Sénégal - Demographic and Health Survey - 2006

Publication date: 2006

5ÃPÃICN 'PSWÄVG�&ÃOQITCRJKSWG GV�FG�5CPVÃ� ���� RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL Enquête Démographique et de Santé Sénégal 2005 Salif Ndiaye Mohamed Ayad Ministère de la Santé et de la Prévention Médicale Centre de Recherche pour le Développement Humain Dakar, Sénégal ORC Macro Calverton, Maryland, USA Avril 2006 Ce rapport présente les principaux résultats de la quatrième Enquête Démographique et de Santé (EDS-IV) réalisée au Sénégal de février à juin 2005. Cette enquête a été réalisée par le Centre de Recherche pour le Développement Humain (CRDH) pour le compte du Ministère de la Santé et de la Prévention Médicale. L’EDS-IV, initiée par le Gouvernement du Sénégal, fait partie du programme mondial MEASURE DHS+ dont l’objectif est de collecter, d’analyser et de diffuser des données relatives à la population et à la santé de la famille, d’évaluer l’impact des programmes mis en œuvre et de planifier de nouvelles stratégies pour l’amélioration de la santé et le bien-être de la population. L’enquête a été réalisée avec l’appui technique de ORC Macro. Elle a bénéficié de l’appui financier du Gouvernement sénégalais, de l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), de la Banque Mondiale, du UNFPA et de l’UNICEF. Ce rapport est l’œuvre des auteurs et ne représente nécessairement pas la politique de l’USAID, ni celles des autres organismes de coopération. Pour tout renseignement concernant l’EDS-IV, prière de contacter le Ministère de la Santé et de la Prévention Médicale, rue Aimé Césaire, Fann Résidence, BP 4024, Dakar (Téléphone : (221) 869 4242 ; Fax : (221) 869 4249) ; Internet : http://www.sante.gouv.sn) ou le Centre de Recherche pour le Développement Humain (CRDH), Immeuble A, No : A7_A8, HLM Hann Maristes, Dakar (Téléphone/Fax : (221) 832 6379). Concernant le programme MEASURE DHS+, des renseignements peuvent être obtenus auprès de ORC Macro, 11785 Beltsville Drive, Suite 300, Calverton, MD 20705, USA (Téléphone (301) 572-0200 ; Fax (301) 572-0999 ; E-mail : reports@orcmacro.com ; Internet : http://www.measuredhs.com). Citation recommandée : Ndiaye, Salif, et Mohamed Ayad. 2006. Enquête Démographique et de Santé au Sénégal 2005. Calverton, Maryland, USA : Centre de Recherche pour le Développement Humain [Sénégal] et ORC Macro. Table des Matières | iii TABLE DES MATIÈRES Page Liste des tableaux et des graphiques . ix Préface . xvii Remerciements. xix Sigles et Abréviations . xxi Résumé . xxiii Indicateurs du Millénaire, EDS-IV Sénégal 2005 . xxix Carte du Sénégal . xxx CHAPITRE 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE Salif Ndiaye et Baka Tambouri Ndiaye 1.1 PRÉSENTATION DU PAYS.1 1.1.1 Géographie.1 1.1.2 Économie .1 1.1.3 Population .2 1.1.4 Politique en matière de santé et situation sanitaire .2 1.2 OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE.3 1.2.1 Objectifs .3 1.2.2 Questionnaires .4 1.2.3 Les manuels et autres documents techniques.7 1.2.4 Échantillonnage .7 1.2.5 Activités de l’EDS-IV.8 1.2.6 Saisie et traitement des données.11 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES Aliou Gaye 2.1 STRUCTURE PAR ÂGE ET PAR SEXE DE LA POPULATION.13 2.2 TAILLE ET COMPOSITION DES MÉNAGES .15 2.2.1 Sexe du chef de ménage.15 2.2.2 Taille des ménages.15 2.3 CONDITION DE VIE DES ENFANTS ET DES ORPHELINS.16 2.4 NIVEAU D’INSTRUCTION ET FRÉQUENTATION SCOLAIRE .17 2.5 CARACTÉRISTIQUES DES LOGEMENTS ET BIENS POSSÉDÉS PAR LES MÉNAGES .24 iv | Table des Matières 2.5.1 Caractéristiquse des logements des ménages.24 2.5.2 Biens durables possédés par les ménages .25 CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET HOMMES ENQUÊTÉS ET STATUT DES FEMMES Mohamed Ayad 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS .27 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIO- DÉMOGRAPHIQUES .30 3.3 ALPHABÉTISATION.32 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS .35 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE.38 3.6 STATUT DE LA FEMME .44 3.6.1 Utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage .45 3.6.2 Prise de décision dans le ménage.47 3.6.3 Opinion des femmes sur la violence conjugale.50 3.6.4 Opinion des femmes sur le refus d’avoir des rapports sexuels .52 CHAPITRE 4 FÉCONDITÉ Salif Ndiaye 4.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE .56 4.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ .58 4.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE .60 4.4 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE.61 4.5 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE.64 4.6 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES.65 4.7 PARITÉ DES HOMMES .67 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE Salif Ndiaye 5.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION.69 5.2 UTILISATION DE LA CONTRACEPTION À UN MOMENT QUELCONQUE .75 5.3 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION.77 5.4 UTILISATION SELON LES INDICATEURS DU STATUT DE LA FEMME .81 5.5 NOMBRE D'ENFANTS À LA PREMIÈRE UTILISATION.84 5.6 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE .84 5.7 SOURCES D'APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION .86 5.8 INFORMATIONS RELATIVES AUX MÉTHODES CONTRACEPTIVES .87 5.9 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION .89 5.10 RAISONS DE NON UTILISATION DE LA CONTRACEPTION .89 5.11 MÉTHODE FUTURE PRÉFÉRÉE.90 5.12 SOURCES D'INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION.91 5.13 DISCUSSIONS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE AVEC LE CONJOINT .95 5.14 OPINIONS DES COUPLES SUR LA PLANIFICATION.96 Table des Matières | v CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Salif Ndiaye 6.1 ÉTAT MATRIMONIAL .99 6.2 POLYGAMIE . 101 6.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION . 103 6.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS. 106 6.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE. 109 6.6 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE. 112 6.7 MÉNOPAUSE . 114 CHAPITRE 7 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Aliou Gaye 7.1 DÉSIR D'ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES). 115 7.2 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE . 119 7.3 NOMBRE IDÉAL D'ENFANTS. 124 7.4 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ. 128 CHAPITRE 8 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT Salif Ndiaye 8.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET VISITES POSTNATALES . 133 8.1.1 Soins prénatals. 133 8.1.2 Accouchement . 140 8.1.3 Examens postnatals. 146 8.1.4 Statut de la femme et santé reproductive. 147 8.2 VACCINATION DES ENFANTS . 148 8.3 MALADIES DES ENFANTS . 153 8.3.1 Infections respiratoires et fièvre . 153 8.3.2 Prévalence de la diarrhée . 156 8.3.3 Produits nettoyants pour se laver les mains . 162 8.4 PROBLEMES PERÇUS POUR L’ACCES AUX SOINS DE SANTE DE LA FEMME . 164 CHAPITRE 9 PALUDISME Mohamed Ayad et Salif Ndiaye 9.1 ACCÈS AUX MOUSTIQUAIRES . 169 9.1.1 Disponibilité de moustiquaires dans les ménages . 169 9.1.2 Utilisation des moustiquaires par les groupes vulnérables . 171 9.2 TRAITEMENT PRÉVENTIF DU PALUDISME CHEZ LES FEMMES ENCEINTES. 174 9.3 TRAITEMENT DU PALUDISME CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS . 177 vi | Table des Matières CHAPITRE 10 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL Babou Diaham et Biram Ndiaye 10.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT. 181 10.1.1 Début de l’allaitement . 181 10.1.2 Allaitement maternel exclusif et introduction des aliments de complément . 184 10.1.3 Durée et fréquence de l’allaitement. 186 10.1.4 Types d’aliments de complément . 188 10.2 CONSOMMATION DE SEL IODE, VITAMINE A ET DE FER ET CARENCES EN MICRONUTRIMENTS . 191 10.2.1 Consommation de sel iodé par les ménages. 192 10.2.2 Consommation de vitamine A chez les enfants . 193 10.2.3 Consommation de vitamine A et de fer chez les femmes . 195 10.3 ANÉMIE PAR CARENCE EN FER . 197 10.3.1 Prévalence de l’anémie chez les enfants . 198 10.3.2 Prévalence de l’anémie chez les femmes . 200 10.4 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES. 202 10.4.1 État nutritionnel des enfants. 202 10.4.2 État nutritionnel des femmes. 209 CHAPITRE 11 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS Mamadou Matar Guèye 11.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES . 213 11.1.1 Limites d’ordre méthodologique . 213 11.1.2 Risques d’erreurs d’enregistrement . 214 11.2 NIVEAUX ET TENDANCES . 215 11.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE . 217 11.4 MORTALITÉ PÉRINATALE . 220 11.5 GROUPES À HAUT RISQUE. 224 CHAPITRE 12 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE Mohamed Ayad 12.1 INTRODUCTION. 227 12.2 COLLECTE DES DONNÉES . 228 12.3 ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES . 228 12.4 ESTIMATION DIRECTE DE LA MORTALITÉ ADULTE . 231 12.5 ESTIMATIONS DIRECTES DE LA MORTALITÉ MATERNELLE. 233 Table des Matières | vii 12.6 DISCUSSION . 234 CHAPITRE 13 EXCISION Nafissatou J. Diop 13.1 CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’EXCISION . 237 13.2 PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FEMMES ENQUÊTÉES . 240 13.2.1 Personne ayant procédé à l’excision . 243 13.3 PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FILLES DES FEMMES ENQUÊTÉES . 243 13.3.1 Pratique de l’excision chez les filles . 243 13.3.2 Âge des filles à l’excision. 248 13.3.3 Personne ayant procédé à l’excision . 249 13.3.4 Excision des filles et complications . 249 13.4 OPINIONS ET CROYANCES VIS-À-VIS DE L’EXCISION. 250 13.4.1 Avantages pour une fille d’être excisée . 250 13.4.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée . 253 13.4.3 Opinions sur l’excision. 258 CHAPITRE 14 VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES Aliou Gaye et Salif Ndiaye 14.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA, DES MOYENS DE PRÉVENTION ET DE TRANSMISSION . 263 14.1.1 Connaissance du VIH/sida et de l’existence de moyens de prévention. 263 14.1.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH/sida. 265 14.1.3 Connaissance correcte de la transmission du VIH/sida et rejet d’idées erronées . 267 14.1.4 Connaissance de la transmission mère-enfant . 271 14.2 STIGMATISATION ENVERS LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH/SIDA. 273 14.3 TEST DU VIH . 277 14.4 OPINIONS SUR LA NÉGOCIATION DE RAPPORTS PROTÉGÉS AVEC LE CONJOINT. 282 14.5 CONNAISSANCE PAR LES JEUNES D’UN ENDROIT OÙ SE PROCURER DES CONDOMS . 283 14.6 RAPPORTS SEXUELS À HAUT RISQUE ET UTILISATION DU CONDOM. 285 14.7 ACTIVITÉ SEXUELLE CHEZ LES JEUNES. 287 14.7.1 Âge aux premiers rapports sexuels des jeunes . 287 14.7.2 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom chez les jeunes. 290 viii | Table des Matières 14.8 RAPPORTS SEXUELS PRÉMARITAUX ET UTILISATION DU CONDOM PARMI LES CÉLIBATAIRES DE 15-24 ANS . 291 14.9 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST). 294 14.9.1 Connaissance des IST . 294 14.9.2 Prévalence déclarée d’IST. 297 14.9.3 IST et comportement . 298 14.10 SURVIE DES PARENTS ET CONDITIONS DE VIE DES ENFANTS. 299 CHAPITRE 15 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS Dr Aïssatou Gueye Ndiaye, Dr Astou Gueye Gaye, Ousmane Wade, Ousmane Diouf et Pr Souleymane Mboup 15.1 APPROCHE SUIVIE POUR LE TEST DU VIH ET DE L’HÉMOGLOBINE . 302 15.1.1 Méthodologie . 302 15.1.2 Formation et travail de terrain. 303 15.1.3 Procédures de laboratoire EDS-IV Sénégal . 306 15.2 TAUX DE COUVERTURE DU TEST DE VIH. 307 15.3 PRÉVALENCE DU VIH. 311 15.3.1 Prévalence du VIH selon le sexe et l’âge . 311 15.3.2 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 313 15.3.3 Prévalence du VIH et facteurs de risque . 314 15.3.4 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans . 316 RÉFÉRENCES . 319 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE.321 A.1 INTRODUCTION. 321 A.2 BASE DE SONDAGE. 321 A.3 ÉCHANTILLONNAGE. 322 A.4 PROBABILITÉS DE SONDAGE. 323 A.5 RÉSULTAT DES ENQUÊTES. 323 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE.331 ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES . 349 ANNEXE D PERSONNEL DE L’EDS-IV 2005 . 355 ANNEXE E QUESTIONNAIRES . 359 Liste de Tableaux et des Graphiques | ix LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES Page CHAPITRE 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE Tableau 1.1 Résultats de l’enquête ménage et de l’enquête individuelle . 8 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES Tableau 2.1 Population des ménages par âge et sexe et résidence. 13 Tableau 2.2 Composition des ménages . 15 Tableau 2.3 Enfants orphelins et résidence des parents avec les enfants . 16 Tableau 2.4.1 Niveau d'instruction de la population des hommes . 18 Tableau 2.4.2 Niveau d'instruction de la population des femmes) . 19 Tableau 2.5 Taux de fréquentation scolaire . 21 Tableau 2.6 Caractéristiques des logements . 23 Tableau 2.7 Biens durables possédés par les ménages . 25 Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population . 14 Graphique 2.2 Proportion de femmes et d’hommes sans instruction selon le milieu et la région de résidence . 20 Graphique 2.3 Caractéristiques des logements selon le milieu de résidence. 25 CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET HOMMES ENQUÊTÉS ET STATUT DES FEMMES Tableau 3.1 Caractéristiques des enquêtés par âge. 28 Tableau 3.2 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés . 29 Tableau 3.3.1 Niveau d'instruction par caractéristiques sociodémographiques : Femmes. 30 Tableau 3.3.2 Niveau d'instruction par caractéristiques sociodémographiques : Hommes . 31 Tableau 3.4.1 Alphabétisation des femmes. 33 Tableau 3.4.2 Alphabétisation des hommes . 34 Tableau 3.5.1 Exposition aux média : Femmes. 36 Tableau 3.5.2 Exposition aux média : Hommes. 37 Tableau 3.6 Emploi . 39 Tableau 3.7 Occupation. 41 Tableau 3.8 Type d'emploi. 43 Tableau 3.9 Employeur et formes de revenus . 44 Tableau 3.10 Décision de l'utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage. 46 Tableau 3.11 Contrôle du revenu des femmes . 47 Tableau 3.12 Participation des femmes dans la prise de décision . 48 Tableau 3.13 Participation des femmes dans la prises de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 49 x | Liste de Tableaux et des Graphiques Tableau 3.14 Opinion des femmes concernant le fait qu'un mari batte sa femme. 51 Tableau 3.15 Opinion des femmes concernant le refus d'avoir des rapports sexuels avec le conjoint . 53 Graphique 3.1 Proportion d’alphabétisés parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans . 35 Graphique 3.2 Travail des femmes de 15-49 ans . 40 Graphique 3.3 Type de revenu des femmes de 15-49 ans . 43 CHAPITRE 4 FÉCONDITÉ Tableau 4.1 Fécondité actuelle. 56 Tableau 4.2 Fécondité par caractéristiques sociodémographiques . 57 Tableau 4.3 Fécondité par âge selon quatre sources. 58 Tableau 4.4 Tendance de la fécondité par âge . 59 Tableau 4.5 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes . 61 Tableau 4.6 Intervalle intergénésique . 63 Tableau 4.7 Âge à la première naissance . 64 Tableau 4.8 Âge médian à la première naissance par caractéristiques socio- démographiques . 65 Tableau 4.9 Fécondité des adolescentes. 66 Tableau 4.10 Enfants nés vivants et enfants survivants des hommes. 68 Graphique 4.1 Taux de fécondité générale par âge selon le milieu de résidence . 56 Graphique 4.2 Indice synthétique de fécondité et descendance atteinte à 40-49 ans . 58 Graphique 4.3 Taux de fécondité par âge selon l’EDS-I 1986, l’EDS-II 1992, l’EDS-III 1997 et l’EDS-IV 2005 . 59 Graphique 4.4 Taux de fécondité par âge et par période de cinq ans précédant l'EDS-IV 2005 . 60 Graphique 4.5 Proportion d'adolescentes de 15-19 ans ayant déjà commencé leur vie féconde selon l'EDS-III et l'EDS-IV . 67 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE Tableau 5.1.1 Connaissance des méthodes contraceptives : Femmes . 71 Tableau 5.1.2 Connaissance des méthodes contraceptives : Hommes . 72 Tableau 5.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques socio- démographiques . 74 Tableau 5.3 Utilisation de la contraception à un moment quelconque . 76 Tableau 5.4 Utilisation actuelle de la contraception . 78 Tableau 5.5 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques socio- démographiques . 80 Tableau 5.6 Utilisation actuelle de la contraception par statut de la femme. 83 Tableau 5.7 Nombre d'enfants à la première utilisation . 84 Tableau 5.8 Connaissance de la période féconde. 85 Tableau 5.9 Source d'approvisionnement. 86 Tableau 5.10 Choix de la méthode et information . 88 Tableau 5.11 Utilisation future . 89 Tableau 5.12 Raisons évoquées pour n’avoir pas l'intention d'utiliser la contraception. 90 Tableau 5.13 Méthode contraceptive future préférée. 91 Tableau 5.14.1 Exposition aux messages sur la planification familiale : Femmes . 92 Tableau 5.14.2 Exposition aux messages sur la planification familiale : Hommes . 93 Liste de Tableaux et des Graphiques | xi Tableau 5.15 Contact des non-utilisatrices de la contraception avec des agents de planification familiale. 95 Tableau 5.16 Discussion de la planification familiale dans le couple. 96 Tableau 5.17 Opinion des couples concernant la planification familiale . 97 Graphique 5.1 Connaissance des méthodes contraceptives par l’ensemble des femmes . 71 Graphique 5.2 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union selon la méthode. 79 Graphique 5.3 Prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 81 CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Tableau 6.1 État matrimonial actuel . 100 Tableau 6.2 Nombre de co-épouses. 101 Tableau 6.3.1 Âge à la première union : Femmes. 103 Tableau 6.3.2 Âge à la première union : Hommes . 104 Tableau 6.4 Âge médian à la première union . 105 Tableau 6.5.1 Âge aux premiers rapports sexuels : Femmes . 107 Tableau 6.5.2 Âge aux premiers rapports sexuels : Hommes . 107 Tableau 6.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels. 108 Tableau 6.7.1 Activité sexuelle récente des femmes . 110 Tableau 6.7.2 Activité sexuelle récente des hommes . 111 Tableau 6.8 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum. 112 Tableau 6.9 Durée médiane de l'insusceptibilité post-partum par caractéristiques sociodémographiques . 113 Tableau 6.10 Ménopause. 114 Graphique 6.1 Proportion de femmes et d’hommes célibataires par âge. 100 Graphique 6.2 Proportions de femmes en union polygame selon le milieu et la région de résidence . 102 Graphique 6.3 Âge médian des femmes et des hommes à la première union . 105 Graphique 6.4 Âge médian des femmes et des hommes à la première union selon la région . 106 Graphique 6.5 Âge médian des femmes aux premiers rapports sexuels selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 109 CHAPITRE 7 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Tableau 7.1 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d'enfant survivants . 116 Tableau 7.2.1 Préférences des femmes en matière de fécondité selon l’âge . 117 Tableau 7.2.2 Préférences des hommes en matière de fécondité selon l'âge. 118 Tableau 7.3 Désir de limiter les naissances selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 119 Tableau 7.4 Besoins en matière de planification familiale. 121 Tableau 7.5 Besoins en matière de planification familiale. 122 Tableau 7.6 Nombre idéal d'enfants . 125 Tableau 7.7 Nombre idéal d'enfants par caractéristique sociodémographique . 127 Tableau 7.8 Planification de la fécondité. 129 Tableau 7.9 Taux de fécondité désirée. 130 xii | Liste de Tableaux et des Graphiques Tableau 7.10 Nombre idéal d'enfants, besoins non satisfaits en matière de planification familiale et statut de la femme . 131 Graphique 7.1 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants . 116 Graphique 7.2 Nombre idéal d'enfants pour les femmes et les hommes . 126 Graphique 7.3 Nombre idéal d'enfants pour les femmes et les hommes selon la région . 128 Graphique 7.4 Indice Synthétique de Fécondité et Indice Synthétique de Fécondité Désirée . 131 CHAPITRE 8 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT Tableau 8.1 Soins prénatals. 134 Tableau 8.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse . 136 Tableau 8.3 Examens au cours des visites prénatales . 137 Tableau 8.4 Vaccination antitétanique . 139 Tableau 8.5 Lieu de l'accouchement . 141 Tableau 8.6 Assistance lors de l'accouchement. 142 Tableau 8.7 Caractéristiques de l'accouchement . 144 Tableau 8.8 Soins postnatals. 147 Tableau 8.9 Statut de la femme et santé reproductive . 148 Tableau 8.10 Vaccinations selon les sources d'information . 149 Tableau 8.11 Vaccinations selon les caractéristiques sociodémographiques . 151 Tableau 8.12 Vaccinations au cours de la première année . 153 Tableau 8.13 Prévalence et traitement des Infections Respiratoires Aiguës (IRA) et de la fièvre. 154 Tableau 8.14 Médicaments donnés pour traiter la fièvre . 156 Tableau 8.15 Ménages disposant du nécessaire pour se laver les mains . 157 Tableau 8.16 Évacuation des selles des enfants . 158 Tableau 8.17 Prévalence de la diarrhée. 159 Tableau 8.18 Connaissance des sachets de SRO. 161 Tableau 8.19 Traitement de la diarrhée. 163 Tableau 8.20 Alimentation pendant la diarrhée. 164 Tableau 8.21 Problèmes d'accès aux soins de santé. 165 Graphique 8.1 Soins prénatals par du personnel qualifié selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 135 Graphique 8.2 Soins prénatals, assistance à l’accouchement et lieu d’accouchement . 135 Graphique 8.3 Assistance à l'accouchement par du personnel formé selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 143 Graphique 8.4 Vaccinations des enfants de 12-23 mois. 150 Graphique 8.5 Pourcentage d’enfants de 12 -23 mois complètement vaccinés selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 152 Graphique 8.6 Prévalence des IRA, de la fièvre et de la diarrhée selon l’âge. 155 Graphique 8.7 Prévalence de la diarrhée par région. 100 CHAPITRE 9 PALUDISME Tableau 9.1 Possession de moustiquaires . 170 Tableau 9.2 Utilisation des moustiquaires par les enfants. 172 Tableau 9.3 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes. 174 Tableau 9.4 Utilisation de traitement préventif par les femmes enceintes . 175 Liste de Tableaux et des Graphiques | xiii Tableau 9.5 Utilisation de Fansidar pour le traitement intermittent. 177 Tableau 9.6 Prevalence et traitement precoce de la fievre. 178 Tableau 9.7 Traitement standard de la fièvre. 180 Graphique 9.1 Possession de moustiquaires par les ménages. 170 Graphique 9.2 Utilisation de moustiquaires par les enfants de moins de 5 ans. 173 Graphique 9.3 Utilisation de traitement préventif contre le paludisme au cours de la dernière grossesse . 176 CHAPITRE 10 ALLAITEMENT, ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES Tableau 10.1 Allaitement initial. 182 Tableau 10.2 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant. 184 Tableau 10.3 Durée médiane et fréquence de l'allaitement. 186 Tableau 10.4 Aliments reçus par les enfants de jour ou de nuit . 188 Tableau 10.5 Fréquence des aliments reçus par l'enfant durant le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête. 189 Tableau 10.6 Fréquence des aliments reçus par l'enfant dans les sept derniers jours . 190 Tableau 10.7 Sel iodée dans le ménage . 192 Tableau 10.8 Consommation de micronutriments . 193 Tableau 10.9 Consommation de micronutriments pour les mères . 195 Tableau 10.10 Prévalence de l'anémie chez les enfants . 198 Tableau 10.11 Prévalence de l'anémie chez les femmes. 200 Tableau 10.12 Prévalence de l'anémie chez les enfants selon le niveau d'anémie de la mère. 201 Tableau 10.13 État nutritionnel des enfants . 203 Tableau 10.14 État nutritionnel des mères par caractéristiques sociodémographiques . 210 Graphique 10.1 Pratique d'allaitement des enfants de moins de 3 ans. 185 Graphique 10.2 Durée médiane de l'allaitement dans certains pays d'Afrique de l'Ouest . 187 Graphique 10.3 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans accusant un retard de croissance. 204 Graphique 10.4 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans accusant un retard de croissance selon les régions. 205 Graphique 10.5 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans émaciés . 206 Graphique 10.6 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans émaciés selon les régions . 207 Graphique 10.7 Tendances de la malnutrition (enfants de moins de 5 ans) selon l'EDS-II 1992 et l'EDS-IV 2005 . 208 CHAPITRE 11 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS Tableau 11.1 Taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans . 215 Tableau 11.2 Taux de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 217 Tableau 11.3 Taux de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants . 219 Tableau 11.4 Mortalité périnatale . 221 Tableau 11.5 Taux de mortalité des enfants selon les indicateurs du statut de la femme. 223 Tableau 11.6 Comportement procréateur à hauts risques. 225 xiv | Liste de Tableaux et des Graphiques Graphique 11.1 Tendances de la mortalité infantile selon l'EDS-III 1997 et l'EDS-IV 2005 . 216 Graphique 11.2 Tendances de la mortalité juvénile selon l'EDS-III 1997 et l'EDS-IV 2005 . 216 CHAPITRE 12 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE Tableau 12.1 Complétude de l'information sur les frères et soeurs. 229 Tableau 12.2 Indicateurs de la qualité des données sur les frères et soeurs . 230 Tableau 12.3 Estimation de la mortalité adulte par âge. 232 Tableau 12.4 Estimation directe de la mortalité maternelle. 234 Graphique 12.1 Taux de mortalité par groupe d'âges pour la période 0-6 ans avant l'EDS-IV et taux des tables types de mortalité. 233 Graphique 12.2 Mortalité maternelle au Sénégal et en Afrique subsaharienne. 235 CHAPITRE 13 EXCISION Tableau 13.1 Connaissance et pratique de l'excision . 238 Tableau 13.2 Âge des enquêtées à l'excision . 241 Tableau 13.3 Personne qui a procédé à l'excision . 243 Tableau 13.4 Pratique de l'excision parmi les filles des femmes enquêtées . 244 Tableau 13.5 Type d'excision des filles . 247 Tableau 13.6 Âge des filles à l'excision . 248 Tableau 13.7 Personne qui a procédé à l'excision des filles . 249 Tableau 13.8 Excision des filles et complications . 250 Tableau 13.9 Avantages pour une fille d'être excisée . 251 Tableau 13.10 Avantages pour une fille de ne pas être excisée. 254 Tableau 13.11 Croyances au sujet de l'excision . 257 Tableau 13.12 Opinion par rapport à l'excision selon les caractéristiques socio- démographiques . 259 Tableau 13.13 Opinion des femmes et des hommes par rapport à l'excision . 261 Graphique 13.1 Pratique de l’excision selon l’ethnie . 240 Graphique 13.2 Âge à l’excision des femmes enquêtées. 242 Graphique 13.3 Pratique de l’excision chez les mères et chez les filles selon l’ethnie. 246 Graphique 13.4 Proportions de femmes et d’hommes favorables à la disparition de la pratique de l’excision selon la région . 261 CHAPITRE 14 VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES Tableau 14.1 Connaissance du sida. 264 Tableau 14.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH. 266 Tableau 14.3.1 Idées erronées à propos du sida : femmes. 267 Tableau 14.3.2 Idées erronées à propos du sida : hommes . 270 Tableau 14.4 Connaissance de la transmission du VIH de la mère à l'enfant. 272 Tableau 14.5.1 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH : Femmes . 274 Tableau 14.5.2 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH : Hommes . 276 Tableau 14.6.1 Population ayant effectué un test du VIH et ayant reçu les résultats : Femmes. 278 Tableau 14.6.2 Population ayant effectué un test du VIH et ayant reçu les résultats : Hommes. 280 Tableau 14.7 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint . 282 Liste de Tableaux et des Graphiques | xv Tableau 14.8 Connaissance par les jeunes des moyens de prévention du VIH et d'un endroit où se procurer des condoms . 284 Tableau 14.9 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques . 286 Tableau 14.10.1 Âge des jeunes de 15-24 ans aux premiers rapports sexuels . 287 Tableau 14.10.2 Utilisation des condoms au cours des premiers rapports sexuels parmi les jeunes. 289 Tableau 14.11 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom lors des derniers rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois par les jeunes de 15-24 ans. 290 Tableau 14.12 Jeunes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels prémaritaux au cours des 12 derniers mois et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels prémaritaux. 292 Tableau 14.13.1 Connaissance des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) : Femmes . 295 Tableau 14.13.2 Connaissance des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) : Hommes. 296 Tableau 14.14 Infection Sexuellement Transmissible (IST) et symptômes d'IST déclarés. 297 Tableau 14.15 Recherche de traitement pour les IST. 298 Tableau 14.16 Enfants orphelins et résidence avec les parents. 300 Graphique 14.1 Rapports sexuels à hauts risques parmi les jeunes de 15-24 ans cohabitant et non cohabitant . 291 Graphique 14.2 Abstinence, fidélité et utilisation des condoms par les jeunes de 15-24 ans . 293 Graphique 14.3 Recherche de conseils et de traitement pour les IST. 299 CHAPITRE 15 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS Tableau 15.1 Couverture du test du VIH selon le milieu et la région de résidence : Échantillon non pondéré. 308 Tableau 15.2.1 Couverture du test du VIH chez les femmes selon certaines caractéristiques sociodémographiques : Femmes . 309 Tableau 15.2.2 Couverture du test du VIH chez les hommes selon certaines caractéristiques sociodémographiques : Hommes . 310 Tableau 15.2.3 Couverture du test du VIH chez les femmes et les hommes selon certaines caractéristiques sociodémographiques : Femmes et Hommes . 311 Tableau 15.3 Prévalence du VIH selon l’âge. 312 Tableau 15.4 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 314 Tableau 15.5 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 315 Tableau 15.6 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans. 316 Graphique 15.1 Algorithme de dépistage du VIH Laboratoire Bactériologie Virologie de l’Hôpital Le Dantec, Dakar EDS-IV SÉNÉGAL. 306 Graphique 15.2 Prévalence du VIH par sexe et âge. 313 Graphique 15.3 Prévalence du VIH par sexe et âge chez les jeunes de 15-24 ans . 317 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE Tableau A.1 Répartition des DRs par région et par milieu de résidence (RGPH-2002) . 321 xvi | Liste de Tableaux et des Graphiques Tableau A.2 Répartition des ménages par région et selon le milieu de résidence (RGPH-2002) . 322 Tableau A.3 Répartition de l’échantillon de ménages et de femmes par région et selon le milieu de résidence . 322 Tableau A.4 Résultats de l'enquête : Femmes. 325 Tableau A.5 Résultats de l'enquête : Hommes. 326 Tableau A.6 Couverture du test du VIH selon certaines caractéristiques socio- démographiques . 327 Tableau A.7.1 Couverture du test du VIH parmi les femmes et les hommes ayant déjà eu des rapports sexuels selon certaines variables à risque : Femmes . 328 Tableau A.7.2 Couverture du test du VIH parmi les femmes et les hommes ayant déjà eu des rapports sexuels selon certaines variables à risque : Hommes . 329 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE Tableau B.1 Variables utilisées pour le calcul des erreurs de sondage . 334 Tableau B.2 Erreurs de sondage, échantillon national. 335 Tableau B.3 Erreurs de sondage, échantillon urbain . 336 Tableau B.4 Erreurs de sondage, échantillon rural . 337 Tableau B.5 Erreurs de sondage, échantillon Dakar. 338 Tableau B.6 Erreurs de sondage, échantillon Diorubal. 339 Tableau B.7 Erreurs de sondage, échantillon Fatick . 340 Tableau B.8 Erreurs de sondage, échantillon Kaolack . 341 Tableau B.9 Erreurs de sondage, échantillon Kolda . 342 Tableau B.10 Erreurs de sondage, échantillon Louga. 343 Tableau B.11 Erreurs de sondage, échantillon Matam . 344 Tableau B.12 Erreurs de sondage, échantillon Saint-Louis . 345 Tableau B.13 Erreurs de sondage, échantillon Tambacounda . 346 Tableau B.14 Erreurs de sondage, échantillon Thiès . 347 Tableau B.15 Erreurs de sondage, échantillon Ziguinchor . 348 ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES Tableau C.1 Répartition par âge des ménages . 349 Tableau C.2.1 Répartition par âge des femmes éligibles et enquêtées. 350 Tableau C.2.2 Répartition par âge des hommes éligibles et enquêtés . 350 Tableau C.3 Complétude de l'enregistrement . 351 Tableau C.4 Naissances par année du calendrier depuis la naissance . 351 Tableau C.5 Enregistrement de l'âge au décès en jours . 352 Tableau C.6 Enregistrement de l'âge au décès en mois . 353 xviiPréface | Remerciements | xix REMERCIEMENTS La quatrième Enquête Démographique et de Santé du Sénégal de 2005 (EDS-IV) a été réalisée par le Centre de Recherche pour le Développement Humain (CRDH). La réalisation de cette enquête a mobilisé des ressources financières importantes et nécessité la disponibilité et la compétence de plusieurs personnes. Je voudrais donc, à l’occasion de la publication du présent rapport, adresser mes sincères remerciements au Gouvernement du Sénégal, à ses partenaires au développement qui l’ont appuyé dans cette recherche et à ORC Macro d’avoir fait confiance au CRDH. En effet, cela aura été la première fois qu’une structure privée se sera vu confier la conduite d’une enquête de cette envergure dans le programme des Enquêtes Démographiques et de Santé. Je voudrais aussi, remercier : • les personnels techniques et administratifs du Ministère de la Santé et de la Prévention Médicale, au niveau central comme au niveau périphérique ; leur collaboration a été précieuse ; • les personnels de la Direction de la Prévision et de la Statistique : leur appui a été important dans l’échantillonnage, le dénombrement des ménages et la supervision des enquêteurs ; • les chercheurs de l’équipe technique pour leur compétence et leur disponibilité ; • les personnels de terrain : chauffeurs, enquêteurs, contrôleuses, chefs d’équipe et superviseurs. Leur professionnalisme, leur dévouement et leur endurance ont été déterminants pour la réussite de l’enquête ; • les personnels de bureau du CRDH pour leur efficacité dans la discrétion. Enfin, je voudrais saluer les populations des localités enquêtées ainsi que les autorités administratives, locales, coutumières et religieuses pour l’accueil chaleureux qu’elles ont réservé aux personnels de terrain. Salif Ndiaye Directeur du CRDH Sigles et Abréviations | xxi SIGLES ET ABRÉVIATIONS AEC Agences d’Exécution Communautaires BCG Bacille de Calmette et Guérin (Vaccin antituberculeux) BEN Bureau Exécutif National de la CLM BER Bureau Exécutif Régional (du PRN) CAID Campagne d’Aspersion Intra-Domiciliaire CD Compact Disck CDC Centers for Disease Control and Prevention (États Unis) CDV Centres de Déspistage Volontaire CLM Cellule de Lutte contre la Malnutrition CNLS Conseil National de Lutte contre le Sida CRDH Centre de Recherche pour le Développement Humain CSPro Census and Survey Processing System DANSE Division de l’Alimentation, de la Nutrition et de la Survie de l’Enfant DHS Demographic and Health Surveys DIU Dispositif intra utérin DPS Direction de la Prévision et de la Statistique DS District Sanitaire DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté DSSP Division des Soins de Santé Primaires DTCoq Diphtérie, Tétanos et Coqueluche EDS Enquête Démographique et de Santé EIPRN Enquête Initiale pour l’évaluation de l’impact du Programme de Renforcement de la Nutrition en Milieu Rural dans les régions de Fatick, Kaolack et Kolda (2004) ESAM Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages ESIS Enquête Sénégalaise sur les Indicateurs de Santé de 1999 ESP Enquête Sur les Priorités, 1991 ICP Infirmiers Chefs de Poste IDA Association Internationale de Développement IEC/CCC Information, Education, Communication/Communication pour le Changement de Comportement IMC Indice de masse corporelle IRA Infections respiratoires aiguës IRD Institut de Recherche pour le Développement ISF Indice synthétique de fécondité ISF Indice synthétique de fécondité désirée IST Infections sexuellement transmissibles LBV Laboratoire de bactériologie et de virologie (CHU Hôpital, Le Dantec) xxii | Sigles et Abréviations MAMA Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée MCD Médecins Chefs de District MICS Multiple Indicator Cluster Surveys (Enquête par grappes à indicateurs multiples) MII Moustiquaire imprégnée d’insecticide NCHS National Center for Health Statistics NEPAD Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique OMS Organisation Mondiale de la Santé ONG Organisation Non Gouvernementale OUA Organisation de l’Unité Africaine PCIME Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant PDIS Programme de Développement Intégré de la Santé PEV Programme élargi de vaccination PNB Produit National Brut PNDS Plan National de Développement Sanitaire et Social PNLP Programme National de Lutte contre le Paludisme PNUD Programme des Nations pour le Développement PRN Programme de Renforcement de la Nutrition RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat SNEIPS Service National de l’Éducation et de l’Information Pour la Santé SRO Sel de réhydratation par voie orale TPI Traitement préventif intermittent TRO Thérapie de réhydratation par voie orale UNFPA Fonds des Nations Unies pour la Population UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance USAID Agence américaine pour le développement international VIH Virus de l’immunodéficience humaine Résumé | xxiii RÉSUMÉ L’Enquête Démographique et de Santé au Sénégal (EDS-IV) est la quatrième enquête du genre réalisée dans le pays. L’EDS-IV est une enquête par sondage, représentative au niveau national, commanditée par le Gouvernement Sénégalais et conduite par le Centre de Recherche pour le Développement Humain (CRDH) avec l’assistance technique de ORC Macro, institution de coopération américaine en charge du programme international des Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS). Le projet EDS-IV a été financé par le Gouvernement du Sénégal à travers un prêt de la Banque Mondiale ; il a bénéficié aussi de l’appui financier de l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID), du Fonds des Nations Unies Pour l’Enfance (UNICEF) et du Fonds des Nations Unies Pour la Population (UNFPA). L’EDS-IV fournit des informations sur les niveaux de fécondité, l’activité sexuelle, les préférences en matière de fécondité, la connais- sance et l’utilisation des méthodes de planification familiale, les pratiques d’allaite- ment, l’état nutritionnel des femmes et des enfants de moins de cinq ans, la mortalité infantile, la mortalité maternelle, la santé de la mère et de l’enfant et sur la connaissance, les attitudes et les comportements vis-à-vis du sida et autres infections sexuellement transmissibles. De nouveaux volets inclus lors de la collecte portent sur la pratique de l’excision, l’utilisation des moustiquaires et les tests du VIH et de l’anémie. Les informations collectées au cours de l’EDS-IV permettent la mise à jour des indicateurs de base sur la situation démographique et sanitaire estimés lors des précédentes enquêtes de 1992, 1997 et 2000. Au cours de l’enquête réalisée sur le terrain de février à mai 2005, 7 412 ménages ont été enquêtés avec succès (soit un taux de réponse de 98,5 %) ; dans ces ménages, 14 602 femmes âgées de 15-49 ans et 3 761 hommes de 15-59 ans ont été interviewés avec succès et parmi ces enquêtés 4 278 femmes de 15-49 ans et 3 226 hommes de 15-59 ans ont été effectivement testés pour le VIH (échantillon pondéré). Les informations recueillies dans l’enquête sont représentatives au niveau national, au niveau du milieu de résidence (urbain et rural) et au niveau des onze régions administratives. Les principaux résultats développés dans ce rapport sont résumés dans ce qui suit. CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES Moins de la moitié des ménages au Sénégal disposent de l’électricité (47 %), avec une grande disparité entre les villes (80 %) et les campagnes (16 %). Environ, 60 % des ménages ont accès à l’eau de robinet ou à une borne fontaine publique. Près de quatre ménages sur dix disposent de toilettes avec chasse (38 %); cependant, beaucoup de ménages (23 %), essentiellement ruraux, n’en disposent pas du tout dans le logement. Il ressort de l’enquête que 23 % des chefs de ménage sont de sexe féminin. Près de six enfants sur dix (58 %) de moins de 15 ans vivent avec leurs deux parents biologiques et 13 % d’entre eux ne vivent avec aucun de leurs parents dans le ménage. FÉCONDITÉ Niveau et tendance de la fécondité. Les données de l’EDS-IV montrent que la fécondité des femmes en 2005 demeure encore élevée au Sénégal. Avec les niveaux actuels, chaque femme donnerait naissance en moyenne à 5,3 enfants à la fin de sa vie féconde. Cette fécondité est également précoce puisque 19 % des filles de moins de 20 ans ont déjà eu au moins une naissance vivante ou étaient enceintes au moment de l’enquête. Cependant, la fécondité continue de baisser: l’indice synthétique de fécondité est passé de 6,6 enfants par femme en 1986, à 6,0 en 1992, 5,7 en 1997 et 5,3 en 2005. Au xxiv | Résumé Sénégal, moins de 3,0 % seulement des femmes actuellement en union et âgées de 40 à 49 ans n’ont jamais eu d’enfant et pourraient être considérées comme stériles. Fécondité différentielle. Des différences très nettes de fécondité apparaissent entre milieux de résidence : une femme urbaine a un niveau de fécondité nettement plus faible (ISF de 4,1) que qu’une femme rurale (6,4). En outre, le nombre moyen d’enfants par femme varie de façon importante selon les régions ; de 3,7 enfants à Dakar, il dépasse 6 dans les régions de Kolda, Fatick, Diourbel et Tambacounda. Ce nombre varie également selon le niveau d'instruction des femmes (3,0 enfants par femme chez celles ayant atteint le niveau d’instruction secondaire ou plus contre 6,1 chez celles sans niveau d’instruction) et le niveau de vie de leur ménage d’appartenance: 3,8 enfants en moyenne pour les femmes appartenant aux ménages les plus riches contre 7,0 pour celles des ménages les plus pauvres. NUPTIALITÉ Parmi les femmes de 15-49 ans, 68 % étaient en union au moment de l’enquête. La proportion de femmes qui restent encore célibataires à 35-39 ans est de 4 % seulement ; à plus de 40 ans, elle est inférieure à 1 %. Ainsi, le mariage qui demeure le cadre privilégié de l'activité sexuelle (94 % des célibataires n’ont jamais eu de rapports sexuels) et de la procréation est pratiquement universel au Sénégal. En outre, la pratique de la polygamie est assez répandue ; quatre femmes sur dix (40 %) sont en union polygame. L’entrée en union demeure précoce : 46 % des femmes de 20-49 ans étaient déjà en union à 18 ans et la moitié des femmes entrent en première union dès l’âge de 18,5 ans. En 1997, les valeurs correspondantes étaient respectivement de 50 % et 18,0 ans chez les femmes des mêmes âges. Les premiers rapports sexuels se produisent également tôt et sont essentiellement déterminés par l’entrée en union ; 44 % des femmes de 20- 49 ans avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels et la moitié des femmes étaient sexuel- lement actives à 18,7 ans. En 1997 (EDS-III), les valeurs correspondantes étaient de 55 % et 17,5 ans chez les femmes des mêmes âges. Les hommes contractent leur première union à un âge beaucoup plus tardif ; l’âge médian à la première union des hommes de 30 à 59 ans étant de 28,1 ans. Quant à l’âge aux premiers rapports sexuels pour les hommes âgés de 25-59 ans, il est 20,9 ans, ce qui implique que, contrairement aux femmes, les hommes commencent la vie sexuelle longtemps avant le mariage. PLANIFICATION FAMILIALE Connaissance des méthodes contraceptives. Bien que la connaissance des méthodes contra- ceptives soit généralisée (plus de 90 % connaissent au moins une méthode moderne), peu de femmes les utilisent (10 % des femmes en union utilisent actuellement une méthode moderne). Prévalence contraceptive. En effet, le taux de prévalence contraceptive chez les femmes en union est seulement de 12 %, toutes méthodes confondues, et 10 % pour les méthodes modernes. Parmi les femmes en union, la prévalence des méthodes modernes a légèrement augmenté depuis 1997 où elle était de 8 %. L’utilisation des méthodes modernes de contraception reste essentiellement le fait de certains groupes : les femmes urbaines (18 % contre 5 % en milieu rural), celles résidant dans les régions de Ziguinchor, Dakar et Thiès (entre 15 et 21 %) et les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (34 %). Besoins non satisfaits. Bien que l’utilisation actuelle de la contraception soit relativement faible, les besoins en matière de planification familiale sont assez importants chez les femmes en union. Une femme en union sur trois (32 %) en expriment le besoin mais essentiellement, pour l’espacement des naissances (24 %). Actuellement, 27 % de la demande potentielle totale en planification familiale chez les femmes en union se trouve satisfaite au Sénégal. Si tous les besoins étaient satisfaits, la prévalence contraceptive des femmes en union serait de 43 %, c’est-à-dire près de quatre fois plus que ce qu’elle est actuellement. Résumé | xxv SANTÉ DE LA MÈRE Soins prénatals. En ce qui concerne les soins prénatals et les conditions d’accouche- ment, on constate que pour la grande majorité (83 %) des naissances survenues dans les 5 années précédant l’enquête, les mères ont effectué au moins une visite prénatale auprès de personnel qualifié et 40 % en ont fait quatre ou plus. Plus d’une mère sur cinq (22 %) a été protégée contre le tétanos néonatal par une dose de vaccin antitétanique (VAT) et deux mères sur trois en ont reçu deux ou plus. Plus de six naissances sur dix (62 %) se sont déroulées dans un établissement sanitaire 52 % d’entre elles ont bénéficié de l’assistance de personnel de santé au moment de l’accouchement. Les femmes urbaines ont été relativement plus nombreuses à avoir reçu quatre consultations prénatales ou plus (51 % contre 33 % en milieu rural). Par ailleurs, les femmes rurales (52 %), celles sans niveau d’instruction (46 %), celles résidant dans les régions de Kolda et de Tambacounda (65 %), celles appartenant aux ménages les plus pauvres (70 %) et celles n’ayant reçu aucun soin prénatal (86 %) ont, beaucoup plus fréquemment que les autres, accouché à domicile. Tendances des soins prénatals. Par rapport à l’EDS-III de 1997, le pourcentages de naissances pour lesquelles les mères ont bénéficié d’au moins une visite prénatale auprès d’un personnel de santé qualifié n’a pratiquement pas bougé (82 % en 1997 contre 83 % en 2005) ; cependant le pourcentage de naissances pour lesquelles les mères ont effectué 4 visites ou plus a plus que doublé, passant de 17 % à 40 % en 2005. En ce qui concerne le VAT, la couverture est restée au même niveau : 18 % des mères avaient reçu une seule dose (contre 22 % en 2005) et deux mères sur trois en avaient reçu deux ou plus. Enfin, le pourcentage de naissances ayant eu lieu dans une formation sanitaire a beaucoup augmenté : 48 % en 1997 contre 62 % en 2005. SANTÉ DE L’ENFANT Vaccination des enfants. Pour la couverture vaccinale des enfants, on relève que la majorité a reçu certains vaccins : 91 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG, 74 % les trois doses de DTCoq, 69 % celles de la Polio et 61 % ont été vaccinés contre la rougeole avant l’âge de 12 mois. Au total, près de la moitié des enfants de 12-23 mois (48 %) ont reçu tous les vaccins du Programme Élargi de Vaccination (PEV) (sans la fièvre jaune) avant l’âge de 12 mois. À l’inverse, seulement 5 % des enfants de 12-23 mois n'ont reçu aucun vaccin. Maladies de l’enfance. Au Sénégal, les infections respiratoires aiguës (IRA), la fièvre et la diarrhée sont des problèmes de santé importants chez les enfants. Plus d’un enfant sur dix (13 %) a souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête et trois enfants sur dix ont eu la fièvre pendant cette période. S’agissant de la diarrhée, plus d’un enfant sur cinq (22 %) a eu une ou plusieurs épisodes diarrhéiques durant cette même période. Au cours des épisodes diarrhéiques, 27 % des enfants ont reçu une TRO (SRO ou solution préparée à la maison) et dans 28 % des cas, ils n’ont reçu aucun traitement. POSSESSION ET UTILISATION DES MOUSTIQUAIRES L’utilisation des moustiquaires est un moyen efficace de protection contre les moustiques qui transmettent le paludisme. Pour les moustiquaires imprégnées à un moment quelconque, les résultats de l’enquête indiquent que seulement 27 % des ménages ont déclaré en posséder au moins une et seulement 16 % en ont deux plus. Le pourcentage de ménages disposant d’au moins une moustiquaire est légèrement plus élevé dans les campagnes (29 %) que dans les villes (25 %) et est peu variable selon le niveau de bien-être économique. Un enfant de moins de cinq ans sur sept (14 %) a dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête. Globalement, 13 % de l’ensemble des femmes de 15-49 ans et 14 % des femmes enceintes ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête. NUTRITION Allaitement des enfants. Plus de neuf enfants sur dix (96 %) nés durant les cinq années ayant précédé l’enquête ont été allaités. Bien que la majorité des enfants (80 %) soient allaités dans les 24 heures qui ont suivi leur naissance, 48 % ont reçu des xxvi | Résumé aliments avant le début de l’allaitement. L’assistance à l’accouchement et partant, le lieu où celui-ci s’est déroulé, influe légèrement sur le début de l’allaitement. En effet, quand la mère a accouché dans une formation sanitaire, 83 % ont été allaités dans les 24 heures qui ont suivi leur naissance, contre 76 % de ceux dont la mère a accouché à domicile. Par contre, l’assistance à l’acouchement et le lieu d’accouchement n’ont aucune incidence sur le début de l’allaitement dans l’heure qui a suivi la naissance. Plus d’un enfant sur trois de moins de six mois (34 %) étaient encore exclusivement allaités au sein. Sevrage et aliments de complément. À partir de 6 mois, tous les enfants devraient recevoir une alimentation de complément, car à partir de cet âge, le lait maternel seul n’est plus suffisant pour assurer la croissance optimale de l’enfant. Au Sénégal, une proportion importante d’enfants consomme des céréales et des tubercules ou racines avant l’âge de 6 mois. Par contre, entre 6 et 7 mois, âge à partir duquel tous les enfants devraient déjà recevoir des aliments de complément en plus du lait maternel, seulement un enfant sur deux est nourri de cette façon (50 %) ; à 8-9 mois, cette proportion concerne pratiquement les trois-quarts des enfants (73 %). Supplémentation en vitamine A. La carence en vitamine A (avitaminose A) affecte le système immunitaire de l’enfant et augmente ainsi ses risques de décéder de maladies de l’enfance. L’avitaminose A peut également affecter la vue et causer la cécité crépusculaire chez les enfants, affecter aussi la santé des mères enceintes ou de celles qui allaitent. Elle peut être évitée par des compléments en vitamine A ou l’enrichissement des aliments. Dans l’ensemble, trois enfants de moins de cinq ans sur quatre (75 %) ont reçu des compléments de vitamine A. Les enfants du milieu urbain (78 % contre 74 % en milieu rural), ceux des régions de Ziguinchor (85 %), de Kolda (84 %) et de Fatick (82 %) ont été proportionnellement plus nombreux à avoir bénéficié de ce complément nutritionnel. Prévalence de l’anémie chez les enfants. Les résultats de l’enquête montrent que plus de huit enfants de 6-59 mois sur dix (83 %) sont atteints d’anémie : 20 % sous une forme légère, 55 % sous une forme modérée et 7 % sont atteints d’anémie sévère. Des différences importantes sont observées selon le lieu de résidence et le niveau d’instruction des mères. Etat nutritionnel des enfants. Les indices concernant l’état nutritionnel montrent que 16 % des enfants au Sénégal souffrent de retard de croissance et plus d’un enfant sur vingt cinq (5 %) souffre de retard de croissance sévère (indice taille-pour-âge). En ce qui concerne l’émaciation ou la maigreur (poids-pour-taille), environ un enfant sur douze (8 %) est atteint de maigreur sous forme modérée ou sévère. Les enfants de 10-23 mois souffrent plus fréquem- ment de ce type de malnutrition. Selon l’indice taille- pour-âge, près d’un enfant sur six (17 % contre 20 % en 1992-93) souffrent d'insuffisance pondérale et 3 % d'insuffisance pondérale sévère (contre 5 % dans l’EDS-II de 1992-93). MORTALITÉ INFANTILE Niveau de mortalité. La mortalité infanto- juvénile reste élevée au plan national. Pour la période la plus récente (0-4 ans avant l’enquête), les résultats montrent que sur 1 000 naissances vivantes, 61 meurent avant d’atteindre leur premier anniversaire (35 ‰ entre 0 et 1 mois exact et 26 ‰ entre 1 et 12 mois exacts) ; sur 1 000 enfants âgés d’un an, 64 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire. Globalement, le risque de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire est de 121 pour 1000 naissances, soit environ un enfant sur huit. Tendance de la mortalité des enfants de moins de 5 ans. Par rapport aux résultats de la précédente enquête réalisée en 1997 (EDS-III), les niveaux de la mortalité des enfants obtenus en 2005 sont légèrement plus bas : mortalité infantile de 61 ‰ à l’EDS-IV contre 68 ‰ en 1997 pour les cinq dernières années ; mortalité infanto-juvénile de 121 ‰ en 2005 contre 139 ‰ dans l’EDS-III. Mortalité différentielle. Les niveaux de mortalité sont nettement plus bas dans les villes que dans les campagnes : la mortalité infantile est de 49 ‰ en milieu urbain (contre 82 ‰ en milieu rural) ; pour la mortalité infanto-juvénile, les quotients sont respectivement de 91 ‰ et 160 ‰. Les Résumé | xxvii disparités sont également très fortes selon la région : aux deux extrêmes, on trouve Dakar (44 ‰) et Kolda et Tambacounda (100 ‰). Les enfants de mères de niveau secondaire ou plus et ceux de mères appartenant à des ménages riches ont également des risques de décès nettement plus bas que les autres. MORTALITÉ MATERNELLE La mortalité maternelle est l’indicateur de santé montrant la plus grande disparité entre les pays en développement et les pays développés. En Afrique subsaharienne, une femme a une chance sur 12 de mourir au cours d’une grossesse ou d’un accouchement contre une chance sur 4 000 dans les pays riches. L'estimation directe du taux de mortalité maternelle à partir de l'ED-IV pour la période 1998-2005 est de 401 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. Ce taux a connu une baisse non négligeable par rapport à celui estimé par l’EDS-II de 1992-1993 où il était de 510 pour 100 000 naissances vivantes pour la période de 1986-1992. EXCISION Prévalence. La pratique de l’excision est assez répandue au Sénégal puisque qu’elle concerne 28 % des femmes de 15-49 ans. La pratique de l’excision est essentiellement déterminée par l’appartenance ethnique. Dans deux des principaux groupes ethniques, à savoir les Wolof et les Serer, le pourcentage de femmes excisées n’atteint pas 2 %. Chez les Soninké, les Mandingue, les Poular et les Diola, il varie de 60 à 78 %. Perspectives. Chez les femmes ayant au moins une fille vivante, 20 % avaient une fille excisée ; mais seulement 4 % avaient l’intention de faire exciser une fille dans l’avenir. SIDA ET AUTRES IST Connaissance du sida. Le VIH/sida est connu par pratiquement toute la population (97 % des femmes et 98 % des hommes). Dans l’ensemble, plus 70 % des femmes et des hommes ont déclaré qu’on pouvait limiter les risques de contracter le VIH/sida en utilisant des condoms lors des rapport sexuels et en limitant des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté. La majorité des femmes (plus de 60 %) ont déclaré savoir qu’à certaines occasions (pendant la grossesse, par l’allaitement, à l’accouchement), une mère peut transmettre le virus du VIH à son enfant. Sida et stigma. Le comportement que les gens adopteraient face à des personnes vivant avec le VIH/sida est révélateur du niveau de stigmatisation et de discrimination à l’égard des personnes infectées par ce virus. Plus de sept femmes sur dix (71 %) ont déclaré qu’elles seraient prêtes à prendre soin chez elles d’un membre de la famille atteint du sida. Selon la région, les résultats montrent que c’est surtout à Dakar que les femmes seraient le plus disposées à s’occuper d’un parent vivant avec le VIH chez elles (83 %) ; à l’opposé, dans celles de Kolda (42 %) et de Tambacounda (52 %), ces proportions sont beaucoup plus faibles. Parmi les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus et chez celles vivant dans les ménages les plus riches, ces proportions sont les plus fortes (respectivement 89 % et 83 %). Rapports à hauts risques et utilisation du condom. Un des objectifs essentiels du Conseil National de Lutte contre le Sida est d’encourager la population sexuellement active à utiliser de façon régulière le condom. L’EDS-IV fournit les proportions de femmes et d’hommes qui ont eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête ainsi que les proportions de ceux/celles qui ont utilisé un condom au cours de ces rapports sexuels. Seulement 6 % des femmes et 43 % des hommes ont déclaré avoir eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois. Prés de quatre femmes sur dix (38 %) et plus six hommes sur dix (62 %) ont déclaré avoir utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels à hauts risques. PRÉVALENCE DU VIH Taux de couverture. Les résultats de l’EDS- IV indiquent que plus de huit personnes sur dix ont consenti à donner quelques gouttes de leur sang pour être testées sur le VIH. Le taux de couverture est plus élevé chez les femmes (85 %) que chez les hommes (76 %). Les taux d’acceptation chez les femmes et les xxviii | Résumé hommes du milieu rural sont nettement plus élevés que chez ceux du milieu urbain. Dans l’ensemble, 83 % des personnes dans les zones rurales ont accepté, contre 78 % chez celles des villes. Enfin, les meilleurs taux de couverture ont été observés dans les régions Diourbel et Kolda (89 %) et les plus bas concernent Matam (71 %), Dakar (73 %) et Saint-Louis (74 %). VIH et vulnérabilité des femmes. Les résultats de l’EDS-IV de 2005 montrent que 0,7 % des adultes au Sénégal âgés de 15-49 ans sont séropositifs au VIH. Le taux de séroprévalence chez les femmes de 15-49 ans est supérieur à celui des hommes de la même tranche d’âges : 0,9 % contre 0,4 %. Il en résulte un ratio d’infection entre les femmes et les hommes de 2,25 ; autrement dit, il y a 225 femmes infectées pour 100 hommes. Ce chiffre comparable à d’autres ratios trouvés dans des enquêtes similaires en Afrique subsaharienne, confirme la plus grande grande vulnérabilité des femmes par rapport aux hommes. Différentiels du niveau de prévalence du VIH. Les femmes des régions de Ziguinchor (3,4 %) et de Kolda (2,8 %), celles qui travaillaient au moment de l’enquête (1,4 %) et celles de niveau primaire (1,2 %) ont des taux de séroprévalence nettement plus élevés que les autres. Chez les hommes, c’est dans la région de Kolda (1,1 %) et, dans une moindre mesure, de Fatick (0,9 %), Ziguinchor et Matam (0,8 %) que le niveau de la séroprévalence est le plus élevé. Les femmes en rupture d’union (3,8 %) ont une prévalence environ quatre fois plus élevée que celles en union (0,9 %). Les femmes en union sont elles aussi environ trois fois plus fréquemment infectées que les célibataires (0,9 % contre 0,3 %). Par ailleurs, les femmes ayant déclaré être enceintes sont deux fois plus infectées que les autres : 1,6 % contre 0,8 % des femmes qui ne sont pas enceintes ou qui n’en sont pas sûres. Indicateurs du Millénaire | xxix Indicateurs du Millénaire, EDS-IV Sénégal 2005 Objectif Indicateur Valeur 1. Réduction de l’extrême pauvreté et de la faim Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans présentant une insuffisance pondérale Masculin : 16,3 % Féminin : 18,3 % Ensemble : 17,3 % Taux net de scolarisation dans le primaire1 Masculin : 57,0 % Féminin : 57,7 % Ensemble : 57,5 % Proportion d’écoliers commençant la première année d’études dans l’enseignement primaire et achevant la cinquième1 Masculin : 40,6 % Féminin : 38,8 % Ensemble : 39,7 % 2. Assurer l’éducation primaire pour tous Taux d’alphabétisation des 15 à 24 ans2 Masculin : 50,9 % Féminin : 30,8 % Ensemble : 34,7 % Rapport filles/garçons dans l’enseignement primaire et secondaire Primaire : 1,02 Secondaire : 0,83 Taux d’alphabétisation des femmes de 15 à 24 ans par rapport à celui des hommes2 0,61 3. Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes Pourcentage de salariées dans le secteur non agricole qui sont des femmes3 31,3 % Taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans (pour 1 000 naissances vivantes) 121 pour 1 000 Taux de mortalité infantile (pour 1 000 naissances vivantes) 61 pour 1 000 4. Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans Proportion d’enfants de 1 an vaccinés contre la rougeole Masculin : 73,2 % Féminin : 73,9 % Ensemble : 73,5 % Taux de mortalité maternelle (pour 100 000 naissances vivantes) 401 pour 100 000 5. Améliorer la santé maternelle Proportion d’accouchements assistés par du personnel de santé qualifié 51,9 % Taux d’utilisation du préservatif sur le taux de prévalence des contraceptifs (une méthode moderne, femmes 15-49 en union) 14,6 % Utilisation d’un préservatif lors du dernier rapport sexuel à risque (population âgée de 15 à 24) 4 Masculin : 52,4 % Féminin : 36,0 % Population âgée de 15 à 24 ans ayant une bonne connaissance générale du VIH/sida 5 Masculin : 23,7% Féminin : 19,3 % 6. Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies Taux d’utilisation de la contraception (une méthode moderne, femmes 15-49 actuellement en union) 10,3 % Proportion de la population utilisant des combustibles solides 6 Urbain : 24,4 % Rural : 88,8 % Ensemble : 60,7 % Proportion de la population ayant accès de façon durable à une source d’eau meilleure7, zones urbaines et rurales Urbain : 89,0 % Rural : 44,2 % Ensemble : 63,8 % 7. Assurer un environnement durable Proportion de la population ayant accès à un meilleur système d’assainissement8, zones urbaines et rurales Urbain : 95,6 % Rural : 63,4 % Ensemble : 77,5 % 1 Non compris les enfants dont le statut des parents est manquant. 2 Correspond aux enquêtés qui ont, au moins, fréquenté l’école secondaire et à ceux pouvant lire une phrase entière. 3 L’emploi salarié comprend les enquêtées qui ont été payés en argent ou en argent et en nature. 4 On entend par rapports sexuels à hauts risques, les rapports sexuels avec un partenaire non-marital et non-cohabitant au cours des 12 mois précédant l’enquête. 5 Sont considérés comme ayant une bonne connaissance générale, les femmes et les hommes qui déclarent qu’on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n’est pas infecté, qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes à propos de la transmission du sida, et qui savent qu’une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida. Au Sénégal, les deux idées erronées les plus courantes sont la transmission par les piqûres de moustiques et le fait de partager les repas avec une personne infectée. 6 Charbon de bois, bois à brûler, paille ou bouse. 7 Eau de robinet, forage ou puits protégés. 8 Chasse d’eau, fosse/latrines non couvertes, fosse/latrines couvertes ou fosse/latrines ventilée améliorées. xxx | Carte du Sénégal Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête | 1 PRÉSENTATION DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1 Salif Ndiaye et Baka Tambouri Ndiaye Ce premier chapitre présente le pays ainsi que le contexte de la quatrième Enquête Démographique et de Santé (EDS-IV, 2005). Ses objectifs et sa méthodologie y sont également abordés. 1.1 PRÉSENTATION DU PAYS 1.1.1 Géographie Pays Soudano-Sahélien situé à l’extrême Ouest du continent africain, le Sénégal est limité au Nord par la République de Mauritanie, à l’Est par le Mali, au Sud par la Guinée Bissau et la Guinée et à l’Ouest par l’Océan Atlantique. Il est traversé par la Gambie qui est une enclave de terre située entre les régions sénégalaises de Kaolack et de Ziguinchor, sur le cours inférieur du fleuve du même nom. D’une superficie de 196 722 kilomètres carrés, le Sénégal possède une grande ouverture sur l’océan atlantique avec ses 700 kilomètres de côtes. C’est un pays plat ; l’altitude dépasse rarement 100 mètres et le point culminant, le mont Assiriki situé au sud-est du pays, a une hauteur de 381 mètres. Au plan hydrographique, le pays est traversé d’Est en Ouest par quatre fleuves : le Sénégal, la Gambie, la Casamance et le Saloum et leurs affluents. Ce réseau est complété par quelques cours d’eau temporaires et une contribution significative du lac de Guiers au nord du pays. Au niveau administratif, le territoire compte 11 régions administratives, la dernière née étant celle de Matam (créée en 2002). Les régions sont subdivisées en départements (au nombre de 34). On dénombre 66 communes (assimilées au milieu urbain), 94 arrondissements et 320 communautés rurales. 1.1.2 Économie Le Sénégal est un pays sahélien à prédominance rurale et disposant de ressources naturelles limitées. Il est classé parmi les Pays les Moins Avancés (PMA) et éligible à l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). Le phénomène de la pauvreté est apparu et s’est amplifié dans les années 90 avec une détérioration continue des conditions de vie des ménages malgré un taux de croissance économique qui tournait autour de 4,3 % dans la période 1995-2003. Cette croissance était essentiellement générée par le secteur tertiaire (51,1 %), le secteur secondaire (20,2 %) et le secteur primaire (17,1 %). Bien que le niveau de vie des Sénégalais se soit amélioré entre 1994 (année de la dévaluation) et 2002, la pauvreté reste assez répandue. En effet, les indicateurs de pauvreté harmonisés, calculés à partir des données de l’Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (ESAM I, 1994/1995 et ESAM II, 2001/2002), confirment la tendance à la baisse de la pauvreté dans cette période. Selon ces deux sources, près de 49 % des ménages vivaient encore en dessous du seuil de pauvreté en 2001/2002 contre plus de 61 % en 1994/1995. Toutefois, la contribution des ménages ruraux à la pauvreté (c’est-à-dire le poids des ménages ruraux pauvres par rapport à l’ensemble des ménages pauvres) a augmenté, passant de moins de 62 % à 65 %. Les performances enregistrées sur le plan macroéconomique au cours des dernières années (avec un taux de croissance de 6,3 % en 2004) n’ont pas été suffisantes pour créer les conditions d’un développement durable soutenu. 2 | Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête 1.1.3 Population Le Sénégal a réalisé trois recensements (RGP de 1976, RGPH de 1988 et RGPH de 2002) et plusieurs enquêtes d’envergure nationale : Enquête Sénégalaise sur la Fécondité de 1978, Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (1994/1995 et 2001/2002), Enquête sur les Migrations et l’Urbanisation au Sénégal en 1993, et trois Enquêtes Démographiques et de Santé (1986, 1992/1993 et 1997). Ces différentes investigations ont permis d’obtenir des indicateurs démographiques de base à différentes dates. Estimée à 6 896 000 habitants en 1988, la population est passée à 8,6 millions en 1996, puis à 10 564 300 en 2004. La densité moyenne est de 43 habitants au kilomètre carré. Cependant, cette population est inégalement répartie entre les 11 régions administratives du pays. La région la moins étendue, celle de Dakar, occupe 0,3 % de la superficie du territoire national et abrite près de 23 % de la population totale et 75 % de la population urbaine. La région la plus étendue, Tambacounda, abrite environ 6 % seulement de la population. La croissance démographique demeure encore élevée (2,4 %). Le rythme d’accroissement rapide de la population est principalement dû à la forte fécondité (ISF de 6,7 en 1997) malgré une mortalité en baisse sensible mais toujours élevée. La population du Sénégal est extrêmement jeune : plus de 50 % ont moins de 20 ans. Le taux d’alphabétisation est fortement corrélé au degré d’urbanisation. Pour une moyenne nationale de 65 % d’analphabètes, le taux d’analphabétisme le plus faible est observé à Dakar (35 %) ; Ziguinchor suit avec 43 %. Dans les autres régions, en dehors de Saint-Louis et Thiès, l’analphabétisme se situe à plus de 75 %. Bien que le Sénégal compte plus de 20 ethnies, plus de 90 % de la population appartiennent à cinq groupes ethniques dominants : Wolof (43 %), Poular (24 %), Sérer (15 %), Diola (5 %) et Mandingue (4 %). La population du Sénégal est essentiellement musulmane (94 % de musulmans). On y trouve aussi des chrétiens (4 %). L’animisme et les autres religions représentent 2 % de la population. 1.1.4 Politique en matière de santé et situation sanitaire La nouvelle constitution de Janvier 2001, en son article 17, a réaffirmé et renforcé la responsabilité de l’Etat et des Collectivités locales pour l’accès à la santé et au bien-être des populations. Le décret de novembre 2002 relatif aux attributions du Ministère chargé de la Santé met un accent particulier sur le développement des actions de prévention. Les activités de santé sont toujours orientées vers la réalisation des objectifs prioritaires du Plan National de Développement Sanitaire (PNDS, 1998- 2007), notamment la réduction de la mortalité maternelle et de la mortalité infanto juvénile, la maîtrise de la fécondité et l’accès accru aux services de base pour les plus démunis. Le budget du Ministère de la santé qui représente 6 % du budget de l’Etat est en hausse régulière depuis 1990 avec une augmentation de 0,5 point par an en vue d’atteindre la recommandation de l'OMS selon laquelle 9 % du budget national doit être allouée à la santé. Les dépenses publiques de santé représentent 2,6 % du PIB, soit 12 dollars US par an et par habitant (rapport PNUD 2000). Le système public de santé est financé par quatre différentes sources : le budget de l’Etat, les collectivités locales, la contribution financière directe des utilisateurs (comités de santé) et l’aide extérieure. Les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile sont encore à un niveau très élevé. Sur 1000 naissances vivantes, 143 meurent avant l’âge de cinq ans. La mortalité maternelle est toujours estimée à 510 pour 100 000 naissances vivantes. Le paludisme constitue la première cause de morbidité avec 40 % des cas notifiés en 2001 dans les formations sanitaires en particulier chez les femmes enceintes et les Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête | 3 enfants de 0 à 5 ans. L’infection VIH/sida a progressé malgré sa faible prévalence. Le niveau de prévalence au sein de la population générale adulte de 15 à 49 ans (considérée comme sexuellement active) est estimé à 1 % malgré la forte prévalence dans les groupes à risques (5 à 25 %). La situation vaccinale qui a connu un regain d’activités à partir de 2001 est marquée par une amélioration des taux de couverture dans certaines régions, notamment les régions de Tambacounda, Kaolack et Kolda. Pour les consultations prénatales, on note que pour 82 % des naissances, les mères ont bénéficié de la première visite ; dans 64 % des cas, elles ont eu au moins trois consultations prénatales (Enquête Sénéglaise sur les Indicateurs de Santé, 1999). Environ 50 % des accouchements ont lieu dans un établissement sanitaire. En 2001, le Sénégal comptait, en moyenne, un hôpital pour 444 400 habitants. Cette couverture n'a pas évolué de manière significative au cours des dernières années malgré l'accroissement de la population. Il existe au moins un centre de santé dans chaque département du Sénégal. 1.2 OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE L’Enquête Démographique et de Santé du Sénégal de 2005 (EDS-IV) est la quatrième du genre après celles de 1986, 1992/93 et 1997. L’EDS-IV a été réalisée par le Centre de Recherche pour le Développement Humain (CRDH) avec l’assistance technique de Macro International, l’organisme américain en charge du programme international des EDS (Demograhic and Health Surveys-DHS). Le Laboratoire Bactériologie Virologie du CHU Le Dantec de Dakar a apporté son appui dans la mise en oeuvre du volet portant sur le test du VIH (formation des agents, prélèvements et analyses des échantillons de sang). Pour la mise en œuvre de l’enquête, le Ministère de la Santé et de la Prévention Médicale du Sénégal, commanditaire de la recherche, a mis en place un comité de pilotage chargé de suivre et d’appuyer l’équipe technique de l’EDS-IV. Le Gouvernement du Sénégal a bénéficié de l’appui financier de la Banque Mondiale, de l’USAID, de l’UNICEF et de l’UNFPA. 1.2.1 Objectifs L’EDS-IV a été effectuée auprès d'un échantillon de femmes en âge de procréation de 15 à 49 ans et d’hommes de 15 à 59 ans. Elle a pour objectifs de : • recueillir des données au niveau régional qui permettront de calculer les taux démographiques, et en particulier les taux de fécondité, de mortalité générale et infantile ; • analyser les facteurs directs et indirects qui déterminent les niveaux et les tendances de la fécondité ; • mesurer les taux de connaissance et de pratique en matière de contraception par méthode selon la région ; • évaluer les besoins non satisfaits en matière de contraception ; • recueillir des informations sur la connaissance et les comportements en matière d’IST/VIH/sida ; • recueillir des informations sur la pratique de l’excision ; • recueillir des informations sur la santé familiale : vaccinations, prévalence et traitement de la diarrhée et d'autres maladies d'enfants de moins de cinq ans, consultations prénatales, 4 | Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête assistance pendant l'accouchement, allaitement maternel et consultations post-natales, prévention du paludisme ; • collecter des informations sur la mortalité maternelle au niveau national ; • recueillir des informations sur la disponibilité et l’accessibilité des services communautaires ; • collecter des informations sur la nutrition (anthropométrie, alimentation), et l’anémie (test du sang) ; • recueillir des informations sur la prévalence du VIH dans la population générale à partir des prélèvements de sang séché. 1.2.2 Questionnaires Les questionnaires préparés par le projet DHS+ sont les instruments de base de l'EDS-IV. Trois questionnaires ont été développés dans le cadre de cette enquête : • un questionnaire ménage ; • un questionnaire individuel pour les femmes de 15-49 ans ; et • un questionnaire individuel pour les hommes de 15-59 ans. Les premiers changements ont été déjà apportés aux questionnaires de base à la lumière des expériences passées du Sénégal en matière d’enquête et des premiers besoins en informations exprimés par les partenaires. En plus des sections habituelles, les questionnaires comprendront aussi les modules suivants : • un module sur le paludisme (questionnaires ménage et femme) ; • un module sur l’excision ; • un module sur le VIH/sida de façon à obtenir les informations nécessaires au calcul des indicateurs de suivi évaluation adaptés aux besoins du CNLS conformément aux recommandations de l’ONUSIDA (questionnaires femme et homme) ; • enfin, un module sur la mortalité maternelle. Les contenus spécifiques de ces différents questionnaires sont les suivants : Le questionnaire ménage La page de couverture contient les informations relatives à l’identification du ménage, aux résultats de l’interview qui permettent de calculer le taux de couverture de l’enquête et aux contrôles de terrain et de bureau. Ce questionnaire a permis de collecter des informations sur les membres habituels du ménage et les visiteurs qui y ont passé la nuit précédant l’interview. Les informations recueillies portent sur le sexe, l’âge, le niveau d’instruction, la survie des parents, la déclaration des enfants à l’état civil, la prise en charge des jeunes enfants au niveau préscolaire et les cases des tout petits et le travail des enfants. Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête | 5 Par ailleurs, d’autres informations portant sur les caractéristiques du logement (approvisionnement en eau, type de toilettes, matériau de construction, disponibilité de l’électricité, possession de biens durables, etc.), la possession, l’utilisation et le traitement des moustiquaires, ainsi que l’utilisation du sel iodé dans la préparation des repas, ont été également collectées. Des questions relatives à l’accès à la propriété foncière et à la sécurité résidentielle ont également été posées dans la région de Dakar. Ces informations sont recueillies afin d'évaluer les conditions environnementales et socio- économiques dans lesquelles vivent les personnes enquêtées. En outre, le questionnaire ménage a permis d’identifier les hommes et les femmes éligibles pour l’interview individuelle. De plus, dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête auprès des hommes (soit un ménage sur trois), le questionnaire ménage permet de recueillir les résultats des mesures anthropométriques de toutes les femmes de 15-49 ans et de tous les enfants de moins de 5 ans des ménages enquêtés de façon à déterminer leur état nutritionnel (émaciation, insuffisance pondérale et retard de croissance pour les enfants, et Indice de Masse Corporelle pour les femmes). Le questionnaire ménage a, enfin, servi à enregistrer certaines informations sur les tests du VIH et de l’hémoglobine (anémie) qui ont été inclus dans l’enquête. Les tests sont effectués dans le sous- échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête auprès des hommes. À partir d’un prélèvement sanguin, on mesure par un test direct, le niveau d’hémoglobine de toutes les femmes de 15-49 ans, de tous les hommes de 15-59 ans et de tous les enfants de moins de 5 ans. Ce même prélèvement a servi pour le test du VIH/sida sur toutes les femmes de 15-49 ans et tous les hommes de 15-59 ans. Il est important de noter que les tests du VIH/sida et de l’hémoglobine sont opérés sur les enquêtés qui acceptent de s’y soumettre volontairement, après lecture d’un consentement éclairé. Pour les mineurs de moins de 18 ans, le consentement est demandé aux parents ou personnes en charge des mineurs, avant de demander le consentement personnel du mineur. Le questionnaire individuel femme Il constitue l’élément central de l’EDS-IV. Il comprend une page de couverture similaire à celle du questionnaire ménage sur laquelle sont enregistrées les informations d’identification du ménage, le résultat de l’interview qui permet de calculer le taux de couverture de l’enquête et les contrôles de terrain et de bureau ainsi que dix sections qui servent à recueillir des informations sur les thèmes suivants : • Caractéristiques sociodémographiques : cette section porte sur le lieu de résidence, l’âge et la date de naissance, la scolarisation, l’alphabétisation, la nationalité, la religion, l’ethnie et l’exposition aux médias. • Reproduction : cette deuxième section permet de collecter des informations sur les naissances vivantes que la femme a eues durant sa vie, ainsi que sur leur état de survie au moment de l’enquête, sur l’état de grossesse au moment de l’enquête, et sur la connaissance de la période féconde dans le cycle menstruel. • Connaissance et utilisation de la contraception : cette section permet de recueillir des informations sur la connaissance et l’utilisation antérieure et actuelle des différentes méthodes contraceptives, ainsi que sur la source d’approvisionnement. Elle porte également sur le lieu et la date de la stérilisation féminine, ainsi que sur les raisons de la non utilisation d’une méthode. De plus, quelques questions sur la connaissance et l’utilisation de l’allaitement comme moyen de retarder une grossesse ont été posées aux femmes. 6 | Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête • Grossesse et allaitement, vaccination et santé des enfants : cette section porte sur les naissances des cinq années ayant précédé l’enquête. Elle est composée de deux parties. La première permet d’obtenir des informations sur la période de la grossesse, les soins prénatals incluant la vaccination antitétanique, le lieu d’accouchement et la qualification de la personne ayant assisté la femme, les soins postnatals, le retour des règles et la reprise des rapports sexuels après la naissance de l’enfant. Concernant l’allaitement, les questions portent sur sa fréquence et sa durée, sur le type d’allaitement (maternel ou artificiel), ainsi que sur l’utilisation des différents compléments nutritionnels. La deuxième partie porte sur les vaccinations incluses dans le Programme Élargi de Vaccinations (PEV) et la santé des enfants de moins de cinq ans, plus particulièrement sur la prévalence et le traitement de la fièvre, de la toux et de la diarrhée. • Mariage et activité sexuelle : cette section porte sur l’état matrimonial de la femme, la cohabitation avec le conjoint, le type de mariage (monogamie ou polygamie), l’âge au premier mariage et l’âge aux premiers rapports sexuels ainsi que sur l’activité sexuelle. • Préférences en matière de fécondité : cette section recueille des informations sur le désir d’enfants supplémentaires, l’intervalle souhaité entre les naissances et l’opinion concernant la taille de la famille. Elle donne également des informations sur les interruptions de grossesses. • Caractéristiques du conjoint et travail de la femme : les questions qui ont été posées permettent de connaître les caractéristiques socioprofessionnelles du conjoint des femmes en union et l’activité professionnelle de celles-ci. • IST et sida : cette section vise à obtenir des informations sur la connaissance et la prévalence des infections sexuellement transmissibles, sur les modes de transmission et les moyens de prévention du sida. • Excision : on collecte ici des informations sur la fréquence de la pratique de l’excision parmi les femmes enquêtées et leurs filles aînées, ainsi que sur l’attitude vis-à-vis de cette pratique. • Mortalité maternelle : dans cette section, on enregistre des informations sur l’âge et l’état de survie des frères et sœurs de l’enquêtée. Pour les sœurs décédées à l’âge de 12 ans ou plus, des questions supplémentaires permettent de déterminer si le décès est en rapport avec la maternité. Des questions supplémentaires sur le nombre d’enfants de la sœur (décédée ou non) ainsi que sur leur état de survie sont aussi posées. Le questionnaire individuel homme Le questionnaire homme administré aux hommes de 15-59 ans est une forme allégée du questionnaire individuel femme. Il comprend une page de couverture similaire à celle du questionnaire femme et sept sections servant à recueillir des informations sur les thèmes suivants : • Caractéristiques sociodémographiques ; • Fécondité ; • Contraception ; • Mariage et activité sexuelle ; • Préférences en matière de fécondité ; • VIH/sida et autres infections sexuellement transmissibles ; • Connaissance et opinions sur l’excision. Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête | 7 Les questionnaires définitifs ont été traduits dans les quatre principales langues nationales (Wolof, Sérer, Poular et Mandingue). Ces questionnaires traduits ont été utilisés pendant la formation théorique et pratique et sur le terrain. 1.2.3 Les manuels et autres documents techniques En plus des questionnaires, d’autres documents techniques ont été élaborés. Il s’agit en particulier : • du manuel des enquêteurs/enquêtrices ; • du manuel des chefs d’équipe/contrôleuses ; • des fiches d’affectation des enquêteurs/contrôleuses ; • du manuel pour l’anthropométrie ; • du manuel de cartographie et de dénombrement des ménages ; • du manuel du test d’anémie et du test du VIH ; • des fiches de contrôle et de gestion pour le test du VIH. 1.2.4 Échantillonnage Pour atteindre les objectifs assignés à cette enquête, un échantillon national stratifié de 8 000 ménages a été tiré ; il était attendu d’enquêter environ 12 000 femmes de 15-49 ans et 3 400 hommes de 15-59 ans dans ces ménages. Des prélèvements de sang ont été effectués auprès d’un tiers de l’échantillon global, soit environ 2 600 ménages, auprès de 3 400 hommes et 4 000 femmes. La procédure d’échantillonnage retenue pour l’EDS-IV est un tirage aréolaire stratifié à deux degrés. L’unité primaire de sondage, appelée aussi grappe, est le district de recensement (DR) ou une partie du DR lorsque ce dernier est de très grande taille. La partie urbaine et la partie rurale de chaque région correspondent chacune à une strate d’échantillonnage. Au total, 22 strates ont été crées. L'échantillon de premier degré a été tiré indépendamment dans chaque strate et l’échantillon de second degré l’a été indépendamment dans chaque unité primaire tirée au premier degré. Le plan de sondage détaillé est présenté en annexe. Au premier degré de sondage, 377 grappes (158 grappes en milieu urbain et 219 grappes en milieu rural) ont été sélectionnées en procédant à un tirage systématique avec probabilité proportionnelle à la taille ; la taille du DR étant le nombre de ménages. Un dénombrement des ménages dans chacune de ces grappes a fourni la liste de ménages à partir de laquelle a été tiré au second degré un échantillon de ménages avec un tirage systématique à probabilité égale. Au second degré de sondage, 21 ménages ont été sélectionnés dans chaque grappe à partir de la liste des ménages dénombrés. Toutes les femmes de 15 à 49 ans, résidentes habituelles ou visiteuses, identifiées dans ces ménages ont été individuellement enquêtées. Dans les ménages sélectionnés pour l’enquête des femmes, un ménage sur trois a été sélectionné pour l’enquête des hommes, c’est-à-dire 7 ménages dans chacune des grappes. Tous les hommes âgés de 15 à 59 ans dans les ménages sélectionnés pour l’enquête homme ont été interrogés. Les tests d’anémie et de VIH avec prélèvement de sang ainsi que les mesures anthropométriques ont été effectués dans ce même sous échantillon. Au cours de l’EDS-IV, 7 412 ménages, 14 602 femmes âgées de 15-49 ans et 3 761 hommes de 15-59 ans ont été enquêtés avec succès. Les taux de couverture détaillés sont indiqués dans le tableau 1.1. 8 | Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête Tableau 1.1 Résultats de l’enquête ménage et de l’enquête individuelle Nombre de ménages, nombre d’interviews et taux de réponse, selon le milieu de résidence, EDS-IV Sénégal 2005 Milieu de résidence Résultat Urbain Rural Ensemble FEMMES Enquête ménages Ménages sélectionnés 3 320 4 539 7 859 Ménages identifiés 3 205 4 323 7 528 Ménages enquêtés 3 115 4 297 7 412 Taux de réponse des ménages 97,2 99,4 98,5 Enquête individuelle femme Effectif de femmes éligibles 6 748 8 839 15 587 Effectif de femmes éligibles enquêtées 6 312 8 290 14 602 Taux de réponse des femmes éligibles 93,5 93,8 93,7 HOMMES Enquête ménages Ménages sélectionnés 1 105 1 509 2 614 Ménages identifiés 1 058 1 441 2 499 Ménages enquêtés 1 021 1 432 2 453 Taux de réponse des ménages 96,5 99,4 98,2 Enquête individuelle homme Effectif d’hommes éligibles 2 160 2 215 4 375 Effectif d’hommes éligibles enquêtées 1 847 1914 3 761 Taux de réponse des hommes éligibles 85,5 86,4 86,0 1.2.5 Activités de l’EDS-IV L’EDS-IV s’est déroulée en trois étapes principales : le dénombrement des ménages des zones échantillonnées (septembre 2004), l’enquête pilote (novembre 2004) et l’enquête principale (février à juin 2005). Pour chacune de ces étapes, une formation a été dispensée aux personnes recrutées par les chercheurs du CRDH et des chercheurs extérieurs. Cartographie et dénombrement Sur environ 150 dossiers d’agents cartographes, 25 ont été présélectionnés après un test d’évaluation, pour suivre une formation étalée sur la période du 16 au 18 septembre 2004. La formation en salle a consisté en des exposés théoriques sur la définition des concepts de base, sur la procédure et la méthodologie de cartographie ainsi que sur le remplissage des supports techniques (fiches de cartographie et de dénombrement, fiche de segmentation et d’enregistrement des coordonnées géographiques avec un GPS). Des exercices pratiques de terrain et des évaluations continues étaient organisés pour apprécier le niveau de chaque agent. Sur la base des différentes évaluations organisées pendant la formation, 20 agents ont été définitivement retenus pour l’enquête. Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête | 9 Sur le plan technique, 5 équipes de 4 personnes ont été formées et le territoire national a été subdivisé en 6 zones géographiques qui épousent les spécificités régionales, linguistiques et en général culturelles de la population et dans lesquelles les grappes sont à peu près également réparties à l’exception de la zone de Dakar. Les 5 équipes ont cartographié et dénombré ensemble les grappes de la zone de Dakar et ensuite chacune d’elles a été affectée dans une zone. Enquête pilote Le pré-test a été exécuté par quatre équipes de 3 enquêtrices et un enquêteur préalablement sélectionnés et formés pendant 19 jours dans la période du 26 octobre au 19 novembre 2004. La formation a été assurée par les chercheurs du CRDH et des chercheurs extérieurs dont un nutritionniste. L’équipe du Laboratoire de Bactériologie Virologie du CHU de l’Hôpital Le Dantec a assuré la formation sur le volet anémie/VIH. Le pré-test a également bénéficié de l’appui technique de ORC Macro. La collecte des données sur le terrain du pré test s’est déroulée entre 21 et 25 novembre et a eu lieu dans le quartier de Guinaw Rail Sud du Département de Pikine et le village de Niaga Ouolof de la Communauté rurale de Sangalkam. À cette occasion 41 ménages ont été visités. Le pré-test a été l’occasion d’apprécier la réaction des populations devant certaines questions en vue de prendre des mesures correctives, notamment dans la sensibilisation sur les objectifs de l’enquête et la formulation des questions. L’évaluation du pré-test a porté sur divers points : l’organisation, la logistique, la conduite des mesures anthropométriques, le test anémie/VIH, la passation des questions (manière de poser les questions, surtout dans les langues locales), la réaction des enquêtés, l’enregistrement des réponses et l’appréciation de la qualité des supports. Les questionnaires et les manuels d’instructions des enquêteurs ont été mis à jour à la lumière des leçons tirées de la pré-enquête. Recrutement et formation des personnels de terrain Sur un fichier d’environ 400 candidats ayant subi des tests de niveau, 96 personnes dont 25 hommes ont été retenus pour suivre la formation de l’enquête principale qui s’est déroulée entre le 23 décembre 2004 et le 28 janvier 2005 au Service National de l’Information et de l’Éducation pour la Santé. La formation a été assurée par l’équipe du CRDH et des personnes ressources extérieures. Le Laboratoire de Bactériologie Virologie de l’Hôpital Le Dantec a assuré la formation sur le volet sérologique tandis qu’un nutritionniste a formé les agents sur les techniques de mesures anthropométriques. Deux missions de Macro ont appuyé l’équipe locale dans la formation et le démarrage des travaux de terrain et de traitement des données. Tous les agents de terrain ont reçu une formation de plus de quatre semaines. Le programme comprenait l’étude des sujets liés à la santé familiale et reproductive (morbidité, soins prénatals, accouchement, vaccinations et maladies d’enfants), la nutrition et une description détaillée des méthodes contraceptives, ainsi que les techniques de l’interview. En outre, une partie des agents de terrain ont été formés pour réaliser le test d’anémie ainsi que les prélèvements de sang pour le test du VIH. Une formation spéciale a été organisée pour les personnes qui étaient en charge du test d’anémie et de celui du VIH. Cette formation a été organisée de façon à ce que les tests puissent être inclus aux exercices pratiques sur le terrain. Dans cette formation, on a insisté sur les procédures à employer pour obtenir des enquêtés leur consentement éclairé et volontaire, sur les techniques à utiliser pour effectuer les prélèvements, sur l’utilisation de l’HemoCue (appareil de mesure du taux d’hémoglobine) pour l’anémie ; 10 | Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête en outre, cette formation a porté sur les procédures pour référer les participants ayant besoin d’un suivi pour l’anémie et pour référer les personnes pour des conseils et un test VIH gratuits (CTV) ainsi que sur les procédures pour manipuler et stocker les prélèvements sur papier filtre jusqu’à leur transport au laboratoire et les procédures pour éliminer les produits bio dangereux. Tout le personnel du bureau central de l’EDS-IV et celui du Laboratoire qui ont été impliqués dans les activités de test du VIH, ainsi que le personnel de terrain ont participé à cet aspect de la formation. Le personnel du Laboratoire a été également formé sur la façon d’enregistrer les résultats des tests et sur la façon de restituer les résultats quand toutes les activités d’enquête seront achevées. Une demi-journée de formation a été consacrée à l’information de tous les personnels de l’EDS- IV (qu’ils soient impliqués ou non dans le test du VIH) sur l’épidémie de sida et les moyens de prévention ainsi que sur les raisons pour lesquelles le test du VIH est inclus dans l’enquête. Les questions de stigmatisation, de conceptions erronées et les questions de confidentialité ont été abordées au cours de cette formation. À l’issue de la formation, 75 personnes (45 enquêtrices, 15 contrôleuses et 15 chefs d’équipe) ont été définitivement retenues pour participer à l’enquête. Les superviseurs, chefs d’équipe et contrôleuses ont reçu par la suite une formation complémentaire de trois jours axée sur le contrôle technique, l’organisation et la logistique ainsi que le contact avec les autorités et les populations. Préparation de la collecte des données sur le terrain Organisation des personnels Quinze équipes ont été constituées pour le travail de terrain ; chaque équipe était composée de 3 enquêtrices chargées des enquêtes femmes, une contrôleuse pour les tests de l’anémie et du VIH et un chef d’équipe pour les enquêtes hommes et l’anthropométrie. La contrôleuse était chargée en outre de contrôler la qualité des données et d’appuyer le Chef d’équipe dans la gestion logistique et technique de l’équipe. Le chef d’équipe était responsable des performances de ses équipes ; il gérait les ressources de l’équipe et prenait les contacts nécessaires auprès des autorités et des populations. Chaque groupe était dirigé par un superviseur ayant une grande expérience en matière d’enquête dans des positions similaires. Le superviseur était le représentant permanent du CRDH sur le terrain. Il avait la charge de faire face à toutes les questions (techniques, logistiques et administratives) de ses équipes. En particulier, il passait successivement avec chaque équipe le temps nécessaire pour s’assurer que le travail se déroulait dans les meilleures conditions. En outre, à chaque fois que cela était nécessaire , il devançait les équipes dans les grappes pour préparer les autorités et les populations à les recevoir. Des transferts d’équipes d’une zone à une autre pouvaient être opérés à tout moment compte tenu de l’avancement du travail. Sensibilisation et information Les méthodes traditionnelles d’information et de sensibilisation ont été mises en œuvre pour atteindre les autorités et les populations : lettres circulaires aux autorités régionales et élus locaux. Auparavant, les agents de terrain qui ont effectué le dénombrement des ménages et la cartographie avaient déjà profité de leur présence sur le terrain pour entamer cette activité. Des visites ont été effectuées dès décembre 2004 par des membres de l’encadrement pour prendre contact avec les autorités administratives et certaines personnes relais. Des présentations de l’enquête ont été faites aux autorités régionales et départementales à l’occasion des ces visites qui ont quelques fois coïncidé avec des réunions des Comités Locaux de Développement (CLD). Une brève note de présentation de la méthodologie et des objectifs de l’enquête était également distribuée. Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête | 11 Les média ont également été mobilisés. À cet égard, une conférence de presse présidée par le Ministère de la Santé et de la Prévention Médicale a été organisée le 31 janvier 2005 à la veille du démarrage de la collecte des données. La Radio Télévision nationale, les Radios privées et la presse écrite ont largement fait écho de cette rencontre. Une équipe de reportage a également suivi les équipes sur le terrain pour prendre des images des différentes séquences de l’enquête et interviewer des ménages, des partenaires au développement, des utilisateurs et des autorités et responsables administratifs et locaux. Ces différents éléments ont permis de faire plusieurs reportages à la télévision nationale pour informer et sensibiliser les populations. Un dossier administratif comprenant l’ensemble des correspondances adressées par Monsieur le Ministre de la Santé et de la Prévention Médicale aux autorités régionales et élus locaux, une carte professionnelle et un ordre de mission a été constitué pour chaque agent. Collecte des données sur le terrain La collecte des données sur le terrain s’est effectuée entre le 1er février et le 10 juin 2005. Pour permettre aux équipes de bénéficier d’une supervision rapprochée des membres de l’encadrement pendant l’étape cruciale du démarrage de la collecte, il a été décidé de faire travailler toutes les équipes en même temps à Dakar. Cette approche a permis en outre d’alimenter plus facilement et plus rapidement les opératrices de saisie en questionnaires remplis. Conformément à la méthodologie de l’enquête, les prélèvements de sang pour les tests d’anémie et du VIH étaient menés en même temps que les interviews auprès des ménages. Les résultats des tests d’anémie étaient immédiatement communiqués aux intéressés par les personnels d’enquête. Les échantillons de sang étaient récupérés à l’occasion des missions de supervision et transmis au Laboratoire de Bactériologie Virologie du CHU de l’Hôpital Le Dantec. Après l’administration des questionnaires dans un ménage, des dépliants d’information sur l’anémie et la nutrition (fournis par Macro international) et sur la santé de l’enfant (BASICS-II) ont été distribués au ménage. Une première évaluation des travaux de terrain, doublée d’une séance de consolidation de la formation a eu lieu après une semaine de travail dans la région de Dakar. Les équipes ont été par la suite affectées dans les différentes régions de l’intérieur du pays. Le personnel technique de l’enquête, y compris les personnels spécialisés (anémie/VIH et anthropométrie) suivaient les équipes sur le terrain pour s’assurer du bon déroulement des travaux. En particulier, ils observaient la manière des enquêteurs de s’introduire dans les ménages, de présenter l’enquête, d’administrer les questionnaires y compris le consentement volontaire et éclairé et ils vérifiaient les questionnaires remplis. Les membres du Comité National d’Éthique ainsi que des partenaires au développement ont été associés à ces visites de terrain. 1.2.6 Saisie et traitement des données La saisie et le traitement des données ont été effectués en utilisant le logiciel CS Pro (Census and Survey Processing System) développé par le programme MEASURE DHS+ de Macro et le Bureau of Census des Etats Unis. Macro a envoyé un informaticien pour la formation et le démarrage des travaux de saisie en collaboration avec l’informaticien responsable du traitement des données du CRDH et son assistant. L’informaticien de Macro a également procédé à l’installation des programmes informatiques nécessaires 12 | Présentation du Pays, Objectifs et Méthodologie de l’Enquête pour la saisie des résultats d’analyse au LBV. La chaîne de traitement des informations sur les échantillons de sang a été testée avec succès. Vingt opératrices de saisie ont été présélectionnées pour les travaux de saisie. Ces vingt personnes ont été soumises à un test de sélection (31 janvier 2005) à l’issue duquel 14 ont été retenues. Elles ont subi une formation de mise à niveau de trois jours (3, 4 et 5 février 2005) pour se familiariser avec les questionnaires de l’EDS-IV. Les travaux de saisie proprement dits ont démarré le 9 février 2005, soit une semaine après le démarrage de l'enquête sur le terrain. Quatre agents de bureau étaient chargés de la vérification des questionnaires venus du terrain avant de les transmettre à la saisie. Près de 60 % des questionnaires ont fait l'objet d'une double saisie pour éliminer du fichier le maximum d'erreurs de saisie. Par ailleurs, un programme de contrôle de qualité permettait de détecter pour chaque équipe et même, dans certains cas, pour chaque enquêtrice/enquêteur, certaines des principales erreurs de collecte. Ces informations étaient immédiatement répercutées aux équipes de terrain lors des missions de supervision, afin d'améliorer la qualité des données. À la suite de la saisie, les données ont été éditées en vue de vérifier la cohérence interne des réponses. La vérification finale a été réalisée par une équipe d’informaticiens de Macro en collaboration avec l’équipe technique de l’enquête. Caractéristiques des Ménnges | 13 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES 2 Aliou Gaye Ce chapitre porte sur les caractéristiques sociodémographiques de la population des ménages (structure par âge et sexe, taux de fréquentation scolaire, niveau d’instruction scolaire) et sur les caractéristiques des logements ainsi que sur les biens durables possédés par les ménages. L’objectif de ce chapitre est de présenter un profil des ménages et certaines caractéristiques de l’environnement socioéconomique immédiat des hommes, des femmes et des enfants ciblés par l’enquête. Une telle description est essentielle dans la mesure où ces caractéristiques socioéconomiques et environnementales sont des déterminants de l’état de santé de la population. 2.1 STRUCTURE PAR ÂGE ET PAR SEXE DE LA POPULATION Dans les 7 412 ménages enquêtés avec succès (taux de réponse de 99 %), 63 494 personnes résidentes de fait ont été dénombrées, c’est-à-dire que ces personnes ont passé la nuit ayant précédé l’enquête dans le ménage sélectionné même si celui-ci n’est pas leur résidence habituelle. En premier lieu, on peut constater au tableau 2.1 un déséquilibre de la structure par sexe. En effet, le rapport de masculinité qui est de 90 hommes pour 100 femmes indique une sous représentation des hommes par rapport aux femmes. Ce rapport de masculinité qui était de 91 hommes pour 100 femmes à l’EDS de 1992-1993 est passé à 89 à l’EDS-III de 1997 et à 90 à l’enquête actuelle. Cette sous représentation des hommes par rapport aux femmes est sans nul doute la résultante de phénomènes migratoires qui touche essentiellement les hommes. Tableau 2.1 Population des ménages par âge et sexe et résidence Répartition (en %) de la population (de fait) des ménages par groupe d'âges quinquennal, selon le milieu de résidence et le sexe, EDS-IV Sénégal 2005 Urbain Rural Ensemble Groupe d'âges Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble <5 ans 14,7 12,6 13,6 20,6 17,4 18,9 17,9 15,3 16,5 5-9 12,2 11,7 11,9 18,5 15,7 17,0 15,6 14,0 14,8 10-14 12,5 12,4 12,4 15,1 12,9 14,0 13,9 12,7 13,3 15-19 12,5 12,4 12,5 9,9 10,0 10,0 11,1 11,1 11,1 20-24 10,1 10,4 10,3 5,9 7,9 7,0 7,8 9,0 8,4 25-29 8,3 8,2 8,2 4,7 6,7 5,8 6,3 7,3 6,9 30-34 6,7 6,9 6,8 4,1 5,5 4,8 5,3 6,1 5,7 35-39 5,2 5,8 5,5 3,4 4,5 4,0 4,2 5,1 4,7 40-44 4,2 4,2 4,2 3,0 3,6 3,3 3,6 3,9 3,7 45-49 3,9 3,6 3,7 3,0 2,8 2,9 3,4 3,2 3,3 50-54 2,8 3,4 3,1 2,6 3,9 3,3 2,7 3,7 3,2 55-59 1,8 2,4 2,1 1,8 2,5 2,2 1,8 2,5 2,2 60-64 1,9 1,9 1,9 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 2,0 65-69 0,9 1,4 1,2 1,6 1,6 1,6 1,3 1,5 1,4 70-74 1,0 1,2 1,1 1,6 1,5 1,6 1,3 1,4 1,4 75-79 0,8 0,7 0,7 1,1 0,7 0,9 0,9 0,7 0,8 80 + 0,5 0,7 0,6 0,9 0,7 0,8 0,8 0,7 0,7 NSP/ND 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 13 483 14 474 27 957 16 507 19 028 35 538 29 990 33 502 63 494 Note : Le total inclut les personnes dont le sexe n’a pas été établi 14 | Caractéristiques des Ménnges En outre, on remarque que le déficit d’hommes est plus prononcé en milieu rural qu’en milieu urbain : rapport de masculinité 87 hommes pour 100 femmes en rural contre 93 en urbain. Cette situation est surtout induite par un exode rural accru, suite aux cycles de sécheresse qu’a connu le pays au cours des dernières décennies. À l’EDS-III de 1997, ce rapport de masculinité était de 88 hommes pour 100 femmes pour le milieu rural contre 91 en urbain. En outre, l’examen de la structure pas âge révèle que la population sénégalaise est jeune : 45 % ont moins de 15 ans et seulement 4 % ont plus de 65 ans. Ces résultats sont concordants avec ceux observés lors des EDS précédentes et au cours de différentes enquêtes réalisées dans les dix dernières années. L’allure de la pyramide des âges (graphique 2.1) qui présente une base élargie qui se rétrécit rapidement au fur et à mesure que l’on avance vers les âges élevés rend compte de la jeunesse de cette population. Cette forme de la pyramide des âges est également caractéristique des populations à forte fécondité et à mortalité élevée. Toutefois, il faut noter que l’on assiste de plus en plus à un vieillissement de la population qui se traduit par une diminution progressive du poids des moins de 15 ans, au cours des dix dernières années : 48 % dans l’EDS de 1997 contre 45 % dans celle 2005. La diminution de la proportion des moins de 15 ans est plus prononcée en milieu urbain (-17,4 points) qu’en milieu rural (-0,9 point), au cours de la période. Par ailleurs, la structure par âge présente peu d’irrégularités au niveau de chaque sexe mis à part le déficit en hommes souligné précédemment. Néanmoins, pour la population féminine, on observe un gonflement des effectifs à 50-54 ans, au détriment du groupe d’âge 45-49 ans. Cela est certainement dû à un transfert d’effectifs du groupe 45-49 ans vers le groupe 50-54 ans. EDS IV 2005 Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population 80 + 75-79 70-74 65-69 60-64 55-59 50-54 45-49 40-44 35-39 30-34 25-29 20-24 15-19 10-14 5-9 <5 Âge 0246810 0 2 4 6 8 10 Hommes Femmes Pourcentage Caractéristiques des Ménnges | 15 2.2 TAILLE ET COMPOSITION DES MÉNAGES 2.2.1 Sexe du chef de ménage Les résultats du tableau 2.2 révèlent que dans l’ensemble, au Sénégal, l’essentiel des ménages sont dirigés par des hommes. En effet, dans 77 % des cas, les ménages ont, à leur tête, un homme ; néanmoins dans près d’un ménage sur quatre (23 %) le chef de ménage est une femme. Cette proportion est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural : 29 % contre 17 %. Au cours de la période 1992-2005, on note une augmentation progressive, tant au niveau national que dans chaque milieu de résidence de la proportion de ménages ayant à leur tête une femme. Au niveau national, on constate qu’entre 1997 et 2005, cette proportion est passée de 18 % à 23 %, soit une augmentation de 28 % et, entre 1992-1993 et 1997, elle était passée de 16 % à 18 %, soit une augmentation de 13 %, moins importante qu’entre les deux enquêtes précédentes. Selon le milieu de résidence, on note, en urbain comme en rural, une augmentation importante de la proportion de ménages dirigés par une femme. En milieu urbain, la proportion est passée de 23 % en 1992-1993 à 26 % en 1997 et à 29 % en 2005 soit une augmentation de 26 % entre la première enquête et la troisième enquête. Cet écart peut être le résultat de l’augmentation de la proportion de femmes vivant seules avec leurs enfants, suite à un divorce ou un veuvage. En milieu rural, on note également que l’augmentation a été importante, la proportion étant passée de 11 % en 1992-93 à 13 % en 1997 et à 17 % en 2005. Cette augmentation importante de la proportion de ménages dirigés par une femme en milieu rural s’explique sûrement, en grande partie, par le phénomène d’émigration masculine qui touche les zones rurales ; de plus ce résultat est cohérent avec le rapport de masculinité qui est de 87 hommes pour 100 femmes en milieu rural. Toutefois, il ne faut pas oublier que cette constatation peut être fortement influencée par la définition du ménage qui se réfère au statut de résidence. Par exemple, un homme polygame est recensé comme étant chef de ménage seulement chez sa première épouse, alors que les autres épouses sont considérées comme chef de ménage dans le cas de résidence séparées, même si le mari dort chez elle de façon tournante. En outre, dans le cas des locataires, le chef de ménage est celui qui est reconnu comme tel sans considération de relation de dépendance. 