HAI and WHO Les prix des médicaments au Tchad- Summary

Publication date: 2004

LES PRIX DES MEDICAMENTS AU TCHAD MESURER LES PRIX DES MEDICAMENTS Un tiers de la population mondiale ne dispose pas d'un accès régulier aux médicaments dont elle a besoin et la plus part des patients des pays en développement paient eux-mêmes leurs médicaments faute de systèmes d'assurance maladie efficaces. Les prix élevés des médicaments représentent une barrière importante à leur utilisation ainsi quà l’amélioration de l’état de santé des populations. En Mai 2004, le Ministère de la Santé Publique du Tchad, avec l’appui de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a réalisé une étude nationale sur les prix des médicaments dans les secteurs public, privé et confessionnel. A l’aide de la méthodologie développée par l'OMS et Health Action International (HAI) : Les prix des médicaments : une nouvelle approche pour les mesurer, le Ministère a évalué l'accessibilité financière de plusieurs traitements médicamenteux, analysé les prix et la disponibilité d'une sélection de médicaments et identifié les composantes des prix (taxes, marges bénéficiaires, etc.) des médicaments. Les résultats ont été utilisés pour déterminer les facteurs contribuant aux prix élevés des médicaments et à leur variation dans le pays. Ils permettent de plus à identifier des stratégies et des politiques qui permettront d'améliorer leur accessibilité. Ce document fait partie d'une série de résumés qui présentent les résultats d'enquêtes sur les prix des médicaments effectuées par des pays en 'Afrique et ailleurs dans le monde. LE CONTEXTE DU TCHAD Le Tchad est un pays enclavé et le port maritime le plus proche (Douala au Cameroun) est à environ 1000 km. Cette situation d’éloignement peut jouer considérablement sur l’approvisionnement en médicaments. En 2002, la population du Tchad est estimée à 7,84 millions d’habitants dont 48% ont moins de 15 ans. Le pays est classé comme pays à faible revenu par la Banque Mondiale avec un PNB par habitant en 2003 de 315,9 dollars américains. La couverture sanitaire par les services de santé est faible et les soins ne sont pas gratuits. Le système de recouvrement des coûts est instauré, les patients paient leurs produits avec une ordonnance nominative. Il n’existe pas de système d’assurance de santé publique. Le nombre des pharmacies d’officine privées est de 23, principalement situées dans la capitale N’Djamena. 120 dépôts pharmaceutiques sont répartis dans les grandes villes du pays. Il existe des organisations non gouvernementales dans le secteur de la santé, des cabinets de soins et des cliniques privées. Une liste de médicaments essentiels est appliquée dans le secteur public et dans le secteur privé à but non lucratif et les médicaments sont achetés par appels d’offres internationaux. La politique pharmaceutique est en vigueur depuis 1996 et Il n’existe pas de loi sur les brevets. La seule société industrielle pharmaceutique qui produisait cinq molécules dans le passé est fermée depuis 1998. La Centrale Pharmaceutique d’Achats (CPA) approvisionne en médicaments essentiels génériques les formations sanitaires publiques et privées à but non lucratif. MEDICAMENTS, ZONES ET SECTEURS ETUDIES Les médicaments étudiés comprennent 13 produits provenant d’un panier de médicaments commun pour tous les pays utilisant cette méthodologie d’enquête et une liste complémentaire de 9 médicaments spécifiques au Tchad. Les médicaments du panier ont été choisis en fonction des pathologies prédominantes sur le plan mondial et la disponibilité des formulations courantes. Les médicaments de la liste complémentaire ont été sélectionnés en raison de l'importance et/ou de la fréquence de leur utilisation pour la prise en charge des problèmes de santé courants au Tchad. Les prix et la disponibilité de 22 médicaments en tout ont été étudiés dans 4 régions au Tchad : N’Djamena, Ouaddaï, Logone Oriental et Lac. Variables mesurées dans chaque secteur Secteur