Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services, Haïti, 2012

Publication date: 2013

Haïti Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services 2012 H aïti 2012 Enquête M ortalité, M orbidité et U tilisation des Services RÉPUBLIQUE D’HAÏTI Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services EMMUS-V HAÏTI 2012 Michel Cayemittes Michelle Fatuma Busangu Jean de Dieu Bizimana Bernard Barrère Blaise Sévère Viviane Cayemittes Emmanuel Charles Institut Haïtien de l’Enfance Pétion-Ville, Haïti et MEASURE DHS ICF International Calverton, Maryland, USA Avril 2013 Le Fonds mondial De lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme Ce rapport présente les principaux résultats de l’Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services (EMMUS-V) commanditée par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) et réalisée en Haïti de Janvier à Juin 2012 par l’Institut Haïtien de l’Enfance (IHE). L’EMMUS-V a été réalisée avec l’appui financier de l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), de l’Agence Canadienne pour le Développement International (ACDI), du Fonds Mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, à travers le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). L’enquête a bénéficié de l’assistance technique de l’ICF International par le biais du programme Demographic and Health Surveys (MEASURE DHS), financé par l’USAID et dont l’objectif est de fournir un support et une assistance technique à des pays du monde entier pour la réalisation d’enquêtes sur la population et la santé. Plusieurs institutions ont apporté leur expertise à la réalisation de cette enquête, en particulier le Laboratoire National de Santé Publique (LNSP) pour la réalisation des tests du VIH, ainsi que le laboratoire IMIS des Centres GHESKIO (Groupe Haïtien d’Etude du Sarcome de Kaposi et des Infections Opportunistes) pour le contrôle de qualité des tests de dépistage du VIH réalisés par le LNSP. Cette enquête a aussi bénéficié du support technique de l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) pour la réalisation du plan d’échantillonnage. Pour tous renseignements concernant l’EMMUS V 2012, contacter l’Institut Haïtien de l’Enfance (IHE), 41 Rue Borno ; P.O. Box 15606 - Pétion-Ville, Haïti (Téléphone : 509 4874-9105 ; e-mail : ihehaiti@gmail.com). Concernant le programme MEASURE DHS, des renseignements peuvent être obtenus auprès de ICF International, 11785 Beltsville Drive, Calverton, MD 20705, USA (Téléphone 301-572-0200 ; Fax 301-572-0999 ; E-mail : info@measuredhs.com ; Internet : http://www.measuredhs.com). Citation recommandée : Cayemittes, Michel, Michelle Fatuma Busangu, Jean de Dieu Bizimana, Bernard Barrère, Blaise Sévère, Viviane Cayemittes et Emmanuel Charles. 2013. Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services, Haïti, 2012. Calverton, Maryland, USA : MSPP, IHE et ICF International. Photo de couverture © 2013 Keith Purvis Table des matières • iii TABLE DES MATIÈRES LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES . ix PRÉFACE . xvii AVANT-PROPOS .xviii REMERCIEMENTS . xix SIGLES ET ABRÉVIATIONS .xxiii INDICATEURS DES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT – HAÏTI 2012 . xxv CARTE DE HAÏTI . xxvi 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE . 1 1.1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS . 1 1.1.1 Contexte démographique . 1 1.1.2 Contexte économique . 2 1.1.3 Contexte politique . 2 1.2. PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE. 3 1.2.1 Organisation de l’enquête . 3 1.2.2 Objectifs . 3 1.2.3 Échantillonnage . 4 1.2.4 Questionnaires . 6 1.2.5 Test d’hémoglobine et de dépistage du VIH . 7 1.2.6 Formation et collecte des données . 8 1.2.7 Traitement des données . 9 1.2.8 Limites méthodologiques . 10 2 CARACTÉRISTIQUES DES LOGEMENTS ET DE LA POPULATION DES MÉNAGES . 11 2.1 CARACTÉRISTIQUES DES LOGEMENTS . 11 2.1.1 Caractéristiques de l’habitat . 12 2.1.2 Biens durables possédés par les ménages . 17 2.1.3 Indice de bien-être de la population . 18 2.1.4 Lavage des mains . 20 2.2 CARACTÉRISTIQUES DE LA POPULATION DES MÉNAGES . 21 2.2.1 Structure par sexe et âge de la population . 21 2.2.2 Taille et composition des ménages . 23 2.2.3 Niveau d’instruction et fréquentation scolaire . 25 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS . 31 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS . 31 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES . 33 3.3 ALPHABÉTISATION . 36 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS . 38 3.5 EMPLOI . 41 3.5.1 Emploi des femmes et des hommes . 41 3.5.2 Occupation des femmes et des hommes . 44 3.6 ASSURANCE MÉDICALE . 48 3.7 CONSOMMATION DE TABAC . 49 iv • Table des matières 4 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE . 53 4.1 ÉTAT MATRIMONIAL . 53 4.2 UNIONS MULTIPLES . 55 4.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION . 57 4.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS . 59 4.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE . 62 5 FÉCONDITÉ . 67 5.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE . 68 5.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ . 71 5.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE . 73 5.4 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE . 74 5.5 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE . 76 5.6 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE . 79 5.7 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES . 81 6 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ . 83 6.1 DÉSIR D’AVOIR DES ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES) . 83 6.2 NOMBRE IDÉAL D’ENFANTS . 86 6.3 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ . 89 7 PLANIFICATION FAMILIALE . 93 7.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION . 93 7.2 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION . 95 7.3 SOURCES D’APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION . 99 7.4 INFORMATIONS RELATIVES AUX MÉTHODES CONTRACEPTIVES . 100 7.5 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE . 101 7.6 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE . 102 7.7 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION . 106 7.8 EXPOSITION AUX MESSAGES SUR LA PLANIFICATION FAMILIALE . 106 7.9 CONTACT DES NON UTILISATRICES DE LA CONTRACEPTION AVEC DES PRESTATAIRES DE PLANIFICATION FAMILIALE . 108 8 AVORTEMENT . 111 8.1 NOMBRE D’AVORTEMENTS SUR LA DURÉE DE VIE . 111 8.2 ÂGE AU PREMIER AVORTEMENT . 113 8.3 STADE DE LA GROSSESSE AU MOMENT DE L’AVORTEMENT . 114 8.4 DÉCISION DE L’AVORTEMENT . 115 8.5 PROCÉDURE D’AVORTEMENT . 116 8.6 LIEU DE L’AVORTEMENT ET ASSISTANCE À L’AVORTEMENT . 117 8.7 COMPLICATIONS APRÈS L’AVORTEMENT . 119 9 SANTÉ DE LA REPRODUCTION . 121 9.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET SOINS POSTNATALS . 121 9.1.1 Soins prénatals . 121 9.1.2 Accouchement . 128 9.1.3 Soins Postnatals . 134 9.2 ACCÈS AUX SOINS DE SANTÉ . 139 Table des matières • v 10 SANTÉ DE L’ENFANT . 141 10.1 POIDS À LA NAISSANCE. 141 10.2 VACCINATION DES ENFANTS . 143 10.3 PRÉVALENCE ET TRAITEMENT DES MALADIES DES ENFANTS . 148 10.3.1 Infections respiratoires . 148 10.3.2 Fièvre . 150 10.3.3 Diarrhée . 152 10.4 ÉVACUATION DES SELLES DES ENFANTS . 159 11 ÉTAT NUTRITIONNEL, ALLAITEMENT ET PRATIQUES ALIMENTAIRES . 163 11.1 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS . 164 11.1.1 Méthodologie . 164 11.1.2 Retard de croissance . 166 11.1.3 Émaciation . 167 11.1.4 Insuffisance pondérale . 168 11.1.5 Surpoids . 169 11.1.6 Évolution de l’état nutritionnel des enfants . 169 11.2 ALLAITEMENT MATERNEL ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT . 170 11.2.1 Début de l’allaitement maternel . 170 11.2.2 Allaitement exclusif et introduction de l’alimentation de complément . 172 11.2.3 Durée et fréquence de l’allaitement maternel . 175 11.2.4 Type d’aliments de complément . 175 11.2.5 Pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant . 177 11.3 PRÉVALENCE DE L’ANÉMIE, ADMINISTRATION DE MICRONUTRIMENTS ET DE VERMIFUGES CHEZ LES ENFANTS . 180 11.3.1 Prévalence de l’anémie chez les enfants . 180 11.3.2 Consommation de micronutriments par les enfants et administration de vermifuges . 183 11.4 PRÉSENCE DE SEL IODÉ DANS LES MÉNAGES . 186 11.5 ÉTAT NUTRITIONNEL DES FEMMES DE 15-49 ANS . 188 11.5.1 Poids et taille des femmes âgées de 15-49 ans . 188 11.5.2 Prévalence de l’anémie chez les femmes de 15-49 ans . 191 11.6 PRÉVALENCE DE L’ANÉMIE CHEZ LES HOMMES DE 15-49 ANS . 194 11.7 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS PAR LES FEMMES . 194 12 PALUDISME . 197 12.1 MOYENS DE PRÉVENTION CONTRE LE PALUDISME . 198 12.1.1 Possession de moustiquaires . 198 12.1.2 Tendance . 199 12.1.3 Pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel . 199 12.1.4 Accès à une MII dans le ménage . 201 12.1.5 Utilisation des moustiquaires par les ménages . 201 12.1.6 Utilisation des moustiquaires par les enfants de moins de cinq ans . 203 12.1.7 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes . 205 12.2 FIÈVRE ET TRAITEMENT ANTIPALUDÉEN CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS . 206 13 MORTALITÉ DES ENFANTS . 209 13.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES . 209 13.1.1 Limites d’ordre méthodologique. 210 13.1.2 Risques d’erreurs d’enregistrement . 210 13.1.3 Impact du tremblement de terre . 211 vi • Table des matières 13.2 NIVEAUX ET TENDANCES DE LA MORTALITÉ DES ENFANTS . 212 13.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE ET GROUPES À HAUTS RISQUES . 216 14 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DU VIH/SIDA ET DES IST . 223 14.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA . 224 14.1.1 Connaissance des moyens de prévention et de transmission . 224 14.1.2 Stigmatisation envers les personnes vivant avec le VIH . 231 14.2 OPINIONS CONCERNANT LA PRÉVENTION DES IST ET DU VIH. 234 14.2.1 Négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint . 234 14.2.2 Enseignement de l’utilisation du condom aux jeunes de 12-14 ans . 235 14.3 PARTENAIRES SEXUELS MULTIPLES ET UTILISATION DU CONDOM . 237 14.3.1 Multiplicité des partenaires sexuels et utilisation du condom . 237 14.3.2 Partenaires sexuels concomitants . 240 14.3.3 Rapports sexuels payants et utilisation de condom . 243 14.4 TEST DE DEPISTAGE DU VIH . 245 14.4.1 Test de dépistage du VIH pour l’ensemble des enquêtés . 245 14.4.2 Test de dépistage du VIH pour les femmes enceintes . 248 14.5 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES . 250 14.6 PRÉVALENCE DES INJECTIONS MÉDICALES . 252 14.7 COMPORTEMENTS SEXUELS CHEZ LES JEUNES ET VIH/SIDA . 254 14.7.1 Connaissance approfondie du VIH/sida et connaissance d’un endroit où se procurer un condom . 254 14.7.2 Âge aux premiers rapports sexuels parmi les jeunes et utilisation du condom . 255 14.7.3 Rapports sexuels prénuptiaux et utilisation du condom . 257 14.7.4 Multiplicité des partenaires sexuels et utilisation du condom chez les jeunes . 259 14.7.5 Disparités d’âges entre partenaires sexuels . 261 14.8 TEST DE DÉPISTAGE DU VIH PARMI LES JEUNES . 262 15 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS . 265 15.1 PROTOCOLE DE TEST DU VIH . 266 15.1.1 Collecte . 266 15.1.2 Procédures de laboratoire . 267 15.2 TAUX DE COUVERTURE DU TEST DU VIH . 268 15.3 PRÉVALENCE DU VIH . 272 15.3.1 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 272 15.3.2 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques démographiques . 276 15.3.3 Prévalence du VIH et certains facteurs de risque. 278 15.3.4 Prévalence du VIH parmi les jeunes . 280 15.3.5 Prévalence du VIH et autres facteurs de risque . 282 15.3.6 Prévalence du VIH parmi les couples . 284 16 STATUT DE LA FEMME . 287 16.1 EMPLOI, REVENUS ET CONTRÔLE DE L’UTILISATION DE L’ARGENT . 287 16.2 PARTICIPATION DES FEMMES AUX PRISES DE DÉCISIONS . 292 16.3 ATTITUDES PAR RAPPORT À LA VIOLENCE DOMESTIQUE . 295 16.4 POUVOIR D’ACTION DES FEMMES . 298 16.4.1 Pouvoir d’action des femmes et utilisation de la contraception . 299 16.4.2 Pouvoir d’action des femmes, nombre idéal d’enfants et besoins non satisfaits en matière de planification familiale . 299 16.4.3 Pouvoir d’action des femmes et soins de santé maternelle . 300 Table des matières • vii 17 VIOLENCE DOMESTIQUE . 303 17.1 MÉTHODOLOGIE . 303 17.2 VIOLENCE PHYSIQUE DEPUIS L’ÂGE DE 15 ANS . 305 17.3 VIOLENCE SEXUELLE . 308 17.4 VIOLENCE PHYSIQUE PENDANT LA GROSSESSE . 310 17.5 CONTRÔLE EXERCÉ PAR LE MARI/PARTENAIRE . 312 17.6 VIOLENCE CONJUGALE . 314 17.6.1 Formes de violence conjugale . 314 17.6.2 Violence conjugale selon les caractéristiques de la femme . 317 17.6.3 Violence conjugale selon les caractéristiques du mari/partenaire . 319 17.6.4 Fréquence de la violence conjugale récente et premier épisode de violence . 321 17.6.5 Blessures dues à la violence conjugale . 322 17.7 RECHERCHE D’AIDE . 323 17.8 VIOLENCE DES FEMMES CONTRE LES HOMMES . 325 18 SITUATION DES ENFANTS . 329 18.1 ENREGISTREMENT DES NAISSANCES D’ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS . 329 18.2 CONNAISSANCE RELATIVE À L’ENREGISTREMENT DE LA NAISSANCE D’UN ENFANT À L’ÉTAT CIVIL . 331 18.3 ENFANTS ORPHELINS ET RÉSIDENCE AVEC LES PARENTS . 333 18.4 FRÉQUENTATION SCOLAIRE ET ÉTAT DE SURVIE DES PARENTS . 334 18.5 TRAVAIL DES ENFANTS ÂGÉS DE 5-14 ANS . 336 18.5.1 Niveau général du travail des enfants . 336 18.5.2 Travail des enfants de 5-11 ans . 338 18.5.3 Travail des enfants de 12-14 ans . 338 18.5.4 Travail des enfants et scolarisation . 339 18.6 DISCIPLINE DES ENFANTS . 340 18.6.1 Sanctions disciplinaires . 340 18.6.2 Opinion à propos de la discipline des enfants . 342 19 TREMBLEMENT DE TERRE, FAIM ET CHOLERA . 343 19.1 CONSÉQUENCES DU TREMBLEMENT DE TERRE . 344 19.1.1 Destruction et dommages des logements . 344 19.1.2 Décès ou blessures des membres du ménage . 345 19.2 LA FAIM DANS LES MÉNAGES . 346 19.3 CHOLÉRA . 347 RÉFÉRENCES . 351 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE . 355 A.1 INTRODUCTION . 355 A.2 BASE DE SONDAGE . 355 A.3 ÉCHANTILLONNAGE . 357 A.4 POIDS DE SONDAGE . 359 A.5 RÉSULTATS DES INTERVIEWS ET DU TEST DE DÉPISTAGE DU VIH . 361 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE . 369 ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES . 393 ANNEXE D PERSONNEL DE L’EMMUS-V 2012 . 399 ANNEXE E QUESTIONNAIRES . 403 Liste des tableaux et des graphiques • ix LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE Tableau 1.1 Indicateurs démographiques établis aux Recensements de 1982 et de 2003 puis estimés en 2011 . 2 Tableau 1.2 Résultats des interviews Ménages et Individuelles . 5 2 CARACTÉRISTIQUES DES LOGEMENTS ET DE LA POPULATION DES MÉNAGES Tableau 2.1 Eau de boisson utilisée par les ménages . 13 Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages . 15 Tableau 2.3 Caractéristiques du logement . 16 Tableau 2.4 Biens possédés par les ménages . 18 Tableau 2.5 Quintiles de bien-être économique . 20 Tableau 2.6 Lavage des mains . 21 Tableau 2.7.1 Population des ménages par âge, selon le sexe et le milieu de résidence . 22 Tableau 2.7.2 Population par âge selon différentes sources . 23 Tableau 2.8 Composition des ménages . 24 Tableau 2.9.1 Niveau d’instruction de la population des ménages : Femmes . 26 Tableau 2.9.2 Niveau d’instruction de la population des ménages : Hommes . 27 Tableau 2.10 Taux de fréquentation scolaire . 29 Graphique 2.1 Pyramide des âges . 22 Graphique 2.2 Taux de fréquentation scolaire par âge et par sexe de la population de fait des ménages de 5 à 24 ans . 30 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS Tableau 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés . 32 Tableau 3.2.1 Niveau d’instruction : Femmes . 34 Tableau 3.2.2 Niveau d’instruction : Hommes . 35 Tableau 3.3.1 Alphabétisation : Femmes . 37 Tableau 3.3.2 Alphabétisation : Hommes . 38 Tableau 3.4.1 Exposition aux média : Femmes . 39 Tableau 3.4.2 Exposition aux média : Hommes . 40 Tableau 3.5.1 Emploi : Femmes . 41 Tableau 3.5.2 Emploi : Hommes . 43 Tableau 3.6.1 Occupation : Femmes . 45 Tableau 3.6.2 Occupation : Hommes . 46 Tableau 3.7 Type d’emploi : Femmes . 47 Tableau 3.8 Assurance médicale . 48 Tableau 3.9.1 Consommation de tabac : Femmes . 50 Tableau 3.9.2 Consommation de tabac : Hommes . 51 Graphique 3.1 Emploi des femmes au cours des 12 derniers mois . 42 4 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Tableau 4.1 État matrimonial actuel . 54 Tableau 4.2.1 Union multiples . 55 Tableau 4.2.2 Nombre de femmes . 56 x • Liste des tableaux et des graphiques Tableau 4.3 Age à la première union . 57 Tableau 4.4 Age médian à la première union selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 58 Tableau 4.5 Age aux premiers rapports sexuels . 60 Tableau 4.6 Age médian aux premiers rapports sexuels selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 62 Tableau 4.7.1 Activité sexuelle récente des femmes . 63 Tableau 4.7.2 Activité sexuelle récente des hommes . 64 Graphique 4.1 Proportion (en %) de femmes célibataires par âge selon l’EMMUS-II, l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V . 54 Graphique 4.2 Âge médian des hommes et des femmes à la première union selon le milieu de résidence et le quintile du bien-être économique . 59 Graphique 4.3 Âges médians des femmes à la première union et aux premiers rapports sexuels selon le milieu de résidence et le niveau d’instruction . 61 5 FÉCONDITÉ Tableau 5.1 Fécondité actuelle . 69 Tableau 5.2 Fécondité selon certaines caractéristiques . 70 Tableau 5.3.1 Tendance des taux de fécondité par âge et de l’Indice Synthétique de Fécondité . 71 Tableau 5.3.2 Tendance de la fécondité par âge . 72 Tableau 5.4 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes . 74 Tableau 5.5 Intervalle intergénésique . 75 Tableau 5.6 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum . 77 Tableau 5.7 Durée médiane de l’aménorrhée, de l’abstinence post-partum et de l’insusceptibilité post-partum . 78 Tableau 5.8 Ménopause . 79 Tableau 5.9 Age à la première naissance . 80 Tableau 5.10 Age médian à la première naissance . 80 Tableau 5.11 Fécondité des adolescentes . 81 Graphique 5.1 Taux de fécondité par âge selon le milieu de résidence . 69 Graphique 5.2 Taux de fécondité par âge selon l’EMMUS-II, l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V . 72 Graphique 5.3 Taux de fécondité par âge par période de cinq ans ayant précédé l’EMMUS-V . 73 Graphique 5.4 Pourcentage d’adolescentes de 15-19 ans ayant commencé leur vie féconde selon l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V . 82 6 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Tableau 6.1 Préférences en matière de fécondité par nombre d’enfants vivants . 84 Tableau 6.2 Désir de limiter les naissances . 86 Tableau 6.3 Nombre idéal d’enfants par nombre d’enfants vivants . 87 Tableau 6.4 Nombre idéal d’enfants selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 88 Tableau 6.5 Planification de la fécondité . 90 Tableau 6.6 Taux de fécondité désirée . 90 Graphique 6.1 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants . 85 Graphique 6.2 Nombre idéal d’enfants selon le milieu de résidence, le niveau d’instruction et le quintile de bien-être économique . 89 Graphique 6.3 Indice synthétique de fécondité et indice synthétique de fécondité désirée selon le milieu de résidence et le niveau d’instruction . 91 Liste des tableaux et des graphiques • xi 7 PLANIFICATION FAMILIALE Tableau 7.1 Connaissance des méthodes contraceptives . 94 Tableau 7.2 Utilisation actuelle de la contraception selon âge . 97 Tableau 7.3 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques sociodémographiques . 98 Tableau 7.4 Source d’approvisionnement des méthodes modernes . 99 Tableau 7.5 Choix informé de la méthode . 100 Tableau 7.6 Connaissance de la période féconde . 102 Tableau 7.7 Besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union . 104 Tableau 7.8 Utilisation future de la contraception . 106 Tableau 7.9 Exposition aux messages sur la planification familiale . 107 Tableau 7.10 Contact des non utilisatrices de la contraception avec des prestataires de planification familiale . 109 Graphique 7.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes actuellement en union selon l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V . 96 Graphique 7.2 Tendance des besoins non satisfaits en planification familiale . 105 8 AVORTEMENT Tableau 8.1 Nombre d’avortements . 112 Tableau 8.2 Âge au premier avortement . 113 Tableau 8.3 Stade de la grossesse au moment de l’avortement . 114 Tableau 8.4 Décision de l’avortement . 115 Tableau 8.5 Procédure d’avortement . 116 Tableau 8.6 Lieu de l’avortement . 117 Tableau 8.7 Assistance à l’avortement . 118 Tableau 8.8 Complications après l’avortement . 119 9 SANTÉ DE LA REPRODUCTION Tableau 9.1 Soins prénatals . 122 Tableau 9.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse à la première visite . 124 Tableau 9.3 Services offerts en soins prénatals . 125 Tableau 9.4 Vaccination antitétanique . 127 Tableau 9.5 Lieu de l’accouchement . 128 Tableau 9.6 Assistance durant l’accouchement . 132 Tableau 9.7 Moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés à la mère . 134 Tableau 9.8 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals à la mère . 136 Tableau 9.9 Moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés au nouveau-né . 137 Tableau 9.10 Type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né . 138 Tableau 9.11 Problèmes d’accès aux soins de santé . 139 Graphique 9.1 Pourcentage de femmes ayant reçu des soins prénatals par un prestataire de santé formé par milieu de résidence et niveau d’instruction, selon l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V . 123 Graphique 9.2 Pourcentage d’accouchements survenus dans un établissement de santé par milieu de résidence et le niveau d’instruction, selon l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V . 129 Graphique 9.3 Pourcentage de naissances assistées par un prestataire de santé qualifié par milieu de résidence et niveau d’instruction, selon l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V . 131 xii • Liste des tableaux et des graphiques 10 SANTÉ DE L’ENFANT Tableau 10.1 Taille et poids de l’enfant à la naissance. 142 Tableau 10.2 Vaccinations par sources d’information . 144 Tableau 10.3 Vaccinations selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 145 Tableau 10.4 Vaccinations au cours de la première année . 146 Tableau 10.5 Prévalence et traitement des symptômes d’Infection Respiratoire Aiguë (IRA) . 149 Tableau 10.6 Prévalence et traitement de la fièvre . 151 Tableau 10.7 Prévalence de la diarrhée . 153 Tableau 10.8 Traitement de la diarrhée . 155 Tableau 10.9 Pratiques alimentaires durant la diarrhée . 157 Tableau 10.10 Connaissance des sachets de SRO ou des liquides préconditionnés . 159 Tableau 10.11 Évacuation des selles des enfants . 160 Graphique 10.1 Couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois par type de vaccin selon l’EMMUS-III, EMMUS-IV et EMMUS-V . 147 11 ÉTAT NUTRITIONNEL, ALLAITEMENT ET PRATIQUES ALIMENTAIRES Tableau 11.1 État nutritionnel des enfants . 164 Tableau 11.2 Allaitement initial . 171 Tableau 11.3 Type d’allaitement selon l’âge de l’enfant . 173 Tableau 11.4 Durée médiane de l’allaitement . 175 Tableau 11.5 Aliments et liquides reçus par les enfants le jour ou la nuit ayant précédé l’interview . 176 Tableau 11.6 Pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant . 178 Tableau 11.7 Prévalence de l’anémie chez les enfants . 182 Tableau 11.8 Consommation de micronutriments par les enfants et administration de vermifuges . 185 Tableau 11.9 Présence de sel iodé dans le ménage . 187 Tableau 11.10 État nutritionnel des femmes . 189 Tableau 11.11.1 Prévalence de l’anémie chez les femmes . 192 Tableau 11.11.2 Prévalence de l’anémie chez les hommes . 194 Tableau 11.12 Consommation de micronutriments par les mères et administration de vermifuge . 196 Graphique 11.1 État nutritionnel des enfants de moins de 5 ans . 166 Graphique 11.2 État nutritionnel des enfants de moins de cinq ans selon l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V . 170 Graphique 11.3 Allaitement selon l’âge de l’enfant . 173 Graphique 11.4 Indicateurs de IYCF sur l’allaitement . 174 Graphique 11.5 Indicateurs de IYCF sur le régime alimentaire minimum acceptable . 180 Graphique 11.6 Tendances de l’anémie parmi les enfants de 6-59 mois . 183 Graphique 11.7 Tendance de l’état nutritionnel des femmes de 15-49 ans . 190 Graphique 11.8 Tendance de l’anémie chez les femmes . 193 12 PALUDISME Tableau 12.1 Possession de moustiquaires par les ménages . 199 Tableau 12.2 Pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel (PID) contre les moustiques. 200 Tableau 12.3 Accès à une moustiquaire pré imprégnée d’insecticide (MII) . 201 Tableau 12.4 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages . 202 Tableau 12.5 Utilisation des moustiquaires par les enfants . 204 Tableau 12.6 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes . 205 Tableau 12.7 Prévalence, diagnostic et traitement précoce de la fièvre chez les enfants . 207 Liste des tableaux et des graphiques • xiii 13 MORTALITÉ DES ENFANTS Tableau 13.1 Décès d’enfants de moins de cinq ans par année du décès . 211 Tableau 13.2 Quotients de mortalité des enfants de moins de cinq ans . 212 Tableau 13.3 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio-économiques . 216 Tableau 13.4 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques . 219 Tableau 13.5 Comportement procréateur à hauts risques . 222 Graphique 13.1 Tendances de la mortalité néonatale et post-néonatale . 213 Graphique 13.2 Tendances de la mortalité infantile, juvénile et infanto-juvénile . 214 Graphique 13.3 Mortalité infantile et mortalité infanto-juvénile avec intervalles de confiance pour la période 0-4 ans avant l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V . 215 Graphique 13.4 Mortalité infantile et mortalité infanto-juvénile avec intervalles de confiance pour la période 0-9 ans avant l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V, selon le milieu de résidence . 218 Graphique 13.5 Taux de mortalité infantile par caractéristiques des naissances . 220 14 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DU VIH/SIDA ET DES IST Tableau 14.1 Connaissance du sida . 224 Tableau 14.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH . 225 Tableau 14.3.1 Connaissance approfondie du sida : Femmes . 227 Tableau 14.3.2 Connaissance approfondie du sida : Hommes . 228 Tableau 14.4 Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant . 230 Tableau 14.5.1 Attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida : Femmes . 232 Tableau 14.5.2 Attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida : Hommes . 233 Tableau 14.6 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint . 234 Tableau 14.7 Adultes favorables à l’enseignement de l’utilisation du condom en tant que moyen de prévention du sida . 236 Tableau 14.8.1 Partenaires sexuels multiples : Femmes. 238 Tableau 14.8.2 Partenaires sexuelles multiples : Hommes . 239 Tableau 14.9 Prévalence ponctuelle et prévalence cumulée des partenaires sexuels concomitants . 242 Tableau 14.10 Rapports sexuels payants et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels payants . Tableau 14.11.1 Couverture du test du VIH antérieur à l’enquête : Femmes . 246 Tableau 14.11.2 Couverture du test du VIH antérieur à l’enquête : Hommes . 247 Tableau 14.12 Femmes enceintes conseillées et ayant effectué un test du VIH . 249 Tableau 14.13 Prévalence déclarée des infections sexuellement transmissibles (IST) et symptômes déclarés d’IST . 250 Tableau 14.14 Prévalence des injections médicales . 253 Tableau 14.15 Connaissance approfondie du VIH/sida et connaissance d’un endroit où se procurer des condoms parmi les jeunes . 255 Tableau 14.16 Âge aux premiers rapports sexuels parmi les jeunes . 256 Tableau 14.17 Rapports sexuels prénuptiaux et utilisation du condom au cours des rapports sexuels prénuptiaux parmi les jeunes . 258 Tableau 14.18.1 Partenaires sexuels multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Femmes . 259 Tableau 14.18.2 Partenaires sexuelles multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Hommes . 260 Tableau 14.19 Disparité d’âges entre partenaires sexuels parmi les femmes et les hommes de 15-19 ans . 261 Tableau 14.20 Test du VIH récent parmi les jeunes . 263 Graphique 14.1 Recherche de conseils ou de traitement pour les IST . 251 Graphique 14.2 Tendances de l’âge aux premiers rapports sexuels . 257 xiv • Liste des tableaux et des graphiques 15 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS Tableau 15.1 Couverture du test du VIH selon le milieu et la région de résidence . 269 Tableau 15.2 Couverture du test du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 271 Tableau 15.3 Prévalence du VIH selon l’âge . 272 Tableau 15.4 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio-économiques . 276 Tableau 15.5 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 277 Tableau 15.6 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 279 Tableau 15.7 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 280 Tableau 15.8 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 282 Tableau 15.9 Prévalence du VIH selon d’autres caractéristiques . 283 Tableau 15.10 Test du VIH antérieur à l’enquête et prévalence du VIH . 283 Tableau 15.11 Prévalence du VIH parmi les couples . 284 Graphique 15.1 Algorithme du test de dépistage du VIH . 