Quantification des intrants de santé: supplément SRMNI - Prévision de la consommation de produits sélectionnés pour la santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile

Publication date: 2016

Quantification des intrants de santé : supplément SRMNI Prévision de la consommation de produits sélectionnés pour la santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile Mise à jour : juin 2016 Quantification des intrants de santé. Supplément sur la SRMNI 2 JSI Research & Training Institute, Inc., et Management Sciences for Health Ce manuel est le résultat des efforts associés de JSI Research & Training Institute, Inc. et du programme SIAPS (Systems for Improved Access to Pharmaceuticals and Services ou Systèmes pour l’amélioration de l’accès aux produits et services pharmaceutiques), financé par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et mis en œuvre par Management Sciences for Health. Ce rapport a été réalisé grâce au généreux soutien du peuple américain à travers l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), sous les termes de l’accord de coopération numéro AID-OAA-A-11-00021. Les opinions exprimées dans ce document sont celles de Management Sciences for Health (MSH) et ne reflètent pas nécessairement celles de l’USAID ou du gouvernement américain. Le soutien de cette étude a été apporté par la Fondation des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). Les opinions exprimées dans ce document ne reflètent pas nécessairement celles de l’UNICEF. L’UNICEF et JSI Research & Training Institute, Inc. (JSI) se réservent les droits de duplication, d’utilisation ou de diffusion des informations contenues dans ce document dans les limites prévues par cet accord. Ces restrictions ne limitent pas le droit de l’UNICEF d’utiliser les informations contenues dans ce document, si ces données ont été obtenues d’une autre source, sans limitation des droits. À propos de SIAPS L’objectif du programme SIAPS (Systems for Improved Access to Pharmaceuticals and Services ou Programme des systèmes pour l’amélioration de l’accès aux produits et services pharmaceutiques) est de garantir la disponibilité de produits pharmaceutiques de qualité et de services pharmaceutiques efficaces afin de parvenir aux résultats désirés en matière de santé. À cette fin, les objectifs d’intervention de SIAPS comprennent l’amélioration de la gouvernance, le renforcement des capacités de la gestion et des services pharmaceutiques, la priorité accordée à l’information nécessaire pour la prise de décisions au sein du secteur pharmaceutique, le renforcement des stratégies et mécanismes financiers pour améliorer l’accès aux médicaments, ainsi que l’optimisation de la qualité des services pharmaceutiques. À propos de JSI JSI Research & Training Institute, Inc. (JSI) est un organisme de conseils, basé aux États- Unis, engagé à améliorer la santé des individus et des communautés à travers le monde. Nos équipes pluridisciplinaires œuvrent en partenariat avec des experts des pays hôtes, les organisations et les pouvoirs publics, afin de faire de l’accès à des soins de santé de qualité une réalité pour les enfants, les femmes et les hommes du monde entier. Le siège central de JSI se trouve à Boston, dans le Massachusetts, avec des bureaux aux États-Unis : à Washington, D.C. ; à Atlanta, Géorgie ; à Burlington, Vermont ; à Concord, New Hampshire ; à Denver, Colorado ; à Providence, Rhode Island ; et à San Francisco, Californie. JSI possède également des bureaux dans plus de 40 pays en développement. Quantification des intrants de santé. Supplément sur la SRMNI 3 Citation recommandée Ce rapport peut être reproduit pourvu que le programme SIAPS et JSI y soit mentionnés. Veuillez utiliser la citation suivante : JSI et SIAPS. 2015. Quantification of Health Commodities: RMNCH Supplement (Quantification des intrants de santé : supplément SRMNI). Forecasting Consumption of Select Reproductive, Maternal, Newborn and Child Health Commodities (Prévision de la consommation de produits sélectionnés pour la santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile). Soumis à l’Agence des États-Unis pour le développement international par le programme SIAPS (Systems for Improved Access to Pharmaceuticals and Services ou Programme des systèmes pour l’amélioration de l’accès aux produits et services pharmaceutiques). Arlington, VA : Management Sciences for Health. Soumis à l’UNICEF par JSI, Arlington, VA : JSI Research & Training Institute, Inc. Ce travail est basé sur Quantification of Health Commodities élaboré par l’USAID | PROJET DELIVER et il a été rédigé sur le modèle d’autres guides d’accompagnement élaborés par le Projet, sur les médicaments ARV, les kits de dépistage du VIH, les intrants de laboratoire et les produits contraceptifs, ainsi que sur le modèle du Manual for Quantification of Malaria Commodities (Manuel sur la quantification des intrants pour la lutte contre le paludisme), publié par le programme Strengthening Pharmaceutical Systems. Certaines parties de ce document ont été publiées sous : USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 4. 2011. Quantification of Health Commodities: Contraceptive Companion Guide. Forecasting Consumption of Contraceptive Supplies (Guide d’accompagnement sur la contraception : Prévoir la consommation des fournitures de contraception). Arlington, Va. : USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 4 et USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 1. 2008. Quantification of Health Commodities: A Guide to Forecasting and Supply Planning for Procurement (Quantification des intrants de santé : un guide pour la prévision des achats et la planification des approvisionnements). Arlington, Va.: USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 1 Ces éléments ont été reproduits avec leur permission. Systems for Improved Access to Pharmaceuticals and Services Center for Pharmaceutical Management Management Sciences for Health 4301 North Fairfax Drive, Suite 400 Arlington, VA 22203 USA Téléphone: 703.524.6575 Fax: 703.524.7898 Courriel: siaps@msh.org Site Internet: www.siapsprogram.org JSI Research & Training Institute, Inc. 1616 Fort Myer Drive, 16th Floor Arlington, VA 22209 USA Tél. +1 703 528 7474 Fax +1 703 528 7480 www.jsi.com Quantification des intrants de santé. Supplément sur la SRMNI 4 Tables des matières 5 Résumé . 7 Acronymes . 9 Remerciements . 11 Section 1. Introduction . 13 Section 2. Algorithmes de prévision . 23 Section 2.1 Algorithmes de prévision pour les produits de planification familiale . 25 Pilules contraceptives d'urgence . 26 Préservatifs féminins . 43 Implants contraceptifs . 56 Section 2.2. Algorithmes de prévision pour les médicaments de santé maternelle . 74 Sulfate de magnésium. 75 Misoprostol . 84 Ocytocine . 94 Section 2.3. Algorithmes de prévision des produits de la santé du nouveau-né . 104 Corticostéroïdes anténatals . 105 Chlorhexidine . 113 Antibiotiques pour les infections bactériennes sévères possibles chez les nouveau-nés . 121 Intrants de réanimation néonatale . 133 Section 2.4. Algorithmes pour la prévision des produits de santé infantile . 150 Amoxicilline . 151 Zinc et sels de réhydratation orale . 165 Section 3. Outils et ressources pour la quantification . 179 Outils et ressources pour la quantification . 181 Glossaire . 192 Annexes . 195 Annexe A. Flux des données de quantification . 196 Annexe B. Types de données utilisées pour la prévision de la consommation des intrants de santé . 197 Tables des matières 6 Résumé 7 Ce guide aidera les gestionnaires de programmes, les prestataires de service et les experts techniques lorsqu'ils réaliseront une quantification des besoins en intrants pour les 13 produits indispensables à la santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile, dont la priorité a été établie par la Commission des Nations Unies pour les produits qui sauvent la vie des femmes et des enfants. Ce supplément à la quantification ne saurait être utilisé sans son guide principal – Quantification of Health Commodities: A Guide to Forecasting and Supply Planning for Procurement (Quantification des intrants de santé : un guide pour la prévision des achats et la planification des approvisionnements). * Ce supplément décrit les étapes à suivre pour la prévision de la consommation de ces intrants, en l’absence de données sur la consommation ou les services. Ensuite, afin de compléter la quantification, les utilisateurs doivent se référer au guide principal de quantification pour l’étape de planification de l’approvisionnement. * USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 1. 2008. Quantification of Health Commodities: A Guide to Forecasting and Supply Planning for Procurement. (Quantification des intrants de santé : un guide pour la prévision des achats et la planification des approvisionnements). Arlington, Va.: USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 1. Remarque : 2013, mise à jour à paraître. Résumé 8 Quantification des intrants de santé. Supplément sur la SRMNI 9 ACS ANC corticostéroïdes anténatals soins prénatals (antenatal care) ASC Béta agent de santé communautaire bétaméthasone Béta-AC acétate de bétaméthasone Béta-PO4 phosphate de bétaméthasone BPP CAP benzylpénicilline procaïne couple-années de protection CH CHERG santé de l’enfant (child health) Groupe de référence épidémiologique sur la santé de l’enfant (Child Health Epidemiology Reference Group) CO COC contraceptif oral contraceptifs oraux combinés CPN CRM consultations prénatales critères de recevabilité médicale de l’OMS (publication de l’OMS) CU contraception d’urgence DT comprimé dispersible (dispersible tablet) Dexa dexaméthasone EDS enquête démographique et sanitaire ESR enquête sur la santé reproductive FAP femmes en âge de procréer FMAP femmes mariées en âge de procréer FNUP Fonds des Nations Unies pour la Population FSW travailleuse du sexe (female sex worker) GTS guide de traitement standard HBB Helping Babies Breathe HPP hémorragie du post-partum IBS IBSp IRA iCCM infection bactérienne sévère infection bactérienne sévère possible infection respiratoire aiguë integrated community case management ICEC International Consortium for Emergency Contraception IDPIG Guide MSH indicateur des prix internationaux des médicaments IM intramusculaire IRA infection respiratoire aiguë IST infection sexuellement transmissible IV intraveineuse JSI JSI Research & Training Institute, Inc. LAPM méthodes contraceptives de longue durée et méthodes permanentes LARC contraception réversible à longue durée d’action LME liste des médicaments essentiels Acronymes 10 LMEp liste des médicaments essentiels pédiatriques MICS enquêtes en grappes à indicateur multiples (multiple indicator cluster survey) MSH NAC Management Sciences for Health National AIDS Council ou Comminsion ou Control Program OMS Organisation mondiale de la Santé ONG organisation non gouvernementale OSC organisation de la société civile PCU PCIME PCIME-c pilule contraceptive d’urgence (pilule du lendemain) prise en charge intégrée des maladies de l’enfant prise en charge intégrée des maladies au niveau communautaire PE/E pré-éclampsie et éclampsie PEC-C prise en charge des cas au niveau communautaire PF PF préservatif féminin planification familiale RHSC Coalition pour les produits de santé de la reproduction (Reproductive Health Supplies Coalition) SDR syndrome de détresse respiratoire SIAPS Programme des systèmes pour l’amélioration de l’accès aux produits et services pharmaceutiques (Systems for Improved Access to Pharmaceuticals and Services Program) SIGL systèmes d’information en gestion logistique SIGS systèmes d’information en gestion sanitaire SM santé maternelle SMI santé maternelle et infantile SMNI santé maternelle, néonatale et infantile SPA soins post-avortement SR santé reproductive SRMNI santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile SRO sels de réhydratation orale SSR santé sexuelle et reproductive TFT taux de fécondité total TPC taux de prévalence contraceptive UI unité internationale UNCoLSC Commission des Nations Unies sur les produits essentiels pour la survie des femmes et des enfants (United Nations Commission on Life-saving Commodities for Women and Children) UNICEF USAID Fonds des Nations Unies pour l'Enfance Agence des États-Unis pour le développement international VBG violence basée sur le genre Remerciements 11 Auteurs : JSI : Ellie Bahirai, Jane Feinberg, Alexis Heaton SIAPS : Jane Briggs, Reem Ghoneim, Rima Shretta, Beth Yeager PATH : Fay Venegas Les auteurs souhaitent remercier les personnes suivantes pour leur précieuse contribution : Kabir Ahmed (UNFPA), Laila Akhlaghi (JSI), Claudia Allers (JSI), Mags Beksinska, (University of the Witwatersrand), Malia Boggs (USAID), Martha Brady (Population Council), Neal Brandes (USAID), Tracey Brett (MSI), Siobhan Brown (PATH), Patricia Coffey (PATH), Carmela Cordero (EngenderHealth), Jean-Bernard Delbarre (HRA Pharma Company’s Foundation), Bidia Deperthes (UNFPA), Nel Druce (DfID), Suzanne Diarra (MSH/ SIAPS), Maxine Eber (PSI), Michael Egharevba (JSI), Laura Frye (Gynuity), Om Garg (Cupid Ltd), Nancy Goh (CHAI), Rehana Gubin (Jhpiego), Lisa Hedman (WHO), Tara Herrick (PATH), Steve Hodgins (Save the Children), Tony Hudgins (JSI), Saskia Husken, (UAFC), Roy Jacobstein (EngenderHealth), Monica Kerrigan (BMGF), Damien Kirchhoffer (CHAI), Koen Kruytbosch (Merck), Barbara Lamphere (JSI), Victor Lara (PSI), Ashley Latimer (PATH), Nilza LoForte (USAID | DELIVER PROJECT), Trisha Long (JSI), Richard Lowe (VSI), Vicky MacDonald (Abt Associates), Joe McCord (JSI), Mutsumi Metzler (PATH), Glenn Milano (USAID), Nicola Moore (CHAI), Golam Mohammad Kibria (SIAPS), Beatrice Mutali (Merck), Jovith Ndahinyuka (USAID | DELIVER PROJECT), Keith Neroutsos (PATH), Elizabeth Obaje (USAID | DELIVER PROJECT), Andualem Oumer (SIAPS/MSH), Chris Purdy (DKT International), Manjari Quintanar Solares (PATH), Kate Rademacher (FHI360), Greg Roche (JSI), Suzy Sacher (JSI), Joel Segre (BMGF), John Skibiak (RHSC), Cary Spisak (JSI), Laurentiu Stan (JSI), Markus Steiner (FHI360), Eric Takang (JSI), John Townsend (Population Council), Karma Tshering (UNFPA), Morgan Van Dyke (PATH), Annette Velleuer (Bayer), Hans Vemer (Jhpiego), Donna Vivio (USAID), Steve Wall (Save the Children), Jayne Waweru (JSI), Elizabeth Westley (ICEC), Jillian Zemanek (PATH), Rabson Zyambo (USAID | DELIVER PROJECT) En outre, les auteurs remercient chaleureusement le programme Helping Babies Breathe, l’American Academy of Pediatrics et les ministères de la santé de l’Ouganda et de la Tanzanie pour leur aide précieuse et leur remarquable contribution sur les équipements de réanimation néonatale. Remerciements 12 Quantification des intrants de santé, Supplément SRMNI 13 Section 1 | Introduction 14 La Commission des Nations Unies pour les produits qui sauvent la vie des femmes et des enfants (la Commission), partie intégrante du mouvement mondial Chaque femme, chaque enfant (EWEC), vise à augmenter l'accès aux 13 produits qui sauvent la vie des femmes et des enfants dans 50 pays les plus pauvres du monde. La Commission a identifié et répertorié une liste prioritaire de 13 produits de santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile (SRMNI) qui sont négligés et qui, s’ils étaient plus accessibles et utilisés de manière rationnelle, permettraient de sauver la vie de plus de 6 millions de femmes et d’enfants chaque année.1 Ces 13 produits ont des particularités diverses, à savoir : certains sont des produits nouveaux dont le lancement à grande échelle est en cours et d’autres sont des produits qui ont été utilisés depuis de nombreuses années, mais qui sont soit sous-utilisés, soit non disponibles là où ils pourraient répondre à des besoins ou encore ne le sont pas sous la forme galénique recommandée. Cependant, ils ont tous en commun la nécessité d’être plus accessibles pour les femmes et les enfants qui les veulent ou qui en ont besoin. Un élément majeur de l’accès est la disponibilité et pour garantir celle-ci, des estimations précises des besoins en approvisionnement sont indispensables. Au niveau mondial, ces données peuvent éclairer à la fois les bailleurs pour la planification de l’approvisionnement et les fabricants pour leurs plans de production. Au niveau national, ces informations sont également essentielles à la planification budgétaire, à la mobilisation de ressources, à la planification des achats et à la mise en œuvre de la chaîne d’approvisionnement. À l’heure actuelle, des estimations précises de ces besoins ne sont pas disponibles pour nombre de ces 13 produits, que ce soit au niveau mondial ou au niveau national. C’est pourquoi de nombreux plans de travail de la Commission comprennent des activités liées au recueil de ces données à travers des exercices d’évaluation de la taille des marchés et de quantification. Le rapport de 2012 de la Commission indique également que des efforts d’amélioration de la quantification sont indispensables et partie intégrante de l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement. Ce guide offre des exercices pratiques sur l’estimation des quantités d'intrants nécessaires aux programmes dans le cadre d’un exercice de quantification au niveau national. Si ce guide a été élaboré principalement pour les programmes du secteur public et des organisations non gouvernementales (ONG), la méthodologie présentée peut s’avérer pertinente pour l’estimation des besoins en intrants pour le secteur privé. Comme de nombreux termes liés à la quantification et à la prévision ont été utilisés de différentes manières dans les plans de travail des groupes d’étude et équipes de ressources techniques de la Commission, les définitions suivantes ont été adoptées, afin de définir le champ d’application des activités et tenter d’harmoniser la terminologie à travers toutes les activités de la Commission. Ces définitions correspondent à celles utilisées dans le guide général de quantification : Quantification of Health Commodities: A Guide to Forecasting and Supply Planning for Procurement. (Quantification des intrants de santé : un guide pour la prévision des achats et la planification des approvisionnements). La quantification répond à la question : « Quelle est la quantité d’approvisionnement nécessaire et quand devrait-elle être livrée ? » La quantification comprend à la fois les prévisions et la planification de l’approvisionnement. C’est le processus d’estimation des quantités et des coûts de produits nécessaires pour un programme spécifique de santé (ou un service) et de détermination du moment où les produits doivent être reçus pour garantir Section 1 | Introduction 15 un approvisionnement ininterrompu du programme. La quantification tient compte de la demande attendue des intrants, des coûts unitaires, des stocks existants, des stocks déjà commandés, des stocks périmés, du délai d’approvisionnement, des niveaux de stock minimum et maximum et des frais de livraison. À l’aide de ces informations, la quantité totale des intrants nécessaires et leurs coûts pour le programme sont calculés et comparés aux ressources financières disponibles afin de déterminer les quantités qui doivent finalement être commandées. Les deux sous-éléments du processus de quantification, la prévision et la planification de l’approvisionnement se définissent comme suit : x La prévision répond à la question : « Combien d’intrants faut-il, en quantité, pour répondre aux besoins de santé de la population ? » La prévision consiste à estimer les quantités de produits qui seront effectivement dispensées ou utilisées pour satisfaire les besoins de santé de la population cible pour une période future précise. La prévision peut être basée sur l’historique de la consommation (les quantités dispensées ou utilisées), les services, les données démographiques ou de morbidité ainsi que des hypothèses au sujet de la demande à venir, les programmes planifiés et la performance. Lorsque les données historiques ne sont pas disponibles ou sont peu fiables, des hypothèses seront également indispensables pour estimer la performance programmatique et la consommation de produits. x Le plan d’approvisionnement est le résultat final de la quantification ; il fournit en détails les quantités totales de produits ainsi que leur coûts, permettant d'alimenter la filière d'approvisionnement, pour garantir un approvisionnement optimal et des calendriers de livraison, en tenant compte des délais d'approvisionnement, des niveaux minimum et maximum de stock et des dates souhaitées pour les livraisons. Pour les définitions des termes supplémentaires liés à la prévision et à la planification de l’approvisionnement, se référer au glossaire qui figure à la fin de ce document. Ce guide aidera les gestionnaires de programmes, les prestataires de service et les experts techniques impliqués dans la quantification des intrants de SRMNI, en les orientant avec précision sur les bonnes pratiques méthodologiques de prévision basées sur la morbidité et les données démographiques, afin d’améliorer la qualité des prévisions effectuées au niveau national pour des produits qui sauvent des vies, en l'absence de données sur la consommation ou les services. Ce document sert de supplément et doit être utilisé conjointement avec l’ouvrage principal : Quantification of Health Commodities : A Guide to Forecasting and Supply Planning for Procurement réalisé par l’USAID | PROJET DELIVER et actualisé en 2014 (ci-après désigné sous le nom de : Quantification of Health Commodities). Ce document n’a pas la prétention de fournir des conseils généraux sur les programmes de prise en charge de la santé maternelle et infantile ou les programmes de planification familiale, il n'offre pas non plus d'orientation programmatique sur la sélection ou l'administration des produits dans un pays. En revanche, ce guide aidera les parties prenantes dans les tâches suivantes : x Recueillir et analyser les données nécessaires à la préparation des prévisions ; x Élaborer les hypothèses prévisionnelles tenant compte des écarts de données, des considérations programmatiques et des facteurs environnementaux ; Section 1 | Introduction 16 x Organiser les données et les hypothèses pour être capable de calculer, pour chaque produit, les quantités qui seront probablement consommées par les clients pendant la période de prévision. Nous recommandons d’effectuer ces estimations annuelles pour une période de prévision s’étalant sur deux ans. Les résultats des méthodes de prévision indiqués dans le présent document ne doivent pas être utilisés directement pour l’approvisionnement. L’étape de planification de l’approvisionnement est l'occasion de comparer les besoins estimés avec les stocks existants, les livraisons en cours, les budgets disponibles, la durée de conservation des produits et autres données essentielles pour déterminer le plan d’approvisionnement et les calendriers de livraisons. Une fois la prévision calculée, l'équipe de quantification doit se référer au guide original Quantification of Health Commodities pour des conseils sur la planification de l’approvisionnement. Pour chacun des 13 produits prioritaires, ce document offre des informations et des conseils portant sur : x Description des produits, indications et motifs d’utilisation ; x Types de données nécessaires à la prévision et sources potentielles de ces données ; x Élaboration des hypothèses de prévisions et calcul de la prévision de la consommation à l’aide d’un algorithme prévisionnel ; x Intégration de considérations spécifiques au produit et aux programmes au sein des hypothèses de prévision ; x Produits supplémentaires, consommables et équipements nécessaires. Ce guide comprend également des considérations générales pour la prévision de ces intrants, des références et un inventaire des outils. Au cours des semaines et des mois qui précèdent l’exercice de quantification pour l’un des 13 produits identifiés par la Commission, les animateurs et le personnel technique doivent étudier les sections correspondantes de ce document pour guider le recueil des données et les exercices de planification. Pendant