Mali - Demographic and Health Survey - 2002

Publication date: 2002

Enquête Démographique et de Santé (EDSM-III) 2001 Mali INDICATEURS DU SOMMET MONDIAL POUR LES ENFANTS Taux de mortalité des enfants (0-4) Probabilité de décéder entre la naissance et l’âge de 5 ans, pour 1 000 naissances vivantes 229 Taux de mortalité infantile Probabilité de décéder entre la naissance et le 1er anniversaire, pour 1 000 naissances vivantes 113 Insuffisance pondérale Enfants de moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondérale (%) 33 Retard de croissance Enfants de moins de cinq ans souffrant de retard de croissance (%) 38 Émaciation Enfants de moins de cinq ans souffrant d’une émaciation (%) 11 Utilisation de l’eau salubre Pourcentage de la population qui utilise une source d’eau salubre pour boire 42 Utilisation des sanitaires Pourcentage de la population disposant de latrines améliorées ou chasse d’eau 15 Fréquentation scolaire Enfants d’âge scolaire de l’enseignement primaire qui fréquentent une école primaire (%) 38 Taux d’alphabétisation : Femmes/Hommes Pourcentage de la population âgée de 15 ans ou plus qui est capable à la fois de lire et d’écrire, avec compréhension, un texte court et simple lié à la vie quotidienne Homme : Femme : 31 15 Mortalité des enfants de moins de cinq ans : masculin/féminin Probabilité de décéder entre la naissance et le cinquième anniversaire pour 1 000 naissances : désagrégée par sexe (pour la période de 10 ans avant l’enquête) Masculin : Féminin : 250 226 Insuffisance pondérale : sexe masculin/féminin Enfants de moins de cinq ans souffrant d’une insuffisance pondérale (%) Masculin : Féminin : 34 32 Prévalence contraceptive Femmes de 15-49 ans qui utilisent une méthode contraceptive (%) 8 Soins prénatals Femmes de 15-49 ans consultées au moins une fois durant la grossesse par du personnel de santé (%) 57 Soins à la naissance de l’enfant Naissances dont la mère a accouché avec l’assistance de personnel de santé (%) 41 Poids à la naissance < 2,5 kg Naissances vivantes qui pèsent moins de 2 500 grammes (%) 17 Consommation du sel iodé Ménages qui consomment d’une manière adéquate du sel iodé (%) >0 ppm : 15 ou + ppm : 65 37 Compléments de vitamine A Enfants de 6-59 mois ayant reçu un supplément de vitamine A au cours des 6 derniers mois (%) 41 Compléments de vitamine A Mères qui ont reçu un supplément de vitamine A avant que leur bébé n’atteigne l’âge de 8 semaines (%) 18 Cécité crépusculaire Femmes qui souffraient de cécité nocturne durant la dernière grossesse (%) 6 Taux d’allaitement exclusif Enfants de moins de 6 mois qui reçoivent exclusivement le sein (%) 25 Aliments de complément Enfants de 6-9 mois (180-299 jours) qui reçoivent le sein et les aliments de complément (%) 32 Taux d’allaitement continu Enfants de 12-15 mois qui sont allaités (%) 95 Taux d’allaitement continu Enfants de 20-23 mois qui sont allaités (%) 69 Vaccin du DTCoq Enfants d’un an vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTCoq) (%) 40 Vaccin de la rougeole Enfants d’un an vaccinés contre la rougeole (%) 49 Vaccin de la polio Enfants d’un an vaccinés contre la poliomyélite (%) 39 Vaccin du BCG Enfants d’un an vaccinés contre la tuberculose (%) 69 Vaccination antitétanique Femmes ayant reçu deux doses ou plus de vaccin antitétanique au cours de la grossesse (%) 32 Prévalence de la diarrhée Enfants de moins de cinq ans ayant souffert de la diarrhée au cours des deux dernières semaines (%) 19 Utilisation du TRO Enfants de 0-59 mois qui avaient la diarrhée durant les deux dernières semaines et qui ont été) traités avec SRO ou une solution préparée à la maison (%) 30 Prévalence des IRA Enfants de moins de cinq ans ayant souffert des IRA au cours des deux dernières semaines (%) 10 Traitement des IRA Enfants de 0-59 mois qui avaient des IRA durant les deux dernières semaines et qui ont été conduits à un centre de santé ou auprès d’un agent de santé (%) 43 Pour les indicateurs supplémentaires, se référer à la couverture intérieure arrière. INDICATEURS SUPPLÉMENTAIRES Indicateurs supplémentaires pour le suivi d’autres droits de l’enfant Résidence des enfants Enfants de 0-14 ans vivant dans des ménages mais sans un parent biologique (%) 10 Orphelins dans les ménages Enfants de 0-14 ans orphelins vivant dans des ménages (%) 1 Indicateurs supplémentaires pour le suivi du VIH/sida Prévention du VIH/sida Femmes qui ont cité correctement deux ou trois principaux moyens pour éviter l’infection du VIH (%) 13 Aspects sociaux du VIH/sida Femmes qui pense qu’une personne qui a contracté le VIH devrait garder son état sectret (%) 19 Transmission du VIH de la mère à son enfant Femmes qui pense que le VIH peut être transmis de la mère à son enfant durant la grossesse (%) Femmes qui pense que le VIH peut être transmis de la mère à son enfant durant l’allaitement (%) 42 32 Endroit pour le test du VIH Femmes qui connaissent un endroit où elles peuvent aller faire un test du VIH (%) 14 Femmes testées pour le VIH Femmes qui ont été testées pour le VIH (%) 4 Séroprévalence du VIH) Taux de séroprévalence du VIH Femmes : Hommes : 2,0 1,3 Indicateurs supplémentaires pour le suivi de la fécondité Indice synthétique de fécondité Nombre moyen d’enfants par femme en fin de vie féconde 6,8 Âge médian à la première naissance Âge auquel la moitié des mères de 20-49 ans ont eu leur première naissance 18,9 Intervalle intergénésique médian Durée de l’intervalle (en mois) pendant laquelle la moitié des mères de 15-49 ans ont attendu avant d’avoir une autre naissance 32,3 Fécondité des adolescentes Femmes de 15-19 ans déjà mères ou enceintes du 1er enfant (%) 40 Indicateurs supplémentaires pour le suivi de la nuptialité Femmes en union Femmes de 15-49 ans qui se sont en union au moment de l’enquête (%) 84 Femmes en union polygame Femmes de 15-49 ans qui se sont en union polygame (%) 43 Femmes de 15-49 ans célibataires Femmes de 15-49 ans qui ne se sont jamais mariées (%) 14 Femmes de 15-19 ans célibataires Femmes de 15-19 ans qui ne sont jamais mariées (%) 51 Femmes de 20-24 ans célibataires Femmes de 20-24 ans qui ne sont jamais mariées (%) 12 Âge à la 1ere union Âge auquel moitié des femmes de 20-49 ans sont entrées en union pour la première fois 16,5 Âge aux premiers rapports sexuels Âge auquel moitié des femmes de 20-49 ans ont eu leurs premiers rapports sexuels 15,9 Indicateurs supplémentaires pour le suivi des préférences en fécondité Nombre idéal moyen d’enfants Pour les femmes de 15-49 ans, le nombre moyen d’enfants souhaité à la fin de leur vie féconde 6,2 Désir d’espacement des naissances Femmes en union souhaitant espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus (%) 38 Désir de limitation des naissances Femmes en union ne voulant plus d’enfants (%) 21 Prévalence contraceptive (toutes méth./méth. modernes) Femmes en union de 15-49 ans qui utilisent une méthode contraceptive (toutes méthodes confondues, et méthodes modernes) (%) Toutes méthodes : Méth. modernes : 8 6 Besoins non satisfaits en planification familiale Femmes en union ayant déclaré ne plus vouloir d’enfants ou vouloir attendre deux ans ou plus avant la prochaine naissance et qui n’utilisent pas la contraception (%) 29 Demande totale de planification familiale Femmes en union ayant des besoins non satisfaits en planification familiale et pourcentage de femmes utilisant actuellement une méthode de contraception (%) 37 Enquête Démographique et de Santé Mali 2001 Mamadou Basséry Ballo Seydou Moussa Traoré Isaka Niambélé Souleymane Ba Mohamed Ayad Salif Ndiaye Juin 2002 Cellule de Planification et de Statistique ORC Macro Ministère de la Santé Calverton, Maryland USA Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique Bamako, Mali Ce rapport présente les principaux résultats de la troisième Enquête Démographique et de Santé (EDSM-III) réalisée au Mali en 2001 par la Cellule de Planification et de Statistique du Ministère de la Santé (CPS/MS) et par la Direction Nationale de la Statistique et de l'Informatique (DNSI). L’EDSM-III, initiée par le gouvernement malien, fait partie du programme mondial MEASURE DHS+ dont l’objectif est de collecter, d’analyser et de diffuser des données relatives à la population et à la santé de la famille, d’évaluer l’impact des programmes mis en œuvre et de planifier de nouvelles stratégies pour l’amélioration de la santé et le bien-être de la population. L’enquête a été réalisée avec l’appui technique de ORC Macro. Elle a bénéficié de l’appui financier de l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID - Contrat No. HRN-C-00-97-00019-00), du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), de la Banque Mondiale, du FNUAP et du gouvernement malien. Ce rapport est l’œuvre des auteurs et ne représente nécessairement ni la politique de l’USAID ni des autres organismes de coopération. Des informations complémentaires sur l'EDSM-III peuvent être obtenues auprès de la CPS/MS, B.P. 232, Bamako, Mali (Téléphone (223) 2-23-27-25 ; Fax (223) 2-23-27-26) ; E-mail : cpssante@datatech.toolnet.org, ainsi qu’auprès de la DNSI, B.P. 12, Bamako, Mali (Téléphone (223) 2-22-52-85 ; Fax (223) 2-23-71-45). Concernant le programme MEASURE DHS+, des renseignements peuvent être obtenus auprès de ORC Macro, 11785 Beltsville Drive, Calverton, MD 20705, USA (Téléphone (301) 572-0200 ; Fax (301) 572-0999 ; E-mail : reports@macroint.com ; Internet : http://www.measuredhs.com). Citation recommandée : Cellule de Planification et de Statistique du Ministère de la Santé (CPS/MS), Direction Nationale de la Statistique et de l'Informatique (DNSI) et ORC Macro. 2002. Enquête Démographique et de Santé au Mali 2001. Calverton, Maryland, USA : CPS/MS, DNSI et ORC Macro. Table des matières * iii TABLE DES MATIÈRES Page Liste des tableaux et des graphiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ix Préfacé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xix Remerciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xxi Sigles et abréviations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xxiii Résumé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xxv Carte de Mali . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . xxviii CHAPITRE 1 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU PAYS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE Mamadou Basséry BALLO et Seydou Moussa TRAORE . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 1.1 GÉOGRAPHIE, HISTOIRE ET ÉCONOMIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1 1.2 POPULATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3 1.3 SITUATION SANITAIRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 1.4 MÉTHODOLOGIE DE L'ENQUÊTE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES DES ENQUÊTÉES Ishaga COULIBALY, Souleymane BA, et Mikeïla B. MAIGA . . . . . . . . . . . . . 13 2.1 ENQUÊTE MÉNAGE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 2.1.1 Structure par sexe et âge de la population . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 2.1.2 Taille et composition des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 2.1.3 Niveau d'instruction de la population . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 2.1.4 Caractéristiques des logements et biens possédés par le ménage . . . . . . 22 CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES ET STATUT DES FEMMES Fatoumata Dicko SIDIBE, Souleymane BA, et Dr Zeinab Mint Youba MAIGA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉES . . . . . . . . 25 3.2 NIVEAU D'INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 3.3 ALPHABÉTISATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28 3.4 ACCÈS AUX MÉDIAS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 3.5.1 Emploi des femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 3.5.2 Occupation des femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 3.5.3 Type d'emploi des femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34 iv * Table des matières Page 3.6 DÉCISION DE L'UTILISATION DU REVENU ET CONTRIBUTION AUX DÉPENSES DU MÉNAGE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35 3.7 CONTRÔLE DU REVENU DES FEMMES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36 3.8 PARTICIPATION DES FEMMES DANS LA PRISE DE DÉCISION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 3.9 APPROBATION PAR LES FEMMES DE CERTAINES RAISONS JUSTIFIANT LE FAIT DE BATTRE LES ÉPOUSES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39 3.10 ATTITUDE DES FEMMES CONCERNANT LE REFUS D'AVOIR DES RAPPORTS SEXUELS AVEC LEUR MARI/PARTENAIRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41 CHAPITRE 4 FÉCONDITÉ Ishaga COULIBALY et Boureima SINGARE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43 4.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE . . . . . . . . . . . . . . 44 4.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47 4.3 PARITÉ ET STERILITÉ PRIMAIRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49 4.4 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51 4.5 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 4.6 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE Seydou Moussa TRAORE et Mamadou Basséry BALLO . . . . . . . . . . . . . . . . . 57 5.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57 5.2 PRATIQUE DE LA CONTRACEPTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61 5.3 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63 5.4 UTILISATION DE LA CONTRACEPTION ET STATUT DE LA FEMME . . . . . . . . . 68 5.5 NOMBRE D'ENFANTS À LA PREMIÈRE UTILISATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70 5.6 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70 5.7 SOURCE D'APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION . . . . . . . . . . . . . 71 5.8 CHOIX DE LA MÉTHODE ET INFORMATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73 5.9 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74 5.10 SOURCES D'INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION . . . . . . . . . . . . . . . . . 77 5.11 OPINIONS ET ATTITUDES VIS-À-VIS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE . . . . . 80 CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Seydou Moussa TRAORE et Mamadou Basséry BALLO . . . . . . . . . . . . . . . . . 83 6.1 ÉTAT MATRIMONIAL . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83 6.2 POLYGAMIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84 6.3 ÂGE A LA PREMIÈRE UNION ET ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS . . . . 85 6.4 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90 6.5 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92 Page Table des matières * v CHAPITRE 7 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Seydou Moussa TRAORE et Mamadou Basséry BALLO . . . . . . . . . . . . . . . . . 95 7.1 DÉSIR D'AVOIR DES ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95 7.2 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98 7.3 NOMBRE TOTAL D'ENFANTS DÉSIRÉS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101 7.4 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104 CHAPITRE 8 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT Dr Idrissa Alido MAIGA, Dr Safoura TRAORE, et Dr Adama DIAWARA . . 107 8.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET VISITES POSTNATALES . . . . . . . . . 107 8.2 VACCINATION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120 8.3 MALADIES DES ENFANTS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125 CHAPITRE 9 NUTRITION ET ÉTAT NUTRITIONNEL Modibo DIARRA, Kagnassy Dado SY, et Sarmoye CISSE . . . . . . . . . . . . . . . 137 9.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137 9.2 IODATION DU SEL, VITAMINE A ET CÉCITÉ CRÉPUSCULAIRE CHEZ LES ENFANTS ET CHEZ LES FEMMES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146 9.3 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155 CHAPITRE 10 MORTALITÉ DES ENFANTS Souleymane BA et Boureima SINGARE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165 10.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165 10.2 NIVEAUX ET TENDANCES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166 10.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE ET GROUPES À HAUTS RISQUES . . . . . . . . . . . 168 CHAPITRE 11 MORTALITÉ MATERNELLE Mohamed Ayad . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177 11.1 INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177 11.2 COLLECTE DES DONNÉES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177 11.3 ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178 11.4 ESTIMATION DIRECTE DE LA MORTALITE ADULTE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180 11.5 ESTIMATIONS DIRECTES DE LA MORTALITÉ MATERNELLE . . . . . . . . . . . . . . 183 11.6 ESTIMATIONS INDIRECTES DE LA MORTALITÉ MATERNELLE . . . . . . . . . . . . . 184 11.7 DISCUSSION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185 Page CHAPITRE 12 ENQUÊTE HOMME vi * Table des matières Salif NDIAYE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187 12.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIO-ÉCONOMIQUES DES ENQUÊTÉS . . . . . . . . . . . 187 12.1.1 Caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187 12.1.2 Niveau d’instruction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 189 12.1.3 Accès aux médias . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190 12.1.4 Activité économique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192 12.1.5 Prises de décisions sur diverses questions relatives à la vie quotidienne du ménage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194 12.1.6 Opinion des hommes sur la violence conjugale . . . . . . . . . . . . . . . . . 196 12.1.7 Opinion des hommes sur le refus des rapports sexuels par les femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198 12.2 FÉCONDITÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199 12.3 CONTRACEPTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200 12.3.1 Connaissance des méthodes contraceptives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200 12.3.2 Utilisation de la contraception à un moment quelconque . . . . . . . . . 202 12.3.3 Utilisation actuelle de la contraception . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 205 12.3.4 Raison de non-utilisation de la contraception . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208 12.3.5 Sources d’information sur la planification familiale . . . . . . . . . . . . . . . 209 12.3.6 Discussion sur la planification familiale au sein du couple . . . . . . . . . 211 12.4 NUPTIALITÉ ET ACTIVITÉ SEXUELLE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212 12.4.1 État matrimonial actuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212 12.4.2 Polygamie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212 12.4.3 Âge à la première union . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214 12.4.4 Âge aux premiers rapports sexuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215 12.5 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 216 CHAPITRE 13 L’EXCISION Dr Zeinab Mint Youba MAIGA, Guédiouma TANGARA, et Fatoumata Touré TRAORE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 221 13.1 CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FEMMES ENQUÊTÉES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 222 13.2 PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FILLES DES FEMMES ENQUÊTÉES . . . . . 226 13.3 OPINIONS ET CROYANCES VIS-À-VIS DE L'EXCISION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231 Table des matières * vii Page CHAPITRE 14 VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES Dr Isaka NIAMBELE, Pr Flabou BOUGOUDOGO, Dr. Seydou DIARRA, Amadou HAIDARA, et Dr Enias BAGANIZI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246 14.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA ET DES MOYENS DE PRÉVENTION ET DE TRANSMISSION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246 14.2 CONNAISSANCE DE CERTAINS ASPECTS DU VIH/SIDA . . . . . . . . . . . . . . . . . 251 14.3 COMMUNICATION AU SUJET DU VIH/SIDA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 256 14.4 TEST DU VIH/SIDA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 260 14.5 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 263 14.6 NOMBRE DE PARTENAIRES SEXUELLES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 271 14.7 CONNAISSANCE ET UTILISATION DU CONDOM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 274 CHAPITRE 15 TEST DE DÉPISTAGE DU VIH Mohamed AYAD, Dr Isaka NIAMBELE, et Pr Flabou BOUGOUDOGO . . . 279 15.1 CONTEXTE GÉNÉRAL DU TEST DANS L’EDMS-III . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 280 15.2 APPROCHE POURSUIVIE POUR LE TEST DU VIH . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 280 15.3 PRÉSENTATION DES RÉSULTATS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 283 CHAPITRE 16 DISPONIBILITÉ D’INFRASTRUCTURES ET DE SERVICES COMMUNAUTAIRES Salif NDIAYE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 287 16.1 CARACTÉRISTIQUES DES COMMUNAUTÉS RURALES . . . . . . . . . . . . . . . . . . 287 16.2 TEMPS POUR ATTEINDRE CERTAINS SERVICES SOCIO-ÉCONOMIQUES . . . 288 16.3 ACCESSIBILITÉ DES FORMATIONS SANITAIRES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 289 16.4 PRÉSENCE DE PERSONNEL DE SANTÉ MODERNE OU TRADITIONNEL DANS LA COMMUNAUTÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 291 16.5 TYPES DE SERVICES DE SANTÉ FOURNIS PAR LES GUÉRISSEURS TRADITIONNELS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 292 16.6 TYPES DE SERVICES DE SANTÉ FOURNIS PAR LES ANIMATEURS DE SANTÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 293 16.7 TYPES DE SERVICES DE SANTÉ FOURNIS PAR LES AGENTS DE DISTRIBUTION À BASE COMMUNAUTAIRE (DBC) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 294 16.8 DISTANCE PAR RAPPORT À CERTAINS SERVICES SPÉCIFIQUES DE SANTÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 295 RÉFÉRENCES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 297 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 301 viii * Table des matières Page ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 309 ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES . . . . 323 ANNEXE D LISTE DES PARTICIPANTS À L’EDSM-III . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 329 ANNEXE E QUESTIONNAIRES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 333 Liste des tableaux et des graphiques * ix LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES Page CHAPITRE 1 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU PAYS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE Tableau 1.1 Taille et couverture de l'échantillon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES DES ENQUÊTÉES Tableau 2.1 Population des ménages par âge et sexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 Tableau 2.2 Population (de fait) par âge selon différentes sources . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 Tableau 2.3 Composition des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 Tableau 2.4 Enfants orphelins et résidence des enfants avec les parents . . . . . . . . . . . . . . . 16 Tableau 2.5.1 Niveau d'instruction de la population des hommes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18 Tableau 2.5.2 Niveau d'instruction de la population des femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 Tableau 2.6 Taux de fréquentation scolaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 Tableau 2.7 Caractéristiques des logements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 Tableau 2.8 Biens durables possédés par les ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24 Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 Graphique 2.2 Survie des parents des enfants de moins de 15 ans et résidence des enfants avec les parents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 Graphique 2.3 Taux de fréquentation scolaire par âge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 Graphique 2.4 Caractéristiques des logements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24 CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES ET STATUT DES FEMMES Tableau 3.1 Caractéristiques socio-démographiques des enquêtées . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 Tableau 3.2 Niveau d'instruction par caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . . 27 Tableau 3.3 Alphabétisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28 Tableau 3.4 Accès aux médias . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 Tableau 3.5 Emploi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31 Tableau 3.6 Occupation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33 Tableau 3.7 Type d'emploi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34 Tableau 3.8 Décision de l'utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage . 35 Tableau 3.9 Contrôle du revenu des femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37 Tableau 3.10 Participation des femmes dans la prise de décision par caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 Tableau 3.11 Approbation par les femmes de certaines raisons justifiant le fait qu’un mari batte son épouse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40 Tableau 3.12 Attitude des femmes concernant le refus d'avoir des rapports sexuels avec leur mari/partenaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42 Graphique 3.1 Niveau d’alphabétisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29 Page x * Liste des tableaux et des graphiques CHAPITRE 4 FÉCONDITÉ Tableau 4.1 Fécondité actuelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44 Tableau 4.2 Fécondité par caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46 Tableau 4.3 Fécondité par âge selon trois sources . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 Tableau 4.4 Tendances de la fécondité par âge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48 Tableau 4.5 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50 Tableau 4.6 Intervalle intergénésique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51 Tableau 4.7 Âge à la première naissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52 Tableau 4.8 Âge médian à la première naissance par caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53 Tableau 4.9 Fécondité des adolescentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54 Graphique 4.1 Taux de fécondité générale par âge selon le milieu de résidence . . . . . . . . . . 45 Graphique 4.2 Indice synthétique de fécondité et descendance atteinte à 40-49 ans . . . . . . . 47 Graphique 4.3 Taux de fécondité générale par âge selon l’EDSM-I 1987, l’EDSM-II 1995-96 et l’EDSM-III 2001 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49 Graphique 4.4 Tendances de l’ISF pour les femmes de 15-34 ans selon l’EDSM-I, l’EDSM-II et l’EDSM-III . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49 Graphique 4.5 Adolescentes de 15-19 ans ayant commencé leur vie féconde . . . . . . . . . . . . 55 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE Tableau 5.1 Connaissance des méthodes contraceptives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59 Tableau 5.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61 Tableau 5.3 Utilisation de la contraception à un moment quelconque . . . . . . . . . . . . . . . . 62 Tableau 5.4 Utilisation actuelle de la contraception . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64 Tableau 5.5 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66 Tableau 5.6 Utilisation actuelle de la contraception par statut de la femme . . . . . . . . . . . . . 69 Tableau 5.7 Nombre d’enfants à la première utilisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70 Tableau 5.8 Connaissance de la période féconde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71 Tableau 5.9 Source d'approvisionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72 Tableau 5.10 Choix de la méthode et information . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74 Tableau 5.11 Utilisation future . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75 Tableau 5.12 Raison pour ne pas avoir l'intention d'utiliser la contraception . . . . . . . . . . . . . 76 Tableau 5.13 Méthode contraceptive future préférée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77 Tableau 5.14 Exposition aux messages sur la planification familiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78 Tableau 5.15 Contact des non-utilisatrices de la contraception avec des agents de planning familial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79 Tableau 5.16 Discussion de la planification familiale avec le mari . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80 Tableau 5.17 Opinion des couples face à la planification familiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81 Graphique 5.1 Connaissance des méthodes contraceptives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60 Liste des tableaux et des graphiques * xi Page Graphique 5.2 Prévalence de la contraception parmi l’ensemble des femmes selon la méthode utilisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65 Graphique 5.3 Utilisation des méthodes contraceptives par caractéristiques socio-démographiques des femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67 Graphique 5.4 Prévalence de la contraception moderne parmi les femmes de 15-49 ans en union, 1987-2001 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68 Graphique 5.5 Intention d’utiliser la contraception par les femmes actuellement en union . . . 75 CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Tableau 6.1 État matrimonial actuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83 Tableau 6.2 Nombre de co-épouses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85 Tableau 6.3 Âge à la première union . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86 Tableau 6.4 Âge médian à la première union . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87 Tableau 6.5 Âge aux premiers rapports sexuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88 Tableau 6.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89 Tableau 6.7 Activité sexuelle récente . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91 Tableau 6.8 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum . . . . . . . . . . . . . . . . . 92 Tableau 6.9 Durée médiane de la non susceptibilité post-partum par caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94 Table 6.10 Ménopause . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94 Graphique 6.1 Proportion de femmes célibataires selon l’âge, EDSM-II 1995-1996 et EDSM-III 2001 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84 Graphique 6.2 Âge médian des femmes à la première union . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87 Graphique 6.3 Âges médians des femmes à la première union et aux premiers rapports sexuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89 CHAPITRE 7 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Tableau 7.1 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d'enfants vivants . . . . . 96 Tableau 7.2 Désir de limiter les naissances selon les caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97 Tableau 7.3 Besoins en matière de planification familiale chez les femmes en union . . . . . 99 Tableau 7.4 Besoins en matière de planification familiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100 Tableau 7.5 Nombre idéal d'enfants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102 Tableau 7.6 Nombre idéal d'enfants par caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . 103 Tableau 7.7 Planification de la fécondité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104 Tableau 7.8 Taux de fécondité désirée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105 Tableau 7.9 Statut de la femme, nombre idéal moyen d'enfants et besoins non-satisfaits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106 Graphique 7.1 Proportion de femmes en union ne voulant plus d’enfants, selon le nombre d’enfants vivants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96 Graphique 7.2 Nombre idéal d’enfants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103 Page xii * Liste des tableaux et des graphiques CHAPITRE 8 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT Tableau 8.1 Soins prénatals . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108 Tableau 8.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110 Tableau 8.3 Examens au cours des visites prénatales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111 Tableau 8.4 Vaccination antitétanique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112 Tableau 8.5 Lieu de l'accouchement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114 Tableau 8.6 Assistance lors de l'accouchement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115 Tableau 8.7 Caractéristiques de l'accouchement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117 Tableau 8.8 Soins postnatals . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118 Tableau 8.9 Statut de la femme et santé reproductive . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119 Tableau 8.10 Vaccinations selon les sources d'information . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121 Tableau 8.11 Vaccinations selon les caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . . . 122 Tableau 8.12 Vaccinations au cours de la première année . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124 Tableau 8.13 Prévalence et traitement des infections respiratoires aiguës (IRA) et fièvre . . 126 Tableau 8.14 Possession et utilisation de moustiquaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128 Tableau 8.15 Médicaments donnés pour traiter la fièvre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128 Tableau 8.16 Ménages disposant du nécessaire pour se laver les mains . . . . . . . . . . . . . . . 129 Tableau 8.17 Prévalence de la diarrhée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130 Tableau 8.18 Connaissance des sachets de SRO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131 Tableau 8.19 Traitement de la diarrhée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133 Tableau 8.20 Alimentation pendant la diarrhée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134 Tableau 8.21 Problèmes d'accès aux soins de santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135 Graphique 8.1 Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans pour lesquels la mère a bénéficié de soins prénatals pendant la grossesse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109 Graphique 8.2 Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans nés avec l’assistance d’un professionnel de la santé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116 Graphique 8.3 Vaccinations des enfants de 12-23 mois selon le type de vaccin . . . . . . . . . . 121 Graphique 8.4 Pourcentage d’enfants de 12-23 mois avec tous les vaccins du PEV et sans vaccination . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123 Graphique 8.5 Prévalence des infections respiratoires aiguës (IRA) et de la fièvre chez les enfants de moins de 5 ans selon l’âge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127 Graphique 8.6 Prévalence de la diarrhée chez les enfants de moins de 5 ans selon certaines caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131 CHAPITRE 9 NUTRITION ET ÉTAT NUTRITIONNEL Tableau 9.1 Allaitement initial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138 Tableau 9.2 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140 Tableau 9.3 Durée médiane et fréquence de l'allaitement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141 Tableau 9.4 Aliments reçus par les enfants le jour ou la nuit précédant l'enquête . . . . . . . 143 Tableau 9.5 Fréquence des aliments reçus par l'enfant le jour ou la nuit précédant l'enquête . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144 Tableau 9.6 Fréquence des aliments reçus par l'enfant dans les sept derniers jours . . . . . . 145 Tableau 9.7 Sel iodé dans le ménage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146 Page Liste des tableaux et des graphiques * xiii Tableau 9.8 Consommation de micronutriments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148 Tableau 9.9 Consommation de micronutriments par les mères . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150 Tableau 9.10 Prévalence de l’anémie chez les enfants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152 Tableau 9.11 Prévalence de l’anémie chez les femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153 Tableau 9.12 Prévalence de l'anémie chez les enfants selon le niveau d'anémie de la mère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154 Tableau 9.13 Prévalence de l’anémie chez les hommes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155 Tableau 9.14 État nutritionnel des enfants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157 Tableau 9.15 Etat nutritionnel des mères par caractéristiques socio-démographiques . . . . . 163 Graphique 9.1 Pratique d’allaitement des enfants de moins de 3 ans . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140 Graphique 9.2 État nutritionnel des enfants de moins de 5 ans . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158 Graphique 9.3 Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans accusant un retard de croissance . 159 Graphique 9.4 Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans souffrant d’émaciation . . . . . . . . . 161 Graphique 9.5 Tendances de la malnutrition (enfants de moins de 3 ans) selon l’EDSM-II 1995-1996 et l’EDSM-III 2001 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162 CHAPITRE 10 MORTALITÉ DES ENFANTS Tableau 10.1 Mortalité des enfants de moins de cinq ans . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167 Tableau 10.2 Mortalité des enfants par caractéristiques socio-économiques de la mère . . . 169 Tableau 10.3 Mortalité des enfants par caractéristiques socio-démographiques de la mère et des enfants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171 Tableau 10.4 Mortalité périnatale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173 Tableau 10.5 Comportement procréateur à hauts risques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176 Graphique 10.1 Tendances de la mortalité infantile et juvénile, selon l’EDSM-II 1995-96 et l’EDSM-III 2001 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168 Graphique 10.2 Mortalité infantile et juvénile selon les caractéristiques de la mère . . . . . . . . 170 Graphique 10.3 Mortalité infantile et caractéristiques des naissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172 Graphique 10.4 Mortalité périnatale et caractéristiques des naissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174 CHAPITRE 11 MORTALITÉ MATERNELLE Tableau 11.1 Complétude de l'information sur les frères et soeurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179 Tableau 11.2 Indicateurs de la qualité des données sur les frères et soeurs . . . . . . . . . . . . . 180 Tableau 11.3 Estimation de la mortalité adulte par âge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181 Tableau 11.4 Estimation directe de la mortalité maternelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183 Tableau 11.5 Estimation indirecte de la mortalité maternelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185 Graphique 11.1 Taux de mortalité par groupe d’âges pour la période 0-6 ans avant l’EDSM-III et taux des tables types de mortalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182 Graphique 11.2 Mortalité maternelle au Mali et en Afrique subsaharienne . . . . . . . . . . . . . . . 185 xiv * Liste des tableaux et des graphiques Page CHAPITRE 12 ENQUÊTE HOMME Tableau 12.1 Caractéristiques socio-démographiques des enquêtés . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188 Tableau 12.2 Niveau d'instruction par caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . 189 Tableau 12.3 Alphabétisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190 Tableau 12.4 Accès aux médias . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191 Tableau 12.5 Emploi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192 Tableau 12.6 Occupation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193 Tableau 12.7 Type d'emploi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194 Tableau 12.8 Participation des femmes dans la prise de décision par caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195 Tableau 12.9 Approbation par les hommes de certaines raisons justifiant le fait de battre les épouses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197 Tableau 12.10 Approbation par les hommes de certaines raisons justifiant le fait qu'une femme refuse d'avoir des rapports sexuels avec son mari . . . . . . . . . . . . . . . . 198 Tableau 12.11 Enfants nés vivants et enfants survivants des hommes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199 Tableau 12.12 Connaissance des méthodes contraceptives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201 Tableau 12.13 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202 Tableau 12.14 Utilisation de la contraception à un moment quelconque . . . . . . . . . . . . . . . 203 Tableau 12.15 Utilisation actuelle de la contraception . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204 Tableau 12.16 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206 Tableau 12,17 Raison pour ne pas avoir l'intention d'utiliser la contraception . . . . . . . . . . . . 209 Tableau 12,18 Exposition aux messages sur la planification familiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210 Tableau 12,19 Discussion de la planification familiale avec le mari . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 211 Tableau 12.20 État matrimonial actuel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212 Tableau 12.21 Nombre de co-épouses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213 Tableau 12.22 Âge à la première union . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214 Tableau 12.23 Âge médian à la première union . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215 Tableau 12.24 Âge aux premiers rapports sexuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 216 Tableau 12.25 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d'enfants vivants . . . . 217 Tableau 12.26 Désir de limiter les naissances selon les caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217 Tableau 12.27 Nombre idéal d'enfants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 218 Tableau 12.28 Nombre idéal d'enfants par caractéristiques socio-démographiques . . . . . . . 219 Graphique 12.1 Taux de prévalence des méthodes contraceptives chez les hommes mariés et les non mariés sexuellement actifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 205 Graphique 12.2 Prévalence de la contraception moderne chez les hommes en union . . . . . . 207 Graphique 12.3 Pourcentage d’hommes en union ayant deux épouses ou plus . . . . . . . . . . . 213 Graphique 12.4 Pourcentage d’hommes déjà entrés en union et pourcentage déjà entrés dans la vie sexuelle à l’âge de 20 ans . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214 Graphique 12.5 Pourcentage d’hommes en union ne voulant plus d’enfants . . . . . . . . . . . . . . 218 Liste des tableaux et des graphiques * xv Page CHAPITRE 13 L’EXCISION Tableau 13.1 Connaissance et pratique de l'excision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223 Tableau 13.2 Âge des enquêtées à l’excision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 225 Tableau 13.3 Personne qui a procédé à l’excision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226 Tableau 13.4 Pratique de l’excision parmi les filles des femmes enquêtées . . . . . . . . . . . . . 227 Tableau 13.5 Type d’excision des filles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228 Tableau 13.6 Âge des filles à l’excision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 229 Tableau 13.7 Personne qui a procédé à l’excision des filles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230 Tableau 13.8 Excision des filles et complications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231 Tableau 13.9.1 Avantages pour une fille d’être excisée : femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 232 Tableau 13.9.2 Avantages pour une fille d’être excisée : hommes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233 Tableau 13.10.1 Avantages pour une fille de ne pas être excisée : femmes . . . . . . . . . . . . . . . 236 Tableau 13.10.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée : hommes . . . . . . . . . . . . . . 237 Tableau 13.11 Croyances au sujet de l’excision . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 238 Tableau 13.12 Opinion par rapport à l'excision selon le statut d'excision . . . . . . . . . . . . . . . . 239 Tableau 13.13.1 Opinion par rapport à l'excision selon les caractéristiques socio- démographiques: femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 240 Tableau 13.13.2 Opinion par rapport à l'excision selon les caractéristiques socio- démographiques: hommes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 242 Tableau 13.14 Opinion des femmes et des hommes par rapport à l'excision . . . . . . . . . . . . . 243 Graphique 13.1 Avantages pour une fille d’être excisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 234 Graphique 13.2 Proportion de femmes et d’hommes favorables à l’abandon de la pratique de l’excision selon la région . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 243 CHAPITRE 14 VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES Tableau 14.1 Connaissance du sida . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247 Tableau 14.2 Connaissance des moyens d'éviter de contracter le VIH/sida . . . . . . . . . . . . . 248 Tableau 14.3.1 Connaissance par les femmes de moyens d’un point de vue programmatique d'éviter de contracter le VIH/Sida . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 249 Tableau 14.3.2 Connaissance par les hommes de moyens importants d’un point de vue programmatique d'éviter de contracter le VIH/sida . . . . . . . . . . . . . . 250 Tableau 14.4.1 Connaissance de questions liées au VIH/sida : femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . 252 Tableau 14.4.2 Connaissance de questions liées au VIH/sida : hommes . . . . . . . . . . . . . . . . . 253 Tableau 14.5.1 Aspects sociaux du VIH/Sida : femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 254 Tableau 14.5.2 Aspects sociaux du VIH/sida : hommes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 256 Tableau 14.6.1 Discussion à propos du VIH/sida avec le partenaire : femmes . . . . . . . . . . . . 257 Tableau 14.6.2 Discussion à propos du VIH/sida avec le partenaire : hommes . . . . . . . . . . . . 258 Tableau 14.7.1 Discussion à propos du sida dans les médias : femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 259 Tableau 14.7.2 Discussion à propos du sida dans les médias : hommes . . . . . . . . . . . . . . . . . 260 Tableau 14.8.1 Dépistage du virus du sida : femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 261 Tableau 14.8.2 Dépistage du virus du sida : hommes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 262 Tableau 14.9.1 Connaissance des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) : femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 264 Page xvi * Liste des tableaux et des graphiques Tableau 14.9.2 Connaissance des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) : hommes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 265 Tableau 14.10.1 Prévalence déclarée des infections sexuellement transmissibles (IST) et déclaration spontanée de leurs symptômes : femmes . . . . . . . . . . . . . . . . 267 Tableau 14.10.2 Prévalence déclarée des infections sexuellement transmissibles (IST) et déclaration spontanée de leurs symptômes : hommes . . . . . . . . . . . . . . . . 268 Tableau 14.11.1 Source de traitement des infections sexuellement transmissibles (IST) : femmes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 269 Tableau 14.11.2 Source de traitement des infections sexuellement transmissibles (IST) : hommes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 269 Tableau 14.12.1 Protection du mari/partenaire par les femmes qui ont eu des infections sexuellement transmissibles (IST) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 270 Tableau 14.12.2 Protection de la femme par les hommes qui ont eu des infections sexuellement transmissibles (IST) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 270 Tableau 14.13.1 Nombre de partenaires sexuels : femmes en union . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 271 Tableau 14.13.2 Nombre de partenaires sexuels : hommes en union . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 272 Tableau 14.14.1 Nombre de partenaires sexuels : femmes qui ne sont pas en union . . . . . . . . 273 Tableau 14.14.2 Nombre de partenaires sexuels : hommes qui ne sont pas en union . . . . . . . 274 Tableau 14.15 Connaissance d'une source du condom et accès aux condoms . . . . . . . . . . . 275 Tableau 14.16.1 Utilisation du condom par type de partenaire : femmes . . . . . . . . . . . . . . . . 276 Tableau 14.16.2 Utilisation du condom par type de partenaire : hommes . . . . . . . . . . . . . . . . 277 CHAPITRE 15 TEST DE DÉPISTAGE DU VIH Tableau 15.1 Taux de couverture . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 283 Tableau 15.2 Taux de séroprévalence par âge . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 284 Tableau 15.3 Taux de séroprévalence par région . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 285 Tableau 15.4 Taux de séroprévalence par milieu de résidence et sexe selon la région . . . . 286 CHAPITRE 16 DISPONIBILITÉ D’INFRASTRUCTURES ET DE SERVICES COMMUNAUTAIRES Tableau 16.1 Caractéristiques des communautés rurales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 288 Tableau 16.2 Temps de trajet pour atteindre les services socio-économiques . . . . . . . . . . . 289 Tableau 16.3 Distance par rapport aux formations sanitaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 290 Tableau 16.4 Temps de trajet pour atteindre les formations sanitaires disponibles . . . . . . . 291 Tableau 16.5 Présence d'agents de santé et de guérisseurs traditionnels dans la communauté . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 292 Tableau 16.6 Services de santé fournis par les guérisseurs traditionnels dans la communauté . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 293 Tableau 16.7 Services de santé fournis par les animateurs de santé dans la communauté . . 294 Tableau 16.8 Services de santé fournis par les agents de distribution à base communautaire (DBC) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 295 Tableau 16.9 Distance par rapport aux services de santé et de planification familiale . . . . . 296 Page Liste des tableaux et des graphiques * xvii ANNEXE A PLAN DE SONDAGE Tableau A.1 Evaluation du fichier de SE (SE nomades exclues) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 301 Tableau A.2 Distribution du nombre de femmes, ménages et grappes . . . . . . . . . . . . . . . 302 Tableau A.3 Résultats des enquêtes auprès des ménages et des femmes . . . . . . . . . . . . . . 306 Tableau A.4 Résultats des enquêtes auprès des ménages et des hommes . . . . . . . . . . . . . 307 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE Tableau B.1 Variables utilisées pour le calcul des erreurs de sondage . . . . . . . . . . . . . . . . 311 Tableau B.2 Erreurs de sondage - Échantillon national . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 312 Tableau B.3 Erreurs de sondage - Ensemble urbain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 313 Tableau B.4 Erreurs de sondage - Rural . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 314 Tableau B.5 Erreurs de sondage - Région de Kayes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 315 Tableau B.6 Erreurs de sondage - Région de Koulikoro . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 316 Tableau B.7 Erreurs de sondage - Région de Sikasso . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 317 Tableau B.8 Erreurs de sondage - Région de Ségou . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 318 Tableau B.9 Erreurs de sondage - Région de Mopti . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 319 Tableau B.10 Erreurs de sondage - Région de Kidal/Gao/Tombouctou . . . . . . . . . . . . . . . . 320 Tableau B.11 Erreurs de sondage - District de Bamako . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 321 ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES Tableau C.1 Répartition par âge de la population des ménages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 323 Tableau C.2 Répartition par âge des femmes éligibles et des femmes enquêtées . . . . . . . 324 Tableau C.3 Répartition par âge des hommes éligibles et des hommes enquêtés . . . . . . . 324 Tableau C.4 Complétude de l'enregistrement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 325 Tableau C.5 Naissances par année de calendrier depuis la naissance . . . . . . . . . . . . . . . . 326 Tableau C.6 Enregistrement de l'âge au décès en jours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 327 Tableau C.7 Enregistrement de l'âge au décès en mois . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 328 Préface * xix PRÉFACE Les efforts en faveur du développement du secteur de la santé nous impose l'utilisation de méthodes sûres bénéficiant de l'assentiment général pour évaluer l'état de santé des populations, particulièrement celui des femmes et des enfants, et son évolution dans le temps. À l'effet de cette évaluation, le Mali a mené trois Enquêtes Démographiques et de Santé (EDSM-I, II et III) dont la première en 1987 à travers le CERPOD (Centre d'Etudes et de Recherche sur la Population et le Développement), la seconde en 1995/1996 par la Cellule de Planification et de Statistique du Ministère de la Santé, la Direction Nationale de la Statistique et de l'Informatique avec l'appui technique de ORC Macro et la troisième en 2001, sous la responsabilité technique de la Cellule de Planification et de Statistique du Ministère de la Santé, la Direction Nationale de la Statistique et de l'Informatique avec l'appui technique de ORC Macro. Ces enquêtes périodiques ont pour but de : - Fournir des informations sur la fécondité et ses déterminants, la santé de la mère et de l'enfant et la mortalité des enfants ; - Apprécier les différentes tendances enregistrées de ces phénomènes et mettre à jour des données ; - Constituer une base de données fiables sur la fécondité, la santé de la reproduction, la mortalité maternelle et infantile et la nutrition. Pour la première fois, un module avec test sur l'anémie a été intégré à l=Enquête Démographique et de Santé de 2001, pour évaluer la situation nutritionnelle des enfants et des femmes enceintes. Mais la principale innovation de l'EDSM-III aura été l'intégration d'un module d'enquête de séro-prévalence du VIH/sida. Ceci a permis de tester avec succès la possibilité de mener les enquêtes de séro-prévalence sur le VIH/sida, avec un taux d'acceptation de 91 % chez les femmes et 86 % chez les hommes, ce qui constitue l'un des meilleurs taux dans la sous-région. Ceci a été rendu possible grâce à l'introduction du test d'anémie, l'existence d'une méthodologie de test rapide fiable expérimenté par le Centers for Disease Control (CDC) des Etats-Unis et surtout l'existence d'un laboratoire de biologie moléculaire à l'Institut National de Recherche en Santé Publique (INRSP) capable de mener tous les tests de contrôle du VIH/sida. Cette troisième enquête (EDSM-III) a touché un échantillon de 12 285 ménages et dans chaque ménage, toutes les femmes de 15 à 49 ans et un tiers des hommes de 15 à 59 ans ont été enquêtés. Le taux de réponse a été de 95 % chez les femmes et 84 % chez les hommes enquêtés. Comme les précédentes, elle fournit des données sur l'état nutritionnel des enfants, la mortalité maternelle, l'excision et les Infections Sexuellement Transmissibles (IST) y compris le VIH/sida. Avec l'EDSM-III, le Mali dispose désormais d'une série d'enquêtes démographiques nationales comparables (EDSM-I, EDSM-II, EDSM-III) qui, ajoutées aux données issues d'autres sources, permettent une meilleure connaissance de la population du pays. Le présent rapport a été précédé d'un rapport préliminaire qui a fait l'objet d'une large diffusion en mai 2002. Des analyses approfondies thématiques sont envisagées à partir de la base de données disponibles. xx * Préface Il n'est plus besoin de dire que les résultats de cette troisième opération sont d'une grande utilité pour les autorités politiques, les administrations publiques, les services techniques, la société civile, les organismes de coopération bilatérale et multilatérale, les Organisations Non Gouvernementales (ONG), les chercheurs et autres utilisateurs éventuels d'informations statistiques dans le cadre de la planification économique et sociale, en général, et dans le cadre des recherches sur la santé de la population, en particulier. Je m'en voudrais de terminer sans remercier la population, les enquêteurs et les superviseurs pour leur dévouement et leur patience. J'aimerais également relever la qualité de la collaboration, le dynamisme et les efforts encore renouvelés des partenaires comme l'USAID, l'UNICEF, le FNUAP et la Banque Mondiale sans le soutien desquels une telle opération n'aurait pu être réalisée. Je leur adresse mes sincères remerciements ainsi qu'à l'ensemble des partenaires techniques et financiers du secteur. Le Ministre de la Santé Mme TRAORE Fatoumata NAFO Chevalier de l’Ordre National Remerciements * xxi REMERCIEMENTS La réalisation de I'Enquête Démographique et de Santé au Mali (EDSM-III) est une opération de grande envergure. Elle est le résultat des efforts constants des autorités nationales pour améliorer les connaissances démographiques et sanitaires du pays. En effet, ce rapport est la conjugaison de multiples activités auxquelles de nombreuses personnes et institutions ont participé. Nous remercions d’une part les populations des zones enquêtées et particulièrement les femmes et les hommes qui n'ont ménagé aucun effort, malgré leurs diverses occupations quotidiennes, pour se prêter à nos nombreuses questions, et d’autre part les autorités régionales et locales pour leur disponibilité et leur appui au bon déroulement de l’enquête. Nos remerciements vont à toute l'équipe d'encadrement de I'EDSM-III : les responsables de la Direction Nationale de la Statistique et de l'Informatique, particulièrement la Directrice Nationale, le Directeur National Adjoint et les Chefs de Division de la Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique et ceux de la Cellule de Planification et de Statistique du Ministère de la Santé; les Directeurs Régionaux du Plan et de la Statistique ; les Directeurs Régionaux de la Santé, les Directeurs Régionaux du Développement Social et de l’Économie Solidaire; les superviseurs et personnel de soutien dont la détermination a permis la réussite de l'opération. Nous saluons ici les actions positives de la collaboration intra-sectorielle au sein du Département de la Santé notamment la Direction Nationale de la Santé, la Direction Administrative et Financière, l’Institut National de Recherche en Santé Publique, la Direction Nationale du Développement Social et tous les services techniques qui ont apporté leur soutien, et intersectorielle entre le Ministère de la Santé et le Ministère de l’Économie et des Finances. L'occasion est bonne et opportune pour féliciter sincèrement les agents cartographes, les chefs d'équipes, les contrôleuses, les enquêtrices et enquêteurs, le personnel de saisie, les éditeurs et les chauffeurs dont le courage et le dévouement ont permis la collecte des informations sur le terrain et l’exploitation, malgré des conditions de travail souvent très pénibles. Nos sincères remerciements vont à l'endroit de tous les consultants nationaux qui ont participé à la formation des équipes de terrain. Toute notre reconnaissance et notre gratitude à l'équipe de ORC Macro, notamment Monsieur Mohamed Ayad, responsable de I'EDSM-III pour ORC Macro, avec qui la collaboration a toujours été fructueuse et agréable ; Monsieur Salif Ndiaye, Conseiller Technique du projet au Mali, qui a suivi de très près chaque étape de l'enquête et dont la disponibilité a permis à chaque instant de soutenir les équipes de terrain et de saisie; Monsieur Mamadou Thiam qui, à travers son expérience, a résolu les problèmes de sondage et d'échantillonnage ; Messieurs Njosa Ivo, Nicolas Hill et Keith Purvis pour la formation des agents de saisie, la vérification et la tabulation de toutes les données utilisées dans ce rapport. Notre reconnaissance et notre gratitude s’adressent également aux équipes de CDC et du Programme National de Lutte contre le Sida dont la collaboration technique et financière a permis de mener à bien le volet « test de séroprévalence du sida » de l’EDSM-III. xxii * Remerciements Enfin, nous remercions chaleureusement Monsieur Martin Vaessen, Directeur du projet MEASURE DHS+, pour le sens élevé de la coopération dont il a fait preuve lors de la phase d'élaboration du projet. Nous ne pouvons terminer nos propos sans remercier très vivement nos partenaires financiers, notamment l'USAID/Mali, l’UNICEF, la Banque Mondiale et le FNUAP qui ont financé cette opération. Que celles ou ceux qui n’ont pas été nommément cités trouvent ici l’expression de notre profonde reconnaissance pour leurs actions en vue de la réussite de l’opération. M. Mamadou Basséry BALLO Le Directeur de la Cellule de Planification et de Statistique du Ministère de la Santé Directeur National du Projet EDSM-III Sigles et abréviations * xxiii SIGLES ET ABRÉVIATIONS AMPPF Association Malienne pour la Promotion et la Protection de la Famille ASACO Association de Santé Communautaire BCG Bacille de Calmette et Guérin (vaccin antituberculeux) BCR Bureau Central du Recensement CDC Centers for Disease Control and Prevention (États-Unis) CNI Centre National d'Immunisation CPS/MS Cellule de Planification et de Statistique du Ministère de la Santé cscom Centre de Santé Communautaire CV Coefficient de Variation DBC Distribution à Base Communautaire DHS (EDS) Demographic and Health Surveys (Enquêtes Demographiques et de Santé) DIU Dispositif Intra-Utérin DNAFLA Direction Nationale de l'Alphabétisation Fonctionnelle et de la Linguistique Appliquée DNS Direction Nationale de la Santé DNSI Direction Nationale de la Statistique et de l'Informatique DSFC Division de la Santé Familiale et Communautaire DSR Division de la Santé de la Reproduction DTCoq Diphtérie, Tétanos, Coqueluche EDSM-I Première Enquête Démographique et de Santé au Mali EDSM-II Deuxième Enquête Démographique et de Santé au Mali EDSM-III Troisième Enquête Démographique et de Santé au Mali EDS (DHS) Enquêtes Démographiques et de Santé (Demographic and Health Surveys) ET Écart-type FNUAP Fonds des Nations Unies pour la Population GPS Global Positioning System IEC Information, Éducation et Communication IMC Indice de Masse Corporelle INRSP Institut National de Recherche en Santé Publique IRA Infections respiratoires aiguës ISF lndice Synthétique de Fécondité ISFD lndice Synthétique de Fécondité Désirée ISSA Integrated System for Survey Analysis IST Infection sexuellement transmissible MAMA Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée MST Maladie sexuellement transmissible xxiv * Sigles et abréviations NCHS National Center for Health Statistics (États-Unis) ONG Organisation non gouvernementale OMS Organisation Mondiale de la Santé ORC Opinion Research Corporation PDDSS Plan Décennal de Développement Sanitaire et Social 1998-2007 PEV Programme Élargi de Vaccination PIB Produit Intérieur Brut PNLS Programme National de Lutte contre le Sida PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement PRODESS Programme quinquennal de Développement Sanitaire et Social 1998-2002 RDV Risque de Mortalité Maternelle sur la Durée de Vie RGPH Recensement Général de la Population et de l'Habitat SE Section d'Enumération SIDA Syndrôme de l'Immunodéficience Acquise SRO Sels de Réhydratation par voie Orale TBN Taux Brut de Natalité TGFG Taux Global de Fécondité Générale TMI Taux de Mortalité Infantile TMIJ Taux de Mortalité Infanto-Juvénile TMM Taux de Mortalité Maternelle TRO Thérapie de Réhydratation par voie Orale UNICEF Fonds des Nations Unies pour l'Enfance UPS Unité Primaire de Sondage USAID United States Agency for International Development (Agence des États-Unis pour le Développement International) VAT Vaccin Antitétanique VIH Virus de l'Immunodéficience Humaine Résumé * xxv RÉSUMÉ L'Enquête Démographique et de Santé au Mali (EDSM-III) est une enquête nationale par sondage. Elle a été exécutée par la Cellule de Planification et de Statistique du Ministère de la Santé (CPS/MS) et par la Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique (DNSI), avec l'assistance technique de ORC Macro. L'EDSM-II fournit des informations détaillées sur la fécondité, la planification familiale, la santé maternelle et infantile, l’excision, l'état nutritionnel des enfants et des mères y compris l’anémie, la mortalité infanto-juvénile, la mortalité maternelle, les infections sexuellement transmissibles (IST) et le VIH/sida. Au cours de l'enquête réalisée sur le terrain de janvier à mai 2001, 12 331 ménages, 12 849 femmes âgées de 15-49 ans et 3 405 hommes de 15-59 ans ont été interviewés avec succès. De plus, au cours de cette enquête, un test de dépistage du VIH/sida a été effectué. Les informations recueillies sont significatives au niveau national et au niveau de chacun des sept domaines d’études retenus dans le cadre de l’EDSM-III : ce sont le district de Bamako et les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, et Tombouctou/Gao/Kidal. Les données sont aussi représentatives selon le milieu de résidence, à savoir, le district de Bamako, les autres villes et le milieu rural. Les résultats de l’enquête permettent de tirer les conclusions suivantes : La fécondité au Mali reste élevée. Avec les niveaux actuels de la fécondité, chaque femme aura, en fin de vie féconde, 6,8 enfants. Ce niveau de fécondité est pratiquement identique (6,7 enfants par femme) à celui de la période 1993-1996. De plus, il varie de manière significative selon le milieu et la région de résidence. La fécondité du milieu rural (7,3 enfants) est nettement plus élevée que celle du milieu urbain (5,5 enfants). Avec 4,9 enfants par femme, Bamako, la capitale, se caractérise par le niveau le plus faible. À l’opposé, avec 7,6 enfants par femme, c’est la région de Sikasso qui se caractérise par le niveau le plus élevé. La fécondité au Mali est précoce. Cinquante pour cent des femmes de 25 à 49 ans ont eu leur première naissance avant 19 ans. De même, les adolescentes (15-19 ans) contribuent pour près de 14 % à la fécondité totale. Au moment de l’enquête, 34 % des jeunes femmes de 15-19 ans étaient déjà mères et 7 % étaient enceintes pour la première fois. À l’âge de 17 ans, cette proportion est de 38 %. La précocité de la fécondité est plus accentuée en milieu rural où l’on enregistre 49 % d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde contre 28 % en urbain. Au nombre des facteurs qui expliquent les niveaux et la tendance de la fécondité, on peut citer la précocité et l’universalité du mariage, la précocité de l’activité sexuelle , le faible niveau d’utilisation des moyens contraceptifs et la durée moyenne de l’allaitement. Le mariage au Mali est universel et très précoce chez les femmes. Une femme sur deux entre en union avant 16,5 ans. Par contre, ce n'est qu'à 26,1 ans que la moitié des hommes sont déjà en union. Au moment de l’enquête 84 % des femmes et 62 % des hommes étaient en union. De plus, la polygamie est répandue au Mali : 42 % des femmes et 27 % des hommes vivent en union polygame. L'activité sexuelle débute très tôt. À 15 ans, plus d’une femme sur quatre (27 %) ont déjà eu leurs premiers rapports sexuels et la quasi-totalité des femmes (92 %) ont eu leurs premiers rapports sexuels avant l’âge de 22 ans. Les méthodes contraceptives modernes sont assez bien connues : 76 % des femmes et 88 % des hommes ont déclaré connaître, au moins, une méthode contraceptive moderne. Cependant, une proportion importante de femmes (46 %) n’ont entendu aucun message sur la planification familiale, ni à la radio, ni à la télévision ni dans les journaux. Cette proportion est de 37 % chez les hommes. Malgré des niveaux de connaissance élevés, l'utilisation de la contraception reste faible : seulement 6 % des femmes en union et 10 % des hommes en xxvi * Résumé union ont déclaré utiliser une méthode moderne de contraception au moment de l'enquête. L’utilisation de la contraception moderne par les femmes est cinq fois plus importante en milieu urbain (15 %) qu’en milieu rural (3 %). Avec une prévalence de 19 %, c’est à Bamako que l’on observe le taux d’utilisation contraceptive le plus élevé. Alors que l’utilisation actuelle de la contraception est très faible chez les femmes en union, les besoins non satisfaits en matière de planification familiale demeurent importants. Plus d’une femme en union sur quatre (29 %) en exprime le besoin. À l’heure actuelle, 22 % seulement de la demande potentielle totale en planification familiale chez les femmes en union se trouve satisfaite au Mali. Si la demande potentielle totale en planification familiale était satisfaite, la prévalence contraceptive pourrait atteindre 37 % chez les femmes en union. Parmi les femmes ayant des besoins non satisfaits, l’espace- ment des naissances (21 %) demeure la principale préoccupation. Par ailleurs, les résultats montrent que la planification familiale n’est pas un sujet de discussion fréquent entre les conjoints au Mali. Plus d’une femme en union sur deux (64 %) n’ont jamais eu de discussion sur la planification familiale avec leur mari au cours des douze mois ayant précédé l’enquête. Le niveau d’utilisation des méthodes contraceptives est resté quasiment stable entre 1996 et 2001 chez les femmes en union (6 % contre 5 % en 1995-1996) et a connu une légère augmentation chez les hommes en union (10 % contre 8 % en 1995-1996). La quasi-totalité des enfants sont allaités, y compris pratiquement 100 % des enfants de 0-3 mois. La proportion d’enfants allaités reste très élevée à tous les âges, jusqu'à 10-11 mois, où 99 % d’entre eux sont encore allaités ; à 35 mois, un enfant sur quatre est toujours allaité. Si l’allaitement est quasi général, l’allaitement exclusif reste relativement limité au Mali et tous les enfants ne sont pas mis au sein dans les 24 heures suivant leur naissance. En effet, 25 % seulement des enfants de 0-6 mois sont exclusivement allaités au sein et, pour plus d’un enfant sur cinq (18 %), l’allaitement ne débute que 24 heures après la naissance. Au cours de cinq dernières années, seulement pour un peu plus d’une naissance sur deux (58 %), les mères ont effectué au moins une visite prénatale ; de plus, la moitié des naissances (50 %) des cinq dernières années n’ont pas été protégées contre le tétanos néonatal. Le niveau de ces indicateurs varie fortement selon le milieu de résidence. En milieu urbain, pour plus de quatre naissances sur cinq, les mères ont reçu des soins prénatals (88 %) et seulement une mère sur cinq (20 %) n’a pas été vaccinée contre le tétanos. Ces proportions sont respectivement de 94 % et 15 % à Bamako. En milieu rural, par contre, elles ne sont, respectivement, que de 48 % et 60 %. Sur l’ensemble des enfants de 12 à 23 mois, seulement moins d’un enfant sur trois (29 %) a reçu toutes les vaccinations du Programme Élargi de Vaccination (PEV). Parmi les 29 % d’enfants ayant reçu toutes les vaccinations du PEV, 24 % n’ont pas été vaccinés selon le calendrier recommandé, c’est à dire avant l’âge de 12 mois. En outre, 22 % de l’ensemble des enfants n'ont reçu aucune vaccination. La couverture vaccinale est deux fois plus importante en milieu urbain (50 %), en particulier à Bamako (61 %), qu'en milieu rural (22 %) Les infections respiratoires et la diarrhée sont des problèmes de santé importants chez les enfants maliens. Au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, près d’un enfant de moins de cinq ans sur dix (10 %) a souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide. De même, un enfant sur cinq (19 %) a eu un ou plusieurs épisodes diar- rhéiques durant les deux semaines ayant précédé l’enquête. Au cours des épisodes diarrhéiques, plus d’un tiers des enfants de moins de cinq ans (34 %) n’a bénéficié d’aucun type de réhydratation, et seule- ment 17 % ont été conduits dans un établissement de santé au cours de leur maladie. Les mesures anthropométriques montrent qu’un enfant sur dix (11 %) âgé de moins de 5 ans est atteint d’émaciation, c’est-à-dire qu’ils sont trop maigres par rapport à leur taille. En outre, plus d’un tiers (38 %) des enfants souffre de sous-nutrition chronique, ou accuse un retard de croissance, c’est- à- dire qu’ils sont trop petits pour leur âge. La prévalence de cette dernière forme de sous-nutrition Résumé * xxvii augmente très rapidement avec l’âge et, à 24-35 mois, près d’un enfant sur deux (49 %) est atteint de sous-nutrition chronique. Le niveau de la mortalité infantile durant la période 1996-2001 s’établit à 113 décès pour mille naissances vivantes et la mortalité infanto-juvénile à 229 o/oo. Malgré un niveau toujours élevé, la mortalité des enfants maliens avant l’âge de 5 ans a baissé de façon très sensible au cours des vingt dernières années, passant de 296 o/oo durant la période 1982-86 à 229 o/oo entre 1996 et 2001. La mortalité maternelle reste encore très élevée au Mali. Pour la période 1989-1996, le taux de mortalité maternelle, estimé selon la méthode directe, s’établit à 582 décès pour 100 000 naissances vivantes et selon la méthode indirecte à 505 pour 100 000 naissances vivantes. De plus, il semble que le niveau de la mortalité maternelle ait très peu varié au cours des années les plus récentes. La pratique de l’excision est très courante au Mali : 92 % des femmes sont excisées. Pour 61 % d'entre elles, l'excision a eu lieu avant l'âge de 5 ans. Dans la majorité des cas (94 %), l'excision a été pratiquée par des accoucheuses traditionnelles ou par des exciseuses traditionnelles. Différentes formes d’excision sont pratiquées, mais la forme la plus sévère qui est l’infibilation est très peu pratiquée au Mali (moins de 2 %). Les résultats n’ont pas mis en évidence une diminution sensible de la pratique dans les générations: en effet, 90 % des filles sont excisées ou le seront, contre 92 % chez leurs mères. Au Mali, les infections sexuellement transmissibles (IST) sont connues seulement par moins d’une femme sur trois (32 %) et un peu plus de la moitié (58 %) des hommes. Quant au VIH/sida, plus de 90 % des femmes en a entendu parler contre 98 % des hommes. Cependant, parmi les personnes qui ont déclaré connaître le VIH/sida, une proportion non négligeable (50 % des femmes et 22 % des hommes) ne connaissent aucun moyen d’éviter de le contracter. Seulement 13 % des femmes ont pu citer au moins deux moyens importants, d’un point de vue programmatique, pour éviter de le contracter. Enfin, il faut signaler que l’utilisation du condom reste très faible, moins de 2 % des femmes ayant déclaré en avoir utilisé un au cours de leurs derniers rapports sexuels. Le test de dépistage a donné un taux de séroprévalence national de 1,7 %. Les femmes sont plus fréquemment touchées avec un taux de 2 % contre 1,3 % chez les hommes. Avec un taux de 2,5 %, le district de Bamako est la région la plus touchée, suivie des régions de Kayes et Koulikoro (1,9 %). xxviii *Carte de Mali CARTE ADMINISTRATIVE DU MALI GUINÉE SÉNÉGAL ALGÉRIE NIGER BURKINA FASO MAURITANIE COTE D'IVOIRE Tombouctou Kidal Gao Mopti Ségou Kayes Sikasso Kouli- koro Présentation générale du pays et méthodologie de l’enquête * 1 1PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU PAYS ETMÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE Mamadou Basséry BALLO et Seydou Moussa TRAORE 1.1 GÉOGRAPHIE, HISTOIRE ET ÉCONOMIE Géographie La république du Mali, pays continental par excellence, couvre une superficie d’environ 1 241 248 kilomètres carrés. Elle partage, au nord, près de 7 200 km de frontières avec l’Algérie ; à l’est, le pays est frontalier avec le Niger, au sud-est avec le Burkina Faso ; au sud, le Mali est limité par la Côte d’Ivoire et par la Guinée et à l’ouest par la Mauritanie et le Sénégal. Le relief est peu élevé et peu accidenté ; c’est un pays de plaines et de bas plateaux. L’altitude moyenne est de 500 mètres. Le régime hydrographique, tributaire de la configuration géographique, qui s’étend entre les 11° et 25° de latitude nord, du relief et du climat, est essentiellement constitué par les bassins du Haut Sénégal et du Niger. Deux fleuves traversent le Mali : le fleuve Niger et le fleuve Sénégal. Le réseau hydrographique dessert surtout le sud du pays. La partie septentrionale de cette zone est arrosée par le fleuve Sénégal et ses affluents, la partie orientale par le fleuve Niger et ses constituants. Le régime de l’ensemble de ce réseau est tropical : hautes eaux en période d’hivernage et basses eaux en saison sèche. Ainsi, du sud au nord, un quart du territoire est situé dans la zone soudano-guinéenne, 50 % dans la zone sahélienne et 25 % dans le désert saharien. Le climat est sec avec une saison sèche et une saison des pluies, cette dernière durant en moyenne 5 mois au sud et moins d’un mois au nord. Le niveau des précipitations s’établit entre 1 300 mm à 1 500 mm au sud tandis que la moyenne est de l’ordre de 200 mm au nord. Ce climat se caractérise par quatre zones ; le delta intérieur du Niger se caractérise par un climat particulier. Les quatre zones sont les suivantes : - la zone sud soudano-guinéenne : environ 6 % du territoire national, dans l’extrême sud. Les précipitations sont comprises entre 1 300 et 1 500 mm d’eau par an. - la zone nord-soudanienne, avec 1 300 à 700 mm/an d’eau. Cette zone couvre environ 18 % du territoire. - la zone sahélienne : les précipitations vont de 700 à 200 mm d’eau par an. - la zone saharienne : les précipitations deviennent irrégulières et au fur et à mesure qu’on s’éloigne des abords du fleuve Niger et qu’on avance dans le Sahara, elles deviennent aléatoires et inférieures à 200 mm/an. - le delta intérieur du Niger : c’est une véritable mer intérieure. Cette nappe d’inondation est au cœur même du Sahel. Le delta, avec ses 300 km de long sur 100 km de large, joue un rôle régulateur dans le climat de la région. 2 * Présentation générale du pays et méthodologie de l’enquête Histoire Le Mali actuel est né le 22 septembre 1960. Ce nom est un rappel et un hommage à la mémoire de l’un des grands empires qu’a connu l’Afrique de l’Ouest : l’Empire du Mali. La République du Mali est assurément le berceau de nombreuses civilisations qui ont donné naissance à de nombreux empires et royaumes dont, entre autres : - l’Empire du Ghana (VIIe-XIIe siècles) - l’Empire du Mali (XIIIe-XVe siècles) - l’Empire Songhaï (XVe-XVIe siècles) - les Royaumes Bambara de Ségou et du Kaarta (XVIIe-XVIIIe siècles) - l’Empire Toucouleur de El-Hadj Omar Tall (XIXe siècle) - le Royaume Sénoufo de Sikasso (XIXe siècle). Ce brassage des peuples a été à l’origine de la formation de groupes humains fortement interdépendants et dont les apports civilisationnels respectifs constituent pour le Mali une des richesses la plus enviée dans la sous-région. En effet, le Mali est un carrefour de civilisations avec ses nombreux groupes ethniques et linguistiques constituant chacun une source de richesses culturelles. Les principaux groupes ethniques sont les Bambara (ou bamanan), les Malinké (maninka), les Sarakolé (soninké ou marka), les Peuhls (foula), les Sénoufo/Minianka, les Dogons (dogonon ou habé), les Sonraï (songhoï et arma), les Touareg, les Maures et les Arabes. Malgré cette diversité, la conscience malienne, issue de l’histoire millénaire du pays, est réelle et profonde au-delà des frontières et tous les Maliens vivent dans un mixage total conformément aux exigences de la coutume et de la tradition du terroir. Deux faits importants ont marqué l’histoire du Mali. Le premier est la pénétration de l’islam à partir du VIIe siècle. Le second est l’irruption de la colonisation française en Afrique et qui prit corps et âme dans l’actuelle aire géographique du Mali à partir de 1857. L’islam, aussi bien que le colonialisme, ont profondément désarticulé les structures sociales préexistantes, notamment les cultes. La colonisation française, plus que le fait islamique (religieux surtout), a imposé, par sa durée et les rapports de forces, de nouvelles formes étatiques, de nouvelles structures administratives et politiques. Ces nouvelles mutations ont été à la base de contestations et de revendications aboutissant à la naissance de l’état moderne du Mali après une vaine tentative d’unification avec le Sénégal au sein de la Fédération du Mali en 1959. Économie Comme l’écrasante majorité des états africains en général, en particulier ceux de l’Afrique au sud du Sahara, le Mali a une économie dont les ressources proviennent en premier chef de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. C’est dire que le secteur primaire est la sève nourricière de l’économie. Il est tributaire des aléas climatiques et des prix des matières premières sur le marché international. Il occupe, en effet, plus de 80 % de la population active et représente au moins 40 % du Produit Intérieur Brut (PIB), alors que le secteur secondaire (industrie) ne représente que 16 % du PIB et celui du tertiaire (commerce, services) 40 % en 2001. L’agriculture, « locomotive » de l’économie, est essentiellement basée sur les cultures vivrières (mil, sorgho, riz, maïs, fonio, igname, manioc, haricot, blé.). S’ajoutent à ces cultures les cultures industrielles (arachide, coton, tabac). Le maraîchage fournit, entre autres, les oignons et le gombo. La bonne pluviométrie enregistrée ces dernières années a vu les productions agricoles augmenter : la production céréalière pour la campagne 1999-2000 fut estimée à environ 2 893 millions de tonnes et celle du coton graine atteignit 473 000 tonnes (DNSI,1999), ce qui a eu pour conséquence de placer le Mali au deuxième rang des pays producteurs de coton en Afrique après l’Égypte. Présentation générale du pays et méthodologie de l’enquête * 3 L’élevage, seconde richesse après l’agriculture, durement affecté par les sécheresses de 1972-73 et de 1984, a repris son souffle. Le cheptel se reconstitue petit à petit et on a dénombré en 1997 plus de 6 millions de bovins et 14,5 millions d’ovins et caprins. La pêche, quant à elle, demeure, grâce aux fleuves Sénégal et Niger et à leurs affluents, un des piliers de l’économie nationale et fait du Mali un grand producteur de poissons d’eau douce dans la sous-région malgré les sécheresses et les pluviométries capricieuses. En 1997, la production annuelle de poisson frais était de 31 736 tonnes et celle de poissons fumés et séchés était de 12 281 tonnes. Les revenus d’exportations de poissons ont atteint près de 14 milliards de FCFA. Parallèlement aux ressources agricoles, le Mali a d’énormes potentialités énergétiques, touristiques et artisanales, de même que minières. En témoignent, dans le domaine des ressources énergétiques, les aménagements hydroélectriques réalisés et ceux en voie de l’être : les sites de Sotuba, Markala, Sélingué, Manantali, Félou, Tossaye, Labézenga et Gouïna. En outre, il faut signaler les sources d’énergie renouvelables et l’accent mis sur l’énergie solaire (en pleine expansion). Le sous-sol malien renferme d’importants gisements parmi lesquels l’or, les phosphates, le sel gemme, le calcaire, la bauxite, le fer, le manganèse, le gypse, l’uranium et le marbre. Les sites aurifères les plus en vue sont ceux de Siama (en exploitation), de Sadiola (déjà opérationnel) et de Loulo et la mine d’or de Kalana (privatisée). En 1995, la production de l’or fut évaluée à 6 600 kg et du coup, l’or occupe désormais la troisième place au niveau des ressources destinées à l’exportation (après le coton et le bétail sur pied). 1.2 POPULATION Selon les données du Troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), le Mali avait une population résidente de 9 810 912 habitants en avril 1998 dont 50,5 % de femmes et 49,5 % d’hommes ; la densité est estimée à 7,9 habitants au kilomètre carré. Elle est estimée à 10 472 782 habitants en 2001 avec un taux d’accroissement inter-censitaire de 2,2 %. Selon les mêmes données, 99 % des Maliens sont des sédentaires et 1 % sont des nomades. La majorité de la population du pays réside en milieu rural (73,2 %). Le taux d’urbanisation est de 26,8 %. La répartition spatiale est inégale ; les trois quarts de la superficie du pays abritent moins de 10,0 % de la population. L’état sanitaire, au cours de la période 1992-1996, se caractérise, entre autres, par un quotient de mortalité infanto-juvénile de 238 ‰ (Coulibaly et al., 1996). L’espérance de vie à la naissance est de 61,6 ans. Au Mali, la population est essentiellement rurale. Au dernier recensement de la population, 22 % seulement de la population résidente vivaient en milieu urbain. Cette population est, en outre, caractérisée par sa jeunesse : 46 % de la population est âgée de moins de 15 ans. Les femmes en âge de procréer (15-49 ans) représentent 23 % de la population totale. Selon les données du RGPH de 1998, les principaux sous- groupes sont : enfants de moins d’un an (0-11 mois) = 2,9 % enfants de 1 an à 4 ans (12-59 mois) = 14,0 % enfants de moins de 5 ans (0-4 ans) = 17,0 % enfants de moins de 15 ans (0-14 ans) = 46,0 % enfants de moins de 19 ans (0-18 ans) = 55,2 % femmes en âge de procréer (15-49 ans) = 22,6 % 4 * Présentation générale du pays et méthodologie de l’enquête Évolution du budget santé dans le budget de l’État (en milliers de FCFA) Évolution du budget santé dans le budget d’état Répartition du financement _______________________________________________________ ___________________________ % santé Financement dans le Financement extérieur Année Budget santé Budget état budget état Ratios intérieur (BSI) _______________________________________________________________________________________________ 1992 11 474 613 217 147 699 5,28 % - 5 147 613 6 327 000 1993 9 649 678 200 474 564 4,81 % - 5 201 678 4 448 000 1994 17 423 072 371 674 431 4,69 % - 9 601 072 7 822 000 1995 25 683 090 353 960 000 7,26 % 8,01 9 624 090 16 059 000 1996 31 352 837 380 325 000 8,24 % 8,33 10 318 837 21 034 000 1997 28 777 080 400 323 000 7,19 % 9,57 12 129 080 16 648 000 1998 27 065 754 433 712 000 6,24 % 10,01 14 439754 12 626 000 1999 24 787 365 476 113 000 5,21 % 10,76 16 046 365 8 741 000 2000 34 580 607 522 537 000 6,62 % 9,64 16 242 607 18 338 000 2001 36 943 517 556 881 000 6,63 % 10,01 20 813 517 15 930 000 Total 247 737 613 3 913 174 694 6,33 % - 119 764 613 127 973 000 48,34 % 51,66 % _______________________________________________________________________________________________ Source: DAF—Ministère de la Santé Ces indicateurs, associés à un âge médian à la première union (16 ans environ) et à la quasi- universalité du mariage ont pour résultat un niveau de fécondité assez élevé. Ce niveau de fécondité est estimé par un indice synthétique de 6,7 enfants par femme durant la période 1992-1996 (Coulibaly et al., 1996). 1.3 SITUATION SANITAIRE La situation sanitaire de la population du Mali, reflet du niveau actuel de développement socio- économique, reste préoccupante malgré les fluctuations de la part des dépenses de santé dans le budget de l’État qui est passée de 5,28 % en 1992 à 6,63 % en 2001. L’évolution des dépenses de santé dans le budget de l’État est la suivante entre 1992 et 2001 : On note que les dépenses ont évolué de manière irrégulière ; cependant, le ratio des dépenses courantes s’est amélioré, passant de 8,01 % en 1995 à 10,01 % en 2001. Au Mali, les niveaux de la morbidité et de la mortalité sont élevées et cela s’explique surtout par : - Une insuffisance de la couverture sanitaire (63 % de la population réside à moins de 15 km d’un centre de santé de premiers contacts offrant le Paquet Minimum d’Activités) ; - Une insuffisance des ressources financières allouées au secteur au regard des besoins de la politique sectorielle et du Programme quinquennal de Développement Sanitaire et Social (PRODESS) ; - Un environnement naturel insalubre et propice à la transmission des maladies infectieuses et parasitaires du fait d’une hygiène individuelle défectueuse et des comportements très souvent inadéquats face à l’environnement ; - Une insuffisance de l’accès à l’eau potable des populations; Présentation générale du pays et méthodologie de l’enquête * 5 - Des habitudes sur le plan nutritionnel qui ont pour conséquence des apports nutritionnels non équilibrés et déficients aussi bien en quantité qu’en qualité (fer, iode, vitamine A), ce qui provoque des maladies et des carences; - La persistance de certaines coutumes et de traditions souvent néfastes pour la santé ; - Un faible niveau d’alphabétisation, d’instruction et d’information de la population ; - Une insuffisance de la participation des communautés de base à l’action sanitaire; - Une insuffisance en nombre et en qualité du personnel sanitaire et social. Compte tenu de ces insuffisances, le gouvernement a pris des mesures qui figurent dans la déclaration de politique sectorielle de santé et de population en 1990 (MSP-AS, 1990). Dans ces orientations, on note que la priorité de l’action sanitaire s’adresse au milieu rural et péri-urbain, cela dans un souci d’équité et de correction des inégalités sociales, qu’elle vise la prévention des maladies ou qu’elle s’attache à promouvoir l’action socio-sanitaire en vue d’améliorer le bien-être de la famille. En outre, par la déclaration de politique sectorielle de santé et de population, on constate que la santé représente désormais un secteur d’investissement qui obéit à la loi de l’utilisation rationnelle des ressources, afin d’assurer la pérennité du développement sanitaire, la prise en compte dans la planification des ressources disponibles et la mobilisation de tous les acteurs, État, organisations non gouvernementales (ONG) et populations). Fort des résultats de cette politique sectorielle, un Plan Décennal de Développement Sanitaire et Social (PDDSS 1998-2007) et un Programme quinquennal de Développement Sanitaire et Social (PRODESS 1998-2002), basés sur les mêmes stratégies et orientations, ont été élaborés et adoptés en 1998. 1.4 MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE Cadre institutionnel La Troisième Enquête Démographique et de Santé au Mali (EDSM-III) a été exécutée par la Cellule de Planification et de Statistique du Ministère de la Santé (CPS/MS) et par la Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique du Ministère de l’Économie et des Finances (DNSI/MEF), avec l’assistance technique de ORC Macro. Cette enquête entre dans le cadre du programme international des Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS) ou Demographic and Health Surveys (DHS). Par ailleurs, elle s’inscrit dans le Programme PRODESS, dont l’un des objectifsest le renforcement du système national d’information sanitaire et sociale. L’EDSM-III a bénéficié du financement de l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), la Banque Mondiale et le Budget d’État. Objectifs L’un des principaux objectifs de l’EDSM-III était de recueillir, à l’échelle nationale, des données de qualité qui permettent de : - Connaître les niveaux et tendances de la fécondité et de la mortalité infantile et juvénile, ainsi que les facteurs déterminant leur évolution ; 1 La version française des différents questionnaires utilisés est présentée à l’Annexe E. 6 * Présentation générale du pays et méthodologie de l’enquête - Déterminer le niveau de connaissance et d’utilisation des méthodes de contraception chez les femmes et les hommes ; - Obtenir des informations sur le nombre idéal d’enfants et sur l’attitude vis-à-vis de la planification familiale chez les femmes et les hommes en âge de procréer ; - Recueillir des données détaillées sur la santé maternelle et infantile : visites prénatales, assistance à l’accouchement, allaitement, vaccinations, supplémentation en vitamine A et prévalence et traitement de la diarrhée et d’autres maladies chez les enfants de moins de cinq ans ; - Évaluer l’état nutritionnel des mères et des enfants de moins de cinq ans au moyen des mesures anthropométriques (poids et taille) ; - Recueillir des données sur la pratique de l’excision ; - Recueillir des données détaillées sur la connaissance, les opinions et attitudes des femmes et des hommes vis-à-vis des infections sexuellement transmissibles (IST) et du sida ; - Mesurer le niveau de mortalité maternelle au niveau national, et - Évaluer la disponibilité des services de santé et de planification familiale. En outre, pour la première fois, l’EDSM-III s’est fixé pour objectif d’évaluer la prévalence de l’anémie et du VIH/sida dans l’ensemble de la population. Enfin, comme lors de la précédente enquête, l’EDSM-III a permis de développer les capacités nationales nécessaires à la réalisation périodique d’enquêtes démographiques et de santé. Questionnaires L’EDSM-III a utilisé 4 types de questionnaires1 : - Un questionnaire ménage ; - Un questionnaire individuel femme ; - Un questionnaire individuel homme ; - Un questionnaire communautaire sur la disponibilité des services. Les questionnaires ménage et individuels femme et homme ont été traduits en trois langues nationales (le bambara, le sonraï et le peuhl). 1) Questionnaire ménage Ce questionnaire permet d’établir la liste de tous les membres du ménage et des visiteurs et de collecter à leur sujet un certain nombre d’informations telles que le nom, le lien de parenté avec le chef de Présentation générale du pays et méthodologie de l’enquête * 7 ménage, la situation de résidence, le sexe, l’âge, le niveau d’instruction, la survie des parents et le travail des enfants. Le questionnaire ménage permet aussi de relever le poids et la taille de toutes les femmes de 15-49 ans et des enfants âgés de moins de 6 ans. Par ailleurs, dans un tiers des ménages, on a mesuré le niveau d’hémoglobine des enfants de moins de 6 ans, des femmes et des hommes par test direct à partir d’un prélèvement sanguin. Ce même prélèvement a servi pour le test du VIH-sida. Il faut noter que le consentement des enquêtées était requis pour les tests d’hémoglobine et du VIH-sida. Enfin, par le biais du questionnaire ménage, on a également collecté certaines caractéristiques des logements qui seront utilisées pour évaluer les conditions socio-économiques et environnementales dans lesquelles vivent les femmes et les hommes qui seraient enquêtés individuellement. Cependant, l’objectif principal de ce questionnaire est de permettre l’identification des femmes éligibles (âgées de 15-49 ans) et, dans un tiers des ménages, celle des hommes éligibles (âgés de 15-59 ans). Le questionnaire ménage fournit également les informations permettant d’établir le dénominateur pour le calcul des taux démographiques (natalité, mortalité, fécondité). En outre, le questionnaire comprend, en page de garde, la localisation du ménage (région, cercle, commune ou village), le nombre de visites effectuées par l’enquêtrice et le résultat de l’interview, ainsi qu’une partie réservée au contrôle de terrain et de bureau. 2) Questionnaire individuel femme Le questionnaire individuel femme, qui constitue le cœur de l’EDSM-III, a été élaboré sur la base du questionnaire Modèle B du programme MEASURE DHS+ (questionnaire pour les pays à faible prévalence contraceptive). Il comprend une page de couverture, similaire à celle du questionnaire ménage, sur laquelle sont enregistrées les informations d’identification et les résultats des interviews. Avec les dix sections qui le composent, il sert à recueillir des informations sur les thèmes suivants : - Caractéristiques socio-démographiques : cette section porte sur le lieu de résidence, l’âge et la date de naissance, la scolarisation, l’alphabétisation, la nationalité, la religion, l’ethnie et l’exposition aux médias. - Reproduction : cette deuxième section permet de collecter des informations sur les naissances vivantes que la femme a eues durant sa vie, ainsi que sur leur état de survie au moment de l’enquête, sur l’état de grossesse au moment de l’enquête, et sur la connaissance de la période féconde dans le cycle menstruel. - Connaissance et utilisation de la contraception : cette section permet de recueillir des informations sur la connaissance et l’utilisation antérieure et actuelle des diverses méthodes contraceptives existant dans le pays, ainsi que sur la source d’approvisionnement. Elle porte également sur le lieux et la date de la stérilisation féminine, ainsi que sur les raisons de la non- utilisation. De plus, quelques questions sur la connaissance et l’utilisation de l’allaitement comme moyen de retarder une grossesse ont été posées aux femmes. - Grossesse et allaitement, vaccination et santé des enfants : cette section porte sur les naissances ayant eu lieu au cours des cinq années précédant l’enquête. Elle est composée de deux parties. La première permet d’obtenir des informations sur la période de la grossesse, les soins prénatals incluant la vaccination antitétanique, le lieu d’accouchement et la qualification de la personne ayant assisté la femme, les soins postnatals, le retour des règles et la reprise des rapports sexuels après la naissance de l’enfant. Concernant l’allaitement, les questions portent sur sa fréquence et sa durée, sur le type d’allaitement (maternel ou artificiel), ainsi que sur l’utilisation des différents compléments nutritionnels. La deuxième partie porte sur les vaccinations incluses 8 * Présentation générale du pays et méthodologie de l’enquête dans le Programme Élargi de Vaccinations (PEV) et la santé des enfants de moins de cinq ans, plus particulièrement sur la prévalence et le traitement de la fièvre, de la toux et de la diarrhée chez les enfants. - Mariage et activité sexuelle : cette section porte sur l’état matrimonial de la femme, la cohabitation avec le conjoint, le régime de mariage (monogamieou polygamie), l’âge au premier mariage et aux premiers rapports sexuels ainsi que sur l’activité sexuelle. - Préférences en matière de fécondité : cette section recueille des informations sur le désir d’enfants supplémentaires, l’intervalle souhaité entre les naissances, et l’opinion concernant la taille de la famille. Elle donne également des informations sur les interruptions de grossesses. - Caractéristiques du conjoint et travail de la femme : à ce niveau, des questions ont été posées afin de connaître les caractéristiques socioprofessionnelles du conjoint des femmes en union et l’activité professionnelle de ces femmes. - IST et sida : cette section vise à obtenir des informations sur la connaissance et la prévalence des infections sexuellement transmissibles, et sur les modes de transmission et de prévention du sida. - Excision : on collecte ici des informations sur l’importance de la pratique de l’excision parmi les femmes enquêtées et leurs filles aînées, ainsi que sur l’attitude vis-à-vis de cette pratique. - Mortalité maternelle : dans cette section, on enregistre des informations sur l’âge et l’état de survie des frères et sœurs de l’enquêtée. Pour les sœurs décédées à l’âge de 12 ans ou plus, des questions supplémentaires permettent de déterminer si le décès est en rapport avec la maternité. Des questions supplémentaires sur le nombre d’enfants de la sœur (décédée ou non) ainsi que sur leur état de survie sont aussi posées. 3) Questionnaire individuel homme Le questionnaire homme, qui est une forme allégée du questionnaire individuel femme, permet de collecter des informations sur la connaissance et l’utilisation de la contraception, et sur les opinions des hommes en matière de fécondité, de taille de la famille et de planification familiale, ainsi que sur l’excision, les IST et le sida. 4) Questionnaire sur la disponibilité des services Le questionnaire communautaire a pour objectif de recueillir quelques informations sur les infrastructures socio-économiques (écoles, marché, services de transport) et sanitaires (hôpitaux, cliniques, centres de santé communautaire) disponibles dans chacune des grappes de l’enquête. Échantillonnage L’échantillon cible de l’EDSM-III était de 14 000 femmes en âge de procréer (15 à 49 ans) et de 4 000 hommes âgés de 15 à 59 ans. Le RGPH de 1998, avec les 12 123 Sections d’Énumération (SE) du fichier du Bureau Central du Recensement (BCR), a servi de base de sondage. On a identifié 7 domaines d’études : Bamako, Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et les régions de Tombouctou, Gao et Kidal 2 Compte tenu du fait que les régions de Tombouctou, Gao et Kidal représentent environ 65 % du territoire national et 10 % de la population totale, et comme l’effectif de population des 3 régions est très faible, il a été décidé de les regrouper et de présenter les résultats pour les trois régions ensemble. 3 Dans la suite de ce rapport, les résultats seront présentés par milieu de résidence : Bamako, autres villes (selon la définition du RGPH), ensemble urbain (Bamako et les autres villes) et milieu rural. 