267 Graphique 15.2 Prévalence du VIH par sexe selon l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V et intervalles de confiance . 273 Graphique 15.3 Prévalence du VIH par sexe et âge . 274 Graphique 15.4 Prévalence du VIH par sexe, départements et camps . 275 Graphique 15.5 Prévalence du VIH par sexe et âge chez les jeunes de 15-24 ans . 281 16 STATUT DE LA FEMME Tableau 16.1 Emploi et type de rémunération des femmes et des hommes actuellement en union . 288 Tableau 16.2.1 Contrôle de l’utilisation de l’argent gagné par les femmes et importance de l’argent gagné par les femmes par rapport à celui gagné par le conjoint . 289 Tableau 16.2.2 Contrôle de l’utilisation de l’argent gagné par les hommes . 290 Tableau 16.3 Contrôle par les femmes de l’utilisation de leurs propres gains et contrôle de l’utilisation des gains du conjoint . 291 Tableau 16.4 Possession de biens par la femme . 292 Tableau 16.5 Participation dans la prise de décision . 293 Tableau 16.6 Participation des femmes dans la prise de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 294 Tableau 16.7.1 Opinion des femmes concernant le fait qu’un mari batte sa femme . 296 Tableau 16.7.2 Opinion des hommes concernant le fait qu’un mari batte sa femme . 297 Tableau 16.8 Indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 298 Tableau 16.9 Utilisation actuelle de la contraception selon certains indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 299 Tableau 16.10 Pouvoir d’action des femmes, nombre idéal d’enfants et besoins non satisfaits en matière de planification familiale . 300 Tableau 16.11 Soins de santé maternelle selon les indicateurs du pouvoir d’action des femmes . 301 Graphique 16.1 Nombre de décisions auxquelles participent les femmes actuellement en union . 295 17 VIOLENCE DOMESTIQUE Tableau 17.1 Violence physique . 306 Tableau 17.2 Auteurs des violences physiques . 307 Tableau 17.3 Violence sexuelle . 308 Tableau 17.4 Âge au moment de la première expérience de violence sexuelle . 309 Tableau 17.5 Expérience de diverses formes de violence . 310 Tableau 17.6 Violence pendant la grossesse . 311 Liste des tableaux et des graphiques • xv Tableau 17.7 Contrôle exercé par le mari/partenaire . 313 Tableau 17.8 Formes de violence conjugale . 315 Tableau 17.9 Violence conjugale selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 318 Tableau 17.10 Violence conjugale selon les caractéristiques du mari/partenaire et les indicateurs du pouvoir d’action de la femme . 320 Tableau 17.11 Violence physique ou sexuelles conjugales au cours des 12 derniers mois . 321 Tableau 17.12 Premier épisode de violence conjugale selon durée de l’union . 322 Tableau 17.13 Blessures dues à la violence conjugale . 323 Tableau 17.14 Recherche d’aide . 324 Tableau 17.15 Sources/personnes auprès desquelles l’aide a été recherchée . 325 Tableau 17.16 Violence des femmes contre leur conjoint . 326 Graphique 17.1 Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui ont subi des violences sexuelles de la part d’une personne autre que leur mari/partenaire actuel avant et après la période du tremblement de terre . 309 Graphique 17.2 Pourcentage de femmes 15-49 ans en union ou en rupture d’union ayant subi diverses formes de violence physique ou sexuelle de la part de leur mari/partenaire actuel ou le plus récent . 316 Graphique 17.3 Pourcentage de femmes ayant subi différentes formes de violences conjugales au cours des 12 derniers mois selon l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V . 317 18 SITUATION DES ENFANTS Tableau 18.1 Enregistrement des naissances d’enfants de moins de 5 ans . 331 Tableau 18.2 Connaissance d’enregistrement de la naissance d’un enfant a l’état civil . 332 Tableau 18.3 Enfants orphelins et résidence avec les parents . 334 Tableau 18.4 Fréquentation scolaire par état de survie des parents . 335 Tableau 18.5 Travail des enfants . 337 Tableau 18.6 Travail des enfants et fréquentation scolaire . 339 Tableau 18.7 Discipline des enfants . 341 Tableau 18.8 Opinion à propos de la discipline des enfants . 342 19 TREMBLEMENT DE TERRE, FAIM ET CHOLERA Tableau 19.1 Logements ayant subi des dommages ou détruits à l’occasion du tremblement de terre . 344 Tableau 19.2 Décès ou blessures des membres du ménage suite au tremblement de terre . 345 Tableau 19.3 Age et sexe des personnes tuées ou blessées suite au tremblement de terre . 346 Tableau 19.4 Faim dans les ménages . 347 Tableau 19.5 Episodes de choléra dans les ménages . 348 Tableau 19.6 Age des victimes du choléra . 349 Tableau 19.7 Recherche de soins parmi les victimes du choléra . 350 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE Tableau A.1 Sections d’énumération et ménages . 356 Tableau A.2 Population . 356 Tableau A.3 Population des camps . 357 Tableau A.4 Répartition des SDE et des ménages sélectionnés . 358 Tableau A.5 Nombre attendu d’hommes et de femmes. 359 Tableau A.6 Nombre d’hommes et de femmes éligibles pour le test dépistage du VIH . 359 Tableau A.7 Résultats de l’enquête . 362 Tableau A.8 Résultats de l’enquête : Hommes . 363 xvi • Liste des tableaux et des graphiques Tableau A.9 Couverture du test de dépistage du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques : Femmes . 364 Tableau A.10 Couverture du test de dépistage du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques : Hommes . 365 Tableau A.11 Couverture du test de dépistage du VIH selon certaines caractéristiques du comportement sexuel : Femmes. 366 Tableau A.12 Couverture du test de dépistage du VIH selon certaines caractéristiques du comportement sexuel : Hommes . 367 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE Tableau B.1 Liste des variables sélectionnées pour le calcul des erreurs de sondage, EMMUS-V Haïti 2012 . 371 Tableau B.2 Erreurs de sondage : Echantillon National . 373 Tableau B.3 Erreurs de sondage : Echantillon Urbain . 374 Tableau B.4 Erreurs de sondage : Echantillon Rural . 375 Tableau B.5 Erreurs de sondage : Echantillon Aire Métropolitaine (sans camps) . 376 Tableau B.6 Erreurs de sondage : Echantillon Autres villes (sans camps) . 377 Tableau B.7 Erreurs de sondage : Echantillon Rural (sans camps) . 378 Tableau B.8 Erreurs de sondage : Echantillon Camps . 379 Tableau B.9 Erreurs de sondage : Echantillon Aire Métropolitaine . 380 Tableau B.10 Erreurs de sondage : Echantillon Reste-Ouest . 381 Tableau B.11 Erreurs de sondage : Echantillon Sud-Est . 382 Tableau B.12 Erreurs de sondage : Echantillon Nord . 383 Tableau B.13 Erreurs de sondage : Echantillon Nord-Est . 384 Tableau B.14 Erreurs de sondage : Echantillon Artibonite . 385 Tableau B.15 Erreurs de sondage : Echantillon Centre . 386 Tableau B.16 Erreurs de sondage : Echantillon Sud . 387 Tableau B.17 Erreurs de sondage : Echantillon Grand Anse . 388 Tableau B.18 Erreurs de sondage : Echantillon Nord-Ouest . 389 Tableau B.19 Erreurs de sondage : Echantillon Nippes . 390 Tableau B.20 Erreurs de sondage : Echantillon Camps . 391 ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES Tableau C.1 Répartition par âge de la population des ménages . 393 Tableau C.2.1 Répartition par âge des femmes éligibles et enquêtées . 394 Tableau C.2.2 Répartition par âge des hommes éligibles et enquêtés . 394 Tableau C.3 Complétude de l’enregistrement . 395 Tableau C.4 Naissances par année de naissance . 395 Tableau C.5 Enregistrement de l’âge au décès en jours . 396 Tableau C.6 Enregistrement de l’âge au décès en mois . 397 Tableau C.7 État nutritionnel des enfants . 398 Préface • xvii PRÉFACE Le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) exprime un réel plaisir à partager, avec les collègues du gouvernement, les partenaires du secteur santé, tant nationaux, internationaux que bilatéraux, les chercheurs, les étudiants, et le public en général, les résultats de la cinquième Enquête sur la Mortalité, la Morbidité et l’Utilisation des Services (EMMUS V), réalisée en Haïti au cours de l’année 2012. Comme les précédentes, la réalisation de l’EMMUS-V a été confiée à l’Institut Haïtien de l’Enfance (IHE) qui a bénéficié de l’assistance technique d’ICF International, une institution de recherche localisée aux Etats Unis d’Amérique, qui entreprend avec l’aide des institutions locales, les Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS) dans plusieurs pays. L’EMMUS-V dresse un état des lieux, en 2012 en Haïti, considérant les caractéristiques socioéconomiques de la population, les conditions de vie des ménages, de fécondité, de planification familiale, des soins prénatals et d’assistance à l’accouchement, de vaccination, des maladies des enfants, de mortalité, d’allaitement, de prévention du paludisme, du VIH et des connaissances à des fins de prévention, du multi partenariat sexuel, de la situation des enfants, de la situation des femmes, des violences faites aux femmes, de la santé maternelle, de l’utilisation des services de santé, de l’avortement, du choléra, de la faim, des conséquences du tremblement de terre, etc. Elle présente aussi une évolution pour certains indicateurs depuis plus de 25 ans à partir des précédentes enquêtes EMMUS. Outre la tendance à l’échelle nationale, l’EMMUS-V fournit aussi des résultats au niveau départemental, au niveau des zones rurales et urbaines du pays. En ce sens, ces résultats peuvent non seulement permettre d’ évaluer les principaux programmes en cours d’exécution dans le pays mais encore constituer une ligne de base par rapport aux nouveaux objectifs prioritaires étatiques ou à tout nouveau programme devant être implanté dans le pays. Ils serviront ainsi aux acteurs engagés dans le processus de développement du pays et spécialement ceux engagés dans le domaine de la santé de positionner leur département par rapport aux autres départements et d’évaluer les efforts à consentir pour rattraper les retards. Les résultats de l’EMMUS V sont donc d’une grande importance car ils permettent d’évaluer les progrès accomplis. Le Ministère de la Santé Publique et de la Population profite de cette opportunité pour présenter ses plus vifs remerciements ainsi que celui du Gouvernement à l’IHE qui a réalisé cette Enquête, aux agences bilatérales et celles des Nations Unies qui ont participé au financement de cette cinquième Enquête sur la Mortalité, la Morbidité et l’Utilisation des Services (EMMUS-V) ainsi qu’à la population haïtienne pour sa collaboration en acceptant de répondre aux nombreuses questions des enquêteurs. Le Ministère de la Santé Publique et de la Population invite tous ses partenaires nationaux et internationaux et tous ceux qui s’intéressent aux questions de Santé à faire une utilisation rationnelle et objective de ces résultats en vue d’une amélioration réelle des conditions de vie de la population haïtienne. Dr Florence D. GUILLAUME Ministre xviii • Avant-propos AVANT-PROPOS Cette cinquième Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services (EMMUS-V) a été commanditée par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). Elle a été mise en œuvre par l’Institut Haïtien de l’Enfance (IHE) avec l’assistance technique d’ICF International, organisme chargé du programme international des Enquêtes Démographiques et de Santé (DHS) pour le compte de l’USAID. L’enquête a bénéficié de l’aide de l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique (IHSI) pour la constitution de la base de sondage ; du Laboratoire National de Santé Publique (LNSP) pour la réalisation des tests de dépistage du VIH et des Centres GHESKIO pour le contrôle de qualité. En Haïti, une enquête sur la mortalité, la morbidité et l’utilisation des services est exécutée environ tous les cinq ans : la première ayant eu lieu en 1987, la deuxième en 1994-1995, la troisième en 2000, la quatrième en 2005- 2006. Pour cette cinquième enquête, la collecte des données a été réalisée de janvier à juin 2012. L’EMMUS-V est une enquête démographique et de santé ciblant les ménages, la population en général, en particulier les femmes de 15 à 49 ans, les hommes de 15 à 59 ans et les enfants de moins de cinq ans. Elle a été conçue pour fournir des estimations actualisées sur les principaux indicateurs démographiques et sanitaires de base qui seront utiles à la planification, au suivi et à l’évaluation des programmes de santé et de développement en Haïti. Le rapport présente des informations sur les caractéristiques de la population et des enquêtés, les conditions de vie des ménages, le niveau de la fécondité, les préférences en matière de fécondité, la connaissance et l’utilisation des méthodes de planification familiale, les pratiques d’allaitement et d’alimentation des enfants, la mortalité des enfants, la santé maternelle et infantile, la prévention du paludisme, l’état nutritionnel de la mère et de l’enfant, la situation des enfants, le statut de la femme et les violences domestiques. Ce rapport présente également des informations relatives à des thèmes spécifiques tels que : le tremblement de terre, la faim et le choléra ainsi que des estimations de la prévalence de l’anémie et du VIH. Ce rapport est essentiellement descriptif et présente les résultats selon certaines caractéristiques sociodémographiques telles que : le groupe d’âges, l’état matrimonial, le milieu de résidence (incluant les camps de déplacés), le département géographique, le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique. Il présente également la tendance des principaux indicateurs en les comparant avec les niveaux observés au cours des enquêtes antérieures. Les erreurs de sondage pour l’EMMUS-V ont été calculées pour certaines des variables les plus intéressantes et l’intervalle de confiance à 95 % est présenté en annexe pour l’ensemble du pays, l’Aire Métropolitaine sans les camps, les autres villes urbaines sans les camps, le milieu rural sans les camps, les camps, l’Aire Métropolitaine dans sa totalité, le milieu urbain dans sa totalité, le milieu rural dans sa totalité et pour chacun des dix départements. Ce rapport met en évidence les domaines dans lesquels des progrès ont été réalisés au cours des dernières années, mais aussi ceux où il n’y en pas eu, permettant ainsi aux décideurs de faire des choix éclairés à partir de données actualisées. L’EMMUS-V a bénéficié du support financier de l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID/Haïti), du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), de l’Agence Canadienne pour le Développement International (ACDI), du Fonds Global pour la Tuberculose, la Malaria et le VIH à travers le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). Dr Michel Cayemittes Directeur National de l’Enquête Directeur Général de l’IHE Remerciements • xix REMERCIEMENTS L’Institut Haïtien de l’Enfance (IHE) tient à remercier tous ceux qui ont contribué à un titre ou à un autre à la réalisation de la cinquième Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation (EMMUS V) en Haïti. Nous remercions en tout premier lieu, le Ministère de la Santé Publique et de la Population pour la confiance accordée à l’IHE en lui confiant l’exécution de cette étude une nouvelle fois. Nos remerciements s’adressent en particulier au Dr Hans Larsen, ancien Ministre de la Santé et au Dr Florence Duperval Guillaume, actuel Ministre, qui nous ont permis d’exécuter cette enquête. Nos remerciements s’adressent également au Dr Gabriel Thimothé, ancien Directeur Général et à l’actuelle Directrice Générale de ce ministère, Dr Marie Guirlaine Raymond Charite. L’IHE remercie de façon spéciale les institutions suivantes ainsi que leurs membres qui ont rendu possible la réalisation de cette enquête : • MSPP : Lourdes Belotte, Conseiller Technique à la Direction Générale ; Jean Antoine Alcéus, Directeur de l’Unité de Planification et d’Evaluation ; Jean Patrick Alfred, Assistant Directeur de l’Unité de Planification et d’Évaluation ; Emmanuel Charles et Yves Gaston Deslouches, Conseillers Techniques à l’Unité de Planification et d’Évaluation ; François Jeannot, Directeur de la DPEV ; Roland Oscar, Directeur du Programme de Lutte contre la Malaria ; Dr Brunel Delaunay, Coordonnateur de l’UCP ; Joëlle Deas Van Onacker, Edieu Louissaint, Nirva Duval et du Programme de Lutte contre les IST et le VIH/SIDA ; Anne Nativita Dosier, Chef de section à la Santé Infantile. • USAID/CDC Haiti/PEPFAR : Karen Welch Office Chief USAID/Haiti Health ; Clint Cavanaugh Senior HIV/AIDS advisor USAID/Haiti ; Chris Detwiller PEPFAR Coordinator ; Wébert José M&E Officer Health ; Stéphane Morisseau, Strategic Information Advisor ; Judith Timyan, HIV/AIDS Advisor ; Chandra Baier ex PEPFAR Coordinator Haiti ; Trudy Wong-you, Ex PEPFAR Coordinator ; Jorge Velasco, Anthony Chan, Ex Deputy Mission Director, Caleine Dei, Ex mission Director ; Patrice Joseph, Strategic Information Advisor et Wysler Domercant, Development Assistance Specialist. • UNICEF: Françoise Gruloos-Ackermans, Ex. Représentante ; Edouard Beigbeder, Représentant ; Stefano Savi, Représentant Adjoint ; Solofo Ramaroson, Senior Programme Planning and Policy ; Chrystian Solofo-Dimby, Chief Social Policy ; Asako Saegusa, Monitoring & Evaluation Manager ; Vicente Teran, Monitoring & Evaluation Specialist ; Malti Gandhi, Monitoring & Evaluation Specialist ; Maniola Farah Joseph, Programme Assistant et Donatien Tameko, Ex Monitoring & Evaluation Manager. • UNFPA : Ramiz Alakbarov, Représentant, Hernando Clavio, Ex Officier en charge ; Gabriel Bidegain, Conseiller Technique Principal ; Michel Brun, Conseiller Technique Principal et Marie Flaure Altéma, Assistante Administrative. • UNDP : Nigel Fisher, Représentant, Coordonnateur Général ; Sophie D. Caen, Directrice du Pays ; Jessica Faieta, ex. Directrice Principale ; M. Fatou Bello, Spécialiste Finances ; Fatima A. xx • Remerciements Babiker, Spécialiste Programmes VIH-TB ; Agnès Daléus, Assistante de Programme et Marylin D. Delva, Assistante Finance. • ACDI : Gabrielle Mathieu, ancienne RST santé à l’ambassade du Canada ; Sophia Robineault, agent de programme au siège de l’ACDI ; Marie-France Provencher, RST Santé à l’Ambassade du Canada ; Pierre Claudy Jean-Baptiste, Conseiller Technique Santé au Centre de Coopération Haïti-Canada et Claire Nicole Lebrun, Conseillère Technique associée au Centre de Coopération Haïti-Canada. • LNSP : Jacques Boncy, Directeur ; Josiane Buteau, Lab Manager ; Renette Anselme, Chef de Service Immunologie-virologie ; Jacquecius Compère, Technicien de laboratoire ; Natacha Louis Jeune, Technicienne de laboratoire ; Carmen Marcellus, Superviseuse du service Technologie médicale et Chenet Orélus, Technicien de laboratoire. • IMIS/GHESKIO : Dr William Pape, Directeur ; Raymonde Fleurisma, Lab. supervisor ; Judith Duverna, Lab. technician ; Evens Medea, Lab. Technician ; Beatrice Dorvil, Administrative assistant. • IHSI : Danilia Altidor, Directrice Générale, Daniel Milbin, Directeur du Recensement et des Enquêtes Nationales. Des remerciements particuliers sont adressés à l’ICF International pour leur appui et leur collaboration soutenus au cours de la conception, de la réalisation de l’enquête, du traitement et de l’analyse des données et de la préparation du rapport final. De très vifs remerciements s’adressent à Bernard Barrère, Ruilin Ren, Fatuma Busangu Michelle, Mercy Guech-Ongey, Amadou Sow, Jean de Dieu Bizimana, Monique Barrère, Juan Schoemaker, Thea Roy, Sarah Balian, Christopher Gramer, Nancy Johnson et Elisabeth Métellus. Nos vifs remerciements s’adressent également aux membres du Comité d’Ethique National du Ministère de la Santé Publique et de la Population et celui de l’ICF International qui ont validé le Protocole de l’enquête. Ce travail n’aurait pas été possible sans le dévouement du personnel de l’IHE, en particulier, Canez Alexandre, Claude St Surin, Grégory Charles, Ertha Beaugé, Rose Marie Dorsainvil, Aulina Joseph, Myrline St Joy, Fédelande Thélémaque, Assoul Daméus et Saint Clair Esthésias. Des remerciements spéciaux sont adressés à tous les consultants qui ont travaillé avec l’IHE: Paul Bréa, Ferdinand Marseille, Josué Michaud et Jean Claude Darang. Nos remerciements s’adressent également à tous ceux qui ont contribué à la préparation et/ou à la révision du rapport final : • IHE : Blaise Sévère et Viviane Cayemittes. • MSPP : Emmanuel Charles et Yves Gaston Deslouches. • UNICEF : Asako Saegusa ; Vicente Teran ; Jacques Elie Bernard ; Malti Gandhi ; Mohamed Ayoya ; Moustapha Niang, Galia Volel Ngamy, Mireille Tribié ; Kristine Peduto et Jules Hans Beauvoir. • UNFPA : Gabriel Bidegain. Remerciements • xxi Nous saisissons cette occasion pour remercier le personnel de terrain ainsi que les chauffeurs, les Directions Sanitaires Départementales, les ONG, la Police Nationale d’Haïti et les membres des Collectivités territoriales qui ont facilité la tâche des équipes de terrain. Nous ne saurions terminer sans remercier de façon très spéciale les milliers de femmes et d’hommes qui ont accepté de répondre aux très nombreuses questions qui leur ont été posées. Que tous ceux qui ont contribué d’une façon ou d’une autre à la réalisation de cette enquête reçoivent nos remerciements. Dr Michel Cayemittes Directeur National de l’Enquête Directeur Général de l’IHE Sigles et abréviations • xxiii SIGLES ET ABRÉVIATIONS ACDI Agence Canadienne de Développement International BCG Bacille Calmette et Guérin BIT Bureau International du Travail CDC Centers for Disease Control and Prevention CDV Centre de Dépistage Volontaire CSPro Census and Survey Processing System DBS Dried Blood Spots (Gouttes de sang séché) DHS Demographic and Health Surveys DiTePer Diphtérie, Tétanos et Coqueluche (Pertussis) DIU Dispositif Intra Utérin EDS Enquêtes Démographiques et de Santé ELISA Enzyme-linked Immunosorbent Assay EMMUS Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services FM Fonds Mondial pour la tuberculose, la malaria et le SIDA GHESKIO Groupe Haïtien d’Etude du Sarcome de Kaposi et des Infections Opportunistes GFATM Global Fund to Fight AIDS, Tuberculosis and Malaria IHE Institut Haïtien de l’Enfance IHSI Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique IMC Indice de Masse Corporelle IMIS Institut des Maladies Infectieuses et de la Santé de la Reproduction IRA Infections Respiratoires Aiguës ISF Indice Synthétique de Fécondité ISFD Indice Synthétique de Fécondité Désirée IST Infections Sexuellement Transmissibles IYCF Infant and Young Child Feeding MAMA Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée MCFDF Ministère à la Condition Féminine et aux Droits de la Femme MEASURE Monitoring and Evaluation to Assess and Use Results Evaluation MICS Multiple Indicator Cluster Survey MII Moustiquaire pré Imprégnée d’Insecticide MILDA Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide à Longue Durée d’Action MN Mortalité Néonatale MPN Mortalité Post Néonatale MSPP Ministère de la Santé Publique et de la Population xxiv • Sigles et abréviations OCDE Organisation de Coopération et de Développement Économique OIM Agence des Nations Unies pour la Migration OMS Organisation Mondiale de la Santé ONG Organisation Non Gouvernementale ONU Organisation des Nations Unies OPS Organisation Panaméricaine de la Santé PEV Programme Élargi de Vaccination PF Planification Familiale PEPFAR President Emergency Plan for AIDS Relief PIB Produit Intérieur Brut PID Pulvérisation Intradomiciliaire PNLS Programme National de Lutte contre le SIDA PPM Part par million PSI Population Santé Information PTME Prévention de la Transmission du VIH de la Mère à l’Enfant PVVIH Personnes vivant avec le VIH RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat SDE Sections d’Énumération SIDA Syndrome d’Immunodéficience Acquise SMI Santé Maternelle et Infantile SRO Sels de Réhydratation Orale TBFS Taux Brut de Fréquentation Scolaire TBN Taux Brut de Natalité TGFG Taux Global de Fécondité Générale TME Transmission du VIH de la Mère à l’Enfant TMM Taux de Mortalité Maternelle TNFS Taux Net de Fréquentation Scolaire TRO Thérapie par Réhydratation Orale UNAIDS The Joint United Nations Programme on HIV/AIDS UNDP United Nations Development Programme UNFPA United Nations Population Fund UNICEF United Nations Children’s Fund USAID United States Agency for International Development VIH Virus de l’Immunodéficience Humaine WHO World Health Organization Indicateurs des objectifs du millénaire pour le développement – Haïti 2012 • xxv INDICATEURS DES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT – HAÏTI 2012 Indicateur Sexe Ensemble Masculin Féminin 1. Éliminer l’extrême pauvreté et la faim 1.8 Prévalence de l’insuffisance pondérale parmi les enfants de moins de 5 ans 12,2 % 10,5 % 11,4 % 2. Assurer l’éducation primaire pour tous 2.1 Taux net de fréquentation scolaire au niveau primaire1 82,3 % 83,1 % 82,7 % 2.3 Taux d’alphabétisation dans la population des 15-24 ans2 84,2 %a 85,9 % 85,1 %b 3. Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes 3.1a Ratio filles/garçons dans l’enseignement primaire3 na na 1,0 3.1b Ratio filles/garçons dans l’enseignement secondaire3 na na 1,2 4. Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans 4.1 Taux de mortalité infanto-juvénile4 103 ‰ 80 ‰ 88 ‰ 4.2 Taux de mortalité infantile4 71 ‰ 56 ‰ 59 ‰ 5. Améliorer la santé maternelle 5.2 Pourcentage de naissances dont l’accouchement a été assisté par un prestataire de santé formé5 na na 37,3 % 5.3 Taux de prévalence contraceptive6 na 34,5 % na 5.4 Taux de fécondité des adolescentes7 na 66 ‰ na 5.5 Couverture en soins prénatals par du personnel formé 5.5a Au moins une visite prénatale8 na 90,0 % na 5.5b Quatre visites prénatales ou plus9 na 67,3 % na 5.6 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale10 na 35,3 % na 6. Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies 6.1 Prévalence du VIH dans la population des 15-24 ans 0,4 %a 1,3 % 0,9 %b 6.2 Utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels à risques11 : jeunes de 15-24 ans 66,3 %a 55,5 % 60,9 %b 6.3 Proportion de la population de 15-24 ans ayant une connaissance « approfondie » du VIH/sida12 27,6 %a 34,6 % 31,1 %b 6.4 Ratio du pourcentage d’orphelins qui fréquentent l’école au pourcentage des non orphelins de 10-14 ans qui fréquentent l’école 0,92 0,99 0,96 6.8 Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans dont la fièvre a été traitée de manière appropriée avec des antipaludéens13 2,4 % 2,6 % 2,5 % Urbain Rural Ensemble 7. Assurer un environnement durable 7.8 Proportion de la population utilisant une source d’eau améliorée14 87,2 % 49,2 % 64,5 % 7.9 Proportion de la population utilisant des installations sanitaires améliorées15 38,7 % 20,3 % 27,7 % na = Non applicable. 1 Le taux est basé sur la fréquentation déclarée, non l’inscription, au niveau primaire parmi les enfants d’âge de fréquentation du niveau primaire (6-11 ans). Le taux comprend aussi les enfants d’âge officiel de fréquentation du niveau primaire qui fréquentent le niveau secondaire. Il s’agit d’une mesure indirecte de l’indicateur 2.1 des OMD : Taux net total de scolarisation dans le primaire. 2 Correspond aux enquêtés qui ont fréquenté l’école secondaire ou le supérieur, ou qui peuvent lire une phrase ou une partie de phrase. 3 Basé sur la fréquentation nette déclarée, non l’inscription, parmi les 6-11 ans pour le primaire, 12-17 ans pour le secondaire. 4 Exprimé en termes de décès pour 1 000 naissances vivantes. La mortalité par sexe fait référence à la période de 10 ans précédant l’enquête. La mortalité pour les deux sexes ensemble fait référence à la période de 5 ans précédant l’enquête. 5 Parmi les naissances des 5 années ayant eu lieu au cours des 5 années ayant précédé l’enquête. 6 Pourcentage de femmes actuellement en union qui utilisent une méthode contraceptive quelconque. 7 Équivaut au taux de fécondité par âge pour les femmes de 15-19 ans pour la période de 3 ans précédant l’enquête, exprimé en termes de naissances pour 1 000 femmes de 15-19 ans. 8 dispensée par un prestataire qualifié. 9 dispensées par n’importe quel type de prestataire. 10 Parmi les femmes actuellement en union. 11 Des rapports sexuels à hauts risques sont des rapports sexuels avec un partenaire non marital et non cohabitant. Exprimé en pourcentage de femmes et d’hommes de 15-24 ans qui ont eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois. 12 Sont considérées comme ayant une connaissance "approfondie", les personnes qui savent que l’utilisation régulière du condom au cours des rapports sexuels et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, celles qui savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et celles qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du sida. 13 Pourcentage d’enfants de 0-59 mois ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview et qui ont reçu n’importe quel médicament antipaludéen. 14 Pourcentage de la population de droit dont la source principale d’eau de boisson est un robinet dans le logement, un robinet public/fontaine, un puits creusé protégé, une source d’eau protégée, la collecte d’eau de pluie, ou l’eau en bouteille. 