l’exercice de quantification, ce guide peut servir de référence aux participants pour expliquer les méthodes à mettre en application. L’équipe de quantification devra adapter les exemples d’algorithmes de prévision au contexte du pays et à la portée de l’exercice de quantification qu’elle met en œuvre. Ce guide est conçu pour aider les gestionnaires de programmes, les prestataires de service et les experts techniques à utiliser leur connaissance sur les produits qu’ils gèrent et les programmes qu’ils mettent en œuvre afin d’évaluer les quantités de produits qui seront Section 1 | Introduction 17 nécessaires pour servir les clients bénéficiant de leurs programmes pendant une période donnée. Les exemples programmatiques ont pour objet d'illustrer le processus d'élaboration d'hypothèses de prévision d’après les décisions de planification des programmes et les estimations les plus justes de la demande attendue en produits et services, mais ceux-ci devront être adaptés par l’équipe de quantification au contexte local et à la portée de l’exercice en cours. En l'absence de données historiques fiables sur la consommation ou les services permettant d'effectuer une prévision pour les programmes, la méthode de prévision sera fondée sur des hypothèses. Selon l’ouvrage : Quantification of Health Commodities: Contraceptive Companion Guide, « Si vous ne possédez pas de données historiques sur la consommation ou les services – par exemple, lors de la mise en œuvre d’un nouveau programme ou service ou lors de l’introduction d’une nouvelle méthode contraceptive ou d’un nouveau produit — les prévisions … prennent la forme d’un exercice axé sur des hypothèses qui demande la participation d’un large éventail de partie prenantes clés. Vous devez déduire des hypothèses éclairées à partir de données issues d'études, des expériences d’autres pays ainsi que des connaissances et compétences des gestionnaires de programmes, des partenaires de mise en œuvre, des prestataires de services et des experts techniques. Les hypothèses et les résultats de la prévision doivent être formulés, faire l’objet d’un consensus et être approuvés par les principaux décideurs, responsables de la mise en œuvre et prestataires de service qui seront en charge de la gestion et de l’offre de ces . services et produits spécifiques ». Il peut s’avérer nécessaire de tenir compte des données manquantes ou de qualité incertaine, comme des données peu fiables, obsolètes ou incomplètes. Le degré de manque de fiabilité des données et son niveau d’influence sur les décisions sera fonction du degré de gravité des problèmes affectant les données, mais le problème doit être noté. Ces limites ne signifient en aucun cas qu'une quantification ne puisse être réalisée avec des données imparfaites. En revanche, dans ce cas, il est essentiel d'analyser de plus près les données , les hypothèses et les résultats disponibles et de bien comprendre les imperfections, les restrictions d'application et les risques, qu'ils soient financiers ou autres, encourus par l’utilisation de tels hypothèses, données et résultats. Par conséquent, les prévisions doivent faire l’objet de révisions fréquentes et doivent être mises à jour dès que de nouvelles données sont disponibles – qu’il s’agisse de valider les hypothèses proposées ou de les examiner à nouveau et d’apporter des modifications aux prévisions et au plan d’approvisionnement, le cas échéant. Nous recommandons d’inclure un large éventail de personnes dans l’équipe de quantification ou dans le comité de coordination, surtout en ce qui concerne la partie prévisionnelle de l’exercice. Le comité de coordination peut comprendre des représentants de programmes appartenant à la fois des secteurs public et privé, qui connaissent les produits et plans ; le personnel des équipes logistiques travaillant dans les dépôts ; le personnel responsable des achats ; le personnel des unités pharmaceutiques ; les experts techniques ainsi que les donateurs ou bailleurs de fonds.2 De plus, certains membres (un membre au moins) de l’équipe de quantification doivent savoir manier le logiciel MS Excel™ ou tout autre logiciel ou application servant à la gestion et au calcul des données prévisionnelles. La figure ci-dessous, issue de Quantification of Health Commodities, illustre les étapes de la quantification avec des conseils sur la prévision pour les des 13 produits identifiés par la Commission, qui sont indiqués dans les encadrés « Préparation » et « Prévision ». (Une autre représentation graphique du processus de quantification, comprenant les « ressources » et les « résultats » pour chaque étape, figure en Annexe A.) Les utilisateurs de ce guide doivent se référer à l’ouvrage Quantification of Health Commodities pour préparer les plans d'approvisionnement pour chaque produit. Section 1 | Introduction 18 La quantification n’est jamais un exercice unique, mais plutôt un processus répétitif. Les plans d’approvisionnement doivent être suivis de près et les prévisions mises à jour de manière régulière, au fur et à mesure que des données, nouvelles ou meilleures, deviennent disponibles afin de vérifier toutes les ressources et hypothèses et de les réviser si nécessaire. Ceci est particulièrement important pour des programmes ou produits qui sont nouveaux ou récemment introduits, qui ont peu de données historiques et où les prévisions dépendent largement des hypothèses d’évaluation de la demande ou de l’utilisation. Source: USAID | DELIVER PROJECT. Le guide Quantification of Health Commodities: A Guide to Forecasting and Supply Planning for Procurement. (La quantification des intrants de santé : un guide pour la prévision et la planification de l’approvisionnement en vue des achats.) Section 1 | Introduction 19 Le choix de la méthodologie dépendra du type de données disponibles pour l’équipe de quantification et de leur qualité. Les différents types de données sont : x Les données sur la consommation (ou les données de substitution sur la consommation) ; x Les données sur les services ; x Les données sur la morbidité et/ou les données démographiques ; x Les cibles des programmes. Se référer à l’Annexe B pour la description de chaque type de données et des méthodes de prévision correspondantes, ainsi qu’au guide Quantification of Health Commodities pour une analyse comparée des types de données et des avantages des différentes méthodes. En ce qui concerne les produits de planification familiale, les sources, atouts et défis associés à chaque méthode sont examinés en détails dans Quantification of Health Commodities: Contraceptive Companion Guide. Il est classique d’utiliser les données sur la consommation réelle des produits pour les programmes et produits bien établis pour lesquels des données historiques de consommation sont fiables, disponibles et considérées comme représentatives des besoins des programmes à venir. La méthode s’appuyant sur la consommation est traitée en profondeur dans Quantification of Health Commodities, Quantification of Health Commodities: Contraceptive Companion Guide (pour les produits de planification familiale) 3, et Quantification of Health Commodities: Community Case Management Products Companion Guide (pour les produits de santé pédiatriques) 4. Dans de nombreux pays, certaines données sur la consommation existent, mais elles sont limitées ; dans ce cas, il est fortement recommandé de mener plusieurs exercices de prévision et d’en comparer les résultats. Cette méthode est également abordée dans le guide principal. Puisque certains programmes n’effectuent ni recueil ni rapport sur les données de consommation ou n’en possèdent aucune image claire, ce guide propose des solutions pour effectuer une prévision lorsque les données sur la consommation sont limitées ou dans le cas du lancement ou de l'expansion de produits nouveaux ou moins utilisés. La nature même des 13 intrants méconnus ou sous-utilisés et identifiés comme prioritaires par la Commission suggère qu’actuellement ils ne sont pas utilisés ou disponibles en quantités suffisantes pour atteindre leur impact optimal sur la santé ; en conséquence, leurs données historiques sous-estimeraient dans bien des cas la demande potentielle. Les éléments pouvant fournir des informations potentielles et les sources éventuelles de ces données sont expliqués en détails dans les algorithmes prévisionnels pour chaque produit. Mise en garde : Quantification of Health Commodities remarque que les estimations fondées sur la morbidité ou les données démographiques sont souvent utilisées pour estimer l’ensemble des besoins non satisfaits pour un service ou un traitement dans un programme ou un pays donné, sans tenir compte des capacités dudit programme ou du volume réel de services fournis ou quantités de produits utilisées. Donc, les prévisions basées sur la morbidité ou les données démographiques peuvent représenter les limites supérieures des besoins potentiels en médicaments pour un programme. Cette estimation de la limite supérieure doit être revue à la baisse à l’aide d’hypothèses réalistes sur les offres ou couvertures de service car les responsables de la planification se servent de ces méthodes en l’absence de données fiables sur la consommation ou les services. Section 1 | Introduction 20 Si le même produit existe dans le pays sous différentes formes (par exemple différentes marques ou conceptions) de telle sorte que l’équipe de quantification estime que les efforts programmatiques ou autres éléments incitatifs pour l’utilisation peuvent varier selon les marques ou conceptions, il peut être nécessaire d'effectuer des prévisions par marque ou conceptions afin de pouvoir y attribuer différentes hypothèses. De même, les marques peuvent être distribuées par des fournisseurs différents. Selon le produit, les choix des marques peut être dicté par les programmes de santé, les prestataires ou les préférences des clients. Les programmes qui gèrent des marques différentes peuvent également posséder des plans distincts pour la création de la demande, le renforcement des capacités des prestataires, l’approvisionnement d’’ équipement aux établissements, ou l’affectation d’unités mobiles pour des procédures plus complexes, etc. L’équipe de quantification peut donc avoir besoin d’élaborer des hypothèses distinctes selon l'augmentation (ou la diminution) de la demande de telle ou telle marque. L’utilisation de services connexes offerts par le secteur public ou le secteur privé peut aussi être légèrement différente, ce qui peut modifier les prévisions. S’il existe plus d’une source programmatique (par exemple, le secteur public, le marketing social ou les cliniques privées) offrant des intrants dans le pays, il sera probablement nécessaire d'effectuer des prévisions distinctes du nombre de clients selon la source d’approvisionnement – au moins pour spécifier le nombre de clients qui seront desservis ou le nombre de cas pris en charge selon les sources définies dans l’exercice de quantification. Par exemple, si le secteur public est le seul programme inclus dans la quantification, vous devrez alors calculer le nombre de clients qui sera desservi ou le nombre de cas qui sera traité par ce secteur. Les clients ou cas pris en charge par d'autres secteurs seront alors exclus. Les 13 produits identifiés par la Commission appartiennent à quatre catégories : les produits de santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile. En raison de la méthode de prévision s’appuyant sur la morbidité ou les données démographiques couvertes dans ce guide, il est important de tenir compte des caractéristiques et habitudes d’utilisation pour chaque produit. Les produits sont énumérés ci-dessous ; chaque produit sera décrit en détails, par section. La Commission a retenu en priorité trois types de produits de planification familiale : les pilules contraceptives d’urgence, les préservatifs féminins et les implants contraceptifs. Il existe de nombreux documents de conseils sur la prévision des méthodes contraceptives. Le guide Quantification of Health Commodities: Contraceptive Companion Guide, est une ressource essentielle. De plus, le guide Forecasting Guide for New and Underused Methods (Guide pour la prévision de méthodes nouvelles ou sous-utilisées)5 explique comment élaborer des hypothèses de prévision lorsqu’il n’existe aucune donnée sur l’évolution de la consommation, ce qui en fait une source particulièrement pertinente d’informations pour les Section 1 | Introduction 21 trois produits de planification familiale qui figurent sur la liste de la Commission. Les utilisateurs de ce guide sont fortement encouragés à se référer à ces ressources. Les trois produits de santé maternelle sont l’ocytocine et le misoprostol pour la prévention ou le traitement des hémorragies du postpartum et le sulfate de magnésium pour le traitement de l’éclampsie et de la pré-éclampsie sévère pendant la grossesse. Les quatre produits de santé néonatale sont les corticostéroïdes anténatals pour le traitement du syndrome de détresse respiratoire chez les prématurés, la chlorhexidine pour les soins ombilicaux du nouveau-né, les antibiotiques injectables pour la septicémie du nourrisson et l’équipement de réanimation néonatale pour le traitement de l’asphyxie du nouveau-né. Les trois produits de santé infantile sont l’amoxicilline pour le traitement de pneumonie, les sels de réhydratation orale (SRO) et le zinc pour le traitement de la diarrhée. Pour des informations supplémentaires sur la quantification des produits de santé infantile administrés au niveau communautaires, se référer à Quantification of Health Commodities: Community Case Management Products Companion Guide élaboré par le projet Supply Chains for Community Case Management (SC4CCM). Section 1 | Introduction 22 1 UN Commission on Life-Saving Commodities for Women and Children. Commissioners’ Report, September 2012. 2 JSI Research & Training Institute, Inc. 2014. Guidance and Resources for Inclusion of Reproductive, Maternal, Newborn, and Child Health (RMNCH) Commodities in National Commodity Supply Coordination Committees. Arlington, Va: JSI Research & Training Institute, Inc., for the UN Commission on Life-Saving Commodities for Women and Children, Supply and Awareness Technical Reference Team 3 USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 4. 2011. Quantification of Health Commodities: Contraceptive Companion Guide. Forecasting Consumption of Contraceptive Supplies. Arlington, Va.: USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 4. 4 JSI Research & Training Institute, Inc. 2012. Quantification of Health Commodities: Community Case Management Products Companion Guide. Arlington, Va.: Supply Chains for Community Case Management (SC4CCM). 5 Institute for Reproductive Health, Georgetown University (IRH/GU), John Snow Inc. (JSI), and Population Services International (PSI) for the Reproductive Health Supplies Coalition (RHSC). 2012. A Forecasting Guide for New & Underused Methods of Family Planning: What to Do When There Is No Trend Data? Washington, DC: IRH/GU, JSI, and PSI for the RHSC. Quantification des intrants de santé. Supplément SRMNI 23 Cette section présente une description détaillée de chaque produit et des facteurs à prendre en compte lors de l’estimation des quantités nécessaires pour répondre aux besoins du programme ou des clients. Il fournit également un algorithme de prévision pour chaque produit, afin de guider le processus de formulation d’hypothèses permettant d’arriver à la quantité de produit nécessaire. Pour chaque produit, cette section présente des informations et des recommandations sur les éléments suivants : x Description des produits, indications et motifs d’utilisation ; x Types de données de prévision nécessaires et sources potentielles de données ; x Formulation des hypothèses de prévision et calcul de la consommation projetée à l’aide d’un algorithme de prévision ; x Intégration dans les hypothèses de prévision des éléments spécifiques au produit et au programme à prendre en considération ; x Informations sur les produits supplémentaires, les consommables ou les équipements requis. Quantification des intrants de santé. Supplément SRMNI 24 Quantification des intrants de santé. Supplément SRMNI 25 Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 26 ' Les pilules contraceptives d'urgence (PCU) sont habituellement des contraceptifs oraux contenant de la progestérone seule, indiqués pour prévenir une grossesse à la suite de rapports sexuels non protégés ou protégés de manière inadéquate. Elles peuvent être utilisées lorsqu’aucun contraceptif n’a été utilisé, lorsqu’un contraceptif a été utilisé de manière incorrecte ou en cas de constat immédiat de l'échec du contraceptif utilisé.1 La plupart des PCU peuvent être prises jusqu’à cinq jours après un rapport sexuel non protégé, bien que leur efficacité diminue au fur et à mesure que le délai entre le rapport sexuel et la prise de la PCU augmente. Les PCU ne sont pas efficaces si la femme est déjà enceinte, car elles agissent principalement en empêchant ou en retardant l’ovulation. Trois schémas posologiques de contraceptifs oraux sont conditionnés et étiquetés spécifiquement pour la contraception d’urgence (CU) : x 1 comprimé de lévonorgestrel 1,5 mg ou 2 comprimés de lévonorgestrel 0,75 mg ; x 1 comprimé d’acétate d'ulipristal 30 mg ; x 1 comprimé de mifépristone 10-25 mg (disponibilité limitée). La Commission mentionne spécifiquement les formes galéniques contenant du lévonorgestrel seul sur sa liste de produits qui sauvent la vie. Dans les pays en développement, les formes contenant du lévonorgestrel seul sont les PCU les plus largement disponibles. Ce guide de prévision couvre les formes galéniques de lévonorgestrel seul, bien que cette méthodologie puisse également s’appliquer aux autres formes de PCU si ces produits sont gérés par un programme national. Certains types de contraceptifs oraux ordinaires combinés (connus sous le nom de « méthode Yuzpe ») peuvent également être utilisés comme contraceptif d'urgence. L'algorithme de prévision suivant ne prend pas en compte la méthode Yuzpe, car les rapports concernant ces pilules et leur réapprovisionnement s’effectuent avec les approvisionnements en contraceptifs oraux combinés. L'insertion d'un dispositif intra-utérin (DIU) est la méthode de contraception d'urgence la plus efficace, mais elle n'est pas concernée par ce guide. Les PCU sont sûres pour toutes les femmes en âge de procréer (y compris les adolescentes et les femmes plus âgées durant la période de la péri-ménopause). Hormis les DIU, elles représentent la seule méthode qu’une femme peut utiliser en urgence pour prévenir une grossesse après un rapport sexuel non protégé ou en cas d'échec d’une méthode de contraception. Leur efficacité dépend toutefois de l’adéquation de la dose et de leur utilisation correcte par l’utilisatrice finale. La plupart des estimations d’efficacité pour les PCU à base de lévonorgestrel suggèrent qu’elles préviennent entre 59 % et 95 % des grossesses attendues.2 La contraception d'urgence est importante non seulement pour les femmes qui n’ont pu contrôler leur exposition à des rapports sexuels, comme dans les cas de violences sexuelles, mais également pour les couples qui ont besoin d’une contraception après des rapports non protégés (y compris en cas d’échec d’une méthode). Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 27 La demande de PCU est imprévisible car celles-ci ne sont généralement pas utilisées de manière habituelle ou continue comme méthode de planification familiale. Leur utilisation, en outre, dépend largement des connaissances des clientes et des prestataires. La population qui utilise les PCU est probablement un sous-groupe de la population totale intéressée par l'utilisation – ou qui utilise déjà – une méthode de contraception moderne. Par exemple, si une femme utilise un préservatif et si celui-ci se rompt, si elle oublie de prendre sa pilule, si elle reçoit son injection en retard, elle saura immédiatement que sa méthode à courte durée d’action a échoué. Si elle connaît les PCU, elle peut les utiliser comme méthode de secours. Toutefois, une femme utilisant une méthode à action prolongée ne saura pas nécessairement immédiatement si sa méthode a échoué. Les méthodes à action prolongée sont aussi généralement moins susceptibles d'échouer, de sorte que les utilisatrices de ces méthodes sont moins susceptibles d'avoir recours aux PCU. De plus, les PCU peuvent également être utilisées dans le cadre des soins dispensés à la suite d’un viol, par les femmes réfugiées et dans les contextes de crise humanitaire,3 ainsi que par d'autres femmes qui n'utilisent aucune méthode. La connaissance demeure un obstacle important à l'utilisation. La PCU est souvent l'une des méthodes de planification familiale moderne les moins connues et les moins utilisées dans les pays en développement. De nombreux pays n'ont toujours pas inscrit les pilules contraceptives d'urgence sur la liste nationale des médicaments essentiels (LNME). Les indicateurs de sécurité contraceptive compilés pour 2013 montrent que 25 des 43 pays étudiés (soit 58%) ont inscrit les PCU sur leur LNME.4 Il apparaît que les pays reconnaissent de plus en plus l’importance de cette méthode et l’ajoutent à leurs listes respectives à l’occasion des mises à jour. Par exemple, d’après une enquête de 2011, le Rwanda et le Sénégal ont ajouté les PCU à leurs LNME lors de la dernière révision des listes.5 Dans certains pays, la demande est différente dans le secteur privé et le secteur public, ce qui complique les prévisions du secteur public ou du gouvernement, ainsi que l’approvisionnement. Selon les Indicateurs 2013 de sécurité contraceptive, la gestion des PCU est assurée par le secteur public dans 55 % des pays étudiés, par les ONG dans 73 % des pays étudiés, par le secteur du marketing social dans 36 % des pays étudiés et par le secteur commercial dans 93 % des pays étudiés. Dans les pays étudiés, les PCU sont proposées en moyenne dans deux de ces quatre secteurs. Au Kenya, par exemple, le marché des PCU dans le secteur commercial est florissant et les ventes sont élevées, tandis que la distribution dans le secteur public a pris du retard. Parmi les raisons de cette progression lente dans le secteur public, on peut citer la préférence des femmes pour la rapidité et la confidentialité qu’offrent les pharmacies privées et que les femmes acceptent de payer, et le fait que la fourniture par le secteur privé s’accompagne rarement d’une formation et d’une orientation appropriées du personnel des cliniques publiques ou d’activités de génération de la demande à l’intention des femmes. En outre, les PCU peuvent être offertes à travers des points de vente traditionnels ou non traditionnels tels que les services d’urgence des hôpitaux, les camps de réfugiés et de personnes déplacées, les pharmacies, les prisons et les écoles. L’accès et la disponibilité peuvent être influencés par des problèmes tels que l’agrément et l’enregistrement des produits, ainsi que par la possibilité pour les clientes de se procurer cette méthode sans ordonnance. Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 28 Source : A Forecasting Guide for New & Underused Methods of Family Planning6 La PCU étant une méthode nouvelle pour de nombreux programmes du secteur public, il peut être difficile de faire des prévisions pour les pilules contraceptives d’urgence en raison de l’absence de données fiables et régulières sur la consommation et d'autres données. Dans la mesure du possible, nous recommandons que les sources réelles de données ou les exemples tirés des exercices de quantification passés soient utilisés comme base pour formuler des hypothèses. Les estimations doivent être alignées de manière réaliste sur les plans programmatiques et capacités visant à commencer ou étendre l’offre de PCU dans un secteur donné, surtout si la contraception d’urgence est bien établie dans d’autres secteurs. Par exemple, le secteur commercial privé joue un rôle prépondérant et établi en matière de d’approvisionnement de la pilule contraceptive d’urgence dans certains pays, les équipes de quantification doivent se montrer prudentes dans l’extrapolation de la demande du secteur commercial privé des PCU vers les besoins du secteur public. L’équipe de quantification devra décider quelles données et quelles hypothèses fondées sur des données probantes conviennent le mieux à la situation de leur pays ou programme. Ainsi, tous les types de données mentionnés ci-dessous ne sont pas nécessairement applicables ou nécessaires à chaque pays ou exercice de prévision. x Population cible o Pourcentage de femmes en âge de procréer (FAP), c.