4 Les résultats détaillés concernant la couverture de l’échantillon figurent en à l’Annexe A. Présentation générale du pays et méthodologie de l’enquête * 9 ensemble2. L’échantillon est stratifié, pondéré et représentatif au niveau national et au niveau des milieux de résidence3 et des régions telles que définies précédemment. L’échantillon a été sélectionné de la manière suivante : - Au premier degré, 403 grappes, constituant les Unités Primaires de Sondage (UPS), ont été tirées de façon systématique à l’intérieur de chacune des 13 strates (Bamako et les milieux urbain et rural des régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et Kidal/Gao/Tombouctou) avec une probabilité proportionnelle à la taille de la SE, à savoir le nombre de ménages dans la SE ; - Au deuxième degré, un échantillon de ménages a été sélectionné à partir de la liste de ménages établie lors de l’opération de dénombrement de chacune des 403 grappes sélectionnées. Les 403 grappes sélectionnées dans l’échantillon ont pu être enquêtées au cours de l’EDSM-III, à l’exception d’une seule dans la région de Kayes. Au total, 13 717 ménages ont été sélectionnés et, parmi eux, 12 617 ménages ont été identifiés et étaient occupés au moment de l’enquête. Parmi ces 12 617 ménages, 12 331 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 97,9 %, comme l’indique le tableau 1.14. À l’intérieur des 12 331 ménages enquêtés, 13 543 femmes âgées de 15-49 ans ont été identifiées comme étant éligibles pour l’enquête individuelle et pour 12 849 d’entre elles, l’enquête a pu être menée à bien. Le taux de réponse s’établit donc à 94,9 % pour les interviews auprès des femmes. L’enquête homme a été réalisée dans un ménage sur trois : au total 4 062 hommes de 15-59 ans ont été identifiés dans les ménages de l’échantillon. Parmi ces 4 062 hommes devant être interviewés individuellement, 3 405 ont été enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 83,8 %, nettement inférieur à celui des femmes. Personnel et calendrier des activités de l’EDSM-III Pour assurer une bonne réalisation des objectifs de l’EDSM-III, une direction technique a été mise en place sous l’autorité d’un Directeur Général et d’un Directeur Technique, chacun assisté d’un adjoint, et de 8 cadres techniques qui avaient en charge la supervision générale de l’enquête. Cette direction technique, assistée d’un résident conseiller de Macro, a été complétée par 14 agents de saisie et 2 éditeurs chargés des travaux informatiques, 4 agents de vérification et une secrétaire. Par ailleurs, des consultants nationaux et internationaux ont assisté l’équipe technique pour l’adaptation du plan de sondage, la conception des questionnaires, la formation du personnel d’enquête, le traitement et l’analyse des données. Des consultants nationaux de la Direction Nationale de l’Alphabétisation Fonctionnelle et de la Linguistique Appliquée (DNAFLA) ont effectué la traduction des questionnaires dans les trois principales langues du pays : bambara, sonraï et peulh. 10 * Présentation générale du pays et méthodologie de l’enquête Tableau 1.1 Taille et couverture de l’échantillon Effectifs des ménages, des femmes et des hommes sélectionnés, identifiés et enquêtés, et taux de réponse selon le milieu de résidence, EDSM-III Mali 2001 _____________________________________________________________ Résidence _________________ Enquête Urbain Rural Ensemble _____________________________________________________________ Enquête ménage Nombre de logements sélectionnés Nombre de ménages identifiés Nombre de ménages enquêtés Taux de réponse des ménages Enquête individuelle femme Nombre de femmes éligibles Nombre de femmes enquêtées Taux de réponse des femmes Ménages pour l’enquête homme Nombre de logements sélectionnés pour l’enquête homme Nombre de ménages identifiés Nombre de ménages enquêtés Taux de réponse des ménages pour l’enquête homme Enquête individuelle homme Nombre d’hommes éligibles Nombre d’hommes enquêtés Taux de réponse des hommes 3 136 10 581 13 717 2 926 9 674 12 617 2 800 9 531 12 331 95,7 98,5 97,9 3 796 9 747 13 543 3 509 9 340 12 849 92,4 95,8 94,9 1 051 3 490 4 541 987 3 201 4 188 933 3 154 4 087 94,5 98,5 97,6 1 287 2 775 4 062 961 2 444 3 405 74,7 88,1 83,8 L’EDSM-III s’est déroulée en trois étapes principales : le dénombrement des ménages des zones échantillonnées (de juillet à septembre 2000), le pré-test (septembre 2000) et l’enquête principale (janvier à mai 2001). Pour chacune de ces étapes, une formation a été dispensée aux personnes recrutées. Pour les opérations de cartographie et de dénombrement des zones sélectionnées pour l’enquête, 24 agents ont été recrutés afin de former 12 équipes. Les agents cartographes étaient aussi chargés de réaliser l’enquête communautaire sur la disponibilité des services. Pour le pré-test, 20 enquêtrices et enquêteurs ont été retenus pour suivre une formation de douze jours. La formation en langues nationales a été assurée par des spécialistes de la DNAFLA qui avaient traduit les questionnaires. Pour les travaux de terrain du pré-test qui ont duré 10 jours, quatre zones d’enquêtes, ne faisant pas partie des zones de l’échantillon principal, ont été retenues : deux secteurs de Bamako pour le milieu urbain et deux villages non loin de la capitale, pour le milieu rural. D’une manière générale, le pré-test a permis d’identifier des problèmes concernant la formulation et la traduction en langues nationales. En ce qui concerne l’enquête principale, le recrutement s’est effectué de la manière suivante : • Les chefs d’équipe au nombre de 25 ont été sélectionnés parmi les agents cartographes ; 5 Les équipes de Bamako et de Tombouctou/Gao disposaient d’un enquêteur et d’une enquêtrice supplémentaires pour effectuer les nombreuses visites nécessaires pour trouver les gens à leur domicile en milieu urbain. Par ailleurs, l’équipe de Bamako se déplaçait en mobylette. Présentation générale du pays et méthodologie de l’enquête * 11 • Les contrôleuses ont été sélectionnées, en majorité, parmi les personnes ayant effectué le pré- test ; • Les enquêtrices (au nombre de 75, pour former les 25 équipes nécessaires) ont été sélectionnées après la formation et selon leurs résultats aux différents tests d’aptitude. La formation qui a duré quatre semaines consistait, d’une part, en des exposés théoriques concernant les techniques d’enregistrement des informations et, d’autre part, en des exercices sur la façon de remplir les questionnaires. La formation a été assurée en français et, par la suite, des compléments ont été donnés en langues nationales par les cadres de la DNAFLA. En outre, différents spécialistes dans les domaines de la planification familiale, la vaccination, la nutrition et le sida ont donné aux enquêtrices des informations complémentaires dans leurs domaines de compétence. Par ailleurs, la pratique des mesures anthropo- métriques s’est déroulée dans un centre de santé. Enfin, pour parachever leur formation théorique, les enquêtrices ont réalisé des enquêtes de pratique sur le terrain, en langues nationales, pendant 3 jours. Par ailleurs, la formation des agents pour le prélèvement de sang pour les tests d’hémoglobine et de VIH/sida a été assurée par des spécialistes nationaux avec la participation de deux experts de CDC et de ORC Macro. Afin de vérifier l’acceptabilité du test de VIH/sida, une étude pilote a eu lieu du 8 au 12 décembre 2000 dans des zones urbaines et rurales non loin de Bamako, en dehors des grappes de l’échantillon. De plus, une formation supplémentaire sur le consentement volontaire a eu lieu le 8 janvier 2001. La liste du personnel de l’EDSM-III ainsi que des consultants nationaux et internationaux y ayant participé se trouve à la Annexe D. Collecte des données Les opérations de collecte pour l’enquête communautaire sur la disponibilité des services se sont déroulées en même temps que les activités de cartographie. Une enquête auprès de chaque grappe a été réalisée. Après une formation de quatre semaines environ, les 25 équipes5 composées chacune de trois enquêtrices, d’une contrôleuse, d’un chef d’équipe et d’un chauffeur ont visité les 403 grappes sélectionnées pour réaliser l’enquête principale. Au total, il a fallu près de cinq mois aux équipes pour mener à bien cette tâche. Dans le cadre du suivi des travaux sur le terrain, des missions de supervision ont été organisées régulièrement. Les membres de l’équipe technique de la CPS/MS et de la DNSI, comprenant des démographes et des spécialistes en planification et en santé, ont assuré cette supervision des activités de terrain. Les missions de supervision avaient pour but d’apprécier les conditions de travail de chaque équipe, de contrôler la qualité du travail, de résoudre les problèmes éventuels rencontrés par les équipes, de les ravitailler en matériel, et de ramener à Bamako les questionnaires des grappes enquêtées. Exploitation des données L’exploitation des données de l’EDSM-III s’est déroulée en 4 étapes : 12 * Présentation générale du pays et méthodologie de l’enquête a) Vérification : la vérification consistait en un contrôle d’exhaustivité de l’échantillon par rapport aux fiches de terrain et en un contrôle sommaire de la cohérence des données. Ce travail, exécuté par quatre agents de vérification sous l’autorité d’un superviseur, a commencé à peine une semaine après le début de la collecte et a été mené parallèlement aux travaux de terrain. Cette vérification a permis d’améliorer la qualité des données recueillies. b) Saisie/édition des données : l’ensemble des opérations de saisie et d’apurement des données ont été réalisées à la DNSI sur micro-ordinateurs au moyen du logiciel ISSA (Integrated Systems for Survey Analysis) développé par ORC Macro. La saisie a été effectuée par 14 agents de saisie, travaillant en deux équipes tournantes de sept personnes chacune, sous la supervision de deux techniciens informatiques de la DNSI. Ces agents ont été formés en même temps que les enquêtrices avant de suivre leur propre formation sur micro- ordinateurs. À la suite de la saisie, les membres de l’équipe technique ont procédé à l’édition des données, à savoir la vérification de la cohérence interne des réponses contenues dans les questionnaires, et à la correction des erreurs. Pour apprécier la qualité des données et réduire le taux d’erreurs lors de la saisie, un tiers des grappes ont été saisies deux fois, et par un agent différent. En corrigeant les erreurs de saisie ainsi détectées, on diminue le temps nécessaire à l’édition finale des données, qui consiste en la correction des incohérences à l’intérieur d’un même questionnaire, incohérences souvent dues à des erreurs de saisie. c) Apurement : après la saisie et l’édition des données d’une grappe, un programme de contrôle était exécuté pour vérifier la cohérence interne des réponses. À ce stade, tous les fichiers de grappes sont fusionnés en un seul et unique fichier. d) Tabulation : il s’agit du développement et de l’exploitation des programmes destinés à fournir les tableaux de base nécessaires à l’élaboration du rapport préliminaire et du rapport final. La tabulation a été entièrement réalisée au siège de ORC Macro. L’ensemble des opérations de contrôle et de nettoyage du fichier ainsi que la tabulation des données ont été réalisées au moyen du logiciel ISSA. Caractéristiques des ménages des enquêtés * 13 2CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGESDES ENQUÊTÉS Ishaga COULIBALY, Souleymane BA, et Mikeïla B. MAIGA Au cours de l'EDSM-III, dont l'objectif principal était de fournir des renseignements sur la fécondité, la mortalité, la planification familiale et la santé au Mali, on a recueilli également des informations sur les caractéristiques des ménages (structure et composition) et des logements, au moyen du questionnaire ménage. Ce questionnaire a permis d'identifier par la suite les femmes et les hommes éligibles pour l'interview individuelle. Ce chapitre traite des principales caractéristiques des ménages et des logements ainsi que de certaines caractéristiques socio-démographiques de la population (structure par sexe et par âge, état matrimonial, niveau d'instruction, etc.). Une deuxième partie, qui porte sur les résultats de l'enquête individuelle, est consacrée notamment aux caractéristiques démographiques et socio-culturelles des femmes et des hommes enquêtés : il s'agit principalement de l'âge, de l'état matrimonial, du niveau d'instruction, du milieu de résidence et de la région de résidence. Le type d’occupation de la population enquêtée ainsi que son accès aux médias seront aussi évoqués dans cette seconde partie. 2.1 ENQUÊTE MÉNAGE 2.1.1 Structure par sexe et âge de la population Dans les 12 331 ménages enquêtés avec succès, on a recensé 64 116 personnes résidentes de fait, c'est-à-dire des personnes ayant passé la nuit précédant l'enquête dans le ménage sélectionné, même si celui- ci n'est pas leur résidence habituelle (tableau 2.1). Cette population se répartit comme suit : 33 042 femmes (52 %) contre 31 070 hommes (48 %), soit un rapport de masculinité de 94 hommes pour 100 femmes. Ce rapport est de 96 hommes pour 100 femmes en milieu urbain et de 93 pour 100 en milieu rural. Le rapport de masculinité obtenu ici est plus faible que ceux des RGPH de 1987 (96 hommes pour 100 femmes) et de 1998 (98 hommes pour 100 femmes). Ceci est certainement dû à une intensification récente de la migration masculine, notamment à partir du milieu rural. On peut également envisager une légère sous-estimation des hommes lors de l'EDSM-III due peut-être, en partie, au fait que les ménages collectifs, comprenant essentiellement des hommes (pensionnats, casernes, etc.) ont été exclus de l'échantillon. Du point de vue du milieu de résidence, il apparaît aujourd'hui qu’un peu moins d’un tiers de la population malienne (27 %) réside en milieu urbain, proportion identique à celle du RGPH de 1998 (26,8 %). La pyramide des âges présente une allure régulière à base large (graphique 2.1), caractéristique d'une population jeune, avec une répartition par sexe assez équilibrée, sauf entre 20 et 34 ans, où le déficit en hommes est particulièrement sensible. La structure par âge de la population présente peu d'irrégularités au niveau de chaque sexe, mis à part le déficit d’hommes de 20-34 ans évoqué précédemment. Toutefois, pour la population féminine, on peut noter un gonflement des effectifs à 50-54 ans, au détriment du groupe d'âges plus jeune. Il s'agit certainement d'une anomalie, pouvant être attribuée aux enquêtrices qui, pour éviter un surplus de travail au niveau de l'enquête individuelle, ont tendance, dans l’enquête ménage, à transférer certaines femmes du groupe d'âges 45-49 ans vers le groupe 50-54 ans, âges auxquels les femmes ne sont plus éligibles pour l'enquête individuelle. Pour les mêmes raisons, le même type de transfert apparaît, mais dans une moindre mesure, chez les hommes et les femmes, entre le groupe d’âges 15-19 ans, légèrement sous-estimé, et le groupe d’âges 10-14 ans, légèrement surestimé. 14 * Caractéristiques des ménages des enquêtés Tableau 2.1 Population des ménages par âge et sexe Répartition (en %) de la population (de fait) des ménages par groupe d'âges quinquennal, selon le milieu de résidence et le sexe, EDSM-III Mali 2001 _________________________________________________________________________________________________________________________________ Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble ______________________ ______________________ ______________________ ______________________ ______________________ Groupe En- En- En- En- En- d'âges Homme Femme semble Homme Femme semble Homme Femme semble Homme Femme semble Homme Femme semble _________________________________________________________________________________________________________________________________ <5 5-9 10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 65-69 70-74 75-79 80 ou plus NSP/ND Total Effectif 15,5 13,9 14,7 18,7 16,8 17,7 17,1 15,3 16,2 20,3 18,7 19,5 19,4 17,8 18,6 12,5 12,5 12,5 15,1 15,6 15,4 13,8 14,1 14,0 18,8 17,6 18,1 17,4 16,6 17,0 12,3 16,2 14,3 15,6 14,4 15,0 14,0 15,3 14,7 14,8 14,1 14,4 14,5 14,4 14,5 10,5 15,2 12,9 10,3 10,3 10,3 10,4 12,8 11,6 7,9 6,7 7,3 8,6 8,3 8,4 11,5 10,2 10,8 6,7 6,8 6,8 9,1 8,5 8,8 4,3 6,9 5,6 5,6 7,3 6,5 8,2 8,4 8,3 5,5 7,5 6,5 6,8 7,9 7,4 4,4 6,6 5,5 5,1 6,9 6,0 6,9 6,5 6,7 4,7 6,2 5,5 5,8 6,3 6,1 4,6 6,1 5,4 4,9 6,2 5,6 6,1 4,4 5,2 5,3 5,9 5,6 5,7 5,2 5,4 4,3 5,1 4,7 4,7 5,1 4,9 4,9 2,9 3,9 4,4 3,3 3,9 4,7 3,1 3,9 4,0 4,3 4,1 4,1 4,0 4,1 3,7 2,3 3,0 3,6 3,2 3,4 3,7 2,7 3,2 3,3 3,1 3,2 3,4 3,0 3,2 2,2 2,7 2,5 1,9 3,2 2,6 2,1 2,9 2,5 2,9 3,9 3,4 2,7 3,6 3,2 1,8 1,6 1,7 1,8 2,5 2,2 1,8 2,1 2,0 2,5 2,6 2,5 2,3 2,4 2,4 1,8 1,1 1,5 1,9 2,1 2,0 1,9 1,6 1,7 2,7 2,0 2,3 2,5 1,9 2,2 0,8 0,5 0,7 1,7 0,7 1,2 1,3 0,6 0,9 1,9 1,0 1,4 1,8 0,9 1,3 0,5 0,8 0,6 1,4 0,6 1,0 1,0 0,7 0,8 1,5 0,8 1,1 1,4 0,8 1,0 0,2 0,4 0,3 0,6 0,3 0,5 0,4 0,3 0,4 1,0 0,3 0,6 0,8 0,3 0,6 0,3 0,2 0,3 0,6 0,6 0,6 0,4 0,4 0,4 0,9 0,3 0,6 0,8 0,4 0,6 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 4 209 4 444 8 655 4 220 4 306 8 526 8 429 8 750 17 181 22 641 24 292 46 935 31 070 33 042 64 116 _________________________________________________________________________________________________________________________________ Note : Le sexe est inconnu dans 4 cas. Caractéristiques des ménages des enquêtés * 15 Tableau 2.2 Population (de fait) par âge selon différentes sources Répartition (en %) de la population par âge d'après le RGPH (1998) et l'EDSM-III (2001) _______________________________________ RGPH EDSM-III Groupe d'âges 1998 1998 _______________________________________ <15 ans 15-64 65 ou plus NSP/ND Total 46,0 50,.1 46,6 45,3 3,7 3,5 0,2 0,1 100,0 100,0 Tableau 2.3 Composition des ménages Répartition (en %) des ménages par sexe du chef du ménage et taille du ménage, selon le milieu de résidence, EDSM-III Mali 2001___________________________________________________________________________ Milieu de résidence____________________________________ Autres Ensemble Caractéristique Bamako villes urbain Rural Ensemble___________________________________________________________________________ Chef de ménage Homme Femme Nombre de membres habituels 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 ou plus Total Taille moyenne 89,0 84,8 86,8 89,3 88,7 11,0 15,2 13,2 10,7 11,3 0,6 0,4 0,5 0,1 0,2 9,7 9,4 9,5 6,6 7,3 7,1 11,7 9,6 12,0 11,4 11,0 12,4 11,8 15,2 14,3 11,8 14,7 13,4 14,2 14,0 10,5 12,5 11,6 13,4 12,9 10,9 9,4 10,1 11,0 10,8 8,8 8,5 8,6 7,8 8,0 7,3 5,9 6,5 5,6 5,9 22,2 15,0 18,3 14,1 15,1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 6,1 5,3 5,7 5,2 5,3 La structure de la population par grands groupes d'âge se caractérise par une proportion importante de jeunes de moins de 15 ans, qui représentent la moitié de la population (50 %) (tableau 2.2). Les adultes âgés de 15-64 ans représentent un peu moins de la moitié de la population totale (46 %), alors que les personnes âgées de 65 ans et plus ne représentent qu'une proportion assez faible (4 %). On remarque que la proportion de la population de 0-14 ans est passée de 46 % à 50%. Cette augmentation est certaine- ment due en partie au transfert déjà mentionné de certains individus de 15-19 ans vers le groupe d’âges 10-14 ans, mais elle résulte aussi, très certainement, de l’intensifica- tion de l’émigration des adultes qui provoque une baisse relative de la proportion des 15-64 ans dans la population et donc, par contrecoup, une augmentation artificielle des 0-14 ans. 2.1.2 Taille et composition des ménages Le tableau 2.3 porte sur la composition des ménages ; il fournit, plus précisément, la répartition des ménages selon leur taille et selon le sexe du chef de ménage. Au Mali, dans leur quasi-majorité, les chefs de ménages sont des hommes (89 %). Les ménages qui ont à leur tête une femme et qui sont souvent des ménages de niveau socio-économique plus défavorisé représentent un cas sur neuf (11 %). Ce type de ménage est légèrement plus fréquent en milieu urbain qu’en milieu rural (13 % contre 11 %). C’est dans les autres villes que l’on constate la proportion la plus élevée de ménages dirigés par une femme (15 %). 16 * Caractéristiques des ménages des enquêtés Tableau 2.4 Enfants orphelins et résidence des enfants avec les parents Répartition (en %) de la population d'enfants (de droit) de moins de 15 ans par état de survie des parents, et résidence avec les parents, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 __________________________________________________________________________________________________________________ Ne vivant avec aucun des parents Vivant avec Vivant avec _____________________________________ la mère mais le père mais Informa- Vivant pas le père pas la mère Les Seul Seule Les tion sur avec ______________ ______________ deux la père la mère deux le père/ les deux Père Père Mère Mère sont est est sont mère non Caractéristique parents vivant décédé vivante décédée vivants vivant en vie décédés déclarée Total Effectif __________________________________________________________________________________________________________________ Âge <2 2-4 5-9 10-14 Sexe Homme Femme Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/ Tombouctou Bamako Ensemble 85,9 11,2 0,9 0,6 0,2 0,4 0,0 0,0 0,0 0,7 100,0 5 272 81,8 7,7 1,7 2,2 0,2 5,0 0,2 0,2 0,3 0,6 100,0 6 872 75,9 5,7 2,4 3,6 1,0 8,3 0,5 0,9 0,7 1,0 100,0 10 961 68,7 4,8 3,5 4,7 2,0 11,0 1,0 1,5 1,0 1,9 100,0 9 337 78,3 6,5 2,3 3,3 1,1 5,7 0,3 0,8 0,5 1,2 100,0 16 132 75,2 7,0 2,4 2,9 1,0 8,5 0,7 0,8 0,6 1,0 100,0 16 308 66,5 9,7 4,2 3,0 0,9 11,4 0,8 0,9 0,9 1,7 100,0 3 561 71,2 9,9 2,5 2,8 1,0 9,3 0,8 1,0 0,6 0,9 100,0 4 110 69,0 9,8 3,3 2,9 1,0 10,3 0,8 1,0 0,7 1,3 100,0 7 672 79,1 5,8 2,0 3,2 1,0 6,1 0,4 0,7 0,5 1,1 100,0 24 771 75,1 11,1 2,7 2,5 1,4 5,0 0,6 0,6 0,4 0,5 100,0 4 420 80,2 5,7 2,1 3,0 0,7 5,6 0,5 0,6 0,3 1,3 100,0 5 495 79,3 5,2 2,0 4,0 0,9 6,2 0,3 1,0 0,3 0,8 100,0 6 895 82,4 5,0 1,3 3,7 1,1 4,2 0,2 0,5 0,2 1,4 100,0 5 982 75,4 5,1 2,4 1,9 1,0 10,5 0,7 0,8 1,4 0,8 100,0 4 523 62,4 10,4 3,4 3,2 1,4 13,0 1,0 2,2 1,3 1,7 100,0 1 567 66,5 9,7 4,2 3,0 0,9 11,4 0,8 0,9 0,9 1,7 100,0 3 561 76,7 6,8 2,3 3,1 1,0 7,1 0,5 0,8 0,6 1,1 100,0 32 443 ___________________________________________________________________________________________________________________ Note : Le sexe est inconnu pour 2 cas. Du point de vue de la taille, on constate que les ménages ne comprenant qu'une seule personne sont peu fréquents au niveau national (7 %), mais un peu plus fréquents en urbain qu’en rural (10 % contre 7 %) À Bamako, cette proportion est de 10 %. Plus de quatre ménages sur dix (41 %) sont composés de trois à cinq personnes et les ménages de grande taille (six personnes et plus) sont légèrement moins fréquents (40 %). Les ménages de très grande taille (neuf personnes et plus) représentent près d'un ménage sur cinq en milieu urbain (18 %). La taille moyenne s'établit à 5,3 personnes par ménage et varie légèrement selon le milieu de résidence, passant de 5,7 personnes par ménage en milieu urbain à 5,2 en milieu rural. Le tableau 2.4 fournit la répartition des enfants de moins de 15 ans par état de survie des parents et résidence avec les parents, selon les caractéristiques socio-démographiques. La grande majorité des enfants de moins de 15 ans (77 %) vivent avec leurs deux parents biologiques et cette proportion varie avec l'âge de l'enfant : 86 % des 0-2 ans vivent avec leurs parents biologiques contre 69 % des 12-14 ans (tableau 2.3 et graphique 2.2). Dans 9 % des cas, les enfants vivent seulement avec leur mère, que le père soit vivant ou décédé et, dans 4 % des cas, les enfants vivent seulement avec leur père biologique, que la mère soit vivante ou non. Au niveau national, environ un enfant de moins de 15 ans sur dix (9 %) ne vit ni avec sa mère, ni avec son père. Il apparaît que les proportions d'enfants vivant dans cette situation difficile augmentent rapidement avec l'âge, passant de 1 % chez les enfants de 0-2 ans à 16 % chez 1Dans les tableaux qui suivent, le niveau Fondamental 1 est appelé « Primaire incomplet », le Fondamental 2 « primaire complet ». Caractéristiques des ménages des enquêtés * 17 les enfants de 10-14 ans. De même, on trouve une proportion plus importante de filles que de garçons vivant sans leurs parents (11 % contre 7 %). Du point de vue de la résidence, 14 % des enfants du milieu urbain vivent sans leurs parents biologiques contre 9 % en milieu rural. Ces fortes proportions d'enfants vivant sans leurs parents s'expliquent certainement, en grande partie, par la scolarisation. En effet, l'insuffisance en écoles de niveau Fondamental 2 (second cycle de l’éducation de base) oblige les enfants admis en septième année (première classe de Fondamental 2), à aller poursuivre leurs études dans des écoles éloignées de leur domicile familial, et ainsi à être confiés à d'autres parents ou amis de la famille. Ces proportions s'expliquent également, dans une moindre mesure, par le décès des parents : au niveau national, 0,6 % des enfants sont orphelins de mère et de père, 2 % n'ont plus leur mère, 4 % n'ont plus leur père et, globalement, 6 % des enfants maliens de moins de 15 ans sont orphelins d'au moins un des deux parents. Comme il fallait s'y attendre, ces proportions augmentent avec l'âge de l'enfant : 1 % des enfants de 0-2 ans ont, au moins, l'un des deux parents décédés, contre 9 % des enfants de 12-14 ans. Par ailleurs, les proportions d'enfants orphelins de père et/ou de mère sont plus élevées en milieu urbain qu’en milieu rural (7 % contre 5 %). 2.1.3 Niveau d'instruction de la population Dans le cadre de l'enquête ménage, on a collecté des données sur le niveau d'instruction atteint et la dernière classe achevée à ce niveau, pour chaque membre du ménage âgé de 6 ans ou plus. Au Mali, comme dans la plupart des pays de l'Afrique de l'Ouest, l'âge d'entrée à l'école primaire se situe, en principe, entre 6 et 7 ans. On a distingué quatre niveaux d'instruction : le primaire incomplet (ou Fondamental 1), le primaire complet (ou Fondamental 2, dans la classification internationale), le secondaire et le supérieur1. Les tableaux 2.5.1 et 2.5.2 présentent, pour chaque sexe et par âge, la répartition des membres des ménages selon le niveau d'instruction atteint. 18 * Caractéristiques des ménages des enquêtés Tableau 2.5.1 Niveau d'instruction de la population des hommes Répartition (en %) de la population (de fait) masculine des ménages, âgés de six ans ou plus, par niveau d'instruction atteint, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ___________________________________________________________________________________________ Niveau d'instruction __________________________________________________ Primaire Primaire Secon- NSP/ Caractéristique Aucun incomplet complet daire Supérieur ND Total Effectif ___________________________________________________________________________________________ Groupe d'âges 6-9 10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 65 ou plus NSP/ND Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/ Tombouctou Bamako Ensemble 63,8 34,7 0,0 0,1 0,0 1,4 100,0 4 436 49,0 45,7 2,0 2,5 0,0 0,8 100,0 4 518 58,5 16,7 4,7 18,6 0,3 1,3 100,0 2 668 65,2 10,2 2,2 18,1 3,2 1,1 100,0 1 734 66,5 12,9 3,1 12,0 4,2 1,4 100,0 1 572 66,3 14,1 3,3 11,5 3,5 1,3 100,0 1 532 67,7 12,0 3,2 13,5 2,7 0,9 100,0 1 464 68,8 9,3 3,2 13,6 4,4 0,6 100,0 1 288 72,5 8,5 3,3 9,5 5,1 1,1 100,0 1 053 87,3 4,5 0,5 5,1 1,9 0,7 100,0 832 90,1 3,2 2,1 2,8 1,0 0,8 100,0 713 90,5 3,0 2,0 2,4 1,4 0,8 100,0 762 94,0 2,5 1,2 1,2 0,5 0,6 100,0 1 451 61,6 0,0 2,1 0,0 3,5 32,8 100,0 35 29,3 27,7 4,5 28,4 8,6 1,6 100,0 3 480 52,2 27,8 4,4 13,8 1,3 0,6 100,0 3 290 40,4 27,7 4,4 21,3 5,0 1,1 100,0 6 770 76,0 18,9 1,3 2,4 0,2 1,1 100,0 17 287 71,5 21,8 2,1 3,7 0,5 0,4 100,0 2 943 64,2 27,3 2,0 4,8 0,5 1,2 100,0 3 829 71,0 21,4 1,5 4,3 0,4 1,4 100,0 4 802 76,5 17,2 1,6 3,3 0,1 1,2 100,0 4 602 80,5 13,3 1,9 3,3 0,3 0,7 100,0 3 214 65,9 20,7 2,3 9,9 0,7 0,5 100,0 1 187 29,3 27,7 4,5 28,4 8,6 1,6 100,0 3 480 66,0 21,4 2,2 7,7 1,5 1,1 100,0 24 057 Le niveau d'instruction de la population malienne est extrêmement faible et les différences entre les sexes et les milieux de résidence sont très marquées. Globalement, tous âges confondus à partir de 6 ans, seulement un peu d’un homme sur trois (34 %) et moins d’une femme sur quatre (23 %) ont fréquenté l'école. En comparant les proportions des générations les plus anciennes à celles des plus jeunes, on peut cependant noter une amélioration du niveau d'instruction, même si celle-ci reste encore très lente. Ainsi, chez les hommes, la proportion de ceux sans instruction passe de 94 % chez ceux âgés de 65 ou plus, à 69 % chez ceux âgés de 40-44 ans et à 49 % chez ceux de 10-14 ans. Il semblerait que l'amélioration de la scolarisation pour la génération la plus jeune se soit ralentie, puisque 64 % des Maliens de 6-9 ans n'ont encore jamais été à l'école : on doit voir ici l'effet d'un retard de l'âge d'entrée à l'école, c'est-à-dire que les enfants commencent, en fait, leur scolarité plus tard que prévu. La proportion d'hommes ayant fait des études passe de 6 % chez les hommes les plus âgés à 50 % chez ceux de 10-14 ans. Par ailleurs, on notera qu'à 15-24 ans, plus d’un tiers des hommes ont au moins une instruction primaire. Caractéristiques des ménages des enquêtés * 19 Tableau 2.5.2 Niveau d'instruction de la population des femmes Répartition (en %) de la population (de fait) féminine des ménages, âgées de six ans et plus, par niveau d'instruction atteint, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ___________________________________________________________________________________________ Niveau d'instruction __________________________________________________ Primaire Primaire Secon- NSP/ Caractéristique Aucun incomplet complet daire Supérieur ND Total Effectif ___________________________________________________________________________________________ Groupe d'âges 6-9 10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 65 ou plus Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/ Tombouctou Bamako Ensemble 71,0 27,7 0,0 0,0 0,0 1,3 100,0 4 523 63,0 32,3 1,2 2,4 0,0 1,0 100,0 4 772 72,0 11,6 2,7 12,6 0,1 1,1 100,0 2 749 79,0 8,1 1,8 9,2 0,7 1,2 100,0 2 413 79,5 11,6 1,2 6,0 1,2 0,5 100,0 2 292 80,6 9,2 2,3 6,2 0,9 0,8 100,0 2 032 80,7 9,1 2,6 6,4 0,8 0,4 100,0 1 688 84,4 7,7 1,2 5,4 0,7 0,5 100,0 1 316 87,3 6,1 1,3 4,3 0,1 0,9 100,0 995 94,6 1,4 0,4 2,0 0,3 1,2 100,0 1 200 96,5 0,6 0,7 0,5 0,7 0,9 100,0 803 97,5 0,2 0,3 0,3 0,0 1,6 100,0 622 96,3 0,4 0,1 0,1 0,2 2,9 100,0 764 44,4 27,5 3,1 21,0 2,3 1,6 100,0 3 734 67,8 20,9 3,2 7,4 0,1 0,5 100,0 3 467 55,7 24,4 3,1 14,5 1,3 1,1 100,0 7 201 85,1 12,4 0,6 0,8 0,1 1,0 100,0 18 985 83,7 13,2 0,9 1,8 0,0 0,5 100,0 3 459 79,4 16,4 1,1 1,9 0,3 0,9 100,0 4 170 80,3 14,9 1,1 2,3 0,0 1,5 100,0 5 040 84,2 12,5 0,9 1,5 0,0 1,0 100,0 4 647 87,6 9,6 0,8 1,2 0,0 0,8 100,0 3 727 77,3 17,3 1,6 3,2 0,1 0,5 100,0 1 409 44,4 27,5 3,1 21,0 2,3 1,6 100,0 3 734 77,0 15,7 1,3 4,6 0,4 1,0 100,0 26 185 ___________________________________________________________________________________________ Note : L’âge est inconnu dans 17 cas. Même si le niveau reste inférieur à celui observé pour les hommes et la tendance nettement moins rapide, on constate aussi une légère amélioration du niveau d'instruction des femmes. Celles sans instruction passent de 96 % à 65 ans ou plus, à 72 % chez celles de 15-19 ans. Néanmoins, pour les femmes, l'accès à l'instruction supérieure au primaire reste beaucoup plus limitée que pour les hommes. Ainsi, à 15-19 ans, 19 % des hommes ont une instruction supérieure au primaire, contre seulement 13 % des femmes. Comme on pouvait s'y attendre, le niveau d'instruction atteint varie de façon très importante selon le milieu de résidence. Ainsi, en milieu rural, 76 % des hommes et 85 % des femmes n'ont jamais fréquenté l'école contre, respectivement, 40 % et 56 % en milieu urbain. À l'opposé, les proportions de personnes ayant atteint un niveau supérieur au primaire atteignent 31 % pour les hommes et 19 % pour les femmes du milieu urbain contre, respectivement 4 % et moins de 2 % en milieu rural. C'est Bamako qui se caractérise par les proportions les plus élevées d'hommes et de femmes ayant fréquenté l'école : environ la même proportion (28 % pour chaque sexe) y ont un niveau d'instruction primaire et 37 % des hommes et 23 % des femmes y ont un niveau secondaire ou supérieur. 20 * Caractéristiques des ménages des enquêtés Tableau 2.6 Taux de fréquentation scolaire Taux net de fréquentation scolaire (TNF) et taux brut de fréquentation scolaire (TBF) de la population (de droit) des ménages âgée de 5-24 ans, selon le niveau d'instruction, le sexe et certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________________________________________ Taux net de Taux brut de fréquentation scolaire1 fréquentation scolaire2 Index de ____________________________ ___________________________ parité Caractéristique Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble sexuelle ____________________________________________________________________________________ ÉCOLE PRIMAIRE ____________________________________________________________________________________ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/ Tombouctou Bamako Ensemble 80,2 72,5 76,2 112,6 98,9 105,5 87,8 60,2 46,0 53,1 87,4 64,2 75,7 73,5 69,4 58,6 63,9 99,0 80,6 89,6 81,4 36,6 24,7 30,6 49,9 31,7 40,6 63,6 39,3 26,4 32,7 56,2 33,7 44,7 59,9 54,5 33,6 44,2 72,3 44,4 58,5 61,5 39,6 29,3 34,3 58,4 38,2 48,0 65,4 36,2 26,7 31,5 47,1 34,8 41,0 73,8 27,4 19,1 22,9 37,9 24,9 30,9 65,6 39,8 33,6 36,6 56,8 46,2 51,4 81,4 80,2 72,5 76,2 112,6 98,9 105,5 87,8 44,2 32,6 38,3 61,3 43,1 52,0 70,3 ____________________________________________________________________________________ ÉCOLE SECONDAIRE ____________________________________________________________________________________ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/ Tombouctou Bamako Ensemble 34,3 20,5 25,8 44,0 26,0 32,9 59,1 26,8 16,4 21,6 31,0 19,3 25,1 62,5 30,3 18,8 23,8 37,1 23,2 29,3 62,7 5,0 2,0 3,6 5,8 2,3 4,2 40,4 6,9 2,1 4,4 7,5 3,0 5,2 40,1 8,9 3,1 6,1 9,7 3,5 6,7 36,0 8,4 6,9 7,7 9,6 8,7 9,2 91,0 8,1 7,4 7,8 10,7 7,9 9,4 73,5 10,3 3,6 6,9 11,9 4,2 8,0 34,9 17,7 6,8 12,4 20,1 7,7 14,1 38,5 34,3 20,5 25,8 44,0 26,0 32,9 59,1 12,6 8,3 10,4 15,2 10,2 12,7 67,4 _______________________________________________________________________________________ Note : Le taux brut de fréquentation scolaire peut excéder 100 %. 1 Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau primaire (7-12 ans) qui fréquente l’école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau secondaire (13-18 ans) qui fréquente l’école secondaire. 2 Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau primaire est la proportion des élèves du niveau primaire, quel que soit leur âge, dans la population d’âge officiel de fréquentation du niveau primaire (7-12 ans). Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est la proportion des élèves du niveau secondaire, quel que soit leur âge, dans la population d’âge officiel de fréquentation du niveau secondaire (13-18 ans). Le tableau 2.6 présente les taux nets et bruts de fréquentation scolaire par niveau d’instruction et par sexe, selon le milieu et la région de résidence. Les questions relatives à la fréquentation scolaire ont été posées pour toutes les personnes âgées de 5 à 24 ans. Caractéristiques des ménages des enquêtés * 21 Le taux net de fréquentation scolaire, qui est le rapport du nombre de personnes scolarisées d'un groupe d'âges à la population totale de ce groupe d'âges, donne une indication sur l'accès actuel de la population au système éducatif. Le taux net de fréquentation scolaire pour la population scolaire âgée de 7-12 ans est de 38 %, ce qui signifie qu’un peu plus d’un tiers de la population de 7-12 ans fréquente l’école primaire. Ce taux est nettement plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (64 % contre 31 %). De plus, ce taux varie d’un minimum de 23 % dans la région de Mopti à un maximum de 44 % dans celle de Koulikoro. Enfin, les résultats montrent que, quelle que soit la caractéristique considérée, le taux net est toujours plus élevé chez les garçons que chez les filles (44 % contre 33 % pour l’ensemble). Au niveau du primaire, le taux brut de fréquentation scolaire s’établit à 52 %, ce qui signifie que 52 personnes fréquentent le niveau primaire pour 100 personnes de 7-12 ans. Selon le milieu et la région de résidence, on constate les mêmes variations que pour le taux net. Cependant, il faut noter qu’à Bamako le taux brut de fréquentation scolaire en primaire est légèrement supérieur à 100 %, ce qui indique qu’un nombre significatif d’enfants plus âgés ou plus jeunes par rapport à l’âge normal de fréquentation scolaire en primaire fréquentent ce niveau. Il faut remarquer aussi qu’à Bamako, ce taux brut supérieur à 100 % concerne uniquement les garçons (113 % contre 99 %), ce qui signifie que cette fréquentation scolaire d’enfants trop âgés ou trop jeunes par rapport à l’âge normal est plus importante chez les garçons que chez les filles. Le taux net de fréquentation scolaire pour la population âgée de 13-18 ans n’est que de 10 %, ce qui signifie que seulement un jeune de 13-18 ans sur dix fréquente l’école secondaire. Ce taux est beaucoup plus élevé en urbain qu’en rural (24 % contre 4 %) et selon les régions, il varie d’un minimum de 4 % dans la région de Kayes à un maximum de 20 % dans celle de Kidal/Gao/Tombouctou, Bamako se détachant avec un taux de 26 %. En ce qui concerne le sexe, on constate que quelle que soit la caractéristique considérée, le taux est toujours plus élevé chez les garçons que chez les filles. 22 * Caractéristiques des ménages des enquêtés Le taux brut de fréquentation scolaire atteint 13 %, ce qui signifie que seulement 13 personnes fréquentent le niveau d’études secondaire pour 100 personnes de 13-18 ans (âges du niveau secondaire). On constate les mêmes écarts que pour le taux net, à savoir un taux plus élevé en urbain qu’en rural (29 % contre 4 %), un écart très important entre Bamako et les autres régions (33 % contre un minimum de 5 % à Kayes) et enfin des taux toujours plus élevés chez les garçons que chez les filles). 2.1.4 Caractéristiques des logements et biens possédés par le ménage Lors de l'enquête, certaines questions ont été posées en vue de saisir les caractéristiques socio- économiques du ménage et le niveau de confort du logement qui peut être évalué, d'une part, par la nature des matériaux de construction et, d'autre part, par les équipements, notamment le lieu d'aisance, le type d'approvisionnement en eau et la possession de certains biens de consommation et de moyens de transport. Ces caractéristiques, qui servent d'indicateurs de la situation socio-économique du ménage, ont également une influence déterminante sur l'état de santé des membres du ménage. L'examen des données du tableau 2.7, illustrées par le graphique 2.4, montre que très peu de ménages maliens disposent de l'électricité : environ 11 % pour l'ensemble du pays. Alors qu'à Bamako, plus de la moitié des ménages disposent de l'électricité (56 %), ils ne sont que 21 % à en bénéficier dans les autres villes et seulement 2 % en milieu rural. En majorité, les ménages maliens utilisent, pour boire, de l’eau provenant essentiellement de puits publics ouverts (37,8 %), de puits ouverts dans le logement (14 %), de puits publics protégés (7 %) ou de puits protégés dans la cour/logement (7 %), ou bien utilisent l’eau des robinets publics (20 %). Seulement 8 % des ménages ont l'eau courante à domicile. Environ 5 % des ménages utilisent l'eau du fleuve, des rivières ou des mares. En fait, si l'on estime que les puits privés et les robinets publics ou privés fournissent de l'eau salubre, on peut dire qu’environ deux ménages maliens sur cinq (42 %) ont accès à de l'eau potable salubre. Le type d'approvisionnement en eau varie fortement selon que l'on se trouve en ville ou dans le milieu rural. En milieu urbain, on dispose plus facilement de robinets publics (32 %), tandis qu'en milieu rural, c'est le puits public qui sert principalement à l'approvisionnement en eau (56 %). De même, environ 6 % des ménages utilisent l'eau du fleuve ou des lacs, alors qu'en ville, ce pourcentage est insignifiant (2 %). En fait, près des deux tiers des ménages ruraux (63 %) n'ont pas d'eau potable salubre à leur disposition. Par ailleurs, en milieu rural, environ deux tiers des ménages (65 %) ont accès à l'eau à moins de 15 minutes de leur domicile. Concernant le type de toilettes, 62 % de l'ensemble des ménages utilisent des installations sanitaires très sommaires, et seulement 10 % des latrines aménagées (généralement cimentées et ventilées, qui sont considérées adéquates à l'évacuation des excréments). Seulement un ménage malien sur dix dispose de toilettes avec chasse d'eau. À l'opposé, 23 % des ménages ne disposent d'aucun type de toilettes. En milieu urbain, 33 % des ménages ont accès à des chasses d’eau ou à des latrines améliorées, alors qu'en milieu rural, seulement 9 % des ménages disposent de ces installations. Par ailleurs, on note que 30 % des ménages du milieu rural ne disposent d'aucun type de toilettes. Le type de sol du logement est souvent utilisé comme un indicateur des conditions matérielles de vie du ménage. Les résultats de l'EDSM-III mettent en évidence une certaine précarité des conditions de logements : plus des deux tiers des ménages (68 %) vivent dans des logements dont le sol est en terre/sable et 14 % disposent d'un sol en bouse, deux types de sols qui favorisent la propagation des maladies infectieuses. Enfin, 16 % des logements ont un sol en ciment. Des différences importantes apparaissent avec le milieu de résidence. Ainsi, si à Bamako, 62 % des sols des logements sont recouverts de ciment (et dans 10 % des cas, de matériaux plus élaborés comme le carrelage, la moquette, et le plancher), ils sont environ deux fois moins fréquents dans les autres villes (40 %) et pratiquement inexistants en milieu rural (5 %). Comme il fallait s'y attendre, pratiquement tous les logements du milieu rural disposent de sols en terre ou sable (77 %) ou en bouse (17 %). Caractéristiques des ménages des enquêtés * 23 Tableau 2.7 Caractéristiques des logements Répartition (en %) des ménages par caractéristiques des logements, selon le milieu de résidence, EDSM-III Mali 2001 _____________________________________________________________________________________________ Caractéristique Autres Ensemble du logement Bamako villes urbain Rural Ensemble _____________________________________________________________________________________________ Électricité Oui Non ND Total Source d'eau pour boire Dans le logement/la cour Fontaine publique Puits protégé dans logement/cour Puits protégé public Puits ouvert dans logement/cour Puits ouvert public Eau de pluie Fleuve/Rivière Mare/Lac Camion citerne Autre/Non déterminé Total Temps nécessaire pour s'approvisionner en eau Moins de 15 minutes (en %) Temps médian pour aller à la source et en revenir Type de toilettes Chasse d'eau avec évacuation Latrines améliorées Fosse/Latrines en plein air Nature/Pas de toilette Autre/Non déterminé Total Matériau du sol Carreaux Ciment Terre/Sable Moquette/Tapis Bouse Autre/Non déterminé Total Effectif de ménages 55,8 21,0 37,0 2,2 10,8 44,0 78,9 62,9 97,3 88,8 0,3 0,0 0,1 0,6 0,5 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 40,0 15,9 26,9 1,7 7,9 44,4 21,4 32,0 15,5 19,5 4,5 12,8 9,0 6,5 7,2 0,6 4,1 2,5 8,8 7,2 8,8 26,3 18,3 13,1 14,4 1,5 14,8 8,7 47,3 37,8 0,0 0,0 0,0 0,6 0,5 0,0 4,0 2,2 5,5 4,7 0,0 0,0 0,0 0,7 0,5 0,0 0,2 0,1 0,0 0,0 0,1 0,2 0,2 0,3 0,3 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 82,9 81,7 82,3 65,1 69,4 - - - 9,2 5,6 22,0 7,0 13,9 2,8 5,5 25,5 13,4 19,0 6,3 9,5 52,3 75,5 64,8 60,5 61,6 0,2 4,1 2,3 30,1 23,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 10,1 1,6 5,5 0,1 1,4 62,4 40,1 50,4 4,7 15,9 24,0 48,7 37,3 77,4 67,5 1,4 0,7 1,0 0,1 0,3 1,8 8,7 5,6 17,1 14,3 0,2 0,1 0,2 0,6 0,5 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 1 397 1 643 3 040 9 291 12 331 24 * Caractéristiques des ménages des enquêtés Graphique 2.4 Caractéristiques des logements EDSM-III 2001 Éle ctr ici té Ro bin et da ns log em en t Ro bin et pu bli c Pu its pr ivé Pu its pu bli c Riv ièr e/E au de su rfa ce Ch ass e d 'ea u La trin es Fo sse s so mm air es Pa s d e toi let tes Ci me nt Te rre /Sa ble Bo us e 0 10 20 30 40 50 60 70 Pourcentage ORIGINE DE L'EAU TYPE DE TOILETTES TYPE DE SOLÉLECTRICITÉ Tableau 2.8 Biens durables possédés par les ménages Pourcentage des ménages possédant certains biens de consommation durables, selon le milieu de résidence, EDSM-III Mali 2001___________________________________________________________________ Milieu de résidence____________________________________ Autres Ensemble Biens durables Bamako villes urbain Rural Ensemble___________________________________________________________________ Radio Télévision Téléphone Réfrigérateur Bicyclette Motocyclette Voiture/Camion Autres Aucun Effectif de ménages 88,2 79,2 83,3 64,2 69,0 61,1 26,4 42,4 4,9 14,2 15,7 3,9 9,3 0,1 2,4 32,3 8,4 19,4 0,4 5,1 31,2 37,6 34,6 54,4 49,5 36,3 30,4 33,1 16,5 20,6 21,8 6,9 13,7 1,3 4,4 5,7 34,8 21,4 69,6 57,7 6,2 9,6 8,0 11,2 10,4 1 397 1 643 3 040 9 291 12 331 Concernant les biens de consommation durables et les moyens de transport possédés (tableau 2.8), on constate que 10 % des ménages ont déclaré ne rien posséder. Plus des deux tiers des ménages (69 %) ont un poste de radio qui constitue ainsi, et de loin, le bien le plus fréquemment possédé par les ménages maliens, que ce soit en milieu urbain (83 %) ou en milieu rural (64 %). Des différences plus importantes apparaissent pour les autres biens d'équipements possédés par les ménages selon le milieu de résidence. Ainsi, si au niveau national, seulement 14 % des ménages possèdent un poste de télévision, on en trouve environ deux tiers (61 %) dans la capitale, et environ trois fois moins dans les autres villes (26 %) et seulement 5 % en milieu rural. Il en est de même pour ceux possédant un réfrigérateur (19 % en milieu urbain contre moins de 1 % en milieu rural). Il est évident que la possession de ces équipements est aussi liée à l'accès à l'électricité, qui comme on l'a noté précédemment est très faible en milieu rural. Par ailleurs, aucun ménage du milieu rural ne dispose d’un téléphone et seulement 9 % des ménages urbains en ont un. En ce qui concerne la pos- session de bicyclettes et de moto- cyclettes (respectivement, 37 % et 17 % au niveau national), elle est relativement répandue en milieu rural (respectivement, 50 % et 21 %). Par contre, la possession de voitures/camions est beaucoup plus répandue en milieu urbain (14 %) qu'en milieu rural (1 %). Caractéristiques et statut des femmes * 25 3CARACTÉRISTIQUES ET STATUT DES FEMMES Fatoumata Dicko SIDIBE, Souleymane BA, et Dr Zeinab Mint Youba MAIGA L’étude des caractéristiques individuelles des personnes enquêtées est essentielle pour comprendre et expliquer les comportements en matière de fécondité, de contraception, d’hygiéne, de nutrition et d’utilisation des services. Le questionnaire individuel a permis de recueillir quelques caractéristiques socio- démographiques des enquêtées tels que l’âge, le milieu de résidence, le niveau d’instruction et la religion. Cette partie se propose de présenter les caractéristiques des femmes enquêtées, caractéristiques qui, dans la suite de l’analyse, seront utilisées comme variables de classification de la plupart des phénomènes étudiés. Par ailleurs, cette partie porte aussi sur l’accés des femmes aux médias, ce qui est d’une importance particulière pour la mise en place de programmes de planification familiale ou de santé. Enfin, une section particulière sera consacrée à l’activité économique des enquêtées (type d’emploi, occupation et forme de revenu) ainsi qu’à leur participation dans les prises de décision au sein du ménage. 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉES L’âge, variable fondamentale dans l’analyse des phénoménes démographiques, est l’une des infor- mations les plus difficiles à obtenir de facon précise, lorsque 1'enregistrement écrit des événements n’est pas encore entré dans les habitudes des populations, comme c’est le cas au Mali. De ce fait, un soin particulier a été accordé à son estimation au moment de 1'enquête individuelle. On demandait d’abord aux femmes leur date de naissance, puis leur âge. Lorsque la date de naissance et l’âge étaient obtenus, l’enquêtrice contrôlait la cohérence entre les deux informations. Dans le cas ou 1'enquêtée ne connaissait pas sa date de naissance ou son âge, l’enquêtrice essayait d’obtenir un document officiel (carte d’identité, acte de naissance, etc.) ou figure la date de naissance. Lorsque aucun document n’était disponible, 1'enquêtrice devait estimer l’âge de la femme, soit par comparaison avec l’âge d’autres membres du menage, soit par déduction à partir de l’histoire de 1'enquêtée, ou encore en utilisant des références historiques. On remarque que les distributions des femmes enquêtées par groupe d’áges quinquennaux, par milieu et par région de résidence sont proches de celles obtenues au RGPH de 1998, ce qui met en évidence la bonne représentativité de 1'échantillon de l’EDSM-III (tableau 3.1). La distribution des femmes de 15-49 ans par groupes d’âge quinquennaux présente une allure assez régulière, les proportions de femmes de chaque groupe d’âges diminuant régulièrement au fur et mesure que l’on avance vers les âges élevés, passant de 20 % à 15-19 ans a 15 % à 30-34 ans et à 8 % à 45-49 ans. Les femmes aux âges de fécondité maximale, c’est-à- dire, celles de moins de 30 ans, représentent la part la plus importante des femmes enquêtées, soit 55 %. Du point de vue de 1'état matrimonial, précisons que, dans le cadre de l’EDSM-III, ont été considérées en union toutes les femmes mariées, de facon formelle ou non, ainsi que celles vivant en union consensuelle. Selon cette définition, on constate que la très grande majorité des femmes (84 %) étaient en union au moment de 1'enquête et, à l’inverse, seulement 14 % étaient célibataires. La proportion de femmes en rupture d’union (veuves, divorcées, séparées) ne représentent que 3 % des enquêtées. D’aprés le tableau 3.1, on note que c’est en milieu rural que se concentre principalement la très grande majorité des enquêtêes : 70 % des femmes vivent en milieu rural contre 30 % en milieu urbain. Selon les régions, la population est un peu plus importante dans les régions de Sikasso (19 % des femmes y résident), de Ségou et de Koulikoro (16 %) que dans les autres régions, en particulier dans celles de Kidal/Gao/Tombouctou qui ne comptent que 5 % des femmes. En ce qui concerne la religion, la majorité des Maliennes se sont déclarées de confession musulmane (93 %). Par ailleurs, le catholicisme et l’animisme sont pratiqués par les femmes dans des proportions quasi identiques (3 %). 26 * Caractéristiques et statut des femmes Tableau 3.1 Caractéristiques socio-démographiques des enquêtées Répartition (en %) des femmes enquêtées par certaines caractéris- tiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ______________________________________________________ Effectif ___________________ Caractéristique Pourcentage Non socio-démographique pondéré Pondéré pondéré ______________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 État matrimonial Célibataire Mariée/en union Divorcée/separée Veuve Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ethnie Bambara Malinké Peulh Sarakole/Soninke/Marka Sonraï Dogon Tamacheck Sénoufo/Minianka Bobo Autre Religion Musulmane Chrétienne Animiste Autre Ensemble 20,0 2 565 2 542 18,2 2 339 2 359 17,2 2 208 2 238 14,8 1 900 1 920 12,6 1 624 1 599 9,7 1 245 1 231 7,5 968 960 13,5 1 730 1 708 83,5 10 723 10 697 1,8 233 275 1,3 162 169 16,5 2 114 2 067 13,6 1 749 1 442 30,1 3 863 3 509 69,9 8 986 9 340 13,5 1 734 1 942 16,0 2 055 1 933 18,7 2 408 2 188 16,2 2 078 1 665 13,9 1 780 1 812 5,3 681 1 242 16,5 2 114 2 067 80,0 10 275 10 270 11,3 1 456 1 468 8,7 1 118 1 111 33,0 4 245 3 711 9,2 1 177 1 240 14,0 1 797 1 809 12,3 1 584 1 683 5,9 763 1 039 7,3 938 821 2,0 257 488 8,3 1 063 969 3,8 489 478 2,5 323 390 92,9 11 934 11 911 3,0 387 342 2,8 360 473 1,3 163 118 100,0 12 849 12 849 Caractéristiques et statut des femmes * 27 Tableau 3.2 Niveau d’instruction par caractéristiques socio-démographiques Répartition (en %) des femmes enquêtées par niveau d’instruction atteint et nombre médian d’années d’instruction, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ______________________________________________________________________________________________ Plus haut niveau d’instruction atteint ______________________________________________________ Sans Primaire Primaire Effectif Caractéristique instruction incomplet complet Secondaire Supérieur Ensemble de femmes ______________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/ Tombouctou Bamako Ensemble 72,4 10,8 2,8 13,6 0,4 100,0 2 565 79,5 8,4 2,1 8,9 1,1 100,0 2 339 79,7 11,6 1,7 5,9 1,2 100,0 2 208 81,7 9,1 2,1 6,4 0,7 100,0 1 900 81,3 8,8 2,4 6,9 0,7 100,0 1 624 85,3 7,7 1,4 4,9 0,7 100,0 1 245 89,5 5,0 1,4 3,9 0,1 100,0 968 47,3 14,5 3,7 30,4 4,1 100,0 2 114 70,0 10,8 5,4 13,5 0,3 100,0 1 749 57,6 12,8 4,5 22,8 2,4 100,0 3 863 89,6 7,7 1,1 1,6 0,1 100,0 8 986 86,0 9,3 1,5 3,2 0,0 100,0 1 734 84,3 9,6 1,8 3,9 0,4 100,0 2 055 85,5 8,5 1,8 4,2 0,0 100,0 2 408 89,2 6,0 1,6 3,2 0,0 100,0 2 078 89,7 6,5 1,8 2,1 0,0 100,0 1 780 79,6 11,8 2,8 5,5 0,2 100,0 681 47,3 14,5 3,7 30,4 4,1 100,0 2 114 80,0 9,3 2,1 7,9 0,8 100,0 12 849 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES Le niveau d’instruction de la population malienne reste l’un des plus faibles du monde, notamment en ce qui concerne les femmes. Les données collectées par l’EDSM-III montrent que la population sans aucune instruction demeure largement majoritaire : 80 % des femmes de 15-49 ans n’ont jamais fréquenté 1'école (tableau 3.2). Onze pour cent des femmes ont le niveau primaire et 9 % ont le niveau secondaire ou supérieur. En outre, le niveau d’instruction atteint varie de façon importante selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Ainsi, et comme on l’avait remarqué précédemment, la proportion de femmes ayant de l’instruction augmente régulièrement des générations les plus anciennes aux générations les plus récentes : 6 % seulement des femmes de 45-49 ans ont, au moins, un niveau d’instruction primaire, contre 14 % des femmes de 15-19 ans. Corrélativement, c’est chez les femmes les plus jeunes que les proportions de celles sans instruction sont les plus faibles (72 %). 28 * Caractéristiques et statut des femmes Tableau 3.3 Alphabétisation Répartition (en %) des femmes enquêtées par niveau d’instruction atteint et niveau d’alphabétisation, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________________________________________________________________________ Pas d’instruction ou école primaire _________________________________________________ Pas de École Peut lire Peut lire Ne peut carte dans Pourcentage secondaire toute une une partie pas lire la langue pouvant Caractéristique ou plus phrase de la phrase du tout demandée ND Ensemble Effectif lire ____________________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Ensemble des femmes 14,0 2,8 4,5 77,9 0,3 0,5 100,0 2 565 16,8 10,0 1,0 4,0 83,8 0,7 0,5 100,0 2 339 11,1 7,1 1,8 4,4 86,4 0,2 0,1 100,0 2 208 8,9 7,1 2,0 4,6 86,0 0,2 0,2 100,0 1 900 9,0 7,6 1,3 5,3 85,4 0,2 0,2 100,0 1 624 8,9 5,6 2,1 3,6 88,2 0,3 0,2 100,0 1 245 7,7 4,1 1,1 3,1 90,9 0,2 0,6 100,0 968 5,2 34,5 3,5 8,3 52,8 0,4 0,5 100,0 2 114 38,0 13,8 3,1 6,8 75,0 0,6 0,8 100,0 1 749 16,9 25,1 3,3 7,6 62,8 0,5 0,6 100,0 3 863 28,5 1,6 1,2 2,9 93,9 0,2 0,2 100,0 8 986 2,8 3,2 1,6 3,7 91,3 0,1 0,1 100,0 1 734 4,7 4,3 1,4 3,3 90,6 0,0 0,4 100,0 2 055 5,7 4,2 1,4 3,7 89,8 0,3 0,5 100,0 2 408 5,6 3,2 1,2 3,2 91,8 0,1 0,4 100,0 2 078 4,4 2,1 1,3 3,4 92,1 1,0 0,1 100,0 1 780 3,4 5,8 3,0 3,9 87,1 0,1 0,0 100,0 681 8,8 34,5 3,5 8,3 52,8 0,4 0,5 100,0 2 114 38,0 8,7 1,8 4,3 84,5 0,3 0,3 100,0 12 849 10,5 Comme on pouvait s’y attendre, le niveau d’instruction atteint varie de façon très importante selon le milieu de résidence. Ainsi, en milieu rural, 90 % des femmes n’ont jamais fréquenté 1'école contre 58 % en milieu urbain. À l’opposé, les proportions de femmes ayant atteint un niveau supérieur au primaire atteignent 25 % pour les femmes du milieu urbain contre 2 % en milieu rural. C’est Bamako qui se caractérise par les proportions les plus élevées de femmes ayant fréquenté 1'école : 18 % des femmes de la capitale ont un niveau d’instruction primaire et 35 % des femmes ont un niveau secondaire ou supérieur. À l’opposé, on constate que les femmes qui n’ont reçu aucune instruction sont surtout celles du milieu rural (90 %), principalement celles des régions de Mopti (90 %) et de Ségou (89 %). 3.3 ALPHABÉTISATION Afin de s’assurer du niveau d’alphabétisation des femmes enquêtées, on leur a demandé, au moment de l’interview, de lire une phrase redigée à cet effet, en Bamanan, Peulh et Sonraï. Les femmes ayant atteint le niveau secondaire ou plus (9 %) étaient considérées comme étant alphabétisées. On constate au tableau 3.3 qu’une grande majorité de femmes (85%) n’ont pas été capables de lire une phrase. Si l’on ajoute à cette proportion celle des femmes n’ayant pu lire que partiellement (4 %), on obtient une proprotion de 93 % de femmes qui ne sont pas capables de lire. Seule une minorité de femmes (2 %) ont été capables de lire une phrase et par conséquent, au Mali, on peut considérer que seulement 11 % des femmes sont alphabétisées. Caractéristiques et statut des femmes * 29 3.4 ACCÈS AUX MÉDIAS Les données relatives à l’accés des femmes aux médias sont particuliérement importantes pour la mise en place des programmes d’éducation et de diffusion d’informations dans tous les domaines, notamment dans ceux de la santé et de la planification familiale. Le tableau 3.4 présente les données sur l’accés des femmes aux média (la presse audiovisuelle ou écrite). Rappelons que 69 % des ménages maliens possèdent un poste radio et 14 %, un poste de télévision (voir tableau 2.8). Précisons, cependant, qu’il n’est pas nécessaire de posséder ces équipements pour y avoir accès, de nombreuses personnes allant écouter la radio ou regarder la télévision chez des amis ou des voisins. Ainsi, au Mali, la radio est le moyen d’information privilégié, puisque 62 % des femmes écoutent la radio au moins une fois par semaine, alors que 31 % de femmes regardent la télévision au moins une fois par semaine et 6 % lisent habituellement des journaux. On constate surtout que plus du tiers des femmes enquêtées (34 %) n’ont accés à aucun des médias, c’est-à-dire qu’elles ne lisent pas de journal, ne regardent pas la télévision et n’écoutent pas la radio, au moins une fois par semaine. Seulement 4 % des femmes ont accès aux trois types de média au moins une fois par semaine. 30 * Caractéristiques et statut des femmes Tableau 3.4 Accès aux médias Pourcentage de femmes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________________________________ Lit le Regarde la Écoute la journal au télévision radio au moins une au moins moins une Tous les fois par une fois fois par trois Aucun Caractéristique semaine par semaine semaine médias média Effectif_________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble des femmes 8,2 44,9 64,9 6,2 26,5 2 565 6,2 33,6 63,4 4,9 31,5 2 339 5,3 33,2 63,9 4,4 32,2 2 208 4,6 24,8 59,5 3,4 36,5 1 900 5,3 27,4 60,3 3,8 36,6 1 624 4,2 18,1 54,8 3,1 41,4 1 245 2,6 17,8 57,3 1,8 40,1 968 20,2 83,6 83,0 17,9 5,0 2 114 9,3 49,5 75,0 5,2 18,0 1 749 15,3 68,2 79,4 12,2 10,9 3 863 1,5 15,0 53,8 0,9 43,4 8 986 1,7 17,9 51,4 0,9 45,9 1 734 3,1 31,0 58,5 2,6 35,0 2 055 4,2 20,2 65,3 1,7 31,4 2 408 2,2 18,9 66,2 1,5 31,5 2 078 2,0 13,9 44,0 1,1 53,9 1 780 3,1 20,4 47,1 1,8 48,2 681 20,2 83,6 83,0 17,9 5,0 2 114 0,2 22,7 57,4 0,1 38,7 10 275 9,5 48,9 70,7 5,6 21,5 1 456 50,4 84,3 87,4 41,3 2,3 1 118 5,6 31,0 61,5 4,3 33,6 12 849 Du point de vue des caractéristiques socio-démographiques, on note que l’accés aux médias décroît avec l’augmentation de l’âge. Les femmes les plus jeunes sont donc celles qui sont les plus exposées à l’information. Ainsi, à 15-19 ans, 65 % des femmes écoutent la radio, 45 % regardent la télévision et 8 % lisent un journal au moins une fois par semaine, alors que 40 % des femmes de 45-49 ans n’ont accés à aucun des médias. En outre, l’accés aux médias est beaucoup plus important en milieu urbain, et plus particuliére- ment à Bamako, qu’en milieu rural. Ainsi, à Bamako, 84 % des femmes regardent la télévision, 83 % écoutent la radio et 20 % lisent des journaux, alors que 43 % des femmes rurales n’ont accés à aucun des médias. Du point de vue régional, on constate que plus de la moitié des femmes de la région de Mopti (54 %) ainsi que 48 % de celles de Kidal/Gao/Tombouctou n’ont accés à aucun moyen d’information. L’accés aux médias est beaucoup plus important pour les femmes ayant fréquenté 1'école que pour celles sans instruction: parmi les femmes de niveau secondaire ou supérieur, 84 % regardent la télévision, 87 % écoutent la radio et 50 % lisent des journaux, alors que 39 % des femmes sans instruction n’ont accés à aucun des médias. Caractéristiques et statut des femmes * 31 Tableau 3.5 Emploi Répartition (en %) des femmes selon qu’elles ont ou non un emploi et selon la durée de l’emploi, par certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001__________________________________________________________________________________ A travaillé dans les 12 mois précédant l’enquête N’a pas________________________ travaillé Ne travaille les 12 mois Travaille pas précédant Caractéristique actuellement actuellement l’enquête Total1 Effectif__________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 État matrimonial Célibataire Mariée/en union Divorcée, separée, veuve Nombre d’enfants vivants 0 1-2 3-4 5+ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 50,5 2,1 47,4 100,0 2 565 58,1 1,6 40,2 100,0 2 339 63,9 1,9 34,2 100,0 2 208 66,9 1,4 31,7 100,0 1 900 69,6 1,2 29,1 100,0 1 624 67,0 2,1 30,7 100,0 1 245 69,6 0,8 29,4 100,0 968 48,5 2,6 48,9 100,0 1 730 64,2 1,5 34,3 100,0 10 723 63,0 3,1 33,5 100,0 395 52,0 2,2 45,8 100,0 2 808 61,2 1,7 37,0 100,0 3 810 66,0 1,5 32,6 100,0 2 944 68,2 1,4 30,3 100,0 3 288 58,8 3,3 37,9 100,0 2 114 58,6 1,1 40,2 100,0 1 749 58,7 2,3 38,9 100,0 3 863 63,5 1,4 35,0 100,0 8 986 72,5 0,3 27,1 100,0 1 734 66,5 0,8 32,7 100,0 2 055 69,5 2,2 28,2 100,0 2 408 46,0 2,0 51,9 100,0 2 078 66,2 1,4 32,3 100,0 1 780 44,4 0,6 55,0 100,0 681 58,8 3,3 37,9 100,0 2 114 63,0 1,6 35,3 100,0 10 275 63,7 1,7 34,6 100,0 1 456 51,1 2,3 46,6 100,0 1 118 62,1 1,7 36,2 100,0 12 849 ___________________________________________________________________________________ 1 Y compris les non déterminés 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE 3.5.1 Emploi des femmes L’EDSM-III a collecté des informations relatives à 1'emploi des femmes enquêtées. Le terme « emploi » utilisé ici a une définition trés large. Toute personne ayant déclaré une activité, réguliére ou non, dans le secteur formel ou le secteur informel, avec une contrepartie financiére ou non, est considérée comme ayant un emploi. Le tableau 3.5 montre que plus d’un tiers des femmes de 15-49 ans (38 %) ne travaillaient pas au moment de 1'enquête. 32 * Caractéristiques et statut des femmes La proportion de femmes qui travaillaient au moment de l’enquête est de 62 %. Cette proportion est plus importante en milieu rural (64 %) qu’en milieu urbain (59 %). En outre, les résultats montrent que ce sont les femmes des régions de Kidal/Gao/Tombouctou et de Ségou qui étaient, proportionnellement, les moins nombreuses à travailler au moment de l’enquête (respectivement, 44 % et 46 %). Il en est de même des femmes ayant un niveau d’instruction au moins secondaire puisque 51 % travaillaient au moment de l’enquête contre 64 % pour celles ayant un niveau primaire et 63 % pour celles sans instruction. 3.5.2 Occupation des femmes Le tableau 3.6 présente la répartition de 8 191 femmes qui travaillent au moment de 1'enquête, par type d’occupation dans 1'emploi actuel et selon certaines caractéristiques socio-démographiques. La majorité des femmes maliennes qui travaillent sont occupées dans l’agriculture (40 %), essentiellement celles résidant en milieu rural (54 %), et dans les régions de Kayes (71 %) et de Sikasso (67 %). Du point de vue de l’âge, on peut remarquer que les femmes plus âgées sont plus fréquemment occupées dans l’agriculture que les plus jeunes (40 % et plus à partir de 40 ans). De même, 45 % des femmes sans instruction travaillent dans l’agriculture contre 29 % de celles de niveau primaire et seulement 2 % de celles de niveau secondaire ou plus. Par ailleurs, le secteur du commerce et des services occupe près de deux femmes sur cinq (39 %), notamment en milieu urbain (62 %) et parmi les femmes de niveau secondaire (50 %). On remarque également que 30 % des femmes les plus instruites occupent un emploi technique et de gestion (30 %), alors qu’au niveau national, cette proportion n’est que de 3 %. Caractéristiques et statut des femmes * 33 Tableau 3.6 Occupation Répartition (en %) des femmes ayant un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation dans l’emploi actuel, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ________________________________________________________________________________________________________________________ Profes- sionnelle/ Ventes Manuel technique/ et Manuel non Travaux Agri- Caractéristique gestion Employée services qualifié qualifié domestiques culture NSP/ND Ensemble Effectif ________________________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Etat matrimonial Célibataire Mariée/en union Divorcée, separée, veuve Nombre d’enfants vivants 0 1-2 3-4 5+ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/ Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 3,4 0,8 32,5 7,6 6,2 11,5 36,1 1,8 100,0 1 349 1,9 0,5 39,1 7,1 5,8 2,1 41,6 1,8 100,0 1 397 2,5 0,1 43,6 6,6 5,7 0,7 38,8 1,8 100,0 1 453 1,9 0,6 39,2 9,9 5,9 0,9 39,2 2,4 100,0 1 298 3,5 0,9 40,6 7,7 5,4 0,3 40,2 1,4 100,0 1 151 3,4 0,0 36,1 7,6 5,3 0,8 45,0 1,8 100,0 861 2,2 0,5 39,0 7,9 5,7 0,6 42,4 1,6 100,0 682 8,3 1,1 39,9 6,5 7,6 14,6 19,8 2,1 100,0 884 1,8 0,4 38,2 7,8 5,4 1,0 43,5 1,8 100,0 7 046 6,1 1,5 48,5 11,1 9,0 6,9 16,1 0,8 100,0 262 5,5 1,0 36,2 8,9 6,8 10,3 29,3 2,0 100,0 1 521 2,1 0,3 39,4 7,9 7,1 1,7 39,9 1,7 100,0 2 396 2,3 0,8 39,2 7,7 5,6 0,6 41,5 2,2 100,0 1 985 1,7 0,1 39,2 6,8 3,8 0,5 46,2 1,6 100,0 2 288 9,5 1,3 59,3 10,3 4,4 13,8 1,3 0,3 100,0 1 311 3,2 0,1 65,9 9,1 7,0 1,8 11,1 1,8 100,0 1 045 6,7 0,7 62,2 9,8 5,5 8,5 5,6 1,0 100,0 2 356 1,0 0,4 29,2 6,9 5,8 0,4 54,0 2,2 100,0 5 835 2,2 0,1 12,6 6,7 5,4 0,4 71,3 1,2 100,0 1 262 2,0 0,3 37,8 6,8 3,0 0,9 48,9 0,3 100,0 1 383 1,1 0,0 27,1 1,4 0,7 0,4 67,3 2,0 100,0 1 728 0,8 1,5 59,0 6,3 3,1 0,3 24,1 4,9 100,0 998 0,5 0,3 43,9 16,7 11,1 0,9 23,6 2,9 100,0 1 203 2,0 0,7 41,8 11,1 41,2 0,2 0,2 2,8 100,0 306 9,5 1,3 59,3 10,3 4,4 13,8 1,3 0,3 100,0 1 311 0,1 0,6 35,9 7,5 5,9 2,9 45,1 2,0 100,0 6 641 3,2 0,3 51,5 7,8 4,7 2,3 28,9 1,4 100,0 953 29,8 0,0 49,9 10,1 6,3 0,7 1,9 1,3 100,0 597 2,7 0,5 38,7 7,8 5,8 2,7 40,1 1,8 100,0 8 191 34 * Caractéristiques et statut des femmes Tableau 3.7 Type d’emploi Répartition (en %) des femmes ayant un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type de revenus, type d’employeur et continuité de l’emploi, selon le type de l’emploi (agricole ou non-agricole), EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________________ Type d’emploi____________________________ Agricole Non-agricole ND Ensemble_________________________________________________________________ Nature des gains Argent seulement 23,5 85,7 72,6 60,6 Argent et nature 21,3 5,1 9,6 11,7 En nature seulement 12,8 0,9 2,0 5,7 Sans rémunération 42,4 8,1 13,6 21,9 ND 0,1 0,1 2,2 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Employeur Travaille chez un membre de la famille 22,9 5,3 15,5 12,6 Travaille chez quelqu’un d’autre que la famille 3,8 6,5 6,0 5,4 À son propre compte 73,0 87,9 77,3 81,7 ND 0,0 0,3 1,2 0,2 Total 99,7 100,0 100,0 99,9 Continuité du travail Toute l’année 5,6 63,4 40,8 39,8 Saisonnier 90,8 12,0 44,8 44,2 Occasionnel 3,4 24,4 12,2 15,8 ND 0,2 0,2 1,2 0,2 Total 100,0 100,0 99,1 100,0 Effectif 3,282 4,758 151 8,191 3.5.3 Type d’emploi des femmes L’occupation des femmes a été divisée selon l’activité : agricole et non agricole. L’EDSM-III s’est intéressée au type d’employeur, au mode de paiement des enquêtées et à la continuité de 1'emploi. Le tableau 3.7 qui présente la répartition des femmes ayant déclaré avoir un emploi au cours des douze derniers mois ayant précédé 1'enquête montre que 83 % des femmes travaillent à leur propre compte, cela quelle que soit la nature de l’activité, puisque cette proportion est de 73 % parmi les agricultrices et de 88 % parmi celles qui pratiquent des activités non agricoles. Moins d’une sur cinq (18 %) a déclaré travailler pour le compte de quelqu’un d’autre : 13 % pour un membre de la famille et 5 % pour quelqu’un d’autre que la famille. De plus, le paiement en argent seulement a été le mode de paiement pour la majorité des femmes (61 %) ; cependant, il faut remarquer que 22 % n’ont pas été payées : en particulier 42 % des femmes ayant travaillé dans l’agriculture n’ont pas été rémunérées du tout. Dans 1'ensemble, 40 % des enquêtées ont travaillé toute l’année, essentiellement les femmes ayant travaillé dans le secteur non agricole (63 %). À l’opposé, 44 % des femmes ont travaillé de manière saisonnière, essentiellement celles ayant travaillé dans l’agriculture (91 %). Caractéristiques et statut des femmes * 35 Tableau 3.8 Décision de l’utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage Répartition (en %) des femmes ayant travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête qui gagnent de l’argent selon la personne qui décide de son utilisation, la proportion dépensée pour les charges du ménage et certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ______________________________________________________________________________________________________________________ Décision de l’utilisation des revenus Proportion des dépenses des ______________________________ ménages couverts par les gains Conjointe- ______________________________________ ment avec Autre Enquêtée quel- personne Pratique- Moins toute qu’un décide ment de la Moitié Caractéristique seule d’autre seule ND Total aucune moitié ou plus Toutes ND Total Effectif ______________________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 État matrimonial Célibataire Mariée/en union Divorcée, séparée, veuve Nombre d’enfants vivants 0 1-2 3-4 5 ou + Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 67,7 11,9 20,2 0,2 100,0 61,1 15,1 17,1 6,6 0,1 100,0 931 83,7 8,1 8,0 0,2 100,0 42,6 27,4 23,1 6,7 0,2 100,0 993 88,3 6,8 4,9 0,0 100,0 34,7 28,1 28,2 8,6 0,4 100,0 1 082 89,3 6,4 4,2 0,1 100,0 30,8 25,3 34,3 9,6 0,0 100,0 957 88,5 6,9 4,6 0,0 100,0 24,6 28,6 33,8 12,9 0,1 100,0 850 86,4 10,1 3,3 0,2 100,0 22,7 25,0 36,3 15,8 0,2 100,0 615 88,6 8,1 3,2 0,2 100,0 23,7 19,5 37,3 19,4 0,2 100,0 491 66,2 11,6 22,3 0,0 100,0 68,2 13,0 12,4 6,4 0,0 100,0 652 86,6 7,7 5,6 0,1 100,0 31,7 26,5 31,4 10,2 0,2 100,0 5 040 85,3 9,6 4,9 0,1 100,0 36,9 13,8 22,6 26,4 0,3 100,0 227 71,4 11,0 17,4 0,2 100,0 58,8 16,7 17,6 6,8 0,1 100,0 1 095 85,4 7,9 6,6 0,1 100,0 39,6 25,5 26,0 8,8 0,1 100,0 1 749 89,2 6,7 4,1 0,0 100,0 26,9 27,2 33,2 12,5 0,3 100,0 1 474 87,4 8,0 4,4 0,2 100,0 24,7 26,3 36,1 12,7 0,2 100,0 1 600 86,5 6,3 7,2 0,1 100,0 44,9 23,8 23,1 8,2 0,1 100,0 1 204 87,6 7,0 5,4 0,0 100,0 41,0 28,4 21,7 8,9 0,0 100,0 857 86,9 6,6 6,4 0,0 100,0 43,3 25,7 22,5 8,5 0,0 100,0 2 061 82,9 9,1 7,9 0,1 100,0 32,0 23,9 32,4 11,4 0,2 100,0 3 857 78,0 15,9 5,9 0,3 100,0 30,0 28,6 32,0 9,1 0,3 100,0 494 76,0 13,0 10,9 0,1 100,0 25,8 18,3 37,9 17,6 0,3 100,0 1 076 86,0 6,4 7,5 0,2 100,0 38,3 25,0 30,1 6,4 0,2 100,0 938 87,5 6,0 6,6 0,0 100,0 23,0 34,0 33,5 9,5 0,0 100,0 892 88,1 6,4 5,4 0,1 100,0 46,4 23,4 22,5 7,5 0,3 100,0 1 051 88,3 4,5 7,2 0,0 100,0 41,4 15,8 19,9 22,9 0,0 100,0 263 86,5 6,3 7,2 0,1 100,0 44,9 23,8 23,1 8,2 0,1 100,0 1 204 84,3 8,3 7,3 0,1 100,0 35,8 23,8 29,4 10,8 0,2 100,0 4 645 82,6 8,5 8,9 0,0 100,0 33,4 28,3 28,0 10,3 0,0 100,0 764 86,6 7,0 6,3 0,1 100,0 41,4 24,9 26,4 7,2 0,1 100,0 509 84,3 8,2 7,4 0,1 100,0 35,9 24,5 29,0 10,4 0,2 100,0 5 919 3.6 DÉCISION DE L’UTILISATION DU REVENU ET CONTRIBUTION AUX DÉPENSES DU MÉNAGE Le tableau 3.8 présente les résultats concernant la personne qui décide de l’utilisation du revenu de la femme ainsi que sur sa contribution aux dépenses du ménage. La grande majorité des Maliennes qui ont travaillé au cours des 12 derniers mois et qui ont été rémunérées décident elles-mémes de la maniére dont leur argent est dépensé (84 %), et ceci est d’autant plus vrai quand l’âge de la femme augmente (68 % des 15-19 ans contre 89 % de celles de 45-49 ans) ou encore lorsque son niveau d’instruction est supérieur au primaire (87 %). Les citadines sont un peu plus nombreuses 36 * Caractéristiques et statut des femmes á décider elles-mêmes de l’utilisation de leur revenu que celles du milieu rural (87 % contre 83 %). En outre, on constate que 8 % des femmes dépensent leur argent en accord avec quelqu’un d’autre, notamment celles résidant dans la région de Kayes (16 %) et de Koulikoro (13 %). Enfin dans 7 % des cas, c’est une autre personne qui décide de l’utilisation de l’argent gagné par la femme ; cette proportion est particuliérement élevée chez les femmes de 15-19 ans (20 %), chez les célibataires (22 %) et chez les femmes de Koulikoro (11 %). En ce qui concerne la contribution des femmes aux dépenses du ménage, les données collectées au cours de l’EDSM-III révèlent que dans plus d’un tiers des cas (36 %), l’enquêtée ne contribue en aucune manière aux dépenses de ménage: il s’agit principalement des jeunes de 15-19 ans (61 %), des célibataires (68 %) et des femmes sans enfant (59 %). Par contre, 29 % ont déclaré qu’elles participaient pour la moitié ou plus aux dépenses du ménage. Ce sont le plus fréquemment les femmes les plus âgées, celles ayant au moins 3 enfants, celles du milieu rural et surtout les femmes de Koulikoro (38 %). Enfin, seulement 10 % des femmes ont déclaré prendre en charge toutes les dépenses du ménage. 3.7 CONTRÔLE DU REVENU DES FEMMES Au cours de l’EDSM-III, on a cherché à connaître le degré d’implication des enquêtées dans la prise en charge des dépenses du ménage. On a donc demandé aux femmes quelle part des dépenses du ménage était payée avec l’argent provenant de leurs revenus. Les résultats sont présentés au tableau 3.9 selon le statut matrimonial des femmes. On constate tout d’abord que 87 % des femmes en union contre 71 % de celles qui ne le sont pas ont déclaré décider seule de l’utilisation de leur argent. En outre, 6 % des femmes mariées décident conjointe- ment avec leur mari et chez les femmes qui ne sont pas en union, 11 % ont déclaré décider conjointement avec quelqu’un d’autre. Enfin, parmi les femmes en union, c’est le mari qui décide uniquement dans 5 % des cas ; parmi les femmes qui ne sont pas en union, 18 % ont déclaré que la décision concernant l’utilisation de l’argent qu’elles gagnaient était prise par quelqu’un d’autre uniquement. Les données du tableau 3.9 laissent également apparaitre que quel que soit le statut matrimonial, c’est quand la femme décide seule de l’utilisation de l’argent qu’elle gagne qu’elle contribue le moins aux dépenses du ménage: 93 % des femmes en union et 74 % de celles qui ne le sont pas décident seule mais ne contribuent pratiquement pas aux dépenses du ménage. Par ailleurs, lorsque les enquêtées décident conjointe- ment avec quelqu’un d’autre, on constate que dans 15 % des cas pour les femmes en union et 14 % pour celles qui ne le sont pas, elles assument financièrement toutes les dépenses du ménage. Caractéristiques et statut des femmes * 37 Ta bl ea u 3. 9 C on trô le d u re ve nu d es fe m m es Ré pa rti tio n (e n % ) d es fe m m es q ui g ag ne nt d e l’a rg en t p ou r l eu r t ra va il du ra nt le s 1 2 de rn ie rs m oi s s el on la p er so nn e qu i d éc id e de so n ut ili sa tio n et l’ ét at m at rim on ia l, et s el on la p ro po rti on d ép en sé e po ur le s ch ar ge s du m én ag e, E D SM -II I M al i 2 00 1 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ Ac tu el le m en t m ar ié e ou v iv an t a ve c un p ar te na ire Pa s m ar ié e __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ C on jo in te - C on jo in te - m en t Q ue l- m en t Q ue l- C on jo in te - av ec qu ’u n av ec qu ’u n m en t qu el - M ar i d’ au tre qu el - d’ au tre C on tri bu tio n da ns le s av ec le qu ’u n un iq ue - un iq ue - qu ’u n un iq ue - dé pe ns es d u m én ag e Se ul e m ar i d’ au tre m en t N D m en t To ta l Ef fe ct if Se ul e d’ au tre m en t To ta l Ef fe ct if __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ Pr at iq ue m en t a uc un e 93 ,3 1, 0 1, 5 3, 1 1, 0 0, 1 10 0, 0 1 59 9 74 ,1 7, 4 18 ,6 10 0, 0 52 8 M oi ns q ue la m oi tié 8 8, 5 5, 8 0, 4 4, 5 0, 7 0, 0 10 0, 0 1 33 5 75 ,8 12 ,4 11 ,8 10 0, 0 11 6 M oi tié o u pl us 82 ,2 9, 2 2, 2 5, 6 0, 8 0, 0 10 0, 0 1 58 3 57 ,8 22 ,7 19 ,5 10 0, 0 13 2 To ut es 75 ,2 14 ,9 1, 7 6, 8 1, 3 0, 0 10 0, 0 51 4 67 ,3 13 ,9 18 ,5 10 0, 0 10 2 En se m bl e1 86 ,6 6, 3 1, 5 4, 6 0, 9 0, 1 10 0, 0 5 04 0 71 ,1 11 ,1 17 ,8 10 0, 0 87 8 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ 1 Y co m pr is le s « n on -d ét er m in és » 38 * Caractéristiques et statut des femmes Tableau 3.10 Participation des femmes dans la prise de décision par caractéristiques socio-démographiques Pourcentage de femmes qui déclarent avoir le dernier mot seule ou conjointement en ce qui concerne certaines prises de décision, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 __________________________________________________________________________________________________________ Dernier mot seule ou conjointement : __________________________________________________ Visites Dernier Aucun Grands à la Repas à mot dans dernier mot Propres achats Achats famille, aux préparer toutes les dans les soins de du quotidiens proches ou chaque décisions prises de Caractéristique santé ménage du ménage aux amis jour mentionées décisions Effectif__________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 État matrimonial Célibataire Mariée/en union Divorcée, séparée, veuve Nombre d’enfants vivants 0 1-2 3-4 5 ou + Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Emploi Ne travaille pas Travaille pour de l’argent Ne travaille pas pour de l’argent ND Ensemble 9,9 9,9 12,8 19,9 26,6 5,0 62,0 2 565 12,0 13,2 19,3 26,4 47,5 5,5 41,5 2 339 17,2 15,9 26,6 29,6 55,5 7,9 34,0 2 208 18,7 16,9 27,8 31,5 59,4 8,3 33,1 1 900 22,3 20,2 32,8 32,7 60,9 10,5 29,8 1 624 25,8 23,9 35,8 36,0 63,4 12,4 26,4 1 245 26,3 27,2 38,1 39,8 64,5 16,2 26,2 968 13,4 9,4 10,2 23,2 14,1 6,6 69,4 1 730 16,7 16,7 27,0 29,2 57,0 7,6 34,2 10 723 46,2 42,2 42,2 53,7 48,9 35,7 34,9 395 12,5 10,8 13,8 22,8 28,0 5,8 59,0 2 808 15,9 15,8 23,4 29,0 51,5 8,3 38,7 3 810 18,5 17,8 29,0 30,9 59,5 8,1 31,4 2 944 21,5 21,2 33,8 33,1 62,3 10,8 28,9 3 288 25,1 20,6 26,9 39,5 46,9 11,2 36,2 2 114 15,9 15,2 20,2 28,8 46,5 9,1 44,6 1 749 20,9 18,2 23,8 34,6 46,7 10,3 40,0 3 863 15,6 15,8 25,8 26,8 52,8 7,5 38,5 8 986 16,7 13,0 26,5 16,6 52,8 4,0 39,4 1 734 17,1 21,4 32,4 33,0 48,0 9,5 38,2 2 055 9,4 11,5 16,2 21,8 45,6 3,4 44,5 2 408 14,1 12,6 24,0 24,5 55,1 8,9 41,7 2 078 22,7 20,4 27,5 35,3 51,2 12,5 38,8 1 780 16,4 17,8 25,4 41,2 73,4 11,7 21,6 681 25,1 20,6 26,9 39,5 46,9 11,2 36,2 2 114 16,4 16,2 25,1 27,8 51,9 8,1 39,1 10 275 17,2 17,1 26,9 32,1 49,8 8,5 37,6 1 456 24,6 18,8 24,8 37,7 43,7 10,4 39,5 1 118 10,8 10,7 14,1 23,6 42,0 6,1 50,2 4 847 24,1 22,4 34,4 39,0 57,7 12,1 29,4 5 754 13,0 14,0 25,6 15,7 53,0 3,7 39,6 2 214 28,9 23,5 39,2 28,7 58,4 6,8 27,3 34 17,2 16,5 25,2 29,1 51,0 8,4 39,0 12 849 3.8 PARTICIPATION DES FEMMES DANS LA PRISE DE DÉCISION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES Les résultats du tableau 3.10 présentent les pourcentages de femmes qui ont déclaré avoir le dernier mot concernant un certain nombre de problèmes en fonction des caractéristiques socio-démographiques. Dans l’ensemble, moins d’une femme sur dix (8 %) a le dernier mot dans certaines décisions et prés de 40 % d’entre elles n’ont le dernier mot dans aucune décision. Caractéristiques et statut des femmes * 39 Les proportions de femmes qui ont le dernier mot dans toutes les décisions sont plus élevées parmi les femmes en rupture d’union (36 % contre 8 % parmi celles en union), chez celles de plus de 35 ans (au moins 10 %), chez les femmes ayant au moins cinq enfants (11 % contre 8 % pour celles en ayant un ou deux), chez les femmes des régions de Mopti (13 %), Gao (12 %) et Bamako (11%) et chez les femmes de niveau secondaire (10 % contre environ 8 % pour les autres) ; enfin on constate également que les femmes qui travaillent et qui gagnent de l’argent prennent des décisions plus fréquemment que les autres (12 %). En ce qui concerne les résultats selon les raisons spécifiques, on constate que la moitié des femmes ont déclaré avoir le dernier mot en ce qui concerne la préparation des repas quotidiens (51 %). À l’opposé, quand il s’agit des grands achats du ménage, seulement 17 % des femmes ont déclaré décider en dernier ressort. De même, la proportion de femmes qui peut décider de ses propres soins de santé est très faible (17 %), surtout parmi celles de Sikasso (9 %) ; dans 29 % des cas, les femmes maliennes décident des visites à la famille et aux proches et dans 25 % des cas, elles ont le dernier mot en ce qui concerne les achats quotidiens du ménage. 3.9 APPROBATION PAR LES FEMMES DE CERTAINES RAISONS JUSTIFIANT LE FAIT DE BATTRE LES ÉPOUSES Au cours de l’EDSM-III, on a demandé aux femmes si elles pensaient que pour certaines raisons il était justifié qu’un homme batte son épouse. Une grande majorité des Maliennes (89 %) (tableau 3.11) pensent que pour au moins une des raisons citées, un homme a le droit de battre son épouse. C’est parmi les femmes mariées (90 %), les mères de plus de 4 enfants (91 %), les femmes du milieu rural (90%), les femmes sans instruction ou du niveau primaire (90 %), celles qui ne travaillent pas pour de l’argent (91 %) et enfin celles de la région de Kayes (93 %) que l’on constate les proportions les plus élevées. En revanche, c’est en milieu urbain (27 %), parmi les femmes de niveau secondaire ou plus (21 %) et surtout chez les femmes de la région de Ségou (16 %) que l’on constate les proportions les plus faibles de femmes qui approuvent, pour au moins une raison citée, le fait qu’un homme batte son épouse. Par ailleurs, les résultats selon les raisons spécifiques montrent que pour les trois quarts des femmes, il est justifié qu’un homme batte son épouse si celle-ci sort sans le lui dire, si elle refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui et si elle néglige les enfants; battre son épouse parce qu’elle a brûlé le repas n’est justifié que pour 34 % des femmes. 40 * Caractéristiques et statut des femmes Tableau 3.11 Approbation par les femmes de certaines raisons justifiant le fait qu’un mari batte son épouse Pourcentage de femmes qui approuvent certaines raisons spécifiques justifiant qu’un mari/parte- naire frappe sa femme ou partenaire, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _________________________________________________________________________________________ Approuve qu’un mari batte sa femme si : _______________________________________________ Elle refuse d’avoir D’accord Elle Elle Elle des avec au Elle discute sort néglige rapports moins une brûle le ses sans les sexuels des raisons Caractéristique repas ordres lui dire enfants avec lui mentionées Effectif _________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 État matrimonial Célibataire Mariée/en union Divorcée, séparée, veuve Nombre d’enfants vivants 0 1-2 3-4 5 ou + Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Emploi Ne travaille pas Travaille pour de l’argent Ne travaille pas pour de l’argent ND Nombre de décisions finales pour la femme 0 1-2 3-4 5 Ensemble 33,2 58,7 71,2 70,8 64,0 85,5 2 565 33,5 61,0 74,4 70,1 72,0 87,9 2 339 33,3 61,8 75,0 71,0 75,7 90,8 2 208 33,7 62,8 77,1 73,6 78,8 91,7 1 900 34,6 63,6 77,1 72,2 76,9 89,3 1 624 33,0 63,3 75,6 71,0 76,6 88,8 1 245 33,8 63,0 77,3 70,6 77,8 88,1 968 30,6 52,1 63,4 63,7 54,8 79,0 1 730 34,1 63,2 76,9 72,5 76,6 90,4 10 723 33,1 61,5 72,7 71,6 72,0 87,6 395 32,3 55,8 68,3 67,2 61,6 83,6 2 808 33,7 62,4 75,2 71,1 75,5 88,9 3 810 35,0 63,5 76,5 72,2 76,2 90,7 2 944 33,2 64,2 78,9 74,2 79,1 91,3 3 288 23,6 46,4 61,6 62,8 59,5 83,0 2 114 31,3 58,1 73,8 71,0 74,7 88,9 1 749 27,1 51,7 67,1 66,5 66,4 85,7 3 863 36,3 65,9 78,3 73,4 76,6 90,1 8 986 44,2 69,3 83,9 83,0 83,0 93,4 1 734 39,6 74,8 81,7 83,5 77,3 91,1 2 055 43,1 68,9 79,1 74,0 77,1 91,1 2 408 15,8 44,4 73,3 65,2 67,1 88,2 2 078 33,2 60,5 68,8 58,7 75,6 84,3 1 780 40,7 80,2 79,7 73,3 83,2 93,1 681 23,6 46,4 61,6 62,8 59,5 83,0 2 114 34,4 63,6 77,0 71,8 75,8 89,7 10 275 37,1 63,1 75,0 75,8 74,5 90,0 1 456 21,3 42,0 56,1 61,2 51,6 78,4 1 118 27,5 58,1 73,6 69,6 71,3 87,7 4 847 35,5 61,4 75,2 71,3 73,6 89,0 5 754 41,8 70,5 77,4 75,0 78,7 90,7 2 214 29,5 47,3 60,2 72,1 57,6 78,3 34 38,9 64,2 76,2 73,2 74,2 88,3 5 007 31,7 64,3 75,2 72,1 74,7 90,0 5 172 29,1 52,1 73,2 70,2 68,8 88,6 1 596 24,1 51,4 70,5 60,0 72,1 85,3 1 073 33,6 61,7 74,9 71,3 73,5 88,8 12 849 Caractéristiques et statut des femmes * 41 3.10 ATTITUDE DES FEMMES CONCERNANT LE REFUS D’AVOIR DES RAPPORTS SEXUELS AVEC LEUR MARI/PARTENAIRE Durant l’EDSM-III, on a également demandé aux femmes si elles pensaient que dans certaines circonstances il était justifié qu’une femme refuse les rapports sexuels à son mari. Le tableau 3.12 présente les pourcentages de femmes qui sont d’accord avec chacune des raisons citées selon différentes caractéristiques socio-démographiques. Seulement 10 % des femmes ont déclaré approuver toutes les raisons justifiant qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari. C’est parmi les femmes en rupture d’union (13 %), celles de Bamako (13 %), celles de Kidal/Gao/Tombouctou (18 %), celles de niveau d’instruction secondaire ou plus (15 %) et parmi celles ayant déclaré qu’il n’y a aucune raison qui justifie qu’un homme batte sa femme (14 %) que cette proportion est la plus élevée. Selon les raisons spécifiques, les résultats montrent que c’est dans le cas où la femme vient d’accoucher récemment que la proportion de femmes qui approuvent qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari est la plus élevée (54 %). De plus, 45 % estiment justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son époux quand elle sait que celui-ci a une IST. Dans près d’un tiers des cas (32 %), le refus des rapports sexuels avec le mari est approuvé quand la femme sait que son mari a des relations avec d’autres femmes. La proportion de femmes estimant qu’il est normal qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari quand elle est fatiguée est la plus faible : 29 %. 42 * Caractéristiques et statut des femmes Tableau 3.12 Attitude des femmes concernant le refus d’avoir des rapports sexuels avec leur mari/partenaire Pourcentage de femmes qui approuvent certaines raisons spécifiques justifiant qu’une femme refuse les rapports sexuels avec son mari ou partenaire, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ___________________________________________________________________________________________________________ Approuve qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari quand : _______________________________________________ Elle Elle sait sait que son que son D’accord N’est mari a une mari a des Elle est avec d’accord avec maladie rapports avec Elle fatiguée toutes les aucune des sexuellement d’autres a accouché ou pas raisons raisons Caractéristique transmissible femmes récemment d’humeur mentionnées mentionnées Effectif ___________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 État matrimonial Célibataire Mariée/en union Divorcée, séparée, veuve Nombre d’enfants vivants 0 1-2 3-4 5 ou + Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Emploi Ne travaille pas Travaille pour de l’argent Ne travaille pas pour de l’argent ND Nombre de décisions finales pour la femme 0 1-2 3-4 5 Nombre de raisons justi- fiant de battre son épouse 0 1-2 3-4 5 Ensemble 38,5 28,9 44,7 28,5 9,7 35,1 2 565 47,2 36,4 56,2 31,1 11,3 23,0 2 339 49,8 33,6 57,0 30,0 11,0 23,1 2 208 47,5 30,7 59,4 29,7 10,1 22,3 1 900 44,0 30,4 54,7 28,9 9,1 25,2 1 624 48,6 32,5 58,1 28,1 9,7 21,7 1 245 41,0 26,5 52,0 24,2 7,8 28,6 968 44,4 28,3 42,9 29,2 11,4 35,9 1 730 45,2 32,2 56,1 29,1 9,7 24,3 10 723 49,1 34,0 51,5 29,5 13,2 26,2 395 42,1 30,0 44,6 28,8 10,4 33,3 2 808 45,7 34,3 56,7 30,8 10,3 22,9 3 810 47,7 32,1 57,9 28,8 10,2 24,2 2 944 45,1 29,8 56,1 27,6 9,3 24,7 3 288 54,7 35,5 54,6 30,6 12,9 20,8 2 114 42,9 31,0 50,7 27,7 7,6 26,8 1 749 49,3 33,5 52,8 29,3 10,5 23,5 3 863 43,4 30,9 54,8 29,0 9,9 27,0 8 986 31,5 31,5 45,7 34,2 8,3 32,4 1 734 36,2 35,9 45,9 30,1 13,6 37,1 2 055 44,3 24,9 58,0 26,1 6,2 24,4 2 408 57,5 33,5 63,4 28,5 9,7 14,5 2 078 40,8 28,0 52,7 26,5 6,9 30,2 1 780 55,2 36,1 62,2 27,4 18,2 21,1 681 54,7 35,5 54,6 30,6 12,9 20,8 2 114 43,0 30,9 53,8 28,7 9,4 26,8 10 275 50,0 33,3 53,6 28,8 11,4 26,1 1 456 59,4 37,2 58,2 33,1 14,7 17,5 1 118 49,3 30,2 59,0 27,8 10,7 23,0 4 847 44,4 34,6 49,9 30,0 9,9 27,2 5 754 38,4 27,2 54,8 29,5 8,9 29,0 2 214 55,3 49,7 60,3 43,5 26,8 22,2 34 38,1 28,5 47,1 29,5 8,7 32,3 5 007 47,9 34,2 58,5 30,7 11,3 21,5 5 172 54,2 35,6 58,2 25,3 9,8 22,4 1 596 52,1 28,7 60,6 25,3 10,5 22,5 1 073 44,6 34,5 52,3 31,4 14,4 31,0 1 444 53,2 31,7 58,5 26,6 9,4 22,1 2 706 46,9 31,4 57,4 28,0 8,5 21,1 5 353 36,3 31,0 46,4 31,9 11,2 34,6 3 346 45,2 31,7 54,2 29,1 10,1 25,9 12 849 Caractéristiques et statut des femmes * 43 1 À l’Annexe C, le tableau C.4 fournit la d istribution des naissances par année de naissance. Le rapport de naissances annuelles (rapport des naissances d’année x à la demi-somme des naissances des années précédentes et suivantes, soit Nx /[(Nx-1 + Nx+1 )/ 2]) rend compte des déplacements d’années de naissance. Le rapport semble indiquer un manque de naissances en 1996 (rapport = 85,8 < 100) et un excédent en 1995 (rapport = 112,5 > 100). Fécondité * 43 4FÉCONDITÉ Ishaga COULIBALY et Boureima SINGARE L’un des objectifs de l’EDSM-III est de fournir les indicateurs sur les niveaux et tendances de la fécondité, et d’étudier leurs variations selon les caractéristiques socio-démographiques de la femme telles que l’âge, le milieu de résidence, la région de résidence et le niveau d’instruction. Afin d’atteindre cet objectif, des informations ont été collectées sur l’histoire génésique des femmes âgées de 15-49 ans au moment de l’enquête : l’enquêtrice interrogeait la femme sur le nombre total d’enfants qu’elle avait eus, en distinguant les garçons des filles, ceux vivant avec leur mère de ceux vivant ailleurs et ceux encore en vie de ceux décédés. Ensuite, l’enquêtrice reconstituait l’historique complet des naissances de l’enquêtée, de la plus ancienne à la plus récente, en enregistrant pour chacune d’entre elles le type de naissance (simple ou multiple), le sexe, la date de naissance et l’état de survie. Pour les enfants encore en vie, elle enregistrait leur âge au moment de l’enquête et distinguait ceux vivant avec la mère de ceux vivant ailleurs ; pour les enfants décédés, elle enregistrait l’âge au décès. Par ailleurs, un contrôle de cohérence était effectué par l’enquêtrice entre le nombre total d’enfants déclarés (vivants, décédés) et celui obtenu à partir de l’historique des naissances pour corriger d’éventuelles erreurs. Malgré les multiples contrôles de cohérence effectués lors de la collecte, les données sur les naissances sont sujettes aux différents types d’erreurs inhérentes aux enquêtes retrospectives. Il s’agit notamment : � du sous-enregistrement des naissances, en particulier l’omission (volontaire ou involontaire) d’enfants qui meurent très jeunes, quelques heures ou quelques jours seulement après la naissance, ce qui peut entraîner une sous-estimation des niveaux de fécondité ; � de l’imprécision des déclarations de dates de naissance ou d’âges, en particulier l’attraction pour des années de naissance ou pour des âges ronds, ce qui peut entraîner des sous-estimations ou des surestimations de la fécondité à certains âges et à certaines périodes. Par ailleurs, au début des travaux de collecte, on a parfois observé certains déplacements de dates de naissance d’enfants nés durant les cinq années ayant précédé l’enquête (ou depuis janvier 1996) vers les années précédentes. Ces déplacements d’année de naissance sont souvent effectués volontairement par les enquêtrices pour diminuer leur charge de travail. Ainsi, elles évitent de poser les questions sur la santé des enfants (section 4 du questionnaire) et de prendre les mesures anthropométriques des enfants concernés. Ces déplacements interviennent plus fréquemment quand la mère ne connaît pas avec certitude la date de naissance de son enfant ou quand l’enfant est décédé. Dans le cas de l’EDSM-III, il semble n’y avoir eu que de légers transferts de naissances de 1996 sur celles de 19951 et ces déplacements ne devraient pas affecter la mesure de la fécondité actuelle. 44 * Fécondité Tableau 4.1 Fécondité actuelle Taux de fécondité par âge, indice synthétique de fécondité (ISF) et taux brut de natalité (TBN) pour la période des trois années précédant l’enquête, selon le milieu de résidence, EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________________________ Résidence___________________________________ Autres Ensemble Groupe d’âges Bamako villes urbain Rural Ensemble_________________________________________________________________________ 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 ISF 15-49 (pour 1 femme) TGF (pour 1 000) TBN 102 172 129 218 185 186 287 228 317 290 245 276 259 289 280 202 250 227 271 260 152 201 179 210 202 67 58 62 113 103 18 14 16 42 35 4,9 6,3 5,5 7,3 6,8 163 221 189 249 231 39,6 44,4 42,1 45,9 45,1 _________________________________________________________________________ Note : Les taux sont calculés pour la période de 1-36 mois avant l’enquête. Les taux à 45-49 ans peuvent être légèrement biaisés du fait de données incomplètes pour ce groupe d’âges. 4.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE Le niveau actuel de la fécondité ainsi que ses variations différentielles sont mesurés par les taux de fécondité générale par âge et l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) ou somme des naissances réduites. Les taux de fécondité par âge sont calculés en rapportant les naissances issues de chaque groupe d’âges à l’effectif des femmes de ce groupe. Ils constituent des mesures fiables et courantes de la fécondité. Quant à l’ISF, qui est un indice du moment, il est calculé à partir du cumul des taux de fécondité par âge. Il correspond au nombre moyen d’enfants qu’aurait une femme à la fin de sa vie si elle avait, à chaque âge, la fécondité par âge d’une période considérée, ici la période des trois années ayant précédé l’enquête. Cette période de référence de trois ans a été retenue afin de pouvoir calculer les indicateurs de fécondité les plus récents possible, tout en disposant d’un nombre suffisant de cas pour réduire au maximum les erreurs de sondage. Au niveau national, les taux de fécondité par âge, présentés dans le tableau 4.1 et au graphique 4.1, reflètent le schéma classique généralement observé dans les pays à forte fécondité : la fécondité débute très précocement à un niveau élevé à 15-19 ans (185 ‰), atteint son maximum à 20-24 ans (290 ‰) et se maintient à un niveau élevé jusqu’à 35-39 ans (202 ‰). Une baisse sensible de la fécondité intervient à 40-44 ans où le taux passe à 103 ‰ et à 45-49 ans où il n’est plus que de 35 ‰. La fécondité totale reste élevée au Mali car, en fin de vie féconde, une femme donne naissance, en moyenne, à 6,8 enfants. On remarque également, à tous les âges, sauf en fin de vie féconde, des différences significatives de niveau de fécondité selon le milieu de résidence. L’ISF, qui est de 6,8 enfants par femme pour l’ensemble du pays, varie de 5,5 en milieu urbain à 7,3 en milieu rural. Cela signifie que, si les niveaux actuels de fécondité se maintenaient invariables, les femmes résidant en milieu rural auraient, en fin de vie féconde, 1,8 enfants de plus que celles résidant en milieu urbain. Comme indiqué précédemment, ces différences de fécondité s’observent pratiquement à tous les âges, mais l’écart relatif selon le milieu de résidence est particulièrement important aux très jeunes âges : ainsi, à 15-19 ans, le taux est de 129 ‰ en milieu urbain contre 218 ‰ en milieu rural, soit un taux supérieur de 69 %, alors qu’à 20-24 ans, le taux du milieu rural (317 ‰) n’est supérieur que de 39 % à celui du milieu urbain (228 ‰). Les femmes du milieu rural ont donc, Fécondité * 45 aux jeunes âges, une fécondité beaucoup plus élevée que les autres femmes. Chez les femmes du milieu urbain, le niveau maximum des taux de fécondité (259 ‰) s’observe à 25-29 ans, tandis que chez les femmes du milieu rural, il s’observe à 20-24 ans (317 ‰). Par ailleurs, au niveau national, le Taux Global de Fécondité Générale (TGFG), c’est-à-dire le nombre annuel moyen de naissances vivantes dans la population des femmes en âge de procréer, est de 231 ‰. Le Taux Brut de Natalité (TBN), c’est-à-dire le nombre annuel moyen de naissances vivantes dans la population totale, est de 45 ‰ pour l’ensemble du pays. Le niveau de fécondité présente des variations assez nettes, que ce soit selon le milieu de résidence des femmes ou selon certaines de leurs caractéristiques socio-démographiques. Le tableau 4.2, illustré par le graphique 4.2, laisse apparaître que l’ISF du milieu rural est nettement plus élevé que celui du milieu urbain. Bamako, la capitale, se caractérise par l’ISF le plus faible avec 4,9 enfants par femme. Bamako a une fécondité de 33 % plus faible que celle du milieu rural où l’on enregistre 7,3 enfants par femme. En ce qui concerne la région de résidence, le niveau maximum de fécondité observé à Sikasso (7,6 enfants) est de 55 % plus élevé que le niveau minimum observé à Bamako. Par ailleurs, il faut noter qu’à l’exception de Mopti (6,8 enfants) et des communes de Tombouctou/Gao/Kidal (6,3), le niveau de fécondité de toutes les régions est supérieur au niveau national. Concernant le niveau d’instruction, le tableau 4.2 met en évidence une diminution de la fécondité avec l’augmentation du niveau d’instruction : la fécondité étant d’autant plus faible que le niveau d’instruction est élevé. Cela apparaît assez nettement dans les valeurs de l’ISF qui varient de 7,1 enfants pour les femmes sans instruction à 6,6 pour les femmes d’instruction primaire et à 4,1 pour les femmes ayant un niveau secondaire ou plus. Il est manifeste que l’influence de l’instruction des femmes sur la fécondité est surtout sensible après le niveau primaire, la différence de fécondité entre les femmes sans instruction et celles ayant un niveau primaire n’étant pas très importante (0,5 enfants en moyenne). 46 * Fécondité Tableau 4.2 Fécondité par caractéristiques socio-démographiques Indice synthétique de fécondité pour les trois années précédant l’enquête, pourcentage de femmes actuellement enceintes et nombre moyen d’enfants nés vivants pour les femmes âgées de 40-49 ans, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ___________________________________________________________________ Nombre moyen d’enfants nés Indice Pourcentage vivants des synthétique actuellement femmes de Caractéristique de fécondité1 enceintes 40-49 ans ___________________________________________________________________ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 4,9 7,3 6,6 6,3 10,8 7,2 5,5 8,9 7,0 7,3 14,4 7,7 6,9 15,6 7,3 7,2 13,3 7,6 7,6 13,7 8,2 7,3 13,5 7,7 6,8 12,8 7,7 6,3 14,1 6,6 4,9 7,3 6,6 7,1 13,5 7,7 6,6 11,8 7,5 4,1 7,0 5,9 6,8 12,7 7,6 ____________________________________________________________________ 1 Indice synthétique de fécondité pour les femmes âgées de 15-49 ans Au tableau 4.2 et au graphique 4.2 figurent également le nombre moyen d’enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans. Contrairement à l’ISF qui mesure la fécondité actuelle ou du moment, le nombre moyen, qui est assimilé à une descendance finale, est le résultat de la fécondité passée des femmes enquêtées qui ont atteint 40-49 ans. Dans une population où la fécondité reste invariable, cette descendance tend à se rapprocher de l’ISF ; par contre, si l’ISF est inférieur au nombre moyen d’enfants par femme en fin de vie féconde, cela indique une tendance à la baisse de la fécondité. Dans l’ensemble, la descendance, estimée à 7,6 enfants par femme, est nettement supérieure à l’ISF (6,8), ce qui, en l’absence de sous-déclaration des naissances survenues au cours de la période la plus récente précédant l’enquête, suggère une baisse de la fécondité au cours des dernières années. L’écart entre les deux indicateurs de fécondité se vérifie quel que soit le milieu de résidence et le niveau d’instruction. L’écart semble être d’autant plus appréciable que l’ISF est faible, comme dans le cas de Bamako où l’ISF (4,9 enfants par femme) est inférieur de près de 26 % à la descendance (6,6 enfants), et dans le cas des femmes du niveau secondaire ou plus, dont l’ISF (4,1) est inférieur de 31 % à la descendance (5,9 enfants). La baisse de fécondité évoquée précédemment serait donc beaucoup plus nette chez ces catégories de femmes. Fécondité * 47 Le tableau 4.2 donne enfin le pourcentage de femmes qui se sont déclarées enceintes au moment de l’enquête. Il faut préciser ici qu’il ne s’agit pas de la proportion exacte de femmes qui sont enceintes, dans la mesure où les enquêtées qui sont en début de grossesse et ne savent pas qu’elles sont enceintes n’ont pas déclaré leur état. Néanmoins, on peut relever que cette proportion, estimée à 13 % au niveau national, varie dans le même sens que l’ISF selon le milieu de résidence et le niveau d’instruction. Par ailleurs, au niveau national, cette proportion de femmes qui se sont déclarées enceintes est très légèrement inférieure à celle trouvée lors de l’EDSM-II de 1995-96 (14 %). Par contre, du point de vue des caractéristiques socio- démographiques, la même tendance apparaît pour le milieu urbain (10 % en 1995-1996 contre 9 % en 2001), mais une tendance inverse apparaît chez les femmes ayant un niveau secondaire ou plus (7 % en 2001 contre 6 % en 1995-1996). La proportion enregistrée à Bamako est un peu plus faible aujourd’hui : 8 % de femmes déclarées enceintes en 1995-1996 contre 7 % en 2001. Cette baisse des proportions de femmes enceintes est tout à fait cohérente avec la baisse de la fécondité suggérée précédemment, en particulier, en milieu urbain et chez les femmes les plus instruites, où la tendance inverse observée ci-dessus pourrait s’expliquer par une sous-estimation de la proportion des femmes enceintes lors de l’EDSM-II 1995-1996. 4.