public Secteur privé Secteur confessionnel Accessibilité financière aux patients √ √ √ Prix d’achat √ Prix payés par les patients √ √ √ Disponibilité aux patients √ √ √ PRESENTATION DES INFORMATIONS SUR LES PRIX La méthodologie d'enquête de l’OMS/HAI présente les prix en tant que ratios des prix médians (RPM). Le RPM est le ratio entre le prix local et un prix international de référence converti dans la même devise. Les prix de référence servent de norme externe pour évaluer des prix locaux. Un RPM de 1 signifie que le prix local est équivalent au prix de référence tandis qu'un RPM de 2 indique que le prix local est deux fois supérieur au prix de référence. Les prix de référence internationaux utilisés pour cette étude proviennent de l‘édition 2003 de l’Indicateur des Prix Internationaux des Médicaments publié par Management Sciences for Health (MSH) (http://erc.msh.org/). L’indicateur des prix de MSH rassemble les prix des médicaments génériques proposés par un ou plusieurs grossistes à but non lucratif internationaux aux centrales d’achats publiques ou privées à but non lucratif et reflète ainsi les prix que les Etats pourraient envisager à payer pour les médicaments. Il est logique que les prix payés par les patients soient plus élevés que ceux payés par les Etats, mais les majorations pratiquées sur le prix de base devraient être raisonables et uniformes pour tous les médicaments et dans tout le pays. INTERPRETATION DES RESULTATS Lorsque l’enquête révèle des prix élevés ou une faible disponibilité de quelques médicaments spécifiques, ils sont cités dans cette présentation. Cependant, il est peu probable qu’il s'agisse de cas isolés. Sachant que le nombre total de médicaments inclus dans cette enquête est 22, le fait de trouver des prix élevés ou une faible disponibilité même pour 3 ou 4 médicaments - ou 14% à 18% de ceux étudiés - pourrait indiquer un problème plus global et nécessiterai une rcherche plus approfondie des causes. ACCESSIBILITE FINANCIERE Suivant la méthodologie d’enquête utilisée, l'accessibilité financière est calculée en nombre de jours de travail nécessaires à un employé non qualifié du secteur public pour payer le traitement d’une affection aiguë ou un mois de traitement pour une maladie chronique. Au moment de l’étude le salaire journalier minimum d’un employé non qualifié du secteur public au Tchad était de 849,4 FCFA. D’une façon générale, l’achat des traitements pour les affections chroniques requiert beaucoup plus de jours de travail que l’achat des traitements pour les affections aiguës. La charge financière est particulièrement lourde pour une famille qui se retrouve dans le besoin d’acheter le traitement de plusieurs affections en même temps. Par exemple, en s’adressant au secteur privé, suite à l’indisponibilité des médicaments dans le secteur public, l’employé non qualifié du secteur public payé au salaire minimum (SMIG) devrait dépenser un salaire de 32,3 jours de travail pour acheter un aérosol de salbutamol pour un enfant asthmatique, des comprimés de glibenclamide pour un mois de traitement d’un adulte diabétique et des comprimés de captopril pour un mois de traitement d’un adulte souffrant d’hypertension. Lors de l’enquête, des équivalents génériques pour ces médicaments n’ont pas été trouvés dans le secteur privé. Dans le secteur public aucune formation sanitaire (FS) des 24 visitées n’avait les trois médicaments à la fois ; 12,5% des FS disposaient de salbutamol aérosol, 16,7% de glibenclamide et 0% de captopril. 