2.2.2 Taille des ménages Le tableau 2.2 présente également la taille moyenne des ménages. On remarque que les ménages sénégalais sont de grande taille : un ménage compte, en moyenne, 8,7 personnes. À l’EDS-III de 1997, cette moyenne était de 9 personnes. La dispersion autour de la moyenne est assez importante puisque 43 % des ménages compte 9 personnes ou plus. Les ménages ruraux sont composés, en moyenne, de plus Tableau 2.2 Composition des ménages Répartition (en %) des ménages par sexe du chef du ménage et taille du ménage, selon le milieu de résidence, EDS-IV Sénégal 2005 Résidence Caractéristique Urbain Rural Ensemble Sexe du chef de ménage Masculin 70,6 82,8 76,9 Féminin 29,4 17,2 23,1 Ensemble 100,0 100,0 100,0 Effectif des résidents habituels 0 0,2 0,0 0,1 1 11,3 2,1 6,6 2 6,2 2,1 4,1 3 7,3 4,1 5,6 4 7,6 6,0 6,7 5 7,7 8,5 8,1 6 8,5 9,7 9,1 7 7,8 9,8 8,8 8 6,2 9,8 8,0 9+ 37,2 48,0 42,8 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif de ménages 3 590 3 822 7 412 Taille moyenne 7,8 9,5 8,7 Note. : Les calculs ne prennent en compte que les membres qui résident habituellement dans les ménages (population de jure ou de droit). 16 | Caractéristiques des Ménnges de personnes que ceux du milieu urbain : respectivement 9,5 et 7,8 personnes en moyenne. Entre 1997 et 2005, on note une diminution de la taille moyenne des ménages en milieu urbain (8,2 contre 7,8 personnes) alors qu’en milieu rural cet indice est demeuré stable au cours de cette période. Il convient de noter que les ménages de taille supérieure ou égale à 5 personnes sont plus fréquents en milieu rural ; tandis que la tendance inverse se dégage pour les ménages de taille réduite (inférieure ou égale à 4 personnes). 2.3 CONDITION DE VIE DES ENFANTS ET DES ORPHELINS Le tableau 2.3 présente les proportions d’enfants âgés de moins de 15 ans selon la résidence des parents et l’état de survie de leurs parents biologiques selon certaines caractéristiques socio- démographiques. Ces résultats montrent qu’un peu plus d’un enfant de moins de 15 ans sur deux (58 %) vit avec ses deux parents biologiques. Cette situation semble être négativement corrélée avec l’âge de l’enfant. En effet, plus l’enfant avance en âge, plus la proportion vivant avec les deux parents diminue : passant ainsi de 67 % chez les moins de 2 ans à 52 % parmi les 10-14 ans. Dans 24 % des cas, les enfants de moins de 15 ans vivent seulement avec leur mère biologique, que le père soit en vie ou non et, dans 3 % des cas, les enfants vivent seulement avec leur père biologique, que la mère soit en vie ou non. Tableau 2.3 Enfants orphelins et résidence des parents avec les enfants Répartition (en %) de la population d’enfants (de droit) de moins de 15 ans par état de survie des parents et par résidence avec les parents, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Ne vit avec aucun des parents Vivant avec la mère seulement Vivant avec le père seulement Caractéristique sociodémographique Vivant avec ses deux parents Père en vie Père décédé Mère en vie Mère décédée Les deux en vie Père seule- ment en vie Mère seule- ment en vie Les deux parents décédés Manque d'informa- tion sur le père/mère Total Effectif d'enfants derniers nés Groupe d’âges <2 66,9 29,3 1,8 0,4 0,1 0,6 0,2 0,0 0,1 0,8 100,0 4 514 2-4 61,9 24,2 2,2 1,7 0,4 7,3 0,5 0,4 0,3 1,1 100,0 6 036 5-9 57,3 18,4 3,5 3,1 1,0 12,9 0,9 1,2 0,6 1,2 100,0 9 415 10-14 51,5 14,0 6,2 3,5 1,6 14,6 1,2 2,1 1,6 3,7 100,0 8 494 Sexe Masculin 59,2 19,2 3,9 3,0 0,9 9,5 0,7 1,2 0,7 1,7 100,0 14 319 Féminin 56,9 20,9 3,6 1,9 0,9 11,0 0,9 1,0 0,8 2,0 100,0 14 140 Milieu de résidence Urbain 54,8 22,2 4,5 2,6 0,8 9,8 0,8 0,8 0,9 2,7 100,0 10 554 Rural 60,0 18,8 3,3 2,4 1,0 10,5 0,8 1,3 0,6 1,4 100,0 17 905 Région Dakar 58,0 19,2 5,2 2,6 1,1 7,3 0,5 0,6 1,3 4,1 100,0 5 131 Diourbel 49,3 29,1 4,3 1,8 0,5 10,9 1,1 1,0 0,4 1,7 100,0 3 191 Fatick 59,0 16,9 3,8 2,4 0,8 12,1 0,8 1,5 0,8 1,8 100,0 1 791 Kaolack 65,8 13,4 3,7 1,7 0,7 9,7 0,8 1,3 1,5 1,5 100,0 3 648 Kolda 65,0 11,4 3,5 3,8 1,0 11,0 1,1 1,5 0,9 1,1 100,0 2 559 Louga 56,0 28,0 2,8 1,0 0,4 9,8 0,6 0,9 0,2 0,4 100,0 1 969 Matam 51,0 27,0 3,1 3,5 1,3 10,1 0,5 1,3 0,4 1,9 100,0 1 177 Saint-Louis 57,2 20,7 2,6 3,4 1,7 11,0 0,6 1,0 0,1 1,7 100,0 1 941 Tambacounda 68,5 14,8 4,1 1,7 1,6 5,6 0,6 0,9 0,4 1,9 100,0 2 016 Thiès 54,8 23,7 3,2 2,0 0,6 12,3 0,8 1,4 0,4 0,7 100,0 3 923 Ziguinchor 46,3 18,5 2,8 6,2 0,6 20,6 1,3 1,2 0,4 1,9 100,0 1 113 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 67,6 13,2 3,2 2,2 0,9 8,9 0,7 1,3 0,8 1,2 100,0 6 510 Second 60,4 18,1 3,3 2,6 1,0 10,5 0,8 1,1 0,7 1,4 100,0 6 377 Moyen 53,4 22,3 4,3 2,6 0,9 12,6 0,8 1,2 0,4 1,5 100,0 5 880 Quatrième 55,3 22,8 5,2 2,3 0,7 8,7 0,7 0,7 0,9 2,6 100,0 5 217 Le plus riche 50,2 26,6 2,9 2,7 1,0 10,6 0,8 1,1 0,9 3,1 100,0 4 476 Ensemble 58,1 20,0 3,8 2,5 0,9 10,3 0,8 1,1 0,7 1,9 100,0 28 459 Caractéristiques des Ménnges | 17 Ces résultats révèlent également qu’au Sénégal une proportion importante d’enfants de moins de 15 ans (15 %) ne vit avec aucun des deux parents biologiques. On remarque que cette proportion augmente rapidement avec l’âge de l’enfant : passant de 2 % chez les moins de 2 ans à 23 % pour les enfants de 10-14 ans. Ces fortes proportions d’enfants vivant sans leurs parents peuvent s’expliquer par la scolarisation. En effet, étant donné l’insuffisance des écoles de second cycle, il est fréquent que les enfants admis en 6e aillent poursuivre leurs études dans des écoles éloignées de leur domicile familial et soient ainsi confiés à d’autres parents ou amis de la famille. En outre, les résultats font apparaître que la proportion d’orphelins de moins de 15 ans vivant seulement avec leur mère biologique est plus élevée que celle des enfants qui vivent seulement avec leur père biologique, quelle que soit la caractéristique sociodémographique considérée. Selon le milieu de résidence, on observe que la proportion d’enfants de moins de 15 ans vivant avec leurs deux parents biologiques est plus importante en milieu rural (60 %) qu’en milieu urbain (55 %). Il faut noter en fonction des régions que c’est dans que les régions de Tambacounda (69 %), Kaolack (66 %) et Kolda (65 %) que l’on observe les proportions les plus élevées d’enfants de moins de 15 ans vivant avec leurs deux parents. Le niveau le plus faible est observé à Ziguinchor (46,3 %). Quelle que soit la région considérée, on constate que les proportions d’enfants vivant seulement avec leur mère (variant d’un maximum de 31 % dans Louga à 15 % dans Kolda) sont plus élevées que celles des enfants vivant seulement avec leur père ou vivant sans aucun des deux parents. En outre, les résultats du tableau 2.3 semblent mettre en évidence une association négative entre le niveau de bien-être des parents et la proportion d’enfants vivant avec les deux parents biologiques. En effet, la proportion d’enfants vivant avec les deux parents diminue au fur et à mesure que le niveau de bien-être du ménage s’améliore, passant ainsi de 68 % chez ceux du quintile le plus pauvre à 50 % chez ceux du quintile le plus riche. Par contre, la proportion d’enfants vivant seulement avec leur mère biologique, que le père soit en vie ou non, est positivement associée au niveau de bien-être du ménage : elle varie de 16 % chez les plus pauvres à 30 % chez les plus riches. Cependant, en ce qui concerne les proportions d’enfants vivant seulement avec leur père biologique, on ne constate pas de variation significative avec le niveau de bien-être du ménage. 2.4 NIVEAU D’INSTRUCTION ET FRÉQUENTATION SCOLAIRE Au cours de l’enquête ménage, des informations relatives au niveau d’instruction atteint et à la dernière classe achevée à ce niveau ont été collectées pour toutes les personnes âgées de 6 ans et plus recensées dans le ménage. L’instruction de la population et surtout celle des femmes est un élément important pour l’amélioration des conditions de vie des ménages. Entre autres, le niveau d’instruction des membres du ménage influe sur le comportement procréateur, le recours à la contraception moderne, le comportement en matière de santé, la scolarisation des autres membres du ménage, ainsi que sur les habitudes en matière d’hygiène et de nutrition. Malgré les efforts importants consentis par le gouvernement en matière d’éducation, le niveau d’instruction de la population de 6 ans et plus demeure encore faible, surtout chez les femmes. Dans l’ensemble, un homme sur deux (49 %) et près de six femmes sur dix (60 %) n’ont aucune instruction (tableaux 2.4.1 et 2.4.2). On note également que quel que soit le niveau atteint, les hommes sont plus scolarisés que les femmes. Par ailleurs, les proportions d’hommes et de femmes ayant terminé un cycle est très faible : seulement 4 % des hommes et moins de 3 % des femmes ont achevé le niveau primaire, tandis que 31 % des hommes et 28 % des femmes n’ont pas achevé ce cycle. Seulement 3,4 % des hommes et 1,4 % des femmes ont déclaré avoir achevé le cycle secondaire ou atteint le niveau supérieur ; alors que la proportion de ceux qui ont déclaré n’avoir pas terminé le cycle secondaire est de 11 % chez les hommes et 8 % chez les femmes. 18 | Caractéristiques des Ménnges L’examen des résultats selon l’âge met en évidence une nette amélioration du niveau de scolarisation des générations anciennes aux plus récentes. En effet, la proportion des hommes sans niveau d’instruction est passée de 89 % chez ceux âgés de 65 ans et plus à 34 % chez ceux de 10-14 ans. Le pourcentage plus élevé de non instruits chez les garçons de 6-9 ans (52 % contre 34 % chez ceux de 10-14 ans) s’expliquerait par le fait que certains des garçons de 6-9 ans n’ont pas encore intégré le système scolaire. Chez les femmes, les progrès ont été plus rapides au cours de la période récente. En effet, la proportion de celles sans niveau d’instruction est passée de 96 % parmi celles de 65 ans et plus à 36 % à 10-14 ans et à 49 % chez celles de 15-19 ans, soit à un niveau inférieur à celui des garçons du même âge (38 %). Tableau 2.4.1 Niveau d'instruction de la population des hommes Répartition (en %) de la population (de fait) des hommes des ménages, âgés de six ans et plus par niveau d'instruction atteint, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Aucune instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur NSP/ND Total Effectif Groupe d’âges 6-9 51,8 47,1 0,0 0,1 0,0 0,0 1,1 100,0 3 722 10-14 33,9 59,1 3,0 3,3 0,0 0,0 0,7 100,0 4 180 15-19 37,8 32,0 5,3 23,5 0,5 0,2 0,7 100,0 3 319 20-24 43,2 24,1 3,5 21,0 4,7 2,5 1,0 100,0 2 339 25-29 42,7 25,4 6,2 15,9 3,2 5,0 1,7 100,0 1 897 30-34 50,0 15,8 8,0 17,4 1,9 4,9 1,9 100,0 1 581 35-39 54,7 15,7 5,4 14,1 2,7 5,5 1,9 100,0 1 260 40-44 60,1 13,6 3,3 13,5 2,0 4,8 2,8 100,0 1 066 45-49 60,6 12,3 6,7 11,4 2,2 4,6 2,2 100,0 1 017 50-54 61,7 11,9 2,3 15,5 1,4 5,2 1,9 100,0 802 55-59 71,9 6,2 3,7 10,2 0,2 4,0 3,9 100,0 544 60-64 77,1 7,3 3,6 5,4 0,8 2,1 3,8 100,0 596 65+ 88,6 3,9 2,5 2,7 0,2 0,6 1,4 100,0 1 302 NSP/Manquant 56,4 4,9 0,0 0,0 3,4 0,0 35,3 100,0 17 Milieu de résidence Urbain 31,3 34,4 6,3 19,5 2,6 4,0 1,9 100,0 11 152 Rural 65,4 27,5 1,5 4,0 0,2 0,4 1,0 100,0 12 492 Région Dakar 27,9 32,1 8,5 21,0 2,8 5,4 2,3 100,0 6 022 Diourbel 75,1 17,6 0,8 4,0 0,5 0,6 1,3 100,0 2 160 Fatick 54,3 33,6 1,6 8,1 0,5 0,9 1,0 100,0 1 370 Kaolack 63,1 24,2 1,5 8,1 0,7 1,0 1,6 100,0 2 544 Kolda 49,8 39,5 3,3 6,1 0,4 0,4 0,4 100,0 1 953 Louga 69,3 22,1 1,9 4,6 0,5 0,4 1,3 100,0 1 343 Matam 68,2 24,6 2,3 3,5 0,2 0,4 0,8 100,0 811 Saint-Louis 52,9 32,5 2,8 8,5 0,7 1,4 1,3 100,0 1 504 Tambacounda 57,7 32,3 2,0 5,6 0,7 0,3 1,5 100,0 1 570 Thiès 48,5 33,5 1,8 12,3 1,3 1,8 0,9 100,0 3 287 Ziguinchor 24,6 48,3 5,6 16,6 2,7 1,3 1,0 100,0 1 079 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 71,7 24,6 1,0 1,6 0,1 0,1 0,9 100,0 4 521 Second 63,4 30,3 1,4 3,8 0,1 0,1 0,8 100,0 4 456 Moyen 54,0 31,5 4,1 8,3 0,7 0,5 1,0 100,0 4 651 Quatrième 38,8 34,7 5,7 14,6 1,9 2,0 2,3 100,0 5 059 Le plus riche 22,7 32,1 6,1 26,3 3,6 7,2 2,0 100,0 4 956 Ensemble 49,3 30,8 3,8 11,3 1,3 2,1 1,4 100,0 23 643 1 Le niveau primaire comprend 6 classes 2 Le niveau secondaire comprend 7 classes Caractéristiques des Ménnges | 19 De même, dans les jeunes générations, on constate que les proportions de femmes ayant fréquenté l’école primaire sont très proches de celles des hommes : ainsi à 15-19 ans, 32 % des femmes ont déclaré avoir atteint le niveau primaire contre 37 % des hommes ; à 20-24 ans les pourcentages correspondants pour les femmes et pour les hommes sont identiques (28 %). Par contre, l’accès au cycle secondaire ou plus reste encore limité pour les femmes : à 15-19 ans, 18 % des femmes contre 24 % des hommes ont déclaré avoir atteint un niveau secondaire ou plus et à 20-24 ans, ces proportions sont, respectivement, de 15 % et 28 %. Tableau 2.4.2 Niveau d'instruction de la population des femmes Répartition (en %) de la population (de fait) des femmes des ménages, âgées de six ans et plus par niveau d'instruction atteint, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Aucune instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur NSP/ND Total Effectif Groupe d’âges 6-9 48,7 49,4 0,0 0,2 0,0 0,1 1,6 100,0 3 725 10-14 36,0 57,2 2,7 3,3 0,0 0,0 0,8 100,0 4 260 15-19 49,3 28,7 3,0 17,7 0,6 0,1 0,7 100,0 3 703 20-24 56,6 24,1 3,6 11,6 2,5 0,7 0,8 100,0 3 013 25-29 59,7 20,6 4,0 11,4 1,7 1,4 1,3 100,0 2 454 30-34 64,6 16,8 4,1 9,8 1,6 2,0 1,2 100,0 2 035 35-39 70,4 13,9 2,3 9,6 1,2 1,3 1,3 100,0 1 694 40-44 71,5 13,8 2,6 8,7 1,1 0,8 1,5 100,0 1 303 45-49 71,8 14,5 4,0 7,5 0,9 0,6 0,7 100,0 1 056 50-54 85,1 5,6 1,3 4,4 0,5 0,7 2,4 100,0 1 224 55-59 90,5 3,8 1,3 1,9 0,0 0,4 2,0 100,0 828 60-64 96,5 1,7 0,8 0,3 0,0 0,0 0,7 100,0 667 65+ 95,5 1,7 0,4 0,4 0,0 0,3 1,8 100,0 1 432 NSP/Manquant 88,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 11,6 100,0 20 Milieu de résidence Urbain 41,3 35,3 4,4 14,7 1,7 1,2 1,4 100,0 12 303 Rural 74,7 21,7 0,8 1,7 0,1 0,1 1,0 100,0 15 110 Région Dakar 36,8 33,8 6,2 17,2 2,2 1,9 1,8 100,0 6 532 Diourbel 80,3 15,3 0,5 2,5 0,2 0,1 1,0 100,0 2 960 Fatick 63,2 28,7 1,5 5,3 0,3 0,2 0,9 100,0 1 489 Kaolack 71,5 21,2 0,9 4,2 0,2 0,2 1,7 100,0 3 182 Kolda 68,3 28,4 1,2 1,7 0,1 0,0 0,3 100,0 2 076 Louga 74,1 21,0 0,8 2,7 0,2 0,1 1,2 100,0 1 806 Matam 72,1 22,7 1,5 2,1 0,2 0,1 1,4 100,0 1 075 Saint-Louis 59,3 31,0 2,8 5,3 0,5 0,4 0,7 100,0 1 813 Tambacounda 72,7 22,5 0,8 2,5 0,2 0,0 1,2 100,0 1 670 Thiès 56,2 32,8 1,0 8,3 0,7 0,2 0,7 100,0 3 709 Ziguinchor 41,4 43,9 3,6 9,2 0,9 0,2 0,9 100,0 1 103 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 80,6 17,8 0,3 0,3 0,0 0,0 0,9 100,0 5 092 Second 74,6 22,5 0,8 1,3 0,0 0,0 0,8 100,0 5 333 Moyen 64,0 28,8 1,9 4,0 0,2 0,1 0,9 100,0 5 489 Quatrième 49,1 35,1 3,5 9,9 0,8 0,3 1,4 100,0 5 489 Le plus riche 34,4 33,3 5,2 20,2 2,7 2,2 1,9 100,0 6 010 Ensemble 59,7 27,8 2,4 7,5 0,8 0,6 1,2 100,0 27 413 1 Le niveau primaire comprend 6 classes 2 Le niveau secondaire comprend 7 classes 20 | Caractéristiques des Ménnges D’autre part, on constate qu’aussi bien pour les femmes que pour les hommes, les écarts entre les villes et les campagnes sont énormes. En milieu urbain 31 % des hommes et 41 % des femmes n’ont aucun niveau d’instruction contre respectivement 65 % et 75 % en milieu rural. En outre, en urbain, les proportions de personnes ayant atteint un niveau secondaire ou plus sont de 26 % pour les hommes et 18 % pour les femmes contre respectivement 5 % et 2 % en milieu rural. Les disparités entre les régions sont également importantes. La région de Dakar se caractérise par de faibles proportions de non scolarisées : 28 % des hommes et 37 % des femmes de 6 ans et plus sont sans niveau suivie par celle de Ziguinchor dans laquelle 25 % des hommes et 41 % des femmes n’ont jamais été à l’école. À l’opposé, la région de Diourbel détient le plus faible niveau de scolarisation : 75 % des hommes et 80 % des femmes n’ont aucun niveau d’instruction (graphique 2.2). Enfin, la scolarisation est positivement corrélée avec le niveau de bien-être économique du ménage. En effet, plus le niveau de bien-être est élevé, plus les proportions de personnes n’ayant jamais été à l’école sont faibles, pour les hommes, elles passent de 72 % du quintile le plus pauvre à 23 % dans le plus riche ; chez les femmes, ces proportions sont, respectivement, de 81 % et 34 %. Le niveau de fréquentation scolaire des personnes en âge d’aller à l’école donne une indication sur l’accès actuel de la population au système éducatif et de manière indirecte sur le niveau de développement socioéconomique. Au cours de l’enquête, des questions concernant la fréquentation scolaire ont été posées pour toutes les personnes âgées de 6 à 24 ans. Le tableau 2.5 présente les taux nets et les taux bruts de fréquentation scolaire selon le niveau d’instruction, le sexe et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Graphique 2.2 Proportion de femmes et d’hommes sans instruction selon le milieu et la région de résidence EDS-IV 2005 Urbain Rural Dakar Diourbel Fatick Kaolack Kolda Louga Matam Saint-Louis Tambacounda Thiès Ziguinchor 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Pourcentage Hommes Femmes Caractéristiques des Ménnges | 21 Tableau 2.5 Taux de fréquentation scolaire Taux net de fréquentation scolaire (TNF) et taux brut de fréquentation scolaire (TBF) de la population (de droit) des ménages, selon le niveau d'instruction, le sexe et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Taux net de scolarisation1 Taux brut de scolarisation2 Caractéristique sociodémographique Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Indice de parité du genre3 PRIMAIRE Milieu de résidence Urbain 74,2 75,2 74,7 104,8 101,4 103,0 0,97 Rural 47,2 47,2 47,2 71,9 66,6 69,3 0,93 Région Dakar 78,1 77,9 78,0 108,5 102,6 105,4 0,95 Diourbel 27,6 29,2 28,4 43,6 40,2 41,8 0,92 Fatick 58,5 62,2 60,2 94,2 92,0 93,1 0,98 Kaolack 44,7 43,5 44,1 64,9 62,5 63,7 0,96 Kolda 70,9 62,5 66,8 115,0 85,4 100,5 0,74 Louga 38,4 45,5 42,0 53,6 60,1 56,9 1,12 Matam 44,8 53,6 49,3 59,8 74,9 67,5 1,25 Saint-Louis 56,6 62,1 59,5 81,6 84,2 82,9 1,03 Tambacounda 58,5 49,3 54,0 87,4 68,0 77,9 0,78 Thiès 55,4 62,4 58,7 76,3 83,9 80,0 1,10 Ziguinchor 91,8 89,1 90,5 147,9 147,2 147,6 0,99 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 42,2 41,8 42,1 65,8 57,6 61,8 0,88 Second 51,8 50,3 51,1 80,9 71,3 76,1 0,88 Moyen 54,0 57,9 55,9 76,7 83,2 79,9 1,08 Quatrième 67,7 68,0 67,9 95,6 91,3 93,4 0,96 Le plus riche 80,7 77,6 79,0 114,5 103,8 108,7 0,91 Ensemble 57,0 57,9 57,5 83,9 79,9 81,9 0,95 SECONDAIRE Milieu de résidence Urbain 31,3 29,5 30,4 50,7 41,2 45,8 0,81 Rural 9,2 4,8 6,9 13,5 6,6 9,9 0,49 Région Dakar 30,1 31,3 30,7 47,0 43,1 44,9 0,92 Diourbel 9,7 6,8 8,0 13,5 8,9 10,9 0,66 Fatick 17,1 15,0 16,1 25,9 24,9 25,5 0,96 Kaolack 18,5 8,7 13,0 28,1 12,8 19,5 0,46 Kolda 13,4 5,9 9,7 23,8 8,5 16,2 0,36 Louga 12,3 7,8 9,8 19,2 9,6 13,7 0,50 Matam 12,1 6,9 9,3 14,0 8,6 11,1 0,62 Saint-Louis 16,5 14,4 15,4 25,0 17,9 21,3 0,72 Tambacounda 15,5 8,4 11,9 21,2 10,5 15,8 0,50 Thiès 19,9 19,1 19,5 32,3 26,4 29,4 0,82 Ziguinchor 29,6 26,6 28,1 61,3 42,6 52,1 0,69 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 4,8 1,5 3,1 6,1 2,2 4,1 0,36 Second 7,7 4,0 5,8 13,5 6,1 9,6 0,45 Moyen 20,0 12,1 15,7 31,7 16,3 23,3 0,51 Quatrième 24,4 19,9 22,1 39,3 28,1 33,6 0,72 Le plus riche 38,0 39,2 38,6 59,3 54,2 56,6 0,91 Ensemble 19,5 16,1 17,7 30,9 22,4 26,4 0,72 1 Le taux net de fréquentation scolaire (TNFS) pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d'âge de fréquentation du niveau primaire (7-12 ans) qui fréquente l'école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d'âge de fréquentation du niveau secondaire (13-18 ans) qui fréquente l'école secondaire. Par définition le taux net de fréquentation ne peut excéder 100 pour cent. 2 Le taux brut de fréquentation scolaire (TBFS) pour le niveau primaire est la proportion des élèves du niveau primaire, quel que soit leur âge, dans la population d'âge officiel de fréquentation du niveau primaire (7-12 ans). Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est la proportion des élèves du niveau secondaire, quel que soit leur âge, dans la population d'âge officiel de fréquentation du niveau secondaire (13-18 ans). Le taux brut de fréquentation scolaire peut excéder 100 pour cent. 3 L'indice de parité de genre pour l'école primaire est le ratio du TBFS au niveau primaire des filles sur le TBFS des garçons. L'indice de parité de genre pour l'école secondaire est le ratio du TBFS au niveau secondaire des filles sur le TBFS des garçons. 22 | Caractéristiques des Ménnges Le taux net de fréquentation scolaire mesure la fréquentation scolaire parmi les enfants d’âge officiel scolaire c’est-à-dire 7-12 ans pour le niveau primaire et 13-19 ans pour le niveau secondaire. Le taux brut de fréquentation scolaire mesure la fréquentation scolaire parmi les jeunes de n’importe quel âge compris entre 6 et 24 ans. Il équivaut au pourcentage de la population de 6-24 ans qui fréquente un niveau donné par rapport à la population d’âge scolaire officiel pour ce niveau. Pour un niveau d’étude donné, le taux brut est pratiquement toujours plus élevé que le taux net du fait que des enfants plus âgés ou plus jeunes par rapport à l’âge normal de ce niveau sont inclus dans son calcul. Un taux net de 100 % signifierait que tous les enfants ayant l’âge normal d’un niveau d’étude donné fréquentent ce niveau ; le taux brut peut être supérieur à 100 % si un nombre significatif d’enfants plus âgés ou plus jeunes par rapport à l’âge normal de fréquentation d’un niveau scolaire fréquentent ce niveau. La différence entre ces deux taux indique que des enfants trop jeunes ou trop âgés fréquentent un niveau scolaire donné. Le tableau 2.5 révèle que dans l’ensemble, près de six enfants de 7-12 ans (58 %) fréquentent l’école primaire. On ne constate pas d’écart entre les hommes et les femmes (58 % contre 57 %). Par contre, il est nettement plus élevé en milieu urbain (75 %) qu’en milieu rural (47 %). Les régions de Ziguinchor (91 %) et de Dakar (78 %) se caractérisent par les taux nets de fréquentation de l’école primaire les plus élevés ; à l’opposé, Diourbel enregistre le niveau le plus faible du pays, avec seulement 28 %. Dans les régions, on constate que dans celles de Tambacounda (59 % contre 49 %), Kolda (71 % contre 63 %) et Ziguinchor (92 % contre 89 %), le taux net de fréquentation scolaire est plus élevé pour les garçons que pour les filles. Par contre, dans celles de Thiès (62 % contre 55 %), de Saint-Louis (62 % contre 57 %), Matam (54 % contre 45 %), Louga (46 % contre 38 %) et Fatick (62 % contre 59 %), on constate l’inverse, le taux net des filles étant plus élevé que celui des garçons. Le niveau de fréquentation de l’école primaire est positivement corrélé au niveau de bien-être du ménage : il passe de 42 % pour les plus pauvres à 79 % pour les plus riches. La même tendance se dégage, aussi bien chez les garçons que chez les filles. En outre, dans l’ensemble, près de 82 personnes sur 100 ayant l’âge officiel du primaire fréquentent ce niveau. La valeur du taux brut supérieure à celle du taux net indique qu’un nombre important de personnes qui n’ont pas l’âge du niveau primaire fréquentent néanmoins ce niveau. Il s’agirait dans ce cas de personnes trop âgées par rapport à l’âge officiel. Selon le sexe, on constate que le taux brut masculin (84 %) est supérieur à celui des filles (80 %), en d’autres termes, il y a plus de garçons que de filles trop âgés par rapport à l’âge officiel qui fréquentent l’école primaire. Selon le milieu de résidence, les résultats montrent que le taux brut de fréquentation du primaire est plus élevé en milieu urbain (103 %) qu’en milieu rural (69 %). Les régions de Ziguinchor (148 %) de Dakar (105 %) et de Kolda (101 %) se caractérisent par les taux bruts de fréquentation les plus élevés. Avec seulement 42 %, c’est la région de Diourbel qui a le taux brut de fréquentation en primaire le plus faible. On constate qu’à Kolda, le taux brut de fréquentation scolaire est beaucoup plus élevé pour les garçons que pour les filles (115 % contre 85 %). Les résultats du tableau 2.5 montrent également que le niveau de fréquentation scolaire du cycle secondaire est très faible puisque seulement 18 % des enfants de 13-19 ans le fréquentent. Ce taux net est beaucoup plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural : 30 % contre 10 %. Selon la région, il varie de 11 % dans Diourbel à 45 % dans Dakar. Ce taux net est légèrement plus élevé chez les garçons que chez les filles, quelle que soit la caractéristique socioéconomique considérée, sauf dans Dakar où on ne constate pratiquement aucun écart entre les filles (31 %) et les garçons (30 %), de même que dans Thiès (respectivement 19 % et 20 %). Caractéristiques des Ménnges | 23 Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire atteint 26 % ce qui signifie que sur 100 personnes ayant l’âge officiel du secondaire, seulement un peu plus du quart fréquente ce niveau secondaire. Bien que très faible, la valeur du taux brut supérieure à celle du taux net indique qu’un nombre important de personnes qui n’ont pas l’âge du niveau secondaire fréquentent néanmoins ce niveau. On remarque une variation importante selon le milieu de résidence : 46 % pour le milieu urbain contre 10 % en milieu rural. Quelle que soit la caractéristique sociodémographique considérée, le taux brut de fréquentation du niveau secondaire est plus élevé pour les garçons que pour les filles. Les écarts les plus importants sont observés dans les régions de Ziguinchor (61 % des hommes contre 43 %), Kaolack (28 % contre 13 %) et Kolda (24 % contre 9 %) ainsi que dans le quintile moyen (32 % contre 16 %) alors que l’écart le plus faible est observé dans la région de Fatick (26 % contre 25 %). Le tableau 2.5 présente également l’indice de parité de genre qui est le rapport entre le taux brut de fréquentation scolaire des femmes et celui des hommes. Plus l’indice de parité est proche de 1, moins l’écart de fréquentation scolaire entre les genres est important. Un indice égal à 1 indique l’égalité totale. Au Sénégal, l’indice estimé à 0,95 pour le niveau primaire montre que les filles sont désavantagées sur le plan scolaire. Au niveau secondaire, le désavantage est plus important puisque l’indice de parité n’est que de 0,7. Que ce soit au niveau primaire ou secondaire, l’importance de cette discrimination varie d’un milieu de résidence à l’autre et d’une région à l’autre. Cet indice est plus faible en rural qu’en urbain ; pour le primaire dans certaines régions comme Thiès, Saint-Louis, Matam et Louga, l’indice de parité est supérieur à 1. Par contre, c’est dans les régions de Kolda et de Tambacounda qu’il est le plus faible (respective- ment, 0,74 et 0.78). Pour le niveau secondaire, on constate que l’indice de parité est toujours plus faible que pour le primaire ; dans les régions de Louga et de Tambacounda, il est particulièrement faible (0,5 dans les deux cas). Il est nettement plus élevé dans les régions de Dakar (0.92), et de Fatick (0,96). Enfin, on constate que, quelque soit le niveau, cet indice est toujours plus élevé dans Tableau 2.6 Caractéristiques des logements Répartition (en %) des ménages par caractéristiques des loge- ments, selon le milieu de résidence, EDS-IV Sénégal 2005 Résidence Caractéristique Urbain Rural Ensemble Electricité Oui 80,4 15,8 47,1 Non 19,6 84,1 52,8 NSP/ND 0,0 0,1 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 Source d'eau potable Eau du robinet dans le logement 50,4 6,6 27,8 Eau du robinet dans la cour/concession 25,2 9,5 17,1 Fontaine publique 13,5 24,1 19,0 Puits ouvert dans le logement 0,9 1,4 1,2 Puits ouvert dans la cour 1,6 3,4 2,5 Puits public ouvert 3,8 39,9 22,4 Puits protégé dans le logement 0,5 0,7 0,6 Puits protégé dans la cour/concession 0,2 0,6 0,4 Puits public protégé 1,2 9,2 5,3 Source 0,0 0,3 0,2 Rivière, fleuve 0,0 1,4 0,7 Mare, lac 0,0 0,2 0,1 Eau de pluie 0,0 0,0 0,0 Camion citerne 0,0 0,0 0,0 Eau en bouteille 0,4 0,1 0,2 Manquant 2,2 2,5 2,3 Total 100,0 100,0 100,0 Temps pour la source d'eau Pourcentage <15 minutes 90,7 54,2 71,9 Temps moyen pour la source d'eau 0,0 9,7 0,0 Type de toilettes Chasse d'eau 18,3 0,4 9,1 Chasse branchée à fosse 47,2 12,3 29,2 Fosse rudimentaire 20,4 36,5 28,7 Fosse/latrine améliorées 9,3 10,0 9,6 Pas de toilette, nature 4,1 40,3 22,8 Autre/NSP 0,6 0,5 0,6 Total 100,0 100,0 100,0 Type de sol Terre, sable 9,1 52,0 31,2 Bouse 0,3 5,7 3,1 Palmes, bambous 0,0 0,0 0,0 Parquet, bois poli 0,1 0,0 0,1 Vinyle, linoléum 15,3 7,6 11,3 Carreaux 23,1 2,5 12,5 Ciment 50,3 31,2 40,5 Moquette 1,4 0,4 0,9 Autre/NSP 0,3 0,6 0,5 Total 100,0 100,0 100,0 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,4 32,6 17,0 Second 3,2 34,8 19,5 Moyen 19,5 22,5 21,0 Quatrième 38,8 6,9 22,3 Le plus riche 38,2 3,2 20,2 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif de ménages 3 590 3 822 7 412 24 | Caractéristiques des Ménnges les ménages les plus riches que dans les plus pauvres. Cependant, même dans les ménages les plus riches, il n’est pas égal à 1. 2.5 CARACTÉRISTIQUES DES LOGEMENTS ET BIENS POSSÉDÉS PAR LES MÉNAGES Au cours de l’enquête, certaines questions ont été posées en vue de saisir les caractéristiques socioéconomiques du ménage et le niveau de confort du logement qui peut être évalué, d’une part, par la disponibilité de l’électricité, la nature des matériaux de construction et, d’autre part, par les équipements, notamment le type de toilettes, la source d’approvisionnement en eau potable, la possession de certains biens de consommation et de moyens de transport. Ces caractéristiques, pouvant fournir une indication sur la situation socioéconomique du ménage, ont également une influence certaine sur l’état de santé des membres du ménage. 2.5.1 Caractéristiquse des logements des ménages Dans l’ensemble, les résultats présentés au tableau 2.6 montrent que 47 % des ménages enquêtés (contre 32 % à l’EDS-III de 1997) disposent de l’électricité. Les résultats mettent en évidence des disparités importantes selon le milieu de résidence. Le milieu rural est nettement défavorisé, seulement 16 % des ménages y disposent de l’électricité contre 80 % en milieu urbain (graphique 2.3). Toutefois, il faut noter qu’entre 1997 et 2005, le niveau d’accès des ménages à l’électricité dans le milieu rural est passé du simple à plus du double (6 % contre 16 %). Cette situation est, sans nul doute, le résultat de l’accélération de la mise en œuvre de la politique d’électrification villageoise, au cours des dix dernières années. En ce qui concerne l’approvisionnement en eau potable, on constate que les sources auxquelles s’alimentent l’essentiel des ménages sénégalais (96 %) sont l’eau de robinet (64 %) et l’eau de puits (32 %). Ces niveaux étaient respectivement de 49 % et 43 % à l’EDS-III de 1997. Quelque soit le milieu de résidence, ces deux sources constituent les principales sources d’approvisionnement en eau de la population. En milieu urbain 89 % des ménages utilisent de l’eau provenant d’un robinet et 32 % de l’eau provenant de puits alors qu’en milieu rural plus de la moitié des ménages (55 %) utilisent de l’eau des puits et quatre ménages sur dix (40 %) l’eau de robinet. Toutefois, il faut noter qu’entre 1997 et 2005, l’utilisation d’eau provenant de puits a considérablement diminué, aussi bien en milieu rural (65 % contre 55 %) qu’en milieu urbain (13 % contre 8 %) ; alors que l’on observe une hausse de la proportion des ménages qui utilisent de l’eau d’un robinet, en milieu rural (24 % contre 40 %) et en milieu urbain (84 % contre 89 %). Les résultats du tableau 2.6 montrent que pour plus de cinq ménages sénégalais sur sept (72 %), il faut moins de 15 minutes pour s’approvisionner en eau. En milieu rural, cette proportion est plus faible qu’en urbain (54 % contre 91 %). S’agissant du type de toilettes dont disposent les ménages, on constate que le milieu rural est aussi défavorisé par rapport au milieu urbain. Alors qu’en moyenne 23 % de l’ensemble des ménages ne disposent pas de toilettes, on note qu’en milieu rural cette proportion est de 40 % contre seulement 4 % en milieu urbain (tableau 2.6). En 1997, les proportions de ménages ne disposant pas de toilettes étaient, dans l’ensemble, de 35 % et de 54 % en milieu rural contre 8 % en milieu urbain. Ainsi, de plus en plus de ménages disposent de toilettes et cette amélioration est particulièrement perceptible en milieu rural. Ce progrès est le résultat des efforts considérables déployés par le Sénégal dans le cadre de la politique de l’amélioration des conditions d’assainissement de l’environnement immédiat des ménages. Ce constat est corroboré par l’augmentation entre 1997 et 2005 de la proportion de ménages équipés de toilettes avec chasse d’eau, 12 % contre 38 % au niveau national ; 27 % contre 66 % en milieu urbain et 0,8 % contre 13 % pour le milieu rural. Caractéristiques des Ménnges | 25 Certains types de revêtement du sol peuvent faciliter la propagation de certains germes responsables de maladies. Pour cette raison, des questions ont été posées sur le type de revêtement de sol des logements. On observe qu’au Sénégal, 64 % des ménages ont un logement dont le sol est en ciment, en carreaux ou en vinyle (contre 59 % à l’EDS-III de 1997) et pour 31 % des ménages, le sol est revêtu de terre ou de sable (contre 37 % en 1997). En milieu rural, les ménages vivent plus fréquemment dans un logement dont le sol est recouvert de terre/sable (52 %) et de ciment (31 %). En milieu urbain, dans 50 % des cas, les ménages vivent dans un logement dont le sol est recouvert de ciment et dans 32 % des cas, le sol est recouvert de carreaux. 2.5.2 Biens durables possédés par les ménages Au cours de l’enquête pour évaluer le niveau socioéconomique des ménages, on a cherché à savoir si les ménages possédaient certains biens considérés comme des indicateurs du niveau socioéconomique et de manière indirecte de leur niveau d’accès à l’informa- tion et aux services sociaux. Dans l’ensemble, on constate que seulement 10 % des ménages ont déclaré ne rien posséder (tableau 2.7). Près de neuf ménages sur dix (87 %) possèdent une radio qui constitue ainsi, et de loin, le canal d’informations le plus répandu au Sénégal, que ce soit en milieu urbain (90 %) ou en milieu rural (84 %). Outre la radio, les biens durables les plus fréquemment possédés par les ménages sénégalais sont la télévision (40 %), le réfrigérateur (20 %), le téléphone (16 %) et la bicyclette (13 %). En milieu urbain, la proportion de ménages qui possèdent chacun de ces biens est plus élevée qu’en milieu rural : 28 % des ménages urbains possèdent un téléphones contre seulement 5 % en milieu rural. En ce qui concerne un réfrigérateur, les proportions sont respectivement de 36 % et de 6 %. Tableau 2.7 Biens durables possédés par les ménages Pourcentage des ménages possédant certains biens de consommation durables, selon le milieu de résidence, EDS-IV Sénégal 2005 Résidence Biens durables Urbain Rural Ensemble Radio 90,3 84,4 87,2 Télévision 63,4 18,2 40,1 Téléphone 27,7 5,4 16,2 Réfrigérateur 36,3 5,5 20,4 Bicyclette 9,2 16,1 12,8 Mobylette 7,4 4,6 5,9 Voiture/camion 11,7 3,1 7,3 Aucun 6,6 12,8 9,8 Effectif de ménages 3 590 3 822 7 412 Graphique 2.3 Caractéristiques des logements selon le milieu de résidence EDS-IV 2005 Éle ctr ici té Ro bin et fon tai ne pu bli qu e Pu its ou ve rts Pu its pr oté gé s Pa s d e t oil ett es Ch ass e d 'ea u Fo sse s r ud im en tai res Fo sse s/la trin es am éli or ée s So l e n ci me nt/ ca rre au x Te rre /sa ble Vin yle /lin olé um 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Pourcentage Urbain Rural Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes | 27 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET HOMMES ENQUÊTÉS ET STATUT DES FEMMES 3 Mohamed Ayad Ce chapitre porte sur les caractéristiques sociodémographiques des femmes enquêtées de 15-49 ans et des hommes enquêtés de 15-59 ans. Tout comme le questionnaire ménage, les questionnaires individuels ont permis de recueillir des informations sur l’âge, le milieu de résidence, l’état matrimonial et le niveau d’instruction des enquêté(e)s. Dans cette partie, sont également analysés les résultats sur l’alphabétisation, l’accès aux médias et l’activité économique des hommes et des femmes. Ces différentes caractéristiques seront utilisées comme variables d'analyse dans la suite de ce rapport. Enfin, les résultats à certaines questions concernant le pouvoir de décision de la femme au sein du ménage, son droit à disposer de l’argent gagné et son opinion concernant l’adhésion ou le rejet de certains rôles traditionnels ont permis d’évaluer le statut de la femme au Sénégal. 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS L'âge, variable fondamentale dans l'analyse des phénomènes démographiques, est l'une des informations les plus difficiles à obtenir de façon précise, lorsque l'enregistrement écrit des événements (notamment des faits d’état civil) n'est pas encore ancré dans les habitudes de certaines populations, comme c'est le cas du Sénégal. De ce fait, un soin particulier a été accordé à son estimation au moment de l'enquête individuelle. On a d'abord demandé aux enquêtés leur date de naissance, puis leur âge. Lorsque la date de naissance et l'âge étaient obtenus, l'enquêtrice/enquêteur contrôlait la cohérence entre les deux informations. Dans le cas où l'enquêté(e) ne connaissait pas sa date de naissance ou son âge, l'enquêtrice/enquêteur essayait d'obtenir un document officiel (carte d'identité, acte de naissance, etc.) où figure la date de naissance. Lorsque aucun document n'était disponible, l'enquêtrice/enquêteur devait estimer l'âge de l'enquêté(e), soit par comparaison avec l'âge d'autres membres du ménage, soit par déduction à partir de l'histoire de l'enquêté(e), ou encore en utilisant des références historiques. Les résultats présentés dans le tableau 3.1 montrent que les répartitions des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans par groupe d’âges quinquennaux présentent une allure assez régulière, les proportions de chaque groupe d'âges diminuant régulièrement au fur et à mesure que l'on avance vers les âges élevés. Pour les femmes, elles passent de 24 % pour les 15-19 ans à 7 % pour la tranche d’âges 45- 49 ans. Pour les hommes, les proportions varient de 25 % à 15-19 ans à 4 % à 55-59 ans. Les questions sur l’état matrimonial ont été posées à toutes les femmes et à tous les hommes éligibles de l’échantillon (tableau 3.2). Dans le cadre de l’EDS-IV, ont été considérés comme étant en union toutes les femmes et tous les hommes mariés légalement ainsi que tous ceux et toutes celles vivant en union consensuelle. Selon cette définition, on constate que plus d’une femme sur quatre (27 %) est célibataire, plus des deux tiers (65 %) sont en union, et 6 % sont en rupture d’union (divorcées, séparées ou veuves). Chez les hommes, au moment de l’enquête, environ un homme sur deux est célibataire (47 %), un homme sur deux (50 %) est en union, et moins de 4 % sont en rupture d’union. Les résultats selon le milieu de résidence montrent que presque la moitié des femmes et la majorité des hommes enquêtés vivent en milieu urbain (respectivement, 49 % et 56 %). Les données par région montrent que pratiquement plus d’une femme sur quatre (27 %) et environ un homme sur trois (32 %) vivent dans la région de Dakar et la région de Thiès regroupe une femme ou un homme sur sept (14 %). C’est la région de Matam qui se caractérise par les proportions les plus faibles de femmes et d’hommes (respectivement, moins de 4 % et moins de 3 %). 28 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes Tableau 3.1 Caractéristiques des enquêtés par âge Répartition (en %) des femmes et hommes enquêtés selon l’âge, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Âge Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré 15-19 24,4 3 556 3 658 24,6 926 1 008 20-24 19,5 2 844 2 844 17,1 645 656 25-29 16,3 2 379 2 370 14,3 537 475 30-34 13,4 1 953 1 888 10,6 399 389 35-39 11,0 1 613 1 581 8,5 318 301 40-44 8,6 1 249 1 250 8,4 316 292 45-49 6,9 1 009 1 011 7,3 275 283 50-54 na na na 5,7 216 216 55-59 na na na 3,5 130 141 Total 100,0 14 602 14 602 100,0 3 761 3 761 na = Non applicable La distribution selon le niveau d’instruction montre que six femmes sur dix (60 %) et plus de quatre hommes sur dix (43 %) n’ont aucune instruction ; Une femme sur quatre (25 %) près de trois hommes sur dix (27 %) ont un niveau primaire, et seulement 15 % des femmes ont un niveau secondaire ou plus. Chez les hommes, la proportion de ceux avec une instruction secondaire ou plus est le double de celle des femmes (30 %). Le même tableau 3.2 présente également la répartition des hommes et des femmes selon le niveau de bien-être économique du ménage. On constate qu’au moins une femme sur six vit dans un ménage du quintile le plus pauvre (17 %), cette proportion est légèrement plus faible pour les hommes (15 %). À l’opposé, un quart des femmes (25 %) et une proportion légèrement plus élevée d’hommes (29 %) vivent dans un ménage classé dans le quintile le plus riche. En ce qui concerne la religion, la très grande majorité des enquêtés se sont déclarés de confession musulmane (95 % des femmes et 96 % des hommes). La religion chrétienne est pratiquée par 4 % des femmes et des hommes. Quant à la répartition de la population selon l’ethnie, trois grands groupes apparaissent : les Wolof (40 % des femmes et 39 % des hommes) ; les Poular (25 % des femmes et 23 % des hommes) ; les Serer (16 % des femmes et 15 % des hommes). Puis viennent les Mandingues ( 5% des femmes et 7 % des hommes) ; les Diola (5 % des femmes et 5 % des hommes) et les Soninké (3 % des femmes et 4 % des hommes). Les autres groupes ethniques, les étrangers et les non déclarés du Sénégal représentent en tout 7 % chez les femmes et 4 % chez les hommes. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes | 29 Tableau 3.2 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes enquêtés selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré État matrimonial Célibataire 27,0 3 941 3 636 46,8 1 759 1 670 En union 67,6 9 866 10 221 49,6 1 866 1 929 Divorcée, séparée, veuve 5,4 795 745 3,6 135 162 Milieu de résidence Urbain 48,7 7 117 6 312 55,9 2 101 1 847 Rural 51,3 7 485 8 290 44,1 1 660 1 914 Région Dakar 26,5 3 866 1 536 31,5 1 186 497 Diourbel 10,6 1 548 1 523 8,2 309 302 Fatick 4,8 708 1 140 4,6 174 292 Kaolack 11,2 1 642 1 625 9,8 369 383 Kolda 7,2 1 047 1 289 7,8 295 393 Louga 6,3 915 1 312 4,1 155 235 Matam 3,7 543 1 226 2,9 109 239 Saint-Louis 6,5 947 1 244 5,6 210 287 Tambacounda 5,8 851 1 169 6,6 247 373 Thiès 13,5 1 974 1 533 14,3 538 421 Ziguinchor 3,8 562 1 005 4,5 170 339 Niveau d’instruction Aucun 59,6 8 699 9 183 43,1 1 621 1 682 Primaire 25,2 3 677 3 533 26,8 1 007 1 037 Secondaire ou plus 15,2 2 226 1 886 30,1 1 133 1 042 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,7 2 433 2 637 15,4 581 668 Second 17,6 2 565 3 097 14,8 556 696 Moyen 19,4 2 839 3 569 18,0 678 891 Quatrième 21,6 3 154 2 773 22,4 842 756 Le plus riche 24,7 3 610 2 526 29,4 1 104 750 Religion Musulmane 95,4 13 931 13 980 95,7 3 600 3 587 Chrétienne 4,4 647 596 3,9 146 163 Autres/ND 0,1 24 26 0,4 15 11 Ethnie Wolof 39,7 5 799 5 017 39,4 1 481 1 227 Poular 25,2 3 684 4 341 22,9 861 1 029 Serer 15,9 2 316 2 159 15,4 580 572 Mandingue 4,6 674 753 7,1 267 323 Diola 4,9 710 804 5,1 194 262 Soninké 2,8 402 523 4,2 160 131 Autre/ND 7,0 1 018 1 005 3,7 139 139 Total 100,0 14 602 14 602 100,0 3 761 3 761 Note : Les niveaux d'instruction correspondent au plus haut niveau d'instruction atteint, qu'il soit achevé ou non. 30 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES Les tableaux 3.3.1 et 3.3.2 présentent les données selon le niveau d’instruction atteint par les enquêtés. Les résultats sont présentés selon certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate que la proportion de femmes n’ayant reçu aucune instruction formelle est nettement plus élevée que celle des hommes (60 % contre 43 %). Les écarts se resserrent au niveau d’instruction primaire où la différence des proportions est faible (25 % de femmes contre 27 % d’hommes). Par contre, les proportions d’hommes ayant atteint le niveau secondaire ou plus sont nettement plus élevées que celles des femmes (respectivement, 30 % et 15 %). Tableau 3.3.1 Niveau d'instruction par caractéristiques sociodémographiques : Femmes Répartition (en %) des femmes enquêtées en fonction du plus haut niveau d'instruction atteint ou complété, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Instruction Caractéristique sociodémographique Sans instruction Primaire Secondaire ou plus Total Effectif de femmes Âge 15-19 47,7 31,8 20,6 100,0 3 556 20-24 56,4 28,5 15,1 100,0 2 844 25-29 59,1 25,6 15,3 100,0 2 379 30-34 62,5 23,3 14,2 100,0 1 953 35-39 71,3 16,9 11,8 100,0 1 613 40-44 71,1 17,3 11,6 100,0 1 249 45-49 72,5 18,6 8,9 100,0 1 009 Milieu de résidence Urbain 37,5 35,3 27,2 100,0 7 117 Rural 80,5 15,6 3,9 100,0 7 485 Région Dakar 32,2 36,2 31,6 100,0 3 866 Diourbel 81,7 13,5 4,8 100,0 1 548 Fatick 67,8 21,0 11,2 100,0 708 Kaolack 74,3 17,2 8,5 100,0 1 642 Kolda 78,0 17,8 4,2 100,0 1 047 Louga 78,4 15,9 5,7 100,0 915 Matam 77,9 17,3 4,8 100,0 543 Saint-Louis 60,2 28,3 11,5 100,0 947 Tambacounda 80,5 14,2 5,3 100,0 851 Thiès 53,5 30,4 16,1 100,0 1 974 Ziguinchor 39,4 39,7 20,9 100,0 562 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 89,2 9,7 1,1 100,0 2 433 Second 82,5 14,6 2,8 100,0 2 565 Moyen 66,2 25,4 8,5 100,0 2 839 Quatrième 47,9 34,2 17,9 100,0 3 154 Le plus riche 28,3 35,1 36,6 100,0 3 610 Total 59,6 25,2 15,2 100,0 14 602 Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes | 31 Cependant, on constate, quel que soit le sexe, que généralement le niveau d’instruction s’améliore des générations les plus anciennes aux générations les plus récentes. En effet, la proportion des femmes sans niveau d’instruction diminue avec l’âge (passant de 73 % parmi celles de 45-49 ans à 48 % parmi celles 15-19 ans) ; on note également que la proportion de femmes ayant un niveau d’instruction secondaire varie de 9 % chez celles de 45-49 ans à 21 % chez celles de 15-19 ans. On note chez les hommes ce même effet de génération puisque des générations anciennes aux plus récentes, les proportions de ceux sans niveau d’instruction sont passées de 65 % parmi ceux de 50-54 ans à 29 % parmi ceux de 15-19 ans. En ce qui concerne le niveau secondaire ou plus, les proportions varient de 20 % parmi les hommes âgés de 45-49 ans à l’enquête à 37 % parmi les hommes de 15-19 ans. Tableau 3.3.2 Niveau d'instruction par caractéristiques sociodémographiques : Hommes Répartition (en %) des hommes 15-59 enquêtés en fonction du plus haut niveau d'instruction atteint ou complété, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Instruction Caractéristique sociodémographique Sans instruction Primaire Secondaire ou plus Total Effectif d’hommes Âge 15-19 28,6 34,8 36,6 100,0 926 20-24 38,2 29,2 32,6 100,0 645 25-29 35,3 30,3 34,4 100,0 537 30-34 47,7 26,7 25,6 100,0 399 35-39 53,0 21,0 26,1 100,0 318 40-44 55,0 22,1 22,9 100,0 316 45-49 61,9 18,0 20,1 100,0 275 50-54 64,9 9,1 25,9 100,0 216 55-59 59,6 16,7 23,7 100,0 130 Milieu de résidence Urbain 25,8 28,9 45,3 100,0 2 101 Rural 65,0 24,1 11,0 100,0 1 660 Région Dakar 23,6 29,0 47,4 100,0 1 186 Diourbel 71,6 15,1 13,3 100,0 309 Fatick 55,3 26,8 17,9 100,0 174 Kaolack 53,3 22,5 24,1 100,0 369 Kolda 54,5 29,4 16,1 100,0 295 Louga 64,8 25,0 10,2 100,0 155 Matam 64,8 24,6 10,6 100,0 109 Saint-Louis 51,5 25,3 23,2 100,0 210 Tambacounda 60,1 25,7 14,1 100,0 247 Thiès 38,5 27,9 33,5 100,0 538 Ziguinchor 18,7 39,8 41,4 100,0 170 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 74,1 21,5 4,4 100,0 581 Second 66,5 24,2 9,3 100,0 556 Moyen 49,0 30,5 20,6 100,0 678 Quatrième 34,0 30,5 35,6 100,0 842 Le plus riche 18,4 25,7 55,8 100,0 1 104 Total 43,1 26,8 30,1 100,0 3 761 32 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes Par ailleurs, le niveau d’instruction des enquêtés varie en fonction du milieu de résidence. On constate en effet, que les proportions de femmes et d’hommes instruits sont plus élevées en milieu urbain qu’en milieu rural : en effet, seuls 38 % des femmes et 26 % des hommes vivant en milieu urbain n’ont pas de niveau d’instruction contre, respectivement, 81 % et 65 % en milieu rural Les résultats selon les régions mettent également en évidence de fortes disparités. La proportion de femmes sans aucun niveau d’instruction est particulièrement élevée dans les régions de Diourbel, Tambacounda, Matam, Louga, Kolda et Kaolack, où elle varie entre 74 % et 82 %. Chez les hommes, la proportion la plus élevée des non scolarisés est observée à Diourbel, Louga, Matam et Tambacounda, où elle varie entre 60% et 72 %. À l’opposé, Dakar et Ziguinchor sont les deux régions les plus fortement scolarisées. Ainsi, seulement 19 % des hommes et 39 % des femmes de Ziguinchor, et 24 % des hommes et 32 % des femmes de Dakar se trouvent sans aucune instruction. Les données de ce tableau montrent qu’il y a une relation positive entre le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique du ménage : en effet, les proportions de femmes et d’hommes sans instruction diminuent des ménages les plus pauvres aux plus riches. 3.3 ALPHABÉTISATION Au cours de l’enquête, mises à part les questions posées sur la dernière classe achevée et le niveau d’instruction atteint par les enquêtés, on a demandé à ceux qui n’avaient aucun niveau d’instruction et à ceux qui avaient déclaré avoir atteint le niveau primaire de lire une phrase rédigée dans une des langues officielles ou nationales préparées par les agents enquêteurs. Trois modalités ont été retenues : « peut lire toute la phrase », une partie de la phrase », ou, ne peut pas lire du tout ». Les enquêtés ayant atteint le niveau secondaire ou plus ont été considérés d’office comme étant alphabétisés. Les résultats sont présentés au tableau 3.4.1 pour les femmes et 3.4.2 pour les hommes ainsi qu’au graphique 3.1. Un peu plus du tiers des femmes (35 %) et plus de la moitié des hommes (54 %) sont considérés comme étant alphabétisés. En d’autres termes, dans l’ensemble, la proportion de femmes analphabètes est pratiquement une fois et demi plus élevée que celle des hommes (65 % contre 44 %). En comparant les tableaux 3.3.1 et 3.4.1, on remarque que la proportion de femmes qui ne savent pas du tout lire est supérieure à la proportion de celles qui n’ont jamais fréquenté l’école (65 % contre 60 %). Cette différence révèle qu’une partie de la population féminine n’a pas fréquenté suffisamment l’école au point de savoir lire et écrire ou bien qu’après avoir quitté l’école, elle est redevenue analphabète en ayant oublié ce qu’elle avait appris (phénomène de la désalphabétisation fonctionnelle). Les proportions de femmes et d’hommes alphabétisés varient sensiblement selon le milieu de résidence. En milieu urbain, 53 % des femmes et 70 % des hommes sont alphabétisés contre respectivement 18 % et 32 % en milieu rural. L’examen des résultats selon les régions met également en évidence des disparités spatiales de l’alphabétisation en plus des disparités selon le sexe : que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, comme il a été indiqué plus haut concernant la scolarisation, c’est dans les deux régions de Dakar (57 % des femmes et 74 % des hommes) et de Ziguinchor (52 % des femmes et 72 % des hommes) que l’on observe les proportions d’alphabétisés les plus élevées. En dehors de ces deux régions, les deux autres régions qui comptent les proportions les plus élevées de personnes alphabétisées sont : Thiès (38 % des femmes et 59 % des hommes) et Saint Louis (34 % des femmes et 45 % des hommes). Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes | 33 Tableau 3.4.1 Alphabétisation des femmes Répartition (en %) des femmes enquêtées par niveau d'instruction atteint et niveau d'alphabétisation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Primaire ou sans instruction Caractéristique sociodémographique Secondaire ou plus Lit une phrase entière Lit une partie de phrase Ne sait pas lire Pas de carte dans la langue Total1 Effectif Pourcentage alphabétisées2 Âge 15-19 20,6 12,8 9,4 55,9 0,8 100,0 3 556 42,8 20-24 15,1 11,6 10,3 62,1 0,6 100,0 2 844 37,0 25-29 15,3 12,2 8,1 63,8 0,4 100,0 2 379 35,6 30-34 14,2 11,5 6,6 67,2 0,2 100,0 1 953 32,3 35-39 11,8 7,2 6,7 73,7 0,4 100,0 1 613 25,7 40-44 11,6 9,6 5,7 72,6 0,3 100,0 1 249 26,9 45-49 8,9 11,6 4,2 74,7 0,2 100,0 1 009 24,7 Milieu de résidence Urbain 27,2 15,8 9,6 46,7 0,3 100,0 7 117 52,6 Rural 3,9 7,0 6,6 81,6 0,7 100,0 7 485 17,5 Région Dakar 31,6 15,9 9,7 42,1 0,2 100,0 3 866 57,2 Diourbel 4,8 7,2 5,4 81,0 1,4 100,0 1 548 17,4 Fatick 11,2 9,5 7,4 70,9 0,8 100,0 708 28,1 Kaolack 8,5 8,4 6,9 74,9 1,0 100,0 1 642 23,9 Kolda 4,2 4,8 9,3 81,3 0,1 100,0 1 047 18,3 Louga 5,7 8,9 6,7 78,2 0,1 100,0 915 21,2 Matam 4,8 6,7 6,7 81,5 0,2 100,0 543 18,1 Saint-Louis 11,5 13,9 8,7 65,8 0,0 100,0 947 34,1 Tambacounda 5,3 4,2 4,8 85,2 0,2 100,0 851 14,4 Thiès 16,1 14,6 7,7 60,5 0,8 100,0 1 974 38,4 Ziguinchor 20,9 17,6 13,6 47,7 0,1 100,0 562 52,1 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,1 4,2 5,5 88,6 0,4 100,0 2 433 10,8 Second 2,8 4,8 6,7 84,8 0,5 100,0 2 565 14,3 Moyen 8,5 11,8 7,4 71,9 0,3 100,0 2 839 27,6 Quatrième 17,9 13,7 9,9 57,6 0,7 100,0 3 154 41,5 Le plus riche 36,6 18,4 9,5 34,4 0,5 100,0 3 610 64,5 Total 15,2 11,3 8,0 64,6 0,5 100,0 14 602 34,6 1 Le total inclut les non déclarés. 2 Correspond aux femmes qui ont, au moins, fréquenté l'école secondaire et à celles pouvant lire une phrase entière ou une partie de phrase. Pour ce qui est du quintile de bien être, comme il fallait s’y attendre, les proportions de femmes et d’hommes qui sont alphabétisés augmentent des ménages les plus pauvres aux plus riches. Par exemple, le pourcentage de femmes alphabétisées passe de 11 % parmi celles appartenant au quintile le plus pauvre à 65 % parmi celles appartenant au quintile le plus riche. Pour les hommes, le pourcentage pour ces deux catégories passe de 23 % à 79 %. 34 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes Tableau 3.4.2 Alphabétisation des hommes Répartition (en %) des hommes enquêtés par niveau d'instruction atteint et niveau d'alphabétisation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Primaire ou sans instruction Caractéristique sociodémographique Secondaire ou plus Lit une phrase entière Lit une partie de phrase Ne sait pas lire Pas de carte dans la langue Total1 Effectif Pourcentage alphabétisés2 Âge 15-19 36,6 17,3 7,8 36,2 1,7 100,0 926 61,7 20-24 32,6 10,6 9,0 44,3 2,6 100,0 645 52,2 25-29 34,4 16,2 11,1 36,5 1,3 100,0 537 61,7 30-34 25,6 17,4 11,8 41,2 3,8 100,0 399 54,8 35-39 26,1 12,4 6,3 52,9 2,1 100,0 318 44,8 40-44 22,9 16,1 9,8 47,4 3,4 100,0 316 48,7 45-49 20,1 16,0 9,1 53,9 0,4 100,0 275 45,2 50-54 25,9 5,0 6,7 58,6 3,1 100,0 216 37,7 55-59 23,7 10,8 6,2 56,6 2,0 100,0 130 40,6 Milieu de résidence Urbain 45,3 17,1 7,8 27,1 2,3 100,0 2 101 70,2 Rural 11,0 11,2 10,3 65,0 2,0 100,0 1 660 32,4 Région Dakar 47,4 19,3 7,4 22,4 3,2 100,0 1 186 74,0 Diourbel 13,3 8,8 6,5 69,1 1,9 100,0 309 28,7 Fatick 17,9 11,2 8,2 58,7 3,8 100,0 174 37,3 Kaolack 24,1 12,4 8,0 53,6 1,5 100,0 369 44,5 Kolda 16,1 10,9 13,1 54,9 3,6 100,0 295 40,1 Louga 10,2 9,6 8,9 70,7 0,0 100,0 155 28,7 Matam 10,6 9,6 11,3 68,2 0,0 100,0 109 31,5 Saint-Louis 23,2 12,1 10,0 53,7 0,0 100,0 210 45,3 Tambacounda 14,1 9,4 11,3 60,0 4,5 100,0 247 34,8 Thiès 33,5 17,3 7,9 40,4 0,5 100,0 538 58,8 Ziguinchor 41,4 14,4 16,4 26,2 1,1 100,0 170 72,3 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 4,4 9,1 9,1 74,2 2,5 100,0 581 22,5 Second 9,3 10,5 11,5 65,2 2,5 100,0 556 31,2 Moyen 20,6 14,7 9,7 53,7 1,0 100,0 678 45,0 Quatrième 35,6 17,8 9,3 36,0 1,2 100,0 842 62,6 Le plus riche 55,8 16,6 6,8 16,9 3,4 100,0 1 104 79,3 Total 30,1 14,5 8,9 43,8 2,2 100,0 3 761 53,5 1 Le total inclut les non déclarés. 2 Correspond aux hommes qui ont, au moins, fréquenté l'école secondaire et à celles pouvant lire une phrase entière ou une partie de phrase. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes | 35 Graphique 3.1 Proportion d’alphabétisés parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans EDS-IV 2005 35 53 18 11 14 28 42 65 54 70 32 23 31 45 63 79 SÉNÉGAL MILIEU DE RÉSIDENCE Urbain Rural QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Femmes Hommes 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS Les données relatives à l’exposition des femmes et des hommes aux médias sont particulièrement importantes pour la mise en place des programmes d'éducation et de diffusion d'informations dans tous les domaines, notamment dans ceux de la santé et de la planification familiale. Les tableaux 3.5.1 et 3.5.2 présentent les données sur l’exposition des femmes et des hommes aux médias (la presse audiovisuelle ou écrite). On constate que les hommes sont moins exposés que les femmes aux médias. En effet, plus de deux hommes sur cinq (45 %) et seulement moins d’une femme sur huit (12 %) ne sont exposés à aucun média. De tous les médias, la radio1 est celui qui est le plus écouté : plus de huit femmes sur dix (81 %) et plus de la moitié des hommes (52 %) ont déclaré écouter la radio, au moins, une fois par semaine. La télévision2 vient en seconde position : elle est regardée, au moins, une fois par semaine par plus de six femmes sur dix (63 %) et par près de la moitié des hommes (48 %). On note cependant que les hommes ont déclaré plus fréquemment que les femmes qu’ils lisaient des journaux : seulement 10 % des femmes contre 23 % des hommes ont déclaré lire un journal au moins une fois par semaine. Les proportions de ceux et celles qui ont été exposés à la fois aux trois médias sont très faibles : seulement 9 % des femmes et 21 % des hommes. Selon l’âge, on constate que les jeunes générations sont généralement plus exposées aux médias que les plus âgées. En effet, les proportions d’hommes exposés à aucun média varient de 39 % chez ceux de 15-19 ans à 59 % chez les hommes de 50-54 ans. Chez les femmes, les écarts sont beaucoup plus faibles. 1 87 % des ménages au Sénégal possèdent un poste radio (voir tableau 2.7). 2 40 %, un poste de télévision (voir tableau 2.7). 36 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes Tableau 3.5.1 Exposition aux média : Femmes Pourcentage de femmes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Exposition aux trois médias Aucun média Effectif Âge 15-19 9,7 68,5 78,7 8,4 10,8 3 556 20-24 9,4 66,5 81,4 8,7 11,0 2 844 25-29 11,3 63,2 83,5 10,1 11,0 2 379 30-34 9,6 61,9 82,2 8,8 12,1 1 953 35-39 8,9 59,2 82,0 8,1 13,2 1 613 40-44 10,7 51,8 79,2 9,1 15,1 1 249 45-49 9,3 50,3 80,1 8,6 14,4 1 009 Milieu de résidence Urbain 18,2 86,7 86,4 16,7 4,0 7 117 Rural 1,9 39,8 75,8 1,3 19,4 7 485 Région Dakar 24,2 90,9 86,3 22,1 2,6 3 866 Diourbel 3,1 58,3 81,4 2,5 13,2 1 548 Fatick 5,1 42,3 79,2 3,9 16,3 708 Kaolack 4,5 38,9 75,1 3,6 19,4 1 642 Kolda 1,7 31,5 73,2 1,4 23,8 1 047 Louga 2,3 53,2 84,4 2,1 11,2 915 Matam 2,5 47,6 79,1 2,2 17,3 543 Saint-Louis 6,3 66,9 84,9 6,0 8,1 947 Tambacounda 2,3 42,6 71,4 2,2 23,1 851 Thiès 9,0 71,7 83,4 7,8 8,7 1 974 Ziguinchor 6,7 54,4 72,6 5,7 19,3 562 Niveau d’instruction Aucun 0,4 47,8 77,0 0,2 16,9 8 699 Primaire 10,9 80,2 85,5 9,6 6,2 3 677 Secondaire ou plus 45,1 91,8 88,9 41,2 1,9 2 226 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,8 15,3 70,3 0,2 27,4 2 433 Second 1,2 32,9 72,4 0,7 22,8 2 565 Moyen 3,4 59,9 80,5 2,7 12,0 2 839 Quatrième 11,3 87,4 85,9 10,0 3,2 3 154 Le plus riche 25,9 96,3 90,3 24,2 1,2 3 610 Total 9,9 62,7 81,0 8,8 11,9 14 602 Selon le milieu de résidence, les résultats font apparaître des différences significatives. En milieu rural, les femmes qui ne sont exposées à aucun média sont proportionnellement plus nombreuses (19 %) qu’en milieu urbain (4 %). Chez les hommes, l’écart est également important, la proportion variant de 67 % en rural à 28 % en urbain. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes | 37 Tableau 3.5.2 Exposition aux média : Hommes Pourcentage d’hommes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Exposition aux trois médias Aucun média Effectif Âge 15-19 15,9 54,0 54,1 15,2 39,2 926 20-24 20,8 50,3 53,5 20,2 45,3 645 25-29 28,6 55,7 60,0 25,6 37,1 537 30-34 27,6 49,7 56,3 26,6 42,3 399 35-39 26,2 38,3 45,8 22,7 53,4 318 40-44 29,6 44,6 48,4 25,2 48,1 316 45-49 21,0 36,3 45,1 18,9 54,3 275 50-54 22,0 33,3 40,7 20,7 58,6 216 55-59 26,0 31,8 43,0 25,4 57,0 130 Milieu de résidence Urbain 36,7 68,2 68,9 34,2 27,7 2 101 Rural 5,4 22,0 30,8 4,6 67,0 1 660 Région Dakar 46,1 73,7 73,7 43,5 22,9 1 186 Diourbel 6,9 24,8 29,9 6,7 69,7 309 Fatick 11,0 28,0 35,4 8,5 60,4 174 Kaolack 10,9 32,8 39,2 9,5 56,7 369 Kolda 6,2 29,1 42,0 5,1 56,4 295 Louga 5,7 24,2 27,4 5,4 71,1 155 Matam 5,4 24,5 28,1 5,4 69,3 109 Saint-Louis 7,8 39,9 40,1 7,3 55,6 210 Tambacounda 9,1 26,4 33,4 8,2 63,0 247 Thiès 25,4 51,7 56,6 22,5 40,8 538 Ziguinchor 15,2 58,5 69,3 13,5 28,9 170 Niveau d’instruction Aucun 1,7 9,4 13,2 1,2 86,3 1 621 Primaire 18,8 60,1 66,8 17,5 28,3 1 007 Secondaire ou plus 56,9 91,9 94,6 53,0 0,9 1 133 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,6 10,6 22,1 1,3 77,1 581 Second 3,5 20,4 30,8 2,4 67,1 556 Moyen 12,5 38,0 42,0 10,3 54,8 678 Quatrième 30,3 57,6 59,9 27,7 36,7 842 Le plus riche 44,7 79,7 78,7 42,7 17,5 1 104 Total 22,9 47,8 52,1 21,1 45,0 3 761 Les résultats selon les régions mettent également en évidence des disparités : la proportion de femmes n'ayant accès à aucun média est faible dans les régions de Dakar, Saint-Louis et Thiès (respectivement, 3 %, 8 % et 9 %). Elle est, par contre, très élevée dans certaines régions : 23 % pour la région de Tambacounda et 24 % pour Kolda. Chez les hommes, la proportion de ceux n’ayant aucun accès aux médias varient d’un minimum de 23 % à Dakar à un maximum de 71 % à Louga. En outre, le niveau d’instruction semble influencer de manière significative le niveau d’exposition aux médias. Que ce 38 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes soit chez les femmes ou chez les hommes, ceux ayant le niveau secondaire ou plus sont les plus fréquemment exposés aux trois médias : 41 % des femmes et 53 % des hommes contre seulement 6 % des femmes et 18 % des hommes ayant le niveau d’instruction primaire. Par ailleurs, les résultats montrent que 17 % des femmes sans niveau d’instruction ne sont exposées à aucun média contre 2 % de celles ayant un niveau secondaire ou plus. Ces proportions sont respectivement de 86 % et 1 % pour les hommes. De même que pour le niveau d’instruction, on note une relation positive entre le niveau de bien- être du ménage et l’exposition aux médias. On constate que ce sont les hommes et les femmes vivant dans les ménages les plus riches qui sont les plus fréquemment exposés aux trois médias : 43 % des hommes et 24 % des femmes contre seulement 1 % des hommes et 0 % des femmes des ménages les plus pauvres. 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE Lors de l’EDS-IV, des questions relatives à l’emploi ont été posées aux hommes et aux femmes. On a considéré comme ayant un travail, les hommes et les femmes qui ont déclaré avoir eu au cours des douze mois précédant l’enquête, une activité rémunérée ou non, indépendamment du secteur d’activité. Les résultats sont présentés au tableau 3.6. Dans l’ensemble, plus d’une femme sur deux (55 %) ne travaillait pas au moment de l’enquête ; une faible proportion (7 %) ne travaillaient pas au moment de l’enquête mais avaient eu une activité au cours des 12 derniers mois. À l’opposé, près de quatre femmes sur dix (38 %) exerçaient une activité (tableau 3.6 et graphique 3.2). On note que le pourcentage de femmes qui travaillaient au moment de l’enquête augmente régulièrement avec l’âge, passant d’un minimum de 22 % à 15-19 ans à un maximum de 57 % à 40-49 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les résultats montrent que ce sont les femmes en rupture d’union (58 %) qui étaient proportionnellement les plus nombreuses à exercer une activité au moment de l’enquête contre 39 % de celles en union et 38 % des célibataires. Le nombre d’enfants influence également l’activité économique de la femme. Plus le nombre d’enfants augmente, plus la proportion de femmes exerçant une activité augmente: de 30 % quand celles-ci n’ont pas d’enfant, la proportion passe à 50 % quand elles en ont 5 ou plus. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes | 39 Tableau 3.6 Emploi Répartition (en %) des femmes et hommes par le fait qu'elles ont, ou non, un emploi et par durée de l'emploi, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Travaille actuelle- ment Ne travaille pas actuelle- ment N'a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête Total Effectif Travaille actuelle- ment Ne travaille pas actuelle- ment N'a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête Total Effectif Âge 15-19 21,5 5,4 73,0 100,0 3 556 31,8 13,2 54,5 100,0 926 20-24 31,4 7,3 61,2 100,0 2 844 59,2 10,8 30,1 100,0 645 25-29 37,5 8,3 54,1 100,0 2 379 74,5 11,6 13,9 100,0 537 30-34 43,5 8,7 47,7 100,0 1 953 83,2 8,7 8,1 100,0 399 35-39 52,6 7,6 39,7 100,0 1 613 88,6 7,5 3,9 100,0 318 40-44 56,9 9,3 33,2 100,0 1 249 83,5 9,5 7,0 100,0 316 45-49 56,7 8,1 35,2 100,0 1 009 89,2 6,8 4,0 100,0 275 50-54 na na na na na 85,0 10,5 4,0 100,0 216 55-59 na na na na na 82,8 6,7 10,5 100,0 130 État matrimonial Célibataire 31,0 4,4 64,5 100,0 3 941 48,9 11,5 39,5 100,0 1 759 En union 39,0 8,8 52,1 100,0 9 866 82,5 9,4 8,0 100,0 1 866 Divorcée, séparée, veuve 58,0 6,4 35,5 100,0 795 66,9 12,1 21,0 100,0 135 Nombre d'enfants vivants 0 30,3 5,0 64,6 100,0 5 376 67,2 9,8 22,9 100,0 1 425 1-2 35,8 7,6 56,5 100,0 3 711 64,8 9,6 25,4 100,0 1 162 3-4 43,1 9,2 47,7 100,0 2 613 67,4 10,3 22,3 100,0 632 5+ 49,9 10,1 39,6 100,0 2 902 65,2 14,1 20,4 100,0 542 Milieu de résidence Urbain 42,7 3,7 53,4 100,0 7 117 64,8 7,0 28,2 100,0 2 101 Rural 33,3 11,1 55,6 100,0 7 485 67,9 14,8 16,9 100,0 1 660 Région Dakar 45,7 4,1 49,8 100,0 3 866 64,9 8,5 26,6 100,0 1 186 Diourbel 36,3 8,8 54,9 100,0 1 548 72,9 11,5 15,6 100,0 309 Fatick 30,7 13,4 55,8 100,0 708 67,9 10,9 21,1 100,0 174 Kaolack 30,5 15,3 54,2 100,0 1 642 63,9 14,6 20,9 100,0 369 Kolda 51,4 8,7 40,0 100,0 1 047 54,6 27,3 18,0 100,0 295 Louga 24,6 4,4 70,9 100,0 915 72,2 5,2 22,0 100,0 155 Matam 20,5 1,3 78,2 100,0 543 57,8 12,5 29,3 100,0 109 Saint-Louis 33,5 2,4 64,1 100,0 947 63,3 5,1 31,2 100,0 210 Tambacounda 38,5 12,1 49,4 100,0 851 76,0 9,1 14,9 100,0 247 Thiès 37,6 7,3 55,1 100,0 1 974 73,4 4,4 22,0 100,0 538 Ziguinchor 39,7 6,7 53,4 100,0 562 52,9 14,3 32,8 100,0 170 Niveau d’instruction Aucun 39,1 9,5 51,4 100,0 8 699 77,6 11,4 11,0 100,0 1 621 Primaire 37,5 4,9 57,2 100,0 3 677 67,8 9,1 22,7 100,0 1 007 Secondaire ou plus 33,7 3,7 62,6 100,0 2 226 48,4 10,4 41,1 100,0 1 133 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 30,7 17,7 51,6 100,0 2 433 64,1 22,4 13,1 100,0 581 Second 36,2 10,7 53,0 100,0 2 565 68,8 13,6 17,7 100,0 556 Moyen 37,7 5,5 56,7 100,0 2 839 69,3 6,8 23,5 100,0 678 Quatrième 40,9 3,7 55,3 100,0 3 154 70,5 6,1 23,4 100,0 842 Le plus riche 41,5 3,0 55,3 100,0 3 610 60,8 8,2 31,0 100,0 1 104 Total 37,9 7,4 54,5 100,0 14 602 66,2 10,5 23,2 100,0 3 761 na = Non applicable 40 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes Les données selon le milieu de résidence montrent que c’est en milieu urbain que la proportion de femmes qui travaillaient au moment de l’enquête est la plus élevée (43 %). Dans les régions, la proportion de femmes ayant une activité varie de 21 % à Matam et 25 % à Louga à un maximum de 51 % à Kolda et et 46 % à Dakar. Selon le niveau d’instruction, on constate que les femmes n’ayant aucune instruction (39 %) étaient proportionnellement plus nombreuses à exercer une activité que celles ayant un niveau ayant une instruction secondaire ou plus (34 %). Par contre, les femmes des ménages les plus riches étaient plus fréquemment occupées (42 %) que celles des ménages les plus pauvres (31 %). Les résultats concernant les hommes montrent que 66 % des hommes exerçaient une activité quelconque au moment de l’enquête. On constate, comme chez les femmes mais de manière plus irrégulière, que le pourcentage d’hommes qui travaillaient au moment de l’enquête augmente régulière- ment avec l’âge, passant de 32 % à 15-19 ans à 89 % à 35-39 ans et 45-49 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les résultats montrent, que les hommes en union et ceux en rupture d’union étaient, proportionnellement, les plus nombreux à travailler au moment de l’enquête (respectivement, 83 % et 67 %). Par rapport au milieu de résidence, la proportion d’hommes qui travaillaient au moment de l’enquête est légèrement plus élevée en milieu rural (68 %) qu’en milieu urbain (65 %). Concernant le niveau d’instruction, les résultats montrent que les hommes sans niveau d’instruction (78 %) étaient, proportionnellement, plus nombreux à exercer une activité que ceux ayant un niveau primaire (68 %) et ceux de niveau d’instruction secondaire ou plus (48 %). Enfin, on constate que dans les ménages les plus pauvres et les plus riches, les proportions d'hommes qui travaillaient sont moins élevées que dans les ménages intermédiaires. Le tableau 3.7 présente les résultats selon le type d’occupation des femmes et des hommes. Six femmes sur dix, parmi celles qui exerçaient une activité au moment de l’enquête ou qui avaient exercé une activité au cours des douze derniers mois ayant précédé l'enquête, travaillaient dans le secteur des ventes et services (60 %). Par ailleurs, une femme sur quatre (25 %) travaillaient dans le secteur agricole, moins de 8 % faisaient un travail manuel non agricole, et seulement 6 % travaillaient en tant que cadre ou exerçaient une activité professionnelle technique ou administrative. Selon le milieu de résidence, on constate que la proportion de femmes ayant déclaré une activité agricole est bien sûr plus élevée en milieu Graphique 3.2 Travail des femmes de 15-49 ans EDS-IV 2005 Ne travaille pas actuellement, mais a travaillé au cours des 12 mois précédant l'enquête 7 % Travaille actuellement 38 % N'a pas travaillé au cours des 12 mois précédant l'enquête 55 % Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes | 41 rural (47 %) qu’en milieu urbain (3 %). Par région, cette proportion est seulement de 1 % dans la région de Dakar et elle est inférieure à 20 % dans les régions de Thiès, Matam et Saint-Louis. Par contre, elle est supérieure à 40 % dans les régions de Fatick (44 %) et Kaolack (49 %), et dépasse 55 % dans les régions de Tambacouda (59 %) et de Kolda (66 %). En ce qui concerne le niveau d’instruction, les résultats montrent que 35 % des femmes travaillant dans l’agriculture n’ont aucun niveau d’instruction et moins de 3 % ont un niveau d’instruction secondaire ou plus. Tableau 3.7 Occupation Répartition (en %) des femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête par type d'occupation selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Profes- sionnel/ technicien/ administratif Ventes et services Travail manuel non agricole Agricul- ture Total1 Effectif Profes- sionnel/ technicien/ administratif Ventes et services Travail manuel non agricole Agricul- ture Total1 Effectif Âge 15-19 0,3 62,3 9,3 27,1 100,0 957 2,1 13,0 42,5 39,0 100,0 417 20-24 5,3 52,8 12,8 28,4 100,0 1 100 2,0 19,4 52,4 25,9 100,0 451 25-29 7,3 59,9 7,8 24,4 100,0 1 091 10,9 21,6 45,4 21,6 100,0 463 30-34 7,4 60,9 7,3 23,7 100,0 1 019 11,5 24,6 39,0 23,8 100,0 366 35-39 5,8 65,0 5,6 23,0 100,0 972 17,6 20,3 34,6 25,4 100,0 306 40-44 8,0 60,4 5,1 25,6 100,0 827 14,0 20,8 34,0 30,5 100,0 294 45-49 5,8 63,4 4,5 25,0 100,0 654 14,2 22,5 25,7 33,9 100,0 264 50-54 na na na na na na 23,1 19,2 19,7 36,7 100,0 206 55-59 na na na na na na 14,7 16,5 12,7 48,6 100,0 117 État matrimonial Célibataire 8,0 68,8 11,1 11,1 100,0 1 396 5,3 19,7 48,3 25,1 100,0 1 061 En union 4,6 56,3 6,8 31,5 100,0 4 711 13,8 20,4 31,0 32,8 100,0 1 715 Divorcé(e), séparé(e), veuf(ve) 9,1 75,2 7,4 8,1 100,0 513 13,7 13,2 47,6 25,1 100,0 107 Nombre d'enfants vivants 0 9,0 63,9 11,3 15,1 100,0 1 902 10,5 18,2 46,8 22,5 100,0 1097 1-2 5,9 57,1 9,1 27,0 100,0 1 610 11,2 22,5 32,7 31,3 100,0 865 3-4 5,2 57,3 6,4 30,1 100,0 1 367 10,6 21,5 31,3 36,4 100,0 491 5+ 2,3 62,0 3,8 31,4 100,0 1 741 10,2 17,2 33,8 37,0 100,0 429 Milieu de résidence Urbain 9,7 76,2 9,5 3,3 100,0 3 299 16,2 24,6 49,3 8,0 100,0 1 510 Rural 1,7 44,7 6,1 47,3 100,0 3 320 4,6 14,7 25,6 53,5 100,0 1 373 Région Dakar 11,9 76,3 10,1 0,8 100,0 1 927 17,3 28,3 49,9 3,9 100,0 871 Diourbel 2,2 67,7 9,9 20,2 100,0 698 8,2 18,2 41,4 28,1 100,0 261 Fatick 3,7 50,4 2,4 43,1 100,0 313 7,6 11,8 19,0 61,0 100,0 137 Kaolack 3,8 43,6 3,2 49,0 100,0 751 9,1 12,5 31,6 46,0 100,0 289 Kolda 1,0 28,6 4,0 66,1 100,0 629 4,7 16,9 16,4 61,0 100,0 242 Louga 2,8 64,9 6,9 25,0 100,0 266 5,6 24,3 29,8 37,2 100,0 120 Matam 3,0 58,4 21,6 17,0 100,0 118 6,4 27,2 35,9 27,4 100,0 77 Saint-Louis 7,8 67,0 6,2 19,1 100,0 340 7,7 20,3 36,2 34,0 100,0 143 Tambacounda 1,8 31,2 7,7 59,2 100,0 430 3,2 15,3 22,7 57,0 100,0 210 Thiès 3,5 71,9 8,9 12,8 100,0 886 10,8 15,2 44,0 26,5 100,0 418 Ziguinchor 3,6 57,0 6,5 32,2 100,0 261 11,4 10,0 42,8 34,3 100,0 114 Instruction Aucun 0,7 57,3 6,2 35,3 100,0 4 229 2,6 21,1 31,6 42,7 100,0 1 443 Primaire 3,2 73,9 11,4 10,6 100,0 1 558 5,5 14,9 55,0 23,2 100,0 774 Secondaire ou plus 35,8 50,8 8,9 2,5 100,0 832 34,3 23,1 32,0 9,0 100,0 666 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,5 22,5 2,6 74,3 100,0 1 177 1,7 10,2 11,5 75,1 100,0 502 Second 1,0 44,0 5,9 48,9 100,0 1 203 1,7 13,9 28,1 55,0 100,0 458 Moyen 3,0 74,8 6,9 15,0 100,0 1 225 6,6 19,6 45,4 26,1 100,0 515 Quatrième 5,6 81,2 10,7 1,0 100,0 1 407 13,2 25,0 47,7 11,5 100,0 645 Le plus riche 15,2 71,2 11,2 1,1 100,0 1 606 22,6 25,8 48,2 2,3 100,0 762 Total 5,7 60,4 7,8 25,4 100,0 6 619 10,7 19,9 38,0 29,7 100,0 2 883 na = Non applicable 1 Les totaux incluent les non déclarés 42 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes C’est dans le travail manuel non agricole que près de quatre hommes sur dix (38 %) des hommes en activité travaillent; en outre, trois hommes sur dix (30 %) travaillent dans l’agriculture, deux sur dix (20 %) exercent dans le secteur des ventes et services et plus d’un sur dix (11 %) travaille en tant que cadre ou exerce une activité professionnelle technique ou administrative. De plus, on note selon l’âge que les proportions d'hommes exerçant un travail manuel qualifié ou non tendent à baisser au fur et à mesure que l'âge augmente. Selon le milieu de résidence, on constate, comme on pouvait s’attendre, que ce soit en milieu rural que la proportion d’hommes ayant une activité agricole est la plus élevée (54 % contre 8 % en milieu urbain). Par contre, en milieu urbain, la proportion d’hommes exerçant un travail manuel qualifié ou non est nettement supérieure à celle observée en milieu rural (49 % contre 26 %). En ce qui concerne le niveau d’instruction, les résultats montrent que 43 % des hommes travaillant dans l’agriculture n’ont aucun niveau d’instruction tandis que plus d’un homme sur trois (34 %) travaillant en tant que cadre ou exerçant une activité professionnelle technique ou administrative a un niveau d’instruction secondaire ou plus. La proportion des hommes qui sont des cadres ou sont occupés dans des activités professionnelles ou administratives augmente significativement avec le bien-être du ménage. Elle passe de 2 % chez les hommes vivant dans les ménages les plus pauvres à 23 % chez ceux des ménages les plus riches. La tendance s’inverse pour ceux qui ont une activité agricole : trois hommes sur quatre des ménages les plus pauvres (75 %) sont occupés dans l’agriculture contre seulement 2 % dans les ménages les plus riches. Le tableau 3.8 présente la répartition des femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type de revenus, type d’employeur et en fonction de la régularité de l’emploi. Dans l’ensemble, on constate que la majorité des femmes 72 % des femmes ont été payées en argent seulement, 6 % en argent et en nature, 4 % en nature seulement et 18 % n’ont pas été payées (graphique 3.3). Les femmes travaillant ou ayant travaillé dans le secteur non agricole ont été plus fréquemment payées en argent (91 %) que celles qui ont exercé une activité dans le domaine agricole (17 %). De plus, dans la majorité des cas (72 %) les femmes travaillaient pour leur propre compte, cela quel que soit le type d’emploi. Dans le secteur agricole, les femmes ont été en proportion un peu plus nombreuses à travailler pour un membre de la famille que dans le secteur non agricole (34 % contre 6 %). Enfin, dans 52 % des cas, les femmes ont travaillé toute l'année, en particulier celles ayant travaillé dans le secteur non agricole (67 %). Dans le secteur agricole, la majorité des femmes (92 %) ont été des saisonnières. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes | 43 Tableau 3.8 Type d'emploi Répartition (en %) des femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois précédant l'enquête par type de revenus, type d'employeur et régularité de l'emploi, selon le type de l'emploi (agricole ou non-agricole), EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique de l'emploi Travail agricole Travail non agricole ND Total Type de revenu Argent seulement 17,4 90,9 71,6 72,1 Argent et en nature 18,3 2,2 1,8 6,3 En nature seulement 14,3 0,2 0,0 3,8 Sans rémunération 49,9 6,5 17,2 17,6 ND 0,0 0,1 9,4 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Type d'employeur Travaille pour un membre de la famille 34,3 5,6 9,7 12,9 Travaille pour quelqu'un d'autre que la famille 9,1 16,4 14,6 14,5 Travaille à son propre compte 56,6 77,8 66,3 72,3 ND 0,0 0,1 9,4 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Régularité du travail Annuel 6,5 67,0 52,9 51,6 Saisonnier 91,7 14,1 29,7 33,9 Occasionnel 1,5 18,5 8,0 14,1 ND 0,3 0,3 9,4 0,4 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 679 4 889 51 6 619 Note: Le total comprend les femmes dont l'information sur le type d'emploi est manquante. Graphique 3.3 Type de revenu des femmes de 15-49 ans EDS-IV 2005 Argent seulement 72 % Sans rémunération 18 % En nature seulement 4 % Argent et en nature 6 % 44 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes Le tableau 3.9 présente les proportions de femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 derniers mois par type d’employeur selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Comme il a été indiqué plus haut, la majorité des femmes (72 %) travaillaient à leur propre compte. Cette proportion augmente avec l'âge : elle passe de 45 % parmi celles âgées de 15-19 ans à 87 % parmi celles de 45-49 ans. C’est en milieu urbain (75 %) et parmi celles n’ayant aucune instruction (74 %) que la proportion de femmes travaillant à leur compte est la plus élevée. En outre, plus d’une femme sur sept (15 %) travaillait pour quelqu'un d'autre que la famille. Il s’agit surtout des femmes urbaines (18 %) et de celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (27 %). Plus d’une femme sur huit (13 %) travaillait pour un membre de la famille. Les femmes les moins instruites (15 %), les plus jeunes (26 % à 15-19 ans) et celles du milieu rural (19 %) sont proportionnellement plus nombreuses à travailler pour un membre de la famille que les autres. Tableau 3.9 Type d’employeur Répartition (en %) des femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois précédant l'enquête par type d'employeur, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Type d'employeur Caractéristique Travaille pour un membre de la famille Travaille pour quelqu'un d'autre que la famille Travaille à son propre compte Total1 Effectif Âge 15-19 26,3 28,2 45,4 100,0 957 20-24 19,2 20,4 60,4 100,0 1 100 25-29 10,3 14,2 74,9 100,0 1 091 30-34 11,0 11,8 76,8 100,0 1 019 35-39 7,0 7,9 85,1 100,0 972 40-44 7,2 8,9 83,9 100,0 827 45-49 6,2 6,6 87,2 100,0 654 Milieu de résidence Urbain 6,9 17,7 75,2 100,0 3 299 Rural 18,9 11,5 69,5 100,0 3 320 Niveau d’Instruction Aucun 14,9 10,7 74,3 100,0 4 229 Primaire 11,9 18,2 69,8 100,0 1 558 Secondaire ou plus 5,0 27,1 67,0 100,0 832 Total 12,9 14,5 72,3 100,0 6 619 1 Total inclut les ND 3.6 STATUT DE LA FEMME Les constructions culturelles liées au genre et à la sexualité définissent le rôle des hommes et des femmes dans la société et ont un impact très important sur leur comportement. L’incorporation de la dimension genre est désormais nécessaire pour assurer la réussite de tout programme dans le domaine de la santé et de la population. À l’EDS-IV, le pouvoir de décision de la femme au sein du ménage, son droit à disposer de l’argent gagné et son opinion concernant l’adhésion ou le rejet de certains rôles traditionnels ont été choisis comme critère d’évaluation du statut de la femme au Sénégal. Les résultats sont présentés dans cette partie. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes | 45 3.6.1 Utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage Le tableau 3.10 présente d’une part la répartition des femmes qui travaillent selon la personne qui décide de l’utilisation de leur revenu et d’autre part la répartition des femmes qui travaillent selon la part des dépenses du ménage qui sont couvertes par leurs revenus. Au Sénégal, plus de huit femmes sur dix (83 %) décident seules de l’utilisation de l’argent qu’elles gagnent. Cette proportion augmente avec l’âge : de 48 % chez les femmes de 15-19 ans, la proportion passe à 96 % chez celles de 45-49 ans. C’est parmi les femmes en rupture d’union (95 %), parmi celles du milieu urbain (85 %), parmi les plus instruites (89 %) et parmi celles des ménages du quintile le plus riche (84 %) que la proportion de femmes qui dispose le plus fréquemment « d’autonomie financière » est la plus élevée. À l’opposé, les femmes du milieu rural (81 %), celles ayant un niveau primaire (81 %) et celles des ménages les plus pauvres (76 %) sont celles qui décident le moins fréquemment de l’utilisation de l’argent qu’elles gagnent. Dans 12 % des cas, c'est une autre personne qui décide de l'utilisation de l'argent gagné par la femme. Il s’agit essentiellement des femmes les plus jeunes (49 % à 15-19 ans), celles qui sont célibataires (37 %), et les femmes ayant une instruction primaire (14 %). Enfin dans 5 % des cas, les femmes ont déclaré décider conjointement avec quelqu’un d’autre. En ce qui concerne la contribution des femmes aux dépenses du ménage, les données collectées au cours de l'EDS-IV révèlent que dans près de quatre femmes sur dix (37 %), l'enquêtée ne contribue en aucune manière aux dépenses du ménage: il s'agit principalement des jeunes de 15-19 ans (52 %) et des célibataires (51 %). Seulement 7 % des femmes qui gagnent de l’argent affectent la totalité de leur revenu aux dépenses du ménage. Les femmes qui prennent en charge toutes les dépenses du ménage avec leur revenu sont celles qui sont âgées de 40 ans ou plus, celles qui sont en rupture d’union (18 %) et les femmes qui ont cinq enfants ou plus (11 %). La répartition selon le milieu de résidence, le niveau d’instruction et le niveau de bien-être du ménage ne met pas en évidence d’écarts importants. Par ailleurs, on note aussi qu’environ trois femmes sur dix (29 %) couvrent au moins la moitié des dépenses du ménage avec leur revenu. Ce comportement est moins fréquent chez les jeunes femmes de 15-19 ans (18 %), les femmes célibataires (22 %), celles n’ayant aucun enfant (24 %), les femmes ayant un niveau d'instruction primaire (26 %) et celles appartenant au quatrième quantile de bien-être (24 %) que chez les autres. 46 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes Tableau 3.10 Décision de l'utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage Répartition (en %) des femmes travaillant ou ayant travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête et qui gagnent de l'argent en fonction de la personne qui décide de son utilisation et de la proportion dépensée pour les charges du ménage, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Décision sur l'utilisation des revenus Dépenses du ménage couvertes par les gains Caractéristique sociodémographique Enquêtée toute seule Conjointe- ment avec quelqu'un d'autre1 Autre personne décide seule2 ND Total Pratique- ment aucune Moins de la moitié Au moins la moitié Toutes ND Total Effectif Âge 15-19 47,8 3,6 48,6 0,1 100,0 52,2 24,1 17,5 6,1 0,2 100,0 644 20-24 74,6 5,7 19,6 0,1 100,0 48,3 25,2 22,7 3,5 0,3 100,0 765 25-29 84,3 7,3 8,3 0,1 100,0 42,6 24,6 29,3 3,6 0,1 100,0 883 30-34 89,3 5,2 5,2 0,3 100,0 35,3 31,7 27,2 5,7 0,1 100,0 843 35-39 93,5 4,3 2,3 0,0 100,0 30,6 26,2 34,9 8,3 0,0 100,0 824 40-44 93,5 4,1 2,4 0,0 100,0 23,5 30,2 32,5 13,7 0,1 100,0 685 45-49 95,5 2,4 1,9 0,2 100,0 20,5 30,6 35,3 13,4 0,2 100,0 547 État matrimonial Célibataire 59,8 3,4 36,8 0,0 100,0 51,1 21,7 22,3 4,8 0,0 100,0 1 071 En union 88,3 5,8 5,8 0,1 100,0 32,4 30,0 30,7 6,7 0,2 100,0 3 647 Divorcée, séparée, veuve 94,9 1,2 3,9 0,0 100,0 36,8 20,3 25,0 17,9 0,0 100,0 474 Nombre d'enfants vivants 0 64,5 3,9 31,5 0,1 100,0 48,9 22,8 23,7 4,4 0,1 100,0 1 465 1-2 88,6 5,3 6,1 0,1 100,0 40,7 27,5 25,0 6,7 0,1 100,0 1 268 3-4 90,6 5,3 4,1 0,0 100,0 29,7 30,5 32,6 7,1 0,1 100,0 1 070 5+ 91,7 5,1 3,0 0,2 100,0 25,6 29,7 33,4 11,2 0,1 100,0 1 389 Milieu de résidence Urbain 84,6 4,2 11,2 0,0 100,0 36,7 27,8 28,3 7,1 0,0 100,0 3 033 Rural 80,8 5,8 13,2 0,2 100,0 36,6 26,8 28,6 7,7 0,2 100,0 2 159 Région Dakar 83,5 4,9 11,6 0,0 100,0 35,3 28,4 28,7 7,6 0,0 100,0 1 797 Diourbel 81,9 5,3 12,5 0,2 100,0 44,8 29,0 22,1 3,8 0,2 100,0 526 Fatick 83,4 4,0 12,1 0,4 100,0 32,0 27,6 31,3 8,2 0,9 100,0 202 Kaolack 70,1 6,9 22,8 0,2 100,0 28,2 20,9 35,6 15,3 0,0 100,0 520 Kolda 85,3 5,4 9,1 0,2 100,0 33,2 28,1 32,3 6,0 0,4 100,0 300 Louga 86,0 3,0 11,0 0,0 100,0 40,3 31,7 25,6 2,3 0,0 100,0 211 Matam 91,6 2,0 5,8 0,5 100,0 48,2 29,1 17,0 5,2 0,5 100,0 103 Saint-Louis 88,6 4,5 6,9 0,0 100,0 43,5 30,1 22,2 4,3 0,0 100,0 297 Tambacounda 90,2 5,1 4,5 0,2 100,0 37,5 34,5 24,3 3,8 0,0 100,0 281 Thiès 82,5 3,6 13,9 0,0 100,0 38,4 22,9 31,1 7,7 0,0 100,0 764 Ziguinchor 87,3 6,6 6,2 0,0 100,0 32,1 27,5 30,3 9,9 0,3 100,0 191 Niveau d'instruction Aucun 82,9 4,7 12,2 0,1 100,0 34,6 28,2 28,0 9,1 0,2 100,0 2 465 Primaire 81,0 4,7 14,2 0,1 100,0 42,6 25,3 26,4 5,5 0,1 100,0 1 976 Secondaire ou plus 88,4 5,5 6,1 0,1 100,0 28,9 29,1 35,8 6,1 0,1 100,0 667 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 76,3 7,4 16,0 0,3 100,0 27,2 31,1 32,5 8,4 0,7 100,0 567 Second 81,4 5,5 13,1 0,0 100,0 29,7 28,5 33,1 8,7 0,0 100,0 796 Moyen 83,1 4,3 12,5 0,1 100,0 36,7 26,0 28,2 8,9 0,2 100,0 1 066 Quatrième 85,7 4,2 9,9 0,2 100,0 41,1 27,9 23,7 7,4 0,0 100,0 1 306 Le plus riche 84,0 4,5 11,5 0,0 100,0 40,3 25,9 28,8 5,0 0,0 100,0 1 457 Total 83,0 4,9 12,0 0,1 100,0 36,7 27,4 28,5 7,3 0,1 100,0 5 192 1 En commun avec le conjoint ou quelqu'un d'autre. 2 Y compris le conjoint. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes | 47 Le tableau 3.11 présente la répartition des femmes en union qui gagnent de l’argent selon la personne qui décide de son utilisation et selon la part des dépenses du ménage qui sont couvertes par les revenus de la femme. Les résultats montrent que parmi les femmes actuellement en union qui n’affectent pratiquement rien de ce qu’elles gagnent aux dépenses du ménage, près de neuf femmes sur dix (88 %) décident seules de l’utilisation de leurs revenus, le mari ou partenaire n’intervenant que dans moins de 5 % des cas. Parmi celles qui consacrent la totalité de leurs gains pour couvrir les dépenses du ménage, pratiquement huit femmes sur dix (78 %) prennent aussi seules la décision d’utiliser leur argent. Il semble donc qu’au Sénégal la contribution de la femme qui travaille aux dépenses du ménage n’est pas influencée par sa capacité de décision concernant l’argent qu’elle gagne. Tableau 3.11 Contrôle du revenu des femmes Répartition (en %) des femmes en union qui gagnent de l'argent pour leur travail ou qui en ont gagné au cours des 12 derniers mois en fonction de la personne qui décide de son utilisation et en fonction de l'état matrimonial, selon la proportion dépensée pour les charges du ménage, EDS-IV Sénégal 2005 Contribution aux dépenses du ménage Elle- même Avec conjoint/ partenaire Avec quelqu'un d'autre Conjoint/ partenaire seul Quelqu'un d'autre seul Total1 Effectif2 Pratiquement aucune 92,1 2,1 1,3 1,8 2,5 100,0 1 183 Moins de la moitié 88,4 5,9 0,8 3,2 1,6 100,0 1 093 Au moins la moitié 86,7 6,5 0,5 4,0 2,3 100,0 1 119 Toutes 78,5 6,3 0,9 11,2 3,2 100,0 245 ND * * * * * * 6 Total 88,3 4,9 0,9 3,5 2,3 100,0 3 647 1 Total inclut les ND. 2 Effectif pondéré * Basé sur trop peu de cas non pondérés. 3.6.2 Prise de décision dans le ménage Pour évaluer le rôle et le niveau d’implication des femmes dans la prise de décision au sein du ménage, on a posé aux femmes des questions pour savoir qui, de l’enquêtée ou de quelqu’un d’autre, avait le dernier mot dans certaines décisions. Ces décisions portaient sur les soins de santé de la femme, les achats importants pour le ménage, les achats quotidiens pour le ménage, les visites à la famille et/ou aux parents et la préparation quotidienne des repas. Les questions ont été posées à toutes les femmes. Selon le tableau 3.12, qui ne présente les résultats que pour les femmes en union, on constate que c’est dans la préparation quotidienne des repas que les femmes ont le plus fréquemment le dernier mot (56 %). Par contre, quand il s’agit de leurs propres soins de santé, seulement 14 % décident en dernier ressort et dans 67 % des cas, c’est le conjoint seul qui décide. C’est en ce qui concerne la décision sur les achats importants du ménage que la proportion de femmes qui ont le dernier mot est la plus faible (8 %). Dans six cas sur dix (60 %), c’est le conjoint qui a le dernier mot. 48 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes Tableau 3.12 Participation des femmes dans la prise de décision Répartition (en %) des femmes en fonction de la personne qui a le dernier mot pour certaines prises de décision, selon l'état matrimonial et le type de décision, EDS-IV Sénégal 2005 Type de décision Enquêtée elle-même Avec son conjoint Avec quelqu'un d'autre Conjoint seul Quelqu'un d'autre seul Aucune décision prise/NA Total1 Effectif Propres soins de santé 13,7 6,0 0,5 66,8 12,8 0,1 100,0 9 866 Achats importants pour le ménage 7,5 8,3 1,6 59,9 22,2 0,3 100,0 9 866 Achats quotidiens pour le ménage 15,8 9,1 2,6 48,7 23,2 0,3 100,0 9 866 Visites à la famille ou aux proches 14,6 14,6 3,8 49,0 16,6 1,2 100,0 9 866 Préparation quotidienne des repas 55,6 2,5 9,2 9,6 18,6 4,3 100,0 9 866 1 Total inclut les ND. Dans l’ensemble, seulement moins d’une femme sur dix (9 %), qu'elle soit en union ou pas, a déclaré avoir décidé en dernier ressort pour toutes les décision citées et, à l’opposé, près de deux femmes sur cinq (38 %) n’ont eu le dernier mot dans aucune décision (tableau 3.13). Les femmes en rupture d’union sont proportionnellement les plus nombreuses à avoir le dernier mot (28 % contre 9 % parmi celles en union et 3 % pour les célibataires) dans toutes les décisions citées. Par contre, plus de sept jeunes filles de 15-19 ans sur dix (72 %), près des trois quarts des célibataires (74 %) et un peu moins de la moitié des femmes qui ne travaillent pas (45 %) ont déclaré n’avoir le dernier mot dans aucune décision. Les femmes qui exercent un travail rémunéré sont proportionnellement plus nombreuses à avoir le dernier mot dans toutes les décisions (15 %) que celles qui celles qui ne travaillent pas (5 %) et que celles qui travaillent sans être payées (6 %). Concernant les résultats en fonction du type de décision, on constate que plus de la moitié des femmes (51 %) ont déclaré avoir eu le dernier mot pour la préparation du repas quotidien. À l’opposé, quand il s’agit des achats importants du ménage et des soins de santé, les proportions sont plus faibles (respectivement 15 % et 20 %). En outre, plus d’une femme sur cinq (22 %) décide des achats quotidiens et dans moins de trois cas sur dix (29 %), elles décident des visites qu’elles effectuent à la famille et à leurs amis. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes | 49 Tableau 3.13 Participation des femmes dans la prises de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes qui déclarent avoir le dernier mot, seule ou en commun avec quelqu'un, pour certaines prises de décision, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Décide seule ou en commun avec quelqu'un de : Caractéristique sociodémographique Propres soins de santé Achats importants pour le ménage Achats quotidiens pour le ménage Visites à la famille ou aux proches Préparation quotidienne des repas Toutes les décisions citées Aucune des décisions citées Effectif de femmes Âge 15-19 6,3 3,7 5,0 11,8 20,0 2,2 71,9 3 556 20-24 14,8 9,4 13,9 22,3 42,3 4,5 45,4 2 844 25-29 19,9 13,8 22,1 28,7 58,4 6,5 30,1 2 379 30-34 24,4 17,9 29,0 33,2 68,4 9,4 20,6 1 953 35-39 29,3 24,9 37,9 43,0 72,4 15,1 17,1 1 613 40-44 35,2 30,5 40,3 47,8 72,2 18,9 16,0 1 249 45-49 37,3 32,4 45,0 52,2 78,2 23,3 13,4 1 009 État matrimonial Célibataire 11,6 5,1 5,8 13,7 13,6 3,2 73,8 3 941 En union 20,2 17,4 27,6 33,0 67,2 9,2 24,4 9 866 Divorcée, séparée, veuve 55,0 34,3 35,9 51,4 41,6 28,0 33,0 795 Nombre d'enfants vivants 0 12,8 7,3 9,5 16,9 22,6 4,0 65,5 5 376 1-2 21,9 16,6 23,4 32,0 57,6 9,3 29,8 3 711 3-4 22,5 18,4 30,3 35,5 72,7 10,7 19,3 2 613 5+ 27,4 24,2 36,6 40,8 77,3 14,4 15,5 2 902 Milieu de résidence Urbain 25,7 18,8 25,5 32,1 47,2 11,4 39,5 7 117 Rural 14,1 11,4 18,9 25,7 55,2 6,0 37,0 7 485 Niveau d'instruction Aucun 18,6 15,3 23,5 28,6 57,0 8,9 34,2 6 743 Primaire 17,8 12,9 19,5 27,1 48,9 6,9 40,7 5 633 Secondaire ou plus 28,0 19,4 24,8 33,7 40,3 12,2 44,1 2 226 Emploi Ne travaille pas actuellement 12,9 9,8 15,7 23,5 47,6 5,3 44,5 9 036 Travail payé 34,9 26,1 35,6 40,4 58,3 15,5 25,4 4 634 Travail non payé 11,1 10,1 17,5 22,0 54,1 6,0 40,2 890 ND 11,5 12,1 14,0 16,2 33,7 8,8 64,5 42 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 12,6 10,1 17,6 24,2 58,3 5,5 35,4 2 433 Second 16,3 14,1 21,8 28,4 55,8 7,1 35,8 2 565 Moyen 18,1 13,6 19,6 26,5 50,9 8,3 38,7 2 839 Quatrième 21,0 15,9 23,3 27,7 49,5 9,2 39,9 3 154 Le plus riche 27,2 19,2 26,5 34,9 45,4 11,6 40,0 3 610 Total 19,7 15,0 22,1 28,8 51,3 8,6 38,2 14 602 50 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes 3.6.3 Opinion des femmes sur la violence conjugale Au cours de l’EDS-IV, on a demandé aux femmes si elles pensaient que pour certaines raisons qui étaient citées, il est justifié qu’un homme batte son épouse ou partenaire. Le tableau 3.14 présente les pourcentages de femmes qui sont d’accord avec certaines raisons spécifiques justifiant qu’un mari batte sa femme ou sa partenaire. Ces proportions sont présentées selon différentes caractéristiques socio- démographiques des femmes enquêtées. La majorité des femmes (65 %) pense que pour, au moins une des raisons citées, un homme a le droit de battre sa femme ou partenaire. C’est parmi les femmes en union (68 %), celles du milieu rural (73 %), celles n’ayant aucune instruction (72 %) et les femmes appartenant aux ménages les plus pauvres (76 %) que la proportion de celles qui partage cette opinion est la plus élevée (61 % et 62 %). À l’opposé, c’est parmi les femmes urbaines (57 %), celles qui ont un niveau d’instruction au moins secondaire (46 % ) et les femmes appartenant aux ménages les plus riches (50 %) que l’on constate les proportions les plus faibles de femmes qui approuvent cette opinion selon laquelle pour au moins une des raisons citées, un homme peut battre son épouse ou partenaire. Par ailleurs, le tableau 3.14 présente les résultats selon les différentes raisons citées. On constate que c’est dans le cas où la femme sort sans le dire à son mari ou partenaire que la proportion de femmes qui pensent qu’il est justifié qu’un homme batte sa femme est la plus élevée (50 %). Dans également environ la moitié des cas (49 %), les femmes approuvent ce comportement du mari/ partenaire quand la femme néglige les enfants ou discute ses opinions, en particulier en milieu rural (58 %) et parmi les femmes sans niveau d’instruction (respectivement, 56 % et 55 %). Plus de quatre femmes sur dix (45 %) approuvent ce comportement quand la femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire. Enfin, pour 23 % des femmes, il est justifié qu’un homme batte sa femme ou partenaire quand celle-ci brûle la nourriture ; ce sont toujours les femmes du milieu rural et celles sans niveau d’instruction qui se sont déclarées le plus fréquemment en accord avec cette opinion (respectivement, 27 % et 28 %). Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes | 51 Tableau 3.14 Opinion des femmes concernant le fait qu'un mari batte sa femme Pourcentage de femmes qui pensent qu'il est justifié que, dans certaines circonstances, un mari batte sa femme, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Pense qu'il est justifié qu'un mari batte sa femme quand : Caractéristique sociodémographique Elle brûle la nourriture Elle discute ses opinions Elle sort sans le lui dire Elle néglige les enfants Elle refuse d'avoir des rapports sexuels avec lui D'accord avec au moins une des raisons mentionnées Effectif de femmes Âge 15-19 25,5 49,9 50,1 49,2 41,4 66,2 3 556 20-24 22,3 47,9 49,5 49,0 43,9 64,7 2 844 25-29 22,1 46,9 46,9 46,3 45,4 64,0 2 379 30-34 23,1 47,9 49,5 47,6 47,3 63,9 1 953 35-39 23,5 50,0 49,7 48,3 45,8 64,8 1 613 40-44 22,7 50,5 53,1 52,1 49,0 67,8 1 249 45-49 23,0 47,7 51,5 48,7 49,2 65,1 1 009 État matrimonial Célibataire 21,9 43,3 40,9 42,4 34,4 59,6 3 941 En union 24,2 51,6 53,7 51,8 49,7 68,0 9 866 Divorcée, séparée, veuve 20,7 38,8 43,5 39,1 39,0 57,4 795 Nombre d'enfants vivants 0 21,9 45,0 43,9 44,7 37,4 61,5 5 376 1-2 22,5 48,0 50,7 47,8 45,7 64,7 3 711 3-4 23,8 51,0 51,9 52,3 49,5 67,6 2 613 5+ 26,7 54,1 57,2 53,6 54,0 70,3 2 902 Milieu de résidence Urbain 19,1 38,7 38,0 39,1 34,0 57,1 7 117 Rural 27,4 58,1 60,8 57,6 55,4 72,8 7 485 Niveau d'instruction Aucun 27,8 55,2 58,6 55,6 53,3 71,8 6 743 Primaire 21,5 48,2 47,7 47,2 43,5 64,6 5 633 Secondaire ou plus 14,8 29,9 27,9 30,9 23,6 46,3 2 226 Emploi Ne travaille pas actuellement 24,9 51,0 50,6 49,4 46,5 65,9 9 036 Travail payé 21,0 45,2 46,9 46,6 43,2 62,9 4 634 Travail non payé 20,6 44,8 56,3 51,5 40,3 70,7 890 ND 15,9 19,2 20,5 21,8 16,3 33,4 42 Nombre de décisions prises par la femme1 0 25,7 49,7 49,9 50,1 43,4 65,0 5 580 1-2 23,0 49,1 51,4 49,3 48,5 66,4 6 182 3-4 19,1 45,5 44,4 43,1 41,6 63,7 1 579 5 20,2 45,7 46,7 45,3 38,9 61,8 1 260 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 30,3 61,7 66,4 63,4 56,9 75,7 2 433 Second 28,4 55,9 59,0 56,4 54,1 72,6 2 565 Moyen 23,9 54,4 55,9 53,0 52,5 70,7 2 839 Quatrième 24,4 44,6 43,8 44,0 41,8 63,0 3 154 Le plus riche 13,7 33,7 32,1 33,6 27,4 50,3 3 610 Total 23,4 48,6 49,7 48,6 45,0 65,2 14 602 1 Soit seule ou en commun avec quelqu'un d'autre. 52 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes 3.6.4 Opinion des femmes sur le refus d’avoir des rapports sexuels Durant l’EDS-IV, on a également demandé aux femmes si elles pensaient qu’il est justifié que pour certaines raisons citées, une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari ou partenaire. Le tableau 3.15 présente les résultats selon différentes caractéristiques sociodémographiques et en fonction des différentes raisons citées. Pratiquement plus d’une femme sur quatre (27 %) pense qu’il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire, cela quelle que soit la raison citée. C'est parmi les femmes en rupture d'union (34 %), celles qui ont le dernier mot dans 5 décisions (34 %), et curieusement, parmi celles ayant déclaré qu'il y a 5 raisons qui justifient qu'un homme batte sa femme (32 %) que cette proportion est la plus élevée. Selon les raisons spécifiques, les résultats montrent que c'est dans le cas où elle sait que son mari a une IST (82 %) ou quand la femme vient d'accoucher (84 %) que les proportions de femmes qui approuvent qu'une femme refuse d'avoir des rapports sexuels avec son mari sont les plus élevées. De plus, 63 % estiment qu’il est justifié qu'une femme refuse d'avoir des rapports sexuels avec son époux/partenaire quand la femme sait que son mari a des relations sexuelles avec d'autres femmes. Dans près de quatre femmes sur dix (37 %), ce comportement est considéré comme étant acceptable quand la femme est fatiguée ou n'est pas d'humeur. Par contre, pour seulement 7 % des femmes, aucune raison ne justifie qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés et Statut des Femmes | 53 Tableau 3.15 Opinion des femmes concernant le refus d'avoir des rapports sexuels avec le conjoint Pourcentage de femmes qui pensent qu'il est justifié que, dans certaines circonstances, une femme refuse d'avoir des rapports sexuels avec son conjoint, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Pense qu'il est justifié de refuser d'avoir des rapports sexuels avec son mari quand: Caractéristique sociodémographique Elle sait que son mari a une IST Elle sait que son mari a des rapports sexuels avec d'autres femmes Elle a accouché récemment Elle est fatigué ou n'est pas d'humeur D'accord avec toutes les raisons mentionnées N'est d'accord avec aucune des raisons mentionnées Effectif de femmes Âge 15-19 75,0 61,9 75,8 40,2 30,1 14,0 3 556 20-24 82,9 62,5 85,7 35,8 25,5 6,1 2 844 25-29 83,4 64,1 86,7 34,7 24,8 4,3 2 379 30-34 84,1 62,7 84,6 39,1 27,1 4,8 1 953 35-39 83,3 64,2 86,7 34,3 23,9 4,4 1 613 40-44 86,3 64,3 86,9 36,6 26,9 3,6 1 249 45-49 85,3 61,3 87,2 34,6 25,1 3,9 1 009 État matrimonial Célibataire 76,3 62,5 75,7 40,1 29,5 13,9 3 941 En union 83,6 62,7 86,8 34,8 24,9 4,5 9 866 Divorcée, séparée, veuve 85,8 67,0 83,5 47,9 33,9 4,5 795 Nombre d'enfants vivants 0 77,6 62,6 77,9 39,2 28,6 11,8 5 376 1-2 83,1 64,1 86,9 37,2 26,4 4,3 3 711 3-4 85,5 63,5 86,1 35,5 25,0 4,2 2 613 5+ 84,3 61,4 87,7 33,7 24,7 4,2 2 902 Milieu de résidence Urbain 79,6 62,3 80,4 40,2 28,1 8,8 7 117 Rural 83,7 63,4 86,7 33,9 25,3 5,4 7 485 Niveau d'instruction Aucun 80,2 61,2 83,4 34,5 25,0 7,1 6 743 Primaire 82,1 62,7 84,2 36,4 26,1 7,4 5 633 Secondaire ou plus 85,4 68,4 82,7 45,7 33,2 5,9 2 226 Emploi Ne travaille pas actuellement 81,3 63,1 84,1 36,5 26,3 7,6 9 036 Travail payé 81,3 63,2 84,6 38,0 27,2 6,2 4 634 Travail non payé 89,4 60,2 74,8 37,0 27,8 3,7 890 ND 54,9 34,9 52,8 20,9 20,9 43,3 42 Nombre de décisions prises par la femme1 0 77,4 62,9 79,6 40,2 30,4 11,1 5 580 1-2 84,0 61,6 85,7 33,4 22,7 4,4 6 182 3-4 86,0 64,7 88,7 33,7 23,2 3,7 1 579 5 84,5 66,7 84,8 44,5 33,8 6,1 1 260 Nombre de raisons justifiant qu'un homme batte sa femme 0 81,9 62,2 84,1 39,4 28,3 8,3 5 088 1-2 78,2 56,6 76,5 35,0 21,7 7,7 2 922 3-4 84,2 65,5 86,4 34,1 25,2 5,5 4 309 5 81,1 67,5 86,3 39,5 32,0 6,1 2 283 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 83,3 61,0 84,3 36,6 26,6 6,3 2 433 Second 84,3 62,9 86,6 38,2 28,0 4,9 2 565 Moyen 82,8 63,5 87,6 35,4 27,1 6,0 2 839 Quatrième 77,4 63,3 80,0 36,2 25,2 9,7 3 154 Le plus riche 81,7 63,3 81,1 38,3 26,6 7,4 3 610 Total 81,7 62,9 83,6 37,0 26,6 7,0 14 602 1 Soit seule ou en commun avec quelqu'un d'autre. Fécondité | 55 FÉCONDITÉ 4 Salif Ndiaye Lors de l'EDS-IV, des informations ont été collectées sur l'histoire génésique des femmes afin d'estimer les niveaux de la fécondité, d’en dégager les tendances et de mettre en évidence d’éventuelles différences entre certains groupes socioéconomiques. À cet effet, au cours de l’enquête, on a demandé à toutes les femmes de 15-49 ans le nombre total d'enfants nés vivants qu'elles avaient eus, en distinguant les garçons des filles, ceux vivant avec elles de ceux vivant ailleurs, et ceux encore en vie de ceux décédés. Ensuite, l'historique complet des naissances de l'enquêtée était reconstitué, de la plus ancienne à la plus récente, en enregistrant, pour chacune d'entre elles, le type de naissance (simple ou multiple), le sexe, la date de naissance et l'état de survie. Pour les enfants encore en vie, l’enquêtrice enregistrait leur âge au moment de l'enquête et distinguait ceux vivant avec la mère de ceux vivant ailleurs ; pour les enfants décédés, elle enregistrait l'âge au décès. L'enquête étant rétrospective, les données collectées permettent d'estimer, non seulement le niveau de la fécondité sur la période actuelle, mais également les tendances passées de la fécondité au cours des 20 dernières années précédant l'enquête. Cependant, il convient de mentionner certaines limites inhérentes aux enquêtes rétrospectives. Il s’agit : • du sous enregistrement des naissances, en particulier l'omission d'enfants en bas âge, d'enfants qui ne vivent pas avec leur mère, d'enfants qui meurent très jeunes, quelques heures ou quelques jours seulement après la naissance, ce qui peut entraîner une sous-estimation des niveaux de fécondité ; • de l'imprécision des déclarations de date de naissance et/ou d'âge, en particulier l'attraction pour des années de naissance ou pour des âges ronds, qui pourrait entraîner des sous- estimations ou des surestimations de la fécondité à certains âges et/ou pour certaines périodes ; • du biais sélectif de la survie, c'est-à-dire que les femmes enquêtées sont celles qui sont survivantes. Si l'on suppose que la fécondité des femmes décédées avant l'enquête est différente de celle des survivantes, les niveaux de fécondité obtenus s'en trouveraient légèrement biaisés. Les informations peuvent également être affectées par le mauvais classement des dates de naissance d'enfants nés depuis 2000, transférées vers les années précédentes. Ces transferts d'année de naissance, que l'on retrouve dans la plupart des enquêtes de type EDS, sont parfois effectués par les enquêtrices pour éviter de poser les questions sur la santé des enfants nés depuis 2000 (section 4 du questionnaire). On constate que des transferts de naissances se sont produits1 de 2000 vers 1999. Cependant, ces transferts ne sont pas suffisamment importants pour affecter de façon significative les niveaux actuels de fécondité. 