,1 100,0 29,8 2 520 Sud 26,2 7,8 6,4 59,5 0,1 0,0 100,0 40,4 1 491 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 11,1 4,7 5,3 78,8 0,1 0,0 100,0 21,1 1 509 Second 17,7 5,5 4,0 72,8 0,1 0,0 100,0 27,1 1 579 Moyen 24,9 8,4 6,3 60,0 0,3 0,0 100,0 39,7 1 757 Quatrième 28,5 7,3 7,6 55,6 0,9 0,1 100,0 43,4 1 886 Le plus élevé 47,0 14,0 8,2 30,8 0,0 0,0 100,0 69,2 2 121 Ensemble 27,3 8,4 6,4 57,6 0,3 0,0 100,0 42,1 8 851 Note : Dans ce tableau et dans le texte, le niveau secondaire inclut le moyen. 1 C’est-à-dire les femmes qui ont, au moins, fréquenté l’école secondaire et celles qui peuvent lire une phrase entière ou une partie de phrase. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 33 L’examen des résultats selon la région met également en évidence des disparités spatiales du niveau d’alphabétisation: que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, comme on l’a constaté pour le niveau d’instruction. En effet, c’est dans les deux grandes régions de l’Ouest (57 % des femmes et 68 % des hommes) et du Sud (40 % des femmes et 57 % des hommes) que l’on observe les proportions d’alphabétisés les plus élevées. Pour ce qui est du quintile de bien être, comme il fallait s’y attendre, les proportions de femmes et d’hommes qui sont alphabétisés augmentent des ménages du quintile le plus bas au plus élevé. Par exemple, le pourcentage de femmes alphabétisées passe de 21 % parmi celles appartenant au quintile le plus bas à 69 % parmi celles appartenant au quintile le plus élevé. Pour les hommes, les pourcentages correspondants sont de 33 % et 84 %. Tableau 3.3.2 Alphabétisation : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans par niveau d’instruction atteint et niveau d’alphabétisation et pourcentage d’hommes alphabétisés selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Secondaire ou supérieur Pas d’instruction ou niveau primaire Total Pourcentage alphabétisé1 Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique Peut lire une phrase entière Peut lire une partie de la phrase Ne peut pas lire Pas de carte dans la langue de l’enquêté Aveugle/ malvoyant Groupe d’âges 15-24 50,7 9,2 5,4 34,3 0,4 0,0 100,0 65,3 1 444 15-19 50,6 10,7 5,6 32,8 0,2 0,0 100,0 66,9 801 20-24 50,9 7,3 5,2 36,2 0,5 0,0 100,0 63,3 643 25-29 34,3 15,2 8,9 41,1 0,4 0,0 100,0 58,5 542 30-34 21,2 18,6 11,4 48,0 0,6 0,2 100,0 51,2 428 35-39 24,1 24,6 8,4 42,3 0,6 0,0 100,0 57,1 407 40-44 24,7 15,5 5,8 52,0 2,0 0,0 100,0 46,1 310 45-49 30,3 10,8 6,4 51,4 1,2 0,0 100,0 47,4 275 Résidence Urbain 48,4 17,2 5,8 28,3 0,2 0,1 100,0 71,4 1 771 Rural 25,0 10,3 8,7 54,9 1,1 0,0 100,0 44,0 1 634 Grande Région Nord 28,0 10,1 12,8 49,1 0,0 0,0 100,0 50,9 464 Ouest 45,1 19,7 3,5 31,6 0,0 0,0 100,0 68,4 1 477 Centre 25,6 9,7 10,2 53,5 0,9 0,1 100,0 45,5 843 Sud 40,8 8,5 7,7 40,7 2,3 0,0 100,0 57,0 622 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 17,8 7,2 7,8 66,1 1,1 0,0 100,0 32,8 508 Second 26,3 7,5 7,6 57,1 1,4 0,0 100,0 41,4 616 Moyen 31,8 13,3 10,0 44,2 0,5 0,1 100,0 55,1 662 Quatrième 35,2 19,1 7,9 37,4 0,3 0,0 100,0 62,2 753 Le plus élevé 62,2 18,2 3,8 15,7 0,1 0,0 100,0 84,2 866 Ensemble 15-49 37,2 13,9 7,2 41,1 0,6 0,0 100,0 58,3 3 405 50-59 21,7 10,3 7,3 60,3 0,4 0,0 100,0 39,3 329 Ensemble 15-59 35,8 13,6 7,2 42,8 0,6 0,0 100,0 56,6 3 734 Note : Dans ce tableau et dans le texte, le niveau secondaire inclut le moyen. 1 C’est-à-dire les hommes qui ont, au moins, fréquenté l’école secondaire et qui peuvent lire une phrase entière ou une partie de phrase. 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS Les données relatives à l’exposition des femmes et des hommes aux médias sont particulièrement importantes pour la mise en place des programmes d’éducation et de diffusion d’informations dans tous les domaines, notamment dans ceux relatifs à la santé et à la planification familiale. Les Tableaux 3.4.1 et 3.4.2 présentent les données sur l’exposition des femmes et des hommes aux médias. Les résultats ne mettent pas en évidence de différences très importantes en ce qui concerne l’exposition aux médias. En effet, 22 % des femmes contre 21 % des hommes ne sont exposés à aucun média. 34 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés La radio1et la télévision2 sont les principaux médias utilisés par les enquêtés. En effet, chez les femmes, 59 % regardent la télévision au moins une fois par semaine et 56 % écoutent la radio au moins une fois par semaine alors que chez les hommes ces proportions sont respectivement de 64 % et de 58 %. Cependant, seulement 11 % des hommes et les femmes ont déclaré lire un journal au moins une fois par semaine. La proportion d’hommes qui ont été exposés à la fois aux trois médias (radio, télévision et journal) est peu différente de celle des femmes (9 % contre 7 %). Globalement, chez les femmes, l’âge influence l’exposition aux médias. Parmi celles de 40-44 ans, 27 % n’ont été exposées à aucun média contre 18 % parmi celles de 20-24 ans. En particulier, on note que seulement 4 % des femmes de 40-44 ans ont lu un journal au moins une fois par semaine contre 16 % à 20- 24 ans. Chez les hommes, la tendance est moins nette. Tableau 3.4.1 Exposition aux médias: Femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio, au moins, une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Lit un journal, au moins, une fois par semaine Regarde la télévision, au mois, une fois par semaine Écoute la radio, au moins, une fois par semaine Les trois médias, au moins, une fois par semaine Aucun média, au moins, une fois par semaine Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 10,1 58,7 46,7 5,9 24,1 2 003 20-24 15,6 63,5 61,1 11,2 18,1 1 641 25-29 12,0 59,1 59,3 8,2 21,0 1 667 30-34 8,9 63,6 58,1 7,4 20,2 1 247 35-39 8,8 56,9 56,8 5,6 24,1 1 030 40-44 4,0 51,9 56,2 3,1 27,0 772 45-49 8,6 56,4 59,6 7,6 21,0 492 Résidence Urbain 18,9 85,4 61,2 13,4 8,5 4 205 Rural 3,0 35,9 51,4 1,9 34,1 4 646 Grande Région Nord 4,6 48,4 50,0 2,3 27,9 1 456 Ouest 20,9 85,7 63,0 14,8 7,2 3 384 Centre 4,2 44,4 53,3 3,2 29,7 2 520 Sud 3,6 36,1 50,8 2,4 36,2 1 491 Niveau d’instruction Pas d’instruction 0,1 45,2 52,3 0,1 30,1 4 505 Primaire 7,9 71,7 59,8 6,3 14,8 1 927 Moyen/secondaire ou plus 32,0 76,2 60,1 21,7 12,3 2 419 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,7 5,8 45,4 0,1 52,4 1 509 Second 1,9 21,5 52,7 0,7 39,6 1 579 Moyen 4,7 65,1 55,2 2,6 18,7 1 757 Quatrième 8,8 89,0 55,4 6,2 7,3 1 886 Le plus élevé 30,3 94,8 67,5 22,4 2,7 2 121 Ensemble 10,5 59,4 56,1 7,4 21,9 8 851 Selon le milieu de résidence, les résultats font apparaître des différences importantes. En milieu rural, les populations sont beaucoup moins exposées aux médias qu’en milieu urbain. Parmi les femmes, 34 % en rural contre 9 % en urbain n’ont été exposées à aucun média. Chez les hommes, ces proportions sont respectivement de 35 % et de 9 %. 1 74 % des ménages au Sénégal possèdent un poste radio (voir Tableau 2.5) 2 52 % possède une télévision (voir Tableau 2.5) Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 35 Tableau 3.4.2 Exposition aux médias : Hommes Pourcentage d’hommes de 15-49 ans qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio, au moins, une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Lit un journal, au moins, une fois par semaine Regarde la télévision, au mois, une fois par semaine Écoute la radio, au moins, une fois par semaine Les trois médias, au moins, une fois par semaine Aucun média, au moins, une fois par semaine Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 3,5 61,2 28,1 2,2 31,2 801 20-24 10,1 65,8 54,4 7,1 23,1 643 25-29 17,5 67,8 63,2 15,6 21,7 542 30-34 8,5 62,1 69,6 7,9 17,1 428 35-39 14,6 71,2 74,4 12,9 12,2 407 40-44 10,3 61,0 76,8 7,4 13,5 310 45-49 15,9 58,3 75,5 13,1 15,1 275 Résidence Urbain 17,5 85,1 61,5 14,4 8,6 1 771 Rural 3,0 41,5 53,4 2,3 34,8 1 634 Grande Région Nord 2,0 39,1 31,7 1,4 47,3 464 Ouest 18,5 83,2 59,5 15,3 11,1 1 477 Centre 5,5 48,8 55,1 4,2 30,5 843 Sud 4,8 58,5 76,2 4,1 13,3 622 Niveau d’instruction Pas d’instruction 0,3 45,9 58,5 0,2 30,2 1 255 Primaire 4,8 69,5 56,6 4,8 19,6 883 Moyen/secondaire ou plus 24,7 78,6 57,5 19,6 13,4 1 266 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,7 22,9 60,0 0,2 36,4 508 Second 1,7 33,3 49,4 1,1 41,8 616 Moyen 4,3 67,7 56,5 3,2 21,4 662 Quatrième 10,2 84,0 60,3 8,7 11,1 753 Le plus élevé 27,7 90,4 60,7 22,9 6,4 866 Ensemble 15-49 10,6 64,2 57,6 8,6 21,2 3 405 50-59 11,1 46,2 71,5 9,6 20,7 329 Ensemble 15-59 10,6 62,6 58,9 8,7 21,2 3 734 Les résultats selon la région mettent également en évidence des disparités : la proportion de femmes n’ayant accès à aucun média est faible dans la grande région de l’Ouest avec une proportion de 7 %. Elle est, par contre, élevée dans les autres grandes régions : 28 % dans la grande région du Nord, 30 % dans la grande région du Centre et 36 % dans celle du Sud. Chez les hommes, la proportion de ceux n’ayant aucun accès aux médias reste faible dans les grandes régions de l’Ouest et du Sud avec respectivement 11% et 13% contre 47 % pour le Nord et 31 % pour le Centre. En outre, le niveau d’instruction semble influencer de manière importante le niveau d’exposition aux médias. Que ce soit chez les femmes ou chez les hommes, ceux ayant le niveau secondaire ou plus, sont les plus fréquemment exposés aux trois médias : 22 % des femmes et 20 % des hommes, contre seulement 6 % des femmes et 5 % de ceux ayant le niveau d’instruction primaire. Parmi ceux sans instruction, les résultats montrent que 30 % des femmes et des hommes ne sont exposées à aucun média, contre respectivement 12 % et 13 % de ceux ayant un niveau secondaire ou plus. Comme pour le niveau d’instruction, on note une relation positive entre le niveau de bien-être du ménage et l’exposition aux médias. Ce sont les hommes et les femmes vivant dans les ménages du quintile le plus élevé qui sont les plus fréquemment exposés aux trois médias : 23 % des hommes et 22 % des femmes, contre moins de 1 % des hommes et des femmes des ménages du quintile le plus bas. 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE DES ENQUETÉS Cette partie concerne les résultats sur l’activité 36 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés 3.5.1 Activité économique des femmes Lors de l’enquête, des questions relatives à l’emploi ont été posées. Ces questions ont permis d’identifier les hommes et les femmes qui travaillaient au moment de l’enquête ainsi que ceux qui ne travaillaient pas au moment de l’enquête mais qui avaient travaillé au cours des 12 mois qui avaient précédé l’enquête. Aux femmes et aux hommes qui travaillaient au moment de l’enquête ou qui avaient effectué un travail au cours des 12 mois précédant l’enquête, on a posé une série de questions sur le type d’emploi et, pour les femmes, sur la régularité de l’emploi et sur le type de rémunération. Les résultats du tableau 3.5.1 montrent que, dans l’ensemble, 55 % des femmes de 15-49 ans avaient effectué un travail quelconque au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, Dans 43 % des cas, les femmes travaillaient au moment de l’enquête, c’est-à-dire au cours des sept jours avant l’interview et 12 % ne travaillaient pas au moment de l’enquête. À l’opposé, 45 % n’avaient pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Les résultats selon l’âge permettent de constater que la proportion de femmes qui avaient travaillé récemment augmente régulièrement avec l’âge, passant d’un minimum de 23 % à 15-19 ans à un maximum de 67 % à 45-49 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les résultats montrent que ce sont les femmes en rupture d’union (62 %) qui étaient proportionnellement les plus nombreuses à avoir travaillé au cours des sept jours ayant précédé l’enquête, contre 47 % de celles en union et 32 % des célibataires. Le niveau d’activité varie également en fonction du nombre d’enfants vivants par femme : la proportion de femmes actives augmente avec le nombre d’enfants, passant de 33 % à la parité 0 à 60 % à la parité cinq ou plus. Les données selon le milieu de résidence font apparaître des différences : en milieu rural, 41 % des femmes travaillaient récemment contre 47 % en milieu urbain. Les résultats par région montrent que c’est dans celle du Nord que la proportion de femmes actives est la plus faible (31 %). Dans les autres régions, les proportions sont assez proches puisqu’elles varient de 47 % dans l’Ouest à 45 % dans le Centre et dans le Sud. On constate, en outre, que la proportion de femmes récemment actives est nettement plus faible parmi celles ayant un niveau secondaire ou plus (32 % contre 50 % parmi celles ayant un niveau primaire et 47 % parmi celles n’ayant aucun niveau d’instruction).Enfin, les résultats selon les quintiles de bien-être ne montrent pas d’écarts important entre les quatre premiers quintiles. Par contre, dans le quintile le plus élevé, la proportion de femmes qui travaillaient au cours des sept jours avant l’enquête est plus élevée (49 %). Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 37 Tableau 3.5.1 Emploi : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en fonction du fait qu’elles travaillent ou non, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 A travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête N’a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête Total Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Travaille actuellement1 Ne travaille pas actuellement Groupe d’âges 15-19 23,2 11,1 65,8 100,0 2 003 20-24 33,6 10,7 55,7 100,0 1 641 25-29 43,7 12,5 43,8 100,0 1 667 30-34 53,5 13,4 33,2 100,0 1 247 35-39 58,7 13,4 27,9 100,0 1 030 40-44 63,1 13,0 23,9 100,0 772 45-49 66,9 10,7 22,4 100,0 492 État matrimonial Célibataire 32,4 9,9 57,7 100,0 2 709 Mariée ou vivant ensemble 47,0 13,3 39,7 100,0 5 731 Divorcée/séparée/veuve 62,2 8,3 29,4 100,0 412 Nombre d’enfants vivants 0 33,4 9,8 56,7 100,0 3 285 1-2 40,2 11,4 48,4 100,0 2 247 3-4 50,9 12,7 36,4 100,0 1 708 5+ 59,6 16,5 23,9 100,0 1 611 Résidence Urbain 46,2 5,3 48,5 100,0 4 205 Rural 40,6 18,1 41,3 100,0 4 646 Grande Région Nord 31,2 10,1 58,7 100,0 1 456 Ouest 46,5 6,0 47,4 100,0 3 384 Centre 44,7 15,2 40,0 100,0 2 520 Sud 45,3 21,9 32,7 100,0 1 491 Niveau d’instruction Pas d’instruction 46,7 15,0 38,3 100,0 4 505 Primaire 49,9 9,9 40,2 100,0 1 927 Moyen/secondaire ou plus 31,6 8,2 60,2 100,0 2 419 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 41,0 28,3 30,7 100,0 1 509 Second 41,0 19,8 39,2 100,0 1 579 Moyen 43,0 7,2 49,9 100,0 1 757 Quatrième 41,1 4,5 54,4 100,0 1 886 Le plus élevé 48,9 5,2 45,9 100,0 2 121 Ensemble 43,3 12,0 44,7 100,0 8 851 1 « Travaille actuellement » concerne les femmes qui ont travaillé au cours des sept derniers jours, y compris celles qui n’ont pas travaillé au cours des sept derniers jours mais qui ont un emploi régulier et qui étaient absentes parce qu’elles étaient en congé, malades ou en vacances ou pour d’autres raisons. 3.5.2 Activité économique des hommes Du tableau 3.5.2 concernant les hommes de 15-49 ans, il ressort que 87 % d’entre eux avaient effectué un travail quelconque au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête (contre 55 % chez les femmes) : la majorité (78 %) avait travaillé au cours des sept derniers jours avant l’enquête. À l’opposé, 13 % des hommes n’avaient pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. On constate, comme chez les femmes, que le pourcentage d’hommes qui avaient travaillé récemment augmente avec l’âge : de 54 % à 15- 19 ans, la proportion passe à 93 % à 45-49 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les résultats montrent que la quasi-totalité des hommes en union (96 %) travaillaient au moment de l’enquête contre 66 % parmi les célibataires. Par ailleurs, les données selon le milieu de résidence, montrent que la proportion d’hommes qui travaillaient au moment de l’enquête est plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (86 % contre 71 %). Par rapport au niveau d’instruction, on remarque (comme chez les femmes) que les hommes sans niveau d’instruction travaillaient un peu plus fréquemment que les autres : 92 % exerçaient une activité, contre 70 % pour le niveau primaire et seulement 57 % pour le niveau secondaire ou plus. Enfin, on constate que les 38 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés variations dans les trois premiers quintiles de bien-être économique ne sont pas très importantes. Par contre, dans le quatrième et surtout dans le plus élevé, les proportions d’hommes actifs sont un plus faibles (respectivement 76 % et 66 %). Tableau 3.5.2 Emploi : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans en fonction du fait qu’ils travaillent ou non, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 A travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête N’a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête Manquant/ Ne sait pas Total Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique Travaille actuellement1 Ne travaille pas actuellement Groupe d’âges 15-19 53,6 16,0 30,5 0,0 100,0 801 20-24 68,6 12,3 19,2 0,0 100,0 643 25-29 87,4 5,4 7,2 0,0 100,0 542 30-34 91,4 7,1 1,5 0,0 100,0 428 35-39 96,3 2,2 1,5 0,0 100,0 407 40-44 93,6 4,6 1,9 0,0 100,0 310 45-49 92,7 4,4 3,0 0,0 100,0 275 État matrimonial Célibataire 65,9 12,7 21,4 0,0 100,0 1 968 Marié ou vivant ensemble 95,7 3,5 0,8 0,0 100,0 1 411 Divorcé/séparé/veuf (92,3) (4,0) (3,7) (0,0) 100,0 26 Nombre d’enfants vivants 0 68,1 12,1 19,8 0,0 100,0 2 095 1-2 94,9 3,5 1,6 0,0 100,0 593 3-4 95,5 3,6 0,9 0,0 100,0 397 5+ 94,3 3,8 1,9 0,0 100,0 320 Résidence Urbain 71,4 8,4 20,2 0,0 100,0 1 771 Rural 86,1 9,3 4,6 0,0 100,0 1 634 Grande Région Nord 82,1 6,0 11,9 0,0 100,0 464 Ouest 74,8 6,9 18,3 0,0 100,0 1 477 Centre 78,8 13,7 7,5 0,0 100,0 843 Sud 83,8 9,2 7,0 0,0 100,0 622 Niveau d’instruction Pas d’instruction 92,0 4,5 3,4 0,0 100,0 1 255 Primaire 89,6 5,6 4,8 0,0 100,0 883 Moyen/secondaire ou plus 57,2 15,4 27,4 0,0 100,0 1 266 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 87,7 11,4 0,9 0,0 100,0 508 Second 85,8 11,3 2,8 0,0 100,0 616 Moyen 83,2 7,6 9,2 0,0 100,0 662 Quatrième 76,2 5,7 18,1 0,0 100,0 753 Le plus élevé 66,1 9,3 24,6 0,0 100,0 866 Ensemble 15-49 78,4 8,8 12,7 0,0 100,0 3 405 50-59 89,7 5,3 5,0 0,0 100,0 329 Ensemble 15-59 79,4 8,5 12,0 0,0 100,0 3 734 1 « Travaille actuellement » concerne les hommes qui ont travaillé au cours des sept derniers jours, y compris ceux qui n’ont pas travaillé au cours des sept derniers jours mais qui ont un emploi régulier et qui étaient absents parce qu’ils étaient en congé, malades ou en vacances ou pour d’autres raisons. 3.6 CARACTÉRISTIQUES DE L’EMPLOI Cette section permettra de caractériser l’occupation des personnes âgées de 15 à 49 ans au cours des 12 derniers. Au regard de certaines caractéristiques sociodémographiques, la répartition des individus selon le type de leur occupation ou leur catégorie socioprofessionnelle sera analysée afin de faire ressortir la structure des emplois. 3.6.1 Occupation des femmes Les tableaux 3.7.1 et 3.7.2 présentent les résultats concernant le type d’occupation des femmes et des hommes de 15-49 ans au cours des 12 mois qui précédaient l’enquête. La majorité des femmes exerçait, au moment de l’enquête, une activité dans les ventes et services (35 %) ou travaillaient dans l’agriculture Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 39 (28 %) ; dans 12 % des cas, les femmes travaillaient comme employée de maison et 10 % exerçaient un emploi manuel qualifié. Seulement 5 % avaient un emploi de cadre/technicien. La répartition des femmes selon le type d’emploi varie selon les caractéristiques sociodémographiques. On constate que la proportion de femmes occupées dans les Ventes et Services augmente avec l’âge, de 12 % parmi celles de 15-19 ans à 52 % parmi celles de 45-49 ans. Par contre, les femmes travaillant comme employées de maison sont proportionnellement plus nombreuses dans les groupes d’âges les plus jeunes (31 % à 15-19 ans et 20 % à 20-24 ans contre 4 % à 45-49 ans). On note que la proportion de femmes qui travaillent dans l’agriculture est particulièrement élevée parmi celles dont le ménage est classée dans le quintile le plus bas (75 %). En milieu rural (49 %), dans les régions Centre (41 %) et Sud (54 %), et parmi les femmes sans instruction (39 %), les emplois dans l’agriculture sont les plus fréquents. La proportion de femmes exerçant un emploi de cadre est plus élevée parmi celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (24 %) et parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (16 %). Ce type d’emploi est aussi plus fréquent en milieu urbain (10 % contre 1 % en rural ) et dans la région Ouest (10 % contre 2 et 3 % dans les autres régions). Tableau 3.6.1 Occupation : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Cadre/ technicien/ direction Employé Ventes et services Manuel qualifié Manuel non qualifié Employé de maison Agri- culture Manquant Total Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 0,2 0,1 11,6 9,0 7,1 30,5 38,3 3,1 100,0 686 20-24 3,0 0,0 23,2 13,0 9,4 20,4 29,0 2,1 100,0 727 25-29 7,3 1,0 34,0 12,8 6,9 8,5 28,1 1,4 100,0 937 30-34 6,8 0,5 37,5 11,4 9,3 7,3 26,2 1,2 100,0 833 35-39 6,6 0,2 46,3 7,8 7,7 5,8 24,2 1,5 100,0 743 40-44 3,1 0,0 49,7 4,4 9,2 3,5 28,4 1,6 100,0 587 45-49 8,1 0,0 52,3 6,7 6,2 4,0 22,4 0,4 100,0 381 État matrimonial Célibataire 7,0 0,4 20,3 13,5 7,9 32,0 16,9 2,0 100,0 1 147 Marié ou vivant ensemble 4,1 0,3 39,3 8,4 8,2 4,6 33,5 1,6 100,0 3 457 Divorcé/séparé/veuf 7,8 0,0 42,0 11,8 6,9 17,8 12,1 1,6 100,0 290 Nombre d’enfants vivants 0 8,7 0,4 20,6 14,0 7,8 26,5 19,7 2,3 100,0 1 422 1-2 5,7 0,9 33,3 13,0 7,6 9,0 28,4 2,1 100,0 1 160 3-4 3,4 0,0 45,6 5,8 9,8 5,3 29,0 1,1 100,0 1 086 5+ 1,7 0,0 43,9 5,4 7,3 3,0 37,7 1,0 100,0 1 226 Résidence Urbain 10,0 0,7 49,6 12,6 6,7 17,0 2,4 1,2 100,0 2 167 Rural 1,1 0,1 23,4 7,6 9,2 7,6 48,9 2,0 100,0 2 728 Grande Région Nord 3,0 0,3 35,4 11,1 14,3 6,7 28,1 1,2 100,0 602 Ouest 10,0 0,8 47,0 13,2 7,0 18,3 2,7 1,1 100,0 1 778 Centre 1,9 0,0 27,3 8,9 8,1 9,2 41,4 3,1 100,0 1 511 Sud 2,1 0,0 25,2 4,4 6,2 7,2 54,2 0,8 100,0 1 003 Niveau d’instruction Pas d’instruction 0,2 0,4 34,0 8,0 8,3 8,3 39,0 1,8 100,0 2 780 Primaire 1,2 0,0 42,3 15,5 8,6 15,7 16,2 0,5 100,0 1 152 Moyen/secondaire ou plus 23,6 0,5 29,1 8,2 6,7 17,3 11,8 2,8 100,0 962 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,2 0,1 10,3 0,7 7,1 6,5 74,6 0,5 100,0 1 046 Second 0,7 0,1 23,8 5,5 10,9 10,5 47,2 1,2 100,0 960 Moyen 2,4 0,5 47,2 13,6 9,1 12,7 13,1 1,5 100,0 881 Quatrième 3,8 0,6 50,1 16,9 10,5 13,1 2,6 2,4 100,0 860 Le plus élevé 16,0 0,4 46,3 13,5 3,9 16,0 1,3 2,7 100,0 1 147 Ensemble 5,0 0,3 35,0 9,8 8,1 11,8 28,3 1,7 100,0 4 894 . 40 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés 3.6.2 Occupation des hommes À la différence des femmes, c’est dans l’agriculture (32 %) et dans les emplois manuels qualifiés (28 %) que la majorité des hommes de 15-49 ans en activité travaillaient ; Seulement 15 % étaient occupés dans les ventes et services. en outre, un homme sur dix était cadre ou technicien (10 %). Le type d’activité exercée par les hommes diffère selon le milieu de résidence. En milieu rural, plus d’un homme sur deux est occupé dans l’agriculture (53 % contre 10 % en urbain), près d’un homme sur cinq occupe un emploi manuel qualifié (19 %). En milieu urbain, 37 % exercent un emploi manuel qualifié et 16 % occupent une fonction de cadre. Le type d’activité varie aussi avec le niveau d’instruction : près d’un quart des hommes ayant un niveau secondaire ou plus (24 %) occupent une fonction de cadre mais près d’un tiers travaillent dans l’agriculture (32 %). Parmi les hommes ayant le niveau primaire, environ deux sur cinq ont un emploi manuel qualifié et 14 % travaillent dans les Ventes et Services. Le travail dans l’agriculture occupe deux hommes sans instruction sur cinq (40 %). Les résultats selon le niveau de bien-être économique montrent que 62 % des hommes vivant dans un ménage classé dans le quintile le plus bas travaillent dans l’agriculture et qu’à l’opposé, c’est dans les ménages du quintile le plus élevé que l’on observe la proportion la plus importante d’hommes exerçant une activité de cadre ou de technicien (27 %). Tableau 3.6.2 Occupation : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Cadre/ technicien/ direction Employé Ventes et services Manuel qualifié Manuel non qualifié Employé de maison Agriculture Manquant Total Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 0,7 0,3 5,2 15,5 9,6 0,0 56,5 12,2 100,0 557 20-24 4,2 0,0 11,5 27,5 9,0 0,2 41,3 6,3 100,0 519 25-29 13,2 1,3 14,2 31,7 10,2 0,1 25,8 3,6 100,0 503 30-34 10,5 1,5 21,8 34,5 10,6 0,0 19,1 2,0 100,0 422 35-39 13,6 1,6 24,0 31,8 9,8 0,0 18,1 1,1 100,0 400 40-44 14,6 1,1 17,8 26,6 12,8 0,0 26,2 1,0 100,0 304 45-49 18,0 1,4 16,2 28,9 9,9 0,0 23,9 1,7 100,0 267 État matrimonial Célibataire 6,3 0,5 9,2 27,3 9,9 0,1 39,0 7,7 100,0 1 547 Marié ou vivant ensemble 13,0 1,4 21,3 28,2 10,4 0,0 24,4 1,4 100,0 1 401 Divorcé/séparé/veuf (20,7) (0,0) (21,8) (11,8) (6,3) (0,0) (39,4) (0,0) 100,0 25 Nombre d’enfants vivants 0 6,4 0,5 11,2 26,6 9,3 0,1 38,7 7,2 100,0 1 681 1-2 14,6 2,1 21,1 30,7 12,1 0,0 18,1 1,3 100,0 584 3-4 16,9 1,2 20,9 26,4 10,8 0,0 22,1 1,6 100,0 394 5+ 7,7 0,7 16,5 28,6 9,6 0,0 35,9 1,0 100,0 314 Résidence Urbain 16,3 0,9 19,7 37,4 11,3 0,0 9,7 4,6 100,0 1 413 Rural 3,4 1,0 10,7 18,7 9,1 0,1 52,5 4,7 100,0 1 559 Grande Région Nord 7,5 0,8 12,1 20,8 9,9 0,4 45,9 2,8 100,0 408 Ouest 15,5 0,4 20,3 33,1 10,7 0,0 14,9 5,0 100,0 1 206 Centre 4,4 1,2 13,3 26,5 5,9 0,0 43,5 5,3 100,0 779 Sud 5,5 1,7 8,1 22,3 14,8 0,0 43,2 4,4 100,0 578 Niveau d’instruction Pas d’instruction 1,5 1,8 17,8 25,0 9,9 0,1 39,5 4,4 100,0 1 212 Primaire 5,5 0,3 13,9 40,8 11,3 0,0 21,8 6,4 100,0 841 Moyen/secondaire ou plus 23,9 0,3 12,3 18,8 9,3 0,0 31,9 3,3 100,0 919 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,4 0,7 7,1 11,8 14,5 0,0 61,5 4,0 100,0 503 Second 2,1 1,0 6,0 19,5 8,7 0,0 58,1 4,6 100,0 599 Moyen 6,6 0,8 13,8 32,6 9,1 0,2 31,6 5,2 100,0 601 Quatrième 8,5 2,0 21,6 42,7 9,6 0,0 10,9 4,6 100,0 617 Le plus élevé 27,1 0,2 24,1 28,2 9,4 0,1 6,3 4,7 100,0 653 Ensemble 15-49 9,5 0,9 15,0 27,6 10,1 0,0 32,1 4,7 100,0 2 972 50-59 10,3 3,2 10,2 22,5 15,5 1,1 35,3 1,9 100,0 313 Ensemble 15-59 9,6 1,1 14,5 27,1 10,6 0,2 32,4 4,4 100,0 3 285 Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 41 3.7 CARACTÉRISTIQUES DE L’EMPLOI DES FEMMES Le tableau 3.7 présente la répartition des femmes ayant eu un emploi au cours des 12 derniers mois par type d’emploi agricole ou non agricole, selon certaines caractéristiques de l’emploi. Dans l’ensemble, 67 % des femmes ont été payées en argent seulement pour le travail effectué. À l’opposé, dans 24 % des cas, les femmes ont exercé un travail qui n’a pas été rémunéré. Six femmes sur dix (60 %) travaillaient à leur propre compte et 58 % travaillaient toute l’année. La comparaison des résultats entre le travail agricole et non agricole montre que les conditions de travail entre les deux secteurs sont différentes. Tout d’abord, 57 % des femmes qui travaillaient dans le domaine agricole n’ont pas été payées contre 10 % quand le travail effectué n’était pas dans l’agriculture. En outre, 86 % des femmes travaillant ailleurs que dans l’agriculture ont été payées en argent seulement contre 21 % quand le travail est dans le secteur agricole. Les résultats selon le type d’employeur font également apparaître des différences entre les femmes travaillant dans les domaines agricole et non agricole. Ainsi, dans le secteur agricole, 54 % des femmes travaillaient à leur propre compte et 43 % pour un membre de la famille. Parmi les femmes ne travaillant pas dans le domaine agricole, ces proportions sont respectivement de 63 % et de 10 % ; En outre, parmi les femmes ayant un emploi non agricole, 79 % occupaient un emploi à l’année contre 5 % parmi celles qui travaillaient dans le domaine agricole. Tableau 3.7 Type d’emploi : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête en fonction du type de rémunération, du type d’employeur et de la régularité de l’emploi, selon le secteur agricole et non-agricole, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique de l’emploi Travail agricole Travail non agricole Manquant Ensemble Type de revenu Argent seulement 20,9 85,6 64,1 66,9 Argent et en nature 18,9 4,1 5,5 8,3 En nature seulement 3,1 0,3 0,0 1,1 Pas rémunérée 57,0 10,1 30,4 23,7 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Type d’employeur Employée par un membre de la famille 42,8 9,8 8,2 19,1 Employée par quelqu’un qui n’est pas membre de la famille 2,8 27,5 31,1 20,6 Travaille à son propre compte 54,3 62,7 60,7 60,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Régularité de l’emploi Toute l’année 4,6 79,3 59,9 57,8 Saisonnier 94,2 13,8 22,5 36,7 Occasionnel 1,2 6,9 17,5 5,5 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes ayant eu un emploi au cours des 12 derniers mois 1 386 3 426 82 4 894 Note : L’ensemble comprend les femmes dont l’information sur le type d’emploi est manquante et qui ne sont pas présentées séparément. Nuptialité • 43 NUPTIALITÉ 4 Fatou Bintou Niang CAMARA, Nafissatou DIOP et Samba Cor SARR e chapitre présente les niveaux, différentiels et tendances de la nuptialité. Dans le contexte sénégalais, celle-ci constitue en effet un déterminant proche, important, de la fécondité par son rôle majeur dans l’exposition des femmes au risque de grossesse. Par ailleurs, l’activité sexuelle des femmes sera également abordée, puisqu’elle influence aussi largement leur comportement procréateur. 4.1 ÉTAT MATRIMONIAL Au Sénégal où la population compte 95 % de musulmans, le mariage est une pratique générale et le célibat définitif est plutôt un phénomène marginal. Le mariage constitue l’évènement qui légalise le début d’exposition au risque de grossesse. Dans le cadre de l’EDS-Continue 2015, le terme union s’applique à l’ensemble des femmes et des hommes qui se sont déclarés mariés ou qui vivent maritalement avec un/une partenaire. Entrent donc dans cette catégorie, aussi bien les mariages civils, religieux et coutumiers, que les unions de fait. Nous verrons dans la suite que cette dernière catégorie est plutôt rare. Le Tableau 4.1 présente la répartition des femmes et des hommes selon leur état matrimonial au moment de l’enquête. Près des deux tiers des femmes de 15-49 ans (65 %) et environ quatre hommes de 15- 49 ans sur dix (42 %) étaient en union au moment de l’enquête. Au Sénégal, l’union se réduit au mariage, seulement 0,2 % des femmes et 0,1 % des hommes vivaient avec un/e conjoint/e sans être mariés (union consensuelle). Le célibat concernait 31 % des femmes de 15-49 ans et 58 % des hommes du même groupe d’âges; 3 % des femmes et 3 % des hommes étaient divorcés ou séparés. Environ une femme sur cent (1 %) et seulement 0,1 % des hommes étaient veufs. Le calendrier de la nuptialité plus tardif chez les hommes explique les plus forts pourcentages d’hommes encore célibataires. La pratique de la polygamie explique, en partie, les faibles proportions de divorcés et de veufs parmi les hommes. C Principaux résultats • Au moment de l’enquête, près des deux–tiers des femmes (65 %) et environ quatre hommes de 15-49 ans sur dix (42 %) étaient en union. • Le célibat concernait 31 % des femmes de 15-49 ans et 58 % des hommes du même groupe d’âges. • Près d’un tiers des femmes en union avaient, au moins, une coépouse. • Moins d’un homme sur cinq (17 %) est polygame. • L’âge médian d’entrée en première union des femmes âgées de 25-49 ans à l’enquête est de 19,5 ans. • l’âge médian à la première union est estimé à 29,8 ans parmi les hommes de 30-59 ans. • L’âge médian à la première union n’a pratiquement pas varié des générations anciennes aux plus récentes. • L’âge médian aux premiers rapports sexuels a légèrement varié des générations anciennes aux plus récentes dans le sens d’un vieillissement. 44 • Nuptialité Tableau 4.1 État matrimonial actuel Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans par état matrimonial actuel, selon l’âge, EDS-Continue, Sénégal 2015 État matrimonial Total Pour- centage d’enquêtés actuelleme nt en union Effectif d’enquêtésGroupe d’âges Célibataire Marié Vivant ensemble Divorcé Séparé Veuf FEMME Groupe d’âges 15-19 78,0 21,3 0,0 0,5 0,1 0,1 100,0 21,3 2 003 20-24 41,6 54,8 0,1 3,1 0,2 0,2 100,0 54,8 1 641 25-29 17,1 77,8 0,5 3,6 0,3 0,7 100,0 78,3 1 667 30-34 7,2 85,9 0,5 5,4 0,2 0,8 100,0 86,4 1 247 35-39 4,7 88,6 0,2 5,4 0,1 1,0 100,0 88,7 1 030 40-44 3,5 89,3 0,2 2,5 0,4 4,1 100,0 89,5 772 45-49 2,6 84,9 0,0 7,2 0,0 5,3 100,0 84,9 492 Ensemble 15-49 30,6 64,5 0,2 3,4 0,2 1,1 100,0 64,7 8 851 HOMME Groupe d’âges 15-19 99,7 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 0,3 801 20-24 94,6 5,1 0,1 0,1 0,0 0,0 100,0 5,2 643 25-29 64,0 35,2 0,0 0,8 0,0 0,0 100,0 35,2 542 30-34 31,1 68,2 0,4 0,3 0,0 0,0 100,0 68,6 428 35-39 11,9 87,4 0,0 0,5 0,0 0,2 100,0 87,4 407 40-44 6,8 90,9 0,0 2,1 0,2 0,0 100,0 90,9 310 45-49 4,2 92,3 0,0 1,1 1,5 0,9 100,0 92,3 275 Ensemble 15-49 57,8 41,4 0,1 0,5 0,1 0,1 100,0 41,5 3 405 50-59 3,0 93,8 0,0 3,1 0,0 0,1 100,0 93,8 329 Ensemble 15-59 53,0 46,0 0,1 0,8 0,1 0,1 100,0 46,1 3 734 Le même tableau montre également que les proportions de femmes célibataires diminuent rapidement avec l’âge, passant de 78 % à 15-19 ans à 17 % à 25-29 ans et à 4 % à 40-44 ans ; après 45 ans, le célibat est rare (moins de 3 %). Inversement, la proportion de femmes mariées augmente avec l’âge. Elle passe de 21 % à 15-19 ans à 55 % à 20-24 ans, pour atteindre son maximum à 35-44 ans (89 %). Comme pour les femmes, le pourcentage d’hommes célibataires diminue rapidement avec l’âge, à l’inverse du pourcentage de ceux qui sont mariés. Les hommes se marient plus tard: à 20-24 ans, 95 % sont encore célibataires contre 42 % chez les femmes (Graphique 4.1). Graphique 4.1 Proportions de célibataires par âge 78 42 17 7 5 4 3 31 100 95 64 31 12 7 4 58 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 15-49 Femme Homme Pourcentage EDS-Continue 2015 Nuptialité • 45 4.2 PRATIQUE DE LA POLYGAMIE Les données de l’enquête ont permis de distinguer les femmes qui vivaient en union monogamique de celles qui vivaient en union polygamique. Le Tableau 4.2.1 présente la répartition des femmes en union selon le nombre de coépouses et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Malgré la prédominance des unions monogamiques (68 %), la polygamie est une pratique assez répandue puisqu’elle concerne 32 % des femmes en union. La forme de polygamie la plus courante est la bigamie (77 % des cas de polygamie). Seulement 7 % des femmes en union ont deux coépouses ou plus. La proportion de femmes en union polygamique augmente régulièrement avec l’âge, passant de 15 % à 20-24 ans à 34 % à 30-34 ans et à 50 % au-delà de 40 ans. Tableau 4.2.1 Nombre de coépouses Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans, actuellement en union, par nombre de coépouses, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Nombre de coépouses Total Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique 0 1 2+ Groupe d’âges 15-19 85,7 11,7 2,6 100,0 427 20-24 85,0 12,8 2,0 99,8 900 25-29 77,1 18,4 4,4 100,0 1 305 30-34 65,8 27,5 6,7 100,0 1 077 35-39 56,6 33,4 10,1 100,0 914 40-44 49,9 35,9 14,2 100,0 691 45-49 48,6 34,2 17,2 100,0 418 Résidence Urbain 76,5 19,6 3,8 100,0 2 261 Rural 62,8 27,5 9,6 99,9 3 470 Grande Région Nord 72,0 21,8 6,0 99,9 1 046 Ouest 78,0 18,8 3,3 100,0 1 821 Centre 60,2 28,4 11,5 100,0 1 837 Sud 61,6 29,8 8,5 99,9 1 027 Niveau d’instruction Pas d’instruction 62,2 28,6 9,1 100,0 3 769 Primaire 76,4 20,0 3,6 99,9 1 212 Moyen/secondaire ou plus 85,3 10,3 4,5 100,0 750 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 60,8 29,5 9,6 99,9 1 208 Second 65,2 26,3 8,3 99,9 1 136 Moyen 69,1 24,6 6,3 100,0 1 139 Quatrième 72,6 21,2 6,2 100,0 1 176 Le plus élevé 74,1 19,9 6,1 100,0 1 072 Ensemble 68,2 24,4 7,3 100,0 5 731 Les résultats mettent également en évidence des écarts importants dans la fréquence de la pratique de la polygamie selon certaines caractéristiques socioéconomiques. En effet, la proportion de femmes en union polygamique est plus importante en milieu rural (37 %) qu’en milieu urbain (23 %). De même, la fréquence de cette pratique est également très variable d’une région à l’autre : c’est dans la région Ouest (22 %) qu’elle est le moins pratiquée contre 38 % dans le Sud et 40 % dans le Centre (Graphique 4.2). Par ailleurs, la proportion de femmes en union ayant au moins une coépouse diminue avec le niveau d’instruction : 38 % chez les femmes n’ayant aucun niveau d’instruction, 24 % chez celles ayant le niveau primaire et 15 % chez celles ayant le niveau moyen/secondaire ou plus. Enfin, les résultats selon l’indice de bien-être économique montrent que la proportion de femmes en union polygame diminue du quintile le plus bas au plus élevé, passant de 39 % à 27 %. 46 • Nuptialité Graphique 4.2 Proportions de femmes en union polygame selon certaines caractéristiques sociodémographiques En ce qui concerne les hommes (Tableau 4.2.2), on constate que le taux de polygamie ou rapport des hommes en union polygamique sur l’ensemble des hommes mariés, est de 17 % dans le groupe d’âges 15-59 ans. Négligeable avant 30 ans (moins de 3 %), ce taux augmente rapidement après cet âge pour atteindre 5 % à 30-34 ans, 19 % à 40-44 ans et 24 % à 45-49 ans. Les résultats selon le milieu de résidence font apparaître une différence très nette entre le milieu rural (15 % de polygames) et le milieu urbain (9 %) (Graphique 4.3). Comme pour les femmes, c’est dans les régions du Sud (17 %) et du Centre (16 %), que les pourcentages d’hommes ayant au moins deux épouses sont les plus importants. Inversement, la polygamie est moins répandue dans les régions du Nord et de l’Ouest (9 % chacune) (Graphique 4.3). Selon le niveau d’instruction, on remarque que c’est parmi les hommes ayant le niveau primaire que le taux de polygamie est, de loin, le plus faible (4 % contre 9 % parmi ceux ayant le niveau moyen/secondaire ou plus et 18 % parmi ceux n’ayant aucun niveau d’instruction). Enfin, le taux de polygamie est nettement plus élevé dans les ménages des deux premiers quintiles que dans les autres. 23 37 28 22 40 38 38 24 15 39 35 31 27 26 32 Résidence Urbain Rural Grande Région Nord Ouest Centre Sud Niveau d'instruction Pas d'instruction Primaire Moyen/secondaire ou plus Quintiles de bien-être économique Le plus bas Second Moyen Quatrième Le plus élevé Sénégal EDS-Continue 2015 Nuptialité • 47 Tableau 4.2.2 Nombre d’épouses Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans, actuellement en union, par nombre d’épouses, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Nombre d’épouses Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique 1 2+ Manquant Total Groupe d’âges 15-19 * * * 100,0 2 20-24 (98,0) (2,0) (0,0) 100,0 34 25-29 97,2 2,8 0,0 100,0 191 30-34 94,7 5,3 0,0 100,0 294 35-39 88,7 11,3 0,0 100,0 355 40-44 81,5 18,5 0,0 100,0 281 45-49 76,5 23,5 0,0 100,0 254 Résidence Urbain 90,7 9,3 0,0 100,0 696 Rural 84,8 15,2 0,0 100,0 715 Grande Région Nord 90,6 9,4 0,0 100,0 188 Ouest 90,8 9,2 0,0 100,0 602 Centre 84,0 16,0 0,0 100,0 364 Sud 83,4 16,6 0,0 100,0 257 Niveau d’instruction Pas d’instruction 82,0 18,0 0,0 100,0 720 Primaire 95,6 4,4 0,0 100,0 405 Moyen/secondaire ou plus 90,7 9,3 0,0 100,0 286 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 82,0 18,0 0,0 100,0 245 Second 85,5 14,5 0,0 100,0 256 Moyen 90,1 9,9 0,0 100,0 267 Quatrième 90,3 9,7 0,0 100,0 305 Le plus élevé 89,2 10,8 0,0 100,0 338 Ensemble 15-49 87,7 12,3 0,0 100,0 1 411 50-59 63,7 36,3 0,0 100,0 309 Ensemble 15-59 83,4 16,6 0,0 100,0 1 720 * Un astérisque indique qu'une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu'elle a été supprimée. Graphique 4.3 Proportions d’hommes en union polygame selon le milieu et la région de résidence 16 17 9 9 9 15 17 Centre Sud Nord Ouest Urbain Rural Sénégal Pourcentage EDS-Continue 2015 48 • Nuptialité La comparaison des résultats avec ceux de l’enquête de 2010-2011 montre que, quel que soit le facteur sociodémographique considéré, la pratique de la polygamie a nettement reculé au profit des unions monogamiques, chez les femmes. Par contre, chez les hommes, la pratique de la polygamie a augmenté passant de 12 % à 17 % entre 2010-2011 et 2015. En particulier, on observe cette tendance à la hausse parmi les hommes jeunes (à 35-39 ans, 9 % contre 11 %) et chez ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (4 % et 11 %). 4.3 ÀGE À LA PREMIÈRE UNION Il est important d’étudier le calendrier de la primo-nuptialité en raison de la relation étroite entre l’âge à la première union et le début de la vie féconde. Le Tableau 4.3 présente les proportions de femmes et d’hommes non célibataires déjà en union à différents âges exacts, ainsi que les âges médians à la première union en fonction de l’âge actuel. Tableau 4.3 Âge à la première union Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans par âge exact à la première union et âge médian à la première union selon l’âge actuel, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage en première union avant d’atteindre l’âge exact : Pourcentage de célibataires Effectif d’enquêtés Âge médian à la première union Age actuel 15 18 20 22 25 FEMME Groupe d’âges 15-19 4,9 na na na na 78,0 2 003 a 20-24 8,5 31,0 46,8 na na 41,6 1 641 a 25-29 9,5 34,5 50,9 63,0 76,1 17,1 1 667 19,9 30-34 9,4 35,1 52,2 64,1 79,5 7,2 1 247 19,7 35-39 10,2 41,0 54,6 68,2 79,3 4,7 1 030 19,2 40-44 12,3 45,6 62,3 72,1 82,1 3,5 772 18,5 45-49 9,1 39,9 53,0 67,1 76,2 2,6 492 19,6 20-49 9,6 36,4 52,2 na na 16,7 6 848 19,7 25-49 10,0 38,1 53,8 66,0 78,5 8,9 5 208 19,5 HOMME Groupe d’âges 15-19 0,0 na na na na 99,7 801 a 20-24 0,0 0,6 1,5 na na 94,6 643 a 25-29 0,0 0,6 2,5 4,7 17,8 64,0 542 a 30-34 0,0 1,0 2,8 9,0 19,5 31,1 428 29,5 35-39 0,0 1,5 4,4 8,5 20,5 11,9 407 29,7 40-44 0,0 1,4 5,6 10,3 19,9 6,8 310 a 45-49 0,0 0,4 2,3 6,4 19,8 4,2 275 a 20-49 0,0 0,9 3,0 na na 44,9 2 604 a 25-49 0,0 1,0 3,4 7,6 19,4 28,6 1 961 a 20-59 0,0 0,9 3,2 na na 40,2 2 933 a 25-59 0,0 1,0 3,7 7,8 20,0 24,9 2 290 a 30-59 0,0 1,2 4,1 8,8 20,6 12,8 1 749 29,8 Note : L’âge à la première union est défini comme étant l’âge auquel l’enquêté(e) a commencé à vivre avec son premier époux/épouse/ partenaire na = Non applicable pour cause de troncature. a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont commencé à vivre pour la première fois avec leur conjoint(e)/partenaire avant d’atteindre le début du groupe d’âges. Au Sénégal, l’âge d’entrée en union des femmes est assez précoce. En effet, 10 % des femmes âgées de 25-49 ans au moment de l’enquête étaient déjà en union avant d’atteindre l’âge de 15 ans, bien que dans le code de la famille adopté depuis 1973, une femme ne puisse contracter un mariage avant l’âge de 16 ans. Près de deux femmes sur cinq (38 %) étaient déjà en union en atteignant 18 ans exacts; avant d’atteindre 22 ans, 66 % des femmes étaient déjà en union et avant d’atteindre 25 ans exacts, cette proportion est de 79 % (Tableau 4.4). L’âge médian d’entrée en première union des femmes de 25-49 ans est de 19,5 ans ; il est de 19,7 ans parmi les femmes de 20-49 ans. Cet âge médian n’a pratiquement pas varié au fil des générations . Nuptialité • 49 Entre 2010-2011 et 2015, l’âge à la première union n’a pas varié, 19,6 ans et 19,7 ans chez les femmes de 20-49 ans. Les hommes entrent en première union à un âge beaucoup plus tardif que les femmes : dans le groupe d’âges 25-29 ans, près des deux tiers sont toujours célibataires (64 %) contre 17 % chez les femmes; l’âge médian à la première union est estimé à 29,8 ans parmi les hommes de 30-59 ans. Le Tableau 4.4 et le Graphique 4.4 présentent les âges médians à la première union des femmes de 20-49 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Le milieu de résidence influe beaucoup sur le calendrier du premier mariage. Les femmes du milieu urbain se marient plus tard que celles du milieu rural (22,0 ans contre 18,1 ans parmi les femmes de 25-49 ans). Les différences inter régionales sont également importantes (Graphique 4.4) : aux deux extrêmes, on trouve l’Ouest (âge médian de 21,8 ans) et le Nord et le Sud qui ont les âges médians à la première union les plus précoces.(18,2 ans chacune) et le Centre ( 18, 7 ans). De même, l’âge d’entrée en union varie fortement sous l’influence du niveau d’instruction : l’âge médian passe de 18,2 ans chez les femmes sans instruction à 20,9 ans chez celles de niveau primaire. Enfin, l’âge médian à la première union augmente avec le niveau de bien-être, et il est particulièrement élevé chez les femmes appartenant aux ménages du quintile le plus élevé (23,6 ans contre 17,3 ans chez les femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas). Tableau 4.4 Âge médian à la première union selon certaines caractéristiques sociodémographiques Âge médian à la première union des femmes de 20-49 ans et de 25-49 ans et, des hommes de 20-54[59] ans et de 25-54[59] ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Âge des femmes Âge des hommes Caractéristique sociodémographique 20-49 25-49 30-59 Résidence Urbain a 22,0 a Rural 18,2 18,1 28,4 Grande Région Nord 18,4 18,2 29,5 Ouest a 21,8 a Centre 18,7 18,7 28,6 Sud 18,4 18,2 29,0 Niveau d’instruction Pas d’instruction 18,2 18,2 28,2 Primaire a 20,9 a Moyen/secondaire ou plus a a a Quintiles de bien-être économique Le plus bas 17,3 17,3 27,0 Second 18,0 17,8 28,0 Moyen 19,4 19,2 29,9 Quatrième a 20,5 a Le plus élevé a 23,6 a Ensemble 19,7 19,5 29,8 Note : L’âge à la première union est défini comme étant l’âge auquel l’enquêté(e) a commencé à vivre avec son premier conjoint(e)/partenaire. a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont commencé à vivre pour la première fois avec leur conjoint(e)/partenaire avant d’atteindre le début du groupe d’âges. 4.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS En tant que déterminant de la fécondité, l’âge aux premiers rapports sexuels est tout aussi important que l’âge à la première union, les rapports sexuels n’ayant pas exclusivement lieu dans le cadre de l’union. Pour cette raison, on a demandé aux personnes enquêtées, l’âge auquel elles avaient eu, pour la première fois, des rapports sexuels. Au Tableau 4.5, sont présentées les proportions de femmes et d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels avant d’atteindre certains âges exacts, les pourcentages n’ayant jamais eu de rapports sexuels et l’âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l’âge actuel. 50 • Nuptialité Tableau 4.5 Âge aux premiers rapports sexuels Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans ayant eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre certains âges exacts, pourcentage n’ayant jamais eu de rapports sexuels et âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l’âge actuel, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage ayant déjà eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre l’âge exact de : Pourcentage n’ayant jamais eu de rapports sexuels Effectif Âge médian aux premiers rapports sexuels Âge actuel 15 18 20 22 25 FEMME Groupe d’âges 15-19 5,8 na na na na 74,8 2 003 a 20-24 9,4 34,3 52,2 na na 35,5 1 641 19,7 25-29 10,1 36,6 53,7 66,2 77,3 14,2 1 667 19,5 30-34 8,7 38,9 55,2 67,4 79,6 5,1 1 247 19,3 35-39 11,6 43,8 59,0 71,5 81,7 2,8 1 030 18,8 40-44 13,6 48,7 65,2 74,8 83,6 0,9 772 18,1 45-49 10,0 42,8 60,0 71,1 79,6 1,9 492 18,9 20-49 10,3 39,4 56,2 na na 13,6 6 848 19,2 25-49 10,6 41,0 57,4 69,2 79,9 6,7 5 208 19,0 15-24 7,4 na na na na 57,1 3 643 a HOMME Groupe d’âges 15-19 5,9 na na na na 86,6 801 a 20-24 3,7 15,5 27,1 na na 64,0 643 a 25-29 1,6 11,3 26,5 39,3 55,1 33,4 542 24,2 30-34 1,8 10,6 21,8 36,0 53,9 11,2 428 23,8 35-39 1,4 13,9 31,4 43,2 56,1 2,1 407 23,4 40-44 1,8 13,1 28,3 39,8 53,1 0,9 310 24,3 45-49 1,8 11,2 30,3 46,2 63,5 0,2 275 22,6 20-49 2,2 12,8 27,3 na na 25,0 2 604 a 25-49 1,7 12,0 27,3 40,4 55,9 12,3 1 961 23,7 15-24 4,9 na na na na 76,5 1 444 a 20-59 2,1 12,3 27,0 na na 22,3 2 933 a 25-59 1,7 11,4 27,0 40,0 55,2 10,6 2 290 23,8 na = Non applicable pour cause de troncature. a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre le début du groupe d’âges. Avant d’atteindre 15 ans exacts, 10 % des femmes de 20-49 ans avaient déjà eu des rapports sexuels. Cette proportion est de 56 % avant d’atteindre 20 ans exacts. L’âge médian aux premiers rapports sexuels chez les femmes âgées de 20-49 ans est estimé à 19,2 ans et parmi celles âgées de 25-49 ans, il est estimé à 19 ans. Cet âge est quasiment le même que celui d’entrée en première union (19,7 ans contre 19,2 ans parmi celles de 20-49 ans et 19,5 contre 19 ans parmi celles de 25-49 ans ) (Graphique 4.4). Par ailleurs, des générations les plus anciennes aux plus récentes, on note un très léger vieillissement de cet âge médian aux premiers rapports sexuels, celui-ci étant passé de 18,9 ans parmi les femmes de 45-49 ans à 19,7 ans parmi celles de 20-24 ans. Enfin, 14 % des femmes de 20-49 ans ont déclaré n’avoir jamais eu de rapports sexuels. Nuptialité • 51 Graphique 4.4 Âges médians des femmes à la première union et aux premiers rapports sexuels Chez les hommes âgés de 25-59 ans, 11 % avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre l’âge de 18 ans ; cette proportion passe à 40 % en atteignant 22 ans et 55% à 25 ans. L’âge médian des hommes aux premiers rapports sexuels qui s’établit à 23,8 ans parmi ceux âgés de 25-59 ans à l’enquête, varie légèrement, comme chez les femmes, dans le sens d’un vieillissement des générations les plus anciennes aux plus jeunes. Comme on peut le voir au Tableau 4.6, cet âge médian aux premiers rapports sexuels varie selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes et des hommes. Tableau 4.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels certaines caractéristiques sociodémographiques Âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 20-49 ans et de 25-49 ans et des hommes de 20-54[59] ans et de 25-54[59] ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Âge des femmes Âge des hommes Caractéristique sociodémographique 20-49 25-49 20-59 25-59 Résidence Urbain a 20,7 a 23,4 Rural 17,9 17,9 a 24,3 Grande Région Nord 18,6 18,4 a a Ouest a 20,9 a 23,8 Centre 18,5 18,5 a a Sud 17,1 17,0 19,9 20,4 Niveau d’instruction Pas d’instruction 18,0 18,1 a a Primaire 19,7 20,0 a 22,8 Moyen/secondaire ou plus a 23,5 a 22,1 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 17,1 17,1 a 23,1 Second 17,6 17,5 a 24,2 Moyen 18,9 18,7 a 24,9 Quatrième a 20,2 a 24,5 Le plus élevé a 22,5 a 22,7 Ensemble 19,2 19,0 a 23,8 a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre le début du groupe d’âges. 18 19 22 18 18 21 18 22 20 17 19 21 18 18 20 24 18 21 19 Sud Centre Ouest Nord RÉGION Aucun Primaire Moyen/secondaire ou + NIVEAU D'INSTRUCTION Rural Urbain MILIEU DE RÉSIDENCE SÉNÉGAL Âge (en années) Rapports sexuels Union EDS-Continue 2015 Âge médian pour les femmes de 25-49 ans l'âge médian à la 1ere union n'est pas présenté pour le niveau moyen/secondaire ou + parce que moins de 50 % des femmes sont en première union 52 • Nuptialité Les femmes urbaines commencent leur vie sexuelle 2,8 ans plus tard que celles du milieu rural (20,7 ans contre 17, 9 ans parmi celles de 25-49 ans) (Graphique 4.5). Les femmes ayant le niveau d’instruction moyen/secondaire ou plus débutent leur vie sexuelle 5,4 ans plus tard que celles qui n’ont aucun niveau (23,5 ans contre 18,1 ans). De même, les femmes vivant dans un ménage du quintile le plus élevé (22,5 ans) débutent leur vie sexuelle beaucoup plus tard que celles des ménages du quintile le plus bas (17,1 ans, soit 5,4 ans d’écart). Les différences entre les régions sont importantes. L’Ouest (20,9 ans) est la région dans laquelle les femmes commencent le plus tardivement leur vie sexuelle; à l’inverse, c’est dans la Sud (17 ans) que l’entrée dans la vie sexuelle est la plus précoce. Chez les hommes, on ne constate pas tout à fait les mêmes tendances et les écarts sont moins importants que chez les femmes (Graphique 4.5) ; contrairement à ce qui a été observé chez les femmes, l’âge médian aux premiers rapports sexuels est légèrement plus précoce en milieu urbain qu’en milieu rural (23,4 contre 24,3) ; de même, l’acquisition d’un niveau d’instruction plus élevé n’est pas associé à un âge aux premiers rapport sexuel plus tardif (22,8 pour le niveau primaire contre 22,1 pour le moyen/secondaire ou plus). Les variations selon le niveau de bien-être économique sont assez irrégulières et moins importantes que chez les femmes. Graphique 4.5 Âges médians des femmes et des hommes aux premiers rapports sexuels 4.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE La fréquence des rapports sexuels est également un facteur influençant l’exposition au risque de grossesse, en particulier lorsque la prévalence de la contraception moderne est faible, comme c’est le cas au Sénégal. Le Tableau 4.7.1 présente les résultats sur l’activité sexuelle des femmes âgées de 15-49 ans. Dans l’ensemble, 44 % des femmes étaient sexuellement actives au moment de l’enquête, car elles ont déclaré avoir eu au moins une fois, des rapports sexuels durant les quatre semaines ayant précédé l’enquête. À l’opposé, plus d’une femme sur quatre (27 %) n’avaient jamais eu de rapports sexuels. Dans 19 % des cas, les femmes avaient eu leurs derniers rapports sexuels dans la période de 1-11 mois avant l’enquête et pour 10 % d’entre elles, les derniers rapports sexuels remontaient à plus d’un an. 17 19 21 18 18 20 24 18 21 19 20 24 23 22 24 23 24 Sud Centre Ouest Nord RÉGION Aucun Primaire Moyen/secondaire ou + NIVEAU D'INSTRUCTION Rural Urbain MILIEU DE RÉSIDENCE SÉNÉGAL Âge (en années) Homme Femme EDS-Continue 2015 Âge médian pour les femmes de 25-49 ans et pour les hommes de 25-59 ans l'âge médian aux premiers rapports sexuels des hommes n'est pas présenté pour les régions du Centre et du Nord et pour les hommes sans niveau d'instruction parce ce que moins de 50 % avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels Nuptialité • 53 Tableau 4.7.1 Activité sexuelle récente des femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en fonction du moment auquel ont eu lieu leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Derniers rapports sexuels : N’a jamais eu de rapports sexuels Total Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Au cours des quatre dernières semaines Au cours de la dernière année1 Il y a un an ou plus Groupe d’âges 15-19 14,1 8,3 2,9 74,8 100,0 2 003 20-24 35,1 21,3 8,1 35,5 100,0 1 641 25-29 50,9 22,7 12,2 14,2 100,0 1 667 30-34 58,8 22,8 13,3 5,1 100,0 1 247 35-39 60,1 21,6 15,5 2,8 100,0 1 030 40-44 65,3 19,5 14,2 0,9 100,0 772 45-49 61,7 19,4 16,9 1,9 100,0 492 État matrimonial Célibataire 2,0 5,0 4,9 88,1 100,0 2 709 En union 66,2 24,8 8,4 0,7 100,0 5 731 En rupture d’union 5,4 22,4 71,7 0,4 100,0 412 Durée de l’union2 0-4 ans 60,0 31,2 5,8 3,0 100,0 1 290 5-9 ans 67,1 25,3 7,6 0,0 100,0 1 184 10-14 ans 66,9 24,0 9,2 0,0 100,0 889 15-19 ans 68,3 22,3 9,4 0,0 100,0 726 20-24 ans 69,3 22,7 8,0 0,0 100,0 466 25 ans+ 75,2 17,9 6,8 0,0 100,0 434 Mariée plus d’une fois 65,2 21,2 13,6 0,0 100,0 741 Résidence Urbain 38,7 15,2 11,1 35,0 100,0 4 205 Rural 48,2 21,7 9,6 20,6 100,0 4 646 Grande Région Nord 45,1 20,5 10,5 23,9 100,0 1 456 Ouest 40,4 13,9 9,4 36,3 100,0 3 384 Centre 48,5 21,0 7,3 23,2 100,0 2 520 Sud 41,6 23,4 17,3 17,7 100,0 1 491 Niveau d’instruction Pas d’instruction 55,1 22,0 10,9 12,0 100,0 4 505 Primaire 44,1 18,0 12,7 25,2 100,0 1 927 Moyen/secondaire ou plus 22,1 12,9 7,2 57,8 100,0 2 419 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 51,0 22,1 10,1 16,8 100,0 1 509 Second 50,5 21,1 8,1 20,3 100,0 1 579 Moyen 43,5 20,1 10,6 25,8 100,0 1 757 Quatrième 43,0 16,1 10,9 30,1 100,0 1 886 Le plus élevé 34,2 15,3 11,3 39,2 100,0 2 121 Ensemble 43,7 18,6 10,3 27,4 100,0 8 851 1 Non compris les femmes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines. 2 Non compris les femmes qui ne sont pas actuellement en union. La proportion de femmes sexuellement actives au cours des quatre semaines avant l’enquête augmente avec l’âge ; elle passe d’un minimum de 14 % à 15-19 ans (âge auquel 75 % n’ont jamais eu de rapports sexuels), à 35 % à 20-24 ans et à un maximum de 65 % à 40-44 ans. En ce qui concerne l’état matrimonial, les résultats montrent que la proportion de célibataires sexuellement actives est très faible (2 %), de même que chez les femmes en rupture d’union (5 %). À l’opposé, deux femmes mariées sur trois (66 %) étaient sexuellement actives au cours des quatre dernières semaines; en outre, 25 % d’entre elles avaient eu leurs derniers rapports sexuels au cours de la dernière année. Par ailleurs, la durée de l’union semble influer sur l’activité sexuelle récente, la proportion de femmes sexuellement actives au cours des quatre dernières semaines augmentant avec la durée de l’union, passant de 60 % à la durée 0-4 ans à 68 % à la durée 15-19 ans et à 75 % à 25 ans et plus . La proportion de femmes sexuellement actives est plus élevée en milieu rural (48 %) qu’en milieu urbain (39 %)et dans les régions de l’Ouest (40 %) et du Sud (42 %) que dans celles des régions du Centre (49 %) et du Nord (45 %). Par ailleurs, 55 % des femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction se sont déclarées sexuellement actives contre 22 % de celles de niveau d’instruction moyen/secondaire ou plus. Enfin, la proportion de femmes sexuellement actives décroît avec le niveau de bien-être économique. 54 • Nuptialité Le Tableau 4.7.2 présente les résultats sur l’activité sexuelle des hommes. Au moment de l’enquête, 41 % des hommes de 15-59 ans avaient eu leurs derniers rapports sexuels au cours des quatre semaines ayant précédé l’enquête, et à, l’opposé, 36 % d’entre eux n’avaient jamais eu de rapports sexuels. Pour 15 % des hommes, les derniers rapports sexuels ont eu lieu au cours de la dernière année. Le pourcentage d’hommes sexuellement actifs augmente avec l’âge. On ne note pas d’écart selon le milieu de résidence (37 % en rural contre 36 % en urbain). Comme observé chez les femmes, la proportion d’hommes ayant déclaré être sexuellement actifs au cours des quatre dernières semaines diminue avec le niveau d’instruction. Les variations selon le niveau de bien-être économique sont assez irrégulières et ne traduisent pas de tendance. Tableau 4.7.2 Activité sexuelle récente des hommes Répartition (en %) des hommes en fonction du moment auquel ont eu lieu leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Derniers rapports sexuels : N’a jamais eu de rapports sexuels Total Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique Au cours des quatre dernières semaines Au cours de la dernière année1 Il y a un an ou plus Manquant Groupe d’âges 15-19 2,7 5,3 5,4 0,0 86,6 100,0 801 20-24 8,3 17,2 10,5 0,0 64,0 100,0 643 25-29 30,2 21,8 14,6 0,0 33,4 100,0 542 30-34 58,4 21,4 9,0 0,0 11,2 100,0 428 35-39 74,3 18,9 4,7 0,0 2,1 100,0 407 40-44 79,7 14,4 3,7 1,3 0,9 100,0 310 45-49 78,4 17,0 4,4 0,0 0,2 100,0 275 État matrimonial Célibataire 6,2 13,9 12,0 0,2 67,7 100,0 1 968 En union 80,0 17,2 1,8 0,0 1,0 100,0 1 411 En rupture d’union (9,4) (54,1) (36,5) (0,0) (0,0) 100,0 26 Durée de l’union2 0-4 ans 72,2 22,0 2,4 0,0 3,3 100,0 411 5-9 ans 79,8 18,2 2,0 0,0 0,0 100,0 315 10-14 ans 85,3 13,0 1,7 0,0 0,0 100,0 223 15-19 ans 80,9 17,6 1,5 0,0 0,0 100,0 134 20-24 ans 83,7 15,8 0,5 0,0 0,0 100,0 45 25 ans+ * * * * * 100,0 10 Marié plus d’une fois 85,8 13,0 1,3 0,0 0,0 100,0 274 Résidence Urbain 36,4 15,4 9,2 0,2 38,7 100,0 1 771 Rural 37,2 15,8 6,6 0,0 40,4 100,0 1 634 Grande Région Nord 37,2 10,4 7,4 0,0 45,0 100,0 464 Ouest 37,4 13,2 7,6 0,3 41,5 100,0 1 477 Centre 37,3 12,3 5,4 0,0 45,0 100,0 843 Sud 34,3 29,8 12,5 0,0 23,3 100,0 622 Niveau d’instruction Pas d’instruction 44,6 15,8 5,0 0,0 34,5 100,0 1 255 Primaire 42,8 14,6 8,3 0,0 34,3 100,0 883 Moyen/secondaire ou plus 24,8 16,1 10,7 0,3 48,1 100,0 1 266 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 37,5 19,9 8,3 0,0 34,3 100,0 508 Second 35,8 17,2 6,4 0,0 40,7 100,0 616 Moyen 37,1 15,2 7,9 0,0 39,8 100,0 662 Quatrième 35,8 13,6 9,3 0,0 41,3 100,0 753 Le plus élevé 37,7 14,1 7,7 0,5 40,0 100,0 866 Ensemble 15-49 36,8 15,6 8,0 0,1 39,5 100,0 3 405 50-59 83,2 11,9 4,0 0,0 0,9 100,0 329 Ensemble 15-59 40,9 15,3 7,6 0,1 36,1 100,0 3 734 * Un astérisque indique qu'une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu'elle a été supprimée. 1 Non compris les hommes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines. 2 Non compris les hommes qui ne sont pas actuellement en union. Fécondité • 55 FÉCONDITÉ 5 Fatou Bintou Niang CAMARA omme dans les enquêtes démographiques et de santé précédentes, y compris dans l’EDS-Continue 2014, des informations ont été collectées dans l’EDS-Continue 2015 sur l’histoire génésique des femmes afin d’estimer les niveaux de la fécondité, de dégager ses tendances et de mettre en évidence les éventuelles différences entre certains groupes socioéconomiques. On a demandé à toutes les femmes de 15-49 ans, le nombre total d’enfants nés vivants qu’elles avaient eus, ceux vivant avec elles et ceux vivant ailleurs, ainsi que ceux qui étaient encore en vie et ceux qui étaient décédés. Ensuite, l’historique complet des naissances de l’enquêtée a été établi, de la plus ancienne à la plus récente, en enregistrant, pour chaque naissance, le type de naissance (simple ou multiple), le sexe, la date de naissance et l’âge actuel. Les données collectées permettent d’estimer, non seulement, le niveau de la fécondité sur la période actuelle, mais également les tendances passées de la fécondité au cours des 20 dernières années précédant l’enquête. Cependant, il convient de mentionner certaines limites inhérentes aux enquêtes rétrospectives. Il s’agit : • du sous enregistrement de naissances, en particulier l’omission d’enfants en bas âge, d’enfants qui ne vivent pas avec leur mère, d’enfants qui meurent très jeunes, quelques heures ou quelques jours seulement après la naissance, ce qui peut entraîner une sous-estimation des niveaux de fécondité; • de l’imprécision des déclarations de date de naissance et/ou d’âge, en particulier l’attraction pour des années de naissance ou pour des âges ronds, qui pourrait entraîner des sous-estimations ou des surestimations de la fécondité à certains âges et/ou pour certaines périodes; • du biais sélectif de la survie, c’est-à-dire que les femmes enquêtées sont celles qui sont survivantes. Si l’on suppose que la fécondité des femmes décédées avant l’enquête est différente de celle des survivantes, les niveaux de fécondité obtenus s’en trouveraient légèrement biaisés. Les informations peuvent également être affectées par le mauvais classement des dates de naissance d’enfants nés depuis 2010, transférées vers les années précédentes. Ces transferts d’année de naissance, que l’on retrouve dans la plupart des enquêtes de type EDS, sont parfois effectués par les enquêtrices pour éviter de poser les questions sur la santé des enfants nés depuis 2010 (Sections 4 et 5 du questionnaire). On constate C Principaux résultats • L’indice synthétique de fécondité pour les trois années précédant l’enquête est estimé à 4,9 enfants par femme. • Le niveau de la fécondité est nettement plus faible en milieu urbain qu’en milieu rural (ISF de 3,5 contre 6,1 enfants par femme). • Les écarts de niveau de fécondité sont importants entre régions : Avec un ISF de 3,5 enfants par femme, l’Ouest a le niveau de fécondité le plus faible ; dans les autres régions, l’ISF est supérieur à 5 enfants par femme. • Depuis 1986, on observe une tendance à la baisse de la fécondité, l’ISF étant passé de 6,4 enfants à 4,9 en 2015. • L’âge médian à la première naissance est estimé à 21,1 ans chez les femmes âgées de 25-49 ans à l’enquête et il n’a pas subi de modification importante des générations les plus anciennes aux plus récentes. 56 • Fécondité que des transferts de naissances se sont produits1 de 2010 vers 2009. Cependant, ces transferts ne sont pas importants au point d’affecter de façon significative les niveaux actuels de fécondité. 5.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE Le niveau de la fécondité est mesuré par les taux de fécondité par âge et l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) ou somme des naissances réduites. Les taux de fécondité par âge sont calculés en rapportant les naissances issues des femmes de chaque groupe d’âges à l’effectif des femmes du groupe d’âges correspondant. Quant à l’ISF, qui est un indicateur conjoncturel de fécondité, il est obtenu à partir du cumul des taux de fécondité par âge. Il correspond au nombre moyen d’enfants que mettrait au monde une femme à la fin de sa vie féconde si les taux de fécondité du moment restaient invariables. Pour la fécondité actuelle, les taux de fécondité et l’ISF ont été calculés pour la période des trois années ayant précédé l’enquête. Cette période de référence de trois années a été choisie afin de pouvoir fournir des indicateurs de fécondité les plus récents possibles et tout en disposant de suffisamment de cas afin de réduire les erreurs de sondage. Le Tableau 5.1, illustré par le Graphique 5.1, montre que les taux de fécondité par âge suivent un schéma classique observé, en général, dans les pays à forte fécondité : une fécondité précoce élevée (80 ‰ à 15-19 ans), qui augmente très rapidement pour atteindre son maximum à 25-29 ans (226 ‰) et qui, par la suite, décroît régulièrement pour tomber à 16 ‰ à 45-49 ans. Globalement, la fécondité des femmes sénégalaises demeure encore élevée : une femme donne naissance, en moyenne, à 4,9 enfants en fin de vie féconde. Le taux global de fécondité générale (TGFG), c’est-à-dire le nombre annuel moyen de naissances vivantes dans la population des femmes en âge de procréer, et le taux brut de natalité (TBN) qui est le rapport entre nombre de naissances vivantes et la population moyenne de l’année, sont respectivement estimés à 161 ‰ et 36 ‰2. Tableau 5.1 Fécondité actuelle Taux de fécondité par âge, Indice Synthétique de Fécondité (ISF), et Taux Global de Fécondité Générale (TGFG) et Taux Brut de Natalité (TBN) pour la période des trois années ayant précédé l’enquête selon le milieu de résidence, EDS-Continue, Sénégal 2015 Résidence Ensemble Groupe d’âges Urbain Rural 15-19 45 108 80 20-24 118 256 189 25-29 165 282 226 30-34 186 241 213 35-39 128 196 164 40-44 54 111 83 45-49 5 31 16 ISF (15-49) 3,5 6,1 4,9 TGFG 116 201 161 TBN 28,1 41,5 35,7 Notes : Les taux sont exprimés pour 1 000 femmes. Les taux pour le groupe d’âges 45-49 ans peuvent être légèrement biaisés pour cause de troncature. Les taux correspondent à la période 1-36 mois avant l’interview. ISF : Indice Synthétique de Fécondité, exprimé pour une femme. TGFG : Taux Global de Fécondité Générale, exprimé pour 1 000 femmes de 15-44 ans. TBN : Taux Brut de Natalité exprimé pour 1 000 individus. 1 À l’Annexe C, le Tableau C.4 fournit la distribution des naissances par année de naissance. Le rapport de naissances annuelles (rapport des naissances de l’année x à la demi somme des naissances des années précédentes et suivantes, rend compte des déplacements d’années de naissance. Le rapport semble indiquer un manque de naissances en 2010 (rapport = 87 < 100) et un excédent en 2009 (rapport = 114> 100). 2 Le Taux Global de Fécondité Générale (TGFG) est le nombre annuel moyen de naissances vivantes dans la population des femmes en âge de procréer. Fécondité • 57 Graphique 5.1 Fécondité par âge Ce niveau global de fécondité varie de manière importante selon le milieu de résidence (Tableau 5.2 et Graphique 5.2). La fécondité est nettement plus faible en milieu urbain qu’en milieu rural (ISF de 3,5 contre 6,1 enfants par femme). En fin de vie féconde, les femmes des zones rurales donneraient naissance, en moyenne, à plus de 2 enfants de plus que celles du milieu urbain. Cette différence de niveau de fécondité entre milieu urbain et milieu rural s’observe à tous les âges, y compris chez les adolescentes de moins de 20 ans (45 ‰ en urbain contre 108 ‰ en rural). Tableau 5.2 Fécondité selon certaines caractéristiques Indice Synthétique de Fécondité pour les trois années ayant précédé l’enquête, pourcentage de femmes de 15-49 ans actuellement enceintes et nombre moyen d’enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans, selon certaines caractéristiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique Indice synthétique de fécondité Pourcentage de femmes de 15-49 ans actuellement enceintes Nombre moyen d’enfants nés vivants des femmes de 40-49 ans Résidence Urbain 3,5 6,6 4,4 Rural 6,1 9,8 6,5 Grande région Nord 5,2 7,9 5,4 Ouest 3,5 6,9 4,4 Centre 5,9 10,2 6,3 Sud 5,9 8,6 6,6 Niveau d’instruction Pas d’instruction 6,0 10,1 6,1 Primaire 4,3 9,2 4,5 Moyen/secondaire ou plus 3,1 4,1 3,8 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 7,3 10,4 7,4 Second 6,2 10,3 6,5 Moyen 5,0 8,2 5,7 Quatrième 4,0 8,5 4,8 Le plus élevé 2,8 5,2 3,7 Ensemble 4,9 8,3 5,5 Note : l’Indice Synthétique de Fécondité correspond à la période 1-36 mois avant l’interview. 0 50 100 150 200 250 15 20 25 30 35 40 45 Naissances pour mille EDS-Continue 2015Âge de la femme 58 • Fécondité Graphique 5.2 Fécondité par âge selon le milieu de résidence L’ISF varie également de façon très importante selon la région de résidence. On constate un écart important entre l’Ouest (3,5) et les autres régions où le nombre d’enfants par femmes est supérieur à 5 : le Nord dont l’ISF est de 5,2 et le Centre et le Sud où l’ISF atteint 5,9. Le Tableau 5.2 met aussi en évidence l’influence du niveau d’instruction des femmes sur le niveau de la fécondité, le nombre moyen d’enfants variant de 6 quand les femmes n’ont aucun niveau d’instruction à 4,3 quand elles ont le niveau primaire et à 3,1 quand elles ont le niveau moyen/secondaire ou plus. Les résultats selon les quintiles de bien-être économique mettent en évidence l’influence du niveau socio-économique sur le niveau de la fécondité : des ménages du quintile le plus bas à ceux du quintile le plus élevé, on constate que le nombre moyen d’enfants diminue, passant de 7,3 à 5,0 dans le quintile moyen et à 2,8 dans le plus élevé.). Au Tableau 5.2 figure également le nombre moyen d’enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans, nombre assimilable à la descendance finale. À l’inverse de l’ISF (qui mesure la fécondité actuelle des femmes de 15-49 ans), cet indice est le résultat de la fécondité passée des femmes enquêtées qui atteignent la fin de leur vie féconde. Dans une population où la fécondité reste invariable, cette descendance tend à se rapprocher de l’ISF. Par contre, un ISF inférieur au nombre moyen d’enfants par femme en fin de vie féconde, indique une tendance à la baisse de la fécondité. Au Sénégal, bien que l’écart entre les deux indicateurs soit assez faible, cela peut néanmoins indiquer une tendance à la baisse du niveau de la fécondité. Les écarts les plus importants entre ces deux indicateurs sont observés chez les femmes urbaines, chez celles résidant à l’Ouest, parmi celles ayant le niveau moyen/secondaire ou plus et parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé, c’est-à-dire dans les catégories où le niveau de la fécondité est le plus faible. Le Tableau 5.2 fournit aussi le pourcentage de femmes qui se sont déclarées enceintes au moment de l’enquête. Il faut préciser qu’il ne s’agit pas de la proportion exacte de femmes qui sont enceintes dans la mesure où les enquêtées qui sont en début de grossesse et qui ne le savent pas n’ont pas déclaré leur état. Au niveau national, on constate qu’environ 8 % des femmes se sont déclarées enceintes. Les proportions de femmes enceintes présentent les mêmes variations que l’ISF. 0 50 100 150 200 250 300 15 20 25 30 35 40 45 Urbain Rural Sénégal Naissances pour mille EDS-Continue 2015 Âge de la femme Fécondité • 59 5.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ Comparaison des résultats avec ceux des enquêtes précédentes Le Sénégal a réalisé huit Enquêtes Démographiques et de Santé au cours de ces trente dernières années dont un des objectifs principaux était l’estimation du niveau de la fécondité. Le Tableau 5.3.1 présente les taux de fécondité par âge et l’ISF des huit enquêtes qui ont été réalisées au Sénégal entre 1986 et 2015. Le Graphique 5.3 présente les tendances de l’ISF entre 1986 et 2015. Tableau 5.3.1 Fécondité par âge selon différentes sources Taux de fécondité par âge et indice synthétique de fécondité (sur une période de trois années ayant précédé l’enquête). Groupe d’âges EDS 1986 EDS 1992 EDS 1997 EDS 2005 EDS-MICS 2010-11 EDS-C 2012/13 EDS-C 2014 EDS-C 2015 15-19 154 127 103 101 93 80 90 80 20-24 270 250 219 212 201 210 195 189 25-29 271 266 240 250 241 246 240 226 30-34 261 244 245 228 219 223 210 213 35-39 196 185 186 169 156 184 155 164 40-44 89 99 99 74 73 97 96 83 45-49 36 34 41 22 13 19 20 16 ISF 15-49 ans 6,4 6 5,7 5,3 5,0 5,3 5,0 4,9 Note : Taux de fécondité par groupe d’âges pour 1 000 femmes Graphique 5.3 Tendances de l’indice synthétique de fécondité La comparaison des résultats de l’EDS-Continue 2015 avec ceux des enquêtes précédentes montre, globalement, une tendance à la baisse des niveaux de la fécondité. L’indice synthétique de fécondité est passé de 6,4 enfants par femme en 1986, à 4,9 en 2015. Données rétrospectives Les données collectées lors de l’enquête permettent également de retracer les tendances passées de la fécondité à partir des taux de fécondité des groupes d’âges des femmes, par périodes quinquennales avant l’enquête (Tableau 5.3.2 et Graphique 5.4). Globalement, on relève que, pour tous les groupes d’âges, les taux ont diminué de la période la plus ancienne à la plus récente, passant par exemple, à 20-24 ans de 226 ‰ 6,4 6,0 5,7 5,3 5,0 5,3 5,0 4,9 EDS 1986 EDS 1992 EDS 1997 EDS 2005 EDS-MICS 2010-2011 EDS-C 2012-2013 EDS-C 2014 EDS-C 2015 Nombre moyen d'enfants par femme 60 • Fécondité à 201 ‰ ou à 30-34 ans de 221 ‰ à 216 ‰. Ces résultats confirment donc la tendance à la baisse de la fécondité au cours des dernières années. Tableau 5.3.2 Tendance de la fécondité par âge Taux de fécondité par âge par période de cinq ans ayant précédé l’enquête, selon l’âge de la mère au moment de la naissance de l’enfant EDS-Continue, Sénégal 2015 Nombre d’années ayant précédé l’enquête Groupe d’âges 0-4 5-9 10-14 15-19 15-19 79 102 96 107 20-24 201 227 225 226 25-29 231 253 275 242 30-34 216 254 244 221 35-39 176 197 191 * 40-44 87 118 * * 45-49 20 * * * Note : Les taux de fécondité par groupe d’âges sont exprimés pour 1000 femmes. Les taux entre crochets sont tronqués. Les taux excluent le mois de l’interview. Graphique 5.4 Taux de fécondité par âge par période de 5 ans ayant précédé l’enquête 5.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE Les données de l’enquête ont permis de calculer la distribution des femmes selon le nombre total d’enfants nés vivants qu’elles ont eus au cours de leur vie ainsi que leurs parités moyennes, par groupe d’âges. Le Tableau 5.4 présente ces parités pour l’ensemble des femmes et pour les femmes actuellement en union. Au Sénégal, les femmes de 15-49 ans, au moment de l’enquête, ont donné naissance, en moyenne, à 2,4 et 2,2 sont encore en vie, ce qui signifie que 8 % de leurs enfants sont décédés. Le nombre moyen d’enfants nés vivants augmente rapidement avec l’âge : de 0,1 à 15-19 ans à 3,4 à 30-34 ans et à 5,3 à 45-49 ans. Par ailleurs, la répartition des femmes selon le nombre de naissances vivantes met en évidence une fécondité précoce élevée : 13 % des jeunes femmes de moins de 20 ans ont déjà donné naissance à au moins un enfant, à 20-24 ans, 26 % ont déjà donné naissance à au moins 2 enfants et à 45-49 ans, 9 % des femmes ont donné naissance à 10 enfants ou plus. 0 50 100 150 200 250 300 15 20 25 30 35 40 45 0-4 5-9 10-14 15-19 EDS-Continue 2015 Naissance pour mille Fécondité • 61 Tableau 5.4 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes Répartition (en %) de toutes les femmes de 15-49 ans et des femmes actuellement en union de 15-49 ans par nombre d’enfants nés vivants, nombre moyen d’enfants nés vivants et nombre moyen d’enfants survivants, selon le groupe d’âges des femmes, EDS-Continue, Sénégal 2015 Nombre d’enfants nés vivants Total Effectif de femmes Nombre moyen d’enfants nés vivants Nombre moyen d’enfants survivants Groupe d’âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10+ ENSEMBLE DES FEMMES Groupe d’âges 15-19 87,3 11,1 1,6 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 2 003 0,14 0,13 20-24 49,7 23,9 17,1 7,4 1,8 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 641 0,88 0,83 25-29 22,3 16,1 19,0 20,2 14,6 5,5 1,7 0,7 0,0 0,0 0,0 100,0 1 667 2,16 2,00 30-34 10,8 9,5 14,4 17,2 17,5 14,6 10,1 4,0 1,4 0,4 0,2 100,0 1 247 3,38 3,12 35-39 8,2 4,5 9,7 9,7 14,5 15,8 13,1 12,4 5,5 4,3 2,5 100,0 1 030 4,63 4,18 40-44 5,7 3,7 5,8 6,6 10,2 13,5 15,0 12,3 10,8 9,5 6,9 100,0 772 5,64 4,97 45-49 9,5 5,4 5,9 6,4 13,7 9,8 9,8 14,7 9,2 6,9 8,6 100,0 492 5,28 4,61 Ensemble 36,6 12,5 11,1 9,6 8,9 6,7 5,1 4,0 2,3 1,8 1,4 100,0 8 851 2,40 2,18 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION Groupe d’âges 15-19 51,7 41,1 7,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 427 0,56 0,52 20-24 19,6 34,2 29,4 13,4 3,4 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 900 1,47 1,39 25-29 8,4 16,2 22,3 24,8 18,3 6,9 2,2 0,9 0,0 0,0 0,0 100,0 1 305 2,62 2,44 30-34 5,6 7,3 14,0 18,5 19,8 16,5 11,5 4,5 1,6 0,5 0,2 100,0 1 077 3,72 3,45 35-39 4,5 3,3 9,4 9,0 15,4 16,5 14,6 13,8 6,1 4,7 2,7 100,0 914 4,96 4,49 40-44 3,8 2,9 5,5 6,1 9,9 14,5 15,3 12,9 11,8 9,9 7,5 100,0 691 5,88 5,17 45-49 7,0 4,9 5,6 7,6 11,3 9,7 10,8 15,7 10,8 6,9 9,8 100,0 418 5,59 4,85 Ensemble 11,6 14,7 15,4 14,0 12,9 9,8 7,6 5,9 3,5 2,5 2,1 100,0 5 731 3,48 3,15 Les résultats concernant les femmes actuellement en union montrent qu’à tous les âges, la parité est plus élevée que pour l’ensemble des femmes. Ceci traduit le rôle déterminant de la nuptialité dans la fécondité. À partir de 30-34 ans, âges auxquels la proportion de femmes qui ne sont pas en union est déjà faible, les différences de parités entre les femmes en union et l’ensemble des femmes s’atténuent. En fin de vie féconde, (45-49 ans), la parité des femmes en union (5,6 enfants) est à peine différente de celle de l’ensemble des femmes (5,3). D’une manière générale, les femmes qui restent volontairement sans enfant sont relativement peu nombreuses. Par conséquent, la parité zéro des femmes actuellement en union et âgées de 45-49 ans, âges auxquels la probabilité d’avoir un premier enfant devient très faible, permet d’estimer le niveau de la stérilité primaire. Parmi ces femmes, 7 % n’ont jamais eu d’enfants et peuvent être considérées comme stériles. 5.4 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE La durée de l’intervalle qui sépare la naissance d’un enfant de la naissance précédente a une influence sur l’état de santé de la mère et de l’enfant. Il est admis que les intervalles intergénésiques courts (inférieurs à 24 mois) sont nuisibles à la santé et à l’état nutritionnel des enfants et augmentent les risques de décès de la mère et de l’enfant. Les naissances trop rapprochées amoindrissent la capacité physiologique de la femme, exposant ainsi la mère aux complications pendant et après la grossesse (fausses couches, éclampsie). Le Tableau 5.5 présente la répartition des naissances des cinq années ayant précédé l’enquête selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, en fonction des caractéristiques sociodémographiques. Globalement, l’intervalle médian est estimé à 34,5 mois. Le pourcentage de naissances ayant eu lieu moins de 18 mois après la naissance précédente est relativement faible : 5 %. Environ, 11 % des enfants sont nés entre 18 et 24 mois après leur aîné, Globalement, 16 % des naissances se sont produites dans un délai inférieur à 24 mois après la naissance précédente. Néanmoins, une forte proportion de naissances (39 %) se sont produites entre 24 et 35 mois après la naissance précédente, et 46 % des enfants sont nés trois ans ou plus après leur aîné. La durée médiane de l’intervalle intergénésique est proche de 3 ans (34,5 mois), ce qui signifie que la moitié des naissances intervient dans un intervalle de près de 3 ans après la naissance précédente. Cet intervalle médian n’a pas varié (33-34 mois) depuis 1997 (EDS-III). Il en est de même de la 62 • Fécondité proportion de naissances se produisant dans un intervalle inférieur à 24 mois par rapport à la naissance précédente (18 %). Tableau 5.5 Intervalle intergénésique Répartition (en %) des naissances, autres que les naissances de rang un, ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, et nombre médian de mois depuis la naissance précédente, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Mois depuis la naissance précédente Total Effectifs de naissances autres que de premier rang Nombre médian de mois depuis la naissance précédente Caractéristique sociodémographique 7-17 18-23 24-35 36-47 48-59 60+ Groupe d’âges 15-19 12,8 29,9 43,1 10,1 4,1 0,0 100,0 31 25,5 20-29 6,3 12,4 43,6 21,8 9,3 6,6 100,0 2 030 32,3 30-39 3,7 10,1 36,4 23,7 11,2 14,8 100,0 2 245 35,9 40-49 3,4 5,4 33,1 24,1 12,5 21,5 100,0 660 39,0 Sexe de l’enfant précédent Masculin 5,0 9,7 39,1 23,2 9,9 13,1 100,0 2 503 34,6 Féminin 4,6 11,5 38,8 22,5 11,2 11,4 100,0 2 463 34,3 Survie de la naissance précédente Vivante 3,7 10,3 39,4 23,3 10,9 12,4 100,0 4 632 34,8 Décédée 19,2 14,3 33,5 17,4 5,8 9,8 100,0 334 29,8 Rang de naissance 2-3 5,7 11,0 36,9 22,2 10,8 13,4 100,0 2 228 34,8 4-6 3,8 9,8 39,4 24,0 10,6 12,4 100,0 1 920 34,8 7+ 4,5 11,3 43,6 22,0 9,8 8,8 100,0 818 32,6 Résidence Urbain 4,9 9,1 31,1 23,3 13,0 18,6 100,0 1 692 37,7 Rural 4,7 11,3 43,0 22,6 9,3 9,0 100,0 3 273 33,2 Grande région Nord 4,8 12,6 35,9 23,7 12,0 11,0 100,0 842 34,9 Ouest 4,9 8,5 34,1 23,3 12,1 17,1 100,0 1 397 36,8 Centre 4,9 11,4 43,3 21,7 8,7 9,9 100,0 1 706 33,0 Sud 4,4 10,3 40,8 23,4 10,5 10,6 100,0 1 021 34,4 Niveau d’instruction Pas d’instruction 4,2 10,6 41,4 23,6 9,8 10,4 100,0 3 592 34,0 Primaire 6,6 10,4 34,5 22,3 13,0 13,3 100,0 994 35,3 Moyen/secondaire ou plus 5,3 10,3 28,0 17,6 11,8 26,9 100,0 379 40,1 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 5,3 11,8 45,3 23,0 8,7 6,0 100,0 1 292 32,4 Second 4,1 11,9 43,4 22,7 9,0 9,0 100,0 1 109 33,1 Moyen 4,3 10,3 40,8 22,8 8,9 12,9 100,0 1 024 34,3 Quatrième 6,0 10,4 32,3 22,2 12,7 16,4 100,0 847 36,7 Le plus élevé 4,2 6,8 25,5 23,9 16,5 23,2 100,0 694 42,7 Ensemble 4,8 10,6 39,0 22,9 10,6 12,3 100,0 4 966 34,5 Note : Les naissances de rang 1 sont exclues. L’intervalle pour les naissances multiples est le nombre de mois écoulés depuis la grossesse précédente qui a abouti à une naissance vivante. L’âge des mères influe sur la durée d’espacement des naissances. En effet, on relève que les intervalles intergénésiques sont plus courts chez les jeunes femmes que chez les plus âgées : de 25,5 mois chez les femmes de 15-19 ans, il passe à 32,3 mois chez celles de 20-29 ans et à 39,0 mois chez celles de 40- 49 ans. Le pourcentage de naissances pour lesquelles l’intervalle est inférieur à 18 mois est de 13 % chez les femmes de moins de 20 ans. Par ailleurs, le sexe d’un enfant n’a visiblement pas d’incidence sur l’intervalle avec la naissance précédente. Par contre, les naissances suivies d’enfants décédés se produisent plus rapidement que lorsque l’enfant précédent est toujours en vie (intervalle médian de 29,8 mois contre 34,8 mois). Alors que seulement 4 % des naissances se produisent dans les 18 mois après la naissance de l’enfant précédent si ce dernier est en vie, 19 % de décès d’enfants sont suivis d’une autre naissance dans ce délai. La durée de l’intervalle intergénésique est plus longue en milieu urbain qu’en milieu rural (37,7 mois contre 33,2 mois). Concernant les régions, on note aussi des écarts. L’intervalle intergénésique varie d’un maximum de 36,8 mois à l’Ouest à un minimum de 33 à au Centre. Les résultats montrent aussi que le niveau d’instruction de la mère influence la durée de l’intervalle intergénésique : sa valeur médiane passe de 34,0 mois pour les naissances dont les mères sont sans niveau d’instruction à 40,1 mois parmi celles dont les mères ont un niveau d’instruction moyen/secondaire ou plus. Fécondité • 63 Enfin, les résultats semblent mettre en évidence une association positive entre le niveau de bien-être économique et la longueur de l’intervalle intergénésique, celle-ci augmentant sensiblement du quintile le plus bas au plus élevé, passant de 32,4 à 42,7 mois. 5.5 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE L’aménorrhée post-partum désigne la période entre la naissance d’un enfant et le retour des règles. Cet intervalle est influencé par la fréquence, l’intensité et la durée de l’allaitement au sein. L’abstinence post- partum se réfère à la période entre l’accouchement et la naissance d’un enfant pendant laquelle une femme s’abstient de relations sexuelles. Cette période peut varier sous l’influence de normes socio-culturelles. Pendant cette période, une femme est protégée contre le risque de grossesse. La combinaison de ces deux facteurs permet d’identifier les femmes non susceptibles d’être exposées au risque de grossesse et de mesurer la durée de non susceptibilité. Les données du Tableau 5.6 se rapportent aux naissances des 3 dernières années dont la mère est encore en aménorrhée ou en abstinence post-partum et donc non susceptible d’être exposée au risque de grossesse. La distribution de la proportion de naissances selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance est analogue à la série des survivants (Sx) d’une table de mortalité. Le tableau indique également les durées médiane et moyenne de l’aménorrhée, de l’abstinence et de la non-susceptibilité. Dans l’ensemble, pour 32 % des naissances ayant eu lieu au cours des 3 années avant l’enquête, les mères sont encore en aménorrhée post- partum. La proportion de naissances pour lesquelles les mères sont encore en aménorrhée ne diminuent que très lentement : en effet, à moins de 2 mois après la naissance, la quasi-totalité des mères sont en aménorrhée et 6-7 mois après la naissance, cette proportion est encore de 66 %. Au-delà de 22 mois, la proportion de femmes dont le retour de l’ovulation ne s’est pas encore produit est faible. La durée médiane de l’aménorrhée post-partum est estimée à 11,1 mois et sa valeur moyenne à 11,8 mois. La durée, l’intensité et la fréquence de l’allaitement exclusif qui agissent sur le retour de l’ovulation, expliqueraient, au moins en partie, ces durées relativement longues. Tableau 5.6 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum Pourcentage de naissances des trois années ayant précédé l’enquête dont les mères sont en aménorrhée, en abstinence et en insusceptibilité post-partum, selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance et durées médiane et moyenne EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage de naissances pour lesquelles les mères sont : Effectif de naissances Nombre de mois depuis la naissance En aménorrhée En abstinence En insusceptibilité1 < 2 95,6 99,2 100,0 143 2-3 81,5 67,1 91,7 200 4-5 72,0 29,6 76,9 258 6-7 65,7 22,3 71,9 229 8-9 63,0 20,3 70,4 199 10-11 46,7 14,7 54,3 213 12-13 49,4 18,4 58,4 187 14-15 35,4 16,6 46,0 213 16-17 24,1 10,2 31,1 224 18-19 13,4 11,4 23,3 207 20-21 14,8 7,3 21,3 206 22-23 3,7 8,5 11,3 162 24-25 5,1 8,5 13,2 221 26-27 0,4 3,7 4,1 198 28-29 1,0 5,9 6,9 233 30-31 0,6 3,0 3,6 229 32-33 3,1 6,1 8,6 197 34-35 1,8 4,6 6,4 204 Total 31,5 18,5 38,3 3 721 Médiane 11,1 3,3 13,1 na Moyenne 11,8 7,4 14,2 na Note : Les calculs sont basés sur le statut au moment de l’enquête. na = Non applicable. 