15 Pourcentage de la population de droit dont le ménage a une chasse d’eau, fosse d’aisances améliorée auto-aérée, ou une fausse d’aisances avec dalle et qui ne partage pas cette installation avec d’autres ménages. a Limité aux hommes dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête auprès des hommes. b Le total est calculé comme une simple moyenne arithmétique des pourcentages des colonnes des hommes et des femmes. xxvi • Carte de Haïti Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE 1 1.1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ’ile d’Hispaniola découverte par Christophe Colomb en décembre 1492 est située dans la Caraïbe. Elle est constituée par deux pays indépendants, mais liés par un long passé historique. La République d’Haïti située à l’ouest et la République Dominicaine à l’est. Par sa taille, elle constitue la deuxième ile des Grands Antilles après Cuba. La République d’Haïti est bornée au nord par l’Océan Atlantique et au sud par la Mer des Caraïbes. Elle se situe au nord-ouest de Cuba et au sud-ouest de la Jamaïque. Elle est composée de deux péninsules séparées par le golfe de la Gonâve. Selon l’Article 8 de la Constitution d’Haïti de 1987, le territoire de la République d’Haïti comprend la partie Occidentale de l’Ile d’Haïti ainsi que les Iles adjacentes: la Gonâve, La Tortue, l’Ile à Vache, les Cayemites, La Navase, La Grande Caye et les autres îles de la Mer Territoriale; Il est limité à l’Est par la République Dominicaine, au Nord par l’Océan Atlantique, au Sud et à l’Ouest par la mer des Caraïbes ou mer des Antilles. Du point de vue administratif, le pays est divisé en dix départements, cent quarante communes et cinq cent soixante-dix (570) sections communales. Les dix départements sont : l’Ouest, le Sud, le Sud-Est, la Grand-Anse, les Nippes, le Nord, le Nord-Ouest, le Nord-Est, le Centre et l’Artibonite. Port-au-Prince, la Capitale du pays est le centre des décisions politiques et administratives. Les zones urbaines de six communes du département de l’Ouest, y compris Port-au-Prince, ont été regroupées pour former l’Aire Métropolitaine. La décentralisation a été inscrite dans la Constitution de 1987 et prévoyait à cette fin, la mise sur pied des Conseils d’Administrations des Collectivités territoriales (CASEC), des Assemblées des Sections Communales (ASEC). Jusqu’à cette date, le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales assure la gestion administrative des communes. 1.1.1 Contexte démographique Les indicateurs démographiques ont été établis à partir des deux derniers recensements généraux de la population et de l’habitat réalisés en 1982 et en 2003 par l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI). Selon les projections démographiques, la population haïtienne serait passée de 8 373 750 en 2003 à 10 250 200 en 2011 (Tableau 1.1). Le taux de croissance intercensitaire qui était de 2,5 % pour la période de 1982-2003 serait passé à 1,6 % pour la période de 2010-2015. La densité de la population qui était de 302 habitants au kilomètre carré serait de 370 habitants en 2011. L’espérance de vie pour les hommes était de 56 ans pour les hommes et de 60 ans pour les femmes lors du quatrième recensement de 2003. Elle a été estimée à 61 années pour les hommes et à 64 années pour les femmes pour la période 2010-2015. La population urbaine qui représentait 41 % lors du recensement de 2003 constituerait 49 % de la population totale en 2011. Il faut garder à l’esprit que ces projections démographiques ont été établies avant le tremblement de terre du 12 janvier 2010 d’une magnitude de 7,3 qui aurait provoqué le décès de plus 200 000 personnes et le déplacement de plusieurs centaines de milliers d’habitants, essentiellement dans l’Aire Métropolitaine et le département de l’Ouest. L 2 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête Tableau 1.1 Indicateurs démographiques établis aux Recensements de 1982 et de 2003 puis estimés en 2011 Indicateurs 3ème Recensement 1982 4ème Recensement 2003 Projection 2011 Population 5 053 189 8 373 750 10 250 200 Taux de croissance intercensitaire (%) na 2,5 (1982–2003) 1,6 (2010–2015) Densité (Population / Km2) 182 302 370 Pourcentage de population urbaine 20,6 40,8 48,6 Espérance de vie (en année) (1980–85) (2000–05) (2005–2010) Homme 50,2 56,4 60,7 Femme 52,9 59,9 64,3 Source : Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) : Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH, 1982, 2003) et projections démographiques établies conjointement par l’IHSI et le Centre Latino-Américain de Démographie (CELADE). 1.1.2 Contexte économique Selon les données de la Banque Mondiale, « plus de la moitié de la population dispose d’un revenu de moins de un dollar par jour alors que 78 % de la population vivent avec moins de 2 dollars par jour ». Cette situation de précarité permet de classer le pays comme étant le plus pauvre des Amériques et un des plus pauvres pays du monde avec un PIB de 725 dollars américains en 2011 (www.banquemondiale.org/fr/ country/haiti/overview). La situation économique du pays déjà fragile s’est aggravée suite aux nombreux désastres naturels qui ont frappé le pays, en particulier le tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a détruit de nombreuses vies humaines ainsi que des infrastructures. Selon la Banque Mondiale, les dommages et pertes occasionnés par ce tremblement sont estimés à environ 8 milliards de dollars, ou 120 % du PIB. Le pays a été également ravagé par de nombreuses tempêtes tropicales et ouragans au cours des dernières années qui ont causé des pertes estimées à 900 millions de dollars (soit 15 % du PIB) et qui ont mis à nu sa très grande vulnérabilité. Ces catastrophes naturelles ont fragilisé la production agricole rendant ainsi le pays de plus en plus dépendant de l’aide externe et de l’importation des produits de première nécessité. Un « Plan d’action pour le relèvement et le développement national d’Haïti » a été présenté lors de la conférence des bailleurs de fonds sur la « Reconstruction d’Haïti », qui s’est tenue au siège des Nations Unies à New York le 31 mars 2010. À cette occasion, la communauté internationale avait pris l’engagement d’aider Haïti à hauteur d’environ 10 milliards de dollars américains. Une Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) a été mise en place pour assurer la coordination du financement de ce plan. Son mandat étant arrivé à terme le 21 octobre 2011, cette commission a été remplacée par une nouvelle structure nationale dénommée « Cadre de coordination de l’aide externe (CAED) » chargée de coordonner la gestion de l’aide de la communauté internationale. Parallèlement, une institution dénommée « Fonds pour la Reconstruction d’Haïti (FRH) », a été mise en place par la Banque mondiale pour administrer les projets avalisés par la CIRH. Il s’agit d’un fonds fiduciaire chargé de « mobiliser, de coordonner et d’attribuer les contributions des donateurs internationaux dans le cadre de la reconstruction nationale ». 1.1.3 Contexte politique Une longue période d’instabilité politique a suivi la chute de la dictature en 1986, marquée par une succession de gouvernements provisoires, de coups d’état et d’élections démocratiques. Une certaine volonté politique s’est affichée depuis plus d’une vingtaine d’années pour mettre en pratique et respecter les principes démocratiques en vue d’élire les dirigeants du pays aux niveaux national et local. Il en est résulté une certaine stabilité politique avec l’élection de Présidents et de Parlementaires démocratiquement élus. La Constitution de 1987 prévoit l’élection d’un Président chaque cinq ans et la désignation d’un Chef de Gouvernement (Premier Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 3 Ministre) qui doit être ratifié par le Parlement. Un nouveau Chef d’Etat a été installé à la tête du pays le 14 mai 2011 pour une période de cinq ans. Par ailleurs, le processus d’amendement de la Constitution de 1987 qui a débuté le 14 septembre 2009, a pris fin le 19 juin 2012, après de longues discussions entre l’Exécutif et le Parlement. La Constitution amendée prévoit la mise sur pied d’un Conseil Electoral Permanent responsable des élections devant renouveler le tiers du Sénat ainsi que l’élection des dirigeants locaux. Mais la mise sur pied de ce Conseil Electoral Permanent n’est pas encore une réalité. 1.2. PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE 1.2.1 Organisation de l’enquête La cinquième Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services (EMMUS-V) a été réalisée par l’Institut Haïtien de l’Enfance (IHE) en collaboration avec l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique (IHSI). D’autres institutions ont également apporté leur expertise à la réalisation de cette opération, en particulier le Laboratoire National de Santé Publique (LNSP) pour la réalisation des tests de dépistage du VIH ainsi que les Centres GHESKIO (Groupe Haïtien d’Étude du Sarcome de Kaposi et des Infections Opportunistes) d’Haïti pour le contrôle de qualité des tests de dépistage du VIH réalisés par le LNSP. L’EMMUS-V, commanditée par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), a bénéficié de l’assistance technique du programme mondial des Enquêtes Démographiques et de Santé (Demographic and Health Surveys - MEASURE DHS) d’ICF International. Elle a été financée par l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI), le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et le Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (GFATM) par l’intermédiaire du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD). 1.2.2 Objectifs L’EMMUS-V a pour objectif de collecter, analyser et diffuser des données démographiques et de santé portant en particulier sur la fécondité, la planification familiale, la santé et l’état nutritionnel de la mère et de l’enfant, certaines maladies transmissibles telles que le choléra, le paludisme et le VIH/sida. L’EMMUS-V est une enquête démographique et de santé portant sur la population en général et, en particulier, les femmes de 15 à 49 ans, les hommes de 15 à 59 ans et les enfants de moins de cinq ans. Les données recueillies au niveau des ménages et au niveau individuel couvrent douze domaines : 1. Les taux de fécondité et de mortalité infantile et infanto-juvénile, les facteurs directs et indirects qui déterminent le niveau et la tendance de la fécondité et de la mortalité infanto-juvénile ; 2. Les connaissances et la pratique contraceptive des femmes par méthode ; 3. La pratique de l’avortement ; 4. La santé de la reproduction incluant les visites prénatales et postnatales, l’assistance à l’accouchement ; 5. La prévention et le traitement du paludisme incluant l’utilisation de moustiquaires, la prévention chez la femme enceinte et le traitement des enfants atteints de fièvre ; 4 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête 6. Les connaissances et les attitudes des femmes et des hommes concernant le sida et les IST et les modifications récentes du comportement sexuel et de l’utilisation du condom ; 7. La prévalence du VIH chez les femmes de 15-49 ans et les hommes de 15-59 ans ; 8. La santé des enfants de moins de cinq ans incluant la vaccination, la prévalence et le traitement de la diarrhée et d’autres maladies infantiles ; 9. Les pratiques nutritionnelles des enfants, y compris l’allaitement, l’état nutritionnel des enfants de 0-59 mois et des femmes de 15-49 ans, la teneur en iode du sel consommé par les ménages ; 10. La prévalence de la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes de 15-49 ans ; 11. La prévalence de l’anémie chez les enfants de 6-59 mois, les femmes de 15-49 ans et les hommes de 15-59 ans ; 12. Le travail et la discipline des enfants ; 13. Les conséquences du tremblement de terre, la faim et le choléra. 1.2.3 Échantillonnage L’EMMUS-V vise la population des individus qui résident dans les ménages ordinaires de l’ensemble du pays. Un échantillon national de 13 388 ménages a été sélectionné. L’échantillon a été stratifié de façon à fournir une représentation adéquate des milieux urbain et rural ainsi que des 12 domaines d’étude, correspondant aux 10 départements, à l’Aire Métropolitaine et aux camps d’hébergements, pour lesquels on dispose d’une estimation pour tous les indicateurs clés1. Rappelons qu’à la suite du tremblement de terre de janvier 2010, des dizaines de milliers de logements avaient été détruits et qu’une part importante de la population du département de l’Ouest et surtout de l’Aire Métropolitaine vivait dans des camps d’hébergements. Au moment de la sélection de l’échantillon, l’estimation officielle la plus récente de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) estimait le nombre de camps à 1 001 et sa population à plus de 600 000 habitants. De ce fait, l’EMMUS-V a utilisé un échantillon aréolaire stratifié, tiré à deux degrés et à partir de deux bases de sondage. Au premier degré, des grappes ont été tirées sur l’ensemble du territoire national à partir de la liste des Sections d’Énumération (SDE) établie pour le quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2003. Globalement, 400 grappes, dont 144 en milieu urbain et 256 en milieu rural, ont été sélectionnées en procédant à un tirage systématique avec probabilité proportionnelle à la taille, celle-ci correspondant à la population de la SDE telle qu’estimée en 2011. De plus, toujours au premier degré, 45 grappes ont été sélectionnées dans les camps d’hébergement en procédant à un tirage systématique avec probabilité proportionnelle à la taille. 1 Étant donné que, dans ce rapport, l’Aire Métropolitaine et les camps constituent deux domaines d’études indépendants, les résultats concernant l’Aire Métropolitaine excluent les camps et ceux concernant le département de l’Ouest, appelé dans ce rapport Reste-Ouest, excluent l’Aire Métropolitaine et les camps. Par ailleurs, pour les besoins de l’analyse, on a créé la variable « Département » qui comprend les 10 départements et l’Aire Métropolitaine, mais exclut les camps, et la variable « milieu de résidence détaillé » dans laquelle le milieu urbain est décomposé en deux groupes, l’Aire Métropolitaine (sans les camps) et le reste du milieu urbain (sans les camps), ou « autres villes ». Par contre la variable « milieu de résidence » se décompose simplement en urbain et rural et comprend les camps. Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 5 Un dénombrement exhaustif des ménages dans chacune de ces 445 grappes ainsi sélectionnées a fourni une liste des ménages à partir de laquelle a été tiré, au second degré, un échantillon de ménages avec un tirage systématique à probabilité égale. Toutes les femmes de 15-49 ans vivant habituellement dans les ménages sélectionnés, ou présentes la nuit précédant l’enquête, étaient éligibles pour être enquêtées. De plus, dans un sous-échantillon de deux ménages sur trois, un échantillon d’environ 9 750 hommes de 15-59 ans étaient également éligibles pour être enquêtés. Dans ce sous-échantillon, toutes les femmes et tous les hommes éligibles pour l’enquête individuelle étaient aussi éligibles pour le test de dépistage du VIH. Par ailleurs, dans ce même sous-échantillon, on a réalisé un test d’hémoglobine pour estimer la prévalence de l’anémie auprès de toutes les femmes, de tous les hommes et de tous les enfants de 6-59 mois identifiés dans les ménages ; de plus, toutes les femmes ainsi que tous les enfants de moins de cinq ans étaient éligibles pour être mesurés et pesés afin d’évaluer leur état nutritionnel. Une femme par ménage a été sélectionnée aléatoirement pour être interviewée sur la violence domestique et les violences sexuelles en général. Le tableau 1.2 présente les résultats des interviews réalisées au niveau des ménages et au niveau individuel. Au total, 13 388 ménages ont été sélectionnés et, parmi eux, 13 227 ménages occupés au moment du passage des équipes de l’enquête ont été identifiés. Parmi ces 13 227 ménages, 13 181 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de plus de 99 %. Les taux de réponses des ménages ne varient pratiquement pas d’un milieu de résidence à l’autre. Tableau 1.2 Résultats des interviews Ménages et Individuelles Effectif de ménages, nombre d'interviews et taux de réponse par milieu de résidence (non pondéré), EMMUS-V Haïti 2012 Résultat Milieu de résidence détaillé Ensemble Aire Métropolitaine Autres villes Urbain Rural Camps Interviews ménages Ménages sélectionnés 1 836 2 498 4 334 7 704 1 350 13 388 Ménages occupés 1 784 2 469 4 253 7 641 1 333 13 227 Ménages interviewés 1 761 2 462 4 223 7 628 1 330 13 181 Taux de réponse des ménages1 98,7 99,7 99,3 99,8 99,8 99,7 Interviews des femmes de 15-49 ans Effectif de femmes éligibles 2 468 3 127 5 595 7 663 1 214 14 472 Effectif de femmes éligibles interviewées 2 361 3 109 5 470 7 614 1 203 14 287 Taux de réponse des femmes éligibles2 95,7 99,4 97,8 99,4 99,1 98,7 Interviews des hommes de 15-59 Effectif d'hommes éligibles 1 498 1 942 3 440 5 560 753 9 753 Effectif d'hommes éligibles interviewés 1 365 1 907 3 272 5 490 731 9 493 Taux de réponse des hommes éligibles2 91,1 98,2 95,1 98,7 97,1 97,3 1 Ménages enquêtés/ménages identifiés. 2 Enquêtés interviewés/enquêtés éligibles. Dans les 13 181 ménages enquêtés, 14 472 femmes âgées de 15-49 ans ont été identifiées comme éligibles pour l’enquête individuelle, et pour 14 287 d’entre elles, l’interview a été menée avec succès, soit un taux de réponse de près de 99 %. Le taux de réponse est moins élevé dans l’Aire Métropolitaine (96 %) que dans les autres villes, en milieu rural ou dans les camps d’hébergement (99 % dans chaque milieu). Pour les hommes, l’enquête a été réalisée dans deux ménages sur trois : au total 9 493 hommes de 15-59 ans sur 9 753 éligibles ont été enquêtés (taux de réponses de 97 %). Chez les hommes, le taux de réponse obtenu en milieu 6 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête rural (99 %) est sensiblement plus élevé que celui du milieu urbain (95 %), en particulier par rapport à celui de l’Aire Métropolitaine (91 %). 1.2.4 Questionnaires Trois questionnaires ont été utilisés au cours de l’EMMUS-V : le questionnaire ménage, le questionnaire femme et le questionnaire homme. Le contenu de ces documents est basé sur les questionnaires modèles développés par le programme MEASURE DHS, auxquels ont été rajoutés certains modules développés par l’UNICEF dans le cadre des Enquêtes par Grappes à Indicateurs Multiples (MICS), et d’autres modules développés spécialement pour répondre aux besoins spécifiques d’Haïti. Des réunions regroupant des techniciens représentant le gouvernement et les partenaires pour le développement ont été organisées pour définir les objectifs spécifiques de l’enquête. À l’issue de ces réunions, les questionnaires de base ont été adaptés pour tenir compte des besoins des utilisateurs et refléter les problèmes pertinents qui se posent en termes de population, de santé, de planification familiale, de VIH/sida et dans d’autres domaines de santé spécifiques, comme le choléra. Le questionnaire ménage permet d’enregistrer tous les membres du ménage avec certaines de leurs caractéristiques : lien de parenté avec le chef de ménage, sexe, âge, situation de résidence, niveau d’instruction, etc. Le but premier du questionnaire ménage est de fournir les informations permettant de déterminer les populations de référence pour le calcul des taux démographiques (mortalité, natalité et fécondité), et d’identifier les femmes et les hommes éligibles pour être interviewés individuellement. Le questionnaire ménage contient également des informations relatives aux conditions de vie du ménage. En outre, différents modules ont été rajoutés. Il s’agit de : • Possession et l’utilisation des moustiquaires ; • Travail des enfants ; • Discipline de l’enfant ; • Conséquences du tremblement de terre ; • Faim et le choléra. Enfin le questionnaire ménage a également été utilisé pour enregistrer les résultats des mesures anthropométriques (poids et taille), des tests d’hémoglobine, et des prélèvements sanguins effectués pour le test du VIH. Le questionnaire individuel femme a été utilisé pour enregistrer les informations concernant les femmes éligibles, c’est-à-dire les femmes âgées de 15-49 ans. Il comprend les sections suivantes : • Caractéristiques sociodémographiques de l’enquêtée ; • Reproduction (historique des naissances et mortalité des enfants) ; • Contraception (Connaissance et l’utilisation des méthodes contraceptives) ; • Grossesse et soins postnatals ; • Vaccination, santé et nutrition des enfants ; • Mariage et activité sexuelle ; • Préférences en matière de fécondité ; • Caractéristiques du conjoint et activité économique de la femme ; • VIH/sida et autres infections sexuellement transmissibles ; • Autres problèmes de santé ; • Violence domestique et sexuelle. Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 7 Le questionnaire individuel homme est complètement indépendant du questionnaire femme, mais la plupart des questions posées aux hommes âgés de 15-59 ans sont identiques à celles posées aux femmes de 15-49 ans. Le questionnaire comprend les sections suivantes : • Caractéristiques sociodémographiques de l’enquêté ; • Reproduction ; • Union et activité sexuelle ; • VIH/sida et autres infections sexuellement transmissibles ; • Autres problèmes de santé. 1.2.5 Test d’hémoglobine et de dépistage du VIH Dans deux ménages sur trois, les femmes de 15-49 ans et les hommes de 15-59 ans étaient éligibles pour le test de dépistage du VIH. Dans ce même sous-échantillon, les femmes, les hommes et les enfants de 6-59 mois étaient aussi éligibles pour le test d’hémoglobine. Les protocoles pour les tests d’anémie et de dépistage du VIH ont été approuvés par le Comité National d’Éthique d’Haïti et par le Comité d’Éthique (Institutional Review Board) d’ICF International. Le protocole dépistage du VIH a aussi été approuvé par le Centers for Disease Control (CDC) d’Atlanta. Test d’hémoglobine Le test d’hémoglobine est la principale méthode pour diagnostiquer l’anémie ; ce test a été effectué en utilisant le système HemoCue. Après obtention du consentement éclairé, l’enquêteur piquait le bout du doigt de la personne éligible avec une lancette rétractable, stérile et non réutilisable. Une goutte de sang était récupérée dans une micro cuvette et ensuite introduite dans le photomètre HemoCue qui indiquait le niveau d’hémoglobine. Ce résultat, enregistré dans le questionnaire ménage, était communiqué à la personne testée, ou au parent/adulte responsable, en lui expliquant la signification du résultat. Si la personne présentait une anémie sévère (un niveau d’hémoglobine <7 g/dl), l’enquêteur lui fournissait une fiche de référence pour rechercher des soins auprès d’un service de santé. Test de dépistage du VIH Le test de dépistage du VIH a été effectué dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête homme. Les prélèvements de sang ont été réalisés auprès de tous les hommes et de toutes les femmes éligibles qui acceptaient volontairement de se soumettre au test. Le protocole pour dépister le VIH est basé sur le protocole anonyme-lié développé par le projet DHS. Selon ce protocole, aucun nom ou autre caractéristique individuelle ou géographique permettant d’identifier un individu ne peut être lié à l’échantillon de sang. Étant donné que les tests de dépistage du VIH sont strictement anonymes, il n’est pas possible d’informer les enquêtés des résultats de leur test. Par contre, au moment de la collecte, une carte de conseils/dépistage a été remise aux personnes éligibles, qu’elles aient accepté ou non d’être testées pour le VIH, pour obtenir, si elles le souhaitaient, des conseils et un test gratuit auprès des établissements de santé offrant ces services. Après obtention du consentement éclairé, l’enquêteur prélevait des gouttes de sang capillaire sur un papier filtre. Une étiquette contenant un code à barres était alors collée sur le papier filtre. Une deuxième étiquette avec le même code à barres était ensuite collée sur le questionnaire ménage, sur la ligne correspondant à la personne éligible. Les gouttes de sang sur papier filtre étaient séchées pendant 24 heures dans une boîte de séchage contenant un dessicatif pour absorber l’humidité. Le lendemain, chaque échantillon séché était placé dans un petit sac en plastique imperméable et à fermeture hermétique. Les sacs en plastique individuels ont été ainsi conservés jusqu’à leur acheminement à la coordination de l’enquête à l’IHE à Pétion- 8 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête Ville pour enregistrement, vérification et transfert au Laboratoire National de Santé Publique (LNSP) d’Haïti. Le LNSP enregistrait, à son tour, les prélèvements avant de les stocker à basse température. Lorsque la saisie des questionnaires a été terminée à l’IHE, le fichier de données de l’enquête a été vérifié, apuré, et les coefficients de pondération ont été appliqués. Après vérification que le fichier de données était dans son format final, les résultats présentés dans ce rapport ont été générés et tous les identifiants permettant de retrouver un individu (plus précisément les numéros de ménage et de grappe) ont été brouillés et remplacés par des numéros générés aléatoirement. Tous les identifiants originaux ont été détruits du fichier de données. Par ailleurs, les couvertures des questionnaires contenant ces identifiants ont également été détruites. Ce n’est qu’à ce stade que le LNSP a été autorisé à commencer l’analyse des prélèvements de sang. Le LNSP a terminé les analyses au début du mois de décembre 2012. 1.2.6 Formation et collecte des données Formation du personnel de terrain Tous les candidats aux postes d’agents de terrain ont été recrutés en fonction de leur disponibilité pour travailler loin de chez eux pour une période de cinq mois et de leur niveau d’instruction après une évaluation. Ces agents devraient avoir, au minimum, un niveau d’instruction secondaire. L’Institut Haïtien de l’Enfance (IHE) a rendu disponible le matériel de l’enquête et les locaux nécessaires pour l’organisation des sessions de formation à l’intention des candidats aux postes d’agent de terrain. Un prétest a été réalisé du 3 au 25 octobre 2011. La formation principale pour l’enquête s’est tenue à l’IHE du 28 novembre au 6 janvier 2012 à l’intention des chefs d’équipe (superviseurs), des contrôleuses, des enquêtrices et opérateurs de saisie. Les opérateurs de saisie ont participé également à la formation sur les questionnaires de façon à ce qu’ils connaissent le contenu, la structure et la logique des questionnaires. Ils n’ont pas participé à la formation sur les biomarqueurs et aux exercices pratiques. Un nombre d’agents supérieur au nombre nécessaire a été recruté de façon à pouvoir sélectionner les meilleurs candidats à la fin de la formation. Les candidats ont suivi une formation théorique et pratique portant sur tous les aspects de l’enquête. Les exposés ont porté sur les principes de l’enquête, les techniques d’interview, le contenu détaillé des questionnaires, les techniques de remplissage des questionnaires, les techniques pour la prise des mesures anthropométriques et les tests de dépistage de l’anémie et du VIH. Les exposés couvraient également des thèmes spécifiques tels que : la planification familiale, le VIH/sida, etc. Les candidats ont été divisés en groupe pour la pratique des interviews en salle. Des exercices pratiques ont également eu lieu sur le terrain. Chaque candidat a pu compléter au moins cinq interviews sur le terrain pendant la formation. Six jours de la formation ont été consacrés aux mesures anthropométriques et aux tests biologiques. Cette formation a été organisée de façon à ce que les tests biologiques puissent être inclus aux exercices pratiques sur le terrain. La formation a insisté sur les principes d’éthique, les procédures à employer pour obtenir des enquêtés leur consentement volontaire, les techniques à utiliser pour faire les prélèvements de sang (anémie et VIH), l’utilisation de l’HemoCue pour l’anémie, les procédures pour référer les participants ayant besoin d’un suivi pour l’anémie et les personnes qui souhaitent connaître leur statut sérologique, les procédures pour manipuler, stocker et transférer les prélèvements sanguins ainsi que les procédures pour éliminer les produits bio dangereux. Les sessions ont été assurées par les cadres responsables de la coordination de l’enquête principale, à savoir un membre du personnel et deux consultants de l’IHE. Des experts en santé, à savoir trois consultants de ICF Macro sont intervenus également pour fournir des informations de base sur les différents domaines couverts par l’enquête. Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 9 Les candidats présélectionnés ont été choisis sur une base compétitive, tenant compte de leur capacité à communiquer, des résultats des tests théoriques auxquels ils ont été soumis tout au long de la formation. Les superviseurs et contrôleuses ont été également choisis sur la base de leur capacité à encadrer les enquêtrices et de leur leadership. Enfin, une journée de formation a été réservée aux chefs d’équipe et aux contrôleuses pour les former à observer les interviews sur le terrain et sur la façon d’éditer les questionnaires remplis et d’organiser le travail de terrain. Collecte des données Quinze équipes ont été constituées pour les besoins de l’enquête principale. Chaque équipe était composée de cinq personnes : un chef d’équipe de sexe masculin, une contrôleuse de sexe féminin et trois enquêtrices de sexe féminin. Dans les grappes à risque, des gardes de sécurité anonymes accompagnaient les agents de collecte. En plus, trois coordonnateurs de terrain ont assuré la supervision du travail grâce à des visites régulières sur le terrain, à raison d’un coordonnateur pour cinq équipes et de façon rotatoire. La collecte des données a démarré le 17 janvier 2012 dans l’Aire Métropolitaine qui a été totalement couverte avant le déploiement des équipes dans les autres départements. Cette approche a permis d’assurer un suivi rapproché des équipes. Ensuite, les équipes ont été déployées dans leurs zones respectives de travail. La collecte s’est achevée au mois de Juin 2012. Les responsables de l’IHE ont facilité les contacts avec les autorités administratives locales, les déplacements des équipes sur le terrain (location de véhicules), la reproduction et le transport des questionnaires, de l’équipement médical et des prélèvements de sang entre les équipes et le siège de l’IHE à Port-au-Prince. 