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ Au Mali, plusieursopérationsd’envergure nationale ont été réalisées au cours desquelles l’estimation du niveau de la fécondité était une des priorités. Parmi ces différentes opérations figurent l’EDSM-I réalisée en 1987, le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) réalisé la même année et l’EDSM-II réalisée en 1995-1996. Les niveaux de fécondité du RGPH se rapportent à l’année 1986-87, tandis que ceux de l’EDSM-I, l’EDSM-II et l’EDSM-III se rapportent respectivement aux années 1983-1987 (centré autour de l’année 1985), aux années 1993-1996 (centré autour de l’année 1994), et aux années 1998-2001 (centré autour de l’année 1999). Considérant la différence de méthode de collecte utilisée par le RGPH (naissances des 12 derniers mois ayant précédé le recensement) par rapport à la méthode de l’historique des naissances utilisée par l’EDSM-I, l’EDSM-II et l’EDSM-III, il est intéressant d’examiner les tendances de la fécondité à partir des résultats des trois EDSM. 48 * Fécondité Tableau 4.3 Fécondité par âge selon trois sources Taux de fécondité par âge et indice synthétique de fécondité selon l’EDSM-I (1987), l’EDSM-II (1995-1996) et l’EDSM-III (2001) ______________________________________________ Groupe EDSM-I EDSM-II EDSM-III d’âges 19871 1995-962 2001 ______________________________________________ 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 ISF 15-49 201 187 185 291 299 290 288 296 280 260 244 260 193 205 202 112 91 103 40 21 35 6,9 6,7 6,8 ______________________________________________ Note : Taux de fécondité par groupe d’âges pour 1 000 femmes 1 EDSM-I : Traoré et al., 1989 2 ESDM-II : Coulibaly et al., 1996 Tableau 4.4 Tendances de la fécondité par âge Taux de fécondité par âge par période de cinq ans précédant l’enquête, selon l’âge de la mère au moment de la naissance de l’enfant, EDSM-III Mali 2001___________________________________________________ Nombre d’années précédant l’enquête Groupe __________________________________ d’âges 0-4 5-9 10-14 15-19___________________________________________________ 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 192,3 215,3 217,8 199,7 289,9 328,8 327,8 310,1 286,4 339,5 356,6 331,4 263,1 316,0 332,2 [294,5] 202,2 261,3 [300,1] - 110,2 [190,3] - - [38,9] - - - ___________________________________________________ Note : Les taux de fécondité par groupe d’âges pour 1 000 femmes. Les taux entre crochets sont calculés sur la base de données incomplètes. L’examen du tableau 4.3 qui présente les taux de fécondité par âge et l’ISF selon l’EDSM-I, l’EDSM-II et l’EDSM-III révèle que la fécondité des femmes maliennes n’aurait pratiquement pas changé au cours des quinze dernières années : l’ISF est passé de 6,9 enfants par femme en moyenne autour de l’année 1985 à 6,8 enfants autour de l’année 1999. À chaque âge, les taux sont très similaires; seule la fécondité des femmes de 15-19 ans semble avoir légèrement diminué entre les deux EDS, passant de 201 pour mille en 1985 à 185 pour mille en 1999. Les données recueillies lors de l’EDSM-III permettent également de retracer les tendances passées de la fécondité. Le tableau 4.4 et le graphique 4.3, qui présentent les taux de fécondité par groupe d’âges des mères à la naissance de leurs enfants et par période de cinq ans de 1981 à 2001, permettent de constater que les taux de fécondité n’ont que peu varié durant les trois périodes les plus reculées (de 5 à 19 ans avant l’enquête, c’est-à-dire des années 1981 à 1996), avant de baisser sensiblement au cours de la période 0-4 ans avant l’enquête. Ces résultats suggèrent qu’un début de baisse de la fécondité s’est peut-être amorcé au Mali au cours des années les plus récentes, c’est-à-dire au cours des cinq dernières années. Au graphique 4.3 figurent également les taux de fécondité par âge calculés à l’EDSM-I et l’EDSM-II. Comme on l’a précisé précédemment, on constate que ces taux sont pratiquement confondus à ceux de l’EDSM-III pour la période la plus récente, ce qui avait été interprété comme le signe d’une stabilité de la fécondité. Par contre, sauf à 20-24 ans, ces taux se situent toujours en dessous de ceux estimés par l’EDSM-III pour les périodes correspondantes : ainsi, le taux à 25-29 ans, par exemple, est estimé à 288 pour mille par l’EDSM-I pour les années 1983-1987, à 347 pour mille par l’EDSM-II pour la période 1986-1990 et à 357 pour mille par l’EDSM-III pour la même période. Ceci signifie, soit que l’EDSM-III a surestimé les niveaux de fécondité des périodes anciennes, hypothèse peu vraisemblable, soit que les opérations précédentes ont sous-estimé les niveaux de fécondité. Dans ce dernier cas, la stabilité de la fécondité qui avait été déduite précédemment de la comparaison des niveaux de fécondité estimés par les trois opérations ne serait qu’artificielle et masquerait en fait une baisse réelle de la fécondité. Au graphique 4.4, on a représenté l’ISF des femmes de 15-34 ans, âges auxquels elles ont déjà eu l’essentiel de leurs naissances, calculé pour trois périodes quinquennales avant l’EDSM-III et avant l’EDSM-II et pour deux périodes quinquennales avant l’EDSM-I. Les données ont été positionnées par rapport à l’année centrale de chaque période pour laquelle la fécondité a été estimée. Comme on l’a noté précédemment, on remarque que, d’après l’EDSM-III, la fécondité serait restée quasiment stable de 1983 à 1993 environ, pour diminuer récemment de façon sensible, passant de 6,1 enfants par femme autour de 1993 à 5,1 enfants par femme autour de 1998. Fécondité * 49 4.3 PARITÉ ET STERILITÉ PRIMAIRE À partir du nombre total d’enfants que les femmes ont eus au cours de leur vie féconde, l’EDSM-III a déterminé les parités moyennes par groupes d’âges, pour l’ensemble des femmes et pour les femmes actuellement en union. Le tableaux 4.5 présente ces résultats qui laissent apparaître tout d’abord une augmentation régulière et rapide des parités avec l’âge de la femme : ainsi de 0,4 enfants en moyenne à moins de 20 ans, la parité atteint 1,8 enfants à moins de 25 ans et à la fin de sa vie féconde, une femme a donné naissance à 7,9 enfants, en moyenne. Par ailleurs, la répartition de toutes les femmes suivant le nombre de naissances met en évidence une fécondité précoce élevée puisque un tiers des jeunes femmes de moins de 50 * Fécondité Tableau 4.5 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes Répartition (en %) de toutes les femmes et de celles actuellement en union par nombre d’enfants nés vivants, nombre moyen d’enfants nés vivants et nombre moyen d’enfants survivants, selon le groupe d’âge des femmes, EDSM-III Mali 2001 __________________________________________________________________________________________________________________ Nombre moyen Nombre Nombre d’enfants nés vivants d’enfants moyen Groupe _______________________________________________________________________ nés d’enfants d’âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ou + Total Effectif vivants survivants __________________________________________________________________________________________________________________ TOUTES LES FEMMES __________________________________________________________________________________________________________________ 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Ensemble 66,5 24,3 07,9 1,2 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 2 565 0,44 0,35 19,3 23,9 27,3 18,2 8,4 2,4 0,5 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 2 339 1,82 1,41 6,6 9,4 15,2 21,2 21,0 16,0 7,0 2,7 0,7 0,3 0,0 100,0 2 208 3,36 2,60 3,2 5,4 7,0 9,1 13,6 17,4 18,4 13,4 7,5 3,4 1,7 100,0 1 900 5,00 3,80 3,0 3,0 5,0 4,7 8,1 9,7 14,5 14,7 16,9 11,6 8,8 100,0 1 624 6,30 4,77 2,6 3,6 3,2 3,4 6,0 6,5 8,5 11,6 14,5 15,8 24,3 100,0 1 245 7,30 5,24 2,1 2,4 1,9 3,1 4,8 8,9 5,8 8,6 15,5 13,1 33,7 100,0 968 7,90 5,42 19,2 12,5 11,3 9,7 9,1 8,3 7,1 6,1 5,9 4,5 6,3 100,0 12 849 3,84 2,85 __________________________________________________________________________________________________________________ FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION __________________________________________________________________________________________________________________ 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Ensemble 37,4 43,1 16,5 2,7 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 178 0,85 0,68 11,1 23,9 30,9 21,1 9,7 2,8 0,6 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 987 2,05 1,59 4,5 8,3 14,8 22,0 22,3 16,9 7,5 2,8 0,8 0,3 0,0 100,0 2 076 3,51 2,71 2,4 4,7 6,6 9,1 13,6 17,8 19,0 13,9 7,7 3,5 1,8 100,0 1 833 5,11 3,88 2,7 2,5 4,9 4,4 7,8 9,8 14,8 14,9 17,1 12,1 9,1 100,0 1 569 6,40 4,85 2,3 3,5 3,3 3,3 5,7 6,4 8,3 11,6 14,4 16,4 24,7 100,0 1 190 7,36 5,27 2,2 2,6 1,6 3,2 4,6 8,9 6,1 8,7 14,7 13,2 34,1 100,0 890 7,90 5,43 8,3 12,5 12,7 11,3 10,6 9,7 8,4 7,1 6,8 5,3 7,2 100,0 10 723 4,44 3,30 20 ans (33 %) ont déjà donné naissance à au moins un enfant et plus d’une femme de 20-24 ans sur quatre (30 %) a déjà eu 3 enfants ou plus. En fin de vie féconde (45-49 ans), 62 % des femmes ont donné naissance à 8 enfants ou plus. Les résultats relatifs aux femmes actuellement en union diffèrent peu de ceux concernant toutes les femmes, sauf aux jeunes âges. C’est ainsi que l’on remarque que près des deux tiers des femmes de 15-19 ans en union (63 %) ont déjà eu au moins un enfant contre un tiers (33 %) pour l’ensemble des femmes. Cependant, dès 20-24 ans où la proportion de femmes non mariées est déjà faible (12 % : voir Chapitre 5— Nuptialité), l’écart entre la proportion de femmes en union ayant déjà eu au moins un enfant (89 %) et celle de l’ensemble des femmes dans la même situation (81 %) est déjà peu important. D’une manière générale, les femmes qui restent volontairement sans enfants sont rares en Afrique et particulièrement au Mali, où la population reste profondément nataliste (voir Chapitre—7 Préférences en matière de fécondité). Par conséquent, la parité zéro des femmes les plus âgées et actuellement en union permet d’estimer le niveau de stérilité totale ou primaire. À 45-49 ans, âges auxquels l’arrivée d’un premier enfant est peu probable au Mali, 2 % seulement des femmes actuellement en union n’ont jamais eu d’enfant et peuvent être considérées comme stériles. Ce niveau peu élevé de stérilité primaire, observé lors de l’EDSM-II et de l’EDSM-III, est voisin de celui estimé lors de l’EDSM-I (3 %) et il reste très proche de celui enregistré lors des enquêtes EDS réalisées dans les pays voisins (Arnold et Blanc, 1990). Fécondité * 51 Tableau 4.6 Intervalle intergénésique Répartition (en %) des naissances, autres que les naissances de rang 1, des cinq années précédant l’enquête par nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001____________________________________________________________________________________________________ Nombre Nombre de mois écoulés médian de depuis la naissance précédente mois depuis Effectif__________________________________________ la naissance de Caractéristique 7-17 18-23 24-35 36-47 48 ou + Total précédente naissances____________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-29 30-39 40 ou plus Rang de naissance 2-3 4-6 7 ou plus Sexe de la naissance précédente Garçon Fille Survie de l’enfant précédent Vivante Décédé Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 14,9 21,4 43,4 17,2 3,1 100,0 27,1 271 8,1 16,4 42,5 20,6 12,4 100,0 30,4 4 880 7,0 11,9 38,3 22,3 20,5 100,0 33,8 4 505 7,7 9,6 30,7 23,7 28,3 100,0 36,7 1 303 8,3 15,9 39,9 19,8 16,2 100,0 31,1 3 773 6,6 13,2 41,1 21,7 17,4 100,0 32,5 4 171 8,8 12,3 36,4 23,6 18,9 100,0 33,7 3 016 7,9 13,8 39,6 21,7 16,9 100,0 32,2 5 539 7,7 13,9 39,1 21,4 17,9 100,0 32,4 5 421 4,7 12,7 40,3 23,6 18,7 100,0 33,6 8 368 17,7 17,6 36,4 15,0 13,2 100,0 27,4 2 592 6,1 12,1 36,0 21,5 24,3 100,0 34,5 1 062 8,1 14,8 35,8 20,1 21,3 100,0 32,6 1 324 7,2 13,6 35,9 20,7 22,6 100,0 33,7 2 386 8,0 14,0 40,4 21,8 15,9 100,0 32,0 8 574 7,7 14,0 38,1 23,6 16,6 100,0 31,8 1 587 8,9 15,1 40,6 19,1 16,4 100,0 31,6 1 835 8,0 13,3 40,7 22,8 15,2 100,0 32,0 2 396 7,1 14,7 40,3 21,4 16,5 100,0 32,1 1 974 7,3 12,8 39,6 22,0 18,3 100,0 33,0 1 594 11,1 15,5 36,0 17,5 20,0 100,0 31,3 512 6,1 12,1 36,0 21,5 24,3 100,0 34,5 1 062 7,9 14,1 39,9 21,8 16,4 100,0 32,2 9 353 8,2 13,8 37,8 20,4 19,7 100,0 32,1 1 211 3,3 9,7 33,1 20,0 33,9 100,0 38,2 396 7,8 13,9 39,4 21,6 17,4 100,0 32,3 10 960 ____________________________________________________________________________________________________ Note : Les naissances de rang 1 sont exclues. L’intervalle pour les naissances multiples est le nombre de mois écoulés depuis la grossesse précédente qui a abouti à une naissance vivante. 4.4 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE La durée de l’intervalle qui sépare la naissance d’un enfant de la naissance précédente a une influence sur l’état de santé de la mère et de l’enfant. De nombreuses recherches ont prouvé que des intervalles entre naissances trop courts (inférieurs à 24 mois) sont nuisibles à la santé et à l’état nutritionnel des enfants et augmentent leur risque de décéder (voir Chapitre 10—Mortalité des enfants). Le tableau 4.6 présente la répartition des naissances des cinq années ayant précédé l’enquête par nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente selon certaines caractéristiques socio-démographiques. 52 * Fécondité Tableau 4.7 Âge à la première naissance Pourcentage de femmes par âge à la première naissance et âge médian à la première naissance selon l’âge actuel, EDSM-III Mali 2001 _____________________________________________________________________________________ Pourcentage Âge à la première naissance qui n’ont Effectif Âge médian à Âge ____________________________________ jamais donné de la première actuel 15 18 20 22 25 naissance femmes naissance _____________________________________________________________________________________ 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 5,3 NA NA NA NA 66,5 2 565 a 9,6 45,0 67,4 NA NA 19,3 2 339 18,4 9,5 41,4 66,7 79,5 90,6 6,6 2 208 18,7 11,0 45,5 65,6 79,6 90,2 3,2 1 900 18,4 7,4 38,1 58,8 73,1 87,2 3,0 1 624 19,1 8,5 36,8 57,2 74,7 87,4 2,6 1 245 19,2 7,4 37,9 54,2 69,3 83,9 2,1 968 19,5 ____________________________________________________________________________________ NA = Non applicable a Moins de 50 % de femmes ont eu un enfant. L’examen de ce tableau laisse apparaître qu’un peu plus d’une naissance sur cinq (22 %) est survenue à moins de deux ans après la naissance précédente : 8 % des enfants sont nés moins de 18 mois et 14 % des enfants sont nés entre 18 et 24 mois après leur aîné. Une proportion importante des naissances (39 %) se sont produites entre 24 et 36 mois après la naissance précédente et plus d’un enfant sur trois (39 %) est mis au monde trois ans ou plus après son aîné. La durée médiane de l’intervalle intergénésique est d’un peu plus de deux ans et demi (32,3 mois), ce qui signifierait que la moitié des naissances se produisent dans un intervalle inférieur à 32,8 mois. Du point de vue de l’âge, on constate que plus l’âge est élevé, plus la proportion de femmes qui ont des intervalles intergénésiques supérieurs à 24 mois augmente. Ainsi, on constate une forte proportion de naissances précédées par un intervalle de moins de deux ans chez les femmes de 15 à 19 ans (36 % et médiane de 27,1 mois), alors qu’un peu moins d’un cinquième des femmes de 30-39 ont un tel intervalle (19 % et médiane de 33,8 mois). En ce qui concerne les rangs de naissance et le sexe, on ne relève que très peu d’écart entre les intervalles intergénésiques. Par contre, le décès de l’enfant précédent tend à raccourcir l’intervalle intergénésique à 27,4 mois, comparativement à 33,6 mois dans le cas d’une naissance qui suit un enfant encore en vie. Le désir de « remplacer » rapidement l’enfant décédé peut expliquer ce résultat. Le milieu de résidence ne semble pas avoir beaucoup d’effet sur l’étendue de l’intervalle intergénésique : l’intervalle médian, tout comme la répartition des enfants selon la durée de l’intervalle, sont très voisins quel que soit le milieu de résidence. Néanmoins, à Bamako, l’intervalle médian (34,5 mois) est supérieur d’environ trois mois à celui du milieu rural (32,0 mois). À propos du niveau d’instruction de la mère, l’écart entre les femmes sans instruction et celles du niveau primaire est peu significatif (respectivement une médiane de 32,2 mois et 32,1 mois). Par contre, le fait d’avoir fait des études secondaires ou plus prolonge cet intervalle médian de six mois environ (médiane de 38,2 mois). 4.5 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE L’âge auquel les femmes ont eu leur première naissance influence généralement leur descendance finale et peut avoir des implications sérieuses en ce qui concerne la santé maternelle et infantile. Le tableau 4.7 donne la répartition des femmes par âge à leur première naissance et leur âge médian à la première naissance, selon le groupe d’âges au moment de l’enquête. Fécondité * 53 Tableau 4.8 Âge médian à la première naissance par caractéristiques socio-démographiques Âge médian à la première naissance des femmes de 20-49 ans selon l’âge actuel et certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSM-III Mali 2001____________________________________________________________________________________________________ Âge actuel______________________________________________________ Âges Âges Caractéristique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 20-49 25-49____________________________________________________________________________________________________ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 22,1 19,9 20,1 20,2 20,2 19,6 20,3 20,0 18,4 19,2 18,0 19,0 18,9 20,4 18,8 18,9 19,9 19,5 18,9 19,6 19,3 20,1 19,5 19,4 17,9 18,4 18,2 18,9 19,2 19,4 18,5 18,7 17,4 18,2 17,8 19,0 18,9 19,4 18,2 18,5 18,0 18,3 17,8 18,5 18,5 18,9 18,2 18,3 17,8 18,2 17,8 18,4 18,3 18,1 18,1 18,1 18,0 19,1 18,9 19,5 20,5 21,4 19,3 19,5 18,1 18,4 18,1 19,0 19,2 19,3 18,6 18,7 19,4 19,3 19,6 20,6 20,8 22,2 19,9 20,1 NA 19,9 20,1 20,2 20,2 19,6 NA 20,0 18,0 18,5 18,1 18,8 19,1 19,2 18,5 18,6 18,5 18,6 18,9 19,1 19,4 20,5 18,8 18,9 NA 22,9 22,6 22,1 20,9 21,7 NA 22,2 18,4 18,7 18,4 19,1 19,2 19,5 18,8 18,9 ____________________________________________________________________________________________________ Note : L’âge médian pour la cohorte 15-19 ans ne peut être détérminé car de nombreuses femmes peuvent encore avoir une naissance avant d’atteindre 20 ans. NA = Non applicable Parmi les femmes de 15-19 ans, la grande majorité (67 %) est encore sans enfant, mais parmi celles âgées de 20-24 ans, seulement 19 % sont encore sans enfant. Plus de la moitié des femmes de 20-24 ans ont eu leur premier enfant avant 20 ans (55 %) et 10 % l’ont eu, en fait, avant d’atteindre leur 18e anniversaire. Ces proportions restent assez proches d’un groupe d’âges à l’autre. En observant l’âge médian à la première maternité par groupes d’âges des femmes à l’enquête, on constate que cet âge a peu changé des générations les plus anciennes (45-49 ans) aux plus jeunes (20-24 ans). Cependant, pour les femmes les plus âgées, l’âge médian (19,5 ans) est légèrement plus élevé que pour celles de 20-24 ans (18,7 ans), soit une différence d’environ 1 an, et une tendance au rajeunissement de l’âge à la première naissance semble se dessiner d’une génération de femmes à l’autre. En l’absence d’espacement et/ou de limitation des naissances, ce changement de comportement pourrait entraîner une augmentation de la fécondité des femmes. Le tableau 4.8 présente les âges médians à la première naissance selon les caractéristiques socio- démographiques des femmes. Pour l’ensemble des femmes de 25 à 49 ans, l’âge médian à la première naissance s’établit à 18,9 ans et varie peu par rapport au milieu de résidence. On remarque que l’âge médian varie d’un peu plus d’une année entre le minimum observé en milieu rural (18,7 ans) et le maximum observé à Bamako (20,0 ans). Les régions de Kayes (18,5 ans), Koulikoro (18,3 ans), Sikasso (18,1 ans) et Mopti (18,7 ans) ont des âges médians à la première naissance légèrement plus faibles que la moyenne nationale. Les régions de Ségou (19,5 ans) et de Tombouctou/Gao/Kidal (20,1 ans) et le District de Bamako (20,0 ans) ont des âges médians légèrement supérieurs à la moyenne nationale. On observe, par contre, une relation positive entre le niveau d’instruction et l’âge médian à la première naissance. Ainsi, les femmes du niveau secondaire ou plus ont eu leur premier enfant 3,6 ans plus tard que celles qui sont sans instruction (18,6 ans). Par contre, entre les femmes sans instruction et celles de niveau primaire, on n’observe aucune différence significative (18,6 ans contre 18,9 ans). 54 * Fécondité Tableau 4.9 Fécondité des adolescentes Pourcentage d’adolescentes de 15-19 ans ayant déjà eu un enfant ou étant enceintes d’un premier enfant par certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001________________________________________________________________________ Pourcentage qui sont : Pourcentage______________________ ayant déjà Enceintes d’un commencé Caractéristique Mères premier enfant leur vie féconde Effectif ________________________________________________________________________ Âge 15 16 17 18 19 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 7,6 3,7 11,2 519 16,2 6,0 22,2 504 29,9 8,0 37,9 445 52,1 9,0 61,1 733 61,4 7,3 68,7 364 18,4 4,5 22,9 654 29,0 6,8 35,9 408 22,5 5,4 27,9 1 062 41,3 8,0 49,3 1 503 43,8 7,3 51,1 345 45,2 8,6 53,8 395 35,1 8,0 43,1 465 35,3 7,8 43,1 286 39,1 6,5 45,6 292 24,6 8,1 32,7 127 18,4 4,5 22,9 654 39,0 7,8 46,8 1 856 26,4 5,5 31,9 350 12,1 3,8 15,9 359 33,5 6,9 40,4 2 565 4.6 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES Les adolescentes (15-19 ans) contribuent pour près de 14 % à la fécondité totale des femmes. De plus l’âge médian à la première naissance (18,9 ans pour les femmes de 25-49 ans) se situe dans cette tranche d’âges. Le tableau 4.9 donne, par âge détaillé de 15 à 19 ans, les proportions d’adolescentes déjà mères ou enceintes d’un premier enfant, par caractéristiques socio-démographiques. En considérant que la somme des pourcentages relatifs aux femmes ayant déjà eu un enfant et de ceux des femmes enceintes de leur premier enfant fournit la proportion de femmes ayant commencé leur vie féconde, on remarque que 40 % des femmes de 15-19 ans ont commencé leur vie féconde : 34 % ont déjà eu un enfant et 7 % sont enceintes pour la première fois. Dès l’âge de 15 ans, près de 11 % des femmes ont commencé leur vie féconde et cette proportion augmente régulièrement et assez rapidement avec l’âge : à 17 ans, 38 % des femmes ont déjà un enfant ou sont enceintes et à 19 ans, plus des deux tiers des femmes (69 %) ont déjà commencé leur vie féconde, la grande majorité ayant déjà eu un enfant (61 %). Fécondité * 55 La précocité de la fécondité apparaît beaucoup plus accentuée en milieu rural, où l’on enregistre 49 % d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde, dont 41 % déjà mères, par rapport au milieu urbain (28 %) (graphique 4.5). À Bamako, un peu moins d’une adolescente sur quatre (23 %) a commencé sa vie féconde : 18 % des adolescentes sont déjà mères et 5 % sont enceintes de leur premier enfant. Les régions de Koulikoro (54 %) et de Kayes (51 %) sont celles où les proportions d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde sont de loin les plus importantes. Par ailleurs, de manière générale, il y a une corrélation négative entre le niveau d’instruction et la précocité de la fécondité ; les proportions les plus élevées de femmes ayant commencé leur vie féconde s’observent chez les adolescentes sans instruction (47 %) et chez celles ayant un niveau primaire (32 %). Par contre, seulement 16 % d’adolescentes qui ont atteint le niveau secondaire ou plus ont déjà un enfant ou sont enceintes, soit trois fois moins que les adolescentes sans instruction et deux fois moins que celles du niveau primaire. Planification familiale * 57 5PLANIFICATION FAMILIALE Seydou Moussa TRAORE et Mamadou Basséry BALLO La croissance de la population actuelle et les problèmes qui lui sont liés sont considérés comme un frein au développement socio-économique des pays en développement. Cette situation attire de plus en plus l’attention des pouvoirs publics et la maîtrise du mouvement naturel de la population constitue, depuis quelques années, un enjeu pour la majorité des gouvernements des pays en développement. On observe donc ces dernières années des changements de comportement en matière d’utilisation des méthodes modernes de contraception, et cela grâce aux actions en faveur de la planification familiale. L’introduction des méthodes modernes de contraception est un phénomène récent au Mali. Elle est consécutive à la création, en 1972, de l’Association Malienne pour la Promotion et la Protection de la Famille (AMPPF), une organisation non- gouvernementale, à la réorientation de la politique de santé maternelle et infantile et à la création, en 1980, de la Division de la Santé Familiale et Communautaire (DSFC) transformée en 2001 en Division Santé de la Reproduction (DSR) au sein de la Direction Nationale de la Santé. Enfin, conscient de l’impact des problèmes de population sur le développement socio-économique du pays, le gouvernement du Mali a adopté, le 8 mai 1991, une politique nationale de population révisée en 2001. Jusqu’en 1987, le niveau d’utilisation de la contraception au Mali n’était connu que par l’intermédiaire des rapports périodiques internes de la DSFC et par une étude menée par l’AMPPF. L’évaluation de la connaissance et de l’utilisation de la contraception faite au cours de l’EDSM-I de 1987 était la première à couvrir l’ensemble du territoire national. L’EDSM-II a permis la mise à jour de la situation en matière de planification familiale en 1996. Les données de cette deuxième enquête ont servi à l’élaboration du Plan Décennal de Développement Sanitaire et Social et du programme quinquennal de développement sanitaire et social (PRODESS). Cette enquête, qui est la troisième EDS au Mali, va permettre d’apprécier le niveau actuel de la prévalence contraceptive et d’envisager les nouvelles orientations à prendre dans le cadre de la mise en œuvre de la phase II du PRODESS. Lors de l’EDSM-III, les enquêtrices demandaient aux femmes interviewées quelles méthodes de contraception elles connaissaient, puis elles décrivaient les méthodes non citées spontanément et demandaient aux femmes interrogées si elles en avaient entendu parler; enfin, si l’enquêtée connaissait une méthode, on lui demandait si elle l’avait déjà utilisée. De même, des questions du même type ont été posées aux hommes. L’utilisation passée et actuelle de la contraception, l’intention de l’utiliser dans l’avenir et la connaissance d’un lieu où se procurer une méthode ont aussi fait l’objet de questions permettant de disposer d’un ensemble complet d’informations dans le domaine de la planification familiale au Mali. 5.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION La pratique de la contraception suppose, au préalable, la connaissance d’au moins une méthode contraceptive, ainsi que d’un lieu où se la procurer. Par ailleurs, l’efficacité de la contraception dépend de la méthode utilisée. Les différentes méthodes retenues dans le questionnaire sont classées en trois catégories : • les méthodes modernes, comprenant la pilule, le stérilet ou DIU, les injections, les méthodes vaginales (spermicides, diaphragme, mousses et gelées), le condom (féminin et masculin), la stérilisation féminine, la stérilisation masculine, les implants (Norplant) la pilule du lendemain ; 1 Sont considérées comme sexuellement actives les femmes qui ont eu des rapports sexuels dans les quatre semaines précédant l’enquête. Pour cette définition, voir Chapitre 5—Nuptialité et exposition au risque de grossesse. 58 * Planification familiale • les méthodes traditionnelles, incluant la méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA), la continence périodique et le retrait; • les méthodes dites « populaires », comme le tafo, les herbes et les racines. Le tableau 5.1, illustré par le graphique 5.1, indique qu’un peu plus des trois quarts des femmes (78 %) ont déclaré connaître au moins une méthode et, à peu près les mêmes proportions, une méthode moderne (76 %). Ainsi la connaissance de la contraception et, en particulier, celle de la contraception moderne s’est beaucoup développée au cours des dernières années : en effet, en 1996, selon l’EDSM-II, 65 % des femmes avaient entendu parler d’une méthode contraceptive moderne. Si l’on considère uniquement les femmes en union, on constate que leur niveau de connaissance est identique à celui de l’ensemble des femmes, et cela quelle que soit la méthode : 78 % de l’ensemble des femmes et de celles en union connaissent au moins une méthode. Ce sont les femmes qui ne sont pas en union mais qui sont sexuellement actives1 qui connaissent le plus les méthodes contraceptives (89 % pour une méthode quelconque et 89 % pour au moins une méthode moderne). On note une légère baisse du niveau de connaissance des femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives par rapport à 1996 (92 % pour une méthode quelconque et 91 % pour au moins une méthode moderne). Ce sont les femmes qui ne sont pas en union qui connaissent le plus grand nombre de méthodes (plus de 5 méthodes par femme en moyenne pour les femmes non en union contre 3,9 pour les femmes en union). Les femmes célibataires qui n’ont jamais eu de rapports sexuels sont celles qui connaissent le moins bien la contraception (66 % pour l’ensemble des méthodes et 2,6 méthodes connues en moyenne). Parmi les méthodes modernes, la pilule est la méthode la plus connue des femmes (68 %), suivie du condom (63 %) et des injectables (56 %). Le condom est la méthode la plus connue des femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives (86 %). Le degré de connaissance des autres méthodes est bien plus faible : 32 % de l’ensemble des femmes connaissent la stérilisation féminine, 27 % le Norplant, 22 % le condom féminin et 21 % le DIU. On relève une légère baisse du niveau de connaissance de ces dernières méthodes par rapport à 1996 : stérilisation féminine (42 %), DIU (36 %). L’une des raisons de la baisse constatée serait la faible disponibilité de ces méthodes. Les méthodes les moins connues des femmes sont la pilule du lendemain (6 %), le diaphragme (10 %), les méthodes vaginales (11 %) et la stérilisation masculine (12 %). En ce qui concerne les méthodes traditionnelles et populaires, on constate qu’elles ont été moins fréquemment citées que les méthodes modernes : 29 % parmi l’ensemble des femmes et 29 % parmi les femmes en union. La MAMA (20 %) est la méthode traditionnelle la plus connue, suivie des méthodes populaires comme les herbes, le tafo et les racines (19 %), la continence périodique (16 %) et le retrait (11 %). Planification familiale * 59 Tableau 5.1 Connaissance des méthodes contraceptives Pourcentage de femmes, de femmes actuellement en union, de femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives et de femmes qui n’ont jamais eu de rapports sexuels qui connaissent une méthode contraceptive, par méthode spécifique, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________________________________________________ Femmes célibataires : ont Femmes eu des rapports sexuels célibataires __________________________ qui n’ont Non actives jamais eu Méthode Femmes Sexuellement sexuelle- de rapports contraceptive Ensemble en union actives ment sexuels ____________________________________________________________________________________________ N’importe quelle méthode N’importe quelle méthode moderne Méthode moderne Pilule DIU Injectables Diaphragme Mousse ou gelée Condom féminin Condom Stérilisation féminine Stérilisation masculine Implant Pilule du lendemain N’importe quelle méthode traditionnelle Méthode traditionnelle MAMA1 Continence périodique Retrait Méthode populaire Nombre moyen de méthodes connues Effectif de femmes 77,8 77,8 89,2 87,4 66,3 75,6 75,4 88,9 86,4 65,5 68,3 68,4 84,6 79,6 53,6 21,2 21,1 38,1 29,5 11,0 56,2 56,9 74,3 66,6 35,5 9,5 9,1 17,4 17,3 5,3 11,4 11,3 19,1 19,9 4,5 22,2 21,8 34,2 32,6 15,5 62,8 61,5 85,6 78,3 58,3 31,7 32,5 42,2 37,4 16,7 12,2 12,6 14,0 14,4 6,3 26,8 25,7 51,8 43,6 17,6 6,4 6,1 12,9 9,4 4,7 28,7 28,9 46,5 40,5 12,9 20,1 21,0 26,4 23,2 5,5 16,3 15,4 39,1 29,9 9,5 11,2 10,6 27,5 20,4 5,2 18,5 19,2 19,5 23,1 7,5 3,9 3,9 5,9 5,3 2,6 12 849 10 723 311 781 1 039 ____________________________________________________________________________________________ 1 MAMA = Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée 60 * Planification familiale Le tableau 5.2 présente, pour les femmes en union, le niveau de connaissance des méthodes contraceptives selon différentes caractéristiques socio-démographiques.En ce qui concerne l’âge,on constate que chez les femmes, le niveau de connaissance le plus élevé correspond aux groupes d’âges 20-34 ans (environ 80 % pour l’ensemble des méthodes et 78 % pour les méthodes modernes). Du point de vue du milieu de résidence, ce sont les femmes du milieu urbain (91 % contre 74 % en milieu rural), et particulièrement celles qui résident à Bamako (95 %) qui connaissent le mieux les méthodes. Les femmes résidant dans les régions de Kayes (68 %) et de Mopti (69 %) sont celles qui connaissent le moins fréquemment les méthodes contraceptives. Comme on pouvait s’y attendre, le niveau d’instruction des femmes a un impact important sur le niveau de connaissance de la contraception. Pratiquement toutes les femmes ayant au moins un niveau secondaire (100 %) ont cité une méthode moderne, contre 91 % de celles ayant le niveau primaire et 72 % de celles n’ayant jamais fréquenté l’école. Planification familiale * 61 Tableau 5.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques socio-démographiques Pourcentage de femmes actuellement en union qui connaissent au moins une méthode contraceptive et celles qui connaissent au moins une méthode moderne, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________ Connaît Connaît une une méthode Caractéristique méthode moderne Effectif_________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 74,0 72,0 1 178 80,1 78,2 1 987 80,1 78,1 2 076 80,7 78,8 1 833 79,3 77,1 1 569 73,4 70,5 1 190 69,8 64,2 890 95,4 95,0 1 245 86,1 84,2 1 378 90,5 89,3 2 622 73,7 70,9 8 101 68,1 66,3 1 558 80,7 76,6 1 839 82,5 81,4 2 095 74,0 70,7 1 875 68,9 66,9 1 562 76,4 70,6 549 95,4 95,0 1 245 74,6 72,0 9 042 92,8 91,2 1 120 99,7 99,6 561 77,8 75,4 10 723 5.2 PRATIQUE DE LA CONTRACEPTION Aux femmes et aux hommes qui avaient déclaré connaître une méthode contraceptive, l’enquêteur a demandé s’ils l’avaient déjà utilisée, afin de mesurer le niveau de pratique de la contraception à un moment quelconque selon la méthode spécifique. Les pourcentages des femmes ayant utilisé une méthode contraceptive au cours de leur vie sont présentés au tableau 5.3. Parmi l’ensemble des femmes, 23 % seulement ont déjà utilisé une méthode contraceptive à un moment quelconque de leur vie. En outre, on constate un léger écart de pratique entre les méthodes traditionnelles (12 %) et les méthodes modernes (16 %). Parmi les méthodes modernes, la pilule est de loin la méthode la plus utilisée (11 %) suivie, des injectables (5 %) et du condom masculin (3 %). Parmi les méthodes traditionnelles, c’est la MAMA qui est la plus utilisée (6 %), suivi de la continence périodique (4 %). Il faut noter que l’utilisation des autres méthodes est totalement négligeable (2 % au total). L’analyse des données selon l’âge met en évidence des différences dans le niveau de pratique de la contraception. C’est à 25-39 ans que la proportion de femmes ayant déjà utilisé une méthode est la plus élevée (environ 28 %) et cette proportion diminue aux âges suivants pour ne concerner que moins de 19 % des femmes de 45-49 ans. 62 * Planification familiale Ta bl ea u 5. 3 U til isa tio n de la c on tra ce pt io n à un m om en t q ue lc on qu e Po ur ce nt ag e de fe m m es , d e fe m m es a ct ue lle m en t e n un io n, e t d e fe m m es q ui n e so nt p as e n un io n et q ui so nt se xu el le m en t a ct iv es q ui o nt d éj à ut ili sé u ne m ét ho de c on tra ce pt iv e, pa r m ét ho de s pé ci fiq ue s el on l’ âg e, E D SM -II I M al i 2 00 1 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ M ét ho de s tra di tio nn el le s M ét ho de s m od er ne s __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ N ’im po rte N ’im po rte St ér ili - Pi lu le qu el le C on ti- N ’im po rte qu el le C on - St ér ili - sa tio n du m ét ho de ne nc e M ét ho de G ro up e qu el le m ét ho de In je ct a- D ia - M ou ss e/ do m C on - sa tio n m as cu - le nd e- tra di tio n- pé rio - po pu - d’ âg es m ét ho de m od er ne Pi lu le D IU bl es ph ra gm e ge lé e fé m in in do m fé m in in e lin e Im pl an ts m ai n ne lle M A M A 1 di qu e Re tra it la ire Ef fe ct if __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ TO U TE S LE S FE M M ES __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ 15 -1 9 20 -2 4 25 -2 9 30 -3 4 35 -3 9 40 -4 4 45 -4 9 En se m bl e 10 ,6 7, 5 3, 5 0, 1 1, 8 0, 0 0, 1 0, 1 3, 4 0, 0 0, 1 0, 0 0, 1 4, 6 1, 3 2, 2 0, 5 1, 1 2 56 5 24 ,9 16 ,8 10 ,9 0, 2 4, 2 0, 1 0, 6 0, 0 5, 2 0, 1 0, 0 0, 1 0, 5 12 ,6 5, 4 4, 5 2, 2 3, 0 2 33 9 28 ,8 19 ,4 14 ,5 0, 4 4, 9 0, 3 0, 5 0, 0 3, 8 0, 1 0, 0 0, 4 0, 4 14 ,4 6, 2 5, 2 2, 3 3, 4 2 20 8 28 ,0 19 ,6 14 ,3 0, 8 6, 3 0, 5 0, 9 0, 1 2, 5 0, 2 0, 0 0, 4 0, 2 13 ,7 8, 4 4, 0 1, 3 2, 1 1 90 0 27 ,8 18 ,4 14 ,0 1, 0 5, 9 0, 4 1, 3 0, 1 1, 9 0, 5 0, 0 0, 7 0, 1 14 ,6 7, 6 5, 2 1, 2 3, 4 1 62 4 25 ,1 15 ,9 9, 8 0, 9 5, 9 0, 4 0, 6 0, 2 1, 2 0, 3 0, 0 0, 5 0, 2 12 ,6 7, 0 3. 9 0, 8 2, 4 1 24 5 19 ,3 11 ,3 7, 6 0, 8 4, 9 0, 0 0, 3 0, 0 0, 8 1, 2 0, 0 0, 2 0, 1 9, 6 6, 7 2, 4 0, 3 1, 7 96 8 23 ,1 15 ,5 10 ,6 0, 5 4, 6 0, 2 0, 6 0, 1 3, 1 0, 2 0, 0 0, 3 0, 2 11 ,5 5, 7 4, 0 1, 3 2, 5 12 8 49 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ FE M M ES A C TU EL LE M EN T EN U N IO N __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ 15 -1 9 20 -2 4 25 -2 9 30 -3 4 35 -3 9 40 -4 4 45 -4 9 En se m bl e 12 ,3 8, 0 4, 8 0, 0 2, 7 0, 1 0, 0 0, 2 2, 1 0, 0 0, 0 0, 0 0, 1 5, 6 2, 7 1, 5 0, 5 1, 5 1 17 8 21 ,9 14 ,2 9, 3 0, 2 3, 5 0, 1 0, 6 0, 0 3, 2 0, 1 0, 0 0, 1 0, 3 10 ,4 5, 7 2, 3 1, 4 2, 6 1 98 7 26 ,9 17 ,7 13 ,3 0, 3 4, 6 0, 3 0, 5 0, 0 2, 9 0, 1 0, 0 0, 4 0, 3 13 ,7 6, 3 4, 4 2, 0 3, 4 2 07 6 27 ,2 18 ,8 13 ,8 0, 8 6, 1 0, 4 0, 8 0, 2 2, 1 0, 2 0, 0 0, 4 0, 2 13 ,3 8, 6 3, 5 1, 0 2, 1 1 83 3 27 ,6 18 ,1 13 ,9 1, 0 5, 9 0, 4 1, 3 0, 1 1, 6 0, 5 0, 0 0, 7 0, 1 14 ,5 7, 7 4, 9 1, 2 3, 3 1 56 9 24 ,7 15 ,5 9, 5 0, 8 5, 8 0, 4 0, 5 0, 2 1, 1 0, 3 0, 0 0, 6 0, 2 12 ,1 6, 6 3, 8 0, 6 2, 3 1 19 0 19 ,3 11 ,2 7, 6 0, 9 4, 6 0, 0 0, 3 0, 0 0, 8 1, 2 0, 0 0, 2 0, 1 9, 8 6, 7 2, 5 0, 4 1, 9 89 0 23 ,7 15 ,5 10 ,9 0, 5 4, 8 0, 3 0, 6 0, 1 2, 2 0, 3 0, 0 0, 3 0, 2 11 ,7 6, 5 3, 4 1, 1 2, 5 10 7 23 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ FE M M ES C ÉL IB AT AI RE S SE XU EL LE M EN T AC TI VE S __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ 15 -1 9 20 -2 4 En se m bl e2 33 ,5 26 ,5 10 ,3 1, 7 4, 1 0, 0 0, 0 0, 0 15 ,7 0, 0 0, 0 0, 4 1, 1 11 ,4 0, 0 8, 9 2, 7 2, 1 16 6 62 ,8 51 ,0 32 ,1 0, 0 16 ,5 0, 7 0, 0 0, 0 29 ,7 0, 0 0, 0 0, 0 1, 9 38 ,3 6, 1 27 ,9 8, 1 6, 1 96 48 ,7 40 ,4 22 ,3 1, 6 9, 9 0, 2 0, 5 0, 0 21 ,6 0, 0 0, 0 0, 2 1, 6 22 ,6 2, 4 17 ,0 5, 2 4, 4 31 1 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ 1 M AM A = M ét ho de d e l’a lla ite m en t m at er ne l e t d e l’a m én or rh ée 2 Y co m pr is le s 49 fe m m es â gé es d e 25 -4 9 an s Planification familiale * 63 Par ailleurs, on constate que le niveau d’utilisation de la contraception à un moment quelconque par l’ensemble des femmes (23 %) est peu différent de celui des femmes en union (24 %). Ce résultat s’explique par une pratique de la contraception très élevée chez les femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives (49 %). Parmi ces femmes, l’utilisation des méthodes modernes est très élevée (40 %), en particulier celle de la pilule (22 %) et du condom (22 %). Par ailleurs, 17 % d’entre elles ont déclaré avoir déjà utilisé la continence périodique et 5 % la méthode du retrait. 5.3 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION La prévalence contraceptive correspond au pourcentage de personnes qui utilisent une méthode de contraception au moment de l’enquête. Elle permet d’évaluer l’impact des programmes de planification familiale dans le pays. Le tableau 5.4 fournit le niveau de prévalence par âge pour l’ensemble des femmes, pour celles en union et pour celles qui ne le sont pas et qui sont sexuellement actives. Si 23 % de l’ensemble des femmes interrogées ont déclaré avoir pratiqué une méthode quelconque de contraception au cours de leur vie, seulement 8 % d’entre elles en utilisaient une au moment de l’enquête : 3 % utilisaient une méthode traditionnelle ou populaire, notamment la MAMA et la continence périodique (2 % au total), et 6 % utilisaient une méthode moderne, essentiellement la pilule (3 %) et les injectables (2 %) (graphique 5.2). Comme on l’a déjà souligné, au Mali, la prévalence de la contraception est à peu près la même parmi l’ensemble des femmes que parmi les femmes en union. Chez les femmes en union, seulement 8 % utilisaient une méthode quelconque au moment de l’enquête : moins de 6 % utilisaient une méthode moderne et moins de 3 % une méthode traditionnelle ou populaire. La méthode moderne la plus utilisée par les femmes en union est, de loin, la pilule (3 %). Parmi les méthodes traditionnelles, les femmes en union utilisent surtout la MAMA (1 %). La similitude de la prévalence contraceptive entre l’ensemble des femmes et les femmes en union s’explique une fois de plus par la prévalence très élevée de la contraception chez les femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives. En effet, parmi ces dernières, une femme sur trois (32 %) pratiquent la contraception, contre seulement 8 % des femmes en union. Elles utilisent surtout les méthodes modernes (22 %), et principalement la pilule (9 %) et le condom (7 %). Quand elles utilisent une méthode traditionnelle ou populaire (10 %), il s’agit presque exclusivement de la continence périodique (8 %). Les données selon l’âge (tableau 5.4) font apparaître que, quelle que soit la catégorie de femmes, le niveau maximum de prévalence se situe à 30-39 ans (11 % pour les femmes en union et 11 % pour l’ensemble des femmes), âges auxquels les femmes ont déjà donné naissance en moyenne à plus de 5 enfants (voir Chapitre 3—Fécondité) ; ce niveau diminue ensuite avec l’âge pour passer à 8 % à 40-44 ans et atteint son minimum à 45-49 ans, âges auxquels seulement environ 6 % des femmes en union utilisent une méthode contraceptive. Concernant les méthodes modernes, on constate qu’entre 20 et 39 ans, la pilule est la plus utilisée par les femmes en union, sa prévalence variant de moins de 3 % d’utilisatrices parmi les femmes de 20-24 ans à 4 % parmi celles de 35-39 ans. 64 * Planification familiale Ta bl ea u 5. 4 U til isa tio n ac tu el le d e la c on tra ce pt io n Ré pa rti tio n (e n % ) d es fe m m es , d es fe m m es a ct ue lle m en t e n un io n, e t d es fe m m es q ui n e so nt p as e n un io n et q ui so nt se xu el le m en t a ct iv es , p ar m ét ho de c on tra ce pt iv e ac tu el le m en t ut ili sé e, s el on l’ âg e, E D SM -II I M al i 2 00 1 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ M ét ho de s m od er ne s M ét ho de s tra di tio nn el le s __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ N ’im - N ’im po rte po rte qu el le C on ti- N ’u til ise N ’im po rte qu el le St ér ili - m ét ho de ne nc e M ét ho de pa s G ro up e qu el le m ét ho de In je ct a- D ia - M ou ss e/ C on do m sa tio n tra di tio n- pé rio - po pu - ac tu el le - d’ âg es m ét ho de m od er ne Pi lu le D IU bl es ph ra gm e ge lé e fé m in in C on do m fé m in in e Im pl an ts ne lle M AM A1 di qu e Re tra it la ire m en t To ta l Ef fe ct if __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ TO U TE S LE S FE M M ES __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ 15 -1 9 20 -2 4 25 -2 9 30 -3 4 35 -3 9 40 -4 4 45 -4 9 En se m bl e 5, 4 3, 6 1, 4 0, 1 1, 1 0, 0 0, 0 0, 0 1, 0 0, 0 0, 0 1, 8 0, 2 1, 2 0, 0 0, 4 94 ,6 10 0, 0 2 56 5 9, 1 6, 1 2, 8 0, 1 1, 9 0, 0 0, 0 0, 0 1, 1 0, 1 0, 0 2, 9 1, 3 1, 2 0, 0 0, 4 90 ,9 10 0, 0 2 33 9 9, 6 6, 5 4, 0 0, 1 1, 7 0, 0 0, 0 0, 0 0, 5 0, 1 0, 0 3, 1 1, 2 1, 1 0, 0 0, 8 90 ,4 10 0, 0 2 20 8 10 ,3 7, 3 3, 3 0, 1 2, 8 0, 0 0, 0 0, 0 0, 6 0, 2 0, 3 3, 0 1, 9 0, 6 0, 0 0, 4 89 ,7 10 0, 0 1 90 0 10 ,9 7, 1 3, 6 0, 4 2, 4 0, 0 0, 0 0, 0 0, 1 0, 5 0, 2 3, 8 1, 8 1, 3 0, 0 0, 7 89 ,1 10 0, 0 1 62 4 7, 7 5, 7 2, 1 0, 4 2, 9 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 3 0, 0 1, 9 0, 9 0, 7 0, 0 0, 3 92 ,3 10 0, 0 1 24 5 5, 3 4, 4 1, 2 0, 0 1, 8 0, 0 0, 1 0, 0 0, 1 1, 2 0, 1 0, 9 0, 1 0, 5 0, 0 0, 2 94 ,7 10 0, 0 96 8 8, 4 5, 8 2, 7 0, 2 2, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 6 0, 2 0, 1 2, 6 1, 1 1, 0 0, 0 0, 5 91 ,6 10 0, 0 12 8 49 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ FE M M ES A C TU EL LE M EN T EN U N IO N __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ 15 -1 9 20 -2 4 25 -2 9 30 -3 4 35 -3 9 40 -4 4 45 -4 9 En se m bl e 4, 9 3, 6 1, 5 0, 0 1, 7 0, 0 0, 0 0, 1 0, 3 0, 0 0, 0 1, 3 0, 4 0, 5 0, 0 0, 4 95 ,1 10 0, 0 1 17 8 7, 1 5, 2 2, 6 0, 2 1, 7 0, 0 0, 0 0, 0 0, 6 0, 1 0, 0 1, 9 1, 4 0, 3 0, 0 0, 2 92 ,9 10 0, 0 1 98 7 8, 6 5, 9 3, 7 0, 0 1, 6 0, 1 0, 0 0, 0 0, 4 0, 1 0, 0 2, 7 1, 2 0, 6 0, 0 0, 8 91 ,4 10 0, 0 2 07 6 9, 8 7, 0 3, 3 0, 1 2, 8 0, 0 0, 0 0, 0 0, 4 0, 2 0, 2 2, 8 2, 0 0, 4 0, 0 0, 4 90 ,2 10 0, 0 1 83 3 10 ,5 6, 8 3, 4 0, 4 2, 4 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 5 0, 2 3, 7 1, 8 1, 3 0, 0 0, 6 89 ,5 10 0, 0 1 56 9 7, 9 5, 9 2, 1 0, 4 3, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 3 0, 0 2, 0 0, 9 0, 8 0, 0 0, 3 92 ,1 10 0, 0 1 19 0 5, 6 4, 7 1, 3 0, 0 1, 9 0, 0 0, 1 0, 0 0, 1 1, 2 0, 1 0, 9 0, 1 0, 5 0, 0 0, 3 94 .4 10 0, 0 89 0 8, 1 5, 7 2, 8 0, 2 2, 1 0, 0 0, 0 0, 0 0, 3 0, 3 0, 1 2, 3 1, 2 0, 6 0, 0 0, 5 91 ,9 10 0, 0 10 7 23 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ FE M M ES C ÉL IB AT AI RE S SE XU EL LE M EN T AC TI VE S __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ 15 -1 9 20 -2 4 En se m bl e2 23 ,8 16 ,8 8, 2 1, 7 2, 1 0, 0 0, 0 0, 0 4, 4 0, 0 0, 4 7, 0 0, 0 6, 4 0, 0 0, 6 76 ,2 10 0, 0 16 6 37 ,9 26 ,0 6, 4 0, 0 8, 3 0, 0 0, 0 0, 0 11 ,4 0, 0 0, 0 11 ,9 0, 0 9, 4 0, 0 2, 5 62 ,1 10 0, 0 96 32 ,0 22 ,0 8, 5 1, 3 5, 0 0, 0 0, 0 0, 0 7, 1 0, 0 0, 2 9, 9 0, 0 8, 4 0, 0 1, 5 68 ,0 10 0, 0 31 1 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ 1 M AM A = M ét ho de d e l’a lla ite m en t m at er ne l e t d e l’a m én or rh ée 2 Y co m pr is le s 49 fe m m es â gé es d e 25 -4 9 an s Planification familiale * 65 Graphique 5.2 Prévalence de la contraception parmi l'ensemble des femmes selon la méthode utilisée EDSM-III 2001 To ute s mé tho de s M éth od es mo de rn es Pil ule Inj ec tab les Co nd om Au tre s mo de rn es M éth od es tra d./ po p. Co nti ne nc e pé rio diq ue Au tre s tra d./ po p. 0 2 4 6 8 10 Pourcentage Les renseignements recueillis permettent l’analyse de la prévalence contraceptive selon certaines caractéristiques socio-démographiques telles que le milieu et la région de résidence, le niveau d’instruction et le nombre d’enfants vivants. Le tableau 5.5 présente ces résultats. Chez les femmes, les différences de prévalence contraceptive sont très importantes lorsqu’on considère le milieu de résidence : en milieu rural, seulement 5 % des femmes en union utilisent une méthode contre 18 % en milieu urbain. On retrouve des écarts aussi importants en ce qui concerne les méthodes modernes, la prévalence étant de 3 % en milieu rural et de 15 % en milieu urbain. Le district de Bamako se distingue par les proportions d’utilisatrices les plus élevées : 24 % pour l’ensemble des méthodes et 19 % pour les méthodes modernes (graphique 5.3). La pilule est, quel que soit le milieu, la méthode moderne la plus utilisée et son taux d’utilisation atteint 8 % en milieu urbain. En ce qui concerne la région de résidence, on constate que dans toutes les régions, hormis le district de Bamako (24 %), la prévalence est inférieure à la moyenne nationale et même inférieure de moitié à la moyenne nationale dans les régions de Mopti et de Kidal/Gao/Tombouctou (4 % chacune contre 8 %). Dans toutes les régions, l’utilisation des méthodes modernes est, en général, plus importante que celle des méthodes traditionnelles ou populaires. De plus, la prévalence de la contraception, qu’elle soit moderne ou traditionnelle, augmente de façon très importante avec le niveau d’instruction : 6 % des femmes sans instruction utilisent une méthode quelconque et 4 % seulement une méthode moderne. Chez les femmes ayant un niveau d’instruction primaire, la prévalence est deux fois plus élevée et atteint 13 %, dont 10 % pour les méthodes modernes, essentiellement la pilule (6 %). C’est chez les femmes les plus instruites (secondaire ou plus) que la prévalence contraceptive est la plus élevée, avec une femme sur trois qui utilisent une méthode (33 %) : 26 % utilisent une méthode moderne (15 % pour la pilule) et 8% une méthode traditionnelle, presque exclusivement la continence périodique (6 %). 66 * Planification familiale Ta bl ea u 5. 5 U til is at io n ac tu el le d e la c on tr ac ep tio n pa r c ar ac té ris tiq ue s so ci o- dé m og ra ph iq ue s Ré pa rt iti on (e n % ) d es fe m m es a ct ue lle m en t e n un io n pa r m ét ho de c on tr ac ep tiv e ac tu el le m en t u til is ée , s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s s oc io -d ém og ra ph iq ue s, E D SM -I II M al i 2 00 1 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ M ét ho de s m od er ne s M ét ho de s tr ad iti on ne lle s __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ N ’im - N ’im - N ’im po rte po rte po rte C on - St ér ili - qu el le C on ti- N ’u til is e qu el le qu el le do m sa tio n m ét ho de ne nc e M ét ho de pa s m ét h- m ét ho de In je ct a- D ia - M ou ss e/ fé m i- C on - fé m i- Im - tr ad iti on - pé rio - po pu - ac tu el le - C ar ac té ri st iq ue od e m od er ne Pi lu le D IU bl es ph ra gm e ge lé e ni n do m ni ne pl an ts ne lle M A M A1 di qu e Re tr ai t la ire m en t To ta l Ef fe ct if __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ M ili eu d e ré si de nc e B am ak o A ut re s vi lle s E ns em bl e ur ba in R ur al Ré gi on K ay es K ou lik or o S ik as so S ég ou M op ti K id al /G ao /T om bo uc to u B am ak o N iv ea u d’ in st ru ct io n A uc un P rim ai re S ec on da ire o u pl us N om br e d’ en fa nt s vi va nt s 0 1 -2 3 -4 5 + En se m bl e 23 ,5 19 ,2 10 ,5 1, 1 5, 0 0, 1 0, 1 0, 1 1, 3 0, 9 0, 3 4, 3 0, 8 2, 4 0, 1 1, 0 76 ,5 10 0, 0 1 24 5 12 ,7 10 ,6 5, 6 0, 2 3, 9 0, 0 0, 1 0, 0 0, 5 0, 1 0, 3 2, 1 0, 3 1, 1 0, 0 0, 7 87 ,3 10 0, 0 1 37 8 17 ,8 14 ,7 7, 9 0, 6 4, 4 0, 0 0, 1 0, 0 0, 9 0, 5 0, 3 3, 1 0, 6 1, 7 0, 0 0, 8 82 ,2 10 0, 0 2 62 2 4, 9 2, 8 1, 1 0, 0 1, 4 0, 0 0, 0 0, 0 0, 1 0, 2 0, 0 2, 1 1, 5 0, 3 0, 0 0, 3 95 ,1 10 0, 0 8 10 1 6, 1 4, 6 2, 1 0, 1 2, 2 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 2 0, 0 1, 4 0, 3 0, 8 0, 0 0, 4 93 ,9 10 0, 0 1 55 8 7, 0 4, 3 1, 9 0, 0 1, 8 0, 0 0, 0 0, 0 0, 1 0, 4 0, 0 2, 7 1, 3 0, 7 0, 0 0, 7 93 ,0 10 0, 0 1 83 9 6, 5 4, 8 1, 7 0, 0 2, 5 0, 0 0, 0 0, 0 0, 3 0, 2 0, 0 1, 7 0, 9 0, 3 0, 0 0, 4 93 ,5 10 0, 0 2 09 5 7, 3 3, 9 1, 7 0, 0 1, 4 0, 0 0, 0 0, 0 0, 4 0, 2 0, 2 3, 4 2, 9 0, 2 0, 0 0, 4 92 ,7 10 0, 0 1 87 5 3, 5 2, 4 1, 4 0, 0 0, 8 0, 0 0, 1 0, 0 0, 0 0, 1 0, 0 1, 2 1, 0 0, 0 0, 0 0, 1 96 ,5 10 0, 0 1 56 2 4, 0 2, 4 1, 2 0, 0 1, 2 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 1, 6 1, 1 0, 3 0, 0 0, 1 96 ,0 10 0, 0 54 9 23 ,5 19 ,2 10 ,5 1, 1 5, 0 0, 1 0, 1 0, 1 1, 3 0, 9 0, 3 4, 3 0, 8 2, 4 0, 1 1, 0 76 ,5 10 0, 0 1 24 5 5, 9 4, 0 1, 7 0, 1 1, 8 0, 0 0, 0 0, 0 0, 2 0, 2 0, 1 1, 9 1, 3 0, 2 0, 0 0, 4 94 ,1 10 0, 0 9 04 2 13 ,1 10 ,1 5, 6 0, 1 3, 5 0, 1 0, 0 0, 0 0, 4 0, 3 0, 1 3, 0 1, 5 0, 9 0, 0 0, 5 86 ,9 10 0, 0 1 12 0 33 ,1 25 ,6 15 ,0 1, 9 5, 0 0, 0 0, 2 0, 1 2, 3 1, 0 0, 1 7, 5 0, 5 6, 3 0, 0 0, 7 66 ,9 10 0, 0 56 1 3, 0 2, 1 1, 2 0, 0 0, 3 0, 0 0, 0 0, 0 0, 6 0, 0 0, 0 0, 9 0, 0 0, 9 0, 0 0, 0 97 ,0 10 0, 0 1 16 6 7, 8 5, 7 3, 1 0, 1 1, 7 0, 0 0, 0 0, 0 0, 5 0, 2 0, 0 2, 1 1, 0 0, 5 0, 0 0, 6 92 ,2 10 0, 0 3 48 9 8, 2 5, 5 3, 2 0, 2 1, 7 0, 0 0, 0 0, 0 0, 2 0, 2 0, 0 2, 7 1, 6 0, 7 0, 0 0, 3 91 ,8 10 0, 0 2 87 1 10 ,0 7, 2 2, 6 0, 2 3, 5 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 6 0, 3 2, 8 1, 6 0, 6 0, 0 0, 6 90 ,0 10 0, 0 3 19 7 8, 1 5, 7 2, 8 0, 2 2, 1 0, 0 0, 0 0, 0 0, 3 0, 3 0, 1 2, 3 1, 2 0, 6 0, 0 0, 5 91 ,9 10 0, 0 10 7 23 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ Planification familiale * 67 Comme on pouvait s’y attendre, l’utilisation de la contraception augmente avec la parité, passant de 3 % chez les nullipares à 8 % chez celles ayant 2 enfants vivants et atteignant 10 % chez les femmes ayant 5 enfants et plus. Lorsqu’on se limite aux seules méthodes modernes, les variations de la prévalence suivent la même tendance, avec une prédominance de la pilule, quelle que soit la parité. Les résultats de l’EDSM-III mettent en évidence des niveaux d’utilisation de la contraception, et surtout de la contraception moderne, qui demeurent encore faibles, ce qui explique, en grande partie, que la fécondité reste encore à un niveau élevé. Cette situation est assez similaire à celle d’autres pays d’Afrique de l’Ouest où des enquêtes ont été réalisées. En outre, il faut noter que la prévalence contraceptive n’a pratiquement pas varié au cours des dernières années, ce qui explique, en partie, le maintien du niveau de la fécondité décrite précédemment (voir Chapitre 3—Fécondité). En effet, de 1996 à 2001, la prévalence contraceptive est passée de 7 % à 8 % pour une méthode quelconque ; en ce qui concerne la prévalence moderne, elle est passée de 5 % à 6 % parmi les femmes en union. On notera, en particulier, qu’à Bamako, la prévalence contraceptive moderne est passée de 16 % à 19 % et que dans l’ensemble du milieu urbain elle est passée de 11 % à 15 % (graphique 5.4). 68 * Planification familiale 5.4 UTILISATION DE LA CONTRACEPTION ET STATUT DE LA FEMME Cette partie traite de l’utilisation d’une méthode contraceptive selon le statut de la femme (nombre de décisions où elle a le dernier mot, nombre de raisons de refuser les rapports sexuels avec le mari, nombre de raisons justifiant qu’un mari batte son épouse). Du point de vue du nombre de décisions dans lesquelles la femme a le dernier mot (tableau 5.6), la prévalence contraceptive passe de 7 % chez les femmes en union ne prenant aucune décision à 11 % chez celles qui prennent 3 à 4 décisions dans leur ménage. Ceci semble montrer que plus la femme est impliquée dans les décisions du ménage, plus son recours à des méthodes contraceptives est élevé. Cette tendance est observée quel que soit le type de méthodes (de 5 % à 8 % pour les méthodes modernes, de 2 % à 3 % pour les méthodes traditionnelles). Par rapport aux raisons justifiant le refus d’une femme d’avoir des rapports sexuels avec son mari, la prévalence contraceptive passe de 7 % chez les femmes qui considèrent qu’en aucun cas une femme ne peut refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari à 9 % chez celles qui considèrent que dans 3-4 situations, la femme a le droit de refuser les rapports sexuels. Ceci reste valable quel que soit le type de méthodes. En ce qui concerne les raisons justifiant qu’un homme puisse battre sa femme, la prévalence passe de 7 % quand la femme considère que dans 5 situations spécifiques un mari a le droit de battre sa femme à 12 % quand la femme estime que dans aucun cas, un homme n’a le droit de battre sa femme. 70 * Planification familiale Ta bl ea u 5. 6 U til isa tio n ac tu el le d e la c on tra ce pt io n pa r s ta tu t d e la fe m m e Ré pa rti tio n (e n % ) d es fe m m es a ct ue lle m en t e n un io n pa r m ét ho de c on tra ce pt iv e ac tu el le m en t u til isé e, se lo n ce rta in es c ar ac té ris tiq ue s s oc io -d ém og ra ph iq ue s, E D SM -II I M al i 2 00 1 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ M ét ho de m od er ne M ét ho de s tra di tio nn el le s __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ N ’im - N ’im - N ’im po rte po rte po rte C on - St ér ili - qu el le C on ti- M ét h- N ’u til ise qu el le qu el le do m sa tio n m ét ho de ne nc e od e pa s m ét h- m ét ho de In je ct a- D ia - M ou ss e/ fé m i- C on - fé m i- Im - tra di tio n- pé rio - po pu - ac tu el le - C ar ac té ris tiq ue od e m od er ne Pi lu le D IU bl es ph ra gm e ge lé e ni n do m ni ne pl an ts ne lle M AM A1 di qu e Re tra it la ire m en t To ta l Ef fe ct if __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ N om br e de d éc is io ns d an s le sq ue lle s la fe m m e a le d er ni er m ot 0 1- 2 3- 4 5 N om br e de ra is on s de re fu se r le s ra pp or ts a ve c le m ar i 0 1- 2 3- 4 N om br e de r ai so ns ju st ifi an t q u’ un m ar i b at te s on é po us e 0 1- 2 3- 4 5 En se m bl e 6, 6 4, 8 2, 7 0, 1 1, 6 0, 0 0, 0 0, 0 0, 2 0, 3 0, 0 1, 8 0, 8 0, 4 0, 0 0, 5 93 ,4 10 0, 0 3 66 9 8, 2 5, 7 2, 5 0, 1 2, 4 0, 0 0, 0 0, 0 0, 3 0, 2 0, 0 2, 5 1, 3 0, 7 0, 0 0, 5 91 ,8 10 0, 0 4 72 7 10 ,9 7, 5 3, 5 0, 5 2, 7 0, 1 0, 0 0, 0 0, 1 0, 6 0, 2 3, 4 2, 3 0, 8 0, 0 0, 2 89 ,1 10 0, 0 1 50 9 8, 8 6, 9 3, 3 0, 1 2, 1 0, 0 0, 0 0, 1 0, 6 0, 1 0, 6 1, 8 0, 5 0, 8 0, 0 0, 5 91 ,2 10 0, 0 81 8 6, 9 5, 1 2, 6 0, 1 1, 9 0, 0 0, 0 0, 0 0, 2 0, 3 0, 0 1, 7 1, 0 0, 2 0, 0 0, 5 93 ,1 10 0, 0 2 60 6 8, 1 6, 1 2, 9 0, 2 2, 2 0, 0 0, 0 0, 0 0, 2 0, 3 0, 1 2, 0 0, 9 0, 7 0, 0 0, 4 91 ,9 10 0, 0 5 41 6 9, 2 5, 6 2, 6 0, 2 2, 1 0, 0 0, 0 0, 0 0, 5 0, 1 0, 0 3, 6 2, 1 0, 8 0, 0 0, 6 90 ,8 10 0, 0 2 70 1 11 ,7 8, 0 4, 8 0, 6 1, 4 0, 0 0, 1 0, 0 0, 8 0, 2 0, 0 3, 8 2, 9 0, 8 0, 0 0, 1 88 ,3 10 0, 0 1 03 3 9, 8 6, 9 3, 0 0, 2 2, 4 0, 0 0, 0 0, 0 0, 5 0, 3 0, 3 2, 9 1, 6 1, 0 0, 0 0, 3 90 ,2 10 0, 0 2 21 3 7, 3 5, 2 2, 6 0, 1 1, 9 0, 0 0, 0 0, 0 0, 2 0, 3 0, 0 2, 1 0, 9 0, 5 0, 0 0, 6 92 ,7 10 0, 0 4 59 3 6, 7 4, 8 2, 1 0, 0 2, 4 0, 0 0, 0 0, 0 0, 1 0, 3 0, 0 1, 8 0, 9 0, 4 0, 0 0, 5 93 ,3 10 0, 0 2 88 5 8, 1 5, 7 2, 8 0, 2 2, 1 0, 0 0, 0 0, 0 0, 3 0, 3 0, 1 2, 3 1, 2 0, 6 0, 0 0, 5 91 ,9 10 0, 0 10 7 23 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ 1 M AM A = M ét ho de d e l’a lla ite m en t m at er ne l e t d e l’a m én or rh ée Planification familiale * 71 Tableau 5.7 Nombre d’enfants à la première utilisation Répartition (en %) des femmes qui ont déjà utilisé un moyen de contraception par nombre d’enfants vivants lors de la première utilisation de la contraception et nombre médian d’enfants à la première utilisation, selon l’âge actuel, EDSM-III Mali 2001________________________________________________________________________________________________________ Nombre médian d’enfants à la première Nombre d’enfants vivants à la première utilisation utilisation Âge ______________________________________________________ de la contra- actuel 0 1 2 3 4 + ND Total Effectif ception________________________________________________________________________________________________________ 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Ensemble 59,4 31,6 4,5 0,0 0,4 4,2 100,0 273 - 31,8 42,0 17,8 4,2 1,1 3,1 100,0 583 0,4 15,6 37,5 25,3 10,2 9,8 1,5 100,0 635 0,9 10,2 32,1 18,2 11,7 26,2 1,6 100,0 532 1,4 7,8 24,3 16,9 10,6 39,4 1,1 100,0 451 2,0 6,4 25,6 13,0 7,4 46,1 1,4 100,0 313 2,6 1,0 29,5 7,2 6,4 54,4 1,5 100,0 187 3,8 18,8 33,1 16,9 7,9 21,3 2,0 100,0 2 974 0,9 5.5 NOMBRE D’ENFANTS À LA PREMIÈRE UTILISATION L’utilisation de la contraception pour la première fois peut, en fonction de la parité atteinte, répondre à des objectifs différents : retard de la première naissance si l’utilisation commence lorsque la femme n’a pas encore d’enfant, espacement des naissances si la contraception débute à des parités faibles, ou encore limitation de la descendance lorsque la contraception commence à des parités élevées, c’est-à-dire lorsque le nombre d’enfants désiré est déjà atteint. Le tableau 5.7 présente, par groupe d’âges, la répartition des femmes en union selon le nombre d’enfants qu’elles avaient au moment où elles ont utilisé la contraception pour la première fois. Parmi les 24 % de femmes en union ayant déjà utilisé la contraception, seulement 19 % ont commencé à l’utiliser alors qu’elles n’avaient pas d’enfant, c’est-à-dire pour retarder la venue du premier enfant, 58 % ont commencé alors qu’elles étaient à des parités relativement faibles (1 à 3) et 21 % ont commencé à des parités élevées (4 et plus), probablement pour limiter leur descendance. La proportion de femmes ayant déjà utilisé la contraception alors qu’elles étaient nullipares augmente fortement des générations les plus anciennes aux plus jeunes (de 1 % à 45-49 ans, cette proportion est de 32 % à 20-24 ans et de 59 % à 15-19 ans). On note la même tendance pour les femmes qui ont commencé à pratiquer la contraception après la naissance du premier enfant : en effet, les proportions passent de 30 % à 45-49 ans à 42 % à 20-24 ans. De même, on remarque que le nombre médian d’enfants à la première utilisation passe de 3,8 pour les femmes les plus âgées à 0,4 pour celles de 20-24 ans. Ces résultats suggèrent qu’un changement de comportement se dessine, les jeunes générations ayant plus tendance que les anciennes à retarder la venue du premier enfant et/ou à commencer à espacer leurs naissances dès les premières parités. 5.6 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE L’efficacité de l’utilisation de certaines méthodes de contraception, en particulier de la continence périodique, dépend de la connaissance exacte de la période de fécondabilité au cours du cycle menstruel. Pour mesurer le niveau de connaissance des femmes, on leur a demandé si elles pensaient qu’au cours du cycle, il existait une période pendant laquelle elles avaient plus de chance de tomber enceinte et, si oui, à quel moment du cycle se situait cette période. Compte tenu des très nombreuses nuances que peuvent comporter les réponses à cette dernière question, on a essayé de regrouper les réponses en trois grandes catégories 72 * Planification familiale Tableau 5.8 Connaissance de la période féconde Répartition (en %) des femmes qui utilisent la continence périodique, des femmes qui n’utilisent pas la continence périodique et de l’ensemble des femmes selon leur connaissance de la période féconde au cours du cycle menstruel, EDSM-III Mali 2001_______________________________________________________ Non Utilisatrices utilisatrices Connaissance de la de la Toutes de la période continence continence les féconde périodique périodique femmes________________________________________________________ Juste après le début des règles Durant les règles Juste après la fin des régles Entre les règles Pas de moment spécifique Autre NSP ND Total Effectif 2,1 3,6 3,6 1,1 1,3 1,3 29,8 17,5 17,6 59,4 17,8 18,3 1,5 18,1 17,9 0,0 0,0 0,0 6,0 41,4 41,0 0,0 0,2 0,2 100,0 100,0 100,0 130 12 719 12 849 (tableau 5.8) : - Connaissance : milieu du cycle ou entre deux cycles ; - Connaissance douteuse : juste après la fin des règles, juste avant le début des règles. Ces réponses sont trop vagues pour pouvoir être considérées comme exactes mais, selon l’idée que se font les femmes du juste après et du juste avant, elles peuvent correspondre à la période de fécondabilité; - Méconnaissance : pendant les règles, n’importe quand, autre ou ne sait pas. Près des deux tiers des femmes (61 %) n’ont aucune idée de l’existence d’une période particulière ou ne savent pas situer correctement cette période, 21 % en ont une connaissance douteuse et seulement 18 % des enquêtées savent à quelle période la femme a le plus de chance de tomber enceinte. Par contre, la connaissance des femmes ayant déjà utilisé la continence périodique comme méthode de contraception est nettement meilleure, puisque 59 % d’entre elles ont su situer correctement la période de fécondabilité. Néanmoins, parmi ces utilisatrices, on constate que 32 % n’en ont qu’une connaissance douteuse et 9 % ne savent pas situer la période au cours de laquelle elles doivent s’abstenir de rapports sexuels pour éviter de tomber enceinte. Cependant, bien que la pratique de cette méthode risque fort d’être vouée à l’échec pour ces femmes qui ne l’utilisent pas correctement, il faut rappeler qu’il n’y a au Mali que 1 % d’utilisatrices de la continence périodique. Cela nécessite tout de même une éducation des femmes pour améliorer la connaissance de leur cycle, ce qui améliorerait nettement l’efficacité de cette méthode. 5.7 SOURCE D’APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION Pour évaluer la contribution des secteurs public et privé dans la distribution ou la vente des différentes méthodes de contraception, on a demandé aux utilisatrices d’indiquer l’endroit où elles obtiennent leur méthode. Le tableau 5.9 indique qu’au Mali, le secteur médical public est le secteur privilégié Planification familiale * 73 Tableau 5.9 Source d’approvisionnement Répartition (en %) des utilisatrices actuelles de méthodes contraceptives modernes par source d’approvisionnement ou d’information la plus récente, selon les méthodes spécifiques, EDSM-III Mali 2001 _____________________________________________________________________________ Source Injecta- Stérilisation d’approvisionnement Pilule bles Condom féminine Ensemble1 ______________________________________________________________________________ Secteur public Hôpital gouvernemental Centre de santé gouvernemental Clinique de planification famiale Agent de terrain Autre publique Secteur médical privé Clinique/hôpital privé Pharmacie Médecin privé Agent de terrain Autre privé médical Autre source Boutique Église Amis/parents Autre ND Total Effectif 38,9 75,5 6,9 (78,1) 51,8 6,6 8,5 1,6 (3,2) 9,4 26,7 56,9 3,2 (29,4) 35,4 3,6 5,8 0,0 (5,5) 4,2 2,0 4,4 1,2 (0,0) 2,7 0,0 0,0 0,9 (0,0) 0,1 45,6 19,9 43,8 (3,8) 33,6 1,7 2,0 7,4 (1,6) 2,6 37,5 14,0 36,4 (0,0) 26,5 0,3 2,9 0,0 (0,0) 1,2 5,9 0,7 0,0 (0,0) 3,0 0,3 0,3 0,0 (2,2) 0,3 12,8 4,0 37,0 (0,0) 11,1 5,7 0,7 18,5 (0,0) 4,8 0,0 0,0 1,7 (0,0) 0,2 7,1 3,3 16,8 (0,0) 6,2 0,6 0,3 7,4 (5,1) 1,4 2,1 0,3 4,9 (13,0) 2,2 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 350 258 75 31 749 ______________________________________________________________________________ ( ) Basé sur un faible nombre de cas non-pondérés. 1 Y compris 25 autres cas (20 cas de DIU, 1 cas de diaphragme, 3 cas de mousse/gelée, et 1 cas de condom féminin) d’approvisionnement en méthodes contraceptives. La majorité des femmes utilisatrices de la contraception s’approvisionnent auprès du secteur médical public (52 %), essentiellement dans les centres de santé y compris CSCOM (35 %) et dans les hôpitaux (9 %) ; le secteur privé, avec environ un tiers d’utilisatrices (34 %), essentiellement les pharmacies (27 %), se situe en deuxième position. Parmi les utilisatrices de la pilule, 46 % des femmes s’adressent au secteur médical privé, dont 38 % dans les pharmacies. Le secteur médical public contribue pour 39 % à l’approvisionnement en pilules dont 27 % dans les centres de santé y compris CSCOM. Pour les injectables qui nécessitent l’intervention de personnel médical qualifié, les femmes préfèrent s’approvisionner dans le secteur public (76 %), la majorité allant dans les centres de santé (57 %). Près de deux femmes sur cinq se procurent les condoms dans le secteur privé médical (44 %) dont 36 % dans les pharmacies privées. Les autres sources d’approvisionnement (autres que médicales) contribuent pour plus du tiers (37 %) pour les condoms, 13 % pour les pilules et 4 % pour les injectables. 74 * Planification familiale 5.8 CHOIX DE LA MÉTHODE ET INFORMATION L’utilisation des méthodes modernes de contraception présente souvent des effets secondaires sur lesquels il est bon d’informer les clientes de ces prestations. La méconnaissance de ces effets peut conduire à un rejet par les utilisatrices des méthodes contraceptives modernes. Pour éviter toute déception aux femmes désireuses d’utiliser la contraception, les spécialistes de la planification familiale se doivent de bien cerner leurs objectifs (espacer ou limiter les naissances) et de les informer suffisamment sur les méthodes disponibles afin qu’elles fassent le choix adéquat. À l’EDSM-III, on a demandé aux utilisatrices de méthodes modernes si elles ont été suffisamment informées sur les méthodes (irréversibilité, efficacité, effets secondaires et précautions en cas d’effets secondaires). Le tableau 5.10 présente une synthèse des résultats obtenus. Dans 45 % des cas, les utilisatrices ont été informées des effets secondaires. Toutefois le niveau d’information diffère selon la méthode utilisée et les caractéristiques socio-démographiques. En effet, près des deux tiers des femmes utilisatrices des DIU (63 %) et plus de la moitié de celles qui utilisent les injectables (57 %) ont été informées des effets secondaires. Les utilisatrices des méthodes contraceptives en milieu urbain sont plus informées que celles du milieu rural (47 % contre 39 %). Ce sont les utilisatrices de la région de Koulikoro (60 %) qui sont les plus informées des effets secondaires des méthodes utilisées, tandis que celles de Mopti, avec moins d’une utilisatrice sur cinq (18 %), sont les moins informées des effets secondaires. Le niveau d’information sur les effets secondaires augmente avec l’instruction. En effet, 40 % des utilisatrices sans aucune instruction sont informées contre 49 % pour celles ayant le niveau secondaire ou plus. Près des deux cinquièmes des utilisatrices (39 %) sont informées des dispositions à prendre en cas d’effets secondaires des méthodes utilisées. Les variations constatées pour l’information concernant les effets secondaires sont les mêmes que pour les mesures à prendre en cas d’effets secondaires, aussi bien selon les différentes méthodes contraceptives que selon les caractéristiques socio-démographiques des utilisatrices. Près de deux femmes sur cinq ont été informées sur la possibilité d’utilisation d’autres méthodes. Selon la méthode contraceptive, on constate que ce sont les utilisatrices d’injectables qui ont été les mieux informées. Par milieu de résidence, on note que les femmes de Bamako sont celles qui ont reçu le plus fréquemment des informations à ce sujet (47 % contre 32 % dans les autres villes). Dans les régions, on note des écarts, en particulier entre Bamako et Mopti, qui se caractérisent par les proportions les plus élevées de femmes ayant reçu ce type d’informations, et Sikasso qui, à l’opposé, détient la proportion la plus faible (24 %). Les résultats par niveau d’instruction montrent que ce sont les femmes les plus instruites qui sont les mieux informées (48 % contre 33 % pour celles sans instruction). Il faut souligner que plus d’un tiers des utilisatrices de la stérilisation féminine (36 %) n’ont pas été informées du caractère irréversible de cette méthode. Planification familiale * 75 Tableau 5.10 Choix de la méthode et information Pourcentage de femmes utilisatrices de méthodes contraceptives modernes qui ont choisi la méthode actuelle dans les cinq années ayant précédé l’enquête et qui ont été informées des effets secondaires de la méthode utilisée, pourcentage de celles qui ont été informées sur ce qu’il fallait faire en cas d’effets secondaires, pourcentage de femmes qui ont été informées des autres méthodes de contraception qu’elles pourraient utiliser, et pourcentage des femmes stérilisées au cours des cinq années précédant l’enquête qui ont été informées qu’elles ne pourraient plus avoir d’enfants, par méthode spécifique et certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSM-III Mali 2001_____________________________________________________________________________ Informée Informée Informée que Avertie des effets sur ce qu’il d’autres que la secondaires/ faut faire en méthodes qui stérilisa- Méthode et problèmes des cas d’effets peuvent être tion est caractéristique méthodes1 secondaires1 utilisées2 permanente3_____________________________________________________________________________ Méthode Pilule 36,4 28,1 40,5 NA DIU 63,4 58,1 38,1 NA Injectables 56,6 53,4 41,6 NA Implants 41,3 41,3 23,1 NA Stérilisation féminine 24,9 18,4 17,1 64,0 Autre4 NA NA 24,0 NA Milieu de résidence Bamako 49,4 46,6 46,9 * Autres villes 44,0 32,8 32,4 * Ensemble urbain 47,4 41,5 41,6 * Rural 39,1 32,8 35,3 * Région Kayes 43,2 39,7 34,9 * Koulikoro 59,7 32,6 39,6 * Sikasso 37,9 37,8 24,2 * Ségou 33,6 25,8 35,3 * Mopti 18,4 20,2 40,1 * Kidal/Gao/Tombouctou 34,2 33,4 39,7 * Bamako 49,4 46,6 46,9 * Niveau d’instruction Aucun 39,7 36,1 32,6 * Primaire 51,2 43,0 46,6 * Secondaire ou plus 49,1 40,1 47,7 * Ensemble 44,5 38,5 39,4 64,0 Effectif de femmes 669 669 674 31____________________________________________________________________________ NA = Non applicable * Basé sur trop peu de cas 1 Non compris les utilisatrices du condom et des autres méthodes modernes 2 Non compris les utilisatrices du condom 3 Concerne les seules utilisatrices de la stérilisation 4 Les autres méthodes comprennent le condom féminin, le diaphragme et les méthodes vaginales 5.9 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION On a demandé aux femmes et aux hommes qui n’utilisaient pas la contraception au moment de l’enquête s’ils avaient l’intention d’utiliser une méthode dans l’avenir. Le tableau 5.11, illustré par le graphique 5.5, fournit la distribution des femmes en union selon l’intention d’utiliser une méthode de contraception dans le futur selon la parité. 76 * Planification familiale Tableau 5.11 Utilisation future Répartition (en %) des femmes actuellement en union n’utilisant pas actuellement de méthode, par intention d’utiliser une méthode dans l’avenir, selon le nombre d’enfants vivants, EDSM-III Mali 2001____________________________________________________________________________________ Nombre d’enfants vivants Intention d’utiliser __________________________________________ dans le futur 0 1 2 3 4 ou + Ensemble____________________________________________________________________________________ A l’intention d’utiliser Incertaine N’a pas l’intention d’utiliser ND Total1 Effectif de femmes 28,1 37,9 38,1 36,9 38,7 37,3 16,8 14,4 11,5 11,3 10,6 12,0 54,9 47,6 50,5 51,8 50,3 50,5 0,2 0,2 0,0 0,1 0,3 0,2 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 828 1 670 1 580 1 435 4 345 9 857 ____________________________________________________________________________________ 1 Y compris la grossesse actuelle Graphique 5.5 Intention d'utiliser la contraception par les femmes actuellement en union EDSM-III 2001 NSP 12% A l'intention 37.3% N'a pas l'intention 50.5% Un peu plus de la moitié des femmes (51 %) en union qui n’utilisaient pas une méthode contraceptive au moment de l’enquête, n’ont pas l’intention de le faire dans l’avenir (dans les 12 mois suivant l’interview). Par contre, plus d’un tiers d’entre elles (37 %) ont l’intention d’utiliser la contraception dans le futur et 12 % ne se sont pas prononcées sur la question. On constate que la proportion des femmes qui déclarent avoir l’intention d’utiliser une méthode de planification familiale augmente avec la parité : de 28 % chez les nullipares à 38 % chez celles ayant un enfant et à 39 % chez celles ayant 4 enfants ou plus. Parmi les nullipares qui n’utilisaient pas une méthode contraceptive au moment de l’enquête, 55 % n’ont pas l’intention de le faire dans un avenir proche et 17 % d’entre elles ne se sont pas prononcées. Parmi les femmes à faible parité (1 à 3 enfants) la moitié n’a pas l’intention d’utiliser une méthode contraceptive Planification familiale * 77 Tableau 5.12 Raison pour ne pas avoir l’intention d’utiliser la contraception Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui n’utilisent pas actuellement une méthode et qui n’ont pas l’intention d’en utiliser une dans l’avenir, par principale raison pour laquelle elles n’ont pas l’intention d’utiliser la contraception, selon l’âge, EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________ Âge Raison de __________________ non-utilisation 15-29 ans 30-49 ans Ensemble_________________________________________________________ Raisons associées à la fécondité 23,3 33,3 29,1 Rapports sexuels peu fréquents 3,0 4,1 3,6 Ménopause, hystérectomie 0,0 5,6 3,2 Sous-féconde, inféconde 1,3 9,3 5,9 Veut plus d’enfants 19,0 14,4 16,3 Opposée à l’utilisation 42,4 34,4 37,8 Enquêtée opposée 25,7 20,9 22,9 Mari opposé 12,2 8,3 9,9 Autres opposés 0,2 0,0 0,1 Interdits religieux 4,3 5,2 4,8 Manque de connaissance 12,8 10,3 11,4 Ne connaît aucune méthode 9,0 7,6 8,2 Ne connaît aucune source 3,9 2,7 3,2 Raisons associées à la méthode 14,9 15,3 15,1 Problèmes de santé 3,7 6,2 5,1 Peur des effets secondaires 4,3 3,3 3,7 Manque d’accès 0,3 0,2 0,3 Coûte trop cher 1,2 0,7 0,9 Utilisation gênante 0,3 0,6 0,5 Interfère avec le fonctionnement du corps 5,0 4,3 4,6 Autre 2,0 2,5 2,3 NSP 4,4 3,9 4,1 Total1 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 099 2 878 4 977 _________________________________________________________ 1 Y compris les “non déterminés” dans un avenir proche et plus d’une femme sur dix reste incertaine. On observe également que 50 % des femmes ayant 4 enfants et plus n’ont pas l’intention d’utiliser une méthode dans un avenir très proche. Aux femmes non utilisatrices de la contraception et qui ont déclaré ne pas avoir l’intention de l’utiliser dans l’avenir, on a demandé quelle en était la raison. Ces raisons sont regroupées en quatre groupes : - Raisons associées à la fécondité : rapports sexuels peu fréquents, ménopause, hystérectomie, sous-fécondité, infécondité, veut plus/autant d’enfants que possible ; - Opposition à l’utilisation de la planification familiale : enquêtée opposée, mari opposé, autres personnes opposées, interdits religieux ; - Manque de connaissance : ne connaît aucune méthode, aucune source ; - Raisons associées à la méthode : problème de santé, peur des effets secondaires, manque d’accès/éloignement, coût trop élevé utilisation gênante, interférence avec le fonctionnement du corps. Les données du tableau 5.12 indi- quent que, quel que soit l’âge, l’opposition à à la planification familiale est la raison la plus fréquemment évoquée par les femmes (38 %), suivie des raisons associées à la fécondité (29 %) puis des raisons associées à la méthode (15 %). Parmi les 38 % d’opposition à la planification familiale, dans deux cas sur trois, c’est l’enquêtée même qui est opposée (23 %) suivie du mari dans un cas sur quatre (10 %). Concernant les raisons associées à la fécondité, c’est le désir d’avoir des enfants qui est le plus fréquemment évoquée par les femmes (16 % sur 29 %). On relève que dans 11 % des cas, la méconnaissance des méthodes est évoquée et dans 15 % des cas, ce sont les raisons associées aux méthodes qui expliquent le fait de ne pas utiliser la contraception. Par ailleurs, les raisons invoquées par les jeunes femmes et celles de 30 ans et plus diffèrent assez peu. 78 * Planification familiale Tableau 5.13 Méthode contraceptive future préférée Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui n’utilisent pas actuellement une méthode mais qui ont l’intention d’en utiliser une dans l’avenir, par méthode préférée, selon l’âge, EDSM-III Mali 2001_______________________________________________________________ Âge Méthode _____________________ contraceptive 15-29 ans 30-49 ans Ensemble_______________________________________________________________ Pilule DIU Injection Diaphragme Condom Stérilisation féminine Stérilisation masculine Continence périodique Retrait Implants Allaitement maternel Condom féminin Mousse et gelée Autre ND Total Effectif 48,9 44,3 46,9 1,1 1,4 1,3 39,0 38,3 38,7 0,0 0,4 0,2 0,5 0,3 0,4 0,2 2,7 1,3 0,0 0,1 0,0 1,0 1,1 1,0 0,1 0,0 0,1 3,2 4,3 3,6 0,5 0,7 0,6 0,2 0,2 0,2 0,1 0,4 0,2 4,4 5,1 4,7 0,7 0,8 0,8 100,0 100,0 100,0 2 124 1 555 3 678 Pour évaluer la demande potentielle des différents types de méthodes contraceptives, on a demandé aux femmes en union ayant l’intention d’utiliser la contraception dans l’avenir, de spécifier la méthode de leur choix. Il ressort des données du tableau 5.13 que les méthodes modernes (92 %) sont les plus fréquemment citées, avec notamment 47 % pour la pilule et 39 % pour les injections; les implants sont cités par 4 % des futures utilisatrices, alors que les autres méthodes ne sont que très peu citées (moins de 2 % au maximum). Il est intéressant de noter que la continence périodique, qui est actuellement utilisée par moins de 1 % des femmes en union, reste au même niveau pour une utilisation future. De même, parmi les méthodes modernes, c’est la pilule qui vient en tête pour l’utilisation future ; rappelons que c’est également la méthode moderne actuelle la plus fréquemment utilisée. 5.10 SOURCES D’INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION Les média peuvent se révéler très utiles en tant que support pour la diffusion d’informations sur la planification familiale en général, ainsi que sur les différentes méthodes de contraception. Pour cette raison, on a demandé à l’ensemble des femmes si elles avaient entendu un message quelconque sur la planification familiale à la radio ou à la télévision durant le mois ayant précédé l’enquête. Les résultats du tableau 5.14 permettent de constater que, durant le mois précédant l’enquête, moins de la moitié des femmes (46 %) n’ont ni vu, ni entendu, que ce soit à la radio, à la télévision ou dans un journal ou une revue un message sur la planification familiale. Un peu plus de la moitié des femmes (51 %) ont déclaré avoir entendu un message sur la planification familiale à la radio au cours du mois précédant l’enquête, 30 % à la télévision, et 11 % des femmes ont vu un message dans un journal ou une revue. Rappelons ici que 31 % des femmes interrogées ont déclaré regarder la télévision et que 62 % des femmes ont déclaré écouter la radio, au moins une fois par semaine (voir Chapitre 3, Section 3.4—Accès aux médias). Planification familiale * 79 Tableau 5.14 Exposition aux messages sur la planification familiale Pourcentage de femmes qui, au cours des douze mois précédant l’enquête, ont entendu à la radio, vu à la télévision ou dans un journal ou une revue un message sur la planification familiale, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________________________________ Aucun de Journal/ ces trois Caractéristique Radio Télévision magazine médias Effectif ____________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 46,4 33,8 12,9 48,9 2 565 54,3 32,9 13,2 42,7 2 339 56,8 32,9 11,1 41,0 2 208 53,1 27,5 10,5 45,6 1 900 50,7 27,4 10,4 47,1 1 624 44,1 21,2 7,4 54,2 1 245 46,6 22,0 8,0 52,2 968 69,9 71,3 39,2 21,0 2 114 64,9 46,4 14,9 31,4 1 749 67,6 60,0 28,2 25,7 3 863 43,8 16,6 3,7 55,4 8 986 38,7 17,8 3,5 59,8 1 734 51,5 31,4 7,1 45,9 2 055 57,9 23,3 7,7 41,1 2 408 50,5 19,7 6,0 48,6 2 078 40,9 17,6 3,7 58,5 1 780 25,0 9,3 1,6 73,8 681 69,9 71,3 39,2 21,0 2 114 46,7 22,3 5,3 51,6 10 275 61,1 46,1 17,2 34,5 1 456 76,3 75,4 55,7 14,7 1 118 50,9 29,6 11,1 46,4 12 849 Comme on pouvait s’y attendre, les résultats mettent en évidence des disparités importantes selon les caractéristiques des femmes : plus de la moitié des femmes du milieu rural (55 %) n’ont entendu aucun message, ainsi que celles n’ayant jamais fréquenté l’école (52 %). Corrélativement, les femmes du milieu urbain (74 %), notamment celles de la ville de Bamako (79%), et les femmes ayant un niveau secondaire ou plus (85 %) sont celles qui sont les plus exposées à l’information, par la radio et/ou la télévision. Néanmoins, même parmi les femmes de Bamako, un cinquième des femmes (21 %) et plus d’une femme sur dix (15 %) parmi celles de niveau secondaire n’avaient entendu aucun message. Par ailleurs, il ressort du tableau 5.14 que le mois précédant l’enquête, neuf femmes sur dix (89 %) n’ont reçu aucun message écrit sur la planification familiale par le biais des journaux et magazines. Ceci étant très lié au niveau d’instruction (rappelons que 80 % des femmes de 15-49 ans ne sont jamais allées à l’école), on constate que seules les femmes ayant un niveau d’études secondaire ou plus ont pu avoir accès à une information écrite (56 %). 80 * Planification familiale Tableau 5.15 Contact des non-utilisatrices de la contraception avec des agents de planning familial Pourcentage des non-utilisatrices de la contraception qui ont été contactées par un agent de terrain qui leur a parlé du planning familial, qui ont visité un service de santé mais qui n’ont pas parlé des méthodes de planning familial, au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques socio-démo- graphiques, EDSM-III Mali 2001___________________________________________________________________________________________ Femme Femme Femme ayant ayant visité Pas visité visité par visité un service par agent de agent de service de santé terrain/ terrain qui a de santé/ et n’ayant pas discuté Caractéristique discuté du PF discuté du PF pas discuté du PF Effectif___________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 5,0 1,9 19,6 93,8 2 426 7,9 4,9 26,7 89,3 2 127 9,7 6,5 26,3 86,9 1 997 7,4 4,4 28,7 90,2 1 704 10,4 5,8 23,3 85,7 1 447 8,6 3,2 22,2 89,3 1 149 3,3 2,4 15,9 95,3 917 6,6 6,4 36,9 89,1 1 676 10,0 8,6 28,8 85,9 1 529 8,2 7,5 33,1 87,6 3 205 7,3 3,0 20,3 90,9 8 561 4,2 4,0 25,8 93,5 1 629 10,1 4,1 27,9 87,5 1 908 7,7 5,4 19,2 89,4 2 260 9,6 3,0 18,0 88,7 1 924 7,8 2,9 18,3 90,8 1 715 3,4 3,1 20,0 94,1 654 6,6 6,4 36,9 89,1 1 676 7,0 3,5 21,8 91,0 9 704 9,3 6,8 28,8 85,8 1 265 11,1 8,6 39,4 83,9 797 7,6 4,2 23,8 90,0 11 767 L’information sur la planification familiale est aussi donnée par les agents et services de santé lors des contacts avec les femmes. Le tableau 5.15 indique qu’au cours des 12 derniers mois, la grande majorité (90 %) des femmes non-utilisatrices de la planification familiale n’ont ni reçu la visite d’un agent de santé, ni discuté de planification familiale dans un centre de santé. Presque le quart des non utilisatrices (24 %) a visité un service de santé sans y avoir discuté de planification familiale. Ainsi, dans les douze derniers mois, peu de non utilisatrices ont reçu un message de planification familiale de la part du personnel de santé (seulement 8 % ont discuté de planification familiale avec un agent de terrain, et seulement 4 % ont discuté de planification familiale dans un centre de santé). La réception d’un message de planification familiale de la part du personnel de santé varie très peu selon les caractéristiques socio-démographiques de la femme. On peut toutefois noter que les femmes non-utilisatrices du groupe d’âges 15-19 ans ont moins discuté de planification familiale avec les professionnels de la santé (7 %) tout comme les 45-49 ans (6 %) contre 13 à 16 % chez les femmes de 20-44 ans. Planification familiale * 81 Tableau 5.16 Discussion de la planification familiale avec le mari Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui connaissent une méthode contraceptive, selon le nombre de fois qu’elles ont discuté de planification familiale avec leur mari, au cours de l’année passée, selon l’âge actuel, EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________ Nombre de fois___________________________ Une ou Trois Groupe d’âges Jamais deux ou plus ND Total Effectif_________________________________________________________ 15-19 69,4 16,2 13,5 0,9 100,0 872 20-24 62,0 16,2 21,2 0,6 100,0 1 592 25-29 57,3 21,2 20,6 0,9 100,0 1 664 30-34 65,9 15,1 18,2 0,9 100,0 1 480 35-39 61,0 18,1 20,1 0,9 100,0 1 244 40-44 68,5 16,7 13,8 1,0 100,0 873 45-49 77,8 11,8 9,8 0,6 100,0 621 Total 64,2 17,0 18,0 0,8 100,0 8 345 5.11 OPINIONS ET ATTITUDES VIS-À-VIS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE Les opinions et attitudes des femmes vis-à-vis de la planification familiale constituent un élément décisif pour la pratique de la contraception. L’EDSM-III s’est donc penchée sur les opinions et les attitudes des femmes concernant la planification familiale, ainsi que celles de leur conjoint, tant il est vrai qu’en la matière, le rôle joué par l’époux peut influencer grandement la décision de la femme. Pour cela, on s’est intéressé aux sujets suivants : - la discussion éventuelle sur la contraception avec le conjoint ; - l’opinion des couples face à la planification familiale. Il ressort des résultats présentés au tableau 5.16 qu’au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, 64 % des femmes en union et connaissant une méthode contraceptive n’ont jamais discuté de planification familiale avec leur conjoint. Un peu plus d’une femme sur trois (35 %) ont déclaré avoir abordé ce sujet avec leur conjoint : 17 % d’entre elles en ont discuté une ou deux fois seulement tandis que les autres (18 %) en ont parlé plus souvent (plus de deux fois) au cours des douze derniers mois. Les femmes qui ont discuté le plus souvent de la planification familiale avec leur partenaire sont celles de 25-29 ans (42 %) suivi des femmes de 35-39 ans (38 %). À 45-49 ans, la proportion ne concerne que 21 % des femmes. En ce qui concerne le tableau 5.17, il apparaît que chez trois couples sur dix (30 %), les deux conjoints approuvent la planification familiale et que dans moins de deux couples sur dix (18 %) les opinions des conjoints divergent en matière de planification familiale. On notera que, quelles que soient les caractéristiques socio-démographiques des couples, lorsque les opinions des couples divergent, les cas dans lesquels la femme approuve et l’homme désapprouve (16 % dans l’ensemble) sont toujours nettement plus fréquents que les cas contraires (2 % dans l’ensemble). 82 * Planification familiale Tableau 5.17 Opinion des couples face à la planification familiale Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui connaissent une méthode de planification familiale (PF), selon qu’elles approuvent la planification familiale et selon leur perception de la position de leur mari concernant la planification familiale, par certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001______________________________________________________________________________________________________ Enquêtées approuvant le PF Enquêtées désapprouvant le PF__________________________ __________________________ Opinion Opinion Mari du mari Mari du mari Mari désap- inconnue/ Mari désap- inconnue/ Enquêtée Caractéristique approuve prouve ND approuve prouve ND incertaine Total Effectif______________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 27,7 14,9 27,2 1,5 12,6 7,0 9,2 100,0 872 20-24 29,0 18,0 23,0 1,5 14,9 6,0 7,6 100,0 1 592 25-29 34,8 18,8 20,5 2,1 13,3 6,0 4,5 100,0 1 664 30-34 29,9 17,8 22,7 1,4 13,2 7,9 7,1 100,0 1 480 35-39 31,5 15,7 20,6 1,4 14,5 8,2 8,0 100,0 1 244 40-44 27,8 12,5 22,9 1,0 17,0 11,0 7,8 100,0 873 45-49 21,3 11,9 20,4 2,8 21,1 12,1 10,3 100,0 621 Milieu de résidence Bamako 45,0 17,7 13,7 2,1 11,8 3,9 5,8 100,0 1 188 Autres villes 36,8 17,8 15,7 2,0 14,1 6,4 7,2 100,0 1 186 Total urbain 40,9 17,8 14,7 2,0 12,9 5,2 6,5 100,0 2 374 Rural 25,5 15,9 25,4 1,5 15,3 8,8 7,7 100,0 5 971 Région Kayes 24,2 19,3 35,8 1,5 7,0 6,7 5,6 100,0 1 062 Koulikoro 28,3 20,1 26,3 1,1 9,4 7,8 6,9 100,0 1 485 Sikasso 35,9 17,8 18,2 2,9 12,6 6,3 6,3 100,0 1 729 Ségou 29,5 15,6 17,4 0,8 24,8 2,0 9,8 100,0 1 386 Mopti 18,2 9,8 25,4 1,5 20,5 16,4 8,3 100,0 1 076 Kidal/Gao/ Tombouctou 12,7 7,0 24,2 0,9 20,6 23,7 11,0 100,0 419 Bamako 45,0 17,7 13,7 2,1 11,8 3,9 5,8 100,0 1 188 Instruction Aucun 26,1 16,0 23,9 1,7 15,8 8,2 8,3 100,0 6 747 Primaire 37,7 20,1 19,1 0,9 10,9 7,3 4,0 100,0 1 039 Secondaire ou plus 60,0 15,5 9,9 1,8 7,8 2,9 2,0 100,0 559 Total 29,8 16,4 22,3 1,6 14,7 7,7 7,3 100,0 8 345 Selon le milieu de résidence, il n’y a pas une différence nette entre le comportement des couples urbains et de ceux du rural (41 % des couples urbains approuvent la planification familiale contre 26 % pour les couples ruraux). L’analyse selon la région fait apparaître une différence importante entre le district de Bamako (45 %) et les autres régions (13 % à Kidal/Gao/Tombouctou contre 36% à Sikasso). En outre, on constate que plus le niveau d’instruction de la femme est élevé, plus le niveau d’approbation dans le couple est élevé : 26 % chez les femmes sans instruction contre 60 % chez celles ayant le niveau secondaire ou plus. Nuptialité et exposition au risque de grossesse * 83 Tableau 6.1 État matrimonial actuel Répartition (en %) des femmes par état matrimonial actuel, selon l’âge, EDSM-III Mali 2001__________________________________________________________________________________________ État matrimonial ____________________________________________________ Groupe Céliba- Mariée/ d’âges taire en union Veuve Divorcée Séparée Total Effectif __________________________________________________________________________________________ 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Ensemble 51,4 45,9 0,1 0,3 2,3 100,0 2 565 12,0 85,0 0,5 0,7 1,9 100,0 2 339 3,8 94,0 0,6 0,8 0,7 100,0 2 208 1,7 96,5 0,7 0,4 0,7 100,0 1 900 0,8 96,6 1,5 0,8 0,4 100,0 1 624 0,1 95,6 2,9 1,3 0,2 100,0 1 245 0,0 91,9 6,4 1,0 0,7 100,0 968 13,5 83,5 1,3 0,7 1,1 100,0 12 849 6NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUEDE GROSSESSE Seydou Moussa TRAORE et Mamadou Basséry BALLO Le comportement proc réateur des femmes est affecté par plusieurs facteurs appelés déterminants proches de la fécondité. Ce chapitre porte sur c es facteurs qui, en dehors de la contraception, jouent un rôle déterminant sur l’expos ition au risque de grossesse et donc sur le niveau de la fécondité : il s’agit de la nuptialité, de l’activité sexuelle, de l’aménorrhée et de l’abstinence post-partum. 6.1 ÉTAT MATRIMONIAL Dans la plupart des sociétés africaines, le mar iage, bien qu’il ne soit pas le cadre exc lusif des rapports sexuels, constitue le cadre privilégié de la procréation. Les normes qui le régissent varient, toutefois, d’une population, voire d’un gro upe, à l’autre. Les diversités culturelles, économiques et structurelles dans une société déterminent les variations de l’âge auquel débute la for mation des unions ; elles définissent notamment l’intensité de la nuptialité. Le tableau 6.1 présente la répartition des femmes selon leur état matrimonial au moment de l’enquête. Rappelons que dans le cadre de l’EDSM-III, on a considéré c omm e étant mariées, ou plus exactement en union, toutes les femmes cohabitant régulièrement, que l’union soit légale ou non, formelle ou non. Entrent donc dans cette catégorie, aussi bien les mariages civils, religieux et coutumiers que les unions de fait. Ainsi, dans le cadre de ce rapport, le terme union s’applique aux femm es qui ont déclaré qu’elles étaient mariées ou qu’elles vivaient avec un partenaire. La grande majori té des femmes interrogées étaient en union au moment de l’enquête (84 %). Le célibat concerne 14 % des femmes de 15-49 ans et les femmes en rupture d’union représentent une part négligeable de la population (3 %). Les résultats du tableau 6.1 m ettent en évidence une diminution rapide des proportions de femmes célibataires avec l’âge. De 51 % seulement à 15-19 ans, la proportion passe à 12 % à 20-24 ans et, à partir de 30 ans, cette proportion devient très faible : 2 % dans le groupe d’âges 30-34 ans, et pratiquement aucune femme ne reste célibataire au-delà de 40 ans (moins de 1 %). Corrélativement, on constate que la proportion de femmes en union augmente avec l’âge jusqu’à 35-39 ans (97 %), p uis diminue légèrement du fait de l’augmentation de la proportion des femmes en rupture d’union qui atteint 8 % à 45-49 ans. 84 * Nuptialité et exposition au risque de grossesse Au graphique 6.1 figurent les proportions de femmes célibataires par âge, selon l’EDSM-II de 1995- 1996 et l’EDSM-III de 2001. On peut constater que les proportions de célibataires sont restées quasi invariables entre les deux dates à t ou s le s âg es . De même, les proportions de femmes en union n’ont pas également variées de façon significative. Cet te s i tuation inchangée depuis 1995-96 est un facteur important qui pourrait expliquer, en partie, le maintien du niveau de la fécondité observée ces dernières années au Mali. 6.2 POLYGAMIE Parmi les femmes en union, on a distingué celles qui v ivent en union monogame de celles qui ont déclaré que leur mari ou conjoint avait une ou plusieurs autres épouses. Le tableau 6.2 présente la proportion de femmes en union selon le nombre de co-épouses par certaines caractéristiques soc io-démographiques. La polygamie est une pratique très répandue au Mali pu isqu ’elle concerne 43 % des femmes en union. Cette proportion augmente régulièrement avec l’âge pour conc erner plus de la moitié des femmes de 45-49 ans en union (56 %). Il faut souligner que dès l’âge de 15-19 ans, plus d’une femme en union sur cinq vit en union polygame (22 %). Par ailleurs, on cons tate que la polygamie est une pratique beaucoup plus répandue en milieu rural (46 %) qu’en milieu urbain (34 %). Du point de vue régional, la région de Kayes se caractérise par un niveau de polygamie très élevé (55 %). Dans les régions de Koulikoro et Sikasso, la proportion de femmes vivant en union polygame est aussi très élevée, respectivement 44 % et 52 %. Par ailleurs , le niveau d’instruction des femmes semble jouer un rôle déterminant sur le type d’union : les femmes sans instruction ont p lus f réquemment contracté une union polygame (44 %) que celles de niveau d’instruction primaire (39 %) et secondaire ou plus (26 %). Parmi les femmes en union polygame, la grande majorité (73 %, soit 32 % de l’ensemble des femmes en union) n’ont qu’une seule co-épouse. En outre, il apparaît que les femmes qui sont le plus fréquemment en union polygame sont aussi celles qui ont le plus fréquemment plus d’une co-épouse. Ainsi, 20 % des femmes de 45-49 ans en union ont plus d’une co-épouse contre 2 % de celles de 15-19 ans. Par contre, si les femmes de niveau primaire vivent moins fréquemment en union polygame que les femmes sans instruction (38 % contre 44 %), les proportions de celles qui ont plus d’une co-épouse sont quasi identiques pour les deux catégories de femmes (12 % pour les femmes instruites contre 11 % pour les femmes sans instruction). Nuptialité et exposition au risque de grossesse * 85 Tableau 6.2 Nombre de co-épouses Répartition (en %) des femmesactuellement en union par nombre de co-épouses, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ________________________________________________________________________ Nombre de co-épouses _________________________________ Caractéristique 0 1 2 3 ou+ NSP Total1 Effectif ________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 77,7 19,7 2,4 0,0 0,1 100,0 1 178 71,9 21,8 5,2 1,0 0,1 100,0 1 987 60,7 31,7 6,0 1,3 0,3 100,0 2 076 51,2 37,3 9,2 1,9 0,4 100,0 1 833 46,4 37,7 12,1 3,4 0,4 100,0 1 569 41,4 39,9 14,5 4,2 0,1 100,0 1 190 43,7 36,3 16,1 3,9 0,0 100,0 890 71,0 20,6 6,5 1,6 0,3 100,0 1 245 62,2 24,6 10,4 2,7 0,1 100,0 1 378 66,4 22,7 8,5 2,2 0,2 100,0 2 622 54,5 34,6 8,7 2,0 0,2 100,0 8 101 45,5 41,0 10,0 3,4 0,1 100,0 1 558 55,9 36,4 6,5 0,8 0,3 100,0 1 839 48,4 38,4 10,2 2,9 0,2 100,0 2 095 62,4 22,7 12,2 2,3 0,3 100,0 1 875 61,0 30,5 7,2 1,2 0,2 100,0 1 562 72,4 22,4 3,5 1,5 0,2 100,0 549 71,0 20,6 6,5 1,6 0,3 100,0 1 245 55,9 33,1 8,7 2,0 0,3 100,0 9 042 61,3 27,3 9,2 2,3 0,0 100,0 1 120 74,1 17,7 6,5 1,6 0,1 100,0 561 57,4 31,7 8,7 2,0 0,2 100,0 10 723 ________________________________________________________________________ 1 Y compris les non déterminés 6.3 ÂGE A LA PREMIÈRE UNION ET ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS Âge à la première union Compte tenu de la relation généralement observée entr e l’âge à la première union et le début de la vie féconde, il est important d’étudier le calendrier de la primo-nuptialité. Le tableau 6.3 présente les proportions de femmes déjà entrées en union à différents âges, ainsi que les âges médians à la première union en fonction de l’âge actuel des enquêtées. Les femmes maliennes se marient très jeunes. Le tableau 6.3 indique que le pourcentage de femmes qui étaient déjà en union à 15 ans exacts est t r ès élevé (25 %) et, à 22 ans exacts, 88 % des femmes actuellement âgées de 25-49 ans étaient déjà en union . À 25 an s exacts, la quasi-totalité des femmes maliennes (94 %) ont déjà contracté une union. Parmi les femmes âgées de 25-49 ans, une sur deux était déjà mariée à l’âge de 16,5 ans (âge médian). Par ailleurs, bien que l’amplitude en soit très faible, il s emble que le c alendr ier de la primo-nuptialité ait subi de légères modifications, dans le sens d’un vieillissement, au f il des générations : l’âge médian à la première union passe de 16,4 ans pour les femmes des générations anciennes (âgées de 45-49 ans à l’enquête) à 16,7 ans pour les femmes des générations récentes (âgées de 20-24 ans à l’en q uê te ). On peut aussi noter une diminution récente des mariages très précoces : 28 % des 86 * Nuptialité et exposition au risque de grossesse Tableau 6.3 Âge à la première union Pourcentage de femmes non-célibataires par âge exact et âge médian à la première union, selon l’âge actuel, EDSM-III Mali 2001___________________________________________________________________________________________ Pourcentage déjà en Pour- première union à l’âge exact de : centage Âge Age _________________________________________ de au premier actuel 15 18 20 22 25 célibataires Effectif mariage___________________________________________________________________________________________ 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 20-49 25-49 19,4 NA NA NA NA 51,4 2 565 a 24,5 65,4 80,9 NA NA 12,0 2 339 16,7 24,0 62,8 79,4 88,3 94,1 3,8 2 208 16,8 27,6 68,4 80,2 87,6 93,8 1,7 1 900 16,2 24,3 66,1 78,9 87,9 93,7 0,8 1 624 16,4 26,4 66,0 80,4 88,9 95,0 0,1 1 245 16,4 24,1 65,3 77,4 86,2 94,3 0,0 968 16,4 25,1 65,6 79,8 NA NA 4,0 10 284 16,5 25,3 65,6 79,4 87,9 94,1 1,6 7 945 16,5 ___________________________________________________________________________________________ NA = Non applicablea Non calculé parce que moins de 50 % des femmes du groupe d’âges x, x+4 sont en union à l’âge x. femmes de 30-34 ans étaient déjà mariées à 15 ans exacts, contre 25 % des femmes de 20-24 ans et 19 % des femmes de 15-19 ans à l’enquête. L’âge au premier mariage var ie de façon sensible en fonc tion du milieu de résidence et des autres caractéristiques socio-démographiques. Le tableau 6.4 et le graphique 6.2 indiquent que, chez les fem m es vivant en milieu rural, l’âge médian au premier mariage (16,2 ans) est plus faible de 2,2 ans que celui des femmes de Bamako (18,4 ans). De plu s , la tendance au vieillissement de l’âge d’entrée en première union est particulièrement nette chez les femmes u rb ain es : dans les générations anciennes âgées de 45-49 ans à l’enquête, l’âge médian à la première union était de 16,9 ans tandis qu’il est de 18,5 ans pour les femmes urbaines des générations les plus récentes âgées de 20-24 ans à l’enquête. On relève la mêm e tendance au vieillissement de l’âge d’entrée en première union pour les femmes ayant un niveau secondaire ou plus (20,0 ans pour les 45-49 ans contre 23,3 ans pou r les 2 5- 29 an s ). Par contre, l’âge médian n’a pas subi de modification sensible pour les femmes rurales des mêmes générations. Une fois de plus, la région de Kayes se caractérise par un âge médian d’entrée en union particulièrement jeune, 15,4 ans, qui n’a pratiquement pas subi de modifications d’une génération à l’autre. Le niveau d’ instruction atteint par les femmes est certainement le facteur qui influence le plus direc tement le calendrier de la primo-nuptialité : plus le niveau d’instruction est élevé, plus l’âge d’entrée en union est tardif. C’est ainsi que les femmes ayant une instruction secondaire ou plus (âge médian de 21,8 ans) se marient plus de quatre ans plus tard que les femmes ayant une instruction primaire (17,1 ans) et plus de 5 ans plus tard que les femmes sans instruction (16,1 ans). Le graphique 6.2 indique également qu’à l’EDSM-II, l’âge médian était légèrement plus précoce que celui enregistré par l’EDSM-III (16,0 ans contre 16,5 ans). Nuptialité et exposition au risque de grossesse * 87 Tableau 6.4 Âge médian à la première union Age médian à la première union des femmes de 20(25)-49 ans, par âge actuel et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges _____________________________________________________ Caractéristique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 20-49 25-49 __________________________________________________________________________________________________ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble a 19,2 18,3 18,7 17,3 17,0 18,9 18,4 17,2 18,0 16,1 16,5 16,0 16,8 17,0 16,9 18,5 18,6 17,0 17,4 16,5 16,9 17,8 17,5 16,1 16,3 16,0 16,1 16,4 16,3 16,2 16,2 15,5 15,5 15,2 15,4 15,5 15,3 15,4 15,4 15,8 16,0 15,7 15,7 15,6 15,7 15,8 15,8 16,4 16,7 16,0 16,5 16,3 16,3 16,4 16,4 16,8 17,7 17,2 17,5 18,7 18,6 17,5 17,8 16,7 17,0 16,0 16,0 16,4 16,9 16,5 16,4 17,2 17,0 17,5 17,7 17,4 17,0 17,3 17,3 a 19,2 18,3 18,7 17,3 17,0 18,9 18,4 16,3 16,4 15,9 16,0 16,1 16,2 16,2 16,1 16,7 17,3 16,9 16,9 16,9 17,3 17,0 17,1 a 23,3 22,6 21,7 19,9 20,0 a 21,8 16,7 16,8 16,2 16,4 16,4 16,4 16,5 16,5 ___________________________________________________________________________________________________ a Non calculé parce que moins de 50 % des femmes du groupe d’âges x à x+4 sont en union à l’âge x. 88 * Nuptialité et exposition au risque de grossesse Tableau 6.5 Âge aux premiers rapports sexuels Pourcentage de femmes ayant déjà eu des rapports sexuels par âge exact et âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l’âge actuel, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________________________________________________ Âge Pourcentage médian Pourcentage ayant déjà n’ayant aux eu des rapports sexuels à l’âge exact de : jamais eu premiers Groupe ___________________________________________ de rapports rapports d’âges 15 18 20 22 25 sexuels Effectif sexuels ____________________________________________________________________________________________ 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 20-49 25-49 26,0 NA NA NA NA 36,2 2 565 a 30,1 75,3 87,5 NA NA 4,0 2 339 a 27,8 74,6 87,5 93,5 95,6 0,5 2 208 15,9 29,3 76,0 86,3 90,8 93,4 0,2 1 900 15,8 25,4 75,6 85,3 91,9 94,2 0,1 1 624 15,8 26,6 72,4 85,5 91,4 93,5 0,1 1 245 15,9 23,1 73,0 83,3 89,3 94,4 0,0 968 15,9 27,6 74,8 86,3 NA NA 1,1 10 284 15,9 26,9 74,6 86,0 91,7 94,3 0,2 7 945 15,8 ____________________________________________________________________________________________ NA = Non applicable a Non calculé parce que moins de 50 % des femmes du groupe d’âges x à x+4 sont en union à l’âge x. Âge aux premiers rapports sexuels En tant que déterminant de la fécondité, l’âge aux premiers rapports sexuels est tout aussi important que l’âge à la première union, les rapports sexuels n’ayant pas forcément lieu dans le cadre de l’union. Pour cette raison, on a demandé aux femmes l’âge auquel elles avaient eu, pour la première fois, des rapports sexuels. Au tableau 6.5 figurent les proportions de femmes ayant déjà eu des rappor ts sex uels à différents âges et l’âge médian aux premiers rapports sexuels. En atteignant 15 ans, plus d’une femme de 25-49 ans sur quatre (27 %) a déjà eu des rapports sexuels. Cette proportion est de 75 % à 18 ans, et la quasi-totalité des femmes de 25-49 ans (94 %) ont eu leurs premiers rapports sexuels avant l’âge de 22 ans. L’âge médian aux premiers rapports sexuels, estimé à 15,8 ans chez les femmes de 25-49 ans, est inférieur de 1,4 ans à l’âge médian d’entrée en union (16,5 ans), ce qui signifie que les premiers rapports sexuels des femmes ont lieu, en général, au moment de l’union. En outre, on ne cons tate pas de modifications de l’âge aux pr emiers rapports sexuels au fil des générations : l’âge médian est estimé à 15,9 ans pour les femmes des générations les plus anciennes (45-49 ans) et pour celles des générations les plus récentes (25-29 ans). Selon les différentes caractéristiqu es s ocio-démographiques, les données du tableau 6.6 font apparaître les mêmes diff érences entre les âges aux premiers rapports sexuels que celles observées pour les âges à la première union (graphique 6 .3) ; c ependant, ici, les écarts entre les différents groupes de femmes restent relativement plus faibles. Les femmes résidan t d an s la région de Kayes (15,3 ans) et celles résidant dans la région de Koulikoro (15,6 ans) ont les rapports sexuels les plus précoces tandis que les femmes ayant un niveau secondaire ou plus (18,7 ans) ont les rapports sexuels les plus tard if s . Contrairement à l’âge à la première union, pour lequel une tendance assez nette au vieillissement semble se dess iner pour certains groupes de femmes (en particulier, les f em m es urbaines et celles instruites), aucune modification de même type n’est perceptible au niveau d’un groupe quelconque de femmes en ce qui concerne l’âge médian aux premiers rapports sexuels. Nuptialité et exposition au risque de grossesse * 89 Tableau 6.