-à-d. femmes à risque de grossesse o Taux de prévalence contraceptive (TPC) (méthodes modernes) o Pourcentage de FAP déclarant avoir déjà eu recours à la PCU. o Pourcentage d’utilisatrices de méthodes modernes utilisant des méthodes contraceptives a courte durée d’action o Pourcentage de femmes dont les besoins en matière de contraception ne sont pas satisfaits o Pourcentage de FAP qui n’utilise aucune méthode de contraception o Incidence de viol (ou taux de violence basée sur le genre) o Taux d'échec des méthodes à court terme o Pourcentage de femmes ayant connaissance des méthodes contraceptives d'urgence (CU) o Pourcentage de femmes ayant accès aux méthodes contraceptives d’urgence (CU) o Comportement de recherche des soins de santé x Gamme de produits utilisés (répartition en pourcentage selon les marques/forme galéniques) x Éventail de sources utilisées (répartition en pourcentage selon les sources d’approvisionnement) x Protocoles de dispensation (par ex., nombre de PCU dispensées par épisode nécessitant CU) x Autres estimations d’utilisation attendue/continue de CU x Changements programmatiques susceptibles de modifier la demande en PCU (modification de protocole de dispensation, augmentation des services, activités modifiant la demande, modification du nombre de prestataires formés ou du nombre d’établissements équipés pour fournir les méthodes, augmentation du nombre de femmes à la recherche de PCU) Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 29 Les sources potentielles de données sont indiquées dans le Tableau 1. Il est indispensable de documenter toutes les données et hypothèses utilisées pour les prévisions, de sorte que d’autres personnes puissent examiner, comprendre, ainsi que mettre à jour ou réviser les données ou hypothèses lorsque de meilleures informations deviennent disponibles. Cette documentation peut également servir de référence pour des prévisions ou ajustements ultérieurs. La méthodologie de prévision standard utilisant des données démographiques consiste à estimer le nombre d’utilisatrices de la méthode (le cas échéant, stratifié par spécialité et par source) et de le multiplier par le facteur année-couple de protection (CAP) spécifique. Le facteur CAP correspond au nombre estimé de doses requises pour protéger un couple de la grossesse pendant un an. Toutefois, la PCU n’étant pas couramment utilisée comme méthode de contraception principale pour la protection annuelle du fait que très peu de femmes ayant déjà utilisé une CU l’utilisent plusieurs fois,7 l’équipe de quantification peut choisir d’estimer, à la place, le nombre de femmes qui subissent un événement nécessitant une PCU et de le convertir en quantités en multipliant par une dose (boîte) par événement (ou un autre facteur de conversion, selon les protocoles de dispensation dans le pays). Données Source Limites Prévision Population totale Données des recensements nationaux, base de données internationale de l’US Census Bureau,8 EDS Peuvent être obsolètes (cela peut être le cas pour toutes les sources de données énumérées) ; il peut être nécessaire d'appliquer un taux de croissance annuelle estimée pour les années visées par la prévision Pourcentage de femmes dans la population Données des recensements, EDS, enquêtes sur la santé reproductive (ESR) Peuvent être obsolètes (cela peut être le cas pour toutes les sources de données énumérées) ; il peut être nécessaire d'appliquer un taux de croissance annuelle estimée pour les années visées par la prévision Nombre ou pourcentage de femmes en âge de procréer (15 à 49 ans) Données de recensement, EDS, ESR Peuvent être obsolètes (cela peut être le cas pour toutes les sources de données énumérées) ; il peut être nécessaire d'appliquer un taux de croissance annuelle estimée pour les années visées par la prévision Taux de prévalence contraceptive (TPC) (méthodes modernes) Enquêtes sur la santé des familles, EDS, ESR, enquêtes nationales sur la santé Peuvent être obsolètes (cela peut être le cas pour toutes les sources de données énumérées) ; il peut être nécessaire d'appliquer un taux de croissance annuelle estimée pour les années visées par la prévision Prévalence des méthodes à court terme (préservatifs féminins, préservatifs masculins, contraceptifs oraux, contraceptifs injectables) Enquêtes sur la santé des familles, EDS, ESR, enquêtes nationales sur la santé Peuvent être obsolètes (cela peut être le cas pour toutes les sources de données énumérées) ; il peut être nécessaire d'appliquer un taux de croissance annuelle estimée pour les années visées par la prévision Taux d'échec des méthodes à court terme Technologie contraceptive9 L'efficacité contraceptive peut différer des normes américaines Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 30 Données Source Limites Besoins non satisfaits EDS ou enquêtes similaires Les données peuvent être sous- estimées PCU déjà utilisée EDS (Les EDS entre 2009 et 2014 ne tiennent pas compte de la PCU déjà utilisée) ou enquêtes similaires Les données peuvent être sous- estimées Incidence des viols ou de violence basée sur le genre (VBG) EDS, enquêtes nationales Les données peuvent être sous- estimées Connaissance de la contraception d'urgence EDS ou enquêtes similaires Les données peuvent être sous- estimées FAP ayant accès aux services de santé EDS, SARA (services d’évaluation de l’accès et de la disponibilité), enquêtes nationales Les données peuvent être non disponibles ou obsolètes FAP susceptibles de demander une CU (demande de services de santé) Études comportementales, informateurs clés Les données ne sont pas toujours disponibles ou fiables et peuvent différer selon les produits Gamme de produits Rapports du ministère de la santé, dossiers SIGL, dossiers des structures sanitaires, EDS, enquêtes par grappes à indicateurs multiples (MICS) Peuvent ne pas être représentatifs si le produit est commercialisé depuis peu Éventail des sources (part en pourcentage du secteur public, du secteur du marketing social, etc.) Informateurs clés/ marketing social, EDS Les données peuvent être incomplètes Protocoles de dispensation des PCU/quantité de PCU délivrée par événement Liste nationale des médicaments essentiels, protocoles de traitement standard, recommandations de l’OMS, ministère de la santé, enquêtes Le non-respect par le fournisseur peut fausser les prévisions CAP MEASURE Evaluation ESR Base de données des indicateurs de planification familiale et de santé reproductive10 Le facteur CAP pour les PCU est de 20 doses, ce qui peut conduire à une surestimation des quantités nécessaires si les FAP utilisent les PCU uniquement pour une protection épisodique et non annuelle Plans programmatiques Programmes gérant les PCU ou travaillant avec des utilisatrices actuelles ou potentielles Les cibles des programmes ne correspondent pas toujours de manière réaliste à la capacité du programme et du système. Peuvent être anecdotiques et ne pas refléter précisément la réalité en cas de commercialisation d'un nouveau produit Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 31 1. Déterminer la portée de la quantification ; 2. Calculer les estimations de la population cible pour les femmes susceptibles d’en avoir besoin et d’utiliser des pilules contraceptives d’urgence ; 3. Estimer la répartition des différents produits ou marques ; 4. Estimer la répartition des différentes sources ; 5. Calculer le nombre estimé de doses de PCU qui seront consommées par an au cours de la période visée par les prévisions. Chaque étape est expliquée en détail ci-dessous. Nous recommandons de préparer des prévisions annuelles pour une période de deux ans. ' Vérifier si la quantification couvrira les besoins en produits de tous les programmes et secteurs du pays, ou seulement ceux de certains des circuits à travers lesquels les PCU seront offertes. Clarifier à quels niveaux du système de santé la gestion des PCU est effectuée. Estimer le nombre de femmes en âge de procréer (FAP), c'est-à-dire âgées de 15 à 49 ans, qui sont susceptibles d’avoir besoin de PCU (y compris les femmes ayant connu un échec avec une méthode à court terme et, le cas échéant, celles recevant une PCU dans le cadre des soins dispensés à la suite d’un viol), connaissent les PCU, y ont accès et iront consulter. Dans certains cas, l’équipe de quantification peut juger utile de subdiviser les FAP en différents groupes, selon les motifs d’utilisation des PCU, car la demande varie selon les motifs, ou parce que les hypothèses concernant la connaissance, l’accès et la demande de traitement peuvent différer selon les motifs d’utilisation. Par exemple, une analyse secondaire d’EDS ou d’autres données peut fournir à l’équipe de quantification une base pour les hypothèses sur les différences d’utilisation des PCU selon l’âge des FAP, leurs statut matrimonial, leur niveau d’éducation, leurs revenus ou d’autres caractéristiques. x Femmes en âge de procréer dans le pays/circonscription du programme. Pour estimer la population des FAP (si cette information n’est pas déjà disponible à partir d’une source de données fiables), on estime les données des recensements et on multiplie le nombre de femmes dans la population par le pourcentage de femmes en âge de procréer. Si les données des recensements sont obsolètes, vous devrez peut-être ajuster la population totale pour tenir compte de la croissance démographique en appliquant le taux de croissance annuel jusqu'aux années visées par la prévision et pour toutes ces années, puis baser les calculs ultérieurs sur les chiffres ainsi obtenus pour déterminer le nombre de FAP pour chacune des années visées par la prévision. Dans l’exemple de cette section, cette méthode est appliquée pour estimer la population totale à partir des données du recensement d’une année antérieure. x FAP exposées à un risque de grossesse. Pour estimer le nombre de FAP exposées à un risque de grossesse, on multiplie le nombre de FAP par les pourcentages combinés des FAP vivant en couple (parfois appelées « actuellement mariées » et des FAP non mariées mais sexuellement actives, si ces données sont disponibles. L’équipe de quantification peut également choisir de prendre en Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 32 considération les femmes non sexuellement actives dans la population cible, dans la mesure où les femmes qui déclarent ne pas être sexuellement actives sont cependant exposées aux grossesses à la suite d’un viol (et sont donc susceptibles d’utiliser des PCU dans le cadre de soins dispensés à la suite d’un viol) - voir le point alinéa ci-dessous intitulé « Autres femmes n’utilisant pas de méthode moderne » Subdivision des FAP Les FAP utilisant une méthode de contraception à action prolongée ou permanente sont très peu susceptibles d’utiliser les PCU. Les femmes utilisant des méthodes à courte durée d’action, telles que les préservatifs (masculin et féminin) les contraceptifs oraux et injectables, sont susceptibles d’utiliser les PCU si elles ne sont pas certaines d’avoir utilisé leur méthode correctement ou si elles pensent que la méthode a échoué. Les femmes dont les besoins ne sont pas satisfaits peuvent choisir d’utiliser les PCU si elles les connaissent et y ont accès. Les femmes qui n’utilisent aucune méthode (même si elles n'expriment aucun besoins non satisfaits) sont susceptibles d'utiliser les PCU en cas de viol. L’équipe de quantification peut donc choisir de subdiviser les FAP en fonction de ces catégories. Voir l’exemple d’algorithme de prévision pour une description visuelle de ces flux distincts. Remarque : Dans les pays où le taux de prévalence des méthodes traditionnelles est élevé, l’équipe de quantification doit privilégier le TPC (plutôt que le seul TPC des méthodes modernes) et les désagréger par utilisatrices des méthodes traditionnelles. Sinon, dans l’algorithme simple décrit ici, les femmes utilisant des méthodes traditionnelles seront inclues dans le calcul des femmes à risque de grossesse à la suite d’un viol. x Utilisation des contraceptifs o Femmes utilisant une méthode moderne. On multiplie le nombre de FAP exposées à un risque de grossesse par le pourcentage de femmes qui déclarent utiliser une méthode moderne de contraception. Femmes dont les besoins en matière de contraception ne sont pas satisfaits. On multiplie le nombre de FAP exposées à un risque de grossesse par le pourcentage de FAP dont les besoins ne sont pas satisfaits (selon le groupe, (femmes en couple, femmes sexuellement actives, ou les deux), pour lesquelles des données sont disponibles). Il s’agit de femmes qui n’utilisent pas une autre méthode et sont susceptibles de choisir d’utiliser des PCU en cas de rapport non protégé. (Remarque : pour l’exemple d’algorithme, ces femmes sont ensuite incluses dans le flux ayant « besoins de PCU » et filtrées en fonction de leur connaissance de la CU, de l’accès à la CU et de la probabilité qu’elles demandent un traitement. L’équipe de quantification peut au contraire choisir d’utiliser la PCU à un niveau jamais encore utilisé et l’inclure dans le flux des traitements de recherche de soins de santé. o Autres femmes, n’utilisant pas ou n’ayant pas besoin de méthode moderne. On multiplie le nombre de FAP exposées à un risque de grossesse par 100, moins la somme du pourcentage de femmes qui déclarent utiliser une méthode moderne de contraception et du pourcentage de celles dont les besoins ne sont pas satisfaits. FAP x (100 – [% TPC + % besoins non satisfaits]) Ajouter à ce nombre, le nombre de FAP qui ne sont pas considérées comme « à risque de grossesse », qui devraient être incluses, les femmes qui n’expriment pas de besoins non satisfaits ou qui peuvent ne pas être sexuellement actives, mais sont susceptibles d’utiliser les PCU en cas de viol. Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 33 x Gamme de méthodes o Certaines femmes utilisant des méthodes à court terme sont susceptibles de choisir des PCU en cas d’échec de leur méthode principale. Pour calculer le nombre de FAP utilisant des méthodes à court terme, on multiplie le nombre de FAP utilisant une méthode moderne par le pourcentage d’utilisatrices de contraceptifs utilisant une méthode à court terme : - Préservatif masculin ; - Préservatifs féminins ; - Contraceptifs oraux (toutes marques et toutes présentations) ; - Contraceptifs injectables (toutes marques et toutes présentations). Remarque : si vous possédez des données sur l’utilisation avec le pourcentage de FAP utilisant chaque méthode moderne, vous devez ajuster chaque pourcentage afin qu’il représente le % d’utilisatrices de contraceptifs modernes de chaque méthode. Par exemple, si 5 % des FAP utilisent des contraceptifs injectables dans un pays où le mTPC est de 45 %, alors le pourcentage d’utilisatrices de contraceptifs injectables est de 5/45 = 11 %. x Échec de la méthode. Pour calculer le nombre d’utilisatrices d’une méthode à court terme qui connaissent un échec avec leur méthode, on multiplie le nombre de FAP utilisant chaque méthode à court terme par le taux d’échec spécifique à la méthode.(Il est possible que les utilisatrices de méthodes à long terme ne reconnaissent pas immédiatement si leur méthode a échoué ; les méthodes à long terme ont aussi généralement un taux d’échec plus faible et en conséquence les utilisatrices de méthodes à long terme utilisent plus rarement des PCU.) Remarque : Si l’équipe de quantification a choisi de désagréger les utilisatrices de méthodes traditionnelles dans une étape antérieure, les taux d’échec estimés doivent être inclus pour les méthodes traditionnelles et inclure ce taux dans les calculs de cette étape. x Soins dispensés à la suite d’un viol. Dans les pays où les taux de violence sexuelle sont élevés et qui offrent des PCU dans le cadre de soins dispensés à la suite d’un viol, ou si les PCU sont disponibles seulement pour les soins à la suite d’un viol, l’équipe de quantification peut choisir de prendre ce groupe de FAP en considération dans la prévision. Les estimations du nombre de femmes demandant une PCU pour cette raison peut dépendre du nombre de cas de violence sexuelle signalés, de la répartition des cas selon l’âge et du pourcentage de survivantes demandant des soins. Si aucune statistique sur l’incidence des viols n’est disponible, l’équipe de quantification peut choisir d’utiliser les données sur le pourcentage de femmes exposées à un risque de violence basée sur le genre comme données de substitution. Ces données peuvent provenir d’organisations qui dispensent des soins à la suite d’un viol, travaillent dans les camps de réfugiés ou élaborent des statistiques sur la violence, s’il en existe. Pour ce calcul, on multiplie les autres FAP qui n’utilisent aucune méthode moderne par le pourcentage de FAP qui sont susceptibles de subir un viol ou une violence sexuelle. Ajouter à cela le nombre de FAP qui ne sont ni en coupe ni sexuellement actives, puisqu’elles peuvent avoir recours à la PCU en cas de viol. Remarque : Dans l’exemple d’algorithme, le recours aux PCU pour ce motif est inclus seulement dans le flux de FAP n’utilisant aucune méthode moderne et n’ayant pas de besoins non satisfaits. Selon l’hypothèse, l’utilisation des PCU par les femmes qui utilisent une méthode moderne ou dont les besoins ne sont pas satisfaits, y compris dans les cas de viol, est déjà prise en compte dans l’algorithme. Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 34 x Connaissance de la CU. Dans de nombreux pays, les faibles taux de connaissance de la CU peuvent avoir une influence significative sur le nombre de femmes demandant réellement une CU, même si elles en ont besoin. L’équipe de quantification peut envisager de prendre en compte la connaissance de la CU comme variable supplémentaire. Il est possible que des données d’EDS sur la connaissance des PCU soient disponibles. En outre, on doit tenir compte des interventions de génération de la demande, en cours et planifiées, qui devraient augmenter la connaissance de la CU, par le biais d’entretiens avec le ministère de la santé et les organismes de marketing social qui peuvent être en mesure de fournir ces données. Pour ce calcul, on multiplie la somme du nombre de femmes ayant des besoins non satisfaits, du nombre de femmes qui connaissent un échec de leur méthode et du nombre de femmes nécessitant des soins à la suite d’un viol, par le pourcentage de femmes qui connaissent la contraception d’urgence. Voir l’exemple d’algorithme pour une description visuelle de cette étape. x Accès à la CU. L’équipe de quantification peut choisir de prendre en compte la probabilité d’accès à la CU, comme le pourcentage de FAP nécessitant une CU qui vivent dans les zones urbaines, ce qui laissent penser qu’elles sont plus susceptibles d’avoir accès à la CU. Dans les milieux urbains, la connaissance de la CU est parfois meilleure et la population dispose souvent de revenus plus élevés qui leur permettent d’acheter des PCU, ce qui signifie que les pharmacies/points de vente des médicaments des zones urbaines peuvent être plus motivés pour avoir des PCU en stock.11 Ceci peut être particulièrement pertinent dans les milieux où il y a des frais d’utilisation des services du secteur public ou si les prévisions incluent le secteur du marketing social. Une autre possibilité serait de tenir compte du pourcentage de femmes se rendant aux consultations prénatales comme méthode d’accès par substitution. Pour ce calcul, on multiplie le nombre de femmes nécessitant une CU et qui savent que c’est disponible, par le pourcentage de femmes qui y ont accès. Voir l’exemple d’algorithme pour une description visuelle de cette étape. x Demande de traitement ou de services de santé. L’estimation des femmes qui connaissent la CU, y ont accès et la demandent réellement constitue un autre facteur déterminant pour affiner la population cible. Il peut exister des études sur la demande des services de santé dans le pays, mais en l’absence de ce type de données, l’équipe de quantification peut avoir besoin de faire une supposition éclairée quant au pourcentage de femmes ayant besoin d’une CU et qui la demanderont réellement. Si l’équipe de quantification pense que les taux de demande de traitement pourraient varier selon les motifs d’utilisation, il convient d’interroger les associations de plaidoyer qui travaillent auprès des victimes dans le cadre des soins dispensés à la suite d’un viol ou dans les camps de réfugiés et lors de crises sur l’utilisation de la CU afin d’estimer la fréquence d’utilisation dans ces situations. Pour ce calcul, on multiplie le nombre de FAP ayant besoin d’une CU, qui savent qu’elle est disponible et y ont accès, par le pourcentage estimé de femmes qui demanderont un traitement. Voir l’exemple d’algorithme pour une représentation visuelle de cette étape. Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 35 Déterminer le pourcentage de la population cible qui se procure des PCU grâce aux différentes sources d'approvisionnement, telles que le secteur public, le secteur du marketing social, les ONG et le secteur privé. Vos calculs doivent inclure les secteurs concernés par la portée de la quantification. Ils doivent tenir compte de la « part » actuelle et du fait que l'équipe de quantification s'attend à ce que la « part » de l'approvisionnement total en PCU à laquelle chaque femme aura accès par source évoluera au cours de la période de prévision, par exemple en raison des plans ou campagnes programmatiques, ou de la suppression d'obstacles réglementaires. Lorsque des données sur la consommation ou les services, ou des données d'enquête (telles que les données d'EDS) ne sont pas disponibles, des entretiens avec les organismes de marketing social et le secteur privé seront utiles pour établir une estimation de l'éventail des sources. Si la CU est introduite pour la première fois dans un programme et s'il n'existe pas de données disponibles, les informations concernant l'expérience acquise avec des produits identiques ou similaires (notamment les générations antérieures d'un produit) sur des marchés ou dans des pays similaires, pourront être utiles.12 Ceci étant dit, en particulier dans les pays ou l’utilisation de de PCU au sein de contexte commercial est bien établi, il est prudent de se servir de la demande du secteur commercial comme base d’hypothèse en ce qui concerne la croissance potentielle de programmes ou de marketing pour de nouvelles maques de PCU dans d’autres secteurs. On multiplie le nombre de FAP par marque, par le pourcentage de femmes ayant accès à la CU grâce à chaque source (secteur) d'approvisionnement. L'exemple d'algorithme place l'étape de l'éventail des sources avant celle de l'éventail des marques. L'équipe de quantifications devra déterminer la séquence appropriée si plusieurs marques sont gérées dans le pays ou si les mêmes marques sont gérées par plusieurs sources (secteurs) d'approvisionnement. Pour calculer combien d’utilisatrices de chaque PCU le programme devra desservir, il convient de connaître le nombre de différents types de PCU sont disponibles (différentes marques ou formules) et de posséder des données sur la gamme de produits (la proportion totale d’approvisionnement en PCU désagrégée par marque et par formule) ou d’établir des hypothèses sur le sujet. Si seule une marque, ou formule, de PCU n’est disponible, et est géré par le programme en charge de l’exercice de prévision, il est possible d’émettre l’hypothèse que 100% des besoins en PCU seront couverts par ce produit et vous pouvez éliminer cette étape. Pour les pays où de multiples marques ou formules de PCU sont disponibles, multiplier le nombre de FAP (y compris les femmes ayant besoin de CU, qui ont sensibilisées, ont accès et rechercheront des soins en matière de PCU) par la proportion de chaque marque égalant le total. Voir l’exemple d’algorithme pour une représentation visuelle de cette étape. On convertit le nombre de femmes qui utiliseront les PCU en quantités de chaque produit qui seront nécessaires en multipliant le nombre de FAP (par marque et secteurs d'approvisionnement) par la quantité de chaque produit nécessaire par épisode. Voir l’exemple d’algorithme pour une description visuelle de cette étape. Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 36 L’exemple d’algorithme suivant, Figure 1, donne l’exemple du scenario d’un pays, au sein duquel le public, le marketing social et les secteurs privés gèrent ensemble le marché de la PCU. La portée de là la prévision comprend le public, les secteurs des médias sociaux, avec chaque d’entre eux en charge d’une marque de PCU. Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 37 ' ' Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 38 A1 Pourcentage de FAP vivant en couple ou sexuellement actives A2 Pourcentage de FAP qui ne sont pas en couple ou qui ne sont pas sexuellement actives A3 Besoin non satisfait en matière de contraception A4 Taux de prévalence contraceptive (méthodes modernes) A53 Pourcentage de femmes n'utilisant aucune méthode de contraception moderne et ne signalant aucun besoin non satisfait en matière de contraception : 100 − (% TPC + % besoin non satisfait) A6,7,8,9 Gamme de méthodes (% d’utilisatrices de méthodes modernes correspondant à chaque méthode à court terme) A10 Incidence des viols A11 Taux d'échec selon la méthode (% d'utilisatrices qui connaissent un échec de la méthode au cours d'une année, par méthode) A12 Pourcentage de FAP qui connaît les PCU A13 Pourcentage de FAP ayant accès aux PCU A14 Pourcentage de FAP qui demande un traitement A15 Pourcentage d'utilisatrices qui accèdent à la CU par le secteur public A16 Pourcentage d'utilisatrices qui accèdent à la CU par le secteur du marketing social A17 Pourcentage de la gamme de marques de PCU dans le secteur public A18 Pourcentage de la gamme de marques de PCU dans le secteur du marketing social (% par marque) A19 Facteur de conversion (nombre de doses requises par épisode) La figure 1 illustre les étapes d’un scénario à suivre lors de l’estimation des prévisions concernant les PCU pour la prévention de la grossesse chez les femmes en âge de procréer. Les quantités totales estimées de PCU qui devraient être délivrées aux clientes au cours de chacune des années de la période de prévision constituent le résultat final. Celui-ci ne doit pas être utilisé seul pour les achats. Outre ce chiffre, d'autres données seront utilisées au cours de l'étape de planification de l'approvisionnement. Se reporter au document intitulé Quantification of Health Commodities qui contient des recommandations sur l'étape de planification de l'approvisionnement. Aucun n'est requis. Les PCU de lévonorgestrel seul figurent sur la Liste des médicaments essentiels (LME) de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).13 A la date du 31 octobre 2013, l'OMS avait pré- qualifié la PCU à deux comprimés de lévonorgestrel de Gedeon Richter et les PCU à un et deux comprimés de lévonorgestrel de FamyCare. Plusieurs PCU sont également approuvées par d'autres autorités de réglementation strictes, telles que l'Agence américaine pour l'administration et la surveillance des aliments et des médicaments (FDA) et l'Agence européenne des médicaments (EMA). En outre, plusieurs fabricants produisent des équivalents génériques des PCU. Certains sont actuellement soumis au processus de pré- qualification de l'OMS et sont achetés par des organisations internationales et des gouvernements nationaux.14 Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 39 L'accès aux PCU et leur disponibilité sont influencés par plusieurs facteurs, parmi lesquels l'octroi de licences, l'enregistrement, le coût, la possibilité pour les clients d'obtenir la méthode sans ordonnance, ainsi que les horaires et la situation géographique des établissements, pour faire en sorte que les clientes puissent accéder à la CU dans un délai de 5 jours après un rapport sexuel non protégé. Des pilules contraceptives d'urgence à base de lévonorgestrel sont enregistrées pour la vente et la distribution dans plus de 140 pays. Même dans les pays ou aucun produit spécifique n'a été enregistré, la CU peut parfois être fournie avec une licence d'importation spéciale et les femmes peuvent toujours utiliser une dose plus élevée de pilules contraceptives ordinaires pour la CU, comme indiqué. Le site suivant compile des données sur la situation de la CU dans de nombreux pays – http://www.emergencycontraception.org.15 ' Le pays X souhaite estimer les quantités de pilules contraceptives d’urgence qui seront consommées par les clientes de ses programmes de santé reproductive / planification familiale du secteur public, ainsi que par le biais du marketing social pendant les deux années à venir. Données disponibles (toutes les données des EDS de l’année en cours) x La population totale pour l’année actuelle (Population Reference Bureau) : 16 000 000 x Taux de croissance de la population (PRB) 3,1 % x Pourcentage de femmes dans la population (EDS) : 51 x Pourcentage de femmes en âge de procréer (EDS) : 44,3 x Pourcentage de FAP utilisant une méthode moderne de contraception (TPC) (EDS) : 42 x Pourcentage de FAP utilisant un préservatif masculin (EDS) : 2,70 x Pourcentage de FAP utilisant un préservatif féminin (EDS) : 0,10 x Pourcentage de FAP utilisant des contraceptifs oraux (EDS) :1,90 x Pourcentage de FAP utilisant des injectables (EDS) : 19,20 x Pourcentage de FAP dont les besoins en matière de contraception ne sont pas satisfaits (EDS) : 27 x Pourcentage de clientes qui a accès aux PCU selon la source (EDS) : secteur public : 82, marketing social : 15 x Pourcentage de FAP qui connaît la CU (EDS) : 35 Hypothèses sur lesquelles l’équipe de quantification s’est accordée par consensus pour la période de prévision considérée x Aucun changement prévisionnel sur le pourcentage de femmes dans la population x Aucun changement prévisionnel sur le pourcentage de femmes en âge de procréer x Toutes les FAP sont à risque de grossesse x Estimation du taux d’augmentation annuelle du TPC (en raison de l’augmentation des méthodes à long terme) : 1 x Aucun changement prévisionnel à partir de l’année en cours pour l’utilisation de la gamme de méthodes à court terme comme % des FAP x Aucun changement prévisionnel des besoins non satisfaits x Estimation du pourcentage d’augmentation annuelle de femmes connaissant la CU : 1 x Estimation du taux urbain de FAP (qui aura un accès plus facile) : 15 x Pourcentage à la recherche de soins (femmes ayant accès et qui seront à la recherche de PCU) : 20 x Comportement de recherche de soins tous âges confondus, pour la recherche de PCU x Pourcentage par gamme de produit (par marque) et éventail de sources : Marque A (secteur public) : 15 ; Marque B (secteur du marketing social) : 60 (c.-à-d., 25 % représente le secteur commercial, qui n’est pas inclus dans cet exemple) x Gamme de produits/éventail de sources, inchangés pour la période de prévision x Facteur de conversion pour utilisation épisodique 1 dose/traitement requis par épisode (Suite de l’encadré 2 page suivante) Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 40 Ressources Année actuelle Projection Année 1 Projection Année 2 1. Population Taux de croissance de la pop 3,1 % 16 000 000 16 496 000 17 007 376 2. Nombre de femmes dans la population % de la pop qui sont des femmes 51,0 % 8,160 000 8 412 960 8 673 762 3. Femmes en âge de procréer (FAP) % de femmes de 15- 49 44,3 % 3 614 880 3 726 941 3 842 476 4. TPC (méthodes modernes) est.annuelle de l’augmentation du TPC 1,0 % 42,0 % 43,0% 44,0 % 5. FAP utilisant une méthode moderne de contraception 1 518 250 1 602 585 1 690 690 6. Gamme de méthodes - ajusté à partir du % de FAP au % d’utilisatrices par méthode préservatifs. masculins 2,7 % 6,4 % 6,3 % 6,1 % préservatifs. féminins 0,1 % 0,2 % 0,2 % 0,2 % contraceptifs oraux 1,9 % 4,5 % 4,4 % 4,3 % cont. injectables 19,2 % 45,7 % 44,7 % 43,6 % 7. Nombre d’utilisatrices par méthode préservatifs. masculins 97 602 100 627 103 747 préservatifs. féminins 3615 3727 3842 contraceptifs oraux 68 683 70 812 73 007 cont. injectables 694 057 715 573 737 755 8. FAP aux besoins non satisfaits Besoins non satisfaits 27,0 % 976 018 1,006 274 1,037 469 9. Autres FAP n’utilisant pas des méthodes modernes de contraception 100-(%TPC+ %besoins non satisfaits) 1 120 613 1 118 082 1 114 318 10. FAP ayant eu des échecs de méthode moderne à court terme Taux d’échec prés. masculin 18,0 % 17 568 18 113 18 674 Taux d’échec prés. féminin 21,0 % 759 783 807 Taux d’échec cont. oraux 9,0 % 6181 6373 6571 Taux d’échec cont. injectables 6,0 % 41 643 42 934 44 265 11. FAP non protégées à risque de grossesse due au viol incidence de VBG (substitution pour viol) 14,0 % 156 886 156 532 156 005 12. Total des FAP ayant besoin de PCU (total des items 8 + 10 + 11) 1 199 056 1 231 009 1 263 791 13. Connaissance de la PCU est.augmentation annuelle de sensibilisation 1,0 % 35,0% 36,0% 37,0% (Suite de l’encadré 2 page suivante) Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 41 Le résultat final pour chaque année représente la prévision de la demande pour les PCU nécessaires pour la consommation des clientes. L'étape suivante consiste à effectuer la planification de l'approvisionnement afin de prendre en compte les stocks existants, les quantités en commande, d'autres considérations relatives à la chaîne d'approvisionnement, ainsi que le financement disponible pour déterminer les quantités de contraceptifs qu'il convient d'acheter. Se référer au document de référence : Quantification of Health Commodities pour des conseils sur la prochaine étape. Ressources Année actuelle Projection Année 1 Projection Année 2 14. Nombre de FAP qui ont besoin de PCU et en ont connaissance 419 669 443 163 467 602 15. Nombre de FAP qui ont besoin, ont connaissance et ont accès habitants urbains (’accès de substitution à la PCU) 15,0 % 62 950 66 474 70 140 16. total FAP qui chercheront la PCU Probabilité de recherche de PCU 20,0 % 12 590 13 295 14 028 17a. Nombre de FAP cherchant PCU utilisant la marque A (secteur public) %marque secteur public) 15,0 % 1889 1994 2104 17b. Nombre de FAP cherchant PCU utilisant la marque B (secteur de marketing social) % marque B (secteur de marketing social) 60,0 % 7554 7977 8417 18a. Estimation de la consommation annuelle (quantités de produit) - marque A (secteur public) Facteur de conversion pour utilisation épisodique (1 dose par épisode) 1 1889 1994 2104 18b. Estimation de la consommation annuelle (quantités de produit) - marque B (secteur du marketing social) 7554 7977 8417 Section 2.1 | Pilules contraceptives d’urgence 42 1 International Consortium for Emergency Contraception, Emergency Contraceptive Pills: Medical and Service Delivery Guidelines. Third Edition, 2012. New York: ICEC. Available at http://www.cecinfo.org/custom-content/uploads/2013/06/Medical-and-Service-Delivery-Guildelines- English-June-20131.pdf. 2 International Consortium for Emergency Contraception (ICEC), Emergency Contraception: Questions and Answers for Decision-Makers, 2013. New York: ICEC. Available at http://www.cecinfo.org/custom-content/uploads/2013/04/QandAforDecisionmakers20131.pdf. 3 Reproductive Health Response in Conflict (RHRC) Consortium. Emergency Contraception for Conflict-Affected Settings:A Reproductive Health Response in Conflict Consortium Distance Learning Module. 2008. Available at http://www.rhrc.org/resources/general_fieldtools/er_contraception/ec_brochure_english.pdf. 4 USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 4. 2013. Contraceptive Security Indicators Data 2013. Arlington, Va.: USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 4. Available at http://deliver.jsi.com/dlvr_content/resources/allpubs/factsheets/CSIndiData2013.xlsx 5 USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 4. 2012. Contraceptive Security Brief. Emergency Contraceptive Pills: Supply Chain Considerations. Arlington, Va.: USAID | DELIVER PROJECT. 6 Institute for Reproductive Health, Georgetown University (IRH/GU), John Snow Inc. (JSI), and Population Services International (PSI) for the Reproductive Health Supplies Coalition (RHSC). 2012. A Forecasting Guide for New & Underused Methods of Family Planning: What to Do When There Is No Trend Data? Washington, DC: IRH/GU, JSI, and PSI for the RHSC. 7 Morgan, G., Keesbury, J., & Speizer, I. Emergency contraceptive knowledge and use among urban women in Nigeria and Kenya. Stud Fam Plann. 2014 March; 45 (1): 59-72. 8 United States Census Bureau . International Programs. http://www.census.gov/population/international/data/idb/informationGateway.php 9 Trussell, J. Contraceptive Efficacy. In Hatcher RA, Trussell J, Nelson AL, Cates W, Kowal D, Policar M. Contraceptive Technology Twentieth Revised Edition. New York, NY: Ardent Media, 2011. 10 Measure Evaluation PHR. Family Planning and Reproductive Health Indicators Database. http://www.cpc.unc.edu/measure/prh/rh_indicators/specific/fp/cyp 11 International Consortium for Emergency Contraception (ICEC). Emergency Contraception: How far have we come? What's new? What's next? 2011. Final Report on Online Discussion Forum, held March 2nd-16th. New York: ICEC. Available at http://www.cecinfo.org/custom- content/uploads/2012/12/ICEC-IBP-Online-Forum-on-EC-REPORT.pdf. 12 Institute for Reproductive Health, Georgetown University (IRH/GU), John Snow Inc. (JSI), and Population Services International (PSI) for the Reproductive Health Supplies Coalition (RHSC). 2012. A Forecasting Guide for New & Underused Methods of Family Planning: What to Do When There Is No Trend Data? Washington, DC: IRH/GU, JSI, and PSI for the RHSC. 13 World Health Organization (WHO). WHO Model List of Essential Medicines, 18th Edition. Geneva: April 2013. Available at http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/93142/1/EML_18_eng.pdf. 14 USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 4. 2012. Contraceptive Security Brief. Emergency Contraceptive Pills: Supply Chain Considerations. Arlington, Va.: USAID | DELIVER PROJECT. 15 International Consortium for Emergency Contraception (ICEC), Emergency Contraception: Questions and Answers for Decision-Makers, 2013. New York: ICEC. Available at http://www.cecinfo.org/custom-content/uploads/2013/04/QandAforDecisionmakers20131.pdf. Section 2.1 | Préservatifs féminins 43 Les préservatifs féminins sont des dispositifs de barrière insérés à l'intérieur du vagin pendant le rapport sexuel pour prévenir la grossesse non désirée et réduire la transmission du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et des autres infections sexuellement transmissibles (IST). Les préservatifs féminins représentent la seule méthode à l’initiative de la femme à offrir une double protection contre les grossesses non désirées et contre la transmission du VIH et des autres IST. Les préservatifs féminins ne nécessitent pas d'ordonnance, ni l'intervention d'un clinicien hormis pour l'apprentissage initial de sa mise en place. Les femmes de tous âges peuvent utiliser le préservatif féminin. Celui-ci est toutefois particulièrement attirant pour les femmes chez qui les méthodes hormonales provoquent des effets secondaires ; les groupes ayant des comportements à haut risque, tels que les femmes travailleuses du sexe et les autres femmes qui ont de nombreux partenaires sexuels ; les personnes qui souhaitent se protéger des IST, du VIH et d'une grossesse non planifiée ; les hommes qui n'aiment pas l'utilisation des préservatifs masculins, les femmes qui ne peuvent négocier l’utilisation du préservatif masculin et les personnes qui sont allergiques au latex (certains préservatifs féminins sont dépourvus de latex). Les préservatifs féminins peuvent être utilisés conjointement au DIU, aux méthodes hormonales et à la stérilisation, mais jamais avec un préservatif masculin. Des études fournissent de nombreuses données indiquant que le préservatif féminin est complémentaire du préservatif masculin et qu'il contribue à une protection cumulative des rapports sexuels. (C.-à-d., les préservatifs féminins ne sont pas une simple substitution à l’utilisation de préservatifs masculins, ils contribuent à une utilisation accrue des préservatifs masculins et féminins). Les préservatifs féminins ne sont pas aussi bien connus et sont beaucoup moins utilisés que les préservatifs masculins.1 Ils sont classés comme « sous-utilisés » par le Reproductive Health Supplies Coalition’s Caucus on New and Underutilized Methods. La demande et l'utilisation des préservatifs féminins étant faible, les données concernant la consommation et la distribution ne suffisent pas à prédire la demande ou l'utilisation future. Les préservatifs féminins ont un coût unitaire significativement supérieur à celui des préservatifs masculins. S'agissant des préservatifs masculins et féminins, une distinction artificielle peut être faite entre ceux achetés pour les programmes de planification familiale et ceux achetés pour les programmes de prévention du VIH et des IST. Puisque les préservatifs masculins et féminins préviennent tous deux la grossesse et la transmission du VIH et des IST, cette distinction n’est pas nécessaire et peut en réalité constituer un obstacle à l'accès aux préservatifs. En outre, en cas de rupture de stock, les utilisatrices peuvent obtenir des préservatifs auprès d'un programme différent. Par exemple, un patient d'un site de traitement antirétroviral peut obtenir des préservatifs auprès d'un conseiller de planification familiale dans le même hôpital, ou un client de la planification familiale peut obtenir des préservatifs auprès du service de conseil et dépistage du VIH. Enfin, si les utilisatrices peuvent avoir l'intention Section 2.1 | Préservatifs féminins 44 d'utiliser des préservatifs pour se protéger d'une éventuelle grossesse, prévenir la transmission de maladies ou les deux, leur intention n'est pas utile pour les prévisions. De fait, une quantité appropriée de préservatifs féminins doit être mise à la disposition des utilisatrices quel que soit leur objectif. La coordination des prévisions entre différents programmes offre également des avantages (par ex. la possibilité de plus de données et de meilleure qualité sur l'utilisation et les facteurs d'utilisation peut permettre à l'équipe de quantification d'établir de meilleures hypothèses). Il est toutefois possible de subdiviser la prévision par programme (par ex. au niveau « éventail des sources » si cela est nécessaire pour des raisons financières, pour l'établissement des rapports ou pour d'autres raisons liées aux programmes. Il est justifié, pour différents programmes, d'établir en commun des prévisions relatives à leurs besoins en préservatifs ou, au minimum, de partager leurs données. Chaque programme est ainsi mieux à même d'éviter les actions redondantes, de réduire les stocks trop importants et les pénuries dans sa prévision et de planifier le transfert de produits entre les programmes en cas de rupture de stock. Si vous ne pouvez pas éviter d’avoir à fournir des prévisions séparées pour les préservatifs pour un programme de planification familiale et un programme de prévention du VIH et des IST, déterminez quel programme requiert une prévision séparée et ajustez les hypothèses en conséquence. De plus, l'existence de prévisions séparées pour les préservatifs destinés à différents programmes nécessiterait que toutes les données soient différenciées par programme au niveau de la prestation des services. Comme avec les autres méthodes de contraception, les données historiques de consommation constituent habituellement le meilleur point de départ pour les prévisions, à l'exception des programmes qui connaissent une intensification, qui introduisent de nouvelles méthodes ou produits ou qui planifient d'autres initiatives susceptibles de modifier la consommation de manière significative. Le guide Quantification of Health Commodities: Contraceptive Companion Guide traite de l'établissement de prévisions en fonction de la logistique. Puisque la demande et l’utilisation de préservatifs féminins demeurent faibles dans les pays en développement, les données de consommation ou de distribution sont des indicateurs peu fiables de prévision de la demande et de l’utilisation à venir. C’est pourquoi cette section propose une méthodologie possible pour les prévisions concernant les préservatifs féminins lorsque les données logistiques ne sont pas disponibles ou ne sont pas considérées comme représentatives de la consommation future. Il convient d'être prudent dans l'utilisation des données démographiques pour établir des prévisions relatives aux préservatifs masculins et féminins car, dans les EDS, la question relative à l'utilisation de la contraception présente un caractère hiérarchique. Elle ne reflètera pas l'utilisation supplémentaire de préservatifs pour la prévention du VIH et des IST si l'utilisateur a déjà indiqué l'utilisation d'une autre méthode de contraception. Il convient également d'être prudent dans l'utilisation des données démographiques et comportementales relatives à la prévalence des comportements à haut risque ou à la fréquence des actes sexuels non protégés pour déterminer les cibles du programme. Les estimations basées sur ce type de données concernant les utilisateurs potentiels, si elles sont valables et utiles pour les activités de plaidoyer et de définition des objectifs, sont susceptibles de surestimer de manière significative la demande réelle. Les préservatifs féminins, en particulier, font souvent l'objet de prévisions excessives. 