1.2.7 Traitement des données Après édition et correction sur le terrain, les questionnaires et les prélèvements sanguins pour le test de dépistage du VIH ont été envoyés à l’IHE. Arrivés au bureau central, les questionnaires ont été enregistrés, vérifiés et les questions non pré codées étaient codées avant la saisie des données ; cette vérification et cette codification ont été effectuées par une équipe de deux agents. La saisie et la vérification (double saisie) de tous les questionnaires ont été effectuées par 14 agents de saisie. Par ailleurs, un contrôleur et un coordonnateur informatique supervisaient l’ensemble des activités de traitement des données et étaient chargés de la gestion des questionnaires. Enfin, une équipe de deux personnes était chargée de l’édition secondaire des données sous la supervision d’un consultant d’ICF International. La saisie et l’édition des données de l’EMMUS-V ont été réalisées du 6 février 2012 au 20 juillet 2012 en utilisant le logiciel CSPro. ICF International a fourni les programmes de saisie, d’édition et de tabulation en CSPro et a fourni son assistance à l’IHE pour mettre en place ces programmes et tout le système de traitement des données de l’EMMUS-V. L’IHE a fourni une salle suffisamment grande pour contenir les 14 postes de saisie et un ordinateur avec un « server » pour la coordination ; cette salle est munie d’étagères pour permettre le stockage des questionnaires en train d’être saisis. La sécurité de ce local et l’alimentation en électricité ont été assurées par l’IHE. Par la suite, la vérification et l’édition finale de la base des données ont été réalisées au cours du mois d’août 2012. Cette opération a été suivie par le brouillage des données (pour empêcher l’identification des participants au test de dépistage du VIH), avant le démarrage des tests de dépistage du VIH au LNSP. Ceci a été suivi par la destruction physique de la totalité des questionnaires. 10 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête 1.2.8 Limites méthodologiques Il faut rappeler une fois encore que l’EMMUS-V a été réalisée seulement deux ans après le tremblement de terre de janvier 2010 qui a provoqué d’innombrables victimes (estimées à plus de 200 000) et le déplacement de centaines de milliers d’habitants. Au moment de la collecte des données, on estimait à plus d’un demi-million le nombre d’habitants qui vivaient encore dans des camps d’hébergements. Les données collectées au cours de l’EMMUS-V rendent donc compte de cette situation « exceptionnelle » et, en principe, temporaire. De ce fait, il faut être prudent dans l’interprétation des données présentées dans ce rapport, en particulier en ce qui concerne les comparaisons avec les données précédentes. Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 11 CARACTÉRISTIQUES DES LOGEMENTS ET DE LA POPULATION DES MÉNAGES 2 e chapitre présente certaines caractéristiques des logements ainsi que les biens durables possédés par les ménages. Y sont également présentées les caractéristiques sociodémographiques de la population des ménages telles que la structure par âge et sexe, le taux de fréquentation scolaire et le niveau d’instruction scolaire. L’objectif de ce chapitre est de présenter un profil des ménages et certaines caractéristiques de l’environnement socioéconomique immédiat des hommes, des femmes et des enfants ciblés par l’enquête. Une telle description est essentielle dans la mesure où ces caractéristiques socioéconomiques et environnementales sont des déterminants de l’état de santé de la population. Dans le module ménages du questionnaire de l’enquête, plusieurs questions ont été posées, en vue de saisir le niveau de confort disponible dans les logements habités ainsi que les caractéristiques socioéconomiques de la population. L’analyse des informations provenant des réponses à ces questions constitue le contenu du chapitre 2 du rapport de l’EMMUS-V. 2.1 CARACTÉRISTIQUES DES LOGEMENTS Au cours de l’enquête ménage, on s’est intéressé à certaines caractéristiques de l’habitat à savoir : la source d’approvisionnement en eau de boisson, le type de toilettes utilisées par le ménage, l’accès à l’électricité, le matériau de revêtement du sol, le nombre de pièces du logement et le type de combustible utilisé pour la cuisine. On a également recueilli des informations sur la possession d’un certain nombre d’équipements modernes (radio, télévision, téléphone, réfrigérateur, cuisinière, etc.) et de moyens de transport (bicyclette, motocyclette, véhicule, etc.), sur la sécurité du logement et la précarité de l’habitat. Ces caractéristiques, pouvant fournir une indication sur les conditions de vie de la population des ménages ainsi que le niveau de bien-être socio-économique des ménages, ont également une influence certaine sur l’état de santé des membres du ménage. C Principaux résultats • Près des deux tiers des ménages (65 %) s’approvisionnent en eau de boisson provenant d’une source améliorée ; cette proportion est plus élevée en milieu urbain (88 %) qu’en milieu rural (49 %). • Dans l’ensemble, 44 % des ménages ne disposent pas de toilettes améliorées et 25 % ne disposent d’aucun type de toilettes. • Au niveau global, un peu moins de quatre ménages sur dix (38 %) disposent de l’électricité : 86 % dans l’Aire Métropolitaine, 55 % dans les autres villes et 15 % en milieu rural. • Deux chefs de ménage sur cinq (41 %) sont de sexe féminin, et près de la moitié des ménages (47 %) comptent entre 2 et 4 personnes. • Près d’un tiers des ménages (32 %) comptent des enfants orphelins ou qui vivent sans leurs parents. • Près de huit enfants de 6-11 ans sur dix (77 %) fréquentent l’école primaire et il n’y a pas de disparité apparente entre les filles et les garçons. 12 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages 2.1.1 Caractéristiques de l’habitat Eau de boisson La connaissance de la source d’approvisionnement en eau de boisson donne une indication sur la qualité et la salubrité de l’eau consommée par le ménage. Les sources d’approvisionnement en eau considérées comme adéquates sont listées au tableau 2.1 sous la catégorie « source améliorée », et les sources qui peuvent ne pas être de qualité adéquate figurent sous la catégorie « source non améliorée ». La classification des sources d’approvisionnement en source « améliorée » et « non améliorée » est celle proposée par le Programme commun OMS/UNICEF de surveillance de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement (www.wssinfo.org/definitions-methods/watsan-categories/). Les résultats présentés dans le tableau 2.1 montrent que dans l’ensemble du pays près des deux tiers soit 65 % des ménages enquêtés s’approvisionnaient en eau de boisson à une source améliorée. Il n’y a pas de différence notable entre l’Aire Métropolitaine (88 %) et les autres villes (87 %). Cependant un écart énorme existe entre les zones urbaines et les zones rurales : dans les zones rurales (sans les camps), seulement 49 % des ménages s’approvisionnent en eau de boisson à une source améliorée. Alors que dans les villes et les camps, l’achat d’eau en bouteille constitue la première source d’approvisionnement en eau de boisson des ménages (47 %), dans les zones rurales les ménages s’approvisionnent en premier lieu en eau à des sources d’eau non protégée (40 %). La répartition de la population selon la provenance de l’eau de boisson suit à peu près la même structure que celle des ménages quel que soit le milieu de résidence considéré. Pour ce qui est de la proximité des points d’eau des logements, les résultats révèlent que, dans l’ensemble du pays, seulement 7 % des ménages disposent de l’eau sur place, près de six ménages sur dix (58 %) doivent se déplacer moins de 30 minutes pour s’approvisionner en eau et plus d’un tiers des ménages (34 %) plus de 30 minutes. La différence entre les villes et les zones rurales est frappante : alors qu’en milieu urbain 82 % des ménages trouvent l’eau à boire soit sur place, soit à moins de 30 minutes de leur résidence, cette proportion ne concerne que 52 % des ménages des zones rurales. Les résultats sur le traitement de l’eau montrent que près de trois ménages sur dix (32 %) ne traitent pas l’eau de boisson. En milieu rural, 24 % des ménages sont concernés, contre 42 % en milieu urbain. Un peu plus de deux tiers des ménages (68 %) utilisent une méthode de traitement approprié de l’eau de boisson, à savoir essentiellement l’ajout de sachet ou de tablette de purifiant ou d’Aquatab (61 %) et/ou l’ajout de chlore (40 %). Les ménages du milieu rural sont ceux qui utilisent le plus fréquemment une méthode appropriée de traitement de l’eau de boisson (76 % contre 58 % en milieu urbain). C ar ac té ris tiq ue s de s Lo ge m en ts e t d e la P op ul at io n de s M én ag es • 1 3 Ta bl ea u 2. 1 E au d e bo is so n ut ilis ée p ar le s m én ag es R ép ar tit io n (e n % ) d es m én ag es e t d e la p op ul at io n de d ro it pa r l a pr ov en an ce d e l’e au d e bo is so n, le te m ps p ou r s ’a pp ro vi si on ne r e n ea u et p ar le m oy en u til is é po ur tr ai te r l ’e au , s el on le m ili eu d e ré si de nc e, E M M U S -V H aï ti 20 12 C ar ac té ris tiq ue M én ag es P op ul at io n A ire M ét ro po li- ta in e (s an s ca m ps ) A ut re s vi lle s (s an s ca m ps ) U rb ai n (s an s ca m ps ) R ur al (s an s ca m ps ) C am ps E ns em bl e A ire M ét ro po li- ta in e (s an s ca m ps ) A ut re s vi lle s (s an s ca m ps ) U rb ai n (s an s ca m ps ) R ur al (s an s ca m ps ) C am ps E ns em bl e So ur ce d ’a pp ro vi si on ne m en t e n ea u de b oi ss on So ur ce a m él io ré e 88 ,1 87 ,1 87 ,6 48 ,9 79 ,6 64 ,8 88 ,7 86 ,5 87 ,8 48 ,9 80 ,1 64 ,5 R ob in et d an s lo ge m en t 16 ,4 14 ,6 15 ,6 4, 5 4, 1 8, 6 17 ,9 14 ,9 16 ,5 4, 8 4, 2 9, 2 R ob in et p ub lic /fo nt ai ne 21 ,1 17 ,4 19 ,5 20 ,5 32 ,2 20 ,7 21 ,3 17 ,9 19 ,8 21 ,0 32 ,3 20 ,9 P ui ts c re us é pr ot ég é 1, 0 7, 2 3, 7 6, 0 3, 8 5, 1 0, 9 7, 9 4, 0 6, 0 4, 5 5, 2 S ou rc e d’ ea u pr ot ég ée 0, 4 2, 4 1, 3 7, 8 0, 0 5, 0 0, 4 2, 5 1, 3 8, 1 0, 0 5, 3 E au d e pl ui e 0, 1 1, 2 0, 6 1, 9 0, 2 1, 3 0, 2 1, 1 0, 6 1, 8 0, 4 1, 3 E au e n bo ut ei lle 49 ,0 44 ,3 46 ,9 8, 3 39 ,1 24 ,1 48 ,1 42 ,4 45 ,6 7, 1 38 ,6 22 ,6 So ur ce n on a m él io ré e 11 ,1 12 ,5 11 ,7 50 ,7 18 ,0 34 ,6 10 ,4 13 ,1 11 ,6 50 ,7 18 ,0 34 ,9 P ui ts c re us é no n pr ot ég é 0, 8 5, 5 2, 8 7, 4 2, 9 5, 5 0, 9 5, 6 3, 0 7, 1 3, 5 5, 4 S ou rc e d’ ea u no n pr ot ég ée 0, 3 3, 9 1, 9 39 ,6 0, 3 23 ,7 0, 4 4, 5 2, 2 40 ,3 0, 2 24 ,7 C am io n ci te rn e/ ch ar re tte a ve c pe tit e ci te rn e 9, 9 3, 1 6, 9 0, 6 14 ,7 3, 6 9, 0 2, 9 6, 3 0, 6 14 ,1 3, 2 E au d e su rfa ce 0, 0 0, 0 0, 0 3, 1 0, 0 1, 8 0, 0 0, 1 0, 0 2, 6 0, 1 1, 6 A ut re 0, 8 0, 3 0, 6 0, 3 2, 4 0, 5 0, 8 0, 3 0, 6 0, 3 1, 9 0, 4 M an qu an t 0, 1 0, 1 0, 1 0, 2 0, 1 0, 1 0, 2 0, 0 0, 1 0, 2 0, 1 0, 1 To ta l 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 P ou rc en ta ge u til is an t p ou r b oi re l’ ea u d’ un e so ur ce am él io ré e 88 ,1 87 ,1 87 ,6 48 ,9 79 ,6 64 ,8 88 ,7 86 ,5 87 ,8 48 ,9 80 ,1 64 ,5 Te m ps d e tr aj et p ou r s ’a pp ro vi si on ne r e n ea u de bo is so n E au s ur p la ce 1 7, 9 9, 6 8, 7 6, 4 1, 9 7, 1 9, 1 10 ,0 9, 5 6, 6 2, 4 7, 6 M oi ns d e 30 m in ut es 76 ,4 70 ,1 73 ,6 45 ,9 85 ,0 58 ,1 73 ,8 68 ,4 71 ,4 44 ,6 83 ,4 55 ,9 30 m in ut es o u pl us 14 ,8 19 ,5 16 ,9 47 ,4 12 ,0 34 ,4 16 ,2 21 ,0 18 ,3 48 ,6 13 ,4 36 ,1 N S P /m an qu an t 0, 9 0, 8 0, 8 0, 2 1, 0 0, 5 1, 0 0, 6 0, 8 0, 2 0, 7 0, 4 To ta l 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 M oy en d e tr ai te m en t d e l’e au 2 É bu lli tio n 2, 6 1, 9 2, 3 1, 6 0, 9 1, 8 2, 7 2, 1 2, 4 1, 8 0, 7 2, 0 A jo ut d ’e au d e Ja ve l/c hl or e 33 ,3 32 ,0 32 ,7 46 ,0 23 ,8 40 ,0 34 ,3 34 ,6 34 ,5 48 ,6 25 ,5 42 ,5 A jo ut d e sa ch et /ta bl et te d e pu rif ia nt /A qu at ab 53 ,2 46 ,8 50 ,4 68 ,2 53 ,0 60 ,9 55 ,6 49 ,1 52 ,8 70 ,4 54 ,5 63 ,3 P as sé à tr av er s un li ng e 0, 2 0, 5 0, 3 0, 2 0, 1 0, 2 0, 2 0, 5 0, 3 0, 2 0, 1 0, 3 P as sé à tr av er s cé ra m iq ue /s ab le /c om po si te o u au tre fil tre 0, 3 0, 7 0, 5 2, 0 0, 4 1, 3 0, 2 0, 7 0, 4 2, 0 0, 4 1, 4 D és in fe ct io n so la ire 0, 1 0, 0 0, 1 0, 1 0, 0 0, 1 0, 2 0, 0 0, 1 0, 1 0, 0 0, 1 A ut re 0, 7 1, 7 1, 1 3, 2 0, 3 2, 3 0, 7 1, 5 1, 1 3, 4 0, 4 2, 4 A uc un tr ai te m en t 39 ,4 45 ,2 42 ,0 24 ,1 40 ,8 31 ,5 37 ,7 42 ,8 39 ,9 21 ,8 39 ,2 29 ,2 P ou rc en ta ge u til is an t u ne m ét ho de d e tra ite m en t ap pr op rié 3 60 ,4 54 ,6 57 ,9 75 ,7 59 ,2 68 ,3 62 ,2 57 ,1 59 ,9 78 ,0 60 ,7 70 ,6 Ef fe ct if 2 76 1 2 14 3 4 90 3 7 66 3 61 4 13 1 81 12 2 42 9 63 5 21 8 77 34 5 28 1 94 4 58 3 49 1 E au s ur p la ce c om pr en d l’e au d an s la m ai so n ea u da ns la c ou r. 2 L es e nq uê té s po uv an t d éc la re r p lu si eu rs ty pe s de tr ai te m en t, la s om m e de s po ur ce nt ag es p eu t e xc éd er 1 00 % . 3 Le s m ét ho de s ap pr op rié es p ou r l e tra ite m en t d e l’e au c om pr en ne nt l’ éb ul lit io n, l’ aj ou t d e ch lo re , l ’u til is at io n d’ un li ng e po ur pa ss er l’ ea u, le fi ltr ag e, la d és in fe ct io n so la ire e t l ’a jo ut d e sa ch et /ta bl et te d e pu rif ia nt /A qu at ab . • 13Caractéristiques des logements et de la population des ménages 14 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages Type de toilettes Le tableau 2.2 présente la proportion de ménages et de la population des ménages ayant accès à des installations d’assainissement améliorées. Comme pour l’eau de boisson, les types de lieux d’aisances utilisés sont classés en « améliorés » ou non, selon la classification du Programme commun OMS/UNICEF de surveillance de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement. Environ un ménage sur quatre (26 %) utilise des toilettes améliorées non partagées, essentiellement des fosses d’aisances avec dalle (16 %) et des toilettes avec chasse d’eau (8 %). Par ailleurs, 30 % des ménages utilisent des toilettes qui pourraient être considérées comme améliorées si elles n’étaient pas partagées avec d’autres ménages. Enfin, 19 % des ménages utilisent des fosses d’aisances sans dalle ou des trous ouverts et 25 % ne disposent d’aucun type de toilettes et font leurs besoins dans la nature et 19 % utilisent des toilettes ouvertes sans dalle, ce qui risque d’augmenter la vulnérabilité de la population aux épidémies comme le choléra. La proportion de ménages ne disposant pas de toilettes était de 39 % en 2000 (EMMUS-III) et 35 % en 2005-2006 (EMMUS-IV). Globalement, 44 % des ménages ne disposent pas de toilettes améliorées. Les différences entre les milieux de résidence sont très marquées : 25 % des ménages ruraux ne disposent que de fosses d’aisances sans dalle ou de trous ouverts et 38 % ne disposent pas de toilettes, alors que 38 % des ménages urbains ont des toilettes améliorées non partagées. C ar ac té ris tiq ue s de s Lo ge m en ts e t d e la P op ul at io n de s M én ag es • 1 5 Ta bl ea u 2. 2 T yp e de to ile tte s ut ilis ée s pa r l es m én ag es R ép ar tit io n (e n % ) d es m én ag es e t d e la p op ul at io n de d ro it pa r t yp e de to ile tte s/ la tri ne s, s el on le m ili eu d e ré si de nc e, E M M U S -V H aï ti 20 12 M én ag es P op ul at io n Ty pe d e to ile tte s/ la tri ne s A ire M ét ro po lit ai ne (s an s ca m ps ) A ut re s vi lle s (s an s ca m ps ) U rb ai n (s an s ca m ps ) R ur al (s an s ca m ps ) C am ps E ns em bl e A ire M ét ro po lit ai ne (s an s ca m ps ) A ut re s vi lle s (s an s ca m ps ) U rb ai n (s an s ca m ps ) R ur al (s an s ca m ps ) C am ps E ns em bl e To ile tte s am él io ré es , n on pa rt ag ée s 37 ,8 38 ,1 37 ,9 19 ,6 3, 2 25 ,7 41 ,3 41 ,4 41 ,4 20 ,4 4, 3 27 ,7 C ha ss e d’ ea u/ ch as se m an ue lle co nn ec té e à un s ys tè m e d’ ég ou t 2, 4 0, 1 1, 4 0, 3 0, 0 0, 7 2, 4 0, 1 1, 4 0, 4 0, 0 0, 7 C ha ss e d’ ea u/ ch as se m an ue lle re lié e à un e fo ss e se pt iq ue 17 ,0 8, 3 13 ,2 1, 5 0, 5 5, 8 18 ,6 8, 3 14 ,1 1, 3 0, 5 6, 1 C ha ss e d’ ea u/ ch as se m an ue lle re lié à un e fo ss e d’ ai sa nc es 2, 7 1, 2 2, 0 0, 4 0, 5 1, 0 2, 7 1, 1 2, 0 0, 4 0, 8 1, 0 Fo ss e d’ ai sa nc es a m él io ré es a ut o- aé ré es 1, 9 3, 2 2, 5 2, 6 0, 4 2, 5 2, 0 3, 8 2, 8 2, 9 0, 4 2, 7 Fo ss es d ’a is an ce s av ec d al le 13 ,7 25 ,3 18 ,8 14 ,8 1, 9 15 ,7 15 ,5 28 ,1 21 ,1 15 ,4 2, 7 17 ,1 To ile tte s pa rt ag ée s 1 47 ,5 40 ,8 44 ,6 17 ,0 78 ,5 30 ,1 44 ,3 36 ,7 41 ,0 15 ,3 76 ,5 27 ,0 C ha ss e d’ ea u/ ch as se m an ue lle co nn ec té e à un s ys tè m e d’ ég ou t 1, 5 0, 0 0, 9 0, 0 0, 2 0, 3 1, 3 0, 0 0, 7 0, 0 0, 1 0, 3 C ha ss e d’ ea u/ ch as se m an ue lle re lié e à un e fo ss e se pt iq ue 5, 9 0, 9 3, 7 0, 1 0, 9 1, 5 5, 9 0, 7 3, 6 0, 1 0, 5 1, 4 C ha ss e d’ ea u/ ch as se m an ue lle re lié à un e fo ss e d’ ai sa nc es 3, 3 0, 3 2, 0 0, 3 2, 4 1, 0 2, 9 0, 3 1, 8 0, 2 2, 3 0, 9 Fo ss e d’ ai sa nc es a m él io ré es a ut o- aé ré es 4, 2 3, 8 4, 0 2, 7 23 ,0 4, 1 3, 8 3, 7 3, 8 2, 3 22 ,0 3, 5 Fo ss es d ’a is an ce s av ec d al le 31 ,9 35 ,7 33 ,5 13 ,8 31 ,2 21 ,9 29 ,8 32 ,0 30 ,8 12 ,7 30 ,9 20 ,1 To ile tte s à co m po st ag e 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 4 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 4 0, 0 To ile tte s ch im iq ue p or ta bl e 0, 7 0, 0 0, 4 0, 0 20 ,5 1, 1 0, 5 0, 0 0, 3 0, 0 20 ,4 0, 8 To ile tte s no n am él io ré es 14 ,7 21 ,1 17 ,5 63 ,4 18 ,3 44 ,2 14 ,3 21 ,9 17 ,7 64 ,3 19 ,2 45 ,3 Fo ss e d’ ai sa nc es s an s da lle / t ro u ou ve rt 7, 0 11 ,9 9, 1 25 ,4 10 ,0 18 ,6 7, 2 12 ,1 9, 4 26 ,2 10 ,3 19 ,4 To ile tte s/ la tri ne s su sp en du es 0, 6 0, 3 0, 4 0, 0 0, 1 0, 2 0, 4 0, 4 0, 4 0, 0 0, 1 0, 2 P as d e to ile tte s/ na tu re 6, 3 8, 8 7, 4 37 ,9 6, 7 25 ,1 5, 9 9, 2 7, 4 37 ,9 7, 5 25 ,5 A ut re 0, 8 0, 1 0, 6 0, 0 1, 1 0, 2 0, 8 0, 2 0, 5 0, 1 0, 8 0, 2 M an qu an t 0, 1 0, 0 0, 0 0, 0 0, 3 0, 0 0, 1 0, 0 0, 1 0, 0 0, 5 0, 0 To ta l 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 10 0, 0 Ef fe ct if 2 76 1 2 14 3 4 90 3 7 66 3 61 4 13 1 81 12 2 42 9 63 5 21 8 77 34 5 28 1 94 4 58 3 49 1 T oi le tte s pa rta gé es q ui s er ai en t c on si dé ré es c om m e “a m él io ré es ” s i e lle s n’ ét ai en t p as p ar ta gé es p ar d eu x m én ag es o u pl us • 15Caractéristiques des logements et de la population des ménages 16 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages Électricité Les résultats sur la disponibilité de l’électricité dans les logements présentés dans le tableau 2.3 montrent que seul 38 % de l’ensemble des ménages enquêtés avaient l’électricité. Ce service est près de cinq fois plus rare dans les zones rurales qu’en milieu urbain. Alors que dans les zones rurales, seulement 15 % des ménages disposent de l’électricité, cette proportion atteint 72 % en milieu urbain (86 % dans l’Aire Métropolitaine et 55 % dans les autres villes). Tableau 2.3 Caractéristiques du logement Répartition (en %) des ménages en fonction de certaines caractéristiques du logement et pourcentage utilisant du combustible solide pour cuisiner; répartition (en%)des ménages en fonction de la fréquence à laquelle on fume dans le logement, selon le milieu de résidence, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique du logement Milieu de résidence détaillé Ensemble Aire Métropolitaine (sans camps) Autres villes (sans camps) Urbain (sans camps) Rural (sans camps) Camps Électricité Oui 86,1 54,6 72,3 15,0 50,0 37,9 Non 13,9 45,4 27,7 85,0 50,0 62,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Matériau de revêtement du sol Terre, sable 5,3 13,1 8,7 49,5 60,2 34,9 Bouse 0,8 1,0 0,9 4,8 7,1 3,5 Planches en bois 0,1 0,1 0,1 0,4 0,5 0,3 Parquet ou bois ciré 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,1 Ciment/béton/maçonnerie 78,7 77,7 78,3 42,2 27,0 54,9 Mosaïque/céramique 14,7 8,0 11,8 2,4 2,8 5,9 Autre 0,3 0,1 0,2 0,6 2,4 0,5 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Pièces utilisées pour dormir Une 55,2 42,4 49,6 44,0 90,7 48,3 Deux 28,2 33,8 30,6 40,5 6,9 35,2 Trois ou plus 15,5 23,4 18,9 15,2 0,3 15,9 Manquant 1,2 0,4 0,8 0,3 2,1 0,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Endroit pour cuisiner Dans la maison 41,7 15,8 30,3 4,6 42,8 16,0 Dans un bâtiment séparé 11,6 32,8 20,8 45,4 2,6 34,2 A l’extérieur 43,3 46,7 44,8 47,3 44,7 46,3 Pas de repas préparé dans le ménage 3,2 4,7 3,8 2,6 9,6 3,4 Autre 0,3 0,1 0,2 0,0 0,1 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Combustible utilisé pour cuisiner Électricité 0,6 0,1 0,4 0,0 0,2 0,2 GPL/gaz naturel/biogaz 10,0 2,6 6,8 0,9 0,6 3,1 Kérosène 2,1 0,3 1,3 0,2 2,3 0,7 Charbon/lignite 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 Charbon de bois 82,4 77,0 80,0 23,3 83,2 47,2 Bois 1,6 15,3 7,6 73,0 4,0 45,4 Pas de repas préparé dans le ménage 3,2 4,7 3,8 2,6 9,6 3,4 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Pourcentage utilisant un combustible solide pour cuisiner1 84,1 92,3 87,7 96,3 87,2 92,7 Fréquence à laquelle on fume dans le logement Tous les jours 12,1 10,0 11,2 17,8 15,5 15,2 Une fois par semaine 2,3 1,3 1,9 2,0 2,1 2,0 Une fois par mois 0,4 0,2 0,3 0,3 0,4 0,3 Moins d’une fois par mois 0,8 0,1 0,5 0,3 0,3 0,4 Jamais 84,3 88,4 86,1 79,6 81,7 82,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 761 2 143 4 903 7 663 614 13 181 GPL = Gaz propane liquéfié 1 Inclut Charbon/lignite, Charbon de bois, Bois Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 17 Matériau de revêtement du sol Certains types de revêtement du sol peuvent faciliter la propagation de certains germes responsables de maladies au niveau de la population. Pour cette raison, des questions ont été posées sur le type de revêtement de sol des logements. Au tableau 2.3, on constate que, dans l’ensemble, les logements haïtiens ont un sol soit en béton ou en maçonnerie (55 %), soit en terre battue ou en sable (35 %). Une faible proportion de logements a un sol en mosaïque ou en céramique (6 % dans l’ensemble). La moitié des logements en zone rurale ont un sol en terre battue ou en sable alors que cette proportion n’est que de 9 % en milieu urbain. Par contre en milieu urbain, le sol de logements est dans près de huit cas sur dix en béton ou en maçonnerie (78 % contre 42 % en milieu rural). Nombre de pièces utilisées pour dormir Pour ce qui est du nombre de pièces dont disposent les logements pour dormir, on constate que dans 84 % des cas, ils disposent en moyenne d’une à deux pièces, ce qui laisse croire que dans beaucoup de cas, plusieurs personnes dorment dans la même pièce. Près d’un ménage sur six (16 %) dispose de trois pièces ou plus pour dormir. C’est dans les autres villes que la proportion de logements disposant de plus de deux pièces pour dormir est la plus fréquente (23 % contre 15 % en milieu rural et 16 % dans l’Aire Métropolitaine). Emplacement de la cuisine et type de combustible utilisé Le tableau 2.3 fournit également des informations sur l’endroit utilisé pour cuisiner dans le ménage. Dans l’ensemble, 46 % des ménages font la cuisine à l’extérieur, 34 % ont une cuisine se trouvant dans un bâtiment séparé du logement principal et pour 16 % des ménages, la cuisine se trouve à l’intérieur du logement principal. Alors que la proportion de ménages faisant la cuisine à l’extérieur ne varie pas de façon importante d’un milieu de résidence à un autre (45 % en milieu urbain contre 47 % en milieu rural), la séparation de la cuisine du logement principal est plus fréquente dans les ménages du milieu rural (45 %) qu’en milieu urbain (21 %). Les cuisines situées à l’intérieur du logement principal sont aussi plus fréquemment observées en milieu urbain (30 %) et, plus particulièrement, dans l’Aire Métropolitaine (42 %) qu’en milieu rural (5 %). Le tableau 2.3 présente aussi les résultats concernant le type de combustible utilisé pour la cuisine. Dans l’ensemble du pays, la quasi-totalité des ménages utilisent pour cuisiner le bois et le charbon de bois (93 %). La très grande majorité des ménages du milieu urbain (80 %) utilise du charbon de bois, alors que les ménages du milieu rural, utilisent pour la plupart (73 %) le bois. Les combustibles modernes, comme le gaz ou le kérosène sont utilisés par une faible proportion (4 %), même dans l’Aire Métropolitaine (13 %). Consommation de tabac Le tableau 2.3 présente enfin les résultats sur la fréquence à laquelle on fume dans les logements. D’après les données de l’EMMUS-V, dans 15 % des cas, on consomme quotidiennement du tabac dans les logements. À l’opposé, 82 % des ménages ne consomment jamais du tabac au sein de leurs logements. L’usage quotidien du tabac dans les logements est un peu plus fréquent dans les ménages du milieu rural (18 %) et dans ceux des camps (16 %) que dans les ménages du milieu urbain (11 %). 2.1.2 Biens durables possédés par les ménages Le niveau de vie des ménages peut être évalué, entre autres, par la possession de certains biens durables, de moyens de transport, et la possession de terres ou d’animaux de ferme (Tableau 2.4). Dans l’ensemble, le bien le plus fréquemment possédé par les ménages est le téléphone portable (77 %) ; la proportion de ménages possédant un téléphone portable est plus élevée en milieu urbain (92 %) qu’en milieu rural (68 %). En 2005-2006 (EMMUS-IV), c’était la radio qui était le bien le plus fréquemment possédé par les 18 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages ménages, avec un taux de possession de 61 %, loin devant le téléphone portable (17 %). Toutefois en 2012, 55 % des ménages possèdent une radio et cette proportion varie de 69 % en milieu urbain à 46 % en milieu rural. Près d’un ménage sur trois possède une télévision (30 %) et comme pour la radio, ce sont les ménages vivant en milieu urbain (58 % contre 11 % en rural), en particulier dans l’Aire Métropolitaine (70 %), qui en sont le plus fréquemment équipés. De plus, 3 % des ménages ont une connexion internet (5 % en milieu urbain contre 1 % en milieu rural). Un ménage du milieu urbain sur dix contre 1 % de ceux du milieu rural possèdent un ordinateur. En outre, 10 % des ménages possèdent un réfrigérateur, 9 % possèdent une cuisinière et 70 % possèdent une lampe à gaz ou à pétrole (70 %). En ce qui concerne les moyens de transport, on note que 9 % des ménages possèdent une bicyclette, 8 % une motocyclette ou un scooter et 5 % des ménages ont une voiture ou un camion. La proportion de ménages possédant des voitures ou camions est plus élevée dans l’Aire Métropolitaine (11 %), alors que celle possédant des bicyclettes et des motocyclettes/scooter est plus forte dans les autres villes (respectivement 17 % et 16 %). On constate enfin que 63 % des ménages possèdent des terres pour l’agriculture et 51 % du bétail ou des animaux de ferme. Ces proportions sont évidemment bien plus élevées en milieu rural qu’en milieu urbain : 81 % des ménages ruraux contre 39 % des ménages urbains possèdent des terres agricoles et 68 % des ménages ruraux possèdent du bétail ou des animaux de ferme contre 28 % des ménages urbains. Tableau 2.4 Biens possédés par les ménages Pourcentage de ménages possédant certains équipements, des moyens de transport, de la terre agricole et du bétail/animaux de ferme selon le milieu de résidence, EMMUS-V Haïti 2012 Possession Milieu de résidence détaillé Ensemble Aire Métropolitaine (sans camps) Autres villes (sans camps) Urbain (sans camps) Rural (sans camps) Camps Biens possédés par le ménage Radio 72,5 65,1 69,3 46,4 44,2 54,8 Télévision 70,3 42,3 58,0 11,2 29,1 29,4 Téléphone portable 92,7 90,7 91,8 67,5 82,3 77,2 Téléphone fixe 3,7 3,2 3,5 0,7 1,0 1,8 Réfrigérateur 28,3 13,9 22,0 2,7 2,8 9,9 Ordinateur 11,2 7,4 9,6 1,3 1,3 4,4 Connexion internet 5,7 4,5 5,2 0,9 1,2 2,5 Cuisinière à gaz ou à pétrole 23,8 8,9 17,3 3,2 3,7 8,5 Une lampe à gaz ou à pétrole 48,4 77,9 61,3 79,1 17,3 69,6 Moyens de transport Bicyclette 4,8 16,5 9,9 8,3 1,9 8,6 Charrette tirée par un animal 0,2 0,2 0,2 0,5 0,0 0,3 Motocyclette/scooter 4,5 16,4 9,7 7,0 3,1 7,8 Voiture/camion 11,3 5,9 8,9 2,0 1,6 4,6 Bateau à moteur 0,0 0,4 0,2 0,0 0,0 0,1 Bateau sans moteur 0,2 0,7 0,4 0,6 0,0 0,5 Possession de terres agricoles 30,8 49,4 39,0 80,7 25,3 62,6 Possession d’animaux de ferme1 21,8 35,0 27,6 68,4 17,5 50,8 Effectif 2 761 2 143 4 903 7 663 614 13 181 1 Bétail, vaches, taureaux, chevaux, ânes, chèvres, moutons ou poulets 2.1.3 Indice de bien-être de la population En plus des caractéristiques sociodémographiques de base, la plupart des résultats de ce rapport sont présentés par quintile de bien-être économique, un indicateur de la situation économique des ménages. Bien que l’EMMUS-V n’ait pas collecté de données sur les revenus et la consommation des ménages, des Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 19 informations détaillées ont été collectées sur le logement et ses caractéristiques et sur l’accès des ménages à une variété de biens de consommation et services qui sont utilisés comme une mesure de la situation économique. L’indice de bien-être économique est construit en utilisant les données sur les caractéristiques des logements et les possessions des ménages, au moyen d’une analyse en composantes principales. L’indice est construit en trois étapes : • Dans la première étape, un sous-ensemble de biens ou de caractéristiques communs aux deux milieux urbain et rural est utilisé pour créer des partitions de richesse pour les ménages de ces deux domaines. Toute modalité d’une variable qualitative de ce sous-ensemble est transformée en variable dichotomique (0 ou 1). Une analyse en composante principale est réalisée avec l’ensemble des variables (dichotomiques ou non) du sous-ensemble pour générer un poids (score ou coefficient) commun pour chaque ménage. • Dans une deuxième étape, des poids (score ou coefficient) distincts sont produits pour les ménages du milieu urbain et ceux du milieu rural en utilisant des indicateurs spécifiques à chaque milieu. • La troisième étape combine les scores communs et scores spécifiques à chaque milieu afin de produire un indice de bien-être à l’échelle nationale en utilisant une régression sur les scores factoriels communs. Les scores qui en résultent sont standardisés selon une distribution normale standard de moyenne 0 et d’écart type 1 (Gwatkin et al. 2000). On attribue à chaque ménage un score pour chaque bien et on fait la somme de tous les scores par ménage. Les ménages sont alors classés par ordre croissant de score total et divisés en 5 catégories d’effectifs égaux appelés quintiles. On établit ainsi une échelle allant de 1 (quintile le plus bas) à 5 (quintile le plus haut). Cette procédure en trois étapes permet une plus grande adaptabilité de l’indice de bien-être aux milieux urbain et rural1. Le score de chaque ménage est affecté aux individus qui le composent et les individus sont ainsi répartis dans les différentes catégories et ont le même classement que leur ménage. Le tableau 2.9 présente la répartition de la population par quintile de bien-être économique selon le milieu et le département de résidence. Alors que la majorité la population urbaine (80 %) se classe dans les quatrième et cinquième quintiles, seulement 13 % de celle du milieu rural sont classées dans ces deux quintiles ; la plupart de la population rurale (66 %) étant classée dans les deux premiers quintiles. On constate des écarts importants entre l’Aire Métropolitaine et les autres départements. Dans l’Aire Métropolitaine, 90 % de la population vivent dans des ménages situés dans les deux catégories du haut de l’échelle de bien-être. C’est dans les départements de la Grande-Anse (72 %), du Centre (69 %) et du Sud-Est (68 %) que les proportions de population classée dans les deux quintiles le plus bas sont les plus élevées. Le tableau 2.5 présente aussi le coefficient de Gini qui indique le niveau de concentration du bien-être économique ; une valeur proche de 0 % signifie une distribution égalitaire et une valeur proche de 100 % une distribution totalement inégalitaire. La valeur du coefficient de Gini est de 33 %, ce qui indique une distribution plus égalitaire qu’inégalitaire du niveau de bien-être économique de la population. Les inégalités 1 Néanmoins les améliorations méthodologiques apportées à la construction de l’indice ne modifient pas considérablement le classement des ménages par quintile par rapport à celui effectué lors des précédentes enquêtes (Rutstein, 2008). 