1 Y compris les naissances pour lesquelles les mères sont encore, soit en aménorrhée, soit en abstinence, (ou les deux), à la suite d’une naissance La pratique de l’abstinence post-partum est courante au Sénégal mais la proportion de femmes s’abstenant de relations sexuelles après la naissance d’un enfant diminue assez rapidement, passant de 99 % 64 • Fécondité dans les 2 mois qui suivent la naissance à 30 % 4-5 mois après la naissance. La durée médiane de l’abstinence post-partum est estimée à 3,3 mois (contre 3,5 en 2010-11) et sa valeur moyenne à 7,4 (contre 7,8 mois en 2010-11). Par rapport aux enquêtes précédentes (EDS-IV de 2005 et EDS-III, 1997), on ne relève pratiquement aucun changement dans les durées moyenne et médiane de l’abstinence post-partum (respectivement, 2,9 et 7,6 mois). Pour 38 % des naissances ayant eu lieu au cours des trois années ayant précédé l’enquête, les mères sont en insusceptibilité post-partum. Cette période d’insusceptibilité dure en moyenne 14,2 mois et pour 50 % des naissances, les mères ne sont pas susceptibles de tomber enceintes pendant 13,1 mois. Les durées médianes d’aménorrhée, d’abstinence post-partum et de non susceptibilité selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes sont présentées dans le Tableau 5.7. La durée de non susceptibilité est légèrement plus longue chez les femmes de 30-49 ans que chez les plus jeunes (13,8 mois contre 13 mois), chez les femmes du milieu rural par rapport à celles du milieu urbain (14,3 contre 8,8). On note également un écart entre les régions où la durée d’insusceptibilité post-partum varie de 16,1 mois dans le Sud à 9,8 mois dans l’Ouest. Cette durée varie aussi avec le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique. Tableau 5.7 Durée médiane de l’aménorrhée, de l’abstinence post-partum et de l’insusceptibilité post-partum Nombre médian de mois d’aménorrhée, d’abstinence et d’insusceptibilité post-partum, à la suite d’une naissance ayant eu lieu au cours des trois années ayant précédé l’enquête selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Aménorrhée postpartum Abstinence postpartum Insusceptibilité postpartum1 Âge de la mère 15-29 9,6 4,0 13,0 30-49 11,9 2,4 13,8 Résidence Urbain 7,7 3,1 8,8 Rural 12,4 3,4 14,3 Grande région Nord 12,5 3,4 13,5 Ouest 8,0 2,5 9,8 Centre 12,8 2,6 13,8 Sud 11,0 7,8 16,1 Niveau d’instruction Pas d’instruction 12,2 3,4 14,2 Primaire 9,7 2,7 12,0 Moyen/secondaire ou plus 7,9 3,7 10,4 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 12,6 4,4 14,5 Second 12,8 3,1 14,8 Moyen 11,3 (2,4) 14,7 Quatrième 8,0 3,6 8,9 Le plus élevé 7,3 (2,8) 8,5 Ensemble 11,1 3,3 13,1 Note : Les médianes sont basées sur le statut actuel 1 Y compris les naissances pour lesquelles les mères sont encore, soit en aménorrhée, soit en abstinence, (ou les deux), à la suite d’une naissance 5.6 MÉNOPAUSE Les femmes cessent définitivement d’être exposées au risque de grossesse lorsqu’elles atteignent la ménopause. Dans le cadre de l’EDS-Continue 2015, les femmes ont été considérées comme ménopausées lorsque, n’étant ni enceintes ni en aménorrhée post-partum, elles n’avaient pas eu de règles pendant au moins six mois avant la période de l’enquête ou quand elles se sont déclarées elles-mêmes en ménopause. Les résultats sont présentés au Tableau 5.8. Au moment de l’enquête, 6 % des femmes âgées de 30-49 ans ont été considérées comme étant en ménopause. Bien évidemment, la proportion de femmes ménopausées augmente avec l’âge : de 2 % chez Fécondité • 65 celles de 30-34 ans, elle atteint 7 % à 42-43 ans, pour s’établir à 38 % à la fin de la période de procréation à 48-49 ans. On observe pratiquement les mêmes niveaux qu’en 2010-2011 (EDS-MICS). Tableau 5.8 Ménopause Pourcentage de femmes de 30-49 ans qui sont en ménopause, selon l’âge, EDS-Continue, Sénégal 2015 Âge Pourcentage en ménopause1 Effectif de femmes Groupe d’âges 30-34 2,1 1 247 35-39 2,6 1 030 40-41 3,7 338 42-43 7,0 314 44-45 13,0 255 46-47 17,2 202 48-49 38,1 155 Ensemble 6,0 3 540 1 Pourcentage de toutes les femmes qui ne sont ni enceintes, ni en aménorrhée postpartum et dont les dernières règles ont eu lieu 6 mois ou plus avant l’enquête. 5.7 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE De façon générale, l’âge auquel les femmes ont leur première naissance influence fortement leur descendance finale, en particulier dans les populations où la pratique contraceptive est faible. Plus l’âge de la femme à la première naissance n’est précoce, plus la probabilité qu’elle ait un nombre élevé d’enfants est grande. Par ailleurs, un âge à la première naissance trop précoce est associé à des risques accrus de mortalité des enfants et il peut avoir des répercussions importantes sur la santé de la mère. En outre, les accouchements précoces peuvent constituer une cause d’abandon scolaire et un frein à l’amélioration du statut socio- économique de la femme. Il est donc important de connaître l’âge à la première naissance Le Tableau 5.9 présente les pourcentages de femmes par âge exact à la première naissance selon l’âge au moment de l’enquête et l’âge médian à la première naissance, c’est-à-dire l’âge auquel 50 % des femmes ont déjà eu leur premier enfant Tableau 5.9 Âge à la première naissance Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance avant d’atteindre certains âges exacts, pourcentage qui n’ont jamais eu d’enfant et âge médian à la première naissance selon l’âge actuel, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage ayant eu une naissance avant d’atteindre l’âge exact de : Pourcentage n’ayant jamais donné naissance Effectif de femmes Âge médian à la première naissance Âge actuel 15 18 20 22 25 Groupe d’âges 15-19 0,9 na na na na 87,3 2 003 a 20-24 2,3 17,8 33,8 na na 49,7 1 641 a 25-29 2,1 18,5 38,1 54,9 70,4 22,3 1 667 21,3 30-34 2,4 20,0 38,4 54,2 72,9 10,8 1 247 21,4 35-39 3,7 23,6 41,8 59,3 73,2 8,2 1 030 21,0 40-44 3,3 25,6 46,0 60,8 76,6 5,7 772 20,4 45-49 2,4 20,2 37,1 51,5 70,0 9,5 492 21,8 20-49 2,6 20,3 38,5 na na 21,8 6 848 a 25-49 2,7 21,1 40,0 56,2 72,4 13,1 5 208 21,1 na = Non applicable. a = Sans objet parce que moins de 50 % de femmes ont eu une naissance avant d’atteindre le début du groupe d’âges. En atteignant 15 ans exacts, 3 % des femmes âgées de 25-49 ans à l’enquête, ont déjà eu au moins une naissance. Cette proportion augmente très rapidement avec l’âge : 40 % ont eu au moins une naissance avant d’atteindre 20 ans exacts et 72 % avant d’atteindre 25 ans exacts 66 • Fécondité Estimé à 21,1 ans chez les femmes de 25-49 ans, l’âge médian à la première naissance n’a pas subi de modification significative des générations les plus anciennes aux plus récentes, passant de 21,8 ans chez les femmes les plus âgées à 21,3 ans chez les plus jeunes, âgées de 25-29 ans à l’enquête. On constate au Tableau 5.10 que l’âge médian à la première naissance présente des variations importantes selon toutes les caractéristiques socio-économiques. Cet âge médian est plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (23,1 ans contre 20,1 ans). Il tend à augmenter avec le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique du ménage. Dans les régions, il varie d’un minimum de 19,6 ans dans le Sud à 23,2 ans dans l’Ouest. Tableau 5.10 Âge médian à la première naissance Âge médian à la première naissance des femmes de 20-49 ans et 25-49 ans selon certaines caractéristiques socio- économiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Âge des femmes Âge des femmes Caractéristique socioéconomique 20-49 25-49 Résidence Urbain a 23,1 Rural a 20,1 Grande région Nord a 20,4 Ouest a 23,2 Centre a 20,6 Sud 19,7 19,6 Niveau d’instruction Pas d’instruction a 20,2 Primaire a 22,2 Moyen/secondaire ou plus a a Quintiles de bien-être économique Le plus bas 19,3 19,3 Second 19,9 19,8 Moyen a 20,8 Quatrième a 22,1 Le plus élevé a 24,9 Ensemble a 21,1 a = Sans objet parce que moins de 50 % de femmes ont eu une naissance avant d’atteindre le début du groupe d’âges. 5.8 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES Les enfants nés de jeunes mères (moins de 20 ans) courent généralement un risque plus important de décéder que ceux issus de mères plus âgées (voir Chapitre 8 - Mortalité des enfants). De même les grossesses et les accouchements précoces augmentent le risque de décéder chez les adolescentes. Les adolescentes qui constituent 22 % de l’ensemble des femmes en âge de procréer, contribuent pour près de 10 % à la fécondité totale des femmes. Le Tableau 5.11 présente, par année d’âge de 15 à 19 ans, les proportions d’adolescentes qui ont déjà eu un ou plusieurs enfants ainsi que les proportions de celles qui sont enceintes pour la première fois. En considérant que la somme de ces deux pourcentages fournit la proportion d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde, on constate que 16 % des jeunes femmes de 15-19 ans ont déjà commencé leur vie féconde : 13 % ont déjà eu au moins un enfant et 3 % sont enceintes pour la première fois. Chez les femmes de 17 ans, 12 % ont commencé leur vie féconde et, à 19 ans, cette proportion est de 28 %. Fécondité • 67 Tableau 5.11 Fécondité des adolescentes Pourcentage d’adolescentes de 15-19 ans qui ont déjà eu une naissance vivante ou qui sont enceintes d’un premier enfant et pourcentage qui ont déjà commencé leur vie procréatrice, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS- Continue, Sénégal 2015 Pourcentage de femmes de 15-19 ans qui : Pourcentage ayant déjà commencé leur vie procréative Effectif de femmes Caractéristiques sociodémographiques Ont eu une naissance vivante Sont enceintes d’un premier enfant Age 15 1,7 0,5 2,2 366 16 6,5 2,8 9,3 411 17 9,5 3,0 12,4 388 18 20,2 6,2 26,4 477 19 24,7 3,4 28,1 360 Résidence Urbain 6,6 2,1 8,6 880 Rural 17,6 4,3 21,9 1 123 Grande Région Nord 15,9 4,1 20,0 361 Ouest 5,2 1,7 6,9 685 Centre 14,9 4,4 19,3 605 Sud 20,6 3,9 24,4 351 Niveau d’instruction Pas d’instruction 22,8 4,4 27,2 639 Primaire 14,9 4,0 18,8 414 Moyen/secondaire ou plus 5,1 2,3 7,4 950 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 23,3 5,3 28,6 389 Second 17,9 4,5 22,4 383 Moyen 12,5 3,3 15,8 397 Quatrième 7,8 2,6 10,4 419 Le plus élevé 3,3 1,1 4,4 414 Ensemble 12,7 3,3 16,1 2 003 Le Graphique 5.5 présente une comparaison des proportions d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde. Globalement, on constate une légère tendance à la baisse, cette proportion étant passée de 22 % en 1997 à 18 % en 2014 et à 16 % en 2015. Les résultats par caractéristiques sociodémographiques mettent en évidence des écarts très importants. En effet, on relève que les adolescentes du milieu rural (22 %) ont une fécondité beaucoup plus précoce que celles du milieu urbain (9 %). Au niveau régional, l’Ouest se démarque nettement des autres régions avec un faible pourcentage d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde (7 % contre 19 % à 24 % pour les autres). Chez les jeunes filles sans instruction, 27 % ont déjà commencé leur vie féconde contre seulement 7 % chez celles ayant un niveau secondaire ou plus. Enfin, on relève que les jeunes filles des ménages les plus défavorisés sont largement plus exposées aux risques de grossesse et de maternité précoces. Dans les ménages du quintile le plus bas, près de 3 femmes sur 10 (29 %) ont commencé leur vie féconde contre moins 4 % parmi les jeunes filles des ménages du quintile le plus élevé. 68 • Fécondité Graphique 5.5 Adolescentes de 15-19 ans ayant déjà commencé leur vie féconde 18 4 22 15 4 19 16 3 19 14 4 18 13 3 16 Ont eu une naissance vivante Sont enceintes d'un premier enfant Ont déjà commencé leur vie féconde EDS-1997 EDS-2005 EDS-MICS 2010-2011 EDS-Continue 2014 EDS-Continue 2015 Pourcentage Préférences en matière de fécondité • 69 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ 6 Atoumane FALL es questions relatives aux préférences en matière de fécondité permettent d’évaluer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité, et de mesurer les besoins futurs en matière de contraception en vue de l’espacement ou de la limitation des naissances. Dans le cadre de l’Enquête Démographique et de Santé Continue (EDSC-2015), les questions relatives au désir de la femme d’avoir ou non des enfants supplémentaires dans l’avenir, au délai d’attente avant d’avoir un prochain enfant et au nombre total d’enfants désirés ont permis d’aborder ce sujet. Rappelons que les données sur les attitudes et les opinions relatives à la procréation ont toujours été un sujet de controverse. En effet, certains chercheurs pensent que les réponses aux questions sur les préférences en matière de fécondité reflètent des points de vue éphémères. Ces derniers sont exprimés sans beaucoup de conviction, ou ne tiennent pas compte de l’effet des pressions sociales et des attitudes des autres membres de la famille. Or, ces attitudes, particulièrement celles du mari, peuvent avoir une grande influence sur les décisions en matière de reproduction. De plus, ces données sont obtenues à partir d’un échantillon de femmes de différents âges et vivant à des moments différents de leur histoire génésique. Pour les femmes en début d’union, les réponses sont liées à des objectifs à moyen ou long terme dont la stabilité et la valeur prédictive sont incertaines. Pour les femmes en fin de vie féconde, les réponses sont inévitablement influencées par leur histoire génésique. Malgré toutes ces difficultés, l’analyse des données sur les préférences en matière de fécondité, peut aider à comprendre les facteurs qui agissent sur le comportement procréateur des femmes. Dans ce chapitre, seront ainsi examinés le désir d’avoir ou non des enfants supplémentaires, les besoins en matière de planification familiale, le nombre idéal d’enfants et les perspectives en matière de planification de la fécondité. 6.1 DÉSIR D’ENFANTS SUPPLÉMENTAIRES Le désir d’avoir ou non des enfants supplémentaires dans l’avenir est généralement lié à l’âge de la femme et au nombre d’enfants actuellement en vie. Des questions ont été posées aux femmes de 15-49 ans ainsi qu’aux hommes de 15-59 ans actuellement en union pour obtenir des informations sur leurs attitudes quant au désir d’espacer leur prochaine naissance ou au désir de ne plus avoir d’enfants. Les résultats présentés au Tableau 6.1 et au Graphique 6.1 montrent que 18 % des femmes ont déclaré ne plus vouloir d’enfants et que près de huit femmes sur dix en voulaient davantage. L Principaux résultats • Près d’une femme de 15-49 ans actuellement en union sur cinq (19 %) et 4 % des hommes ne désirent plus d’enfants ou sont stérilisés. • Pour un quart des femmes, la taille idéale de la famille est de 4 enfants. • Le taux de fécondité désirée est de 4,3 enfants par femme, soit légèrement plus faible que l’indice de fécondité : 4,9. 70 • Préférences en matière de fécondité Tableau 6.1 Préférences en matière de fécondité par nombre d’enfants vivants Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans, actuellement en union, par désir d’enfants, selon le nombre d’enfants vivants, EDS-Continue, Sénégal 2015 Nombre d’enfants vivants1 Ensemble 15-49 Ensemble 15-59 Désir d’enfants 0 1 2 3 4 5 6+ FEMME Veut un autre bientôt2 80,7 31,9 25,8 21,3 19,3 15,6 6,2 25,7 na Veut un autre plus tard3 4,4 59,4 61,5 60,4 52,0 39,9 25,2 45,7 na Veut un autre, NSP quand 11,8 7,1 7,0 7,0 4,2 2,0 2,1 5,7 na Indécise 0,0 0,2 1,0 2,4 3,2 3,1 4,4 2,1 na Ne veut plus d’enfant 0,1 0,6 2,7 7,1 19,8 35,6 57,3 18,3 na Stérilisé4 0,1 0,0 0,1 0,8 0,0 0,5 1,2 0,4 na S’est déclarée stérile 2,8 0,8 2,0 1,0 1,6 3,3 3,6 2,1 na Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 na Effectif 528 934 1 007 872 758 601 1 032 5 731 na HOMME Veut un autre bientôt2 52,2 21,0 18,6 19,5 17,0 16,4 14,7 21,3 20,8 Veut un autre plus tard3 11,7 53,3 53,2 54,6 53,3 49,0 51,2 48,8 45,4 Veut un autre, NSP quand 34,4 23,7 20,9 21,5 17,9 24,0 17,6 22,2 22,3 Indécise 1,7 1,8 2,3 3,0 2,7 7,3 2,8 2,9 4,3 Ne veut plus d’enfant 0,0 0,0 5,1 0,7 8,3 2,8 12,8 4,4 6,3 Stérilisé4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 S’est déclaré stérile 0,0 0,3 0,0 0,6 0,9 0,5 0,9 0,4 0,9 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 132 269 268 202 192 141 208 1 411 1 720 na = Non applicable 1 Le nombre d’enfants vivants inclut la grossesse actuelle. 2 Veut une autre naissance dans les deux ans. 3 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. 4 Y compris la stérilisation féminine et masculine. 5 Le nombre d’enfants vivants comprend un enfant supplémentaire si l’épouse de l’enquêté est enceinte (ou si une des épouses est enceinte, pour les hommes qui ont actuellement plus d’une épouse). Graphique 6.1 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants Plus des trois quarts des femmes actuellement en union souhaitent un ou un autre enfant (78 %) : 26 % veulent une naissance dans les deux ans mais 46 % préfèreraient attendre au moins deux ans et 6 % ne 0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 80 % 90 % 100 % 0 1 2 3 4 5 6+ Nombre d'enfants vivants Stérile Stérilisé/ne veut plus d'enfant Indécise Veut un autre, NSP quand Veut un autre plus tard Veut un autre bientôt EDS-Continue 2015 Préférences en matière de fécondité • 71 sont pas sûres du moment où elles voudraient cet enfant. À l’opposé, Près d’une femme de 15-49 ans sur cinq (19 %) ne désire plus d’enfants ou est stérile. Globalement, les femmes qui veulent espacer leur naissance et celles qui n’en désirent plus (64 %) peuvent être considérées comme candidates potentielles à la planification familiale. Globalement, on ne constate pas de modification importante depuis 1992-1993. Comme on pouvait s’y attendre, la proportion de femmes qui ne veulent plus d’enfants augmente régulièrement avec le nombre d’enfants actuellement en vie : elle passe de moins de 1 % chez les femmes qui n’ont aucun enfant à 7 % chez celles qui en ont 3 et à 57 % chez celles qui en ont au moins 6. On note également que la quasi-totalité des femmes nullipares (97 %) souhaitent avoir un enfant et la grande majorité (81 %) désire une naissance dans les deux années à venir. En ce qui concerne les hommes en union de 15-49 ans, on constate que seulement 4 % ont déclaré ne plus vouloir d’enfants et, à l’inverse, 92 % en désiraient davantage. Cette proportion est plus élevée que celle observée chez les femmes (78 %). Cet écart traduirait un comportement plus pronataliste chez les hommes que chez les femmes. Comme chez les femmes, la proportion d’hommes désirant avoir des enfants diminue avec le nombre d’enfants vivants, passant de 98 % à la parité 1, à 96 % à la parité 3 et à 84 % au rang 6 ou plus. Chez les hommes en union, 53 % peuvent être considérés comme ayant des besoins potentiels en matière de planification familiale (soit 4 % ne voulant plus d’enfant et 49 % désirant espacer la prochaine naissance d’au moins deux ans). Parmi les hommes voulant des enfants supplémentaires, une proportion légèrement supérieure à celles des femmes (49 % contre 46 %) désire espacer la prochaine naissance d’au moins deux ans. Les Tableaux 6.2.1 présente les proportions de femmes en union ne désirant plus avoir d’enfants selon certaines caractéristiques sociodémographiques et selon le nombre d’enfants vivants. Tableau 6.2 Désir de limiter les naissances : Femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, ne voulant plus d’enfants, par nombre d’enfants vivants, selon certaines caractéristiques socio-économiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Nombre d’enfants vivants1 Ensemble Caractéristique socioéconomique 0 1 2 3 4 5 6+ Résidence Urbain 0,4 0,9 4,3 13,5 31,1 51,8 63,7 21,2 Rural 0,1 0,3 1,5 3,6 12,8 27,0 56,2 17,1 Grande Région Nord 0,0 0,9 0,0 7,3 13,8 32,7 51,1 15,8 Ouest 0,0 1,2 3,6 14,1 32,2 48,9 62,2 21,5 Centre 0,3 0,0 3,0 2,7 14,9 31,2 62,2 18,3 Sud 0,8 0,0 3,1 6,3 15,3 29,0 53,4 17,6 Niveau d’instruction Pas d’instruction 0,3 0,3 1,8 5,6 12,6 32,2 57,4 19,7 Primaire 0,0 0,0 0,5 9,1 33,5 47,4 60,4 18,1 Moyen/secondaire ou plus 0,2 1,7 8,7 20,6 (49,7) (52,9) (76,6) 14,8 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,4 0,7 1,3 4,0 9,8 23,6 52,5 18,9 Second 0,0 0,0 1,2 1,9 14,0 32,0 58,7 19,2 Moyen 0,0 0,0 1,1 8,4 17,7 30,3 62,8 20,0 Quatrième 0,0 0,2 2,4 4,3 28,2 38,8 60,2 15,4 Le plus élevé 0,7 1,9 6,5 19,1 31,2 (66,4) 65,0 20,3 Ensemble 0,2 0,6 2,7 8,0 19,8 36,1 58,5 18,7 Note : Les femmes stérilisées sont considérées comme ne voulant plus d’enfant. 1 Le nombre d’enfants vivants inclut la grossesse actuelle Dans l’ensemble, on constate un écart entre le milieu et la région de résidence, la proportion de femmes ne voulant plus d’enfants étant plus élevée en milieu urbain que rural (21 % contre 17 %) et dans la 72 • Préférences en matière de fécondité région Ouest que dans les autres (22 % contre un minimum de 16 % dans le Nord). Contre toute attente, les résultats selon le niveau d’instruction montrent que c’est parmi les femmes les plus instruites que la proportion de celles qui ne souhaitent plus d’enfants est la plus faible (15 % contre 20 % parmi celles n’ayant aucun niveau d’instruction). Les écarts en fonction du niveau de bien-être économique, ne sont pas importants, sauf dans le quatrième quintile où la proportion de femmes qui souhaitent limiter leurs naissances est nettement plus faible que dans les autres (15 % contre 19 % et 20 %). 6.2 NOMBRE IDÉAL D’ENFANTS Le comportement reproductif d’une femme peut être influencé par ce qui est pour elle ou pour son mari, le nombre idéal d’enfants. Ainsi pour connaître ce nombre idéal, la question suivante a été posée aux femmes et aux hommes selon leur situation au moment de l’enquête : • Aux femmes et aux hommes qui n’avaient pas d’enfant : «Si vous pouviez choisir exactement le nombre d’enfants à avoir dans votre vie, combien voudriez-vous en avoir ? » • Aux femmes et aux hommes qui avaient des enfants: « Si vous pouviez revenir à l’époque où vous n’aviez pas d’enfant et choisir exactement le nombre d’enfants à avoir dans votre vie, combien auriez-vous voulu en avoir ? » Ces questions, simples en apparence, sont embarrassantes notamment pour les femmes et les hommes qui ont déjà des enfants. En effet, ils sont appelés à se prononcer sur ce qui est pour eux, la taille idéale de la famille, indépendamment du nombre d’enfants qu’ils ont actuellement. Il pourrait donc être difficile pour les enquêtés de déclarer un nombre idéal d’enfants inférieur à la taille actuelle de sa famille. Le Tableau 6.3 présente les résultats obtenus aux questions posées. Tout d’abord, on constate que 15 % des femmes et deux fois plus d’hommes (30 %) n’ont pu fournir une réponse numérique. Tableau 6.3 Nombre idéal d’enfants Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans par nombre idéal d’enfants et nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes et des hommes et pour celles et ceux actuellement en union, selon le nombre d’enfants vivants, EDS-Continue, Sénégal 2015 Nombre d’enfants vivants1 Ensemble Nombre idéal d’enfants 0 1 2 3 4 5 6+ FEMME 0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,2 0,0 1 0,1 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,2 0,1 2 3,9 3,0 2,6 0,6 0,8 1,3 1,2 2,5 3 12,5 11,6 5,9 3,5 2,1 1,0 2,9 7,7 4 34,3 26,8 25,4 16,7 18,4 8,5 11,9 24,3 5 18,2 20,5 21,1 24,4 17,5 21,3 9,2 18,6 6+ 20,5 25,7 32,3 37,3 44,2 47,6 50,8 32,2 Réponse non numérique 10,4 12,1 12,7 17,4 16,9 20,3 23,8 14,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 3 093 1 215 1 116 925 807 623 1 072 8 851 Nombre idéal moyen d’enfants pour :2 Ensemble 4,7 5,0 5,2 5,6 5,8 6,1 6,3 5,2 Effectif 2 772 1 068 974 764 671 496 817 7 562 Actuellement en union 5,2 5,1 5,3 5,6 5,9 6,1 6,3 5,6 Effectif 453 815 876 713 630 479 782 4 749 À Suivre… Préférences en matière de fécondité • 73 Tableau 6.3—Suite Nombre d’enfants vivants1 Ensemble Nombre idéal d’enfants 0 1 2 3 4 5 6+ HOMME3 0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 2 2,9 0,6 2,6 0,0 0,9 0,0 0,0 2,0 3 7,5 7,1 3,5 1,2 0,0 0,6 0,0 5,6 4 12,2 11,8 9,9 6,9 4,4 0,0 1,1 10,1 5 15,2 13,6 14,9 10,3 5,1 5,4 6,5 13,2 6+ 35,6 35,7 38,1 46,4 48,3 51,2 49,6 38,7 Réponse non numérique 26,4 31,2 30,8 35,2 41,4 42,8 42,9 30,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 042 331 282 205 193 142 210 3 405 Nombre idéal moyen d’enfants pour :2 Ensemble 6,5 6,7 7,0 8,0 8,4 9,4 11,6 7,1 Effectif 1 502 228 195 133 113 81 120 2 372 Actuellement en union 8,2 7,2 7,0 8,1 8,4 9,4 11,7 8,3 Effectif 86 173 182 130 112 81 118 882 Nombre idéal moyen d’enfants pour les hommes de 15-59 ans :2 Ensemble 6,4 6,6 6,9 7,7 8,4 9,7 12,1 7,3 Effectif 1 514 236 199 154 133 100 216 2 551 Actuellement en union 8,1 7,2 7,0 7,7 8,4 9,7 12,1 8,7 Effectif 88 176 185 151 132 100 214 1 046 1 Le nombre d’enfants vivants inclut la grossesse actuelle pour les femmes. 2 Les moyennes sont calculées en excluant les femmes et les hommes ayant donné des réponses non numériques. 3 Le nombre d’enfants vivants comprend un enfant supplémentaire si l’épouse de l’enquêté est enceinte (ou si l’une des épouses est enceinte pour les hommes qui ont plusieurs épouses). Pour près d’un quart des femmes (24 %), la taille idéale de la famille est de 4 enfants et pour près d’un tiers (32 %), la famille idéale comprend au moins 6 enfants. Pour l’ensemble des femmes de 15-49 ans, le nombre idéal d’enfants est estimé à 5,2. Comme attendu, le nombre idéal d’enfants tend à augmenter avec la parité, passant de 5 enfants à la parité 1 à 6,3 à la parité 6 ou plus. Chez les femmes en union, ce nombre idéal d’enfants n’est pas très différent de celui de l’ensemble des femmes (5,6). Chez les hommes, le nombre moyen idéal d’enfants est beaucoup plus élevé que chez les femmes : il est estimé à 7,1 pour l’ensemble des hommes et à 8,3 chez les hommes actuellement en union. Il tend aussi à augmenter avec la parité, passant de 6,7 à la parité 1 à 11,6 à la parité 6 ou plus. Ces résultats confirment l’attachement des Sénégalais à une descendance très nombreuse. Le Tableau 6.4 et le Graphique 6.2 présente le nombre moyen idéal d’enfants pour l’ensemble des femmes selon l’âge actuel et selon certaines variables sociodémographiques. Le nombre médian d’enfants varie avec l’âge des femmes : il est plus faible parmi les moins de 30 ans que parmi les plus âgées. En effet, ce nombre varie d’une moyenne de 4,9 pour les femmes de 15-19 ans et de 5 à 20-24 ans à 5,7 chez celles de 40-44 ans. On pourrait donc penser que si le désir exprimé par les jeunes générations se traduisait dans les faits, on assisterait à une tendance plus forte de la baisse de la fécondité. 74 • Préférences en matière de fécondité Tableau 6.4 Nombre idéal d’enfants par caractéristique sociodémographique Nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes de 15-49 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS- Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Nombre moyen Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 4,9 1 761 20-24 5,0 1 493 25-29 5,4 1 422 30-34 5,4 1 054 35-39 5,5 862 40-44 5,7 582 45-49 5,5 387 Résidence Urbain 4,6 3 680 Rural 5,8 3 882 Grande région Nord 5,3 1 162 Ouest 4,7 2 915 Centre 5,7 2 174 Sud 5,8 1 310 Niveau d’instruction Pas d’instruction 5,9 3 649 Primaire 5,1 1 642 Moyen/secondaire ou plus 4,3 2 271 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 6,3 1 248 Second 5,8 1 326 Moyen 5,3 1 509 Quatrième 5,0 1 611 Le plus élevé 4,4 1 867 Ensemble 5,2 7 562 1 Effectif de femmes ayant donné une réponse numérique. Graphique 6.2 Nombre Idéal moyen d’enfants pour les femmes Dans l’ensemble, le nombre idéal moyen d’enfants présente des variations assez importantes, que ce soit selon le milieu de résidence, la région, le niveau d’instruction ou encore l’indice de bien-être économique (Graphique 6.2). Ces variations sont similaires à celles observées pour les niveaux de la 4 5 5 6 6 4 5 6 6 5 5 Le plus élevé Quatrième Moyen Second Le plus bas QUINTILES DE BIEN-ÊTRE Moyen/Secondaire ou + Primaire Aucun NIVEAU D'INSTRUCTION Rural Urbain MILIEU DE RÉSIDENCE Sénégal Nombre moyen d'enfants EDS-Continue 2015 Préférences en matière de fécondité • 75 fécondité actuelle (voir chapitre 5). Les femmes du milieu urbain souhaitent avoir une famille bien moins nombreuse que celles du milieu rural. L’écart moyen observé entre les deux milieux est de 1,2 enfant. Par ailleurs, le nombre idéal moyen d’enfants diminue lorsque le niveau d’instruction augmente. Il passe d’une moyenne de 5,9 enfants chez les femmes sans niveau d’instruction, à 5,1 enfants chez celles ayant un niveau primaire et à 4,3 enfants chez celles de niveau secondaire ou plus. Ainsi, les écarts observés entre les milieux urbain et rural d’une part, et entre les femmes ayant fréquenté l’école et celles sans instruction d’autre part, donnent une indication sur les changements sociaux dont ces facteurs de modernisme sont des indicateurs. Tout comme pour l’instruction, l’amélioration du niveau de vie du ménage s’accompagne d’une légère tendance en faveur d’une descendance plus réduite. L’écart du nombre moyen idéal d’enfants est de 1,9 enfant entre les femmes des ménages du quintile le plus bas et celles du quintile le plus élevé. Enfin, on relève des variations selon la région. C’est dans l’Ouest que le nombre idéal d’enfants est le plus faible (4,7). Dans les autres régions, il est supérieur à 5 avec un maximum de 5,8 dans le Sud. 6.3 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ Des questions relatives à chaque enfant né au cours des cinq dernières années et à la grossesse actuelle (s’il y en a une) ont été posées au cours de l’enquête. Ces questions avaient pour objectif de déterminer si, au moment de tomber enceinte, la femme souhaitait être enceinte à ce moment-là, plus tard, ou s’il s’agissait d’une grossesse non désirée. Les réponses à ces questions permettent de mesurer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité. Il ressort du Tableau 6.5 que plus de neuf naissances sur dix (97 %) étaient désirées. La plupart de ces naissances (80 %) se sont produites au moment voulu et dans 17 % des cas, les femmes auraient préféré qu’elles se produisent plus tard. Les grossesses non désirées représentent 3 %. Le pourcentage de grossesses non planifiées augmente globalement avec le rang de naissance et l’âge de la mère : 14 % des naissances de rang 1 n’étaient pas correctement planifiées contre un quart de celles de rang 4. De même, 18 % des naissances de femmes de moins de 20 ans n’étaient pas planifiées contre 23 % des femmes de 30-34 ans et 27 % de celles de 35-39 ans. Dans le groupe d’âges 40-44 ans, 15 % des naissances n’étaient pas désirées. Par rapport à 2011, on ne note pas de changement. Tableau 6.5 Planification de la fécondité Répartition (en %) des naissances de femmes de 15-49 ans ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête (y compris les grossesses actuelles) par planification de la grossesse selon le rang de naissance et l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, EDS-Continue, Sénégal 2015 Planification de la naissance Total Effectif de naissances Rang de naissance et âge de la mère à la naissance de l’enfant Voulue au moment Voulue plus tard Non désirée Manquant Rang de naissance 1 85,1 13,9 0,5 0,4 100,0 1 550 2 80,4 17,9 1,6 0,0 100,0 1 286 3 83,6 15,3 1,1 0,0 100,0 1 164 4+ 74,8 18,8 6,4 0,0 100,0 3 064 Âge de la mère à la naissance de l’enfant <20 81,2 17,2 1,2 0,4 100,0 831 20-24 83,0 15,5 1,3 0,1 100,0 1 820 25-29 81,1 17,4 1,5 0,1 100,0 1 883 30-34 76,7 19,6 3,6 0,1 100,0 1 314 35-39 73,3 17,9 8,9 0,0 100,0 882 40-44 75,6 9,7 14,6 0,2 100,0 304 45-49 (75,3) (4,0) (20,7) (0,0) 100,0 30 Ensemble 79,5 17,0 3,4 0,1 100,0 7 064 Le Tableau 6.6 et le Graphique 6.3 présentent une comparaison de l’Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et de l’Indice Synthétique de Fécondité actuelle (ISF). Le calcul de l’ISFD est analogue à celui de l’ISF présenté dans le chapitre 5, les naissances considérées comme non désirées étant éliminées du 76 • Préférences en matière de fécondité numérateur. La comparaison du taux de fécondité avec celui de la fécondité désirée met en évidence l’impact démographique potentiel de la prévention des naissances non désirées. Tableau 6.6 Taux de fécondité désirée Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et Indice Synthétique de Fécondité (ISF) pour les trois années ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Taux de fécondité désiré Taux de fécondité Résidence Urbain 3,1 3,5 Rural 5,4 6,1 Grande région Nord 4,6 5,2 Ouest 3,2 3,5 Centre 5,2 5,9 Sud 5,3 5,9 Niveau d’instruction Pas d’instruction 5,4 6,0 Primaire 3,9 4,3 Moyen/secondaire ou plus 2,7 3,1 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 6,5 7,3 Second 5,4 6,2 Moyen 4,3 5,0 Quatrième 3,7 4,0 Le plus élevé 2,6 2,8 Ensemble 4,3 4,9 Note : L’ISFD et l’ISF sont basés sur les naissances des femmes de 15-49 ans durant la période 1-36 mois avant l’enquête. L’ISF est le même que celui présenté au Tableau 5.2. Graphique 6.3 Indice synthétique de fécondité et indice synthétique de fécondité désirée Théoriquement, l’ISFD devrait être un meilleur indice de la fécondité désirée que la réponse à la question sur le nombre idéal d’enfants. Cet indice est plus proche de la réalité, car les réponses des femmes enquêtées tiennent probablement compte de la répartition selon le sexe des enfants déjà nés et de 3 4 5 5 3 4 3 4 6 6 4 5 Moyen/Secondaire ou + Primaire Aucun NIVEAU D'INSTRUCTION Rural Urbain MILIEU DE RÉSIDENCE Sénégal Nombre d'enfants par femme Fécondité actuelle Fécondité désiré EDS-Continue 2015 Préférences en matière de fécondité • 77 considérations de survie. Les réponses à la question sur le nombre total d’enfants désirés, par contre se réfèrent aux enfants encore en vie et peuvent laisser supposer une répartition idéale des deux sexes. Si toutes les naissances non désirées étaient évitées, l’ISF des femmes au Sénégal serait de 4,3 enfants au lieu de 4,9 enfants. Par conséquent, si toutes les naissances non désirées pouvaient être éliminées, le taux de fécondité baisserait de 12 %. Cependant, quand on compare l’ISFD de 2010-2011 avec celui de 2015, on constate qu’il a augmenté : 3,2 contre 4,3. En ce qui concerne les variations selon les caractéristiques sociodémographiques, on constate que l’ISFD varie de la même manière que l’ISF. Planification familiale • 79 PLANIFICATION FAMILIALE 7 Maguette Sarr GUEYE et Papa Mabèye DIOP ans les pays africains, le rythme élevé de la croissance de la population constitue une contrainte majeure aux efforts de développement. Le déséquilibre persistant entre l’accroissement élevé de la population et la croissance économique insuffisante contribue à la détérioration des conditions de vie des ménages. Avec des taux de fécondité parmi les plus élevés du monde, les pays d’Afrique subsaharienne ont cependant des situations très diversifiées. En plus des disparités existant entre régions et entre pays, il existe également des différences de fécondité entre les milieux de résidence rural et urbain, ce dernier étant souvent associé à une fécondité plus faible. Mais au-delà de cette dichotomie, certaines caractéristiques de la population s’avèrent plus importantes que d’autres. L’un des facteurs de la récente baisse de la fécondité observée dans les pays ayant effectué des Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS), est la pratique contraceptive. Au cours de ces dernières décennies, il y a eu partout dans le monde un accroissement rapide et considérable de l’utilisation de la contraception. Comme lors des précédentes enquêtes, l’EDS-Continue, 2015 a collecté des informations sur les méthodes contraceptives pour connaître les niveaux actuels et les éventuelles modifications intervenues au cours des dernières années dans l’utilisation de la contraception. Ainsi, les sujets suivants ont-ils été abordés dans ce chapitre : • la connaissance et l’utilisation actuelle de la contraception ; • la connaissance de la période féconde ; • les sources d’approvisionnement en méthodes contraceptives ; • l’utilisation future de la contraception ; • les sources d’information sur la contraception ; • les opinions et les attitudes face à la contraception. D Principaux résultats • Dans l’ensemble, environ 17 % des femmes utilisent actuellement une méthode contraceptive ; 15 % d’entre elles ont recours à une méthode moderne et 2 % à une méthode traditionnelle. • La prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union a augmenté, variant de 10 % en 2005 à 16 % en 2013 pour atteindre 21 % en 2015. C’est surtout parmi les femmes du milieu rural et celles sans instruction que ces progrès ont été les plus importants. • les injectables (8 %), la pilule (5 %) et les implants (5 %) sont les méthodes modernes les plus utilisées par les femmes de 15-49 ans en union (respectivement 8 %,5 % et 5 %). • La prévalence de la contraception, qu’elle soit moderne ou traditionnelle, augmente de façon très importante avec le niveau d’instruction. Pour les méthodes modernes, la prévalence passe de 16 % chez les femmes sans instruction à 30 % chez celles ayant un niveau d’instruction primaire et à 33 % chez les femmes de niveau secondaire ou plus. 80 • Planification familiale 7.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION La collecte des informations relatives à la connaissance des méthodes contraceptives a été effectuée en deux étapes. Après avoir informé la personne enquêtée de l’existence de méthodes ou moyens qu’un couple peut utiliser pour retarder ou éviter une grossesse, l’enquêteur demandait à l’enquêté s’il avait entendu parler de chaque méthode après l’avoir citée et décrite. Les résultats présentés au Tableau 7.1 montrent que la quasi-totalité des femmes (95 %) connaissent, au moins, une méthode contraceptive quelconque. Chez les femmes en union, le pourcentage correspondant est légèrement supérieur (98 %). Le niveau de connaissance des méthodes modernes (95 %) est plus élevé que celui des méthodes traditionnelles (58 %) aussi bien dans l’ensemble des femmes que parmi les seules femmes en union (98 % contre 63 %). Le nombre moyen de méthodes connues par les femmes est plus élevé que celui des hommes (7,1 contre 5,0); parmi celles et ceux en union, ces nombres moyens sont respectivement de 7,6 et 6,2. En outre, le niveau de connaissance des femmes en union n’est pas très différent de celui de l’ensemble des femmes : le nombre moyen de méthodes connues par les femmes en union est de 7,6 contre 7,1 dans l’ensemble des femmes. Par contre, les femmes non en union sexuellement actives sont celles qui connaissent le plus de méthodes. Toutes connaissent au moins une méthode moderne et le nombre moyen de méthodes connues dans cette sous-population est de 8,9 contre 7,6 parmi les femmes en union Les résultats en fonction de la méthode montrent que, dans l’ensemble, ce sont le condom (85 % chez les femmes et 93 % chez les hommes), la pilule (87 % chez les femmes et 75 % chez les hommes) et les injectables (84 % chez les femmes et 71% chez les hommes) qui sont les plus connus, cela quel que soit l’état matrimonial. Le niveau de connaissance du condom masculin est particulièrement élevé chez les femmes (87 %). Parmi les méthodes traditionnelles, la méthode du rythme est la plus connue (30 % dans l’ensemble des femmes et 50 % chez les femmes non en union sexuellement actives). Chez les hommes, ces proportions sont respectivement de 24 % et 47 %. Tableau 7.1 Connaissance des méthodes contraceptives Pourcentage d’hommes et de femmes de 15-49 ans, d’hommes et de femmes actuellement en union et d’hommes et de femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actifs qui ont entendu parler d’une méthode contraceptive, selon la méthode, EDS-Continue, Sénégal 2015 Femme Homme Méthode Ensemble des femmes Femmes actuellement en union Femmes non en union sexuellement actives1 Ensemble des hommes Hommes actuellement en union Hommes non en union sexuellement actifs1 N’importe quelle méthode 95,1 97,8 100,0 94,2 99,0 100,0 Une méthode moderne 95,1 97,8 100,0 94,2 99,0 99,6 Stérilisation féminine 60,9 69,6 56,6 32,9 47,5 45,7 Stérilisation masculine 10,4 10,7 27,7 5,2 6,8 4,9 Pilule 86,8 92,0 92,6 75,0 88,7 88,0 DIU 46,8 55,1 54,4 14,6 21,1 16,6 Injectables 84,3 91,4 96,5 71,3 88,6 85,1 Implants 78,4 86,7 92,5 45,8 64,7 62,2 Condom masculin 85,1 86,9 95,2 93,2 98,0 99,6 Condom féminin 48,2 47,8 84,6 53,4 63,3 72,8 Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée (MAMA) 54,4 59,2 67,2 13,4 22,7 11,9 Pilule du lendemain 22,0 20,5 47,4 22,6 25,7 29,9 Une méthode traditionnelle 57,7 62,5 81,7 40,5 47,8 64,5 Rythme 30,0 34,5 49,6 24,4 32,7 46,5 Retrait 28,2 34,0 28,2 22,6 25,7 29,9 Nombre moyen de méthodes connues par les enquêté(e)s de 15-49 ans 7,1 7,6 8,9 5,0 6,2 6,4 Effectif d’enquêté(e)s 8 851 5 731 77 3 405 1 411 133 Nombre moyen de méthodes connues par les enquêtés de 15-59 ans na na na 5,2 6,3 6,5 Effectif d’enquêtés na na na 3 734,0 1 720,1 139,5 na = Non applicable 1 A eu ses derniers rapports sexuels dans les 30 jours ayant précédé l’enquête Planification familiale • 81 La comparaison de ces résultats avec ceux de la précédente enquête effectuée en 2014 ne fait pas apparaître de changements importants, la proportion de femmes qui connaissent au moins une méthode étant passée de 94 % pour une méthode quelconque et de 95 % pour une méthode moderne à 95 % à l’enquête actuelle, cela quel que soit le type de méthode. Chez les femmes en union, la proportion est passée de 94 % en 2014 à 98 % à l’enquête actuelle pour la connaissance d’au moins une méthode quelconque. En ce qui concerne les méthodes traditionnelles, on note le même niveau de connaissance, la proportion de femmes ayant déclaré connaître ce type de méthodes étant de 60 % en 2014 et de 58 % à l’enquête actuelle. Le Tableau 7.2 présente les pourcentages de femmes et d’hommes en union, qui connaissent au moins une méthode quelconque ou une méthode moderne de contraception selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Les résultats ne font pas apparaître d’écarts importants ; quelle que soit la caractéristique considérée, les niveaux de connaissance sont élevés. On peut toutefois souligner que la proportion de femmes connaissant une méthode est plus faible à 15-19 ans, comparativement aux autres groupes d’âges (91 % pour une méthode quelconque et 90 % pour les méthodes modernes contre plus de 97 % aux autres âges). Au niveau régional, on constate que la proportion de femmes connaissant une méthode quelconque est élevée avec plus de 96 % partout. Pour les femmes qui connaissent une méthode moderne, les proportions dépassent 98 % dans toutes les régions à l’exception de celle du sud avec 95 %. Ces proportions sont plus importantes chez les hommes, en particulier dans la région de l’Ouest où tous les hommes connaissent au moins une méthode. Le niveau d’instruction influe peu sur la connaissance de la contraception aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Tableau 7.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans, actuellement en union, qui ont entendu parler d’au moins une méthode contraceptive et pourcentage qui ont entendu parler d’au moins une méthode moderne, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Ont entendu parler d’une méthode Ont entendu parler d’une méthode moderne1 Effectif Ont entendu parler d’une méthode Ont entendu parler d’une méthode moderne1 Effectif Groupe d’âges 15-19 90,5 90,4 427 * * 2 20-24 98,5 98,4 900 (96,9) (96,9) 34 25-29 97,9 97,9 1 305 97,8 97,8 191 30-34 98,5 98,4 1 077 98,6 98,6 294 35-39 99,6 99,5 914 99,5 99,5 355 40-44 98,5 98,5 691 99,4 99,4 281 45-49 97,4 97,4 418 99,5 99,5 254 Résidence Urbain 98,7 98,7 2 261 99,9 99,9 696 Rural 97,3 97,2 3 470 98,1 98,1 715 Grande Région Nord 98,3 98,3 1 046 98,4 98,4 188 Ouest 98,5 98,5 1 821 100,0 100,0 602 Centre 98,2 98,1 1 837 98,2 98,2 364 Sud 95,5 95,4 1 027 98,1 98,1 257 Niveau d’instruction Pas d’instruction 97,1 97,1 3 769 98,2 98,2 720 Primaire 98,9 98,9 1 212 99,7 99,7 405 Moyen/secondaire ou plus 99,6 99,6 750 100,0 100,0 286 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 95,6 95,4 1 208 96,8 96,8 245 Second 97,3 97,3 1 136 97,8 97,8 256 Moyen 98,9 98,9 1 139 100,0 100,0 267 Quatrième 98,8 98,8 1 176 100,0 100,0 305 Le plus élevé 98,8 98,8 1 072 99,8 99,8 338 Ensemble 15-49 97,8 97,8 5 731 99,0 99,0 1 411 50-59 na na na 97,0 97,0 309 Ensemble 15-59 na na na 98,6 98,6 1 720 na = Non applicable * Un astérisque indique qu'une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu'elle a été supprimée 1 Stérilisation féminine, stérilisation masculine, pilule, DIU, injectables, implants, condom masculin, condom féminin, diaphragme, mousse ou gelée, Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée (MAMA) et pilule du lendemain. 82 • Planification familiale 7.2 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION Le niveau d’utilisation de la contraception est l’un des indicateurs qui permettent de juger de la réussite des programmes de planification familiale. L’EDS continue 2015 permet de mesurer le niveau d’utilisation de la contraception au moment de la collecte des données. Aux femmes qui avaient déclaré connaître une méthode contraceptive, on a demandé si elles en utilisaient une actuellement. Le Tableau 7.3 présente la prévalence contraceptive actuelle, c’est-à-dire la proportion de femmes qui utilisaient une méthode de contraception au moment de l’enquête. Dans l’ensemble, environ 17 % des femmes utilisent actuellement une méthode contraceptive ; 15 % d’entre elles ont recours à une méthode moderne et 2 % à une méthode traditionnelle. Ta bl ea u 7. 3 U til is at io n ac tu el le d e la c on tra ce pt io n se lo n âg e R ép ar tit io n (e n % ) d es fe m m es d e 15 -4 9 an s, d es fe m m es a ct ue lle m en t e n un io n et d es fe m m es q ui n e so nt p as e n un io n et q ui s on t s ex ue lle m en t a ct iv es , p ar m ét ho de c on tra ce pt iv e ac tu el le m en t u til is ée s el on le g ro up e d’ âg es , E D S -C on tin ue , S én ég al 2 01 5 N ’im po rte qu el le m ét ho de U ne m ét ho de m od er ne U ne m ét ho de m od er ne U ne m ét ho de tra di tio n- ne lle U ne m ét ho de tra di tio nn el le N ’u til is e pa s ac tu el - le m en t To ta l E ffe ct if de fe m m es G ro up e d’ âg es S té ril i- sa tio n fé m in in e P ilu le D IU In je ct a- bl es Im pl an ts C on do m m as cu lin M A M A C ol lie r A ut re R yt hm e R et ra it A ut re TO U TE S LE S FE M M ES G ro up e d’ âg es 15 -1 9 2, 5 2, 3 0, 0 0, 3 0, 0 0, 6 0, 8 0, 6 0, 0 0, 0 0, 0 0, 2 0, 1 0, 0 0, 1 97 ,5 10 0, 0 2 00 3 20 -2 4 13 ,2 12 ,5 0, 0 1, 8 0, 1 5, 4 3, 7 1, 3 0, 1 0, 0 0, 0 0, 7 0, 1 0, 1 0, 5 86 ,8 10 0, 0 1 64 1 25 -2 9 20 ,0 17 ,9 0, 0 3, 5 0, 6 9, 0 3, 7 0, 9 0, 2 0, 0 0, 0 2, 2 1, 0 0, 2 1, 0 80 ,0 10 0, 0 1 66 7 30 -3 4 25 ,8 23 ,1 0, 0 6, 6 1, 2 7, 6 6, 0 1, 5 0, 0 0, 1 0, 0 2, 7 0, 9 1, 0 0, 8 74 ,2 10 0, 0 1 24 7 35 -3 9 27 ,0 24 ,8 0, 2 6, 6 1, 4 9, 0 5, 9 1, 5 0, 1 0, 1 0, 0 2, 1 1, 1 0, 4 0, 7 73 ,0 10 0, 0 1 03 0 40 -4 4 26 ,8 24 ,3 2, 2 5, 8 2, 0 8, 3 5, 5 0, 5 0, 0 0, 0 0, 0 2, 5 1, 5 0, 0 1, 1 73 ,2 10 0, 0 77 2 45 -4 9 17 ,8 15 ,6 1, 7 2, 3 2, 3 3, 0 4, 5 1, 6 0, 0 0, 0 0, 1 2, 1 1, 2 0, 3 0, 6 82 ,2 10 0, 0 49 2 E ns em bl e 16 ,9 15 ,3 0, 3 3, 4 0, 8 5, 8 3, 8 1, 1 0, 1 0, 0 0, 0 1, 5 0, 7 0, 3 0, 6 83 ,1 10 0, 0 8 85 1 FE M M ES A C TU EL LE M EN T EN U N IO N G ro up e d’ âg es 15 -1 9 6, 2 5, 5 0, 0 1, 4 0, 0 1, 7 2, 1 0, 2 0, 1 0, 0 0, 0 0, 7 0, 2 0, 0 0, 4 93 ,8 10 0, 0 42 7 20 -2 4 19 ,1 17 ,9 0, 0 3, 2 0, 2 8, 8 4, 7 0, 9 0, 1 0, 0 0, 0 1, 1 0, 1 0, 2 0, 8 80 ,9 10 0, 0 90 0 25 -2 9 23 ,4 20 ,7 0, 0 4, 4 0, 4 10 ,9 4, 1 0, 6 0, 2 0, 0 0, 0 2, 7 1, 1 0, 3 1, 3 76 ,6 10 0, 0 1 30 5 30 -3 4 27 ,3 24 ,8 0, 0 7, 3 1, 4 8, 2 6, 2 1, 4 0, 1 0, 2 0, 0 2, 5 0, 9 0, 7 0, 9 72 ,7 10 0, 0 1 07 7 35 -3 9 28 ,9 26 ,6 0, 1 7, 4 1, 6 9, 6 6, 6 1, 1 0, 1 0, 1 0, 0 2, 3 1, 3 0, 4 0, 7 71 ,1 10 0, 0 91 4 40 -4 4 28 ,6 25 ,8 2, 3 6, 1 2, 0 8, 8 6, 1 0, 4 0, 0 0, 0 0, 0 2, 8 1, 6 0, 0 1, 2 71 ,4 10 0, 0 69 1 45 -4 9 18 ,6 16 ,6 1, 5 2, 7 2, 7 3, 4 5, 1 0, 9 0, 0 0, 0 0, 2 2, 0 0, 9 0, 3 0, 7 81 ,4 10 0, 0 41 8 E ns em bl e 23 ,3 21 ,2 0, 4 5, 1 1, 1 8, 4 5, 2 0, 9 0, 1 0, 0 0, 0 2, 2 0, 9 0, 3 0, 9 76 ,7 10 0, 0 5 73 1 FE M M ES N O N E N U N IO N S EX U EL LE M EN T AC TI VE S1 E ns em bl e 56 ,5 49 ,2 0, 0 8, 5 0, 0 8, 1 13 ,1 19 ,4 0, 0 0, 0 0, 0 7, 3 0, 8 5, 7 0, 8 43 ,5 10 0, 0 77 N ot e : S i p lu s d’ un e m ét ho de a é té u til is ée , s eu le la p lu s ef fic ac e es t p ris e en c om pt e da ns c e ta bl ea u. na = N on a pp lic ab le M A M A = M ét ho de d e l’A lla ite m en t M at er ne l e t d e l’A m én or rh ée 1 F em m es a ya nt e u de s ra pp or ts s ex ue ls a u co ur s de s 30 jo ur s ay an t p ré cé dé l’ en qu êt e. Planification familiale • 83 84 • Planification familiale Pour les femmes en union, la prévalence de la contraception est de 23 %, dont 21 % de méthodes modernes. Les femmes en union utilisent essentiellement trois méthodes : les injectables (8 %), la pilule (5 %) et les implants (5 %). Toutes les autres méthodes, y compris les traditionnelles, ne sont utilisées que par 5% des enquêtées. La prévalence contraceptive augmente avec l’âge entre 15 et 44 ans. C’est entre 35- 44 ans que l’on note les proportions les plus élevées d’utilisatrices de méthodes contraceptives (29 %). Graphique 7.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union selon la méthode Par ailleurs, les renseignements recueillis permettent aussi l’analyse de la prévalence contraceptive selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes en union (Tableau 7.4). La prévalence contraceptive pour l’ensemble des méthodes est deux fois plus élevée en milieu urbain (33 %) qu’en milieu rural (17 %). En milieu urbain comme en milieu rural, les méthodes modernes les plus fréquemment utilisées par les femmes sont les injectables (10 % en zone urbaine et 7 % en zone rurale), la pilule (9 % en zone urbaine contre 3 % en zone rurale), et les implants (7 % en zone urbaine et 4 % en zone rurale). Les différences inter régionales sont très importantes. Avec une prévalence de 32 %, c’est la région de l’Ouest qui enregistre la plus forte proportion de femme utilisant les méthodes contraceptives modernes contre 14 % dans le Centre et 15 % dans le Sud. La prévalence de la contraception, qu’elle soit moderne ou traditionnelle, augmente de façon très importante avec le niveau d’instruction. Pour les méthodes modernes, la prévalence passe de 16 % chez les femmes sans instruction à 30 % chez celles ayant un niveau d’instruction primaire et à 33 % chez les femmes de niveau secondaire ou plus. L’utilisation de la contraception moderne augmente aussi avec le nombre d’enfants, passant de 2 % chez les femmes nullipares à 26 % parmi celles ayant 5 enfants ou plus. 23 21 8 5 5 1 1 2 1 1 N'importe quelle méthode Une méthode moderne Injections Pilule Implants DIU Condom masculin une méthode traditionnelle Rythme Autres traditionnelles Pourcentage EDS-Continue 2015 Ta bl ea u 7. 4 U til is at io n ac tu el le d e la c on tra ce pt io n pa r c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s R ép ar tit io n (e n % ) d es fe m m es d e 15 -4 9 an s ac tu el le m en t e n un io n pa r m ét ho de c on tra ce pt iv e ac tu el le m en t u til is ée , s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, E D S -C on tin ue , S én ég al 2 01 5 N ’im po rte qu el le m ét ho de U ne m ét ho de m od er ne U ne m ét ho de m od er ne U ne m ét ho de tra di tio n- ne lle U ne m ét ho de tr ad iti on ne lle N ’u til is e pa s ac tu el - le m en t To ta l E ffe ct if de fe m m es C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue S té ril i- sa tio n fé m in in e P ilu le D IU In je ct a- bl es Im pl an ts C on do m m as cu lin M A M A C ol lie r A ut re R yt hm e R et ra it A ut re N om br e d’ en fa nt s vi va nt s 0 2, 4 1, 6 0, 1 0, 6 0, 0 0, 6 0, 1 0, 3 0, 0 0, 0 0, 0 0, 8 0, 7 0, 0 0, 1 97 ,6 10 0, 0 69 6 1- 2 21 ,3 19 ,3 0, 0 3, 9 0, 1 8, 5 5, 2 1, 3 0, 2 0, 1 0, 0 2, 0 0, 6 0, 6 0, 8 78 ,7 10 0, 0 1 88 0 3- 4 29 ,2 27 ,1 0, 5 7, 9 1, 9 10 ,5 5, 3 0, 9 0, 1 0, 0 0, 0 2, 1 0, 9 0, 2 1, 0 70 ,8 10 0, 0 1 60 6 5+ 29 ,1 26 ,0 1, 0 5, 7 1, 9 9, 4 7, 3 0, 5 0, 1 0, 1 0, 1 3, 1 1, 5 0, 2 1, 4 70 ,9 10 0, 0 1 54 9 R és id en ce U rb ai n 33 ,0 30 ,3 0, 6 9, 0 1, 6 9, 9 7, 2 1, 9 0, 0 0, 0 0, 0 2, 8 1, 4 0, 6 0, 7 67 ,0 10 0, 0 2 26 1 R ur al 17 ,0 15 ,2 0, 3 2, 5 0, 8 7, 3 3, 8 0, 2 0, 2 0, 1 0, 0 1, 8 0, 6 0, 1 1, 1 83 ,0 10 0, 0 3 47 0 G ra nd e R ég io n N or d 21 ,0 20 ,7 0, 5 6, 3 0, 6 8, 3 4, 4 0, 3 0, 2 0, 0 0, 0 0, 4 0, 2 0, 0 0, 2 79 ,0 10 0, 0 1 04 6 O ue st 35 ,3 32 ,2 0, 6 9, 3 2, 2 10 ,6 7, 5 1, 9 0, 1 0, 0 0, 0 3, 1 1, 8 0, 8 0, 5 64 ,7 10 0, 0 1 82 1 C en tre 15 ,8 13 ,8 0, 2 2, 4 0, 6 7, 3 2, 8 0, 2 0, 1 0, 1 0, 0 2, 0 0, 8 0, 1 1, 1 84 ,2 10 0, 0 1 83 7 S ud 17 ,9 15 ,3 0, 4 1, 3 0, 4 6, 3 6, 0 0, 6 0, 1 0, 0 0, 0 2, 7 0, 4 0, 2 2, 0 82 ,1 10 0, 0 1 02 7 N iv ea u d’ in st ru ct io n P as d ’in st ru ct io n 18 ,0 16 ,0 0, 4 3, 6 0, 9 7, 0 3, 6 0, 3 0, 1 0, 0 0, 0 2, 0 0, 7 0, 4 0, 9 82 ,0 10 0, 0 3 76 9 P rim ai re 32 ,7 29 ,9 0, 1 7, 5 0, 8 11 ,5 8, 6 1, 1 0, 3 0, 0 0, 1 2, 8 1, 3 0, 3 1, 2 67 ,3 10 0, 0 1 21 2 M oy en /s ec on da ire o u pl us 35 ,1 33 ,2 0, 7 8, 5 2, 7 10 ,3 7, 4 3, 2 0, 1 0, 1 0, 0 1, 9 1, 4 0, 0 0, 4 64 ,9 10 0, 0 75 0 Q ui nt ile s de b ie n- êt re éc on om iq ue Le p lu s ba s 14 ,2 11 ,9 0, 2 0, 7 0, 6 5, 9 3, 9 0, 2 0, 3 0, 1 0, 1 2, 3 0, 8 0, 0 1, 6 85 ,8 10 0, 0 1 20 8 S ec on d 17 ,0 15 ,2 0, 4 2, 3 0, 6 7, 4 4, 0 0, 3 0, 0 0, 2 0, 0 1, 8 0, 6 0, 1 1, 1 83 ,0 10 0, 0 1 13 6 M oy en 24 ,8 21 ,9 0, 7 5, 0 1, 2 8, 1 6, 2 0, 6 0, 1 0, 0 0, 0 2, 8 1, 8 0, 3 0, 8 75 ,2 10 0, 0 1 13 9 Q ua tri èm e 27 ,8 25 ,5 0, 2 8, 1 0, 6 11 ,4 4, 2 0, 9 0, 0 0, 0 0, 0 2, 3 0, 9 0, 8 0, 6 72 ,2 10 0, 0 1 17 6 Le p lu s él ev é 33 ,9 32 ,3 0, 6 9, 7 2, 5 9, 1 7, 7 2, 4 0, 1 0, 0 0, 0 1, 6 0, 6 0, 4 0, 5 66 ,1 10 0, 0 1 07 2 E ns em bl e 23 ,3 21 ,2 0, 4 5, 1 1, 1 8, 4 5, 2 0, 9 0, 1 0, 0 0, 0 2, 2 0, 9 0, 3 0, 9 76 ,7 10 0, 0 5 73 1 N ot e : S i p lu s d’ un e m ét ho de a é té u til is ée , s eu le la p lu s ef fic ac e es t p ris e en c om pt e da ns c e ta bl ea u. M A M A = M ét ho de d e l’A lla ite m en t M at er ne l e t d e l’A m én or rh ée . Planification familiale • 85 86 • Planification familiale Tendances La comparaison avec les résultats des enquêtes précédentes montre que la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union n’a cessé d’augmenter. Comme on peut le voir au Graphique 7.2, la prévalence de méthodes modernes est passée de 10 % en 2005 (EDS-IV), à 16 % en 2013 (EDS-Continue 2012-2013) à 20 % en 2014 pour atteindre 21 % en 2015. C’est surtout parmi les femmes du milieu rural et celles sans instruction que ces progrès ont été les plus importants. En effet, la prévalence contraceptive moderne a doublé en milieu rural, passant de 7 % en 2010-2011 à 15 % en 2015. On constate cette augmentation de la prévalence moderne quel que soit le niveau d’instruction : par exemple, pour le niveau primaire, la proportion d’utilisatrices de méthodes modernes est passée de 21 % en 2010-2011 à 30 % en 2015. Parmi les femmes sans instruction, la prévalence moderne est passée de 8 % en 2010-2011 à 18 % en 2015. Graphique 7.2 Tendance de l’utilisation des méthodes modernes parmi les femmes en union dans les différentes enquêtes, selon le milieu de résidence urbain-rural, 2005-2015 7.3 SOURCES D’APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION Pour évaluer la contribution des secteurs médicaux publics et privés dans la distribution ou la vente des différentes méthodes modernes de contraception, on a demandé aux utilisatrices d’indiquer l’endroit où elles ont obtenu leur méthode actuelle (Tableau 7.5). Pour obtenir les méthodes modernes de contraception, 84 % des femmes s’adressent au secteur médical public. Un peu plus d’une femme sur dix (11 %) s’adresse au secteur médical privé et seulement 1 % se dirigent vers d’autres sources. Dans le secteur public, ce sont surtout vers les postes de santé que les femmes se dirigent pour obtenir leur méthode (58,3%), soit plus de la moitié de la clientèle du secteur. En outre, les centres de santé contribuent pour 13,8%. Dans le secteur privé, les principaux fournisseurs sont de loin, les pharmacies (8,5 %) ; dans 2,2% des cas, les femmes se sont procuré leur méthode dans les hôpitaux/cliniques privés. Quant aux sources non médicales, il s’agit essentiellement des amis/parents (0,7 %). 10 12 16 20 21 18 20 27 29 30 5 7 9 13 15 EDS 2005 EDS-MICS 2010-2011 EDS-Continue 2012-2013 EDS-Continue 2014 EDS-Continue 2015 Total Urban Rural Pourcentage Planification familiale • 87 Il faut souligner que dans 59,0% des cas, les femmes s’adressent au secteur médical privé pour obtenir les condoms masculins, en totalité dans les pharmacies (59 %). Avec moins de 10 %, le secteur public joue un rôle mineur dans la distribution des condoms. Par contre, la pilule, les implants et les injectables sont essentiellement fournis par le secteur public ; plus de 93% de la clientèle. Tableau 7.5 Source d’approvisionnement des méthodes modernes Répartition (en %) des utilisatrices actuelles de méthodes contraceptives modernes âgées de 15-49 ans par source d’approvisionnement la plus récente, en fonction de la méthode, EDS-Continue, Sénégal 2015 Source d’approvisionnement Pilule DIU Injectables Implants Condom masculin Ensemble1 Secteur public 78,8 69,2 94,7 93,4 9,0 83,6 Hôpital du gouvernement 1,2 9,6 1,6 6,3 0,0 4,2 Centre de santé du gouvernement 10,7 4,8 14,2 19,3 1,1 13,8 Poste de santé du gouvernement 53,8 47,7 73,5 61,4 4,8 58,3 Clinique de PF 3,2 0,9 2,4 2,7 0,0 2,4 Maternité rurale 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Case de santé 4,5 0,9 2,7 0,8 1,4 2,4 Pharmacie communautaire 0,2 0,0 0,0 0,0 1,7 0,2 Stratégie avancée/équipe mobile 3,1 5,3 0,3 2,8 0,0 1,8 Autre public 2,2 0,0 0,2 0,0 0,0 0,5 Secteur médical privé 19,9 17,5 4,9 0,6 59,0 11,4 Hôpital/clinique privé 0,3 16,1 2,9 0,6 0,0 2,2 Pharmacie 19,3 0,0 0,3 0,0 59,0 8,5 Médecin privé 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Dispensaire religieux 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Autre médical privé 0,2 1,4 1,7 0,0 0,0 0,8 Autre 0,0 0,0 0,0 0,0 11,0 0,8 Boutique 0,0 0,0 0,0 0,0 1,0 0,1 Église 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Amis/parents 0,0 0,0 0,0 0,0 10,0 0,7 Bar 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Autre 1,3 6,3 0,3 1,4 0,0 1,1 Ne sait pas 0,0 0,0 0,0 0,0 20,9 1,5 Manquant 0,0 7,0 0,0 4,6 0,0 1,5 Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 99,8 Effectif de femmes 301 68 517 339 93 1 349 1 L’ensemble inclut d’autres méthodes modernes mais pas la Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée (MAMA). 7.4 INFORMATIONS RELATIVES AUX MÉTHODES CONTRACEPTIVES Au niveau des formations sanitaires, les prestataires de services de planification familiale sont censés assurer des services complets à leur clientèle en leur donnant le maximum d’informations utiles, entre autres, des informations sur l’éventail des différentes méthodes contraceptives existantes et leurs contraintes, ainsi que sur leurs effets secondaires et leurs contre-indications éventuelles. Ces informations dont l’objectif est d’aider les femmes à faire un choix informé permettent aussi de corriger et de combattre les préjugés concernant les méthodes de contraception. Les résultats sont présentés au Tableau 7.6. Dans l’ensemble, environ neuf femmes sur dix (86 %) ont été informées que des méthodes autres que celles qu’elles utilisent existent. Dans 82 % des cas, les femmes ont été informées sur les effets secondaires et autres problèmes liés à l’utilisation de la méthode et dans 78 % des cas, les femmes ont été informées sur les mesures à prendre en cas d’effets secondaires liés à la méthode. En matière d’information de la clientèle, on constate que dans le secteur privé, la proportion de femmes ayant été informées de l’existence d’autres méthodes est légèrement plus élevée que dans le secteur public (86 % contre 89 %). En ce qui concerne l’information sur les effets secondaires et les problèmes liés à la méthode, on ne constate pas d’écarts importants entre les deux secteurs. Par contre, en ce qui concerne les mesures à prendre en cas d’effets secondaires, on note que c’est dans le secteur privé que les femmes ont été les plus fréquemment informées (79 % contre 77 %). En outre, on peut souligner que dans le secteur public, ce sont dans les postes de santé et les centres de santé du gouvernement que les femmes ont été les 88 • Planification familiale plus fréquemment informées. En outre, dans 86 % des cas, les femmes qui se sont adressées à des postes de santé, qui constituent les principaux pourvoyeurs de contraceptifs, ont été informées sur l’existence d’autres méthodes et, huit femmes sur dix ont été averties des effets secondaires et des mesures à prendre en cas de problèmes (79 %). Les effectifs de femmes qui se sont adressées au secteur privé pour obtenir des informations sur les méthodes contraceptives sont trop faibles et ne peuvent donc pas être commentés. Tableau 7.6 Choix informé de la méthode Parmi les utilisatrices actuelles de méthodes modernes, âgées de 15-49 ans, dont la dernière période d’utilisation d’une méthode a commencé au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant été informé de possibles effets secondaires ou sur des problèmes liés à cette méthode; pourcentage ayant été informé sur ce qu’il fallait faire en cas d’effets secondaires et pourcentage ayant été informé de l’existence d’autres méthodes, selon la méthode et la source initiale de la méthode, EDS-Continue, Sénégal 2015 Parmi les utilisatrices actuelles de méthodes modernes dont la dernière période d’utilisation a commencé au cours des cinq années ayant précédé l’enquête : Méthode/source Pourcentage ayant été informé des effets secondaires ou des problèmes de la méthode utilisée Pourcentage ayant été informé sur ce qu’il fallait faire en cas d’effets secondaires Pourcentage ayant été informé par un agent de santé ou de planification familiale d’autres méthodes qui peuvent être utilisées Effectif de femmes Méthode Stérilisation féminine * * * 10 Pilule 79,5 74,3 86,1 265 DIU (77,7) (77,7) (89,1) 63 Injectables 85,6 82,3 88,4 490 Implants 79,9 74,7 83,8 324 Source initiale de la méthode1 Secteur public 81,8 77,5 86,0 1 054 Hôpital du gouvernement (81,6) (80,9) (88,8) 44 Centre de santé du gouvernement 74,3 69,4 86,4 164 Poste de santé du gouvernement 83,3 79,0 86,3 770 Clinique de PF * * * 30 Case de santé (89,8) (74,9) (80,4) 28 Pharmacie communautaire * * * 1 Stratégie avancée/équipe mobile * * * 17 Secteur médical privé 81,2 79,4 88,5 81 Hôpital/clinique privé * * * 37 Pharmacie * * * 34 Autre privé * * * 10 Autre * * * 16 Manquant * * * 1 Ensemble 81,8 77,7 86,1 1 152 Note : Le tableau n’inclut que les utilisatrices de méthodes figurant sur la liste. * Un astérisque indique qu'une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu'elle a été supprimée na = Non applicable 1 Source au moment où a commencé l’épisode d’utilisation de la méthode actuelle. Le taux de discontinuation de la contraception et les raisons pour lesquelles les femmes interrompent l’utilisation d’une méthode sont des éléments tout aussi importants pour la réussite d’un programme de planification familiale que la qualité de l’information des femmes en matière de planification familiale. Bien qu’une femme puisse décider d’interrompre une méthode contraceptive parce qu’elle souhaite des enfants, il existe de nombreuses autres raisons qui peuvent conduire une femme à stopper l’utilisation d’une méthode contraceptive. Au cours de l’enquête, on a collecté des informations qui permettent d’évaluer les taux de discontinuation des méthodes contraceptives ainsi que les raisons pour lesquelles les femmes ont décidé d’interrompre l’utilisation d’une méthode. Les taux de discontinuation sont présentés au Tableau 7.7. Planification familiale • 89 Tableau 7.7 Taux de discontinuation des méthodes contraceptives sur 12 mois Parmi les femmes de 15-49 ans qui ont commencé une période d’utilisation contraceptive au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage d’épisodes de discontinuation au cours des 12 mois selon la raison de discontinuation et par méthode spécifique, EDS-Continue, Sénégal 2015 Méthode Échec de la méthode Désir de tomber enceinte Autres raisons liées à la fécondité2 Effets secondaires- raisons liées à la santé Souhaitait une méthode plus efficace Autres raisons liées à la méthode3 Autres raisons N’importe quelle raison A changé de méthode4 Nombre d’épisodes d’utilisation Pilule 3,8 5,1 11,6 13,4 4,3 2,7 5,5 46,4 0,0 637 Injectables 1,1 9,6 7,1 12,6 2,6 1,2 7,1 41,3 0,0 996 Implants 0,2 2,5 0,0 4,5 0,2 0,5 0,2 8,2 0,0 361 Autre (10,1) (7,6) (7,4) (1,3) (7,4) (0,0) (8,7) (42,5) (0,0) 122 Toutes les méthodes1 3,0 6,7 6,6 9,3 3,0 1,3 5,1 35,1 0,0 2 466 Note : Les valeurs sont basées sur des calculs de table de survie en utilisant les informations sur les épisodes d’utilisation qui ont commencé 3-62 mois avant l’enquête. 1 Y compris la MAMA 2 Inclut rapports sexuels peu fréquents/mari absent, difficultés de tomber enceinte/ménopause et dissolution de l’union/séparation. 3 Inclut manque d’accès/éloignement, trop cher et utilisation peu pratique. 4 Les raisons de discontinuation sont mutuellement exclusives et leur somme correspond au total figurant dans cette colonne. 5 Les épisodes d’utilisation compris dans cette colonne sont un sous-ensemble des épisodes de discontinuation compris dans le taux de discontinuation. On considère qu’une femme a changé de méthode si elle a utilisé une méthode différente au cours du mois suivant la discontinuation ou si elle a déclaré, comme raison de discontinuation, qu’elle "voulait une méthode plus efficace" et qu’elle a commencé à utiliser une autre méthode dans les deux mois après la discontinuation. 6 Le nombre d’épisodes d’utilisation comprend les épisodes d’utilisation qui ont été discontinués pendant la période d’observation ainsi que les épisodes d’utilisation qui n’ont pas été discontinués pendant la période d’observation. Dans l’ensemble, les résultats montrent que dans 35 % des cas, les femmes ont interrompu l’utilisation d’une méthode contraceptive dans les 12 mois qui ont suivi le début de la période d’utilisation. C’est pour la pilule que le taux de discontinuation est le plus élevé (46 %) suivi par les injectables (41 %). À l’opposé, c’est pour les implants que le taux est le plus faible (8 %). Dans 7 % des cas, c’est parce que la femme voulait tomber enceinte que les épisodes de discontinuation se sont produits et, dans 9 % des cas, c’est par crainte des effets secondaires ou à cause de raisons liées à la santé. 7.5 RAISONS D’INTERRUPTION DE MÉTHODE CONTRACEPTIVE On a demandé aux femmes la raison principale de l’interruption de la méthode contraceptive au cours des cinq dernières années ayant précédé l’enquête. Les résultats sont présentés au Tableau 7.8. Les résultats montrent que le désir de tomber enceinte et les effets secondaires ou les problèmes de santé sont les premières causes d’interruption de la méthode contraceptive. Pour toutes méthodes confondues, 33 % des femmes ont interrompu la méthode contraceptive parce qu’elles voulaient tomber enceinte et 23 % à cause des effets secondaires ou des problèmes de santé. Les femmes qui sont tombées enceintes pendant l’utilisation de la contraception représentent 8 % et, dans 26 % des cas, il s’agit d’utilisatrices d’autres méthodes (autres que la pilule, DIU, les injectables, les implants et la méthode du Rythme). Les effets secondaires ou les problèmes de santé constituent les principales raisons d’abandon d’une méthode spécifique. Cette situation concerne 36 % des femmes qui ont eu recours aux implants, 24 % de celles ayant utilisé les injectables et 26 % de celles ayant utilisé la pilule. 90 • Planification familiale Tableau 7.8 Raisons de discontinuation Répartition (en %) des discontinuations des méthodes contraceptives au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par raison principale de discontinuation déclarée, selon la méthode spécifique, EDS-Continue, Sénégal 2015 Raison de l’interruption Pilule Injectables Implants Rythme Autre Toutes les méthodes1 Est tombée enceinte pendant l’utilisation 7,6 2,2 1,7 (52,7) 26,4 7,5 Voulait tomber enceinte 27,0 35,1 37,1 (32,6) 55,9 32,7 Mari/partenaire désapprouvait 4,4 7,4 9,6 (0,0) 1,9 6,2 Voulait une méthode plus efficace 5,9 6,2 2,5 (3,5) 4,3 6,3 Problèmes de santé/effets secondaires 25,5 24,4 36,3 (0,0) 2,0 22,5 Problèmes d’accès/trop loin 1,0 1,4 0,0 (0,0) 0,0 0,9 Coûte trop cher 2,5 0,5 0,0 (0,0) 0,0 1,0 Pas pratique à utiliser 1,7 0,6 2,6 (0,0) 0,0 1,1 Cela dépend de Dieu/fataliste 0,0 0,0 0,0 (0,0) 1,1 0,1 Difficulté à tomber enceinte/ménopause 0,1 0,2 0,0 (0,0) 0,0 0,2 Rapports sexuels peu fréquents/mari absent 16,1 8,9 9,0 (1,5) 5,2 11,6 Dissolution de l’union/séparation 0,4 2,5 0,0 (0,0) 0,0 1,6 Autre 7,7 10,5 1,2 (9,7) 3,1 8,4 Ne sait pas 0,0 0,1 0,0 (0,0) 0,0 0,0 Manquant 0,0 0,0 0,0 (0,0) 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre de discontinuations 506 667 86 60 68 1 509 Note : Les données des méthodes DIU. Condom masculin, condom féminin MELA et retrait ne sont pas présentés dû au fait que dans ces méthodes il n’y pas de cas suffisants. MAMA = Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée 7.6 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE Pour savoir si les femmes ont une connaissance correcte de la période de fécondabilité, on leur a demandé si elles pensaient, qu’au cours du cycle, il existait une période pendant laquelle elles avaient plus de chance de tomber enceinte et, si oui, à quel moment du cycle se situait cette période. Les résultats des réponses à cette dernière question sont présentés au Tableau 7.9 et ils portent uniquement sur l’ensemble des femmes, la proportion de femmes utilisatrices de la méthode du rythme étant trop faible (0,7 %). Compte tenu des nombreuses nuances que peuvent comporter les réponses à cette question, les femmes ont été regroupées en trois grandes catégories : • celles qui connaissent la période de fécondabilité sont les femmes qui ont déclaré « milieu du cycle » ; • celles qui ont une connaissance douteuse de la période sont les femmes qui ont déclaré « juste avant le début des règles », «juste après la fin des règles ». Ces réponses sont trop vagues pour pouvoir être considérées comme exactes mais, selon l’idée que se font les femmes du « juste après la fin » et du « juste avant le début », elles peuvent correspondre à la période féconde ; • celles qui ne connaissent pas la période sont les femmes qui ont déclaré « durant les règles », « pas de période spécifique », « ne sait pas » ou toute autre réponse. Globalement, le Tableau 7.9 indique que dans pratiquement la moitié des cas, les femmes n’ont aucune idée de l’existence d’une période particulière ou ne savent pas situer correctement la période de fertilité au cours du cycle menstruel : 23 % ont déclaré ne pas savoir du tout et 21 % ont déclaré qu’il n’y a pas de période spécifique. Pratiquement deux femmes sur cinq (39 %) n’en ont qu’une connaissance approximative, voire douteuse. Seulement 16 % des femmes ayant mentionné le milieu du cycle sont considérées comme ayant une connaissance précise de la période où une femme a le plus de chances de tomber enceinte au cours du cycle menstruel. Planification familiale • 91 Tableau 7.9 Connaissance de la période féconde Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans par connaissance de la période féconde au cours du cycle menstruel selon l’utilisation actuelle de la méthode du rythme, EDS-Continue, Sénégal 2015 Connaissance de la période féconde Utilisatrices de la méthode du rythme Non utilisatrices de la méthode du rythme Ensemble des femmes Juste avant le début des règles (3,3) 6,3 6,3 Durant les règles (2,8) 1,8 1,8 Juste après la fin des règles (51,7) 32,4 32,5 Au milieu du cycle/entre deux périodes de règles (41,7) 15,7 15,9 Autre (0,0) 0,0 0,0 Pas de moment spécifique (0,0) 20,7 20,5 Ne sait pas (0,5) 23,2 23,0 Manquant (0,0) 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 59 8 792 8 851 7.7 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE La demande potentielle en matière de contraception et l’identification des femmes qui ont des besoins élevés en services de planification familiale constituent des problèmes importants de tout programme de planification familiale. Les femmes fécondes qui n’utilisent pas la contraception, mais qui souhaitent espacer leur prochaine naissance (espacement) ou qui ne veulent plus d’enfant (limitation) sont considérées comme ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale. Les besoins non satisfaits, la demande totale, le pourcentage de demande satisfaite et le pourcentage de demande satisfaite par les méthodes modernes sont définis comme suit : • besoins non satisfaits : somme des besoins non satisfaits pour espacer et des besoins non satisfaits pour limiter ; • demande totale en planification familiale : somme des besoins non satisfaits et de l’utilisation contraceptive totale ; • pourcentage de demande satisfaite : utilisation contraceptive totale divisée par la somme des besoins non satisfaits et de l’utilisation contraceptive totale ; • pourcentage de demande satisfaite par les méthodes modernes : utilisation des méthodes contraceptives modernes divisée par la somme des besoins non satisfaits et de l’utilisation contraceptive totale. Le Tableau 7.12.1 présente la distribution des femmes en union qui ont des besoins en matière de planification familiale. Le Tableau 7.12.2 porte sur l’ensemble des femmes et les femmes non en union sexuellement actives. Selon l’utilisation, les femmes sont groupées en deux catégories : • Utilisation pour l’espacement : entrent dans cette catégorie, les femmes qui utilisent une méthode de planification familiale et déclarent qu’elles veulent avoir un autre enfant ou qui sont indécises quant à une autre naissance. • Utilisation pour limiter : il s’agit des femmes qui utilisent et qui ne veulent plus d’enfants. Le Tableau 7.10.1 indique que 25 % des femmes actuellement en union ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale. Cette proportion comprend 19 % des femmes ayant des besoins non satisfaits pour espacer et 6 % pour limiter. Par ailleurs, 23 % des femmes en union utilisent actuellement une méthode contraceptive, dont 16 % pour espacer et 7 % pour limiter leur descendance. Enfin, la demande totale de services de planification familiale est évaluée à 49 %. En d’autres termes, la prévalence contraceptive passerait de 23 % à 49 % si tous les besoins en matière de planification familiale étaient 92 • Planification familiale satisfaits. Les résultats montrent que la demande en planification familiale n’est satisfaite que dans 48 % des cas. On constate au Tableau 7.10.1 que la demande totale en services de PF varie avec l’âge des femmes actuellement en union. Elle passe de 31 % pour les femmes âgées de 15-19 ans à 57 % pour celles âgées de 35-44ans. Le pourcentage de demande satisfaite augmente aussi avec l’âge des femmes. En outre, les résultats montrent que la demande en planification familiale est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (56 % contre 44 %); En milieu urbain, 59 % de la demande est satisfaite contre seulement 39 % en milieu rural. La zone ouest (59 %) enregistre la proportion de demande en matière de planification familiale la plus élevée; par contre, la zone centre (43 %) enregistre la proportion la plus faible. Par ailleurs, la demande totale en services de PF augmente avec le niveau d’instruction mais aussi avec le niveau de bien- être économique : plus le niveau d’instruction ou le niveau de bien-être économique est élevé, plus la demande en matière de planification familiale est élevée. Cependant, le pourcentage de la demande totale qui est satisfaite est beaucoup plus bas les femmes sans instruction at parmi celles appartenant aux deux premiers quintiles. Parmi toutes les femmes (Tableau 7.10.2), environ une femme sur six (17 %) a des besoins non satisfaits, principalement des besoins orientés vers l’espacement des naissances (13 % contre 4 % pour limiter sa descendance). La demande totale en PF est évaluée à 34 % et 50 % de cette demande sont satisfaites. Tableau 7.10.1 Besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union Pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de demande totale en planification familiale et pourcentage de demande selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale Besoins satisfaits en matière de planification familiale (utilisation actuelle) Demande totale en planification familiale1 Pourcentage de demande satisfaite2 Pourcentage de demande satisfaite par des méthodes modernes3 Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Groupe d’âges 15-19 23,7 0,6 24,3 6,2 0,0 6,2 29,9 0,6 30,5 20,3 18,1 427 20-24 24,2 1,2 25,4 18,5 0,5 19,1 42,7 1,7 44,5 42,8 40,3 900 25-29 23,8 1,6 25,4 22,0 1,3 23,4 45,8 2,9 48,7 48,0 42,4 1 305 30-34 21,3 3,2 24,5 22,0 5,4 27,3 43,3 8,6 51,9 52,7 47,8 1 077 35-39 17,4 10,7 28,2 15,7 13,3 28,9 33,1 24,0 57,1 50,7 46,6 914 40-44 13,0 15,8 28,8 7,9 20,8 28,6 20,8 36,5 57,4 49,9 45,1 691 45-49 0,9 14,1 15,0 3,8 14,8 18,6 4,6 29,0 33,6 55,3 49,4 418 Résidence Urbain 17,8 5,5 23,3 22,7 10,3 33,0 40,5 15,8 56,3 58,7 53,8 2 261 Rural 20,5 6,1 26,5 12,0 5,0 17,0 32,5 11,0 43,5 39,1 35,0 3 470 Grande Région Nord 17,6 6,1 23,7 15,1 5,9 21,0 32,7 12,0 44,7 47,1 46,2 1 046 Ouest 18,4 5,1 23,6 24,7 10,6 35,3 43,1 15,8 58,9 60,0 54,7 1 821 Centre 20,5 6,5 27,0 10,6 5,2 15,8 31,1 11,6 42,8 36,9 32,2 1 837 Sud 20,9 5,7 26,7 12,4 5,5 17,9 33,4 11,2 44,6 40,2 34,2 1 027 Niveau d’instruction Pas d’instruction 20,4 7,0 27,4 12,1 5,9 18,0 32,4 12,9 45,4 39,6 35,2 3 769 Primaire 17,7 3,3 21,0 22,5 10,1 32,7 40,2 13,4 53,7 60,9 55,7 1 212 Moyen/secondaire ou plus 17,2 4,2 21,4 27,1 7,9 35,1 44,3 12,2 56,4 62,1 58,9 750 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 21,0 7,3 28,3 9,3 4,9 14,2 30,3 12,3 42,5 33,4 27,9 1 208 Second 20,8 5,8 26,7 10,7 6,3 17,0 31,6 12,1 43,7 38,9 34,8 1 136 Moyen 18,6 5,5 24,1 16,4 8,4 24,8 35,0 13,9 48,8 50,7 44,9 1 139 Quatrième 18,4 4,8 23,2 20,9 6,9 27,8 39,3 11,7 51,0 54,5 50,1 1 176 Le plus élevé 18,0 5,8 23,7 24,7 9,2 33,9 42,7 14,9 57,6 58,8 56,0 1 072 Ensemble 19,4 5,8 25,2 16,2 7,1 23,3 35,6 12,9 48,6 48,0 43,6 5 731 Note : Les valeurs figurant dans ce tableau sont basées sur la définition révisée des besoins non satisfaits décrite dans Bradley et al. 2012. 1 Le pourcentage de demande satisfaite équivaut aux besoins satisfaits divisés par la demande totale 2 Les méthodes modernes comprennent la stérilisation féminine, la pilule, le DIU, les injectables, les implants, le condom masculin, le collier et la Méthode de l’Allaitement maternel et de l’Aménorrhée (MAMA) 3 La demande totale équivaut à la somme des besoins non satisfaits et des besoins satisfaits (avec toutes les méthodes) Planification familiale • 93 Tableau 7.10.2 Besoins en matière de planification familiale de l’ensemble des femmes Pourcentage de toutes les femmes de 15-49 ans ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de celles dont les besoins sont satisfaits, pourcentage de demande totale en planification familiale et pourcentage en planification familiale qui est satisfaite, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale Besoins satisfaits en matière de planification familiale (utilisation actuelle) Demande totale en planification familiale1 Pourcentage de demande satisfaite2 Pourcentage de demande satisfaite par des méthodes modernes3 Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Groupe d’âges 15-19 6,1 0,2 6,2 2,5 0,0 2,5 8,5 0,2 8,7 28,5 26,1 2 003 20-24 15,8 0,7 16,5 12,9 0,3 13,2 28,7 1,0 29,7 44,5 42,3 1 641 25-29 18,9 1,2 20,1 18,8 1,2 20,0 37,7 2,5 40,2 49,9 44,5 1 667 30-34 18,5 2,9 21,4 20,9 4,8 25,8 39,5 7,7 47,2 54,6 49,0 1 247 35-39 16,0 9,5 25,5 14,7 12,3 27,0 30,7 21,8 52,5 51,4 47,3 1 030 40-44 11,6 14,2 25,8 7,4 19,3 26,8 19,1 33,5 52,6 50,9 46,1 772 45-49 0,7 12,0 12,7 3,6 14,1 17,8 4,3 26,2 30,5 58,2 51,2 492 Résidence Urbain 10,7 3,0 13,7 14,2 6,0 20,2 25,0 9,0 33,9 59,6 54,6 4 205 Rural 15,8 4,6 20,4 10,0 3,8 13,8 25,8 8,4 34,2 40,5 36,4 4 646 Grande Région Nord 12,9 4,5 17,4 11,2 4,2 15,5 24,1 8,8 32,8 47,1 46,3 1 456 Ouest 11,0 2,8 13,8 14,7 6,1 20,8 25,7 8,9 34,6 60,1 54,8 3 384 Centre 15,4 4,7 20,1 8,2 3,9 12,1 23,6 8,6 32,2 37,6 33,0 2 520 Sud 15,8 4,0 19,8 13,1 4,2 17,3 28,9 8,2 37,1 46,6 40,9 1 491 Niveau d’instruction Pas d’instruction 17,4 5,9 23,3 10,5 5,2 15,7 27,9 11,1 39,0 40,3 35,8 4 505 Primaire 12,1 2,1 14,2 15,4 6,7 22,1 27,5 8,8 36,3 60,9 56,0 1 927 Moyen/secondaire ou plus 6,9 1,4 8,3 12,1 2,7 14,8 19,0 4,1 23,1 64,3 60,0 2 419 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 17,2 6,0 23,2 8,1 4,0 12,2 25,3 10,0 35,3 34,4 29,1 1 509 Second 16,2 4,3 20,5 9,8 4,9 14,7 26,0 9,2 35,2 41,7 37,7 1 579 Moyen 12,9 3,5 16,4 12,7 5,6 18,3 25,6 9,1 34,7 52,6 47,0 1 757 Quatrième 12,4 3,0 15,4 13,8 4,5 18,3 26,2 7,5 33,8 54,3 50,1 1 886 Le plus élevé 9,8 2,9 12,7 14,2 5,2 19,4 24,0 8,1 32,1 60,4 56,8 2 121 Ensemble 13,4 3,8 17,2 12,0 4,9 16,9 25,4 8,7 34,1 49,5 45,0 8 851 Note : Les valeurs figurant dans ce tableau sont basées sur la définition révisée des besoins non satisfaits décrite dans Bradley et al., 2012. 1 Le pourcentage de demande satisfaite équivaut aux besoins satisfaits divisés par la demande totale 2 Les méthodes modernes comprennent la stérilisation féminine, la pilule, le DIU, les injectables, les implants, le condom masculin, le collier et la Méthode de l’Allaitement maternel et de l’Aménorrhée (MAMA) 3 La demande totale équivaut à la somme des besoins non satisfaits et des besoins satisfaits (avec toutes les méthodes) 7.8 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION On a demandé aux femmes qui n’utilisaient pas la contraception au moment de l’enquête, si elles avaient l’intention d’utiliser une méthode dans l’avenir. Le Tableau 7.11 présente la répartition de ces femmes par intention d’utiliser une méthode dans l’avenir selon le nombre d’enfants vivants. Tableau 7.11 Utilisation future de la contraception Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans, actuellement en union qui n’utilisent pas actuellement de méthode, par nombre d’enfants vivants et selon l’intention d’utiliser une méthode dans l’avenir, EDS-Continue, Sénégal 2015 Nombre d’enfants vivants1 Ensembl e Intention 0 1 2 3 4+ A l’intention d’utiliser 25,0 36,5 33,2 32,0 39,8 35,3 Pas sûre 15,2 10,2 8,3 9,7 6,9 9,1 N’a pas l’intention d’utiliser 59,8 53,3 58,5 58,3 53,3 55,7 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 511 778 762 611 1 731 4 394 1 Y compris la grossesse actuelle Une femme sur trois (35 %) a déclaré avoir l’intention d’utiliser une méthode contraceptive dans l’avenir. Par contre, deux femmes sur quatre (56 %) ont déclaré ne pas avoir l’intention d’en utiliser une dans le futur et, dans 9 % des cas, les femmes étaient indécises. Par ailleurs, selon le nombre d’enfants, on 94 • Planification familiale constate que parmi les femmes sans enfant, une femme sur quatre (25 %) a déclaré avoir l’intention d’utiliser dans le futur une méthode de planification familiale. Parmi les femmes ayant un enfant, cette proportion est de 37 % et parmi celles qui en ont 3, elle est de 32 %. 7.9 SOURCES D’INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION L’accès à l’information constitue un préalable important pour promouvoir l’utilisation des méthodes contraceptives. C’est en effet par ce biais qu’on parvient à informer et à sensibiliser la population à la planification familiale et à vulgariser les différentes méthodes contraceptives. Pour appréhender le niveau d’accès des femmes et des hommes à l’information sur la planification familiale et les canaux par lesquels ils ont été informés, on leur a demandé si elles/ils avaient entendu un message quelconque sur la planification familiale à la radio ou à la télévision durant le mois ayant précédé l’enquête. Selon le Tableau 7.12, on constate que durant le mois qui a précédé l’enquête, une femme sur deux (50 %) et un homme sur trois (34 %) âgés de 15-49 ans n’ont entendu aucun message, ni à la radio, ni à la télévision, ni vu ou lu de message dans les journaux et magazines, sur la planification familiale. Chez les femmes, 37 % ont regardé un message à la télévision et 33 % en ont entendu à la radio. La proportion de femmes informées par les journaux ou magasines est plutôt faible (4 %), cela étant en partie dû au faible niveau d’alphabétisation. La proportion de femmes ayant entendu un message à la radio augmente avec l’âge, passant d’un minimum de 20 % à 15-19 ans à 42 % à 45-49 ans. Cette proportion est également plus importante en milieu urbain qu’en milieu rural (36 % contre 31 %). C’est dans les zones Sud (38 %) et Ouest (36 %) que les femmes ont le plus fréquemment reçu des messages sur la planification familiale en écoutant la radio. Les zones Centre et Nord n’enregistrent que respectivement 31 % et 25 %. Enfin, le pourcentage de femmes ayant reçu des messages sur la planification familiale en écoutant la radio augmente avec le niveau d’instruction variant de 30 % chez les femmes sans instruction à 37 % chez celles de niveau primaire et 36 % chez celles de niveau secondaire ou plus. La télévision existe essentiellement dans les villes ; aussi a-t-elle plus servi de canal d’information en milieu urbain que rural (55 % contre 21 %). Comme pour la radio, le pourcentage de femmes informées par la télévision augmente avec le niveau d’instruction : de 25 % chez les femmes sans instruction, il passe à 51 % chez celles de niveau secondaire ou plus. L’information par les journaux et magazines concerne presque exclusivement le milieu urbain (7 % contre 1 % en milieu rural. L’exposition aux messages sur la planification familiale augmente avec le niveau de bien-être économique du ménage, cela quel que soit le canal de diffusion : la proportion des femmes passe de 29 % dans le quintile le plus bas à 35 % dans le plus élevé , pour la radio, de respectivement 6 % à 62 %, pour la télévision et de respectivement moins de 1 % à 11 % pour les journaux. Chez les femmes des ménages du quintile le plus bas, la radio est la source d’information la plus utilisée ; à partir du quintile moyen, la télévision devient le média d’information prédominant. Quel que soit le niveau de bien-être du ménage, les journaux constituent la source d’information la moins utilisée. Cependant, l’exposition à ce média croit fortement avec le niveau de bien- être. Les résultats concernant les hommes mettent en évidence les mêmes variations sociodémographiques que celles constatées chez les femmes. Planification familiale • 95 Tableau 7.12 Exposition aux messages sur la planification familiale Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui, au cours des derniers mois ayant précédé l’enquête, ont, soit entendu à la radio, soit vu à la télévision ou dans un journal ou un magazine, un message sur la planification familiale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Radio Télévision Journaux/ magazines Aucun des trois médias Effectif Radio Télévision Journaux/ magazines Aucun des trois médias Effectif Groupe d’âges 15-19 20,2 26,9 3,4 62,6 2 003 35,2 31,6 7,5 57,5 801 20-24 35,0 38,4 6,9 49,0 1 641 61,9 55,6 17,4 33,4 643 25-29 36,7 40,9 4,4 45,5 1 667 69,8 62,0 17,6 24,0 542 30-34 34,5 44,5 4,7 44,4 1 247 67,4 57,6 10,7 26,9 428 35-39 40,7 41,1 2,5 44,6 1 030 72,9 59,0 11,2 22,2 407 40-44 37,5 34,7 1,9 50,5 772 71,6 55,4 16,8 26,0 310 45-49 42,0 37,6 2,9 44,2 492 72,1 58,0 18,0 23,0 275 Résidence Urbain 36,0 54,9 7,3 38,2 4 205 69,1 68,9 20,4 24,0 1 771 Rural 30,6 20,9 1,3 60,9 4 646 51,4 33,3 6,0 44,7 1 634 Grande Région Nord 25,1 23,5 2,8 65,7 1 456 38,9 29,2 1,2 51,7 464 Ouest 35,8 57,4 7,1 35,1 3 384 80,6 81,2 27,0 14,2 1 477 Centre 31,2 27,1 2,2 57,8 2 520 49,6 31,8 5,4 46,0 843 Sud 38,4 20,9 2,1 56,2 1 491 44,2 26,1 1,8 51,0 622 Niveau d’instruction Pas d’instruction 30,2 25,3 0,3 59,3 4 505 52,1 33,6 0,3 44,9 1 255 Primaire 36,7 46,6 1,9 43,8 1 927 62,4 54,9 7,0 32,2 883 Moyen/secondaire ou plus 35,8 51,4 13,1 38,1 2 419 67,8 67,8 31,3 24,3 1 266 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 28,9 5,6 0,6 69,7 1 509 40,0 13,3 1,7 57,4 508 Second 31,6 13,8 1,0 64,7 1 579 48,8 27,9 5,0 48,9 616 Moyen 33,2 34,7 2,3 53,1 1 757 58,8 49,8 7,2 34,4 662 Quatrième 35,3 55,6 4,3 39,2 1 886 68,7 65,7 13,0 25,5 753 Le plus élevé 35,4 62,2 10,5 32,7 2 121 75,5 80,9 31,8 16,4 866 Ensemble 15-49 33,2 37,1 4,2 50,1 8 851 60,6 51,8 13,5 33,9 3 405 50-59 na na na na na 72,8 51,0 9,9 24,9 329 Ensemble 15-59 na na na na na 61,7 51,7 13,2 33,1 3 734 na = Non applicable Au Tableau 7.13 figurent les résultats concernant le contact des non utilisatrices de la contraception avec des agents de la planification familiale. Dans 78 % des cas, les femmes ont déclaré ne pas avoir discuté de planification familiale au cours des douze mois ayant précédé l’enquête ni avec un agent de santé, ni dans une structure sanitaire. L’analyse différentielle montre que ce sont les jeunes femmes et les femmes âgées qui ont le moins fréquemment eu de contact avec les agents de la planification familiale. On ne note pas d’écart important entre les milieux de résidence. Dans la majorité des cas (45 %), les femmes qui ont visité un établissement de santé n’ont pas parlé de PF. Dans l’ensemble, la proportion de femmes ayant reçu la visite d’un agent de terrain et ayant discuté de la planification familiale avec lui est relativement faible (13 %). On peut cependant souligner que le milieu rural enregistre la proportion la plus élevée de femmes ayant reçu la visite d’agents de terrain pour parler de planification familiale (15 % contre 11 % en milieu urbain). 