1 4,1 7,4 20,8 0 10 20 30 40 princeps équivalent générique adulte/hypertension/captopril adulte/diabète/glibenclamide enfant/asthme/salbutamol aérosol N om br e de s al ai re s jo ur na lie rs d u tra va ill eu r p ay é au S M IG 2 Aucun équivalent générique n'est disponible dans le secteur privé! Montant total pour 1 mois de traitement = 32,3 salaires journaliers Accessibilité financière des traitements pour une famille dans les pharmacies privées (coûts des traitements pour un mois) L'enquête a également trouvé des différences significatives dans l'accessibilité financière de médicaments appartenant à la même catégorie thérapeutique. Le graphique ci-dessous illustre ces différences pour les médicaments utilisés dans le traitement de l'hypertension. Bien qu'une option thérapeutique puisse avoir des avantages cliniques sur une autre, certains patients ne pourront pas en bénéficier puisque le traitement indiqué pourrait être inabordable pour eux, d’autant plus que la disponibilité des médicaments est très faible dans le secteur public. 0 3 6 9 12 15 18 21 Prix patient du secteur public (seuls 2 médicaments génériques disponibles) Secteur privé (seuls les princeps étaient disponibles) hydrochlorothiazide 25mg par jour atenolol 100mg par jour nifédipine 10mg 4 fois par jour captopril 25mg deux fois par jour Accessibilité financière des traitements de l'hypertension (Le coût de 1 mois de traitement) N om br e de s al ai re s jo ur na lie rs d u tra va ill eu r p ay é au S M IG L’accès aux médicaments dépend en grande partie de leur prix. Cette étude a permis de mesurer le prix d’achat dans le secteur public, ainsi que le prix payés par les patients dans les trois secteurs – public, privé et confessionnel. LES PRIX D’ACHAT DU SECTEUR PUBLIC Dans le secteur public le prix d’achat des médicaments génériques sont 1,19 fois supérieurs au prix de référence international. Autrement dit, le Tchad achète des médicaments à un prix supérieur de 19% au prix international publié des fournisseurs de médicaments génériques à but non lucratif. Nombre de fois que le prix d’achat public est supérieur au prix de référence international Prix (RPM) Médicament princeps Générique le moins cher Nb. de médicaments inclus dans l’analyse 0 17 RPM médian 1,19 Quartile 25% 0,92 Quartile 75% 1,30 n=22 médicaments Cependant, trois médicaments ont été achetés à un prix plus de deux fois supérieur au prix de référence international ; le secteur public tchadien a payé respectivement 2,17 ; 3,46 et 3,57 fois le prix international publié pour l’achat de mébendazole comprimés, tétracycline pommade ophtalmique et chlorphéniramine comprimés. Parmi les 22 médicaments étudiés, 5 (tous destinés au traitement de maladies chroniques) n’étaient pas disponibles dans la centrale d’achat. LES PRIX DU SECTEUR PUBLIC Le prix payé par les patients dans les formations sanitaires publiques sont 3,88 fois supérieurs au prix de référence international. Certains médicaments sont vendus aux patients à un prix particulièrement élevé : chlorphéniramine comprimé (cp). - 13,16 fois supérieur au prix de référence international, diazépam cp. - 5,26, paracétamol cp. – 5,08. Nombre de fois que les prix payés par les patients dans les formations sanitaires publiques sont supérieurs aux prix de références internationaux Prix (RPM) Générique le moins cher Nb. de médicaments inclus dans l’analyse 13 RPM médian 3,88 Quartile 25% 2,63 Quartile 75% 4,98 n=24 formations sanitaires publiques; 22 médicaments Le secteur public ne fournit que des médicaments génériques, aucun médicament princeps n’a été trouvé dans ce secteur. Le prix payé par les patients dans les différentes formations sanitaires publiques est très variable. Dans certains cas, le prix du même médicament peut être plusieurs fois supérieur d’un point de vente à l'autre. Les prix des médicaments subissant les plus fortes variations sont présentés ci-dessous : Les plus fortes variations des prix dans le secteur public 0 2 4 6 8 10 12 14 Metronidazole Cimetidine Hydrochlorothiazide Paracétamol Chlorphéniramine Diazépam Pr ic e (M PR ) Quartile 75% Quartile 25% Médiane LES PRIX DU SECTEUR PRIVE La disponibilité médiane des médicaments princeps était inférieure à 50%, c.