20 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages en termes de bien-être économique sont moins accentuées en milieu urbain (19 %) qu’en milieu rural (35 %). Au niveau des départements, l’Aire Métropolitaine et le Reste-Ouest se caractérisent par une meilleure répartition des richesses entre les populations (indice de Gini de 20 % et 33 %, respectivement) et il n’y a pas de grande différence notable entre les autres départements (indice de Gini variant de 37 % à 42 %). Tableau 2.5 Quintiles de bien-être économique Répartition (en %) de la population de droit par quintile de bien-être économique et coefficient de Gini, selon le milieu de résidence et le département, EMMUS-V Haïti 2012 Milieu de résidence/ région Quintiles de bien-être économique Total Effectif d’enquêtés Coefficient de Gini Le plus bas Second Moyen Quatrième Le plus élevé Milieu de résidence Urbain 0,0 0,9 19,0 37,3 42,8 100,0 23 454 19,3 Rural 33,4 32,8 20,7 8,4 4,7 100,0 34 895 34,8 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 0,0 0,2 9,6 36,8 53,4 100,0 12 242 20,1 Autres villes (sans camps) 0,0 0,3 22,2 41,4 36,1 100,0 9 635 22,9 Urbain (sans camps) 0,0 0,3 15,1 38,8 45,8 100,0 21 877 21,7 Rural (sans camps) 33,8 33,2 20,2 8,1 4,7 100,0 34 528 34,7 Camps 0,0 8,0 71,3 18,5 2,2 100,0 1 944 21,5 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 0,0 0,2 9,6 36,8 53,4 100,0 12 242 20,1 Reste-Ouest 19,4 22,2 25,4 19,4 13,5 100,0 8 605 32,9 Sud-Est 30,7 36,9 15,3 12,4 4,7 100,0 2 993 38,0 Nord 18,6 19,9 20,1 18,9 22,6 100,0 5 858 37,5 Nord-Est 22,2 25,3 24,9 19,9 7,6 100,0 2 212 38,0 Artibonite 23,3 27,8 20,8 15,4 12,8 100,0 8 840 39,0 Centre 40,7 28,4 18,2 9,0 3,7 100,0 3 988 37,5 Sud 25,0 26,8 22,3 14,2 11,7 100,0 4 462 39,9 Grande-Anse 50,5 21,8 13,6 10,6 3,6 100,0 2 379 37,1 Nord-Ouest 30,1 28,8 16,3 14,6 10,2 100,0 2 831 42,3 Nippes 32,5 31,5 20,4 9,7 5,9 100,0 1 994 40,5 Ensemble 20,0 20,0 20,0 20,0 20,0 100,0 58 349 32,7 2.1.4 Lavage des mains L’EMMUS-V s’est intéressée à la pratique de lavage des mains par la population. En plus du constat de l’endroit pour se laver les mains dont les enquêteurs devaient vérifier l’existence par observation, ils devaient aussi vérifier l’existence du savon et de l’eau à cet endroit pour le faire. Les résultats se trouvent dans le tableau 2.6. D’après ces résultats, 62 % des ménages au niveau national, deux tiers (67 %) dans le milieu urbain et près de six ménages sur dix (59 %) en milieu rural ont montré aux enquêteurs un endroit où se laver les mains. Parmi ces derniers, 35 % disposaient de l’eau et du savon et 20 % de l’eau seulement au moment du passage de l’enquêteur. De même que pour l’existence de l’endroit pour se laver les mains, la disponibilité de l’eau et du savon à cet endroit est plus fréquent en milieu urbain (44 %) qu’en milieu rural (28 %). Au niveau des départements, il n’y a pas de différence remarquable. Cependant la disponibilité d’endroits pour se laver les mains est plus fréquente dans le Nord (70 %) et le Sud (68 %) et plus rare dans l’Artibonite (52 %). Toutefois la disponibilité de l’eau et du savon à cet endroit est plus courante dans l’Aire Métropolitaine (50 %) et moins dans le Centre et le Nord-Ouest (21 %). Par ailleurs, alors que la proportion de ménages disposant d’endroit pour se laver les mains et disposant de savon et de l’eau à cet endroit sont respectivement de 55 % et de 23 % parmi les ménages du quintile de bien-être économique le plus bas, ces proportions atteignent jusqu’à 70 % et 61 % parmi ceux du quintile le plus élevé. Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 21 Tableau 2.6 Lavage des mains Pourcentage de ménages dans lesquels l’endroit utilisé le plus souvent pour se laver les mains a été observé et, parmi ces ménages, répartition (en%) par disponibilité de l’eau, de savon et d’autres produits nettoyants, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé Effectif de ménages Parmi les ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé Effectif de ménages dans lesquels l’endroit pour se laver les mains a été observé Savon et eau1 Eau seulement Savon mais pas d’eau3 Pas d’eau, ni savon, ni autre produit nettoyant Autres/ Manquant Total Milieu de résidence Urbain 66,6 5 414 43,5 16,5 4,8 35,0 0,1 100,0 3 607 Rural 59,1 7 767 27,7 22,8 2,6 46,1 0,8 100,0 4 592 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 65,7 2 761 50,4 11,9 4,9 32,7 0,1 100,0 1 815 Autres villes (sans camps) 68,1 2 143 37,3 23,5 4,1 35,0 0,2 100,0 1 460 Urbain (sans camps) 66,8 4 903 44,6 17,0 4,5 33,7 0,1 100,0 3 275 Rural (sans camps) 59,3 7 663 27,7 22,9 2,6 46,0 0,8 100,0 4 545 Camps 61,7 614 32,0 11,5 6,8 49,6 0,1 100,0 379 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 65,7 2 761 50,4 11,9 4,9 32,7 0,1 100,0 1 815 Reste-Ouest 61,2 2 042 35,5 26,5 1,7 36,1 0,2 100,0 1 251 Sud-Est 66,0 669 26,4 27,1 2,2 43,2 1,0 100,0 441 Nord 69,6 1 150 31,6 22,9 4,1 41,2 0,3 100,0 800 Nord-Est 63,3 450 24,2 20,3 4,2 50,8 0,4 100,0 284 Artibonite 52,0 2 171 32,1 25,1 4,3 38,2 0,3 100,0 1 128 Centre 64,9 818 20,5 18,2 1,6 57,5 2,2 100,0 531 Sud 67,9 959 35,0 23,2 1,6 38,5 1,7 100,0 651 Grande-Anse 58,0 495 28,1 15,2 3,1 53,3 0,3 100,0 287 Nord-Ouest 59,9 600 20,9 21,8 4,9 52,0 0,3 100,0 359 Nippes 60,0 453 24,7 15,0 2,2 57,7 0,4 100,0 272 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 54,5 2 342 23,2 19,5 1,6 53,7 2,0 100,0 1 276 Second 60,7 2 681 24,3 23,2 2,7 49,4 0,4 100,0 1 629 Moyen 66,1 2 874 27,4 22,6 3,6 46,2 0,2 100,0 1 900 Quatrième 61,8 2 784 35,5 18,5 4,3 41,6 0,1 100,0 1 721 Le plus élevé 66,9 2 500 60,8 15,9 5,0 18,0 0,3 100,0 1 672 Ensemble 62,2 13 181 34,6 20,0 3,5 41,3 0,5 100,0 8 199 1 Par “savon”, on entend ici le savon ou un détergent en morceau, sous forme liquide, en poudre ou sous forme de pâte, Cette colonne inclut les ménages possédant du savon et de l’eau seulement ainsi que ceux qui possèdent du savon et de l’eau et un autre détergent. 2 Les produits nettoyants autres que le savon incluent des produits disponibles localement comme la cendre, du sable, du citron ou des feuilles. 3 Y compris les ménages disposant de savon seulement ainsi que ceux qui disposent de savon et d’autres produits nettoyants. 2.2 CARACTÉRISTIQUES DE LA POPULATION DES MÉNAGES 2.2.1 Structure par sexe et âge de la population Dans les 13 181 ménages enquêtés avec succès (taux de réponse de 99,7 %), 57 966 personnes résidentes de fait ont été dénombrées, c’est-à-dire que ces personnes ont passé la nuit ayant précédé l’enquête dans le ménage sélectionné, même si celui-ci n’est pas leur résidence habituelle. En premier lieu, on peut constater au tableau 2.7.1 et au graphique 2.1 un léger déséquilibre de la structure par sexe. En effet, le rapport de masculinité qui est de 94 hommes pour 100 femmes indique une sous-représentation des hommes par rapport aux femmes. Le déficit d’hommes est plus prononcé en milieu urbain qu’en milieu rural : le rapport de masculinité est de 87 hommes pour 100 femmes en milieu urbain contre 99 en milieu rural. À l’EMMUS-IV de 2005-2006, le rapport de masculinité était de 80 hommes pour 100 femmes pour le milieu urbain contre 98 en milieu rural. Cette sous-représentation des hommes par rapport aux femmes pourrait s’expliquer par les mouvements migratoires des zones rurales vers les villes qui sont plus importants pour les femmes que pour les hommes et par les mouvements migratoires du milieu urbain vers l’étranger qui sont plus importants pour les hommes que pour les femmes. 22 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages En outre, les enfants de 0-14 ans représentent 36 % de la population des ménages. Ce pourcentage est plus important en milieu rural (39 %) qu’en milieu urbain (31 %), ce qui résulte probablement de la plus forte fécondité des femmes vivant en milieu rural qu’en milieu urbain, ainsi que de l’émigration d’adultes vers le milieu urbain. Tableau 2.7.1 Population des ménages par âge, selon le sexe et le milieu de résidence Répartition (en %) de la population de fait des ménages par groupe d’âges quinquennal, selon le sexe et le milieu de résidence, EMMUS-V Haïti 2012 Groupe d’âges Urbain Rural Ensemble Ensemble Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble Homme Femme <5 11,0 9,5 10,2 14,1 13,2 13,6 12,9 11,7 12,3 5-9 10,4 8,8 9,5 13,2 12,3 12,8 12,1 10,9 11,5 10-14 12,0 11,2 11,6 13,4 12,1 12,7 12,9 11,7 12,3 15-19 12,0 12,6 12,3 11,4 11,0 11,2 11,6 11,7 11,6 20-24 12,1 11,8 11,9 7,9 8,7 8,3 9,5 10,0 9,8 25-29 10,1 10,3 10,2 6,2 7,1 6,7 7,7 8,4 8,1 30-34 8,0 8,0 8,0 4,8 5,2 5,0 6,0 6,3 6,2 35-39 6,4 6,0 6,2 4,4 4,6 4,5 5,2 5,2 5,2 40-44 4,9 4,5 4,7 3,9 4,1 4,0 4,3 4,2 4,3 45-49 3,4 3,9 3,7 3,7 4,1 3,9 3,6 4,0 3,8 50-54 2,7 4,0 3,4 3,6 4,2 3,9 3,3 4,1 3,7 55-59 2,3 2,9 2,6 3,2 3,8 3,5 2,8 3,4 3,1 60-64 1,7 2,2 2,0 2,9 2,9 2,9 2,5 2,6 2,5 65-69 1,2 1,4 1,3 2,6 2,1 2,4 2,0 1,8 1,9 70-74 0,7 1,1 0,9 2,2 1,6 1,9 1,6 1,4 1,5 75-79 0,5 0,8 0,6 1,0 1,1 1,0 0,8 0,9 0,9 80 + 0,6 1,0 0,8 1,4 1,9 1,7 1,1 1,5 1,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 10 814 12 372 23 186 17 308 17 472 34 780 28 122 29 844 57 966 Graphique 2.1 Pyramide des âges 8 6 4 2 0 2 4 6 8 <5 5-9 10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 65-69 70-74 75-79 80 + Pourcentage Âge Hommes EMMUS-V Haïti 2012 Femmes Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 23 Le tableau 2.7.2 présente la répartition de la population en trois grands groupes d’âges (moins de 15 ans, 15-64 ans et 65 ans ou plus) d’après les résultats des cinq enquêtes EMMUS réalisées en 1987, 1994- 1995, 2000, 2005-2006 et 2012. On constate que la population haïtienne en 2012 est jeune : 36 % ont moins de 15 ans et seulement 6 % ont 65 ans ou plus. Ces résultats sont concordants avec ceux observés lors des EMMUS précédentes réalisées au cours des vingt-cinq dernières années. On observe toutefois que le poids des moins de 15 ans a progressivement diminué au cours de cette période : de 46 % dans l’EMMUS-I de 1987, le pourcentage des moins de 15 ans est passé à 42 % à l’EMMUS-II de 1994-1995 et à l’EMMUS-III de 2000, à 40 % à l’EMMUS-IV de 2005-2006 et à 36 % à l’EMMUS-V en 2012. Cette baisse du poids des moins de 15 ans traduit un certain vieillissement de la population haïtienne et une baisse de la fécondité. Ce vieillissement de la population haïtienne s’explique aussi par une tendance à la hausse de l’âge médian. Alors qu’à l’EMMUS-II en 1994-1995, la moitié de la population était âgée de moins de 18,5 ans, en 2012, soit environ 18 ans après, cet âge médian est passé à 21,2 ans. Le rapport de dépendance, c’est-à-dire le rapport entre la somme des populations de moins de 15 ans et de 65 ans et plus à la population de 15-64 ans a aussi baissé dans l’intervalle. Tableau 2.7.2 Population par âge selon différentes sources Répartition (en %) de la population de fait par grands groupes d’âges, âge médian et rapport de dépendance d’après l’EMMUS-I, l’EMMUS-II, l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V Groupe d’âges EMMUS-I 1987 EMMUS-II 1994-1995 EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 Groupe d’âge <15 45,8 42,3 41,8 39,9 36,1 15-64 51,0 52,3 52,6 54,7 58,3 65 ou plus 3,2 5,3 5,5 5,4 5,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Âge médian na 18,5 18,9 19,1 21,2 Rapport de dépendance 96,1 91,0 90,0 82,9 71,5 na : non applicable 2.2.2 Taille et composition des ménages Généralement, la composition d’un ménage affecte la répartition des ressources (financières, émotionnelles, etc.) à la disposition de ses membres. Très souvent, on observe que c’est dans les ménages où les femmes sont chefs de famille que les ressources financières sont aussi limitées. De même, la taille du ménage a une influence sur le bien-être de ses membres. Lorsque la taille du ménage est grande, la surpopulation peut conduire à des problèmes de santé. Le tableau 2.8 présente la répartition des ménages par le sexe du chef de ménage et la taille du ménage et selon le milieu de résidence. Les résultats du tableau 2.8 révèlent que dans l’ensemble, la majorité des ménages du pays sont dirigés par un homme, cela quel que soit le milieu de résidence. En effet, dans 59 % des cas, les ménages ont, à leur tête, un homme ; néanmoins, dans près de quatre ménages sur dix (41 %), le chef de ménage est une femme. Cependant, l’écart est plus faible dans les villes que dans les zones rurales. Alors que dans l’Aire Métropolitaine et les autres villes, la proportion de ménages ayant une femme à leur tête est de 46 %, cette proportion n’atteint que 37 % dans les zones rurales. Par rapport à l’EMMUS-III de 2000 et à l’EMMUS-IV de 2005-2006, on constate, en 2012, une légère baisse de la proportion de ménages ayant, à leur tête, une femme : en 2000, 43 % des ménages étaient dirigés par une femme contre 44 % en 2005-2006 et 41 % en 2012. 24 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages Dans l’ensemble, un ménage haïtien compte, en moyenne, 4,4 personnes. Cette moyenne était de 4,7 personnes au cours de l’EMMUS-III de 2000, et de 4,6 pour l’EMMUS-IV de 2005-2006. Bien que la variation soit faible, on note quand même une tendance à la baisse du nombre de personne par ménage en Haïti. Cette taille moyenne varie peu selon les milieux de résidence: 4,4 personnes dans l’Aire Métropolitaine, 4,5 personnes dans les autres villes et en milieu rural. Au niveau global, près de la moitié des ménages (47 %) comptent entre 2 et 4 personnes. Un ménage sur dix est composé d’une seule personne. À l’opposé, 29 % des ménages comptent, au moins, six personnes et cette proportion ne varie pas de façon importante entre le milieu urbain (29 %) et le milieu rural (31 %). Au niveau national, on constate qu’un peu plus d’un quart des ménages (26 %) compte, au moins, un enfant de moins de 18 ans vivant sans leurs parents. Cette proportion varie d’un minimum de 18 % dans les camps à un maximum de 32 % dans les autres villes. Par ailleurs, au niveau national, la proportion de ménages comprenant, au moins, un orphelin simple est de 14 %. Globalement, près d’un tiers des ménages (32 %) comptent des enfants orphelins ou qui vivent sans leurs parents. C’est dans les autres villes que l’on observe la proportion la plus élevée de ce type de ménages (37 % contre un minimum de 23 % dans les camps). Tableau 2.8 Composition des ménages Répartition (en %) des ménages par sexe du chef de ménage, taille du ménage et taille moyenne du ménage et pourcentage de ménages avec des orphelins et des enfants de moins de 18 ans vivant sans leurs parents, selon le milieu de résidence, EMMUS-V Haïti 2012 Milieu de résidence détaillé Ensemble Caractéristique Aire Métropolitaine (sans camps) Autres villes (sans camps) Urbain (sans camps) Rural (sans camps) Camps Chef de ménage Homme 54,3 53,7 54,1 63,5 51,4 59,4 Femme 45,7 46,3 45,9 36,5 48,6 40,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre de membres habituels 1 7,1 10,0 8,4 10,1 18,8 9,9 2 13,2 12,9 13,1 13,1 22,7 13,5 3 18,3 14,7 16,7 15,2 22,3 16,1 4 18,9 18,1 18,5 16,3 14,8 17,1 5 15,1 13,8 14,5 14,4 9,8 14,2 6 10,3 11,5 10,8 11,7 7,4 11,2 7 7,5 7,3 7,4 7,3 2,0 7,1 8 4,4 5,1 4,7 5,3 1,1 4,9 9+ 5,3 6,5 5,8 6,6 1,0 6,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Taille moyenne du ménage 4,4 4,5 4,5 4,5 3,2 4,4 Pourcentage de ménages avec des orphelins et des enfants de moins de 18 ans vivant sans leurs parents Enfants vivant sans leurs parents1 23,1 32,2 27,1 25,9 17,5 25,9 Orphelin double 2,8 2,6 2,7 1,7 1,9 2,1 Orphelin simple2 13,1 15,1 14,0 13,9 12,4 13,9 Enfant orphelin et/ou vivant sans leurs parents 29,8 37,4 33,2 31,8 23,4 31,9 Effectif de ménages 2 761 2 143 4 903 7 663 614 13 181 Note: Le tableau est basé sur la population de droit des ménages, c'est-à-dire les résidents habituels. 1 Les enfants vivant sans leurs parents sont les enfants de moins de 18 ans qui vivent dans un ménage dans lequel il n'y a ni leur père ni leur mère. 2 Comprend les enfants dont l’un des parents est décédé et dont l’état de survie de l’autre est inconnu. Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 25 2.2.3 Niveau d’instruction et fréquentation scolaire Le niveau d’instruction des membres du ménage est un élément important qui contribue à l’amélioration des conditions de vie du ménage, car il peut affecter le comportement procréateur, l’utilisation de la contraception, le comportement en matière de santé, le niveau de scolarisation des autres membres du ménage, ainsi que les habitudes en matière d’hygiène et de nutrition. Les résultats sur la répartition de la population de fait, selon le niveau d’instruction sont présentés au tableau 2.9.1 pour les femmes et au tableau 2.9.2 pour les hommes. Malgré les efforts importants consentis par les gouvernements du pays en matière d’éducation, depuis plusieurs années, le niveau d’instruction de la population de 6 ans et plus demeure encore faible, surtout chez les femmes. Dans l’ensemble, une femme sur quatre (25 %) et près d’un homme sur cinq (19 %) de 6 ans et plus n’ont aucune instruction. Les résultats indiquent cependant une amélioration substantielle de la scolarisation des générations les plus anciennes aux générations les plus récentes. En effet, alors que la proportion de femmes sans niveau d’instruction est de 79 % parmi celles âgées de 65 ans ou plus, elle est de 6 % parmi celles de 10-14 ans et 10 % parmi celles de 25-29 ans. Le pourcentage plus élevé de jeunes filles non instruites parmi celles de 6-9 ans (30 %) s’expliquerait par le fait que certaines jeunes filles de 5-9 ans n’ont pas encore intégré le système scolaire, surtout en milieu rural. Chez les hommes, on note aussi une amélioration. En effet, alors que la proportion des hommes sans niveau instruction atteint 64 % parmi ceux de 65 ans ou plus, elle est de 6 % parmi ceux de 10-14 ans et 8 % parmi ceux de 25-29 ans. Dans les jeunes générations, les proportions de femmes ayant fréquenté l’école primaire sont assez proches de celles des hommes et les dépassent même dans quelques cas : ainsi à 15-19 ans, 45 % des femmes ont atteint le niveau primaire contre 54 % des hommes ; à 20-24 ans les pourcentages correspondants sont de 25 % pour les femmes et 25 % pour les hommes. De plus, 64 % des femmes de 20-24 ans contre 68 % des hommes du même groupe d’âges ont atteint un niveau secondaire ou plus. D’autre part, on constate des écarts importants entre le milieu urbain et le milieu rural aussi bien pour les femmes que pour les hommes. En effet, parmi les femmes du milieu rural, 34 % n’ont aucune instruction contre 14 % en milieu urbain ; chez les hommes, ces proportions sont respectivement de 26 % et de 8 %. En outre, en urbain, les proportions de femmes ayant atteint un niveau secondaire ou plus sont de 46 % et de 54 % pour les hommes contre respectivement 20 % et 21 % en milieu rural. Les disparités entre les départements sont également importantes. L’Aire métropolitaine se caractérise par les proportions les plus faibles de personnes sans niveau d’instruction : dans l’Aire Métropolitaine, 13 % des femmes et 7 % des hommes de 6 ans et plus sont sans niveau d’instruction. Quant au reste des départements, la proportion des femmes sans aucun niveau d’instruction varie d’un minimum de 23 % dans le Nord à 34 % dans l’Artibonite et le Centre. Parmi les hommes, cette proportion varie d’un minimum de 18 % dans le Nord à un maximum de 27 % dans la Grande-Anse. Enfin, le niveau d’instruction semble être influencé de manière positive par le niveau de bien-être économique du ménage. En effet, les proportions de personnes n’ayant jamais été à l’école diminuent au fur et à mesure que le niveau d’instruction augmente, passant, parmi les femmes, de 44 % dans les ménages classés dans le quintile le plus bas à 9 % les ménage est classé dans le quintile le plus élevé. Chez les hommes, ces proportions sont respectivement de 35 % et de 4 %. 26 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages Les tableaux 2.9.1 et 2.9.2 présentent également le nombre médian d’années d’études complétées. Globalement, on constate que le nombre médian d’années d’études complétées par les femmes (2,8 années) est très proche de celui des hommes (3,2 années). C’est dans les jeunes générations, en particulier parmi les femmes de 20-29 ans et les hommes de 20-34 ans, celles et ceux de l’Aire Métropolitaine et celles et ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé que le nombre médian d’années complétées est le plus élevé. Tableau 2.9.1 Niveau d’instruction de la population des ménages : Femmes Répartition (en %) de la population de fait des femmes des ménages âgées de six ans et plus, en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années complétées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Aucun Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Total3 Effectif Nombre médian d’années complétées Groupe d’âges 6-9 29,5 70,3 0,0 0,1 0,0 0,0 100,0 2 659 0,0 10-14 5,6 81,1 1,1 12,2 0,0 0,0 100,0 3 500 2,3 15-19 2,6 43,1 2,2 51,8 0,1 0,2 100,0 3 481 5,4 20-24 5,8 25,0 4,8 56,5 1,6 6,2 100,0 2 981 7,4 25-29 9,5 26,8 4,8 45,0 2,7 11,1 100,0 2 503 7,2 30-34 17,8 28,1 4,9 36,8 2,5 9,6 100,0 1 888 5,6 35-39 27,9 29,7 5,2 29,3 1,8 6,1 100,0 1 542 3,9 40-44 34,6 32,2 4,2 22,3 1,6 5,0 100,0 1 266 2,6 45-49 47,4 30,0 5,3 13,8 0,8 2,2 100,0 1 198 0,4 50-54 58,0 25,7 3,8 9,6 0,7 1,9 100,0 1 236 0,0 55-59 64,6 24,7 3,5 5,6 0,3 1,1 100,0 1 027 0,0 60-64 71,1 20,4 2,5 4,8 0,0 1,1 100,0 779 0,0 65+ 78,6 16,3 1,8 2,6 0,0 0,5 100,0 1 711 0,0 Milieu de résidence Urbain 14,2 35,7 3,4 38,2 1,5 6,7 100,0 10 998 5,0 Rural 33,6 43,8 2,9 18,2 0,5 1,0 100,0 14 777 1,3 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 12,9 33,2 3,6 39,7 1,8 8,5 100,0 5 816 5,6 Autres villes (sans camps) 15,0 38,7 2,8 37,3 1,1 5,0 100,0 4 494 4,6 Urbain (sans camps) 13,8 35,6 3,3 38,6 1,5 7,0 100,0 10 311 5,1 Rural (sans camps) 33,8 43,8 2,9 18,1 0,5 1,0 100,0 14 616 1,3 Camps 20,9 38,2 5,1 31,9 1,7 2,2 100,0 849 4,1 Département (Sans camps) Aire Métropolitaine 12,9 33,2 3,6 39,7 1,8 8,5 100,0 5 816 5,6 Reste-Ouest 27,7 39,3 3,4 25,7 1,4 2,4 100,0 3 806 2,3 Sud-Est 32,9 44,8 2,3 19,0 0,3 0,6 100,0 1 276 1,1 Nord 23,4 43,4 3,2 25,5 0,7 3,6 100,0 2 659 2,9 Nord-Est 28,7 44,9 3,2 20,6 0,5 2,0 100,0 981 2,0 Artibonite 33,7 39,8 2,4 21,9 0,3 1,8 100,0 3 767 1,8 Centre 33,7 47,3 2,1 16,2 0,3 0,4 100,0 1 642 1,0 Sud 27,2 42,4 3,0 24,0 0,4 3,0 100,0 1 903 2,4 Grande-Anse 32,7 48,1 2,0 15,8 0,2 1,2 100,0 971 1,1 Nord-Ouest 26,4 42,6 3,1 26,9 0,3 0,7 100,0 1 242 2,6 Nippes 28,7 45,9 3,1 21,1 0,5 0,8 100,0 863 2,1 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 43,6 47,1 1,7 7,4 0,0 0,0 100,0 4 632 0,0 Second 39,0 45,3 2,3 12,9 0,1 0,3 100,0 4 860 0,6 Moyen 24,9 44,3 4,0 25,5 0,5 0,7 100,0 5 098 2,7 Quatrième 15,6 39,7 3,7 37,1 0,7 2,9 100,0 5 318 4,4 Le plus élevé 8,8 27,8 3,5 45,2 2,9 11,6 100,0 5 867 7,2 Ensemble4 25,4 40,3 3,1 26,8 0,9 3,4 100,0 25 775 2,8 1 A achevé avec succès six classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès sept classes du niveau secondaire. 3 Y compris les NSP/manquant. 4 Y compris cinq cas pour lesquels l’âge est manquant. Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 27 Tableau 2.9.2 Niveau d’instruction de la population des ménages : Hommes Répartition (en %) de la population de fait des hommes des ménages âgés de six ans et plus, en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années complétées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Aucun Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Total3 Effectif Nombre médian d’années complétées Groupe d’âges 6-9 32,2 67,7 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 2 761 0,0 10-14 5,8 85,0 0,4 8,8 0,0 0,0 100,0 3 626 1,9 15-19 2,8 52,1 1,6 43,0 0,3 0,3 100,0 3 259 4,7 20-24 4,0 24,8 3,4 57,1 2,9 7,7 100,0 2 674 7,7 25-29 7,6 21,9 4,4 48,1 5,3 12,3 100,0 2 170 8,4 30-34 9,6 24,5 4,4 39,7 6,0 15,0 100,0 1 689 8,0 35-39 16,0 26,3 5,6 35,2 4,5 11,8 100,0 1 459 6,0 40-44 21,4 31,7 6,4 28,9 2,5 8,8 100,0 1 210 4,6 45-49 28,4 33,3 6,4 24,1 2,2 4,8 100,0 1 010 3,4 50-54 38,7 35,1 4,8 16,6 1,1 3,5 100,0 926 1,8 55-59 48,1 33,3 5,7 10,9 0,3 1,7 100,0 796 0,1 60-64 54,6 33,2 2,6 5,8 0,5 2,4 100,0 692 0,0 65+ 63,7 25,7 3,1 5,8 0,2 1,2 100,0 1 561 0,0 Milieu de résidence Urbain 8,4 34,3 3,2 40,3 3,4 10,1 100,0 9 397 6,1 Rural 25,9 50,5 2,8 18,4 0,8 1,4 100,0 14 444 1,8 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 7,3 31,0 3,3 41,6 4,1 12,3 100,0 4 895 7,1 Autres villes (sans camps) 9,3 38,5 2,8 38,6 2,4 8,2 100,0 3 877 5,3 Urbain (sans camps) 8,2 34,3 3,1 40,2 3,3 10,5 100,0 8 772 6,1 Rural (sans camps) 26,0 50,6 2,8 18,2 0,8 1,4 100,0 14 310 1,7 Camps 11,1 36,0 4,7 40,3 4,0 3,9 100,0 759 5,4 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 7,3 31,0 3,3 41,6 4,1 12,3 100,0 4 895 7,1 Reste-Ouest 23,7 43,7 3,0 24,8 1,7 2,9 100,0 3 366 2,7 Sud-Est 25,2 48,6 2,3 20,9 1,3 1,7 100,0 1 285 1,9 Nord 18,4 47,7 3,3 23,4 1,4 5,7 100,0 2 362 3,1 Nord-Est 20,7 51,2 3,7 20,3 1,1 2,7 100,0 866 2,2 Artibonite 21,3 48,4 2,2 24,3 1,0 2,5 100,0 3 763 2,4 Centre 24,3 53,1 2,8 17,9 1,0 1,0 100,0 1 631 1,5 Sud 24,0 45,2 3,2 22,1 1,0 4,3 100,0 1 866 2,6 Grande-Anse 26,5 52,6 2,6 16,9 0,4 1,0 100,0 1 031 1,6 Nord-Ouest 19,8 49,6 3,1 24,9 1,0 1,5 100,0 1 151 2,5 Nippes 23,3 49,2 2,6 21,8 1,1 1,8 100,0 866 2,3 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 35,2 53,9 2,4 8,2 0,1 0,0 100,0 4 974 0,6 Second 28,0 52,7 2,9 15,6 0,2 0,4 100,0 4 856 1,5 Moyen 16,9 48,6 3,7 27,5 1,6 1,5 100,0 4 752 3,1 Quatrième 9,1 39,1 3,6 41,0 2,5 4,3 100,0 4 629 5,2 Le plus élevé 4,1 25,1 2,3 44,7 5,0 18,4 100,0 4 630 8,7 Ensemble4 19,0 44,1 3,0 27,0 1,8 4,8 100,0 23 841 3,2 1 A achevé avec succès six classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès sept classes du niveau secondaire. 3 Y compris les NSP/manquant. 