96 • Planification familiale Tableau 7.13 Contact des non utilisatrices de la contraception avec des prestataires de planification familiale Parmi les femmes de 15-49 ans qui n’utilisent pas de méthode contraceptive, pourcentage de celles qui, au cours des 12 derniers mois, ont reçu la visite d’un agent de terrain qui leur a parlé de planification familiale, pourcentage qui ont visité un établissement de santé et parlé de planification familiale, pourcentage qui ont visité un établissement de santé mais qui n’ont pas parlé de planification familiale et pourcentage qui n’ont ni discuté de planification familiale avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage de femmes qui ont reçu la visite d’un agent de terrain qui a parlé de planification familiale Pourcentage de femmes qui ont visité un établissement de santé au cours des 12 derniers mois et qui : Pourcentage de femmes qui n’ont parlé de planification familiale ni avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé Effectif de femmes Caractéristiques sociodémographiques Ont parlé de planification familiale N’ont pas parlé de planification familiale Groupe d’âges 15-19 6,5 3,6 28,0 90,6 1 953 20-24 11,0 12,8 49,7 79,4 1 424 25-29 17,4 18,6 52,2 70,6 1 333 30-34 18,8 20,0 49,9 67,2 926 35-39 18,1 20,8 52,0 69,0 752 40-44 16,1 15,1 47,4 73,4 565 45-49 14,7 8,7 52,1 79,7 404 Résidence Urbain 11,2 13,2 44,4 79,5 3 354 Rural 14,9 13,0 44,9 76,3 4 003 Grande Région Nord 13,3 11,3 47,0 78,8 1 231 Ouest 13,7 14,7 44,6 76,4 2 679 Centre 13,2 11,9 46,6 78,0 2 214 Sud 12,4 13,5 38,8 79,0 1 234 Niveau d’instruction Pas d’instruction 15,4 14,1 47,3 75,1 3 797 Primaire 12,2 15,2 45,2 77,2 1 501 Moyen/secondaire ou plus 10,1 9,7 39,4 83,0 2 060 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 14,7 11,0 42,4 77,9 1 325 Second 14,8 13,8 43,9 76,0 1 347 Moyen 14,8 14,3 43,8 75,9 1 436 Quatrième 13,0 11,9 48,3 78,7 1 540 Le plus élevé 9,9 14,2 44,3 79,6 1 710 Ensemble 13,3 13,1 44,6 77,7 7 358 Mortalité des enfants de moins de cinq ans • 97 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS 8 Fatou Bintou Niang CAMARA l est désormais établi que les niveaux, les tendances et les caractéristiques de la mortalité des enfants dépendent, quelles que soient la population visée et la région géographique considérée, des conditions sanitaires, environnementales, socioéconomiques et culturelles qui prévalent dans leur contexte global mais aussi des caractéristiques individuelles des mères. Aussi, dans ce chapitre, l’état des lieux de la mortalité des enfants sera-t-il apprécié à travers (1) le milieu de résidence, la région administrative d’appartenance et le niveau de vie du ménage, d’une part, et d’autre part, (2) l’instruction de la mère, l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, ainsi que d’autres caractéristiques de la mère en relation avec son comportement reproductif (intervalle entre naissances), mais aussi (3) le statut de la femme à travers sa capacité à prendre des décisions dans son ménage et à avoir des opinions sur ses droits, toutes choses qui déterminent l’importance de son pouvoir d’action. Certaines caractéristiques de l’enfant seront aussi analysées et mises en rapport avec les risques de décéder qu’il court, notamment le sexe, le rang de naissance et le poids à la naissance. 8.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES Les indicateurs de mortalité présentés dans ce chapitre sont estimés à partir de l’historique des naissances du questionnaire femme. En plus de la liste de toutes les naissances que la femme a eues, il a été collecté sur chaque naissance des informations telles que le sexe, l’âge, l’état de survie mais aussi l’âge au décès pour les enfants décédés. Du fait de son importance dans la mesure du phénomène, l’âge au décès a été collecté au jour près pour les décès de moins d’un mois, entre un mois et 23 mois, et en années pour les décès survenus à deux ans ou plus. I Principaux résultats • Dans la période 2011-2015, soit 0-4 ans avant l’enquête, parmi les enfants ayant atteint un an, 21 ‰ n’ont pas atteint leur cinquième anniversaire. Durant cette même période, le risque global de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire est de 59 ‰. • Bien qu’au Sénégal, le niveau de la mortalité infanto-juvénile soit toujours élevé, les données de l’enquête montrent qu’en quinze ans, il a fortement diminué. De 2003 à 2013, la mortalité infantile est passée de 68 ‰ à 39 ‰, soit une baisse globale de 43 %. Par contre, au cours de la même période, la mortalité juvénile et la mortalité infanto-juvénile ont baissé dans des proportions plus importantes passant de respectivement de 51 ‰ à 21 ‰ et de 115 ‰ à 59 ‰. • Le risque de décéder des enfants est plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain : sur 1000 enfants survivants à leur premier anniversaire, 31 décèdent, avant leur cinquième anniversaire, en milieu rural contre 14 en milieu urbain. 98 • Mortalité des enfants de moins de cinq ans Les indicateurs examinés dans ce chapitre sont définis ci-après : Le quotient de mortalité néonatale (NN) : probabilité de décéder avant d’atteindre l’âge d’un mois exact ; Le quotient de mortalité post-néonatale (PNN) : probabilité de décéder entre le premier mois et le douzième mois exact ; Le quotient de mortalité infantile (1q0) : probabilité de décéder entre la naissance et le premier anniversaire ; Le quotient de mortalité juvénile (4q1) : probabilité de décéder entre le premier et le cinquième anniversaire ; Le quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) : probabilité de décéder entre la naissance et le cinquième anniversaire. Au plan méthodologique, l’estimation de la mortalité des enfants présente certaines limites. Ces limites ainsi que certains risques d’erreurs d’enregistrement inhérentes à la méthode et pouvant, dans une certaine mesure, affecter la qualité des données recueillies. 8.1.1 Limites d’ordre méthodologique L’une des faiblesses de la méthode utilisée dans l’enquête est de limiter la collecte des données aux seules femmes de 15-49 ans vivantes au moment de l’interview, en excluant ainsi les informations sur l’état de survie des enfants dont la mère est décédée avant l’enquête. En effet, l’estimation du niveau général de la mortalité peut être biaisée, (1) si le nombre d’enfants orphelins de mère est relativement important, et (2) si la mortalité de ces orphelins est sensiblement différente de celle des enfants dont la mère a été interviewée dans l’enquête. Ce biais sera d’autant plus important que le nombre de mères de 15-49 ans décédées avant l’enquête est important dans la population enquêtée. Le fait de limiter la collecte d’informations aux seules femmes vivantes au moment de l’enquête peut conduire à un défaut de non représentativité sur certaines parties de la période de référence. C’est le cas lorsqu’aucune information sur les naissances des femmes de 40-49 ans n’est pas disponible pour la période 10-14 ans avant l’enquête. Il convient de souligner qu’au moment de l’enquête, les femmes de 15-49 ans avaient moins de 40 ans, 10 ans avant l’enquête, tandis que celles de 40-49 ans n’étaient plus éligibles à l’enquête. En conséquence, si une proportion importante des naissances de cette époque était issue des femmes de 40-49 ans et que le risque de décéder de ces enfants était très différent de celui des naissances issues des femmes plus jeunes, cela pourrait constituer un biais dans l’estimation de la mortalité relative à la période d’observation. Dans l’ensemble, l’effet de tels phénomènes ne constituent pas un biais sérieux, le pourcentage d’orphelins de mère étant relativement faible, et les femmes de 40 ans et plus arrivant au terme de leur vie reproductive contribuent peu à la fécondité générale. 8.1.2 Risques d’erreurs d’enregistrement La validité des données sur la mortalité des enfants peut être affectée par : 1. La sous-déclaration des événements pouvant résulter d’omissions systématiques de naissances et/ou de décès entraine une sous-estimation de la mortalité. Les omissions de naissances interviennent généralement quand l’enfant meurt très jeune, c’est-à-dire quelques heures/jours après la naissance. Dans de tels cas, plus la période de référence est éloignée de la date de l’enquête, plus les risques d’omission sont élevés et plus la sous-estimation des niveaux de la mortalité est importante. L’évaluation du sous enregistrement des décès de très jeunes enfants est faite à partir de la proportion d’enfants décédés entre 0 et 6 jours par rapport aux décès ayant eu lieu au cours du premier mois. Cette proportion doit augmenter avec une diminution de la Mortalité des enfants de moins de cinq ans • 99 mortalité des enfants du fait que le niveau de la mortalité diminue très rapidement entre la naissance et les jours qui suivent. Selon cette technique, une proportion inférieure à 60 % indiquerait un sous enregistrement important des décès précoces. Une application de cette technique à l’EDS-Continue Sénégal 2015 ne montre pas de sous enregistrement significatif des décès précoces durant les cinq années précédant l’enquête. 2. Les transferts de dates de naissance des enfants d’une période à une autre peuvent causer une sous-estimation de la mortalité d’une période au profit des périodes adjacentes. Ainsi, un mauvais classement des décès dans l’intervalle 0-4 ans avant l’enquête entraînerait une sous- estimation de la mortalité pour cette période et une surestimation de celle-ci dans l’intervalle précédente, soit 5-9 ans avant l’enquête. De tels transferts ne semblent pas affecter de façon significative la qualité des données observées. 3. L’imprécision des déclarations de l’âge au décès comme l’attraction de certains âges au décès peuvent engendrer une sous-estimation de la mortalité infantile et une surestimation de la mortalité juvénile, par le transfert d’une partie des décès d’enfants de moins d’un an aux décès d’enfants plus âgés. C’est pour minimiser ce type d’erreur que l’âge au décès a été enregistré en jours, en mois et en années, selon que le décès est intervenu dans les 29 jours suivant la naissance, entre 1 et 23 mois ou au-delà de 23 mois respectivement. Si les données observées montrent une attraction pour l’âge au décès « 12 mois », l’effet sur les niveaux de mortalité infantile et juvénile reste négligeable. Malgré ces problèmes inhérents à la méthodologie basée sur l’historique des naissances, aucun ajustement des données sur les tendances de la mortalité des enfants ne s’impose. En effet, les travaux de Sullivan et al. (1990) ont montré que les erreurs et imprécisions inhérentes à cette méthode n’ont qu’un faible effet sur la mesure d’événements récents. 8.2 NIVEAUX ET TENDANCES Les différents quotients de mortalité pour les quinze années ayant précédé l’enquête sont présentés dans le Tableau 8.1. Les niveaux sont calculés par période quinquennale de 0-4 ans, 5-9 ans et 10-14 ans avant l’enquête, soit de 2001 à 2015. Tableau 8.1 Quotients de mortalité des enfants de moins de cinq ans Quotients de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile par période de cinq ans ayant précédé l’enquête, EDS-Continue, Sénégal 2015 Nombre d’années ayant précédé l’enquête Mortalité néonatale (NN) Mortalité postnéonatale1 (PNN) Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) 0-4 23 16 39 21 59 5-9 28 19 47 29 75 10-14 34 33 68 51 115 1 Calculé par différence entre le taux de mortalité infantile et néonatale. Dans la période 2011-2015, soit 0-4 ans avant l’enquête, 39 naissances vivantes sur 1 000 sont décédées avant d’atteindre leur premier anniversaire dont 23 ‰ entre 0 et 1 mois exact et 16 ‰ entre 1 et 12 mois exacts. Parmi les enfants ayant atteint un an, 21 ‰ n’ont pas atteint leur cinquième anniversaire. Durant cette même période, le risque global de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire est de 59 ‰. Le Tableau 8.1 permet de retracer l’évolution de la mortalité infantile et juvénile au cours des quinze dernières années. Même si au Sénégal le niveau de la mortalité infanto-juvénile reste élevé, les données de l’enquête montrent qu’en quinze ans, il a fortement diminué. De 2003 (milieu de la période 10-14 ans avant l’enquête), à 2013 (milieu de la période 0-4 ans avant l’enquête), la mortalité infantile est passée de 68 ‰ à 39 ‰, soit une baisse globale de 43 %. Par contre, au cours de la même période, la mortalité juvénile et la 100 • Mortalité des enfants de moins de cinq ans mortalité infanto-juvénile ont baissé dans des proportions plus importantes (entre 59 et 49 %), passant de respectivement, 51 ‰ à 21 ‰ et de 115 ‰ à 59 ‰. De tous les types de mortalité, c’est donc la mortalité juvénile qui a connu la baisse la plus importante. Parmi les composantes de la mortalité infantile, c’est la mortalité post néonatale qui a le plus diminué (près de 52 % contre 32 % pour la mortalité néonatale). Le Graphique 8.1 présente les tendances de la mortalité néonatale, post-néonatale, infantile et infanto-juvénile selon les différentes enquêtes effectuées au Sénégal pendant la période 1986-2015. La baisse continue de la mortalité dans tous ses composants est observée au cours de la période d’étude. La seule interruption du déclin dans les deux enquêtes plus récentes semble être le résultat des effets aléatoires dû a la taille de l’échantillon dans l’enquête EDS-C 2014, qui montre une valeur plus basse que l’année précédente (2012-2013) et que l’année suivante (2015). Graphique 8.1 Tendance de la mortalité néonatale, postnéonatale, infantile et infanto-juvénile, 1986-2015 8.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE Le Tableau 8.2 présente les quotients de mortalité des enfants dans la période des dix années précédant l’enquête selon certaines caractéristiques sociodémographiques et économiques de la mère, notamment son milieu de résidence, sa région administrative d’appartenance, son niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique de son ménage. L’effet du statut de la femme dans la prise en charge de la santé de l’enfant est également abordé dans cette partie. 46 42 88 195 35 33 68 132 37 30 68 139 35 26 61 121 29 18 47 72 26 17 43 65 19 14 33 54 23 16 39 59 Mortalité néonatale Mortalité postnéonatale Mortalité infantile Mortalité infanto-juvénile EDS-1986 EDS-1992-1993 EDS-1997 EDS-2005 EDS-MICS 2010-2011 EDS-C 2012-2013 EDS-C 2014 EDS-C 2015 Mortalité des enfants de moins de cinq ans • 101 Tableau 8.2 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio-économiques Quotients de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période des dix années ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques socio-économiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique socioéconomique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto-juvénile (5q0) Résidence Urbain 20 13 34 14 47 Rural 28 20 48 31 78 Grande Région Nord 21 18 39 11 50 Ouest 17 13 30 13 42 Centre 31 16 48 35 81 Sud 32 24 56 39 93 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 27 19 46 29 74 Primaire 24 13 37 16 52 Moyen/secondaire ou plus 14 10 25 8 32 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 31 18 49 39 87 Second 29 20 49 30 77 Moyen 23 26 49 16 65 Quatrième 22 10 32 22 53 Le plus élevé 18 9 27 10 37 1 Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale. La mortalité des enfants varie très fortement selon le milieu de résidence. Ainsi, quel que soit le type de mortalité considéré, le taux est nettement plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain. Entre autres, ces disparités pourraient être liées aux différences dans la prise en charge de la grossesse, notamment dans le suivi prénatal et les conditions d’accouchement plus favorables en milieu urbain mais aussi dans l’état nutritionnel et de santé des mères. Ces différences devraient affecter en premier la mortalité de la petite enfance, notamment la mortalité néonatale et post-néonatale. Le désavantage des enfants dont la mère réside en milieu rural se traduit par une mortalité néonatale plus élevée qu’en milieu urbain avec un taux qui passe de 20 ‰ en milieu urbain à 28 ‰ en milieu rural et une mortalité post-néonatale une fois et demi plus forte en milieu rural qu’en milieu urbain (20 ‰ contre 13 ‰). Le quotient de mortalité infantile varie de 48 ‰ en milieu rural contre 34 ‰ en milieu urbain, soit une différence de 14 ‰. Au-delà d’un an, non seulement cette différence persiste mais elle se creuse davantage, avec un niveau de mortalité juvénile plus de deux fois plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (31 ‰ contre 14 ‰). Cela signifie que sur 1000 enfants survivants à leur premier anniversaire, 31 décèdent en milieu rural contre 14 en milieu urbain, avant leur cinquième anniversaire. La tendance est la même pour la mortalité infanto-juvénile. Le niveau de mortalité des enfants varie fortement selon la région de résidence. Quelle que soit la catégorie, les niveaux sont beaucoup plus faibles à l’Ouest. Par contre, le niveau de la mortalité est plus élevé dans la région Sud. Quel que soit le type de mortalité, les données montrent une forte association entre le niveau de mortalité et le niveau d’instruction de la mère. En effet, les taux baissent de façon considérable avec le niveau d’instruction de la mère. En effet, sur 1000 naissances vivantes issues de mères sans niveau d’instruction, 46 décèdent avant d’atteindre leur premier anniversaire. Ce quotient est presque de moitié (25 ‰) lorsque la mère atteint au moins le moyen/secondaire ou plus. La même tendance est observée au niveau de la mortalité infanto-juvénile passant respectivement de 74 ‰ à 32 ‰. On observe aussi des différences significatives entre la mortalité et le niveau de bien-être économique du ménage; mais dans le cas de la mortalité infantile ces différences sont plus claires à partir du quintile moyen. 102 • Mortalité des enfants de moins de cinq ans D’autres caractéristiques démographiques de la mère et de l’enfant comme le sexe de l’enfant, le rang de naissance, l’intervalle entre l’enfant observé et la naissance précédente, le poids de l’enfant à la naissance ainsi que l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, sont supposées avoir une influence sur le niveau de la mortalité des enfants. Le Tableau 8.3 présente les quotients de mortalité pour la période des dix années précédant l’enquête selon ces caractéristiques. Tableau 8.3 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques Quotients de mortalité néonatale, postnéonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période des dix années ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques démographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique démographique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto-juvénile (5q0) Sexe de l’enfant Masculin 30 19 49 26 73 Féminin 21 16 36 24 59 Age de la mère à la naissance de l’enfant <20 35 18 52 30 81 20-29 22 18 40 25 64 30-39 27 16 43 20 62 40-49 (24) (19) (43) * * Rang de naissance 1 36 18 54 21 73 2-3 21 17 37 27 63 4-6 19 17 37 26 62 7+ 35 19 54 21 74 Intervalle avec la naissance précédente2 <2 années 36 26 61 31 90 2 années 21 18 39 28 67 3 années 22 18 40 24 63 4 années+ 12 7 19 17 36 Taille à la naissance3 Petit/très petit 31 13 43 na na Moyen ou gros 18 17 35 na na Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 250 cas années d’exposition non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 250-499 cas d’années d’exposition non pondérés na = Non applicable. 1 Calculé par différence entre les quotients de mortalité infantile et néonatale. 2 Non compris les naissances de rang 1. 3 Quotients pour la période des cinq années avant l’enquête. Le fait que dans la plupart des populations, les garçons présentent un risque de mortalité légèrement plus élevé que celui des filles laisse penser qu’il existe une certaine relation entre le sexe de l’enfant et le niveau de mortalité. Les résultats de l’enquête semblent le confirmer. Quelle que soit la catégorie de mortalité, les garçons courent plus de risque de mourir que les filles, les quotients de mortalité néonatale, infantile et infanto-juvénile sont plus faibles chez les enfants de sexe féminin. Le quotient de mortalité néonatale chez les garçons est 1,4 fois plus élevé que chez les filles (30 ‰ contre 21 ‰), de même que le quotient de mortalité infantile (36 ‰ contre 49 ‰) alors que celui de la mortalité infanto-juvénile est 19 % plus élevé (73 ‰ contre 59 ‰). Selon l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, les données montrent que ce sont les enfants issus de mères jeunes, moins de 20 ans, qui courent les risques de décéder les plus élevés 52 ‰ pour la mortalité infantile et 81 ‰ pour la moralité infanto-juvénile ; les taux correspondants pour les enfants nés de femmes de 20-29 sont de 40 ‰ et 64 ‰. On pense que les naissances très rapprochées (moins de deux ans d’intervalle), issues généralement de grossesses précoces et celles très espacées qui surviennent souvent après une grossesse tardive, courent des risques plus élevés de décéder avant leur cinquième anniversaire que les naissances qui se sont produites après un intervalle de 2-4 ans, par exemple. En effet, les résultats de l’enquête montrent que le risque de décéder avant le cinquième anniversaire baisse avec l’intervalle de la naissance précédente, quel que soit le type de mortalité considéré. Ainsi, les enfants dont l’intervalle avec la naissance précédente est inférieur à 2 Mortalité des enfants de moins de cinq ans • 103 ans, courent des risques de mortalité infantile plus élevés (61 ‰) que ceux dont l’intervalle est égal à 2 ans (39 ‰). Ce même résultat est observé quelle que soit la composante de la mortalité considéré. Les risques de mortalité des enfants varient aussi selon le poids de l’enfant à la naissance En effet, on constate que les nouveau-nés de faible poids à la naissance (moins de 2 500 grammes), connaissent une mortalité néonatale plus élevée que ceux ayant un poids égal ou supérieur à 2500 g. L’enquête n’a pas collecté d’information sur le poids des enfants à la naissance. Par contre, il a été demandé à chaque mère, si, selon sa propre perception, son enfant était petit, très petit, moyen, gros ou très gros à la naissance, comparé à la taille moyenne qu’on observe dans sa société. Etant donné qu’au-delà du premier anniversaire, l’effet du poids à la naissance n’influe pas de façon très significative sur la survie de l’enfant, l’observation porte seulement sur la mortalité néonatale, post néonatale et infantile. Les données du Tableau 8.3 montrent que, à l’exception de la mortalité post-néonatale, les enfants de petite taille à la naissance ont un niveau de mortalité plus élevé que celui des enfants qui étaient moyens ou gros. En effet, comparés aux enfants de taille moyenne ou grosse à la naissance, les enfants de petite taille courent 1,7 fois plus de risques de décéder avant d’atteindre l’âge d’un mois exact et 1,7 fois plus de risques de décéder entre la naissance et le premier anniversaire. Les quotients sont ainsi estimés : 31‰ contre 18 ‰ pour le quotient de mortalité néonatale et 43 ‰ contre 35 ‰ pour le quotient de mortalité infantile. 8.4 MORTALITÉ PÉRINATALE Étant la combinaison de la mortinatalité et de la mortalité néonatale, la mortalité périnatale est un indicateur de la qualité des soins pendant la grossesse et l’accouchement. Dans l’enquête, la mortinatalité désigne les grossesses de sept mois révolus ou plus qui n’ont pas abouti à une naissance vivante. Le calcul du taux de mortalité périnatale est la somme de la mortinatalité et des décès d’enfants ayant eu lieu au cours des 6 premiers jours, rapportée aux grossesses de sept mois ou plus. Pour obtenir cette information, il a été demandé aux femmes enquêtées de déclarer leurs grossesses n’ayant pas abouti à une naissance vivante et pour chaque cas survenu au cours des cinq dernières années, d’indiquer la durée de la grossesse, c’est-à-dire le nombre de mois écoulés au moment où celle-ci s’est interrompue. Les données sur la mortalité périnatale pour la période de cinq ans précédant l’enquête sont présentées au Tableau 8.4. Elles sont analysées à travers certaines caractéristiques sociodémographiques que sont l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, l’intervalle par rapport à la grossesse précédente, le milieu de résidence, la région de résidence, le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique du ménage. Globalement, le taux de mortalité périnatale est estimé à 35 ‰. Ce taux était de 38 ‰ dans l’EDS- MICS 2010-11. Cette moyenne générale cache d’importantes disparités selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Ainsi, par rapport à l’âge de la mère, les risques de mortalité périnatale sont plus élevés quand la mère est plus jeune ou plus âgée avec 44 ‰ pour les moins de 20 ans et 63 ‰ pour les mères âgées de 40- 49 ans. Les taux de mortalité périnatale ne montrent pas de relation directe avec l’intervalle entre naissances. Mais il est particulièrement plus élevé dans le cas des premières grossesses. Ces résultats laissent apparaitre une différence de mortalité périnatale importante selon le milieu de résidence (41 ‰ en milieu rural contre 25 ‰ en milieu urbain). Au plan régional, les différences de niveau de risques de mortalité périnatale sont assez importantes. Le taux le plus faible est observé à l’Ouest (20 ‰) et le plus élevé au Centre avec 44 ‰. On n’observe pas de différences significatives avec le niveau d’instruction. Par contre, le niveau de vie semble avoir un lien avec le niveau de risques de mortalité périnatale : le taux est de 47 ‰ dans les ménages du quintile le plus bas contre 14 ‰ dans les ménages du quintile le plus élevé. 104 • Mortalité des enfants de moins de cinq ans Tableau 8.4 Mortalité périnatale Effectif de mort-nés, de décès néonatals précoces et taux de mortalité périnatale pour la période des cinq années ayant précédé l’enquête selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Effectifs de mortnés1 Effectif de décès néonatals précoces2 Taux de mortalité périnatale3 Effectif de grossesses de 7 mois ou + Age de la mère à la naissance de l’enfant <20 16 17 44 763 20-29 51 40 27 3 396 30-39 45 38 41 1 995 40-49 15 4 63 307 Intervalle avec la naissance précédente en mois4 Première grossesse 27 33 45 1 321 <15 13 8 27 772 15-26 33 33 41 1 604 27-38 15 14 22 1 305 39+ 38 12 34 1 458 Résidence Urbain 31 26 25 2 296 Rural 96 73 41 4 165 Grande Région Nord 29 10 35 1 112 Ouest 21 18 20 1 879 Centre 47 48 44 2 181 Sud 30 23 41 1 289 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 98 68 38 4 361 Primaire 15 19 26 1 341 Moyen/secondaire ou plus 13 7 30 669 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 45 30 47 1 592 Second 32 27 42 1 409 Moyen 23 24 36 1 312 Quatrième 17 14 27 1 173 Le plus élevé 9 5 14 975 Ensemble 127 99 35 6 461 1 Les mort-nés sont des décès fœtaux qui se sont produits à 7 mois de grossesse ou plus. 2 Les décès néonatals précoces sont des décès qui se sont produits à 0-6 jours parmi les enfants nés vivants. 3 La somme du nombre de mort-nés et de décès néonatals divisée par le nombre de grossesses de 7 mois ou plus, exprimé pour 1 000. 4 Les catégories correspondent à des intervalles intergénésiques de <24 mois, 24-35 mois, 36-47 mois et 48 mois ou plus. 8.5 GROUPES À HAUT RISQUE Il est important de porter une attention particulière à certaines catégories de naissances présentant des niveaux de risques particulièrement élevés. Pour déterminer les cibles, les naissances des cinq dernières années ont été réparties dans les quatre catégories à hauts risques prédéfinies ci-dessous: • Les catégories à risques inévitables : naissances de rang 1 issues de jeunes femmes âgées de 18 ans à 34 ans ; • Les catégories particulières à hauts risques : naissances issues de mères appartenant à une seule catégorie à haut risque : âge de procréation précoce (moins de 18 ans) ou tardif (35 ans ou plus), intervalle inter génésique court (moins de 24 mois) et rang de naissance élevé (supérieur à 3) ; • Les catégories à plusieurs hauts risques : naissances correspondant à une combinaison de catégories de risque suivant l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, l’intervalle intergénésique et le rang de naissance de l’enfant. • Les naissances ne correspondant à aucune des catégories à hauts risques prédéfinies. Mortalité des enfants de moins de cinq ans • 105 Le Tableau 8.5 montre que près d’une naissance sur trois des cinq années avant l’enquête ne correspond à aucune des catégories à hauts risques prédéfinies. La catégorie des naissances à risques inévitables (enfants de rang 1 et de mère âgée de moins de 18 ans ou de plus de 34 ans) comptent pour 17 %, celle à haut risque unique pour 35 % et celle à haut risque multiple pour 21 %. Pour mesurer le risque additionnel de décéder liés à certains comportements procréateurs des mères, les naissances n’appartenant à aucune catégorie à haut risque sont prises comme référence dans le calcul du ratio de risque calculé. Ce ratio de risque est donc défini comme le rapport de la proportion d’enfants décédés dans chaque catégorie à haut risque, à la proportion d’enfants décédés dans la catégorie sans risque. Tableau 8.5 Comportement procréateur à hauts risques Répartition (en %) des enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par catégorie de hauts risques de mortalité ratio de risque et répartition (en %) des femmes actuellement en union par catégorie de hauts risques si elles concevaient un enfant au moment de l’enquête, EDS-Continue, Sénégal 2015 Naissances des cinq années ayant précédé l’enquête Pourcentage de femmes actuellement en union1 Catégories de risques Pourcentage de naissances Ratio de risques Dans aucune catégorie à hauts risques 27,8 1,00 17,3a Catégorie à risque inévitable Naissances de rang 1, âge entre 18 et 34 ans 16,8 1,08 8,8 Catégorie à haut risque unique Age de la mère <18 4,9 1,89 0,9 Age de la mère >34 1,4 0,11 5,7 Intervalle intergénésique <24 mois 5,5 1,27 8,7 Rang de naissance >3 23,0 0,79 16,3 Sous-total 34,9 0,99 31,6 Catégorie à hauts risques multiples Age <18 et intervalle intergénésique <24 mois2 0,3 (4,83) 0,4 Age >34 et intervalle intergénésique <24 mois 0,1 * 0,3 Age >34 et rang de naissance >3 14,0 1,19 25,8 Age >34 et intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance >3 1,4 2,24 5,1 Intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance >3 4,8 1,35 10,7 Sous-total 20,5 1,34 42,3 Dans une des catégories de hauts risques évitables 55,4 1,12 73,9 Total 100,0 na 100,0 Effectif de naissances/femmes 6 334 na 5 731 Note : Le rapport de risque est le rapport de la proportion d’enfants décédés, parmi les enfants appartenant à chaque catégorie à hauts risques, à la proportion d’enfants décédés parmi les enfants n’appartenant à aucune catégorie à hauts risques. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés na = Non applicable. 1 Les femmes sont classées dans les catégories à hauts risques selon le statut qu’elles auraient à la naissance de l’enfant si l’enfant était conçu au moment de l’enquête: âge actuel inférieur à 17 ans et 3 mois ou supérieur à 34 ans et 2 mois, ou la dernière naissance a eu lieu dans les 15 derniers mois, ou la dernière naissance était de rang 3 ou plus. 2 Y compris la catégorie: âge < 18 ans et RG > 3. a Y compris les femmes stérilisées. Les naissances de rang 1, considérées comme inévitables, même lorsqu’elles n’interviennent pas à un âge précoce ou trop tardif, comportent une part de risques. En effet, elles courent un risque de décéder 8 % plus élevé que celui des enfants de la catégorie de référence, c’est-à-dire, ceux qui n’appartiennent à aucune des catégories à risques spécifiées. Les catégories particulières à hauts risques comprenant les naissances issues de mères appartenant à une seule catégorie à haut risque (âge de procréation précoce ou tardif, intervalle intergénésique court et rang de naissance élevé) ne présentent pas globalement de différence avec la catégorie de référence. Cependant, cette moyenne générale cache d’importantes disparités au sein du groupe. Les enfants dont la 106 • Mortalité des enfants de moins de cinq ans mère est âgée de moins de 18 ans courent un risque de décéder 89 % plus élevé que celui des enfants de la catégorie de référence, c’est-à-dire, ceux qui n’appartiennent à aucune des catégories à risques spécifiées. Ce risque est de 27 % pour les intervalles intergénésiques inférieurs à 18 mois. En revanche, les naissances de rang supérieur à 3 et celles dont la mère est âgée de plus de 34 ans, courent moins de risque que les enfants de la catégorie de référence. Ce sont les catégories à plusieurs hauts risques (naissances correspondant à une combinaison de catégories de risque suivant l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, l’intervalle intergénésique et le rang de naissance de l’enfant) qui courtent le risque additionnel le plus élevé (34 %). Le risque le plus élevé (124 %) se situe chez les enfants où l’âge de la mère est supérieur à 34 ans, avec un intervalle intergénésique de moins de 24 mois et un rang de naissance supérieure à 3. Enfin, dans une catégorie à haut risque évitable, le risque additionnel de décéder est de 12 % plus élevé que le groupe de référence. Les résultats de l’enquête ont montré un lien entre les comportements procréateurs à hauts risques et la survie des enfants. En effet, les risques additionnels par rapport aux enfants de référence sont élevés, en particulier pour certains groupes très vulnérables. Les principaux facteurs en cause sont les grossesses précoces ou tardives, les intervalles intergénésiques courts et les rangs de naissance élevés. Santé de la mère • 107 SANTÉ DE LA MÈRE 9 Fatou Bintou Niang CAMARA ’enquête démographique et de Santé Continue de 2015 (EDS-C 2015) a collecté des informations détaillées sur la santé des mères. Ces informations concernent l’accès des femmes aux soins de santé, les soins pré et postnatals et les conditions d’accouchement. Les résultats présentés dans ce chapitre permettent d’identifier les problèmes les plus importants en matière de prise en charge de la grossesse et de l’accouchement. Ils constituent ainsi des outils de grande importance pour l’évaluation et la planification des politiques et des programmes de santé. 9.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET VISITES POSTNATALES 9.1.1 Soins prénatals La surveillance médicale de la grossesse a une influence considérable sur la santé de la femme et de l’enfant. En effet, les soins prénatals permettent de déceler les complications qui peuvent mettre en danger la vie du couple mère-enfant. Il est recommandé au moins quatre consultations prénatales pour assurer un suivi correct de l’évolution de la grossesse. Les consultations prénatales donnent l’occasion d’immuniser la future mère contre le tétanos et de faire bénéficier à celle-ci de conseils, et si besoin, de suppléments nutritionnels en cas de signes de malnutrition. Les données du Tableau 9.1 présentent la répartition des femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête selon le type de personnel médical consulté durant la grossesse et selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes enquêtées. Au cours de l’EDS-C 2015, toutes les catégories de personnes consultées par la mère pendant la grossesse ont été enregistrées. Lorsque plusieurs personnes avaient été consultées par la femme, seule la personne la plus qualifiée a été prise en compte dans ce tableau. On relève que parmi les dernières naissances vivantes survenues au cours des cinq dernières années, plus de neuf naissances sur dix (95 %) ont fait l’objet de consultations prénatales auprès de professionnels de la santé (médecins, sages-femmes et infirmières). Ces consultations ont été principalement effectuées par les sages-femmes (72 % des femmes), suivies des infirmières (21 %) ; dans très peu de cas, elles ont été fournies par des médecins (moins de 3 %). En revanche, peu des femmes (1 %) ont effectué des consultations prénatales auprès des accoucheuses traditionnelles. Ainsi, depuis 2011, assiste t-on à une augmentation des soins prénatals effectués par des sages femmes et L Principaux résultats • Parmi les femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête,la quasi-totalité ont reçu des soins prénatals par du personnel formé (95 %). • Parmi les naissances ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, une sur quatre (25 %) a eu lieu à domicile, 71 % dans une structure sanitaire publique et 4 % dans une structure privée. • Plus de cinq naissances sur dix (53 %) ont eu lieu avec l’assistance de personnel de santé qualifié, essentiellement des infirmières et des sages-femmes (49 %). • Près de trois femmes sur quatre (74 %) ont reçu des soins postnatals dans les deux jours consécutifs à l’accouchement. • Seulement une naissance sur deux (50 %) a reçu des soins postnatals dans les délais recommandés. 108 • Santé de la mère des infimières. Par contre, la proportion de femmes ayant consulté un médécin pour les soins prénatals diminue de 2011 à 2015 passant respectivement de 5 % à moins de 3 %. Tableau 9.1 Soins prénatals Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par type de prestataire vu durant la grossesse pour la naissance la plus récente, et pourcentage de naissances les plus récentes pour lesquelles la mère a consulté un professionnel de santé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Prestataire de soins prénatals Pas de soins prénatals Total Pourcentage ayant reçu des soins prénatals par un prestataire formé1 Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Médecin Sage- femme Infirmière Matrone/ Accoucheuse traditionnelle Autre Manquant Âge de la mère à la naissance <20 0,4 74,1 20,3 1,9 0,8 0,0 2,4 100,0 94,9 485 20-34 3,0 71,5 20,9 1,0 0,7 0,1 2,8 100,0 95,4 3 018 35-49 2,2 70,8 20,8 0,7 0,6 0,0 4,8 100,0 93,8 841 Rang de naissance 1 4,3 75,7 15,7 1,4 0,8 0,5 1,6 100,0 95,7 888 2-3 3,1 73,3 19,7 0,8 1,2 0,0 2,0 100,0 96,0 1 498 4-5 1,8 69,6 24,0 1,0 0,2 0,0 3,4 100,0 95,4 1 029 6+ 0,8 67,5 24,0 1,1 0,4 0,0 6,1 100,0 92,3 930 Résidence Urbain 5,8 82,5 8,3 0,6 1,5 0,2 1,0 100,0 96,7 1 661 Rural 0,5 64,9 28,6 1,3 0,2 0,0 4,5 100,0 94,0 2 683 Grande Région Nord 0,3 57,4 36,3 0,3 0,0 0,0 5,7 100,0 94,0 744 Ouest 5,7 78,0 13,0 0,9 1,6 0,3 0,5 100,0 96,6 1 337 Centre 1,8 73,3 20,1 0,7 0,6 0,0 3,6 100,0 95,2 1 412 Sud 0,7 71,6 20,9 2,4 0,1 0,0 4,4 100,0 93,2 851 Niveau d’instruction Pas d’instruction 0,5 69,0 25,0 0,8 0,2 0,0 4,4 100,0 94,6 2 798 Primaire 3,6 77,9 15,9 1,1 0,2 0,4 0,9 100,0 97,3 953 Moyen/Secondaire ou plus 10,5 74,1 9,0 1,7 4,1 0,0 0,6 100,0 93,6 593 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 0,1 59,1 30,3 2,0 0,1 0,0 8,3 100,0 89,6 966 Second 0,7 65,7 28,0 0,7 0,5 0,5 4,0 100,0 94,4 915 Moyen 0,3 74,1 22,8 1,4 0,0 0,0 1,4 100,0 97,2 885 Quatrième 2,8 81,7 13,3 0,7 0,7 0,0 0,9 100,0 97,7 847 Le plus élevé 10,4 81,2 5,6 0,1 2,7 0,0 0,0 100,0 97,3 732 Ensemble 2,5 71,7 20,8 1,0 0,7 0,1 3,1 100,0 95,0 4 344 Note : Si plus d’un prestataire de soins prénatals a été déclaré, seul le prestataire le plus qualifié est pris en compte dans ce tableau. Les différences selon l’âge de la femme et le rang de naissance sont peu importantes. Toutefois, le pourcentage de femmes ayant consulté du personnel formé est plus élevé chez les primipares et paucipares (96 %) que chez les grandes multipares (92 %). Selon le niveau d’instruction de la femme, on n’observe pas de différences significatives. Par contre, en milieu urbain, le pourcentage de femmes ayant reçu des soins prénatals est légèrement plus élevé qu’en milieu rural (97 % contre 94 %) (Graphique 9.1). Les consultations auprès des médecins sont plutôt rares, surtout en milieu rural (moins de 1 % contre 6 % en milieu urbain); celles auprès d’une infirmière sont plus fréquentes en milieu rural (29 % contre 8 % en milieu urbain). Du point de vue régional, des disparités importantes sont également relevées : les femmes qui ont le moins fréquemment consulté un professionnel de santé au cours de leur grossesse sont celles des régions du Sud (93 %) et du nord (94 %). A l’opposé, dans la région Ouest (97 %), presque toutes les femmes se sont rendues en consultation prénatale auprès des professionnels de santé. Enfin, la proportion de naissances dont les mères ont eu au moins une visite prénatale est moins élevée parmi les femmes des ménages du quintile le plus bas (90 %), Dans cette dernière catégorie, 0,1 % des femmes ont consulté un médecin contre 10 % dans parmi les femmes dont le menage est classé dans le quintile le plus élevé. Par ailleurs, les femmes de 15-49 ans qui ont consulté les accoucheuses traditionnelles durant la grossesse pour la naissance la plus récente sont plutôt rares (1 % dans l’ensemble). On relève les proportions les plus élevées chez les femmes de moins de 20 ans (2 %) , dans la région du Sud (2 %) et parmi les femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (2 %). Santé de la mère • 109 Graphique 9.1 Soins prénatals par du personnel qualifié selon certaines caractéristiques sociodémographiques 95 97 94 94 97 95 93 90 94 97 98 97 Senegal Urban Rural Nord Ouest Centre Sud Le plus bas Second Moyen Quatrième Le plus élevé S EN EG A L R E S ID EN C E G R A N D E R E G IO N Q U IN TI LE D E BI EN -Ê TR E Pourcentage EDS-Continue 2015 110 • Santé de la mère Comme le montre le Graphique 9.2, la proportion de femmes ayant bénéficié de soins prénatals auprès de professionnel de santé a nettement augmenté : de 74 % en 1993, 82 % en 1997, cette proportion est passée à 87 % en 2005 pour atteindre 96 % en 2014 et 95 % en 2015. Graphique 9.2 Tendances dans la couverture de soins prénatals, assistance à l’accouchement et lieu d’accouchement Pour être efficaces, les soins prénatals doivent être effectués à un stade précoce de la grossesse, et surtout, ils doivent se poursuivre avec une certaine régularité jusqu’à l’accouchement. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande au moins quatre visites prénatales, à intervalles réguliers tout au long de la grossesse. Le Tableau 9.2 présente les données concernant le nombre de visites prénatales effectuées par les femmes enceintes et le stade de la grossesse à la première visite. Dans l’ensemble, pour près d’une naissance sur deux (47 %), les femmes ont effectué au moins les quatre visites recommandées. Pour un peu plus de quatre naissance sur dix (43 %), elles n’ont effectué que 2 à 3 visites prénatales et dans 5 % des cas, elles n’ont effectué qu’une seule visite. Trois pour cent des femmes n’ont effectué aucune visite. La proportion de femmes ayant effectué les quatre visites prénatales recommandées est nettement plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (57 % contre 40 %). En ce qui concerne le stade de la grossesse auquel a eu lieu la première visite, on constate que dans près de six cas sur dix, (58 %), la première visite s’est déroulée à moins de quatre mois de grossesse (Graphique 9.3). Même en zone rurale, la moitié des femmes (50 %) ont effectué leur première visite prénatale avant quatre mois. Cependant, dans près d’un cas sur trois (28 %), la visite prénatale a eu lieu à 4- 5 mois de grossesse. La moitié des femmes enceintes a effectué une première visite à 3,7 mois. Cependant, les femmes du milieu rural commencent un peu plus tardivement leurs consultations prénatales (3,9 mois) que celles du milieu urbain (durée médiane de 3,3 mois). 74 47 47 82 47 48 87 52 62 93 65 73 95 50 70 96 59 77 95 53 75 Soins prénatals Assistance à l'accouchement par prestataire formé Accouchement en établissement sanitaire EDS-II 1993 EDS-III 1997 EDS-IV 2005 EDS-MICS 2010-2011 EDS-Continue 2012-2013 EDS-Continue 2014 EDS-Continue 2015 Santé de la mère • 111 Tableau 9.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, selon le nombre de visites prénatales et selon le stade de la grossesse au moment de la première visite pour la naissance la plus récente et, parmi les femmes ayant effectué des visites prénatales, nombre médian de mois de grossesse à la première visite, par milieu de résidence, EDS-Continue, Sénégal 2015 Résidence Ensemble Visites prénatales Urbain Rural Nombre de consultations prénatales Aucune 1,2 4,5 3,2 1 2,4 7,1 5,3 2-3 35,7 46,9 42,6 4+ 57 40,3 46,7 Ne sait pas/manquant 3,6 1,2 2,1 Total 100,0 100,0 100,0 Nombre de mois de grossesse à la première consultation prénatale Aucune consultation prénatale 1,2 4,5 3,2 <4 70,6 49,6 57,6 4-5 20,1 32,8 27,9 6-7 6,3 11,3 9,4 8+ 1,1 1,5 1,3 Ne sait pas/manquant 0,7 0,4 0,5 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 1 661 2 683 4 344 Nombre médian de mois de grossesse à la première consultation (pour les femmes ayant reçu des soins prénatals) 3,3 3,9 3,7 Effectif de femmes ayant effectué des consultations prénatales 1 641 2 563 4 204 Graphique 9.3 Nombre de mois de grossesse à la première consultation prénatale par milieu de résidence Types de soins prénatals L’efficacité des soins prénatals dépend aussi du type d’examens effectués pendant les consultations, mais aussi des conseils qui sont prodigués aux femmes. Pour cette raison, lors de l’EDS-Continue, il a été demandé aux femmes si, au cours des visites prénatales, elles avaient été informées sur les signes révélateurs de complications de la grossesse et si elles avaient subi certains examens médicaux (vérification de la tension 1 71 20 6 1 5 50 33 11 23 58 28 9 1 Aucune consultation prénatale <4 mois 4-5 mois 6-7 mois 8 + Urbain Rural Ensemble EDS-Continue 2015 Pourcentage 112 • Santé de la mère artérielle, analyses d’urine et de sang). En outre, on a cherché à savoir si elles avaient reçu des suppléments de fer et si elles avaient été protégées contre les parasites intestinaux. Ces résultats sont présentés au Tableau 9.3. Selon leurs déclarations, lors des visites prénatales, les femmes ont, en général, été peu informées des signes de complications de la grossesse. En effet, seulement un peu plus d’une femme ayant reçu des soins prénatals sur deux (52 %) a reçu ces informations. Dans la quasi-totalité des cas, on a vérifié leur tension artérielle (99 %). Les examens d’urine chez les femmes enceintes ont été beaucoup moins fréquemment effectués (87 %) et pour 82 % des femmes, on a effectué un prélèvement de sang. Cette dernière proportion est plus faible en zone rurale qu’en zone urbaine (78 % contre 89 % en urbain) et dans la région du Nord (63 %) que dans les autres régions. En outre, parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des cinq dernières années, plus de neuf sur dix ont reçu des suppléments de fer (95 %) et 31 % ont reçu des médicaments contre les parasites intestinaux. Les femmes âgées, grandes multipares, celles des zones rurales et du Nord, celles qui n’ont pas d’instruction et appartiennent aux ménages du quintile le plus bas sont celles qui ont le moins bénéficié de ces suppléments nutritionnels et de traitement préventif contre les vers intestinaux. Tableau 9.3 Composants des visites prénatales Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant pris des suppléments de fer, sous forme de comprimés ou de sirop, et des médicaments contre les parasites intestinaux au cours de la grossesse la plus récente et parmi les femmes ayant bénéficié de soins prénatals pour la naissance la plus récente des cinq dernières années, pourcentage ayant effectué certains examens prénatals, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Parmi les femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage qui, durant la grossesse la plus récente, ont pris : Parmi les femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente des cinq dernières années, pourcentage qui : Caractéristique sociodémographique Du fer sous forme de comprimés ou de sirop Des médicaments contre les parasites intestinaux Effectif de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq dernières années Ont été informées des signes de complication de la grossesse Ont eu leur tension artérielle vérifiée Ont eu un prélèvement d’urine Ont eu un prélèvement de sang Effectif de femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente Âge de la mère à la naissance <20 94,9 32,0 485 58,8 98,5 84,6 83,1 474 20-34 95,3 31,5 3 018 51,7 99,4 87,6 82,9 2 930 35-49 92,7 30,5 841 50,1 99,6 85,5 79,1 800 Rang de naissance 1 96,4 34,4 888 53,3 98,7 89,4 89,5 870 2-3 95,9 31,6 1 498 50,0 99,6 85,9 83,5 1 468 4-5 94,2 31,5 1 029 54,6 99,4 88,4 79,2 993 6+ 92,0 27,9 930 52,0 99,5 84,3 76,2 873 Milieu de résidence Urbain 96,6 36,5 1 661 43,0 99,5 92,1 89,3 1 641 Rural 93,6 28,2 2 683 58,0 99,2 83,6 77,7 2 563 Grande Région Nord 92,0 30,4 744 70,5 98,6 77,1 62,5 702 Ouest 97,3 36,0 1 337 25,4 99,6 93,9 91,1 1 326 Centre 94,8 29,1 1 412 55,2 99,6 87,1 80,7 1 362 Sud 93,1 28,7 851 75,0 99,2 83,6 87,2 814 Niveau d’instruction de la mère Aucun 93,4 30,0 2 798 53,9 99,3 84,7 78,1 2 674 Primaire 96,8 34,3 953 46,8 99,3 89,5 87,2 941 Moyen/secondaire ou plus 97,7 33,1 593 53,1 99,5 92,6 92,7 589 Quintiles de bien-être Le plus bas 89,6 21,9 966 58,3 99,1 78,3 75,6 886 Second 93,0 27,7 915 55,1 98,8 82,8 76,7 874 Moyen 96,7 34,3 885 57,2 99,5 90,9 81,2 872 Quatrième 97,7 36,5 847 47,6 99,9 92,7 87 840 Le plus élevé 98,1 38,9 732 40,5 99,4 90,8 92,4 732 Ensemble 94,8 31,4 4 344 52,2 99,3 86,9 82,2 4 204 Vaccinations antitétaniques Le tétanos néonatal est l’une des maladies les plus graves auxquelles le nouveau-né peut être exposé. Pour faire face à cette pathologie, il est recommandé l’administration d’au moins deux doses de vaccin Santé de la mère • 113 antitétanique aux femmes enceintes. Les données du Tableau 9.4 révèlent que 53 % des femmes ont reçu au moins deux injections antitétaniques au cours de la grossesse pour la naissance vivante la plus récente au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. Il est important de souligner que les informations présentées ici ont pris en compte l’histoire vaccinale des femmes. Ainsi, 84 % des femmes qui ont reçu la vaccination durant les dix dernières années et avant leur grossesse restent également immunisées. Par conséquent, leurs enfants sont protégés contre le tétanos néonatal. La couverture vaccinale contre le tétanos néonatal diminue avec l’âge de la mère: 73 % à moins de 20 ans, 52 % à 20-34 ans et 46 % à 35-49 ans. Les primipares sont aussi mieux protégés que les autres : 64 % contre 54 % pour les femmes qui ont au moins 4 enfants. En ce qui concerne le milieu de résidence, on constate que les naissances qui se sont produites en milieu urbain ont été mieux protégées que celles qui ont eu lieu en milieu rural (56 % contre 52 %), bien que l’écart ne soit pas très important. En outre, le statut vaccinal des mères varie avec la région, le niveau d’instruction et l’indice de bien-être du ménage. Ainsi, peut-on souligner que dans la région du Nord (44 %), les proportions sont plus faibles qu’ailleurs. La couverture antitétanique augmente avec le niveau d’intruction de la mère, passant de 50 % chez les mères sans niveau d’instruction à 69 % chez celles de niveau moyen/secondaire ou plus. Le même constat est observé avec l’indice de bien-être du ménage, la proportion de femmes vaccinées passant d’un minimum de 51 % pour les femmes vivant dans les ménages des trois premiers quintiles à un maximum de 59 % parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé. Tableau 9.4 Vaccination antitétanique Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant reçu au moins deux injections antitétaniques au cours de la grossesse pour la naissance vivante la plus récente et pourcentage dont la dernière naissance vivante a été protégée contre le tétanos néonatal, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue 2015 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant reçu deux injections ou plus durant la dernière grossesse Pourcentage dont la dernière naissance a été protégée contre le tétanos néonatal1 Effectif de mères Âge de la mère à la naissance <20 72,5 83,3 485 20-34 52,3 84,6 3 018 35-49 46,2 82,7 841 Rang de naissance 1 64,4 70,6 1 700 2-3 57,4 70,0 2 549 4-5 54,1 67,0 1 720 6+ 53,6 66,0 1 710 Milieu de résidence Urbain 55,9 83,6 1 661 Rural 51,8 84,4 2 683 Grande région Nord 43,7 88,8 744 Ouest 53,7 79,8 1 337 Centre 52,4 84,9 1 412 Sud 63,0 85,4 851 Niveau d’instruction de la mère Aucun 49,7 83,3 2 798 Primaire 54,2 85,1 953 Moyen/secondaire ou plus 69,3 86,2 593 Quintile de bien-être économique Le plus bas 51,0 79,7 966 Second 50,7 84,5 915 Moyen 51,3 86,2 885 Quatrième 56,2 85,7 847 Le plus élevé 59,0 85,0 732 Ensemble 53,4 84,1 4 344 1 Y compris les mères ayant reçu deux injections au cours de la grossesse de leur dernière naissance ou, au moins, deux injections (la dernière ayant été effectuée au cours des trois années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, trois injections (la dernière ayant été effectuée au cours des cinq années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, quatre injections (la dernière ayant été effectuée au cours des dix années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, cinq injections avant la dernière naissance. 114 • Santé de la mère Par rapport aux résultats de l’EDS-MICS de 2010-2011, on constate que la couverture vaccinale contre le tétanos néonatal (deux injections ou plus) a baissé (57 % en 2010-2011 et 53 % en 2015). La même tendance était notée entre 2005 et 2010-2011 avec respectivement 66 % et 57 %. 9.1.2 Accouchement Lieu d’accouchement Parmi les naissances ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, une sur quatre (25 %) a eu lieu à domicile, 71 % dans une structure sanitaire publique et 4 % dans une structure privée (Tableau 9.5). On observe une légère amélioration du taux de fréquentation des structures de santé entre 2010 et 2015 (respectivement 73 % et 75 %). Tableau 9.5 Lieu de l’accouchement Répartition (en %) des naissances vivantes ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par lieu d’accouchement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Établissement de santé Maison Autre Total Pourcentage dont l’accouchement s’est déroulée dans un établissement de santé Effectif de naissances Caractéristique sociodémographique Secteur public Secteur privé Âge de la mère à la naissance <20 74,8 1,2 23,5 0,5 100,0 76,0 747 20-34 70,7 4,2 24,3 0,9 100,0 74,8 4 516 35-49 68,5 3,5 26,5 1,6 100,0 71,9 1 067 Rang de naissance 1 82,3 4,6 12,2 0,8 100,0 86,9 1 369 2-3 70,9 4,7 23,5 0,9 100,0 75,6 2 228 4-5 66,6 3,2 29,1 1,1 100,0 69,8 1 447 6+ 63,1 1,5 34,3 1,0 100,0 64,6 1 287 Visites prénatales1 Aucune 14,8 0,0 84,8 0,5 100,0 14,8 140 1-3 68,6 2,3 27,9 1,2 100,0 70,9 2 083 4+ 80,6 5,9 12,4 1,1 100,0 86,5 2 028 Ne sait pas/manquant 73,0 7,8 13,9 5,4 100,0 80,8 93 Résidence Urbain 84,8 6,9 7,3 1,0 100,0 91,7 2 261 Rural 63,0 1,9 34,1 0,9 100,0 64,9 4 069 Grande Région Nord 73,2 0,8 25,7 0,3 100,0 74,1 1 083 Ouest 85,7 6,3 7,3 0,8 100,0 92,0 1 854 Centre 66,7 4,5 27,4 1,4 100,0 71,2 2 134 Sud 53,8 0,9 44,2 1,2 100,0 54,6 1 259 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 65,1 2,6 31,3 1,0 100,0 67,7 4 259 Primaire 81,1 4,2 13,6 1,2 100,0 85,3 1 326 Moyen/secondaire ou plus 85,1 8,9 5,7 0,3 100,0 94,0 746 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 44,0 0,3 54,2 1,4 100,0 44,4 1 547 Second 66,7 1,4 31,0 0,8 100,0 68,1 1 377 Moyen 83,4 1,9 14,1 0,6 100,0 85,3 1 285 Quatrième 86,7 6,3 6,2 0,9 100,0 93,0 1 155 Le plus élevé 83,6 11,7 3,7 1,0 100,0 95,3 966 Ensemble 70,8 3,7 24,5 1,0 100,0 74,5 6 330 1 Inclut seulement la naissance la plus récente ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête L’examen des données par caractéristiques sociodémographiques de la mère ne met pas en évidence de tendance nette selon l’âge de la mère ; cependant, les naissances de mères de moins de 20 ans ont eu lieu plus fréquemment dans un établissement de santé que celles dont la mère est âgée de 35-49 ans (76 % contre 72 %). En outre, le rang de naissance semble jouer un rôle important dans le choix du lieu d’accouchement. Dans 87 % des cas, les naissances de rang 1 ont eu lieu dans un établissement sanitaire et presque Santé de la mère • 115 exclusivement du secteur public (82 %), contre 76 % pour les rangs 2-3 et 65 % pour le rang six ou plus. On relève aussi une augmentation du pourcentage de naissances ayant eu lieu dans une structure de santé avec le nombre de visites prénatales. De Seulement 15 % chez celles n’ayant effectué aucune visite prénatale, cette proportion est supérieure à 71 % chez les femmes ayant effectué au moins une visite prénatale. De même, on observe des disparités selon le milieu et la région de résidence. L’accouchement dans les structures de santé concerne davantage les femmes citadines (92 % contre 65 % des femmes rurales) et celles résidant dans la région Ouest (92 %) (Graphique 9.4). À l’opposé, avec une proportion de seulement 55 %, les femmes de la région Sud sont celles qui ont le moins fréquemment accouché dans un établissement de santé ; dans cette région, plus de deux naissances sur cinq (44 %) ont lieu à domicile. De même, le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique des femmes semblent exercer une influence positive dans le choix du lieu d’accouchement (Graphique 9.4). Ainsi, plus le niveau d’instruction est élevé, plus la proportion des femmes qui ont accouché dans une structure de santé augmente, passant de 68 % chez celles sans niveau d’instruction à 94 % chez celles de niveau d’instruction moyen/secondaire ou plus. La même tendance est observée selon le quintile de bien-être économique : seules 44 % des femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas ont accouché dans une structure de santé contre 95 % de celles des ménages du quintile le plus élevé. Dans cette dernière catégorie, pratiquement toutes les femmes ont accouché dans une structure de santé dont 12 % dans le secteur privé. Dans l’ensemble, 25 % des femmes ont accouché à domicile. Cette proportion est nettement plus élevée parmi les femmes n’ayant effectué aucune visite prénatale (85 %). Elle tend à augmenter avec le rang de naissance de l’enfant, de 12 % à 34 % pour 6 enfants ou plus. Globalement, les femmes qui accouchent à domicile sont surtout celles qui résident en milieu rural (34 %) et dans la région sud (44 %), qui n’ont aucun niveau d’instruction (31 %) et dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas (54 %). Graphique 9.4 Accouchement dans un établissement de santé selon certaines caractéristiques sociodémographiques Tendance Par rapport aux résultats des enquêtes précédentes, on note une augmentation de la proportion de femmes dont l’accouchement s’est déroulé en structure sanitaire : cette proportion est passée de 47 % en 1993 à 49 % en 1997, 62 % en 2005, 73 % en 2010-11 et 75 % (Graphique 9.2). Corrélativement, on 75 92 65 68 85 94 44 68 85 93 95 SENEGAL RESIDENCE Urbain Rural NIVEAU D'INSTRUCTION Pas d'instruction Primaire Moyen/Secondaire ou plus QUINTILE DE BIEN-ETRE Le plus bas Second Moyen Quatrième Le plus élevé Pourcentage EDS-Continue 2015 116 • Santé de la mère remarque une diminution très sensible de la proportion de femmes qui ont accouché à domicile (53 % en 1993 contre 51 % en 1997, 37 % en 2005, 27 % en 2010-2011 et 25 % en 2015). Assistance lors de l’accouchement Une bonne prise en charge de l’accouchement, élément clé dans la lutte contre la morbidité et la mortalité maternelles, dépend de la qualification des personnels de santé. Le Tableau 9.6 montre que plus de cinq naissances sur dix (53 %) ont eu lieu avec l’assistance de personnel de santé qualifié, essentiellement des infirmières et des sages-femmes (49 %). Par ailleurs, plus de quatre accouchements sur dix (47 %) se sont déroulés sans assistance de personnel formé, c’est-à-dire avec l’aide soit de parents et d’amis (12 %), soit sans aucune assistance (4 %) ou avec l’assistance de matrones et accoucheuses traditionnelles (31 %). Le pourcentage de naissances assistées par un professionnel de santé varie selon l’âge de la mère à la naissance de l’enfant et le rang de naissance : de 56 % chez les mères de moins de 20 ans, il passe à 47 % chez celles de 35-49 ans. En outre, de 66 % chez les primipares, il passe à 56 % chez les paucipares (2-3 enfants) et tombe à 41 % chez les grandes multipares. En outre, le Tableau 9.6 met en exergue des disparités selon le milieu et la région de résidence. En milieu urbain, sept naissances sur dix sont assistées par un professionnel de santé contre un peu plus de deux naissance sur cinq (44 %) en milieu rural. Les régions du sud et Centre sont celles ou les femmes bénéficient le moins fréquemment d’assistance à l’accouchement par du personnel formé. Dans ces régions, plus de la moitié des accouchements sont assistés par des parents ou d’autres personnes non qualifiés (55 % dans le Sud et 51 % dans le Centre) L’assistance à l’accouchement par du personnel formé varie avec le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique du ménage, les femmes les plus instruites et celle dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé bénéficiant le plus fréquemment d’assistance durant leur accouchement (respectivement 76 % et 81 % contre 47 % quand elles n’ont pas de niveau d’instruction et 29 % quand le ménage est classé dans le quintile le plus bas). Tendance Entre les deux dernières enquêtes, la proportion d’accouchements assistés a diminué, passant de 65 % à 53 %. Ce taux compromet les objectifs du millénaire pour le développement relatifs à l’amélioration de la santé maternelle et qui avait fixé le pourcentage d’accouchements assistés au niveau national à 90 % d’ici 2015. Type d’accouchement Dans la stratégie pour la maternité sans risque, la césarienne est un des moyens préconisés pour réduire la mortalité maternelle et périnatale. C’est un mode d’accouchement auquel l’obstétricien a recours chaque fois que l’accouchement par voie naturelle présente un risque fœtal et/ou maternel, pour amoindrir le risque. Ainsi, a-t-on demandé aux mères, pour toutes les naissances vivantes des cinq dernières années, si l’accouchement avait eu lieu par césarienne ou par voie basse. Pour 5 % des naissances, on a pratiqué une césarienne (Tableau 9.6). La fréquence de cette intervention est plus fréquente chez les primipares (8 %). La gravido-puerpéralité chez les adolescentes et les primipares est souvent émaillée de complications. Cette gravido-puerpéralité est liée aux anomalies du bassin en rapport avec la nuptialité et la maternité précoces. Des précautions comme un suivi prénatal régulier et de qualité et une bonne prise en charge de la grossesse et de l’accouchement sont à mettre en place pour faire diminuer ce risque. Les césariennes se pratiquent dans un environnement médico-chirurgical. Elles sont exclusivement pratiquées dans les structures de santé (6 %), sont plutôt rares chez les femmes du milieu rural (3 %), dans les régions les moins urbanisées et chez les femmes non instruites qui résident aussi plus souvent en zone Santé de la mère • 117 rurale. Ce type d’intervention qui n’est réalisable que dans les formations sanitaires suffisamment équipées et dotées de personnels qualifiés n’est pas à la portée des couches les plus défavorisées (1 % contre 9 % dans les classes aisées). Il convient de signaler que la fréquence de la césarienne chez les plus instruites (9 %) pourrait être liée à la maternité tardive qui les expose à des complications obstétricales telles que les mort- nés et un accouchement bloqué (la dystocie) nécessitant une intervention chirurgicale. Tableau 9.6 Assistance durant l’accouchement Répartition (en %) des naissances vivantes ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par type d’assistance durant l’accouchement, pourcentage de naissances assistées par un professionnel de santé et pourcentage de naissances ayant nécessité une césarienne, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Personne ayant assisté l’accouchement : Pourcentage dont l’accouche- ment a été assisté par un prestataire formé1 Pourcentage accouché par césarienne Effectif de nais- sances Caractéristique sociodémographique Médecin Sage- femme Infirmière Matrone/ Accoucheuse traditionnelle Parents/ Autre Personne Total Âge de la mère à la naissance <20 3,8 40,2 12,0 27,1 15,0 1,9 100,0 56,0 5,4 747 20-34 3,8 37,7 12,6 30,5 12,2 3,2 100,0 54,1 4,3 4 516 35-49 4,1 33,2 10,0 34,9 10,3 7,5 100,0 47,3 5,4 1 067 Rang de naissance 1 7,5 45,0 13,9 25,4 7,1 1,0 100,0 66,4 7,9 1 369 2-3 4,0 39,8 12,5 29,0 12,6 2,2 100,0 56,3 4,2 2 228 4-5 2,1 34,0 10,5 34,7 14,2 4,5 100,0 46,6 4,1 1 447 6+ 1,7 28,2 11,1 35,4 14,9 8,8 100,0 40,9 2,2 1 287 Visites prénatales1 Aucune 0,3 6,9 1,7 41,6 30,4 19,0 100,0 9,0 0,3 140 1-3 2,3 31,8 13,7 33,8 14,1 4,2 100,0 47,9 3,8 2 083 4+ 7,0 47,9 11,0 24,8 7,2 2,1 100,0 65,9 8,1 2 028 Ne sait pas/manquant 12,1 45,6 6,8 25,4 8,1 2,0 100,0 64,6 6,8 93 Lieu d’accouchement Établissement de santé 5,0 49,2 16,0 29,2 0,3 0,2 100,0 70,3 6,2 4 715 Ailleurs 0,4 2,2 0,4 35,4 47,1 14,4 100,0 3,0 0,0 1 615 Résidence Urbain 7,3 53,5 9,3 24,8 3,2 1,9 100,0 70,1 7,4 2 261 Rural 1,9 28,2 13,6 34,2 17,2 4,8 100,0 43,8 3,0 4 069 Grande Région Nord 3,4 32,3 24,0 27,1 9,1 4,1 100,0 59,6 5,8 1 083 Ouest 6,9 43,2 10,0 35,5 2,7 1,7 100,0 60,0 6,1 1 854 Centre 2,2 35,4 11,0 35,5 12,7 3,2 100,0 48,6 3,7 2 134 Sud 2,5 35,9 6,7 19,2 28,1 7,5 100,0 45,2 2,8 1 259 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 2,6 31,0 12,9 33,6 15,0 4,9 100,0 46,5 3,7 4 259 Primaire 4,6 45,7 11,2 28,5 7,7 2,3 100,0 61,5 4,9 1 326 Moyen/secondaire ou plus 9,6 57,8 8,8 19,1 4,2 0,5 100,0 76,2 9,4 746 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,7 18,2 9,7 34,0 29,0 8,4 100,0 28,6 1,1 1 547 Second 2,0 29,9 12,8 36,3 14,6 4,3 100,0 44,7 2,8 1 377 Moyen 4,4 38,1 16,5 32,7 6,1 2,2 100,0 59,0 6,1 1 285 Quatrième 5,2 48,9 12,2 29,9 2,8 0,9 100,0 66,4 6,3 1 155 Le plus élevé 9,1 63,1 8,7 16,6 1,3 1,2 100,0 80,9 8,6 966 Ensemble 3,8 37,2 12,1 30,8 12,2 3,8 100,0 53,2 4,6 6 330 Note : Si l’enquêtée a déclaré que plus d’une personne avait assisté l’accouchement, seule la personne la plus qualifiée est prise en compte dans ce tableau. 1 les prestataires formés comprennent le médecin, l’infirmière et la sage-femme. 2 Concerne seulement la naissance la plus récente survenue au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. 118 • Santé de la mère 9.1.3 Examens postnatals Examens postnatals pour les mères Le Tableau 9.7 présente la répartition des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des deux années ayant précédé l’enquête, en fonction du moment où les premiers soins postnatals ont été effectués après l’accouchement de la naissance la plus récente selon certaines caractéristiques sociodémographiques et selon que la mère a reçu ou non des soins postnatals. Dans l’ensemble, près de 3 femmes sur quatre (74 %) ont reçu des soins postnatals dans les deux jours consécutifs à l’accouchement (Graphique 9.5). Cette proportion cache des disparités selon les caractéristiques sociodémographiques de la femme et selon le lieu d’accouchement. En effet, la proportion varie de 78 % chez les primipares et les paucipares à 62 % chez les grandes multipares. Près de neuf femmes sur dix (89 %) ayant accouché dans un établissement sanitaire ont reçu des soins postnatals dans les deux jours consécutifs à l’accouchement et 82 % à moins de 4 heures. Globalement, parmi les femmes ayant accouché au cours des deux années ayant précédé l’enquête, un cinquième (19 %) n’a bénéficié d’aucun suivi postnatal dans les 41 jours consécutifs à l’accouchement et plus de 80 % en ont effectué au moins un. La plupart de ces femmes (74 %) sont allées en consultation dans les deux jours qui ont suivi l’accouchement, 1 % au cours des 3-6 jours après l’accouchement et dans 3 % des cas, les femmes ont attendu entre 7 et 41 jours pour se rendre à une consultation postnatale. Tableau 9.7 Soins postnatals Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des deux années ayant précédé l’enquête, en fonction du moment où les premiers soins postnatals ont été effectués après l’accouchement, pour la naissance la plus récente selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Durée écoulée entre l’accouchement et le moment où la mère a reçu ses premiers soins postnatals Pas de soins postnatals1 Total Pourcentage de femmes ayant reçu des soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance Effectif de femmes Caractéristiques sociodémographiques Moins de 4 heures 4-23 Heure s 1-2 jours 3-6 jours 7-41 jours NSP/ Manquant Âge de la mère à la naissance <20 62,7 5,5 2,7 1,7 2,5 4,5 20,3 100,0 70,9 300 20-34 67,8 5,4 2,3 1,5 2,3 2,5 18,2 100,0 75,5 1 718 35-49 62,8 4,1 3,1 0,8 3,3 2,0 23,8 100,0 70,1 396 Rang de naissance 1 72,9 3,9 1,5 1,6 1,5 6,2 12,4 100,0 78,2 507 2-3 69,0 6,3 2,8 1,3 2,0 1,4 17,2 100,0 78,1 863 4-5 66,6 4,8 2,7 1,0 2,4 1,2 21,3 100,0 74,1 568 6+ 54,2 5,2 2,8 1,8 4,8 2,8 28,4 100,0 62,2 477 Lieu d’accouchement Établissement de santé 82,4 5,2 1,1 0,9 0,9 3,5 6,1 100,0 88,7 1 804 Ailleurs 18,8 5,4 6,7 2,9 7,3 0,2 58,8 100,0 30,9 610 Milieu de résidence Urbain 81,9 3,4 0,7 1,0 0,5 4,6 7,9 100,0 86,0 807 Rural 58,5 6,1 3,4 1,6 3,5 1,7 25,1 100,0 68,1 1 608 Grande Région Nord 57,8 7,8 2,4 2,0 1,7 0,1 28,2 100,0 68,0 437 Ouest 84,1 1,5 0,9 0,6 0,6 6,3 5,9 100,0 86,5 651 Centre 65,1 6,7 3,6 1,3 2,8 1,9 18,6 100,0 75,5 843 Sud 52,2 5,3 2,8 2,1 5,3 1,4 31,0 100,0 60,3 483 Niveau d’instruction Aucun 60,7 5,4 3,0 1,3 3,0 2,4 24,2 100,0 69,1 1 603 Primaire 75,7 6,0 1,9 1,3 1,7 2,0 11,4 100,0 83,5 485 Secondaire ou plus 80,0 3,4 1,0 1,9 1,3 4,8 7,6 100,0 84,4 326 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 44,7 5,3 4,3 1,6 5,6 0,9 37,7 100,0 54,2 623 Second 59,2 6,8 3,3 2,1 3,2 1,6 23,9 100,0 69,3 550 Moyen 73,8 5,9 1,2 0,8 1,1 4,6 12,7 100,0 80,8 448 Quatrième 83,8 3,8 1,7 0,3 0,4 3,8 6,2 100,0 89,3 447 Le plus élevé 84,6 3,6 0,7 2,2 0,5 3,6 4,7 100,0 89,0 346 Ensemble 66,3 5,2 2,5 1,4 2,5 2,7 19,4 100,0 74,1 2 414 1 Y compris les femmes qui ont eu une visite postnatale après 41 jours. Santé de la mère • 119 La proportion de femmes n’ayant pas reçu des soins postnatals dans les 41 après l’accouchement, augmente avec le rang de naissance : elle passe de 12 % pour les primipares à 28 % pour les femmes ayant six enfants ou plus. En outre, on observe des écarts selon le milieu et la région de résidence : ces proportions sont plus élevées en milieu rural (25 %) qu’en milieu urbain (8 %), et dans les régions du Sud et du Nord (respectivement 31 % et 28 % contre 6 % à l’Ouest). De même, le niveau d’instruction de la mère influence la fréquence du suivi postnatal puisque près d’une mère sans instruction sur quatre n’a pas consulté après son accouchement contre 11 % parmi celles qui ont un niveau primaire et 8 % parmi les plus instruites. En outre, le pourcentage de femmes n’ayant pas reçu un examen postnatal dans les deux jours consécutifs à l’accouchement diminue avec le niveau de bien-être économique : 38 % dans les ménages du quintile le plus bas, 24 % dans le second quintile contre 5 % dans le dernier quintile. Corrélativement, les femmes ayant reçu aucun examen postnatal sont relativement plus nombreuses dans les deux derniers quintiles. Graphique 9.5 Premiers examens postnatals selon certaines caractéristiques sociodémographiques Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals pour les mères Le Tableau 9.8 présente la répartition des femmes ayant eu une naissance au cours des deux années ayant précédé l’enquête, selon le type de personnel ayant dispensé les premiers soins postnatals pour leur dernière naissance et selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes. Dans l’ensemble, 57 % des femmes ayant eu une naissance vivante au cours des deux années, ont bénéficié de soins postnatals par un professionnel de santé (médecins, sage-femmes et infirmières). Ces soins postnatals ont été principalement effectués par des médecins, sages-femmes ou infirmières (45 %) et, dans une moindre mesure, par des aides-infirmiers et infirmières (13 %). Par contre, 18 % des mères ont bénéficié de soins postnatals par des accoucheuses traditionnelles et des matrones. En fonction des caractéristiques sociodémographiques, les écarts sont assez notables. La proportion de naissances pour lesquelles la mère a bénéficié de soins postnatals par du personnel formé diminue avec l’âge de la mère à la naissance de l’enfant passant de 60 % chez les moins de 20 ans à 48 % pour celles âgées de 35-49 ans. Aussi, elle varie de 63 % pour les primipares à 46 % pour les rangs de naissance 6 ou plus. Selon le niveau d’instruction, la proportion passe de 52 % pour les femmes sans instruction à 65 % pour celles qui ont le niveau d’instruction primaire et à 72 % pour celles de niveau secondaire ou plus (Graphique 9.5). En outre, des disparités s’observent selon le lieu d’accouchement : 69 % ayant accouché dans une 74 89 31 86 68 69 84 84 54 69 81 89 89 SÉNÉGAL LIEU D'ACCOUCHEMENT Structure de santé Ailleurs RÉSIDENCE Urbain Rural NIVEAU D'INSTRUCTION Aucun Primaire Secondaire + Quintile de bien_être Le plus bas Second Moyen Quatrième Le plus élevé Pourcentage EDS-Continue 2015 120 • Santé de la mère structure de santé ont fait l’objet de consultation postnatale contre 22 % de celles qui ont accouché ailleurs. De même, les femmes du milieu urbain ont plus bénéficié de soins postnatals que les femmes du milieu rural (66 % contre 53 %). Enfin, la proportion de femmes ayant eu au moins une consultation postnatale augmente régulièrement avec l’indice du niveau de bien-être du ménage : de 42 % parmi les femmes du quintile le plus pauvre, la proportion passe à 72 % dans le plus riche. Tableau 9.8 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals, pour la naissance la plus récente, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals à la mère : Pas de soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance1 Total Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Médecin/ Sage- femme Infirmière Matrone/ Accoucheuse traditionnelle Âge de la mère à la naissance <20 48,1 12,3 11,3 28,3 100,0 300 20-34 46,2 12,8 17,8 23,1 100,0 1 718 35-49 35,3 12,7 24,9 27,1 100,0 396 Rang de naissance 1 52,2 10,9 16,2 20,7 100,0 507 2-3 48,2 14,1 16,7 21,0 100,0 863 4-5 42,8 11,8 21,2 24,2 100,0 568 6+ 32,6 13,3 19,3 34,8 100,0 477 Lieu d’accouchement Établissement de santé 54,8 14,6 20,9 9,7 100,0 1 804 Ailleurs 14,6 7,1 10,2 68,0 100,0 610 Résidence Urbain 58,9 6,9 21,0 13,3 100,0 807 Rural 37,5 15,7 16,8 30,0 100,0 1 608 Grande Région Nord 42,8 23,0 3,4 30,9 100,0 437 Ouest 45,0 7,4 35,6 12,1 100,0 651 Centre 47,0 12,5 18,6 21,9 100,0 843 Sud 41,9 11,2 7,3 39,5 100,0 483 Niveau d’instruction Pas d’instruction 38,2 13,8 18,6 29,4 100,0 1 603 Primaire 53,8 11,5 19,9 14,8 100,0 485 Moyen/secondaire ou plus 63,0 9,2 13,6 14,2 100,0 326 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 28,1 13,5 14,1 44,3 100,0 623 Second 38,4 15,0 18,2 28,4 100,0 550 Moyen 46,3 18,4 18,6 16,6 100,0 448 Quatrième 56,7 9,1 24,1 10,1 100,0 447 Le plus élevé 66,8 5,1 17,1 11,0 100,0 346 Ensemble 44,7 12,7 18,2 24,4 100,0 2 414 1 Y compris les femmes qui ont eu une visite postnatale après 41 jours. Examens postnatals pour les nouveau-nés Le Tableau 9.9 présente la répartition (en %) des dernières naissance des deux années ayant précédé l’enquête, en fonction du moment où les premiers soins postnatals pour le nourrisson ont été effectués selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère. Au total, 50 % des naissances ont reçu des soins postnatals dans les 2 jours consécutifs à l’accouchement. La proportion de naissances qui ont bénéficié de soins postnatals dans les deux jours consécutifs à l’accouchement augmente avec l’âge de la mère à la naissance de l’enfant : de 40 % à moins de 20 ans, elle se situe saux environs de 50 % entre 20-49 ans. Selon le lieu d’accouchement, on constate que 58 % des naissances ayant eu lieu dans un établissement sanitaire ont reçu des soins postnatals dans les délais recommandés contre 25 % quand l’accouchement a eu lieu ailleurs. En outre, on note des écarts selon le milieu et la région de résidence : ces proportions sont plus élevées en milieu urbain (64 %) qu’en milieu rural (43 %) et dans la région Ouest (83 %) que dans les autres. De même, les résultats selon le niveau de bien être économique montrent un suivi postnatal du nouveau-né Santé de la mère • 121 plus fréquent dans les ménages du quintile le plus élevé (69 %) que dans les autres. Dans les ménages du quintile le plus bas, la proportion n’est que de 32 %. Tableau 9.9 Moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés au nouveau-né Répartition (en %) des naissances ayant eu lieu dans les deux années ayant précédé l’enquête par durée écoulée entre l’accouchement et le moment où ont été donnés les premiers soins postnatals au nouveau-né et pourcentage de naissances ayant reçu des soins postnatals dans les deux jours qui ont suivi la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Durée écoulée entre l’accouchement et le moment où le nouveau-né a reçu ses premiers soins postnatals Pas de soins post- natals1 Total Pourcentage de naissances ayant reçu des soins postnatals dans les 2 premiers jours après la naissance Effectif de naissances Moins d’une heure 1-3 heures 4-23 heures 1-2 jours 3-6 jours NSP/ manquant Âge de la mère à la naissance <20 29,6 4,2 3,8 2,3 2,3 2,9 54,9 100,0 39,9 300 20-34 41,2 4,8 2,8 2,3 2,3 2,3 44,3 100,0 51,0 1 718 35-49 40,0 5,5 2,2 2,8 2,3 1,4 45,7 100,0 50,5 396 Rang de naissance 1 40,8 3,9 3,8 1,6 2,9 5,1 41,9 100,0 50,1 507 2-3 43,0 4,3 2,1 2,8 1,6 1,8 44,3 100,0 52,3 863 4-5 38,4 6,6 2,9 2,0 2,8 0,6 46,8 100,0 49,8 568 6+ 33,2 4,5 3,1 2,9 2,3 2,1 51,9 100,0 43,7 477 Lieu d’accouchement Établissement de santé 50,5 4,1 2,4 1,0 2,2 2,8 37,1 100,0 58,0 1 804 Ailleurs 7,2 6,8 4,2 6,6 2,6 0,8 71,9 100,0 24,7 610 Milieu de résidence Urbain 56,6 3,7 1,9 1,2 2,0 4,8 29,8 100,0 63,5 807 Rural 31,0 5,4 3,3 3,0 2,5 1,0 53,9 100,0 42,6 1 608 Grande région Nord 17,6 4,9 2,1 1,5 3,1 0,0 70,9 100,0 26,1 437 Ouest 77,0 2,8 1,6 1,1 0,0 6,3 11,2 100,0 82,5 651 Centre 35,8 5,9 3,8 3,4 2,9 1,3 46,9 100,0 48,9 843 Sud 15,4 5,5 3,4 3,2 3,7 0,7 68,1 100,0 27,5 483 Niveau d’instruction de la mère Aucun 34,0 5,4 3,1 2,5 2,3 1,6 51,2 100,0 44,9 1 603 Primaire 53,4 3,6 1,7 1,9 2,2 3,0 34,3 100,0 60,6 485 Secondaire ou + 46,1 3,8 3,2 2,7 2,3 4,7 37,1 100,0 55,9 326 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 19,4 5,5 3,2 3,3 2,5 0,4 65,6 100,0 31,5 623 Second 32,5 6,0 3,3 3,2 2,5 1,4 51,1 100,0 44,9 550 Moyen 44,9 4,3 2,6 1,9 2,2 3,1 41,0 100,0 53,7 448 Quatrième 52,9 4,9 2,1 1,7 2,5 3,7 32,1 100,0 61,6 447 Le plus élevé 62,8 2,2 2,6 0,9 1,4 4,1 26,1 100,0 68,5 346 Ensemble 39,5 4,8 2,8 2,4 2,3 2,3 45,9 100,0 49,6 2 414 1 Y compris les nouveau-nés qui ont eu une visite postnatale après une semaine. Par ailleurs, 46 % des naissances n’ont bénéficié d’aucun soin postnatal ou bien le suivi ne s’est pas fait dans les 7 jours après la naissance. La proportion de naissances qui n’ont reçu aucun soin postnatal (y compris celles qui ont bénéficié des soins postnatals après la première semaine) est plus importante chez les mères de moins de 20 ans (55 %). Cette proportion varie selon le rang de naissance, passant de 42 % pour les primipares à 52 % pour les femmes ayant six enfants ou plus. En outre, ces proportions sont plus élevées en milieu rural (54 %) qu’en milieu urbain (30 %) et dans les régions du Nord (71 %) et du Sud (68 %) que dans les autres. De même, le niveau d’instruction de la mère influe sur la fréquence du suivi postnatal de l’enfant puisque 51 % des mères sans instruction n’ont pas effectué de suivi postnatal pour leur enfant dans les 7 jours consécutifs à l’accouchement contre 37 % parmi les plus instruites. Selon le niveau de bien-être économique, la proportion est de 66 % parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas contre 26 % parmi celle du quintile le plus élevé. Les données du Tableau 9.10 présentent la répartition des dernières naissances ayant eu lieu dans les deux années ayant précédé l’enquête, par type de personnel ayant dispensé les premiers soins postnatals et selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes enquêtées. Les résultats révèlent que 35 % des naissances des deux dernières années ont bénéficié de soins postnatals par des professionnels de 122 • Santé de la mère santé (médecins, sages-femmes, infirmières et agents de santé communautaire). Ces soins postnatals ont été principalement effectués par les médecins et les sages-femmes (21 %) suivis des infirmières et des infirmiers chefs de poste (ICP) (14 %). Par contre, 15 % des naissances ont bénéficié de soins postnatals des matrones et des accoucheuses traditionnelles. Tableau 9.10 Type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né Répartition (en %) des naissances ayant eu lieu dans les deux années ayant précédé l’enquête par type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né dans les deux jours qui ont suivi la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue 2015 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né Pas de soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance Total Effectif de naissances Caractéristique sociodémographique Médecin/ Sage- femme Infirmière/ ICP Matrone/ Accouche- use traditionnelle Âge de la mère à la naissance <20 20,5 10,9 8,4 60,1 100,0 300 20-34 21,6 14,6 14,9 49,0 100,0 1 718 35-49 16,7 13,4 20,4 49,5 100,0 396 Rang de naissance 1 23,2 14,9 12,1 49,9 100,0 507 2-3 24,0 15,0 13,4 47,7 100,0 863 4-5 17,5 13,1 19,3 50,2 100,0 568 6+ 15,8 12,0 15,9 56,3 100,0 477 Lieu d’accouchement Établissement de santé 24,5 15,8 17,7 42,0 100,0 1 804 Ailleurs 9,5 8,3 6,9 75,3 100,0 610 Milieu de résidence Urbain 27,1 18,3 18,1 36,5 100,0 807 Rural 17,4 11,7 13,4 57,4 100,0 1 608 Grande Région Nord 14,0 11,4 0,7 73,9 100,0 437 Ouest 27,2 21,9 33,4 17,5 100,0 651 Centre 22,1 11,9 14,9 51,1 100,0 843 Sud 15,4 9,0 3,1 72,5 100,0 483 Niveau d’instruction de la mère Aucun 17,0 13,6 14,3 55,1 100,0 1 603 Primaire 24,2 16,7 19,6 39,4 100,0 485 Moyen/secondaire ou plus 33,3 11,4 11,1 44,1 100,0 326 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 11,5 10,7 9,3 68,5 100,0 623 Second 18,9 11,7 14,4 55,1 100,0 550 Moyen 19,9 14,8 19,0 46,3 100,0 448 Quatrième 24,5 15,5 21,6 38,4 100,0 447 Le plus élevé 36,1 20,0 12,4 31,5 100,0 346 Ensemble 20,7 13,9 15,0 50,4 100,0 2 414 Le pourcentage de naissances des deux dernières années ayant bénéficié de soins postnatals par un professionnel de santé ne varie pas avec l’âge de la mère et le rang de naissance. Par contre, en fonction d’autres caractéristiques sociodémographiques, les variations sont importantes. Le lieu d’accouchement de l’enfant révèle, comme on pouvait s’y attendre, que c’est lorsque l’accouchement a eu lieu dans une structure de santé que le suivi postnatal de l’enfant par un professionnel de santé a été plus fréquent (40 % contre 18 % lorsque l’accouchement a eu lieu ailleurs). Les résultats selon le milieu de résidence montrent que la proportion des naissances vivantes des deux dernières années qui ont bénéficié de soins postnatals par un professionnel de santé est plus importante en milieu urbain (45 %) qu’en milieu rural (29 %). Du point de vue régional, on observe aussi des disparités importantes : les femmes qui ont le moins fréquemment consulté un professionnel de la santé pour le suivi postnatal de leur enfant sont celles des régions du Nord (25 %) et du Sud (24 %). Enfin, cette proportion augmente avec le niveau d’instruction de la mère : de 31 % chez les naissances de mère sans instruction, elle atteint 45 % parmi celles de mère de niveau primaire ou plus. Selon le quintile de bien-être économique, la différence est plus nette entre les deux quintiles extrêmes (de 22 % parmi les naissances dans le quintile le plus bas, la proportion passe à 56 % parmi celles vivant dans un ménage du quintile le plus élevé). Santé de l’enfant • 123 SANTÉ DE L’ENFANT 10 Papa Mabèye DIOP ’EDS-Continue 2015 a collecté des informations détaillées sur la santé des enfants nés au cours des cinq dernières années. Ces informations concernent les caractéristiques des nouveau-nés, la couverture vaccinale, la prévalence et le traitement des principales maladies des enfants, en particulier les infections respiratoires, la fièvre et la diarrhée. Les résultats présentés dans ce chapitre, permettent d’identifier les problèmes les plus importants en matière de santé maternelle et infantile. Ils constituent ainsi des outils de grande importance pour l’évaluation et la planification des politiques et des programmes de santé. 10.1 CARACTÉRISTIQUES DU NOUVEAU-NÉ Le Tableau 10.1 présente les résultats concernant le poids et la taille des enfants. Il faut tout d’abord noter qu’en moyenne, on ne connait le poids à la naissance que dans 55 % des cas. En effet, plus de quatre nouveau-nés sur dix (45 %) n’ont pas été pesés à la naissance. Dans certains sous-groupes de naissances, comme les naissances de rang 6 et plus (41 %), celles du milieu rural (43 %), celles du Centre et du Sud (respectivement 44 % et 40 %), celles dont la mère est sans niveau d’instruction (45 %) et surtout celles des ménages du quintile le plus bas (25 %), cette proportion est beaucoup plus faible. Ces écarts peuvent introduire des biais quand on compare la distribution des naissances selon le poids déclaré à la naissance. Parmi les naissances dont le poids à la naissance est connu, 13 % pesaient moins de 2500 g et étaient donc de faible poids. Cette proportion est plus élevée que la moyenne parmi les naissances de rang 1 (16 %) et dans les ménages classés dans le quintile le plus bas (15 %). Le Tableau 10.1 présente aussi les résultats sur la taille estimée du nourrisson selon l’appréciation de la mère à partir de la question : « Quand votre enfant est né, était-il très gros, plus gros que la moyenne, moyen, plus petit que la moyenne ou très petit ? ». Cette appréciation est donc quelque peu subjective dans la mesure où les notions de « petit », « moyen » et « gros » peuvent dépendre de divers facteurs socioculturels. Pour l’ensemble des naissances ayant eu lieu au cours des cinq dernières années, 66 % ont été considérés L Principaux résultats • Au Sénégal, 68 % des enfants de 12-23 mois ont reçu toutes les vaccinations recommandées • Parmi les enfants ayant présenté des symptômes d’infection respiratoire aiguë, seulement un sur deux a été conduit dans un établissement de santé pour y recevoir un traitement ou des conseils (48 %). • Parmi les enfants de moins de cinq ans, 15 % ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview. • Un traitement ou des conseils auprès d’un prestataire de santé ont été recherchés pour 41 % des enfants malades. En outre, 3 % ont été traités avec des antipaludiques et 25 % avec des antibiotiques. • Près d’un enfant de moins de cinq ans sur cinq a eu de la diarrhée au cours des deux semaines avant l’interview. • Parmi les enfants ayant eu la diarrhée au cours des deux semaines avant l’interview, 57 % ont continué à s’alimenter et ont été traités avec une TRO et/ou ont reçu une quantité accrue de liquides. 