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels Âge médian aux premiers rapports sexuels d es femmes de 20(25)-49 ans, par âge actuel et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges _____________________________________________________ Caractéristique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 20-49 25-49 ___________________________________________________________________________________________________ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 17,2 16,9 16,5 17,0 17,3 16,5 16,9 16,7 15,8 16,4 15,7 15,7 15,7 16,1 15,8 15,9 16,6 16,7 16,0 16,0 15,9 16,3 16,3 16,2 15,7 15,7 15,7 15,8 15,9 15,9 15,8 15,8 15,1 15,3 15,1 15,3 15,5 15,2 15,3 15,3 15,8 15,8 15,6 15,6 15,4 15,6 15,6 15,6 15,8 15,7 15,6 15,9 15,8 16,1 15,8 15,8 15,7 15,9 15,8 15,9 17,3 16,1 15,9 16,0 16,2 16,3 15,9 16,0 16,1 16,8 16,2 16,1 17,3 16,9 16,8 16,2 17,2 16,6 16,9 16,7 17,2 16,9 16,5 17,0 17,3 16,5 16,9 16,7 15,8 15,7 15,7 15,7 15,8 15,9 15,8 15,7 15,8 15,9 15,9 15,9 16,4 15,9 15,9 15,9 18,1 19,0 18,2 18,8 18,8 19,1 18,5 18,7 15,9 15,9 15,8 15,8 15,9 15,9 15,9 15,8 __________________________________________________________________________________________________ Note : L’âge médian n’est pas calculé pour les femmes de 15-24 ans parce que certaines d’entre elles peuvent encore avoir leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre 25 ans. 90 * Nuptialité et exposition au risque de grossesse 6.4 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE La fréquence des rapports sexuels est un fac teur déterminant de l’exposition au risque de grossesse, surtout dans une société où la prévalence de la contracept ion moderne reste faible, comme c’est le cas au Mali. À l’EDSM-III, on a posé la question suivante à toutes les femmes, sans t en ir compte de leur état matrimonial : Combien de temps y a-t-il depuis que vous avez eu des relations sexuelles pour la dernière fois ? Parmi les femmes ayant déjà eu des rapports sexuels (à savoir 93 % des femmes enquêtées), plus des deux tiers (68 % soit, 63 % de l’ens emb le des femmes) sont considérées comme sexuellement ac tives au moment de l’enquête, car elles ont déclaré avoir eu, au moins une fois, des rapports sexuels durant les quatre semaines ayant précédé l’interview (tableau 6.7). Les femmes sexuellement inactives sont considérées comme étant en abstinence depuis plus de 4 semaines, soit à la suite d’une nais sance ( abstinence post- partum), soit pour d’autres raisons. Quelle que soit la raison de l’abstinence, elle dure depuis moins d’un an pour la majorité des femmes : 20 % des femmes ont eu leurs derniers rapports sexuels en l’espace d’un an, contre 9 % qui ont eu leurs derniers rapports sexuels un an ou plus avant l’enquête. Quelle que soit la c aractéristique examinée, on constate que l’activité sexuelle des femmes maliennes, et surtout celle des femmes en union, est élevée, ce qui, en l’abs enc e de tout c ontrôle des naissances, explique en partie le niveau de la fécondité. La proportion de femmes sexuellement act ives augmente avec l’âge jusqu’à 35 ans, passant de 37 % à 15-19 ans, à 73 % jusqu’à 40-44. À 45-49 ans, l’activité sexuelle diminue, mais reste toujours importante puisque 63 % des femmes de ce groupe d’âges sont encore sexuellement ac tives. De même, l’abstinence prolongée semble augmenter avec l’âge : 27 % des femmes de 15-19 ans n’ont pas eu de rapports sexuels dans les 4 dernières semaines, contre 33 % de celles de 45-49 ans. Parmi les femmes en union, on constate une augmentation légère de l’ activité sexuelle avec la durée de l’union jusqu’à 20-24 ans : les proportions de femmes sexuellement actives passent de 70 % après 0-4 ans de mariage à 77 % à 20-24 ans de mariage. Il faut aussi souligner que parmi les femmes qui ne sont pas en union, seulement 15 % ont déc laré avoir eu des rapports sexuels dans les quatre semaines ayant précédé l’enquête. Ces résultats confirment l’hypothèse avancée précédemment que si l’union n’est pas le cad re exclusif de l’activité sexuelle, elle en reste le cadre privilégié. Le milieu de résidence fait apparaître des écarts importants entre les proportions de femmes sexuellement ac tives : en milieu urbain, les femmes sont nettement moins actives sexuellement (55 %) que dans le milieu rural (66 %), ce qui explique, en partie, les différences importantes de fécondité entre ces deux milieux de résidence. Cependant, la propor tion de femmes en abstinence prolongée est plus importante en milieu rural (31 %) qu’en milieu urbain (28 %). Les résultats selon le niveau d’instruction mettent en évidence des proportions de femmes sexuellement ac tives légèrement moins élevées chez les femmes instruites (59 % pour le primaire et 50 % pour le secondaire ou plus) que chez celles sans instruction (65 %). Enfin, on constate que l’ activité sexuelle est associée à l’utilisation de la contraception. Les femmes utilisatrices de la contraception moderne sont proportion- nellement beaucoup plus nombreuses à avoir eu des rapports sexuels dans les quatre semaines ayant précédé l’enquête (79 % des utilisatrices de la pilule) que les utilisatrices de méthodes traditionnelles (60 % des utilisatrices de la continence périodique) et aussi que celles qui n’utilisent pas la contraception (62 %). À l’inverse, chez les femmes utilisatrices de la contraception moderne, la proportion se trouvant en abstinence prolongée est moins élevée que chez les femmes qui n’utilisent pas la c ontr ac eption ou qui utilisent une méthode traditionnelle : 20 % des utilisatrices de la contraception mo der ne, 29 % des non-utilisatrices de contraception et 37 % des utilisatrices de la continence périodique. Nuptialité et exposition au risque de grossesse * 91 Tableau 6.7 Activité sexuelle récente Répartition (en %) des femmes par activité sexuelle la plus récente, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001______________________________________________________________________________________ Derniers rapports sexuels __________________________________ Au cours Au cours Jamais des 4 de la Il y a eu de dernières dernière un an rapports Caractéristique semaines année1 ou plus ND sexuels Total Effectif______________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Durée de l’union (en années) 0-4 5-9 10-14 15-19 20-24 25+ Mariée plus d’une fois Divorcée/séparée/veuve/ célibataire Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Méthode de contraception utilisée Aucune méthode Pilule IUD Stérilisation Continence périodique Autre Ensemble des femmes 37,0 20,3 6,2 0,2 36,2 100,0 2 565 64,6 21,8 9,3 0,2 4,0 100,0 2 339 67,3 22,7 9,4 0,1 0,5 100,0 2 208 73,2 20,0 6,5 0,1 0,2 100,0 1 900 73,4 18,3 7,6 0,5 0,1 100,0 1 624 73,2 17,2 9,4 0,1 0,1 100,0 1 245 66,5 18,1 14,7 0,7 0,0 100,0 968 69,5 23,2 6,9 0,1 0,3 100,0 1 888 71,7 20,1 8,1 0,0 0,0 100,0 1 980 71,7 21,5 6,6 0,2 0,0 100,0 1 568 74,2 19,3 6,2 0,3 0,0 100,0 1 425 77,7 15,5 6,0 0,8 0,0 100,0 1 132 73,5 18,4 7,6 0,4 0,0 100,0 1 141 71,9 21,3 6,7 0,0 0,1 100,0 1 590 14,6 20,1 16,3 0,4 48,6 100,0 2 126 49,6 21,2 10,9 0,3 18,0 100,0 2 114 61,8 20,0 8,5 0,2 9,5 100,0 1 749 55,1 20,7 9,8 0,3 14,1 100,0 3 863 66,3 20,0 7,9 0,2 5,5 100,0 8 986 64,7 20,9 9,2 0,2 5,0 100,0 1 734 62,2 23,1 8,8 0,3 5,5 100,0 2 055 60,0 22,8 9,4 0,3 7,5 100,0 2 408 74,8 15,5 5,0 0,1 4,6 100,0 2 078 68,7 17,0 6,9 0,3 7,0 100,0 1 780 61,1 20,6 9,9 0,0 8,4 100,0 681 49,6 21,2 10,9 0,3 18,0 100,0 2 114 64,9 20,2 8,4 0,2 6,3 100,0 10 275 59,4 21,1 9,1 0,3 10,1 100,0 1 456 49,7 19,5 8,9 0,1 21,8 100,0 1 118 61,9 20,4 8,7 0,2 8,8 100,0 11 767 78,8 16,1 4,7 0,0 0,4 100,0 350 96,6 3,4 0,0 0,0 0,0 100,0 20 77,1 15,1 7,7 0,0 0,0 100,0 31 60,3 33,2 3,3 1,0 2,2 100,0 130 74,2 17,4 7,4 0,1 0,8 100,0 552 62,9 20,2 8,5 0,2 8,1 100,0 12 849 ______________________________________________________________________________________ 1 Non compris les femmes qui ont eu des rapports sexuels au cours des quatre dernières semaines 92 * Nuptialité et exposition au risque de grossesse Tableau 6.8 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum Pourcentage de naissances des trois années ayant précédé l’enquête dont les mères sont en aménorrhée, en abstinence et en non-susceptibilité post-partum, par nombre de mois écoulés depuis la naissance, et durées médiane et moyenne, EDSM-III Mali 2001 __________________________________________________________________________________ Pourcentage de naissances dont les mères sont en :_____________________________________________ Nombre de Non- mois depuis Aménorrhée Abstinence susceptibilité Effectif de la naissance post-partum post-partum post-partum naissances__________________________________________________________________________________ <2 2-3 4-5 6-7 8-9 10-11 12-13 14-15 16-17 18-19 20-21 22-23 24-25 26-27 28-29 30-31 32-33 34-35 Ensemble Médiane Moyenne 96,6 87,2 99,1 453 83,7 35,9 88,0 593 75,0 25,9 81,5 535 68,7 19,9 71,4 529 65,3 12,6 68,3 468 55,5 12,8 60,0 381 47,3 16,0 53,5 499 39,4 9,8 43,2 570 24,4 5,9 28,7 424 22,4 8,3 27,7 381 16,1 4,0 17,9 310 14,6 7,6 20,2 274 7,9 4,2 10,8 408 4,6 1,8 6,2 440 5,0 3,7 8,2 410 3,9 1,8 5,7 339 5,7 1,3 6,7 388 2,9 2,7 5,2 477 39,1 15,9 42,6 7 878 11,7 2,4 12,8 NA 13,1 5,5 14,3 NA __________________________________________________________________________________ Note : Les estimations sont basées sur le statut au moment de l’enquête. NA = Non applicable 6.5 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Après la naissance d’un enfant, l’exposition au risque de grossesse dépend, entre autres facteurs, du retour de l’ovulation et de l’abstinence sexuelle ou abstinence pos t -pa r tum. Le temps écoulé entre l’accouchement et le retour de l’ovulation est appelé aménorrhée post-par tum, qui est estimée ici par la longueur de l’intervalle qui sépare la naissance d’un enfant et le retour des règles. Par ailleurs, sa durée peut ê tr e influencée par l’intensité, la fréquence et la durée de l’allaitement au sein. La combinaison de c es facteurs, examinés successivement dans cette section, permet d’identifier les femmes non susceptibles d’être exposées au risque de grossesse et d’év aluer la durée de la non-susceptibilité. Une femme est considérée comme non-susceptible d’être exposée au risque de grossesse quand elle n’a pas repris les rapports sexuels depuis la dernière naissance (elle ne peut pas tomber enceinte), ou quand elle est en aménorrhée post-partum, ce qui signifie que ses risques de tomber enceinte sont minimes si elle rep ren d s es relations sexuelles sans couverture contraceptive. La non-susceptibilité se définit comme la période pendant laquelle une femme n’est pratiquement pas soumise au risque de grossesse par suite d’aménorrhée et/ou d’abstinence post-partum. Les données du tableau 6.8 se rapportent aux naissances des 3 dernières années dont les mères sont encore en aménorrhée ou en abstinence post-partum et donc non susceptible s d ’être exposées au risque de grossesse, selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance. Cette distribution de la proport ion de naissances selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance est analogue à la série des survivan t s (Sx) d’une table de mortalité. Figurent également au tableau 6.8 les durées médiane et moyenne de l’aménorrhée, de l’abstinence et de la non-susceptibilité. Nuptialité et exposition au risque de grossesse * 93 Au Mali, près de deux tiers des femmes (65 %) restent en aménorrhée pour au moins 9 mois, et près d’une femme sur deux (47 %) pour au moins 13 mois. Au-delà de 19 mois, la proportion de femmes dont les règles n’ont pas encore repris n’es t que de 16 %, et au-delà de 25 mois, cette proportion s’établit à 8 % seulement. La moitié des femmes qui ont accouché ont leur retour de règles après 11,7 mois (durée médiane) et, en moyenne, l’aménorrhée dure 13,1 mois. Cette durée d’aménorrhée relativement longue est fonction de la durée, de l’intensité et de la fréquence de l’allaitement qui agis sent sur le retour de l’ovulation (voir Chapitre 9—Allaitement et Nutrition). L’abstinence post-partum est pratiquée au Mali, mais pour une période très courte. En effet, une proportion importante des femmes (87 %) s’abstiennent de rapports sexuels pendant moins de 2 mois après une naissance. En fait, cette période d’abstinence post-partum correspond à la période sans rapports sexuels après un accouchement préconisée par l’Islam, qui est de 40 jours. Quatre mois après la naissance, près des t rois q uar ts des femmes (74 %) ont repris leurs rapports sexuels. La durée médiane de l’abstinence pos t- partum est de 2,4 mois, ce qui est bien inférieur à la valeur moyenne (5,5 mois). La période de non-susceptibilité dure, en moyenne, 14,3 mois et la moitié des fem mes qui viennent d’accoucher ne courent pratiquement pas de risque de tomber enceinte pendant 12,8 mois. Cette période, légèrement supérieure à une année, résulte essentiellement de la durée de l’aménorrhée. Le tableau 6.9 présente les durées médianes d’aménorrhée, d’abstinence pos t -par tum et de non- susceptibilité se lon ce r taines caractéristiques socio-culturelles et démographiques des femmes. On constate tout d’abord que les durées d’aménor rh ée et de non-susceptibilité varient légèrement en fonction de l’âge : les femmes les plus jeunes (moins de 30 ans) présentent des durées d’aménorrhée d’environ 3 mois plus courtes que leurs aînées (femmes de plus de 30 ans). En ce qui concerne l’abstinence, il n’y a pratiquement pas de variations avec l’âge. Le milieu de résidence influe aussi sur la durée de l’aménorrhée qui est plus longue chez les femmes du milieu rural (12,4 mois) que chez celles du milieu urbain (9,4 mois). Par contre, aucune différence significative n’est observée pour l’abstinence post-partum. Au niveau régional, les régions de Ségou, Mopti et de Kidal/Gao/Tombouctou se caractérisent par des durées d’aménorrhée supérieures à la moyenne nationale (11,7 mois) et des durées d’abs t inence plus courtes (environ 2 mois). Il faut noter la durée d’abstinence de 4,3 mois enregistrée pour la région de Sikas s o, qui est la plus longue du pays. En ce qui concerne le niveau d’instruction, les femmes qui ne sont pas allées à l’école ont une durée d’aménorrhée plus longue (12,0 mois) que celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire (4,4 mois). Bien entendu, la durée de non-susceptibilité est totalement dépendante de la durée de l’ aménorrhée et de l’abstinence. Elle suit donc les mêmes variations que celles décrites précédemment. 94 * Nuptialité et exposition au risque de grossesse Tableau 6.9 Durée médiane de la non-susceptibilité post-partum par caractéristiques socio- démographiques Nombre médian de mois d’aménorrhée, d’abstinence et de non-susceptibilité post-partum, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 __________________________________________________________________________________ Non- Aménorrhée Abstinence susceptibilité Effectif de Caractéristique post-partum post-partum post-partum naissances ___________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-29 30-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 10,6 2,4 11,8 4 705 13,4 2,3 14,1 3 172 8,0 2,4 9,2 882 11,4 2,2 11,9 1 007 9,4 2,3 10,7 1 889 12,4 2,4 13,5 5 988 11,9 2,3 13,0 1 119 11,8 2,3 12,4 1 348 11,2 4,3 13,0 1 654 14,5 2,0 14,5 1 390 13,3 1,9 14,3 1 103 12,8 2,1 13,8 382 8,0 2,4 9,2 882 12,0 2,4 13,1 6 640 11,9 2,5 12,7 879 4,4 2,3 9,0 359 11,7 2,4 12,8 7 878 __________________________________________________________________________________ Note : Les médianes sont basées sur le statut actuel. Table 6.10 Ménopause Pourcentage de femmes de 30-49 ans qui ne sont pas enceintes, qui ne sont pas en aménorrhée post-partum et qui sont en ménopause, EDSM-III Mali 2001 ________________________________ Pourcentage en Âge ménopause1 Effectif ________________________________ 30-34 2,6 1 012 35-39 3,2 979 40-41 9,3 470 42-43 13,3 360 44-45 28,9 430 46-47 29,5 337 48-49 53,4 271 Total 13,4 3 859 ________________________________ 1 Pourcentage de toutes les femmes qui ne sont pas enceintes et qui ne sont pas en aménorrhée post-partum dont les dernières règles ne se sont pas produites dans les six mois ou plus ayant précédé l’enquête. Au tableau 6.10 figurent les proportions de femmes de 30-49 ans qui ne sont pas enceintes, qui ne sont pas en aménorrhée post- partum et qui sont en ménopause selon les groupes d’âges . L’incidenc e de la ménopause dans la population féminine est un facteur important dans la détermination du niveau de la fécondité, puisque les femmes en ménopause sont infécondes. L’incidence de la ménopause chez les femmes de 30-49 ans est de 13 % et augmente avec l’âge, passant de 3 % des femmes de 30-34 ans à 53 % des femmes de 48-49 ans. On peu t constater qu’aux âges où générale- ment , les femmes sont encore fécondes, une proportion non négligeable s’est déclarée en ménopause : 1 3 % à 42-43 ans, 29 % à 44-45 ans et 30 % à 46-47 ans. À 48-49 ans, plus de la moitié des femmes sont en ménopause. Préférences en matière de fécondité * 95 7PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Seydou Moussa TRAORE et Mamadou Basséry BALLO L’EDSM-III a abordé le suje t des pr éférences en matière de fécondité par le biais de questions c onc ernant le désir d’avoir ou non des enfants supplémentaires, le délai d’attente avant d’avoir le prochain enfant et le nombre total d’enfants désirés. Ces questions ont pour objectif, d’une part, l’évaluation du degré de réussite des couples dans le c ontr ôle de leur fécondité et, d’autre part, la mesure des besoins futurs en matière de contraception, aussi bien pour espacer que pour l imiter les naissances. Un autre objectif est de mieux connaître l’opinion des femmes et des hommes vis-à-vis de la taille idéale de la famille. Il faut précis er que les données sur les attitudes et opinions vis-à-vis de la procréation ont toujours été l’objet de controverses. En effet, certains chercheurs pensent que, d’une part, les réponses aux questions sur les préférences en matière de fécondité reflètent des points de vue éphémères qui sont exprimés sans beaucoup de conviction et que, d’autre part, elles ne tiennent pas compte de l’effet des pressions soc io- culturelles et de l’attitude des autres membres de la famille, en particulier de celle du mari, qui peuvent avoir une grande influence sur les décisions en matière de fécondité. De plus, ces données s ont obtenues à partir d’un échantillon de femmes de différents âges et vivant des moments différents de leur histoire génésique. Pour les femmes en début d’union, les réponses sont certainement liées à des objectifs à moyen ou long terme dont la s tabilité et la valeur prédictive sont incertaines. Pour les femmes en fin de vie féconde, les réponses sont inévitablement influencées par leur passé. Malgré les problèmes d’interprétation c onc ernant l’analyse de ces données sur les préférences en matière de fécondité, les résultats présentés dans ce chapitre peuvent aider à expliquer les forces qui affectent la fécondité au Mali, où la prévalence contraceptive est encore faible et où la fécondité et la natalité restent élevées. L’analyse qui suit porte uniquement sur les femmes en union au moment de l’enquête. 7.1 DÉSIR D’AVOIR DES ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES) Le désir d’avoir ou non des enfants (supplémentaires) dans l’av enir dépend entre autres du nombre d’enfants actuellement en vie du couple. Il ressort du tableau 7.1 que cette variable est déterminante dans l’analyse du désir d’enfants. D’après le tableau 7.1 et le graphique 7.1, il apparaît qu’un peu plus d’une femme sur cinq seulement (21 % ) a déc laré qu’elle ne désirait plus d’enfants tandis que plus des deux tiers des femmes (72 %) ont répondu vouloir des (d’autres) enfants. Il faut noter que parmi les femmes qui désirent avoir des enfants (supplémentair es ) dans l’avenir, la majorité (38 %) voudrait espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus, et un quart (26 %) voudrait avoir un enfant rapidement. Au total, 59 % des femmes en union, celles ne voulant plus d’enfants (21 %) plus celles désirant espacer la prochaine naissance d’au moins deux ans (38 %), peuvent être considérées comme candidates potentielles à l’utilisation de la planification familiale. Comme il fallait s’y attendre, les proportions de femmes qui ne veulent plus d’enfant augmentent selon le nombre d’enfants survivants (graphique 7.1) : elles passent de 3 % chez les femmes qui ont un seul enfant à 9 % chez celles qui ont trois enfants et atteignent 56 % chez celles qui en ont s ix ou plus. Ces femmes ne désirant plus d’enfants ont, en principe, atte in t leur descendance souhaitée. Les nullipares se distinguent par leur très forte propor tion (93 %) à souhaiter avoir un enfant et la majorité d’entre elles le souhaitent dans l’immédiat : 76 % désirent un enfant dans les deux années à venir, 4 % le souhaitent après deux ans, et 14 % désir ent en avoir un sans savoir à quel moment précis. Chez les femmes ayant au moins un enfant, le désir d’en avoir un autre reste encore très élevé (il y a encore près d’un tiers des femmes ayant 96 * Préférences en matière de fécondité Tableau 7.1 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d’enfants vivants Répartition (en %) des femmes actuellement en union par désir d’enfants supplémentaires, selon le nombre d’enfants vivants, EDSM-III Mali 2001___________________________________________________________________________________________________ Nombre d’enfants vivants1 Désir _______________________________________________________________ d’enfants 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble___________________________________________________________________________________________________ Veut un autre Veut un autre bientôt2 Veut un autre plus tard3 Veut un autre, NSP quand Indécise Ne veut plus d’enfants Stérilisée S’est déclarée stérile ND Ensemble Effectif de femmes 75,7 35,2 27,0 24,6 20,8 17,8 9,1 26,4 3,7 49,5 53,6 50,8 41,5 33,7 19,6 37,7 13,7 9,3 8,4 8,6 6,9 5,7 3,7 7,6 1,1 1,9 2,3 3,8 4,3 5,4 7,5 4,0 2,0 2,6 7,2 9,3 23,3 32,6 55,7 21,2 0,0 0,2 0,2 0,3 0,0 0,3 0,7 0,3 3,6 1,1 1,2 2,2 2,9 4,1 3,4 2,5 0,2 0,3 0,1 0,2 0,2 0,4 0,5 0,3 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 864 1 782 1 741 1 553 1 397 1 174 2 211 10 723 ___________________________________________________________________________________________________ 1 Pour les femmes, y compris la grossesse actuelle 2 Veut un autre dans les deux ans 3 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus Préférences en matière de fécondité * 97 Tableau 7.2 Désir de limiter les naissances selon les caractéristiques socio-démographiques Pourcentage de femmes actuellement en union ne voulant plus d’enfants par nombre d’enfants vivants et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________________________________________ Nombre d’enfants vivants1_________________________________________________________ Caractéristique 0 1 2 3 4 5 6 ou + Ensemble_________________________________________________________________________________________ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 1,2 1,7 8,8 15,1 40,1 42,8 71,2 24,1 1,4 3,5 8,4 9,7 28,6 40,5 66,5 24,0 1,2 2,6 8,6 12,1 33,8 41,6 68,5 24,1 2,3 2,8 7,0 8,9 19,8 30,4 53,3 20,6 1,0 2,3 8,7 9,2 30,8 34,8 57,6 22,8 2,0 2,8 9,0 10,4 19,4 38,0 60,9 24,1 2,9 2,2 8,9 5,6 14,2 29,5 54,4 21,0 0,0 1,4 3,9 9,5 21,8 32,8 51,7 20,8 3,5 2,2 5,2 8,4 19,8 24,6 48,9 16,8 4,6 12,2 8,6 18,6 25,6 30,2 51,9 20,2 1,2 1,7 8,8 15,1 40,1 42,8 71,2 24,1 1,9 3,0 7,2 9,0 21,0 31,5 55,6 21,1 1,9 0,6 3,7 9,3 22,6 31,8 56,7 20,2 2,4 2,9 14,0 20,8 62,4 67,1 76,5 29,7 2,0 2,8 7,4 9,6 23,3 32,9 56,3 21,5 _________________________________________________________________________________________ Note : Les femmes stérilisées sont considérées comme ne voulant plus d’enfants. 1 Y compris la grossesse actuelle 6 enfants ou plus qui en désirent encore) mais, contrairement aux nullipares, la majorité de ces femmes souhaitent avo ir l’enfant supplémentaire dans un intervalle de plus de deux ans, c e qui correspond à ce qui a été observé du point de vue de l’intervalle inter génésique (médiane de 30,3 mois; voir Chapitre 4—Fécondité). On notera cependant qu’au fur et à mesure que la parité augmente, les proportions de femmes désirant un autre enfant diminuent, passant de 94 % chez celles ayant un enfant à 69 % chez celles ayant 4 enfants et à 32 % chez celles en ayant 6 ou plus. Enfin, les proportions des femmes indécises sur leur désir d’avoir ou non des enfants supplémentaires restent faibles, seulement 4 % de l’ensemble des femmes en union n’ayant pas su se prononcer, mais cette proportion augmente avec le nombre d’enfants vivants pour atteindre 8 % chez celles qui ont 6 enfants ou plus. Le tableau 7.2 fournit la répartition des femmes en union qui ne veulent plus d’enfants, se lon le nombre d’enfants vivants et selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Globalement, un peu plus d’une femme sur cinq (22 %) ne veut plus d’enfant. Du point de vue du milieu de résidence, 24 % des femmes du milieu urbain souhaitent limiter leur descendance, contre 21 % en milieu rural; en outre, à Bamako, 24 % des femmes ne veulent plus d’enfant. Cependant, on notera qu’à parité égale, la proportion de femmes voulant limiter leur descen dan c e es t toujours plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural : parmi les femmes ayant 5 enfants, par exemple, 42 % de celles du milieu urbain ne veulent plus d’enfants contre 30 % de celles du milieu rural. En ce qui concerne la région de résidence, les femmes de Koulikoro et du district de Bamako sont celles qui désirent le plus fréquemment ne plus avoir d’enfant (24 %) et, à l’opposé, les femmes de Mopti sont celles qui expriment ce désir le moins fréquemment (17 %). Concernant le niveau d’instruction, on c onstate que si parmi les femmes sans instruction et celles ayant fréquenté l’école primaire, la proportion de celles qui ne veulent plus d’enfants est quasiment identique, chez les femmes de niveau secondaire, par contre, c ette proportion est 1,5 fois supérieure à celle des femmes de niveau d’instruction plus faible (30 % contre 20 %). 1Le calcul exact des besoins non-satisfaits est expliqué en note du tableau 6.5. 98 * Préférences en matière de fécondité 7.2 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE Les femmes actuellement en union non-utilisatrices de la contraception et qui ont déclaré ne plus vouloir d’enfants (elles souhaitent limiter leurs naissances) ou qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant la naissance de l’enfant suivant (elles souhaitent espacer leurs naissances), sont considérées comme ayant des besoins non-satisfaits en matière de contraception1. Les femmes ayant des besoins insatisfaits et celles utilisant actuellement la contraception constituent la demande potentielle totale en planification familiale. Le tableau 7.3 présente les estimations des besoins non-satisfaits et satisfaits en matière de contraception selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Alors que le niveau d’utilisation actuelle de la contraception est très faible chez les femmes en union (8 %, voir Chapitre 5—Planification familiale), les besoins non-satisfaits en matière de planification familiale sont impor tants puisque plus d’une femme en union sur quatre (29 %) en exprime le besoin. Parmi ces femmes, la grande majorité aurait besoin d’utiliser la contraception comme moyen d’espacement des naissances (21 % contre 8 % pour limiter). Si les femmes en union ayant des besoins non-satisfaits en matière de contraception satisfaisaient ces besoins, c’est-à-dire si elles utilisaient effectivement la contraception, la prévalence contraceptive pourrait atteindre 37 %. Cette demande potentielle totale en planification familiale aurait pour object if principal l’espacement des naissances (26 %). À l’heure actuelle, chez les femmes en union, seulement 22 % de la demande potentielle totale en planification familiale se trouve satisfaite au Mali. L’analyse différentielle des besoins en matière de planification familiale met en évidenc e de légères variations des besoins selon l’âge des femmes. C’est à 15-19 ans et à 40-44 ans que les besoins non-satisfaits sont les plus élevés (32 %) ; entre 20 et 44 ans, âges auxquels la fécondité et la prévalence contraceptive sont les plus élevées, les besoins non-satisfaits sont encore très importants (entre 27 % et 30 %). De même, la demande potentielle totale reste très importante (entre 36 % et 41 %) avant 45 ans. En outre, on peut noter que jusqu’à 40 ans, les besoins no n- s at is f ait s et la demande potentielle totale en matière de planification familiale sont essentiellement orientés vers l’espacement des naissances. Au-delà de 44 ans, les besoins non- satisfaits et la demande totale chutent de façon très importante et les femmes expriment beaucoup plus le besoin de limiter que d’espacer leurs naissances. S’agis sant du milieu de résidence, les résultats obtenus montrent que la demande potentielle en matière de planification familiale est nettement plus élevée en milieu urbain (49 %) qu’en milieu rural (33 %). La demande potentielle au district de Bamako (57 %) est plus d’une fois et demie plus élevée que celle du milieu rural. Cependant, les besoins non-satisfaits en milieu urbain (31 %) et en milieu rural (28 %) ne sont pas très différents. Quel que soit le milieu, les besoins pour l’espacement sont toujours nettement plus importants q ue les besoins pour la limitation des naissances (respectivement 22 % et 9 % en milieu urbain et 20 % et 7 % en milieu rural). En milieu urbain, pour 36 % des femmes, les besoins en matière de planification familiale se trouvent satisfaits, contre seulement 15 % en milieu rural. À Bamako, deux cinquièmes de la demande en matière de contraception sont satisfaits (41 %). Du point de vue des divisions administratives, les besoins non satisfaits dans les régions de Ségou, Mopti et Kidal\Gao\Tombouctou sont plus faibles (environ 20 %) que dans les autres régions où ils dépassent les 30 %. De même, on observe le même profil concernant la demande potentielle. Excepté le district de Bam ako et la région de Ségou, le pourcentage de demande satisfaite n’atteint pas 20 %. C’est à Kayes (15 %), Mopti (15 %) et Kidal\Gao\Tombouctou (16 %) que les plus faibles proportions de demande satisfaite sont enregistrées. Préférences en matière de fécondité * 99 Tableau 7.3 Besoins en matière de planification familiale chez les femmes en union Pourcentage de femmes actuellement en union ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de celles dont les besoins sont satisfaits et pourcentage de demande potentielle totale de services de planification familiale, par certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2000 _______________________________________________________________________________________________________________ Besoins satisfaits Demande potentielle Besoins non satisfaits en matière de totale en matière de en matière de planifi- planification familiale planification cation familiale1 pour : (utilisation actuelle)2 pour : familiale3 pour : Pourcentage ___________________________________________ _____________________ de En- En- En- demande Caractéristique Espacer Limiter semble Espacer Limiter semble Espacer Limiter semble satisfaite Effectif _______________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 30,6 0,9 31,5 4,7 0,2 4,9 35,4 1,1 36,4 13,5 1 178 28,4 1,1 29,5 6,6 0,4 7,1 35,1 1,5 36,6 19,3 1 987 25,1 2,0 27,1 7,5 1,1 8,6 32,6 3,1 35,7 24,1 2 076 21,5 7,1 28,5 6,0 3,7 9,8 27,5 10,8 38,3 25,5 1 833 16,7 14,1 30,8 4,3 6,3 10,5 20,9 20,4 41,3 25,5 1 569 9,5 22,1 31,6 1,3 6,6 7,9 10,8 28,8 39,6 20,1 1 190 2,5 14,8 17,3 0,7 5,0 5,6 3,1 19,8 22,9 24,5 890 24,4 9,1 33,5 14,7 8,8 23,5 39,1 17,8 57,0 41,2 1 245 20,5 9,0 29,4 8,5 4,3 12,7 28,9 13,3 42,2 30,2 1 378 22,3 9,0 31,4 11,4 6,4 17,8 33,8 15,4 49,2 36,3 2 622 20,4 7,2 27,6 3,0 1,9 4,9 23,4 9,1 32,5 15,1 8 101 25,7 7,7 33,4 3,1 2,9 6,1 28,8 10,6 39,4 15,4 1 558 24,2 9,7 33,9 3,8 3,2 7,0 28,0 12,8 40,8 17,1 1 839 22,2 8,2 30,4 3,9 2,7 6,5 26,1 10,9 36,9 17,7 2 095 15,5 6,9 22,4 5,4 1,9 7,3 20,9 8,8 29,7 24,6 1 875 16,0 4,7 20,7 2,6 0,9 3,5 18,6 5,6 24,2 14,6 1 562 14,9 6,7 21,6 3,3 0,6 4,0 18,3 7,3 25,6 15,5 549 24,4 9,1 33,5 14,7 8,8 23,5 39,1 17,8 57,0 41,2 1 245 20,7 7,6 28,4 3,8 2,1 5,9 24,5 9,8 34,3 17,2 9 042 23,7 7,5 31,2 9,0 4,1 13,1 32,7 11,5 44,2 29,6 1 120 17,2 8,2 25,3 17,9 15,2 33,1 35,1 23,4 58,4 56,6 561 20,9 7,6 28,5 5,1 3,0 8,1 25,9 10,7 36,6 22,1 10 723 _______________________________________________________________________________________________________________ 1 Les besoins non satisfaits pour espacer concernent les femmes enceintes dont la grossesse ne s’est pas produite au moment voulu, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance ne s’est pas produite au moment voulu, et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n’utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant leur prochaine naissance. Sont également incluses dans les besoins non satisfaits pour espacer les femmes qui ne sont pas sûres de vouloir un autre enfant ou qui veulent un autre enfant mais ne savent pas à quel moment elles veulent avoir cet enfant. Les besoins non satisfaits pour limiter concernent les femmes enceintes dont la grossesse n’était pas voulue, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance n’était pas voulue, et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n’uti lisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d’enfants. Sont exclues les femmes qui sont en ménopause ou en période d’infécondabilité. 2 L’utilisation pour espacer concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir un autre enfant ou qui ne sont pas sûres d’en vouloir un autre. L’utili sation pour limiter concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d’enfants. Il faut noter que les méthodes spécifiques utilisées ne sont pas prises en compte ici. 3 Besoins non satisfaits et utilisation actuelle 100 * Préférences en matière de fécondité Tableau 7.4 Besoins en matière de planification familiale chez les femmes en union Pourcentage de l’ensemble des femmes ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de celles dont les besoins sont satisfaits et pourcentage de demande potentielle totale de services de planification familiale, par certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2000 _______________________________________________________________________________________________________________ Besoins satisfaits Demande potentielle Besoins non satisfaits en matière de total en matière de en matière de planifi- planification familiale planification cation familiale1 pour : (utilisation actuelle)2 pour : familiale3 pour : Pourcentage ___________________________________________ _____________________ de En- En- En- demande Caractéristique Espacer Limiter semble Espacer Limiter semble Espacer Limiter semble satisfaite Effectif _______________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 17,9 0,7 18,6 5,0 0,4 5,4 22,9 1,1 24,0 22,6 2 565 25,9 1,1 27,0 8,4 0,7 9,1 34,3 1,7 36,1 25,2 2 339 23,8 2,0 25,8 8,2 1,3 9,6 32,0 3,3 35,4 27,0 2 208 20,9 6,8 27,7 6,5 3,8 10,3 27,3 10,7 38,0 27,1 1 900 16,3 13,6 29,9 4,7 6,3 10,9 21,0 19,9 40,9 26,8 1 624 9,1 21,2 30,2 1,4 6,3 7,7 10,4 27,5 37,9 20,3 1 245 2,3 13,6 15,9 0,6 4,7 5,3 2,9 18,3 21,2 24,9 968 17,2 5,7 22,9 14,5 6,2 20,7 31,7 11,9 43,6 47,5 2 114 17,3 7,3 24,6 8,9 3,7 12,6 26,1 11,0 37,2 33,9 1 749 17,2 6,4 23,6 11,9 5,1 17,0 29,2 11,5 40,7 41,9 3 863 19,2 6,5 25,7 3,0 1,7 4,7 22,1 8,3 30,4 15,5 8 986 24,4 6,9 31,3 3,4 2,6 6,0 27,7 9,5 37,3 16,2 1 734 22,2 8,6 30,8 4,3 2,9 7,1 26,5 11,5 38,0 18,8 2 055 20,4 7,3 27,7 3,8 2,4 6,1 24,2 9,6 33,8 18,1 2 408 15,1 6,3 21,3 5,4 2,0 7,4 20,5 8,3 28,7 25,8 2 078 14,4 4,1 18,5 2,9 0,8 3,7 17,3 4,9 22,2 16,5 1 780 12,3 5,7 18,1 3,2 0,7 3,8 15,5 6,4 21,9 17,6 681 17,2 5,7 22,9 14,5 6,2 20,7 31,7 11,9 43,6 47,5 2 114 19,0 6,8 25,9 3,6 1,9 5,6 22,7 8,8 31,4 17,7 10 275 20,3 5,8 26,2 9,4 3,7 13,1 29,8 9,5 39,3 33,3 1 456 11,9 4,3 16,2 19,6 9,1 28,7 31,5 13,4 44,9 63,9 1 118 18,6 6,5 25,1 5,7 2,8 8,4 24,2 9,2 33,5 25,2 12 849 _______________________________________________________________________________________________________________ 1 Les besoins non satisfaits pour espacer concernent les femmes enceintes dont la grossesse ne s’est pas produite au moment voulu, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance ne s’est pas produite au moment voulu, et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n’utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant leur prochaine naissance. Sont également incluses dans les besoins non satisfaits pour espacer les femmes qui ne sont pas sûres de vouloir un autre enfant ou qui veulent un autre enfant mais ne savent pas à quel moment elles veulent avoir cet enfant. Les besoins non satisfaits pour limiter concernent les femmes enceintes dont la grossesse n’était pas voulue, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance n’était pas voulue, et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n’utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d’enfants. Sont exclues les femmes qui sont en ménopause ou en période d’infécondabilité. 2 L’utilisation pour espacer concerne le s femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir un autre enfant ou qui ne sont pas sûres d’en vouloir un autre. L’utili sation pour limiter concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d’enfants. Il faut noter que les méthodes spécifiques utilisées ne sont pas prises en compte ici. 3 Besoins non satisfaits et utilisation actuelle En ce qui concern e le niveau d’instruction, on constate que la demande totale concerne 58 % des femmes ayant un niveau secondaire ou supérieur contre 44 % des femmes de niveau d’instruction primaire et seulement 34 % des femmes sans instruction. De plus, dans 57 % des cas, cette demande est satisfaite pour les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus, alors qu’elle n’est satisfaite que dans 30 % des cas pour les femmes de niveau primaire et 17 % pour les femmes sans instruction. Le tableau 7.4 présente les mêmes données que le tableau précédent mais pour l’ensemble des femmes. On c ons tate qu’un quart seulement de leur demande en planification familiale est déjà satisfaite. Ainsi, leur demande potentielle totale (34 %) est largement supérieure au niveau de leur utilisation actuelle Préférences en matière de fécondité * 101 (8 % ) . Alo rs que 8 % des Maliennes utilisent actuellement la contraception, 24 % ont des besoins non- s atisfaits : au total, la demande potentielle totale en matière de planification familiale pourrait atteindre 34 % si toutes les femmes arrivaient à satisfaire leurs besoins. Tout comme les femmes en union, qu’il s’agisse de l’utilisation actuelle ou des besoins non s at is faits et donc de la demande potentielle totale, il faut noter qu’avant tout, la contraception est orientée vers l’espacement des nais s anc es . Ainsi, parmi les 34 % de femmes susceptibles d’utiliser la contraception, 25 % le feraient en vue d’espacer leurs naissances contre seulement 9 % pour les limiter. 7.3 NOMBRE TOTAL D’ENFANTS DÉSIRÉS Le comportement reproduc tif d’une femme peut être influencé par ce qui est, pour elle ou pour son mari, le nombre idéal d’enfants. Pour essayer de savoir quel est ce nombre idéal pour les femmes maliennes, lors de l’enquête, on a posé à toutes les enquêtées l’une des deux ques tions suivantes, selon leur s ituat ion au moment de l’enquête : • Aux femmes sans enfant : Si vous pouv iez choisir exactement le nombre d’enfants à avoir dans toute votre vie, combien voudriez-vous en avoir en tout ? • Aux femmes ayant des enfants : Si vous pouviez recommencer à partir de l’époque où vous n’aviez pas d’enfants, et si vous pouv iez choisir exactemen t le nombre d’enfants à avoir dans toute votre vie, combien auriez-vous voulu en avoir au total ? Ces questions , s im p les en apparence, peuvent être embarrassantes, en particulier pour les femmes ayant déjà des enfants, parc e qu’elles doivent se prononcer sur le nombre d ’en fants qu’elles souhaiteraient avoir, dans l’absolu, indépendamment du nombre d’enfants qu’elles ont déjà. Or il peut être difficile pour une femme de déc larer un nombre idéal d’enfants inférieur à la taille actuelle de sa famille. Il ressort du tableau 7.5 que les femm es maliennes restent très attachées à une descendance nombreuse : en moyenne, le nombre idéal d’enfants est de 6,2 et il at teint 6,5 si on se limite aux seules femmes en union. Le nombre idéal moyen d’enfants par femme demeure assez proche de l’ISF (6,8 enfants). Si l’on examine la distribution des tailles déclarées, il apparaît que pour deux femmes sur c inq (40 %) le nombre idéal est de 6 enfants et plus. Ces résultats confirment l’attachement des Maliennes à une descendance nombreuse. Par ailleurs, on peut noter une relation entre le nombre actuel d’enfants et le nombre idéal, taille idéale qui passe de 5,4 chez les femmes sans enfant à 7,0 chez celles qui ont déjà 5 enfants. Il est difficile de savoir si ces variations résultent d’une modif ic at ion réelle de l’idéal, allant dans le sens d’une famille de taille plus réduite chez les femmes des générations les plus récentes (et à parité faible), ou s’il s’agit, au contraire, d’une évolution de l’idéal de la femme dans le sens de la hausse au fur et à mes ure qu’elle vieillit et que se constitue sa descendance. 102 * Préférences en matière de fécondité Tableau 7.5 Nombre idéal d’enfants Répartition (en %) de l’ensemble des femmes par nombre idéal d’enfants et nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes et pour celles actuellement en union, selon le nombre d’enfants vivants, EDSM-III Mali 2001 ___________________________________________________________________________________________________ Nombre d’enfants vivants1 _______________________________________________________________ Nombre idéal d’enfants 0 1 2 3 4 5 6 ou + Ensemble ___________________________________________________________________________________________________ 0 1 2 3 4 5 6 ou plus Réponses non-numériques Total Effectif Nombre idéal moyen2 d’enfants pour : Ensemble des femmes Effectif Femmes actuellement en union Effectif 0,6 0,5 0,4 0,2 0,7 0,6 1,4 0,7 0,5 0,4 0,1 0,1 0,3 0,2 0,3 0,3 4,5 2,0 2,4 1,5 1,7 2,3 1,6 2,4 7,7 5,5 4,1 3,2 2,5 2,7 2,6 4,3 22,7 20,7 17,7 10,6 10,3 6,1 7,1 14,5 17,1 18,2 15,8 15,3 9,9 10,0 6,9 13,6 29,9 31,1 35,6 42,9 47,6 47,3 50,2 39,7 17,0 21,6 23,9 26,2 27,0 30,8 29,8 24,5 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 2 457 2 059 1 829 1 598 1 428 1 197 2 280 12 849 5,4 5,7 5,9 6,5 6,7 7,0 7,3 6,2 2 039 1 614 1 392 1 180 1 042 828 1 601 9 696 5,7 5,9 6,0 6,5 6,7 7,0 7,3 6,5 672 1 372 1 324 1 146 1 023 813 1 556 7 905 ___________________________________________________________________________________________________ 1 Y compris la grossesse actuelle 2 Les moyennes sont calculées en excluant les femmes ayant donné des réponses non-numériques. Quelles que soient les caractéristique s ét ud ié es , la taille idéale de la famille tend à augmenter selon l’âge (tableau 7.6), de la mêm e manière qu’elle augmente avec la parité : elle passe de 5,6 enfants pour les femmes de 15-19 ans à 7,4 pour les femmes de 45-49 ans. Là encore, il es t difficile de conclure que ces variations résultent d’une modification réelle de l’idéal allant dans le sens d’une famille de taille plus réduite chez les femmes des générations les plus récentes ou, au contraire, d’une évolution de l’idéal de la femme dans le sens de la hausse au fur et à mesure qu’elle vieillit. L’analyse différentielle de la taille idéale de la famille fait apparaître une tendance similaire d’augmentation selon l’âge, quelles que s oient les caractéristiques étudiées (tableau 7.6). Par contre, pour l’ensemble des femmes, le nombre idéal moyen d’enfants présente des variatio ns assez importantes selon le milieu de résidence, la région de résidence et le niveau d’instruction (graphiq u e 7 . 2) . Les femmes urbaines ont pour idéal une famille légèrement moins nombreuse que celles du milieu rural, l’écart absolu observé entre les deux milieux étant de 1 enfant . Par rapport à la région administrative, c’est à Bamako que le nombre idéal d’enfants est le plus faible (4,8 pour les femmes et 6,3 pour les hommes) et le nombre le plus élevé est enregistré dans la région de Mopti (7,5 enfants ). On constate également que le nombre idéal d’enfants est d’autant moins important que le niveau d’éducation es t élevé : il passe, par exemple, de 6,6 enfants chez les femmes sans instruction à 5,8 chez les femmes ayant un niveau primaire et à 4,4 chez celles de niveau secondaire ou plus. Finalement, on peut noter que, quelles que soient les caractéristiques étudiées, les variations du nombre idéal d’enfants sont ass ez similaires à celles observées pour les niveaux de fécondité (voir Chapitre 4—Fécondité). Préférences en matière de fécondité * 103 Tableau 7.6 Nombre idéal d’enfants par caractéristiques socio-démographiques Nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes, par âge et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _________________________________________________________________________________________ Âge actuel _________________________________________________________ Caractéristique 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Ensemble _________________________________________________________________________________________ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/ Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 4,7 4,5 4,8 5,0 5,2 5,6 6,0 4,8 4,8 5,5 5,5 6,1 7,0 6,2 7,0 5,7 4,8 4,8 5,1 5,5 6,1 6,0 6,6 5,2 6,3 6,3 6,5 7,0 7,1 7,4 7,7 6,8 5,0 5,2 5,6 6,4 6,4 6,5 6,8 5,7 5,3 5,2 5,3 5,4 5,7 5,3 5,6 5,3 6,3 6,2 6,3 6,6 7,6 7,2 7,8 6,6 6,0 6,4 6,2 6,8 6,9 7,7 8,0 6,7 6,7 7,1 7,5 8,1 7,9 8,0 7,8 7,5 6,0 7,1 7,0 7,9 8,1 8,5 8,8 7,4 4,7 4,5 4,8 5,0 5,2 5,6 6,0 4,8 5,9 6,1 6,3 6,9 7,1 7,3 7,5 6,6 5,4 5,1 5,3 6,1 6,7 6,9 8,1 5,8 4,4 4,2 4,3 4,2 4,5 5,2 4,6 4,4 5,6 5,8 6,0 6,5 6,8 7,1 7,4 6,2 104 * Préférences en matière de fécondité Tableau 7.7 Planification de la fécondité Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête (y compris les grossesses actuelles) par type de planification de la fécondité, selon le rang de naissance et l’âge de la mère à la naissance, EDSM-III Mali 2001 _______________________________________________________________________________ Statut de la naissance1 : ______________________________________ Rang de naissance Ne voulait et âge de la mère Moment Voulait pas à la naissance désiré plus tard d’enfants ND Total Effectif _______________________________________________________________________________ Rang de naissance 1 2 3 4 ou plus Âge de la mère < 20 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Ensemble 84,6 13,1 1,6 0,8 100,0 2 513 82,9 15,3 0,7 1,1 100,0 2 273 81,6 16,3 0,9 1,2 100,0 1 965 75,9 18,2 5,0 1,0 100,0 8 091 81,1 16,3 1,5 1,1 100,0 2 828 81,0 17,4 0,8 0,7 100,0 3 678 79,0 18,4 1,5 1,1 100,0 3 371 77,8 17,4 3,7 1,1 100,0 2 596 76,0 14,6 8,6 0,8 100,0 1 592 75,4 8,3 15,3 0,9 100,0 681 75,6 8,3 15,5 0,5 100,0 95 79,2 16,6 3,2 1,0 100,0 14 842 _______________________________________________________________________________ 1 Y compris la grossesse actuelle 7.4 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ Lors de l’EDSM-III, on a posé aux femmes des questions relatives à chaque enfant né au cours des cinq dernières années et à la grossesse actu elle (s’il y en avait une) : ces questions avaient pour objectif de déterminer si, lorsque la femme s’est trouvée enceinte, elle souhaitait être enceinte à ce moment-là, plus tard, ou s’il s’agissait d’une grossesse non désirée. Les réponses à ces questions permet tent de mesurer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité. De telles questions exigent de la femme un effort de concentration pour se souvenir avec exactitude de ses désirs à un ou plusieurs moments préc is des c inq dernières années. En outre, il existe un risque de rationalisation dans la mesure où, souvent, une grossesse non désirée peut devenir par la suite un enfant auquel on s’est attaché. Il apparaît, d’après le tableau 7 . 7, que la majorité des naissances des cinq dernières années (96 %) étaient désirées : la plupart de ces naissances (79 %) se sont produites au moment voulu, mais dans 17 % des cas, les femmes auraient souhaité qu’elles se produisent plus tard. Les grossesses non désirées représentent seulement 3 %. Quel que soit le rang, la grande majorité des naissances sont voulues et arrivent au moment voulu. Cependant, on peut noter que les naissances de rang élevé (4 et plus ) s ont moins bien planifiées que les naissances de rangs inférieurs : en effet, 5 % des naissances de rang 4 ou plus n’étaient pas dés irées , contre moins de 2 % des naissances de rang 1 à 3. Préférences en matière de fécondité * 105 Tableau 7.8 Taux de fécondité désirée Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et Indice Synthétique de Fécondité pour les trois années ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéris- tiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ______________________________________________ Indice synthétique Indice de fécondité synthétique Caractéristique désirée de fécondité ______________________________________________ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 4,1 4,9 5,6 6,3 4,8 5,5 6,6 7,3 6,3 6,9 6,2 7,2 6,9 7,6 6,5 7,3 6,5 6,8 6,0 6,3 4,1 4,9 6,4 7,1 5,9 6,6 3,5 4,2 6,1 6,8 ______________________________________________ Note : L’ISF est le même que celui présenté au tableau 4.2. On peut également constater au tableau 7 .7 que la proportion de naissances non désirées augmente fortement avec l’âge de la mère, pas s ant de 1 % dans les groupes d’âges les plus jeunes à 9 % à 35-39 ans et à 16 % chez les femmes de 45-49 ans. C’est dans le groupe d’âges à très forte fécondité (15 à 34 ans) que les naissances qui se sont produites plus tôt que souhaité sont les plus fréquentes (15 % à 18 % de ces naissances étaient désirées mais ne se sont pas produites au moment voulu). C’est aussi dans ce groupe d’âges que la proport ion de femmes ayant des besoins satisfaits en matière de planifica- tion f am iliale pour espacer leurs naissances est la plus importante. Enfin, il faut noter que près d’un sixième des naissances issues de mères de moins de 20 ans (16 %) étaient désirées, mais elles auraient été souhaitées plus tard. Le tableau 7.8 présentent une comparaison entre l’Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et l’Indice Synthétique de Fécondité actuelle (ISF). Le calcul de l’ISFD est analogue au calcul de l’ISF, mis à part que les naissances considérées comme non désirées sont élim inées du numérateur. Si toutes les naissances non désirées étaient évitées, l’ISF des femmes maliennes serait de 6,1 enfants au lieu de 6,8 enfants, soit environ un enfant de moins. Ce niveau de fécondité désirée, infé r ieur de près d’un enfant à la fécondité réelle, met en évidence l’importance des besoins en mat iè re de planification familiale qu’il reste à satisfaire. Quelles que soient les c aractéristiques socio-démographiques des femmes, l’ISFD est toujours inférieur à l’ISF (graphique 7.4). Les écarts les plus importants entre la fécondité réelle et la fécondité désirée s’observent chez les femmes de la région de Koulikoro (6,2 c ontre 7,2 enfants par femme). Pour les autres catégories de femmes, l’écart est plus limité, variant de 0,3 à 0,8 enfants. Le tableau 7.9 présente le nombre idéal d’enfants et les besoins non satisfaits en matière de planification familiale en fonction de certains indicateurs du statut de la femme. L’analyse différentielle du nombre idéal moyen d’enfants en fonction du nombre de décisions dans lesquelles la femme a le dernier mot et en fonction du nombre de raisons justifiant qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint ne laisse pas apparaître de variat ions s ignificatives. Tout au plus peut-on remarquer qu’en fonction du nombre de raisons justifiant qu’ un m ar i batte sa femme, le nombre idéal varie d’un minimum de 5,9 enfants chez les femmes n’approuvant dans aucun cas qu’un mari batt e s a fe m m e, à un maximum de 6,5 enfants chez les femmes qui approuvent cinq raisons justifiant le fait qu’un mari batte sa femme. Les besoins non satisfaits en matière de planification familiale s ont importants quel que soit l’indicateur de statut de la femme considéré, puisque plus d’une femme sur cinq a des besoins non satisfaits (variant de 21 % à 28 %). La majorité de ces besoins seraient orientés vers l’espacement des naissances. Les besoins non satisfaits en matière de planification augmentent avec le nombre de déc isions dans lesquelles la femme a le dernier mot, passant de 22 % pour les femmes n’ayant jamais le dernier mot à 28 % pour celles qui ont le dernier mot dans 1 ou 2 cas. De même, les besoins non satisfaits augmentent avec le nombre de 106 * Préférences en matière de fécondité Tableau 7.9 Statut de la femme, nombre idéal moyen d’enfants et besoins non-satisfaits Nombre idéal moyen d’enfants et besoins non-satisfaits pour espacer et limiter, selon les indicateurs du statut de la femme, EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________________________________________ Nombre Besoins non satisfaits en matière Indicateurs idéal de planification famille pour : du statut moyen ___________________________ de la femme d’enfants Effectif1 Espacer Limiter Total Effectif_________________________________________________________________________________________ Nombre de décisions dans lesquelles la femme a le dernier mot 0 6,1 3 589 17,0 5,1 22,0 5 007 1-2 6,3 4 073 21,1 6,9 28,0 5 172 3-4 6,3 1 193 18,5 8,3 26,8 1 596 5 6,3 840 14,3 8,4 22,7 1 073 Nombre de raisons pour lesquelles une femme trouve normal de refuser les rapports sexuels au mari 0 6,2 2 276 16,7 6,5 23,2 3 331 1-2 6,3 4 805 18,3 6,6 24,9 6 280 3-4 6,1 2 616 21,1 6,3 27,4 3 238 Nombre de raisons pour lesquelles une femme trouve normal qu’un mari batte sa femme 0 5,9 1 140 14,6 5,9 20,5 1 444 1-2 6,1 2 188 18,7 6,6 25,3 2 706 3-4 6,3 4 013 18,5 6,5 25,0 5 353 5 6,5 2 355 20,3 6,6 26,9 3 346 ___________________________________________________________________________________________ 1 Sont exclues les femmes qui n’ont pas donné une réponse numérique. raisons de refus de rapports sexuels avec le mari : les besoins non satisfaits passent de 23 % chez les femmes qui estiment que dans aucun cas une femme n’a le droit de refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari, à 27 % chez les femmes ayant déclaré que dans 3-4 circonstances une femme a le droit de refuser les rapports sexuels avec le mari. Par contre, on observe une tendance inverse du point de vue du nombre de raisons justifiant le fait qu’un mari batte sa femme : les besoins non satisfaits passent de 21 % chez les femmes qui trouvent que dans aucun cas un mari n’a le droit de battre sa femme, à 27 % chez celles qui pensent que cela est normal dans cinq circonstances. Santé de la mère et de l’enfant * 107 8SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT Dr Idrissa Alido MAIGA, Dr Safoura TRAORE, et Dr Adama DIAWARA Au cours de l’EDSM-III, on a collecté des informations sur la santé des mères et sur celle de leurs enfants nés au cours des cinq années précédant l’enquête. Ce chapitre présente les résultats concernant les soins prénatals et postnatals , les conditions d’accouchement et les caractéristiques des nouveau-nés, la couverture vaccinale, la prévalence et le traitement des principales maladies des enfants , en particulier les infections respiratoires, la fièvre et la diarrhée et enfin l’accès des femmes aux soins de santé. Ces résultats permettent d’identifier les problèmes les plus importants en matière de s anté maternelle et infantile ; ils permettent également l’évaluat ion et la planification des politiques et des programmes de santé. L’alimentation des enfants et leur état nutritionnel, évalués à partir des mesures anthropométriques et de la mesure du taux d’hémoglobine par la méthode HemoCue, seront présentés au chapitre 9 (Allaitement, état nutritionnel et anémie). 8.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET VISITES POSTNATALES Visites prénatales Pendant l’enquête, on a demandé aux femmes, pour chaque naissance survenue depuis janvier 1996, si au cours de la grossesse, elles avaient été en cons ultation prénatale. On a aussi enregistré le nombre de visites prénatales effectuées et la durée de grossesse au moment de la prem ière visite, ainsi que le nombre d’injections antitétaniques qu’elles avaient reçues. Le tableau 8.1 présente la répartition des femmes qui ont eu une naissanc e su rv enue dans les c inq années précédant l’enquête, par type de personnel consulté par la mère durant la grossesse la plus récente, selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Les données concernent seulement les dernières naissances de la période 0-59 mois ayant précédé l’enquête. Lors de l’enquête, toutes les catégories de personnel consulté par la mère pendant la grossesse ont été enregistrées, mais seule la personne la plus qualifiée a é té re tenue dans ce tableau. On observe que sur 100 femmes qui ont été examinées, plus de la moitié (57 %) ont f ait l’objet de consultations prénatales auprès de professionnels de la santé (médecins, infirmières, sages-femmes auxiliaires). Ces consultations ont été principalement effectuées par les infirmières ou sages-femmes auxiliaires (54 %) et dans très peu de cas, elles ont été dispensées par des médecins (3 %). Dans 1% des cas, la mère a consulté une accoucheuse traditionnelle. Cependant, pour un peu moins d’un e naissance sur deux (42 %), les mères n’ont fait aucune consultation prénatale. Il apparaît que les consultations prén atales auprès de professionnels de la santé (médecins, infirmières et sages-femmes auxiliaires) sont légèrement plus f réquentes pour les naissances issues de femmes de moins de 20 ans (60 %) que pour celles issues de femmes plus âgées (57 % pour celles de 20-34 ans et 52 % à partir de 35 ans). On constate également que la proportion de naissances pour laquelle la mère a consulté un profess ionnel de la santé diminue avec le rang de naissance; en effet, pour 63 % des naissances de rang 1 (qui sont le plus souvent celles issues des femmes les plus jeunes), la mère est allée en consultation, contre 56 % des naissances de rang 4-5 et de 51 % de celles de rang 6 ou plus. Ce même tableau fait apparaître que la proportion de f em m es ayant bénéficié de consultations prénatales varie fortement avec le milieu et la région de résidence (graphique 8.1). Si plus des trois quarts des naissances des zones urbaines (88 %) ont donné lieu à des consultations prénatales, les m ères vivant en milieu rural n’ont reçu des soins prénatals que pour 48 % des naissances ayant eu lieu ou cours des cinq dernières années. Cor rélativement, c’est en milieu rural que l’on trouve la plus forte proportion de femmes (52 %) qui ne sont jamais allées en consultation prénatale. 108 * Santé de la mère et de l’enfant Tableau 8.1 Soins prénatals Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années précédant l’enquête, par type de personne consultée durant la grossesse pour la naissance la plus récente, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _________________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Infirmière/ Accoucheuse Sage-femme tradition- Ef fectif Caractérist ique Méd ec in aux iliaire nelle/Autre Personne Total1 de femmes _______________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _________________________________________ Âge à la naissance < 20 20-34 35 ou plus Rang de naissance 1 2-3 4-5 6 ou plus Milieu de résidence Bamako Autres villes Ens emble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Segou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 2,0 58,0 0,9 39,1 100,0 1 452 2,9 54,5 0,6 42,0 100,0 5 245 2,9 49,3 1,1 46,7 100,0 1 594 3,4 60,1 0,8 35,7 100,0 1 314 3,3 57,3 1,1 38,3 100,0 2 272 2,5 53,5 0,6 43,4 100,0 1 852 2,1 49,2 0,6 48,1 100,0 2 853 9,2 84,0 1,0 5,8 100,0 968 3,8 77,4 0,9 17,9 100,0 1 051 6,4 80,5 0,9 12,1 100,0 2 019 1,6 45,6 0,7 52,1 100,0 6 273 1,4 51,0 0,6 47,0 100,0 1 196 0,9 59,6 0,9 38,5 100,0 1 402 0,3 63,5 0,6 35,7 100,0 1 703 2,9 41,8 1,3 54,0 100,0 1 432 3,4 32,3 0,4 63,9 100,0 1 192 5,6 40,4 0,2 53,8 100,0 397 9,2 84,0 1,0 5,8 100,0 968 1,9 50,0 0,8 47,3 100,0 6 965 5,0 72,1 0,4 22,6 100,0 915 11,9 83,3 0,8 3,9 100,0 411 2,7 54,1 0,8 42,4 100,0 8 291 ____ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ____________________________________________________ Note : Les données concernent les dernières naissanc es d e la période 0-59 mois p récédant l’enquête. Si différentes personnes ont été consultées, seule la plus qualifiée a été prise en compte dans ce tableau. 1 Y compris les non-déterminés Du point de vue régional, les proportions de naissances ayant bénéficié de consultations prénatales varient de 36 % dans la région de Mopti à 46 % dans la région de Ségou, pour atteindre un maximum de 93 % dans le district de Bamako. Cette proportion est d e 4 6 % , e n m oyenne, pour les trois régions du nord (Kidal/Gao/ Tombouctou). Dans toutes les régions on constate que seulement pour 1 % des naissances des cinq dernières années, les femmes ont consulté une accoucheuse traditionnelle pendant leur grossesse. Cette situation s’expliquerait par l’amélioration de l’accès aux structures de soins par la mise en place des centres de santé communautaires et des établissements privés. Le recours aux consultations prénatales varie de façon trè s impor tante avec le niveau d’instruction des femmes. C’est ainsi que pour la quasi-totalité des naissances issues de femmes ayant un niveau secondaire ou plus (96 %) il y a eu un suivi de la grossesse, alors que 77 % des naissances de femmes ayant un niveau primaire et 52 % de celles de femmes sans instruction ont donné lieu à des visites prénatales (graphique 8.1). Santé de la mère et de l’enfant * 109 Pour être efficaces, les soins prénatals doivent être effectués à un stade précoce de la grossesse et, surtout, ils doivent se poursuivre avec une certaine régularité jusqu’à l’accouchement. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) r ec om man de au moins quatre visites prénatales, à intervalles réguliers tout au long de la grossesse. Au tableau 8.2 figurent les données sur le nombre de visites prénatales effectuées et le stade de la grossesse à la première visi te. Seulement près du tiers des naissances (30 %) ont fait l’objet de 4 visites prénatales ou plus, ce qui est en accord avec les recom mandations de l’OMS. Par ailleurs, on note que pour 17 % des naissances, les mères ont effectué 2 à 3 visites et que pour 5 % des naissances, elles n’en ont effectué qu’une seule. En fait, bien que la fréquence des consultations prénatales ne soit pas é levée au Mali, parmi les femmes qui consultent, plus de la moitié font le nombre de visites recommandées par l’OMS (57 % des femmes qui ont consulté pendant leur grossesse l’ont fait au moins 4 fois). Par ailleurs, toujour s selon les données du tableau 8.2, on constate que, pour moins d’un tiers des naissances (23 %), la première visite prénatale s’est effectuée à un stade précoce de la grossesse, c’est-à-dire à moins de 4 m ois ; par contre, pour 13 % des naissances, la première visite n’a eu lieu qu’à 6-7 mois de grossesse, compromettant ainsi le nombre et l’espacement régulier des visites prénatales préconisées par l’OMS. Dans seulement 3 % des cas, les femmes ont attendu le huitième mois pou r ef fec tuer la première visite. La durée médiane de grossesse à la première visite s’établit à 4,6 mois. 110 * Santé de la mère et de l’enfant Tableau 8.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse Répartition (en %) des femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années précédant l’enquête, par nombre de visites prénatales pour la naissance la plus récente, et par stade de la grossesse au moment de la première visite, EDSM-III Mali 2001 _________________________________________________________________________________ Milieu de résidence ________________________________________ Visite Autres Ensemble prénatale Bamako villes urbain Rural Ensemble _________________________________________________________________________________ Nombre de visites Aucune 1 2-3 4 ou plus NSP/ND Total Mois de grossesse à la première visite Aucune visite prénatale <4 4-5 6-7 8 ou plus NSP/ND Total Nombre médian de mois de grossesse à la première visite prénatale1 Effectif de femmes 5,8 17,9 12,1 52,1 42,4 2,6 4,2 3,5 6,0 5,4 13,1 23,6 18,6 16,2 16,8 68,8 46,8 57,4 21,0 29,9 9,6 7,4 8,5 4,6 5,5 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 5,8 17,9 12,1 52,1 42,4 60,6 35,8 47,7 14,4 22,5 19,9 22,7 21,3 15,4 16,8 8,7 18,8 14,0 12,7 13,0 1,8 3,7 2,8 3,3 3,2 3,1 1,2 2,1 2,1 2,1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 3,4 4,4 - 5,1 4,6 968 1 051 2 019 6 273 8 291 _________________________________________________________________________________ Note : Les données concernent les dern ières naissances de la période 0-59 mois précédant l’enquête. 1 Les médianes sont calculées pour les naissances ayant donné lieu à des visites prénatales. Types de soins prénatals Le tableau 8.3 donne le pourcentage des femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq dernières années qui ont bénéficié de soins prénatals pour la naissance la plus récente et qui ont reçu certaines informations et/ou qui ont effec tué certains examens au cours des visites, selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Dans ce tableau figure également la proportion de femmes qui ont reçu du fer et des médicaments antipaludéens. On observe qu’un peu plus d’un quart seulement des femmes (28 %) a été informé des signes de complications de la grossesse ; par contre, dans la quasi-totalité des cas (93 %), le poids a été relevé ; la tension et la taille ont été vérifiées dans environ 84 % des cas. Pour presque deux tiers des femmes (63%), un examen d’urine a été effectué, et dans 45% des cas un échantillon de sang a été prélevé. En outre, les résultats montrent qu’environ un tiers des femmes (35 %) ont reçu du fer, sous forme de comprimés ou de sirop, et enfin que dans 60 % des c as, les f emmes ont reçu des médicaments antipaludéens. Santé de la mère et de l’enfant * 111 Tableau 8.3 Examens au cours des visites prénatales Parmi les femmesayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête qui ont bénéficié de soins prénatals pour la naissance la plus récente, pourcentage qui ont été informées des signes de complications d’une grossesse, pourcentage qui ont subi certains examens au cours des visites, pourcentage qui ont reçu du fer sous forme de comprimés/sirop, et pourcentage qui ont reçu des médicaments antipaludéens, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ______________________________________________________________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ________ Parmi les femmes ayant effectué des visites prénatales ____________________________________________________________________ A été informée des signes de A reçu des A reçu des complica- Tens ion comprimés médica- Ef fectif t ions de Poids Taille artérielle Urine Sang ou du ments anti- de Caractérist ique grossesse mesuré mesurée mesurée prélevé prélevé Ef fectif sirop de fer paludéens femmes ____________________________________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __________________________________ Âge à la naissance < 20 20-34 35 ou plus Rang de naissance 1 2-3 4-5 6 ou plus Milieu de résidence Bamako Autres villes Ens emble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 20,9 90,7 83,0 83,4 60,8 43,5 883 37,3 61,1 1 452 28,6 93,4 84,7 85,1 64,9 46,9 3 044 34,9 60,1 5 245 31,6 90,8 83,2 84,3 58,3 36,7 849 30,8 60,0 1 594 23,9 91,2 83,9 83,7 66,3 52,2 844 39,7 64,9 1 314 26,2 93,3 85,2 84,5 65,5 48,0 1 402 37,2 60,4 2 272 31,4 92,9 83,2 85,3 62,3 44,3 1 048 34,0 62,1 1 852 28,8 92,1 83,9 84,8 59,1 36,8 1 481 30,4 56,7 2 853 29,0 95,4 90,6 93,8 91,3 85,4 911 57,7 86,2 968 36,8 97,3 92,7 91,3 76,9 57,1 863 50,3 75,8 1 051 32,8 96,3 91,6 92,6 84,3 71,7 1 774 53,8 80,8 2 019 24,7 90,2 79,7 79,9 50,4 28,4 3 002 28,3 53,6 6 273 43,0 92,8 81,5 85,6 56,8 39,7 634 29,7 53,5 1 196 19,2 92,6 83,7 83,6 49,6 33,1 861 37,9 62,0 1 402 23,0 91,5 83,6 78,9 60,4 26,1 1 095 42,3 67,0 1 703 33,9 88,8 81,3 82,3 62,5 47,3 659 27,8 56,0 1 432 23,9 91,9 77,9 80,1 51,5 29,6 431 15,6 44,0 1 192 23,8 95,7 91,5 94,0 50,1 45,0 184 28,6 45,8 397 29,0 95,4 90,6 93,8 91,3 85,4 911 57,7 86,2 968 26,0 91,2 82,2 82,1 58,3 37,9 3 673 31,2 56,6 6 965 32,1 96,5 88,9 91,8 73,1 56,5 708 44,1 74,6 915 35,5 97,3 94,2 95,4 88,3 83,7 395 69,4 89,4 411 27,7 92,5 84,1 84,6 63,0 44,5 4 776 34,5 60,2 8 291 ___________________________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ___________________________________________ Note : Les données concernent les dernières nais sances de la période 0-59 mois précédant l’enquête pour lesquelles la mère a reçu des soins prénatals. Selon les résultats, il semble que les f emmes de moins de 20 ans (21 %) aient reçu moins d’informations sur les signes de complications de la grossesse que celles plus âgées (respectivement 29 % et 32 % pour les 20-34 ans et 35-49 ans). On constate également que pour moins du tiers (29 %) des naissances de rang 6 ou plus, les femmes ont reçu des informations sur les signes de complications de la grossesse. Selon le milieu de résidence, le pourcentage de femmes ayant été infor mées su r les signes de complications de la grossesse varie de 25 % en milieu rural à 33 % en milieu urbain. Du point de vue régional, le pourcentage de f emm es ay ant reçu des informations sur les signes de complications de la grossesse varie d’un minim um de 1 9 % dans la région de Koulikoro à un maximum de 43 % dans la région de Kayes. Paradoxalement, le distr ic t de Bamako enregistre un faible pourcentage de 29 %. Selon le niveau d’instruction, on constate des écarts impor tants , la proportion de femmes informées variant d’un minimum de 26 % parmi les femmes sans aucune instruction à un maximum de 36 % parmi les plus instruites. 112 * Santé de la mère et de l’enfant Tableau 8.4 Vaccination antitétanique Répartition (en %) des femmes qui ont eu un e naissance vivante au cours des cinq années précédant l’enquête par nombre d’injections antitétanique, reçues durant la grossesse pour la naissance la plus récente, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ________________________________________________________________________________________ Nombre d’injections antitétaniques ____________________________________ Effectif NSP/ de Caractéristique 0 1 2 ou + ND Total femmes ________________________________________________________________________________________ Âge à la naissance < 20 20-34 35 ou plus Rang de naissance 1 2-3 4-5 6 ou plus Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 52,0 14,9 31,3 1,7 100,0 1 452 48,4 16,9 33,8 0,9 100,0 5 245 55,3 15,9 27,4 1,3 100,0 1 594 46,7 14,2 37,4 1,7 100,0 1 314 47,4 17,6 33,7 1,3 100,0 2 272 49,0 17,8 32,1 1,1 100,0 1 852 55,4 15,4 28,4 0,8 100,0 2 853 14,8 27,8 54,9 2,5 100,0 968 24,6 19,7 53,3 2,5 100,0 1 051 19,9 23,6 54,1 2,5 100,0 2 019 60,2 14,0 25,0 0,7 100,0 6 273 56,9 14,9 26,8 1,4 100,0 1 196 49,8 17,5 31,8 0,9 100,0 1 402 42,2 17,7 39,2 1,0 100,0 1 703 63,5 12,3 23,0 1,2 100,0 1 432 66,5 11,5 21,7 0,3 100,0 1 192 59,4 12,6 27,1 0,9 100,0 397 14,8 27,8 54,9 2,5 100,0 968 54,8 15,4 28,8 0,9 100,0 6 965 34,5 17,3 46,3 1,9 100,0 915 10,7 30,1 56,0 3,2 100,0 411 50,4 16,4 32,1 1,1 100,0 8 291 Vaccinations antitétaniques Au tableau 8.4 figurent les résultats sur les v ac cinations antitétaniques (VAT) reçues par les mères pour toutes les naissances survenues durant les cinq années ayant précédé l’enquête. Ces vaccinations faites au cours de la grossesse ont pour but de prévenir le tétanos néonatal, qui est l’une des principales causes de décès des nouveau-nés dans la plupart des pays en développement. Pour une protection complète de la mère et de l’enfant, il faut deux injections au cours de la grossesse, avec au moins 30 jours d’ in t ervalle, ou bien une seule injection, si la mère a déjà été vacc inée lors de la grossesse précédente (ou avant toute grossesse). Environ une naissance sur deux (49 %) a été protégée par au moins une dose de vaccin reçue par la mère durant la grossesse et, dans un tiers des cas (32 %), les femmes ont reçu deux doses de vaccin ou plus. On notera également que la proportion de naissances couvertes par au moins une vaccination (49 %) est inférieure à la proportion de naissances pour lesquelles la mère s’est rendue en consultation prénatale (57 %), ce qui pourrait signifier que toutes les femmes qui se r endent en consultation prénatale n’ont pas bénéficié de la vaccination antitétanique. Cependant, on relève surtout que 50 % des naissances n’ont pas du tout été protégées contre le tétanos néonatal. Santé de la mère et de l’enfant * 113 Selon les caractér is t iques socio-démographiques, on ne constate que peu d’écart selon l’âge des mères, la couverture variant de 51 % pour les femmes de 20-34 ans à 43 % pour celles de 35 ans ou plus. Comme attendu, les naissances des femmes résidant en milieu urbain (78 %) sont deux fois plus souvent protégées, par au moins une dose de VAT, que celles des mères rurales (39 %). Il existe aussi de très fortes disparités régionales dans la couverture de la vaccination antitétanique des mères pendant la grossesse. Ainsi, on constate que dans les régions de Mopti (33 %) et Ségou (35 %), au moins le tiers des mères ont bénéficié d’ au moins une dose de VAT, contre plus de la moitié dans la région de Sikasso (57 %). Dans les régions de Kidal/Gao/Tombouctou (40 %), Kayes (42 %) et Koulikoro (49 %), moins de la moitié des mères ont reçu au moins une dose de VAT. Le district de Bamako (83 % ) a enr egistré le taux le plus élevé de mères vaccinées. En ce qui concerne le niveau d’instruction, comme pour les consultations prénatales, plus le niveau d’instruction de la mère est élevé et plus la proportion de naissances protégées contr e le tétanos est élevée. Ainsi, s e ule m ent 44 % des naissances de mères qui ne sont jamais allées à l’école ont été protégées par au moins une injection, alors que cette proportion concerne 64 % des naissances de femmes ayant le niveau primaire et en moyenne 86 % de celles des femmes ayant le niveau secondaire ou plus. Lieu d’accouchement Au cours des cinq années qui ont précédé l’enquête, 61 % des na issances ont eu lieu à la maison, contre 38 % dans les établissements sanitaires public s (y compris le sec teur communautaire) et privés (tableau 8.5). En outre, le lieu d’accouchement varie selon les caractéristiques socio-démographiques des femmes. On constate qu’en milieu urbain (79 %), les femmes accouchent plus fréquemment en formations sanitaires qu’en milieu rural (25 %). Selon l’âge on relève peu de variation entre les femmes de moins de 20 ans (40 %) et celles de 35 ans ou plus (35 %). De même, la fréquentation des services de santé pour l’accouchement diminue avec le rang de naissance de l’enfant : d’un maximum de 46 % pour le rang 1, elle diminue au fur et à mesure que la parit é a ug m ente pour n’atteindre que 33 % des naissances de rang 6 ou plus. En ce qui concerne la région de rés idenc e, on constate que les régions de Mopti, de Ségou et de Kayes se caractérisent par les plus faibles proportions de femmes accouchant dans des struc tures sanitaires (respectivement, 18 % et 32 %). De même, le niveau d’instruction joue un rôle prépondérant dans le choix du lieu d’accouchement : en moyenne 88 % des naissances de f em m es ayant un niveau secondaire ou plus se sont déroulées dans un établissement sanitair e, contre 56 % des naissances de mères de niveau primaire et seulement 33 % de celles dont la mère n’a aucune instruction. Les deux tiers des femmes sans instruction (66 %) ont accouché à la maison. En outre, on note que les naissances pour lesquelles la mère n’a effectué aucune visite prénatale se déroulent beaucoup moins fréquemment en établissement sanitaire (9 %) que lorsqu’il y a eu des consultations p rénat ales, en particulier lorsqu’il y en a eu 4 ou plus (72 %). La concentration des infrastruc tures sanitaires en m ilieu urbain, où résident la plupart des femmes ayant fréquenté l’ école, explique très certainement, en grande partie, les disparités constatées selon la résidence et le niveau d’instruction. 114 * Santé de la mère et de l’enfant Tableau 8.5 Lieu de l’accouchement Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par lieu d’accouchement, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________________________________________ Établissement sanitaire __________________________________________ Effectif Secteur Secteur de Caractéristique public privé Maison Autre Manquant Total naissances____________________________________________________________________________________ Âge à la naissance < 20 20-34 35 ou plus Rang de naissance 1 2-3 4-5 6 ou plus Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Visites de soins prénatals1 Aucune 1-3 4 ou plus NSP/ND Ensemble 39,9 0,9 57,6 0,6 1,0 100,0 2 575 36,3 1,0 61,4 0,3 1,0 100,0 8 557 35,2 1,1 62,6 0,4 0,7 100,0 2 076 44,4 1,5 52,9 0,2 1,1 100,0 2 243 39,3 1,3 58,0 0,5 1,0 100,0 3 786 34,2 0,7 64,2 0,2 0,7 100,0 2 989 32,5 0,7 65,4 0,5 0,9 100,0 4 190 87,0 4,2 7,7 0,1 1,0 100,0 1 413 68,1 1,0 29,4 0,5 1,0 100,0 1 623 76,9 2,5 19,3 0,3 1,0 100,0 3 036 24,9 0,5 73,3 0,4 0,9 100,0 10 172 30,8 1,4 66,8 0,6 0,5 100,0 1 905 48,0 0,9 49,7 0,4 1,0 100,0 2 255 39,2 0,2 59,8 0,4 0,3 100,0 2 798 17,1 0,6 79,7 0,2 2,4 100,0 2 309 18,0 0,1 80,7 0,5 0,6 100,0 1 892 20,8 0,1 78,4 0,1 0,5 100,0 636 87,0 4,2 7,7 0,1 1,0 100,0 1 413 32,4 0,5 65,7 0,4 1,0 100,0 11 200 54,9 1,3 42,9 0,2 0,7 100,0 1 453 79,3 8,9 10,7 0,1 0,9 100,0 555 8,9 0,1 90,5 0,4 0,0 100,0 3 514 45,8 0,9 52,8 0,2 0,2 100,0 1 840 69,5 2,2 27,9 0,3 0,1 100,0 2 477 62,6 3,1 31,5 0,2 2,5 100,0 460 36,8 1,0 60,9 0,4 0,9 100,0 13 208 ____________________________________________________________________________________ Note : Les données concernent toutes les naissances de la période 0-59 mois précédant l’enquête. 1 Basé seulement sur la dernière naissance survenue au cours des cinq dernières années. Assistance lors de l’accouchement Le tableau 8.6 présente la répartit ion des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, par type d’ass istance à l’accouchement, selon certaines caractéristiques socio- démographiques des mères. On constate tout d’abord que 41 % des naissances des cinq dernières années ont été assistées par un profess ionnel de la santé : dans la majorité des cas, ce sont des infirmières ou des sages- femmes (39 %) qui ont aidé à l’accoucheme nt , les médecins n’intervenant que pour une part négligeable (2 %). Environ un quart des naissances ont bénéficié de l’assistance d’accoucheuses traditionnelles (26 %) et une proportion relativement élevée (18 %) s’est déroulée avec l’assistance des parents ou d’amis. Santé de la mère et de l’enfant * 115 Tableau 8.6 Assistance lors de l’accouchement Répartition (en %) des naissances su rven ues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par type d’assistance durant l’accouchement, seloncertaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _____________________ Infirmière/ Accou- Sage-femme/ cheuse Ef fectif Sage-femme tradition- Parent/ de Caractérist ique Méd ec in aux iliaire nelle autre Personne Total1 naissances _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _________________________________________________________________________ Âge à la naissance < 20 20-34 35 ou plus Rang de naissance 1 2-3 4-5 6 ou plus Milieu de résidence Bamako Autres villes Ens emble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 1,9 41,8 26,9 18,5 10,9 100,0 2 575 1,3 38,7 25,3 18,2 16,4 100,0 8 557 1,6 37,4 24,5 15,7 20,7 100,0 2 076 2,4 45,9 24,4 17,5 9,9 100,0 2 243 2,1 41,7 25,7 17,8 12,8 100,0 3 786 0,7 36,8 26,7 18,0 17,9 100,0 2 989 1,0 34,9 25,1 18,2 20,7 100,0 4 190 5,2 88,5 3,2 1,7 1,3 100,0 1 413 2,8 72,3 8,2 7,8 8,9 100,0 1 623 3,9 79,8 5,9 4,9 5,4 100,0 3 036 0,8 27,0 31,3 21,8 19,1 100,0 10 172 0,6 35,1 31,2 24,0 9,1 100,0 1 905 1,3 47,2 39,0 1,5 10,8 100,0 2 255 0,7 42,6 22,5 16,6 17,6 100,0 2 798 1,5 20,8 20,7 24,7 32,4 100,0 2 309 0,7 19,3 30,9 29,2 19,9 100,0 1 892 2,1 23,6 24,0 41,1 9,2 100,0 636 5,2 88,5 3,2 1,7 1,3 100,0 1 413 1,1 34,7 27,4 19,2 17,6 100,0 11 200 1,6 56,9 18,7 13,4 9,3 100,0 1 453 9,7 82,6 3,7 2,5 1,4 100,0 555 1,5 39,1 25,5 17,9 16,0 100,0 13 208 _________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ________________________________ Note : Les données concernent toutes les naissances de la période 0-59 mois précédant l’enquête. Si différentes pe rs onnes ont assisté l’ac couchement, seule la plus q ualifiée a été prise en compte dans ce tableau. 1 Y compris les non déterminés L’examen des données par ca ractéristiques socio-démographiques de la mère met en évidence le même type de varia t ions qu e celles observées à propos du lieu d’accouchement (graphique 8.2). La région de Mopti qui se caractéris e par le plus faible pourcentage d’accouchements en structure sanitaire enregistre également la plus faible proportion de femmes don t l’ accouchement a été assisté par du personnel de santé (20 %). Avec une proportion de 22 % d’accouchements assistés par du personnel de santé, les femmes de la région de Ségou ne bénéficient pas non plus de bonnes conditions d’accouchements. Les n ais s ances qui ont é té le p lus fréquemment ass istées par du personnel de santé sont celles de mères de moins de 20 ans (44 %), les naissances de rang 1 (48 %) et celles issues de mères ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (92 %). Par ailleurs, les n aissances de mères résidant en milieu urbain sont assistées, en grande majorité, par un professionnel de la santé (84 %), contre seulement 28 % de celles du milieu rural. 116 * Santé de la mère et de l’enfant Les naissances as s is t ées par des accoucheuses traditionnelles sont peu fréquentes en milieu urbain (6 %) et chez les femmes de niveau secondaire ou plus (4 %) alors qu’elles représentent 31 % des naissances du milieu rural et 27 % des naissances de mères sans instruction. Les parents et amis jouent un rôle non négligeable puis que près d’une naissance sur cinq (18 %) s’est produite avec leur assistance : leur rôle est particulièrement important en milieu rural (22 %), dans la région de Kidal/Gao/Tombouctou (41 %) et quand il s’agit de naissances de femmes sans instruction (19 %). Enfin, on constate qu’une proportion non négligeable de naissances, plus d’une sur six (16 %), s’est déroulée sans auc une a ide. C’est chez les femmes de 35 ans ou plus (21 %) et chez celles de la région de Ségou (32 %) que cette proportion est la plus élevée. La proportion de femmes qui accouchent sans aucune assistance est aussi élevée quand la naissance est de rang 6 ou plus (21 %) ou issue d’une femme du milieu rural (19 %) ou d’une femme sans instruction (18 %). Caractéristiques de l’accouchement et du nouveau-né Parmi les naissances des c inq années ayant précédé l’enquête, 1 % a eu lieu par césarienne (tableau 8.7). Cette faible proportion n’est pas surprenante, puis q u e, respectivement, seulement 2 % et 39 % des naissances se sont déroulées avec l’ass istance de méd ec ins et de sage-femmes/infirmières. Comme il fallait s’y attendre, les césariennes, qui nécessitent un environnement hospitalier, sont plus fréquentes à Bamako (5 %) et chez les femmes de niveau secondaire ou supérieur (5 %). Santé de la mère et de l’enfant * 117 Tableau 8.7 Caractérist iques de l’ac couchement Pourcentage des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, selon que l’accouchement a été effectué ou non par césarienne, et répart ition (en % ) du p o id s d e l ’ enfant à la naissance et de sa grosseur estimée par la mère, selon certaines caractérist iques socio-démograp hiques, EDSM -III Mali 2001 ____________________________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ________________________________________ Poids à la naissance Grosseur de l’enfant ________________________________ ________________________________ Plus Moyen/ Accouche- petit plus ment par Moins que la gros Ef fectif césa- Non de 2,5 kg NSP/ Très moy- que la NSP/ de Caractérist ique rienne pesé 2,5 kg ou + ND Total petit enne moyenne ND Total naissances _____________________________________________________________________________________________________________________ Âge à la naissance < 20 20-34 35 ou plus Rang de naissance 1 2-3 4-5 6 ou plus Milieu de résidence Bamako Autres villes Ens emble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 1,1 67,4 3,7 15,8 13,2 100,0 9,0 15,2 72,0 3,8 100,0 2 575 1,1 66,9 2,9 18,1 12,0 100,0 7,7 13,7 75,0 3,5 100,0 8 557 1,0 67,9 3,5 16,3 12,4 100,0 10,0 13,9 73,0 3,1 100,0 2 076 1,9 62,6 4,4 19,8 13,2 100,0 10,0 15,1 70,8 4,1 100,0 2 243 1,3 63,8 3,5 20,0 12,8 100,0 7,1 13,2 75,9 3,8 100,0 3 786 0,9 69,7 2,3 16,5 11,6 100,0 7,5 14,0 75,4 3,0 100,0 2 989 0,6 70,8 2,8 14,4 12,0 100,0 9,1 14,2 73,4 3,3 100,0 4 190 4,9 7,3 10,0 64,1 18,6 100,0 7,0 11,0 79,6 2,4 100,0 1 413 1,9 36,1 7,8 34,4 21,6 100,0 7,4 13,8 75,2 3,5 100,0 1 623 3,3 22,7 8,9 48,2 20,2 100,0 7,2 12,5 77,3 3,0 100,0 3 036 0,4 80,4 1,4 8,2 10,0 100,0 8,6 14,5 73,2 3,7 100,0 10 172 0,6 71,4 2,6 15,9 10,1 100,0 5,4 15,3 77,4 1,9 100,0 1 905 1,3 59,0 2,3 17,9 20,8 100,0 5,6 10,6 79,7 4,2 100,0 2 255 0,7 75,4 2,6 10,7 11,3 100,0 5,8 13,6 80,1 0,5 100,0 2 798 0,3 82,6 2,5 8,2 6,8 100,0 9,1 16,1 68,8 6,0 100,0 2 309 0,1 83,3 1,2 7,9 7,6 100,0 11,6 15,6 68,1 4,7 100,0 1 892 0,5 76,2 3,0 7,4 13,4 100,0 28,4 19,1 43,3 9,2 100,0 636 4,9 7,3 10,0 64,1 18,6 100,0 7,0 11,0 79,6 2,4 100,0 1 413 0,8 72,4 2,6 12,6 12,4 100,0 8,6 14,7 72,9 3,8 100,0 11 200 1,8 48,4 4,0 33,4 14,1 100,0 7,8 11,0 78,9 2,2 100,0 1 453 5,3 11,1 11,6 71,7 5,6 100,0 4,5 8,7 85,3 1,4 100,0 555 1,1 67,2 3,1 17,4 12,3 100,0 8,3 14,0 74,1 3,5 100,0 13 208 __________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __________________________________________________________________ Note : Les données concernent toutes les naissances d e la période 0-59 mois p récédant l’enquête. D’après les c arnets de santé ou les déclarations de la mère, on ne connaît le poids à la naissance des enfants que dans 21 % des cas (tableau 8.7) : parmi ces derniers, 17 % avaient un poids égal ou supérieur à 2 500 grammes alors que 3 % étaient de faible poids (moins de 2 500 grammes). Précisons que cette information est en partie biaisée dans la mesure où les rares enfants qui ont été pesés sont certainement ceux qui sont nés dans les meilleures conditions (en établissement sanitaire équipé, probablement en milieu urbain et dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus). À la question, très subjective, concernant la grosseur de leur bébé à la naissance, 74 % des mères ont déc laré qu’il était moyen ou gros, dans 14 % des cas, elles ont déc laré qu’il était plus petit que la moyenne et, dans 8 % des cas, elles ont déc laré qu’il était très petit. Pour 21 % d’enfants, on dispose à la fois du poids à la naissance et de l’opinion de leur mère sur leur grosseur. En combinant ces deux types d’informations pour les 21 % d’enfants, il est possible de déterminer quel est le pourcentage de chaque catégorie (moyen ou gros, plus pet it que la moyenne et très petit) qui correspond à des faibles poids à la naissance (moins de 2 500 gr am m es ) . En appliquant cette classification à l’ensemble des enfants nés durant les c inq dernières années et pour lesquels on connaît la grosseur d’après leur mère, on estimerait à 26 % la proport ion d’enfants de faible poids à la naissance (moins de 2 500 grammes). Bien qu’il ne s’agisse ici que d’une estimation très approximative qui est, peu t - être, excess ive et 118 * Santé de la mère et de l’enfant Tableau 8.8 Soins postnatals Répartition (en %) des femmes qui o n t eu une naissance vivante survenue au cours des cinq années ayant précédé l’enquête en dehors d’un établissement sanitaire, selon le moment des soins post-natals pour la naissance la plus récente en dehors d’un établissement sanitaire, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _____________________________________________________________________________________ Temps écoulé avant le premier examen postnatal ____________________________________ Dans les deux jours 3-6 jours 7-41 Aucune après après après visite Effectif accouche- accouche- accouche- NSP/ post- de Caractéristique ment ment ment ND natale Total femmes _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __________________________________________________________ Âge à la naissance < 20 20-34 35-49 Rang de naissance 1 2-3 4-5 6 ou plus Milieu de résidence Bamako Autres villes Ens emble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 8,2 0,9 2,5 2,7 85,7 100,0 1 065 10,1 0,8 2,3 2,4 84,4 100,0 3 961 10,4 0,9 2,2 2,6 84,0 100,0 1 223 8,5 1,0 2,7 2,5 85,3 100,0 883 9,4 1,0 2,0 2,9 84,6 100,0 1 660 10,6 0,8 1,8 2,4 84,4 100,0 1 420 10,2 0,7 2,7 2,2 84,2 100,0 2 286 2,9 2,0 4,3 1,9 89,0 100,0 264 21,3 0,8 3,5 1,8 72,6 100,0 493 14,9 1,2 3,8 1,8 78,3 100,0 757 9,1 0,8 2,1 2,6 85,4 100,0 5 493 11,8 0,6 1,4 4,3 81,9 100,0 973 5,8 0,7 1,6 1,5 90,4 100,0 1 036 15,5 0,6 2,3 3,5 78,1 100,0 1 337 10,0 1,4 3,9 2,4 82,4 100,0 1 248 5,7 0,3 1,8 1,3 90,9 100,0 1 057 11,5 2,3 1,0 1,3 83,9 100,0 335 2,9 2,0 4,3 1,9 89,0 100,0 264 9,6 0,9 2,2 2,5 84,8 100,0 5 589 12,6 0,3 2,8 2,1 82,2 100,0 554 7,3 0,7 4,5 4,9 82,6 100,0 106 9,8 0,9 2,3 2,5 84,5 100,0 6 250 ______________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ___________________________ Note : Les données concernent les dernières naissances de la période 0-59 mois précédant l’enquête. demanderait des investigations supplémentaires, ce résultat est moins biaisé que celui concernant les seuls enfants qui ont été pesés. Visites postnatales Le tableau 8.8 présente la répartition des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et dont l’accouchement s’est déroulé en dehors d’un établissement sanitaire, selon l’intervalle de tem ps entre l’accouchement et le premier examen postnatal et par certaines carac téristiques socio-démographiques. Rappelons que les données ne portent que sur la dernière naissance. Les résultats montrent que plus de huit femmes sur dix (84 %) n’ont effec tué aucune visite postnatale. Dans 10 % des cas seulement, un bilan postnatal a été effectué dans les deux jours qui ont suivi l’accouchement, 1% dans les 3-6 jours et 2 % dans les 7-41 jours après l’accouchement. Selon l’âge, on ne constate pas une variation significative des proportions de femmes ayant effectué une visite postnatale. Le rang de naissance n’a pas non plus une influenc e sur la fréquence des soins Santé de la mère et de l’enfant * 119 Tableau 8.9 Statut de la femme et santé reproductive Pourcentage de femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et dont la dernière naissance a fait l’objet de soins prénatals, pourcentage de femmes dont la dernière naissance a fait l’objet de soins postnatals dans les deux jours après l’accouchement, et pourcentage de naissances dont la mère a bénéficié d’une assistance par du personnel de santé lors de l’accouchement, selon les indicateurs du statut de la femme, EDSM-III Mali 2001 _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ____________________________________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Pourcentage Pourcentage Pourcentage de nais- des soins d’enfants examinés sances assistées à prénatals par pendant les l’accouchement des médecins 2 premiers par un méd ec in Indicateur du infirmièrs/ jours suivant Ef fectif infirmière/ Effectif des statut de la femme sag e-femmes l’accouchement1 des femmes sage-femme naissances ___________________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ________________ Nombre de décisions prises par la femm e2 0 1-2 3-4 5 Nombr e de raisons pour lesquelles une femme tro uve no rm al de refuser les rapports sexuels au mari 0 1-2 3-4 Nombre de r a i sons pour lesquelles une femme trouve no rm al qu ’un mari batte sa femme 0 1-2 3-4 5 Ensemble 56,6 31,0 2 885 39,6 4 485 56,9 30,8 3 716 39,1 6 030 55,6 32,8 1 077 45,0 1 742 60,0 43,1 612 47,4 951 57,2 31,4 1 989 41,4 3 092 56,7 32,5 4 115 40,6 6 581 56,8 31,7 2 188 40,0 3 536 55,9 37,3 780 43,8 1 213 59,1 35,0 1 701 43,4 2 701 57,6 31,5 3 594 41,7 5 729 54,3 28,7 2 216 35,7 3 565 56,8 32,0 8 291 40,6 13 208 ___________________________________________________________________________________________________________ 1 Y compris les mères qui ont accouché dans un établissement sanitaire 2 Par elle-même ou conjointement avec d’autres postnatals. En milieu urbain, après un accouchement, 78 % des femmes n’ont pas effec tué de bilan postnatal contre 85 % en milieu ru ral. Du point de vue régional, le pourcentage de femmes n’ayant pas suivi de consultations postn atales varie de 78 % à Sikasso à 91 % à Mopti. Par niveau d’instruction, on ne constate pas non plus de variations des pourcentages de femmes n’ayant effectué aucune visite postnatale : 85 % chez les femmes sans instruction, 82 % chez celles avec une instruction primaire et 83 % chez les femmes ayant une instruction secondaire ou plus. Toutefois il faut noter que pour les femmes instruites ou celles du milieu urbain, la majorité a accouché dans u n ét ab lis s ement sanitaire ; par conséquent, ce tableau ne concerne qu’une minorité de femmes avec instruction ou vivant dans les centres urbains. Statut de la femme et santé reproductive Le tableau 8.9 présente trois types de pourcentages selon les indicateurs du statut de la femme : il s ’agit du pourcentage de femmes dont la dernière naissance a bénéficié de soins prénatals, du pourcentage de femmes dont la dernière naissance a bénéficié de soins postnatals et enfin du pourcentage de naissances s’étant déroulées avec l’assistance de personnel de santé. Les trois indicateurs du statut de la femme présentés dans ce tableau sont les suivants : 1) le nombre de déc is ions p r ises par la femme, 2) le nombre de raisons pour lesquelles une femme trouve normal de refuser les rapports sexuels au mari et 3) le nombre de raisons pour lesquelles une femme trouve normal qu’un mari batte sa femme. Tout d’abord, on ne constate pas de variation significative des pourcentages de femmes ayant reçu des soins prénatals, quel que soit l’indicateur du statut de la femme. 120 * Santé de la mère et de l’enfant Santé de la mère et de l’enfant * 121 En ce qui concerne le pourcentage de femmes qui ont effectué des soins postnatals 2 jours après l’accouchement, il semble y avoir une certaine relation avec deux indicateurs : par exemple, on constate que la proportion de femmes ayant eu des soins postnatals augmente en fonction du nombre de décisions auxquelles la femmes est associée : de 31 % quand la fem me ne participe à aucune décision, la proportion passe à 33 % quand la femme a pris 3-4 décisions et à 43 % quand elle a été ass oc iée à la prise de 5 décisions. De mème on constate que la proportion de femmes qui ont effectué des soins postnatals est plus élevée quand la femme estime qu’il n’y a aucune raison qui justifie qu’un mari puisse battre sa femme : 37 % de femmes qui pensent que dans aucun cas un mari n’a le droit de battre son épouse ont effectué des soins postnatals contre 32 % quand elles pensent que dans 3 ou 4 s ituations, un tel comportement est normal, et la proportion tombe à 29 % quand la femme pense que pour 5 raisons, il est normal qu’un mari batte sa femme. Par contre, la fréquence des soins postnatals ne semble pas être influencée par l’opinion de la femme concernant les raisons justifiant qu’une femme puisse refuser des rapports sexuels à son mari. Le fait que la femme bénéficie d’une assistance lors de son accouchement semble être influencé par le nombre de déc isions auxquelles elle est associée : en effet, plus le nombre de décisions prises par la femme est élevé et plus les proportions de naissances assistées par du personnel de san té lo r s de l’accouchement augmentent. Quand la femme ne participe à aucune décision, 40 % des accouchements sont assistés par du personnel de santé ; quand la femme est associée à 5 décisions, la proportion passe à 47 %. De même, l’opinion de la femme concernant le nombre de rais ons qui justifient qu’un mari puisse battre sa femme semble avoir une influence sur la fréquence des accouchements ass istés par du personnel de santé : d’un maximum de 44 % quand la femme pense que, dans aucun cas, un mari n’est autorisé à battre sa femme, la proportion tombe à 36 % quand elle pense que pour 5 raisons, un mari peut utiliser la violence contre sa femme. Par contre, la fréquence des accouchements ass istés par du personnel de santé ne semble pas être influencée par l’opinion de la femme concernant les raisons jus tifiant qu’une femme puisse refuser des rapports sexuels à son mari. 8.2 VACCINATION Au cours de l’enquête, pour tous les enfants nés au cours des cinq dernières années ayant précédé l’enquête, on a enregistré les informations nécessaires à une évaluation de la couverture vaccinale du programme élargi de vacc ination (PEV) . Conformément aux recommandations de l’OMS, un enfant est complètement vacciné lorsqu’il a reçu le BCG (protection contre la tuberculose), le vaccin contre la rougeole, trois doses de vaccin contre la polio et le DTCoq (contre la diphtér ie , le tétanos et la coqueluche). D’après le calendrier de vaccinations, ces vaccins doivent tous être administrés avant l’âge d’un an. Selon les recommandations de l’OMS (OMS, 1991), la collecte des données sur la vacc ination a été faite de deux manières différentes . Les informations ont été soit recopiées à partir de la carte de vaccination, soit enregistrées à partir des déclarations de la mère. Ainsi lorsque la carte de vac c ination n’était pas disponible, l’enquêtrice demandait à la mère si l’enfant avait reçu le BCG (caractérisé par la cicatrice que laisse généralement la vaccination), le vaccin contre la polio et le DTCoq (y compris le nombre de doses) et celui contre la rougeole. Le t ab le au 8. 