1 À l'Annexe C, le tableau C.4 fournit la distribution des naissances par année de naissance. Le rapport de naissances annuelles (rapport des naissances de l'année x à la demi-somme des naissances des années précédentes et suivantes, soit NJ[(Nx-i+Nx+J/2)], rend compte des déplacements d'années de naissance. Le rapport semble indiquer un manque de naissances en 2000 (rapport = 94 < 100) et un excédent en 1999 (rapport = 110 > 100). 56 | Fécondité 4.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE Le niveau de la fécondité est mesuré par les taux de fécondité par âge et l'Indice Synthétique de Fécondité (ISF) ou somme des naissances réduites. Les taux de fécondité par âge sont calculés en rapportant les naissances issues des femmes de chaque groupe d'âges à l'effectif des femmes du groupe d'âges correspondant. Quant à l'ISF, qui est un indicateur conjoncturel de fécondité, il est obtenu à partir du cumul des taux de fécondité par âge. Il correspond au nombre moyen d'enfants que mettrait au monde une femme à la fin de sa vie féconde si les taux de fécondité du moment restaient invariables. Pour la fécondité actuelle, les taux et l'ISF ont été calculés pour la période des quatre années ayant précédé l'enquête. Cette période de référence de trois années a été choisie afin de pouvoir fournir des indicateurs de fécondité les plus récents possibles et tout en disposant de suffisamment de cas afin de réduire les erreurs de sondage. Selon le tableau 4.1, illustré par le graphique 4.1, les taux de fécondité par âges suivent le schéma classique observé, en général, dans les pays à forte fécondité : une fécondité précoce élevée (101 ‰ à 15-19 ans), qui augmente très rapidement pour atteindre son maximum à 25-29 ans (250 ‰) et qui, par la suite, décroît régulièrement. La fécondité des femmes sénégalaises demeure élevée puisque chaque femme donne naissance, en moyenne, à 5,3 enfants en fin de vie féconde. Tableau 4.1 Fécondité actuelle Taux de fécondité par âge, indice synthétique de fécondité (ISF) et taux brut de natalité (TBN) pour la période des trois années ayant précédé l'enquête, selon le milieu de résidence, EDS-IV Sénégal 2005 Résidence Groupe d'âges Urbain Rural Total 15-19 64 137 101 20-24 148 274 212 25-29 199 299 250 30-34 198 257 228 35-39 139 197 169 40-44 60 86 74 45-49 19 24 22 ISF 15-49 ans 4,1 6,4 5,3 TGFG 134 215 176 TBN 33,4 44,0 39,3 Note : Les taux du groupe d'âges 45-49 ans peuvent être légèrement biaisés du fait de données incomplètes pour ce groupe d'âges. ISF : Indice synthétique de fécondité pour les âges de 15-49 ans, exprimé pour une femme. TGFG : Taux global de fécondité générale pour 1 000 femmes âgées de 15-49 ans. TBN : Taux brut de natalité pour 1 000 individus. Graphique 4.1 Taux de fécondité générale par âge selon le milieu de résidence EDS-IV 2005 , , , , , , , + + + + + + + * * * * * * * 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 350 Pour mille Urbain Rural Ensemble* + , Fécondité | 57 En outre, les différences de fécondité sont très nettes entre le milieu urbain et le milieu rural. Le niveau de fécondité est nettement plus faible en milieu urbain qu’en milieu rural (ISF de respectivement 4,1 et 6,4 enfants par femme). En fin de vie féconde, les femmes des zones rurales donneraient naissance, en moyenne, à plus de 2 enfants de plus que celles du milieu urbain. Cette différence de niveau de fécondité entre urbain et rural s'observe à tous les âges. En outre, l'ISF varie de façon très importante selon la région de résidence. Mis à part Dakar (3,7 enfants par femme), le nombre moyen d'enfants par femme varie d'un minimum de 4,9 à Ziguinchor à un maximum de 6,7 dans la région de Fatick, soit un écart de près de deux enfants entre ces deux extrêmes (tableau 4.2). Ziguinchor (4,9 enfants par femme), Saint-louis (5,2) et Thiès (5,5) sont les régions dont la fécondité est la plus faible ; à l’opposé, Fatick (6,7), Kolda (6,4) et Diourbel (6,3) et Tambacounda (6,2) ont la fécondité la plus forte. On constate par ailleurs que l'ISF présente des écarts très importants selon le niveau d'instruction des femmes : d'un minimum de 3,0 enfants par femme chez celles ayant atteint le niveau secondaire ou plus, il est de 4,8 chez celles ayant un niveau primaire et de 6,1 chez celles sans instruction. On observe par ailleurs une corrélation négative entre la fécondité et le niveau de bien-être. L’ISF, le pourcentage de femmes enceintes et la parité moyenne diminuent de façon très nette avec le niveau de richesse. Par exemple, l’ISF passe de 7,0 enfants dans les ménages du premier quintile qui sont aussi les plus pauvres, à 6,3 dans le second quintile et tombe à 3,8 enfants dans le quintile le plus riche. Au tableau 4.1, figure également le Taux Global de Fécondité Générale (TGFG), c'est-à-dire le nombre annuel moyen de naissances vivantes dans la population des femmes en âge de procréer qui est estimé à 176 ‰. Comme l'ISF, cet indicateur varie de façon importante selon le milieu de résidence : il est de 134 ‰ en urbain contre 215 ‰ en milieu rural. Au tableau 4.2 figure le nombre moyen d'enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans : ce nombre est assimilable à la descendance finale. À l'inverse de l'ISF (qui mesure la fécondité actuelle des femmes de 15-49 ans), cet indice est le résultat de la fécondité passée des femmes enquêtées qui atteignent la fin de leur vie féconde. Dans une population où la fécondité reste invariable, cette descendance tend à se rapprocher de l'ISF. Par contre, quand l'ISF est inférieur au nombre moyen d'enfants nés par femme en fin de vie féconde, cela indique une tendance à la baisse de la fécondité. Au Sénégal, l'écart Tableau 4.2 Fécondité par caractéristiques sociodémographiques Indice synthétique de fécondité pour les trois années ayant précédé l'enquête, pourcentage de femmes actuellement enceintes et nombre moyen d'enfants nés vivants pour les femmes âgées de 40-49 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Indice synthétique de fécondité Pourcentage de femmes actuellement enceintes Nombre moyen d'enfants nés vivants par femme de 40-49 ans Milieu de résidence Urbain 4,1 6,1 5,6 Rural 6,4 10,8 7,1 Région Dakar 3,7 4,6 5,4 Diourbel 6,3 10,5 7,2 Fatick 6,7 8,1 7,2 Kaolack 5,9 10,6 7,1 Kolda 6,4 12,0 6,9 Louga 5,6 9,9 6,4 Matam 5,7 10,3 6,1 Saint-Louis 5,2 9,4 6,4 Tambacounda 6,2 13,2 6,8 Thiès 5,5 7,9 6,3 Ziguinchor 4,9 7,5 6,6 Niveau d’instruction Aucun 6,1 10,5 6,9 Primaire 4,8 6,9 6,0 Secondaire ou plus 3,0 3,5 3,8 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 7,0 12,3 7,4 Second 6,3 10,5 7,2 Moyen 5,5 8,2 6,6 Quatrième 4,3 6,5 6,1 Le plus riche 3,8 6,2 5,0 Ensemble 5,3 8,5 6,4 Ensemble EDS-III 1997 5,7 8,3 7,1 58 | Fécondité entre l'ISF (5,3) et la descendance (6,4), soit 1,1 enfants est assez important pour suggérer une tendance à la baisse (graphique 4.2). Les écarts les plus importants entre ces deux indices sont observés chez les femmes urbaines (1,5 enfants), chez les femmes de niveau primaire (1,2), et dans les régions de Ziguinchor (1,7), de Dakar (1,7), de Kaolack (1,2), de Saint-Louis (1,2) et dans les deux derniers quintiles de niveau de bien-être économique (plus de 1,2 enfants). C'est donc parmi ces femmes que le niveau de la fécondité aurait le plus tendance à diminuer. Graphique 4.2 Indice synthétique de fécondité et descendance atteinte à 40-49 ans EDS-IV 2005 5.3 4.1 6.4 6.1 4.8 3 6.4 5.6 7.1 6.9 6 3.8 Sénégal RÉSIDENCE Urbain Rural INSTRUCTION Aucun Primaire Secondaire ou + 0 2 4 6 8 Nombre d'enfants par femme ISF Descendance 6.0 3.0 Le tableau 4.2 fournit aussi le pourcentage de femmes qui se sont déclarées enceintes au moment de l’enquête. Il faut préciser qu’il ne s’agit pas de la proportion exacte de femmes qui sont enceintes dans la mesure où les enquêtées qui sont en début de grossesse et qui ne le savent pas n’ont pas déclaré leur état. Au niveau national, on constate que 9 % des femmes se sont déclarées enceintes. Par ailleurs, les proportions de femmes enceintes présentent les mêmes variations que l’ISF selon les différentes caractéristiques sociodémographiques, ce qui dénote une cohérence interne des données. 4.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ Le Sénégal a réalisé quatre Enquêtes Démographiques et de Santé au cours de ces vingt dernières années dont un des objectifs principaux était l’estimation du niveau de la fécondité. À partir de ces quatre sources de données, on peut donc suivre les tendances de la fécondité (tableau 4.3 et graphique 4.3). La comparaison des résultats de l’EDS-IV avec ceux des enquêtes précédentes révèle une tendance régulière à la baisse des niveaux de la fécondité Tableau 4.3 Fécondité par âge selon quatre sources Taux de fécondité par âge et indice synthétique de fécondité Groupe d'âges EDS 1986 EDS 1992 EDS 1997 EDS 2005 15-19 159 127 103 101 20-24 279 250 219 212 25-29 278 266 240 250 30-34 261 244 245 228 35-39 199 185 186 169 40-44 107 99 99 74 45-49 40 34 41 22 ISF 15-49 ans 6,6 6,0 5,7 5,3 Note : Taux de fécondité par groupe d’âges pour 1 000 femmes Fécondité | 59 mesurés par l’ISF. L’indice synthétique de fécondité est passé de 6,6 enfants par femme en 1986, à 6,0 en 1992, 5,7 en 1997 et 5,3 en 2005. Pratiquement, à tous les âges, les taux de fécondité ont accusent la même tendance. Par ailleurs, les quatre courbes des taux de fécondité présentent une allure similaire : en effet, elles augmentent à partir de 15-19 ans, puis elles accusent un palier entre 20-29 ans pour décroître ensuite de manière régulière jusqu’à 45-49 ans. On remarque qu’à tous les âges, à l’exception du groupe d’âge 25-29 ans, la courbe de l’EDS-IV est située nettement en dessous des précédentes alors que celles de l’EDS-II et de l’EDS-III sont pratiquement confondues entre 30 et 44 ans, indiquant ainsi une baisse récente plus nette depuis 1997. Graphique 4.3 Taux de fécondité par âge selon l’EDS-I 1986, l’EDS-II 1992, l’EDS-III 1997 et l’EDS-IV 2005 , , , , , , , " " " " " " " # # # # # # # 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 350 Pour mille EDS-I 1986 EDS-II 1992 EDS-III 1997 EDS-IV 2005# " , Les données collectées lors de l’EDS-IV permettent également de retracer les tendances passées de la fécondité à partir des taux de fécondité des groupes d’âges des femmes, par périodes quinquennales avant l’enquête (tableau 4.4 et graphique 4.4). On constate que dans tous les groupes d’âges, les taux de fécondité ont régulièrement baissé des périodes les plus anciennes aux plus récentes. Ainsi, par exemple, pour le groupe d’âges 20-24 ans, le taux de fécondité estimé à 270 ‰, il y a 17 à 22 ans, est tombé à 258 ‰ à 12-16 ans avant, puis à 227 ‰ à 7-11 ans avant, pour se situer à 218 ‰ au cours des six dernières années. Ces résultats confirment donc la tendance à la baisse de la fécondité, tendance qui se serait accélérée au cours des dernières années. Tableau 4.4 Tendance de la fécondité par âge Taux de fécondité par âge (en pour mille) par période de cinq ans ayant précédé l'enquête, selon l'âge de la mère au moment de la naissance de l'enfant, EDS-IV Sénégal 2005 Nombre d'années ayant précédé l'enquête Groupe d'âges 0-6 7-11 12-16 17-22 15-19 102,9 112,5 132,4 135,8 20-24 217,6 226,5 257,9 269,7 25-29 249,0 264,9 295,2 310,8 30-34 231,4 257,3 291,0 [301,5] 35-39 170,8 213,9 [311,6] - 40-44 81,6 [153,0] - - 45-49 [21,7] - - - Note : Les taux de fécondité par âges sont exprimés pour 1 000 femmes. Les taux entre crochets sont calculés sur la base de données incomplètes. 60 | Fécondité Graphique 4.4 Taux de fécondité par âge et par période de cinq ans précédant l'EDS-IV 2005 EDS-IV 2005 , , , , $ $ $ $ $ & & & & & & # # # # # # # 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 350 Pour mille Périodes avant l'enquête 0-6 ans 7-11 ans 12-16 ans 17-22 ans # & $ , 4.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE Les parités moyennes par groupe d'âges sont calculées à partir du nombre total d'enfants nés vivants que les femmes ont eus au cours de leur vie. Le tableau 4.5 présente ces parités pour l'ensemble des femmes et pour les femmes actuellement en union. Dans l’ensemble, une femme a eu en moyenne 2,7 enfants nés vivants ; chez les femmes actuellement en union, cette parité moyenne est de 3,7 enfants, soit un enfant de plus. Pour l'ensemble des femmes, les parités augmentent de façon régulière et rapide avec l'âge de la femme : ainsi de 0,2 enfants en moyenne à 15-19 ans, la parité passe à 1,1 enfants à 20-24 ans et à 6,9 à 45-49 ans, en fin de vie féconde. Par ailleurs, la répartition des femmes selon le nombre de naissances vivantes met en évidence une fécondité précoce relativement élevée puisque 15 % des jeunes filles de moins de 20 ans ont déjà donné naissance à, au moins, un enfant ; il en est de même pour 55 % des femmes de 20-24 ans. Plus de six femmes de 25-29 ans sur dix (63 %) ont eu au moins 2 enfants. Enfin, à 45-49 ans, en fin de vie féconde, plus d'une femme sur cinq (21 %) a donné naissance à dix enfants ou plus. Les résultats concernant les femmes actuellement en union montrent qu’à tous les âges, la parité est plus élevée que dans l’ensemble des femmes. Ceci traduit le fait que la fécondité est essentiellement « légitime ». La parité augmente régulièrement avec l’âge : à 15-19 ans, près de la moitié des jeunes filles en union (47 %) ont déjà eu au moins un enfant et à 25-29 ans, cette proportion est de 90 %. Parmi toutes les femmes, on constate qu’à 25-29 ans, 79 % ont eu, au moins, un enfant. À partir de 30-34 ans, âges auxquels la proportion de femmes qui ne sont pas en union est déjà faible, les différences de parités entre femmes en union et toutes femmes sont sensiblement plus faibles. En fin de vie féconde, (45-49 ans), la parité des femmes en union (7,1 enfants) est à peine différente de celle de l'ensemble des femmes (6,9). Fécondité | 61 Tableau 4.5 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes Répartition (en %) de toutes les femmes et de celles actuellement en union par nombre d'enfants nés vivants, nombre moyen d'enfants nés vivants et nombre moyen d'enfants survivants, selon le groupe d'âges des femmes, EDS-IV Sénégal 2005 Ensemble Nombre d'enfants nés vivants Total Groupe d'âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10+ Total Effectif Nombre moyen d'enfants nés vivants Nombre moyen d'enfants survivants TOUTES LES FEMMES 15-19 84,7 11,5 3,3 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 3 556 0,20 0,18 20-24 45,2 22,8 19,3 8,7 2,9 0,9 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 2 844 1,05 0,93 25-29 21,4 15,6 17,5 19,7 14,7 6,8 2,9 0,9 0,4 0,1 0,0 100,0 2 379 2,30 2,02 30-34 9,7 9,5 14,2 13,5 15,7 14,5 11,2 7,4 2,9 0,8 0,6 100,0 1 953 3,70 3,22 35-39 7,5 7,1 5,1 10,7 10,4 14,1 16,0 12,2 8,4 4,9 3,6 100,0 1 613 4,92 4,21 40-44 3,7 3,9 6,2 7,3 9,1 11,0 11,8 14,7 11,8 9,6 10,9 100,0 1 249 6,02 4,99 45-49 3,0 3,6 3,9 5,0 6,0 8,6 10,5 11,7 16,2 10,4 21,0 100,0 1 009 6,89 5,54 Ensemble 35,6 12,4 10,7 9,0 7,4 6,3 5,5 4,6 3,5 2,2 2,9 100,0 14 602 2,66 2,26 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 52,6 34,1 11,6 1,4 0,2 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 014 0,63 0,55 20-24 21,5 31,2 28,2 13,1 4,5 1,3 0,2 0,1 0,0 0,0 0,0 100,0 1 836 1,53 1,35 25-29 9,6 16,1 19,2 23,3 18,0 8,5 3,7 1,1 0,4 0,1 0,0 100,0 1 900 2,74 2,40 30-34 4,1 8,6 14,2 14,0 17,1 15,9 12,8 8,4 3,4 0,9 0,7 100,0 1 698 4,04 3,52 35-39 3,8 5,3 4,8 10,8 10,8 15,2 17,2 13,6 9,2 5,3 3,9 100,0 1 425 5,27 4,52 40-44 2,4 3,0 5,0 6,4 9,1 11,1 12,3 15,9 12,4 10,5 12,0 100,0 1 100 6,32 5,24 45-49 2,2 3,1 3,7 4,5 5,4 7,9 9,9 12,7 17,3 10,8 22,5 100,0 893 7,12 5,72 Ensemble 13,0 15,3 14,2 12,2 10,3 8,8 7,7 6,6 4,9 3,1 4,1 100,0 9 866 3,68 3,13 D'une manière générale, les femmes qui restent volontairement sans enfant sont relativement rares au Sénégal où la population garde encore des comportements pro natalistes. Par conséquent, la parité zéro des femmes actuellement mariées et âgées de 35-49 ans, âges auxquels la probabilité d'avoir un premier enfant devient très faible, permet d'estimer le niveau de la stérilité totale ou primaire. Parmi ces femmes, entre 2 et 4 % n'ont jamais eu d'enfants et peuvent être considérées comme stériles. Chez les femmes de 45-49 ans dont la probabilité d’avoir un premier enfant est pratiquement nulle, le niveau de stérilité primaire est voisin de 2 % (2,2 %), chiffre cohérent avec les résultats des enquêtes précédentes : 1,7 % en 1997 (EDS-III), 2,4 % en 1993 (EDS-II). Ce faible niveau de stérilité primaire est également proche de celui observé lors d'enquêtes EDS effectuées dans d'autres pays d'Afrique comme le Mali (2 %) et la Côte d'Ivoire (2 %). Enfin, le tableau 4.5 présente le nombre moyen d’enfants vivants et survivants. Dans l’ensemble, une femme a, en moyenne, 2,7 enfants vivants et parmi les femmes en union ce nombre moyen est de 3,7, soit 85 % des enfants nés vivants. Autrement dit, 15 % des enfants nés vivants sont décédés ; ceci donne une première idée sur le niveau de la mortalité. 4.4 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE La durée de l'intervalle qui sépare la naissance d'un enfant de la naissance précédente a une influence sur l'état de santé de la mère et de l'enfant. Son étude revêt par ailleurs une importance certaine dans l'analyse de la fécondité. Il est admis que les intervalles intergénésiques courts (inférieurs à 24 mois) sont nuisibles à la santé et à l'état nutritionnel des enfants et augmentent les risques de décès de la mère et de l’enfant. Les naissances trop rapprochées amoindrissent la capacité physiologique de la femme ; ce faisant, elles exposent la mère aux complications pendant et après la grossesse (fausses couches, 62 | Fécondité éclampsie). Le tableau 4.6 présente la répartition des naissances des cinq années ayant précédé l'enquête selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, en fonction des caractéristiques sociodémographiques. On constate que le pourcentage des naissances survenues moins de 18 mois après la naissance précédente est relativement faible : 7 %. Environ, 13 % des enfants sont nés entre 18 et 24 mois après leur aîné, soit au total, 19 % de naissances espacées de moins de 24 mois de la naissance précédente (tableau 4.6). Néanmoins, une forte proportion des naissances (38 %) se produisent entre 2 et 3 ans après la naissance précédente, et 42 % des enfants sont nés trois ans ou plus après leur aîné. La durée médiane de l'intervalle intergénésique est proche de 3 ans (33 mois), ce qui signifie que la moitié des naissances intervient dans un intervalle de près de 3 ans après la naissance précédente. Cet intervalle médian est identique à celui estimé en 1997 (33 mois selon l'EDS-III). Il en est de même pour la proportion de naissances se produisant dans un intervalle inférieur à 24 mois par rapport à la naissance précédente (18 %). L'âge des mères influe sur la durée d'espacement des naissances. En effet, on remarque que les intervalles intergénésiques sont plus courts chez les jeunes femmes que chez les plus âgées : de 25,6 mois chez les femmes de 15-19 ans, il passe de 31,3 mois chez celles de 20-29 ans, 34,8 mois chez celles de 30-39 ans et 38,6 mois chez celles de 40-49 ans. Cette corrélation entre l'âge des mères et la longueur de l'intervalle intergénésique devrait être nuancée dans la mesure où les femmes jeunes ayant souvent moins d’enfants sont moins enclines à différer l’arrivée d’une prochaine naissance2. Cela se confirme dans la répartition des naissances selon la longueur de l’intervalle par rang de naissance. On observe en effet, que l’intervalle augmente légèrement avec le rang de naissance, passant de 32,9 mois pour les enfants précédés d’un ou de deux autres à 33,9 mois et 33,5 mois pour ceux qui sont précédés de plus d’enfants. Selon le sexe de l'enfant, on n'observe pas de différence significative de l'intervalle intergénésique. Par contre, les naissances qui suivent des enfants décédés se produisent beaucoup plus rapidement que lorsque l'enfant précédent est toujours en vie (intervalle médian de 28,3 mois contre 34,0 mois). Par ailleurs, alors que seulement 5 % des naissances surviennent dans les 18 mois lorsque l’enfant précédent est en vie, plus de 18 % des naissances se produisent dans un délai inférieur à 18 mois lorsque l’enfant précédent est décédé. La durée des intervalles intergénésiques diffère selon le milieu de résidence des femmes. C'est en milieu rural qu'elle est la plus courte (33 mois contre 34,8 mois en milieu urbain). Par contre, la fréquence des intervalles très courts (moins de 18 mois) semble plus élevée dans les villes qu’en zones rurales (8 % contre 6 %). Concernant les régions, on remarque des écarts assez notables. L'intervalle intergénésique varie d'un maximum de 35,5 mois à Saint Louis et de 34,7 mois à Ziguinchor à un minimum de 31,7 mois dans celle de Kaolack. Les résultats montrent que le niveau d'instruction de la mère influence la durée de l'intervalle intergénésique : sa valeur médiane varie de 33,3 mois pour les naissances dont la mère a un niveau primaire à 37,6 mois pour celles dont la mère a un niveau d'instruction secondaire ou plus. Enfin, les résultats semblent mettre en évidence une faible association positive entre le niveau de bien-être et la longueur de l’intervalle intergénésiques : celle-ci est de 36,2 mois le quatrième quintile et garde à peu près la même valeur dans les autres quintiles (32,5 à 33,8 mois). 2 Seuls 0,5 % et 12.7 % des femmes de 15-19 ans e de celles de 20-24 ans respectivement ont 3 enfants ou plus. Fécondité | 63 Tableau 4.6 Intervalle intergénésique Répartition (en %) des naissances des cinq années ayant précédé l'enquête par nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente Caractéristique sociodémographique 7-17 18-23 24-35 36-47 48+ Total Nombre médian de mois depuis la naissance précédente Effectif de naissances Groupe d’âges 15-19 16,8 22,2 45,4 14,2 1,4 100,0 25,6 296 20-29 7,7 14,6 43,0 21,2 13,4 100,0 31,3 3 491 30-39 5,8 11,6 35,6 21,8 25,1 100,0 34,8 3 607 40-49 3,8 8,3 31,2 24,3 32,4 100,0 38,6 970 Sexe de la naissance précédente Garçon 6,6 11,8 39,1 22,4 20,1 100,0 33,3 4 124 Fille 6,5 13,6 37,7 21,0 21,1 100,0 33,5 4 091 Survie de la naissance précédente Vivante 4,8 12,2 39,0 22,5 21,5 100,0 34,0 7 151 Décédée 18,4 16,2 34,4 16,7 14,3 100,0 28,3 1 064 Rang de naissance 2-3 8,0 13,2 38,0 20,9 19,9 100,0 32,9 3 507 4-6 5,4 13,0 37,1 22,8 21,6 100,0 33,9 3 073 7+ 5,8 11,3 41,5 21,3 20,2 100,0 33,5 1 635 Milieu de résidence Urbain 7,9 11,9 33,5 20,6 26,2 100,0 34,8 2 825 Rural 5,9 13,2 41,0 22,3 17,7 100,0 33,0 5 390 Région Dakar 8,5 11,6 33,8 21,0 25,1 100,0 34,4 1 367 Diourbel 5,9 12,8 40,4 21,8 19,0 100,0 33,2 1 018 Fatick 4,4 13,8 43,5 21,4 16,9 100,0 32,3 528 Kaolack 6,9 14,1 43,8 18,7 16,5 100,0 31,7 1 126 Kolda 6,4 11,6 37,5 24,6 19,8 100,0 34,3 768 Louga 3,5 12,0 39,3 21,8 23,4 100,0 33,9 549 Matam 8,5 13,6 33,1 22,0 22,8 100,0 34,3 344 Saint-Louis 7,1 12,8 32,2 22,8 25,1 100,0 35,0 524 Tambacounda 6,7 10,9 44,0 21,9 16,6 100,0 33,1 647 Thiès 6,6 14,2 35,9 22,5 20,8 100,0 33,2 1 063 Ziguinchor 5,2 11,9 37,1 23,9 22,0 100,0 34,7 281 Niveau d’instruction Aucun 6,4 12,4 40,2 21,7 19,3 100,0 33,2 6 152 Primaire 8,1 14,2 34,9 20,6 22,2 100,0 33,3 1 539 Secondaire ou plus 4,6 11,9 27,8 25,2 30,5 100,0 37,6 524 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 6,0 13,7 43,4 21,6 15,2 100,0 32,5 1 878 Second 5,5 12,4 41,8 22,0 18,2 100,0 33,0 1 988 Moyen 7,5 12,8 37,3 22,1 20,3 100,0 33,4 1 826 Quatrième 6,3 11,5 31,8 21,2 29,3 100,0 36,2 1 401 Le plus riche 8,4 12,9 34,0 21,2 23,5 100,0 33,8 1 122 Ensemble 6,6 12,7 38,4 21,7 20,6 100,0 33,4 8 215 Note : Les naissances de rang 1 sont exclues. L'intervalle pour les naissances multiples est le nombre de mois écoulés depuis la grossesse précédente qui a abouti à une naissance vivante. 64 | Fécondité 4.5 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE L'âge auquel les femmes ont leur première naissance est déterminant pour leur descendance finale et peut avoir des répercussions importantes en ce qui concerne leur propre santé et celle de leurs enfants. Le tableau 4.7 présente la répartition des femmes par âge à leur première naissance et leur âge médian à la première naissance, selon le groupe d'âges au moment de l'enquête. Tableau 4.7 Âge à la première naissance Répartition (en %) des femmes par âge à la première naissance par âge exact et âge médian à la première naissance selon l'âge actuel, EDS-IV Sénégal 2005 Âge à la première naissance Âge actuel 15 18 20 22 25 Total Effectif de femmes Âge médian à la première naissance 15-19 2,0 na na na na 100,0 3 556 a 20-24 4,0 22,1 38,8 na na 100,0 2 844 a 25-29 4,2 22,0 39,4 55,9 71,9 100,0 2 379 21,2 30-34 4,7 27,2 44,9 60,3 74,1 100,0 1 953 20,6 35-39 4,7 28,3 46,0 62,2 77,2 100,0 1 613 20,4 40-44 5,3 30,1 50,6 68,3 82,5 100,0 1 249 19,9 45-49 6,1 30,7 50,5 68,4 83,1 100,0 1 009 20,0 na = Non applicable a = Sans objet parce que moins de 50 % des femmes ont eu une naissance avant d’atteindre le début du groupe d’âges. Estimé à 20,5 ans dans l’ensemble, l'âge médian à la première naissance ne varie que très peu dans les générations (d'un minimum de 19,9 ans à un maximum de 21,2 ans). Entre 25 et 44 ans, on observe une légère tendance au vieillissement de l'âge médian à la première naissance, ce qui traduit une entrée de plus en plus tardive dans la vie féconde. Ce vieillissement à peine perceptible dans l’ensemble apparaît nettement chez les femmes urbaines ; à l’inverse, chez les femmes rurales, l’âge à la première naissance ne change pratiquement pas dans les générations (tableau 4.8). On observe des résultats similaires dans la région de Dakar, et dans une moindre mesure, à Thiès et Ziguinchor. Par ailleurs, l'âge à la première naissance présente des variations assez importantes selon le milieu et les régions de résidence des femmes (tableau 4.8). En effet, il est nettement plus précoce en milieu rural (19,6 ans) qu'en zone urbaine (21,8 ans). De même, selon la région, Dakar vient largement en tête avec 22,5 ans, suivi de loin par Thiès (20,9 ans) et Saint-Louis (20,8 ans). Les régions de Tambacounda (18,9 ans) et de Kolda (19,0 ans) se caractérisent par les niveaux de fécondité précoces les plus élevées. En outre, l'instruction des femmes tend à retarder la naissance de leur premier enfant. Chez les femmes de niveau secondaire ou plus, plus de 50 % n’ont pas encore eu de naissance vivante (on ne peut donc pas calculer de médiane pour celles-ci). Les femmes sans instruction ont un âge médian à la première naissance plus précoce que celles de niveau primaire (19,7 ans contre 21,5 ans). On constate, enfin, que la fécondité est plus précoce chez les femmes des ménages les plus pauvres. L’âge médian à la première naissance chez les femmes de 25 à 49 ans augmente régulièrement avec le quintile de bien être : de 19,3 ans dans le premier quintile (les plus pauvres), il passe à 20,2 ans le troisième et à 23,0 ans dans le cinquième quintile (les plus riches). Fécondité | 65 Tableau 4.8 Âge médian à la première naissance Âge médian à la première naissance parmi les femmes de 20 (25)-49 ans selon l'âge actuel et certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Âge actuel Caractéristique sociodémographique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Âge 20-49 Âge 25-49 Milieu de résidence Urbain (5,4) 23,5 22,5 21,5 20,5 20,1 a 21,8 Rural 19,7 19,8 19,2 19,7 19,5 19,8 19,6 19,6 Région Dakar (7,8) 24,8 23,4 22,1 20,5 20,4 a 22,5 Diourbel a 20,7 19,9 20,3 19,8 20,0 a 20,2 Fatick a 20,1 19,9 19,1 19,5 20,2 20,0 19,8 Kaolack 19,9 19,3 18,8 19,2 19,3 19,4 19,4 19,2 Kolda 17,9 18,4 18,7 19,0 19,9 19,8 18,6 19,0 Louga a 20,8 20,0 20,2 19,7 19,7 a 20,2 Matam a 20,3 20,2 20,4 20,1 21,4 a 20,4 Saint-Louis a 21,9 20,5 20,9 20,4 20,1 a 20,8 Tambacounda 18,0 18,9 18,0 19,1 18,8 20,2 18,6 18,9 Thiès (0,4) 21,8 21,8 20,7 20,2 19,6 a 20,9 Ziguinchor a 20,3 20,0 19,9 19,7 19,0 a 19,9 Niveau d’instruction Aucun 19,9 19,9 19,4 19,9 19,6 19,4 19,7 19,7 Primaire (1,8) 22,8 21,6 21,4 20,2 20,6 a 21,5 Secondaire ou plus (10,4) a 26,5 25,0 22,2 23,7 a a Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 18,7 19,2 18,9 19,6 19,4 20,0 19,1 19,3 Second 19,8 19,7 18,7 19,6 19,2 19,7 19,5 19,4 Moyen a 20,8 20,4 19,9 19,6 19,8 a 20,2 Quatrième (6,1) 22,7 21,7 20,8 20,4 20,0 a 21,3 Le plus riche (4,9) 24,5 23,8 22,9 21,3 20,4 a 23,0 Ensemble a 21,2 20,6 20,4 19,9 20,0 a 20,5 a = Sans objet parce que moins de 50 % des femmes ont un enfant. 4.6 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES Les enfants nés de jeunes mères (moins de 20 ans) courent généralement un risque plus important de décéder que ceux issus de mères plus âgées (voir Chapitre 10 - Mortalité des enfants). De même les accouchements précoces augmentent le risque de décéder des adolescentes. Ces adolescentes qui constituent 24 % de l'ensemble des femmes en âge de procréer contribuent pour 10 % à la fécondité totale des femmes. Le tableau 4.9 donne, par année d'âge de 15 à 19 ans, les proportions d'adolescentes qui ont déjà eu un ou plusieurs enfants ainsi que les proportions de celles qui sont enceintes pour la première fois. En considérant que la somme de ces deux pourcentages fournit la proportion d'adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde, on constate que près d'un cinquième des jeunes femmes de 15-19 ans (19 %) ont déjà commencé leur vie féconde : 15 % ont déjà eu au moins un enfant et 4 % sont enceintes pour la première fois (tableau 4.9). En fait, dès l'âge de 17 ans, une jeune fille sur cinq (19 %) a déjà commencé sa vie féconde et, à 19 ans, cette proportion est de 38 % dont la grande majorité (35 %) a déjà eu au moins un enfant. 66 | Fécondité Tableau 4.9 Fécondité des adolescentes Pourcentage d'adolescentes de 15-19 ans ayant déjà eu un enfant ou étant enceintes d'un premier enfant par caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Pourcentage qui sont : Caractéristique sociodémographique Mères Enceintes du premier enfant Pourcentage ayant déjà commencé leur vie féconde Effectif Âge 15 1,9 2,6 4,5 1 483 16 6,7 2,0 8,8 761 17 15,6 3,4 19,0 716 18 22,5 6,1 28,6 793 19 34,6 3,6 38,2 545 Milieu de résidence Urbain 9,8 1,9 11,6 1 745 Rural 20,7 5,2 25,9 1 811 Région Dakar 8,9 1,5 10,4 854 Diourbel 15,5 5,3 20,8 404 Fatick 15,2 2,7 18,0 167 Kaolack 20,2 5,4 25,5 435 Kolda 29,8 7,8 37,6 241 Louga 12,5 1,8 14,3 229 Matam 20,2 5,9 26,1 140 Saint-Louis 12,1 3,9 16,0 236 Tambacounda 29,6 6,3 35,9 202 Thiès 12,2 2,0 14,2 495 Ziguinchor 10,0 1,4 11,4 153 Niveau d’instruction Aucun 23,3 5,0 28,2 1 695 Primaire 11,4 3,2 14,6 1 130 Secondaire ou plus 2,9 0,9 3,8 731 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 27,2 6,7 33,9 539 Second 18,5 5,7 24,2 685 Moyen 16,3 2,1 18,4 854 Quatrième 9,6 2,7 12,3 811 Le plus riche 8,1 1,8 9,9 666 Ensemble 15,3 3,6 18,9 3 556 Ensemble EDS-III 1997 18,2 4,1 22,3 1 937 La comparaison avec les données de la précédente enquête met en évidence une diminution sensible de la proportion d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde (22 % en 1997 contre 19 %) : cette diminution concerne en particulier les adolescentes d’âge intermédiaire et le milieu rural. Ainsi, 34 % des jeunes filles de 18 ans avaient déjà commencé leur vie féconde en 1997, contre 29 % en 2005 (graphique 4.5). Fécondité | 67 Les résultats par caractéristiques sociodémographiques mettent en évidence des écarts très importants. En effet, on constate que les adolescentes du milieu rural (26 %) ont une fécondité beaucoup plus précoce que celles du milieu urbain (12 %). Au niveau régional, deux régions se singularisent par leur fort pourcentage d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde ; il s’agit de Kolda (38 %) et Tambacounda la région voisine (36 %). À l’autre extrême, on trouve Dakar avec 10 %, Ziguinchor (11 %), Thiès (14 %) et Louga (14 %). Par ailleurs, comme dans le passé, la fécondité précoce est essentiellement le fait des filles non instruites (28 %). Chez les jeunes filles de niveau primaire, on constate que 15 % ont commencé leur vie féconde contre seulement 4 % chez celles ayant un niveau secondaire ou plus. Enfin, on relève que les femmes des ménages les plus démunis sont largement plus exposées aux risques de grossesse et de maternité précoces. Dans les ménages les plus pauvres, plus d’une femme sur trois (34 %) ont commencé leur vie féconde contre une femme sur dix (10 %) chez les femmes des ménages les plus riches. Graphique 4.5 Proportion d'adolescentes de 15-19 ans ayant déjà commencé leur vie féconde selon l'EDS-III et l'EDS-IV 13 31 29 16 8 22 12 26 28 15 4 19 Urbain Rural Aucun Primaire Secondaire + Ensemble 0 5 10 15 20 25 30 35 Pourcentage EDS-III 1997 EDS-IV 2005 INSTRUCTIONRÉSIDENCE 4.7 PARITÉ DES HOMMES Au cours de l'enquête, on a également posé aux hommes des questions sur le nombre total d'enfants qu'ils ont eus, en distinguant, comme pour les femmes, les garçons des filles, ceux vivant ailleurs et ceux vivant avec le père, ceux qui sont encore en vie de ceux qui sont décédés. À partir du nombre total d'enfants que les hommes ont déclaré avoir eu au cours de leur vie, on a calculé les nombres moyens d'enfants par groupe d'âges, pour l'ensemble des hommes et pour les hommes actuellement en union (tableau 4.10). 68 | Fécondité En moyenne, un homme a eu 2,2 enfants nés vivants. Le nombre moyen d’enfants par homme est insignifiant avant 25 ans. On constate en outre une augmentation régulière et rapide du nombre moyen d'enfants avec l'âge de l’homme : de moins d'un enfant (0,5) en moyenne à 25-29 ans, ce nombre passe à 1,5 à 30-34 ans et dépasse 4 enfants (4,3) 40-44 ans. À 55-59 ans, un homme a, en moyenne, 10,3 enfants. Le pourcentage d’hommes n’ayant pas d’enfants nés vivants à 55-59 ans est inférieur à 2 % (1,5 %). Comme chez les femmes, les hommes en union ont plus d’enfants que ceux de la catégorie toutes situations matrimoniales confondues. Un homme en union a eu en moyenne 4,4 enfants nés vivants, soit deux fois plus que l’ensemble de tous les hommes (2,2 enfants en moyenne). Les hommes mariés de 55-59 ans ont eu en moyenne 10,7 enfants. Si l'on compare ces résultats avec ceux observés pour les femmes en union, on constate que chez les femmes, le nombre d'enfants augmente beaucoup plus rapidement avec l'âge que chez les hommes : à 25-29 ans, un homme en union a eu en moyenne un enfant alors qu'une femme du même âge en a déjà eu 2,7. Tableau 4.10 Enfants nés vivants et enfants survivants des hommes Répartition (en %) de tous les hommes et de ceux actuellement en union par nombre d'enfants nés vivants, nombre moyen d'enfants nés vivants et nombre moyen d'enfants survivants, selon le groupe d'âge des hommes, EDS-IV Sénégal 2005 Ensemble Nombre d'enfants nés vivants Groupe d'âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10+ Total Effectif Nombre moyen d'enfants Nombre moyen d'enfants vivants TOUS LES HOMMES 15-19 99,9 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 926 0,00 0,00 20-24 93,3 4,7 1,7 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 645 0,09 0,07 25-29 69,3 16,3 8,6 4,0 1,2 0,5 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 100,0 537 0,54 0,47 30-34 40,3 18,5 16,3 10,5 8,3 3,4 1,9 0,1 0,3 0,4 0,0 100,0 399 1,51 1,31 35-39 16,5 12,9 19,8 19,2 11,4 6,2 7,2 2,6 1,5 0,5 2,2 100,0 318 2,89 2,53 40-44 13,2 12,2 8,0 8,8 13,2 13,8 9,0 10,0 2,5 3,7 5,5 100,0 316 4,28 3,64 45-49 1,9 6,5 6,5 7,9 10,1 8,2 11,8 8,8 8,0 7,1 23,4 100,0 275 6,63 5,44 50-54 1,8 0,8 1,4 3,8 8,3 9,4 11,5 13,2 6,0 5,5 38,3 100,0 216 8,77 7,13 55-59 1,5 1,4 1,2 6,3 7,4 1,8 2,3 7,1 12,0 9,7 49,3 100,0 130 10,28 8,26 Ensemble 57,5 7,8 6,2 5,1 4,6 3,3 3,2 2,7 1,7 1,6 6,3 100,0 3 761 2,20 1,83 HOMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 98,9 1,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 58 0,01 0,01 20-24 77,2 17,3 4,3 1,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 136 0,29 0,24 25-29 39,4 29,4 17,7 9,2 2,8 1,1 0,0 0,4 0,0 0,0 0,0 100,0 232 1,12 0,97 30-34 24,3 21,0 21,3 13,9 11,3 4,6 2,6 0,1 0,3 0,6 0,0 100,0 294 1,98 1,72 35-39 6,4 13,8 20,7 22,6 13,5 6,4 8,5 3,1 1,8 0,6 2,6 100,0 269 3,29 2,90 40-44 6,0 9,7 9,1 9,2 15,1 15,7 10,3 11,4 2,9 4,3 6,3 100,0 276 4,82 4,10 45-49 0,3 6,6 6,3 7,6 10,3 8,4 12,1 8,9 8,2 7,3 24,0 100,0 267 6,78 5,56 50-54 0,8 0,3 1,3 3,8 8,5 9,4 11,7 13,3 6,2 5,6 39,2 100,0 211 8,94 7,27 55-59 0,0 1,0 0,0 6,8 5,8 1,9 2,4 7,5 12,8 10,4 51,4 100,0 122 10,71 8,59 Ensemble 19,4 12,7 11,3 10,0 9,1 6,5 6,4 5,5 3,5 3,2 12,6 100,0 1 866 4,35 3,62 Planification Familiale | 69 PLANIFICATION FAMILIALE 5 Salif Ndiaye Dans les pays africains, le rythme élevé de la croissance de la population constitue une contrainte majeure aux efforts de développement. Le déséquilibre persistant entre l'accroissement élevé de la population et la croissance économique insuffisante contribue à la détérioration des conditions de vie des ménages. Une des priorités actuelles des pouvoirs publics est donc de mettre en place des outils adéquats pour une maîtrise efficiente du mouvement observé. La fécondité, comme composante majeure de cette évolution, est au centre de toutes les préoccupations. Au Sénégal, malgré les actions entreprises, le niveau de la fécondité reste encore parmi les plus élevés au monde. En réaction à cette situation, le Gouvernement a opté pour une approche plus élaborée et plus complète par la prise en compte de la dimension population dans tous les plans et programmes de développement. Cette orientation a été consolidée par la Déclaration de Politique de Population dont l’objectif est d’atteindre l’équilibre entre l’accroissement de la population et le développement socio-économique adoptée en 1988 (et actualisée en 2001) par le Gouvernement du Sénégal, après l’adoption en 1980 du concept de «bien être familial » incluant la protection maternelle et infantile et la planification familiale. Les résultats de l'EDS-II de 1992, avaient révélé un niveau d’utilisation contraceptive très faible (moins de 4 % pour les méthodes modernes parmi les femmes en union) et, en même temps, un niveau relativement élevé des besoins non satisfaits en matière de contraception (près de 28 % des femmes en union avaient un besoin non satisfait). Malgré une augmentation du niveau d’utilisation de la contraception (prévalence des méthodes modernes de plus de 8 % en 1997), les besoins non satisfaits augmentaient (près de 33 % des femmes en union). Pendant toute cette période, la fécondité restait élevée malgré une tendance confirmée mais lente à la baisse. Ces résultats justifient donc pleinement la collecte de données fiables pour accompagner les actions gouvernementales dans la mise en œuvre des programmes et projets de santé relatifs à la planification familiale. Comme lors des précédentes enquêtes, l'EDS-IV a collecté des informations sur les méthodes contraceptives pour connaître les niveaux actuels et les éventuelles modifications intervenues au cours des dernières années en matière d'utilisation contraceptive. Ainsi, les sujets suivants ont-ils été abordés par l’enquête : • la connaissance et la pratique passée et présente de la contraception ; • la connaissance de la période féconde ; • les sources d'approvisionnement en contraception ; • l’utilisation future de la contraception ; • les sources d'information sur la contraception ; • les opinions et les attitudes face à la contraception. 5.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION L'utilisation de la contraception suppose, au préalable, la connaissance d'au moins une méthode contraceptive. Les différentes méthodes retenues dans le questionnaire de l’enquête sont classées en trois catégories : • les méthodes modernes, comprenant la stérilisation féminine et la stérilisation masculine, la pilule, le stérilet ou DIU (Dispositif Intra Utérin), les injectables, les implants (Norplant), le 70 | Planification Familiale condom, le condom féminin, le diaphragme, La Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée (MAMA), les méthodes vaginales (spermicides, mousses et gelées) et la pilule du lendemain ; • les méthodes traditionnelles, comprenant, la continence périodique et le retrait ; • les méthodes, dites «populaires », comme les herbes, les gris-gris, les tisanes et autres méthodes pouvant rentrer dans cette catégorie. La collecte des informations relatives à la connaissance des méthodes était faite en deux étapes. D'abord, l'enquêtrice notait la (ou les) méthode(s) spontanément citée(s) par l'interviewée. Ensuite, dans le cas où l'enquêtée n'avait pas cité toutes les méthodes consignées dans le questionnaire, l'enquêtrice devait procéder à une brève description des méthodes non citées et enregistrer si, oui ou non, l’interviewée en avait entendu parler. On considère qu’une femme connaît une méthode contraceptive, si elle l’a citée spontanément ou si elle a déclaré la connaître après que la description lui ait été faite par l’enquêtrice. Les résultats présentés dans le tableau 5.1.1 et illustrés par le graphique 5.1 montrent que la presque totalité des femmes (92 %) connaissent, au moins, une méthode contraceptive quelconque. Chez les femmes en union, le pourcentage correspondant est légèrement supérieur (94 %). Le niveau de connaissance des méthodes modernes (plus de 90 %) est deux fois plus élevé que celui des méthodes traditionnelles (47 %) aussi bien dans l’ensemble des femmes que parmi les seules femmes en union. Les écarts de connaissance entre les hommes et les femmes sont faibles puisque, en moyenne, les femmes ont déclaré connaître 5,9 méthodes contre 5,5 chez les hommes ; parmi celles et ceux en union, ces nombres moyens sont respectivement de 6,5 et 6,6. En outre, on constate que le niveau de connaissance des méthodes, modernes comme traditionnelles, est légèrement plus élevé chez les femmes en union (93 % pour les méthodes modernes) que chez l’ensemble des femmes (91 %). En moyenne, les femmes en union connaissent 6,5 méthodes contre 5,9 pour l’ensemble des femmes. Les femmes célibataires sexuellement actives sont celles qui sont les plus informées : 98 % d’entre elles ont déclaré connaître, au moins, une méthode contraceptive moderne. Les résultats en fonction de la méthode montrent que ce sont la pilule (plus de 80 %), le condom (environ 80 %), les injectables (plus de 75 %) qui sont les plus connues, cela quel que soit l’état matrimonial et le statut d’exposition. À l’opposé, on trouve la pilule du lendemain et la stérilisation masculine (de l’ordre de 10 % chacune), le diaphragme (14 %) et la Mousse ou gelée (13 %). On note un niveau de connaissance du condom masculin particulièrement élevé chez les célibataires, surtout chez celles qui sont sexuellement actives (94 %). Parmi les méthodes traditionnelles, la continence périodique est la plus connue (36 % chez l’ensemble de toutes les femmes et 57 % chez les célibataires sexuellement actives). Celles-ci sont par ailleurs celles qui connaissent en moyenne, le nombre le plus élevé de méthodes (8,0 en moyenne). Planification Familiale | 71 Tableau 5.1.1 Connaissance des méthodes contraceptives : Femmes Pourcentages de l'ensemble des femmes, des femmes actuellement en union, des femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives et des femmes qui n'ont jamais eu de rapports sexuels qui connaissent une méthode contraceptive, par méthode spécifique, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes non en union ayant déjà eu des rapports sexuels Méthode contraceptive Toutes les femmes Femmes actuellement en union Sexuellement actives au cours du dernier mois Non sexuellement actives au cours du dernier mois Femmes non en union n'ayant jamais eu de rapports sexuels N'importe quelle méthode 91,6 94,1 97,6 95,1 83,6 N'importe quelle méthode moderne 90,7 93,1 97,6 94,7 83,1 Méthode moderne Pilule 81,1 85,8 96,5 86,4 66,8 DIU 51,3 57,1 84,4 62,2 32,7 Injectables 75,2 82,9 88,5 80,4 53,5 Diaphragme 13,7 14,2 23,2 16,9 11,5 Mousse ou gelée 12,6 14,2 40,3 13,2 7,7 Condom féminin 21,3 21,8 38,9 22,9 19,5 Condom 79,2 80,4 93,7 85,7 74,2 Stérilisation féminine 56,0 62,4 58,4 58,6 38,4 Stérilisation masculine 9,7 10,1 14,9 9,9 8,3 Implants 50,9 57,5 84,6 60,8 30,6 Pilule du lendemain 9,6 10,0 10,3 12,9 7,7 MAMA1 38,1 44,3 44,3 40,6 21,1 N'importe quelle méthode traditionnelle 42,0 46,8 63,9 48,3 27,5 Méthode traditionnelle Continence périodique 35,5 38,6 57,1 42,3 25,5 Retrait 25,9 30,3 51,5 29,1 12,9 Méthode populaire 31,5 38,5 18,2 26,7 14,7 Nombre moyen de méthodes 5,9 6,5 8,0 6,5 4,3 Effectif des femmes 14 602 9 866 50 957 3 886 1 MAMA = Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée Graphique 5.1 Connaissance des méthodes contraceptives par l’ensemble des femmes EDS-IV 2005 92 91 81 79 75 51 51 38 21 14 13 10 10 42 36 26 32 AU MOINS 1 MÉTHODE AU MOINS 1 MÉTHODE MODERNE Pilule Condom masculin Injectables DIU Implants MAMA Condom féminin Diaphragme Mousse/gelée Stérilisation masculine Pilule du lendemain MÉTHODE TRADITIONNELLE Continence périodique Méthodes populaires Retrait 0 20 40 60 80 100 Pourcentage 72 | Planification Familiale Par ailleurs chez les hommes, on constate, comme chez les femmes, que la pilule, le condom, les injectables sont les méthodes les plus connues (tableau 5.1.2). Il faut signaler le cas particulier du condom masculin connu par plus de 90 % des hommes. Plus de 95 % des hommes célibataires ont déclaré connaître cette méthode. Pour les méthodes traditionnelles, les niveaux de connaissance sont plus faibles et on observe des niveaux similaires pour le retrait et la continence périodique. Les célibataires sexuellement actifs sont ceux qui ont le plus fréquemment cité le retrait (63 %). Notons enfin, que le niveau de connaissance est sensiblement moins élevé chez les femmes que chez les hommes, mais ces derniers connaissent un nombre de méthodes moins élevé. Tableau 5.1.2 Connaissance des méthodes contraceptives : Hommes Pourcentages d’hommes, d’hommes actuellement en union, d’hommes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actifs et d’hommes qui n'ont jamais eu de rapports sexuels qui connaissent une méthode contraceptive, par méthode spécifique, EDS-IV Sénégal 2005 Hommes non en union ayant eu des rapports sexuels Méthode contraceptive Tous les hommes Hommes actuellement en union Sexuellement actifs au cours du dernier mois Non sexuellement actifs au cours du dernier mois Hommes non en union n'ayant jamais eu de rapports sexuels N'importe quelle méthode 93,4 96,9 96,7 98,5 82,4 N'importe quelle méthode moderne 93,1 96,3 96,7 98,5 82,3 Méthode moderne Pilule 67,8 77,7 69,0 77,3 42,0 DIU 33,2 43,0 37,3 34,9 12,7 Injectables 54,4 68,4 56,5 56,0 26,6 Diaphragme 18,6 22,8 24,2 20,4 8,4 Mousse ou gelée 26,3 34,3 26,0 30,0 8,4 Condom féminin 32,2 36,3 43,7 41,6 15,9 Condom 90,6 93,4 95,1 97,2 79,4 Stérilisation féminine 42,3 53,8 44,4 41,0 20,9 Stérilisation masculine 16,4 20,6 14,8 17,4 7,9 Implants 27,5 36,6 24,6 26,7 11,3 Pilule du lendemain 16,0 20,3 21,2 18,3 5,3 MAMA1 28,0 41,7 14,4 24,2 7,1 N'importe quelle méthode traditionnelle 57,9 70,8 70,9 65,5 25,7 Méthode traditionnelle Continence périodique 45,7 56,7 52,6 52,1 18,5 Retrait 48,2 58,8 63,4 55,3 20,4 Nombre moyen de méthodes 5,5 6,6 5,9 5,9 2,8 Effectif 3 761 1 866 156 753 1 001 1 MAMA : Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée Planification Familiale | 73 Par rapport à 1997 (EDS-III), le niveau de connaissance général des femmes s’est sensiblement amélioré : en effet, la proportion de femmes ayant déclaré connaître une méthode est passée de 85 % à 92 % ; chez les femmes en union, cette proportion est passée de 86 % en 1997 à 94 % à l’enquête actuelle. Cette amélioration est due en grande partie à une amélioration de la connaissance des méthodes modernes : de 82 % en 1997, la proportion est passée en 2005 à 91 %. Par contre, en ce qui concerne les méthodes traditionnelles, on constate la tendance inverse, la proportion de femmes ayant déclaré connaître ce type de méthodes étant passée de 56 % en 1997 à 42 % en 2005. Les méthodes modernes dont la connaissance s’est le plus fortement accrue sont le condom, la pilule et les injectables. Chez les hommes en union, on constate également une amélioration d’ampleur comparable à celle mise en évidence chez les femmes (97 % en 2005 contre 90 % en 1997 pour toutes méthodes confondues). Cela a été essentiellement le fait des méthodes modernes (96 % contre 79 % en 1997), en particulier, le niveau de connaissance des injectables est passé de 37 % à 68 % et celui du condom de 38 % à 93 %. Globalement, le niveau de connaissance des méthodes traditionnelles a peu progressé, même si pour la continence périodique et le retrait, les niveaux ont plus que doublé. Le tableau 5.2 présente les pourcentages de femmes et d'hommes en union, qui connaissent, au moins, une méthode quelconque ou une méthode moderne de contraception selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Les résultats ne font pas apparaître d'écarts importants ; quelle que soit la caractéristique considérée, les niveaux de connaissance sont élevés. On remarque cependant, qu'à 15-19 ans, la proportion de femmes qui connaissent une méthode est plus faible qu'aux autres âges (85 % pour une méthode quelconque et 84 % pour les méthodes modernes contre au moins 94 % aux autres âges). On note également que deux régions se caractérisent par des proportions relativement plus faibles de femmes qui ont déclaré connaître les méthodes modernes ; il s’agit des régions de Matam (79 %) et de Tambacounda (84 %), les autres régions se situant entre 91 et 99 %. On observe des résultats similaires chez les hommes en union. Les niveaux de connaissances sont presque partout légèrement supérieurs chez les hommes. De même, le niveau de connaissance des méthodes modernes est plus élevé en urbain qu'en rural (97 % contre 90 % pour les femmes et 98 % contre 95 % pour les hommes). Par ailleurs, que ce soit chez les femmes ou chez les hommes, le niveau d'instruction influence le niveau de connaissance des méthodes contraceptives. La totalité des enquêtés (femmes et hommes) de niveau secondaire ou plus connaissent au moins, une méthode contraceptive moderne alors que parmi les non instruits, la proportion tombe à 91 % chez les femmes et 94 % chez les hommes. En raison des niveaux de connaissance élevés, les pourcentages de femmes et d’hommes connaissant la contraception augmentent peu avec le niveau de bien-être du ménage. Comme on pouvait s’y attendre, ce sont les femmes et les hommes des ménages du quintile le plus riche (parmi lesquels la connaissance de la contraception est générale : plus de 99 %), qui sont les mieux informés ; à l’opposé, dans les ménages les plus pauvres, les proportions sont respectivement, de 89 % et 92 %. 74 | Planification Familiale Tableau 5.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques socio-démographiques Pourcentage de femmes et d'hommes actuellement en union qui connaissent au moins une méthode de contraception et pourcentage de ceux qui connaissent au moins une méthode moderne, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Connaît une méthode Connaît méthode moderne1 Effectif Connaît une méthode Connaît méthode moderne Effectif Groupe d’âges 15-19 85,4 83,7 1 014 88,8 88,8 58 20-24 94,1 93,2 1 836 96,9 96,4 136 25-29 95,3 94,5 1 900 98,5 98,5 232 30-34 95,7 94,8 1 698 98,0 97,7 294 35-39 95,7 95,2 1 425 98,4 96,8 269 40-44 95,9 94,7 1 100 97,0 96,9 276 45-49 93,9 92,0 893 96,9 96,0 267 50-54 na na na 95,0 95,0 211 55-59 na na na 94,2 92,8 122 Milieu de résidence Urbain 97,6 97,2 4 005 98,4 97,9 901 Rural 91,8 90,3 5 860 95,4 94,8 965 Région Dakar 97,2 96,7 2 035 98,6 97,9 500 Diourbel 92,2 90,9 1 139 97,3 97,3 151 Fatick 94,0 92,8 517 94,8 94,1 81 Kaolack 92,1 90,7 1 170 94,3 93,2 182 Kolda 98,0 96,9 901 98,7 97,8 201 Louga 93,1 92,1 672 96,9 96,9 77 Matam 80,8 79,1 399 93,1 93,1 64 Saint-Louis 92,2 91,6 638 97,1 95,5 107 Tambacounda 87,1 84,5 737 92,9 92,7 167 Thiès 98,5 97,8 1 255 97,1 97,1 230 Ziguinchor 99,3 99,1 403 98,2 97,6 106 Niveau d’instruction Aucun 92,3 90,9 6 905 95,1 94,1 1 030 Primaire 97,8 97,7 2 079 98,0 97,8 404 Secondaire ou plus 99,6 99,6 882 100,0 100,0 433 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 89,0 87,1 2 055 92,5 91,6 368 Second 92,7 91,2 2 056 97,1 96,0 341 Moyen 94,9 93,9 2 008 96,9 96,9 346 Quatrième 95,9 95,7 1 950 97,3 97,3 385 Le plus riche 99,0 98,6 1 796 100,0 99,2 426 Ensemble 94,1 93,1 9 866 96,9 96,3 1 866 na = Non applicable 1 Stérilisation féminine, stérilisation masculine, pilule, DIU, injections, implants, condom masculin, condom féminin, diaphragme, mousse ou gelée, pilule du lendemain et MAMA. Planification Familiale | 75 5.2 UTILISATION DE LA CONTRACEPTION À UN MOMENT QUELCONQUE Le niveau d'utilisation de la contraception est l'un des indicateurs qui permettent de juger de la réussite des programmes de planification familiale. L'EDS-IV permet d'estimer l'utilisation de la contraception à un moment quelconque ainsi que son niveau d'utilisation actuelle c'est-à-dire au moment de la collecte des données. Aux hommes et aux femmes qui avaient déclaré connaître une méthode contraceptive, l'enquêteur/enquêtrice a ensuite demandé s'ils/elles l'avaient déjà utilisée, ceci afin de mesurer le niveau de pratique de la contraception à un moment quelconque de leur vie. Le tableau 5.3 présente les pourcentages de femmes et d'hommes ayant déjà utilisé une méthode contraceptive au cours de leur vie. Plus d'une femme sur cinq (22 %) et plus de quatre hommes sur dix (41 %) ont déjà utilisé, au moins, une méthode contraceptive à un moment quelconque de leur vie. Ce sont surtout les méthodes modernes qui ont été utilisées à un moment quelconque : 20 % pour les méthodes modernes contre 5 % pour les méthodes traditionnelles chez les femmes et respectivement, 34 % contre 21 % parmi les hommes. En fonction de l’âge, on constate que c’est à plus de 30 ans (plus de 30 %) et surtout entre 35 et 44 ans (plus de 34 %) que les pourcentages d’utilisation à un moment quelconque sont les plus élevés. Les principales méthodes modernes utilisées sont la pilule (10 %), les injectables (7 %) et le condom masculin (5 %). Par contre, moins de 2 % des femmes ont utilisé le DIU, 1 % ont utilisé les implants et moins d’un pour cent les mousses et gelées (0,6 %). La prévalence de la stérilisation masculine est nulle et celle de la stérilisation féminine (0,3 %), de la pilule du lendemain (0,2 %), du condom féminin (0,1 %), du diaphragme (0,2 %) et des mousses/gelées (0,6 %) est marginale. La stérilisation féminine concerne des femmes âgées (2,2 % chez les femmes de 45-49 ans). La pilule et les injectables concernent davantage les femmes de 35 à 44 ans, tandis que la prévalence du DIU augmente nettement avec l’âge. Environ 2 % des femmes ont eu recours à la MAMA. On observe des résultats similaires chez les femmes en union, avec des niveaux sensiblement plus élevés. Dans l’ensemble, 29 % ont utilisé une méthode quelconque et 26 % une méthode moderne, avec dans chacun des cas une nette tendance à la hausse jusqu’à 44 ans. Comme pour l'ensemble des femmes, la pilule (14 %), les injectables (10 %) et le condom masculin (6 %) ont été les méthodes les plus utilisées. Parmi les méthodes traditionnelles, la continence périodique et le retrait ont été utilisés par, respectivement, 3 et 2 % des femmes en union. Ce sont les femmes célibataires sexuellement actives qui présentent le niveau d'utilisation passée de la contraception le plus élevé : les trois quarts d’entre elles ont déclaré avoir déjà utilisé une méthode (74 %). Le taux d'utilisation élevé de ces femmes tient surtout à une utilisation plus fréquente des méthodes modernes (74 %) que des méthodes traditionnelles (21 %). Parmi les méthodes modernes utilisées, le condom masculin vient largement en tête (49 %), suivi des injectables (29 %) et de la pilule (22 %). Parmi les méthodes traditionnelles, leur choix s'est porté, en toute priorité, sur le retrait (15 %). Le tableau 5.3 indique également que 41 % de l’ensemble des hommes ont déjà utilisé une méthode quelconque et 34 % ont utilisé une méthode moderne. Chez les hommes actuellement en union, ces pourcentages sont plus élevés et atteignent 50 % et 38 %. Quant aux hommes célibataires sexuellement actifs au moment de l'enquête, ces pourcentages sont encore beaucoup plus élevés ; 74 % et 71 % d’entre eux ont respectivement utilisé une méthode quelconque et une méthode moderne, essentiellement le condom (71 %) ; parmi les hommes en union, plus du tiers a utilisé le condom (37 %). Les méthodes traditionnelles ont été moins fréquemment utilisées (21 %). Cependant, 21 % des hommes en union et 24 % des célibataires sexuellement actifs ont déclaré avoir utilisé, à un moment quelconque la continence périodique. Tableau 5.3 Utilisation de la contraception à un moment quelconque Pourcentages de femmes et d’hommes, de femmes et d’hommes actuellement en union et de femmes et d’hommes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actifs qui ont déjà utilisé une méthode contraceptive, par méthode spécifique et selon l'âge, EDS-IV Sénégal 2005 Méthode moderne Méthode traditionnelle Groupe d'âges N'im- porte quelle métho- de N'im- porte quelle méthode moderne Pilule DIU Injecta- bles Diaphra- gme Mousse, gelée Con- dom fém. Con- dom masc. Stérilisa- tion fém. Stérilisa- tion masc. Im- plants Pilule du lende- main MAMA N'im- porte quelle méthode tradition- nelle Conti- nence pério- dique Retrait Méth- ode popul- aire Effectif TOUTES LES FEMMES 15-19 3,6 3,3 0,2 0,0 0,4 0,0 0,0 0,0 2,7 0,0 0,0 0,0 0,0 0,3 0,6 0,2 0,2 0,3 3 556 20-24 15,0 13,4 4,0 0,3 4,5 0,0 0,2 0,0 5,8 0,0 0,0 0,3 0,1 1,4 3,5 1,2 1,3 1,3 2 844 25-29 24,8 21,7 10,7 0,7 8,3 0,1 0,5 0,3 6,8 0,0 0,1 1,1 0,4 1,9 6,8 3,0 2,2 2,5 2 379 30-34 33,6 31,1 17,8 1,7 12,0 0,2 1,0 0,2 7,7 0,2 0,0 1,6 0,2 2,3 8,4 4,1 2,3 3,0 1 953 35-39 36,9 34,3 20,4 2,4 13,9 0,4 1,5 0,1 6,7 0,6 0,0 1,3 0,0 3,4 8,7 4,1 2,5 3,8 1 613 40-44 36,8 34,2 19,5 7,7 13,7 0,8 1,5 0,1 4,2 1,1 0,1 2,5 0,2 4,1 8,3 4,0 2,0 3,6 1 249 45-49 32,5 29,5 16,3 7,8 9,9 0,7 1,3 0,0 3,2 2,2 0,0 2,9 0,2 2,9 8,7 3,1 2,0 4,4 1 009 Ensemble 21,8 19,9 10,0 1,9 7,3 0,2 0,6 0,1 5,2 0,3 0,0 1,0 0,2 1,9 5,3 2,3 1,5 2,2 14 602 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 9,9 9,5 0,8 0,1 1,3 0,1 0,0 0,0 7,5 0,0 0,0 0,1 0,0 0,6 1,5 0,8 0,4 0,6 1 014 20-24 19,6 17,2 5,8 0,4 5,7 0,0 0,3 0,1 6,5 0,0 0,0 0,5 0,1 1,9 4,6 1,7 1,6 1,8 1 836 25-29 27,9 24,2 12,2 0,9 9,2 0,1 0,5 0,2 6,6 0,1 0,1 1,3 0,4 2,3 7,6 3,2 2,2 2,9 1 900 30-34 35,7 32,9 19,3 1,9 12,5 0,2 1,1 0,2 7,8 0,2 0,0 1,7 0,3 2,3 8,9 4,1 2,4 3,3 1 698 35-39 38,1 35,1 21,0 2,3 14,4 0,5 1,6 0,1 6,3 0,7 0,0 1,3 0,0 3,4 9,3 4,5 2,4 4,3 1 425 40-44 36,9 34,5 19,8 7,5 14,4 0,9 1,2 0,1 3,9 1,2 0,1 2,4 0,2 4,6 7,9 3,4 2,1 3,9 1 100 45-49 31,2 28,4 15,5 6,7 9,7 0,3 1,2 0,0 3,2 2,4 0,0 3,0 0,3 2,9 7,8 2,8 1,4 4,5 893 Ensemble 28,6 26,0 13,5 2,4 9,7 0,3 0,8 0,1 6,2 0,5 0,0 1,4 0,2 2,5 6,9 3,0 1,9 3,0 9 866 FEMMES CÉLIBATAIRES SEXUELLEMENT ACTIVES 1 Ensemble 73,9 73,9 21,7 5,3 29,3 3,2 10,4 3,2 49,4 0,0 0,0 6,8 0,0 6,1 21,1 6,1 15,0 4,5 50 HOMMES Ensemble 40,6 33,5 na na na na na na 32,3 na 1,9 na na na 20,5 13,4 11,4 na 3 761 En union 50,0 38,0 na na na na na na 36,6 na 2,3 na na na 29,3 20,9 15,4 na 1 866 Célibatai- res sex. actifs 73,7 71,4 na na na na na na 70,7 na 2,4 na na na 34,4 24,0 15,1 na 156 MAMA = Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée na = Non applicable 1 Femmes ayant eu des rapports sexuels au cours de mois précédant l’enquête 76 | Planification Fam iliale Planification Familiale | 77 5.3 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION Le tableau 5.4 fournit la prévalence contraceptive actuelle, c'est-à-dire la proportion de femmes qui utilisaient une méthode de contraception au moment de l'enquête. Dans l’ensemble, moins de 9 % des femmes utilisent actuellement une méthode contraceptive ; 8 % d’entre elles ont recours à une méthode moderne et 1 % à une méthode traditionnelle. Comme pour l’utilisation passée, les femmes utilisent essentiellement trois méthodes : la pilule (2,5 %), les injectables (2,4 %) et le condom (1,3 %). Toutes les autres méthodes concernent moins de 1 % des enquêtées. La prévalence de la stérilisation masculine est nulle (tableau 5.3) et la stérilisation féminine très rare ne concerne qu’une faible proportion (1 à 2 %) des femmes après 40 ans. La prévalence contraceptive augmente avec l’âge entre 15 et 44 ans. Les plus grandes utilisatrices sont concentrées aux âges intermédiaires (entre 30 et 44 ans). Chez les femmes en union, la prévalence est plus élevée que chez les femmes toutes situations matrimoniales confondues : 12 % pour une méthode quelconque et 10 % pour une méthode moderne (graphique 5.2) Bien que l’effectif des femmes célibataires sexuellement actives soit assez réduit, les résultats suggèrent une très forte prévalence contraceptive dans ce groupe (43 %). Les femmes de ce groupe recourent presque exclusivement à deux méthodes : le condom (25 %) et les injectables (9 %). Signalons enfin, un grand écart entre les pourcentages d’utilisatrices à un moment quelconque et d’utilisatrices actuelles. Pour les méthodes modernes, les chiffres correspondants sont de 26 et 10 % pour les femmes en union et 20 et 8 % pour toutes les femmes, soit du simple à moins de la moitié. Cet écart peut résulter, entre autres, de problèmes de discontinuation ou d’instabilité dans l’utilisation de la contraception : plus de 50 % des utilisatrices de contraceptifs le font de façon occasionnelle ou pour espacer plutôt que pour limiter leur descendance. La comparaison avec les résultats des enquêtes précédentes montre que la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union a augmenté, la proportion d'utilisatrices étant passée de 5 % en 1993 (EDS-II), à 8 % en 1997 (EDS-III) pour atteindre 10 % en 2005. C’est surtout parmi les femmes du milieu rural et parmi celles sans instruction que ces progrès ont été les plus importants ; en effet, la prévalence a plus que doublé en zone rurale : de 1 % en 1993, la prévalence est passée à 2 % en 1997 pour atteindre 5 % à l’enquête actuelle. En fonction du niveau d’instruction, on note qu’entre 1993 et 1997, la proportion de femmes sans instruction qui utilisaient une méthode moderne a doublé passant de 2 % à 4 % ; cette tendance s’est poursuivie puisque entre 1997 et 2005, cette proportion est passée de 4 % à 6 %. En zone urbaine et chez les femmes scolarisées, on observe une tendance à la baisse des utilisatrices de la contraception. Tableau 5.4 Utilisation actuelle de la contraception Répartition (en %) de l'ensemble des femmes, des femmes actuellement en union et des femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives, par méthode actuellement utilisée, selon l'âge, EDS-IV Sénégal 2005 Méthode moderne Méthode traditionnelle Groupe d'âges N'importe quelle méthode N'importe quelle méthode moderne Pilule DIU Inject- ables Diaph- ragme Mousse, gelée Condom féminin Con- dom Stérili- sation féminine Implants MAMA N'importe quelle méthode tradition- nelle Continence périodique Retrait Méthode populaire Non utilisatrice Total Nombre TOUTES LES FEMMES 15-19 1,6 1,5 0,2 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 1,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,0 0,0 0,1 98,4 100,0 3 556 20-24 6,3 5,5 1,2 0,0 1,8 0,0 0,0 0,0 2,0 0,0 0,3 0,2 0,8 0,4 0,0 0,4 93,7 100,0 2 844 25-29 9,0 7,7 3,0 0,4 2,1 0,0 0,0 0,1 1,2 0,0 0,5 0,5 1,2 0,5 0,1 0,7 91,0 100,0 2 379 30-34 13,9 12,5 4,7 0,6 4,3 0,2 0,2 0,0 1,6 0,2 0,7 0,0 1,5 0,5 0,1 0,8 86,1 100,0 1 953 35-39 15,8 13,8 5,8 0,7 4,4 0,3 0,0 0,0 1,1 0,6 0,6 0,3 2,0 1,1 0,3 0,6 84,2 100,0 1 613 40-44 15,4 13,7 4,2 1,4 4,4 0,0 0,2 0,0 1,2 1,1 0,8 0,3 1,7 0,7 0,0 1,0 84,6 100,0 1 249 45-49 10,0 8,2 1,7 0,4 3,2 0,0 0,0 0,0 0,1 2,2 0,7 0,0 1,8 0,5 0,0 1,3 90,0 100,0 1 009 Ensemble 8,7 7,6 2,5 0,4 2,4 0,1 0,0 0,0 1,3 0,3 0,4 0,2 1,1 0,4 0,1 0,6 91,3 100,0 14 602 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 5,0 4,7 0,6 0,1 0,6 0,0 0,0 0,0 3,3 0,0 0,0 0,1 0,4 0,1 0,0 0,3 95,0 100,0 1 014 20-24 8,4 7,3 1,8 0,0 2,3 0,0 0,0 0,0 2,4 0,0 0,4 0,3 1,1 0,6 0,0 0,5 91,6 100,0 1 836 25-29 10,3 8,8 3,5 0,5 2,4 0,0 0,0 0,0 1,1 0,1 0,6 0,6 1,6 0,6 0,1 0,9 89,7 100,0 1 900 30-34 15,0 13,3 5,3 0,7 4,5 0,2 0,2 0,0 1,4 0,2 0,7 0,1 1,7 0,6 0,1 0,9 85,0 100,0 1 698 35-39 17,2 15,0 6,5 0,6 4,9 0,3 0,0 0,0 1,1 0,7 0,6 0,3 2,3 1,3 0,3 0,7 82,8 100,0 1 425 40-44 15,6 13,9 4,4 1,1 4,9 0,0 0,0 0,0 1,1 1,2 0,9 0,3 1,7 0,6 0,0 1,1 84,4 100,0 1 100 45-49 10,4 8,7 1,9 0,4 3,0 0,0 0,1 0,0 0,1 2,4 0,8 0,0 1,7 0,5 0,0 1,2 89,6 100,0 893 Ensemble 11,8 10,3 3,6 0,5 3,2 0,1 0,0 0,0 1,5 0,5 0,6 0,3 1,5 0,6 0,1 0,8 88,2 100,0 9 866 FEMMES CÉLIBATAIRES SEXUELLEMENT ACTIVES1 Ensemble 43,3 43,3 1,1 0,0 9,3 0,0 5,1 3,2 24,6 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 56,7 100,0 50 Note : Si plus d'une méthode est utilisée, seule la plus efficace est prise en compte dans ce tableau. MAMA = Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée. 1 Femmes ayant eu des rapports sexuels au cours du mois précédant l'enquête. 78 | Planification Fam iliale Planification Familiale | 79 Par ailleurs, les renseignements recueillis permettent aussi l'analyse de la prévalence contraceptive selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes en union. Ces résultats sont présentés au tableau 5.5. La prévalence contraceptive, pour l'ensemble des méthodes est 3,4 fois plus élevée en milieu urbain (20 %) qu'en milieu rural (6 %) et 3,6 fois plus élevée en ce qui concerne les méthodes modernes (18 % contre 5 %). En milieu urbain comme en milieu rural, les méthodes modernes les plus fréquemment utilisées par les femmes sont la pilule (7 % contre 2 % en zone rurale), les injectables (5 % et 2 %) et le condom (3 % et moins de 1 %). La principale méthode traditionnelle utilisée, la continence périodique, concerne surtout les femmes urbaines (1,3 %). Les différences inter régionales sont très importantes. Trois régions se distinguent par leur forte prévalence contraceptive moderne : Ziguinchor (21 %), Dakar (19 %) et Thiès (15 %) (tableau 5.5). À l’inverse, les régions de Matam (1 %), Diourbel (3 %), Kaolack (5 %), Tambacounda (moins de 6 %) et Louga (6 %) sont encore à des niveaux extrêmement faibles. Signalons par ailleurs des particularités régionales dans la répartition selon la méthode utilisée : les régions de Fatick, Ziguinchor et Tambacounda ont des prévalences nettement plus élevées pour les injectables que pour la pilule, à l’inverse de la tendance générale. La prévalence de la contraception, qu'elle soit moderne ou traditionnelle, augmente de façon très importante avec le niveau d'instruction. Pour les méthodes modernes, la prévalence passe de 5 % chez les femmes sans instruction à 18 % chez celles ayant un niveau d'instruction primaire et à 30 % chez les femmes de niveau secondaire ou plus. On note aussi un recours plus fréquent des femmes sans instruction aux injectables (2,3 % contre 1,5 % pour la pilule) qu’à d’autres méthodes alors que les femmes de niveau secondaire ou plus utilisent plus fréquemment le condom masculin (7 %). On constate aussi que l'utilisation de la contraception moderne augmente avec le nombre d'enfants, passant de 5 % chez les femmes nullipares à 9 % chez celles en ayant déjà eu un ou deux à 12 % pour celles en ayant eu 3 ou 4 enfants et à 13 % au-delà de 4 enfants. Les nullipares se distinguent par l'utilisation surtout d'une seule méthode en l'occurrence le condom masculin (4 %). Graphique 5.2 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union selon la méthode EDS-IV 2005 12 10 4 3 2 1 2 1 0 TO UT ES M ÉT HO DE S M ÉT HO DE S M OD ER NE S Pil ule Inj ec tab les Co nd om ma scu lin Sté rili sat ion fém ini ne M ÉT HO DE TR AD ITI ON NE LL ES M éth od e p op ula ire Re tra it 0 5 10 15 20 Pourcentage Tableau 5.5 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques sociodémographiques Répartition (en %) des femmes actuellement en union par méthode contraceptive actuellement utilisée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Méthode moderne Méthode traditionnelle Caractéristique sociodémographique N'importe quelle méthode N'importe quelle méthode moderne Pilule DIU Inject- ables Diaph- ragme Mousse, gelée Condom féminin Condom masculin Stérili- sation féminine Implants MAMA N'import e quelle méthode tradition- nelle Continence périodique Retrait Méthode populaire Non utilisatrice Total Effectif Nombre d'enfants vivants 0 6,1 4,8 0,5 0,1 0,2 0,0 0,0 0,0 3,9 0,1 0,1 0,0 1,3 0,7 0,0 0,6 93,9 100,0 1 426 1-2 9,7 8,8 3,1 0,3 2,5 0,0 0,0 0,0 1,9 0,1 0,6 0,3 0,9 0,5 0,0 0,3 90,3 100,0 3 217 3-4 14,0 12,4 5,4 0,9 3,3 0,3 0,1 0,0 1,1 0,5 0,4 0,4 1,6 0,4 0,2 1,0 86,0 100,0 2 446 5+ 15,3 13,0 4,2 0,5 5,6 0,0 0,0 0,0 0,2 1,2 1,0 0,3 2,3 0,9 0,1 1,3 84,7 100,0 2 777 Milieu de résidence Urbain 20,3 18,0 6,7 1,1 5,1 0,2 0,1 0,0 2,7 0,6 1,1 0,4 2,3 1,3 0,1 0,9 79,7 100,0 4 005 Rural 6,0 5,0 1,5 0,1 2,0 0,0 0,0 0,0 0,7 0,4 0,2 0,2 1,0 0,2 0,1 0,7 94,0 100,0 5 860 Région Dakar 21,4 19,2 8,3 1,6 4,7 0,4 0,1 0,0 2,1 0,6 1,1 0,4 2,2 1,3 0,1 0,8 78,6 100,0 2 035 Diourbel 4,0 3,3 1,5 0,0 0,9 0,0 0,0 0,0 0,1 0,7 0,1 0,0 0,7 0,2 0,1 0,5 96,0 100,0 1 139 Fatick 8,2 6,2 1,3 0,0 4,1 0,0 0,0 0,0 0,4 0,2 0,1 0,0 2,0 0,1 0,1 1,8 91,8 100,0 517 Kaolack 6,6 5,4 1,4 0,0 1,9 0,0 0,0 0,0 0,5 0,8 0,5 0,2 1,2 0,6 0,0 0,6 93,4 100,0 1 170 Kolda 10,1 8,0 0,6 0,3 3,5 0,0 0,0 0,0 2,5 0,4 0,3 0,6 2,1 0,5 0,1 1,5 89,9 100,0 901 Louga 6,2 5,7 2,2 0,2 2,7 0,0 0,1 0,0 0,1 0,2 0,3 0,0 0,5 0,1 0,0 0,4 93,8 100,0 672 Matam 1,2 1,0 0,3 0,0 0,5 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,2 0,0 0,0 0,2 98,8 100,0 399 Saint-Louis 10,6 9,9 4,8 0,3 3,5 0,0 0,1 0,0 0,0 0,5 0,6 0,1 0,6 0,3 0,0 0,3 89,4 100,0 638 Tambacounda 6,3 5,6 1,2 0,0 2,3 0,0 0,0 0,0 1,4 0,5 0,2 0,1 0,7 0,2 0,2 0,3 93,7 100,0 737 Thiès 17,2 15,2 6,1 0,4 5,4 0,1 0,0 0,0 1,6 0,5 0,5 0,6 2,0 0,9 0,2 0,9 82,8 100,0 1255 Ziguinchor 24,5 20,9 1,9 0,5 3,4 0,0 0,0 0,1 11,5 0,5 2,3 0,6 3,6 1,8 0,1 1,8 75,5 100,0 403 Niveau d’instruction Aucun 6,5 5,4 1,5 0,1 2,3 0,0 0,0 0,0 0,4 0,4 0,3 0,2 1,0 0,2 0,1 0,8 93,5 100,0 6 905 Primaire 20,2 18,3 7,1 0,9 4,9 0,2 0,0 0,0 3,0 0,9 0,8 0,4 1,9 1,0 0,2 0,7 79,8 100,0 2 079 Secondaire ou plus 33,9 29,7 11,3 2,3 6,4 0,5 0,3 0,0 6,7 0,4 1,8 0,1 4,2 3,1 0,1 1,0 66,1 100,0 882 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 3,7 2,9 0,5 0,0 1,3 0,0 0,0 0,0 0,5 0,3 0,0 0,3 0,8 0,1 0,0 0,7 96,3 100,0 2 055 Second 6,3 4,8 0,9 0,2 1,8 0,0 0,0 0,0 1,3 0,3 0,2 0,1 1,5 0,3 0,0 1,2 93,7 100,0 2 056 Moyen 10,3 9,1 2,7 0,1 3,2 0,0 0,0 0,0 1,7 0,5 0,5 0,3 1,2 0,4 0,1 0,7 89,7 100,0 2 008 Quatrième 16,0 14,4 5,4 0,4 4,9 0,0 0,0 0,0 1,8 0,8 0,4 0,6 1,6 1,1 0,0 0,5 84,0 100,0 1 950 Le plus riche 24,6 22,0 9,2 1,8 5,2 0,5 0,2 0,0 2,5 0,7 1,9 0,1 2,5 1,4 0,3 0,9 75,4 100,0 1 796 Ensemble 11,8 10,3 3,6 0,5 3,2 0,1 0,0 0,0 1,5 0,5 0,6 0,3 1,5 0,6 0,1 0,8 88,2 100,0 9 866 80 | Planification Fam iliale Planification Familiale | 81 Enfin, le niveau d’utilisation des méthodes contraceptives, quel que soit le type, augmente énormément avec le niveau de bien-être du ménage. La prévalence toutes méthodes confondues passe de moins de 4 % chez les femmes des ménages les plus pauvres à 6 % chez celles du 2ème quintile et à 16 % et 25 % dans les deux quintiles les plus riches. On observe une tendance similaire pour les méthodes modernes (3 % chez les plus pauvres contre 22 % chez les plus riches). 5.4 UTILISATON SELON LES INDICATEURS DU STATUT DE LA FEMME La capacité d’une femme à traduire ses volontés en actes concrets est déterminée par son statut au sein de son ménage et de la communauté dans laquelle elle vit. Dans ce sens, sa participation dans le ménage aux prises de décisions importantes, son aptitude à exprimer et à faire prendre en compte ses avis sur les sujets relatifs à sa propre personne sont des éléments importants dans le processus de transformation qualitative de sa situation. La motivation de la femme à utiliser la contraception est conditionnée dans une certaine mesure par sa liberté et sa capacité de mouvement et d'actions. Ses possibilités d'initiatives sont souvent codifiées et encadrées dans un système de genre parfois trop coercitif. De ce fait, les rapports de genre au sein de sa communauté et les aménagements opérés au sein de sa famille et ensuite de son ménage ont une influence déterminante dans son aptitude à transformer les messages de planification des naissances en pratique contraceptive effective. Des indicateurs du statut de la femme sont utilisés pour évaluer l'influence des opinions de la femme concernant certains sujets déterminés sur sa propension à utiliser la contraception. Il s'agit du: • nombre de décisions prises par la femme : on suppose que plus le nombre de décisions dans les quelles la femme est impliquée est élevée, plus son statut est important. • nombre de raisons de refuser les rapports sexuels avec son mari : on considère que les femmes qui pensent que pour aucune raison, il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des Graphique 5.3 Prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-IV 2005 10 18 5 21 19 15 10 8 6 6 5 3 1 6 13 30 Sé né ga l Ur ba in Ru ral Zig uin ch or Da ka r Th iès St- Lo uis Ko lda Fa tic k Lo ug a Ka ola ck Di ou rb el Ma tam Au cu n Pri ma ire Se co nd air e + 0 5 10 15 20 25 30 35 40 Pourcentage RÉSIDENCE RÉGION INSTRUCTION 82 | Planification Familiale rapports sexuels avec son mari ont moins de pouvoir d’action que celles qui pensent que, quelle que soit la raison, une femme a la liberté de refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari. • nombre de raisons justifiant que le mari batte sa femme : plus la femme évoque de raisons justifiant ce traitement, moins elle sera apte à s’exprimer et à agir en toute liberté. Les résultats sont présentés au tableau 5.6. Il semble qu'il existe une relation entre le niveau de participation de la femme à la prise de décisions et la prévalence contraceptive. En effet, plus la femme est impliquée dans les décisions du ménage, plus son recours à la contraception est élevé. La prévalence passe de 8 à 9 % parmi celles qui ont cité 2 décisions ou moins dans lesquelles leur avis est déterminant à 14-15 %, parmi celles qui sont impliquées dans 5 prises de décisions ou plus. Notons également que quel que soit le type de méthode de contraception, cette relation se vérifie. Par rapport aux raisons justifiant le refus d'une femme d'avoir des rapports sexuels avec son mari, la relation est très mitigée pour l’ensemble de toutes les méthodes et l’ensemble des méthodes modernes. Il est probable que pour quelques méthodes spécifiques, on observe des écarts notables, mais il semble hasardeux d’en tirer une conclusion sur la réalité de la relation. Pour la pilule par exemple, la prévalence est plus forte chez les femmes qui estiment qu’il n’y a aucune raison de refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari. Par contre, pour les injectables, le condom et les implants, c’est la relation contraire qu’on observe. L’appréciation que les femmes ont de ce comportement ne semble pas être corrélé à leur statut, et donc influer sur le niveau de la prévalence contraceptive. En ce qui concerne le troisième indicateur, pour l’ensemble des méthodes modernes, on constate que la prévalence passe de 12 à 15 % quand la femme considère qu’il n’y a aucune raison ou qu’il n’y a qu’une ou deux raisons qui justifie qu’un homme batte sa femme à moins de 8 % chez les femmes qui ont déclaré trois raisons ou plus. Des tendances similaires sont observées pour l’ensemble de toutes les méthodes et pour les principales méthodes contraceptives spécifiques. Autrement dit, ces résultats semblent traduire une corrélation positive entre le statut de la femme et son appréciation du traitement consistant à battre son épouse et la prévalence contraceptive. Tableau 5.6 Utilisation actuelle de la contraception par statut de la femme Répartition (en %) des femmes actuellement en union par méthode contraceptive actuellement utilisée, selon les indicateurs du statut de la femme, EDS-IV Sénégal 2005 Méthode moderne Méthode traditionnelle Statut de la femme N'importe quelle méthode N'importe quelle méthode moderne Pilule DIU Inject- ables Diaph- ragme Mousse, gelée Condom Stérili- sation féminine Implants MAMA N'importe quelle méthode tradition- nelle Conti- nence périodique Retrait Méthode populaire Non utilisa- trice Total Effectif Nombre de décisions dans lesquelles la femme a le dernier mot1 0 9,5 8,4 2,6 0,3 2,1 0,2 0,0 2,2 0,3 0,5 0,2 1,1 0,4 0,0 0,7 90,5 100,0 2 408 1-2 10,7 9,3 3,3 0,5 3,0 0,1 0,1 1,2 0,4 0,5 0,3 1,4 0,6 0,1 0,8 89,3 100,0 5 148 3-4 17,1 15,0 5,6 1,0 5,2 0,0 0,0 1,4 0,9 0,7 0,3 2,1 0,9 0,1 1,1 82,9 100,0 1 400 5+ 15,9 13,7 4,7 0,3 4,7 0,1 0,0 1,9 1,1 0,8 0,2 2,2 1,2 0,2 0,7 84,1 100,0 909 Nombre de raisons de refuser les rapports sexuels avec son mari 0 12,0 10,6 6,7 0,0 2,1 0,0 0,6 0,1 0,0 1,2 0,0 1,4 0,5 0,6 0,3 88,0 100,0 440 1-2 12,0 10,9 3,6 0,8 3,9 0,1 0,0 1,3 0,5 0,4 0,3 1,0 0,4 0,0 0,6 88,0 100,0 3 249 3-4 11,7 10,0 3,4 0,3 3,0 0,1 0,0 1,8 0,5 0,6 0,3 1,8 0,8 0,1 0,9 88,3 100,0 6 177 Nombre de raisons justifiant qu’un mari batte sa femme 0 16,6 14,5 5,2 0,9 4,2 0,2 0,0 2,2 0,5 0,8 0,3 2,1 1,1 0,0 0,9 83,4 100,0 3 158 1-2 13,1 11,5 4,0 0,7 3,3 0,2 0,1 1,8 0,3 0,7 0,2 1,6 0,7 0,2 0,7 86,9 100,0 1 901 3-4 8,9 7,7 2,6 0,1 2,6 0,0 0,0 1,2 0,6 0,4 0,2 1,2 0,3 0,1 0,7 91,1 100,0 3 081 5 6,9 6,0 1,9 0,1 2,5 0,0 0,0 0,5 0,4 0,2 0,4 0,9 0,2 0,1 0,7 93,1 100,0 1 726 Ensemble 11,8 10,3 3,6 0,5 3,2 0,1 0,0 1,5 0,5 0,6 0,3 1,5 0,6 0,1 0,8 88,2 100,0 9 866 Note : Si plus d'une méthode est utilisée, seule la plus efficace est prise en compte dans ce tableau. MAMA = Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée. 1 Soit seule ou en commun avec quelqu'un d'autre. Planification Fam iliale | 83 84 | Planification Familiale 5.5 NOMBRE D'ENFANTS À LA PREMIÈRE UTILISATION L'utilisation de la contraception pour la première fois peut, en fonction de la parité atteinte à ce moment-là, répondre à des objectifs différents: retarder la première naissance si l'utilisation commence lorsque la femme n'a pas encore d'enfant, espacer les naissances si la contraception débute à une parité que la femme souhaite augmenter selon un calendrier donné, ou encore limiter tout simplement la descendance au niveau actuel lorsque la femme recourt à la contraception parce qu’elle a le nombre d'enfants qu’elle souhaite ou pour d’autres raisons (raisons de santé, par exemple). Le tableau 5.7 présente la répartition des femmes par groupe d’âges selon le nombre d’enfants vivants qu’elles avaient au moment où elles ont commencé à utiliser la contraception pour la première fois. Tableau 5.7 Nombre d'enfants à la première utilisation Répartition (en %) des femmes qui ont déjà utilisé un moyen de contraception par nombre d'enfants vivants lors de la première utilisation de la contraception et nombre médian d'enfants à la première utilisation, selon l'âge actuel, EDS-IV Sénégal 2005 Nombre d'enfants vivant à la première utilisation Âge actuel 0 1 2 3 4+ ND Total Nombre Nombre médian d'enfants à la 1ère utilisation de la contraception 15-19 62,5 30,2 5,3 0,0 0,6 1,2 100,0 126 - 20-24 33,0 42,5 17,7 3,8 1,1 1,9 100,0 426 0,4 25-29 15,2 42,4 21,6 12,0 7,9 0,8 100,0 591 0,8 30-34 8,2 34,2 21,3 13,1 22,7 0,5 100,0 656 1,3 35-39 6,3 18,9 12,1 20,6 41,3 0,8 100,0 595 2,6 40-44 4,4 10,5 18,9 11,5 52,9 1,7 100,0 460 3,3 45-49 1,4 16,7 8,8 10,9 60,0 2,2 100,0 328 3,8 Ensemble 13,4 28,6 16,9 12,1 27,9 1,2 100,0 3 182 1,4 Dans l'ensemble des femmes utilisatrices passées ou actuelles, 13 % ont déclaré avoir utilisé pour la première fois une méthode contraceptive alors qu'elles n'avaient pas d'enfant c'est-à-dire pour retarder la première naissance, 58 % ont commencé alors qu'elles étaient à des parités relativement faibles (1 à 3 enfants) et enfin 28 % ont commencé à des parités élevées (4 enfants et plus). On note que 29 % des femmes ont commencé à utiliser une méthode de contraception après la naissance du premier enfant. L’utilisation de la contraception chez les nullipares est surtout le fait des femmes jeunes (63 % chez les femmes de 15-19 ans et 33 % chez celles de 20-24 ans). Selon les déclarations, cette pratique a augmenté dans le temps puisque sa fréquence augmente des générations les plus anciennes aux plus récentes. Ceci est le signe d'une tendance à retarder la venue de la première naissance dans les générations récentes par rapport aux plus anciennes. De même, le nombre médian d'enfants à la première utilisation ou nombre d’enfants qu’ont 50 % des femmes à la première utilisation de la contraception, (1,4 enfants en moyenne), augmente régulièrement avec l’âge : de 0,4 enfants à 20-24 ans, il passe à 0,8 25-29 ans, 1,3 à 30-34 ans et atteint 3,8 enfants à 45-49 ans. Autrement dit, les femmes recourent à la contraception pour la première fois à des parités de plus en plus basses. 5.6 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE Les résultats précédents ont montré que l'utilisation actuelle ou passée de la continence périodique n’était pas négligeable. Or, l'efficacité de cette méthode repose sur une bonne connaissance de Planification Familiale | 85 la période de fécondabilité au cours du cycle menstruel. Pour mesurer le niveau de connaissance des femmes au cours de cette période, on leur a demandé si elles pensaient, qu'au cours du cycle, il existait une période pendant laquelle elles avaient plus de chance de tomber enceinte et, si oui, à quel moment du cycle se situait cette période. Les résultats des réponses à cette dernière question sont présentés dans le tableau 5.8. Compte tenu des nombreuses nuances que peuvent comporter les réponses à cette question, les femmes peuvent être groupées en trois grandes catégories dans les commentaires qui suivent : • Connaissent la période de fécondabilité : celles qui ont déclaré « milieu du cycle » ; • Ont une connaissance douteuse de la période : celles qui ont déclaré « juste avant le début des règles », «juste après la fin des règles ». Ces réponses sont trop vagues pour pouvoir être considérées comme exactes mais, selon l'idée que se font les femmes du « juste après la fin » et du « juste avant le début », elles peuvent correspondre à la période féconde ; • Ne connaissent pas la période : celles qui ont déclaré « durant les règles », « pas de période spécifique », « ne sait pas » ou toute autre réponse. Tableau 5.8 Connaissance de la période féconde Répartition (en %) des femmes qui utilisent la continence périodique, de celles qui n'utilisent pas la continence périodique et de l'ensemble des femmes selon leur connaissance de la période féconde au cours du cycle menstruel, EDS-IV Sénégal 2005 Connaissance de la période féconde Utilisatrices de la continence périodique Non utilisatrices de la continence périodique Ensemble des femmes Juste avant le début des règles 3,4 4,0 4,0 Durant les règles 3,7 1,3 1,3 Juste après la fin des règles 25,7 29,6 29,6 Milieu du cycle 59,2 16,5 16,7 Pas de moment spécifique 2,9 16,5 16,4 Autre 0,8 0,5 0,5 NSP 4,3 31,4 31,3 ND 0,0 0,2 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 65 14 537 14 602 Pour l’ensemble des femmes, le tableau 5.8 indique qu’au total la moitié des femmes n'ont aucune idée de l'existence d'une période particulière ou ne savent pas situer correctement la période de fertilité au cours du cycle menstruel : 31 % ont déclaré ne pas savoir du tout et 16 % ont déclaré qu’une telle période n’existait pas. Plus d’une femme sur trois (34 %) n’en ont qu’une connaissance approximative voire douteuse. Seulement 17 % des femmes ayant mentionné le milieu du cycle sont considérées avoir une connaissance précise de la période où une femme a le plus de chances de tomber enceinte au cours du cycle. Si on se limite aux seules femmes utilisant la continence périodique comme méthode de contraception, et qui doivent en principe connaître leur cycle pour utiliser efficacement cette méthode, on observe un niveau de connaissance de la période de fécondabilité particulièrement élevé (59 %). Cependant, 29 % de ces femmes utilisatrices de la continence périodique n'en ont qu'une connaissance vague. Bien que la prévalence de la continence périodique soit très faible (moins de 1 %), il ressort de ces données, que toute promotion de cette méthode devra s’accompagner d’information sur la connaissance de la période de fertilité qui conditionne l’efficacité du recours à cette pratique qui pourrait constituer une alternative pour un grand nombre de femmes qui n'ont pas encore accès aux méthodes modernes. 86 | Planification Familiale 5.7 SOURCES D'APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION Pour évaluer la contribution des secteurs médicaux public et privé dans la distribution ou la vente des différentes méthodes modernes de contraception, on a demandé aux utilisatrices d'identifier l'endroit où elles ont obtenu leur méthode actuelle (tableau 5.9). Tableau 5.9 Source d'approvisionnement Répartition (en %) des utilisatrices actuelles de méthodes contraceptives modernes par source d'approvisionnement ou d'information la plus récente, selon les méthodes spécifiques, EDS-IV Sénégal 2005 Méthode moderne Source d'approvisionnement Pilule DIU Injectables Condom masculin Stérilisation féminine Implants Ensemble1 Secteur public 73,2 73,0 91,8 12,5 86,8 88,6 70,2 Hôpital gouvern. 4,0 13,9 6,1 2,3 82,5 34,0 10,1 Centre de santé gouvern. 18,4 22,9 19,4 0,2 2,5 23,4 16,0 Poste santé 42,3 34,4 54,3 4,9 0,0 15,5 35,4 Centre de PF gouver. 5,8 1,8 8,7 0,4 0,0 14,7 5,8 Maternité rurale 0,5 0,0 1,1 0,0 0,0 0,0 0,5 Case de santé 1,1 0,0 0,2 0,0 1,8 0,9 0,6 Pharmacie comm. 0,0 0,0 2,0 4,6 0,0 0,0 1,4 Agent santé 1,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,4 Secteur medical prive 22,5 27,0 7,7 52,8 10,4 10,2 21,9 Hôpital privé 7,0 14,6 5,6 0,0 10,4 8,2 5,9 Pharmacie 2,2 12,4 0,1 0,0 0,0 0,9 1,5 Médecin privé 13,0 0,0 0,5 52,8 0,0 1,1 13,8 Agent de terrain 0,3 0,0 0,6 0,0 0,0 0,0 0,3 Autre médical privé 0,1 0,0 0,9 0,0 0,0 0,0 0,3 Autre source 2,6 0,0 0,0 30,3 0,0 0,0 6,3 Boutique 0,8 0,0 0,0 3,7 0,0 0,0 0,9 Amis/proches 1,8 0,0 0,0 26,7 0,0 0,0 5,4 Autre 0,6 0,0 0,0 2,1 0,0 0,0 0,6 NSP 0,0 0,0 0,0 0,0 1,0 0,0 0,0 ND 0,8 0,0 0,5 2,3 1,7 0,0 0,9 Ensemble 99,8 100,0 100,0 100,0 100,0 98,8 99,9 Effectif 365 56 351 185 51 59 1 084 1 Il comprend 9 utilisatrices de diaphragme, 6 utilisatrices de mousse, gelée et 2 utilisatrices de condom féminin Pour obtenir les méthodes modernes de contraception, 70 % des femmes s'adressent au secteur médical public. Environ, une femme sur cinq (22 %) s'adresse au secteur médical privé et seulement 6 % se dirigent vers d’autres sources. Dans le secteur public, ce sont surtout vers les postes de santé que les femmes se dirigent pour obtenir leur méthode (35 %, soit la moitié de la clientèle du secteur). Les centres de santé contribuent pour 16 %. Dans le secteur privé, les principaux fournisseurs sont, de loin, les médecins privés (14 %) ; dans 6 % des cas, les femmes se sont procurées leur méthode dans les hôpitaux/cliniques privés. Quant aux sources non médicales, il s’agit essentiellement d’amis/parents (5 %). Ainsi, près de 42 % des utilisatrices de mousses et gelées ont obtenu cette méthode auprès d’amis ou proches ; il en est de même de 27 % des utilisatrices de condom. Les médecins privés ne sont exclusivement consultés que pour obtenir des mousses et gelées (41 %), le condom masculin (53 %) et le condom féminin (23 %). Le secteur privé par le biais des médecins privés est largement plus sollicité que le secteur public pour obtenir des mousses et gelées ou le condom. Par contre, les diaphragmes, les injectables, la stérilisation féminine et les implants restent le Planification Familiale | 87 domaine de prédilection du secteur public avec 90 % de la clientèle. Avec moins de 23 %, Le secteur public jour un rôle mineur dans la distribution des condoms. Enfin, près de 4 % des utilisatrices du condom l’ont obtenu dans une boutique. 5.8 INFORMATIONS RELATIVES AUX MÉTHODES CONTRACEPTIVES Au niveau des formations sanitaires, les prestataires de services de planification familiale sont sensés assurer des services complets à leur clientèle en leur donnant le maximum d'informations utiles, entre autres, des informations sur l'éventail des différentes méthodes contraceptives existantes et leurs contraintes et ainsi que sur leurs effets secondaires et leurs contre-indications éventuelles. Ces informations ont pour but d'aider les femmes à faire leur choix et à prendre conscience des comportements destinés à leur meilleur usage et la bonne gestion de leurs inconvénients éventuels. Les informations données permettent aussi de corriger et de combattre les préjugés concernant les méthodes de contraception. Les résultats sont présentés au tableau 5.10. Dans l’ensemble, environ six femmes sur dix ont été informées que des méthodes autres que celles qu’elles utilisent existaient. Cependant, moins de 50 % des femmes ont été informées sur les effets secondaires et autres problèmes liés à l’utilisation de la méthode (49 %) et sur ce qu’il faut en cas de manifestation d’effets secondaires (48 %). Moins d’une femme sur deux a été informée sur les mesures à prendre en cas d’effets secondaires liés à la méthode. En matière d’information de la clientèle, on constate que dans le secteur public, la proportion de femmes ayant été informées de l’existence d’autres méthodes est un peu plus élevée que dans le secteur privé (68 % contre 59 %). Par contre, en ce qui concerne l’information sur les effets secondaires et sur ce qu’il convient de faire en cas d’effets secondaires, on constate que les deux secteurs se situent à peu près au même niveau. On constate que dans le secteur public, ce sont dans les centres de PF du gouvernement et dans les centres de santé du gouvernement que les femmes ont été les plus fréquemment informées. En outre, dans 72 % des cas, les femmes qui se sont adressées à des postes de santé, qui constituent les principaux pourvoyeurs de contraceptifs, ont été informées sur l’existence d’autres méthodes et, dans la moitié des cas, elles ont été averties des effets secondaires et des mesures à prendre en cas de problèmes. À l’opposé, c’est dans les maternités rurales et les cases de santé que ces informations sont les moins fréquemment fournies aux femmes. En ce qui concerne le secteur privé, on constate que 70 % des femmes qui ont consulté un médecin ont été informées sur ce qu’il faut faire en cas de problèmes ; par contre, les proportions de celles qui ont été averties des effets secondaires et de celles qui ont été informés que d’autres méthodes existaient est beaucoup plus faible (42 % dans les deux cas). On constate que dans l’ensemble, les femmes sont mieux informées en milieu urbain (où sont concentrés les centres de santé principaux fournisseurs de méthodes et d’informations appropriées) qu’en milieu rural. Au niveau régional, les résultats montrent que ce sont les femmes de Ziguinchor, Tambacounda et Kolda qui ont plus souvent bénéficié d’information sur les trois sujets. À Thiès et Fatick, des informations ont été souvent fournies sur les autres méthodes existantes (75 %), mais dans moins de 50 % des cas, les femmes ont reçu des informations sur les effets secondaires et ce qu’il faut faire en cas de manifestations d’effets secondaires. La situation des régions de Matam et de Kaolack dans une bien moindre mesure semble préoccupante. Par ailleurs, les femmes les plus instruites ont été moins souvent informées sur les différentes méthodes contraceptives, à l’inverse, elles ont bénéficié de plus d’informations sur ce qu’il faut faire en cas de manifestations d’effets secondaires. Enfin, le niveau d’information des femmes ne semble pas du tout dépendre du niveau de bien-être socioéconomique du ménage dans lequel elles vivent. 88 | Planification Familiale Tableau 5.10 Choix de la méthode et information Pourcentage de femmes utilisatrices de méthodes contraceptives modernes qui ont choisi la méthode actuelle dans les cinq années ayant précédé l'enquête et qui ont été informées des effets secondaires de la méthode utilisée ; pourcentage de celles qui ont été informées sur ce qu'il fallait faire en cas d'effets secondaires ; pourcentage de femmes qui ont été informées des autres méthodes de contraception qu'elles pourraient utiliser et pourcentage des femmes stérilisées au cours des cinq années ayant précédé l'enquête qui ont été informées qu'elles ne pourraient plus avoir d'enfants, par méthode spécifique, source initiale de la méthode et certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Méthodes, sources et caractéristiques Avertie des effets secondaires problèmes des méthodes Informée sur que faire en cas d'effets secondaires Informée que d'autres méthodes peuvent être utilisées Méthode Pilule 42,5 45,3 61,3 DIU 52,7 53,7 62,4 Injectables 56,0 51,4 67,5 Implants 69,9 69,9 64,7 Stérilisation féminine 17,5 19,7 5,1 Première source de méthodes Secteur public 54,4 53,9 68,4 Hôpital gouvern. 48,9 42,3 48,0 Centre de santé gouvern. 58,6 56,4 73,1 Poste santé 53,7 55,2 71,6 Centre de PF gouvernement 61,4 64,2 81,5 Maternité rurale 21,4 21,4 61,7 Case de santé 58,0 58,0 11,6 Secteur medical prive 52,8 58,3 58,5 Hôpital privé 59,0 60,5 61,5 Pharmacie 6,0 12,2 20,5 Médecin privé 41,8 69,9 42,1 Dispensaire relig. 46,0 46,0 70,4 Agent de terrain 100,0 100,0 86,2 Autre médical privé 80,6 37,6 100,0 Autre source 0,0 0,0 19,5 Amis/proches 0,0 0,0 19,5 Milieu de résidence Urbain 50,3 49,8 59,2 Rural 45,6 45,0 61,1 Région Dakar 48,4 48,3 52,2 Diourbel 41,9 42,8 56,9 Fatick 48,7 50,0 70,6 Kaolack 36,2 36,3 46,7 Kolda 60,9 60,8 58,6 Louga 50,9 47,3 56,9 Matam 10,5 22,1 34,9 Saint-Louis 46,8 38,7 67,1 Tambacounda 63,5 61,3 64,5 Thiès 48,1 48,8 75,0 Ziguinchor 62,8 64,1 70,0 Niveau d’instruction Aucun 48,0 44,9 61,9 Primaire 48,2 50,2 59,7 Secondaire ou plus 51,6 51,1 56,4 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 52,1 46,8 52,5 Second 52,9 53,8 64,9 Moyen 47,1 43,8 62,5 Quatrième 50,2 48,4 58,4 Le plus riche 47,6 49,5 59,5 Ensemble 48,9 48,4 59,8 Effectif de femmes 882 882 929 Planification Familiale | 89 5.9 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION On a demandé aux femmes qui n'utilisaient pas la contraception au moment de l'enquête, si elles avaient l'intention d'utiliser une méthode dans l'avenir. Le tableau 5.11 fournit la distribution des femmes en union selon l'intention d'utiliser une méthode de contraception dans le futur. Tableau 5.11 Utilisation future Répartition (en %) des femmes actuellement en union n'utilisant pas actuellement de méthode, par intention d'utiliser une méthode dans l'avenir, selon le nombre d'enfants vivants, EDS-IV Sénégal 2005 Nombre d'enfants vivants1 Intention 0 1 2 3 4+ Ensemble A l'intention d'utiliser 20,8 25,0 28,3 28,1 26,0 25,8 Incertaine 11,6 9,0 8,1 6,4 6,8 7,9 N'a pas l'intention d'utiliser 67,4 65,2 63,2 65,2 66,9 65,8 ND 0,2 0,7 0,4 0,3 0,4 0,4 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 1 078 1 521 1 432 1 234 3 435 8 700 1 Y compris la grossesse actuelle Plus d’une femme sur quatre (26 %) ont déclaré avoir l'intention de le faire dans l'avenir. Par contre, deux femmes sur trois ont déclaré ne pas avoir l'intention d'en utiliser une dans le futur et, dans 8 % des cas, les femmes étaient indécises. Par ailleurs, selon le nombre d'enfants, on constate que parmi les femmes sans enfant, plus d’une femme sur cinq (21 %) a déclaré avoir l'intention d'utiliser dans le futur une méthode de planification familiale. Parmi les femmes ayant un enfant, cette proportion est de 25 % et parmi celles en ayant 3, elle est de 28 %. 5.10 RAISONS DE NON UTILISATION DE LA CONTRACEPTION Aux femmes non utilisatrices actuelles de la contraception qui ont déclaré ne pas avoir l'intention d'utiliser un contraceptif dans l'avenir, on leur a demandé d’en indiquer la raison. Les données du tableau 5.12 montrent que 29 % des femmes ont cité des raisons relatives à la fécondité et dans la moitié de ces cas les femmes ont déclaré qu’elles désiraient avoir d'autres enfants ; 5 % des femmes ont mentionné comme raison la faible fréquence ou l’absence de rapports sexuels. Mais la raison le plus souvent mentionnée, est celle liée à l’opposition à la pratique contraceptive (42 %). Dans cette catégorie, l’opposition de l’enquêtée elle-même est la plus fréquemment citée (22 %), viennent ensuite les interdits religieux (11 %) et l’opposition du mari (9 %). Ce dernier résultat suggère donc que chez seulement une femme sur dix, le refus d’utiliser une méthode dans l’avenir est dû à l’opposition du mari à l’utilisation de la contraception. En outre, les raisons liées aux méthodes ont été globalement citées par 19 % des femmes, essentiellement réparties dans deux groupes : la peur des effets secondaires (11 %) et les problèmes de santé (6 %). On relève des résultats similaires dans chacun des deux grands groupes d’âges. Cependant, on observe que les raisons liées à la fécondité ont été plus fréquemment citées par les femmes de 30-49 ans (36 % contre 22 %); il en est ainsi de la sous fécondité ou de l’infécondité (12 % chez les femmes 30-49 ans contre moins de 2 % chez celles de 15-29 ans) et de la ménopause et de l’hystérectomie (respectivement, 5 % et 0 %). Inversement, l’opposition de l’enquêtée à la contraception est plus fréquente chez les femmes les plus jeunes (27 % à 15-29 ans) que chez les plus âgées (18 % à 30-49 ans). 