124 • Santé de l’enfant comme étant de taille moyenne ou plus grosse que la moyenne, 18 % ont été estimées comme plus petites que la moyenne, et 16 % comme étant de très petite taille. Les résultats montrent que la proportion de naissances considérées comme très petites est plus élevée quand la mère avait moins de 20 ans à la naissance de l’enfant (21 %), résidait en milieu rural (19 %), dans la région Nord (20 %) et dans les ménages du quintile le plus bas (21 %). Tableau 10.1 Poids et taille de l’enfant à la naissance Pourcentage de naissances vivantes ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et dont le poids à la naissance a été déclaré; Répartition (en %)de toutes les naissances vivantes ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par grosseur de l’enfant à la naissance estimée par la mère et pourcentage de toutes les naissances dont le poids à la naissance a été déclaré, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Répartition (en %) de toutes les naissances vivantes par grosseur de l’enfant à la naissance estimée par la mère Pourcentage de toutes les naissances dont le poids à la naissance a été déclaré1 Effectif de naissances Naissances dont le poids à la naissance a été déclaré1 Caractéristique sociodémographique Très petite Plus petite que la moyenne Moyenne ou plus grosse que la moyenne Ne sait pas/manquant Total Pourcentage avec moins de 2,5 kg Effectif de naissances Âge de la mère à la naissance <20 20,5 16,4 63,0 0,1 100,0 51,5 747 13,1 385 20-34 15,9 17,6 66,3 0,1 100,0 55,9 4 516 13,0 2 524 35-49 15,1 18,0 66,8 0,1 100,0 51,1 1 067 9,8 545 Rang de naissance 1 18,3 22,1 59,2 0,4 100,0 65,6 1 369 15,9 897 2-3 14,7 17,3 68,0 0,0 100,0 57,6 2 228 13,6 1 284 4-5 16,4 15,8 67,8 0,0 100,0 51,7 1 447 8,0 748 6+ 17,0 15,2 67,8 0,0 100,0 40,8 1 287 10,5 525 Résidence Urbain 12,3 22,4 65,1 0,2 100,0 75,1 2 261 11,9 1 698 Rural 18,6 14,9 66,5 0,1 100,0 43,1 4 069 13,2 1 756 Grande Région Nord 20,2 16,4 63,5 0,0 100,0 55,8 1 083 9,7 605 Ouest 10,3 28,4 61,0 0,3 100,0 75,9 1 854 12,9 1 408 Centre 22,3 14,9 62,8 0,0 100,0 43,8 2 134 13,4 934 Sud 11,7 7,2 80,9 0,1 100,0 40,3 1 259 13,4 508 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 17,5 16,3 66,1 0,0 100,0 45,2 4 259 12,6 1 923 Primaire 13,8 20,1 65,9 0,1 100,0 69,1 1 326 12,4 916 Moyen/secondaire ou plus 13,9 20,1 65,4 0,6 100,0 82,3 746 12,5 614 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 20,8 11,9 67,3 0,0 100,0 25,2 1 547 14,5 390 Second 17,0 13,5 69,4 0,1 100,0 43,5 1 377 12,1 599 Moyen 14,7 20,3 64,9 0,1 100,0 61,9 1 285 13,0 795 Quatrième 15,4 20,5 64,0 0,1 100,0 75,9 1 155 11,6 877 Le plus élevé 11,6 25,3 62,7 0,4 100,0 82,0 966 12,5 792 Ensemble 16,3 17,6 66,0 0,1 100,0 54,6 6 330 12,5 3 454 1 Basé sur, soit un enregistrement écrit, soit la déclaration de la mère. 10.2 VACCINATION DES ENFANTS Au cours de l’enquête, on a enregistré, pour tous les enfants nés au cours des cinq dernières années, les informations pouvant permettre une évaluation de la couverture vaccinale du Programme Élargi de Vaccinations (PEV) au Sénégal. Un enfant est considéré comme complètement vacciné lorsqu’il a reçu le BCG (protection contre la tuberculose), le vaccin contre la rougeole et trois doses de vaccin contre la poliomyélite. Depuis peu, une nouvelle combinaison, le « pentavalent », est utilisé en remplacement du DTC (Diphtérie, Tétanos et Coqueluche). Le pentavalent contient en fait cinq antigènes contre la Diphtérie, le Tétanos, la Coqueluche, l’Hépatite B et l’Infection à Haemophilus influenzae B (HIB). En outre, une première dose de vaccin contre la poliomyélite (polio 0) est donnée à la naissance. D’après le calendrier vaccinal, tous ces vaccins doivent être administrés à l’enfant avant l’âge d’un an. Des données ont également été collectées sur la fièvre jaune. Santé de l’enfant • 125 Les données sur la vaccination ont été collectées à partir de deux sources : le carnet de vaccination de l’enfant et les déclarations de la mère, quand le carnet n’était pas disponible ou n’existait pas. Le Tableau 10.2 et le Graphique 10.1 présentent les résultats sur la couverture vaccinale selon les différentes sources d’information pour les enfants de 12-23 mois, c’est-à-dire ceux qui, d’après les recommandations de l’OMS, ont atteint l’âge où ils devraient avoir été complètement vaccinés. Tableau 10.2 Vaccinations par sources d’information Pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins, à n’importe quel moment avant l’enquête selon la source d’information (carnet de vaccination ou déclaration de la mère) et pourcentage ayant été vacciné avant l’âge de 12 (18) mois EDS-Continue, Sénégal 2015 Source d’information BCG Penta 1 Penta 2 Penta 3 Polio 0 Polio 1 Polio 2 Polio 3 Rougeole Tous les vaccins2 Aucun vaccin Fièvre Jaune Tous les vaccins y compris la Fièvre Jaune Effectif d’enfants Vacciné à n’importe quel moment avant l’enquête Carnet de vaccination 71,6 72,7 70,5 66,5 50,3 72,9 70,7 66,8 59,6 57,5 0,0 60,0 57,3 853 Déclaration de la mère 24,0 23,7 22,9 21,8 18,9 24,2 23,5 13,8 19,4 10,5 2,3 19,5 10,5 312 Les deux sources 95,7 96,3 93,4 88,3 69,2 97,1 94,3 80,6 79,1 68,0 2,3 79,6 67,8 1 165 Vacciné avant l’âge de 12 mois3 95,0 95,6 92,1 85,5 68,7 96,3 93,1 78,6 70,0 60,1 10,4 69,8 57,8 1 165 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTCoq et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance). 3 Pour les enfants dont l’information est basée sur la déclaration de la mère, on suppose que la proportion de vaccins effectués au cours de la première année est la même que celle des enfants dont l’information provient d’un carnet de vaccination. Graphique 10.1 Tendances de la couverture de la vaccination des enfants selon différentes enquêtes, 1993-2015. Les résultats du Tableau 10.2 montrent que près de six enfants de 12-23 mois sur dix (58 %) ont été complètement vaccinés d’après les informations tirées du carnet de vaccination et 11 % selon les déclarations de la mère. Toutes sources de renseignements confondues, près de sept enfants de 12-23 mois sur dix (68 %) ont reçu tous les vaccins, y compris la fièvre jaune. Avant l’âge de 12 mois, ce pourcentage est de 59 %. Environ, 72 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG d’après le carnet de vaccination et 24 % selon la déclaration de la mère. Au total donc, 96 % des enfants avaient reçu le BCG (donné en principe à la 84 59 59 57 49 15 92 78 73 74 59 4 95 83 73 82 63 3 96 89 83 78 70 3 95 89 84 80 74 3 96 88 81 79 68 2 BCG Penta 3 Polio 3 Rougeole Tous les vaccins Aucun vaccin EDS-II 1993 EDS-IV 2005 EDS-MICS 2010-2011 EDS-Continue 2012-2013 EDS-Continue 2014 EDS-Continue 2015 Pourcentage 126 • Santé de l’enfant naissance) au moment de l’enquête et pratiquement tous (95 %) l’avaient reçu avant l’âge de 12 mois. La proportion d’enfants ayant reçu la première dose de Pentavalent est également très importante (96 %), mais la couverture vaccinale diminue avec le nombre de doses : de 93 % pour la deuxième dose, elle tombe à 88 % à la troisième dose. Le taux de déperdition1 pour ce vaccin, assez faible entre les première et deuxième doses (3 %), augmente entre les deuxième et troisième doses (5 %) ; le taux de déperdition global ente les première et troisième doses est de 8 %. On notera que le taux de déperdition est plus élevé entre le Penta 2 et le Penta 3 (5 %) qu’entre le Penta 1 et le Penta 2 (3 %). Le vaccin contre la poliomyélite étant administré en même temps que celui du Penta, on s’attend donc à trouver des niveaux de couverture vaccinale très proches. La couverture vaccinale contre la poliomyélite est cependant légèrement plus faible (polio 0 : 69 %, polio 1 : 97 %, polio 2 : 94 % et polio 3 : 81 %) et la déperdition entre les première et troisième doses est plus importante. La couverture contre la rougeole est la plus faible de toutes (79 % et 70 % pour ceux vaccinés avant 12 mois). Parmi les enfants qui ont reçu tous les vaccins, 60 % ont été vaccinés selon le calendrier recommandé, c’est-à-dire avant l’âge de 12 mois, selon les deux sources d’information. Par contre, 10 % des enfants de 12-23 mois n’ont reçu aucun des vaccins du PEV avant l’âge de 12 mois. Le Tableau 10.3 et le Graphique 10.2 présentent la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère et de l’enfant. En ce qui concerne le sexe de l’enfant, on ne constate pratiquement pas d’écart (68 % pour les enfants de sexe masculin contre 69 % pour ceux de sexe féminin). La couverture vaccinale varie selon le rang de naissance, de 73 % chez les enfants de rang 1 à 63 % chez ceux de rang 5 et à 68 % pour les rangs de naissance six ou plus. Le pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu tous les vaccins est plus élevé en milieu urbain (71 %) qu’en milieu rural (67 %). Les variations régionales sont très importantes : les régions Sud (59 %) et Nord (64 %) enregistrent les pourcentages les plus faibles. Le niveau d’instruction de la mère est une variable qui influence, de manière importante, le niveau de la couverture vaccinale des enfants. En effet, la couverture vaccinale des enfants dont la mère a reçu une instruction est bien meilleure (76 % pour le primaire et 82 % pour le secondaire ou plus) que celle des enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction (63 %). Par ailleurs, il importe de relever que la situation économique du ménage fait apparaître des disparités importantes, en particulier entre les enfants des ménages du quintile le plus bas et ceux du plus élevé. Globalement, la couverture vaccinale augmente du quintile le plus bas au plus élevé, passant de 65 % à 77 %. 1 Le taux de déperdition pour le Penta, par exemple, est la proportion d’enfants qui, ayant reçu la première dose du vaccin, ne reçoivent pas la troisième. Santé de l’enfant • 127 Tableau 10.3 Vaccinations selon certaines caractéristiques sociodémographiques Pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins à n’importe quel moment avant l’enquête (selon le carnet de vaccination ou la déclaration de la mère) et pourcentage pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique BCG Penta 1 Penta 2 Penta 3 Polio 0 Polio 1 Polio 2 Polio 3 Rougeole Tous les vaccins2 Aucun vaccin Fièvre Jaune Tous les vaccins y compris la Fièvre Jaune Pourcentage avec un carnet de vaccination présenté à l’enquêtrice Effectif d’enfants Sexe Masculin 95,5 95,8 93,3 86,8 69,8 97,0 94,4 80,2 78,1 66,7 2,3 78,6 66,7 74,4 576 Féminin 95,8 96,9 93,5 89,7 68,6 97,1 94,1 81,0 80,0 69,3 2,3 80,6 68,9 72,2 589 Rang de naissance 1 96,5 97,0 94,7 90,8 71,6 97,8 95,7 81,4 83,9 73,4 2,2 83,8 73,4 78,3 236 2-3 96,7 96,7 93,7 90,0 71,9 97,6 95,2 81,3 81,1 68,3 1,7 81,7 68,0 71,4 437 4-5 93,4 95,5 91,8 86,7 64,9 96,2 92,0 79,6 72,4 62,9 3,4 72,8 62,9 71,4 281 6+ 95,5 95,9 93,2 84,1 66,5 96,5 93,7 79,6 78,4 68,3 2,1 79,6 67,9 73,9 211 Résidence Urbain 99,2 98,7 97,3 94,0 82,9 98,8 97,0 82,5 84,0 71,2 0,7 83,8 71,2 72,9 377 Rural 94,0 95,2 91,5 85,6 62,6 96,2 93,0 79,7 76,7 66,5 3,1 77,6 66,2 73,4 788 Grande Région Nord 92,3 93,2 90,7 83,4 52,4 95,4 92,2 82,0 73,4 63,6 2,6 75,3 63,0 78,2 204 Ouest 100,0 100,0 99,2 97,5 95,9 100,0 99,2 86,4 89,7 78,9 0,0 89,2 78,9 78,0 307 Centre 96,7 97,3 94,0 89,2 71,0 97,7 95,0 79,9 80,6 67,6 2,2 81,4 67,5 69,7 415 Sud 91,3 92,6 87,1 79,3 46,1 93,7 88,3 73,1 67,6 58,5 5,3 67,8 58,5 69,1 240 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 94,5 95,6 91,7 85,2 64,7 96,5 93,0 78,4 74,4 63,0 2,8 75,5 62,9 72,1 787 Primaire 97,0 96,7 94,9 91,8 74,6 97,2 94,9 84,6 85,1 76,2 2,2 83,8 75,7 78,2 229 Moyen/secondaire ou plus 99,8 99,8 99,8 99,4 84,4 100,0 99,8 86,1 94,6 81,8 0,0 94,6 81,8 71,9 149 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 91,0 93,7 88,5 80,4 47,6 95,5 90,5 77,2 73,7 65,0 3,7 74,8 65,0 74,1 296 Second 94,9 95,7 92,1 86,2 69,6 96,1 92,4 78,3 73,8 63,4 2,9 75,1 63,1 73,6 277 Moyen 97,4 97,8 96,2 90,7 69,4 97,8 97,0 85,3 79,1 68,0 1,9 79,4 67,4 73,8 211 Quatrième 98,0 96,9 94,4 91,1 78,3 97,7 94,6 81,0 81,7 70,7 1,8 80,9 70,7 74,5 207 Le plus élevé 99,9 99,4 99,1 98,9 94,0 99,9 99,6 83,8 93,2 77,2 0,1 93,5 77,2 69,2 174 Ensemble 95,7 96,3 93,4 88,3 69,2 97,1 94,3 80,6 79,1 68,0 2,3 79,6 67,8 73,3 1 165 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTCoq et les trois doses de polio (non compris la dose de polio donnée à la naissance). Graphique 10.2 Pourcentage des enfants de 12-23 mois (en %) ayant reçu tous les vaccins y compris la Fièvre Jaune, selon le milieu de résidence, éducation et quintiles de bien-être économique 68 71 67 63 76 82 65 63 68 71 77 SENEGAL RESIDENCE Urban Rural EDUCATION Pas d'instruction Primaire Moyen/Secondair ou plus QUINTILES DE BIEN ETRE ECONOMIQUE Le plus bas Second Moyen Quatrième Le plus élevé Pourcentage EDS-Continue 2015 128 • Santé de l’enfant Au cours de l’enquête, les données sur la vaccination ont été collectées pour les enfants de moins de cinq ans. Il a été ainsi possible d’évaluer rétrospectivement les tendances de la couverture vaccinale avant l’âge de douze mois pour les quatre années ayant précédé l’enquête à partir des données concernant les enfants de 12-23, 24-35, 36-47 et 48-59 mois. Au Tableau 10.4 sont présentés les taux de couverture vaccinale d’après le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère pour les enfants de ces différents groupes d’âges. On y trouve également les proportions d’enfants de chaque groupe d’âges pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice. Pour l’ensemble des enfants de 12-59 mois, on constate que 94 % ont reçu le vaccin du BCG avant l’âge de 12 mois, 86 % la troisième dose de Penta et 76 % la troisième dose de polio. En outre, 71 % ont été vaccinés contre la rougeole. Globalement, 58 % des enfants de 12-59 mois ont été vaccinés contre toutes les maladies du PEV avant l’âge de 12 mois. À l’opposé, 21 % des enfants de 1-4 ans n’ont reçu aucun de ces vaccins. Au regard du tableau, on relève une amélioration de la couverture vaccinale des enfants dans le temps. En effet, la proportion d’enfants complètement vaccinés passe de 55 % chez les enfants âgés de 48-59 mois au moment de l’enquête, à 60 % chez ceux âgés de 12-23 mois. La même tendance est observée quel que soit l’antigène considéré. Pour l’ensemble des enfants de 12-59 mois, un carnet de vaccination n’a cependant été présenté à l’enquêtrice que dans 58 % des cas. Les résultats par groupes d’âges montrent que la proportion d’enfants pour lesquels on a produit un carnet de santé diminue avec l’âge de l’enfant : de 73 % pour les enfants âgés de 12-23 mois au moment de l’enquête, elle passe à 59 % pour ceux de 24-35 mois, puis tombe à 53 % à 36-47 mois et à 45 % à 48-59 mois. Tableau 10.4 Vaccinations au cours de la première année Pourcentage d’enfants âgés de 12-59 mois au moment de l’enquête qui ont reçu certains vaccins avant l’âge de 12 mois et pourcentage de ceux pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice, selon l’âge actuel de l’enfant, EDS-Continue, Sénégal 2015 Âge en mois BCG Penta 1 Penta 2 Penta 3 Polio 0 Polio 1 Polio 2 Polio 3 Rougeole Tous les vaccins2 Aucun vaccin Fièvre Jaune Tous les vaccins y compris la fièvre Jaune Pourcentage avec un carnet de vaccination présenté à l’enquêtrice Effectif d’enfants 12-23 95,0 95,6 92,1 85,5 68,7 96,3 93,1 78,6 70,0 60,1 10,4 69,8 57,8 73,3 1 165 24-35 94,0 94,6 92,2 86,1 68,9 94,5 92,1 76,0 67,7 56,4 31,9 68,1 54,1 59,0 1 257 36-47 92,5 93,8 90,6 84,9 66,7 94,1 90,4 74,8 71,9 57,7 - 72,3 57,3 53,2 1 220 48-59 95,8 95,3 92,4 86,5 67,3 95,4 91,4 73,3 70,7 55,2 7,2 70,3 55,0 44,7 1 183 Ensemble 94,3 94,8 92,0 85,9 68,0 95,1 91,9 75,8 70,6 57,8 20,5 70,7 56,4 57,5 4 825 Note : L’information provient du carnet de vaccination ou, s’il n’ y a pas de carnet, elle provient de la déclaration de la mère. Pour les enfants dont l’information est basée sur la déclaration de la mère, on suppose que la proportion de vaccinations reçues durant la première année est la même que celle observée pour les enfants pour lesquels on dispose d’un carnet de vaccination. 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTCoq et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance). 10.3 MALADIES DES ENFANTS 10.3.1 Prévalence et traitement des Infections respiratoires aiguës Les infections respiratoires aiguës (IRA) et particulièrement la pneumonie constituent l’une des premières causes de mortalité des enfants dans les pays en développement. Pour évaluer la prévalence de ces infections parmi les enfants, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient souffert de la toux pendant les deux semaines ayant précédé l’interview et, si oui, on demandait alors si la toux avait été accompagnée d’une respiration courte et rapide, symptômes d’infections respiratoires aiguës (IRA). En outre, pour les enfants ayant présenté ces symptômes d’IRA, on a cherché à connaître le pourcentage de ceux qui avaient été amenés en consultation et l’endroit où cette consultation avait eu lieu, ainsi que les traitements éventuels qui avaient été donnés. Santé de l’enfant • 129 Parmi les enfants de moins de cinq ans, 4 % ont souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide pendant les deux semaines ayant précédé l’interview (Tableau 10.5). C’est chez les enfants âgés de 12 à 23 mois (6 %) que ces infections respiratoires ont été les plus fréquentes (Graphique 10.3). On ne note pas de différence entre les pourcentages de garçons et de filles ayant souffert de toux (4 % dans chaque cas). De même, on ne note pas de différence entre les milieux de résidence, la prévalence variant de 3 % en urbain à 4 % en rural. Les résultats selon les régions montrent un écart entre la région Nord où la prévalence est extrêmement faible (1 %) et les autres régions où elle est estimée autour de 4 %. Le Tableau 10.5 montre enfin, que parmi les enfants qui ont eu des symptômes d’infections respiratoires aiguës, environ un sur deux (48 %) a été conduit dans un établissement sanitaire ou auprès de personnel médical pour traitement ou conseil. En outre, on relève que parmi les enfants de moins de cinq ans avec des symptômes d’IRA, seulement trois sur dix ont pris des antibiotiques. Tableau 10.5 Prévalence et traitement des symptômes d’Infection Respiratoire Aiguë (IRA) Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont présenté des symptômes d’Infection Respiratoire Aiguë (IRA) au cours des deux semaines ayant précédé l’interview; Parmi ces enfants, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé et pourcentage qui ont reçu des antibiotiques comme traitement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-Continue, Sénégal 2015 Parmi les enfants de moins de cinq ans : Parmi les enfants de moins de cinq ans avec des symptômes d’IRA : Caractéristique sociodémographique Pourcentage avec des symptômes d’IRA1 Effectif d’enfants Pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé2 Pourcentage ayant pris des antibiotiques Effectif d’enfants Âge en mois <6 2,2 604 * * 14 6-11 4,6 631 (39,2) (30,2) 29 12-23 5,5 1 165 51,3 41,5 64 24-35 3,8 1 257 49,4 22,1 48 36-47 2,0 1 220 (34,9) (25,7) 24 48-59 2,8 1 183 (55,9) (43,9) 33 Sexe Masculin 3,5 3 017 53,1 40,8 106 Féminin 3,5 3 043 43,3 23,2 107 Combustible pour cuisiner Électricité ou gaz 2,9 924 * * 27 Charbon de bois 2,9 1 194 (36,5) (33,9) 35 Bois/paille3 3,9 3 753 46,9 29,4 146 Bouse 1,5 158 * * 2 Autre combustible (9,7) 31 * * 3 Résidence Urbain 3,4 2 192 55,0 33,5 76 Rural 3,6 3 867 44,4 31,1 137 Grande Région Nord 1,1 1 043 * * 11 Ouest 3,7 1 806 (59,2) (34,8) 68 Centre 4,3 2 028 38,9 30,4 87 Sud 4,0 1 183 55,8 30,9 47 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 3,3 4 067 43,3 35,2 134 Primaire 4,4 1 272 56,6 28,6 56 Moyen/secondaire ou plus 3,2 720 * * 23 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 4,7 1 468 40,2 26,2 70 Second 3,5 1 302 55,5 37,3 46 Moyen 2,6 1 229 (46,2) (25,4) 32 Quatrième 3,9 1 117 (44,5) (37,6) 44 Le plus élevé 2,2 944 * * 21 Ensemble 3,5 6 059 48,2 32,0 213 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 Les symptômes d’IRA (toux accompagnée d’une respiration courte et rapide associée à des problèmes de congestion dans la poitrine et/ou à des difficultés respiratoires associées à des problèmes de congestion dans la poitrine) sont considérés comme une mesure indirecte de la pneumonie. 2 Non compris les pharmacies, les boutiques et les praticiens traditionnels. 3 Y compris l’herbe, les arbustes et les résidus agricoles. 130 • Santé de l’enfant Graphique 10.3 Prévalence des IRA, de la fièvre et de la diarrhée parmi les enfants de moins de 5 ans, selon l’âge de l’enfant 10.3.2 Prévalence et traitement de la fièvre Le Tableau 10.6 présente le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview. Il ressort de ce tableau que 15 % des enfants ont eu la fièvre pendant cette période. Parmi ces enfants, ceux âgés de 6 à 23 mois ont été plus touchés par la fièvre : dans ces groupes d’âges, environ un enfant sur cinq contre 10 % à partir de 36 mois (Graphique 10.3). Les écarts selon le sexe de l’enfant et le milieu de résidence sont peu importants. Par contre, on note une prévalence plus élevée dans les région Centre (17 %) et Sud (19 %) que dans les autres Dans l’ensemble, parmi les enfants qui ont eu de la fièvre, on a recherché un traitement dans un établissement ou auprès d’un prestataire de santé pour 41 % d’entre eux. Parmi les enfants ayant eu de la fièvre, 3 % seulement ont pris des antipaludéens et 25 % des antibiotiques. 9 10 20 28 28 18 10 10 17 21 22 14 3 2 4 6 5 2 48-59 months 36-47 months 24-35 months 12-23 months 6-11 months <6 months IRA Fièvre Diarrhée Pourcentage EDS-Continue 2015 Santé de l’enfant • 131 Tableau 10.6 Prévalence et traitement de la fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview; Parmi ces enfants, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé, pourcentage qui ont pris des antipaludiques et pourcentage qui ont pris des antibiotiques comme traitement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Parmi les enfants de moins de cinq ans : Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu de la fièvre Effectif d’enfants Pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé1 Pourcentage ayant pris des antipaludiques Pourcentage ayant pris des antibiotiques Effectif d’enfants Age en mois <6 13,5 604 36,2 0,0 19,1 81 6-11 22,4 631 45,5 1,4 26,8 141 12-23 20,6 1 165 48,3 3,1 26,8 240 24-35 17,2 1 257 38,2 4,0 23,8 217 36-47 9,7 1 220 40,3 7,3 25,1 118 48-59 9,6 1 183 33,1 3,4 21,6 114 Sexe Masculin 14,9 3 017 41,9 4,5 24,1 450 Féminin 15,1 3 043 41,0 2,3 25,0 461 Résidence Urbain 14,0 2 192 42,6 3,5 26,6 307 Rural 15,6 3 867 40,9 3,3 23,5 604 Grande Région Nord 12,6 1 043 33,8 0,0 38,3 131 Ouest 12,2 1 806 38,2 6,7 21,7 221 Centre 16,8 2 028 39,3 2,5 22,6 340 Sud 18,5 1 183 52,6 3,2 22,3 218 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 14,9 4 067 40,2 3,4 23,0 604 Primaire 15,7 1 272 44,7 2,4 28,8 200 Moyen/secondaire ou plus 14,8 720 42,1 4,8 25,2 107 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 18,6 1 468 42,2 2,5 20,9 273 Second 14,9 1 302 45,4 3,5 25,1 194 Moyen 12,9 1 229 39,7 2,9 28,6 159 Quatrième 15,4 1 117 35,0 5,6 24,2 172 Le plus élevé 12,0 944 45,0 2,3 27,3 113 Ensemble 15,0 6 059 41,4 3,4 24,6 911 1 Non compris les pharmacies, les boutiques et les praticiens traditionnels. 10.3.3 Prévalence et traitement de la diarrhée Prévalence de la diarrhée De par leurs conséquences, notamment la déshydratation et la malnutrition, les maladies diarrhéiques constituent, directement ou indirectement, une des principales causes de décès des jeunes enfants dans les pays en développement. Pour lutter contre les effets de la déshydratation, l’OMS recommande la généralisation du Traitement de Réhydratation par voie Orale (TRO), en conseillant l’utilisation, soit d’une solution préparée à partir du contenu de sachets de Sels de Réhydratation par voie Orale (SRO), soit d’une solution préparée à la maison avec de l’eau, du sucre et du sel. Au cours de l’EDS-Continue, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’interview afin de mesurer la prévalence des maladies diarrhéiques chez les enfants de moins de cinq ans. En ce qui concerne le traitement de la diarrhée, on a demandé aux mères si elles connaissaient le SRO et si, durant les épisodes diarrhéiques, elles avaient eu recours au Traitement de Réhydratation par voie Orale (TRO). De l’examen des données du Tableau 10.7, il ressort qu’un enfant de moins de cinq ans sur cinq (18 %) avait souffert de diarrhée pendant les deux semaines ayant précédé l’interview. La prévalence de la diarrhée est particulièrement forte chez les jeunes enfants de 6-23 mois (28 %). Ces âges de forte prévalence 132 • Santé de l’enfant sont aussi les âges auxquels les enfants commencent à recevoir des aliments autres que le lait maternel et à être sevrés. Ils correspondent également aux âges auxquels les enfants commencent à explorer leur environnement, ce qui les expose davantage à la contamination par des agents pathogènes (Graphique 10.3). On constate des variations importantes selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Les résultats selon le milieu de résidence font apparaitre une légère variation de la prévalence de la diarrhée, les proportions variant de 20 % en milieu rural à 15 % en milieu urbain. Par contre, les disparités entre les régions sont importantes : aux deux extrêmes, on trouve les zones du Centre et du Sud avec une prévalence d’environ 22 % et la zone Ouest avec une prévalence de 13 % (Tableau 10.7 et Graphique 10.3). Tableau 10.7 Prévalence de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête : Effectif d’enfants Caractéristique sociodémographique Toute diarrhée Diarrhée avec sang Âge en mois <6 17,7 0,8 604 6-11 27,8 3,2 631 12-23 27,6 3,5 1 165 24-35 20,3 2,8 1 257 36-47 10,4 1,8 1 220 48-59 9,3 1,2 1 183 Sexe Masculin 17,4 2,0 3 017 Féminin 18,7 2,5 3 043 Provenance de l’eau de consommation1 Source améliorée 16,6 1,9 4 311 Non améliorée 21,6 3,1 1 748 Type d’installation sanitaire2 Améliorée, non partagée 16,0 1,9 2 627 Partagée3 13,7 0,2 767 Non améliorée 21,3 3,3 2 666 Résidence Urbain 15,3 1,4 2 192 Rural 19,7 2,8 3 867 Grande Région Nord 16,1 2,8 1 043 Ouest 12,7 0,6 1 806 Centre 21,5 2,5 2 028 Sud 22,1 3,9 1 183 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 18,3 2,6 4 067 Primaire 18,9 2,2 1 272 Moyen/secondaire ou plus 15,3 0,5 720 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 23,6 4,0 1 468 Second 18,9 2,7 1 302 Moyen 16,3 2,3 1 229 Quatrième 17,6 1,2 1 117 Le plus élevé 11,3 0,3 944 Ensemble 18,1 2,3 6 059 1 Se reporter au Tableau 2.1 pour la définition des catégories 2 Se reporter au Tableau 2.2 pour la définition des catégories 3 Types d’installations sanitaires qui seraient considérées comme « améliorées » si elles n’étaient pas partagées par deux ménages ou plus. En ce qui concerne le niveau d’instruction des femmes, on constate que les enfants dont la mère a un niveau secondaire ou plus ont une prévalence de la diarrhée moins élevée que les autres (15 % contre 18 % chez ceux dont la mère n’a aucune instruction et 20 % chez ceux dont la mère a un niveau primaire). La prévalence de la diarrhée varie avec le niveau de bien-être du ménage, diminuant globalement de moitié du quintile le plus bas (24 % au plus élevé (11 %). Santé de l’enfant • 133 Connaissance des sachets de SRO Parmi les femmes ayant eu des enfants dans les cinq années ayant précédé l’enquête, 81 % ont déclaré connaître le Sel de Réhydratation par voie orale ou SRO (Tableau 10.8). Les écarts sont peu importants. On peut seulement mentionner cette connaissance est plus faible parmi les jeunes femmes de 15-19 ans (57 %). C’est dans la zone Nord (85 %), que le niveau de connaissance est le plus élevé. Par ailleurs, les femmes de niveau d’instruction primaire (84 %) ont un meilleur niveau de connaissance des sachets de SRO que celles sans instruction (81 %) et surtout que celles ayant un niveau moyen/ secondaire ou plus (78 %). Tableau 10.8 Connaissance des sachets de SRO ou des liquides préconditionnés, Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et qui connaissent les sachets de SRO et les liquides SRO préconditionnés pour le traitement de la diarrhée selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS- Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de femmes qui connaissent les sachets de SRO et les liquides préconditionnés Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 56,8 255 20-24 75,4 794 25-34 82,4 2 110 35-49 87,0 1 190 Résidence Urbain 79,5 1 665 Rural 81,7 2 683 Grande Région Nord 84,6 744 Ouest 80,1 1 341 Centre 81,6 1 412 Sud 77,7 851 Niveau d’instruction Pas d’instruction 80,6 2 802 Primaire 83,6 953 Moyen/secondaire ou plus 77,9 593 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 77,5 966 Second 82,2 915 Moyen 83,5 889 Quatrième 83,6 847 Le plus élevé 77,3 732 Ensemble 80,9 4 348 SRO = Sels de Réhydratation Orale. Traitement de la diarrhée Au cours de l’EDS-Continue, on a demandé aux mères dont les enfants avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, quels traitements elles avaient utilisés lors des épisodes diarrhéiques. Le Tableau 10.9 montre que parmi les enfants ayant eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, seulement 39 % ont été conduits dans un établissement de santé au cours de leur maladie. Les enfants de 12-23 mois ont été, proportionnellement, les plus nombreux à bénéficier de soins dans une formation sanitaire (49 %) ; ceux de 48-59 mois ont été, à l’inverse, les moins nombreux (29 %). Le pourcentage d’enfants avec diarrhée pour lesquels des conseils ou un traitement a été recherché auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé est plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (41 % contre 37 %). En fonction des régions, on constate que c’est la région Sud (53 % ) qui enregistre la proportion la plus élevée. Les résultats selon le niveau d’instruction de la mère font apparaître des écarts : en effet, la proportion d’enfants qui ont reçu des soins au cours de leur épisode diarrhéique varie de 39 % parmi ceux dont la mère n’est pas instruite à 47 % parmi ceux dont la mère a au moins un niveau d’instruction secondaire. Ta bl ea u 10 .9 T ra ite m en t d e la d ia rrh ée P ar m i l es e nf an ts d e m oi ns d e ci nq a ns a ya nt e u la d ia rrh ée a u co ur s de s de ux s em ai ne s ay an t p ré cé dé l’ in te rv ie w , p ou rc en ta ge p ou r l es qu el s on a re ch er ch é de s co ns ei ls o u un tr ai te m en t a up rè s d’ un é ta bl is se m en t o u d’ un p re st at ai re d e sa nt é; P ou rc en ta ge à q ui o n a do nn é un e Th ér ap ie d e R éh yd ra ta tio n pa r v oi e O ra le (T R O ), po ur ce nt ag e à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es , p ou rc en ta ge à q ui o n a do nn é un e TR O o u da va nt ag e de li qu id es e t p ou rc en ta ge d ’e nf an ts à q ui o n a ad m in is tré d ’a ut re s tra ite m en ts , s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, E D S -C on tin ue , S én ég al 2 01 5 P ou rc en ta ge d’ en fa nt s av ec di ar rh ée p ou r l es qu el s on a re ch er ch é de s co ns ei ls o u un tra ite m en t a up rè s d’ un ét ab lis se m en t o u d’ un pr es ta ta ire d e sa nt é1 Th ér ap ie d e R éh yd ra ta tio n pa r v oi e O ra le (T R O ) Li qu id es au gm en té s TR O o u liq ui de s au gm en té s A ut re s tra ite m en ts : M an qu an t A uc un tra ite m en t E ffe ct if d’ en fa nt s av ec la di ar rh ée C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue Li qu id e de sa ch et s SR O o u liq ui de S R O pr éc on di tio nn é S ol ut io n M ai so n R ec om m an dé e (S M R ) S oi t S R O ou SM R A nt ib io tiq ue M éd ic am en ts an tim ot ili té Su pp lé m en ts de z in c S ol ut io n in tra ve in eu se R em èd e m ai so n/ A ut re A ge e n m oi s <6 33 ,0 12 ,8 0, 7 13 ,5 31 ,4 40 ,9 14 ,5 5, 9 13 ,6 0, 5 18 ,5 0, 7 41 ,6 10 7 6- 11 39 ,4 28 ,3 1, 2 28 ,8 58 ,2 68 ,6 10 ,6 2, 3 9, 5 0, 4 25 ,3 0, 0 22 ,8 17 5 12 -2 3 49 ,0 38 ,7 1, 4 39 ,2 68 ,0 79 ,0 17 ,3 0, 8 7, 9 0, 0 28 ,5 0, 0 14 ,2 32 2 24 -3 5 35 ,0 35 ,0 2, 0 35 ,9 71 ,1 79 ,0 11 ,2 0, 2 12 ,3 0, 0 25 ,7 0, 0 14 ,3 25 5 36 -4 7 38 ,6 33 ,3 1, 8 34 ,3 77 ,6 81 ,6 6, 3 0, 5 5, 7 0, 0 32 ,1 0, 0 11 ,4 12 6 48 -5 9 28 ,9 24 ,4 1, 0 25 ,4 69 ,0 74 ,9 6, 9 0, 6 2, 9 3, 6 36 ,3 0, 0 14 ,7 11 0 Se xe M as cu lin 41 ,4 34 ,7 0, 9 35 ,3 68 ,3 76 ,0 12 ,4 1, 3 9, 6 0, 0 28 ,5 0, 0 15 ,1 52 5 Fé m in in 37 ,6 28 ,7 2, 0 29 ,5 61 ,6 71 ,2 12 ,1 1, 4 8, 4 0, 9 26 ,7 0, 1 20 ,7 57 0 Ty pe d e di ar rh ée P as d e pr és en ce d e sa ng 37 ,9 29 ,7 1, 2 30 ,4 64 ,0 72 ,3 12 ,9 1, 5 9, 3 0, 5 25 ,9 0, 1 19 ,3 95 7 P ré se nc e de s an g 50 ,1 44 ,7 3, 0 45 ,3 70 ,7 82 ,0 7, 6 0, 0 6, 6 0, 0 39 ,1 0, 0 9, 1 13 8 R és id en ce U rb ai n 36 ,9 32 ,1 0, 6 32 ,4 65 ,0 71 ,0 10 ,3 1, 5 13 ,6 1, 3 27 ,5 0, 0 18 ,8 33 4 R ur al 40 ,6 31 ,4 1, 8 32 ,3 64 ,7 74 ,6 13 ,1 1, 3 7, 0 0, 1 27 ,6 0, 1 17 ,6 76 0 G ra nd e R ég io n N or d 35 ,7 31 ,7 4, 5 32 ,9 69 ,7 75 ,2 6, 9 0, 0 9, 9 0, 0 29 ,2 0, 0 18 ,1 16 7 O ue st 30 ,7 28 ,8 0, 0 28 ,8 64 ,0 71 ,6 8, 2 2, 9 20 ,1 1, 7 24 ,0 0, 0 20 ,8 23 0 C en tre 37 ,4 31 ,9 1, 0 32 ,4 64 ,2 73 ,5 16 ,4 1, 2 4, 6 0, 2 26 ,9 0, 0 18 ,4 43 6 S ud 52 ,9 33 ,5 1, 5 34 ,9 63 ,5 74 ,2 12 ,1 1, 1 5, 9 0, 2 30 ,7 0, 3 14 ,7 26 1 N iv ea u d’ in st ru ct io n de la m èr e P as d ’in st ru ct io n 38 ,5 30 ,4 1, 5 31 ,2 64 ,9 73 ,2 11 ,7 1, 1 7, 8 0, 2 27 ,5 0, 1 19 ,1 74 5 P rim ai re 38 ,9 34 ,4 1, 7 35 ,0 67 ,3 77 ,1 12 ,4 1, 0 5, 7 1, 6 27 ,8 0, 0 14 ,2 24 0 M oy en /s ec on da ire ou p lu s 47 ,2 33 ,8 0, 2 34 ,0 59 ,0 68 ,0 15 ,0 3, 7 24 ,5 0, 0 27 ,2 0, 0 18 ,3 11 0 Q ui nt ile s de b ie n- êt re é co no m iq ue Le p lu sb as 38 ,3 28 ,1 1, 7 29 ,3 63 ,2 72 ,8 15 ,3 1, 2 3, 9 0, 0 25 ,9 0, 2 18 ,7 34 6 S ec on d 43 ,5 33 ,1 1, 9 33 ,6 67 ,0 77 ,7 10 ,5 0, 5 5, 7 0, 3 31 ,0 0, 0 14 ,5 24 6 M oy en 41 ,4 34 ,6 2, 1 35 ,3 62 ,3 72 ,0 8, 4 0, 8 11 ,8 0, 0 23 ,7 0, 0 20 ,3 20 0 Q ua tri èm e 39 ,6 37 ,3 0, 6 37 ,9 71 ,6 78 ,0 9, 5 1, 5 13 ,6 0, 3 29 ,7 0, 0 15 ,4 19 6 Le p lu s él ev é 29 ,6 23 ,3 0, 0 23 ,3 57 ,2 60 ,8 18 ,2 4, 5 19 ,6 3, 7 28 ,3 0, 0 24 ,3 10 7 E ns em bl e 39 ,4 31 ,6 1, 4 32 ,3 64 ,8 73 ,5 12 ,2 1, 3 9, 0 0, 5 27 ,6 0, 1 18 ,0 1 09 5 N ot e : L a TR O c om pr en d le li qu id e pr ép ar é à pa rti r d es s ac he ts d e S el s de R éh yd ra ta tio n O ra le (S R O ), le li qu id e et le s S ol ut io ns M ai so n R ec om m an dé es (S M R ). 1 N on c om pr is le s ph ar m ac ie s, le s bo ut iq ue s et le s gu ér is se ur s tra di tio nn el s. 134 • Santé de l’enfant Santé de l’enfant • 135 On constate que seulement 32 % des enfants qui ont souffert de diarrhée ont bénéficié de traitement par réhydratation de Sachets SRO ou liquides; dans seulement 1 % des cas, on a eu recours à la solution salée et sucrée préparée à la maison ; dans l’ensemble 32 % des enfants ayant souffert de diarrhée ont bénéficié d’une TRO (sachet de SRO, solution d’eau salée et sucrée ou les deux). Cependant, plus de six enfants sur dix (65 %) ont vu leur quantité de liquides augmenter. De façon globale, trois enfants malades sur quatre (74 %), ont été traités, soit avec un SRO ou une solution maison ou bien ils ont eu des quantités de liquides supplémentaires. En dehors de la TRO, d’autres remèdes ont été utilisés. Parmi ceux-ci, les antibiotiques (12 %) et des remèdes maison ou d’autres remèdes (28 %) ont été les plus utilisés. En outre, près d’un enfant sur dix (9 %) ont reçu des suppléments de zinc. Les perfusions et injections ont été très rarement utilisées (moins de 1 %). Enfin, malgré les risques que peuvent entraîner les maladies diarrhéiques, il faut noter qu’un nombre élevé d’enfants n’ont bénéficié d’aucun traitement lors de leur maladie (18 %). Les différences socioéconomiques dans la prise en charge de la diarrhée sont quelquefois importantes. Les enfants du milieu rural sont, en proportion, plus nombreux à avoir été conduits dans une formation sanitaire (41 % contre 37 % pour le milieu urbain) Cependant, le pourcentage d’enfants ayant été soignés à l’aide de SRO ou d’une solution maison ou ayant reçu plus de liquides qu’à l’accoutumée est à peine différent dans les villes comparées aux campagnes (respectivement, 71 et 75 %). Le recours aux antibiotiques a été un peu plus fréquent dans les zones rurales (13 % contre 10 % en zone urbaine). L’examen des résultats selon le niveau d’instruction montre que les écarts entre les femmes instruites et les femmes non instruites sont faibles en ce qui concerne l’utilisation de l’eau sucrée et salée, de la TRO de façon générale et de l’augmentation de l’apport en liquides divers. Alimentation pendant la diarrhée Au cours des épisodes diarrhéiques, il est recommandé de donner plus de liquides et d’aliments à l’enfant. Le Tableau 10.10 montre que parmi les enfants ayant eu la diarrhée, 65 % ont reçu plus de liquides que d’habitude, 25 % en ont reçu la même quantité et, en revanche, 8 % en ont reçu un peu moins et 1 % beaucoup moins. En ce qui concerne la nourriture, on relève que dans seulement 4 % des cas, les rations alimentaires ont été augmentées, dans 35% des cas, elles n’ont pas changé et pour 38 % des enfants, elles ont été un peu diminuées. Signalons par ailleurs que dans 11 % des cas, l’alimentation a été très réduite. Ces résultats montrent donc que la majorité des femmes ne respectent pas les principes de base en matière de nutrition des enfants durant les épisodes diarrhéiques. Le tableau montre également que seulement un enfant sur deux ayant la diarrhée a reçu, comme il est recommandé, davantage de liquides et ont continué à s’alimenter (50 %). La zone Nord (44 %) enregistre la proportion la plus faible. Par ailleurs, près de six enfants sur dix (57 %) ont continué à s’alimenter et ont été traités avec une TRO et/ou ont reçu davantage de liquides. C’est parmi les enfants de 24-35 mois (63 %), ceux des régions Ouest et Centre (59 % dans les deux cas) et les enfants dont la mère a le niveau d’instruction primaire (60 %) que l’on enregistre les proportions les plus élevées. Ta bl ea u 10 .1 0 P ra tiq ue s al im en ta ire s du ra nt la d ia rr hé e R ép ar tit io n (e n % ) d es e nf an ts d e m oi ns d e ci nq a ns a ya nt e u la d ia rr hé e au c ou rs d es d eu x se m ai ne s ay an t p ré cé dé l’ in te rv ie w p ar q ua nt ité d e liq ui de s et d ’a lim en ts d on né e pa r r ap po rt au x qu an tit és h ab itu el le s, p ou rc en ta ge d’ en fa nt s à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es e t q ui o nt c on tin ué à s ’a lim en te r p en da nt l’ ép is od e di ar rh éi qu e et p ou rc en ta ge d ’e nf an ts q ui o nt c on tin ué à s ’a lim en te r e t q ui o nt é té tr ai té s au m oy en d ’u ne T R O e t/o u à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es d ur an t l es é pi so de s di ar rh éi qu es , s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s E D S -C on tin ue , S én ég al 2 01 5 Q ua nt ité d e liq ui de s do nn ée Q ua nt ité d e no ur rit ur e do nn ée P ou rc en ta ge à qu i o n a do nn é da va nt ag e de liq ui de s et q ui o nt co nt in ué à s’ al im en te r1 P ou rc en ta ge q ui o nt co nt in ué à s ’a lim en te r et q ui o nt é té tr ai té s av ec u ne T R O e t/o u à qu i o n a do nn é da va nt ag e de liq ui de s1 E ffe ct if d’ en fa nt s av ec la di ar rh ée C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue D av an ta ge M êm e qu e d’ ha bi tu de U n pe u m oi ns B ea uc ou p m oi ns A uc un e N e sa it pa s/ m an qu an t To ta l D av an ta ge M êm e qu e d’ ha bi tu de U n pe u m oi ns B ea uc ou p m oi ns A uc un e N e m an ge pa s en co re To ta l A ge e n m oi s <6 31 ,4 41 ,2 9, 4 0, 5 17 ,5 0, 0 10 0, 0 0, 6 25 ,5 9, 2 2, 7 1, 1 60 ,9 10 0, 0 8, 0 10 ,2 10 7 6- 11 58 ,2 30 ,0 10 ,4 1, 0 0, 4 0, 0 10 0, 0 4, 4 32 ,4 32 ,3 12 ,7 3, 7 14 ,5 10 0, 0 38 ,9 46 ,7 17 5 12 -2 3 68 ,0 21 ,5 8, 7 1, 6 0, 0 0, 3 10 0, 0 5, 0 29 ,9 46 ,0 14 ,8 3, 6 0, 7 10 0, 0 53 ,1 62 ,9 32 2 24 -3 5 71 ,1 22 ,3 6, 1 0, 5 0, 0 0, 0 10 0, 0 5, 4 41 ,1 43 ,4 8, 5 1, 6 0, 0 10 0, 0 63 ,1 69 ,9 25 5 36 -4 7 77 ,6 18 ,4 4, 0 0, 0 0, 0 0, 0 10 0, 0 3, 5 40 ,1 39 ,3 14 ,8 2, 2 0, 0 10 0, 0 61 ,9 65 ,8 12 6 48 -5 9 69 ,0 21 ,9 8, 4 0, 7 0, 0 0, 0 10 0, 0 3, 0 42 ,8 40 ,1 9, 3 4, 8 0, 0 10 0, 0 56 ,6 61 ,8 11 0 Se xe M as cu lin 68 ,3 22 ,3 6, 6 0, 9 1, 8 0, 0 10 0, 0 5, 4 37 ,5 37 ,5 11 ,0 2, 6 6, 0 10 0, 0 54 ,9 61 ,1 52 5 Fé m in in 61 ,6 26 ,8 9, 0 0, 8 1, 7 0, 2 10 0, 0 3, 1 32 ,6 39 ,0 11 ,5 3, 1 10 ,7 10 0, 0 45 ,7 53 ,2 57 0 Ty pe d e di ar rh ée P as d e pr és en ce d e sa ng 64 ,0 25 ,6 7, 6 0, 8 2, 0 0, 1 10 0, 0 4, 2 36 ,0 36 ,8 10 ,7 3, 0 9, 4 10 0, 0 49 ,5 56 ,0 95 7 P ré se nc e de s an g 70 ,7 18 ,3 9, 7 0, 9 0, 4 0, 0 10 0, 0 4, 3 27 ,6 48 ,3 15 ,4 2, 3 2, 1 10 0, 0 54 ,2 64 ,3 13 8 R és id en ce U rb ai n 65 ,0 24 ,5 7, 9 0, 4 1, 8 0, 3 10 0, 0 3, 7 37 ,7 35 ,9 7, 2 3, 0 12 ,5 10 0, 0 52 ,2 55 ,7 33 4 R ur al 64 ,7 24 ,7 7, 8 1, 0 1, 7 0, 0 10 0, 0 4, 4 33 ,7 39 ,3 13 ,1 2, 8 6, 7 10 0, 0 49 ,2 57 ,6 76 0 G ra nd e R ég io n N or d 69 ,7 19 ,2 6, 6 0, 8 3, 1 0, 5 10 0, 0 3, 1 24 ,0 39 ,7 22 ,6 2, 9 7, 8 10 0, 0 44 ,1 47 ,9 16 7 O ue st 64 ,0 28 ,1 6, 2 0, 0 1, 7 0, 0 10 0, 0 2, 3 43 ,4 34 ,2 1, 7 4, 8 13 ,5 10 0, 0 54 ,7 59 ,2 23 0 C en tre 64 ,2 25 ,1 8, 8 0, 9 1, 0 0, 0 10 0, 0 4, 0 31 ,8 44 ,3 10 ,7 2, 0 7, 1 10 0, 0 50 ,8 58 ,6 43 6 S ud 63 ,5 24 ,4 8, 4 1, 6 2, 2 0, 0 10 0, 0 6, 9 39 ,7 30 ,8 13 ,3 2, 6 6, 8 10 0, 0 48 ,9 58 ,2 26 1 N iv ea u d’ in st ru ct io n de la m èr e P as d ’in st ru ct io n 64 ,9 25 ,0 7, 6 1, 0 1, 4 0, 1 10 0, 0 3, 6 35 ,0 38 ,9 12 ,5 2, 5 7, 4 10 0, 0 50 ,0 56 ,6 74 5 P rim ai re 67 ,3 21 ,9 8, 1 0, 4 2, 3 0, 0 10 0, 0 7, 1 30 ,3 39 ,6 8, 6 4, 9 9, 6 10 0, 0 52 ,6 60 ,4 24 0 M oy en /s ec on da ire o u pl us 59 ,1 28 ,0 9, 2 0, 6 3, 1 0, 0 10 0, 0 1, 9 44 ,6 30 ,9 8, 9 0, 8 12 ,9 10 0, 0 45 ,5 52 ,1 11 0 Q ui nt ile s de b ie n- êt re éc on om iq ue Le p lu s ba s 63 ,2 24 ,4 9, 6 1, 5 1, 2 0, 0 10 0, 0 6, 5 32 ,2 39 ,1 12 ,5 2, 4 7, 3 10 0, 0 48 ,8 56 ,9 34 6 S ec on d 67 ,0 23 ,3 8, 5 0, 4 0, 7 0, 0 10 0, 0 3, 3 31 ,8 38 ,3 16 ,8 4, 3 5, 4 10 0, 0 47 ,8 56 ,1 24 6 M oy en 62 ,3 26 ,9 6, 5 1, 2 3, 1 0, 0 10 0, 0 3, 7 43 ,3 32 ,5 11 ,6 1, 8 7, 2 10 0, 0 48 ,4 57 ,2 20 0 Q ua tri èm e 71 ,6 22 ,1 4, 2 0, 3 1, 8 0, 0 10 0, 0 3, 2 33 ,6 41 ,9 5, 2 4, 5 11 ,6 10 0, 0 59 ,3 63 ,0 19 6 Le p lu s él ev é 57 ,2 28 ,9 9, 5 0, 0 3, 5 0, 8 10 0, 0 1, 6 38 ,0 39 ,4 4, 9 0, 0 16 ,1 10 0, 0 46 ,3 48 ,2 10 7 E ns em bl e 64 ,8 24 ,6 7, 8 0, 8 1, 8 0, 1 10 0, 0 4, 2 35 ,0 38 ,3 11 ,3 2, 9 8, 5 10 0, 0 50 ,1 57 ,0 1 09 5 1 C or re sp on d à l’in di ca te ur 3 4 de l’ U ni ce f/O M S « P ris e en c ha rg e de la d ia rr hé e à do m ic ile » . 2 C ’e st -à -d ire le s en fa nt s do nt le s qu an tit és d e no ur rit ur e on t é té a ug m en té es , c eu x po ur q ui e lle s so nt re st ée s id en tiq ue s ou c eu x qu i e n on t r eç u un p eu m oi ns p en da nt le s ép is od es d ia rr hé iq ue s. 3 E qu iv al en t à l’ in di ca te ur 3 5 de s en qu êt es M IC S de l’ U N IC E F . 136 • Santé de l’enfant Santé de l’enfant • 137 10.4 EVACUATION DES SELLES DES ENFANTS Le Tableau 10.11 présente la répartition des enfants de moins de cinq ans les plus jeunes vivant avec leur mère par moyens d’évacuation des dernières selles des enfants, et les pourcentages d’enfants dont on s’est débarrassé des selles de manière hygiénique selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tout d’abord, on constate que dans 67 % des cas, les mères ont déclaré qu’elles jetaient les excréments dans les toilettes ou les latrines. Cette proportion est plus élevée en urbain qu’en rural (75 % contre 63 %). Les femmes instruites sont plus enclines à l’utilisation des toilettes ou latrines que celles sans instruction (69 % niveau primaire contre 65 % aucun niveau). De même, les résultats montrent que c’est dans les ménages les plus pauvres que l’utilisation de toilettes et latrines est la moins fréquente (46 % contre plus de 75 % dans les ménages riches). En outre, dans 22 % des cas, les mères ont déclaré que pour se débarrasser des selles des enfants, elles les jetaient dans les ordures contre 6% dans les fosses, 1 % à l’air libre et 0,5% ont déclaré les enterrer. Les résultats du tableau montrent enfin que 69 % des mères ont déclaré évacuer les selles des enfants de façon hygiénique. Tableau 10.11 Évacuation des selles des enfants Répartition (en %) des enfants de moins de cinq ans les plus jeunes, vivant avec la mère par moyens d’évacuation des dernières selles des enfants, et pourcentage d’enfants dont on s’est débarrassé des selles de manière hygiénique selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS- Continue, Sénégal 2015 Moyens pour se débarrasser des selles des enfants Total Pourcentage d’enfants dont on s’est débarrassé des selles de manière hygiénique1 Effectif d’enfants Caractéristique sociodémographique Enfant utilise les toilettes ou latrines Jetées/rincées dans toilettes ou latrines Enterrées Jetées/rincées dans égouts/ caniveaux Jetées aux ordures Laissées à l’air libre Autre Age en mois <6 1,0 54,8 0,5 5,0 28,3 1,4 9,0 100,0 56,3 590 6-11 0,9 62,8 0,7 6,1 26,3 1,3 1,9 100,0 64,4 620 12-23 0,7 69,2 0,6 7,2 20,2 1,2 0,9 100,0 70,5 1 122 24-35 1,7 75,8 0,1 5,5 15,6 1,4 0,0 100,0 77,5 910 Installation sanitaire2 Améliorée, non partagée 1,3 82,8 0,1 2,5 10,0 0,2 3,2 100,0 84,2 1 411 Partagée3 2,1 73,8 0,0 4,7 14,1 0,2 5,0 100,0 75,9 393 Non améliorée ou partagée 0,5 50,1 0,9 10,0 34,9 2,8 0,8 100,0 51,5 1 438 Résidence Urbain 1,1 74,9 0,1 4,7 14,1 0,3 4,9 100,0 76,1 1 141 Rural 1,0 63,0 0,7 6,9 25,6 1,9 0,9 100,0 64,7 2 101 Grande Région Nord 0,7 71,3 0,0 3,3 23,1 1,6 0,0 100,0 72,1 568 Ouest 0,6 70,1 0,4 3,5 19,0 0,1 6,4 100,0 71,1 935 Centre 1,9 64,0 1,0 3,5 25,9 2,1 1,4 100,0 67,0 1 091 Sud 0,6 64,6 0,0 16,8 16,5 1,5 0,0 100,0 65,2 647 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 1,0 65,3 0,6 5,9 24,6 1,7 1,0 100,0 66,8 2 127 Primaire 0,7 72,0 0,2 5,4 15,9 0,9 4,9 100,0 72,9 679 Moyen/secondaire ou plus 1,8 69,2 0,3 8,4 15,2 0,4 4,7 100,0 71,3 435 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 0,8 46,2 0,7 6,0 42,1 3,9 0,4 100,0 47,6 788 Second 0,6 61,3 0,6 8,4 26,5 1,5 1,2 100,0 62,4 718 Moyen 1,6 79,6 0,8 8,1 8,1 0,3 1,5 100,0 82,0 641 Quatrième 1,3 82,0 0,0 3,8 9,3 0,0 3,7 100,0 83,3 610 Le plus élevé 1,2 75,0 0,0 3,3 14,0 0,0 6,4 100,0 76,3 486 Total 1,1 67,2 0,5 6,1 21,5 1,3 2,3 100,0 68,7 3 242 Note : Ce tableau est basé sur des enfants âgés de moins de 36 mois. 1 On considère que les selles des enfants sont évacuées de manière hygiénique si l’enfant utilise des toilettes ou des latrines, si les matières fécales sont jetées/rincées dans des toilettes ou des latrines ou si elles sont enterrées. 2 Se reporter au Tableau 2.2 pour la définition des catégories. 3 Type d’installations sanitaires qui seraient considérées comme « améliorées » si elles n’étaient pas partagées par deux ménages ou plus. Allaitement et état nutritionnel • 139 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL 11 Papa Ibrahima Sylmang SENE et Momar THIAM (21 %) a malnutrition est l’un des principaux problèmes de santé qui affecte les enfants dans les pays en développement en général et au Sénégal en particulier. Selon la définition de l’OMS, la malnutrition se caractérise par un « état pathologique résultant de la carence ou de l’excès, relatif ou absolu, d’un ou de plusieurs nutriments essentiels, que cet état se manifeste cliniquement ou ne soit décelable que par des analyses biochimiques, anthropométriques ou physiologiques » (OMS, 1982). La malnutrition résulte aussi bien d’une alimentation inadéquate que d’un environnement sanitaire déficient ou des deux à la fois. Les pratiques alimentaires inadéquates font référence, non seulement à la qualité et à la quantité des aliments donnés aux enfants, mais aussi aux étapes de leur introduction. La malnutrition englobe à la fois la dénutrition et la surnutrition. La dénutrition est due à une ration alimentaire continuellement insuffisante par rapport aux besoins nutritionnels, à une malabsorption et/ou une utilisation biologique insuffisante des nutriments consommés. Elle se traduit habituellement par une perte de poids corporel. La surnutrition est un état chronique d’absorption d’aliments en quantité excessive par rapport aux besoins nutritionnels et engendre une surcharge pondérale et/ou une obésité. Dans ce rapport, l’état nutritionnel est mesuré par l’anthropométrie en utilisant les nouvelles normes OMS qui ont remplacé les normes NCHS (WHO, 2006). Ce chapitre porte sur les résultats concernant l’alimentation des enfants nés dans les cinq années ayant précédé l’enquête et sur l’état nutritionnel des enfants. Les pratiques d’allaitement et d’alimentation de complément constituent la première partie du chapitre. La deuxième partie est consacrée aux carences en micronutriments : elle porte, en particulier, sur la prévalence de l’anémie dans la population des enfants et sur la consommation d’aliments riches en Vitamine A, de sel iodé et de complément en fer et en Vitamine A. Enfin, la dernière partie est consacrée aux résultats portant sur les mesures anthropométriques (poids et taille) des enfants, à partir desquelles a été évalué leur état nutritionnel. 11.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT Les pratiques d’alimentation constituent les facteurs déterminants de l’état nutritionnel des enfants qui, à son tour, affecte la morbidité et la mortalité de ces enfants. Parmi ces pratiques, celles concernant l’allaitement revêtent une importance particulière. Le lait maternel qui est stérile permet le transfert de L Principaux résultats • L’allaitement maternel est une pratique généralisée au Sénégal, la quasi- totalité des enfants nés dans les deux dernières années ayant été allaités. • La durée médiane de l’allaitement des enfants nés au cours des trois dernières années est estimée à 20,8 mois. • Un tiers des enfants de moins de 6 mois sont exclusivement allaités et la durée médiane de l’allaitement exclusif est estimée à 1,2 mois. • Dans l’ensemble, seulement 10 % des enfants de 6-23 mois sont nourris de manière optimale, selon les pratiques recommandées en matière d’alimentations du jeune enfant et du nourrisson. • Environ un enfant de moins de 5 ans sur cinq souffre de retard de croissance (21 %) et 8 % des enfants sont trop maigres par rapport à leur taille. 140 • Allaitement et état nutritionnel l’immunité passive maternelle (type d’immunité acquise transférée naturellement de la mère au fœtus par le placenta ou de la mère à l’enfant par le colostrum) en apportant des substances et des cellules qui par leurs actions directes et indirectes contribuent de manière efficace à la prévention des infections (Bocquet et al 2005). Il contient tous les éléments nutritifs nécessaires aux enfants dans les premiers mois d’existence et permet d’éviter les carences nutritionnelles. D’autre part, par son intensité et sa fréquence, l’allaitement prolonge l’infécondité post-partum et affecte, par conséquent, l’intervalle intergénésique, ce qui influe sur le niveau de la fécondité et, donc, sur l’état de santé des enfants et des mères. L’allaitement au sein a également, un effet favorable au niveau de la santé de la mère. En effet, il diminue le risque d’infections du post-partum, favorise la perte de poids pendant les six premiers mois du postpartum et réduit l’incidence des cancers du sein et de l’ovaire avant la ménopause (Bocquet et al 2005). Pour évaluer les indicateurs des pratiques alimentaires, compte tenu de l’importance des pratiques d’allaitement, on a utilisé les conclusions contenues dans le rapport de l’OMS 2007. On a donc demandé aux mères si elles avaient allaité leurs enfants nés dans les deux années ayant précédé l’enquête et, plus précisément, quel âge avaient ces enfants au moment où elles avaient commencé à allaiter, pendant combien de temps elles les avaient allaités, quelle était la fréquence de l’allaitement, à quel âge avaient été introduits des aliments de complément et de quel type d’aliments il s’agissait, et enfin à quelle fréquence les différents types d’aliments étaient donnés à l’enfant. On a également, demandé aux mères si elles avaient utilisé le biberon. 11.1.1 Allaitement maternel Début de l’allaitement maternel Selon les recommandations de l’UNICEF et de l’OMS, tous les enfants devraient être initiés précocement à l’allaitement au sein dans l’heure qui suit la naissance, être ensuite exclusivement allaités au sein jusqu’à l’âge de 6 mois et enfin continuer à recevoir l’allaitement maternel jusqu’à 24 mois et au-delà. Le Tableau 11.1 présente, d’une part, les pourcentages d’enfants derniers nés au cours des 24 derniers mois qui ont été allaités et, d’autre part les pourcentages de ceux qui ont été allaités dans l’heure ou le jour qui a suivi la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. La quasi-totalité des enfants derniers-nés au cours des deux dernières années (99 %) ont été allaités et cette pratique est très courante quelles que soient les caractéristiques de la mère. La proportion d’enfants ayant été allaités n’a pas changé de manière importante depuis l’EDS-MICS 2010-2011 (97 %). L’allaitement des enfants commence tôt puisque 92 % ont été allaités dans le jour qui a suivi leur naissance et 31 % dans l’heure. Bien que ces proportions soient en nette augmentation par rapport à celles enregistrées au cours de l’EDS-IV de 2005 (respectivement 80 % et 23 %), on note, aujourd’hui encore, que près de six enfants sur dix (59 %) reçoit des aliments avant d’être allaité dans les 3 premiers jours de sa vie. Ce comportement peut se révéler néfaste pour l’enfant et mettre ainsi en danger sa survie. En effet, c’est au cours des premiers allaitements, dans les vingt-quatre heures qui suivent la naissance, que l’enfant reçoit le colostrum qui contient les anticorps de la mère (immunité passive) qui lui sont essentiels pour résister à de nombreuses maladies comme on l’a mentionné dans l’introduction. Bien que l’allaitement soit largement pratiqué par toutes les catégories de femmes, le moment où cet allaitement commence varie quelque peu selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes. C’est surtout en fonction de la Grande région que les pourcentages d’enfants allaités dans l’heure qui a suivi la naissance varient de manière sensible : en effet, dans la région Ouest (20 %) un enfant sur cinq a été allaité rapidement et dans les régions Centre (29 %) et Sud (34 %), ces proportions sont un peu plus élevées. ; dans la région Nord (45 %), plus de deux enfants sur cinq ont bénéficié du lait maternel dans l’heure qui a suivi leur naissance. En ce qui concerne le pourcentage d’enfants allaités dans les vingt-quatre heures après leur naissance, on ne constate pas d’écarts importants selon les caractéristiques présentées dans le tableau. Allaitement et état nutritionnel • 141 Tableau 11.1 Allaitement initial Parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête, pourcentage de ceux qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités dans l’heure qui a suivi la naissance et pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités le jour qui a suivi la naissance; parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête et qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont reçu des aliments avant d’être allaités, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête : Parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux dernières années et qui ont été allaités : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant été allaité Pourcentage ayant commencé à être allaité dans l’heure qui a suivi la naissance Pourcentage ayant commencé à être allaité le jour qui a suivi la naissance1 Effectif d’enfants derniers-nés Pourcentage ayant reçu des aliments avant d’être allaités2 Effectif d’enfants derniers-nés allaités Sexe Masculin 98,7 29,8 92,3 1 173 59,9 1 158 Féminin 98,7 31,2 91,3 1 241 58,2 1 225 Assistance à l’accouchement Prestataire formé3 98,7 33,4 91,0 1 301 55,3 1 285 Matrone/accoucheuse traditionnelle 98,3 14,5 88,1 152 73,2 149 Autre 98,8 29,8 94,0 872 63,0 861 Personne 97,8 23,4 88,0 89 51,2 87 Lieu de l’accouchement Établissement de santé 98,7 34,0 92,4 1 804 57,2 1 781 Maison 98,6 20,3 89,8 583 64,1 574 Autre (100,0) (18,0) (94,2) 28 (70,5) 28 Résidence Urbain 99,3 27,1 89,8 807 55,5 801 Rural 98,4 32,2 92,8 1 608 60,8 1 582 Grande Région Nord 97,6 44,6 90,6 437 49,7 426 Ouest 99,8 20,0 91,7 651 55,6 650 Centre 98,3 29,3 92,5 843 76,9 828 Sud 99,1 34,1 92,0 483 41,2 479 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 98,4 31,2 91,8 1 603 63,7 1 577 Primaire 99,4 27,2 93,3 485 54,1 482 Moyen/secondaire ou plus 99,2 32,5 89,9 326 43,6 323 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 98,0 29,1 91,7 623 62,2 611 Second 98,5 30,9 93,0 550 58,0 542 Moyen 98,4 30,6 90,7 448 56,0 441 Quatrième 99,4 35,7 92,7 447 58,9 444 Le plus élevé 99,9 25,7 90,4 346 59,1 346 Ensemble 98,7 30,5 91,8 2 414 59,0 2 383 Note : Le tableau est basé sur les enfants derniers-nés, nés au cours des deux années ayant précédé l’enquête, qu’ils soient en vie ou décédés au moment de l’enquête. 1 Y compris les enfants qui ont commencé à être allaités dans l’heure qui a suivi la naissance. 2 C’est-à-dire les enfants qui ont reçu autre chose que le lait maternel pendant les trois premiers jours. 3 Médecin, infirmière/sage-femme ou sage-femme auxiliaire. Le niveau d’instruction de la mère ne semble pas influencer de manière importante la pratique de l’allaitement dans les premières heures qui suivent la naissance. On remarque néanmoins que les enfants dont la mère a le niveau primaire ou plus ont été un peu moins fréquemment allaités dans l’heure qui a suivi la naissance que ceux dont la mère a le niveau secondaire ou plus ou que ceux dont la mère n’a pas d’instruction ou moins (27 % contre respectivement 33 % et 31 %). L’assistance à l’accouchement et, par conséquent, le lieu où celui-ci s’est déroulé influent par contre sur le moment où a commencé l’allaitement. En effet, quand la mère a accouché avec l’assistance de personnel de santé, un tiers des enfants (33 %) a été allaité dans l’heure qui a suivi sa naissance, contre 15 % pour ceux dont la mère a accouché avec l’assistance d’accoucheuse traditionnelle et 23 % quand personne n’a assisté l’accouchement. De même, 34 % des femmes ayant accouché dans un établissement sanitaire ont allaité l’enfant dans l’heure qui a suivi la naissance ; quand la mère a accouché à la maison, cette proportion est de 20 %. 142 • Allaitement et état nutritionnel La pratique de l’allaitement précoce varie avec le niveau de bien-être économique du ménage. Ainsi, lorsque la mère vit dans un ménage du quintile le plus bas, 29 % seulement des enfants ont été allaités dans l’heure qui a suivi la naissance contre 36 % pour ceux dont la mère vit dans un ménage du quatrième quintile. Cependant, cette proportion diminue parmi les femmes du quintile le plus élevé (26 %). Au Sénégal, la proportion d’enfants allaités au sein a toujours été élevée (au-dessus de 96 %) mais on note une augmentation de la proportion d’enfants mis au sein rapidement après leur naissance. En effet, en 1992, seuls 12 % des nourrissons étaient allaités au sein dans l’heure qui suit la naissance. Cette proportion est passée à 16 % en 1997, à 23 % en 2005, 48 % en 2010-11 pour diminuer en 2015 et ne plus concerner que 31 % des enfants. En ce qui concerne la pratique de l’allaitement dans le jour qui suit la naissance, elle a aussi augmenté régulièrement. Elle était de 46 % en 1992, 56 % en 1997, 80 % en 2005, et elle concerne 92 % des enfants derniers-nés à l’enquête actuelle. Allaitement maternel exclusif Les résultats du Tableau 11.2 montrent que dès la naissance, presque tous les enfants sont allaités (99 %) et cette pratique se poursuit longtemps après la naissance puisqu’à 12-17 mois, 95 % des enfants sont allaités et à 18-23 mois, trois enfants sur cinq (59 %) le sont encore. Cependant, on constate qu’au Sénégal, l’allaitement exclusif n’est pas une pratique courante (Graphique 11.1). En effet, à moins de 2 mois, seulement 57 % des enfants ne reçoivent que le lait maternel et à 4-5 mois cette proportion n’est que de 18 %. Parmi les nourrissons de moins de 2 mois, 4 % reçoivent déjà des aliments de compléments tout en étant allaités. (Tableau 11.2). La proportion est de 9 % pour l’ensemble des enfants de moins de 6 mois. Dans l’ensemble, la proportion d’enfants âgés de moins de six mois exclusivement allaités s’élève à 33 %, tandis que 14 % des enfants reçoivent d’autres liquides non lactés en plus du lait maternel. Par contre, entre 6 et 8 mois, âge à partir duquel tous les enfants devraient déjà recevoir des aliments de complément en plus du lait maternel, seulement 54 % des enfants seulement sont nourris de façon appropriée.54 %) ; à 9-11 mois, cette proportion concerne, pratiquement, quatre enfants sur cinq (82 %). Graphique 11.1 Pratiques d’allaitement des enfants de moins de 2 ans L’allaitement exclusif au sein des nourrissons de moins de 6 mois, bien qu’encore faible, a connu une évolution croissante depuis le début des années 90. La proportion d’enfants exclusivement allaités était 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 0-1 2-3 4-5 6-8 9-11 12-17 18-23 Allaités et aliments de complément Allaités et autres laits Allaités et liquides non lactés1 Allaités et eau seulement Exclusivement allaités Non allaités EDS-Continue 2015 Allaitement et état nutritionnel • 143 de seulement 5 % en 1992, de 11 % en 1997, de 34 % en 2005 et de 39 % en 2010-2011. Ce pourcentage a diminué pour concerner 38 % des enfants en 2012-2013, 32 % en 2014 et 33 % en 2015. Par ailleurs, le Tableau 11.2 montre que l’utilisation du biberon chez les enfants sénégalais est plutôt rare puisque seulement, 4 % de ceux de moins de 2 mois et 7 % de l’ensemble de ceux de moins de 6 mois avaient été nourris au biberon au cours des dernières 24 heures. Toutefois, l’utilisation du biberon n’est pas recommandée chez les jeunes enfants car elle est le plus souvent associée à une augmentation des risques de maladies, en particulier des maladies diarrhéiques. Les biberons mal nettoyés et les tétines mal stérilisées sont à l’origine de troubles gastriques, de diarrhées et de vomissements chez les bébés (OMS, 2007). Tableau 11.2 Type d’allaitement selon l’âge de l’enfant Répartition (en %) des enfants derniers-nés de moins de 2 ans vivant avec leur mère par type d’allaitement et pourcentage actuellement allaités ; pourcentage de l’ensemble des enfants de moins de deux ans utilisant un biberon, selon l’âge de l’enfant en mois, EDS-Continue, Sénégal 2015 Non allaités Type d’allaitement Total Pourcentage actuellement allaités Effectif d’enfants derniers- nés de moins de deux ans vivant avec leur mère Pourcentage utilisant un biberon Effectif d’enfants de moins de deux ans Age en mois Exclusivement allaités Allaités et eau seulement Allaités et liquides non lactés1 Allaités et autres laits Allaités et aliments de complément 0-1 0,0 57,1 25,1 10,2 3,4 4,1 100,0 100,0 141 3,7 144 2-3 1,2 35,9 39,7 16,1 2,9 4,2 100,0 98,8 198 9,3 203 4-5 2,3 17,9 45,0 13,6 4,8 16,5 100,0 97,7 250 8,0 257 6-8 2,7 1,3 31,3 6,1 4,7 53,8 100,0 97,3 341 5,9 346 9-11 1,7 1,7 10,8 1,4 2,5 81,8 100,0 98,3 279 4,1 284 12-17 4,9 0,2 5,1 1,0 0,3 88,5 100,0 95,1 597 1,6 612 18-23 41,4 0,0 1,5 0,8 0,3 56,0 100,0 58,6 525 0,6 553 0-3 0,7 44,7 33,6 13,7 3,1 4,2 100,0 99,3 339 7,0 347 0-5 1,4 33,3 38,4 13,6 3,9 9,4 100,0 98,6 590 7,4 604 6-9 2,5 1,2 29,0 5,5 4,0 58,0 100,0 97,5 417 6,1 423 12-15 3,1 0,2 7,1 1,6 0,4 87,6 100,0 96,9 379 2,0 387 12-23 22,0 0,1 3,4 0,9 0,3 73,3 100,0 78,0 1 122 1,1 1 165 20-23 52,3 0,0 1,2 0,6 0,2 45,7 100,0 47,7 335 0,5 358 Note : Les données sur l’allaitement se rapportent à une période de 24 heures (hier et la nuit dernière). Les enfants classés dans la catégorie « Allaitement et eau seulement » ne reçoivent aucun complément liquide ou solide. Les catégories « Non allaités », « Allaités exclusivement », « Allaités et eau seulement », « Liquides non lacté », « Autres laits », et « Aliments de complément » (solides et semi solides) sont hiérarchiques et mutuellement exclusives et la somme des pourcentages égale 100 %. Ainsi, les enfants qui sont allaités et qui reçoivent des liquides non lactés et qui ne reçoivent pas d’autres laits et qui ne reçoivent pas d’aliments de complément sont classés dans la catégorie « Liquides non lactés » même s’ils reçoivent également de l’eau. Tout enfant qui reçoit des aliments de complément est classé dans cette catégorie tant qu’il est toujours allaité. 1 Les liquides non lactés comprennent les jus, les boissons à base de jus, les bouillons et les autres liquides. Allaitement maternel prolongé La poursuite de l’allaitement au sein à l’âge d’un an, qui correspond à la proportion d’enfants âgés de 12 à 15 mois qui sont nourris au lait maternel, est importante (97 %). La durée médiane de l’allaitement est calculée pour les enfants derniers-nés âgés de moins de trois ans. Le Tableau 11.3 indique qu’au Sénégal, la moitié des enfants sont allaités pendant une période de moins de deux ans (20,8 mois). On ne constate pas de disparités dans la durée d’allaitement selon les caractéristiques sociodémographiques. Par rapport aux enquêtes précédentes, la durée médiane de l’allaitement n’a pratiquement pas changé. 144 • Allaitement et état nutritionnel Tableau 11.3 Durée médiane de l’allaitement Durée médiane de l’allaitement, de l’allaitement exclusif et de l’allaitement prédominant des enfants nés au cours des trois années ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Durée médiane (en mois) de l’allaitement parmi les enfants nés au cours des trois dernières années 1 Caractéristique sociodémographique Allaitement Allaitement exclusif Allaitement prédominant2 Sexe Masculin 20,6 1,3 5,9 Féminin 21,0 1,2 6,8 Résidence Urbain 20,7 a 6,6 Rural 20,9 1,7 6,3 Grande Région Nord 20,6 (2,1) 5,8 Ouest 20,6 a 6,8 Centre 20,5 0,8 6,2 Sud 21,7 2,1 6,7 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 21,0 1,5 6,4 Primaire 20,9 a 6,9 Moyen/secondaire ou plus 20,1 a 5,7 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 21,2 0,8 6,1 Second 21,3 (1,9) 6,4 Moyen 21,0 (1,4) 6,8 Quatrième 19,9 * 6,5 Le plus élevé 20,1 a 5,9 Ensemble 20,8 1,2 6,4 Moyenne pour tous les enfants 20,9 2,8 7,4 Note : Les durées moyenne et médiane sont basées sur les répartitions, au moment de l’enquête, des proportions de naissances par mois depuis la naissance. Y compris les enfants vivants et décédés au moment de l’enquête. Un astérisque indique qu'une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu'elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés a = non calculé car moins de 50 % des enfants ont été exclusivement allaités avant d’atteindre la période de référence. na = Non applicable. 1 On suppose que les enfants qui ne sont pas des derniers-nés et les enfants derniers-nés qui ne vivent pas actuellement avec leur mère ne sont pas actuellement allaités. 2 Soit exclusivement allaités ou qui ont reçu le lait maternel et de l’eau seulement, et/ou des liquides non lactés seulement. 11.1.2 Aliments de complément A partir de six mois, l’allaitement au sein doit être complété par l’introduction d’autres aliments appropriés pour satisfaire les besoins nutritionnels de l’enfant et lui permettre la meilleure croissance possible. Les informations sur l’alimentation de complément ont été obtenues en demandant à la mère si son enfant était allaité et quel type d’aliments (solides ou liquides), il avait reçu au cours des dernières 24 heures. Les questions sur l’allaitement et sur les compléments nutritionnels ont été posées pour tous les enfants derniers nés au cours des deux années ayant précédé l’enquête et vivant avec leur mère. Types d’aliments de complément Les informations relatives aux types d’aliments donnés aux enfants de moins de deux ans sont présentées au Tableau 11.4 selon que l’enfant est allaité ou non. Le tableau indique que l’introduction de liquides autres que le lait maternel et d’aliments solides ou semi-solides a lieu très tôt (avant 6 mois). Ainsi, chez les enfants de moins de 2 mois, 4 % avaient reçu de la nourriture solide ou semi-solide et, à 4-5 mois, 10 % avaient reçu des aliments solides ou semi solides à base de céréales. Les poissons, volailles, viandes ou œufs sont également introduits assez tôt (4 % à 4-5 mois et 14 % à 6-8 mois). À 6-8 mois, 21 % des enfants reçoivent des aliments riches en vitamine A et à 12-17 mois, un enfant sur deux (43 %) a reçu ce type d’aliment. L’OMS recommande l’introduction d’aliments solides dans Allaitement et état nutritionnel • 145 l’alimentation des enfants à l’âge de 6 mois, car à partir de cet âge, le lait maternel seul n’est plus suffisant pour assurer la croissance optimale de l’enfant. Toutefois, au Sénégal, la diversification de l’alimentation (mesurée par la proportion de nourrissons âgés de 6 à 8 mois qui ont reçu des aliments solides, semi-solides ou mous) est de 55 %, soit plus de la moitié des enfants. Une proportion de 72 % des enfants de 6-23 mois consomme de la nourriture à base de céréales. À 6-8 mois, une proportion assez importante d’enfants consomme, en plus du lait maternel, des aliments solides ou semi-solides suffisamment variés et riches en protéines et en minéraux : 8 % consomment des aliments pour bébé, 39 % des céréales, 21 % des fruits et/ou légumes, 7 % des tubercules ou racines, mais 14 % seulement de la viande, de la volaille, du poisson et/ou des œufs. Le tableau 11.4 présenta aussi les résultats concernant les enfants non allaités. Dans cette catégorie d’enfants, on note que, dans l’ensemble, plus de deux cinq ont reçu, dans l’intervalle considéré, d’autres laits et la quasi-majorité des aliments à base de céréales. Tableau 11.4 Aliments et liquides reçus par les enfants le jour ou la nuit ayant précédé l’interview Pourcentage d’enfants derniers-nés de moins de deux ans vivant avec leur mère, par type d’aliments consommés le jour ou la nuit ayant précédé l’interview, selon qu’ils sont, ou non, allaités et selon l’âge, EDS-Continue, Sénégal 2015 Liquides Aliments solides ou semi solides Aliments solides ou semi- solides Effectif d’enfants Age en mois Lait en poudre pour enfant Autres laits1 Autres liquides2 Aliments enrichis pour bébés Aliments à base de céréales3 Fruits et légumes riches en vitamine A4 Autres fruits et légumes Aliments à base de racines et de tubercules Aliments à base de légumineu ses et de noix Viande, poisson, volaille Œufs Fromage, yaourt, autres produits laitiers ENFANTS ALLAITES 0-1 3,9 2,0 11,9 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1,7 4,1 141 2-3 0,8 2,2 17,4 0,8 1,9 0,0 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,7 4,2 195 4-5 3,3 4,6 17,6 0,9 9,7 2,0 0,0 2,3 0,0 3,6 0,0 1,5 16,8 245 6-8 3,6 16,7 18,4 7,8 39,4 20,6 1,1 7,3 1,6 13,5 0,3 5,2 55,3 332 9-11 2,9 24,0 19,7 5,4 68,1 40,2 2,4 18,7 11,0 34,7 1,7 5,8 83,1 274 12-17 0,8 29,6 30,6 8,1 82,7 42,9 5,3 19,2 16,0 48,2 3,0 11,2 93,1 568 18-23 0,7 37,6 29,2 1,2 91,1 45,7 6,6 14,9 12,1 61,8 7,5 8,6 95,7 308 6-23 1,8 27,4 25,6 6,1 72,0 38,0 4,1 15,6 11,1 40,8 3,1 8,3 83,3 1 481 Ensem ble 2,0 20,5 22,9 4,6 53,1 27,5 3,0 11,5 7,9 29,7 2,2 6,3 62,5 2 063 ENFANTS NON ALLAITES 0-1 * * * * * * * * * * * * * 0 2-3 * * * * * * * * * * * * * 2 4-5 * * * * * * * * * * * * * 6 6-8 * * * * * * * * * * * * * 9 9-11 * * * * * * * * * * * * * 5 12-17 (9,7) (38,7) (55,5) (7,1) (97,0) (44,8) (4,6) (24,9) (13,1) (71,3) (7,5) (9,3) (97,8) 29 18-23 3,0 45,8 40,0 3,4 98,0 59,8 4,3 16,1 11,3 66,9 11,6 18,8 99,7 218 6-23 4,5 43,1 39,9 4,2 95,2 55,4 4,1 16,7 10,9 65,3 10,5 17,1 97,3 261 Ensem ble 6,0 42,0 39,1 4,1 92,6 53,7 4,0 16,2 10,6 63,3 10,2 16,6 94,7 269 Note : Les données sur l’allaitement et sur les aliments consommés se rapportent à la période de « 24 heures » (hier et la nuit dernière). 1 Inclut le lait d’animal, qu’il soit frais, en boîte, ou en poudre. 2 N’inclut pas l’eau plate. Inclut les jus, les boissons à base de jus, les bouillons ou d’autres liquides non lactés 3 Inclut les aliments enrichis pour bébés 4 Inclut [liste des fruits et légumes figurant dans le questionnaire comme les potirons, les ignames rouges ou jaunes ou les courges, les carottes les pommes de terre douces rouges, les légumes à feuilles vert foncé, les mangues, les papayes et autres fruits et légumes, cultivés localement et riches en vitamine A]. Le Tableau 11.5 présente les pratiques alimentaires des nourrissons et des jeunes enfants de 6 à 23 mois. La diversification alimentaire minimum est évaluée par la proportion d’enfants de 6 à 23 mois ayant consommé des aliments appartenant au moins à 4 groupes alimentaires distincts parmi les 7 groupes définis : céréales, racines et tubercules ; légumineuses et noix ; produits laitiers (lait, yaourt, fromage) ; produits carnés (viande, volaille, abats) et poissons ; œufs ; fruits et légumes riches en vitamine A et enfin autres fruits et légumes. Parmi les enfants de 6-23 mois, allaités, moins d’un sur cinq (17 %) sont nourris conformément à ces critères de diversification alimentaire. Ta bl ea u 11 .5 P ra tiq ue s al im en ta ire s du n ou rr is so n et d u je un e en fa nt P ou rc en ta ge d ’e nf an ts d er ni er s- né s de 6 -2 3 m oi s vi va nt a ve c le ur m èr e qu i o nt é té n ou rri s en s ui va nt le s tro is p ra tiq ue s op tim al es d ’a lim en ta tio n du n ou rri ss on e t d u je un e en fa nt p ar n om br e de g ro up es d ’a lim en ts et p ar n om br e de fo is q u’ ils o nt é té n ou rri s du ra nt le jo ur o u la n ui t a ya nt p ré cé dé l’ in te rv ie w s el on q u’ ils s on t o u no n al la ité s et s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, E D S -C on tin ue , S én ég al 2 01 5 P ar m i l es e nf an ts a lla ité s de 6 -2 3 m oi s, po ur ce nt ag e no ur ris : P ar m i l es e nf an ts n on a lla ité s de 6 -2 3 m oi s, po ur ce nt ag e no ur ris : P ar m i t ou s le s en fa nt s de 6 -2 3 m oi s, p ou rc en ta ge n ou rri s : C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue A ve c 4 gr ou pe s d’ al im en ts ou p lu s1 S el on la fré qu en ce m in im al e de s re pa s2 A ve c au m oi ns 4 gr ou pe s d’ al im en ts et s el on la fré qu en ce m in im al e de s re pa s E ffe ct if d’ en fa nt s al la ité s de 6- 23 m oi s A ve c la it ou pr od ui ts la iti er s3 A ve c 4 gr ou pe s d’ al im en ts ou p lu s1 S el on la fré qu en ce m in im al e de s re pa s4 S el on le s 3 pr at iq ue s op tim al es d’ al im en ta ti on d u no ur ris so n et d u je un e en fa nt 5 E ffe ct if d’ en fa nt s no n al la ité s de 6 -2 3 m oi s A ve c la it m at er ne l o u pr od ui ts la iti er s6 A ve c 4 gr ou pe s d’ al im en ts ou p lu s1 S el on la fré qu en ce m in im al e de s re pa s7 S el on le s 3 pr at iq ue s op tim al es d’ al im en ta ti on d u no ur ris so n et d u je un e en fa nt E ffe ct if de to us le s en fa nt s de 6- 23 m oi s A ge e n m oi s 6- 8 2, 6 41 ,5 1, 6 33 2 * * * * 9 97 ,6 2, 5 41 ,1 1, 6 34 1 9- 11 15 ,6 27 ,2 8, 6 27 4 * * * * 5 98 ,7 15 ,5 27 ,1 8, 5 27 9 12 -1 7 23 ,9 39 ,1 16 ,6 56 8 (4 2, 4) (3 6, 8) (5 3, 0) (1 ,3 ) 29 97 ,2 24 ,6 39 ,8 15 ,8 59 7 18 -2 3 21 ,0 48 ,3 13 ,9 30 8 27 ,7 33 ,3 47 ,8 5, 4 21 8 70 ,0 26 ,1 48 ,1 10 ,3 52 5 Se xe M as cu lin 17 ,0 39 ,4 9, 8 71 4 32 ,0 37 ,6 51 ,2 8, 1 13 8 89 ,0 20 ,4 41 ,3 9, 6 85 2 Fé m in in 17 ,0 39 ,3 12 ,5 76 7 24 ,7 25 ,9 42 ,4 0, 7 12 3 89 ,6 18 ,2 39 ,7 10 ,8 89 0 R és id en ce U rb ai n 17 ,4 40 ,7 12 ,2 44 2 39 ,5 39 ,9 58 ,4 4, 8 10 0 88 ,8 21 ,5 44 ,0 10 ,9 54 2 R ur al 16 ,8 38 ,8 10 ,7 1 03 9 21 ,8 27 ,2 40 ,1 4, 5 16 1 89 ,5 18 ,2 38 ,9 9, 9 1 20 0 G ra nd e R ég io n N or d 34 ,5 42 ,9 20 ,5 26 5 32 ,2 46 ,4 53 ,9 5, 1 46 89 ,9 36 ,3 44 ,5 18 ,2 31 1 O ue st 12 ,4 37 ,5 9, 7 36 0 (4 3, 1) (3 1, 9) (5 8, 5) (5 ,5 ) 80 89 ,6 15 ,9 41 ,3 9, 0 44 0 C en tre 17 ,5 37 ,8 11 ,2 54 2 21 ,0 30 ,8 40 ,6 5, 7 94 88 ,4 19 ,5 38 ,2 10 ,4 63 6 S ud 6, 7 41 ,0 4, 9 31 4 13 ,4 18 ,8 31 ,9 0, 0 41 90 ,0 8, 1 40 ,0 4, 3 35 5 N iv ea u d’ in st ru ct io n de la m èr e P as d ’in st ru ct io n 16 ,0 37 ,7 9, 3 1 02 4 24 ,9 31 ,2 43 ,4 3, 8 16 5 89 ,6 18 ,1 38 ,4 8, 6 1 19 0 P rim ai re 16 ,0 38 ,9 11 ,3 28 3 38 ,7 26 ,8 55 ,9 1, 7 51 90 ,6 17 ,7 41 ,5 9, 8 33 4 M oy en /s ec on da ire o u pl us 24 ,5 50 ,0 22 ,0 17 4 (3 0, 6) (4 1, 2) (5 0, 8) (1 1, 1) 44 85 ,9 27 ,9 50 ,2 19 ,8 21 8 Q ui nt ile s de b ie n- êt re éc on om iq ue Le p lu s ba s 10 ,9 36 ,7 7, 4 40 0 14 ,0 18 ,9 36 ,4 2, 7 55 89 ,7 11 ,9 36 ,6 6, 8 45 4 S ec on d 17 ,2 39 ,5 11 ,8 35 5 16 ,3 37 ,1 38 ,9 3, 9 52 89 ,4 19 ,7 39 ,4 10 ,8 40 7 M oy en 19 ,9 40 ,1 10 ,8 28 7 (1 8, 3) (2 0, 0) (4 0, 2) (1 ,5 ) 35 91 ,2 19 ,9 40 ,1 9, 8 32 1 Q ua tri èm e 20 ,8 38 ,7 13 ,7 24 3 44 ,4 28 ,6 55 ,6 2, 9 61 88 ,8 22 ,4 42 ,1 11 ,5 30 5 Le p lu s él ev é 20 ,1 44 ,2 15 ,2 19 6 (4 2, 4) (5 0, 4) (5 9, 3) (1 0, 6) 59 86 ,7 27 ,1 47 ,7 14 ,1 25 5 E ns em bl e 17 ,0 39 ,3 11 ,2 1 48 1 28 ,6 32 ,1 47 ,1 4, 6 26 1 89 ,3 19 ,3 40 ,5 10 ,2 1 74 2 N ot e : U n as té ris qu e in di qu e qu 'u ne v al eu r e st b as ée s ur m oi ns d e 25 c as n on p on dé ré s et q u' el le a é té s up pr im ée . L es v al eu rs e nt re p ar en th ès es s on t b as ée s su r 2 5- 49 c as n on p on dé ré s. 1 G ro up es d ’a lim en ts : a ) p ré pa ra tio ns p ou r b éb és , l ai ts a ut re s qu e le la it m at er ne l, fro m ag es o u ya ou rts o u au tre s pr od ui ts la iti er s; b ) p ré pa ra tio ns à b as e de c ér éa le s, d e ra ci ne s et d e tu be rc ul es , y c om pr is le s bo ui llie s d’ av oi ne e t l es a lim en ts e nr ic hi s po ur b éb és à b as e de c ér éa le s; c ) l es fr ui ts e t l es lé gu m es ri ch es e n vi ta m in e A (e t h ui le d e pa lm e ro ug e) ; d ) a ut re s fru its e t l ég um es ; e ) œ uf s; f) . v ia nd e, v ol ai lle , p oi ss on et c oq ui lla ge s (e t a ba ts ); g) lé gu m in eu se s et n oi x. 2 P ou r l es e nf an ts a lla ité s, la fr éq ue nc e m in im al e de s re pa s es t d e re ce vo ir de s al im en ts s ol id es o u se m i s ol id es a u m oi ns d eu x fo is p ar jo ur p ou r l es e nf an ts d e 6- 8 m oi s et a u m oi ns tr oi s fo is p ar jo ur p ou r l es en fa nt s de 9 -2 3 m oi s. 3 Y c om pr is , a u m oi ns , d eu x re pa s de p ré pa ra tio ns c om m er ci al es p ou r b éb é, d e la it d’ an im al fr ai s, e n bo îte , o u en p ou dr e et d e ya ou rts . 4 P ou r l es e nf an ts n on a lla ité s de 6 -2 3 m oi s, la fr éq ue nc e m in im al e de s re pa s es t d e re ce vo ir de s al im en ts s ol id es o u se m i s ol id es o u de s al im en ts la ct és a u m oi ns q ua tre fo is p ar jo ur . 5 O n co ns id èr e qu e le s en fa nt s de 6 -2 3 m oi s no n al la ité s so nt n ou rr is s el on le s ta nd ar d m in im um d es tr oi s pr at iq ue s al im en ta ire s du n ou rri ss on e t d u je un e en fa nt s ’ils re ço iv en t d ’a ut re s la its o u de s pr od ui ts la iti er s au m oi ns d eu x fo is p ar jo ur e t s ’ils s on t n ou rri s av ec la fr éq ue nc e m in im al e de s re pa s et re ço iv en t d es a lim en ts s ol id es o u se m i s ol id es d es q ua tre g ro up es d ’a lim en ts o u pl us , n on c om pr is le g ro up e du la it et d es pr od ui ts la iti er s. 6 A lla ité s ou n on a lla ité s et re ce va nt d eu x re pa s ou p lu s de p ré pa ra tio n co m m er ci al e po ur b éb é, la it d’ an im al fr ai s, e n bo îte o u en p ou dr e et d e ya ou rt. 7 L es e nf an ts n ou rr is le n om br e m in im um re co m m an dé d e fo is p ar jo ur s el on le ur â ge e t s el on q u’ ils s on t a lla ité s ou n on , c om m e dé cr it au x no te s 2 et 4 . 146 • Allaitement et état nutritionnel Allaitement et état nutritionnel • 147 Selon les recommandations, le nombre minimum de repas pour les enfants allaités au sein doit être de 2 pour les 6-8 mois et de 3 pour les 9-23 mois. La proportion d’enfants de 6 à 23 mois allaités au sein qui ont reçu des aliments solides, semi-solides ou mous au moins le nombre minimum de fois est de 39 %. Elle est 42 % chez les 6-8 mois contre 27 % chez les 9-11 mois. Elle est légèrement plus élevée en milieu rural (41 %) qu’en milieu urbain (39 %). Au niveau des régions, elle est plus élevée dans la région Nord (43 %) et plus faible dans les régions Ouest et Centre (38 % dans les deux cas). Si l’on combine les deux critères (diversification minimum et nombre de repas minimum qui définissent l’apport alimentaire minimum), on remarque que les recommandations de l’OMS en matière de pratiques alimentaires des enfants allaités au sein ne sont pas respectées. En effet, seulement 11 % des enfants allaités de 6-23 mois sont nourris de manière optimale. La proportion d’enfants allaités correctement nourris croît avec l’âge (2 % pour les 6-8 mois à 17 % pour les enfants de 12-17 mois). On ne note pas d’écart important entre les milieux de résidence (12 % en urbain contre 11 % en rural). Dans la région où la situation est plus favorable (Nord), seulement un enfant sur cinq (21 %) reçoit une alimentation appropriée. Les différences sont plus importantes entre niveaux d’éducation et quintiles de bien-être économique. Les enfants non allaités au sein sont considérés comme correctement alimentés s’ils reçoivent des produits laitiers et s’ils sont alimentés selon le nombre minimum de repas avec le nombre minimum de groupes alimentaires. Le nombre minimum de repas pour les enfants non allaités au sein est de 4. Sur cette base, seulement 5 % des enfants non allaités au sein sont correctement alimentés. 11.2 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS Les carences en vitamines et en minéraux peuvent être à l’origine de certaines maladies. Par exemple, la carence en vitamine A peut entraîner la cécité crépusculaire, celle en iode entraîne le goitre et le crétinisme, et un apport insuffisant en fer est à l’origine de l’anémie. Ces carences ont aussi des conséquences moins visibles, telles que l’affaiblissement du système immunitaire. 11.2.1 Consommation de sel iodé par les ménages Il est reconnu que la faible consommation d’iode peut entraîner un retard dans le développement mental de l’enfant (crétinisme) et favoriser l’apparition du goitre chez les adultes. Elle peut également accroître les risques d’avortement spontané, de stérilité, de mortinatalité et de mortalité infantile. Jusqu’à une date récente, le sel produit localement n’était pas iodé et la consommation de sel iodé n’était donc pas généralisée. Lors de l’EDS-Continue de 2015, les enquêteurs ont demandé, dans chaque ménage, un peu de sel utilisé pour la cuisine. Ce sel a été testé au moyen d’un « kit » fourni par l’UNICEF pour déterminer si le sel est iodé ou non. Il faut noter que le sel a été testé dans 87 % des ménages, et que 13 % des ménages ne disposaient pas de sel lors du passage des équipes d’enquête. Il ressort du Tableau 11.6 que dans l’ensemble, 58 % des ménages dont le sel a été testé, disposaient de sel iodé. À l’opposé, 42 % des ménages n’en disposaient pas. Le pourcentage de ménages disposant de sel iodé est plus élevé en milieu urbain (69 %) qu’en milieu rural (48 %). Par région, on constate que la proportion de ménages disposant de sel iodé présente de grandes variations, passant d’un minimum de 47 % dans la Grande région Centre à un maximum de 69 % dans la Grande région Nord. La disponibilité de sel iodé dans les ménages augmente avec leur niveau de bien-être économique ; dans les ménages du quintile le plus élevé, 75 % disposaient de sel iodé ; par contre dans ceux des deux premiers quintiles, cette proportion se situe entre 41 % et 45 %. 148 • Allaitement et état nutritionnel Tableau 11.6 Présence de sel iodé dans le ménage Parmi tous les ménages, pourcentage dont le sel a été testé pour la présence d’iode et pourcentage ne disposant pas de sel; parmi les ménages dont le sel a été testé, pourcentage de ceux dont le sel était iodé selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Parmi tous les ménages, pourcentage : Parmi les ménages dont le sel a été testé : Caractéristique sociodémographique Dont le sel a été testé Ne disposant pas de sel Effectif de ménages Pourcentage disposant de sel iodé Effectif de ménages Résidence Urbain 81,4 18,6 2 345 68,9 1 909 Rural 93,2 6,8 2 166 47,9 2 018 Grande Région Nord 91,1 8,9 776 68,9 707 Ouest 80,5 19,5 1 872 63,5 1 507 Centre 93,7 6,3 1 076 47,3 1 008 Sud 89,6 10,4 787 51,0 705 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 95,5 4,5 734 45,3 701 Second 91,5 8,5 824 41,4 754 Moyen 83,8 16,2 890 58,5 745 Quatrième 79,8 20,2 1 029 65,4 821 Le plus élevé 87,6 12,4 1 035 74,9 906 Ensemble 87,1 12,9 4 511 58,1 3 927 11.2.2 Consommation de vitamine A La vitamine A est nécessaire au développement et à la conservation du tissu épithélial, de l’appareil digestif et respiratoire, entre autres, et elle est essentielle au bon fonctionnement de la rétine. La vitamine A permet également de maintenir les défenses immunitaires de l’organisme. Elle est stockée par le foie, mais lorsque les quantités sont trop faibles ou épuisées, les conséquences de la carence deviennent manifestes. La carence en vitamine A, ou l’avitaminose A, affecte le système immunitaire de l’enfant et augmente ainsi ses risques de décéder de maladies infectieuses. L’avitaminose A peut également affecter la vue et causer la cécité crépusculaire chez les enfants ; elle peut affecter aussi la santé des femmes enceintes ou de celles qui allaitent. Toutefois, elle peut être évitée par des compléments de vitamine A et l’enrichissement des aliments. L’UNICEF et l’OMS recommandent que dans tous les pays qui ont une mortalité infanto-juvénile supérieure à 70 pour mille, et dans lesquels la carence en vitamine A est un problème de santé publique, un programme de contrôle de la vitamine A soit mis en place. Le Tableau 11.7 présente le pourcentage d’enfants derniers-nés qui ont reçu des aliments riches en vitamine A et en fer au cours des sept derniers jours et le pourcentage d’enfants de moins de 5 ans qui ont reçu au moins, en supplément, une dose de vitamine A au cours des six derniers mois. Allaitement et état nutritionnel • 149 Tableau 11.7 Consommation de micronutriments par les enfants Parmi les plus jeunes enfants de 6-23 mois vivant avec leur mère pourcentage de ceux qui ont reçu des aliments riches en vitamine A et riches en fer durant le jour ou la nuit ayant précédé l’interview; parmi tous les enfants de 6-59 mois pourcentage de ceux à qui on a donné des compléments de vitamine A au cours des six mois ayant précédé l’enquête, pourcentage de ceux à qui on a donné des suppléments de fer au cours des sept derniers jours et pourcentage à qui on a donné des vermifuges au cours des six mois ayant précédé l’enquête; parmi tous les enfants de 6-59 mois vivant dans un ménage dont le sel a été testé, pourcentage de ceux vivant dans un ménage avec du sel iodé selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Parmi les plus jeunes enfants de 6-23 mois vivant avec leur mère : Parmi tous les enfants de 6-59 mois : Parmi les enfants de 6-59 mois vivant dans un ménage dont le sel a été testé pour la présence d’iode Caractéristique sociodémographique Pourcentage qui ont consommé des aliments riches en vitamine A au cours des dernières 24 heures1 Pourcentage qui ont consommé des aliments riches en fer au cours des dernières 24 heures 2 Effectif d’enfants Pourcentage à qui on a donné des suppléments de vitamine A au cours des 6 derniers mois Pourcentage à qui on a donné des suppléments de fer au cours des 7 derniers jours Pourcentage à qui on a donné des vermifuges au cours des 6 derniers mois3 Effectif d’enfants Pourcentage vivant dans un ménage disposant de sel iodé4 Effectif d’enfants Age en mois 6-9 29,1 18,3 417 72,1 2,5 20,7 423 51,6 414 10-11 52,4 35,3 203 83,5 0,6 42,6 208 49,1 204 12-23 68,3 57,9 1 122 90,8 4,0 71,5 1 165 53,1 1 120 24-35 na na na 90,7 3,0 83,4 1 257 53,1 1 201 36-47 na na na 88,5 1,9 81,2 1 224 53,8 1 183 48-59 na na na 89,6 3,5 84,5 1 179 54,6 1 146 Sexe Masculin 57,0 45,3 852 88,1 3,0 74,1 2 735 53,8 2 654 Féminin 57,2 46,3 890 88,5 2,9 74,3 2 721 52,9 2 614 Allaitement Allaite 53,8 42,2 1 481 85,0 2,5 54,2 1 589 51,2 1 540 N’allaite pas 75,7 66,6 261 89,7 3,1 82,5 3 866 54,2 3 728 Age de la mère à la naissance 15-19 50,7 42,7 125 86,7 2,3 64,8 207 48,9 202 20-29 58,9 47,3 911 86,5 2,5 71,5 2 556 54,0 2 469 30-39 53,5 42,1 564 89,3 3,9 75,7 2 103 52,7 2 017 40-49 64,6 54,0 142 93,2 1,7 84,0 590 54,2 579 Résidence Urbain 58,4 45,5 542 88,5 4,9 75,8 1 939 64,1 1 834 Rural 56,5 46,0 1 200 88,2 1,9 73,3 3 517 47,6 3 434 Grande Région Nord 74,8 65,0 311 86,0 2,7 73,9 928 70,6 894 Ouest 52,2 40,9 440 89,2 4,9 75,8 1 603 53,0 1 532 Centre 59,5 50,7 636 88,7 2,2 72,6 1 847 46,2 1 808 Sud 43,2 26,5 355 88,4 1,6 74,9 1 079 51,4 1 034 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 57,9 46,8 1 190 87,7 2,2 74,1 3 694 51,9 3 576 Primaire 55,1 44,8 334 90,5 2,4 77,3 1 141 53,6 1 086 Moyen/secondaire ou plus 55,8 42,1 218 87,7 8,3 69,3 621 61,0 606 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 50,1 39,7 454 88,1 1,9 73,8 1 318 44,8 1 276 Second 56,3 46,3 407 88,8 2,0 75,7 1 176 38,4 1 136 Moyen 61,2 49,5 321 86,4 2,6 72,6 1 115 53,5 1 074 Quatrième 61,2 52,4 305 89,4 2,8 74,1 990 64,5 939 Le plus élevé 60,5 43,5 255 89,2 6,5 75,2 857 73,8 842 Ensemble 57,1 45,8 1 742 88,3 2,9 74,2 5 456 53,3 5 267 Note : Les informations sur les suppléments de vitamine A sont basées sur la déclaration de la mère et le carnet de vaccination (quand il est disponible). Les informations sur les suppléments de fer et sur les vermifuges sont basées sur la déclaration de la mère. na = Non applicable 1 Y compris la viande (et les abats), le poisson, la volaille, les œufs, les potirons, les ignames rouges ou jaunes ou les courges, les carottes, les pommes de terre douces rouges, les légumes à feuilles vert foncé, les mangues, les papayes et autres fruits et légumes cultivés localement et riches en vitamine A ainsi que l’huile de palme rouge [si les données sont collectées.] 