10 et le graphique 8.3 présentent les résultats sur la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois selon les différentes sources d’information : la carte de vaccination, les déclarations de la mère et les deux sources combinées. Seul le groupe d’âges 12-23 mois a été retenu puisque, selon les recommandations de l’OMS, les enfants de ce groupe d’âges devraient déjà être complètement vaccinés. On notera que, dans 48 % des cas, la mère a présenté une carte de vaccination à partir de laquelle les informations ont été enregistrées (tableau 8.11). 122 * Santé de la mère et de l’enfant Tableau 8.10 Vaccinations selon les sources d’information Pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu chaque vaccination spécifique, quel que soit l’âge à la vaccination, et pourcentage de ceux qui ont été vaccinés avant l’âge de 12 mois, selon que l’information provienne d’un carnet de vaccination ou des déclarations de la mère, EDSM-III Mali 2001 _______________________________________________________________________________________________________ Pourcentage d’enfants ayant reçu des vaccins : ___________________________________________________________________ DTCoq Polio Tous1 Aucune ____________ __________________ Rou- les vacci- Effectif Source d’information BCG 1 2 3 0 1 2 3 geole vaccins nation d’enfants _______________________________________________________________________________________________________ Vacciné à un moment avant l’enquête Carnet de vaccination Déclaration de la mère Les deux sources Vacciné avant l’âge de 12 mois 47,0 43,6 37,8 31,3 45,3 46,2 39,8 32,9 35,7 25,7 0,0 1 061 22,0 17,4 13,0 8,3 7,9 27,7 19,8 6,5 13,0 3,0 21,6 1 136 69,0 61,0 50,7 39,6 53,2 73,9 59,5 39,4 48,7 28,7 21,6 2 197 63,7 55,9 44,8 33,9 49,2 68,0 52,9 33,9 36,2 21,8 27,7 2 197 _______________________________________________________________________________________________________ Note : On suppose que le taux de couverture du DTcoq pour les enfants sans carne t de vaccination est le même que celui de la polio quand la mère a déclaré que l’en fant avait été vacciné contre la polio. Chez les enfants pour lesquels l’information est basée sur la déclaration de la mère, on a supposé que la proportion de vaccins reçus durant leur première année était la même que chez ceux ayant une carte de vaccination. 1 Enfants complètement vaccinés (c’est-à-dire ceux qui ont reçu le BCG, la rougeole ,les trois doses de DTcoq et de polio, non compris polio 0). 1 Il s’agit du BCG, des trois d os es de polio et de DTCoq et de la rougeole. 2 Le taux de déperdition pour la polio, par exemple, es t la proportion d’enfants qui, ayant reçu la première dose du vaccin, ne reçoivent pas la troisième. Santé de la mère et de l’enfant * 123 Tableau 8.11 Vaccinations selon les caractéristiques socio-démographiques Pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu chaque vaccination spécifique (selon le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère) et pourcentage de ceux pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ________________________________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Pour- Pourcentage d’enfants ayant reçu des vaccins : centage ____________________________________________________________________ avec DTCoq Polio Tous1 Aucune carnet de ____________ __________________ Rou- les vacci- vacci- Caractérist ique BCG 1 2 3 0 1 2 3 geole vaccins nation nation Ef fectif _________________________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ______ Sexe Mas culin Féminin Rang de naissance 1 2-3 4-5 6 ou plus Milieu de résidence Bamako Autres villes Ens emble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 69,3 63,0 51,8 41,2 54,1 74,3 60,5 39,2 49,4 28,3 21,1 48,4 1 122 68,7 58,9 49,6 38,0 52,2 73,4 58,5 39,6 48,0 29,1 22,1 48,2 1 074 74,7 64,9 56,4 42,5 59,3 77,7 62,8 43,3 56,1 34,2 17,9 53,1 342 73,9 66,0 53,9 43,9 54,7 77,1 63,3 43,3 51,7 31,0 17,7 50,8 686 69,3 62,3 52,1 40,1 53,0 74,8 58,9 39,3 51,0 29,6 20,0 48,2 471 61,3 53,4 43,9 33,6 48,8 68,2 54,7 33,6 40,5 23,1 28,4 43,5 697 92,7 87,6 82,5 75,9 81,4 89,3 82,1 71,0 78,1 60,8 5,6 70,6 265 88,2 76,8 68,4 61,3 70,4 87,3 77,2 58,4 64,0 40,3 8,5 58,4 281 90,4 82,1 75,3 68,4 75,7 88,3 79,6 64,5 70,8 50,3 7,1 64,3 546 62,0 54,0 42,6 30,1 45,7 69,1 52,9 31,1 41,3 21,5 26,4 43,0 1 650 57,6 53,1 33,6 21,1 38,4 76,7 54,7 27,0 39,4 13,6 18,5 35,8 304 71,2 67,2 56,9 45,1 62,3 73,2 59,8 41,2 47,4 29,5 18,1 53,3 394 81,8 68,6 58,9 43,7 58,3 83,4 69,3 46,6 59,2 34,6 13,5 60,6 502 59,9 51,2 44,3 36,1 48,1 63,0 53,9 35,0 40,1 22,8 35,5 39,7 341 45,9 34,6 24,3 16,6 28,1 54,7 36,1 16,7 27,1 12,2 40,8 24,7 282 65,1 60,2 50,1 35,6 49,2 70,5 50,3 29,7 42,3 23,5 26,6 42,7 108 92,7 87,6 82,5 75,9 81,4 89,3 82,1 71,0 78,1 60,8 5,6 70,6 265 65,5 56,7 46,4 34,6 48,9 71,2 56,2 35,1 44,9 25,1 24,0 45,3 1 827 83,5 77,7 67,0 57,5 70,9 84,6 71,0 53,1 62,1 38,8 12,3 58,7 256 93,3 92,0 83,5 80,2 82,0 93,4 88,0 77,3 78,7 62,7 4,9 72,5 114 69,0 61,0 50,7 39,6 53,2 73,9 59,5 39,4 48,7 28,7 21,6 48,3 2 197 ______ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _________________________________________________________________ Note : On suppose que le taux de couverture du DTcoq pour l e s enfants sans carnet de vaccination es t le même que celui de la polio quand la mère a déc laré que l’enfant avait été vacciné contre la polio. 1 Enfants comp lètement vaccinés (c ’est-à-dire ceux qui ont reç u le BCG, la rougeole, les trois doses de D Tcoq et de polio, non compris polio 0). Selon les d eux sources, moins d’un tiers des enfants de 12-23 mois (29 %) avaient reçu toutes les vacc inations du PEV1 au moment de l’enquête. Par ailleurs, on cons tate que le taux de couverture varie selon le type de vaccin : 69 % des enfants ont reçu le BCG (donné en principe à la nais s ance), 74 % ont reçu la pr emière dose de polio et 61 % celle du DTCoq ; cette proportion diminue ensuite avec les doses et moins de deux enfants de 12-23 mois sur cinq ont reçu les trois doses de polio (39 %) et de DTCoq (40 %). Le taux de déperdition2 entre la première et la troisième dose est donc très important (35 %). Seulement la moitié des enfants (49 %) sont vaccinés contre la rougeole. 124 * Santé de la mère et de l’enfant Parmi les en fan ts qui ont reçu toutes les vaccinations, 22 % ont été vaccinés selon le calendrier recommandé, c’est- à-dire avant l’âge de 12 mois, cela selon les deux sources d’information. À l’inverse, 22 % de l’ensemble des enfants de 12-23 mois n’ont reçu auc une des vacc inations du PEV avant l’âge de 12 mois. La couver ture vaccinale complète présente de fortes disparités selon les caractéristiques socio- démographiques des enfants et de leur mère (tableau 8.11). Au niveau du sexe, on constate que les garçons sont couverts dans un pourcentage très proche de celui des filles (28 % contre 29 %). La couverture vaccinale diminue avec l’augmentation du rang de naissance : de 34 % pour les enfants de rang 1, elle passe à 23 % pour ceux de rang 6 ou plus. Les naissances de rang 1 étant essentiellement issues de jeunes femmes, on peut supposer que ces dernières sont plus sensibilisées que leurs aînées à la vaccination des enfants. Par milieu de résidence (graphique 8.4), on constate, comme on pouvait s’y attendre, que la couverture vaccinale des enfants du milieu rural est nettement inférieure à celle des enfants du milieu urbain : 22 % seulement des enfants du milieu ru ral s ont complètement vaccinés, c ontre 50 % en milieu urbain ; à l’inverse, près d’un quart des enfants du milieu rural (26 %) n’ont reçu aucune vaccination du PEV, contre 7 % en milieu urbain. En outre, il faut noter la très forte déperdition entre les doses de polio/DTCoq qui caractérise le milieu rural : 55 % contre 27 % en milieu urbain pour la polio. Du po int de vue régional, la région de Mopti se marginalise avec un peu moins de la moitié des enfants (41 %) qui n’ont reçu auc une des vacc inations du PEV et avec un taux de déperdition vaccinale de 69 % entre la première et la troisième dose de DTCoq. Dans les régions de Ségou et de Kidal/Gao/Tombouctou, les proportions d’enfants non vaccinés sont aussi plus élevées que la moyenne nationale (respec t ivement 36 % et 27 %). La proportion d’enfants de 12-23 mois complètement vaccinés varie de manière significative d’une région à une autre, passant de 61% dans le district de Bamako, suivi de Sikasso (35 %), de Koulikoro (30 %), de Kidal/Gao/Tombouctou (24 %) et de Ségou (23%) pour tomber respectivement à 14 % et 12 % à Kayes et Mopti. Santé de la mère et de l’enfant * 125 Tableau 8.12 Vaccinations au cours de la première année Pourcentage d’enfants âgés de 1 à 4 ans pou r lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice, et pourcentage de ceux qui ont reçu chaque vaccin avant l’âge de 12 mois, par âge actuel de l’enfant, EDSM-III Mali 2001 _____________________________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __ Pour- Pourcentage d’enfants ayant reçu des vaccins : centage ______________________________________________________________________________ avec DTCoq Polio Tous1 carnet de ________________ _________________________ Rou- les Aucun vacci- Âge ac tuel BCG 1 2 3 0 1 2 3 geole vaccins vaccin nation Ef fectif __________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _____________________ 12-23 mois 24-35 mois 36-47 mois 48-59 mois Ensemble 63,7 55,9 44,8 33,9 49,2 68,0 52,9 33,9 36,2 21,8 27,7 48,3 2 197 60,2 52,2 43,0 30,8 42,3 60,9 48,6 29,5 30,7 17,2 33,1 37,4 2 027 52,6 45,2 36,1 25,8 32,0 53,3 43,1 26,0 28,4 13,6 40,6 28,5 2 245 49,5 42,2 33,3 19,5 28,4 51,4 40,5 19,7 26,9 11,0 43,6 26,7 1 925 58,0 50,4 40,6 28,7 38,7 60,2 47,9 28,5 31,8 16,4 34,5 35,4 8 394 _________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ______________________________________________ No t e : On suppose que le taux de couverture du DTcoq pour les enfants sans carnet de vaccination es t le même que celui de la polio quand la mère a déc laré que l’enfant avait été vacciné contre la polio. 1 Enfants complètem ent vaccinés (c ’est-à -dire ceux qui ont reçu le BCG, la rougeole, les trois doses de D Tcoq et de polio, non compris polio 0). Le niveau d’instruction de la mère joue également un grand rôle dans la couverture vaccinale des enfants. En ef f et , le niveau de couverture vacc inale est nettement plus élevé chez les enfants dont la mère a un niveau secondaire ou plus (63 % ) que chez ceux dont la mère a un niveau primaire (39 %) ou surtout que chez ceux dont la mère n’a pas d’instruction (25 %). À l’inverse, un quart des enfants de femmes sans instruction (24 %) n’ont reçu aucune vaccination, contre 12 % des enfants des femmes de niveau primaire et 5 % des femmes de niveau secondaire ou plus. Au cours de l’enquête, les données s ur la vacc ination ont été collectées pour les enfants de moins de cinq ans. Ainsi, il a été possible d’évaluer rétrospectivement les tendances de la couverture vaccinale avant l’âge de douze mois pour les quatre années ayant p réc édé l’enquête à partir des données concernant les enfants de 12-23, 24-35, 36-47 et 48-59 mois. Au tableau 8.12 sont présentés les taux de couverture vaccinale d’après le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère pour les enfants de ces différents g roupes d’âges . On y trouve également les proportions d’enfants de chaque âge pour lesquels un carnet de vaccination a été montré à l’enquêtrice. Pour l’ensemble des enfants de 1-4 ans, une carte de vaccination a été présentée à l’enquêtrice dans 35 % des cas et cette proportion varie de 48 % pour les enfants âgés de 12-23 mois à l’enquête à 27 % pour ceux âgés de 48-59 mois. Cette variation peut être le signe d’une amélioration de la couverture vaccinale des enfants mais elle pourrait également résulter du simple fait que, plus les enfants sont âgés, plus le risque d’avoir égaré la carte est fréquent. Dans l’ensemble, 58 % ont reçu le vaccin du BCG avant l’âge de 12 mois, 29 % la troisième dose de DTCoq et 29 % la troisième dose de polio , 32 % ont été vaccinés contre la rougeole et 16 % ont été protégés contre toutes les maladies du PEV avant l’âge de 12 mois. À l’opposé, 35 % des enfants de 1-4 ans n’ont reçu aucune de ces vaccinations. Plus les enfants sont âgés et plus les taux de couverture vaccinale sont faibles, passant de 22 % pour tous les vaccins chez les enfants de 12-23 mois à 14 % chez ceux de 36-47 mois et à 11 % chez les enfants de 48-59 mois. Ces variations peuvent provenir, en partie, de problèmes de mémoire des enquêtées, celles-ci ne se souvenant plus très bien des vacc inations données aux enfants les p lus âgés . Cependant, on peut également avanc er comme explication une amélioration de la couverture vaccinale au cours des cinq dernières années. 126 * Santé de la mère et de l’enfant Santé de la mère et de l’enfant * 127 8.3 MALADIES DES ENFANTS Infections respiratoires et fièvre Les infections respiratoires aiguës (IRA) et, en particulier, la pneumonie constituent l’une des principales causes de décès d’enfants dans les pays en développement. Pour évaluer la prévalence de ces maladies, on a demandé aux mères si leurs enfants nés dans les c inq dernières années avaient souffert de toux et de respirat ion courte et rapide pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête. Bien qu’insuffisante pour établir un véritable diagnostic, la prés ence de ces deux symptômes n’en demeure pas moins, dans de nombreux cas, révélatrice d’infections respiratoires aiguës et mêm e de pneumonie. Les soins précoces pouvant éviter des complications des infections respiratoires et même le décès, on a également demandé aux mères s i l’enfant malade avait été conduit en consultation dans un établissement sanitaire. On constate que 10 % des enfants âgés de moins de cinq ans ont souffert de toux, accompagnée de respiration courte et rapide, au cours des deux semaines qui ont précédé l’enquête (tableau 8.13). C’est chez les enfants de 6-11 mois (13 %) que les infec tions respiratoires sont les plus fréquentes (graphique 8.5). Par contre, le sexe de l’enfant et son milieu de résidence ne font pas apparaître d’écarts s ignificatifs de prévalence. Selon le niveau d’instruction des mères, on constate que les enfants de mères ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (12 % ) s ont légèrement plus touchés par ces infections que ceux dont la mère a un niveau primaire (10 %) et que ceux dont la mère n’a aucune instruction (10 %). La fièvre pouvant être un des principaux symptômes de nombreuses maladies, dont le paludisme et la rougeole qui provoquent de nombreux décès en Afrique, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu de la fièvre durant les deux semaines ayant précédé l’interview. D’après le même tableau 8.13, on constate qu’au niveau national, près de trois enfants de moins de 5 ans sur dix (27 %) ont eu de la fièvre durant les deux semaines ayant préc édé l’interview. En outre, la prévalence de la fièvre présente des écarts importants selon l’âge de l’enfant. Co mme pour les infections respiratoires aiguës, ce sont les enfants de 6-11 mois qui semblent les plus touchés (35 %) ainsi que ceux de 12-23 mois (36 %). Les deux sexes sont touchés de façon uniforme (27 % chacun). À l’inverse de la toux, il existe des disparités dans la prévalence de la fièvre selon le milieu de résidence : 28 % pour le milieu rural contre 24 % pour le milieu urbain. Du point de vue régional, les enfants de Ségou et Sikasso (19 % chacun) sont moins affectés par la fièvre que les enfants des régions de Kidal/Gao/Tombouctou (48 %) et Mopti (33 %). Parmi les enfants ayant présenté des symptômes d’infections r es piratoires aiguës et de fièvre, plus de quatre enfants sur dix (43 %) ont été conduits dans un établissement sanitaire ou auprès de personnel médical pour traitement ou conseil (tableau 8.13). Les enfants de 24-35 mois sont ceux qui ont été conduits le plus fréquemment dans un établissement sanitaire (46 %). Le sexe des enfants ne semble pas avoir d’influence sur le recours aux soins. 128 * Santé de la mère et de l’enfant Tableau 8.13 Prévalence et traitement des infections respiratoires aiguës (IRA) et fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont souffert de la toux avec une respiration courte et rapide (symptôme des IRA), pourcentage de ceux qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines qui ont précédé l’enquête, et pourcentage de ceux ayant les symptômes des IRA et de la fièvre qui ont été en consultation dans un établissement sanitaire, selon cer taines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ________________________________________________________________________________________ Pourcentage Pourcentage traité au d’enfants Pourcentage centre avec les d’enfants de santé ou symptômes avec Effectif par agent Effectif Caractéristique des IRA1 fièvre d’enfants de santé d’enfants ________________________________________________________________________________________ Âge de l’enfant en mois < 6 6-11 12-23 24-35 36-47 48-59 Sexe de l’enfant Masculin Féminin Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 9,1 22,2 1 479 36,8 391 13,2 35,3 1 271 43,2 494 11,9 35,9 2 197 44,2 861 10,2 28,9 2 027 46,3 641 8,1 21,9 2 245 40,9 555 7,7 17,9 1 925 42,0 397 9,5 27,0 5 644 42,9 1 707 10,3 26,6 5 499 42,7 1 632 11,4 24,4 1 277 74,9 369 7,3 23,7 1 368 58,0 348 9,3 24,0 2 645 66,7 717 10,1 27,7 8 498 36,2 2 622 8,0 31,3 1 588 40,2 524 13,4 31,1 1 913 32,6 682 7,4 19,2 2 343 38,6 513 9,7 18,8 1 947 39,9 448 8,3 33,3 1 553 44,1 542 15,9 48,1 523 39,3 260 11,4 24,4 1 277 74,9 369 9,8 26,8 9 398 40,1 2 795 9,8 27,2 1 231 50,0 377 12,4 26,3 514 71,9 167 9,9 26,8 11 143 42,8 3 339 ________________________________________________________________________________________ Note : Les données concernent les enfants vivants de la période 0-59 mois précédant l’enquête. 1 Définis par la présence de toux accompagnée de respiration courte et rapide La fréquentation des établissements sanitaires est plus importante en milieu urbain (67 %) qu’en milieu rural (36 % ) du fait, certainement, de la plus grande disponibilité et access ibilité des infrastruc tures sanitaires en ville. Du point de vue régional, on remarque que trois enfants sur quatre souffrant d’IRA et de fièvre dans le district de Bamako (75 %) ont été conduits dans un établissement sanitaire contre près de la moitié à Mopt i (44 %) et entre 32 % et 40 % pour les autres régions. En outre, on constate également que les mères du niveau secondaire ou plus (72 %) conduisent presque deux fois plus souvent leurs enfants dans les centres de soins que les femmes sans instruction (40 %). Santé de la mère et de l’enfant * 129 Possession et utilisation de moustiquaires Le tableau 8.14 présente le pourcentage de ménages avec des moustiquaires, et par m i les ménages ayant des enfants de moins de cinq ans, la répartition en pourcentage selon l’utilisation de moustiquaires dans la nuit précédant l’enquête, par certaines caractéristiques socio-démographiques. Il ressort de ce tableau que 54 % des ménages disposent d’une moustiquaire. Parmi les ménages ayant des enfants de moins de cinq ans, dans 68 % des cas, tous les enfants ont dormi sous une moustiquaire, dans 6 % des cas quelques enfants ont dormi sous une moustiquaire et dans 17 % des cas aucun des enfants n’a dormi sous une moustiquaire. Selon le milieu de résidence, la disponibilité de moustiquaires var ie peu. Elle est de 53 % en milieu rural et de 58 % en milieu urbain. Du point de vue régional, la disponibilité de moustiquaires passe d’un minimum de 26 % à Sikasso à un maximum de 84 % à Kidal/Gao/Tombouctou. Quel que soit le milieu de résidence, au moins dan s les deux tiers des ménages, tous les enfants de moins de cinq ans o nt do r m i sous une moustiquaire dans la nuit précédant l’enquête. Par région, le niveau d’utilisation des moustiquaires par tous les enfants des ménages atteint son maximum dans les régions du nord et celle de Ségou (81 % chacune), suivies du district de Bamako (75 %) et de la région de Mopti (69 %). Le niveau d’utilisation le plus faible est observé à Sikasso (45 %) et Koulikoro (57 %). 130 * Santé de la mère et de l’enfant Tableau 8.14 Possession et utilisation de moustiquaires Pourcentage de ménages possédant des moustiquaires dans le ménage, et répartition (en %) des ménages ayant des enfants de moins de cinq ans qui ont dormi la nuit précédant l’enquête dans le ménage, par utilisation des moustiquaires, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _ ___________________________________________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Utilisation des moustiquaires la nuit précédant l’enquête ____________________________________________ Pourcentage Tous les Certains Aucun des de ménages Ef fectif enfants ont enfants ont enfants n’a Ef fectif avec de dormi sous dormi sous dormi sous de Caractérist ique moustiquaire ménages moustiquaire moustiquaire moustiquaire ND Total ménages ______________________________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ____________ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ens emble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/ Tombouctou Bamako Ensemble 55,7 1 397 75,1 5,1 9,2 10,6 100,0 476 59,4 1 633 75,2 3,2 13,9 7,6 100,0 597 57,7 3 030 75,2 4,1 11,9 8,9 100,0 1 073 53,4 9 301 66,0 6,0 18,3 9,7 100,0 2 963 44,9 1 620 60,4 5,3 28,0 6,3 100,0 462 39,6 1 938 56,9 5,5 19,9 17,7 100,0 530 25,8 2 191 45,0 12,0 35,1 7,9 100,0 414 73,2 2 433 80,7 6,0 7,1 6,2 100,0 958 73,4 2 039 68,5 3,4 16,4 11,8 100,0 843 83,5 713 81,4 2,4 11,2 5,0 100,0 352 55,7 1 397 75,1 5,1 9,2 10,6 100,0 476 54,4 12 331 68,4 5,5 16,6 9,5 100,0 4 036 Tableau 8.15 Médicaments donnés pour traiter la fièvre Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines précédant l’enquête, par type de médicaments anti pa ludéens, selon le milieu de résidence, EDSM-III Mali 2001 _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _________________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Milieu de résidence ________________________________________ Autres Ensemble Méd icament Bamako villes urbain Rural Ensemble _______________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _________ Chloroquine 54,2 50,1 52,1 34,4 38,2 Chloroquine+autres médicaments 91,3 86,1 88,7 70,5 74,4 Amodiaquine 22,2 34,9 28,7 18,2 20,4 Aspirine/Paracétamol 15,6 23,8 19,8 12,2 13,8 Autres 9,1 14,1 11,6 30,7 26,7 Effectif d’enfants 312 323 636 2 352 2 988 Traitement de la fièvre Le tableau 8.15 présente le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au c ours des deux semaines précédant l’enquête, par type de médicaments antipaludéens et selon le milieu de résidence. Il ressort de ce tableau que la majorité des enfants (74 %) ont été soignés à l’aide de la chloroquine et d’autres médicaments, 38 % ont reçu de la chloroquine, 20 % de l’amodiaquine et 14 % de l’aspirine et/ou du paracétamol. Le recours à ces médicaments semble être plus fréquent en milieu urbain qu’en milieu rural. À titre d’exemple, 54 % des enfants de Bamako ont reçu de la chloroquine contre 50 % dans les autres villes et seulement 34 % en milieu rural. Santé de la mère et de l’enfant * 131 Tableau 8.16 Ménages disposant du nécessaire pour se laver les mains Pourcentage de ménages qui disposent du nécessaire pour se laver les mains, selon certaines caractéris- tiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _______________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Savon, Les trois Aucun cendre, produits produit pour Ef fectif Eau/ autre pour se laver se laver de Caractérist ique robinet détergent Bassine les mains les mains ménages __________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ ______________________________ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ens emble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Source d’eau Robinet Puits protégé Puits non protégé Marigot Autre/ND Temps pour se rendre à la source d’eau À la maison <2 minutes 2 à 5 minutes 5 à 9 minutes 10+ minutes ND Ensemble 58,5 36,1 70,0 20,8 13,9 1 397 41,0 16,7 75,1 9,4 16,5 1 633 49,1 25,7 72,7 14,6 15,3 3 030 51,0 11,6 76,9 6,1 13,0 9 301 54,7 25,3 67,6 13,6 13,5 1 620 74,6 15,5 87,8 9,2 3,3 1 938 54,5 9,1 70,9 7,8 22,8 2 191 43,0 13,2 84,0 3,4 8,7 2 433 30,4 3,7 71,9 1,8 19,3 2 039 30,9 6,9 73,7 4,7 13,0 713 58,5 36,1 70,0 20,8 13,9 1 397 63,5 23,9 73,1 15,0 15,4 3 383 29,0 11,1 76,3 7,1 18,3 1 775 51,9 12,3 79,6 5,6 9,7 6 433 30,3 8,7 56,4 2,5 26,4 695 42,0 6,6 41,1 4,3 49,1 44 46,9 22,7 74,7 11,8 12,7 3 636 48,8 10,1 74,1 5,1 6,3 20 49,2 12,3 76,2 7,6 17,8 706 51,7 13,0 78,5 8,4 13,7 2 122 52,8 11,4 75,9 6,0 13,3 5 791 14,8 14,1 57,0 3,5 36,3 57 50,5 15,1 75,9 8,2 13,6 12 331 Produits nettoyants pour se laver les mains Le tableau 8.16 présente le pourcentage de m énages qui possèdent le nécessaire pour se laver les mains, selon certaines caractéristiques socio-démographiques. On constate que 51 % des ménages dísposent d’un accès à l’eau, 15 % utilisent du savon, des cendres ou tout autre produit de nettoyage, 8 % utilisent les trois moyens de nettoyage et 14 % n’utilisent aucun moyen de nettoyage. La proportion de m énages qui disposent d’une cuvette pour se laver les mains est de 76 %. Selon le lieu de résidence, il n’y a pas de différence significative par rapport à la disponibilité de l’eau pour les ménages du milieu urbain et rural. Du point de vue régional, le pourcentage de ménages qui utilisent une source d’eau varie de 30 % à Mopti et 31 % à Kidal/Gao/Tombouctou pour atteindre un maximum de 75 % à Koulikoro. Prévalence de la diarrhée De par leurs conséquences, notamment la déshydratation et la sous-nutrition, les maladies diarrhéiques constituent, directement ou indirectement, une des principales causes de décès des jeunes enfants dans les pays en développement. Suivant les recommandations de l’OMS pour lutter contre les effets de la déshydratation, le Mali s’est engagé dans un programme de Traitement de Réhydratation par voie Orale (TRO), en conseillant l’utilisation soit d’une solution préparée à partir du c ontenu de sachets d e S els de Réhydratation par voie Orale (SRO), appelée Kénéyadji, soit d’une solution préparée à la maison avec de l’eau, du sucre et du sel. 132 * Santé de la mère et de l’enfant Tableau 8.17 Prévalence de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _________________________________________________ Pourcentage d’enfants qui ont eu la Effectif diarrhée dans d’enfants les 2 semaines vivants précédant de moins Caractéristique l’enquête de 5 ans _________________________________________________ Âge de l’enfant en mois < 6 6-11 12-23 24-35 36-47 48-59 Sexe de l’enfant Masculin Féminin Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Produits pour se laver les mains disponibles dans le ménage Eau/robinet Savon, cendre ou autre détergents Bassine Tous les trois produits pour se laver Aucun produit Source d’eau Robinet Puits protégé Puits non protégé Marigot Autre/ND Ensemble 13,9 1 479 28,7 1 271 26,8 2 197 21,3 2 027 13,3 2 245 9,4 1 925 19,3 5 644 17,8 5 499 13,8 1 277 12,5 1 368 13,1 2 645 20,3 8 498 23,1 1 588 18,3 1 913 17,5 2 343 13,0 1 947 23,5 1 553 27,9 523 13,8 1 277 18,8 9 398 18,0 1 231 16,0 514 17,9 5 928 16,5 1 677 18,4 8 595 18,1 966 19,3 1 480 14,0 3 025 19,0 1 629 20,0 5 921 26,9 525 25,6 43 18,6 11 143 _________________________________________________ Note : Les données concernent les enfants vivants de la période 0-59 mois précédant l’enquête. Au cours de l’EDSM-III, afin de mesurer la prévalence des maladies diarrh éiques chez les enfants de m oin s de cinq ans, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines précédant l’interview. En c e qui concerne le traitement de la diarrhée, on a demandé aux mères s i elles connaissaient le Kénéyadji et si, durant les épisodes diarrhéiques, elles avaient utilisé soit le Kénéyadji, soit une solution d’eau sucrée et salée. Selon les données du tableau 8.17, près d’un enfant sur cinq (19 %) a eu un ou plusieurs épisodes diarrhéiques durant les deux semaines ayant précédé l’enquête. Comme on peut le constater au graphique 8 . 6, la prévalence de la diarr hée es t particulièrement importante chez les jeunes enfants de 6-11 mois (29 %) et de 12-23 mois (27 %). Ces âges de forte prévalence sont aussi les âges auxquels les enfants commencent à recevoir des aliments autres que le lait maternel et à être sevrés. Ils corr es pondent aussi aux âges auxquels les enfants c om men c ent à explorer leur environnement et sont, de ce fait, davantage exposés à la contamination par des agents pathogènes. Du point de vue du sexe de l’enfant, on n’obse rve pas de différences s ignificatives. Par résidence, on cons tate que les enfants vivant dans le district de Bamako et dans la région de Ségou sont respectivement moins atteints de diarrhée (14 % et 13 %) que ceux des autres régions (variant entre 18 % et 28 %). Selon le niveau d’instruction (tableau 8.18), on n’observe pas de différences entre la proportion d’enfants ayant eu la diarrhée ; les proportions varient de 19 % chez les mères sans aucune instruct ion à 17 % chez les plus instruites alors qu’on s’attendrait à ce que la prévalence de la d ia r rhée c hez les enfants diminue significativement avec l’augmentation du niveau d’instruction de la mère. La disponibilité du nécessaire pour se laver les mains dans le ménage affecte peu la p révalence de la diarrhée. Par contre, l’accès à l’eau a un impact sur la prévalence de la diarrhée ; elle est de 14 % chez les enfants vivant dans les ménages ayant accès à l’eau du robinet c ontre 27 % chez ceux vivant dans les ménages utilisant l’eau des marigots. Santé de la mère et de l’enfant * 133 Tableau 8.18 Connaissance des sachets de SRO Pourcentage de mères ayant eu des naissances au cours des cinq années ayant précédé l’enquête qui connaissent les sachets de SRO pour le traitement de la diarrhée, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 __________________________________________________ Pourcentage de mères connaissant Effectif les sachets de Caractéristique de SRO mères ___________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35 ou plus Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 65,0 856 65,7 1 822 70,8 1 856 68,1 1 590 67,0 2 171 92,2 969 86,6 1 051 89,3 2 019 60,6 6 276 65,5 1 196 74,0 1 404 69,6 1 703 65,2 1 434 43,6 1 192 62,9 397 92,2 969 64,1 6 969 81,7 915 95,7 411 67,6 8 295 ___________________________________________________ Note : Les données concernent les dernières naissances de la période 0-59 mois précédant l’enquête. Connaissance des sachets de SRO Le tableau 8.18 indique que parmi les femmes ayant eu des enfants dans les c inq années précédant l’enquête, 68 % ont déclaré connaître les sachets de Kénéyadji. Le niveau de connaissance des sachets de SRO ne présente pas d’écarts importants selon les groupes d’âges des mères. Cette connaissance varie de 65 à 71 %. Du point de vue de la résidence, la quasi- totalité des femmes en milieu urbain (89 %) connaissent les sachets de Kénéyadji, alors que s eulement trois femmes du milieu rural sur c inq (61 %) ont affirmé les connaître. Dans la région de Mopti (44 %), la connaissanc e de la solution de réhydratation par voie orale est plus faible que celle des autres régions, où le taux varie entre 63 et 92 %. Les femmes de niveau d’instruction secondair e ou plus ont une meilleure connaissance de la solution de réhydratation or ale que celles sans instruction (96 % en moyenne contre 64 %). 134 * Santé de la mère et de l’enfant Traitement de la diarrhée Le tableau 8.19 montre que parmi les enfants ayant eu la diarrhée au c ours des deux semaines précédant l’enquête, seulement 17 % ont été conduits dans un établissement de santé au cours de leur maladie; les enfants de moins de 6 mois (14 %) et ceux de 48-59 mois (11 %) ont été relativement moins nombreux à bénéficier de consultations que les autres enfants. Par ailleurs , les enfants du milieu urbain ont été menés en proportion beaucoup plus importante en consultation (39 %) que ceux du milieu rural (12 %) . Au niveau régional, en dehor s du district de Bamako (41 %), les pourcentages varient peu dans les autres régions (entre 11 % et 17 %). Par niveau d’instruction de la mère, on constate que les enfants nés de mères sans instruction sont relativement moins nombreux à être conduits en consultation : 15 % contre 23 % des enfants de mères d’instruction primaire et 39 % des enfants de mères ayant un niveau d’ instruction secondaire ou plus. Alors que la proportion de femmes qui ont déclaré connaître les SRO est de 68 %, on constate que seulement 30 % des enfants malades ont reçu une TRO s oit sou s la forme des sachets de SRO, soit sous forme d’une solution maison. De plus, 17 % des enfants qui ont s ouffert de diarrhée au cours des deux semaines précédant l’enquête n’ont bénéficié d’aucun type de réhydratation. Les enfants ayant été traités au moyen d’une TRO sont plus particulièrement les enfants de 6-23 mois (32 % en moyenne : voir également graphique 8.6), ceux résidant en milieu urbain (53 %) et, enfin, ceux dont la mère a le niveau secondaire ou plus (56 %). Près des deux tiers des enfants vivant dans le district de Bamako (64 %), soit une proportion supérieure à celle des autres régions, ont bénéficié d’un traitement par r éhydratation orale. Les niveaux d’utilisation de la TRO les plus faibles sont enregistrés à Mopti (9 %) et à Kidal/Gao/ Tombouctou (10 %). Par ailleurs , la majorité des enfants malades (53 %) ont reçu davantage de liquides pendant les épisodes diarrhéiques, et 66 % ont reçu des s achets de SRO, une solution maison ou davantage de liquides. Pendant les épisodes de diarrhée, certains enfants ont reçu divers types de traitement, donnés seuls ou en plus de la réhydratation orale. Les traitements administrés sont principalement des comprimés/sirop (26 %) et des remèdes traditionnels (36 %). Par contre, comme nous l’avons dèjà remarqué, 17 % des enfants n’ont reçu aucun traitement. Les comprimés et sirop sont utilisés surtout par les enfants du district de Bamako (34 %) et des régions de Sikasso (31 %) et de Mopti (27 %). Ces médicament s sont aussi utilisés plus f réquemment par les mères de niveau secondaire (41 %) que par celles de niveau primaire (29 %) et celles sans instruction (25 %). Santé de la mère et de l’enfant * 133 Ta bl ea u 8. 19 T ra ite m en t d e la d ia rr hé e Po ur ce nt ag e d’ en fa nt s d e m oi ns d e ci nq a ns a ya nt e u la d ia rr hé e au c ou rs d es d eu x se m ai ne s p ré cé da nt l’ en qu êt e po ur le sq ue ls la m èr e a co ns ul té u n ét ab lis se m en t s an ita ire ou d u pe rs on ne l d e sa nt é, p ou rc en ta ge q ui o nt s ui vi u ne t hé ra pi e de r éh yd ra ta tio n pa r vo ie o ra le (T RO ), et p ou rc en ta ge q ui o nt r eç u d’ au tre s tra ite m en ts , s el on le s ca ra ct ér ist iq ue s so ci o- dé m og ra ph iq ue s, E D SM -II I M al i 2 00 1 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ Th ér ap ie d e ré hy dr at at io n or al e (T RO ) Au tre s tra ite m en ts __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ SR O , Po ur ce nt ag e A ya nt so lu tio n am en é à SR O o u re çu m ai so n, o u C om - Re m èd e un c en tre Sa ch et s So lu tio n so lu tio n da va nt ag e da va nt ag e pr im és o u In je c- In tra - m ai so n/ Ef fe ct if C ar ac té ris tiq ue de s an té de S RO m ai so n m ai so n de li qu id es de li qu id es sir op tio n ve in eu se Au tre Au cu n d’ en fa nt s __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ Âg e de s en fa nt s en m oi s < 6 m oi s 6 -1 1 m oi s 1 2- 23 m oi s 2 4- 35 m oi s 3 6- 47 m oi s 4 8- 59 m oi s Se xe d e l’e nf an t M as cu lin F ém in in M ili eu d e ré si de nc e B am ak o A ut re s vi lle s E ns em bl e ur ba in R ur al Ré gi on K ay es K ou lik or o S ik as so S ég ou M op ti K id al /G ao /T om bo uc to u B am ak o N iv ea u d’ in st ru ct io n A uc un P rim ai re S ec on da ire o u pl us En se m bl e 14 ,3 9, 2 22 ,4 27 ,1 33 ,9 48 ,2 18 ,8 0, 0 0, 0 37 ,9 28 ,0 20 5 20 ,3 16 ,2 23 ,3 33 ,6 53 ,7 65 ,1 27 ,4 0, 0 0, 0 35 ,0 18 ,1 36 5 18 ,3 12 ,9 23 ,2 30 ,7 57 ,9 70 ,8 27 ,9 1, 5 0, 2 35 ,3 13 ,4 58 8 15 ,3 11 ,6 20 ,8 28 ,1 55 ,5 65 ,7 27 ,4 0, 4 0, 0 31 ,2 16 ,6 43 1 17 ,3 8, 3 20 ,4 26 ,8 55 ,2 66 ,9 27 ,4 0, 4 0, 0 38 ,8 15 ,2 29 9 10 ,8 10 ,5 23 ,6 31 ,0 53 ,4 68 ,7 20 ,0 0, 0 0, 0 39 ,7 15 ,7 18 0 17 ,4 12 ,5 22 ,3 30 ,2 51 ,8 64 ,4 27 ,9 0, 5 0, 0 33 ,3 17 ,5 1 08 7 16 ,2 11 ,4 22 ,2 29 ,3 55 ,4 67 ,2 24 ,0 0, 6 0, 1 38 ,1 16 ,0 98 1 40 ,9 34 ,2 41 ,7 63 ,9 53 ,9 80 ,1 33 ,8 0, 7 0, 7 35 ,7 5, 3 17 6 37 ,9 22 ,9 31 ,2 42 ,5 58 ,9 75 ,9 38 ,2 1, 4 0, 0 27 ,7 13 ,1 17 1 39 ,4 28 ,6 36 ,5 53 ,4 56 ,4 78 ,0 36 ,0 1, 0 0, 4 31 ,7 9, 1 34 7 12 ,3 8, 6 19 ,4 25 ,0 53 ,0 63 ,3 24 ,1 0, 5 0, 0 36 ,3 18 ,3 1 72 1 12 ,8 8, 4 35 ,4 39 ,3 54 ,6 74 ,1 23 ,7 0, 0 0, 0 32 ,3 14 ,8 36 7 12 ,8 12 ,3 34 ,5 40 ,5 66 ,1 82 ,2 24 ,6 0, 7 0, 0 35 ,1 12 ,2 35 1 15 ,4 13 ,6 15 ,5 26 ,0 64 ,0 72 ,3 31 ,4 0, 6 0, 0 42 ,7 9, 5 41 0 16 ,9 14 ,0 16 ,7 25 ,0 57 ,4 67 ,5 24 ,2 0, 6 0, 0 40 ,8 11 ,1 25 2 16 ,9 3, 6 6, 3 9, 0 34 ,4 37 ,8 26 ,8 0, 5 0, 0 34 ,5 27 ,5 36 6 11 ,2 6, 2 5, 0 9, 6 32 ,1 36 ,8 12 ,7 1, 3 0, 0 17 ,7 50 ,2 14 6 40 ,9 34 ,2 41 ,7 63 ,9 53 ,9 80 ,1 33 ,8 0, 7 0, 7 35 ,7 5, 3 17 6 15 ,0 11 ,2 21 ,0 28 ,2 53 ,1 64 ,8 25 ,1 0, 5 0, 1 35 ,6 17 ,5 1 76 5 23 ,2 13 ,6 24 ,8 32 ,8 57 ,1 69 ,1 28 ,7 1, 1 0, 0 36 ,5 13 ,2 22 2 39 ,2 24 ,6 42 ,0 56 ,0 53 ,8 77 ,1 40 ,6 0, 0 0, 0 32 ,4 11 ,6 82 16 ,8 12 ,0 22 ,3 29 ,8 53 ,5 65 ,7 26 ,1 0, 6 0, 1 35 ,5 16 ,8 2 06 9 136 * Santé de la mère et de l’enfant Tableau 8.20 Alimentation pendant la diarrhée Alimentation des enfants de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête selon la quantité de liquides et d’aliments donnés par rapport à ce qui est donné d’habitude, EDSM-III Mali 2001 _______________________________________ Alimentation des enfants pendant la diarrhée Pourcentage _______________________________________ Quantité de liquide donnée Comme d’habitude Plus que d’habitude Un peu moins Beaucoup moins Rien NSP/ND Total Quantité de nourriture donnée Comme d’habitude Plus que d’habitude Un peu moins Beaucoup moins Rien Ne mange pas encore NSP/ND Total Effectif d’enfants 19,7 53,5 11,6 11,6 1,8 1,8 100,0 27,5 12,7 29,6 11,5 13,0 4,8 0,9 100,0 2 069 Alimentation pendant la diarrhée Le tableau 8.20 présente les résultats concernan t l’alimentation des enfants de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au c ours des deux semaines ayant précédé l’enquête selon la quantité de liquides et d’aliments offerts. Si plus de la moitié des mères (54 %) savent qu’il faut augmenter la quantité de liquides à donner à un enfant en cas de diarrhée, à l’ op po s é 12 % pensent qu’il faut la diminuer et 20 % pensent qu’il faut donner toujours la même quantité. En ce qui concerne la quantité de nourriture, 13 % des mères savent qu’il faut donner plus à m anger à leur enfant malade, 30 % pensent qu’il faut diminuer la quantité de nourriture et 28 % pens ent qu’il faut donner la même quantité. Ces résultats démontrent que les mères devraient être beaucoup mieux informées sur la néces s ité d’augmenter la quantité de liquides et d’aliments à donner aux enfants durant les épisodes diarrhéiques de façon à éviter les risques de déshydratation et d’affaiblissement et, ainsi, de réduire la mortalité qui peut en résulter. Problèmes perçus pour l’accès aux soins de santé de la femme L’accès des population s -cibles aux soins de santé qui leur sont des tinés est l’une des conditions primordiales à réaliser par les dispens ateurs de soins pour arriver à changer favorablement la situation sanitaire de ces popu- lations. Au cours de l’enquête, on a cherché à connaître les types de problèmes rencontrés par les mères pour avoir accès aux soins de santé. Selon les données du tableau 8.21, le manque d’argent représenterait l’obstacle majeur rencontré par les femmes pour suivre le traitement prescrit dans les établissements de santé. En effet, plus de la moitié des femmes (51 %) ont signalé avoir à faire face à cet obstac le . L’ impo rtance de ce problème augmente sensiblement avec l’âge et la parité. Il affecte également davantage les femmes du milieu rural que celles du milieu urbain (60 % contre 33 %). En outre, le problème du manque d’argent se pose de manière plus aigu pour les femmes qui n’ont pas d’instruction que pour les autres, ce qui traduit, probablement, l’écart de niveau socio-économique entre ces femmes. Au niveau de la région, le problème d’argent se pose particulièrement avec acuité pour Kidal/Gao/Tombouctou (75 %) et Mopti (69 %). Comme il fallait s’y attendre, le district de Bamako jouit d’une position plus favorable par rapport aux autres régions (seulement 32 % des femmes ont cité le manque d’argent). Deux autres problèmes importants ont été rapport és pa r les femmes : l’obligation de prendre un moyen de transport (41 %) et la distance à parcourir pour att eind re un établissement de santé (40 %). Ces problèmes sont beaucoup plus fréquents dans le milieu rural que dans le milieu urbain et ils sont d’autant plus fréquents que le niveau d’instruction est bas. Ceci confirme le fa it que les femmes sans instruction et du milieu rural sont aussi celles qui vivent dans les endroi ts les plus isolés. C’est dans les régions de Mopti et de Kidal/Gao/Tombouctou que les problèmes de distance et de transport ont été rapportés le plus Santé de la mère et de l’enfant * 137 fréquemment. Les autres problèmes évoqués sont : le souhait de ne pas vou lo ir aller toute seule (31 %), la méconnaissance de l’endroit pour le traitement (22 %) et le fait de demander la permission d’aller se soigner (18 %). Globalement, deux femmes sur trois (67 %) ont déclaré avoir, au moins, un des problèmes évoqués, et les femmes du milieu rural (74 %), celles de Mopti (84 %) et des régions du nord (83 %), et celles sans instruction (71 %) sont celles qui ont le plus fréquemment mentionné des problèmes pour accéder aux soins de santé. 138 * Santé de la mère et de l’enfant Tableau 8.21 Problèmes d’accès aux soins de santé Répartition (en %) des femmes qui ont déclaré qu’elles ont de grands problèmes pour accéder aux soins de santé quand elles sont malades, par type de problème, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _____________________________________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __________________ Souci de ne pas N’importe Savoir Avoir la Avoir de Distance au Avoir à av oir une lequel où aller permiss ion l’argent service prendre un Ne pas femme pour des Ef fectif pour le d’a ller pour pour de moyen de vouloir fournir les problèmes de Caractérist ique traitement traitement traitement santé transport aller seule services spécifiés femmes _____________________________________ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __________________________________________ Âge 15-19 20-29 30-39 40-49 Nombre d’enfants vivants 0 1-2 3-4 5+ État matrimon ial Célibataire En union Divorcée/séparée/veuve Milieu de résidence Bamako Autres villes Ens emble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Emploi Sans emploi Trava il payé Trava il non payé Ensemble 24,1 19,8 44,4 37,9 37,6 33,2 29,0 63,7 2 565 20,7 16,6 47,7 37,7 38,6 28,9 27,2 65,3 4 547 20,9 17,4 55,0 41,4 41,3 29,2 25,7 67,7 3 524 26,1 19,4 59,1 46,7 46,5 34,0 28,7 71,7 2 213 24,3 19,0 43,9 36,0 37,2 33,3 29,9 63,2 2 808 20,8 17,5 49,2 39,9 39,6 29,4 27,1 65,8 3 810 21,0 16,8 54,2 40,9 41,3 29,5 26,1 68,3 2 944 23,7 18,6 56,3 43,9 43,6 31,2 26,8 69,5 3 288 21,9 17,6 41,4 32,3 34,6 31,6 26,6 59,3 1 730 22,5 18,0 52,3 41,7 41,4 30,8 27,7 67,7 10 723 19,5 16,6 59,4 36,9 40,7 27,2 21,6 72,7 395 13,3 9,5 31,8 18,2 20,5 16,9 19,0 50,8 2 114 11,3 11,3 33,8 19,4 22,6 15,2 22,3 48,8 1 749 12,4 10,3 32,7 18,7 21,4 16,1 20,5 49,9 3 863 26,6 21,2 58,9 49,6 48,7 37,1 30,4 74,0 8 986 19,4 16,8 52,1 39,3 41,0 26,8 20,4 64,0 1 734 23,8 17,8 58,3 45,8 46,1 38,1 29,7 72,5 2 055 26,3 20,9 44,3 38,0 35,5 31,8 31,8 65,8 2 408 17,3 14,0 47,2 39,6 40,1 22,5 24,5 61,2 2 078 31,5 26,7 68,8 58,7 56,4 47,4 39,0 83,6 1 780 31,4 26,2 75,0 57,8 62,0 39,9 27,3 82,5 681 13,3 9,5 31,8 18,2 20,5 16,9 19,0 50,8 2 114 25,3 20,2 55,7 44,8 44,5 33,8 29,7 71,1 10 275 14,3 12,1 41,5 28,7 31,5 22,0 21,4 56,5 1 456 6,1 4,4 20,6 14,0 15,8 13,9 13,6 40,7 1 118 20,9 18,4 47,5 37,1 37,4 28,3 26,6 64,2 4 659 21,7 16,9 51,3 40,4 40,5 30,2 27,5 66,6 5 919 27,0 19,8 57,6 46,7 47,0 37,3 29,1 72,5 2 263 22,4 17,9 51,0 40,3 40,5 30,8 27,4 66,8 12 849 Nutrition et état nutritionnel * 137 9NUTRITION ET ÉTAT NUTRITIONNEL Modibo DIARRA, Kagnassy Dado SY, et Sarmoye CISSE Ce chapitre est consacré à l’analyse des données sur l’alimentation des enfants nés dans les cinq années ayant précédé l’enquête et sur l’état nutritionnel des enfants et des femmes. Les pratiques d’allaitement et d’alimentation de complément en constituent la première partie. La deuxième partie est consacrée aux résultats concernant les mesures anthropométriques des enfants et des femmes (taille et poids), à partir desquelles a été évalué leur état nutritionnel. Enfin, la dernière partie est consacrée aux carences en micronutriments : elle porte en particulier sur la prévalence de l’anémie dans la population, sur la consommation de vitamine A et sur la supplémentation en fer par les femmes ; les résultats sur l’utilisation de sel iodé figurent également dans ce chapitre. 9.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT Les pratiques d’alimentation constituent des facteurs déterminants de l’état nutritionnel des enfants qui affecte à son tour, la morbidité et la mortalité de ces enfants. Parmi ces pratiques, celles concernant l’allaitement revêtent une importance particulière. En effet, de par ses propriétés particulières (il est stérile et il transmet les anticorps de la mère et tous les éléments nutritifs nécessaires aux enfants dans les premiers mois d’existence), le lait maternel évite les carences nutritionnelles et limite la prévalence de la diarrhée et d’autres maladies. D’autre part, par son intensité et par sa fréquence, l’allaitement prolonge l’infécondité post-partum et affecte, par conséquent, l’intervalle intergénésique, ce qui influe sur le niveau de la fécondité et, donc, sur l’état de santé des mères et des enfants. Compte tenu de l’importance des pratiques d’allaitement, on a demandé aux mères si elles avaient allaité leurs enfants nés dans les cinq années ayant précédé l’enquête et, plus précisément, à quel moment elles ont commencé à les allaiter, pendant combien de temps elles les ont allaités, quelle était la fréquence de l’allaitement, à quel âge ont été introduits des aliments de complément et enfin de quel type d’aliments il s’agissait. On a également demandé aux mères si elles avaient utilisé un biberon. Début de l’allaitement On constate que la presque totalité des enfants nés dans les cinq années ayant précédé l’enquête (97 %) ont été allaités pendant un certain temps (tableau 9.1) et que cette pratique est presque uniforme quelles que soient les caractéristiques de la mère. Cependant, on constate que seulement 32 % des enfants ont été mis au sein pour la première fois dans l’heure qui a suivi la naissance et que, globalement, 82 % des enfants ont été mis au sein pour la première fois au cours des 24 heures suivant la naissance. Ainsi, bien que l’allaitement soit quasi général au Mali et que la majorité des femmes allaitent dans les 24 heures suivant la naissance, il n’en reste pas moins qu’environ un enfant sur cinq (18 %) n’est pas allaité durant son premier jour d’existence. Sur le plan nutritionnel, ce comportement peut se révéler néfaste pour l’enfant. En effet, c’est lors des premiers allaitements, dans les vingt-quatre heures qui suivent la naissance, que l’enfant reçoit le colostrum qui contient les anticorps de la mère et qui sont essentiels pour lui éviter de nombreuses maladies. De plus, si le nouveau-né n’est pas allaité dans les 24 heures qui suivent la naissance, il reçoit, à la place du lait maternel, divers liquides pouvant le mettre en contact avec des agents pathogènes. Bien que l’allaitement soit largement pratiqué par toutes les catégories de femmes, le moment de la mise au sein de l’enfant varie selon les caractéristiques socio-démographiques des mères. Concernant le milieu de résidence, c’est en milieu urbain que la proportion d’enfants allaités au cours de l’heure suivant la naissance est la plus importante (41 %), contre 30 % seulement en milieu rural. Au niveau régional, 138 * Nutrition et état nutritionnel Tableau 9.1 Allaitement initial Pourcentage d’enfants nés au cours des cinq dernières années ayant précédé l’enquête qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités dans l’heure qui a suivi la naissance et pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités le jour de la naissance, et pourcentage de ceux ayant reçu des aliments, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ________________________________________________________________________________________________ Début de l’allaitement _______________________ Pourcentage Dans Dans alimenté Pourcentage l’heure le jour avant le Effectif ayant été Effectif suivant la suivant la debut de d’enfants Caractéristique allaité d’enfants naissance naissance1 l’allaitement allaités________________________________________________________________________________________________ Sexe de l’enfant Masculin Féminin Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Assistance à l’accouchement Professionnel de santé Accoucheuse traditionnelle Autre Personne Lieu d’accouchement Centre de santé À domicile Autre ND Ensemble 96,4 6 714 31,9 81,6 67,4 6 473 97,3 6 494 32,8 82,1 68,1 6 322 96,0 1 417 41,3 88,9 62,8 1 360 96,2 1 610 40,9 83,2 64,6 1 549 96,1 3 027 41,1 85,9 63,8 2 909 97,1 10 182 29,7 80,6 68,9 9 885 96,3 1 905 27,3 54,6 83,1 1 834 97,7 2 255 19,3 84,1 72,0 2 204 96,8 2 798 37,5 88,9 59,0 2 708 97,4 2 309 31,5 89,6 66,6 2 248 96,8 1 892 43,2 81,4 63,2 1 832 96,1 636 21,5 79,8 73,9 611 96,0 1 413 41,5 89,4 62,7 1 357 96,9 11 200 31,8 81,2 67,7 10 858 96,4 1 453 33,2 84,6 68,7 1 401 96,3 555 41,1 88,3 67,3 535 96,2 5 154 35,7 87,3 63,3 4 958 97,3 3 579 31,1 76,8 72,6 3 484 97,2 2 364 29,9 74,4 71,8 2 298 97,3 2 109 29,0 85,6 65,7 2 053 96,0 3 068 37,1 87,9 63,5 2 944 97,3 8 041 30,3 78,9 71,4 7 820 96,5 1 977 34,7 88,4 62,9 1 909 99,0 123 10,5 16,7 12,2 122 96,9 13 208 32,3 81,8 67,7 12 795 ___________________________________________________________________________________________________ Note : Le tableau est basé sur tous les enfants, nés dans les 5 années ayant précédé l’enquête, qu’ils soient vivants ou décédés au moment de l’enquête. 1 Y compris les enfants allaités dans l’heure qui a suivi la naissance. Nutrition et état nutritionnel * 139 seulement 19 % des enfants de Koulikoro sont allaités dans l’heure qui suit la naissance, suivis de ceux de Kidal/Gao/Tombouctou avec 22 % et des enfants de Kayes avec 27 %. Le niveau d’instruction des mères joue de façon positive sur le début de l’allaitement. En effet, 32 % des enfants de mères sans instruction ont été allaités durant la première heure contre 33 % de ceux dont la mère a un niveau primaire et 41 % de ceux dont la mère a, au moins, le niveau secondaire. Lorsque la mère a accouché avec l’assistance de personnel médical, on constate que, dans 36 % des cas, l’enfant a été mis au sein dans l’heure qui a suivi la naissance ; cette proportion est de 31 % lorsque la mère a été assistée par une accoucheuse traditionnelle, de 30 % quand elle a été assistée par une autre personne et de 29 % quand elle n’a reçu aucune aide. De même, quand les femmes accouchent dans un centre de santé, 37 % de leurs enfants sont allaités durant la première heure, contre 30 % de ceux qui sont nés à la maison. Ces résultats mettent en évidence la méconnaissance par les mères des avantages de la mise au sein de leurs enfants dès la naissance. En général, les variations observées selon les caractéristiques socio- démographiques pour la mise au sein de l’enfant dans l’heure suivant la naissance sont identiques à celles observées pour le début de l’allaitement durant le jour suivant la naissance. Toutefois, il faut noter qu’au niveau régional, seulement 55 % des enfants de Kayes sont allaités durant les premières 24 heures ; ce niveau est de loin inférieur à celui des autres régions dont les niveaux varient entre 80 % et 90 %. Introduction de l’alimentation de complément L’allaitement exclusif correspond à la consommation exclusive de lait maternel et il est recommandé jusqu’à l’âge de six mois. Par contre, à partir de cet âge, l’allaitement au sein doit être complété par l’introduction d’autres aliments appropriés pour satisfaire les besoins de l’enfant. Cependant, l’introduction trop précoce d’aliments de complément n’est pas recommandée car elle expose les enfants aux agents pathogènes et augmente ainsi leur risque de contracter des maladies, en particulier la diarrhée. De plus, elle diminue la prise de lait par l’enfant, et donc la succion, ce qui réduit la production de lait. Enfin, dans les populations économiquement pauvres, les aliments de complément sont souvent pauvres du point de vue nutritionnel. Les informations sur l’alimentation de complément ont été obtenues en demandant à la mère si son enfant était allaité et quel type d’aliments (solides ou liquides) il avait reçu au cours des dernières 24 heures. Bien que les questions sur l’allaitement aient été posées pour tous les enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, celles sur les compléments nutritionnels n’ont été posées qu’à propos des enfants derniers-nés. De plus, les résultats ne sont présentés que pour les enfants de moins de trois ans, dans la mesure où pratiquement tous les enfants sont sevrés au-delà de cet âge. On constate au tableau 9.2 et au graphique 9.1 que, dès leur naissance, presque tous les enfants sont allaités (99 %) et cette pratique se poursuit très longtemps après la naissance puisque, à 12-15 mois, 95 % sont encore allaités. Cette proportion décroît ensuite sensiblement et au-delà de 27 mois, cette proportion n’est plus que de 23 % environ. Par contre, la pratique de l’allaitement exclusif est très peu courante. Dès les premiers jours qui suivent la naissance, il est très fréquent de donner à l’enfant autre chose que le lait maternel : à 0-1 mois, 55 % des enfants reçoivent de l’eau seulement en plus du lait maternel, 6 % reçoivent d’autres types de liquides (y compris d’autres types de lait) et 3 % reçoivent déjà des aliments de complément ; ces proportions passent, respectivement, à 65 %, 9 % et 4 % dès l’âge de 2-3 mois, et seulement 22 % des enfants de ce groupe d’âges sont allaités uniquement au sein. Globalement, seulement un quart des enfants (25 %) de 0-5 mois sont nourris selon les pratiques recommandées, c’est-à-dire qu’ils sont allaités exclusivement. Par contre, à 6-9 mois, âge auquel tous les enfants devraient encore être allaités, mais aussi recevoir des aliments de complément, seulement 32 % des enfants maliens sont nourris de cette façon. 140 * Nutrition et état nutritionnel Tableau 9.2 Type d’allaitement selon l’âge de l’enfant Répartition (en %) des plus jeunes enfants de moins de trois ans vivant avec leur mère par type d’allaitement, et pourcentage d’enfants de moins de trois ans utilisant le biberon, selon l’âge de l’enfant en mois, EDSM-III Mali 2001__________________________________________________________________________________________________________ Situation face à l’allaitement ______________________________________________ Pour- Exclusive- Aliments Effectif centage Pas ment Eau Liquides de de utilisant Âge allaité allaité seule- à base Autre complé- derniers- le Effectif en mois au sein au sein ment d’eau, jus lait ment Total nés biberon d’enfants___________________________________________________________________________________________________________ <2 2-3 4-5 6-7 8-9 10-11 12-15 16-19 20-23 24-27 28-31 32-35 <6 mois 6-9 mois Ensemble 0,1 36,6 54,8 1,7 4,4 2,5 100,0 428 2,4 435 0,8 21,6 65,1 2,6 6,2 3,7 100,0 533 6,0 546 1,7 18,9 62,8 3,5 4,2 8,9 100,0 496 3,6 497 0,6 12,0 50,4 5,4 5,4 26,2 100,0 495 4,9 499 1,8 12,0 35,4 6,7 4,2 39,8 100,0 421 4,1 428 0,6 6,4 29,3 1,8 3,4 58,5 100,0 342 3,9 344 4,6 6,8 14,1 1,1 2,7 70,7 100,0 946 5,2 973 14,8 5,7 8,6 0,9 1,5 68,5 100,0 685 5,2 714 30,7 4,9 8,4 0,1 1,7 54,1 100,0 467 5,1 509 68,6 0,9 2,1 0,2 1,2 27,1 100,0 556 4,0 707 77,1 1,2 1,4 0,3 0,8 19,2 100,0 439 3,8 627 75,5 0,7 1,8 0,0 0,1 21,9 100,0 426 3,9 693 0,9 25,1 61,3 2,6 5,0 5,1 100,0 1 458 4,1 1 479 1,2 12,0 43,5 6,0 4,9 32,4 100,0 916 4,5 927 21,8 10,2 26,5 1,9 2,9 36,7 100,0 6 234 4,4 6 973 ___________________________________________________________________________________________________________ Note : La situation décrite fait référence à l’allaitement au cours des dernières 24 heures. Nutrition et état nutritionnel * 141 Tableau 9.3 Durée médiane et fréquence de l’allaitement Durée médiane de l’allaitement, de l’allaitement exclusif et de l’allaitement prédominant (allaitement ou avec de l’eau) des enfants derniers-nés au cours des trois dernières années précédant l’enquête et vivant avec leur mère, et pourcentage d’enfants de moins de six mois vivant avec leur mère, qui ont été allaités six fois ou plus au cours des vingt-quatre heures ayant précédé l’enquête, et nombre moyen d’allaitements de jour ou de nuit, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________________________________________________________________ Durée médiane d’allaitement au sein (en mois) Enfants de moins de 6 mois allaités au sein______________________________________ ________________________________________ Pourcentage Allaite- allaité Nombre Nombre Allaite- ment 6+ fois moyen moyen ment au sein dans les d’allaite- d’allaite- Allaitement exclusif prédomi- Effectif dernières ments ments Effectif Caractéristique au sein au sein nant d’enfants 24 heures le jour la nuit d’enfants ____________________________________________________________________________________________________________ Sexe Masculin Féminin Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble Moyenne pour tous les enfants 22,6 0,6 8,6 3 475 97,6 7,7 4,4 711 22,6 0,5 8,5 3 376 96,9 7,6 4,0 720 20,1 0,5 6,8 778 98,4 7,1 3,8 150 21,1 0,5 7,7 871 95,5 7,7 4,0 169 20,7 0,5 7,2 1 650 96,8 7,4 3,9 319 23,3 0,6 8,9 5 202 97,4 7,8 4,3 1 112 22,1 0,5 9,1 997 98,4 7,0 4,2 197 22,9 0,5 7,8 1 163 96,3 7,7 4,7 237 24,5 0,6 7,8 1 428 98,1 8,2 4,1 320 21,9 1,1 10,3 1 195 94,9 8,0 4,6 238 24,2 0,6 9,3 969 97,2 7,6 3,8 230 21,6 0,4 10,0 324 99,5 7,1 3,7 60 20,1 0,5 6,9 775 98,4 7,1 3,8 150 22,8 0,6 8,6 5 763 97,5 7,8 4,3 1 235 22,0 0,6 8,6 762 95,3 7,3 3,9 141 20,8 0,4 4,8 326 96,8 6,7 3,5 56 22,6 0,6 8,5 6 851 97,3 7,7 4,2 1 431 23,1 3,4 10,3 NA NA NA NA NA __________________________________________________________________________________________________________ Note : Les médianes et les moyennes sont basées sur le statut d’allaitement au moment de l’enquête. NA = Non applicable L’utilisation du biberon n’est pas recommandée chez les jeunes enfants car elle est généralement associée à une augmentation des risques de maladies, en particulier les maladies diarrhéiques du fait de la difficulté à nettoyer le biberon correctement et à stériliser les tétines. On constate au tableau 9.2 que le biberon est très peu utilisé par les mères maliennes puisque 4 % des enfants de moins de 6 mois avaient reçu quelque chose au biberon au cours des 24 heures ayant précédé l’enquête ; à 12-15 mois, l’utilisation du biberon est de 5 % seulement. Durée et fréquence de l’allaitement La durée médiane de l’allaitement est estimée à 22,6 mois au niveau national et la durée moyenne (23,1 mois) est légèrement supérieure (tableau 9.3). Si on se limite à l’allaitement exclusif ou à l’allaitement accompagné seulement d’eau, les durées médianes sont très courtes (respectivement, 0,6 et 8,5 mois). On constate en outre des variations relativement importantes selon les différentes caractéristiques des femmes et des enfants. La durée médiane d’allaitement est la même selon le sexe de l’enfant (22,6 mois pour les 142 * Nutrition et état nutritionnel deux sexes) ; par contre, par rapport à Bamako, la durée de l’allaitement est supérieure d’environ 3 mois en milieu rural (23,3 contre 20,1 mois). De même, elle est plus longue d’environ 10 % chez les femmes sans instruction par rapport aux femmes de niveau secondaire (22,8 contre 20,8). Au point de vue régional, la durée médiane d’allaitement varie d’un minimum de 20,1 mois à Bamako à un maximum de 24,5 mois à Sikasso. Au tableau 9.3 figure également la moyenne de l’allaitement. La valeur ainsi obtenue pour le Mali est de 23,1 mois. Comparativement aux pays d’Afrique subsaharienne pour lesquels les durées moyennes d’allaitement ont été calculées selon le même procédé (voir le tableau ci-dessous), on peut constater que la durée moyenne d’allaitement au Mali ne se différencie pas particulièrement des durées observées dans les autres pays africains. Durée moyenne Date de d’allaitement Pays l’enquête (en mois) ______________________________________________ Cameroun 1998 18,2 Côte d’Ivoire 1998-1999 20,2 Sénégal 1992-1993 20,4 Tanzanie 1999 20,4 Niger 1998 20,7 Tchad 1996-1997 22,0 Guinée 1999 22,2 Ouganda 2000-2001 22,6 Mali 2001 23,1 Togo 1998 24,3 Éthiopie 2000 24,9 Burkina Faso 1998-1999 26,9 Par ailleurs, le tableau 9.3 met en évidence le fait que la majorité des enfants de moins de six mois (97 %) ont été allaités six fois ou plus au cours des 24 heures ayant précédé l’enquête et que le nombre d’allaitements est légèrement plus élevé pendant le jour que la nuit (7,7 fois contre 4,2 fois en moyenne). En outre, on constate que la proportion d’enfants qui ont été allaités 6 fois ou plus au cours des dernières 24 heures diffère très peu selon les caractéristiques socio-démographiques. Types d’aliments de complément Les informations relatives aux types d’aliments donnés aux enfants derniers-nés de moins de trois ans sont présentées au tableau 9.4 selon la situation des enfants par rapport à l’allaitement. Au Mali, l’introduction de liquides autres que le lait maternel et d’aliments solides ou semi-solides a lieu à un âge relativement précoce. Ainsi, au cours des dernières 24 heures, parmi les enfants de moins de 2 mois, en plus du lait maternel, 4 % ont reçu des préparations artificielles pour bébé, 3 % ont reçu d’autres laits ou des produits laitiers (fromage et yaourt), 3 % ont reçu des liquides autres que du lait (artificiel ou d’animal), 2 % ont reçu des céréales et 5 % ont reçu une nourriture solide ou semi-solide quelconque. Nutrition et état nutritionnel * 143 Tableau 9.4 Aliments reçus par les enfants le jour ou la nuit précédant l’enquête Pourcentage d’enfants derniers-nés de moins de trois ans vivant avec leur mère, qui ont reçu des aliments particuliers le jour ou la nuit ayant précédé l’enquête, selon la situation face à l’allaitement, par âge en mois, EDSM-III Mali 2001 ______________________________________________________________________________________________________________________________ Viande/ Nourriture Fruits Nourriture Autre Nourriture Nour- volaille/ à base et solide ou Aliments lait/ Nourriture à base de riture à poisson/ d’huile, légumes semi-solide Âge pour fromage/ Autres à base de Fruits/ racines, de base de coquil./ graisse ou riches en quel- Effectif en mois bébé yaourt liquides céréales légumes tubercules légumes oeufs beurre vitamine A conque d’enfants ______________________________________________________________________________________________________________________________ ENFANTS ALLAITÉS _________________________________________________________________________________________________________________________ <2 2-3 4-5 6-7 8-9 10-11 12-15 16-19 20-23 24-27 28-31 32-35 <6 mois 6-9 mois 3,9 2,8 2,5 1,7 1,7 0,0 0,0 0,9 1,0 1,6 4,9 428 3,3 4,8 4,1 2,9 0,5 0,1 0,0 0,9 0,2 1,2 7,4 529 4,3 4,2 5,1 5,9 1,5 0,5 0,5 3,1 1,2 4,2 11,3 488 7,9 5,1 14,4 18,8 8,4 1,5 2,4 8,9 5,8 12,4 35,0 492 10,8 9,3 17,3 31,1 12,6 6,8 2,0 16,3 12,5 19,7 50,3 413 11,9 12,1 17,9 48,5 20,6 6,4 3,8 23,6 14,5 31,5 68,0 340 12,7 18,4 25,2 64,7 27,0 8,2 10,4 26,5 23,1 37,8 83,9 902 15,1 19,9 27,7 68,4 33,1 7,3 13,3 35,8 24,2 48,2 86,7 583 8,9 14,3 23,3 71,0 33,8 7,6 14,4 25,6 25,6 41,5 90,3 323 8,5 10,9 29,3 81,2 37,6 5,1 11,8 33,4 26,0 49,6 94,4 175 8,6 15,7 20,9 75,7 32,9 7,3 12,0 21,0 25,6 41,6 95,0 100 12,6 15,2 25,1 87,3 33,1 4,9 8,1 32,0 25,8 50,8 93,6 104 3,8 4,0 3,9 3,5 1,2 0,2 0,2 1,6 0,8 2,3 8,0 1 444 9,2 7,0 15,7 24,4 10,3 3,9 2,2 12,3 8,8 15,7 42,0 905 ________________________________________________________________________________________________________________________ ENFANTS NON-ALLAITÉS ________________________________________________________________________________________________________________________ 12-15 16-19 20-23 24-27 28-31 32-35 (23,1) (23,7) (27,1) (82,4) (42,2) (20,1) (20,9) (31,6) (30,6) (53,4) (96,9) 44 25,0 35,5 38,2 78,9 41,3 19,1 17,9 37,6 36,1 51,5 94,2 102 19,2 26,0 40,5 82,1 49,0 17,9 23,2 45,7 45,5 60,4 96,2 144 15,5 25,3 31,3 83,9 48,4 12,3 23,7 43,5 28,2 58,1 97,9 381 17,6 24,8 38,8 86,7 51,1 15,4 27,2 46,0 35,3 61,2 98,9 338 15,9 25,0 31,3 84,0 38,1 10,1 20,7 43,8 31,6 58,7 97,5 322 _________________________________________________________________________________________________________________________ Note : Les aliments riches en vitamine A comprennent: potiron, igname ou courge rouge ou jaune, carottes, patate douce, légumes à feuille verte, mangue, papaye, viande, volaille, poisson, oeuf. La somme des pourcentages par type d’aliments reçus par enfant peut dépasser 100 % car un enfant peut recevoir plusieurs types d’aliments. Les données ne sont pas présentées pour les groupes d’âges de trop faible effectif. ( ) Basé sur un faible nombre de cas non-pondérés L’OMS recommande l’introduction d’aliments solides dans l’alimentation des enfants à l’âge de 6 mois, parce qu’à partir de cet âge, le lait maternel seul n’est plus suffisant pour assurer la croissance optimale de l’enfant. Au Mali, une proportion non négligeable d’enfants consomme des céréales et des tubercules ou racines avant l’âge de 6 mois. Par contre, à 6-7 mois, une proportion insuffisante d’enfants consomme des aliments solides ou semi-solides suffisamment variés en plus du lait maternel et riches en protéines et minéraux : 19 % consomment des céréales, 8 % des fruits et/ou légumes, 2 % des tubercules ou racines, et 9 % seulement de la viande, de la volaille, du poisson et/ou des oeufs. Comme on pouvait s’y attendre, au même âge, la proportion d’enfants non allaités qui consomment les différents types d’aliments est plus élevée que pour les enfants allaités. Le tableau 9.5 présente la fréquence des aliments reçus par l’enfant au cours des 24 heures précédant l’enquête. Le nombre moyen de fois où les enfants ont reçu certains aliments est extrêmement faible, variant entre 0 et 0,1 pour les enfants de moins de 6 mois et entre 0 et 0,5 fois pour les enfants de 6-9 mois. Comme on l’a constaté dans le tableau 9.4, le tableau 9.5 montre également que les enfants non allaités semblent recevoir plus d’aliments de supplément que ceux qui sont allaités. 144 * Nutrition et état nutritionnel Tableau 9.5 Fréquence des aliments reçus par l’enfant le jour ou la nuit précédant l’enquête Nombre moyen de fois que les enfants derniers-nés âgés de moins de trois ans qui vivent avec leur mère ont reçu certains aliments particuliers au cours des 24 heures précédant l’enquête, selon la situation face à l’allaitement et l’âge en mois, EDSM-III Mali 2001 ______________________________________________________________________________________________________________ Viande/ Nourriture Fruits Autre Nourriture Nour- volaille/ à base et Aliments lait/ Nourriture à base de riture poisson/ d’huile, légumes Âge pour fromage/ Autres à base de Fruits/ racines, de à base de coquil./ graisse ou riches en Effectif en mois bébé yaourt liquides céréales légumes tubercules légumes oeufs beurre vitamine A d’enfants _____________________________________________________________________________________________________________ ENFANTS ALLAITÉS _____________________________________________________________________________________________________________ <2 2-3 4-5 6-7 8-9 10-11 12-15 16-19 20-23 24-27 28-31 32-35 <6 mois 6-9 mois 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 428 0,1 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 529 0,1 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 488 0,1 0,1 0,3 0,4 0,2 0,0 0,0 0,2 0,1 0,3 492 0,2 0,2 0,2 0,6 0,2 0,1 0,0 0,2 0,1 0,4 413 0,2 0,2 0,2 0,8 0,3 0,1 0,1 0,3 0,2 0,5 340 0,2 0,3 0,5 1,2 0,5 0,1 0,1 0,4 0,3 0,8 902 0,3 0,3 0,6 1,4 0,6 0,2 0,2 0,5 0,3 1,0 583 0,2 0,2 0,4 1,5 0,6 0,1 0,2 0,3 0,4 0,8 323 0,2 0,2 0,5 1,8 0,8 0,1 0,1 0,4 0,4 1,0 175 0,2 0,2 0,3 1,6 0,6 0,1 0,1 0,3 0,3 0,8 100 0,2 0,3 0,5 2,1 0,5 0,1 0,1 0,4 0,3 0,8 104 0,1 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1 444 0,2 0,1 0,3 0,5 0,2 0,1 0,0 0,2 0,1 0,3 905 _____________________________________________________________________________________________________________ ENFANTS NON-ALLAITÉS _____________________________________________________________________________________________________________ 12-15 16-19 20-23 24-27 28-31 32-35 (0,6) (0,5) (0,5) (1,6) (1,1) (0,3) (0,2) (0,4) (0,4) (1,3) 44 0,4 0,8 0,7 2,1 1,3 0,2 0,2 0,7 0,5 1,6 102 0,3 0,6 0,8 1,9 1,2 0,3 0,3 0,7 0,6 1,6 144 0,3 0,5 0,6 1,9 1,2 0,1 0,3 0,6 0,4 1,6 381 0,3 0,4 0,7 1,9 1,1 0,3 0,4 0,7 0,5 1,5 338 0,3 0,4 0,6 2,0 0,9 0,2 0,3 0,7 0,5 1,4 322 _____________________________________________________________________________________________________________ Note : Les aliments riches en vitamine A comprennent: potiron, igname ou courge rouge ou jaune, carottes, patate douce, légumes à feuille verte, mangue, papaye, viande, volaille, poisson, oeuf. Les données ne sont pas présentées pour les groupes d’âges de trop faible effectif. ( ) Basé sur un faible nombre de cas non-pondérés Le tableau 9.6 présente le nombre moyen de fois où les enfants derniers-nés de moins de trois ans ont reçu des aliments particuliers dans les sept jours précédant l’enquête. Ce tableau montre la même tendance que celle observée dans le tableau précédent. La seule différence est que le nombre moyen est plus important—comme attendu—pour 7 jours que pour 24 heures. Ainsi, en une semaine, le nombre moyen de fois se situe entre 0 et 5,7 pour les enfants allaités de moins de 6 mois et varie entre 0,1 et 6,4 fois pour les enfants allaités de 6 à 9 mois. Nutrition et état nutritionnel * 145 Ta bl ea u 9. 6 F ré qu en ce d es a lim en ts re çu s pa r l ’e nf an t d an s le s se pt d er ni er s jo ur s N om br e m oy en d e fo is qu e le s p lu s j eu ne s e nf an ts d er ni er s- né s, â gé s d e m oi ns d e tro is an s v iv an t a ve c le ur m èr e, o nt re çu c er ta in s a lim en ts p ar tic ul ie rs a u co ur s d es se pt jo ur s pr éc éd an t l ’e nq uê te , p ar la s itu at io n fa ce à l’ al la ite m en t, se lo n l’â ge , E D SM -II I M al i 2 00 1 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ Po tir on , N ou r- ig na m e M an gu e, N ou r- Fr ui ts e t Vi an de s/ rit ur e à ro ug e/ pa pa ya , N ou r- rit ur e à lé gu m es N ou r- vo la ill e/ ba se ja un e, au tre s rit ur e à ba se d e pa uv re s rit ur e Fr om ag e po iss on / d’ hu ile , ca ro tte s/ Lé gu m es à fru its Âg e Al im en ts Au tre Ju s de Au tre s ba se d e ra ci ne s/ en v ita - à ba se d e ou co qu ill ag e/ gr ai ss e pa ta te fe ui lle s ric he e n Ef fe ct if en m oi s Ea u po ur b éb é la it fru it liq ui de s cé ré al es tu be rc ul es m in A lé gu m es ya ou rt oe uf ou b eu rr e do uc e ve rte s vi ta m in A d’ en fa nt s __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ EN FA N TS A LL AI TÉ S __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ < 2 2- 3 4- 5 6- 7 8- 9 10 -1 1 12 -1 5 16 -1 9 20 -2 3 24 -2 7 28 -3 1 32 -3 5 < 6 m oi s 6- 9 m oi s En se m bl e 4, 6 0, 3 0, 1 0, 2 0, 1 0, 1 0, 0 0, 1 0, 0 0, 0 0, 1 0, 1 0, 0 0, 0 0, 0 42 8 6, 0 0, 2 0, 3 0, 2 0, 1 0, 2 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 52 9 6, 4 0, 3 0, 4 0, 3 0, 2 0, 4 0, 1 0, 1 0, 0 0, 0 0, 2 0, 1 0, 0 0, 1 0, 1 48 8 6, 4 0, 6 0, 3 0, 4 0, 7 1, 5 0, 2 0, 2 0, 1 0, 1 0, 6 0, 3 0, 1 0, 1 0, 3 49 2 6, 4 0, 9 0, 8 0, 4 0, 9 2, 6 0, 4 0, 3 0, 2 0, 1 1, 0 0, 7 0, 2 0, 2 0, 3 41 3 6, 6 0, 9 0, 5 0, 5 1, 0 3, 9 0, 5 0, 6 0, 4 0, 2 1, 5 0, 9 0, 3 0, 4 0, 6 34 0 6, 6 0, 8 1, 1 0, 7 1, 3 4, 7 0, 6 0, 6 0, 6 0, 3 1, 8 1, 5 0, 5 0, 5 1, 1 90 2 6, 8 1, 1 1, 4 0, 8 1, 7 5, 2 0, 6 0, 7 0, 7 0, 3 2, 2 1, 6 0, 5 0, 8 1, 2 58 3 6, 5 0, 6 0, 8 0, 6 1, 5 5, 3 0, 4 0, 5 0, 8 0, 1 1, 8 1, 6 0, 3 0, 6 1, 3 32 3 6, 6 0, 6 0, 9 0, 7 1, 6 5, 7 0, 4 0, 8 1, 0 0, 1 1, 9 1, 7 0, 3 0, 6 2, 0 17 5 6, 6 0, 8 0, 8 0, 4 1, 5 5, 7 0, 4 0, 4 0, 8 0, 1 1, 7 1, 7 0, 6 0, 4 1, 4 10 0 6, 5 0, 9 1, 0 0, 3 1, 6 6, 1 0, 2 0, 3 0, 5 0, 1 2, 3 1, 8 0, 2 0, 7 1, 3 10 4 5, 7 0, 3 0, 3 0, 2 0, 1 0, 3 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 1 0, 1 0, 0 0, 0 0, 1 1 44 4 6, 4 0, 7 0, 5 0, 4 0, 8 2, 0 0, 3 0, 2 0, 1 0, 1 0, 8 0, 5 0, 1 0, 2 0, 3 90 5 6, 3 0, 6 0, 7 0, 5 0, 9 3, 0 0, 3 0, 4 0, 4 0, 1 1, 1 0, 9 0, 2 0, 3 0, 7 4 87 8 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ EN FA N TS N O N -A LL AI TÉ S __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ 12 -1 5 16 -1 9 20 -2 3 24 -2 7 28 -3 1 32 -3 5 En se m bl e (6 ,6 ) (2 ,0 ) (1 ,9 ) (1 ,1 ) (1 ,4 ) (5 ,9 ) (1 ,1 ) (0 ,9 ) (1 ,1 ) (0 ,3 ) (2 ,7 ) (2 ,0 ) (0 ,9 ) (1 ,1 ) (1 ,9 ) 44 6, 1 1, 2 2, 0 0, 7 1, 9 5, 6 1, 2 1, 3 1, 0 0, 6 2, 1 1, 7 0, 9 1, 0 1, 6 10 2 6, 6 1, 1 1, 6 0, 9 2, 7 6, 1 1, 1 1, 2 1, 3 0, 3 3, 0 2, 3 1, 0 1, 5 2, 2 14 4 6, 5 1, 2 1, 7 0, 9 2, 0 6, 0 0, 7 1, 1 1, 4 0, 4 2, 9 1, 7 0, 7 1, 0 1, 9 38 1 6, 7 1, 1 1, 8 1, 0 2, 3 6, 1 1, 0 1, 3 1, 5 0, 3 3, 0 2, 3 0, 8 1, 4 2, 1 33 8 6, 6 0, 9 1, 4 0, 8 1, 7 6, 1 0, 6 0, 7 1, 2 0, 3 2, 9 2, 0 0, 9 0, 8 1, 6 32 2 6, 6 1, 1 1, 7 0, 9 2, 0 6, 0 0, 8 1, 1 1, 3 0, 4 2, 9 2, 0 0, 8 1, 1 1, 9 1 35 7 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ N ot e : L es a lim en ts ri ch es e n vi ta m in e A co m pr en ne nt : p ot iro n, ig na m e ou c ou rg e ro ug e ou ja un e, c ar ot te s, p at at e do uc e, lé gu m es à fe ui lle v er te , m an gu e, p ap ay e, v ia nd e, v ol ai lle , p oi ss on , oe uf . Le s do nn ée s ne s on t p as p ré se nt ée s po ur le s gr ou pe s d’ âg es d e tro p fa ib le e ffe ct if. ( ) B as é su r u n fa ib le n om br e de c as n on -p on dé ré s. 146 * Nutrition et état nutritionnel Tableau 9.7 Sel iodé dans le ménage Répartition (en %) des ménages ayant du sel testé pour la présence de l’iode selon le niveau d’iode, pourcentage de ménages dont le sel a été testé et pourcentage de ménages qui n’ont pas de sel, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001________________________________________________________________________________________________________ Iode parmi les ménages testés : _____________________ Effectif Pourcentage Pourcentage Effectif Sel de de ménages de ménages de Caractéristique non iodé Sel iodé Total ménages testés sans sel ménages________________________________________________________________________________________________________ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Ensemble 6,4 93,6 100,0 1 195 85,5 13,8 1 397 24,1 75,9 100,0 1 436 87,4 12,0 1 643 16,1 83,9 100,0 2 631 86,5 12,8 3 040 29,3 70,7 100,0 8 600 92,6 6,7 9 291 31,1 68,9 100,0 1 516 93,7 5,9 1 618 39,6 60,4 100,0 1 812 93,4 6,1 1 940 20,8 79,2 100,0 1 965 89,7 9,3 2 191 19,8 80,2 100,0 2 264 93,1 5,7 2 433 17,4 82,6 100,0 1 814 89,0 10,5 2 039 76,1 23,9 100,0 664 93,1 6,5 713 6,4 93,6 100,0 1 195 85,5 13,8 1 397 26,2 73,8 100,0 11 230 91,1 8,2 12 331 9.2 IODATION DU SEL, VITAMINE A ET CÉCITÉ CRÉPUSCULAIRE CHEZ LES ENFANTS ET CHEZ LES FEMMES Consommation de sel iodé par les ménages Il est reconnu que la faible consommation de sel iodé peut entraîner un retard dans le développement mental de l’enfant (crétinisme) et favoriser l’apparition du goitre chez les adultes. Elle peut également accroître les risques d’avortements spontanés, de stérilité, de mortinatalité et de mortalité infantile. Jusqu’à récemment, la consommation du sel iodé n’était pas entrée dans les mœurs des Maliens et, en règle générale, le sel produit localement n’était pas iodé. Lors de l’EDSM-III, les enquêteurs demandaient, dans chaque ménage, un peu de sel utilisé pour la cuisine. Ce sel était testé au moyen d’un “kit” fourni par l’UNICEF permettant de déterminer la teneur en iode du sel. Le test permet de savoir si le sel n’est pas du tout iodé ou s’il est iodé à plus ou moins de 15 parties par million (ppm). Le sel qui contient au moins 15 ppm d’iode est considéré comme suffisamment iodé. Dans le cas du Mali, on a distingué entre deux types de sel : les iodates et les iodures, avec des seuils de teneur différents des seuils standards. Donc, il était difficile de classifier correctement la teneur du sel. Pour cela, nous avons retenu une simple classification : à savoir, si le sel était iodé ou non. Il faut noter que le sel a été testé dans 91 % des ménages, et que 8 % de ménages ne disposaient pas de sel lors du passage des équipes d’enquête. Il ressort du tableau 9.7 que dans l’ensemble du pays, 26 % des ménages utilisent du sel non iodé et 74 % disposent du sel iodé. Le pourcentage de ménages disposant de sel iodé est nettement plus élevé en milieu urbain (84 %) qu’en milieu rural (71 %). Par région, on constate que la proportion de ménages disposant de sel iodé présente de grandes variations, passant d’un minimum de 24 % à Kidal/Gao/ Tombouctou à un maximum de 94 % à Bamako et 83 % à Mopti. 1 La liste des aliments considérés comme riches en vitamine A figure en note du tableau 9.4. Nutrition et état nutritionnel * 147 Consommation de micronutriments chez les enfants La carence en vitamine A, ou l’avitaminose A, affecte le système immunitaire de l’enfant et augmente ainsi ses risques de décéder des maladies de l’enfance. L’avitaminose A peut également affecter la vue et causer la cécité crépusculaire chez les enfants, et affecter aussi la santé des mères enceintes ou de celles qui allaitent. Toutefois, elle peut être évitée par des compléments de vitamine A et l’enrichissement des aliments. L’UNICEF et l’OMS recommandent que dans tous les pays qui ont une mortalité infanto- juvénile supérieure à 70 pour mille, et dans lesquels la carence en vitamine est un problème de santé publique, on mette en place un programme de contrôle de la vitamine A. Le tableau 9.8 présente le pourcentage d’enfants derniers-nés qui ont reçu des aliments riches en vitamine A au cours des sept derniers jours1 et le pourcentage d’enfants de moins de 5 ans qui ont reçu, au moins, une dose de complément de vitamine A (en gélule ou ampoule) au cours des derniers 6 mois. Dans l’ensemble, environ quatre enfants sur dix de moins de cinq ans (41 %) ont reçu des compléments de vitamine A. Selon l’âge de l’enfant, on constate que ce sont les enfants de 36-47 mois qui ont reçu le plus fréquemment des compléments de vitamine A (43 %). Les proportions d’enfants qui ont reçu des compléments de vitamine A varient surtout selon le milieu de résidence, la région et le niveau d’instruction. Les enfants de Bamako sont ceux qui ont reçu le plus fréquemment des compléments de vitamine A (58 %) ; dans les autres villes, la proportion est de 53 % et en milieu rural elle n’est que de 36 %. Par niveau d’instruction, ce sont les enfants des femmes les plus instruites qui ont reçu le plus fréquemment ce type de complément (62 %, contre 48 % des enfants quand la mère à un niveau primaire et seulement 39 % quand elle est sans instruction). Du point de vue régional, ce sont les enfants du district de Bamako (58 %), de Kidal/Gao/Tombouctou (51 %) et de Koulikoro (48 %) qui ont reçu le plus fréquemment ce type de supplément nutritionnel. Pour les autres caractéristiques (sexe, rang de naissance, statut de l’allaitement, et âge de la mère à la naissance), les différences constatées ne sont pas importantes. Pour éviter l’avitaminose A, il est également recommandé que les enfants consomment des aliments riches en vitamine A. Près du tiers seulement des enfants derniers-nés de moins de trois ans ont consommé des aliments riches en vitamine A au cours des sept jours précédant l’enquête (32 %). La consommation d’aliments riches en vitamine A augmente avec l’âge et ce sont ceux de 24-35 mois qui en ont consommé le plus fréquemment (56 %). Par ailleurs, on ne remarque pas de variation importante de cette proportion selon le sexe et le rang de naissance de l’enfant. Cependant, il faut souligner que les enfants allaités au sein sont moins nombreux à consommer des aliments riches en vitamine A que ceux qui ne sont pas allaités au sein (25 % contre 58 %). Par rapport au milieu de résidence et à la région, les variations de la consommation des aliments riches en vitamine A sont relativement importantes. Par exemple, par région, on constate que la proportion d’enfants qui ont reçu ce type d’aliments passe d’un minimum de 16 % dans les régions du nord (Kidal/Gao/Tombouctou) et à Mopti à un maximum de 50 % dans le district de Bamako. Selon le niveau d’instruction, on note que lorsque la mère n’est pas instruite, cette proportion est estimée à 30 % contre 55 % chez les enfants dont la mère a, au moins, le niveau d’instruction secondaire. 148 * Nutrition et état nutritionnel Tableau 9.8 Consommation de micronutriments Pourcentage des derniers-nés âgés de moins de trois ans et vivant avec la mère qui ont reçu des aliments riches en vitamine A au cours des sept jours qui ont précédé l’enquête, pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui ont reçu des compléments de vitamine A au cours des six mois qui ont précédé l’enquête, et pourcentage d’enfants de moins de cinq ans vivant dans des ménages ayant du sel iodé, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 __________________________________________________________________________________________ A consommé Vivant dans de la un ménage nourriture A reçu des disposant de riche en Effectif compléments Effectif sel Effectif Caractéristique vitamine A d’enfants de vitamine A d’enfants iodé d’enfants __________________________________________________________________________________________ Âge de l’enfant en mois <6 6-9 10-11 12-23 24-35 36-47 48-59 Sexe de l’enfant Masculin Féminin Rang de naissance 1 2-3 4-5 6+ Statut d’allaitement au sein Allaité au sein Non allaité au sein Manquant Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Âge de la mère à la naissance <20 20-24 25-29 30-34 35-49 Ensemble 2,5 1 458 NA 0 76,5 1 438 16,0 916 36,1 927 74,2 886 31,5 342 42,2 344 75,6 332 43,8 2 098 41,9 2 197 71,9 2 125 56,2 1 421 41,7 2 027 74,1 1 970 NA 0 42,6 2 245 75,2 2 157 NA 0 38,8 1 925 73,0 1 854 32,9 3 165 41,0 4 908 74,0 5 447 31,5 3 070 40,7 4 757 74,2 5 315 35,7 922 41,1 1 592 75,4 1 719 32,2 1 821 39,9 2 796 74,6 3 108 31,8 1 417 41,6 2 226 73,5 2 498 31,0 2 075 41,0 3 052 73,3 3 437 25,0 4 878 39,9 3 535 73,2 4 832 57,7 1 295 42,0 5 785 74,9 5 604 66,3 61 31,6 344 72,5 326 50,0 714 58,2 1 118 93,0 1 233 39,1 779 52,8 1 178 73,8 1 288 44,3 1 493 55,4 2 295 83,2 2 522 28,4 4 741 36,3 7 369 71,3 8 241 32,9 904 43,4 1 389 68,0 1 559 36,5 1 079 47,9 1 673 60,6 1 842 36,6 1 310 35,4 2 017 78,4 2 276 27,7 1 071 40,0 1 695 79,4 1 893 16,1 868 20,9 1 318 84,0 1 459 15,6 293 50,5 460 26,7 505 50,0 710 57,9 1 113 93,5 1 229 29,7 5 243 38,7 8 128 73,6 9 073 41,2 693 48,1 1 082 72,1 1 192 55,2 298 61,9 455 87,3 497 32,0 1 067 38,9 1 793 74,2 1 931 32,6 1 492 39,6 2 440 74,9 2 676 31,5 1 469 42,6 2 193 74,5 2 510 32,6 1 118 42,3 1 712 72,8 1 901 32,5 1 088 41,0 1 527 73,6 1 744 32,2 6 234 40,9 9 665 74,1 10 762 __________________________________________________________________________________________ NA = Non applicable Nutrition et état nutritionnel * 149 Consommation de micronutriments et cécité crépusculaire chez les femmes Lors de l’enquête, on a également demandé aux mères ayant eu une naissance au cours des cinq dernières années si elles avaient reçu de la vitamine A au cours des deux premiers mois qui ont suivi l’accouchement. À cette question, 18 % des mères ont répondu qu’elles avaient effectivement reçu de la vitamine A après l’accouchement (tableau 9.9). Cette proportion varie peu selon l’âge de la femme, mais selon le rang de naissance de l’enfant, on constate que cette proportion est légèrement plus élevée pour les naissances de rang 1, 2 et 3 que pour les rangs supérieurs (19 % contre 16 % au rang 6 et plus). Selon le milieu de résidence, on note qu’à Bamako, près du tiers des femmes (33 %) ont reçu des compléments de vitamine A mais qu’en milieu rural, cette proportion n’est que de 13 %. Au niveau régional, la proportion la plus faible de femmes ayant reçu des compléments de vitamine A est observée dans la région de Mopti (6 %), suivie par Kidal/Gao/Tombouctou et Ségou (respectivement 8 % et 13 %). Après le district de Bamako (33 %), ce sont les régions de Sikasso et de Kayes qui se caractérisent par les proportions les plus élevées de femmes qui ont reçu des compléments en vitamine A (environ 20 % chacune). On note également que les femmes ayant au moins un niveau d’instruction secondaire sont plus nombreuses à avoir reçu des compléments en vitamine A (39 % contre 21 % chez les femmes ayant le niveau d’instruction primaire et 16 % chez celles n’ayant aucune instruction). Pour lutter contre la cécité crépusculaire, il faut d’abord lutter contre la carence en vitamine A. En effet, la cécité crépusculaire a souvent pour cause une carence en vitamine A (ou avitaminose A), résultant d’une alimentation pauvre et peu variée et d’une prise insuffisante d’aliments contenant cette vitamine ; cette affection a un effet néfaste sur la santé des femmes. Au cours de l’enquête on a demandé aux femmes si pendant leur grossesse, elles avaient souffert de cécité crépusculaire, c’est-à-dire de problèmes de vue à la tombée du jour ou au cours de la nuit. Le tableau 9.9 indique que 19 % des femmes ayant eu un enfant au cours des cinq dernières années ont déclaré que, pendant leur grossesse, elles avaient eu des difficultés pour voir à la tombée du jour. Cependant, une proportion importante de femmes ont déclaré avoir eu également des difficultés pour voir pendant la journée : ces femmes ont donc, semble-t-il, des problèmes de vue, mais pas nécessairement des problèmes de cécité crépusculaire. On a donc calculé une prévalence « ajustée » de la cécité crépusculaire en éliminant de la cécité crépusculaire « déclarée » les femmes ayant également déclaré avoir des problèmes de vue pendant la journée. La prévalence de la cécité crépusculaire « ajustée » ainsi passe à 6 %. Les proportions de femmes considérées ainsi comme atteintes de cécité crépusculaire varient peu selon l’âge de la femme et le nombre d’enfants nés vivants. On note cependant que cette forme de cécité est moins fréquente en milieu urbain (3 %) qu’en milieu rural (7 %). Au niveau régional, Kidal/Gao/Tombouctou et Mopti détiennent les proportions les plus élevées de femmes ayant souffert de cécité crépusculaire (respectivement 11 % et 9 % contre 2 % à Kayes et 3 % dans le district de Bamako). Selon le niveau d’instruction de la femme, la prévalence de la cécité crépusculaire ajustée varie de 6 % chez les mères sans instruction à 2 % chez les mères de niveau secondaire ou plus. Le tableau 9.9 fournit également les proportions de femmes ayant pris des comprimés de fer durant la grossesse. Dans l’ensemble, près des deux tiers des femmes (64 %) n’ont pas pris de fer pendant la grossesse. À l’opposé, 18 % en ont pris pendant une durée inférieure à deux mois, 3 % entre deux et trois mois et seulement 3 % pendant trois mois ou plus. C’est parmi les femmes les plus instruites que l’on constate les proportions les plus élevées de celles qui en ont pris pendant au moins 90 jours (14 %) ; parmi celles sans instruction et celles du milieu rural, ces proportions sont de 2 % à peine. 150 * Nutrition et état nutritionnel Tableau 9.9 Consommation de micronutriments par les mères Pourcentage de femmes ayant eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et qui ont reçu une dose de vitamine A au cours des deux premiers mois après l’accouchement, pourcentage de celles qui ont souffert de cécité crépusculaire durant la grossesse, pourcentage de celles qui vivent dans des ménages utilisant du sel iodé et pourcentage de celles qui ont pris des comprimés de fer ou un sirop durant un nombre determiné de jours, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ________________________________________________________________________________________________________________________ Vivant Nombre de jours de prise dans un Cécité Cécité de fer pendant la grossesse ménage A reçu vita- crépus- crépus- __________________________________________ Effectif dispsant Effectif mine A1 culaire culaire Aucun de de sel de Caractéristique postpartum déclarée ajustée2 jour <60 60-89 90+ NSP/ND femmes iodé3 femmes _________________________________________________________________________________________________________________________ Âge de la mère à la naissance <20 20-24 25-29 30-34 35-49 Rang de naissance 1 2-3 4-5 6+ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 18,2 17,2 5,4 61,2 19,1 3,2 1,8 14,7 1 452 73,6 1 390 17,4 19,0 5,3 63,0 19,2 1,9 3,4 12,4 1 897 75,1 1 818 18,3 18,9 6,4 62,4 18,4 3,7 3,3 12,2 1 866 74,2 1 810 17,7 19,5 6,0 65,3 15,0 2,9 3,6 13,2 1 483 73,4 1 438 16,9 20,9 5,6 67,3 15,3 2,7 2,9 11,8 1 594 72,7 1 542 19,2 15,7 5,0 58,4 19,8 3,5 2,7 15,6 1 314 75,0 1 256 19,1 17,4 6,1 61,1 19,5 2,4 3,2 13,9 2 272 74,5 2 181 17,4 20,0 5,8 63,9 17,0 3,0 3,8 12,3 1 852 74,5 1 797 16,1 21,5 5,8 68,3 15,3 2,9 2,6 10,9 2 853 72,5 2 765 32,6 8,2 2,9 38,7 30,0 2,5 7,4 21,4 970 93,1 925 31,1 15,7 2,4 47,3 23,2 4,5 6,6 18,5 1 044 74,3 995 31,8 12,1 2,7 43,2 26,5 3,5 7,0 19,9 2 015 83,4 1 920 13,2 21,4 6,7 70,4 14,7 2,7 1,8 10,5 6 277 70,9 6 079 19,5 25,9 1,6 67,6 8,6 1,7 1,2 20,9 1 196 68,0 1 175 19,4 21,5 6,3 61,5 14,9 2,4 3,1 18,1 1 402 59,8 1 354 20,3 20,1 4,8 57,1 24,4 4,0 3,4 11,0 1 703 78,6 1 653 13,4 15,4 7,6 70,8 18,9 4,9 0,7 4,8 1 432 79,1 1 391 6,3 17,2 9,3 82,7 9,3 1,1 1,9 5,0 1 192 83,7 1 120 8,0 32,2 10,6 68,2 13,4 2,0 7,9 8,5 397 26,0 383 32,7 8,0 2,9 38,6 30,1 2,5 7,4 21,5 968 93,6 923 16,0 20,0 6,1 67,0 16,2 2,9 2,1 11,8 6 965 73,4 6 721 21,4 17,7 5,0 54,7 23,0 2,3 5,3 14,6 915 71,7 882 38,6 6,9 2,1 29,0 28,0 3,8 13,5 25,7 411 87,4 397 17,7 19,1 5,8 63,8 17,5 2,9 3,0 12,8 8 291 73,9 7 999 ________________________________________________________________________________________________________________________ 1 Pour les femmes ayant eu deux naissances vivantes ou plus dans les cinq dernières années, les données concernent la naissance la plus récente. 2 Les femmes qui ont déclaré avoir souffert de cécité crépusculaire mais qui n’ont pas déclaré avoir eu des difficultés pour voir durant le jour 3 Sont exclues les femmes vivant dans des ménages dans lesquels le sel n’a pas été testé. Anémie par carence en fer Le manque de fer est la forme de carence en micronutriments la plus répandue dans le monde et elle affecte plus de 3,5 milliards d’individus dans les pays en développement (ACC/SCN, 2000). L’anémie est une affection caractérisée par une réduction du nombre de globules rouges et un affaiblissement de la concentration de l’hémoglobine dans le sang. L’anémie est habituellement la conséquence d’une déficience alimentaire en fer, en vitamine B12 ou en d’autres nutriments. Bien que l’anémie puisse être causée par des parasitoses, des hémorragies, des affections congénitales ou des maladies chroniques, elle est due le plus souvent à une déficience alimentaire, dont à la base, un manque de fer (DeMaeyer et al., 1989 ; Yip, 1994). Nutrition et état nutritionnel * 151 Au cours de l’EDSM-III, au moment de mesurer la taille et le poids des femmes et des enfants, on a également procédé à un prélèvement de sang. Précisons que ce test n’a eu lieu que dans un ménage sur trois de l’échantillon. Le prélèvement était réalisé de la manière suivante : a) du sang capillaire était prélevé au moyen d’une piqûre au doigt faite à l’aide d’une petite lame rétractable (Tenderlette) ; b) on laissait alors tomber une ou deux gouttes de sang sur une cuvette miniature que l’on plaçait ensuite dans un hémoglobinomètre portatif (HemoCue), appareil qui, en moins d’une minute, pouvait nous donner une mesure exacte du niveau (en grammes) d’hémoglobine par décilitre de sang ; c) cette valeur était enfin enregistrée dans le questionnaire. L’anémie peut être classée en trois niveaux, selon la concentration de l’hémoglobine dans le sang; cette classification a été développée par des chercheurs de l’OMS (DeMaeyer et al., 1989). Ainsi, l’anémie est considérée comme sévère si la mesure d’hémoglobine par décilitre de sang est inférieure à 7,0 g/dl, elle est modérée si cette valeur se situe entre 7,0 et 9,9 g/dl et enfin, elle est qualifiée de légère si la mesure se situe entre 10,0 et 11,9 g/dl. Pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, l’anémie sera considérée comme légère si le niveau d’hémoglobine se situe entre 10,0 et 10,9 g/dl. Le niveau d’hémoglobine dans le sang augmente avec l’altitude. Ceci est dû au fait que la pression partielle de l’oxygène diminue en haute altitude, et il en est de même pour la saturation d’oxygène dans le sang; on assiste de plus à un phénomène de compensation qui fait augmenter la production de globules rouges afin d’assurer une irrigation sanguine adéquate (CDC, 1989). En d’autres termes, plus l’altitude est élevée, plus le besoin d’hémoglobine dans le sang augmente. Au Mali, comme la majorité de la population vit dans des régions très peu élevées, il ne s’est pas avéré nécessaire d’ajuster et de normaliser les valeurs d’hémoglobine à ce qu’elles auraient été au niveau de la mer. Prévalence de l’anémie chez les enfants Le tableau 9.10 indique qu’au Mali plus de huit enfants sur dix (83 %) de 6-59 mois sont atteints d’anémie : 18 % d’anémie légère, 53 % d’anémie modérée et 11 % d’anémie sévère. On ne constate que peu d’écart de prévalence entre les enfants vivant avec leur mère et ceux dont la mère n’est pas dans le ménage. Du point de vue de l’âge, c’est entre 10 et 23 mois que les enfants sont les plus touchés par l’anémie (89 % en moyenne). Comme nous l’avons vu précédemment, c’est la période pendant laquelle beaucoup d’enfants ne reçoivent pas de compléments alimentaires en quantité et en qualité suffisantes. Le niveau par sexe est pratiquement le même (82 % chez les garçons et 84 % chez les filles). La prévalence de l’anémie est moins élevée à Bamako (73 %) qu’en milieu rural (85 %) et que dans le reste du milieu urbain (80 %) (graphique 9.4). Les régions de Koulikoro (91 %), Sikasso (89 %) et Mopti (90 %) ont les niveaux de prévalence les plus élevés. Par niveau d’instruction, la prévalence de l’anémie est de 84 % chez les enfants dont la mère est sans instruction, de 81 % chez ceux dont la mère à le niveau primaire et de 67 % chez les enfants dont la mère a un niveau secondaire ou plus. 152 * Nutrition et état nutritionnel Tableau 9.10 Prévalence de l’anémie chez les enfants Pourcentage d’enfants âgés de 6-59 mois considérés comme ayant une forme d’anémie, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001__________________________________________________________________________________ Pourcentage d’enfants anémiés :____________________________________ Ayant Légère Modérée Sévère (en une (10,0-10,9 (7,0-9,9 dessous de Effectif Caractéristique anémie g/dl) g/dl) 7,0 g/dl) d’enfants__________________________________________________________________________________ Âge de l’enfant en mois <6 6-9 10-11 12-23 24-35 36-47 48-59 Sexe de l’enfant Masculin Féminin Rang de naissance 1 2-3 4-5 6 ou plus Intervalle intergénésique en mois Première naissance <24 24-47 48 ou plus Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Manquant Âge de la mère 15-19 20-24 25-29 30-34 35-49 Enfants des mères enquêtées Enfants des mères non enquêtées Mère vivant dans le ménage Mère ne vivant pas dans le mènage Ensemble 82,5 20,4 50,5 11,6 48 81,2 21,9 46,9 12,4 99 93,8 17,2 63,2 13,5 45 85,1 11,5 55,0 18,5 244 86,9 16,8 59,2 10,9 472 81,9 18,0 53,1 10,8 984 80,7 21,2 49,8 9,7 934 82,2 18,1 53,3 10,8 1 450 83,5 18,9 52,9 11,7 1 375 83,5 19,3 54,7 9,5 359 80,7 17,6 52,2 10,9 794 84,6 17,4 54,4 12,7 605 83,2 18,8 52,3 12,2 823 83,5 19,3 54,8 9,4 360 88,2 20,2 56,4 11,7 437 81,7 17,0 53,6 11,1 1 382 80,0 19,0 46,1 14,8 403 72,7 23,5 45,8 3,4 290 79,6 21,6 48,1 9,9 311 76,3 22,5 47,0 6,8 601 84,6 17,4 54,8 12,4 2 225 70,8 10,6 44,3 15,8 414 91,4 16,8 56,7 17,9 493 88,8 19,3 58,9 10,5 633 78,0 22,9 49,9 5,2 502 89,8 20,1 56,2 13,4 345 82,2 13,2 59,1 9,9 148 72,7 23,5 45,8 3,4 290 83,8 18,0 53,8 12,1 2 240 81,2 20,5 52,0 8,7 306 66,5 17,8 41,9 6,7 114 100,0 0,0 100,0 0,0 1 85,4 18,1 57,2 10,2 169 82,4 16,6 55,1 10,6 666 82,7 17,1 53,2 12,4 670 81,8 21,9 50,4 9,5 579 83,4 18,7 52,4 12,3 740 82,8 18,2 53,1 11,5 2 581 82,8 20,0 53,6 9,2 80 82,8 22,0 53,3 7,5 164 82,8 18,5 53,1 11,2 2 826 Nutrition et état nutritionnel * 153 Tableau 9.11 Prévalence de l’anémie chez les femmes Pourcentage de femmes âgés de 15-49 ans ayant une forme d’anémie, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001__________________________________________________________________________________ Statut d’anémie :____________________________________ Ayant Légère Modérée Sévère (en une (10,0-10,9 (7,0-9,9 dessous de Effectif Caractéristique anémie g/dl) g/dl) 7,0 g/dl) de femmes__________________________________________________________________________________ Âge 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Enfants nés vivants Aucun enfant 1 2-3 4-5 6+ Statut de grossesse/ allaitement au sein Enceinte Allaite au sein Aucun des deux Utilise le DIU Oui Non Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 62,0 39,4 20,4 2,3 761 61,5 36,5 22,8 2,2 743 63,4 37,9 22,4 3,0 625 61,3 36,5 21,5 3,3 545 70,3 44,8 21,0 4,5 466 61,8 42,5 17,3 2,0 365 57,9 39,3 16,3 2,2 282 56,0 35,7 17,3 2,9 742 65,9 37,6 25,5 2,7 474 63,4 39,3 22,4 1,7 789 63,4 37,2 22,6 3,5 645 65,0 42,9 19,1 3,1 1 137 73,4 24,5 43,6 5,2 524 63,1 42,1 18,5 2,6 1 390 59,5 41,0 16,2 2,3 1 874 50,7 50,7 0,0 0,0 6 62,8 39,1 20,9 2,8 3 781 50,1 35,3 12,9 1,9 599 56,8 34,6 19,6 2,5 483 53,0 35,0 15,9 2,2 1 082 66,6 40,8 22,8 3,0 2 705 69,0 39,8 26,0 3,2 503 68,1 38,1 25,8 4,2 627 58,9 39,4 17,9 1,5 759 58,5 40,7 15,7 2,1 631 73,9 41,3 28,8 3,8 477 70,6 41,1 24,8 4,6 189 49,9 35,2 12,8 1,9 602 65,4 40,4 22,0 3,0 3 011 55,5 34,5 18,5 2,5 466 47,3 33,5 12,6 1,1 310 62,7 39,1 20,8 2,8 3 787 Prévalence de l’anémie chez les femmes Le tableau 9.11 présente les résultats des tests d’anémie pour les femmes. Plus de six femmes sur dix (63 %) sont atteintes d’anémie : 39 % sous une forme légère, 21 % sous une forme modérée et 3 % sous une forme sévère. Bien que la prévalence de l’anémie varie beaucoup par âge (de 58 % à 70 %) et par nombre d’enfants vivants (de 56 % à 66 %), aucune tendance nette ne se dégage. Par contre, les femmes enceintes sont plus fréquemment anémiées (25 % sont atteintes d’anémie légère et 49 % d’anémie modérée ou sévère) que les femmes qui ne sont pas enceintes, surtout pour les formes modérée et sévère. L’allaitement, par contre, ne semble pas augmenter le risque d’anémie d’une manière significative : les niveaux d’anémie des femmes qui allaitent sont cependant légèrement plus élevés que ceux observés chez les femmes n’allaitant pas. 154 * Nutrition et état nutritionnel Tableau 9.12 Prévalence de l’anémie chez les enfants selon le niveau d’anémie de la mère Répartition (en %) des enfants âgés de 6-59 mois par niveau d’anémie, et selon la sévérité de l’anémie chez la mère, EDSM-III Mali 2001__________________________________________________________________________________ Pourcentage d’enfants avec une anémie :____________________________________ Ayant Légère Modérée Sévère (en une (10,0-10,9 (7,0-9,9 dessous de Effectif Caractéristique anémie g/dl) g/dl) 7,0 g/dl) d’enfants1__________________________________________________________________________________ Ayant une anémie 84,8 17,3 53,8 13,8 1 632 Statut d’anémie2 Anémie légère 82,7 17,7 52,3 12,8 1 053 Anémie modérée 87,7 15,8 57,0 14,9 520 Anémie sévère 96,2 22,7 51,8 21,8 58 Ensemble 82,7 18,1 53,0 11,6 2 517__________________________________________________________________________________ Note : Ce tableau porte sur les enfants de fait. 1 Mères pour lesquelles les données sur leur niveau d’hémoglobine et sur le niveau d’hémoglobine de leurs enfants âgés de 6-59 mois sont disponibles. 