-à-d. qu’une grande partie des médicaments étaient disponibles dans moins de la moitié des sites visités. Leurs prix sont 21,93 fois supérieurs au prix de référence internationaux, avec des extrêmes de 3,32 fois pour salbutamol aérosol et 113,06 pour mébendazole comprimés. Parmi les 22 médicaments étudiés, seuls 6 avaient des équivalents génériques dans les points de vente privés. Le prix des médicaments génériques étaient très supérieurs au prix de référence international (15,12 fois), mais aussi largement au-dessus des prix des médicaments génériques du secteur public (430% des prix pour les mêmes produits). Nombre de fois que les prix payés par les patients dans le secteur privé sont supérieurs aux prix de références internationaux Prix (RPM) Médicament princeps Générique le moins cher Nb. de médicaments inclus dans l’analyse 15 6 RPM médian 21,93 15,12 Quartile 25% 11,88 14,03 Quartile 75% 41,50 15,96 n= 11 points de vente privés ; 22 médicaments Disponibilité des médicaments dans le secteur privé Médicament princeps Générique le moins cher Disponibilité médiane 45,5% 13,6% Quartile 25% 11,4% 0,0% Quartile 75% 79,5% 34,1% n= 11 points de vente privés ; 22 médicaments Peu disponibles et vendus à des prix élevés, les médicaments génériques du secteur privé présentent aussi l’inconvénient pour les patients d’être proposés à des prix différents dans chaque point de vente de médicaments. Le graphique ci-dessous montre les plus fortes variations des prix des médicaments génériques dans le secteur privé. Les plus fortes variations des prix des médicaments génériques dans le secteur privé 0 5 10 15 20 25 30 Metronidazole Chloroquine Sulfadoxine-pyriméthamine Paracétamol Pr ic e (M PR ) Quartile 75% Quartile 25% Médiane Le tableau suivant indique les prix des médicaments génériques trouvés dans le secteur privé produit par produit. Les prix des princeps correspondants sont présentés pour comparaison. Tous les prix des équivalents génériques vendus dans le secteur privé au Tchad sont supérieurs de plus de dix fois au prix de référence international, à l’exception de celui de la pommade ophtalmique tétracycline. Cette différence de plus de 10 fois entre le prix de référence international et le prix payé par les patients au Tchad font que ces produits sont considérés comme particulièrement chers pour les patients. 3 Nombre de fois que les prix payés par les patients dans le secteur privé sont supérieurs aux prix de références internationaux Médicament Générique le moins cher (RPM) Médicament princeps (RPM) Amitriptyline 15,31 - Chloroquine 13,73 13,90 Métronidazole 16,18 62,22 Paracétamol 26,33 61,53 Sulfadoxine-pyriméthamine 14,93 35,83 Tétracycline pommade opht. 4,08 4,29 LES PRIX DU SECTEUR CONFESSIONNEL Les prix dans le secteur confessionnel sont un peu inférieurs aux prix du secteur public, mais toujours élevés par rapport aux prix d’achat. La variation des prix damns le pays est aussi assez importante (intervalle interquartile large). Les prix payés par les patients varient entre 1,29 fois le prix de référence international pour la pommade ophtalmique de tétracycline et 9,96 pour les comprimés de métronidazole. Aucun médicament princeps n’a été trouvé dans ce secteur. Nombre de fois que les prix payés par les patients dans le secteur confessionnel sont supérieurs aux prix de références internationaux Prix (RPM) Médicament princeps Générique le moins cher Nb. de médicaments inclus dans l’analyse 0 7 RPM médian 3,95 Quartile 25% 3,08 Quartile 75% 5,06 n=8 formations sanitaires confessionnelles; 22 médicaments Disponibilité dans les formations sanitaires confessionnelles Médicament princeps Générique le moins cher Disponibilité médiane 0% 6,3% Quartile 25% 0% 0,0% Quartile 75% 0% 59,4% n= 8 formations sanitaires confessionnelles; 22 médicaments La disponibilité des médicaments essentiels est aussi très faible dans ce secteur. Les prix de certains médicaments payés par les patients varient d’une formation sanitaire confessionnelle à une autre. Les plus fortes variations des prix dans le secteur confessionnel sont présentées ci- dessous. Les plus fortes variations des prix dans le secteur confessionnel 0 2 4 6 8 10 12 Diazépam Paracétamol Metronidazole Mebendazole Pr ic e (M PR ) Quartile 