2 Y compris la viande (abats inclus), le poisson, les volailles et œufs. 3 Les vermifuges pour les parasites intestinaux sont couramment donnés pour traiter les helminthes et les schistosomiases. 4 Sont exclus les enfants vivant dans un ménage dont le sel n’a pas été testé. 150 • Allaitement et état nutritionnel Dans l’ensemble, plus de deux enfants de moins de deux ans sur cinq (57 %) avaient reçu des aliments riches en vitamine A au cours des dernières 24 heures. La consommation de ces aliments riches en vitamines A augmente avec l’âge de l’enfant : elle concerne 29 % des nourrissons de 6-9 mois et 68 % de ceux de 12-23 mois. Elle est plus élevée lorsque l’enfant n’est pas allaité au sein (76 %), ou quand il vit dans un ménage du quintile le plus élevé (61 %). Parmi les enfants de 6-59 mois, pratiquement quatre enfants sur cinq (88 %) avaient reçu des suppléments en vitamine A dans les six derniers mois. Les écarts ne sont pas très importants. Ce sont les enfants les plus jeunes (6-9 mois) qui ont le moins fréquemment reçu ce type de supplément (72 %) et c’est parmi ceux dont la mère avait 40-49 ans à la naissance de l’enfant que le pourcentage de ceux qui en ont reçu est le plus élevé (93 %). 11.2.3 Consommation de fer Le Tableau 11.7 fournit également des informations sur la consommation d’aliments riches en fer chez les nourrissons de 6-23 mois. Moins d’un enfant sur deux (46 %) a consommé des aliments riches en fer dans les 24 heures qui ont précédé l’enquête. La consommation augmente avec l’âge de l’enfant, de 18 % parmi ceux de 6-9 mois à 58 % parmi ceux de 12-23 mois. Elle est plus élevée lorsque l’enfant n’est pas allaité au sein (67 %), quand sa mère n’est pas instruite (47 %) ou quand le ménage appartient au quatrième quintile de bien-être économique (52 %). Les résultats selon les régions montrent que la consommation varie de 27 % pour la région Sud à 65 % pour la région Nord. La consommation de fer ne varie pas selon que l’enfant vive en milieu urbain ou rural (46 %). Parmi les enfants de 6-59 mois, seulement 3 % avaient reçu des suppléments de fer au cours des 7 derniers jours. C’est parmi les enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus et parmi ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé que ces pourcentages sont les plus élevés (8 % et 7 % contre 2 % parmi ceux dont la mère n’a pas d’instruction et 2 % dans les ménages du quintile le plus bas). En outre, les trois-quarts des enfants de 6-59 mois avaient reçu, au cours des six derniers mois, des vermifuges. 11.3 ANÉMIE PAR CARENCE EN FER Le manque de fer est la forme de carence en micronutriments la plus répandue dans le monde et elle affecte plus de 3,5 milliards d’individus dans les pays en développement (ACC/SCN, 2000). L’anémie est une affection caractérisée par une réduction du nombre de globules rouges et un affaiblissement de la concentration de l’hémoglobine dans le sang. L’anémie est habituellement la conséquence d’une déficience alimentaire en fer, en vitamine B12 ou en d’autres nutriments. Bien que l’anémie puisse être causée par des parasitoses, des hémorragies, des affections congénitales ou des maladies chroniques, elle est due le plus souvent à une déficience alimentaire, dont à la base, un manque de fer (DeMaeyer, 1989 ; Yip, 1994). Au cours de l’EDS-Continue de 2015, en plus de la mesure de la taille et du poids des enfants, un prélèvement de sang a été effectué dans un tiers des ménages de l’échantillon. Le prélèvement était réalisé de la manière suivante : (a) du sang capillaire était prélevé au moyen d’une piqûre au doigt faite à l’aide d’une petite lance rétractable (Tenderlette) ; (b) on laissait alors tomber une ou deux gouttes de sang sur une cuvette miniature que l’on plaçait ensuite dans un hémoglobinomètre portatif (HemoCue), appareil qui, en moins d’une minute, pouvait donner une mesure exacte du niveau (en grammes) d’hémoglobine par décilitre de sang ; et (c) cette valeur était enfin enregistrée dans le questionnaire. L’anémie peut être classée en trois niveaux selon la concentration de l’hémoglobine dans le sang ; cette classification a été développée par des chercheurs de l’OMS (DeMaeyer, 1989). Ainsi, l’anémie est considérée comme sévère si la mesure d’hémoglobine par décilitre de sang est inférieure à 7,0 g/dl ; elle est modérée si cette valeur se situe entre 7,0 et 9,9 g/dl et, enfin, elle est qualifiée de légère si la mesure se situe entre 10,0 et 11,9 g/dl. Pour les enfants de moins de cinq ans, l’anémie sera considérée comme légère si le niveau d’hémoglobine se situe entre 10,0 et 10,9 g/dl. Allaitement et état nutritionnel • 151 Le niveau d’hémoglobine dans le sang augmente avec l’altitude. Ceci est dû au fait que la pression partielle de l’oxygène diminue en haute altitude, et il en est de même pour la saturation d’oxygène dans le sang ; on assiste de plus à un phénomène de compensation qui fait augmenter la production de globules rouges afin d’assurer une irrigation sanguine adéquate (CDC, 1998). En d’autres termes, plus l’altitude est élevée, plus le besoin d’hémoglobine dans le sang augmente. Au Sénégal, la majorité de la population vivant dans des régions de faibles altitudes, il ne s’est pas avéré nécessaire d’ajuster les valeurs de la concentration d’hémoglobine dans le sang. 11.3.1 Prévalence de l’anémie chez les enfants Le Tableau 11.8 indique qu’au Sénégal deux enfants de 6-59 mois sur trois (66 %) sont atteints d’anémie : 28 % sous une forme légère, 35 % sous une forme modérée et 3 % sont atteints d’anémie sévère. Tableau 11.8 Prévalence de l’anémie chez les enfants Pourcentage d’enfants de 6-59 mois considérés comme étant atteints d’anémie, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Anémie selon le niveau d’hémoglobine Caractéristique sociodémographique Anémie (<11,0 g/dl) Anémie légère (10,0-10,9 g/dl) Anémie modérée (7,0-9,9 g/dl) Anémie sévère (< 7,0 g/dl) Effectif d’enfants Age en mois 6-9 77,2 32,9 42,7 1,7 316 10-11 77,5 29,0 47,0 1,6 198 12-23 81,8 25,3 52,0 4,6 1 164 24-35 71,9 28,2 40,2 3,5 1 278 36-47 58,3 29,4 27,0 1,9 1 261 48-59 49,6 28,7 19,2 1,7 1 260 Sexe Masculin 68,6 29,3 36,1 3,2 2 771 Féminin 63,9 27,2 34,3 2,3 2 705 Interview de la mère Interviewée 67,0 28,3 36,0 2,8 4 812 Mère non interviewée mais vivant dans le ménage 60,6 26,4 31,2 3,0 229 Mère non interviewée et ne vivant pas dans le ménage5 61,0 29,6 29,2 2,3 436 Résidence Urbain 57,1 30,0 26,4 0,7 1 908 Rural 71,2 27,4 39,9 3,9 3 569 Grande Région Nord 68,5 29,4 36,9 2,2 952 Ouest 54,1 30,0 23,8 0,3 1 589 Centre 71,7 27,8 39,5 4,5 1 891 Sud 72,9 25,7 43,3 4,0 1 045 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 70,6 28,2 38,8 3,6 3 473 Primaire 60,0 28,9 29,6 1,5 1 020 Moyen/secondaire ou plus 54,7 26,4 28,0 0,3 539 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 77,0 24,4 47,0 5,5 1 325 Second 73,6 28,5 40,6 4,5 1 210 Moyen 65,5 29,9 34,2 1,3 1 124 Quatrième 57,6 30,1 26,6 0,9 952 Le plus élevé 50,1 29,7 20,3 0,1 865 Ensemble3 66,3 28,3 35,2 2,8 5 477 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont passé dans le ménage la nuit ayant précédé l’interview et qui ont été testés pour l’anémie. La prévalence de l’anémie, basée sur le niveau d’hémoglobine, est ajustée en fonction de l’altitude en utilisant les formules du CDC, 1998. Hémoglobine en grammes par décilitre (g/dl). 1 Y compris les enfants dont la mère est décédée. 2 Pour les femmes qui n’ont pas été enquêtées, les informations proviennent du questionnaire Ménage. Non compris les enfants dont la mère n’est pas listée dans le ménage. 3 Y compris 6 enfants dont l’information sur le niveau d’instruction de la mère est manquante. Selon l’âge, c’est entre 12 et 23 mois que les enfants sont les plus touchés par l’anémie (82 %). Les résultats font apparaître de légères différences entre les sexes (69 % chez les garçons et 64 % chez les filles). Par contre, les écarts de prévalence sont plus importants entre les milieux de résidence (71 % en milieu rural et 57 % en milieu urbain) et les grandes régions (54 % pour la région Ouest, 69 % pour la région Nord, 72 % 152 • Allaitement et état nutritionnel pour la région Centre et 73 % pour la région Sud). Selon le niveau d’instruction, on remarque que la proportion d’enfants anémiés est de 71 % quand la mère n’a aucune instruction contre 60 % quand elle a un niveau primaire et 55 % quand elle a au moins un niveau moyen ou secondaire. Enfin, les résultats selon le quintile de bien-être montrent que la prévalence de l’anémie des enfants diminue fortement des ménages du quintile le plus bas aux ménages du quintile le plus élevé (77 % contre 50 %). Un peu plus d’un tiers des enfants sont modérément anémiés (35 %). L’anémie sévère touche 3 % des enfants et près de trois enfants sur dix sont atteints d’anémie sous la forme légère (28 %). Les enfants souffrant d’anémie sévère présentent un profil sociodémographique différent de celui des enfants présentant la forme légère. On observe ainsi que la prévalence de l’anémie sévère dans les régions du Centre et du Sud est deux à quatre fois plus élevée que dans celles de l’Ouest et du Nord. Les enfants de mère sans instruction sont proportionnellement plus de deux fois plus nombreux à souffrir d’anémie sévère que ceux dont la mère a un niveau primaire ou plus (4 % contre 2 % pour le niveau primaire et 0,3 % pour le secondaire ou plus). Enfin, la prévalence de l’anémie sévère des enfants des ménages du quintile le plus bas est largement plus élevée que celle des enfants des ménages du quintile le plus riche (6 % contre 0,1 %). Au demeurant, la prévalence de l’anémie et de l’anémie sévère a diminué dans les dernières années. Le pourcentage d’enfants de 6-59 mois considérés comme étant atteints d’anémie a diminué entre 2010- 2011 et 2014, passant de 76 % à71 % puis à 60 %. Par contre, entre 2014 et l’enquête actuelle, la prévalence a légèrement augmenté puisqu’elle est estimée à 66 % en 2015. L’anémie sévère a suivi la même tendance : elle était de 5 % en 2010-2011, 4 % en 2012-2013, 2 % en 2014 et a monté légèrement à 3 % en 2015. 11.4 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS Cette partie est consacrée à l’analyse des résultats sur l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans qui constitue l’un des objectifs de l’enquête. 11.4.1 État nutritionnel des enfants Méthodologie La malnutrition protéino-énergétique chez les enfants désigne un ensemble de désordres caractérisés avant tout par un arrêt ou un retard de la croissance. Elle résulte à la fois des apports alimentaires inadéquats et de la morbidité. La malnutrition peut être évaluée par des critères cliniques, des analyses biochimiques ou des mesures anthropométriques. Cependant, pour des raisons pratiques, la plupart des enquêtes nutritionnelles utilisent des indicateurs anthropométriques. Chez les enfants âgés de moins de 5 ans, les indicateurs les plus utilisés sont le poids en fonction de l’âge (poids-pour-âge), la taille en fonction de l’âge (taille-pour-âge) et le poids en fonction de la taille (poids-pour-taille). Ces indices sont exprimés en écart- type (Z-score) par rapport à la médiane de la population de référence internationale OMS (WHO, 2006). La définition conventionnelle de la malnutrition chez les enfants, proposée par l’OMS est le poids-pour-âge, la taille-pour-âge ou le poids-pour-taille inférieurs à-2 écarts-type (-2ET). Lorsque les indices sont inférieurs à -3 écarts-type (-3ET), la malnutrition est considérée comme sévère. Les enfants sont considérés présentant un surpoids lorsque l’indice poids-pour-taille est supérieur à +2 écarts-type (+2ET). Plus simplement, on retiendra que : la taille-pour-âge est une mesure spécifique du retard de croissance. • Le poids-pour-taille est une mesure spécifique de la maigreur ou émaciation. • Le poids-pour-âge constitue un bon reflet de l’état nutritionnel global de l’enfant et peut être utilisé pour suivre le gain pondéral d’un enfant. Cependant, il ne permet pas de distinguer l’émaciation du retard de croissance. Allaitement et état nutritionnel • 153 Tableau 11.9 Échelle pour l’interprétation des valeurs de prévalence de la malnutrition (-2 Z-score) dans une population Situation de malnutrition Indicateurs Acceptable Mauvaise Grave Critique Prévalence du retard de croissance (% d’enfants Z < -2) <20 >20 et <30 >30 et <40 >40 Prévalence de l’insuffisance pondérale (% d’enfants Z < -2) <10 >10 et <20 >20 et <30 >30 Prévalence de l’émaciation (% d’enfants Z < -2) <5 >5 et <10 >10 et <15 >15 Retard de croissance Selon les résultats du Tableau 11.10 concernant l’indice taille-pour-âge, 21 % des enfants au Sénégal souffrent de retard de croissance et 5 % souffrent de retard de croissance sévère. Le retard de croissance reflète une malnutrition chronique. Dans l’ensemble, la situation nutritionnelle selon l’indice taille-pour-âge peut être caractérisée de précaire, mais cette situation masque des disparités importantes en fonction des variables sociodémographiques. Tout d’abord, la proportion d’enfants accusant un retard de croissance est près de deux fois plus élevée en milieu rural (24 %) qu’en milieu urbain (14 %). Elle est aussi plus élevée dans les régions Centre et Sud que dans les autres (respectivement 23 % et 26 % contre 19 % dans le Nord et 16 % dans l’Ouest) Selon l’âge, on observe des variations importantes de la prévalence du retard de croissance, qu’elle soit modérée ou sévère (Tableau 11.10). La proportion d’enfants accusant un retard de croissance augmente avec l’âge : de 15 % à moins de 6 mois, la prévalence du retard de croissance augmente pour atteindre 26 % à 36-47 mois, avant de diminuer légèrement à 48-59 mois (22 %). Le retard de croissance touche un peu plus les garçons que les filles (23 % contre 19 %). En ce qui concerne l’intervalle intergénésique, on constate que le retard de croissance des enfants diminue lorsque l’intervalle augmente. La prévalence du retard de croissance qui atteint 29 % et peut être qualifiée de sévère lorsque l’intervalle est inférieur à 24 mois diminue progressivement quand l’intervalle est égal ou supérieur à 48 mois (16 %). Le retard de croissance touche 18 % des enfants de mères primipares. La même évolution est observée pour le retard de croissance sévère dont la prévalence varie de 12 à 3 %. 154 • Allaitement et état nutritionnel Tableau 11.10 État nutritionnel des enfants Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans considérés comme atteints de malnutrition selon les trois indices anthropométriques de mesure de l’état nutritionnel : la taille en fonction de l’âge, le poids en fonction de la taille et le poids en fonction de l’âge, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Taille-pour-Âge1 Poids-pour-Taille Poids-pour-Âge Effectif d’enfants Caractéristique sociodémographique Pour- centage en dessous de -3 ET Pour- centage en dessous de -2 ET2 Score centré réduit moyen (ET) Pour- centage en dessous de -3 ET Pour- centage en dessous de -2 ET2 Pour- centage au- dessus de +2 ET Score centré réduit moyen (ET) Pour- centage en dessous de -3 ET Pour- centage en dessous de -2 ET2 Pour- centage au- dessus de +2 ET Score centré réduit moyen (ET) Age en mois <6 3,7 14,7 -0,6 1,8 6,3 3,7 -0,1 2,6 10,9 1,0 -0,6 575 6-9 2,5 11,0 -0,5 2,2 7,3 2,1 -0,2 4,1 11,1 2,1 -0,5 400 10-11 6,0 19,9 -1,0 1,3 10,3 0,5 -0,6 4,9 16,9 0,0 -1,0 194 12-23 4,9 22,0 -1,1 2,2 8,8 1,1 -0,5 4,1 16,5 0,3 -0,9 1 153 24-35 7,8 26,3 -1,2 1,4 7,2 0,9 -0,5 3,4 17,2 0,1 -1,0 1 248 36-47 5,9 21,9 -1,1 1,3 6,4 0,3 -0,6 2,9 15,6 0,0 -1,0 1 226 48-59 3,7 17,8 -1,0 0,6 9,6 0,1 -0,8 2,2 16,2 0,1 -1,1 1 211 Sexe Masculin 5,8 22,5 -1,0 1,6 8,3 1,2 -0,5 3,2 16,8 0,5 -1,0 3 014 Féminin 4,6 18,5 -1,0 1,3 7,4 0,8 -0,5 3,2 14,2 0,2 -0,9 2 992 Intervalle intergénésique en mois3 Première naissance4 3,9 17,7 -1,0 1,5 6,9 1,2 -0,5 3,5 13,9 0,3 -0,9 1 120 <24 11,5 29,3 -1,3 2,5 7,2 0,9 -0,5 5,2 19,7 0,3 -1,1 641 24-47 4,6 20,9 -1,0 1,5 8,6 1,1 -0,6 3,3 16,5 0,3 -1,0 2 628 48+ 3,4 16,1 -0,8 1,3 7,4 0,5 -0,5 1,9 12,8 0,0 -0,8 991 Grosseur à la naissance3 Très petit 9,6 31,2 -1,5 2,2 11,9 0,2 -0,8 5,9 26,5 0,1 -1,4 839 Petit 5,1 21,3 -1,1 1,6 11,1 0,4 -0,7 4,6 18,0 0,2 -1,1 949 Moyen ou plus gros que la moyenne 4,0 17,6 -0,9 1,4 6,1 1,3 -0,4 2,4 12,5 0,4 -0,8 3 576 Interview de la mère Interviewée 5,1 20,3 -1,0 1,6 7,9 1,0 -0,5 3,3 15,7 0,3 -0,9 5 380 Mère non interviewée mais vivant dans le ménage 6,4 18,9 -0,9 0,0 5,1 1,7 -0,4 2,6 9,3 2,2 -0,8 230 Mère non interviewée et ne vivant pas dans le ménage5 6,2 24,0 -1,1 0,7 9,1 0,7 -0,6 2,4 17,3 0,1 -1,0 396 Résidence Urbain 2,9 14,3 -0,7 1,3 6,5 1,1 -0,4 2,1 10,4 0,4 -0,7 2 131 Rural 6,5 23,9 -1,2 1,5 8,6 0,9 -0,6 3,8 18,3 0,3 -1,1 3 875 Grande Région Nord 4,0 18,9 -1,0 2,9 12,4 0,9 -0,7 4,2 19,8 0,3 -1,1 1 049 Ouest 3,0 15,6 -0,8 1,2 5,6 1,7 -0,3 2,3 9,3 0,4 -0,7 1 768 Centre 6,4 22,9 -1,1 1,0 7,4 0,6 -0,6 3,0 16,7 0,4 -1,0 2 048 Sud 7,6 25,5 -1,2 1,3 7,9 0,8 -0,6 4,2 19,1 0,1 -1,1 1 141 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 5,9 23,0 -1,1 1,5 8,0 1,2 -0,6 3,5 17,2 0,3 -1,0 3 818 Primaire 3,5 16,3 -0,9 1,5 7,7 0,5 -0,5 2,9 12,8 0,2 -0,8 1 151 Moyen/secondaire ou plus 3,5 11,4 -0,6 1,7 6,4 0,5 -0,4 2,6 9,2 0,5 -0,6 631 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 7,8 28,0 -1,3 1,6 8,4 0,9 -0,7 4,7 21,1 0,2 -1,2 1 457 Second 5,9 24,0 -1,2 1,7 9,3 0,7 -0,6 3,5 17,4 0,2 -1,1 1 318 Moyen 5,4 20,1 -1,0 1,2 9,1 0,9 -0,5 2,6 15,9 0,2 -0,9 1 231 Quatrième 3,9 15,7 -0,8 0,6 4,9 1,7 -0,4 2,1 12,1 0,6 -0,8 1 078 Le plus élevé 1,5 9,9 -0,5 2,1 6,6 1,0 -0,4 2,6 7,6 0,5 -0,5 922 Ensemble6 5,2 20,5 -1,0 1,4 7,8 1,0 -0,5 3,2 15,5 0,3 -0,9 6 006 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont passé dans le ménage la nuit ayant précédé l’interview. Chaque indice est exprimé en termes d’unités d’écart type (ET) par rapport à la médiane des Normes OMS de la croissance de l’enfant adoptées en 2006. Les indices présentés dans ce tableau ne sont PAS comparables à ceux basés sur les normes NCHS/CDC/OMS de 1977 utilisées précédemment. Le tableau est basé sur les enfants dont les dates de naissance (mois et année) et les mesures du poids et de la taille sont valables. 1 Les enfants de moins de 2 ans sont mesurés en position allongée de même que, dans quelques cas, les enfants dont l’âge est inconnu et qui mesurent moins de 85 cm; les autres enfants sont mesurés en position debout. 2 Y compris les enfants qui se situent en-dessous de -3 ET de la médiane des Normes OMS de la croissance de l’enfant. 3 Non compris les enfants dont la mère n’a pas été interviewée. 4 Les premières naissances multiples (jumeaux, triplés, etc.) sont comptées comme première naissance parce qu’elles n’ont pas d’intervalle avec la naissance précédente. 5 Y compris les enfants dont la mère est décédée. . 6 Y compris 6 enfants pour lesquels l’information sur le niveau d’instruction de la mère est manquante. Y compris 13 enfants pour lesquels l’information sur la grosseur à la naissance est manquante. Allaitement et état nutritionnel • 155 Le niveau d’instruction de la mère est la variable en fonction de laquelle l’état nutritionnel des enfants présente les variations les plus fortes : les enfants dont la mère n’a aucune instruction (23 %) sont plus affectés par le retard de croissance que ceux dont la mère a le niveau primaire (16 %) et un peu plus de deux fois plus affectés que ceux dont la mère a le niveau d’instruction secondaire ou plus (11 %). Il en est de même pour le retard de croissance sévère qui est de 6 % pour les enfants dont la mère n’a aucune instruction, contre 4 % pour les enfants dont la mère a un niveau d’instruction primaire et 4 % pour les enfants dont la mère a un niveau d’instruction au moins moyen ou secondaire. La prévalence du retard de croissance baisse régulièrement avec l’augmentation du bien-être économique variant de 28 % dans le quintile le plus bas à 10 % dans le plus élevé. Cette situation n’est pas nouvelle puisqu’une étude économétrique utilisant toute l’information disponible sur les indices de l’état nutritionnel (retard de croissance et insuffisance pondérale) a montré que l’indice de richesse qui est l’estimateur du niveau de vie, explique relativement mieux l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans au Sénégal (Badji, 2006). Émaciation ou maigreur Au Tableau 11.10 figurent également les résultats concernant les proportions d’enfants atteints de maigreur, évaluées par l’indice poids-pour-taille. Cet indice peut être fortement influencé par la saison pendant laquelle s’est effectuée la collecte des données. En effet, la plupart des facteurs susceptibles de causer un déséquilibre entre le poids et la taille de l’enfant, qu’il s’agisse des maladies (rougeole, diarrhée, paludisme, etc.) ou des périodes de déficits alimentaires (sécheresse, périodes de soudure), sont très sensibles à la saison. Les enfants dont le poids-pour-taille se situe en dessous de moins deux écarts-types de la médiane de la population de référence, sont considérés comme étant atteints de maigreur ou d’émaciation, ceux se situant en dessous de moins trois écarts-type sont considérés comme souffrant de la forme sévère de la maigreur (OMS et UNICEF 2009). L’émaciation reflète une malnutrition aigüe. Dans l’ensemble, la malnutrition aigüe globale (MAG) peut être considérée comme élevée : 8 % des enfants sont atteints de maigreur sous forme modérée ou sévère. La malnutrition aigüe globale ne varie pas avec le sexe. Le milieu de résidence ne semble pas influer non plus sur la prévalence de la MAG (9 % en milieu rural et 7 % en milieu urbain). Par contre, on relève des écarts entre les régions : elle est très élevée dans la région Nord (12 %) et plus faible dans les autres où elle est évaluée à 6-8 %. Surpoids et obésité L’indice poids-pour-taille supérieur à + 2 z-score et inférieur ou égale à + 3 z-score définit le surpoids. L’obésité est déterminée par un indice poids pour taille supérieur à +3 z-scores. Le surpoids et l’obésité, conséquences de la suralimentation, correspondent à une accumulation excessive de graisse présentant un risque pour la santé. Le surpoids et l’obésité affectent 1 % des enfants. La prévalence de la suralimentation est plus élevée au niveau des nourrissons de moins de six mois (4 %). Elle baisse très rapidement avec l’âge, de 2 % pour les 6-9 mois à 1 % pour les 12-23 mois et à moins de 1 % pour les enfants de 48-59 mois. La suralimentation n’est pas liée au sexe, à l’intervalle intergénésique, à la présence de la mère dans le ménage et à la région de résidence. Le niveau d’instruction de la mère et le niveau de bien-être ne semblent pas non plus avoir un impact sur la prévalence de la suralimentation. Insuffisance pondérale Le Tableau 11.10 présente également l’état nutritionnel des enfants mesuré au moyen de l’indice poids-pour-âge. Il s’agit d’un indice combiné, un faible poids-pour-âge pouvant être provoqué par la maigreur comme par le retard de croissance. Il traduit une insuffisance pondérale. Cet indice est celui qui est le plus souvent utilisé par les services de santé pour suivre les progrès nutritionnels et la croissance des enfants. Comme le poids-pour-taille, cet indice est sensible aux variations saisonnières. Les enfants dont le 156 • Allaitement et état nutritionnel poids pour-âge se situe en dessous de moins deux écarts-types de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant d’insuffisance pondérale ; ceux se situant en dessous de moins trois écarts- types sont considérés comme souffrant d’insuffisance pondérale sévère. L’insuffisance pondérale est un indicateur composite qui reflète en même temps une malnutrition chronique et une malnutrition aigüe. Près d’un enfant sur six (16 % contre 18 % en 2010, 16 % en 2012-2013 et 13 % en 2014) souffrent d’insuffisance pondérale et 3 % d’insuffisance pondérale sévère (contre 5 % en 2010, 3 % en 2012-2013 et 2 % en 2014). On constate des disparités importantes du niveau de la prévalence en fonction des caractéristiques sociodémographiques. À l’exception des deux groupes d’âges les plus jeunes dans lesquels environ un enfant sur dix souffre d’insuffisance pondérale, cette forme de malnutrition concerne un enfant sur six dans les autres groupes d’âges. La prévalence de l’insuffisance pondérale est légèrement plus élevée chez les garçons (17 %) que chez les filles (14 %). Les enfants dont l’intervalle intergénésique est inférieur à 24 mois présentent plus fréquemment que les autres une insuffisance pondérale (20 % contre 17 % quand l’intervalle est de 24-47 mois et 13 % quand il est supérieur à 48 mois). En milieu rural, 18 % des enfants sont atteints de cette forme de malnutrition contre 10 % en milieu urbain. La prévalence de l’insuffisance pondérale est élevée dans les régions Nord et Sud (avec respectivement 20 et 19 %). L’Ouest est la région où la prévalence de cette forme de malnutrition est la plus faible (9 %). Comme pour le retard de croissance, le niveau d’instruction de la mère est l’une des variables les plus discriminantes : 9 % des enfants dont la mère a un niveau d’instruction moyen, secondaire ou plus, présentent une insuffisance pondérale contre 13 % parmi ceux dont la mère a un niveau d’instruction primaire et 17 % parmi ceux dont la mère n’a aucune instruction. Enfin, dans les ménages du quintile le plus élevé, 8 % des enfants présentent une insuffisance pondérale ; dans les ménages du quintile le plus bas, cette prévalence est de 21 %. Paludisme • 157 PALUDISME 12 Ibrahima GAYE et Yaya LY e paludisme est dû à un parasite, le plasmodium, transmis par des moustiques qui en sont porteurs. Les populations les plus vulnérables au paludisme sont les enfants de moins de cinq ans ainsi que les femmes enceintes. C’est en Afrique que le fardeau du paludisme demeure le plus important. Cependant, dans son rapport 2010 sur le paludisme dans le monde, l’OMS a montré que dans 11 pays d’Afrique, le nombre de cas confirmés de paludisme, d’hospitalisation et de décès dus à cette maladie a diminué de plus de 50 % au cours de la décennie écoulée. Ces résultats positifs sont la conséquence d’une action soutenue pour éliminer les décès dus au paludisme d’ici 2015. Ces progrès importants ont été accomplis grâce à la distribution massive de moustiquaires imprégnées d’insecticide, au développement des programmes de pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide à effet rémanent et à une plus grande utilisation des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA). Au Sénégal, le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) a inscrit dans sa planification stratégique la promotion de l’utilisation des Moustiquaires Imprégnées d’Insecticide (MII) comme un axe d’intervention majeure pour la réduction de la morbidité et de la mortalité liées au paludisme. Ce choix s’aligne sur les recommandations édictées par l’OMS et se justifie par la réduction prouvée de l’ordre de 18 % de la mortalité infantile grâce à l’utilisation élevée de la moustiquaire imprégnée par les communautés. Ainsi, le PNLP s’est fixé pour objectif d’atteindre un taux d’utilisation de MII de 80 % en 2010. Afin de réaliser cet objectif, le PNLP et ses partenaires ont mis en œuvre des activités d’approvisionnement et de distribution de Moustiquaires Imprégnées à Longue Durée d’Action (MILDA). Cette distribution est effectuée au cours d’activités de routine par le biais des structures sanitaires et des organisateurs de base (vente subventionnée), mais aussi par le biais de campagnes de distribution gratuite. A partir de 2003, le Sénégal a également adopté une politique thérapeutique de traitement du paludisme. Cette thérapie consiste à prescrire, dans les structures sanitaires, une combinaison thérapeutique à base d'artémisinine (CTA). Pour le traitement du paludisme simple, les nouveaux protocoles de traitement L Principaux résultats • Au Sénégal, 77 % des ménages possèdent au moins une MII et , dans la quasi-totalité des cas, la MII est une MIILDA (77 %). La couverture universelle, soit la proportion de ménages possédant au moins une MII pour deux personnes ayant passé la nuit dernière dans le ménage , atteint 41 %. • Près de six enfants de moins de cinq ans sur dix (55 %) ont dormi sous une MII la nuit ayant précédé l’interview ; le taux d’utilisation des MII par les enfants a nettement augmenté, variant de 35 % en 2010-2011 à 46 % en 2012-2013 pour atteindre 55 % en 2015. • Entre 2010-2011 et 2015, on note une augmentation du taux d’utilisation des MII par les femmes enceintes, ce taux étant passé de 36 % à 43 % en 2012-2013 et à 52 % en 2015. • Prés d’une femme sur deux (49 %) ont suivi un Traitement Préventif Intermittent du paludisme pendant la grossesse selon les anciennes directives de l’OMS. • Environ 1 % des enfants de 6-59 mois ont été testés positifs sur le terrain. La prévalence du paludisme à partir de l’examen microscopique de la goutte épaisse au laboratoire est très proche (0,3 % et 0,6 %). 158 • Paludisme par les CTA sont appliqués par les prestataires de service dans toutes les structures sanitaires. Pendant la période avant l’arrivée des premières CTA, la politique consistait à prescrire la combinaison de sulfadoxine- pyriméthamine (SP ou fansidar) et amodiaquine. Dès le premier semestre de 2006 et l’arrivée de l’artésunate- amodiaquine les nouveaux protocoles ont été mis en vigueur. Pour ce qui est de la quinine, elle n’est indiquée que pour les cas de paludisme grave tant chez l’enfant, que chez l’adulte et chez la femme enceinte. Les tests de diagnostic rapide (TDR) qui ont fait l'objet d'étude de faisabilité et d'acceptabilité au niveau opérationnel en 2006 ont démontré leur caractère indispensable pour une bonne prise en charge des cas et une meilleure appréciation de la morbidité palustre dans le pays. C'est pourquoi, le PNLP a procédé dans le troisième trimestre de 2007 à la mise à l'échelle de cet outil de diagnostic dans les structures de santé en procédant d'abord à la formation des prestataires et ensuite à la dotation gratuite des TDR. La mise à l’échelle du TDR a été accompagnée par l’introduction d’un ordinogramme pour le diagnostic et la prise en charge des cas de paludisme simple. Cet ordinogramme exige les TDR pour toute personne manifestant une fièvre après élimination de toute autre cause de fièvre et l’administration d’un traitement antipaludique seulement en cas de résultats positifs. Les données collectées par l’Enquête continue 2015 permettent d’évaluer les interventions qui ont été menées au Sénégal dans le cadre de la lutte contre le paludisme, de mettre en lumière les progrès et les efforts à accomplir pour renforcer le système de prévention. 12.1 PRÉVENTION DU PALUDISME La prévention du paludisme repose sur deux types de mesure : un ensemble de précautions visant à limiter les risques d’infections du plasmodium et la prise préventive de certains médicaments. A cet effet, la MII et l’aspersion ou la pulvérisation intra-domiciliaire (PID) d’insecticide comptent parmi les moyens de prévention les plus efficaces. L’approche stratégique choisie par le PNLP est celle de l’accès universel aux MILDA pour garantir le meilleur taux de couverture et d’utilisation, en particulier par les populations les plus vulnérables. La PID constitue aussi une des composantes essentielles de la stratégie de lutte contre le paludisme au Sénégal. 12.1.1 Possession de moustiquaires par les ménages Les informations collectées au cours de l’EDS-C 2015 ont permis d’évaluer les proportions de ménages disposant d’au moins une moustiquaire, traitée ou non, de ceux disposant d’au moins une MII et de ceux disposant d’au moins une MILDA. Une MILDA est une moustiquaire qui a été imprégnée d’insecticide industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire. Une MII est, soit une MIILDA, soit une moustiquaire préimprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, soit une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. Le Tableau 12.1 présente le pourcentage de ménages disposant d’au moins une moustiquaire quelconque, ceux ayant plus d’une moustiquaire et le nombre moyen de moustiquaires par ménage. Les mêmes informations sont fournies pour la possession des MII ainsi que des MIILDA. Près de huit ménages sur dix (78 % contre 82 % dans l’EDS-C 2014), possèdent au moins une moustiquaire, imprégnée ou non. Plus des trois quarts des ménages possèdent une MII (77 %) et toutes les MII sont des MIILDA (77 %). La proportion de ménages disposant d’au moins une MII est beaucoup plus élevée en milieu rural (88 %) qu’en milieu urbain (67 %). Les résultats selon le type de saison montrent que le pourcentage de ménages possédant au moins une MII était moins élevé durant la saison des pluies (septembre à janvier) qu’au cours de la saison sèche (février à août), soit 75 % contre 83 %. Selon la région, les résultats montrent que la possession de MII est plus faible dans l’Ouest (61 %) et le Nord (78 %) et nettement plus élevée dans les régions du Centre (93 %) et du Sud (92 %). Dans la mesure où la quasi-totalité des MII sont des MIILDA, Paludisme • 159 on observe des variations similaires pour les MIILDA. Selon les zones de transmission, on constate que ce sont la Zone II et la Zone III qui présentent les proportions les plus élevées de ménages disposant d’au moins une MII (respectivement 93 % et 92 %). Quant à la Zone I, on constate que la proportion (66 %) est nettement inférieure à celles des deux autres zones. Le Tableau 12.1 présente un autre indicateur, à savoir le pourcentage de ménages ayant au moins une MII pour deux personnes qui ont passé la nuit dernière dans le ménage. Afin d’atteindre une couverture universelle, l’OMS recommande que chaque ménage possède, au moins, une moustiquaire imprégnée pour deux personnes. Dans l’ensemble, deux ménages sur cinq possèdent, au moins, une MII pour deux personnes (41 %), dans la quasi-totalité des cas une MIILDA (40 %). Cette proportion varie selon le milieu de résidence. Les ménages ruraux (46 % contre 36 % en urbain) sont proportionnellement plus nombreux à posséder, au moins, une MII pour deux personnes. Au niveau des régions, c’est dans le Centre (57 %),et le Sud (51 %) que l’on note les proportions les plus élevées de ménages possédant, au moins, une MII pour deux personnes. En ce qui concerne le niveau de bien-être économique du ménage, on constate que la couverture universelle diminue globalement à mesure que le niveau de vie du ménage augmente, passant de 43 % dans les ménages du quintile le plus bas à 31 % dans ceux du plus élevé Tableau 12.1 Possession de moustiquaires par les ménages Pourcentage de ménages qui possèdent au moins une moustiquaire et pourcentage de ceux qui en possèdent plus d'une (imprégnée ou non); pourcentage qui possède au moins une moustiquaire préimprégnée d'insecticide (MII); pourcentage qui possède une moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action (MIILDA) et nombre moyen de moustiquaires de MII et de MIILDA par ménages et pourcentage de ménages qui possèdent au moins une moustiquaire, une MII et une MIILDA pour deux personnes qui ont passé la nuit dernière dans le ménage, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage de ménages avec au moins une moustiquaire Nombre moyen de moustiquaires par ménage Effectif de ménages Pourcentage de ménages avec au moins une moustiquaire pour deux personnes qui ont passé la nuit dernière dans le ménage (couverture universelle) Effectif de ménages avec au moins une personne qui a passé la nuit dernière dans le ménage Caractéristique sociodémographique N'importe quel type de mous- tiquaire Mous- tiquaire préim- prégnée d'insecti- cide (MII)2 Mous- tiquaire imprégnée d'insecti- cide à longue durée d'action (MIILDA) N'importe quel type de mous- tiquaire Mous- tiquaire préim- prégnée d'insecti- cide (MII)2 Mous- tiquaire imprégnée d'insecti- cide à longue durée d'action (MIILDA) N'importe quel type de mous- tiquaire Mous- tiquaire préim- prégnée d'insecti- cide (MII)2 Mous- tiquaire imprégnée d'insecti- cide à longue durée d'action (MIILDA) Résidence Urbain 68,4 66,7 66,4 2,4 2,4 2,4 2 345 37,4 35,7 35,5 2 337 Rural 88,9 87,6 87,4 4,2 4,1 4,1 2 166 46,7 45,6 45,5 2 163 Type de saison Saison des pluies (Septembre à Janvier) 85,2 82,9 82,8 3,5 3,4 3,4 990 43,7 41,6 41,5 988 Saison sèche (Février à Août) 76,3 75,0 74,7 3,2 3,2 3,1 3 521 41,4 40,2 39,9 3 512 Grande Région Nord 77,8 77,7 77,7 2,6 2,6 2,6 776 33,1 32,9 32,9 776 Ouest 63,3 60,6 60,2 2,2 2,1 2,1 1 872 31,7 29,5 29,3 1 863 Centre 93,1 92,8 92,5 5,0 5,0 4,9 1 076 57,5 57,2 57,0 1 076 Sud 93,9 92,2 92,1 4,2 4,0 4,0 787 53,4 51,1 50,9 785 Profil épidémiologique palustre3 Zone I 67,5 65,7 65,3 2,3 2,2 2,2 2 648 32,1 30,5 30,4 2 639 Zone II 93,1 92,8 92,5 5,0 5,0 4,9 1 076 57,5 57,2 57,0 1 076 Zone III 93,9 92,2 92,1 4,2 4,0 4,0 787 53,4 51,1 50,9 785 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 88,4 87,7 87,7 4,4 4,3 4,3 734 43,5 43,0 42,9 734 Second 90,0 88,3 88,0 4,1 4,0 4,0 824 49,8 48,4 48,3 823 Moyen 83,4 82,5 82,3 3,4 3,3 3,3 890 43,7 42,5 42,3 889 Quatrième 73,6 72,7 72,3 2,7 2,7 2,7 1 029 41,1 40,5 40,1 1 024 Le plus élevé 61,7 58,9 58,5 2,3 2,2 2,2 1 035 33,5 30,6 30,5 1 030 Ensemble 78,2 76,8 76,5 3,3 3,2 3,2 4 511 41,9 40,5 40,3 4 500 1 Membres de fait des ménages. 2 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire préimprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 3 La Zone I correspond aux deux grandes régions du Nord et de l’Ouest (régions de Dakar, St-Louis, Thiès, Louga et Matam), la Zone II correspond à la grande région du Centre (régions de Diourbel, Kaolack, Fatick et Kaffrine) et la Zone III correspond à la grande région du Sud (régions de Ziguinchor, Tambacounda, Kolda, Kédougou et Sédhiou). 160 • Paludisme Les résultats ne montrent pas d’écarts importants de la couverture universelle selon le type de saison pendant laquelle a été effectuée la collecte des données : 42 % des ménages ont utilisé une moustiquaire MII ou MILDA pendant la saison de pluies contre 40 % pendant la saison sèche. En ce qui concerne le profil épidémiologique palustre, les résultats montrent clairement que la couverture universelle des MII et MILDA est plus élevée dans la zone II que dans les autres (57 % contre 51 % dans la zone III et 30 % dans la zone I). Par rapport à 2014, on constate une augmentation de la couverture universelle, la proportion de ménages possédant au moins une MII pour deux personnes ayant passé la nuit dernière dans le ménage étant passé de 36 % à 41 %. Cette augmentation a été particulièrement importante dans la région Centre, cette proportion étant passée de 34 % à 57 %. On note également une amélioration, bien que de moindre ampleur, en milieu rural, la proportion étant passée de 41 % à 46 % et parmi les ménages classés dans le quintile le plus bas (de 34 % à 43 %) . 12.1.2 Pulvérisation intra-domiciliaire (PID) La PID est une stratégie préventive, fortement efficace, qui a fait ses preuves et qui sauve des vies. C’est une technique de lutte anti-vectorielle qui consiste à pulvériser de l’insecticide liquide sur les murs intérieurs des habitations. Son effet est double : Un effet létal : les anophèles qui se trouvent à l’intérieur de la maison sont tués en quelques instants en se posant sur les murs. Un effet répulsif : la PID dissuade - cette fois avant la piqûre - les anophèles de rentrer dans une habitation dont les murs sont pulvérisés d’insecticide. Par ailleurs, certains insecticides utilisés pour la PID réduisent fortement la présence d’autres insectes nuisibles comme les cafards et les mouches. Au Sénégal, la pulvérisation intra-domiciliaire est un des axes d’intervention stratégique de lutte contre le paludisme du Programme Nationale de Lutte contre le Paludisme. Dans l’ensemble, les résultats du Tableau 12.2 montrent que 5 % des ménages enquêtés ont déclaré que les murs internes de leurs habitations avaient été pulvérisés d’insecticide dans les 12 mois précédant l’enquête (contre 9 % au cours de l’EDS-C 2014). Les résultats par caractéristiques des ménages montrent que la pulvérisation d’insecticide a été plus fréquemment utilisée en milieu rural qu’urbain (8 % contre 2 %), dans les régions Centre et Sud (9 % dans chaque contre 2 % dans les deux autres) et dans les ménages des deux premiers quintiles (12 % dans le plus bas et 6 % dans le second) que dans les autres (3 % et 2 %). Selon la période de collecte des données, on note que la PID est moins fréquente durant la première vague (septembre à janvier) que durant la deuxième vague (février à août) (respectivement 3 % et 5 %). Selon le profil épidémiologique palustre, on constate que c’est dans la Zone I que cette proportion est la plus faible (2 %) et dans les Zones II et III qu’elle est la plus élevée (9 %). Globalement, au Sénégal, plus de deux ménages sur cinq (43 %) possèdent au moins une MII pour deux personnes et/ou ont eu les murs de leur logement pulvérisés d’insecticide au cours des 12 derniers mois. Les variations sont similaires à celles observés pour les indicateurs précédents. Paludisme • 161 Tableau 12.2 Pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide résiduel (PID) contre les moustiques Pourcentage de ménages ayant reçu la visite de quelqu'un qui a pulvérisé d'insecticide les murs intérieurs du logement contre les moustiques (PID) au cours des 12 derniers mois, pourcentage de ménages avec, au moins, une MII et/ou ayant bénéficié d'une PID au cours des 12 derniers mois, et pourcentage de ménages avec au moins une MII pour 2 personnes et/ou dont les murs du logement ont été pulvérisés d’insecticide au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de ménages dont les murs du logement ont été pulvérisés d’insecticide (PID)1 au cours des 12 derniers mois Pourcentage de ménages avec au moins une MII2 et/ou dont les murs du logement ont une PID au cours des 12 derniers mois Pourcentage de ménages avec au moins une MII2 pour deux personnes et/ou dont les murs du logement ont eu une PID au cours des 12 derniers mois Effectif de ménages Résidence Urbain 1,7 66,9 36,5 2 345 Rural 8,1 88,2 50,0 2 166 Type de saison Saison des pluies (Septembre à Janvier) 2,9 83,2 43,0 990 Saison sèche (Février à Aout) 5,3 75,4 43,0 3 521 Grande Région Nord 1,9 77,9 34,2 776 Ouest 1,9 60,9 30,7 1 872 Centre 8,5 93,4 60,5 1 076 Sud 9,4 92,8 57,3 787 Profil épidémiologique palustre3 Zone I 1,9 65,9 31,7 2 648 Zone II 8,5 93,4 60,5 1 076 Zone III 9,4 92,8 57,3 787 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 12,0 88,3 49,9 734 Second 6,3 88,8 51,3 824 Moyen 2,5 82,5 44,1 890 Quatrième 2,7 73,0 41,6 1 029 Le plus élevé 2,4 59,3 32,1 1 035 Ensemble 4,8 77,1 43,0 4 511 1 La pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide résiduel (PID) est limitée à la pulvérisation faite par une organisation gouvernementale, privée ou non goubementale. 2 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire préimprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 3 La Zone I correspond aux deux grandes régions du Nord et de l’Ouest (régions de Dakar, St-Louis, Thiès, Louga et Matam), la Zone II correspond à la grande région du Centre (régions de Diourbel, Kaolack, Fatick et Kaffrine) et la Zone III correspond à la grande région du Sud (régions de Ziguinchor, Tambacounda, Kolda, Kédougou et Sédhiou). Tendance de la PID Depuis 2010-2011, on constate que le pourcentage de ménages ayant bénéficié d’une PID a globalement diminué, passant de 9 % en 2010-2011 à 12 % en 2012-2013 puis à 9 % en 2014 et à 5 % en 2015. 12.1.3 Accès à une MII dans le ménage Le pourcentage de la population de fait des ménages qui aurait pu dormir sous une MII, si chaque MII du ménage était utilisée par deux personnes au maximum donne la proportion de la population ayant accès à une moustiquaire imprégnée d’insecticide dans les ménages. Il s’agit d’un indicateur important. En effet, la différence entre cet indicateur et l’utilisation des moustiquaires permet de mieux identifier les facteurs qui empêchent l’utilisation des moustiquaires imprégnées au sein de la population : s’agit-il d’un problème d’acceptation des moustiquaires imprégnées, d’un problème d’accès aux moustiquaires imprégnées ou des deux. Ce sont des informations importantes pour l’orientation des programmes. Le Tableau 12.3 présente la répartition de la population de fait des ménages par nombre de MII possédée par le ménage, selon le nombre de personnes qui ont passé la nuit avant l’interview dans le ménage. Ce tableau montre qu’au Sénégal, près d’une personne sur cinq (19 %) a passé la nuit ayant précédé 162 • Paludisme l’interview dans un ménage ne possédant aucune moustiquaire imprégnée d’insecticides, 8 % ont passé la nuit avant l’interview dans un ménage possédant 2 MII, 12 % dans un méngae possédant 5 MII et 24 % dans un ménage en possédant 7 ou plus. Dans l’ensemble, deux tiers des personnes (66 %) auraient pu dormir sous une MII si chaque MII était utilisée par deux personnes au maximum. Tableau 12.3 Accès à une moustiquaire préimprégnée d'insecticide (MII) Répartition (en %) de la population de fait des ménages par nombre de MII possédée par le ménage, selon le nombre de personnes qui ont passé la nuit avant l'interview dans le ménage, EDS-Continue, Sénégal 2015 Nombre de personnes qui ont passé la nuit avant l'interview dans le ménage Ensemble Nombre de MII 1 2 3 4 5 6 7 8+ 0 54,9 38,6 31,4 21,8 24,7 24,3 25,6 15,6 18,6 1 36,6 30,5 24,2 15,8 11,9 4,6 10,2 2,9 5,6 2 4,6 22,2 29,4 30,6 25,5 19,8 11,4 3,7 8,3 3 2,8 7,9 8,7 21,7 22,4 25,2 18,9 6,6 10,1 4 0,4 0,5 5,0 6,9 9,8 12,4 19,8 12,4 12,2 5 0,3 0,0 0,6 2,5 2,6 9,1 7,9 14,6 12,1 6 0,1 0,2 0,6 0,0 2,3 3,0 2,9 11,4 8,8 7+ 0,2 0,0 0,1 0,5 0,8 1,5 3,2 32,8 24,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 311 485 882 1 359 2 043 2 316 2 857 27 650 37 903 Pourcentage ayant accès à une MII1 45,1 61,4 60,5 70,3 63,1 66,1 59,5 67,1 66,0 1 Pourcentage de la population de fait des ménages qui aurait pu dormir sous une MII si chaque MII du ménage était utilisée par deux personnes au maximum. On s’attend à ce que l’accès à une moustiquaire imprégnée baisse au fur et à mesure que le nombre de personnes ayant passé la nuit dans le ménage augmente. Au Sénégal, on ne constate pas ce type de tendance, la proportion de personnes qui auraient pu dormir sous une MII si chaque MII du ménage était utilisée par deux personnes au maximum variant de manière irrégulière, de 45 % pour les personnes qui ont dormi dans les ménages où une seule personne a passé la nuit précédant l’enquête à 70 % pour celles qui ont dormi dans les ménages où quatre personnes ont passé la nuit précédant l’enquête, puis à 66 % quand ce nombre de personnes est de six et à 67 % quand il est de 8 ou plus. Le Graphique 12.1 présente les niveaux d’accès aux MII de la population de fait des ménages. Selon ce graphique, au Sénégal, 66 % de la population de fait des ménages ont accès aux moustiquaires imprégnées d’insecticide ; ce qui veut dire que deuxpersonnes sur trois auraient pu dormir sous une MII si chaque MII du ménage était utilisée par deux personnes au maximum. On constate que ce pourcentage est plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (72 % contre 58 %). La région du Centre est celle qui présente le plus fort pourcentage d’accès au MII (82 %) suivie par celle du Sud (77 %); le pourcentage le moins élevé est enregistré dans celle de l’Ouest (51 %). Enfin, globalement, le taux d’accès aux MII dominue du quintile le plus bas au plus élevé, passant de 74 % à 50 %. Paludisme • 163 Graphique 12.1 Pourcentage de la population des ménages ayant accès à une MII 12.2 UTILISATION DES MOUSTIQUAIRES Le PNLP s’est fixé pour objectif l’utilisation des MII par 80 % de la population générale. Une attention particulière est toujours accordée aux groupes vulnérables que sont les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Pour évaluer le niveau d’utilisation des moustiquaires par les populations, on a demandé, au cours de l’enquête, la liste de toutes les personnes qui avaient dormi sous chaque moustiquaire la nuit ayant précédé le passage de l’enquêteur. Les informations sur l’âge et sur l’état de grossesse pour les femmes, ont permis de déterminer la fréquence de l’utilisation des moustiquaires dans la population générale (tous âges et tous sexes confondus), et parmi les deux groupes vulnérables que sont les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. 12.2.1 Utilisation des moustiquaires par les ménages Le Tableau 12.4 sur l’utilisation des moustiquaires par la population générale montre que 52 % des membres des ménages enquêtés avaient dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit précédant l’enquête. Rappelons que l’objectif fixé pour cet indicateur est de 80 % et que par conséquent, ce niveau d’utilisation demeure faible. Plus de la moitié des membres des ménages (51 %) ont déclaré avoir dormi sous une MII ; dans la quasi-totalité des cas, les MII étaient des MIILDA (51 %). Globalement, 55 % des membres des ménages ont dormi la nuit précédant l’interview, soit sous une MII, soit dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés d’insecticide (PID) au cours des 12 derniers mois. Enfin, parmi les ménages disposant de MII, 63 % avaient dormi sous ce typede moustiquaire, soit un pourcentage plus élevé que celui observé dans l’ensemble des ménages (51 %). Le taux d’utilisation des MII varie surtout selon le milieu et la région de résidence. En effet, en milieu rural, 55 % des ménages ont dormi sous une MII la nuit ayant précédé l’interview contre 46 % en milieu urbain. Dans les régions, on oberve un taux d’utilisation des MII nettement plus élevé dans le Centre (65 %) que dans les autres régions, en particulier dans l’Ouest qui enregistre le taux le plus faible (36 % contre 53 % dans le Nord et 56 % dans le Sud). Les résultats montrent aussi des écarts d’utilisation de la moustiquaire selon le type de saison pendant laquelle a été effectuée la collecte des données : 68 % des ménages ont utilisé une moustiquaire imprégnée ou non pendant la saison de pluies contre 47 % pendant la saison sèche. De même, le taux 50 59 68 75 74 77 82 53 77 82 51 58 65 68 72 58 66 Le plus élevé Quatrième Moyen Second Le plus bas QUINTILE DE BIEN-ÊTRE ÉCONOMIQUE Zone 3 Zone 2 Zone 1 PROFIL EPIDEMIOLOGIQUE PALUSTRE Sud Centre Ouest Nord GRANDE RÉGION Saison sèche (Février à Aout) Saison des pluies (Septembre à Janvier) TYPE DE SAISON Rural Urbain RÉSIDENCE Sénégal Pourcentage EDS-Continue 2015 164 • Paludisme d’utilisation d’une MII et d’une MIILDA est plus élevé pendant la saison des pluies que pendant la saison sèche (66 % contre 46 % pour la MIILDA). En ce qui concerne le profil épidémiologique palustre, les résultats montrent clairement que les taux d’utilisation d’une moustiquaire sont plus élevés dans les zones II et III que dans la zone 1 (65 % dans la zone II, 55 % dans la zone III contre 41 % dans la zone I, autant pour la MII que pour la MIILDA). Tableau 12 4 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages Pourcentage de la population de fait des ménages qui, la nuit ayant précédé l'enquête, a dormi sous une moustiquaire (imprégnée ou non), sous une moustiquaire préimprégnée d'insecticide (MII), et sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action (MIILDA), ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés d'insecticide(PID) au cours des 12 derniers mois et, parmi la population de fait des ménages avec, au moins, une MII, pourcentage qui a dormi sous une MII la nuit ayant précédé l'interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Population des ménages Population des ménages avec au moins une MII1 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MIILDA la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1la nuit dernière ou dans un ménage dont les murs du logement ont été pulvérisés d’insecticide (PID)2 au cours des 12 derniers mois Effectif Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Effectif Groupe d'âges <5 56,4 55,4 55,4 60,1 6 292 66,1 5 272 5-14 50,9 50,2 50,1 54,3 10 727 60,8 8 858 15-34 49,3 48,3 48,2 51,6 11 776 60,3 9 436 35-49 51,9 50,9 50,8 54,3 4 340 64,8 3 408 50+ 55,2 53,7 53,5 56,8 4 759 65,9 3 875 Sexe Masculin 50,0 49,1 49,0 53,0 17 706 60,7 14 319 Féminin 53,7 52,7 52,5 56,3 20 197 64,3 16 540 Résidence Urbain 47,4 46,3 46,2 47,3 16 479 62,8 12 151 Rural 55,4 54,6 54,5 60,5 21 424 62,5 18 707 Type de saison Saison des pluies (Septembre à Janvier) 68,4 66,5 66,4 67,5 8 544 78,6 7 228 Saison sèche (Février à Aout) 47,2 46,5 46,4 51,1 29 359 57,8 23 630 Grande Région Nord 52,7 52,5 52,5 53,6 6 404 68,2 4 930 Ouest 37,9 36,1 35,9 37,3 13 316 53,1 9 054 Centre 65,4 65,2 65,1 70,0 11 090 70,7 10 226 Sud 56,6 55,5 55,4 64,7 7 093 59,2 6 648 Profil épidémiologique palustre3 Zone I 42,7 41,4 41,3 42,6 19 720 58,4 13 984 Zone II 65,4 65,2 65,1 70,0 11 090 70,7 10 226 Zone III 56,6 55,5 55,4 64,7 7 093 59,2 6 648 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 49,2 48,9 48,9 58,3 7 527 55,2 6 659 Second 57,6 56,7 56,5 61,0 7 625 63,6 6 796 Moyen 59,5 58,6 58,6 60,4 7 572 69,1 6 421 Quatrième 55,3 54,5 54,3 56,0 7 552 69,0 5 969 Le plus élevé 38,1 36,4 36,3 38,3 7 627 55,4 5 013 Ensemble4 52,0 51,0 50,9 54,8 37 903 62,7 30 858 1 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MILDA) ou (2) une moustiquaire préimprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 2 la pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide résiduel (PID) est limitée à la pulvérisation faite par une organisation gouvernementale, privée ou non gouvernementale. 3 La Zone I correspond aux deux grandes régions du Nord et de l’Ouest (régions de Dakar, St-Louis, Thiès, Louga et Matam), la Zone II correspond à la grande région du Centre (régions de Diourbel, Kaolack, Fatick et Kaffrine) et la Zone III correspond à la grande région du Sud (régions de Ziguinchor, Tambacounda, Kolda, Kédougou et Sédhiou). 4 L’ensemble inclut 14 personnes pour lesquelles l’information sur l’âge est manquante Paludisme • 165 Les résultats selon les quintiles de bien-être économique montrent que le taux d’utilisation augmente du quintile le plus bas au quintile moyen, passant de 49 % à 59 %, puis diminue à partir du quatrième quintile pour atteindre son niveau le plus faible dans le quintile le plus élevé (36 %). Tendance La comparaison des résultats depuis 2010-2011 montre une augmentation du taux d’utilisation des MII par les ménages, ce taux étant passé de 29 % en 2010-2011 à 41 % en 2012-2013 et à 51 % en 2015 (Graphique 12.2). 12.2.2 Utilisation des MII existantes Le Tableau 12.5 présente le pourcentage de MII ayant été utilisées par, au moins, un membre du ménage la nuit ayant précédé l’interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate que 70 % des MII existantes ont été utilisées par, au moins, un membre du ménage la nuit ayant précédé l’interview. Cette proportion est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural : 73 % contre 68 %, et pendant la sasison de pluies que pendant la saison sèche : 89 % contre 64 %. Les résultats selon les régions montrent que c’est dans le Nord et le Centre que les pourcentages de MII existantes qui ont été utiliséee sont les plus élevés (respectivement 84 % et 71 % contre 65 % dans les deux autres régions). Les résultats montrent aussi que c’est dans les zones épidémiologiques II et III que les pourcentages de MII existantes qui ont été utiliséee sont les plus élevés (71 % dans ces deux zones contre 65 % dans la zone I). Les résultats selon les quintiles de bien-être économique montrent que ce taux d’utilisation augmente du quintile le plus bas au quintile moyen, variant de 59 % à 79 %, puis diminue pour atteindre 69 % dans le quintile le plus élevé. Tableau 12.5 Utilisation de MII existantes Pourcentage de moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII) ayant été utilisées par, au moins, un membre du ménage la nuit ayant précédé l’interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage de MII1qui ont été utilisées la nuit avant l’interview Effectif de MII1 Caractéristique sociodémographique Résidence Urbain 73,2 5 567 Rural 68,2 8 849 Type de saison Saison des pluies (Septembre à Janvier) 89,2 3 324 Saison sèche (Février à Aout) 64,4 11 093 Grande Région Nord 84,0 1 998 Ouest 65,3 3 897 Centre 71,3 5 337 Sud 65,3 3 185 Profil épidémiologique palustre2 Zone I 71,6 5 894 Zone II 71,3 5 337 Zone III 65,3 3 185 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 58,7 3 186 Second 68,1 3 299 Moyen 78,5 2 924 Quatrième 77,7 2 765 Le plus élevé 68,9 2 244 Ensemble 70,1 14 417 1 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MILDA) ou 2 La Zone I correspond aux deux grandes régions du Nord et de l’Ouest (régions de Dakar, St-Louis, Thiès, Louga et Matam), la Zone II correspond à la grande région du Centre (régions de Diourbel, Kaolack, Fatick et Kaffrine) et la Zone III correspond à la grande région du Sud (régions de Ziguinchor, Tambacounda, Kolda, Kédougou et Sédhiou). 166 • Paludisme 12.2.3 Utilisation des moustiquaires par les enfants de moins de cinq ans Bien que le Ministère de la Santé, de la Prévention et de l’Hygiène Publique se soit fixé comme objectif de protéger la population générale par les MII, il accorde néanmoins une attention spéciale aux femmes enceintes et aux enfants de moins de cinq ans. Ces deux groupes de population vulnérable font l’objet d’un suivi particulier. Le Tableau 12.6 présente la proportion d’enfants de moins de cinq ans qui ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’interview. Les résultats sont détaillés par type de moustiquaire et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Il ressort de ce tableau que plus de cinq enfants de moins de cinq ans sur dix (56 %) ont dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit ayant précédé l’interview. Dans la quasi-totalité des cas, la moustiquaire était une MIILDA (55 %). En outre, 60 % des enfants ont dormi soit sous une MII, soit dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés d’insecticide au cours des 12 derniers mois. Les variations selon l’âge, le sexe et la zone de résidence ne sont pas très importantes. Par contre, le taux d’utilisation varie selon le type de saison, la région, le niveau de bien-être économique du ménage et la zone épidémiologique. En effet, le niveau d’utilisation des MII par les enfants de moins de cinq ans est plus faible durant la saison sèche (51 %) que durant la saison des pluies (71 %). Les taux d’utilisation des MII et des MILDA par les enfants varient aussi selon la région de résidence : plus En effet, Dans le Centre, plus des deux-tiers des enfants (67 %) ont dormi sous une MII la nuit ayant précédé l’interview. Dans l’Ouest, qui enregistre le taux d’utilisation le plus faible, ce pourcentage est de 45 % contre 54 % dans les deux autres régions. Selon ces résultats, le taux d’utilisation de la région Centre pratiquement doublé par rapport à 2014. Les écarts d’utilisation en fonction du profil épidémiologique palustre sont aussi importants. En effet, le taux varie d’un minimum de 48 % dans la zone I à 54 % dans la zone III et à un maximum de 67 % dans la zone II. Les résultats selon les quintiles montrent une augmentation du taux d’utilisation des MII du quintile le plus bas au quintile moyen, variant de 49 % à 64 %, puis une baisse et c’est dans le quintile le plus élevé que l’on constate le taux d’utilisation le plus faible (46 %). Paludisme • 167 Tableau 12.6 Utilisation des moustiquaires par les enfants Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui, la nuit ayant précédé l'enquête, a dormi sous une moustiquaire (imprégnée ou non), sous une moustiquaire préimprégnée d'insecticide (MII), et sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action (MIILDA), ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés d'insecticide (PID) au cours des 12 derniers mois et, parmi les enfants de moins de cinq ans des ménages avec, au moins, une MII, pourcentage qui a dormi sous une MII la nuit ayant précédé l'interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Enfants de moins de cinq ans dans tous les ménages Enfants de moins de cinq dans les ménages avec au moins une MII1 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MIILDA la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un ménage dont les murs du logement ont été pulvérisés d’insecticide (PID)2 au cours des 12 derniers mois Effectif d'enfants Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire MII1 la nuit dernière Effectif d'enfants Âge (en années) <1 58,2 56,6 56,6 61,8 1 231 66,5 1 049 1 57,0 56,3 56,2 60,2 1 188 67,4 993 2 56,8 55,5 55,5 60,1 1 315 66,8 1 092 3 55,2 54,8 54,8 59,3 1 293 65,3 1 086 4 55,0 53,9 53,9 59,2 1 264 64,9 1 052 Sexe Masculin 56,8 56,0 55,9 61,1 3 149 67,1 2 627 Féminin 56,0 54,9 54,9 59,2 3 144 65,2 2 645 Résidence Urbain 55,3 53,7 53,7 54,7 2 227 70,2 1 704 Rural 57,0 56,4 56,3 63,1 4 065 64,2 3 568 Type de saison Saison des pluies (Septembre à Janvier) 73,2 71,0 70,9 71,8 1 399 81,9 1 213 Saison sèche (Février à Aout) 51,6 51,0 50,9 56,8 4 893 61,4 4 060 Grande Région Nord 53,9 53,8 53,8 54,7 1 102 69,6 852 Ouest 47,2 44,6 44,5 45,9 1 847 63,5 1 297 Centre 66,8 66,6 66,5 72,6 2 137 71,6 1 986 Sud 54,5 53,7 53,7 64,8 1 206 57,0 1 137 Profil épidémiologique palustre3 Zone I 49,7 48,1 48,0 49,2 2 949 65,9 2 149 Zone II 66,8 66,6 66,5 72,6 2 137 71,6 1 986 Zone III 54,5 53,7 53,7 64,8 1 206 57,0 1 137 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 48,9 48,7 48,7 59,0 1 534 55,5 1 345 Second 59,2 58,7 58,4 63,5 1 382 65,3 1 241 Moyen 64,6 63,6 63,6 65,8 1 278 74,0 1 098 Quatrième 61,2 59,7 59,7 61,5 1 112 75,6 878 Le plus élevé 48,2 45,9 45,9 48,4 987 63,8 710 Ensemble 56,4 55,4 55,4 60,1 6 292 66,1 5 272 Note : Le tableau est basé sur les enfants ayant passé la nuit précédant l'interview dans le ménage. PID = Pulvérisation intradomiciliaire 1 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire préimprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 2 La pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide résiduel (PID) est limitée à la pulvérisation faite par une organisation gouvernementale, privée ou non gouvernementale. 3 La Zone I correspond aux deux grandes régions du Nord et de l’Ouest (régions de Dakar, St-Louis, Thiès, Louga et Matam), la Zone II correspond à la grande région du Centre (régions de Diourbel, Kaolack, Fatick et Kaffrine) et la Zone III correspond à la grande région du Sud (régions de Ziguinchor, Tambacounda, Kolda, Kédougou et Sédhiou). Tendance De même que pour la population des ménages, on constate, depuis 2010-2011, une augmentation importante du taux d’utilisation des MII par les enfants de moins de cinq ans. En effet, ce taux d’utilisation est passé de 35 % à 46 % en 2012-2013 pour atteindre 55 % en 2015. Concernant les MIILDA, leur taux d’utilisation est passé, dans la même période, de 31 % à 42 % et à 55 %. 168 • Paludisme Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes Les personnes qui courent les risques les plus élevés de contracter le paludisme sont les femmes enceintes. Le Tableau 12.7 présente les pourcentages de femmes enceintes de 15-49 ans ayant dormi la nuit ayant précédé l’interview sous une moustiquaire, imprégnée ou non, ainsi que les pourcentages de celles ayant utilisé une MII et de celles ayant utilisé une MIILDA. Tableau 12.7 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes Pourcentage de femmes enceintes de 15-49 ans qui, la nuit ayant précédé l'interview, a dormi sous une moustiquaire (imprégnée ou non), sous une moustiquaire préimprégnée d'insecticide (MII), et sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action (MIILDA), ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés d'insecticide (PID) au cours des 12 derniers mois et, parmi les femmes enceintes de 15-49 ans des ménages avec au moins, une MII, pourcentage qui a dormi sous une MII la nuit ayant précédé l'interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Parmi les femmes enceintes de 15-49 ans dans tous les ménages: Parmi les femmes enceintes de 15-49 ans dans les ménages avec au moins une MII1 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MIILDA la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un ménage dont les murs du logement ont été pulvérisés d’insecticide (PID)2 au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Effectif de femmes Résidence Urbain 49,7 46,6 46,6 47,1 266 64,8 192 Rural 55,6 54,9 54,7 60,6 443 62,8 387 Type de saison Saison des pluies (Septembre à Janvier) 74,0 72,0 72,0 72,3 166 86,4 139 Saison sèche (Février à Aout) 47,1 45,6 45,4 50,4 543 56,2 440 Grande Région Nord 55,0 55,0 55,0 55,0 112 70,8 87 Ouest 37,5 32,8 32,8 33,1 225 50,0 148 Centre 66,7 66,7 66,4 70,4 250 73,1 228 Sud 54,1 53,2 53,2 66,9 122 56,1 116 Profil épidémiologique palustre3 Zone I 43,3 40,2 40,2 40,3 336 57,7 234 Zone II 66,7 66,7 66,4 70,4 250 73,1 228 Zone III 54,1 53,2 53,2 66,9 122 56,1 116 Niveau d'instruction Pas d'instruction 54,3 52,9 52,7 58,2 442 64,1 364 Primaire 53,2 52,6 52,6 54,3 171 61,1 147 Moyen/secondaire ou plus 49,3 45,3 45,3 45,3 97 64,9 67 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 48,6 47,8 47,8 57,3 152 53,7 135 Second 58,0 58,0 57,5 60,0 157 63,0 145 Moyen 67,0 64,8 64,8 67,4 139 77,6 116 Quatrième 58,1 58,1 58,1 59,6 156 73,3 123 Le plus élevé 28,7 21,7 21,7 24,7 105 (38,5) 59 Ensemble 53,4 51,8 51,7 55,5 709 63,5 578 Note : Le tableau est basé sur les femmes ayant passé la nuit précédant l'interview dans le ménage. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire préimprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 2 La pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide résiduel (PID) est limitée à la pulvérisation faite par une organisation gouvernementale, privée ou non gouvernementale. 3 La Zone I correspond aux deux grandes régions du Nord et de l’Ouest (régions de Dakar, St-Louis, Thiès, Louga et Matam), la Zone II correspond à la grande région du Centre (régions de Diourbel, Kaolack, Fatick et Kaffrine) et la Zone III correspond à la grande région du Sud (régions de Ziguinchor, Tambacounda, Kolda, Kédougou et Sédhiou). Plus de cinq femmes enceintes sur dix (53 %), ont dormi sous une moustiquaire ; La quasi-totalité des moustiquaires sont des MII (52 %) et même des MIILDA (52 %). Pour se protéger du paludisme, 56 % Paludisme • 169 des femmes enceintes ont, soit dormi sous une MII, soit dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés d’insecticide au cours des 12 derniers mois avant l’interview. Le taux d’utilisation des MII par les femmes enceintes présente des variations : il est plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (55 % contre 47 %), dans la région Centre que dans les autres (67 % contre un minimum de 33 % dans l’Ouest). Selon le type de saison, on remarque que le taux d’utilisation des MII est plus faible durant la saison sèche (45 %) que durant la deuxième vague de septembre à janvier (72 %). Selon le profil épidémiologique palustre, on remarque que les différences du niveau d’utilisation des MII par les femmes encientes sont également importantes : Zone II (67 %), Zone III (53 %) et Zone I (40 %). En outre, ce taux d’utilisation a tendance à diminuer avec l’élévation du niveau d’instruction, passant de 53 % parmi les femmes sans niveau d’instruction à 45 % parmi celles ayant le niveau moyen/secondaire ou plus. Les résultats selon le niveau de bien-être économique montrent que ce taux d’utilisation augmente du quintile le plus bas au quintile moyen, variant de 48 % à 65 %, puis diminue pour atteindre son niveau le plus faible dans le quintile le plus élevé (22 %). Tendance Entre 2010-2011 et 2015, on note une augmentation du taux d’utilisation des MII par les femmes enceintes, ce taux étant passé de 36 % à 43 % en 2012-2013 et à 52 % en 2015. Pour les MIILDA, ce taux est passé, dans la même période, de 32 % à 40 % et à 52 %. Le Graphique 12.2 qui présente une comparaison des données depuis l’enquête EDS-MICS de 2010- 2011 montre que, globalement, le pourcentage de ménages possédant au moins une MII a nettement augmenté, passant de 63 % en 2010-2011 à 77 % en 2015. En ce qui concerne l’utilisation des MII, les résultats montrent aussi une amélioration, que ce soit pour l’ensemble des ménages, que pour les enfants de moins de cinq ans ou pour les femmes enceintes. Graphique 12.2 Possession et utilisation des MII 63 29 35 36 73 41 46 43 74 40 43 38 77 51 55 52 Pourcentage de ménages possédant, au moins, une MII Pourcentage de ménages ayant dormi sous une MII la nuit avant l'interview Pourcentage d'enfants ayant dormi sous une MII la nuit avant l'interview Pourcentage de femmes de 15-49 ans enceintes ayant dormi sous une MII la nuit avant l'interview Pourcentage EDS-MICS 2010-2011 EDS-Continue 2012-2013 EDS-Continue 2014 EDS-Continue 2015 170 • Paludisme 12.3 TRAITEMENT DU PALUDISME 12.3.1 Traitement préventif intermittent chez la femme enceinte Outre l’utilisation des MII, la prévention du paludisme chez la femme enceinte passe également par le Traitement Préventif Intermittent du paludisme pendant la grossesse (TPIg) qui consiste en la prise de deux doses de Sulfadoxine-Pyriméthamine (SP) dont au moins une au cours d’une consultation prénatale. La première dose du TPIg-SP devrait être administrée aussitôt que possible lors du 2ème trimestre de la grossesse et la dernière dose du TPIg�SP peut être administrée jusqu’au moment de l’accouchement. Une troisième dose est recommandée pour les femmes enceintes et qui sont VIH positives. Cependant, les directives récentes de l’OMS recommandent la prise de trois doses pour toutes les femmes enceintes. Au cours de l’EDS- Continue 2015, on a posé aux femmes qui avaient eu une naissance au cours des deux dernières années, plusieurs questions pour savoir si elles avaient pris des antipaludiques à titre préventif au cours de leur dernière grossesse et quel type d’antipaludiques elles avaient pris. Aux femmes ayant déclaré avoir pris de la SP/Fansidar, on a demandé combien de fois elles avaient pris cet antipaludique et si elles l’avaient reçu au cours d’une visite prénatale. Les résultats sont présentés au Tableau 12.8. Il ressort des résultats que 72 % des femmes enceintes ont reçu au cours d’une visite prénatale de la SP/Fansidar, à titre préventif, au cours de la dernière grossesse ayant eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête. Prés d’une femme sur deux (49 %) a déclaré avoir pris 2 doses ou plus de SP/Fansidar au cours de sa dernière grossesse et en avoir reçu au moins une au cours d’une visite prénatale. Ces femmes ont suivi un Traitement Préventif Intermittent du paludisme pendant la grossesse selon les anciennes directives de l’OMS en la matière. En 2014, cette proportion était de 40 %. Le pourcentage ayant suivi un TPI pendant la grossesse varie de manière importante selon toutes les caractéristiques. En effet, le pourcentage de femmes ayant pris au moins deux doses de SP/Fansidar , dont au moins une au cours d’une visite prénatale, est plus élevé en milieu urbain que rural (57 % contre 46 %) et dans les régions Ouest et Centre (respectivement 54 % et 52 %) que dans le Nord (47 %) et le Sud (42 %). Le pourcentage de femmes ayant suivi un TPI pendant la grossesse est plus élevé parmi les femmes Tableau 12.8 Utilisation du traitement préventif intermittent (TPIg) Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des 2 années ayant précédé l’enquête qui, au cours de la grossesse la plus récente, ont reçu de la SP/Fansidar au cours d’une visite prénatale, et pourcentage en ayant pris 2 doses ou plus et qui en ont reçu au moins une au cours d’une visite prénatale, selon certaines caractéristiques sociodémographique EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant reçu de la SP/Fansidar au cours d'une visite prénatale Pourcentage ayant pris 2 doses ou plus de SP/Fansidar et qui en ont reçu au moins une au cours d'une visite prénatale Effectif de femmes ayant eu une naissance au cours des deux dernières années Résidence Urbain 76,9 57,1 807 Rural 69,2 45,6 1 608 Type de saison Saison des pluies (Septembre à Janvier) 76,2 51,7 538 Saison sèche (Février à Aout) 70,5 48,8 1 876 Grande Région Nord 57,0 46,6 437 Ouest 80,2 53,8 651 Centre 76,3 51,6 843 Sud 65,8 42,4 483 Profil épidémiologique palustre1 Zone 1 70,9 50,9 1 088 Zone 2 76,3 51,6 843 Zone 3 65,8 42,4 483 Niveau d'instruction Pas d'instruction 69,3 47,4 1 603 Primaire 79,8 54,0 485 Moyen/secondaire ou plus 71,9 52,5 326 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 67,3 41,0 623 Second 69,3 43,2 550 Moyen 71,5 50,4 448 Quatrième 74,9 56,2 447 Le plus élevé 80,1 64,4 346 Ensemble 71,7 49,4 2 414 1 La Zone I correspond aux deux grandes régions du Nord et de l’Ouest (régions de Dakar, St-Louis, Thiès, Louga et Matam), la Zone II correspond à la grande région du Centre (régions de Diourbel, Kaolack, Fatick et Kaffrine) et la Zone III correspond à la grande région du Sud (régions de Ziguinchor, Tambacounda, Kolda, Kédougou et Sédhiou). Paludisme • 171 instruites que parmi celles sans instruction. Enfin, le pourcentage de femmes ayant suivi un TPI pendant la grossesse augmente du quintile le plus bas au plus élevé, passant de 41 % à 64 %. 12.3.2 Fièvre et traitement précoce de la fièvre chez les enfants de moins de cinq ans Les enquêteurs ont également demandé si les enfants de moins de cinq ans avaient eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. Si la réponse était positive, une série de questions sur le traitement de la fièvre a été alors posée (voir chapitre 10 – Santé de l’enfant). Ces questions portaient sur la prise de médicaments antipaludéens et sur le moment où le traitement antipaludéen avait été administré pour la première fois. Les résultats sont présentés dans le Tableau 12.9. Les résultats montrent que 15 % des enfants de moins de cinq ans avaient eu de la fièvre au cours des deux semaines précédant l’interview. Globalement, on constate une baisse de la prévalence avec l’âge de l’enfant, de 21 % à 12-23 mois à 10 % à partir de 36 mois. La prévalence de la fièvre est légèrement plus élevée dans les régions Sud et Centre (respectivement 19 % et et 17 %) que dans les autres (13 % dans la région Nord et 12 % dans l’Ouest). En outre, dans le quintile le plus bas, près d’un enfant de moins de cinq ans sur cinq (19 %) a eu de la fièvre dans les deux semaines ayant précédé l’interview contre 12 % dans le quintile le plus élevé. Parmi les enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview, des conseils ou un traitement ont été recherchés pour 49 % d’entre eux, soit auprès de personnel de santé, soit dans une pharmacie. Ce sont les enfants du milieu urbain (52 %), ceux de la région Sud (58 %) et ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (60 %) pour lesquels on a le plus fréquemment recherché un traitement ou des conseils quand ils avaient de la fièvre. Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre, 3 % ont été traités avec des antipaludiques et dans la majorité des cas, l’antipaludique a été pris rapidement, c’est-à-dire le jour qui a suivi le début de la fièvre ou le jour même (2 %). C’est parmi les enfants du groupe d’âges 36-47 mois (6 %), dans la région Ouest (4 % contre 0 % dans le Nord), parmi ceux dont la mère a le niveau moyen/secondaire ou plus (4 %) et dans les ménages classés dans le quatriéme quintile (3 %) que les pourcentages d’enfants dont la fièvre a été traitée rapidement avec des antipaludiques est la plus élevé. La proportion d’enfants traités avec une CTA est extrêmement faible (0,4 %). Par contre, dans 10 % des cas de fièvre, on a prélevé du sang au doigt ou au talon pour être analysé. Cette proportion est plus élevé parmi les enfants de 24-35 mois (14 %), parmi ceux de la région Sud (16 %), parmi ceux dont la mère a le niveau moyen/secondaire ou plus (12 %) et parmi ceux dont le ménage est classé dans le quintile moyen (13 %) que parmi les autres enfants. 172 • Paludisme Tableau 12.9 Prévalence, diagnostic et traitement précoce de la fièvre chez les enfants Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'interview; parmi ces enfants, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement, pourcentage à qui on a prélevé du sang au doigt ou au talon, pourcentage ayant bénéficié d'une combinaison thérapeutique à base d'artémisinine (CTA), pourcentage ayant bénéficié d'une CTA le jour même ou le jour suivant le début de la fièvre, pourcentage ayant pris des antipaludiques, et pourcentage les ayant pris le jour même ou le jour suivant le début de la fièvre, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Parmi les enfants de moins de cinq ans: Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre: Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'interview Effectif d'enfants Pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement1 Pourcentage à qui on a prélevé du sang au doigt ou au talon pour être testé Pourcentage ayant pris une CTA Pourcentage ayant pris une CTA le jour même ou le jour suivant le début de la fièvre Pourcentage ayant pris des anti- paludiques Pourcentage ayant pris des anti- paludiques le jour même ou le jour suivant le début de la fièvre Effectif d'enfants Age (en mois) <12 18,0 1 235 49,6 4,4 0,0 0,0 0,9 0,6 222 12-23 20,6 1 165 54,4 10,4 0,2 0,1 3,1 2,0 240 24-35 17,2 1 257 47,0 13,9 0,7 0,3 4,0 1,5 217 36-47 9,7 1 220 49,7 8,2 0,9 0,7 7,3 6,0 118 48-59 9,6 1 183 41,9 10,8 0,8 0,6 3,4 3,2 114 Sexe Masculin 14,9 3 017 49,6 10,1 0,5 0,4 4,5 3,1 450 Féminin 15,1 3 043 49,0 9,0 0,4 0,2 2,3 1,3 461 Résidence Urbain 14,0 2 192 52,3 11,1 0,3 0,3 3,5 1,9 307 Rural 15,6 3 867 47,8 8,7 0,5 0,2 3,3 2,3 604 Type de saison Saison des pluies (Septembre à Janvier) 17,5 1 357 51,2 15,1 0,9 0,5 3,0 2,2 238 Saison sèche (Février à Aout) 14,3 4 703 48,6 7,6 0,2 0,2 3,5 2,2 673 Grande Région Nord 12,6 1 043 39,9 5,8 0,0 0,0 0,0 0,0 131 Ouest 12,2 1 806 44,3 8,4 0,0 0,0 6,7 4,2 221 Centre 16,8 2 028 50,3 7,5 0,3 0,3 2,5 2,0 340 Sud 18,5 1 183 58,4 16,1 1,3 0,7 3,2 1,9 218 Profil épidémiologique palustre2 Zone I 12,4 2 849 42,7 7,4 0,0 0,0 4,2 2,6 352 Zone II 16,8 2 028 50,3 7,5 0,3 0,3 2,5 2,0 340 Zone III 18,5 1 183 58,4 16,1 1,3 0,7 3,2 1,9 218 Niveau d'instruction de la mère Pas d'instruction 14,9 4 067 46,8 8,3 0,5 0,2 3,4 1,9 604 Primaire 15,7 1 272 56,7 11,9 0,3 0,3 2,4 2,4 200 Moyen/secondaire ou plus 14,8 720 49,6 12,2 0,5 0,5 4,8 3,6 107 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 18,6 1 468 49,3 9,5 0,6 0,3 2,5 1,5 273 Second 14,9 1 302 51,3 9,2 0,7 0,3 3,5 1,8 194 Moyen 12,9 1 229 45,6 13,0 0,0 0,0 2,9 2,6 159 Quatrième 15,4 1 117 43,3 6,5 0,6 0,6 5,6 3,3 172 Le plus élevé 12,0 944 60,2 10,1 0,0 0,0 2,3 2,3 113 Ensemble 15,0 6 059 49,3 9,5 0,4 0,3 3,4 2,2 911 1 Non compris les marchés, boutiques et guérisseurs traditionnels. 2 La Zone I correspond aux deux grandes régions du Nord et de l’Ouest (régions de Dakar, St-Louis, Thiès, Louga et Matam), la Zone II correspond à la grande région du Centre (régions de Diourbel, Kaolack, Fatick et Kaffrine) et la Zone III correspond à la grande région du Sud (régions de Ziguinchor, Tambacounda, Kolda, Kédougou et Sédhiou). Paludisme • 173 12.3.3 Source des conseils ou de traitements Au cours de l’enquête, les enquêteurs ont, non seulement, demandé aux mères dont l’enfant avait eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview si un traitement ou des conseils avaient été recherchés mais aussi l’endroit ou la personne auprès de qui on s’était adressé pour obtenir le traitement ou les conseils. Les résultats sont présentés au Tableau 12.10. Les résultats sont présentés pour deux catégories d’enfants : les enfants ayant eu de la fièvre et ceux qui ont eu de la fièvre et pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement. Globalement, les résultats font apparaître le rôle plus important du sectuer public par rapport au privé quand il s’agit de donner des conseils ou un traitement contre la fièvre : en effet, parmi les enfants ayant eu de la fièvre, on s’est adressé dans 39 % des cas au secteur public, essentiellement dans les postes de santé du gouvernement (31 %). Pour seulement 8 % des enfants, on a recherché des conseils ou un traitement dans le secteur médical privé, en grande partie dans une pharmacie (5 %). Le rôle des autres sources médicales est négligeable. Les résultats concernant les enfants qui ont eu de la fièvre et pour lesquels des conseils ou un traitement ont été recherchés montrent que les sources de conseils ou de traitement sont les mêmes que pour l’ensemble des enfants qui ont eu de la fièvre. En effet, on s’est surtout adressé au secteur public (respectivement 77 % contre 16 % dans le privé) ; Dans le secteur public, ce sont les postes de santé du gouvernement qui jouent le rôle le plus important (62 %) et dans le secteur privé médical, c’est la pharmacie (10 %). 12.4 ANÉMIE CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS Dans les pays où le paludisme est endémique, un taux d’hémoglobine inférieur à 8,0 g/dl est considéré comme un indicateur indirect de la prévalence de l’anémie liée au paludisme. Au niveau national, 7 % des enfants de 6 à 59 mois ont un taux d’hémoglobine inférieur à 8,0 g/dl (Tableau 12.11). En 2014, ce taux était de 5 %. Cette proportion varie selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Selon l’âge, on constate que le pourcentage d’enfants dont le niveau d’hémoglobine est inférieur à 8g/dl augmente jusqu’à 18-23 mois, passant de 5 % à 6-8 mois à 14 % à 18-23 mois puis commence à diminuer pour atteindre son niveau le plus faible à 48-59 mois (4 %). Ce pourcentage d’enfants avec un niveau d’hémoglobine inferieur à 8 g/dl est nettement plus élevé en milieu rural (10 % contre 3 % en urbain) et dans les régions Centre et Sud (10 % dans chaque cas contre un minimum de 3 % dans l’Ouest). La proportion d’enfants dont le taux d’hémoglobine est inférieur à 8 g/dl diminue avec le niveau d’instruction de la mère, de 9 % quand elle n’a aucun nive au d’instruction à 4 % quand elle a le niveau moyen/secondaire ou plus ; de même, la proportion Tableau 12.10 Sources des conseils ou de traitement chez l’enfant ayant eu de la fièvre Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’une source particulière et, parmi ces enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre et pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès de sources particulières, selon les sources de conseils ou de traitement, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage d’enfants pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’une source particulière : Caractéristique sociodémographique Parmi les enfants ayant eu de la fièvre Parmi les enfants ayant eu de la fièvre pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement Secteur public 38,8 76,9 Hôpital du gouvernement 0,9 1,9 Centre de santé du gouvernement 2,9 5,8 Poste de santé du gouvernement 31,4 62,2 Autre 1,3 2,8 CS public 2,4 4,8 Secteur médical privé 7,9 15,7 Hôpital/Clinique privé 1,3 2,5 Pharmacie 5,3 10,4 Médecin privé 0,5 0,9 Autre médical privé 0,9 1,8 Autres sources 3,8 7,6 Boutiques 2,4 4,8 Guérisseurs traditionnels 0,9 1,8 Autre CS 0,2 0,4 Autre 0,3 0,7 Effectif d'enfants 911 460 174 • Paludisme d’enfants dont le niveau d’hémoglobine est inférieur à 8g/dl diminue des ménages du quintile le plus bas à ceux des deux derniers quintiles, variant de 14 % à 3 % et 2 %. Tableau 12.11 Hémoglobine < 8,0 g/dl Pourcentage d'enfants de 6-59 mois dont le niveau d'hémoglobine est inférieur à 8,0 g/dl, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique sociodémographique Niveau d'hémoglobine < 8.0 g/dl Effectif d'enfants Age (en mois) 6-8 4,9 234 9-11 5,9 279 12-17 10,4 591 18-23 13,9 573 24-35 9,7 1 278 36-47 4,9 1 261 48-59 4,0 1 260 Sexe Masculin 8,1 2 771 Féminin 6,7 2 705 Interview de la mère Interviewée 7,5 4 812 Non interviewée mais présente dans le ménage 7,7 229 Non interviewée et pas présente dans le ménage1 6,2 436 Résidence Urbain 3,4 1 908 Rural 9,6 3 569 Type de saison Saison des pluies (Septembre à Janvier) 6,2 1 235 Saison sèche (Février à Aout) 7,8 4 242 Grande Région Nord 6,2 952 Ouest 2,9 1 589 Centre 10,4 1 891 Sud 9,9 1 045 Profil épidémiologique palustre2 Zone I 4,2 2 541 Zone II 10,4 1 891 Zone III 9,9 1 045 Niveau d'instruction de la mère3 Pas d'instruction 9,1 3 473 Primaire 4,2 1 020 Moyen/secondaire ou plus 3,5 539 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 13,6 1 325 Second 9,4 1 210 Moyen 5,7 1 124 Quatrième 3,2 952 Le plus élevé 2,0 865 Ensemble4 7,4 5 477 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont passé dans le ménage la nuit ayant précédé l'interview. L'hémoglobine est mesurée en grammes par décilitre (g/dl). 1 Y compris les enfants dont la mère est décédée. 2 La Zone I correspond aux deux grandes régions du Nord et de l’Ouest (régions de Dakar, St-Louis, Thiès, Louga et Matam), la Zone II correspond à la grande région du Centre (régions de Diourbel, Kaolack, Fatick et Kaffrine) et la Zone III correspond à la grande région du Sud (régions de Ziguinchor, Tambacounda, Kolda, Kédougou et Sédhiou). 3 Pour les femmes qui n'ont pas été interviewées, l'information provient du Questionnaire Ménage. Non compris les enfants dont la mère n'est pas listée dans le ménage. 4 L’ensemble inclut 6 enfants pour lesquels l’information sur le niveau d’instruction de la mère est manquante. 12.5 PARASITÉMIE PALUSTRE Au cours de l’EDS-Continue de 2015, le test de paludisme a consisté en deux tests : • Un test de diagnostic rapide (TDR), à savoir le SD BIOLINE Malaria Antigen P.f/Pan qui détecte les antigènes spécifiques du plasmodium falciparum et d’autres espèces sans les Paludisme • 175 distinguer. Après obtention du consentement éclairé, l’enquêteur collectait une goutte de sang sur la bandelette du TDR. Le résultat du test était disponible au bout de 15 minutes et était communiqué immédiatement aux parents ou personnes responsables de l’enfant après avoir été enregistré dans le questionnaire ménage. Les enfants testés positifs au TDR étaient soit traités immédiatement au CTA conformément au protocole du ministère de la Santé et de l’Action Sociale s’ils ne présentaient pas de contre-indications, soit ils recevaient une carte de référence à une structure sanitaire. • L’examen microscopique d’une goutte épaisse. Cette section présente les résultats de l’enquête sur la prévalence du paludisme estimée au moyen d’un TDR réalisé sur le terrain et des gouttes épaisses collectées sur le terrain qui ont fait l’objet d’examens microscopiques au laboratoire de Parasitologie de la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar 12.5.1 Principe et méthodologie Les tests de parasitémie palustre n’ont concerné que les enfants de 6-59 mois et ont été réalisés sur les gouttes épaisses. L'examen se fait à partir d'un prélèvement d'une goutte de sang au bout du doigt sur une lame porte-objet qui permet, après coloration, l'identification précise du parasite Plasmodium. L'examen de la goutte épaisse présente l'avantage d’être 20 fois plus sensible que celui du frottis mince. Au laboratoire, chaque goutte a été analysée de façon indépendante par deux opérateurs différents, une confirmation étant faite par un troisième opérateur en cas de divergence entre les deux premiers. La participation au test de parasitémie était assujettie au consentement éclairé et volontaire des personnes responsables de l’enfant. L’enquêteur enregistrait la réponse des parents/personnes responsables/autre adulte sur le questionnaire et signait le questionnaire pour attester qu’il avait bien lu le consentement et que la décision enregistrée sur le questionnaire était bien celle de l’enquêté. Une fois le consentement obtenu, des gouttes de sang étaient prélevées en utilisant la technique de prélèvement de sang par piqûre au bout du doigt. Avant le prélèvement du sang, le doigt était nettoyé à l’aide d’une gaze préimprégnée d’alcool et laissé sécher à l’air libre. Dans un deuxième temps, on piquait le bout du doigt avec une lancette stérile, rétractable et non réutilisable. La toute première goutte de sang était éliminée avec une compresse stérile. Les gouttes suivantes étaient utilisées pour la goutte épaisse. Deux lames étaient préparées pour chaque enfant testé. Les lames ainsi préparées étaient conditionnées et envoyées au bureau central de l’enquête pour enregistrement avant d’être transmises au laboratoire du Département de Parasitologie. Les tests sont anonymes ; aucun nom, ni aucun élément d’identification ne figuraient sur les échantillons de sang. Par contre, des codes à barres préimprimés correspondant à des nombres générés au hasard étaient collés sur les lames utilisées pour la goutte épaisse ainsi que sur les questionnaires. Les risques associés à la procédure de prélèvement du sang sont considérés comme faibles. En outre, les prélèvements étaient effectués par des techniciens de laboratoire diplômés ayant reçu une mise à niveau spéciale sur la procédure et les précautions universelles à observer pour éviter la transmission d’agents pathogènes transmissibles par le sang. Les lancettes et tous les instruments contaminés par le sang étaient éliminés à la fin de la journée dans un sac pour produits bio dangereux, selon un protocole établi. Le Laboratoire du Département de Parasitologie avait la charge de créer un fichier de données contenant le numéro d’identification du prélèvement et le résultat de tous les tests effectués sur chaque prélèvement. Les données une fois vérifiées, étaient transmises à la direction de l’enquête. 