90 | Planification Familiale Tableau 5.12 Raisons évoquées pour n’avoir pas l'intention d'utiliser la contraception Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui n'utilisent pas actuellement une méthode et qui n'ont pas l'intention d'en utiliser une dans l'avenir, par principale raison pour laquelle elles n'ont pas l'intention d'en utiliser une, selon l'âge, EDS-IV Sénégal 2005 Âge Raisons 15-29 30-49 Ensemble Célibataire 0,4 0,1 0,2 Raisons associées à la fécondité 21,5 35,7 29,2 Rapports sexuels peu fréquents 4,3 5,5 5,0 Ménopause, hystérectomie 0,0 5,0 2,7 Sous-féconde, inféconde 1,7 11,9 7,2 Ne veut plus d'enfants 15,4 13,3 14,3 Opposée à l'utilisation 48,8 36,0 41,9 Enquêtée opposée 26,8 17,8 21,9 Mari opposé 10,8 7,7 9,1 Autres opposés 0,4 0,1 0,2 Interdits religieux 10,9 10,4 10,6 Manque de connaissance 9,0 4,1 6,4 Ne connaît aucune méthode 6,7 3,1 4,8 Ne connaît aucune source 2,3 1,0 1,6 Raisons associées à la méthode 16,9 21,0 19,1 Problèmes de santé 4,7 7,8 6,4 Peur des effets secondaires 10,9 11,3 11,1 Manque d'accès 0,3 0,3 0,3 Coûte trop cher 0,2 0,5 0,4 Utilisation gênante 0,3 0,5 0,4 Interfère avec le fonctionnement du corps 0,4 0,6 0,5 Autre 1,2 2,0 1,6 NSP 2,2 1,0 1,5 ND 0,0 0,2 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 2 626 3 101 5 726 5.11 MÉTHODE FUTURE PRÉFÉRÉE Pour évaluer la demande potentielle des différents types de méthodes contraceptives, on a demandé aux femmes en union ayant l'intention d'utiliser la contraception dans l'avenir, de spécifier la méthode de leur choix. Il ressort du tableau 5.13 que les méthodes modernes sont, de loin, les plus fréquemment citées. Les injectables viennent largement en tête avec 36 % des femmes ; lls sont suivies de la pilule (27 %) et des implants (12 %). Chacune des autres méthodes spécifiques a été citée par moins de 2 % des enquêtées. On observe quelques différences selon l’âge. Les DIU, la stérilisation féminine et la continence périodique ont été plus fréquemment cités par les femmes de 30-49 ans. Planification Familiale | 91 Tableau 5.13 Méthode contraceptive future préférée Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui n'utilisent pas actuellement une méthode mais qui ont l'intention d'en utiliser une dans l'avenir, par méthode préférée, selon l'âge, EDS-IV Sénégal 2005 Âge Méthode 15-29 30-49 Ensemble Pilule 25,8 29,1 27,2 DIU 1,5 2,4 1,9 Injectables 38,7 31,8 35,7 Condom 1,5 1,3 1,4 Stérilisation féminine 0,1 2,5 1,2 Stérilisation masculine 0,2 0,0 0,1 Continence périodique 0,6 1,3 0,9 Retrait 0,1 0,0 0,1 Implants 12,1 11,0 11,6 MAMA 0,2 0,0 0,1 Mousse et gelée 0,1 0,4 0,2 Autre 12,0 14,5 13,1 ND 7,2 5,6 6,5 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 270 978 2 248 MAMA = Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée. 5.12 SOURCES D'INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION L'accès à l’information constitue un préalable important pour promouvoir l’utilisation des méthodes contraceptives. C’est en effet par ce biais qu’on parvient à informer et à sensibiliser la population à la planification familiale et à vulgariser les différentes méthodes contraceptives. Pour appréhender le niveau d’accès des femmes et des hommes à l’information sur la planification familiale et les canaux par lesquels ils ont été informés, on leur a demandé si elles/ils avaient entendu un message quelconque sur la planification familiale à la radio ou à la télévision durant le mois ayant précédé l'enquête. Selon les tableaux 5.14.1 et 5.14.2, on constate que durant le mois ayant précédé l'enquête, près d'une femme sur deux (48 %) et quatre hommes sur dix (41 %) n'ont entendu aucun message, ni à la radio, ni à la télévision, ni vu ou lu de message dans les journaux et magazines, sur la planification familiale. Chez les femmes, 45 % ont entendu un message à la radio, la source d’information la plus répandue, et 33 % en ont entendu un à la télévision, au cours du mois ayant précédé l'enquête. La proportion de femmes informées par les journaux ou magasines est plutôt faible (6 %), cela étant en partie dû au faible niveau d’alphabétisation. La proportion de femmes ayant entendu un message à la radio augmente avec l’âge, passant d’un minimum de 32 % à 15-19 ans à 53 % à 35-44 ans. Cette proportion est également plus importante en milieu urbain que rural (48 % contre 42 %). C’est dans les régions de Louga (55 %), Ziguinchor (52 %), Thiès (51 %) et Saint-Louis (51 %) que les femmes ont le plus fréquemment reçu des messages sur la planification familiale en écoutant la radio. Dans les autres régions, les pourcentages sont inférieurs à 50 % ; ils sont particulièrement faibles à Matam (34 %) et Tambacounda (36 %). Enfin, le pourcentage de femmes ayant reçu des messages sur la planification familiale en écoutant la radio augmente avec le niveau d’instruction variant de 43 % chez les femmes sans 92 | Planification Familiale instruction à 46 % chez celles de niveau primaire et à 52 % chez celles de niveau secondaire ou plus. La télévision existe essentiellement dans les villes ; aussi a t-elle plus servi de canal d’information en milieu urbain (47 % contre 20 % en milieu rural) et dans les régions les plus urbanisées : Dakar (50 %), Thiès (38 %) et Ziguinchor (31 %). Comme pour la radio, le pourcentage de femmes informées par la télévision augmente avec le niveau d’instruction : de 23 % chez les femmes sans instruction, il passe à 54 % chez celles de niveau secondaire ou plus. L’information par les journaux et magasines concerne presque exclusivement le milieu urbain (12 % contre 1 % en milieu rural), Dakar (15 % contre moins de 5 % ailleurs) et les femmes instruites, surtout celles ayant au moins niveau secondaire (28 %). Tableau 5.14.1 Exposition aux messages sur la planification familiale : Femmes Pourcentage de femmes qui, au cours des derniers mois ayant précédé l'enquête, ont entendu à la radio, vu à la télévision ou dans un journal ou une revue un message sur la planification familiale selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Radio Télévision Journal/ magazine Aucune de ces trois sources Effectif Groupe d’âges 15-19 32,1 25,7 4,8 59,4 3 556 20-24 43,6 33,7 5,6 48,6 2 844 25-29 48,4 35,7 7,4 44,7 2 379 30-34 52,4 38,2 7,5 40,7 1 953 35-39 53,3 37,0 8,1 41,6 1 613 40-44 53,2 32,5 6,3 42,4 1 249 45-49 52,4 32,7 6,0 45,0 1 009 Milieu de résidence Urbain 48,4 47,0 11,5 40,7 7 117 Rural 42,3 19,5 1,4 55,0 7 485 Région Dakar 43,1 49,5 14,9 41,9 3 866 Diourbel 44,2 30,3 2,3 51,6 1 548 Fatick 45,9 22,6 3,4 51,0 708 Kaolack 41,1 16,5 3,5 56,3 1 642 Kolda 46,7 20,7 1,1 50,4 1 047 Louga 54,7 25,3 3,3 44,4 915 Matam 33,9 21,7 1,9 61,9 543 Saint-Louis 50,5 33,2 4,8 45,9 947 Tambacounda 36,2 21,6 1,4 59,7 851 Thiès 51,1 38,1 4,9 42,8 1 974 Ziguinchor 51,6 30,8 3,7 43,9 562 Niveau d’instruction Aucun 43,1 23,4 0,8 53,2 8 699 Primaire 46,1 42,2 6,1 43,7 3 677 Secondaire ou plus 52,4 54,4 28,3 34,8 2 226 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 41,2 9,8 0,7 57,9 2 433 Second 39,9 15,3 0,9 58,3 2 565 Moyen 44,8 30,0 2,1 49,3 2 839 Quatrième 48,6 45,9 7,6 42,1 3 154 Le plus riche 49,3 51,8 16,1 38,1 3 610 Ensemble 45,3 32,9 6,3 48,0 14 602 Planification Familiale | 93 Quelle que soit la source, on constate que les hommes ont été plus souvent informés que les femmes et la proportion de ceux qui n’ont été exposés à aucune des sources est de 41 % contre 48 % chez les femmes. Comme pour les femmes, ce sont les hommes (tableau 5.14.2) les plus instruits et ceux du milieu urbain qui ont été les plus fréquemment exposés à l’information. Les messages sur la planification familiale ne semblent donc pas atteindre la population en général et surtout sa cible principale, en l’occurrence les femmes. Tableau 5.14.2 Exposition aux messages sur la planification familiale : Hommes Pourcentage d'hommes qui, au cours des quelques mois ayant précédé l'enquête, ont entendu à la radio, vu à la télévision ou dans un journal ou une revue un message sur la planification familiale selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Radio Télévision Journal/ magazine Aucune de ces trois sources Effectif Groupe d’âges 15-19 31,0 28,4 6,9 60,4 1 851 20-24 46,6 39,0 9,9 47,0 645 25-29 56,7 47,1 16,3 35,2 537 30-34 67,1 50,2 19,7 30,6 399 35-39 68,8 48,7 21,2 29,1 318 40-44 63,5 46,9 19,7 30,2 316 45-49 65,1 46,5 18,8 31,0 275 50-54 68,0 42,3 18,6 29,9 216 55-59 65,5 38,6 18,9 34,1 130 Milieu de résidence Urbain 56,8 52,6 21,8 34,5 2 101 Rural 47,9 26,2 5,0 50,0 1 660 Région Dakar 56,7 54,3 26,1 33,6 1 186 Diourbel 42,7 25,3 5,8 55,0 309 Fatick 40,3 25,6 6,5 58,9 174 Kaolack 42,4 25,5 6,8 54,3 369 Kolda 58,2 29,7 5,5 38,9 295 Louga 65,8 37,8 5,6 33,7 155 Matam 32,6 25,2 7,5 64,1 109 Saint-Louis 48,7 40,8 10,2 44,4 210 Tambacounda 55,4 27,5 4,7 43,1 247 Thiès 58,6 51,3 14,9 33,5 538 Ziguinchor 55,8 44,7 17,8 39,9 170 Niveau d’instruction Aucun 48,6 27,4 3,1 48,9 1 621 Primaire 50,0 43,6 11,7 42,7 1 007 Secondaire ou plus 61,6 57,9 32,9 29,4 1 133 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 43,9 15,0 1,7 54,9 581 Second 49,0 25,6 3,4 48,6 556 Moyen 53,8 38,4 8,7 42,3 678 Quatrième 54,3 51,5 18,3 35,9 842 Le plus riche 57,9 55,8 27,0 34,2 1 104 Ensemble 52,9 40,9 14,4 41,4 3 761 Chez les hommes comme chez les femmes, on constate d'importantes disparités selon les caractéristiques sociodémographiques. En premier lieu, les résultats montrent que les femmes du milieu urbain et les femmes les plus instruites sont celles qui sont les plus fréquemment exposées aux médias. À l'opposé, en milieu rural et parmi les femmes sans instruction, plus de la moitié n'ont eu accès à aucun des 94 | Planification Familiale trois médias. Les pourcentages de femmes n’ayant accès à aucune source d’information sur la planification familiale augmentent avec le niveau de pauvreté du ménage (38 % chez les plus riches à 58 % chez les plus pauvres). Bien évidemment, les femmes qui vivent dans les ménages les plus pauvres sont aussi celles qui vivent plus fréquemment en milieu rural et qui ne sont pas instruites et qui sont donc les moins exposées aux moyens d’informations et qui ont un accès limité à la télévision. Par contre, la radio est assez répandue et est assez accessible à toutes les femmes. Le tableau 5.14.2 montre que globalement les hommes sont sensiblement plus exposés que les femmes aux sources d’information sur la planification familiale. Au tableau 5.15, figurent les résultats concernant le contact des non utilisatrices de la contraception avec des agents de la planification familiale. Dans 91 % des cas, les femmes ont déclaré n’avoir pas reçu la visite d’un agent de santé qui leur parlé de planification familiale au cours des douze mois ayant précédé l'enquête. Quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques, ces proportions sont très élevées et on ne constate pas de variations importantes. On peut cependant souligner que Kolda et, dans une moindre mesure, Kaolack se caractérisent par des proportions plus élevées qu’ailleurs de femmes ayant reçu la visite d’agents de terrain pour parler de planification familiale (14 et 10 % respectivement). Les visites des femmes dans les formations sanitaires pour une raison de santé quelconque que ce soit pour elles-mêmes ou pour leurs enfants constituent des occasions à ne pas manquer par les prestataires pour discuter avec elles de planification familiale. Selon les résultats de l’enquête, dans la moitié des cas (51 %) aucune discussion ayant trait à la planification familiale n’a eu lieu. On observe pratiquement le même résultat en milieu urbain (50 %) et en milieu rural (52 %). Ce sont les femmes les plus jeunes (moins de 20 ans) qui ont le moins fréquemment discuté de PF dans un centre de santé (35 % contre un maximum de 61 % à 25-29 ans). Les femmes résidant à Tambacounda, Kolda et Ziguinchor ont également moins souvent discuté de questions de planifications à l’occasion de leur passage dans une formation sanitaire. Planification Familiale | 95 Tableau 5.15 Contact des non utilisatrices de la contraception avec des agents de planification familiale Pourcentage des non utilisatrices de la contraception qui ont été contactées par un agent de terrain qui lui a parlé de planification familiale, qui ont visité un service de santé mais qui n'ont pas parlé de méthodes de planification familiale, au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Femmes ayant reçu la visite d’un agent de terrain et a discuté de PF Femmes qui sont allées dans un établissement sanitaire et ont discuté de PF Femmes qui sont allées dans un établissement sanitaire mais n’ont pas discuté de PF Femmes n’ayant pas discuté de PF avec un agent de terrain ou dans un établissement sanitaire Effectif Groupe d’âges 15-19 3,3 1,0 34,6 95,8 3 499 20-24 6,0 3,2 55,4 91,4 2 665 25-29 6,9 5,9 60,5 88,0 2 165 30-34 8,6 7,4 60,2 85,6 1 681 35-39 7,5 7,8 58,2 86,0 1 358 40-44 6,5 5,6 53,4 89,0 1 057 45-49 6,0 3,4 49,2 91,1 908 Milieu de résidence Urbain 4,1 4,7 50,1 92,0 6 217 Rural 7,7 3,9 51,9 89,3 7 117 Région Dakar 2,5 4,6 47,3 93,4 3 368 Diourbel 4,1 2,0 57,8 94,1 1 500 Fatick 7,6 4,5 50,9 88,9 662 Kaolack 9,6 5,7 51,1 86,0 1 559 Kolda 13,9 4,4 40,0 82,9 949 Louga 7,1 4,1 55,1 89,2 873 Matam 4,4 2,1 55,0 93,7 538 Saint-Louis 2,3 2,9 57,2 95,3 876 Tambacounda 5,0 1,9 45,4 93,4 804 Thiès 8,4 6,1 56,3 87,0 1 746 Ziguinchor 5,8 6,6 46,0 89,3 458 Niveau d’instruction Aucun 6,5 4,1 52,0 90,2 8 235 Primaire 6,0 4,8 50,4 90,2 3 211 Secondaire ou plus 3,7 4,1 48,1 92,6 1 888 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 9,0 3,3 47,4 88,4 2 354 Second 7,7 4,4 51,4 89,0 2 431 Moyen 6,6 4,1 54,4 90,2 2 619 Quatrième 4,3 5,1 51,8 91,3 2 807 Le plus riche 3,3 4,3 50,2 92,9 3 122 Ensemble 6,0 4,3 51,1 90,5 13 333 5.13 DISCUSSIONS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE AVEC LE CONJOINT La discussion sur la planification familiale avec le conjoint peut être un élément décisif pour l’adoption d’une méthode de contraception par le couple car le rôle joué par l'époux peut influencer grandement la décision de la femme. Les résultats présentés dans le tableau 5.16 montrent qu'au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête, 58 % des femmes en union connaissant une méthode contraceptive n'ont jamais discuté de 96 | Planification Familiale planification familiale avec leur conjoint. Environ, 41 % d’entre elles ont déclaré avoir abordé le sujet avec leur conjoint : 23 % l’ont fait une ou deux fois seulement et 18 %, trois fois ou plus. Les femmes les plus jeunes (moins de 25 ans) et les plus âgées (plus de 40 ans) ont été relativement plus nombreuses à n’avoir jamais discuté de ce sujet avec leur conjoint. Les hommes qui ont eu à répondre à la même question, ont été beaucoup plus nombreux à déclarer n’avoir jamais discuté de ce sujet avec leur conjointe (81 % contre 58 % chez les femmes). Seulement 19 % l’ont fait au moins une fois. Ce sont les hommes de 30 à 49 ans qui en ont discuté le plus fréquemment. Tableau 5.16 Discussion de la planification familiale dans le couple Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union qui connaissant une méthode contraceptive, selon le nombre de fois qu'elles/ils ont discuté de planification familiale avec leur conjoint, au cours de l'année ayant précédé l’enquête, selon l'âge actuel, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Âge actuel Jamais Une ou deux fois Trois ou plus ND Total Nombre Jamais Une ou deux fois Total Effectif 15-19 72,1 18,3 8,7 0,9 100,0 865 91,8 8,2 100,0 52 20-24 61,6 22,4 15,1 0,9 100,0 1 728 86,2 13,8 100,0 131 25-29 56,1 23,8 18,9 1,2 100,0 1 811 83,2 16,8 100,0 229 30-34 50,7 24,9 23,2 1,2 100,0 1 625 76,4 23,6 100,0 288 35-39 53,7 24,5 20,9 0,9 100,0 1 364 79,0 21,0 100,0 265 40-44 59,0 20,2 19,4 1,3 100,0 1 055 77,6 22,4 100,0 268 45-49 62,4 20,4 16,2 0,9 100,0 839 80,0 20,0 100,0 259 50-54 na na na na na na 86,4 13,6 100,0 200 55-59 na na na na na na 79,9 20,1 100,0 115 Ensemble 58,2 22,6 18,1 1,1 100,0 9 288 80,8 19,2 100,0 1 808 na = Non applicable 5.14 OPINIONS DES COUPLES SUR LA PLANIFICATION Le dernier thème traité dans ce chapitre concerne l’opinion du couple sur la planification familiale. Lors de l'enquête, on a posé la question suivante aux femmes et aux hommes: «En général, est- ce que vous approuvez ou désapprouvez les couples qui utilisent une méthode pour éviter une grossesse? ». Cette question a permis de déterminer l'opinion des couples en matière de planification familiale (tableau 5.17). Dans près de la moitié des couples (49 %), les deux conjoints ont la même opinion : 23 % approuvent la contraception et 26 % la désapprouvent. On relève que la proportion de maris/conjoints qui désapprouvent la planification familiale est beaucoup plus importante lorsque la femme elle-même désapprouve (26 %) que dans le cas contraire (13 %). De même, la proportion de maris/conjoints qui approuvent cette pratique est beaucoup plus importante lorsque la femme elle-même approuve (23 %) que lorsqu’elle ne l’approuve pas (2 %). Pour une proportion importante de femmes (36 %), l’opinion du mari est inconnue. Planification Familiale | 97 Tableau 5.17 Opinion des couples concernant la planification familiale Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui connaissent une méthode de planification familiale selon qu'elles approuvent, ou non, la planification familiale et selon leur perception de l’opinion de leur mari sur la planification familiale, par caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Enquêtée approuvant la PF Enquêtée désapprouvant la PF Caractéristique sociodémographique Mari approuve Mari désap- prouve Opinion du mari inconnue, ND Mari approuve Mari désap- prouve Opinion du mari inconnue, ND Enquêtée incertaine Total Effectif Groupe d’âges 15-19 12,3 7,3 18,2 2,2 26,3 24,7 9,0 100,0 865 20-24 19,3 12,2 15,8 1,8 27,2 17,3 6,5 100,0 1 728 25-29 24,0 15,3 14,6 1,5 23,9 14,0 6,7 100,0 1 811 30-34 28,5 13,4 14,3 1,7 24,6 11,5 6,0 100,0 1 625 35-39 28,9 15,3 11,3 1,1 22,8 14,7 5,9 100,0 1 364 40-44 24,2 13,3 10,8 3,6 24,9 15,5 7,7 100,0 1 055 45-49 19,4 10,7 10,9 1,9 32,1 17,6 7,5 100,0 839 Milieu de résidence Urbain 35,3 14,0 10,8 2,4 22,9 9,3 5,3 100,0 3908 Rural 14,3 12,3 16,0 1,4 27,5 20,5 7,9 100,0 5379 Région Dakar 39,0 13,8 7,8 2,9 24,2 6,6 5,7 100,0 1977 Diourbel 12,0 10,1 17,6 0,9 28,1 21,8 9,5 100,0 1050 Fatick 18,5 15,0 13,3 2,2 33,6 13,7 3,7 100,0 486 Kaolack 16,8 14,1 13,1 1,7 39,7 9,3 5,3 100,0 1078 Kolda 22,1 14,1 16,2 0,7 19,0 22,6 5,3 100,0 883 Louga 12,1 10,2 19,2 2,0 26,8 20,2 9,4 100,0 625 Matam 6,3 10,3 9,6 0,8 31,7 24,9 16,5 100,0 322 Saint-Louis 21,6 11,8 11,3 1,5 25,0 23,4 5,4 100,0 588 Tambacounda 12,7 10,8 18,4 1,2 18,5 31,0 7,6 100,0 642 Thiès 28,0 14,8 16,1 2,8 19,3 11,4 7,5 100,0 1 236 Ziguinchor 34,1 14,9 15,6 1,5 17,0 13,8 3,0 100,0 400 Niveau d’instruction Aucun 15,2 12,4 15,0 1,7 28,9 19,0 7,8 100,0 6 376 Primaire 35,5 14,8 12,6 2,1 19,6 10,2 5,2 100,0 2 034 Secondaire ou plus 51,9 13,0 8,4 2,8 15,5 5,0 3,4 100,0 878 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 12,4 10,7 17,7 1,3 26,7 23,5 7,7 100,0 1 829 Second 12,7 14,1 15,0 1,4 30,2 19,5 7,0 100,0 1 905 Moyen 19,8 13,0 14,6 1,9 25,1 17,9 7,7 100,0 1 905 Quatrième 29,3 14,7 10,4 2,9 25,7 10,4 6,7 100,0 1 869 Le plus riche 42,5 12,5 11,4 1,8 19,8 7,1 4,8 100,0 1 779 Ensemble 23,1 13,0 13,8 1,9 25,6 15,8 6,8 100,0 9 288 On notera que quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques, lorsque les opinions des couples divergent, les cas où la femme approuve et l’homme désapprouve (13 %) sont nettement plus fréquents que les cas contraires (moins 2 %). Par ailleurs, contrairement au milieu rural, la proportion de couples urbains qui approuvent (35 %) est beaucoup plus importante que celle de couples qui désapprouvent (23 %) ; les proportions correspondantes en zone rurale sont de respectivement, 14 et 28 %. Un résultat similaire est observé chez les femmes scolarisées, surtout celles ayant, au moins, un niveau secondaire, par rapport aux non instruites. Enfin, à l’inverse des autres régions, les proportions de couples qui approuvent sont nettement plus élevées à Dakar et à Ziguinchor (34 % dans les deux cas) et dans une moindre mesure à Thiès et Kolda. À l’opposé, cette proportion n’est que de 6 % dans celle de Matam. Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 99 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE 6 Salif Ndiaye Le comportement procréateur des femmes est affecté par plusieurs facteurs appelés déterminants proches de la fécondité. Ce chapitre porte sur ces facteurs qui, en dehors de la contraception, jouent un rôle essentiel sur l’exposition des femmes aux risques de grossesse et donc sur leur niveau de fécondité. Il s’agit de la nuptialité, de l’activité sexuelle, de l’aménorrhée, de l’abstinence et de l’insusceptibilité post- partum. 6.1 ÉTAT MATRIMONIAL Au Sénégal, le mariage constitue le cadre privilégié de l'activité sexuelle et de la procréation. Dans ce pays dont 95 % de la population est musulmane, le mariage est universel et le célibat définitif est plutôt un phénomène marginal. Le mariage, et plus généralement l'union maritale, constitue l’évènement le plus important qui marque le début d'exposition au risque de grossesse. Dans le cadre de l’EDS-IV, le terme union s'applique à l'ensemble des femmes et des hommes qui se sont déclarés mariés ou vivant maritalement avec un/une partenaire. Entrent donc dans cette catégorie, aussi bien les mariages civils, religieux et coutumiers, que les unions de fait. Le tableau 6.1 présente la répartition des femmes et des hommes selon leur état matrimonial au moment de l'enquête. Près de sept femmes de 15-49 ans sur dix (68 %) et un homme de 15-59 ans sur deux (50 %) étaient en union au moment de l'enquête. Au Sénégal, l’union se réduit en général au mariage, 96 % des femmes et 88 % des hommes déclarés en union étant effectivement mariés. Seulement 3 % des femmes et 6 % des hommes vivaient avec un conjoint sans être marié (union consensuelle). Le célibat concernait 27 % des femmes et 47 % des hommes ; 4 % des femmes et 3 % des hommes étaient divorcés ou séparés. Environ une femme sur cent (1 %) était veuve, contre une proportion encore plus faible d’hommes (0,2 %). Le calendrier de la nuptialité plus tardif chez les hommes et la pratique de la polygamie expliquent les plus forts pourcentages d’hommes encore célibataires ainsi que les plus faibles proportions d’hommes divorcés et de veufs. Les résultats présentés au tableau 6.1 montrent également que les proportions de femmes célibataires diminuent rapidement avec l’âge, passant de 70 % à 15-19 ans à 14 % à 25-29 ans et à 4 % à 35-39 ans ; après 40 ans le célibat est pratiquement inexistant (moins de 1 %). Inversement, la proportion de femmes mariées augmente avec l’âge. Elle passe de 25 % à 15-19 ans à 61 % à 20-24 ans, pour atteindre son maximum à 45-49 ans (88 %). Par ailleurs, les proportions de femmes en union consensuelle sont plus élevées aux âges jeunes, avant 30 ans (3 à 4 %) ; après 35 ans, elles diminuent pour devenir négligeables (inférieures à 1 %). Comme pour les femmes, le pourcentage d’hommes célibataires diminue rapidement avec l’âge, à l’inverse du pourcentage de mariés. Les hommes se marient plus tard : à 20-24 ans, près de trois hommes sur quatre (73 %) sont encore célibataires contre 32 % chez les femmes (graphique 6.1). Entre 1997 (EDS-III) et 2005 (EDS-IV), on constate une grande stabilité de la structure de l’état matrimonial des femmes au Sénégal. Pour l’ensemble des femmes, les proportions de femmes célibataires, en union ou en rupture d’union sont restées quasiment les mêmes. 100 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Tableau 6.1 État matrimonial actuel Répartition (en %) des femmes et des hommes par état matrimonial actuel, selon l'âge, EDS-IV Sénégal 2005 État matrimonial Groupe d'âges Célibataire Marié/e Vivant ensemble Divorcé/e Séparé/e Veuf/ veuve Total Effectif FEMMES 15-19 70,2 25,4 3,1 0,4 0,7 0,1 100,0 3 556 20-24 32,0 60,5 4,0 1,7 1,7 0,1 100,0 2 844 25-29 14,4 76,2 3,7 3,4 1,2 1,2 100,0 2 379 30-34 5,9 85,1 1,8 4,4 1,8 1,0 100,0 1 953 35-39 3,7 87,4 0,9 5,1 1,0 1,8 100,0 1 613 40-44 0,7 86,9 1,2 6,2 1,2 3,8 100,0 1 249 45-49 0,6 87,7 0,9 5,5 1,1 4,3 100,0 1 009 Ensemble 27,0 64,9 2,7 3,0 1,2 1,2 100,0 14 602 HOMMES 15-19 91,6 0,6 5,6 0,0 2,1 0,1 100,0 926 20-24 73,4 7,7 13,3 0,0 5,6 0,0 100,0 645 25-29 50,6 34,8 8,5 0,3 5,8 0,0 100,0 537 30-34 23,7 67,9 5,8 0,8 1,5 0,3 100,0 399 35-39 12,7 83,7 1,0 1,4 0,9 0,4 100,0 318 40-44 7,7 85,9 1,6 2,9 1,9 0,0 100,0 316 45-49 1,4 97,3 0,0 0,8 0,1 0,4 100,0 275 50-54 0,6 97,6 0,0 1,2 0,1 0,5 100,0 216 55-59 1,7 93,6 0,4 3,1 0,0 1,2 100,0 130 Ensemble 46,8 43,9 5,7 0,7 2,7 0,2 100,0 3 761 Graphique 6.1 Proportion de femmes et d’hommes célibataires par âge 70 32 14 6 4 1 1 92 73 51 24 13 8 1 1 2 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 Âge 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Femmes Hommes EDS-IV 2005 ÂGE Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 101 6.2 POLYGAMIE Parmi les femmes en union, on a distingué celles qui vivaient en union monogame de celles qui vivaient en union polygame ; ces dernières sont celles dont le mari ou conjoint a plusieurs épouses. Le tableau 6.2 présente la répartition des femmes en union selon le nombre de co-épouses et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Au Sénégal, malgré la prédominance des unions monogames (60 %), la polygamie est une pratique répandue puisqu’elle concerne 40 % des femmes en union. Plus d’un quart des femmes en union n’ont qu’une seule co-épouses (28 %) et parmi les femmes en union polygame, cette proportion est de 71 %. En outre, on constate que la proportion de femmes ayant au moins une co-épouse augmente régulièrement avec l’âge, passant de 20 % à 20-24 ans à 42 % à 30-34 ans et à 61 % à 45-49 ans. Tableau 6.2 Nombre de co-épouses Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union par nombre de co-épouses/autres épouses, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique 0 1 2+ NSP/ND Total Effectif 0 1 2+ Total Effectif Groupe d’âges 15-19 79,9 13,9 5,9 0,3 100,0 1 014 100,0 0,0 0,0 100,0 58 20-24 75,4 19,1 5,2 0,2 100,0 1 836 98,8 1,2 0,0 100,0 136 25-29 66,0 26,4 7,3 0,3 100,0 1 900 98,8 1,2 0,0 100,0 232 30-34 58,1 29,8 11,7 0,4 100,0 1 698 91,7 7,9 0,3 100,0 294 35-39 50,8 36,0 13,0 0,2 100,0 1 425 80,8 17,9 1,3 100,0 269 40-44 39,5 39,7 20,4 0,3 100,0 1 100 81,0 16,2 2,8 100,0 276 45-49 38,9 38,2 22,6 0,3 100,0 893 65,7 28,4 5,9 100,0 267 50-54 na na na na 0,0 0 55,6 30,5 13,9 100,0 211 55-59 na na na na 0,0 0 55,2 30,2 14,6 100,0 122 Milieu de résidence Urbain 67,4 22,6 9,6 0,4 100,0 4 005 85,7 12,0 2,3 100,0 901 Rural 55,4 32,2 12,3 0,2 100,0 5 860 74,7 19,7 5,6 100,0 965 Région Dakar 70,6 19,6 9,2 0,7 100,0 2 035 86,2 12,3 1,5 100,0 500 Diourbel 50,4 34,6 14,9 0,1 100,0 1 139 68,6 23,1 8,3 100,0 151 Fatick 60,1 29,9 9,9 0,1 100,0 517 79,5 15,1 5,4 100,0 81 Kaolack 52,0 34,0 13,9 0,2 100,0 1 170 73,3 19,2 7,5 100,0 182 Kolda 53,2 33,1 13,4 0,3 100,0 901 74,1 22,2 3,7 100,0 201 Louga 55,4 34,2 10,3 0,1 100,0 672 80,0 17,9 2,1 100,0 77 Matam 64,9 28,5 6,4 0,3 100,0 399 78,3 20,4 1,3 100,0 64 Saint-Louis 61,2 29,2 9,5 0,0 100,0 638 82,6 13,8 3,6 100,0 107 Tambacounda 57,0 30,9 11,5 0,5 100,0 737 79,9 14,9 5,2 100,0 167 Thiès 67,2 23,4 9,2 0,1 100,0 1 255 78,4 16,0 5,6 100,0 230 Ziguinchor 61,2 23,8 14,9 0,1 100,0 403 92,4 6,1 1,5 100,0 106 Niveau d’instruction Aucun 56,0 31,6 12,2 0,2 100,0 6 905 73,9 20,6 5,5 100,0 1 030 Primaire 69,5 21,2 8,8 0,5 100,0 2 079 89,7 8,2 2,0 100,0 404 Secondaire ou plus 71,5 19,4 9,1 0,0 100,0 882 85,5 12,1 2,3 100,0 433 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 55,7 35,2 8,9 0,2 100,0 2 055 72,4 22,7 4,9 100,0 368 Second 58,3 28,7 12,9 0,1 100,0 2 056 78,2 16,2 5,6 100,0 341 Moyen 60,1 28,2 11,3 0,4 100,0 2 008 80,8 15,1 4,2 100,0 346 Quatrième 62,5 25,3 11,9 0,3 100,0 1 950 82,3 14,7 3,1 100,0 385 Le plus riche 65,2 23,3 11,2 0,3 100,0 1 796 85,5 11,9 2,7 100,0 426 Ensemble 60,2 28,3 11,2 0,3 100,0 9 866 80,0 16,0 4,0 100,0 1 866 na = Non applicable 102 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Les résultats mettent en évidence des écarts importants de la fréquence de la pratique de la polygamie. En effet, on constate que la proportion de femmes en union polygame est plus importante en milieu rural (45 %) qu’en milieu urbain (32 %). De même, la fréquence de cette pratique est très variable d’une région à l’autre : c’est dans la région de Dakar et, dans une moindre mesure, dans celle de Thiès que la polygamie est la moins fréquemment pratiquée (respectivement, 29 % et 33 %) ; par contre, c’est dans les régions de Diourbel (50 %), de Kaolack (48 %) et de Kolda (47 %) que les proportion de femmes en union polygame sont les plus élevées (graphique 6.2). On constate également que c’est dans les régions de Dakar, Diourbel et surtout de Ziguinchor que la proportion des unions comptant au moins deux épouses est la plus élevée (plus de 30 %). Par ailleurs, la proportion de femmes en union ayant au moins une co-épouse diminue avec le niveau d’instruction : 44 % chez les femmes n’ayant jamais fréquenté l’école, 30 % chez celles de niveau primaire et 29 % chez celles de niveau secondaire ou plus. Les résultats selon l’indice de bien être économique du ménage montrent que plus le ménage est riche, plus la fréquence de la polygamie diminue. En effet, la proportion de femmes polygames passe de 44 % dans les ménages les plus pauvres, à 40 % dans les ménages dont le niveau de vie est moyen et à 35 % dans les ménages les plus riches. Le tableau 6.2 présente également les résultats sur la polygamie concernant les hommes. Le taux de polygamie ou rapport des hommes en union polygame sur l’ensemble des hommes mariés, négligeable avant 30 ans (moins de 2 %) augmente rapidement après cet âge pour atteindre 8 % à 30-34 ans, 19 % à 40-44 ans et plus de 44 % après 50 ans. Au niveau national, un homme sur cinq vit en union polygame (20 %). Les résultats selon le lieu de résidence font apparaître une différence très nette entre le milieu rural (25 % de polygames) et le milieu urbain (14 % ). De même, on constate que c’est dans les régions de Ziguinchor (8 %), Dakar (14%), Saint-Louis (17 %) et Louga (20 %), que les pourcentages d’hommes ayant au moins deux épouses sont les plus faibles ; à l’inverse, c’est dans celle de Diourbel que cette proportion est la plus élevée (31 %). Par ailleurs, comme chez les femmes, le niveau d’instruction influe sur la fréquence de cette pratique chez les hommes, celle-ci étant plus courante chez les hommes sans niveau d’instruction (26 %) que chez ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (15 %) et primaire (10 %). Selon le niveau de vie du ménage, on constate que la proportion d’hommes vivant en Graphique 6.2 Proportions de femmes en union polygame selon le milieu et la région de résidence EDS-IV 2005 40 33 45 29 50 40 48 47 45 35 39 43 33 39 SÉNÉGAL RÉSIDENCE Urbain Rural RÉGION Dakar Diourbel Fatick Kaolack Kolda Louga Matam Saint-Louis Tambacounda Thiès Ziguinchor 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 103 union polygame diminue au fur et à mesure que l’indice de bien-être s’élève : d’un maximum de 28 % parmi les ménages les plus pauvres, la proportion tombe à 15 % parmi les plus riches. 6.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION Il est important d'étudier le calendrier de la primo nuptialité en raison de la relation étroite entre l'âge à la première union et le début de la vie féconde. Les tableaux 6.3.1 et 6.3.2 présentent les proportions de femmes et d’hommes non célibataires déjà en union à différents âges exacts, ainsi que les âges médians à la première union en fonction de l'âge actuel. Au Sénégal, l’âge d’entrée en union des femmes est assez précoce : en effet, 15 % des femmes âgées de 25-49 ans au moment de l’enquête étaient déjà en union avant d’atteindre l’âge de 15 ans, bien que dans le code de la famille, adopté depuis 1973, une femme ne peut contracter un mariage avant l’âge de 16 ans. Près de la moitié des femmes (48 %) étaient déjà en union en atteignant 18 ans et plus de huit femmes sur dix (84 %) avant 25 ans (tableau 6.3.1). L’âge médian d’entrée en première union des femmes de 25-49 ans est estimé à 18,3 ans ; il est de 18,5 ans chez l’ensemble des femmes de 20-49 ans. On relève un net recul de l’âge d’entrée en union des générations les plus anciennes aux plus récentes. L’âge médian à la première union passe de 17,3 ans dans les générations de 45-49 ans, à 18,1 ans chez les femmes de 35-39 ans et 19,2 ans chez celles de 20 à 29 ans. De plus, la proportion des femmes qui entrent en union avant l’âge de 18 ans diminue des générations les plus anciennes aux plus jeunes : elle est de 57 % pour les femmes actuellement âgées de 45-49 ans et de 39 % pour celles de 20-24 ans. Entre 1997 et 2005, l’âge à la première union a légèrement augmenté (18,5 ans contre 18,0 ans en 1997 chez les femmes de 20-49 ans). Les hommes entrent en première union à un âge beaucoup plus tardif que les femmes : jusqu’à 30 ans, plus de 50 % ne sont pas encore entrés en union ; l’âge médian à la première union est de 28,1 ans chez les hommes de 30-59 ans. Parmi eux, seulement 4 % était en union à 18 ans et 8 % à 20 ans. On ne constate aucune modification de l’âge d’entrée en union selon les groupes d’âges. Tableau 6.3.1 Âge à la première union : Femmes Pourcentage de femmes non célibataires par âge exact et âge médian à la première union, selon l'âge actuel, EDS-IV Sénégal 2005 Pourcentage selon l'âge exact au 1er mariage : Âge actuel 15 18 20 22 25 Pourcentage de célibataires Effectif Âge médian au 1er mariage 15-19 10,2 na na na na 70,2 3 556 a 20-24 9,7 39,0 56,4 na na 32,0 2 844 19,2 25-29 12,7 40,8 54,9 68,4 79,6 14,4 2 379 19,2 30-34 14,6 46,1 60,9 71,5 81,8 5,9 1 953 18,5 35-39 16,4 49,0 63,8 73,7 84,0 3,7 1 613 18,1 40-44 16,3 55,0 69,8 79,8 88,4 0,7 1 249 17,5 45-49 16,3 56,7 73,3 84,6 91,5 0,6 1 009 17,3 20-49 13,5 45,5 61,0 71,4 79,7 13,1 11 046 18,5 25-49 14,9 47,8 62,6 73,9 83,8 6,5 8 202 18,3 na = Non applicable a = Non calculés parce que plus de 50 % des femmes du groupe d'âges x, x+4 ne sont pas encore en union à l'âge x. 104 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Tableau 6.3.2 Âge à la première union : Hommes Pourcentage d’hommes non célibataires par âge exact et âge médian à la première union, selon l'âge actuel, EDS-IV Sénégal 2005 Pourcentage selon l'âge exact au 1er mariage : Âge actuel 15 18 20 22 25 Pourcentage de célibataires Effectif Âge médian au 1er mariage 15-19 1,3 na na na na 91,6 926 a 20-24 0,6 10,0 15,6 na na 73,4 645 a 25-29 0,3 5,6 10,2 16,6 32,2 50,6 537 a 30-34 0,7 4,6 7,5 15,5 30,7 23,7 399 28,3 35-39 0,4 4,1 7,8 16,1 27,7 12,7 318 29,0 40-44 1,3 3,6 7,8 15,7 30,3 7,7 316 29,3 45-49 0,8 4,5 12,0 22,8 41,7 1,4 275 26,6 50-54 0,0 2,6 8,6 18,1 34,8 0,6 216 27,1 55-59 0,0 5,6 6,0 13,5 28,2 1,7 130 27,3 25-59 0,5 4,5 8,8 17,0 32,2 20,0 2 190 a 30-59 0,6 4,1 8,4 17,1 32,2 10,1 1 653 28,1 na = Non applicable a = Non calculés parce que plus de 50 % des hommes du groupe d'âges x-x+4 ne sont pas encore en union à l'âge x. Le tableau 6.4 et le graphique 6.3 présentent les âges médians à la première union des femmes de 20-49 ans et des hommes de 30-59 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Le milieu de résidence influe beaucoup sur le calendrier du premier mariage. Les femmes du milieu urbain se marient plus tard que celles du milieu rural (20 ans contre 16,9 ans parmi les femmes de 25-49 ans) et de plus en plus tard ; en effet, parmi les femmes de 45-49 ans, on constate que l’écart entre l’âge à la première union entre les femmes du milieu urbain et celles du milieu rural était de 1,5 ans, chez celles de 35-39 ans, cet écart est de 2,8 ans et parmi celles de 25-29 ans, il est de 4,3 ans. Les différences inter régionales sont également importantes (graphique 6.4) : aux deux extrêmes, on trouve d’une part Dakar (âge médian de 20,8 ans) et Thiès (19,1 ans) et d’autre part, les régions avec les entrées en union les plus précoces, à savoir Tambacounda (15,9 ans), Kolda (16,4 ans), Louga et Matam (16,5 ans). De même, l’âge d’entrée en union est très fortement corrélé au niveau d’instruction : l’âge médian passe de 17,1 ans chez les femmes sans instruction, à 19,9 ans chez celles de niveau primaire et 23,9 ans chez celles de niveau secondaire ou plus. Enfin, l’âge médian à la première union augmente avec le niveau de bien-être, et il est particulièrement élevé chez les femmes appartenant aux ménages les plus riches (22,0 ans contre 16,4 ans chez les femmes des ménages les plus pauvres). Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 105 Tableau 6.4 Âge médian à la première union Âge médian à la première union des femmes de 20-49 ans et des hommes de 30-59 ans, par âge actuel et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Âge actuel Caractéristique sociodémographique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Femmes 20-49 ans Femmes 25-49 ans Hommes 30-59 ans Milieu de résidence Urbain a 21,7 20,7 19,7 18,6 18,1 a 20,1 29,4 Rural 17,6 17,4 16,8 16,9 16,5 16,6 17,1 16,9 26,5 Région Dakar a 23,2 21,7 20,9 18,8 18,4 a 20,8 a Diourbel 18,6 18,1 18,4 17,9 16,7 17,9 18,2 18,0 26,8 Fatick 18,6 18,7 18,1 17,4 17,0 17,5 18,0 17,8 26,0 Kaolack 18,3 17,6 16,8 17,4 17,0 17,0 17,6 17,2 26,3 Kolda 16,4 16,4 16,3 16,2 16,8 15,9 16,4 16,4 25,5 Louga 18,4 17,1 16,3 16,6 15,9 16,2 17,0 16,5 27,2 Matam 17,5 16,9 16,3 16,7 16,1 16,3 16,8 16,5 27,7 Saint-Louis 19,0 19,3 17,9 17,9 16,6 16,6 18,2 17,8 26,4 Tambacounda 16,0 16,0 15,9 15,5 16,0 15,9 15,9 15,9 26,4 Thiès a 20,3 19,9 18,6 18,3 17,7 19,4 19,1 28,7 Ziguinchor 18,9 18,8 19,1 18,5 18,2 17,5 18,5 18,4 27,3 Niveau d’instruction Sans instruction 17,7 17,5 17,0 17,2 16,9 16,6 17,2 17,1 26,6 Primaire a 21,2 20,0 19,6 18,1 18,3 a 19,9 29,5 Secondaire ou plus a a 25,5 24,6 21,0 22,4 a 23,9 a Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,9 16,8 15,8 16,5 16,5 16,1 16,5 16,4 24,8 Second 17,3 16,9 16,9 16,8 16,5 16,7 16,9 16,8 26,5 Moyen 18,5 18,4 17,6 17,2 16,5 16,4 17,8 17,4 27,7 Quatrième a 20,4 19,7 18,8 18,1 17,6 19,4 19,1 29,3 Le plus riche a 23,5 22,9 22,1 19,6 19,0 a 22,0 29,9 Ensemble 19,2 19,2 18,5 18,1 17,5 17,3 18,5 18,3 28,1 a = Non calculés parce que plus de 50 % des femmes du groupe d'âges x, x+4 ne sont pas encore en union à l'âge x. Graphique 6.3 Âge médian des femmes et des hommes à la première union SÉNÉGAL RÉSIDENCE Urbain Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou plus * QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 5 10 15 20 25 30 35 Âge Femmes Hommes Note : Femmes de 25-49 ans ; hommes de 30-59 ans * Non calculé pour les hommes du secondaire ou plus parce que 50 % des hommes de 30-59 ans ne sont pas encore mariés à 30 ans. EDS-IV 2005 106 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Comme chez les femmes, l’âge d’entrée en union chez les hommes varie selon les caractéristiques sociodémographiques. Chez ceux du milieu rural, l’âge médian est de 26,8 ans, alors qu’en milieu urbain, on constate que 50 % des hommes de 30-59 ans ne sont pas encore entrés en union. Au niveau régional, les résultats sont similaires à ceux observés chez les femmes : 50 % des hommes de Dakar et de Thiès ne sont pas encore en union ; par contre, c’est dans les régions de Kolda et de Tambacounda, régions à forte proportion de Poular, ethnie connue pour la précocité du mariage, que l’âge médian au premier mariage est le plus précoce. Enfin, les hommes des ménages les plus riches entrent plus tardivement en union que ceux des ménages les plus pauvres (24,8 ans contre 29,9 ans) 6.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS En tant que déterminant de la fécondité, l'âge aux premiers rapports sexuels est tout aussi important que l'âge à la première union, les rapports sexuels n'ayant pas lieu dans le cadre exclusif de l'union. Pour cette raison, on a demandé aux personnes enquêtées, l'âge auquel elles avaient eu, pour la première fois, des rapports sexuels. Aux tableaux 6.5.1 et 6.5.2 sont présentées les proportions de femmes et d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels avant d’atteindre certains âges exacts et l'âge médian aux premiers rapports sexuels selon l’âge actuel. Avant d’atteindre 15 ans, 13 % des femmes de 20-49 ans avaient déjà eu des rapports sexuels. Cette proportion est de 59 % avant d’atteindre 20 ans et de 75 % avant d’atteindre 25 ans. L’âge médian aux premiers rapports sexuels chez les femmes âgées de 20-49 ans est estimé à 18,7 ans. Cet âge est quasiment le même que l’âge d’entrée en première union (18,5 ans). Par ailleurs, des générations les plus anciennes aux plus récentes, on note un recul sensible de l’âge aux premiers rapports sexuels : de 17,6 ans entre 45 et 49 ans, l’âge médian passe à plus de 19 ans entre 20 et 29 ans. Par ailleurs, 12 % des femmes de 20-49 ans ont déclaré n’avoir jamais eu de rapports sexuels. Notons enfin qu’entre l’EDS-III de 1997 et l’EDS-IV de 2005, l’âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 20-49 ans a sensiblement augmenté, passant de 17,5 ans à 18,7 ans. Graphique 6.4 Âge médian des femmes et des hommes à la première union selon la région Note : Femmes de 25-49 ans ; hommes de 30-59 ans * Non calculé pour les hommes de Dakar parce que 50 % des hommes de 30-59 ans ne sont pas encore mariés à 30 ans. SÉNÉGAL Dakar* Diourbel Fatick Kaolack Kolda Louga Matam Saint-Louis Tambacounda Thiès Ziguinchor 0 5 10 15 20 25 30 Âge FEMMES HOMMES EDS-IV 2005 Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 107 Tableau 6.5.1 Âge aux premiers rapports sexuels : Femmes Pourcentage de femmes ayant déjà eu des rapports sexuels par âge exact et âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l'âge actuel, EDS-IV Sénégal 2005 Pourcentage selon l'âge exact aux premiers rapports sexuels : Âge actuel 15 18 20 22 25 Pourcentage n'ayant jamais eu de rapports sexuels Effectif Âge médian aux 1ers rapports sexuels 15-19 9,1 na na na na 70,9 3 556 a 20-24 9,7 36,9 53,1 na na 31,3 2 844 19,6 25-29 12,0 40,3 54,6 67,1 76,0 13,3 2 379 19,3 30-34 14,1 44,6 59,6 68,6 77,3 4,9 1 953 18,7 35-39 17,3 48,8 64,0 70,9 78,6 3,4 1 613 18,1 40-44 16,7 52,3 65,6 74,7 80,4 0,4 1 249 17,7 45-49 15,2 54,8 69,4 78,9 84,7 0,4 1 009 17,6 20-49 13,4 44,1 59,1 68,2 74,7 12,3 11 046 18,7 25-49 14,7 46,6 61,1 70,8 78,6 5,8 8 202 18,4 na = Non applicable a = Non calculés parce que plus de 50 % des femmes du groupe d'âges x, x+4 n’ont pas encore eu leurs premiers rapports sexuels à l'âge x. Chez les hommes âgés de 25-59 ans, on constate que 25 % (soit un homme sur quatre) avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels en atteignant 18 ans ; cette proportion passe à 56 % en atteignant 22 ans et 69 % à 25 ans. L’âge médian des hommes aux premiers rapports sexuels s’établit à 20,9 ans. L’âge médian aux premiers rapports sexuels des hommes accuse une lente tendance à la baisse des générations les plus vieilles aux plus jeunes. Notons enfin que les hommes ont leurs premiers rapports sexuels environ 7 ans avant leur entrée en première union. Tableau 6.5.2 Âge aux premiers rapports sexuels : Hommes Pourcentage d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels par âge exact et âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l'âge actuel, EDS-IV Sénégal 2005 Pourcentage selon l'âge exact aux premiers rapports sexuels : Âge actuel 15 18 20 22 25 Pourcentage n'ayant jamais eu de rapports sexuels Effectif Âge médian aux 1ers rapports sexuels 15-19 12,7 na na na na 68,7 926 a 20-24 11,9 37,9 54,8 na na 36,3 645 19,1 25-29 9,9 31,4 50,5 61,6 73,3 17,8 537 19,9 30-34 5,1 30,1 42,6 56,7 71,7 5,8 399 20,6 35-39 4,2 25,6 38,1 51,9 65,7 2,8 318 21,7 40-44 6,4 22,4 38,2 54,6 68,0 0,5 316 20,9 45-49 2,2 18,7 37,4 55,5 68,5 0,6 275 20,8 50-54 2,8 19,4 33,0 54,9 69,6 0,0 216 21,5 55-59 0,0 16,7 23,4 40,3 55,1 0,0 130 23,9 25-59 5,4 25,4 40,5 55,6 69,1 6,0 2 190 20,9 na = Non applicable a = Non calculés parce que plus de 50 % des hommes du groupe d'âges x,x+4 n’ont pas encore eu les premiers rapports sexuels à l'âge x. 108 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Ces niveaux globaux cachent des disparités importantes selon certaines caractéristiques sociodémographiques comme le montre le tableau 6.6 qui présente l’âge médian aux premiers rapports sexuels pour les femmes et pour les hommes. Selon le milieu de résidence, on constate que les femmes urbaines entrent dans la vie sexuelle 3 ans plus tard que celles du milieu rural (20 ans contre 17) (graphique 6.5). Le début de la vie sexuelle est également très positivement associé aux niveaux d’instruction et de bien être. Les femmes de niveau secondaire ou plus commencent à être sexuellement actives 6 ans plus tard que celles n’ayant aucun niveau (23,6 ans contre 17,2 ans). De même, les femmes vivant dans un ménage du quintile le plus riche (21,5 ans) débutent leur vie sexuelle beaucoup plus tard que celles des ménages du quintile le plus pauvre (16,5 ans, soit 5 ans d’écart). Les différences dans l’entrée dans la vie sexuelle entre les régions sont importantes. Dakar (20,8 ans) et, dans une moindre mesure, Thiès (18,9 ans), sont les régions où le début de la vie sexuelle a lieu le plus tard ; à l’inverse, c’est dans les régions de Tambacounda (16,0 ans), Matam (16,5 ans) et Kolda (16,5 ans) que l’entrée dans la vie sexuelle est la plus précoce. Chez les hommes, l’âge d’entrée dans la vie sexuelle varie peu quelque soit le facteur sociodémographique considéré ; la médiane tourne au tour de 21 ans. Tableau 6.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels Âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 20-49 ans et des hommes de 25-59 ans, par âge actuel et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Âge actuel Caractéristique sociodémographique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Femmes 20-49 ans Femmes 25-49 ans Hommes 25-59 ans Milieu de résidence Urbain a 21,2 20,4 19,3 18,8 18,2 a 20,0 20,8 Rural 17,9 17,5 16,9 17,0 16,6 16,9 17,3 17,0 20,9 Région Dakar a 22,7 21,6 19,9 19,8 18,7 a 20,8 21,1 Diourbel 18,8 18,2 18,9 18,5 17,4 18,3 18,5 18,3 23,9 Fatick 19,0 18,7 18,3 17,4 16,9 17,6 18,1 17,9 20,6 Kaolack 18,7 18,0 16,6 17,6 17,1 17,2 17,8 17,3 22,5 Kolda 16,6 16,6 16,4 16,1 17,3 16,0 16,5 16,5 18,8 Louga 18,7 17,5 16,4 17,0 16,1 16,4 17,3 16,8 22,9 Matam 17,8 17,1 16,3 16,6 16,0 16,1 16,9 16,5 20,5 Saint-Louis 19,5 19,7 18,3 18,0 16,8 16,9 18,6 18,2 22,2 Tambacounda 16,3 16,4 15,9 15,7 16,2 15,9 16,0 16,0 20,1 Thiès a 20,1 19,0 18,4 18,4 17,8 19,2 18,9 21,0 Ziguinchor 18,3 17,7 17,7 18,3 17,5 17,3 17,8 17,7 18,9 Niveau d’instruction Aucun 18,1 17,7 17,0 17,1 17,0 16,9 17,4 17,2 21,7 Primaire a 20,5 19,8 19,5 18,3 18,5 20,0 19,7 20,3 Secondaire ou plus a a 24,2 24,8 21,0 22,0 a 23,6 20,5 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 17,2 17,0 15,9 16,5 16,7 16,3 16,7 16,5 20,6 Second 17,7 17,2 16,7 16,9 16,6 16,8 17,1 16,9 20,7 Moyen 18,6 18,4 17,7 17,2 16,5 16,7 17,9 17,5 20,9 Quatrième a 20,3 19,7 18,6 18,3 17,9 19,5 19,2 21,4 Le plus riche a 23,2 22,3 21,7 19,9 19,0 a 21,5 20,9 Ensemble 19,6 19,3 18,7 18,1 17,7 17,6 18,7 18,4 20,9 a = Non calculés parce que plus de 50 % des femmes du groupe d'âges x, x+4 n’ont pas encore eu leurs premiers rapports sexuels à l'âge x. Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 109 6.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE La fréquence des rapports sexuels est également un facteur important de l'exposition au risque de grossesse, en particulier lorsque la prévalence de la contraception moderne est faible, comme c'est le cas au Sénégal. Le tableau 6.7.1 présente les résultats sur l’activité sexuelle des femmes âgées de 15-49 ans au moment de l’enquête. Dans l’ensemble, on constate que 45 % des femmes étaient considérées comme étant sexuellement actives au moment de l'enquête, car elles ont déclaré avoir eu, au moins une fois, des rapports sexuels durant les quatre semaines ayant précédé l'enquête. À l’opposé, plus d’une femme sur quatre (27 %) n’avaient jamais eu de rapports sexuels ; dans 17 % des cas, les femmes avaient eu leurs derniers rapports sexuels dans la période de 1-11 mois avant l’enquête et pour 8 % d’entre elles, les derniers rapports sexuels remontaient à plus d’un an. La proportion de femmes sexuellement actives au moment de l’enquête augmente avec l’âge ; passant d’un minimum de 17 % à 15-19 ans (âge auquel 71 % n’ont jamais eu de rapports sexuels) à 38 % à 20-24 ans et à un maximum de 66 % à 45-49 ans. En ce qui concerne l’état matrimonial, les résultats montrent que l’activité sexuelle est très faible chez les femmes célibataires (moins de 1%) et même chez les femmes en rupture d’union (moins de 4 %). À l’opposé, près de sept femmes mariées sur dix (67 %) sont sexuellement actives ; 22 % d’entre elles ont eu leurs derniers rapports sexuels au cours des 1 à 11 derniers mois. De plus, la durée de l’union semble influer très légèrement sur l’activité sexuelle récente. Parmi les femmes ayant été en union une seule fois, la proportion de femmes sexuellement actives varie de 60 % chez celles dont la durée de l’union se situe entre 0 et 4 ans, à 73 % chez celles en union depuis 20-24 ans et à 74 % chez celles en union depuis 25 ans ou plus. Graphique 6.5 Âge médian des femmes aux premiers rapports sexuels selon certaines caractéristiques sociodémographiques Note : Femmes de 25-49 ans 18 20 17 17 20 24 17 17 18 19 22 SÉNÉGAL RÉSIDENCE Urbain Rural INSTRUCTION Aucun Primaire Secondaire ou + QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 5 10 15 20 25 30 Âge EDS-IV 2005 110 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse Tableau 6.7.1 Activité sexuelle récente des femmes Répartition (en %) des femmes en fonction du moment où ont eu lieu les derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Derniers rapports sexuels Caractéristique sociodémographique Au cours des 4 dernières semaines Au cours de la dernière année1 Il y a une ou plusieurs années NSP/ND N'ont jamais eu de rapports sexuels Total Effectif Âge actuel 15-19 16,7 8,3 2,5 1,6 70,9 100,0 3 556 20-24 38,1 20,3 6,7 3,6 31,3 100,0 2 844 25-29 51,0 22,1 9,5 4,2 13,3 100,0 2 379 30-34 61,5 19,7 9,1 4,8 4,9 100,0 1 953 35-39 64,6 17,4 11,2 3,4 3,4 100,0 1 613 40-44 65,0 18,5 12,7 3,3 0,4 100,0 1 249 45-49 66,0 17,8 14,2 1,6 0,4 100,0 1 009 État matrimonial Célibataire 0,6 2,3 1,9 0,9 94,3 100,0 3 941 En union 66,5 22,3 6,0 3,6 1,6 100,0 9 866 Divorcée, séparée, veuve 3,5 22,8 62,4 9,7 1,7 100,0 795 Durée du mariage des femmes (mariées une seule fois)2 0-4 ans 59,9 25,6 4,8 3,6 6,1 100,0 2 329 5-9 ans 63,4 24,6 7,2 4,4 0,3 100,0 1 764 10-14 ans 67,2 22,5 6,5 3,8 0,0 100,0 1 260 15-19 ans 71,2 19,3 6,4 3,2 0,0 100,0 1 050 20-24 ans 73,0 16,6 6,3 4,1 0,0 100,0 766 25 ans et + 73,9 17,8 6,7 1,6 0,0 100,0 863 Mariée plus d'une fois 68,5 22,2 5,2 3,6 0,5 100,0 1 832 Milieu de résidence Urbain 39,6 13,8 8,5 3,3 34,8 100,0 7 117 Rural 50,7 19,9 7,5 3,0 18,8 100,0 7 485 Région Dakar 38,3 11,7 9,4 4,3 36,3 100,0 3 866 Diourbel 52,0 16,3 6,4 2,0 23,3 100,0 1 548 Fatick 53,4 17,1 3,8 2,8 22,9 100,0 708 Kaolack 50,8 16,4 4,9 3,1 24,7 100,0 1 642 Kolda 42,5 26,2 14,2 5,2 12,0 100,0 1 047 Louga 47,0 21,8 4,2 1,8 25,2 100,0 915 Matam 38,7 20,2 17,2 4,2 19,7 100,0 543 Saint-Louis 47,8 17,7 6,2 1,5 26,8 100,0 947 Tambacounda 47,4 23,5 11,7 3,6 13,8 100,0 851 Thiès 49,1 14,0 4,9 1,9 30,0 100,0 1 974 Ziguinchor 35,5 27,5 10,3 3,9 22,7 100,0 562 Niveau d’instruction Aucun 53,3 19,1 8,1 3,2 16,3 100,0 8 699 Primaire 36,6 15,7 8,0 3,7 35,9 100,0 3 677 Secondaire ou plus 28,2 10,6 7,4 2,1 51,6 100,0 2 226 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 55,2 20,6 6,7 3,3 14,2 100,0 2 433 Second 50,5 21,6 7,4 3,6 17,0 100,0 2 565 Moyen 47,0 18,3 8,2 2,9 23,6 100,0 2 839 Quatrième 42,6 14,7 7,8 3,9 31,1 100,0 3 154 Le plus riche 35,9 12,1 9,2 2,5 40,3 100,0 3 610 Ensemble 45,3 17,0 8,0 3,2 26,6 100,0 14 602 1 Non compris les femmes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines. 2 Non compris les femmes qui ne sont pas actuellement en union. Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 111 Tableau 6.7.2 Activité sexuelle récente des hommes Répartition (en %) des hommes en fonction du moment où ont eu lieu les derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Derniers rapports sexuels Caractéristique sociodémographique Au cours des 4 dernières semaines Au cours de la dernière année1 Il y a une ou plusieurs années NSP/ND N'ont jamais eu de rapports sexuels Total Effectif Groupe d’âges 15-19 6,7 15,4 8,8 0,3 68,7 100,0 926 20-24 17,7 23,8 22,1 0,0 36,3 100,0 645 25-29 36,2 28,2 17,6 0,2 17,8 100,0 537 30-34 53,1 28,1 12,5 0,6 5,8 100,0 399 35-39 63,7 27,6 5,8 0,2 2,8 100,0 318 40-44 72,0 20,0 7,2 0,2 0,5 100,0 316 45-49 81,3 13,5 3,4 1,2 0,6 100,0 275 50-54 86,1 10,4 2,8 0,7 0,0 100,0 216 55-59 77,7 12,0 9,3 0,9 0,0 100,0 130 État matrimonial Célibataire 7,8 19,0 17,2 0,2 55,8 100,0 1 759 En union 73,2 21,4 3,9 0,6 0,9 100,0 1 866 Divorcé, séparé, veuf 14,0 38,7 45,0 0,0 2,3 100,0 135 Durée du mariage des hommes (mariés une seule fois)2 0-4 ans 45,0 20,1 10,0 0,5 24,3 100,0 730 5-9 ans 42,6 25,4 11,8 0,2 20,0 100,0 506 10-14 ans 45,7 18,5 7,5 0,4 27,9 100,0 310 15-19 ans 47,3 19,8 10,0 0,6 22,4 100,0 181 20-24 ans 43,5 20,7 7,1 0,6 28,1 100,0 115 25 ans et + 35,1 20,2 10,8 0,0 33,9 100,0 117 Mariée plus d'une fois 48,2 22,2 10,5 0,4 18,8 100,0 445 Milieu de résidence Urbain 36,1 23,1 13,0 0,4 27,4 100,0 2 101 Rural 46,1 18,1 9,8 0,4 25,6 100,0 1 660 Région Dakar 36,3 24,9 12,4 0,2 26,3 100,0 1 186 Diourbel 43,9 11,9 6,5 0,4 37,3 100,0 309 Fatick 45,8 13,8 11,5 0,0 29,0 100,0 174 Kaolack 43,8 16,1 11,4 1,4 27,3 100,0 369 Kolda 44,3 27,3 12,7 0,1 15,6 100,0 295 Louga 44,8 11,6 7,0 0,8 35,9 100,0 155 Matam 49,3 17,3 7,6 0,6 25,1 100,0 109 Saint-Louis 45,9 16,3 8,3 1,2 28,2 100,0 210 Tambacounda 37,7 30,1 14,4 0,0 17,7 100,0 247 Thiès 40,4 15,4 13,7 0,2 30,3 100,0 538 Ziguinchor 32,1 36,6 14,6 0,0 16,7 100,0 170 Niveau d’instruction Aucun 51,0 16,8 9,1 0,6 22,5 100,0 1 621 Primaire 31,8 22,1 13,7 0,2 32,1 100,0 1 007 Secondaire ou plus 33,2 25,6 13,4 0,2 27,6 100,0 1 133 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 49,2 16,8 8,8 0,5 24,8 100,0 581 Second 45,1 20,9 9,8 0,4 23,7 100,0 556 Moyen 40,8 19,0 11,1 0,4 28,7 100,0 678 Quatrième 37,3 21,2 14,5 0,6 26,4 100,0 842 Le plus riche 35,8 24,0 12,2 0,1 27,9 100,0 1 104 Ensemble 40,5 20,9 11,6 0,4 26,6 100,0 3 761 1 Non compris les hommes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines. 2 Non compris les hommes qui ne sont pas actuellement en union. 112 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse La proportion de femmes sexuellement actives est plus élevée en milieu rural (51 %) qu’en milieu urbain (40 %). Dans les régions de Ziguinchor (36 %), Dakar (38 %) et Matam (39 %), les femmes se sont moins fréquemment déclarées comme étant sexuellement actives que dans les régions de Fatick (53 %), Diourbel (52 %) et Kaolack (51 %). Par ailleurs, 53 % des femmes qui n'ont aucun niveau d'instruction se sont déclarées sexuellement actives contre 28 % de celles de niveau d’instruction secondaire ou plus. Enfin, la proportion de femmes sexuellement actives décroît avec le niveau de bien- être économique. Au moment de l’enquête, 41 % des hommes de 15-59 ans se sont déclarés comme étant sexuellement actifs et 27 % d’entre eux n’avaient jamais eu de rapports sexuels (tableau 6.7.2). Pour plus d’un homme sur cinq (21 %), les derniers rapports sexuels avaient eu lieu entre 1 et 11 moins avant l’enquête. Le pourcentage d’hommes sexuellement actifs varie avec l’âge. Il est par ailleurs plus élevé en milieu rural (46 %) qu’en milieu urbain (36 %). Comme chez les femmes, la proportion de ceux qui ont déclaré être sexuellement actifs diminue avec le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique. Des variations notables sont observées selon la région de résidence : il varie d’un minimum de 32 % à Ziguinchor à un maximum de 49 % à Matam. 6,6 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Après la naissance d'un enfant, l'exposition au risque de grossesse dépend, entre autres facteurs, du retour de l'ovulation et de l'abstinence sexuelle ou de l’abstinence post- partum. Le temps écoulé entre l'accouchement et le retour de l'ovulation qui constitue l'aménor- rhée post-partum est estimé ici par la longueur de l'intervalle qui sépare la naissance d'un enfant et le retour des règles. La longueur de cet intervalle peut être influencée par l'intensité, la fréquence et la durée de l'allaitement au sein. L’examen de ces facteurs permet d'identifier les femmes non susceptibles d'être exposées au risque de grossesse et ainsi d'évaluer la durée de la non susceptibilité. Une femme est considérée comme non susceptible d'être exposée au risque de grossesse quand elle n'a pas repris les rapports sexuels depuis la dernière naissance, ou quand elle est en aménorrhée post-partum, ce qui signifie que ses risques de tomber enceinte sont minimes si elle reprend les rapports sexuels sans protection contraceptive. La période de non susceptibilité se définit donc comme celle pendant laquelle une femme n'est pratiquement pas soumise au risque de grossesse par suite d'aménorrhée et/ou d'abstinence post-partum. Les données du tableau 6.8 se rapportent aux naissances des 3 dernières années dont la mère est encore en aménorrhée ou en abstinence post-partum et donc non susceptible d'être exposée au risque de grossesse. La distribution de la proportion de naissances selon le nombre de mois écoulés depuis la Tableau 6.8 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum Pourcentage de naissances des trois années ayant précédé l'enquête dont les mères sont en aménorrhée, en abstinence et en insusceptibilité post-partum, par nombre de mois écoulés depuis la naissance et durées médiane et moyenne, EDS-IV Sénégal 2005 Pourcentage de naissances pour lesquelles la mère est : Nombre de mois depuis la naissance En aménorrhée En abstinence En insusceptibilité post-partum Effectif de naissances < 2 97,9 92,0 99,2 323 2-3 81,1 55,8 90,4 486 4-5 75,8 31,2 82,6 519 6-7 72,9 24,6 77,6 432 8-9 67,1 18,0 71,7 371 10-11 55,7 16,7 60,4 233 12-13 41,8 17,2 47,2 313 14-15 38,1 16,5 47,1 400 16-17 21,9 13,1 31,1 442 18-19 20,7 14,3 31,5 396 20-21 14,5 11,6 23,8 318 22-23 9,6 17,2 24,6 265 24-25 3,4 8,0 10,8 352 26-27 5,4 3,8 8,5 393 28-29 1,8 5,5 6,9 389 30-31 0,9 2,4 3,3 353 32-33 1,1 2,5 3,3 298 34-35 2,4 3,4 5,8 232 Ensemble 36,6 20,7 43,0 6 515 Médiane 11,4 3,1 12,6 na Moyenne 12,5 7,4 14,8 na Note : Les calculs sont basés sur le statut au moment de l'enquête. na = Non applicable Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse | 113 naissance est analogue à la série des survivants (Sx) d'une table de mortalité. Le tableau indique également les durées médiane et moyenne de l'aménorrhée, de l'abstinence et de la non susceptibilité. Dans l’ensemble, 37 % des femmes ayant accouché au cours des trois années précédant l’enquête sont encore en aménorrhée post-partum. Plus de sept femmes sur dix (76 %) restent en aménorrhée jusqu’à 4-5 mois, près de sept femmes sur dix (67 %) le sont encore à 8-9 mois et 22 % à 16-17 mois. Au- delà de 22 mois, la proportion de femmes dont le retour de l'ovulation ne s'est pas encore produit est largement inférieure à 10 %. La durée médiane de l’aménorrhée post-partum est estimée à 11,4 mois et sa valeur moyenne se situe à 12,5 mois. La durée, l'intensité et la fréquence de l'allaitement exclusif qui agissent sur le retour de l'ovulation (voir chapitre 10-Allaitement et État Nutritionnel), expliqueraient, en partie, ces durées relativement longues. L'abstinence post-partum est une pratique assez courante au Sénégal. Plus d’une femme sur deux (56 %) n’avaient pas encore repris ses rapports sexuels 2 à 3 mois après la naissance de son dernier enfant ; 8-9 mois après la naissance, 18 % des mères sont encore en abstinence. La durée médiane de l'abstinence post-partum s’établit à 3,1 mois et sa valeur moyenne à 7,4 mois. Par rapport à la dernière enquête (EDS-III, 1997), on ne note aucun changement dans les durées moyenne et médiane de l’abstinence post-partum (respectivement, 2,9 et 7,6 mois). Pour 43 % des naissances survenues au cours des trois dernières années ayant précédé l’enquête, les mères sont en insusceptibilité post- partum. Cette période d’insusceptibilité dure en moyenne 14,8 mois et pour 50 % des naissances, les mères ne sont pas susceptibles de tomber enceintes pendant 12,6 mois. Le tableau 6.9 présente les durées médianes d'aménorrhée, d'absti- nence post-partum et de non suscepti- bilité selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes. Ces différentes durées varient peu avec l’âge des mères. Selon le milieu de résidence, on constate que les durées d’aménorrhée et d’insusceptibilité sont plus longues en milieu rural qu’en milieu urbain. Au niveau régional, la durée médiane de l’aménorrhée post-partum varie d’un minimum de 8,4 mois à Dakar à un maximum de 14,4 mois à Fatick. Le niveau d'instruction influe également sur la longueur de l’aménorrhée : de 12,2 mois parmi les femmes sans niveau instruction, cette durée s’établit à 6,8 mois parmi les femmes de niveau secondaire ou plus. En ce qui concerne la durée médiane de l’abstinence, les résultats montrent que les Tableau 6.9 Durée médiane de l'insusceptibilité post-partum par caractéristiques sociodémographiques Nombre médian de mois d'aménorrhée, d'abstinence et d'insusceptibilité post- partum, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Aménorrhée post-partum Abstinence post-partum Insusceptibilité post-partum Effectif de naissances Groupe d’âges 15-29 11,2 3,4 12,6 3 808 30-49 11,7 2,5 12,6 2 707 Milieu de résidence Urbain 9,0 3,3 9,4 2 432 Rural 12,9 2,9 14,4 4 083 Région Dakar 8,4 3,4 8,6 1 207 Diourbel 11,1 2,1 11,4 787 Fatick 14,4 2,5 14,8 396 Kaolack 12,1 2,1 12,9 834 Kolda 12,3 16,3 20,8 590 Louga 13,9 2,1 14,5 432 Matam 13,1 3,2 14,4 263 Saint-Louis 12,4 2,2 12,8 422 Tambacounda 13,4 11,0 15,4 483 Thiès 10,0 2,4 10,2 881 Ziguinchor 9,9 9,6 14,1 221 Niveau d’instruction Aucun 12,2 2,9 13,6 4 611 Primaire 10,8 3,9 11,5 1 422 Secondaire ou plus 6,8 2,4 7,1 482 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 13,1 3,4 14,5 1 465 Second 13,1 3,4 14,3 1 439 Moyen 11,7 2,6 13,7 1 397 Quatrième 9,2 3,3 9,8 1 210 Le plus riche 7,0 2,4 7,8 1 003 Ensemble 11,4 3,1 12,6 6 515 Note : Les médianes sont basées sur le statut actuel. 114 | Nuptialité et Exposition au Risque de Grossesse plus faibles valeurs sont observées dans les régions de Diourbel (2,1 mois), Kaolack (2,1 mois), Louga (2,1 mois) et Saint-Louis (2,2 mois) et les plus grandes à Kolda (16,3 mois) et Tambacounda (11,0 mois). 6.7 MÉNOPAUSE Le tableau 6.10 présente la fin d'exposition au risque de grossesse pour les femmes de 30-49 ans. Il présente la proportion de femmes en ménopause, c’est-à-dire la proportion des femmes actuellement en union qui ne sont ni enceintes, ni en aménorrhée post-partum, et qui n'ont pas eu de règles pendant au moins six mois avant l'enquête ou alors qui se sont déclarées en ménopause. On constate que 9 % des femmes de 30-49 ans étaient en ménopause au moment de l’enquête. La proportion de femmes en ménopause augmente rapidement avec l'âge, passant de 1 % à 30-34 ans, à 11 % à 42-43 ans, pour atteindre 49 % à 48-49 ans. On peut constater qu’aux âges où généralement les femmes sont encore fécondes, une proportion non négligeable s’est déclarée en ménopause : 11 % à 42-43 ans, 19 % à 44-45 ans et 28 % à 46-47 ans. Tableau 6.10 Ménopause Pourcentage de femmes de 30-49 ans qui ne sont pas enceintes, qui ne sont pas en aménorrhée post-partum et qui sont en ménopause, EDS-IV Sénégal 2005 Âge Pourcentage des femmes en ménopauses1 Effectif de femmes 30-34 1,0 1 953 35-39 2,7 1 613 40-41 7,2 589 42-43 11,4 443 44-45 19,0 494 46-47 28,4 393 48-49 48,6 338 Ensemble 9,0 5 823 1 Pourcentage de toutes les femmes qui ne sont pas enceintes, ni en aménorrhée post- partum et dont les dernières règles ont eu lieu 6 mois ou plus avant l'enquête. Préférences en Matière de Fécondité | 115 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ 7 Aliou Gaye Les questions relatives aux préférences en matière de fécondité permettent d’évaluer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité, et de mesurer les besoins futurs en matière de contraception, non seulement pour espacer, mais aussi pour limiter les naissances. Le sujet a été abordé dans l’EDS-IV par le biais de questions relatives au désir de la femme d'avoir ou non des enfants supplémentaires dans l'avenir, au délai d'attente avant d'avoir un prochain enfant et au nombre total d'enfants désirés. Rappelons que les données sur les attitudes et les opinions vis-à-vis de la procréation ont toujours été un sujet de controverse. En effet, certains chercheurs pensent que les réponses aux questions sur les préférences en matière de fécondité reflètent des points de vue éphémères qui sont exprimés sans beaucoup de conviction, ou ne tiennent pas compte de l’effet des pressions sociales ou des attitudes des autres membres de la famille, particulièrement celles du mari, qui peuvent avoir une grande influence sur les décisions en matière de reproduction. De plus, ces données sont obtenues à partir d’un échantillon de femmes de différents âges et vivant des moments différents de leur histoire génésique. Pour les femmes en début d’union, les réponses sont liées à des objectifs à moyen ou long terme dont la stabilité et la valeur prédictive sont incertaines. Pour les femmes en fin de vie féconde, les réponses sont inévitablement influencées par leur histoire génésique. Malgré ces difficultés, l’analyse des données sur les préférences en matière de fécondité, peut aider dans l’explication de certains facteurs qui agissent sur le comportement procréateur des femmes. Ce chapitre traitera des sujets suivants : le désir d’avoir ou non des enfants supplémentaires, les besoins en matière de planification familiale, le nombre idéal d’enfants et la planification de la fécondité. 7.1 DÉSIR D'ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES) Le désir d’avoir ou non des enfants supplémentaires dans l’avenir est généralement lié à l’âge de la femme, au nombre de ces enfants actuellement en vie et/ou de ceux du couple. Des questions ont été posées aux femmes et aux hommes actuellement en union pour obtenir des informations sur leurs attitudes quant au désir d’espacer leur prochaine naissance ou au désir de ne plus avoir d’enfants. Les résultats présentés au tableau 7.1 et au graphique 7.1 montre que plus d’une femme sur cinq (21 %) a répondu qu’elle ne désirait plus d’enfants tandis que plus de sept femmes sur dix (75 %) en voulaient davantage. Ces résultats révèlent également que parmi les femmes qui ont déclaré qu’elles désiraient avoir des enfants supplémentaires dans l’avenir, la majorité (39 %) désire espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. Au total donc, 60 % des femmes, celles ne voulant plus d’enfants (21 %) plus celles désirant espacer pour une période d’au moins deux ans (39 %), peuvent être considérées comme des candidates potentielles à la planification familiale. Ces niveaux sont voisins de ceux enregistrés dans le cadre de l’EDS-II de 1992-1993 (20 % pour celles qui désiraient limiter et 39 % pour celles qui souhaitaient espacer d’au moins deux ans) et de l’EDS-III de 1997 (respectivement, 23 % et 39 %). 116 | Préférences en Matière de Fécondité Tableau 7.1 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d'enfant survivants Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union par nombre d'enfants vivants, selon le désir d'enfants supplémentaires, EDS-IV Sénégal 2005 Nombre d'enfants vivants1 Désir d'enfants 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble FEMMES Veut un autre bientôt2 67,7 32,6 28,5 23,0 20,1 15,3 9,8 27,1 Veut un autre plus tard3 7,1 51,3 55,9 55,4 47,8 37,3 17,6 39,0 Veut un autre, NSP quand 22,4 12,2 9,1 6,5 5,1 4,2 2,4 8,6 Indécise 0,3 0,5 0,8 1,3 2,6 2,9 2,0 1,4 Ne veut plus d’enfants 0,3 1,7 4,2 11,2 21,5 36,5 60,6 20,5 Stérilisée4 0,1 0,1 0,2 0,5 0,4 0,2 1,6 0,5 S’est déclarée stérile 2,0 1,1 1,3 2,0 2,5 3,2 5,6 2,6 ND 0,2 0,6 0,0 0,2 0,0 0,3 0,4 0,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 165 1 690 1 576 1 416 1 108 976 1 934 9 866 HOMMES Veut un autre bientôt2 33,1 38,3 35,7 37,4 33,8 32,2 32,8 34,6 Veut un autre plus tard3 13,3 48,1 51,2 47,1 46,7 44,1 34,8 37,5 Veut un autre mais NSP quand 49,8 11,7 8,2 6,0 9,0 7,3 9,1 17,3 Indécis 0,0 0,2 1,0 2,8 1,6 0,8 4,4 1,8 Ne veut plus d’enfants 1,4 1,1 3,9 5,4 8,6 13,7 15,0 7,0 ND 2,4 0,6 0,0 1.3 0,3 1,8 4,0 1,8 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 387 266 243 213 162 138 459 1 866 1 Y compris la grossesse actuelle (pour les femmes) 2 Veut une autre naissance dans les deux ans 3 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus 4 Y compris la stérilisation féminine ou masculine Graphique 7.1 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants EDS-IV 2005 0 1 2 3 4 5 6 + Nombre d'enfants vivants 0% 20% 40% 60% 80% 100% Pourcentage Femme/homme déclaré stérile Ne veut plus d'enfant/stérilisée Indécise Veut espacer de deux ans Veut NSP quand Veut dans les deux ans Préférences en Matière de Fécondité | 117 Comme on pouvait s’y attendre, la proportion de femmes qui ne veulent plus d’enfants augmente régulièrement avec le nombre d’enfants vivants : elle passe de moins de 1 % chez les femmes qui n’ont aucun enfant à 11 % chez celles en ayant 3 et à 61 % chez celles qui en ont au moins 6. On note également que la quasi-totalité des femmes nullipares (97 %) souhaitent avoir un enfant et la grande majorité (68 %) désirent une naissance rapidement, dans les deux années à venir. Chez les femmes ayant un enfant, le désir d’en avoir un autre (96 %) est comparable à celui des nullipares mais contrairement à ces dernières, la majorité des primipares souhaitent attendre au moins deux ans avant la prochaine naissance (51 %). En outre, au fur et à mesure que la parité augmente, la proportion de femmes désirant un autre enfant diminue assez rapidement au profit de celles qui n’en veulent plus. En effet, le pourcentage de femmes qui désirent d’autres enfants passe de 97 % chez celles n’ayant aucun enfant à 85 % chez celles qui en ont déjà 3 et à 30 % chez les femmes qui ont 6 enfants ou plus. Par ailleurs, seulement 7 % des hommes en union ont déclaré ne plus vouloir d’enfants et, à l’inverse, 89 % en désiraient davantage. Les hommes en union sont donc, proportionnellement, plus nombreux que les femmes en union à souhaiter d’autres enfants. Autrement dit, les hommes sont plus pronatalistes que les femmes. Comme chez les femmes, la proportion d’hommes désirant avoir des enfants diminue avec le nombre d’enfants vivants, passant de 98 % à la parité 1, à 90 % à la parité 4 et à 77 % au rang 6 ou plus. Chez les hommes en union, le besoin potentiel en matière de planification familiale peut être évalué, au total, à 45 % (soit 7 % ne voulant plus d'enfant et 38 % désirant espacer la prochaine naissance d'au moins deux ans). Parmi les hommes voulant des enfants supplémentaires, une proportion voisine de celles des femmes (38 % contre 39 %) désire espacer la prochaine naissance d’au moins deux ans. L’analyse des données selon l'âge met en évidence une association positive entre les préférences en matière de fécondité et l'âge actuel des femmes (tableau 7.2.1). Tout comme pour la parité, la proportion des femmes actuellement en union voulant un autre enfant diminue avec l'âge : elle passe de 98 % parmi les femmes âgées de 15-19 et 20-24 ans à 17 % chez celles de 45-49 ans. Inversement, le désir de ne plus avoir d'enfants augmente avec l'âge : la proportion passe de 2 % chez les femmes de 15- 19 ans, à 14 % chez celles de 30-34 ans et à 60 % chez celles de 45-49 ans. Avant 35 ans, la majorité des femmes qui souhaitent avoir un autre enfant veulent attendre au moins deux ans. Par contre, à partir de 40 ans, les femmes désirant avoir un enfant sont proportionnellement plus nombreuses à souhaiter l’avoir au cours des 48 prochains mois. Tableau 7.2.1 Préférences des femmes en matière de fécondité selon l’âge Répartition (en %) des femmes actuellement en union par désir d'enfants supplémentaires et l'âge, EDS-IV Sénégal 2005 Âge Désir d'enfants 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Ensemble Veut un autre bientôt1 32,7 29,3 27,9 27,9 27,0 26,3 14,5 27,1 Veut un autre plus tard2 46,3 56,6 56,1 48,1 25,8 7,5 1,0 39,0 Veut un autre, NSP quand 18,6 11,8 9,8 6,9 5,4 4,8 1,0 8,6 Indécise 0,5 0,4 0,8 2,1 2,7 2,0 1,5 1,4 Ne veut plus d’enfants 1,8 1,1 5,2 13,9 37,9 52,1 59,9 20,5 Stérilisée 0,0 0,0 0,1 0,2 0,7 1,2 2,4 0,5 S’est déclarée stérile 0,1 0,3 0,1 0,5 0,5 5,6 19,5 2,6 ND 0,0 0,5 0,1 0,4 0,1 0,6 0,1 0,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 014 1 836 1 900 1 698 1 425 1 100 893 9 866 1 Veut un autre enfant dans les deux ans. 2 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus 118 | Préférences en Matière de Fécondité Chez les hommes en union, on observe les mêmes tendances selon l’âge que chez les femmes en union (tableau 7.2.2). La proportion d’hommes en union voulant un enfant supplémentaire passe de 96 % parmi les 20-24 et 25-29 ans à 58 % chez ceux de 55-59 ans. Par contre, la proportion d’hommes qui ne veulent plus d’enfant augmente avec l’âge, passant de 5 % parmi les hommes de 35-39 ans à 29 % parmi ceux de 55-59 ans. Tableau 7.2.2 Préférences des hommes en matière de fécondité selon l'âge Répartition (en %) des hommes actuellement en union par désir d'enfants supplémentaires et l'âge, EDS-IV Sénégal 2005 Âge Désir d'enfants 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 Ensemble Veut un autre bientôt1 10,1 17,6 36,1 32,7 36,9 40,7 37,0 42,6 29,1 34,6 Veut un autre plus tard2 7,3 17,9 40,3 49,3 50,3 45,3 39,1 22,1 16,9 37,5 Veut un autre NSP quand 76,2 60,3 19,2 16,8 7,4 6,5 9,1 12,1 11,9 17,3 Indécis 0,0 0,0 0,7 0,4 0,5 0,5 3,4 3,5 8,8 1,8 Ne veut plus d’enfant 1,1 1,7 2,7 0,1 4,9 6,8 9,8 13,2 28,9 7,0 S’est déclare stérile 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 4,7 4,4 0,8 ND 5,3 2,4 1,0 0,7 0,0 0,1 1,7 1,7 0,0 1,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif3 58 136 232 294 269 276 267 211 122 1 866 1 Veut une autre naissance dans les deux ans. 2 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus 3 Y compris les non déterminés Les proportions de femmes et d’hommes en union ne désirant plus avoir d’enfants permettent d’évaluer les besoins en matière de planification familiale. Les résultats sont présentés au tableau 7.3 selon certaines caractéristiques sociodémographiques et selon le nombre d’enfants vivants. Dans l’ensemble, plus deux femmes en union sur dix (21 %) ne désirent plus d’enfants, contre 7 % chez les hommes en union. Les femmes ne désirant plus d’enfants sont proportionnellement plus nombreuses en milieu urbain (24 %) qu’en milieu rural (19 %). Selon la région de résidence, on constate que ce sont les femmes de Dakar qui ont le plus fréquemment exprimé le désir de limiter leurs naissances (26 %) et celles de Matam (13 %) qui, à l’opposé, ont le moins fréquemment exprimé ce souhait. Par ailleurs, le niveau de vie du ménage dans lequel vit la femme apparaît comme un facteur favorisant le désir de ne plus avoir d'enfants. En effet, les femmes des ménages les plus riches ont plus fréquemment que les autres exprimé le désir de ne plus avoir d’enfants : 24 % des femmes du quatrième quintile et 22 % de celles du quintile le plus riche contre 19 % des femmes vivant dans un ménage du quintile le plus pauvre. Ces résultats montent également que le pourcentage de femmes ne désirant plus d'enfants augmente régulièrement avec le nombre d'enfants survivants, aussi bien en milieu urbain qu'en milieu rural. En outre, l'instruction apparaît comme un facteur influençant nettement le désir de ne plus avoir d'enfants, en particulier à partir de 3 enfants. Par exemple, parmi les femmes qui ont 3 enfants, 8 % de celles qui n’ont aucune instruction ont exprimé le souhait de ne plus avoir d’enfants contre 13 % pour les femmes ayant un niveau d’instruction primaire et 32 % pour celles qui ont au moins un niveau secondaire. Préférences en Matière de Fécondité | 119 Chez les hommes en union, on remarque que ceux du milieu urbain (10 %) sont près de trois fois plus nombreux que ceux du milieu rural (4 %) à ne plus vouloir d’enfants. Selon la région, on constate que ce sont les hommes de Thiès (13 %) et de Dakar (10 %) qui ont le plus fréquemment exprimé le désir de limiter leur descendance. À l’opposé, les hommes de Louga sont ceux qui ont le moins fréquemment déclaré ce souhait (2 %). En outre, comme chez les femmes, le niveau d’instruction et le niveau de vie du ménage semblent être des facteurs positivement corrélés avec le désir de ne plus avoir d’enfants. Tableau 7.3 Désir de limiter les naissances selon certaines caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes et d'hommes actuellement en union ne voulant plus d'enfants par nombre d'enfants vivants et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Nombre d'enfants vivants1 Caractéristique sociodémographique 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble des femmes Ensemble des hommes Milieu de résidence Urbain 0,1 2,9 6,4 18,3 30,7 51,0 69,6 24,2 10,3 Rural 0,6 0,8 2,9 7,2 16,6 28,2 58,0 18,8 3,9 Région Dakar 0,2 4,6 7,6 22,0 34,9 60,3 68,6 26,0 10,0 Diourbel 0,7 0,0 2,5 7,7 13,4 29,0 59,0 17,1 4,4 Fatick 0,0 4,2 1,1 11,6 19,9 36,3 57,7 24,5 5,2 Kaolack 0,0 1,0 5,1 5,2 26,4 31,6 59,4 21,5 4,5 Kolda 0,0 1,0 2,9 7,7 16,6 30,5 57,9 16,8 2,4 Louga 1,0 0,0 3,6 9,3 16,6 23,0 66,2 19,8 1,9 Matam 0,0 1,6 2,0 1,7 19,0 23,2 45,6 12,8 4,5 Saint-Louis 1,2 1,0 6,4 9,1 25,2 32,2 56,3 20,8 6,8 Tambacounda 0,5 1,4 4,3 10,5 13,6 29,7 59,7 17,9 4,0 Thiès 0,0 0,0 2,6 12,3 21,8 38,3 71,3 23,6 12,7 Ziguinchor 0,8 0,9 4,2 14,5 21,4 27,8 58,7 18,3 8,9 Niveau d’instruction Aucun 0,3 1,0 3,6 8,2 19,3 31,1 60,6 21,4 3,1 Primaire 0,5 3,1 5,5 12,6 25,6 49,7 69,1 19,6 4,9 Secondaire ou plus 0,3 2,1 6,8 31,9 40,7 70,4 71,7 21,0 18,3 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 0,8 1,1 1,4 7,1 15,4 26,8 54,7 18,7 1,8 Second 0,7 0,9 3,7 6,5 18,2 26,2 58,4 19,7 4,3 Moyen 0,0 0,7 6,2 9,1 20,1 34,5 64,7 20,7 4,4 Quatrième 0,4 1,1 2,1 15,2 24,1 50,3 70,8 24,0 9,9 Le plus riche 0,0 4,3 8,5 21,4 36,3 53,6 66,8 22,3 13,1 Ensemble 0,4 1,7 4,4 11,7 21,9 36,7 62,2 21,0 7,0 Note : Les femmes/hommes stérilisés sont considérés comme ne voulant plus d'enfant. 1 Y compris la grossesse actuelle 7.2 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE Les femmes actuellement en union non utilisatrices de la contraception et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants (limiter les naissances) ou qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant la prochaine naissance (espacer les naissances), sont considérées comme ayant des besoins non satisfaits1 en matière de contraception. Les femmes ayant exprimé des besoins non satisfaits et celles utilisant actuellement la contraception constituent la demande potentielle totale en planification familiale. 1 Le calcul exact des besoins non satisfaits est expliqué en note du tableau 7.4. 120 | Préférences en Matière de Fécondité Le tableau 7.4 présente pour les femmes actuellement en union les estimations des besoins non satisfaits, des besoins satisfaits et de la demande totale en matière de planification familiale selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Les besoins non-satisfaits en matière de planification familiale restent encore importants, puisque près du tiers des femmes en union (32 %) en ont exprimé le besoin. La majorité de ces femmes aurait besoin d'utiliser la contraception comme moyen d'espacement des naissances (24 % contre seulement 7% pour limiter leur descendance). Si les femmes en union ayant des besoins non-satisfaits en matière de contraception pouvaient les satisfaire, c'est-à-dire si elles utilisaient effectivement la contraception, la prévalence contraceptive aurait atteint 43 % (besoins exprimés), c’est-à-dire près de quatre fois plus que ce qu’elle est actuellement. Rappelons à titre comparatif que, lors de l’EDS-II de 1992-1993 et de l’EDS-III de 1997, les besoins exprimés en matière de contraception étaient respectivement de 35 % et 46 %. La demande potentielle totale en planification familiale (proportion de femmes ayant de besoins non satisfaits auxquels s’ajoutent les femmes déjà utilisatrices) se décompose en espacement des naissances (32 %) et en limitation des naissances (12 %). Actuellement chez les femmes en union, seulement 27 % de la demande potentielle totale en planification familiale est donc satisfaite au Sénégal, contre 21 % lors de l’EDS-II de 1992-1993 et 28 % à l’EDS-III de 1997. Les besoins en matière de planification familiale varient selon les caractéristiques sociodémographiques. Selon l'âge, on constate que les besoins non satisfaits sont moins importants chez les femmes âgées de 40-44 ans et 45-49 ans (respectivement, 29 % et 20 %). Dans les autres groupes d’âges, les proportions varient entre 32 % et 35 %. En outre, on note que jusqu'à 39 ans, les besoins non- satisfaits en matière de planification familiale sont essentiellement orientés vers l'espacement des naissances. Par contre, à partir de 40 ans, les femmes expriment beaucoup plus le besoin de limiter que d'espacer leurs naissances. Les résultats selon le milieu de résidence ne font pas apparaître d’écart (32 % en urbain contre 31 % en rural). Du fait qu’en milieu rural, les femmes utilisent beaucoup moins les méthodes contraceptives, la demande totale satisfaite pour les services de planification familiale est beaucoup plus importante en zone urbaine (39 %) qu’en zone rurale (16 %). Les besoins pour l’espacement sont toujours nettement plus importants que ceux pour la limitation, aussi bien en zone urbaine que rurale. Comparativement aux niveaux observés à l’EDS-III de 1997, on note une diminution sensible de la demande potentielle totale, quel que soit le milieu de résidence. En effet, les niveaux observés à la précédente enquête dans les milieux urbain et rural étaient respectivement de 57 % et 40 %. Au niveau régional, les résultats montrent que les proportions de femmes dont les besoins en matière de planification familiale sont non-satisfaits varient d’un minimum de 25 % à Kolda à 35 % à Kaolack. Par ailleurs, en ce qui concerne la demande potentielle totale, c’est seulement dans les régions de Dakar (54 %) et de Ziguinchor (53 %) qu’elle dépasse 50 % ; à l’opposé, c’est dans la région de Matam (30 %) qu’elle est la plus faible. En outre, quelle que soit la région, la demande en matière de planification familiale est principalement induite par un besoin d’espacement des naissances que de limitation de la descendance. Concernant le niveau d'instruction, on constate que les besoins non satisfaits en matière de planification familiale sont plus importants chez les femmes de niveau primaire (34 %) que parmi celles n’ayant aucun niveau (31 %) et que celles de niveau secondaire ou plus (26 %). Du fait de la corrélation positive entre le recours à la planification familiale et le niveau d’instruction, on remarque que la demande totale satisfaite pour les services de planification familiale est beaucoup plus importante chez les femmes de niveau secondaire ou plus (56 %) que chez celles de niveau primaire (30 %) et que chez celles n’ayant aucun niveau (17 %). Préférences en Matière de Fécondité | 121 Tableau 7.4 Besoins en matière de planification familiale Pourcentage de femmes en union ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de celles dont les besoins sont satisfaits et pourcentage de demande potentielle totale de services de planification familiale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale1 Besoins en PF satisfaits (utilisation actuelle)2 Demande potentielle totale en planification familiale3 Caractéristique sociodémographique Pour l'espace- ment Pour la limitation Total Pour l'espace- ment Pour la limitation Total Pour l'espace- ment Pour la limitation Total Pourcentage de demande satisfaite Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 32,6 0,8 33,5 4,8 0,2 5,0 37,5 1,0 38,5 13,1 1 014 20-24 32,0 0,3 32,3 8,3 0,1 8,4 40,3 0,4 40,7 20,7 1 836 25-29 33,5 1,2 34,7 9,4 0,9 10,3 42,8 2,2 45,0 22,9 1 900 30-34 27,8 5,5 33,3 12,1 2,8 15,0 40,0 8,3 48,3 31,0 1 698 35-39 18,5 14,1 32,5 6,7 10,5 17,2 25,2 24,6 49,8 34,6 1 425 40-44 8,0 20,5 28,5 3,2 12,3 15,6 11,2 32,8 44,1 35,3 1 100 45-49 1,4 18,9 20,3 0,2 10,2 10,4 1,6 29,1 30,7 34,0 893 Milieu de résidence Urbain 24,0 8,0 32,0 12,5 7,7 20,3 36,5 15,8 52,3 38,8 4 005 Rural 24,4 6,9 31,3 3,7 2,3 6,0 28,1 9,2 37,3 16,2 5 860 Région Dakar 23,2 9,7 32,8 12,6 8,8 21,4 35,7 18,5 54,2 39,4 2 035 Diourbel 26,5 7,1 33,6 2,4 1,6 4,0 28,9 8,7 37,6 10,6 1 139 Fatick 25,0 8,5 33,6 4,8 3,4 8,2 29,8 11,9 41,7 19,6 517 Kaolack 27,3 7,6 34,9 3,1 3,5 6,6 30,4 11,1 41,5 15,9 1 170 Kolda 20,3 5,1 25,3 7,0 3,1 10,1 27,3 8,2 35,4 28,5 901 Louga 26,5 7,2 33,7 4,1 2,2 6,2 30,6 9,3 39,9 15,6 672 Matam 24,0 5,1 29,2 1,1 0,1 1,2 25,1 5,3 30,3 3,9 399 Saint-Louis 25,1 5,8 30,9 6,7 3,9 10,6 31,7 9,7 41,4 25,5 638 Tambacounda 21,5 6,0 27,6 3,5 2,8 6,3 25,0 8,9 33,9 18,6 737 Thiès 23,9 7,8 31,6 10,7 6,5 17,2 34,6 14,3 48,8 35,2 1 255 Ziguinchor 23,2 5,1 28,3 19,2 5,3 24,5 42,5 10,4 52,9 46,4 403 Niveau d’instruction Aucun 23,7 7,7 31,3 3,6 2,9 6,5 27,2 10,6 37,8 17,1 6 905 Primaire 28,0 6,6 34,6 13,0 7,2 20,2 41,0 13,7 54,7 36,9 2 079 Secondaire ou plus 19,9 6,4 26,3 22,8 11,1 33,9 42,8 17,5 60,2 56,3 882 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 23,2 7,3 30,4 2,1 1,5 3,7 25,3 8,8 34,1 10,7 2 055 Second 24,5 6,6 31,1 4,1 2,2 6,3 28,6 8,8 37,4 16,9 2 056 Moyen 26,2 7,5 33,7 6,8 3,5 10,3 33,0 11,0 44,0 23,5 2 008 Quatrième 25,7 7,8 33,6 8,9 7,1 16,0 34,6 14,9 49,6 32,3 1 950 Le plus riche 21,3 7,6 28,9 15,6 8,9 24,6 36,9 16,6 53,5 45,9 1 796 Ensemble 24,2 7,3 31,6 7,3 4,5 11,8 31,5 11,9 43,4 27,2 9 866 1 Les besoins non satisfaits pour espacer concernent les femmes enceintes dont la grossesse ne s'est pas produite au moment voulu, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance ne s'est pas produite au moment voulu, et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n'utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant leur prochaine naissance. Sont également incluses dans les besoins non satisfaits pour espacer, les femmes qui ne sont pas sûres de vouloir un autre enfant ou qui veulent un autre enfant mais ne savent pas à quel moment elles veulent avoir cet enfant. Les besoins non satisfaits pour limiter concernent les femmes enceintes dont la grossesse n'était pas voulue, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance n'était pas voulue, et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n'utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants. Sont également exclues les femmes qui sont en ménopause ou en période d'infécondabilité. 2 L'utilisation pour espacer concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir un autre enfant ou qui ne sont pas sûres d'en vouloir un autre. L'utilisation pour limiter concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants. Il faut noter que les méthodes spécifiques utilisées ne sont pas prises en compte ici. 3 Les non utilisatrices qui sont enceintes ou en aménorrhée et les femmes dont la grossesse était le résultat de l'échec d'une méthode de contraception ne sont pas incluses dans la catégorie des besoins non satisfaits, mais sont incluses dans la demande totale en contraception (puisqu'elles seraient entrain d'utiliser si leur méthode n'avait pas échoué). 122 | Préférences en Matière de Fécondité En fonction du niveau de bien-être, il apparaît que les besoins non satisfaits sont surtout importants chez les femmes des quatre premiers quintiles (plus de 30 %). La demande potentielle totale, quant à elle, est plus importante parmi les femmes des ménages les plus riches (54 %) et dans 46 % de ces cas, elle est satisfaite. Le niveau de la demande satisfaite le plus faible est observé chez les femmes des ménages les plus pauvres (11 %). Le tableau 7.5 présente, pour l’ensemble des femmes et des femmes non mariés, les estimations des besoins non satisfaits, des besoins satisfaits et de la demande totale en matière de planification familiale selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 7.5 Besoins en matière de planification familiale Pourcentage de l'ensemble les femmes et des femmes qui ne sont pas mariées ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de celles dont les besoins sont satisfaits et pourcentage de demande potentielle totale de services de planification familiale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale1 Besoins en PF satisfaits (utilisation actuelle)2 Demande potentielle totale de planification familiale3 Caractéristique sociodémographique Pour l'espace- ment Pour la limitation Total Pour l'espace- ment Pour la limitation Total Pour l'espace- ment Pour la limitation Total Pourcentage de demande satisfaite Effectif de femmes TOUTES LES FEMMES Groupe d’âges 15-19 9,4 0,2 9,6 1,6 0,1 1,6 10,9 0,3 11,2 14,4 3 556 20-24 20,9 0,2 21,0 6,2 0,1 6,3 27,1 0,3 27,3 23,0 2 844 25-29 26,8 1,0 27,7 8,0 1,0 9,0 34,8 2,0 36,7 24,4 2 379 30-34 24,3 4,8 29,0 11,4 2,6 13,9 35,7 7,3 43,0 32,4 1 953 35-39 16,8 12,4 29,2 6,4 9,4 15,8 23,2 21,8 45,0 35,1 1 613 40-44 7,1 18,3 25,3 4,0 11,4 15,4 11,0 29,7 40,7 37,7 1 249 45-49 1,3 16,7 17,9 0,2 9,8 10,0 1,4 26,5 27,9 35,8 1 009 Milieu de résidence Urbain 13,7 4,6 18,3 8,0 4,6 12,7 21,8 9,2 30,9 40,9 7 117 Rural 19,1 5,4 24,5 3,0 1,9 4,9 22,2 7,3 29,4 16,7 7 485 Région Dakar 12,4 5,2 17,6 7,9 4,9 12,9 20,4 10,1 30,5 42,3 3 866 Diourbel 19,5 5,2 24,7 1,9 1,2 3,1 21,4 6,4 27,8 11,0 1 548 Fatick 18,3 6,2 24,5 4,0 2,6 6,5 22,2 8,8 31,0 21,1 708 Kaolack 19,5 5,4 24,9 2,5 2,6 5,1 22,0 8,0 30,0 17,0 1 642 Kolda 17,5 4,4 21,8 6,4 3,0 9,4 23,9 7,4 31,2 30,0 1 047 Louga 19,5 5,3 24,7 3,0 1,6 4,6 22,5 6,8 29,3 15,6 915 Matam 17,7 3,8 21,5 0,8 0,1 0,9 18,6 3,9 22,4 4,1 543 Saint-Louis 17,1 3,9 21,1 4,8 2,7 7,5 21,9 6,6 28,5 26,2 947 Tambacounda 18,7 5,2 23,9 3,0 2,5 5,5 21,7 7,7 29,4 18,6 851 Thiès 15,5 5,0 20,4 7,2 4,3 11,5 22,7 9,2 31,9 36,1 1 974 Ziguinchor 16,7 3,7 20,3 14,7 3,9 18,5 31,3 7,5 38,9 47,7 562 Niveau d’instruction Aucun 18,8 6,1 24,9 3,0 2,4 5,3 21,8 8,5 30,3 17,6 8 699 Primaire 16,0 3,7 19,7 8,3 4,3 12,7 24,3 8,0 32,4 39,2 3 677 Secondaire ou plus 8,4 2,5 11,0 10,5 4,7 15,2 18,9 7,2 26,2 58,1 2 226 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 19,6 6,2 25,7 2,0 1,3 3,3 21,5 7,4 29,0 11,2 2 433 Second 19,7 5,3 25,0 3,4 1,8 5,2 23,1 7,1 30,2 17,3 2 565 Moyen 18,7 5,3 23,9 5,1 2,7 7,8 23,8 7,9 31,7 24,5 2 839 Quatrième 16,1 4,8 20,9 6,4 4,6 11,0 22,5 9,4 31,9 34,5 3 154 Le plus riche 10,8 3,9 14,7 8,7 4,8 13,5 19,6 8,7 28,2 47,9 3 610 Ensemble 16,5 5,0 21,5 5,5 3,2 8,7 22,0 8,2 30,2 28,8 14 602 Suite. Préférences en Matière de Fécondité | 123 Tableau 7.5—Suite Besoins non satisfaits en matière de planification familiale1 Besoins en PF satisfaits (utilisation actuelle)2 Demande potentielle totale de planification familiale3 Caractéristique sociodémographique Pour l'espace- ment Pour la limitation Total Pour l'espace- ment Pour la limitation Total Pour l'espace- ment Pour la limitation Total Pourcentage de demande satisfaite Effectif de femmes FEMMES NON MARIÉES Groupe d’âges 15-19 0,1 0,0 0,1 0,3 0,0 0,3 0,4 0,0 0,4 67,2 2 542 20-24 0,5 0,0 0,5 2,4 0,0 2,4 2,9 0,0 2,9 81,5 1 008 25-29 0,2 0,0 0,2 2,6 1,1 3,7 2,8 1,1 3,9 94,6 479 30-34 0,7 0,0 0,7 6,3 0,6 7,0 7,0 0,6 7,6 91,4 255 35-39 3,8 0,0 3,8 4,2 0,6 4,9 8,0 0,6 8,7 56,3 188 40-44 0,3 1,8 2,1 9,3 4,5 13,8 9,6 6,3 15,9 86,8 148 45-49 0,0 0,0 0,0 0,0 6,6 6,6 0,0 6,6 6,6 100,0 116 Milieu de résidence Urbain 0,5 0,1 0,6 2,2 0,6 2,8 2,7 0,7 3,4 83,0 3 112 Rural 0,2 0,0 0,2 0,6 0,3 0,9 0,8 0,3 1,1 81,3 1 624 Région Dakar 0,5 0,1 0,6 2,8 0,7 3,4 3,3 0,8 4,1 84,2 1 831 Diourbel 0,0 0,0 0,0 0,4 0,1 0,5 0,4 0,1 0,5 100,0 409 Fatick 0,0 0,0 0,0 1,6 0,6 2,2 1,6 0,6 2,2 100,0 191 Kaolack 0,2 0,0 0,2 1,1 0,3 1,3 1,2 0,3 1,5 89,5 472 Kolda 0,3 0,0 0,3 2,5 2,4 4,9 2,9 2,4 5,3 93,8 147 Louga 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 - 243 Matam 0,3 0,0 0,3 0,2 0,0 0,2 0,5 0,0 0,5 34,1 144 Saint-Louis 0,7 0,0 0,7 0,8 0,3 1,1 1,6 0,3 1,8 60,8 308 Tambacounda 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 - 114 Thiès 0,8 0,0 0,8 1,1 0,4 1,6 1,9 0,4 2,4 65,9 718 Ziguinchor 0,0 0,0 0,0 3,1 0,2 3,3 3,1 0,2 3,3 100,0 159 Niveau d’instruction Aucun 0,1 0,1 0,2 0,6 0,3 1,0 0,7 0,5 1,2 81,7 1 794 Primaire 0,3 0,0 0,3 2,3 0,6 2,9 2,6 0,6 3,3 89,5 1 598 Secondaire ou plus 0,9 0,0 0,9 2,4 0,5 2,9 3,3 0,5 3,8 76,3 1 344 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 0,0 0,0 1,0 0,0 1,0 1,0 0,0 1,0 100,0 378 Second 0,2 0,0 0,2 0,7 0,0 0,7 0,9 0,0 0,9 73,8 509 Moyen 0,4 0,0 0,4 1,1 0,5 1,6 1,5 0,5 2,0 78,0 831 Quatrième 0,4 0,0 0,4 2,5 0,4 2,9 2,9 0,4 3,3 87,9 1 205 Le plus riche 0,5 0,1 0,6 1,9 0,7 2,6 2,4 0,9 3,2 80,1 1 814 Ensemble 0,4 0,1 0,5 1,7 0,5 2,2 2,1 0,5 2,6 82,7 4 736 1 Les besoins non satisfaits pour espacer concernent les femmes enceintes dont la grossesse ne s'est pas produite au moment voulu, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance ne s'est pas produite au moment voulu, et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n'utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant leur prochaine naissance. Sont également incluses dans les besoins non satisfaits pour espacer, les femmes qui ne sont pas sûres de vouloir un autre enfant ou qui veulent un autre enfant mais ne savent pas à quel moment elles veulent avoir cet enfant. Les besoins non satisfaits pour limiter concernent les femmes enceintes dont la grossesse n'était pas voulue, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance n'était pas voulue, et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n'utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants. Sont également exclues les femmes qui sont en ménopause ou en période d'infécondabilité. 2 L'utilisation pour espacer concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir un autre enfant ou qui ne sont pas sûres d'en vouloir un autre. L'utilisation pour limiter concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants. Il faut noter que les méthodes spécifiques utilisées ne sont pas prises en compte ici. 3 Les non utilisatrices qui sont enceintes ou en aménorrhée et les femmes dont la grossesse était le résultat de l'échec d'une méthode de contraception ne sont pas incluses dans la catégories des besoins non satisfaits, mais sont incluses dans la demande totale en contraception (puisqu'elles seraient entrain d'utiliser si leur méthode n'avait pas échoué. 124 | Préférences en Matière de Fécondité Alors que parmi l’ensemble des femmes 22 % ont des besoins non-satisfaits en matière de contraception, cette proportion est inférieure à 1 % parmi les femmes non mariées. Si les femmes ayant des besoins non-satisfaits en matière de contraception pouvaient les satisfaire, c'est-à-dire si elles utilisaient effectivement la contraception, la prévalence contraceptive pourrait atteindre 30 % pour l’ensemble des femmes et seulement 3 % chez les femmes non mariées. D’une manière générale, les besoins en planification familiale sont surtout orientés vers l’espacement des naissances, aussi bien parmi l’ensemble des femmes que parmi les célibataires. Dans l’ensemble des femmes, on constate que les besoins non satisfaits sont plus importants en milieu rural qu’en milieu urbain (25 % contre 18 %) ; par contre la demande potentielle totale est plus importante en zone urbaine que rurale (41 % contre 17 % en zone rurale). Chez les femmes non mariées, c’est en urbain que la demande potentielle totale est la plus importante. Selon la région, les résultats montrent que la demande potentielle de services de planification familiale pour l’ensemble des femmes varie d’un minimum de 22 % dans la région de Matam à 39 % dans celle de Ziguinchor. Parmi les femmes non mariées, on constate que les proportions varient de moins de 1 % à Diourbel et Matam à 5 % pour Kolda. Par ailleurs, le niveau de la demande satisfaite est près de trois fois plus important chez les femmes célibataires (83 %) que pour l’ensemble des femmes (29 %), cette tendance se dégage quelle que soit la variable considérée. 7.3 NOMBRE IDÉAL D'ENFANTS Le comportement reproductif d'une femme peut être influencé par ce qui est pour elle ou pour son mari, le nombre idéal d'enfants. Pour connaître ce nombre idéal, on a posé à tous les enquêtés (femmes et hommes) l’une des deux questions suivantes, selon leur situation au moment de l’enquête : • Aux femmes et aux hommes qui n’avaient pas d’enfant, on a demandé : « Si vous pouviez choisir exactement le nombre d'enfants à avoir dans votre vie, combien voudriez-vous en avoir ? » • Aux femmes et aux hommes qui avaient des enfants, la question a été formulée ainsi : « Si vous pouviez revenir à l'époque où vous n'aviez pas d'enfant et choisir exactement le nombre d'enfants à avoir dans votre vie, combien auriez-vous voulu en avoir ? » Ces questions, simples en apparence, sont embarrassantes notamment pour les femmes et les hommes qui ont déjà des enfants. En effet, ils sont appelés à se prononcer sur, ce qui est pour eux, la taille idéale de la famille, indépendamment du nombre d’enfants qu’ils ont actuellement. Dans ce cas, il peut être difficile pour les enquêtés de déclarer un nombre idéal d’enfants inférieur à la taille actuelle de sa famille. Le tableau 7.6 et le graphique 7.2 présentent les résultats obtenus aux questions posées. On remarque tout d’abord que 20 % des femmes et 22 % des hommes n’ont pu fournir des réponses numériques et ont donné à la place, des réponses telles que « ce que Dieu me donne », « Je ne sais pas », ou « N’importe quel nombre ». En outre, les données montrent que les femmes sénégalaises aspirent à une famille nombreuse. En effet, le nombre moyen idéal d’enfants est de 5,4 pour l’ensemble des femmes et celui déclaré par les femmes en union est de 5,7 enfants. Par rapport à 1997, on ne constate aucun changement puisque ce nombre moyen était de 5,3 enfants pour l’ensemble des femmes et 5,7 pour les femmes en union. L’examen de la distribution des tailles idéales déclarées montre que pour près du tiers des femmes (32 %), le nombre idéal est de 6 enfants ou plus. Cette proportion varie progressivement de Préférences en Matière de Fécondité | 125 25 % chez les femmes sans enfant (parité nulle) à 42 % chez les femmes ayant 4 enfants vivants. Chez les hommes, le nombre moyen idéal d'enfants est beaucoup plus élevé que chez les femmes : il est de 7,2 pour l’ensemble des hommes et de 8,3 chez les hommes en union. Ces résultats confirment l'attachement des Sénégalais à une descendance très nombreuse. D’une manière générale, on note une corrélation positive entre la taille actuelle et la taille idéale de la famille : pour l’ensemble des femmes, cette taille moyenne idéale de la famille varie de 4,9 enfants pour celles qui n’ont aucun enfant à 6,3 enfants chez celles qui en ont 6 ou plus. Chez les femmes en union, elle varie de 5,3 enfants parmi celles qui n’en ont aucun à 6,3 parmi celles qui en ont déjà au moins six. En ce qui concerne les hommes, aussi bien pour l’ensemble que pour seulement ceux qui sont en union, la taille moyenne idéale passe d’environ 6 enfants chez les primipares (ayant un enfant) à plus de 12 enfants chez ceux ayant 6 enfants ou plus. Tableau 7.6 Nombre idéal d'enfants Répartition (en %) des femmes et des hommes selon le nombre idéal d'enfants et nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des femmes et des hommes et pour ceux/celles actuellement en union, par nombre d'enfants vivants, EDS-IV Sénégal 2005 Nombre d'enfants vivants1 Nombre idéal d'enfants 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble FEMMES 0 2,2 0,1 0,1 0,2 0,5 0,3 0,3 0,9 1 0,2 0,6 0,1 0,6 0,5 0,4 0,2 0,3 2 4,8 3,0 4,2 3,6 3,7 2,3 2,6 3,8 3 10,3 11,1 5,7 6,0 1,8 3,3 4,6 7,5 4 22,6 21,3 19,6 13,2 13,9 10,2 11,0 17,9 5 18,6 18,0 19,6 22,3 15,3 17,0 10,9 17,6 6+ 24,8 28,9 30,6 35,5 42,2 41,1 40,9 32,0 Réponse non numérique 16,4 16,9 20,0 18,6 22,0 25,4 29,6 20,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 5 111 1 998 1 758 1 505 1 194 1 024 2 011 14 602 Nombre idéal moyen d'enfants pour2: Toutes les femmes 4,9 5,3 5,5 5,5 5,9 6,1 6,3 5,4 Effectif 4 274 1 659 1 406 1 225 931 764 1 416 11 676 Actuellement mariées 5,3 5,4 5,6 5,5 6,0 6,1 6,3 5,7 Effectif 932 1 386 1 265 1 149 854 724 1 361 7 672 HOMMES 0 2,7 0,2 0,0 0,0 0,0 0,9 0,0 1,6 1 0,0 0,3 0,0 0,2 0,0 0,0 0,3 0,1 2 3,3 7,1 5,8 1,1 0,7 0,7 0,3 3,1 3 7,8 11,7 4,7 1,0 1,2 1,7 1,9 6,3 4 15,4 17,5 6,7 8,0 9,7 2,7 3,5 12,4 5 18,4 11,3 18,9 19,1 14,7 9,1 3,3 15,5 6+ 34,4 30,7 37,5 42,3 49,1 59,7 57,8 39,2 Réponse non numérique 18,0 21,3 26,3 28,3 24,6 25,2 32,9 21,8 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 193 332 254 219 165 138 461 3 761 Nombre idéal moyen d'enfants pour2: Tous les hommes 6,3 5,8 7,1 8,0 8,3 9,3 12,3 7,2 Effectif 1 798 261 187 157 124 103 309 2 940 Actuellement mariés 6,3 6,2 7,3 8,0 8,4 9,3 12,3 8,3 Effectif 325 205 177 155 122 103 309 1 396 1 Y compris la grossesse actuelle 2 Les moyennes sont calculées en excluant les femmes et les hommes ayant donné des réponses non numériques. 126 | Préférences en Matière de Fécondité Graphique 7.2 Nombre idéal d'enfants pour les femmes et les hommes EDS-IV 2005 7.2 5.9 9 9.5 6.5 5.1 10.3 8.3 7.6 6.7 5.3 5.4 4.7 6.2 6.1 4.9 4.1 6.5 6.2 5.7 5 4.5 SÉNÉGAL RÉSIDENCE Urbain Rural INSTRUCTION Aucun Primaire Secondaire ou plus QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 2 4 6 8 10 12 Nombre d'enfants Hommes Femmes 9.0 5.0 Le tableau 7.7 présente le nombre moyen idéal d’enfants pour l’ensemble des femmes selon l’âge actuel et selon certaines variables sociodémographiques. Les plus jeunes ont déclaré un nombre moyen idéal d’enfants moins élevé que les femmes les plus âgées : il varie de 5,2 pour les femmes de 15-19 ans à 6 chez celles de 45-49 ans. On pourrait donc penser que ce si désir exprimé par les jeunes générations se traduisait dans les faits, on assisterait à une tendance plus forte de la baisse de la fécondité. Pour l'ensemble des femmes et des hommes, le nombre idéal moyen d'enfants présente des variations assez importantes, que ce soit selon le milieu de résidence, la région, le niveau d'instruction et l’indice de bien-être (graphique 7.2). En outre ces variations sont similaires à celles observées pour les niveaux de la fécondité actuelle (voir chapitre 4). Les femmes et les hommes du milieu urbain souhaitent avoir une famille bien moins nombreuse que ceux du milieu rural. L'écart absolu observé entre les deux milieux est de 1,5 enfant chez les femmes et de 3,1 enfants chez les hommes. Par ailleurs, le nombre idéal moyen d'enfants diminue lorsque le niveau d'instruction augmente. Il passe de 6 enfants chez les femmes sans niveau d’instruction à 4,9 enfants chez celles ayant un niveau primaire et à 4,1 enfants chez celles de niveau secondaire ou plus. Chez les hommes, la variation est beaucoup plus importante, puisque le nombre idéal d'enfants passe de 9,5 chez les hommes n’ayant aucune instruction à 6,5 chez ceux de niveau primaire et à 5,1 chez ceux du secondaire ou plus. Ainsi, les écarts observés entre les milieux urbain et rural d’une part, et entre les femmes ayant fréquenté l’école et celles sans instruction d’autre part, donnent une indication sur les changements sociaux dont ces facteurs de modernisme sont des indicateurs Tout comme pour l’instruction, l’amélioration du niveau de vie du ménage s’accompagne d’une tendance en faveur d’une descendance plus réduite. L’écart absolu du nombre moyen idéal d’enfants est de 5 enfants entre les hommes des ménages les plus riches et ceux des plus pauvres. Préférences en Matière de Fécondité | 127 Tableau 7.7 Nombre idéal d'enfants par caractéristique sociodémographique Nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des femmes et des hommes, par âge et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Âge Caractéristique sociodémographique 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Ensemble des femmes Ensemble des hommes Milieu de résidence Urbain 4,5 4,5 4,7 4,7 4,8 4,9 5,2 4,7 5,9 Rural 5,9 6,0 6,0 6,4 6,5 6,5 6,8 6,2 9,0 Région Dakar 4,2 4,4 4,3 4,5 4,5 4,4 4,7 4,4 5,6 Diourbel 6,2 6,0 5,9 6,7 6,5 6,4 7,5 6,3 9,0 Fatick 5,5 5,6 5,8 6,1 6,4 6,7 7,0 5,9 8,2 Kaolack 6,0 5,8 5,9 6,0 6,0 5,7 5,7 5,9 9,2 Kolda 6,0 6,1 6,5 6,7 7,0 7,0 7,1 6,5 8,9 Louga 5,2 5,2 5,5 5,4 5,9 6,0 6,1 5,4 7,4 Matam 5,6 6,3 6,5 6,4 6,6 6,9 6,6 6,2 7,7 Saint-Louis 4,7 5,1 5,0 5,6 5,5 5,7 5,6 5,1 7,3 Tambacounda 5,1 5,9 6,1 6,5 6,4 6,6 6,5 6,0 7,9 Thiès 5,1 5,1 5,3 5,2 5,6 5,5 5,9 5,3 7,0 Ziguinchor 4,7 4,7 5,0 5,9 5,7 6,3 7,4 5,3 6,1 Niveau d’instruction Aucun 5,9 5,9 6,0 6,2 6,2 6,2 6,5 6,1 9,5 Primaire 5,0 4,7 4,7 5,0 4,9 4,9 5,1 4,9 6,5 Secondaire ou plus 4,1 4,2 4,1 4,1 4,1 4,2 4,2 4,1 5,1 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 6,1 6,4 6,3 6,6 6,8 7,1 6,8 6,5 10,3 Second 5,9 5,9 6,0 6,4 6,6 6,6 6,9 6,2 8,3 Moyen 5,3 5,4 5,6 5,8 6,3 6,0 6,4 5,7 7,6 Quatrième 4,7 5,0 5,0 5,1 4,8 5,1 5,5 5,0 6,7 Le plus riche 4,5 4,4 4,4 4,5 4,7 4,4 4,7 4,5 5,3 Ensemble 5,2 5,3 5,3 5,5 5,7 5,7 6,0 5,4 7,2 Enfin, on relève des variations notables du nombre moyen idéal d’enfants selon la région, aussi bien chez les femmes que chez les hommes. Les femmes des régions de Kolda (6,5 enfants), de Diourbel (6,3 enfants), de Matam (6,2 enfants) et de Tambacounda (6,0 enfants) sont celles qui aspirent le plus fréquemment à avoir une famille de grande taille ; à l’opposé ce sont les femmes de Dakar qui ont le plus fréquemment déclaré souhaiter une famille de taille réduite. (4,4 enfants) (graphique 7.3). Chez les hommes, on constate que ce sont ceux des régions de Kaolack (9,2 enfants), de Diourbel (9,0), et de Kolda (8,9 enfants) qui veulent le plus d’enfants, contrairement à ceux de Dakar (5,6 enfants) et de Ziguinchor (6,1 enfants) qui ont déclaré plus fréquemment vouloir une descendance moins nombreuse. 128 | Préférences en Matière de Fécondité 7.4 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ Des questions relatives à chaque enfant né au cours des cinq dernières années et à la grossesse actuelle (s’il y en a une) ont été posées, au cours de l’enquête. Ces questions avaient pour objectif de déterminer si, au moment de tomber enceinte, la femme souhaitait être enceinte à ce moment-là, plus tard, ou s’il s’agissait d’une grossesse non désirée. Les réponses à ces questions permettent de mesurer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité. De telles questions exigent de la femme un effort de concentration pour se souvenir avec exactitude de ses désirs à un ou plusieurs moments précis au cours des cinq dernières années. En outre, il existe un risque de rationalisation dans la mesure où, souvent, une grossesse non désirée peut devenir par la suite un enfant auquel on s’est attaché. Les résultats du tableau 7.8 montrent que la quasi-totalité des naissances (95 %) survenues au cours des cinq dernières années étaient désirées. La plupart de ces naissances (71 %) étaient bien planifiées (elles ont eu lieu au moment voulu) et dans 24 % des cas, les femmes auraient préféré qu'elles se produisent plus tard. Les grossesses non désirées représentent 4 %. Entre 1997 et 2005, il apparaît que les femmes planifient de mieux en mieux leur fécondité puisque les niveaux observés à l’EDS-III de 1997 étaient respectivement de 64 %, 27 % et 7 %. Par ailleurs, ces résultats révèlent également que les naissances de rangs inférieurs sont les mieux planifiées. En effet, la proportion de naissances survenues au moment voulu baisse progressivement avec le rang de naissance : elle passe ainsi de 82 % pour le rang 1 à 65 % pour le rang 4 ou plus. Selon l’âge de la mère, on constate que les naissances qui sont les mieux planifiées sont celles des femmes de moins de 30 ans, puisque la proportion d’enfants non désirés représente moins de 1 % des naissances. À l’inverse, les naissances les moins bien planifiées sont celles des femmes de 45-49 ans : 53 % des naissances étaient désirées au moment où elles se sont produites, par contre dans 40 % des cas, la mère n’en souhaitait pas. Par rapport à la région, les résultats montrent que ce sont les femmes de la région Kolda (seulement 1 % de naissances non désirées) qui ont le mieux planifié leurs naissances au cours des cinq dernières années ; à Dakar la proportion correspondante est 8 %. Graphique 7.3 Nombre idéal d'enfants pour les femmes et les hommes selon la région EDS-IV 2005 7.2 5.6 9 8.2 9.2 8.9 7.4 7.7 7.3 7.9 7 6.1 5.4 4.4 6.3 5.9 5.9 6.5 5.4 6.2 5.1 6 5.3 5.3 SÉNÉGAL Dakar Diourbel Fatick Kaolack Kolda Louga Matam Saint-Louis Tambacounda Thiès Ziguinchor 0 2 4 6 8 10 12 Nombre d'enfants Hommes Femmes 9.0 6.0 7.0 Préférences en Matière de Fécondité | 129 Tableau 7.8 Planification de la fécondité Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête (y compris la grossesse actuelle) par statut de la grossesse, selon le rang de naissance et l'âge de la mère à la naissance, EDS-IV Sénégal 2005 Planification des naissances Rang de naissance et âge de la mère à la naissance Voulue au moment Voulue plus tard Non désirée Total1 Effectif de naissances Âge à la naissance <20 76,0 22,5 0,7 100,0 1 851 20-24 73,3 25,2 0,6 100,0 3 009 25-29 72,2 25,8 1,3 100,0 2 859 30-34 68,1 26,7 4,4 100,0 2 191 35-39 65,4 20,1 13,8 100,0 1 326 40-44 53,3 17,1 29,4 100,0 477 45-49 52,7 6,2 40,0 100,0 60 Rang de naissance 1 81,7 16,7 0,8 100,0 2 535 2 71,2 27,4 0,5 100,0 2 178 3 71,5 26,6 1,1 100,0 1 784 4+ 64,8 25,7 8,7 100,0 5 275 Région Dakar 62,0 28,6 8,0 100,0 2 079 Diourbel 70,9 24,6 3,7 100,0 1 435 Fatick 66,2 28,2 5,4 100,0 696 Kaolack 67,1 28,9 3,3 100,0 1 570 Kolda 85,7 12,4 1,3 100,0 1 093 Louga 75,5 20,8 2,6 100,0 783 Matam 80,3 16,1 3,2 100,0 496 Saint-Louis 74,0 22,7 2,5 100,0 753 Tambacounda 82,5 13,4 3,4 100,0 906 Thiès 63,5 30,4 5,7 100,0 1 560 Ziguinchor 68,7 27,5 3,6 100,0 402 Ensemble 70,7 24,2 4,4 100,0 11 773 1 Le total inclut les non déterminés Le tableau 7.9 et le graphique 7.4 présentent une comparaison de l’Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et de l’Indice Synthétique de Fécondité actuelle (ISF). Le calcul de l’ISFD est analogue à celui de l’ISF présenté dans le chapitre 4, les naissances considérées comme non désirées étant éliminées du numérateur. La comparaison du taux de fécondité avec celui de la fécondité désirée met en évidence l’impact démographique potentiel de la prévention des naissances non désirées. Théoriquement, l’ISFD devrait être un meilleur indice de la fécondité désirée que la réponse à la question sur le nombre idéal d’enfants. Cet indice est plus proche de la réalité, car les réponses des femmes enquêtées tiennent probablement compte de la répartition selon le sexe des enfants déjà nés et de considérations de survie. Les réponses à la question sur le nombre total d’enfants désirés, par contre se réfèrent aux enfants encore en vie et peuvent laisser supposer une répartition idéale des deux sexes. En outre, il faut souligner une autre différence entre les deux mesures ; l’ISFD prend la fécondité observée comme point de départ et par conséquent, il ne peut jamais être supérieur à l’ISF, contrairement au nombre idéal d’enfants désirés qui peut être supérieur au nombre d’enfants déjà nés. 130 | Préférences en Matière de Fécondité Tableau 7.9 Taux de fécondité désirée Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et Indice Synthétique de Fécondité (ISF) pour les trois années ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Indice Synthétique de Fécondité désirée Indice Synthétique de Fécondité Milieu de résidence Urbain 3,3 4,1 Rural 5,7 6,4 Région Dakar 2,8 3,7 Diourbel 5,6 6,2 Fatick 6,0 6,8 Kaolack 5,1 5,9 Kolda 5,8 6,3 Louga 5,2 5,6 Matam 5,4 5,7 Saint-Louis 4,8 5,3 Tambacounda 5,6 6,2 Thiès 4,4 5,4 Ziguinchor 4,3 5,0 Niveau d’instruction Aucun 5,3 6,0 Primaire 3,9 4,8 Secondaire ou plus 2,5 2,9 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 6,2 7,0 Second 5,9 6,6 Moyen 5,0 5,7 Quatrième 3,7 4,7 Le plus riche 2,7 3,3 Ensemble 4,5 5,3 Note : L’ISFD et l'ISF sont basés sur les naissances des femmes de 15-49 ans durant la période 1-36 mois avant l'enquête. L'ISF est le même que celui présenté dans le tableau 4.2. Si toutes les naissances non désirées étaient évitées, l'ISF des femmes au Sénégal serait de 4,5 enfants au lieu de 5,2 enfants. Ceci laisse supposer que plus de 13 %2 des couples sénégalais ne réussissent pas encore à planifier le nombre d’enfants désirés. Comparativement à l’EDS-III de 1997, on note que les couples réussissent de mieux en mieux la planification du nombre d’enfants désirés : 19 % contre 14 %. En ce qui concerne les variations selon les caractéristiques sociodémographiques, on constate que l’ISFD varie de la même manière que l’ISF. 2 Ce pourcentage est obtenu comme suit : 1 – [4,5(ISFD)/5,2 (ISF)]. Préférences en Matière de Fécondité | 131 D’autre part, le tableau 7.10 présente le nombre idéal d’enfants et les besoins non satisfaits en matière de planification familiale selon trois indicateurs du statut de la femme. Tableau 7.10 Nombre idéal d'enfants, besoins non satisfaits en matière de planification familiale et statut de la femme Nombre idéal moyen d'enfants, besoins non satisfaits en matière de planification familiale selon les indicateurs du statut de la femme, EDS-IV Sénégal 2005 Besoins non satisfaits en matière de PF2 Indicateur du statut de la femme Nombre idéal moyen d'enfants Effectif1 Pour l'espace- ment Pour la limitation Total Effectif de femmes Nombre de décisions prises par la femme3 0 5,5 1 776 29,3 3,9 33,2 2 408 1-2 6,0 4 064 24,0 7,6 31,6 5 148 3-4 5,5 1 132 19,2 9,6 28,8 1 400 5 5,4 700 20,0 11,7 31,7 909 Nombre de raisons de refuser les rapports sexuels avec son mari 0 5,4 300 22,4 12,2 34,6 440 1-2 6,0 2 433 21,6 6,8 28,4 3 249 3-4 5,6 4 938 25,7 7,3 33,0 6 177 Nombre de raisons justifiant qu’un homme batte sa femme 0 5,3 2 452 22,8 7,0 29,8 3 158 1-2 5,7 1 551 24,7 6,4 31,1 1 901 3-4 5,9 2 359 24,7 7,9 32,6 3 081 5 6,3 1 309 25,5 7,9 33,5 1 726 Ensemble 5,7 7 672 24,2 7,3 31,6 9 866 1 Les totaux sont calculés en excluant les femmes et les hommes ayant donné des réponses non numériques. 2 Voir tableau 7.5 pour la définition des besoins non satisfaits en planification familiale. 