75% Quartile 25% Médiane COMPARAISONS ENTRE SECTEURS Les prix payés par les patients dans le secteur public étaient 3 fois supérieurs aux prix d’achat du même secteur. Les prix payés par les patients dans le secteur privé étaient 4,3 fois supérieurs aux prix payés par les patients dans le secteur public. Les prix payés par les patients dans le secteur confessionnel étaient inférieurs aux prix du secteur public (0,87) et aux prix du secteur privé (0,25). Toutefois la disponibilité des médicaments dans ce secteur était très faible. Le tableau ci-dessous compare les prix des génériques les moins chers lorsque les mêmes médicaments étaient trouvés dans les deux secteurs comparés. Les génériques les moins chers : Nombre de fois plus élevés: Que: Prix payés par les patients dans le secteur public (n=13 médicaments) 3,09 Prix d’achat du secteur public Prix payés par les patients dans le secteur privé (n=5 médicaments) 4,29 Prix payés par les patients dans le secteur public Prix payés par les patients dans le secteur confessionnel (n=4 médicaments) 0,25 Prix payés par les patients dans le secteur privé Prix payés par les patients dans le secteur confessionnel (n=7 médicaments) 0,87 Prix payés par les patients dans le secteur public Bien que les prix payés par les patients dans le secteur public pour le médicament générique le moins cher étaient environ 3 fois supérieurs aux prix d’achat dans ce secteur, ce ratio n’était pas constant pour tous les médicaments atteignant pour certains plus de 6 fois. Nombre de fois que les prix payés par les patients dans le secteur public sont supérieurs aux prix d’achat du secteur public (générique le moins cher) Amoxicilline 1,80 Mébendazole 2,07 Hydrochlorothiazide 2,16 Cotrimoxazole suspension 2,22 Sulfadoxine-pyriméthamine 2,57 Chloroquine 2,97 Métronidazole 3,22 Glibenclamide 3,47 Chlorphéniramine 3,69 Paracétamol 3,90 Cimétidine 4,26 Diazépam 6,29 Tous les médicaments génériques trouvés dans le secteur privé coûtent plus de trois fois plus cher que dans le secteur public et parfois plus de cinq fois plus. 4 Nombre de fois que les prix payés par les patients dans le secteur privé sont supérieurs aux prix payés par les patients dans le secteur public (générique le moins cher) Tétracycline pommade opht. 3,17 Métronidazole 3,25 Chloroquine 3,95 Sulfadoxine-pyriméthamine 4,63 Paracétamol 5,18 Certains produits sont moins chers dans le secteur confessionnel que dans le secteur public, mais d’autres sont plus chers dans ce secteur. Nombre de fois que les prix payés par les patients dans le secteur confessionnel sont supérieurs aux prix payés par les patients dans le secteur public (générique le moins cher) Diazépam 0,75 Paracétamol 0,81 Chloroquine 1,00 Tétracycline pommade opht. 1,00 Amoxicilline 1,25 Mébendazole 1,33 Métronidazole 2,00 La comparaison des prix des quatre médicaments pour lesquels existaient des équivalents génériques dans les trois secteurs confirme que même quand les génériques sont présents ils ne sont pas toujours vendus à un prix abordable. 0 4 8 12 16 20 24 28 Public Confessionnel Privé Chloroquine Metronidazole Paracétamol Tetracycline pommade opht. Les prix des médicaments génériques disponibles dans les trois secteurs Pr ic e (M P R ) Les patients ont besoin de médicaments non seulement accessibles financièrement mais aussi disponibles. La disponibilité des médicaments génériques n'était pas satisfaisante dans les trois secteurs. Ceci oblige un grand nombre de patients à se procurer les médicaments dans le secteur privé où ils trouvent surtout les princeps à un prix très élevé. Le tableau suivant présente les seuls produits pour lesquels existaient des équivalents génériques dans le secteur privé, le pourcentage de formations sanitaires où ils étaient disponibles, ainsi que la disponibilité des mêmes médicaments dans le secteur public et la différence des prix auxquels ils sont vendus dans les deux secteurs. % Disponibilité Générique le moins cher Formations sanitaires publiques (n=24) Points de vente de médicaments privés (n=11) Nombre de fois génériques du secteur privé plus chers qu’au secteur public Chloroquine 91,7% 63,6% 3,95 Métronidazole 91,7% 36,4% 3,25 Paracétamol 87,5% 72,7% 5,18 Sulfadoxine- pyriméthamine 58,3% 63,6% 4,63 Tétracycline pommade opht. 87,5% 36,4% 3,17 Une autre catégorie de médicaments -présentée ci-dessous- suscite également des inquiétudes du fait qu'il n’y avait pratiquement pas d’équivalents génériques dans le secteur privé et que la disponibilité était faible dans le secteur public. Nom du médicament Disponib. générique secteur public Disponib. générique secteur privé Prix générique secteur public (RPM) Prix princeps secteur privé (RPM) Aténolol 0,0% 9,1% 21,93 Captopril 0,0% 18,2% 20,58 Carbamazépine 0,0% 0,0% 11,48 Cotrimoxazole suspension 45,8% 9,1% 2,05 12,28 Glibenclamide 16,7% 0,0% 4,49 47,17 Hydrochlorothiazide 41,7% 0,0% 2,63 22,37 Metformine 0,0% 0,0% 3,97 Nifédipine 4,2% 0,0% 22,60 Salbutamol inhaler 12,5% 0,0% 3,32 LA STRUCTURE DES PRIX Une étape importante, lorsqu’on détermine comment diminuer les coûts des médicaments, est l’analyse des composantes des prix. Le prix final payé par les pouvoirs publics ou les patients reflète le prix du fabricant, et de plus tous les rajouts successifs au prix. Ces rajouts comprennent le coût de l’importation, de la distribution et la dispensation des médicaments. Dans le secteur privé au Tchad, officiellement le prix CAF (coût, assurance, fret) représente 59% du prix au patient et les marges des grossistes et des détaillants respectivement 13% et 23%; les droits de douane, le BIVAC (taxe de vérification des importations) et la redevance statistique représentent ensemble 5% du prix final au patient. Proportions des rajouts dans le prix au patient pour un médicament générique dans le secteur privé Prix CAF (coût, assurance, fret); 59% Marge grossiste; 13% Marge détaillant; 23% Redevance statistique; 1% Droit de douane; 3% BIVAC; 1% La marge cumulée sur le prix d’achat des médicaments dans le secteur public est plus importante que dans le secteur privé même si ce secteur est exonéré de deux taxes – le BIVAC et les droits de douane. La marge partagée par l’importateur, les distributeurs et les détaillants représente 47% du prix final. Marge PRA (distributeur); 15% Prix CAF (coût, assurance, fret); 52%Redevance statistique; 1% Marge CPA (importateur); 8% Marge FS (détaillant); 23% Proportions des rajouts dans le prix au patient pour un médicament générique dans le secteur public 5 Les résultats de l’enquête montrent que cette structure des prix n’est respectée dans aucun secteur. Ainsi, le rapport entre les prix d’achat et les prix payés par le patient dans le secteur public est de 309% pour le générique le moins cher, alors que suivant les taux de marge fixés, ce rapport aurait dû être de 192,27%. Dans le secteur confessionnel, ce rapport est de 303%. Dans le secteur privé les prix constatés par l’enquête sont de 15% à 20% supérieurs aux calculs théoriques. ANALYSE Les résultats principaux sont repris et analyses ci-dessous. ACCES AUX MEDICAMENTS Le niveau élevé des prix dans un contexte de faible pouvoir d’achat limite l’accessibilité financière de la majorité de la population aux médicaments. La comparaison des coûts des traitements standards avec le salaire journalier minimum du secteur public montre le poids que ces coûts représentent pour les personnes à faible revenu. Ceci incite certains patients à utiliser le marché illicite pour s’approvisionner en médicaments. Plusieurs médicaments ont des prix variables dans les différents sites visités des trois secteurs – certains patients paient beaucoup plus cher leurs traitements que ce qu’ils auraient payé dans d’autres points de vente de médicaments. Nombreux médicaments essentiels étaient peu disponibles dans le secteur public et les médicaments princeps correspondants du secteur privé coûtaient plus de 6 fois plus cher. SECTEUR PUBLIC Le secteur public bénéficie de prix