176 • Paludisme 12.5.2 Prévalence du paludisme Couverture du test et de la goutte épaisse Le Tableau 12.12 présente la couverture du test de paludisme. Les résultats indiquent tout d’abord un taux très élevé de couverture du test du paludisme. En effet, parmi les enfants de 6-59 mois éligibles pour le test du paludisme, 96 % ont été testés sur le terrain au moyen d’un test rapide (TDR) et pour 96 % on dispose du résultat de l’examen microscopique de la goutte épaisse. Ce taux de couverture est très élevé pour toutes les catégories d’enfants. Il est néanmoins légèrement plus faible pour les enfants les plus jeunes (74 % pour les 6-9 mois) : en effet, les mères refusent plus fréquemment le test pour les enfants très jeunes et les prélèvements sanguins sont plus délicats chez ces enfants que chez les plus âgés. Dans toutes les grandes régions, le taux de couverture dépasse 95 %. Tableau 12.12 Couverture du test de paludisme chez les enfants (non pondéré) Pourcentage d'enfants de 6-59 mois éligibles pour le Test de Diagnostic Rapide (TDR) et la Goutte épaisse (GE) du paludisme qui ont effectué le TDR et la GE (non pondéré), selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS- Continue, Sénégal 2015 Pourcentage d'enfants ayant effectué le TDR et la GE : Caractéristique sociodémographique Test de Diagnostic Rapide (TDR) Gouttes Épaisses (GE) Effectif d'enfants Age en mois 6-9 74,2 74,0 426 10-11 97,0 97,0 204 12-23 97,5 97,3 1 194 24-35 98,3 98,3 1 299 36-47 98,2 98,1 1 284 48-59 98,2 98,0 1 282 Sexe Masculin 96,5 96,4 2 870 Féminin 95,9 95,8 2 818 Résidence Urbain 96,0 95,8 1 986 Rural 96,4 96,3 3 703 Type de saison Saison des pluies (septembre à janvier) 95,7 95,8 1 289 Saison sèche (février à août) 96,4 96,2 4 399 Grande Région Nord 96,5 96,3 985 Ouest 96,5 96,5 1 648 Centre 96,6 96,5 1 957 Sud 95,0 94,8 1 100 Profil épidémiologique palustre1 Zone I 96,5 96,4 2 632 Zone II 96,6 96,5 1 957 Zone III 95,0 94,8 1 100 Ensemble 96,2 96,1 5 689 1 La Zone I correspond aux deux grandes régions du Nord et de l’Ouest (régions de Dakar, St-Louis, Thiès, Louga et Matam), la Zone II correspond à la grande région du Centre (régions de Diourbel, Kaolack, Fatick et Kaffrine) et la Zone III correspond à la grande région du Sud (régions de Ziguinchor, Tambacounda, Kolda, Kédougou et Sédhiou). Les résultats du TDR qui sont présentés au Tableau 12.13 indiquent qu’environ 1 % des enfants de 6-59 mois ont été testés positifs sur le terrain. On retrouve la même prévalence du paludisme à partir de l’examen microscopique de la goutte épaisse au laboratoire. En outre, les résultats de la goutte épaisse présentent les mêmes tendances que ceux du TDR, quelle que soit la caractéristique sociodémographique considérée. Paludisme • 177 Tableau 12.13 Résultat du test de diagnostic rapide (TDR) et de la goutte épaisse (GE) du paludisme chez les enfants Pourcentage d'enfants de 6-59 mois dont le résultat au Test de Diagnostic Rapide (TDR) et la Goutte épaisse (GE) du paludisme est positif, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Tests de diagnostic rapide (TDR) Goutte épaisse (GE) Caractéristique sociodémographique et sanitaire Pourcentage d'enfants dont le résultat est positif Effectif d'enfants testés Pourcentage d'enfants dont le résultat est positif Effectif d'enfants testés Age en mois 6-9 0,0 316 0,5 315 10-11 0,4 198 0,0 198 12-23 0,5 1 164 0,2 1 162 24-35 0,8 1 277 0,3 1 277 36-47 0,8 1 261 0,4 1 260 48-59 0,5 1 259 0,2 1 257 Sexe Masculin 0,6 2 770 0,2 2 769 Féminin 0,6 2 704 0,4 2 700 Interview de la mère Interviewée 0,7 4 812 0,3 4 804 Mère non interviewée mais vivant dans le ménage 0,1 227 0,0 229 Mère non interviewée et ne vivant pas dans le ménage1 0,4 435 0,3 436 Niveau d'instruction de la mère2 Pas d'instruction 0,8 3 471 0,4 3 467 Primaire 0,4 1 020 0,2 1 018 Moyen/secondaire ou plus 0,2 544 0,0 543 Résidence Urbain 0,3 1 906 0,3 1 904 Rural 0,8 3 568 0,3 3 565 Type de saison Saison des pluies (Septembre à Janvier) 0,7 1 234 0,3 1 235 Saison sèche (Février à Aout) 0,6 4 240 0,3 4 234 Grande Région Nord 0,2 951 0,6 948 Ouest 0,0 1 589 0,1 1 589 Centre 0,6 1 889 0,3 1 889 Sud 2,1 1 045 0,3 1 043 Profil épidémiologique palustre3 Zone I 0,1 2 540 0,3 2 537 Zone II 0,6 1 889 0,3 1 889 Zone III 2,1 1 045 0,3 1 043 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 1,4 1 325 0,4 1 322 Second 1,0 1 209 0,4 1 210 Moyen 0,1 1 124 0,2 1 122 Quatrième 0,1 951 0,2 951 Le plus élevé 0,1 865 0,1 864 Ensemble4 0,6 5 474 0,3 5 469 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit ayant précédé l’enquête. 1 Pour les femmes qui n’ont pas été interviewées, les informations proviennent du Questionnaire Ménage. Non compris les enfants dont la mère n’a pas été listée dans le Questionnaire Ménage. 2 Y compris les enfants dont la mère est décédée. 3 La Zone I correspond aux deux grandes régions du Nord et de l’Ouest (régions de Dakar, St-Louis, Thiès, Louga et Matam), la Zone II correspond à la grande région du Centre (régions de Diourbel, Kaolack, Fatick et Kaffrine) et la Zone III correspond à la grande région du Sud (régions de Ziguinchor, Tambacounda, Kolda, Kédougou et Sédhiou). 4 L’ensemble inclut 6 enfants pour lesquels l’information sur le niveau d’instruction de la mère est manquante. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA • 179 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DU VIH/SIDA 13 Ndèye Lala TRAVARE/ Ibrahima DIOUF/ Dr Papa Amadou NIANG DIALLO/ Mariama GUEYE ans son dernier rapport mondial, l’ONUSIDA constate que « la croissance globale de l’épidémie de sida semble s’être stabilisée » (ONUSIDA, 2010). Cette tendance est attribuée à une combinaison de nombreux facteurs, dont l’évolution naturelle des épidémies de VIH, l’élargissement et l’intensification des programmes d’accès aux traitements et aux soins ; de même, les efforts déployés en matière de prévention ont porté leurs fruits et expliquent, en partie, ces résultats récents. Cependant, la mise en place de programmes de prévention et de prise en charge efficaces ciblant les groupes de population à haut risque d’infection au VIH reste une priorité. Dans ce contexte, les données collectées au cours de l’EDS Continue de 2015 concernant le niveau de connaissance du VIH/sida et de ses moyens de prévention et de transmission, les attitudes et les comportements des femmes et des hommes vis-à-vis de cette maladie s’avèrent très utiles. Les informations ainsi collectées sont essentielles à l’ajustement des programmes en cours, ainsi qu’à la mise en place de nouvelles campagnes de communication dont l’objectif est de changer les comportements vis-à-vis du sida pour renforcer les programmes de prévention ou pour évaluer les résultats des interventions en cours. Les résultats présentés ici concernent principalement les points suivants : • la connaissance de l’existence du VIH/sida, des moyens de prévention, de ses modes de transmission ainsi que des idées erronées sur la transmission et la prévention de l’infection ; • la connaissance de la transmission du virus du VIH de la mère à l’enfant ; • les attitudes et comportements à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida ; • les rapports sexuels avec des partenaires multiples et l’utilisation des condoms lors de ces derniers rapports sexuels à haut risque ; • l’âge des jeunes (15-24 ans) aux premiers rapports sexuels ; • les rapports sexuels avec des partenaires multiples et l’utilisation des condoms lors de ces derniers rapports sexuels chez les jeunes de 15-24 ans ; • les rapports sexuels prénuptiaux parmi les jeunes de 15-24 ans et l’utilisation de condom ; • la connaissance des autres IST et de leurs symptômes et la recherche de traitement pour les IST. D Principaux résultats • Seulement 27 % des femmes de 15-49 ans ont une connaissance considérée comme « approfondie » du VIH/sida. Chez les hommes du même groupe d’âges, cette proportion est de 38 %. • Près d’un tiers des femmes (32 %) et plus de deux hommes sur cinq (46 %) savent que le VIH peut se transmettre par l’allaitement et qu’il existe des médicaments qui peuvent réduire le risque de transmission du VIH pendant la grossesse. • Seulement 14 % des femmes connaissent leur statut sérologique récent. Chez les hommes, cette proportion est plus faible (9 %). 180 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA 13.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA, DES MOYENS DE PRÉVENTION ET DE TRANSMISSION L’EDS Continue 2015 a cherché à évaluer, dans la population générale, les niveaux de connaissance du VIH/sida et de ses modes de transmission ainsi que la connaissance des moyens de prévention de l’infection. Pour évaluer le niveau de connaissance de cette infection par les femmes et les hommes, on leur a demandé s’ils en avaient déjà entendu parler. Les résultats présentés au Tableau 13.1 révèlent que le niveau de connaissance du VIH/sida est très élevé au Sénégal. Le VIH/sida est pratiquement connu de toute la population : (95 % des femmes et 98 % des hommes contre respectivement 95 % et 97 % en 2011). Quelle que soit la caractéristique sociodémographique ou contextuelle considérée, il n’existe pas de différences importantes en matière de connaissance du VIH/sida. Tableau 13.1 Connaissance du sida Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-Continue, Sénégal 2015 Femme Homme Caractéristique sociodémographique A entendu parler du sida Effectif de femmes A entendu parler du sida Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 92,9 3 643 96,1 1 444 15-19 90,6 2 003 93,5 801 20-24 95,7 1 641 99,3 643 25-29 96,5 1 667 99,4 542 30-39 96,2 2 277 99,6 835 40-49 96,1 1 263 99,2 585 État matrimonial Célibataire 94,1 2 709 97,0 1 968 A déjà eu des rapports sexuels 94,5 323 99,9 636 N’a jamais eu de rapports sexuels 94,1 2 386 95,6 1 332 En union 95,0 5 731 99,4 1 411 En rupture d’union 98,3 412 (99,0) 26 Résidence Urbain 97,5 4 205 99,8 1 771 Rural 92,5 4 646 96,1 1 634 Grande Région Nord 93,5 1 456 97,7 464 Ouest 98,1 3 384 99,6 1 477 Centre 95,1 2 520 96,4 843 Sud 88,7 1 491 96,5 622 Niveau d’instruction Pas d’instruction 92,1 4 505 95,9 1 255 Primaire 96,4 1 927 98,3 883 Moyen/secondaire ou plus 98,8 2419 99,9 1266 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 88,4 1 509 93,5 508 Second 91,6 1 579 95,9 616 Moyen 95,7 1 757 99,3 662 Quatrième 98,4 1 886 99,6 753 Le plus élevé 98,3 2 121 99,8 866 Ensemble 15-49 94,9 8 851 98,0 3 405 50-59 na na 99,6 329 Ensemble 15-59 na na 98,2 3 734 na = Non applicable Connaissance des moyens de prévention du VIH/sida La connaissance des moyens de prévention appropriés est essentielle pour se protéger de l’infection à VIH. La limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté ainsi que l’utilisation du condom demeurent les principaux moyens de prévention de l’infection à VIH. Au cours de l’EDS continue de 2015, on a demandé aux enquêtés s’ils savaient que l’on pouvait réduire les risques de contracter le virus Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA • 181 en utilisant les deux moyens de prévention précités. Les résultats selon différentes caractéristiques sociodémographiques sont présentés au Tableau 13.2. Tableau 13.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui, en réponse à une question déterminée, ont déclaré que l’on pouvait réduire les risques de contracter le virus du sida en utilisant des condoms à chaque rapport sexuel, et en se limitant à un seul partenaire sexuel qui n’est pas infecté et qui n’a pas d’autres partenaires selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Utilisant des condoms1 Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n’est pas infecté2 Utilisant des condoms et limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n’est pas infecté1,2 Effectif de femmes Utilisant des condoms1 Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n’est pas infecté2 Utilisant des condoms et limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n’est pas infecté1,2 Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 60,8 80,4 56,9 3 643 76,5 83,5 73,8 1 444 15-19 53,9 76,2 50,2 2 003 68,2 76,4 65,5 801 20-24 69,2 85,6 65,0 1 641 86,8 92,4 84,3 643 25-29 70,3 85,9 66,7 1 667 91,6 95,5 89,1 542 30-39 70,8 87,5 66,8 2 277 90,6 96,8 89,6 835 40-49 66,3 87,9 63,1 1 263 86,3 96,4 85,5 585 État matrimonial Célibataire 63,8 82,3 60,1 2 709 82,1 87,1 79,8 1 968 A déjà eu des rapports sexuels 74,3 86,1 70,2 323 94,1 95,8 92,6 636 N’a jamais eu de rapports sexuels 62,3 81,8 58,8 2 386 76,4 82,9 73,7 1 332 En union 66,3 84,9 62,6 5 731 86,7 96,1 85,3 1 411 En rupture d’union 74,5 89,8 69,1 412 (82,6) (98,2) (82,6) 26 Résidence Urbain 74,8 89,3 71,2 4 205 90,0 94,6 88,9 1 771 Rural 57,9 79,9 54,0 4 646 77,5 86,9 74,8 1 634 Grande Région Nord 50,4 71,7 44,7 1 456 79,3 92,0 77,9 464 Ouest 77,1 92,0 73,8 3 384 90,9 93,6 90,3 1 477 Centre 63,8 85,2 60,6 2 520 75,8 86,1 71,9 843 Sud 59,3 78,1 55,4 1 491 82,3 90,1 79,8 622 Niveau d’instruction Pas d’instruction 57,8 80,7 54,5 4 505 74,8 88,2 72,8 1 255 Primaire 70,9 87,0 67,3 1 927 85,4 90,0 83,7 883 Moyen/secondaire ou plus 77,1 89,1 72,5 2419 92,3 94,3 90,3 1266 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 51,3 76,3 48,4 1 509 70,4 82,5 67,5 508 Second 57,6 79,5 54,2 1 579 78,1 87,0 74,8 616 Moyen 63,6 83,8 59,5 1 757 84,5 91,2 83,2 662 Quatrième 73,4 88,3 69,2 1 886 86,8 91,8 84,3 753 Le plus élevé 77,8 90,8 73,9 2 121 93,4 97,6 93,3 866 Ensemble 15-49 65,9 84,4 62,2 8 851 84,0 90,9 82,1 3 405 50-59 na na na na 84,4 96,6 83,6 329 Ensemble 15-59 na na na na 84,1 91,4 82,3 3 734 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. na = Non applicable 1 En utilisant des condoms au cours de chaque rapport sexuel. 2 Un partenaire qui n’a pas d’autre partenaire. À la lumière des résultats, on constate que 62 % des femmes et 82 % des hommes ont déclaré que le recours à ces deux moyens pouvait réduire les risques de contracter le VIH/sida. De ces deux moyens, c’est la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté qui a été citée le plus fréquemment : 84 % des femmes et 91 % des hommes contre respectivement, 66 % et 84 % pour l’utilisation du condom. On relève également, chez les femmes comme chez les hommes, que ces deux moyens de prévention sont plus connus par ceux qui résident dans les régions de l’ouest et ceux qui vivent en milieu urbain. De même, il se dégage de ces résultats une relation positive entre la connaissance des moyens de prévention du VIH/sida et le niveau de bien être socioéconomique du ménage et le niveau d’instruction. 182 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA Connaissance correcte de la transmission du VIH/sida et rejet d’idées erronées Une série de propositions a été soumise aux enquêtés pour mesurer leur niveau de connaissance correcte concernant la transmission et la prévention du VIH/sida. À partir des résultats obtenus pour chaque proposition, un indicateur qui fournit ce que l’on considère ici comme étant la connaissance « approfondie » du sida a été calculé. Les résultats sont présentés aux Tableaux 13.3.1 pour les femmes et 13.3.2 pour les hommes. À la question « Est-il possible qu’une personne paraissant en bonne santé ait, en fait, le virus du Sida ? », 63 % des femmes ont répondu par l’affirmative. Cette opinion est cependant très variable selon les caractéristiques sociodémographiques. En effet, la proportion de femmes ayant donné une réponse affirmative varie d’un minimum de 55 % chez les femmes sans niveau d’instruction à un maximum de 75 % chez celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire (Tableau 13.3.1). On constate également un écart selon le niveau de bien-être économique du ménage, la proportion variant de 50 % dans les ménages du quintile le plus bas à 78 % dans ceux du quintile le plus élevé. En milieu urbain, les femmes ont été proportionnellement plus nombreuses qu’en milieu rural à connaître cet aspect du VIH (respectivement, 74 % et 53 %). L’analyse selon la région de résidence laisse apparaître aussi des écarts : c’est dans les régions de l’ouest (79 %) que les proportions de femmes ayant répondu affirmativement à cette question sont les plus élevées ; en revanche, dans les régions du Nord (41 %), les proportions sont plus faibles. À la question de savoir si le virus du sida peut être transmis par les piqûres de moustiques, on constate que seulement 52 % des femmes ont répondu correctement, c’est-à-dire de manière négative. En outre, on note qu’en milieu rural, (42 %), parmi les femmes de 40-49 ans (47 %), celles vivant dans un ménage du quintile le plus bas (33 %) et celles qui n’ont aucun niveau d’instruction (38 %), la proportion de femmes qui ont répondu correctement est encore plus faible. Les résultats mettent aussi en évidence des différences interrégionales importantes. C’est dans les régions du sud (44 %) que les pourcentages de femmes possédant l’information correcte sont les plus faibles, contre 59 % dans la zone ouest. En ce qui concerne la transmission par la sorcellerie ou par des moyens surnaturels, les résultats montrent que près de neuf femmes sur dix (85 %) sont bien informées puisqu’elles ont répondu par la négative à cette question. par rapport à cet indicateur, on note des différences importantes selon le niveau de vie du ménage. À la question, «Est-ce qu’on peut contacter le virus du sida en partageant les repas avec une personne atteinte du sida ? », 76 % des femmes ont rejeté cette idée erronée. Néanmoins, parmi les femmes des ménages du quintile le plus bas, cette proportion est plus faible (68 %). On constate également de grandes différences entre les régions. C’est dans la région Sud (70 %) que les proportions de femmes rejetant cette idée erronée est la plus faible. Le Tableau 13.3.1 présente également les proportions de femmes qui rejettent les deux idées locales erronées (voir en note du Tableau 13.3.1) et qui savent aussi qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida. Globalement, on constate que seulement 33 % des femmes possèdent ces bonnes informations. Ce pourcentage varie sensiblement selon l’âge, passant de 29 % chez les 15-19 ans à 36 % chez les 25-29 ans. En outre, on note des variations importantes selon le milieu de résidence. La proportion de femmes ayant répondu correctement en milieu urbain est environ deux fois plus élevée qu’en milieu rural (43 % contre 22 %). Globalement, seulement 27 % des femmes ont une connaissance considérée comme « approfondie » du VIH/sida. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA • 183 Tableau 13.3.1 Connaissance approfondie du sida : Femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant déclaré qu’une personne paraissant en bonne santé pouvait avoir le virus du sida et qui, en réponse à des questions déterminées, rejettent, de manière correcte, les idées locales erronées sur la transmission ou la prévention du virus du sida et pourcentage ayant une connaissance considérée comme « approfondie » du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage de femmes qui déclarent que : Pourcentage sachant qu’une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida et rejetant les deux idées locales erronées les plus courantes1 Pourcentage ayant une connaissance « approfondie » du sida2 Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le virus du sida ne peut être transmis par les piqûres de moustiques Le virus du sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d’une personne qui a sida Groupe d’âges 15-24 59,1 53,3 81,5 72,3 33,5 26,6 3 643 15-19 53,4 50,9 77,0 67,4 29,2 22,2 2 003 20-24 66,2 56,2 87,0 78,4 38,9 32,0 1 641 25-29 66,6 54,0 87,4 78,9 35,6 29,4 1 667 30-39 66,4 49,3 87,7 79,1 33,3 26,6 2 277 40-49 64,2 46,8 86,0 73,9 29,8 23,4 1 263 État matrimonial Célibataire 64,4 60,7 84,0 79,5 42,3 34,2 2 709 A déjà eu des rapports sexuels 66,1 58,1 80,6 76,1 40,5 37,3 323 N’a jamais eu de rapports sexuels 64,1 61,0 84,5 80,0 42,5 33,8 2 386 En union 62,0 46,7 84,7 72,8 28,6 22,5 5 731 En rupture d’union 70,5 57,0 92,0 87,1 40,2 34,4 412 Résidence Urbain 73,8 61,8 91,7 88,0 46,2 38,3 4 205 Rural 53,4 42,1 78,7 64,2 21,7 16,1 4 646 Grande Région Nord 40,7 50,6 82,4 73,9 23,3 14,8 1 456 Ouest 78,5 58,7 93,1 88,7 46,4 38,9 3 384 Centre 60,0 46,7 84,1 73,3 27,9 22,2 2 520 Sud 55,4 44,0 69,8 50,9 22,7 18,2 1 491 Niveau d’instruction Pas d’instruction 54,7 38,4 78,7 66,2 20,2 14,9 4 505 Primaire 68,1 54,1 88,5 80,7 37,3 30,6 1 927 Moyen/secondaire ou plus 74,8 73,6 93,5 88,9 54,6 45,5 2419 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 49,9 33,1 68,1 46,6 13,5 10,0 1 509 Second 52,2 40,3 76,8 62,0 20,0 15,1 1 579 Moyen 60,7 50,5 87,7 79,5 29,8 21,9 1 757 Quatrième 68,0 58,8 93,3 88,5 40,9 33,1 1 886 Le plus élevé 78,2 67,2 92,9 91,3 53,6 45,4 2 121 Ensemble 15-49 63,1 51,5 84,9 75,5 33,3 26,7 8 851 1 Les deux idées erronées les plus fréquemment citées : le virus du sida peut être transmis par des piqûres de moustique et en partageant ses repas avec une personne ayant le sida. 2 Sont considérées comme ayant une connaissance « approfondie », les femmes qui savent que l’utilisation régulière du condom au cours des rapports sexuels et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, celles qui savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et celles qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du virus du sida. Cette proportion de femmes ayant une connaissance « approfondie » du sida augmente régulièrement avec le niveau de bien-être économique du ménage, passant de 10 % dans les ménages du quintile le plus bas à 45 % dans ceux du quintile le plus élevé. Le Tableau 13.3.2 présente les mêmes résultats pour les hommes. Globalement, on ne constate pas d’écarts très importants entre les hommes et les femmes. 184 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA Tableau 13.3.2 Connaissance approfondie du sida : Hommes Pourcentage d’hommes de 15-49 ans ayant déclaré qu’une personne paraissant en bonne santé pouvait avoir le virus du sida et qui, en réponse à des questions déterminées, rejettent, de manière correcte, les idées locales erronées sur la transmission ou la prévention du virus du sida et pourcentage ayant une connaissance considérée comme approfondie du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS- Continue, Sénégal 2015 Pourcentage d’hommes qui déclarent que : Pourcentage sachant qu’une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida et rejetant les deux idées locales erronées les plus courantes1 Pourcentage ayant une connaissance « approfondi » du sida2 Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le virus du sida ne peut être transmis par les piqûres de moustiques Le virus du sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d’une personne qui a sida Groupe d’âges 15-24 66,3 50,7 80,6 64,3 35,0 32,8 1 444 15-19 59,7 44,5 74,0 54,9 28,4 26,7 801 20-24 74,6 58,5 88,7 76,0 43,3 40,5 643 25-29 80,3 53,8 91,5 80,3 43,9 42,2 542 30-39 80,5 53,3 90,0 76,9 43,5 41,6 835 40-49 79,3 54,0 92,2 77,5 42,9 40,4 585 État matrimonial Célibataire 71,9 54,3 84,5 70,3 40,6 38,7 1 968 A déjà eu des rapports sexuels 85,1 56,8 94,3 75,9 46,2 43,8 636 N’a jamais eu de rapports sexuels 65,6 53,2 79,9 67,6 37,9 36,3 1 332 En union 77,5 49,9 89,5 74,9 39,0 36,6 1 411 En rupture d’union (77,0) (42,0) (90,1) (72,1) (31,1) (31,1) 26 Résidence Urbain 82,7 64,0 92,3 86,0 54,2 51,9 1 771 Rural 65,1 39,8 80,4 57,2 24,3 22,5 1 634 Grande Région Nord 65,2 53,1 90,0 66,5 32,4 30,8 464 Ouest 80,6 62,9 90,9 90,2 55,8 54,4 1 477 Centre 63,9 43,7 78,5 59,6 26,8 24,2 843 Sud 79,9 38,8 85,1 50,8 25,2 22,0 622 Niveau d’instruction Pas d’instruction 61,9 29,8 78,2 55,9 16,8 15,5 1 255 Primaire 71,1 47,7 85,4 74,8 35,1 33,4 883 Moyen/secondaire ou plus 88,7 78,1 95,8 86,6 66,1 62,9 1266 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 58,7 29,3 70,3 37,7 14,4 13,0 508 Second 65,0 39,2 81,0 58,4 22,6 20,5 616 Moyen 72,6 45,4 86,7 71,9 32,3 30,5 662 Quatrième 75,8 57,9 91,0 82,7 43,9 41,3 753 Le plus élevé 89,9 75,9 96,3 93,4 69,3 67,2 866 Ensemble 15-49 74,3 52,4 86,6 72,2 39,9 37,8 3 405 50-59 78,8 47,5 86,9 73,6 36,7 32,9 329 Ensemble 15-59 74,7 52,0 86,6 72,3 39,6 37,3 3 734 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Les deux idées erronées les plus fréquemment citées : le virus du sida peut être transmis par des piqûres de moustique et en partageant les repas avec une personne ayant le sida. 2 Sont considérés comme ayant une connaissance « approfondie », les hommes qui savent que l’utilisation régulière du condom au cours des rapports sexuels et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, ceux qui savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et ceux qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du virus du sida. Dans l’ensemble, 38 % des hommes de 15-49 ans ont une connaissance correcte de la transmission du sida, soit 10 points de pourcentage de plus que les femmes. En outre, comme chez les femmes, ce sont ceux qui résident en milieu urbain (52 % contre 23 % en rural), ceux qui vivent dans un ménage du quintile le plus élevé (67 % contre 13 % dans ceux du quintile le plus bas) et les plus instruits (63 % contre 16 % parmi ceux sans aucun niveau d’instruction) qui possèdent le plus fréquemment les informations correctes sur la transmission et la prévention du VIH/sida. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA • 185 Connaissance de la transmission mère-enfant Au cours de l’enquête, on a demandé à tous les enquêtés s’ils savaient que le virus qui cause le sida pouvait être transmis de la mère à son enfant par l’allaitement. En outre, on a demandé à tous les enquêtés s’ils connaissaient des médicaments spéciaux qu’une mère pouvait prendre durant la grossesse pour réduire le risque de transmission maternelle du virus du sida. Le Tableau 13.4 présente les résultats. La connaissance du moyen de transmission du VIH par l’allaitement varie sensiblement selon le sexe. Elle est plus élevée chez les hommes (61 %) que chez les femmes (47 %). Contre toute attente, les résultats selon les quintiles de bien-être économique montrent que la proportion de femmes qui connaissent ce moyen de transmission diminue du quintile le plus bas au plus élevé, passant de 59 % à 38 %. De même, on constate, selon le niveau d’instruction, que le pourcentage de femmes connaissant ce moyen diminue des femmes sans instruction aux plus instruites, passant de 51 % à 44 %. Chez les hommes, que ce soit en fonction du niveau de bien-être économique ou du niveau d’instruction, on observe la tendance inverse. En outre, la connaissance de la possibilité de réduction des risques de transmission du VIH/sida par la prise de médicaments, pendant la grossesse, semble être peu répandue : 41 % des femmes et 55 % des hommes de 15-49 ans. Globalement, près d’un tiers des femmes (32 %) et moins d’un homme sur deux (46 %) savent que le VIH peut se transmettre par l’allaitement et qu’il existe des médicaments qui peuvent réduire le risque de transmission pendant la grossesse. Les écarts entre les différentes variables ne sont pas très importants. On peut souligner que dans la région Ouest, la proportion de femmes connaissant ces deux aspects de la transmission maternelle est plus faible que dans les autres régions (26 % contre 38 % dans le Nord). Par contre, chez les hommes, c’est dans le Nord que l’on note la proportion la plus faible de ceux qui connaissent ce moyen de transmission et l’existence de médicaments qui réduisent le risque de transmission du VIH pendant la grossesse (24 % contre 59 % dans l’Ouest). 186 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA Tableau 13.4 Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui savent que le VIH peut être transmis de la mère à l’enfant par l’allaitement et que le risque de transmission maternelle du VIH à l’enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère durant la grossesse, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Le VIH peut être transmis en allaitant Le risque de TME peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Le VIH peut être transmis en allaitant et le risque de TME peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Effectif de femmes Le VIH peut être transmis en allaitant Le risque de TME peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Le VIH peut être transmis en allaitant et le risque de TME peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 46,7 40,1 31,1 3 643 56,7 48,9 40,7 1 444 15-19 45,1 38,4 28,8 2 003 54,7 42,3 36,5 801 20-24 48,7 42,2 33,8 1 641 59,2 57,1 45,9 643 25-29 42,9 37,2 29,3 1 667 59,1 58,3 46,2 542 30-39 49,5 42,7 33,6 2 277 65,2 57,0 49,0 835 40-49 48,0 45,2 34,0 1 263 66,4 61,4 52,0 585 État matrimonial Célibataire 42,2 40,9 29,7 2 709 58,5 54,2 44,6 1 968 A déjà eu des rapports sexuels 52,1 46,4 38,7 323 62,6 61,3 47,8 636 N’a jamais eu de rapports sexuels 40,8 40,1 28,5 2 386 56,5 50,8 43,1 1 332 En union 49,6 40,9 32,9 5 731 64,3 55,3 47,2 1 411 En rupture d’union 41,0 41,6 31,0 412 (51,7) (42,5) (24,0) 26 Actuellement enceinte Enceinte 50,6 41,5 35,0 734 na na na na Non enceinte ou pas sûre 46,6 40,9 31,5 8 117 na na na na Résidence Urbain 38,9 41,9 30,1 4 205 64,1 65,4 53,8 1 771 Rural 54,2 40,0 33,3 4 646 57,3 42,7 36,6 1 634 Grande Région Nord 59,6 42,5 38,2 1 456 55,4 31,9 24,1 464 Ouest 34,0 38,7 25,8 3 384 63,4 68,3 58,8 1 477 Centre 52,2 44,3 35,4 2 520 59,0 46,8 38,8 843 Sud 54,9 38,9 33,3 1 491 61,3 49,1 38,9 622 Niveau d’instruction Pas d’instruction 50,8 38,5 31,6 4 505 54,8 37,5 33,7 1 255 Primaire 41,3 38,9 28,8 1 927 55,7 49,5 42,3 883 Moyen/secondaire ou plus 44,2 47,2 34,6 2 419 70,5 74,9 59,6 1266 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 58,5 36,2 32,1 1 509 56,4 36,5 32,0 508 Second 53,7 40,3 33,0 1 579 53,8 38,5 33,2 616 Moyen 47,0 40,4 31,3 1 757 57,6 48,7 40,4 662 Quatrième 41,8 43,2 31,5 1 886 61,6 57,9 47,9 753 Le plus élevé 38,0 43,2 31,4 2 121 70,3 78,1 64,0 866 Ensemble 15-49 46,9 40,9 31,8 8 851 60,8 54,5 45,5 3 405 50-59 na na na na 67,7 59,2 53,3 329 Ensemble 15-59 na na na na 61,5 54,9 46,2 3 734 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. na = Non applicable 13.2 STIGMATISATION ENVERS LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH/SIDA La stigmatisation et la discrimination représentent des obstacles majeurs à l’accès universel aux programmes de prévention et de traitement. Pour évaluer, le niveau de stigmatisation à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida, on a demandé aux femmes et aux hommes qui avaient entendu parler de la maladie quelle attitude ils adopteraient s’ils se trouvaient confrontés à certaines situations impliquant des personnes vivant avec le VIH/sida. Plus précisément, on a cherché à savoir si les enquêtés seraient prêts à s’occuper chez eux d’un parent vivant avec le VIH ou s’ils achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH. On leur a également demandé, si de leur point de vue, une enseignante vivant avec le VIH devrait Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA • 187 être autorisée à continuer d’exercer et si l’état de santé d’un membre de la famille atteint de VIH/sida devrait être gardé secret ou divulgué. À partir de ces résultats, on a défini un indicateur qui évalue le niveau global de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH/sida. Les résultats sont présentés au Tableau 13.5.1 pour les femmes et au tableau 13.5.2 pour les hommes. Selon les résultats du Tableau 13.5.1, 73 % des femmes de 15 à 49 ans seraient prêtes à s’occuper chez elles d’un membre de la famille ayant contracté le VIH. Dans une proportion plus faible (42 %), les femmes ont déclaré qu’elles achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH ; pour 53 % des femmes, une enseignante vivant avec le VIH et qui n’est pas malade devrait être autorisée à continuer d’enseigner ; enfin, on constate que seulement 12 % des femmes pensent qu’il n’est pas nécessaire de garder secret l’état d’un membre de la famille vivant avec le VIH. Globalement, seulement 1 % des femmes ont exprimé les quatre attitudes de tolérance. Bien que la proportion de femmes qui feraient preuve de tolérance dans les quatre situations soit faible, on note certaines variations selon les caractéristiques sociodémographiques. Des différences relativement importantes sont observables selon le statut matrimonial. Les femmes célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels seraient plus tolérantes que les autres catégories de femmes (2 % contre moins d’1 % pour celles en union et pour celles en rupture d’union). Le Tableau 13.5.2 présente les mêmes informations concernant les hommes. On ne note pas d’écart très important avec les femmes: cependant, il convient de noter que la proportion d’hommes qui seraient prêts à s’occuper chez eux d’un parent vivant avec le VIH est plus élevée que chez les femmes (90 % contre 73 %). Globalement, 2 % des hommes de 15-49 ans contre 1 % des femmes ont exprimé les quatre attitudes de tolérance. Chez les hommes, les comportements de tolérance sont plus fréquents dans les régions du Nord (4 %) par comparaison au région de l’ouest (1 %). De même, prendre soin chez soi d’un malade du VIH/sida augmente avec le niveau d’instruction, de 88 % à 93 %. D’une manière générale, les résultats montrent que le degré de tolérance total est relativement faible au Sénégal, seulement 1 % des femmes et 2 % des hommes se montreraient tolérants à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida. 188 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA Tableau 13.5.1 Attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida : Femmes Parmi les femmes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, pourcentage exprimant, dans des situations déterminées, des attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage de femmes qui : Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif de femmes ayant entendu parler du sida Caractéristique sociodémographique Seraient prêtes à s’occuper à la maison d’un parent ayant le sida Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le virus du sida Pensent qu’une enseignante vivant avec le virus du sida mais qui n’est pas malade devrait être autorisée à continuer d’enseigner Pensent qu’il n’est pas nécessaire de garder secret l’état d’un membre de la famille ayant le virus du sida Groupe d’âges 15-24 73,2 41,2 50,4 11,9 1,0 3 386 15-19 70,5 36,3 45,4 13,1 0,8 1 815 20-24 76,4 46,9 56,2 10,6 1,1 1 570 25-29 73,1 47,2 56,0 13,1 0,9 1 608 30-39 72,5 41,1 53,2 12,0 0,8 2 191 40-49 72,4 38,6 53,1 13,7 0,7 1 214 État matrimonial Célibataire 80,8 51,6 59,4 9,2 1,4 2 549 A déjà eu des rapports sexuels 85,9 51,4 65,1 10,5 2,4 305 N’a jamais eu de rapports sexuels 80,1 51,7 58,6 9,0 1,2 2 244 En union 69,1 36,9 49,2 14,3 0,7 5 446 En rupture d’union 74,8 48,7 55,5 7,8 0,6 404 Résidence Urbain 83,8 57,3 67,8 7,8 1,2 4 101 Rural 62,5 27,3 38,0 16,9 0,6 4 298 Grande Région Nord 37,9 24,8 35,9 20,6 0,3 1 362 Ouest 88,8 60,2 68,8 4,5 0,9 3 319 Centre 71,7 35,3 45,7 12,2 1,2 2 397 Sud 71,2 25,8 41,5 24,2 1,0 1 322 Niveau d’instruction Pas d’instruction 63,0 28,2 39,9 16,7 0,4 4 151 Primaire 80,2 49,3 59,0 8,6 1,0 1 858 Moyen/secondaire ou plus 84,5 60,1 69,6 8,0 1,7 2 390 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 58,3 15,7 25,2 23,3 0,4 1 333 Second 63,6 25,4 37,2 17,7 1,2 1 446 Moyen 70,8 39,9 51,6 12,8 1,4 1 681 Quatrième 78,1 53,4 64,0 7,6 0,8 1 855 Le plus élevé 85,8 61,6 71,4 5,8 0,7 2 085 Ensemble 15-49 72,9 41,9 52,6 12,4 0,9 8 399 Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA • 189 Tableau 13.5.2 Attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida: Hommes Parmi les hommes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, pourcentage exprimant des attitudes de tolérance, dans des situations déterminées, à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage d’hommes qui : Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif d’hommes ayant entendu parler du sida Caractéristique sociodémographique Seraient prêts à s’occuper à la maison d’un parent ayant le sida Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le virus du sida Pensent qu’une enseignante vivant avec le virus du sida mais qui n’est pas malade devrait être autorisée à continuer d’enseigner Pensent qu’il n’est pas nécessaire de garder secret l’état d’un membre de la famille ayant le virus du sida Groupe d’âges 15-24 87,0 32,2 38,4 19,7 2,1 1 387 15-19 81,8 25,3 32,8 21,8 1,5 749 20-24 93,2 40,3 45,0 17,2 2,7 638 25-29 92,0 48,3 48,6 13,4 1,8 539 30-39 91,7 40,8 47,8 17,7 2,2 832 40-49 92,2 41,6 48,2 20,8 1,8 580 État matrimonial Célibataire 89,2 38,9 43,8 17,2 2,1 1 908 A déjà eu des rapports sexuels 89,8 45,1 48,2 22,4 2,8 635 N’a jamais eu de rapports sexuels 88,8 35,8 41,6 14,7 1,8 1 273 En union 90,9 38,0 44,5 20,0 1,8 1 403 En rupture d’union (91,7) (44,0) (47,5) (16,5) (3,1) 26 Résidence Urbain 91,4 47,7 53,7 10,2 1,9 1 768 Rural 88,2 28,3 33,3 27,6 2,2 1 569 Grande Région Nord 98,6 37,5 49,4 25,4 4,3 453 Ouest 92,2 47,4 49,4 3,4 0,6 1 471 Centre 94,2 33,4 39,6 19,7 2,1 812 Sud 71,9 24,8 33,3 48,0 3,7 600 Niveau d’instruction Pas d’instruction 87,7 22,6 29,4 23,2 0,8 1 203 Primaire 88,9 30,6 32,2 14,0 0,6 868 Moyen/secondaire ou plus 92,6 59,3 66,2 16,8 4,1 1266 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 79,8 15,0 21,6 40,9 1,5 475 Second 89,5 25,1 31,5 28,2 2,1 591 Moyen 88,1 37,8 40,5 17,2 2,3 657 Quatrième 90,9 40,9 46,4 8,9 1,7 751 Le plus élevé 96,3 59,4 65,8 8,4 2,3 864 Ensemble 15-49 89,9 38,6 44,1 18,4 2,0 3 337 50-59 91,4 36,1 47,4 22,2 2,6 328 Ensemble 15-59 90,0 38,4 44,4 18,7 2,1 3 665 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées entre 25-49 cas non pondérés. 13.3 OPINIONS CONCERNANT LA PRÉVENTION DES IST ET DU VIH Négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint Les femmes sont plus exposées que les hommes au risque de contracter le VIH. Cette vulnérabilité physiologique au virus du sida est d’autant plus grave que pour la majorité des femmes, l’accès à l’information, à l’instruction et aux services de santé de la reproduction est limité. Au cours de l’enquête, on a d’une part demandé aux femmes et aux hommes s’ils pensaient que, dans un couple où le mari/partenaire avait des relations sexuelles avec une autre femme, il était justifié que la femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui et d’autre part si, dans le cas où la femme sait que son mari/partenaire a une IST, elle peut demander à ce dernier d’utiliser un condom. Les résultats sont présentés pour les femmes et les hommes au Tableau 13.6. Dans une proportion quasiment identique (48 % contre 47 %), les femmes pensent qu’il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint quand elle sait qu’il a des rapports sexuels avec d’autres femmes. Les femmes ayant déjà eu des rapports sexuels (56 %), celles ayant un niveau 190 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA au moins secondaire (52 % contre 47 % chez les femmes sans instruction), celles vivant dans un ménage classé dans le quintile le plus élevé (50 % contre 48 % dans le plus bas) et celles des régions Nord et Centre (50 % dans les deux cas ) sont celles qui ont le plus fréquemment exprimé cette opinion. Tableau 13.6 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui pensent qu’il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint quand elle sait qu’il a des relations sexuelles avec d’autres femmes et pourcentage qui pensent qu’il est justifié qu’une femme qui sait que son conjoint a une infection sexuellement transmissible (IST) demande à utiliser un condom au cours des rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint si elle sait qu’il a des relations sexuelles avec d’autres femmes Demande à son conjoint d’utiliser un condom au cours des rapports sexuels si elle sait qu’il a une IST Effectif de femmes Refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint si elle sait qu’il a des relations sexuelles avec d’autres femmes Demande à son conjoint d’utiliser un condom au cours des rapports sexuels si elle sait qu’il a une IST Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 46,7 69,5 3 643 47,0 67,2 1 444 15-19 44,4 62,8 2 003 43,5 57,6 801 20-24 49,5 77,6 1 641 51,4 79,1 643 25-29 46,1 81,9 1 667 46,8 87,1 542 30-39 49,1 82,2 2 277 49,2 89,3 835 40-49 50,6 80,5 1 263 45,4 89,0 585 État matrimonial Célibataire 47,3 69,9 2 709 47,1 73,5 1 968 A déjà eu des rapports sexuels 55,9 77,5 323 57,4 91,1 636 N’a jamais eu de rapports sexuels 46,1 68,9 2 386 42,1 65,1 1 332 En union 48,4 79,3 5 731 47,3 87,7 1 411 En rupture d’union 41,7 83,6 412 (56,7) (86,1) 26 Résidence Urbain 47,7 81,1 4 205 43,0 81,3 1 771 Rural 47,8 72,6 4 646 51,8 77,6 1 634 Grande Région Nord 50,4 73,9 1 456 77,0 85,5 464 Ouest 45,1 81,6 3 384 27,0 78,3 1 477 Centre 49,9 75,7 2 520 49,9 72,0 843 Sud 47,7 69,8 1 491 69,6 88,1 622 Niveau d’instruction Pas d’instruction 47,0 73,3 4 505 48,9 75,1 1 255 Primaire 44,6 78,7 1 927 40,4 79,7 883 Moyen/secondaire ou plus 51,7 81,3 2 419 50,3 83,8 1 266 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 47,9 65,3 1 509 56,3 73,3 508 Second 47,9 70,7 1 579 52,4 77,6 616 Moyen 44,6 79,8 1 757 48,3 78,6 662 Quatrième 47,6 78,6 1 886 40,0 77,8 753 Le plus élevé 50,4 84,9 2 121 43,8 86,7 866 Ensemble 15-49 47,8 76,7 8 851 47,2 79,5 3 405 50-59 na na na 47,4 87,0 329 Ensemble 15-59 na na na 47,2 80,2 3 734 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées entre 25-49 cas non pondérés. na = Non applicable En ce qui concerne les hommes, à part dans les régions, on ne note pas de variations importantes de cette proportion. En effet, la proportion d’hommes partageant cette opinion varie de 77 % dans la région Nord contre 27 % dans la région Ouest. Par ailleurs, 77 % des femmes et 80 % des hommes de 15-49 ans pensent qu’il est normal qu’une femme qui sait que son mari/partenaire a une IST lui demande d’utiliser un condom au cours des rapports sexuels. Globalement, on constate que les femmes qui pensent le plus fréquemment qu’il est justifié que, dans cette situation, une femme cherche à se protéger appartiennent aux mêmes catégories que celles qui pensent qu’il est justifié de se protéger quand leur mari/partenaire a des rapports sexuels avec d’autres femmes. Cette constatation s’applique également aux hommes. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA • 191 Enseignement de l’utilisation du condom aux jeunes de 12-14 ans L’enseignement de l’utilisation du condom, en tant que moyen de prévention du VIH, aux jeunes de 12-14 ans est une composante de toute stratégie de maitrise de l’épidémie. Le Tableau 13.7 présente les proportions de femmes et d’hommes de 18-49 ans qui pensent que l’on devrait enseigner l’utilisation du condom, en tant que moyen de prévention du VIH, aux jeunes de 12-14 ans. Globalement, les résultats montrent que dans une proportion très proche, les femmes et les hommes (36 % contre 29 %) sont favorables à cette mesure de prévention. Les variations sont relativement importantes selon le niveau d’instruction, la région et le milieu de résidence. Tableau 13.7 Adultes favorables à l’enseignement de l’utilisation du condom en tant que moyen de prévention du sida Pourcentage de femmes et d’hommes de 18-49 ans qui pensent que l’on devrait enseigner aux jeunes de 12-14 ans l’utilisation du condom comme moyen de prévention du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS- Continue, Sénégal 2015 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage favorable Effectif Pourcentage favorable Effectif Groupe d’âges 18-24 36,0 2 478 28,3 932 18-19 34,6 838 27,4 290 20-24 36,7 1 641 28,7 643 25-29 39,2 1 667 32,1 542 30-39 34,3 2 277 30,5 835 40-49 34,1 1 263 25,6 585 État matrimonial Célibataire 39,2 1 690 31,2 1 456 Marié ou vivant ensemble 34,7 5 588 27,2 1 411 Divorcé/séparé/veuf 37,5 408 (16,2) 26 Résidence Urbain 38,8 3 690 28,0 1 535 Rural 33,1 3 996 30,4 1 359 Grande Région Nord 24,3 1 232 40,8 377 Ouest 41,8 2 982 21,8 1 296 Centre 35,7 2 188 29,2 694 Sud 33,4 1 284 38,8 526 Niveau d’instruction Pas d’instruction 32,7 4 177 23,8 1 117 Primaire 37,6 1 649 23,9 762 Moyen/secondaire ou plus 41,4 1 859 38,9 1 014 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 30,8 1 283 32,3 415 Second 32,7 1 350 30,7 517 Moyen 36,1 1 521 28,3 559 Quatrième 37,7 1 646 21,6 648 Le plus élevé 39,7 1 885 33,4 754 Ensemble 18-49 35,9 7 686 29,1 2 894 50-59 na na 22,1 329 Ensemble 18-59 na na 28,4 3 223 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées entre 25-49 cas non pondérés. Na = Non applicable 13.4 TEST DU VIH Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes et aux hommes s’ils avaient déjà effectué un test de dépistage du VIH et s’ils avaient reçu ou non les résultats de leur test. Les résultats sont présentés dans les Tableaux 13.8.1 et 13.8.2. Test du VIH chez les femmes Les résultats du tableau 13.8.1 montrent que 77 % des femmes ont déclaré connaitre un endroit où aller pour faire un test de dépistage du VIH. Parmi les femmes ayant un niveau moyen/secondaire ou plus, 192 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé, celles résidant en milieu urbain et dans la grande région Ouest et celles en rupture d’union, cette proportion est beaucoup plus élevée et excède 80 %, Cependant, si 77 % des femmes ont déclaré connaître un endroit pour effectuer un test du VIH, on constate que 55 % n’ont jamais effectué de test. Dans 43 % des cas, les femmes ont subi un test de dépistage du VIH et en ont reçu le résultat et 3 % ont effectué le test mais sans recevoir le résultat. Les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (52 %), les femmes du milieu urbain (49 %), celles résidant dans la grande région Ouest (50 %), celles ayant un niveau d’instruction primaire (49 %) et celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (50 %) sont celles qui ont le plus fréquemment effectué un test du VIH et qui en ont reçu le résultat. Par ailleurs, seulement 14 % des femmes connaissent leur statut sérologique récent. Il s’ agit en particulier des célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (21 %), de celles qui sont instruites (17 % pour le niveau secondaire ou plus et 15 % pour le niveau primaire contre 11 % pour celles sans niveau d’instruction) et de celles de la grande région Sud (17 %). Les écarts selon les quintiles de bien-être économiques ne sont pas importants Tableau 13.8.1 Couverture du test du VIH antérieur à l’enquête : Femme Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui savent où se rendre pour effectuer un test du VIH ; répartition (en %) des femmes de 15-49 ans selon qu’elles ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu’elles ont reçu, ou non, les résultats du dernier test ; pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant déjà effectué un test du VIH et pourcentage de celles ayant effectué un test au cours des 12 derniers mois et ayant reçu les résultats du dernier test, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage sachant où se rendre pour effectuer un test du VIH Répartition (en %) des femmes selon qu’elles ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu’elles ont reçu, ou non, les résultats du dernier test Total Pourcentage ayant déjà effectué un test Pourcentage ayant effectué un test au cours des 12 derniers mois et ayant reçu le résultat du dernier test Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique A effectué un test et a reçu le résultat A effectué un test mais n’a pas reçu le résultat N’a jamais effectué de test1 Groupe d’âges 15-24 70,8 30,1 2,9 67,0 100,0 33,0 11,4 3 643 15-19 64,1 18,9 2,2 78,9 100,0 21,1 8,1 2 003 20-24 79,1 43,7 3,7 52,6 100,0 47,4 15,4 1 641 25-29 82,9 53,4 3,1 43,5 100,0 56,5 17,3 1 667 30-39 81,2 54,5 2,6 42,9 100,0 57,1 16,5 2 277 40-49 80,2 43,1 1,6 55,3 100,0 44,7 10,5 1 263 État matrimonial 1 Célibataire 73,2 25,4 2,4 72,2 100,0 27,8 8,7 2 709 A déjà eu des rapports sexuels 79,3 51,7 4,3 43,9 100,0 56,1 21,2 323 N’a jamais eu de rapports sexuels 72,4 21,9 2,1 76,0 100,0 24,0 7,0 2 386 En union 78,5 50,2 2,9 46,9 100,0 53,1 16,2 5 731 En rupture d’union 83,8 50,9 0,8 48,4 100,0 51,6 11,3 412 Résidence Urbain 84,9 49,0 2,1 48,9 100,0 51,1 14,9 4 205 Rural 70,1 36,8 3,2 60,0 100,0 40,0 12,6 4 646 Grande Région Nord 65,1 24,7 3,5 71,8 100,0 28,2 10,0 1 456 Ouest 85,9 50,4 1,7 47,9 100,0 52,1 13,9 3 384 Centre 73,1 39,5 2,9 57,6 100,0 42,4 13,7 2 520 Sud 75,6 47,8 3,7 48,5 100,0 51,5 16,7 1 491 Niveau d’instruction Pas d’instruction 70,1 37,6 2,7 59,8 100,0 40,2 11,3 4 505 Primaire 79,8 48,9 2,1 49,0 100,0 51,0 15,2 1 927 Moyen/secondaire ou plus 88,0 47,0 3,1 49,9 100,0 50,1 16,9 2 419 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 64,0 34,2 3,1 62,7 100,0 37,3 13,1 1 509 Second 68,6 37,5 3,3 59,1 100,0 40,9 13,0 1 579 Moyen 79,1 43,7 3,4 52,9 100,0 47,1 14,1 1 757 Quatrième 80,5 44,7 1,4 53,8 100,0 46,2 14,7 1 886 Le plus élevé 88,1 49,6 2,4 48,0 100,0 52,0 13,4 2 121 Ensemble 15-49 77,1 42,6 2,7 54,7 100,0 45,3 13,7 8 851 1 Y compris : Ne sait pas/Manquant. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA • 193 Test du VIH chez les hommes Le Tableau 13.8.2 présente les mêmes résultats pour les hommes. On constate que, la proportion d’hommes qui connaissent un endroit où effectuer un test du VIH est moins élevée que celle des femmes (53 % contre 77 %). Comme chez les femmes, on note que les hommes qui connaissent le plus fréquemment un endroit où effectuer un test sont ceux du milieu urbain (65 %), les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (67 %), ceux de la grande région Ouest (61 %), ceux ayant un niveau moyen/secondaire ou plus (77 %) et ceux vivant dans un ménage du quintile le plus élevé (75 %). Tableau 13.8.2 Couverture du test du VIH antérieur à l’enquête : Homme Pourcentage d’hommes de 15-49 ans qui savent où se rendre pour effectuer un test du VIH ; répartition (en %) des hommes de 15-49 ans selon qu’ils ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu’ils ont reçu, ou non, les résultats du dernier test ; pourcentage d’hommes de 15-49 ans ayant déjà effectué un test du VIH et pourcentage de ceux ayant effectué un test au cours des 12 derniers mois et ayant reçu les résultats du dernier test, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage sachant où se rendre pour effectuer un test du VIH Répartition (en %) des hommes selon qu’ils ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu’ils ont reçu, ou non, les résultats du dernier test Total Pourcentage ayant déjà effectué un test Pourcentage ayant effectué un test au cours des 12 derniers mois et ayant reçu le résultat du dernier test Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique A effectué un test et a reçu le résultat A effectué un test mais n’a pas reçu le résultat N’a jamais effectué de test1 Groupe d’âges 15-24 41,5 16,4 1,9 81,7 100,0 18,3 6,4 1 444 15-19 31,8 10,8 2,1 87,1 100,0 12,9 6,3 801 20-24 53,6 23,4 1,7 74,9 100,0 25,1 6,6 643 25-29 59,4 26,2 1,9 71,9 100,0 28,1 9,5 542 30-39 62,4 26,4 1,9 71,6 100,0 28,4 11,6 835 40-49 63,5 24,2 1,7 74,1 100,0 25,9 10,9 585 État matrimonial Célibataire 49,6 19,5 1,9 78,6 100,0 21,4 7,4 1 968 A déjà eu des rapports sexuels 67,4 32,0 2,3 65,6 100,0 34,4 12,3 636 N’a jamais eu de rapports sexuels 41,1 13,5 1,7 84,7 100,0 15,3 5,0 1 332 En union 58,5 24,5 1,8 73,6 100,0 26,4 10,8 1 411 En rupture d’union (46,6) (42,7) (0,0) (57,3) 100,0 (42,7) (27,2) 26 Résidence Urbain 65,1 26,8 1,9 71,3 100,0 28,7 11,2 1 771 Rural 40,4 16,3 1,9 81,8 100,0 18,2 6,5 1 634 Grande Région Nord 42,3 17,9 1,2 80,9 100,0 19,1 8,3 464 Ouest 61,2 21,1 1,2 77,6 100,0 22,4 8,7 1 477 Centre 43,0 17,3 2,4 80,3 100,0 19,7 8,0 843 Sud 56,5 32,3 3,2 64,5 100,0 35,5 11,4 622 Niveau d’instruction Pas d’instruction 30,2 10,6 1,5 87,9 100,0 12,1 4,3 1 255 Primaire 52,1 19,8 0,7 79,5 100,0 20,5 7,5 883 Moyen/secondaire ou plus 76,8 34,2 3,1 62,7 100,0 37,3 14,6 1266 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 32,4 12,9 2,8 84,4 100,0 15,6 3,8 508 Second 42,3 18,2 1,8 80,0 100,0 20,0 8,0 616 Moyen 47,9 19,1 1,5 79,5 100,0 20,5 8,3 662 Quatrième 55,8 21,0 1,5 77,5 100,0 22,5 9,6 753 Le plus élevé 75,1 32,3 2,1 65,6 100,0 34,4 12,6 866 Ensemble 15-49 53,3 21,8 1,9 76,3 100,0 23,7 8,9 3 405 50-59 53,0 20,6 1,2 78,2 100,0 21,8 8,2 329 Ensemble 15-59 53,2 21,7 1,8 76,5 100,0 23,5 8,9 3 734 Note : les valeurs entre parenthèses sont basées entre 25-49 cas non pondérés. 1 Y compris : Ne sait pas/Manquant. En outre, les résultats montrent que la proportion d’hommes n’ayant jamais effectué de test est plus importante (76 %) que celle observée chez les femmes (55 %). Seulement 22 % des hommes ont effectué un test du VIH et en ont reçu le résultat contre 43 % chez les femmes. Dans 2 % des cas, ils ont effectué un test mais n’en connaissent pas le résultat. Les hommes qui ont déjà fait un test et reçu le résultat sont les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (32 %), ceux du milieu urbain (27 %), ceux résidant dans la 194 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA grande région Sud (32 %), ceux ayant un niveau d’instruction moyen/secondaire ou plus (34 %) et ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (32 %). Dans une proportion inférieure à celle des femmes (9 % contre 14 %), les hommes ont reçu le résultat du dernier test effectué dans les 12 derniers mois. Les hommes qui connaissent leur statut sérologique récent sont les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (12 %), ceux du milieu urbain (11 %), ceux de la grande région Sud (11 %), ceux ayant un niveau moyen/secondaire ou plus (15 %) et ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (13 %). Test du VIH pour chez les femmes enceintes Le Tableau 13.9 présente parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance au cours des deux années ayant précédé l’enquête, les proportions de celles ayant reçu des conseils sur le VIH et ayant effectué un test du VIH pendant une visite prénatale pour la naissance la plus récente selon qu’elles ont reçu ou non le résultat du test et qu’elles ont reçu ou non des conseils après le test; et les pourcentages de celles ayant effectué un test du VIH au cours d’une visite prénatale ou au moment de l’accouchement pour la naissance la plus récente selon qu’elles ont reçu ou non le résultat du test, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Dans l’ensemble, les résultats montrent que seulement 33 % des femmes ont reçu des conseils sur le VIH au cours d’une visite prénatale. Dans 31 % des cas, les femmes, ayant effectué un test du VIH au cours d’une visite prénatale, ont eu connaissance du résultat du test et ont reçu des conseils après le test et 21 % des femmes, ont reçu le résultat mais pas de conseils après le test. En outre, 3 % des femmes ayant effectué un test du VIH au cours d’une visite prénatale n’ont pas reçu le résultat. Globalement, au cours d’une visite prénatale, seulement 26 % des femmes enceintes ont, à la fois, reçu des conseils sur le VIH/sida avant le test, effectué un test du VIH et reçu les résultats. Les femmes qui ont le plus fréquemment bénéficié de conseils et qui ont aussi reçu les résultat du test du VIH sont celles en rupture d’union (33 %), celles du milieu urbain (31 % contre 24 % en rural), celles de la grande région Sud (31 %) ainsi que les femmes ayant un niveau d’instruction moyen/secondaire et plus (35 %). Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA • 195 Tableau 13.9 Femmes enceintes conseillées et ayant effectué un test du VIH Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance au cours des deux années ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant reçu des conseils sur le VIH avant le test, pourcentage ayant effectué un test du VIH pendant une visite prénatale pour la naissance la plus récente selon qu’elles ont reçu ou non le résultat du test et qu’elles ont reçu ou non des conseils après le test; pourcentage ayant effectué un test du VIH au cours d’une visite prénatale ou au moment de l’accouchement pour la naissance la plus récente selon qu’elles ont reçu ou non le résultat du test, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage ayant reçu des conseils sur le VIH au cours d’une visite prénatale1 Pourcentage ayant effectué un test du VIH durant une visite prénatale et qui : Pourcentage ayant reçu des conseils sur le VIH, ayant effectué un test du VIH au cours d’une visite prénatale et ayant reçu le résultat Pourcentage ayant effectué un test du VIH au cours d’une visite prénatale ou au moment de l’accouchement et qui :2 Effectif de femmes ayant eu une naissance au cours des deux dernières années3 Caractéristique sociodémographique Ont reçu le résultat et des conseils après le test Ont reçu le résultat et n’ont pas reçu des conseils après le test N’ont pas reçu le résultat du test A reçu les résultats N’a pas reçu les résultats Groupe d’âges 15-24 29,1 29,6 19,4 2,3 22,9 49,1 2,3 741 15-19 23,1 25,9 15,0 1,0 18,4 40,9 1,0 197 20-24 31,2 31,0 21,0 2,8 24,5 52,0 2,8 544 25-29 35,1 30,4 21,4 3,7 26,7 52,1 3,7 704 30-39 35,9 30,4 23,2 2,2 28,9 53,6 2,2 787 40-49 33,5 36,4 17,9 2,1 25,3 54,7 2,1 183 État matrimonial Célibataire 31,2 30,7 36,7 2,4 25,7 67,4 2,4 80 Mariée ou vivant ensemble 33,4 30,3 20,6 2,7 26,0 51,1 2,7 2 280 En rupture d’union 33,9 42,3 20,0 0,0 33,0 62,3 0,0 55 Résidence Urbain 38,8 31,7 34,0 2,2 30,6 65,7 2,2 807 Rural 30,6 30,1 14,7 2,9 23,9 44,9 2,9 1 608 Grande Région Nord 27,6 20,9 4,0 0,7 21,5 24,8 0,7 437 Ouest 33,2 24,5 46,3 1,7 25,7 71,0 1,7 651 Centre 34,5 31,8 17,4 3,8 26,3 49,3 3,8 843 Sud 37,0 45,7 9,2 3,8 30,7 54,9 3,8 483 Niveau d’instruction Pas d’instruction 28,9 27,6 16,4 2,9 21,8 44,1 2,9 1 603 Primaire 42,0 31,9 32,7 2,3 34,4 64,6 2,3 485 Moyen/secondaire ou plus 42,6 43,5 27,3 2,0 35,2 70,8 2,0 326 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 23,7 27,9 10,9 2,9 18,3 38,9 2,9 623 Second 31,8 29,5 17,2 3,3 25,2 46,8 3,3 550 Moyen 39,4 33,1 21,2 3,3 31,0 54,5 3,3 448 Quatrième 38,7 33,1 28,0 1,3 31,2 61,2 1,3 447 Le plus élevé 38,6 30,9 36,8 2,3 29,2 67,7 2,3 346 Ensemble 15-49 33,4 30,6 21,1 2,7 26,2 51,8 2,7 2 414 1 Des conseils sur le VIH avant le test signifie ici que quelqu’un a parlé à l’enquêtée des trois sujets suivants: 1) la transmission du virus du sida de la mère au bébé, 2) la prévention du virus et 3) effectuer un test du VIH. 2 La question sur le test au moment de l’accouchement n’est posée qu’aux femmes qui n’ont pas effectué de test pendant une visite prénatale. 3 Sont incluses dans le dénominateur les femmes qui n’ont pas reçu de soins prénatals pour leur dernière naissance ayant eu lieu au cours des deux dernières années. 13.5 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES Les IST facilitent la transmission du VIH. Elles constituent ainsi un problème de santé publique, raison pour laquelle le gouvernement sénégalais et l’ensemble des partenaires en ont fait l’une de leurs priorités. Au cours de l’enquête, pour établir une prévalence déclarée des IST, on a demandé aux femmes et aux hommes de 15-49 ans ayant déjà eu des rapports sexuels s’ils avaient eu, au cours des 12 mois précédant l’enquête, une IST et/ou des symptômes associés à des IST. Les résultats sont présentés au Tableau 13.10 selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 196 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA Tableau 13.10 Prévalence déclarée des infections sexuellement transmissibles (IST) et symptômes déclarés d’IST Parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans ayant déjà eu des rapports sexuels, pourcentage ayant déclaré avoir eu une IST et/ou des symptômes d’IST au cours des 12 derniers mois selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage de femmes ayant déclaré avoir eu, au cours des 12 derniers mois : Pourcentage d’hommes ayant déclaré avoir eu, au cours des 12 derniers mois : Caractéristique sociodémographique Une IST Pertes vaginales anormales et malodorantes Plaie/ ulcère génital IST/ pertes/ plaie ou ulcère Effectif de femmes ayant déjà eu des rapports sexuels Une IST Ecoulement du pénis Plaie/ ulcère génital IST/ écoulement/ plaie ou ulcère Effectif d’ hommes ayant déjà eu des rapports sexuels Groupe d’âges 15-24 1,4 13,4 8,9 19,2 1 564 0,3 2,8 0,4 2,9 339 15-19 0,7 12,6 7,9 17,7 506 0,6 4,3 0,8 4,3 108 20-24 1,8 13,8 9,4 19,9 1 058 0,2 2,1 0,2 2,3 231 25-29 3,8 15,9 8,6 21,0 1 430 0,7 0,3 3,1 4,0 361 30-39 1,6 14,2 9,1 19,2 2 184 1,2 1,2 1,5 3,0 779 40-49 2,4 12,5 8,3 17,8 1 247 2,8 2,7 3,7 5,5 581 État matrimonial Célibataire 3,0 14,9 11,0 21,4 323 0,3 1,6 1,5 2,9 636 A déjà eu des rapports sexuels 3,0 14,9 11,0 21,4 323 0,3 1,6 1,5 2,9 636 En union 2,1 14,2 8,8 19,6 5 693 2,0 1,8 2,6 4,3 1 398 En rupture d’union 3,1 11,3 6,6 13,7 410 (0,0) (1,0) (2,8) (3,8) 26 Résidence Urbain 2,7 13,6 8,9 18,9 2 734 2,3 2,2 3,9 5,9 1 086 Rural 1,9 14,3 8,7 19,7 3 691 0,5 1,2 0,4 1,6 974 Grande Région Nord 2,4 17,1 8,8 24,3 1 108 0,6 1,4 0,4 2,0 255 Ouest 2,6 12,9 10,1 17,9 2 155 2,1 1,9 4,9 6,0 864 Centre 2,3 15,8 7,4 20,8 1 935 0,3 0,8 0,3 1,3 464 Sud 1,3 10,5 8,6 15,1 1 227 1,8 2,6 0,3 3,4 477 Niveau d’instruction Pas d’instruction 1,8 13,7 8,7 19,1 3 964 0,9 1,8 3,5 4,3 822 Primaire 2,3 14,4 9,3 19,2 1 441 1,5 1,7 1,6 3,5 580 Moyen/secondaire ou plus 3,7 14,8 8,4 20,3 1 020 2,0 1,8 1,3 3,6 657 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 1,1 14,3 7,6 18,7 1 255 0,8 2,3 0,9 3,0 334 Second 1,9 15,1 10,3 20,4 1 259 0,0 1,5 0,2 1,5 366 Moyen 1,5 12,1 8,3 18,2 1 304 0,6 0,7 2,8 3,7 398 Quatrième 3,0 14,8 11,4 22,2 1 318 1,0 1,5 5,1 6,6 442 Le plus élevé 3,4 14,0 6,3 17,1 1 289 3,8 2,5 1,6 3,9 519 Ensemble 15-49 2,2 14,0 8,8 19,3 6 425 1,4 1,7 2,2 3,9 2 059 50-59 na na Na na na 1,0 1,1 0,7 2,2 326 Ensemble 15-59 na na Na na na 1,4 1,6 2,0 3,6 2 386 Note : les valeurs entre parenthèses sont basées entre 25-49 cas non pondérés. na = Non applicable Les résultats montrent que 2 % des femmes ayant déjà eu des rapports sexuels ont déclaré avoir eu une IST au cours des 12 derniers mois. Par ailleurs, certaines enquêtées ont déclaré avoir eu des symptômes qui peuvent être révélateurs d’IST, 14 % des femmes ont déclaré avoir eu des pertes vaginales malodorantes et 9 % des plaies ou ulcères génitaux. Si l’on prend en compte la déclaration de ces symptômes, la prévalence déclarée des IST passe de 2 % à 19 %. La prévalence la plus élevée est observée dans la région Nord (24 %) et la plus faible dans la région Sud (15 %). La prévalence déclarée des IST est plus faible chez les hommes que chez les femmes: un homme ayant déjà eu des rapports sexuels sur 10 (1 %) ayant déclaré avoir eu une IST. Dans 2 % des cas les hommes ont déclaré avoir eu un écoulement du pénis et 2 % des plaies ou ulcères génitaux. Si on tient compte de ces symptômes, la prévalence déclarée des IST est de 4 %. Cette prévalence déclarée des IST est plus élevée dans le groupe d’âges 40-49 ans (6 %), en milieu urbain (6 %), dans la région Ouest (6 %) et parmi les hommes dont le ménage est classé dans le quatrième quintile (7 %). Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA • 197 13.6 COMPORTEMENTS SEXUELS CHEZ LES JEUNES ET VIH/SIDA Cette section est consacrée à l’analyse des résultats obtenus à partir des données collectées sur le comportement sexuels des jeunes âgés de 15-24 ans face au VIH/SIDA. Connaissance « approfondie » du VIH/sida et connaissance d’un endroit où se procurer un condom Dans l’ensemble, 27 % des femmes et 33 % des hommes de 15-24 ans ont une connaissance considérée comme « approfondie » du VIH/sida (Tableau 13.11). La définition de la connaissance approfondie du VIH est la même que celle utilisée pour la population des 15-49 ans.1. Le niveau de connaissance « approfondie » du sida augmente avec l’âge, passant de 20 % chez les jeunes femmes de 15-17 ans à 32 % chez celles de 23-24 ans. Chez les hommes, il passe de 26 % à 46 % dans les mêmes groupes d’âges. En outre, on constate que ce sont les jeunes femmes et les jeunes hommes du milieu urbain (respectivement 39 % et 47 %) et ceux qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus (respectivement, 41 % et 54 %) qui ont le plus souvent une connaissance « approfondie »du sida. Tableau 13.11 Connaissance « approfondie » du VIH/sida et connaissance d’un endroit où se procurer des condoms parmi les jeunes Pourcentage de jeunes femmes et de jeunes hommes de 15-24 ans ayant une connaissance « ’approfondie »‘ du sida et pourcentage connaissant un endroit où se procurer des condoms, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant une connaissance « approfondie » du sida1 Pourcentage connaissant un endroit où se procurer des condoms1 Effectif de femmes Pourcentage ayant une connaissance « approfondie » du sida1 Pourcentage connaissant un endroit où se procurer des condoms1 Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 22,2 33,8 2 003 26,7 44,3 801 15-17 19,5 28,1 1 165 26,3 38,3 511 18-19 25,9 41,6 838 27,4 55,1 290 20-24 32,0 55,8 1 641 40,5 75,9 643 20-22 31,8 54,1 1 070 37,0 72,5 396 23-24 32,2 58,9 571 46,0 81,6 246 État matrimonial Célibataire 30,9 44,3 2 245 33,6 58,6 1 407 A déjà eu des rapports sexuels 31,9 65,4 194 35,0 91,3 306 N’a jamais eu de rapports sexuels 30,8 42,4 2 052 33,2 49,5 1 101 En union 19,7 42,6 1 398 (4,2) (50,2) 37 Résidence Urbain 39,3 57,2 1 677 47,2 73,8 704 Rural 15,8 32,1 1 966 19,1 43,8 740 Niveau d’instruction Pas d’instruction 11,3 25,3 1 278 8,6 28,5 413 Primaire 21,7 33,4 743 14,8 49,4 299 Moyen/secondaire ou plus 40,9 62,9 1623 53,9 79,0 732 Ensemble 26,6 43,7 3 643 32,8 58,4 1 444 Note : les valeurs entre parenthèses sont basées entre 25-49 cas non pondérés. 1 Sont considérés comme ayant une connaissance « approfondie », les femmes et les hommes qui savent que l’utilisation régulière du condom au cours des rapports sexuels et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, ceux qui savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et ceux qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du virus du sida. Les éléments de la connaissance complète sont présentés aux tableaux 13.2, 13.3.1 et 13.3.2. 2 Dans ce tableau, les réponses telles que « amis », « famille » et « maison » n’ont pas été prises en compte comme source d’approvisionnement du condom. Parallèlement, on a demandé aux enquêtés s’ils connaissaient un endroit où se procurer des condoms. Ainsi, il apparaît que 44 % des femmes de 15-24 ans contre 58 % des hommes savent où se rendre pour obtenir des condoms. Chez les hommes comme chez les femmes, on note des variations importantes. En effet, la connaissance d’un endroit où se procurer des condoms augmente avec l’âge, passant de 28 % à 1 Cette définition est la même que celle utilisée pour l’ensemble de la population (voir tableaux 13.3.1 et 13.3.2). 198 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA 15-17 ans à 59 % à 23-24 ans chez les femmes et de 38 % à 82 % chez les hommes des mêmes groupes d’âges. Si on considère l’état matrimonial, on constate globalement que les célibataires qui ont déjà eu des rapports sexuels sont ceux qui connaissent le plus fréquemment un endroit où se procurer des condoms (65 % chez les femmes et 91 % chez les hommes). On observe également un écart important entre le milieu urbain (57 % chez les femmes et 74 % chez les hommes) et le milieu rural (respectivement 32 % et 44 %). La connaissance d’un tel endroit augmente avec le niveau d’instruction allant, chez les jeunes femmes, de 25 % chez celles sans niveau d’instruction à 63 % chez les plus instruites et chez les jeunes hommes de respectivement 29 % à 79 %. Âge aux premiers rapports sexuels parmi les jeunes En tant que déterminant de l’activité sexuelle, l’âge aux premiers rapports sexuels des jeunes de 15- 24 ans a une grande importance en matière de prévention du VIH Sa connaissance est un élément important pour l’élaboration des politiques en termes de prévention du VIH/SIDA. Le Tableau 13.12 présente les proportions de jeunes femmes et de jeunes hommes de 15-24 ans et 18-24 ans ayant eu des rapports sexuels avant les âges exacts de 15 et 18 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 13.12 Âge aux premiers rapports sexuels parmi les jeunes Pourcentage de jeunes femmes et de jeunes hommes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels avant l’âge de 15 ans et pourcentage de jeunes femmes et de jeunes hommes de 18-24 ans ayant eu des rapports sexuels avant l’âge de 18 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant d’atteindre 15 ans exacts Effectif de femmes (15-24 ans) Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant d’atteindre 18 ans exacts Effectif de femmes (18-24 ans) Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant d’atteindre 15 ans exacts Effectif d’hommes (15-24 ans) Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant d’atteindre 18 ans exacts Effectif d’hommes (18-24 ans) Groupe d’âges 15-19 5,8 2 003 na na 5,9 801 na na 15-17 5,5 1 165 na na 5,4 511 na na 18-19 6,2 838 32,2 838 6,6 290 16,8 290 20-24 9,4 1 641 34,3 1 641 3,7 643 15,5 643 20-22 9,2 1 070 35,6 1 070 4,5 396 16,2 396 23-24 9,7 571 31,9 571 2,4 246 14,4 246 État matrimonial Célibataire 2,0 2 245 7,8 1 226 4,9 1 407 15,9 896 En union 16,1 1 398 58,9 1 252 (3,0) 37 (17,0) 37 Connaît une source de condom1 Oui 6,8 1 591 28,2 1 263 7,5 843 20,8 648 Non 7,9 2 052 39,2 1 215 1,1 600 4,7 285 Résidence Urbain 3,8 1 677 18,2 1 161 5,0 704 14,7 467 Rural 10,5 1 966 47,1 1 317 4,8 740 17,1 465 Niveau d’instruction Pas d’instruction 12,7 1 278 50,7 950 2,0 413 9,0 274 Primaire 8,7 743 42,1 465 4,3 299 13,5 178 Moyen/secondaire ou plus 2,7 1 623 14,6 1063 6,7 732 20,7 480 Ensemble 7,4 3 643 33,6 2 478 4,9 1 444 15,9 932 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. na = Non applicable 1 Dans ce tableau, les réponses telles que « amis », « famille » et « maison » n’ont pas été prises en compte comme source d’approvisionnement du condom. De manière générale, on constate que moins d’une femme sur dix (7 %) avait eu ses premiers rapports sexuels avant d’atteindre l’âge de 15 ans exacts. C’est parmi les jeunes femmes en union (16 %), celles du milieu rural (11 %) et parmi celles qui n’ont aucun niveau d’instruction (13 %) que cette proportion est la plus élevée. Parmi les jeunes femmes de 18-24 ans, un tiers (34 %) avaient déjà eu leurs premiers Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA • 199 rapports sexuels avant d’atteindre 18 ans exacts. Cette proportion est nettement plus élevée chez les jeunes femmes en union (59 %), en milieu rural (47 %) et parmi celles sans instruction (51 %). Concernant les jeunes hommes, on constate que 5 % avaient eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre l’âge de 15 ans exacts. Cette proportion est plus élevée parmi ceux qui connaissent un endroit où se procurer des condoms (8 %) et parmi ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (7 %) que dans les autres sous-groupes. Dans 16 % des cas, les jeunes hommes de 18-24 ans avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre 18 ans exacts. On note les mêmes variations que celles observées dans le groupe 15-24 ans. Rapports sexuels prénuptiaux et utilisation du condom Le risque de contamination du VIH/SIDA est plus grand chez les jeunes célibataires car à ce stade, leur immaturité peut les pousser à adopter des comportements sexuels à risque. L’EDS-Continue de 2015 a collecté des données concernant cette sous-population. Le Tableau 13.13 présente parmi les célibataires de 15-24 ans, les proportions de ceux qui n’ont jamais eu de rapports sexuels, de ceux qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois et, parmi ceux qui ont eu des rapports sexuels prénuptiaux au cours des 12 derniers mois, les proportions de ceux ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels. Les résultats montrent que 91 % des femmes célibataires de 15-24 ans n’ont jamais eu de rapports sexuels. Dans seulement 6 % des cas, les femmes ont déclaré avoir eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois. Il faut noter que cette proportion est nettement plus élevée chez les femmes âgées de 20-24 ans (11 %) et de 23-24 ans (16 %) et parmi celles connaissant un endroit où se procurer des condoms (9 %). Par ailleurs, parmi les femmes célibataires ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, 44 % avaient déclaré avoir utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels. En ce qui concerne les hommes, on constate que 78 % des célibataires de 15-24 ans n’ont jamais eu de rapports sexuels ; un sur sept (14 %) ont déclaré avoir eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois. Cette proportion augmente avec l’âge, de 8 % à 15-19 ans à 24 % à 23-24 ans. Elle varie selon le niveau d’instruction, de 18 % chez ceux ayant le niveau secondaire ou plus à 6 % chez ceux sans niveau d’instruction. En outre, parmi les célibataires ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, 74 % ont déclaré avoir utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels. C’est parmi ceux du milieu urbain (84 %) et ceux ayant un niveau secondaire ou plus (79 %) que cette proportion est la plus élevée. 200 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA Tableau 13.13 Rapports sexuels prénuptiaux et utilisation du condom au cours des rapports sexuels prénuptiaux parmi les jeunes Parmi les femmes et les hommes célibataires de 15-24 ans, pourcentage qui n’ont jamais eu de rapports sexuels, pourcentage qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois et, parmi ceux qui ont eu des rapports sexuels prénuptiaux au cours des 12 derniers mois, pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pour- centage n’ayant jamais eu de rapports sexuels Pour- centage ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Effectif de célibataires Pour- centage ayant déclaré qu’un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels Effectif de femmes ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Pour- centage n’ayant jamais eu de rapports sexuels Pour- centage ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Effectif de célibataires Pour- centage ayant déclaré qu’un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels Effectif d’hommes ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Groupe d’âges 15-19 94,7 3,5 1 562 47,5 54 86,8 7,8 799 52,7 62 15-17 97,1 1,8 1 019 (27,5) 18 90,2 5,4 511 (28,9) 28 18-19 90,3 6,6 543 (57,8) 36 80,8 12,0 287 71,9 35 20-24 83,7 11,3 683 42,1 77 67,0 22,2 608 83,7 135 20-22 85,5 9,4 470 49,5 44 69,8 21,2 383 86,0 81 23-24 79,7 15,6 213 (32,2) 33 62,2 23,9 225 80,1 54 Connaît une source de condom1 Oui 87,3 9,2 996 50,9 92 66,1 22,5 825 77,6 185 Non 94,6 3,2 1 250 29,4 40 95,4 2,0 582 * 12 Résidence Urbain 91,6 5,9 1 284 41,5 76 77,9 13,1 696 83,9 91 Rural 91,1 5,8 962 48,2 56 78,6 14,9 711 65,3 106 Niveau d’instruction Pas d’instruction 95,2 2,7 460 * 12 88,5 6,0 389 (59,7) 23 Primaire 90,9 4,4 422 (17,2) 18 78,4 15,2 293 65,4 44 Moyen/secondaire ou plus 90,2 7,4 1363 54,2 101 72,7 17,9 725 79,4 130 Ensemble 91,4 5,9 2 245 44,3 132 78,2 14,0 1 407 73,9 197 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 Dans ce tableau, les réponses telles que « amis », « famille » et « maison » n’ont pas été prises en compte comme source d’approvisionnement du condom. Partenaires sexuels multiples Le Tableau 13.14.1 et 13.14.2 présentent parmi l’ensemble des jeunes femmes et jeunes hommes de 15-24 ans, les pourcentages de ceux ayant eu des rapports sexuels avec plus d’un partenaire sexuel au cours des 12 derniers mois. Les résultats montrent que le multipartenariat est une pratique peu fréquente chez les jeunes femmes de 15-24 ans car seulement 0,2 % de celles-ci ont déclaré avoir eu des rapports sexuels avec plus d’un partenaire au cours des 12 derniers mois. Chez les jeunes hommes âgés de 15-24 ans, 1,9 % ont déclaré avoir eu des rapports sexuels avec plus d’un partenaire au cours des 12 derniers mois. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA • 201 Tableau 13.14.1 Partenaires sexuels multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Femme Parmi l’ensemble des jeunes femmes de 15-24 ans, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec plus d’un partenaire sexuel au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Femmes de 15-24 ans Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu deux partenaires ou plus au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 0,2 2 003 15-17 0,4 1 165 18-19 0,0 838 20-24 0,3 1 641 20-22 0,1 1 070 23-24 0,5 571 État matrimonial Célibataire 0,3 2 245 Marié 0,1 1 398 Connaît une source de condom1 Oui 0,4 1 591 Non 0,1 2 052 Résidence Urbain 0,5 1 677 Rural 0,0 1 966 Niveau d’instruction Pas d’instruction 0,2 1 278 Primaire 0,1 743 Moyen/secondaire ou plus 0,4 1623 Ensemble 15-24 0,2 3 643 1 Dans ce tableau, les réponses telles que « amis », « famille » et « maison » n’ont pas été prises en compte comme source d’approvisionnement du condom. Tableau 13.14.2 Partenaires sexuelles multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Homme Parmi l’ensemble des jeunes hommes de 15-24 ans, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec plus d’une partenaire sexuelle au cours des 12 derniers mois; selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Hommes de 15-24 ans Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu deux partenaires ou plus au cours des 12 derniers mois Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 1,0 801 15-17 0,5 511 18-19 1,9 290 20-24 2,9 643 20-22 2,2 396 23-24 4,1 246 État matrimonial Célibataire 1,8 1 407 Marié (4,2) 37 Connaît une source de condom1 Oui 2,9 843 Non 0,4 600 Résidence Urbain 2,1 704 Rural 1,6 740 Niveau d’instruction Pas d’instruction 0,9 413 Primaire 2,4 299 Moyen/secondaire ou plus 2,2 732 Ensemble 15-24 1,9 1 444 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés 1 Dans ce tableau, les réponses telles que « amis », « famille » et « maison » n’ont pas été prises en compte comme source d’approvisionnement du condom. Disparités d’âges entre partenaires sexuels Le Tableau 13.15 porte sur les jeunes femmes de 15-19 ans qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois avec un partenaire plus âgé qu’elle d’au moins dix ans. Parmi les jeunes femmes âgées de 15-19 ans qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, une sur deux (50 %) a eu des rapports sexuels avec un partenaire plus âgé qu’elle d’au moins dix ans. Cette proportion est plus élevée chez celles en union (54 %), celles résidant en milieu urbain (50 %) et chez celles sans niveau d’instruction (57 %). 202 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA Tableau 13.15 Disparité d’âges entre partenaires sexuels parmi les femmes et les hommes de 15-19 ans Parmi les femmes de 15-19 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec un partenaire qui était plus âgé qu’elle d’au moins 10 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Femmes de 15-19 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec un partenaire plus âgé qu’elle d’au moins dix ans Effectif de femmes Groupe d’âges 15-17 48,4 148 18-19 50,2 300 État matrimonial Célibataire 15,3 54 En union 54,3 394 Connaît une source de condom1 Oui 48,0 136 Non 50,3 312 Résidence Urbain 50,3 92 Rural 49,4 356 Niveau d’instruction Pas d’instruction 57,1 259 Primaire 46,3 95 Moyen/secondaire ou plus 32,4 95 Ensemble 49,6 448 1 Dans ce tableau, les réponses telles que « amis », « famille » et « maison » n’ont pas été prises en compte comme source d’approvisionnement du condom. 13.7 TEST DU VIH PARMI LES JEUNES Le Tableau 13.16 présente parmi les jeunes femmes et les jeunes hommes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, les proportions de ceux qui ont effectué un test du VIH au cours des 12 derniers mois et qui ont reçu les résultats du dernier test. Les résultats montrent que près de deux jeunes femmes sur dix (18 %) ont déclaré avoir effectué un test du VIH au cours des douze mois ayant précédé l’enquête et reçu le résultat du dernier test. Ce pourcentage est plus élevé parmi les jeunes femmes âgées de 23-24 ans (21 %), les célibataires (28 %), celles résidant en milieu urbain (23 %) et celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (29 %) que parmi les autres. Les résultats concernant les hommes révèlent que la proportion ayant récemment effectué un test du VIH au cours des douze mois ayant précédé l’enquête est plus faible que chez les femmes (13 % contre 18 %). En outre, les résultats selon les caractéristiques sociodémographiques font apparaître que les jeunes hommes âgés de 20-22 ans (14 %), les célibataires (14 %), ceux résidant en milieu urbain (16 %) et ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (19 %) connaissent plus fréquemment que les autres leur statut sérologique récent. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/SIDA • 203 Tableau 13.16 Test du VIH récent parmi les jeunes Parmi les jeunes femmes et les jeunes hommes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, pourcentage ayant effectué un test du VIH au cours des 12 derniers mois et ayant reçu les résultats du dernier test selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-Continue, Sénégal 2015 Femmes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois : Hommes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant effectué un test du VIH au cours des 12 derniers mois et ayant reçu le résultat du dernier test Effectif de femmes Pourcentage ayant effectué un test du VIH au cours des 12 derniers mois et ayant reçu le résultat du dernier test Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 14,7 448 11,3 65 15-17 12,0 148 (14,5) 28 18-19 16,0 300 9,0 37 20-24 19,0 925 13,2 164 20-22 17,6 579 14,3 92 23-24 21,2 347 11,8 72 État matrimonial Célibataire 28,4 132 14,4 197 En union 16,4 1 242 (2,2) 31 Connaît une source de condom1 Oui 20,7 623 14,2 200 Non 14,9 750 (1,9) 28 Résidence Urbain 23,3 435 15,7 98 Rural 14,9 939 10,4 130 Niveau d’instruction Pas d’instruction 11,8 744 1,3 43 Primaire 18,9 301 6,7 49 Moyen/secondaire ou plus 29,4 329 18,5 136 Ensemble 17,6 1 373 12,7 228 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Dans ce tableau, les réponses telles que « amis », « famille » et « maison » n’ont pas été prises en compte comme source d’approvisionnement du condom. Statut de la femme • 205 STATUT DE LA FEMME 14 Fatou Bintou Niang CAMARA Principaux résultats • Parmi les femmes en union qui ont été rémunérées en argent pour leur travail, 80 % décident principalement de l’utilisation de leur revenu et 12 % décident de manière conjointe avec leur mari ou partenaire. • Seulement une femme de 15-49 ans sur cinq (20 %) a déclaré qu’elle prenait, soit seule (6 %), soit avec son mari (14 %), les décisions concernant ses propres soins de santé. Chez les hommes, les décisions concernant leurs soins de santé sont prises dans 78 % des cas par l’homme seul et dans 19 % des cas, conjointement avec son épouse. • Près de six femmes sur dix (57 %) justifient le recours à la violence conjugale pour au moins une des raisons citées au cours de l’enquête ; contre toute attente, cette proportion est plus faible chez les hommes (25 %). ’analyse des rapports sociaux de genre permet de mettre en évidence et de comprendre les disparités constatées dans les relations entre les hommes et les femmes. Dans le cadre de cette enquête, les informations obtenues permettent de procéder à une analyse selon le genre de l’activité économique, du contrôle de l’utilisation des revenus, de la perception par les femmes de l’importance de leur revenu par rapport à celui de leur conjoint, de la possession de biens immobiliers (maison et terre), de la prise de décisions majeures au sein du ménage et de l’opinion sur les violences conjugales. Les questions posées aux femmes ont fourni des informations qui ont permis d’élaborer certains indicateurs d’évaluation du statut de la femme. 14.1 EMPLOI ET RÉMUNÉRATION Durant l’enquête, on a demandé aux femmes et aux hommes s’ils avaient travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête et comment ils avaient été rémunérés pour leur travail. Les résultats présentés dans le Tableau 14.1 montrent que 60 % des femmes en union de 15-49 ans ont déclaré avoir travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. En outre, cette proportion augmente avec l’âge passant de 38 % parmi les jeunes femmes de 15-19 ans à 80 % parmi celles âgées de 45-49 ans. L 206 • Statut de la femme Tableau 14.1 Emploi et type de rémunération des femmes et des hommes actuellement en union Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans, actuellement en union, ayant travaillé à n’importe quel moment, au cours des 12 derniers mois, par type de rémunération, selon l’âge, EDS-Continue, Sénégal 2015 Parmi les enquêtés actuellement en union : Répartition (en %) des enquêtés actuellement en union et ayant travaillé au cours des 12 derniers mois, par type de rémunération Total Effectif de femmes Groupe d’âges Pourcentage ayant travaillé Effectif d’enquêtés Argent uniquement Argent et nature En nature seulement Non rémunéré FEMME 15-19 37,7 427 38,3 5,6 1,6 54,5 100,0 161 20-24 42,7 900 54,7 7,9 2,7 34,8 100,0 384 25-29 54,6 1 305 65,6 10,8 1,5 22,1 100,0 713 30-34 64,2 1 077 70,4 11,1 1,2 17,3 100,0 691 35-39 71,1 914 73,0 11,1 1,7 14,3 100,0 650 40-44 76,1 691 69,1 14,8 0,8 15,3 100,0 526 45-49 79,5 418 76,6 8,9 0,4 14,1 100,0 332 Ensemble 60,3 5 731 67,0 10,8 1,4 20,8 100,0 3 457 HOMME 15-19 * 2 * * * * * 2 20-24 (97,6) 34 (47,3) (7,0) (2,1) (43,6) (100,0) 33 25-29 100,0 191 58,9 5,1 0,3 35,7 100,0 191 30-34 99,8 294 63,9 4,0 1,1 31,0 100,0 293 35-39 99,6 355 65,2 7,7 0,5 26,6 100,0 354 40-44 99,7 281 64,8 9,0 0,0 26,2 100,0 281 45-49 97,2 254 70,2 7,9 0,0 21,9 100,0 247 Ensemble 15-49 99,2 1 411 64,4 6,8 0,5 28,4 100,0 1 401 50-59 95,4 309 55,2 14,5 0,4 29,8 100,0 295 Ensemble 15-59 98,6 1 720 62,8 8,2 0,4 28,6 100,0 1 695 Note ; Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Parmi les femmes ayant travaillé, 67 % ont été payées en argent uniquement, 11 % ont été payées en argent et en nature et 1 % a été exclusivement rémunéré en nature. Il faut noter que 21 % des femmes n’ont pas été payées pour le travail effectué. Les résultats concernant les hommes de 15-49 ans montrent que pratiquement tous avaient exercé un travail au cours des 12 derniers mois (99 %) et ceci quel que soit l’âge considéré. Près des deux tiers (64 %) ont été payés en argent uniquement pour leur travail, 7 % ont été payés en argent et en nature et moins de 1 % en nature seulement. Dans 28 % des cas, les hommes n’ont pas été rémunérés pour leur travail. 