2 Les cibles du programme doivent correspondent de manière réaliste à la capacité du programme pour l'estimation des quantités. Il n'est pas recommandé que les programmes utilisent les cibles comme base pour les achats. Section 2.1 | Préservatifs féminins 45 Des sources potentielles de données sont indiquées dans le tableau 2 ci-dessous. Toutes les données et hypothèses utilisées dans le processus de prévision doivent être documentées. D'autres personnes peuvent ainsi consulter, comprendre et mettre à jour ou réviser les données et hypothèses lorsque des informations de meilleure qualité deviennent disponibles. Cette documentation peut également servir de référence pour des prévisions ou ajustements ultérieurs. La formule de prévision consiste à estimer le nombre d'utilisatrices de préservatifs féminins (ce nombre peut être ensuite stratifié par marque et par source) puis à le multiplier par le facteur CAP spécifique à la méthode ou une autre estimation des quantités annuelles de préservatifs féminins nécessaires pour protéger une utilisatrice, pour le convertir en quantités de produit nécessaire. Pour convertir les utilisatrices en quantités de produit nécessaire, il est également possible d'estimer le nombre de rapports sexuels nécessitant un préservatif féminin et de le multiplier par un préservatif féminin par rapport sexuel. L'équipe de quantification devra s'accorder sur les hypothèses émises, les documenter et tenter d'évaluer l'impact qu'auront ces hypothèses sur la prévision finale. Pour estimer au mieux la consommation future, l'équipe doit s'efforcer de formuler des hypothèses aussi précises et raisonnables que possible. x Portée (niveaux régional, national, district ; programmes ; secteurs) x Population cible o Données de recensement et taux de croissance de la population o Nombre ou pourcentage de femmes sexuellement actives (ou femmes de 15-59 ans) : si la prévision ne concerne que les préservatifs féminins pour la planification familiale, utiliser le pourcentage ou le nombre de femmes en âge de procréer, 15-49 ans o Nombre ou pourcentage de travailleuses du sexe (FSW) o Taux de prévalence contraceptive (TPC) o Pourcentage de préservatifs féminins dans la gamme de produits o Pourcentage de femmes ayant utilisé un préservatif féminin lors du dernier rapport x Gamme de produits (si plus d’un type/marque de préservatifs féminins dans la prévision) x Éventail de sources (distribution ou source d’approvisionnement et son pourcentage de répartition) x Facteur couple-années de protection (CAP) x Fréquence coïtale (parmi les femmes en moyenne, parmi les femmes travailleuses du sexe) x Nombre de clientes par année par FSW x Changements programmatiques susceptibles de modifier la demande en préservatifs féminins (modification de protocole de dispensation, augmentation des services, activités suscitant la demande, modification du nombre de prestataires formés ou du nombre d’établissements équipés pour offrir les méthodes) Section 2.1 | Préservatifs féminins 46 Point de données Source Limites Population totale ; taux d'accroissement démographique ; pourcentage ou nombre de FAP (15 à 49 ans) Données de recensement, EDS, ESR Les données peuvent être obsolètes et nécessiter un ajustement pour les années visées par la prévision Nombre ou pourcentage de travailleuses du sexe (FSW) Programmes travaillant avec les FSW ; NAC ; Banque mondiale Les données peuvent ne pas être représentatives Taux de prévalence contraceptive Enquêtes sur la santé des familles, ESR, enquêtes nationales sur la santé, EDS, MICS La qualité des données n’est pas toujours connue, les données peuvent être obsolètes Utilisation des contraceptifs chez les FSW Programmes travaillant avec les FSW, EDS ? Les données peuvent ne pas être représentatives, peuvent être obsolètes Gamme de méthodes (pourcentage utilisant actuellement des préservatifs féminins ou pourcentage de femmes ayant utilisé un préservatif lors du dernier rapport sexuel) EDS, MICS, peut être estimé à partir des rapports du ministère de la santé, des dossiers SIGL, des dossiers des structures sanitaires Ne sont pas toujours complets, la qualité des données n'est pas toujours connue et les données peuvent être obsolètes Fréquence coïtale Enquêtes sur les comportements sexuels, EDS Peuvent ne pas être disponibles pour le pays concerné, peuvent être obsolètes, des analyses spéciales des données peuvent être nécessaires pour obtenir la fréquence Nombre de clients ou actes sexuels par FSW pour une période donnée Programmes travaillant avec les FSW, NAC, Banque mondiale Les données peuvent ne pas être représentatives Facteur couple-années de protection (CAP) MEASURE Evaluation PRH Base de données des indicateurs de planification familiale et de santé reproductive3 Le facteur CAP est de 120 unités Gamme de produits Informateurs clés, dossiers des programmes Les dossiers des programmes peuvent être incomplets ou indisponibles Éventail des sources, par ex. secteur public Informateurs clés/marketing social, EDS Peuvent être anecdotiques et ne pas refléter avec exactitude la réalité en cas de commercialisation d'un nouveau produit Plans programmatiques Programmes gérant les préservatifs féminins ou travaillant avec des utilisatrices actuelles ou potentielles (par ex., ministères de la santé, NAC, ONG) Les cibles des programmes ne correspondent pas toujours de manière réaliste à la capacité du programme et du système Section 2.1 | Préservatifs féminins 47 1. Déterminer la portée de la quantification ; 2. Estimer la population cible ; 3. Déterminer l'utilisation de la méthode de contraception par la population cible ; 4. Déterminer le nombre de femmes utilisant des préservatifs féminins ; 5. Déterminer la gamme de produits (le cas échéant) ; 6. Déterminer l'éventail des sources ; 7. Ajuster en fonction des changements programmatiques ; 8. Estimer la quantité de préservatifs féminins nécessaire par utilisatrice et par an. ' Préciser si la quantification couvrira les besoins en produits de tous les programmes et secteurs du pays, ou seulement ceux de certains des circuits d’offre des préservatifs féminins, par ex. secteur public, marketing social. Clarifier à quels niveaux du système de santé les préservatifs féminins sont gérés. Dans les étapes suivantes, préparez-vous à effectuer des ajustements en fonction des hypothèses concernant les modifications qui sont apportées actuellement aux programmes ou qui sont planifiées pour la période de prévision. Vérifiez si des interventions visant à accroître l'utilisation des contraceptifs en général et l'utilisation des préservatifs féminins en particulier, vont avoir lieu. Si tel est le cas, quelles interventions d'augmentation de la demande ont été planifiées ? Dans quelle mesure affecteront-elles différemment les sous-populations, les marques (la gamme de produits) ou les sources d'approvisionnement (les différents secteurs) ? L'envergure et la portée ou l’étendue géographique de ces interventions doivent être prises en considération. Ces hypothèses peuvent être différentes selon les produits (si plusieurs types de préservatifs féminins sont gérés dans le pays par les programmes participant à la quantification) ou la source d'approvisionnement du client. x Les femmes sexuellement actives (15 à 59 ans). Pour estimer la population de femmes sexuellement actives (celles qui peuvent utiliser des préservatifs féminins non seulement pour éviter les grossesses non planifiées mais aussi pour réduire la transmission des IST ou du VIH), se procurer les données des recensements et multiplier le pourcentage de femmes dans la population par la proportion des femmes de 15 à 59 ans. Nous recommandons généralement de supposer que toutes les femmes de 15 à 49 ans vivant en couple (ou « actuellement mariées »), ainsi que les femmes non mariées sexuellement actives sont exposées à un risque de grossesse, et que toutes les femmes de 15 à 59 ans sexuellement actives (mariées ou non) sont à risque de transmission des IST et du VIH, bien que cela puisse ne pas être applicable dans tous les contextes. (Si la prévision pour les préservatifs féminins ne concerne que la planification familiale, utiliser plutôt les femmes en âge de procréer (FAP) 15-49 ans - en couple, sexuellement actives ou les deux, selon les données disponibles.) Section 2.1 | Préservatifs féminins 48 Si les données du recensement sont obsolètes, vous devrez peut-être effectuer des ajustements pour tenir compte de la croissance de la population en appliquant le taux de croissance annuelle de la population, jusqu'à l'année de prévision pour obtenir le nombre de FAP pour l'année de prévision et documentez votre hypothèse. x Travailleuses du sexe et autres sous-populations à désagréger. Si l’équipe de quantification constate qu’il existe une population de travailleuses du sexe ou une autre sou-population (par ex. femmes non mariées, jeunes femmes) au sein de laquelle l’utilisation des préservatifs féminins peut différer de manière substantielle de celle des femmes en général, l’équipe peut choisir de traiter ces femmes pour la prévision. Autrement dit, l’équipe de quantification peut formuler différents hypothèses pour estimer les besoins en produits pour cette population. Pour obtenir des informations à partir desquelles formuler des hypothèses quant au nombre de FSW (et leur utilisation de préservatifs féminins) interrogez les organisations qui travaillent avec les FSW, les forment ou leur fournissent des services de protection juridique et consultez les études portant sur leur utilisation des contraceptifs ou des préservatifs. Si vous avez pu vous procurer le pourcentage de FSWe parmi les femmes de 15 à 59 ans, multipliez ce pourcentage par le nombre de FAP pour obtenir le nombre de FSW parmi les femmes de 15 à 59 ans. Soustrayez le nombre de femmes qui sont des FSW du nombre total de FAP, afin qu'elles ne soient pas comptées deux fois. ' Si l’équipe de quantification a choisi la prévision des besoins en préservatifs féminins pour toutes les femmes sexuellement actives de 15-59 ans, pour toutes les utilisations, sauter cette étape. x Utilisation des contraceptifs chez les FAP. Pour obtenir le nombre de FAP utilisant une méthode de contraception, multiplier le nombre de FAP par le TPC. x Utilisation des contraceptifs chez les travailleuses du sexe. Pour obtenir le nombre de travailleuses du sexe utilisant une méthode de contraception, multiplier le nombre de travailleuses du sexe par le TPC. Envisager de recueillir des données sur le TPC auprès des organisations qui travaillent avec les travailleuses du sexe, les forment ou fournissent des services de protection juridique (s’il en existe), car le TPC chez les travailleuses du sexe peut être différent de celui de la population générale. Si des données sont disponibles sur le taux de préservatifs féminins utilisés par client (ou par nombre de clients vus), combinez cette étape avec la suivante comme fréquence unique. Il existe deux méthodes pour réaliser cette étape : la fréquence d'utilisation des préservatifs féminins au cours du dernier rapport sexuel, ou le pourcentage représenté par les préservatifs féminins dans l'éventail des méthodes. Si des données sont disponibles sur les préservatifs utilisés au cours du dernier rapport sexuel, cette méthode serait préférable car elle est susceptible de fournir une meilleure estimation des préservatifs féminins utilisés quel que soit l'objectif (contraception ou prévention du VIH ou des IST). Multiplier le nombre de femmes par la fréquence des préservatifs féminins utilisés au cours du dernier rapport sexuel. (Si la prévision ne concerne que les préservatifs féminins pour la planification familiale, multiplier le nombre de femmes utilisant une Section 2.1 | Préservatifs féminins 49 méthode contraceptive par le pourcentage du TPC représenté par les préservatifs féminins.) Ce calcul déterminera le nombre de femmes utilisant des préservatifs féminins. Remarque : si vous possédez des données sur l’utilisation sur la gamme des méthodes, avec le pourcentage de FAP utilisant des préservatifs féminins, vous devez ajuster ce pourcentage lors de cette étape afin qu’il représente le pourcentage d’utilisatrices de méthodes modernes utilisant des contraceptifs féminins. Par exemple, si le TPC (% de FAP utilisant des méthodes modernes) est de 30 % et le nombre d’utilisatrices de préservatifs féminins est de 1 %, alors le pourcentage de femmes utilisant des méthodes modernes qui utilisent des préservatifs féminins sera de 1/30 = 3,3 %. Les préservatifs (masculins ou féminins) pouvant être utilisés conjointement à d'autres méthodes de contraception, le pourcentage du TPC que représentent les préservatifs féminins peut être difficile à déterminer et peut ne pas être totalement exact ; à savoir, l'utilisation du préservatif peut ne pas être mentionnée dans les enquêtes démographiques si un répondant indique utiliser une autre méthode de contraception moderne. Des données sur l'utilisation des préservatifs au cours du dernier rapport sexuel peuvent figurer dans les rapports des organisations qui fournissent des préservatifs dans le cadre du marketing social, dans les enquêtes sur le VIH et le sida (les données sur l'utilisation des préservatifs féminins pour la prévention du VIH seront basées principalement sur des rapports d'études) ou dans d'autres recensements ou rapports démographiques. Bien qu'habituellement, ces rapports ne fassent pas la différence entre préservatif masculin et féminin et présument que l'utilisation des préservatifs est le fait des hommes, il est possible que certaines statistiques sur l'utilisation des préservatifs féminins soient disponibles. Les associations qui travaillent auprès des utilisatrices potentielles pour leur apprendre à utiliser les préservatifs sont également susceptibles de disposer de données permettant de déterminer la fréquence de l'utilisation du préservatif féminin. Si aucune autre donnée n'est disponible, vous pouvez estimer l’utilisation de préservatifs féminins comme un pourcentage de l’utilisation des préservatifs masculins, sur la base de la proportion que les préservatifs féminins représentent dans l’ensemble de la distribution de tous les préservatifs, si ces données sont disponibles. Vous pouvez également prendre pour référence le pourcentage d'utilisation du préservatif féminin par les FAP dans un autre pays ayant l'expérience de ce produit et dont les caractéristiques démographiques et socioculturelles sont similaires à celles de votre pays. Vous pouvez également prendre pour référence des données sur la connaissance de la méthode et l'accès aux services parmi les FAP. Si vous traitez les FSW séparément des autres femmes et s'il existe des données sur l'utilisation des préservatifs féminins par les travailleuses du sexe, multipliez le nombre de FSW par le pourcentage de ces femmes utilisant des préservatifs féminins lors du dernier rapport sexuel. Si, dans le pays, une distinction est faite entre plusieurs préservatifs féminins (par ex. différentes marques ou modèles) qui amène l'équipe de quantification à penser que les actions du programme ou d'autres facteurs utiles pourraient affecter de manière inégale sur les différentes marques ou conceptions, il peut être nécessaire de subdiviser la prévision par marque ou conception de manière à ce que différentes hypothèses puissent être appliquées à chacune d'elles. Si tous les préservatifs gérés dans le pays peuvent être substitués les uns aux autres, cette étape peut alors être omise. Section 2.1 | Préservatifs féminins 50 Estimer le nombre de femmes ayant accès aux préservatifs féminins de différentes sources, comme des programmes du secteur public ou des programmes du secteur du marketing social. Si la prévision couvre à la fois les programmes de PF et de lutte contre le VIH, lesquels financent ou gèrent ces produits séparément de telle sorte que les prévisions et les résultats doivent être désagrégés en préservatifs pour la PF et préservatifs pour la lutte contre le VIH, vous pouvez appliquer une hypothèse sur la proportion d’utilisatrices desservies par le programme de PF et celles desservies par le programme de prévention du VIH. Remarquez toutefois que cette distribution entre les programmes pour des raisons financières peut aussi être utilisée lors de l’étape de planification de l’approvisionnement (après la prévision). Pour ce calcul, multiplier le nombre de femmes utilisant des préservatifs féminins par la proportion de femmes qui obtiennent des produits de chaque source gérant les préservatifs féminins. Si les données logistiques des programmes nationaux ou les données d’enquêtes ne sont pas disponibles, des entretiens avec les informateurs clés peuvent s’avérer utiles. Il existe plusieurs options pour convertir les « utilisatrices de préservatifs féminins » en « quantités de préservatifs féminins requises pour répondre aux besoins des utilisatrices ». La fréquence coïtale représente le nombre de rapports sexuels au cours d’une année et peut donc remplacer le nombre de fois où un préservatif féminin est utilisé pour prévenir une grossesse non planifiée, une IST ou le VIH. S’il est disponible, ce chiffre peut être utilisé pour estimer les quantités de préservatifs féminins nécessaires par utilisatrice et par an. Les enquêtes sur la fréquence coïtale sont rares, mais s’il existe des enquêtes sur le VIH et le sida ou sur la santé reproductive et la contraception comportant des questions sur la fréquence coïtale - en particulier sur la fréquence des rapports sexuels non protégés - ces données sont à utiliser de préférence pour ce calcul. Si aucune donnée sur la fréquence coïtale n’est disponible, le facteur CAP 4 est le paramètre habituellement utilisé pour déterminer la quantité d’un produit nécessaire pour protéger une utilisatrice (un couple) contre une grossesse non désirée pendant un an. Même si la prévision concerne toutes les utilisations (pas seulement la planification familiale), les équipes de quantification peuvent décider d’utiliser le facteur CAP pour cette conversion si aucun autre facteur de conversion fiable n’est disponible. x Les femmes sexuellement actives (15 à 59 ans). Convertir le nombre de femmes en quantité de produit nécessaire en multipliant le nombre de femmes utilisant des préservatifs féminins (par marque et par source, le cas échéant) par le facteur CAP de 120 préservatifs féminins. Si des données sont disponibles, il peut être préférable d’utiliser la fréquence de rapports sexuels protégés. On multiplie le nombre de femmes utilisant des préservatifs féminins par la fréquence des rapports sexuels non protégés (annuels). x Travailleuses du sexe. En ce qui concerne les travailleuses du sexe, il serait préférable d’utiliser le nombre de rapports sexuels protégés au cours d’une période donnée (par exemple une semaine ou un mois, puis ajusté à l’année) plutôt que le CAP ou la fréquence coïtale de la femme moyenne. Cette information peut être disponible dans des études locales, des entretiens avec les informateurs clés des organisations qui œuvrent avec les FAP ou une discussion avec un focus group des réseaux de FAP. Section 2.1 | Préservatifs féminins 51 Pour ce calcul, on convertit le nombre de femme en quantité de produits requis en multipliant le nombre de FSW utilisant des préservatifs féminins par le nombre de rapports sexuels protégés par an. Ces calculs donnent la quantité de produit nécessaire pour répondre aux besoins des clientes pour chaque année de la période de prévision, comme indiqué à la Figure 2. Se référer au document Quantification of Health Commodities qui contient des recommandations sur l'étape de planification de l'approvisionnement. L'exemple d'algorithme (figure 2) illustre les étapes à suivre pour établir des prévisions en matière de préservatifs féminins pour le secteur public et pour un programme de marketing social. ' Section 2.1 | Préservatifs féminins 52 A1 Pourcentage de femmes de 15 à 59 ans vivant en couple, sexuellement actives, ou les deux A2 Pourcentage de femmes parmi les FSW A3 % de femmes de 15 à 59 ans indiquant l’utilisation de préservatifs féminins durant le dernier rapport sexuel A4 % de FSW indiquant l’utilisation d’un préservatif féminin lors du dernier rapport sexuel A5 Pourcentage d'utilisatrices se procurant des préservatifs féminins dans le secteur public (Remarque : Si l’éventail de sources est différent entre l’ensemble des femmes et les FSW, utiliser des hypothèses différentes pour les groupes désagrégés) A6 Pourcentage d'utilisatrices se procurant des préservatifs féminins dans le secteur du marketing social A7 Estimations, basées sur des données probantes, de la fréquence coïtale avec utilisation du préservatif féminin ou méthode spécifique au facteur CAP Les quantités estimées de préservatifs féminins nécessaires pour répondre à la demande des clientes pour chacune des années de la période de prévision constituent le résultat final. Toutefois, ces estimations seules ne doivent pas être utilisées pour les achats. Outre ce chiffre, d'autres données seront utilisées au cours de l'étape de planification de l'approvisionnement. Reportez-vous au document original intitulé Quantification of Health Commodities qui contient des recommandations sur l'étape de planification de l'approvisionnement. x Un lubrifiant peut être nécessaire avec certaines marques. x Des modèles anatomiques de pelvis sont nécessaires aux points de prestation des services pour démontrer comment bien insérer le préservatif. Plusieurs préservatifs féminins différents sont disponibles sur le marché. En juin 2013, deux marques de préservatifs féminins ont été pré-qualifiées par l'OMS et le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUP). D'autres modèles sont en cours d'examen ou de développement. Si les programmes dans un pays gèrent plusieurs types ou marques de préservatifs féminins qui doivent éventuellement être achetés auprès de différents fournisseurs, la quantification doit tenir compte de cet aspect. Autrement dit, chaque type ou marque de préservatif féminin doit, finalement, être traité séparément dans le calcul, de manière à ce que le résultat final permette à l'équipe de passer à l'étape de planification de l'approvisionnement de façon séparée pour chaque produit. Section 2.1 | Préservatifs féminins 53 Le pays X souhaite estimer les quantités de préservatifs féminins qui seront consommés par les clientes de ses programmes de santé reproductive / planification familiale du secteur public, des programmes de lutte contre le sida (National AIDS Control), ainsi que par le biais du marketing social pendant les deux années à venir. Les données disponibles (données des EDS de l’année en cours) comprennent : x La population totale pour l’année en cours (Population Reference Bureau) : 9 125 500 millions x Taux de croissance démographique (EDS) : 3,23 % x Pourcentage de femmes dans la population (EDS) : 51 x Pourcentage de femmes âgées de15 à 59 ans) (EDS) : 49 % x Estimation de la population de travailleuses du sexe (FSW) (étude locale de l’année précédente) : 0,5 % de la population urbaine des femmes x Pourcentage de femmes utilisant des préservatifs féminins au cours du dernier rapport sexuel : 0,2%Pourcentage de clientes qui a accès aux préservatifs féminins selon la source : secteur public (EDS) : 50 ; marketing social : 40 x Facteur CAP : 120 Hypothèses sur lesquelles l’équipe de quantification s’est accordée par consensus : x Le nombre de FSW est trop petit pour justifier une prévision séparée x Il n’y a pas de modification attendue dans l’estimation du taux de femmes âgées de 15-59 ans au sein de la population x Toutes les femmes sexuellement actives sont à risque de grossesse et de transmission des IST et du VIH x L’estimation de l’augmentation annuelle du pourcentage de femmes utilisant des préservatifs féminins au cours du dernier rapport sexuel : 0,5 % x L’éventail des sources demeure stable x Le facteur CAP est à l’heure actuelle l’estimation la plus fiable pour les besoins en quantité de préservatifs féminins par utilisatrice et par an (Suite de l’exemple de l’encadré 4 page suivante) Section 2.1 | Préservatifs féminins 54 Ressources Année actuelle Prévision Année a Prévision Année 2 1. Population Taux de croissance de la population 3,23 % 9 125 500 9 420 254 9 724 528 2. Nombre de femmes dans la population % de la population qui sont des femmes 51 % 4 654 005 4 804 329 4 959 509 3. Nombre de femmes âgées de 15-59 % des femmes qui ont15-59 ans 49 % 2 280 462 2 354 121 2 430 160 4. % de femmes utilisant des préservatifs féminins lors du dernier rapport sexuel Augmentation annuelle en % de femmes utilisatrices de préservatifs féminins 0,05 % 0,20% 0,25% 0,30 % 5. Nombre de femmes utilisant des préservatifs féminins 4561 5885 7290 6a. FAP utilisant des préservatifs féminins du secteur public éventail des sources - secteur public 50 % 2280 2943 3645 6b. FAP utilisant des préservatifs féminins du secteur du marketing social éventail des sources - marketing social 40 % 1824 2354 2916 7a. Estimation annuelle de la consommation de préservatifs féminins - secteur public Facteur Couple- Années de protection 120 273 655 353 118 437 429 7b. Estimation annuelle de la consommation de préservatifs féminins - secteur du marketing social 218 924 282 495 349 943 Section 2.1 | Préservatifs féminins 55 1 USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 4. 2011. Quantification of Health Commodities: Contraceptive Companion Guide. Forecasting Consumption of Contraceptive Supplies. Arlington, Va.: USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 4. 2 Institute for Reproductive Health, Georgetown University (IRH/GU), John Snow Inc. (JSI), and Population Services International (PSI) for the Reproductive Health Supplies Coalition (RHSC). 