3 Soit seule, soit avec quelqu’un d’autre Graphique 7.4 Indice Synthétique de Fécondité et Indice Synthétique de Fécondité Désirée EDS-IV 2005 5.3 4.1 6.4 6 4.8 2.9 7 6.6 5.7 4.7 3.3 4.5 3.3 5.7 5.3 3.9 2.5 6.2 5.9 5 3.7 2.7 SÉNÉGAL RÉSIDENCE Urbain Rural INSTRUCTION Aucun Primaire Secondaire ou + QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 2 4 6 8 Nombre d'enfants par femme Fécondité actuelle Fécondité désirée 6.0 7.0 5.0 132 | Préférences en Matière de Fécondité L’analyse différentielle du nombre idéal moyen d’enfants en fonction de ces trois indicateurs ne laisse pas apparaître de variations significatives. Tout au plus, peut-on remarquer que les proportions de besoins non satisfaits en matière de planification familiale augmentent progressivement avec le nombre de raisons justifiant qu’un homme batte sa femme, passant ainsi de 30 % pour les femmes qui pensent que pour aucune raison, il est justifié qu’un homme batte sa femme à 34 % chez celles qui pensent que pour cinq raisons un tel comportement est acceptable. Toutefois, il faut noter que les besoins non satisfaits en matière de planification familiale sont importants quel que soit l’indicateur du statut de la femme considéré, puisque plus d’une femme sur quatre a des besoins non satisfaits (variation de 28 % à 35 %). Santé de la Mère et de l’Enfant | 133 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT 8 Salif Ndiaye La quatrième Enquête Démographique et de Santé (EDS-IV) a collecté des informations détaillées sur la santé des mères et sur celle de leurs enfants nés au cours des cinq dernières années. Ces informations concernent l’accès des femmes aux soins de santé, les soins pré et postnatals, les conditions d'accouchement et les caractéristiques des nouveau-nés, la couverture vaccinale, la prévalence et le traitement des principales maladies des enfants, en particulier les infections respiratoires, la fièvre et la diarrhée. Les résultats présentés dans ce chapitre, permettent d'identifier les problèmes les plus importants en matière de santé maternelle et infantile. Ils constituent ainsi des outils de grande importance pour l'évaluation et la planification des politiques et des programmes de santé. 8.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET VISITES POSTNATALES 8.1.1 Soins prénatals Les données du tableau 8.1 présentent la répartition des dernières naissances survenues dans les cinq années ayant précédé l'enquête, selon le type de personnel médical consulté durant la grossesse et selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes enquêtées. Au cours de l’EDS IV, toutes les catégories de personnes consultées par la mère pendant la grossesse ont été enregistrées mais, lorsque plusieurs personnes avaient été consultées, seule la personne la plus qualifiée a été prise en compte dans le tableau. On relève que parmi les dernières naissances vivantes survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, prés de neuf naissances sur dix (87 %) ont fait l'objet de consultations prénatales auprès de professionnels de la santé (médecins, sages-femmes et infirmières). Ces consultations ont été principalement effectuées par les sages-femmes ou les infirmières (83 %) et, dans très peu de cas, elles ont été fournies par des médecins (moins de 5 %). En revanche, pour environ sept naissances sur cent (7 %), les mères n'ont effectué aucune consultation prénatale. Les différences selon l’âge de la femme et le rang de naissance sont peu importantes ; par contre, en fonction d’autres caractéristiques sociodémographiques, les écarts sont plus importants. En effet, si l’on prend en compte le niveau d’instruction, on constate que la proportion de naissances pour lesquelles la mère a bénéficié de soins prénatals auprès de personnel formé varie de 85 % pour les femmes sans instruction à 93 % pour celles qui sont de niveau d’instruction primaire et à pratiquement 100 % pour les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus (graphique 8.1). Ce sont également les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus qui consultent le plus fréquemment un médecin (21 %) ; parmi les femmes de niveau primaire, cette proportion est de 5 % et chez celles sans instruction, elle est seulement de 3 %. De même, les résultats selon le milieu de résidence montrent que les femmes du milieu urbain se rendent plus fréquemment à des visites prénatales au cours de leur grossesse que les femmes du milieu rural (96 % contre 82 %). Du point de vue régional, on observe aussi des disparités importantes : les femmes qui ont le moins fréquemment consulté un professionnel de la santé au cours de leur grossesse sont celles des régions de Tambacounda (73 %), de Matam (85 %) et de Kaolack (79 %). En outre, dans la région de Tambacounda, 20 % des femmes n’ont consulté personne ; dans les régions de Matam et de Kaolack, ces proportions sont respectivement de 12 % et de 11 %. À l’opposé, dans les régions de Dakar et de Saint-Louis, respectivement 98 % et 92 % des femmes se sont rendues en consultation prénatale. Enfin, on constate que la proportion de femmes ayant eu au moins une consultation prénatale augmente régulièrement avec l’indice du niveau de bien-être du ménage : de 77 % parmi les femmes du quintile le plus pauvre, la proportion passe à 88 % dans le quintile moyen et atteint 97 % parmi les femmes vivant dans un ménage du quintile le plus riche. Dans cette dernière catégorie, 14 % des femmes ont consulté un médecin alors que dans les autres groupes la proportion n’excède pas 4 %. 134 | Santé de la Mère et de l’Enfant Tableau 8.1 Soins prénatals Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par type de personne consultée durant la grossesse pour la naissance la plus récente, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Médecin Infirmière/ sage femme/ auxiliaire Accoucheuse tradition- nelle/autre Personne ND Total Effectif Âge à la naissance <20 3,0 83,2 6,0 7,2 0,6 100,0 980 20-34 4,8 83,2 5,8 5,7 0,4 100,0 4 665 35-49 5,0 81,0 4,4 9,2 0,4 100,0 1 282 Rang de naissance 1 5,8 85,5 4,7 3,5 0,4 100,0 1 409 2-3 4,8 83,5 5,3 5,8 0,5 100,0 2 276 4-5 5,4 81,2 6,4 6,7 0,4 100,0 1 455 6+ 2,8 81,1 5,9 9,8 0,4 100,0 1 788 Milieu de résidence Urbain 7,5 88,4 2,3 1,5 0,3 100,0 2 689 Rural 2,8 79,2 7,7 9,8 0,6 100,0 4 238 Région Dakar 9,8 87,9 0,9 0,9 0,5 100,0 1 365 Diourbel 3,1 80,4 9,2 6,5 0,8 100,0 812 Fatick 3,8 82,5 4,9 8,6 0,2 100,0 386 Kaolack 3,6 75,5 9,8 11,0 0,1 100,0 861 Kolda 1,6 85,9 3,8 8,1 0,6 100,0 638 Louga 2,5 81,9 6,2 8,8 0,6 100,0 453 Matam 8,9 75,7 3,8 11,6 0,0 100,0 286 Saint-Louis 2,7 89,6 3,5 4,0 0,2 100,0 446 Tambacounda 1,5 71,4 5,9 20,4 0,8 100,0 498 Thiès 4,4 86,2 7,8 1,2 0,4 100,0 937 Ziguinchor 2,7 87,9 6,3 2,7 0,4 100,0 246 Niveau d’instruction Aucun 2,7 81,8 6,3 8,7 0,4 100,0 4 858 Primaire 4,6 88,2 4,7 1,8 0,6 100,0 1 508 Secondaire ou plus 21,0 76,6 1,6 0,8 0,0 100,0 561 Quintile bien-être économique Le plus pauvre 2,3 74,4 7,0 15,8 0,5 100,0 1 490 Second 2,3 79,8 7,3 10,0 0,6 100,0 1 476 Moyen 2,3 85,8 7,7 3,7 0,5 100,0 1 459 Quatrième 4,0 91,9 3,0 1,1 0,0 100,0 1 330 Le plus riche 14,0 83,1 1,9 0,3 0,7 100,0 1 171 Ensemble 4,6 82,8 5,6 6,6 0,4 100,0 6 927 Note : Si plus d'un prestataire de soins prénatals a été déclaré, seul le prestataire le plus qualifié est pris en compte dans ce tableau. Santé de la Mère et de l’Enfant | 135 Si l’on compare ces résultats à ceux des enquêtes précédentes (graphique 8.2) on constate une amélioration de la proportion de naissances pour lesquelles la mère a bénéficié de soins prénatals auprès de professionnel de la santé : cette proportion est passée de 74 % en 1993 à 82 % en 1997 et à 87 % en 2005. Graphique 8.1 Soins prénatals par du personnel qualifié selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-IV 2005 87 96 82 85 93 98 77 82 88 96 97 SÉ NÉ GA L Ur ba in Ru ral Au cu n Pri ma ire Se co nd air e ou + Le pl us pa uv re Se co nd Mo ye n Qu atr ièm e Le pl us ric he 0 20 40 60 80 100 Pourcentage RÉSIDENCE INSTRUCTION QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Graphique 8.2 Soins prénatals, assistance à l’accouchement et lieu d’accouchement 74 47 47 82 47 48 87 52 62 Soins prénatals Assistance à l'accouchement Accouchement en établissement sanitaire 0 20 40 60 80 100 Pourcentage EDS-II 1993 EDS-III 1997 EDS-IV 2005 136 | Santé de la Mère et de l’Enfant Pour être efficaces, les soins prénatals doivent être effectués à un stade précoce de la grossesse et, surtout, ils doivent se poursuivre avec une certaine régularité jusqu'à l'accouchement. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande, au moins, quatre visites prénatales, à intervalles réguliers tout au long de la grossesse. Le tableau 8.2 présente les données concernant le nombre de visites prénatales effectuées par les femmes enceintes et le stade de la grossesse à la première visite. Dans l’ensemble, pour quatre naissances sur dix (40 %), les mères ont effectué, au moins les quatre visites recommandées. Pour près d’une naissance sur deux (48 %), elles n’ont effectué que 2 à 3 visites prénatales et dans 4 % des cas, elles n’ont effectué qu’une seule visite. Notons qu’en milieu urbain, la proportion de femmes ayant effectué les quatre visites prénatales recommandées est plus élevée qu’en milieu rural (51 % contre 33 %). En ce qui concerne le stade de la grossesse auquel a eu lieu la première visite, on constate que dans plus de la moitié des cas (57 %), la première visite s’est déroulée à moins de quatre mois de grossesse. Même en zone rurale, près de la moitié des femmes ont effectué leur première visite prénatale avant quatre mois. Cependant, dans un cas sur quatre (25 %), la visite prénatale a eu lieu à 4-5 mois de grossesse. Le nombre médian de mois de grossesse à la première visite s’établit pour l’ensemble des femmes à 3,7 mois et, quelque soit le milieu de résidence, il est inférieur à quatre mois ; cependant, les résultats montrent que les femmes du milieu rural commencent un peu plus tardivement leurs consultations prénatales que celles du milieu urbain (durée médiane de 3,9 mois contre 3,5). Types de soins prénatals L’efficacité des soins prénatals dépend non seulement du type d’examens effectués pendant les consultations, mais aussi des conseils qui sont prodigués aux femmes. Pour cette raison, l’EDS-IV a collecté des données sur cet aspect important du suivi prénatal en demandant aux femmes si, au cours des visites prénatales, elles avaient été informées sur les signes révélateurs de complications de la grossesse, si certains examens médicaux (la prise du poids et de la taille, la vérification de la tension artérielle) avaient été effectués et si on avait procédé à des examens d’urine et de sang. En outre, on a cherché à savoir si elles avaient reçu des suppléments de fer et si elles avaient été protégées contre le paludisme par la prise d’antipaludéens. Ces résultats sont présentés au tableau 8.3 selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Les déclarations des femmes montrent qu’elles ont, en général été peu informées lors des visites prénatales, des signes de complications de la grossesse. En effet, on constate que seulement une femme sur trois (34 %) a reçu ces informations. Même dans les catégories les plus favorisées (citadines, femmes instruites et dans le quintile le plus riche), plus de la moitié des femmes n’ont reçu aucune information sur les signes de complications de la grossesse. Tableau 8.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse Répartition (en %) des femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, selon le nombre de visites prénatales pour la naissance la plus récente et selon le stade de la grossesse au moment de la première visite, par milieu de résidence, EDS-IV Sénégal 2005 Milieu de résidence Visites prénatales Urbain Rural Ensemble Nombre de visites prénatales Aucun 1,5 9,8 6,6 1 1,9 5,1 3,8 2-3 43,9 49,7 47,5 4+ 50,6 33,0 39,8 NSP/ND 2,0 2,4 2,3 Ensemble 100,0 100,0 100,0 Mois de grossesse à la 1e visite prénatale Aucun soin prénatal 1,5 9,8 6,6 <4 69,5 48,6 56,7 4-5 20,6 28,1 25,2 6-7 6,5 10,4 8,9 8+ 0,4 1,3 0,9 NSP/ND 1,4 1,9 1,7 Total 100,0 100,0 100,0 Nombre médian de mois de grossesse à la 1e visite 3,5 3,9 3,7 Effectif de femmes 2 689 4 238 6 927 Santé de la Mère et de l’Enfant | 137 Par contre, dans la quasi-totalité des cas, on a noté le poids des femmes (95 %), on a mesuré leur taille (93 %) et on a vérifié leur tension artérielle (98 %). Les examens d’urine chez les femmes enceintes ont été beaucoup moins fréquemment effectués (83%) et pour seulement 57 % des femmes, on a effectué un prélèvement de sang ; cette proportion est plus faible en zone rurale qu’en zone urbaine (44 % contre 74 % en urbain) et dans les régions de Tambacounda (32 %) et de Matam (38 %) que dans les autres régions. Tableau 8.3 Examens au cours des visites prénatales Pourcentage de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et qui ont effectué certains examens au cours des soins prénatals pour la naissance la plus récente, pourcentage de celles qui ont reçu des compléments de fer sous forme de comprimés ou de sirop, et pourcentage de celles qui ont pris des médicaments antipaludéens, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Parmi les femmes ayant reçu des soins pénatals Caractéristique sociodémographique Informée des signes de complications de grossesse Poids mesuré Taille mesurée Tension artérielle mesurée Urine prélevée Sang prélevé Effectif A reçu des comprimés ou du sirop de fer A reçu des médicaments antipaludéens Effectif des femmes Âge à la naissance <20 31,1 93,9 91,4 96,6 80,0 56,1 904 90,3 81,6 980 20-34 33,9 95,3 93,8 97,7 82,9 57,7 4 379 91,3 83,9 4 665 35-49 36,8 95,4 92,9 97,6 83,8 52,2 1 159 87,9 82,7 1 282 Rang de naissance 1 33,4 95,8 92,9 98,1 84,4 66,9 1 354 93,7 86,3 1 409 2-3 35,5 96,1 94,3 97,7 83,8 59,7 2 131 92,0 84,0 2 276 4-5 32,5 95,0 93,6 97,3 82,1 52,5 1 352 89,2 82,6 1 455 6+ 34,0 93,5 91,9 97,0 80,0 46,7 1 605 87,2 80,8 1 788 Milieu de résidence Urbain 39,1 98,3 96,1 99,0 93,8 73,8 2 640 95,4 90,6 2 689 Rural 30,6 93,0 91,3 96,5 74,9 44,4 3 801 87,4 78,8 4 238 Région Dakar 38,2 98,2 95,4 99,3 96,6 78,9 1 346 95,1 90,8 1 365 Diourbel 32,4 91,0 91,1 97,4 80,5 47,5 753 91,4 84,5 812 Fatick 27,3 95,3 93,6 97,0 78,1 54,2 352 88,9 83,3 386 Kaolack 27,5 91,0 90,0 95,4 84,0 52,4 765 86,0 79,4 861 Kolda 43,3 97,1 95,3 96,9 63,7 45,9 582 87,7 76,4 638 Louga 34,4 91,2 90,5 97,7 87,2 49,6 410 89,2 80,4 453 Matam 24,0 92,8 87,8 95,5 79,9 37,9 253 84,0 69,0 286 Saint-Louis 28,9 95,4 91,0 97,6 68,8 46,8 428 93,9 81,0 446 Tambacounda 19,3 91,8 90,9 94,7 55,1 31,8 392 75,2 69,5 498 Thiès 39,7 98,9 97,3 98,9 91,6 61,4 922 97,6 94,3 937 Ziguinchor 45,9 99,0 96,5 98,7 89,1 70,8 239 96,3 82,1 246 Niveau d’instruction Aucun 31,3 93,8 92,3 96,9 78,9 49,5 4 414 88,4 80,0 4 858 Primaire 38,6 97,4 95,0 98,7 89,4 68,4 1 471 94,7 90,3 1 508 Secondaire ou plus 43,9 99,5 97,0 99,9 94,7 80,5 556 97,8 93,7 561 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 31,2 91,7 89,7 96,8 67,3 39,3 1 247 82,1 71,5 1 490 Second 29,4 92,6 91,1 95,3 73,3 46,0 1 321 86,7 78,3 1 476 Moyen 32,1 96,3 94,4 97,8 85,8 52,6 1 398 93,7 86,0 1 459 Quatrième 36,0 96,7 94,7 98,5 91,8 65,8 1 316 95,2 90,1 1 330 Le plus riche 42,6 98,6 96,6 99,6 95,4 81,0 1 160 96,8 93,8 1 171 Ensemble 34,0 95,1 93,3 97,6 82,6 56,5 6 441 90,5 83,3 6 927 138 | Santé de la Mère et de l’Enfant En outre, au cours de ces visites prénatales, plus de neuf femmes sur dix ont reçu des suppléments de fer (91 %) et plus de huit sur dix des antipaludéens (83 %). Les femmes des zones rurales, celles qui n’ont pas d’instruction et celles des régions de Tambacounda, Matam, Kolda et Kaolack ont moins bénéficié que les autres de ces suppléments nutritionnels et de traitement préventif contre le paludisme. Vaccinations antitétaniques Le tétanos néonatal est l’une des maladies les plus graves auxquelles le nouveau-né peut être exposé. Pour faire face à cette pathologie, il est recommandé l’administration d’au moins deux doses de vaccin antitétanique aux femmes enceintes. Les données du tableau 8.4 révèlent que 66 % des naissances vivantes des cinq années ayant précédé l’enquête ont été complètement ou partiellement protégées contre le tétanos néonatal (deux injections ou plus). Il est important de souligner que les informations présentées ici ne correspondent pas complètement à l’histoire vaccinale des femmes. Il faut en effet tenir compte aussi du fait que celles qui ont reçu la vaccination durant les dix dernières années et avant leur grossesse restent également immunisées. L’examen selon l’âge des mères, montre que cette variable n’est pas déterminante pour la couverture vaccinale contre le tétanos néonatal : 69 % à moins de 20 ans, 67 % à 20-34 ans et 62 % à 35- 49 ans. En ce qui concerne le milieu de résidence, les résultats révèlent que les naissances qui se sont produites en milieu urbain ont été mieux protégées que celles qui ont eu lieu en milieu rural (71 % contre 63 %). Il faut souligner que le statut vaccinal des mères varie peu en fonction de la région et du niveau d’instruction. Tout au plus peut-on souligner que dans les régions de Diourbel (60 %), Fatick (60 %) et Tambacounda (60 %), les proportions sont un peu plus faibles qu’ailleurs. Par ailleurs, la fréquence de la vaccination augmente légèrement avec l’indice de bien-être du ménage, passant d’un minimum de 61 % pour les femmes vivant dans les ménages les plus pauvres à 71 % pour celles des ménages des deux quintiles les plus riches. Par rapport aux résultats de l’enquête de 1997, on constate que la couverture vaccinale contre le tétanos néonatal (deux injections ou plus) est demeuré pratiquement au même niveau (66 % en 1997). Santé de la Mère et de l’Enfant | 139 Tableau 8.4 Vaccination antitétanique Répartition (en %) des femmes qui ont une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par nombre d'injections antitétaniques reçues durant la grossesse pour la naissance la plus récente, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Aucune Une injection Deux injections ou plus Ne sait pas/ manquant Total Effectif Âge à la naissance <20 9,7 19,4 68,9 2,0 100,0 980 20-34 9,5 22,3 66,6 1,5 100,0 4 665 35-49 14,3 21,7 62,3 1,7 100,0 1 282 Rang de naissance 1 5,9 17,1 74,9 2,1 100,0 1 409 2-3 9,6 22,6 65,8 2,0 100,0 2 276 4-5 10,8 23,5 64,5 1,2 100,0 1 455 6+ 14,8 22,9 61,0 1,2 100,0 1 788 Milieu de résidence Urbain 5,8 21,5 70,7 2,0 100,0 2 689 Rural 13,4 21,9 63,3 1,4 100,0 4 238 Région Dakar 5,5 19,6 72,3 2,7 100,0 1 365 Diourbel 10,1 28,4 59,6 1,9 100,0 812 Fatick 10,8 28,1 60,1 0,9 100,0 386 Kaolack 11,9 16,6 70,9 0,6 100,0 861 Kolda 13,2 18,3 66,8 1,8 100,0 638 Louga 12,4 22,0 63,0 2,7 100,0 453 Matam 16,9 17,6 63,1 2,4 100,0 286 Saint-Louis 9,2 18,6 69,9 2,2 100,0 446 Tambacounda 23,7 15,4 60,1 0,8 100,0 498 Thiès 6,0 29,7 63,3 1,0 100,0 937 Ziguinchor 7,5 21,6 70,6 0,3 100,0 246 Niveau d’instruction Aucun 12,5 22,1 63,9 1,4 100,0 4 858 Primaire 5,4 21,0 72,0 1,5 100,0 1 508 Secondaire ou plus 5,7 20,8 69,9 3,7 100,0 561 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 18,5 19,4 61,4 0,7 100,0 1 490 Second 14,1 20,9 63,8 1,3 100,0 1 476 Moyen 9,3 23,9 65,3 1,6 100,0 1 459 Quatrième 3,8 23,6 70,8 1,8 100,0 1 330 Le plus riche 4,6 21,2 71,0 3,2 100,0 1 171 Ensemble 10,4 21,8 66,2 1,6 100,0 6 927 140 | Santé de la Mère et de l’Enfant 8.1.2 Accouchement Lieu d’accouchement Parmi les naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, quatre naissances sur dix (37 %) ont eu lieu à domicile et 62 % dans une structure sanitaire publique ou privée (tableau 8.5). Les femmes les plus âgées ont eu plus tendance à accoucher à la maison : 37 % pour les moins de 20 ans et 40 % pour les 35 ans ou plus. De même, le rang de naissance semble jouer un rôle important dans le choix du lieu d’accouchement. Dans 77 % des cas, les naissances de rang un ont lieu dans un établissement sanitaire et presque exclusivement du secteur public, contre 62 % pour les rangs 2-3 et 51 % pour le rang six ou plus. Les disparités dans le lieu d’accouchement selon le milieu de résidence sont très importantes. En effet, si en milieu urbain, 88 % des accouchements se sont déroulés dans une formation sanitaire, cette proportion n’est que de 47 % en rural où plus d’une femme sur deux (52 %) a accouché à domicile. Les accouchements à domicile sont également fréquents dans les régions de Tambacounda (65 %), Kolda (65 %), Kaolack (54 %), Matam (53 %) et Fatick (50 %). Par ailleurs, le niveau d’instruction est déterminant dans le choix du lieu d’accouchement : en effet, alors que seulement 53 % des femmes sans instruction ont accouché dans un établissement sanitaire, cette proportion est de 82 % parmi les femmes de niveau primaire et de 95 % parmi celles du niveau secondaire ou plus. Le choix d’un lieu d’accouchement médicalisé est positivement associé au nombre de visites prénatales effectuées par les femmes enceintes. En effet, alors que seulement 14 % des femmes qui n’ont effectué aucune visite prénatale ont accouché dans un établissement sanitaire (réduit ici au seul public), parmi les femmes qui ont effectué 1-3 visites, cette proportion est de 61 %. Chez celles qui en ont effectué 4 ou plus, cette proportion est de 76 %. Il faut noter ici que si les femmes qui n’ont effectué aucune visite prénatale, accouchent dans une structure sanitaire, elles le font principalement dans une structure sanitaire publique. Enfin, selon l’indice de bien-être, les résultats montrent que la proportion de naissances qui ont eu lieu dans un établissement sanitaire varie d’un minimum de 29 % parmi celles des ménages les plus pauvres à 93 % dans les ménages les plus riches. Si l’on compare ces résultats à ceux des enquêtes précédentes, on note une augmentation de la proportion de femmes dont l’accouchement s’est déroulé en structure sanitaire : cette proportion est passée de 47 % en 1993 à 48 % en 1997 et à 62 % en 2005 (graphique 8.2). Corrélativement, on note pour l’ensemble du pays, une diminution très sensible de la proportion de femmes qui ont accouché à domicile (53 % en 1993 contre 51 % en 1997 et 37 % en 2005). Santé de la Mère et de l’Enfant | 141 Tableau 8.5 Lieu de l'accouchement Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par lieu d'accouchement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Structure de santé Caractéristique sociodémographique Secteur public Secteur privé Maison Autre ND Total Nombre de naissances Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 59,8 1,8 37,4 0,8 0,1 100,0 1 669 20-34 57,8 4,7 36,4 0,3 0,8 100,0 7 236 35-49 55,7 3,0 40,4 0,6 0,4 100,0 1 625 Rang de naissance1 1 72,3 4,5 22,2 0,5 0,5 100,0 2 299 2-3 57,5 4,5 36,8 0,6 0,6 100,0 3 526 4-5 53,7 4,6 41,1 0,2 0,4 100,0 2 233 6+ 48,3 2,3 48,1 0,4 0,9 100,0 2 472 Milieu de résidence Urbain 80,5 7,6 10,9 0,2 0,8 100,0 3 842 Rural 44,7 1,9 52,3 0,6 0,5 100,0 6 688 Région Dakar 81,8 10,2 6,6 0,1 1,3 100,0 1 903 Diourbel 56,6 9,1 32,4 0,8 1,1 100,0 1 272 Fatick 48,6 0,4 50,4 0,3 0,3 100,0 639 Kaolack 43,9 0,9 54,4 0,2 0,6 100,0 1 395 Kolda 33,3 0,2 65,2 0,5 0,7 100,0 968 Louga 60,5 0,5 38,3 0,4 0,3 100,0 692 Matam 46,9 0,2 52,5 0,4 0,0 100,0 440 Saint-Louis 58,2 1,6 39,7 0,5 0,0 100,0 663 Tambacounda 34,0 0,7 64,5 0,3 0,6 100,0 794 Thiès 73,6 4,5 21,4 0,5 0,1 100,0 1 404 Ziguinchor 68,8 2,8 26,3 2,1 0,0 100,0 360 Niveau d’instruction de la mère Aucun 50,6 2,1 46,3 0,5 0,5 100,0 7 577 Primaire 75,3 6,3 16,9 0,3 1,1 100,0 2 194 Secondaire ou plus 78,9 16,2 4,8 0,0 0,1 100,0 759 Visites de soins prénatals Aucune 13,5 0,0 86,0 0,5 0,0 100,0 454 1-3 58,1 3,2 37,8 0,7 0,2 100,0 3 555 4+ 69,2 6,5 23,8 0,4 0,1 100,0 2 760 NSP/manquant 68,1 0,9 27,0 0,4 3,6 100,0 157 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 28,7 0,2 70,2 0,4 0,4 100,0 2 425 Second 43,1 0,4 55,3 0,8 0,3 100,0 2 332 Moyen 68,2 1,9 28,7 0,5 0,7 100,0 2 238 Quatrième 83,3 6,0 9,8 0,3 0,6 100,0 1 908 Le plus riche 77,9 15,2 5,7 0,0 1,2 100,0 1 627 Ensemble 57,8 4,0 37,2 0,4 0,6 100,0 10 530 1 Inclut seulement la dernière naissance vivante au cours des cinq dernières années précédant l’enquête. 142 | Santé de la Mère et de l’Enfant Assistance lors de l’accouchement L’analyse des données du tableau 8.6 montre que plus de la moitié des naissances (52 %) ont eu lieu avec l’assistance de personnel de santé qualifié, essentiellement des infirmières et des sages-femmes (49 %). À l’opposé, quatre accouchements sur dix (40 %) se sont déroulés sans assistance de personnel formé, soit avec l’aide de parents et d’amis (36 %), soit sans aucune assistance (4 %). Les accoucheuses traditionnelles sont intervenues dans moins de 8 % des cas. Tableau 8.6 Assistance lors de l'accouchement Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par type d'assistance durant l'accouchement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Médecin Infirmière/ sage femme/ sage femme auxiliaire Accoucheuse traditionnelle Parent/ autre Personne NSP/ND Total Effectif de naissances Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 2,0 48,8 7,9 38,7 2,3 0,4 100,0 1 669 20-34 3,5 49,3 7,6 34,9 4,0 0,7 100,0 7 236 35-49 3,3 46,3 6,7 36,3 6,9 0,5 100,0 1 625 Rang de naissance 1 5,5 60,9 4,3 27,5 1,2 0,6 100,0 2 299 2-3 3,4 49,3 7,6 35,5 3,4 0,8 100,0 3 526 4-5 2,0 45,9 8,5 38,9 4,4 0,4 100,0 2 233 6+ 1,9 39,1 9,4 40,9 8,0 0,7 100,0 2 472 Milieu de résidence Urbain 6,7 77,9 1,9 11,3 1,5 0,7 100,0 3 842 Rural 1,2 32,0 10,7 49,7 5,8 0,6 100,0 6 688 Région Dakar 9,9 82,2 1,2 4,6 1,0 1,1 100,0 1 903 Diourbel 1,6 49,2 3,4 39,4 6,2 0,3 100,0 1 272 Fatick 1,3 33,9 16,3 41,3 6,4 0,7 100,0 639 Kaolack 1,4 33,1 17,6 43,6 3,2 1,0 100,0 1 395 Kolda 1,4 24,4 14,1 51,6 8,0 0,5 100,0 968 Louga 1,3 48,1 4,4 44,5 1,3 0,4 100,0 692 Matam 1,3 39,1 3,8 47,2 8,2 0,4 100,0 440 Saint-Louis 3,7 44,6 2,0 46,9 2,3 0,5 100,0 663 Tambacounda 0,7 26,5 10,0 53,4 8,6 0,7 100,0 794 Thiès 2,6 60,0 4,2 30,1 2,8 0,4 100,0 1 404 Ziguinchor 2,3 47,8 10,8 35,8 3,4 0,0 100,0 360 Niveau d’instruction de la mère Aucun 1,5 40,9 9,4 42,2 5,4 0,6 100,0 7 577 Primaire 4,6 67,9 3,1 22,2 1,2 1,0 100,0 2 194 Secondaire ou plus 16,7 71,1 1,5 10,3 0,3 0,0 100,0 759 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,7 19,4 13,7 56,6 8,9 0,6 100,0 2 425 Second 1,1 29,6 12,5 50,3 6,0 0,5 100,0 2 332 Moyen 1,9 53,0 5,5 36,4 2,5 0,7 100,0 2 238 Quatrième 4,2 79,3 1,5 13,6 1,1 0,3 100,0 1 908 Le plus riche 10,6 78,1 0,9 8,7 0,6 1,1 100,0 1 627 Ensemble 3,2 48,7 7,5 35,7 4,2 0,6 100,0 10 530 Note : Si l'enquêtée déclare que plus d'une personne a assisté l'accouchement, seule la personne la plus qualifiée est prise en compte dans ce tableau. Santé de la Mère et de l’Enfant | 143 L'examen des données par caractéristiques sociodémographiques de la mère ne met pas en évidence une tendance nette selon l’âge de la mère ; à l’inverse, la fréquence des accouchements assistés diminue avec le rang de naissance : dans 66 % des cas, les accouchements des aînés ont été assistés par du personnel de santé contre 53 % pour les rangs deux et trois, et 41 % pour les rangs six et plus. Corrélativement, la fréquence des accouchements non assistés augmente avec le rang de naissance. Les naissances qui ont été le plus fréquemment assistées par du personnel formé sont celles du milieu urbain (85 % contre 33 % en milieu rural), celles des régions de Dakar (92 %), Thiès (63 %) et celles des femmes instruites (au moins 73 %). Certaines régions sont particulièrement défavorisées en ce qui concerne l’assistance à l’accouchement par du personnel qualifié : il s’agit des régions de Fatick (35 %), Kaolack (34 %), Tambacounda (27 %) et Kolda (26 %) : dans ces régions, les proportions de femmes dont l’accouchement a été assisté sont comparables à celles observés dans les deux quintiles de bien-être les plus pauvres. Les résultats montrent que la fréquence des accouchements assistés augmente rapidement avec le niveau de bien être du ménage : de 20 % parmi les plus pauvres, le pourcentage passe 31 % dans le 2ème quintile et à, au moins, 84 % dans les quatrième et cinquième quintiles (graphique 8.3). Entre les deux dernières enquêtes, la proportion d’accouchements assistés a sensiblement augmenté, passant de 47 % à 52 %. Ces progrès s’observent tant en milieu urbain qu’en milieu rural (respectivement, 81 % à 85 % et 30 % à 33 %). Le pourcentage d’accouchements assistés au niveau national (52 %) avoisine le taux d’accouchements assistés projeté dans le document du DSRP (2002), qui se situe autour de 60 % pour 2005 et 90 % pour 2015, cela conformément aux objectifs du millénaire pour le développement relatifs à l’amélioration de la santé maternelle. Accouchement et caractéristiques du nouveau-né Pour toutes les naissances vivantes des cinq dernières années, on a demandé aux mères si l’accouchement avait eu lieu par césarienne ou par voie basse et quels étaient le poids et la taille de l’enfant à la naissance. Graphique 8.3 Assistance à l'accouchement par du personnel formé selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-IV 2005 52 85 33 42 73 87 20 31 55 84 89 SÉ NÉ GA L Ur ba in Ru ral Au cu n Pri ma ire Se co nd air e ou + Le pl us pa uv re Se co nd Mo ye n Qu atr ièm e Le pl us ric he 0 20 40 60 80 100 Pourcentage RÉSIDENCE EDUCATION QUINTILE DE BIEN-ÊTRE 144 | Santé de la Mère et de l’Enfant Pour environ 3 % des naissances, on a pratiqué une césarienne (tableau 8.7). La fréquence de la pratique de cette intervention chirurgicale est peu variable avec l’âge et est plus fréquente chez les primipares (6 %). Par ailleurs, comme il fallait s’y attendre, les césariennes qui nécessitent un environnement médicalisé, sont plutôt rares chez les femmes du milieu rural, dans les régions les moins urbanisées et chez les femmes non instruites qui résident fréquemment en zone rurale. Ce type d’intervention qui n’est réalisable que dans les formations sanitaires suffisamment équipées et dotées de personnels qualifiés n’est pas à la portée des couches les plus défavorisées et qui sont également souvent éloignées de ces services. Tableau 8.7 Caractéristiques de l'accouchement Pourcentage de naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête selon que l'accouchement a été effectué ou non par césarienne, répartition (en %) des enfants selon le poids à la naissance et la grosseur estimée par la mère, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Poids de l'enfant Taille de l'enfant à la naissance Caractéristique sociodémographique Accouche- ment par césarienne Non pesé Moins de 2.5 kg 2.5 kg ou plus NSP/ND Ensemble Très petit Plus petit que la moyenne Moyen ou plus gros que la moyenne NSP/ manquant Total Nombre de naissances Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 2,2 41,1 6,8 32,3 19,9 100,0 11,6 20,6 67,1 0,6 100,0 1 669 20-34 3,5 36,7 6,3 41,8 15,2 100,0 10,1 17,8 70,8 1,2 100,0 7 236 35-49 3,2 39,8 5,9 39,7 14,5 100,0 10,9 20,4 68,0 0,7 100,0 1 625 Rang de naissance 1 6,4 26,2 8,4 46,6 18,8 100,0 12,1 18,4 68,3 1,2 100,0 2 299 2-3 2,9 36,6 6,5 41,6 15,4 100,0 10,1 18,0 71,0 1,0 100,0 3 526 4-5 2,3 42,0 5,6 37,7 14,8 100,0 9,3 18,8 70,7 1,1 100,0 2 233 6+ 1,8 46,9 4,8 33,5 14,7 100,0 10,6 19,7 68,8 0,9 100,0 2 472 Milieu de résidence Urbain 6,6 9,4 8,5 66,1 16,1 100,0 8,4 16,3 74,2 1,1 100,0 3 842 Rural 1,4 54,3 5,1 25,0 15,7 100,0 11,7 20,0 67,3 1,0 100,0 6 688 Région Dakar 10,1 3,5 8,2 76,1 12,2 100,0 7,6 14,8 76,1 1,5 100,0 1 903 Diourbel 1,5 39,6 6,6 26,4 27,3 100,0 12,3 24,1 62,7 0,9 100,0 1 272 Fatick 0,8 46,1 7,8 31,6 14,6 100,0 13,7 18,4 67,0 0,9 100,0 639 Kaolack 0,9 57,9 4,9 21,8 15,4 100,0 10,1 20,2 68,6 1,1 100,0 1 395 Kolda 1,8 62,9 2,8 28,9 5,3 100,0 3,8 14,3 80,6 1,3 100,0 968 Louga 2,0 43,2 6,6 27,3 22,9 100,0 15,7 28,5 55,3 0,5 100,0 692 Matam 0,5 51,5 8,6 27,9 12,0 100,0 19,8 21,2 55,9 3,1 100,0 440 Saint-Louis 2,8 50,0 4,4 26,5 19,2 100,0 19,9 20,4 59,3 0,4 100,0 663 Tambacounda 1,0 66,0 1,9 23,6 8,6 100,0 5,4 13,0 81,0 0,6 100,0 794 Thiès 2,6 18,5 8,4 51,8 21,3 100,0 10,2 17,9 71,0 0,9 100,0 1 404 Ziguinchor 5,4 19,0 9,0 65,4 6,5 100,0 6,8 15,4 77,8 0,0 100,0 360 Niveau d’instruction de la mère Aucun 1,8 47,4 5,4 30,2 17,0 100,0 11,1 19,8 68,0 1,0 100,0 7 577 Primaire 5,9 16,3 8,1 61,6 14,0 100,0 9,1 17,3 72,5 1,2 100,0 2 194 Secondaire ou plus 9,9 5,8 10,6 74,4 9,2 100,0 8,4 10,7 79,9 1,0 100,0 759 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,7 71,0 3,1 15,8 10,1 100,0 10,5 19,8 68,6 1,0 100,0 2 425 Second 1,3 53,9 5,8 25,3 15,0 100,0 11,7 20,0 67,1 1,2 100,0 2 332 Moyen 2,1 32,7 6,2 40,6 20,5 100,0 11,5 19,3 68,2 1,0 100,0 2 238 Quatrième 7,2 10,7 8,4 61,6 19,4 100,0 9,2 16,4 73,7 0,7 100,0 1 908 Le plus riche 7,0 4,6 9,5 70,8 15,1 100,0 8,8 16,7 73,1 1,4 100,0 1 627 Ensemble 3,3 37,9 6,3 40,0 15,8 100,0 10,5 18,6 69,8 1,1 100,0 10 530 Santé de la Mère et de l’Enfant | 145 Le tableau 8.7 présente également les résultats concernant le poids et la taille des enfants. Il faut tout d’abord noter le pourcentage important d’enfants pour lesquels le poids à la naissance n’a pas pu être établi (54 %). En effet, près de quatre nouveau-nés sur dix (38 %) n’ont pas été pesés à la naissance et pour 16 % d’entre eux, la mère n’a pas été en mesure de fournir l’information. Les cas d’enfants déclarés non pesés à la naissance sont particulièrement fréquents dans certaines régions : 66 % à Tambacounda, 63 % à Kolda et 58 % à Kaolack. Peser les enfants à la naissance est une pratique généralisée à Dakar (moins de 4 % d’enfants non pesés) ; en dehors de Dakar, Thiès et Ziguinchor sont les régions où peser les nouveau-nés est une pratique fréquente (moins de 20 % d’enfants non pesés). On observe une corrélation négative et étroite entre le niveau de bien-être économique et le pourcentage de nouveaux-nés non pesés à la naissance : les femmes provenant des ménages les plus riches sont moins nombreuses à avoir des nourrissons non pesés à la naissance (5 % contre 71 % dans le quintile le plus pauvre). Dans l’ensemble, 40 % des nourrissons avaient un poids supérieur ou égal à 2500 grammes et 6 % qui avaient un poids inférieur étaient donc de faible poids à la naissance. Les enfants pesés à la naissance et dont le poids est égal ou supérieur à 2,5 kilogrammes sont proportionnellement plus nombreux parmi ceux du milieu urbain que parmi ceux du milieu rural (66 % contre 25 %). Les fortes proportions de nourrissons non pesés et les variations très sensibles de ces proportions selon certaines variables limitent un peu la pertinence de ces commentaires. Par exemple, le pourcentage de nourrissons de moins de 2,5 kilogrammes est plus élevé chez les enfants de rang un (8,4 %) que chez ceux de rang deux ou trois (6,5 %) ; en même temps, le pourcentage de nourrissons de poids supérieur à 2,5 kilogrammes varie dans le même sens (respectivement, 47 % contre 42 %), contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre. En nous limitant aux seuls nourrissons pour lesquels le poids est disponible, on note une plus forte fréquence des faibles poids à la naissance chez les nourrissons de rang un. Mais cette conclusion doit être nuancée dans la mesure où le pourcentage d’enfants non pesés augmente énormément selon le rang de naissance. On observe un résultat similaire selon le niveau de bien être économique : la fréquence des faibles poids à la naissance augmente avec le niveau de bien être. Ceci s’explique tout simplement par le fait que chez les plus riches, pratiquement tous les nourrissons sont pesés alors que dans les couches pauvres, très peu de nourrissons, et probablement les moins susceptibles d’être petits sont pesés. Comme dans le cas précédent, si on se limite aux seuls nourrissons pesés, approche qui réduit les disparités entre les groupes d’enfants selon le niveau de bien être, on observe que la fréquence des faibles poids à la naissance diminue fortement avec l’augmentation du niveau socioéconomique du ménage (plus de 20 % chez les pauvres ainsi que dans les quintiles second et moyen à environ 13 % chez les plus riches, 5e quintile). La deuxième partie du tableau présente les résultats sur la taille estimée du nourrisson selon l’appréciation de la mère à partir de la question : « Quand votre enfant est né, était-il très gros, plus gros que la moyenne, moyen, plus petit que la moyenne ou très petit ? ». Cette appréciation est donc quelque peu subjective dans la mesure où les notions de « petit », « moyen » et « gros » peuvent dépendre de divers facteurs socioculturels. Pour l’ensemble des naissances survenues au cours des cinq dernières années, environ 70 % ont été considérés comme étant de taille moyenne ou plus grosse que la moyenne et 11 % ont été estimés comme étant de très petite taille. La perception de la taille du nouveau-né par les mères varie très peu selon les caractéristiques sociodémographiques. Selon les estimations des mères, la fréquence des nourrissons de très petite taille ne varie pratiquement pas, ni avec l’âge de la mère à la naissance, ni avec le rang de naissance. Les variations sont également faibles selon le milieu de résidence et le niveau d’instruction ; tout au plus peut-on souligner que les femmes du milieu rural et celles sans instruction ont été un peu plus nombreuses à déclarer qu’elles avaient trouvé leur enfant de petite taille à sa naissance. En fonction de quintile de bien-être, on constate que dans les trois premiers quintiles, entre 11 et 12% des naissances ont été perçues comme de petite taille par la mère contre environ 9 % dans les deux quintiles les plus riches. Par contre, les différences inter régionales semblent importantes. Les nourrissons de petite taille ont été beaucoup plus souvent mentionnés dans deux régions : Saint-Louis et Matam (20 %) ; à l’inverse, dans les régions de Kolda (moins de 4 %), Tambacounda (5 %), Ziguinchor (7 %) et Dakar (8 %) ces proportions sont bien plus faibles. 146 | Santé de la Mère et de l’Enfant 8.1.3 Examens postnatals Le tableau 8.8 présente la distribution des dernières naissances des cinq années ayant précédé l’enquête qui se sont déroulées en dehors d’un établissement sanitaire selon que la mère a reçu, ou non, des soins postnatals. On suppose que les femmes qui ont accouché dans un établissement sanitaire (62 % de l’ensemble) ont reçu des soins postnatals. Il est en effet, raisonnable de supposer qu’à la suite de l’accouchement, leur état de santé et celui de l’enfant ont fait l’objet d’un suivi avant qu’elle ne quitte la formation sanitaire. Parmi les femmes qui n’ont pas accouché dans un établissement sanitaire, six femmes sur dix (59 %) n’ont bénéficié d’aucun suivi postnatal. Quarante pour cent d’entre elles ont effectué des consultations pour le suivi de leur santé et de celle de leur enfant après l’accouchement. La plupart de ces femmes (27 %) sont allées en consultation dans les deux jours qui ont suivi l’accouchement, 3 % au cours des 3-6 jours après l’accouchement et dans 10 % des cas, les femmes ont attendu entre 7 et 41 jours pour se rendre à une consultation postnatale. Les pourcentages de naissances qui n’ont pas eu lieu dans un établissement sanitaire et pour lesquelles la mère n’a pas reçu des soins postnatals diminuent sensiblement avec l’âge de la mère, passant de 66 % à moins de 20 ans, à 58 % à 20-34 ans et à 56 % à 35-49 ans. Cette proportion ne varie pas de manière sensible selon le rang de naissance. Par contre, on constate des écarts selon le milieu et la région de résidence : ces proportions sont plus élevées en milieu rural (61 %) qu’en milieu urbain (42 %) et dans les régions de Kolda (77 %), Tambacounda (76 %) et Kaolack (64 %) que dans les autres. De même, on constate que le niveau d’instruction de la mère influence la fréquence du suivi postnatal puisque six mères sans instruction sur dix n’ont pas consulté après leur accouchement contre 48 % parmi celles qui ont un niveau primaire et 55 % parmi les plus instruites. Les résultats selon le niveau de bien être économique font apparaître un écart entre les ménages des deux quintiles les plus pauvres et les autres : parmi les deux plus pauvres, 20 à 26 % des femmes ont reçu un examen postnatal dans les deux jours consécutifs à leur accouchement et parmi les plus riches, ces proportions sont de plus de 40 %. Corrélativement, les femmes n’ayant reçu aucun examen postnatal sont relativement plus nombreuses dans les deux quintiles les plus pauvres puisque environ 60 à 70 % des femmes n’ont bénéficié d’aucun soin après leur accouchement. Santé de la Mère et de l’Enfant | 147 Tableau 8.8 Soins postnatals Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et qui s'est déroulée en dehors d'un établissement sanitaire, en fonction du moment où les soins post- natals ont été effectués pour la naissance la plus récente, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Temps écoulé avant le premier examen postnatal Caractéristique sociodémographique 0-2 jours après accouche- ment 3-6 jours après accouche- ment 7-41 jours après accouche- ment NSP/ND Aucune visite postnatale Total Effectif Âge à la naissance <20 22,0 3,5 6,8 1,2 66,4 100,0 350 20-34 27,7 3,0 10,2 0,8 58,2 100,0 1 621 35-49 30,4 3,3 9,1 0,9 56,3 100,0 514 Rang de naissance 1 29,3 3,3 6,6 2,0 58,8 100,0 290 2-3 27,4 3,3 9,3 0,8 59,2 100,0 788 4-5 26,4 3,0 9,6 0,7 60,3 100,0 576 6+ 27,7 3,0 10,7 0,7 57,9 100,0 831 Milieu de résidence Urbain 45,1 3,3 6,6 3,4 41,7 100,0 308 Rural 25,0 3,1 10,0 0,5 61,4 100,0 2 178 Région Dakar 38,0 4,4 3,0 9,0 45,6 100,0 102 Diourbel 45,6 1,5 7,2 0,9 44,7 100,0 261 Fatick 40,9 2,9 12,1 1,1 43,0 100,0 189 Kaolack 21,3 4,6 10,0 0,3 63,9 100,0 464 Kolda 12,2 2,8 7,5 0,4 77,1 100,0 415 Louga 24,4 6,3 14,3 0,5 54,5 100,0 166 Matam 23,2 1,8 14,2 0,0 60,7 100,0 148 Saint-Louis 27,0 3,4 14,9 0,0 54,8 100,0 163 Tambacounda 14,4 0,8 8,3 0,8 75,7 100,0 312 Thiès 56,9 2,9 6,1 1,1 33,0 100,0 197 Ziguinchor 33,0 6,2 11,8 0,0 49,0 100,0 67 Niveau d’instruction Aucun 26,5 3,1 9,5 0,6 60,3 100,0 2 200 Primaire 37,8 2,1 8,7 3,2 48,2 100,0 257 Secondaire ou plus 9,6 17,3 17,9 0,0 55,2 100,0 29 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 19,7 3,0 7,6 0,5 69,3 100,0 1 035 Second 25,5 3,5 12,1 0,6 58,2 100,0 815 Moyen 41,4 2,3 11,3 0,5 44,5 100,0 424 Quatrième 46,9 3,6 5,0 2,6 41,9 100,0 142 Le plus riche 42,2 5,1 6,6 9,4 36,8 100,0 69 Ensemble 27,5 3,1 9,5 0,9 59,0 100,0 2 485 1 Y compris les femmes ayant reçu les premiers soins postnatals après 41 jours. 8.1.4 Statut de la femme et santé reproductive Le tableau 8.9 présente trois types d’indicateurs essentiels pour la santé de la mère et de l’enfant selon les indicateurs du statut de la femme. Les indicateurs de santé sont : le pourcentage de femmes dont la dernière naissance a bénéficié de soins prénatals auprès d’un médecin, d’une infirmière ou d’une sage femme ; le pourcentage de femmes dont la dernière naissance a bénéficié de soins postnatals au cours des deux jours consécutifs à l’accouchement ; et enfin le pourcentage de naissances qui ont eu lieu avec l’assistance de personnel de santé qualifié. 148 | Santé de la Mère et de l’Enfant Tableau 8.9 Statut de la femme et santé reproductive Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et qui ont reçu pour la naissance la plus récente, des soins prénatals et postnatals par un professionnel de la santé et pourcentages de naissances qui se sont déroulées avec l'assistance d'un professionnel de la santé, selon les indicateurs du statut de la femme, EDS-IV Sénégal 2005 Indicateurs du statut de la femme Pourcentage ayant reçu des soins prénatals par médecin/ infirmière/ sage femme Pourcentage examiné au cours des 2 jours ayant suivi l'accouche- ment Effectif des femmes Pourcentage assisté à l'accouche- ment par un médecin/ infirmière/ sage femme Effectif 1 Nombre de décisions prises par la femme2 0 86,0 72,3 1 683 50,7 2 441 1-2 87,3 72,8 3 795 49,3 5 916 3-4 90,6 80,0 898 60,8 1 365 5 87,5 77,6 551 60,0 808 Nombre de raisons de refuser les rapports sexuels avec son mari 0 87,3 78,2 303 63,8 448 1-2 87,6 70,9 2 207 49,0 3 413 3-4 87,3 75,2 4 417 52,7 6 668 Nombre de raisons justifiant qu’un mari batte sa femme 0 92,1 79,0 2 213 63,0 3 251 1-2 88,8 75,1 1 299 55,8 1 958 3-4 84,3 72,8 2 170 46,5 3 364 5 83,0 66,1 1 244 39,0 1 956 Ensemble 87,4 74,0 6 927 51,9 10 530 1 Inclut les mères qui ont accouché dans une formation sanitaire 2 Soit par elle-même ou conjointement avec d’autres Les trois indicateurs du statut de la femme qui figurent au tableau 8.9 sont les suivants : le nombre de décisions prises par la femme, le nombre de raisons pour lesquelles une femme pense qu’il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari et le nombre de raisons pour lesquelles une femme pense qu’il est justifié qu’un homme batte sa femme. Les résultats ne mettent pas en évidence de variation significative des proportions selon les deux premiers indicateurs du statut de la femme. Par contre, les résultats selon le troisième indicateur font apparaître des variations significatives sur les taux de couverture en soins prénatals, postnatals et sur l’assistance à l’accouchement par du personnel qualifié. On constate en effet, que c’est quand les femmes pensent qu’il n’y a aucune raison qui justifie qu’un homme batte sa femme que les proportions de femmes qui ont bénéficié d’un suivi prénatal et postnatal et d’une assistance à l’accouchement sont les plus élevées (respectivement, 92 %, 79 % et 63 %). À l’opposé, quand les femmes ont déclaré que pour cinq raisons, un tel comportement était acceptable, la proportion de celles qui ont accouché avec l’assistance de personnel de santé n’est que de 39 %. 8.2 VACCINATION DES ENFANTS Au cours de l'enquête, on a enregistré, pour tous les enfants nés au cours des cinq dernières années, les informations pouvant permettre une évaluation de la couverture vaccinale du Programme Élargi de Vaccinations (PEV) au Sénégal. Conformément aux recommandations de l'OMS, un enfant est complètement vacciné lorsqu'il a reçu le BCG (protection contre la tuberculose), le vaccin contre la Santé de la Mère et de l’Enfant | 149 rougeole et trois doses de vaccin contre la poliomyélite et trois doses de DTCoq (diphtérie, tétanos et coqueluche) en injection. En outre, depuis quelques années, une première dose de vaccin contre la poliomyélite (polio 0) est donnée à la naissance. D'après le calendrier vaccinal, tous ces vaccins doivent être administrés avant l'âge d'un an. Des données ont également été collectées sur la fièvre jaune. Les données sur la vaccination ont été collectées à partir de deux sources : le carnet de vaccination de l'enfant et les déclarations de la mère, quand le carnet n'était pas disponible ou n'existait pas. Le tableau 8.10 et le graphique 8.4 présentent les résultats sur la couverture vaccinale selon les différentes sources d’information pour les enfants de 12-23 mois, c’est-à-dire ceux qui, d’après les recommandations de l’OMS, ont atteint l’âge où ils devraient être complètement vaccinés. Les résultats du tableau 8.10 montrent qu’un enfant de 12-23 mois sur deux (50 %) a été complètement vacciné d’après les informations tirées du carnet de vaccination et 9 % selon les déclarations de leurs mères. Toutes sources de renseignements confondus, six enfants de 12-23 mois sur dix (59 %) ont reçu tous les vaccins mais seulement environ un enfant sur deux (48 %) avait reçu tous les vaccins avant l’âge de 12 mois. Tableau 8.10 Vaccinations selon les sources d'information Pourcentage d'enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins déterminés, quelque soit l'âge à la vaccination, et pourcentage de ceux qui ont été vaccinés avant l'âge de 12 mois, selon que l'information provienne d'un carnet de vaccination ou des déclarations de la mère, EDS-IV Sénégal 2005 DTCoq Polio1 Source d'information BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rougeole Fièvre jaune Tous vaccins2 Aucune vaccination Effectif d'enfants vivants Vacciné à un moment avant l'enquête Carte de vaccination 66,3 68,5 65,9 61,3 41,2 69,2 66,5 61,4 53,4 53,9 49,7 0,2 1 428 Déclaration de la mère 25,4 24,7 22,7 17,0 9,7 24,7 20,1 11,5 20,1 19,2 9,0 3,7 612 Les deux sources 91,7 93,2 88,6 78,3 50,9 93,9 86,6 72,9 73,5 73,1 58,7 3,8 2 040 Vacciné avant l'âge de 12 mois3 90,8 92,5 86,4 74,1 50,5 93,1 84,2 68,9 61,2 61,6 48,2 4,6 2 040 1 Polio 0 est administré à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTCoq et de polio (non compris polio 0) 3 Chez les enfants pour lesquels l’information est basée sur la déclaration de la mère, on a suppose que la proportion d’enfants ayant reçu un vaccin durant leur première année, est la même que chez ceux ayant une carte de vaccination. Environ, 66 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG d’après le carnet de vaccination et 25 % selon les déclarations de leurs mères. Au total donc, 92 % des enfants avaient reçu le BCG (donné en principe à la naissance) au moment de l’enquête et pratiquement tous (91 %) l’avaient reçu avant l’âge de 12 mois. La proportion d’enfants ayant reçu la première dose de DTCoq est également très importante (93 %), mais la couverture vaccinale diminue sensiblement avec le nombre de doses : de 89 % pour la deuxième dose, elle tombe à 78 % à la troisième dose. Le taux de déperdition1 pour ce vaccin, assez faible entre les première et deuxième doses (5 %), augmente entre les deuxième et troisième doses (12 %) ; le taux de déperdition global ente les premières et troisièmes doses est de 16 %. Comme on pouvait le supposer, le taux de déperdition est plus élevé chez les enfants complètement vaccinés avant 12 mois (7 % entre le DTCoq 1 et le DTCoq 2 et 14 % entre le DTCoq 2 et le DTCoq 3) puisqu’ils ont encore des chances de recevoir les vaccins au-delà de cet âge. 1 Le taux de déperdition pour le DTCoq, par exemple, est la proportion d’enfants qui, ayant reçu la première dose du vaccin, ne reçoivent pas la troisième. 150 | Santé de la Mère et de l’Enfant Le vaccin contre la poliomyélite étant administré en même temps que celui du DTCoq, on s’attend donc à trouver des niveaux de couverture vaccinale très proches. La couverture vaccinale contre la poliomyélite est cependant légèrement plus faible (polio 0 : 51 %, polio 1 : 94 %, polio 2 : 87 % et polio 3 : 73 %) et connaît une déperdition plus importante entre les premières et troisièmes doses. La couverture contre la rougeole est la plus faible de toutes (74 % quel que soit l’âge et 61 % pour ceux vaccinés avant 12 mois). On constate aussi que plus de sept enfants sur dix de 12-23 mois (73 %) ont été vaccinés contre la fièvre jaune et six enfants sur dix (62 %) ont reçu ce vaccin conformément au calendrier vaccinal, c’est-à- dire avant 12 mois. Parmi les enfants qui ont reçu tous les vaccins, 48 % ont été vaccinés selon le calendrier recommandé, c’est-à-dire avant l’âge de 12 mois, selon les deux sources d’information. Par contre, moins de 5 % des enfants de 12-23 mois n’ont reçu aucun des vaccins du PEV avant l’âge de 12 mois. Graphique 8.4 Vaccinations des enfants de 12-23 mois 84 59 59 57 49 15 92 78 73 74 59 4 BCG DTCoq3 Polio3 Rougeole Tous vaccins Aucun vaccin 0 20 40 60 80 100 Pourcentage EDS-II 1993 EDS-IV 2005 Santé de la Mère et de l’Enfant | 151 Le tableau 8.11 et le graphique 8.5 présentent la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère et de l’enfant. En ce qui concerne le sexe de l’enfant, on ne constate pratiquement aucun écart (58 % pour les enfants de sexe masculin contre 60 % pour ceux de sexe féminin). La couverture vaccinale est pratiquement identique parmi les enfants de rang un à cinq (59 et 61 %) et elle est plus faible (54 %) pour les rangs de naissance six et plus. Tableau 8.11 Vaccinations selon les caractéristiques sociodémographiques Pourcentage d'enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins déterminés (selon le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère) et pourcentage pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l'enquêtrice, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 DTCoq Polio1 Caractéristique sociodémographique BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rougeole Fièvre jaune Tous vaccins2 Aucune vaccina- tion Pourcentage avec carte de vaccina- tion vue Effectif d'enfants vivants Sexe Masculin 92,6 92,9 88,3 77,8 49,4 93,6 85,7 72,5 73,2 72,7 58,1 3,5 69,7 1 072 Féninin 90,7 93,5 89,0 78,9 52,6 94,1 87,6 73,4 73,9 73,6 59,5 4,1 70,3 968 Rang de naissance 1 92,5 95,6 91,7 80,8 57,9 95,5 87,9 72,4 78,3 77,5 59,7 2,0 70,5 470 2-3 91,5 93,2 88,9 78,7 49,6 92,5 86,7 73,8 75,0 75,1 61,0 4,5 72,6 667 4-5 92,1 93,1 88,2 80,0 49,5 94,8 87,3 76,4 69,3 67,1 58,9 3,4 69,4 440 6+ 90,8 90,8 85,4 73,5 47,1 93,3 84,6 68,7 70,4 71,4 54,4 5,0 66,3 462 Milieu de résidence Urbain 92,0 94,8 90,2 79,6 60,6 94,9 87,1 73,0 77,4 75,0 58,8 2,4 68,8 779 Rural 91,5 92,2 87,6 77,5 44,9 93,2 86,3 72,9 71,1 71,9 58,7 4,7 70,7 1 261 Région Dakar 89,9 94,3 87,8 77,3 72,2 94,1 85,6 68,5 78,0 73,8 55,6 2,5 66,7 351 Diourbel 88,0 90,1 86,7 78,3 35,7 91,7 84,3 67,5 63,2 65,3 49,7 6,9 62,7 244 Fatick 92,2 92,6 89,5 79,1 59,9 94,4 87,7 73,2 75,3 75,6 62,2 3,6 75,6 117 Kaolack 91,4 94,5 87,4 76,7 59,2 96,0 87,0 74,5 69,1 72,4 56,2 2,7 74,3 264 Kolda 95,0 93,5 87,3 71,3 35,0 94,8 86,5 73,3 75,5 76,5 59,9 4,2 70,0 196 Louga 93,3 93,0 90,9 86,3 45,4 94,8 92,3 84,7 73,9 74,9 70,6 4,5 70,4 136 Matam 86,7 80,0 74,3 64,5 50,1 84,1 74,0 53,7 59,0 59,1 40,7 10,8 56,0 80 Saint-Louis 95,0 96,4 95,9 90,0 60,6 97,5 96,3 82,8 87,0 84,9 76,7 1,9 72,6 135 Tambacounda 89,5 85,7 81,7 67,3 21,0 87,9 79,6 66,6 64,5 62,3 54,7 9,5 62,2 137 Thiès 92,8 97,8 93,8 83,0 47,4 95,0 87,0 75,7 77,2 76,2 59,3 0,8 75,3 306 Ziguinchor 100,0 96,8 94,9 85,5 62,4 97,6 93,5 85,7 85,9 82,2 74,4 0,0 87,5 74 Niveau d’instruction Aucun 90,2 91,4 86,5 75,9 46,5 92,5 84,4 69,8 69,2 69,4 54,4 5,3 67,4 1 469 Primaire 94,6 97,1 92,1 80,9 57,7 97,4 90,9 78,3 81,2 81,9 65,4 0,1 76,8 426 Secondaire ou plus 97,7 100,0 99,3 95,1 75,5 97,8 96,3 88,2 94,8 84,6 82,9 0,0 75,8 146 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 92,2 91,8 84,8 72,4 41,8 93,2 83,8 70,5 71,0 71,1 58,9 5,0 71,0 434 Second 91,4 90,8 86,3 74,5 44,8 92,0 85,2 70,1 71,5 72,9 57,3 5,2 66,8 429 Moyen 90,5 92,4 88,8 81,6 50,3 93,4 86,2 74,4 71,2 70,3 59,5 4,4 70,8 445 Quatrième 91,1 94,5 91,9 80,1 54,8 96,4 89,9 73,5 74,8 73,6 54,4 1,7 69,5 410 Le plus riche 93,6 97,5 92,4 84,5 67,2 94,8 88,6 77,0 81,2 79,2 64,9 2,3 72,2 322 Ensemble 91,7 93,2 88,6 78,3 50,9 93,9 86,6 72,9 73,5 73,1 58,7 3,8 70,0 2 040 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTCoq et les trois doses de polio (non compris la dose de polio donnée à la naissance) 152 | Santé de la Mère et de l’Enfant Le pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu tous les vaccins est identique en milieu urbain et en milieu rural (59 %). Par contre, les variations régionales sont très marquées. Deux régions sont particulièrement défavorisées : Matam (41 %) et Diourbel (50 %). À l’opposé, c’est dans les régions de Saint-Louis (77 %), Ziguinchor (74 %) et Louga (71 %) que l’on observe les proportions les plus élevées. Le niveau d’instruction des mères est assurément une variable discriminante pour la vaccination des enfants : la couverture vaccinale des enfants dont les mères ont reçu une instruction est bien meilleure (65 % pour le primaire et 83 % pour le secondaire ou plus) que celle des enfants dont les mères n’ont aucune instruction (54 %). Au cours de l’enquête, les données sur la vaccination ont été collectées pour les enfants de moins de cinq ans. Il a été ainsi possible d’évaluer rétrospectivement les tendances de la couverture vaccinale avant l’âge de douze mois pour les quatre années ayant précédé l’enquête à partir des données concernant les enfants de 12-23, 24-35, 36-47 et 48-59 mois. Au tableau 8.12 sont présentés les taux de couverture vaccinale d’après le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère pour les enfants de ces différents groupes d’âges. On y trouve également les proportions d’enfants de chaque groupe d’âges pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice. Pour l’ensemble des enfants de 12-59 mois, on constate que 88 % ont reçu le vaccin du BCG avant l’âge de 12 mois, 68 % la troisième dose de DTCoq et 61 % la troisième dose de polio. En outre, 60 % ont été vaccinés contre la rougeole et 59 % contre la fièvre jaune. Ce sont 42 % des enfants qui ont été vaccinés contre toutes les maladies du PEV avant l’âge de 12 mois. À l’opposé, 8 % des enfants de 1-4 ans n’ont reçu aucun de ces vaccins. Pour l’ensemble des enfants de 12-59 mois, un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice dans 52 % des cas. La proportion d’enfants pour lesquels un carnet de vaccination a été montré diminue rapidement quand l’âge des enfants augmente : de 70 % pour les enfants âgés de 12-23 mois au moment de l’enquête, elle passe à 55 % pour ceux de 24-35 mois, puis tombe à 45 % à 36-47 mois et à 35 % à 48-59 mois. Graphique 8.5 Pourcentage d’enfants de 12 -23 mois complètement vaccinés selon certaines caractéristiques sociodémographiques EDS-IV 2005 59 59 59 54 65 83 59 57 60 54 65 SÉ NÉ GA L Ur ba in Ru ral Au cu n Pr im air e Se co nd air e ou + Le pl us pa uv re Se co nd Mo ye n Qu atr ièm e Le pl us ric he 0 20 40 60 80 100 Pourcentage RÉSIDENCE EDUCATION QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Santé de la Mère et de l’Enfant | 153 Tableau 8.12 Vaccinations au cours de la première année Pourcentage d'enfants âgés de moins de 5 ans au moment de l'enquête ayant reçu certains vaccins déterminés avant l'âge de 12 mois, et pourcentage de ceux pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l'enquêtrice, selon l'âge actuel de l'enfant, EDS-IV Sénégal 2005 DTCoq Polio1 Âge actuel BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rougeole Fièvre jaune Tous vaccins2 Aucune vaccina- tion Pourcentage avec carte de vaccina- tion vue Effectif d'enfants vivants 12-23 90,8 92,5 86,4 74,1 50,5 93,1 84,2 68,9 61,2 61,6 48,2 4,6 70,0 2 040 24-35 88,1 88,0 82,6 70,2 46,0 88,9 79,2 62,7 63,9 62,3 45,0 7,1 54,5 1 863 36-47 86,0 84,5 77,3 63,3 41,7 85,9 76,4 57,0 55,6 54,2 37,3 9,9 45,3 1 826 48-59 83,2 80,7 72,9 57,9 36,9 81,3 69,8 49,9 51,7 47,2 31,4 14,0 35,3 1 663 Total 87,7 87,4 81,1 67,7 44,2 88,2 78,5 60,8 59,8 58,5 41,7 8,1 52,2 7 392 Note : L’information a été obtenue à partir du carnet de vaccination, ou s’il n’y a pas de carnet, elle provient de la déclaration de la mère. Pour les enfants dont l’information est basée sur la déclaration de la mère, la proportion de vaccins administrée durant la première année est supposée être la même que celle observée pour les enfants ayant un carnet de vaccination. 1 Polio 0 est le vaccin le polio administré à la naissance. 2 BCG, rougeole et les trois doses de DTCoq et de polio (le polio 0 exclus) Par ailleurs, les taux de couverture vaccinale complète diminuent avec l’âge de l’enfant, passant de 48 % chez les enfants de 12-23 mois à 45 % chez ceux de 24-35 mois et à 31 % chez les enfants de 48-59 mois. Il se peut que ces variations proviennent, en partie, de problèmes de mémoire des enquêtées, celles-ci ne se souvenant plus très bien des vaccinations faites aux enfants les plus âgés. Cependant, ces tendances semblent traduire des progrès significatifs dans la couverture vaccinale des enfants au cours des dernières années. 8.3 MALADIES DES ENFANTS 8.3.1 Infections respiratoires et fièvre Les infections respiratoires aiguës (IRA) et particulièrement la pneumonie constituent l’une des premières causes de mortalité des enfants dans les pays en développement. Pour évaluer la prévalence de ces infections parmi les enfants, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient souffert de la toux pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête et, si oui, on demandait alors si la toux avait été accompagnée d’une respiration courte et rapide, symptômes d’infections respiratoires aiguës (IRA). Par ailleurs, la fièvre peut être un symptôme important de nombreuses maladies. Au cours de l’EDS-IV, on a donc demandé aux mères si leurs enfants avaient eu de la fièvre durant les deux semaines ayant précédé l'interview. En outre, pour les enfants ayant présenté ces symptômes d’IRA et ayant eu de la fièvre, on a cherché à connaître le pourcentage de ceux qui avaient été menés en consultation et l’endroit où cette consultation avait eu lieu ainsi que les traitements éventuels qui avaient été donnés. Parmi les enfants de moins de cinq ans, on constate que plus d’un enfant sur dix (13 %) a souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide (tableau 8.13). C'est chez les enfants de moins de 12 mois (18 à 19 %) que ces infections respiratoires sont les plus fréquentes. On ne note qu'une légère différence entre les pourcentages de garçons et de filles ayant souffert de toux (respectivement, 14 % et 12 %). En outre, la prévalence des IRA a été plus fréquente en milieu urbain qu’en milieu rural (respectivement 16 % et 11 %). Les différences interrégionales sont particulièrement importantes ; Dakar (21 %), Kaolack (17 %), Louga (16 %) et Matam (15 %) sont celles qui connaissent les plus fortes prévalences d’IRA. À l’inverse, c’est dans les régions de Kolda (4 %) et de Ziguinchor (6 %) que les proportions d’enfants ayant eu des IRA au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête sont les plus faibles. Cette prévalence élevée de la fièvre en milieu urbain et dans la région de Dakar se retrouve parmi les ménages des quintiles les plus riches (17 % et 15 % contre 10 % dans le plus pauvre), ces derniers résidant plus fréquemment dans les zones urbaines dont Dakar. 154 | Santé de la Mère et de l’Enfant Tableau 8.13 Prévalence et traitement des Infections Respiratoires Aiguës (IRA) et de la fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont souffert de la toux avec une respiration courte et rapide (symptômes d'IRA) ; pourcentage de ceux qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines qui ont précédé l'enquête et pourcentage de ceux ayant eu des symptômes d'IRA et/ou de la fièvre pour lesquels on a recherché un traitement auprès d'un établissement sanitaire ou d'un prestataire de santé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Pourcentage d'enfants avec les symptômes de l'IRA Pourcentage d'enfants avec fièvre Effectif d'enfants vivants Pourcentage traités au centre de santé ou par agent de santé1 Effectif d' enfants qui ont eu des IRA ou de la fièvre Âge des enfants en mois <6 18,2 33,8 1 296 47,4 524 6-11 19,0 43,0 1 022 45,6 481 12-23 14,7 37,2 2 040 39,9 854 24-35 12,3 28,3 1 863 39,8 597 36-47 9,9 22,4 1 826 34,9 486 48-59 8,3 19,1 1 663 34,6 362 Sexe Masculin 14,0 30,7 4 960 42,9 1,753 Féninin 12,3 28,8 4 749 38,0 1,551 Milieu de résidence Urbain 16,3 30,4 3 612 49,5 1,312 Rural 11,3 29,4 6 097 34,7 1,992 Région Dakar 21,0 34,7 1 791 50,6 748 Diourbel 9,2 23,2 1 151 32,3 316 Fatick 10,5 22,7 587 37,5 162 Kaolack 17,2 37,6 1 260 31,3 547 Kolda 3,6 26,5 851 43,9 230 Louga 15,9 28,6 654 34,0 203 Matam 15,1 30,4 416 37,9 139 Saint-Louis 14,4 35,2 626 42,6 232 Tambacounda 7,0 29,3 720 35,9 222 Thiès 12,2 26,3 1 323 43,1 421 Ziguinchor 5,8 23,1 329 54,5 83 Niveau d’instruction Aucun 11,7 29,8 6 911 35,4 2,301 Primaire 16,3 30,4 2 081 50,1 750 Secondaire ou plus 18,0 27,9 717 59,4 252 Mère fume Fume cigarettes/tabac 46,3 66,4 51 72,7 34 Ne fume pas cigarettes/tabac 13,0 29,6 9 640 40,2 3,267 Manquant 0,0 13,8 18 100,0 2 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 10,2 29,6 2 187 30,1 711 Second 11,3 31,2 2 111 33,7 724 Moyen 13,3 27,0 2 067 37,3 651 Quatrième 16,9 31,5 1 793 52,1 665 Le plus riche 15,4 29,8 1 551 53,2 553 Ensemble 13,2 29,8 9 709 40 6 3 304 1 Non compris les pharmacies, les boutiques et les guérisseurs traditionnels. IRA = Infection Respiratoire Aigüe Santé de la Mère et de l’Enfant | 155 En ce qui concerne la fièvre, les résultats montrent que 30 % des enfants de moins de cinq ans ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. La fréquence de la fièvre augmente, passant de 34 % chez les nourrissons de moins de six mois à 43 % chez ceux de 6-11 mois, âge à partir duquel la prévalence de la fièvre diminue régulièrement avec l’âge (graphique 8.6). La prévalence de la fièvre ne varie pratiquement pas selon le sexe de l’enfant (31 % chez les garçons et 29 % pour les filles) et le milieu de résidence (30 % en milieu urbain, contre 29 % en milieu rural). On peut distinguer deux groupes de régions : Dakar (35 %), Kaolack (38 %) et Saint-Louis (35 %) qui ont une prévalence de plus 35 % et les autres régions où les prévalences varient entre 23 % et 30 %. Enfin, on n’observe de tendances nettes dans la prévalence de la fièvre ni selon le niveau d’instruction de la mère, ni selon le niveau de bien-être économique. Le tableau 8.13 montre enfin, que parmi les enfants qui ont eu des symptômes d'infections respiratoires aiguës et/ou de la fièvre, 41 % seulement ont été conduits dans un établissement sanitaire ou auprès de personnel médical pour traitement ou conseil. On relève que les mères sont relativement plus promptes à chercher un traitement pour les enfants de moins de 12 mois que pour les autres (46 à 47 % ont bénéficié d’un traitement) ; par contre cette vigilance s’estompe progressivement au fur et à mesure que l’enfant grandit : les pourcentages passent de 47 % à 6-11 mois, à 40 % à 12-23 mois et tombent à 35 % à 48-59 mois. Les enfants du milieu urbain, ceux résidant dans les régions de Dakar et Ziguinchor, ceux dont la mère est instruite et ceux vivant dans un ménage appartenant aux deux quintiles les plus riches ont plus fréquemment que les autres reçu des soins appropriés à leur état. Traitement de la fièvre La fièvre pouvant être un des principaux symptômes de nombreuses maladies, comme le paludisme et la rougeole qui provoquent de nombreux décès infantiles en Afrique, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu de la fièvre durant les deux semaines ayant précédé l'interview. Graphique 8.6 Prévalence des IRA, de la fièvre et de la diarrhée selon l’âge EDS-IV 2005 18 19 15 12 10 8 34 43 37 28 22 19 25 34 32 22 15 11 <6 mois 6-11 mois 12-23 mois 24-35 mois 36-47 mois 48-59 mois 0 10 20 30 40 50 Pourcentage IRA Fièvre Diarrhée 156 | Santé de la Mère et de l’Enfant Le tableau 8.14 présente le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines précédant l’enquête, par type de médicaments antipaludéens utilisés pour le traitement et selon le milieu de résidence. Il ressort de ce tableau que seulement 17 % des enfants ont été soignés à l’aide de la chloroquine/nivaquine et 1 % ont reçu du Fansidar. Le recours à la chloroquine est beaucoup plus fréquent en milieu urbain qu’en milieu rural (23 % contre 13 %). En outre, les résultats montrent que parmi les enfants qui ont eu de la fièvre au cours des deux dernières semaines précédant l’enquête, 29 % n’ont reçu aucun médicament antipaludéen ; ce phénomène est plus répandu dans les villes que dans les campagnes (37 % contre 24 %). 8.3.2 Prévalence de la diarrhée De par leurs conséquences, notamment la déshydratation et la malnutrition, les maladies diarrhéiques constituent, directement ou indirectement, une des principales causes de décès des jeunes enfants dans les pays en développement. Pour lutter contre les effets de la déshydratation, l'OMS recommande la généralisation du Traitement de Réhydratation par voie Orale (TRO), en conseillant l'utilisation soit d'une solution préparée à partir du contenu de sachets de Sels de Réhydratation par voie Orale (SRO), soit d'une solution préparée à la maison avec de l'eau, du sucre et du sel. Au cours de l’EDS-IV, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'interview, afin de mesurer la prévalence des maladies diarrhéiques chez les enfants de moins de cinq ans. En ce qui concerne le traitement de la diarrhée, on a demandé aux mères si elles connaissaient le SRO et si, durant les épisodes diarrhéiques, elles avaient eu recours au Traitement de Réhydratation par voie Orale (TRO). De l’examen des données du tableau 8.15 et du graphique 8.7 il ressort qu’un peu plus d’un enfant de moins de cinq ans sur cinq (22 %) avait souffert de diarrhée pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête. La prévalence de la diarrhée est particulièrement forte chez les jeunes enfants de 6-23 mois (32 à 34 %) (graphique 8.6). Ces âges de forte prévalence sont aussi les âges auxquels les enfants commencent à recevoir des aliments autres que le lait maternel et à être sevrés. Ils correspondent également aux âges auxquels les enfants commencent à explorer leur environnement, ce qui les expose davantage à la contamination par des agents pathogènes. On constate des variations importantes selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Les résultats selon le sexe de l’enfant n’en font pas apparaître. La proportion de garçons ayant eu la diarrhée est très proche de celle des filles (24 % contre 21 %). De même, le milieu de résidence ne semble pas influencer la prévalence de la diarrhée, les proportions variant de 22 % en urbain et 21 % en rural. Par contre, les disparités inter régionales sont très importantes : aux deux extrêmes, on trouve les régions de Kolda, Louga, Thiès et Ziguinchor avec une prévalence d’environ 17 % et les régions de Dakar et de Kaolack avec des prévalences de respectivement 28 % et 33 % (graphique 8.7). Tableau 8.14 Médicaments donnés pour traiter la fièvre Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête par résidence, selon le type de médicaments donnés, EDS-IV Sénégal 2005 Milieu de résidence Type de médicament Urbain Rural Ensemble Fansidar 1,6 0,4 0,9 Chloroquine/Nivaquine 22,5 13,3 16,8 Aucun antipaludéen 37,4 23,6 28,8 Ne sait pas/ND 5,6 5,2 5,3 Aucun remède 22,0 38,8 32,4 Effectif d’enfants ayant eu de la fièvre 1 097 1 794 2 891 Santé de la Mère et de l’Enfant | 157 Tableau 8.15 Prévalence de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Diarrhée des deux semaines avant l'enquête Effectif des enfants Âge des enfants en mois <6 25,1 1 296 6-11 34,2 1 022 12-23 31,6 2 040 24-35 21,6 1 863 36-47 14,9 1 826 48-59 10,5 1 663 Sexe Masculin 24,0 4 960 Féminin 20,6 4 749 Milieu de résidence Urbain 22,2 3 612 Rural 22,4 6 097 Région Dakar 27,9 1 791 Diourbel 19,1 1 151 Fatick 18,6 587 Kaolack 33,2 1 260 Kolda 16,5 851 Louga 17,3 654 Matam 22,7 416 Saint-Louis 21,2 626 Tambacounda 23,6 720 Thiès 16,3 1 323 Ziguinchor 16,8 329 Niveau d’instruction de la mère Aucun 22,3 6 911 Primaire 23,8 2 081 Secondaire ou plus 18,3 717 Nécessaires disponibles pour se laver les mains dans le ménage Eau/robinet 22,0 6 439 Savon, cendre ou autres détergents Bassine 19,7 4 423 Tous les trois éléments Aucun 21,9 6 180 Tous les trois nécessaires à laver 19,3 3 422 None 22,7 2 224 Source d'eau potable Robinet 22,0 5 619 Puits protégé 23,8 767 Puits non protégé 22,2 3 001 Marigot 31,1 107 Autre/manquant 22,8 216 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 23,9 2 187 Second 23,2 2 111 Moyen 21,1 2 067 Quatrième 20,1 1 793 Le plus riche 23,2 1 551 Ensemble 22,3 9 709 158 | Santé de la Mère et de l’Enfant En ce qui concerne le niveau d’instruction des femmes, on constate que les enfants dont la mère a un niveau secondaire ou plus ont une prévalence de la diarrhée moins élevée que les autres (18 % contre 22 % chez ceux dont la mère n’a aucune instruction et 24 % chez ceux dont la mère a un niveau primaire). Par ailleurs, la disponibilité dans le ménage des produits nécessaires pour se laver les mains ou le type d’approvisionnement en eau potable ne semble pas affecter de manière sensible la prévalence de la diarrhée. On ne constate pas non plus d’écarts significativement importants de la prévalence en fonction de l’indice de bien-être du ménage. Connaissance des sachets de SRO Parmi les femmes ayant eu des enfants dans les cinq années ayant précédé l'enquête, 66 % ont déclaré connaître le Sel de Réhydratation par voie orale ou SRO (tableau 8.16), ce qui est élevé. Le niveau de connaissance des sachets de SRO est assez variable selon les caractéristiques sociodémograp- hiques des mères. Il est relativement plus faible en milieu rural qu’en milieu urbain (64 % contre 69 %). C’est dans les régions de Ziguinchor (79 %), Louga (73 %), Kolda (73 %) et Thiès (71 %) que le niveau de connaissance est le plus élevé. Par ailleurs, les femmes instruites, quelque que soit le niveau, ont un meilleur niveau de connaissance que celles qui ne le sont pas : 73 % contre 62 % chez les femmes sans instruction. Selon l’indice de bien-être des ménages, on constate que la connaissance des SRO par les femmes passe de 60 % dans les ménages les plus pauvres à 72 % chez les plus riches. Graphique 8.7 Prévalence de la diarrhée par région EDS-IV 2005 28 19 19 33 17 17 23 21 24 16 17 Dakar Diourbel Fatick Kaolack Kolda Louga Matam Saint-Louis Tambacounda Thiès Ziguinchor 0 10 20 30 40 50 Pourcentage Santé de la Mère et de l’Enfant | 159 Tableau 8.16 Connaissance des sachets de SRO Pourcentage de mères ayant eu des naissances au cours des cinq années ayant précédé l'enquête qui connaissent les sachets de SRO pour le traitement de la diarrhée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de mères connaissant les sachets de SRO Nombre des mères Groupe d’âges 15-19 41,4 541 20-24 56,4 1 495 25-29 65,6 1 671 30-34 73,5 1 434 35-49 73,9 1 787 Milieu de résidence Urbain 68,6 2 689 Rural 63,5 4 240 Région Dakar 66,8 1 365 Diourbel 61,0 812 Fatick 58,0 386 Kaolack 61,9 861 Kolda 72,9 640 Louga 72,7 453 Matam 57,6 286 Saint-Louis 65,3 446 Tambacounda 53,8 498 Thiès 70,5 937 Ziguinchor 79,3 246 Niveau d’instruction Aucun 62,3 4 859 Primaire 73,1 1 508 Secondaire ou plus 72,8 561 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 60,4 1 492 Second 60,8 1 476 Moyen 66,2 1 459 Quatrième 70,0 1 330 Le plus riche 71,9 1 171 Ensemble 65,5 6 928 SRO = Sels de Réhydratation Orale Traitement de la diarrhée Le tableau 8.17 montre que parmi les enfants ayant eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, seulement 20 % ont été conduits dans un établissement de santé au cours de leur maladie. Les enfants de 12-23 mois ont été les plus nombreux à bénéficier de soins dans une formation sanitaire (25 %) ; ceux de moins de 6 mois ont été à l’inverse les moins nombreux (16 %). De même, les enfants urbains ont été plus fréquemment soignés que ceux du milieu rural (22 % contre 19 %). En fonction des régions, on constate que dans celles de Ziguinchor, Louga et Matam, environ 30 % des 160 | Santé de la Mère et de l’Enfant enfants malades ont reçu des soins ; par contre, dans celles de Diourbel, Thiès et Kaolack les proportions ne dépassent pas 15 %. Les résultats selon le niveau d’instruction de la mère font apparaître des écarts : en effet, la proportion d’enfants dont la mère n’a pas d’instruction et qui ont reçu des soins au cours de leur épisode diarrhéique est deux fois moins élevée que celle des enfants dont la mère a un niveau secondaire ou plus (18 % contre 38 %). Alors que 66 % des femmes qui ont eu une naissance dans les cinq ans ayant précédé l’enquête ont déclaré connaître le SRO, on constate que seulement 15 % des enfants qui ont souffert de diarrhée ont bénéficié de ce type de réhydratation ; dans seulement 14 % des cas, on a eu recours à la solution salée et sucrée préparée à la maison ; dans l’ensemble 27 % des enfants ayant souffert de diarrhée ont bénéficiée d’une TRO (sachet de SRO, solution d’eau salée et sucrée ou les deux). Cependant près de quatre enfants sur dix (39 %) ont vu leur quantité de liquides augmenter. De façon globale, dans plus de la moitié des cas (53 %), les enfants malades ont été traités soit avec un SRO, ou une solution maison ou ils ont eu des quantités de liquides supplémentaires. En dehors de la TRO, pour plusieurs enfants ayant eu un épisode de diarrhée au cours des deux dernières semaines, les parents ont eu recours à d’autres remèdes. Parmi ceux-ci, les gélules ou sirops (25 %) et des remèdes divers administrés à domicile (23 %) ont été les plus utilisés. Les perfusions et injections ont été très rarement utilisées (moins de 1 %). Enfin, malgré les risques que peuvent entraîner les maladies diarrhéiques, il faut noter qu’un nombre élevé d’enfants n’ont bénéficié d’aucun traitement lors de leur maladie (28 %). Les différences socioéconomiques dans la prise en charge de la diarrhée sont quelques fois importantes. Les enfants du milieu urbain sont plus nombreux à avoir été conduits dans une formation sanitaire et à avoir bénéficié d’une TRO. Cependant, le pourcentage d’enfants ayant été soignés à l’aide de SRO ou d’une solution maison ou ayant reçu plus de liquides qu’à l’accoutumée est à peine différent dans les villes et dans les campagnes (respectivement, 54 et 52 %). Le recours aux gélules et aux sirops a été plus fréquent dans les zones urbaines (29 % contre 22 % en zone rurale). Des comportements assez différentiés sont observés d’une région administrative à une autre. Les régions de Ziguinchor (32 %), Louga et Matam (29 % dans les deux cas) sont celles où les enfants sont le plus fréquemment conduits dans une structure de santé ; à l’inverse, c’est dans les régions de Diourbel (11 %), Thiès (13 %) et Kaolack (15 %) que cette proportion est la plus faible. La TRO a été plus fréquemment utilisée dans les régions de Ziguinchor (41 %), Dakar (36 %) et Matam (34 %). Notons enfin, qu’à l’exception des régions de Diourbel (9 %), Saint-Louis (9 %), Tambacounda (9 %), Thiès (10 %) et Fatick (11 %), l’utilisation de l’eau sucrée et salée (solution maison) dépasse 15 %. L’examen des résultats selon le niveau d’instruction montre que des écarts importants ne sont observés que pour la conduite de l’enfant malade dans une formation sanitaire et le recours aux gélules ou sirops. Les écarts entre les femmes instruites et les non instruites sont faibles en ce qui concerne l’utilisation de l’eau sucrée et salée, de la TRO de façon générale, et de l’augmentation de l’apport en liquides divers. Enfin, les catégories les plus aisées (4ème et 5ème quintiles) sont relativement plus nombreuses à conduire leurs enfants dans une formation sanitaire ou à recourir au SRO. Par contre, il est important de noter que l’augmentation en apport en liquides (TRO comprise) et le recours aux gélules ou aux sirops ne varient pratiquement pas avec le niveau de bien-être. Santé de la Mère et de l’Enfant | 161 Tableau 8.17 Traitement de la diarrhée Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans ayant eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête pour lesquels on a recherché un traitement dans un établissement sanitaire ou auprès d'un prestataire de santé, pourcentage de ceux qui ont suivi une Thérapie de Réhydratation par voie Orale (TRO) et pourcentage à qui on a donné d'autres traitements, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Thérapie de réhydratation orale (TRO) Autres traitements Caractéristique sociodémographique Pourcentage conduits à un centre de santé1 Sachets de SRO Solution maison SRO ou solution maison Augmenta- tion de l'apport en liquides SRO, solution maison, ou augmenta- tion des liquides Gélules ou sirop Injection Perfusion Remède maison/ autre ND Aucun traite- ment Effectif des enfants Âge des enfants en mois <6 16,2 10,7 9,3 17,5 17,4 29,2 19,0 0,2 0,3 10,4 0,0 51,6 325 6-11 18,9 14,0 10,1 23,9 34,3 47,6 22,3 0,2 1,1 20,2 0,4 32,1 350 12-23 25,2 18,6 15,3 30,4 46,4 58,4 27,3 0,5 0,4 25,7 0,0 21,2 645 24-35 18,4 13,8 17,1 28,5 47,5 62,2 28,7 0,5 0,8 23,5 0,6 22,0 402 36-47 17,0 13,9 16,4 28,8 40,4 57,6 21,4 0,8 0,1 26,0 0,0 24,0 272 48-59 20,9 15,7 13,3 28,1 39,0 53,4 25,7 0,6 1,2 30,1 0,0 21,0 175 Sexe Masculin 20,3 15,7 13,8 27,3 42,3 55,5 23,8 0,3 0,7 23,7 0,1 26,1 1 191 Féminin 20,1 14,1 13,8 25,8 34,9 48,8 25,7 0,7 0,5 21,1 0,3 30,3 977 Milieu de résidence Urbain 22,3 19,5 16,8 33,3 38,0 54,0 28,6 0,3 0,5 18,2 0,2 29,9 801 Rural 18,9 12,3 12,1 22,8 39,5 51,6 22,3 0,5 0,7 25,1 0,2 26,9 1 367 Région Dakar 24,1 21,2 18,9 36,4 36,4 56,1 31,0 0,5 0,0 17,8 0,0 27,6 500 Diourbel 10,5 9,7 8,8 17,9 40,4 50,5 19,8 0,2 1,8 24,6 0,0 29,3 219 Fatick 16,9 17,8 10,5 26,7 42,4 57,3 16,8 0,7 1,6 22,2 0,0 23,1 109 Kaolack 14,8 12,3 14,8 24,0 48,3 60,7 25,9 0,8 0,2 27,7 0,5 21,7 418 Kolda 24,4 10,2 15,3 24,1 39,9 51,5 24,4 0,0 0,0 25,0 0,0 26,2 140 Louga 29,3 13,7 14,6 27,9 34,9 43,2 25,9 0,0 0,0 20,6 0,0 32,0 113 Matam 28,9 22,2 15,0 34,2 33,8 55,0 20,9 0,5 0,0 17,4 0,0 28,9 94 Saint-Louis 23,4 13,0 8,7 21,0 34,6 41,9 21,2 0,0 1,2 17,7 0,0 37,4 133 Tambacounda 24,7 10,0 9,0 18,5 33,0 43,6 26,9 0,3 0,5 21,9 0,0 25,9 170 Thiès 13,3 13,9 10,0 22,1 32,2 41,6 18,8 0,5 2,0 23,7 0,7 39,5 216 Ziguinchor 31,7 21,0 23,0 41,3 47,5 67,4 20,8 1,0 0,0 33,7 0,0 17,0 55 Niveau d’instruction de la mère Aucun 17,7 12,6 12,9 24,0 37,9 50,8 21,9 0,6 0,6 23,2 0,1 29,2 1 543 Primaire 23,2 19,9 16,5 33,2 40,9 56,9 29,4 0,0 0,8 23,0 0,3 24,4 495 Secondaire ou plus 38,0 23,9 14,9 33,3 43,3 55,6 39,5 0,0 0,0 13,1 0,9 27,3 131 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 18,2 10,8 11,6 21,1 40,1 50,9 24,0 0,6 0,4 25,2 0,2 24,1 524 Second 17,1 10,5 13,9 22,2 39,1 50,6 22,5 0,7 0,5 27,4 0,0 28,5 489 Moyen 17,7 13,9 12,3 25,3 38,8 51,0 21,5 0,2 1,2 20,6 0,0 31,6 436 Quatrième 27,2 19,9 23,6 39,6 37,1 59,1 20,8 0,1 0,0 20,4 0,3 28,4 360 Le plus riche 23,2 23,5 9,3 29,6 39,0 52,3 36,1 0,6 1,0 16,5 0,4 28,2 360 Ensemble 20,2 15,0 13,8 26,7 38,9 52,5 24,6 0,5 0,6 22,5 0,2 28,0 2 168 Note : La TRO comprend la solution préparée à partir des Sels de Réhydratation Orale (SRO), les Solutions Maison Recommandées (SMR) ou l'augmentation de la quantité de liquides. 1 Non compris les pharmacies, les boutiques et les guérisseurs traditionnels. 162 | Santé de la Mère et de l’Enfant Alimentation pendant la diarrhée Au cours des épisodes diarrhéiques, il est recommandé de donner plus de liquides et d’aliments à l’enfant. Au tableau 8.18, on constate que 39 % des enfants ayant eu la diarrhée ont reçu plus de liquides que d’habitude, 43 % en ont reçu la même quantité et, en revanche, 14 % en ont reçu moins ou beaucoup moins. En ce qui concerne la nourriture, on relève que dans seulement 5 % des cas, les rations alimentaires ont été augmentées, dans près de la moitié des cas (49 %), elles n’ont pas changé et pour 27 % des enfants, elles ont été un peu diminuées. Signalons par ailleurs que dans 7 % des cas, l’alimentation a été très réduite, et même arrêtée dans près de 4 % des cas. Ces résultats montrent donc que la majorité des femmes ne respectent pas les principes de base en matière de nutrition des enfants durant les épisodes diarrhéiques. 8.3.3 Produits nettoyants pour se laver les mains Au cours de l’enquête, on a demandé où les membres du ménage se lavaient habituellement les mains et on a observé si certains produits nécessaires pour se laver les mains étaient disponibles à l’endroit indiqué. Selon les résultats présentés au tableau 8.19, 67 % des ménages disposent d’un accès à l’eau de robinet, près d’un ménage sur deux (49 %) disposent de produits nettoyants (savon, cendres ou tout autre produit similaire) et dans 59 % des cas, le ménage dispose d’une cuvette ou d’une bassine pour se laver les mains. Plus d’un ménage sur trois (35 %) disposent du nécessaire de nettoyage ; par contre, dans 23 % des cas, on n’a constaté dans le ménage la présence d’aucun de ces trois éléments nécessaires au lavage correct des mains. Ces pourcentages varient selon les caractéristiques sociodémographiques. Il apparaît que c’est dans les villes que les conditions d’hygiène pour les mains sont les meilleures : 76 % des ménages y disposent de l’eau/robinet contre 59 % en rural. Deux régions semblent particulièrement défavorisées sur ce plan : il s’agit de Kolda et Ziguinchor. La présence de produits nettoyants a été plus fréquemment constatée dans les régions de Dakar (62 % des ménages), Diourbel (60 %), Louga (57 %), Thiès (56 %) et Saint-Louis (56 %). Ces résultats sont cependant à mettre en relation avec l’épidémie de choléra qui prévalait à l’époque au Sénégal, les zones Centre Est, Sud, Sud-Est étant les moins affectées. Cette coïncidence avec l’épidémie de choléra peut expliquer aussi pourquoi on a observé de fortes proportions de ménages ruraux qui observaient certaines règles d’hygiène. Enfin, les ménages disposant d’eau à la maison sont aussi ceux qui ont les niveaux de bien-être les plus élevés et ce sont eux également qui se caractérisent par les meilleures conditions d’hygiène pour le lavage des mains. Tableau 8.18 Alimentation pendant la diarrhée Répartition (en %) des enfants de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête selon les quantités de liquides et d'aliments données comparées aux rations habituelles, EDS-IV Sénégal 2005 Alimentation des enfants pendant la diarrhée Pourcentage Quantité de liquide donnée Comme d'habitude 42,6 Plus que d'habitude 38,9 Un peu moins 9,7 Beaucoup moins 4,0 Rien 3,9 NSP/ND 0,9 Total 100,0 Quantité de nourriture donnée Comme d'habitude 48,8 Plus que d'habitude 5,2 Un peu moins 26,6 Beaucoup moins 6,8 Rien 3,5 Ne mange pas encore 8,8 NSP/ND 0,3 Total 100,0 Effectif d'enfants 2 168 Santé de la Mère et de l’Enfant | 163 Tableau 8.19 Ménages disposant du nécessaire pour se laver les mains Pourcentage de ménages qui possèdent le nécessaire pour se laver les mains dans le logement/cour/jardin, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristiques sociodémographiques Eau/ robinet Savon, cendre, autre détergent Bassine Tous les trois nécessaires pour se laver les mains Aucun nécessaire pour se laver les mains Effectif des ménages Milieu de résidence Urbain 76,1 62,7 56,0 41,9 16,8 3 590 Rural 59,3 35,4 61,7 28,4 28,2 3 822 Région Dakar 77,2 62,2 47,8 36,9 16,4 2 111 Diourbel 76,9 60,2 72,2 54,2 19,4 727 Fatick 76,6 37,5 71,0 33,6 14,5 427 Kaolack 61,9 31,2 61,7 25,0 27,1 750 Kolda 29,1 23,8 59,5 8,6 34,1 560 Louga 67,7 57,3 62,7 49,3 27,9 411 Matam 59,4 35,3 41,1 25,6 33,3 239 Saint-Louis 71,9 55,8 51,0 41,1 25,8 480 Tambacounda 59,0 29,8 78,0 20,2 15,5 417 Thiès 76,2 56,4 67,5 46,8 20,7 963 Ziguinchor 33,1 22,2 49,3 13,3 46,7 327 Source d'eau potable Robinet 77,4 59,0 57,2 42,9 18,3 4 742 Puits protégé 53,1 38,0 65,7 29,2 26,2 469 Puits non protégé 46,7 25,2 60,8 16,0 32,2 1 936 Marigot 64,6 35,4 58,3 29,8 29,2 72 Autre/manquant 66,1 60,0 67,2 46,6 22,5 193 Temps pour se rendre à la source d'eau A la maison 76,5 62,1 56,3 43,3 17,8 3 811 <2 minutes 19,3 0,0 12,2 0,0 80,7 8 2 à 5 minutes 73,4 37,2 72,5 28,6 14,3 122 5 à 9 minutes 64,6 44,4 64,3 32,8 22,6 592 10+ minutes 55,8 32,4 61,0 24,8 29,2 2 850 Manquant 65,9 31,2 47,0 20,1 31,0 29 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 51,7 21,9 60,6 16,2 31,4 1 260 Second 55,9 32,3 62,5 23,7 27,9 1 444 Moyen 65,9 47,6 62,7 38,7 24,6 1 559 Quatrième 74,9 60,5 54,7 43,3 19,3 1 656 Le plus riche 85,1 75,1 55,0 48,5 11,8 1 494 Ensemble 67,4 48,7 59,0 34,9 22,6 7 412 Le tableau 8.20 présente la répartition des mères d’enfants les plus jeunes âgés de moins de cinq ans en fonction des moyens d’évacuation des selles des enfants par caractéristiques sociodémographiques. Tout d’abord, on constate que dans 41 % des cas, les mères ont déclaré qu’elles jetaient les excréments dans les toilettes ou les latrines. Cette proportion est plus élevée en urbain qu’en rural (53 % contre 34 %), parmi les femmes instruites que parmi celles sans instruction (50 % contre 38 %) ; de même, les résultats montrent que c’est dans les ménages du quintile le plus pauvre qui disposent le moins fréquemment de toilettes/latrines que cette proportion est la plus faible (20 % contre plus de 50 % dans les ménages des deux quintiles les plus riches). En outre, dans 15 % des cas, les mères ont déclaré que pour se débarrasser des selles des enfants, elles les lavaient à l’eau. Les résultats du tableau montrent enfin que 18 % des mères ont déclaré utiliser des couches lavables. 164 | Santé de la Mère et de l’Enfant Tableau 8.20 Évacuation des selles des enfants Répartition des mères dont le plus jeune enfant de moins de cinq ans vit avec elle en fonction d’évacuation des selles selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Selles des jeunes enfants débarrassées : Selles des jeunes enfants non débarrassées : Utilisation des couches: Caractéristique sociodémographique Enfant utilise toujours toilettes/ latrines Jette dans les toilettes/ latrines Enterre dans la cour Jette dans la cour Jette en dehors de la cour Lave avec l'eau pour s'en débarrasser Non jeté Jetables Lavables Autre Manquant Total Effectif des mères Milieu de résidence Urbain 9,2 52,9 0,1 1,6 1,2 13,1 0,0 2,0 18,6 0,3 0,9 100,0 2 507 Rural 2,9 33,9 0,4 15,3 12,5 15,8 0,0 0,3 18,1 0,2 0,5 100,0 4 012 Région Dakar 13,9 51,6 0,0 1,3 0,0 9,8 0,0 3,3 17,9 0,7 1,5 100,0 1 252 Diourbel 3,9 35,7 0,3 11,1 6,4 20,6 0,0 0,5 21,4 0,0 0,1 100,0 765 Fatick 1,2 16,1 0,4 22,8 13,6 23,0 0,0 0,2 22,5 0,0 0,1 100,0 373 Kaolack 1,6 34,0 0,2 13,3 14,0 14,0 0,1 0,3 21,1 0,3 1,1 100,0 805 Kolda 7,2 41,2 0,0 19,0 9,8 5,1 0,0 0,2 16,6 0,7 0,2 100,0 595 Louga 0,8 45,5 0,7 8,5 11,1 14,7 0,0 0,0 18,3 0,2 0,3 100,0 435 Matam 3,9 41,1 1,8 9,6 10,6 14,7 0,0 0,3 17,2 0,0 0,9 100,0 277 Saint-Louis 1,3 50,8 0,7 4,7 5,2 20,9 0,2 0,1 15,9 0,0 0,2 100,0 427 Tambacounda 2,3 39,4 0,3 18,0 15,0 10,7 0,0 0,7 13,1 0,0 0,4 100,0 473 Thiès 4,3 39,6 0,0 6,0 8,7 21,2 0,0 0,7 19,4 0,0 0,0 100,0 898 Ziguinchor 7,0 53,6 0,7 11,6 5,9 9,0 0,0 0,3 10,3 0,0 1,6 100,0 220 Niveau d’instruction Aucun 4,5 37,6 0,3 12,7 10,4 15,2 0,0 0,4 18,1 0,2 0,4 100,0 4 577 Primaire 7,1 49,8 0,2 4,1 3,5 13,4 0,0 1,5 18,8 0,2 1,5 100,0 1 424 Secondaire ou plus 8,0 49,9 0,4 2,3 1,4 14,7 0,0 3,9 18,9 0,6 0,0 100,0 518 Genre de toilettes Pas de toilettes 0,7 7,7 0,7 27,8 25,8 17,9 0,1 0,1 18,5 0,4 0,3 100,0 1 541 Fosse latrine 5,9 52,7 0,3 8,6 5,3 10,7 0,0 0,3 15,5 0,2 0,6 100,0 2 146 Latrine améliorée 8,7 49,1 0,3 4,3 1,7 14,3 0,0 1,0 20,2 0,0 0,4 100,0 681 Toilette à chasse 7,1 51,2 0,0 0,5 0,4 16,6 0,0 2,3 20,6 0,3 1,0 100,0 2 113 Autre 0,0 63,8 0,0 5,7 6,5 15,5 0,0 0,0 8,5 0,0 0,0 100,0 7 Manquant 4,1 49,4 3,9 3,8 0,0 27,8 0,0 0,0 11,0 0,0 0,0 100,0 31 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,5 19,9 0,5 26,1 20,4 11,9 0,0 0,1 18,9 0,1 0,7 100,0 1 418 Second 3,2 36,0 0,5 13,9 12,4 16,1 0,1 0,2 16,8 0,4 0,3 100,0 1 397 Moyen 4,8 48,4 0,4 5,6 4,8 17,4 0,0 0,2 17,8 0,1 0,4 100,0 1 368 Quatrième 9,8 52,4 0,1 0,9 0,3 15,6 0,0 2,2 17,9 0,2 0,8 100,0 1 248 Le plus riche 8,7 53,7 0,0 0,2 0,1 12,6 0,1 2,5 20,6 0,6 1,0 100,0 1 088 Ensemble 5,4 41,2 0,3 10,0 8,2 14,8 0,0 0,9 18,3 0,2 0,6 100,0 6 519 8.4 PROBLÈMES PERÇUS POUR L’ACCÈS AUX SOINS DE SANTÉ DE LA FEMME L’accès de la population aux soins de santé est l’une des priorités des autorités sanitaires pour parvenir à changer favorablement la situation sanitaire dans le pays. Ainsi, au cours de l’enquête, on a cherché à connaître les types de problèmes auxquels ont été confrontées les femmes lorsqu’elles ont eu besoin de soins de santé. Santé de la Mère et de l’Enfant | 165 Les résultats présentés au tableau 8.21 montrent que le premier problème qui a été cité comme un obstacle aux soins de santé des femmes est le manque d’argent (53 %). L’importance de ce problème augmente sensiblement avec l’âge et la parité. De plus, les femmes en union (56 %) ou en rupture d’union (62 %) ont déclaré plus fréquemment que les célibataires (45 %) avoir été confrontées à ce problème. Cette contrainte concerne également davantage les femmes du milieu rural (61 %) que celles du milieu urbain (45 %). De même, les femmes sans instruction (60 %) ont été plus souvent confrontées à ce problème que celles de niveau primaire (49 %) et de niveau secondaire ou plus (33 %). Les femmes des régions de Kolda (74 %), de Tambacounda (63 %), de Matam et Louga (62 % chacune) ont été proportionnellement les plus nombreuses à mentionner le manque d’argent comme obstacle à leur accès aux soins de santé. À l’inverse, dans les régions de Thiès et de Dakar, ces proportions sont plus faibles (respectivement, 43 % et 48 %). Le manque d’argent n’est pas cependant le seul obstacle que les femmes ont eu à franchir pour accéder aux services de santé. Plus d’un tiers d’entre elles (36 %) ont mentionné la distance à parcourir pour atteindre le service de santé et une proportion égale (35 %) a cité des difficultés à obtenir un moyen de transport pour s’y rendre. Ces deux obstacles sont beaucoup plus fréquents en milieu rural et dans les régions de Kolda et de Tambacounda. Par ailleurs, les catégories les plus pauvres ont plus de difficultés à accéder aux services de santé en cas de maladie. Enfin, notons que la connaissance de l’endroit où on peut obtenir des soins et la permission d’aller consulter ne pose pas de problèmes aux femmes puisque seulement respectivement, 10 % et 7 % ont cité ces difficultés. Toutefois, globalement, 72 % des femmes ont mentionné, au moins, un obstacle spécifique pour accéder à des soins de santé. 166 | Santé de la Mère et de l’Enfant Tableau 8.21 Problèmes d'accès aux soins de santé Pourcentage de femmes qui ont déclaré avoir des problèmes pour accéder aux soins de santé quand elles sont malades par type de problème, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Problèmes liés à l'accès aux soins Caractéristique sociodémographique Savoir où aller pour le traite- ment Avoir la permission d'aller à un traitement Avoir de l'argent pour le traitement Distance au service de santé Avoir à prendre un moyen de transport Ne pas vouloir aller seule Soucis de ne pas avoir une femme pour fournier les services N'importe lequel des problèmes spécifiés Effectif des femmes Âge 15-19 12,3 11,2 50,5 36,1 33,6 31,5 29,5 74,1 3 556 20-29 9,2 6,2 48,9 34,7 34,0 18,3 20,9 68,7 5 223 30-39 9,9 4,6 55,2 36,3 36,7 13,3 17,2 71,0 3 566 40-49 10,9 4,3 65,3 39,2 39,2 12,6 14,8 76,5 2 258 Nombre d'enfants vivants 0 11,0 8,9 45,5 31,4 30,1 27,2 26,7 68,9 5 376 1-2 8,6 5,8 51,9 35,4 34,5 15,7 18,8 68,8 3 711 3-4 9,6 5,2 57,0 38,9 38,3 15,0 17,6 73,1 2 613 5+ 12,4 5,0 66,4 43,6 43,5 13,8 17,1 79,6 2 902 État matrimonial Célibataire 10,9 9,5 44,6 28,0 26,5 28,2 27,2 68,2 3 941 En union 10,3 5,8 56,2 40,0 39,3 16,3 19,2 73,1 9 866 Divorcé(e), séparé(e), veuf(ve) 9,2 4,7 61,6 28,6 30,4 14,5 15,8 73,6 795 Milieu de résidence Urbain 7,9 6,6 45,4 21,7 21,6 16,4 19,0 64,1 7 117 Rural 12,7 6,8 60,9 49,9 48,5 22,3 23,3 79,1 7 485 Région Dakar 11,3 10,0 47,9 23,8 24,7 18,8 21,3 69,1 3 866 Diourbel 9,8 4,1 49,6 32,2 29,2 19,1 29,4 70,9 1 548 Fatick 13,5 7,4 51,7 39,0 38,2 19,5 31,3 72,5 708 Kaolack 15,9 7,7 51,0 38,3 36,8 20,4 27,9 71,0 1 642 Kolda 11,0 11,6 73,8 63,6 61,3 30,3 18,9 85,6 1 047 Louga 3,3 2,3 61,6 50,7 50,2 14,3 12,8 77,0 915 Matam 8,9 5,3 62,4 48,9 49,7 14,3 14,8 78,2 543 Saint-Louis 3,6 1,4 59,9 30,1 32,1 8,2 8,6 69,4 947 Tambacounda 15,4 9,4 63,4 57,4 56,8 31,6 17,0 79,7 851 Thiès 9,7 2,4 43,2 27,8 25,2 16,9 22,7 63,2 1 974 Ziguinchor 4,3 6,4 58,9 42,1 40,1 23,5 12,2 76,3 562 Niveau d’instruction Aucun 12,5 7,3 60,3 43,4 42,9 20,6 22,6 77,4 8 699 Primaire 7,9 6,1 49,3 27,4 27,0 17,2 20,3 67,4 3 677 Secondaire ou plus 6,4 5,6 32,6 22,2 19,7 18,3 16,9 57,1 2 226 Emploi Sans emploi 9,4 7,3 50,2 34,1 33,3 19,2 22,0 70,2 7 983 Travail payé 9,8 5,1 54,9 31,9 31,8 16,8 19,2 71,3 5 192 Travail non payé 18,0 8,9 65,0 63,2 59,8 30,2 23,6 82,6 1 417 Manquant 23,3 0,0 61,4 58,5 58,5 0,0 34,0 61,4 11 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 17,8 9,8 71,3 67,6 64,9 29,3 26,0 87,9 2 433 Second 13,2 7,5 69,0 51,9 51,8 22,3 24,1 84,0 2 565 Moyen 8,1 4,5 56,9 33,4 32,8 16,4 18,5 73,8 2 839 Quatrième 8,3 6,8 47,4 23,3 23,1 18,1 20,4 67,4 3 154 Le plus riche 7,2 5,7 32,5 17,2 16,6 14,2 18,7 54,4 3 610 Ensemble 10,4 6,7 53,3 36,2 35,4 19,4 21,2 71,8 14 602 Paludisme | 167 PALUDISME 9 Mohamed Ayad et Salif Ndiaye Le paludisme reste un problème de santé publique majeur. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, environ 40 % de la population mondiale, habitant essentiellement dans les pays les plus pauvres du monde, est exposée au paludisme. Cette maladie parasitaire tue chaque année 1,5 à 2,7 millions de personnes à travers le monde, dont un million d'enfants de moins de 5 ans. Environ neuf cas sur dix concernent l’Afrique subsaharienne. Au Sénégal, comme dans la majorité des pays au sud du Sahara, le paludisme représente 35 % des motifs de consultation, et demeure l’endémie majeure et la première cause de morbidité et de mortalité dans les groupes les plus vulnérables, à savoir les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Par exemple, les femmes enceintes courent quatre fois plus de risque de souffrir des complications du paludisme que les femmes non enceintes. En plus des pertes en vies humaines, le paludisme affecte l'économie en réduisant le PNB et entrave la scolarité des enfants et le développement social. Il est ainsi considéré comme une maladie de la pauvreté et une cause de pauvreté. Trois parasites sont responsables du paludisme chez l’homme : le Plasmodium malariae, le Plasmodium ovale et le Plasmodium falciparum ; ce dernier est l’espèce la plus courante et elle est responsable d’atteintes graves et parfois mortelles. Compte tenu de l'ampleur de l’endémie, les Chefs d'Etat et de gouvernement lors du 33ème sommet de l'OUA en juin 1997 à Harare, ont manifesté leur volonté de combattre avec beaucoup de détermination cette maladie. Le 24 avril 2000, ils ont ratifié la Déclaration du plan d’action d’Abuja (Nigeria) sur le Projet Faire Reculer le paludisme (Roll Back Malaria) en Afrique et se sont engagés à prendre des mesures appropriées et durables pour le renforcement des systèmes de santé afin qu’en 2005 : • au moins 60 % des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans, bénéficient de la combinaison la plus appropriée de mesures de prévention personnelles et collectives, telles que les moustiquaires imprégnées et autres interventions qui sont accessibles et abordables, pour prévenir l'infection et la souffrance ; • au moins 60% de toutes les femmes enceintes à risque de paludisme, particulièrement les primigestes, aient accès à la chimioprophylaxie ou au traitement préventif intermittent ; • au moins 60% des paludéens aient accès à un traitement rapide, adéquat et abordable dans un délai de 24 heures après l'apparition des symptômes. Au Sénégal, le profil épidémiologique se caractérise par une endémicité stable marquée par une recrudescence saisonnière et une létalité importante dans les formations sanitaires et dans les ménages. Face à cette situation, un plan stratégique national de lutte contre le paludisme a été élaboré et mis en œuvre depuis 2001 à tous les niveaux avec l’appui technique et financier des partenaires. Ce plan vise à améliorer les performances du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) en matière de suivi et évaluation et de mise en oeuvre des activités de lutte contre le paludisme. Le PNLP s’est fixé les objectifs suivants : 168 | Paludisme a. Objectifs Généraux Réduire la morbidité et la mortalité dues au paludisme dans l’ensemble du pays. b. Objectifs Spécifiques 1. Renforcer la capacité pour la planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des activités de lutte antipaludique à tous les niveaux ; 2. Améliorer la qualité de la prise en charge du paludisme comprenant la prise en charge communautaire utilisant le médicament disponible le plus efficace ; 3. Renforcer les mesures de prévention du paludisme, par : • la promotion de l’utilisation de mesures de protection personnelle parmi la population à risque (enfants de moins de 5 ans et femmes enceintes) ; et, • l’utilisation des mesures de lutte antivectorielle accessibles et variables plus particulièrement l’aspersion intra domiciliaire d’insecticides (CAID) ; 4. Renforcer la lutte contre le paludisme chez la femme enceinte par la prise en charge effective des cas, la prévention par le traitement préventif intermittent ; 5. Renforcer la lutte contre les épidémies de paludisme par la détection précoce et la réponse à temps aux épidémies ; 6. Promouvoir et mettre en œuvre des stratégies d’Information-Education-Communication (IEC) ; 7. Renforcer le système de monitoring et d’évaluation incluant la recherche opérationnelle ; 8. Développer et renforcer la coordination nationale et le partenariat. Au Sénégal, les engagements pris dans la Déclaration du plan d’action d’Abuja (Nigeria) se traduisent dans l’atteinte des principaux résultats suivants : • au moins 60 % pour 2005 et 80 % en 2009 des personnes à risque, surtout les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans, puissent bénéficier de la combinaison la plus appropriée des mesures de protection personnelle et communautaire telles que les moustiquaires traitées aux insecticides et d’autres interventions accessibles et abordables pour prévenir l’infection et le souffrance ; • au moins 60 % pour 2005 et 80 % en 2009 des femmes enceintes ont accès au traitement préventif intermittent, conformément aux recommandations du PNLP1 ; 1 Selon les Directives Nationales, toute femme qui vient en consultation prénatale, doit bénéficier de 3 comprimés de sulfadoxine pyriméthamine aux 2ième et 3ième trimestres de grossesse. Paludisme | 169 • au moins 60 % pour 2005 et 80 % en 2009 des cas probables ou confirmés de paludisme ont accès à un traitement rapide, adéquat et abordable dans un délai de 24 heures après l’apparition des symptômes conformément aux recommandations du PNLP2. La quatrième Enquête Démographique et de Santé a été donc une occasion pour collecter des données concernant l’utilisation des moyens de prévention contre cette maladie. Les résultats présentés dans ce chapitre portent sur l’accès des ménages aux moustiquaires, l’utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, le traitement préventif intermittent du paludisme par les femmes enceintes, l’utilisation de la SP (sulfadoxine pyrimethmine ou Fansidar) pour le traitement préventif intermittent du paludisme, et la prévalence et le traitement de la fièvre ou des convulsions chez les enfants de moins de cinq ans. 9.1 ACCÈS AUX MOUSTIQUAIRES Le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) a défini les normes et standards des moustiquaires et des insecticides. La promotion de l’utilisation des moustiquaires imprégnées aux insecticides s’effectue par le biais de campagnes périodiques pour susciter la demande, avec l’aide de plusieurs partenaires. 9.1.1 Disponibilité de moustiquaires dans les ménages Une des stratégies majeures de lutte contre le paludisme est la protection individuelle par l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide. Au cours de l’enquête, on a donc demandé à chaque ménage s’il possédait des moustiquaires utilisées pour dormir, le nombre de moustiquaires disponibles et depuis combien de temps il possédait ces moustiquaires. En outre, il a été aux ménages si les moustiquaires avaient été imprégnées d’insecticide et, si oui, combien de temps s’était écoulé depuis la dernière imprégnation. Les résultats présentés au tableau 9.1 et au graphique 9.1, montrent qu’au Sénégal, près de quatre ménages sur dix (38 %) possède au moins une moustiquaire.3 La proportion de ménages disposant d’au moins une moustiquaire est plus élevée en milieu rural (44 %) qu’en milieu urbain (32 %). Les variations inter régionales sont également fortes : les proportions les plus faibles sont observées à Dakar (23 %), Diourbel (24 %) et Thiès (28 %) et les plus fortes à Matam (72 %), Ziguinchor (68 %), Saint-Louis et Kolda (67 % chacune). Enfin la possession d’une moustiquaire est plus fréquente dans les ménages pauvres (40 à 45 % dans les trois premiers quintiles) que dans les ménages riches (30 à 32 % dans les deux derniers quintiles). On note cependant que beaucoup de ménages ne possèdent qu’une moustiquaire puisque seulement 24 % des ménages disposent de deux moustiquaires ou plus et, en moyenne, un ménage dispose de moins d’une moustiquaire (0,9). Dans seulement trois régions, à savoir Ziguinchor et Matam et Kolda, le nombre moyen de moustiquaires par ménage dépasse 2. 2 Les ACT sont les nouveaux médicaments contre le paludisme qu’on va bientôt mettre en place dans les formations sanitaires et qui vont se substituer progressivement au SP-Amodiaquine. 3 La faible possession d’une moustiquaire pourrait être influencée par l’utilisation d’autres méthodes de prévention telles que l’insecticide, les grilles, les fumigènes, etc. 170 | Paludisme Tableau 9.1 Possession de moustiquaires Pourcentage de ménages possédant au moins une et plus d’une moustiquaire (traitée ou non), au moins une et plus d’une moustiquaire qui a été imprégnée et au moins une et plus d’une moustiquaire imprégnée d’insecticides (MII), et nombre moyen de moustiquaires par ménage, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique démographique Pourcentage de ménages ayant au moins une moustiquaire Pourcentage de ménages ayant plus d'une moustiquaire Nombre moyen de moustiquaires par ménage Pourcentage de ménages ayant au moins une moustiquaire qui a été imprégnée1 Pourcentage de ménages ayant plus d'une moustiquaire qui a été imprégnée1 Nombre moyen de moustiquaires imprégnées par ménage1 Pourcentage de ménages ayant au moins une MII2 Pourcentage de ménages ayant plus d'une MII2 Nombre moyen de MII par ménage2 Effectif de ménages Milieu de résidence Urbain 31,7 17,6 0,7 24,6 13,1 0,5 18,0 9,5 0,4 3 590 Rural 43,9 29,2 1,1 29,3 17,8 0,7 22,2 12,9 0,5 3 822 Région Dakar 23,2 9,9 0,4 17,7 7,8 0,3 13,1 6,3 0,2 2 111 Diourbel 23,6 10,6 0,4 17,7 7,7 0,3 14,2 5,4 0,2 727 Fatick 33,8 20,5 0,8 26,9 15,5 0,5 19,7 9,4 0,4 427 Kaolack 33,7 16,4 0,7 26,2 13,1 0,5 19,9 8,9 0,4 750 Kolda 66,7 51,1 2,0 46,5 33,2 1,3 35,5 23,6 0,9 560 Louga 35,8 22,1 0,8 28,8 17,6 0,6 18,9 10,6 0,4 411 Matam 72,2 58,6 2,3 43,6 36,1 1,4 39,0 31,8 1,2 239 Saint-Louis 66,9 54,1 1,9 39,5 28,3 1,0 31,0 21,6 0,8 480 Tambacounda 58,9 39,9 1,6 39,0 23,3 0,9 27,3 17,5 0,7 417 Thiès 28,2 14,3 0,6 25,6 12,8 0,5 18,1 8,6 0,3 963 Ziguinchor 67,9 52,8 2,0 33,4 20,5 0,8 23,0 13,6 0,5 327 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 40,0 27,7 1,1 26,5 16,7 0,6 20,5 12,6 0,5 1 260 Second 43,8 28,9 1,1 26,9 16,0 0,6 20,2 11,3 0,4 1 444 Moyen 45,2 30,3 1,1 31,0 19,5 0,7 23,0 13,9 0,5 1 559 Quatrième 31,9 15,8 0,7 25,8 11,8 0,5 18,7 8,5 0,4 1 656 Le plus riche 29,6 16,8 0,6 24,9 14,2 0,5 18,4 10,4 0,4 1 494 Ensemble 38,0 23,6 0,9 27,1 15,5 0,6 20,2 11,3 0,4 7 412 1 Une moustiquaire qui a été imprégnée est une moustiquaire, initialement traitée ou non, qui a été imprégnée d’insecticide par la suite. 