14.2 Contrôle sur les revenus et importance relative des gains Le pouvoir de décision concernant l’utilisation du revenu de la femme est considéré comme l’un des indicateurs directs du statut de la femme. En effet, il permet de mesurer son niveau d’autonomie financière. Pour en obtenir une évaluation, on a demandé aux femmes ayant travaillé au cours des 12 mois précédant l’enquête et ayant gagné de l’argent, qui décidait principalement de l’utilisation de cet argent. Les résultats présentés dans le Tableau 14.2.1 portent seulement sur les femmes en union. Globalement, les femmes sénégalaises qui travaillent ont une grande autonomie financière, puisque 80 % des femmes en union qui gagnent de l’argent ont déclaré décidé elles-mêmes de l’utilisation de leurs gains et que dans 12 % des cas, cette décision est prise conjointement dans le couple. À l’opposé, 6 % des femmes ont déclaré que c’est le conjoint qui décide principalement de l’utilisation de leurs gains et dans 2 % des cas, c’est une autre personne. Statut de la femme • 207 Tableau 14.2.1 Contrôle de l’utilisation de l’argent gagné par les femmes et importance de l’argent gagné par les femmes par rapport à celui gagné par le conjoint Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans, actuellement en union, qui ont gagné de l’argent pour leur travail au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête en fonction de la personne qui décide de l’utilisation de leurs gains et répartition (en %) en fonction du fait qu’elles gagnent plus ou moins que leur conjoint, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Personne qui décide de l’utilisation des gains de la femme : Total Gains de la femme par rapport à ceux du conjoint : Total Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Principale- ment la femme Femme et conjoint ensemble Principale- ment le conjoint Autre Plus que le conjoint Moins que le conjoint A peu près la même chose Le conjoint ne gagne pas d’argent ou n’a pas travaillé Ne sait pas/ manquant Groupe d’âges 15-19 75,5 8,0 12,4 4,1 100,0 0,7 98,0 0,0 0,1 1,2 100,0 71 20-24 79,1 11,7 6,1 3,1 100,0 0,9 90,9 3,8 0,6 3,8 100,0 241 25-29 77,6 14,2 5,8 2,4 100,0 2,4 92,8 0,4 0,7 3,6 100,0 545 30-34 78,4 13,3 5,0 3,4 100,0 5,5 86,1 4,5 2,0 2,0 100,0 563 35-39 81,3 8,6 8,8 1,3 100,0 4,6 84,0 4,5 3,2 3,7 100,0 546 40-44 84,0 8,1 6,2 1,8 100,0 6,7 83,6 3,6 5,4 0,8 100,0 441 45-49 79,5 14,8 4,9 0,8 100,0 12,2 71,9 4,4 5,8 5,8 100,0 284 Nombre d’enfants vivants 0 71,1 12,9 7,0 9,0 100,0 1,2 87,2 1,4 0,8 9,5 100,0 243 1-2 79,2 12,5 6,5 1,7 100,0 4,7 86,8 2,5 1,8 4,3 100,0 697 3-4 78,6 13,9 6,2 1,3 100,0 4,6 87,6 4,0 2,0 1,9 100,0 820 5+ 83,7 8,4 6,3 1,6 100,0 6,7 83,3 3,9 4,6 1,4 100,0 930 Résidence Urbain 78,1 14,9 3,9 3,0 100,0 7,1 79,7 4,4 3,4 5,4 100,0 1 249 Rural 81,3 8,7 8,5 1,5 100,0 3,3 91,2 2,4 2,2 0,9 100,0 1 441 Grande Région Nord 85,4 5,0 9,6 0,0 100,0 3,4 92,8 1,9 1,9 0,0 100,0 388 Ouest 75,6 17,3 2,8 4,2 100,0 7,2 78,1 4,9 4,0 5,8 100,0 1 013 Centre 79,4 8,9 9,8 1,9 100,0 3,6 91,3 1,2 2,5 1,5 100,0 847 Sud 85,5 9,3 5,2 0,0 100,0 4,4 87,2 5,0 1,2 2,1 100,0 441 Niveau d’instruction Pas d’instruction 81,9 9,2 7,6 1,3 100,0 3,7 88,2 3,2 2,8 2,1 100,0 1 702 Primaire 78,1 14,5 4,0 3,4 100,0 4,8 87,6 2,8 2,3 2,6 100,0 620 Moyen/secondaire ou plus 73,3 17,6 4,6 4,4 100,0 11,8 71,9 4,9 3,1 8,2 100,0 367 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 83,9 7,4 7,7 1,0 100,0 2,1 92,1 2,5 2,2 1,1 100,0 445 Second 79,2 11,0 8,4 1,3 100,0 3,4 89,4 3,8 2,2 1,3 100,0 510 Moyen 81,9 10,7 6,0 1,3 100,0 6,6 85,5 2,7 2,5 2,8 100,0 538 Quatrième 81,8 9,6 7,0 1,6 100,0 5,3 82,8 4,0 4,5 3,4 100,0 573 Le plus élevé 73,9 17,5 3,5 5,1 100,0 7,0 81,6 3,5 2,2 5,7 100,0 623 Ensemble 79,8 11,6 6,4 2,2 100,0 5,1 85,9 3,3 2,8 3,0 100,0 2 690 Les femmes dont le mari décide principalement de l’utilisation de leurs gains sont généralement des adolescentes, (12 % à 15-19 ans), des femmes qui résident en milieu rural (9 %), au Nord et au Centre (10 % dans les deux cas). Elles n’ont en général aucun niveau d’instruction et vivent dans un ménage classé dans le quintile le plus bas (8 % dans les deux cas). Au cours de l’enquête, on a également demandé aux femmes si elles pensaient qu’elles gagnaient plus, moins ou à peu près la même chose que leur mari/partenaire. Les résultats montrent que la grande majorité des femmes (86 %) pensent gagner moins que leur conjoint. Dans 5 % des cas, les femmes pensent qu’elles gagnent plus que leur conjoint et 3 % pensent qu’elles gagnent à peu près la même chose. Celles qui pensent gagner moins que leur conjoint sont en grande partie du milieu rural (91 % contre 80 % pour le milieu urbain), du Nord (93 %) et du Centre (91 %). Elles sont sans niveau d’instruction ou ont atteint le primaire (88 % dans les deux cas) et résident dans un ménage classé dans le quintile le plus bas (92 % contre 82 % dans le plus élevé). Par contre, les femmes qui pensent gagner plus que leur conjoint sont plutôt des citadines (7 % contre 3 % en rural). On les retrouve en majorité à l’Ouest (7 % contre 3 % pour le Nord). En outre, elles ont au moins un niveau d’instruction secondaire (12 % contre 4 % pour celles sans niveau d’instruction et 5 % pour celles qui ont atteint le primaire). 208 • Statut de la femme Le Tableau 14.2.2 présente les proportions d’hommes de 15-49 ans qui ont gagné de l’argent pour leur travail en fonction de la personne qui décide de l’utilisation de leurs gains. Dans la majorité des cas (89 %), pourcentage plus important que chez les femmes (80 %), les hommes ont déclaré décider eux-mêmes de l’utilisation de leur revenu sans que leur épouse ou partenaire ou quelqu’un d’autre soit associée à la prise de décision. Pour 9 % des hommes, cette décision est prise conjointement avec l’épouse ou partenaire et dans seulement moins de 2 % des cas, c’est la femme qui décide essentiellement de la manière dont seront dépensés les gains de l’homme. Tableau 14.2.2 Contrôle de l’utilisation de l’argent gagné par les hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans, actuellement en union, qui ont gagné de l’argent pour leur travail et répartition (en%) des femmes de 15-49 ans actuellement en union dont le conjoint a gagné de l’argent pour son travail en fonction de la personne qui décide de l’utilisation de l’argent gagné par l’homme, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Homme Femme Caractéristique sociodémographique Principale- ment la femme Femme et homme ensemble Principale- ment l’homme Autre Total Effectif Principale- ment la femme Femme et homme ensemble Principale- ment l’homme Autre Total Effectif Groupe d’âges 15-19 * * * * 100,0 0 0,1 8,4 88,4 3,1 100,0 421 20-24 * * * * 100,0 18 1,6 13,2 82,8 2,4 100,0 894 25-29 0,5 5,7 92,5 1,3 100,0 122 2,3 16,5 79,5 1,7 100,0 1 292 30-34 0,6 7,4 92,0 0,0 100,0 199 2,6 22,0 73,6 1,8 100,0 1 059 35-39 2,0 10,4 87,6 0,0 100,0 258 2,7 18,2 78,3 0,8 100,0 895 40-44 2,4 5,5 92,1 0,0 100,0 207 2,1 18,8 77,1 2,0 100,0 658 45-49 2,9 14,0 83,1 0,0 100,0 193 1,8 14,5 83,1 0,6 100,0 396 Nombre d’enfants vivants 0 0,0 5,5 93,3 1,2 100,0 132 2,2 16,6 79,5 1,7 100,0 686 1-2 2,6 8,7 88,7 0,0 100,0 372 1,9 15,9 79,9 2,4 100,0 1 857 3-4 1,2 9,0 89,8 0,0 100,0 274 2,0 18,6 77,8 1,6 100,0 1 582 5+ 2,1 10,5 87,4 0,0 100,0 219 2,4 16,1 80,3 1,1 100,0 1 490 Résidence Urbain 2,8 10,1 87,1 0,0 100,0 540 3,4 25,2 69,4 2,0 100,0 2 201 Rural 0,6 7,2 91,9 0,3 100,0 457 1,2 11,4 85,8 1,6 100,0 3 414 Grande Région Nord 0,0 12,9 86,5 0,6 100,0 160 1,6 9,1 89,2 0,1 100,0 1 024 Ouest 2,8 7,5 89,7 0,0 100,0 433 3,4 29,8 63,3 3,5 100,0 1 764 Centre 2,0 9,9 87,9 0,3 100,0 226 1,5 10,1 86,6 1,9 100,0 1 808 Sud 0,8 6,5 92,7 0,0 100,0 178 1,5 13,8 84,6 0,1 100,0 1 018 Niveau d’instruction Pas d’instruction 1,4 6,2 92,0 0,4 100,0 440 2,1 12,7 83,4 1,9 100,0 3 693 Primaire 1,8 7,3 90,8 0,0 100,0 308 1,4 25,4 71,3 1,9 100,0 1 188 Moyen/secondaire ou plus 2,4 14,9 82,7 0,0 100,0 249 3,2 23,7 72,1 1,0 100,0 734 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,9 5,7 93,0 0,5 100,0 125 1,0 9,8 88,5 0,7 100,0 1 186 Second 1,6 10,4 88,0 0,0 100,0 166 1,7 12,7 83,9 1,8 100,0 1 115 Moyen 0,5 4,1 94,9 0,5 100,0 210 1,9 15,4 80,0 2,6 100,0 1 118 Quatrième 1,6 7,4 91,0 0,0 100,0 255 2,5 20,1 76,5 1,0 100,0 1 138 Le plus élevé 3,7 14,6 81,7 0,0 100,0 241 3,5 26,8 66,8 2,9 100,0 1 058 Ensemble 15-49 1,8 8,7 89,3 0,2 100,0 997 2,1 16,8 79,4 1,8 100,0 5 615 50-59 0,0 8,8 91,2 0,0 100,0 205 na na na na na na Ensemble 15-59 1,5 8,8 89,6 0,1 100,0 1 203 na na na na na na na = Non applicable Le même Tableau 14.2.2 présente aussi la répartition des femmes dont le conjoint a gagné de l’argent selon la personne qui décide de l’utilisation des gains du mari ou partenaire. Cette répartition est basée ici sur les déclarations des femmes. Les résultats montrent que pour 17 % des femmes, cette décision est prise conjointement par le couple, alors que cette proportion n’est que de 9 % selon les déclarations de l’homme. Dans 79 % des cas, les femmes ont déclaré que le conjoint seul décidait principalement de l’utilisation de ses gains contre 89 % selon la déclaration des hommes, et dans 2 % des cas, elles ont déclaré que la décision leur revenait principalement, pourcentage presque identique à ce qui est avancé par les hommes (moins de 2 %). Statut de la femme • 209 Le tableau 14.3 présente la répartition des femmes actuellement en union qui ont gagné de l’argent pour leur travail en fonction de la personne qui décide de l’utilisation de leurs gains et la répartition des femmes actuellement en union ayant été rémunérées en argent en fonction de la personne qui décide de l’utilisation des gains de l’homme, selon la perception de la femme de ses propres revenus par rapport à ceux de l’homme. On constate que que, quel que soit le niveau des gains de la femme par rapport à ceux de l’homme, c’est-à-dire qu’elle gagne plus ou qu’elle gagne moins, dans environ quatre cas sur cinq (respectivement 77 % et 81 %), c’est la femme elle-même qui décide principalement de l’utilisation de son revenu. Ce pourcentage est néanmoins plus faible quand la femme pense gagner à peu près la même chose que son conjoint (67 %). En ce qui concerne la décision d’utilisation du revenu du conjoint, on constate que quel que soit le cas de figure, c’est l’homme qui a toujours le dernier mot sur l’utilisation de ses propres revenus, cela même quand la femme pense gagner plus que lui (50 %) ; quand la femme a travaillé sans être rémunérée en argent, dans 84 % des cas, c’est l’homme qui décide principalement de l’utilisation de ses gains. Tableau 14.3 Contrôle par les femmes de l’utilisation de leurs propres gains et contrôle de l’utilisation des gains du conjoint Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans, actuellement en union qui ont gagné de l’argent, au cours des 12 derniers mois en fonction de la personne qui décide de l’utilisation de leurs gains et répartition (en %) des femmes de 15-49 ans actuellement en union dont le conjoint a gagné de l’argent en fonction de la personne qui décide de l’utilisation de l’argent gagné par l’homme, selon les gains en argent de la femme par rapport à ceux du conjoint, EDS-Continue, Sénégal 2015 Personne qui décide de l’utilisation des gains de la femme : Total Effectif Personne qui décide de l’utilisation des gains de l’homme : Total Effectif de femmes Gains de la femme par rapport à ceux du conjoint Principale- ment la femme Femme et conjoint ensemble Principale- ment le conjoint Autre Principale- ment la femme Femme et homme ensemble Principale- ment l’homme Autre Plus que le conjoint 76,6 16,5 5,1 1,8 100,0 136 6,8 37,1 49,9 6,3 100,0 136 Moins que le conjoint 80,6 10,4 6,7 2,3 100,0 2 310 2,7 18,0 78,2 1,0 100,0 2 310 A peu près la même chose 66,7 26,8 4,1 2,4 100,0 89 5,1 50,9 42,6 1,3 100,0 89 Le conjoint ne gagne pas d’argent ou n’a pas travaillé 77,6 12,7 7,4 2,4 100,0 74 na na na na na na La femme a travaillé mais n’a pas gagné d’argent na na na na na na 2,8 12,4 83,6 1,2 100,0 762 La femme n’a pas travaillé na na na na na na 0,8 14,0 82,7 2,5 100,0 2 237 Ne sait pas/ manquant 80,6 18,1 0,7 0,6 100,0 81 0,0 27,9 72,1 0,0 100,0 81 Ensemble 79,8 11,6 6,4 2,2 100,0 2 690 2,1 16,8 79,4 1,8 100,0 5 615 na = Non applicable 1 Y compris les cas où la femme ne sait pas si elle a gagné plus ou moins que son conjoint. 14.3 POSSESSION DE BIENS La possession de biens comme des terres et des maisons peut avoir un effet bénéfique pour les ménages, en particulier dans des situations financières difficiles. Pour les femmes, être propriétaire de biens peut renforcer leur pouvoir d’action et les protéger en cas de séparation ou de rupture d’union. Le Tableau 14.4.1 présente les proportions de femmes de 15-49 ans qui possèdent une maison et des terres, soit seules, soit avec quelqu’un d’autre. Seulement 19 % des femmes de 15-49 ans possèdent une maison. Dans 16 % des cas, il s’agit d’une propriété en commun et 1 % des femmes possèdent seules une maison. La possession de maison est plus répandue chez les femmes de 45-49 ans (29 %), celles résidant en milieu rural (20 % contre 17 % pour le milieu urbain) et celles des régions Nord et le Sud (respectivement 30 % et 25 % contre 13 % dans l’Ouest et 17 % au Centre). À l’opposé, huit femmes sur dix (81 %) ne possèdent pas de maison. En outre, les résultats sur la possession de terres, montrent qu’il y a très peu de femmes qui possèdent des terres (11 %). Dans 7 % des cas, il s’agit d’une possession commune et dans seulement 3 % des cas, les femmes ont déclaré posséder seules des terres. Il est plus fréquent ‘que les femmes possèdent des terres 210 • Statut de la femme quand elles résident en milieu rural (13 % contre 9 % en milieu urbain), dans la région Sud (27 %), quand elles n’ont pas de niveau d’instruction (13 %) et quand leur ménage est classé dans le quintile le plus bas (22 %). Cependant, comme pour la possession de maisons, la grande majorité des femmes (89 %) ne possèdent pas de terres (Graphique 14.1). Tableau 14.4.1 Possession de biens par la femme Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans par possession de maison ou de terres, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage possédant une maison : Total Pourcentage possédant des terres : Total Effectif Caractéristique sociodémographique Seule Avec quelqu’un d’autre Seule et avec quelqu’un d’autre Pourcen- tage ne possédant pas de maison Seule Avec quelqu’un d’autre Seule et avec quelqu’un d’autre Pourcen- tage ne possédant pas de terres Groupe d’âges 15-19 0,1 13,4 1,4 85,2 100,0 1,2 6,5 1,3 91,0 100,0 2 003 20-24 0,4 16,9 1,1 81,6 100,0 1,9 6,3 1,2 90,6 100,0 1 641 25-29 0,5 15,7 0,9 82,9 100,0 4,0 6,3 1,3 88,5 100,0 1 667 30-34 1,3 15,7 0,9 82,1 100,0 4,3 6,9 1,4 87,4 100,0 1 247 35-39 0,9 17,9 1,1 80,1 100,0 4,5 6,4 2,0 87,1 100,0 1 030 40-44 2,7 21,2 1,2 74,8 100,0 4,6 7,5 1,1 86,8 100,0 772 45-49 5,8 19,8 3,3 71,2 100,0 6,6 5,9 3,2 84,4 100,0 492 Résidence Urbain 1,3 13,7 1,8 83,2 100,0 2,0 4,7 2,1 91,2 100,0 4 205 Rural 0,8 18,7 0,7 79,8 100,0 4,5 8,1 0,8 86,6 100,0 4 646 Grande Région Nord 0,5 28,6 0,4 70,5 100,0 1,4 2,5 0,4 95,7 100,0 1 456 Ouest 1,5 9,6 1,6 87,4 100,0 1,7 3,1 2,3 92,8 100,0 3 384 Centre 0,6 15,2 0,8 83,4 100,0 5,4 5,3 0,7 88,5 100,0 2 520 Sud 1,3 21,7 2,0 75,1 100,0 4,9 20,1 1,9 73,1 100,0 1 491 Niveau d’instruction Pas d’instruction 1,0 18,4 0,8 79,8 100,0 4,4 6,7 1,4 87,5 100,0 4 505 Primaire 0,7 14,0 1,1 84,1 100,0 1,9 5,4 1,5 91,2 100,0 1 927 Moyen/secondaire ou plus 1,3 14,4 2,1 82,2 100,0 2,2 7,1 1,6 89,1 100,0 2 419 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,9 17,8 0,7 80,6 100,0 8,7 12,2 0,6 78,4 100,0 1 509 Second 0,6 20,0 0,6 78,8 100,0 3,4 9,2 0,8 86,6 100,0 1 579 Moyen 1,1 16,3 1,7 81,0 100,0 1,4 5,6 1,6 91,4 100,0 1 757 Quatrième 1,0 16,0 1,9 81,2 100,0 0,9 3,9 2,7 92,5 100,0 1 886 Le plus élevé 1,5 13,0 1,2 84,4 100,0 3,0 3,6 1,3 92,2 100,0 2 121 Ensemble 1,0 16,3 1,2 81,4 100,0 3,3 6,5 1,5 88,8 100,0 8 851 na = Non applicable Statut de la femme • 211 Graphique 14.1 Possession de maison et de terres par les hommes et par les femmes de 15-49 ans Le Tableau 14.4.2 présente les mêmes informations pour les hommes de 15-49 ans. Près de neuf hommes sur dix (87 %) ne possèdent pas de maisons, soit une proportion un peu plus élevée que chez les femmes (Graphique 14.1). Dans 10 % des cas contre 1 % chez les femmes, l’homme est seul propriétaire d’une maison, et dans 4 % des cas contre 16 % chez les femmes, il s’agit d’une propriété commune. On observe les mêmes variations que chez les femmes. Il convient de noter que l’EDS-Continue ne s’est pas intéressée à la qualité et au type de maisons possédées par les hommes et les femmes. 3 8 89 1 18 81 17 2 81 13 4 83 Possède seul Possède avec quelqu’un d’autre Ne posséde pas POSSESSION DE TERRES Possède seul Possède avec quelqu’un d’autre Ne posséde pas POSSESSION D’UNE MAISON Pourcentage Homme Femme EDS-Continue 2015 212 • Statut de la femme Tableau 14.4.2 Possession de biens par les hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans par possession de maison ou de terres, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage possédant une maison : Total Pourcentage possédant des terres : Total Effectif Caractéristique sociodémographique Seul Avec quelqu’un d’autre Seul et avec quelqu’un d’autre Pourcen- tage ne possédant pas de maison Seul Avec quelqu’un d’autre Seul et avec quelqu’un d’autre Pourcen- tage ne possédant pas de terres Groupe d’âges 15-19 0,1 0,6 0,1 99,3 100,0 3,0 0,3 0,0 96,7 100,0 801 20-24 0,5 1,2 0,0 98,3 100,0 6,3 0,8 0,1 92,8 100,0 643 25-29 2,9 2,8 0,0 94,2 100,0 12,4 1,8 0,0 85,9 100,0 542 30-34 7,3 4,5 0,0 88,2 100,0 18,3 1,5 0,0 80,2 100,0 428 35-39 16,6 6,6 0,0 76,8 100,0 25,1 4,5 0,2 70,2 100,0 407 40-44 31,9 9,4 0,9 57,8 100,0 31,2 5,8 0,2 62,8 100,0 310 45-49 39,5 8,1 0,5 52,0 100,0 27,1 3,6 0,0 69,2 100,0 275 Résidence Urbain 7,3 3,1 0,1 89,5 100,0 7,3 2,4 0,0 90,3 100,0 1 771 Rural 12,0 4,2 0,2 83,5 100,0 21,7 1,6 0,1 76,6 100,0 1 634 Grande Région Nord 11,2 0,4 0,0 88,3 100,0 34,1 0,0 0,0 65,9 100,0 464 Ouest 6,9 2,0 0,1 91,0 100,0 6,5 2,6 0,0 90,8 100,0 1 477 Centre 11,2 3,1 0,2 85,5 100,0 15,9 0,5 0,0 83,6 100,0 843 Sud 12,5 10,7 0,3 76,5 100,0 15,2 4,2 0,3 80,3 100,0 622 Niveau d’instruction Pas d’instruction 15,2 4,2 0,2 80,4 100,0 24,5 2,0 0,1 73,4 100,0 1 255 Primaire 7,1 4,6 0,1 88,3 100,0 10,7 2,6 0,1 86,6 100,0 883 Moyen/secondaire ou plus 5,7 2,5 0,2 91,6 100,0 6,4 1,7 0,0 91,8 100,0 1 266 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 15,2 5,8 0,2 78,8 100,0 28,1 2,8 0,2 68,9 100,0 508 Second 12,4 4,6 0,2 82,8 100,0 22,2 2,2 0,1 75,5 100,0 616 Moyen 9,4 3,8 0,0 86,8 100,0 11,9 0,9 0,0 87,2 100,0 662 Quatrième 6,1 2,6 0,1 91,3 100,0 7,9 1,5 0,1 90,6 100,0 753 Le plus élevé 7,4 2,5 0,2 89,8 100,0 7,6 2,9 0,0 89,5 100,0 866 Ensemble 15-49 9,6 3,7 0,1 86,6 100,0 14,2 2,0 0,1 83,7 100,0 3 405 50-59 53,1 6,0 0,0 40,9 100,0 45,2 2,2 0,0 52,6 100,0 329 Ensemble 15-59 13,4 3,9 0,1 82,6 100,0 16,9 2,1 0,1 81,0 100,0 3 734 na = Non applicable En outre, 16 % des hommes de 15-49 ans ont déclaré posséder des terres contre 11 % des femmes. Dans 14 % des cas, ils sont seuls propriétaires et 2 % ont déclaré en posséder avec quelqu’un d’autre. Cependant, dans 84 % des cas contre 89 % chez les femmes, les hommes ne possèdent pas de terres. Si l’on étudie la possession des maisons et des terres par les hommes appartenant au groupe d’âges 50-59 ans, on constate que 59 % possèdent une maison et 53 % sont seuls propriétaires de leur maison, Dans 47 % des cas, ils sont propriétaires terriens et 45 % en possèdent seuls. 14.4 PARTICIPATION DANS LA PRISE DE CERTAINES DÉCISIONS Pour évaluer le rôle et le niveau d’implication des femmes et des hommes dans les prises de décisions au niveau du ménage, des questions ont été posées pour savoir qui avait le dernier mot dans certaines décisions. Les questions adressées aux femmes en union portaient sur trois sujets : les décisions concernant les soins de santé de la femme, les achats importants pour le ménage et les visites à la famille ou parents de la femme. Pour les hommes, les questions portaient sur deux sujets : les décisions concernant les soins de santé de la femme et les achats importants pour le ménage (Tableau 14.5). Statut de la femme • 213 Tableau 14.5 Participation dans la prise de décision Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans, actuellement en union, en fonction de la personne qui prend habituellement les décisions, selon certains types de décisions, EDS-Continue, Sénégal 2015 Décision Principale- ment la femme La femme et l’homme ensemble Principale- ment l’homme Quelqu’un d’autre Autre Total Effectif de femmes FEMME Soins de santé de la femme 5,8 13,9 76,8 3,0 0,5 100,0 5 731 Achats importants pour le ménage 4,5 12,6 63,6 13,3 5,9 100,0 5 731 Visites à la famille ou aux parents de la femme 3,6 15,2 72,7 5,9 2,5 100,0 5 731 HOMME Soins de santé de l’homme 1,5 18,5 78,2 1,7 0,1 100,0 1 411 Achats importants pour le ménage 1,3 20,9 46,8 30,9 0,1 100,0 1 411 Les résultats montrent que, quel que soit le type de décision, c’est le conjoint de la femme qui décide principalement, en particulier en ce qui concerne les soins de santé de la femme (77 %) et les visites à la famille ou aux parents (73 %). Ces deux types de décisions ne sont prises principalement par la femme que dans respectivement 6 % et 4 % des cas. Dans près des deux tiers des cas (64 %), les décisions concernant les achats importants pour le ménage sont prises aussi principalement par le conjoint et dans 76 % des cas, l’homme est impliqué dans la prise de cette décision. Dans seulement 5 % des cas, c’est la femme qui décide seule (Graphique 14.2). En outre, le résultats montrent que dans 78 % des cas, c’est l’homme qui décide seul pour ses propres soins de santé contre 6 % pour les femmes. Dans un cas sur cinq (19 %), c’est une décision conjointe et dans une proportion extrêmement faible (2 %), les femmes décident principalement en ce qui concerne les soins de santé de l’homme. Graphique 14.2 Participation dans la prise de décision par les femmes Le Tableau 14.6.1 présente ces résultats concernant la participation des femmes dans la prise des décisions mentionnées ci-dessus selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Seulement une femme sur dix (10 %) est impliquée, seule ou conjointement, dans les trois décisions. Cette proportion augmente avec l’âge, passant de 2 % dans le groupe d’âges 15-19 ans à 17 % dans le groupe d’âges 45-49 6 14 77 3 5 13 64 13 4 15 73 6 Principale- ment la femme La femme et le conjoint ensemble Principale- ment le conjoint Quelqu’un d’autre Principale- ment la femme La femme et le conjoint ensemble Principale- ment le conjoint Quelqu’un d’autre Principale- ment la femme La femme et le conjoint ensemble Principale- ment le conjoint Quelqu’un d’autre Soins de santé de la femme Achats importants pour le ménage Visites à la famille ou aux parents de la femme Pourcentage EDS-Continue 2015 214 • Statut de la femme ans. Selon le nombre d’enfants vivants, elle passe de 5 % chez les nullipares à 14 % pour celles ayant au moins cinq enfants. En outre, les femmes du milieu urbain (12 %) ont été plus impliquées dans la prise des trois décisions que celles du milieu rural (8 %). Par région, ce sont les femmes du Sud (18 %) qui sont proportionnellement les plus nombreuses à participer à la prise des trois décisions. Les données montrent également que les femmes qui travaillent, qu’elles soient rémunérées (13 %) ou non (12 %), sont plus impliquées dans la prise de décisions que celles qui ne travaillent pas (6 %). Enfin, les femmes les plus instruites (13 % ) sont plus fréquemment sollicitées dans la prise de décision que les autres. Les écarts entre quintiles de bien-être économiques ne sont pas importants. Tableau 14.6.1 Participation des femmes dans la prise de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, qui habituellement prennent certains types de décisions, soit seules, soit ensemble avec leur conjoint, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Type de décision Pourcentage ayant participé aux trois décisions Aucune des trois décisions Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Soins de santé de la femme Achats importants pour le ménage Visites à la famille ou aux parents de la femme Groupe d’âges 15-19 6,8 2,9 7,3 2,4 90,2 427 20-24 12,3 7,8 13,5 5,4 82,3 900 25-29 13,6 13,1 16,1 7,9 77,8 1 305 30-34 20,9 18,8 21,8 11,6 68,5 1 077 35-39 25,1 21,4 23,8 12,9 63,3 914 40-44 30,8 26,9 22,9 13,4 59,1 691 45-49 34,7 34,7 25,5 16,5 52,8 418 Emploi (12 derniers mois) N’a pas travaillé 10,8 8,5 10,3 6,0 85,5 2 274 A travaillé et a été rémunérée en argent 27,3 25,1 23,6 12,5 60,2 2 690 A travaillé mais n’a pas été rémunérée en argent 19,4 14,6 27,2 12,1 68,0 767 Nombre d’enfants vivants 0 12,7 8,5 13,3 4,5 79,8 696 1-2 16,3 13,0 16,4 7,8 76,1 1 880 3-4 18,9 18,5 19,1 10,3 71,1 1 606 5+ 27,8 24,6 23,9 14,3 61,9 1 549 Résidence Urbain 25,6 22,3 22,2 12,4 64,5 2 261 Rural 15,9 13,8 16,6 8,2 75,7 3 470 Grande Région Nord 12,8 10,4 8,3 7,3 86,3 1 046 Ouest 23,8 21,3 17,7 9,2 65,8 1 821 Centre 15,2 13,5 19,0 7,4 73,1 1 837 Sud 27,5 23,2 31,1 18,2 62,5 1 027 Niveau d’instruction Pas d’instruction 18,2 16,4 17,9 9,5 73,2 3 769 Primaire 20,4 16,2 19,0 8,9 70,1 1 212 Moyen/secondaire ou plus 25,9 22,4 23,4 13,2 63,7 750 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 17,4 14,2 22,2 10,1 72,2 1 208 Second 18,5 17,1 19,2 9,9 71,7 1 136 Moyen 19,4 17,0 16,8 10,0 73,7 1 139 Quatrième 19,9 16,8 14,7 8,0 72,1 1 176 Le plus élevé 23,6 21,0 21,5 11,6 66,4 1 072 Ensemble 19,7 17,1 18,8 9,9 71,3 5 731 Le Tableau 14.6.2 présente les résultats sur la participation des hommes dans la prise de décision concernant les soins de santé de l’homme et les achats importants pour le ménage selon les caractéristiques sociodémographiques. Près de sept hommes de 15-49 ans sur dix (67 %) sont impliqués, seuls ou conjointement, dans les deux décisions et seulement 3 % ne sont impliqués dans aucune des deux décisions. Comparés aux femmes, la participation des hommes à ces prises de décisions est plus importante. La proportion d’homme ayant pris part à la décision sur les achats importants est de 68 % contre 17 % chez Statut de la femme • 215 les femmes. Elle atteint 97 % pour la prise de décision concernant leurs soins de santé contre 20 % chez les femmes. L’implication des hommes dans la prise de décisions varie avec le nombre d’enfants vivants, passant de 46 % chez ceux sans enfant à 85 % chez ceux ayant au moins 5 enfants. La proportion d’hommes impliqués dans la prise des deux décisions augmente avec l’âge, de 43 % à 25-29 ans, elle atteint 83 % chez les hommes âgés de 45-49 ans Contrairement à ce qui est constaté chez les femmes, la participation des hommes à la prise de de décision est légèrement plus importante en milieu rural (69 %) qu’en milieu urbain (67 %). Tableau 14.6.2 Participation des hommes dans la prise de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques Pourcentage d’ hommes de 15-49 ans, actuellement en union, qui habituellement prennent certains types de décisions, soit seuls, soit ensemble avec leur conjoint, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Type de décision Les deux décisions Aucune des deux décisions Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique Soins de santé de l’homme Achats importants pour le ménage Groupe d’âges 15-19 * * * * 2 20-24 (88,1) (54,8) (54,8) (11,9) 34 25-29 95,2 43,2 43,2 4,8 191 30-34 97,2 62,1 61,9 2,6 294 35-39 98,1 68,5 68,3 1,7 355 40-44 98,1 75,0 74,8 1,7 281 45-49 95,2 85,6 83,2 2,3 254 Emploi (12 derniers mois) N’a pas travaillé * * * * 11 A travaillé et a été rémunéré en argent 98,0 67,0 66,4 1,4 997 A travaillé mais n’a pas été rémunéré en argent 93,4 69,8 69,3 6,1 403 Nombre d’enfants vivants 0 94,0 46,4 46,4 6,0 185 1-2 96,2 59,5 58,6 2,9 516 3-4 98,4 74,4 74,0 1,3 393 5+ 96,9 85,5 84,9 2,5 317 Résidence Urbain 97,2 66,6 65,8 2,1 696 Rural 96,2 68,9 68,5 3,4 715 Grande Région Nord 93,9 75,0 74,5 5,6 188 Ouest 97,5 58,9 58,2 1,9 602 Centre 96,0 73,3 72,9 3,6 364 Sud 97,9 75,3 74,7 1,5 257 Niveau d’instruction Pas d’instruction 96,6 72,3 72,0 3,1 720 Primaire 97,2 57,2 56,2 1,8 405 Moyen/secondaire ou plus 96,0 71,2 70,4 3,2 286 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 96,3 77,2 76,5 3,0 245 Second 94,8 67,7 67,4 4,9 256 Moyen 97,1 65,7 65,4 2,7 267 Quatrième 98,0 73,6 72,3 0,7 305 Le plus élevé 96,9 57,2 57,0 2,9 338 Ensemble 15-49 96,7 67,7 67,2 2,8 1 411 50-59 96,4 89,0 87,2 1,9 309 Ensemble 15-59 96,6 71,6 70,8 2,6 1 720 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 216 • Statut de la femme 14.5 OPINION SUR LA VIOLENCE CONJUGALE Pour évaluer le degré d’acceptation de la violence conjugale, on a demandé aux femmes et aux hommes s’ils pensaient qu’il était justifié que, pour certaines raisons qui étaient citées par l’enquêtrice, un homme batte sa femme. Ces raisons, au nombre de cinq, sont les suivantes : brûler la nourriture, argumenter avec lui, sortir sans le lui dire, négliger les enfants et refuser d’avoir des rapports sexuels avec lui. Les résultats sont présentés dans le Tableau 14.7.1 pour toutes les femmes de 15-49 ans. Tableau 14.7.1 Opinion des femmes concernant le fait qu’un mari batte sa femme Pourcentage de toutes les femmes de 15-49 ans qui pensent qu’il est justifié que, pour certaines raisons, un mari, partenaire batte sa femme, par raison particulière et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Il est justifié qu’un mari/partenaire batte sa femme quand elle : Pourcentage d’accord avec, au moins, une des raisons citées Effectif Caractéristique sociodémographique Brûle la nourriture Argumente avec lui Sort sans le lui dire Néglige les enfants Refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui Groupe d’âges 15-19 22,4 46,4 41,7 42,9 38,6 57,2 2 003 20-24 21,1 42,6 39,1 42,0 40,4 54,0 1 641 25-29 22,2 45,4 43,3 43,8 45,8 57,0 1 667 30-34 23,4 44,5 43,7 43,9 46,3 55,6 1 247 35-39 24,8 46,2 46,6 48,6 48,2 59,0 1 030 40-44 23,8 49,0 47,6 48,6 49,9 59,4 772 45-49 20,9 40,0 37,2 37,4 41,6 52,3 492 Emploi (12 derniers mois) N’a pas travaillé 22,1 43,4 40,1 41,7 41,8 54,8 3 957 A travaillé et a été rémunérée en argent 20,8 42,9 40,9 42,0 42,4 54,6 3 682 A travaillé mais n’a pas été rémunérée en argent 29,5 57,1 56,1 57,0 53,2 67,6 1 213 Nombre d’enfants vivants 0 17,1 36,8 32,5 35,0 32,8 49,6 3 285 1-2 24,3 46,7 44,9 45,4 45,4 57,0 2 247 3-4 25,6 50,6 48,7 49,6 51,8 60,9 1 708 5+ 28,1 53,7 53,7 53,9 54,5 65,0 1 611 État matrimonial Célibataire 15,6 34,1 29,6 33,0 28,8 47,5 2 709 Mariée ou vivant ensemble 26,3 50,9 49,2 49,7 50,9 61,1 5 731 Divorcée/séparée/veuve 16,9 36,5 36,4 34,4 39,5 50,6 412 Résidence Urbain 12,7 30,0 27,4 30,4 28,9 43,0 4 205 Rural 31,5 58,7 56,4 56,1 57,0 68,7 4 646 Grande Région Nord 28,2 49,4 49,0 46,3 49,7 56,6 1 456 Ouest 11,5 28,5 24,6 28,4 27,7 41,2 3 384 Centre 30,6 58,9 53,8 55,3 57,0 68,7 2 520 Sud 28,8 55,1 58,4 57,4 51,2 70,2 1 491 Niveau d’instruction Pas d’instruction 30,2 57,4 54,7 54,8 56,9 67,7 4 505 Primaire 18,5 37,6 37,5 38,3 36,9 50,5 1 927 Moyen/secondaire ou plus 11,7 28,0 24,3 28,0 24,3 40,2 2 419 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 39,8 69,6 68,5 68,6 67,4 80,6 1 509 Second 29,2 59,5 57,8 57,1 57,3 71,4 1 579 Moyen 24,3 48,3 42,7 44,5 46,6 57,5 1 757 Quatrième 16,6 36,5 32,7 35,1 35,2 47,1 1 886 Le plus élevé 9,3 21,9 21,7 23,8 21,6 35,7 2 121 Ensemble 22,6 45,1 42,6 43,9 43,6 56,5 8 851 Ces résultats montrent que pour près de six femmes sur dix (57 %), il est justifié que, pour au moins une des raisons citées, un homme a le droit de battre sa femme. La raison la moins citée pour justifier qu’un mari batte sa femme est le fait de brûler la nourriture. Cette raison a été évoquée par 23 % des femmes. Par contre, pour 45 % des femmes, il est justifié d’utiliser la violence contre sa femme quand elle discute les opinions du mari. Plus de quatre femmes sur dix justifient le recours de l’homme à la violence physique à l’encontre de sa femme quand elle néglige les enfants ou quand elle refuse d’avoir des rapports sexuels avec Statut de la femme • 217 lui (44 % pour chacune des raisons). En outre, 43 % des femmes pensent justifié de battre son épouse quand elle sort sans le dire à son mari/partenaire. Les résultats selon certaines caractéristiques sociodémographiques montrent globalement que les proportions de femmes pour qui, au moins, une des raisons citées suffit à justifier qu’un mari batte sa femme sont importantes quand la femme travaille et n’a pas été rémunérée en argent (68 %). Cette proportion tend à augmenter avec le rang de naissance des enfant , de 50 % chez les nullipares, elle atteint 65 % chez les femmes avec au moins 5 enfants. Les femmes en union, mariée ou vivant avec un partenaire justifient davantage le recours à la violence conjugale (61 %) que les célibataires (48 %) ou les femmes en rupture d’union, qu’elles soient divorcées ou veuves (51 %). En outre, l’approbation de la violence conjugale dans certaines circonstances est moins élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (43 % contre 69 %) et dans les régions du Nord (57 %) et surtout de l’Ouest (41 %) que dans le Sud (70 %) et le Centre (69 %). La justification de la violence conjugale diminue avec le niveau d’instruction de la femme (68 % chez celles sans instruction à 40 % chez celles ayant un niveau moyen/secondaire ou plus). Elle diminue également avec l’amélioration du niveau de bien-être du ménage dans lequel vit la femme (81 % dans les ménages du quintile le plus bas à 36 % dans ceux du plus élevé). Le Tableau 14.7.2 présente les mêmes résultats concernant l’opinion des hommes âgés de 15-49 ans. Contre toute attente, on constate que les hommes sont proportionnellement beaucoup moins nombreux que les femmes (25 % contre 57 %) à penser qu’il est justifié que, pour au moins une des raisons citées, un homme a le droit de battre sa femme. Les résultats selon les différentes raisons citées suivent les même variations que celles observées chez les femmes. Les hommes ont cité, par ordre d’importance, le fait d’argumenter et de négliger les enfants (17 % dans les deux cas), le fait de sortir sans en informer le mari (13 %), le fait de refuser les rapports sexuels (12 %), et le fait de brûler la nourriture (7 %). Par ailleurs, les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont très proches de celles observées chez les femmes. 218 • Statut de la femme Tableau 14.7.2 Opinion des hommes concernant le fait qu’un mari batte sa femme Pourcentage d’hommes de 15-49 ans qui pensent qu’il est justifié que, pour certaines raisons, un mari batte sa femme, par raison particulière et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Il est justifié qu’un mari batte sa femme quand elle : Pourcentage d’accord avec, au moins, une des raisons citées Effectif Caractéristique sociodémographique Brûle la nourriture Argumente avec lui Sort sans lui dire Néglige les enfants Refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui Groupe d’âges 15-19 13,7 26,5 20,3 25,8 19,9 36,4 801 20-24 7,3 20,5 13,8 17,6 13,0 27,9 643 25-29 5,3 14,7 11,8 16,3 12,1 23,8 542 30-34 4,8 11,1 10,3 12,1 7,8 17,8 428 35-39 2,6 8,6 7,8 10,3 6,3 14,1 407 40-44 4,0 14,2 11,7 10,8 6,5 21,1 310 45-49 3,2 12,3 8,1 17,1 7,5 21,2 275 Emploi (12 derniers mois) N’a pas travaillé 5,5 17,6 8,8 16,4 12,5 23,7 433 A travaillé et a été rémunéré en argent 4,4 13,7 10,4 13,5 8,6 19,0 1 657 A travaillé mais n’a pas été rémunéré en argent 10,8 21,3 18,1 21,9 16,1 33,5 1 315 Nombre d’enfants vivants 0 8,5 19,7 14,5 19,1 14,1 27,8 2 095 1-2 4,2 12,1 11,0 12,8 7,2 19,2 593 3-4 4,6 12,5 10,5 13,2 7,4 20,8 397 5+ 5,4 15,1 11,8 16,6 13,1 24,4 320 État matrimonial Célibataire 8,8 20,8 15,1 19,6 14,7 28,8 1 968 Marié ou vivant ensemble 4,6 12,2 10,6 13,5 8,4 20,1 1 411 Divorcé/séparé/veuf (0,0) (6,9) (10,1) (22,3) (2,5) (25,1) 26 Résidence Urbain 3,6 13,0 8,1 12,5 8,1 17,8 1 771 Rural 10,7 21,6 18,8 22,0 16,3 33,2 1 634 Grande Région Nord 7,5 12,0 9,3 8,5 6,9 16,6 464 Ouest 0,9 8,2 2,7 7,6 4,6 11,7 1 477 Centre 8,4 21,0 18,3 20,9 14,0 33,4 843 Sud 19,2 37,0 34,0 40,9 30,8 52,5 622 Niveau d’instruction Pas d’instruction 7,2 18,5 14,7 17,7 12,6 27,1 1 255 Primaire 6,4 14,5 12,5 14,6 10,5 22,0 883 Moyen/secondaire ou plus 7,1 17,6 12,2 18,2 12,5 25,4 1 266 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 18,8 34,0 31,2 36,6 29,4 50,2 508 Second 9,4 22,4 20,4 22,9 15,4 35,4 616 Moyen 7,1 14,9 12,0 13,6 9,1 21,8 662 Quatrième 2,9 12,6 8,1 11,5 7,1 17,5 753 Le plus élevé 1,8 9,2 2,9 9,0 5,9 12,4 866 Ensemble 15-49 7,0 17,1 13,2 17,1 12,0 25,2 3 405 50-59 2,5 10,0 10,7 12,8 7,5 17,1 329 Ensemble 15-59 6,6 16,5 13,0 16,7 11,6 24,5 3 734 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 14.6 INDICATEURS DU POUVOIR D’ACTION DES FEMMES Le Tableau 14.8 présente le croisement de deux indicateurs de mesure du pouvoir d’action des femmes à savoir le nombre de décisions auxquelles la femme a participé et le nombre de raisons pour lesquelles elle considère qu’il est justifié qu’un mari batte sa femme. Le premier indicateur reflète le niveau de pouvoir décisionnel exercé par la femme dans son environnement proche et dans des domaines qui affectent sa propre vie. Plus le nombre de décisions dans lesquelles la femme est impliquée est élevé (entre 0 et 3), plus son niveau d’autonomie est estimé élevé. Le deuxième indicateur mesure le degré d’approbation des femmes concernant certaines raisons qui justifient qu’un homme batte sa femme. Les valeurs de cet indicateur sont comprises entre 0 et 5. Ainsi, plus le score est élevé, plus la femme accepte certaines formes de violence et donc elle est moins consciente de ses droits. Statut de la femme • 219 Les résultats ne font pas apparaître clairement d’association positive entre le nombre de décisions auxquelles la femme a participé et l’opinion selon laquelle il est justifié que dans certaines circonstances, un homme a le droit de battre sa femme. En effet, la proportion de femmes qui ne sont d’accord avec aucune des cinq raisons justifiant qu’un mari batte sa femme passe de 39 % parmi celles n’ayant participé à la prise d’aucune décision à 36 % chez celles ayant été impliquées dans la prise de 1 -2 décisions et à 42 % quand le nombre de décisions est de 3. De même, la proportion de femmes ayant participé à la prise de toutes les décisions ne varie pratiquement pas avec le nombre de raisons justifiant le recours à la violence conjugale. Tableau 14.8 Indicateurs du pouvoir d’action des femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, qui participent à toutes les prises de décision et pourcentage de femmes qui ne sont d’accord avec aucune des raisons justifiant qu’un mari batte sa femme, selon les indicateurs du pouvoir d’action des femmes, EDS-Continue, Sénégal 2015 Indicateur du pouvoir d’action Pourcentage participant à la prise de toutes les décisions Pourcentage qui ne sont d’accord avec aucune des raisons justifiant qu’un mari batte sa femme Effectif de femmes Nombre de décisions auxquelles la femme a participé1 0 na 39,2 4 085 1-2 na 36,1 1 080 3 na 41,7 566 Nombre de raisons pour lesquelles il est justifié qu’un mari batte sa femme2 0 10,6 na 2 228 1-2 8,4 na 710 3-4 9,0 na 1 525 5 10,5 na 1 268 na = Non applicable 1 Se reporter au Tableau 14.5.1 pour la liste des décisions. 2 Se reporter au Tableau 14.7.1 pour la liste des raisons. 14.6.1 Pouvoir d’action des femmes et utilisation de la contraception Le Tableau 14.9 présente la répartition des femmes de 15-49 ans selon l’utilisation de la contraception en fonction de deux indicateurs du pouvoir d’action des femmes. Il s’agit du nombre de décisions auxquelles la femme a participé et du nombre de raisons pour lesquelles il est justifié qu’un mari batte sa femme. La relation entre l’utilisation contraceptive moderne et le nombre de décisions auxquelles la femme a participé n’est pas très claire. Les variations sont irrégulières et les écarts peu importants. En effet, l’utilisation d’une méthode moderne de contraception varie de 20 % quand la femme n’a participé à aucune décision à 27 % quand elle a participé à 1-2 décisions et à 22 % quand elle a été associée à toutes les décisions. Les résultats selon le deuxième indicateur font apparaître une association plus nette, l’utilisation de la contraception moderne diminuant au fur et à mesure que le nombre de raisons justifiant le recours à la violence conjugale augmente. La prévalence contraceptive moderne passe de 25 % quand la femme pense que pour aucune raison il est justifié qu’un homme batte sa femme à 18 % quand la femme pense que pour les cinq raisons mentionnées précédemment, il est justifié qu’un homme batte sa femme. 220 • Statut de la femme Tableau 14.9 Utilisation actuelle de la contraception selon certains indicateurs du pouvoir d’action des femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans, actuellement en union par méthode contraceptive actuellement utilisée selon certains, indicateurs du pouvoir d’action des femmes, EDS-Continue, Sénégal 2015 N’importe quelle méthode Une méthode moderne Méthodes modernes Une méthode tradition- nelle N’utilise pas actuelle- ment Total Effectif de femmes Indicateur du pouvoir d’action des femmes Stérilisation féminine Méthodes modernes temporaires féminines1 Condom masculin Nombre de décisions auxquelles la femme a participé2 0 21,5 19,5 0,3 18,4 0,8 2,0 78,5 100,0 4 085 1-2 29,8 26,9 0,5 25,4 1,0 2,8 70,2 100,0 1 080 3 24,4 22,3 1,2 20,1 1,1 2,1 75,6 100,0 566 Nombre de raisons pour lesquelles il est justifié qu’un mari batte sa femme3 0 26,6 24,5 0,5 22,4 1,6 2,1 73,4 100,0 2 228 1-2 23,0 20,7 0,3 19,7 0,8 2,3 77,0 100,0 710 3-4 22,1 19,2 0,6 18,6 0,1 2,9 77,9 100,0 1 525 5 19,3 17,9 0,2 17,2 0,5 1,4 80,7 100,0 1 268 Total 23,3 21,2 0,4 19,9 0,9 2,2 76,7 100,0 5 731 Note : Si plus d’une méthode est utilisée, seule la plus efficace a été prise en compte dans ce tableau. 1 Pilule, DIU, injectables, implants, condom féminin, diaphragme, Mousse/gelée et Méthode de l’Allaitement Maternel, de l’Aménorrhée (MAMA), et méthode du Collier. 2 Se reporter au Tableau 14.5.1 pour la liste des décisions. 3 Se reporter au Tableau 14.7.1 pour la liste des raisons. 14.6.2 Pouvoir d’action des femmes, nombre idéal d’enfants et besoins non satisfaits en matière de planification familiale Le Tableau 14.10 présente le nombre idéal d’enfants pour les femmes de 15-49 ans et le pourcentage de femmes ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, selon les indicateurs du pouvoir d’action des femmes On ne note aucune variation du nombre idéal moyen d’enfants en fonction du nombre de décisions auxquelles la femme a participé. Par contre, l’association avec le nombre de raisons justifiant le recours à la violence conjugale semble plus clair, le nombre moyen idéal d’enfants augmentant avec le nombre de raisons, passant de 4,8 à 5,8 enfants. Les variations des besoins non satisfaits selon les deux indicateurs du pouvoir d’action sont peu claires et ne montrent pas d’association positive. Statut de la femme • 221 Tableau 14.10 Nombre idéal d’enfant et besoins non satisfaits en matière de planification familiale selon certains indicateurs du pouvoir d’action des femmes Nombre idéal moyen d’enfant des femmes de 15-49 ans et pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale selon certains indicateurs du pouvoir d’action des femmes, EDS- Continue, Sénégal 2015 Nombre idéal moyen d’enfants1 Effectif de femmes Pourcentage de femmes actuellement en union ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale2 Effectif de femmes Indicateurs du pouvoir d’action Pour espacer Pour limiter Total Nombre de décisions auxquelles la femme a participé3 0 5,7 3 366 21,3 4,7 26,0 4 085 1-2 5,6 931 12,7 8,7 21,4 1 080 3 5,6 452 18,6 8,7 27,3 566 Nombre de raisons pour lesquelles il est justifié qu’un mari batte sa femme4 0 4,8 3 233 20,3 6,3 26,6 2 228 1-2 5,1 1 138 19,5 5,5 25,0 710 3-4 5,7 1 743 18,1 5,2 23,3 1 525 5 5,8 1 448 19,4 6,0 25,4 1 268 Total 5,2 7 562 19,4 5,8 25,2 5 731 1 Non compris les femmes qui ont donné des réponses non numériques. 2 Se reporter au Tableau 7.12.1 pour la définition des besoins non satisfaits en matière de planification familiale. 3 Limité aux seules femmes actuellement en union. Se reporter au Tableau 14.5.1 pour la liste des décisions. 4 Se reporter au Tableau 14.7.1 pour la liste des raisons. 14.6.3 Pouvoir d’action des femmes et soins de santé maternelle Le Tableau 14.11 présente trois indicateurs de santé maternelle selon les deux indicateurs du pouvoir d’action des femmes. Tableau 14.11 Soins de santé maternelle selon les indicateurs du pouvoir d’action des femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête qui ont reçu des soins prénatals et postnatals par un prestataire de santé formé et dont l’accouchement a été assisté par du personnel de santé formé, pour la naissance la plus récente, selon certains indicateurs du pouvoir d’action des femmes, EDS-Continue, Sénégal 2015 Indicateur du pouvoir d’action Pourcentage ayant bénéficié de soins prénatals par un prestataire formé1 Accouchement assisté par un prestataire formé1 Pourcentage ayant bénéficié de soins postnatals, dans les deux jours suivant l’accouchement2 Effectif de femmes ayant eu un enfant au cours des cinq dernières années Nombre de décisions auxquelles la femme a participé3 0 95,6 56,4 76,2 2 950 1-2 96,2 48,4 75,5 678 3 94,5 54,5 79,6 392 Nombre de raisons pour lesquelles il est justifié qu’un mari batte sa femme4 0 97,1 64,6 84,9 1 629 1-2 94,4 54,5 79,4 530 3-4 94,3 48,0 71,8 1 185 5 92,9 49,6 68,4 1 000 Total 95,0 55,4 76,9 4 344 1 Sont considérées ici comme prestataires formés, les médecins, les infirmières, les sages-femmes ou les infirmières auxiliaires. 2 Y compris les femmes qui ont bénéficié de soins prénatals de la part d’un médecin, infirmière, sage-femme, agent de santé communautaire ou accoucheuse traditionnelle dans les deux jours suivant l’accouchement. Y compris les femmes qui ont accouché en établissement de santé et celles qui n’ont pas accouché en établissement de santé. 3 Limité aux seules femmes actuellement en union. Se reporter au Tableau 14.5.1 pour la liste des décisions. 4 Se reporter au Tableau 14.7.1 pour la liste des raisons. 222 • Statut de la femme Les résultats ne mettent pas en évidence une association positive entre couverture en soins prénatals et la participation des femmes à la prise de de décision, la proportion variant de 96 % quand la femme n’a été associée à aucune décision à 95 % quand le nombre de décisions est de 3. Les résultats en fonction du nombre de raisons justifiant le recours à la violence conjugale montrent que le pourcentage de femmes ayant reçu des soins prénatals diminue quand le nombre de raisons justifiant la violence conjugale augmente. Les proportions varient de 97 % quand ce nombre est de 0 à 93 % quand les femmes justifient la violence pour toutes les raisons citées. La relation entre la proportion de femmes ayant bénéficié d’une assistance à l’accouchement et la participation à la prise de décision n’est pas très claire. Par contre, les résultats montrent une association positive entre le pourcentage de femmes ayant bénéficié d’une assistance à l’accouchement et le nombre de raisons justifiant le recours à la violence conjugale. En effet, la grande majorité des femmes (65 % ) qui désapprouvent la violence conjugale en rejetant toutes les raisons évoquées, ont accouché avec l’assistance de prestataire formé contre 50 % quand le nombre de raisons est de 5. Les résultats concernant les soins postnatals montrent une association positive entre la couverture en soins postnatals et les deux indicateurs du pouvoir d’action des femmes : les pourcentages de femmes ayant eu un suivi postnatal augmentent avec le nombre de décisions, passant de 76 % à 80 %. Ils diminuent avec l’augmentation du nombre de raisons justifiant le recours à la violence conjugale, passant de 85 % à 68 %. Situation des enfants • 223 SITUATION DES ENFANTS 15 Ndèye Lala TRAVARE & Mariana STIRBU Principaux résultats • Au Sénégal, la proportion d’enfants dont la naissance a été enregistrée à l’état civil est de 68 % : 52 % possédaient un acte de naissance et 16 % n’en possédaient pas. • Les résultats montrent une légère diminution de l’enregistrement des naissances à l’état civil : de 73 % en 2012-2013, cette proportion est passée à 68 % en 2015. • Selon la définition de l’UNICEF, 23 % des enfants de 5-17 ans ont travaillé : soit, ils ont participé à des activités économiques à la limite ou au-dessus du nombre d’heures considérés comme appropriés pour leur âge ; soit, ils ont effectué des tâches domestiques à la limite ou au-dessus du nombre d’heures considérés comme appropriés pour leur âge, soit, ils ont travaillé dans des conditions dangereuses. Parmi les enfants dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas, ce pourcentage atteint 37 %. a Convention relative aux Droits de l’Enfant (CDE) du 20 novembre 1989 ratifiée par le Sénégal, précise en son article 3, alinéa 2, que « tous les États parties s’engagent à assurer à l’enfant la protection et les soins nécessaires à son bien-être, compte tenu des droits et des devoirs de ses parents, de ses tuteurs ou des autres personnes légalement responsables de lui, et ils prennent à cette fin toutes les mesures législatives et administratives appropriées ». De manière explicite, tous les enfants ont le droit d’être enregistrés à la naissance, de recevoir des soins médicaux, une bonne nutrition, une éducation, et d’être protégés. Ainsi, ne pas reconnaître ces droits peut exposer l’enfant à certaines formes de vulnérabilité (mauvais traitements, violence, discrimination, etc.) ; de même, un environnement précaire ainsi que le manque d’activités d’éveil peut empêcher l’enfant de développer sa capacité à penser, à parler, à apprendre et à raisonner. En effet, les retards enregistrés avant cinq ans ont des conséquences plus tard sur la santé (physique et mentale) et le comportement des enfants, nuisant ainsi à la productivité du capital humain et la croissance économique sur le long terme. Au cours de L’EDS-Continue de 2015, des données ont été collectées portant sur l’environnement socioéconomique dans lequel vivent les enfants présentées ici. Ces caractéristiques socioéconomiques et environnementales sont des déterminants importants des conditions de vie et de développement des enfants. Elles concernent plus précisément : la déclaration à l’état civil des naissances des enfants de moins de cinq ans, la résidence des enfants et l’état de survie des parents, le développement du jeune enfant et le travail des enfants de 5-14 ans. 15.1 ENREGISTREMENT DES NAISSANCES Dans son article 7, la Convention relative aux droits de l’enfant (1989) stipule que : « L’enfant est enregistré aussitôt sa naissance et a dès celle-ci droit à un nom, le droit d’acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux ». Non enregistré à sa naissance, un enfant risque d’être exclus de la société, de ne pas avoir accès aux services sociaux de base et aux autres services publics, de se voir refuser le droit à une identité officielle, à un nom, à une nationalité. L 224 • Situation des enfants L’enregistrement de la naissance est donc une preuve permanente et officielle de l’existence d’un enfant, une condition essentielle à la réalisation de ses droits et besoins courants. Il garantit à l’enfant l’accès à des services de base dont la vaccination, les soins de santé et l’inscription dans un établissement scolaire, ainsi que l’inscription aux examens en fin d’études. C’est aussi une condition essentielle aux efforts de protection visant notamment à prévenir le travail des enfants en faisant appliquer les lois fixant l’âge minimum d’admission à l’emploi, à faire en sorte que les enfants ne soient pas traités comme des adultes sur le plan juridique, à les protéger du service militaire lorsqu’ils sont mineurs, à lutter contre les mariages précoces ainsi qu’à réduire la traite des enfants et à aider ceux victimes des guerres. En outre, l’enregistrement des enfants à l’état civil constitue une source fiable de statistiques sociodémographiques car sans un enregistrement correct des naissances, un pays ne peut pas connaître avec certitude ses taux de natalité ou de mortalité. Ces derniers étant essentiels à la détermination de la population de référence pour le financement et l’accès aux services publics de qualité. Au Sénégal, cette obligation légale est inscrite dans l’article 33 du Code de la Famille : « Les déclarations sont faites à l’état civil dans le délai d’un mois par les personnes énumérées aux articles 51 et 67. S’il n’est point justifié des déclarations de naissance et de décès survenus dans leur circonscription dans le délai d’un mois, les chefs de village ou de quartier seront tenus de faire dans les quinze jours suivants à l’officier de l’état civil les déclarations ainsi omises sous peine d’amende de simple police allant de 2 000 à 5 000 francs ». Au cours de l’EDS-Continue de 2015, on a demandé aux personnes interviewées si la naissance des enfants les plus jeunes (moins de cinq ans) avait été déclarée à l’état civil. Les résultats sont présentés dans le Tableau 15.1. Au regard des chiffres, il apparaît que plus de deux tiers des naissances d’enfants de moins de cinq ans est enregistrée à l’état civil (68 %), soit près de sept enfants sur dix. Dans 52 % des cas, les enfants enregistrés à l’état civil détenaient un acte de naissance alors que dans 16 % des cas, ils n’en avaient pas. Il n’y a pas de différences importantes entre groupes d’âges et entre sexe. L’enregistrement des naissances à l’état civil varie selon la région, le milieu de résidence et le quintile de bien-être économique. Les enfants enregistrés à l’état civil et disposant d’un acte de naissance sont proportionnellement beaucoup moins nombreux en milieu rural (39 %) qu’en milieu urbain (75 %). Les résultats selon les régions font apparaître un écart entre l’Ouest où 81 % des naissances sont enregistrées à l’état civil et possèdent un acte de naissance et les autres régions où cette proportion varie de 42 % au Centre, 39 % au Nord et 37 % au Sud qui enregistre le taux d’enregistrement des naissances le plus faible. Enfin, on note que le pourcentage de naissances enregistrées et pour lesquelles on dispose d’un acte de naissance augmente de manière importante du quintile le plus bas au plus élevé, passant de 29 % à 81 %. Situation des enfants • 225 Tableau 15.1 Enregistrement des naissances d’enfants de moins de 5 ans Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans (de droit) dont la naissance a été enregistrée à l’état civil selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Enfants dont la naissance a été enregistrée Effectif d’enfants Caractéristiques sociodémographiques Pourcentage ayant un acte de naissance Pourcentage n’ayant pas d’acte de naissance Pourcentage de naissances enregistrées Âge <2 51,9 16,4 68,3 2 404 2-4 52,0 16,2 68,2 3 876 Sexe Masculin 52,6 17,2 69,8 3 151 Féminin 51,3 15,4 66,7 3 129 Résidence Urbain 74,6 12,4 87,0 2 245 Rural 39,4 18,5 57,8 4 034 Région Nord 39,3 22,8 62,2 1 099 Ouest 80,8 5,3 86,1 1 873 Centre 41,7 18,2 59,9 2 120 Sud 36,5 24,1 60,6 1 189 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 28,5 15,6 44,1 1 535 Second 41,2 19,1 60,4 1 363 Moyen 56,9 17,1 74,0 1 271 Quatrième 66,1 16,6 82,7 1 112 Le plus élevé 80,7 12,1 92,8 997 Ensemble 52,0 16,3 68,3 6 280 Si on compare la situation avec les années précédentes, on constate une diminution du pourcentage de naissances enregistrées à l’état civil, ce pourcentage étant passé de 73 % en 2012-2013 à 68 % en 2015. On remarque, en particulier, une diminution plus importante dans les ménages des quintiles intermédiaires. Cependant, dans la même période, au niveau national, le pourcentage d’enfants dont la naissance a été enregistrée et qui disposent d’un acte de naissance a légèrement augmenté, passant de 49 % à 52 %. 15.2 ENFANTS VIVANT SÉPARÉS DE LEURS PARENTS BIOLOGIQUES ET ENFANTS ORPHELINS Diverses situations d’urgence (catastrophes naturelles, épidémies, conflits armés, les déplacements massifs de populations, provoquent souvent la même tragédie ; celle de séparer les enfants de leur famille ou de leurs tuteurs et de les exposer à la violence et à l’exploitation. Privés de soins et de protection, ces enfants constituent l’un des groupes les plus vulnérables dans la mesure où ils souffrent de la perte de leur foyer. Au Sénégal, comme dans de nombreux pays africains, la société et la famille jouent un rôle important dans la survie et le développement des enfants. C’est à « la famille élargie » composée des oncles, tantes et autres proches membres de la famille que l’on reconnait ce rôle déterminant. Cependant, ce cadre protecteur n’est pas suffisant et la famille biologique constitue le soutien principal des enfants à toute stratégie visant à assurer leur survie, leur développement et leur protection. Dès lors, il importe d’identifier les enfants qui ne vivent pas avec leurs parents biologiques, de connaitre leur proportion par rapport à la population générale des enfants et de savoir avec qui ils vivent. Le Tableau 15.2 présente ces informations pour les enfants de moins de 18 ans. Au Sénégal 15 % des enfants de moins de 18 ans ne vivent avec aucun parent biologique et, à l’opposé, 52 % des enfants de moins de 18 ans vivent avec leurs deux parents biologiques. La proportion d’enfants ne vivant avec aucun parent biologique augmente de manière importante à partir de l’âge de 10 ans pour atteindre 28 % à 15-17 ans. Cette proportion est aussi plus élevée pour les filles (17 %) que pour les garçons (12 %). 226 • Situation des enfants Tableau 15.2 Enfants orphelins et résidence avec les parents Répartition (en %) de la population de droit des enfants de moins de 18 ans par état de survie des parents et résidence avec les parents; pourcentage d’enfants ne vivant pas avec un parent biologique et pourcentage d’enfants ayant un ou leurs deux parents décédés, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Vit avec les deux parents Vit avec la mère mais pas avec le père Vit avec le père mais pas avec la mère Ne vit avec aucun des deux parents Total Pourcen- tage ne vivant avec aucun parent biologique Pourcen- tage avec un ou les deux parents décédés1 Effectif d’enfants Caractéristique sociodémo- graphique Père en vie Père décédé Mère en vie Mère décédée Les deux sont vivants Seul le père est vivant Seule la mère est vivante Les deux décédés Informa- tion man- quante sur père/ mère Âge 0-4 57,2 34,6 0,8 1,2 0,2 5,6 0,3 0,2 0,0 0,0 100,0 6,0 1,4 6 280 <2 59,2 38,7 0,3 0,5 0,0 1,1 0,1 0,0 0,0 0,0 100,0 1,2 0,5 2 404 2-4 56,0 32,1 1,1 1,6 0,3 8,3 0,3 0,3 0,0 0,0 100,0 9,0 2,0 3 876 5-9 54,3 25,2 2,3 2,9 0,5 12,9 0,7 1,0 0,1 0,0 100,0 14,8 4,7 5 982 10-14 48,9 22,3 4,7 3,3 1,1 16,3 1,0 2,0 0,5 0,0 100,0 19,8 9,2 4 709 15-17 39,6 19,2 8,9 3,2 1,1 21,0 2,1 3,9 1,1 0,0 100,0 27,9 17,0 2 266 Sexe Masculin 54,0 26,5 3,4 2,9 0,6 10,3 0,6 1,2 0,3 0,0 100,0 12,4 6,2 9 532 Féminin 50,4 27,2 3,0 2,0 0,5 14,3 1,0 1,4 0,3 0,0 100,0 16,9 6,1 9 705 Résidence Urbain 51,1 27,1 3,2 2,7 0,5 13,1 0,9 1,1 0,3 0,0 100,0 15,4 6,0 7 370 Rural 52,9 26,7 3,2 2,3 0,6 11,8 0,7 1,4 0,3 0,0 100,0 14,3 6,3 11 868 Région Nord 49,6 31,1 2,5 2,8 0,7 11,9 0,5 0,6 0,3 0,0 100,0 13,4 4,6 3 499 Ouest 53,7 26,4 3,4 2,5 0,4 11,8 0,6 1,0 0,2 0,0 100,0 13,6 5,6 5 886 Centre 50,0 30,2 2,8 1,8 0,6 12,3 0,9 1,4 0,2 0,0 100,0 14,7 5,7 6 066 Sud 55,8 18,2 4,1 3,2 0,8 13,6 1,3 2,3 0,6 0,1 100,0 17,8 9,2 3 786 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 64,8 16,6 3,3 2,5 0,8 9,7 0,7 1,2 0,3 0,0 100,0 12,0 6,3 4 407 Second 51,3 25,4 4,1 2,2 0,9 13,0 0,9 1,8 0,4 0,0 100,0 16,2 8,1 4 205 Moyen 49,2 30,3 2,5 2,4 0,4 12,7 0,7 1,2 0,4 0,0 100,0 15,0 5,3 3 856 Quatrième 46,4 32,7 2,9 2,1 0,2 12,9 1,0 1,6 0,1 0,0 100,0 15,7 5,9 3 532 Le plus élevé 46,0 32,2 2,9 3,2 0,6 13,8 0,6 0,6 0,1 0,0 100,0 15,1 4,9 3 238 Ensemble <15 53,9 27,9 2,4 2,4 0,5 11,2 0,6 1,0 0,2 0,0 100,0 12,9 4,7 16 971 Ensemble <18 52,2 26,8 3,2 2,5 0,6 12,3 0,8 1,3 0,3 0,0 100,0 14,7 6,2 19 238 Note : Le tableau est basé sur la population de droit des ménages, c’est-à-dire les résidents habituels. 1 Inclut les enfants dont le père est décédé, la mère est décédée, les deux parents sont décédés et ceux dont un seul parent est décédé mais dont l’information sur l’état de survie de l’autre parent est manquante. La proportion d’enfants vivant avec leurs deux parents biologiques diminue régulièrement avec l’âge de l’enfant. D’un maximum de 59 % à 0-2 ans, elle passe à 54 % à 5-9 ans et 40 % à 15-17 ans. Les filles sont proportionnellement moins nombreuses (50 %) que les garçons (54 %) à vivre avec leurs deux parents. En outre, parmi les enfants de moins de 18 ans, 30 % vivent seulement avec leur mère ; que le père soit en vie (27 %) ou décédé (3 %). Environ 3 % ne vivent qu’avec leur père, alors que 15 % ne vivent avec aucun de leurs deux parents. Les écarts entre milieux de résidence ne sont pas importants (53 % en milieu rural contre 51 % en urbain). On relève, par contre, de différences entre les régions du pays : c’est au Nord et au Centre (50 % dans les deux cas) que la proportion d’enfants vivant avec leurs deux parents est la plus faible et c’est au Sud qu’elle est la plus élevée au Sud (56 %). La proportion d’enfants vivant avec leurs deux parents diminue régulièrement avec le niveau de bien-être du ménage ; passant de 65 % chez les enfants dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas à 46 % chez ceux des ménages du quintile le plus élevé. Par ailleurs, on constate que la proportion d’enfants de moins de 18 ans orphelins de père et/ou de mère est de 6 % dans l’ensemble. Moins d’un pour cent (0,3 %) a perdu leurs deux parents, 5 % sont orphelins de père et 1,4 % sont orphelins de mère. Du fait de l’accroissement du risque de décès des parents lié à l’âge, la proportion d’orphelins de père et/ou de mère augmente de façon importante avec l’âge de l’enfant, passant de 0,5 % à 0-2 ans, à 4,7 % à 5-9 ans et à 17,0 % à 15-17 ans. Situation des enfants • 227 15.3 DÉVELOPPEMENT DU JEUNE ENFANT Les cinq premières années sont déterminantes pour la santé, la croissance et le développement d’un enfant car son bien-être futur en dépend. En effet, la recherche a montré que la petite enfance est une période clé dans le développement affectif, social et physique des enfants et a, de ce fait, un impact direct sur les adultes qu’ils deviendront. Leur apprentissage se fait plus rapidement à cette période, bien avant l’éducation formelle. L’EDS-Continue de 2015 a collecté des données sur les enfants de 3-5 ans ayant fréquenté un lieu d’encadrement au cours de l’année scolaire par type d’établissement d’apprentissage. Les résultats sont présentés dans le Tableau 15.3 selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 15.3 Programme d’apprentissage ou d’éveil Pourcentage d’enfants de 3-5 ans ayant fréquenté un établissement d’apprentissage ; pourcentage ayant fréquenté un lieu d’encadrement tel qu’une école maternelle, un jardin d’enfants, un établissement coranique ou une case de Tout Petits, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS Continue, Sénégal 2015 Pourcentage d’enfants de 3-5 ans ayant fréquenté un lieu d’encadrement au cours de l’année scolaire par type d’établissement d’apprentissage Pourcentage ayant fréquenté un établissement d’apprentis- sage Effectif d’enfants de 3-5 ans Caractéristique sociodémographique École maternelle Jardin d’enfants Établissement coranique Case de Tout Petits Autre Sexe Masculin 0,4 10,3 22,2 1,4 0,4 34,7 1 876 Féminin 1,1 11,9 19,0 2,0 0,4 34,4 1 787 Résidence Urbain 1,5 22,2 31,2 1,9 0,3 57,2 1 339 Rural 0,4 4,6 14,5 1,6 0,4 21,6 2 324 Région Nord 0,8 3,5 18,0 1,1 0,2 23,6 616 Ouest 1,6 21,2 35,8 1,1 0,2 60,0 1 110 Centre 0,0 4,6 16,0 1,5 0,5 22,6 1 238 Sud 0,7 13,0 7,1 3,5 0,7 25,0 699 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,2 2,0 7,0 1,9 0,5 11,5 862 Second 0,1 5,3 15,0 1,4 0,4 22,3 811 Moyen 0,8 7,9 24,2 1,7 0,4 35,0 745 Quatrième 0,5 12,3 34,2 2,6 0,3 49,9 655 Le plus élevé 2,8 35,0 28,7 0,9 0,2 67,6 589 Orphelin (père et/ou mère décédé) Oui 1,3 12,2 21,4 2,2 0,0 37,1 79 Non 0,8 11,1 20,6 1,7 0,4 34,5 3 584 Ensemble 0,8 11,1 20,6 1,7 0,4 34,6 3 663 Note : Le tableau n’est basé que sur les enfants qui vivent habituellement dans le ménage. L’examen des résultats révèle que 35 % des enfants âgés de 3-5 ans ont fréquenté un établissement d’apprentissage au cours de l’année scolaire. Un enfant sur cinq 21 % suivait en enseignement dans un établissement coranique (Daara, Arabe) ; un peu plus d’un enfant sur dix (11 %) a fréquenté un jardin d’enfants ; 2 % allaient dans une case de tout-petits et moins de 1 % dans une école maternelle. La fréquentation de ce type d’établissement d’apprentissage varie de manière importante selon le milieu de résidence, les régions et le niveau de bien-être économique du ménage. C’est en milieu urbain (57 % contre 22 % en rural), dans la région Ouest (60 % contre 23 % dans le Centre et 25 % dans le Sud) et dans les ménages classés dans les deux derniers quintiles (50 % dans le quatrième et 68 % dans le plus élevé) que le taux de fréquentation d’un établissement d’apprentissage est, de loin, le plus élevé. En particulier, on relève qu’en milieu urbain, 22 % des enfants de 3-5 ans ont fréquenté un jardin d’enfants contre 5 % en milieu rural. Dans la région Ouest, cette proportion est de 21 % contre 4 % dans le Nord et 5 % dans le Centre. Dans les ménages du quintile le plus bas, le taux de fréquentation d’un jardin d’enfants pour les enfants de 3-5 ans est de 2 % contre 35 % dans les ménages du quintile le plus élevé. 228 • Situation des enfants On constate une augmentation du taux de fréquentation d’un établissement d’apprentissage par les enfants de 3-5 ans, ce taux étant passé de 22 % en 2010-1011 à 35 % en 2015. Bien que les mêmes écarts persistent, on note une amélioration importante en milieu rural (15 % en 2010 contre 22 % en 2015). En outre, cette amélioration a touché tous les ménages, quel que soit le quintile. Il faut aussi noter que si on compare avec les données de l’EDS-Continue 2014, on note une légère tendance à la hausse pour le deuxième quintile (le pourcentage d’enfants de 3-5 ayant fréquenté un établissement d’apprentissage étant passé de 17 % à 22 % entre les deux années). Cela peut indiquer un début de prise de conscience dans la classe moyenne de l’importance des activités formelles d’apprentissage et d’éveil à un âge plus jeune, et la reconnaissance de son impact favorable sur le niveau de préparation de l’enfant pour le primaire. 15.4 TRAVAIL DES ENFANTS La convention 138 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur l’âge minimum d’admission à l’emploi fixé à 15 ans ratifiée par le Sénégal en 1999 et la convention 182 sur les Pires Formes de Travail des Enfants (PFTE) ratifiée en 2000, définissent l’enfant comme étant une personne âgée de moins de 18 ans. Les gouvernements, les autorités, la société et les parents ont alors le devoir de s’assurer que les droits des enfants sont respectés et de prendre les mesures adéquates afin qu’aucun d’entre eux ne soient ni exposé à un danger quelconque ni exploité. Toutefois, si certaines activités telles que participer aux tâches ménagères ou aux activités génératrices de revenus de la famille sont considérées comme faisant partie du processus de socialisation, il n’en demeure pas moins que les enfants engagés dans de telles activités ont souvent moins de chance d’être scolarisés, plus de risque d’abandonner l’école et courent aussi plus de risques d’être exploités. Au cours de l’enquête ménage de 2015, les données concernant le travail des enfants de 5-17 ans ont permis de calculer les indicateurs utilisés par l’UNICEF dans les enquêtes MICS pour définir le travail des enfants. 15.4.1 Participation des enfants aux activités économiques Le Tableau 15.4 présente le pourcentage d’enfants de 5-17 ans ayant participé à des activités économiques au cours de la semaine ayant précédé l’interview ; respectivement pour ceux des groupes d’âges 5-11 ans, 12-14 ans et 15-17 ans conformément aux seuils d’activité, en fonction de l’âge de l’enfant, selon les critères de l’UNICEF1. 1 Selon la définition de l’UNICEF, le seuil se situe à 1 heure d’activité économique pour les enfants de 5-11 ans, 14 heures d’activité économique pour les enfants de 12-14 ans, et 43 heures d’activité économique pour les enfants de 15- 17 ans. Situation des enfants • 229 Tableau 15.4 Participation des enfants à des activités économiques Pourcentage d’enfants ayant participé à des activités économiques au cours de la semaine ayant précédé l’interview, par groupe d’âges et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Sénégal 2015 Pourcentage d’enfants de 5-11 ans ayant participé à : Effectif d’enfants de 5-11 ans Pourcentage d’enfants de 12-14 ans ayant participé à : Effectif d’enfants de 12-14 ans Pourcentage d’enfants de 15-17 ans ayant participé à : Effectif d’enfants de 15-17 ans Caractéristiques sociodémographiques Des activités économiques pendant au moins une heure Des activités économiques pour moins de 14 heures Des activités économiques pour 14 heures ou plus Des activités économiques pour moins de 43 heures Des activités économiques pour 43 heures ou plus Sexe Masculin 29,5 1 188 19,1 25,7 402 38,1 12,2 318 Féminin 9,9 1 179 8,9 6,2 394 17,5 3,4 342 Résidence Urbain 7,0 902 6,4 13,0 326 15,5 6,1 292 Rural 27,5 1 465 19,3 18,1 470 36,9 8,9 367 Région Nord 21,0 431 22,3 12,7 149 23,8 4,5 126 Ouest 7,7 727 3,2 16,3 233 21,4 7,7 231 Centre 23,4 727 13,7 17,0 253 28,6 10,9 188 Sud 31,2 482 22,7 17,1 162 41,6 5,6 114 Fréquentation scolaire Oui 20,1 1 164 12,7 10,5 517 21,7 2,1 370 Non 19,4 1 203 16,5 26,3 279 34,7 14,7 289 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 23,6 1 424 18,0 18,1 458 29,0 7,7 365 Primaire 10,9 402 8,0 15,2 95 26,0 8,1 68 Moyen/secondaire ou plus 10,5 105 (1,0) (0,3) 53 * * 30 Mère non interviewée et ne vivant pas dans le ménage1 17,2 433 11,2 15,9 190 28,2 8,5 196 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 37,1 552 24,8 23,1 175 43,2 14,5 121 Second 32,0 542 18,4 21,9 164 41,6 12,0 132 Moyen 12,2 469 15,4 14,3 153 29,4 5,2 142 Quatrième 5,9 429 7,6 13,4 147 5,9 3,8 134 Le plus élevé 1,5 375 2,4 6,1 158 18,2 3,4 129 Ensemble2 19,7 2 367 14,1 16,0 797 27,4 7,6 659 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Y compris les enfants dont la mère est décédée. 2 L’ensemble inclut 7 enfants dont l’information sur le niveau d’instruction de la mère est manquante. Au cours de la semaine qui a précédé l’enquête, 20 % des enfants de 5-11 ans ont participé à des activités économiques pendant au moins une heure. Cette proportion varie de manière considérable selon certaines caractéristiques sociodémographiques et, dans bien des cas, la proportion d’enfants ayant travaillé est supérieure à la moyenne nationale. En effet, on constate que 30 % des garçons contre 10 % des filles ont effectué ce type d’activités. En milieu rural, la proportion d’enfants ayant participé à des activités économiques pendant au moins une heure est quatre fois plus élevée qu’en milieu urbain (28 % contre 7 %). D’un point de vue régional, les résultats révèlent que, si seulement 8 % des enfants de 5-11 ans de la région Ouest ont participé à des activités économiques, cette proportion est de 21 % dans la région Nord, 23 % dans la région Centre et atteint même 31 % dans la région Sud. On ne note pratiquement pas de variation selon que l’enfant fréquente ou non l’école. Par ailleurs, on constate que la proportion d’enfants de 5-11 ans ayant participé à des activités économiques diminue au fur et à mesure que le niveau d’instruction de la mère augmente, variant de 24 % quand la mère n’a aucun niveau à 11 % quand elle a un niveau moyen/secondaire ou plus. La même tendance s’observe en fonction du quintile de bien-être économique ; des ménages du quintile le plus bas au plus élevé, la proportion d’enfants qui ont participé à des activités économiques diminue de manière considérable, variant de 37 % dans le quintile le plus bas à 2 % dans le quintile le plus élevé. 230 • Situation des enfants Chez les enfants âgés de 12-14 ans, 14 % ont participé à des activités économiques pendant moins de 14 heures mais 16 % ont effectué ce type de travail pendant 14 heures ou plus au cours de la semaine ayant précédé l’interview. Pour ce groupe d’âges, on retrouve pratiquement les mêmes variations que celles constatées chez les enfants de 5-11 ans à l’exception de la fréquentation scolaire. Quel que soit le nombre d’heures de travail, les enfants qui ont pratiqué une activité économique sont plus nombreux parmi ceux qui ne fréquentent pas l’école que parmi ceux qui fréquentent (26 % contre 11 % au-dessus du seuil fixé pour ce groupe d’âges : 14 heures). Concernant le groupe d’âges 15-17 ans, on constate que la proportion d’enfants ayant participé à des activités économiques est nettement plus élevée que celle observée chez les plus jeunes. Dans 27 % des cas, les enfants sont impliqués dans ce type d’activité pendant moins de 43 heures mais dans 8 % des cas, la durée du travail était de 43 heures ou plus, soit au-dessus de la limite fixée pour ce groupe d’âges. Globalement, les résultats font apparaître les mêmes différentiels que ceux déjà constatés pour les enfants de 5-11 ans et de 12-14 ans. 15.4.2 Participation des enfants aux tâches domestiques Le Tableau 15.5 présente le pourcentage d’enfants de 5-17 ans ayant participé à des tâches domestiques au cours de la semaine ayant précédé l’interview, par groupe d’âges et selon les seuils d’activités considérés comme appropriés pour chaque groupe d’âges. Tableau 15.5 Participation des enfants à des tâches domestiques Pourcentage d’enfants ayant participé à des tâches domestiques au cours de la semaine ayant précédé l’interview, par groupe d’âges et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Sénégal 2015 Pourcentage d’enfants de 5-11 ans ayant participé à: Effectif d’enfants de 5-11 ans Pourcentage d’enfants de 12-14 ans ayant participé à: Effectif d’enfants de 12-14 ans Pourcentage d’enfants de 15-17 ans ayant participé à: Effectif d’enfants de 15-17 ans Caractéristiques sociodémographiques Des tâches domestiques pendant moins de 28 heures Des tâches domestiques pendant 28 heures ou plus Des tâches domestiques pendant moins de 28 heures Des tâches domestiques pour 28 heures ou plus Des tâches domestiques pendant moins de 43 heures Des tâches domestiques pour 43 heures ou plus Sexe Masculin 69,9 2,7 1 188 70,8 5,1 402 75,5 3,9 318 Féminin 79,4 6,2 1 179 78,2 18,0 394 88,9 8,1 342 Résidence Urbain 75,9 3,3 902 71,5 14,0 326 85,9 3,0 292 Rural 73,8 5,2 1 465 76,5 9,8 470 79,8 8,6 367 Région Nord 78,3 1,2 431 77,4 8,6 149 85,6 7,5 126 Ouest 70,8 6,0 727 69,2 16,2 233 81,1 5,7 231 Centre 72,3 5,1 727 73,8 11,5 253 81,8 7,8 188 Sud 80,6 4,1 482 80,3 7,4 162 82,9 2,7 114 Fréquentation scolaire Oui 78,0 5,3 1 164 77,9 9,8 517 85,3 4,1 370 Non 71,3 3,7 1 203 68,0 14,7 279 78,8 8,7 289 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 74,9 3,6 1 424 76,5 9,1 458 84,5 6,4 365 Primaire 74,9 6,2 402 67,6 21,4 95 66,8 6,4 68 Moyen/secondaire ou plus 55,7 1,4 105 (87,2) (7,9) 53 * * 30 Mère non interviewée et ne vivant pas dans le ménage1 77,9 6,4 433 69,3 13,1 190 83,2 5,4 196 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 77,7 5,2 552 73,3 10,9 175 78,1 11,8 121 Second 71,4 6,2 542 74,4 14,7 164 86,4 1,5 132 Moyen 79,4 1,6 469 76,7 8,9 153 76,6 10,8 142 Quatrième 71,9 6,5 429 70,3 14,2 147 87,7 4,0 134 Le plus élevé 71,9 2,3 375 77,4 8,9 158 83,5 2,5 129 Ensemble2 74,6 4,5 2 367 74,4 11,5 797 82,5 6,1 659 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25- 49 cas non pondérés. 1 Y compris les enfants dont la mère est décédée. 2 L’ensemble inclut 7 enfants pour lesquels l’information sur le niveau d’instruction de la mère est manquante. Situation des enfants • 231 L’examen du tableau ci-dessus montre qu’au cours de la semaine qui a précédé l’enquête, 75 % des enfants de 5-11 ans ont participé à des tâches domestiques pendant au moins 28 heures mais 5 % y ont contribué à hauteur de 28 heures ou plus. Les résultats montrent que la participation des enfants aux tâches domestiques est courante dans toutes les catégories d’enfants. Il faut cependant souligner que les filles sont davantage mises à contribution que les garçons puisque 79 % contre 70 % des garçons ont effectué des tâches ménagères pendant moins de 28 heures ; Cet écart demeure au-delà du seuil d’activité fixé pour ce groupe d’âges puisque deux fois plus de filles que de garçons (6 % contre 3 %) ont effectué ce type de travail pendant 28 heures ou plus au cours de la semaine ayant précédé l’enquête. Il faut aussi souligner que la proportion d’enfants dont la mère a un niveau moyen/secondaire ou plus et qui ont participé à des tâches domestiques est nettement plus faible que ceux dont la mère a un niveau primaire ou n’a pas de niveau d’instruction (56 % contre 75 %). Au niveau régional, les résultats révèlent que les proportions vont de 71 % dans la région Ouest à 81 % dans la région Sud. Selon que l’enfant fréquente ou non l’école, on observe que la proportion d’enfants ayant participé aux tâches domestiques représente 78,0 % quand l’enfant fréquente l’école et 71,3 % quand il ne va pas à l’école. Chez les enfants âgés de 12-14 ans, 74 % ont participé aux tâches domestiques pendant moins de 28 heures mais 12 % ont effectué ce type de travail pendant 28 heures ou plus au cours de la semaine ayant précédé l’interview. Pour ce groupe d’âges, on retrouve pratiquement les mêmes variations constatées chez les enfants de 5-11 ans. Pour ce qui est du groupe d’âges 15-17 ans, on constate que la proportion d’enfants ayant participé aux tâches domestiques est nettement plus élevée que celle observée chez les plus jeunes. Dans 83 % des cas, les enfants sont impliqués dans ce type d’activités pendant moins de 43 heures mais dans 6 % des cas, la durée du travail excédait 43 heures. Globalement, les résultats font apparaître les mêmes différences que celles déjà constatées pour les enfants de 5-11 ans et de 12-14 ans. 15.4.3 Travail des enfants Le Tableau 15.6 présente le pourcentage d’enfants de 5-17 ans qui ont participé, au cours de la semaine ayant précédé l’enquête, à des activités économiques ou à des tâches domestiques selon les seuils de la durée du travail établi par l’UNICEF en fonction de l’âge de l’enfant (voir les références en bas du tableau) ainsi que le pourcentage de ceux ayant travaillé dans des conditions dangereuses au cours de la semaine ayant précédé l’interview et le pourcentage d’enfants ayant effectué un travail. L’examen des résultats montre qu’au cours de la semaine ayant précédé l’enquête, près de deux enfants de 5-17 ans sur dix (17 %) ont participé à des activités économiques pendant un nombre total d’heures à la limite ou au-dessus du seuil défini pour chaque groupe d’âges. Cette proportion diminue en fonction de l’âge de l’enfant, de 20 % parmi ceux âgés de 5-11 ans à 16 % parmi ceux de 12-14 ans et à 8 % parmi ceux de 15-17 ans. Huit pour cent ont participé à des activités économiques en dessous du seuil considéré comme approprié pour ce groupe d’âges. On constate que ce sont les garçons (26 % contre 8 % des filles), les enfants du milieu rural (23 % contre 8 % en milieu urbain), ceux qui ne fréquentent pas l’école (20 % contre 14 % parmi ceux qui vont à l’école), ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction (20 % contre 6 % parmi ceux dont la mère a un niveau moyen/secondaire ou plus) et ceux des ménages du quintile le plus bas (31 % contre 3 % des enfants du quintile le plus élevé) qui ont été les plus impliqués dans ce type d’activités pendant une durée supérieure à celle considérée comme approprié pour les enfants de ce groupe d’âges. Il faut aussi souligner que dans la région Sud, près d’un quart (24 %) des enfants de 5-17 ans ont participé à des activités économique pendant un nombre d’heures égal ou supérieur au seuil fixé par l’UNICEF contre 9 % dans la région Ouest. 232 • Situation des enfants Tableau 15.6 Travail des enfants Pourcentage d’enfants de 5-17 ans ayant participé, au cours de la semaine ayant précédé l’enquête, à des activités économiques ou à des tâches domestiques, pourcentage ayant travaillé dans des conditions dangereuses au cours de la semaine ayant précédé l’interview et pourcentage d’enfants ayant effectué un travail au cours de la semaine ayant précédé l’enquête, Sénégal 2015 Enfants ayant participé à des activités économiques pour un nombre total d’heures, au cours de la semaine avant l’interview : Enfants ayant participé à des tâches domestiques pour un nombre total d’heures, au cours de la semaine avant l’interview : Enfants ayant travaillé dans des conditions dangereuses3 Ensemble du travail des enfants4 Effectif d’enfants de 5-17 ans Caractéristiques sociodémographiques En dessous du seuil défini pour chaque groupe d’âges1 A la limite ou au- dessus du seuil défini pour chaque groupe d’âges1 En dessous du seuil défini pour chaque groupe d’âges2 A la limite ou au- dessus du seuil défini pour chaque groupe d’âges2 Âge 5-11 - 19,7 74,6 4,5 8,3 22,3 2 367 12-14 14,1 16,0 74,4 11,5 9,5 28,6 797 15-17 27,4 7,6 82,5 6,1 7,8 18,8 659 Sexe Masculin 10,4 25,8 71,0 3,4 12,5 29,4 1 908 Féminin 4,9 8,0 80,9 9,0 4,5 16,7 1 915 Résidence Urbain 4,4 8,1 76,9 5,5 2,9 14,3 1 520 Rural 9,8 22,6 75,3 6,7 12,1 28,8 2 303 Région Nord 8,9 16,3 79,4 3,9 9,0 23,1 706 Ouest 4,8 9,3 72,5 8,0 5,0 17,0 1 191 Centre 7,6 20,0 74,2 6,9 10,6 26,2 1 169 Sud 11,1 24,3 80,9 4,6 10,0 27,6 757 Fréquentation scolaire Oui 7,1 14,4 79,3 6,2 7,4 21,0 2 051 Non 8,3 19,7 72,0 6,3 9,6 25,4 1 772 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 8,4 19,9 76,8 5,2 10,6 25,5 2 247 Primaire 4,5 11,3 72,7 8,8 3,9 18,8 565 Moyen/secondaire ou plus 1,2 6,0 69,9 4,1 2,4 10,7 187 Mère non interviewée et ne vivant pas dans le ménage5 9,3 14,8 77,2 7,7 7,1 22,0 819 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 11,3 31,0 76,8 7,4 15,6 36,9 848 Second 10,2 26,9 74,4 7,1 14,8 33,2 838 Moyen 8,5 11,3 78,4 4,8 4,8 17,8 764 Quatrième 2,7 7,1 74,5 7,6 2,4 13,6 711 Le plus élevé 4,1 3,0 75,5 3,9 1,9 8,6 662 Ensemble6 7,7 16,9 75,9 6,2 8,5 23,0 3 823 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Selon la définition de l’UNICEF, le seuil se situe à 1 heure d’activité économique pour les enfants de 5-11 ans, 14 heures d’activité économique pour les enfants de 12-14 ans, et 43 heure d’activité économique pour les enfants de 15-17 ans. 2 Selon la définition de l’UNICEF, le seuil se situe à 28 heures de tâches domestiques pour les enfants de 5-11 ans et 12-14 ans, et 43 heure de tâches domestiques pour les enfants de 15-17 ans. 3 Selon la définition de l’UNICEF, les enfants travaillant dans des conditions dangereuses sont ceux qui, dans le cadre de leur travail : a) portent des charges lourdes ; ou b) travaillent avec des outils dangereux ou font fonctionner de grosses machines ; ou c) sont exposés à la poussière, à la fumée ou au gaz ; ou d) sont exposés au froid, à la chaleur ou à de l’humidité extrême ; e) sont exposés à des bruits intenses ou des vibrations ; f) sont exposés à un travail en hauteur ; g) sont exposés à des produits chimiques (pesticides, colles, etc.) ou à des explosifs ; h) sont exposés à d’autres choses, procédés ou conditions mauvaises pour sa santé ou sa sécurité. 4 Selon la définition de l’UNICEF, sont inclus dans cette catégorie les enfants qui a) participent à des activités économiques à la limite ou au-dessus du seuil défini pour leur groupe d’âges ; ou b) participent à des tâches domestiques à la limite ou au-dessus du seuil défini pour leur groupe d’âges ; ou c) qui travaillent dans des conditions dangereuses. 5 Y compris les enfants dont la mère est décédée. 6 L’ensemble inclut 7 enfants pour lesquels l’information sur le niveau d’instruction de la mère est manquante. Le Tableau 15.6 présente également les résultats pour les enfants ayant participé aux tâches domestiques. On constate ainsi une proportion élevée d’enfants de 5-17 ans qui ont participé à ces activités au cours de la semaine ayant précédé l’interview en dessous de la limite définie pour chaque groupe d’âges (76 %). Dans 6 % des cas cependant, le nombre d’heures passées à effectuer des tâches domestiques se situe à la limite ou au-dessus du seuil établi. Les variations sont peu importantes sauf entre les sexes. Ce qui montre que la participation des enfants aux tâches ménagères est assez généralisée et que les filles sont plus Situation des enfants • 233 sollicitées que les garçons pour ce type de travaux. En effet, 9 % de filles contre 3 % de garçons ont contribué pendant une durée égale ou supérieure au seuil fixé à ce type de travail. Les résultats montrent également qu’environ un enfant de 5-17 ans sur dix (9 %) a exercé un travail dans des conditions jugées dangereuses au cours de la semaine ayant précédé l’interview. Les enfants qui ont travaillé dans ces conditions sont proportionnellement plus nombreux chez les garçons que chez les filles (13 % contre 5 %), en milieu rural qu’en milieu urbain (12 % contre 3 %), dans les régions Centre (11 %) et Sud (10 %) que dans les autres, chez ceux qui ne fréquentent pas l’école que chez ceux qui y vont (10 % contre 7 %). En outre, la proportion d’enfants travaillant dans des conditions dangereuses a tendance à diminuer avec l’augmentation du niveau d’instruction de la mère, variant de 11 % quand la mère n’a aucun niveau d’instruction à 2 % quand elle a un niveau moyen/secondaire ou plus. La même tendance s’observe avec le niveau de bien-être économique du ménage puisque des enfants des ménages du quintile le plus bas au plus élevé, cette proportion passe de 16 % à 2 %. Globalement, on estime que 23 % des enfants de 5-17 ans ont travaillé au cours de la semaine ayant précédé l’enquête, soit en participant à des activités économiques, soit en effectuant des tâches domestiques à la limite ou au-dessus de la limite retenue ou même en travaillant dans des conditions jugées dangereuses. Cette proportion varie de manière irrégulière selon le groupe d’âges allant de 22 % parmi les enfants de 5-11 ans à 29 % parmi ceux de 12-14 ans et à 19 % parmi ceux de 15-17 ans. C’est parmi les garçons (29 %), en milieu rural (29 %), dans la région Sud (28 %), parmi ceux qui ne fréquentent pas l’école (25 %), parmi ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction (26 %) et enfin parmi ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas (37 %) que la proportion de ceux qui ont effectué un travail à la limite ou au- dessus du seuil fixé pour leur groupe d’âges ou l’ayant fait dans des conditions considérées comme dangereuses est la plus élevée. Excision • 235 EXCISION 16 Fatou Bintou Niang CAMARA, Mariana STIRBU et Marie SABARA Principaux résultats • Au Sénégal, environ un quart des femmes de 15-49 ans sont excisées (24 %). Dans la majorité des cas (57 %), l’excision a consisté à enlever des chairs. • La pratique de l’excision est particulièrement répandue parmi les Mandingues (71 %), les soninkés (61 %) et les Poulars (51 %) et dans la région Sud (77 %). • Parmi les filles de 0-14 ans, 15 % sont déjà excisées. Dans l’ethnie Mandingue, cette proportion est de 37 % et dans la région Sud, elle atteint 47 %. • Parmi les femmes qui ont eu une fille depuis 2000, près de huit sur dix (78 %) pensent qu’il faut abandonner la pratique de l’excision. Parmi les femmes ayant un niveau d’instruction moyen/secondaire ou plus, ce pourcentage est de 88 %. • Parmi les hommes de 15-49 ans, 80 % pensent qu’il faut abandonner la pratique de l’excision. ’Enquête Démographique et de Santé Continue (EDS-Continue) a collecté des informations sur l’excision des femmes interviewées et des filles de moins de 15 ans. Ces dernières informations concernent la prévalence de l’excision des filles, l’âge auquel l’excision a été effectuée et la prévalence de l’infibulation chez les filles excisées. L’excision en général et, en particulier, l’infibulation peuvent affecter sérieusement la santé des femmes en entraînant des dysfonctionnements de la fonction reproductive et peuvent avoir des conséquences néfastes sur leur bien-être tant physique que mental. L’excision est une pratique qui recouvre 4 types de mutilation : Type I : ablation partielle ou totale du clitoris (clitoridectomie) ; Type II : ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans mutilation des grandes lèvres ; Type III : rétrécissement de l’orifice vaginal avec recouvrement par l’ablation et l’accolement des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans mutilation du clitoris (infibulation) ; et Type IV : toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes génitaux féminins à des fins non thérapeutiques, telles que la ponction, le percement, l’incision, la scarification et la cautérisation1. Au Sénégal, de nombreuses mesures ont été prises pour renforcer les campagnes de mobilisation en faveur de l’abandon total de l’excision. Une loi interdisant la pratique de l’excision a été adoptée en 1999. Un nouveau plan d’action a été adopté en 2010 (plan d’action national pour l’accélération de l’abandon de l’excision 2010-2015). Tirant les leçons de l’évaluation de la mise en œuvre du premier plan d’action 2000- 2005 et tenant compte des données collectées pour la première fois dans le cadre de l’EDS IV, les actions du Gouvernement et de ses partenaires ont été réorientées autour d’un certain nombre de principes directeurs : 1 Etude du Centre de recherche Innocenti de l’UNICEF publiée en 2010 : La dynamique du changement social : vers l’abandon de l’excision/mutilation génitale féminine dans cinq pays d’Afrique. L 236 • Excision • une approche holistique et multisectorielle basée sur les droits humains ; • la responsabilisation des communautés ; • la mise en place d’activités transfrontalières ; • un plaidoyer au niveau national et international ; et • l’instauration de mécanismes de suivi et d’évaluation efficients, ainsi que l’amélioration de la coordination. L’évaluation de l’ampleur de la pratique dans le pays demeure donc des plus nécessaires, permettant ainsi de mesurer le chemin qu’il reste à parcourir pour parvenir à l’abandon total de cette pratique sociale et culturelle, et d’informer les stratégies afférentes. Les résultats présentés dans ce chapitre fournissent des informations sur la prévalence de l’excision au Sénégal. Ils permettent également de connaître les types d’excision pratiqués, l’âge des femmes au moment de l’excision et le type de personne qui a procédé à l’excision. L’enquête EDS-Continue 2015 a aussi concerné l’excision chez les filles de 0-14 ans pour déterminer dans quelle mesure cette pratique se perpétuait d’une génération de femmes à l’autre. L’opinion des femmes et des hommes au sujet de la pratique et le lien que ceux-ci établissent entre la pratique et la religion sont également évalués. Précisons que les données sur l’opinion des femmes sont basées sur les femmes qui ont eu une fille depuis 2000 et par conséquent, les résultats ne sont pas comparables avec ceux des enquêtes précédentes. 