2012. A Forecasting Guide for New & Underused Methods of Family Planning: What to Do When There Is No Trend Data? Washington, DC: IRH/GU, JSI, and PSI for the RHSC. 3 Measure Evaluation PRH. Family Planning and Reproductive Health Indicators Database. Couple- Years of Protection. http://www.cpc.unc.edu/measure/prh/rh_indicators/specific/fp/cyp 4 The RESPOND Project technical meeting. New Developments in the Calculation and Use of CYP and Their Implications for Evaluation of Family Planning Programs. September 8, 2011. New York: EngenderHealth (The RESPOND Project). Also available at http://www.cpc.unc.edu/measure/prh/rh_indicators/specific/fp/cyp. Accessed 30 October 2013. Section 2.1 | Implants contraceptifs 56 Les implants contraceptifs sont une méthode hormonale de planification familiale de haute efficacité utilisée par les femmes en âge de procréer pour éviter les grossesses. Le produit se présente sous la forme d’une (ou plusieurs) petite(s) tige(s) flexible(s) de la taille d’une allumette, que l'on insère sous la peau du bras, au-dessus du pli du coude et qui délivre une hormone progestative tout le long de la durée de vie de l’implant (3 à 5 ans). Selon les critères de recevabilité pour l’adoption et l’utilisation continue de moyens contraceptifs de l’OMS (2009),1 les implants conviennent à presque toutes les femmes. Se référer aux critères de l’OMS pour la liste complète des contre-indications. L’insertion de l’implant doit être effectuée conformément aux indications de la notice. En outre, les implants doivent être administrés dans un contexte dans lequel la cliente a reçu « des informations pertinentes lui permettant d’effectuer un choix volontaire et éclairé de méthode contraceptive ». Une formation basée sur les compétences et les connaissances est indispensable pour s’assurer que l’implant est administré de manière sécurisée, conformément aux directives et critères médicaux et garantir que la femme a reçu les informations sur les risques potentiels et les effets secondaires (par ex. : des modifications des flux menstruels). L’insertion et le retrait des implants requièrent une intervention chirurgicale mineure, laquelle doit être effectuée par « un personnel dûment formé, dans des établissements suffisamment équipés et accessibles ». L’étude de cas de la Commission d’étude remarque qu’avec : « Une formation appropriée, un large éventail de prestataires de soins peuvent offrir des implants de manière sécurisée et efficace. Ces prestataires peuvent être des médecins, des sages-femmes, des infirmiers, des aides-infirmiers, des praticiens cliniques, et, selon les normes universitaires et professionnelles de chaque pays, des assistants et auxiliaires médicaux. » Il existe des exemples où cette intervention est pratiquée au niveau communautaire ainsi que dans des cliniques mobiles. Pour plus d’information, se référer aux recommandations de l’OMS : Optimizing health worker roles to improve access to key maternal and newborn health interventions through task shifting 2 (Optimiser les rôles du personnel de santé pour l’amélioration de l’accès aux interventions de santé maternelle et infantile à travers la délégation des tâches). Si la Commission inclut explicitement les implants composés de deux bâtonnets de 150 mg de lévonorgestrel dans sa liste de produits, le groupe technique de référence de la Commission sur les implants contraceptifs a inclus tous les implants dans son plan de travail, quelle que soit la marque, la présence de la forme galénique sur la liste des médicaments essentiels de l'OMS ou le statut de pré-qualification de l'OMS.3 Ainsi, tous les implants ont été pris en compte dans ce document d’orientation. L'étude de cas effectuée par la Commission sur les produits remarque que les implants comportant deux bâtonnets de 150 mg de lévonorgestrel sont inclus dans la liste des médicaments essentiels de l’OMS (2011) mais que l’implant comportant un seul bâtonnet de 68 mg d’étonogestrel ne l’est toujours pas. Le Tableau 3 résume les caractéristiques des implants actuellement disponibles. Section 2.1 | Implants contraceptifs 57 4 Implanon NXT™(a) Jadelle® Sino-implant (II)®(b) Fabricant Merck Sharp & Dohme B.V. Bayer Pharma AG Shanghai Dahua Pharmaceuticals Co., Ltd. Principe actif et quantité 68 mg étonogestrel 150 mg lévonorgestrel 150 mg lévonorgestrel Durée d’efficacité indiquée sur la notice 3 ans 5 ans 4 ans Nbre de bâtonnets 1 2 2 Trocarts jetable jetable jetable (c) Durée de conservation 5 ans 5 ans 4 ans CAP5 2,5 3,8 3,2 a. Implanon NXT™ remplace progressivement l’Implanon dans tous les pays. b. Sino-implant (II) est vendu sous différentes marques selon les distributeurs : Zarin® par Pharm Access Africa, Ltd. ; Trust Implant® par DKT Ethiopia ; Femplant™ par Marie Stopes International et Simplant® par WomanCare Global. c. Sauf en Chine et en Inde, Sino-implant (II) est fourni avec un trocart jetable. Les implants à bâtonnet unique de Merck et les implants à deux bâtonnets de Bayer ont été inclus par le programme de pré-qualification des médicaments de l’OMS.3 Dans l’idéal, les implants doivent être entreposés dans des pièces à température contrôlée comprise entre 20 et 25°C. Pour les programmes d’implants bien établis pour lesquels des données sur la consommation sont disponibles, une prévision logistique ou basée sur les évolutions tendancielles doit être effectuée. Les données sur les services décrivant le nombre de clientes utilisant des implants ou une autre méthode peuvent sous-estimer le nombre d’utilisatrices actuelles, car les implants requièrent rarement des visites de suivi après l’insertion. Se référer aux publications suivantes : Quantification of Health Commodities: A Guide to Forecasting and Supply Planning for Procurement6 et Quantification of Health Commodities: Contraceptive Companion Guide. Forecasting Consumption of Contraceptive Supplies7 pour des directives complètes et des exemples de méthodologies d'estimation basées sur les données sur la consommation et les services. Il est à noter que si le financement a été, dans le passé, un facteur restrictif pour l’achat et l’approvisionnement des implants, les récentes réductions de prix des implants peuvent signifier que les données sur l’historique de la consommation ne constituent pas un critère fiable pour prévoir la consommation future, même au sein de programmes bien établis. En l’absence de données solides sur la consommation et les services, les estimations basées sur les données démographiques, les planifications et cibles de programmes ou capacités des services peuvent être utilisées pour évaluer les quantités requises. Une prévision basée sur les planifications et cibles programmatiques, les capacités des prestataires de service ou les données démographiques aura tendance à surestimer les quantités requises, car ces méthodologies font appel à des hypothèses multiples quant à la demande réelle. Plus le nombre d’hypothèses établies pour la prévision est élevé, plus les risques d’erreurs sont importants. De plus, il est possible que la planification de programmes Section 2.1 | Implants contraceptifs 58 d'expansion ne corresponde pas au financement disponible ou à la formation des prestataires de service. Ainsi, les ressources qui seraient nécessaires pour atteindre les cibles programmatiques doivent être scrupuleusement examinées. Pour éviter les surestimations, les prévisions concernant les offres de services et la demande des clientes doivent demeurer réalistes. Quelle que soit la méthode de prévision utilisée, il demeure important de surveiller les niveaux de stock, d’évaluer régulièrement la demande et de maintenir la souplesse de la chaîne d’approvisionnement afin de permettre aux responsables de la planification des programmes d’agir en cas de manque ou d’excès de produits au sein de la filière d’approvisionnement. Une analyse des différentes méthodologies et un exemple exhaustif de leurs modes d’utilisation pour l’estimation de la consommation des implants dans le cadre d’un nouveau programme sont présentés en détail dans Quantification of Health Commodities : Contraceptive Companion Guide. Un exemple d’algorithme de prévision démographique pour un programme existant ne possédant pas de données fiables sur la logistique ou les services sera esquissé ci-dessous. Le guide Quantification of Health Commodities: RMNCH Supplement traite principalement de la méthode de prévision basée sur des données démographiques, mais pour les nouveaux programmes ou les programmes en phase d'expansion, deux méthodes supplémentaires de prévision peuvent s’avérer pertinentes pour la triangulation et la validation des estimations : les méthodes fondées sur les cibles des programmes et les capacités des services. Le guide Quantification of Health Commodities: Contraceptive Companion propose des exemples de ces deux méthodes pour élaborer des prévisions concernant les implants : p. 44 pour les prévisions basées sur les cibles du programme et p. 45 pour les prévisions basées sur les capacités des services. La formation sur l’insertion et le retrait d’implants doit être basée sur les compétences et comporter une partie pratique sous supervision, en général sous la forme de simulations sur des modèles de bras combinée à une observation sous supervision d'interventions réelles d'insertion ou de retrait d'implants pratiquées dans une clinique. Ceci signifie que même si la méthode de prévision basée sur les capacités de services n’est pas utilisée, la prévision doit tenir compte du nombre et de la répartition des prestataires de services formés. Section 2.1 | Implants contraceptifs 59 Le tableau 4 présente les sources probables de données pour chacune de ces étapes. Toutes les données et hypothèses qui sont utilisées dans le processus d'élaboration des prévisions doivent être documentées. Ceci permet au processus d’être disponibles afin que d’autres personnes puissent l’examiner, le comprendre, le mettre à jour ou le corriger si de nouvelles données ou hypothèses deviennent disponibles. Cette documentation peut également servir de référence pour des prévisions ou ajustements ultérieurs. Données Source Limites Population totale Données de recensement national, EDS Peuvent être obsolètes, ou nécessiter l’application du taux estimé de croissance annuelle pour effectuer la prévision des années à venir. Pourcentage de femmes dans la population EDS, données de recensement, enquête sur la santé de la reproduction (ESR) La qualité des données n’est pas toujours connue, les données peuvent être obsolètes. Nombre ou pourcentage de femmes en âge de procréer (15–49) Données de recensement, EDS, ESR La qualité des données n’est pas toujours connue, les données peuvent être obsolètes. x Population cible o Population totale o Taux de croissance démographique o Pourcentage de femmes dans la population o Pourcentage de femmes en âge de procréer (FAP), c.-à-d. de femmes exposées à un risque de grossesse o Taux de prévalence contraceptive (TPC) o Gamme de méthodes (pourcentage du TPC attribuable aux implants) o Gamme de produits (pourcentage d'utilisatrices de chaque produit ou marque) o Éventail des sources d’approvisionnement (proportions des différentes méthodes ou des différents produits par source d’approvisionnement, par exemple secteur public, ONG/ marketing social, secteur privé) x Plans de programmes ou changements susceptibles de modifier la consommation des implants, par exemple une augmentation de l’offre de services, des prestataires supplémentaires formés au counseling et aux techniques basées sur les compétences ; une nouvelle catégorie de prestataires, par exemples des ASC autorisés à effectuer des insertions ; des campagnes visant à étendre l’offre de cette méthode ou des contraintes pesant sur l’offre de services, comme le nombre de prestataires formés ou le nombre d’établissements adéquats ; nouvelles restrictions concernant le type de personnel autorisé à effectuer des insertions) x Facteur de conversion couple-années de protection (CAP) par produit/marque ou taux estimés d’insertion et de retrait x Nombre estimé d’insertions et de retraits qu’un prestataire formé (ou un établissement) peut effectuer sur une période donnée x Taux estimé de gaspillage, si le gaspillage au point de consommation est considéré comme significatif x Disponibilité des instruments médicaux, des intrants médicaux à usage unique et des intrants de prévention des infections nécessaires pour offrir les implants contraceptifs. Section 2.1 | Implants contraceptifs 60 Données Source Limites Taux de prévalence contraceptive, gamme de méthodes EDS, MICS, ESR, enquêtes nationales sur la santé, données de recensement La qualité des données n’est pas toujours connue, les données peuvent être obsolètes, peuvent indiquer seulement le TPC pour les FAP vivant en couple. Gamme de produits Rapports du ministère de la Santé, données du SIGL, données des établissements de santé, EDS, MICS, données des programmes du ministère de la santé ou des ONG, RHInterchange (myaccessrh.org/rhi-home) Données pas toujours complètes, leur qualité peut ne pas être connue, les données peuvent être obsolètes ou non recueillies, les données sur les livraisons par produit/marque (de RHInterchange) ne peuvent servir d’approximation directe pour les informations concernant les dispensations aux utilisatrices. Éventail des sources (source de prestation de services, où le produit est offert au client) EDS, informateurs clés, par ex. ONG Données pas toujours précises ou peuvent avoir été modifiées depuis la dernière enquête. Facteur Couple-Années de protection (CAP) Facteurs standard recommandés par l’USAID5,8 Peuvent ne pas refléter le taux de continuation/d'abandon spécifique au pays. Le CAP offre une approximation pour les taux globaux de continuation d’utilisation, mais cette continuation peut varier de manière spectaculaire selon les pays et les systèmes de santé. Le CAP peut varier selon le counseling, l’âge et les intentions des utilisatrices, ainsi que selon la disponibilité de prestataires compétents et formés pour le retrait. Capacités des prestataires de services pour un counseling pertinent, procédures d'insertion et de retrait Données des programmes (par ex. : à partir des sites modèles), données de formation, recherches effectuées dans d’autres pays sur le nombre d’insertions réalisable par jour Les études effectuées dans d'autres pays peuvent ne pas rendre compte des possibilités ou obstacles rencontrés au niveau du pays ou des services de santé. Les données des sites modèles peuvent ne pas être représentatives au niveau national. Plans des programmes Données des programmes, informateurs clés S’assurer que les financements et ressources humaines adéquats sont disponibles pour répondre aux besoins des plans des programmes et qu’ils sont en place avant que soient établies des prévisions d'augmentation de la consommation. Disponibilité des instruments médicaux et fournitures nécessaires Rapports du ministère de la santé, données du SIGL, données des établissements de santé, données des programmes Si le matériel, les instruments médicaux ou les intrants sont utilisés pour des interventions autres que l’insertion et le retrait d’implants, leur disponibilité n’est pas garantie. Section 2.1 | Implants contraceptifs 61 Le calcul des prévisions basées sur des données démographiques tient généralement compte du nombre de clientes qui seront des utilisatrices d’implants pendant chaque année de la période de prévision, divisé par le facteur CAP spécifique à cette méthode ou à cette marque de produit, afin de déterminer la quantité d’implants qui serait nécessaire pour servir ce nombre de clientes. Nous présentons ici une seconde option pour convertir le nombre d’utilisatrices en quantités de produit. Cette deuxième option peut s’avérer plus appropriée pour les programmes nouvellement créés ou les programmes en expansion et tient compte des estimations du nombre de nouvelles insertions ainsi que des réinsertions d’implants pour les utilisatrices d’implants. Si les recherches font apparaître que le gaspillage au point de consommation (insertion) est important, par exemple si les produits sont contaminés, endommagés ou jetés en raison d’erreurs commises au moment de l’insertion, ces données doivent être incluses dans les prévisions. La quantité totale requise pour la période de prévision peut être utilisée comme base de calcul pour les quantités d’équipement médical, instruments et d’intrants nécessaires aux insertions et aux retraits des implants. Pour plus d’informations, se référer au guide : Quantification of Health Commodities: Contraceptive Companion Guide pages 35 et 51-52. 1. Déterminer la portée de la quantification : les catégories d’établissements, les secteurs (public, privé, ONG, etc.) ; 2. Définir les hypothèses qui auront une influence sur la population cible utilisant les implants pour la période de prévision ; 3. Calculer la population cible qui utilisera des implants au cours de la période de prévision ; 4. Estimer le nombre de clientes utilisatrices d'implants par marque ; 5. Estimer le nombre de clientes utilisatrices d’implants par source ; 6. Calculer la quantité d’implants (d'ensembles) nécessaires pour la période de prévision, par marque et par source. Déterminer si la quantification couvrira les besoins en produits de tous les programmes et secteurs du pays ou seulement ceux de certains des circuits fournissant les implants, par exemple, le secteur public, le marketing social. Les données d’enquête, par exemple d’enquêtes démographiques et sanitaires (EDS) ou d’enquêtes par grappes (MICS) peuvent fournir aux responsables de la planification des indications sur la situation actuelle en matière d’utilisation des implants, par exemple les implants comme une proportion du taux de prévalence contraceptive (TPC). Si les programmes d’utilisation d’implants sont en place depuis plusieurs années, il peut même être envisageable d’observer une évolution dans l’utilisation des implants entre deux périodes d’enquêtes. Ne perdez pas de vue que si une augmentation rapide de l’utilisation des implants a été observée dans certains pays, une fois les programmes établis, ces augmentations peuvent être moins spectaculaires. Si les programmes d’implants sont nouveaux ou restent à mettre en œuvre, les responsables de la planification peuvent avoir besoin de faire certaines suppositions Section 2.1 | Implants contraceptifs 62 éclairées et parvenir à un consensus sur les chiffres à utiliser pour estimer le nombre d'utilisatrices. Le guide Quantification of Health Commodities: Contraceptive Companion Guide pages 33-35 offre un exemple de ce type d’hypothèses qu’ils peuvent discuter en vue de parvenir à un consensus. Par exemple, ils devront peut-être examiner les questions suivantes et comment celles-ci risquent de modifier les indicateurs et les hypothèses utilisés dans les étapes suivantes : Prévisions démographiques : x Les responsables de la planification utiliseront-ils les femmes en âge de procréer (FAP) vivant en couple ou l’ensemble des FAP pour représenter les utilisatrices actuelles et potentielles de méthodes contraceptives ? Remarque : nous recommandons d’utiliser l’ensemble des FAP puisque de nombreuses FAP qui ne sont pas mariées sont sexuellement actives, mais cette hypothèse peut ne pas être appropriée à tous les pays. x La population des FAP augmentera-t-elle au même rythme que l’ensemble de la population (en ajustant les données démographiques obsolètes) ? x Quelle est l’augmentation (ou la diminution) projetée du taux de prévalence contraceptive (TPC) ? x Quelle est l’augmentation (ou la diminution) prévue du nombre d’implants, exprimée en pourcentage de l’ensemble des différentes méthodes ? (Toutes les méthodes augmenteront-elles ou diminueront-elles dans les mêmes proportions ou certaines utilisatrices utiliseront-elles des méthodes autres que les implants, par exemple ?) x Le facteur CAP est-il une bonne indication pour la continuation ou l'abandon, et sinon, quels peuvent être les taux d’insertion et de retrait d’implants pour la période de prévision ? Capacités des services et des plans programmatiques : x Quel est le nombre de prestataires formés et combien seront formés (existe-t-il des financements pour cette formation) ? x Existe-t-il des établissements de santé équipés de manière adéquate pour la formation et pour l’insertion et le retrait d’implants ? x Combien d’insertions et de retraits d’implants seront effectués par les prestataires, selon les prévisions ?* Pour déterminer le nombre d’insertions que les prestataires de santé peuvent effectuer (par jour, par mois, etc.), tenir compte des autres tâches qu’ils doivent effectuer. Leurs tâches quotidiennes leur laissent-elles suffisamment de temps d’effectuer les interventions et retrait d’implants ? Combien d’interventions un prestataire peut-il effectuer chaque jour, de manière réaliste, en tenant compte de ses autres responsabilités ? x Quels types d’activités d’information, d'éducation et de communication ou autres activités de création de la demande sont planifiés ? x Combien de nouvelles utilisatrices d'implants le programme espère-t-il servir ? x Combien d’utilisatrices continueraient d’utiliser des implants l’année suivante ? Combien de nouvelles utilisatrices sont attendues pour l’année suivante ? * À partir d'observations faites sur le terrain, PSI a rapporté qu’un prestataire des services de planification familiale en une journée d’évènement spécifique pourrait effectuer le nombre d’insertions suivantes : 10 (Zambie), 15 (Togo), 30 (Mali, avec un assistant). Lors d’une journée de travail ordinaire (pas une journée dédiée), le Togo a fait état de 2 insertions par jour. Toujours selon des observations faites sur le terrain, en 2012, en Ouganda, MSI a effectué 143 762 insertions d’implants, principalement grâce à 24 équipes mobiles d’intervention. Entretien privé avec Maxine Eber, de PSI et Rehana Gubin, de Jhpiego, septembre 2013. Section 2.1 | Implants contraceptifs 63 De plus, la capacité du programme à proposer des implants dépendra également de la disponibilité des implants et de tous les matériels et intrants nécessaires pour l’intervention à l'endroit et au moment où ils sont nécessaires dans le pays. Les responsables de la planification devront déterminer (ou élaborer une hypothèse à cet effet) si les instruments médicaux, les intrants médicaux à usage unique et les intrants de prévention des infections nécessaires seront disponibles. À ce sujet, certains pays choisissent de se procurer des kits qui contiennent les implants ainsi que tous les intrants médicaux nécessaires à leur insertion. La population cible est le nombre de femmes en âge de procréer (FAP) qui seront des utilisatrices d’implants au cours de la période de prévision. Elle comprend à la fois les nouvelles utilisatrices et celles qui continuent d'utiliser cette méthode. Les hypothèses formulées au cours de l’étape précédente et leurs conséquences sur les données suivantes permettront de guider le calcul de ce nombre. x La population totale du pays ; x Le pourcentage de femmes ; x Le pourcentage de femmes en âge de procréer ; x Le pourcentage de femmes utilisant une méthode de contraception moderne (TPC) - Remarque : si les données de TPC sont les seules données disponibles pour les femmes vivant en couple, appliquer cette proportion uniquement pour les femmes mariées ; si l’équipe de quantification a décidé de tenir compte de toutes les FAP dans la quantification, mais que les données de TPC ne sont disponibles que pour les femmes vivant en couple, discuter et obtenir un consensus sur une hypothèse concernant l’utilisation de la contraception parmi les FAP non mariées ; x Le pourcentage de femmes utilisant des implants (gamme de méthodes) – Remarque : si vous possédez des données sur l’utilisation avec le pourcentage de FAP utilisant des implants, vous devez ajuster chaque pourcentage afin qu’il représente le % d’utilisatrices de contraceptifs utilisant des implants. Par exemple, si le TPC (% de FAP utilisant une méthode moderne) est de 30 % et le % de femmes utilisant des implants est de 2,5 %, alors le TPC imputable aux implants est de 2,5/30 = 8,3 %. Se référer à l’exemple d'algorithme de prévision pour une description graphique de ces étapes. ' Il est possible que plusieurs marques d’implants soient utilisées dans le pays. Puisque ces marques peuvent être distribuées par des fournisseurs différents, il vous faudra obtenir des estimations distinctes du nombre de clientes auxquelles les programmes fourniront chacune des marques. Dans le cas des implants, il est fort probable que les décisions prises par les programmes ou les prestataires relatives au choix des produits ou à la formation