2 Enfants âgés de 6-59 mois pour lesquels les données sur leur niveau d’hémoglobine et sur le niveau d’hémoglobine de leur mère sont disponibles. La prévalence de l’anémie varie sensiblement selon le milieu de résidence : 50 % chez les femmes de Bamako contre 57 % chez celles des autres villes et 67 % chez les femmes du milieu rural. Au niveau régional, les niveaux d’anémie varient d’un minimum de 50 % dans le district de Bamako et de 59 % dans les régions de Sikasso et de Ségou à un maximum de 74 % dans la région de Mopti. L’anémie est plus fréquente parmi les femmes sans instruction que parmi celles qui ont fréquenté l’école (65 % contre 56 % chez celles d’un niveau primaire et 47 % chez les femmes d’un niveau secondaire ou plus). Le tableau 9.12 présente la prévalence de l’anémie chez les enfants selon la sévérité de l’anémie chez leur mère. Dans 2 517 cas, on dispose à la fois de données sur les enfants et sur leur mère. Globalement, on constate que chez les enfants dont la mère est anémiée, la prévalence de l’anémie est légèrement plus élevée que parmi l’ensemble des enfants (85 % contre 83 %). En outre, parmi les enfants dont la mère souffre d’anémie sévère, 96 % sont anémiés ; de même, c’est aussi quand la mère est atteinte d’anémie sévère que la proportion d’enfants atteints de cette forme grave d’anémie est la plus importante (22 %). Quand la mère souffre d’anémie modérée, la prévalence de l’anémie modérée chez les enfants est aussi très élevée (57 %). Le fait que la mère soit elle-même anémiée semble donc être un facteur déterminant de la prévalence de l’anémie chez les enfants. Prévalence de l’anémie chez les hommes Au tableau 9.13 sont présentés les résultats concernant la prévalence de l’anémie chez les hommes. On constate tout d’abord qu’environ un homme sur cinq (18 %) est atteint d’anémie ; 11 % le sont sous une forme légère, 7 % sous une forme modérée et enfin moins d’un pour cent des hommes sont sévèrement anémiés. Les proportions d’hommes anémiés varient de manière importante selon l’âge : on constate que c’est chez les plus jeunes et les plus âgés que la prévalence de l’anémie est la plus élevée : en particulier, plus du quart des adolescents (27 %) sont anémiés; de même, à partir de 50 ans, au moins un homme sur cinq (20 % à 50-54 ans et 25 % à 55-59 ans) souffrent de cette condition. Les résultats selon le milieu de résidence mettent en évidence des écarts importants de la prévalence de l’anémie, en particulier entre Bamako et le reste du pays; par exemple, on note que la proportion d’hommes anémiés en milieu rural est deux fois plus importante qu’à Bamako. De même, les écarts constatés selon les régions sont importants puisque la prévalence varie d’un minimum de 10 % à Bamako et de 16 % dans la région de Sikasso à un maximum de 27 % dans celles de Mopti et de Kidal/Gao/Tombouctou. Nutrition et état nutritionnel * 155 Tableau 9.13 Prévalence de l’anémie chez les hommes Pourcentage d’hommes âgés de 15-59 ans ayant une forme d’anémie, selon certaines caractéris- tiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001__________________________________________________________________________________ Statut d’anémie :____________________________________ Ayant Légère Modérée Sévère (en une (12,0-12,9 (9,0-11,9 dessous de Effectif Caractéristique anémie g/dl) g/dl) 9,0 g/dl) d’hommes__________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 27,1 15,7 11,5 0,0 120 20-24 13,0 6,8 6,0 0,2 207 25-29 10,3 6,0 3,5 0,8 363 30-34 16,5 11,1 5,0 0,3 424 35-39 20,2 11,0 8,4 0,8 412 40-44 17,2 11,6 5,0 0,6 421 45-49 16,8 8,7 6,2 1,8 314 50-54 22,6 11,5 10,1 1,0 265 55-59 20,2 9,7 10,3 0,2 201 Manquant 24,5 15,3 7,9 1,2 298 Milieu de résidence Bamako 9,5 5,3 3,6 0,6 476 Autres villes 18,6 11,1 5,0 2,4 416 Ensemble urbain 13,7 8,0 4,2 1,5 892 Rural 20,0 11,6 7,9 0,5 2 132 Région Kayes 21,8 12,4 8,6 0,9 383 Koulikoro 21,9 12,1 9,2 0,6 473 Sikasso 16,2 11,6 4,3 0,3 626 Ségou 14,4 8,0 4,9 1,6 596 Mopti 27,4 14,4 12,5 0,5 343 Kidal/Gao/Tombouctou 26,5 14,7 11,3 0,5 127 Bamako 9,5 5,3 3,6 0,6 476 Niveau d’instruction Aucune instruction 19,9 11,0 7,9 0,9 2 185 Primaire 15,4 8,9 6,0 0,5 411 Secondaire ou plus 11,7 9,5 2,0 0,1 397 Manquant 12,0 9,2 2,8 0,0 31 Total 18,1 10,5 6,8 0,8 3 024 Le niveau d’instruction influence également la prévalence de l’anémie chez les hommes puisqu’il semble que plus les hommes sont instruits et moins la prévalence de l’anémie est élevée. En effet, 20 % des hommes sans instruction sont atteints d’anémie ; quand ils ont un niveau primaire, la prévalence passe à 15 % et quand ils ont un niveau secondaire, elle atteint son niveau le plus faible : 12 %. 9.3 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES État nutritionnel des enfants Méthodologie L’évaluation de l’état nutritionnel des jeunes enfants est un des objectifs majeurs de l’EDSM-III. L’état nutritionnel résulte à la fois de l’histoire nutritionnelle (ancienne et récente) de l’enfant et des maladies ou infections qu’il a pu avoir; par ailleurs, cet état influe sur la probabilité qu’a l’enfant de contracter des maladies. En effet, un enfant mal nourri est en situation de faiblesse physique qui favorise les infections qui, à leur tour, influent sur ses risques de décéder. L’état nutritionnel est évalué au moyen d’indices 2 Les enfants de moins de 24 mois ont été mesurés en position couchée, alors que ceux de 24 mois et plus ont été mesurés en position debout. Cependant, pour faciliter la compréhension du texte, le même terme taille sera utilisé ici pour tous les enfants, quelle que soit la façon dont ils ont été mesurés. 3 NCH S : National Center for Health Statistics (Centre national des statistiques sanitaires, des États-Unis) ; CDC : Centers for Disease Control and Prevention (Centres de contrôle et prévention des maladies, des États-Unis) ; OMS : Organisation Mondiale de la Santé. 156 * Nutrition et état nutritionnel anthropométriques calculés à partir de l’âge et des mesures de la taille2 et du poids de l’enfant prises au cours de l’enquête. Le poids et la taille permettent de calculer les trois indices suivants : la taille par rapport à l’âge (taille-pour-âge), le poids par rapport à la taille (poids-pour-taille) et le poids par rapport à l’âge (poids-pour- âge). Au cours de l’enquête, tous les enfants de moins de cinq ans présents dans les ménages enquêtés devaient être pesés et mesurés : les données devraient donc porter sur les 11 856 enfants répondant à ces critères. Cependant, les résultats présentés ci-dessous ne concernent que 10 099 enfants, soit 85 % des enfants éligibles. Sont exclus des résultats : 9 % d’enfants pour lesquels le poids et/ou la taille ne sont pas connus (l’enfant n’a pas été mesuré parce qu’il était malade ou absent au moment de l’enquête, ou encore parce qu’il a refusé), environ 5 % d’enfants pour lesquels le poids et/ou la taille sont manifestement improbables (du fait d’erreurs de report, ou encore d’erreurs de mesure, particulièrement délicates chez les enfants les plus jeunes), et enfin 1,3 % d’enfants pour lesquels l’âge en mois est inconnu ou incomplet, les indices taille-pour-âge et poids-pour-âge n’ayant de sens que calculés à partir d’informations très précises sur l’âge. Selon les recommandations de l’OMS, l’état nutritionnel des enfants observés pendant l’enquête est comparé à celui d’une population de référence internationale, connue sous le nom de standard NCHS/CDC/OMS3. Cette référence internationale a été établie à partir de l’observation d’enfants américains de moins de cinq ans en bonne santé et elle est utilisable pour tous les enfants de cet âge dans la mesure où, quel que soit le groupe de population, ils suivent un modèle de croissance similaire. Les données de la population de référence internationale ont été normalisées pour suivreune distribution normale où la médiane et la moyenne sont identiques. Pour les différents indices étudiés, on compare la situation des enfants dans l’enquête avec le standard de référence internationale, en calculant la proportion d’enfants observés qui se situent à moins de deux et à moins de trois écarts type en dessous de la médiane de la population de référence. Le tableau 9.14 présente les pourcentages d’enfants souffrant de malnutrition selon les trois indices anthropométriques et selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Parmi les 10 099 enfants pour lesquels l’état nutritionnel est présenté, 9 369 vivaient dans le même ménage que leur mère et leur mère a été enquêtée. Pour ces enfants, l’état nutritionnel a donc pu être analysé selon certaines caractéristiques disponibles à partir du questionnaire individuel femme, comme le rang de naissance, l’intervalle intergéné- sique et le niveau d’instruction de la mère. Par ailleurs, pour 721 enfants (soit 7 % des 10 099 enfants qui font l’objet de cette analyse), la mère n’a pas été enquêtée : dans 313 cas, la mère n’a pas été enquêtée pour diverses raisons (par exemple, elle était absente ou malade au moment de l’enquête) mais elle vivait dans le même ménage que son enfant et, dans 408 cas, elle n’a pas été enquêtée parce qu’elle vivait ailleurs ou était décédée. Cette dernière catégorie présente un intérêt particulier car on peut supposer que les conditions de vie de ces enfants, et donc leur état nutritionnel, sont très différentes de celles d’enfants vivant avec leur mère. Nutrition et état nutritionnel * 157 Tableau 9.14 État nutritionnel des enfants Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans considérés comme atteints de malnutrition, selon les trois indices anthropo- métriques de l’état nutritionnel : taille-pour-âge, poids-pour-taille et poids-pour-âge, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001________________________________________________________________________________________________________ Taille-pour-âge Poids-pour-taille Poids-pour-âge______________________ ______________________ ______________________ Pourcentage Pourcentage Pourcentage Pourcentage Pourcentage Pourcentage en dessous en dessous en dessous en dessous en dessous en dessous Effectif Caractéristique de -3 ET de -2 ET1 de -3 ET de -2 ET1 de -3 ET de -2 ET1 d’enfants________________________________________________________________________________________________________ Âge de l’enfant (mois) <6 6-11 12-23 24-35 36-59 Sexe de l’enfant Masculin Féminin Rang de naissance2 1 2-3 4-5 6 ou plus Intervalle intergénésique en mois2 Première naissance <24 24-47 48+ Taille à la naissance Très petit Petit Moyen ou très gros Manquant Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction de la mère2 Aucun Primaire Secondaire ou plus Manquant Âge de la mère 15-19 20-24 25-29 30-34 35-49 Enfants des mères enquêtées Enfants des mères non enquêtées Mère vivant dans le ménage Mère ne vivant pas dans le mènage3 Ensemble 1,1 5,6 0,6 5,4 0,5 3,1 1 247 7,0 20,0 2,4 14,1 9,5 29,3 1 157 19,7 44,9 3,2 20,4 18,0 47,9 1 934 27,4 49,3 2,0 10,7 17,1 43,4 1 923 24,5 45,3 0,7 6,2 7,4 31,5 3 838 19,5 39,0 1,9 11,2 10,4 34,0 5 126 19,0 37,4 1,4 9,9 10,9 32,3 4 973 18,3 35,6 1,7 11,1 11,0 33,8 1 429 17,1 37,0 1,7 9,8 10,1 31,6 2 686 19,1 38,0 1,5 10,8 10,4 33,3 2 166 21,3 39,1 1,6 11,4 11,7 34,8 3 088 18,3 35,7 1,7 11,1 11,1 33,9 1 433 26,1 49,6 2,1 12,1 14,4 40,8 1 523 18,0 36,0 1,5 10,8 10,0 32,3 4 957 16,5 33,1 1,5 9,1 9,6 28,7 1 457 26,3 45,8 3,9 16,8 20,1 47,5 749 20,5 41,9 1,2 13,1 12,2 38,7 1 407 18,1 36,6 1,4 9,3 9,3 30,6 7 684 23,8 42,0 3,8 16,2 15,7 37,1 259 5,4 16,4 0,9 5,9 3,4 15,0 1 085 13,1 30,5 2,1 9,5 6,5 24,7 1 280 9,5 24,0 1,6 7,9 5,1 20,2 2 365 22,2 42,5 1,6 11,4 12,4 37,1 7 734 18,7 38,7 1,0 10,0 9,3 31,9 1 387 16,5 35,9 1,1 10,8 9,7 32,3 1 747 23,4 47,5 1,8 9,5 12,4 40,2 2 260 23,9 40,3 2,7 13,9 12,6 35,9 1 718 21,2 39,3 1,9 10,3 12,2 33,2 1 394 19,4 40,1 1,4 15,7 14,4 37,7 509 5,4 16,4 0,9 5,9 3,4 15,0 1 085 20,7 40,4 1,7 10,9 11,7 35,1 8 176 13,6 29,4 1,4 11,1 7,7 28,3 1 057 4,4 13,6 0,8 5,3 2,6 12,8 444 0,0 0,0 0,0 90,2 0,0 0,0 6 14,6 33,0 2,2 12,0 12,7 30,9 771 17,9 38,0 2,2 11,9 11,1 34,8 2 252 19,7 38,1 1,3 9,3 9,8 31,8 2 390 20,9 39,4 1,6 10,5 10,7 34,7 2 051 19,9 39,0 1,3 10,2 10,5 32,4 2 635 19,1 37,7 1,6 10,8 10,8 33,4 9 369 20,8 43,4 1,7 8,5 9,7 31,3 313 20,4 45,8 2,1 8,3 7,6 30,6 408 19,2 38,2 1,6 10,6 10,7 33,2 10 099 ___________________________________________________________________________________________________________ Note : Chaque indice est exprimé en terme de nombre d’unités d’écart type (ET) par rapport à la médiane de la Population de Référence Internationale du NCHS/CDC/OMS. Les enfants sont atteints de malnutrition s’ils se trouvent à moins de -2 ET (-2 ET et -3 ET) de la médiane de la population de référence.1 Les enfants qui se situent en-dessous de -3 ET sont inclus dans cette catégorie2 Pas d’information pour les enfants dont la mère n’a pas été enquêtée3 Y compris les enfants dont la mère est décédée 158 * Nutrition et état nutritionnel Retard de croissance Le tableau 9.14 fournit tout d’abord les proportions d’enfants de moins de cinq ans qui souffrent de malnutrition chronique. La malnutrition chronique qui se manifeste par une taille trop petite pour l’âge se traduit par un retard de croissance. Cette situation est généralement la conséquence d’une alimentation inadéquate et/ou de maladies survenues pendant une période relativement longue ou qui se sont manifestées à plusieurs reprises. L’indice taille-pour-âge, qui rend compte de la taille d’un enfant par rapport à son âge, est donc une mesure des effets à long terme de la malnutrition et elle ne varie que très peu en fonction de la saison au cours de laquelle les enfants sont mesurés. De plus, on considère qu’après l’âge de deux ans, « il y a peu de chance pour qu’une intervention quelle qu’elle soit puisse améliorer la croissance » (Delpeuch, 1991). Ainsi, le retard de croissance staturale acquis dès les plus jeunes âges n’est pratiquement plus rattrapable. La taille-pour-âge est révélatrice de la qualité de l’environnement et, d’une manière générale, du niveau de développement socio-économique d’une population. L’enfant qui a une taille insuffisante pour son âge peut, cependant, avoir un poids en correspondance avec sa taille réelle ; pour cette raison, cette forme de malnutrition n’est pas toujours visible dans une population. Selon les résultats du tableau 9.14 concernant l’indice taille-pour-âge, on constate que près de quatre enfants sur dix (38 %) souffrent de malnutrition chronique (la taille-pour-âge se situe à moins de 2 écarts type en dessous de la médiane de la population de référence) et la moitié d’entre eux (19 %) souffrent de malnutrition chronique sévère (la taille-pour-âge se situe à moins de 3 écarts type de la médiane de la population de référence). Ces proportions sont extrêmement élevées quand on sait que les niveaux dans une population en bonne santé et bien nourrie sont de 2,3 % (à -2 écarts type) et 0,1 % (à -3 écarts type). En outre, on constate que 46 % des enfants dont la mère ne vit pas dans le ménage sont atteints de malnutrition chronique contre 38 % de ceux dont la mère est présente dans le ménage. Selon l’âge, on observe des variations importantes de la prévalence de la malnutrition chronique, qu’elle soit modérée ou sévère (tableau 9.13 et graphique 9.2). La proportion d’enfants accusant un retard de croissance augmente très régulièrement et très rapidement avec l’âge : en effet, de 6 % à moins de 6 mois, Nutrition et état nutritionnel * 159 le niveau de malnutrition chronique augmente et touche trois fois plus d’enfants à 6-11 mois (20 %) ; à partir de 12 mois, elle touche près d’un enfant sur deux (45 % à 12-23 mois et 49 % à 24-35 mois). La forme sévère de ce type de malnutrition touche 7 % des enfants de 6 -11 mois et concerne ensuite près de 20 % des enfants à 12-23 mois. Pour cette dernière catégorie d’âge, la situation est particulièrement préoccupante car, comme on l’a précisé précédemment, c’est avant deux ans que la plupart des enfants accumulent un retard de croissance staturale et, après cet âge, le retard n’est plus rattrapable. La malnutrition chronique touche légèrement plus les garçons que les filles (39 % contre 37 %). On constate également une augmentation progressive de la malnutrition avec le rang de naissance, mais les différences sont minimes (de 36 % pour les enfants de rang 1 à 39 % pour les enfants de rang 6). L’intervalle intergénésique semble également avoir une influence sur la prévalence de la malnutrition, puisque les enfants nés moins de quatre ans après leur aîné souffrent plus fréquemment de malnutrition que les premiers-nés et ceux nés quatre ans ou plus après l’enfant précédent. Les niveaux de malnutrition chronique présentent de fortes variations selon le milieu de résidence (graphique 9.3). En effet, près de deux fois plus d’enfants accusent un retard de croissance en milieu rural (43 %) qu’en milieu urbain (24 %) ; en ce qui concerne la forme sévère de la malnutrition chronique, il y a plus de quatre fois plus d’enfants atteints en milieu rural que dans la capitale (5 % par rapport à 22 %). En dehors du district de Bamako, dans toutes les régions, entre 36 % et 48 % des enfants sont atteints de malnutrition chronique : la situation est particulièrement préoccupante dans la région de Sikasso (48 %). Le niveau d’instruction de la mère est aussi une variable en fonction de laquelle l’état nutritionnel des enfants présente de fortes variations : parmi les enfants dont la mère n’a pas d’instruction, les proportions de ceux accusant un retard de croissance sont trois fois plus élevées que celles des enfants dont la mère a une instruction secondaire ou supérieure (40 % contre 14 %). Concernant la malnutrition chronique sous sa forme sévère, les écarts sont encore plus importants : 21 % des enfants de mères sans instruction en sont atteints contre 4 % de ceux dont les mères sont les plus instruites. Avec l’acquisition d’une certaine instruction, les femmes acquièrent aussi une meilleure connaissance de la composition équilibrée des aliments et des règles d’hygiène ; mais aussi et surtout, les femmes non instruites sont souvent celles qui vivent dans les conditions économiques les plus précaires, caractérisées par une quantité de nourriture disponible parfois limitée et non 160 * Nutrition et état nutritionnel diversifiée et par des conditions de logement parfois insalubres. C’est cette conjonction de facteurs, et non le seul niveau d’instruction, qui explique la forte prévalence de la malnutrition chronique parmi les enfants des femmes sans instruction. Émaciation Au tableau 9.13 figurent également les résultats concernant les proportions d’enfants atteints de malnutrition aiguë, exprimée par l’indice poids-pour-taille. Cet indices qui donne une mesure de la masse du corps en relation avec sa taille, reflète la situation nutritionnelle actuelle (au moment de l’enquête), et il peut donc être fortement influencé par la saison pendant laquelle a eu lieu la collecte des données. En effet, la plupart des facteurs susceptibles de causer un déséquilibre entre le poids et la taille de l’enfant, que ce soient des maladies (rougeole, diarrhée) ou des déficits alimentaires (sécheresses, périodes de soudure) sont très sensibles à la saison. Ce type de malnutrition est la conséquence d’une alimentation insuffisante durant la période ayant précédé l’observation et/ou d’une perte de poids consécutive à une maladie (diarrhée sévère ou anorexie, par exemple). Un enfant souffrant de cette forme de malnutrition est maigre ou émacié. Les enfants dont le poids-pour-taille se situe à moins de deux écarts type en dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme étant atteints de malnutrition aiguë modérée, ceux se situant à moins de trois écarts type sont considérés comme souffrant de malnutrition aiguë sévère. Un peu moins de 11% d’enfants souffrent de malnutrition aiguë et environ un dixième d’entre eux sont atteints de la forme sévère d’émaciation (2 %). La proportion d’enfants atteints d’émaciation est environ cinq fois plus élevée que celle que l’on s’attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie (2,3 %). Du point de vue de l’âge (graphique 9.1), ce sont les enfants des groupes d’âges 12-23 mois (un peu plus de 20 %) qui sont les plus touchés. Il n’est guère surprenant que le niveau maximum d’émaciation soit atteint à ces âges. En effet, c’est à 12-23 mois que la majorité des enfants sont sevrés (la durée médiane de l’allaitement est de 22,6 mois) et, très certainement, les aliments de sevrage ne sont pas suffisants pour couvrir les besoins nutritionnels à ces âges, ce qui provoque des carences et une plus grande fragilité face aux infections et à la malnutrition. Par ailleurs, ce groupe d’âges correspond également au stade de dévelop- pement des enfants où ils commencent à explorer leur environnement immédiat et à porter n’importe quel objet à leur bouche : ils sont ainsi particulièrement exposés aux agents pathogènes comme en dénote la forte prévalence de la diarrhée dans ce groupe d’âges (voir Chapitre 7—Santé de la mère et de l’enfant). Le fait qu’après le 2e anniversaire, les proportions d’enfants émaciés diminuent n’est pas nécessairement le signe d’une amélioration de l’état nutritionnel des enfants à partir de cet âge. Elle peut être aussi la conséquence d’une forte mortalité des enfants les plus atteints ; seuls les enfants les moins touchés survivraient après leur 2e anniversaire. On constate une légère différence selon le sexe de l’enfant ; elle est en faveur des filles. Mais on ne constate pas de relation nette avec le rang de naissance ou l’âge de la mère. Par contre, la prévalence de l’émaciation diminue légèrement avec l’augmentation de l’intervalle intergénésique : de 11 % quand l’intervalle est inférieur à 24 mois, la proportion passe à 9 % quand l’intervalle est de 48 mois ou plus ; de même, l’émaciation touche 17 % des enfants qui naissent très petits contre 9 % quand ils sont moyens ou gros à la naissance. Du point de vue du milieu de résidence (graphique 9.4), comme pour la malnutrition chronique, c’est à Bamako que la prévalence de la malnutrition aiguë est la plus faible : 6 % contre10 % dans le reste du milieu urbain et 11 % en milieu rural. Du point de vue régional, la situation est particulièrement préoccupante dans les régions de Kidal/Gao/Tombouctou (16 %) et de Ségou (14 %). Concernant le niveau d’instruction des mères, comme il fallait s’y attendre, ce sont les enfants dont la mère a un niveau au moins secondaire qui sont les moins atteints (5 %). Nutrition et état nutritionnel * 161 Insuffisance pondérale Le tableau 9.14 présente enfin l’état nutritionnel des enfants mesurés au moyen de l’indice poids- pour-âge. Cet indice est un indice combiné, un faible poids-pour-âge pouvant être provoqué par la maigreur comme par le retard de croissance. Il traduit une insuffisance pondérale. Cet indice est celui qui est le plus souvent utilisé par les services de santé pour suivre les progrès nutritionnels et la croissance des enfants. Son utilisation reste limitée car il ne permet pas de distinguer entre les déficiences alimentaires de longue durée (retard de croissance) et celles qui sont récentes (émaciation). Comme le poids-pour-taille, cet indice est sensible aux variations saisonnières et sa valeur est limitée quand il n’en existe qu’une seule mesure dans le temps. Il est présenté ici essentiellement pour permettre des comparaisons avec les résultats des études ou des suivis nutritionnels des enfants qui utilisent cette mesure. Les enfants dont le poids-pour-âge se situe à moins de 2 écarts type en dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant d’insuffisance pondérale, ceux se situant à moins de 3 écarts type sont considérés comme souffrant d’insuffisance pondérale sévère. Près d’un enfant malien sur trois (33 %) souffre d’insuffisance pondérale et 11 % d’insuffisance pondérale sévère. Ces proportions sont très largement supérieures à celles que l’on s’attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie (respectivement, 2,3 % et 0,1 %). Comme pour les deux autres indices, cette forme de malnutrition déjà fréquente aux jeunes âges (3 % à moins de six mois) augmente très rapidement pour toucher près de trois enfants sur dix à 6-11 mois (graphique 9.1). Du point de vue des caractéristiques des enfants et des mères, les variations observées pour la malnutrition chronique se retrouvent pour l’insuffisance pondérale. Les enfants les plus touchés sont les garçons (34 %), ceux de rang 6 et plus (35 %) et ceux dont l’intervalle intergénésique est inférieur à 24 mois (41 %). Les enfants du milieu rural (37 %) sont beaucoup plus atteints que ceux du milieu urbain (20 %). Il en est de même pour ceux des régions de Sikasso (40 %), de Kidal/Gao/Tombouctou (38 %) et de Ségou (36 %). Comme pour la malnutrition chronique, le niveau d’instruction de la mère est la variable en fonction de laquelle on constate le plus d’écarts : 13 % des enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus présentent une insuffisance pondérale contre 28 % de ceux de mère d’instruction primaire, et 35 % de ceux dont la mère n’a aucune instruction. 162 * Nutrition et état nutritionnel Tendances de la malnutrition Au graphique 9.5 figurent les niveaux de malnutrition des enfants de moins de trois ans d’après l’EDSM-II de 1995-1996 et ceux de l’EDSM-III de 2001. On constate que la prévalence du retard de croissance a légèrement augmenté, passant de 30 % en 1995-1996 à 38 % en 2001. Par contre, l’insuffisance pondérale estimée à 40 % en 1995-1996 est passée aujourd’hui à 33 %. De même, la prévalence de l’émaciation a chuté entre les deux enquêtes, passant de 23 % en 1995-1996 à 11 % en 2001. Il est évident que la situation relative à la nutrition des enfants maliens reste très inquiétante. État nutritionnel des femmes Dans le cadre de l’EDSM-III, pour déterminer l’état nutritionnel des femmes, on a relevé le poids et la taille des femmes de 15-49 ans. Les résultats du tableau 9.14 présentent certains indicateurs anthropométriques de l’état nutritionnel des femmes : la taille, le poids et l’Indice de Masse Corporelle (IMC) calculé à partir du poids et de la taille. Afin d’éviter d’introduire un biais dans les distributions du poids et de l’IMC, on a exclu de l’analyse les femmes enceintes et celles ayant eu une naissance dans les deux mois précédant l’enquête. Même si la taille peut varier dans les populations à cause de facteurs génétiques, elle demeure néanmoins un indice indirect du statut socio-économique de la femme dans la mesure où une petite taille peut résulter d’une malnutrition chronique durant l’enfance. Par ailleurs, d’un point de vue anatomique, la taille des femmes est associée à la largeur du bassin; les femmes de petite taille sont plus susceptibles d’avoir des complications pendant la grossesse et surtout pendant l’accouchement. Elles sont aussi plus susceptibles de concevoir des enfants de faible poids. Bien que la taille critique en deçà de laquelle une femme peut être considérée à risque varie selon les populations, il est admis généralement que cette taille se situe entre 140 et 150 centimètres. Nutrition et état nutritionnel * 163 Tableau 9.15 Etat nutritionnel des mères par caractéristiques socio-démographiques Pour les femmes de 15-49 ans, taille moyenne et pourcentages de celles dont la taille est inférieure à 145 centimètres, Indice de Masse Corporelle (IMC) moyen et pourcentages de celles ayant un niveau d’IMC particulier, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _____________________________________________________________________________________________________________________________ Taille IMC (kg/m2) ________________________ __________________________________________________________________________________ Pour- centage en 17,0- 16,0- Taille dessous Moyenne 18,5- 18,4 16,9 <16,0 >=25,0 25,0- Effectif moyenne de Effec- de 24,9 <18.5 (maigreur (maigreur (maigreur (gros ou 29,9 >=30.0 des Caractéristique en cm 145 cm tif l’IMC (normal) (maigre) légère) modéré) sévére) obèse) (gros) (obèse) femmes ___________________________________________________________________________________________________________________________________________ Âge 15-19 20-24 25-29 12-23 24-35 36-47 48-59 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/ Tombouctou Bamako Niveau d’instruction de la mère Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 159,8 1,9 2 372 20,6 72,5 21,9 15,9 3,9 2,1 5,6 4,7 0,9 2 046 161,1 0,3 2 236 21,5 80,0 11,1 9,0 1,3 0,8 8,9 7,0 1,9 1 749 161,6 0,4 2 093 22,1 76,6 8,1 6,0 1,5 0,7 15,3 12,2 3,0 1 555 161,9 0,5 1 793 22,4 72,1 9,7 7,1 1,9 0,7 18,2 13,7 4,6 1 462 161,9 0,5 1 543 22,6 68,6 10,8 8,0 1,9 0,9 20,6 13,5 7,1 1 296 162,0 0,1 1 176 22,6 67,3 11,4 8,7 1,7 1,0 21,3 16,3 5,1 1 063 161,7 0,5 901 23,0 64,1 10,5 8,0 2,1 0,4 25,4 18,7 6,7 879 162,6 0,3 1 987 23,6 59,3 10,0 6,8 2,1 1,1 30,7 20,7 10,0 1 793 161,6 1,0 1 617 22,6 64,3 13,4 10,3 1,7 1,3 22,3 16,5 5,8 1 388 162,2 0,6 3 604 23,2 61,5 11,4 8,3 1,9 1,2 27,0 18,9 8,2 3 181 160,9 0,7 8 509 21,4 77,7 13,1 9,9 2,2 1,0 9,2 7,6 1,6 6 868 163,0 0,3 1 612 21,3 72,6 16,8 13,4 2,8 0,6 10,6 9,2 1,4 1 264 161,9 0,2 1 920 21,2 73,7 16,2 12,1 2,6 1,5 10,0 7,6 2,4 1 594 160,0 1,0 2 286 21,3 76,8 13,1 10,0 2,1 1,1 10,0 8,1 1,9 1 867 160,3 1,8 1 961 21,8 84,3 6,7 5,3 1,0 0,5 9,0 7,9 1,0 1 600 160,6 0,3 1 691 21,9 73,9 12,0 8,8 2,2 1,0 14,1 10,9 3,3 1 382 160,5 1,1 659 22,3 60,7 17,4 12,8 2,5 2,0 22,0 15,5 6,5 549 162,6 0,3 1 985 23,6 59,3 10,0 6,8 2,1 1,1 30,7 20,7 10,0 1 793 161,0 0,7 9 709 21,7 75,3 12,7 9,7 2,0 1,1 12,0 9,7 2,3 7 946 162,0 0,6 1 370 22,6 65,8 12,3 9,3 1,9 1,0 21,9 14,9 7,0 1 155 163,3 0,7 1 035 23,4 58,4 11,5 7,3 3,5 0,8 30,0 19,0 11,0 949 161,3 0,7 12 114 21,9 72,6 12,6 9,4 2,1 1,0 14,8 11,2 3,7 10 049 On constate au tableau 9.15 que la taille moyenne des femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq dernières années est de 161,3 centimètres, c’est-à-dire nettement au-dessus du seuil critique. De plus, seule une très faible proportion de femmes (moins d’un pour cent) a une taille inférieure à 145 cm (considéré ici comme taille limite critique). Les résultats selon l’âge et le milieu de résidence ne font pas apparaître de variations. Par contre, selon les régions et le niveau d’instruction, on note des écarts ; en effet, la taille moyenne varie d’un maximum de 163 centimètres dans la région de Kayes à un minimum de 160,0 centimètres dans la région de Sikasso. De même, les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus mesurent, en moyenne, 163,3 centimètres contre 161 chez celles n’ayant pas d’instruction. L’indice de Quételet ou l’Indice de Masse Corporelle (IMC) permet de mettre en évidence le manque ou l’excès de poids en contrôlant la taille. Il présente en outre l’avantage de ne pas utiliser nécessairement de table de référence comme c’est le cas pour le poids-pour-taille. L’IMC est calculé en divisant le poids de la femme en kilogrammes par le carré de sa taille (kg/m2). Pour indiquer une déficience énergétique chronique, on utilise généralement comme seuil la valeur moyenne de 18,5. À l’opposé, pour un excédent de poids, le seuil généralement admis est de 25 ou plus. Au Mali, la valeur moyenne de l’IMC chez les femmes non enceintes et ayant eu au moins une naissance au cours des cinq dernières années est de 21,9 (tableau 9.14). Les trois quarts des femmes ont un IMC normal, compris entre 18,5 et 24,9. Il convient de noter cependant qu’une proportion relativement importante de femmes (13 %) se situe en deça du seuil de 164 * Nutrition et état nutritionnel 18,5 et souffrent donc de malnutrition chronique aiguë ; parmi ces femmes, 9 % se caractérisent par une maigreur légère et 2 % par une maigreur modérée mais 1 % des femmes se trouvent dans un état de maigreur sévère. C’est parmi les femmes les plus jeunes (22 % à 15-19 ans et 11 % à 20-24 ans ), parmi celles des régions de Kayes et de Kidal/Gao/Tombouctou (17 % chacune) et parmi celles de Koulikoro (16 %) que l’on observe les proportions les plus élevées de femmes dont l’IMC est inférieur à 18,5. Par ailleurs, une proportion importante de femmes (15 %) ont un indice élevé supérieur à 25, et font partie, par conséquent, de la catégorie des femmes ayant un excès de poids. Parmi ces femmes, 11% ont un IMC compris entre 25,0 et 29,9 et 4 % des femmes présentent un état d’obésité ; c’est parmi les femmes de niveau secondaire ou plus et parmi celles de Bamako que ces proportions sont les plus élevées (respectivement, 11 % et 10 %). 1 Selon les résultats de l’enquête ménage, 0,4 % des enfants de moins de 5 ans survivants et identifiés dans les ménages étaient orphelins de mère (voir Chapitre 1—Caractéristiques des ménages et des enquêtés). Mortalité des enfants * 165 10MORTALITÉ DES ENFANTS Souleymane BA et Boureima SINGARE Les niveaux, tendances et caractéristiques de la mortalité des enfants sont fonction des conditions sanitaires, environnementales, socio-économiques et culturelles qui prévalent dans une population et dans les diverses couches sociales de cette population. C’est pourquoi, le niveau de mortalité des enfants est souvent considéré comme un des meilleurs indicateurs du niveau de développement d’un pays. À ce propos, Basch, cité par Godelieve Masuy Strobant (1995) disait que « la mortalité infantile ne se résume pas à mesurer le risque pour un enfant né vivant de décéder avant l’âge d’un an, c’est aussi l’un des indicateurs les plus couramment utilisés pour évaluer le niveau de développement économique et social d’une population ». Ainsi, la connaissance de la mortalité des enfants est indispensable, non seulement aux spécialistes des questions de population, mais aussi aux responsables de mise en place des programmes de santé et de développement socio-économique. C’est dans cette perspective que s’inscrit l’un des principaux objectifs de l’EDSM-III : collecter des informations sur la mortalité des enfants selon les caractéristiques socio-économiques et démographiques de la mère. 10.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES Les indicateurs de mortalité présentés dans ce chapitre sont calculés à partir d’informations sur l’historique des naissances recueillies dans le questionnaire femme. L’enquêtrice enregistre toutes les naissances de la femme, en précisant le sexe, la date de naissance, l’âge et l’état de survie. Pour les enfants décédés, l’enquêtrice enregistre également l’âge au décès. Ces informations permettent de calculer les différents quotients de mortalité des enfants. Pour le calcul de ces quotients, l’EDSM-III a utilisé la méthode directe d’estimation, basée sur la durée réellement vécue par les enfants dans la période considérée. L’estimation de la mortalité à partir de l’historique des naissances présente, à la fois, des limites d’ordre méthodologique et des risques d’erreurs d’enregistrement. En premier lieu, dans ce type d’approche rétrospective, on collecte des informations sur le passé (ici, la mortalité des enfants) auprès de personnes vivantes au moment de l’enquête (ici, les femmes de 15-49 ans). On adopte généralement l’hypothèse selon laquelle la mortalité des mères n’a aucun lien avec celle de leurs enfants. Cette hypothèse n’est pas toujours vérifiée, surtout lorsque les enfants sont nés de femmes mortes en couches ou des suites de l’accouchement. Dans ce type d’enquêtes, on n’a donc aucune information sur la survie ou le décès d’enfants dont la mère n’est pas actuellement en vie : dans le cas où ces enfants, « orphelins de mère », seraient en nombre important1 et où leur mortalité serait différente de celle des enfants dont la mère survit (ce qui est certainement le cas), les niveaux de mortalité s’en trouveraient affectés. En outre, en limitant la collecte des données aux seules femmes de 15-49 ans, les informations découlant de l’historique des naissances ne sont pas complètement représentatives des différents intervalles de la période passée. Si, pour les cinq années précédant l’enquête, la presque totalité des naissances (et de la mortalité infanto-juvénile qui peut s’ensuivre) sont issues de femmes de 15-49 ans à l’enquête, il n’en est pas de même pour les intervalles plus anciens : pour la période 10-14 ans avant l’enquête, par exemple, nous ne disposons d’aucune information sur les naissances issues de femmes de 40-49 ans à cette époque. Du point de vue de la collecte proprement dite, la validité des données peut être affectée par : 1) le sous-enregistrement des événements, en particulier l’omission d’enfants qui meurent très jeunes, quelques heures ou jours après la naissance, qui peut induire une sous-estimation de la mortalité ; en 2 Pour essayer de minimiser l’attraction de certains âges (en particulier, un an) les enquêtrices devaient enregistrer en jours les décès de moins d’un mois, en mois les décès de moins de deux ans, et en années les décès survenus à deux ans et plus. 166 * Mortalité des enfants outre, si ce sous-enregistrement était d’autant plus important que la période de référence est éloignée de la date de l’enquête, les tendances observées des niveaux de mortalité s’en trouveraient affectées. Une technique d’évaluation succincte du sous-enregistrement des décès des très jeunes enfants consiste à calculer la proportion d’enfants décédés entre 0 et 6 jours par rapport aux décès survenus au cours du premier mois. Comme, généralement, la mortalité diminue rapidement au cours de l’enfance, on s’attend à ce que cette proportion augmente avec une diminution de la mortalité d’ensemble des enfants et une proportion inférieure à 60 % indiquerait un sous-enregistrement important des décès précoces. Dans le cas de l’EDSM-III, les proportions varient d’un minimum de 66 % à un maximum de 72 % au cours des quinze années avant l’enquête (Annexe C.5), ce qui semble indiquer qu’il n’y a pas eu de sous-enregistrement important des décès précoces. Une faible proportion de mortalité néonatale par rapport à la mortalité infantile est également utilisée pour estimer l’importance de la sous-déclaration des décès de jeunes enfants. Le rapport des décès de moins d’un mois aux décès de moins de douze mois est d’environ 1/3 ; un écart important indiquerait un mauvais enregistrement des décès ou une mauvaise déclaration de l’âge au décès (Akoto, 1985). Comme on peut le constater au tableau C.6 de l’annexe C, selon la période quinquennale considérée, les proportions se situent à un niveau acceptable, variant de 53 % à 60 %, et ne mettent en évidence aucune sous-estimation importante des décès. 2) les déplacements différentiels de dates de naissance des enfants, selon qu’ils sont vivants ou décédés. Ces déplacements, qui n’affectent pas les niveaux de mortalité de l’ensemble de la période rétrospective considérée, peuvent entraîner une sous-estimation de la mortalité d’un intervalle (par exemple, 0-4 ans avant l’enquête), et par conséquent une surestimation de la mortalité de l’intervalle précédant (par exemple, 5-9 ans avant l’enquête). À l’Annexe C, le tableau C.5 fournit la distribution des naissances, selon leur état de survie, par année de naissance. Comme on l’a précisé au chapitre 4 (Fécondité), le « rapport de naissances annuelles » semble indiquer un manque de naissances en 1996, et un surplus en 1995. Ces déplacements semblent plus prononcés pour les enfants décédés, nés en sous-nombre en 1996 (rapport = 68 < 100) et en surnombre en 1995 (rapport = 151 < 100). Cependant, les niveaux de mortalité étant calculés par période quinquennale, ils ne devraient pas être affectés de façon significative par ces transferts, qui se produisent à l’intérieur de l’intervalle de référence. 3) l’imprécision des déclarations d’âge au décès, en particulier, l’attraction de 12 mois comme âge au décès2, en transformant une partie des décès de jeunes enfants (moins de 12 mois) en décès d’enfants plus âgés (12 à 59 mois), peut engendrer une sous-estimation de la mortalité infantile et, par contre-coup, une surestimation de la mortalité juvénile, la mortalité globale des moins de cinq ans n’étant que très peu affectée. Finalement, les limites méthodologiques inhérentes à l’historique des naissances et, comme nous venons de le voir, les risques d’erreurs ou d’imprécisions de collecte n’induisent généralement qu’une très faible marge d’erreur dans les mesures des événements récents (Sullivan et al., 1990) : dans le cadre de cette analyse, on n’a donc procédé à aucun ajustement des données. 10.2 NIVEAUX ET TENDANCES À partir des informations recueillies dans l’historique des naissances, on calcule les indicateurs suivants : quotient de mortalité néonatale (NN) : mesure, à la naissance, la probabilité de décéder avant d’atteindre un mois exact ; Mortalité des enfants * 167 Tableau 10.1 Mortalité des enfants de moins de cinq ans Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile par périodes de cinq ans précédant l’enquête, EDSM-III Mali 2001 _____________________________________________________________ Nombre Mortalité Mortalité d’années Mortalité post- Mortalité Mortalité infanto- précédant néonatale néonatale infantile juvénile juvénile l’enquête (MN) (MPN) (1q0) (4q1) (5q0)_____________________________________________________________ 0-4 57,1 56,4 113,4 130,5 229,1 5-9 79,3 59,7 139,0 125,9 247,3 10-14 78,2 51,2 129,4 139,2 250,6 quotient de mortalité post-néonatale (PNN) : mesure, chez les enfants âgés d’un mois exact, laprobabilité de décéder avant d’atteindre le dou- zième mois ; quotient de mortalité infantile (1q0) : communement appelé à tort taux de mortalité infantile, mesure, à la naissance, la probabilité de décéder avant le premier anniversaire ; quotient de mortalité juvénile (4q1) : mesure, chez les enfants âgés d’un an exact, la probabilité de décéder avant d’atteindre le cin- quième anniversaire ; quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) : mesure, à la naissance, la probabilité de décéder avant d’atteindre le cinquième anniversaire. Le tableau 10.1 présente ces différents quotients de mortalité pour les quinze dernières années, divisées en trois périodes quinquennales. Durant la période la plus récente (0-4 ans avant l’enquête, soit 1996-2001), un peu moins d’un enfant sur quatre (229 ‰) est décédé avant d’atteindre son cinquième anniversaire : sur 1 000 naissances, 113 sont décédées avant l’âge d’un an, et sur 1 000 enfants atteignant leur premier anniversaire, 131 sont décédés avant d’atteindre cinq ans. Avant l’âge d’un an, la probabilité de décéder durant le premier mois d’existence (57 ‰) est presque identique à celle de mourir entre le premier et le douzième mois exacts (56 ‰). Les données du tableau 10.1, représentées au graphique 10.1, permettent de retracer l’évolution de la mortalité infantile au cours des quinze dernières années. Bien que le niveau de la mortalité infanto-juvénile enregistré aujourd’hui au Mali, reste l’un des plus élevés de la sous-région, il n’en demeure pas moins qu’il a diminué de façon très régulière depuis quinze ans. De 1988 (année centrale de la période 10-14 ans avant l’enquête) à 1998 (année centrale de la période 0-4 ans avant l’enquête), la mortalité infanto-juvénile est passée de 251 à 229 décès pour 1 000 naissances vivantes. La mortalité infantile est passée de 129 ‰ à 113 ‰, soit une baisse de près de 12 %. Au cours de la même période, la mortalité juvénile a connu une baisse de 6 %, passant de 139 ‰ à 131 ‰ (graphique 10.1). En outre, on notera que l’essentiel de la baisse de la mortalité infantile est la conséquence de la baisse de la mortalité néonatale, qui est passée de 78 ‰ 10- 14 ans avant l’enquête à 57 ‰ au cours de la période la plus récente. En général, la diminution du niveau de mortalité des enfants est le résultat de l’amélioration des conditions sanitaires dont bénéficient, en premier lieu, les populations les plus vulnérables (voir Chapitre 8—Santé de la mère et de l’enfant) ainsi que de la relance économique. Le graphique 10.1 permet également de comparer les tendances de la mortalité infantile selon l’EDSM-III et l’EDSM-II, réalisée en 1995-96. Les résultats de l’EDSM-III pour la période rétrospective 10- 14 ans avant l’enquête, soit autour de l’année 1988, sont légèrement inférieurs aux résultats de l’EDSM-II de 1995-96 pour la période 5-9 ans avant l’enquête : pour cette période, le quotient de mortalité infantile 168 * Mortalité des enfants est estimé à 129 ‰ par l’EDSM-III contre 145 ‰ par l’EDSM-II. Pour la période 5-9 ans avant l’enquête, soit autour de l’année 1993, le quotient de mortalité infantile estimé par l’EDSM-III (139 ‰) est légèrement supérieur à celui estimé par l’EDSM-II pour la période 0-4 ans avant l’enquête (123 ‰). Malgré ces légers écarts, les données des deux enquêtes mettent en évidence une baisse régulière de la mortalité infantile au cours des 20 dernières années, passant de 152 ‰ autour de l’année 1983 à 113 ‰ autour de l’année 1998. En ce qui concerne la mortalité juvénile, on constate que les résultats des deux enquêtes sont très voisins : ils mettent en évidence une baisse régulière de la mortalité entre 1983 et 1993, le quotient passant de 164 ‰ à 126-131 ‰. Par contre, au cours des dernières années, la mortalité juvénile semble rester stable puisque le quotient est estimé à 131 ‰ autour de l’année 1998. 10.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE ET GROUPES À HAUTS RISQUES Le tableau 10.2 présente les différents quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio-démographiques de la mère, pour la période de dix ans précédant l’enquête (1991- 2001). La référence à une période de dix ans est utilisée ici pour pouvoir disposer, pour chaque sous-groupe de population, d’un nombre d’événements statistiquement suffisant au calcul des différentes probabilités. La mortalité infantile est beaucoup plus faible en milieu urbain (106 ‰) qu’en milieu rural (132 ‰). Les écarts de mortalité selon le milieu de résidence persistent également après un an : sur 1 000 enfants survivants au premier anniversaire, 88 décèdent avant le cinquième anniversaire en milieu urbain contre 140 en milieu rural. Dans l’ensemble, la mortalité infanto-juvénile est de 37 % plus élevée en milieu rural (253 ‰) qu’en milieu urbain (185 ‰). Mortalité des enfants * 169 Tableau 10.2 Mortalité des enfants par caractéristiques socio-économiques de la mère Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période de 10 ans précédant l’enquête par certaines caractéristiques socio-économiques de la mère, EDSM-III Mali 2001________________________________________________________________________ Mortalité Mortalité Mortalité post- Mortalité Mortalité infanto- néonatale néonatale infantile juvénile juvénile Caractéristique (NN) (PNN) (1q0) (4q1) (5q0)________________________________________________________________________ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 55,7 38,1 93,8 44,1 133,8 60,2 55,6 115,8 123,1 224,6 58,1 47,8 105,9 88,1 184,6 71,0 60,9 131,9 139,8 253,2 79,6 45,1 124,6 143,5 250,3 65,4 56,0 120,8 111,4 219,3 67,8 58,6 126,4 124,8 235,4 59,3 59,3 118,6 147,3 248,4 80,1 79,2 159,3 156,3 290,7 68,6 73,2 141,8 170,8 288,4 55,7 38,1 93,8 44,1 133,8 70,0 59,6 130,0 134,4 246,9 64,9 57,4 122,4 111,0 219,8 31,0 20,7 51,7 39,9 89,6 68,1 58,0 126,2 128,3 238,2 La mortalité des jeunes enfants varie également d’une région à une autre. Ainsi, dans la région de Mopti, la probabilité de décéder avant le cinquième anniversaire est de 22 % supérieure à la moyenne nationale (291 ‰ contre 238 ‰). La région de Mopti se caractérise aussi par le niveau de mortalité infantile le plus élevé (159 ‰), alors que pour la mortalité juvénile, ce sont les régions de Kidal/Gao/Tombouctou qui détiennent le niveau le plus élevé (171 ‰). À Bamako, la capitale, la probabilité de décéder avant cinq ans est de 44 % inférieure à la moyenne nationale (134 ‰ contre 238 ‰). La mortalité infantile y est 26 % plus faible que la moyenne nationale, tandis que la mortalité juvénile y est 66 % inférieure. Entre un et cinq ans, il y a peu de différence de mortalité entre les autres régions du pays. 170 * Mortalité des enfants Les enfants dont la mère est sans instruction ont une probabilité de mourir avant un an (130 ‰) supérieure de 6 % à ceux dont la mère a un niveau d’instruction primaire (122 ‰) et une fois et demie plus élevée que ceux dont la mère a un niveau d’instruction secondaire (52 ‰). Cette différence de mortalité est également très nette pour les enfants survivants à un an, puisque leur probabilité de mourir avant cinq ans est 70 % plus élevée quand leur mère n’a aucune instruction (134 ‰) que lorsqu’elle a atteint le secondaire ou plus (40 ‰), comme le montre le graphique 10.2. En ce qui concerne la mortalité infanto-juvénile, la probabilité de décéder des enfants dont la mère a atteint le niveau d’instruction secondaire ou plus (90 ‰) est 64 % plus faible que celle des enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction (247 ‰). Les meilleures conditions de vie, d’hygiène et d’alimentation, mais surtout le recours plus important aux services de santé des femmes instruites, expliquent l’essentiel de ces différences de mortalité. Mortalité des enfants * 171 Tableau 10.3 Mortalité des enfants par caractéristiques socio-démographiques de la mère et des enfants Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période de 10 ans précédant l’enquête par certaines caractéristiques socio-démographiques de la mère et des enfants, EDSM-III Mali 2001 _______________________________________________________________________ Mortalité Mortalité Mortalité post- Mortalité Mortalité infanto- néonatale néonatale infantile juvénile juvénile Caractéristique (NN) (PNN) (1q0) (4q1) (5q0) _______________________________________________________________________ Sexe de l’enfant Garçon Fille Âge de la mère à la naissance <20 ans 20-29 ans 30-39 ans 40-49 ans Rang de naissance 1 2-3 4-6 7 ou plus Intervalle avec la précédente <2 années 2 années 3 années 4 années ou plus Taille à la naissance1 Petit ou très petit Moyen ou plus gros 79,7 56,7 136,4 131,7 250,1 56,2 59,4 115,6 124,8 226,0 15,2 69,8 180,5 153,5 306,3 60,2 52,1 111,2 121,2 218,9 50,1 60,5 112,2 124,3 222,6 68,8 51,6 128,3 111,9 225,9 115,2 64,7 179,9 124,1 281,7 60,2 52,7 112,9 124,7 223,5 50,1 52,8 102,8 129,4 219,0 68,8 67,3 136,1 134,2 252,0 93,5 83,6 177,1 175,9 321,9 51,7 52,1 103,8 128,0 218,6 35,0 35,6 70,6 77,4 142,5 28,3 32,2 60,5 76,3 132,2 89,5 65,0 154,4 NA NA 43,3 49,6 92,9 NA NA _______________________________________________________________________ NA = Non applicable 1 Quotients pour la période de cinq ans précédant l’enquête Le tableau 10.3 présente les quotients de mortalité pour la période de dix ans précédant l’enquête selon certaines caractéristiques biologiques des mères et des enfants. Entre la naissance et le cinquième anniversaire, la mortalité des enfants de sexe masculin est, comme dans la majorité des populations, légèrement plus élevée que celle des enfants de sexe féminin : sur 1 000 garçons, 250 n’atteignent pas le cinquième anniversaire, alors que ce quotient est de 226 pour 1 000 filles à la naissance. Cet écart de mortalité entre les sexes se produit lors de la première année (mortalité infantile de 136 ‰ pour les garçons contre 116 ‰ pour les filles) et plus particulièrement au cours du premier mois d’existence (mortalité néonatale : 80 ‰ contre 56 ‰). 172 * Mortalité des enfants Trois caractéristiques décrivant les variations de la mortalité et illustrées par le graphique 10.3 concernent le comportement procréateur, notamment l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, le rang de naissance et l’intervalle par rapport à la naissance précédente. En ce qui concerne l’âge de la mère, les risques de décéder les plus élevés sont observés chez les enfants nés de jeunes mères (moins de 20 ans) : ainsi, le risque de décéder avant l’âge d’un an est près d’une fois et demie plus élevé pour un enfant né d’une mère âgée de moins de 20 ans (181 ‰) que pour un enfant né d’une mère appartenant au groupe d’âges 20-29 ans (111 ‰). Par ailleurs, la mortalité entre la naissance et le premier anniversaire d’un enfant dont la mère est âgée de 40 ans ou plus (128 ‰) est sensiblement plus élevée que celle d’un enfant dont la mère est âgée de 20 à 29 ans (111 ‰). Selon le rang de naissance, les quotients de mortalité infantile sont, comme il fallait s’y attendre, élevés pour le rang 1 (180 ‰), puis baissent nettement pour les rangs suivants (113 ‰ et 103 ‰ pour les rangs 2 à 6), et remontent ensuite pour les enfants de rangs les plus élevés (136 ‰ pour les rangs 7 et plus). La durée de l’intervalle intergénésique apparaît comme étant le facteur qui influe le plus nettement sur les niveaux de mortalité des enfants. Les intervalles de moins de deux ans, qui réduisent chez la femme le degré de récupérationde ses capacités physiologiques,entraînent une mortalité infanto-juvénile (322 ‰) supérieure de 47 % à celle estimée pour les naissances qui suivent leur aîné de 2 ans (219 ‰) et une fois et demie plus élevée que celle estimée pour les naissances qui suivent leur aîné de 4 ans ou plus (132 ‰). Cet écart de mortalité est dû à un écart de mortalité avant un an : la mortalité infantile pour les intervalles de moins de deux ans est près de deux fois plus élevée que celle pour les intervalles de 4 ans ou plus. La mortalité différentielle selon ces trois caractéristiques met en évidence les risques importants que fait courir aux enfants une fécondité élevée, caractérisée par des naissances précoces, des rangs élevés et des intervalles intergénésiques très courts. Par ailleurs, il ressort de ce même tableau que les bébés très petits ou petits à la naissance ont une mortalité beaucoup plus élevée que les bébés moyens ou gros. Sur 1 000 enfants de très petite taille à la naissance, 90 n’atteignent pas la fin du premier mois d’existence, et 154 n’atteignent pas leur premier Mortalité des enfants * 173 Tableau 10.4 Mortalité périnatale Effectifs de mort-nés et de décès néonatals précoces, et taux de mortalité périnatale pour la période des cinq années précédant l’enquête, par certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _________________________________________________________________________ Effectif de Effectif grossesses Effectif de décès Taux de de durée Caractéristiques de néonatals mortalité 7 mois socio-démographiques mort-nés précoces périnatale ou plus _________________________________________________________________________ Âge de la mère à la naissance <20 31 167 75,9 2 606 20-29 70 204 43,2 6 321 30-39 52 110 43,2 3 756 40-49 10 28 55,4 687 Intervalle de grossesse précédent (en mois) Première grossesse 42 147 87,5 2 167 <15 7 49 75,5 737 15-26 41 151 54,3 3 534 27-38 31 92 33,3 3 688 39+ 41 71 34,5 3 245 Milieu de résidence Bamako 22 49 49,1 1 435 Autres villes 7 72 48,5 1 630 Ensemble urbain 29 121 48,8 3 065 Rural 133 389 50,7 10 305 Région Kayes 17 106 63,9 1 922 Koulikoro 38 81 51,7 2 293 Sikasso 30 114 51,0 2 828 Ségou 18 71 38,4 2 327 Mopti 27 67 49,1 1 918 Kidal/Gao/Tombouctou 11 21 49,5 647 Bamako 22 49 49,1 1 435 Niveau d’instruction Aucun 132 437 50,3 11 332 Primaire 16 57 49,6 1 469 Secondaire ou plus 14 15 51,2 570 Ensemble 162,0 509 50,2 13 371 anniversaire. Pour ces enfants, les probabilités de mourir durant le premier mois et au cours de la première année d’existence sont environ 2 fois supérieures à celles des enfants moyens ou gros à la naissance (respectivement 43 ‰ et 93 ‰). Le tableau 10.4 présente la mortalité périnatale pour la période de cinq ans précédant l’enquête selon certaines caractéristiques socio-démographiques des mères. Le graphique 10.4 illustre le niveau de mortalité périnatale selon l’âge de la mère à la naissance de l’enfant et selon l’intervalle par rapport à la grossesse précédente. 174 * Mortalité des enfants Considérée comme indicateur de la qualité des soins pendant la grossesse et l’accouchement, la mortalité périnatale inclut la mortinatalité et la mortalité néonatale (ou parfois la seule mortalité néonatale précoce) (Pressat et al., 1985, p. 52). Selon Masuy Stroobant, l’idée de combiner la mortinatalité (tous les enfants mort-nés ou qui n’ont pas montré aucun signe de vie à la naissance) et la mortalité néonatale précoce (décès d’enfants de 0-6 jours) en un indice unique appelé la mortalité périnatale semble avoir son origine dans un article publié en 1948 dans Population Studies par Peller intitulé « Mortality : Past and Future ». Au regard du tableau 10.4 et du graphique 10.4, on constate que les risques de mortalité périnatale sont particulièrement élevés quand l’âge de la mère est inférieur à 20 ans. À propos de l’intervalle par rapport à la grossesse précédente, il ressort du tableau 10.4 et du graphique 10.4 que plus les intervalles entre les grossesses sont longs, plus les taux de mortalité périnatale sont faibles : de 54 ‰ quand 15-26 mois séparent deux grossesses, le taux passe à 35 ‰ quand l’intervalle est de 39 mois et plus. Par ailleurs, selon le milieu de résidence, on ne constate pas d’écart très important du taux de mortalité périnatale (49 ‰ en milieu urbain contre 51 ‰ en milieu rural). Selon les régions, on constate que le taux de mortalité périnatale varie d’un minimum de 38 ‰ à Ségou à un maximum de 64 ‰ à Kayes. Les résultats concernant le niveau d’instruction de la mère ne font pas apparaître d’écarts du risque de décéder pendant la période périnatale. Mortalité des enfants * 175 Le tableau 10.5 présente une classification des naissances des cinq dernières années selon les catégories à hauts risques auxquelles elles correspondent : - les naissances de rang 1 qui présentent un risque élevé de mortalité, mais qui sont inévitables sauf lorsqu’elles sont issues de jeunes mères (âgées de moins de 18 ans). On a donc isolé les naissances de rang 1 et de mères de 18 ans ou plus ; - les naissances issues de mères appartenant à une seule catégorie à haut risque : âge de procréation précoce (moins de 18 ans) ou tardif (35 ans ou plus), intervalle intergénésique court (moins de 24 mois) et rang élevé de naissance (supérieur à 3) ; - les naissances correspondant à une combinaison de catégories de risque selon l’âge de la mère à la naissance, l’intervalle intergénésique et le rang de naissance ; - et, enfin, les naissances ne correspondant à aucune catégorie à haut risque définie ci-dessus. Au regard du tableau 10.5, il ressort que 29 % des naissances des cinq années ayant précédé l’enquête ne correspondent à aucune catégorie à haut risque identifié, 10 % correspondent à des risques élevés parce qu’elles sont de rang un, mais sont inévitables, environ 39 % correspondent à des hauts risques multiples et 22 % correspondent à des catégories à plusieurs hauts risques. Pour évaluer le risque supplémentaire de décéder que font courir aux enfants certains comportements procréateurs des mères, des « rapports de risque » ont été calculés, en prenant comme référence les naissances n’appartenant à aucune catégorie à haut risque. Le rapport de risque est donc le rapport de la proportion d’enfants décédés dans chaque catégorie à haut risque, à la proportion d’enfants décédés dans la catégorie sans risque. Un enfant appartenant à une catégorie quelconque à haut risque unique (non compris les enfants de rang 1) court un risque de décéder 1,67 fois supérieur à un enfant n’appartenant à aucune catégorie à haut risque. La fécondité précoce apparaît nettement comme un facteur de risque élevé, puisque les enfants issus de mères adolescentes et qui représentent 9 % de l’ensemble des naissances ont un risque de décéder 2 fois plus élevé que la catégorie de référence. De même, un enfant né rapidement après son aîné (moins de 24 mois après) court un risque de décéder plus de 2 fois plus important (2,20) que la catégorie de référence. Ce sont, en fait, les enfants appartenant à la catégorie de hauts risques multiples qui sont les plus exposés, puisque leur mortalité est de 1,66 fois plus élevée que celle des enfants n’appartenant à aucune catégorie à risque. La situation la plus sérieuse est celle qui concerne les enfants de rang 4 et qui suivent leur aîné de moins de 2 ans : ces enfants courent un risque de décéder 2,35 fois plus élevé que ceux appartenant à la catégorie sans risque. Ces résultats démontrent qu’un meilleur espacement des naissances n’a pas pour seule conséquence une réduction des niveaux de la fécondité, mais aussi une amélioration des chances de survie des enfants. À partir de cette analyse du comportement procréateur à haut risque, on a essayé de déterminer la proportion de femmes actuellement en union qui, potentiellement, pourraient avoir un tel comportement.Pour cela, à partir de l’âge actuel des femmes, de l’intervalle écoulé depuis leur dernière naissance et du rang de leur dernière naissance, on détermine dans quelle catégorie se situerait la prochaine naissance, si chaque femme concevait un enfant au moment de l’enquête. Il s’agit donc d’une simulation ayant pour objectif de déterminer quelles proportions des futures naissances entreraient dans les catégories à risque, en l’absence de tout comportement régulateur de la fécondité. Il apparaît (tableau 10.5) qu’environ 18 % des enfants à naître seraient alors des enfants n’appartenant à aucune catégorie à haut risque et que 76 % des enfants appartiendraient à une quelconque catégorie à haut risque (simple ou multiple). Cette dernière proportion est supérieure à celle observée chez les enfants déjà nés (61 %). Cette simulation démontre une fois de plus la nécessité de mettre en place des mécanismes régulateurs de la fécondité dans le but de réduire les hauts risques de mortalité des jeunes enfants. 176 * Mortalité des enfants Tableau 10.5 Comportement procréateur à hauts risques Répartition (en %) des enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, rapport de risque, et répartition (en %) des femmes actuellement en union à risque de concevoir un enfant à hauts risques de mortalité selon les catégories à hauts risques de mortalité, EDSM-III Mali 2001 _________________________________________________________________________________ Naissances des 5 années précédant l’enquête Pourcentage _______________________ de femmes Pourcentage Rapport actuellement Catégories à hauts risques de naissances de risque en union1 _________________________________________________________________________________ Ne se trouve dans aucune catégorie à haut risque Haut risque inévitable Naissances de premier rang entre 18 et 34 ans Hauts risques multiples Âge de la mère <18 Âge de la mère >34 Intervalle intergénésique <24 mois Rang de naissance >4 Sous total Catégorie à plusieurs hauts risques Âge < 18 et intervalle intergénésique <24 mois Âge >34 et intervalle intergénésique <24 Âge >34 et rang de naissance >4 Âge >34 et intervalle intergénésique <24 mois et rang >4 Intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance >4 Ensemble des hauts risques multiples Ensemble des catégories à risques Total Effectif 29,3 1,00 18,4a 9,6 1,67 5,9 8,5 2,08 1,7 0,9 0,88 4,5 8,3 2,20 13,6 21,3 1,26 12,5 39,0 1,63 32,3 1,0 3,24 0,7 0,1 2,94 0,2 12,4 1,05 23,9 2,4 2,31 7,1 6,2 2,35 11,4 22,0 1,66 43,4 61,1 1,64 75,7 100,0 - 100,0 13 218 - 10 723 _________________________________________________________________________________ Note : Le rapport de risque est le rapport de la proportion d’enfants décédés dans les 5 dernières années dans chaque catégorie à risque, à la proportion d’enfants décédés dans aucune catégorie à haut risque. 1 Les femmes sont classées dans les catégories à hauts risques selon le statut qu’elles auraient à la naissance de l’enfant, si l’enfant était conçu au moment de l’enquête : âge inférieur à 17 ans et 3 mois ou plus âgé que 34 ans et 2 mois, la dernière naissance a eu lieu dans les 15 derniers mois, et la dernière naissance était de rang 6 ou plus.a Y compris les femmes stérilisées Mortalité maternelle * 177 11MORTALITÉ MATERNELLE Mohamed AYAD 11.1 INTRODUCTION Le taux de mortalité maternelle est de nos jours une mesure importante du développement humain et social. C’est un indicateur particulièrement révélateur de la condition féminine en particulier, de l’accès des femmes aux soins de santé et de la façon dont le système de santé répond à leurs besoins. Il est donc important de pouvoir disposer d’informations sur les niveaux de la mortalité maternelle, non seulement parce qu’elles nous informent sur les risques liés à la grossesse et à l’accouchement, mais aussi parce qu’elles nous renseignent sur la santé des femmes, en général, et indirectement, sur leur situation économique et sociale. Dans ce cadre, la mesure de la mortalité maternelle et des facteurs de risque qui lui sont liés est nécessaire tant pour le diagnostic d’une situation que pour le suivi et l’évaluation des programmes qui seront mis en place. L’EDSM-III a collecté des données permettant d’estimer le niveau de la mortalité maternelle en utilisant des méthodes d’estimation directe ou indirecte (Graham et al., 1989 ; Rutenberg et al., 1990). Ces estimations se font à partir de données sur la survie des sœurs des enquêtées. Pour chacune des sœurs de l’enquêtée, on a collecté des renseignements concernant son âge actuel ; si elle était décédée, on a posé des questions sur l’âge au décès et le nombre d’années écoulées depuis le décès. À propos des sœurs décédées, des questions supplémentaires ont été posées pour déterminer si le décès est en rapport avec la maternité, c’est-à-dire si le décès est survenu pendant la grossesse, durant l’accouchement ou dans les deux mois qui ont suivi l’accouchement ou la fin de la grossesse. La méthode directe d’estimation de la mortalité maternelle requiert des données sur l’âge des sœurs survivantes et, pour les sœurs décédées, l’âge au décès et le nombre d’années écoulées depuis le décès. Pour obtenir des périodes de référence bien définies, les données sont agrégées pour déterminer le nombre de personnes-années d’exposition à la mortalité et le nombre de décès maternels survenus dans chaque période de référence. Les taux de mortalité maternelle sont alors directement estimés en divisant le nombre de décès par le nombre de personnes-années soumises à l’exposition. Le résultat de ce calcul donne la proportion de sœurs, parmi toutes les sœurs de l’enquêtée, qui sont décédées de causes dues à la maternité. C’est une estimation non biaisée de la probabilité de décéder de cause maternelle, pourvu que le risque de décès soit identique pour toutes les sœurs (Trussel et Rodriguez, 1990). La méthode indirected’estimation de la mortalité maternelle ne requiert aucune information sur l’âge au décès maternel et sur le nombre d’années écoulées depuis le décès maternel de la sœur. Cette méthode estime le risque, pour toutes les sœurs, de décéder pour causes maternelles sur la durée de la période de procréation. Etant donné que les estimations se réfèrent à la durée de vie des sœurs des enquêtées, elles ne s’appliquent pas à une période de temps bien délimitée, mais elles sont le reflet des conditions de mortalité qui correspondent à une période dont le milieu se situerait, approximativement, 12 ans avant l’enquête. 11.2 COLLECTE DES DONNÉES Le questionnaire utilisé pour la collecte des données sur la mortalité maternelle est présenté en Annexe E (Section 10 du questionnaire individuel). En premier lieu, on a demandé à la femme enquêtée la liste de tous ses frères et sœurs, c’est-à-dire tous les enfants que sa mère a mis au monde, en commençant par le premier-né. Ensuite, on a demandé à l’enquêtée l’état de survie de ses frères et sœurs, et pour ceux qui sont encore en vie, on lui a demandé leur âge actuel. Pour ceux qui sont décédés, on s’est informé sur le nombre d’années écoulées depuis le décès et sur l’âge au décès. Dans le cas où des réponses précises aux 1 L’imputation est basée sur l’hypothèse selon laquelle l’ordre des frères et sœurs est correct. Premièrement, on a calculé une date de naissance pour chaque frère et sœur survivant dont on connaît l’âge, et pour chaque frère et soeur décédé pour lesquels on avait des informations complètes sur l’âge au décès et sur le nombre d’années écoulées depuis le décès. Pour les frères et sœurs pour lesquels ces données sont manquantes, on a imputé une date de naissance à l’intérieur de l’intervalle délimité par les dates de naissance des frères et sœurs « encadrants ». Pour les frères et sœurs survivants, on a calculé un âge à partir de la date de naissance imputée. Dans le cas de frères et de sœurs décédés, si l’on disposait soit de l’âge au décès, soit du nombre d’années écoulées depuis le décès, cette information a été combinée avec la date de naissance attribuée pour fournir l’information manquante. Si aucune des deux informations n’était disponible, la distribution de l’âge au décès des frères et sœurs dont on connaissait seulement l’âge au décès mais pas le nombre d’années écoulées depuis le décès a été utilisé comme base pour l’imputation de l’âge au décès. 178 * Mortalité maternelle âges ou au nombre d’années écoulées depuis le décès ne pourraient être obtenues, les enquêtrices étaient autorisées à accepter des réponses approximatives. Pour les sœurs décédées á l’âge de 12 ans ou plus, on a posé à la femme d’autres questions pour déterminer si le décès était en rapport avec la maternité : - Est-ce que (NOM) était enceinte quand elle est décédée ? Si la réponse est non ou ne sait pas, on a posé la question suivante : - Est-ce que (NOM) est décédée au cours d’un accouchement ? Dans le cas d’une réponse négative, on demandait alors : - Est-ce que (NOM) est décédée dans les deux mois suivant la fin d’une grossesse ou d’un accouchement ? Ces questions sont structurées pour encourager l’enquêtée à déclarer tout décès ayant suivi une grossesse, quelle qu’en soit l’issue et, en particulier, une grossesse ayant donné lieu à un avortement provoqué, alors qu’on ne posait pas de questions directes à propos de ce type d’événement. L’ensemble de ces décès sont considérés comme des décès maternels. 11.3 ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES Que l’on utilise la méthode directe ou indirecte, l’estimation de la mortalité maternelle nécessite des données exactes sur le nombre de sœurs de l’enquêtée, le nombre de celles qui sont décédées et le nombre de celles dont le décès est lié à la maternité. Il n’existe pas de procédure clairement définie pour établir la complétude des données recueillies par une enquête ménage rétrospective sur la survie des sœurs. L’estimation directe requiert, en plus de données exactes sur la survie des sœurs, des données sur l’âge et sur le nombre d’années écoulées depuis le décès des sœurs—informations qui peuvent embarrasser les enquêtées ou qui demandent des précisions que les enquêtés ne connaissent pas. Le nombre de frères et sœurs déclaré par l’enquêtée, et la complétude des données déclarées sur l’âge, l’âge au décès et le nombre d’années écoulées depuis le décès sont présentés au tableau 11.1. Des données complètes ont été obtenues pour presque toutes les sœurs, quel que soit leur état de survie. Un âge a été déclaré pour la quasi-totalité des sœurs survivantes (97,3 %), et un âge au décès ainsi que le nombre d’années écoulées depuis le décès ont été déclarés pour 93,3 % des sœurs décédées. Ces pourcentages font apparaître une bonne qualité des données. Plutôt que d’exclure des analyses suivantes les frères et sœurs pour lesquels certaines données sont manquantes, on a utilisé les informations concernant le rang de naissance des frères et sœurs en conjonction avec d’autres informations pour imputer une valeur aux données manquantes1. Les données sur la survie des frères et sœurs, y compris les cas avec des valeurs imputées, ont été utilisées dans le calcul direct des taux de mortalité des adultes et des taux de mortalité pour cause maternelle. 2 On notera que la distribution des années de naissance des frères et sœurs ne suit pas celle des enquêtées : alors que les années de naissance des enquêtées se répartissent sur 35 ans (1951-1986), celles des frères et sœurs portent sur 76 ans (1925-2001). Mortalité maternelle * 179 Tableau 11.1 Complétude de l’information sur les frères et soeurs Nombre de frères et soeurs déclarés par les enquêtées et complétude des données déclarées concernant l’état de survie, l’âge, l’âge au décès et le nombre d’années écoulées depuis le décès, EDSM-III Mali 2001 __________________________________________________________________________________________ Soeurs Frères Ensemble Frères et soeurs selon _______________ _______________ _______________ différentes variables Effectif % Effectif % Effectif % __________________________________________________________________________________________ Total des frères et soeurs 33 968 100,0 36 101 100 ,0 70 069 100,0 Survivants 26 370 77,7 27 553 76,3 53 932 77,0 Décédés 7 561 22,3 8 507 23,6 16 068 22,9 ND/Manquant 28 0,1 41 0,1 69 0,1 Total des survivants 26 370 100,0 27 553 100,0 53 932 100,0 Âge déclaré 25 660 97,3 26 709 96,9 52 370 97,1 ND/Manquant 718 2,7 844 3,1 1 562 2,9 Total des décédés 7 561 100.0 8 507 100,0 16 068 100,0 Âge et nombre d’années déclarés 7 055 93,3 7 869 92,5 14 923 92,9 Âge au décès manquant 128 1,7 134 1,6 262 1,6 Nombre d’années manquantes 103 1,4 165 1,9 268 1,7 Âge et nombre d’années manquants 274 3,6 340 4,0 614 3,8 Le nombre d’informations manquantes en ce qui concerne les dates n’est qu’un indicateur de la qualité d’ensemble des données. La complétude des informations de base, à savoir l’omission possible de frères ou de sœurs, est beaucoup plus importante. Le tableau 11.2 présente différents tests permettant d’évaluer cette complétude. Tout d’abord, on s’attend à ce que, en moyenne, la date de naissance des enquêtées se situe au milieu des dates de naissance de sa fratrie. Si l’année de naissance médiane des frères et sœurs est beaucoup plus tardive que celle des enquêtées, cela signifierait que les enquêtées ont systématiquement omis des frères et sœurs plus âgés, peut-être parce que certains d’entre eux étaient décédés avant qu’elles ne soient nées. De telles omissions affecteraient l’estimation de la mortalité des adultes. Dans le cas du Mali, l’année médiane de naissance des frères et sœurs est égale à 1974, alors que celle des enquêtées est égale à 19732, ce qui signifierait qu’apparemment, il n’y a pas eu de sous-déclaration des frères et sœurs par les enquêtées. Du point de vue de la mesure de la mortalité maternelle, que tous les frères et sœurs soient déclarés ou non n’est pas le plus important. Par contre, il est crucial que les données soient aussi complètes que possible sur les sujets soumis au risque de mortalité maternelle, à savoir les sœurs en âge de procréation. Deux autres tests, le rapport de masculinité à la naissance et la taille moyenne de la fratrie, peuvent être utilisés pour évaluer la complétude de l’enregistrement des frères et sœurs. Les résultats figurent au tableau 11.2. Pour l’ensemble des frères et sœurs, le rapport de masculinité à la naissance, comme nous l’avons annoncé ci-dessus, est de 106 hommes pour 100 femmes, ce qui correspond à ce qui est généralement observé puisque le rapport de masculinité à la naissance ne varie qu’assez peu autour de 105 hommes pour 100 femmes, quelles que soient les populations. En outre, le rapport de masculinité à la naissance varie peu selon l’année de naissance de l’enquêtée, de 103 à 108, à l’exception de la période 1960-1964 où le rapport de masculinité est d’environ 113. Compte tenu de la variabilité bien connue du rapport de masculinité dans les petits échantillons, aucune tendance au sous-enregistrement n’apparaît dans la déclaration des sœurs. 180 * Mortalité maternelle Tableau 11.2 Indicateurs de la qualité des données sur les frères et soeurs Répartition (%) des enquêtées et des frères et soeurs selon l'année de naissance, l'année de naissance médiane, le rapport de masculinité à la naissance et l'évolution de la taille moyenne de la fratrie selon l'année de naissance de l'enquêtée, EDSM-III 2001 ____________________________________________ Répartition en % _________________________ Année de Frères/ naissance Enquêtées soeurs ____________________________________________ Avant 1945 0,0 0,8 1945-49 0,0 1,8 1950-54 4,9 4,0 1955-59 8,5 6,5 1960-64 11,9 10,5 1965-69 13,8 12,0 1970-74 17,3 15,1 1975 ou plus tard 43,7 49,3 Total 100,0 100.0 Intervalle 1951-1986 1925-2001 Médiane 1973 1974 Effectif 12 849 70 050 ___________________________________________ Taille Rapport de Année de naissance moyenne masculinité de l'enquêtée de la fratrie à la naissance ____________________________________________ 1950-54 5,7 106,8 1955-59 5,8 107,2 1960-64 6,2 112,7 1965-69 6,3 108,4 1970-74 6,6 103,0 1975-79 6,8 105,9 1980-84 6,8 104,9 Ensemble 6,5 106,3 L’évolution de la taille de la fratrie selon l’année de naissance de l’enquêtée montre une taille moyennepresqueconstante pour la période 1970-1984. La quasi-stabilité des tailles moyennes semble indiquer, comme les résultats précédents, qu’aucune omission importante de frères et sœurs n’a été commise par les enquêtrices. Avec ce type de données peut se poser un autre problème : celui de l’attraction pour certaines valeurs préférentielles, valeurs utilisées par les enquêtées qui ne connaissent pas avec précision l’âge exact au décès et/ou le nombre exact d’années écoulées depuis le décès, mais qui peuvent en fournir une estimation. En ce qui concerne les estimations de mortalité générale et de mortalité maternelle, une période de 7 années (c’est-à-dire 0-6 années avant l’enquête) a été retenue. Cette période de référence de 7 ans a été retenue afin de pouvoir obtenir une estimation du niveau de mortalité maternelle le plus récent possible, tout en disposant d’un nombre suffisant de cas de décès maternels (qui restent, malgré tout, relativement rares) pour réduire au maximum les erreurs de sondage et obtenir une estimation fiable. 11.4 ESTIMATION DIRECTE DE LA MORTALITE ADULTE Les estimations par âge de la mortalité masculine et féminine pour la période de 1994-2001, calculées selon la procédure directe d’après les déclarations sur la survie, sont présentées au tableau 11.3. Le nombre de décès de frères et sœurs survenus pendant la période de référence aux âges de 15 à 49 ans est relativement important (625 femmes et 640 hommes), de sorte que les taux individuels sont basés sur des événements relativement peu nombreux qui sont donc sujets aux variations d’échantillonnage. Pour les femmes, les taux estimés présentent peu de variations de 15 à 34 ans puis augmentent, comme attendu, aux âges 35 ans ou plus. La tendance générale semble plausible, avec une augmentation par un facteur de près de deux entre le taux pour le plus jeune groupe d’âges (environ 3,7 pour 1 000 femmes) et le groupe d’âges le plus élevé (environ 7,7 pour 1 000 femmes). Les taux de mortalité pour les hommes présentent la même tendance par âge, mais l’augmentation aux deux groupes d’âges les plus élevés est nettement supérieure à celle observée chez les femmes. D’ailleurs le taux du groupe d’âges le plus élevé est plus de trois fois supérieur à la moyenne du taux du groupe d’âges le plus jeune (passant de 3,0 ‰ à 9,4 ‰). 3 Les estimations de la probabilité de mourir entre la naissance et le cinquième anniversaire (5q0) sont de 226 pour 1 000 pour le sexe féminin et de 249 pour 1 000 pour le sexe masculin pour la période de dix ans précédant l’enquête (voir Chapitre 10). Mortalité maternelle * 181 Tableau 11.3 Estimation de la mortalité adulte par âge Estimation directe de la mortalité par âge à partir des données concernant l’état de survie des frères et soeurs des femmes enquêtées, par sexe, Mali 1994-2001 et taux des tables types de mortalité, EDSM-III 2001_________________________________________________________________ Table type hypothétique des Nations Unies Taux estimés pour 1994-2001 pour l’Afrique______________________________ de l’Ouest1 Années Taux Taux Groupe d’âges Décès d’exposition (‰) (‰)__________________________________________________________________ SEXE FÉMININ_________________________________________________________________ 15-19 102 27 548 3,70 2,18 20-24 120 28 785 4,18 2,98 25-29 120 25 273 4,77 3,39 30-34 93 20 483 4,53 4,22 35-39 82 15 201 5,40 5,04 40-44 69 9 348 7,36 5,39 45-49 39 5 044 7,72 6,35 15-49 625 131 683 4,7 __________________________________________________________________ SEXE MASCULIN_________________________________________________________________ 15-19 85 28 380 2,98 1,30 20-24 87 30 318 2,86 1,96 25-29 113 27 178 4,17 2,30 30-34 127 22 257 5,72 2,90 35-39 90 16 024 5,61 4,30 40-44 91 9 590 9,45 5,78 45-49 48 5 053 9,40 8,50 15-49 640 138 800 4,61 ________________________________________________________________ 1 Les taux des tables types proviennent du modèle de mortalité hypothétique des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, selon une valeur de 5q0 égale à 233 ‰ pour le sexe féminin et 255 ‰ pour le sexe masculin Il est important d’évaluer la fiabilité des estimations directes de la mortalité puisque les données sur la mortalité des sœurs constituent la base des données pour la mortalité maternelle. Si l’estimation de la mortalité adulte n’est pas correcte, l’estimation de la mortalité maternelle ne le sera pas davantage. En l’absence de données exactes sur la mortalité au Mali, l’évaluation est faite en comparant les taux estimés à une série de taux directs et extrapolés provenant des tables-types de mortalité des Nations Unies (Nations Unies, 1982). Les niveaux de mortalité par âge obtenus à partir des tables-types de mortalité sont présentés au tableau 11.3. Parmi les tables-types des Nations Unies, celles correspondant au modèle de mortalité de l’Afrique de l’Ouest ont été retenues parce que ce sont celles qui se rapprochent le plus du type de mortalité infantile et juvénile du Mali. Pour ce qui est des tables-types de mortalité hypothétique pour l’Afrique de l’Ouest, les taux ont été sélectionnés à un niveau de mortalité approximativement égal au quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) estimé pour la période de dix ans précédant l’EDSM-III 3. 182 * Mortalité maternelle Les résultats du tableau 11.3 font apparaître un niveau de mortalité relativement élevé entre 15 et 49 ans, estimé à 4,7 pour l’ensemble des femmes et à 4,6 pour l’ensemble des hommes. Comme les décès à ces âges restent, néanmoins, relativement rares et comme les données sont celles d’un échantillon, les taux ne varient pas de façon régulière selon l’âge. En particulier, la mortalité à 40-44 ans semble surestimée pour les hommes. Il s’agit très certainement ici de mauvaises déclarations d’âge au décès. Néanmoins, pour les femmes comme pour les hommes, la tendance générale de la mortalité par âge semble plausible avec la table de mortalité type des Nations Unies (voir graphique 11.1), bien que les taux de mortalité adulte estimés soient généralement supérieurs aux taux extrapolés du modèle de l’Afrique de l’Ouest. Mortalité maternelle * 183 Tableau 11.4 Estimation directe de la mortalité maternelle Estimation directe de la mortalité maternelle à partir des données concernant l’état de survie des soeurs des femmes enquêtées pour la période 0-6 ans avant l’enquête, EDSM-III Mali 2001____________________________________________________________ Taux par cause Proportion Groupe Décès Années maternelle de décès d’âges maternels d’exposition (‰) maternels____________________________________________________________ 15-19 32 27 548 1,15 0,38 20-24 37 28 785 1,29 0,35 25-29 36 25 273 1,44 0,24 30-34 34 20 483 1,67 0,34 35-39 21 15 201 1,39 0,29 40-44 14 9 348 1,47 0,30 45-49 4 5 044 0,85 0,27 15-49 178 131 683 1,34 a 0,31____________________________________________________________ Taux Global de Fécondité Générale (TGFG ‰) 230 a Taux de mortalité maternelle (TMM)1 582 Risque de mortalité maternelle sur la durée de vie (RDV)2 0,042____________________________________________________________ a Taux standardisés par âge 1 Pour 100 000 naissances. Calculé comme suit: (Taux de mortalité par cause maternelle 15-49 ans)/TGGF. 2 Par femme. Calculé à partir de la formule suivante : (1-RDV) = (1-TMM/100 000)ISF, où l’ISF est l’Indice Synthétique de Fécondité de la période 0-6 ans avant l’enquête, estimé à 7,3 enfants par femme. 11.5 ESTIMATIONS DIRECTES DE LA MORTALITÉ MATERNELLE L’estimation directe de la mortalité maternelle, obtenue à partir des déclarations sur la survie des sœurs, sont présentées au tableau 11.4. Le nombre de décès maternels est estimé à 178 pour la période de 0-6 ans avant l’enquête. La tendance à la hausse des taux par âge est régulière jusqu’à l’âge de 35 ans, puis devient irrégulière pour les âges les plus élevés, surtout pour le groupe d’âges 45-49 ans. Etant donné le nombre relativement peu important d’événements, la méthode retenue est l’estimation d’un taux unique correspondant aux âges de procréation. L’estimation d’ensemble de la mortalité maternelle, exprimée pour 1 000 femmes-années d’exposition, est égale à 1,34 pour la période 1994-2001. Cette estimation est la même que celle trouvée lors de l’EDSM-II de 1995-1996 (1,35 pour la période 1989-1996). Les taux de mortalité par cause maternelle peuvent être convertis en taux de mortalité maternelle, exprimés pour 100 000 naissances vivantes, en les divisant par le taux global de fécondité générale pour la période donnée (tableau 11.4). Exprimé de cette manière, on met davantage en relief le risque obstétrical de la grossesse et de la maternité. Les taux de mortalité maternelle sont de 582 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes pour la période 0-6 ans avant l’enquête. Ce taux n’a pratiquement pas changé par rapport à celui estimé par l’EDSM-II de 1995-1996. Il était de 577 pour la période de 1989-1996. 4 La formule de calcul de cette probabilité figure en note du tableau 11.4. 184 * Mortalité maternelle Un autre indicateur, le risque de mortalité maternelle sur la durée de vie4 (RDV), est calculé à partir du taux de mortalité maternelle (tableau 12.4). Cet indicateur exprime le risque pour une femme de décéder par cause maternelle durant les âges de procréation. Ce risque est de l’ordre de 0,042 pour la période 0-6 ans avant l’enquête : 1994-2001. Autrement dit, au Mali, une femme court un risque de 1 sur 24 de décéder pour cause maternelle pendant les âges de procréation. Les proportions de décès imputables aux causes maternelles (tableau 11.4), par groupe d’âges, pour la période 1994-2001, laissent apparaître de fortes variations qui atteignent leur maximum à 15-19 ans où près de deux décès de femmes sur cinq (38 %) sont dus à des causes maternelles. À la différence des autres mesures de la mortalité présentées précédemment, ces proportions ne peuvent être affectées par des sous- déclarations dans la mesure où l’on peut supposer que les sous-déclarations éventuelles n’affectent pas davantage les décès par cause maternelle que les autres décès. Ainsi, pour l’ensemble des décès de femmes en âge de procréation (15-49 ans), pratiquement un décès sur trois (31 %) serait dû à des causes maternelles. 11.6 ESTIMATIONS INDIRECTES DE LA MORTALITÉ MATERNELLE Les données sur la survie des sœurs peuvent aussi être utilisées pour estimer la mortalité maternelle par la méthode indirecte (Graham et al., 1989). Dans ce cas, les données sont agrégées par groupe d’âges de 5 ans des enquêtées. Pour chaque groupe d’âges, les informations sur le nombre de décès maternels parmi toutes les sœurs des enquêtées et sur le nombre de sœurs/unités d’exposition sont utilisées pour estimer le risque de décéder sur la durée de vie pour cause de maternité. L’approche indirecte fournit aussi une estimation d’ensemble de la mortalité maternelle pour les sœurs de l’ensemble des enquêtées qui se rapporte à une période de temps centrée approximativement sur 12 ans avant l’enquête. Quand on travaille sur des échantillons comme ceux des EDS, il est préférable d’utiliser une estimation d’ensemble, qui est moins sensible aux variations d’échantillonnage. Les estimations indirectes de la mortalité maternelle sont présentées au tableau 11.5. Mis à part les groupes d’âges les plus jeunes pour lesquels très peu d’unités d’exposition ont été observées, les estimations du risque de décéder sur la durée de vie pour cause maternelle, par groupe d’âges, varient de 0,031 à 0,098. Dans l’ensemble, les taux estimés varient peu, bien que les estimations concernant les groupes d’âges les plus jeunes (15-24 ans) soient nettement plus élevées. Dans la mesure où cette tendance est réelle, elle peut être interprétée, soit comme une augmentation récente du risque de décéder pour cause maternelle, soit comme un enregistrement plus complet des événements récents par les enquêtées les plus jeunes. Quand on agrège les déclarations de toutes les enquêtées, le risque de décéder sur la durée de vie pour cause maternelle est égal à 0,044 ou, en d’autres termes, ce risque est d’environ 1 sur 23. Ces valeurs peuvent être transformées en une estimation du taux de mortalité maternelle (décès maternels pour 100 000 naissances). L’estimation, qui se rapporte à environ 12 ans avant l’enquête, soit 1988, est de 505, soit pratiquement la même que celle trouvée lors de l’EDSM-II de 1995-1996 qui était de 507 décès maternels pour 100 000 naissances. Mais dans les deux cas, nous pensons que les deux taux sont largement sous-estimés. En effet, les niveaux des indices synthétiques de fécondité utilisés pour le calcul de la mortalité maternelle selon la méthode indirecte sont extrêmement élevés (8,3 et 8,8 enfants par femme) par rapport au niveau réel de l’ISF au Mali au milieu des années 80 qui était de l’ordre de 7 à 7,3 enfants par femme. Mortalité maternelle * 185 Tableau 11.5 Estimation indirecte de la mortalité maternelle Estimation de la mortalité maternelle par la méthode indirecte, EDSM-III Mali 2001 ______________________________________________________________________________________________________ Risque de mortalité Facteurs Soeurs/ maternelle Groupe Nombre Nombre Décès d’ajustement unité sur la d’âges des Nombre de soeurs de de soeurs maternels pour d’exposition durée de vie enquêtées d’enquêtées 15 ans ou +1 décédées ajustés l’exposition au risque (RDV) ______________________________________________________________________________________________________ 15-19 2 565 3 205a 132 50,3 0,107 514 0,098 20-24 2 339 3 931a 176 61,7 0,206 902 0,068 25-29 2 208 4 487a 185 44,7 0,343 1418 0,032 30-34 1 900 3 903 246 84,6 0,503 1 963 0,043 35-39 1 624 3 112 224 65,0 0,664 2 066 0,031 40-44 1 245 2 412 255 76,7 0,802 1 934 0,040 45-49 968 1 662 240 65,8 0,900 1 496 0,044 Total 12 849 22 712 1 457 449,0 - 10 293 0,044 ______________________________________________________________________________________________________ Taux de mortalité maternelle (TMM)2 505 _____________________________________________________________________________________________________ 1 Obtenu en multipliant le nombre d’enquêtées par le nombre moyen de soeurs de 15 ans et plus par enquêtée, déclarées par les enquêtées de 30-49 ans. 2 TMM = (1-[1-RDV]1/ISF) x (100 000), où l’ISF est l’Indice Synthétique de Fécondité de la période 10-14 ans avant l’enquête, estimé à 8,8 enfants par femme. Le taux est exprimé pour 100 000 naissances. 11.7 DISCUSSION L’estimation directe du taux de mortalité maternelle à partir de l’EDSM-III pour la période 1996- 2001 est de 582 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes; l’estimation indirecte du taux de mortalité maternelle est de 505, ce qui représente une moyenne couvrant une longue période avant l’enquête, centrée sur approximativement 12 années précédant l’enquête, soit 1988. Étant donné le degré d’erreurs de sondage associé à ces estimations de mortalité, ces deux taux peuvent être considérés comme très voisins. Globalement on peut estimer que le taux de mortalité maternelle se situerait entre 500 et 600 décès pour 100 000 naissances vivantes durant les décennies 1980 et 1990. Les taux de mortalité maternelle estimés selon la même méthodologie lors d’enquêtes EDS menées dans d’autres pays africains sont présentés au graphique 11.2. Malgré la baisse continue de la mortalité infantile au cours des deux dernières décennies et l’amélioration des soins prénatals au cours des cinq dernières années, la mortalité maternelle reste élevée au Mali, comme dans le reste des pays de la région, avec des taux se situant dans leur majorité entre plus de 500 et 1 000 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. Les résultats de l’EDSM-III suggèrent que le comportement procréateurconstitue un risque important de la mortalité maternelle dans un pays où la fécondité reste extrêmement élevée. Par ailleurs, la première naissance et l’intervalle intergénésique court constituent « des facteurs de risque ». Des analyses différentielles de la mortalité maternelle selon la parité et l’intervalle entre naissances suggèrent qu’il existe un risque élevé de mortalité maternelle pour les premières naissances survenant à un âge précoce et pour l’intervalle intergénésique court. 186 * Mortalité maternelle Au Mali comme dans les autres pays subsahariens, pour conduire à une baisse de la mortalité maternelle, les efforts devront être effectués dans deux domaines : 1) la disponibilité de services de visites prénatales et d’accouchement dans les établissements sanitaires, surtout dans les zones rurales, et 2) l’éducation des femmes, des familles et des agents de santé pour détecter les grossesses à hauts risques, et en particulier les accouchements trop longs. Des programmes éducatifs devraient insister sur le fait que les femmes enceintes à risque doivent être conduites dans des établissements équipés pour traiter les cas d’accouchement avec complications. Enquête homme * 187 12ENQUÊTE HOMME Salif NDIAYE L’Enquête Démographique et de Santé2001 (EDSM-III)comportait un questionnaire administré aux hommes de 15-59 ans. Ce questionnaire est une version abrégée de celui des femmes. La méthodologie de l’enquête auprès des hommes, de même que celle des femmes, a été présentée dans le chapitre 1. Les principaux résultats qui sont présentés ici portent successivement sur les caractéristiques socio-économiques des hommes enquêtés, la fécondité et les préférences en matière de fécondité, la connaissance et l’utilisation de la contraception, la nuptialité et l’âge aux premiers rapports sexuels. 12.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIO-ÉCONOMIQUES DES ENQUÊTÉS 12.1.1 Caractéristiques socio-démographiques Les caractéristiques examinées sont la structure par âge, la situation matrimoniale au moment de l’enquête, la répartition géographique (urbain/rural, région administrative), l’instruction, l’ethnie et la religion pour l’ensemble de la population masculine enquêtée. Le tableau 12.1 présente la répartition des 3 405 hommes de 15-59 ans enquêtés par groupe d’âges. La structure par âge est celle d’une population jeune. Près de 20 % des hommes ont 15-19 ans et 14 % ont 20-24 ans. La population âgée de 50-59 ans représente 12 % de l’échantillon. La structure par âge est assez régulière et est très proche de celle des enquêtes précédentes. Le même tableau présente la situation matrimoniale actuelle des hommes de 15-59 ans par groupe d’âges. Dans l’ensemble, 34 % des hommes sont célibataires et environ 60 % sont mariés. Comme l’ensemble de la population, la grande majorité de la population masculine vit en milieu rural (67 %). Plus de la moitié de la population urbaine (58 %) vit à Bamako, la capitale. Les deux tiers des hommes n’ont jamais fréquenté l’école, 15 % ont un niveau primaire et 19 % le niveau secondaire ou plus. Trois régions ont des poids démographiques comparables dans l’échantillon : Ségou (18 %), Sikasso (19 %) et Bamako (19 %). Par contre, trois régions du Nord, à savoir Kidal, Tombouctou et Gao, réunies abritent moins de 5 % de la population. Les autres régions interviennent chacune pour 12 % à 15 %. L’ethnie Bambara est de loin l’ethnie dominante (32 %, soit près d’un homme sur trois). Suivent de loin les Peuhl (13 %), les Sénoufo/Minianka (10 %), les Malinké (10 %) et les Soninké (9 %). Le poids démographique des Sonraï et des Dogon se situe chacun entre 6 % et 8 %. Les autres ethnies minoritaires se partagent 10 % de la population (Tamacheck, Bobo et autres ethnies). La grande majorité de la population (93 %) se déclare musulmane. Le pays compte moins de 4 % de chrétiens et environ 3 % d’animistes. 188 * Enquête homme Tableau 12.1 Caractéristiques socio-démographiques des enquêtés Répartition (en %) des hommes enquêtés selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________ Effectif _________________ Caractéristique Pourcentage Non socio-démographique pondéré Pondéré pondéré ____________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 État matrimonial Célibataire Marié/en union Divorcé/séparé Veuf ND Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ethnie Bambara Malinké Peulh Sarakole/Soninke/Marka Sonraï Dogon Tamacheck Sénoufo/Minianka Bobo Autre Religion Musulmane Chrétienne Animiste Autre Ensemble 19,6 668 670 13,6 463 440 13,2 449 444 12,4 422 402 10,8 369 393 10,4 354 368 8,1 274 272 6,7 226 239 5,2 178 177 33,9 1 154 1 143 62,3 2 122 2 138 2,0 68 64 0,1 2 3 1,7 59 57 19,0 647 574 14,0 477 387 33,0 1 125 961 67,0 2 280 2 444 11,8 402 450 15,4 526 508 18,9 645 591 18,0 612 543 12,1 412 426 4,7 162 313 19,0 647 574 65,7 2 237 2 293 15,3 522 506 19,0 645 606 31,7 1 081 949 9,7 331 348 13,3 452 458 9,4 320 349 6,2 212 273 8,2 280 240 1,8 61 114 9,9 336 312 2,5 84 97 5,7 196 217 93,3 3 178 3 168 3,4 116 104 2,7 92 114 0,5 17 15 100,0 3 405 3 405 Enquête homme * 189 Tableau 12.2 Niveau d’instruction par caractéristiques socio-démographiques Répartition (en %) des hommes enquêtés par niveau d’instruction atteint et nombre médian d’années d’instruction, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ______________________________________________________________________________________________ Plus haut niveau d’instruction ______________________________________________________ Sans Primaire Secondaire Effectif Caractéristique instruction Primaire complet Secondaire ou plus Ensemble d’hommes ______________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/ Tombouctou Bamako Ensemble 55,3 14,3 4,2 18,3 8,0 100,0 668 59,0 11,3 3,1 9,5 17,0 100,0 463 67,1 14,2 2,0 4,1 12,5 100,0 449 60,2 19,2 4,3 6,4 9,9 100,0 422 64,8 12,3 4,3 11,1 7,5 100,0 369 68,4 9,0 3,4 4,8 14,3 100,0 354 69,2 9,2 3,3 7,6 10,7 100,0 274 89,8 5,6 0,0 0,7 3,9 100,0 226 92,3 1,7 2,3 0,0 3,7 100,0 178 27,3 9,5 3,8 20,7 38,7 100,0 647 55,4 15,4 3,0 13,6 12,6 100,0 477 39,3 12,0 3,5 17,7 27,6 100,0 1 125 78,7 12,1 3,2 4,1 1,9 100,0 2 280 69,2 14,8 5,1 6,4 4,5 100,0 402 68,8 18,3 3,9 5,6 3,4 100,0 526 75,1 11,9 2,4 5,1 5,6 100,0 645 78,4 10,3 2,4 6,6 2,3 100,0 612 83,6 8,4 2,5 3,6 1,8 100,0 412 69,0 12,3 3,1 9,6 6,0 100,0 162 27,3 9,5 3,8 20,7 38,7 100,0 647 65,7 12,1 3,3 8,6 10,4 100,0 3 405 12.1.2 Niveau d’instruction Deux hommes sur trois (66 %) n’ont jamais fréquenté l’école. Le pourcentage d’hommes sans instruction augmente avec l’âge, ce qui traduit les progrès de la scolarisation au fil des ans (tableau 12.2). Il passe de 55 % à 59 % chez les hommes de 15 à 24 ans à plus de 68 % chez ceux âgés de plus de 40 ans ; il atteint 90 % au-delà de 50 ans. La plupart de ceux qui n’ont pas atteint le secondaire (71 %) n’ont pas terminé le cycle primaire. Peu d’hommes de plus de 50 ans ont un niveau secondaire ou plus (moins de 4 %). Le niveau de scolarisation est très faible chez les ruraux (21 %, 79 % n’ayant jamais été à l’école). À Bamako, le pourcentage d’hommes n’ayant pas d’instruction (27 %) est très faible, tandis que dans les autres villes, plus d’un homme sur deux (55 %) n’a jamais fréquenté l’école. En outre, c’est presque exclusivement parmi les urbains, les Bamakois notamment, qu’on trouve des hommes ayant au moins un niveau secondaire. À Bamako, près de 4 hommes sur 10 (39 %) ont un niveau secondaire complet ou plus, contre seulement 13 % dans les autres villes et 2 % en milieu rural. Les régions sont très inégalement concernées par la non scolarisation. En dehors du district de Bamako qui est largement favorisé, les régions de Kayes, Koulikoro et Kidal/Gao/Tombouctou viennent en tête avec les pourcentages les plus élevés d’hommes ayant fréquenté l’école (31 %). Mopti est, par contre, 190 * Enquête homme Tableau 12.3 Alphabétisation Répartition (en %) des hommes enquêtés par niveau d’instruction atteint et niveau d’alphabétisation, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _____________________________________________________________________________________________________ Pas d’instruction ou niveau primaire _______________________________________ Peut Pas de Niveau Peut lire lire une Ne peut carte dans secondaire toute une partie de pas lire la language Pourcentage Caractéristique ou plus phrase la phrase du tout demandé Total1 Effectif alphabétisés ______________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Ensemble des hommes 26,3 7,5 5,5 60,1 0,3 100,0 668 33,8 26,5 2,7 7,8 61,2 1,8 100,0 463 29,2 16,6 1,3 10,9 70,3 0,6 100,0 449 17,9 16,3 5,5 10,7 66,7 0,4 100,0 422 21,8 18,6 4,6 9,2 66,3 1,3 100,0 369 23,2 19,1 4,9 6,4 67,7 1,2 100,0 354 24,1 18,3 4,0 6,2 69,3 1,9 100,0 274 22,3 4,6 1,4 3,5 87,5 2,9 100,0 226 6,0 3,7 1,8 4,4 88,8 1,3 100,0 178 5,5 59,4 3,3 9,0 27,2 1,0 100,0 647 62,7 26,1 5,2 7,1 60,6 1,0 100,0 477 31,3 45,3 4,1 8,2 41,4 1,0 100,0 1 125 49,4 6,0 4,2 7,2 81,0 1,2 100,0 2 280 10,2 10,9 6,6 8,5 73,6 0,2 100,0 402 17,5 9,0 7,5 5,9 77,3 0,3 100,0 526 16,5 10,6 4,3 8,6 73,7 2,4 100,0 645 15,0 8,9 2,9 5,5 81,2 1,0 100,0 612 11,7 5,4 1,3 6,0 86,5 0,8 100,0 412 6,7 15,6 2,9 12,2 65,7 3,0 100,0 162 18,6 59,4 3,3 9,0 27,2 1,0 100,0 647 62,7 19,0 4,2 7,5 67,9 1,1 100,0 3 405 23,2 ______________________________________________________________________________________________________ 1 Y compris les non-déterminés la région la plus touchée par la non scolarisation (84 %). Même si Kayes et Koulikoro ont le même pourcentage de non scolarisés, le tableau laisse apparaître que les études sont plus prolongées chez les Kayésiens que chez les hommes résidant à Koulikoro. Le tableau 12.3 donne la répartition des hommes par niveau d’alphabétisation et niveau d’instruction atteint. Ceux ayant un niveau secondaire (19 %) étant supposés être alphabétisés, nous nous intéresserons surtout à l’aptitude à lire dans une langue quelconque chez les enquêtés qui n’ont jamais fréquenté l’école ou qui se sont limités au niveau primaire. Dans l’ensemble, près de 68 % des hommes sont analphabètes. Si l’on ajoute à ceux-là les hommes qui savent à peine lire (8 %), on peut estimer qu’au moins 75 % des enquêtés sont analphabètes. Comme pour le niveau d’instruction, l’analphabétisme concerne plus les personnes les plus âgées, le milieu rural et la région de Mopti. À l’inverse, après Bamako qui est un cas tout à fait à part, Kidal/Gao/Tombouctou est la zone la plus alphabétisée. 