4 Y compris cinq cas pour lesquels l’âge est manquant. Le principal indicateur du niveau d’accès de la population au système éducatif est le niveau de fréquentation scolaire des personnes en âge d’aller à l’école. Au cours de l’EMMUS-V, des questions relatives à la fréquentation scolaire ont été posées pour toutes les personnes âgées de 3 à 24 ans, ce qui a permis de calculer les taux nets et bruts de fréquentation scolaire, par sexe et niveau d’instruction, selon le milieu et la région de résidence et le quintile de bien-être économique (Tableau 2.10). Le taux net de fréquentation (TNF) mesure la fréquentation scolaire parmi les enfants d’âge scolaire officiel. Au niveau primaire, le TNF est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau primaire (6-11 ans en Haïti) qui fréquente l’école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau primaire est estimé à 77 %, ce qui signifie que près de huit enfants de 6 à 11 ans sur dix fréquentent l’école 28 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau primaire est plus élevé en milieu urbain (86 %) qu’en milieu rural (73 %). C’est dans l’Aire Métropolitaine (86 %) et dans le département des Nippes (86 %) que l’on note les taux net de fréquentation scolaire les plus élevés. À l’opposé, le Reste-Ouest et l’Artibonite présentent les taux les plus faibles (70 % dans chaque cas). Par ailleurs, alors que dans les ménages du quintile le plus bas, le taux net de fréquentation scolaire au niveau primaire est de 66 %, il est de 92 % dans les ménages classés dans le quintile le plus élevé. On retrouve ces mêmes variations chez filles comme chez les garçons. Le tableau 2.4 présente aussi l’indice de parité entre les genres, qui est le ratio du TNF des filles sur le TNF des garçons. Au niveau primaire, l’indice de parité est d’environ 1,0 ce qui indique que les filles de 6 à 11 ans fréquentent l’école primaire à peu près autant que les garçons du même âge. Au niveau secondaire, c’est-à-dire parmi les enfants âgés de 12 à 17 ans, le taux net de fréquentation scolaire enregistré est beaucoup plus faible : 25 % de la population d’âge de fréquentation du niveau secondaire fréquentent effectivement l’école secondaire. On note une grande différence entre les milieux urbain (41 %) et rural (16 %). Les départements de la Grande-Anse (14 %), du Centre (16 %) et du Sud-Est (16 %) se caractérisent par les taux nets de fréquentation scolaire les plus faibles. L’Aire Métropolitaine (43 %) enregistre le niveau le plus élevé. Considérant le niveau du bien-être économique, ce taux net varie d’un minimum de 7 % dans le quintile le plus bas à 53 % dans le plus élevé. L’indice de parité de 1,35 montre une discrimination positive au niveau national pour les filles de 12-17 ans dont 29 % sont scolarisées contre 22 % pour les garçons du même âge. Le tableau 2.10 présente également les taux bruts de fréquentation scolaire (TBF). Le TBF au niveau primaire est le nombre total d’élèves de n’importe quel âge fréquentant l’école primaire, exprimé en pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau primaire (de 6-11 ans en Haïti). Au niveau primaire, le taux brut de fréquentation scolaire est de 165 % avec un indice de parité de 0,93, soit un taux de 159 % pour les filles et de 171 % pour les garçons : ces valeurs supérieures à 100 % signifient qu’un nombre important d’élèves qui fréquentent le niveau primaire sont plus âgés (ou plus jeunes) que l’âge officiel pour ce niveau. Le taux brut de fréquentation scolaire au niveau primaire varie très peu entre le milieu urbain et le milieu rural (167 % et 164 % respectivement). Par contre, il y a un écart dans l’indice de parité entre les genres : soit 0,88 en milieu rural contre 1,02 en milieu urbain. Selon le département, le taux brut de fréquentation scolaire varie d’un minimum de 151 % dans le Centre à un maximum de 182 % dans la Grande- Anse. Le taux brut de fréquentation scolaire semble augmenter avec le niveau du bien-être économique des ménages : il est estimé à 154 % dans la population des ménages du quintile le plus bas contre 173 % dans celle du quintile le plus élevé. Au niveau secondaire, le taux brut de fréquentation scolaire est de 68 %, avec un indice de parité entre les genres de 1,08. On observe que le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est beaucoup plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (104 % contre 45 %). L’Aire Métropolitaine présente le taux le plus élevé (107 %) alors les départements du Sud-Est (50 %), du Centre (46 %) et de la Grande-Anse (46 %) présentent les taux les plus faibles. Ce taux est aussi beaucoup plus élevé parmi les populations des ménages du quintile de bien-être économique le plus élevé (125 %) par rapport à celles du quintile le plus bas (22 %). Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 29 Tableau 2.10 Taux de fréquentation scolaire Taux net de fréquentation scolaire (TNF) et taux brut de fréquentation scolaire (TBF) de la population de fait des ménages, par sexe et niveau d’études, et indice de parité entre les genres selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Taux net de fréquentation scolaire1 Taux brut de fréquentation scolaire2 Homme Femme Total Indice de parité entre les genres3 Homme Femme Total Indice de parité entre les genres3 NIVEAU PRIMAIRE Milieu de résidence Urbain 85,2 86,6 85,9 1,02 165,0 168,6 166,8 1,02 Rural 72,4 73,2 72,8 1,01 173,6 153,6 163,8 0,88 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 85,6 87,0 86,3 1,02 166,8 173,7 170,2 1,04 Autres villes (sans camps) 86,0 87,5 86,8 1,02 165,8 166,7 166,2 1,01 Urbain (sans camps) 85,8 87,3 86,5 1,02 166,3 170,2 168,2 1,02 Rural (sans camps) 72,3 73,1 72,7 1,01 173,7 153,6 163,9 0,88 Camps 76,6 77,0 76,8 1,00 148,2 145,7 146,9 0,98 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 85,6 87,0 86,3 1,02 166,8 173,7 170,2 1,04 Reste-Ouest 67,2 72,2 69,7 1,07 152,1 152,6 152,3 1,00 Sud-Est 75,3 78,8 77,0 1,05 180,7 160,7 170,8 0,89 Nord 79,4 78,6 79,0 0,99 176,6 164,2 170,5 0,93 Nord-Est 77,3 74,4 75,9 0,96 159,0 152,8 156,0 0,96 Artibonite 74,0 65,3 69,8 0,88 184,3 143,9 164,9 0,78 Centre 74,1 76,5 75,2 1,03 158,3 143,5 151,2 0,91 Sud 75,0 84,1 79,5 1,12 177,5 168,7 173,1 0,95 Grande-Anse 76,3 84,6 80,5 1,11 193,4 171,0 182,0 0,88 Nord-Ouest 83,5 80,9 82,3 0,97 177,1 164,1 170,8 0,93 Nippes 83,4 88,1 85,7 1,06 185,8 170,3 178,1 0,92 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 65,4 65,7 65,5 1,00 162,2 144,2 153,8 0,89 Second 73,5 70,1 71,7 0,95 185,4 152,2 168,5 0,82 Moyen 77,6 81,6 79,5 1,05 167,6 158,2 163,1 0,94 Quatrième 86,0 87,5 86,7 1,02 171,0 173,7 172,3 1,02 Le plus élevé 91,1 92,8 92,0 1,02 169,1 175,8 172,6 1,04 Ensemble 76,7 77,7 77,2 1,01 170,7 158,7 164,8 0,93 NIVEAU SECONDAIRE Milieu de résidence Urbain 39,1 41,9 40,6 1,07 107,8 100,2 103,7 0,93 Rural 11,7 20,0 15,7 1,70 41,8 49,4 45,4 1,18 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 42,0 44,5 43,4 1,06 111,3 103,3 106,8 0,93 Autres villes (sans camps) 36,7 39,8 38,3 1,08 104,2 100,0 102,0 0,96 Urbain (sans camps) 39,4 42,4 41,0 1,08 107,8 101,8 104,6 0,94 Rural (sans camps) 11,7 19,9 15,6 1,71 41,6 49,2 45,3 1,18 Camps 30,5 32,6 31,7 1,07 96,3 71,1 82,2 0,74 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 42,0 44,5 43,4 1,06 111,3 103,3 106,8 0,93 Reste-Ouest 16,6 26,5 22,1 1,59 56,9 63,1 60,3 1,11 Sud-Est 11,7 21,8 16,4 1,86 44,6 55,8 49,8 1,25 Nord 23,6 25,3 24,4 1,07 62,6 66,2 64,4 1,06 Nord-Est 16,5 27,3 22,1 1,66 59,3 58,0 58,6 0,98 Artibonite 16,3 23,2 19,3 1,43 53,6 57,9 55,4 1,08 Centre 13,3 19,0 15,9 1,43 44,8 46,5 45,6 1,04 Sud 19,5 28,9 24,2 1,48 62,1 70,8 66,4 1,14 Grande-Anse 11,6 15,8 13,5 1,36 43,1 48,9 45,8 1,13 Nord-Ouest 19,9 29,8 24,9 1,50 61,4 70,3 65,9 1,15 Nippes 15,6 22,1 18,7 1,42 54,6 67,7 61,0 1,24 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 4,5 8,8 6,5 1,95 21,4 22,6 21,9 1,05 Second 9,5 14,3 11,7 1,49 37,4 35,0 36,3 0,94 Moyen 19,7 26,7 23,3 1,35 64,4 70,7 67,6 1,10 Quatrième 32,2 37,4 35,0 1,16 99,2 93,4 96,1 0,94 Le plus élevé 51,0 54,3 52,9 1,06 127,1 122,6 124,5 0,96 Ensemble 21,6 29,1 25,4 1,35 65,5 70,6 68,1 1,08 1 Le taux net de fréquentation scolaire (TNF) pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau primaire (6-11 ans) qui fréquente l’école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau secondaire (12-17 ans) qui fréquente l’école secondaire, Par définition le taux net de fréquentation ne peut excéder 100 % 2 Le taux brut de fréquentation scolaire (TBF) au niveau primaire est le nombre total d’élèves du niveau primaire, exprimé en pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau primaire. Le taux brut de fréquentation scolaire au niveau secondaire est le nombre total d’élèves du niveau secondaire, exprimé en pourcentage de la population d’âge officiel de fréquentation du niveau secondaire, S’il y a pour un niveau donné un nombre important d’élèves plus âgés ou plus jeunes que l’âge officiel pour ce niveau, le TBF peut excéder 100 % 3 L’indice de parité entre les genres pour le primaire est le ratio du TNF (TBF) au niveau primaire des filles sur le TNF (TBF) des garçons. L’indice de parité entre les genres pour le secondaire est le ratio du TNF (TBF) au niveau secondaire des filles sur le TNF (TBF) des garçons. 30 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages Le graphique 2.2 présente la proportion de garçons et de filles de chaque âge qui fréquentent l’école (quel que soit le niveau). Jusqu’à l’âge de 15 ans, les taux de fréquentation scolaire des filles et des garçons tendent à se rapprocher. Cependant, parmi ceux âgés de 15 à 24 ans, les garçons tendent à avoir des taux de fréquentation scolaire plus élevés que les filles. Graphique 2.2 Taux de fréquentation scolaire par âge et par sexe de la population de fait des ménages de 5 à 24 ans 48 70 82 87 88 95 91 94 93 92 90 88 80 77 66 59 54 38 33 50 73 82 87 90 91 94 93 95 92 87 81 67 58 55 42 37 29 24 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Pourcentage Âge Masculin Féminin EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 31 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS 3 e chapitre traite des caractéristiques essentielles des femmes et des hommes enquêtés recueillies au cours des interviews individuelles. Il couvre les caractéristiques sociodémographiques, le niveau d’instruction, l’alphabétisation, l’exposition aux media, l’activité économique, l’assurance médicale et la consommation de tabac de la population étudiée. Ce sont en effet des facteurs importants qui agissent à différents niveaux comme déterminants sur l’état de santé de la population et ils seront utilisés comme variables d’analyse dans les différents chapitres du rapport. Les femmes âgées de 15-49 ans, c’est-à-dire en âge de reproduction et les hommes de 15-59 ans constituent les populations-cibles de l’enquête. 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS Le tableau 3.1 présente la répartition des femmes et des hommes de 15-49 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques, à savoir l’âge, la religion, l’état matrimonial, le milieu de résidence, le département géographique, le niveau d’instruction et les quintiles de bien- être économique. L’âge est une variable essentielle dans l’analyse du profil démographique et sanitaire d’une population. Il a été estimé à partir de la déclaration de l’âge par l’interviewé(e) et, chaque fois que possible, en comparant avec la date de naissance et en utilisant au besoin des références historiques. Dans ce rapport, l’âge est présenté par groupe d’âges quinquennaux. La structure par âge révèle une forte proportion de jeunes. Près d’un quart de femmes (24 %) et un homme sur quatre (25 %) enquêtés sont âgés de 15-19 ans ; 20 % des femmes et des hommes ont entre 20 et 24 ans. Les proportions de chaque groupe d’âges, pour chaque sexe, diminuent régulièrement au fur et à mesure que l’on avance vers les âges élevés pour ne représenter que 8 % pour les 45-49 ans. Cette répartition reflète la structure d’une population jeune. C Principaux résultats • Les trois-quarts des hommes et des femmes (75 %) sont alphabétisés. • Une proportion non négligeable de la population est sans aucun niveau d’instruction : 9 % des hommes et 15 % des femmes. • Près d’un quart des femmes (24 %) et un homme sur sept (15 %) ne sont exposés à aucun média. • Près de la moitié des femmes (48 %) et d’un quart des hommes (26 %) n’ont pas travaillé au cours des 12 derniers mois. • La grande majorité des femmes (71 %) a déclaré travailler dans le secteur des ventes et services alors que la majorité des hommes exerçaient leur activité dans l’agriculture (44 %). • Seulement 4 % des femmes et 4 % des hommes ont déclaré avoir une assurance médicale. • La grande majorité de la population ne consomme pas de tabac : 95 % des femmes et 88 % des hommes. 32 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Femme Homme Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Groupe d’âges 15-19 23,5 3 352 3 475 25,2 2 125 2 220 20-24 20,0 2 851 2 797 19,7 1 665 1 614 25-29 16,8 2 402 2 330 15,5 1 309 1 243 30-34 12,8 1 826 1 772 12,6 1 061 1 031 35-39 10,4 1 481 1 475 10,6 892 867 40-44 8,5 1 218 1 252 8,8 743 739 45-49 8,1 1 157 1 186 7,6 638 662 Religion Sans religion/aucune 6,6 936 772 12,0 1 011 880 Catholique 39,1 5 585 6 026 41,6 3 508 3 772 Protestant/Méthodiste/ Adventiste/Témoin de Jehova 53,1 7 584 7 354 44,9 3 785 3 607 Vaudouisant 1,0 142 104 1,3 108 91 Autre/Manquant 0,3 40 31 0,3 23 26 État matrimonial Célibataire 36,9 5 277 5 246 54,3 4 583 4 570 Marié(e) 16,7 2 379 2 379 13,8 1 165 1 130 Placée 26,5 3 780 3 916 22,0 1 855 1 879 Vivavèk 8,3 1 190 1 137 3,4 285 275 Vivant ensemble 3,2 459 417 1,9 159 119 Veuve/veuf 1,7 240 268 0,5 40 44 Divorcé(e) 0,2 33 29 0,1 6 5 Séparé(e) 6,5 929 895 4,1 342 354 Milieu de résidence Urbain 47,5 6 786 6 321 45,8 3 866 3 491 Rural 52,5 7 501 7 966 54,2 4 568 4 885 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 25,8 3 682 2 361 25,0 2 108 1 264 Autres villes (sans camps) 18,6 2 662 3 109 17,6 1 481 1 723 Urbain (sans camps) 44,4 6 344 5 470 42,5 3 588 2 987 Rural (sans camps) 51,8 7 402 7 614 53,6 4 521 4 706 Camps 3,8 541 1 203 3,9 325 683 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 25,8 3 682 2 361 25,0 2 108 1 264 Reste-Ouest 14,5 2 077 1 179 13,5 1 142 651 Sud-Est 4,3 608 907 4,5 380 566 Nord 10,1 1 443 1 387 9,6 809 766 Nord-Est 3,6 515 1 085 3,3 277 586 Artibonite 14,3 2 040 1 146 15,5 1 306 713 Centre 5,8 835 1 033 5,9 501 626 Sud 6,8 976 1 075 7,2 608 675 Grande-Anse 3,2 462 886 3,8 322 630 Nord-Ouest 4,7 671 1 143 4,5 381 645 Nippes 3,1 438 882 3,3 276 571 Niveau d’instruction Aucun 14,8 2 115 2 282 9,2 774 816 Primaire 36,3 5 182 5 551 36,8 3 105 3 341 Secondaire 43,3 6 189 5 807 45,6 3 848 3 647 Supérieur 5,6 800 647 8,4 708 572 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 15,2 2 175 2 802 16,9 1 426 1 794 Second 16,2 2 311 2 655 17,4 1 464 1 651 Moyen 19,7 2 809 3 079 19,9 1 682 1 825 Quatrième 22,8 3 260 2 836 22,1 1 862 1 597 Le plus élevé 26,1 3 732 2 915 23,7 2 000 1 509 Ensemble 15-49 100,0 14 287 14 287 100,0 8 434 8 376 50-59 na na na na 1 059 1 117 Ensemble 15-59 na na na na 9 493 9 493 Note : Le niveau d’instruction correspond au plus haut niveau d’instruction atteint, qu’il ait été achevé ou non. na = Non applicable Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 33 En ce qui a trait à la religion, 53 % des femmes et 45 % des hommes ont déclaré être de confession protestante. Une proportion plus faible serait de religion catholique, soit 39 % de femmes et 42 % d’hommes. Un pourcentage encore plus faible d’hommes (12 %) et de femmes (7 %), n’aurait aucune religion. Il est à noter que d’après les déclarations des interviewés, une infime minorité (1 %) pratiquerait la religion vaudou. En ce qui concerne le statut matrimonial, on relève que 55 % des femmes et 41 % des hommes étaient en union au moment de l’enquête, soit mariés ou « placés », ou « vivavèk », ou vivant ensemble ; la plus grande fraction dans ce groupe étant représentée par celles et ceux qui sont « placés », soit 27 % de femmes et 22 % d’hommes. La proportion des célibataires est plus élevée chez les hommes que chez les femmes (respectivement 54 % et 37 %) du fait que les hommes ont tendance à entrer en union plus tard que les femmes. À l’inverse, la proportion de personnes en rupture d’union (divorcées, séparées ou veuves) est légèrement plus élevée chez les femmes que chez les hommes (8 % contre 5 %). En ce qui concerne la répartition selon le milieu de résidence, il ressort qu’un faible pourcentage d’hommes et de femmes (4 %) vivaient dans les camps au moment de la collecte des données. Dans les deux autres milieux, le pourcentage d’hommes et de femmes est presque identique : respectivement 44 % et 43 % en milieu urbain (sans les camps) et 52 % et 54 % en milieu rural (sans les camps). Au niveau départemental1, les plus fortes proportions de femmes et d’hommes se trouvent dans l’Aire Métropolitaine (26 % des femmes et 25 % des hommes), suivies par les départements de l’Artibonite (14 % des hommes et 16 % des femmes), de l’Ouest sans l’Aire Métropolitaine (environ 14 % pour chaque sexe) et du Nord (10 % pour chaque sexe). Les proportions d’enquêtés vivant dans les autres départements sont inférieures à 10 %. Concernant le niveau d’instruction, il est à noter que les femmes sont légèrement moins instruites que les hommes. La distribution selon le niveau d’instruction indique que près de 15 % de femmes et un peu moins de 10 % des hommes n’ont reçu aucune instruction formelle. À l’opposé, un peu plus d’hommes que de femmes ont atteint le niveau secondaire (46 % contre 43 %) ou le niveau supérieur (8 % contre 6 %). La proportion de femmes et d’hommes qui ont atteint le niveau primaire est presque identique (respectivement 36 % et 37 %). La répartition des femmes et des hommes selon le niveau de bien-être économique des ménages montre que 15 % des femmes et 17 % des hommes appartiennent à des ménages de quintile le plus bas. À l’opposé, ce sont respectivement 26 % et 24 % des femmes et des hommes qui vivent dans les ménages du quintile le plus élevé. 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES Les tableaux 3.2.1 et 3.2.2 présentent la répartition des femmes et des hommes enquêtés selon le plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé, selon les groupes d’âges, le milieu de résidence, le département et les quintiles de bien-être économique des ménages. Globalement, comme cela a été mentionné précédemment, les niveaux d’instruction atteints par les femmes et les hommes sont très proches. Les enquêtés n’ayant aucun niveau d’instruction sont proportionnellement un plus nombreux parmi les femmes (15 %) que parmi les hommes (9 %). 1 Rappelons que la variable « Département » comprend les 10 départements et l’Aire Métropolitaine, mais exclut les camps. 34 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.2.1 Niveau d’instruction : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années d’instruction achevées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Plus haut niveau d’instruction atteint Total Nombre médian d’années complétées Effectif de femmes Sans instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Groupe d’âges 15-24 3,4 34,4 4,4 53,8 1,0 3,0 100,0 6,3 6 203 15-19 2,0 42,2 4,1 51,3 0,2 0,2 100,0 5,6 3 352 20-24 5,0 25,3 4,7 56,7 1,9 6,4 100,0 7,5 2 851 25-29 9,3 26,5 5,1 45,8 2,6 10,6 100,0 7,3 2 402 30-34 17,2 29,1 4,9 36,4 2,5 10,0 100,0 5,6 1 826 35-39 28,1 29,6 5,3 29,5 1,4 6,2 100,0 3,9 1 481 40-44 34,3 32,7 4,4 22,8 1,2 4,7 100,0 2,5 1 218 45-49 46,2 32,9 4,2 13,7 0,8 2,2 100,0 0,4 1 157 Milieu de résidence Urbain 7,0 24,1 4,1 52,8 2,3 9,7 100,0 7,6 6 786 Rural 21,8 38,4 5,2 31,9 0,7 1,9 100,0 4,1 7 501 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 6,2 22,1 3,9 53,3 2,8 11,7 100,0 8,2 3 682 Autres villes (sans camps) 7,0 26,1 3,6 53,7 1,8 7,8 100,0 7,2 2 662 Urbain (sans camps) 6,5 23,8 3,8 53,5 2,4 10,0 100,0 7,7 6 344 Rural (sans camps) 21,9 38,5 5,2 31,8 0,7 1,9 100,0 4,1 7 402 Camps 14,7 29,8 7,2 42,6 1,7 4,0 100,0 5,6 541 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 6,2 22,1 3,9 53,3 2,8 11,7 100,0 8,2 3 682 Reste-Ouest 18,6 28,3 5,2 41,5 2,1 4,3 100,0 5,4 2 077 Sud-Est 20,9 38,2 4,2 35,1 0,5 1,0 100,0 4,1 608 Nord 10,6 36,5 4,7 40,6 1,4 6,2 100,0 5,4 1 443 Nord-Est 18,0 38,0 5,2 34,0 1,0 3,7 100,0 4,4 515 Artibonite 21,8 34,7 4,6 35,2 0,6 3,2 100,0 4,5 2 040 Centre 25,6 41,6 3,6 27,9 0,5 0,9 100,0 3,2 835 Sud 12,2 36,4 4,9 41,0 0,5 4,9 100,0 5,2 976 Grande-Anse 22,9 40,9 4,1 29,4 0,5 2,2 100,0 3,6 462 Nord-Ouest 14,4 34,3 5,3 44,3 0,5 1,2 100,0 5,1 671 Nippes 16,0 39,0 6,3 36,5 1,0 1,2 100,0 4,6 438 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 33,5 48,1 3,7 14,5 0,0 0,1 100,0 2,0 2 175 Second 26,3 43,7 4,7 24,6 0,2 0,6 100,0 3,1 2 311 Moyen 15,0 35,6 6,6 40,9 0,7 1,3 100,0 5,0 2 809 Quatrième 7,9 27,9 5,0 53,4 1,1 4,7 100,0 6,8 3 260 Le plus élevé 2,7 14,8 3,4 59,0 4,1 16,0 100,0 9,3 3 732 Ensemble 14,8 31,6 4,6 41,8 1,5 5,6 100,0 5,5 14 287 1 A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès 7 classes du niveau secondaire. Quel que soit le sexe, le niveau d’instruction s’améliore des générations les plus anciennes aux générations les plus récentes. En effet, la proportion de femmes sans niveau d’instruction passe de 46 % parmi celles de 45-49 ans à 2 % parmi celles de 15-19 ans. À l’opposé, la proportion de femmes ayant atteint un niveau d’instruction secondaire varie de 15 % chez celles de 45-49 ans à 52 % chez celles de 15-19 ans. Le même effet de génération est noté chez les hommes puisque des générations les plus anciennes aux plus récentes, les proportions de ceux sans niveau sont passées de 27 % parmi ceux de 45-49 ans à 2 % parmi les hommes âgés de 15-19 ans. De même que chez les femmes, la proportion des hommes ayant atteint un niveau secondaire augmente des générations les plus anciennes aux générations les plus récentes, passant de 26 % parmi ceux âgés de 45-49 ans à 45 % parmi ceux 15-19 ans à. Il importe aussi de noter que le nombre médian d’années scolaires complétées augmente de manière importante des générations anciennes aux plus récentes, passant de 0,4 chez les femmes de 45-49 ans à 7,5 chez celles de 20-24 ans et de 3,2 chez les hommes de 45-49 ans à 7,9 chez ceux de 20-24 ans, témoignant en particulier d’un renforcement plus important de la solarisation des jeunes filles. En outre, les résultats révèlent des déperditions importantes du système éducatif. En effet, sur 100 femmes qui fréquentent ou ont fréquenté l’école, 37 n’ont pas complété le niveau primaire et cette proportion est de 38 % pour les hommes. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 35 Le milieu de résidence influence nettement le niveau de scolarisation. En effet, le nombre médian d’années d’instruction complétées par les femmes varie de 4,1 en milieu rural à 7,6 en milieu urbain. Parmi les hommes, ce nombre médian passe de 4,4 en milieu rural à 8,8 en milieu urbain. Les villes se caractérisent par un plus faible pourcentage d’enquêtés sans instruction que le milieu rural ; ce pourcentage varie de 7 % à 22 % parmi les femmes et de 4 % à 14 % parmi les hommes. La même tendance est observée pour le niveau d’instruction primaire atteint ou achevé, soit 28 % parmi les femmes du milieu urbain contre 44 % parmi celles du milieu rural et 23 % parmi les hommes du milieu urbain contre 49 % parmi ceux du milieu rural. À l’opposé les proportions respectives de femmes et d’hommes ayant fréquenté l’école au niveau secondaire sont plus importantes en milieu urbain qu’en milieu rural, soit 55 % contre 33 % parmi femmes et 58 % contre 35 % parmi les hommes. Tableau 3.2.2 Niveau d’instruction : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans en fonction du plus haut niveau d’instruction atteint ou achevé et nombre médian d’années d’instruction achevées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Plus haut niveau d’instruction atteint Total Nombre médian d’années complétées Effectif d’hommes Sans instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Groupe d’âges 15-24 3,0 38,0 3,4 50,6 1,4 3,6 100,0 6,0 3 791 15-19 2,1 49,8 2,9 44,7 0,2 0,4 100,0 4,9 2 125 20-24 4,3 22,8 4,0 58,1 3,0 7,8 100,0 7,9 1 665 25-29 6,7 21,3 4,7 49,7 3,7 13,9 100,0 8,5 1 309 30-34 9,3 26,4 4,2 38,8 5,2 16,2 100,0 7,8 1 061 35-39 15,3 30,2 4,0 33,8 3,2 13,5 100,0 5,8 892 40-44 22,2 33,4 6,1 27,2 2,0 9,0 100,0 4,3 743 45-49 26,8 36,8 6,2 23,7 2,0 4,5 100,0 3,2 638 Milieu de résidence Urbain 4,0 19,4 3,4 53,8 4,0 15,3 100,0 8,8 3 866 Rural 13,5 43,8 4,9 34,0 1,3 2,5 100,0 4,4 4 568 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 3,6 16,7 3,7 52,4 4,8 18,8 100,0 9,4 2 108 Autres villes (sans camps) 4,2 22,8 3,0 55,5 2,5 12,1 100,0 7,9 1 481 Urbain (sans camps) 3,8 19,2 3,4 53,7 3,9 16,0 100,0 8,8 3 588 Rural (sans camps) 13,6 44,0 5,0 33,7 1,3 2,5 100,0 4,4 4 521 Camps 6,5 22,3 2,6 57,1 5,3 6,2 100,0 8,1 325 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 3,6 16,7 3,7 52,4 4,8 18,8 100,0 9,4 2 108 Reste-Ouest 12,4 33,1 5,3 42,3 2,3 4,6 100,0 5,5 1 142 Sud-Est 12,6 39,0 4,2 38,2 2,2 3,9 100,0 4,8 380 Nord 8,9 36,5 4,3 38,5 2,0 9,8 100,0 5,6 809 Nord-Est 10,1 41,0 6,8 34,6 2,7 4,9 100,0 4,9 277 Artibonite 11,7 39,5 3,0 41,7 0,7 3,4 100,0 4,9 1 306 Centre 13,2 43,4 5,9 34,6 0,6 2,4 100,0 4,3 501 Sud 8,5 40,2 4,6 36,8 1,7 8,2 100,0 5,2 608 Grande-Anse 14,7 48,9 3,4 30,0 0,6 2,3 100,0 3,8 322 Nord-Ouest 9,8 37,7 5,3 43,0 1,7 2,5 100,0 5,3 381 Nippes 11,8 40,5 3,7 39,0 2,0 3,0 100,0 4,8 276 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 23,3 54,2 4,4 17,8 0,2 0,1 100,0 2,4 1 426 Second 13,9 49,4 5,0 30,4 0,5 0,8 100,0 4,0 1 464 Moyen 7,9 37,0 4,7 45,7 2,3 2,4 100,0 5,6 1 682 Quatrième 4,3 23,4 5,0 57,5 2,6 7,1 100,0 7,6 1 862 Le plus élevé 1,3 9,8 2,3 54,8 5,8 26,1 100,0 10,3 2 000 Ensemble 15-49 9,2 32,6 4,2 43,1 2,5 8,4 100,0 6,2 8 434 50-59 43,8 33,2 5,2 15,2 0,8 1,8 100,0 0,7 1 059 Ensemble 15-59 13,0 32,7 4,3 40,0 2,3 7,7 100,0 5,6 9 493 1 A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès 7 classes du niveau secondaire. 36 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Les résultats selon les départements mettent également en évidence d’importantes disparités. Le nombre médian d’années d’instruction complétées par les femmes varie de 3,2 dans le Centre à 8,2 dans l’Aire Métropolitaine. Chez les hommes, ce nombre varie de 3,8 dans la Grande-Anse à 9,4 dans l’Aire Métropolitaine. La proportion de femmes sans aucun niveau d’instruction est la plus élevée dans les départements du Centre (26 %), de la Grande-Anse (23 %), de l’Artibonite (22 %) et du Sud-Est (21 %). Chez les hommes, la proportion la plus élevée des sans instruction est observée dans la Grande-Anse (15 %), le Sud- Est (13 %) et le Centre (13 %). À l’opposé, l’Aire Métropolitaine, le Nord et le Sud sont les trois départements où l’on compte le moins de personnes sans instruction. Les proportions des femmes sans instruction sont de 6 % dans l’Aire Métropolitaine, 11 % dans le Nord et 12 % dans le Sud. Parmi les hommes, ces proportions sont de 4 % dans l’Aire Métropolitaine et de 9 % dans le Nord et le Sud. Le nombre médian d’années d’instruction complétées varie dans le même sens que le niveau de bien- être économique des ménages; passant de 2,0 chez les femmes du quintile le plus bas à 9, 3 chez celles du quintile le plus haut et de 2,4 chez les hommes du quintile le bas à 10,3 chez ceux du quintile le plus élevé. À l’opposé, les proportions de femmes et d’hommes sans instruction diminuent des ménages du quintile le plus bas aux ménages du quintile le plus élevé. 3.3 ALPHABÉTISATION Au cours de l’enquête, mises à part les questions posées sur la dernière classe achevée et le niveau d’instruction atteint par les enquêtés, on a demandé à ceux qui n’avaient aucun niveau d’instruction et à ceux qui avaient seulement le niveau primaire de lire une phrase rédigée en français ou en créole. Trois modalités ont été retenues : « peut lire une phrase entière », « seulement une partie de la phrase », « ne peut pas lire du tout ». Les enquêtés qui ont pu lire entièrement ou une partie de la phrase et les enquêtés ayant atteint le niveau secondaire ou plus sont considérés ici comme alphabétisés. Bien entendu les aveugles et malvoyants n’ont pas été évalués. Les résultats sont présentés aux tableaux 3.3.1 pour les femmes et 3.3.2 pour les hommes. Globalement, près de trois quarts des enquêtés (74 % des femmes et 79 % des hommes) sont alphabétisés. Parmi les femmes, 49 % ont un niveau d’instruction secondaire ou supérieur, 15 % ont pu lire une phrase entière et 10 % une partie de phrase. Parmi les hommes, 54 % ont un niveau d’instruction secondaire ou supérieur, 15 % ont pu lire une phrase entière et 10 % une partie de phrase. À l’image du niveau d’instruction, les générations les plus récentes sont mieux alphabétisées que les anciennes qu’il s’agisse des femmes ou des hommes. En effet, seulement 13 % des femmes de 15-19 ans ne savent pas lire contre 57 % de celles âgées 45-49 ans ; ces pourcentages sont respectivement de 17 % et de 41 % chez les hommes. En comparant les tableaux 3.2.1 et 3.3.1, il ressort que la proportion de femmes qui ne savent pas du tout lire est supérieure à la proportion de celles qui n’ont jamais fréquenté l’école (26 % contre 15 %). Cette différence révèle qu’une partie non négligeable de la population féminine (environ 11 %) n’a pas fréquenté suffisamment l’école pour avoir appris à lire ou bien qu’après avoir quitté l’école, elle est redevenue analphabète en ayant oublié ce qu’elle avait appris, phénomène de « désalphabétisation fonctionnelle ». En rapprochant les tableaux 3.2.2 et 3.3.2, on observe le même phénomène chez les hommes puisque la proportion d’hommes qui ne savent pas du tout lire (25 %) est près de deux fois plus élevée que celle des hommes n’ayant jamais fréquenté l’école (13 %). Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 37 Tableau 3.3.1 Alphabétisation : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans par niveau d’instruction atteint et niveau d’alphabétisation et pourcentage de femmes alphabétisées selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Secondaire ou supérieur Pas d’instruction ou niveau primaire Total Pourcentage alphabétisé1 Effectif de femmes Peut lire une phrase entière Peut lire une partie de la phrase Ne peut pas lire Aveugle/ malvoyant/ manquant Groupe d’âges 15-24 57,8 17,7 10,4 13,6 0,5 100,0 85,9 6 203 15-19 51,7 22,6 11,9 13,0 0,8 100,0 86,2 3 352 20-24 65,0 12,0 8,7 14,3 0,1 100,0 85,6 2 851 25-29 59,1 12,0 8,5 20,0 0,5 100,0 79,6 2 402 30-34 48,9 11,9 9,1 29,4 0,6 100,0 69,9 1 826 35-39 37,1 13,1 10,3 38,8 0,7 100,0 60,4 1 481 40-44 28,6 12,3 11,2 46,9 1,1 100,0 52,1 1 218 45-49 16,7 12,5 10,8 57,4 2,6 100,0 40,0 1 157 Milieu de résidence Urbain 64,8 11,3 8,3 14,6 1,1 100,0 84,4 6 786 Rural 34,6 17,7 11,5 35,7 0,5 100,0 63,8 7 501 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 67,8 8,6 9,0 13,4 1,1 100,0 85,5 3 682 Autres villes (sans camps) 63,3 14,7 7,1 14,5 0,5 100,0 85,1 2 662 Urbain (sans camps) 65,9 11,1 8,2 13,9 0,8 100,0 85,3 6 344 Rural (sans camps) 34,4 17,7 11,6 35,9 0,5 100,0 63,7 7 402 Camps 48,3 13,4 9,6 24,9 3,8 100,0 71,3 541 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 67,8 8,6 9,0 13,4 1,1 100,0 85,5 3 682 Reste-Ouest 47,9 12,8 10,5 28,3 0,5 100,0 71,2 2 077 Sud-Est 36,7 16,1 11,6 35,2 0,3 100,0 64,4 608 Nord 48,2 18,2 9,2 23,7 0,6 100,0 75,7 1 443 Nord-Est 38,8 21,2 8,6 31,3 0,2 100,0 68,6 515 Artibonite 39,0 17,5 10,5 32,4 0,5 100,0 67,0 2 040 Centre 29,2 18,5 8,2 43,5 0,6 100,0 55,9 835 Sud 46,5 18,8 11,6 23,0 0,1 100,0 76,9 976 Grande-Anse 32,1 14,7 13,7 38,9 0,6 100,0 60,5 462 Nord-Ouest 46,0 18,2 8,9 26,7 0,2 100,0 73,1 671 Nippes 38,7 18,2 13,4 29,0 0,7 100,0 70,3 438 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 14,6 19,3 13,3 52,4 0,3 100,0 47,3 2 175 Second 25,4 18,1 13,4 42,6 0,5 100,0 56,9 2 311 Moyen 42,9 18,9 10,2 27,1 0,9 100,0 72,0 2 809 Quatrième 59,2 13,2 10,1 16,2 1,3 100,0 82,5 3 260 Le plus élevé 79,1 7,8 5,7 6,8 0,6 100,0 92,6 3 732 Ensemble 48,9 14,6 10,0 25,7 0,8 100,0 73,6 14 287 1 C’est-à-dire les femmes qui ont, au moins, fréquenté l’école secondaire et celles qui peuvent lire une phrase entière ou une partie de phrase. Les proportions de femmes et d’hommes alphabétisés varient sensiblement selon le milieu de résidence. En milieu urbain, 84 % des femmes et 89 % des hommes sont alphabétisés contre respectivement 64 % et 70 % en milieu rural. L’examen des résultats met également en évidence que les départements de la Grande-Anse (61 % pour les femmes et 62 % pour les hommes) et du Centre (56 % pour les femmes et 69 % pour les hommes) enregistrent les proportions les plus faibles de personnes alphabétisées. Les départements qui comptent les proportions les plus élevées de personnes alphabétisées sont l’Aire Métropolitaine (85 % des femmes et 90 % des hommes), le Sud (respectivement 77 % et 76 %), le Nord (respectivement 76 % et 79 %), et le Nord-Ouest (73 % des femmes et 77 % des hommes). On note enfin que la proportion de personnes alphabétisées augmente avec le niveau de bien-être du ménage. Le taux d’alphabétisation varie de 47 % chez les femmes vivant dans un ménage classé dans le quintile le plus bas à 93 % chez celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé. Cette proportion varie de 52 % chez les hommes des ménages du quintile le plus bas à 96 % chez ceux des ménages du quintile le plus élevé. 38 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.3.2 Alphabétisation : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans par niveau d’instruction atteint et niveau d’alphabétisation et pourcentage d’hommes alphabétisés selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Secondaire ou supérieur Pas d’instruction ou niveau primaire Total Pourcentage alphabétisé1 Effectif d’hommes Peut lire une phrase entière Peut lire une partie de la phrase Ne peut pas lire Aveugle/ malvoyant/ manquant Groupe d’âges 15-24 55,6 18,3 10,2 15,3 0,5 100,0 84,2 3 791 15-19 45,3 23,8 13,8 16,5 0,6 100,0 82,9 2 125 20-24 68,9 11,3 5,6 13,8 0,4 100,0 85,8 1 665 25-29 67,3 9,7 6,4 16,2 0,5 100,0 83,4 1 309 30-34 60,2 10,3 9,4 19,7 0,5 100,0 79,9 1 061 35-39 50,6 14,4 9,2 24,8 1,0 100,0 74,2 892 40-44 38,3 14,5 11,2 34,6 1,4 100,0 64,0 743 45-49 30,1 16,5 11,9 40,6 0,9 100,0 58,5 638 Milieu de résidence Urbain 73,2 10,0 6,1 9,5 1,2 100,0 89,3 3 866 Rural 37,8 19,4 12,6 30,0 0,2 100,0 69,8 4 568 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 76,0 7,5 6,8 8,1 1,5 100,0 90,4 2 108 Autres villes (sans camps) 70,0 14,3 5,1 10,1 0,4 100,0 89,5 1 481 Urbain (sans camps) 73,5 10,3 6,1 8,9 1,1 100,0 90,0 3 588 Rural (sans camps) 37,5 19,5 12,7 30,2 0,2 100,0 69,6 4 521 Camps 68,6 6,9 5,8 15,7 3,1 100,0 81,3 325 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 76,0 7,5 6,8 8,1 1,5 100,0 90,4 2 108 Reste-Ouest 49,2 15,4 10,6 24,6 0,3 100,0 75,1 1 142 Sud-Est 44,2 18,9 9,6 26,7 0,6 100,0 72,8 380 Nord 50,3 20,5 8,6 20,5 0,0 100,0 79,5 809 Nord-Est 42,1 22,3 11,3 23,7 0,4 100,0 75,8 277 Artibonite 45,7 17,4 11,9 24,9 0,0 100,0 75,1 1 306 Centre 37,6 18,5 13,3 30,1 0,4 100,0 69,4 501 Sud 46,7 20,2 9,1 24,0 0,0 100,0 76,0 608 Grande-Anse 33,0 15,9 13,0 37,3 0,9 100,0 61,9 322 Nord-Ouest 47,2 18,7 10,8 23,3 0,1 100,0 76,6 381 Nippes 44,1 18,5 10,5 26,2 0,7 100,0 73,1 276 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 18,1 18,7 15,5 47,4 0,3 100,0 52,3 1 426 Second 31,8 22,5 13,4 32,1 0,2 100,0 67,6 1 464 Moyen 50,4 17,6 10,1 20,4 1,4 100,0 78,1 1 682 Quatrième 67,2 14,3 7,9 9,8 0,8 100,0 89,5 1 862 Le plus élevé 86,6 5,6 3,9 3,3 0,5 100,0 96,2 2 000 Ensemble 15-49 54,0 15,1 9,6 20,6 0,7 100,0 78,7 8 434 50-59 17,8 12,3 12,2 55,3 2,3 100,0 42,3 1 059 Ensemble 15-59 50,0 14,8 9,9 24,5 0,9 100,0 74,7 9 493 1 C’est-à-dire les hommes qui ont, au moins, fréquenté l’école secondaire et ceux qui peuvent lire une phrase entière ou une partie de phrase. 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS Les tableaux 3.4.1 et 3.4.2 présentent les résultats sur l’exposition des femmes et des hommes aux médias (la presse audiovisuelle ou écrite). Ces données sont particulièrement importantes pour la mise en place des programmes d’éducation, de sensibilisation et de diffusion d’informations dans tous les domaines, notamment dans ceux de la santé. L’exposition aux média a été mesurée en évaluant le pourcentage de femmes et d’hommes qui lit un journal au moins une fois par semaine, qui regarde la télévision au moins une fois par semaine, qui écoute la radio au moins une fois par semaine ou les trois média combinés au moins une fois par semaine. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 39 Tableau 3.4.1 Exposition aux média : Femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio, au moins, une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Lit un journal, au moins, une fois par semaine Regarde la télévision, au mois, une fois par semaine Écoute la radio, au moins, une fois par semaine Les trois média, au moins, une fois par semaine Aucun média, au moins, une fois par semaine Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 25,1 41,5 72,2 12,1 20,1 3 352 20-24 24,6 42,3 72,6 13,9 20,8 2 851 25-29 21,3 42,9 71,5 12,3 22,3 2 402 30-34 16,7 43,2 69,7 9,1 23,3 1 826 35-39 14,1 34,0 64,5 7,8 30,8 1 481 40-44 13,4 29,4 62,6 7,5 32,7 1 218 45-49 7,9 23,3 60,9 3,3 34,7 1 157 Milieu de résidence Urbain 25,9 61,3 78,0 17,4 12,9 6 786 Rural 14,2 18,5 61,5 4,4 34,8 7 501 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 27,0 74,1 80,3 21,3 9,2 3 682 Autres villes (sans camps) 26,2 45,7 76,2 13,1 16,5 2 662 Urbain (sans camps) 26,6 62,2 78,6 17,9 12,2 6 344 Rural (sans camps) 14,2 18,4 61,5 4,4 34,8 7 402 Camps 14,4 44,1 68,1 8,8 24,0 541 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 27,0 74,1 80,3 21,3 9,2 3 682 Reste-Ouest 17,1 35,1 69,5 8,6 25,6 2 077 Sud-Est 15,6 14,8 60,0 3,8 35,0 608 Nord 20,9 35,4 73,4 9,4 21,6 1 443 Nord-Est 20,6 17,1 63,9 6,0 31,3 515 Artibonite 15,5 29,3 64,4 6,8 31,5 2 040 Centre 19,4 12,5 64,2 4,4 31,4 835 Sud 19,8 26,8 63,9 8,3 30,7 976 Grande-Anse 12,7 10,4 49,0 2,8 46,7 462 Nord-Ouest 16,6 12,6 61,2 4,4 34,2 671 Nippes 12,1 15,2 62,5 2,3 34,4 438 Niveau d’instruction Aucun 0,0 12,3 45,3 0,0 52,0 2 115 Primaire 9,6 26,4 63,9 2,8 31,0 5 182 Secondaire ou plus 33,2 56,1 80,7 19,5 11,1 6 989 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 7,5 4,1 44,9 1,0 52,3 2 175 Second 10,7 6,9 55,1 1,4 41,6 2 311 Moyen 18,0 22,7 67,4 4,1 26,3 2 809 Quatrième 21,1 53,1 78,7 12,5 13,6 3 260 Le plus élevé 32,6 78,5 85,7 25,0 5,5 3 732 Ensemble 19,8 38,8 69,3 10,6 24,4 14 287 Les résultats montrent que près d’un quart des femmes (24 %) et un homme sur sept (15 %) ne sont exposés à aucun média. De tous les médias, la radio est celui qui est le plus écouté : près de sept femmes sur dix (69 %) et plus de huit hommes sur dix (83 %) ont déclaré écouter la radio au moins une fois par semaine. La télévision vient en seconde position : elle est regardée au moins une fois par semaine par 39 % des femmes 43 % des hommes. On note que 20 % des femmes et 21 % des hommes ont déclaré lire un journal au moins une fois par semaine. Les proportions de ceux et celles qui ont été exposés à la fois aux trois médias sont faibles : seulement 11 % des femmes et 14 % des hommes. Selon l’âge, on note que les jeunes sont plus exposés aux médias que les personnes plus âgées. En effet, les proportions de femmes qui ne sont exposées à aucun média varient de 35 % chez les femmes de 45- 49 ans à 20 % chez celles de 15-19 ans. Chez les hommes, les variations par âge sont irrégulières. De manière générale, l’exposition aux média est plus importante en milieu urbain comparé au milieu rural quel que soit le type de média considéré et pour les deux sexes. A l’inverse, la non exposition aux média est prédominante en milieu rural comparé au milieu urbain ; soit respectivement 35 % contre 13 % chez les femmes et 21 % contre 7 % chez les hommes. 40 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.4.2 Exposition aux média : Hommes Pourcentage d’hommes de 15-49 ans qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio, au moins, une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Lit un journal, au moins, une fois par semaine Regarde la télévision, au mois, une fois par semaine Écoute la radio, au moins, une fois par semaine Les trois média, au moins, une fois par semaine Aucun média, au moins, une fois par semaine Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 17,9 40,2 82,0 10,2 14,9 2 125 20-24 26,3 47,4 87,0 16,3 9,9 1 665 25-29 25,8 50,1 87,1 18,2 10,8 1 309 30-34 22,2 44,9 83,4 16,5 15,4 1 061 35-39 21,4 44,2 81,9 14,0 14,1 892 40-44 13,9 31,5 76,2 9,1 22,0 743 45-49 13,3 30,5 74,7 8,2 23,1 638 Milieu de résidence Urbain 29,6 67,8 90,0 23,3 6,6 3 866 Rural 13,7 21,4 76,9 5,4 21,2 4 568 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 31,5 79,7 92,7 28,0 3,4 2 108 Autres villes (sans camps) 27,7 52,6 87,8 17,2 9,7 1 481 Urbain (sans camps) 30,0 68,5 90,7 23,6 6,0 3 588 Rural (sans camps) 13,6 21,1 76,8 5,3 21,3 4 521 Camps 24,3 57,4 80,7 19,1 14,5 325 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 31,5 79,7 92,7 28,0 3,4 2 108 Reste-Ouest 14,1 42,0 83,0 9,8 15,8 1 142 Sud-Est 16,9 14,2 83,8 4,8 15,4 380 Nord 22,2 39,3 83,7 12,2 14,2 809 Nord-Est 23,1 25,1 78,3 12,7 20,4 277 Artibonite 17,4 33,0 81,2 9,5 16,6 1 306 Centre 18,9 13,8 79,5 3,2 18,3 501 Sud 17,2 24,6 74,8 6,8 22,2 608 Grande-Anse 8,3 10,8 62,1 1,8 35,4 322 Nord-Ouest 17,3 20,5 73,2 7,4 22,8 381 Nippes 14,3 18,1 80,7 5,3 18,8 276 Niveau d’instruction Aucun 0,1 10,1 56,3 0,1 42,4 774 Primaire 6,8 26,0 77,2 2,7 20,7 3 105 Secondaire ou plus 34,2 59,5 91,3 23,3 5,6 4 556 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 6,3 5,3 62,8 0,8 35,4 1 426 Second 12,0 11,1 75,0 3,3 22,7 1 464 Moyen 18,6 32,1 83,9 7,9 13,7 1 682 Quatrième 23,7 62,6 91,5 16,3 5,9 1 862 Le plus élevé 37,6 82,7 94,2 32,5 2,3 2 000 Ensemble 15-49 21,0 42,7 82,9 13,6 14,5 8 434 50-59 8,7 22,0 67,6 4,8 30,5 1 059 Ensemble 15-59 19,6 40,4 81,2 12,6 16,3 9 493 Les résultats selon les départements mettent également en évidence quelques disparités. La proportion de femmes n’ayant accès à aucun média est faible dans l’Aire Métropolitaine (9 %) et, dans une moindre mesure, dans le département du Nord (22 %). Elle est, par contre, très élevée dans département de la Grande- Anse (47 %). On retrouve la même tendance chez les hommes. En outre, le niveau d’instruction semble influencer de manière significative le niveau d’exposition aux médias. Que ce soit chez les femmes ou les hommes, l’exposition aux trois médias augmente considérablement avec le niveau d’instruction : d’une exposition presque nulle à 20 % chez les femmes et de moins de 1 % à 23 % chez les hommes lorsqu’on passe des sans instruction au niveau secondaire. Par ailleurs, il convient de relever que 52 % des femmes et 42 % des hommes sans niveau d’instruction ne sont exposés à aucun média contre 11 % de celles et 6 % de ceux ayant un niveau secondaire ou plus. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 41 Les résultats rapportés dans les tableaux 3.4.1 et 3.4.2 montrent une relation positive entre le niveau de bien-être économique des ménages et l’exposition aux médias, celle-ci étant d’autant plus importante que le quintile du bien-être est plus élevé. Le pourcentage de femmes non exposées aux média au moins une fois par semaine est de 52 % parmi celles appartenant aux ménages du quintile le plus bas et de 6 % parmi les femmes vivant dans les ménages du quintile de bien être le plus élevé. Parallèlement, la même constatation est faite pour les hommes, soit respectivement 35 % parmi ceux du quintile le plus bas et 2 % parmi ceux du quintile le plus élevé. 3.5 EMPLOI 3.5.1 Emploi des femmes et des hommes Lors de l’EMMUS-V, des questions relatives à l’emploi ont été posées aux hommes et aux femmes. On a considéré comme ayant un travail, les hommes et les femmes qui ont déclaré avoir eu au cours des douze mois précédant l’enquête, un emploi rémunéré ou non, indépendamment du secteur d’activité et du montant des revenus perçus. Les résultats sont présentés aux tableaux 3.5.1 et 3.5.2. Tableau 3.5.1 Emploi : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans selon qu’elles travaillent ou non et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique A travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête N’a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête Total Effectif de femmes Travaille actuellement1 Ne travaille pas actuellement Ensemble Groupe d’âges 15-19 12,9 7,2 20,1 79,9 100,0 3 352 20-24 28,3 12,6 40,9 59,0 100,0 2 851 25-29 46,1 12,0 58,1 41,8 100,0 2 402 30-34 57,9 12,7 70,6 29,4 100,0 1 826 35-39 60,4 10,1 70,5 29,3 100,0 1 481 40-44 65,4 10,5 75,9 24,1 100,0 1 218 45-49 68,9 8,7 77,6 22,3 100,0 1 157 État matrimonial Célibataire 18,9 7,2 26,1 73,8 100,0 5 277 En union 53,9 12,5 66,4 33,6 100,0 7 808 En rupture d’union 56,8 12,1 68,9 31,0 100,0 1 202 Nombre d’enfants vivants 0 22,4 8,1 30,5 69,5 100,0 5 861 1-2 48,5 12,2 60,7 39,2 100,0 4 524 3-4 60,2 12,5 72,7 27,3 100,0 2 326 5+ 62,3 11,7 74,0 25,9 100,0 1 576 Milieu de résidence Urbain 40,7 9,2 49,9 50,0 100,0 6 786 Rural 41,7 11,7 53,4 46,6 100,0 7 501 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 40,8 8,1 48,9 51,0 100,0 3 682 Autres villes (sans camps) 40,4 10,5 50,9 49,1 100,0 2 662 Urbain (sans camps) 40,6 9,1 49,7 50,2 100,0 6 344 Rural (sans camps) 41,7 11,6 53,3 46,7 100,0 7 402 Camps 41,6 12,4 54,0 46,0 100,0 541 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 40,8 8,1 48,9 51,0 100,0 3 682 Reste-Ouest 44,0 10,9 54,9 45,1 100,0 2 077 Sud-Est 42,1 10,8 52,9 47,0 100,0 608 Nord 42,5 11,8 54,3 45,7 100,0 1 443 Nord-Est 39,7 13,1 52,8 47,2 100,0 515 Artibonite 40,6 13,3 53,9 46,1 100,0 2 040 Centre 40,7 10,6 51,3 48,7 100,0 835 Sud 39,3 7,6 46,9 53,1 100,0 976 Grande-Anse 41,8 10,0 51,8 48,3 100,0 462 Nord-Ouest 39,2 10,9 50,1 49,9 100,0 671 Nippes 38,5 11,9 50,4 49,6 100,0 438 A suivre … 42 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.5.1—Suite Caractéristique sociodémographique A travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête N’a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête Total Effectif de femmes Travaille actuellement1 Ne travaille pas actuellement Ensemble Niveau d’instruction Aucun 58,1 11,3 69,4 30,6 100,0 2 115 Primaire 43,3 12,4 55,7 44,2 100,0 5 182 Secondaire ou plus 34,6 8,8 43,4 56,5 100,0 6 989 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 44,6 11,5 56,1 43,9 100,0 2 175 Second 38,5 13,4 51,9 48,1 100,0 2 311 Moyen 40,1 12,4 52,5 47,5 100,0 2 809 Quatrième 43,9 9,7 53,6 46,4 100,0 3 260 Le plus élevé 39,5 7,4 46,9 53,0 100,0 3 732 Ensemble 41,2 10,5 51,7 48,2 100,0 14 287 1 “Travaille actuellement” concerne les femmes qui ont travaillé au cours des sept derniers jours, y compris celles qui n’ont pas travaillé au cours des sept derniers jours mais qui ont un emploi régulier et qui étaient absentes parce qu’elles étaient en congé, malades, en vacances ou pour d’autres raisons. Dans l’ensemble, deux femmes sur cinq (41 %) ont travaillé au cours des 7 derniers jours ayant précédé l’enquête, une femme sur dix (11 %) qui avait travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête n’a pas travaillé au cours des 7 derniers jours, tandis que près de la moitié des femmes (48 %) n’ont pas travaillé au cours des 12 derniers mois (graphique 3.1). Le pourcentage de femmes qui ont travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête augmente régulièrement avec l’âge, passant d’un minimum de 20 % à 15- 19 ans à un maximum de 78 % à 45-49 ans. Selon l’état matrimonial, les résultats montrent que les femmes en rupture d’union (69 %) et celles en union (66 %) étaient proportionnellement plus nombreuses à travailler au cours des 12 derniers mois que les célibataires (26 %). Le nombre d’enfants semble influencer également l’activité des femmes : plus le nombre d’enfants augmente, plus la proportion de femmes travaillant augmente, passant de 31 % quand les femmes n’ont pas d’enfants à 74 % quand elles en ont cinq ou plus. Graphique 3.1 Emploi des femmes au cours des 12 derniers mois Travaille actuellement 41% Ne travaille pas actuellement mais a travaillé au cours des 12 derniers mois 11% N'a pas travaillé au cours des 12 derniers mois 48% EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 43 Tableau 3.5.2 Emploi : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans selon qu’ils travaillent ou non et selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique A travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête N’a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête Total Effectif d’hommes Travaille actuellement1 Ne travaille pas actuellement Ensemble Groupe d’âges 15-19 38,3 6,5 44,8 55,2 100,0 2 125 20-24 54,7 9,1 63,8 36,2 100,0 1 665 25-29 75,2 8,2 83,4 16,6 100,0 1 309 30-34 87,3 7,2 94,5 5,5 100,0 1 061 35-39 87,9 6,3 94,2 5,8 100,0 892 40-44 91,7 4,5 96,2 3,9 100,0 743 45-49 91,7 4,6 96,3 3,8 100,0 638 État matrimonial Célibataire 49,6 7,4 57,0 43,0 100,0 4 583 En union 89,7 6,4 96,1 3,9 100,0 3 463 En rupture d’union 78,6 8,3 86,9 13,1 100,0 388 Nombre d’enfants vivants 0 51,6 7,9 59,5 40,6 100,0 4 862 1-2 86,0 7,2 93,2 6,8 100,0 1 874 3-4 90,8 4,7 95,5 4,5 100,0 982 5+ 94,4 3,8 98,2 1,8 100,0 716 Milieu de résidence Urbain 55,7 8,9 64,6 35,5 100,0 3 866 Rural 77,4 5,4 82,8 17,2 100,0 4 568 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 54,0 9,7 63,7 36,3 100,0 2 108 Autres villes (sans camps) 58,2 6,7 64,9 35,1 100,0 1 481 Urbain (sans camps) 55,7 8,5 64,2 35,8 100,0 3 588 Rural (sans camps) 77,5 5,4 82,9 17,1 100,0 4 521 Camps 55,9 13,8 69,7 30,3 100,0 325 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 54,0 9,7 63,7 36,3 100,0 2 108 Reste-Ouest 75,8 4,6 80,4 19,6 100,0 1 142 Sud-Est 76,9 5,7 82,6 17,4 100,0 380 Nord 64,2 6,8 71,0 29,0 100,0 809 Nord-Est 73,8 5,1 78,9 21,1 100,0 277 Artibonite 74,1 6,0 80,1 19,8 100,0 1 306 Centre 78,9 4,4 83,3 16,8 100,0 501 Sud 70,3 6,8 77,1 22,9 100,0 608 Grande-Anse 74,6 4,2 78,8 21,2 100,0 322 Nord-Ouest 67,7 5,9 73,6 26,4 100,0 381 Nippes 71,0 7,3 78,3 21,7 100,0 276 Niveau d’instruction Aucun 92,7 2,7 95,4 4,6 100,0 774 Primaire 75,9 5,5 81,4 18,5 100,0 3 105 Secondaire ou plus 57,3 8,7 66,0 33,9 100,0 4 556 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 85,5 3,6 89,1 11,0 100,0 1 426 Second 78,2 5,5 83,7 16,3 100,0 1 464 Moyen 68,2 9,1 77,3 22,8 100,0 1 682 Quatrième 59,8 8,2 68,0 32,0 100,0 1 862 Le plus élevé 53,2 7,7 60,9 39,2 100,0 2 000 Ensemble 15-49 67,4 7,0 74,4 25,6 100,0 8 434 50-59 90,7 4,5 95,2 4,7 100,0 1 059 Ensemble 15-59 70,0 6,7 76,7 23,3 100,0 9 493 1 « Travaille actuellement » concerne les hommes qui ont travaillé au cours des sept derniers jours, y compris ceux qui n’ont pas travaillé au cours des sept derniers jours mais qui ont un emploi régulier et qui étaient absents parce qu’ils étaient en congé, malades, en vacances ou pour d’autres raisons. Les données selon le milieu de résidence montrent que la proportion de femmes qui ont travaillé au cours des 12 derniers mois ayant précédé l’enquête est légèrement plus élevée en milieu rural (53 %) qu’en milieu urbain (50 %). Selon le département, la proportion de femmes qui ont déclaré avoir une activité varie de 47 % dans le Sud à un maximum de 55 % dans l’Ouest sans l’Aire Métropolitaine. Concernant le niveau 44 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés d’instruction, les femmes ayant un niveau d’instruction primaire (69 %) étaient proportionnellement plus nombreuses à exercer une activité que celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (43 %). Enfin, les femmes des ménages du quintile le plus bas sont proportionnellement plus nombreuses à avoir une activité (56 %) que celles des ménages du quintile le plus élevé (47 %). Les résultats concernant les hommes montrent que 74 % ont travaillé au cours des 12 derniers mois ayant précédé l’enquête, dont la grande majorité (67 %) au cours des 7 derniers jours. On note, comme chez les femmes, que le pourcentage d’hommes qui ont travaillé au cours des 12 derniers mois augmente avec l’âge, passant de 45 % à 15-19 ans à 96 % à 40-49 ans. Selon l’état matrimonial, on note que les hommes en union et ceux en rupture d’union étaient, proportionnellement, les plus nombreux à travailler au moment de l’enquête (respectivement 96 % et 87 % contre 57 % des célibataires). Les résultats en fonction du milieu de résidence montrent que la proportion d’hommes qui ont travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête est plus élevée en milieu rural (83 %) qu’en milieu urbain (65 %). Selon le département, la proportion d’hommes qui ont déclaré avoir une activité varie d’un minimum de 64 % dans l’Aire Métropolitaine à un maximum de 83 % dans le Centre. Concernant le niveau d’instruction, on constate que les hommes de niveau d’instruction primaire (95 %) étaient, proportionnellement, plus nombreux à exercer un emploi que ceux de niveau d’instruction secondaire ou plus (66 %). Enfin, on relève que dans les ménages du quintile le plus bas, la proportion d’hommes qui ont travaillé est plus élevée que dans les ménages du quintile le plus élevé (89 % contre 61 %). 3.5.2 Occupation des femmes et des hommes Les tableaux 3.6.1 et 3.6.2 présentent la répartition des femmes et des hommes ayant eu un emploi au cours des 12 derniers mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. La grande majorité des femmes (71 %) a déclaré travailler dans le secteur des ventes et services. Par ailleurs, seulement une femme sur dix (9 %) a déclaré travailler dans le secteur agricole, 8 % comme cadres et 2 % ont déclaré exercer un travail manuel qualifié. Les résultats montrent que la proportion des femmes travaillant dans le secteur des ventes et services est importante quel que soit le milieu de résidence, soit 68 % en milieu urbain et 74 % en milieu rural, et quel que soit le département ; elle varie de 64 % dans l’Aire Métropolitaine à 78 % dans les Nippes. On note, par ailleurs, qu’en milieu urbain, 12 % des femmes travaillaient comme cadres et 12 % comme employées de maison alors que 15 % de celles du milieu rural travaillaient dans l’agriculture. Par rapport au niveau d’instruction, les résultats montrent que parmi les femmes n’ayant aucun niveau d’instruction, 74 % travaillaient dans les ventes et services alors que 19 % de celles ayant au moins un niveau secondaire ou plus travaillaient comme cadres. Quant aux hommes, la majorité exerçaient leur activité dans l’agriculture (44 %). Seulement dans 20 % des cas, les hommes effectuaient un travail manuel non qualifié, 16 % occupaient un emploi dans les ventes et services et 14 % travaillaient comme cadres. Selon le milieu de résidence, on constate que la proportion d’hommes travaillant dans le secteur agricole est plus élevée en milieu rural (67 %) qu’en milieu urbain (9 %). On observe que la proportion d’hommes travaillant dans les ventes et services est un peu plus de deux fois plus élevée en milieu urbain (24 %) qu’en milieu rural (11 %) et il en est de même de ceux exerçant un travail manuel non qualifié (29 % en milieu urbain contre 14 % en milieu rural). Par ailleurs, la proportion des hommes travaillant comme cadres est quatre fois plus élevée en milieu urbain (25 %) qu’en milieu rural (6 %). Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 45 Tableau 3.6.1 Occupation : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Cadre/ technicien/ direction Ventes et services Manuel qualifié Manuel non qualifié Employée de maison Agriculture NSP/ Autres/ Manquant Total Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 2,2 70,2 0,7 2,6 11,1 12,9 0,2 100,0 672 20-24 7,0 70,6 1,4 2,7 10,9 7,4 0,0 100,0 1 168 25-29 11,4 70,4 1,8 2,2 7,8 6,1 0,4 100,0 1 395 30-34 11,5 72,9 2,4 2,9 5,8 4,1 0,3 100,0 1 290 35-39 8,5 73,5 0,8 2,3 5,5 9,4 0,0 100,0 1 045 40-44 6,8 72,5 2,3 1,8 5,1 11,4 0,1 100,0 924 45-49 4,3 68,8 1,3 0,8 6,2 18,5 0,2 100,0 897 État matrimonial Célibataire 14,6 61,1 2,4 2,9 10,3 8,5 0,2 100,0 1 381 En union 6,6 74,5 1,3 2,1 5,6 9,7 0,2 100,0 5 181 En rupture d’union 6,1 68,7 2,3 1,6 13,6 7,6 0,1 100,0 829 Nombre d’enfants vivants 0 16,7 59,0 3,0 3,0 10,6 7,4 0,4 100,0 1 786 1-2 8,4 73,3 1,4 2,7 8,0 6,1 0,1 100,0 2 747 3-4 2,8 79,9 1,2 1,5 5,0 9,5 0,0 100,0 1 691 5+ 1,6 73,3 0,5 0,9 4,7 18,8 0,3 100,0 1 168 Milieu de résidence Urbain 11,7 67,9 2,7 3,5 11,7 2,3 0,2 100,0 3 389 Rural 4,9 74,3 0,6 1,2 3,8 15,1 0,1 100,0 4 002 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 12,5 63,7 4,0 4,2 13,4 1,7 0,4 100,0 1 800 Autres villes (sans camps) 11,7 72,7 1,2 2,8 8,6 3,0 0,1 100,0 1 354 Urbain (sans camps) 12,2 67,6 2,8 3,6 11,3 2,2 0,2 100,0 3 154 Rural (sans camps) 4,9 74,3 0,6 1,1 3,6 15,3 0,1 100,0 3 945 Camps 5,6 72,3 1,7 2,4 15,6 2,3 0,0 100,0 292 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 12,5 63,7 4,0 4,2 13,4 1,7 0,4 100,0 1 800 Reste-Ouest 7,6 77,2 0,9 1,5 4,1 8,6 0,1 100,0 1 141 Sud-Est 3,1 68,8 0,6 1,1 6,5 19,5 0,4 100,0 322 Nord 8,3 77,0 0,6 0,9 7,1 6,2 0,0 100,0 783 Nord-Est 7,3 71,1 4,0 1,0 2,9 13,6 0,0 100,0 272 Artibonite 6,9 73,6 0,0 2,0 3,1 14,2 0,3 100,0 1 099 Centre 3,4 66,8 0,6 1,5 5,3 22,3 0,0 100,0 428 Sud 9,6 72,5 1,5 2,5 5,8 8,1 0,0 100,0 458 Grande-Anse 3,8 70,7 0,2 1,1 4,1 20,0 0,1 100,0 239 Nord-Ouest 5,6 74,3 0,9 1,6 6,0 11,4 0,1 100,0 336 Nippes 4,2 77,9 0,1 1,2 6,8 9,8 0,0 100,0 221 Niveau d’instruction Aucun 0,3 73,6 0,5 0,7 4,5 20,4 0,1 100,0 1 467 Primaire 0,6 79,8 0,9 1,1 8,3 9,1 0,1 100,0 2 891 Secondaire ou plus 18,9 62,2 2,8 4,0 7,9 3,9 0,3 100,0 3 034 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,8 72,3 0,2 0,6 3,2 22,8 0,0 100,0 1 220 Second 2,1 75,0 0,6 0,9 2,8 18,5 0,1 100,0 1 199 Moyen 3,2 80,7 1,0 1,8 6,7 6,6 0,0 100,0 1 476 Quatrième 9,8 72,5 2,6 3,3 9,0 2,5 0,4 100,0 1 747 Le plus élevé 19,4 59,2 2,8 3,5 12,5 2,2 0,3 100,0 1 750 Ensemble 8,0 71,4 1,6 2,2 7,4 9,2 0,2 100,0 7 391 En outre, les résultats montrent que la majorité des hommes sans instruction travaillaient dans l’agriculture (78 %) tandis que seulement 22 % de ceux ayant un niveau secondaire ou plus travaillaient dans ce secteur. En dehors de l’agriculture, les hommes ayant un niveau secondaire ou plus travaillaient essentiellement comme cadres (26 %), exerçaient un travail manuel non qualifié (23 %) ou travaillaient dans le secteur des ventes et services (20 %). 