soient les facteurs déterminant la demande pour les différentes marques (plutôt que les préférences des clientes). Peut-être le secteur public a-t-il choisi de privilégier une certaine marque, alors que le marketing social en propose une autre. De plus, les résultats d’enquêtes fournissent rarement des informations sur les implants par marque, de telle sorte que les données sur l’utilisation par marque ne sont pas représentatives (ou prédictives de l'utilisation future). Il est donc tout à fait possible que l’équipe de quantification soit contrainte d’élaborer des hypothèses distinctes quant à l'augmentation (ou la diminution) par marque, si les programmes qui gèrent marques différentes ont également des plans distincts pour la création de la demande, le renforcement des capacités des prestataires, l’équipement des établissements, ou consacrent des unités mobiles pour les interventions relatives aux implants. Section 2.1 | Implants contraceptifs 64 Si le produit a été introduit récemment, vous devrez également tenir compte de l’ampleur de l’expansion attendue dans les années à venir (que les prévisions soient basées sur la cible ou sur l’évolution de la demande), et intégrer ces hypothèses dans le calcul du nombre de clientes attendues au cours des prochaines années de la période de prévision. Ce calcul est effectué à partir des résultats de l’étape précédente, à l’aide des éléments suivants : x Pourcentage de FAP utilisant chaque marque d’implants ; x Pourcentage de FAP recevant leur méthode contraceptive à travers le secteur public, le secteur du marketing social, le secteur privé ou un autre secteur. Si plusieurs sources programmatiques (par exemple : le secteur public, le marketing social et des cliniques privées), fournissent des implants aux femmes dans le pays et sont incluses dans l’exercice de prévision, il sera également nécessaire de segmenter le nombre de clientes selon la source – au moins, de spécifier le nombre de clientes qui seront servies par les différentes sources incluses dans la prévision (tel que défini à l’étape 1). Par exemple, si le secteur public est le seul programme dont la quantification tient compte, vous devrez calculer uniquement le nombre de clientes desservies par ce secteur. Théoriquement, les seules utilisatrices d’implants ayant besoin d’un produit pour une période donnée sont (1) les nouvelles utilisatrices et (2) les clientes porteuses d'un implant ayant atteint sa limite d’efficacité et qui choisissent le retrait de cet implant suivi de l’insertion d’un nouvel implant. Pour convertir le nombre de clientes pour une période donnée en quantité de produits nécessaire pour répondre à leurs besoins, vous devrez déterminer la proportion d’utilisatrices requérant une première insertion pour cette période et la proportion d’utilisatrices porteuses d'un implant qu’elles vont retirer et renouveler. Option 1 : Lorsque les données démographiques sont utilisées pour les prévisions et en l’absence de réelles données d’étude sur le taux d’abandon des produits pour un pays (qui peut être différent selon les marques), vous pouvez utiliser le facteur CAP comme données approximatives. Le couple-années de protection (CAP) est la quantité de produits nécessaire pour protéger un couple d’une grossesse pendant une année. Voir le Tableau 4 pour les facteurs CAP correspondant à chaque marque d’implants. Les implants ont un facteur CAP supérieur à un, car leur durée d’efficacité est supérieure à une année par implant ou ensemble d’implants. Ce qui signifie qu’un seul implant ou ensemble d’implants peut offrir plus d’une année de protection contre les grossesses. Par exemple, si 100 femmes sont des utilisatrices de l’implant Jadelle au cours d’une année donnée, le calcul est : 100 utilisatrices (ou couples) = 26,3 implants par an 3,8 années de protection par implant et par couple En conséquence, 27 ensembles de Jadelle seront nécessaires pour répondre aux besoins (en termes d'insertion ou de retrait) des 100 utilisatrices d’implants Jadelle, car certaines utilisatrices actuelles se trouvent en milieu de cycle d’utilisation et n’auront pas Section 2.1 | Implants contraceptifs 65 besoin d’un nouvel ensemble. L’utilisation du facteur CAP pour la conversion du nombre d’utilisatrices (pour laquelle le taux de prévalence contraceptive (TPC) inclut toutes les utilisatrices à un moment donné, quel que soit le stade d’utilisation du produit où elles se trouvent) tient compte de cet aspect. Option 2 : Le facteur CAP pour les implants tient compte de la période moyenne pendant laquelle une femme utilise un implant. Par exemple, le CAP pour l’implant Jadelle est de 3,8 ans. Ceci signifie que, en moyenne, une femme utilisera l’implant Jadelle pendant 3,8 ans alors que sa durée d’utilisation efficace est de 5 ans. Puisque le CAP est basé sur la durée moyenne d’utilisation, il peut également être utilisé pour estimer le pourcentage de femmes qui cessent d’utiliser des implants chaque année. Ce taux de cessation peut alors être utilisé pour déterminer le nombre d’utilisatrice qui auront besoin d’un nouvel implant chaque année. La formule8 pour déterminer le nombre d’utilisatrices qui aura besoin d’un nouvel implant au cours de l’année X est la suivante (basée sur les calculs réalisés avec l’outil Reality Check de RESPOND/EngenderHealth) : a. Nombre d’utilisatrices pendant l’année en cours (année X) - nombre d’utilisatrices de l’année précédente = Différence nette du nombre d’utilisatrices b. Nombre d’utilisatrices au cours de l’année précédente * 1/CAP (le taux de cessation) = le nombre d’utilisatrices de l’année précédente qui ont cessé d’utiliser le produit c. Différence nette du nombre d’utilisatrices (étape a) + Nombre d’utilisatrices de l’année précédente qui ont cessé d’utiliser le produit (étape b) = Nombre total d’utilisatrices qui auront besoin d’un nouvel implant dans le courant de l’année X Cette formule vous donne une estimation du nombre d’utilisatrices qui sont de nouvelles utilisatrices d’implants et donc auront besoin d’un nouvel implant et le nombre d’utilisatrices qui ont cessé d’utiliser leur implant et peuvent avoir besoin d’un nouvel implant. Pour déterminer le nombre d’implants nécessaire pendant l’année X pour répondre à ces besoins, multiplier la solution de la formule ci-dessus (Nombre total d’utilisatrices ayant besoin d’un nouvel implant au cours de l’année X) x 1 implant par utilisatrice. Un exemple pour illustration : imaginons que votre prévision démographique pour le secteur public prévoit 10 000 utilisatrices de Jadelle pour l’année en cours, 12 000 utilisatrices pour la prévision de l’année 1 et 14 000 utilisatrices pour la prévision de l’année 2. Calcul de la prévision Année 1 (12 000 - 10 000) + (10 000 * 1/3,8 [0,263]) = 4632 utilisatrices (nouvelles et discontinues/réinsertion) ayant besoin d’un nouvel implant Jadelle pour la prévision Année 1 4632 * 1 = 4632 kits de Jadelle requis pour les besoins de la prévision Année 1 Calcul de la prévision Année 2 (14 000 - 12 000) + (12 000 * 0,263) = 5158 utilisatrices (nouvelles et discontinues/réinsertion) ayant besoin d’un nouvel implant Jadelle pour la prévision Année 2 5158 * 1 = 5158 kits de Jadelle requis pour les besoins de la prévision Année 2 Section 2.1 | Implants contraceptifs 66 Si vous possédez des données représentatives propres au pays sur les taux d'utilisation continue pour votre pays (qui peut varier selon les marques), vous pouvez choisir d’utiliser ces données au lieu du facteur CAP dans le calcul présenté ci-dessus, afin d’estimer les quantités nécessaires pour fournir chaque année les produits aux nouvelles utilisatrices et aux utilisatrices existantes (ou qui abandonnent cette méthode, pour les retraits). L’Option 2 est une manière d’estimer le nombre de nouvelles utilisatrices (nouvelles insertions) pour chaque année de la période de prévision, ainsi que le nombre de retraits/réinsertions afin de tenir compte du TPC projeté dû aux implants. Il est donc possible d’utiliser un rapport de 1:1 pour les premières insertions et les insertions renouvelées d’ensemble d’implants nécessaires pour répondre aux besoins, ainsi que pour estimer les quantités d’instruments médicaux et d’ intrants nécessaires pour le nombre escompté d’insertions et de retraits. L’Option 2 entraîne des besoins plus importants d’intrants que l’Option 1 et peut s’avérer plus appropriée pour des programmes d’implants en lancement et en expansion qui ne sont pas encore bien établis avec un nombre stable d’utilisatrices d’année en année. L'insertion et le retrait des implants sont des interventions chirurgicales mineures qui nécessitent des instruments médicaux supplémentaires, des intrants médicaux à usage unique et des intrants de prévention des infections. Ainsi, les prévisions relatives aux implants doivent tenir compte, non seulement des dispositifs eux-mêmes (les implants), mais aussi des quantités de matériel médical et intrants nécessaires à l’insertion et au retrait. Au moment de la rédaction de ce guide, tous les implants (à l’exception de Sino- implant (II)® en Chine et en Inde) sont fournis avec un trocart jetable ou un dispositif d’insertion. Les applicateurs/trocarts et autres instruments ou intrant à usage unique doivent être éliminés conformément aux directives nationales relatives aux déchets médicaux contaminés. Veuillez consulter le Tableau 5 qui présente la liste des instruments et fournitures médicales nécessaires à l’insertion et au retrait des implants hormonaux. En plus de cette liste, pour les programmes en cours d'expansion qui forment de nouveaux cliniciens, Merck fait remarquer que des placebos pour la formation (placebos d’implants) sont disponibles. Merck recommande au minimum un placebo par personne en formation, notant que trois est le nombre optimal. De plus, Merck recommande entre 10 et 15 kits de formation par chef de formation (prenant pour hypothèse que chaque responsable de formation forme entre 10 et 15 professionnels de santé par session de formation).† † Entretien privé avec Koen C. Kruytbosch, Merck, le 11 mars 2014. Merck Remarque également que le prix actuel d’Implanon NXT™ placebo est de 4,5 USD et le coût d’un kit de formation est d’environ 55 euros. Section 2.1 | Implants contraceptifs 67 Instruments et intrants Insertion Retrait Jetable ou réutilisable Uniques Implants Implanon NXT™, Jadelle® ou Sino-implant (II)) X Jetable (1) Trocart et canule ou applicateur pré-rempli pour l’insertion (Au moment de la rédaction de ce guide, tous les implants sont fournis avec un trocart ou applicateur jetable, à l’exception de Sino-implant (II) en Chine et en Indonésie) X Jetable Indispensables (1) Scalpel, manche, No3, gradué en cm, avec lame (No11) X Réutilisable ou jetable (manche) Jetable (lame) (1) Pinces hémostatiques (5 pouces ou 12,7 cm, courbes, fines) X Réutilisable (1) Pinces hémostatiques (5 pouces ou 12,7 cm, droites) X Réutilisable Usuelles Source de lumière (à défaut de lumière naturelle sur le site) X X Réutilisable (1) Plateau propre X X Réutilisable (1) Tasse, bol ou coupelle X X Réutilisable (1) Forceps, pince porte-tampon de Rampley droite (de 5,5 pouces ou 14 cm) X X Réutilisable Solution alcoolisée ou eau et savon (pour le lavage des mains) X X Jetable Essuie-mains (pour le séchage des mains lavées à l’eau et au savon) X X Réutilisable (1) Champ chirurgical stérile, de petite taille (pour y poser le bras de la cliente) X X Jetable (1) Champ opératoire stérile, avec fenêtre* X X Jetable (1) Paire de gants stériles X X Jetable Solution antiseptique, par exemple de l’iode X X Jetable Produit anesthésiant local comme la lidocaïne, (sans epinéphrine, à 1 % ou 2 %) X X Jetable Eau distillée pour diluer la lidocaïne (en cas d'utilisation de lidocaïne à 2 %) X X Jetable (1) seringue de 5 ml avec aiguille de 1,5 pouces de calibre 21 X X Jetable Compresses stériles absorbantes X X Jetable Pansements X X Jetable Pansement pour le bras (pour exercer une pression sur l’incision) X X Jetable Champs (pour envelopper les instruments) X X Jetable Eau de Javel (pour la solution de décontamination) X X Jetable Boîte sécurisée pour l'élimination des déchets pointus et tranchants X X Jetable (une fois pleine) *Selon Merck, le champ stérile à fenêtre n’est pas indispensable pour l’insertion de l'Implanon. Section 2.1 | Implants contraceptifs 68 Source : Adapté de Cagatay, Levent, Carmela Cordero, et Roy Jacobstein, 20139 et Quantification of Health Commodities: Contraceptive Companion Guide, 2011.10. Un produit est qualifié d'« unique » s’il est utilisé exclusivement pour fournir cette méthode spécifique de contraception. Un produit est qualifié d'« indispensable », s’il est essentiel pour fournir cette méthode : sans lui, la procédure ne pourrait être effectuée. Un produit est qualifié de « commun » s’il possède de multiples usages pour un éventail d’interventions et techniques chirurgicales. Comme nous l’avons remarqué, il existe actuellement trois fabricants/fournisseurs d’implants hormonaux. Des efforts récents ont permis de réduire les prix ou d’obtenir des remises basées sur de grandes quantités de Jadelle ou d’ImplanonNXT dans de nombreux pays. À heure de la rédaction de ce guide, les deux organisations, l’USAID et le FNUAP, fournissent les deux produits Jadelle et ImplanonNXT. Sino-implant (II) est vendu sous différentes marques par différents distributeurs : Zarin® par Pharm Access Africa, Ltd. ; Trust Implant® par DKT Ethiopia ; Femplant™ par Marie Stopes International et Simplant® par WomanCare Global.11 L’exemple d’algorithme suivant, en Figure 3, illustre les étapes qu’une équipe de quantification peut suivre lors de la prévision de consommation d’implants hormonaux. Dans cet exemple, l’équipe de quantification doit tenir compte des quantités nécessaires pour plus d’un programme (par exemple le secteur public et le secteur du marketing social), ainsi que plus d’une marque gérée par un ou plusieurs programmes dans le pays. Section 2.1 | Implants contraceptifs 69 Section 2.1 | Implants contraceptifs 70 A1 Pourcentage de FAP vivant en couple et sexuellement actives A2 Taux de prévalence contraceptive (méthodes modernes) A3 Gamme de méthodes (pourcentage du TPC attribuable aux implants) A4, 5 Gamme de produits ou de marques (pourcentage d’utilisatrices de chaque marque) A6 Éventail des sources (pourcentage d’utilisatrices qui reçoit le produit selon la source d’approvisionnement) - secteur public A7 Éventail des sources - secteur du marketing social A8, 9 Facteur CAP spécifique, par marque (Option 1) OU Calcul des utilisatrices nouvelles + qui ont discontinué/réinsertion * 1 set d’implant par insertion (Option 2) Un pays X souhaite déterminer le nombre d’implants nécessaires pour ses programmes de planification familiale du secteur public et du secteur du marketing social pour les deux années à venir (2014 et 2015). Les données disponibles sont les suivantes (toutes les données EDS de l’année en cours) : x La population totale de l’année en cours (Population Reference Bureau) : 16 000 000 o Pourcentage de femmes dans la population (EDS) : 51 o Pourcentage de femmes en âge de procréer (EDS) : 44,3 o Pourcentage de FAP utilisant une méthode de contraception moderne (TPC) (EDS de) : 42 o Pourcentage du TPC attribuable aux implants (EDS) : 1 o Pourcentage de clientes ayant accès aux implants, par source (EDS) : secteur public : 82, marketing social : 15 Hypothèses sur lesquelles l’équipe de quantification est parvenue à un consensus : x Le pourcentage projeté de femmes dans la population n'a pas changé x Le pourcentage projeté de femmes en âge de procréer n'a pas changé x Toutes les FAP sont exposées à un risque de grossesse x Estimation du taux de croissance annuel du TPC : 1 x Le taux de croissance annuel du TPC est le même (quels que soient la marque de l’implant ou la source d’approvisionnement) x Estimation du taux de croissance des implants en pourcentage du TPC : 0,2 x Pourcentage des différents produits (marques) : ImplanonNXT : 35 %, Jadelle : 65 % x Éventail projeté des sources d’approvisionnement inchangé depuis l’EDS et le même taux s’applique aux deux marques x Le CAP reflète de manière suffisamment précise les taux d'abandon locaux (Suite de l’encadré 6 page suivante) Section 2.1 | Implants contraceptifs 71 Ressources Année actuelle Prévision Année 1 Prévision Année 2 1. Population Taux de croissance démographique 3,1 % 16 000 000 16 496 000 17 007 376 2. Nombre de femmes dans la population % femmes dans la population 51 % 8 160 000 8 412 960 8 673 762 3. Femmes en âge de procréer (FAP) % de femmes âgées de 15-49 44,3 % 3 614 880 3 726 941 3 842 476 4. TPC est. de l’augmentation annuelle du TPC 1 % 42,0% 43,0% 44,0% 5. FAP utilisant une méthode moderne de contraception 1 518 250 1 602 585 1 690 690 6. Gamme de méthodes - implants est. de l’augmentation annuelle de la gamme de méthodes due aux 0,2 % 1,0% 1,2% 1,4% 7. Pourcentage des utilisatrices d’implants parmi les utilisatrices de méthodes modernes 2,38% 2,79% 3,18% 8. Nombre de FAP utilisatrices d’implants 36 149 44 723 53 795 9a. Nombre de FAP utilisatrices d’ImplanonNXT éventail des produits - Implanon 35 % 12 652 15 653 18 828 9b. Nombre de FAP utilisatrices de Jadelle éventail des produits - Jadelle 65 % 23 497 29 070 34 967 10a. Nombre de FAP utilisatrices d’ImplanonNXT reçus du secteur public éventail des produits - secteur public 82 % 10 375 12 836 15 439 10b. Nombre de FAP utilisatrices d’ImplanonNXT reçus du secteur du marketing social éventail des produits secteur public 15 % 1898 2348 2824 10c. Nombre e FAP utilisatrices de Jadelle reçus du secteur public éventail des produits - secteur public 82 % 19 267 23 838 28 673 10d. Nombre de FAP utilisatrices de Jadelle reçus du secteur du marketing social éventail des produits - secteur public 15 % 3525 4361 5245 Section 2.1 | Implants contraceptifs 72 Le résultat final est une estimation de la demande annuelle pour les implants hormonaux, par marque et par source (secteur). Cependant, ces résultats ne doivent pas être utilisés pour les achats. Les chiffres de prévision seront utilisés avec d’autres données durant l’étape de planification de l’approvisionnement. Se référer au guide Quantification of Health Commodities pour plus d’informations sur l’étape de planification de l’approvisionnement. Ressources Année actuelle Prévision Année 1 Prévision Année 2 11. Estimation annuelle de la consommation - OPTION 1 (Nbre utilisatrices/facteur CAP) a. ImplanonNXT - secteur public facteur CAP - ImplanonNXT 2,5 4150 5134 6176 b. ImplanonNXT - marketing social 759 939 1130 c. Jadelle - secteur public facteur CAP - Jadelle 3,8 5070 6273 7545 d. Jadelle - marketing social 928 1148 1380 12. Estimation annuelle de la consommation - OPTION 2 (Nbre utilisatrices Prévision An 1 - Nbre utilisatrices Année actuelle) + (Nbre utilisatrices Année actuelle/facteur CAP) a. ImplanonNXT - secteur public facteur CAP - ImplanonNXT 2,5 * 6611 7738 b. ImplanonNXT - marketing social * 1209 1415 c. Jadelle - secteur public Facteur CAP - Jadelle 3,8 * 9641 11 108 d. Jadelle - marketing social * 1764 2032 Section 2.1 | Implants contraceptifs 73 1 World Health Organization (WHO). Medical eligibility criteria for contraceptive use. 4th ed. Geneva: WHO; 2010. 2 World Health Organization (WHO). Optimizing health worker roles to improve access to key maternal and newborn health interventions through task shifting. Geneva: WHO, 2012. http://www.optimizemnh.org 3 WHO - Health Systems and Services: Prequalification of Medicines Programme. http://apps.who.int/prequal/. WHO 201. 4 Jacobstein R, Stanley H. Contraceptive implants: providing better choice to meet growing family planning demand. Glob Health Sci Pract. 2013;1(1):11-17. http://dx.doi.org/10.9745/GHSP-D-12- 00003. (Adapted and augmented from a table originally prepared by FHI360, USAID and the RESPOND Project ) 5 The RESPOND Project technical meeting. New Developments in the Calculation and Use of CYP and Their Implications for Evaluation of Family Planning Programs. September 8, 2011. New York: EngenderHealth (The RESPOND Project). Also available at http://www.cpc.unc.edu/measure/prh/rh_indicators/specific/fp/cyp. Accessed 30 October 2013 6 USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 1. 2008. Quantification of Health Commodities: A Guide to Forecasting and Supply Planning for Procurement. Arlington, Va.: USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 1. 7 USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 4. 2011. Quantification of Health Commodities: Contraceptive Companion Guide. Forecasting Consumption of Contraceptive Supplies. Arlington, VA.:USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 4. 8 The RESPOND Project 2014. Reality Check: A planning and advocacy tool for strengthening family planning programs: Version 3. User’s Guide. New York, EngenderHealth. 9 The RESPOND Project. 2013. Instruments and Expendable Supplies Needed to Provide Long- Acting and Permanent Methods of Contraception. New York: EngenderHealth/The RESPOND Project. 10 USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 4. 2011. Quantification of Health Commodities: Contraceptive Companion Guide. Forecasting Consumption of Contraceptive Supplies. Arlington, Va.: USAID | DELIVER PROJECT, Task Order 4. 