2 Une moustiquaire imprégnée d'insecticide (MII) est (1) une moustiquaire industrielle imprégnée à vie ou (2) une moustiquaire imprégnée mais obtenue il y a moins de 12 mois ou (3) une moustiquaire qui a été imprégnée d’insecticide il y a moins de 12 mois. Graphique 9.1 Possession de moustiquaires par les ménages EDS-IV 2005 32 44 38 25 29 27 18 22 20 Urbain Rural SÉNÉGAL 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage Au moins une moustiquaire Au moins une moustiquaire traitée Au moins une moustiquaire MII Paludisme | 171 Le tableau 9.1 présente également la proportion de ménages ayant déclaré posséder au moins une moustiquaire imprégnée, c’est-à-dire une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide à un moment quelconque, et la proportion de ceux qui possèdent une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII)4, c’est-à-dire soit une moustiquaire imprégnée à vie, soit une moustiquaire imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois ou enfin une moustiquaire qui a été imprégnée d’insecticide il y a moins de 12 mois. Pour les moustiquaires imprégnées à un moment quelconque, les résultats indiquent que seulement 27 % des ménages ont déclaré en posséder au moins une et seulement 16 % en ont deux plus. Le pourcentage de ménages disposant d’au moins une moustiquaire est légèrement plus élevée dans les campagnes (29 %) que dans les villes (25 %) et est peu variable selon le niveau de bien-être économique. Ici, les régions de Kolda (47%) et Matam (44 %) ont relativement plus d’accès aux moustiquaires imprégnées. En moyenne, un ménage dispose de 0,6 moustiquaire imprégnée. La possession d’une MII par les ménages est relativement rare (20 %). C’est surtout dans les régions de Matam (39 %) et de Kolda (36 %) qu’on rencontre de telles moustiquaires qui finalement ne sont disponibles qu’en nombre très limité (dans l’ensemble, 0,4 par ménage en moyenne). Toutefois, à Matam, la région ayant eu le plus accès à ce type de moustiquaire, un ménage en dispose en moyenne de 1,2. 9.1.2 Utilisation des moustiquaires par les groupes vulnérables Aux ménages ayant déclaré posséder au moins une moustiquaire, on a demandé qui avait dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête. Les résultats sont présentés pour l’ensemble des femmes de 15-49 ans, ainsi que pour deux groupes de population particulièrement vulnérables : les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans (tableaux 9.2 et 9.3). Utilisation de moustiquaires par les enfants de moins de cinq ans Le tableau 9.2 et le graphique 9.2 présentent la proportion d’enfants de moins de cinq ans qui ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête, en fonction de la catégorie de moustiquaire et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate d’une manière générale, qu’un enfant de moins de cinq ans sur sept (14 %) a dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête. La fréquence d’utilisation de la moustiquaire diminue légèrement au fur et à mesure que l’âge de l’enfant augmente : de 16 % à moins de 12 mois, la proportion passe à 12 % à 48-59 mois. On ne relève aucune différence ni selon le sexe de l’enfant, ni selon le milieu de résidence. Par contre, les différences entre les régions sont importantes : Matam (42 %), Saint-Louis (39 %) et Ziguinchor (37 %) viennent en tête tandis que dans cinq régions (Diourbel, Dakar, Kaolack, Louga et Thiès), moins de 10 % des enfants ont dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête. Selon le niveau de vie du ménage, pour des raisons différentes, les proportions d’enfants ayant dormi sous une moustiquaire les plus faibles sont observées dans les groupes les plus pauvres (8 %) et les plus riches (10 %). Dans la classe moyenne (22 % dans le quintile moyen), les enfants sont plus nombreux à bénéficier de cette commodité. Les pourcentages sont plus faibles quand il s’agit de moustiquaires traitées (dans l’ensemble, 10 % des enfants). La proportion d’enfants de moins de cinq ayant dormi sous une moustiquaire MII est encore plus faible (7 %) ; ce type de moustiquaire concerne essentiellement les régions de Matam (25 % des enfants) et de Saint-Louis (19 %). 4 Une moustiquaire imprégnée d'insecticide (MII) est soit une moustiquaire imprégnée à vie, soit une moustiquaire imprégnée mais obtenue il y a moins de 12 mois, soit une moustiquaire qui a été imprégnée d’insecticide il y a moins de 12 mois. 172 | Paludisme Tableau 9.2 Utilisation des moustiquaires par les enfants Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans dans les ménages qui ont dormi sous une moustiquaire (traitée ou non), sous une moustiquaire qui a été impregnée, et sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide (MII) la nuit précédant l’enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique démographique Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans qui ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l'enquête Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans qui ont dormi sous une moustiquaire déjà imprégnée la nuit précédant l'enquête Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans qui ont dormi sous une MII la nuit précédant l'enquête Effectif d'enfants de moins de 5 ans Âge en mois < 12 16,2 11,3 8,8 2 388 12-23 13,9 9,6 6,8 2 121 24-35 13,6 9,9 7,0 1 999 36-47 13,1 9,0 6,4 2 041 48-59 12,0 8,3 6,1 1 903 Sexe Masculin 14,0 10,0 7,4 5 335 Féminin 13,8 9,3 6,8 5 117 Milieu de résidence Urbain 13,7 10,4 7,3 3 783 Rural 14,0 9,2 7,0 6 669 Région Dakar 8,2 7,4 4,9 1 811 Diourbel 4,6 3,7 2,9 1 251 Fatick 10,9 8,4 5,0 648 Kaolack 8,8 7,6 5,4 1 380 Kolda 20,2 12,4 8,7 940 Louga 7,6 6,9 4,1 701 Matam 41,5 27,9 24,8 452 Saint-Louis 39,1 23,3 18,6 698 Tambacounda 11,2 7,8 6,3 740 Thiès 8,6 7,6 5,1 1 455 Ziguinchor 37,2 13,1 9,7 376 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 7,6 5,2 3,7 2 422 Second 15,9 9,1 7,1 2 325 Moyen 21,7 14,2 11,0 2 176 Quatrième 13,7 11,6 8,3 1 906 Le plus riche 10,0 8,7 5,5 1 625 Ensemble1 13,9 9,7 7,1 10 453 1 L’ensemble inclut un cas dont le sexe est non-déterminé. Paludisme | 173 Utilisation de moustiquaires par les femmes enceintes Le tableau 9.3 présente les mêmes résultats pour l’ensemble des femmes âgées de 15-49 ans et pour les femmes enceintes pour chaque type de moustiquaire utilisée, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Globalement, 13 % de l’ensemble des femmes de 15-49 ans ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête. Cette proportion est plus faible en milieu urbain (11 %) qu’en milieu rural (14 %) et elle est pratiquement invariable selon le niveau d’instruction. Par contre, comme pour les enfants, elle est la plus élevée dans les régions de Matam (41 %), Saint-Louis (36 %) et Ziguinchor (32 %) et la plus basse dans celles de Diourbel, Dakar, Kaolack, Louga et Thiès (moins de 10 % des femmes). Les différentiels selon le niveau de bien-être économique sont similaires ceux observés pour les enfants. Concernant la proportion de femmes ayant dormi sous une moustiquaire imprégnée, elle est de 9 %, contre 7 % pour celles qui dormi sous une moustiquaire de type MII. Les résultats concernant les femmes enceintes ayant dormi sous une moustiquaire quel que soit le type (14 %), une moustiquaire traitée (10 %) et sous une moustiquaire de type MII (9 %) sont à peine différents de ceux de l’ensemble des femmes. Cependant, contrairement à l’ensemble des femmes, on remarque chez les femmes enceintes, l’utilisation des moustiquaires est légèrement moins fréquente en milieu rural (qu’en milieu urbain), chez les femmes non instruites et dans les ménages les plus pauvres. Ce résultat laisse supposer qu’au Sénégal, il reste encore beaucoup d’efforts à faire pour amener les femmes enceintes, plus vulnérables à l’infection, à utiliser plus fréquemment des moustiquaires pour se protéger contre le paludisme. EDS-IV 2005 SÉNÉGAL Dakar Diourbel Fatick Kaolack Kolda Louga Matam Saint-Louis Tambacounda Thiès Ziguinchor 0 10 20 30 40 50 Pourcentage Enfants ayant dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l'enquête Enfants ayant dormi sous une moustiquaire déjà traitée la nuit précédant l'enquête Enfants ayant dormi sous une MII la nuit précédant l'enquête Graphique 9.2 Utilisation de moustiquaires par les enfants de moins de 5 ans 174 | Paludisme Tableau 9.3 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes Pourcentage de toutes les femmes et des femmes enceintes, (dans les ménages),âgées de 15-49 ans, qui ont dormi sous une moustiquaire, (traitée ou non), sous une moustiquaire qui a été imprégnée, et sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide (MII) la nuit ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Ensemble des femmes Femmes enceintes Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l'enquête Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire imprégnée la nuit précédant l'enquête Pourcentage ayant dormi sous une MII la nuit précédant l'enquête Effectif Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l'enquête Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire traitée la nuit précédant l'enquête Pourcentage ayant dormi sous une MII la nuit précédant l'enquête Effectif Milieu de résidence Urbain 11,1 8,2 6,2 7 447 14,8 11,4 9,9 423 Rural 14,2 9,3 7,2 7 825 14,1 9,8 7,8 792 Région Dakar 6,4 5,3 4,0 4 050 4,1 4,1 3,8 166 Diourbel 3,9 3,1 2,5 1 620 5,1 2,3 2,0 159 Fatick 11,0 8,5 5,5 740 15,6 10,4 6,2 58 Kaolack 9,2 8,0 6,0 1 720 12,5 11,3 9,1 175 Kolda 23,3 14,3 10,1 1 094 19,1 12,2 9,5 124 Louga 6,7 5,9 3,7 954 6,1 6,1 3,7 88 Matam 40,5 25,2 22,2 569 44,8 32,5 28,6 53 Saint-Louis 36,0 22,1 17,9 993 44,4 28,4 24,1 87 Tambacounda 14,1 9,7 8,4 889 5,2 4,5 4,1 105 Thiès 7,8 6,7 5,1 2 058 11,1 11,1 9,7 157 Ziguinchor 31,8 12,4 8,6 585 33,1 11,1 8,2 42 Niveau d'instruction Aucun 12,3 8,3 6,6 9 160 13,4 9,2 7,6 832 Primaire 13,5 9,8 7,3 4 041 17,0 12,9 10,5 275 Secondaire+ 12,8 8,5 6,1 2 070 14,8 12,4 10,3 107 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 8,5 5,3 4,0 2 549 6,3 3,8 3,0 302 Second 15,8 8,9 7,1 2 679 15,4 9,9 7,7 283 Moyen 20,9 13,8 10,9 2 946 23,8 15,6 13,6 258 Quatrième 11,5 9,0 6,9 3 300 16,3 14,4 12,1 198 Le plus riche 7,9 6,8 4,8 3 798 10,4 10,1 7,9 174 Ensemble 12,7 8,8 6,7 15 272 14,4 10,4 8,5 1 215 9.2 TRAITEMENT PRÉVENTIF DU PALUDISME CHEZ LES FEMMES ENCEINTES Lors de l’EDS-IV, on a posé aux femmes qui avaient eu une naissance au cours des cinq dernières années plusieurs questions pour savoir si elles avaient pris des antipaludéens à titre préventif au cours de leur dernière grossesse et quel type d’antipaludéens elles avaient pris. Au tableau 9.4 et au graphique 9.3, on relève que 83 % des femmes enceintes ont pris des médicaments antipaludéens à titre préventif au cours de leur dernière grossesse. On note des écarts importants selon le lieu de résidence : plus de neuf femmes urbaines sur dix (91 %) et pres huit rurales sur dix (79 %) ont pris des médicaments antipaludéens à titre préventif au cours de la grossesse de leur dernière naissance vivante. Le pourcentage de femmes ayant bénéficié de ce service dépasse 90 % dans les régions de Thiès (94 %) et de Dakar (91 %). Les régions les moins couvertes sont Matam (69 %) et Paludisme | 175 Tambacounda (70 %). Le pourcentage de femmes ayant pris des médicaments antipaludéens à titre préventif augmente des non instruites (80 %) à celles qui ont fréquenté l’école (90 % chez celles de niveau primaire et 94 % chez celles de niveau secondaire ou plus). Il croît aussi avec le niveau de bien- être économique : 72 % dans les ménages les plus pauvres, 86 % dans la catégorie moyenne et 94 % dans le groupe le riche. On note enfin, une légère tendance à la baisse selon le rang de naissance : 84 % pour les enfants de rangs 2 et 3 (issus généralement de femmes jeunes) et 80 % chez ceux de rangs 7 ou plus. Tableau 9.4 Utilisation de traitement préventif par les femmes enceintes Parmi les femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance au cours des 5 années ayant précédé l’enquête, pourcentage de celles qui ont pris des antipaludéens pour prévenir le paludisme au cours de la dernière grossesse, et pourcentage de celles ayant reçu un traitement intermittent lors des visites prénatales, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de femmes enceintes ayant pris des antipaludéens préventifs Pourcentage ayant reçu un traitement intermittent (Fansidar) au cours des visites prénatales Effectif de naissances Rang de naissance 2-3 84,0 10,2 2 276 4-6 82,5 9,1 2 039 7+ 80,1 7,2 1 204 Durée depuis la naissance < 1 année 81,3 16,9 2 364 1 année 84,3 6,0 2 026 2 années 84,1 4,8 1 279 3 années 86,4 4,8 747 4 années 82,6 3,0 510 Milieu de résidence Urbain 90,6 11,1 2 689 Rural 78,8 8,0 4 238 Région Dakar 90,8 8,2 1365 Diourbel 84,5 13,6 812 Fatick 83,3 11,7 386 Kaolack 79,4 7,9 861 Kolda 76,4 3,3 638 Louga 80,4 12,5 453 Matam 69,0 5,2 286 Saint-Louis 81,0 12,3 446 Tambacounda 69,5 3,9 498 Thiès 94,3 12,7 937 Ziguinchor 82,1 5,4 246 Niveau d'instruction Aucun 80,0 8,7 4 858 Primaire 90,3 9,5 1 508 Secondaire ou plus 93,7 12,0 561 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 71,5 6,3 1 490 Second 78,3 6,8 1 476 Moyen 86,0 10,2 1 459 Quatrième 90,1 11,0 1 330 Le plus riche 93,8 12,4 1 171 Ensemble 83,3 9,2 6 927 176 | Paludisme Les questions concernant le type d’antipaludéens que les femmes avaient pris au cours de la dernière grossesse, ont permis d’identifier celles qui ont été soumises à un traitement préventif intermittent (TPI) au Fansidar. Les pourcentages de femmes ayant bénéficié d’un tel traitement au cours des visites prénatales sont également présentés dans le tableau 9.4. Dans l’ensemble, seulement 9 % des femmes concernées sont dans ce cas. Les femmes urbaines, de niveau d’instruction secondaire ou plus, les mères d’enfants de rangs 2 ou 3, ainsi celles des ménages au-dessus de la moyenne de niveau de bien-être ont été les plus concernés par ce type de traitement. Par ailleurs, les femmes des régions de Diourbel (14 %), Thiès (13 %), Louga (13 %), Saint-Louis (12 %) et Fatick (12 %) ont été relativement mieux couvertes. Les résultats selon le temps écoulé depuis la naissance de l’enfant montrent une augmentation de la proportion de femmes ayant bénéficié du TPI : 17 % pour les 12 derniers mois avant l’enquête, 6 % pour les 12 à 23 derniers mois et 3 % dans les 48 à 59 derniers mois. Ceci semble traduire les progrès réalisés dans le recours au TPI au cours des cinq dernières années. Le tableau 9.5 présente, parmi les femmes ayant pris un traitement antipaludéen durant la grossesse de la dernière naissance vivante des cinq dernières années, la proportion d’entre elles qui ont pris le Fansidar, et parmi celles qui ont pris le Fansidar le pourcentage ayant ce médicament une fois, deux fois ou trous fois plus. Seulement une femme sur cinq (21 %) ayant pris des antipaludéens a déclaré avoir pris le Fansidar. La proportion de femmes se trouvant dans ce cas varie à peine selon le milieu de résidence, le niveau d’instruction et le niveau d bien-être économique. Par contre, on note une sensible diminution de la proportion avec le rang de naissance et une variation inter régionale similaire aux résultats précédents. Parmi les femmes qui ont pris le Fansidar, 40 % l’a fait une seule fois, 39 % l’ont pris deux fois et 19 % (soit près de une sur cinq), trois fois plus. On retrouve les plus fortes proportions de femmes ayant pris le Fansidar trois fois ou plus parmi les urbaines (25 % contre 14 % des rurales), à Dakar (38 %) et Kaolack (26 %), chez les femmes de niveau secondaire ou plus (23 %) et dans les ménages riches (plus de 23 %). Graphique 9.3 Utilisation de traitement préventif contre le paludisme au cours de la dernière grossesse EDS-IV 2005 83 91 79 80 90 94 SÉNÉGAL RÉSIDENCE Urbain Rural INSTRUCTION Aucun Primaire Secondaire ou plus 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Pourcentage Paludisme | 177 Tableau 9.5 Utilisation de Fansidar pour le traitement intermittent Parmi les mères qui ont pris un médicament antipaludéen pour la prévention durant la dernière grossesse se terminant par une naissance vivante au cours des 5 années précédant l'enquête, pourcentage ayant pris le sulfadoxine-pyrimethamine (Fansidar), le nombre de fois qu’elles en ont pris, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Parmi celles qui ont pris du Fansidar, pourcentage qui en ont pris Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant pris du Fansidar Effectif de mères ayant pris un médicament antipaludéen Une fois Deux fois Trois fois ou plus Effectif de mères ayant pris du Fansidar Rang de naissance 2-3 23,1 1 911 38,2 41,9 17,3 442 4-6 21,3 1 682 43,1 35,8 18,8 359 7+ 17,7 965 41,2 34,1 23,0 171 Milieu de résidence Urbain 20,7 2 435 33,5 38,1 24,7 505 Rural 22,0 3 338 45,1 38,9 14,2 733 Région Dakar 14,0 1 239 25,3 30,1 38,1 174 Diourbel 31,4 686 39,6 42,0 16,2 215 Fatick 27,4 322 40,6 39,5 17,4 88 Kaolack 19,9 684 38,4 32,6 26,2 136 Kolda 8,9 487 (45,3) (27,6) (23,5) 43 Louga 33,8 364 50,5 44,1 4,9 123 Matam 13,0 197 (42,3) (36,3) (21,5) 26 Saint-Louis 29,1 361 43,4 42,5 11,2 105 Tambacounda 12,9 346 (45,0) (38,5) (10,7) 45 Thiès 28,9 883 43,6 43,8 12,0 256 Ziguinchor 13,7 202 (47,6) (24,5) (27,9) 28 Niveau d'instruction Aucun 21,7 3 886 41,7 38,9 17,5 843 Primaire 20,8 1 361 39,8 37,0 19,5 283 Secondaire+ 21,4 526 32,0 40,3 23,0 113 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 18,5 1 065 46,2 39,0 13,3 197 Second 18,7 1 157 43,1 40,9 14,8 217 Moyen 25,5 1 255 45,0 36,7 16,5 321 Quatrième 21,5 1 198 35,6 36,5 23,7 258 Le plus riche 22,4 1 099 32,4 40,9 23,1 246 Ensemble 21,4 5 772 40,4 38,6 18,5 1 238 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés 9.3 TRAITEMENT DU PALUDISME CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS Au cours de l’EDS-IV, en plus des questions sur la disponibilité des moustiquaires et le traitement préventif antipaludéen chez les femmes enceintes, on a demandé si les enfants de moins de cinq ans avaient eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. Dans l’affirmative, une série de questions sur le traitement de la fièvre ont été posées : ces questions portaient sur le recours à des médicaments antipaludéens et sur le moment où le traitement a été administré pour la première fois. Les résultats sont présentés aux tableaux 9.6 et 9.7. 178 | Paludisme Tableau 9.6 Prévalence et traitement précoce de la fièvre Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé, l'enquête, et parmi ces enfants, pourcentage de ceux qui ont pris des antipaludéens et types de médicaments antipaludéens pris, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Parmi les enfants ayant eu de la fièvre Caractéristique sociodémographique Pourcentage d'enfants ayant eu de la fièvre/ convulsions Effectif d'enfants Pourcentage ayant pris un médicament antipaludéen Pourcentage ayant pris un médicament antipaludéen le même jour/jour suivant Effectif d'enfants avec fièvre Âge en mois < 6 33,8 1 296 24,8 12,8 438 6-11 43,0 1 022 27,4 10,4 439 12-23 37,2 2 040 27,6 12,3 760 24-35 28,3 1 863 29,2 13,5 527 36-47 22,4 1 826 25,9 11,9 409 48-59 19,1 1 663 24,0 12,0 317 Milieu de résidence Urbain 30,4 3 612 34,1 16,2 1 097 Rural 29,4 6 097 22,3 9,8 1 794 Région Dakar 34,7 1 791 37,6 19,1 622 Diourbel 23,2 1 151 18,0 9,0 267 Fatick 22,7 587 22,1 6,6 133 Kaolack 37,6 1 260 17,3 9,4 474 Kolda 26,5 851 32,8 13,9 225 Louga 28,6 654 26,4 4,5 187 Matam 30,4 416 38,6 18,5 127 Saint-Louis 35,2 626 25,1 9,7 220 Tambacounda 29,3 720 29,5 13,3 211 Thiès 26,3 1 323 16,3 7,2 348 Ziguinchor 23,1 329 45,4 25,4 76 Niveau d'instruction Aucun 29,8 6 911 23,5 10,5 2 058 Primaire 30,4 2 081 35,5 16,9 632 Secondaire+ 27,9 717 32,8 15,2 200 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 29,6 2 187 19,8 7,1 647 Second 31,2 2 111 22,1 9,9 659 Moyen 27,0 2 067 25,9 13,2 558 Quatrième 31,5 1 793 33,3 16,7 564 Le plus riche 29,8 1 551 36,4 16,0 462 Ensembe 29,8 9 709 26,8 12,2 2 891 Le tableau 9.6 montre que parmi les enfants de moins de cinq ans, trois sur dix ont eu de la fièvre et/ou des convulsions au cours des deux dernières semaines ayant précédé l’enquête. Les seules variables différentielles discriminantes sont l’age de l’enfant et la région de résidence. Selon l’âge, la prévalence de la fièvre les plus élevées sont observées chez les enfants de 6-23 mois (43 % à 6-11 mois et 37 % à 12-23 mois). La prévalence de la fièvre a été également plus forte à Kaolack (38 %) et Dakar (35 %). Paludisme | 179 Parmi les enfants ayant eu de la fièvre, plus de un sur quatre (27 %) a été traité avec des antipaludéens et seulement 12 % ont pris des antipaludéens de manière précoce, c’est-à-dire soit le jour même où la fièvre est apparue, soit le jour suivant. Le traitement par des antipaludéens ne présente pas d’écarts importants selon l’âge de l’enfant. Par contre, les enfants nés de mères urbaines ou instruites ont largement été mieux pris en charge. De même, à Ziguinchor, Dakar et Matam, la prise en charge de la fièvre chez les enfants avec des antipaludéens a été plus fréquente et plus précoce. Enfin, les pourcentages d’enfants traités aux antipaludéens et d’enfants ayant reçu ce traitement dans les deux premiers d’épisode augmentent régulièrement avec le niveau de bien-être économique. Par exemple, le pourcentage d’enfants ayant reçu des antipaludéens le jour même où la fièvre est apparue ou le jour suivant passe de 7 % dans les ménages les plus pauvres à 10 % dans le second quintile et 16 à 17 % dans les deux derniers quintiles. Le tableau 9.7 présente, parmi les enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre, les proportions de ceux qui ont pris différents types d’antipaludéens et les proportions de ceux qui les ont pris rapidement après l’apparition de la fièvre. Le médicament auquel il a été fait le plus fréquemment recours est la chloroquine : 17 % l’ont reçu et la moitié d’entre eux rapidement après l’apparition de la fièvre. Les enfants du milieu urbain, ceux de Matam, Dakar et Ziguinchor, ceux de mères instruites ou appartenant à des ménages riches ont été relativement plus fréquemment traités à la chloroquine. Le deuxième antipaludéen qui a été le plus utilisé est l’amodiaquine : 8 % et 3 % ont reçu ce médicament respectivement à un moment quelconque et précocement. La quinine a concerné moins de 3 % des enfants et 2 % d’entre eux à qui il a été administré dans les deux premiers jours de l’épisode. Enfin, le recours au Fansidar chez les enfants de moins de cinq ans pour traiter la fièvre a été marginal (moins de 1 %). On n’observe un recours significatif à ce médicament que dans la région de Ziguinchor (5 %) et chez les mères de niveau d’instruction secondaire ou plus (4 %). 180 | Paludisme Tableau 9.7 Traitement standard de la fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, pourcentage de ceux qui ont pris certains antipaludéens le même jour ou le jour suivant l'apparition de la fièvre, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Pourcentage qui ont pris de la SP Fansidar Pourcentage qui ont pris de la SP Fansidar le même jour/jour suivant Pourcentage qui ont pris de la chloroquine Pourcentage qui ont pris de la chloroquine le même jour/jour suivant Pourcentage qui ont pris de l'Amodiaquine Pourcentage qui ont pris de l'Amodiaquine le même jour/jour suivant Pourcentage qui ont pris de la quinine Pourcentage qui ont pris de la quinine le même jour/ jour suivant Effectif d'enfants ayant eu de la fièvre Âge en mois < 6 0,1 0,1 14,5 8,0 8,7 4,4 1,6 0,2 438 6-11 0,0 0,0 17,9 6,9 7,8 2,6 2,0 0,9 439 12-23 2,1 1,0 17,0 8,3 6,2 2,2 2,8 0,8 760 24-35 0,7 0,4 21,1 10,8 6,9 1,7 1,7 0,6 527 36-47 0,5 0,5 13,5 7,8 10,1 3,3 2,0 0,5 409 48-59 0,9 0,9 15,0 8,2 7,7 2,9 1,1 0,6 317 Milieu de résidence Urbain 1,6 0,9 22,5 11,4 8,0 3,3 2,7 1,0 1 097 Rural 0,4 0,3 13,3 6,6 7,4 2,4 1,5 0,4 1 794 Région Dakar 2,2 1,1 26,4 14,4 6,5 3,0 3,4 1,0 622 Diourbel 0,5 0,5 11,4 5,3 5,7 3,0 0,6 0,2 267 Fatick 0,5 0,0 11,9 4,9 8,8 1,7 1,9 0,0 133 Kaolack 0,1 0,1 9,2 6,4 6,5 2,2 2,0 0,6 474 Kolda 1,4 1,4 18,0 7,2 12,6 4,6 1,5 0,7 225 Louga 0,4 0,0 15,1 2,5 6,6 0,7 4,2 1,2 187 Matam 0,0 0,0 31,2 17,3 7,0 1,1 0,5 0,0 127 Saint-Louis 0,3 0,0 16,2 7,2 6,7 2,2 2,2 0,5 220 Tambacounda 0,0 0,0 17,0 10,5 12,8 2,4 0,8 0,8 211 Thiès 0,0 0,0 9,7 3,6 6,1 3,2 0,5 0,4 348 Ziguinchor 5,2 5,2 23,9 12,1 14,6 7,5 3,1 1,3 76 Niveau d'instruction Aucun 0,8 0,7 14,5 7,1 6,6 2,2 2,2 0,7 2 058 Primaire 0,4 0,3 24,0 12,2 10,5 4,0 1,4 0,6 632 Secondaire+ 3,6 0,0 17,9 10,0 9,9 5,0 1,8 0,2 200 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,8 0,6 11,0 3,9 7,0 2,1 1,7 0,4 647 Second 0,3 0,3 13,9 7,2 6,6 2,1 1,5 0,4 659 Moyen 0,3 0,3 16,5 9,6 7,8 2,5 1,7 0,9 558 Quatrième 2,6 1,4 20,6 12,3 8,3 2,7 3,0 0,8 564 Le plus riche 0,2 0,1 24,8 10,2 9,0 5,0 2,3 0,8 462 Total 0,9 0,5 16,8 8,4 7,7 2,8 2,0 0,6 2 891 Allaitement et État Nutritionnel | 181 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL 10 Babou Diaham et Biram Ndiaye La malnutrition est l’un des principaux problèmes de santé et bien-être qui affectent les enfants dans les pays en développement en général et au Sénégal en particulier. Selon la définition de l’OMS, la malnutrition se caractérise par un « état pathologique résultant de la carence ou de l’excès, relatif ou absolu, d’un ou plusieurs nutriments essentiels, que cet état se manifeste cliniquement ou ne soit décelable que par des analyses biochimiques, anthropométriques ou physiologiques » (OMS, 1982). Elle résulte aussi bien d’une alimentation inadéquate que d’un environnement sanitaire déficient. Les pratiques alimentaires inadéquates font référence, non seulement à la qualité et à la quantité des aliments donnés aux enfants, mais aussi aux étapes de leur introduction. Ce chapitre porte sur les résultats concernant l’alimentation des enfants nés dans les cinq années ayant précédé l’enquête et sur l’état nutritionnel des enfants et des femmes. Les pratiques d’allaitement et d’alimentation de complément constituent la première partie du chapitre. La deuxième partie est consacrée aux carences en micronutriments : elle porte en particulier sur la prévalence de l’anémie dans la population des enfants et des femmes et sur la consommation de Vitamine A, de sel iodé et de complément en fer. Enfin, la dernière partie est consacrée aux résultats portant sur les mesures anthropométriques (poids et taille) des enfants et des femmes, à partir desquelles a été évalué leur état nutritionnel. 10.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT Les pratiques d’alimentation constituent les facteurs déterminants de l’état nutritionnel des enfants qui à son tour, affecte la morbidité et la mortalité de ces enfants. Parmi ces pratiques, celles concernant l’allaitement revêtent une importance particulière. En effet, de par ses propriétés particulières (il est stérile et il transmet les anticorps de la mère et tous les éléments nutritifs nécessaires aux enfants dans les premiers mois d’existence), le lait maternel évite les carences nutritionnelles et limite l’apparition de la diarrhée et d’autres maladies. D’autre part, par son intensité et sa fréquence, l’allaitement prolonge l’infécondité post-partum et affecte, par conséquent, l’intervalle intergénésique, ce qui influe sur le niveau de la fécondité et, donc, sur l’état de santé des enfants et des mères. Compte tenu de l’importance des pratiques d’allaitement, on a demandé aux mères si elles avaient allaité leurs enfants nés dans les cinq années ayant précédé l’enquête et, plus précisément, quel âge avaient ces enfants au moment où elles avaient commencé à allaiter, pendant combien de temps elles les avaient allaités, quelle était la fréquence de l’allaitement, à quel âge avaient été introduits des aliments de complément et de quel type d’aliments il s’agissait, et enfin à quelle fréquence les différents types d’aliments étaient donnés à l’enfant. On a, également, demandé aux mères si elles avaient utilisé le biberon. 10.1.1 Début de l’allaitement Le tableau 10.1 présente, d’une part, les pourcentages d’enfants nés au cours des cinq dernières années qui ont été allaités et, d’autre part, parmi ces enfants allaités, les pourcentages de ceux qui ont été allaités dans l’heure ou le jour qui a suivi la naissance, selon certaines caractéristiques socio- démographiques. 182 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 10.1 Allaitement initial Pourcentage d'enfants nés au cours des cinq dernières années ayant précédé l'enquête qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités dans l'heure qui a suivi la naissance et pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités le jour de la naissance, et pourcentage de ceux ayant reçu le colostrum, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant été allaité Effectif d'enfants Pourcentage mis au sein dans l’heure qui a suivi la naissance Pourcentage mis au sein dans les 24 heures qui ont suivi la naissance1 Pourcentage alimenté avant le début de l'allaitement2 Effectif d'enfants allaités Sexe Masculin 96,1 5 421 22,4 79,8 48,5 5 207 Féminin 96,8 5 109 23,1 79,6 47,7 4 947 Milieu de résidence Urbain 95,2 3 842 22,9 82,1 39,6 3 656 Rural 97,2 6 688 22,6 78,4 52,9 6 498 Région Dakar 92,8 1 903 19,3 78,7 40,7 1 766 Diourbel 98,2 1 272 9,8 72,0 64,3 1 248 Fatick 96,8 639 22,5 78,1 55,3 619 Kaolack 95,2 1 395 16,0 78,7 55,1 1 329 Kolda 96,6 968 29,1 83,8 33,5 934 Louga 98,5 692 41,9 88,8 46,7 682 Matam 97,4 440 49,7 78,5 60,6 429 Saint-Louis 97,0 663 39,4 85,6 42,5 643 Tambacounda 98,2 794 14,2 67,6 64,6 779 Thiès 98,2 1 404 20,4 87,1 37,6 1 379 Ziguinchor 96,3 360 22,3 79,1 29,4 346 Niveau d’instruction de la mère Aucun 96,7 7 577 22,5 79,1 51,2 7 330 Primaire 96,3 2 194 22,6 81,3 41,0 2 112 Secondaire ou plus 93,9 759 25,0 81,1 37,4 713 Assistance à l'accouchement Professionnel de la santé3 95,5 5 469 23,7 81,8 42,4 5 222 Accoucheuse traditionnelle 96,0 790 25,0 78,2 53,8 758 Autre 97,7 3 762 21,1 79,1 54,7 3 677 Personne 97,9 441 22,5 69,4 54,6 432 NSP/ND 97,6 67 13,5 35,8 24,0 65 Lieu d'accouchement Centre de santé 95,9 6 505 23,0 82,7 43,1 6 238 A domicile 97,2 3 916 22,7 75,9 56,7 3 808 Autre 97,9 45 11,3 70,0 43,9 44 NSP/ND 100,0 64 4,6 22,9 28,5 64 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 97,0 2 425 22,4 78,1 54,1 2 351 Second 97,1 2 332 21,9 77,0 53,9 2 264 Moyen 97,5 2 238 25,9 82,3 46,1 2 183 Quatrième 95,0 1 908 24,3 82,7 45,2 1 813 Le plus riche 94,8 1 627 18,1 79,1 36,7 1 542 Ensemble 96,4 10 530 22,7 79,7 48,1 10 154 Note : Le tableau est basé sur tous les enfants vivants ou décédés au moment de l'enquête. 1 Y compris les enfants qui ont été allaités dans l'heure suivant la naissance. 2 Les enfants ayant reçu quelque chose autre que le lait maternel durant les premiers trois jours avant que la mère ne commence l'allaitement d'une manière régulière. 3 Médecin, infirmière/sage-femme, aide soignante Allaitement et État Nutritionnel | 183 La quasi-totalité des enfants (96 %) ont été allaités et cette pratique est très courante quelles que soient les caractéristiques de la mère. Cependant, elle est un peu moins fréquente si la mère vit dans un milieu favorisé (milieu urbain, femmes instruites, niveau de bien-être élevé, accouchement dans un centre de santé ou avec l’assistance de professionnel de santé). De plus, on constate que la proportion d’enfants ayant été allaités a légèrement baissé depuis l’EDS-II (98 %). Parmi les enfants allaités, la proportion de ceux qui ont été allaités dans l’heure qui a suivi immédiatement la naissance est de 23 % ; en ce qui concerne la proportion de ceux qui ont été allaités le jour qui a suivi leur naissance, elle est de 80 %. Bien que ces proportions soient en nette augmentation par rapport à celles enregistrées au cours de l’EDS-II de 1992 (respectivement, 12 % et 46 %), il n’en demeure pas moins que plus de trois enfants sur quatre (77 %) ne sont pas allaités dans l’heure qui suit leur naissance et qu’un enfant sur cinq (20 %) ne reçoit pas le lait maternel dans le premier jour qui suit sa naissance. En outre, près d’un enfant sur deux (48 %) est alimenté avant le début de l’allaitement. Ce comportement peut se révéler néfaste pour l’enfant et mettre ainsi en danger sa survie. En effet, c’est au cours des premiers allaitements, dans les vingt-quatre heures qui suivent la naissance, que l’enfant reçoit le colostrum qui contient les anticorps de la mère et qui sont essentiels pour résister à de nombreuses maladies. De plus, si le nouveau-né n’est pas allaité dans les vingt-quatre heures qui suivent la naissance, c’est qu’il reçoit, à la place du lait maternel, d’autres liquides pouvant le mettre en contact avec des agents pathogènes. Par conséquent, ces résultats montrent qu’il reste des efforts importants à déployer pour convaincre les mères de l’importance et des bienfaits de l’allaitement dès les premières heures de la vie de l’enfant. Bien que l’allaitement soit largement pratiqué par toutes les catégories de femmes, le moment où cet allaitement commence varie quelque peu selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes. C’est surtout en fonction de la région que les pourcentages d’enfants allaités dans l’heure qui a suivi la naissance varient de manière sensible : en effet, dans les régions de Diourbel (10 %), Tambacounda (14 %) et de Kaolack (16 %), moins d’un enfant sur cinq a bénéficié du lait maternel dans l’heure qui a suivi sa naissance ; à l’opposé, dans celles de Matam et de Louga, ces proportions sont respectivement de 50 % et 42 %. En ce qui concerne la répartition d’enfants allaités dans les vingt-quatre heures après leur naissance, on ne constate pas d’écarts importants ; la proportion la plus faible concerne les enfants dont la mère n’a été assistée par personne au cours de son accouchement (69 %), et c’est dans la région de Louga que l’on constate la proportion la plus élevé (89 %). Le niveau d’instruction de la mère ne semble pas avoir d’influence significative sur la pratique de l’allaitement dans les premières heures qui suivent la naissance. On remarque néanmoins que les enfants dont la mère a un niveau secondaire ou plus ont été un peu plus fréquemment allaités dans l’heure qui a suivi la naissance que ceux dont la mère a le niveau primaire ou moins (25 % contre 23 %). L’assistance à l’accouchement et, par conséquent, le lieu où celui-ci s’est déroulé influencent à peine le début de l’allaitement ; en effet, quand la mère a accouché avec l’assistance de personnel de santé ou d’accoucheuse traditionnelle, un enfant sur quatre (24 à 25 %) a été allaité dans l’heure qui a suivi sa naissance contre 21 % pour ceux dont la mère a accouché avec l’assistance d’une autre personne. De même, 23 % des femmes ayant accouché dans un établissement sanitaire ont allaité l’enfant dans l’heure qui a suivi la naissance ; quand la mère a accouché à la maison, cette proportion est identique (23 %). Le personnel de santé impliqué dans l’assistance à l’accouchement, ne semble donc pas jouer son rôle de promoteur de l’allaitement, surtout en ce qui concerne la promotion de l’allaitement dans les premières heures qui suivent la naissance. Le niveau de bien-être de la mère influe négativement sur la fréquence de l’allaitement précoce. Ainsi lorsque la mère vit dans un ménage du quintile le plus riche, 18 % seulement des enfants ont été allaités dans l’heure qui a suivi la naissance contre 22 % pour ceux dont la mère vit dans un ménage des deux quintiles les plus pauvres. 184 | Allaitement et État Nutritionnel 10.1.2 Allaitement maternel exclusif et introduction des aliments de complément Selon les recommandations de l’UNICEF et de l’OMS, tous les enfants devraient être exclusivement nourris au sein de la naissance jusqu’à l’âge de six mois. L’introduction trop précoce d’aliments de complément n’est pas recommandée car elle expose les enfants aux agents pathogènes et augmente ainsi leur risque de contracter des maladies, en particulier la diarrhée. De plus, elle diminue la prise de lait par l’enfant, et donc la succion, ce qui réduit la production de lait. Enfin, dans les populations économiquement pauvres, les aliments de complément sont souvent pauvres du point de vue nutritionnel. Par contre, à partir de six mois, l’allaitement au sein doit être complété par l’introduction d’autres aliments appropriés pour satisfaire les besoins nutritionnels de l’enfant et lui permettre la meilleure croissance possible. Les informations sur l’alimentation de complément ont été obtenues en demandant à la mère si son enfant était allaité et quel type d’aliments (solides ou liquides) il avait reçu au cours des dernières 24 heures. Bien que les questions sur l’allaitement aient été posées pour tous les enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, celles sur les compléments nutritionnels n’ont été posées qu’à propos des enfants derniers-nés. De plus, les résultats ne sont présentés que pour les enfants de moins de trois ans dans la mesure où pratiquement aucun enfant n’est plus allaité au-delà de cet âge. Les résultats du tableau 10.2 montrent que dès la naissance, presque tous les enfants sont allaités (99,8 %) et cette pratique se poursuit longtemps après la naissance puisqu’à 16-19 mois, trois enfants sur quatre (75 %) sont encore allaités. On constate qu’au Sénégal, l’allaitement exclusif n’est pas une pratique courante (graphique 10.1). En effet, à moins de 2 mois, seulement 56 % des enfants ne reçoivent que le lait maternel et à 4-5 mois cette proportion n’est que de 15 %. Dans l’ensemble, la proportion d’enfants âgés de moins de six mois sous allaitement maternel exclusif s’élève à 34 %, tandis que les deux tiers des enfants reçoivent d’autres liquides ou solides en plus du lait maternel. Par contre, entre 6 et 7 mois, âge à partir duquel tous les enfants devraient déjà recevoir des aliments de complément en plus du lait maternel, seulement un enfant sur deux est nourri de cette façon (50 %) ; à 8-9 mois, cette proportion concerne pratiquement les trois-quarts des enfants (73 %). L’utilisation du biberon n’est pas recommandée chez les jeunes enfants car elle est le plus souvent associée à une augmentation des risques de maladies, en particulier des maladies diarrhéiques. Les biberons mal nettoyés et les tétines mal stérilisées sont à l’origine de troubles gastriques, de diarrhées et de vomissements chez les bébés. Le tableau 10.2 montre que l’utilisation du biberon chez les enfants sénégalais est plutôt rare puisque seulement 4 % de ceux de moins de 2 mois et 8 % de l’ensemble de ceux de moins de 6 mois avaient été nourris au biberon au cours des dernières 24 heures. Cependant, ce niveau reflète une augmentation par rapport à l’EDS-II de 1992, où le pourcentage d’enfants de 4-5 mois ayant pris des aliments au biberon au cours des 24 heures ayant précédé l’enquête n’était que de 4 %. Allaitement et État Nutritionnel | 185 Tableau 10.2 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant Répartition (en %) des plus jeunes enfants de moins de 3 ans qui vivent avec leur mère par type d'allaitement, et pourcentage des enfants de moins de 3 ans utilisant le biberon, selon l'âge de l'enfant en mois, EDS-IV Sénégal 2005 Allaitement au sein et alimentation : Âge en mois Non allaité Allaité seulement Eau seulement Liquides à base d'eau, jus Autre lait Aliments de complément Total Effectif d'enfants derniers nés Pourcentage utilisant le biberon1 Effectif des enfants <2 0,2 56,0 31,6 0,2 9,1 2,8 100,0 317 3,7 323 2-3 1,5 39,5 43,0 0,1 7,8 8,1 100,0 468 11,0 473 4-5 0,8 14,8 47,5 0,3 10,4 26,2 100,0 494 7,3 500 6-7 1,0 9,9 29,2 0,5 9,0 50,3 100,0 417 7,1 426 8-9 1,0 2,4 16,8 1,4 5,3 73,1 100,0 358 4,6 372 10-11 2,8 1,7 7,9 0,7 1,7 85,2 100,0 219 8,1 224 12-15 6,8 1,3 5,8 0,3 0,9 84,8 100,0 660 3,7 680 16-19 24,7 0,1 1,7 0,7 1,2 71,7 100,0 750 1,8 793 20-23 58,2 0,3 0,7 0,2 0,2 40,3 100,0 504 2,1 567 24-27 89,4 0,0 0,0 0,0 0,0 10,6 100,0 498 1,8 699 28-31 92,8 0,0 0,2 0,0 0,0 7,0 100,0 409 1,9 685 32-35 98,1 0,0 0,0 0,0 0,0 1,9 100,0 249 1,4 479 Moins de 6 mois 0,9 34,1 41,9 0,2 9,1 13,8 100,0 1 279 7,7 1 296 6-9 mois 1,0 6,4 23,5 1,0 7,3 60,8 100,0 775 5,9 798 Ensemble 30,3 9,4 14,8 0,4 3,6 41,6 100,0 5 344 4,0 6 221 Note : La situation face à l'allaitement fait référence aux dernières « 24 heures » (hier et la nuit dernière). Les enfants classés dans la catégorie « allaitement et eau seulement » ne reçoivent pas d’autres compléments. Les catégories « non allaité », « allaité seulement », « eau seulement », « liquides à base d'eau, jus », « autre lait », et « aliments de complément » (solides et semi-solides) sont hiérarchiquement et mutuellement exclusives et la somme des pourcentages fait 100 %. Ainsi les enfants allaités qui reçoivent des liquides à base d'eau et qui ne reçoivent pas d'aliments de complément sont classés dans la catégorie « liquides à base d'eau » même s'ils reçoivent également de l'eau. Tout enfant qui reçoit des aliments de complément est classé dans cette catégorie tant qu'il est toujours allaité. 1 Basé sur tous les enfants de moins de trois ans. Graphique 10.1 Pratique d'allaitement des enfants de moins de 3 ans EDS-IV 2005 >2 4-5 8-9 12-15 20-23 28-31 Âge en mois Pourcentage Allaitement seul Al. et autres liquides allaitement et eau seulement Al. et aliments de complément Non allaités 100 80 60 40 20 0 186 | Allaitement et État Nutritionnel 10.1.3 Durée et fréquence de l’allaitement La durée médiane de l’allaitement est calculée pour les enfants derniers-nés âgés de moins de trois ans. Le tableau 10.3 indique qu’au Sénégal, la moitié des enfants sont allaités pendant une période de moins de deux ans (20,1 mois). On ne constate pas de disparités dans la durée d’allaitement selon les caractéristiques sociodémographiques. Cependant, du point de vue régional, la durée médiane de l’allaitement varie d’un minimum de 18,2 mois à Diourbel à un maximum de 22,1 mois à Kolda. Selon le quintile de bien-être du ménage, on constate une tendance à la baisse des durées d’allaitement avec l’augmentation du niveau de bien-être du ménage dans lequel vit la mère, passant de 21,4 mois dans les ménages les plus pauvres à 18,4 mois dans les plus riches. Par rapport à 1992 (EDS-II), la durée médiane de l’allaitement est restée au même niveau, soit 20,1 mois. Comparativement aux pays d’Afrique subsaharienne pour lesquels les durées moyennes d’allaitement ont été calculées selon le même procédé (graphique 10.2), on constate que la durée moyenne d’allaitement au Sénégal ne diffère pas particulièrement des durées observées dans ces pays. Toujours au tableau 10.3, on constate que 97 % des enfants de moins de 6 mois ont été allaités six fois ou plus au cours des 24 heures ayant précédé l’enquête et que le nombre de tétées est plus élevé pendant le jour que la nuit (en moyenne, 6,7 fois contre 4,0 fois). On constate une variation significative de la fréquence de l’allaitement selon les différentes caractéristiques de la mère. La proportion d’enfants qui ont été allaités 6 fois ou plus au cours des dernières 24 heures est légèrement plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (98 % contre 95 %). Elle est très élevée dans les régions de Saint-Louis, Diourbel, Louga et Thiès et plus faible dans celles de Ziguinchor et de Dakar ; on constate aussi qu’elle est plus élevée lorsque la femme n’a reçu aucune instruction que lorsqu’elle a un niveau secondaire ou plus (98 % contre 90 %) ; enfin, c’est quand la mère vit dans un ménage du quintile le plus riche que cette proportion est la plus faible (95 % contre un maximum de 98 % dans le quintile le plus pauvre). Allaitement et État Nutritionnel | 187 Tableau 10.3 Durée médiane et fréquence de l'allaitement Durée médiane de l'allaitement, de l'allaitement exclusif et de l'allaitement prédominant (allaitement ou avec de l'eau) des enfants derniers-nés au cours des trois dernières années ayant précédé l'enquête, et pourcentage d'enfants de moins de six mois, vivant avec leur mère, qui ont été allaités six fois ou plus au cours des vingt-quatre heures ayant précédé l'enquête et nombre moyen d'allaitement de jour ou de nuit, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Enfants de moins de six mois allaités au sein2 Durée médiane d'allaitement au sein (en mois)1 Caractéristique sociodémographique Allaitement au sein Allaitement exclusif au sein Allaitement au sein prédominant3 Effectif des enfants Pourcentage allaité 6+ fois dans les dernières 24 heures Nombre moyen d'allaitements le jour Nombre moyen d'allaitements la nuit Effectif d'enfants Sexe Masculin 19,5 1,2 5,1 3 448 97,4 6,8 4,1 587 Féminin 20,6 0,9 5,8 3 192 96,0 6,6 4,0 663 Milieu de résidence Urbain 19,2 1,8 5,1 2 469 94,8 6,8 4,5 444 Rural 20,6 0,8 5,8 4 171 97,7 6,6 3,8 806 Région Dakar 18,4 2,1 5,0 1 222 93,9 6,9 5,0 241 Diourbel 18,2 0,5 4,8 811 99,3 6,7 3,2 139 Fatick 21,5 1,1 6,0 407 97,1 6,8 3,9 89 Kaolack 20,6 0,9 6,5 853 94,8 6,6 3,7 179 Kolda 22,1 1,2 5,4 601 97,8 5,4 4,3 119 Louga 19,6 1,7 6,2 442 99,3 7,8 3,8 67 Matam 18,7 0,5 6,5 268 94,7 6,8 4,4 50 Saint-Louis 20,1 0,9 5,6 427 100,0 6,8 3,8 81 Tambacounda 21,3 0,5 4,6 489 94,8 6,4 4,1 82 Thiès 20,2 2,3 5,9 895 99,2 7,1 3,7 161 Ziguinchor 20,2 3,0 4,4 226 93,2 6,2 3,9 41 Niveau d’instruction de la mère Aucun 20,3 0,9 5,6 4 706 97,9 6,8 3,9 879 Primaire 18,9 1,5 5,8 1 448 95,2 6,3 4,2 275 Secondaire ou plus 20,7 1,9 3,6 487 90,3 6,8 5,0 97 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 21,4 0,7 5,5 1 491 98,4 6,5 3,9 296 Second 20,3 0,8 6,1 1 473 96,7 6,7 4,0 291 Moyen 20,0 1,4 5,8 1 423 96,7 6,7 3,7 277 Quatrième 19,3 1,9 5,5 1 227 95,8 7,1 4,3 226 Le plus riche 18,4 1,1 3,6 1 027 94,8 6,7 4,7 160 Ensemble 20,1 1,1 5,5 6 640 96,7 6,7 4,0 1 250 Moyenne 19,8 3,0 6,6 na na na na na Note : Les moyennes et médianes sont basées sur le statut d’allaitement au moment de l’enquête et sont calculées sur tous les enfants derniers nés (actuellement vivants ou non) au cours des 3 années ayant précédé l’enquête. na = Non applicable 1 On suppose que les enfants derniers-nés et les naissances précédentes qui ne vivent pas actuellement avec leur mère ne sont pas allaités actuellement. 2 Sont exclus les enfants dont la réponse sur le nombre d'allaitement n'est pas valable. 3 Soit exclusivement allaité ou reçoit le lait maternel et de l'eau, des liquides à base d'eau, et/ou des jus seulement (les autres types de lait sont exclus). 188 | Allaitement et État Nutritionnel 10.1.4 Types d’aliments de complément Les informations relatives aux types d’aliments donnés aux enfants de moins de trois ans sont présentées au tableau 10.4 selon que l’enfant est allaité ou non. Le tableau indique que l’introduction de liquides autres que le lait maternel et d’aliments solides ou semi-solides a lieu très tôt (avant 6 mois). Ainsi, chez les enfants de moins de 2 mois, 6 % avaient reçu de la nourriture solide ou semi-solide et, à 4-5 mois, 23 % avaient reçu des aliments solides à base de céréales. Les poissons, volailles, viandes ou oeufs sont également introduits assez tôt (15 % ou plus à partir de 6-7 mois). À 6-7 mois, 21 % des enfants reçoivent des aliments riches en vitamine A et à 12-15 mois un enfant sur deux (50 %) a reçu ce type d’aliment. L’OMS recommande l’introduction d’aliments solides dans l’alimentation des enfants à l’âge de 6 mois, car à partir de cet âge, le lait maternel seul n’est plus suffisant pour assurer la croissance optimale de l’enfant. Au Sénégal, une proportion non négligeable d’enfants (12 %) consomme de la nourriture à base de céréales ou de tubercules avant l’âge de 6 mois. À 6-7 mois, une proportion assez importante d’enfants consomme, en plus du lait maternel, des aliments solides ou semi-solides suffisamment variés et riches en protéines et en minéraux : 19 % consomment des aliments pour bébé, 41 % des céréales, 24 % des fruits et/ou légumes, 14 % des tubercules ou racines, mais 15 % seulement de la viande, de la volaille, du poisson et/ou des oeufs. Pour les autres groupes, comme on pouvait s’y attendre, au même âge, la proportion d’enfants non allaités qui consomment les différents types d’aliment est légèrement plus élevée que pour les enfants allaités. Graphique 10.2 Durée médiane de l'allaitement dans certains pays d'Afrique de l'Ouest Nigéria (2003) Sénégal (2005) Côte d'Ivoire (1999) Niger (1998) Mauritanie (2001) Bénin (2001) Guinée (2005) Mali (2001) Togo (1998) Burkina Faso (2003) 0 5 10 15 20 25 30 Pourcentage Allaitement et État Nutritionnel | 189 Tableau 10.4 Aliments reçus par les enfants de jour ou de nuit Pourcentage des enfants derniers-nés de moins de trois ans vivant avec leur mère, qui ont reçu des aliments particuliers le jour ou la nuit qui ont précédé l'enquête, selon la situation face à l'allaitement et selon l'âge en mois, EDS-IV Sénégal 2005 Âge en mois Aliments pour bébé Autre lait/ fromage/ yaourt Autres liquides1 Nourriture à base de céréales Fruits/ légumes Nourriture à base de racines, de tubercules Nourriture à base de légumes2 Viande/ volaille/ poisson/ coquillage/ oeufs Nourriture à base d'huile, graisse ou beurre Fruits et légumes riches en vitamine A3 Nourriture solide ou semi solide quelconque Effectif des enfants ENFANTS ALLAITÉS <2 6,1 4,3 0,2 2,6 0,4 0,0 0,4 0,4 0,7 0,0 6,4 316 2-3 4,1 8,0 1,3 7,8 1,1 0,8 0,0 1,0 1,8 0,9 12,5 461 4-5 14,8 18,7 6,7 22,5 4,8 4,4 1,6 4,1 6,4 3,7 34,7 490 6-7 18,8 24,0 12,2 41,3 24,1 14,3 6,1 15,4 19,5 21,4 58,3 413 8-9 20,7 32,8 22,5 59,6 40,2 20,3 10,4 31,3 36,2 37,5 80,3 355 10-11 21,5 38,3 35,2 77,8 54,5 23,0 19,8 47,8 50,1 47,3 91,6 213 12-15 16,3 44,4 39,1 81,9 56,0 26,0 21,5 57,4 58,0 49,7 93,6 615 16-19 16,1 45,8 37,1 86,6 59,0 25,0 21,8 62,9 62,7 52,7 97,3 565 20-23 14,1 41,4 35,5 90,2 61,4 23,7 25,6 64,8 56,6 55,1 97,5 211 24-27 18,1 40,8 37,2 94,5 62,5 21,1 24,8 71,7 52,7 61,0 100,0 53 28-31 13,4 (36,7) (45,8) (96,9) (49,0) (22,9) (30,2) (42,8) (41,5) (47,5) (100,0) 29 32-35 0,0 * * * * * * * * * * 5 <6 mois 8,7 11,2 3,1 12,2 2,3 2,0 0,7 2,1 3,3 1,8 19,6 1 267 6-9 mois 19,7 28,1 16,9 49,7 31,5 17,1 8,1 22,8 27,2 28,8 68,5 767 Ensemble 14,5 29,3 21,6 52,8 33,4 15,4 12,0 32,2 33,0 29,9 64,1 3 726 ENFANTS NON ALLAITÉS <2 0,0 * * * * * * * * * * 1 2-3 0,0 * * * * * * * * * * 7 4-5 0,0 * * * * * * * * * * 4 6-7 100,0 * * * * * * * * * * 4 8-9 44,2 * * * * * * * * * * 3 10-11 33,3 * * * * * * * * * * 6 12-15 19,9 60,1 44,6 92,4 57,8 36,6 40,4 70,0 55,2 49,7 98,5 45 16-19 23,4 62,2 60,5 86,7 60,0 30,4 24,8 69,8 78,5 56,0 98,8 185 20-23 21,5 58,8 52,1 90,4 63,3 33,2 27,8 77,1 72,1 58,5 99,1 293 24-27 16,0 59,3 49,6 91,1 65,2 30,1 29,7 78,0 71,0 56,9 99,3 446 28-31 8,2 56,6 48,4 88,0 65,6 28,7 29,9 75,3 70,7 57,6 98,8 380 32-35 11,7 56,3 53,4 87,7 63,5 28,0 26,0 74,6 70,5 58,9 97,5 244 <6 mois 0,0 * * * * * * * * * * 11 6-9 mois 75,1 * * * * * * * * * * 8 Ensemble 15,7 58,4 50,9 88,1 63,4 30,0 28,4 74,8 70,8 57,0 98,4 1 618 Note : Le statut d'allaitement et la nourriture consommée font référence à la période de "24 dernières heures" (hier et la nuit dernière). 1 N'inclut pas l'eau plate 2 Inclut les fruits et les légumes riches en vitamine A 3 Y compris les courges, les carottes, les patates rouges sucrées, les mangues, les papayes, et autres fruits locaux et feuilles qui sont riches en vitamine A * Basé sur trop de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés Le tableau 10.5 présente la fréquence de consommation de certains aliments par les enfants au cours des 24 heures ayant précédé l’heure l’enquête. Quel que soit le type d’aliment et quel que soit l’âge, la fréquence moyenne de consommation de certains aliments par les enfants est extrêmement faible ; en effet, ce nombre varie entre 0 et 0,2 fois pour les enfants de moins de 6 mois et entre 0 et 0,9 fois pour les enfants de 6-9 mois. Les enfants qui ne sont pas allaités semblent recevoir un peu plus d’aliment de complément que ceux qui sont toujours allaités. 190 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 10.5 Fréquence des aliments reçus par l'enfant durant le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête Nombre moyen de fois que les enfants derniers-nés, âgés de moins de trois ans, qui vivent leur mère, ont reçu certains aliments particuliers au cours des vingt-quatre heures ayant précédé l'enquête, selon la situation face à l'allaitement et selon l'âge en mois, EDS-IV Sénégal 2005 Âge en mois Aliments pour bébé Autre lait/ fromage/ yaourt Autres liquides1 Nourriture à base de céréales Fruits/ légumes Nourriture à base de racines, de tubercules Nourriture à base de légumes2 Viande/ volaille/ poisson/ coquillage/ oeufs Nourriture à base d'huile, graisse ou beurre Fruits et légumes riches en vitamine A3 Effectif d’enfants ENFANTS ALLAITÉS <2 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 316 2-3 0,1 0,2 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 461 4-5 0,3 0,4 0,1 0,4 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 490 6-7 0,3 0,4 0,2 0,7 0,4 0,2 0,1 0,2 0,3 0,3 413 8-9 0,3 0,6 0,3 1,1 0,8 0,3 0,1 0,4 0,5 0,6 355 10-11 0,4 0,8 0,5 1,4 1,0 0,3 0,2 0,6 0,7 0,7 213 12-15 0,3 0,7 0,6 1,6 1,1 0,3 0,3 0,9 0,9 0,8 615 16-19 0,3 0,8 0,5 1,7 1,3 0,3 0,3 1,0 1,0 1,0 565 20-23 0,3 0,7 0,5 1,8 1,3 0,3 0,4 1,1 1,0 1,0 211 24-27 0,2 0,5 0,6 2,0 1,5 0,2 0,4 1,1 0,7 1,4 53 28-31 0,2 (0,6) (0,7) (2,0) (1,4) (0,2) (0,4) (1,0) (0,8) (1,1) 29 32-35 0,0 * * * * * * * * * 5 <6 mois 0,1 0,2 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1 267 6-9 mois 0,3 0,5 0,2 0,9 0,6 0,2 0,1 0,3 0,4 0,4 767 Ensemble 0,3 0,5 0,3 1,0 0,7 0,2 0,1 0,5 0,5 0,5 3 726 ENFANTS NON ALLAITÉS <2 0,0 * * * * * * * * * 1 2-3 0,0 * * * * * * * * * 7 4-5 0,0 * * * * * * * * * 4 6-7 3,4 * * * * * * * * * 4 8-9 0,7 * * * * * * * * * 3 10-11 0,3 * * * * * * * * * 6 12-15 0,5 1,3 0,6 2,2 1,3 0,4 0,5 1,2 0,8 0,9 45 16-19 0,4 1,4 0,9 1,7 1,2 0,4 0,3 1,1 1,4 0,9 185 20-23 0,4 1,1 0,8 2,1 1,5 0,4 0,4 1,2 1,2 1,1 293 24-27 0,3 1,0 0,7 2,0 1,5 0,3 0,4 1,4 1,2 1,1 446 28-31 0,1 1,0 0,7 1,9 1,4 0,3 0,4 1,3 1,3 1,0 380 32-35 0,2 1,2 0,9 2,0 1,5 0,4 0,3 1,4 1,4 1,2 244 <6 mois 0,0 * * * * * * * * * 11 6-9 mois 2,2 * * * * * * * * * 8 Ensemble 0,3 1,1 0,8 2,0 1,4 0,4 0,4 1,3 1,3 1,0 1 618 Note : Le statut d'allaitement et la nourriture consommée fait référence à la période de "24 dernières heures" (hier et la nuit dernière). 1 N'inclut pas l'eau plate 2 Inclut les fruits et les légumes riches en vitamine A 3 Y compris les courges, les carottes, les patates rouges sucrées, les mangues, les papayes, et autres fruits locaux et feuilles qui sont riches en vitamine A * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés Le tableau 10.6 présente le nombre moyen de fois que les enfants derniers-nés de moins de trois ans ont reçu des aliments particuliers dans les sept jours ayant précédé l’enquête. Les résultats font apparaître la même tendance que celle observée dans le tableau précédent ; la seule différence étant, comme on pouvait s’y attendre, que le nombre moyen est plus élevé pour les 7 derniers jours que pour les 24 dernières heures. Ainsi, en une semaine pour les enfants allaités, mis à part l’eau dont la fréquence est de 4,5 fois pour les enfants de moins de 6 mois et de 6,6 fois pour ceux de 6-9 mois, le nombre moyen de fois que l’enfant a reçu certains aliments se situe entre 0 et 0,6 pour les enfants de moins de 6 mois et varie entre 0,1 et 1,8 fois pour ceux de 6-9 mois. Allaitement et État Nutritionnel | 191 Tableau 10.6 Fréquence des aliments reçus par l'enfant dans les sept derniers jours Nombre moyen de fois que les plus jeunes enfants derniers-nés, âgés de moins de trois ans vivant avec leurs mères, ont reçu certains aliments particuliers au cours des sept jours précédant l'enquête, selon la situation face à l'allaitement et l'âge en mois, EDS-IV Sénégal 2005 Âge en mois Eau Aliments pour bébé Autre lait Jus de fruit Autres liquides1 Nour- riture à base de céréales Nour- riture à base de racines ou de tubercules Fruits et légumes pauvres en vitamine A Nour- riture à base de légumes2 Fromage ou yaourt Viandes/ volaille/ poisson/ coquillage/ oeuf Nour- riture à base d'huile, graisse ou beurre Potiron, igname rouge/jaune, carotte, patate rouge sucrée Légumes à feuilles vertes Mangue, papaye, autres fruits riches en vitamine A3 Effectif des enfants ENFANTS ALLAITÉS <2 2,9 0,4 0,2 0,0 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 316 2-3 4,2 0,3 0,5 0,0 0,1 0,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 461 4-5 5,8 0,9 1,0 0,0 0,3 1,5 0,3 0,1 0,1 0,2 0,3 0,4 0,3 0,1 0,0 490 6-7 6,3 1,2 1,3 0,1 0,6 2,7 0,8 0,6 0,3 0,3 1,0 1,2 1,1 0,0 0,1 413 8-9 6,8 1,5 2,1 0,4 1,0 4,3 1,2 0,8 0,5 0,4 2,2 2,4 2,2 0,2 0,4 355 10-11 6,9 1,6 2,8 0,9 1,8 5,2 1,4 1,5 1,2 0,8 3,4 3,3 2,5 0,8 0,7 213 12-15 6,8 1,1 2,6 0,5 2,1 5,8 1,6 1,4 1,3 0,6 3,6 3,8 2,3 0,6 1,1 615 16-19 6,9 1,0 2,6 0,4 2,1 6,0 1,3 1,4 1,3 0,6 4,2 4,1 2,3 0,6 1,2 565 20-23 6,9 0,9 2,5 0,5 2,1 6,3 1,5 1,3 1,6 0,7 4,2 3,5 2,1 0,5 1,7 211 24-27 7,0 1,0 1,9 0,4 2,4 6,5 1,0 1,3 2,2 0,3 4,8 3,4 1,5 1,3 1,9 53 28-31 (7,0) (0,6) (1,9) (0,8) (2,7) (6,3) (1,0) (1,2) (2,1) (0,4) (3,7) (3,0) (2,2) (0,8) (1,4) 29 32-35 * * * * * * * * * * * * * * * 5 <6 4,5 0,5 0,6 0,0 0,2 0,8 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 0,2 0,1 0,0 0,0 1 267 6-9 6,6 1,3 1,7 0,2 0,8 3,4 1,0 0,7 0,4 0,3 1,6 1,8 1,6 0,1 0,2 767 Ensemble 6,0 1,0 1,7 0,3 1,2 3,7 0,9 0,8 0,7 0,4 2,1 2,1 1,4 0,3 0,6 3 726 ENFANTS NON ALLAITÉS <2 * * * * * * * * * * * * * * * 1 2-3 * * * * * * * * * * * * * * * 7 4-5 * * * * * * * * * * * * * * * 4 6-7 * * * * * * * * * * * * * * * 4 8-9 * * * * * * * * * * * * * * * 3 10-11 * * * * * * * * * * * * * * * 6 12-15 (6,6) (1,5) (3,7) (0,8) (2,9) (6,5) (1,7) (1,7) (2,5) (1,3) (4,7) (3,3) (2,4) (0,7) (1,2) 45 16-19 6,6 1,3 4,0 0,6 3,7 5,8 1,9 1,8 1,6 1,2 4,9 5,3 3,0 0,7 1,1 185 20-23 7,0 1,5 4,1 0,7 3,3 6,5 1,9 1,8 1,6 0,7 5,0 4,9 2,9 0,8 1,4 293 24-27 6,9 1,1 3,7 0,8 2,9 6,3 1,9 1,7 1,7 0,7 5,2 4,8 2,7 0,8 1,4 446 28-31 6,8 0,7 3,8 0,8 3,0 6,2 1,7 2,0 1,9 0,7 5,1 4,8 2,9 0,8 1,4 380 32-35 6,7 0,8 3,5 0,8 3,4 5,9 1,8 1,7 1,4 0,7 5,1 4,9 2,5 1,0 1,7 244 <6 * * * * * * * * * * * * * * * 11 6-9 * * * * * * * * * * * * * * * 8 Ensemble 6,8 1,1 3,8 0,8 3,1 6,1 1,8 1,8 1,7 0,8 5,1 4,8 2,8 0,8 1,4 1 618 Note : Le statut d'allaitement fait référence à la période de "24 dernières heures" (hier et la nuit dernière). 1 N'inclut pas l'eau plate 2 Inclut les fruits et les légumes riches en vitamine A 3 Y compris les courges, les carottes, les patates rouges sucrées, les mangues, les papayes, et autres fruits locaux et feuilles qui sont riches en vitamine A * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés 10.2 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS Les carences en vitamines et en minéraux peuvent être à l’origine de certaines maladies. Par exemple, la carence en vitamine A peut entraîner la cécité crépusculaire, celle de l’iode entraîne le goitre et le crétinisme, et un apport insuffisant en fer est à l’origine de l’anémie. Ces carences ont aussi des conséquences moins visibles, telles que l’affaiblissement du système immunitaire. 192 | Allaitement et État Nutritionnel 10.2.1 Consommation de sel iodé par les ménages Il est reconnu que la faible consommation d’iode peut entraîner un retard dans le développement mental de l’enfant (crétinisme) et favoriser l’apparition du goitre chez les adultes. Elle peut également accroître les risques d’avortement spontané, de stérilité, de mortinatalité et de mortalité infantile. Jusqu’à une date récente, le sel produit localement n’était pas iodé et la consommation de sel iodé n’était donc pas généralisée. Lors de l’EDS-IV, les enquêteurs ont demandé, dans chaque ménage, un peu de sel utilisé pour la cuisine. Ce sel a été testé au moyen d’un « kit » fourni par l’UNICEF pour déterminer sa teneur en iode. Ce test permet de savoir si le sel n’est pas du tout iodé ou s’il est iodé à plus ou moins de 15 parties par million (ppm). Le sel qui contient au moins 15 ppm d’iode est considéré comme suffisamment iodé. Il faut noter que le sel a été testé dans 96 % des ménages, et que seulement 4 % des ménages ne disposaient pas de sel lors du passage des équipes d’enquête. Il ressort du tableau 10.7 que dans l’ensemble, 64 % des ménages disposaient de sel iodé dont 41 % de sel adéquatement iodé et 23 % de sel avec une faible teneur en iode (moins de 15 ppm). À l’opposé, 36 % des ménages ne disposaient que de sel non iodé. Le pourcentage de ménages disposant de sel adéquatement iodé est plus élevé en milieu urbain (58 %) qu’en milieu rural (26 %). Par région, on constate que la proportion de ménages disposant de sel adéquatement iodé présente de grandes variations, passant d’un minimum de 19 % dans les régions de Fatick et de Ziguinchor à un maximum de 71 % dans la région de Dakar. La disponibilité du sel adéquatement iodé dans les ménages augmente avec leur niveau de bien-être économique ; dans les ménages du quintile le plus riche, 60 % disposaient de sel iodé approprié ; par contre dans ceux du quintile le plus pauvre, cette proportion n’est que de 22 %. Allaitement et État Nutritionnel | 193 Tableau 10.7 Sel iodée dans le ménage Répartition (en %) des ménages ayant du sel testé pour la présence d’iode selon la teneur en iode dans le sel (partie par million), pourcentage de ménages dont le sel a été testé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Teneur en iode du sel parmi les ménages testés : Caractéristique sociodémographique Sel non iodé (0 ppm) Contenu en Iode inadéquat (<15 ppm) Contenu en Iode adéquat (15+ ppm) Total Effectif de ménages dont le sel a été testé Pourcentage de ménages testés Effectif de ménages Milieu de résidence Urbain 21,4 21,1 57,5 100,0 3 427 95,4 3 590 Rural 49,5 24,2 26,3 100,0 3 686 96,5 3 822 Région Dakar 11,4 18,1 70,5 100,0 2 008 95,1 2 111 Diourbel 33,9 34,8 31,3 100,0 669 91,9 727 Fatick 64,2 17,3 18,6 100,0 414 96,8 427 Kaolack 53,4 17,8 28,8 100,0 715 95,4 750 Kolda 48,0 27,9 24,1 100,0 553 98,6 560 Louga 39,6 25,6 34,8 100,0 400 97,5 411 Matam 38,9 25,5 35,7 100,0 228 95,4 239 Saint-Louis 40,4 20,7 39,0 100,0 466 97,1 480 Tambacounda 27,4 33,2 39,4 100,0 412 99,0 417 Thiès 44,1 26,3 29,6 100,0 930 96,7 963 Ziguinchor 72,4 8,8 18,8 100,0 318 97,2 327 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 51,5 26,4 22,1 100,0 1 223 97,1 1 260 Second 52,6 22,0 25,3 100,0 1 404 97,2 1 444 Moyen 43,8 19,9 36,3 100,0 1 475 94,6 1 559 Quatrième 19,2 22,2 58,7 100,0 1 579 95,4 1 656 Le plus riche 16,6 23,8 59,6 100,0 1 432 95,9 1 494 Ensemble 35,9 22,7 41,3 100,0 7 113 96,0 7 412 10.2.2 Consommation de vitamine A chez les enfants La vitamine A est nécessaire au développement et à la conservation du tissu épithélial, de l’appareil digestif et respiratoire, entre autres, et elle est essentielle au bon fonctionnement de la rétine. La vitamine A permet également de maintenir les défenses immunitaires de l’organisme. Elle est stockée par le foie, mais lorsque les quantités sont trop faibles ou épuisées, les conséquences de la carence deviennent manifestes. La carence en vitamine A, ou l’avitaminose A, affecte le système immunitaire de l’enfant et augmente ainsi ses risques de décéder de maladies infectieuses. L’avitaminose A peut également affecter la vue et causer la cécité crépusculaire chez les enfants ; elle peut affecter aussi la santé des mères enceintes ou de celles qui allaitent. Toutefois, elle peut être évitée par des compléments de vitamine A et l’enrichissement des aliments. L’UNICEF et l’OMS recommandent que dans tous les pays qui ont une mortalité infanto-juvénile supérieure à 70 pour mille, et dans lesquels la carence en vitamine est un problème de santé publique, un programme de contrôle de la vitamine A soit mis en place. Le tableau 10.8 présente le pourcentage d’enfants derniers-nés qui ont reçu des aliments riches en vitamine A au cours des sept derniers jours et le pourcentage d’enfants de moins de 5 ans qui ont reçu, au moins, en supplément, une dose de vitamine A au cours des six derniers mois. 194 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 10.8 Consommation de micronutriments Pourcentage des enfants derniers-nés âgés de moins de 3 ans et vivant avec leur mère, et dont les mères ont reçu des aliments riches en vitamine A au cours des 7 jours ayant précédé l'enquête ; pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui ont reçu des compléments de vitamine A au cours des six mois ayant précédé l'enquête, et pourcentage d’enfants de moins de cinq ans vivant dans des ménages ayant du sel adéquatement iodé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Consommé des fruits et des légumes riches en vitamine A1 Effectif de derniers- nés2 Consommé des suppléments de vitamine A Effectif d'enfants3 Pourcentage vivant dans les ménages utilisant du sel adéquate- ment iodés4 Effectif d'enfants5 Âge de l'enfant en mois <6 1,9 1 279 na 0 36,1 1 257 6-9 29,0 775 75,1 798 35,1 773 10-11 47,3 219 76,3 224 36,2 216 12-23 53,1 1 914 77,5 2 040 34,9 1 967 24-35 57,5 1 157 75,0 1 863 37,8 1 803 36-47 na na 75,1 1 826 34,6 1 759 48-59 na na 73,4 1 663 33,4 1 607 Sexe Masculin 39,8 2 779 74,7 4 350 36,5 4 804 Féminin 36,2 2 565 76,0 4 064 34,1 4 578 Rang de naissance 2-3 39,8 1 084 73,4 1 813 38,3 1 989 4-5 38,6 1 813 75,4 2 814 36,6 3 177 6+ 37,9 1 163 75,8 1 816 34,9 2 013 Statut d'allaitement au sein Allaité au sein 29,9 3 726 76,7 2 571 34,2 3 731 Non allaité au sein 57,0 1 599 75,0 5 754 36,1 5 569 Manquant 56,9 19 58,1 89 36,0 83 Milieu de résidence Urbain 45,9 2 002 77,5 3 131 49,7 3 521 Rural 33,4 3 342 74,0 5 282 26,7 5 862 Région Dakar 44,4 977 76,8 1 513 66,2 1 756 Diourbel 39,6 635 77,7 1 008 29,2 1 070 Fatick 26,5 326 82,1 497 13,0 565 Kaolack 24,5 671 72,8 1 079 29,4 1 199 Kolda 39,7 485 83,8 731 20,9 838 Louga 38,6 360 71,3 587 34,6 631 Matam 39,7 215 59,7 365 36,4 396 Saint-Louis 43,6 357 66,0 545 35,3 604 Tambacounda 35,2 399 68,6 638 39,5 713 Thiès 46,2 736 78,1 1 163 26,2 1 296 Ziguinchor 24,8 183 85,1 288 13,3 314 Niveau d’instruction de la mère Aucun 35,7 3 764 74,3 6 012 31,3 6 671 Primaire 41,0 1 173 76,9 1 789 42,4 2 020 Secondaire ou plus 51,3 408 81,1 612 53,1 692 Âge de la mère à la naissance <20 37,4 771 72,0 1 304 36,2 1 426 20-24 37,8 1 357 74,4 2 177 34,8 2 424 25-29 38,0 1 311 76,7 2 066 34,2 2 305 30-34 38,9 1 032 76,9 1 582 37,2 1 781 35-49 38,1 873 76,2 1 285 34,8 1 446 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 24,0 1 198 74,0 1 890 22,4 2 113 Second 33,6 1 185 71,6 1 814 26,7 2 051 Moyen 42,0 1 140 74,4 1 788 30,2 1 987 Quatrième 46,6 999 79,3 1 548 50,7 1 712 Le plus riche 49,1 822 79,0 1 373 54,4 1 519 Ensemble 38,1 5 344 75,3 8 413 35,3 9 383 Note : L'information sur les suppléments de vitamine A est basée sur la déclaration des mères. na = Non applicable 1 Y compris les courges, les carottes, les patates rouges sucrées, les feuilles vertes les mangues, les papayes, et autres fruits locaux et feuilles qui sont riches en vitamine A 2 Enfants derniers-nés de moins de 3 ans 3 Enfants de moins de 5 des femmes enquêtées 4 Le sel contient 15 ppm d'iode ou plus. Sont exclus les enfants qui vivent dans des ménages dont le sel n'a pas été testé. 5 Enfants de moins de 5 ans vivants dans les ménages Allaitement et État Nutritionnel | 195 Dans l’ensemble, trois enfants de moins de cinq ans sur quatre (75 %) ont reçu des compléments de vitamine A. Selon l’âge de l’enfant, on ne constate pas de différence significative ; cependant, on note que c’est à 12-23 mois que les enfants en ont reçu le plus fréquemment (78 %) et à 48-59 mois qu’ils en ont reçu le moins fréquemment (73 %). Les proportions d’enfants qui ont reçu des suppléments de vitamine A varient surtout selon le milieu de résidence, la région, le niveau d’instruction de la mère et le niveau de bien-être du ménage dans lequel ils vivent. Les enfants du milieu urbain sont proportionnellement plus nombreux à en avoir reçu (78 %) que ceux du milieu rural (74 %). En fonction des régions, les résultats montrent que c’est dans les régions de Ziguinchor (85 %), de Kolda (84 % et de Fatick (82 %) que les proportions d’enfants ayant bénéficié de ce complément nutritionnel sont les plus élevées. À l’opposé, dans la région de Matam, seulement 60 % en ont reçu. Selon le niveau d’instruction, les enfants des mères les plus instruites ont le plus fréquemment bénéficié de cet apport nutritionnel (81 %, contre environ les trois quarts parmi les autres enfants). Selon l’indice de bien-être, on note que les enfants des ménages les plus riches et ceux du quatrième quintile ont un peu plus souvent reçu ces suppléments (79 %) que ceux des autres ménages (73 %). En outre, on observe que les enfants dont l’âge de la mère à la naissance était inférieur à 20 ans ont moins fréquemment reçu de la vitamine A que les autres enfants (72 %). Cette proportion est un peu plus élevée quand la mère avait au moins 25-29 ans à la naissance de l’enfant (au moins 76 %). En ce qui concerne les autres caractéristiques (sexe, rang de naissance et statut de l’allaitement), les différences constatées ne sont pas significatives. Pour éviter l’avitaminose A, il est également recommandé que les enfants consomment des aliments riches en vitamine A. Environ deux enfants derniers-nés de moins de trois ans sur cinq ont consommé des aliments riches en vitamine A au cours des sept jours ayant précédé l’enquête (38 %). La consommation d’aliments riches en vitamine A augmente avec l’âge et ce sont ceux de 24-35 mois qui en ont consommé le plus fréquemment (58 %). Cependant, il faut souligner que les enfants allaités sont deux fois moins nombreux à consommer ces aliments que ceux qui ne le sont pas (30 % contre 57 %). Il est très probable que ces aliments fassent partie des aliments de substitution à l’allaitement lors du sevrage. Par rapport au milieu de résidence et à la région, les variations des proportions d’enfants ayant consommé des aliments riches en vitamine A sont relativement importantes. La proportion d’enfants qui ont reçu ce type d’aliments passe, par exemple, d’un minimum de 25 % dans la région de Kaolack à un maximum de 46 % dans celle de Thiès. La consommation d’aliments riches en vitamine A est plus élevée en milieu urbain (46 %) qu’en milieu rural (33 %). Selon le niveau d’instruction, lorsque la mère n’est pas instruite, cette proportion n’est que de 36 %, alors qu’elle atteint 51 % chez les enfants dont la mère a, au moins, un niveau d’instruction secondaire. Enfin, la proportion d’enfants ayant reçu des aliments riches en vitamine A est de seulement 24 % dans les ménages les plus pauvres contre 49 % dans les ménages les plus riches. 10.2.3 Consommation de vitamine A et de fer chez les femmes Lors de l’enquête, on a également demandé aux mères ayant eu une naissance au cours des cinq dernières années si elles avaient reçu de la vitamine A au cours des deux premiers mois qui ont suivi l’accouchement. À cette question, 27 % des mères ont répondu qu’elles avaient effectivement reçu de la vitamine A après l’accouchement (tableau 10.9). Selon le milieu de résidence, les résultats montrent que 37 % des femmes ont reçu ces compléments en milieu urbain contre seulement 21 % en milieu rural. Au 196 | Allaitement et État Nutritionnel niveau régional, c’est dans la région de Matam (14 %) que cette proportion est la plus faible, suivie de celles de Kolda et de Saint-Louis (respectivement 19 % et 21 %). À l’opposé, la région de Dakar (40 %) se caractérise par la proportion la plus élevée de femmes qui ont reçu ces suppléments de vitamine A. On note également que les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus sont proportionnellement plus nombreuses à avoir reçu ce type de supplément (38 % contre 36 % chez les femmes ayant le niveau d’instruction primaire et 23 % chez celles n’ayant aucune instruction). Tableau 10.9 Consommation de micronutriments pour les mères Parmi les ayant eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, pourcentage de celles qui ont reçu une dose de vitamine A au cours des deux premiers mois qui ont suivi l'accouchement, pourcentage de celles qui ont souffert de cécité nocturne au cours de la grossesse, pourcentage de celles qui ont pris un supplément de fer, sous forme de comprimés ou de sirop durant un nombre déterminé de jours, et pourcentage de celles qui vivent dans des ménages utilisant du sel suffisamment iodé selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Prise de fer pendant la grossesse (en nombre de jours) Caractéristique sociodémographique A reçu vitamine A post- partum1 Cécité crépusculaire déclarée Cécité crépusculaire ajustée2 Aucun jour <60 60-89 90+ Ne sait pas/ manquant Effectif de femmes Vivant dans un ménage disposant de sel adéquate- ment iodé3 Effectif de femmes Âge de la mère à la naissance <20 25,6 10,8 1,7 9,3 24,8 12,3 38,8 14,8 980 37,1 941 20-24 26,5 9,3 2,1 8,2 23,1 12,5 41,6 14,6 1670 35,0 1612 25-29 28,3 12,0 2,1 8,7 24,0 13,4 40,9 12,9 1 638 34,6 1 584 30-34 28,3 14,6 1,9 8,6 24,3 13,7 40,6 12,8 1 357 37,8 1 310 35-49 27,0 17,6 2,1 11,6 25,0 14,1 35,4 13,9 1 282 35,4 1 259 Effectif d'enfants nés vivants 1 28,6 8,3 1,0 6,0 22,8 12,5 44,5 14,2 1 409 38,5 1 353 2-3 28,7 10,4 2,2 7,7 22,8 13,1 41,7 14,8 2 276 37,4 2 201 4-5 27,0 14,2 2,8 10,6 23,9 13,7 38,9 13,0 1 455 35,9 1 407 6+ 24,5 17,9 2,0 12,5 27,2 13,7 34,0 12,7 1 788 31,6 1 744 Milieu de résidence Urbain 36,8 10,8 1,3 4,3 22,6 11,9 44,9 16,3 2 689 49,9 2 626 Rural 21,2 13,9 2,5 12,3 25,1 14,1 36,4 12,1 4 238 26,8 4 079 Région Dakar 40,2 11,3 1,2 4,6 24,2 10,8 44,6 15,8 1 365 66,3 1 338 Diourbel 23,6 18,2 2,6 8,6 30,1 13,6 31,7 16,0 812 30,1 757 Fatick 31,6 11,1 1,4 10,9 28,3 12,8 36,2 11,8 386 14,0 371 Kaolack 23,2 12,4 3,1 13,8 32,1 12,8 33,7 7,5 861 29,4 822 Kolda 19,3 17,0 1,4 11,9 14,6 11,9 51,7 9,9 638 20,0 628 Louga 25,4 10,5 3,7 10,8 18,0 15,9 36,6 18,7 453 35,0 437 Matam 13,9 13,0 4,7 15,6 23,7 17,9 27,5 15,3 286 37,7 274 Saint-Louis 21,2 9,8 2,3 5,6 20,8 18,6 34,3 20,6 446 34,7 432 Tambacounda 22,0 10,9 1,6 24,1 16,8 12,9 37,4 8,7 498 39,8 492 Thiès 28,7 11,8 1,3 2,1 27,9 13,3 40,8 15,9 937 25,2 919 Ziguinchor 31,0 10,6 0,5 3,5 12,8 10,9 64,0 8,7 246 14,6 235 Niveau d’instruction Aucune 23,4 13,6 2,2 11,3 24,7 13,5 37,1 13,4 4 858 31,5 4 696 Primaire 35,6 10,9 1,4 4,9 23,9 13,1 43,8 14,3 1 508 42,7 1 472 Secondaire ou plus 38,0 9,8 2,5 2,2 20,4 11,2 51,4 14,8 561 55,1 538 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 17,6 16,0 3,2 17,7 25,1 14,3 33,2 9,6 1 490 22,4 1 446 Second 21,9 13,3 2,2 12,9 25,3 12,6 38,2 11,1 1 476 27,0 1 433 Moyen 24,4 10,8 1,7 6,1 25,2 15,8 37,2 15,6 1 459 29,9 1 404 Quatrième 36,0 13,8 1,8 4,6 23,3 11,2 44,5 16,4 1 330 50,2 1 275 Le plus riche 40,1 9,0 0,9 2,7 21,1 11,7 47,6 17,0 1 171 54,8 1 147 Ensemble 27,3 12,7 2,0 9,2 24,1 13,2 39,7 13,7 6 927 35,8 6 705 Note : Pour les femmes ayant eu plusieurs naissances vivantes dans les cinq dernières années, les données concernent la naissance la plus récente. 1 Dans les premiers mois après l'accouchement 2 Les femmes ayant déclaré une incapacité de voir la nuit mais n'ont pas déclaré une difficulté de voir le jour 3 Sont exclues les femmes qui vivent dans des ménages dont le sel n'a pas été testé. Allaitement et État Nutritionnel | 197 Pour lutter contre la cécité crépusculaire, il faut d’abord lutter contre la carence en vitamine A. En effet, la cécité crépusculaire a souvent pour cause une carence en vitamine A (ou avitaminose A), résultant d’une alimentation peu variée et d’une consommation insuffisante d’aliments contenant cette vitamine ; cette affection a un effet néfaste sur la santé des femmes. Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes, si pendant leur grossesse elles avaient souffert de cécité crépusculaire, c’est-à-dire de problèmes de vue à la tombée de la nuit ou au cours de la nuit. Le tableau 10.9 indique qu’une femme sur huit (13 %) ayant eu un enfant au cours des cinq dernières années a déclaré que pendant sa grossesse, elle avait eu des difficultés pour voir à la tombée de la nuit. Cependant, une proportion importante de femmes ont déclaré avoir eu également des difficultés pour voir pendant la journée : ces femmes ont donc, probablement, des problèmes de vue, mais pas nécessairement des problèmes de cécité crépusculaire. C’est pourquoi une prévalence "ajustée" de la cécité crépusculaire a été calculée en éliminant de la cécité crépusculaire "déclarée" les femmes ayant également déclaré avoir des problèmes de vue pendant la journée. La prévalence de la cécité crépusculaire ainsi "ajustée" passe à 2 %. Les proportions de femmes considérées comme étant atteintes de cécité crépusculaire varient peu selon l’âge de la femme (1,7 % à 2,1 %) et le nombre d’enfants nés vivants (1 % à 2,5 %). On note cependant que cette forme de cécité est beaucoup plus fréquente en milieu rural (2,5 %) qu’en milieu urbain (1,3 %). Au niveau régional, Matam détient la proportion la plus élevée de femmes ayant souffert de cécité crépusculaire (5 % contre moins d’un pour cent pour la région de Ziguinchor). Les résultats selon le niveau de bien-être économique montrent que la proportion de femmes atteintes de cécité crépusculaire est trois fois plus élevée dans les ménages les plus pauvres que dans les plus riches (respectivement 3,2 % et 0,9 %). Les résultats ne montrent pas de différence significative selon le niveau d’instruction ou l’âge de la mère à la naissance. Le tableau 10.9 fournit également les proportions de femmes ayant pris des comprimés de fer durant la grossesse. Dans l’ensemble, seulement 9 % des femmes ont déclaré n’avoir pas pris de supplément de fer pendant leur grossesse ; à l’opposé, 24 % en ont pris pendant moins de 60 jours, 13 % entre 60 et 89 jours et 40 % pendant au moins trois mois. C’est parmi les femmes de la région de Ziguinchor (64 %) et parmi les plus instruites (51 %) que l’on observe les proportions les plus élevées de celles qui en ont pris pendant au moins 90 jours. Dans la région de Diourbel, cette proportion n’atteint pas le tiers (32 %) ; de même, parmi les femmes du milieu rural et celles sans instruction, ces proportions sont relativement faibles (respectivement 36 % et 37 %). 10.3 ANÉMIE PAR CARENCE EN FER Le manque de fer est la forme de carence en micronutriments la plus répandue dans le monde et elle affecte plus de 3,5 milliards d’individus dans les pays en développement (ACC/SCN, 2000). L’anémie est une affection caractérisée par une réduction du nombre de globules rouges et un affaiblissement de la concentration de l’hémoglobine dans le sang. L’anémie est habituellement la conséquence d’une déficience alimentaire en fer, en vitamine B12 ou en d’autres nutriments. Bien que l’anémie puisse être causée par des parasitoses, des hémorragies, des affections congénitales ou des maladies chroniques, elle est due le plus souvent à une déficience alimentaire, dont à la base, un manque de fer (DeMaeyer, 1989 ; Yip, 1994). Au cours de l’EDS-IV, en plus de la mesure de la taille et du poids des femmes et des enfants, on a également procédé à un prélèvement de sang. Précisons que ce test n’a eu lieu que dans un tiers des ménages de l’échantillon. Le prélèvement était réalisé de la manière suivante : (a) du sang capillaire était prélevé au moyen d’une piqûre au doigt faite à l’aide d’une petite lance rétractable (Tenderlette) ; (b) on laissait alors tomber une ou deux gouttes de sang sur une cuvette miniature que l’on plaçait ensuite dans un hémoglobinomètre portatif (HemoCue), appareil qui, en moins d’une minute, pouvait donner une 198 | Allaitement et État Nutritionnel mesure exacte du niveau (en grammes) d’hémoglobine par décilitre de sang ; et (c) cette valeur était enfin enregistrée dans le questionnaire. L’anémie peut être classée en trois niveaux selon la concentration de l’hémoglobine dans le sang ; cette classification a été développée par des chercheurs de l’OMS (DeMaeyer, 1989). Ainsi, l’anémie est considérée comme sévère si la mesure d’hémoglobine par décilitre de sang est inférieure à 7,0 g/dl, elle est modérée si cette valeur se situe entre 7,0 et 9,9 g/dl et enfin, elle est qualifiée de légère si la mesure se situe entre 10,0 et 11,9 g/dl. Pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, l’anémie sera considérée comme légère si le niveau d’hémoglobine se situe entre 10,0 et 10,9 g/dl. Le niveau d’hémoglobine dans le sang augmente avec l’altitude. Ceci est dû au fait que la pression partielle de l’oxygène diminue en haute altitude, et il en est de même pour la saturation d’oxygène dans le sang ; on assiste de plus à un phénomène de compensation qui fait augmenter la production de globules rouges afin d’assurer une irrigation sanguine adéquate (CDC, 1998). En d’autres termes, plus l’altitude est élevée, plus le besoin d’hémoglobine dans le sang augmente. Au Sénégal, la majorité de la population vivant dans des régions de faibles altitudes, il ne s’est pas avéré nécessaire d’ajuster les valeurs de la concentration d’hémoglobine dans le sang. 10.3.1 Prévalence de l’anémie chez les enfants Le tableau 10.10 indique qu’au Sénégal plus de huit enfants de 6-59 mois sur dix (83 %) sont atteints d’anémie : 20 % sous une forme légère, 55 % sous une forme modérée et 7 % sont atteints d’anémie sévère. On ne constate pas d’écart significatif de prévalence entre les enfants vivant avec leurs mères et ceux dont la mère n’est pas dans le ménage. Du point de vue de l’âge, c’est entre 12 et 23 mois que les enfants sont les plus touchés par l’anémie (92 %). Comme nous l’avons vu précédemment, c’est la période pendant laquelle beaucoup d’enfants ne reçoivent pas de compléments alimentaires en quantité et en qualité suffisantes. Les résultats font apparaître des différences significatives entre les sexes (85 % chez les garçons et 80 % chez les filles), entre les milieux de résidence (77 % en milieu urbain et 86 % en milieu rural) et selon les régions (65 % à Ziguinchor, 69 % à Dakar et plus de 80 % dans les autres régions). Selon le niveau d’instruction, la proportion d’enfants anémiés est de 85 % quand la mère n’a aucune instruction contre 80 % quand elle a un niveau primaire et 68 % quand elle a au moins un niveau secondaire. Enfin, les résultats selon le quintile de bien-être montrent que la prévalence de l’anémie des enfants diminue des ménages les plus pauvres aux plus riches (87 % contre 77 %). La majorité des enfants anémiés le sont modérément, et ils présentent pratiquement les mêmes caractéristiques que l’ensemble des enfants anémiés ; cependant, les écarts selon le sexe de l’enfant et l’âge de la mère à la naissance sont moins importants. Les enfants souffrant d’anémie sévère présentent un profil sociodémographique différent de celui des enfants présentant la forme légère. On observe ainsi que la prévalence de l’anémie sévère dans les régions les plus touchées (Kaolack, Tambacounda et Fatick) est deux à trois plus élevée que dans les régions les moins touchées (Ziguinchor, Thiès, Dakar et Diourbel). Les enfants de mère sans instruction souffrent, également, plus de quatre fois plus d’anémie sévère que ceux des mères de niveau secondaire ou plus (9 % contre 2 %). La proportion d’enfants sévèrement anémiés dont la mère a 15-19 ans est plus de trois fois plus élevée que celle des enfants dont la mère a 35-49 ans (16 % contre 6 %). Enfin, la prévalence de l’anémie sévère des enfants des ménages les plus pauvres est six fois plus élevée que celle des enfants des ménages les plus riches (12 % contre 2 %). . Allaitement et État Nutritionnel | 199 Tableau 10.10 Prévalence de l'anémie chez les enfants Répartition (en %) des enfants âgés de 6-59 mois considérés comme étant anémiés, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Pourcentage d'enfants anémiés1 Caractéristique sociodémographique Anémié Légère (10.0-10.9 g/dl) Modérée (7.0-9.9 g/dl) Sévère (en dessous de 7.0 g/dl) Effectif d’enfants Âge de l'enfant en mois 6-9 80,9 22,8 53,6 4,5 214 10-11 88,4 17,3 66,3 4,8 61 12-23 92,4 13,5 68,6 10,3 582 24-35 85,4 20,2 56,7 8,5 547 36-47 80,7 23,7 49,1 7,9 597 48-59 70,7 22,8 43,9 4,0 516 Sexe Masculin 85,0 20,3 56,0 8,7 1 293 Féminin 80,0 20,0 53,9 6,1 1 224 Rang de naissance 2-3 82,0 21,2 53,4 7,4 435 4-5 83,0 18,7 55,5 8,8 754 6+ 83,5 20,1 56,1 7,3 494 Intervalle de naissance en mois Première naissance2 81,9 21,2 53,4 7,3 438 <24 84,6 22,7 54,5 7,3 323 24-47 83,6 19,3 56,4 7,8 1 069 48+ 81,1 19,6 53,4 8,1 368 Milieu de résidence Urbain 76,8 20,1 51,7 5,1 889 Rural 85,7 20,2 56,8 8,7 1 628 Région Dakar 68,8 14,6 48,7 5,5 387 Diourbel 92,4 25,9 61,0 5,5 291 Fatick 88,7 18,4 60,3 10,0 162 Kaolack 87,6 15,8 58,8 13,0 348 Kolda 80,0 22,0 51,2 6,9 254 Louga 87,3 20,2 58,5 8,7 159 Matam 84,6 20,2 55,2 9,1 90 Saint-Louis 83,2 27,0 50,5 5,7 169 Tambacounda 88,4 19,3 58,3 10,9 148 Thiès 83,8 22,3 56,8 4,6 394 Ziguinchor 64,5 19,5 41,3 3,7 114 Niveau d’instruction de la mère Aucun 84,8 19,2 56,9 8,8 1 650 Primaire 80,4 22,0 52,7 5,7 472 Secondaire ou plus 68,2 23,9 42,3 1,9 184 NSP/ND * * * * 1 Âge de la mère à la naissance 15-19 90,0 19,6 54,9 15,6 99 20-24 86,5 20,0 57,5 9,1 457 25-29 81,7 16,1 58,0 7,6 625 30-34 81,8 24,6 50,4 6,8 490 35-49 80,0 20,8 53,3 5,9 636 Relation avec la mère Enfants des mères enquêtées 83,0 20,2 55,0 7,7 2 198 Enfants de mères non enquêtées3 Mère vivant dans le ménage 74,8 17,9 51,3 5,6 110 Mère ne vivant pas dans le ménage4 82,2 20,5 56,4 5,4 209 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 86,8 16,2 59,1 11,5 629 Second 85,3 20,2 57,3 7,8 534 Moyen 82,0 21,0 54,6 6,5 493 Quatrième 79,1 22,7 48,9 7,6 410 Le plus riche 77,1 22,5 52,6 2,0 450 Ensemble 82,6 20,2 55,0 7,4 2 517 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l'interview. La prévalence est ajustée pour l'altitude en utilisant la formule dans CDC (1998). g/dl = grammes par décilitre 1 Sont exclus les enfants dont la mère n'a pas été interviewée 2 Les premières naissances multiples (jumeaux ou triplets,.) sont considérées comme première naissance car elles n'ont pas d'intervalle intergénésique précédent. 3 Pour les femmes qui n'ont pas été interviewées, les informations sont tirées du questionnaire ménage. Sont exclus les enfants dont les mères ne sont pas listées dans le ménage. 4 Y compris les enfants dont les mères sont décédées * Basé sur trop de cas non pondérés 200 | Allaitement et État Nutritionnel 10.3.2 Prévalence de l’anémie chez les femmes Le tableau 10.11 présente les résultats des tests d’anémie pour les femmes. Plus d’une femme sur deux est anémiée (59 %) : 37 % souffrent d’anémie sous sa forme légère, 19 % sous une forme modérée et 3 % sous une forme sévère. La prévalence de l’anémie varie en fonction des différentes variables sociodémographiques. En effet, elle est plus élevée chez les femmes de 15-24 ans (en moyenne, 61 %) que chez les femmes plus âgées. Les femmes enceintes qui sont plus vulnérables sont plus fréquemment anémiées (71 %) que celles qui allaitent (60 %) ou celles qui ne sont ni enceintes et ni allaitantes (58 %). L’allaitement ne semble donc pas augmenter le risque d’anémie d’une manière significative. On constate également des écarts de prévalence entre les milieux de résidence et entre les régions. Les femmes du milieu urbain sont moins fréquemment anémiées que celles du milieu rural (54 % contre 64 %). Au niveau régional, on distingue trois groupes de régions : celles où la prévalence de l’anémie est très élevée (68 % en moyenne) qui comprend essentiellement le bassin arachidier (régions de Diourbel, Fatick, Louga, Kaolack et Tambacounda), la zone où la prévalence est la plus faible (49 % en moyenne) qui comprend la région naturelle de Casamance (régions de Ziguinchor et Kolda) et la région de Dakar ; enfin la zone intermédiaire (prévalence de 60 %) qui comprend la région de Thiès et l’ancienne région du Fleuve (Saint-Louis et Matam). La prévalence de l’anémie diminue significativement avec le niveau d’instruction (63 % pour les femmes non instruites contre 51 % pour celles ayant atteint le niveau secondaire) et avec le niveau de bien-être (66 % pour les femmes des ménages les plus pauvres contre 52 % pour celles des ménages les plus riches). La majorité des femmes anémiées le sont de façon légère ou modérée. La forme sévère concerne 3 % des femmes anémiées. Il faut noter que c’est parmi les femmes enceintes (5 %) et parmi les femmes de la région de Fatick (5 %) que la prévalence de l’anémie sévère est la plus élevée. Allaitement et État Nutritionnel | 201 Tableau 10.11 Prévalence de l'anémie chez les femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans anémiées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Niveau d’anémie Caractéristique sociodémographique Anémiées Anémie légère (10,0 - 10,9 g/dl) Anémie modérée (7,0- 9,9 g/dl) Anémie sévère (en dessous de 7,0 g/dl) Effectif de femmes Groupe d’âges1 15-19 60,5 41,5 15,9 3,1 1 102 20-24 62,5 38,0 22,0 2,6 836 25-29 59,3 34,9 21,7 2,7 753 30-34 57,0 37,8 16,3 2,8 586 35-39 53,7 31,1 20,5 2,1 461 40-44 59,4 38,8 16,9 3,7 389 45-49 56,7 34,3 18,5 3,9 313 Enfants nés vivants2 Aucun enfant 59,9 37,6 18,8 3,6 1 631 1 59,0 39,1 18,5 1,4 531 2-3 54,7 35,1 17,1 2,5 863 4-5 60,2 38,0 19,2 3,0 613 6+ 61,6 37,9 20,8 2,9 803 État de la femme enceinte/ allaite2 Enceinte 70,6 25,7 39,8 5,1 352 Allaite au sein 59,8 42,4 16,0 1,4 1 086 Aucun des deux 57,5 37,0 17,4 3,2 3 001 Utilise le DIU2 Oui * * * * 15 Non 59,3 37,5 18,9 2,9 4 425 Milieu de résidence Urbain 54,4 34,1 17,3 2,9 2 217 Rural 63,9 40,7 20,4 2,9 2 223 Région Dakar 51,6 30,1 18,2 3,3 1 217 Diourbel 72,8 49,0 20,8 3,0 428 Fatick 66,8 44,3 17,9 4,6 213 Kaolack 65,8 38,7 24,5 2,6 490 Kolda 52,4 35,4 15,4 1,5 325 Louga 66,4 40,6 22,2 3,6 252 Matam 57,9 33,7 19,7 4,4 149 Saint-Louis 60,8 38,5 19,7 2,6 264 Tambacounda 65,2 38,7 23,0 3,5 250 Thiès 59,4 40,8 16,2 2,4 649 Ziguinchor 43,6 34,1 8,7 0,9 203 Niveau d’instruction1 Aucun 62,8 38,9 20,8 3,2 2 555 Primaire 56,4 36,1 17,7 2,6 1 116 Secondaire ou plus 50,9 34,4 14,1 2,4 769 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 66,4 37,9 25,2 3,3 752 Second 63,5 38,7 20,8 4,0 722 Moyen 60,6 42,0 16,3 2,3 815 Quatrième 57,7 37,4 18,5 1,9 909 Le plus riche 52,3 33,4 15,8 3,1 1 241 Ensemble 59,1 37,4 18,8 2,9 4 439 Note: Les femmes avec un taux d'hémoglobine <7,0 g/dl ont une anémie sévère, les femmes avec un taux entre 7,0 et 9,9 ont une anémie modéré, et les femmes enceintes avec un taux de 10,0 et 10,9 g/dl et les femmes non enceintes qui ont un taux entre 10,0 et 11,g/dl ont une anémie bénigne. 1 Pour les femmes qui ne sont pas interviewées, l'information est tirée du questionnaire ménage. 2 Non compris les femmes qui n'ont pas été enquêtées * Basé sur trop peu de cas non pondérés 202 | Allaitement et État Nutritionnel Le tableau 10.12 présente la prévalence de l’anémie chez les enfants selon la gravité de l’anémie chez leur mère. Dans 2 125 cas, on dispose à la fois de données sur les enfants et sur leurs mères. Globalement, les résultats ne font pas apparaître un écart très important entre les enfants dont la mère est anémiée et l’ensemble des enfants (87 % contre 83 %). Quelle que soit la gravité de l’anémie de la mère, c’est toujours sous la forme modérée que l’on constate les proportions les plus élevée d’enfants anémiés. Cependant quand la mère est anémiée sous la forme sévère, 17 % des enfants le sont aussi. Tableau 10.12 Prévalence de l'anémie chez les enfants selon le niveau d'anémie de la mère Répartition (en %) des enfants de 6-59 mois par niveau d'anémie selon la sévérité de l'anémie de la mère, EDS-IV Sénégal 2005 Pourcentage d'enfants anémiés Anémie de la mère Anémiés Légère (10.0- 10.9 g/dl) Modérée (7.0- 9.9 g/dl) Sévère (en dessous de 7.0 g/dl) Effectif d’enfants Anémiée 87,1 19,1 59,1 9,0 1 250 Niveau d'anémie Anémie légère (10,0-10,9 g/dl) 86,2 19,9 58,6 7,6 818 Anémie modérée (7,0-9,9 g/dl) 89,3 18,5 60,0 10,8 387 Anémie sévère (en dessous de 7,0 g/dl) 86,1 9,9 58,9 17,3 45 Total 83,1 20,5 55,1 7,5 2 125 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l'interview. La prévalence est ajustée pour l'altitude (et en fonction du fait que la mère fume) en utilisant la formule du CDC (1998). Le tableau concerne seulement les enfants et les mères dont les taux d'hémoglobine sont disponibles. 10.4 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES L’un des objectifs de l’enquête est d’évaluer l’état nutritionnel des enfants de moins de trois ans et de celui des mères. 10.4.1 État nutritionnel des enfants Méthodologie La malnutrition protéino-énergétique chez les enfants désigne un ensemble de désordres caractérisés avant tout par un arrêt ou un retard de la croissance. Elle résulte à la fois des apports alimentaires inadéquats et de la morbidité. La malnutrition peut être évaluée par des critères cliniques, des analyses biochimiques ou des mesures anthropométriques. Cependant, pour des raisons pratiques, la plupart des enquêtes nutritionnelles utilisent des indicateurs anthropométriques. Chez les enfants âgés de moins de 5 ans, les indicateurs les plus utilisés sont le poids en fonction de l'âge (poids-pour-âge), la taille en fonction de l'âge (taille-pour-âge) et le poids en fonction de la taille (poids-pour-taille). Ces indices doivent être exprimés en écart-type (Z-score) par rapport à la médiane de la population de référence internationale NCHS/CDC/OMS1. La définition conventionnelle de la malnutrition chez les enfants, proposée par l'Organisation Mondiale de la Santé est le poids-pour-âge, la taille-pour-âge ou le poids- 1 NCHS : National Center for Health Statistics (Centre National des Statistiques Sanitaires, des États-Unis) ; CDC : Centers for Disease Control and Prevention (Centres de contrôle et prévention des maladies, des États-Unis) ; OM : Organisation Mondiale de la Santé. Allaitement et État Nutritionnel | 203 pour-taille inférieurs à moins 2 écarts-type ; lorsque le niveau atteint moins 3 écarts-type la malnutrition est considérée comme sévère. • La taille-pour-âge est une mesure spécifique du retard de croissance. • Le poids-pour-taille est une mesure spécifique de la maigreur ou émaciation. • Le poids-pour-âge constitue un bon reflet de l'état nutritionnel global de l'enfant et peut être utilisé pour suivre le gain pondéral d’un enfant. Cependant, on sait qu’il ne permet pas de distinguer l'émaciation du retard de croissance. Échelle pour l'interprétation des valeurs de prévalence de la malnutrition (-2 Z-score) dans une population : Situation de malnutrition Indicateurs Satisfaisante Précaire Élevée Très élevée Taille-pour-âge < 20 % ≥ 20 % et < 30 % ≥ 30 % et < 40 % ≥ 40 % Poids-pour-taille < 5 % ≥ 5 % et < 10 % ≥ 10 % et < 15 % ≥ 15 % Poids-pour-âge < 10 % ≥ 10 % et < 20 % ≥ 20 % et < 30 % ≥ 30 % Retard de croissance Les enfants dont la taille-pour-âge se situe en dessous de moins deux écarts-type de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant de retard de croissance, ceux se situant en dessous de moins trois écarts-type sont considérés comme souffrant de la forme sévère. Selon les résultats du tableau 10.13 concernant l'indice taille-pour-âge, 16 % des enfants au Sénégal souffrent de retard de croissance et plus d’un enfant sur vingt cinq (5 %) souffre de retard de croissance sévère. Dans l’ensemble la situation nutritionnelle selon l’indice taille-pour-âge peut être caractérisée de satisfaisante, mais cette situation masque des disparités importantes en fonction des variables sociodémographiques. Tout d’abord, la proportion d’enfants accusant un retard de croissance est près de deux fois plus élevée chez ceux dont la mère ne vit pas dans le ménage et que chez ceux dont la mère vit dans le ménage (23 % contre 16 %). Selon l'âge, on observe des variations importantes de la prévalence du retard de croissance, qu’elle soit modérée ou sévère (tableau 10.13 et graphique 10.3). La proportion d’enfants accusant un retard de croissance augmente très régulièrement et très rapidement avec l’âge : de 5 % à moins de 6 mois, la prévalence du retard de croissance augmente pour atteindre plus de 21 % à 12-23 mois avant de retomber entre 18 % et 19 % entre 24-59 mois. Le retard de croissance touche de façon similaire les garçons et les filles (17 % contre 16 %). Du point de vue du rang de naissance, une légère tendance à l’augmentation du retard de croissance avec le rang de l’enfant est observée : de 14 % pour les enfants de rang 2 à 3, elle passe à 15 % parmi ceux de rang 4-5 et à 16 % pour les rangs 6 ou plus. Par ailleurs, les enfants nés quatre années après l’enfant précédent sont beaucoup moins touchés par le retard de croissance que les autres (12 % contre 18 % quand l’intervalle est de 24-47 mois et 19 % quand il est inférieur à 24 mois). De même, la prévalence du retard de croissance est beaucoup plus élevée parmi les enfants très petits à la naissance (23 %) que parmi ceux qui étaient petits (18 %) ou bien qui étaient moyens ou grands (14 %). . 204 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 10.13 État nutritionnel des enfants Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans, considérés comme atteints de malnutrition selon les trois indices anthropométriques de l'état nutritionnel : taille-pour-âge, poids-pour-taille et poids-pour-âge, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Taille-pour-âge Poids-pour-taille Poids-pour-âge Caractéristique sociodémographique Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Effectif d’enfants Âge de l'enfant en mois <6 1,6 5,3 0,7 5,2 1,2 3,0 350 6-9 0,7 7,2 0,2 7,6 2,8 12,9 229 10-11 1,0 9,0 0,0 9,9 1,0 12,2 63 12-23 4,7 20,6 2,1 14,0 5,0 22,6 603 24-35 7,2 17,6 0,5 6,9 3,7 20,9 562 36-47 7,3 20,3 0,3 5,4 2,9 19,2 631 48-59 7,3 21,1 0,6 5,9 1,9 21,3 522 Sexe Masculin 5,3 16,5 1,2 8,4 3,0 16,3 1 474 Féminin 5,3 16,1 0,3 6,8 2,9 18,3 1 409 Rang de naissance2 2-3 3,6 13,5 1,1 6,7 2,4 14,1 529 4-5 5,4 14,8 0,3 7,3 2,5 16,7 904 6+ 3,5 16,2 1,3 8,8 2,6 17,1 577 Intervalle de naissance en mois2 Première naissance3 3,6 13,5 1,1 6,7 2,4 14,1 531 <24 6,8 19,2 0,4 8,0 2,8 19,0 360 24-47 6,4 17,5 0,9 8,4 3,6 19,1 1 277 48+ 2,6 11,5 0,4 7,3 1,8 12,6 440 Taille à la naissance2 Très petit 6,6 22,9 1,3 8,6 3,9 26,9 272 Petit 5,6 18,3 0,6 12,7 4,2 24,1 489 Moyen ou très gros 4,9 14,1 0,8 6,4 2,4 13,4 1 802 Manquant 12,2 24,7 0,0 8,8 6,7 32,9 26 Milieu de résidence Urbain 3,0 8,5 0,4 5,7 1,6 9,7 1 015 Rural 6,5 20,6 0,9 8,7 3,7 21,5 1 868 Région Dakar 3,0 6,8 0,0 5,3 1,5 6,0 451 Diourbel 5,4 16,4 1,6 9,0 2,4 19,9 351 Fatick 2,7 12,8 0,0 7,1 0,4 15,8 170 Kaolack 3,4 13,9 0,4 5,8 1,7 11,2 365 Kolda 11,7 35,8 0,9 8,4 7,3 32,2 286 Louga 6,0 18,0 3,1 12,2 5,8 20,6 177 Matam 7,3 22,5 1,2 10,9 5,8 28,4 109 Saint-Louis 6,8 22,9 1,0 11,9 3,1 27,3 183 Tambacounda 11,0 25,5 1,3 9,2 5,7 24,5 204 Thiès 2,6 8,5 0,2 6,2 1,3 13,3 463 Ziguinchor 3,2 14,3 0,0 3,9 1,5 10,5 126 Niveau d’instruction de la mère4 Aucun 6,3 18,8 0,9 8,8 3,6 20,6 1 910 Primaire 2,9 10,6 0,4 5,7 1,7 9,5 567 Secondaire ou plus 1,8 5,4 0,3 3,8 0,3 6,0 229 Âge de la mère4 15-19 5,6 18,9 1,0 8,1 7,4 18,1 135 20-24 3,9 13,9 0,7 6,8 2,2 15,8 566 25-29 5,1 15,0 1,1 9,4 2,8 17,8 751 30-34 6,0 17,9 0,3 7,1 2,6 16,6 570 35-49 5,8 16,2 0,8 6,9 3,1 17,4 685 Relation avec la mère Enfants des mères enquêtées 5,2 15,9 0,8 7,8 2,9 17,0 2 608 Enfants de mère non enquêtée Mère vivant dans le ménage 5,1 15,5 0,8 5,2 3,5 18,7 99 Mère ne vivant pas dans le ménage5 5,8 22,9 0,4 6,8 3,2 21,7 176 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 10,3 26,3 1,2 8,8 5,3 25,5 719 Second 5,4 19,1 0,7 8,8 4,0 21,8 617 Moyen 3,7 16,3 0,9 8,2 1,8 19,6 563 Quatrième 2,4 8,6 0,2 4,9 0,7 8,2 473 Le plus riche 2,4 6,1 0,7 6,5 1,7 6,3 512 Ensemble 5,3 16,3 0,8 7,6 3,0 17,3 2 883 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l'interview. Chaque indice est exprimé en termes de nombre d'unités d'écart type (ET) par rapport à la médiane de la Population de Référence Internationale du NCHS/CDC/OMS. Le tableau présente les pourcentages d’enfants qui se situent à moins de -3 ET ou à moins de -2 ET de la médiane de la population de référence. 1 Y compris les enfants qui se situent à moins de -3 ET de la médiane de la population de référence. 2 Non compris les enfants dont la mère n’a pas été enquêtée 3 Les premières naissances multiples (jumeaux ou triplets) sont considérées comme des premières naissances car elles n’ont pas d’intervalle intergénésique précédent 4 Pour les femmes qui n'ont pas été interviewées, les informations sont tirées du questionnaire ménage. Sont exclus les enfants dont les mères ne sont pas listées dans le ménage. 5 Y compris les enfants dont les mères sont décédées Allaitement et État Nutritionnel | 205 Le niveau d'instruction de la mère est la variable en fonction de laquelle l'état nutritionnel des enfants présente les variations les plus fortes : les enfants dont la mère n'a aucune instruction sont près de deux fois (19 %) plus affectés par le retard de croissance que ceux dont la mère a le niveau primaire (11 %) et quatre fois plus que ceux de mères de niveau d’instruction secondaire ou plus (5 %). Il en est de même pour le retard de croissance sévère qui est de 6 % pour les enfants dont la mère n'a aucune instruction contre 2 % pour les enfants dont la mère a un niveau d’instruction au moins secondaire. Avec l'acquisition d'une certaine instruction, les femmes ont sans doute une meilleure connaissance de la composition équilibrée des aliments et des règles d'hygiène. Les femmes non instruites, quant à elles, sont souvent celles qui vivent dans les conditions économiques les plus précaires, caractérisées par une quantité de nourriture disponible parfois limitée et de faible qualité. C'est cette conjonction de facteurs, et non le seul niveau d'instruction, qui explique la forte prévalence du retard de croissance parmi les enfants de mères sans instruction. Selon le milieu de résidence, les niveaux de retard de croissance présentent de fortes variations. Plus d’un enfant sur cinq du milieu rural (21 %) est affecté par le retard de croissance contre 9 % en milieu urbain. Dans les régions, on observe que la prévalence du retard de croissance est « élevée » dans la région de Kolda (36 %), tandis que la situation peut être caractérisée de « précaire » dans les régions de Tambacounda (26 %), Saint-Louis (23 %) et Matam (23 %), (graphique 10.4). Graphique 10.3 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans accusant un retard de croissance EDS-IV 2005 16 5 7 9 21 18 20 21 9 21 19 11 5 SÉNÉGAL ÂGE <6 mois 6-9 10-11 12-23 24-35 36-47 48-59 RÉSIDENCE Urbain Rural INSTRUCTION Aucun Primaire Secondaire ou plus 0 5 10 15 20 25 Pourcentage 206 | Allaitement et État Nutritionnel Émaciation ou maigreur Au tableau 10.13 figurent également les résultats concernant les proportions d'enfants atteints de maigreur, exprimée par l'indice poids-pour-taille. Cet indice peut être fortement influencé par la saison pendant laquelle s'est effectuée la collecte des données. En effet, la plupart des facteurs susceptibles de causer un déséquilibre entre le poids et la taille de l'enfant, qu’il s’agisse des maladies (rougeole, diarrhée, paludisme, etc.) ou des déficits alimentaires (sécheresse, périodes de soudure), sont très sensibles à la saison. Les enfants dont le poids-pour-taille se situe en dessous de moins deux écarts-type de la médiane de la population de référence sont considérés comme étant atteints de maigreur, ceux se situant en dessous de moins trois écarts-type sont considérés comme souffrant de forme sévère de maigreur. Dans l’ensemble, la situation nutritionnelle vue sous l’angle de la maigreur peut être caractérisée de précaire : environ un enfant sur douze (8 %) est atteint de maigreur sous forme modérée ou sévère. Du point de vue de l'âge, ce sont les enfants de 10-23 mois qui en souffrent le plus fréquemment, en particulier ceux du groupe d'âges 12-23 mois (14 %). À partir de 24 mois, les proportions diminuent avec l’âge et ne concernent plus que 5 à 7 % des enfants (graphique 10.5). Par ailleurs, ce groupe d’âges correspond également au stade de développement où les enfants commencent à explorer leur environnement immédiat et à porter n’importe quel objet à leur bouche : ils sont ainsi particulièrement exposés aux agents pathogènes comme en dénote la très forte prévalence de la diarrhée dans ce groupe d’âges (voir chapitre 8). Graphique 10.4 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans accusant un retard de croissance selon les régions EDS-IV-2005 16 7 16 13 14 36 18 23 23 26 9 14 SÉNÉGAL Dakar Diourbel Fatick Kaolack Kolda Louga Matam Saint-Louis Tambacounda Thiès Ziguinchor 0 5 10 15 20 25 30 35 40 Pourcentage Allaitement et État Nutritionnel | 207 Aucune différence importante n’apparaît selon le sexe de l’enfant (8 % chez les garçons contre 7 % parmi les filles), le rang de naissance (variant de 7 % pour les rangs 1-5 à 9 % pour les rangs 6 ou plus) ou encore l’intervalle intergénésique. Par contre, les enfants vivant en milieu rural sont plus fréquemment atteints de maigreur que ceux qui vivent en milieu urbain (9 % contre 6 %). De même, le niveau d’instruction de la mère affecte la prévalence de la maigreur : 9 % des enfants dont la mère n’a aucune instruction souffrent de cette forme de malnutrition contre 4 % parmi ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus (graphique 10.5). En ce qui concerne les régions, les résultats font apparaître une prévalence élevée de la maigreur dans les régions de Saint-Louis (12 %), de Louga (12 %) et Matam (11 %). Dans les régions de Dakar, Thiès, Kaolack, Fatick, Kolda et de Diourbel, la situation nutritionnelle est encore précaire selon cet indice (graphique 10.6). Enfin, il faut noter que les enfants qui vivent avec leurs mères sont relativement moins affectés (5 %) que ceux dont la mère n’est pas dans le ménage (7 %). Graphique 10.5 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans émaciés EDS-IV 2005 8 5 8 10 14 7 5 6 6 9 9 6 4 SÉNÉGAL ÂGE <6 mois 6-9 10-11 12-23 24-35 36-47 48-59 RÉSIDENCE Urbain Rural INSTRUCTION Aucun Primaire Secondaire ou plus 0 5 10 15 20 Pourcentage 208 | Allaitement et État Nutritionnel Insuffisance pondérale Le tableau 10.13 présente l'état nutritionnel des enfants mesuré au moyen de l'indice poids-pour- âge. Il s’agit d’un indice combiné, un faible poids-pour-âge pouvant être provoqué par la maigreur comme par le retard de croissance. Il traduit une insuffisance pondérale. Cet indice est celui qui est le plus souvent utilisé par les services de santé pour suivre les progrès nutritionnels et la croissance des enfants. Comme le poids-pour-taille, cet indice est sensible aux variations saisonnières. Les enfants dont le poids- pour-âge se situe en dessous de moins deux écarts-types de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant d'insuffisance pondérale ; ceux se situant en dessous de moins trois écarts- types sont considérés comme souffrant d'insuffisance pondérale sévère. Près d’un enfant sur six (17 % contre 20 % en 1992-93) souffrent d'insuffisance pondérale et 3 % d'insuffisance pondérale sévère (contre 5 % dans l’EDS-II de 1992-93). Dans l’ensemble, la situation nutritionnelle est précaire selon ce critère. Cependant, on constate des disparités importantes du niveau de la prévalence en fonction des caractéristiques sociodémographiques. Les variations selon l'âge sont proches de celles du retard de croissance. Cette forme de malnutrition survient très tôt (3 % à moins de six mois) et augmente très rapidement pour toucher plus du septième des enfants de 6-9 mois (13 %) et plus d’un enfant de 12-23 mois sur cinq (23 %). Les enfants dont l’intervalle intergénésique est supérieur à 48 mois présentent moins fréquemment que les autres une insuffisance pondérale (13 % contre 19 % quand l’intervalle est inférieur à 48 mois). En milieu rural, 22 % des enfants sont atteints de cette forme de malnutrition contre 10 % en milieu urbain. La prévalence de l’insuffisance pondérale est élevée dans les régions de Kolda (32 %), Matam (28 %), Saint-Louis (27 %), Tambacounda (25 %) et Louga (21 %) ; dans ces régions entre un enfant sur quatre et un enfant sur 3 en est atteint. Dakar est la région où la prévalence de cette forme de malnutrition est la plus faible (6 %). Comme pour le retard de croissance, le niveau d’instruction de la mère est l’une des variables les plus discriminantes : 6 % des enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus présentent une insuffisance pondérale contre 10 % pour ceux dont la mère a un niveau d’instruction primaire et 21 % pour ceux dont la mère n’a aucune instruction. Enfin, dans les ménages les plus riches, 6 % des enfants présentent une insuffisance pondérale ; dans les ménages les plus pauvres, cette proportion est de 26 %. . Graphique 10.6 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans émaciés selon les régions EDS-IV-2005 8 5 9 7 6 8 12 11 12 9 6 4 SÉNÉGAL Dakar Diourbel Fatick Kaolack Kolda Louga Matam Saint-Louis Tambacounda Thiès Ziguinchor 0 5 10 15 20 Pourcentage Allaitement et État Nutritionnel | 209 Tendances de la malnutrition Au graphique 10.7 figurent les niveaux de malnutrition des enfants de moins de cinq ans d’après l’EDS-II et l’EDS-IV. On constate que par rapport à 1992-93, les niveaux de malnutrition ont globalement baissé au Sénégal. Les prévalences de l’insuffisance pondérale et du retard de croissance sont tombées respectivement de 20 % à 17 % et de 22 % à 16 % entre 1992 et 2005. Cependant la prévalence de la maigreur est restée quasiment inchangée (9 % à 8 %). 