d’achat concurrentiels, mais les prix payés par les patients restent élevés. La comparaison de la variation des prix par produit entre formations sanitaires montre que l’arrêté sur l’harmonisation des prix n'est pas complètement respecté. Les supervisions insuffisantes et le manque de moyens pour l’inspection pharmaceutique sont en partie responsables de cette situation. SECTEUR PRIVE Le nombre limité de médicaments génériques disponibles dans le secteur privé est vendu dans les points de vente à un prix très élevé. Les prix des médicaments princeps sont très élevés et incompatibles avec le pouvoir d’achat de la majorité de la population. Les prix libres au Tchad ne favorisent pas la concurrence et par conséquent la baisse des prix. SECTEUR CONFESSIONNEL Des prix légèrement inférieurs ont été constatés dans le secteur confessionnel. Les formations sanitaires confessionnelles s’approvisionnent à la CPA ou importent directement leurs produits. Les marges pratiquées dans ces formations sanitaires servent à la prise en charge du personnel. RECOMMANDATIONS DU RAPPORT PRINCIPAL • Analyser l’efficacité, l’intégrité, la compétitivité du système public de distribution des médicaments et intervenir pour corriger. • Ouvrir la CPA au secteur privé. • Instaurer des incitations à la substitution par les génériques à tous les niveaux. Promouvoir l’acceptation des génériques par les professionnels et les patients. • Instaurer un contrôle des prix des médicaments pour réduire les variations entre les différents points de vente. • Encourager le financement prépayé et en commun des médicaments: par exemple à travers un système d'assurance fondé sur l’emploi ou la sécurité sociale. • Promouvoir les initiatives d’assurance de santé communautaires basées sur l’amélioration de l’accès aux médicaments essentiels. • Surveiller les prix et l’accès aux médicaments. • Plaidoyer pour une fixation différenciée des prix. • Favoriser à travers la politique pharmaceutique nationale l’utilisation des génériques dans le secteur privé. • Introduire une politique visant à diminuer les taxes, les droits et les marges commerciales qui sont élevés et contribuent à une réduire l'accessibilité des médicaments pour la majorité de la population. • Mesurer l’impact des changements politiques par des enquêtes régulières sur les prix des médicaments. REMERCIEMENTS Cette étude a été réalisée par le Responsable de l’enquête Dr Zarana Bandiang et l’équipe de la Direction de la Pharmacie, du Médicament et des Laboratoires, Ministère de la Santé Publique, avec l’appui du Dr Simona Chorliet, consultant de l’Organisation Mondiale de la Santé. L’étude a été financée par l’Organisation Mondiale de la Santé. Le Ministère de la Santé Publique remercie dans la version complète du rapport le comité consultatif composé par : Dr Kanika Djam Nargaye, Directeur Général des Activités Sanitaires ; Dr Ahmat Ali Hissein, Directeur de la Pharmacie, du Médicament et des Laboratoires ; Dr Brahim Hamit, Directeur des Services Régionaux ; Dr Boysinda Daniel, Conseiller Médicaments Essentiels OMS Tchad ; Dr Salim Hassan, Directeur de la Centrale Pharmaceutique d’Achats ; Dr Marie Paule Fargier, Assistante Technique Projet Santé 8ème FED ; Dr Bambe Lamtouin, Directeur Adjoint de la DSPLM, MSP ; M. Gartelbaye Morbé, Economiste de la Santé, OMS Tchad ; Dr Batakao Grégoire, Médecin de Santé Publique, OMS Tchad. INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES Pour toute information complémentaire s’adresser au Dr Jean Marie Trapsida, Coordonateur EDM, Bureau Regional de l'OMS pour l'Afrique, Brazzaville, République du Congo trapsidaj@afro.who.int. et au Dr. Gilles Forte, Coordonnateur, Département de Coopération technique pour les médicaments essentiels et la médecine traditionnelle, OMS Genève, forteg@who.int; Le rapport complet de l’étude est publié sur le site de HAI : http://www.haiweb.org/medicineprices/

View the publication

You are currently offline. Some pages or content may fail to load.