12.1.3 Accès aux médias Le tableau 12.4 donne le pourcentage d’hommes qui ont accès à un des trois médias, à savoir le journal, la radio et la télévision, au moins une fois par semaine. La plupart des hommes (83 %) écoutent la radio au moins une fois par semaine, c’est de loin le média le plus accessible. Il est suivi de la télévision (43 %) ; la lecture d’un journal vient en dernière position avec Enquête homme * 191 Tableau 12.4 Accès aux médias Pourcentage d’hommes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________________________________ Lit le Regarde la Écoute la journal au télévision radio au moins une au moins moins une Tous les fois par une fois par fois par trois Aucun Caractéristique semaine semaine semaine médias média Effectif_________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble des hommes 13,9 49,8 70,5 11,6 21,5 668 17,7 58,8 85,2 16,2 11,4 463 11,9 45,7 86,4 8,8 11,4 449 13,4 41,2 88,2 12,0 9,5 422 13,9 39,0 89,1 10,6 9,3 369 18,4 39,7 86,5 15,2 11,9 354 13,1 37,3 84,3 11,8 15,4 274 3,7 20,6 78,1 2,3 21,2 226 4,5 31,3 79,5 3,8 17,5 178 41,7 88,7 90,4 38,3 3,0 647 18,2 65,9 87,1 16,5 10,1 477 31,7 79,0 89,0 29,0 6,0 1 125 4,2 25,6 79,4 2,3 18,3 2 280 4,5 30,4 88,7 3,6 10,5 402 6,6 44,6 88,0 4,9 9,0 526 9,1 30,1 84,1 6,3 15,0 645 5,9 33,4 75,7 4,7 21,1 612 4,3 22,9 69,7 3,3 27,1 412 11,0 30,6 70,7 5,4 24,7 162 41,7 88,7 90,4 38,3 3,0 647 1,1 30,1 78,7 0,4 18,8 2 237 12,2 46,5 86,3 8,4 10,1 522 56,4 86,2 92,9 50,5 1,8 645 13,3 43,3 82,6 11,1 14,3 3 405 seulement 13 %. Cependant, un faible pourcentage (11 %) a accès à ces trois médias à la fois, au moins une fois par semaine. Par ailleurs, il faut noter que 14 % des hommes n’ont accès à aucun de ces trois médias au moins une fois par semaine. Plus de 84 % des hommes de 20 à 49 ans (contre moins de 80 % chez les plus jeunes et les plus âgés) écoutent la radio. La télévision concerne davantage les moins de 24 ans, alors que peu d’hommes de plus de 50 ans ont déclaré lire un journal. Comme on pouvait s’y attendre, la télévision et surtout le journal sont accessibles dans les villes, Bamako en tête. Koulikoro est, après Bamako, probablement du fait de sa proximité avec la capitale, la région la mieux desservie par la télévision. Le journal est surtout lu à Bamako (42 %) et dans une certaine mesure à Kidal/Gao/Tombouctou (11 %), qui sont aussi les régions les plus alphabétisées. Parmi les hommes ayant au moins un niveau d’instruction secondaire, plus de 56 % lisent un journal au moins une fois par semaine. Par ailleurs, plus ils sont instruits, plus ils ont accès à la télévision et à la radio. Pratiquement, seuls ceux qui ont au moins un niveau d’instruction secondaire ont accès à toutes ces trois sources d’information (51 %, contre seulement 8 % chez ceux de niveau primaire et moins de 1 % chez les non instruits). C’est également dans ces deux derniers groupes qu’on trouve ceux qui n’ont accès à aucun média. 192 * Enquête homme Tableau 12.5 Emploi Répartition (en %) des hommes selon qu’ils ont ou non un emploi et selon la durée de l’emploi, par certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001________________________________________________________________________________________________ A travaillé les 12 mois précédant l’enquête N’a pas________________________ travaillé Ne travaille les 12 mois Travaille pas précédant Caractéristique actuellement actuellement l’enquête NSP/ND1 Total Effectif________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 État matrimonial Célibataire Marié/en union Divorcé, separé, veuf Nombre d’enfants vivants 0 1-2 3-4 5+ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 57,9 12,2 29,7 0,1 100,0 668 72,6 12,3 14,9 0,2 100,0 463 82,6 11,6 5,4 0,4 100,0 449 85,2 12,0 1,8 1,0 100,0 422 92,2 7,5 0,3 0,0 100,0 369 84,9 12,8 0,5 1,8 100,0 354 91,9 7,3 0,8 0,0 100,0 274 84,3 14,1 1,6 0,0 100,0 226 80,6 14,3 5,0 0,0 100,0 178 65,7 12,1 22,0 0,2 100,0 1 154 86,6 11,6 1,3 0,6 100,0 2 122 73,3 9,3 17,4 0,0 100,0 70 68,3 11,2 20,1 0,4 100,0 1 446 84,5 12,3 1,9 1,3 100,0 653 89,0 9,6 1,3 0,0 100,0 527 86,4 12,6 0,9 0,1 100,0 779 71,8 6,6 21,5 0,0 100,0 647 77,7 6,2 14,2 1,8 100,0 477 74,3 6,4 18,4 0,8 100,0 1 125 80,9 14,0 4,8 0,2 100,0 2 280 85,0 6,2 8,3 0,5 100,0 402 86,5 5,6 7,8 0,0 100,0 526 76,0 17,3 6,4 0,3 100,0 645 68,3 26,3 4,7 0,7 100,0 612 89,5 4,0 5,1 1,3 100,0 412 88,7 3,6 7,3 0,3 100,0 162 71,8 6,6 21,5 0,0 100,0 647 83,6 13,0 2,9 0,5 100,0 2 237 76,5 13,1 9,9 0,5 100,0 522 63,9 5,0 31,0 0,1 100,0 645 78,8 11,5 9,3 0,4 100,0 3 405 ________________________________________________________________________________________________ 1 Y compris 59 hommes dont l’état matrimonial n’est pas déterminé 12.1.4 Activité économique On a demandé aux hommes s’ils ont effectué ou non un travail quelconque au cours des 12 derniers mois. Le tableau 12.5 montre que, dans l’ensemble, plus de 90 % des hommes ont travaillé dans cette période. La plupart d’entre eux travaillent actuellement (79 %). Moins de 10 % des hommes n’ont exercé aucune activité au cours des 12 derniers mois. Ceux qui ne travaillent pas actuellement ou ne l’ont pas fait au cours des 12 derniers mois, se retrouvent surtout chez les jeunes de moins de 25 ans. Les travailleurs sont moins nombreux chez les célibataires et chez ceux qui n’ont pas d’enfants, catégories composées en majorité de jeunes. On observe également plus de travailleurs en milieu rural où les activités agricoles occupent la Enquête homme * 193 Tableau 12.6 Occupation Répartition (en %) des hommes ayant un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation. selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _____________________________________________________________________________________________________________ Professionnel/ technique/ Ventes Manuel admini- et Manuel non Domes- Agri- Caractéristique stration services qualifié qualifié tique culture NSP/ND Ensemble Effectif ____________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 État matrimonial Célibataire Marié/en union Divorcé, separé, veuf Nombre d’enfants vivants 0 1-2 3-4 5+ Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/ Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble1 15,9 6,7 9,4 1,7 2,7 62,5 1,2 100,0 468 13,3 10,1 12,8 3,1 3,6 55,7 1,4 100,0 393 11,9 15,6 8,0 3,4 4,3 55,3 1,4 100,0 423 8,6 11,6 10,0 5,1 1,6 61,0 2,0 100,0 411 9,4 14,0 10,0 5,0 2,6 56,7 2,3 100,0 368 15,8 10,1 8,9 1,9 1,2 59,2 2,9 100,0 345 12,4 12,1 8,8 4,7 2,4 58,6 1,0 100,0 272 7,3 9,2 8,6 2,6 0,3 68,6 3,4 100,0 223 4,3 7,8 5,8 1,6 3,2 76,5 0,9 100,0 169 17,0 10,5 11,4 3,1 4,0 52,9 1,2 100,0 898 9,0 11,1 8,2 3,5 1,8 64,4 2,1 100,0 2 082 21,5 18,0 13,6 1,8 9,1 33,4 2,6 100,0 58 15,4 10,9 11,0 3,5 3,6 54,0 1,6 100,0 1 151 8,2 13,1 9,1 3,8 3,2 61,1 1,4 100,0 632 14,5 10,4 6,8 3,1 1,5 60,4 3,2 100,0 520 7,1 9,8 9,0 2,8 1,1 68,8 1,4 100,0 772 33,8 32,3 14,8 4,6 8,7 3,6 2,1 100,0 508 23,0 24,6 16,7 8,3 4,0 20,0 3,4 100,0 401 29,1 28,9 15,7 6,2 6,6 10,8 2,7 100,0 909 4,4 3,5 6,8 2,1 0,8 81,0 1,4 100,0 2 165 7,0 6,6 10,3 5,8 0,8 66,7 2,9 100,0 366 7,4 4,8 9,1 1,3 1,3 75,3 0,8 100,0 484 8,6 6,4 8,1 3,3 1,9 70,5 1,2 100,0 602 6,0 8,1 9,0 2,2 1,8 70,8 2,1 100,0 579 3,4 6,1 4,5 3,8 0,4 79,4 2,3 100,0 385 17,1 11,2 9,7 2,8 0,8 57,0 1,3 100,0 149 33,8 32,3 14,8 4,6 8,7 3,6 2,1 100,0 508 2,5 9,1 9,1 3,3 2,2 71,9 1,8 100,0 2 160 11,6 11,6 12,2 3,8 4,8 53,5 2,4 100,0 468 56,3 19,5 7,9 2,7 1,8 10,7 1,1 100,0 445 11,7 11,0 9,4 3,3 2,5 60,3 1,8 100,0 3 073 ____________________________________________________________________________________________________________ 1 Y compris 36 hommes dont l’état matrimonial n’est pas déterminé majorité de la population. En plus de Bamako (72 %), Sikasso (76 %) et Ségou (68 %) sont les régions où l’on observe les plus faibles pourcentages d’hommes travaillant actuellement. Ces deux dernières régions sont aussi celles où l’on enregistre les plus forts pourcentages d’hommes ayant travaillé au cours des 12 derniers mois mais ne travaillant pas actuellement (respectivement 17 % et 26 %). Enfin, les plus instruits sont relativement moins nombreux à travailler actuellement et ils sont plus nombreux à n’avoir pas du tout travaillé au cours des 12 derniers mois. À tous les hommes ayant effectué un travail quelconque au cours des 12 derniers mois, qu’ils travaillent actuellement ou non, on a demandé le type d’emploi exercé. Selon le tableau 12.6, environ 60 % d’entre eux travaillent dans l’agriculture, contre 12 % qui ont effectué un travail de professionnel technique ou administratif et 11 % qui travaillent dans les ventes ou services divers. Le travail manuel qualifié occupe 194 * Enquête homme Tableau 12.7 Type d’emploi Répartition (en %) des hommes ayant un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type de revenus et type d’employeur, selon le type de l’emploi (agricole ou non-agricole), EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________________ Type d’emploi Type de revenu et ____________________________ type d’employeur Agricole Non-agricole ND Ensemble_________________________________________________________________ Nature des gains Argent seulement Argent et nature En nature seulement Non payé Ensemble1 Type d’employeur Travaille chez un membre de la famille Travaille chez quelqu’un d’autre que la famille À son propre compte Ensemble1 Effectif 5,6 73,8 44,2 32,2 9,5 3,5 17,1 7,4 18,5 0,7 5,9 11,5 66,3 21,3 31,8 48,6 100,0 100,0 100,0 100,0 43,1 9,3 14,8 29,8 4,6 33,5 23,4 15,9 51,7 56,6 60,7 53,7 100,0 100,0 100,0 100,0 1 852 1 166 55 3 073 _________________________________________________________________ 1 Y compris les non déterminés 9 % des hommes. On retrouve surtout les travailleurs professionnels techniques ou administratifs dans les villes (29 %), en particulier Bamako (34 %), et dans les régions de Kidal/Gao/Tombouctou (17 %). C’est enfin à Bamako qu’on trouve essentiellement les autres activités non agricoles (travail manuel qualifié, ventes/services, travail domestique). Les instruits, ceux du niveau secondaire ou plus notamment, sont plus nombreux à travailler comme professionnels et dans les ventes et services. Le travail manuel qualifié est par contre davantage le fait des hommes du niveau primaire. Les urbains, les résidents de Kidal/Gao/Tombouctou et les instruits sont peu représentés dans les activités agricoles. Moins d’un homme sur trois ayant travaillé au cours des 12 derniers mois a déclaré avoir reçu de l’argent pour le travail effectué (tableau 12.7). Près de 50 % n’ont pas été payés. Ceux qui travaillent dans l’agriculture ne reçoivent pas en général de salaire (66 %) puisque la plupart d’entre eux travaillent dans une exploitation familiale ou à leur propre compte. Par contre, ceux qui travaillent dans le secteur non agricole reçoivent en majorité de l’argent pour leur travail. 12.1.5 Prises de décisions sur diverses questions relatives à la vie quotidienne du ménage On a demandé aux hommes d’indiquer qui, dans le ménage, avait le dernier mot à propos de décisions concernant certains sujets comme les soins de santé, l’acquisition de biens, les visites à la famille, aux parents ou aux amis, et la nourriture quotidienne à préparer. Le pourcentage de ménages où les hommes seuls ou conjointement avec quelqu’un d’autre ont le dernier mot sur chacune de ces questions, varie entre 55 % et 61 % (tableau 12.8). Le pourcentage d’hommes ayant le dernier mot dans toutes les décisions citées (48 %) augmente régulièrement avec l’âge, de même qu’avec le nombre d’enfants vivants, ces deux variables étant positivement corrélées. Plus les hommes sont âgés, plus ils décident seuls ou sont associés aux prises de décisions : de l’ordre de 50 % à 30-34 ans et plus de 79 % après 40 ans. Par ailleurs, ce pouvoir de décision des hommes est apparemment plus prononcé en milieu rural, chez les hommes peu ou pas scolarisés et dans les régions de Mopti, Kidal/Gao/Tombouctou Enquête homme * 195 Tableau 12.8 Participation des hommes dans la prise de décision par caractéristiques socio-démographiques Pourcentage d’hommes qui déclarent avoir le dernier mot seul ou conjointement avec quelqu’un d’autre en ce qui concerne certaines prises de décision, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 __________________________________________________________________________________________________________ Dernier mot seul ou conjointement : __________________________________________________ Visites Dernier Aucun Grands à la Repas à mot dans dernier mot Propre achats Achats famille, les préparer toutes les dans les soins de du quotidiens proches ou chaque décisions prises de Caractéristique santé ménage du ménage les amis jour mentionées décisions Effectif__________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 État matrimonial Célibataire Marié/en union Divorcé, séparé, veuf Nombre d’enfants vivants 0 1-2 3-4 5 ou + Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Emploi Ne travaille pas Travaille pour de l’argent Ne travaille pas pour de l’argent Ensemble1 7,8 6,6 7,2 16,1 5,5 4,7 82,2 668 29,2 26,1 27,0 39,8 18,7 15,5 52,7 463 53,5 49,6 50,7 58,4 46,4 38,9 31,9 449 72,2 67,6 69,6 70,0 66,8 53,3 13,6 422 81,0 80,0 80,0 80,0 81,7 70,6 10,1 369 89,1 89,2 89,5 88,2 87,1 79,1 5,2 354 91,3 92,3 91,7 87,1 93,1 81,0 1,7 274 96,8 98,1 97,2 95,0 97,4 89,8 0,8 226 96,4 97,5 96,2 95,7 94,0 88,9 1,4 178 19,3 14,6 14,4 25,3 9,9 8,7 69,6 1 154 81,3 81,1 81,4 80,7 81,1 70,6 9,9 2 122 47,7 49,6 49,1 56,5 37,3 31,6 32,5 70 26,0 22,6 23,5 33,5 18,0 15,5 61,3 1 446 71,4 70,6 71,8 74,0 69,1 59,6 15,8 653 79,9 79,9 79,7 76,6 82,7 67,1 8,7 527 93,0 93,0 92,5 91,1 92,3 84,6 3,1 779 53,6 51,4 52,8 61,8 46,0 42,8 34,1 647 62,4 57,7 58,1 66,0 52,8 50,2 29,4 477 57,3 54,1 55,0 63,6 48,9 46,0 32,1 1 125 58,9 58,1 58,3 59,9 57,8 48,7 30,6 2 280 46,3 42,2 42,6 42,6 45,8 35,5 43,9 402 58,6 60,0 59,7 56,0 63,5 42,5 24,1 526 51,2 47,8 50,0 63,2 46,5 43,3 33,9 645 66,3 64,6 64,3 65,0 58,2 52,9 28,1 612 74,0 74,3 73,1 73,7 70,8 67,5 22,5 412 65,4 65,6 65,3 65,8 64,4 63,6 33,0 162 53,6 51,4 52,8 61,8 46,0 42,8 34,1 647 61,8 61,2 61,5 64,0 58,4 51,6 29,0 2 237 52,7 49,8 50,3 54,6 53,3 41,5 33,6 522 51,2 47,1 48,2 56,3 43,8 39,6 36,5 645 38,8 37,8 38,6 47,3 34,4 29,8 48,3 700 76,6 73,8 74,8 75,4 68,1 62,8 16,0 1 139 54,4 53,4 53,3 57,5 54,8 45,2 33,7 1 532 58,4 56,8 57,3 61,1 54,8 47,8 31,1 3 405 __________________________________________________________________________________________________________ 1 Y compris 59 hommes dont l’état matrimonial n’est pas déterminé et 34 hommes dont la situation par rapport à l’ emploi n’est pas déterminée 196 * Enquête homme et Ségou. Le pouvoir de décision des hommes n’est cependant probablement pas conféré par l’âge seulement, mais aussi par l’argent, puisque le même tableau montre que ceux qui travaillent, surtout ceux qui gagnent de l’argent, sont beaucoup plus nombreux à avoir le dernier mot pour chacune des décisions mentionnées. Dans l’ensemble, près de 50% des hommes ont déclaré avoir le dernier mot pour la prise de décision sur tous les sujets évoqués. Cependant, un nombre important a déclaré n’avoir le dernier mot dans aucune prise de décision (31 %). Il s’agit le plus souvent des jeunes de moins de 25 ans (plus de 50 %), des célibataires (70 %), ceux qui résident dans la région de Kayes (44 %), et ceux qui ne travaillent pas du tout (48 %). 12.1.6 Opinion des hommes sur la violence conjugale Le tableau 12.9 donne le pourcentage d’hommes qui estiment que dans certains cas, il est justifié qu’un mari batte sa femme. Les situations suivantes ont été envisagées : sortir sans aviser le mari, négliger les enfants, discuter ses opinions, refuser d’avoir des rapports sexuels et brûler la nourriture. Dans l’ensemble, 61 % des hommes approuvent le fait de battre sa femme pour au moins une raison spécifique. Le milieu de résidence, la région et l’instruction sont les variables pour lesquelles on relève les plus grandes variations. Les ruraux (65 %) sont proportionnellement beaucoup plus nombreux que les urbains (52 % à Bamako et 57 % dans les autres villes) à trouver normal le fait de battre son épouse pour une de ces raisons. De même, ce pourcentage diminue avec le niveau d’instruction. En d’autres termes, plus ils sont instruits, moins les hommes sont proportionnellement nombreux à approuver qu’on puisse battre son épouse pour au moins une des raisons mentionnées. Les différences interrégionales sont très importantes. Les régions de Kayes (82 %), Mopti (72 %) et Sikasso (69 %) se caractérisent par les proportions les plus élevées d’hommes ayant déclaré qu’il était justifié que, pour au moins une des raisons citées, un homme batte sa femme. Selon les raisons spécifiques, on constate que le fait de négliger les enfants (43 % des hommes) et de refuser les rapports sexuels à son mari (40 %) sont les raisons les plus couramment citées. Entre 35 % et 38 % des hommes approuvent que les maris battent leurs épouses si celles-ci discutent les ordres de leurs maris ou sortent sans les aviser. Par contre, peu d’hommes (moins de 18 %) trouvent normal qu’un homme batte sa femme pour le fait de brûler le repas pendant sa préparation. Enquête homme * 197 Tableau 12.9 Approbation par les hommes de certaines raisons justifiant le fait de battre les épouses Pourcentaged’hommesqui approuvent certaines raisons spécifiques justifiant qu’un homme frappe sa femme ou partenaire, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _________________________________________________________________________________________ Raisons justifiant qu’un homme frappe sa femme : _______________________________________________ Elle refuse d’avoir D’accord Elle Elle Elle des avec au Elle discute sort néglige rapports moins une brûle la ses sans le les sexuels des raisons Caractéristique nourriture opinions lui dire enfants avec lui mentionées Effectif _________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 État matrimonial Célibataire Marié/en union Divorcé, séparé, veuf Nombre d’enfants vivants 0 1-2 3-4 5 ou + Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Emploi Ne travaille pas Travaille pour de l’argent Ne travaille pas pour de l’argent Ensemble1 21,7 41,1 40,9 47,3 41,1 61,0 668 20,7 38,4 41,4 44,7 41,6 63,6 463 16,3 36,0 36,3 46,1 40,0 64,8 449 14,3 33,3 39,9 47,8 37,3 62,8 422 15,5 33,5 36,7 41,6 41,8 60,1 369 13,2 30,8 34,4 36,0 35,7 55,2 354 12,2 27,9 35,4 37,2 35,3 56,9 274 14,1 38,0 36,8 42,3 44,7 65,1 226 13,7 32,2 32,2 37,9 36,9 60,3 178 21,5 38,4 40,1 45,4 39,0 61,2 1 154 14,2 34,0 37,4 42,6 40,5 61,7 2 122 25,3 41,4 33,4 56,4 36,7 68,9 70 20,6 37,9 38,9 44,7 38,2 60,7 1 446 16,7 34,8 36,7 43,9 42,7 62,1 653 11,1 31,1 38,0 43,0 34,8 61,5 527 13,3 34,3 37,1 41,0 42,8 61,5 779 18,0 23,4 27,8 34,3 23,7 52,0 647 18,2 38,2 38,3 44,1 38,1 57,3 477 18,1 29,7 32,3 38,5 29,8 54,3 1 125 16,1 38,3 40,7 45,8 44,4 64,7 2 280 24,3 42,5 57,7 70,1 57,7 81,9 402 8,6 24,3 27,7 27,8 28,9 49,5 526 21,5 48,7 51,7 56,3 50,6 69,1 645 17,0 36,9 39,7 43,5 47,1 62,1 612 15,2 47,5 33,9 46,4 42,1 71,9 412 2,6 12,6 11,4 4,9 14,5 24,1 162 18,0 23,4 27,8 34,3 23,7 52,0 647 16,8 39,3 40,4 46,6 45,3 64,9 2 237 16,3 35,0 41,7 43,9 36,2 59,9 522 16,8 22,3 26,4 31,9 22,6 49,9 645 17,3 32,3 36,9 40,0 33,7 59,0 700 13,5 30,8 33,2 38,5 35,8 56,0 1 139 19,1 40,4 42,1 48,8 45,5 66,6 1 532 16,7 35,4 37,9 43,4 39,6 61,3 3 405 _________________________________________________________________________________________ 1 Y compris 59 hommes dont l’état matrimonial n’est pas déterminé et 34 hommes dont la situation par rapport à l’ emploi n’est pas déterminée 198 * Enquête homme Tableau 12.10 Approbation par les hommes de certaines raisons justifiant le fait qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari Pourcentage d’hommes qui approuvent certaines raisons spécifiques justifiant le fait qu’une femme refuse les rapports sexuels avec son mari, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ___________________________________________________________________________________________________________ Raisons justifiant qu’une femme refuse les rapports sexuels avec son mari : _______________________________________________ Elle sait que son Elle sait mari a des N’est que son rapports avec Elle D’accord d’accord mari a une des femmes est avec avec infection autres Elle fatiguée toutes les aucune sexuellement que ses vient ou pas raisons des raisons Caractéristique transmissible épouses d’accoucher d’humeur mentionnées mentionnées Effectif ___________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 61,9 35,9 52,8 29,9 15,2 27,3 668 20-24 75,8 43,0 68,0 39,6 21,7 15,3 463 25-29 78,7 44,2 76,2 39,4 21,1 8,8 449 30-34 78,5 48,8 75,0 36,6 21,8 8,8 422 35-39 77,3 47,9 70,2 39,4 23,5 13,6 369 40-44 77,9 48,3 73,4 45,6 26,9 11,4 354 45-49 73,8 45,6 68,0 42,9 25,3 14,4 274 50-54 75,7 40,7 72,4 33,1 20,0 13,8 226 55-59 74,9 36,3 69,9 37,9 19,6 12,9 178 État matrimonial Célibataire 68,0 39,1 59,3 34,8 18,8 21,6 1 154 Mariée/en union 77,2 45,5 73,3 39,1 22,5 11,3 2 122 Divorcé, séparé, veuf 90,5 57,4 83,0 53,9 31,4 4,4 70 Nombre d’enfants vivants 0 69,6 40,9 62,1 35,1 19,0 19,8 1 448 1-2 79,4 45,7 74,8 40,6 21,6 10,1 653 3-4 77,9 48,7 74,2 41,3 27,0 11,3 527 5+ 74,8 42,0 69,7 37,4 20,9 13,1 778 Milieu de résidence Bamako 74,5 42,9 65,5 46,6 24,1 16,6 647 Autres villes 80,6 52,8 72,9 37,4 22,3 8,1 477 Total urbain 77,1 47,1 68,6 42,7 23,4 13,0 1 125 Rural 72,4 41,4 67,9 35,1 20,1 16,1 2 280 Région Kayes 88,7 62,1 78,5 43,5 30,4 4,9 402 Koulikoro 62,0 49,9 57,7 32,2 24,3 26,9 526 Sikasso 70,3 44,6 64,9 31,1 18,4 15,0 645 Ségou 78,4 29,4 80,7 36,5 15,9 7,6 612 Mopti 73,2 38,4 60,2 32,7 13,9 17,1 412 Kidal/Gao/Tombouctou 73,9 36,2 73,1 47,7 25,2 19,5 162 Bamako 74,5 42,9 65,5 46,6 24,1 16,6 647 Niveau d’instruction Aucun 71,1 40,1 67,0 34,0 18,5 16,9 2 237 Primaire 74,3 49,6 71,2 36,3 22,4 14,8 522 Secondaire ou plus 83,7 49,0 69,7 51,2 29,4 8,9 645 Ensemble1 74,0 43,3 68,2 37,6 21,2 15,1 3 405 __________________________________________________________________________________________________________ 1 Y compris 59 hommes dont l’état matrimonial nest pas déterminé 12.1.7 Opinion des hommes sur le refus des rapports sexuels par les femmes Le tableau 12.10 donne le pourcentage d’hommes qui estiment que dans certains cas, il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari. Les situations suivantes ont été envisagées : l’épouse sait que son mari a une infection sexuellement transmissible, elle sait que son mari a des rapports avec une autre femme, elle vient d’accoucher, et elle est fatiguée et n’a pas envie. Dans l’ensemble, 21 % Enquête homme * 199 Tableau 12.11 Enfants nés vivants et enfants survivants des hommes Répartition (en %) de tous les hommes et de ceux actuellement en union par nombre d’enfants nés vivants, nombre moyen d’enfants nés vivants et nombre moyen d’enfants survivants, selon le groupe d’âge des hommes, EDSM-III Mali 2001 __________________________________________________________________________________________________________________ Nombre moyen Nombre Nombre d’enfants nés vivants d’enfants moyen Groupe ___________________________________________________________________ nés d’enfants d’âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ou + Total Effectif vivants survivants __________________________________________________________________________________________________________________ TOUS LES HOMMES __________________________________________________________________________________________________________________ 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 Ensemble 98,7 1,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 668 0,01 0,01 87,3 9,0 2,3 0,7 0,0 0,0 0,4 0,0 0,0 0,0 0,2 100,0 463 0,20 0,16 42,1 22,9 20,4 9,8 2,9 0,6 0,5 0,0 0,2 0,5 0,2 100,0 449 1,18 0,91 21,3 15,3 20,5 13,0 11,7 9,9 4,5 1,7 1,3 0,2 0,6 100,0 422 2,51 1,95 7,2 8,6 9,3 10,7 15,3 12,6 9,5 9,4 6,8 3,4 7,2 100,0 369 4,76 3,67 2,9 4,5 5,5 9,7 15,7 13,7 13,3 5,8 12,4 5,1 11,5 100,0 354 5,79 4,45 4,1 1,1 3,4 5,2 8,2 6,7 12,5 13,8 7,8 8,7 28,6 100,0 274 7,69 5,59 2,7 2,3 1,5 3,5 4,2 7,5 4,4 9,5 10,4 10,7 43,4 100,0 226 9,05 6,52 0,2 0,8 3,6 3,7 0,9 1,4 3,8 7,3 9,8 11,9 56,6 100,0 178 10,99 7,67 41,0 8,1 7,7 6,0 6,1 5,2 4,6 4,0 4,0 3,00 10,20 100,0 3 405 3,41 2,53 __________________________________________________________________________________________________________________ HOMMES ACTUELLEMENT EN UNION __________________________________________________________________________________________________________________ 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 Ensemble * * * * * * * * * * * * 4 0,61 0,45 48,5 32,6 11,7 4,0 0,0 0,0 2,4 0,0 0,0 0,0 0,8 100,0 86 0,92 0,68 17,1 29,6 30,8 15,2 4,4 0,9 0,7 0,0 0,3 0,8 0,2 100,0 291 1,75 1,34 11,9 16,0 23,0 14,9 13,4 11,3 5,1 1,9 1,5 0,2 0,7 100,0 370 2,85 2,21 3,8 8,0 9,5 11,2 16,0 13,3 10,0 9,8 7,1 3,6 7,6 100,0 351 4,99 3,85 2,8 4,0 5,5 9,7 15,8 13,8 13,3 5,8 12,5 5,2 11,5 100,0 352 5,82 4,48 3,3 1,1 3,5 5,3 8,4 6,8 11,7 14,1 8,0 8,9 28,9 100,0 269 7,76 5,67 2,2 2,0 0,4 3,5 4,3 7,7 4,5 9,7 10,6 10,9 44,3 100,0 222 9,20 6,63 0,2 0,8 3,6 3,7 0,9 1,4 3,8 7,1 9,5 11,7 57,1 100,0 177 11,01 7,70 8,2 10,7 12,0 9,7 9,8 8,4 7,2 6,3 6,5 4,8 16,4 100,0 2 122 5,43 4,03 __________________________________________________________________________________________________________________ * Basé sur trop peu de cas non pondérés des hommes sont d’accord avec toutes les raisons mentionnées, en particulier lorsque le mari a une IST (74 %) et lorsque la femme vient d’accoucher (68 %). À l’opposé, plus d’un homme sur sept (15 %) considère que dans aucune des situations mentionnées, la femme n’est supposée refuser les rapports sexuels à son mari. La région et l’instruction sont les variables pour lesquelles on relève les plus grandes variations. Les hommes de Koulikoro (27 %) et, dans une moindre mesure, ceux de Kidal/Gao/Tombouctou (20 %) sont, proportionnellement, les plus nombreux à considérer que, dans aucun cas, la femme ne peut refuser les rapports sexuels à son mari. Du point de vue de l’instruction, les proportions d’hommes qui considèrent que, dans aucun cas, une femme n’est supposée refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari varient de 17 % chez les sans instruction à 9 % chez ceux de niveau secondaire ou plus. 12.2 FÉCONDITÉ Dans l’EDSM-III, on a posé aux hommes des questions sur le nombre d’enfants nés vivants, ceux qui sont encore vivants selon qu’ils vivent ou non avec eux et le nombre d’enfants décédés. Le tableau 12.11 présente la répartition des hommes de 15-59 ans selon le nombre d’enfants nés vivants, le nombre moyen d’enfants nés vivants et le nombre moyen d’enfants survivants. La première partie du tableau qui porte sur l’ensemble des 3 405 hommes de 15-59 ans enquêtés montre que 41 % n’ont jamais eu d’enfants et 8 % n’ont eu qu’un seul enfant. Plus d’un homme sur cinq a eu 7 enfants ou plus et 10 % en ont eu 10 ou plus. 200 * Enquête homme Comme on pouvait s’y attendre, les hommes n’ayant jamais eu d’enfants sont surtout les jeunes (99 % des hommes de 15-19 ans). Les pourcentages correspondants sont de 42 % à 25-29 ans et 21 % à 30-34 ans. Au-delà de 35 ans, on compte moins de 10 % d’hommes n’ayant jamais eu d’enfants. Inversement, les hommes ayant eu beaucoup d’enfants sont les hommes âgés. Le nombre moyen d’enfants nés par homme augmente régulièrement avec l’âge : presque nul à 15-19 ans (0,01), il passe à 0,2 à 20-24 ans et dépasse largement 4 enfants après 40 ans. En moyenne, un homme a eu 3,41 enfants nés vivants ; 2,53 d’entre eux sont encore en vie. Par rapport à l’ensemble des hommes (parité moyenne de 3,41 enfants), les hommes mariés ont une fécondité beaucoup plus élevée (5,43, soit deux enfants de plus). Après 35 ans, les hommes mariés ont eu 5 enfants nés vivants ou plus ; à 55-59 ans, ils en ont eu 11 en moyenne. Il faut remarquer cependant, que les différences entre tous les hommes et les hommes mariés ne sont perceptibles qu’avant 40 ans puisque après cet âge la proportion de non mariés est très faible. 12.3 CONTRACEPTION Comme pour les femmes, des questions sur la connaissance et l’utilisation des méthodes contra- ceptives, ainsi que sur les sources d’information en matière de planification familiale, ont été posées aux hommes. La méthodologie de la collecte des données a déjà été présentée au chapitre 5. 12.3.1 Connaissance des méthodes contraceptives Le tableau 12.12 donne le pourcentage d’hommes connaissant certaines méthodes contraceptives. On distingue 5 groupes : l’ensemble des hommes, l’ensemble des hommes actuellement mariés, les hommes non mariés sexuellement actifs, les hommes non mariés non sexuellement actifs et les hommes n’ayant eu aucune expérience sexuelle. De façon générale, le niveau de connaissance des méthodes contraceptives est élevé chez les hommes : 88 %, soit près de 9 hommes sur 10, ont déclaré connaître une méthode contraceptive quelconque. Chez les hommes en union, cette proportion est quasiment identique (89 %). Chez les hommes non mariés qui sont aussi généralement plus jeunes, le niveau de connaissance de la contraception est aussi très élevé : 98 % parmi ceux qui sont sexuellement actifs ; chez ceux qui ne sont pas sexuellement actifs, il est un peu plus faible (94 %). Quant à ceux n’ayant eu aucune expérience sexuelle, le plus souvent des adolescents, on constate que ce sont les moins bien informés (74 %). De toutes les méthodes modernes, le condom masculin a été le plus cité (d’un minimum de 71 % chez les hommes n’ayant eu aucune expérience sexuelle à un maximum de 95 % parmi les non mariés sexuellement actifs). La pilule et l’injection viennent loin derrière. Les méthodes les moins bien connues sont le diaphragme, les mousses et le DIU. Le niveau de connaissance des méthodes traditionnelles est beaucoup plus faible que celui des méthodes modernes. Plus d’un tiers de l’ensemble des hommes a cité la continence périodique (36 %) et 30 % le retrait. Par contre, seulement 21 % ont cité la méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA). En moyenne, le nombre de méthodes contraceptives déclarées connues par les hommes varie d’un maximum de 5,6 chez les hommes non mariés sexuellement actifs à un minimum de 2,3 chez ceux n’ayant jamais eu de rapports sexuels. Enquête homme * 201 Tableau 12.12 Connaissance des méthodes contraceptives Pourcentages d’hommes, d’hommes actuellement en union, d’hommes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actifs, d’hommes qui ne sont pas en union et qui ne sont pas sexuellement actifs, et d’ hommes qui n’ont jamais eu de rapports sexuels qui connaissent une méthode contraceptive par méthode spécifique, EDSM-III Mali 2001 _________________________________________________________________________________________________ Pas en union ________________________ Jamasis eu Méthode Actuellement Sexuellement Non actif de rapports contraceptive Ensemble en union actif sexuellement sexuels _________________________________________________________________________________________________ N’importe quelle méthode Méthode moderne Pilule DIU Injectables Diaphragme Mousse ou gelée Condom féminin Condom Stérilisation féminine Stérilisation masculine Implant Pilule du lendemain Méthode traditionnelle Continence périodique Retrait MAMA1 Méthodes populaire Nombre moyen de méthodes connues Effectif d’hommes 87,9 88,8 97,8 94,2 74,1 69,8 74,8 81,8 71,0 43,0 18,6 21,4 24,8 20,0 3,6 63,0 69,7 66,4 62,5 35,7 10,5 11,5 13,8 13,0 3,1 12,9 15,0 14,2 15,5 1,8 30,6 32,0 40,7 40,4 12,0 84,5 85,1 94,7 92,5 70,9 43,2 48,0 50,8 44,4 19,5 28,5 32,9 31,3 27,4 10,8 24,6 28,3 26,4 24,1 10,0 9,4 10,0 12,8 13,6 2,1 35,6 42,3 40,6 37,1 5,8 30,4 35,0 35,4 35,4 6,5 20,7 26,9 14,8 17,8 2,2 11,1 13,9 9,3 11,4 1,4 4,9 5,5 5,6 5,3 2,3 3 405 2 122 299 431 553 _________________________________________________________________________________________________ 1 MAMA = Méthode de l’allaitement et de l’aménorrhée lactaire Cependant, ce niveau de connaissance globalement élevé cache des disparités importantes entre certains groupes socio-démographiques (tableau 12.13). La proportion d’hommes mariés connaissant une méthode contraceptive est plus élevée parmi ceux de 15-39 ans (au moins 90 %) que parmi les plus âgés (moins de 90 % chez ceux âgés de 40 ans ou plus). Par ailleurs, le niveau de connaissance est plus élevé en milieu urbain (94 % contre 87 % en milieu rural) et dans les régions de Bamako, Kayes et Koulikoro (respectivement, 92 %, 86 % et 95 %) que dans celles de Mopti, Kidal/Gao/Tombouctou qui détiennent les niveaux les plus faibles (environ 75 % des hommes mariés). Enfin, le niveau de connaissance augmente avec le niveau d’instruction. Pratiquement tous les hommes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (98 %) connaissent au moins une méthode moderne ; à l’inverse, parmi ceux n’ayant jamais fréquenté l’école, environ 15 % ne connaissent aucune méthode. 202 * Enquête homme Tableau 12.13 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques socio-démographiques Pourcentage d’hommes actuellement en union qui connaissent au moins une méthode de contraception et pourcentage de ceux qui connaissent, au moins une méthode moderne, selon cetaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________ Connaît Connaît une une méthode Caractéristique méthode moderne Effectif_________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble * * 4 93,6 93,6 86 95,5 95,3 291 93,2 93,2 370 90,4 90,3 351 89,6 89,3 352 84,6 83,8 269 80,0 78,3 222 79,2 77,9 177 92,2 92,2 274 95,3 94,3 261 93,7 93,2 534 87,2 86,7 1 587 86,2 86,2 244 95,3 94,3 370 97,1 96,6 404 87,5 87,1 418 75,8 75,1 309 75,3 74,8 103 92,2 92,2 274 86,3 85,7 1 542 93,4 93,0 314 98,4 98,2 266 88,8 88,4 2 122 _________________________________________________________ * Basé sur trop peu de cas non pondérés 12.3.2 Utilisation de la contraception à un moment quelconque Dans le tableau 12.14 sont présentés les pourcentages d’enquêtés ayant utilisé une méthode contraceptive à un moment quelconque. Quel que soit le degré d’exposition des hommes aux rapports sexuels, plus de 31 % ont utilisé ou utilisent actuellement une méthode quelconque pour prévenir ou éviter une grossesse. Les méthodes modernes ont été de loin les plus utilisées : 24 % chez les hommes en union et 58 % chez les non mariés sexuellement actifs contre, respectivement, 18 % et 19 % pour les méthodes traditionnelles. Malgré la diversité des méthodes modernes, les hommes mariés ont presque exclusivement eu recours à trois méthodes (celles qui sont de loin les plus connues) : le condom masculin (15 %), la pilule (10 %) et les injectables (5 %). L’utilisation des autres méthodes modernes est très limitée, voire négligeable : 1 % pour les implants et moins de 1 % pour les autres. Chez les non mariés sexuellement actifs, le condom est largement la méthode la plus utilisée (57 % contre 11 % pour la pilule et 3 % pour les injectables). Cette forte prédominance du condom masculin, même chez les hommes mariés, est probablement plus motivée par la prévention des IST et le sida. La plupart des hommes qui ont utilisé des méthodes traditionnelles ont recouru à la continence périodique (13 % des mariés et 16 % des non mariés) et peu d’entre eux ont utilisé les autres méthodes (respectivement, 3 % et 9 % pour le retrait). Il faut par Enquête homme * 203 Ta bl ea u 12 .1 4 U til isa tio n de la c on tra ce pt io n à un m om en t q ue lc on qu e Po ur ce nt ag es d e l’e ns em bl e de s ho m m es , d es h om m es a ct ue lle m en t e n un io n, e t d es h om m es q ui n e so nt p as e n un io n et q ui s on t s ex ue lle m en t a ct ifs q ui o nt d éj à ut ili sé u ne m ét ho de c on tra ce pt iv e, p ar m ét ho de s pé ci fiq ue e t s el on l’ âg e, E D SM -II I M al i 2 00 1 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ M ét ho de s m od er ne s M ét ho de tr ad iti on ne lle __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ N ’im po rte N ’im po rte St ér ili - Pi lu le qu el le C on ti- N ’im po rte qu el le C on - St ér ili - sa tio n du m ét ho de ne nc e M ét ho de G ro up e qu el le m ét ho de In je ct a- D ia - M ou ss e/ do m C on - sa tio n m as cu - le nd e- tra di tio n- pé rio - po pu - d’ âg es m ét ho de m od er ne Pi lu le D IU bl es ph ra gm e ge lé e fé m in in do m fé m in in e lin e Im pl an ts m ai n ne lle M AM A1 di qu e Re tra it la ire Ef fe ct if __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ TO U S LE S H O M M ES __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ 15 -1 9 20 -2 4 25 -2 9 30 -3 4 35 -3 9 40 -4 4 45 -4 9 50 -5 4 55 -5 9 En se m bl e 13 ,1 11 ,8 0, 3 0, 0 0, 5 0, 0 0, 0 0, 3 11 ,3 0, 0 0, 1 0, 0 0, 2 2, 6 0, 0 2, 3 1, 0 0, 1 66 8 37 ,4 33 ,1 5, 1 0, 3 2, 7 0, 9 0, 4 0, 5 31 ,9 0, 2 0, 0 0, 2 0, 1 14 ,4 0, 2 12 ,7 4, 5 0, 6 46 3 39 ,7 35 ,0 8, 6 0, 5 4, 2 0, 1 0, 8 1, 3 31 ,3 0, 0 0, 8 0, 8 0, 7 16 ,5 2, 4 10 ,6 4, 9 1, 7 44 9 43 ,8 34 ,3 11 ,7 0, 6 3, 9 1, 1 0, 6 0, 3 25 ,3 0, 3 0, 4 1, 5 0, 5 20 ,1 2, 9 16 ,2 2, 0 2, 2 42 2 36 ,5 26 ,5 14 ,3 0, 5 8, 1 0, 4 1, 4 0, 2 14 ,7 0, 8 0, 0 1, 0 0, 7 20 ,4 6, 0 16 ,5 4, 5 1, 4 36 9 33 ,7 22 ,9 12 ,0 0, 7 2, 7 0, 4 0, 7 0, 2 13 ,5 0, 6 0, 3 1, 1 0, 1 21 ,6 3, 7 15 ,3 4, 7 2, 1 35 4 33 ,6 24 ,0 15 ,3 1, 3 6, 2 0, 0 0, 9 0, 2 14 ,3 1, 3 0, 8 0, 9 0, 2 18 ,3 5, 0 11 ,1 4, 8 3, 3 27 4 21 ,6 12 ,8 6, 2 0, 8 3, 4 0, 2 0, 0 0, 5 5, 0 0, 8 0, 0 1, 1 0, 5 13 ,6 2, 2 10 ,9 0, 5 2, 5 22 6 15 ,4 10 ,3 2, 6 1, 1 1, 8 0, 0 0, 0 0, 0 5, 1 0, 7 0, 0 0, 8 0, 0 8, 3 2, 6 8, 0 0, 0 0, 3 17 8 30 ,8 24 ,3 7, 9 0, 5 3, 5 0, 4 0, 5 0, 4 18 ,6 0, 4 0, 3 0, 7 0, 3 14 ,4 2, 4 11 ,0 3, 1 1, 4 3 40 5 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ H O M M ES A C TU EL LE M EN T EN U N IO N __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ 15 -1 9 20 -2 4 25 -2 9 30 -3 4 35 -3 9 40 -4 4 45 -4 9 50 -5 4 55 -5 9 En se m bl e * * * * * * * * * * * * * * * * * * 4 33 ,2 22 ,8 0, 8 0, 0 2, 3 0, 0 0, 0 0, 0 21 ,2 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 16 ,8 1, 1 13 ,0 4, 0 0, 0 86 36 ,1 29 ,6 4, 9 0, 4 3, 5 0, 0 0, 7 0, 3 24 ,5 0, 0 0, 8 0, 4 0, 0 16 ,9 3, 4 9, 6 4, 1 2, 6 29 1 41 ,6 30 ,9 12 ,4 0, 1 4, 4 0, 8 0, 7 0, 3 20 ,5 0, 3 0, 4 1, 7 0, 6 20 ,3 3, 1 16 ,3 1, 2 2, 5 37 0 35 ,2 24 ,9 14 ,2 0, 3 8, 5 0, 4 1, 3 0, 0 12 ,8 0, 4 0, 0 1, 0 0, 7 21 ,0 6, 2 16 ,9 4, 6 1, 5 35 1 33 ,4 22 ,5 11 ,8 0, 7 2, 8 0, 4 0, 7 0, 2 13 ,1 0, 6 0, 3 1, 1 0, 1 21 ,7 3, 7 15 ,4 4, 7 2, 1 35 2 33 ,8 24 ,0 15 ,6 1, 3 6, 3 0, 0 0, 9 0, 2 14 ,1 1, 3 0, 8 0, 9 0, 2 18 ,7 5, 1 11 ,3 4, 9 3, 4 26 9 22 ,1 13 ,1 6, 3 0, 8 3, 5 0, 2 0, 0 0, 5 5, 1 0, 8 0, 0 1, 1 0, 5 13 ,9 2, 3 11 ,1 0, 5 2, 5 22 2 15 ,5 10 ,4 2, 6 1, 1 1, 8 0, 0 0, 0 0, 0 5, 1 0, 7 0, 0 0, 8 0, 0 8, 4 2, 6 8, 1 0, 0 0, 3 17 7 32 ,8 23 ,5 10 ,0 0, 6 4, 5 0, 3 0, 7 0, 2 14 ,9 0, 5 0, 3 1, 0 0, 3 18 ,2 3, 8 13 ,3 3, 2 2, 1 2 12 2 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ H O M M ES N O N E N U N IO N E T SE XU EL LE M EN T AC TI FS __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ En se m bl e 60 ,3 58 ,2 10 ,9 1, 1 3, 0 1, 6 0, 7 1, 5 56 ,7 0, 7 0, 7 0, 7 0, 6 19 ,4 0, 4 16 ,3 8, 8 0, 3 29 9 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ * Ba sé s ur tr op p eu d e ca s no n po nd ér és 1 M AM A = M ét ho de d e l’a lla ite m en t m at er ne l e t d e l’a m én or rh ée 204 * Enquête homme Ta bl ea u 12 .1 5 U til isa tio n ac tu el le d e la c on tra ce pt io n Ré pa rti tio n (e n % ) d e l’e ns em bl e de h om m es , d es h om m es a ct ue lle m en t e n un io n, e t d es h om m es q ui n e so nt p as e n un io n et q ui s on t s ex ue lle m en t a ct ifs , p ar m ét ho de ac tu el le m en t u til isé e, s el on l’ âg e, E D SM -II I M al i 2 00 1 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ M ét ho de s m od er ne s M ét ho de tr ad iti on ne lle __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ N ’im - N ’im po rte po rte qu el le C on ti- N ’im po rte qu el le St ér ili - m ét ho de ne nc e M ét ho de N on G ro up e qu el le m ét ho de In je ct a- sa tio n tra di tio n- pé rio - po pu - ut ili sa - d’ âg es m ét ho de m od er ne Pi lu le D IU bl es C on do m fé m in in e Im pl an ts ne lle M AM A1 di qu e la ire tri ce To ta l Ef fe ct if __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ TO U S LE S H O M M ES __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ 15 -1 9 20 -2 4 25 -2 9 30 -3 4 35 -3 9 40 -4 4 45 -4 9 50 -5 4 55 -5 9 En se m bl e 6, 2 5, 2 0, 1 0, 0 0, 0 5, 0 0, 0 0, 2 1, 0 0, 0 0, 7 0, 3 93 ,8 10 0, 0 66 8 20 ,2 18 ,2 0, 6 0, 0 0, 0 17 ,6 0, 0 0, 1 2, 0 0, 0 1, 7 0, 3 79 ,8 10 0, 0 46 3 22 ,7 17 ,3 1, 4 0, 0 1, 6 14 ,2 0, 0 0, 0 5, 4 0, 5 3, 6 1, 3 77 ,3 10 0, 0 44 9 24 ,4 15 ,7 4, 2 0, 0 1, 6 9, 8 0, 0 0, 0 8, 7 0, 3 6, 6 1, 9 75 ,6 10 0, 0 42 2 18 ,0 10 ,9 5, 0 0, 0 1, 7 3, 8 0, 4 0, 0 7, 1 0, 6 6, 0 0, 5 82 ,0 10 0, 0 36 9 15 ,5 9, 2 5, 4 0, 0 0, 8 2, 3 0, 4 0, 2 6, 2 0, 6 3, 7 2, 0 84 ,5 10 0, 0 35 4 18 ,1 12 ,2 5, 0 0, 4 3, 5 2, 6 0, 2 0, 4 6, 0 1, 2 4, 1 0, 7 81 ,9 10 0, 0 27 4 11 ,2 5, 9 1, 1 0, 0 2, 4 1, 5 0, 8 0, 0 5, 4 0, 0 4, 5 0, 9 88 ,8 10 0, 0 22 6 11 ,5 5, 8 0, 4 1, 1 1, 0 2, 6 0, 7 0, 0 5, 7 0, 0 3, 3 2, 5 88 ,5 10 0, 0 17 8 16 ,4 11 ,5 2, 4 0, 1 1, 2 7, 6 0, 2 0, 1 4, 8 0, 3 3, 5 1, 0 83 ,6 10 0, 0 3 04 5 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ H O M M ES A C TU EL LE M EN T EN U N IO N __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ 15 -1 9 20 -2 4 25 -2 9 30 -3 4 35 -3 9 40 -4 4 45 -4 9 50 -5 4 55 -5 9 En se m bl e * * * * * * * * * * * * * * 4 12 ,6 8, 9 0, 0 0, 0 0, 0 8, 9 0, 0 0, 0 3, 7 0, 0 3, 7 0, 0 87 ,4 10 0, 0 86 17 ,2 11 ,2 1, 3 0, 0 1, 6 8, 4 0, 0 0, 0 5, 9 0, 8 3, 8 1, 4 82 ,8 10 0, 0 29 1 23 ,0 13 ,6 4, 8 0, 0 1, 8 7, 0 0, 0 0, 0 9, 3 0, 3 7, 3 1, 8 77 ,0 10 0, 0 37 0 17 ,7 10 ,2 5, 3 0, 0 1, 8 2, 7 0, 4 0, 0 7, 5 0, 7 6, 3 0, 5 82 ,3 10 0, 0 35 1 15 ,2 9, 0 5, 4 0, 0 0, 8 2, 0 0, 4 0, 2 6, 3 0, 6 3, 7 2, 0 84 ,8 10 0, 0 35 2 18 ,5 12 ,4 5, 1 0, 4 3, 6 2, 6 0, 2 0, 4 6, 1 1, 2 4, 2 0, 7 81 ,5 10 0, 0 26 9 11 ,5 6, 0 1, 1 0, 0 2, 5 1, 6 0, 8 0, 0 5, 5 0, 0 4, 6 0, 9 88 ,5 10 0, 0 22 2 11 ,6 5, 8 0, 4 1, 1 1, 1 2, 6 0, 7 0, 0 5, 8 0, 0 3, 3 2, 5 88 ,4 10 0, 0 17 7 16 ,9 10 ,2 3, 6 0, 1 1, 8 4, 2 0, 3 0, 1 6, 7 0, 5 4, 9 1, 3 83 ,1 10 0, 0 2 12 2 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ H O M M ES N O N E N U N IO N S EX U EL LE M EN T AC TI FS __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ En se m bl e2 41 ,6 38 ,5 1, 4 0, 0 0, 5 36 ,5 0, 0 0, 1 3, 1 0, 0 1, 9 1, 2 58 ,4 10 0, 0 29 9 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ * Ba sé s ur tr op p eu d e ca s no n po nd ér és 1 M ét ho de d e l’a lla ite m en t m at er ne l e t d e l’a m én or rh ée Enquête homme * 205 ailleurs souligner qu’un nombre non négligeable d’hommes, notamment les mariés d’âges avancés, ont déclaré avoir recouru à la méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA) (près de 4 %). Enfin, le niveau d’utilisation de la contraception varie selon l’âge et la méthode. La pilule a surtout été utilisée chez les hommes de plus de 30 ans tandis que le condom a plus concerné des hommes plus jeunes. Par contre, l’âge n’apparaît pas comme très déterminant pour l’utilisation des injectables, de la continence périodique et du retrait. 12.3.3 Utilisation actuelle de la contraception Le tableau 12.15 présente les taux de prévalence contraceptive pour tous les hommes, les hommes en union et les non mariés sexuellement actifs. Bien que près d’un homme sur trois ait déclaré avoir déjà utilisé une méthode quelconque de contraception, seulement 16 % (soit presque deux fois moins) utilisent actuellement une méthode. La prévalence contraceptive est beaucoup moins élevée chez les hommes mariés (17 %) que chez les non mariés sexuellement actifs (42 %). La prévalence des méthodes modernes est largement plus élevée : 10 % des hommes en union et 39 % des non mariés, contre, respectivement, 7 % et 3 % pour les méthodes traditionnelles (graphique 12.1). Comme pour l’utilisation à un moment quelconque, l’utilisation actuelle concerne essentiellement trois méthodes modernes : condom masculin (8 %), pilule (2 %) et injectables (1 %). Les pourcentages respectifs sont de 4 %, 4 % et 2 % chez les mariés et de 37 %, 1 % et 0,5 % chez les non mariés sexuellement actifs. Le condom masculin est donc presque exclusivement la méthode actuellement utilisée dans ce dernier groupe. Les méthodes traditionnelles, presque réduites à la continence périodique, concernent 7 % des mariés et 3 % des non mariés sexuellement actifs. Dans la suite, l’analyse sera concentrée sur les méthodes pour lesquelles la prévalence est significative. Les méthodes modernes sont beaucoup plus utilisées dans les villes (18 % des hommes mariés), surtout Bamako (21 %) qu’en milieu rural (moins de 8 %) (tableau 12.16 et graphique 12.2). On observe les mêmes différentiels pour le condom masculin et la pilule, qui sont les deux principales méthodes modernes utilisées. Il faut cependant souligner ici la spécificité des injectables. Ces méthodes sont plus utilisées 206 * Enquête homme Ta bl ea u 12 .1 6 U til isa tio n ac tu el le d e la c on tra ce pt io n pa r c ar ac té ris tiq ue s so ci o- dé m og ra ph iq ue s Ré pa rti tio n (e n % ) d es h om m es a ct ue lle m en t e n un io n pa r m ét ho de c on tra ce pt iv e ac tu el le m en t u til isé e, s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci o- dé m og ra ph iq ue s, E D SM -II I M al i 2 00 1 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ M ét ho de m od er ne M ét ho de tr ad iti on ne lle __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ N ’im - N ’im - N ’im po rte po rte po rte St ér ili - qu el le C on ti- N ’u til ise qu el le qu el le sa tio n m ét ho de ne nc e M ét ho de pa s m ét h- m ét ho de In je ct a- D ia - C on - fé m i- Im - tra di tio n- pé rio - po pu - ac tu el le - C ar ac té ris tiq ue od e m od er ne Pi lu le D IU bl es ph ra gm e do m ni ne pl an ts ne lle M AM A1 di qu e la ire m en t To ta l Ef fe ct if __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ M ili eu d e ré si de nc e B am ak o A ut re s vi lle s E ns em bl e ur ba in R ur al Ré gi on K ay es K ou lik or o S ik as so S ég ou M op ti K id al /G ao /T om bo uc to u B am ak o N iv ea u d’ in st ru ct io n A uc un P rim ai re S ec on da ire o u pl us N om br e d’ en fa nt s vi va nt s 0 1 -2 3 -4 5 + En se m bl e 26 ,2 20 ,8 7, 9 0, 4 1, 2 0, 0 10 ,1 0, 6 0, 4 5, 4 1, 1 4, 4 0, 0 73 ,8 10 0, 0 27 4 26 ,5 15 ,6 4, 3 0, 8 4, 3 0, 0 6, 2 0, 0 0, 0 10 ,9 0, 0 9, 5 1, 4 73 ,5 10 0, 0 26 1 26 ,4 18 ,2 6, 2 0, 6 2, 7 0, 0 8, 2 0, 3 0, 2 8, 1 0, 6 6, 9 0, 7 73 ,6 10 0, 0 53 4 13 ,7 7, 4 2, 7 0, 0 1, 4 0, 0 2, 9 0, 3 0, 0 6, 2 0, 5 4, 2 1, 5 86 ,3 10 0, 0 15 87 10 ,2 8, 0 2, 7 0, 8 1, 0 0, 0 3, 5 0, 0 0, 0 2, 2 0, 0 2, 0 0, 2 89 ,8 10 0, 0 24 4 15 ,2 9, 3 5, 7 0, 0 2, 2 0, 0 1, 4 0, 0 0, 0 5, 9 0, 2 4, 4 1, 2 84 ,8 10 0, 0 37 0 29 ,9 12 ,1 4, 0 0, 0 3, 7 0, 2 3, 2 0, 8 0, 2 17 ,8 1, 6 14 ,7 1, 5 70 ,1 10 0, 0 40 4 13 ,1 8, 2 1, 4 0, 0 0, 9 0, 0 5, 9 0, 0 0, 0 4, 9 0, 2 1, 1 3, 5 86 ,9 10 0, 0 41 8 7, 7 5, 7 1, 0 0, 0 1, 3 0, 0 2, 9 0, 4 0, 0 2, 0 0, 0 1, 7 0, 4 92 ,3 10 0, 0 30 9 5, 1 3, 8 1, 8 0, 0 0, 6 0, 0 1, 5 0, 0 0, 0 1, 2 0, 0 0, 7 0, 5 94 ,9 10 0, 0 10 3 26 ,2 20 ,8 7, 9 0, 4 1, 2 0, 0 10 ,1 0, 6 0, 4 5, 4 1, 1 4, 4 0, 0 73 ,8 10 0, 0 27 4 12 ,9 6, 5 1, 5 0, 1 1, 3 0, 0 3, 2 0, 3 0, 0 6, 5 0, 3 5, 0 1, 2 87 ,1 10 0, 0 15 42 18 ,5 12 ,8 6, 3 0, 0 1, 7 0, 0 4, 6 0, 0 0, 2 5, 7 0, 9 2, 2 2, 6 81 ,5 10 0, 0 31 4 37 ,5 28 ,4 12 ,8 0, 4 4, 5 0, 0 9, 6 0, 6 0, 5 9, 1 1, 6 6, 9 0, 6 62 ,5 10 0, 0 26 6 14 ,0 12 ,4 0, 2 0, 0 0, 0 0, 0 12 ,2 0, 0 0, 0 1, 6 0, 0 1, 6 0, 0 86 ,0 10 0, 0 21 7 15 ,5 7, 7 2, 0 0, 0 1, 0 0, 0 4, 7 0, 0 0, 0 7, 8 0, 3 6, 6 0, 9 84 ,5 10 0, 0 60 5 18 ,3 13 ,1 7, 0 0, 0 1, 7 0, 0 3, 9 0, 4 0, 1 5, 2 0, 8 3, 1 1, 3 81 ,7 10 0, 0 52 3 17 ,7 9, 5 3, 6 0, 4 2, 9 0, 1 1, 9 0, 6 0, 2 8, 2 0, 7 5, 6 1, 9 82 ,3 10 0, 0 77 7 16 ,9 10 ,2 3, 6 0, 1 1, 8 0, 0 4, 2 0, 3 0, 1 6, 7 0, 5 4, 9 1, 3 83 ,1 10 0, 0 2 12 2 __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ __ _ 1 M AM A = M ét ho de d e l’a lla ite m en t m at er ne l e t d e l’a m én or rh ée Enquête homme * 207 dans les villes autres que Bamako (4 %) qu’à Bamako même (1 %) ; la prévalence dans la capitale est du même niveau qu’en milieu rural (1 %). Cela est probablement dû à une moindre vulgarisation de ces méthodes dans la capitale et/ou à une réticence justifiée ou non des Bamakois à recourir à ces méthodes. Au niveau régional, les disparités sont immenses. De 21 % des hommes en union à Bamako, 12 % à Sikasso et entre 8 % et 9 % dans les régions de Kayes, Koulikoro et Ségou, le taux de prévalence des méthodes modernes tombe jusqu’à moins de 6 % à Mopti et à Kidal/Gao/Tombouctou. Les différences interrégionales ne s’arrêtent pas là : à l’inverse des régions de Koulikoro, Sikasso et Kidal/Gao/Tombouctou, la prévalence du condom masculin est plus importante que celle de la pilule dans les autres régions. À Ségou en particulier, l’utilisation de la contraception moderne se résume pratiquement à l’usage du condom (6 %). Sikasso (4 %), et Koulikoro (2 %) dans une moindre mesure, sont les seules régions où la prévalence des injectables est notable. La prévalence des méthodes traditionnelles est très limitée dans les régions de Kidal/Gao/Tombouctou (1 %) et de Mopti et Kayes (2 % environ). Par contre, la forte prévalence toutes méthodes confondues observée à Sikasso (30 %) s’explique à 60 % par le recours aux méthodes traditionnelles qui y est particulièrement fréquent (18 % des hommes en union). L’éducation est un déterminant important de l’utilisation de la contraception. Le taux de prévalence contraceptive est fortement positivement corrélé au niveau d’instruction : 13 % des hommes en union n’ayant jamais fréquenté l’école utilisent actuellement une méthode quelconque, contre respectivement 19 % et 38 % de ceux ayant un niveau d’instruction primaire et de ceux ayant un niveau secondaire ou plus. Cette forte corrélation est encore plus nette pour les méthodes modernes pour lesquelles la prévalence double d’un niveau au suivant : 7 % des hommes en union n’ayant jamais fréquenté l’école, 13 % de ceux ayant un niveau d’instruction primaire et 28 % de ceux ayant un niveau secondaire ou plus (graphique 12.2). La pilule et les injectables sont essentiellement des méthodes d’hommes instruits, de niveau secondaire ou plus notamment. Les hommes de niveau primaire sont vraisemblablement les moins nombreux à utiliser les méthodes traditionnelles. 208 * Enquête homme Même si le taux de prévalence toutes méthodes confondues augmente avec la parité jusqu’à 4 enfants, on observe des schémas différents d’une méthode à une autre. Ainsi, pour toutes les méthodes modernes confondues, les hommes ayant 1 ou 2 enfants ont la prévalence la plus faible (8 %). Pour la pilule, la prévalence la plus forte est observée chez les hommes ayant 3 à 4 enfants (7 %) alors que pour les injectables, elle augmente avec la parité (elle est nulle chez ceux n’ayant pas d’enfants). Le condom est surtout utilisé par les hommes qui ont le moins d’enfants et qui sont généralement les plus jeunes. La comparaison des taux de prévalence entre 1995-1996 (EDSM-II) et 2001 (EDSM-III) montre quelques progrès dans l’utilisation des méthodes modernes (8 % à 10 %). Ces résultats sont cependant essentiellement dus à l’augmentation de la prévalence du condom (3,6 % à 4,2 %) et des injectables (0,2 % à 1,8 %). 12.3.4 Raison de non-utilisation de la contraception À tous les hommes n’utilisant pas actuellement une méthode contraceptive, on a demandé s’ils avaient l’intention d’en utiliser une dans l’avenir : 31 % ont déclaré qu’ils avaient l’intention de le faire, 53 % ont déclaré ne pas en avoir l’intention et 11 % ne savaient pas ce qu’ils feraient dans l’avenir (tableau non présenté). À tous les hommes n’utilisant pas actuellement une méthode contraceptive, et n’ayant pas l’intention de le faire dans le futur, on a demandé la raison principale pour laquelle ils n’en avaient pas l’intention. Le tableau 12.17 présente la répartition des 937 hommes de 15-59 ans en union n’ayant pas l’intention d’utiliser la contraception (soit 53 % de l’ensemble des hommes en union) selon la raison principale pour laquelle ils n’ont pas l’intention de recourir à une méthode contraceptive dans le futur. Trois raisons sont essentielles pour les enquêtés : ils sont tout simplement opposés à cette pratique (19 %) ; ils veulent plus d’enfants (29 %), ou ils déclarent que la religion interdit l’utilisation de la contraception (20 %). Environ 7 % des hommes ont mentionné la méconnaissance des méthodes contraceptives. Toutes les autres raisons ont été citées par moins de 5 % des hommes. Les hommes de moins de 30 ans ont été relativement plus nombreux à déclarer vouloir plus d’enfants (36 % contre 28 % chez ceux de 30-59 ans), ou à se déclarer tout simple- ment opposés à la contraception (25 % contre 18 % chez ceux de 30-59 ans). Par contre, les hommes de 30- 59 ans ont été plus nombreux à lier leur intention à l’interdiction de la contraception par la religion (21 %). Les problèmes de coût, d’effets secondaires ou d’accessibilité n’ont été mentionnés que de façon tout à fait marginale. Il est important de noter que, selon les déclarations des enquêtés, on note une baisse importante du pourcentage d’hommes de 15-59 ans qui n’ont pas l’intention d’utiliser la contraception dans le futur parce qu’ils veulent avoir encore des enfants. Il est passé de 47 % en 1995-1996 (EDSM-II) à 29 % en 2001 (EDSM-III). Par contre, dans les deux enquêtes, le pourcentage ayant évoqué l’interdiction par la religion est resté constant (20 %) alors que celui des hommes opposés à l’utilisation de la contraception a beaucoup augmenté, passant de 7 % en 1995-1996 à 19 % en 2001. Enquête homme * 209 Tableau 12.17 Raison pour ne pas avoir l’intention d’utiliser la contraception Répartition (en %) des hommes actuellement en union qui n’utilisent pas actuellement une méthode et qui n’ont pas l’intention d’en utiliser une dans l’avenir, par principale raison pour laquelle ils n’ont pas l’intention d’utiliser la contraception, selon l’âge, EDSM-III Mali 2001 _________________________________________________________________ Âge Raison de _____________________ non-utilisation 15-29 ans 30-49 ans Ensemble __________________________________________________________________ Raisons associées à la fécondité Rapports sexuels peu fréquents Ménopause, hystérectomie Sous-féconde/inféconde Veut plus d’enfants Opposé à l’utilisation Enquêté opposé Partenaire opposée Autres opposés Interdits religieux Manque de connaissance Ne connaît aucune méthode Ne connaît aucune source Raisons associées à la méthode Problèmes de santé Peur des effets secondaires Manque d’accès Utilisation génante Interfère avec le fonctionne ment du corps Autre NSP ND Total1 Effectif 39,2 35,3 35,8 3,0 2,6 2,7 0,0 2,6 2,3 0,2 1,7 1,5 36,0 28,3 29,3 36,3 40,7 40,1 24,9 18,3 19,2 0,0 0,9 0,8 0,0 0,1 0,1 11,4 21,3 20,1 5,1 10,1 9,4 3,6 7,7 7,2 1,4 2,4 2,3 9,5 4,5 5,1 2,1 1,1 1,2 0,6 0,9 0,8 0,0 0,2 0,2 2,7 0,5 0,8 4,1 1,9 2,2 5,7 2,6 3,0 4,2 3,2 3,3 0,0 3,7 3,2 100,0 100,0 100,0 122 816 937 12.3.5 Sources d’information sur la planification familiale À tous les hommes enquêtés, on a posé la question suivante : « Au cours des derniers mois, avez- vous entendu parler de la planification familiale à la radio, à la télévision, dans les journaux ou magazines ? » Le tableau 12.18 présente les pourcentages d’hommes de 15-59 ans ayant obtenu des informations à partir de chacune de ces sources. Dans l’ensemble, 60 % des hommes ont entendu parler d’un sujet quelconque relatif à la planification familiale à la radio, qui se trouve être le média le plus accessible à la grande majorité de la population. Suivent la télévision qui concerne 39 % des hommes et les journaux et magazines (18 %). Un pourcentage important d’hommes n’a pas été du tout exposé aux messages sur la PF à travers ces trois médias au cours des derniers mois : 37 % des hommes n’ont entendu parler de la PF ni à la radio, ni à la télévision, ni dans un journal ou magazine. Les hommes de 20 à 49 ans sont les plus favorisés dans l’accès aux informations par ces canaux ; ceux de 15-19 ans et de 50 à 59 ans sont à l’inverse peu concernés. Par ailleurs, la radio, et surtout la télévision et les journaux et magazines, sont des sources qui s’adressent majoritairement au public urbain. Plus de 70 % des urbains ont entendu parler de la PF à la radio contre 54 % des ruraux. Pour la télévision et les jours naux et magazines, les pourcentages respectifs sont de plus de 69 % et 39 % en urbain et de 25 % et moins de 10 % en milieu rural. C’est également en milieu rural qu’on observe le pourcentage le plus élevé d’hommes (45 %, contre moins de 22 % dans les villes) n’ayant pas été exposés aux messages sur la PF. 210 * Enquête homme Tableau 12.18 Exposition aux messages sur la planification familiale Pourcentage d’hommes qui, au cours des douze mois précédant l’enquête, ont entendu à la radio ou vu à la télévision ou dans un journal ou une revue un message sur la planification familiale, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________________________________ Aucune de Journal/ ces trois Caractéristique Radio Télévision magazine sources Effectif ____________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 43,6 36,1 16,0 50,8 668 56,3 44,8 22,8 39,6 463 68,0 45,2 18,2 30,0 449 68,7 45,4 19,4 28,2 422 68,0 40,3 21,2 31,0 369 66,8 38,4 18,6 30,4 354 67,8 40,7 22,8 31,4 274 55,1 22,8 10,5 44,2 226 54,7 23,2 11,7 43,6 178 72,7 74,6 50,1 19,0 647 71,4 61,1 23,1 25,5 477 72,1 68,9 38,7 21,8 1 125 54,0 24,5 8,4 44,6 2 280 63,9 40,7 8,9 34,9 402 59,8 39,8 15,9 36,2 526 59,3 32,7 13,5 39,4 645 43,4 17,6 4,6 55,3 612 62,9 25,2 7,3 36,4 412 58,2 34,5 23,9 41,0 162 72,7 74,6 50,1 19,0 647 53,6 25,5 6,9 45,2 2 237 66,1 48,4 17,5 30,8 522 77,2 79,0 59,1 13,9 645 60,0 39,2 18,4 37,1 3 405 Au niveau régional, les différences dans la réception des messages radiophoniques sont moins importantes (73 % à Bamako, 58 % à 64 % dans les régions autres que Ségou et 43 % à Ségou). Les écarts interrégionaux les plus importants sont observés pour la télévision et les journaux et magazines. Si les trois quarts des hommes (75 %) ont eu accès à des messages par la télévision à Bamako, dans les autres régions, le pourcentage correspondant est inférieur à 40 %, et descend jusqu’à 18 % à Ségou. Les journaux et magazines concernent surtout Bamako (50 %), suivi de loin par Kidal/Gao/Tombouctou (24 %). Enfin, la corrélation positive entre le niveau d’instruction et l’accès aux informations sur la PF dans les média est très nette. Les hommes ayant au moins un niveau d’instruction secondaire sont largement plus favorisés : près de 80 % d’entre eux ont été touchés par la radio et la télévision et 59 % ont été informés par les journaux et magazines. Enquête homme * 211 Tableau 12.19 Discussion de la planification familiale avec le mari Répartition (en %) des hommes actuellement en union qui connaissent une méthode contraceptive, selon le nombre de fois qu’ils ont discuté de planification familiale avec leur épouse, au cours de l’année passée, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001___________________________________________________________________ Nombre de fois___________________________ Une ou Trois Caractéristique Jamais deux ou plus ND Total Effectif___________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 Milieu de résidence Bamako Autres villes Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Total * * * * * 4 68,9 15,2 14,7 1,1 100,0 81 59,2 16,6 24,2 0,0 100,0 278 53,7 17,3 27,1 1,8 100,0 345 60,2 12,4 26,7 0,6 100,0 317 64,7 10,4 22,7 2,2 100,0 315 64,5 16,5 18,5 0,6 100,0 227 77,5 6,1 16,0 0,4 100,0 178 83,5 9,3 7,3 0,0 100,0 140 44,0 22,6 31,7 1,6 100,0 252 60,6 12,3 27,1 0,0 100,0 248 68,0 12,0 19,0 1,0 100,0 1 384 79,1 8,0 12,9 0,0 100,0 210 77,3 5,8 13,7 3,2 100,0 352 60,2 14,7 25,1 0,0 100,0 393 60,7 17,8 20,7 0,7 100,0 366 57,6 11,9 30,5 0,0 100,0 234 77,8 11,3 10,8 0,1 100,0 78 44,0 22,6 31,7 1,6 100,0 252 70,4 11,9 17,2 0,6 100,0 1 330 61,1 14,8 20,8 3,3 100,0 294 33,9 19,8 46,1 0,2 100,0 261 63,8 13,4 21,7 1,0 100,0 1 885 ___________________________________________________________________ * Basé sur trop peu de cas non pondérés 12.3.6 Discussion sur la planification familiale au sein du couple À tous les hommes en union enquêtés, on a demandé la fréquence des discussions sur la PF avec leurs épouses au cours des 12 derniers mois. Le tableau 12.19 indique la répartition des hommes actuellement en union selon le nombre de fois qu’ils ont parlé de la PF avec leurs épouses selon l’âge actuel. Dans l’ensemble, la plupart des hommes, soit 64 %, ne l’ont jamais fait, 13 % ont déclaré l’avoir fait une ou deux fois et 22 % l’ont fait trois fois ou plus. Les discussions sur la PF les plus fréquentes, trois fois ou plus (entre 24 % et 27 %), ont surtout été le fait des hommes d’âges intermédiaires (25 à 39 ans). Par ailleurs, la discussion au sujet de la planification familiale au sein du couple est plus fréquente chez les hommes instruits: 17 % des hommes sans instruction contre 46 % de ceux ayant un niveau secondaire ou plus en ont discuté trois fois ou plus avec leur épouse. 212 * Enquête homme Tableau 12.20 État matrimonial actuel Répartition (en %) des hommes par état matrimonial actuel, selon l’âge, EDSM-III Mali 2001__________________________________________________________________________________________________ État matrimonial_____________________________________________________________ Groupe Céliba- Marié/ d’âges taire en union Veuf Divorcé Séparé ND Total Effectif__________________________________________________________________________________________________ 15-19 93,8 0,7 0,0 0,0 1,3 4,3 100,0 668 20-24 73,2 18,7 0,0 0,0 3,9 4,3 100,0 463 25-29 28,8 64,9 0,0 0,5 4,6 1,3 100,0 449 30-34 10,9 87,6 0,0 0,1 1,0 0,4 100,0 422 35-39 2,5 95,1 0,0 0,3 1,4 0,8 100,0 369 40-44 0,1 99,3 0,3 0,2 0,0 0,0 100,0 354 45-49 0,5 97,9 0,0 1,6 0,0 0,0 100,0 274 50-54 0,5 98,1 0,0 1,1 0,3 0,0 100,0 226 55-59 0,0 99,2 0,6 0,0 0,0 0,2 100,0 178 Ensemble 33,9 62,3 0,1 0,3 1,7 1,7 100,0 3 405 12.4 NUPTIALITÉ ET ACTIVITÉ SEXUELLE 12.4.1 État matrimonial actuel Le tableau 12.20 donne la répartition des hommes de 15-59 ans selon la situation matrimoniale actuelle par groupe d’âges. Dans l’ensemble, 34 % des hommes étaient célibataires au moment de l’enquête. Environ 62 % sont mariés ou vivent en union et 2 % sont en rupture d’union (veufs, divorcés ou séparés). La forte fréquence du célibat dans l’ensemble de la population s’explique par le fait que plus des trois quarts des hommes de moins de 25 ans sont encore célibataires. Le célibat est presque inexistant après 40 ans. Corrélativement, le pourcentage de mariés est faible avant 25 ans ; au-delà de 40 ans, presque tous les hommes sont en union. En terme de tendance, le pourcentage de célibataires a légèrement augmenté entre l’EDSM-II (32 %) et l’EDSM-III (34 %), ce qui traduit un certain vieillissement de l’âge d’entrée en première union dans les jeunes générations. 12.4.2 Polygamie Le tableau 12.21 présente la répartition des hommes mariés de 15-59 ans selon le nombre d’épouses par caractéristiques socio-démographiques. Dans l’ensemble, la grande majorité des hommes (73 %) est monogame. La forme de polygamie la plus courante est la bigamie : 24 % ont deux épouses. La proportion d’hommes ayant trois épouses ou plus est très faible (moins de 3 %). Comme on pouvait s’y attendre, la polygamie est le fait d’hommes âgés (35 ans ou plus). Elle est également davantage un phénomène rural (13 % à Bamako, 23 % dans les autres villes et 30 % en milieu rural). Par contre, la « grande polygamie » (3 épouses ou plus) semble plus fréquente dans les villes intermédiaires qu’en milieu rural. La corrélation négative entre urbanisation et fréquence de la polygamie ne semble pas suffisante pour expliquer les différences interrégionales. En effet, même si les Bamakois demeurent les moins nombreux à pratiquer la polygamie, les hommes de Kidal/Gao/Tombouctou, régions assez fortement rurales, pratiquent la polygamie moins que les autres régions. Enfin, plus le niveau d’instruction est élevé, moins la polygamie est pratiquée : alors que 30 % des hommes n’ayant jamais fréquenté l’école ont au moins deux épouses, 21 % de ceux du niveau primaire et seulement 15 % de ceux du niveau secondaire ou plus sont mariés à deux ou plusieurs femmes (graphique 12.3). En terme de tendance, le pourcentage d’hommes en union polygame n’a pas varié depuis 1995-1996 (EDSM-II). Enquête homme * 213 Tableau 12.21 Nombre de co-épouses Répartition (en %) des hommes actuellement en union par nombre d’épouses, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ___________________________________________________________________ Nombre d’épouses _______________________ Caractéristique 1 2 3 ou+ NSP Total1 Effectif____________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 * * * * * 4 20-24 96,7 3,3 0,0 0,0 100,0 86 25-29 91,4 6,7 1,5 0,0 100,0 291 30-34 84,7 14,7 0,5 0,0 100,0 370 35-39 75,3 22,6 2,2 0,0 100,0 351 40-44 67,4 29,4 2,8 0,1 100,0 352 45-49 57,8 37,4 3,4 1,0 100,0 269 50-54 65,4 30,0 4,1 0,4 100,0 222 55-59 47,9 45,8 6,0 0,2 100,0 177 Milieu de résidence Bamako 87,5 10,6 1,0 0,0 100,0 274 Autres villes 76,9 18,5 4,6 0,0 100,0 261 Total urbain 82,3 14,5 2,7 0,0 100,0 534 Rural 70,2 27,1 2,4 0,3 100,0 1 587 Region Kayes 64,7 28,7 4,9 1,6 100,0 244 Koulikoro 71,5 27,6 0,9 0,0 100,0 370 Sikasso 67,4 28,2 4,2 0,1 100,0 404 Ségou 74,9 23,1 1,8 0,0 100,0 418 Mopti 72,2 24,8 3,0 0,0 100,0 309 Kidal/Gao/Tombouctou 80,8 18,6 0,6 0,0 100,0 103 Bamako 87,5 10,6 1,0 0,0 100,0 274 Niveau d’instruction Aucun 70,0 26,9 2,7 0,3 100,0 1 542 Primaire 78,8 17,9 3,4 0,0 100,0 314 Secondaire ou plus 85,4 13,7 0,0 0,0 100,0 266 Total 73,2 23,9 2,5 0,2 100,0 2 122___________________________________________________________________ * Basé sur trop peu de cas non pondérés 1 Y compris les non déterminés 214 * Enquête homme Tableau 12.22 Âge à la première union Pourcentage d’hommes non célibataires par âge exact et âge médian à la première union, selon l’âge actuel, EDSM-III Mali2001__________________________________________________________________________________________ Pourcentage déjà en Pour- Âge première union à l’âge exact de : centage médian Âge _________________________________________ de au premier actuel 20 22 25 28 30 célibataires Effectif mariage__________________________________________________________________________________________ 15-19 NA NA NA NA NA 93,8 668 a 20-24 9,7 15,7 NA NA NA 73,2 463 a 25-29 10,2 23,2 48,0 68,4 NA 28,8 449 a 30-34 11,0 21,1 47,1 70,0 78,1 10,9 422 25,4 35-39 10,0 24,7 45,8 68,9 75,4 2,5 369 25,5 40-44 4,5 12,1 33,4 57,6 68,7 0,1 354 27,1 45-49 9,3 14,8 34,5 60,7 75,1 0,5 274 26,9 50-54 9,9 21,9 38,1 65,1 75,5 0,5 226 25,9 55-59 6,5 15,0 33,2 52,3 62,1 0,0 178 27,5 30-59 8,7 18,6 39,8 63,6 73,4 3,2 1824 26,1__________________________________________________________________________________________ NA = Non applicable a Non calculé parce que moins de 50 % des hommes du groupe d’âges × à ×+4 sont en union à l’âge x. 12.4.3 Âge à la première union Le tableau 12.22 présente le pourcentage d’hommes déjà en première union à certains âges exacts et l’âge médian à la première union selon l’âge actuel. Parmi les hommes de 20-59 ans, 9 % sont déjà entrés en union à 20 ans ; à 22 et 25 ans exacts, respectivement, 19 % et 38 % ont déjà contracté une union. À 30 ans, près des deux tiers des hommes (64 %) ont déjà été mariés. Même si la primonuptialité précoce (mariage avant 20 ans) semble avoir légèrement reculé dans les plus jeunes générations (20 à 34 ans), les fluctuations observées ne mettent pas en évidence une tendance nette dans les générations (graphique 12.4). Enquête homme * 215 Tableau 12.23 Âge médian à la première union Age médian à la première union des hommes de 30-59 ans, par âge actuel et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges Âge_____________________________________________________ médian Caractéristique 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 30-59__________________________________________________________________________________________________ Milieu de résidence Bamako a 29,8 30,5 28,8 28,0 29,6 30,2 29,3 Autres villes a 26,9 26,6 27,7 26,4 27,4 28,7 27,1 Ensemble urbain a 27,8 27,9 28,5 27,4 28,0 29,0 28,0 Rural 24,1 24,6 24,8 26,1 26,4 25,5 27,0 25,5 Région Kayes 24,8 26,4 25,3 25,5 27,7 26,8 25,5 26,1 Koulikoro a 23,8 24,9 26,7 25,4 25,1 27,2 25,1 Sikasso 24,5 24,1 23,7 24,8 26,1 24,1 26,2 24,5 Ségou 24,5 25,5 24,5 27,3 27,2 25,5 29,7 26,0 Mopti 23,4 25,7 26,1 25,9 25,3 28,2 27,5 26,0 Kidal/Gao/Tombouctou 22,9 25,8 27,9 28,1 31,2 30,1 25,3 27,9 Bamako a 29,8 30,5 28,8 28,0 29,6 30,2 29,3 Niveau d’instruction Aucun 24,4 24,8 24,8 25,9 26,4 25,8 27,5 25,7 Primaire a 24,0 26,1 27,5 26,4 26,8 27,6 25,8 Secondaire ou plus a 29,8 28,2 28,8 28,5 29,1 26,7 28,8 Ensemble a 25,4 25,5 27,1 26,9 25,9 27,5 26,1 ________________________________________________________________________________________________ a Non calculé parce que moins de 50 % des hommes du groupe d’âges × à ×+4 sont en union à l’âge x. Le tableau 12.23 montre que l’âge au premier mariage est beaucoup plus tardif en milieu urbain qu’en milieu rural, en particulier à Bamako. Chez les hommes âgés de 30 à 39 ans, on observe plus de 5 ans d’écart entre Bamako et le milieu rural. Au niveau régional, les mariages les plus tardifs sont observés aussi à Bamako (entre 28 et 30 ans), où en plus, un certain vieillissement de l’âge d’entrée en première union est constaté. Enfin, les hommes les plus instruits se marient plus tard : chez les hommes âgés de moins de 45 ans, ceux de niveau secondaire ou plus se marient 3 à 4 ans plus tard que ceux qui n’ont jamais fréquenté l’école. 12.4.4 Âge aux premiers rapports sexuels Le tableau 12.24 présente le pourcentage d’hommes ayant eu leurs premiers rapports sexuels à certains âges exacts et l’âge médian aux premiers rapports sexuels selon l’âge actuel. Parmi les hommes de 20-59 ans, environ 6 % ont déjà eu des rapports sexuels avant 15 ans. À 18 ans, cette proportion est de 30 % et à 20 ans, elle est de 48 %. Ce sont près de sept hommes sur dix qui ont déjà eu une activité sexuelle en atteignant 22 ans. Entre 25 et 59 ans, on constate une certaine tendance à la baisse de l’âge médian aux premiers rapports sexuels : il passe de 21,1 ans à 55-59 ans à 19 ans à 25-29 ans. Enfin, on note que les hommes ont eu leurs premiers rapports sexuels en général environ 6 ans avant le premier mariage. 216 * Enquête homme Tableau 12.24 Âge aux premiers rapports sexuels Pourcentage des hommes ayant déjà eu des rapports sexuels par âge exact et âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l’âge actuel, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________________________________________________ Âge Pourcentage médian Pourcentage ayant déjà eau des n’ayant aux rapports sexuels à l’âge exact de : jamais eu premiers Groupe ___________________________________________ de rapports rapports d’âges 15 18 20 22 25 sexuels Effectif sexuels ____________________________________________________________________________________________ 15-19 10,6 NA NA NA NA 65,6 668 a 20-24 11,1 42,1 NA NA NA 19,8 463 a 25-29 5,0 36,9 57,0 NA 89,8 4,7 449 19,0 30-34 6,3 30,1 50,2 75,6 88,0 0,5 422 20,0 35-39 4,2 26,7 47,1 69,6 81,3 0,0 369 20,2 40-44 3,8 23,5 38,6 67,3 81,8 0,0 354 20,5 45-49 4,3 24,9 41,3 62,7 77,8 0,0 274 20,5 50-54 5,3 22,0 33,9 58,6 69,5 0,0 226 20,8 55-59 0,0 14,0 23,7 56,6 74,1 0,0 178 21,1 20-59 5,6 29,7 47,6 a a 4,2 2 737 a 30-59 4,3 24,8 41,4 66,9 80,2 0,1 1 824 20,4 _______________________________________________________________________________________________________ NA = Non applicablea Non calculé parce que moins de 50 % des hommes du groupe d’âges × à ×+4 ont eu des rapports sexuels à l’âge ×. 12.5 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Deux aspects ont été abordés, à savoir le désir d’avoir d’autres enfants et le nombre idéal d’enfants. Comme pour les femmes, on a demandé aux hommes s’ils souhaitaient avoir des (d’autres) enfants ; dans l’affirmative, combien de temps voudraient-ils attendre à partir de maintenant (période de l’enquête) avant la naissance d’un (autre) enfant. Il est logique d’imaginer que le désir d’avoir des (d’autres) enfants dans un délai donné dépendra dans une certaine mesure du nombre d’enfants actuellement en vie. Le tableau 12.25 indique la répartition des hommes par désir d’avoir des enfants supplémentaires selon le nombre d’enfants vivants. Dans l’ensemble, 36 % des hommes souhaitent avoir un (un autre) dans les 24 mois à venir, 44 % au-delà de 24 mois et 7 % voudraient avoir un (un autre) enfant mais ne se sont pas prononcés sur le délai. Au total, 88 % des hommes, soit près de 9 sur 10, souhaiteraient un (un autre) enfant. Seulement 9 % des hommes ne veulent plus (pas) avoir d’enfant. C’est parmi les hommes qui ont peu d’enfants (1 ou 2) ou qui n’en ont pas du tout, qu’on constate les proportions les plus élevées de ceux qui veulent un autre enfant dans les deux ans. Par ailleurs, les hommes qui ont entre 1 et 3 enfants vivants sont relativement plus nombreux (plus de 50 %) à vouloir un autre plus tard. Par ailleurs, la proportion la plus élevée d’hommes qui veulent un autre enfant mais ne savent pas quand est observée chez ceux qui actuellement n’ont aucun enfant (16 % contre moins de 9 % pour les autres). Enquête homme * 217 Tableau 12.25 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d’enfants vivants Répartition (en %) des hommes actuellement en union par désir d’enfants supplémentaires, selon le nombre d’enfants vivants, EDSM-III Mali 2001___________________________________________________________________________________________________ Nombre d’enfants vivants Désir _______________________________________________________________ d’enfants 0 1 2 3 4 5 6+ Effectif___________________________________________________________________________________________________ Veut un autre - Veut un autre dans les deux ans 48,9 39,4 37,3 34,8 35,3 30,6 31,7 36,1 - Veut un autre après deux ans 31,8 52,3 53,9 51,6 45,1 40,7 37,5 44,3 - Veut un autre/NSP quand 16,2 3,8 4,6 8,8 5,6 7,5 7,1 7,2 Indécis 0,4 0,7 0,8 0,5 1,5 5,0 2,7 1,7 Ne veut plus d’enfants 1,4 1,2 2,1 2,3 12,0 13,7 17,5 8,5 Stérile/femme stérile 1,2 1,2 1,3 1,9 0,5 2,4 3,6 2,0 ND 0,0 1,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 217 316 289 259 264 195 582 2 122 Tableau 12.26 Désir de limiter les naissances selon les caractéristiques socio-démographiques Pourcentage d’hommes actuellement en union ne voulant plus d’enfants par nombre d’enfants vivants, et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________________________________________ Nombre d’enfants vivants_________________________________________________________ Caractéristique 0 1 2 3 4 5 6 ou + Ensemble_________________________________________________________________________________________ Milieu de résidence Bamako 5,0 6,6 9,0 5,9 31,3 23,6 36,5 17,2 Autres villes 0,0 0,0 4,9 0,0 16,5 37,3 29,3 14,7 Total urbain 3,4 4,0 7,2 2,4 24,5 31,4 32,3 16,0 Rural 0,9 0,2 0,0 2,3 7,1 8,2 13,5 5,9 Région Kayes 0,0 0,0 0,0 0,0 2,8 5,8 17,1 6,0 Koulikoro 0,0 0,0 0,0 4,4 6,5 0,0 5,2 2,8 Sikasso 0,0 0,7 1,1 3,1 8,2 13,5 20,5 9,5 Ségou 2,0 0,0 0,0 1,3 12,8 28,2 23,5 11,4 Mopti 1,7 0,0 0,0 0,0 12,8 10,0 11,7 6,1 Kidal/Gao/Tombouctou 0,0 0,0 8,4 0,0 3,2 1,9 1,0 2,0 Bamako 5,0 6,6 9,0 5,9 31,3 23,6 36,5 17,2 Niveau d’instruction Aucun 0,7 0,2 0,6 2,8 6,1 6,3 16,0 6,7 Primaire 0,0 0,0 0,0 0,0 12,7 24,7 18,9 6,9 Secondaire ou plus 7,1 10,0 14,1 2,4 32,7 43,2 31,2 20,3 Total 1,4 1,2 2,1 2,3 12,0 13,7 17,5 8,5 Moins de 9 % des hommes actuellement en union ont déclaré ne plus vouloir d’enfants (tableau 12.26). Ce pourcentage varie énormément selon le nombre d’enfants vivants et le lieu de résidence. Moins ils ont d’enfants, plus les hommes souhaitent en avoir d’autres. C’est surtout dans les villes, à Bamako en particulier, que le pourcentage d’hommes ne voulant plus d’enfants est élevé (graphique 12.5). À Bamako, il est de 17 % dans l’ensemble et dépasse 20 % chez ceux ayant 4 enfants ou plus, contre, respectivement, 6 % et plus de 7 % en milieu rural. Au niveau régional, en dehors de la capitale, c’est seulement au-delà de 3 enfants qu’on observe des pourcentages notables d’hommes ne voulant plus d’enfants. Globalement, les régions de Ségou (11 %) et de Sikasso (10 %) sont, après Bamako, les zones où l’on observe le plus d’hommes qui souhaitent s’en tenir à leur descendance actuelle. Enfin, ce sont surtout les hommes scolarisés de niveau secondaire ou plus qui ont le plus souvent déclaré vouloir limiter leur nombre d’enfants au niveau actuel (20 % contre environ 7 % chez les non scolarisés et ceux qui ont le niveau primaire). 218 * Enquête homme Tableau 12.27 Nombre idéal d’enfants Répartition (en %) de l’ensemble des hommes par nombre idéal d’enfants et nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des hommes et pour ceux actuellement en union, selon le nombre d’enfants vivants, EDSM-III Mali 2001___________________________________________________________________________________________________ Nombre d’enfants vivants_______________________________________________________________ Nombre idéal d’enfants 0 1 2 3 4 5 6 ou + Ensemble___________________________________________________________________________________________________ 0 0,5 0,2 0,1 0,1 0,1 0,6 0,5 0,4 1 0,5 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,3 2 1,7 1,6 0,7 0,3 1,6 0,3 0,6 1,2 3 5,8 6,2 4,0 3,0 5,9 1,1 0,3 4,3 4 15,7 15,5 12,0 5,8 9,9 2,3 4,3 11,4 5 17,2 10,0 18,7 20,5 9,4 9,9 3,0 13,4 6+ 39,3 45,3 43,5 52,7 56,3 53,4 58,1 46,7 Réponse non numérique 19,2 20,7 21,1 17,6 16,8 32,4 33,1 22,4 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 448 357 296 262 264 196 582 3 405 Nombre idéal moyen d’enfants pour : Tous les hommes 6,5 7,2 7,0 7,8 8,1 9,4 11,3 7,7 Effectif 1 170 283 233 216 220 132 389 2 643 Hommes actuellement en union 6,7 7,4 7,0 7,7 8,1 9,4 11,3 8,5 Effectif 173 249 226 213 219 132 389 1 602______________________________________________________________________________________________________ Note : Les moyennes sont calculées en excluant les hommes ayant donné des réponses non numériques. Ces résultats qui traduisent le désir pour un nombre d’enfants élevé sont confirmés par le nombre idéal d’enfants déclaré par les enquêtés (tableau 12.27). En moyenne, les hommes mariés souhaitent avoir 8,5 enfants. Il est intéressant de noter que le nombre idéal moyen d’enfants augmente avec le nombre d’enfants actuellement en vie. La répartition selon le nombre idéal d’enfants montre que, quel que soit le nombre d’enfants vivants, les hommes déclarent un nombre idéal supérieur au nombre d’enfants qu’ils ont actuellement. Cela n’est pas surprenant puisque dans les coutumes, il est inhabituel de déclarer avoir eu plus d’enfants qu’on ne souhaitait. Même parmi ceux qui ont 6 enfants ou plus, 56 % ont déclaré que pour eux, le nombre idéal d’enfants est de 6 enfants ou plus. Enquête homme * 219 Tableau 12.28 Nombre idéal d’enfants par caractéristiques socio-démographiques Nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des hommes, par âge et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ___________________________________________________________________________________________________________ Âge actuel____________________________________________________________________________ Caractéristique 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 Ensemble____________________________________________________________________________________________________________ Milieu de résidence Bamako 5,0 5,0 4,9 4,8 5,0 5,0 5,7 8,1 5,7 5,1 Autres villes 6,4 6,5 5,8 6,4 7,0 7,5 9,2 10,9 8,3 7,0 Total urbain 5,7 5,4 5,3 5,5 5,9 6,3 7,1 9,4 6,8 5,9 Rural 7,7 7,1 7,4 8,4 9,0 9,6 10,3 11,4 12,3 8,7 Région Kayes 6,4 5,8 8,0 8,0 9,2 10,5 11,6 15,4 15,6 8,4 Koulikoro 6,1 5,5 6,3 6,6 6,1 6,2 6,9 8,5 7,9 6,4 Sikasso 7,4 7,6 6,8 8,2 9,1 9,4 11,2 11,4 8,5 8,4 Ségou 7,6 7,0 6,6 7,7 9,1 8,4 9,5 11,7 11,8 8,3 Mopti 9,1 8,1 8,3 10,1 9,1 10,0 11,0 10,2 12,1 9,7 Kidal/Gao/Tombouctou 8,5 6,2 6,7 7,8 8,7 10,4 8,3 14,0 16,4 9,4 Bamako 5,0 5,0 4,9 4,8 5,0 5,0 5,7 8,1 5,7 5,1 Niveau d’instruction Aucun 8,0 7,1 7,2 8,5 8,8 9,9 10,7 11,4 11,7 8,8 Primaire 6,9 6,5 6,6 7,2 7,9 7,3 7,6 8,9 10,0 7,1 Secondaire ou plus 4,9 4,7 4,6 4,7 5,6 5,6 5,3 5,9 6,1 5,0 Ensemble 6,9 6,3 6,6 7,6 8,0 8,5 9,1 10,9 11,3 7,7 Le nombre idéal moyen d’enfants augmente avec l’âge : moins de 7 entre 15 et 29 ans et 9 ou plus à plus de 45 ans (tableau 12.28). À tous les âges, il est beaucoup plus élevé en milieu rural (8,7) que dans les villes en général. Il est de 5,1 enfants par homme à Bamako (toutes situations matrimoniales confondues) et de 7,0 dans les autres villes. À Bamako, ce nombre est pratiquement constant jusqu’à 44 ans (5 enfants par homme) et augmente au-delà de cet âge. Au niveau régional, deux régions, Mopti (9,7 enfants par homme) et Kidal/Gao/Tombouctou (9,4) se démarquent des autres par un nombre idéal d’enfants élevé. À l’autre extrême se situent le district de Bamako et la région de Koulikoro avec respectivement 5,1 et 6,4 enfants. Enfin, à tous les âges, le nombre idéal d’enfants diminue avec le niveau d’instruction. Pour l’ensemble des hommes, il est de 8,8 chez les hommes n’ayant jamais fréquenté l’école, 7,1 (soit 1,7 enfants de moins) chez ceux de niveau primaire, et seulement de 5 enfants chez ceux de niveau secondaire ou plus. 1 Bien que le terme « excision » désigne une forme bien spécifique d’ablation, dans la suite de ce rapport, il sera également utilisé de façon générale pour désigner les trois différentes formes que prend cette pratique. 2 16 pratiques au total, dont l’excision Excision * 221 13EXCISION Dr Zeinab Mint Youba MAIGA, Guédiouma TANGARA, et Fatoumata Touré TRAORE La pratique de l’excision, qui consiste en l’ablation d’une partie des organes génitaux externes de la femme, est une coutume profondémentancrée dans la vie des femmes maliennes. Plusieurs formes peuvent être pratiquées : ablation du clitoris (clitoridectomie), ablation du clitoris et d’une partie des petites lèvres (excision1) et ablation du clitoris et des grandes et petites lèvres, avec suture du sexe de la femme (infibulation). Au Mali, les deux premières formes sont les plus fréquentes et sont le plus souvent pratiquées par des exciseuses traditionnelles, dans des conditions d’asepsie souvent peu satisfaisantes. Cette pratique a des répercutions importantes sur la vie des femmes. Au-delà du traumatisme causé par la douleur, des hémorragies, des infections (y compris le risque de transmission du VIH, puisque le même instrument est utilisé plusieurs fois sans qu’il soit stérilisé) et des cicatrices douloureuses peuvent s’ensuivre ; en outre des douleurs pour uriner, des difficultés au cours des règles, au cours des rapports sexuels et même à l’accouche- ment sont fréquentes. Au Mali, la volonté politique du gouvernement de prendre en compte la lutte contre la pratique de l’excision s’est traduite par des actions telles que : - la prise en compte des mutilations génitales parmi les composantes de la Santé de la Reproduction (SR) ; - la création d’un comité national d’action pour l’abolition des pratiques néfastes à la santé de la femme et de l’enfant. Des actions de plaidoyer et de sensibilisation, menées par des organisations de femmes et des ONGs, ont été entreprises. En outre, des programmes pour la prise en charge des complications vont être mis en place. Au Mali, le comité national d’action pour l’abandon des pratiques2 néfastes à la santé de la femme et de l’enfant a mené des actions parmi lesquelles on peut citer 1) le plaidoyer auprès des parlementaires ; 2) le plaidoyer auprès des élus locaux ; et 3) la sensibilisation des associations membres de la coordination des associations et ONGs féminines (CAFO). Le réseau des pairs éducateurs en MGF (Mutilation Génitale des Femmes) a été impliqué dans la campagne d’information et des actions de plaidoyer au niveau des différentes régions. Les différentes actions menées ont permis de rompre le silence autour d’un sujet aussi sensible et tabou qu’est l’excision. Aujourd’hui, même des religieux ont accepté de se prononcer en public sur ce sujet. La volonté politique du gouvernement de lutter contre la pratique de l’excision s’est également manifestée par l’adoption d’un plan d’action national pour la disparition de l’excision. - Par ailleurs, une décision du Ministère de la Santé interdisant la pratique par les agents socio- sanitaires en milieu médical a été prise (décision qui est en train d’être corrigée pour apporter plus de précision) ; 222 * Excision - Enfin, une décision a été prise d’introduire dans les curricula des établissements scolaires socio- sanitaires une formation sur les problèmes posés par la MGF. Pour évaluer l’ampleur de cette pratique dans le pays, l’EDSM-III a collecté des informations sur la prévalence de l’excision parmi les femmes enquêtées, sur le type d’excision pratiquée, ainsi que sur l’âge des femmes au moment de l’excision et le type de personne qui a procédé à l’excision. On a également demandé aux femmes si, parmi leurs filles, certaines avaient subi cette pratique. Dans le cas d’une réponse affirmative, des informations ont été collectées concernant la fille qui a été le plus récemment excisée. En outre, pour connaître l’opinion des femmes au sujet de l’excision, on leur a également posé des questions sur leur opinion concernant la poursuite ou l’arrêt de cette pratique, sur les objections faites lors de l’excision de la fille, sur les complications au moment ou après l’excision des filles et sur les avantages pour une fille d’être excisées ou non. Dans le questionnaire homme, on a également posé une série de questions sur la connaissance et l’opinion des hommes au sujet de l’excision. 13.1 CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FEMMES ENQUÊTÉES Au Mali, la quasi-totalité des femmes ont déclaré connaître l’excision (98 %). Quelles que soient les caractéristiques socio-démographiques, ces proportions sont très élevées. De même, la majorité des hommes ont déclaré connaître l’excision (96 %). Pratique de l’excision chez les femmes enquêtées Le tableau 13.1 fournit également les proportions de femmes excisées. La pratique de l’excision est très répandue au Mali puisque 92 % ont déclaré avoir subi cette pratique (tableau 13.1). L’ablation d’une partie des organes génitaux externes est la pratique la plus fréquente puisqu’elle a été effectuée dans 81 % des cas. Dans 2 % des cas, seule une entaille a été pratiquée, et un peu moins de 2 % des femmes ont subi une excision avec suture du vagin. On ne note aucune variation importante dans les proportions de femmes excisées selon les groupes d’âges (91 % à 15-19 ans, 92 % à 35-39 ans et 91 % à 45-49 ans), ce qui laisse penser que cette pratique perdure d’une génération à l’autre. De plus, l’enlèvement de parties de chair est la pratique prédominante quelle que soit la génération. Les résultats selon le milieu de résidence ne font pas, non plus, apparaître d’écarts, les proportions de femmes excisées variant de 93 % à Bamako et en milieu rural à 92 % dans les autres villes. Selon la région, on constate que les régions du nord (Kidal/Gao/Tombouctou) se caractérisent par une faible proportion de femmes excisées (34 %). Par contre, dans les autres régions, la proportion de femmes excisées varie d’un minimum de 88 % dans la région de Mopti à un maximum de 98 % dans celle de Kayes. Le niveau d’instruction semble avoir une légère influence sur la prévalence de l’excision, celle-ci variant d’un minimum de 87 % chez les femmes de niveau secondaire ou plus à un maximum de 92 % chez celles sans instruction. Par contre, la religion ne semble pas jouer un rôle important dans la pratique de l’excision, puisque la très grande majorité des femmes sont excisées quelle que soit leur religion. Cependant, on constate que les femmes de confessions animiste (95 %) et musulmane (92 %) sont plus souvent excisées que celles de confession chrétienne (76 %). Seule l’appartenance ethnique semble jouer un rôle important dans la pratique de l’excision : c’est dans les ethnies Sonraï et Tamacheck que la prévalence de l’excision est, de loin, la plus faible (respectivement, 41 % et 65 %), ce qui est cohérent avec l’observation faite précédemment sur les régions de Tombouctou, Gao et Kidal, où sont concentrées une grande partie des femmes de ces ethnies. Excision * 223 Tableau 13,1 Connaissance et pratique de l’excision Proportion de femmes et d’hommes connaissant l’excision, proportion de femmes excisées, et répartition (en %) des femmes excisées par type d’excision, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _____________________________________________________________________________________________________________________________ Type d’excision Proportion Proportion _____________________________ d’hommes de femmes Proportion Effectif Parties de Entaille, Fermeture Non Effectif connaissant Effectif connaissant de femmes de chair pas de chair du déterminé/ de femmes Caractéristique l’excision d’hommes l’excision excisées femmes enlevées enlevée vagin NSP excisées _____________________________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 88,7 668 98,0 91,2 2 565 77,0 2,0 2,0 19,0 2 339 20-24 96,0 463 98,3 91,3 2 339 79,5 1,7 2,2 16,6 2 135 25-29 98,4 449 97,9 91,9 2 208 82,9 2,1 1,4 13,6 2 030 30-34 97,5 422 98,5 92,1 1 900 83,2 2,2 2,2 12,4 1 749 35-39 98,7 369 98,3 92,3 1 624 84,9 1,3 1,9 11,9 1 499 40-44 97,2 354 98,4 91,2 1 245 83,0 2,3 1,9 12,8 1 135 45-49 99,4 274 98,7 91,0 968 83,5 3,1 1,1 12,3 881 50-64 98,1 405 NA NA NA NA NA NA NA NA Milieu de résidence Bamako 98,4 647 99,3 92,8 2 114 68,8 2,0 2,9 26,3 1 961 Autres villes 96,4 477 98,1 85,5 1 749 82,4 1,6 1,5 14,4 1 496 Ensemble urbain 97,5 1 125 98,8 89,5 3 863 74,7 1,9 2,3 21,2 3 457 Rural 95,2 2 280 98,0 92,5 8 986 84,3 2,1 1,7 12,0 8 310 Région Kayes 98,1 402 98,9 97,7 1 734 84,7 0,3 0,9 14,2 1 693 Koulikoro 97,3 526 99,9 99,0 2 055 88,8 1,4 0,9 8,9 2 033 Sikasso 95,3 645 99,4 96,6 2 408 85,7 1,1 1,8 11,4 2 327 Ségou 98,5 612 99,5 94,6 2 078 78,7 6,4 0,8 14,1 1966 Mopti 95,5 412 95,7 87,5 1 780 83,4 0,8 3,7 12,1 1 558 Kidal/Gao/ Tombouctou 71,5 162 87,0 33,6 681 67,6 0,0 7,0 25,3 229 Bamako 98,4 647 99,3 92,8 2 114 68,8 2,0 2,9 26,3 1 961 Niveau d’instruction Sans instruction 95,6 2 237 98,1 92,4 10 275 82,2 2,2 1,8 13,8 9 493 Primaire 94,5 522 98,7 89,7 1 456 81,4 0,5 2,1 16,0 1 306 Secondaire ou plus 98,7 645 99,3 86,6 1 118 74,3 2,2 2,6 20,9 969 Ethnie Bambara 98,2 1 183 99,6 98,0 4 245 81,5 3,3 2,2 12,9 4 162 Malinké 98,2 352 99,5 97,9 1 177 88,4 1,2 1,5 8,8 1 152 Peulh 97,3 445 99,2 97,2 1 797 77,8 1,7 2,6 17,9 1 748 Sarakolé/Soninké/ Marka 97,9 345 98,7 96,9 1 584 75,2 1,0 1,1 22,7 1 535 Sonraï 82,0 183 90,3 40,8 763 81,8 0,0 2,7 15,5 311 Dogon 94,8 266 93,1 78,6 938 87,1 1,9 1,4 9,7 738 Tamacheck 90,0 76 94,4 65,3 257 73,6 1,9 1,9 22,6 168 Sénoufo/Minianka 93,7 279 99,7 97,2 1 063 84,9 0,6 0,8 13,7 1 034 Bobo 91,4 130 98,8 90,5 489 86,6 1,1 0,3 12,0 442 Autre 96,0 89 98,7 95,1 323 76,2 1,5 4,7 17,6 308 Religion Musulmane 96,1 3 172 98,3 91,9 11 934 80,9 2,1 1,9 15,1 10 971 Chrétienne 92,8 111 94,3 75,5 387 84,2 0,5 0,9 14,5 292 Animiste 94,0 88 99,2 95,1 360 89,8 0,4 1,6 8,2 343 Autre 100,0 32 98,2 96,6 163 96,1 0,0 2,0 1,9 157 Total 96,0 3 405 98,2 91,6 12 849 81,4 2,0 1,9 14,7 11 767 _____________________________________________________________________________________________________________________ NA = Non applicable 224 * Excision Compte tenu des difficultés à obtenir des informations fiables sur le type d’excision subie, au cours de l’enquête, on a simplement demandé aux femmes si on leur avait fait une simple entaille ou si on leur avait enlevé des morceaux de chair dans la zone des organes génitaux. Cette information ne permet pas de définir le type d’excision, mais elle permet au moins de différencier une certaine forme d’excision « symbolique » consistant à faire une « simple » entaille de l’excision proprement dite, consistant en l’ablation d’une partie, plus ou moins importante, des organes génitaux externes de la femme. On a également demandé aux femmes si on leur avait fermé le vagin. Les résultats du tableau 13.1 indiquent que, dans leur majorité (81 %), les femmes maliennes excisées ont subi une excision « réelle », c’est à dire qu’une partie de leurs organes génitaux externes été enlevé au cours de la procédure. Très peu de femmes (2 %) ont subi la forme « légère » d’excision (entaille sans ablation de chairs) et moins de 2 % des femmes ont eu leur vagin fermé ; de plus, 15 % des femmes n’ont pas su répondre à la question concernant le type d’excision qu’elles avaient subi. Âge à l’excision des femmes enquêtées Le tableau 13.2 présente les données sur l’âge des femmes à l’excision. Les résultats montrent qu’au Mali l’excision est pratiquée à un âge relativement tôt : 8 % des femmes ont déclaré que l’excision avait eu lieu lorsqu’elles avaient 0-1 an et 7 % lorsqu’elles avaient 2-4 ans ; par ailleurs, 46 % des femmes n’ont pas pu déterminer un âge exact mais elles ont déclaré que l’excision avait eu lieu durant la petite enfance. Globalement, pour plus de six femmes sur dix (61 %) on constate qu’elles ont subi cette pratique avant 5 ans. Cependant, dans 21 % des cas, les femmes ont déclaré qu’elles avaient été excisées à l’âge de 5-9 ans et 13 % à 10-14 ans. Seulement 1 % des femmes ont été excisées à 15 ans ou plus. Enfin, 4 % des femmes n’ont pas pu dire à quel âge elles avaient été excisées, ce qui signifient qu’elles ont été très probablement excisées à un âge très jeune. Les résultats selon les caractéristiques socio-démographiques font apparaître quelques variations dans l’âge à l’excision. Selon le milieu de résidence, on constate qu’en milieu rural, l’excision est pratiquée plus tard qu’en milieu urbain (56 % contre 74 % avant 5 ans). De plus, près de deux femmes sur cinq du milieu rural (39 %) ont déclaré avoir été excisées entre 5 et 14 ans contre seulement 21 % en urbain. À Bamako, 79 % des femmes ont été excisées avant 5 ans alors que dans les autres villes, cette proportion est de 61 %. En ce qui concerne la région, on constate que c’est dans les régions de Kayes et de Mopti que la proportion de femmes excisées avant 5 ans est la plus élevée (respectivement 85 % et 67 %). À l’opposé, c’est dans la région de Sikasso que l’excision se pratique le plus tardivement (49 % des femmes excisées entre 5 et 14 ans). Entre les femmes de religion chrétienne et celles appartenant à la religion musulmane, on ne constate pas d’écart important de l’âge à l’excision (65 % des femmes chrétiennes excisées avant 5 ans contre 62 % chez les musulmanes). Du point de vue ethnique—qui est très lié à la région de résidence—on constate que ce sont les femmes des ethnies Bambara (46 % entre 5 et 14 ans) et Sénoufo/Minianka, qui habitent principalement la région de Sikasso, qui sont excisées à l’âge le plus tardif (42 % de femmes excisées entre 5 et 14 ans) ; par contre, parmi les femmes Sarakolé/Soninké/Marka (région de Kayes), 80 % ont déclaré avoir été excisées avant 5 ans. Excision * 225 Tableau 13.2 Âge des enquêtées à l’excision Répartition (en %) des femmes excisées par âge à l’excision, selon les caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ______________________________________________________________________________________________________________________ Dans la Âge à l’excision Effectif petite ___________________________________________________________ de femmes Caractéristique enfance 0-1 2-4 5-9 10-14 15+ NSP Total excisées1 ______________________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ethnie Bambara Malinké Peulh Sarakolé/Soninké/Marka Sonraï Dogon Tamacheck Sénoufo/Minianka Bobo Autre Religion Musulmane Chrétienne Animiste Autre Ensemble 52,9 9,9 7,0 17,8 7,7 0,6 4,1 100,0 2 339 50,5 8,6 6,7 20,7 8,8 0,9 3,9 100,0 2 135 47,6 7,9 6,7 20,7 12,2 1,0 3,8 100,0 2 030 45,0 7,7 7,4 20,9 14,8 1,2 2,9 100,0 1 749 39,2 7,9 7,7 22,8 16,8 1,4 4,2 100,0 1 499 41,6 4,7 6,3 22,3 19,1 2,6 3,4 100,0 1 135 37,3 5,4 6,6 19,7 22,6 4,8 3,6 100,0 881 63,3 9,5 6,0 10,8 5,2 0,7 4,4 100,0 1 961 46,4 7,9 6,9 20,5 13,1 1,4 3,7 100,0 11 767 60,2 8,9 5,2 13,7 7,6 0,8 3,5 100,0 3 457 40,6 7,5 7,7 23,3 15,4 1,6 3,8 100,0 8 310 61,6 20,4 3,0 8,6 4,0 0,1 2,3 100,0 1 693 35,1 5,2 7,0 25,2 22,2 2,9 2,5 100,0 4 293 33,8 4,2 6,1 26,7 22,1 3,4 3,7 100,0 2 327 36,7 6,4 8,0 23,4 22,2 2,2 1,0 100,0 1 966 50,0 4,5 12,2 21,4 8,2 0,5 3,3 100,0 1 558 49,4 0,7 5,7 27,0 12,3 0,3 4,6 100,0 229 63,3 9,5 6,0 10,8 5,2 0,7 4,4 100,0 1 961 44,1 7,6 7,1 21,4 14,4 1,6 3,9 100,0 9 493 47,8 9,2 6,8 21,0 11,4 0,8 3,1 100,0 1 306 67,3 9,4 6,1 10,6 2,6 0,6 3,5 100,0 969 34,6 5,8 8,2 27,3 18,2 1,6 4,4 100,0 4 162 47,6 15,3 6,5 17,6 8,1 0,3 4,8 100,0 1 152 50,9 9,3 6,6 17,8 9,9 1,5 4,1 100,0 1 748 65,8 11,5 2,9 9,4 5,6 0,7 4,0 100,0 1 535 62,4 4,0 3,8 20,7 7,1 0,0 2,0 100,0 311 45,9 7,5 17,8 16,0 9,6 0,7 2,4 100,0 738 58,0 15,9 2,8 9,5 2,9 2,1 8,8 100,0 168 46,3 3,0 3,8 22,1 20,1 3,3 1,4 100,0 1 034 48,7 3,9 7,6 21,6 14,6 2,7 0,8 100,0 442 53,7 4,1 4,8 22,9 12,7 0,2 1,5 100,0 308 46,6 8,2 6,8 20,4 13,0 1,3 3,7 100,0 10 971 51,9 5,3 7,9 21,0 10,1 2,3 1,5 100,0 292 38,0 2,1 6,8 23,0 22,5 3,1 4,6 100,0 343 37,6 6,8 17,4 23,9 6,4 0,0 7,8 100,0 157 46,4 7,9 6,9 20,5 13,1 1,4 3,7 100,0 11 767 ______________________________________________________________________________________________________________________ 1 L’âge à l’excision n’est pas déterminé pour les femmes pour lesquelles le type d’excision est inconnu. 226 * Excision Tableau 13.3 Personne qui a procédé à l’excision Répartition (en %) des femmes excisées selon la personne qui a pratiqué l’excision et selon le type d’excision, EDSM-III Mali 2001 __________________________________________________________________________________ Type d’excision ____________________________________ Personne qui Chair Fermeture a pratiqué l’excision enlevée Entaille du vagin ND/NSP Ensemble1 __________________________________________________________________________________ Professionnel de la santé Médecin Infirmière/sage-femme Autre professionnel de santé Traditionnel Exciseuse traditionnelle Accoucheuse traditionnelle NSP Total Effectif de femmes excisées 2,1 0,2 6,5 3,3 2,3 0,6 0,2 2,8 0,8 0,7 1,4 0,0 3,6 2,4 1,6 0,1 0,0 0,0 0,1 0,1 93,0 95,2 91,9 81,6 91,4 92,4 93,2 90,1 80,8 90,7 0,6 2,0 1,8 0,8 0,7 4,8 4,6 1,7 15,1 6,3 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 9 584 237 220 1 725 11 767 _______________________________________________________________________________ 1 Y compris les 1 725 femmes pour lesquelles le type d’excision n’est pas déterminé. Personne ayant procédé à l’excision La très grande majorité des femmes enquêtées (91 %) ont été excisées par des exciseuses traditionnelles. Le recours à des professionnels de la santé est très rare (2 %). Cependant, on constate que le recours au service de ces derniers est un peu plus fréquent quand il y a eu fermeture du vagin. 13.2 PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FILLES DES FEMMES ENQUÊTÉES Lors de l’interview, des questions ont également été posées aux femmes qui avaient, au moins, une fille vivante pour savoir si elle ou l’une d’entre elles avait été excisée. Si plusieurs filles de l’enquêtée avaient été excisées, les questions concernant le type d’excision, l’âge à l’excision, les complications, etc. portaient uniquement sur la fille qui avait été excisée le plus récemment. Comme certaines filles enquêtées étaient trop jeunes au moment de l’enquête pour avoir déjà été excisées, on a également demandé aux femmes dont la fille n’a pas été excisée si elles avaient l’intention de la faire exciser. Pratique de l’excision chez les filles L’analyse du tableau 13.4 montre que plus de sept enquêtées sur dix (73 %) ayant, au moins, une fille avaient déjà fait exciser leur fille ou au moins l’une de leurs filles, 17 % avaient l’intention de la (ou les) faire exciser et, à l’opposé, 7 % n’avaient pas l’intention de le faire. Seulement un peu plus de 1 % ont déclaré qu’elles n’avaient pas pris de décision. Au total, 90 % des filles des femmes enquêtées sont ou seront excisées, c’est-à-dire un niveau très proche de celui des mères (92 %). Ce résultat indique qu’au Mali l’excision est une pratique qui reste encore aujourd’hui très répandue. C’est dans les catégories de femmes parmi lesquelles la fréquence de l’excision est la plus faible que l’on constate les proportions les plus élevées de celles qui n’ont pas l’intention de faire exciser leur fille : c’est le cas de la région Kidal/Gao/Tombouctou (57 %), parmi les femmes des ethnies Sonraï et Tamacheck (respectivement, 54 % et 25 %) et parmi les femmes de religion chrétienne (30 %). Bien évidemment, la proportion la plus élevée de femmes qui n’ont pas l’intention de faire exciser leur fille est observée chez les femmes qui n’ont pas, elles-mêmes, été excisées (83 %). Excision * 227 Tableau 13.4 Pratique de l’excision parmi les filles des femmes enquêtées Repartition (en %) des femmes ayant au moins une fille en vie selon qu’au moins une fille a été excisée et si non selon qu’elles ont ou non l’intention de la/les faire exciser, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001_______________________________________________________________________________________________________________ N’a pas A l’intention l’intention Effectif de Au moins de faire de faire La mère ne femmes ayant une fille exciser exciser connaît pas une des fille(s) Caractéristique excisée sa/ses fille(s) sa/ses fille(s) NSP l’excision Total vivante(s) _______________________________________________________________________________________________________________ Excision de la mère Ne connait pas l’excision 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 100,0 129 Excisée 78,2 18,0 2,7 1,0 0,0 100,0 7 607 Pas excisée 10,2 3,5 83,1 3,2 0,0 100,0 487 Groupe d’âges 15-19 41,9 47,9 7,4 1,7 1,1 100,0 418 20-24 51,9 38,1 6,9 1,9 1,2 100,0 1 174 25-29 65,8 24,6 6,5 0,9 2,1 100,0 1 653 30-34 75,8 13,4 8,2 1,1 1,5 100,0 1 579 35-39 83,5 5,9 7,9 1,1 1,6 100,0 1 431 40-44 87,8 2,8 6,7 1,0 1,7 100,0 1 099 45-49 88,6 1,0 8,4 0,8 1,3 100,0 871 Milieu de résidence Bamako 77,6 10,2 11,3 0,7 0,3 100,0 948 Autres villes 72,1 13,7 11,9 1,2 1,2 100,0 1 060 Ensemble urbain 74,7 12,0 11,6 0,9 0,7 100,0 2 008 Rural 72,4 18,5 6,1 1,2 1,8 100,0 6 215 Région Kayes 91,6 5,9 0,9 0,6 1,0 100,0 1 164 Koulikoro 76,5 19,9 2,3 1,1 0,1 100,0 1 403 Sikasso 68,7 27,7 2,0 1,1 0,5 100,0 1 633 Ségou 75,9 15,8 6,2 1,6 0,5 100,0 1 471 Mopti 67,9 18,2 8,2 1,5 4,2 100,0 1 189 Kidal/Gao/Tombouctou 19,3 10,3 57,3 1,5 11,6 100,0 416 Bamako 77,6 10,2 11,3 0,7 0,3 100,0 948 Niveau d’instruction Sans instruction 73,2 18,1 5,9 1,1 1,7 100,0 6 900 Primaire 74,6 12,2 10,9 1,2 1,1 100,0 893 Secondaire ou plus 65,9 7,0 24,8 1,8 0,5 100,0 431 Ethnie Bambara 72,4 24,3 1,9 1,1 0,4 100,0 2 784 Malinké 83,3 12,0 3,9 0,6 0,2 100,0 755 Peulh 80,6 14,9 2,8 0,9 0,8 100,0 1 135 Sarakolé/Soninké/Marka 87,9 6,8 3,6 0,6 1,1 100,0 979 Sonraï 27,5 8,8 54,0 1,1 8,6 100,0 438 Dogon 63,9 13,5 13,7 2,1 6,8 100,0 610 Tamacheck 63,3 6,0 25,4 0,9 4,5 100,0 173 Sénoufo/Minianka 74,7 21,1 2,3 1,6 0,4 100,0 684 Bobo 63,2 16,4 16,7 2,4 1,2 100,0 338 Autre 72,0 19,0 5,9 2,7 0,4 100,0 208 Religion Musulmane 74,3 16,4 6,9 1,0 1,4 100,0 7 657 Chrétienne 47,1 14,4 29,7 2,1 6,7 100,0 227 Animiste 62,6 27,5 5,3 3,4 1,2 100,0 246 Autre 52,5 42,0 2,3 2,1 1,1 100,0 88 Total 73,0 16,9 7,4 1,2 1,6 100,0 8 223 Les résultats du tableau 13.5 indiquent que, comme pour les mères, la pratique la plus courante a consisté en l’ablation de chairs (87 %) ; dans presque 5 % des cas, c’est-à-dire deux fois plus que chez les mères, le vagin a été totalement fermé. Quant à la forme « légère » d’excision (entaille sans ablation de chairs), elle n’a été pratiquée que dans seulement 2 % des cas. De plus, on ne constate que très peu d’écarts selon les caractéristiques socio-démographiques. 