10.4.2 État nutritionnel des femmes L’état nutritionnel des femmes de 15-49 ans est un des déterminants de la mortalité maternelle, du bon déroulement des grossesses ainsi que de leur issue. Il influe aussi sur la morbidité et la mortalité des jeunes enfants. L’état nutritionnel des mères est conditionné à la fois, par la balance énergétique, leur état de santé et le temps écoulé depuis la dernière naissance. Il existe donc une relation étroite entre les niveaux de fécondité et de morbidité, et l’état nutritionnel des mères. Pour ces raisons, l’évaluation de l’état nutritionnel des femmes en âge de procréer est particulièrement utile puisqu’elle permet d’identifier des groupes à haut risque. Bien que la taille puisse varier dans les populations à cause de facteurs génétiques, elle est néanmoins un indicateur indirect du statut socioéconomique de la mère dans la mesure où une petite taille peut résulter d’une malnutrition chronique durant l’enfance. En outre, d’un point de vue anatomique, la taille des mères étant associée à la largeur du bassin, les femmes de petites tailles sont plus susceptibles d’avoir des complications pendant la grossesse et surtout pendant l’accouchement. Elles sont aussi plus susceptibles que les autres de concevoir des enfants de faible poids. Bien que la taille critique en deçà de laquelle une femme peut être considérée à risque varie selon les populations, on admet généralement que cette taille se situe entre 140 et 150 centimètres. Graphique 10.7 Tendances de la malnutrition (enfants de moins de 5 ans) selon l'EDS-II 1992 et l'EDS-IV 2005 21.7 8.7 20.1 16.3 7.6 17.3 Retard de croissance Émaciation Insuffisance pondérale 0 5 10 15 20 25 Pourcentage EDS-II 1992 EDS-IV 2005 210 | Allaitement et État Nutritionnel À partir des résultats du tableau 10.14, on constate qu’au Sénégal, la taille moyenne des femmes (162,9 centimètres) se situe nettement au-dessus de l’intervalle mentionné. On constate également que moins de 1 % ont une taille inférieure à 145 centimètres, considérée ici comme la taille limite critique. Les proportions de femmes dont la taille est en deçà de la limite critique varient assez peu en fonction des régions. Tout au plus, peut-on souligner que dans la région de Matam, 2 % des femmes ont une taille inférieure à 145 cm contre moins de 1 % dans les autres régions. Mis à part ces petits écarts, la taille moyenne inférieure au seuil de 145 cm présente assez peu de variations. Le faible poids d’une femme avant une grossesse est un facteur de risque important pour le déroulement et l’issue de la grossesse. Cependant, le poids étant très variable selon la taille, il est préférable d’utiliser un indicateur tenant compte de cette relation. L’Indice de Masse Corporelle (IMC)2 ou encore Indice de Quételet, est le plus souvent utilisé pour exprimer la relation « poids (kg) sur le carré de la taille (en mètres carrés) ». Il permet de mettre en évidence le manque ou l’excès de poids en contrôlant la taille et, en outre, il présente l’avantage de ne pas nécessiter l’utilisation de tables de référence comme c’est le cas pour le poids-pour-taille. Les femmes dont l’IMC se situe à moins de 18,5 sont considérées comme atteintes de déficience énergétique chronique. À l’opposé, un IMC supérieur à 25 indique un surpoids. Au Sénégal, une proportion relativement importante de femmes (18 %) se situent en deçà du seuil critique de 18,5 et sont donc atteintes de déficience énergétique chronique. À l’opposé, 22 % de femmes ont un indice élevé (25 ou plus) et entrent dans la catégorie des surpoids. La proportion de femmes qui se situent en deçà du seuil critique de 18,5 varie de façon importante selon les caractéristiques sociodémographiques (tableau 10.14). C’est parmi les femmes les plus jeunes (15-19 ans) que le niveau de la déficience énergétique chronique est le plus élevé (34 %). Cette proportion baisse régulièrement avec l’âge : parmi les femmes de 20-24 ans, cette proportion est de 18 % contre 6 % parmi les femmes de 45 ans et plus. La prévalence de la déficience énergétique chronique est sensiblement la même en milieu rural qu’en milieu urbain (19 % contre 18 %). Par contre, elle présente des variations importantes selon le niveau d’instruction : parmi les femmes de niveau secondaire ou plus, 22 % sont trop maigres contre 16 % parmi celles sans instruction. Selon la région, le niveau de déficience énergétique varie d’un minimum de 15 % dans la région de Ziguinchor à un maximum de 25 % dans la région de Louga et 27 % dans la région de Matam. 2 L’IMC est calculé en divisant le poids en kilogrammes par le carré de la taille en mètres (kg/m2). Allaitement et État Nutritionnel | 211 Tableau 10.14 État nutritionnel des mères par caractéristiques sociodémographiques Taille moyenne des femmes de 15-49 ans, pourcentage de celles dont la taille est inférieure à 145 centimètres, Indice de Masse Corporelle (IMC) moyen et pourcentages de celles ayant un niveau d'IMC particulier, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Taille IMC (kg/m2)1 Caractéristique sociodémographique Taille moyenne en cm Pourcentage en dessous de 145 cm Effectif Moyenne de l'IMC 18.5-24.9 (normal) <18.5 (maigre) 17.0-18.4 (maigreur légère) 16.0-16.9 (maigreur modéré) <16.0 (maigreur sévère) ≥25.0 (gros ou obèse) 25.0- 29.9 (gros) ≥30.0 (obèse) Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 162,2 0,9 1 161 20,0 60,4 33,8 19,8 7,7 6,2 5,8 4,9 1,0 1 087 20-24 162,8 0,5 868 21,4 68,9 17,7 12,2 4,1 1,4 13,4 10,3 3,1 770 25-29 163,5 0,1 783 21,9 65,6 15,9 11,9 2,2 1,8 18,5 13,4 5,1 674 30-34 163,3 0,3 604 23,3 58,4 11,0 6,8 3,7 0,6 30,6 24,0 6,6 524 35-39 163,5 0,0 481 23,9 53,0 9,8 7,6 0,8 1,4 37,2 23,6 13,6 417 40-44 162,5 0,5 401 25,0 51,6 8,8 6,3 1,4 1,1 39,6 19,6 19,9 380 45-49 162,9 0,6 323 26,1 45,3 5,8 3,6 2,1 0,1 48,9 27,8 21,1 318 Milieu de résidence Urbain 163,5 0,3 2 280 23,1 52,9 17,9 11,6 3,8 2,5 29,2 18,2 10,9 2 129 Rural 162,3 0,6 2 340 21,5 67,2 18,6 12,0 4,1 2,4 14,2 10,9 3,4 2 039 Région Dakar 163,4 0,3 1 233 23,2 52,1 17,4 11,9 3,1 2,5 30,5 18,8 11,7 1 172 Diourbel 163,8 0,3 474 21,5 65,1 19,1 12,5 3,3 3,2 15,8 12,4 3,4 421 Fatick 162,7 0,0 216 21,9 68,3 16,6 10,0 4,2 2,4 15,1 11,1 4,0 199 Kaolack 163,6 0,4 501 21,8 66,8 17,1 11,4 3,7 2,0 16,1 12,1 4,0 440 Kolda 159,1 1,0 347 21,5 69,1 16,3 11,7 1,8 2,8 14,5 11,1 3,4 295 Louga 163,4 0,0 271 21,0 63,0 24,7 17,4 5,6 1,7 12,3 8,7 3,6 238 Matam 163,2 1,7 164 21,3 57,9 26,5 15,0 7,8 3,8 15,6 11,4 4,2 145 Saint-Louis 163,2 0,7 269 22,4 56,4 19,8 12,3 2,9 4,7 23,8 15,9 7,9 237 Tambacounda 161,7 0,4 264 21,9 67,3 15,5 9,8 3,8 1,9 17,2 12,5 4,7 224 Thiès 163,6 0,2 677 22,6 56,4 18,5 10,3 6,3 2,0 25,1 15,6 9,5 616 Ziguinchor 160,2 1,2 205 22,6 61,8 14,7 10,3 3,1 1,3 23,4 16,2 7,3 182 Niveau d’instruction Aucun 162,4 0,6 2 679 22,0 65,1 16,0 10,2 3,8 2,0 18,8 13,1 5,7 2 357 Primaire 163,2 0,4 1 149 22,7 54,1 20,3 13,3 4,2 2,7 25,6 16,1 9,5 1 056 Secondaire ou plus 164,0 0,0 793 22,5 51,5 22,3 14,7 4,0 3,7 26,1 17,2 8,9 755 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 161,7 0,6 809 21,2 69,7 19,4 12,8 4,1 2,5 10,9 8,9 2,0 693 Second 161,5 1,0 757 21,2 68,8 20,1 13,0 3,5 3,6 11,0 8,4 2,7 654 Moyen 162,7 0,3 850 22,2 62,1 16,1 10,2 4,3 1,6 21,8 15,4 6,3 757 Quatrième 163,3 0,4 921 22,8 52,7 19,9 13,0 4,7 2,1 27,4 17,6 9,8 851 Le plus riche 164,2 0,2 1 284 23,2 53,1 16,8 10,7 3,3 2,8 30,1 18,6 11,5 1 213 Ensemble 162,9 0,4 4 621 22,3 59,9 18,2 11,8 3,9 2,5 21,9 14,6 7,2 4 168 1 Sont exclues les femmes enceintes et les femmes ayant eu un enfant dans les derniers mois Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans | 213 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS 11 Mamadou Matar Guèye Il est reconnu que les niveaux, tendances et caractéristiques de la mortalité des enfants sont déterminés par les conditions sanitaires, environnementales, socioéconomiques et culturelles de la population. Ces niveaux, tendances et caractéristiques sont analysés ici selon le milieu de résidence et l’instruction de la mère, le suivi de la grossesse et l’assistance à l’accouchement et selon d’autres caractéristiques liées au comportement reproductif de la mère. Les résultats de ces analyses pourront servir, non seulement, aux chercheurs et spécialistes de la population, mais aussi aux décideurs chargés de la conception et de la mise en place de programmes de développement économique et social en général et de santé en particulier. 11.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES Les indicateurs de mortalité présentés ici sont calculés à partir d’informations sur l’historique des naissances recueillies dans le questionnaire femme de l’enquête. Au cours de l’enquête, ont été enregistrées toutes les naissances vivantes de la femme et certaines de leurs caractéristiques, notamment le sexe, l’âge, l’état de survie, ainsi que l’âge au décès pour les enfants décédés. L’âge au décès est déterminé de la manière la plus précise possible (au jour près pour les décès de moins d’un mois, au mois près pour ceux de moins de deux ans, et en années pour les décès survenus à deux ans ou plus) pour le calcul exact des indicateurs suivants : Le quotient de mortalité néonatale (NN) : probabilité de décéder avant d’atteindre un mois exact ; Le quotient de mortalité post-néonatale (PNN) : probabilité de décéder entre le premier mois et le douzième mois exact ; Le quotient de mortalité infantile (1q0) : probabilité de décéder entre la naissance et le premier anniversaire ; Le quotient de mortalité juvénile (4q1) : probabilité de décéder entre le premier et le cinquième anniversaire ; Le quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) : probabilité de décéder entre la naissance et le cinquième anniversaire. L’estimation de la mortalité à partir de l’historique des naissances des mères interviewées présente des limites d’ordre méthodologique et des risques d’erreurs d’enregistrement dont il est nécessaire de connaître les effets sur la qualité des données. 11.1.1 Limites d’ordre méthodologique L’approche utilisée, c’est-à-dire, la collecte de données auprès des femmes de 15-49 ans vivantes au moment de l’interview, ne permet pas de recueillir des informations sur la survie ou le décès des enfants dont la mère est décédée avant l’enquête. Cette approche peut donc introduire un biais dans l’estimation du niveau général de la mortalité des enfants si le nombre d’enfants orphelins de mère est 214 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans important d’une part et d’autre part si la mortalité de ces derniers est différente de celle des enfants dont la mère était vivante au moment de l’enquête. Limitées aux seules femmes de 15-49 ans, vivantes au moment de l’enquête, les informations obtenues peuvent souffrir d’un défaut de non représentativité sur les différents intervalles de la période passée : par exemple, aucune information sur les naissances des femmes de 40-49 ans n’est disponible pour la période 10-14 ans avant l’enquête. Les femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête avaient moins de 40 ans, 10 ans avant l’enquête, et celles de 40-49 ans en ce moment-là n’étaient plus éligibles à l’enquête. Or, si une proportion importante des naissances de cette époque étaient issues des femmes de 40-49 ans et que le risque de décéder de ces enfants était très différent de celui des naissances issues des femmes plus jeunes, il pourrait en résulter un biais important dans l’estimation de la mortalité des enfants pour la période d’observation. L’examen des données montre que dans l’ensemble, l’effet de tels phénomènes est d’une faible ampleur et que les biais entrevus sont très limités. En effet, le pourcentage d’orphelins de mère est relativement faible et les femmes de 40 ans et plus qui sont au terme de leur vie reproductive contribuent de manière très limitée à la fécondité générale. 11.1.2 Risques d’erreurs d’enregistrement La validité des données sur la mortalité des enfants peut être affectée par : 1) Le sous enregistrement des événements : il peut provenir d’omissions systématiques de naissances et de décès, à la fois, ou de l’un de ces deux événements. Les cas d’omissions liées à la sous-déclaration des naissances et des décès et qui interviennent généralement quand l’enfant meurt très jeune (quelques heures ou jours après la naissance), conduisent à une sous-estimation de la mortalité. Dans ces cas, plus la période de référence est éloignée de la date de l’enquête, plus les risques d’omission sont élevés et plus la sous-estimation des niveaux de la mortalité est importante. L’évaluation du sous enregistrement des décès de très jeunes enfants est faite à partir de la proportion d’enfants décédés entre 0 et 6 jours par rapport aux décès survenus au cours du premier mois, proportion qui doit augmenter avec une diminution de la mortalité des enfants du fait que le niveau de la mortalité diminue très rapidement entre la naissance et les jours qui suivent. Selon cette technique une proportion inférieure à 60 % indiquerait un sous enregistrement important des décès précoces. Une application de cette technique à l’EDS-IV, montre qu’il n’y a pas eu de sous enregistrement très important des décès précoces au cours des cinq années qui ont précédé l’enquête. 2) Les transferts de dates de naissance des enfants : ces mauvais enregistrements des naissances par période peuvent entraîner une sous-estimation de la mortalité d’une période au profit des périodes adjacentes, comme un mauvais classement des décès à 0-4 ans avant l’enquête, qui entraîneraient une sous-estimation de la mortalité pour cette période et, par suite, une surestimation de la mortalité de la période précédente (5-9 ans avant l’enquête). De tels transferts, s’ils se produisaient, ne semblent pas affecter de façon significative la qualité des données observées. 3) L’imprécision des déclarations de l’âge au décès comme l’attraction de certains âges au décès : ces biais peuvent engendrer une sous-estimation de la mortalité infantile et une surestimation de la mortalité juvénile, par le transfert d’une partie des décès d’enfants de moins d’un an aux décès d’enfants plus âgés (12 à 59 mois). Pour minimiser ce type d’erreur, les âges aux décès ont été enregistrés en jours, en mois et en années s’ils interviennent respectivement dans les 29 jours suivant la naissance, entre 1 à 23 mois et au-delà de 23 Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans | 215 mois. Les données observées montrent une nette attraction pour l’âge au décès « 12 mois » mais dont l’effet sur les niveaux de mortalité infantile et juvénile est négligeable. Ces problèmes sont inhérents à l’approche méthodologique basée sur la collecte de l’information à partir de l’historique des naissances. Cependant, certains travaux effectués dans ce domaine (Sullivan et al., 1990) ont montré que les risques d’erreur ou d’imprécisions de collecte n’ont qu’un faible effet sur la mesure des événements récents. Un ajustement des données sur les tendances de la mortalité ne s’est donc pas avéré nécessaire. 11.2 NIVEAUX ET TENDANCES Les différents quotients de mortalité pour les quinze années ayant précédé l’enquête sont présentés au tableau 11.1. Les niveaux sont calculés par période quinquennale de 0-4 ans, 5-9 ans et 10-14 ans avant l’enquête, soit de 1991 à 2005. Tableau 11.1 Taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile par période de cinq ans ayant précédé l'enquête, EDS-IV Sénégal 2005 Nombre d'années ayant précédé l'enquête Mortalité néonatale (NN) Mortalité postnéonatale1 (PNN) Mortalité Infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) 0-4 35 26 61 64 121 5-9 47 35 82 74 150 10-14 41 29 70 70 135 1 Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale. Dans la période 2001-2005, soit 0-4 ans avant l’enquête, 61 naissances vivantes sur 1 000 sont décédées avant d’atteindre leur premier anniversaire dont 35 ‰ entre 0 et 1 mois exact et 26 ‰ entre 1 et 12 mois exact. Parmi les enfants âgés d’un an, 64 ‰ n’ont pas atteint leur cinquième anniversaire. Durant cette même période, le risque global de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire est estimé à 121 ‰, soit plus d’un enfant sur dix. Les graphiques 11.1 et 11.2 permettent de retracer l’évolution de la mortalité infantile et juvénile au cours des quinze dernières années. Même si au Sénégal le niveau de la mortalité infanto-juvénile reste élevé, les données de l’enquête montrent qu’en quinze ans, il a sensiblement diminué. De 1993 (milieu de la période 10-14 ans avant l’enquête), à 2003 (milieu de la période 0-4 ans avant l’enquête), la mortalité infantile est passée de 70 ‰ à 61 ‰, soit une baisse de près de 13 %. Par contre, au cours de la même période, la mortalité juvénile et la mortalité infanto-juvénile ont baissé dans des proportions moindres (entre 9 et 10 %), passant de respectivement, 70 ‰ à 64 ‰ et de 135 ‰ à 121 ‰. De tous les types de mortalité, c’est donc la mortalité infantile qui a connu la baisse la plus importante et, parmi les composantes de celle-ci, c’est la mortalité néonatale qui a le plus diminué (près de 15 % contre 10 % pour la mortalité post néonatale). Tout bien considéré, le niveau de la mortalité infanto-juvénile au Sénégal n’a que peu baissé au cours des quinze dernières années. Toutefois, il est important de souligner que la mortalité des enfants n’a pas régulièrement baissé dans cette période. En effet, quelle que soit la composante considérée, on note une nette remontée en milieu de période avant une amorce de la baisse en fin de période, même si l’ampleur de cette recrudescence est variable selon le type de mortalité. Elle a été plus forte pour la mortalité post néonatale (prés de 21 %) et la mortalité infantile (17 %) et plus faible pour la mortalité juvénile (6 %) et la mortalité infanto-juvénile (11 %). 216 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans Les graphiques 11.1 et 11.2 permettent de comparer les tendances de la mortalité infantile et juvénile selon l’EDS-III réalisée en 1997 et l’EDS-IV de 2005. Malgré quelques légères différences dues probablement à des erreurs de sondage, on peut dire que les estimations des deux enquêtes, témoignent de la bonne qualité des données relatives aux niveaux et tendances de la mortalité infantile et juvénile au Sénégal. Au cours des quinze dernières années, soit entre 1985-1989 (10-14 ans avant l’EDS-III) et 2001- 2005 (0-4 ans avant l’EDS–IV), les niveaux de mortalité n’ont diminué que faiblement. La mortalité infantile estimée à 76,3 ‰ autour de l’année 1995 est passée à 61 ‰ autour de l’année 2003, soit une Graphique 11.1 Tendances de la mortalité infantile selon l'EDS-III 1997 et l'EDS-IV 2005 ) ) ) # ## 1985 1990 1993 1995 1998 2003 2005 Année 0 20 40 60 80 100 Pour mille EDS-III EDS-IV Graphique 11.2 Tendances de la mortalité juvénile selon l'EDS-III 1997 et l'EDS-IV 2005 ) ) ) # ## 1985 1990 1993 1995 1998 2003 2005 Année 0 20 40 60 80 100 120 Pour mille EDS-III EDS-IV Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans | 217 baisse de 20 %. Il convient de souligner qu’autour de 1998 une remontée de la mortalité a conduit à un taux de mortalité infantile de 82 ‰, soit une hausse de 20 % par rapport a 1995, suivie d’une baisse de 26 % dans les cinq dernières années. Dans la même période, la mortalité juvénile s’est stabilisée à 64 ‰ après une hausse de près de 17 % en 1995. La mortalité infanto-juvénile a connu une baisse plus importante entre 1985-1989 et 2001-2005 : la probabilité de décéder entre la naissance et le cinquième anniversaire a baissée de 30 %, passant de 173 ‰ à 121 ‰, suite à une légère remontée de 8 % entre 1995 et 1998. 11.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE Le calcul des probabilités de décéder dans chacun des sous-groupes de population retenus ici, doit reposer sur un effectif statistiquement suffisant, nécessitant l’observation d’évènements sur une période rétrospective d’au moins dix ans. Le tableau 11.2 présente les quotients de mortalité des enfants dans la période des dix années précédant l’enquête et les différences de niveaux selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère comme le milieu de résidence où elle vit, sa région administrative, son niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique de son ménage. Tableau 11.2 Taux de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio- démographiques Quotient (‰) de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période de 10 ans ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques socio- démographiques de la mère, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Mortalité néonatale (NN) Mortalité postnéonatale1 (PNN) Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Milieu de résidence Urbain 32 21 52 41 91 Rural 46 36 82 85 160 Région Dakar 30 15 44 37 79 Diourbel 53 36 89 98 178 Fatick 56 23 79 82 154 Kaolack 44 35 79 84 156 Kolda 53 48 100 116 205 Louga 28 25 53 45 96 Matam 38 30 68 45 110 Saint-Louis 27 26 52 42 93 Tambacounda 56 44 100 111 200 Thiès 33 27 60 44 101 Ziguinchor 32 38 69 64 129 Niveau d’instruction Aucun 45 34 79 78 152 Primaire 32 20 52 44 94 Secondaire ou plus 17 13 30 30 60 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 50 39 89 103 183 Second 47 38 85 87 164 Moyen 41 31 73 69 136 Quatrième 31 22 53 41 92 Le plus riche 27 14 41 25 64 1 Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale. 218 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans Les données observées montrent que la mortalité infantile est nettement plus élevée en milieu rural (82 ‰) qu’en milieu urbain (52 ‰). Cette différence persiste au-delà d’un an avec un niveau deux fois plus élevé en milieu rural. En effet, sur 1 000 enfants survivants au premier anniversaire, 85 décèdent en milieu rural contre seulement 41 en milieu urbain. La tendance est la même pour la mortalité infanto- juvénile, avec un quotient de 76 % plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (160 ‰ contre 91 ‰). Le niveau de mortalité des enfants varie sensiblement d’une région administrative à l’autre, pouvant passer du simple à plus du double. S’agissant de la mortalité infantile, c’est dans les régions situées au nord du pays comme Dakar (44 ‰), les régions de Saint-Louis (52 ‰) et de Louga (53 ‰) que l’on observe les niveaux les plus faibles et c’est dans les régions de Tambacounda et Kolda (100 ‰), situées au sud, que l’on constate les niveaux les plus élevés. La mortalité juvénile suit la même tendance que la mortalité infantile mais avec des niveaux et des écarts plus importants entre régions administratives. Les niveaux sont toujours plus faibles dans les régions de Dakar (37 ‰) et de Louga, Matam (45 ‰) et plus élevés dans elles du sud (116 ‰ à Kolda et 11 ‰ à Tambacounda). La mortalité infanto-juvénile présente la même allure avec un minimum dans la région de Dakar (79 ‰) et un maximum dans celle de Kolda (205 ‰). Les niveaux de mortalité plus faibles observés à Dakar reflètent les avantages dont bénéficie la capitale aux plans économique, social, infrastructurel et environnemental. Pourtant, un examen des quotients de mortalité néonatale montre que Dakar (30 ‰) perd sa position privilégiée devant les régions de Saint-Louis (27 ‰) et Louga (28 ‰). Le niveau de mortalité connaît également des variations importantes suivant le niveau d’instruction de la mère : pour la période 1996-2005, la mortalité infantile varie de 30 ‰ chez les enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus à 79 ‰ chez ceux dont la mère n’a aucune instruction. L’EDS-III de 1997 avait montré les mêmes écarts entre les niveaux de mortalité infantile de ces deux catégories (respectivement, 29 ‰ et 76 ‰). En ce qui concerne la mortalité juvénile, on observe des différences similaires à celles notées pour la mortalité infantile, mais avec des écarts moins importants, les taux variant entre 30 ‰ pour les enfants dont la mère a atteint le niveau secondaire ou plus à 78 ‰ pour ceux dont la mère est sans instruction. Les données de l’enquête montrent que le niveau de bien-être économique du ménage influe très largement sur le risque de décéder des enfants. En effet, quelle que soit la composante de la mortalité considérée, c’est dans les ménages les plus pauvres que les risques de décéder sont les plus élevés. En ce qui concerne la mortalité néonatale, les résultats montrent que le taux est deux fois plus élevé parmi les ménages les plus pauvres que parmi les ménages les plus riches (50 ‰ contre 27 ‰) ; quant à la mortalité juvénile, elle est quatre fois plus élevée dans les ménages du premier quintile que dans ceux du quintile le plus riche (103 ‰ contre 25 ‰). Le tableau 11.3 présente les quotients de mortalité pour la période de dix années précédant l’enquête selon certaines caractéristiques des enfants. Il montre qu’à l’exception de la mortalité juvénile pour laquelle les deux sexes ont des niveaux identiques, les garçons présentent, comme dans la plupart des populations, un risque de mortalité légèrement plus élevé que celui des filles : sur 1000 garçons nés vivants 47 décèdent avant l’âge d’un mois contre 35 chez les filles. Le taux de mortalité infantile s’établit à 79 ‰ pour les garçons contre 63 ‰ pour les filles ; entre la naissance et le cinquième anniversaire, 143 garçons sur mille décèdent contre 127 filles sur mille. Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans | 219 Pour analyser l’effet du comportement procréateur des mères sur la mortalité de leurs enfants, ont été retenues les caractéristiques comme l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, le rang de naissance de l’enfant et l’intervalle entre la naissance précédente et la naissance actuelle. Le tableau 11.3 présente les variations de la mortalité des enfants selon ces caractéristiques. Alors que certaines conditions favorisent une meilleure santé pour la mère et l’enfant, d’autres aggravent les risques de décéder des nouveaux-nés. On estime par exemple, que les naissances espacées de moins de 2 ans survenues précocement (mères âgées de moins de 20 ans) ou tardivement (mères âgées de plus de 40 ans) courent des risques plus élevés de décéder avant leur cinquième anniversaire. En effet, les résultats de l’enquête montrent que les enfants dont l’intervalle avec la naissance précédente est inférieur à 2 ans et/ou ceux dont la mère a moins de 20 ans ou plus de 35 ans courent des risques de décéder très largement supérieurs aux autres. S’agissant de la mortalité infanto-juvénile, par exemple, le risque de décéder décroît avec la durée de l’espacement. Un enfant né à moins de deux ans après l’enfant précédent, court un risque de mourir avant son cinquième anniversaire de 188 ‰ alors que celui dont la mère a observé un espacement de deux ou trois ans, court un risque de respectivement, 136 ‰ et 100 ‰. Lorsque l’espacement est de 4 ans et plus, le risque tombe à 81 ‰, c’est-à-dire à un niveau 2,3 fois plus faible. Concernant la mortalité infantile aussi, le risque de décès est environ deux fois plus élevé pour les enfants nés à moins de deux ans d’intervalle comparés à ceux dont l’intervalle avec l’enfant précédent est de trois ans (99 ‰ contre 48 ‰). Tableau 11.3 Taux de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants Quotient (‰) de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période de 10 ans ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique démographique Mortalité néonatale (NN) Mortalité postnéonatale1 (PNN) Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Sexe de l'enfant Masculin 47 32 79 69 143 Féninin 35 28 63 69 127 Âge des mères à la naissance <20 61 40 101 77 170 20-29 34 27 61 69 126 30-39 41 29 70 67 132 40-49 48 44 93 45 133 Rang de naissance 1 55 33 88 61 143 2-3 32 26 58 64 118 4-6 36 27 63 74 132 7+ 49 42 91 81 164 Intervalle de naissance précédent2 <2 années 57 42 99 99 188 2 années 36 32 68 73 136 3 années 25 22 48 55 100 4+ années 23 17 40 43 81 Taille de la naissance3 Petit ou très petit 51 32 83 na na Moyen ou gros 26 22 48 na na NSP/Manquant 161 63 224 na na 1 Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale. 2 Non compris les naissances de rang 1. 3 Quotients pour la période de cinq ans avant l'enquête. na = Non applicable 220 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans Le risque de décéder est plus élevé pour les enfants nés de mères très jeunes ou de mères relativement âgées. Par exemple, les enfants nés d’une mère âgée de moins de vingt ans courent un risque de mourir avant le premier anniversaire supérieur à celui des nouveaux-nés dont la mère est âgée de 20-29 ans au moment de la naissance. Les quotients sont estimés à respectivement, 101 ‰ et 61 ‰, soit un risque 66 % plus élevé pour les enfants nés de mères très jeunes. Les enfants de mères âgées de 40 ans et plus ne sont pas mieux lotis ; ils courent des risques 52 % plus élevés que ceux dont la mère est âgée de 20-29 ans. Les naissances de rang supérieur à 6, courent des risques de mortalité plus élevés que ceux des naissances de rang inférieur. Le risque de mourir avant le premier anniversaire est de 91 ‰ pour une naissance de rang supérieur à 6 contre 58 ‰ pour une naissance de rangs 2-3, soit un risque 57 % plus important. À ce propos, on peut penser que le risque plus élevé de mortalité infantile observé pour les enfants de rang 1 (plus de 50 % que celui des enfants de 2-3) peut être aggravé par la précocité de la naissance (mère trop jeune). Les différences de mortalité ainsi observées mettent en évidence les risques importants de mortalité liés aux caractéristiques de la fécondité des femmes, à savoir, la précocité des naissances, le rang élevé de la naissance et la brièveté des intervalles inter génésiques. Le poids à la naissance influe aussi sur les risques de mortalité des enfants. En effet, on constate que les nouveaux-nés petits ou très petits à la naissance (y compris les prématurés) ont une mortalité néonatale près de deux fois élevée que les bébés moyens ou gros (51 ‰ contre 26 ‰) et une mortalité infantile 73 % plus forte (83 ‰ contre 48 ‰). Bien qu’il existe un écart important entre la mortalité post-néonatale de ces deux groupes d’enfants, l’écart est relativement plus faible : les petits ont un risque de décéder 45 % plus élevé (32 ‰ contre 22 ‰). A ce propos, il convient de souligner que le poids d’un enfant à la naissance dépend très largement de l’état de santé de sa mère, de la maturité biologique et de l’état nutritionnel de celle-ci durant la grossesse. On considère ainsi les grossesses précoces, peu espacées et/ou trop répétées comme favorisant la naissance d’un enfant de faible poids, donc plus vulnérable que les autres. 11.4 MORTALITÉ PÉRINATALE Les données sur la mortalité périnatale pour la période de cinq ans précédant l’enquête sont présentées au tableau 11.4. Elles sont analysées ici selon certaines caractéristiques sociodémographiques des mères, notamment l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, l’intervalle par rapport à la grossesse précédente, le milieu de résidence, la région administrative et le niveau de bien-être économique du ménage. Perçue comme un indicateur de la qualité des soins pendant la grossesse et l’accouchement, la mortalité périnatale combine la mortinatalité et la mortalité néonatale. Ici, la mortinatalité s’applique aux grossesses de sept mois révolus ou plus qui n’ont pas aboutit à une naissance vivante. Pour calculer le taux de mortalité périnatale, on a combiné cette mortalité aux décès d’enfants survenus au cours des 6 premiers jours, rapportée aux grossesses de sept mois ou plus. Pour cela, on a demandé aux femmes enquêtées, de déclarer les grossesses n’ayant pas abouti à une naissance vivante et pour chaque cas survenu au cours des cinq dernières années, d’indiquer la durée de la grossesse, c’est-à-dire, le nombre de mois écoulés au moment où celle-ci s’est interrompue. Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans | 221 En moyenne, le taux de mortalité périnatale est estimé à 45 décès pour mille grossesses de sept mois ou plus. Cependant, les risques de mortalité périnatale sont particulièrement élevés pour la première grossesse (62 ‰), quand la mère a moins de 20 ans (57 ‰) ou 40 ans ou plus (84 ‰) et plus faibles quand elle a 20-29 ans (39 ‰). Le niveau élevé concernant la première grossesse est sûrement à mettre en relation avec l’immaturité physiologique de la femme et son manque d’expérience en matière de maternité au moment de la grossesse. Tableau 11.4 Mortalité périnatale Nombre de morts-nés, de décès néonatals précoces, et taux de mortalité périnatale pour la période des cinq années ayant précédé l'enquête selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Effectif de morts-nés1 Nombre de décès des 1ers jours de naissance2 Taux de mortalité périnatale3 Effectif de grossesses de durée de 7 mois ou plus Âge des mères à la naissance <20 41 57 57 1 709 20-29 89 120 39 5 362 30-39 63 69 42 3 184 40-49 22 19 84 490 Intervalle en mois depuis la précédente grossesse Première grossesse 49 88 62 2 216 <15 11 18 53 550 15-26 47 53 40 2 530 27-38 46 57 37 2 808 39+ 63 49 42 2 641 Milieu de résidence Urbain 71 94 42 3 913 Rural 144 171 46 6 832 Région Dakar 27 45 38 1 931 Diourbel 28 28 43 1 299 Fatick 15 18 51 654 Kaolack 37 48 59 1 432 Kolda 22 32 54 989 Louga 19 14 47 711 Matam 6 7 29 446 Saint-Louis 13 11 35 676 Tambacounda 13 19 40 807 Thiès 30 36 46 1 434 Ziguinchor 5 7 33 365 Niveau d’instruction Aucun 174 202 49 7 751 Primaire 34 50 37 2 227 Secondaire ou plus 8 13 27 767 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 47 74 49 2 472 Second 56 60 49 2 388 Moyen 45 52 42 2 283 Quatrième 43 48 46 1 950 Le plus riche 25 31 34 1 652 Ensemble 215 265 45 10 745 1 Les morts-nés sont des décès foetaux qui se sont produits à 7 mois ou plus de grossesse. 2 Les décès néonatals précoces sont des décès qui se sont produits à 0-6 jours parmi les enfants nés vivants. 3 La somme du nombre de morts-nés et de décès néonatals divisée par le nombre de grossesses de 7 mois ou plus. 222 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans Le taux de mortinatalité baisse aussi très sensiblement avec l’intervalle qui sépare deux grossesses. Ainsi, plus l’intervalle entre deux grossesses est long, plus le taux de mortalité périnatale est faible : il varie de 53 ‰ à 37 ‰ quand l’intervalle passe de moins de 15 mois à plus 27 mois. Cependant, même si on peut noter une différence de niveau de mortalité périnatale entre le milieu urbain et le milieu rural, celle-ci n’est pas aussi nette, comparée aux écarts observées selon l’âge de la mère et l’intervalle entre grossesses. En effet, comparée au rural, le niveau observé en urbain est tout juste inférieure de 10 %. Avec un taux de mortalité périnatale de 46 ‰ contre 42 ‰, les mères vivant en milieu urbain bénéficient d’un léger avantage par rapport à celles du milieu rural. Sur les onze régions administratives du Sénégal, celles dont le taux de mortalité périnatale se situe largement en deçà de la moyenne estimée à 45 ‰ sont les régions de Matam (29 ‰) et de Ziguinchor (33 ‰) ; à l’opposé, les régions de Kolda (54 ‰) et de Kaolack (59 ‰) sont les régions qui détiennent les niveaux les plus élevés. Les résultats ne permettent pas d’établir une relation forte entre la mortalité périnatale et l’influence positive du degré d’urbanisation des régions, même si les résultats observés dans celles de Ziguinchor et de Saint-Louis vont dans le sens attendu. En effet, Dakar la région la plus urbanisée (à plus de 96 %) occupe la quatrième position seulement, avec un taux de 38 ‰. En revanche, la région de Matam qui est la plus jeune et l’une des plus enclavée, enregistre le niveau le plus faible alors qu’elle n’est pas particulièrement urbanisée et que son développement économique et social n’est pas des plus avancés. C’est qu’en réalité, contrairement à ce qu’on peut penser, la mortalité périnatale, de par sa nature et ses causes, n’est pas aussi fortement associée aux performances du développement économique et social. Toutefois, on ne peut occulter le fait que le suivi prénatal des femmes enceintes au cours des premiers mois de la grossesse joue un rôle important dans le processus conduisant au décès prénatal. Les résultats montrent aussi que les risques de mortalité périnatale diminuent avec le niveau d’instruction et le niveau de bien être économique. Le taux passe de 49 ‰ quand la femme n’a pas d’instruction, à 27 ‰ quand elle atteint le niveau secondaire et plus, soit 75 % plus faible. Dans le même sens, le taux de mortalité périnatale, estimé à 49 ‰ quand la femme vit dans un ménage des deux premiers quintiles les plus pauvres, tombe à 34 ‰ seulement quand le ménage dans lequel vit la femme est classé dans le quintile le plus riche, soit 44 % plus faible. Ces résultats pouvant être biaisés par la différence dans la qualité des déclarations, il y a lieu de les interpréter avec prudence. En effet, on doit s’attendre à une meilleure déclaration des mort-nés et des décès néonatals précoces chez les femmes les plus instruites et les plus riches. Par ailleurs, le rôle et le statut de la femme dans la société peuvent avoir des implications durables sur la survie et le développement de l’enfant. La femme peut être confinée dans son rôle traditionnel d’épouse et de mère, soumise à un ordre social pré-établi et dominé par l’homme. Elle est alors chargée des tâches domestiques et de la prise en charge des enfants et des personnes âgées/malades. Là, elle reste isolée de l’école, du travail hors du foyer et du processus de prise de décisions, même sur des questions qui l’intéressent au premier chef. Ce modèle tend à disparaître avec le processus de modernisation de nos sociétés. La femme peut aussi participer activement à la vie économique et sociale au sens moderne du terme. Elle dispose alors des mêmes opportunités économiques que les hommes, du droit à la parole, du droit de choisir, donc de disposer de sa vie et de son corps, y compris en matière de fécondité. Entre ces deux situations extrêmes, on trouve bien des variantes. On peut donc s’attendre à un impact variable du statut de la femme sur la survie et l’épanouissement de l’enfant. Le statut de la femme est évalué ici à par le biais de critères spécifiques. Il s’agit du nombre de décisions prises par la femme, de l’opinion de la femme selon laquelle il est justifié que pour certaines raisons une femme puisse refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari et de l’opinion de la femme Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans | 223 selon laquelle il est justifié que pour certaines raisons un homme puisse battre sa femme. Une femme qui participe à un nombre élevé de décisions dans son ménage est considérée comme ayant un pouvoir d’action plus important que celle qui ne participe à aucune décision ou à très peu. De même, une femme qui estime que pour aucune raison, un homme a le droit de battre une femme est considérée comme ayant un statut plus élevé que celle qui pense qu’un homme a le droit de battre une femme quelle qu’en soit la raison ; de même, les femmes qui pensent qu’il est justifié, quelle que soit la raison, qu’une femme puisse refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari réfutent des comportements traditionnels et sont donc sont considérées comme ayant un pouvoir d’action plus important que les autres. On s’attend donc à ce que la mortalité des enfants soit plus faible parmi les femmes qui ont un statut plus élevé et un pouvoir d’action plus important que parmi les autres. Les données du tableau 11.5 ne mettent pas en évidence de relation très nette entre le niveau de la mortalité des enfants et le nombre de décisions prises par la femme, même si pour tous les types de mortalité, la situation semble plus favorable quand la femme a été impliquée dans 3-4 décisions. En effet, quel que soit le type de mortalité considéré, le risque de décéder reste pratiquement le même ou varie insensiblement et de manière erratique, variations qu’on ne peut valablement attribuer au nombre de décisions prises par la femme. Tableau 11.5 Taux de mortalité des enfants selon les indicateurs du statut de la femme Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période de 10 ans ayant précédé l'enquête selon les indicateurs du statut de la femme, EDS-IV Sénégal 2005 Indicateurs du statut de la femme Mortalité néonatale (NN) Mortalité postnéonatale1 (PNN) Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Nombre de décisions prises par la femme2 0 45 30 75 70 139 1-2 39 31 70 69 135 3-4 38 30 68 64 128 5 42 30 72 73 140 Nombre de raisons de refuser les rapports sexuels avec son mari 0 32 33 65 54 115 1-2 40 30 70 71 137 3-4 42 30 72 69 136 Nombre de raisons justifiant qu’un homme batte sa femme 0 32 24 56 61 114 1-2 41 29 70 67 132 3-4 43 35 78 70 143 5 50 35 84 82 159 1 Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale. 2 Soit seule ou en commun avec quelqu'un d'autre. En revanche, en fonction du second indicateur on constate, alors que l’on s’attendrait au résultat inverse, que le niveau de mortalité des enfants, sauf pour la mortalité post néonatale, est plus faible quand la femme pense que pour aucune raison, il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari. La relation entre le nombre de raisons justifiant qu’un homme batte sa femme et le niveau de la mortalité des enfants présente une tendance plus homogène et plus forte : Quelle que soit la composante 224 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans de la mortalité, on constate que les niveaux de mortalité des enfants sont plus faibles quand la femme pense que, pour aucune raison, un homme a le droit de battre sa femme ; par contre, c’est quand elle pense que pour cinq raisons, un tel comportement est justifié que les taux sont les plus élevés. 11.5 GROUPES À HAUT RISQUE Une classification des naissances des cinq dernières années a été établie selon les quatre catégories à hauts risques prédéfinies ci-dessous: • Les catégories à risques inévitables : naissances de rang 1 issues de jeunes femmes âgées de 18 ans à 34 ans ; • Les catégories particulières de hauts risques : naissances issues de mères appartenant à une seule catégorie à haut risque : âge de procréation précoce (moins de 18 ans) ou tardif (35 ans ou plus), intervalle inter génésique court (moins de 24 mois) et rang de naissance élevé (supérieur à 3) ; • Les catégories à plusieurs hauts risques les naissances correspondant à une combinaison de catégories de risque suivant l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, l’intervalle inter génésique et le rang de naissance de l’enfant ; • Les naissances ne correspondant à aucune des catégories à hauts risques prédéfinies ci- dessus. Près du quart des naissances des cinq dernières années avant l’enquête ne correspondent à aucune des catégories à hauts risques identifiées ci-dessus, environ 16 % sont à risques inévitables (enfants de rang 1 et de mère âgée de moins de 18 ans ou de plus de 34 ans), 38 % sont à haut risque unique et 22 % sont à haut risque multiple (tableau 11.6). Les naissances n’appartenant à aucune catégorie à haut risque sont prises comme référence pour le calcul du ratio de risque calculé ici, pour mesurer le risque additionnel de décéder, liés à certains comportements procréateurs des mères. Ce ratio de risque est donc défini comme le rapport de la proportion d’enfants décédés dans chaque catégorie à haut risque, à la proportion d’enfants décédés dans la catégorie sans risque. Les naissances de rang 1, considérées comme inévitables même lorsqu’elles n’interviennent pas à un âge précoce ou trop tardif (c’est-à-dire avant 18 ans ou après 34 ans), apparaissent ici comme des naissances à risque. Elles courent un risque de décéder 33 % plus élevé que celui des enfants n’appartenant à aucun des risques considérés, c’est-à-dire, la catégorie de référence. Hormis les enfants de rang 1 et de mère âgée de 18 à 34 ans, un enfant appartenant à une catégorie quelconque à haut risque court un risque de décéder 1,27 fois supérieur à celui d’un enfant n’appartenant à aucune des catégories à haut risque prédéfinies ici, soit un risque 27 % plus élevé. Une fécondité précoce des mères accroît le risque de décéder des enfants, puisque les enfants nés d’adolescentes de moins de 18 ans, courent un risque de décéder plus de deux fois plus élevés que celui la catégorie de référence. Il en est de même des naissances tardives qui courent un risque 1,31 fois plus élevé lorsque leurs mères les ont mises au monde après 34 ans. De même, un intervalle inter génésique court est un facteur aggravant du risque de décéder déjà élevé. En effet, un enfant né moins de 24 mois après son aîné court un risque de décéder 1,25 fois plus élevé que la catégorie de référence. Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans | 225 Tableau 11.6 Comportement procréateur à hauts risques Répartition (en %) des enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, rapport de risques et répartition (en %) des femmes actuellement en union à risque de concevoir un enfant à hauts risques de mortalité selon les catégories à hauts risques de mortalité, EDS-IV Sénégal 2005 Naissances des 5 années ayant précédé l'enquête Catégories à hauts risques Pourcentage de naissances Ratio de risque Pourcentage de femmes actuellement mariées1 Ne se trouve dans aucune catégorie de haut risque 24,8 1,00 15,6a Catégorie à risque inévitable Naissances de premier rang entre 18 et 34 ans 15,7 1,33 9,7 Catégorie particulière de haut risque Âge des mères <18 6,7 2,09 2,5 Âge des mères >34 1,0 1,31 4,3 Intervalle intergénésique <24 mois 6,2 1,25 10,0 Rang de naissance >3 23,9 1,04 13,5 Sous total 37,9 1,27 30,3 Catégorie à plusieurs hauts risques Âge <18 et intervalle intergénésique <24 mois2 0,7 1,66 0,6 Âge >34 et intervalle intergénésique <24 0,1 0,00 0,3 Âge >34 et rang de naissance >3 12,8 1,39 26,6 Âge >34 et intervalle intergénésique <24 mois et rang >3 1,6 2,57 5,4 Intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance >3 6,4 1,50 11,6 Sous total 21,6 1,51 44,4 Dans une catégorie à haut risque évitable 59,5 1,36 74,7 Total 100,0 na 100,0 Nombre de naissances 10 534 na 9 866 Note : Le rapport de risque est le rapport de la proportion d'enfants décédés parmi les enfants appartenant à chaque catégorie à hauts risques, à la proportion d'enfants décédés parmi les enfants n'appartenant à aucune catégorie à hauts risques. 1 Les femmes sont classées dans les catégories à hauts risques selon le statut qu'elles auraient à la naissance de l'enfant si l'enfant était conçu au moment de l'enquête: âge actuel inférieur à 17 ans et 3 mois ou supérieur à 34 ans et 2 mois, ou la dernière naissance a eu lieu dans les 15 derniers mois, ou la dernière naissance était de rang 3 ou plus. 2 Y compris la catégorie : âge < 18 ans et RG > 3. a Y compris les femmes stérilisées na = Non applicable Comme on pouvait s’y attendre, les enfants de la catégorie de haut risque multiple sont les plus exposés : ils courent un risque de décéder 1,51 fois plus élevé que celui des enfants de la catégorie de référence qui ne courent aucun des risques prédéfinis. Les catégories les plus sérieusement exposées sont les enfants de rang supérieur à 3, nés à moins de 24 mois d’intervalle de leur aîné et dont la mère est âgée de plus de 34 ans : ils courent un risque plus de deux et demi plus élevé (2,57 fois) que la catégorie de référence. Ces résultats montrent qu’un espacement des naissances adéquat présente plusieurs avantages dont une meilleure santé par le contrôle du nombre de naissances, mais aussi une augmentation significative des chances de survie pour l’enfant. 226 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans L’analyse vise aussi à déterminer la proportion qui pourrait avoir un comportement procréateur à haut risque, parmi les femmes actuellement en union. A cette fin, considérant l’âge actuel des femmes, l’intervalle écoulé depuis leur dernière naissance et le rang de leur dernière naissance, nous avons cherché à déterminer la catégorie à laquelle appartiendrait leur prochaine naissance, si chacune d’elles concevait un enfant au moment de l’enquête. En clair, il s’agit de déterminer, en l’absence de tout comportement régulateur de la fécondité, la proportion de futures naissances qui entrerait dans chacune des catégories à risque définies ici. Le tableau 11.6 indique que moins de 16 % des enfants à naître n’appartiendraient à aucune catégorie à haut risque alors que près de trois enfants sur quatre (75 %) seraient classés sous une de ces catégories à haut risque. L’observation montre qu’en l’absence de toute régulation des naissances, ces trois quarts d’enfants nés de femmes en union viendraient au monde avec un haut risque de mortalité 1,43 fois supérieur à celui des enfants déjà nés (près de 60 %). Cela suggère que la réduction des hauts risques de mortalité encourus par les jeunes enfants sénégalais passe nécessairement par la mise en place immédiate de mécanismes de régulation de la fécondité. Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 227 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE 12 Mohamed Ayad 12.1 INTRODUCTION La mortalité maternelle est l’indicateur de santé montrant la plus grande disparité entre les pays en développement et les pays développés. Pratiquement tous les décès liés à la grossesse et à l’accouchement (95 %) se produisent en Afrique et en Asie. En Afrique subsaharienne, les femmes ont une chance sur 12 de mourir au cours d’une grossesse ou d’un accouchement contre une chance sur 4 000 dans les pays riches. Donc, le taux de mortalité maternelle est de nos jours une mesure importante du développement humain et social. C’est un indicateur particulièrement révélateur de la condition féminine, de l’accès des femmes aux soins de santé et de la façon dont le système de santé répond à leurs besoins. Il est donc important de pouvoir disposer d’informations sur les niveaux de la mortalité maternelle, non seulement parce qu’elles nous informent sur les risques liés à la grossesse et à l’accouchement, mais aussi parce qu’elles renseignent sur la santé des femmes, et indirectement, sur leur situation économique et sociale. Dans ce cadre, la mesure de la mortalité maternelle et des facteurs de risque qui lui sont liés est nécessaire tant pour le diagnostic d’une situation que pour le suivi et l’évaluation des programmes qui seront mis en place. L’Enquête Démographique et de Santé menée au Sénégal en 1992-1993 (EDS-II, 1992-93) a collecté pour la première fois des données permettant d'estimer le niveau de la mortalité maternelle en utilisant des méthodes d'estimation directe et indirecte. Cette enquête EDS de 2005 est la deuxième du genre qui permet également de mesurer les niveaux de mortalité maternelle en utilisant les mêmes méthodes d’estimation que celles de l’EDS-II de1992-1993. Ces estimations se font à partir de données sur la survie des sœurs des enquêtées. Pour chacune des sœurs de l'enquêtée, on a collecté des renseignements concernant son âge actuel ; si elle est décédée, on a posé des questions sur l’âge au décès et le nombre d'années écoulées depuis le décès. À propos des sœurs décédées, des questions supplémentaires ont été posées pour déterminer si le décès est en rapport avec la maternité, c'est-à-dire si le décès est survenu pendant la grossesse, durant l'accouchement ou dans les deux mois qui ont suivi l'accouchement ou la fin de la grossesse. La méthode directe d'estimation de la mortalité maternelle requiert des données sur l'âge des sœurs survivantes et, pour les sœurs décédées, l'âge au décès et le nombre d'années écoulées depuis le décès. Pour obtenir des périodes de référence bien définies, les données sont agrégées pour déterminer le nombre de personnes-années d'exposition à la mortalité et le nombre de décès maternels survenus dans chaque période de référence. Les taux de mortalité maternelle sont alors directement estimés en divisant le nombre de décès par le nombre de personnes-années soumises à l'exposition. Le résultat de ce calcul donne la proportion de sœurs, parmi toutes les sœurs de l'enquêtée, qui sont décédées de causes dues à la maternité. C'est une estimation non biaisée de la probabilité de décéder de cause maternelle, pourvu que le risque de décès soit identique pour toutes les sœurs (Trussell et Rodriguez, 1990). La méthode indirecte d'estimation de la mortalité maternelle ne requiert aucune information sur l'âge au décès maternel et sur le nombre d'années écoulées depuis le décès maternel de la sœur. Cette méthode estime le risque, pour toutes les sœurs, de décéder pour causes maternelles sur la durée de la période de procréation. Etant donné que les estimations se réfèrent à la durée de vie des sœurs des enquêtées, elles ne s'appliquent pas à une période de temps bien délimitée, mais elles sont le reflet des 228 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle conditions de mortalité qui correspondent à une période dont le milieu se situerait, approximativement, 12 ans avant l’enquête. Mais dans ce qui suit, on se limitera à présenter la méthode directe d’estimation. 12.2 COLLECTE DES DONNÉES Le questionnaire utilisé pour la collecte des données sur la mortalité maternelle est présenté en annexe E (Section 10 du questionnaire individuel). En premier lieu, on a demandé à la femme enquêtée la liste de tous ses frères et sœurs, c'est-à-dire tous les enfants que sa mère a mis au monde, en commençant par le premier-né. Ensuite, on a demandé à l'enquêtée l’état de survie de ses frères et sœurs, et pour ceux qui sont encore en vie, on lui a demandé leur âge actuel. Pour ceux qui sont décédés, on s’est informé sur le nombre d'années écoulées depuis le décès et sur l'âge au décès. Dans le cas où des réponses précises aux âges ou au nombre d'années écoulées depuis le décès ne pourraient être obtenues, les enquêtrices étaient autorisées à accepter des réponses approximatives. Pour les sœurs décédées á l’âge de 12 ans ou plus, on a posé à la femme d’autres questions pour déterminer si le décès était en rapport avec la maternité : - « (NOM) était-elle enceinte quand elle est décédée ? » Si la réponse est non ou ne sait pas, on a posé la question suivante : - « Est-ce que (NOM) est décédée au cours d’un accouchement ? » Dans le cas d'une réponse négative, on demandait alors : - « Est-ce que (NOM) est décédée dans les deux mois suivant la fin d'une grossesse ou d'un accouchement ? » Ces questions sont structurées pour encourager l'enquêtée à déclarer tout décès ayant suivi une grossesse, quelle qu'en soit l'issue et, en particulier, une grossesse ayant donné lieu à un avortement provoqué, alors qu'on ne posait pas de questions directes à propos de ce type d’événement. Tous ces décès sont considérés comme des décès maternels. 12.3 ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES Que l'on utilise la méthode directe ou indirecte, l'estimation de la mortalité maternelle nécessite des données exactes sur le nombre de sœurs de l'enquêtée, le nombre de celles qui sont décédées et le nombre de celles dont le décès est lié à la maternité. Il n'existe pas de procédure clairement définie pour établir la complétude des données recueillies par une enquête ménage rétrospective sur la survie des sœurs. L'estimation directe requiert, en plus de données exactes sur la survie des sœurs, des données sur l'âge et sur le nombre d'années écoulées depuis le décès des sœurs—informations qui peuvent embarrasser les enquêtées ou qui demandent des précisions que les enquêtés ne connaissent pas. Le nombre de frères et sœurs déclaré par l'enquêtée, et la complétude des données déclarées sur l'âge, l'âge au décès et le nombre d'années écoulées depuis le décès sont présentés au tableau 12.1. Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 229 Tableau 12.1 Complétude de l'information sur les frères et soeurs Nombre de frères et soeurs déclarés par les enquêtées et complétude des données déclarées, concernant l'état de survie, l'âge au décès et le nombre d'années écoulées depuis le décès, EDS-IV Sénégal 2005 Soeurs Frères Ensemble Effectif % Effectif % Effectif % Total des frères et soeurs 42 600 100,0 43 774 100,0 86 373 100,0 Survivants 35 478 83,3 35 641 81,4 71 118 82,3 Décédés 7104 16,7 8 108 18,5 15 213 17,6 ND/Manquant 18 0,0 24 0,1 42 0,0 Total des survivants 35 478 100,0 35 641 100,0 71 118 100,0 Âge déclaré 35 237 99,3 35 421 99,4 70 658 99,4 ND/Manquant 240 0,7 220 0,6 460 0,6 Total des décédés 7 104 100,0 8 108 100,0 15 213 100,0 Âge et nombre d’années déclarés 6 829 96,1 7779 95,9 14 608 96,0 Âge au décès manquant 77 1,1 98 1,2 175 1,2 Nombre d’années manquantes 86 1,2 93 1,1 179 1,2 Âge et nombre d’années manquantes 113 1,6 138 1,7 251 1,6 Des données complètes ont été obtenues pour presque toutes les sœurs, quel que soit leur état de survie. Un âge a été déclaré pour la quasi-totalité des sœurs survivantes (99,4 %), et un âge au décès ainsi que le nombre d'années écoulées depuis le décès ont été déclarés pour 96,0 % des sœurs décédées. Ces pourcentages font apparaître une bonne qualité des données. Plutôt que d'exclure des analyses suivantes les frères et sœurs pour lesquels certaines données sont manquantes, on a utilisé les informations concernant le rang de naissance des frères et sœurs en conjonction avec d'autres informations pour imputer une valeur aux données manquantes1. Les données sur la survie des frères et sœurs, y compris les cas avec des valeurs imputées, ont été utilisées dans le calcul direct des taux de mortalité des adultes et des taux de mortalité pour cause maternelle. Le nombre d'informations manquantes en ce qui concerne les dates n'est qu'un indicateur de la qualité d'ensemble des données. La complétude des informations de base, à savoir l'omission possible de frères ou de sœurs, est beaucoup plus importante. Le tableau 12.2 présente différents tests permettant d'évaluer cette complétude. Tout d'abord, on s'attend à ce que, en moyenne, la date de naissance des enquêtées se situe au milieu des dates de naissance de sa fratrie. Si l'année de naissance médiane des frères et sœurs est beaucoup plus tardive que celle des enquêtées, cela signifierait que les enquêtées ont systématiquement omis des frères et sœurs plus âgés, peut-être parce que certains d'entre eux étaient décédés avant qu'elles ne soient nées. De telles omissions affecteraient l’estimation de la mortalité des adultes. Dans le cas du Sénégal, l'année médiane de naissance des frères et sœurs est égale à 1978, et elle 1 L'imputation est basée sur l'hypothèse selon laquelle l'ordre des frères et sœurs. est correct. Premièrement, on a calculé une date de naissance pour chaque frère et sœur survivant dont on connaît l'âge et, pour chaque frère et soeur décédé pour lesquels on avait des informations complètes sur l'âge au décès et sur le nombre d'années écoulées depuis le décès. Pour les frères et sœurs pour lesquels ces données sont manquantes, on a imputé une date de naissance à l'intérieur de l'intervalle délimité par les dates de naissance des frères et sœurs « encadrants ». Pour les frères et sœurs survivants, on a calculé un âge à partir de la date de naissance imputée. Dans le cas de frères et de sœurs décédés, si l'on disposait soit de l'âge au décès, soit du nombre d'années écoulées depuis le décès, cette information a été combinée avec la date de naissance attribuée pour fournir l'information manquante. Si aucune des deux informations n'était disponible, la distribution de l'âge au décès des frères et sœurs dont on connaissait seulement l'âge au décès mais pas le nombre d'années écoulées depuis le décès a été utilisé comme base pour l'imputation de l'âge au décès. 230 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle est la même que celle des enquêtées2, ce qui signifierait qu’apparemment, il n’y a pas eu de sous- déclaration des frères et sœurs par les enquêtées. Du point de vue de la mesure de la mortalité maternelle, que tous les frères et sœurs soient déclarés ou non, n'est pas le plus important. Par contre, il est crucial que les données soient aussi complètes que possible sur les sujets soumis au risque de mortalité maternelle, à savoir les sœurs en âge de procréation. Deux autres tests, le rapport de masculinité à la naissance et la taille moyenne de la fratrie, peuvent être utilisés pour évaluer la complétude de l'enregistrement des frères et sœurs. Les résultats figurent au tableau 12.2. Pour l'ensemble des frères et sœurs, le rapport de masculinité à la naissance est de 103 hommes pour 100 femmes, ce qui correspond à ce qui est généralement observé puisque le rapport de masculinité à la naissance ne varie qu’assez peu autour de 105 hommes pour 100 femmes, quelles que soient les populations. Dans le cas sénégalais, le rapport de masculinité à la naissance varie peu selon l’année de naissance de l’enquêtée : il se situe entre de 101 à 106. Compte tenu de la variabilité bien connue du rapport de masculinité dans les petits échantillons, aucune tendance au sous-enregistrement n’apparaît dans la déclaration des sœurs. La taille moyenne de la fratrie (y compris l’enquêtée) est de 7,0, ce qui est très proche de la parité finale passée des femmes au Sénégal. L'évolution de la taille de la fratrie selon l’année de naissance de l’enquêtée montre une taille moyenne constante de 7,1 enfants pour la période 1968-1982. Pour les autres périodes, la taille varie entre 6,6 et 6,9 enfants. Ainsi, la quasi-stabilité des tailles moyennes semble indiquer, comme les résultats précédents, qu’aucune omission importante de frères et sœurs n’a été commise par les enquêtrices. Avec ce type de données, peut se poser un autre problème : celui de l'attraction pour certaines valeurs préférentielles, valeurs utilisées par les enquêtées qui ne connaissent pas avec précision l'âge exact au décès et/ou le nombre exact d'années écoulées depuis le décès, mais qui peuvent en fournir une estimation. En ce qui concerne les estimations de mortalité générale et de mortalité maternelle, une période de 7 années (c'est-à-dire 0-6 années avant l'enquête) a été retenue. Cette période de référence de 7 ans a été retenue afin de pouvoir obtenir une estimation du niveau de mortalité maternelle le plus récent possible, tout en disposant d’un nombre suffisant de cas de décès maternels (qui restent, malgré tout, relativement rares) pour réduire au maximum les erreurs de sondage et obtenir une estimation fiable. 2 On notera que la distribution des années de naissance des frères et sœurs ne suit pas celle des enquêtées : alors que les années de naissance des enquêtées se répartissent sur 35 ans (1955-1990), celles des frères et sœurs portent sur 85 ans (1919-2004). Tableau12.2 Indicateurs de la qualité des données sur les frères et soeurs Répartition (en %) des enquêtées et des frères et soeurs selon l'année de naissance, rapport de masculinité à la naissance, et l'évolution de la taille moyenne de la fratrie selon l'année de naissance de l'enquêtée, EDS-IV Sénégal 2005 Année de naissance Enquêtées Frères/soeurs Avant 1958 3,4 6,4 1958-62 7,6 6,4 1963-67 9,6 9,2 1968-72 12,5 11,7 1973-77 14,9 14,1 1978-82 17,8 15,7 1983-87 22,7 13,7 1988 ou plus tard 11,7 22,9 Total 100,0 100,0 Intervalle 1955-1990 1919-2004 Médiane 1978 1978 Effectif 14 602 86 333 Année de naissance de l’enquêtée Taille moyenne de la fratrie Rapport de masculinité à la naissance Avant 1963 6,6 100,7 1963-67 6,8 103,0 1968-72 7,1 106,1 1973-77 7,1 102,3 1978-82 7,1 102,6 1983-87 6,9 102,7 1988-92 6,7 101,5 Ensemble 7.0 103.0 Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 231 12.4 ESTIMATION DIRECTE DE LA MORTALITÉ ADULTE Les estimations par âge de la mortalité masculine et féminine pour la période de 1998-2004, calculées selon la procédure directe d'après les déclarations sur la survie, sont présentées au tableau 12.3. Le nombre de décès de frères et sœurs survenus pendant la période de référence aux âges de 15 à 49 ans est relativement important (512 femmes et 541 hommes), de sorte que les taux individuels sont basés sur des événement relativement peu nombreux qui sont donc sujets aux variations d'échantillonnage. Pour les femmes, les taux estimés présentent peu de variations de 15 à 34 ans puis augmentent, comme attendu, aux âges 35 ans ou plus. La tendance générale semble plausible, avec une augmentation par un facteur de plus de deux et demi entre le taux pour le plus jeune groupe d'âges (environ 2,0 pour 1 000 femmes) et le groupe d'âges le plus élevé (environ 5,6 pour 1 000 femmes). Les taux de mortalité pour les hommes présentent la même tendance par âge, mais l’augmentation au groupe d’âges les plus élevé est nettement supérieure à celle observée chez les femmes. D’ailleurs le taux du groupe d'âges le plus élevé étant presque quatre fois supérieur à la moyenne du taux du groupe d'âges le plus jeune (passant de 1,9 pour 1 000 à 7,7 pour 1 000). Il est important d'évaluer la fiabilité des estimations directes de la mortalité puisque les données sur la mortalité des sœurs constituent la base des données pour la mortalité maternelle. Si l'estimation de la mortalité adulte n'est pas correcte, l'estimation de la mortalité maternelle ne le sera pas davantage. En l'absence de données exactes sur la mortalité au Sénégal, l'évaluation est faite en comparant les taux estimés à une série de taux directs et extrapolés provenant des tables-types de mortalité des Nations Unies (Nations Unies, 1982). Les niveaux de mortalité par âge obtenus à partir des tables-types de mortalité sont présentés au tableau 12.3. Parmi les tables-types des Nations Unies, celles correspondant au modèle de mortalité de l'Afrique de l'Ouest et au Modèle Général ont été retenues parce que ce sont celles qui se rapprochent le plus du type de mortalité infantile et juvénile du Sénégal. Pour ce qui est des tables-types de mortalité hypothétique pour l'Afrique de l'Ouest, les taux ont été sélectionnés à un niveau de mortalité approximativement égal au quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) estimé pour la période de dix ans précédant l'EDS-IV3. Au niveau des tables-types de mortalité correspondant au modèle Général, les taux ont été sélectionnés à un taux de mortalité infantile 1q0 pour la période de 10 ans précédant l’enquête4. Le choix de 1q0 dans l’application du Modèle Général au lieu de 5q0 se justifie par le fait qu’au Sénégal, comme dans les autres pays du sahel, il y a une sur-mortalité juvénile entre 1 et 4 ans (surtout entre 1 et 2 ans) qui ne suit pas le schéma classique de l’évolution de la mortalité infanto-juvénile dans les autres pays. Cette sur-mortalité pourrait s’expliquer par le contexte environnemental et les conditions sociales et culturelles telles que les pratiques inadéquates d’alimentation des enfants. 3 Les estimations de la probabilité de mourir entre la naissance et le cinquième anniversaire (5q0) sont de 127 pour 1 000 pour le sexe féminin et de 143 pour 1 000 pour le sexe masculin pour la période de dix ans précédant l'enquête (voir chapitre 10). 4 Les estimations de la probabilité de mourir entre la naissance et le premier anniversaire (1q0) sont de 63 pour 1 000 pour le sexe féminin et de 79 pour 1 000 pour le sexe masculin pour la période de dix ans précédant l'enquête (voir chapitre 10). 232 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle Pour les femmes et les hommes, les taux de mortalité adulte estimés sont nettement supérieurs aux taux extrapolés du modèle d’Afrique de l’Ouest et très proche de ceux du Modèle Général (graphique 12.1). En outre, pour les deux sexes, les différents taux par âge, estimés par l’EDS-IV présentent des variations relativement régulières. La validité des données collectées par le biais d’enquêtes rétrospectives peut être affectée par l’omission d’évènements et la mauvaise datation des évènements déclarés. Dans le cadre de cette enquête, les estimations sont probablement entachées de sous-déclarations, surtout pour les évènements les moins récents, bien qu’à l’évidence, on ne constate pas de problème majeur de ce type. L’évaluation par comparaison aux modèles de mortalité des Nations Unies tend à confirmer la qualité des données sur la survie des frères et sœurs, et les estimations de mortalité basées sur ces données semblent tout à fait plausibles. Tableau 12.3 Estimation de la mortalité adulte par âge Estimations directes de la mortalité adulte par âge à partir des données concernant l’état de survie des frères et sœurs des femmes enquêtées, par sexe, pour la période 1998-2005, et taux des tables-types de mortalité, EDS-IV Sénégal 2005 Taux estimés pour 1998-2005 Groupe d’âges Décès Année d’exposition Taux (‰) Table type de mortalité hypothétique des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest 1 (Taux ‰) Taux de mortalité extrapolés 2 (Taux ‰) Table type de mortalité des Nations Unies Modèle Général 3 SEXE FÉMININ 15-19 76 37 216 2,03 2,18 1,20 1,56 20-24 112 38 349 2,93 2,96 1,63 2,14 25-29 72 33 742 2,14 3,39 1,86 2,61 30-34 71 26 964 2,65 4,22 2,32 3,20 35-39 74 19 977 3,73 5,04 2,77 3,98 40-44 66 12 680 5,18 5,39 2,96 5,07 45-49 40 7 226 5,59 6,35 3,49 6,84 15-49 512 176 154 2,91 SEXE MASCULIN 15-19 67 37 653 1,78 1,00 0,70 1,96 20-24 76 39 472 1,92 1,52 1,07 2,81 25-29 98 33 208 2,95 1,79 1,25 3,23 30-34 87 25 860 3,38 2,27 1,59 3,85 35-39 88 20 111 4,38 3,42 2,40 5,00 40-44 70 13 132 5,33 4,70 3.30 6,81 45-49 55 7 089 7,69 7,09 4,97 9,62 15-49 541 176 525 3,06 1 Les taux des tables types proviennent du modèle de mortalité hypothétique des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest , selon une valeur de 5q0 égale à 233 ‰ pour le sexe féminin et 255 ‰ pour le sexe masculin. 2 Les taux sont extrapolés à partir des tables types provenant du modèle de mortalité hypothétique des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, selon une valeur de 5q0 pour la période de dix ans précédant l’EDS-IV, à savoir 5q0 = 127 ‰ pour le sexe féminin et 143 ‰ pour le sexe masculin. 3 Les taux des tables types proviennent du modèle de mortalité des Nations Unies, modèle général, selon une valeur de 1q0 pour la période de dix ans précédant l’EDS-IV, à savoir 1q0 = 63 ‰ pour le sexe féminin et 76 ‰ pour le sexe masculin. Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 233 12.5 ESTIMATIONS DIRECTES DE LA MORTALITÉ MATERNELLE L'estimation directe de la mortalité maternelle, obtenue à partir des déclarations sur la survie des sœurs, sont présentées au tableau 12.4. Le nombre de décès maternels est estimé à 121 pour la période de 0-6 ans avant l’enquête. La tendance des taux par cause maternelle par âge est quelque peu irrégulière. Toutefois, l’on constate que le taux le plus élevé est observé chez le groupe d’âges 35-39 ans, suivi de celui de 40-44 ans. Etant donné le nombre relativement peu important d'événements, la méthode retenue est l'estimation d'un taux unique correspondant aux âges de procréation. L'estimation d'ensemble de la mortalité maternelle, exprimée pour 1 000 femmes-années d'exposition est égale à 0,66 pour la période 1998-2005. Cette estimation est nettement plus faible que celle trouvée lors de l’EDS-II de 1992-1993 (1,11 pour la période 1986-1992). Les taux de mortalité par cause maternelle peuvent être convertis en taux de mortalité maternelle, exprimés pour 100 000 naissances vivantes, en les divisant par le taux global de fécondité générale pour la période donnée (tableau 12.4). Exprimé de cette manière, on met davantage en relief le risque EDS-IV 2005 Graphique 12.1 Taux de mortalité par groupe d'âges pour la période 0-6 ans avant l'EDS-IV et taux des tables types de mortalité ! ! ! ! ! ! ! 15 20 25 30 35 40 45 50 Groupe d'âges 0 2 4 6 8 10 Décès pour 1 000 FEMMES Taux calculés Taux table type Taux calculés Taux table type HOMMES ! ! ! ! ! ! ! 15 20 25 30 35 40 45 50 Groupe d'âges 0 2 4 6 8 Décès pour 1 000 FEMMES Taux calculés Taux table type 234 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle obstétrical de la grossesse et de la maternité. Les taux de mortalité maternelle sont de 401 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes pour la période 0-6 ans avant l’enquête5. Ce taux a connu une baisse non négligeable par rapport à celui estimé par l’EDS-II de 1992-1993. Il était de 510 pour la période de 1986-1992. Les proportions de décès imputables aux causes maternelles (tableau 12.4), par groupe d'âges, pour la période 1998-2005 laissent apparaître de fortes variations qui atteignent leur maximum à 30-34 ans où plus d’un décès sur trois (35 %) est dû à des causes maternelles. À la différence des autres mesures de la mortalité présentées précédemment, ces proportions ne peuvent être affectées par des sous- déclarations dans la mesure où l'on peut supposer que les sous-déclarations éventuelles n'affectent pas davantage les décès par cause maternelle que les autres décès. Ainsi, pour l'ensemble des décès de femmes en âge de procréation (15-49 ans), trois décès sur dix (30 %) seraient dus à des causes maternelles. Tableau12.4 Estimation directe de la mortalité maternelle Estimation directe de la mortalité maternelle à partir des données concernant l’état de survie des soeurs des femmes enquêtées pour la période 0-6 ans avant l’enquête, EDS-IV Sénégal 2005 Groupe d’âges Décès maternels Années d’exposition Taux par cause maternelle Proportion de décès maternels 15-19 16 37 216 0,44 0,27 20-24 29 38 349 0,75 0,23 25-29 22 33 742 0,65 0,20 30-34 17 26 964 0,63 0,35 35-39 24 19 977 1,22 0,33 40-44 10 12 680 0,81 0,34 45-49 2 7 226 0,29 0,30 Total 121 176 154 0,671 0,30 Taux Global de Fécondité Générale (TGFG ‰ ) 166 1 Taux de mortalité maternelle (TMM) 2 401 1 Taux standardisés par âge 2 Pour 100 000 naissances. Calculé comme suit : taux de mortalité par cause maternelle 15-49 ans/TGFG. 12.6 DISCUSSION L'estimation directe du taux de mortalité maternelle à partir de l'ED-IV pour la période 1998- 2005 est de 401 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes Les taux de mortalité maternelle estimés selon la même méthodologie lors d'enquêtes EDS menées dans d’autres pays africains sont présentés au graphique 12.2. Malgré une apparente baisse de la mortalité maternelle au Sénégal, elle reste, toutefois, relativement élevée, comme dans le reste des pays de la région avec des taux se situant dans leur majorité entre plus de 500 et 1 000 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. 5 Les taux par milieu de résidence sont estimés à 309 pour 100 000 naissances en milieu urbain et 472 pour 100 000 naissances en milieu rural (le tableau n’est pas présenté ici). Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 235 Les résultats de l'EDS-IV suggèrent que pour réduire davantage le taux de mortalité maternelle, le Sénégal a besoin de prendre des mesures a plusieurs niveaux : 1) Améliorer le taux de prévalence contraceptive moderne qui reste encore faible (10.3 % pour l’ensemble du pays), surtout dans les zones rurales (5 %) où l’accès à l’information et aux services de planification familiale de qualité reste limité. La contraception est un des déterminants-clé de la fécondité qui est encore élevée au Sénégal puisqu’elle dépasse la barre de 5 enfants par femme. 2) Encourager les filles à différer davantage l'âge au premier mariage qui, bien qu’il ait augmenté au cours de la dernière décennie, reste encore précoce où presque la moitié des femmes sénégalaises se marie avant l’âge de 18 ans. Des analyses différentielles de la mortalité maternelle selon la parité et l'intervalle entre naissances suggèrent qu'il existe un risque élevé de mortalité maternelle pour les premières naissances survenant à un âge précoce et pour l'intervalle inter-génésique court. 3) Augmenter les services de visites prénatales et d'accouchement dans les établissements sanitaires, surtout dans les zones rurales où seulement 33 % des femmes rurales ont accouché avec l’aide d’un agent de santé qualifié. 4) Éduquer les femmes, les familles et des agents de santé pour détecter les grossesses à hauts risques, et en particulier les accouchements trop longs. Il est particulièrement important de faire comprendre aux membres de la communauté que les femmes ont besoin de soins d'urgence en cas de complications au cours de l'accouchement. Graphique 12.2 Mortalité maternelle au Sénégal et en Afrique subsaharienne 1120 1071 998 948 669 649 598 582 519 505 478 469 414 283 225 401 Malawi (1994-2000) Rwanda (1995-2000) Erythrée (1986-1995) RCA (1982-1995) Cameroun (1998-2004) Zambie (1990-1996) Côte d'Ivoire (1988-1994) Mali (1996-2001) Gabon (1994-2000) Ouganda (1991-2001) Togo (1993-1998) Madagascar (1999-2004) Kenya (1994-2003) Sénégal (1998-2005) Zimbabwe (1990-1999) Namibie (1983-1992) 0 200 400 600 800 1000 1200 1400 Taux de mortalité maternelle pour 100 000 naissances Excision | 237 EXCISION 13 Nafissatou J. Diop Tradition séculaire, l’excision est pratiquée essentiellement en Afrique. Si à l’heure actuelle, on pense situer avec certitude son origine géographique et historique—l’excision serait apparue en Égypte, il y a près de 3000 ans—il est difficile d’en comprendre les motivations tant elles sont diverses. Celles-ci vont de la préservation de la virginité et du contrôle de la sexualité de la femme à certaines croyances, y compris religieuses, alors que l’excision est aussi bien pratiquée par les musulmans, que par les chrétiens et les animistes. Bien que les types d’excision varient en fonction des régions et de l’appartenance ethnique, on recense généralement trois formes d’excision : l’ablation du clitoris (clitoridectomie), l’ablation du clitoris et d’une partie des petites lèvres (excision)1 et l’ablation du clitoris et des grandes et petites lèvres avec suture du sexe (infibulation). Les conséquences immédiates et à long terme de cette pratique sur la santé varient selon le type et la gravité de l’intervention. Malgré la mobilisation internationale pour tenter de mettre fin à cette pratique et les mesures répressives mises en place par certains pays africains, les statistiques actuelles ne laissent guère présager du déclin de cette pratique. Cependant, au Sénégal, en 1999, une loi a été adoptée et un plan d’action a été élaboré dont l’objectif est l’abandon de cette pratique d’ici 2015. Ce plan prévoit des actions au niveau de toutes les couches sociales : programmes de formation de personnes ressources, sensibilisation et éducation des com- munautés, actions de plaidoyers auprès des parlementaires, des autorités politiques et administratives et des partenaires au développement. Pour évaluer l’ampleur de cette pratique dans le pays, des données ont été collectées, pour la première fois, au cours de l’EDS-IV qui permettent d’estimer la prévalence de l’excision parmi les femmes enquêtées, de connaître les types d’excision pratiqués, ainsi que l’âge des femmes au moment de l’excision et le type de personne qui a procédé à l’excision. On a également demandé aux femmes si, parmi leurs filles, certaines avaient subi cette pratique pour déterminer dans quelle mesure cette pratique se perpétuait d’une génération de femmes à l’autre. Dans le cas d’une réponse affirmative, des informations ont été collectées concernant la fille qui a été le plus récemment excisée. En outre, pour connaître l’opinion des femmes au sujet de l’excision, on leur a également posé des questions sur leur opinion concernant la poursuite ou l’arrêt de cette pratique, sur les complications au moment ou après l’excision des filles et sur les avantages pour une fille d’être excisée ou non. Aux hommes, on a posé une série de questions sur leur connaissance et leur opinion au sujet de l’excision. Les résultats sont présentés dans ce chapitre. 13.1 CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’EXCISION Selon les résultats du tableau 13.1, on constate que la quasi-totalité des hommes (92 %) et des femmes (94 %) ont déclaré connaître l’excision. Les résultats montrent que quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques, les proportions d’hommes et de femmes ayant déclaré connaître l’excision sont élevées. Tout au plus, peut-on souligner que parmi les hommes et les femmes âgés de 15-19 ans (respectivement, 81 % et 88 %), les hommes des régions de Diourbel et de Fatick (respectivement, 83 % et 84 %), ces proportions sont légèrement plus faibles qu’ailleurs. 1 Bien que le terme « excision » corresponde à une forme d’ablation bien spécifique, dans la suite de ce chapitre, ce terme sera également utilisé pour désigner, de façon générique, les différentes formes que peut prendre cette intervention. 238 | Excision Tableau 13.1 Connaissance et pratique de l'excision Proportion de femmes et d'hommes connaissant l'excision, proportion de femmes excisées et répartition (en %) des femmes excisées par type d'excision, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Type d’excision Caractéristiques sociodémographique Proportion d'hommes connaissant l'excision Effectif d'hommes Proportion de femmes connaissant l'excision Proportion de femmes excisées Effectif de femmes Parties de chair enlevées Entaille, pas de chair enlevée Fermeture du vagin NSP Total Effectif de femmes excisées Groupe d’âges 15-19 80,8 926 87,9 24,8 3 556 84,6 0,0 8,5 6,9 100.0 882 20-24 92,3 645 94,7 28,0 2 844 83,8 0,2 10,8 5,1 100.0 798 25-29 97,3 537 95,6 28,4 2 379 81,8 0,5 12,8 4,9 100.0 676 30-34 96,9 399 96,2 30,1 1 953 79,5 0,2 15,2 5,1 100.0 589 35-39 96,7 318 97,3 30,5 1 613 81,4 0,5 13,5 4,6 100.0 491 40-44 99,0 316 96,5 30,3 1 249 87,8 0,0 9,4 2,8 100.0 379 45-49 96,5 275 97,0 30,6 1 009 78,5 0,0 17,2 4,3 100.0 308 50-59 97,5 346 na na na na na na na 100.0 na Milieu de résidence Urbain 94,7 2 101 96,7 21,7 7 117 76,9 0,4 15,4 7,3 100.0 1 545 Rural 89,5 1 660 91,5 34,4 7 485 86,2 0,1 9,8 3,8 100.0 2 578 Région Dakar 95,0 1 186 96,3 17,3 3 866 65,5 0,8 21,7 11,9 100.0 668 Diourbel 82,9 309 90,0 1,8 1 548 77,0 0,0 13,9 9,1 100.0 28 Fatick 84,0 174 92,2 5,7 708 75,5 1,7 9,0 13,7 100.0 41 Kaolack 89,6 369 90,4 11,3 1 642 66,0 0,0 27,9 6,1 100.0 185 Kolda 97,4 295 99,5 93,8 1 047 91,5 0,1 7,3 1,1 100.0 982 Louga 85,4 155 80,1 4,1 915 88,6 0,0 6,2 5,2 100.0 38 Matam 93,3 109 98,4 93,3 543 84,0 0,2 10,4 5,4 100.0 506 Saint-Louis 92,1 210 94,6 44,4 947 89,6 0,0 9,2 1,2 100.0 420 Tambacounda 95,3 247 97,9 85,6 851 84,6 0,1 11,2 4,1 100.0 729 Thiès 93,3 538 95,2 7,0 1 974 76,7 0,0 13,7 9,6 100.0 137 Ziguinchor 96,2 170 99,2 69,3 562 88,4 0,0 5,6 6,0 100.0 389 Niveau d’instruction Aucun 88,7 1 220 92,2 33,7 6 743 84,5 0,3 11,0 4,2 100.0 2 274 Primaire 91,1 1 408 94,4 25,3 5 633 82,4 0,0 12,5 5,0 100.0 1 425 Secondaire ou plus 98,0 1 133 98,4 19,1 2 226 74,4 0,7 14,7 10,2 100.0 424 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 89,4 581 88,2 38,6 2 433 87,4 0,0 10,4 2,2 100.0 939 Second 89,4 556 93,8 42,6 2 565 86,3 0,3 9,5 3,9 100.0 1 092 Moyen 90,3 678 93,0 32,2 2 839 85,6 0,0 9,9 4,4 100.0 914 Quatrième 93,8 842 96,3 22,5 3 154 72,4 0,4 18,9 8,2 100.0 710 Le plus riche 95,7 1 104 96,8 13,0 3 610 75,0 0,6 14,0 10,4 100.0 468 Ethnie Wolof 89,4 1 481 91,0 1,6 5 799 62,2 0,0 23,0 14,9 100.0 91 Poular 94,0 861 96,8 62,1 3 684 83,1 0,1 12,1 4,7 100.0 2 288 Serer 90,4 580 92,0 1,8 2 316 56,7 1,7 27,6 14,0 100.0 42 Mandingue 98,2 267 98,7 73,7 674 89,0 0,0 7,9 3,1 100.0 497 Diola 96,3 194 98,6 59,7 710 82,2 0,6 10,4 6,9 100.0 424 Soninké 96,9 160 99,3 78,2 402 79,6 0,0 13,2 7,1 100.0 314 Autre 97,6 219 97,3 45,9 1 011 82,9 0,8 12,5 3,8 100.0 464 NSP * * * * * * * * * 100.0 3 Religion Musulmane 92,3 3 600 93,9 29,1 13 931 83,0 0,2 11,7 5,1 100.0 4 049 Chrétienne 96,1 146 96,8 10,9 647 68,6 0,9 24,9 5,6 100.0 70 Autre/ND * 5 * * 24 * * * * 100.0 4 Ensemble 92,4 3 761 94,0 28,2 14 602 82,7 0,2 11,9 5,1 100.0 4 123 * Basé sur trop peu de cas non pondérés na = Non applicable Excision | 239 Compte tenu des difficultés à obtenir des informations fiables sur le type d’excision subie, au cours de l’enquête, on a uniquement demandé aux femmes si on leur avait fait une simple entaille ou si on leur avait enlevé des morceaux de chair dans la zone des organes génitaux. Cette information ne permet pas de définir le type d’excision mais elle permet au moins de différencier une certaine forme « symbolique » consistant à faire une « simple » entaille de l’excision proprement dite consistant en l’ablation d’une partie plus ou moins importante des organes génitaux externes de la femme. En outre, pour essayer d’identifier les femmes ayant subi la forme la plus radicale d’excision, à savoir une infibulation, on a posé aux enquêtées la question suivante : « lors de votre excision, vous a-t-on fermé la zone du vagin par une couture ? ». Au Sénégal, plus d’un quart des femmes sont déclaré avoir été excisées (28 %). En ce qui concerne le type d’excision pratiquée, on remarque que, dans la majorité des cas (83 %) l’intervention a consisté à enlever des chairs. Dans 12 % des cas, on a procédé à la forme la plus radicale puisque il y a eu fermeture du vagin. Les résultats selon l’âge montrent une légère baisse des proportions de femmes excisées des générations anciennes aux plus récentes : en effet, de 31 % dans le groupe 45-49 ans, la proportion passe à 25 % dans le groupe 15-19 ans. La prévalence au niveau national cache de fortes disparités. En effet, les résultats selon le milieu de résidence montrent que les proportions de femmes excisées sont plus élevées en milieu rural (34 %) qu’en milieu urbain (22 %). Selon la région, on constate que c’est dans les régions du Sud, du Nord et de l’Est que les proportions de femmes ayant déclaré avoir été excisées sont les plus élevées. En effet, les régions de Kolda et Matam se caractérisent par une prévalence très élevée (respectivement, 94 % et 93 %). Elles sont suivies par les régions de Tambacounda (86 %), de Ziguinchor (69 %) et de Saint-Louis (44 %). À Dakar, région de forte immigration, la prévalence n’est que de 17 %. À l’opposé, dans les régions de Thiès (7 %), de Louga (4 %) et surtout de Diourbel (2 %) les proportions de femmes excisées sont beaucoup plus faibles. Le niveau d’instruction semble avoir une influence sur la prévalence de l’excision qui est plus faible chez les femmes de niveau secondaire ou plus que chez les autres : 19 % contre 25 % chez celles de niveau d’instruction primaire et 34 % chez celles sans instruction. Les résultats selon le quintile de bien-être montrent que la prévalence est nettement plus faible parmi les femmes des ménages du quintile le plus riche que dans les autres (13 % contre 39 % et 43 % dans les ménages des deux quintiles les plus pauvres). En outre, on observe que la proportion de femmes excisées est plus élevée chez les musulmanes (29 %) que chez les chrétiennes (11 %). L’appartenance ethnique influence de manière très nette la fréquence de la pratique de l’excision (graphique 13.1). C’est parmi les ethnies Soninké (78 %) et Mandingue (74 %) que la prévalence de l’excision est la plus forte, viennent ensuite les Poular (62 %) et les Diola (60 %), ce qui est cohérent avec les résultats observés au niveau des régions Sud, Nord et Est où ces ethnies sont majoritaires. À l’opposé, parmi les femmes Wolof et Serer, cette pratique est peu fréquente (2 %). 240 | Excision 13.2 PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FEMMES ENQUÊTÉES Le tableau 13.2 et le graphique 13.2 présentent les données sur l’âge à l’excision des femmes enquêtées. Il apparaît qu’une grande majorité d’enquêtées (60 %) n’ont pas été en mesure de donner un âge précis, mais situe l’évènement durant la petite enfance. Cependant dans 4 % des cas, les femmes ont déclaré avoir été excisées lorsqu’elles avaient entre 0-1 an, 10 % lorsqu’elles avaient entre 2-4 ans, et dans 15 % des cas, l’excision a eu lieu entre 5-9 ans et pour 6 % des femmes, l’excision a été effectuée à un âge plus tardif, après 10 ans. En outre, on note que seulement 6 % des femmes n’ont pu donner aucune indication concernant l’âge auquel elles ont été excisées. Graphique 13.1 Pratique de l’excision selon l’ethnie EDS-IV 2005 W olo f Po ula r Se rer Ma nd ing ue Di ola So nin ké Au tre 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Excision | 241 Tableau 13.2 Âge des enquêtées à l'excision Répartition des femmes excisées par âge à l'excision, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Âge à l'excision Caractéristiques sociodémographique Dans la petite enfance 0-1 2-4 5-9 10-14 15+ NSP/ND Total Effectif de femmes excisées Groupe d’âges 15-19 57,6 3,1 10,0 14,8 4,5 0,7 9,3 100,0 882 20-24 58,7 4,0 10,4 15,0 4,8 1,2 5,9 100,0 798 25-29 59,1 3,6 8,6 17,8 4,1 0,8 6,0 100,0 676 30-34 61,3 3,6 9,3 15,0 5,7 0,3 4,8 100,0 589 35-39 62,7 4,3 8,8 14,2 4,5 0,6 4,9 100,0 491 40-44 60,9 2,4 9,9 12,4 6,2 0,8 7,4 100,0 379 45-49 58,4 5,1 8,5 13,3 8,1 3,0 3,7 100,0 308 Milieu de résidence Urbain 56,7 3,2 7,4 20,7 5,2 1,5 5,3 100,0 1 545 Rural 61,3 4,0 10,7 11,5 5,1 0,6 6,9 100,0 2 578 Région Dakar 51,5 2,3 7,8 24,6 4,7 1,4 7,6 100,0 668 Diourbel 44,2 0,0 4,1 26,3 5,8 4,3 15,4 100,0 28 Fatick 61,5 2,5 5,1 13,4 13,2 1,7 2,5 100,0 41 Kaolack 55,8 1,0 5,3 21,2 12,1 0,7 3,8 100,0 185 Kolda 57,7 1,3 15,9 13,8 4,5 0,5 6,3 100,0 982 Louga 73,2 8,7 6,3 6,2 4,6 0,0 1,1 100,0 38 Matam 72,9 7,7 7,0 2,4 1,1 0,1 8,8 100,0 506 Saint-Louis 65,1 11,2 8,9 5,8 0,9 0,1 8,0 100,0 420 Tambacounda 65,7 2,4 6,2 13,3 5,3 0,4 6,7 100,0 729 Thiès 42,4 4,4 5,6 29,1 11,5 7,0 0,0 100,0 137 Ziguinchor 51,0 1,7 10,9 22,6 10,0 1,6 2,2 100,0 389 Niveau d’instruction Aucun 62,5 3,7 10,1 12,1 3,7 0,7 7,2 100,0 2 274 Primaire 59,2 4,0 7,9 15,8 7,2 0,9 5,1 100,0 1 425 Secondaire ou plus 45,4 2,0 11,4 27,0 5,7 2,3 6,1 100,0 424 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 57,3 3,0 13,3 13,2 5,4 0,5 7,4 100,0 939 Second 62,2 3,0 9,4 12,0 6,1 0,9 6,4 100,0 1 092 Moyen 63,4 5,5 8,0 11,9 3,8 0,5 6,9 100,0 914 Quatrième 58,6 4,8 6,9 19,9 4,2 1,0 4,6 100,0 710 Le plus riche 52,1 1,2 8,6 23,7 6,3 2,5 5,6 100,0 468 Ethnie Wolof 33,1 3,8 11,6 22,6 5,6 2,1 21,3 100,0 91 Poular 61,4 5,2 11,1 11,0 3,2 0,7 7,3 100,0 2 288 Serer 49,2 0,0 2,6 23,1 14,3 3,7 7,1 100,0 42 Mandingue 61,2 1,5 9,4 16,9 5,6 0,7 4,7 100,0 497 Diola 46,6 1,4 8,5 28,0 10,1 2,4 3,0 100,0 424 Soninké 77,1 2,3 2,9 10,7 1,6 0,0 5,3 100,0 314 Autre 55,2 1,3 6,9 21,1 10,8 1,0 3,9 100,0 464 NSP * * * * * * * 8 3 Religion Musulmane 59,9 3,7 9,6 14,7 5,0 0,9 6,3 100,0 4 049 Chrétienne 42,4 1,3 4,9 27,2 12,6 3,3 8,4 100,0 70 Autre/ND * * * * * * * * 4 Ensemble 59,6 3,7 9,5 14,9 5,1 0,9 6,3 100,0 4 123 * Basé sur trop peu de cas non pondérés 242 | Excision Les caractéristiques sociodémographiques font apparaître certaines variations de l’âge à l’excision, essentiellement selon le milieu de résidence, la région et l’ethnie. Cependant, on observe quelques légères modifications selon l’âge : des générations anciennes aux plus récentes, les proportions de femmes excisées à un âge tardif diminuent. Par exemple parmi les femmes de 45-49 ans, 8 % ont été excisées à 10-14 ans, cette proportion a pratiquement diminué de moitié parmi les femmes de 15-29 ans. De même, parmi les femmes de 45-49 ans, 3 % ont été excisées à 15 ans ou plus ; parmi les femmes de 20-24 ans, cette proportion n’est plus que de 1 %. Les résultats concernant les femmes excisées durant la petite enfance ne font pas apparaître de tendance très nette ; il ne semble donc pas qu’il y ait eu des modifications importantes dans les générations concernant l’âge auquel cette pratique est effectuée. Selon le milieu de résidence, on ne constate pas de variation importante et il ne semble pas que l’excision soit pratiquée à des âges très différents en urbain et en rural. Par contre, on note des variations entre les régions de forte prévalence et celles où l’excision est moins ou peu pratiquée : en effet, dans les régions de forte prévalence comme Kolda, Matam et Tambacounda, au moins la moitié des femmes ont été excisées durant la petite enfance et la quasi-majorité l’ont été avant 9 ans. Par contre, dans la région de Thiès, où seulement 7 % des femmes ont déclaré avoir été excisées, on notre que dans 29 % des cas, l’excision a été effectuée entre 5-9 ans et dans 12 % des cas, elle a eu lieu entre 10-14 ans. Dans les régions de Fatick et de Kaolack, plus d’une femme sur dix ont été excisées entre 10-14 ans, ce qui pourrait démontrer un plus grand attachement aux rites initiatiques. D’autre part, les résultats selon le niveau d’instruction montrent que les femmes ayant un niveau secondaire ou plus ont déclaré moins fréquemment que les autres avoir été excisées dans leur petite enfance (45 % contre 59 % pour le primaire et 63 % pour celles sans instruction). Par contre, les femmes de niveau secondaire ont été proportionnellement plus nombreuses à avoir été excisées entre 5-9 ans (27 %). Les résultats en fonction de l’appartenance ethnique montrent que dans les ethnies où l’excision est une pratique fréquente, comme les Mandingues et les Soninké, une proportion élevée de femmes ont été excisées dans la petite enfance (respectivement, 61 % et 77 %) ; dans ces ethnies, la quasi-totalité des femmes excisées le sont avant 9 ans. Les résultats montrent aussi que les femmes musulmanes ont déclaré Graphique 13.2 Âge à l’excision des femmes enquêtées EDS-IV 2005 Petite enfance 0-1 an 2-4 5-9 10-14 15+ Âge à l'excision 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Excision | 243 plus fréquemment que les chrétiennes avoir été excisées durant la petite enfance (respectivement, 60 % contre 42 %) ; par contre, la proportion de chrétiennes ayant été excisées entre 5 et 9 ans est beaucoup plus élevée que celle observée parmi les musulmanes (27 % contre 15 %). 13.2.1 Personne ayant procédé à l’excision La pratique de l’excision reste encore très traditionnelle au Sénégal. La grande majorité des femmes enquêtées (91 %) ont été excisées par des exciseuses traditionnelles (tableau 13.3), suivies par les accoucheuses traditionnelles (1,5 %). Le recours à des professionnels de la santé (infirmières/sage femme principalement) est très rare (0,5 %). Il faut noter aussi que dans 7 % des cas, les femmes n’ont pas su répondre. Tableau 13.3 Personne qui a procédé à l'excision Répartition des femmes excisées selon la personne qui a pratiqué l'excision par type d'excision, EDS-IV Sénégal 2005 Type d'excision Personne qui a pratiqué l’excision Chair enlevée Entaille Fermeture du vagin ND/NSP Total Professionnel de la santé 0,6 * 0,7 0,0 0,6 Médecin 0,0 * 0,4 0,0 0,1 Infirmière/sage femme 0,5 * 0,3 0,0 0,5 Autre professionnel santé 0,1 * 0,0 0,0 0,0 Traditionnel 93,8 * 90,5 78,1 92,5 Exciseuse traditionnelle 92,2 * 87,9 76,6 90,8 Accoucheuse traditionnelle 1,4 * 1,2 1,0 1,5 Autre traditionnel 0,1 * 1,4 0,4 0,3 NSP/ND 5,7 * 8,8 21,9 6,9 Total 100,0 * 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes excisées 3 411 9 492 211 4 123 * Basé sur trop peu de cas non pondérés 13.3 PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FILLES DES FEMMES ENQUÊTÉES Lors de l’interview, des questions ont également été posées aux femmes qui avaient, au moins, une fille vivante pour connaître leur situation par rapport à l’excision. Si plusieurs filles de la femme enquêtée avaient été excisées, les questions concernant le type d’excision, l’âge à l’excision et les complications portaient uniquement sur la fille qui avait été excisée le plus récemment. Comme certaines filles des femmes enquêtées étaient trop jeunes au moment de l’enquête pour avoir déjà été excisées, on a également demandé aux femmes dont la fille n’a pas été excisée si elles avaient l’intention de faire exciser leur fille. 13.3.1 Pratique de l’excision chez les filles Les résultats du tableau 13.4 montrent que 20 % des enquêtées ayant au moins une fille avait déjà fait exciser leur fille ou au moins l’une de leurs filles et 4 % avaient l’intention de la (ou les) faire exciser. À l’opposé, 70 % des femmes n’avaient pas l’intention de faire effectuer cette intervention. Seulement un peu plus de 2 % ont déclaré ne pas savoir ce qu’elles avaient l’intention de faire. Au total donc, 24 % des filles des femmes enquêtées sont ou seront excisées, c’est-à-dire un niveau légèrement inférieur à celui des mères (28 %). Cependant lorsque l’on considère le statut d’excision des mères, on constate que 60 % des femmes excisées ont déclaré avoir fait exciser leur fille et 13 % ont l’intention de le faire. Dans cette catégorie de femmes, il semble donc que cette pratique se perpétue. Mais, résultat particulièrement important, parmi ces mères excisées, 23 % n’ont pas l’intention de faire exciser leur fille. 244 | Excision Tableau 13.4 Pratique de l'excision parmi les filles des femmes enquêtées Répartition des femmes ayant, au moins, une fille en vie selon qu'au moins une fille a été excisée et, si non, selon qu'elles ont ou non l'intention de la/les faire exciser, selon les caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Aucune fille excisée et la mère : Caractéristiques sociodémographique Au moins une fille excisée A l'intention de faire exciser sa/ses fille(s) N'a pas l'intention de faire sa/ses fille(s) NSP La mère ne connaît pas l'excision Total Effectif de femmes ayant une/des fille(s) vivante(s) Excision de la mère Ne connaît pas l'excision na na na na 100,0 100,0 310 Excisée 60,4 12,8 23,4 3,3 0,0 100,0 2 331 Pas excisée 0,8 0,3 97,6 1,4 0,0 100,0 4 778 Groupe d’âges 15-19 11,4 16,1 60,6 3,2 8,8 100,0 271 20-24 14,3 9,7 67,4 3,4 5,2 100,0 1 005 25-29 14,7 6,3 71,6 2,5 4,8 100,0 1 393 30-34 19,4 3,4 71,6 1,7 3,9 100,0 1 447 35-39 23,1 1,3 70,6 1,8 3,1 100,0 1 325 40-44 23,1 1,2 70,8 0,9 4,0 100,0 1 082 45-49 25,5 0,4 70,4 0,7 3,0 100,0 895 Milieu de résidence Urbain 12,0 3,0 81,3 1,9 1,8 100,0 3 060 Rural 24,7 5,1 62,4 2,0 5,9 100,0 4 359 Région Dakar 7,6 2,7 85,6 1,9 2,2 100,0 1580 Diourbel 1,2 0,6 89,4 2,0 6,8 100,0 824 Fatick 2,9 0,5 91,3 0,8 4,5 100,0 422 Kaolack 5,0 2,0 84,7 2,1 6,2 100,0 924 Kolda 64,0 12,1 20,7 2,9 0,3 100,0 655 Louga 2,8 0,3 80,2 0,6 16,2 100,0 490 Matam 75,2 9,1 11,1 3,3 1,4 100,0 290 Saint-Louis 37,7 4,0 54,1 0,8 3,5 100,0 486 Tambacounda 52,9 14,5 25,6 4,7 2,3 100,0 509 Thiès 2,7 1,0 92,7 0,7 2,9 100,0 975 Ziguinchor 48,4 13,3 34,8 3,3 0,1 100,0 264 Niveau d’instruction Aucun 24,8 4,9 63,0 2,1 5,2 100,0 4 110 Primaire 14,5 4,0 76,0 1,9 3,5 100,0 2 665 Secondaire ou plus 6,0 0,7 91,9 1,0 0,3 100,0 644 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 25,7 5,5 57,1 2,7 9,0 100,0 1 504 Second 30,1 6,6 57,4 2,2 3,7 100,0 1 568 Moyen 22,1 4,2 68,8 1,1 3,8 100,0 1 535 Quatrième 13,2 2,6 79,4 2,8 2,0 100,0 1 463 Le plus riche 4,1 1,9 91,2 0,7 2,2 100,0 1 349 Ethnie Wolof 1,2 0,3 91,8 1,0 5,7 100,0 2 800 Poular 43,3 8,3 43,5 2,4 2,5 100,0 2 014 Serer 1,0 0,1 91,0 1,6 6,4 100,0 1 212 Mandingue 45,8 16,3 31,6 5,0 1,3 100,0 357 Diola 34,4 7,5 56,0 1,3 0,9 100,0 343 Soninké 52,2 2,4 42,0 3,0 0,5 100,0 202 Autre 29,2 9,5 54,4 4,1 2,8 100,0 486 NSP * * * * * * 6 Religion Musulmane 19,8 4,3 69,7 2,0 4,2 100,0 7 137 Chrétienne 11,8 2,2 82,2 0,9 3,0 100,0 270 Autre/ND * * * * * * 12 Ensemble 19,5 4,2 70,2 1,9 4,2 100,0 7 419 * Basé sur trop peu de cas non pondérés na = Non applicable Excision | 245 En fonction de l’âge, on constate tout d’abord que la proportion de femmes ayant au moins une fille excisée diminue, de façon très nette, des générations les plus anciennes aux plus récentes, passant de 26 % parmi les femmes de 45-49 ans à 14 % parmi celles de 20-24 ans. Par contre, la répartition des femmes selon l’intention de ne pas faire exciser leurs filles met en évidence un léger écart entre les jeunes femmes de 15-24 ans et les autres. D’autre part, les résultats montrent que c’est dans les zones de fortes prévalences de l’excision, Matam, Kolda, Tambacounda et Ziguinchor que les proportions de femmes ayant au moins une fille excisée sont les plus élevées. En outre, dans ces régions, les proportions de femmes qui n’ont pas l’intention de faire exciser leurs filles sont aussi les plus faibles. Cependant, par rapport aux mères, les proportions de filles excisées ou qui le seront sont un peu plus faibles : à Kolda où la proportion de femmes excisées est de 94 %, la proportion de filles qui sont excisées ou qui le seront probablement est de 76 % et de plus, dans cette région de forte prévalence, 21 % des mères n’ont pas l’intention de perpétuer cette tradition. Il en est de même de la région de Tambacounda où 86 % des femmes ont déclaré avoir été excisées et où la proportion de filles qui le sont ou qui le seront est de 67 % ; dans cette région, plus d’un quart des femmes (26 %) ont déclaré ne pas avoir l’intention de perpétuer la tradition. Dans les régions de basse prévalence, comme Diourbel et Thiès, la quasi-totalité des femmes ne feront pas exciser leur fille. En milieu urbain, la proportion de femmes ayant une fille excisée est plus faible qu’en rural (12 % contre 25 %) ; à l’inverse, la proportion de celles qui n’ont pas l’intention de faire procéder à l’excision de leur fille est plus élevée en urbain qu’en rural (81 % contre 62 %). Les résultats selon l’appartenance ethnique montrent que dans les ethnies où au moins les trois- quarts des femmes ont déclaré avoir été excisées, la proportion de filles excisées ou qui le seront est plus faible (graphique 13.3) : en effet, parmi les Mandingues, 74 % des femmes sont excisées contre 62 % pour les filles et de plus, 32 % des femmes n’ont pas l’intention de continuer à pratiquer l’excision. Chez les Soninké, l’écart est plus important puisque 78 % des femmes ont déclaré avoir été excisées contre seulement 55 % des filles ; de plus, dans cette ethnie, 42 % des femmes ne feront pas exciser leur fille. Même si ces résultats ne mettent pas en évidence une tendance à la disparition de cette pratique, il semble qu’une légère tendance au changement se dessine. Il faut noter que le niveau d’instruction, la religion et le quintile de bien-être influencent la fréquence de la pratique et l’intention des femmes. Plus les femmes sont instruites, moins leurs filles sont excisées (6 %) et moins elles ont l’intention de perpétuer cette tradition (0,7 %). Par contre, parmi les femmes sans instructions, ces proportions sont respectivement de 25 % et de 63 %. Dans les ménages du quintile le plus riche, la proportion de femmes ayant au moins une fille excisée est très faible (4 %) contre au moins 22 % dans les trois premiers quintiles ; de plus dans les ménages les plus riches, la quasi-totalité des femmes n’ont pas l’intention de faire exciser leur fille contre 57 % dans les deux premiers quintiles. Enfin, on constate que parmi les chrétiennes, 82 % ne feront pas exciser leur fille contre 70 % parmi les femmes de religion musulmane. 