11 Caucus on New and Underused Reproductive Health Technologies, 2013. RHSC Product Brief: Contraceptive Implants. Brussels: July 2013. Quantification des intrants de santé. Supplément SRMNI 74 Section 2.2 | Sulfate de magnésium 75 La pré-éclampsie/éclampsie (PE/E) est l’une des causes les plus fréquentes de décès maternel ou d’handicap dans le monde ; elle se caractérise par une élévation rapide de la pression artérielle pendant la grossesse, une réduction de la fonction rénale et une coagulation intravasculaire disséminée. Il est possible de la traiter. On estime que 2 à 8 pour cent de toutes les grossesses présentent des complications de pré-éclampsie ; pourtant, selon l’OMS, en Afrique et en Asie, pratiquement un dixième des décès maternels sont associés à des problèmes d’hypertension pendant la grossesse, alors qu’un quart des décès maternels en Amérique latine ont été associés à ces complications.1 L’éclampsie peut se manifester pendant la seconde moitié de la grossesse, pendant le travail ou après l’accouchement. Elle est plus fréquente dans les pays à revenus faibles et moyens que dans les pays à revenus élevés. La pathogenèse de l’éclampsie n’est que partiellement connue : elle est liée à l’inflammation, à des lésions endothéliales et au développement placentaire. Environ 5 à 8 pour cent des femmes atteintes de pré-éclampsie présentent cette affection (éclampsie) dans les pays en développement.2 Contre les problèmes d’hypertension de la grossesse, deuxième cause de décès maternel, une plus grande utilisation du sulfate de magnésium est clairement recommandée.3 Le sulfate de magnésium (MgSO4) est un anticonvulsivant ; il s’agit de l’option la plus sûre et la plus efficace pour la prévention et le traitement de la pré-éclampsie et des crises d’épilepsie de l’éclampsie qui menacent le pronostic vital. Selon une étude de l’OMS, bien que le sulfate de magnésium soit disponible environ dans 85 pour cent des pays, de nombreux problèmes socioculturels et facteurs liés aux normes entravent son utilisation. Certains prestataires hésitent à l’administrer en raison de ses effets secondaires perçus. De plus, des retards sont parfois constatés dans l’administration de la seconde dose du médicament au cours du transfert vers un établissement d’un niveau plus élevé. L’OMS recommande le sulfate de magnésium pour la prévention de l’éclampsie chez les femmes qui présentent une pré-éclampsie sévère de préférence aux autres anticonvulsivants.4 Le sulfate de magnésium est disponible sous différentes formes galéniques ; l’OMS recommande la présentation à 50 % poids/volume, qui correspond à 0,5 g dans 1 ml.5 Il doit être administré pendant 24 heures après la dernière convulsion ou l’accouchement, selon l’événement qui intervient en dernier. La durée du traitement dépend de l’évolution clinique. Il est prouvé que ce médicament peut être sous utilisé dans certains pays parce que les prestataires de services ne connaissent pas cette option thérapeutique, ne savent pas comment l’administrer correctement ou sont préoccupés par les problèmes potentiels liés à la toxicité et aux effets secondaires chez la patiente. Les pratiques actuelles ainsi que les plans élaborés pour augmenter l’utilisation du sulfate de magnésium doivent être pris en compte au cours de la prévision. Au niveau du pays, les données concernant le nombre de femmes enceintes qui présentent une PE/E sont limitées, il est donc souvent nécessaire d’utiliser des données de substitution. Indépendamment de la forme galénique, il sera demandé aux prestataires de calculer la quantité appropriée de sulfate de magnésium à administrer en fonction du schéma posologique sélectionné (schéma de Pritchard ou de Zuspan). Pour les besoins de la prévision, l’utilisation du médicament pendant 24 heures après le début de l’administration Section 2.2 | Sulfate de magnésium 76 sera retenue ; cependant, le traitement de nombreuses patientes est plus long, pouvant atteindre 48 heures. Dans certaines circonstances, les patientes reçoivent une dose de charge dans un établissement de niveau peu élevé avant d’être transférées dans un établissement de niveau supérieur pour la suite du traitement. Dans certains cas, la patiente reçoit uniquement la dose de charge ou un traitement incomplet si le prestataire estime que l’état de la patiente s’est amélioré et qu’elle n’a plus besoin de traitement. Ces facteurs doivent être abordés avec les experts nationaux au cours de l’exercice de prévision. Les équipes de quantifications pourront trouver utiles les hypothèses programmatiques suivantes pour estimer le nombre de cas de PE/E et la quantité de médicaments nécessaires pour les traiter. x La pré-éclampsie complique 2 à 8 % des grossesses ; 6,7 cependant, une figure approximative de 2 % est retenu pour le nombre de patientes dont la PE/E sévère nécessitera un traitement par du sulfate de magnésium ; x Chaque établissement de santé qui a un service de maternité doit avoir des stocks disponibles de sulfate de magnésium pour s’occuper des cas de PE/E d’urgence. Le tableau 6 indique les sources probables des données. Toutes les données et hypothèses utilisées dans le processus de prévision doivent être documentées. Ceci permet à d’autres collaborateurs de revoir, comprendre et mettre à jour ou corriger les données et hypothèses au fur et à mesure que de nouvelles informations sont disponibles. La documentation peut également servir de référence pour des prévisions futures et des ajustements. x Population cible x Nombre total de femmes dans la population x Nombre total d’accouchements dans les établissements de santé o Nombre de femmes enceintes présentant une PE/E susceptibles de recevoir du sulfate de magnésium en prévention ou en traitement au cours des accouchements ayant lieu dans un établissement de santé x Schéma thérapeutique standard ou moyen, c'est-à-dire, quantité de sulfate de magnésium nécessaire pour prévenir ou traiter chaque cas de PE/E x Questions programmatiques qui peuvent avoir un impact sur la consommation (par ex. formation des prestataires sur l’administration du sulfate de magnésium ou expansion de l'utilisation) Section 2.2 | Sulfate de magnésium 77 Données Source Limites Prévision Population totale Données des recensements nationaux, EDS, ESR, base de données internationale de l’US Census Bureau Peuvent être obsolètes ; peuvent nécessiter un ajustement du taux de croissance annuel pour les prévisions à venir Pourcentage de femmes enceintes EDS, système d'information de gestion sanitaire (SIGS), études nationales sur la morbidité et la mortalité maternelles, études spécifiques Les données des EDS sont généralement sous-estimées Pourcentage d'accouchements ou de naissances ayant lieu dans un établissement de santé EDS, SIGS, études nationales sur la morbidité et la mortalité maternelles, études spécifiques Les données des EDS sont généralement sous-estimées Pourcentage de femmes enceintes qui présentent une pré-éclampsie grave ou une éclampsie SIGS, études nationales sur la morbidité et la mortalité maternelles, études spécifiques Données limitées. La littérature indique que la pré-éclampsie complique 2 à 8 % des grossesses ; cependant, le chiffre de 2 % est le plus souvent utilisé comme une moyenne au niveau mondial lorsqu'il n'y a pas de données disponibles au niveau du pays. Pourcentage de femmes enceintes qui présentent une PE/E et qui sont susceptibles de recevoir du MgSO4 SIGS, études nationales sur la morbidité et la mortalité maternelles, études spécifiques Les données peuvent être incomplètes ou sous-estimées Posologie recommandée Directives de l’OMS ou directives nationales de SMNI, Programme national de médicaments essentiels, OMS, Ministère de la santé, PNLP, études Les prestataires peuvent ne pas suivre les directives recommandées pour la posologie, peuvent proposer différents médicaments contre la même affection ; la durée du traitement parentéral varie entre les patientes selon l’évolution clinique ; les guides de traitement standards ne sont pas toujours utilisés par les prestataires de services Facteurs programmatiques Interventions ou facteurs entraînant une modification à venir de la demande (par exemple, plans d'expansion) SMNI Si des stratégies sont mises en œuvre pour accroître l'utilisation du médicament ou encourager l'accouchement dans un établissement de santé, la prévision risque d'être insuffisante La formule de prévision implique de multiplier le nombre de femmes enceintes présentant une PE/E qui vont recevoir du sulfate de magnésium à titre préventif ou en traitement par la quantité moyenne de sulfate de magnésium requise dans chaque cas. Les étapes de ce calcule sont les suivantes : Section 2.2 | Sulfate de magnésium 78 1. Déterminer la portée de la quantification (par ex. les types d’établissement de santé) 2. Calculer la population cible qui recevra du sulfate de magnésium en prévention et en traitement de la PE/E ; 3. Calculer la quantité de sulfate de magnésium nécessaire pour chaque cas pour la prévention et le traitement de la PE/E et établir un schéma thérapeutique standard ou moyen ; 4. Calculer la quantité de sulfate de magnésium nécessaire pour la prévention et le traitement de la PE/E pour la période de prévision. L’équipe de quantification doit déterminer quels types d’établissements de santé sont actuellement autorisés à dispenser du sulfate de magnésium et le nombre de ces établissements qui devront être approvisionnées par le plan d’approvisionnement. Au cours de cette étape, l’équipe doit également recueillir des informations sur les plans d’expansion impliquant l’utilisation du sulfate de magnésium et tenir compte de ces projets dans la préparation de leurs estimations. Si les prévisions ne concernent que les établissements de santé du secteur public, le nombre total d’établissements de santé doit être multiplié par le pourcentage d’accouchements survenant uniquement dans les établissements de santé du secteur public. La population cible pour laquelle le sulfate de magnésium doit être utilisé dépend des directives nationales pour la santé maternelle, néonatale et infantile (SMNI). Il doit être administré à la fois aux femmes qui présentent des crises d’épilepsie dues à l’éclampsie ainsi qu’à celles qui présentent une élévation importante de la pression artérielle au cours de la grossesse à fin de prévenir l’apparition possible des crises d’épilepsie menaçant le pronostic vital8. Le sulfate de magnésium doit être disponible à tous les niveaux du système de santé où des accouchements surviennent. Idéalement, les données sur le nombre de femmes enceintes qui présentent une PE/E et qui recevront du sulfate de magnésium doivent être utilisées. On peut parfois les trouver dans les données sur les services de santé, dans des études nationales sur la morbidité et la mortalité maternelles ou dans des études spécifiques. Cependant, en pratique, dans la plupart des pays ces données ne sont pas recueillies de manière routinière et sont souvent difficiles à obtenir. En leur absence, nous recommandons d’utiliser le chiffre de substitution de 2 % de l’ensemble des grossesses susceptibles d’entraîner une pré- éclampsie grave ou une éclampsie et qui nécessitent un traitement par du sulfate de magnésium.9 La quantité de sulfate de magnésium nécessaire pour chaque cas dépend de ce qui est recommandé dans les directives nationales de SMNI. Actuellement, il existe deux schémas thérapeutiques couramment utilisés pour le sulfate de magnésium administré dans la prise en charge de la pré-éclampsie et de l’éclampsie : Section 2.2 | Sulfate de magnésium 79 Schéma de Pritchard (IV/IM) Schéma de Zuspan (IV/IV) Dose de charge 4 g dans 20 ml (solution à 20 %) administré en IV pendant 15 à 20 minutes, suivi de 5 g dans 10 ml de solution (50 %) en injection IM dans chaque fesse. 4 g dans 20 ml (solution à 20 %) administré en IV pendant 15 à 20 minutes Dose d’entretien 5 g dans 10 ml (solution à 50 %) en injection IM toutes les 4 heures alternativement dans chaque fesse. 1 g par heure en perfusion IV Durée 24 heures après la dernière convulsion ou l’accouchement, selon l’événement qui intervient en dernier REMARQUE : En cas de convulsions après l’administration de la dose de charge, administrer 2 g dans 4 ml (50 %) par voie IV pendant 5 minutes. La forme galénique recommandée par l’OMS est une solution à 50 % poids/volume qui correspond à 0,5 g/ml. Parmi les autres présentations fréquentes on trouve la forme 1 g/2 ml (50 %) et 5 g/10 ml (50 %). Les présentations disponibles dans un pays détermineront le schéma qui peut être administré. Quantités requises : Cela dépendra du schéma le plus fréquemment utilisé dans le pays. Pour les deux schémas les plus fréquents, en supposant une administration de 24 heures, les quantités totales requises sont : Schéma de Pritchard : dose de charge = 4 g + 10 g ; dose d'entretien = 30 g. Total = 44 g Schéma de Zuspan : dose de charge = 4 g ; dose d'entretien = 24 g. Total = 28 g Nombre d'ampoules 1 g/2 ml : Pritchard = 44 Zuspan = 28 5 g/10 ml : Pritchard = 9 Zuspan = 7 Il est nécessaire de déterminer la période que la prévision est supposée couvrir. Pour une prévision de deux ans il est préférable de pouvoir la séparer en deux périodes de 12 mois. Pour calculer la quantité nécessaire pour cette période, multiplier le nombre d'accouchements attendus dans un établissement de santé au cours de la période par 2 % (chiffre de substitution : pourcentage de l'ensemble des grossesses qui présentent une pré-éclampsie grave ou une éclampsie, de l’étape 1) et multiplier ensuite le résultat par la quantité de sulfate de magnésium requise pour un cas unique (nombre d'ampoules, de l’étape 2). Les intrants nécessaires à l'administration du sulfate de magnésium dépendent du schéma thérapeutique utilisé et elles peuvent inclure en plus des seringues, un pied et du matériel de perfusion. Il est également indispensable de disposer de gluconate de calcium dans les établissements où on administre du sulfate de magnésium. Section 2.2 | Sulfate de magnésium 80 Le sulfate de magnésium est largement disponible étant donné qu’il est produit par plus de 35 fabricants dans le monde. La figure ci-dessous montre un exemple des étapes à suivre pour la quantification du sulfate de magnésium contre la PE/E ainsi que les données nécessaires pour passer à chaque étape suivante. Comme indiqué ci-dessus, l’équipe de quantifications devra définir les meilleures hypothèses à utiliser pour la prévision en fonction du contexte local. Section 2.2 | Sulfate de magnésium 81 A1 Pourcentage de la population susceptible d’être enceinte ou pourcentage d’accouchements A2 Pourcentage de femmes enceintes accouchant dans un établissement de santé A3 Incidence de la PE/E. En l’absence de données au niveau du pays, des données de substitution de pays comparables ou des estimations au niveau mondial ; par exemple, la littérature indique que 2 à 8 % des grossesses se complique d’une pré-éclampsie (le chiffre de 2 % est souvent utilisé comme moyenne mondiale). A4 Pourcentage de femmes enceintes qui accouchent dans un établissement de santé avec PE/E et sont susceptibles de recevoir du sulfate de magnésium A5 Schéma thérapeutique moyen pour le MgSO4 A6 Taux d’évolution programmatique attendu, par exemple expansion ou pertes Lorsque la quantité de sulfate de magnésium nécessaire pour répondre aux besoins d’un programme au cours de la période de prévision est calculée, cette quantité est saisie dans une matrice de planification de l’approvisionnement qui prend en compte la filière d’approvisionnement actuelle, les pertes, les prix et les délais de livraisons des fabricants afin de déterminer la quantité de médicaments à livrer pour chaque période donnée. Se référer au guide Quantification of Health Commodities pour plus d’informations sur l’étape de planification de l’approvisionnement. Section 2.2 | Sulfate de magnésium 82 Le pays X recommande l’utilisation du sulfate de magnésium (MgSO4) pour la prévention et le traitement de la PE/E. L’observance de cette recommandation est de 50 %, cependant des plans ont été établis pour étendre l’utilisation à 90 % d’ici 5 ans. Il n’existe aucune donnée sur le pourcentage de femmes enceintes qui développe une PE/E. Les données disponibles sont : x Population totale : pour l’année en cours : 10 000 000 x Pourcentage d’augmentation : 2 % x Pourcentage de femmes enceintes dans la population : 2 % x Pourcentage d’accouchements ayant lieu dans un établissement de santé : 70 % x Posologie recommandée : Schéma de Pritchard x Nombre d’ampoules administrées par patiente en 24 heures = 9 (5 g/10 ml) Hypothèses : x La prise en charge de chaque patiente nécessite 9 ampoules. x Le chiffre de substitution de 2 % de l’ensemble des grossesses qui nécessiteront un traitement avec le sulfate de magnésium pour une PE/E grave est utilisé comme moyenne au niveau mondial. x Tous les cas de PE/E sont traités au niveau de l’établissement de santé. x Tous les cas de PE/E sont traités au sulfate de magnésium. D’après les données ci-dessus, nous pouvons calculer la quantité de MgSO4 à administrer pendant les 2 prochaines années Ressources Année actuelle Prévision Année 1 Prévision Année 2 Population Taux de croissance de la population 2 % 10 000 000 10 200 000 10 404 000 Nbre. de grossesses % de femmes enceintes dans la population. 2 % 200 000 204 000 208 080 Nbre d’accouchements en établissements % d’accouchements en établissements de santé 70 % 140 000 142 800 145 656 Nbre De femmes enceintes présentant une PE/E % de grossesses qui nécessiteront un traitement de la PE/E 2 % 2800 2, 856 2, 913 Pourcentage de cas de PE/E susceptibles d’être traités au MgSO4 % d’augmentation de 50% à 90% en 5 ans 10 % d’augme ntation par an 50 % 60 % 70 % Nbre de cas de PE/E susceptibles d’être traités au MgSO4 Nbre de cas de PE/E à traiter en établissement 10 % d’augme ntation par an 1400 1714 2039 Quantité ajustée de MgSO4 nécessaire (ampoules) Nbre d’ampoules nécessaires par cas 9 12 600 15 422 18 353 Section 2.2 | Sulfate de magnésium 83 1 Medicines for Maternal Health. Prepared for the United Nations Commission on Life-Saving Commodities for Women and Children. Working paper. February 2012. Available from: http://www.everywomaneverychild.org/images/Key_Data_and_Findings_Maternal_Health_Medicines_ FINAL_3_26_2012__COMPLETE_reduced.pdf 2 Ibid. 3 Ibid. 4 World Health Organization (WHO). 2011. WHO Recommendations for prevention and treatment of Pre eclampsia/ Eclampsia. Geneva. WHO. 5 WHO Model List of Essential Medicines. 19th List (April 2015) (Amended June 2015) http://www.who.int/medicines/publications/essentialmedicines/en/ 6 USAID, JHPIEGO. Rapid Landscape Analysis of technologies for postpartum hemorrhage. Conducted by JHPIEGO/Accelovate for USAID at the Technologies for Health Consultative Meeting - MNCH Pathways. Unpublished. 2012. 7 United Nations Commission. Every Woman Every Child, Magnesium sulfate Product Profile. 2012. Available from: http://www.everywomaneverychild.org/component/content/article/1-about/304- magnesium-sulfate-mgso4-product-profile 8 World Health Organization (WHO). 2011. WHO Recommendations for prevention and treatment of Pre-eclampsia/Eclampsia. Geneva. WHO. 9 Altman D, Carroli G, Duley L et al. Magpie Trial Collaborative Group. Do women with pre-eclampsia, and their babies benefit from magnesium sulphate? The Magpie Trial: a randomized placebo controlled trial. Lancet. 2002;359(9321):1877–1890. Section 2.2 | Misoprostol 84 Dans le monde, plus de la moitié des femmes accouchent à domicile en l’absence d’accoucheur qualifié. La prise en charge des hémorragies du post-partum (HPP) est particulièrement difficile dans les accouchements à domicile. L’HPP primaire, définie comme une perte de sang égale ou supérieure à 500 ml dans les 24 heures qui suivent l’accouchement, a été identifiée comme une cause majeure de décès des femmes pendant l’accouchement. C’est pourquoi la période des 24 heures qui suivent l’accouchement est la plus dangereuse pour la mère et la prise en charge active au cours de ce laps de temps est indispensable pour chaque accouchement, quel que soit le lieu où il se déroule. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande que toutes les femmes qui accouchent aient accès à un médicament utérotonique, de préférence l’ocytocine, mais lorsque l’ocytocine n’est pas disponible, le misoprostol peut être utilisé pour prévenir l’hémorragie du post-partum. Une déclaration récente de la confédération internationale des sages-femmes et de la fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique décrit également les avantages du misoprostol pour le traitement de l’HPP lorsque l’ocytocine n’est pas disponible.1 La prévalence de l’HPP est d’environ 10,5 pour cent chez les femmes qui ne reçoivent pas de médicament utérotonique.2 Il est difficile de prédire quelles femmes présenteront une HPP en fonction des facteurs de risque ; en effet, deux tiers des femmes qui font une HPP ne présentent aucun facteur de risque. En conséquence, toutes les femmes doivent être considérées à risque et la prévention de l’hémorragie doit être intégrée aux soins prodigués pour chaque accouchement. L’OMS affirme la plupart des décès dus aux HPP pourraient être évités avec un diagnostic adéquat et l’utilisation de médicaments essentiels comme l’ocytocine pour chaque accouchement et du misoprostol dans les cas où l'ocytocine ne peut être administrée.3 Le misoprostol, une prostaglandine synthétique, est administré par voie orale sous forme de comprimés. Le misoprostol est actuellement utilisé dans de nombreux pays pour le traitement des ulcères gastriques et la prise en charge des fausses couches ou des avortements incomplètes.4 L’introduction et l’expansion du misoprostol dans la prise en charge de la HPP sont mises en œuvre dans un certain nombre de pays. L’expansion de l’utilisation du misoprostol pour la prise en charge de l’HPP est prévue au niveau mondial. De nombreux pays ont à présent mis en place des politiques nationales qui mentionnent le misoprostol pour la prévention de l’HPP et de nombreux autres envisagent de l’introduire.5 Certains pays sont dans la phase pilote de distribution du misoprostol aux femmes par les agents de santé communautaires et quelques-uns sont en cours d’étendre la distribution au niveau national. L’expansion des programmes a tendance à se mettre en place beaucoup plus lentement que prévu et des décisions concernant ces facteurs doivent être prises au cours de la prévision afin d’éviter les ruptures de stocks ou les surplus après l’approvisionnement. Section 2.2 | Misoprostol 85 Il est possible que les protocoles de traitement standard nationaux précisent le niveau des prestataires de soins qualifiés autorisés à administrer le misoprostol ainsi que les établissements dans lesquels il peut être administré. Ces éléments influeront également la prévision. Dans certains cas, les prestataires utilisent du misoprostol pour la maturation du col et le déclenchement du travail. La posologie appropriée pour cette indication est de 25 μg ; si cette forme galénique n’est pas disponible, les prestataires peuvent soit couper en deux les comprimés (ce n’est pas recommandé) ou les diluer pour obtenir la posologie appropriée. Dans les pays où l’avortement sécurisé est légal, le misoprostol peut être utilisé seul ou en association avec le mifépristone. La prévision doit prendre en compte ces autres utilisations du misoprostol ainsi que les indications sans lien avec des affections obstétriques. Lorsque différentes formes galéniques sont utilisées à des fins distinctes, chaque forme galénique doit être prise en compte individuellement et leur prévision doit être envisagée séparément. Concernant le médicament, pour le moment, la plupart des fabricants de misoprostol ne proposent pas de conditionnement de 3 comprimés, ce qui peut entraîner des difficultés de distribution. Si le misoprostol doit être utilisé aux niveaux inférieurs du système, en particulier en cas d’accouchement à domicile, il peut être nécessaire de reconditionner le médicament. Le misoprostol n’est pas concerné par la chaîne du froid, mais il est sensible à l’humidité, il est donc préférable d’utiliser des emballages-bulle double-aluminium. Il a été indiqué précédemment que l’utilisation du misoprostol pour la prise en charge de l’HPP était récente dans la plupart des pays ; l’équipe de quantification devra donc élaborer conjointement des hypothèses sur les facteurs et interventions susceptibles d’entraîner des évolutions futures de la demande de misoprostol, comme par exemple les objectifs de population à traiter et les objectifs d’expansion. Des hypothèses qui devront être définies incluent: x Pourcentage d’accouchements à domicile pour lesquels les femmes doivent recevoir 600 μg de misoprostol. L’expansion s’effectuera probablement par phases et la quantification doit essayer d’inclure des délias réalistes pour atteindre le taux de couverture ciblés ; x Pourcentage d’accouchements survenant dans un établissement de santé pour lesquels les femmes recevront 600 μg de misoprostol lorsque l’ocytocine n’est pas disponible ; x Pourcentage de femmes qui présenteront une HPP après une prophylaxie et qui nécessiteront un traitement ; x Pourcentage des femmes présentant une HPP qui nécessiteront 800 μg de misoprostol parce qu’il n’y a pas d’ocytocine disponible lorsqu’elles se présentent pour être soignées ; x Pourcentage des grossesses susceptibles de se terminer en fausse couche (des études montrent qu’entre 10 et 15 % des grossesses se terminent en fausse couche) ;5 x Pourcentage des fausses couches susceptibles de nécessiter l’administration de 600 μg de misoprostol (des études montrent que ce pourcentage se situe autour de 28 % des fausses couches) ; x Pourcentage des grossesses susceptibles de nécessiter du misoprostol dans le cadre des soins post-avortement (SPA) pour l’indication d’avortement à risque (des études montrent que ce pourcentage se situe autour de 1,4 % ;6 x Taux d’avortement à risque chez les femmes en âge de procréer (des études montrent que ce taux est de 14 pour 1000).7 Section 2.2 | Misoprostol 86 Le tableau 8 décrit les sources potentielles des données requises Données Source Limites Prévision Population totale EDS, données des recensements nationaux, base de données internationale de l’US Census Bureau Peuvent être obsolètes ; peuvent nécessiter un ajustement du taux de croissance annuel pour les prévisions à venir Pourcentage de femmes enceintes EDS, SIGS, études nationales sur la morbidité et la mortalité maternelles, études spécifiques Les données des EDS sont généralement sous-estimées Pourcentage d’accouchements à domicile EDS, SIGS, études nationales sur la morbidité et la mortalité maternelles, études spécifiques, assiduité aux consultations prénatales Les données des EDS sont généralement sous-estimées Pourcentage d’accouchements à domicile donnant lieu à l’adminis

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