228 * Excision Tableau 13.5 Type d’excision des filles Répartition (en %) des filles excisées le plus récemment par type d’excision, selon les caractéristiques socio-démographiques de la mère, EDSM-III Mali 2001 ___________________________________________________________________________________________________________ Effectif Type d’excision des filles __________________________________________ excisées Caractéristique Chairs Fermeture le plus des mères enlevées Entaille du vagin ND/NSP Total récemment1 ____________________________________________________________________________________________________________ Type d’excision (mère) Chair enlevée 93,2 0,5 4,0 2,3 100,0 4 938 Entaille 39,7 51,9 0,8 7,6 100,0 117 Fermeture du vagin 65,2 1,9 29,0 3,9 100,0 103 ND/NSP 59,8 5,8 5,1 29,2 100,0 841 Groupe d’âges 15-19 83,5 0,2 7,0 9,3 100,0 175 20-24 85,5 1,4 4,1 9,0 100,0 609 25-29 87,1 2,2 3,8 6,9 100,0 1 088 30-34 87,6 2,8 3,7 5,9 100,0 1 198 35-39 89,0 1,7 4,6 4,7 100,0 1 194 40-44 87,0 3,1 4,9 5,0 100,0 965 45-49 84,8 2,7 6,0 6,5 100,0 771 Milieu de résidence Bamako 79,4 1,9 4,4 14,3 100,0 735 Autres villes 86,5 2,3 6,0 5,2 100,0 764 Ensemble urbain 83,1 2,1 5,2 9,6 100,0 1 499 Rural 88,3 2,3 4,3 5,0 100,0 4 500 Région Kayes 92,8 1,5 2,4 3,3 100,0 1 066 Koulikoro 86,5 1,1 4,9 7,5 100,0 1 074 Sikasso 89,8 1,0 4,9 4,2 100,0 1 121 Ségou 84,6 7,5 3,0 4,9 100,0 1 116 Mopti 87,1 0,1 7,3 5,4 100,0 807 Kidal/Gao/Tombouctou 76,9 0,0 16,3 6,8 100,0 80 Bamako 79,4 1,9 4,4 14,3 100,0 735 Niveau d’instruction Sans instruction 87,2 2,3 4,8 5,7 100,0 5 050 Primaire 87,4 2,1 3,3 7,2 100,0 666 Secondaire ou plus 82,3 2,8 3,0 11,9 100,0 284 Ethnie Bambara 84,8 3,5 4,7 7,1 100,0 2 014 Malinké 90,1 2,3 2,4 5,2 100,0 629 Peulh 87,3 2,0 5,5 5,2 100,0 915 Sarakolé/Soninke/MArka 86,2 2,1 4,0 7,7 100,0 860 Sonraï 79,9 0,8 7,8 11,5 100,0 120 Dogon 90,6 0,8 5,0 3,7 100,0 390 Tamacheck 85,2 3,2 2,7 8,8 100,0 109 Sénoufo/Minianka 91,3 0,8 3,5 4,4 100,0 511 Bobo 95,1 0,5 2,1 2,4 100,0 213 Autre 80,4 1,4 12,0 6,3 100,0 150 Religion Musulmane 86,7 2,4 4,6 6,3 100,0 5 688 Chrétienne 95,6 1,0 0,0 3,4 100,0 107 Animiste 92,1 0,0 4,3 3,7 100,0 154 Autre 89,8 0,0 6,3 3,9 100,0 46 Total 87,0 2,3 4,5 6,2 100,0 5 999 __________________________________________________________________________________________________________ 1 Si la mère a plusieurs filles excisées, les données portent sur la fille excisée le plus récemment. Excision * 229 Tableau 13.6 Âge des filles à l’excision Répartition (en %) des filles excisées par âge à l’excision, selon les caractéristiques socio-démographiques de la mère, EDSM-III Mali 2001 ______________________________________________________________________________________________________________________ Effectif de filles Dans la Âge à l’excision des filles excisées petite ___________________________________________________________ le plus Caractéristique enfance 0-1 2-4 5-9 10-14 15+ NSP Total récemment1 ______________________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ethnie Bambara Malinké Peulh Sarakolé/Soninké/ Marka Sonraï Dogon Tamacheck Sénoufo/Minianka Bobo Autre Religion Musulmane Chrétienne Animiste Autre Ensemble 42,4 48,6 7,4 0,0 0,0 0,0 1,6 100,0 175 34,0 43,5 17,2 3,3 0,2 0,0 1,8 100,0 609 28,1 34,0 22,6 11,4 1,4 0,0 2,5 100,0 1 088 27,8 29,7 21,4 17,3 2,0 0,1 1,8 100,0 1 198 24,3 25,9 25,6 20,6 2,2 0,0 1,4 100,0 1 194 25,9 24,0 24,4 20,1 4,3 0,0 1,3 100,0 965 27,2 20,4 21,0 23,2 5,4 0,8 2,0 100,0 771 44,2 37,9 11,3 5,2 0,4 0,0 0,9 100,0 735 27,8 29,6 22,0 16,2 2,5 0,1 1,8 100,0 5 999 35,6 40,5 13,0 9,0 0,5 0,0 1,4 100,0 1 499 25,3 25,9 25,0 18,6 3,2 0,2 1,9 100,0 4 500 28,9 60,4 6,5 2,8 0,5 0,1 0,9 100,0 1 066 20,2 21,2 28,7 23,0 4,6 0,1 2,2 100,0 2 237 22,4 15,0 27,1 26,3 6,4 0,2 2,6 100,0 1 121 17,9 27,5 30,3 19,7 2,7 0,0 1,9 100,0 1 116 20,7 20,3 37,1 18,1 1,6 0,1 2,1 100,0 807 16,0 20,6 26,8 23,6 8,0 1,6 3,3 100,0 80 44,2 37,9 11,3 5,2 0,4 0,0 0,9 100,0 735 26,6 28,5 23,0 17,2 2,8 0,1 1,8 100,0 5 050 31,8 33,5 19,3 12,2 0,9 0,0 2,2 100,0 666 41,3 39,2 11,3 6,1 1,0 0,0 1,1 100,0 284 24,0 20,2 23,7 24,7 4,5 0,2 2,6 100,0 2 014 25,0 50,3 14,0 8,7 0,7 0,2 1,1 100,0 629 28,1 32,5 20,6 15,5 1,9 0,1 1,4 100,0 915 39,8 43,0 11,5 4,0 0,4 0,0 1,3 100,0 860 26,6 36,2 18,6 14,2 2,0 0,0 2,5 100,0 120 17,6 25,2 44,4 8,7 1,5 0,0 2,5 100,0 390 43,2 33,6 16,8 2,5 0,0 0,0 3,8 100,0 109 27,8 19,8 24,1 23,7 3,4 0,2 1,1 100,0 511 34,1 21,4 29,9 12,5 2,1 0,0 0,0 100,0 213 28,6 16,2 34,9 18,4 1,9 0,0 0,0 100,0 150 28,5 30,1 21,8 15,4 2,3 0,1 1,7 100,0 5 688 21,0 23,4 26,8 20,9 3,3 0,0 4,6 100,0 107 10,7 14,5 30,9 33,9 7,6 0,0 2,4 100,0 154 15,9 29,2 11,0 36,8 2,5 0,0 4,6 100,0 46 27,8 29,6 22,0 16,2 2,5 0,1 1,8 100,0 5 999 ______________________________________________________________________________________________________________________ 1 Si la mère a plusieurs filles excisées, les données portent sur la fille excisée le plus récemment. Âge des filles à l’excision Le tableau 13.6 présente la répartition des filles qui ont été excisées le plus récemment selon l’âge à l’excision. En premier lieu, on constate que pour 80 % des filles, l’excision a eu lieu avant 5 ans : 30 % à 0-1 ans ; 22 % à 2-4 ans et 28 % dans la petite enfance. Par rapport aux mères, on constate donc que les filles sont excisées à des âges plus jeunes puisque 61 % des mères avaient été excisées avant 5 ans. De plus, on constate que seulement 3 % des filles ont subi cette pratique à 10-14 ans contre 13 % chez les mères. 230 * Excision Tableau 13.7 Personne qui a procédé à l’excision des filles Répartition (en %) des filles excisées le plus récemment selon la personne qui a pratiqué l’excision selon le type d’excision, EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________________________ Type d’excision des filles____________________________________ Personne qui Chair Fermeture a pratiqué l’excision enlevée Entaille du vagin ND/NSP Ensemble_________________________________________________________________________ Professionnel de la santé Médecin Infirmière/sage-femme Autre professionnel de santé Traditionnel Exciseuse traditionnelle Accoucheuse traditionnelle NSP Total Effectif de filles excisées le plus récemment1 4,1 8,6 6,4 4,6 4,3 0,7 1,2 1,0 1,0 0,8 2,9 7,5 4,0 3,6 3,1 0,4 0,0 1,4 0,0 0,4 95,5 91,4 92,9 79,2 94,3 95,0 87,2 91,2 78,9 93,6 0,5 4,1 1,6 0,4 0,7 0,4 0,0 0,8 16,2 1,4 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 5 219 137 272 372 5 999 _________________________________________________________________________ 1 Si la mère a plusieurs filles excisées, les données portent sur la fille excisée le plus récemment. Précisons cependant que ces résultats doivent être interprétés avec prudence dans la mesure où la structure par âge des filles est totalement différente de celle des femmes enquêtées et où certaines filles étaient encore trop jeunes au moment de l’enquête pour être excisées. On constate des écarts importants selon les caractéristiques socio-démographiques des mères. Comme pour les mères, l’excision est toujours pratiquée à un âge plus tardif en rural qu’en urbain (89 % des excisions des filles ont été effectuées avant 5 ans contre 76 % en milieu rural). De même, c’est toujours dans les régions de Kayes et Bamako que l’on constate les proportions les plus élevées de filles excisées à un âge jeune (respectivement, 96 % et 93 % avant 5 ans) ; par contre dans la région de Sikasso, l’excision se pratique toujours à un âge tardif, un tiers des filles ayant été excisées entre 5 et 14 ans (33 %). Selon le niveau d’instruction, il semble que plus la mère a un niveau d’instruction élevé et plus la fille est fréquemment excisée à un âge jeune : en effet, 92 % des filles dont la mère a un niveau secondaire ou plus et 85 % de celles dont la mère a un niveau primaire ont été excisées avant 5 ans ; chez celles dont la mère n’a aucune instruction, cette proportion est de 78 %. Selon l’ethnie, on constate comme pour les mères que dans les ethnies Bambara et Sénoufo/Minianka, l’excision se pratique toujours à un âge plus tardif que dans les autres ethnies (respectivement 29 % et 27 % des filles ont été excisées entre 5-14 ans) ; par contre, chez les Sarakolé/Soninké/Marka (94 %), les Dogons (84 %) et les Tamacheck (79 %), les filles ont été excisées plus jeunes que dans les autres ethnies. Personne ayant procédé à l’excision Comme pour leur mères, les filles ont été excisées en majorité par des exciseuses traditionnelles (94 %) (tableau 13.7). Cependant, malgré un niveau toujours très faible, le recours à un professionnel de la santé est deux fois plus important pour les filles (4 %) qu’il ne l’était pour les mères (2 %), ce qui peut laisser supposer une amélioration des conditions d’asepsie dans lesquelles sont pratiquées ces interventions. Néanmoins, on peut aussi considérer que cette tendance comporte un risque de déviation dans la lutte contre l’excision. Excision * 231 Tableau 13.8 Excision des filles et complications Pourcentage de filles excisées le plus récemment qui ont eu des complications au moment ou après l’excision d’après les déclarations de la mère, par type d’excision, EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________________________ Type d’excision des filles____________________________________ Chair Fermeture Saignement excessif enlevée Entaille du vagin ND/NSP Ensemble_________________________________________________________________________ Saignement excessif Gonflement Infection/cicatrisation Au moins une complication Deux complications ou plus Effectif de filles excisées1 17,1 19,6 16,1 12,4 16,8 4,2 17,8 5,4 5,3 4,6 8,1 0,6 6,1 7,4 7,8 22,3 30,4 20,3 19,0 22,2 6,0 7,0 5,9 5,2 6,0 5 219 137 272 372 5 999 _________________________________________________________________________ 1 Si la mère a plusieurs filles excisées, les données portent sur la fille excisée le plus récemment. Excision des filles et complications Au cours de l’enquête, on a également demandé aux femmes si leur fille qui avait été excisée le plus récemment avait souffert d’un certain nombre de complications pendant ou après l’excision. Les résultats sont présentés au tableau 13.8. D’après les déclarations de la mère, plus d’une fille sur cinq (22 %) ont eu au moins une complication, et dans 6 % des cas, les filles ont même eu au moins deux complications. Si l’on analyse les résultats selon le type de complications, on constate que 17 % des filles ont eu des saignements excessifs et 8 % ont eu des problèmes d’infections/cicatrisation ; de plus, 5 % des mères ont déclaré que leur fille avait eu un gonflement de la zone génitale, ce qui peut également être un signe d’infection. 13.3 OPINIONS ET CROYANCES VIS-À-VIS DE L’EXCISION Dans le but de mieux comprendre les raisons qui expliquent la pratique de l’excision, on a demandé aux femmes et aux hommes quels étaient, à leur avis, les avantages pour une fille d’être excisée et les avantages de ne pas être excisée. Avantages pour une fille d’être excisée Le tableau 13.9.1 présente les résultats concernant les avantages de l’excision d’après les femmes. On constate tout d’abord que 15 % ont déclaré qu’il n’y a aucun avantage pour une fille à être excisée et cette proportion est particulièrement élevée chez les femmes qui n’ont pas été excisées (58 %). On peut également souligner que plus de 42 % des femmes de la région de Kidal/Gao/Tombouctou ainsi que 41 % des femmes de l’ethnie Sonraï et 33 % des femmes chrétiennes ont déclaré qu’il n’y avait pas d’avantage pour une fille à être excisée. 232 * Excision Tableau 13.9.1 Avantages pour une fille d’être excisée : femmes Pourcentage de femmes qui ont évoqué différents avantages pour une fille d’être excisée, selon les caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _______________________________________________________________________________________________________________ Avantages de l’excision _______________________________________________________________________ Meilleure Plus Effectif Recon- chance Préserva- grand qui Pas Meilleure naissance de tion de la plaisir de Nécessité connaissent Caractéristique d’avantage hygiène sociale mariage virginité l’homme religieuse Autre l’excision _____________________________________________________________________________________________________________ Excision de la mère Excisée - Parties de chair enlevées - Entaille - Type d’excision indéterminé Pas excisée Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ethnie Bambara Malinké Peulh Sarakolé/Soninké/Marka Sonraï Dogon Tamacheck Sénoufo/Minianka Bobo Autre Religion Musulmane Chrétienne Animiste Autre Ensemble des femmes 11,7 21,8 43,9 6,9 6,9 2,5 20,5 17,4 11 767 10,7 22,4 45,0 6,6 6,5 2,3 19,2 17,7 9 780 10,6 33,8 46,8 21,2 8,4 2,7 52,7 7,2 254 17,7 17,0 37,3 6,5 8,9 3,4 23,4 17,4 1 734 57,6 2,8 11,0 1,0 2,9 0,7 2,3 24,7 855 18,4 18,2 31,6 5,2 6,8 2,8 13,9 24,1 2 513 15,5 19,7 38,1 7,4 8,9 2,9 17,1 18,6 2 299 14,4 20,8 43,6 6,3 7,8 2,8 21,3 16,3 2 161 15,2 21,5 43,0 7,3 6,1 2,0 19,6 15,8 1 871 12,5 22,8 46,4 5,4 4,1 1,9 22,0 15,6 1 597 11,9 21,6 50,4 8,7 6,1 1,5 21,2 15,6 1 225 11,3 21,1 51,1 5,3 3,6 1,5 26,3 14,8 955 20,3 21,0 30,9 5,4 14,4 6,2 18,1 11,1 2 099 14,8 20,6 41,7 6,5 6,6 2,4 19,3 17,9 12 623 19,6 21,2 35,4 5,3 12,2 4,8 19,7 12,2 3 815 12,8 20,3 44,5 7,0 4,2 1,3 19,1 20,4 8 807 5,9 31,5 33,7 7,4 4,9 0,6 16,1 21,7 1 714 15,8 23,0 49,1 7,7 7,1 2,2 19,3 17,1 4 460 16,2 18,7 44,8 6,3 8,3 1,6 12,0 23,6 2 393 15,2 28,0 54,1 9,4 5,8 2,9 27,9 9,7 2 067 15,5 8,4 44,8 4,8 3,3 2,0 26,2 13,9 1 704 42,3 1,5 17,2 2,3 0,7 0,8 16,8 23,8 592 20,3 21,0 30,9 5,4 14,4 6,2 18,1 11,1 2 099 13,6 20,8 43,5 6,6 5,4 2,0 20,3 18,4 10 075 13,0 20,8 39,4 7,8 7,8 2,9 17,1 20,7 1 437 28,4 17,9 28,7 3,4 15,7 5,4 13,2 9,8 1 110 11,6 24,8 44,3 9,3 7,9 3,0 19,7 18,7 4 229 9,1 33,0 38,4 8,2 7,1 2,5 15,5 16,6 1 171 12,2 17,9 42,1 4,6 4,9 1,7 25,6 16,4 1 783 11,3 23,8 37,4 6,0 6,9 2,3 21,1 19,5 1 564 40,7 4,5 23,4 2,1 3,6 1,2 15,8 18,4 689 20,8 9,9 44,8 6,4 4,6 1,4 16,8 17,0 874 27,2 10,5 28,8 3,8 4,2 4,9 13,0 21,1 243 16,2 16,9 52,0 2,8 7,1 2,1 14,1 15,3 1 060 20,8 11,5 45,2 3,0 6,6 0,3 10,0 24,4 483 10,2 16,0 44,2 4,8 7,7 3,0 30,2 13,0 319 14,4 21,2 41,6 6,7 6,8 2,5 20,4 17,1 11 736 32,6 7,5 37,4 3,7 5,4 2,2 1,8 20,3 365 13,0 11,5 47,6 4,4 2,3 0,8 4,4 32,1 357 5,7 20,8 45,3 0,3 2,6 0,0 12,0 37,5 160 14,8 20,6 41,7 6,5 6,6 2,4 19,3 17,9 12 623 _______________________________________________________________________________________________________________ 1 Note : La somme des pourcentages par avantage cité peut dépasser 100 % car une femme peut citer plusieurs avantages. Excision * 233 Tableau 13.9.2 Avantages pour une fille d’être excisée : hommes Pourcentage d’hommes qui ont évoqué différents avantages pour une fille d’être excisée, selon les caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _______________________________________________________________________________________________________________ Avantages de l’excision ______________________________________________________________________ Meilleure Plus Effectif Recon- chance Préserva- grand qui Pas Meilleure naissance de tion de la plaisir de Nécessité connaissent Caractéristique d’avantage hygiène sociale mariage virginité l’homme religieuse Autre l’excision _____________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-64 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ethnie Bambara Malinké Peulh Sarakolé/Soninké/Marka Sonraï Dogon Tamacheck Sénoufo/Minianka Bobo Autre Religion Musulmane Chrétienne Animiste Autre Ensemble 23,9 10,5 22,0 4,4 10,1 5,3 11,9 26,2 592 18,3 15,6 24,6 3,1 15,3 8,5 17,3 20,6 445 16,1 17,2 25,3 3,8 15,0 7,4 16,9 20,7 442 24,3 16,1 29,2 2,7 12,2 5,3 20,1 17,5 412 17,3 18,2 35,2 4,3 13,0 4,8 18,7 17,9 364 23,3 16,1 28,5 3,1 7,9 6,0 21,7 17,8 343 17,4 20,5 33,9 2,7 9,8 6,2 25,4 16,8 273 16,0 25,3 38,4 6,1 9,1 3,6 31,5 14,3 397 24,0 18,8 16,0 4,2 20,5 8,4 20,2 17,3 635 19,8 16,9 28,8 3,8 11,7 5,9 19,7 19,6 3 269 21,3 16,5 22,4 3,6 19,4 9,2 19,3 19,2 1 082 19,1 17,0 32,0 3,9 7,9 4,3 19,8 19,7 2 187 14,0 13,3 54,6 5,7 5,2 4,2 23,5 10,4 394 14,4 16,3 33,2 3,2 13,2 6,1 19,5 23,1 1 218 19,6 10,7 22,6 3,3 16,6 9,7 10,2 24,3 615 9,2 22,0 44,1 3,0 9,7 2,5 29,0 21,9 603 27,1 15,1 14,5 7,3 10,6 10,5 27,1 17,9 394 42,2 12,6 11,4 3,6 7,6 2,1 23,2 23,7 115 23,9 18,7 16,2 4,2 20,5 8,4 20,2 17,3 637 16,0 17,9 33,2 4,6 9,7 5,4 22,9 19,7 2 138 18,6 17,0 27,3 3,2 13,6 6,1 13,8 22,1 494 33,7 13,4 15,4 1,9 16,8 7,6 13,1 17,1 637 18,7 17,6 27,8 3,1 11,9 5,2 18,4 20,5 1 162 21,1 20,1 39,1 2,4 5,6 4,0 13,2 15,7 346 23,5 13,9 27,2 5,4 10,9 5,0 19,0 18,5 433 13,7 20,3 33,3 7,2 14,7 3,2 28,9 17,7 338 27,9 16,4 22,1 3,7 7,4 2,7 27,0 28,9 150 29,8 12,6 20,4 3,5 6,0 15,0 23,1 9,8 252 17,9 25,0 13,3 3,2 12,6 5,5 22,4 21,3 68 13,1 12,2 37,8 2,8 18,2 8,3 18,7 18,7 261 17,0 9,9 30,4 3,5 12,3 8,4 9,0 37,7 119 19,1 20,3 16,4 4,7 28,4 6,3 20,4 24,5 86 19,5 17,3 28,7 3,8 11,9 5,9 20,6 19,2 3 049 33,5 8,7 23,2 4,3 13,0 8,0 9,1 16,5 103 14,5 13,3 40,7 4,6 7,1 3,3 2,6 28,0 82 19,6 12,1 27,4 3,4 4,9 4,3 5,8 39,3 32 19,8 16,9 28,8 3,8 11,7 5,9 19,7 19,6 3 269 _______________________________________________________________________________________________________________ Note : La somme des pourcentages par avantage cité peut dépasser 100 % car un homme peut citer plusieurs avantages. 234 * Excision Il apparaît ensuite que la reconnaissance sociale (42 %), le fait que l’excision soit associée à une meilleure hygiène (21 %) et la nécessité religieuse (19 %) sont les principaux avantages cités par les femmes (graphique 13.1). Il faut aussi noter que 7 % des femmes ont évoqué la préservation de la virginité et que dans 7 % de cas également les femmes ont avancé l’argument selon lequel l’excision augmente les chances de mariage. Seulement 2 % ont déclaré que le fait qu’une femme soit excisée contribuait à augmenter le plaisir sexuel de l’homme. Selon les caractéristiques socio-démographiques, on remarque que la reconnaissance sociale apportée par l’excision a été particulièrement citée par les femmes les plus âgées (plus de 50 % à 40 ans et plus), celles du milieu rural (45 %), celles sans instruction (44 %), celles des ethnies Sénoufou/Minianka (52 %) et les femmes animistes (48 %). L’argument de l’hygiène a été particulièrement évoquée par les femmes de Kayes (32 %) et de Ségou (28 %), et celles appartenant à l’ethnie Malinké (33 %). Quant à la nécessité religieuse de l’excision, elle a été particulièrement citée par les femmes de Ségou (28 %) et de Mopti (26 %) et celles de l’ethnie Peulh (26 %). Au tableau 13.9.2 sont présentées les proportions d’hommes ayant cité divers avantages de l’excision. On constate, en premier lieu, qu’une proportion plus importante que celle des femmes (20 %) a déclaré qu’il n’y avait aucun avantage pour une femme à être excisée (graphique 13.1). Cette proportion varie de manière importante selon les différentes caractéristiques socio-démographiques. Cette opinion a surtout été exprimée par les hommes des régions du nord (42 % à Kidal/Gao/Tombouctou), ceux ayant une instruction secondaire ou plus (34 %), ceux appartenant aux ethnies Dogon (30 %) et Sonraï (28 %) et les hommes de religion chrétienne (34 %). Cependant, pour 29 % des hommes, l’excision apporte à la femme une certaine reconnaissance sociale : ce sont surtout les hommes des régions de Kayes (55 %) et Ségou (44 %), ceux des ethnies Malinké (39 %) et Sénoufou/Minianka (38 %) et les hommes animistes (41 %) qui ont été les plus nombreux à citer cet avantage. En outre, pour 20 % des hommes, l’excision est une nécessité religieuse : cette opinion est particulièrement fréquente chez les hommes les plus âgés (32 % à 50 ans ou plus), ceux sans instruction (23 %), les hommes des ethnies Sarakolé/Soninké/Marka (29 %) et Sonraï (27 %). Enfin, pour 17 % des hommes, l’excision est associée à une meilleure hygiène, et pour 12 %, elle aide à préserver la virginité. Excision * 235 Avantages pour une fille de ne pas être excisée Au tableau 13.10.1 figurent les proportions de femmes ayant cité divers avantages pour une fille à ne pas être excisée. Plus de la moitié des femmes (59 %) ont déclaré que le fait de ne pas être excisée n’apportait aucun avantage. Cette opinion est particulièrement fréquente chez les femmes des régions de Ségou (69 %) et Mopti (65 %). Par contre, pour 7 % des femmes, ne pas être excisée évite la souffrance ; cet argument a été particulièrement avancé par 15 % des femmes de religion chrétienne et 15 % des femmes de niveau secondaire ou plus, ainsi que par 13 % de celles de l’ethnie Dogon et par 11 % de celles de l’ethnie Sonraï. Pour 5 % des femmes, ne pas être excisée signifie moins de problèmes de santé : près d’une femme sur cinq de niveau secondaire ou plus (18 %) ont cité cette raison ainsi que 12 % de celles de Bamako. Le plus grand plaisir de l’homme est un argument qui a été évoqué par 5 % des femmes, en particulier, par 14 % des femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus et 12 % de celles de Bamako. En outre, 16 % des femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus, 14 % de celles de religion chrétienne et 12 % de celles de Bamako ont avancé comme argument le plus grand plaisir de la femme ; seulement 3 % de femmes ont cité l’argument religieux. Le tableau 13.10.2 présente les proportions d’hommes qui ont cité différents avantages pour une fille de ne pas être excisée. Une proportion aussi importante que celle des femmes (59 %) a déclaré que, pour une fille, ne pas être excisée ne comportait aucun avantage (graphique 13.2). C’est parmi les hommes de la région de Kayes (70 %), ceux de l’ethnie Malinké (71 %) et les hommes animistes (69 %) que cette proportion est la plus élevée. En ce qui concerne les avantages pour une femme de ne pas être excisée, 10 % des hommes ont cité un plus grand plaisir pour la femme. Près de deux hommes sur dix (19 %) de la région de Mopti ont cité cet avantage. En outre, pour 8 % des hommes, le fait de ne pas être excisée a pour avantage d’avoir moins de problèmes de santé. Parmi les hommes de Kidal/Gao/Tombouctou et ceux de niveau d’instruction secondaire, cette proportion est, respectivement, de 17 % et 19 %. Les autres avantages comme « éviter la souffrance », « plus grand plaisir pour l’homme » et « en accord avec la religion » ont été citées dans des proportions variant entre 2 % et 6 %. 236 * Excision Tableau 13.10.1 Avantages pour une fille de ne pas être excisée : femmes Pourcentage de femmes qui ont évoqué différents avantages pour une fille de ne pas être excisée, selon les caratéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ___________________________________________________________________________________________________ Avantages de ne pas être excisée ________________________________________________________________ Moins de Plus Plus Effectif problèmes Évite grand grand En accord qui Pas de la plaisir de plaisir de avec la connaissent Caractéristique d’avantage santé souffrance la femme l’homme religion Autre l’excision ___________________________________________________________________________________________________ Excision de la femme Excisée - Parties de chair enlevées - Entaille - Type d’excision indéterminé Pas excisée Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ethnie Bambara Malinké Peulh Sarakolé/Soninké/Marka Sonraï Dogon Tamacheck Sénoufo/Minianka Bobo Autre Religion Musulmane Chrétienne Animiste Autre Ensemble des femmes 61,2 4,3 6,2 4,2 4,7 2,9 20,7 11 767 60,9 4,1 6,6 4,2 4,7 2,7 21,0 9 780 73,9 11,4 7,1 7,2 7,9 1,8 3,0 254 60,9 4,5 4,1 3,8 4,0 4,4 21,6 1 734 35,2 16,7 18,7 9,3 9,5 5,6 27,9 855 57,4 5,4 6,4 4,3 4,0 2,7 24,8 2 513 57,1 5,4 7,6 5,6 5,6 3,2 21,4 2 299 58,9 5,8 8,4 5,4 5,7 3,1 18,8 2 161 62,0 5,5 7,3 4,3 5,1 2,7 19,4 1 871 60,2 5,2 6,4 4,9 5,7 3,1 20,5 1 597 61,5 3,0 6,5 3,2 3,7 2,8 22,2 1 225 62,4 4,4 5,7 3,1 5,0 5,1 19,5 955 48,6 12,2 9,8 11,5 12,2 6,1 11,9 2 099 59,4 5,2 7,1 4,6 5,0 3,1 21,2 12 623 52,5 9,1 9,3 9,4 10,5 4,6 15,1 3 815 62,4 3,5 6,1 2,5 2,6 2,5 23,8 8 807 63,9 3,1 4,9 2,9 0,9 0,9 24,0 1 714 63,5 4,9 6,8 3,9 4,2 3,6 18,5 4 460 59,0 3,3 7,5 4,1 5,0 1,8 22,3 2 393 68,8 6,7 5,9 3,8 3,3 5,6 14,1 2 067 64,8 2,8 9,3 1,6 2,8 2,4 18,7 1 704 55,0 1,3 6,6 3,0 3,0 3,2 30,8 592 48,6 12,2 9,8 11,5 12,2 6,1 11,9 2 099 62,0 3,7 6,2 3,2 3,8 2,9 21,8 10 075 56,7 5,0 7,0 5,7 6,2 3,2 22,6 1 437 39,9 18,4 15,3 15,5 14,1 4,8 12,9 1 110 60,2 4,4 7,1 3,6 5,1 2,8 21,6 4 229 63,7 4,7 7,2 5,7 5,5 2,2 15,8 1 171 59,4 4,9 5,4 4,4 3,6 3,6 23,0 1 783 57,5 5,6 5,7 4,0 4,1 3,3 24,7 1 564 49,2 7,6 10,5 6,5 7,5 5,4 25,3 689 58,4 6,6 13,1 3,1 2,7 2,3 19,6 874 54,0 6,2 6,5 6,8 10,3 3,2 23,7 243 64,3 4,8 3,3 5,2 5,6 3,3 18,1 1 060 59,3 6,5 8,4 7,8 6,2 2,7 16,5 483 60,6 3,9 6,7 5,0 6,3 4,8 18,0 319 59,7 5,1 7,0 4,5 4,9 3,2 21,0 11 736 50,1 11,4 14,5 13,6 10,6 2,8 15,5 365 63,8 2,9 5,1 1,5 2,9 3,3 22,3 357 48,3 0,5 1,8 0,0 3,2 0,3 45,9 160 59,4 5,2 7,1 4,6 5,0 3,1 21,2 12 623 ___________________________________________________________________________________________________ Note : La somme des pourcentages par avantage cité peut dépasser 100 % car une femme peut citer plusieurs avantages. Excision * 237 Tableau 13.10.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée : hommes Pourcentage d’hommes qui ont évoqué différents avantages pour une fille de ne pas être excisée, selon les caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ___________________________________________________________________________________________________ Avantages de ne pas être excisée ________________________________________________________________ Moins de Plus Plus Effectif problèmes Évite grand grand En accord qui Pas de la plaisir de plaisir de avec la connaissent Caractéristique d’avantage santé souffrance la femme l’homme religion Autre l’excision ___________________________________________________________________________________________________ Excision de la femme Excisée - Parties de chair enlevées - Entaille - Type d’excision indéterminé Pas excisée Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ethnie Bambara Malinké Peulh Sarakolé/Soninké/Marka Sonraï Dogon Tamacheck Sénoufo/Minianka Bobo Autre Religion Musulmane Chrétienne Animiste Autre Ensemble 61,2 4,3 6,2 4,2 4,7 2,9 20,7 11 767 60,9 4,1 6,6 4,2 4,7 2,7 21,0 9 780 73,9 11,4 7,1 7,2 7,9 1,8 3,0 254 60,9 4,5 4,1 3,8 4,0 4,4 21,6 1 734 35,2 16,7 18,7 9,3 9,5 5,6 27,9 855 62,0 5,9 4,7 4,7 2,5 2,4 22,7 592 57,1 8,5 5,9 8,6 4,2 1,6 17,9 445 58,2 7,9 5,2 11,3 7,3 1,2 15,3 442 56,1 8,0 7,4 11,6 8,6 1,5 16,6 412 56,4 9,8 6,7 13,4 8,5 2,2 15,3 364 53,8 12,3 7,6 9,9 7,6 1,2 19,2 343 62,0 10,2 4,5 10,9 7,0 3,8 10,5 273 62,7 7,0 3,4 8,3 4,6 2,4 16,7 397 53,6 9,4 6,1 14,2 9,3 6,0 12,2 635 58,7 8,4 5,6 9,5 6,0 2,0 17,3 3 269 50,6 11,2 7,1 14,2 9,3 3,5 15,0 1 082 62,6 7,0 4,9 7,1 4,3 1,2 18,5 2 187 70,4 12,3 6,6 6,5 4,6 1,0 7,8 394 52,2 8,2 6,8 6,2 6,0 0,9 25,7 1 218 49,0 9,8 2,2 4,2 6,9 0,9 29,0 615 55,3 6,6 11,5 8,3 4,9 0,9 22,3 603 50,9 7,6 5,9 19,3 6,7 1,3 17,7 394 44,3 17,2 6,4 15,4 9,7 0,8 21,3 115 53,5 9,4 6,1 14,4 9,3 6,0 12,2 637 62,4 5,6 4,0 7,5 4,5 1,9 18,7 2 138 60,9 7,0 6,2 9,6 6,5 1,3 15,1 494 44,5 18,7 10,5 16,1 10,6 2,6 14,7 637 57,2 7,1 4,5 7,1 5,5 1,9 20,9 1 162 70,7 12,5 2,4 7,1 2,3 1,2 9,2 346 55,6 6,9 6,2 9,8 7,0 3,1 19,9 433 61,2 9,3 11,1 15,9 6,9 2,3 9,6 338 49,4 13,0 6,7 11,9 10,3 3,3 18,8 150 62,6 11,7 4,2 11,0 7,3 1,6 9,2 252 66,5 7,9 7,1 11,5 2,5 0,1 8,1 68 53,9 5,7 5,8 8,9 7,7 1,4 24,8 261 53,6 8,6 6,8 3,9 6,3 2,5 25,6 119 51,9 2,7 6,6 22,8 4,5 0,0 16,0 86 58,2 8,6 5,7 9,9 5,9 1,9 17,3 3 049 63,3 7,7 6,3 5,3 11,2 3,4 9,5 103 69,4 3,0 3,4 2,8 3,7 1,8 19,7 82 55,6 4,0 1,3 3,6 0,0 0,0 37,6 32 58,7 8,4 5,6 9,5 6,0 2,0 17,3 3 269 ___________________________________________________________________________________________________ Note : La somme des pourcentages par avantage cité peut dépasser 100 % car un homme peut citer plusieurs avantages. 238 * Excision Tableau 13.11 Croyances au sujet de l’excision Pourcentage de femmes et d’hommes qui connaissent l’excision et qui sont d’accord avec différentes affirmations, par caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001_________________________________________________________________________________________ Femmes, l’excision : Hommes, l’excision : ____________________ ____________________ Prévient Prévient Est les relations Est les relations exigée sexuelles exigée sexuelles par la avant le Effectif par la avant le Effectif Caractéristique religion mariage de femmes religion mariage d’hommes _________________________________________________________________________________________ Excision de la femme Excisée Pas excisée Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-59 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ethnie Bambara Malinké Peulh Sarakolé/Soninké/Marka Sonraï Dogon Tamacheck Sénoufo/Minianka Bobo Autre Religion Musulmane Chrétienne Animiste Autre Ensemble 74,0 31,6 11 767 NA NA NA 12,6 5,0 855 NA NA NA 66,5 28,2 2 513 59,4 27,5 592 70,8 28,9 2 299 61,3 29,2 445 69,9 31,5 2 161 65,5 33,0 442 71,6 30,2 1 871 64,1 27,4 412 71,2 30,4 1 597 69,3 27,7 364 69,2 30,8 1 225 58,5 27,3 343 71,8 29,3 955 61,5 27,7 273 NA NA NA 67,4 30,1 397 70,0 30,1 2 099 64,4 36,7 635 69,9 29,8 12 623 63,2 28,8 3 269 69,3 30,9 3 815 61,4 35,1 1 082 70,1 29,4 8 807 64,1 25,7 2 187 80,7 37,6 1 714 61,3 15,4 394 67,7 35,0 4 460 63,3 35,0 1 218 68,8 32,7 2 393 66,6 39,4 615 66,3 37,6 2 067 59,8 30,5 603 77,6 22,3 1 704 66,2 23,4 394 38,1 4,2 592 23,5 21,7 115 70,0 30,1 2 099 64,2 36,6 637 70,9 29,6 10 075 66,4 29,2 2 138 69,7 31,4 1 437 60,3 27,4 494 61,2 30,0 1 110 54,9 28,5 637 72,5 33,3 4 229 66,5 31,5 1 162 77,4 39,2 1 171 61,0 18,6 346 79,5 28,8 1 783 63,3 29,6 433 75,9 26,6 1 564 63,9 31,1 338 36,2 10,7 689 42,1 22,2 150 64,6 26,1 874 60,6 15,8 252 64,1 18,8 243 68,4 20,3 68 62,7 32,0 1 060 64,7 37,0 261 46,6 26,1 483 62,7 42,3 119 80,0 27,5 319 62,3 39,8 86 71,9 30,2 11 736 63,6 28,8 3 049 28,6 20,0 365 45,5 27,3 103 48,4 21,2 357 71,2 34,3 82 62,5 42,5 160 60,8 24,4 32 69,9 29,8 12 623 63,2 28,8 3 269 _________________________________________________________________________________________ NA = Non applicable Bien que parmi les avantages d’être ou de ne pas être excisée figurait le fait que l’excision soit exigée par la religion et le fait que ce soit un moyen d’éviter les relations sexuelles avant le mariage, au cours de l’enquête, on a demandé spécifiquement aux femmes et aux hommes s’ils étaient d’accord avec ces deux assertions. Les résultats sont présentés au tableau 13.11. Excision * 239 Tableau 13.12 Opinion par rapport à l’excision selon le statut d’excision Repartition (en %) des femmes connaissant l’excision selon leur opinion concernant la continuation ou l’abandon de cette pratique, selon qu’elles sont excisées et qu’au moins une de leurs filles est excisée, EDSM-III Mali 2001 _____________________________________________________________________________________ Excision Effectif Excision devrait de femmes devrait être Ça connaissant Caractéristique disparaître maintenue dépend NSP Total l’excision _____________________________________________________________________________________ Excision de la mère Excisée Pas excisée Excision de la fille Enquêtée n’a pas de fille en vie Aucune fille excisée - n’a pas l’intention de faire exciser les filles - a l’intention de faire exciser les filles Au moins une fille excisée Ensemble 8,7 85,2 3,5 2,5 100,0 11 767 65,6 11,7 10,5 12,2 100,0 855 14,1 77,3 3,9 4,7 100,0 4 529 25,0 66,4 4,9 3,7 100,0 2 095 66,7 14,6 10,4 8,3 100,0 705 3,9 92,7 2,1 1,3 100,0 1 390 7,1 87,3 3,7 1,9 100,0 5 999 12,6 80,3 4,0 3,2 100,0 12 623 À la première question, 70 % des femmes et 63 % des hommes ont déclaré qu’ils pensaient que l’excision était une pratique exigée par la religion. Cette proportion est particulièrement élevée chez les femmes de Kayes (81 %) et les femmes Peulh (80 %). Chez les hommes, c’est chez les animistes qu’elle est la plus répandue (71 %). À la deuxième question, 30 % des femmes et 29 % des hommes ont déclaré qu’ils pensaient que l’excision était un moyen de prévenir les relations sexuelles avant le mariage. Près de 38 % des femmes de Ségou et de Kayes et 39 % des femmes Malinké ont déclaré être d’accord avec cette affirmation. Chez les hommes, les proportions les plus élevées de ceux qui partagent cette opinion ont été observées parmi ceux de Bamako (37 %), ceux de Sikasso (39 %) et les hommes des ethnies Bobo (42 %) et Sénoufou/Minianka (37 %). Opinions sur l’excision On a également demandé aux femmes et aux hommes enquêtés leur opinion sur la poursuite ou l’abandon de l’excision. Le tableau 13.12 montre qu’au niveau global, huit femmes sur dix (80 %) pensent que l’excision est une pratique qui devrait être maintenue ; 13 % ont déclaré, au contraire, qu’elle devrait disparaître et 4 % n’ont pas su se prononcer. Comme il fallait s’y attendre, la majorité des femmes excisées sont favorables au maintien de l’excision (85 %) alors que la majorité des femmes non excisées sont favorables à sa disparition (66 %). Par ailleurs, si la femme a au moins une fille excisée, le pourcentage de femmes favorables au maintien de l’excision atteint 87 %. Dans le cas où la femme n’a pas de fille excisée, mais à l’intention de la ou les faire exciser dans l’avenir, la proportion de femmes favorables au maintien de cette pratique atteint un maximum de 93 %. Par contre, si la femme n’a pas l’intention d’exciser sa fille, la proportion chute à 15 %. 240 * Excision Tableau 13.13.1 Opinion par rapport à l’excision selon les caractéristiques socio-démo- graphiques : femmes Répartition (en %) des femmes connaissant l’excision selon leur opinion concernant la continuation ou l’abandon de cette pratique, selon les caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001_______________________________________________________________________________ Excision Effectif Excision devrait de femmes devrait être Ça connaissant Caractéristique disparaître maintenue dépend NSP Total l’excision_______________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ethnie Bambara Malinké Peulh Sarakolé/Soninké/Marka Sonraï Dogon Tamacheck Sénoufo/Minianka Bobo Autre Religion Musulmane Chrétienne Animiste Autre Ensemble 11,9 79,9 3,4 4,8 100,0 2 513 13,0 80,0 3,5 3,5 100,0 2 299 11,3 82,7 3,4 2,7 100,0 2 161 14,0 79,2 4,4 2,4 100,0 1 871 14,1 79,2 4,7 2,1 100,0 1 597 11,0 80,2 5,5 3,3 100,0 1 225 13,3 80,0 4,1 2,7 100,0 955 19,8 72,1 5,0 3,1 100,0 2 099 12,6 80,3 4,0 3,2 100,0 12 623 19,2 73,2 4,6 2,9 100,0 3 815 9,7 83,3 3,7 3,3 100,0 8 807 5,4 88,5 3,3 2,8 100,0 1 714 10,1 83,3 4,4 2,2 100,0 4 460 8,8 86,1 3,5 1,6 100,0 2 393 11,7 80,1 5,4 2,9 100,0 2 067 10,8 81,6 4,2 3,4 100,0 1 704 49,2 34,9 5,8 10,2 100,0 592 19,8 72,1 5,0 3,1 100,0 2 099 9,7 83,0 3,9 3,4 100,0 10 075 15,1 78,7 3,7 2,5 100,0 1 437 35,4 57,7 4,6 2,4 100,0 1 110 8,0 85,9 3,4 2,7 100,0 4 229 8,7 86,5 3,0 1,8 100,0 1 171 8,6 86,0 3,1 2,3 100,0 1 783 8,3 83,6 4,5 3,6 100,0 1 564 49,8 35,8 6,6 7,9 100,0 689 18,8 70,2 5,8 5,3 100,0 874 24,7 63,3 3,7 8,3 100,0 243 8,4 85,1 4,8 1,7 100,0 1 060 25,2 66,7 6,2 1,9 100,0 483 10,4 85,5 1,7 2,5 100,0 319 11,9 81,0 3,8 3,2 100,0 11 736 37,7 51,5 7,7 3,1 100,0 365 13,1 77,6 6,1 3,3 100,0 357 1,3 93,7 2,0 3,0 100,0 160 12,6 80,3 4,0 3,2 100,0 12 623 Le tableau 13.13.1 présente l’opinion des femmes sur le maintien ou l’abandon de l’excision selon les caractéristiques socio-démographiques. Compte tenu de la faible proportion des femmes qui affirment que l’excision devrait disparaître, les écarts observés selon les caractéristiques socio-démographiques sont généralement faibles. Cependant, on constate que c’est parmi les femmes des régions de Kidal/Gao/ Tombouctou (graphique 13.2), celles de l’ethnie Sonraï et, dans une moindre mesure, celles de l’ethnie Excision * 241 Tamacheck (25 %) que l’on observe les proportions les plus élevées de femmes favorables à la disparition de cette pratique. Rappelons que c’est dans cette région et dans ces ethnies que la prévalence de l’excision parmi les femmes enquêtées est la plus faible. Le tableau 13.13.2 présente la répartition des hommes selon qu’ils sont favorables ou non à l’abandon de l’excision. Une proportion d’hommes légèrement plus faible que celle des femmes (73 % contre 80 %) s’est déclarée favorable au maintien de cette pratique. Moins d’un sur cinq (17 %) pense qu’elle devrait disparaître et 10 % n’ont pas su se prononcer. On constate que les proportions d’hommes qui sont favorables à l’abandon de cette pratique diffèrent peu selon l’âge. Selon le milieu de résidence, on constate que, comme chez les femmes, c’est en milieu urbain en particulier à Bamako et dans les régions de Kidal, Gao et Tombouctou (graphique 13.2) que les hommes sont proportionnellement les plus nombreux à penser que la pratique de l’excision devrait disparaître (respectivement, 23 % et 36 %). Quant aux résultats selon le niveau d’instruction, ils montrent que ce sont les hommes ayant une instruction secondaire ou plus qui sont proportionnellement les plus nombreux à s’être déclarés contre le maintien de cette pratique (37 %). Enfin ce sont les hommes de l’ethnie Sonraï et ceux de confession chrétienne qui sont les plus favorables à l’abandon de l’excision (respectivement, 32 % et 30 %). 242 * Excision Tableau 13.13.2 Opinion par rapport à l’excision selon les caractéristiques socio-démo- graphiques : hommes Répartition (en %) des hommes connaissant l’excision selon leur opinion concernant la continuation ou l’abandon de cette pratique, selon les caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 __________________________________________________________________________________ Excision Effectif Excision devrait d’hommes devrait être Ça connaissant Caractéristique disparaître maintenue dépend NSP Total l’excision ____________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-64 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d’instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ethnie Bambara Malinké Peulh Sarakolé/Soninké/Marka Sonraï Dogon Tamacheck Sénoufo/Minianka Bobo Autre Religion Musulmane Chrétienne Animiste Autre Ensemble 17,2 72,0 4,4 6,4 100,0 592 15,7 72,6 7,6 4,1 100,0 445 17,2 73,1 7,6 2,0 100,0 442 20,7 72,7 4,7 2,0 100,0 412 18,7 72,9 4,5 3,8 100,0 364 19,4 69,2 7,5 3,9 100,0 343 16,2 73,3 9,2 1,4 100,0 273 14,3 76,4 6,5 2,8 100,0 397 23,5 66,5 6,3 3,7 100,0 635 17,4 72,8 6,3 3,5 100,0 3 269 22,4 66,7 6,8 4,1 100,0 1 082 14,9 75,8 6,1 3,2 100,0 2 187 18,9 76,7 2,4 2,0 100,0 394 14,0 75,8 6,7 3,5 100,0 1 218 12,8 74,8 8,3 4,1 100,0 615 15,2 76,9 5,1 2,8 100,0 603 20,1 72,4 3,7 3,7 100,0 394 35,6 29,6 20,2 14,6 100,0 115 23,4 66,3 6,5 3,7 100,0 637 12,1 78,4 6,2 3,4 100,0 2 138 15,6 74,3 6,5 3,6 100,0 494 36,5 52,8 6,6 4,1 100,0 637 12,7 75,5 8,0 3,7 100,0 1 162 22,1 71,8 4,6 1,5 100,0 346 17,2 72,9 4,8 5,1 100,0 433 16,0 77,8 3,7 2,5 100,0 338 32,4 47,8 11,4 8,3 100,0 150 24,6 69,6 4,7 1,1 100,0 252 13,9 72,4 7,9 5,8 100,0 68 15,5 73,7 7,1 3,7 100,0 261 22,6 71,2 3,3 2,9 100,0 119 22,7 69,1 6,4 1,9 100,0 86 17,1 73,0 6,4 3,5 100,0 3 049 30,1 63,4 3,2 3,3 100,0 103 8,6 80,0 10,0 1,5 100,0 82 25,9 64,2 0,0 9,9 100,0 32 17,4 72,8 6,3 3,5 100,0 3 269 Excision * 243 Tableau 13,14 Opinion des femmes et des hommes par rapport à l’excision Répartition (en %) des femmes et des hommes connaissant l’excision, selon leur opinion concernant la continuation ou l’abandon de cette pratique et selon leur perception de l’opinion du sexe opposé, EDSM-III Mali 2001 ___________________________________________________ Femme Homme ___________________________________________________ Enquêté(e) pense que la pratique de l’excision doit être maintenue 80,3 72,8 - Pense que le sexe opposé souhaite que l’excision soit maintenue 63,6 50,0 - Pense que le sexe opposé souhaite que l’excision disparaisse 1,8 3,6 - Ne connaît pas l’opinion du sexe opposé 14,8 19,2 Enquêté(e) pense que la pratique de l’excision doit disparaître 12,6 17,4 - Pense que le sexe opposé souhaite que l’excision soit maintenue 1,4 3,9 - Pense que le sexe opposé souhaite que l’excision disparaisse 7,7 9,6 - Ne connaît pas l’opinion du sexe opposé 3,6 3,9 Pas sûr(e) 7,2 9,8 Total 100,0 100,0 Effectif 12 623 3 269 En plus de demander aux femmes si elles pensaient que la pratique de l’excision devait être maintenue ou disparaître, on leur a posé la question suivante : « Pensez-vous que les hommes tiennent à ce que cette pratique soit conservée ou, au contraire, pensez-vous qu’ils sont favorables à son abandon ? » Une question similaire a été posée aux hommes. Les réponses à ses questions, comme le montre le tableau 13.14, permettent de mesurer l’écart qui peut exister entre l’opinion des femmes et l’idée qu’elles se font de l’opinion des hommes et, de même, entre l’opinion des hommes et l’idée qu’ils se font de l’opinion des femmes. On constate que parmi les femmes qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être maintenue (80 %), la majorité (64 %) pensent que les hommes sont du même avis, c’est-à-dire qu’ils sont favorables au maintien de l’excision. Parallèlement, parmi les femmes qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être abandonnée (13 %), plus de la moitié (8 %) pensent que les hommes sont également du même avis, c’est-à-dire qu’ils sont favorables à la disparition de cette pratique. Globalement, on peut dire que les femmes ont une bonne connaissance de l’opinion des hommes en la matière. 244 * Excision Du point de vue des hommes, on constate que parmi ceux qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être maintenue (73 %), la majorité (50 %) pensent que les femmes sont du même avis, c’est- à-dire qu’elles sont favorables au maintien de l’excision. Parallèlement, parmi les hommes qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être abandonnée (17 %), plus de la moitié (10 %) pensent que les femmes sont du même avis, c’est-à-dire qu’elles sont favorables à la disparition de cette pratique. Globalement, là encore, on constate une bonne connaissance par les hommes de l’opinion des femmes en la matière. VIH/sida et infections sexuellement transmissibles * 245 14VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENTTRANSMISSIBLES Dr Isaka NIAMBELE, Pr Flabou BOUGOUDOGO, Dr Seydou DIARRA, Amadou HAIDARA, et Dr Enias BAGANIZI Pour lutter contre le sida, le gouvernement malien a mis en place, avec l’aide de différents partenaires, un Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS). Il s’agit d’un programme multisectoriel et décentralisé qui a déjà exécuté trois programmes planifiés dont un plan à court terme (PCT) de 1988 à 1989 et deux plans à moyen terme, PMT1 (1989-1993) et PMT2 (1994-1998). Le plan stratégique national de lutte actuel, qui a été adopté par le gouvernement le 30 novembre 2000, est fondé, d’une part, sur la situation épidémiologique dont la connaissance provient d’informations parcellaires et, d’autre part, sur les acquis provenant de différents domaines. Les objectifs généraux de ce plan sont de réduire la propagation du VIH et d’alléger l’impact de l’épidémie sur les personnes infectées, sur les communautés et, de manière plus générale, sur l’économie du pays. Pour cela, il a fallu définir une nouvelle orientation et en fixer les axes stratégiques qui sont : la décentralisation, la mobilisation, à la base, des communautés pour la prise en charge au niveau local de l’épidémie du VIH/sida, le développement de partenariats avec les acteurs sur le terrain, l’élargissement de la réponse nationale à d’autres secteurs que celui de la santé ; de même, la prise en compte du VIH/sida et de ses conséquences dans les lieux de travail, la poursuite de stratégies qui ont fait preuve de leur efficacité et enfin l’amélioration du système d’information sanitaire concernant le VIH/sida et les Infections Sexuellement Transmissibles (IST) constituent également des axes prioritaires de ce plan d’action. Diverses études et informations tant quantitatives que qualitatives ont été réalisées de 1987 à ce jour sur les IST et le sida. En 1992, une seconde Enquête de séroprévalence effectuée par le PNLS a donné un taux d’infection par le VIH parmi la population sexuellement active de l’ordre de 3 %, dont 3,4 % chez les femmes et 2,6 % chez les hommes (Maïga et al., 1993). La région la plus atteinte était celle de Sikasso (environ 5% de prévalence chez les femmes enceintes et 73 % parmi les professionnelles du sexe). La prévalence la plus faible a été observée à Gao et Tombouctou (2 %). Depuis, de nombreuses études ont été menées sur les IST et le VIH au Mali mais ont concerné des populations cibles à faible, moyen ou haut risque. Ainsi en 1994, une étude financée par la Banque mondiale a donné une prévalence du VIH chez les femmes enceintes de 4,4 % à Bamako, 4,5 % à Sikasso et 2,1 % à Mopti et une prévalence chez les prostituées de 55 % à Bamako, 72 % à Sikasso et 21 % à Mopti. En 1997 cette prévalence était de 2,5 % chez les femmes enceintes à Bamako. Cette même année, elle était évaluée chez des prostituées encadrées par une ONG à 32 % à Bamako. En 1999, une étude financée par le PSPHR et exécutée par le PNLS et l’INRSP a montré que la séroprévalence du VIH chez les femmes enceintes était de 3,5 % à Sikasso, 3,2 % à Mopti et 0,6 % à Koulikoro. Chez les professionnelles du sexe elle était de 33,3 % à Mopti et à 16,6 % à Koulikoro. Selon les régions et les populations étudiées la séroprévalence varie de manière significative. En 2001, les enquêtes CAP et enquêtes qualitatives réalisées par Population Service International (PSI) auprès des jeunes ont révélé que 65 % ont eu leurs premiers rapports sexuels avant l’âge de 18 ans, 53 % ont eu des rapports sexuels le mois précédant l’enquête, près de 20 % des jeunes hommes ont eu plus de 3 partenaires sexuels dans les 12 derniers mois, près de la moitié des jeunes n’utilisent pas le condom et deux jeunes sur trois ne croient pas en l’existence du sida. 246 * VIH/sida et infections sexuellement transmissibles Au Mali, comme dans la plupart des pays africains, la transmission du sida se fait essentiellement par voie sexuelle. Les hommes et les femmes interrogés lors de l’EDSM-III (15-59 ans pour les hommes,15- 49 pour les femmes) sont sexuellement actifs et sont donc concernés au premier plan par les campagnes d’IEC lancées à travers le pays par le PNLS. Dans le but d’évaluer l’impact du programme malien, des questions sur la connaissance, les attitudes et les pratiques portant sur les IST et le sida en particulier, ainsi que des questions sur les comportements sexuels, ont été posées lors de l’ EDSM-III. Les informations ainsi collectées sont essentielles à l’ajustement des programmes en cours, ainsi qu’à la mise en place de nouvelles campagnes d’information, d’éducation et de communication sur le sida. Les résultats concernent principalement les domaines suivants, à savoir : - la connaissance de l’existence du VIH/sida, des moyens de prévention et de ses modes de transmission ; - la perception du VIH/sida et du risque de le contracter ; - les comportements adoptés pour ne pas contracter le VIH/sida ; - l’aspect social de la prévention du VIH/sida ; - la connaissance des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) ; - la prévalence des IST et le comportement adopté ; - le nombre de partenaires sexuels ; - la connaissance et l’utilisation du condom. En outre, lors de l’EDSM-III, on a effectué un test de séroprévalence du VIH/sida dans l’ensemble de la population (voir le chapitre 15). 14.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA ET DES MOYENS DE PRÉVENTION ET DE TRANSMISSION Le niveau de connaissance que la population a d’une maladie conditionne bien souvent son attitude et son comportement vis-à-vis de cette maladie. Au cours de l’EDSM-III, il était donc important de déterminer le niveau de connaissance du VIH/sida par la population enquêtée. L’existence du VIH/sida est connue par pratiquement toute la population (90 % des femmes et 98 % des hommes), quels que soient l’âge, l’état matrimonial, le milieu et la région de résidence et le niveau d’instruction (tableau 14.1). Les niveaux de connaissance varient d’un minimum de 83 % à 100 % chez les femmes et de 94 % à 100 % chez les hommes. Bien que la grande majorité des femmes aient entendu parler du VIH/sida, seulement 56 % d’entre elles pensent qu’il y a un moyen d’éviter de le contracter ; chez les hommes, cette proportion est bien plus élevée, plus des trois quarts des hommes ayant déclaré qu’ils pensaient qu’il y avait un moyen d’éviter le VIH/sida. Les femmes qui ont le plus fréquemment déclaré qu’on pouvait éviter le VIH/sida sont les femmes de Bamako (84 %) et les femmes les plus instruites (97 %) ; à l’opposé, seulement 48 % des femmes de 40- 49 ans, 46 % de celles du milieu rural et de la région de Kayes et 49 % de celles qui n’ont aucune instruction ont déclaré qu’il y avait un moyen d’éviter le VIH/sida. Chez les hommes, ce sont également ceux de Bamako (90 %) et les plus instruits (96 %) qui, proportionnellement, ont le plus fréquemment déclaré qu’on pouvait éviter le VIH/sida. VIH/sida et infections sexuellement transmissibles * 247 Tableau 14.1 Connaissance du sida Pourcentage de femmes et d’hommes qui ont entendu parler du sida et qui pensent qu'il y a un moyen d'éviter le VIH/sida, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ________________________________________________________________________________________________________ Femmes Hommes ___________________________________ _____________________________________ Pourcentage Pourcentage Pourcentage qui pensent Pourcentage qui pensent qui ont qu'il y a un qui ont qu'il y a un entendu moyen Effectif entendu moyen parler du d'éviter le de parler du d'éviter le Effectif Caractéristique sida VIH/sida femmes sida VIH/sida d'hommes ________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-39 40-491 État matrimonial Jamais marié - A eu des rapports sexuels - N'a jamais eu de rapports sexuels Marié(e) ou vivant ensemble Divorcé(e), séparé(e), veuf/veuve Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d'instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 89,1 53,8 2 565 95,8 71,1 668 92,1 60,7 2 339 98,3 82,6 463 92,3 61,0 2 208 98,9 90,1 449 90,7 54,8 3 524 99,1 80,5 791 87,4 47,5 2 213 98,5 74,9 1 033 91,4 63,8 1 730 96,9 76,7 1 154 96,4 79,2 703 99,2 88,6 630 88,1 53,2 1 028 94,1 62,3 524 90,0 53,8 10 723 98,9 79,0 2 122 94,1 64,4 395 98,8 91,9 70 98,1 84,2 2 114 99,6 90,1 647 94,6 69,8 1 749 98,9 85,2 477 96,5 77,7 3 863 99,3 88,0 1 125 87,7 45,9 8 986 97,6 73,8 2 280 83,4 46,5 1 734 99,0 73,9 402 89,4 53,7 2 055 97,9 70,7 526 93,3 52,5 2 408 96,8 80,5 645 86,6 55,8 2 078 98,6 83,5 612 92,3 44,8 1 780 98,3 78,6 412 82,3 31,7 681 94,3 42,2 162 98,1 84,2 2 114 99,6 90,1 647 88,3 48,6 10 275 97,6 73,2 2 237 97,1 72,2 1 456 98,4 79,6 522 100,0 97,1 1 118 99,9 96,1 645 90,3 55,5 12 849 98,1 78,5 3 405 ________________________________________________________________________________________________________ 1 40-59 ans pour les hommes 248 * VIH/sida et infections sexuellement transmissibles Tableau 14.2 Connaissance des moyens d'éviter de contracter le VIH/sida Pourcentage de femmes et d’hommes qui ont cité spontanément différents moyens pour éviter le VIH/sida, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________________ Pourcentage Pourcentage Moyen d'éviter de femmes d'hommes ____________________________________________________________ Ne connaît pas le sida ou ne sait pas si le sida peut être évité 28,5 12,2 Pense qu'il n'y a aucun moyen d'éviter le sida 16,0 9,3 Ne connaît pas de moyens spécifiques1 0,7 0,9 S'abstenir des rapports sexuels 15,5 28,6 Utiliser les condoms 30,5 51,2 Avoir un seul partenaire sexuel/fidèle à un seul partenaire 26,6 30,4 Limiter le nombre de partenaires sexuels 3,0 5,3 Éviter les rapports sexuels avec les prostituées 1,4 5,2 Éviter les rapports sexuels avec ceux qui ont plusieurs partenaires 1,0 1,4 Éviter les rapports sexuels avec les homosexuels 0,2 0,3 Éviter rapports sexuels avec ceux qui s'injectent de la drogue 0,5 1,0 Éviter les transfusions sanguines 2,9 3,9 Éviter les injections 4,7 4,6 Éviter le partage de rasoirs/lames 10,6 17,1 Éviter d'embrasser 0,1 0,2 Éviter les piqûres de moustiques 1,0 0,4 Chercher la protection de guérisseurs traditionnels 0,2 0,2 Autre 1,4 1,9 Effectif 12 849 3 405 ____________________________________________________________ 1 Croit qu'une personne peut faire quelque chose pour éviter le sida mais ne peut pas mentionner un moyen spécifique d 'une manière spontanée. Les questions sur la connaissance du VIH/sida portent également sur la connaissance par les enquêtés des moyens d’éviter de contracter la maladie. On a donc demandé aux hommes et aux femmes enquêtés de citer des moyens spécifiques de prévention du VIH/sida. Les résultats sont présentés au tableau 14.2. Il faut tout d’abord souligner que 45 % des femmes et 22 % des hommes ne connaissent pas le VIH/sida, ou ne savent pas si on peut éviter le sida, ou pensent qu’il n’y a pas de moyen de l’éviter ou encore ne connaissent pas de moyens spécifiques de prévention. Les moyens d’éviter le VIH/sida les plus fréquemment cités par les hommes et par les femmes sont l’utilisation du condom (31 % des femmes et 51 % des hommes), le fait de n’avoir qu’un seul partenaire/être fidèle à un seul partenaire (27 % des femmes et 30 % des hommes) ainsi que l’abstinence sexuelle qui a été citée par 16 % des femmes et 29 % des hommes. La connaissance de trois moyens spécifiques d’éviter la transmission du VIH, à savoir l’utilisation du condom, l’abstinence sexuelleet l’unipartenariat, est considérée comme essentielle d’un point de vue programmatique. Aussi, après avoir demandé aux enquêtés de citer les moyens d’éviter la transmission du VIH qu’ils connaissaient, on leur a demandé spéci- fiquement s’ils pensaient qu’il était pos- sible d’éviter le sida en s’abstenant de rap- ports sexuels, en utilisant un condom au cours de chaque rapport sexuel et en n’ayant qu’un seul partenaire qui n’a aucun autre partenaire. On constate tout d’abord au tableau 14.3.1 que la moitié des femmes (50 %) n’ont pas entendu parler du VIH/sida ou ont déclaré ne connaître aucun moyen important d’un point de vue programmatique d’éviter de le contracter. À l’opposé, plus d’un tiers des femmes connaissent un moyen d’éviter de contracter le sida et 13 % ont déclaré en connaître deux ou trois. C’est parmi les femmes les plus instruites (21 %), celles de la région de Ségou (20 %) et celles du milieu urbain (18 %) que l’on observe les proportions de celles qui sont les mieux informées. Par contre, parmi les femmes les plus jeunes (15-19 ans) et les plus âgées (40-49 ans), celles vivant en milieu rural, celles vivant dans les régions de Kayes et de Koulikoro et celles n’ayant aucune instruction, les proportions de celles qui connaissent deux ou trois moyens ne dépassent pas 12 %. Il faut souligner enfin les proportions extrêmement faibles de femmes des régions de Mopti et de Kidal/Gao/Tombouctou qui ont déclaré connaître deux ou trois moyens d’éviter de contracter le VIH/sida (respectivement, 7 % et 5 %). Pour 42 % des femmes, l’utilisation du condom permet d’éviter le VIH/sida. VIH/sida et infections sexuellement transmissibles * 249 Tableau 14.3.1 Connaissance par les femmes des moyens d’un point de vue programmatique d'éviter de contracter le VIH/sida Répartition (en %) des femmes qui connaissent trois moyens importants d’un point de vue programmatique d'éviter de contracter le VIH/sida, et pourcentage de femmes qui connaissent deux moyens spécifiques d'éviter de contracter le VIH/sida, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ________________________________________________________________________________________________________ Moyens spécifiques Moyens importants d'éviter le VIH/sida d'éviter le VIH/sida ____________________________________ _____________________________ Limiter le Deux Utiliser nombre de Un ou trois les partenaires Caractéristique Aucun1 moyen moyens ND Total condoms sexuels2 Effectif ________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-39 40-49 État matrimonial Jamais mariée - A eu des rapports sexuels - N'a jamais eu de rapports sexuels Mariée ou vivant ensemble Divorcée, séparée, veuve Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d'instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 54,5 33,7 11,8 0,0 100,0 43,6 43,2 2 565 45,6 39,3 15,0 0,0 100,0 48,5 51,8 2 339 44,2 42,0 13,8 0,0 100,0 47,8 53,3 2 208 49,4 36,7 13,8 0,0 100,0 40,6 48,4 3 524 55,3 33,0 11,7 0,1 100,0 30,2 42,9 2 213 47,0 39,5 13,6 0,0 100,0 55,6 50,3 1 730 31,9 54,4 13,8 0,0 100,0 72,2 65,6 703 57,3 29,3 13,4 0,0 100,0 44,2 39,9 1 028 50,5 36,3 13,2 0,0 100,0 39,4 47,3 10 723 44,0 42,1 13,9 0,0 100,0 54,8 52,4 395 29,1 52,7 18,2 0,1 100,0 75,2 66,1 2 114 36,6 46,1 17,3 0,0 100,0 60,2 60,0 1 749 32,5 49,7 17,8 0,0 100,0 68,4 63,3 3 863 57,3 31,4 11,3 0,0 100,0 30,8 41,3 8 986 56,5 32,0 11,5 0,1 100,0 34,5 40,8 1 734 51,6 36,4 12,0 0,0 100,0 38,5 46,0 2 055 51,7 35,5 12,8 0,0 100,0 36,9 46,9 2 408 47,1 33,1 19,9 0,0 100,0 46,9 52,5 2 078 58,0 35,3 6,7 0,0 100,0 23,1 40,1 1 780 73,3 21,9 4,8 0,0 100,0 22,4 24,7 681 29,1 52,7 18,2 0,1 100,0 75,2 66,1 2 114 55,5 32,4 12,0 0,0 100,0 34,0 42,6 10 275 36,2 47,9 15,9 0,0 100,0 60,4 60,6 1 456 15,4 63,4 21,2 0,0 100,0 92,7 80,3 1 118 49,9 36,9 13,3 0,0 100,0 42,1 47,9 12 849 ________________________________________________________________________________________________________ Note : Les moyens importants du point de vue programmatique sont l’abstinence sexuelle, l’utilisation du condom, et la limitation du nombre de partenaires. L’abstinence sexuelle est mesurée seulement à partir d’une réponse spontanée, alors que l’utilisation du condom et la limitation du nombre de partenaires sont mesurées à partir d’une réponse spontanée et d’une réponse après avoir insisté. 1 Il s’agit de celles qui n’ont pas entendu parler du VIH/sida ou ne connaissent aucun des trois moyens programmatiques d’éviter le VIH/sida. 2 Il s’agit de la limitation du nombre de partenaires sexuels et de la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire/la fidélité à un seul partenaire. On constate que le fait de vivre en ville et le niveau d’instruction influencent la connaissance de ce moyen de prévention puisque 93 % des femmes de niveau secondaire ou plus et 75 % de celles vivant à Bamako ont déclaré que le condom était un moyen d’éviter le VIH/sida. Ces proportions sont seulement de 31 % en milieu rural et de 34 % parmi les femmes sans instruction. C’est dans la région de Kidal/Gao/Tombouctou que l’on constate la proportion la plus faible de femmes connaissant ce moyen de prévention du VIH/sida (22 %). En outre, près de la moitié des femmes (48 %) ont déclaré que limiter le nombre de partenaires était un moyen d’éviter de contracter le VIH/sida. On retrouve ici les mêmes différentiels que pour l’utilisation du condom. 250 * VIH/sida et infections sexuellement transmissibles Tableau 14.3.2 Connaissance par les hommes de moyens importants d’un point de vue programmatique d'éviter de contracter le VIH/sida Répartition (en %) des hommes qui connaissent trois moyens importants d’un point de vue programmatique d'éviter de contracter le VIH/sida, et pourcentage d’hommes qui connaissent deux moyens spécifiques d'éviter de contracter le VIH/sida, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ________________________________________________________________________________________________________ Moyens spécifiques Moyens importants d'éviter le VIH/sida d'éviter le VIH/sida ____________________________________ _____________________________ Limiter le Deux Utiliser nombre de Un ou trois les partenaires Caractéristique Aucun1 moyen moyens ND Total condoms sexuels2 Effectif ________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-39 40-49 État matrimonial Jamais marié - A eu des rapports sexuels - N'a jamais eu de rapports sexuels Marié ou vivant ensemble Divorcé, séparé, veuf Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d'instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 30,2 15,1 54,6 0,0 100,0 62,4 52,4 668 18,5 17,6 63,9 0,0 100,0 72,2 63,3 463 10,8 19,0 70,1 0,1 100,0 80,1 69,5 449 19,8 17,5 62,7 0,0 100,0 66,3 66,7 791 25,7 20,1 54,2 0,0 100,0 52,2 63,4 1 033 24,6 15,6 59,8 0,0 100,0 68,3 57,7 1 154 11,6 14,2 74,3 0,0 100,0 83,9 71,3 630 40,3 17,4 42,4 0,0 100,0 49,6 41,2 524 21,5 18,9 59,6 0,0 100,0 61,3 65,8 2 122 8,1 28,2 63,7 0,0 100,0 76,0 57,8 70 10,4 14,9 74,7 0,0 100,0 81,8 70,8 647 15,3 14,8 70,0 0,0 100,0 73,9 71,5 477 12,5 14,8 72,7 0,0 100,0 78,5 71,1 1 125 27,1 19,6 53,2 0,0 100,0 56,7 58,7 2 280 27,3 17,0 55,7 0,0 100,0 52,8 64,1 402 31,1 32,2 36,7 0,0 100,0 47,2 39,8 526 19,8 14,9 65,2 0,0 100,0 72,1 64,9 645 17,5 14,9 67,6 0,0 100,0 70,3 74,6 612 21,8 19,7 58,5 0,0 100,0 58,4 68,2 412 57,8 7,5 34,4 0,3 100,0 30,5 35,2 162 10,4 14,9 74,7 0,0 100,0 81,8 70,8 647 27,7 18,3 53,9 0,0 100,0 55,9 59,3 2 237 21,7 19,0 59,4 0,0 100,0 65,1 62,1 522 3,9 16,3 79,8 0,0 100,0 90,5 75,6 645 22,3 18,0 59,7 0,0 100,0 63,9 62,8 3 405 ________________________________________________________________________________________________________ Note : Les moyens importants du point de vue programmatique sont l’abstinence sexuelle, l’utilisation du condom, et la limitation du nombre de partenaires. L’abstinence sexuelle est mesurée seulement à partir d’une réponse spontanée, alors que l’utilisation du condom et la limitation du nombre de partenaires sont mesurées à partir d’une réponse spontanée et d’une réponse après avoir insisté. 1 Il s’agit de ceux qui n’ont pas entendu parler du sida ou ne connaissent aucun des trois moyens programmatiques d’éviter le VIH/sida. 2 Il s’agit de la limitation du nombre de partenaires sexuels et de la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire/la fidélité à un seul partenaire. Chez les hommes, on constate que 22 % n’ont pas entendu parler du VIH/sida ou ont déclaré ne connaître aucun moyen important d’un point de vue programmatique d’éviter de le contracter. À l’opposé, près d’un homme sur cinq (18 %) a déclaré en connaître un et 60 % ont déclaré en connaître deux ou trois. Comme chez les femmes, les hommes les mieux informés sont ceux du milieu urbain (73 %) et de Bamako (75 %) et ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (80 %). Par contre, parmi les jeunes hommes de 15-19 ans, les plus âgés de 40-59 ans, ceux du milieu rural et ceux sans instruction ou seulement un niveau primaire, les proportions sont relativement faibles et ne dépassent pas 30 %. La région de Kidal/Gao/ VIH/sida et infections sexuellement transmissibles * 251 Tombouctou se caractérise par la proportion la plus faible d’hommes qui connaissent deux ou trois moyens de prévention du VIH/sida (34 %). En outre, près des deux tiers des hommes (64 %), soit une proportion plus élevée que celle des femmes (42 %), ont déclaré connaître l’utilisation du condom comme moyen d’éviter de contracter le VIH/sida. Ce moyen est connu par la quasi-totalité des hommes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (91 %), par 82 % de ceux de Bamako et par 79 % de ceux du milieu urbain. Par contre, cette proportion n’est que de 57 % en milieu rural et 56 % parmi ceux qui n’ont aucune instruction ; ce sont les hommes des régions de Kidal/Gao/Tombouctou et de Koulikoro qui connaissent le moins fréquemment ce moyen important d’éviter de contracter le VIH/sida. La limitation du nombre de partenaires en tant que moyen important d’éviter de contracter le VIH/sida est connue par 63 % des hommes ; à titre de comparaison, chez les femmes, cette proportion n’est que de 48 %. Les hommes qui ont déclaré le plus fréquemment connaître ce moyen important sont essentiellement ceux ayant un niveau d’instruction secondaire (76 %) et ceux du milieu urbain (71 %). Dans les régions, les proportions de ceux qui connaissent ce moyen varient d’un maximum de 75 % à Ségou à un minimum de 40 % à Koulikoro et de 35 % à Kidal/Gao/Tombouctou. 14.2 CONNAISSANCE DE CERTAINS ASPECTS DU VIH/SIDA Les tableaux 13.4.1 et 13.4.2 présentent les réponses des femmes et des hommes à certaines questions ayant pour but d’évaluer leur connaissance et leur perception de certains aspects du VIH/sida. Tout d’abord, on constate au tableau 14.4.1 que 44 % des femmes ont déclaré qu’une personne qui paraît en bonne santé peut néanmoins avoir le VIH/sida. Cette proportion varie sensiblement selon les caractéristiques socio-démographiques. Selon l’âge, les proportions de femmes ayant donné cette réponse varient d’un minimum de 36 % chez les femmes de 40-49 ans à un maximum de 47 % chez celles de 20-29 ans. L’état matrimonial a également une influence puisque 43 % des femmes mariées pensent qu’une personne peut paraître en bonne santé et cependant avoir le VIH/sida contre 48 % des célibataires et 53 % des femmes en rupture d’union. Selon le milieu de résidence, on constate que cette opinion est plus répandue parmi les femmes du milieu urbain que celles du milieu rural (59 % contre 37 %). La distribution par région de résidence laisse apparaître des écarts : c’est à Bamako et à Koulikoro que les proportions de femmes qui pensent qu’on peut paraître en bonne santé et avoir le VIH/sida sont les plus élevées et, en revanche, c’est dans les régions de Mopti et de Kidal/Gao/Tombouctou (respectivement, 20 % et 18 %) que les femmes sont les moins informées. Les résultats selon le niveau d’instruction mettent aussi en évidence des écarts importants : parmi les femmes sans instruction, seulement 38 % partagent l’opinion selon laquelle on peut paraître en bonne santé et être atteint du VIH/sida contre un peu plus des trois quarts des femmes de niveau secondaire ou plus (78 %). À la question concernant la possibilité de transmission du VIH/sida de la mère à l’enfant (transmission verticale), on constate que c’est la possibilité de transmission durant la grossesse qui est la mieux connue, 42 % des femmes ayant déclaré la connaître. En outre, un peu plus d’un tiers des femmes (36 %) ont déclaré connaître la possibilité de transmission durant l’accouchement et enfin 32 % ont répondu qu’elles savaient que le virus pouvait se transmettre de la mère à l’enfant durant l’allaitement. Quel que soit le mode de transmission, ce sont toujours les femmes du milieu urbain, en particulier à Bamako, et surtout celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus qui sont les mieux informées. Le tableau 14.4.1 présente enfin une dernière information concernant la proportion de femmes ayant déclaré connaître quelqu’un ayant le VIH/sida ou étant décédé du VIH/sida. Un peu plus d’une femme sur cinq a répondu qu’elle connaissait une personne dans ce cas ; cette proportion varie d’un maximum de 39 % parmi les femmes les plus instruites à un minimum de 13 % parmi les femmes de la région de Kidal/Gao/Tombouctou. 252 * VIH/sida et infections sexuellement transmissibles Tableau 14.4.1 Connaissance concernant certaines questions liées au VIH/sida : femmes Pourcentage de femmes qui ont donné des réponses spécifiques à différentes questions concernant le VIH/sida, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________________________________________________________ Pourcentage qui pense Pourcentage qu’une personne Pourcentage qui pense que le VIH/sida connaissant qui paraît en peut être transmis de la mère à l'enfant personnellement bonne santé ____________________________________ quelqu’un qui a le peut avoir le Durant Durant la Durant sida ou qui est Caractéristique VIH/ sida l'accouchement grossesse l'allaitement décédé du sida Effectif ____________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-39 40-49 État matrimonial Jamais mariée - A eu des rapports sexuels - N'a jamais eu de rapports sexuels Mariée ou vivant ensemble Divorcée, séparée, veuve Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d'instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 44,6 33,3 41,4 29,5 21,7 2 565 47,1 38,8 44,9 34,3 24,2 2 339 47,1 40,4 47,3 35,5 25,8 2 208 43,3 37,0 42,6 31,6 23,9 3 524 36,3 29,9 34,4 27,1 21,4 2 213 48,1 41,0 49,3 31,8 23,4 1 730 58,1 53,3 61,5 40,8 28,1 703 41,3 32,6 41,0 25,7 20,1 1 028 42,6 34,8 40,6 31,5 23,3 10 723 53,2 45,1 54,0 32,6 27,0 395 64,2 62,3 70,5 44,7 30,9 2 114 51,7 47,0 55,7 39,5 24,8 1 749 58,6 55,4 63,8 42,4 28,1 3 863 37,3 27,6 32,9 26,9 21,4 8 986 46,1 35,4 39,0 32,4 19,6 1 734 53,0 30,2 40,0 30,0 23,7 2 055 50,8 37,8 44,4 37,1 31,3 2 408 32,1 27,2 33,4 23,9 14,8 2 078 19,9 24,8 27,0 22,7 21,1 1 780 18,2 22,2 26,7 20,1 13,0 681 64,2 62,3 70,5 44,7 30,9 2 114 38,3 29,7 35,0 28,5 20,6 10 275 55,2 50,0 58,2 42,4 31,3 1 456 78,2 75,0 86,7 45,7 38,5 1 118 43,7 36,0 42,2 31,6 23,4 12 849 En ce qui concerne les hommes, les résultats présentés au tableau 14.4.2 montrent que 62 % d’entre eux pensent qu’une personne peut paraître en bonne santé et néanmoins avoir le VIH/sida. Comme chez les femmes, ce sont les hommes du milieu urbain et ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus qui partagent le plus fréquemment cette opinion (respectivement, 76 % et 86 %). Par ailleurs, en ce qui concerne la transmission du virus de la mère à l’enfant, on constate, comme chez les femmes, que c’est la possibilité de transmission durant la grossesse qui est la mieux connue, 60 % des hommes l’ayant citée, soit une proportion supérieure à celle des femmes (42 %). La possibilité de transmission du virus durant l’accouchement est connue par 51 % des hommes et 40 % ont déclaré qu’ils savaient que le virus pouvait se transmettre durant l’allaitement. Les hommes qui connaissent le mieux la possibilité de transmission du virus durant l’accouchement et pendant la grossesse sont les plus instruits et ceux vivant en milieu urbain. Par contre, on remarque que 54 % des hommes de Mopti et 51 % de ceux de Kayes ont déclaré connaître la possibilité de transmission du virus durant l’allaitement. La proportion d’hommes qui connaissent une personne ayant le VIH/sida ou qui en est morte est quasiment identique à celle observée chez les femmes (23 %). Les hommes de la région de Mopti sont, proportionnellement, les plus nombreux à avoir déclaré VIH/sida et infections sexuellement transmissibles * 253 Tableau 14.4.2 Connaissance concernant certaines questions liées au VIH/sida : hommes Pourcentage d'hommes qui ont donné des réponses spécifiques à différentes questions concernant le VIH/sida, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________________________________________________________ Pourcentage qui pense Pourcentage qu’une personne Pourcentage qui pense que le sida connaissant qui paraît en peut être transmis de la mère à l'enfant personnellement bonne santé _____________________________________ quelqu’un qui a peut avoir le Durant Durant la Durant le sida ou qui est Caractéristique VIH/sida l'accouchement grossesse l'allaitement décédé du sida Effectif ____________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-39 40-59 État matrimonial Jamais marié - A eu des rapports sexuels - N'a jamais eu de rapports sexuels Marié ou vivant ensemble Divorcé, séparé, veuf Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d'instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 55,6 40,5 50,0 34,6 16,5 668 63,6 52,9 62,9 38,8 18,9 463 67,6 60,3 68,7 48,1 26,6 449 68,9 57,3 67,0 42,7 25,2 791 57,4 47,0 57,1 39,7 25,6 1 033 60,7 46,8 56,0 35,2 18,6 1 154 73,4 58,5 70,3 42,9 24,5 630 45,5 32,6 38,8 25,9 11,5 524 62,3 52,6 62,4 43,4 24,6 2 122 68,1 55,7 63,7 38,7 43,2 70 78,6 61,7 73,0 34,5 28,0 647 71,9 61,3 72,2 48,2 24,1 477 75,8 61,5 72,6 40,3 26,3 1 125 55,1 45,3 54,3 40,4 21,3 2 280 59,9 57,0 60,5 50,7 21,9 402 60,2 46,3 51,3 35,5 18,0 526 71,0 50,0 64,8 46,8 22,6 645 60,7 45,5 56,3 33,8 16,2 612 42,3 52,4 65,0 53,7 38,9 412 24,0 22,3 24,2 19,4 7,7 162 78,6 61,7 73,0 34,5 28,0 647 54,0 42,9 52,3 38,6 19,4 2 237 65,6 55,3 62,0 45,7 24,9 522 86,2 74,0 86,8 42,2 33,5 645 61,9 50,7 60,3 40,4 22,9 3 405 connaître une personne malade ou étant décédée de cette maladie (39 %). Chez les hommes de niveau d’instruction secondaire ou plus, cette proportion est également relativement élevée puisqu’elle atteint 34 %. Sous l’expression « aspect social de la prévention du VIH/sida » ont été regroupés différents sujets, à savoir, la confidentialité sur la séropositivité, la prise en charge du malade par des proches, l’autorisation pour une « enseignante » ayant le VIH/sida de continuer à travailler, et l’éducation des enfants de 12-14 ans sur l’utilisation du condom. Au cours de l’enquête, des questions ont été posées pour connaître l’opinion des enquêtés à propos de chacun de ces sujets. Les résultats sont présentés au tableau 14.5.1 pour les femmes et 14.5.2 pour les hommes. Environ une femme sur cinq (21 %) estime que l’état de séropositivité d’une personne doit être gardé secret. Seuls les résultats selon le milieu et la région de résidence font apparaître des écarts. La proportion de femmes estimant qu’il ne faut pas divulguer à la communauté le fait qu’une personne soit atteinte du VIH/sida varie d’un minimum de 16 % dans les autres villes à un maximum de 23 % à Bamako. Dans les 254 * VIH/sida et infections sexuellement transmissibles Tableau 14.5.1 Aspects sociaux du VIH/sida : femmes Parmi les femmes qui ont entendu parler du sida, pourcentage de celles qui ont donné des réponses spécifiques aux questions sur les différents aspects sociaux du VIH/sida, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ________________________________________________________________________________________________________ Pense qu’un(e) Ne serait pas enseignant(e) Pense qu’on Pense qu’une prête à prendre qui a le VIH/sida ne devrait personne qui a soin chez soi mais ne paraît pas pas éduquer contracté le VIH/ d’un membre de malade ne devrait les enfants sur sida devrait pouvoir la famille ayant pas être autorisé à l’utilisation Effectif Caractéristique garder son état secret le VIH/sida continuer à enseigner du condom de femmes ________________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-39 40-49 État matrimonial Jamais mariée - A eu des rapports sexuels - N'a jamais eu de rapports sexuels Mariée ou vivant ensemble Divorcée, séparée, veuve Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d'instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 23,0 28,2 45,0 15,1 2 286 21,6 26,6 42,0 13,2 2 155 19,7 25,4 43,4 13,9 2 037 19,8 26,1 41,7 15,1 3 196 21,1 25,2 44,2 17,9 1 935 22,4 21,9 37,6 14,9 1 582 22,5 19,3 34,3 13,2 677 22,3 23,9 40,1 16,2 905 20,8 27,2 44,2 15,0 9 653 20,6 20,9 37,3 14,7 372 22,9 12,3 26,9 16,8 2 074 15,9 18,9 40,9 13,1 1 656 19,8 15,2 33,1 15,1 3 730 21,5 31,5 47,8 14,9 7 878 16,4 32,6 48,4 10,9 1 446 17,0 27,9 42,5 14,5 1 838 29,7 29,8 51,4 15,7 2 247 19,1 27,2 42,1 18,9 1 800 20,4 28,4 48,1 14,1 1 643 11,6 33,2 46,1 7,6 560 22,9 12,3 26,9 16,8 2 074 20,9 29,0 46,2 15,1 9 076 21,9 24,0 41,7 14,1 1 414 20,7 7,5 19,5 15,2 1 118 21,0 26,3 43,1 15,0 11 608 régions, 12 % des femmes de la région de Kidal/Gao/Tombouctou pensent que l’état de séropositivité d’une personne doit être gardé secret contre 30 % à Sikasso. À la deuxième question concernant l’intention de prendre soin d’un proche atteint du VIH/sida, plus d’un quart des femmes ont déclaré qu’elles n’y étaient pas prêtes. Cette opinion varie peu selon l’âge ; par contre, on remarque que, selon l’état matrimonial, la proportion de femmes qui ne seraient pas prêtes à prendre soin, chez elles, d’un proche qui a le VIH/sida varie d’un minimum de 19 % chez les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels à un maximum de 27 % chez les femmes en union. On constate également qu’à Bamako, seulement 12 % des femmes ne seraient pas prêtes à prendre soin, chez elles, d’un proche qui a contracté le VIH/sida ; en milieu rural, par contre, cette proportion est de 32 %. Plus de deux femmes sur cinq (43 %) pensent qu’un(e) enseignant(e) qui a le VIH/sida mais qui ne paraît pas malade ne devrait pas être autorisé à continuer d’enseigner à l’école. Cette opinion est plus VIH/sida et infections sexuellement transmissibles * 255 particulièrement partagée par les jeunes femmes qui sont en union (44 %) et celles sans instruction (46 %). Les régions de Kayes, de Mopti et de Sikasso se caractérisent par des proportions élevées de femmes qui pensent qu’un enseignant atteint du VIH/sida devrait cesser son travail à l’école (respectivement, 48 % et 51 %). Pour une femme sur sept (15 %), il n’est pas souhaitable d’éduquer les enfants sur l’utilisation du condom comme moyen de prévention du VIH/sida. Cette opinion varie peu selon les caractéristiques socio- démographiques. Tout au plus peut-on remarquer que les femmes de 40-49 ans (18 %), celles de Bamako (17 %) et celles de Ségou (19 %) sont relativement plus nombreuses à partager cette opinion. Chez les hommes, on constate qu’une proportion un peu plus faible que chez les femmes (19 % par rapport à 21 %) pensent que l’état d’une personne atteinte du VIH/sida ne devrait pas être divulgué à la communauté (tableau 14.5.2). Cette opinion varie selon certaines caractéristiques socio-démographiques : en moyenne, 21 % des hommes de moins de 30 ans partagent cette opinion par rapport à 17 % chez les plus de 30 ans. Près d’un quart des célibataires ayant eu des rapports sexuels pensent qu’il ne faut pas divulguer le fait qu’une personne soit atteinte du VIH/sida contre 18 % des hommes en union. De même, selon le niveau d’instruction, on constate que 18 % des hommes sans instruction approuvent la confidentialité de ce type d’information contre 25 % chez les plus instruits. Enfin, en milieu rural, pour 17 % des hommes, il est préférable de garder secret l’état d’une personne ayant contracté le VIH/sida ; cette proportion est de 23 % en urbain. Un peu plus d’un homme sur dix (13 %) a déclaré qu’il ne serait pas prêt à prendre soin chez lui d’un proche ayant contracté le VIH/sida : la proportion correspondante chez les femmes est deux fois plus élevée (26 %). En outre, chez les jeunes hommes de 15-19 ans et chez les célibataires n’ayant jamais eu de rapports sexuels, 20 % n’auraient pas l’intention de prendre soin chez eux d’un proche malade. On constate un écart important entre les hommes de Bamako et ceux des autres villes ou du milieu rural (5 % contre 15 %) et également entre les hommes sans instruction et les plus instruits (15 % contre 4 %). Plus de deux hommes sur cinq (46 %) pensent qu’il ne faudrait pas permettre à un(e) enseignant(e) ayant le VIH/sida de continuer à enseigner. Cette proportion est très proche de celle obtenue chez les femmes (43 %). Cette opinion est particulièrement partagée par les hommes de la région de Kayes (71 %), mais aussi par plus de la moitié des hommes du milieu rural (53 %) et de ceux sans instruction (53 %). À l’opposé, cette proportion n’est que de 21 % chez les hommes ayant un niveau secondaire ou plus. Enfin à la dernière question concernant l’éducation des enfants sur l’utilisation du condom, 26 % des hommes s’y sont déclarés opposés. Chez les femmes, cette proportion n’est que de 15 %. Les hommes qui approuveraient le moins cette mesure sont les célibataires n’ayant jamais eu de rapports sexuels (31 %), et ceux des régions de Koulikoro (38 %) et de Kayes (43 %). 256 * VIH/sida et infections sexuellement transmissibles Tableau 14.5.2 Aspects sociaux du VIH/sida : hommes Parmi les hommes qui ont entendu parler du sida, pourcentage de ceux qui ont donné des réponses spécifiques aux questions sur les différents aspects sociaux du VIH/sida, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _______________________________________________________________________________________________________ Pense qu’un(e) Ne serait pas enseignant(e) Pense qu’on Pense qu’une prêt à prendre qui a le VIH/sida ne devrait personne qui a soin chez soi mais ne paraît pas pas éduquer contracté le VIH/ d’un membre malade ne devrait les enfants sur sida devrait pouvoir de la famille ayant pas être autorisé à l’utilisation Effectif Caractéristique garder son état secret le VIH/sida continuer à enseigner du condom d’hommes _______________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-39 40-59 État matrimonial Jamais marié A eu des rapports sexuels N'a jamais eu de rapports sexuels Mariée ou vivant ensemble Divorcé, séparé, veuf Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d'instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 22,0 20,0 49,1 24,0 640 18,9 9,5 38,8 28,9 455 23,5 11,2 46,3 21,2 445 15,6 12,5 48,1 25,4 784 18,1 11,3 46,5 28,9 1 018 21,5 15,6 43,8 24,9 1 118 23,5 12,1 38,7 20,5 625 18,9 20,1 50,2 30,5 493 17,6 12,2 48,4 26,7 2 098 23,4 2,7 29,7 34,2 69 21,5 4,8 25,8 25,9 644 24,5 14,8 44,7 25,7 472 22,8 9,0 33,8 25,8 1 117 17,3 15,0 52,6 26,3 2 225 18,0 10,2 70,8 42,5 398 15,0 7,9 44,1 38,3 515 19,6 16,1 47,4 18,3 624 24,1 24,9 51,7 19,7 604 16,3 14,3 54,7 19,0 405 11,3 9,4 28,6 20,1 152 21,5 4,8 25,8 25,9 644 17,8 15,0 52,7 27,2 2 183 17,3 15,4 50,9 27,1 514 24,8 4,3 21,1 22,0 645 19,1 13,0 46,3 26,2 3 342 14.3 COMMUNICATION AU SUJET DU VIH/SIDA Les changements de comportement pour éviter de contracter le VIH/sida peuvent être influencés par le niveau de communication qui existe dans une société et, en particulier, à l’intérieur d’un couple. Pour cette raison, au cours de l’enquête, on a demandé aux enquêtés en union s’ils avaient, ou non, discuté des moyens de prévention du VIH/sida avec leur conjoint. À cette question, 20 % des femmes ont répondu par l’affirmative (tableau 14.6.1) tandis qu’une majorité (69 %) ont répondu qu’elles n’avaient jamais parlé des moyens de prévention du VIH/sida avec leur conjoint. Les femmes qui ont le plus fréquemment abordé cette question sont les femmes les plus instruites (60 %) et celles du milieu urbain (33 %). À Bamako, cette proportion est de 39 %. À l’opposé, 73 % des jeunes femmes de 15-19 ans, 74 % de celles de Mopti et 71 % de celles n’ayant aucune instruction n’ont pas parlé de ce problème avec leur conjoint. VIH/sida et infections sexuellement transmissibles * 257 Tableau 14.6.1 Discussion à propos du VIH/sida avec le partenaire : femmes Répartition (en %) des femmes actuellement en union ou vivant avec un partenaire selon qu'elles ont discuté ou non des moyens de prévention du VIH/sida avec leur époux/partenaire, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________________________________________________________ N'a pas entendu parler Caractéristique Oui Non NSP/ND du sida Total Effectif ____________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-39 40-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d'instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 14,6 73,1 0,4 11,9 100,0 1 178 21,3 69,0 1,0 8,7 100,0 1 987 23,4 66,8 1,8 7,9 100,0 2 076 20,7 68,8 1,1 9,5 100,0 3 402 15,3 70,5 1,3 12,9 100,0 2 080 38,6 58,3 2,1 1,0 100,0 1 245 27,7 65,6 0,8 5,9 100,0 1 378 32,9 62,1 1,4 3,6 100,0 2 622 15,3 71,5 1,1 12,0 100,0 8 101 14,4 67,9 1,8 15,9 100,0 1 558 15,8 73,1 0,6 10,6 100,0 1 839 20,9 71,5 0,9 6,7 100,0 2 095 17,4 67,5 1,5 13,7 100,0 1 875 17,6 73,9 0,9 7,6 100,0 1 562 12,9 68,9 0,7 17,5 100,0 549 38,6 58,3 2,1 1,0 100,0 1 245 16,0 71,4 1,1 11,5 100,0 9 042 28,3 67,7 1,2 2,8 100,0 1 120 60,0 37,0 3,0 0,0 100,0 561 19,6 69,2 1,2 10,0 100,0 10 723 En ce qui concerne les hommes (tableau 14.6.2), on constate que 37 % ont déclaré avoir abordé le problème de la prévention du VIH/sida avec leur partenaire ; à l’opposé, 61 % n’en ont pas parlé. Près des deux tiers des hommes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (65 %) et plus de la moitié de ceux de Bamako (55 %) et de ceux de 25-29 ans (54 %) ont discuté de ce sujet avec leur conjoint contre seulement 30 % de ceux de 40-59 ans, 33 % de ceux du milieu rural et 31 % de ceux n’ayant aucune instruction. 258 * VIH/sida et infections sexuellement transmissibles Tableau 14.6.2 Discussion à propos du VIH/sida avec le partenaire : hommes Répartition (en %) des hommes actuellement en union ou vivant avec une partenaire selon qu'ils ont discuté ou non des moyens de prévention du VIH/sida avec leur épouse/partenaire, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSM-III Mali 2001 ____________________________________________________________________________________________________ N'a pas entendu parler Caractéristique Oui Non NSP/ND du sida Total Effectif ____________________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-39 40-49 Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d'instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble * * * * * 4 31,5 60,8 6,1 1,6 100,0 86 54,2 45,5 0,1 0,3 100,0 291 41,7 56,4 0,9 1,0 100,0 720 30,1 67,6 0,8 1,4 100,0 1 019 54,5 44,3 1,0 0,2 100,0 274 46,3 51,7 0,6 1,4 100,0 261 50,5 47,9 0,8 0,8 100,0 534 33,0 64,8 1,0 1,2 100,0 1 587 39,7 59,1 0,0 1,2 100,0 244 26,8 70,7 2,5 0,0 100,0 370 37,3 61,0 0,0 1,7 100,0 404 30,5 67,3 0,8 1,3 100,0 418 46,5 51,0 1,2 1,2 100,0 309 25,3 70,1 1,1 3,5 100,0 103 54,5 44,3 1,0 0,2 100,0 274 30,7 66,8 1,0 1,5 100,0 1 542 46,8 52,5 0,7 0,0 100,0 314 65,2 33,8 1,0 0,0 100,0 266 37,4 60,5 1,0 1,1 100,0 2 122 ____________________________________________________________________________________________________ * Calculé sur un effectif inférieur à 25 cas Pour tenter d’évaluer le niveau d’acceptation par la population de messages sur le VIH/sida dans les médias, on a demandé aux enquêtés si, selon eux, des discussions au sujet du VIH/sida dans les médias étaient ou non acceptables. Les résultats sont présentés aux tableaux 14.7.1 pour les femmes et 14.7.2 pour les hommes. Une très forte proportion d’hommes et de femmes approuvent que l’on parle du VIH/sida dans les médias (plus de 94 % quel que soit le sexe). Cette proportion varie peu selon les caractéristiques socio- démographiques. VIH/sida et infections sexuellement transmissibles * 259 Tableau 14.7.1 Discussion à propos du sida dans les médias : femmes Parmi les femmes qui ont entendu parler du sida, pourcentage de celles qui pensent que les discussions à propos du sida dans les médias sont acceptables, par type de média, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _________________________________________________________________________________________ Discussion à propos du sida est acceptable : __________________________________________________ Non acceptable Dans les dans aucun Effectif Caractéristique À la radio À la télé journaux média de femmes _________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-39 40-49 État matrimonial Jamais mariée - A eu des rapports sexuels - N'a jamais eu de rapports sexuels Mariée ou vivant ensemble Divorcée, séparée, veuve Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d'instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 92,5 93,4 92,8 6,3 2 286 95,0 95,1 94,4 4,6 2 155 94,7 94,7 94,1 4,8 2 037 96,1 95,9 95,4 3,6 3 196 94,8 94,5 93,9 4,9 1 935 93,3 94,1 93,6 5,5 1 582 95,4 96,5 96,3 3,2 677 91,7 92,4 91,6 7,2 905 95,0 94,9 94,3 4,6 9 653 94,8 95,7 95,5 3,5 372 96,5 96,4 95,7 3,1 2 074 96,0 96,7 95,9 3,0 1 656 94,0 94,0 93,5 5,5 7 878 93,6 94,0 94,1 5,8 1 446 96,6 96,5 95,8 3,0 1 838 92,5 92,8 92,7 6,9 2 247 97,6 97,9 96,7 1,5 1 800 91,0 90,8 89,5 8,8 1 643 95,7 95,9 95,8 3,9 560 96,5 96,4 95,7 3,1 2 074 94,1 94,2 93,4 5,3 9 076 95,5 95,9 95,5 3,9 1 414 98,7 98,9 99,0 0,9 1 118 94,7 94,8 94,2 4,7 11 608 260 * VIH/sida et infections sexuellement transmissibles Tableau 14.7.2 Discussion à propos du sida dans les médias : hommes Parmi les hommes qui ont entendu parler du sida, pourcentage de ceux qui pensent que les discussions à propos du sida dans les médias sont acceptables, par type de média, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 _________________________________________________________________________________________ Discussion à propos du sida est acceptable : __________________________________________________ Non acceptable Dans les dans aucun Effectif Caractéristique À la radio À la télé journaux média d'hommes _________________________________________________________________________________________ Groupe d’âges 15-19 20-24 25-29 30-39 40-59 État matrimonial Jamais marié - A eu des rapports sexuels - N'a jamais eu de rapports sexuels Marié ou vivant ensemble Divorcé, séparé, veuf Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d'instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble 93,7 94,6 94,4 5,2 640 97,7 97,6 97,9 1,4 455 97,5 97,8 98,1 1,7 445 98,0 98,3 98,2 1,7 784 97,9 97,9 97,8 2,1 1 018 95,4 95,9 96,0 3,5 1 118 96,6 97,0 97,6 2,3 625 93,9 94,6 94,0 5,0 493 98,2 98,3 98,2 1,7 2 098 95,1 95,1 95,1 4,9 69 95,3 95,0 95,4 4,1 644 96,9 97,6 97,4 2,4 472 96,0 96,1 96,2 3,4 1 117 97,6 97,9 97,8 2,0 2 225 98,4 98,6 98,4 1,4 398 97,9 97,8 97,8 2,1 515 96,7 96,6 96,5 3,3 624 97,9 98,4 98,2 1,5 604 96,3 98,1 97,9 1,9 405 98,4 99,2 99,2 0,8 152 95,3 95,0 95,4 4,1 644 96,7 97,0 97,0 2,9 2 183 96,9 97,4 97,2 2,3 514 98,5 98,5 98,6 0,8 645 97,1 97,3 97,3 2,4 3 342 14.4 TEST DU VIH/SIDA Dans toute politique de dépistage volontaire du VIH/sida, il est important de connaître la position de la population sur la question. Au cours de l’EDSM-IIII, on a demandé aux enquêtés s’ils avaient déjà effectuer un test de dépistage du VIH/sida ; aux enquêtés qui n’avaient pas effectué de test, on leur a demandé s’ils souhaitaient en effectuer un et s’ils connaissaient un endroit ou il était possible d’effectuer ce test. Au tableau 14.8.1, on constate qu’une infime minorité de femmes (4 %) ont déclaré avoir été testées pour le VIH/sida. Ce sont, plus particulièrement, les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus (20 %), celles de Bamako (14 %), les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (10 %) et les femmes en rupture d’union (8 %) qui ont le plus fréquemment déclaré avoir été testées. En outre, les résultats montrent que 50 % des femmes qui n’ont pas effectué le test souhaiteraient en effectuer un ; par contre, 30 % de femmes qui n’ont pas été testées ne désireraient pas l’être ; enfin 16 % des femmes n’ont pas été VIH/sida et infections sexuellement transmissibles * 261 Tableau 14.8.1 Dépistage du virus du sida : femmes Répartition (en %) des femmes selon qu'elles ont été testées ou non, et le désir d'être testées pour celles qui ne l'ont pas été, répartition (en %) des femmes qui ont fait le test par lieu du test, et pourcentage de femmes qui n'ont pas fait le test du sida et qui connaissent un lieu pour le test, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ___________________________________________________________________________________________________________________________ Parmi N'a pas subi le test les non ____________________ Parmi les femmes testées % Effectif A subi le Ne veut testées, endroit du test Effectif conn. un de test du Désire pas Effectif _____________________ de endroit femmes VIH/ être être NSP/ de Privé femmes pour non Caractéristique sida testée testée ND1 Total femmes Public médical Autre Total testées le test2 testées ___________________________________________________________________________________________________________________________ Groupe d'âges 15-19 20-24 25-29 30-39 40-49 État matrimonial Jamais mariée - A eu des rapports sexuels - N'a jamais eu de rapports sexuels Mariée ou vivant ensemble Divorcée, séparée, veuve Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d'instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble des femmes 2,3 51,0 30,1 16,5 100,0 2 565 84,8 5,4 9,7 100,0 60 10,8 2 225 5,4 53,6 28,3 12,7 100,0 2 339 86,1 10,7 3,2 100,0 126 9,5 2 029 5,4 51,2 28,6 14,7 100,0 2 208 90,0 7,8 2,2 100,0 120 10,2 1 917 4,4 48,2 31,0 16,5 100,0 3 524 85,1 11,4 3,5 100,0 154 8,1 3 042 3,4 44,1 31,0 21,5 100,0 2 213 88,5 7,4 4,1 100,0 75 5,6 1 859 5,0 53,7 26,9 14,4 100,0 1 730 88,8 9,8 1,4 100,0 87 18,4 1 495 10,3 59,6 22,7 7,4 100,0 703 88,9 9,5 1,7 100,0 72 24,3 605 1,4 49,7 29,7 19,2 100,0 1 028 * * * 100,0 15 14,5 890 3,9 48,7 30,5 16,9 100,0 10 723 86,7 8,9 4,3 100,0 415 7,1 9 238 8,2 53,6 27,7 10,5 100,0 395 (83,3) (11,3) (5,3) 100,0 32 14,6 340 14,1 51,3 28,1 6,5 100,0 2 114 84,5 13,8 1,7 100,0 298 21,9 1 776 6,3 54,0 27,8 11,9 100,0 1 749 98,6 0,8 0,6 100,0 110 18,2 1 545 10,6 52,5 28,0 9,0 100,0 3 863 88,3 10,3 1,4 100,0 409 20,2 3 321 1,4 48,3 30,8 19,5 100,0 8 986 82,1 5,9 12,1 100,0 126 4,0 7 752 2,4 52,5 22,7 22,3 100,0 1 734 (94,2) (5,8) (0,0) 100,0 42 7,1 1 404 2,2 52,5 28,7 16,6 100,0 2 055 (91,9) (2,2) (5,8) 100,0 45 7,0 1 793 3,8 54,2 30,6 11,4 100,0 2 408 89,6 4,1 6,3 100,0 90 8,3 2 156 1,3 34,5 39,4 24,8 100,0 2 078 (87,0) (0,0) (13,0) 100,0 27 5,5 1 773 1,3 52,8 30,6 15,3 100,0 1 780 * * * 100,0 24 3,0 1 620 1,3 48,7 24,4 25,7 100,0 681 * * * 100,0 9 8,0 551 14,1 51,3 28,1 6,5 100,0 2 114 84,5 13,8 1,7 100,0 298 21,9 1 776 2,2 47,0 31,7 19,1 100,0 10 275 87,4 5,7 6,9 100,0 228 5,3 8 848 6,0 61,3 25,4 7,3 100,0 1 456 87,7 8,1 4,2 100,0 88 13,1 1 326 19,5 57,7 20,0 2,8 100,0 1 118 86,0 13,3 0,7 100,0 218 37,9 900 4,2 49,5 29,9 16,4 100,0 12 849 86,9 9,2 3,9 100,0 535 8,9 11 073 ___________________________________________________________________________________________________________________________ 1 Y compris les femmes qui n'ont pas entendu parler du sida 2 Non compris les femmes qui n'ont pas entendu parler du sida * Calculé sur un effectif inférieur à 25 cas ( ) Calculé sur un effectif entre 25 et 49 cas testées et ne savent pas si elles souhaiteraient être testées. C’est chez les femmes de niveau d’instruction primaire (61 %) et secondaire ou plus (58 %), celles du milieu urbain (53 %) ainsi que celles de 20-24 ans (54 %) que l’on constate les proportions les plus élevées de femmes non testées et qui souhaiteraient l’être. Parmi les femmes ayant effectué le test de dépistage du VIH/sida, on constate que la grande majorité se sont adressées au secteur public (87 %) ; seulement 9 % se sont adressées au secteur privé, en particulier celles de Bamako (14 %) et celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (13 %). Par ailleurs, parmi les femmes n’ayant pas effectué le test, on constate que seulement 9 % ont déclaré connaître un endroit pour se faire tester. Ce n’est que parmi les femmes de niveau secondaire ou plus (38 %) et parmi celles de 262 * VIH/sida et infections sexuellement transmissibles Tableau 14.8.2 Dépistage du virus du sida : hommes Répartition (en %) des hommes selon qu'ils ont été testés ou non, et le désir d'être testés pour ceux qui ne l'ont pas été, répartition (en %) des hommes qui ont fait le test par lieu du test, et pourcentage de hommes qui n'ont pas fait le test du sida et qui connaissent un lieu pour le test, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ___________________________________________________________________________________________________________________________ Parmi N'a pas subi le test les non ____________________ Parmi les hommes testés % A subi le Ne veut testés, endroit du test conn. un Effectif test du Désire pas _____________________ Effectif endroit d'hommes VIH/ être être NSP/ Effectif Privé d'hommes pour non Caractéristique sida testé testé ND1 Total d'hommes Public médical Autre Total testés le test2 testés ___________________________________________________________________________________________________________________________ Groupe d'âges 15-19 20-24 25-29 30-39 40-59 État matrimonial Jamais marié - A eu des rapports sexuels - N'a jamais eu de rapports sexuels Marié ou vivant ensemble Divorcé, séparé, veuf Milieu de résidence Bamako Autres villes Ensemble urbain Rural Région Kayes Koulikoro Sikasso Ségou Mopti Kidal/Gao/Tombouctou Bamako Niveau d'instruction Aucun Primaire Secondaire ou plus Ensemble des hommes 3,5 65,0 21,2 10,3 100,0 668 * * * 100,0 23,0 19,6 616 12,2 67,6 13,9 6,2 100,0 463 85,4 14,6 0,0 100,0 57,0 23,2 399 9,2 66,4 18,0 6,4 100,0 449 (60,7) (34,8) (4,5) 100,0 42,0 32,5 403 9,9 67,6 18,2 4,2 100,0 791 83,4 8,7 7,9 100,0 79,0 25,0 706 9,2 58,6 24,2 8,0 100,0 1 033 86,4 11,0 2,6 100,0 95,0 19,3 923 7,0 66,3 19,0 7,7 100,0 1 154 86,6 13,4 0,0 100,0 80,0 24,3 1 038 10,7 71,6 15,5 2,2 100,0 630 84,0 16,0 0,0 100,0 68,0 35,1 557 2,4 60,0 23,3 14,3 100,0 524 * * * 100,0 13,0 11,7 480 9,2 63,6 20,6 6,6 100,0 2 122 83,9 11,0 5,1 100,0 194,0 21,9 1 904 21,7 52,6 15,3 10,4 100,0 70 * * * 100,0 15,0 28,3 54 22,9 53,0 21,9 2,2 100,0 647 78,9 19,3 1,8 100,0 148,0 43,2 496 13,1 63,4 17,1 6,4 100,0 477 90,1 9,9 0,0 100,0 62,0 38,4 410 18,7 57,4 19,9 4,0 100,0 1 125 82,2 16,5 1,3 100,0 210,0 41,0 906 3,7 67,5 20,1 8,7 100,0 2 280 83,0 7,7 9,2 100,0 85,0 15,3 2 140 5,1 68,1 17,1 9,7 100,0 402 * * * 100,0 20,0 26,3 377 9,4 66,6 17,5 6,5 100,0 526 (92,5) (0,0) (7,5) 100,0 49,0 17,4 465 5,0 71,4 16,4 7,2 100,0 645 (85,2) (7,3) (6,8) 100,0 32,0 29,1 592 3,5 59,0 27,8 9,7 100,0 612 * * * 100,0 21,0 14,5 582 4,7 71,4 17,7 6,2 100,0 412 * * * 100,0 19,0 8,7 386 3,0 63,7 18,3 15,0 100,0 162 * * * 100,0 5,0 9,5 147 22,9 53,0 21,9 2,2 100,0 647 78,9 19,3 1,8 100,0 148,0 43,2 496 4,5 64,9 21,8 8,8 100,0 2 237 75,5 15,9 8,6 100,0 101,0 14,6 2 081 8,5 68,5 16,4 6,7 100,0 522 (92,7) (3,1) (4,2) 100,0 44,0 25,2 470 23,2 58,4 16,5 1,9 100,0 645 84,1 15,9 0,0 100,0 150,0 56,0 495 8,7 64,2 20,0 7,1 100,0 3 405 82,5 14,0 3,6 100,0 295,0 22,9 3 046 ___________________________________________________________________________________________________________________________ 1 Y compris les hommes qui n'ont pas entendu parler du sida 2 Non compris les hommes qui n'ont pas entendu parler du sida * Calculé sur un effectif inférieur à 25 cas ( ) Calculé sur un effectif entre 25 et 49 cas Bamako (22 %) que l’on observe une proportion relativement élevée de femmes qui connaissent un endroit pour un test. Deux fois plus d’hommes que de femmes ont effectué un test de dépistage du VIH/sida (9 % contre 4 %). Comme chez les femmes, ce sont les hommes de Bamako (23 %), ceux de niveau d’instruction secondaire ou plus (23 %) et ceux qui sont en rupture d’union (22 %) qui ont le plus fréquemment déclaré avoir effectué un test de dépistage du VIH/sida. En outre, les résultats montrent que près des deux tiers des hommes n’ont pas été testés et souhaiteraient effectuer un test de dépistage (64 %) ; à l’opposé, 20 % n’ont pas été testés et ne désireraient pas se soumettre à un test ; enfin, 7 % des hommes n’ont pas été testés et sont indécis. C’est chez les hommes des régions de Sikasso et de Mopti (71 % dans les deux cas), chez ceux de niveau d’instruction primaire (69 %) et chez ceux du milieu rural (68 %) que l’on constate les proportions les plus élevées d’hommes non testés et souhaitant effectuer un test de dépistage. VIH/sida et infections sexuellement transmissibles * 263 Parmi les hommes ayant effectué le test, on constate que la grande majorité s’est adressée au secteur public (83 %) et que 14% ont choisi le secteur privé. Ce sont surtout les hommes de Bamako (19 %) et ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (16 %) qui ont effectué ce test dans le secteur médical privé. Par ailleurs, parmi les hommes n’ayant pas effectué un test, on constate que seulement 23 % ont déclaré connaître un endroit pour le test. Parmi les hommes qui n’ont pas effectué le test, plus de la moitié de ceux de niveau secondaire ou plus (56 %) et plus de deux sur cinq à Bamako (43 %) savent cependant où aller pour effectuer le test. 14.5 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST) Au cours de l’enquête, on a demandé aux hommes et aux femmes enquêtés si, à part le sida, ils connaissaient d’autres infections qui se transmettaient par contact sexuel et, dans le cas d’une réponse positive, s’ils connaissaient des signes ou symptômes, chez l’homme et chez la femme, caractéristiques de ces infections ; de plus, en demandant aux enquêtés s’ils avaient eu une IST ou des symptômes associés à des IST, il a été possible d’établir une prévalence déclarée des IST. Enfin, certaines questions ont porté sur le comportement adopté en cas d’infection, en terme de conseil et de traitement. Connaissance des IST Le tableau 14.9.1 présente les résultats concernant la connaissance, par les femmes, des IST et des symptômes révélateurs d’IST. Parmi les femmes enquêtées, 68 % ont déclaré ne pas connaître d’infections qui se transmettent sexuellement (à part le sida). Ces proportions sont élevées quel que soit l’âge. Selon l’état matrimonial, la proportion de femmes qui ne connaissent pas les IST varie d’un minimum de 51 % chez les femmes en rupture d’union à un maximum de 83 % chez les célibataires n’ayant jamais eu de rapports sexuels. En ce qui concerne le milieu de résidence, on constate que ce sont les femmes du milieu rural qui connaissent le moins les IST (74 %). À Bamako, par contre, le niveau de connaissance est nettement plus élevé, puisque seulement 48 % ne connaissent pas les IST. Le niveau d’instruction influence le niveau de connaissance des IST puisque 73 % des femmes sans instruction ne connaissent pas les IST contre seulement 31 % des femmes les plus instruites. Enfin dans les régions, les proportions de femmes qui ne connaissent pas les IST varient d’un maximum de 82 % à Mopti à un minimum de 48 % à Bamako. De plus, une femme sur dix a été incapable de citer un symptôme caractéristique d’IST chez l’homme. Si l’on ajoute ces 10 % de femmes qui ne connaissent aucun symptôme d’IST chez l’homme aux 68 % de femmes qui ne savent pas qu’il existe des IST, ce sont 74 % des Maliennes qui n’ont aucune connaissance ou seulement une connaissance très limitée des IST chez l’homme. À l’opposé, 22 % des femmes ont cité, au moins, un symptôme d’IST chez les hommes. Il s’agit surtout des femmes qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus (50 %) et, dans une moindre mesure, des femmes du milieu urbain (32 %). Par ailleurs, 6 % de femmes ont été incapables de citer un symptôme caractéristique d’IST chez la femme. Si l’on ajoute ces 6 % de femmes qui ne connaissent aucun symptôme d’IST chez la femme aux 68 % de celles qui ne savent pas qu’il existe des IST, ce sont 73 % des Maliennes qui n’ont aucune connaissance ou seulement une connaissance très limitée des IST chez la femme. À l’opposé, 27 % des femmes ont cité, au moins, un symptôme d’IST chez les femmes. Il s’agit surtout des femmes qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus (57 %) et, dans une moindre mesure, des femmes du milieu urbain (38 %). En outre, il faut noter que la proportion de femmes qui connaissent au moins un symptôme d’IST chez les femmes est assez peu différente de celles qui connaissent un symptôme chez l’homme (27 % contre 22 %). Le tableau 14.9.2 présente les résultats sur la connaissance, par les hommes, des IST et de leurs symptômes chez les hommes et chez les femmes. 264 * VIH/sida et infections sexuellement transmissibles Tableau 14.9.1 Connaissance des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) : femmes Pourcentage de femmes qui connaissent les signes associés aux infections sexuellement transmissibles (IST) chez l'homme et chez la femme, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSM-III Mali 2001 ______________________________________________________________________________________________________ Connaissent des symptômes Connaissent des symptômes spécifiques des IST chez l 'hom