16.1 CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LEZ FEMMES ENQUÊTÉES 16.1.1 Connaissance de l’excision Compte tenu des difficultés à obtenir au cours de l’enquête des informations fiables sur le type d’excision subi, on a demandé aux femmes si on leur avait fait une simple entaille ou si on leur avait enlevé des morceaux de chair dans la zone des organes génitaux. Cette question permet de différencier les pratiques consistant à faire une « simple » entaille de celles consistant en l’ablation d’une partie plus ou moins importante des organes génitaux externes. En outre, pour essayer d’identifier les femmes ayant subi la forme la plus radicale d’excision, à savoir une infibulation, on a posé aux enquêtées la question suivante : « lors de votre excision, vous a-t-on fermé la zone du vagin par une couture ? ». Selon les données du Tableau 16.1, on constate que la quasi-totalité des femmes (88 %) ont déclaré connaître l’excision. Cette proportion est de 85 % chez les hommes. Les résultats montrent que quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques, les proportions de femmes et d’hommes ayant déclaré connaître l’excision sont élevées. Excision • 237 Tableau 16.1 Connaissance de l’excision Pourcentage de femmes de 15-49 ans et d’hommes de 15-59 ans qui ont entendu parler de l’excision, selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-Continue, Sénégal 2015 Femme Homme Caractéristiques sociodémographiques Ont entendu parler de l’excision Effectif de femmes Ont entendu parler de l’excision Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 79,4 2 003 58,8 801 20-24 90,0 1 641 84,7 643 25-29 89,7 1 667 93,3 542 30-34 90,6 1 247 94,6 428 35-39 91,2 1 030 97,6 407 40-44 93,9 772 95,2 310 45-49 92,9 492 99,4 275 Religion Musulman 88,3 8 380 84,9 3 236 Chrétien 89,9 429 85,8 167 Animiste 79,1 41 * 1 Ethnie Wolof 83,8 3 524 86,0 1 224 Poular 91,8 2 341 84,0 913 Serer 86,1 1 330 81,3 591 Mandingue 97,0 548 84,2 240 Diola 96,5 324 95,7 159 Soninké 94,7 88 (78,3) 40 Autre/non Sénégalais 92,1 696 86,4 239 Résidence Urbain 92,9 4 205 88,8 1 771 Rural 84,2 4 646 80,7 1 634 Grande Région Nord 84,4 1 456 79,0 464 Ouest 92,1 3 384 87,5 1 477 Centre 80,2 2 520 81,0 843 Sud 97,3 1 491 88,4 622 Niveau d’instruction Pas d’instruction 85,1 4 505 81,3 1 255 Primaire 90,3 1 927 84,7 883 Moyen/secondaire ou plus 92,6 2 419 88,7 1 266 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 84,4 1 509 77,9 508 Second 85,2 1 579 80,9 616 Moyen 88,1 1 757 84,0 662 Quatrième 90,3 1 886 87,8 753 Le plus élevé 91,7 2 121 90,1 866 Ensemble 15-49 88,3 8 851 84,9 3 405 50-59 na na 98,1 329 Ensemble 15-59 na na 86,1 3 734 na = Non applicable Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 16.1.2 Pratique de l’excision Le Tableau 16.2 présente les proportions de femmes excisées. Au Sénégal, 24 % des femmes de 15- 49 ans ont déclaré être excisées ; par comparaison, en 2011, cette proportion était de 26 %. Concernant le type d’excision pratiquée, les résultats montrent que dans la majorité des cas (57 %), on a enlevé des parties de chair ; dans 9 % des cas, on a effectué une entaille sans enlever de chairs et dans 7 % des cas, les femmes ont eu la zone génitale cousue. Par rapport à 2010-2011, cette proportion a diminué de moitié (14 % en 2010- 2011). En outre, il convient de souligner la proportion importante de femmes qui n’ont pas été en mesure de donner une réponse ou une réponse précise (29 %), probablement parce qu’elles étaient trop jeunes au moment de l’excision. 238 • Excision Tableau 16.2 Pratique de l’excision Pourcentage de femmes de 15-49 ans excisées et répartition (en %) des femmes par type d’excision, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Pourcentage de femmes excisées Effectif de femmes Type d’excision Total Effectif de femmes excisées Caractéristiques sociodémographiques Entaille, pas de chair enlevée Entaille, chair enlevée Fermé, cousu NSP/ manquant Groupe d’âges 15-19 22,2 2 003 8,6 51,6 4,0 35,8 100,0 445 20-24 22,3 1 641 7,2 60,8 8,5 23,4 100,0 365 25-29 24,6 1 667 10,8 57,2 5,1 26,9 100,0 410 30-34 25,1 1 247 7,7 54,4 9,1 28,7 100,0 312 35-39 24,2 1 030 9,3 53,3 10,1 27,3 100,0 250 40-44 29,4 772 9,0 53,3 6,7 31,0 100,0 227 45-49 27,8 492 6,9 61,1 7,8 24,2 100,0 137 Religion Musulman 25,0 8 380 8,9 55,8 7,1 28,2 100,0 2 094 Chrétien 7,8 429 1,9 74,1 0,5 23,5 100,0 33 Animiste 44,8 41 (0,0) (2,6) (0,0) (97,4) 100,0 18 Ethnie Wolof 1,3 3 524 (20,0) (33,2) (21,7) (25,2) 100,0 44 Poular 50,7 2 341 10,0 50,6 9,6 29,8 100,0 1 186 Serer 1,1 1 330 * * * * 100,0 15 Mandingue 71,1 548 5,3 64,3 2,3 28,1 100,0 390 Diola 47,9 324 1,7 63,3 3,1 31,9 100,0 155 Soninké 60,9 88 1,0 61,6 1,2 36,2 100,0 54 Autre/non Sénégalais 43,4 696 11,0 63,4 3,3 22,3 100,0 302 Résidence Urbain 18,5 4 205 13,3 51,1 7,6 28,0 100,0 777 Rural 29,5 4 646 6,1 58,2 6,6 29,1 100,0 1 369 Grande Région Nord 31,1 1 456 16,8 34,0 19,4 29,8 100,0 453 Ouest 11,0 3 384 23,2 38,8 9,9 28,1 100,0 372 Centre 6,9 2 520 6,0 68,2 5,1 20,7 100,0 173 Sud 76,9 1 491 1,2 67,8 1,4 29,7 100,0 1 147 Ensemble 24,2 8 851 8,7 55,6 7,0 28,7 100,0 2 146 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Les données selon l’âge ne font pas apparaître de modifications très importantes de la prévalence de l’excision, des générations anciennes aux plus récentes, tout au plus une légère baisse, la proportion passant de 28 % parmi celles de 45-49 ans à 22 % parmi celles de 15-19 ans. Par contre, on constate des écarts importants de la prévalence en fonction de la région et de l’ethnie (Graphique 16.1). En effet, les données indiquent que la pratique de l’excision est surtout circonscrite à certaines régions : Sud (77 %) et le Nord (31 %) ; ces régions concentrent les ethnies dans lesquelles cette pratique est très ancrée dans les normes sociales, notamment au niveau des rites d’initiation. Dans les régions Centre et Ouest, la prévalence est de respectivement de 7 et 11 %. Excision • 239 Graphique 16.1 Pourcentage de femmes excisées selon l’ethnie et la région La prévalence de l’excision est très influencée par l’appartenance ethnique. C’est chez les Mandingues que la prévalence est la plus élevée (71 %), suivie des Soninkés (61 %), des Poulars (51 %) et des Diolas (48 %). Chez les Sérers et les Wolofs, l’excision est une pratique très peu répandue (1 % chacune). 16.2 ÂGE À L’EXCISION DES FEMMES Les résultats sur l’âge au moment de l’excision montrent que plus de quatre femmes sur cinq (85 %) ont été excisées avant l’âge de 10 ans, en majorité avant l’âge de cinq ans, y compris dans la petite enfance (68 %). (Tableau 16.3). Dans sept pour cent des cas, l’excision a été pratiquée entre 10 et 14 ans et seulement moins d’un pour cent des femmes ont été excisées à un âge tardif, soit 15 ans et plus (0,8 %). Il faut souligner qu’environ, 8 % des femmes n’ont pas donné d’âge. Globalement, les résultats selon l’âge ne font pas apparaître de tendance très nette. En outre, quelle que soit la religion, l’ethnie ou la région, l’excision est pratiquée, dans la majorité des cas, avant l’âge de 10 ans. 1 51 1 71 48 61 43 31 11 7 77 Pourcentage Ethnie Région EDS-Continue 2015 240 • Excision Tableau 16.3 Âge à l’excision Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans qui ont été excisées par âge à l’excision, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Âge à l’excision Total Effectif de femmes excisées Caractéristiques sociodémographiques <51 5-9 10-14 15+ NSP/ manquant Groupe d’âges 15-19 75,4 13,3 3,9 0,3 7,1 100,0 445 20-24 69,5 17,3 5,6 0,6 7,0 100,0 365 25-29 66,8 17,7 5,8 0,8 8,9 100,0 410 30-34 61,9 18,5 8,5 1,3 9,7 100,0 312 35-39 60,2 21,7 6,8 1,1 10,2 100,0 250 40-44 72,4 13,0 8,6 1,1 4,9 100,0 227 45-49 57,7 24,3 11,7 1,0 5,3 100,0 137 Religion Musulman 67,6 17,3 6,3 0,7 8,0 100,0 2 094 Chrétien 55,0 17,6 20,0 6,1 1,3 100,0 33 Animiste 83,2 7,5 9,3 0,0 0,0 100,0 18 Ethnie Wolof 79,1 15,0 0,0 1,5 4,4 100,0 44 Poular 75,6 13,0 3,7 0,2 7,5 100,0 1 186 Serer 66,3 24,1 9,0 0,0 0,6 100,0 15 Mandingue 59,2 21,2 9,4 1,3 9,0 100,0 390 Diola 53,6 22,2 12,9 2,9 8,3 100,0 155 Soninké 77,6 12,0 4,5 1,3 4,5 100,0 54 Autre/non Sénégalais 50,6 27,2 12,1 1,5 8,7 100,0 302 Résidence Urbain 57,5 22,5 6,1 0,6 13,3 100,0 777 Rural 73,3 14,2 6,8 0,9 4,7 100,0 1 369 Grande Région Nord 85,5 11,0 0,3 0,0 3,2 100,0 453 Ouest 43,0 26,2 6,8 0,0 24,0 100,0 372 Centre 57,9 22,4 12,5 1,3 5,9 100,0 173 Sud 69,9 16,0 8,1 1,3 4,7 100,0 1 147 Ensemble 67,6 17,2 6,6 0,8 7,8 100,0 2 146 1 Y compris les femmes ayant déclaré avoir été excisées durant l’enfance et qui n’ont pas pu fournir un âge. 16.3 PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FILLES DE MOINS DE 15 ANS Au cours de l’enquête, on a demandé à toutes les femmes qui avaient une ou plusieurs filles de moins de 15 ans si l’une d’entre elles ou plusieurs avaient été excisées et quel type d’excision avait été pratiqué. L’EDSC-2015 a donc permis d’évaluer la prévalence de l’excision parmi les filles de 0-14 ans des femmes enquêtées. (Tableaux 16.4 et 16.5). 16.3.1 Prévalence de l’excision chez les filles Le Tableau 16.4 présente la prévalence de l’excision parmi les filles de 0-14 ans selon leur âge actuel. Les résultats montrent que 15 % des filles de moins de 15 ans ont déjà été excisées. Selon l’âge actuel des filles, les résultats montrent que 20 % des filles de 10-14 ans sont déjà excisées contre 17 % de celles de 5-9 ans et 9 % de celles de 0-4 ans. Les différents pourcentages doivent être interprétés avec prudence car ils dépendent du temps d’exposition au risque d’être excisées. Ainsi, 15 % des filles de 10-14 ans sont excisées : les plus âgées de ce groupe d’âges ne sont pratiquement plus exposées au risque d’être excisées avant l’âge de 15 ans ; par contre les plus jeunes (celles de 10 ans) ont encore près de 5 ans d’exposition au risque. Excision • 241 Tableau 16.4 Prévalence de l’excision et âge à l’excision : Filles 0-14 ans Répartition (en %) des filles de 0-14 ans par âge à l’excision et pourcentage de filles excisées selon l’âge actuel, EDS-Continue, Sénégal 2015 Âge à l’excision Total Effectif de filles Pourcen- tage de filles excisées Caractéristiques sociodémographiques <1 1-4 5-9 10-14 NSP/ manquant Pourcen- tage non excise Âge actuel des filles 0-4 5,1 3,9 na na 0,0 91,0 100,0 3 047 9,0 5-9 6,9 8,9 1,4 na 0,1 82,7 100,0 2 606 17,3 10-14 7,8 8,9 3,0 0,1 0,3 79,9 100,0 1 876 20,1 Ensemble 6,4 6,9 1,2 0,0 0,1 85,4 100,0 7 529 14,6 Note : L’information sur l’excision de la fille est basée sur la déclaration de la mère. na = Non applicable Le Graphique 16.2 présente le pourcentage de femmes de 15-49 ans déjà excisées en atteignant certains âges exacts entre 5 et 14 ans, selon l’âge déclaré à l’excision et le pourcentage de filles de chaque âge entre 0 et 14 ans qui sont excisées. L’intérêt de ce graphique est de permette de comparer directement le pourcentage de femmes de 15-49 ans excisées à chaque âge selon leur déclaration et le pourcentage de filles excisées (statut actuel) à chaque âge. On constate ainsi qu’à l’âge de 5 ans, 16 % des femmes de 15-49 ans étaient déjà excisées contre 15 % parmi les filles actuellement, soit une proportion quasi identique. À 10 ans, 21 % des femmes de 15-49 ans avaient subi cette pratique contre 18 % des filles de 10 ans qui sont actuellement excisées. À 12 ans, les proportions sont toujours très proches : 22 % chez les mères et 23 % chez les filles. Ces résultats ne montrent donc pas de tendance à la baisse de la pratique de l’excision. Graphique 16.2 Pourcentage de femmes de 15-49 ans et de filles de 0-14 ans excisées selon l’âge Le Tableau 16.5 présente les proportions de filles de 0–14 ans excisées selon l’âge actuel et selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère. Le fait que la mère soit excisée influence de manière importante l’excision des filles. En effet, 50 % des filles de 0-14 ans dont la mère est excisée le sont également contre moins de 1 % des filles dont la mère n’est pas excisée. En ce qui concerne les ethnies, on constate que c’est parmi celles dans lesquelles l’excision est une pratique fréquente que les proportions de filles excisées sont les plus élevées : les Mandingues (37 %), les Diola (38 %), les Soninkés (39 %) et les Poulars (31 %). En outre, la proportion de filles de 0-14 ans excisées diminue avec l’élévation du niveau d’instruction de la mère, passant de 17 % quand la mère n’a aucun niveau d’instruction à 5 % quand elle a 0 20 40 60 80 100 <1 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 Pourcentage excisées Âge (en années) Filles de 0-14 ans Femmes de 15-49 ans EDS-Continue 2015 Note : Les données sur l’âge à l’excision des femmes qui ont été excisées avant l’âge de 5 ans ne sont pas disponibles par âge détaillé. Les données pour les filles sont basées sur le statut actuel. Le graphique présente le pourcentage de filles de chaque âge actuel qui ont été excisées (selon la déclaration de la mère). Les données pour les femmes de 15-49 ans sont basées sur la mémoire des femmes et présentent le pourcentage de celles qui étaient déjà excisées en atteignant certains âges exacts. 242 • Excision un niveau moyen/secondaire ou plus. Enfin, on remarque que des ménages du quintile le plus bas à ceux du plus élevé, la proportion de filles excisées diminue, passant de 25 % à 3 %. Tableau 16.5 Excision des filles de 0-14 ans selon les caractéristiques sociodémographiques de la mère Pourcentage de filles de 0-14 ans qui sont excisées, selon l’âge et les caractéristiques sociodémographiques de la mère, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristiques sociodémographiques Âge actuel des filles Ensemble 0-14 0-4 5-9 10-14 Religion Musulman 9,2 17,4 20,4 14,8 Chrétien 4,4 11,7 6,3 7,2 Animiste (7,5) (24,7) * 23,0 Ethnie Wolof 0,5 0,3 0,8 0,5 Poular 20,9 35,6 41,1 31,1 Serer 0,1 0,5 0,9 0,5 Mandingue 17,8 50,6 54,1 36,8 Diola 17,3 50,8 44,4 37,5 Soninké (18,9) (49,7) (63,1) 38,7 Autre/non Sénégalais 12,6 28,0 30,5 22,8 Résidence Urbain 3,8 9,3 10,5 7,5 Rural 12,0 21,9 26,7 19,0 Grande Région Nord 17,4 25,2 26,9 22,5 Ouest 0,5 1,2 2,6 1,3 Centre 1,0 3,4 5,1 2,8 Sud 28,0 55,5 66,7 47,2 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 10,8 19,7 24,2 17,3 Primaire 6,7 11,7 12,1 9,8 Moyen/secondaire ou plus 3,2 9,6 4,4 5,0 Excision de la mère Excisée 31,1 58,9 65,1 49,5 Non excisée 0,4 0,6 0,6 0,5 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 16,3 29,8 35,3 25,4 Second 10,9 22,4 28,6 19,2 Moyen 8,7 18,7 21,0 15,2 Quatrième 2,6 5,6 7,9 5,0 Le plus élevé 2,8 3,2 2,4 2,8 Ensemble 9,0 17,3 20,1 14,6 Note : L’information sur l’excision des filles est basée sur la déclaration de la mère. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 16.3.2 Infibulation parmi les filles excisées de 0-14 ans Au cours de l’enquête, on a demandé aux mères si leur fille de 0-14 ans excisée avait eu la zone génitale fermée (Tableau 16.6). Ce type d’excision n’a été pratiqué que dans 3 % des cas, soit deux fois moins que dans l’ensemble des femmes de 15-49 ans (7 %) (Tableau 16.6). En outre, ces résultats font apparaître les mêmes variations que celles observées dans l’ensemble des femmes, à savoir que c’est dans l’ethnie Poular (4 %) et dans la région Nord (6 %) que la pratique de l’infibulation est la plus fréquente. Excision • 243 Tableau 16.6 Infibulation parmi les filles excises âgées de 0-14 ans Répartition (en %) des filles de 0-14 ans qui sont excisées et qui ont subi ou non une infibulation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Infibulation Total Effectif Caractéristiques sociodémographiques Cousu et fermé Non cousu et fermé NSP/ manquant Religion Musulman 3,3 84,4 12,3 100,0 1 073 Chrétien * * * 100,0 17 Animiste * * * 100,0 13 Ethnie Wolof * * * 100,0 14 Poular 4,2 79,2 16,6 100,0 701 Serer * * * 100,0 5 Mandingue 0,5 98,8 0,7 100,0 164 Diola 0,0 99,7 0,3 100,0 64 Soninké (3,7) (89,5) (6,8) 100,0 25 Autre/non Sénégalais 2,9 95,6 1,6 100,0 129 Résidence Urbain 1,4 84,2 14,4 100,0 211 Rural 3,9 84,7 11,4 100,0 891 Grande Région Nord 5,7 53,8 40,4 100,0 300 Ouest * * * 100,0 30 Centre 0,8 93,0 6,1 100,0 68 Sud 2,8 96,5 0,7 100,0 704 Niveau d’instruction de la mère Pas d’instruction 3,6 84,2 12,2 100,0 914 Primaire 2,8 86,3 10,8 100,0 154 Moyen/secondaire ou plus 1,4 88,3 10,3 100,0 34 Excision de la mère Infibulée 2,8 23,1 74,2 100,0 95 Excisée, non infibulée 3,4 90,4 6,2 100,0 984 Non excisée (5,3) (92,8) (1,9) 100,0 24 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 4,6 85,8 9,6 100,0 452 Second 2,8 82,1 15,1 100,0 315 Moyen 2,0 87,9 10,1 100,0 233 Quatrième 3,9 73,4 22,7 100,0 68 Le plus élevé (1,6) (92,3) (6,1) 100,0 35 Ensemble 3,4 84,6 12,0 100,0 1 103 Note : L’information sur l’excision des filles est basée sur la déclaration de la mère. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 16.3.3 Personne qui a procédé à l’excision des mères et des filles Le Tableau 16.7 présente les proportions de filles de 0-14 ans par âge à l’excision et de femmes de 15-49 ans selon la personne qui a procédé à l’excision et le type d’excision. On constate que le rôle de l’exciseuse demeure prépondérant (94 % chez les femmes de 15-49 ans et 99 % chez les filles de 0-14 ans). 244 • Excision Tableau 16.7 Personne qui a procédé à l’excision et type d’excision parmi les filles excisées de 0-14 ans et les femmes de 15-49 ans Répartition (en %) des filles excisées de 0-14 ans par âge actuel et des femmes de 15-49 ans, selon la personne qui a procédé à l’excision et selon le type d’excision, EDS-Continue, Sénégal 2015 Caractéristique démographique Âge actuel des filles Filles de 0-14 Femmes de 15-49 0-4 5-9 10-14 Personne qui a procédé à l’excision Exciseuse traditionnelle 99,4 98,8 99,9 99,3 93,9 Accoucheuse traditionnelle 0,3 1,2 0,1 0,6 0,4 Autre praticien traditionnel 0,3 0,0 0,0 0,1 5,8 NSP/manquant 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Type d’excision Cousu et fermé 3,8 3,4 3,1 3,4 7,0 Non cousu et fermé 80,7 85,3 86,8 84,6 79,4 NSP/manquant 15,5 11,4 10,1 12,0 13,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 275 451 377 1 103 2 146 Note : L’information sur l’excision des filles est basée sur la déclaration de la mère. 16.4 CROYANCES ET OPINIONS VIS-À-VIS DE L’EXCISION 16.4.1 Croyance concernant l’excision Dans le but de mieux comprendre les raisons qui expliquent la persistance de la pratique de l’excision, on a demandé aux femmes et aux hommes qui connaissent l’excision si, selon eux, l’excision était exigée par la religion. Précisons que cette question n’a pas été posée à toutes les femmes de 15-49 ans, mais seulement à celles qui avaient une fille, née depuis 2000. Ces résultats ne sont donc pas comparables avec ceux des enquêtes précédentes. La majorité des femmes (81 %) et des hommes (70 %) de 15-49 ans pensent que la pratique de l’excision n’est pas exigée par la religion. Les femmes qui pensent que la pratique de l’excision est justifiée par la religion est nettement plus importante parmi les femmes excisées que parmi celles qui ne le sont pas (41 % contre 3 %), dans les ethnies et dans les régions dans lesquelles cette pratique est encore répandue comme les Mandingue (31 % contre 2 % chez les Wolofs et 1 % chez les sérers) et le Sud (30 % contre 4 % dans le Centre). Chez les hommes, on retrouve les mêmes différentiels, en particulier en ce qui concerne la région et l’appartenance ethnique. Excision • 245 Tableau 16.8 Opinions des femmes et des hommes sur l’excision, en tant que nécessité religieuse Pourcentage de femmes de 15-49 ans et d’hommes de 15-59 ans qui ont entendu parler de l’excision, selon qu’ils pensent ou non que l’excision est une exigence religieuse, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Femme1 Homme Caractéristique démographique Exigée Non exigée NSP/ manquant Total Effectif de femmes ayant eu une fille depuis 2000 Exigée Non exigée NSP/ manquant Total Effectif d’hommes Excision de la mère Excisée 40,8 53,7 5,5 100,0 1 222 na na na na na Non excisée 2,7 92,8 4,6 100,0 2 740 na na na na na Groupe d’âges 15-19 22,0 72,2 5,8 100,0 117 15,7 67,8 16,5 100,0 471 20-24 16,6 79,3 4,1 100,0 460 15,4 70,9 13,7 100,0 544 25-29 14,5 80,5 5,0 100,0 896 15,2 71,5 13,3 100,0 506 30-34 13,9 83,3 2,8 100,0 831 17,9 66,5 15,7 100,0 405 35-39 12,4 80,1 7,5 100,0 744 13,8 71,7 14,5 100,0 397 40-44 14,1 80,6 5,3 100,0 589 17,7 68,8 13,5 100,0 295 45-49 15,4 81,3 3,3 100,0 326 14,7 74,3 11,0 100,0 273 Religion Musulman 14,6 80,5 4,9 100,0 3 785 16,4 68,9 14,7 100,0 2 747 Chrétien 10,3 86,5 3,2 100,0 153 1,4 93,7 4,9 100,0 143 Animiste * * * 100,0 24 * * * 0,0 0 Ethnie Wolof 2,2 94,4 3,4 100,0 1 463 3,2 84,3 12,6 100,0 1 053 Poular 29,8 65,1 5,1 100,0 1 169 33,4 47,3 19,3 100,0 766 Serer 1,0 92,6 6,4 100,0 586 1,9 85,8 12,3 100,0 480 Mandingue 31,3 64,0 4,7 100,0 267 36,6 51,1 12,4 100,0 202 Diola 20,3 71,3 8,4 100,0 113 13,9 71,8 14,3 100,0 152 Soninké 20,5 69,6 9,9 100,0 37 (30,6) (59,6) (9,8) 100,0 31 Autre/non Sénégalais 21,6 72,4 6,0 100,0 326 24,8 64,8 10,4 100,0 206 Résidence Urbain 11,2 84,8 4,0 100,0 1 700 9,7 77,1 13,2 100,0 1 574 Rural 16,9 77,6 5,5 100,0 2 262 22,8 61,8 15,4 100,0 1 318 Grande Région Nord 27,6 71,6 0,9 100,0 645 35,8 46,9 17,3 100,0 366 Ouest 8,2 86,6 5,3 100,0 1 330 4,1 86,2 9,7 100,0 1 292 Centre 3,7 90,9 5,4 100,0 1 163 6,9 74,0 19,1 100,0 683 Sud 29,5 64,1 6,4 100,0 823 40,5 42,9 16,6 100,0 550 Niveau d’instruction Pas d’instruction 16,3 77,8 5,9 100,0 2 545 22,9 60,7 16,4 100,0 1 020 Primaire 11,7 84,6 3,7 100,0 918 13,5 72,0 14,4 100,0 748 Moyen/secondaire ou plus 10,1 88,3 1,6 100,0 498 10,6 77,4 12,0 100,0 1 123 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 18,9 74,6 6,5 100,0 823 31,4 48,0 20,5 100,0 396 Second 18,4 75,9 5,7 100,0 784 25,5 58,4 16,1 100,0 498 Moyen 15,1 80,9 4,0 100,0 806 16,8 67,6 15,6 100,0 556 Quatrième 10,4 85,8 3,8 100,0 775 9,7 78,4 11,9 100,0 661 Le plus élevé 9,0 86,9 4,1 100,0 774 5,7 83,5 10,7 100,0 780 Ensemble 15-49 14,4 80,7 4,8 100,0 3 962 15,7 70,1 14,2 100,0 2 891 50-59 na na na na na 17,0 71,6 11,4 100,0 323 Ensemble 15-59 na na na na na 15,8 70,2 13,9 100,0 3 214 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. na = Non applicable 1 Les données sont basées seulement sur les femmes qui ont eu une fille depuis 2000 et ne sont donc pas comparables à celles des enquêtes précédentes. 16.4.2 Opinion sur l’excision On a également demandé aux femmes et aux hommes enquêtés s’ils pensaient qu’il fallait abandonner cette pratique ou au contraire la laisser subsister. Les données sont basées sur les femmes qui ont eu une fille née depuis 2000. Les résultats présentés au Tableau 16.9 montrent qu’au niveau global, la majorité des femmes et des hommes de 15-49 ans se sont prononcés en faveur de l’abandon de la pratique de l’excision (respectivement 78 % et 80 %). 246 • Excision Tableau 16.9 Opinions des femmes et des hommes sur le maintien ou non de cette pratique Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans qui ont entendu parler de l’excision selon qu’ils pensent que cette pratique doit continuer ou non, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-Continue, Sénégal 2015 Femme1 Homme Caractéristique démographique Doit continuer Ne doit pas continuer NSP/ manquant/ ça dépend Total Effectif de femmes ayant eu une fille depuis 2000 Doit continuer Ne doit pas continuer NSP/ manquant/ ça dépend Total Effectif d’hommes Excision de la mère Excisée 57,0 39,9 3,1 100,0 1 222 na na na na na Non excisée 2,5 94,9 2,5 100,0 2 740 na na na na na Groupe d’âges 15-19 33,6 63,6 2,8 100,0 117 16,5 78,0 5,5 100,0 471 20-24 20,9 76,5 2,6 100,0 460 13,5 80,7 5,8 100,0 544 25-29 19,6 77,1 3,3 100,0 896 13,7 81,7 4,6 100,0 506 30-34 19,9 78,6 1,5 100,0 831 13,3 80,0 6,7 100,0 405 35-39 15,6 81,5 2,9 100,0 744 10,4 84,0 5,6 100,0 397 40-44 18,6 78,3 3,1 100,0 589 15,6 77,9 6,5 100,0 295 45-49 19,6 77,4 3,1 100,0 326 12,1 78,7 9,2 100,0 273 Religion Musulman 19,6 77,7 2,7 100,0 3 785 14,3 79,5 6,2 100,0 2 747 Chrétien 9,6 86,2 4,2 100,0 153 1,8 95,2 3,0 100,0 143 Animiste (35,1) (64,9) (0,0) 100,0 24 * * * 0,0 0 Ethnie Wolof 3,1 95,1 1,9 100,0 1 463 2,0 92,8 5,2 100,0 1 053 Poular 36,4 59,8 3,8 100,0 1 169 30,5 60,3 9,2 100,0 766 Serer 2,8 94,7 2,5 100,0 586 0,9 93,4 5,7 100,0 480 Mandingue 45,5 51,9 2,6 100,0 267 34,1 61,4 4,5 100,0 202 Diola 43,2 56,8 0,0 100,0 113 12,5 84,6 2,9 100,0 152 Soninké 48,5 51,5 0,0 100,0 37 (23,9) (73,4) (2,7) 100,0 31 Autre/non Sénégalais 27,6 68,0 4,4 100,0 326 19,1 76,9 4,0 100,0 206 Résidence Urbain 12,0 86,2 1,8 100,0 1 700 7,9 86,9 5,1 100,0 1 574 Rural 24,8 71,8 3,4 100,0 2 262 20,5 72,4 7,2 100,0 1 318 Grande Région Nord 25,3 70,5 4,2 100,0 645 30,6 59,4 10,0 100,0 366 Ouest 6,5 91,8 1,7 100,0 1 330 3,2 92,5 4,4 100,0 1 292 Centre 8,2 88,9 3,0 100,0 1 163 5,6 87,1 7,4 100,0 683 Sud 51,1 46,1 2,8 100,0 823 37,0 57,3 5,7 100,0 550 Niveau d’instruction Pas d’instruction 22,7 74,0 3,3 100,0 2 545 21,0 70,1 8,8 100,0 1 020 Primaire 14,4 83,7 1,9 100,0 918 11,1 83,2 5,8 100,0 748 Moyen/secondaire ou plus 10,9 87,6 1,5 100,0 498 8,6 87,7 3,7 100,0 1 123 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 33,6 61,8 4,5 100,0 823 29,9 59,7 10,5 100,0 396 Second 25,3 71,4 3,3 100,0 784 22,0 69,9 8,1 100,0 498 Moyen 18,2 79,1 2,7 100,0 806 14,7 78,7 6,6 100,0 556 Quatrième 11,5 87,5 1,0 100,0 775 8,0 88,0 4,0 100,0 661 Le plus élevé 7,1 91,0 1,9 100,0 774 4,1 92,1 3,9 100,0 780 Ensemble 15-49 19,3 78,0 2,7 100,0 3 962 13,6 80,3 6,0 100,0 2 891 50-59 na na na na na 12,4 79,9 7,7 100,0 323 Ensemble 15-59 na na na na na 13,5 80,3 6,2 100,0 3 214 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. na = Non applicable 1 Les données sont basées seulement sur les femmes qui ont eu une fille depuis 2000 et ne sont donc pas comparables à celles des enquêtes précédentes. Globalement, on retrouve ici les mêmes résultats que ceux observés au tableau précédent. C’est parmi les femmes excisées (57 %), parmi celles des ethnies et des régions, où la prévalence de l’excision est la plus élevée, (49 % chez les Soninkés, 46 % chez les Mandingues et 43 % chez les Diolas) et (51 % dans le Sud et 25 % dans le Nord) que les proportions de femmes favorables au maintien de la pratique de l’excision sont les plus élevées. La proportion de femmes favorables au maintien de cette pratique diminue avec l’élévation du niveau d’instruction et le niveau socio-économique du ménage, passant pour le niveau d’instruction de 23 % parmi celles sans niveau d’instruction à 11 % parmi les plus instruites et de 34 % parmi les femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas à 7 % parmi celles du quintile le plus élevé. Annexe A • 247 PLAN DE SONDAGE Annexe A A.1 OBJECTIFS nquête Continue au Sénégal en 2015 (EDS-Continue 2015) est la version continue de l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) réalisées au Sénégal en 1986, 1992-93,1997, 2005 et 2010. Elle est la troisième collecte suivant la collecte effectuée en 2012-13, et 2014 pour une série durant la période du 2012 au 2017. Elle vise un échantillon représentatif national de 4700 ménages, avec un nombre attendu de 9 076 femmes âgées de 15 à 49 ans enquêtées avec succès. Toutes les femmes âgées de 15 à 49 ans qui sont des membres de ménages ou qui sont passées la nuit précédente l’enquête dans les ménages sélectionnés sont éligibles pour l’enquête. Comme les enquêtes EDS précédentes, elle a pour objectif principal de recueillir des informations sur la santé des femmes et de leurs jeunes enfants ; sur la fécondité ; sur la connaissance et l’utilisation des méthodes contraceptives; sur la mortalité maternelle et la mortalité des jeunes enfants; sur la connaissance et les attitudes vis-à-vis des maladies sexuellement transmissibles et le sida. Les résultats de l’enquête sont présentatifs pour le Sénégal, pour le milieu urbain ensemble et le milieu rural ensemble séparément, et pour quatre zones géographiques/écologiques, c'est-à-dire, l'Ouest, le Centre, le Nord et le Sud. Une enquête auprès des hommes était également menée au moment de l’enquête auprès des femmes. Parmi les ménages sélectionnés pour l'enquête auprès des femmes, un ménage sur deux est sélectionné pour l’enquête auprès des hommes. Tous les hommes âgés de 15 à 59 ans qui sont des membres du ménage ou qui ont passé la nuit précédent le jour de l’enquête dans les ménages sélectionnés pour l’enquête auprès des hommes sont éligibles pour l’enquête, avec nombre attendu de 3 568 hommes 15 à 59 ans enquêtés avec sucés. L’objectif principal de l’enquête auprès des hommes est de recueillir des informations sur leur connaissance et l'utilisation de la contraception ; leur connaissance et attitude vis-à-vis des maladies sexuellement transmissibles et le sida. Dans tous les ménages sélectionnés, tous les enfants de moins de 5 ans sont éligibles pour être mesurés et pesé pour déterminer leur état nutritionnel; tous les enfants de 6-59 mois sont éligibles pour le test de l’anémie. A.2 BASE DE SONDAGE L’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) dispose d’un fichier informatique des Districts de Recensement (DR) créés pour les besoins du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2013 (RGPH-2013). Dans ce fichier, il y a 17 148 DRs ; chaque DR apparaît avec tous ses identifiants (région, département, commune/arrondissement et code d’identification), sa taille en ménage et son type de milieu de résidence (urbain ou rural). Des cartes cartographiques pour chaque DR créées pour le RGPH-2013 sont aussi disponibles où les limites de chaque DR sont clairement identifiables. Parmi les 17 148 DRs, 8 060 se trouvent dans le milieu urbain, et 9 088 se trouvent dans le milieu rural. La taille moyenne de DR est de 105 ménages dans le milieu urbain, et de 82 ménages dans le milieu rural, avec une taille moyenne globale de 93 ménages. La répartition des DRs par régions et par type de résidence est donnée dans le tableau A.1. La répartition de ménage et de population par région et par type de résidence est donnée dans le tableau A.2. Au Sénégal, il y a quatorze régions; chaque région est subdivisée en départements; il a 46 départements; chaque département est subdivisé en commune et arrondissement, etc. Au Sénégal, 53,1% de ménages vivent dans le milieu urbain, dont 30,9% entre eux se trouvent dans la région de Dakar. Au niveau régional, les tailles de régions en ménages représentent une grande variation, varient de 1,2% pour la région de Kédougou à 30,9% pour la région de Dakar. E 248 • Annexe A Tableau A.1 Répartition de nombres de DR et la taille moyenne de DR en ménage par région et selon le milieu de résidence (RGPH-2013) Région Nombre de DR Taille moyenne de DR en ménage Urbain Rural Total Urbain Rural Total Dakar 4057 132 4189 118 103 118 Diourbel 286 1641 1927 89 79 81 Fatick 131 670 801 100 88 90 Kaffrine 103 532 635 87 84 85 Kaolack 409 717 1126 98 76 84 Kédougou 59 166 225 91 82 84 Kolda 235 566 801 96 85 88 Louga 240 849 1089 91 88 89 Matam 138 533 671 80 80 80 Saint-Louis 494 662 1156 103 89 95 Sedhiou 103 405 508 83 79 80 Tambacounda 242 721 963 87 67 72 Thiès 1228 1093 2321 86 80 83 Ziguinchor 335 401 736 103 103 103 Sénégal 8060 9088 17148 105 82 93 Tableau A.2 Répartition de ménage et de population par région et selon le milieu de résidence (RGPH-2013) Région Répartition de ménages Pourcentage Urbain Rural Total Urbain Région Dakar 482457 13669 496126 97.2 30.9 sDiourbel 25619 130920 156539 16.4 9.7 Fatick 13172 59217 72389 18.2 4.5 Kaffrine 9058 44922 53980 16.8 3.4 Kaolack 40112 55136 95248 42.1 5.9 Kédougou 5374 13662 19036 28.2 1.2 Kolda 22604 48306 70910 31.9 4.4 Louga 22006 75355 97361 22.6 6.1 Matam 11152 42759 53911 20.7 3.4 Saint-Louis 51126 59037 110163 46.4 6.9 Sedhiou 8576 32275 40851 21 2.5 Tambacounda 21291 48984 70275 30.3 4.4 Thiès 106232 88465 194697 54.6 12.1 Ziguinchor 34604 41347 75951 45.6 4.7 Sénégal 853383 754054 1607437 53.1 100.0 A.3 PROCÉDURE DE TIRAGE ET LA RÉPARTITION DE L’ÉCHANTILLON L’échantillon de l’EDS-Continue 2015 est un échantillon aléatoire, stratifié et tiré à 2 degrés. L’unité primaire de sondage est le DR tel que défini pour le recensement en 2013. Chaque région est séparée en parties urbaine et rurale pour former les strates d’échantillonnage et l’échantillon est tiré indépendamment dans chaque strate. Avant le triage de DRs du premier degré, la base de sondage est triée selon la région et le milieu de résidence (urbain/rural) pour former les strates d’échantillonnage. En total vingt-huit strates d’échantillonnage ont été créées. A l’intérieur de chaque strate, avant le tirage de DRs, les DRs sont triés selon les unités administratives en dessous de la région, c'est-à-dire, les départements et les arrondissements/communes, etc. Cette opération devait introduire une stratification implicite au niveau de toutes les unités administratives en dessous de la région avec une allocation de l’échantillon proportionnelle à la taille de l’unité. Au premier degré, 214 DRs sont tirés avec une probabilité proportionnelle à leur taille, la taille étant le nombre de ménages résidents dans le DR. Un dénombrement des ménages et une mise à jour de la carte sont effectués dans chaque DR sélectionné avant l’enquête principale. Cette opération permettra d’obtenir une liste de ménages complète dans chaque DR tiré et qui est servie à sélectionner des ménages au deuxième degré. Avant le dénombrement des ménages, chaque grand DR ayant plus de 200 ménages est divisée en segments dont un seul est retenu dans l’échantillon. Cette dernière étape n’est pas considérée comme un degré de tirage, car la segmentation a pour seul objectif de limiter le travail de dénombrement à l’intérieur du DR. Annexe A • 249 Au second degré, dans chacun des DRs sélectionnés au premier degré, un nombre fixé de 22 ménages sont sélectionnés avec un tirage systématique à probabilité égale, à partir des listes nouvellement établies au moment du dénombrement. Les tirages de ménages sont effectués au bureau central. Les enquêteurs sont demandés d’enquêter que les ménages présélectionnés. Des remplacements de ménages présélectionnés ne sont pas autorisés sur le champ, même pour les ménages non répondants, pour éviter des biais. Le tableau A.3 donne la répartition de l’échantillon grappes entre les régions et par milieu de résidence. Parmi les 200 DRs sélectionnés, 84 sont en milieu urbain et 130 en milieu rural. Pour les ménages, 4708 ménages sont sélectionnés au total, dont 1 848 dans le milieu urbain et 2 860 dans le milieu rural. Le tableau A.3 donne la répartition des nombres attendus de femmes 15-49 enquêtées avec succès. Nous attendons en total 9 706 femmes 15-49 ans enquêtées avec succès, dont 3 605 dans le milieu urbain, et 5 471 dans le milieu rural. Pour l’enquête auprès des hommes, nous attendons en total 3 568 hommes 15-59 ans enquêtés avec succès, dont 1 487 dans le milieu urbain, et 2081 dans le milieu rural. Tableau A.3 Répartition de l'échantillon grappes et de l'échantillon ménages par région et par type de résidence, EDS-Continue 2015 Région Allocation de DR Allocation de ménages Urbain Rural Total Urbain Rural Total Dakar 16 4 20 352 88 440 Diourbel 6 10 16 132 220 352 Fatick 4 10 14 88 220 308 Kaffrine 4 10 14 88 220 308 Kaolack 6 10 16 132 220 352 Kédougou 4 10 14 88 220 308 Kolda 6 10 16 132 220 352 Louga 4 10 14 88 220 308 Matam 4 10 14 88 220 308 Saint-Louis 8 8 16 176 176 352 Sedhiou 4 10 14 88 220 308 Tambacounda 4 10 14 88 220 308 Thiès 8 10 18 176 220 396 Ziguinchor 6 8 14 132 176 308 Sénégal 84 130 214 1848 2860 4708 Tableau A.4 Répartition de nombres attendus de femmes et hommes enquêtés avec succès par région et par type de résidence, EDS-Continue 2015 Région Femmes 15-49 Hommes 15-59 Urbain Rural Total Urbain Rural Total Dakar 685 168 853 282 65 347 Diourbel 257 421 678 106 160 266 Fatick 172 421 593 71 160 231 Kaffrine 172 421 593 71 160 231 Kaolack 257 421 678 106 160 266 Kédougou 172 421 593 71 160 231 Kolda 257 421 678 106 160 266 Louga 172 421 593 71 160 231 Matam 172 421 593 71 160 231 Saint-Louis 344 336 680 142 128 270 Sedhiou 172 421 593 71 160 231 Tambacounda 172 421 593 71 160 231 Thiès 344 421 765 142 160 302 Ziguinchor 257 336 593 106 128 234 Sénégal 3605 5471 9076 1487 2081 3568 *L’enquête homme est effectuée dans un ménage sur deux Les calculs ci-dessus sont basés sur les résultats de l’EDS-Continue 2015 : le nombre de femmes âgées de 15-49 par ménage est de 2,13 et de 2,06 dans le milieu urbain et le milieu rural, respectivement; le taux de réponse au niveau de ménages est de 95,2% et 96,8% dans le milieu urbain et le milieu rural, respectivement; le taux de réponse pour les femmes est de 96% pour le milieu urbain et le milieu rural également. Le nombre d’hommes 15-59 ans par ménage est de 1,91 par ménage dans le milieu urbain, ce 250 • Annexe A chiffre est de 1,68 par ménage dans le milieu rural ; les taux de réponse d’hommes sont de 88,3% et 89,8% dans le milieu urbain et rural respectivement. A.4 CALCUL DES PROBABILITÉS DE TIRAGE A cause de la répartition non proportionnelle de l’échantillon parmi les strates et les taux différents de réponse à l’enquête par strate, des poids de sondage doivent être utilisés dans toutes les analyses en utilisant les données de l’EDS-Continue 2015 pour assurer la représentativité actuelle de l’échantillon au niveau national et au niveau régional. Pour faciliter le calcul des poids de sondage, les probabilités de sondage pour chaque degré de tirage sont calculées par strate et pour chacune de grappe. Pour la ième grappe de la strate h, les notations sont les suivantes : P1hi : probabilité de sondage au premier degré de la ième grappe de la strate h P2hi : probabilité de sondage au deuxième degré de la ième grappe de la strate h Soient ah le nombre de grappes tirées dans la strate h, Mhi le nombre d’habitants dans la grappe i de la strate h, et thij la taille estimée en proportion du segment j choisi pour la grappe i de la strate h. Notons que thij =1 si la grappe n'a pas été segmentée et la somme des thij est égale à 1. La probabilité de sondage au premier degré de la ième grappe de la strate h est donnée par: hij hi hih 1hi t i M a M = P × × Au deuxième degré, un nombre bhi de ménages sont tirés à partir des Lhi ménages nouvellement dénombrés par l'équipe de l’EDS-Continue 2015 dans la ième grappe de la strate h lors de l'opération de dénombrement des ménages et mise à jour des cartes. Donc : L b = P hi hi 2hi La probabilité globale pour tirer un ménage dans la grappe i de la strate h est alors : hihihi PPP 21 ×= La composante principale du poids de sondage est l’inverse du produit des probabilités de sondage aux 2 degrés. Il est calculé pour chaque grappe selon la formule suivante: hi hi P W 1= Les poids de sondage sont ajustés pour la correction de non-réponse au niveau de ménage et au niveau d’individu. Plusieurs ensembles de poids sont calculés. Pour l’enquête femmes : un ensemble pour les ménages ; un ensemble pour les femmes enquêtées. Les poids de ménages sont calculés basé sur les poids de sondage avec la correction de non-réponse des ménages ; les poids pour les femmes enquêtées sont calculés à partir des poids de ménages pour l’enquête femmes et avec la correction de non-réponse à l’enquête individuelle des femmes. Pour l’enquête auprès des hommes, un ensemble pour les ménages, et un ensemble pour les hommes enquêtés. Toutes les corrections de non-réponse sont réalisées au niveau de strate d’échantillonnage. Les poids finaux sont normalisés au niveau national pour que le nombre de cas pondéré soit égal au nombre de cas non pondéré, pour les ménages enquêtés, pour les femmes enquêtées et pour les hommes enquêtés respectivement. Annexe A • 251 A.5 LES RÉSULTATS DE L’ENQUÊTE Tableau A.5 Résultats de l'enquête Répartition (en %) des ménages et des femmes éligibles par résultat de l'enquête ménage et individuelle, taux de réponse des ménages et des femmes éligibles et taux de réponse global, selon la région et le milieu de résidence, EDS-Continue, Sénégal 2015 Résidence Région Total Résultat des interviews Urbain Rural Nord Ouest Centre Sud Ménages sélectionnés Remplis (R) 95,0 96,4 97,7 93,9 97,0 94,8 95,9 Ménage présent mais pas d'enqueté compétent à la maison (MP) 1,4 0,7 0,4 2,0 0,7 0,9 0,9 Différé (D) 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 Refusé (REF) 0,3 0,1 0,0 0,6 0,2 0,2 0,2 Logement non trouvé (LNT) 0,1 0,1 0,0 0,1 0,0 0,3 0,1 Ménage absent (MA) 1,4 1,4 1,2 0,8 1,0 2,1 1,4 Logement vide/pas de logement à l'adresse (LV) 1,4 0,9 0,4 2,0 0,8 1,3 1,1 Logement détruit (LD) 0,2 0,2 0,2 0,1 0,2 0,2 0,2 Autre (A) 0,2 0,2 0,0 0,2 0,2 0,3 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de ménages sélectionnés 1 846 2 860 968 836 1 320 1 582 4 706 Taux de réponse des ménages (TRM) 98,2 99,0 99,6 97,0 99,1 98,6 98,7 Femmes éligibles Rempli (FER) 96,3 96,5 97,1 96,6 96,7 95,6 96,4 Pas à la maison (FPM) 1,9 1,7 1,3 2,3 1,6 1,9 1,8 Différé (FD) 0,0 0,1 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 Refusé (FR) 0,4 0,5 0,0 0,5 0,1 1,1 0,5 Partiellement rempli (FPR) 0,1 0,1 0,0 0,0 0,2 0,1 0,1 Incapacité (FI) 1,2 1,1 1,7 0,6 1,2 1,1 1,2 Autre (FA) 0,1 0,1 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 3 367 5 813 1 808 1 545 3 004 2 823 9 180 Taux de réponse des femmes éligibles (TRFE) 96,3 96,5 97,1 96,6 96,7 95,6 96,4 Overall women response rate (ORR)3 94,6 95,5 96,7 93,7 95,8 94,3 95,2 1 A la suite du classement des ménages selon les différents codes résultat, le taux de réponse pour l'enquête ménage (TRM) est calculé comme suit: 100 * a _______________________________ a + b + c + d + e 2 A la suite du classement des femmes éligibles selon les différents codes résultat, le taux de réponse pour l'enquête femme (TRF) est calculé comme suit: 100 * A ______________________________ A + B + C + D + E + F + G 3 Le taux de réponse global (TRG) est calculé comme suit: TRG = TRM * TRF/100 252 • Annexe A Tableau A.6 Résultats de l'enquête Répartition (en %) des ménages et des hommes éligibles par résultat de l'enquête ménage et individuelle, taux de réponse des ménages et des hommes éligibles et taux de réponse global, selon la région et le milieu de résidence, EDS-Continue, Sénégal 2015 Résidence Région Total Resultat des interviews Urbain Rural Nord Ouest Centre Sud Ménages sélectionnés Remplis (R) 94,4 96,1 97,5 94,5 96,5 93,7 95,4 Ménage présent mais pas d'enqueté compétent à la maison (MP) 1,5 0,6 0,2 1,4 0,9 1,3 1,0 Différé (D) 0,0 0,1 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 Refusé (REF) 0,4 0,2 0,0 0,5 0,3 0,4 0,3 Logement non trouvé (LNT) 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,3 0,1 Ménage absent (MA) 1,9 1,5 1,4 0,7 1,1 2,9 1,7 Logement vide/pas de logement à l'adresse (LV) 1,3 1,1 0,6 2,2 0,9 1,3 1,2 Logement détruit (LD) 0,2 0,1 0,2 0,2 0,2 0,1 0,2 Autre (A) 0,2 0,1 0,0 0,2 0,2 0,1 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de ménages sélectionnés 924 1 433 487 418 660 792 2 357 Taux de réponse des ménages (TRM) 98,0 98,9 99,8 97,8 98,8 98,0 98,6 Hommes éligibles Rempli (HER) 92,1 92,5 93,5 93,0 91,6 92,0 92,3 Pas à la maison (HPM) 5,6 4,7 4,2 4,8 5,5 5,3 5,1 Différé (HD) 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 Refusé (HR 0,8 0,5 0,0 0,9 0,7 0,8 0,6 Partiellement rempli (HPR) 0,1 0,2 0,0 0,0 0,0 0,4 0,1 Incapacité (HI) 1,2 1,7 2,3 1,2 1,8 1,0 1,5 Autre (HA) 0,2 0,3 0,0 0,1 0,4 0,4 0,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif d'hommes 1 564 2 480 692 775 1 216 1 361 4 044 Taux de réponse des hommes éligibles (TRHE) 92,1 92,5 93,5 93,0 91,6 92,0 92,3 Overall men response rate (ORR)3 90,2 91,5 93,3 91,0 90,5 90,2 91,0 1 A la suite du classement des ménages selon les différents codes résultat, le taux de réponse pour l'enquête ménage (TRM) est calculé comme suit : 100 * a _______________________________ a + b + c + d + e 2 A la suite du classement des femmes éligibles selon les différents codes résultat, le taux de réponse pour l'enquête femme (TRF) est calculé comme suit : 100 * A _________________________________ A + B + C + D + E + F + G 3 Le taux de réponse global (TRG) est calculé comme suit: TRG = TRM * TRF/100 Annexe B • 253 ERREURS DE SONDAGE Annexe B es estimations obtenues à partir d’une enquête par sondage sont sujettes à deux types d’erreurs: les erreurs de mesure et les erreurs de sondage. Les erreurs de mesure sont celles associées à la mise en œuvre de la collecte et de l’exploitation des données telles que l’omission de ménages sélectionnés, la mauvaise interprétation des questions de la part de l’enquêtrice ou de l’enquêtée, ou les erreurs de saisie des données. Bien que tout le possible ait été fait pour minimiser ce type d’erreur pendant la mise en œuvre de l’EDS-Continue 2015, il est difficile d’éviter et d’évaluer toutes les erreurs de mesure. Par contre, les erreurs de sondage peuvent être évaluées statistiquement. L’échantillon sélectionné pour l’EDS-Continue 2015 n’est qu’un parmi un grand nombre d’échantillons de même taille qui peuvent être sélectionnés dans la même population avec le même plan de sondage. Chacun de ces échantillons peut produire des résultats peu différents de ceux obtenus avec l’échantillon actuellement choisi. L’erreur de sondage est une mesure de cette variabilité entre tous les échantillons possibles. Bien que cette variabilité ne puisse pas être mesurée exactement, elle peut être estimée à partir des données collectées. L’erreur-type (ET) est un indice particulièrement utile pour mesurer l’erreur de sondage d’un paramètre (moyenne, proportion ou taux), elle est la racine carrée de la variance du paramètre. L’erreur-type peut être utilisée pour calculer des intervalles de confiance dans lesquels nous considérons que la vraie valeur du paramètre avec un certain niveau de confiance se trouve. Par exemple, la vraie valeur d’un paramètre se trouve dans les limites de sa valeur estimée plus ou moins deux fois son erreur-type, avec un niveau de confiance de 95 %. Si l’échantillon avait été tiré à partir d’un plan de sondage aléatoire simple, il aurait été possible d’utiliser des formules simples pour calculer les erreurs de sondage. Cependant, l’échantillon de l’EDS- Continue 2015 étant un échantillon stratifié et tiré à deux degrés, des formules plus complexes ont été utilisées. Une procédure en SAS a été utilisée pour calculer les erreurs de sondage suivant une méthodologie statistique appropriée. Cette procédure utilise la méthode de linéarisation (Taylor) pour des estimations telles que les moyennes ou proportions, et la méthode de Jackknife pour des estimations plus complexes telles que l’indice synthétique de fécondité et les quotients de mortalité. La méthode de linéarisation traite chaque proportion ou moyenne comme étant une estimation de ratio, r =y/x, avec y la valeur du paramètre pour l’échantillon total, et x le nombre total de cas dans l’ensemble (ou sous-ensemble) de l’échantillon. La variance de r est estimée par :   = =         − − − == H h h h m i hi h h m zz m m x frvarrET h 1 2 1 2 2 2 1 1)()( dans laquelle hihihi rxyz −= , et hhh rxyz −= où h représente la strate qui va de 1 à H, mh est le nombre total de grappes tirées dans la strate h, yhi est la somme des valeurs pondérées du paramètre y dans la grappe i de la strate h, xhi est la somme des nombres pondérés de cas dans la grappe i de la strate h, et f est le taux global de sondage qui est négligeable. La méthode de Jackknife dérive les estimations des taux complexes à partir de chacun des sous- échantillons de l’échantillon principal, et calcule les variances de ces estimations avec des formules simples. L 254 • Annexe B Chaque sous-échantillon exclut une grappe dans les calculs des estimations. Ainsi, des sous-échantillons pseudo-indépendants ont été créés. Dans l’EDS-Continue 2015, il y a 214 grappes non-vides. Par conséquent, 214 sous-échantillons ont été créés. La variance d’un taux r est calculée de la façon suivante : ET r var r k k r r i k i 2 1 21 1 ( ) ( ) ( ) ( )= = − − =  dans laquelle )()1( ii rkkrr −−= où r est l’estimation calculée à partir de l’échantillon principal de 214 grappes, r ( i ) est l’estimation calculée à partir de l’échantillon réduit de 213 grappes (ième grappe exclue), k est le nombre total de grappes. Il existe un deuxième indice très utile qui est la racine carrée de l’effet du plan de sondage (REPS) ou effet de grappe : c’est le rapport de l’erreur-type observée sur l’erreur-type qu’on aurait obtenue si un sondage aléatoire simple avait été utilisé. Cet indice révèle dans quelle mesure le plan de sondage qui a été choisi se rapproche d’un échantillon aléatoire simple de même taille : la valeur 1 de la REPS indique que le plan de sondage est aussi efficace qu’un échantillon aléatoire simple, alors qu’une valeur supérieure à 1 indique un accroissement de l’erreur de sondage dû à un plan de sondage plus complexe et moins efficace du point de vue statistique. Le logiciel calcule aussi l’erreur relative et l’intervalle de confiance pour chaque estimation. Les erreurs de sondage pour l’EDS-Continue 2015 ont été calculées pour certaines des variables les plus intéressantes. Les résultats de l’enquête sont présentés dans cette annexe pour le Sénégal, pour le milieu urbain et le milieu rural, et pour chacune des 4 régions géographiques. Pour chaque variable, le type de statistique (moyenne, proportion ou taux) et la population de base sont présentés dans le tableau B.1. Les tableaux B.2 à B.8 présentent la valeur de la statistique (M), l’erreur-type (ET), le nombre de cas non- pondérés (N) et pondérés (N’), la racine carrée de l’effet du plan de sondage (REPS), l’erreur relative (ET/M), et l’intervalle de confiance à 95% (M±2ET) pour chaque variable. L’effet du plan de sondage (REPS) est non-défini quand l’écart type sous l’échantillon aléatoire simple est zéro (quand l’estimation est proche de 0 ou 1). Dans le cas de l’indice synthétique de fécondité, le nombre de cas non-pondérés n’est pas pertinent, car la valeur non-pondérée de femmes-années d’exposition au risque de grossesse n’est pas connue. L’intervalle de confiance est interprété de la manière suivante : pour la variable Enfants nés vivants, l’EDS-Continue 2015 a donné un nombre moyen d’enfants nés vivants de 2,402 pour l’ensemble des femmes, auquel correspond une erreur-type de 0,041 enfants. Dans 95 % des échantillons de taille et de caractéristiques identiques, la valeur réelle du nombre moyen d’enfants nés vivants des femmes âgées de 15 à 49 ans se trouve entre 2,402± 2×0,041, soit 2,319 et 2,485. Pour l’échantillon national de femmes, la moyenne de la racine carrée de l’effet du plan de sondage (REPS) calculée pour l’ensemble des estimations est de 1,630 ce qui veut dire que, par rapport à un échantillon aléatoire simple, l’erreur de sondage est multipliée en moyenne par un facteur de 1,630 parce qu’on utilise un plan de sondage complexe (par grappes et à plusieurs degrés) et moins efficace. Annexe B • 255 Tableau B.1 Variables utilisées pour le calcul des erreurs de sondage, EDS-Continue 2015 Variable Estimation Population de base FEMMES Milieu urbain Proportion Toutes les femmes 15-49 Alphabétisées Proportion Toutes les femmes 15-49 Sans instruction Proportion Toutes les femmes 15-49 Instruction post-primaire ou plus Proportion Toutes les femmes 15-49 Jamais mariée (en union) Proportion Toutes les femmes 15-49 Actuellement mariée (en union) Proportion Toutes les femmes 15-49 Premiers rapports sexuels avant 18 ans Proportion Femmes 20-49 Mariée (en union) avant 20 ans Proportion Femmes 20-49 Actuellement enceinte Proportion Toutes les femmes 15-49 Enfants nés vivants Moyenne Toutes les femmes 15-49 Enfants survivants Moyenne Toutes les femmes 15-49 Enfants nés vivants des femmes 40-49 Moyenne Femmes 40-49 Connaît une méthode contraceptive Proportion Femmes actuellement mariées (en union) 15-49 Connaît une méthode contraceptive moderne Proportion Femmes actuellement mariées (en union) 15-49 Utilise actuellement une méthode Proportion Femmes actuellement mariées (en union) 15-49 Utilise actuellement une méthode moderne Proportion Femmes actuellement mariées (en union) 15-49 Utilise actuellement la pilule Proportion Femmes actuellement mariées (en union) 15-49 Utilise actuellement le condom Proportion Femmes actuellement mariées (en union) 15-49 Utilise actuellement la stérilisation féminine Proportion Femmes actuellement mariées (en union) 15-49 Utilise actuellement les injections Proportion Femmes actuellement mariées (en union) 15-49 Utilise actuellement les implants Proportion Femmes actuellement mariées (en union) 15-49 Utilise actuellement la continence périodique Proportion Femmes actuellement mariées (en union) 15-49 Utilise actuellement le retrait Proportion Femmes actuellement mariées (en union) 15-49 Utilise source publique Proportion Utilisatrices de méthodes modernes Ne veut plus d'enfants Proportion Femmes actuellement mariées (en union) 15-49 Veut retarder d'au moins 2 ans Proportion Femmes actuellement mariées (en union) 15-49 Nombre d’enfants idéal Moyenne Toutes les femmes 15-49 Mère a reçu injection antitétanique complète Proportion Dernière naissances dans les 5 dernières années Mères reçues assistance médicale à l'accouchement Proportion Naissances dans les 5 dernières années Diarrhée dans les 2 dernières semaines Proportion Enfants de moins de 5 ans A reçu traitement SRO Proportion Enfants avec diarrhée les 2 dernières semaines A consulté du personnel médical Proportion Enfants avec diarrhée les 2 dernières semaines Ayant une carte de santé, vue Proportion Enfants âgés 12-23 mois A reçu vaccination BCG Proportion Enfants âgés 12-23 mois A reçu vaccination DTC (3 doses) Proportion Enfants âgés 12-23 mois A reçu vaccination polio (3 doses) Proportion Enfants âgés 12-23 mois A reçu vaccination rougeole Proportion Enfants âgés 12-23 mois Vacciné contre toutes les maladies Proportion Enfants âgés 12-23 mois Taille pour âge (-2ET) Proportion Enfants de moins de 5 ans Poids pour taille (-2ET) Proportion Enfants de moins de 5 ans Poids pour âge (-2ET) Proportion Enfants de moins de 5 ans Prévalence de l’anémie chez les enfants Proportion Enfants de 6-59 mois Indice synthétique de fécondité (derniers 3 ans) Taux Femmes-années d'exposition au risque de grossesse Quotient de mortalité néonatale¹ Taux Nombre d'enfants exposés au décès Quotient de mortalité post-néonatale¹ Taux Nombre d'enfants exposés au décès Quotient de mortalité infantile¹ Taux Nombre d'enfants exposés au décès Quotient de mortalité juvénile¹ Taux Nombre d'enfants exposés au décès Quotient de mortalité infanto-juvénile¹ Taux Nombre d'enfants exposés au décès HOMMES Milieu urbaine Proportion Tous les hommes de 15-49 ans Aucune instruction Proportion Tous les hommes de 15-49 ans Niveau secondaire ou plus Proportion Tous les hommes de 15-49 ans Jamais marié (Jamais en union) Proportion Tous les hommes de 15-49ans Actuellement marié (en union) Proportion Tous les hommes de 15-49 ans A eu des rapports sexuels avant l’âge de 18 ans Proportion Tous les hommes de 20-49 ans Ne veut plus d’enfant Proportion Hommes actuellement en union de 15-49 ans Veut espacer la prochaine naissance de 2 ans ou+ Proportion Hommes actuellement en union de 15-49 ans Nombre d’enfants idéal Moyenne Tous les hommes de 15-49 ans 1 5 dernières années pour le taux national, et 10 dernières années pour le taux régional. 256 • Annexe B Tableau B.2 Erreurs de sondage : Echantillon Total, Sénégal EDS-Continue 2015 Variable Valeur (M) Erreur Type (ET) Population de base Effet du Plan de sondage (REPS) Erreur relative (ET/M) Intervalle de confiance Non Pondéré (N) Pondéré (N') M-2ET M+2ET FEMMES Milieu urbain 0.475 0.014 8851 8851 2.568 0.029 0.448 0.502 Alphabétisée 0.421 0.014 8851 8851 2.608 0.033 0.394 0.449 Sans instruction 0.509 0.015 8851 8851 2.755 0.029 0.480 0.538 Instruction post-primaire ou plus 0.273 0.013 8851 8851 2.740 0.048 0.247 0.299 Jamais mariée (en union) 0.306 0.008 8851 8851 1.671 0.027 0.290 0.322 Actuellement mariée (en union) 0.647 0.009 8851 8851 1.726 0.014 0.630 0.665 Premiers rapports sexuels avant 18 ans 0.394 0.009 6733 6848 1.547 0.023 0.375 0.412 Mariée (en union) avant 20 ans 0.522 0.011 6733 6848 1.762 0.021 0.500 0.543 Actuellement enceinte 0.083 0.004 8851 8851 1.446 0.051 0.074 0.091 Enfants nés vivants 2.402 0.041 8851 8851 1.475 0.017 2.319 2.485 Enfants survivants 2.178 0.037 8851 8851 1.463 0.017 2.105 2.252 Enfants nés vivants des femmes 40-49 5.503 0.116 1267 1263 1.420 0.021 5.271 5.735 Connaît une méthode contraceptive 0.978 0.003 6048 5731 1.445 0.003 0.973 0.984 Connaît une méthode contraceptive moderne 0.978 0.003 6048 5731 1.471 0.003 0.972 0.983 Utilise actuellement une méthode contraceptive 0.233 0.011 6048 5731 2.061 0.048 0.211 0.256 Utilise actuellement une méthode contraceptive moderne 0.212 0.011 6048 5731 2.116 0.053 0.189 0.234 Utilise actuellement la pilule 0.051 0.005 6048 5731 1.622 0.090 0.042 0.060 Utilise actuellement le condom 0.009 0.002 6048 5731 1.673 0.232 0.005 0.013 Utilise actuellement les injections 0.084 0.005 6048 5731 1.403 0.060 0.074 0.094 Utilise actuellement les implants 0.052 0.007 6048 5731 2.378 0.131 0.038 0.065 Utilise actuellement la stérilisation féminine 0.004 0.001 6048 5731 1.377 0.276 0.002 0.006 Utilise actuellement la continence périodique 0.009 0.002 6048 5731 1.470 0.195 0.006 0.013 Utilise actuellement le retrait 0.003 0.001 6048 5731 1.614 0.371 0.001 0.005 Utilise une source du secteur publique 0.837 0.018 1256 1346 1.737 0.022 0.801 0.873 Ne veut plus d'enfants 0.187 0.007 6048 5731 1.486 0.040 0.172 0.202 Veut retarder d'au moins 2 ans 0.457 0.009 6048 5731 1.391 0.020 0.439 0.474 Nombre d'enfants idéal 5.247 0.045 7496 7562 2.077 0.009 5.157 5.336 Mère a reçu injection antitétanique complète 0.841 0.010 4680 4344 1.828 0.012 0.821 0.861 Mère a reçu assistance médicale à l'accouchement 0.532 0.017 6934 6330 2.398 0.033 0.497 0.566 Diarrhée dans les 2 dernières semaines 0.181 0.006 6601 6059 1.260 0.035 0.168 0.193 A reçu traitement SRO 0.316 0.017 1359 1095 1.200 0.054 0.282 0.350 A consulté du personnel médical 0.394 0.019 1359 1095 1.287 0.049 0.356 0.433 Ayant un carnet de santé, vu 0.733 0.020 1310 1165 1.547 0.027 0.693 0.772 A reçu vaccination BCG 0.957 0.008 1310 1165 1.411 0.009 0.940 0.973 A reçu vaccination DTC (3 doses) 0.883 0.012 1310 1165 1.308 0.014 0.859 0.907 A reçu vaccination polio (3 doses) 0.806 0.016 1310 1165 1.437 0.020 0.773 0.839 A reçu vaccination rougeole 0.791 0.017 1310 1165 1.439 0.021 0.757 0.824 Vacciné contre toutes les maladies 0.680 0.022 1310 1165 1.610 0.032 0.637 0.723 Taille pour âge (-2ET) 0.205 0.008 6802 6006 1.298 0.038 0.190 0.221 Poids pour taille (-2ET) 0.078 0.005 6802 6006 1.268 0.058 0.069 0.088 Poids pour âge (-2ET) 0.155 0.007 6802 6006 1.314 0.044 0.141 0.169 Prévalence de l'anémie chez les enfants 0.663 0.011 6217 5477 1.531 0.016 0.642 0.684 Indice synthétique de fécondité (derniers 3 ans) 4.857 0.173 24715 24800 1.609 0.036 4.510 5.203 Quotient de mortalité néonatale (derniers 0-4 ans) 22.947 2.529 7014 6387 1.217 0.110 17.890 28.004 Quotient de mortalité post-néonatale (derniers 0-4 ans) 15.898 1.933 7013 6417 1.211 0.122 12.033 19.764 Quotient de mortalité infantile (derniers 0-4 ans) 38.846 3.156 7025 6396 1.211 0.081 32.534 45.158 Quotient de mortalité juvénile (derniers 0-4 ans) 21.161 2.547 6920 6365 1.159 0.120 16.067 26.255 Quotient de mortalité infanto-juvénile (derniers 0-4 ans) 59.185 4.200 7121 6470 1.205 0.071 50.786 67.584 HOMMES Milieu urbain 0.520 0.015 3390 3405 1.718 0.028 0.491 0.550 Sans instruction 0.369 0.020 3390 3405 2.411 0.054 0.329 0.409 Instruction post-primaire ou plus 0.372 0.018 3390 3405 2.116 0.047 0.337 0.407 Jamais marié (en union) 0.578 0.013 3390 3405 1.550 0.023 0.552 0.604 Actuellement marié (en union) 0.415 0.014 3390 3405 1.611 0.033 0.387 0.442 Premiers rapports sexuels avant 18 ans 0.128 0.012 2523 2604 1.765 0.092 0.105 0.152 Ne veut plus d'enfants 0.044 0.008 1394 1411 1.434 0.180 0.028 0.059 Veut retarder d'au moins 2 ans 0.488 0.020 1394 1411 1.525 0.042 0.447 0.529 Nombre d'enfants idéal 7.058 0.140 2440 2372 1.620 0.020 6.779 7.338 Annexe B • 257 Tableau B.3 Erreurs de sondage: Echantillon Urbain, Sénégal EDS-Continue 2015 Variable Valeur (M) Erreur Type (ET) Population de base Effet du Plan de sondage (REPS) Erreur relative (ET/M) Intervalle de confiance Non Pondéré (N) Pondéré (N') M-2ET M+2ET FEMMES Milieu urbain 1.000 0.000 3244 4205 na 0.000 1.000 1.000 Alphabétisée 0.590 0.023 3244 4205 2.615 0.038 0.545 0.635 Sans instruction 0.318 0.022 3244 4205 2.737 0.070 0.273 0.363 Instruction post-primaire ou plus 0.397 0.023 3244 4205 2.625 0.057 0.352 0.442 Jamais mariée (en union) 0.397 0.013 3244 4205 1.469 0.032 0.371 0.422 Actuellement mariée (en union) 0.538 0.014 3244 4205 1.594 0.026 0.510 0.565 Premiers rapports sexuels avant 18 ans 0.275 0.013 2494 3325 1.488 0.048 0.248 0.301 Mariée (en union) avant 20 ans 0.365 0.017 2494 3325 1.722 0.045 0.332 0.399 Actuellement enceinte 0.066 0.007 3244 4205 1.616 0.107 0.052 0.080 Enfants nés vivants 1.879 0.058 3244 4205 1.437 0.031 1.763 1.996 Enfants survivants 1.758 0.054 3244 4205 1.431 0.031 1.650 1.866 Enfants nés vivants des femmes 40-49 4.433 0.152 474 613 1.201 0.034 4.129 4.736 Connaît une méthode contraceptive 0.987 0.004 1827 2261 1.673 0.004 0.978 0.996 Connaît une méthode contraceptive moderne 0.987 0.004 1827 2261 1.673 0.004 0.978 0.996 Utilise actuellement une méthode contraceptive 0.330 0.022 1827 2261 1.992 0.066 0.287 0.374 Utilise actuellement une méthode contraceptive moderne 0.303 0.022 1827 2261 2.072 0.074 0.258 0.347 Utilise actuellement la pilule 0.090 0.010 1827 2261 1.419 0.105 0.071 0.109 Utilise actuellement le condom 0.019 0.005 1827 2261 1.576 0.268 0.009 0.028 Utilise actuellement les injections 0.099 0.009 1827 2261 1.276 0.090 0.081 0.117 Utilise actuellement les implants 0.072 0.016 1827 2261 2.594 0.218 0.041 0.104 Utilise actuellement la stérilisation féminine 0.006 0.003 1827 2261 1.375 0.403 0.001 0.011 Utilise actuellement la continence périodique 0.014 0.004 1827 2261 1.400 0.273 0.006 0.022 Utilise actuellement le retrait 0.006 0.003 1827 2261 1.517 0.455 0.001 0.012 Utilise une source du secteur publique 0.767 0.030 559 779 1.673 0.039 0.707 0.827 Ne veut plus d'enfants 0.212 0.015 1827 2261 1.530 0.069 0.183 0.241 Veut retarder d'au moins 2 ans 0.430 0.017 1827 2261 1.489 0.040 0.396 0.465 Nombre d'enfants idéal 4.641 0.057 2835 3680 1.988 0.012 4.526 4.756 Mère a reçu injection antitétanique complète 0.836 0.016 1374 1661 1.577 0.019 0.804 0.868 Mère a reçu assistance médicale à l'accouchement 0.701 0.027 1895 2261 2.169 0.038 0.647 0.754 Diarrhée dans les 2 dernières semaines 0.153 0.010 1827 2192 1.113 0.063 0.133 0.172 A reçu traitement SRO 0.321 0.031 346 334 1.061 0.096 0.259 0.383 A consulté du personnel médical 0.369 0.036 346 334 1.209 0.097 0.297 0.440 Ayant un carnet de santé, vu 0.729 0.046 343 377 1.782 0.063 0.637 0.820 A reçu vaccination BCG 0.992 0.004 343 377 0.763 0.004 0.984 1.000 A reçu vaccination DTC (3 doses) 0.940 0.015 343 377 1.116 0.016 0.909 0.970 A reçu vaccination polio (3 doses) 0.825 0.039 343 377 1.754 0.047 0.748 0.902 A reçu vaccination rougeole 0.840 0.028 343 377 1.348 0.034 0.783 0.896 Vacciné contre toutes les maladies 0.712 0.049 343 377 1.890 0.069 0.614 0.811 Taille pour âge (-2ET) 0.143 0.011 1873 2131 1.147 0.076 0.121 0.165 Poids pour taille (-2ET) 0.065 0.008 1873 2131 1.244 0.119 0.050 0.081 Poids pour âge (-2ET) 0.104 0.013 1873 2131 1.478 0.122 0.079 0.129 Prévalence de l'anémie chez les enfants 0.571 0.024 1682 1908 1.696 0.042 0.523 0.619 Indice synthétique de fécondité (derniers 3 ans) 3.502 0.174 9067 11819 1.657 0.050 3.155 3.850 Quotient de mortalité néonatale (derniers 0-9 ans) 20.451 2.917 3717 4395 1.114 0.143 14.618 26.284 Quotient de mortalité post-néonatale (derniers 0-9 ans) 13.264 2.653 3719 4417 1.326 0.200 7.958 18.570 Quotient de mortalité infantile (derniers 0-9 ans) 33.715 4.371 3720 4396 1.328 0.130 24.972 42.458 Quotient de mortalité juvénile (derniers 0-9 ans) 13.836 3.507 3673 4328 1.590 0.253 6.823 20.849 Quotient de mortalité infanto-juvénile (derniers 0-9 ans) 47.085 4.980 3738 4419 1.257 0.106 37.126 57.044 HOMMES Milieu urbain 1.000 0.000 1317 1771 na 0.000 1.000 1.000 Sans instruction 0.225 0.029 1317 1771 2.476 0.127 0.168 0.283 Instruction post-primaire ou plus 0.484 0.028 1317 1771 2.019 0.057 0.429 0.540 Jamais marié (en union) 0.598 0.022 1317 1771 1.600 0.036 0.555 0.641 Actuellement marié (en union) 0.393 0.023 1317 1771 1.698 0.058 0.347 0.439 Premiers rapports sexuels avant 18 ans 0.122 0.020 996 1408 1.878 0.160 0.083 0.161 Ne veut plus d'enfants 0.068 0.015 463 696 1.273 0.219 0.038 0.098 Veut retarder d'au moins 2 ans 0.425 0.034 463 696 1.482 0.080 0.357 0.493 Nombre d'enfants idéal 5.825 0.161 995 1204 1.673 0.028 5.502 6.148 258 • Annexe B Tableau B.4 Erreurs de sondage: Echantillon Rural, Sénégal EDS-Continue 2015 Variable Valeur (M) Erreur Type (ET) Population de base Effet du Plan de sondage (REPS) Erreur relative (ET/M) Intervalle de confiance Non Pondéré (N) Pondéré (N') M-2ET M+2ET FEMMES Milieu urbain 0.000 0.000 5607 4646 na na 0.000 0.000 Alphabétisée 0.269 0.013 5607 4646 2.183 0.048 0.243 0.295 Sans instruction 0.682 0.016 5607 4646 2.611 0.024 0.649 0.714 Instruction post-primaire ou plus 0.161 0.011 5607 4646 2.287 0.070 0.139 0.184 Jamais mariée (en union) 0.224 0.008 5607 4646 1.448 0.036 0.208 0.240 Actuellement mariée (en union) 0.747 0.008 5607 4646 1.463 0.011 0.730 0.764 Premiers rapports sexuels avant 18 ans 0.506 0.011 4239 3523 1.455 0.022 0.483 0.528 Mariée (en union) avant 20 ans 0.669 0.012 4239 3523 1.715 0.019 0.644 0.694 Actuellement enceinte 0.098 0.004 5607 4646 1.128 0.046 0.089 0.107 Enfants nés vivants 2.874 0.054 5607 4646 1.414 0.019 2.767 2.981 Enfants survivants 2.559 0.047 5607 4646 1.418 0.018 2.464 2.653 Enfants nés vivants des femmes 40-49 6.510 0.116 793 651 1.216 0.018 6.278 6.742 Connaît une méthode contraceptive 0.973 0.003 4221 3470 1.324 0.003 0.966 0.979 Connaît une méthode contraceptive moderne 0.972 0.003 4221 3470 1.371 0.004 0.965 0.979 Utilise actuellement une méthode contraceptive 0.170 0.009 4221 3470 1.628 0.055 0.151 0.189 Utilise actuellement une méthode contraceptive moderne 0.152 0.009 4221 3470 1.665 0.061 0.134 0.171 Utilise actuellement la pilule 0.025 0.003 4221 3470 1.436 0.137 0.018 0.032 Utilise actuellement le condom 0.002 0.001 4221 3470 0.967 0.330 0.001 0.003 Utilise actuellement les injections 0.073 0.006 4221 3470 1.442 0.079 0.062 0.085 Utilise actuellement les implants 0.038 0.004 4221 3470 1.412 0.109 0.030 0.047 Utilise actuellement la stérilisation féminine 0.003 0.001 4221 3470 0.969 0.290 0.001 0.004 Utilise actuellement la continence périodique 0.006 0.002 4221 3470 1.378 0.271 0.003 0.009 Utilise actuellement le retrait 0.001 0.001 4221 3470 1.024 0.452 0.000 0.002 Utilise une source du secteur publique 0.934 0.012 697 567 1.261 0.013 0.910 0.958 Ne veut plus d'enfants 0.171 0.008 4221 3470 1.363 0.046 0.155 0.187 Veut retarder d'au moins 2 ans 0.474 0.010 4221 3470 1.288 0.021 0.454 0.494 Nombre d'enfants idéal 5.821 0.053 4661 3882 1.850 0.009 5.714 5.927 Mère a reçu injection antitétanique complète 0.844 0.013 3306 2683 1.988 0.015 0.819 0.869 Mère a reçu assistance médicale à l'accouchement 0.438 0.022 5039 4069 2.665 0.050 0.394 0.482 Diarrhée dans les 2 dernières semaines 0.197 0.008 4774 3867 1.353 0.041 0.180 0.213 A reçu traitement SRO 0.314 0.020 1013 760 1.293 0.065 0.273 0.354 A consulté du personnel médical 0.406 0.022 1013 760 1.334 0.055 0.361 0.450 Ayant un carnet de santé, vu 0.734 0.019 967 788 1.352 0.026 0.695 0.773 A reçu vaccination BCG 0.940 0.012 967 788 1.537 0.013 0.916 0.964 A reçu vaccination DTC (3 doses) 0.856 0.016 967 788 1.396 0.019 0.824 0.888 A reçu vaccination polio (3 doses) 0.797 0.016 967 788 1.202 0.020 0.765 0.828 A reçu vaccination rougeole 0.767 0.021 967 788 1.494 0.027 0.726 0.808 Vacciné contre toutes les maladies 0.665 0.022 967 788 1.404 0.032 0.622 0.708 Taille pour âge (-2ET) 0.239 0.010 4929 3875 1.401 0.042 0.219 0.259 Poids pour taille (-2ET) 0.086 0.006 4929 3875 1.325 0.065 0.075 0.097 Poids pour âge (-2ET) 0.183 0.008 4929 3875 1.261 0.042 0.168 0.199 Prévalence de l'anémie chez les enfants 0.712 0.010 4535 3569 1.404 0.014 0.692 0.732 Indice synthétique de fécondité (derniers 3 ans) 6.118 0.156 15649 12981 1.392 0.025 5.806 6.429 Quotient de mortalité néonatale (derniers 0-9 ans) 28.368 2.237 9666 7804 1.078 0.079 23.894 32.842 Quotient de mortalité post-néonatale (derniers 0-9 ans) 19.540 1.760 9642 7789 1.209 0.090 16.021 23.060 Quotient de mortalité infantile (derniers 0-9 ans) 47.908 2.732 9674 7810 1.041 0.057 42.445 53.372 Quotient de mortalité juvénile (derniers 0-9 ans) 31.185 2.521 9360 7575 0.973 0.081 26.142 36.228 Quotient de mortalité infanto-juvénile (derniers 0-9 ans) 77.599 3.999 9720 7845 1.097 0.052 69.602 85.597 HOMMES Milieu urbain 0.000 0.000 2073 1634 na na 0.000 0.000 Sans instruction 0.524 0.028 2073 1634 2.523 0.053 0.469 0.579 Instruction post-primaire ou plus 0.250 0.019 2073 1634 1.956 0.074 0.213 0.287 Jamais marié (en union) 0.556 0.014 2073 1634 1.269 0.025 0.528 0.584 Actuellement marié (en union) 0.438 0.013 2073 1634 1.236 0.031 0.411 0.465 Premiers rapports sexuels avant 18 ans 0.136 0.011 1527 1196 1.308 0.084 0.113 0.159 Ne veut plus d'enfants 0.020 0.005 931 715 1.150 0.266 0.009 0.030 Veut retarder d'au moins 2 ans 0.550 0.022 931 715 1.342 0.040 0.506 0.593 Nombre d'enfants idéal 8.330 0.194 1445 1168 1.496 0.023 7.943 8.718 Annexe B • 259 Tableau B.5 Erreurs de sondage: Echantillon Région Nord, Sénégal EDS-Continue 2015 Variable Valeur (M) Erreur Type (ET) Population de base Effet du Plan de sondage (REPS) Erreur relative (ET/M) Intervalle de confiance Non Pondéré (N) Pondéré (N') M-2ET M+2ET FEMMES Milieu urbain 0.307 0.016 1755 1456 1.429 0.051 0.276 0.339 Alphabétisée 0.308 0.025 1755 1456 2.229 0.080 0.259 0.357 Sans instruction 0.650 0.026 1755 1456 2.311 0.041 0.597 0.703 Instruction post-primaire ou plus 0.191 0.019 1755 1456 2.010 0.099 0.153 0.228 Jamais mariée (en union) 0.241 0.012 1755 1456 1.134 0.048 0.217 0.264 Actuellement mariée (en union) 0.719 0.014 1755 1456 1.290 0.019 0.691 0.746 Premiers rapports sexuels avant 18 ans 0.441 0.012 1308 1094 0.900 0.028 0.417 0.466 Mariée (en union) avant 20 ans 0.638 0.017 1308 1094 1.303 0.027 0.603 0.673 Actuellement enceinte 0.079 0.006 1755 1456 0.876 0.071 0.068 0.090 Enfants nés vivants 2.540 0.085 1755 1456 1.332 0.033 2.371 2.709 Enfants survivants 2.356 0.075 1755 1456 1.287 0.032 2.206 2.506 Enfants nés vivants des femmes 40-49 5.387 0.205 247 207 1.118 0.038 4.977 5.796 Connaît une méthode contraceptive 0.983 0.005 1247 1046 1.478 0.005 0.973 0.994 Connaît une méthode contraceptive moderne 0.983 0.005 1247 1046 1.478 0.005 0.973 0.994 Utilise actuellement une méthode contraceptive 0.210 0.023 1247 1046 1.966 0.108 0.165 0.256 Utilise actuellement une méthode contraceptive moderne 0.207 0.022 1247 1046 1.941 0.108 0.162 0.251 Utilise actuellement la pilule 0.063 0.010 1247 1046 1.493 0.163 0.043 0.084 Utilise actuellement le condom 0.003 0.002 1247 1046 0.975 0.490 0.000 0.006 Utilise actuellement les injections 0.083 0.014 1247 1046 1.768 0.166 0.056 0.111 Utilise actuellement les implants 0.044 0.008 1247 1046 1.332 0.175 0.029 0.060 Utilise actuellement la stérilisation féminine 0.005 0.002 1247 1046 0.819 0.341 0.001 0.008 Utilise actuellement la continence périodique 0.002 0.001 1247 1046 1.061 0.714 0.000 0.004 Utilise actuellement le retrait 0.000 0.000 1247 1046 na na 0.000 0.000 Utilise une source du secteur publique 0.957 0.011 241 218 0.854 0.012 0.934 0.979 Ne veut plus d'enfants 0.158 0.014 1247 1046 1.323 0.087 0.131 0.185 Veut retarder d'au moins 2 ans 0.450 0.016 1247 1046 1.141 0.036 0.418 0.482 Nombre d'enfants idéal 5.304 0.075 1395 1162 1.607 0.014 5.154 5.454 Mère a reçu injection antitétanique complète 0.888 0.022 885 744 2.117 0.025 0.843 0.933 Mère a reçu assistance médicale à l'accouchement 0.596 0.040 1287 1083 2.498 0.068 0.515 0.677 Diarrhée dans les 2 dernières semaines 0.161 0.011 1239 1043 1.031 0.068 0.139 0.182 A reçu traitement SRO 0.317 0.046 204 167 1.352 0.145 0.225 0.410 A consulté du personnel médical 0.357 0.044 204 167 1.263 0.122 0.269 0.444 Ayant un carnet de santé, vu 0.782 0.032 243 204 1.202 0.041 0.718 0.846 A reçu vaccination BCG 0.923 0.025 243 204 1.485 0.028 0.872 0.974 A reçu vaccination DTC (3 doses) 0.834 0.035 243 204 1.423 0.042 0.764 0.903 A reçu vaccination polio (3 doses) 0.820 0.029 243 204 1.154 0.035 0.762 0.878 A reçu vaccination rougeole 0.734 0.037 243 204 1.288 0.050 0.660 0.808 Vacciné contre toutes les maladies 0.636 0.043 243 204 1.374 0.068 0.550 0.722 Taille pour âge (-2ET) 0.189 0.012 1293 1049 1.035 0.066 0.164 0.213 Poids pour taille (-2ET) 0.124 0.013 1293 1049 1.363 0.108 0.097 0.151 Poids pour âge (-2ET) 0.198 0.015 1293 1049 1.222 0.075 0.168 0.227 Prévalence de l'anémie chez les enfants 0.685 0.015 1170 952 1.113 0.021 0.656 0.715 Indice synthétique de fécondité (derniers 3 ans) 5.155 0.223 4844 4027 1.333 0.043 4.708 5.602 Quotient de mortalité néonatale (derniers 0-9 ans) 21.072 4.340 2517 2124 1.282 0.206 12.393 29.752 Quotient de mortalité post-néonatale (derniers 0-9 ans) 17.509 2.851 2501 2109 1.109 0.163 11.807 23.211 Quotient de mortalité infantile (derniers 0-9 ans) 38.581 4.090 2518 2125 0.933 0.106 30.401 46.761 Quotient de mortalité juvénile (derniers 0-9 ans) 11.439 2.589 2429 2055 1.039 0.226 6.261 16.617 Quotient de mortalité infanto-juvénile (derniers 0-9 ans) 49.579 4.929 2525 2130 0.992 0.099 39.720 59.437 HOMMES Milieu urbain 0.360 0.033 575 464 1.639 0.091 0.294 0.425 Sans instruction 0.515 0.043 575 464 2.056 0.084 0.429 0.601 Instruction post-primaire ou plus 0.280 0.026 575 464 1.366 0.091 0.229 0.332 Jamais marié (en union) 0.586 0.031 575 464 1.507 0.053 0.524 0.648 Actuellement marié (en union) 0.405 0.030 575 464 1.460 0.074 0.345 0.465 Premiers rapports sexuels avant 18 ans 0.059 0.010 417 336 0.853 0.166 0.040 0.079 Ne veut plus d'enfants 0.037 0.011 232 188 0.914 0.308 0.014 0.059 Veut retarder d'au moins 2 ans 0.661 0.027 232 188 0.872 0.041 0.607 0.716 Nombre d'enfants idéal 7.911 0.268 575 464 1.789 0.034 7.376 8.446 260 • Annexe B Tableau B.6 Erreurs de sondage: Echantillon Région Ouest, Sénégal EDS-Continue 2015 Variable Valeur (M) Erreur Type (ET) Population de base Effet du Plan de sondage (REPS) Erreur relative (ET/M) Intervalle de confiance Non Pondéré (N) Pondéré (N') M-2ET M+2ET FEMMES Milieu urbain 0.803 0.017 1492 3384 1.690 0.022 0.768 0.838 Alphabétisée 0.569 0.028 1492 3384 2.147 0.048 0.514 0.624 Sans instruction 0.333 0.028 1492 3384 2.291 0.084 0.277 0.389 Instruction post-primaire ou plus 0.384 0.028 1492 3384 2.209 0.073 0.328 0.440 Jamais mariée (en union) 0.399 0.016 1492 3384 1.244 0.040 0.367 0.430 Actuellement mariée (en union) 0.538 0.018 1492 3384 1.357 0.033 0.503 0.573 Premiers rapports sexuels avant 18 ans 0.249 0.017 1172 2699 1.335 0.068 0.215 0.283 Mariée (en union) avant 20 ans 0.365 0.021 1172 2699 1.474 0.057 0.323 0.406 Actuellement enceinte 0.069 0.009 1492 3384 1.336 0.127 0.051 0.086 Enfants nés vivants 1.884 0.077 1492 3384 1.272 0.041 1.729 2.039 Enfants survivants 1.772 0.071 1492 3384 1.257 0.040 1.630 1.915 Enfants nés vivants des femmes 40-49 4.425 0.185 217 479 0.978 0.042 4.055 4.795 Connaît une méthode contraceptive 0.985 0.006 842 1821 1.357 0.006 0.974 0.996 Connaît une méthode contraceptive moderne 0.985 0.006 842 1821 1.357 0.006 0.974 0.996 Utilise actuellement une méthode contraceptive 0.353 0.026 842 1821 1.563 0.073 0.302 0.405 Utilise actuellement une méthode contraceptive moderne 0.322 0.027 842 1821 1.657 0.083 0.269 0.376 Utilise actuellement la pilule 0.093 0.011 842 1821 1.121 0.121 0.070 0.115 Utilise actuellement le condom 0.019 0.006 842 1821 1.282 0.314 0.007 0.032 Utilise actuellement les injections 0.106 0.010 842 1821 0.984 0.099 0.085 0.127 Utilise actuellement les implants 0.075 0.020 842 1821 2.163 0.262 0.036 0.115 Utilise actuellement la stérilisation féminine 0.006 0.003 842 1821 1.186 0.525 0.000 0.012 Utilise actuellement la continence périodique 0.018 0.005 842 1821 1.094 0.282 0.008 0.027 Utilise actuellement le retrait 0.008 0.003 842 1821 1.119 0.433 0.001 0.015 Utilise une source du secteur publique 0.768 0.036 283 641 1.427 0.047 0.696 0.840 Ne veut plus d'enfants 0.215 0.017 842 1821 1.234 0.081 0.180 0.250 Veut retarder d'au moins 2 ans 0.453 0.021 842 1821 1.208 0.046 0.411 0.494 Nombre d'enfants idéal 4.682 0.073 1251 2915 1.697 0.016 4.535 4.828 Mère a reçu injection antitétanique complète 0.798 0.019 629 1337 1.177 0.024 0.760 0.836 Mère a reçu assistance médicale à l'accouchement 0.600 0.035 894 1854 1.754 0.058 0.531 0.670 Diarrhée dans les 2 dernières semaines 0.127 0.012 872 1807 0.995 0.092 0.104 0.151 A reçu traitement SRO 0.288 0.042 122 230 0.920 0.146 0.204 0.372 A consulté du personnel médical 0.307 0.048 122 230 1.034 0.157 0.211 0.404 Ayant un carnet de santé, vu 0.780 0.056 163 307 1.615 0.072 0.667 0.892 A reçu vaccination BCG 1.000 0.000 163 307 na 0.000 1.000 1.000 A reçu vaccination DTC (3 doses) 0.975 0.011 163 307 0.800 0.011 0.954 0.996 A reçu vaccination polio (3 doses) 0.864 0.044 163 307 1.536 0.051 0.775 0.953 A reçu vaccination rougeole 0.897 0.030 163 307 1.185 0.034 0.837 0.958 Vacciné contre toutes les maladies 0.789 0.058 163 307 1.698 0.074 0.672 0.906 Taille pour âge (-2ET) 0.156 0.016 902 1768 1.045 0.102 0.124 0.188 Poids pour taille (-2ET) 0.056 0.009 902 1768 1.096 0.166 0.037 0.074 Poids pour âge (-2ET) 0.093 0.015 902 1768 1.285 0.158 0.064 0.123 Prévalence de l'anémie chez les enfants 0.541 0.031 824 1589 1.462 0.056 0.480 0.602 Indice synthétique de fécondité (derniers 3 ans) 3.515 0.234 4201 9533 1.461 0.067 3.047 3.983 Quotient de mortalité néonatale (derniers 0-9 ans) 16.739 3.312 1720 3552 0.978 0.198 10.114 23.363 Quotient de mortalité post-néonatale (derniers 0-9 ans) 13.442 3.401 1729 3579 1.166 0.253 6.640 20.244 Quotient de mortalité infantile (derniers 0-9 ans) 30.180 5.331 1721 3553 1.182 0.177 19.519 40.842 Quotient de mortalité juvénile (derniers 0-9 ans) 12.521 4.266 1685 3485 1.331 0.341 3.989 21.053 Quotient de mortalité infanto-juvénile (derniers 0-9 ans) 42.324 6.233 1726 3571 1.124 0.147 29.857 54.790 HOMMES Milieu urbain 0.808 0.021 655 1477 1.374 0.026 0.766 0.851 Sans instruction 0.249 0.036 655 1477 2.122 0.144 0.177 0.321 Instruction post-primaire ou plus 0.451 0.033 655 1477 1.715 0.074 0.385 0.518 Jamais marié (en union) 0.585 0.025 655 1477 1.319 0.043 0.535 0.636 Actuellement marié (en union) 0.408 0.027 655 1477 1.408 0.066 0.354 0.462 Premiers rapports sexuels avant 18 ans 0.086 0.023 528 1205 1.864 0.265 0.041 0.132 Ne veut plus d'enfants 0.062 0.017 254 602 1.117 0.273 0.028 0.096 Veut retarder d'au moins 2 ans 0.359 0.036 254 602 1.192 0.100 0.287 0.431 Nombre d'enfants idéal 5.825 0.208 375 877 1.422 0.036 5.409 6.240 Annexe B • 261 Tableau B.7 Erreurs de sondage: Echantillon Region Centre, Sénégal EDS-Continue 2015 Variable Valeur (M) Erreur Type (ET) Population de base Effet du Plan de sondage (REPS) Erreur relative (ET/M) Intervalle de confiance Non Pondéré (N) Pondéré (N') M-2ET M+2ET FEMMES Milieu urbain 0.243 0.011 2904 2520 1.341 0.044 0.221 0.264 Alphabétisée 0.298 0.017 2904 2520 2.017 0.057 0.264 0.332 Sans instruction 0.654 0.022 2904 2520 2.471 0.033 0.610 0.698 Instruction post-primaire ou plus 0.179 0.015 2904 2520 2.065 0.082 0.150 0.209 Jamais mariée (en union) 0.243 0.009 2904 2520 1.121 0.037 0.225 0.261 Actuellement mariée (en union) 0.729 0.009 2904 2520 1.095 0.012 0.711 0.747 Premiers rapports sexuels avant 18 ans 0.448 0.014 2201 1915 1.290 0.031 0.421 0.475 Mariée (en union) avant 20 ans 0.617 0.016 2201 1915 1.511 0.025 0.586 0.648 Actuellement enceinte 0.102 0.007 2904 2520 1.196 0.066 0.089 0.116 Enfants nés vivants 2.734 0.066 2904 2520 1.275 0.024 2.601 2.867 Enfants survivants 2.434 0.059 2904 2520 1.298 0.024 2.315 2.553 Enfants nés vivants des femmes 40-49 6.335 0.163 412 361 1.204 0.026 6.010 6.660 Connaît une méthode contraceptive 0.982 0.003 2069 1837 1.111 0.003 0.975 0.988 Connaît une méthode contraceptive moderne 0.981 0.003 2069 1837 1.123 0.003 0.974 0.988 Utilise actuellement une méthode contraceptive 0.158 0.010 2069 1837 1.299 0.066 0.137 0.179 Utilise actuellement une méthode contraceptive moderne 0.138 0.010 2069 1837 1.274 0.070 0.118 0.157 Utilise actuellement la pilule 0.024 0.004 2069 1837 1.112 0.156 0.016 0.031 Utilise actuellement le condom 0.002 0.001 2069 1837 0.902 0.420 0.000 0.004 Utilise actuellement les injections 0.073 0.006 2069 1837 1.100 0.086 0.061 0.086 Utilise actuellement les implants 0.028 0.004 2069 1837 1.132 0.147 0.020 0.036 Utilise actuellement la stérilisation féminine 0.002 0.001 2069 1837 0.862 0.443 0.000 0.003 Utilise actuellement la continence périodique 0.008 0.003 2069 1837 1.383 0.335 0.003 0.014 Utilise actuellement le retrait 0.001 0.001 2069 1837 0.935 0.727 0.000 0.002 Utilise une source du secteur publique 0.896 0.018 336 263 1.096 0.020 0.859 0.933 Ne veut plus d'enfants 0.183 0.012 2069 1837 1.466 0.068 0.158 0.208 Veut retarder d'au moins 2 ans 0.473 0.014 2069 1837 1.318 0.031 0.444 0.502 Nombre d'enfants idéal 5.660 0.057 2519 2174 1.577 0.010 5.545 5.775 Mère a reçu injection antitétanique complète 0.849 0.019 1614 1412 2.135 0.022 0.811 0.887 Mère a reçu assistance médicale à l'accouchement 0.486 0.033 2458 2134 2.790 0.068 0.419 0.552 Diarrhée dans les 2 dernières semaines 0.215 0.012 2342 2028 1.392 0.057 0.191 0.239 A reçu traitement SRO 0.319 0.028 543 436 1.303 0.088 0.263 0.374 A consulté du personnel médical 0.374 0.031 543 436 1.394 0.083 0.312 0.437 Ayant un carnet de santé, vu 0.697 0.025 469 415 1.178 0.036 0.647 0.748 A reçu vaccination BCG 0.967 0.013 469 415 1.624 0.014 0.940 0.993 A reçu vaccination DTC (3 doses) 0.892 0.018 469 415 1.263 0.020 0.856 0.928 A reçu vaccination polio (3 doses) 0.799 0.022 469 415 1.185 0.027 0.756 0.843 A reçu vaccination rougeole 0.806 0.029 469 415 1.588 0.036 0.748 0.863 Vacciné contre toutes les maladies 0.676 0.029 469 415 1.334 0.043 0.619 0.734 Taille pour âge (-2ET) 0.229 0.015 2426 2048 1.430 0.065 0.199 0.258 Poids pour taille (-2ET) 0.074 0.006 2426 2048 1.128 0.081 0.062 0.086 Poids pour âge (-2ET) 0.167 0.011 2426 2048 1.283 0.066 0.145 0.189 Prévalence de l'anémie chez les enfants 0.717 0.015 2227 1891 1.472 0.021 0.687 0.747 Indice synthétique de fécondité (derniers 3 ans) 5.942 0.235 8137 7068 1.284 0.040 5.472 6.412 Quotient de mortalité néonatale (derniers 0-9 ans) 31.292 3.269 4654 4044 1.055 0.104 24.755 37.829 Quotient de mortalité post-néonatale (derniers 0-9 ans) 16.449 2.559 4645 4040 1.290 0.156 11.330 21.568 Quotient de mortalité infantile (derniers 0-9 ans) 47.740 4.098 4656 4046 1.047 0.086 39.544 55.937 Quotient de mortalité juvénile (derniers 0-9 ans) 34.687 3.211 4518 3931 1.013 0.093 28.265 41.110 Quotient de mortalité infanto-juvénile (derniers 0-9 ans) 80.772 5.278 4684 4069 1.109 0.065 70.215 91.328 HOMMES Milieu urbain 0.265 0.017 1015 843 1.234 0.065 0.231 0.299 Sans instruction 0.505 0.038 1015 843 2.409 0.075 0.429 0.580 Instruction post-primaire ou plus 0.256 0.026 1015 843 1.870 0.100 0.205 0.308 Jamais marié (en union) 0.558 0.018 1015 843 1.174 0.033 0.522 0.595 Actuellement marié (en union) 0.432 0.018 1015 843 1.132 0.041 0.397 0.467 Premiers rapports sexuels avant 18 ans 0.095 0.015 716 595 1.379 0.159 0.065 0.125 Ne veut plus d'enfants 0.020 0.008 425 364 1.148 0.389 0.004 0.036 Veut retarder d'au moins 2 ans 0.549 0.038 425 364 1.590 0.070 0.472 0.626 Nombre d'enfants idéal 8.425 0.286 614 543 1.309 0.034 7.854 8.997 262 • Annexe B Tableau B.8 Erreurs de sondage: Echantillon Région Sud, Sénégal EDS-Continue 2015 Variable Valeur (M) Erreur Type (ET) Population de base Effet du Plan de sondage (REPS) Erreur relative (ET/M) Intervalle de confiance Non Pondéré (N) Pondéré (N') M-2ET M+2ET FEMMES Milieu urbain 0.287 0.015 2700 1491 1.746 0.053 0.257 0.318 Alphabétisée 0.404 0.022 2700 1491 2.332 0.055 0.360 0.448 Sans instruction 0.525 0.022 2700 1491 2.335 0.043 0.480 0.570 Instruction post-primaire ou plus 0.262 0.019 2700 1491 2.257 0.073 0.224 0.300 Jamais mariée (en union) 0.267 0.016 2700 1491 1.838 0.059 0.236 0.298 Actuellement mariée (en union) 0.689 0.016 2700 1491 1.844 0.024 0.656 0.722 Premiers rapports sexuels avant 18 ans 0.599 0.015 2052 1140 1.408 0.025 0.568 0.629 Mariée (en union) avant 20 ans 0.620 0.016 2052 1140 1.516 0.026 0.588 0.653 Actuellement enceinte 0.086 0.006 2700 1491 1.183 0.074 0.073 0.099 Enfants nés vivants 2.879 0.056 2700 1491 1.050 0.020 2.766 2.992 Enfants survivants 2.494 0.046 2700 1491 1.016 0.019 2.402 2.587 Enfants nés vivants des femmes 40-49 6.617 0.155 391 216 1.173 0.023 6.306 6.927 Connaît une méthode contraceptive 0.955 0.007 1890 1027 1.519 0.008 0.941 0.970 Connaît une méthode contraceptive moderne 0.954 0.008 1890 1027 1.639 0.008 0.938 0.970 Utilise actuellement une méthode contraceptive 0.179 0.015 1890 1027 1.730 0.085 0.149 0.210 Utilise actuellement une méthode contraceptive moderne 0.153 0.015 1890 1027 1.755 0.095 0.124 0.182 Utilise actuellement la pilule 0.013 0.003 1890 1027 1.103 0.222 0.007 0.019 Utilise actuellement le condom 0.006 0.002 1890 1027 0.995 0.297 0.002 0.009 Utilise actuellement les injections 0.063 0.010 1890 1027 1.727 0.153 0.044 0.083 Utilise actuellement les implants 0.060 0.008 1890 1027 1.491 0.135 0.044 0.077 Utilise actuellement la stérilisation féminine 0.004 0.001 1890 1027 1.004 0.356 0.001 0.007 Utilise actuellement la continence périodique 0.004 0.001 1890 1027 0.967 0.336 0.001 0.007 Utilise actuellement le retrait 0.002 0.001 1890 1027 1.103 0.561 0.000 0.004 Utilise une source du secteur publique 0.851 0.026 396 224 1.439 0.030 0.799 0.902 Ne veut plus d'enfants 0.176 0.010 1890 1027 1.121 0.056 0.156 0.195 Veut retarder d'au moins 2 ans 0.442 0.014 1890 1027 1.262 0.033 0.413 0.471 Nombre d'enfants idéal 5.767 0.101 2331 1310 2.087 0.017 5.566 5.968 Mère a reçu injection antitétanique complète 0.854 0.014 1552 851 1.513 0.016 0.826 0.881 Mère a reçu assistance médicale à l'accouchement 0.452 0.025 2295 1259 2.041 0.055 0.402 0.502 Diarrhée dans les 2 dernières semaines 0.221 0.010 2148 1183 1.137