246 | Excision Les résultats du tableau 13.5 ne font pas apparaître de changements entre le type d’excision pratiqué chez les mères et celui pratiqué chez les filles. En effet, comme pour les mères, le type d’excision le plus fréquemment pratiqué pour les filles a consisté en l’enlèvement de chairs (86 % contre 83 %). Par contre, quand on examine les résultats selon que la mère a été excisée ou non, on constate que 94 % des filles dont la mère a eu des chairs enlevées ont également subi ce type d’excision. Par contre, quand la mère a eu le vagin fermé, seulement 46 % des filles ont subi le même type de procédure, ce qui peut signifier que cette pratique est moins fréquente et qu’elle a tendance à disparaître. Les variations selon les caractéristiques sociodémographiques ne sont pas très différentes de celles déjà constatées pour les mères. Graphique 13.3 Pratique de l’excision chez les mères et chez les filles selon l’ethnie EDS-IV 2005 W olo f Po ula r Se rer M an din gu e Di ola So nin ké Au tre 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Mères excisées Filles excisées Excision | 247 Tableau 13.5 Type d'excision des filles Répartition des filles excisées le plus récemment par type d'excision selon les caractéristiques sociodémographiques de la mère, EDS-IV Sénégal 2005 Type d’excision (fille) Caractéristiques sociodémographique Chair enlevée Entaille Fermeture du vagin ND/NSP Total Effectif de filles excisées le plus récemment Type d'excision de la mère Chair enlevée 93,5 0,6 4,4 1,5 100,0 1 191 Entaille * * * * * 1 Fermeture du vagin 50,4 0,0 45,9 3,8 100,0 174 ND/NSP 54,6 1,1 8,3 36,0 100,0 78 Groupe d’âges 15-19 (78,6) (0,0) (11,5) (9,9) 100,0 31 20-24 85,2 0,0 10,1 4,7 100,0 143 25-29 85,5 0,2 10,4 3,8 100,0 205 30-34 86,1 0,4 10,5 3,0 100,0 281 35-39 86,9 0,6 8,2 4,2 100,0 307 40-44 87,7 0,8 10,0 1,5 100,0 250 45-49 85,8 1,2 8,8 4,3 100,0 228 Milieu de résidence Urbain 79,2 1,2 11,9 7,7 100,0 369 Rural 88,5 0,3 8,9 2,2 100,0 1 077 Région Dakar 66,2 1,6 17,1 15,1 100,0 120 Diourbel * * * * * 10 Fatick * * * * * 12 Kaolack 60,3 1,5 22,6 15,6 100,0 46 Kolda 89,6 0,1 9,1 1,2 100,0 419 Louga * * * * * 14 Matam 90,1 0,7 8,5 0,8 100,0 218 Saint-Louis 91,0 0,0 7,9 1,1 100,0 183 Tambacounda 86,7 0,3 9,7 3,3 100,0 269 Thiès (63,8) (11,5) (13,6) (11,1) 100,0 26 Ziguinchor 96,3 0,0 3,7 0,0 100,0 128 Niveau d’instruction Aucun 85,6 0,7 10,3 3,4 100,0 1 020 Primaire 88,1 0,3 7,9 3,6 100,0 386 Secondaire ou plus (81,2) (0,0) (9,4) (9,5) 100,0 39 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 88,5 0,1 10,0 1,4 100,0 387 Second 89,9 0,4 7,8 1,8 100,0 471 Moyen 86,0 0,6 9,5 4,0 100,0 339 Quatrième 77,1 2,0 12,4 8,4 100,0 193 Le plus riche 70,3 0,0 13,4 16,3 100,0 55 Ethnie Wolof (50,8) (0,0) (17,3) (31,8) 100,0 32 Poular 86,7 0,6 10,3 2,4 100,0 873 Serer * * * * * 12 Mandingue 89,5 1,4 6,8 2,2 100,0 163 Diola 90,5 0,6 9,0 0,0 100,0 118 Soninké 86,9 0,0 7,5 5,6 100,0 105 Autre 85,2 0,0 8,5 6,4 100,0 142 Religion Musulmane 86,5 0,6 9,4 3,5 100,0 1 411 Chrétienne (70,9) (0,0) (19,1) (10,0) 100,0 32 Autre/ND * * * * * 2 Ensemble 86,2 0,6 9,6 3,6 100,0 1 445 * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés 248 | Excision 13.3.2 Âge des filles à l’excision Le tableau 13.6 présente la répartition des filles qui ont été excisées le plus récemment selon l’âge à l’excision. On peut noter en premier lieu que par rapports aux générations plus vieilles, les déclarations des filles sont plus précises dans la mesure où la proportion qui ont été excisées dans la petite enfance n’est plus que de 29 %, alors qu’elle était de 60 % pour les mères. Dans environ 60 % des cas, les filles ont pu donner un âge à l’excision contre seulement 34 % pour les mères. Pour 45 % des filles, l’excision a eu lieu entre 0 et 4 ans contre 13 % chez les mères. Par contre, la proportion de filles excisées à un âge tardif (après 10 ans) est plus faible que celle constatée chez les mères (2 % contre 6 %), signe probable d’une modification du calendrier de l’excision dans les jeunes générations dans le sens d’un rajeunis- sement. Tableau 13.6 Âge des filles à l'excision Répartition des filles excisées par âge à l'excision, selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère, EDS-IV Sénégal 2005 Âge à l'excision Caractéristique sociodémographique Dans la petite enfance 0-1 2-4 5-9 10-14 15+ NSP Total Effectif de filles excisées Groupe d’âges 15-19 (24,7) (30,0) (18,5) (0,0) (0,0) (0,0) (26,9) 100,0 31 20-24 36,2 22,1 22,2 2,5 0,0 0,0 17,0 100,0 143 25-29 27,8 16,8 34,8 9,0 0,3 0,3 10,9 100,0 205 30-34 28,7 11,6 33,6 14,6 1,0 0,0 10,5 100,0 281 35-39 27,0 15,5 30,3 13,4 3,0 0,4 10,4 100,0 307 40-44 31,2 13,0 29,2 16,3 1,8 0,9 7,5 100,0 250 45-49 27,7 11,0 31,0 16,4 5,7 0,4 7,8 100,0 228 Milieu de résidence Urbain 23,9 13,0 30,4 14,2 4,2 1,2 13,2 100,0 369 Rural 31,0 15,4 30,5 12,1 1,4 0,1 9,7 100,0 1 077 Région Dakar 23,8 12,3 26,2 10,9 7,6 1,8 17,4 100,0 120 Diourbel * * * * * * * * 10 Fatick * * * * * * * * 12 Kaolack 28,1 2,5 30,0 20,1 5,2 1,5 12,7 100,0 46 Kolda 17,8 15,4 41,0 16,9 1,7 0,0 7,2 100,0 419 Louga * * * * * * * * 14 Matam 45,1 19,4 15,7 2,6 0,0 0,1 17,1 100,0 218 Saint-Louis 43,2 21,2 18,4 4,0 0,7 0,7 11,8 100,0 183 Tambacounda 36,2 12,7 27,7 13,3 1,8 0,3 7,9 100,0 269 Thiès (7,3) (14,3) (49,6) (20,5) (0,0) (0,0) (8,2) 100,0 26 Ziguinchor 14,7 7,5 47,6 24,1 3,8 0,0 2,4 100,0 128 Niveau d’instruction Aucun 30,1 13,9 29,7 12,9 2,3 0,2 10,9 100,0 1 020 Primaire 27,2 17,4 33,0 12,1 0,9 0,2 9,1 100,0 386 Secondaire ou plus (24,5) (10,2) (26,3) (9,9) (7,5) (5,5) (16,1) 100,0 39 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 23,2 14,8 37,2 15,8 1,7 0,2 7,1 100,0 387 Second 27,8 15,6 32,0 13,1 1,7 0,1 9,6 100,0 471 Moyen 36,6 16,0 23,3 8,9 1,0 0,4 13,9 100,0 339 Quatrième 31,5 14,1 26,2 11,1 3,3 0,0 13,8 100,0 193 Le plus riche 28,1 1,8 27,9 14,3 10,5 5,2 12,2 100,0 55 Ethnie Wolof 16,6 5,7 19,4 11,3 2,6 0,0 44,3 100,0 32 Poular 31,2 16,9 28,9 9,8 1,6 0,2 11,3 100,0 873 Serer * * * * * * * * 12 Mandingue 25,6 10,0 41,5 16,4 1,9 0,0 4,7 100,0 163 Diola 16,0 7,3 51,6 19,9 2,1 1,8 1,4 100,0 118 Soninké 56,6 15,5 12,5 6,5 0,0 0,7 8,2 100,0 105 Autre 14,5 15,5 25,9 23,7 6,7 0,0 13,7 100,0 142 Religion Musulmane 29,6 14,9 30,2 12,5 2,0 0,4 10,5 100,0 1 411 Chrétienne (11,3) (10,7) (37,0) (19,9) (7,2) (0,0) (13,9) 100,0 32 Autre/ND * * * * * * * * 2 Ensemble 29,1 14,8 30,5 12,6 2,1 0,3 10,6 100,0 1 445 * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés Excision | 249 Les résultats selon certaines caractéristiques sociodémographiques font apparaître quelques varia- tions dans l’âge à l’excision, essentiellement parmi les filles excisées à un âge tardif. En effet, des générations anciennes aux plus récentes, la proportion de filles excisées entre 5-9 ans diminue, passant de 16 % à 45-49 ans à 3 % à 20-24 ans. Il en est de même en ce qui concerne les proportions de filles excisées entre 10-14 ans et 15 ans ou plus. Il semble donc que l’excision se pratique de moins en moins à un âge tardif. Ces résultats montrent donc que dans l’ensemble, par rapport aux mères, les filles sont moins fréquemment excisées dans la petite enfance et entre 5 et 15 ans ou plus. 13.3.3 Personne ayant procédé à l’excision De même que les mères, les filles ont été excisées par des praticiens traditionnels, en majorité des exciseuses traditionnelles (95 %) (tableau 13.7). Le recours à un professionnel de la santé n’a pratiquement pas varié (1 % contre 0,6 %). On note que dans 3 % des cas, c’est du personnel de santé, essentiellement les infirmières/sages-femmes, qui a pratiqué l’excision des filles qui ont eu le vagin fermé. Tableau 13.7 Personne qui a procédé à l'excision des filles Répartition des filles excisées le plus récemment selon la personne qui a pratiqué l’excision par type d'excision, EDS-IV Sénégal 2005 Type d'excision Personne qui a pratiqué l’excision Chair enlevée Entaille Fermeture du vagin ND/NSP Total Professionnel de la santé 1,3 * 2,7 0,0 1,3 Médecin 0,4 * 0,6 0,0 0,4 Infirmière/sage femme 0,6 * 2,1 0,0 0,8 Autre professionnel santé 0,2 * 0,0 0,0 0,2 Traditionnel 98,3 * 97,3 41,8 96,2 Exciseuse traditionnelle 97,5 * 94,8 40,3 95,1 Accoucheuse traditionnelle 0,9 * 0,6 1,4 0,9 Autre traditionnel 0,0 * 1,8 0,0 0,2 NSP/ND 0,4 * 0,0 58,2 2,5 Total 100.0 * 100.0 100.0 100.0 Effectif de filles excisées 1 245 8 139 53 1 445 * Basé sur trop peu de cas non pondérés 13.3.4 Excision des filles et complications Au cours de l’enquête, on a également demandé aux femmes si les filles qui avaient été excisées le plus récemment avaient souffert d’un certain nombre de complications pendant ou après l’excision. Les résultats sont présentés au tableau 13.8. D’après les déclarations de la mère, 15 % ont eu, au moins, une complication, et dans 4 % des cas, les filles ont même eu, au moins, deux complications. Si on analyse les résultats selon le type de complications, on constate que dans 8 % des cas, les filles ont eu des saignements excessifs, surtout quand on a procédé à une entaille (24 %) et à la fermeture du vagin (18 %), suivis par les infections/cicatrisations (6 %) ; en outre dans 5 % des cas, les filles excisées ont noté un gonflement de la zone génitale, signe d’infection, de kyste ou de chéloïdes. 250 | Excision Tableau 13.8 Excision des filles et complications Pourcentage des filles excisées le plus récemment qui ont eu des complications au moment ou après l'excision selon les déclarations de la mère, par type d'excision, EDS-IV Sénégal 2005 Type d'excision Type de complication Chair enlevée Entaille Fermeture du vagin ND/NSP Total Saignement excessif 7,2 * 17,5 1,7 8,1 Gonflement 4,8 * 6,3 6,8 5,0 Infection/cicatrisation 6,2 * 5,8 3,4 6,0 Au moins une complication 14,5 * 21,7 9,5 15,1 Deux complications ou plus 3,1 * 7,6 1,7 3,5 Effectif de filles excisées 1 245 8 139 53 1 445 * Basé sur trop peu de cas non pondérés 13.4 OPINIONS ET CROYANCES VIS-À-VIS DE L’EXCISION Dans le but de mieux comprendre les raisons qui expliquent la persistance de la pratique de l’excision, on a demandé aux femmes et aux hommes quels étaient, à leur avis, les avantages pour une fille d’être excisée et les avantages de ne pas être excisée. 13.4.1 Avantages pour une fille d’être excisée Le tableau 13.9 présente les résultats concernant les avantages de l’excision d’après les femmes et les hommes. On constate tout d’abord que 49 % des femmes ont déclaré qu’il n’y a aucun avantage pour une fille à être excisée et cette proportion est particulièrement élevée chez les femmes qui n’ont pas été excisées (62 % contre 18 % parmi celles qui ont été excisés). De même, les femmes du milieu urbain (59 %), celles qui vivent dans un ménage du quintile le plus riche (62 %) et les femmes de niveau secondaire (65 %) ont déclaré plus fréquemment que les autres qu’il n’y avait pas d’avantage à être excisée. Cependant lorsque l’on examine les résultats selon les zones de forte prévalence, on constate que les proportions de femmes ayant déclaré qu’il n’y avait pas d’avantages pour les filles à être excisées sont parmi les plus faibles. À Kolda, seulement 17 % des femmes ont déclaré que l’excision n’apportait aucun avantage aux femmes, à Tambacounda, cette proportion est de 19 % et à Matam de seulement 9 %. Ces résultats peuvent signifier que dans ces régions, l’excision n’est pas une pratique en voie de disparition. À l’opposé dans les ethnies Wolof et Serer où l’excision est pratiquement inexistante, les femmes ont majoritairement déclaré qu’il n’y avait pas d’avantage à être excisé. Parmi les avantages de l’excision, c’est la reconnaissance sociale qui a été l’avantage le plus fréquemment cité (19 %) ; de plus, pour 14 % des femmes, l’excision est associée à la préservation de la virginité et dans 7 % des cas, les femmes ont cité comme avantage la nécessité religieuse. Enfin, pour 6 % des femmes, l’excision assure une meilleure hygiène et dans 3 % des cas, l’excision assure de meilleures chances pour le mariage. En outre, 19 % des femmes ont donné d’autres justificatifs. Excision | 251 Tableau 13.9 Avantages pour une fille d'être excisée Pourcentage de femmes et d’hommes qui ont cité différents avantages pour une fille d'être excisée, selon les caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Avantages de l'excision Caractéristiques sociodémographique Pas d'avantage Meilleure hygiène Reconnais- sance sociale Meilleure chance de mariage Préservation virginité Plus grand plaisir de l'homme Nécessité religieuse Autre Effectif connaissant l’excision FEMMES Excision de la mère Excisée 17,8 20,1 45,3 7,1 20,6 1,6 22,3 15,3 4 123 Pas excisée 61,7 0,5 7,6 0,9 11,1 0,3 0,5 19,8 9 605 Groupe d’âges 15-19 49,2 5,4 15,5 2,3 11,4 0,4 5,4 22,6 3 127 20-24 50,4 6,5 18,0 2,3 12,5 0,4 7,5 18,5 2 694 25-29 48,3 5,8 18,9 3,1 15,9 1,2 6,7 17,1 2 274 30-34 46,8 7,1 20,0 3,1 16,2 0,7 8,0 17,2 1 879 35-39 48,9 6,7 20,6 3,4 14,2 0,6 8,6 16,1 1 570 40-44 45,7 7,2 22,1 2,9 14,7 1,0 8,2 17,3 1 205 45-49 48,0 8,0 23,8 3,5 15,1 0,8 6,8 15,9 979 Milieu de résidence Urbain 58,9 3,9 12,5 1,9 16,1 0,7 4,0 12,6 6 882 Rural 38,1 8,9 25,4 3,7 11,7 0,7 10,2 24,4 6 845 Région Dakar 64,9 2,9 8,9 1,7 19,8 0,8 2,8 6,8 3 724 Diourbel 49,6 0,6 13,6 1,3 8,3 0,0 0,1 30,1 1 393 Fatick 55,2 0,7 9,1 3,0 6,7 0,2 0,0 28,0 653 Kaolack 58,3 0,7 12,3 3,0 12,1 0,2 0,5 16,4 1 485 Kolda 17,4 30,3 54,0 6,0 9,1 0,6 17,3 16,2 1 043 Louga 50,3 0,1 4,1 0,3 8,8 0,1 2,5 35,3 733 Matam 8,8 12,7 32,6 8,8 29,4 3,2 39,2 25,1 534 Saint-Louis 31,0 3,9 18,7 3,0 21,0 1,0 24,5 25,9 896 Tambacounda 19,3 28,6 55,9 8,9 14,7 1,3 17,6 15,6 833 Thiès 57,6 1,2 10,0 0,9 9,4 0,4 1,1 23,5 1 878 Ziguinchor 37,4 12,2 44,6 1,3 5,0 0,6 10,9 12,0 557 Niveau d’instruction Aucun 40,7 8,8 24,2 4,0 12,8 0,7 9,5 21,6 6 218 Primaire 50,9 5,2 17,0 2,0 13,5 0,7 6,2 18,5 5 320 Secondaire ou plus 65,0 2,4 8,4 1,3 18,0 0,4 2,4 9,2 2 191 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 35,0 13,7 30,3 4,3 8,5 0,5 9,4 25,2 2 147 Second 36,2 9,6 29,4 4,1 11,4 0,8 13,0 22,7 2 406 Moyen 44,6 5,7 18,5 2,5 14,4 0,6 9,5 21,2 2 640 Quatrième 55,3 4,1 14,2 3,0 15,4 0,8 4,5 15,1 3 039 Le plus riche 62,3 2,2 9,1 0,9 17,3 0,6 2,0 12,3 3 495 Ethnie Wolof 59,6 0,5 8,3 0,9 12,0 0,3 0,5 20,4 5 277 Poular 31,1 12,5 30,6 5,6 20,2 1,3 18,4 18,1 3 565 Serer 63,5 0,4 8,0 1,5 7,6 0,2 0,4 20,6 2 131 Mandingue 29,1 20,3 39,6 2,9 14,9 1,4 17,1 12,3 665 Diola 47,0 9,7 30,2 3,6 8,0 0,7 5,0 14,4 700 Soninké 33,2 23,5 31,2 8,0 19,3 1,0 11,0 11,0 399 Autre 40,1 10,0 30,3 2,9 16,2 0,6 8,8 15,2 984 Religion Musulmane 47,7 6,6 19,0 2,9 14,2 0,7 7,4 18,8 13 078 Chrétienne 64,8 2,9 16,7 0,7 8,7 0,1 1,1 11,1 626 Autre/ND * * * * * * * * 24 Ensemble 48,5 6,4 18,9 2,8 13,9 0,7 7,1 18,5 13 728 Suite. 252 | Excision Tableau 13.9—Suite Avantages de l'excision Caractéristique sociodémographique Pas d'avantage Meilleure hygiène Reconnais- sance sociale Meilleure chance de mariage Préservation virginité Plus grand plaisir de l'homme Nécessité religieuse Autre Effectif connaissant l’excision HOMMES Groupe d’âges 15-19 58,5 2,6 6,7 2,1 5,1 0,5 3,1 27,0 748 20-24 58,5 4,3 9,2 1,9 9,7 1,3 3,3 22,4 595 25-29 59,0 3,4 8,3 1,6 7,7 3,0 5,4 21,7 522 30-34 54,0 4,7 10,6 2,2 11,6 1,1 5,4 20,2 386 35-39 59,8 4,9 10,8 2,2 5,6 0,9 6,5 16,9 307 40-44 57,9 5,4 13,4 3,8 7,8 2,2 5,3 19,0 313 45-49 59,3 4,5 11,7 2,1 8,7 2,1 5,9 19,4 265 50-59 55,8 8,1 13,1 4,3 11,0 1,3 11,8 16,3 338 Milieu de résidence Urbain 63,8 4,0 5,7 1,1 10,3 1,4 3,9 17,9 1 990 Rural 50,1 4,9 15,3 4,1 5,3 1,5 7,2 26,1 1 485 Région Dakar 67,5 4,6 4,7 0,9 13,5 1,9 4,2 12,4 1 128 Diourbel 63,4 0,0 2,5 0,5 2,8 0,4 1,9 29,4 256 Fatick 67,3 0,0 5,1 0,0 1,1 0,6 0,0 25,7 146 Kaolack 60,4 2,8 5,6 1,3 3,5 0,8 1,9 27,0 330 Kolda 42,6 6,9 32,3 3,3 5,4 2,6 9,8 16,3 288 Louga 42,3 0,5 2,2 1,5 2,6 0,5 3,4 49,8 132 Matam 19,6 8,7 22,4 15,4 21,1 2,1 32,9 22,2 102 Saint-Louis 40,8 4,9 12,0 3,8 8,2 1,7 11,5 34,1 193 Tambacounda 39,4 13,4 31,1 11,6 12,3 2,8 8,1 21,5 235 Thiès 64,2 2,1 3,4 0,3 3,0 0,6 1,5 25,1 502 Ziguinchor 61,9 6,9 14,1 2,6 6,2 1,3 5,5 14,4 163 Niveau d’instruction Aucun 51,2 5,8 12,5 3,2 6,3 1,5 7,7 24,5 1 082 Primaire 52,7 4,8 12,6 2,9 7,7 1,7 5,6 25,1 1 283 Secondaire ou plus 70,6 2,5 3,9 1,0 10,5 1,2 2,6 14,1 1 110 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 45,3 5,5 20,1 4,3 4,4 1,5 7,0 26,7 519 Second 50,4 6,5 16,5 4,1 7,1 2,3 10,1 23,2 497 Moyen 53,2 5,0 11,5 3,6 5,7 1,1 5,4 27,0 612 Quatrième 60,2 5,2 7,9 1,0 9,6 0,9 4,7 18,7 790 Le plus riche 68,8 1,9 2,0 0,9 10,8 1,7 2,5 16,7 1 056 Ethnie Wolof 68,3 0,5 2,0 0,2 5,2 1,4 0,9 21,5 1 324 Poular 38,3 10,0 24,2 6,7 14,6 1,5 14,8 21,1 809 Serer 69,9 1,2 2,7 0,0 1,3 0,7 0,7 23,0 524 Mandingue 46,9 11,8 17,4 2,8 9,0 3,5 9,6 22,1 262 Diola 65,1 7,3 10,8 0,8 7,4 1,0 3,3 16,2 186 Soninké 56,8 1,6 9,7 5,2 17,9 1,8 4,2 14,2 155 Autre 46,7 5,6 10,9 4,0 11,5 1,5 5,1 26,6 214 Religion Musulmane 57,2 4,5 10,0 2,4 8,3 1,5 5,5 21,6 3 322 Chrétienne 75,5 0,9 4,7 0,9 2,0 0,7 0,0 17,1 140 Autre/ND * * * * * * * * 13 Ensemble 58,0 4,4 9,8 2,4 8,1 1,5 5,3 21,4 3 475 * Basé sur trop peu de cas non pondérés Excision | 253 Très peu de femmes ont cité l’argument selon lequel l’excision procurerait plus de plaisir sexuel à l’homme (0,7 %). Selon les caractéristiques sociodémographiques, on remarque que l’argument de la reconnaissance sociale a été particulièrement cité par les femmes les plus âgées (24 % 45-49 ans), celles du milieu rural (25 %), celles sans instruction (24 %), celles des ethnies Mandingue (40 %), Soninké (31 %), Poular (31 %) et Diola (30 %). La préservation de la virginité est l’avantage le plus fréquemment cité par les Poular (20 %) après la reconnaissance sociale alors que chez les Mandingue et les Soninké c’est la meilleure hygiène (respectivement 20 % et 24 %). Quant à la nécessité religieuse de l’excision, elle a été particulièrement citée par les femmes de l’ethnie Poular (18 %) et les Mandingue (17 %). Au tableau 13.9 sont également présentées les proportions d’hommes ayant cité divers avantages de l’excision. On constate, en premier lieu, qu’une proportion plus importante que celle des femmes (58 % contre 49 %) a déclaré qu’il n’y avait aucun avantage pour une femme à être excisée. Parmi les hommes vivant en milieu urbain, 64 % ont exprimé cette opinion, plus de 60 % des hommes des régions de faible prévalence et 71 % des hommes ayant atteint le niveau secondaire ont la même opinion. Pour ceux vivant dans un ménage du quintile le plus riche, cette proportion est de 69 %. Cependant, pour 10 % des hommes, l’excision apporte à la femme une certaine reconnaissance sociale. Cette opinion est surtout partagée par les hommes des régions de Kolda (32 %), Matam (22 %) et Tambacounda (31 %) et ceux des ethnies Poular (24 %), Mandingue (17 %) et Diola (11 %). Signalons aussi que pour 21 % d’hommes de la région de Matam, la préservation de la virginité est une justification de la pratique de l’excision. Les meilleures chances de mariage sont un argument cité par 15 % des hommes de Matam et 12 % de ceux de Tambacounda. En outre, pour 5 % des hommes, l’excision est une nécessité religieuse : cette opinion est particulièrement fréquente chez les hommes de la région de Matam (33 %), de Saint-Louis (12 %) et les hommes de l’ethnie Mandingue (10 %). Enfin, pour 4 % des hommes, l’excision est associée à une meilleure hygiène. En outre, 21 % d’entre eux ont cité d’autres raisons. 13.4.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée Au tableau 13.10, figurent les proportions de femmes et d’hommes ayant cité divers avantages pour une fille de ne pas être excisée. Un peu plus du quart des femmes (29 %) ont déclaré que le fait de ne pas être excisée n’avait aucun avantage. Cette opinion est particulièrement fréquente chez les femmes des régions de forte prévalence Kolda (51 %), Matam (53 %), Ziguinchor (40 %) et Tambacounda (33 %). Plus les femmes sont instruites, moins elles ont déclaré qu’il n’y avait pas d’avantages à ne pas être excisée. Plus le niveau de bien-être est élevé, moins on trouve des avantages à l’excision. Cependant, pour 28 % des femmes, ne pas être excisée évite les problèmes de santé ; cet argument a été avancé par 21 % des femmes excisées, 49 % des femmes de niveau secondaire ou plus, au moins 30 % de celles des ethnies Soninké, Diola et Wolof et par 38 % des femmes de religion chrétienne. Pour 21 % des femmes, ne pas être excisée signifie moins de souffrance. Environ 31 % des femmes de niveau secondaire ou plus l’ont mentionné contre 18 % des femmes sans instruction. Le plus grand plaisir de la femme a été cité comme étant un avantage par 10 % des femmes, en particulier, par 23 % des femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus et 17 % de celles de Dakar, 11 % des Wolof et 12 % des Diola. Cet argument a été aussi plus fréquemment cité par les chrétiennes 16 % que par les musulmanes (9 %). À l’opposé, Le plus grand plaisir de l’homme a été cité comme étant un avantage par 5 % des femmes, en particulier par 10 % des femmes de la région de Saint-Louis, 9 % des femmes de niveau secondaire ou plus. Pour moins de 4 % des femmes, ne pas être excisée est en accord avec la religion. 254 | Excision Tableau 13.10 Avantages pour une fille de ne pas être excisée Pourcentage de femme et d’hommes qui ont cité différents avantages pour une fille de ne pas être excisée, selon les caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Avantages de ne pas être excisée Caractéristique sociodémographique Pas d'avantage Moins de problèmes de santé Evite la souffrance Plus grand plaisir de la femme Plus grand plaisir de l'homme En accord avec la religion Autre Effectif connaissant l'excision FEMMES Excision de la mère Excisée 44,7 21,0 16,2 5,5 2,4 1,3 25,5 4 123 Pas excisée 22,4 30,2 22,6 11,2 5,4 5,0 28,3 9 605 Groupe d’âges 15-19 32,8 22,3 18,0 4,3 1,4 3,4 32,8 3 127 20-24 28,9 26,8 21,1 6,7 3,3 3,8 29,3 2 694 25-29 26,9 29,0 21,3 12,3 5,3 3,3 25,9 2 274 30-34 27,4 31,1 22,0 12,7 5,9 4,5 24,0 1 879 35-39 25,6 32,0 22,2 13,3 7,1 3,7 24,8 1 570 40-44 30,0 26,5 19,7 12,5 6,8 4,5 24,4 1 205 45-49 30,4 29,0 23,3 11,0 5,5 4,8 23,5 979 Milieu de résidence Urbain 25,3 35,5 25,0 14,0 6,7 4,6 20,3 6 882 Rural 32,9 19,4 16,4 4,9 2,2 3,2 34,6 6 845 Région Dakar 27,6 38,7 26,7 16,9 7,3 5,3 11,8 3 724 Diourbel 25,3 20,7 17,2 4,9 2,7 4,3 38,8 1 393 Fatick 33,8 21,2 20,4 4,8 1,4 2,0 30,7 653 Kaolack 29,3 25,0 22,4 5,5 1,5 5,9 24,0 1 485 Kolda 51,1 22,9 16,3 2,7 1,3 1,1 19,8 1 043 Louga 3,2 21,2 17,5 13,9 6,7 1,0 56,6 733 Matam 52,5 7,6 5,7 3,7 1,5 0,8 34,4 534 Saint-Louis 24,7 21,1 11,6 14,0 10,4 1,4 40,6 896 Tambacounda 33,2 26,8 22,5 4,5 2,1 1,0 33,9 833 Thiès 21,1 27,9 21,7 7,0 2,9 6,3 36,3 1 878 Ziguinchor 40,3 28,4 21,1 7,5 7,1 2,2 18,1 557 Niveau d’instruction Aucun 33,5 19,8 18,0 5,8 2,7 3,4 31,2 6 218 Primaire 29,0 27,6 19,8 8,3 4,5 4,3 27,7 5 320 Secondaire ou plus 16,8 48,8 30,5 22,5 9,3 4,1 16,2 2 191 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 37,6 18,3 16,0 3,0 0,9 3,0 32,9 2 147 Second 35,2 17,7 16,7 4,3 2,3 3,4 32,6 2 406 Moyen 28,9 24,4 18,7 6,5 3,5 3,3 32,8 2 640 Quatrième 26,7 32,8 21,5 11,3 5,1 4,5 24,5 3 039 Le plus riche 21,8 37,4 27,2 17,6 8,3 4,7 19,1 3 495 Ethnie Wolof 20,5 31,4 21,2 11,4 5,3 5,3 29,7 5 277 Poular 38,2 21,5 17,5 7,8 3,7 2,3 27,4 3 565 Serer 26,7 26,0 23,3 8,0 3,2 3,7 28,8 2 131 Mandingue 41,5 25,6 19,7 5,9 3,1 1,6 21,5 665 Diola 32,3 30,2 26,1 11,7 3,7 4,5 19,8 700 Soninké 37,8 33,7 19,5 6,4 2,9 3,9 18,6 399 Autre 32,6 27,8 21,7 10,4 7,7 3,3 25,9 984 Religion Musulmane 29,2 27,0 20,4 9,1 4,3 3,8 27,8 13 078 Chrétienne 24,6 37,8 26,6 16,1 7,9 5,5 20,0 626 Autre/ND * * * * * * * 24 Total 29,1 27,5 20,7 9,5 4,5 3,9 27,4 13 728 Suite. Excision | 255 Tableau 13.10—Suite Avantages de ne pas être excisée Caractéristique sociodémographique Pas d'avantage Moins de problèmes de santé Evite la souffrance Plus grand plaisir de la femme Plus grand plaisir de l'homme En accord avec la religion Autre Effectif connaissant l'excision HOMMES Groupe d’âges 15-19 13,4 31,2 20,6 4,3 2,3 0,0 46,4 748 20-24 15,3 39,0 22,8 10,1 5,5 0,0 34,8 595 25-29 16,1 39,3 15,6 11,9 4,8 0,0 33,9 522 30-34 11,5 46,6 21,9 17,2 9,7 0,0 28,6 386 35-39 15,8 36,5 25,2 14,6 3,7 0,0 30,9 307 40-44 13,5 35,7 23,5 23,6 8,3 0,0 30,5 313 45-49 13,9 43,8 19,7 17,2 10,5 0,0 29,7 265 50-59 12,7 40,5 28,2 15,8 7,4 0,0 26,0 338 Milieu de résidence Urbain 15,1 40,4 21,2 16,3 6,6 0,0 29,6 1 990 Rural 12,7 35,3 22,4 7,8 4,9 0,0 41,0 1 485 Région Dakar 20,2 39,8 20,3 18,9 8,2 0,0 22,3 1 128 Diourbel 2,4 37,5 7,1 4,6 4,1 0,0 51,9 256 Fatick 6,0 36,2 19,3 6,0 4,8 0,0 48,9 146 Kaolack 11,7 33,2 19,8 4,4 4,0 0,0 44,5 330 Kolda 17,7 43,9 38,3 13,8 3,9 0,0 27,5 288 Louga 4,3 37,2 27,9 3,5 2,0 0,0 50,6 132 Matam 37,4 15,5 6,8 7,7 8,0 0,0 34,6 102 Saint-Louis 15,0 29,2 21,4 5,0 6,4 0,0 47,4 193 Tambacounda 14,6 45,0 38,1 19,1 9,1 0,0 26,5 235 Thiès 3,6 39,0 13,8 11,0 4,0 0,0 43,3 502 Ziguinchor 20,1 43,9 36,7 17,7 2,8 0,0 25,9 163 Niveau d’instruction Aucun 14,8 33,0 18,8 7,8 5,1 0,0 37,7 1 082 Primaire 14,1 33,8 21,5 9,9 3,9 0,0 41,0 1 283 Secondaire ou plus 13,4 48,4 24,8 20,6 8,8 0,0 23,8 1 110 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 13,7 34,8 19,7 6,1 5,1 0,0 41,5 519 Second 14,0 35,2 28,8 10,7 5,1 0,0 38,7 497 Moyen 13,3 38,3 20,6 10,7 4,3 0,0 38,0 612 Quatrième 15,7 39,5 21,4 12,6 7,4 0,0 29,4 790 Le plus riche 13,6 40,2 20,2 17,9 6,3 0,0 30,8 1 056 Ethnie Wolof 10,0 37,2 19,2 12,1 5,3 0,0 37,4 1 324 Poular 22,9 31,4 23,2 12,4 6,5 0,0 34,7 809 Serer 5,4 47,4 17,6 12,5 7,5 0,0 35,3 524 Mandingue 16,5 36,7 31,6 14,1 4,0 0,0 29,5 262 Diola 15,6 53,9 29,2 17,3 6,7 0,0 23,3 186 Soninké 19,6 48,5 11,0 12,9 7,4 0,0 21,2 155 Autre 19,4 28,8 30,8 11,3 3,2 0,0 38,5 214 Religion Musulmane 14,6 37,5 21,1 12,2 5,6 0,0 34,5 3 322 Chrétienne 2,6 52,2 34,1 18,7 11,2 0,0 34,8 140 Autre/ND * * * * * * * 13 Total 14,1 38,2 21,7 12,6 5,8 0,0 34,5 3 475 * Basé sur trop peu de cas non pondérés 256 | Excision Le tableau 13.10 présente aussi les proportions d’hommes qui ont cité différents avantages pour une fille de ne pas être excisée. Une proportion moindre que celle des femmes (14 %) a déclaré que, pour une fille, ne pas être excisé ne comportait aucun avantage. C’est parmi les hommes des régions de Matam (37 %), Dakar (20 %) et Ziguinchor (20 %) que cette proportion est la plus élevée. Plus du tiers des hommes (38 %) ont déclaré que ne pas être excisé évitait aux femmes d’avoir des problèmes de santé et pour 22 %, cela évite des souffrances. C’est parmi les hommes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus, ceux des régions de Kolda, Tambacounda et Ziguinchor et ceux des ethnies Serer, Mandingue et Diola que l’argument sur la santé est le plus fréquemment répandu. En outre, pour 13 % des hommes, le fait de ne pas être excisée permet à la femme d’éprouver un plus grand plaisir. Cet argument sur le plaisir de la femme a été plus cité par les hommes ayant atteint le secondaire et plus (21 %) et les Diola (17 %). Le plus grand plaisir pour l’homme a été cité par 6 % des hommes enquêtés. En outre, 35 % des hommes ont donné d’autres avantages. Bien que parmi les avantages d’être ou de ne pas être excisée figurait le fait que l’excision soit exigé par la religion, au cours de l’enquête, on a demandé spécifiquement aux femmes et aux hommes s’ils étaient d’accord avec deux assertions : la première relative à la religion et la deuxième relative à la virginité. Les résultats sont présentés au tableau 13.11 selon que la femme est excisée ou non. Un peu moins d’une femme cinq a déclaré que la pratique de l’excision est exigée par la religion (17 %). Parmi les femmes excisées, cette proportion est de (50 %) contre seulement 3 % parmi celles qui ne le sont pas. Les proportions de femmes qui pensent que l’excision est exigée par la religion sont particulièrement élevées dans les régions de Matam (66 %), Kolda (54 %), Tambacounda (40 %), Saint- Louis (35 %) et Ziguinchor (34 %). Les femmes sans instruction (21 %), celles vivant dans un ménage du quintile le plus pauvre (25 %) et les femmes des ethnies Poular (38 %), Mandingue (37 %), Soninké (30 %) et Diola (23 %) sont celles qui ont le plus fréquemment cité cette opinion. La proportion des hommes ayant déclaré que l’excision est recommandée par la religion est un peu plus faible que celle constatée chez les femmes (12 %). En outre, on constate que c’est dans les mêmes groupes que les femmes que cette opinion est la plus répandue. À la deuxième question, 31 % des femmes et 13 % des hommes ont déclaré qu’ils pensaient que l’excision était un moyen de prévenir les relations sexuelles avant le mariage. Parmi les femmes excisées, 39 % ont avancé cette opinion contre 27 % parmi celles non excisées. Il n’y a pas de différences dans les générations. Mais c’est surtout dans la région de Matam (54 %) et chez les femmes de l’ethnie Soninké (43 %) que cette croyance est particulièrement répandue. Chez les hommes, on constate que ce sont surtout ceux des régions de Matam (35 %) et de Saint-Louis (22 %) qui sont le plus fréquemment en accord avec cette opinion. Excision | 257 Tableau 13.11 Croyances au sujet de l'excision Pourcentage de femme et d’hommes qui connaissent l'excision et qui sont d'accord avec différentes affirmations, par caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Caractéristiques sociodémographiques Est exigée par la religion Prévenir relations sexuelles avant le mariage Effectif de femmes Est exigée par la religion Prévenir relations sexuelles avant le mariage Effectif d’hommes Excision de la femme Excisée 49,9 39,4 4 123 na na na Pas excisée 2,7 26,8 9 605 na na na Groupe d’âges 15-19 16,4 27,1 3 127 10,9 11,6 748 20-24 17,1 30,4 2 694 13,7 11,5 595 25-29 15,6 32,0 2 274 10,5 13,3 522 30-34 18,3 34,2 1 879 14,7 14,8 386 35-39 17,2 31,0 1 570 9,9 20,4 307 40-44 18,3 31,9 1 205 10,8 13,7 313 45-49 16,4 29,7 979 10,1 10,5 265 50-59 na na na 10,8 11,3 338 Milieu de résidence Urbain 11,1 34,0 6 882 10,3 12,9 1 990 Rural 22,7 27,2 6 845 13,3 13,2 1 485 Région Dakar 9,1 41,0 3 724 10,3 12,0 1 128 Diourbel 1,6 20,5 1 393 1,6 5,9 256 Fatick 3,4 20,5 653 6,6 10,5 146 Kaolack 5,4 30,4 1 485 9,2 10,5 330 Kolda 54,3 27,3 1 043 19,9 19,1 288 Louga 5,1 21,5 733 6,8 13,5 132 Matam 66,0 53,7 534 21,2 34,9 102 Saint-Louis 34,7 38,2 896 17,2 21,9 193 Tambacounda 39,7 26,7 833 25,0 13,1 235 Thiès 4,0 23,5 1 878 6,8 11,0 502 Ziguinchor 33,7 12,3 557 17,4 10,1 163 Niveau d’instruction Aucun 21,3 29,5 6 218 13,6 15,8 1 082 Primaire 15,2 30,9 5 320 11,5 11,9 1 283 Secondaire ou plus 8,4 33,0 2 191 9,6 11,7 1 110 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 25,4 23,3 2 147 16,3 12,7 519 Second 28,0 27,0 2 406 12,7 15,6 497 Moyen 19,8 29,1 2 640 13,2 14,3 612 Quatrième 10,9 36,0 3 039 9,2 11,9 790 Le plus riche 7,2 33,9 3 495 9,5 12,2 1 056 Ethnie Wolof 2,4 28,8 5 277 4,9 9,5 1 324 Poular 38,0 38,9 3 565 23,5 20,8 809 Serer 2,9 23,1 2 131 3,8 8,1 524 Mandingue 37,4 26,7 665 17,0 16,2 262 Diola 22,6 21,5 700 12,6 13,3 186 Soninké 30,3 43,2 399 17,7 14,2 155 Autre 25,3 30,4 984 14,8 12,8 214 Religion Musulmane 17,3 31,1 13 078 11,8 13,5 3 322 Chrétienne 8,7 20,7 626 6,0 3,3 140 Autre/ND * * * * * 13 Total 16,9 30,6 13 728 11,6 13,1 3 475 * Basé sur trop peu de cas non pondérés na = Non applicable 258 | Excision 13.4.3 Opinions sur l’excision On a également demandé aux femmes et aux hommes enquêtés leur opinion sur la poursuite ou l’abandon de l’excision. Les résultats présentés au tableau 13.12 montrent qu’au niveau global, moins d’une femme sur cinq (18 %) pense que l’excision est une pratique qui devrait être maintenue. Cependant, parmi les femmes excisées, cette proportion est de 53 % parmi celles ayant au moins une fille excisée, les deux tiers ont déclaré que l’excision était une pratique qui devait être maintenue (66 %). À l’exception des régions de Matam (20 %), Kolda (43 %) et Tambacounda (43 %), la grande majorité des femmes des autres régions pense que la pratique de l’excision devrait disparaître (graphique 13.4). Cette opinion devient plus fréquente au fur et à mesure que le niveau d’instruction augmente et su fur et à mesure que le niveau de bien-être du ménage s’améliore. Le tableau 13.12 présente également la répartition des hommes selon qu’ils sont favorables ou non à l’abandon de l’excision. Une proportion d’hommes plus faible que celle des femmes (69 % contre 75 %) s’est déclarée en faveur de la disparition de cette pratique. Il est important de noter la proportion relativement élevée d’hommes qui ont déclaré être indécis (19 %). Selon les caractéristiques socio- démographiques, on constate que les hommes des régions de Matam (31 %), Tambacounda (53 %), Saint- Louis (56 %) et Kolda (58 %) sont ceux qui ont le moins fréquemment exprimé cette opinion. De même, dans les ethnies, ce sont ceux des ethnies Mandingue (59 %) et Poular (49 %) qui sont les moins favorables à la disparition de la pratique. Les résultats selon l’âge ne font pas apparaître de tendances. Il faut noter les proportions importantes d’hommes qui ont déclarent être indécis dans les régions de forte prévalence de l’excision et dans les ethnies majoritairement pratiquantes de l’excision. Excision | 259 Tableau 13.12 Opinion par rapport à l'excision selon les caractéristiques socio- démographiques Répartition des femmes et des hommes connaissant l'excision selon leur opinion concernant la continuation ou l'abandon de cette pratique, selon les caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Excision devrait disparaître Excision devrait être maintenue Ça dépend/ NSP Total Effectif connaissant l’excision FEMMES Excision de la femme Excisée 39,8 53,1 7,1 100,0 4 123 Pas excisée 89,8 2,4 7,9 100,0 9 605 Groupe d’âges 15-19 72,6 18,7 8,7 100,0 3 127 20-24 74,9 17,5 7,6 100,0 2 694 25-29 76,3 16,6 7,1 100,0 2 274 30-34 74,0 18,1 7,9 100,0 1 879 35-39 77,1 16,3 6,7 100,0 1 570 40-44 74,1 18,1 7,8 100,0 1 205 45-49 76,1 17,3 6,6 100,0 979 Milieu de résidence Urbain 84,4 10,3 5,4 100,0 6 882 Rural 65,1 25,0 9,9 100,0 6 845 Région Dakar 86,4 8,0 5,6 100,0 3 724 Diourbel 87,2 2,1 10,7 100,0 1 393 Fatick 89,7 2,9 7,4 100,0 653 Kaolack 83,1 7,1 9,8 100,0 1 485 Kolda 43,2 52,3 4,5 100,0 1 043 Louga 83,3 4,0 12,7 100,0 733 Matam 20,4 69,7 9,9 100,0 534 Saint-Louis 56,4 34,8 8,8 100,0 896 Tambacounda 43,0 49,0 7,9 100,0 833 Thiès 89,4 3,4 7,2 100,0 1 878 Ziguinchor 53,4 42,4 4,2 100,0 557 Niveau d’instruction Aucun 66,3 23,8 9,9 100,0 6 218 Primaire 77,9 15,0 7,1 100,0 5 320 Secondaire ou plus 91,3 6,3 2,4 100,0 2 191 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 62,1 27,7 10,3 100,0 2 147 Second 59,4 31,1 9,5 100,0 2 406 Moyen 70,1 21,7 8,2 100,0 2 640 Quatrième 82,5 10,4 7,0 100,0 3 039 Le plus riche 89,9 5,3 4,7 100,0 3 495 Ethnie Wolof 89,4 2,4 8,2 100,0 5 277 Poular 54,1 38,2 7,7 100,0 3 565 Serer 89,4 2,3 8,3 100,0 2 131 Mandingue 52,1 42,7 5,2 100,0 665 Diola 66,5 29,0 4,5 100,0 700 Soninké 59,2 34,2 6,7 100,0 399 Autre 66,7 25,7 7,6 100,0 984 Religion Musulmane 74,2 18,2 7,7 100,0 13 078 Chrétienne 87,1 6,2 6,7 100,0 626 Autre/ND * * * * 24 Total 74,8 17,6 7,6 100,0 13 728 Suite. 260 | Excision Tableau 13.12—Suite Caractéristiques sociodémographique Excision devrait disparaître Excision devrait être maintenue Ça dépend/ NSP Total Effectif connaissant l’excision HOMMES Groupe d’âges 15-19 65,6 10,9 23,6 100,0 748 20-24 70,1 13,7 16,2 100,0 595 25-29 71,8 10,5 17,6 100,0 522 30-34 67,6 14,7 17,7 100,0 386 35-39 75,4 9,9 14,7 100,0 307 40-44 69,9 10,8 19,3 100,0 313 45-49 72,5 10,1 17,4 100,0 265 50-59 65,2 10,8 24,0 100,0 338 Milieu de résidence Urbain 72,6 10,3 17,1 100,0 1 990 Rural 64,8 13,3 21,9 100,0 1 485 Région Dakar 73,8 10,3 16,0 100,0 1 128 Diourbel 79,3 1,6 19,1 100,0 256 Fatick 78,4 6,6 15,1 100,0 146 Kaolack 71,3 9,2 19,5 100,0 330 Kolda 57,6 19,9 22,5 100,0 288 Louga 72,9 6,8 20,3 100,0 132 Matam 30,5 21,2 48,3 100,0 102 Saint-Louis 56,1 17,2 26,7 100,0 193 Tambacounda 53,1 25,0 21,9 100,0 235 Thiès 77,1 6,8 16,1 100,0 502 Ziguinchor 66,8 17,4 15,8 100,0 163 Niveau d’instruction Aucun 64,3 13,6 22,1 100,0 1 082 Primaire 66,8 11,5 21,7 100,0 1 283 Secondaire ou plus 77,0 9,6 13,3 100,0 1 110 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 59,7 16,3 24,0 100,0 519 Second 65,5 12,7 21,8 100,0 497 Moyen 63,9 13,2 22,9 100,0 612 Quatrième 73,7 9,2 17,0 100,0 790 Le plus riche 75,5 9,5 15,0 100,0 1 056 Ethnie Wolof 79,4 4,9 15,7 100,0 1 324 Poular 48,5 23,5 28,0 100,0 809 Serer 81,3 3,8 14,9 100,0 524 Mandingue 59,4 17,0 23,6 100,0 262 Diola 72,0 12,6 15,4 100,0 186 Soninké 70,1 17,7 12,2 100,0 155 Autre 65,0 14,8 20,2 100,0 214 Religion Musulmane 68,6 11,8 19,6 100,0 3 322 Chrétienne 83,2 6,0 10,8 100,0 140 Autre/ND * * * * 13 Total 69,3 11,6 19,2 100,0 3 475 * Basé sur trop peu de cas non pondérés Excision | 261 Par ailleurs, en plus de demander aux femmes si elles pensaient que la pratique de l’excision devait être maintenue ou disparaître, on leur a posé la question suivante : « Pensez-vous que les hommes tiennent à ce que la pratique de l’excision soit conservée ou, au contraire, pensez-vous qu’ils sont favorables à son abandon ? » Une question similaire a été posée aux hommes. Les réponses à ses questions, présentées au tableau 13.13, permettent de mesurer l’écart qui peut exister entre l’opinion des femmes et l’idée qu’elles se font de l’opinion des hommes et, de même, entre l’opinion des hommes et l’idée qu’ils se font de l’opinion des femmes. Il apparaît que parmi les femmes qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être maintenue (18 %), plus de la moitié (11 %) pensent que les hommes sont du même avis, c’est-à-dire qu’ils sont favorables au maintien de l’excision. Parallèlement, parmi les femmes qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être abandonnée (75 %), plus de la moitié (55 %) pensent que les hommes sont également du même avis, c’est-à-dire qu’ils sont favorables à la disparition de cette pratique. Globalement, on peut dire que les femmes ont une bonne connaissance de l’opinion des hommes en la matière. Graphique 13.4 Proportions de femmes et d’hommes favorables à la disparition de la pratique de l’excision selon la région EDS-IV 2005 Da ka r Di ou rbe l Fa tic k Ka ola ck Ko lda Lo ug a Ma tam Sa int -Lo uis Ta mb ac ou nd a Th iès Zig uin ch or 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Femmes Hommes 262 | Excision Tableau 13.13 Opinion des femmes et des hommes par rapport à l'excision Répartition des femmes et des hommes connaissant l'excision, selon leur opinion concernant la continuation ou l'abandon de cette pratique et selon leur perception de l'opinion du sexe opposé, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes L’enquêté(e) pense que la pratique de l’excision doit être maintenue 17,6 11,6 Et pense que le sexe opposé souhaite que l'excision soit maintenue 11,4 6,1 Et pense que le sexe opposé souhaite que l'excision disparaisse 1,5 4,4 Et n’est pas sûr(e) /ça dépend /ne connaît pas l’opinion de ne sait pas de l'opinion des hommes 4,6 1,1 L’enquêté(e) pense que la pratique de l’excision doit disparaître 74,8 69,3 Et pense que le sexe opposé souhaite que l'excision soit maintenue 1,2 3,0 Et pense que le sexe opposé souhaite que l'excision disparaisse 54,6 61,8 Et n’est pas sûr(e) /ça dépend /ne connaît pas l’opinion de ne sait pas de l'opinion des hommes 18,9 4,4 Pas sûr(e) 7,6 19,2 Total 100,0 100,0 Effectif 13 728 3 475 Du point de vue des hommes, on constate que parmi ceux qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être maintenue (12 %), la moitié (6 %) pense que les femmes sont du même avis, c’est-à- dire qu’elles sont favorables au maintien de l’excision. Parallèlement, parmi les hommes qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être abandonnée (69 %), plus de la moitié (62 %) pensent que les femmes sont du même avis, c’est-à-dire qu’elles sont favorables à la disparition de cette pratique. Globalement, on constate une bonne connaissance par les hommes de l’opinion des femmes en la matière. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 263 VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES 14 Aliou Gaye et Salif Ndiaye Au Sénégal, comme dans la plupart des pays africains, la transmission du sida se fait principalement par voie sexuelle. Les hommes et les femmes interrogés lors de l’EDS-IV, en majorité sexuellement actifs, sont donc concernés au premier plan par les campagnes d’Information, d’Éducation et Communication (IEC) lancées à travers le pays par le Programme National de Lutte contre le Sida. Dans le but d’évaluer l’impact du programme réalisé au Sénégal, des questions ont été posées sur la connaissance, les attitudes et les pratiques concernant les IST et le sida en particulier, ainsi que sur les comportements sexuels. Les informations ainsi collectées sont essentielles à l’ajustement des programmes en cours, ainsi qu’à la mise en place de nouvelles campagnes d’information, d’éducation et de communication sur le sida. Les résultats présentés ici concernent principalement les points suivants : • la connaissance de l’existence du VIH/sida, des moyens de prévention, de ses modes de transmission ainsi que l’adhésion aux idées erronées sur la transmission et la prévention de l’infection ; • la connaissance de la transmission du virus du VIH de la mère à l’enfant ; • les attitudes et comportements à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida ; • les rapports sexuels à haut risque et l’utilisation des condoms lors des derniers rapports sexuels à haut risque ; • l’âge des adolescents (15-24 ans) aux premiers rapports sexuels ; • les rapports sexuels à haut risque et l’utilisation des condoms lors des derniers rapports sexuels à haut risque chez les adolescents de 15-24 ans ; • les rapports sexuels prémaritaux parmi les jeunes de 15-24 ans et l’utilisation d’un condom ; • la connaissance des autres IST et de leurs symptômes ; • la recherche de traitement pour les IST ; et • les enfants orphelins et la résidence avec les parents. En outre, lors de l’EDS-IV, un test de séroprévalence du VIH dans la population générale masculine et féminine a été effectué. Les résultats sont présentés dans le chapitre 15. 14.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA, DES MOYENS DE PRÉVENTION ET DE TRANSMISSION 14.1.1 Connaissance du VIH/sida et de l’existence de moyens de prévention L’attitude et le comportement que les populations ont vis-à-vis du VIH/sida sont largement tributaires de leur niveau de connaissance de cette maladie. Ainsi, l’EDS-IV a cherché à évaluer les niveaux de connaissance du VIH/sida et des ses modes de transmission ainsi que la connaissance des moyens de prévention de l’infection dans la population générale. 264 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Pour évaluer le niveau de connaissance de cette infection par les femmes et les hommes, on leur a demandé s’ils connaissaient cette maladie ou s’ils en avaient déjà entendu parler. Les résultats présentés dans le tableau 14.1 révèlent que le niveau de connaissance du VIH/sida est très élevé au Sénégal. Le VIH/sida est pratiquement connu de toute la population : respectivement 97 % et 98 % (contre 92 % et 96 % à l’EDS-III de 1997). Quel que soient l’âge, l’état matrimonial, le milieu de résidence et le niveau d’instruction, le niveau de connaissance est élevé aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Les niveaux de connaissance varient d’un minimum de 87 % chez les femmes de la région de Tambacounda et de 72 % chez les hommes de la région de Kolda à 100 % chez les femmes et les hommes de niveau d’instruction secondaire ou plus. Tableau 14.1 Connaissance du sida Pourcentage de femmes et d’hommes qui ont entendu parlé du sida et pensent qu'il y a un moyen d'éviter le sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant entendu parler du sida Pourcentage qui pense qu'il y a un moyen d'éviter le VIH/sida Effectif Pourcentage ayant entendu parler du sida Pourcentage qui pense qu'il y a un moyen d'éviter le VIH/sida Effectif Âge 15-19 94,7 71,3 3 556 94,2 72,0 926 20-24 96,7 80,2 2 844 99,1 83,0 645 25-29 98,0 80,6 2 379 99,6 82,8 537 30-39 97,5 81,1 3 566 99,6 85,8 716 40-49 97,0 80,7 2 258 99,1 86,9 591 15-24 95,6 75,2 6 400 96,2 76,5 1 571 Etat matrimonial Célibataire 96,5 75,5 3 941 96,6 77,1 1 756 A eu de rapports sexuels 98,1 77,7 224 99,1 84,4 774 N'a jamais eu de rapports sexuels 96,4 75,4 3 717 94,6 71,4 982 En union 96,6 79,3 9 866 99,4 86,1 1 533 En rupture d'union 98,1 81,1 795 100,0 80,1 126 Milieu de résidence Urbain 98,5 81,4 7 117 99,2 86,1 1 760 Rural 94,9 75,5 7 485 96,1 76,7 1 419 Région Dakar 98,2 75,7 3 866 99,6 80,3 1 106 Diourbel 98,0 78,3 1 548 91,8 78,8 273 Fatick 98,5 80,1 708 90,4 75,6 156 Kaolack 96,9 72,1 1 642 96,4 83,0 328 Kolda 94,6 81,7 1 047 98,8 72,0 265 Louga 96,0 83,2 915 97,8 73,4 136 Matam 90,0 61,8 543 98,5 77,9 101 Saint-Louis 95,6 79,8 947 99,4 84,8 194 Tambacounda 87,0 72,9 851 98,7 82,0 220 Thiès 98,8 86,9 1 974 99,1 93,5 481 Ziguinchor 99,0 92,1 562 99,7 76,5 156 Niveau d’instruction Aucun 95,1 74,7 8 699 96,1 77,7 1403 Primaire 98,5 81,3 3 677 98,5 79,1 966 Secondaire ou plus 99,6 88,2 2 226 99,9 88,1 1 046 Ensemble 96,6 78,4 14 602 98,0 81,3 3 415 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 265 Cependant, bien que la grande majorité des femmes aient entendu parler du VIH/sida, seulement 78 % d’entre elles pensent qu’il y a un moyen d’éviter de le contracter ; chez les hommes, cette proportion est bien plus élevée, plus de huit hommes sur dix ayant déclaré qu’il y a au moins un moyen d’éviter le VIH/sida (81 %). Les femmes qui ont le plus fréquemment déclaré qu’on pouvait éviter le VIH/sida sont les femmes de Ziguinchor (92 %) et les plus instruites (88 %). À l’opposé, 62 % des femmes de Matam, 72 % de celles de Kaolack et 71 % des jeunes femmes (15-19 ans) sont celles qui ont le moins fréquemment déclaré qu’il y a un moyen d’éviter le VIH/sida. Chez les hommes, ce sont ceux de Thiès (94 %) et ceux de niveau secondaire ou plus (88 %) qui ont le plus fréquemment déclaré que le VIH/sida était évitable. Par contre, comme chez les femmes, les plus jeunes de 15-19 ans sont moins bien informés que les plus âgés (72 % contre au moins 83 % dans les autres groupes d’âges). Les hommes des régions de Kolda (72 %), ceux de Louga (73 %) et ceux sans instruction (78 %) sont ceux qui ont le moins fréquemment déclaré qu’il existait des moyens pour éviter de contracter le virus du sida. 14.1.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH/sida La connaissance des moyens de prévention appropriés est essentielle pour se protéger de l’infection. La limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté ainsi que l’utilisation du condom demeurent les principaux moyens de prévention de l’infection à VIH. Au cours de l’EDS-IV, on a demandé aux enquêtés s’ils savaient qu’on pouvait réduire les risques de contracter le virus en utilisant ces deux moyens. Les résultats selon différentes caractéristiques sociodémographiques sont présentés au tableau 14.2. Plus de sept personnes sur dix (72 % des femmes et 71 % des hommes) ont déclaré que le recours à ces deux moyens pouvait réduire les risques de contracter le VIH/sida. De ces deux moyens, la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté a été le plus fréquemment citée : 91 % des femmes et 90 % des hommes contre respectivement, 74 % pour l’utilisation du condom, que ce soit par les hommes ou par les femmes. On relève également, chez les femmes comme chez les hommes, que ces deux moyens de prévention sont plus connus par ceux/celles qui résident dans la région de Ziguinchor, les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels, les femmes et les hommes de niveau secondaire ou plus, ainsi que ceux vivant dans les ménages les plus riches. 266 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 14.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH Pourcentage de femmes et d'hommes qui, en réponse une question déterminée, déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Utilisant des condoms Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté Utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire non infecté S'abstenant de rapports sexuels Effectif des femmes Utilisant des condoms Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté Utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire non infecté S'abstenant de rapports sexuels Effectif des hommes Âge 15-19 66,0 85,8 64,3 81,6 3 556 66,3 81,7 62,0 81,3 926 20-24 77,4 92,2 76,1 86,2 2 844 78,1 91,0 74,2 85,2 645 25-29 77,5 93,4 76,1 86,9 2 379 82,4 92,5 78,3 86,9 537 30-39 77,9 93,6 76,5 86,6 3 566 77,3 94,5 74,2 92,5 716 40-49 71,5 93,4 70,3 87,5 2 258 69,8 93,3 68,1 90,3 591 15-24 71,1 88,6 69,5 83,6 6 400 71,1 85,5 67,0 82,9 1 571 État matrimonial Célibataire 70,8 88,2 69,1 83,7 3 941 72,7 86,2 68,6 83,2 1 756 A déjà eu des rapports sexuels 89,3 93,8 85,6 84,0 224 87,2 93,3 83,6 87,9 774 N'a jamais eu de rapports sexuels 69,7 87,9 68,1 83,7 3 717 61,3 80,6 56,8 79,6 982 En union 74,5 92,5 73,3 86,1 9 866 74,8 93,8 71,8 90,9 1 533 Divorcée/Séparée/Veuve 81,1 93,3 78,3 86,8 795 81,7 92,7 80,2 87,3 126 Milieu de résidence Urbain 80,2 93,3 78,3 86,1 7 117 81,2 81,2 90,6 76,6 87,1 Rural 67,8 89,6 66,8 84,9 7 485 64,6 63,7 87,9 61,5 86,3 Région Dakar 76,8 91,5 74,5 81,9 3 866 80,0 89,0 73,9 81,5 1 106 Diourbel 71,4 95,1 70,6 93,0 1 548 53,1 87,9 52,0 88,0 273 Fatick 78,5 95,2 77,9 92,3 708 61,7 82,0 60,5 79,2 156 Kaolack 73,3 90,5 72,1 85,7 1 642 67,7 87,3 64,6 86,1 328 Kolda 79,9 90,2 78,2 77,2 1 047 76,4 92,9 74,5 90,7 265 Louga 65,8 89,8 65,1 84,1 915 71,1 88,6 70,4 86,5 136 Matam 47,9 79,9 46,5 75,7 543 58,1 82,0 54,7 84,7 101 Saint-Louis 59,0 88,7 57,7 84,7 947 80,8 89,5 76,7 89,8 194 Tambacounda 62,0 82,8 61,2 78,3 851 78,8 93,4 76,0 92,6 220 Thiès 83,8 95,9 82,6 94,9 1 974 74,5 94,7 72,4 94,8 481 Ziguinchor 90,6 95,6 89,1 86,6 562 85,0 93,9 83,3 90,7 156 Niveau d'instruction Aucun 67,4 89,5 66,3 84,7 8 699 62,3 89,0 61,1 85,9 1 403 Primaire 79,8 93,2 77,9 85,7 3 677 77,2 88,6 72,7 86,2 966 Secondaire ou plus 89,3 95,6 87,2 88,1 2 226 86,6 92,1 81,1 88,8 1 046 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 64,4 85,5 63,5 80,4 2 433 59,0 87,9 57,2 84,5 523 Second 68,7 90,2 67,8 84,4 2 565 68,8 87,6 66,7 87,7 480 Moyen 72,2 91,3 70,8 86,2 2 839 71,2 88,7 67,8 88,4 601 Quatrième 76,7 92,7 74,7 86,3 3 154 78,8 91,6 75,6 91,1 778 Le plus riche 82,7 95,1 81,0 88,4 3 610 81,9 91,2 76,8 83,5 1 032 Ensemble 73,8 91,4 72,4 85,5 14 602 74,0 89,8 70,5 86,8 3 415 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 267 14.1.3 Connaissance correcte de la transmission du VIH/sida et rejet d’idées erronées Au cours de l’enquête, une série de propositions ont été soumises aux enquêtés pour mesurer leur niveau de connaissance correcte concernant la transmission et la prévention du VIH/sida. Les résultats sont présentés aux tableaux 14.3.1 pour les femmes et 14.3.2 pour les hommes. Tableau 14.3.1 Idées erronées à propos du sida : femmes Pourcentage de femmes qui, en réponse à une question déterminée, rejettent des idées locales erronées à propos de la transmission ou de la prévention du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Pourcentage de femmes qui savent que: Caractéristique sociodémographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le sida ne peut pas être transmis par les moustiques Le sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas Pourcentage rejetant les 2 idées erronées les plus couranteset sachant qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida1 Pourcentage ayant une connaissance complète du sida2 Effectif de femmes Âge 15-19 51,8 37,1 71,2 62,2 21,1 18,0 3 556 20-24 59,0 37,8 77,5 67,4 24,1 21,0 2 844 25-29 59,9 39,3 80,9 68,6 24,4 21,5 2 379 30-39 58,2 40,0 80,5 70,0 24,9 22,4 3 566 40-49 57,2 35,7 77,3 61,9 21,3 17,9 2 258 15-24 55,0 37,4 74,0 64,5 22,4 19,3 6 400 État matrimonial Célibataire 60,4 44,8 76,8 71,3 29,9 25,7 3 941 A déjà eu des rapports sexuels 60,6 44,4 83,4 87,2 28,2 26,8 224 N'a jamais eu de rapports sexuels 60,4 44,9 76,4 70,3 30,0 25,7 3 717 En union 55,0 35,1 77,0 63,5 20,3 17,8 9 866 Divorcée/Séparée/Veuve 63,0 42,4 81,9 73,3 25,6 22,9 795 Milieu de résidence Urbain 66,3 47,5 83,3 78,0 32,7 28,9 7 117 Rural 48,0 29,2 71,4 54,8 14,1 11,9 7 485 Région Dakar 65,9 49,6 83,0 79,5 34,2 29,4 3 866 Diourbel 54,4 31,1 82,4 69,0 15,8 13,8 1 548 Fatick 53,1 40,2 78,6 67,0 23,5 22,2 708 Kaolack 45,2 38,5 75,3 63,3 17,7 15,7 1 642 Kolda 47,2 30,5 66,3 42,8 12,8 11,8 1 047 Louga 54,0 27,7 73,9 60,0 16,7 13,8 915 Matam 40,2 22,5 64,4 48,4 12,3 8,4 543 Saint-Louis 60,2 31,6 70,8 57,3 22,4 18,1 947 Tambacounda 46,9 24,0 65,0 41,5 12,8 10,5 851 Thiès 64,5 41,5 83,6 76,1 27,5 24,8 1 974 Ziguinchor 63,7 41,1 71,9 60,2 25,9 24,8 562 Niveau d’instruction Aucun 48,0 26,9 71,5 55,5 12,3 10,4 8 699 Primaire 63,5 42,6 81,0 74,7 26,2 22,3 3 677 Secondaire ou plus 81,2 74,4 93,4 93,2 60,7 55,0 2 226 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 37,9 26,2 64,8 45,2 10,6 9,3 2 433 Second 48,1 28,7 70,8 51,3 13,2 11,3 2 565 Moyen 55,4 33,0 76,1 63,4 18,4 15,9 2 839 Quatrième 62,9 42,2 81,5 75,6 26,9 22,7 3 154 Le plus riche 72,0 53,1 87,3 84,5 39,3 35,1 3 610 Ensemble 56,9 38,1 77,2 66,1 23,2 20,2 14 602 1 Les deux idées erronées les plus couramment citées ont été : la transmission par les moustiques et le partage de la nourriture (62 et 34 % respectivement). 2 Sont considérées comme ayant une connaissance « complète », les femmes qui déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, qui rejettent les idées locales erronées les plus courantes à propos de la transmission du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida. 268 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles À la question « Est-il possible qu’une personne paraissant en bonne santé ait, en fait, le virus du sida ? », 57 % de femmes et 73 % d’hommes ont répondu affirmativement. Cette connaissance est cependant très variable selon les caractéristiques sociodémographiques. La proportion de femmes ayant donné une réponse affirmative varie d’un minimum de 38 % chez les femmes les plus pauvres à un maximum de 81 % chez celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire (tableau 14.3.1). Par ailleurs, on constate qu’en urbain, les femmes ont été plus nombreuses qu’en rural à connaître cet aspect du VIH (respectivement, 66 % et 48 %). L’analyse selon la région de résidence laisse apparaître aussi des écarts : ce sont dans les région de Dakar (66 %), de Thiès (65 %) et de Ziguinchor (64 %) que les proportions de femmes ayant répondu affirmativement à cette question sont les plus élevées ; en revanche, dans les régions de Matam (40 %), Kaolack (45 %) et Kolda (47 %), les proportions sont plus faibles. Enfin, le niveau d’instruction met en évidence des écarts très significatifs : la proportion de femmes qui savent qu’une personne apparemment en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus qui cause le sida varie de 48 % chez les femmes sans instruction à 64 % chez celles ayant le niveau primaire et à 81 % chez celles de niveau secondaire ou plus. À la question de savoir si le virus du sida pouvait se transmettre par les moustiques, seulement 38 % des femmes ont répondu par la négative. On note que les femmes du milieu rural (29 % contre 48 % en zone urbaine), les jeunes femmes de 15-24 ans (37 %) et les plus âgées de 45-49 ans (36 %) et celles vivant dans un ménage des deux quintiles les plus pauvres sont celles qui ont le moins fréquemment déclaré que le sida ne pouvait pas se transmettre par les moustiques. De même, on observe des écarts très importants en fonction du niveau d’instruction. En effet, seulement 27 % des femmes sans instruction sont bien informées, contre 43 % des femmes de niveau primaire et 74 % de celles de niveau secondaire ou plus. En outre, des différences inter régionales notables sont également observées. C’est dans les régions de Matam (23 %) et Tambacounda (24 %) que les pourcentages de femme possédant l’information correcte sont les plus faibles. À la question de savoir si on peut contacter le virus du sida par sorcellerie ou par des moyens surnaturels, les résultats montrent que près de huit femmes sur dix (77 %) sont biens informées puisqu’elles ont répondu par la négative à cette question. Cependant, en milieu rural (71 %), parmi les jeunes de 15-19 ans (71 %) celles sans instruction (72 %), parmi les femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus pauvre (65 %), ces proportion sont plus faibles. En fonction de la région, on constate que ce sont les femmes des régions de Kolda et de Tambacounda qui rejettent le moins fréquemment cette idée erronée (respectivement, 66 % et 65 %). Quant à la troisième question, «Est-ce qu’on peut contacter le virus du sida en partageant la nourriture avec une personne atteinte du sida ? », 66 % des femmes ont rejeté cette idée erronée. En milieu rural, et parmi les femmes sans instruction, ces proportions ne sont que de respectivement 55 % et 56 %. On constate également de grandes différences inter régionales. C’est dans les régions de Tambacounda (42 %), de Kolda (43 %) et de Matam (48 %) que les proportions de femmes rejetant cette idée erronée sont les plus faibles. Les deux idées locales erronées qui ont été les plus couramment citées par les femmes sont la transmission du virus par les piqûres de moustiques (62 %) et le partage des repas avec un séropositif (34 %). Le tableau 14.3.1 présente également les proportions de femmes qui rejettent ces deux idées et qui savent aussi qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida. Globalement, on constate que 23 % des femmes possèdent ces bonnes informations. Ce pourcentage varie peu avec l’âge mais par contre, il est plus élevé en milieu urbain (33 %) qu’en milieu rural (14 %) et il est aussi très variable d’une région à l’autre (34 % à Dakar contre et 12 à 13 % à Kolda, Tambacounda et Matam). Par ailleurs, ce niveau de connaissance correct augmente avec le niveau d’instruction et le quintile de bien-être économique. Enfin, dans ce tableau, sont présentés les proportions de femmes qui ont VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 269 une connaissance considérée comme complète du VIH/sida. Sont ainsi définies les femmes qui ont déclaré savoir qu'on peut réduire le risque d’infection du virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, qui rejettent les deux idées erronées les plus courantes (définies précédemment) à propos de la transmission du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut néanmoins avoir le virus du sida. Une femme sur cinq (20 %) peut être considérée comme ayant une bonne connaissance correcte du sida. Ici également, le niveau de connaissance est particulièrement faible dans les régions de Matam (8 %), Tambacounda (11 %) et Kolda (12 %). Il est nettement plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (29 % contre 12 %), dans la région de Dakar (29 %), chez les femmes de niveau secondaire ou plus (55 % contre 22 % chez celles de niveau primaire et seulement 10 % chez les non instruites). Il augmente régulièrement avec le niveau de bien-être économique des ménages : il passe de 9 % chez les plus pauvres à 16 % dans le quintile moyen, et à un maximum de 35 % dans le quintile le plus riche. Le tableau 14.3.2 présente les mêmes résultats pour les hommes. Globalement, on ne constate pas d’écart très important entre les hommes et les femmes, sauf pour la première assertion. En effet, une proportion d’hommes nettement plus élevée que de femmes (respectivement, 73 % et 60 %) a répondu qu’une personne apparemment en bonne santé pouvait néanmoins avoir le sida. En ce qui concerne les autres assertions, les écarts sont moins importants. Les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont quasiment identiques à celles observées chez les femmes. En résumé, un homme sur quatre (26 %) a une connaissance correcte de la transmission du sida, soit plus de 5 points de pourcentage de plus que les femmes. Les hommes de 20-39 ans (plus de 27 %), les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (33 %), ceux qui résident en milieu urbain (33 % contre 14 % en rural), ceux qui vivent dans les ménages les plus riches (39 %) et les plus instruits (52 % de ceux ayant un niveau secondaire ou plus) sont ceux qui possèdent le plus fréquemment les informations correctes sur la transmission et la prévention du VIH/sida. 270 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 14.3.2 Idées erronées à propos du sida : hommes Pourcentage des hommes qui, en réponse à une question déterminée, rejettent des idées locales erronées à propos de la transmission ou de la prévention du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Pourcentage des hommes qui savent que: Caractéristique sociodémographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le sida ne peut pas être transmis par les moustiques Le sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas Pourcentage rejetant les 2 idées erronées les plus courantes et sachant qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida1 Pourcentage ayant une connaissance complète du sida2 Effectif des hommes Âge 15-19 59,2 38,6 68,0 59,7 24,6 21,4 926 20-24 76,2 45,0 77,7 72,0 34,1 27,0 645 25-29 77,7 45,4 80,6 71,7 37,1 30,9 537 30-39 80,5 41,6 82,9 73,5 33,5 27,9 716 40-49 75,9 36,8 74,5 64,9 28,8 22,6 591 15-24 66,2 41,2 72,0 64,8 28,5 23,7 1 571 État matrimonial Célibataire 68,6 43,4 73,7 67,9 31,7 26,2 1 756 A déjà eu des rapports sexuels 79,3 48,3 81,0 77,8 38,3 33,3 774 N'a jamais eu de rapports sexuels 60,2 39,6 67,9 60,1 26,5 20,7 982 En union 77,3 38,8 78,4 67,2 30,4 24,8 1 533 Divorcée/Séparée/Veuve 73,1 39,5 81,3 71,7 26,9 24,2 126 Milieu de résidence Urbain 81,9 47,8 82,3 76,8 38,8 32,7 1 760 Rural 60,0 30,8 66,7 54,6 18,7 14,0 1 419 Région Dakar 84,7 52,5 86,5 79,1 43,5 35,3 1 106 Diourbel 65,0 29,9 71,6 56,9 21,9 16,1 273 Fatick 57,5 27,9 64,8 50,3 17,2 13,7 156 Kaolack 65,6 29,8 70,4 60,3 22,8 17,7 328 Kolda 60,7 34,9 65,8 55,3 19,0 16,3 265 Louga 63,1 31,4 67,4 59,2 22,0 19,4 136 Matam 55,5 36,3 69,0 64,2 19,8 16,6 101 Saint-Louis 72,2 45,1 71,8 74,9 34,8 31,0 194 Tambacounda 59,5 34,3 74,2 59,3 24,5 20,6 220 Thiès 78,3 41,9 73,0 68,6 31,4 26,2 481 Ziguinchor 72,2 43,5 80,5 69,4 27,4 25,4 156 Niveau d’instruction Aucun 61,5 25,2 66,6 51,9 14,2 10,5 1 403 Primaire 70,9 35,5 75,4 67,5 24,0 19,2 966 Secondaire ou plus 89,3 68,0 89,4 89,1 59,9 51,6 1 046 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 51,2 27,0 62,6 45,9 13,8 9,3 523 Second 58,3 27,3 68,8 54,4 15,2 12,9 480 Moyen 69,1 33,9 72,3 65,1 23,9 19,3 601 Quatrième 77,8 45,7 79,5 71,1 35,0 31,2 778 Le plus riche 88,5 55,8 85,9 83,9 48,0 39,0 1 032 Ensemble 72,7 41,2 76,1 67,7 31,0 25,5 3 415 1 Les deux idées erronées les plus couramment citées ont été : la transmission par les moustiques et le partage de la nourriture (62 et 34 %, respectivement). 2 Sont considérés comme ayant une connaissance « complète », les hommes qui déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels avec un/e seul/e partenaire fidèle et qui n'est pas infecté/e, qui rejettent les idées locales erronées les plus courantes à propos de la transmission du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 271 14.1.4 Connaissance de la transmission mère-enfant Au cours de l’enquête, on a demandé à tous les enquêtés s’ils savaient que le virus qui cause le sida pouvait être transmis de la mère à son enfant au cours de la grossesse, pendant l’accouchement et par l’allaitement. En outre, on a demandé à tous les enquêtés s’ils connaissaient des médicaments spéciaux qu’une mère pouvait prendre durant la grossesse pour réduire le risque de transmission maternel du virus du sida. Le tableau 14.4 présente les résultats à ces questions. Près de 75 % des femmes et 72 % des hommes ont déclaré qu’ils savaient que le sida pouvait se transmettre pendant la grossesse. Le niveau de connaissance de ce mode de transmission est moins élevé parmi les jeunes femmes et les jeunes hommes de 15-19 ans (respectivement 67 % et 64 %). En rural, la proportion de ceux qui connaissent ce mode de transmission est plus faible qu’en urbain (70 % des femmes et 64 % des hommes contre respectivement, 79 % et 81 %) Au niveau régional, les résidents de Matam sont largement moins nombreux à connaitre ce mode de transmission du VIH (53 % des femmes et 55 % des hommes). Par ailleurs, le niveau d’instruction influe sur la connaissance de la transmission du VIH pendant la grossesse puisque 87 % des femmes et 86 % des hommes ayant un niveau secondaire ou plus ont déclaré connaître ce mode de transmission contre 69 % des femmes et 63 % des hommes sans instruction. Enfin, on remarque que le niveau de vie des ménages est positivement associé à la connaissance de ce mode de transmission du virus du sida à l’enfant, aussi bien chez les femmes que chez les hommes. S’agissant du risque de transmission du sida de la mère à l’enfant pendant l’accouchement, on constate que dans l’ensemble, le niveau de connaissance est légèrement plus élevé chez les femmes (70 %) que chez les hommes (67 %). Selon les variables sociodémographiques, les écarts entre les sexes sont assez variables. Ainsi, chez les enquêtés en rupture d’union, dans les régions de Matam, de Saint- Louis et de Tambacounda, les femmes sont moins au courant que les hommes de ce mode de transmission. Par ailleurs, on note chez les femmes que les niveaux de connaissance les plus faibles sont observés à Matam (48 %), Tambacounda (58 %), parmi les femmes des ménages les plus pauvres (61 %), ainsi que parmi les jeunes de 15-19 ans (62 %). À l’opposé, les niveaux de connaissance les plus élevés sont observés chez les femmes de niveau secondaire ou plus (85 %), dans les régions de Ziguinchor (79 %) et de Thiès (78 %), ainsi que chez les femmes des ménages les plus riches (77 %). Des trois modes de transmission mère-enfant examinés ici, celui portant sur le risque de contamination pendant l’allaitement est le moins connu par les enquêtés (61 % des femmes et 55 % des hommes). Ici également, les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à avoir répondu affirmativement sur la possibilité de transmission du sida de la mère à l’enfant pendant l’allaitement. Selon les variables sociodémographiques, on observe des écarts similaires à ceux mis en évidence pour la connaissance de la transmission pendant l’accouchement. Le dernier indicateur porte sur la connaissance de l’existence de médicaments spéciaux pouvant réduire le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant. Environ 28 % des femmes et 26 % des hommes ont déclaré que le risque de transmission maternelle du VIH à l’enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par une mère infectée. Moins d’enquêtés (22 % des femmes et 19 % des hommes) ont déclaré que la transmission du virus était possible en allaitant et que le risque de transmission maternel pouvait être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère. 272 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 14.4 Connaissance de la transmission du VIH de la mère à l'enfant Pourcentage de femmes et d'hommes qui savent que le VIH peut être transmis de la mère à l'enfant par l'allaitement et que le risque de transmission maternelle du VIH à l'enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère durant la grossesse, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Le VIH peut être transmis pendant la grossesse Le VIH peut être transmis pendant l'accouche- ment Le VIH peut être transmis en allaitant Le risque de transmission maternelle du VIH à l'enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère Le VIH peut être transmis en allaitant et le risque de transmission maternelle peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux Effectif de femmes Le VIH peut être transmis pendant la grossesse Le VIH peut être transmis pendant l'accouche- ment Le VIH peut être transmis en allaitant Le risque de transmission maternelle du VIH à l'enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère Le VIH peut être transmis en allaitant et le risque de transmission maternelle peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux Effectif d'hommes Âge 15-19 67,1 61,8 57,5 25,8 20,4 3 556 63,9 60,8 51,3 23,4 17,6 926 20-24 73,7 68,6 60,5 26,8 20,0 2 844 70,9 68,5 54,7 25,7 18,5 645 25-29 77,0 72,7 63,1 29,0 22,5 2 379 72,3 64,6 52,7 23,2 15,6 537 30-39 78,8 73,7 61,9 30,5 22,3 3 566 77,9 70,7 59,1 28,4 21,4 716 40-49 77,2 73,8 64,8 28,5 22,7 2 258 75,4 70,3 58,1 31,5 22,7 591 15-24 70,0 64,8 58,9 26,2 20,2 6 400 66,8 63,9 52,7 24,3 17,9 1 571 État matrimonial Célibataire 71,9 66,5 55,3 29,3 20,5 3 941 68,2 62,7 51,9 23,5 17,0 1 756 A déjà eu des rapports sexuels 77,0 73,6 58,1 30,2 19,3 224 77,7 70,2 58,0 25,8 18,5 774 N'a jamais eu de rapports sexuels 71,6 66,1 55,2 29,3 20,5 3 717 60,7 56,8 47,1 21,8 15,8 982 En union 75,0 70,4 63,7 27,4 21,8 9 866 74,4 70,1 57,7 28,5 20,8 1 533 Divorcée/Séparée/ Veuve 79,8 76,9 59,0 30,6 22,8 795 80,7 77,3 64,2 37,3 27,7 126 Milieu de résidence Urbain 79,4 74,8 58,6 32,1 21,6 7 117 81,2 90,6 76,6 87,1 81,2 1 740 Rural 69,8 64,8 63,7 24,3 21,3 7 485 63,7 87,9 61,5 86,3 63,7 1 419 Région Dakar 78,3 72,3 50,1 30,2 17,2 3 866 76,0 69,5 48,8 23,5 14,3 1 106 Diourbel 69,8 68,0 65,4 24,4 21,3 1 548 59,0 52,5 47,0 26,3 19,9 273 Fatick 79,4 74,7 69,4 30,9 27,7 708 59,2 50,9 51,1 27,9 22,4 156 Kaolack 74,2 69,8 64,4 29,1 24,4 1 642 67,2 61,5 51,9 26,3 18,8 328 Kolda 79,6 70,3 78,5 24,5 22,1 1 047 73,5 69,9 64,7 29,8 25,3 265 Louga 63,9 62,8 57,8 27,9 24,6 915 63,9 60,8 61,4 16,1 13,8 136 Matam 52,5 47,7 40,7 15,5 12,6 543 54,5 52,9 50,7 13,5 9,5 101 Saint-Louis 67,8 64,5 58,1 25,5 21,2 947 76,9 70,7 62,6 16,1 11,9 194 Tambacounda 66,2 58,1 61,6 20,6 17,6 851 70,7 74,4 68,2 31,6 28,4 220 Thiès 80,9 77,8 69,1 34,4 27,4 1 974 74,9 70,7 60,2 36,4 27,2 481 Ziguinchor 84,6 78,7 76,5 30,2 22,9 562 80,1 75,7 59,5 29,4 20,5 156 Niveau d’instruction Aucun 68,8 64,1 61,9 24,3 20,7 8 699 62,6 59,3 57,7 25,7 21,1 1 403 Primaire 79,8 73,8 62,8 30,3 22,7 3 677 69,3 64,6 58,1 26,1 21,1 966 Secondaire ou plus 87,4 84,7 56,0 39,2 22,5 2 226 85,5 78,2 48,4 27,2 14,6 1 046 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 66,5 61,1 63,5 21,8 19,8 2 433 58,6 54,9 57,9 24,0 21,1 523 Second 70,4 65,5 66,1 24,1 21,7 2 565 66,5 62,8 58,9 26,0 21,2 480 Moyen 71,5 67,7 62,9 26,7 22,0 2 839 68,6 63,9 59,2 25,5 20,5 601 Quatrième 77,6 72,7 57,8 31,5 21,9 3 154 77,2 71,2 55,1 30,4 20,9 778 Le plus riche 82,2 77,4 57,9 33,3 21,7 3 610 77,6 72,2 49,1 24,8 15,0 1 032 Ensemble 74,4 69,7 61,2 28,1 21,5 14 602 71,5 66,6 55,0 26,3 19,1 3 415 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 273 14.2 STIGMATISATION ENVERS LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH/SIDA Le comportement que les gens adopteraient dans différentes situations face à des personnes séropositives ou malades du sida est révélateur du niveau de stigmatisation et de discrimination à l’égard des personnes vivant avec le VIH. Au cours de l’EDS-IV, des questions ont été posées aux enquêtés ayant entendu parler du sida pour connaître leurs attitudes face aux personnes ayant été infectées. Plus précisément, on a cherché à savoir si les enquêtés seraient prêts à s’occuper chez eux d’un parent vivant avec le VIH ou s’ils achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH. Il leur a été également demandé, si de leur point de vue, une enseignante vivant avec le VIH devrait être autorisée à continuer d’exercer et si l’état de santé d’un membre de la famille atteint de sida devrait être gardé secret ou divulgué. Les résultats sont présentés au tableau 14.5.1 pour les femmes et 14.5.2 pour les hommes. Plus de sept femmes sur dix (71 %) ont déclaré qu’elles seraient prêtes à prendre soin chez elles d’un membre de la famille atteint du sida (tableau 14.5.1). Cette proportion varie peu selon l’âge ; par contre, on constate que les femmes en union (68 %), ont moins fréquemment déclaré qu’elles adopteraient cette attitude (plus de 75 % chez les femmes en rupture d’union). Selon la région, les résultats montrent que c’est surtout à Dakar que les femmes seraient le plus disposées à s’occuper d’un parent vivant avec le VIH chez elles (83 %) ; à l’opposé, dans celles de Kolda (42 %) et de Tambacounda (52 %), ces proportions sont beaucoup plus faibles. Parmi les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus et chez celles vivant dans les ménages les plus riches, plus de huit sur dix (respectivement 89 % et 83 %) seraient prêtes à prendre soin d’un parent malade du sida. Chez les femmes sans niveau d`instruction et parmi celles des ménages les plus pauvres, ces proportions sont plus faibles (respectivement, 64 % et 56 %). Par contre, seulement 26 % des femmes ont répondu qu’elles pourraient acheter des légumes frais chez une personne atteinte de sida. Cette proportion varie de 8 % dans la région de Kolda à 41 % à Dakar et de 16 % chez les femmes sans instruction à 59 % parmi les femmes de niveau secondaire ou plus. En outre, près de quatre femmes sur dix (39 %) pensent qu’une enseignante vivant avec le VIH devrait être autorisée à continuer d’enseigner à l’école. Les femmes ayant un niveau secondaire ou plus (72 %) et celles des ménages les plus riches (59 %) sont celles qui partagent le plus fréquemment cette opinion. Dans la région de Dakar, parmi les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels et parmi les femmes du milieu urbain, plus d’une sur deux partage cette opinion contre seulement un quart en milieu rural (25 %) et 18 % dans la région de Kolda. On note également que, dans l’ensemble, environ un tiers des femmes (32 %) interrogées ont déclaré qu’il n’est pas nécessaire de garder secret l’état d’un membre de la famille atteint de sida. Cette proportion est plus élevée en milieu rural (37 %) qu’en milieu urbain (27 %). De même, parmi les femmes de 40-49 ans (38 %), parmi celles des régions de Kolda (64 %), de Ziguinchor (54 %) et de Tambacounda (53 %) ainsi que parmi les femmes sans niveau d’instruction (36 %) et que celles vivant dans un ménage des deux quintiles les plus pauvres (plus de 40 %), cette proportion est plus élevée qu’ailleurs. 274 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 14.5.1 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH : Femmes Pourcentage d'enquêtées ayant entendu parler du sida exprimant des attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Pourcentage d'enquêtées qui: Caractéristique sociodémographique Seraient prêtes à s'occuper chez elle d'un parent vivant avec le VIH Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH Pensent q'une enseignante vivant avec le VIH devrait être autorisée à continuer d'enseigner Pensent qu'il n'est pas nécessaire de garder secret l'état d'un membre de la famille vivant avec le HIV Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif de femmes ayant entendu parler du VIH/sida Âge 15-19 69,9 23,2 37,9 29,9 3,6 3 366 20-24 73,6 29,5 40,9 31,1 4,5 2 749 25-29 71,0 25,4 38,7 29,1 2,6 2 332 30-39 71,4 29,5 39,9 33,3 4,3 3 477 40-49 68,4 23,5 35,8 37,6 4,3 2 189 15-24 71,6 26,0 39,2 30,5 4,0 6 116 État matrimonial Célibataire 77,3 33,3 48,2 26,0 5,1 3 802 A déjà eu des rapports sexuels 79,1 38,4 53,1 21,8 5,0 220 N'a jamais eu de rapports sexuels 77,2 32,9 47,9 26,2 5,1 3 582 En union 68,1 23,0 34,5 34,6 3,3 9 530 Divorcée/Séparée/Veuve 75,2 34,0 45,1 29,8 4,7 780 Milieu de résidence Urbain 79,3 37,4 52,8 26,6 5,7 7 011 Rural 62,7 15,5 25,0 37,3 2,1 7 102 Région Dakar 82,8 40,5 56,6 25,6 7,0 3 797 Diourbel 63,2 21,6 33,1 31,3 1,9 1 517 Fatick 69,7 19,7 35,0 27,1 2,3 697 Kaolack 74,5 19,9 30,0 24,8 2,3 1 592 Kolda 42,4 8,3 18,2 64,3 1,8 991 Louga 73,6 22,1 27,3 27,1 3,1 879 Matam 69,1 14,3 27,4 35,9 3,1 488 Saint-Louis 75,6 25,1 34,7 33,0 3,0 905 Tambacounda 52,2 12,1 21,8 52,6 2,4 740 Thiès 73,1 31,3 43,7 22,8 3,0 1 949 Ziguinchor 60,8 23,7 39,0 54,4 7,2 556 Niveau d'instruction Aucun 64,8 16,4 27,0 35,7 2,0 8 275 Primaire 74,1 29,4 45,5 27,5 3,9 3 621 Secondaire ou plus 88,6 59,0 71,8 25,5 11,0 2 217 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 56,0 9,7 18,0 42,2 1,2 2 249 Second 61,6 11,4 22,5 40,0 1,6 2 428 Moyen 69,8 21,2 32,1 33,8 3,2 2 751 Quatrième 76,4 34,2 48,7 27,1 5,8 3 102 Le plus riche 82,8 44,2 59,4 23,1 6,1 3 583 Ensemble 70,9 26,4 38,8 32,0 3,9 14 113 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 275 Les quatre indicateurs examinés plus haut, à savoir, être disposé à s’occuper d’une personne vivant avec le VIH dans le ménage, accepter d’acheter des légumes frais avec un séropositif, accepter de laisser un enseignant séropositif continuer d’exercer et ne pas garder secret l’état d’un séropositif ont permis de définir un indicateur d’attitude de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH. Selon cet indicateur de tolérance, présenté dans l’avant dernière colonne du tableau, est considérée comme tolérante une personne remplissant ces quatre critères. Dans l’ensemble, seulement 4 % des femmes répondent à ce critère et on considère donc qu’elles feraient preuve de tolérance si elles se trouvaient dans les quatre situations mentionnées. Les variations du niveau de tolérance selon l’âge et selon l’état matrimonial sont faibles. On relève que les femmes du milieu urbain (6 %) se montreraient plus tolérantes que celles du milieu rural (2 %). De même, les différences inter régionales sont très prononcées : c’est à Dakar et Ziguinchor que les proportions de femmes tolérantes sont les plus élevées (7 %) et, à l’opposé, on trouve et Ziguinchor Kolda et Diourbel (moins de 2 %). Par ailleurs, les femmes de niveau secondaire et plus (11 %) se montreraient plus tolérantes que celles de niveau primaire (4 %) et que celles sans instruction (2 %). On note enfin, que le niveau de tolérance est positivement associé au niveau de bien-être économique des ménages : de 1 % dans les ménages les plus pauvres, il passe à 6 % chez celles des ménages des quatrième et cinquième quintiles. Le tableau 14.5.2 présentant les mêmes résultats pour les hommes montre que ceux-ci se montreraient plus tolérants que les femmes s’ils se trouvaient dans les situations citées. Ainsi, les hommes seraient plus disposés que les femmes (83 % contre 71 %) à prendre soin chez eux d’un parent porteur du virus ou malade du sida. Les variations selon les caractéristiques socioéconomiques sont similaires à celles observées chez les femmes. Les hommes sont par ailleurs plus tolérants que les femmes en ce qui concerne la commercialisation de légumes frais par une personne vivant avec le VIH. Environ 45 % des hommes, soit 6 points de pourcentage de plus que chez les femmes, pensent qu’il faudrait permettre à un(e) enseignant(e) ayant le VIH/sida de continuer à enseigner. Cette opinion est partagée par 68 % des hommes de niveau secondaire ou plus, 62 % de ceux des ménages les plus riches et 57 % des urbains. En fin, pour 40 % des hommes, l’état d’un membre de leur famille vivant avec le VIH ne devrait pas être tenu secret. D’une manière générale, les résultats montrent que le degré de tolérance total est relativement faible au Sénégal. Seulement 4 % des femmes et 9 % des hommes expriment une attitude de tolérance vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH. 276 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 14.5.2 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH : Hommes Pourcentage d'enquêtés ayant entendu parler du sida exprimant des attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Pourcentage d'enquêtées qui: Caractéristique sociodémographique Seraient prêtes à s'occuper chez elle d'un parent vivant avec le VIH Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH Pensent q'une enseignante vivant avec le VIH devrait être autorisée à continuer d'enseigner Pensent qu'il n'est pas nécessaire de garder secret l'état d'un membre de la famille vivant avec le HIV Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif d’hommes entendu parler du VIH/sida Âge 15-19 78,3 26,7 37,2 40,0 6,7 872 20-24 85,6 38,8 49,9 39,5 10,4 639 25-29 87,6 42,8 48,1 36,3 8,2 535 30-39 83,8 40,7 45,5 43,7 11,1 714 40-49 84,1 35,6 45,0 41,3 10,8 585 15-24 81,4 31,8 42,6 39,8 8,2 1 511 État matrimonial Célibataire 81,7 37,6 47,0 37,8 8,6 1 696 A déjà eu des rapports sexuels 86,5 49,1 55,4 40,7 11,8 767 N'a jamais eu de rapports sexuels 77,8 28,2 40,1 35,5 6,0 928 En union 85,2 34,1 41,1 42,7 9,7 1 524 Divorcée/Séparée/Veuve 83,7 40,0 52,4 44,8 13,9 126 Milieu de résidence Urbain 87,6 46,6 55,5 35,1 11,6 1 747 Rural 77,5 21,2 28,8 46,3 5,6 1 363 Région Dakar 88,5 53,6 61,5 30,2 12,1 1 102 Diourbel 79,8 22,6 30,9 51,1 5,8 251 Fatick 77,2 27,6 30,0 46,1 6,6 141 Kaolack 77,9 27,3 32,1 42,4 6,5 316 Kolda 77,8 21,5 28,8 60,3 8,7 262 Louga 74,5 17,0 39,1 30,6 4,1 133 Matam 86,2 18,6 28,3 29,6 2,7 99 Saint-Louis 87,1 30,5 52,7 29,8 4,6 193 Tambacounda 83,3 19,9 29,5 57,6 7,8 217 Thiès 81,0 36,0 41,6 43,4 11,0 476 Ziguinchor 87,1 41,3 45,6 46,7 15,8 155 Niveau d’instruction Aucun 79,1 19,5 29,1 42,7 5,1 1 349 Primaire 81,4 31,6 40,5 39,7 7,4 951 Secondaire ou plus 90,7 61,6 68,1 37,8 16,5 1 045 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 75,2 11,5 20,8 52,5 3,7 492 Second 78,2 22,5 25,9 46,3 6,6 462 Moyen 83,9 27,1 38,4 40,5 6,9 590 Quatrième 86,0 41,0 51,6 37,8 12,0 769 Le plus riche 87,4 55,4 62,4 33,7 12,6 1 032 Ensemble 83,4 36,1 44,5 40,3 9,3 3 345 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 277 14.3 TEST DU VIH Au cours de l’EDS-IV, on a demandé aux enquêtés s’ils avaient déjà effectué un test de dépistage du VIH, et dans l’affirmative, s’ils avaient reçu les résultas de leur test. Les tableaux 14.6.1 et 14.6.2 fournissent les résultats à ces questions. Le tableau 14.6.1, concernant l’ensemble des femmes et des hommes de 15-49 ans, présente le pourcentage ayant effectué un test du VIH et le pourcentage en ayant reçu les résultats au cours des 12 derniers mois selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Une infime minorité de femmes (3 %) a déclaré avoir été testée pour le VIH à un moment quelconque. Parmi les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus (9 %), celles vivant dans un ménage du quintile le plus riche (6 %), celles en rupture d’union (6 %) et parmi les femmes de la région de Dakar (6 %), cette proportion est plus élevée. En outre, on constate que parmi les femmes, seulement 1 % ont effectué le test et ont reçu les résultats au cours des 12 derniers mois. Cette proportion, bien que très faible, varie d’un minimum de 0,3 % parmi les femmes vivant dans un ménage du quintile le plus pauvre et parmi les femmes de Diourbel à un maximum de 3 % parmi les femmes les plus instruites. Ce tableau montre également que les hommes sont un peu plus nombreux que les femmes à avoir effectué un test de dépistage du VIH au cours des 12 mois précédant l’enquête : 5 % contre 3 % pour les femmes. Globalement, 2 % d’hommes contre 1 % de femmes ont effectué un test et ont eu connaissance des résultats. C’est dans les mêmes sous-groupes de population que les femmes que l’on constate les proportions les plus élevées de ceux qui ont effectué un test du VIH et qui en ont reçu les résultats. 278 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 14.6.1 Population ayant effectué un test du VIH et ayant reçu les résultats Pourcentage de femmes et d'hommes qui ont effectué ou non un test du VIH et pourcentage ayant reçu les résultats au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats N'a jamais été testée NSP/ ND Total Pour- centage testé et ayant reçu les résultats dans les 12 derniers mois Effectif des femmes A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats N'a jamais été testée NSP/ ND Total Pour- centage testé et ayant reçu les résultats dans les 12 derniers mois Effectif des hommes Âge 15-19 1,0 0,0 92,7 6,2 100,0 0,7 3 556 1,1 0,7 92,4 5,8 100,0 0,6 926 20-24 2,1 0,0 91,1 6,8 100,0 0,8 2 844 2,4 0,1 96,3 1,2 100,0 0,9 645 25-29 2,8 0,5 90,9 5,8 100,0 1,1 2 379 4,8 0,0 94,4 0,8 100,0 0,9 537 30-39 4,0 0,5 89,2 6,4 100,0 1,5 3 566 5,9 1,1 92,7 0,4 100,0 2,1 716 40-49 4,1 0,7 91,3 4,0 100,0 0,8 2 258 8,3 0,5 90,3 0,9 100,0 3,4 591 15-24 1,5 0,0 92,0 6,5 100,0 0,8 6 400 1,6 0,4 94,0 3,9 100,0 0,7 1 571 État matrimonial Célibataire 1,4 0,0 94,8 3,7 100,0 0,9 3 941 1,9 0,5 94,1 3,5 100,0 0,9 1 756 A déjà eu des rapports sexuels 4,1 0,0 90,5 5,3 100,0 3,0 224 3,4 0,7 95,0 0,9 100,0 1,3 774 N'a jamais eu de rapports sexuels 1,2 0,0 95,1 3,6 100,0 0,7 3 717 0,7 0,3 93,4 5,6 100,0 0,6 982 En union 3,1 0,4 89,6 7,0 100,0 1,0 9 866 6,6 0,5 92,1 0,8 100,0 2,1 1533 Divorcée/Séparée/ Veuve 5,0 0,6 90,0 4,4 100,0 1,9 795 6,5 0,8 92,7 0,0 100,0 2,8 126 Milieu de résidence Urbain 4,4 0,4 90,1 5,1 100,0 1,7 7 117 5,2 0,7 93,2 1,0 100,0 2,1 1 760 Rural 1,1 0,2 91,9 6,7 100,0 0,4 7 485 2,9 0,4 92,7 4,0 100,0 0,9 1 419 Région Dakar 5,0 0,5 88,3 6,2 100,0 1,7 3 866 5,7 0,6 93,0 0,7 100,0 2,0 1 106 Diourbel 1,0 0,1 96,4 2,6 100,0 0,3 1 548 2,0 0,2 89,6 8,2 100,0 1,0 273 Fatick 2,0 0,3 92,7 4,9 100,0 0,6 708 1,9 0,5 88,0 9,6 100,0 0,4 156 Kaolack 1,5 0,4 93,1 5,0 100,0 0,6 1 642 2,1 0,2 94,1 3,6 100,0 0,6 328 Kolda 2,1 0,4 89,2 8,4 100,0 1,0 1 047 5,5 1,5 91,5 1,5 100,0 2,1 265 Louga 1,5 0,3 93,1 5,1 100,0 0,4 915 2,3 0,0 95,6 2,2 100,0 1,1 136 Matam 2,1 0,3 85,9 11,7 100,0 0,6 543 6,9 1,0 90,6 1,5 100,0 4,0 101 Saint-Louis 1,4 0,2 92,3 6,0 100,0 0,6 947 2,6 0,3 96,5 0,6 100,0 0,3 194 Tambacounda 2,5 0,0 82,6 14,8 100,0 0,8 851 3,3 0,0 95,4 1,3 100,0 0,8 220 Thiès 2,6 0,2 93,6 3,7 100,0 1,1 1 974 4,0 0,2 94,9 0,9 100,0 1,5 481 Ziguinchor 3,0 0,5 92,7 3,8 100,0 1,8 562 5,2 1,4 93,1 0,3 100,0 1,9 156 Niveau d’instruction Aucun 1,5 0,3 91,2 7,0 100,0 0,7 8 699 1,8 0,2 93,9 4,0 100,0 0,4 1 403 Primaire 2,3 0,3 92,4 5,1 100,0 0,8 3 677 3,4 0,3 94,8 1,5 100,0 0,9 966 Secondaire ou plus 8,2 0,4 88,2 3,2 100,0 2,7 2 226 8,0 1,1 90,6 0,3 100,0 3,6 1 046 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,8 0,3 89,9 9,1 100,0 0,3 2 433 1,4 0,5 92,2 5,9 100,0 0,4 523 Second 1,2 0,3 91,1 7,4 100,0 0,5 2 565 3,3 0,0 92,7 4,0 100,0 0,8 480 Moyen 2,0 0,1 92,9 5,0 100,0 0,7 2 839 3,3 0,8 94,0 1,9 100,0 1,1 601 Quatrième 2,8 0,3 91,6 5,3 100,0 1,0 3 154 4,4 0,5 93,8 1,3 100,0 0,9 778 Le plus riche 5,6 0,5 89,7 4,2 100,0 2,2 3 610 6,3 0,6 92,9 0,2 100,0 3,0 1 032 Total 2,7 0,3 91,0 6,0 100,0 1,0 14 602 4,2 0,5 93,1 2,2 100,0 1,5 3 415 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 279 Le tableau 14.6.2 présente les mêmes résultats pour les jeunes femmes et hommes de 15-24 ans sexuellement actifs. Dans l’ensemble, seulement 2 % des jeunes femmes ont déclaré avoir effectué un test du VIH à un moment quelconque. Comme pour l’ensemble des femmes de 15-49 ans, le dépistage du VIH est particulièrement plus fréquent chez les jeunes femmes de 15-24 ans ayant un niveau secondaire ou plus (10 %) et chez celles dont le ménage appartient au quintile le plus riche (8 %). On note également, bien que le niveau soit toujours faible, que le dépistage du VIH est plus fréquent chez les jeunes filles célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (8 %) que chez les autres (2 % parmi celles en union). On observe par ailleurs que seulement 1 % des jeunes femmes de 15-24 ans avaient effectué un test du VIH et avaient eu connaissance des résultats au cours des 12 derniers mois. En ce qui concerne les jeunes hommes, les résultats montrent que la proportion de ceux qui ont effectué un test de dépistage du VIH est sensiblement plus élevée que celle des femmes du même âge : respectivement 4 % contre 2 %. C’est particulièrement parmi les jeunes hommes ayant un niveau secondaire ou plus (7 %), ceux des régions de Kolda (6,7 %) et de Fatick (6 %), de Dakar (6 %) ainsi que parmi ceux vivant dans les ménages les plus riches (5 %) que la pratique du test du VIH est la plus fréquente. 280 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 14.6.2 Population ayant effectué un test du VIH et ayant reçu les résultats par les jeunes de 15-24 ans sexuellement actifs Parmi les jeunes de 15-24 ans et sexuellement actifs, pourcentage de femmes et d'hommes qui ont effectué ou non un test du VIH et pourcentage ayant reçu les résultats au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats N'a jamais été testée NSP/ ND Total Pour- centage testé et ayant reçu les résultats dans les 12 derniers mois Effectif d'enquêtées A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats N'a jamais été testée NSP/ ND Total Pour- centage testé et ayant reçu les résultats dans les 12 derniers mois Effectif d'enquêtées Âge 15-19 1,6 0,0 88,6 9,8 100,0 1,0 906 2,5 1,8 94,5 1,3 100,0 1,0 205 20-24 2,7 0,1 88,6 8,6 100,0 1,3 1 699 3,6 0,0 95,8 0,6 100,0 1,4 268 15-24 2,3 0,0 88,6 9,0 100,0 1,2 2 604 3,1 0,8 95,2 0,9 100,0 1,2 472 État matrimonial Célibataire : a déjà eu des rapports sexuels 7,7 0,0 82,8 9,5 100,0 7,7 71 1,9 0,5 94,1 3,5 100,0 0,9 1 756 En union 2,2 0,1 88,7 9,0 100,0 1,0 2 492 0,7 0,3 93,4 5,6 100,0 0,6 982 Divorcée/Séparée/Veuve 0,0 0,0 90,9 9,1 100,0 0,0 41 6,6 0,5 92,1 0,8 100,0 2,1 1 533 Milieu de résidence Urbain 4,4 0,0 86,0 9,6 100,0 2,7 895 4,1 0,5 95,1 0,3 100,0 1,7 229 Rural 1,2 0,1 90,0 8,8 100,0 0,4 1 709 2,6 1,3 94,4 1,7 100,0 0,8 195 Région Dakar 5,9 0,0 80,2 14,0 100,0 4,1 394 5,5 0,0 94,2 0,2 100,0 1,8 128 Diourbel 0,9 0,0 95,9 3,2 100,0 0,0 331 0,0 2,4 92,9 4,7 100,0 (0,0) 25 Fatick 1,6 0,0 89,3 9,1 100,0 0,5 129 1,6 4,5 93,9 0,0 100,0 * 18 Kaolack 1,0 0,0 90,6 8,4 100,0 0,6 377 0,0 0,0 95,5 4,5 100,0 (0,0) 44 Kolda 2,5 0,3 89,2 8,0 100,0 1,2 263 4,1 2,6 93,2 0,0 100,0 1,4 62 Louga 1,6 0,0 90,9 7,6 100,0 0,2 173 2,9 0,0 97,1 0,0 100,0 * 15 Matam 1,5 0,0 79,1 19,4 100,0 0,6 121 4,8 0,0 90,4 4,8 100,0 * 13 Saint-Louis 1,8 0,0 90,4 7,8 100,0 1,5 171 0,0 0,0 100,0 0,0 100,0 (0,0) 29 Tambacounda 2,6 0,2 81,0 16,2 100,0 0,2 219 1,7 0,0 98,3 0,0 100,0 (0,0) 42 Thiès 1,1 0,0 94,2 4,7 100,0 0,5 319 3,4 0,0 96,6 0,0 100,0 1,7 56 Ziguinchor 4,8 0,0 91,1 4,2 100,0 3,2 108 2,8 1,4 95,8 0,0 100,0 (1,5) 39 Niveau d’instruction Aucun 1,5 0,0 89,0 9,5 100,0 1,0 1 778 1,2 0,0 96,6 2,2 100,0 0,0 140 Primaire 2,5 0,0 90,3 7,2 100,0 0,7 649 2,5 0,4 96,4 0,7 100,0 2,0 147 Secondaire ou plus 10,1 0,2 78,6 11,1 100,0 5,1 177 5,1 1,7 93,3 0,0 100,0 1,5 184 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,5 0,0 88,4 11,1 100,0 0,1 635 1,0 2,1 96,9 0,0 100,0 0,0 76 Second 1,6 0,1 89,5 8,7 100,0 0,5 614 2,9 0,0 92,9 4,3 100,0 0,9 73 Moyen 2,2 0,1 91,1 6,6 100,0 1,3 545 3,0 1,0 95,6 0,4 100,0 1,7 81 Quatrième 1,4 0,0 88,1 10,5 100,0 0,4 428 2,1 0,6 96,5 0,8 100,0 1,1 93 Le plus riche 7,6 0,0 84,4 8,0 100,0 4,8 382 5,0 0,4 94,6 0,0 100,0 1,9 150 Total 2,3 0,0 88,6 9,0 100,0 1,2 2 604 3,1 0,8 95,2 0,9 100,0 1,2 472 * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés Le tableau 14.6.3 présente les proportions de femmes ayant eu une naissance au cours des 2 années ayant précédé l'enquête qui ont reçu des conseils sur le VIH au cours d’une visite prénatale, qui ont été testées au cours des visites prénatales pour la naissance la plus récente et qui ont reçu, ou non, les résultats des tests, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 281 Tableau 14.6.3 Femmes enceintes conseillées et testées pour le VIH Parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des 2 années ayant précédé l'enquête, pourcentage qui ont reçu des conseils, à qui on a proposé le test du VIH au cours des visites prénatales pour la naissance la plus récente, qui ont accepté de se faire tester et qui ont reçu les résultats du test, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 A effectué volontairement un test du VIH au cours des visites prénatales et : Caractéristique sociodémographique A reçu des conseils sur le VIH durant une visite prénatale A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats Pourcentage qui a reçu des conseils, a été testé et a reçu les résultats Nombre de femmes qui ont eu une naissance au cours des 2 dernières années Âge 15-19 5,2 4,1 2,3 1,0 452 20-24 5,3 6,9 0,5 2,4 1 103 25-29 5,8 6,1 1,0 2,4 1 129 30-39 7,1 6,9 0,5 3,4 1 428 40-49 4,9 3,5 0,5 0,9 280 15-24 5,3 6,1 1,0 2,0 1 554 État matrimonial Célibataire 3,8 4,7 5,1 1,3 74 En union 5,9 6,1 0,7 2,4 4205 En rupture d'union 10,3 11,4 0,8 6,1 112 Milieu de résidence Urbain 7,0 11,8 1,1 3,9 1 608 Rural 5,4 2,9 0,6 1,6 2 783 Région Dakar 6,9 15,8 1,8 4,9 790 Diourbel 2,0 0,8 0,1 0,4 540 Fatick 10,6 5,9 1,8 4,6 265 Kaolack 2,5 3,5 0,7 1,0 578 Kolda 15,0 5,7 0,7 3,6 421 Louga 3,3 2,5 0,5 1,3 287 Matam 1,6 3,8 0,0 1,1 176 Saint-Louis 5,8 3,2 0,9 2,5 293 Tambacounda 1,5 3,6 0,3 0,7 318 Thiès 6,7 6,2 0,5 2,6 584 Ziguinchor 12,6 8,5 0,5 4,0 138 Niveau d’instruction Aucun 5,1 4,0 0,7 1,8 3 129 Primaire 7,6 10,7 1,2 3,7 954 Secondaire ou plus 9,4 14,2 0,4 5,7 308 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 6,6 2,6 0,7 1,9 1 023 Second 5,3 3,7 0,5 1,7 967 Moyen 4,5 4,4 0,6 1,5 936 Quatrième 5,8 10,0 1,5 3,4 812 Le plus riche 8,2 13,4 1,0 4,8 653 Total 6,0 6,2 0,8 2,5 4 391 282 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Dans l’ensemble, on constate que parmi ces femmes, seulement 6 % ont reçu des conseils sur le VIH durant une visite prénatale. Ce niveau varie peu avec l’âge ; par contre, on constate des écarts en fonction de l’état matrimonial, 10 % des femmes en rupture d’union ayant déclaré avoir reçu ces conseils durant une visite prénatale contre 6 % des femmes en union. En urbain, la proportion de femmes qui ont bénéficié de ces conseils est plus élevée qu’en rural (7 % contre 4 %). Il en est de même des femmes instruites par rapport à celles sans instruction (9 % contre 8 % pour le niveau primaire et 5 % pour celles sans instruction). Dans le quintile le plus riche, 8 % des femmes ont déclaré avoir reçu ce type de conseils au cours d’une visite prénatale contre seulement 5 % pour celles qui vivent dans un ménage du quintile moyen. Au niveau régional, il semble que dans les régions de Kolda (15 %), de Ziguinchor (13 %) et dans une moindre mesure dans celle de Fatick (11 %), les femmes ont été plus fréquemment informées. Le niveau le plus faible est observé à Tambacounda et Matam où moins de 2 % des femmes ont été conseillées. En outre, parmi ces femmes, 6 % seulement d’entre elles ont effectué volontairement un test du VIH au cours de la visite prénatale pour la naissance la plus récente et en ont reçu les résultats. Il s’agit le plus souvent des femmes en rupture d’union (11 %), de celles du milieu urbain (12 %), de résidentes de la région de Dakar (16 %), des femmes instruites (plus de 10 %) et de femmes vivant dans un ménage des quatrième et cinquième quintiles (plus de 10 %). Enfin, un pour- centage extrêmement faible de femmes (moins de 3 %) ont, à la fois reçu des conseils sur le VIH durant une visite prénatale, effectué un test et eu connaissance des résultats. 14.4 OPINIONS SUR LA NÉGOCIATION DE RAPPORTS PROTÉGÉS AVEC LE CONJOINT La promotion de comportements sexuels sans risque est une des mesures essentielles destinées à contrôler l’épidémie. Il est donc important de savoir si les femmes ont le pouvoir de refuser des rapports sexuels à risque avec leurs mari/partenaires. Au cours de l’enquête, on a donc demandé aux femmes si elles pensaient qu’il était justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire quand elle sait que celui-ci a une IST. Dans l’ensemble, plus de huit femmes sur dix (82 %) pensent que cette attitude est justifiée (tableau 14.7). Cette proportion augmente avec l’âge, passant ainsi de 75 % chez les femmes de 15-19 ans à 86 % parmi celles de 40-49 ans. En ce qui concerne la situation matrimoniale, on constate que c’est Tableau 14.7 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint Pourcentage de femmes qui pensent que, si le conjoint a une IST, sa femme peut, soit refuser d'avoir des rapports sexuels avec lui, soit proposer l'utilisation du condom, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Caractéristique sociodémographique Pourcentage Effectif d'enquêtées Âge 15-19 75,0 3 556 20-24 82,9 2 844 25-29 83,4 2 379 30-39 83,8 3 566 40-49 85,8 2 258 15-24 78,5 6 400 État matrimonial Célibataire 76,3 3 941 A déjà eu des rapports sexuels 86,5 224 N'a jamais eu de rapports sexuels 75,7 3 717 En union 83,6 9 866 Divorcée/Séparée/Veuve 85,8 795 Milieu de résidence Urbain 79,6 7 117 Rural 83,7 7 485 Région Dakar 71,1 3 866 Diourbel 88,4 1 548 Fatick 88,9 708 Kaolack 80,6 1 642 Kolda 92,9 1 047 Louga 80,9 915 Matam 73,9 543 Saint-Louis 73,5 947 Tambacounda 89,9 851 Thiès 89,5 1 974 Ziguinchor 93,1 562 Niveau d’instruction Aucun 81,7 8 699 Primaire 79,6 3 677 Secondaire ou plus 85,4 2 226 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 83,3 2 433 Second 84,3 2 565 Moyen 82,8 2 839 Quatrième 77,4 3 154 Le plus riche 81,7 3 610 Ensemble 81,7 14 602 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 283 parmi les femmes célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels et les femmes en rupture d’union que cette proportion est la plus élevée (respectivement, 87 % et 86 %). Par ailleurs, dans les régions de Ziguinchor et de Kolda, les proportions de femmes pour qui cette attitude est justifiée sont très élevée (respectivement, 93 % dans les deux cas) à l’opposé des femmes de la région de Dakar (71 %) qui sont les plus réfractaires à cette attitude. Le niveau de bien-être économique n’a pratiquement aucune incidence sur l’opinion des femmes sur ce sujet. Enfin, les différences selon le niveau d’instruction sont faibles même si les femmes de niveau secondaire ou plus sont légèrement plus nombreuses à penser qu’il est justifié qu’une femme puisse refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire ou lui proposer l’utilisation du condom si elle sait que celui-ci a une IST. 14.5 CONNAISSANCE PAR LES JEUNES D’UN ENDROIT OÙ SE PROCURER DES CONDOMS La pratique des rapports sexuels non protégés est un facteur de propagation du VIH. L’utilisation de condoms est un moyen efficace pour réduire la contamination du VIH par voie sexuelle, d’où l’importance de la connaissance de son niveau d’accessibilité. Le tableau 14.8 présente les résultats sur la connaissance des moyens de prévention du sida ainsi que sur la connaissance d’un endroit où on l’on peut se procurer un condom chez les jeunes de 15-24 ans. Dans l’ensemble, seulement 19 % des jeunes femmes de 15-24 ans contre 24 % des hommes de 15-24 ans connaissent les moyens de prévention du VIH/sida. La proportion de jeunes femmes qui connaissent les moyens de prévention est particulièrement faible parmi celles qui n’ont aucune instruction (9 %), parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus pauvre (9 %) et parmi celles des régions de Tambacounda (9 %) et de Matam (9 %). Les résultats de ce tableau révèlent également que moins de la moitié des jeunes filles de 15-24 ans (46 %) connaissent un endroit où elles peuvent se procurer des condoms. Des variations importantes sont cependant observées selon les caractéristiques sociodémographiques. En milieu urbain, 60 % des jeunes filles ont déclaré connaître un endroit où se procurer des condoms alors qu’en milieu rural, cette proportion n’est que de 34 %. Le niveau de connaissance d’un endroit où l’on peut se procurer des condoms est plus élevé dans les régions de Ziguinchor (67 %), de Thiès (58 %), de Dakar (58 %) et de Kolda (51 %) que dans celles de Matam (27 %) et de Louga (28 %). Cette connaissance est très positivement associée au niveau d’instruction : 32 % des jeunes filles sans niveau d’instruction savent où se procurer des condoms, contre 52 % de celles ayant un niveau primaire et 78 % de celles de niveau secondaire ou plus. Enfin, le pourcentage d’adolescentes connaissant un endroit où elles peuvent se procurer des condoms augmente avec le niveau de bien être économique du ménage dans lequel elles vivent. La proportion de jeunes hommes connaissant les moyens de prévention du VIH/sida est un peu plus élevée que celle observée chez les femmes 24 % contre 19 %. De même, la proportion de ceux qui connaissent un endroit où se procurer des condoms est nettement plus élevée que celle des femmes (69 % contre 46 %). Comme chez les femmes, les jeunes hommes urbains, les plus instruits, ceux issus des ménages les plus riches, ceux résidant à Dakar et à Ziguinchor sont les mieux informés. 284 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 14.8 Connaissance par les jeunes des moyens de prévention du VIH et d'un endroit où se procurer des condoms Pourcentage de jeunes âgés de 15-24 qui connaissent les moyens de prévention du VIH et qui connaissent au moins un endroit où se procurer des condoms, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Connaissant les moyens de prévention du VIH/sida Connaît un endroit où se procurer des condoms Effectif des femmes Connaissant les moyens de prévention de VIH/sida Connaît un endroit où se procurer des condoms Effectif d’hommes Âge 15-17 17,1 35,4 2 219 17,2 55,4 605 18-19 19,4 49,5 1 338 29,2 72,3 321 15-19 18,0 40,7 3 556 21,4 61,2 926 20-22 18,7 51,2 1 901 24,9 77,7 439 23-24 25,5 58,5 943 31,5 82,7 206 20-24 21,0 53,6 2 844 27,0 79,3 645 État matrimonial A déjà eu des rapports sexuels 26,1 60,2 147 29,3 85,5 467 N'a jamais eu des rapports sexuels 23,7 46,8 3 261 20,1 56,6 855 A déjà été marié 14,2 45,3 2 993 25,5 78,2 249 Milieu de résidence Urbain 27,4 59,7 3 155 30,5 82,7 808 Rural 11,5 33,5 3 245 10,8 47,8 640 Région Dakar 27,6 57,6 1 625 35,0 85,2 457 Diourbel 14,6 34,7 689 18,6 46,4 132 Fatick 22,8 41,5 293 11,6 50,2 78 Kaolack 15,3 39,9 761 17,7 54,1 158 Kolda 9,8 50,5 463 18,5 61,4 120 Louga 14,9 27,8 396 18,7 49,3 72 Matam 8,5 27,3 250 (15,8) (57,2) 42 Saint-Louis 17,1 36,1 410 22,4 74,8 92 Tambacounda 9,3 32,8 369 13,4 59,1 102 Thiès 23,6 58,0 882 21,3 73,5 237 Ziguinchor 24,9 67,0 262 28,8 81,9 81 Niveau d’instruction Aucun 8,1 31,7 3 301 7,7 45,0 511 Primaire 18,7 52,4 1 939 14,3 68,3 510 Secondaire ou plus 52,0 78,2 1 160 47,3 91,0 549 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 8,9 29,8 1 042 6,9 35,6 231 Second 10,0 31,2 1 116 10,9 49,2 212 Moyen 17,4 45,3 1 248 19,0 67,1 302 Quatrième 21,5 52,8 1 380 30,3 79,7 339 Le plus riche 32,1 63,1 1 614 35,5 86,1 487 Ensemble 15-24 19,3 46,4 6 400 23,7 68,6 1 571 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 285 14.6 RAPPORTS SEXUELS À HAUT RISQUE ET UTILISATION DU CONDOM Sont considérés comme étant des rapports sexuels à haut risque, des rapports sexuels qui ont lieu avec un partenaire non marital et non cohabitant. Le multipartenariat dans les rapports sexuels accroît le risque d’infection par les IST, en particulier le VIH/sida. Ce risque est d’autant plus important que l’utilisation du condom comme moyen de prévention est faible. Le tableau 14.9 présente les proportions de femmes et d’hommes qui ont eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête ainsi que les proportions de ceux/celles qui ont utilisé un condom au cours de ces rapports sexuels. Seulement 6 % des femmes et 43 % des hommes ont déclaré avoir eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois. Prés de quatre femmes sur dix (38 %) et plus six hommes sur dix (62 %) ont déclaré avoir utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels à hauts risques. La définition des rapports sexuels à hauts risque incluant les rapports sexuels prénuptiaux, cela explique les proportions élevées de femmes et d’hommes de 15-19 ans qui ont déclaré avoir eu des rapports sexuels à hauts risques. Cependant, on note dans ce groupe d’âges, que les proportions d’utilisateurs et d’utilisatrices de condoms sont parmi les plus faibles. En outre, la quasi-totalité des célibataires, hommes et femmes, ont déclaré avoir eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois (respectivement 99,8 % et 99,5 %). Parmi eux, 30 % des femmes et 61 % des hommes ont utilisé des condoms. Selon la région, on constate que c’est à Ziguinchor que les rapports sexuels à hauts risques ont été les plus fréquents (30 % chez femmes et 72 % chez les hommes) ; parmi eux, 52 % des femmes et 73 % des hommes ont utilisé des condoms. On constate également que les rapports sexuels à hauts risques sont plus fréquents en milieu urbain (9 % parmi les femmes et 50 % parmi les hommes) qu’en milieu rural (respectivement, 4 % et 32 %). En outre, les femmes et les hommes les plus instruits (respectivement, 18 % et 61 %) ont eu plus fréquemment que les autres des rapports sexuels à hauts risques ; enfin, on note que les catégories d’hommes et de femmes qui ont déclaré eu le plus fréquemment avoir eu des rapports sexuels à hauts risques sont également ceux et celles qui ont déclaré le plus fréquemment avoir utilisé un condom. 286 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 14.9 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques Parmi les femmes et les hommes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête, pourcentage de celles/ceux qui ont eu des rapports sexuels avec un partenaire non-marital et non-cohabitant (rapports à hauts risques) au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête et, parmi ces femmes et ces hommes pourcentage ayant déclaré avoir utilisé un condom la dernière fois qu'ils ont eu des rapports sexuels avec un partenaire non-marital et non-cohabitant, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes sexuellement actives au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques Effectif de femmes ayant eu des rapports à hauts risques au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif d’hommes sexuellement actifs au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques Effectif d’hommes ayant eu des rapports à hauts risques au cours des 12 derniers mois Âge 15-19 14,1 906 31,2 128 97,8 205 44,1 200 20-24 9,1 1 699 39,2 154 85,6 268 59,6 229 25-29 6,5 1 766 45,4 115 54,9 346 70,7 190 30-39 3,6 2 964 34,8 107 26,2 614 76,4 161 40-49 2,3 1 904 35,7 45 12,2 551 63,1 67 15-24 10,8 2 604 35,6 282 90,9 472 52,4 429 État matrimonial Célibataire 99,5 112 29,9 112 99,8 470 60,5 469 En union 3,8 8 913 39,2 337 21,4 1442 63,7 309 En rupture d'union 46,8 213 40,2 100 97,7 71 63,4 69 Milieu de résidence Urbain 8,9 3 855 43,0 344 49,8 1001 71,4 499 Rural 3,8 5 382 28,2 204 32,1 846 43,9 271 Région Dakar 9,7 1 965 39,6 191 50,3 653 72,7 329 Diourbel 0,9 1 077 * 9 25,5 138 (40,9) 35 Fatick 2,7 509 * 14 35,0 86 (46,6) 30 Kaolack 3,2 1 140 (19,1) 37 31,8 184 46,6 58 Kolda 9,3 735 37,9 69 50,1 183 43,2 91 Louga 0,7 634 * 4 21,3 69 * 15 Matam 1,6 322 * 5 27,8 65 * 18 Saint-Louis 2,9 627 * 18 36,2 114 (57,3) 41 Tambacounda 6,0 611 (28,7) 36 40,5 142 48,9 58 Thiès 4,6 1 259 31,5 58 39,6 245 70,2 97 Ziguinchor 29,5 360 52,4 106 71,6 104 73,1 74 Niveau d’instruction Aucun 2,9 6 404 19,0 188 25,3 890 45,0 225 Primaire 10,6 1 963 42,0 208 52,1 506 60,4 263 Secondaire ou plus 17,5 870 54,2 152 61,1 587 73,6 359 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 3,1 1 885 20,1 58 29,6 328 37,5 97 Second 5,3 1 891 34,6 100 34,1 295 43,1 101 Moyen 6,0 1 882 38,6 114 39,0 332 58,5 129 Quatrième 5,9 1 826 44,5 107 42,5 434 68,4 185 Le plus riche 9,7 1 753 40,0 170 56,4 594 72,3 335 Ensemble 5,9 9 238 37,5 548 42,7 1 983 61,9 847 * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 287 14.7 ACTIVITÉ SEXUELLE CHEZ LES JEUNES 14.7.1 Âge aux premiers rapports sexuels des jeunes En tant que déterminant de l’activité sexuelle, l'âge aux premiers rapports sexuels des jeunes de 15-24 ans revêt une grande importance en matière de prévention du VIH. Pour cette raison, le tableau 14.10.1 présente les proportions d’hommes et de femmes âgés de 15-24 ans qui ont eu leurs premiers rapports sexuels en atteignant les âges exacts de 15 et 18 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 14.10.1 Âge des jeunes de 15-24 ans aux premiers rapports sexuels Pourcentage de femmes et d'hommes âgés de 15-24 ans qui ont déjà eu des rapports sexuels en atteignant les âges exacts de 15 et 18 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EDS-IV Sénégal 2005 Femmes Hommes Caractéristique sociodémographique 15 ans 18 ans Effectif d'enquêtées de 15-24 ans 15 ans 18 ans Effectif d'enquêtés de 15-24 ans Âge 15-17 8,2 na 2 219 12,7 na 605 18-19 10,5 35,4 1 338 12,6 36,2 321 15-19 9,1 na 3 556 12,7 na 926 20-22 10,8 38,9 1 901 12,7 40,3 439 23-24 7,6 32,8 943 10,3 32,8 206 20-24 9,7 36,9 2 844 11,9 37,9 645 État matrimonial Célibataire 0,5 2,2 3 407 11,0 26,8 1 321 En union 19,7 62,3 2 849 20,2 58,8 194 En rupture d'union 15,6 61,9 143 16,9 75,6 56 Milieu de résidence Urbain 4,3 18,0 3 155 13,3 33,7 808 Rural 14,4 42,2 3 245 12,6 31,1 640 Région Dakar 2,5 14,3 1 625 12,1 31,1 457 Diourbel 10,3 33,3 689 5,5 19,5 132 Fatick 9,0 30,1 293 13,2 31,1 78 Kaolack 13,2 35,1 761 15,1 31,4 158 Kolda 19,7 56,2 463 19,8 46,5 120 Louga 9,6 32,1 396 11,4 22,2 72 Matam 15,6 44,8 250 (10,7) (34,9) 42 Saint-Louis 8,7 28,1 410 11,0 36,1 92 Tambacounda 22,1 54,6 369 8,6 38,9 102 Thiès 5,2 22,8 882 12,7 28,9 237 Ziguinchor 11,8 38,6 262 15,2 50,7 81 Niveau d’instruction Aucun 13,8 42,0 3 301 8,3 27,5 511 Primaire 5,7 23,0 1 939 12,1 32,8 510 Secondaire ou plus 2,7 8,9 1 160 16,4 36,9 549 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 18,7 51,6 1 042 10,4 30,7 231 Second 16,2 45,3 1 116 12,7 34,5 212 Moyen 9,4 32,3 1 248 11,4 30,3 302 Quatrième 5,2 21,6 1 380 12,4 32,7 339 Le plus riche 2,3 11,9 1 614 13,7 33,7 487 Ensemble 15-24 9,4 na 6 400 12,4 na 1 571 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés na = Non applicable 288 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Dans l’ensemble, 9 % des femmes de 15-24 ans avaient déjà eu des rapports sexuels à 15 ans ; chez les hommes de même âge, la proportion correspondante