46 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.6.2 Occupation : Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Cadre/ technicien/ direction Ventes et services Manuel qualifié Manuel non qualifié Employé de maison Agriculture NSP/ Autres/ Manquant Total Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 2,4 10,5 1,6 15,9 0,3 68,8 0,5 100,0 951 20-24 8,7 16,7 5,5 22,5 1,5 44,6 0,6 100,0 1 062 25-29 18,4 20,1 6,0 24,0 0,7 30,0 0,9 100,0 1 091 30-34 19,1 16,5 5,0 22,7 1,3 34,4 1,0 100,0 1 003 35-39 18,3 19,8 2,8 20,2 1,7 36,5 0,6 100,0 840 40-44 15,3 15,6 4,0 16,4 1,2 46,7 0,8 100,0 715 45-49 13,5 13,6 3,0 16,2 1,1 51,6 0,9 100,0 614 État matrimonial Célibataire 11,9 14,4 3,7 18,3 0,9 50,1 0,6 100,0 2 611 En union 15,2 18,1 4,4 21,2 1,2 39,1 0,8 100,0 3 329 En rupture d’union 11,1 13,1 5,4 24,2 0,9 44,1 1,3 100,0 337 Nombre d’enfants vivants 0 12,7 14,9 3,8 19,3 0,7 48,0 0,6 100,0 2 890 1-2 17,6 19,2 5,5 23,5 1,7 31,5 1,0 100,0 1 747 3-4 12,0 16,4 3,6 21,0 1,5 45,0 0,5 100,0 938 5+ 9,1 14,9 3,0 14,3 0,7 56,8 1,1 100,0 703 Milieu de résidence Urbain 25,3 24,2 8,2 29,3 2,2 9,1 1,8 100,0 2 495 Rural 5,9 11,1 1,5 14,2 0,4 66,9 0,1 100,0 3 782 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 29,9 26,8 10,7 26,4 2,4 1,3 2,5 100,0 1 342 Autres villes (sans camps) 20,6 20,0 4,5 31,8 1,4 20,7 1,0 100,0 961 Urbain (sans camps) 26,0 24,0 8,1 28,7 2,0 9,4 1,9 100,0 2 303 Rural (sans camps) 5,8 11,0 1,5 13,9 0,4 67,4 0,1 100,0 3 747 Camps 16,6 26,6 8,5 36,4 3,9 7,5 0,4 100,0 227 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 29,9 26,8 10,7 26,4 2,4 1,3 2,5 100,0 1 342 Reste-Ouest 7,8 19,7 3,0 18,0 0,4 50,9 0,1 100,0 918 Sud-Est 8,8 11,0 0,8 14,5 0,0 64,9 0,0 100,0 314 Nord 13,7 13,5 4,1 20,9 0,5 46,5 0,9 100,0 574 Nord-Est 8,7 15,8 3,0 17,6 1,8 53,1 0,0 100,0 219 Artibonite 7,8 12,0 0,8 19,8 0,6 58,6 0,6 100,0 1 047 Centre 7,8 8,6 1,0 12,7 0,2 69,7 0,0 100,0 417 Sud 10,8 10,9 2,6 16,5 0,9 58,2 0,1 100,0 469 Grande-Anse 5,7 6,4 1,0 14,6 0,1 71,8 0,4 100,0 254 Nord-Ouest 7,6 8,0 1,8 17,6 1,0 64,0 0,0 100,0 280 Nippes 8,0 12,1 2,4 16,4 0,7 60,4 0,0 100,0 216 Niveau d’instruction Aucun 1,5 6,3 0,8 12,7 1,1 77,5 0,0 100,0 739 Primaire 1,8 14,6 2,6 19,2 0,8 60,1 0,8 100,0 2 529 Secondaire ou plus 26,4 20,2 6,2 22,8 1,3 22,1 0,9 100,0 3 009 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 1,6 2,3 0,2 6,9 0,1 88,7 0,1 100,0 1 270 Second 3,7 8,6 1,2 12,1 0,2 74,2 0,2 100,0 1 225 Moyen 9,4 20,2 3,3 24,4 1,7 39,9 1,0 100,0 1 299 Quatrième 17,4 25,8 7,7 33,7 2,0 12,0 1,2 100,0 1 266 Le plus élevé 36,5 24,7 8,3 23,5 1,3 4,2 1,4 100,0 1 217 Ensemble 15-49 13,6 16,3 4,1 20,2 1,1 43,9 0,8 100,0 6 277 50-59 7,9 10,5 1,7 12,8 0,5 66,5 0,0 100,0 1 008 Ensemble 15-59 12,8 15,5 3,8 19,1 1,0 47,1 0,7 100,0 7 285 La proportion d’hommes qui travaillaient dans le domaine des ventes et services augmente significativement avec le niveau du bien-être du ménage, passant de 2 % chez les hommes vivant dans les ménages du quintile le plus bas à 25 % chez ceux des ménages du quintile le plus haut. On observe la même tendance pour ceux qui travaillaient comme cadres : de 2 % des hommes des ménages du quintile le plus, cette proportion passe à 37 % parmi ceux des ménages du quintile le plus haut. La tendance s’inverse pour ceux qui Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 47 exerçaient un emploi dans le secteur agricole : environ neuf hommes sur dix des ménages du quintile le plus bas (89 %) travaillaient dans l’agriculture contre 4 % des hommes des ménages du quintile élevé. Le tableau 3.7 présente la répartition des femmes ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type de revenu, type d’employeur et en fonction de la régularité de l’emploi. Dans l’ensemble, on constate que 81 % des femmes qui travaillent ont été payées en argent seulement, 16 % en argent et en nature, 1 % en nature seulement et 1 % n’ont pas été rémunérées. Les femmes travaillant dans le secteur non agricole ont été plus fréquemment rémunérées en argent que les autres (87 % contre 29 %). En revanche, dans le secteur agricole, un peu plus de la moitié des femmes (54 %) ont été rémunérées en argent et en nature et 11 % ont été rémunérées en nature seulement, mais 7 % n’ont pas été rémunérées. Par ailleurs, la majorité de femmes (83 %) travaillaient à leur propre compte, que ce soit parmi celles qui travaillent dans le secteur agricole (79 %) ou dans le secteur non agricole (84 %). En ce qui concerne la régularité de l’emploi, on note que dans 58 % des cas, les femmes ont travaillé toute l’année, en particulier celles exerçant une activité dans le secteur non agricole (60 %). À l’opposé, 47 % des femmes ayant travaillé dans le secteur agricole occupaient un emploi saisonnier contre 16 % dans le secteur non agricole. De plus, les femmes qui travaillent dans le secteur non agricole exercent un emploi occasionnel plus fréquemment que les femmes du secteur agricole (25 % contre 15 %). Tableau 3.7 Type d’emploi : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête en fonction du type de rémunération, du type d’employeur et de la régularité de l’emploi, selon le secteur agricole et non-agricole, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique de l’emploi Travail agricole Travail non agricole Ensemble Type de revenu Argent seulement 28,8 86,5 81,2 Argent et en nature 53,6 12,6 16,3 En nature seulement 10,9 0,2 1,2 Pas rémunéré 6,8 0,6 1,2 Manquant 0,0 0,0 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 Type d’employeur Employé par un membre de la famille 8,3 2,5 3,0 Employé par quelqu’un qui n’est pas membre de la famille 13,2 13,6 13,6 Travaille à son propre compte 78,6 83,8 83,3 Manquant 0,0 0,0 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 Régularité de l’emploi Toute l’année 37,9 59,6 57,6 Saisonnier 47,1 15,6 18,5 Occasionnel 15,0 24,9 23,9 Manquant 0,0 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 680 6 698 7 391 Note : L’ensemble comprend 13 femmes dont l’information sur le type d’emploi est manquante et qui ne sont pas présentées séparément. 48 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés 3.6 ASSURANCE MÉDICALE Au cours de l’enquête, des questions ont été posées pour savoir si les enquêtés avaient une assurance médicale. Les résultats sont présentés au tableau 3.8. Une très faible proportion de femmes et d’hommes (4 %) ont déclaré avoir une assurance médicale et cette proportion est très basse quelles que soient les modalités des caractéristiques sociodémographiques. Tableau 3.8 Assurance médicale Pourcentage des femmes et d’homme de 15-49 ans couvert par une assurance maladie selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Femme Homme Couvert(e) par une assurance maladie Effectif Couvert(e) par une assurance maladie Effectif Groupe d’âges 15-19 2,6 3 352 1,2 2 125 20-24 2,9 2 851 2,3 1 665 25-29 4,0 2 402 3,4 1 309 30-34 5,5 1 826 7,0 1 061 35-39 3,8 1 481 6,6 892 40-44 3,9 1 218 8,0 743 45-49 3,1 1 157 4,7 638 Milieu de résidence Urbain 5,8 6 786 6,9 3 866 Rural 1,5 7 501 1,5 4 568 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 8,3 3 682 8,7 2 108 Autres villes (sans camps) 2,8 2 662 4,6 1 481 Urbain (sans camps) 6,0 6 344 7,0 3 588 Rural (sans camps) 1,5 7 402 1,4 4 521 Camps 3,0 541 4,8 325 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 8,3 3 682 8,7 2 108 Reste-Ouest 2,4 2 077 2,3 1 142 Sud-Est 0,8 608 2,5 380 Nord 2,3 1 443 4,0 809 Nord-Est 2,4 515 1,6 277 Artibonite 0,9 2 040 0,9 1 306 Centre 1,6 835 1,9 501 Sud 2,5 976 3,2 608 Grande-Anse 1,9 462 1,1 322 Nord-Ouest 1,0 671 2,7 381 Nippes 2,1 438 2,2 276 Niveau d’instruction Aucun 0,9 2 115 0,8 774 Primaire 1,3 5 182 0,8 3 105 Secondaire ou plus 6,0 6 989 6,6 4 556 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,7 2 175 0,5 1 426 Second 0,6 2 311 0,3 1 464 Moyen 1,5 2 809 1,9 1 682 Quatrième 2,8 3 260 2,7 1 862 Le plus élevé 9,2 3 732 11,9 2 000 Ensemble 15-49 3,5 14 287 3,9 8 434 50-59 na na 4,4 1 059 Ensemble 15-59 na na 4,0 9 493 Parmi les femmes, la proportion de celles couvertes par une assurance maladie varie de 3 % pour celles de 15-24 ans et celles de 45-49 ans à 6 % pour celles de 30-34 ans. Les proportions les plus élevées de femmes couvertes par une assurance maladie sont observées en milieu urbain (6 %) et surtout dans l’Aire Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 49 Métropolitaine (8 %), parmi celles de niveau secondaire ou plus (6 %) et parmi celles vivant dans les ménages du quintile de bien-être économique le plus élevé (9 %). Parmi les hommes, les proportions couvertes par une assurance maladie varient de 1 % chez ceux qui ont 15-19 ans à 8 % chez ceux âgés de 40-44 ans. Comme chez les femmes, ce sont les hommes qui résident dans le milieu urbain (7 %), en particulier dans l’Aire Métropolitaine (9 %), ceux de niveau secondaire ou plus (7 %) et ceux des ménages du quintile de bien-être économique le plus élevé (12 %) qui bénéficient le plus fréquemment d’une assurance médicale. 3.7 CONSOMMATION DE TABAC La consommation de tabac est un facteur de risque connue pour accroitre la morbidité des affections pulmonaires chez les fumeurs et leur entourage. Et à ce titre, elle est déconseillée par les autorités en santé publique. Cette enquête a été l’occasion d’estimer le niveau de consommation du tabac dans la population échantillonnée. Les tableaux 3.9.1 et 3.9.2 présentent le pourcentage de femmes et d’hommes qui fument des cigarettes, la pipe ou qui consomment du tabac sous d’autres formes, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. La grande majorité de la population ne consomme pas de tabac, soit 95 % des femmes et 88 % des hommes. La proportion des femmes qui fument des cigarettes est estimée à 2 %, celles qui fument la pipe à moins de 1 %, tandis que pour celles qui consomment du tabac sous d’autres formes, elle s’élève à 3 %. Il y a peu de variation importante dans la prévalence de consommation du tabac selon les caractéristiques sociodémographiques. Les usagers du tabac sont néanmoins relativement plus nombreux chez les femmes les plus âgées (10 % pour celles de 40-44 ans et 15 % pour celles de 45 -49 ans), et chez celles n’ayant aucun niveau d’instruction (13 %). L’usage du tabac est plus élevé chez les hommes : 10 % sont des fumeurs de cigarettes et 3 % consomment du tabac sous d’autres formes. Les proportions de fumeurs sont nettement plus élevées chez les hommes de 40 ans ou plus (21 % pour ceux de 40-44 ans et 25 % pour ceux de 45-49 ans), et cela quel que soit le mode de consommation de tabac et chez ceux qui n’ont aucune instruction (29%). On a demandé aux hommes qui ont déclaré fumer des cigarettes, le nombre de cigarettes qu’ils avaient fumées au cours des vingt-quatre heures ayant précédé l’interview. Deux fumeurs sur cinq (41 %) ont consommé 1-5 cigarettes, 17 % entre 6 et 9 cigarettes, et un peu plus d’un quart des fumeurs (27 %) en ont consommé 10 ou plus. Cette consommation élevée de cigarettes (10 ou plus) est plus fréquente parmi les hommes âgés de 25 ans ou plus, parmi ceux de niveau d’instruction primaire (30 %), ceux résidant dans les villes autres que l’Aire Métropolitaine (33 %) et ceux des ménages de quintiles de bien-être économique intermédiaires (32 % pour le second quintile, 30 % pour le quintile moyen et 29 % pour le quatrième quintile). Il convient de relever enfin que 20 % des hommes de 50-59 ans fument des cigarettes et que, parmi eux, 29 % en ont consommé au moins 10 au cours des 24 heures précédant l’interview. 50 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.9.1 Consommation de tabac : Femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui fument des cigarettes, la pipe ou qui consomment du tabac sous d’autres formes, selon certaines caractéristiques sociodémographiques et selon qu’elles sont enceintes et qu’elles allaitent, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Consommation de tabac Ne consomme pas de tabac Effectif de femmes Cigarettes Pipe Autre tabac Groupe d’âges 15-19 0,7 0,0 0,8 98,5 3 352 20-24 1,7 0,0 1,1 97,4 2 851 25-29 1,5 0,0 2,3 96,3 2 402 30-34 2,5 0,0 4,0 93,9 1 826 35-39 2,5 0,3 3,7 93,8 1 481 40-44 3,8 0,9 7,3 89,6 1 218 45-49 4,5 1,5 10,9 85,1 1 157 Maternité, Allaitement Enceinte 1,0 0,0 2,7 96,4 837 Allaite (non enceinte) 1,7 0,2 3,5 95,2 2 088 Ni l’un, ni l’autre 2,2 0,3 3,2 94,9 11 362 Milieu de résidence Urbain 2,5 0,1 1,7 95,9 6 786 Rural 1,6 0,4 4,6 94,2 7 501 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 2,9 0,1 1,6 95,5 3 682 Autres villes (sans camps) 1,5 0,0 1,8 96,9 2 662 Urbain (sans camps) 2,3 0,1 1,7 96,1 6 344 Rural (sans camps) 1,6 0,4 4,6 94,2 7 402 Camps 4,6 0,0 2,0 93,5 541 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 2,9 0,1 1,6 95,5 3 682 Reste-Ouest 1,6 0,1 5,7 93,0 2 077 Sud-Est 3,1 0,6 1,8 96,0 608 Nord 1,2 0,0 0,7 98,3 1 443 Nord-Est 1,1 0,2 1,8 97,2 515 Artibonite 1,4 0,4 5,4 93,5 2 040 Centre 1,2 0,0 5,2 94,2 835 Sud 2,4 0,8 2,3 95,8 976 Grande-Anse 1,5 0,9 5,4 93,0 462 Nord-Ouest 0,8 0,2 2,6 96,7 671 Nippes 1,3 0,5 4,9 94,1 438 Niveau d’instruction Aucun 3,7 1,1 9,3 87,4 2 115 Primaire 1,9 0,2 3,4 95,0 5 182 Secondaire ou plus 1,6 0,0 1,2 97,3 6 989 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 2,0 0,6 5,4 93,2 2 175 Second 1,7 0,6 4,6 94,0 2 311 Moyen 2,2 0,1 4,1 94,1 2 809 Quatrième 2,1 0,1 2,5 95,5 3 260 Le plus élevé 2,1 0,1 1,0 96,8 3 732 Ensemble 2,0 0,2 3,2 95,0 14 287 Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 51 Tableau 3.9.2 Consommation de tabac : Hommes Pourcentage d’hommes de 15-49 ans qui fument des cigarettes, la pipe ou qui consomment du tabac sous d’autres formes, et répartition (en %) des fumeurs de cigarettes par nombre de cigarettes fumées au cours des 24 heures ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Consommation de tabac Ne consomme pas de tabac Effectif d’hommes Répartition (en %) des enquêtés qui fument des cigarettes par nombre de cigarettes fumées dans les dernières 24 heures Total Nombre de fumeurs de cigarettesCigarettes Pipe Autre tabac 0 1-2 3-5 6-9 10+ Ne sait pas/ Manquant Groupe d’âges 15-19 2,0 0,0 0,5 97,6 2 125 (30,8) (35,9) (14,9) (6,5) (10,9) (0,9) 100,0 42 20-24 7,4 0,0 2,2 91,6 1 665 25,6 16,7 29,6 9,8 16,5 1,8 100,0 123 25-29 12,0 0,0 1,7 86,9 1 309 20,0 16,2 18,3 11,7 32,3 1,5 100,0 158 30-34 13,7 0,2 3,4 84,4 1 061 7,9 16,9 29,2 23,1 21,0 1,8 100,0 145 35-39 14,7 0,8 5,0 82,5 892 9,3 20,6 18,3 20,4 31,4 0,0 100,0 132 40-44 17,6 0,6 6,4 79,0 743 9,2 12,7 24,6 21,1 32,3 0,0 100,0 131 45-49 19,1 2,8 8,0 75,4 638 7,8 17,4 22,6 20,3 30,1 1,8 100,0 122 Milieu de résidence Urbain 9,6 0,1 1,4 89,7 3 866 13,6 18,4 24,9 14,7 27,1 1,4 100,0 370 Rural 10,6 0,6 4,3 86,9 4 568 14,7 17,1 22,0 19,0 26,2 1,0 100,0 483 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 11,2 0,0 1,4 88,1 2 108 13,9 17,6 26,1 14,5 26,2 1,7 100,0 236 Autres villes (sans camps) 5,2 0,3 1,2 94,1 1 481 12,0 21,3 20,5 12,1 32,6 1,5 100,0 78 Urbain (sans camps) 8,7 0,1 1,4 90,6 3 588 13,5 18,5 24,7 13,9 27,8 1,6 100,0 314 Rural (sans camps) 10,5 0,6 4,3 86,9 4 521 14,9 17,1 22,1 18,7 26,2 0,9 100,0 476 Camps 19,3 0,2 1,6 79,2 325 12,6 17,8 24,0 21,4 23,8 0,4 100,0 63 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 11,2 0,0 1,4 88,1 2 108 13,9 17,6 26,1 14,5 26,2 1,7 100,0 236 Reste-Ouest 11,4 0,5 4,4 86,1 1 142 20,8 16,3 24,8 16,1 20,1 2,0 100,0 130 Sud-Est 9,8 1,1 0,8 89,3 380 12,4 12,1 24,1 20,6 28,3 2,5 100,0 37 Nord 6,0 0,1 1,8 93,4 809 (26,0) (13,4) (17,8) (15,8) (27,0) (0,0) 100,0 49 Nord-Est 6,6 0,7 1,4 92,5 277 (12,3) (21,6) (15,4) (27,3) (23,4) (0,0) 100,0 18 Artibonite 9,9 0,3 4,6 87,8 1 306 11,2 13,4 14,9 22,6 37,8 0,0 100,0 129 Centre 11,3 0,9 7,0 84,1 501 8,7 30,9 21,4 11,0 28,0 0,0 100,0 57 Sud 6,3 0,8 3,1 90,7 608 (2,6) (22,1) (24,4) (13,6) (37,3) (0,0) 100,0 39 Grande-Anse 14,0 0,5 2,8 85,1 322 11,5 22,3 33,6 16,1 14,6 1,9 100,0 45 Nord-Ouest 8,0 0,6 1,8 91,2 381 13,1 24,0 24,5 14,7 21,5 2,1 100,0 31 Nippes 6,8 0,3 4,3 89,7 276 (22,4) (5,4) (26,9) (23,2) (18,5) (3,7) 100,0 19 Niveau d’instruction Aucun 22,7 2,5 10,4 71,1 774 9,2 16,1 30,2 17,8 26,0 0,7 100,0 175 Primaire 10,6 0,4 3,3 87,5 3 105 13,7 17,9 18,9 18,7 30,2 0,5 100,0 330 Secondaire ou plus 7,6 0,0 1,4 91,5 4 556 17,3 18,3 23,8 15,3 23,4 1,9 100,0 347 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 11,6 1,5 6,7 84,5 1 426 16,0 21,7 23,0 19,3 19,7 0,3 100,0 166 Second 8,7 0,2 4,4 88,4 1 464 13,0 18,4 18,3 17,8 32,5 0,0 100,0 127 Moyen 13,0 0,4 2,3 85,7 1 682 7,9 14,4 27,2 19,4 29,8 1,4 100,0 219 Quatrième 10,5 0,0 1,9 88,3 1 862 15,2 18,4 20,5 16,1 28,5 1,3 100,0 196 Le plus élevé 7,2 0,0 0,8 92,6 2 000 21,5 16,6 25,6 11,9 21,8 2,6 100,0 144 Ensemble 15-49 10,1 0,4 3,0 88,2 8 434 14,2 17,7 23,2 17,1 26,6 1,2 100,0 852 50-59 20,3 2,8 10,5 72,2 1 059 5,2 19,9 30,4 14,2 29,4 0,9 100,0 215 Ensemble 15-59 11,2 0,7 3,8 86,4 9 493 12,4 18,1 24,7 16,5 27,2 1,1 100,0 1 067 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 53 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE 4 e comportement procréateur des femmes est affecté par plusieurs facteurs appelés déterminants proches de la fécondité. Ce chapitre porte sur ces facteurs qui, en dehors de la contraception, jouent un rôle déterminant sur l’exposition des femmes au risque de grossesse et donc sur le niveau de la fécondité. Il s’agit essentiellement de la nuptialité et de l’activité sexuelle. 4.1 ÉTAT MATRIMONIAL En Haïti, on distingue cinq types d’union : marié, placé, vivavèk, fiancé et renmen. Les deux derniers sont généralement considérés comme des unions transitoires vers le plaçage ou le mariage et se caractérisent généralement par la non cohabitation des partenaires. Par contre, le plaçage et le mariage sont des formes d’union beaucoup plus stables où la cohabitation entre partenaires est généralement la règle. Dans le cadre de l’EMMUS-V, ces termes s’appliquent à l’ensemble des femmes et des hommes qui ont été enquêtés pour définir l’union. L’union type « vivavèk » correspond à la situation où une femme entretient une relation régulière avec un homme, même s’ils ne vivent pas sous le même toit. Les femmes en rupture d’union sont les veuves, celles qui sont séparées ou divorcées. Enfin les femmes qui ne sont ni en union, ni en rupture d’union, comme défini ci-dessus, ont été considérées comme célibataires. Les mêmes définitions ont été adoptées pour les hommes. Le tableau 4.1 présente la répartition des hommes et des femmes selon leur état matrimonial au moment de l’enquête. Plus de la moitié des femmes (55 %) sont en union, mais seulement 17 % se sont déclarées mariées. Les célibataires représentent près de quatre femmes sur dix (37 %). De plus, 9 % des femmes sont en rupture d’union : 7 % étaient divorcées ou séparées et 2 % étaient veuves. Les proportions de femmes célibataires diminuent très rapidement avec l’âge, passant de 87 % à 15-19 ans à 25 % à 25-29 ans et à 5 % à 35-39 ans ; à 45-49 ans la proportion de femmes célibataires n’est plus que 2 %. Inversement, la proportion de femmes en union augmente avec l’âge jusqu’à 40 ans. Elle passe de 12 % chez les 15-19 ans à 44 % chez celles de 20-24 ans, pour atteindre son maximum à 35-39 ans (83 %). Les proportions de femmes en rupture d’union augmentent également avec l’âge : à 15-19 ans, 1 % des femmes sont divorcées ou séparées et pratiquement aucune n’est veuve ; à 45-49 ans, 7 % des femmes sont veuves et environ une femme sur six (17 %) est divorcée ou séparée. L Principaux résultats • Plus d’une femme sur deux (55 %) et quatre hommes sur dix (41 %) vivent en union : 16 % des femmes en union ont déclaré que leur conjoint a d’autres femmes. • Les femmes entrent en première union à un âge plus précoce que les hommes : l’âge médian d’entrée en première union est de 21,8 ans chez les femmes de 25-49 ans contre 27,0 ans chez les hommes de 30-59 ans. • L’âge médian aux premiers rapports sexuels est de 18,0 ans chez les femmes de 25-49 ans et 16,5 ans chez les hommes du même groupe d’âges. 54 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse Tableau 4.1 État matrimonial actuel Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans par état matrimonial actuel, selon l’âge, EMMUS-V Haïti 2012 Groupe d’âges Célibataire En union En rupture d’union Total Pourcentage d’enquêtés actuellement en union Effectif d’enquêtés Marié(e) Placée Vivavèk Vivant ensemble Veuve/veuf Divorcé(e) Séparé(e) FEMME Groupe d’âges 15-19 86,8 0,5 5,8 3,3 2,3 0,0 0,1 1,0 100,0 12,1 3 352 20-24 51,6 6,1 22,2 10,5 5,1 0,2 0,0 4,3 100,0 43,9 2 851 25-29 24,7 17,1 35,4 11,5 3,5 0,9 0,2 6,7 100,0 67,4 2 402 30-34 10,1 27,4 38,1 11,3 3,9 1,5 0,2 7,7 100,0 80,6 1 826 35-39 4,6 31,4 40,2 9,3 2,0 3,1 0,3 9,1 100,0 82,9 1 481 40-44 2,7 33,8 35,6 8,1 1,8 5,0 0,6 12,3 100,0 79,4 1 218 45-49 1,7 34,5 32,6 5,3 2,5 6,8 0,7 15,9 100,0 75,0 1 157 Ensemble 15-49 36,9 16,7 26,5 8,3 3,2 1,7 0,2 6,5 100,0 54,7 14 287 HOMME Groupe d’âges 15-19 98,1 0,0 0,9 0,4 0,2 0,0 0,0 0,4 100,0 1,5 2 125 20-24 82,2 1,9 8,1 3,3 2,4 0,0 0,0 2,0 100,0 15,8 1 665 25-29 52,4 7,8 26,8 4,6 3,5 0,2 0,1 4,5 100,0 42,8 1 309 30-34 25,9 22,0 35,5 4,9 3,3 0,8 0,0 7,6 100,0 65,8 1 061 35-39 12,4 30,3 43,9 5,2 1,7 0,4 0,1 6,1 100,0 81,0 892 40-44 5,0 36,8 41,0 5,2 1,4 1,9 0,3 8,3 100,0 84,4 743 45-49 3,4 39,5 43,6 3,6 1,1 1,5 0,2 7,0 100,0 87,9 638 Ensemble 15-49 54,3 13,8 22,0 3,4 1,9 0,5 0,1 4,1 100,0 41,1 8 434 50-59 2,3 43,8 35,1 3,3 0,7 4,6 0,4 9,9 100,0 82,9 1 059 Ensemble 15-59 48,5 17,2 23,4 3,4 1,8 0,9 0,1 4,7 100,0 45,7 9 493 On constate au graphique 4.1 qu’aux jeunes âges, la proportion de célibataires a augmenté entre 2005- 2006 (EMMUS-IV) et 2012 (EMMUS-V) : en 2005-2006, 81 % des jeunes femmes de 15-19 ans étaient célibataires, cette proportion est passée à 87 % en 2012 ; en 2005-2006, seulement 17 % des femmes étaient encore célibataires à 25-29 ans contre 25 % aujourd’hui. Entre 1994-1995 (EMMUS-II) et 2005-2006 (EMMUS-IV), la proportion de célibataires est restée quasiment la même. Graphique 4.1 Proportion (en %) de femmes célibataires par âge selon l’EMMUS-II, l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V 83 41 15 6 2 3 2 81 43 20 8 2 2 2 81 40 17 9 3 2 2 87 52 25 10 5 3 2 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-45 Pourcentage Groupe d'âges EMMUS-II 1994-1995 EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 55 Les résultats concernant les hommes de 15-49 ans (tableau 4.1) montrent que quatre hommes sur dix (41 %) sont en union mais seulement 14 % sont effectivement mariés. Un peu plus de la moitié des hommes (54 %) sont célibataires et 5 % en rupture d’union. La proportion d’hommes célibataires est nettement supérieure à celle des femmes (54 % contre 37 %). Tout comme chez les femmes, mais moins rapidement, la proportion d’hommes célibataires diminue avec l’âge. À 15-19 ans, 98 % des hommes sont célibataires et un peu plus de la moitié (52 %) le sont encore à 25-29 ans, contre un quart de femmes du même groupe d’âges (25 %). À partir de 35 ans, le célibat masculin devient beaucoup moins fréquent : 12 % à 35-39 ans et 3 % à 45-49 ans. Inversement, la proportion d’hommes en union passe de 16 % à 20-24 ans à 88 % à 45-49 ans. Par ailleurs, à partir de 40 ans, environ 9 % d’hommes sont en rupture d’union. 4.2 UNIONS MULTIPLES Il est assez courant en Haïti que les hommes en union aient plusieurs femmes et cette situation semble être assez bien connue par les épouses. Le tableau 4.2.1 présente la répartition des femmes en union par le nombre de femmes de leur conjoint et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Près d’une femme en union sur six (16 %) a déclaré que son conjoint avait, au moins, une autre femme. Par ailleurs, 13 % de femmes ont également déclaré qu’elles ne savent pas si leur conjoint a d’autres femmes. Tableau 4.2.1 Union multiples Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans, actuellement en union, selon le nombre de femmes de leur conjoint (selon les déclarations de la femme), selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de femmes en union qui déclarent que : Total Effectif de femmes Le conjoint n’a pas d’autres femmes Le conjoint a d’autres femmes Ne savent pas si le conjoint a d’autres femmes Groupe d’âges 15-19 72,6 11,4 16,0 100,0 404 20-24 71,0 13,1 15,9 100,0 1 250 25-29 71,8 14,8 13,3 100,0 1 620 30-34 70,9 15,1 14,1 100,0 1 472 35-39 70,1 18,3 11,6 100,0 1 228 40-44 70,6 18,0 11,5 100,0 967 45-49 71,3 17,9 10,8 100,0 867 Milieu de résidence Urbain 65,7 15,6 18,7 100,0 3 430 Rural 75,3 15,7 9,0 100,0 4 378 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 64,2 15,1 20,8 100,0 1 914 Autres villes (sans camps) 67,3 16,8 16,0 100,0 1 251 Urbain (sans camps) 65,4 15,7 18,9 100,0 3 165 Rural (sans camps) 75,4 15,7 9,0 100,0 4 316 Camps 69,3 15,4 15,3 100,0 327 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 64,2 15,1 20,8 100,0 1 914 Reste-Ouest 74,0 15,8 10,2 100,0 1 186 Sud-Est 72,4 14,4 13,2 100,0 321 Nord 67,0 16,3 16,7 100,0 768 Nord-Est 81,3 12,2 6,5 100,0 277 Artibonite 73,1 18,2 8,7 100,0 1 159 Centre 79,8 15,6 4,5 100,0 496 Sud 75,0 13,5 11,5 100,0 499 Grande-Anse 76,7 14,4 8,9 100,0 263 Nord-Ouest 73,2 16,1 10,7 100,0 347 Nippes 68,6 17,2 14,2 100,0 252 Niveau d’instruction Aucun 74,4 18,2 7,4 100,0 1 727 Primaire 71,8 16,3 11,9 100,0 3 017 Secondaire ou plus 68,5 13,6 17,8 100,0 3 064 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 79,5 14,0 6,5 100,0 1 375 Second 76,5 16,1 7,4 100,0 1 379 Moyen 70,3 17,6 12,2 100,0 1 577 Quatrième 65,2 17,8 17,0 100,0 1 740 Le plus élevé 66,7 12,9 20,3 100,0 1 737 Ensemble 71,1 15,7 13,2 100,0 7 808 56 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse En outre, dans sept cas sur dix (71 %), les femmes ont déclaré que leur conjoint n’a pas d’autres femmes. C’est dans le milieu rural (75 % contre 66 % en urbain), dans les départements du Nord-Est (81 %) et du Centre (80 %), parmi les femmes sans instruction (74 %), et parmi celles vivant dans les ménages les plus défavorisés (80 %) que l’on observe les proportions les plus élevées de femmes ayant déclaré que leur conjoint n’avaient pas d’autres femmes. La proportion de femmes qui ont déclaré que leur conjoint n’a pas d’autres femmes ne semblent pas beaucoup varier avec l’âge : elle passe de 73 % parmi les femmes de 15-19 ans à 70 % parmi celles âgées de 35-39 %. Le tableau 4.2.2 présente les résultats sur les unions multiples selon les déclarations des hommes. Dans l’ensemble, 7 % des hommes en union ont déclaré avoir deux femmes ou plus. Cette proportion augmente lentement avec l’âge, passant de 4 % à 20-24 ans à 6 % à 30-34 ans puis à 9 % dans le groupe d’âges 45-49 ans. C’est dans les départements du Nord-Est et du Sud (3 %) et parmi les hommes sans instruction (4 %) que les proportions des hommes en union qui ont déclaré avoir deux femmes ou plus sont les moins élevées. Tableau 4.2.2 Nombre de femmes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans, actuellement en union, par nombre de femmes, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Pourcentage d’hommes en union qui déclarent avoir : Total Effectif d’hommes Une femme Deux femmes ou plus Groupe d’âges 15-19 (100,0) (0,0) 100,0 32 20-24 96,0 4,0 100,0 263 25-29 94,8 5,2 100,0 560 30-34 94,4 5,6 100,0 698 35-39 94,4 5,6 100,0 723 40-44 92,8 7,2 100,0 628 45-49 91,4 8,6 100,0 561 Milieu de résidence Urbain 93,0 7,0 100,0 1 554 Rural 94,5 5,5 100,0 1 910 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 92,8 7,2 100,0 894 Autres villes (sans camps) 93,3 6,7 100,0 524 Urbain (sans camps) 93,0 7,0 100,0 1 418 Rural (sans camps) 94,6 5,4 100,0 1 884 Camps 92,5 7,5 100,0 161 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 92,8 7,2 100,0 894 Reste-Ouest 96,3 3,7 100,0 523 Sud-Est 93,5 6,5 100,0 142 Nord 94,5 5,5 100,0 306 Nord-Est 96,6 3,4 100,0 117 Artibonite 91,7 8,3 100,0 501 Centre 93,5 6,5 100,0 232 Sud 96,6 3,4 100,0 230 Grande-Anse 95,4 4,6 100,0 114 Nord-Ouest 92,4 7,6 100,0 148 Nippes 94,0 6,0 100,0 97 Niveau d’instruction Aucun 95,8 4,2 100,0 510 Primaire 93,2 6,8 100,0 1 312 Secondaire ou plus 93,8 6,2 100,0 1 642 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 94,8 5,2 100,0 633 Second 94,2 5,8 100,0 579 Moyen 94,7 5,3 100,0 732 Quatrième 90,9 9,1 100,0 764 Le plus élevé 95,0 5,0 100,0 755 Ensemble 15-49 93,9 6,1 100,0 3 463 50-59 91,1 8,9 100,0 877 Ensemble 15-59 93,3 6,7 100,0 4 341 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 57 4.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION Compte tenu de la relation étroite existant entre l’âge à la première union et le début de la vie féconde, il est important d’étudier le calendrier de la primo-nuptialité. Le tableau 4.3 présente les âges médians à la première union en fonction de l’âge actuel ainsi que les proportions de femmes et d’hommes déjà en union à différents âges. En Haïti, l’âge d’entrée en union des femmes est assez précoce. En effet, 4 % des femmes de 25-49 ans au moment de l’enquête étaient déjà en union avant d’atteindre l’âge de 15 ans. Un peu plus d’une femme sur cinq (21 %) étaient déjà en union avant 18 ans et plus de deux femmes sur trois (68 %) l’étaient avant d’atteindre 25 ans. L’âge médian d’entrée en première union des femmes de 25-49 ans est estimé à 21,8 ans. Cependant, on note que l’entrée en union des jeunes générations se fait un peu plus tardivement que pour les générations plus anciennes : l’âge médian à la première union passant de 21,4 ans parmi les femmes de 45-49 ans à 22,1 ans chez les femmes 25-29 ans. Les hommes entrent en première union à un âge beaucoup plus tardif que les femmes. L’âge médian à la première union est de 27,0 ans chez les hommes de 30-59 ans contre 21,8 ans chez les femmes. Parmi les hommes de 30-59 ans, seulement 3 % étaient en union avant d’atteindre 18 ans et 10 % l’étaient déjà avant 20 ans. Comme chez les femmes, on note que l’entrée en union des jeunes générations se fait un peu plus tardivement que pour les générations plus anciennes : l’âge médian passant de 26,5 ans chez les hommes de 45-49 ans à 27,4 ans chez ceux de 30-34 ans. Tableau 4.3 Age à la première union Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans par âge exact à la première union et âge médian à la première union selon l’âge actuel, EMMUS-V Haïti 2012 Age actuel Pourcentage en première union avant d’atteindre l’âge exact : Pourcentage de célibataires Effectif d’enquêtés Age médian à la première union 15 18 20 22 25 FEMME Groupe d’âges 15-19 2,5 na na na na 86,8 3 352 a 20-24 2,8 17,5 32,5 na na 51,6 2 851 a 25-29 4,0 20,5 35,5 49,2 65,5 24,7 2 402 22,1 30-34 2,6 20,6 36,2 49,3 65,4 10,1 1 826 22,1 35-39 4,4 21,8 37,4 52,4 69,7 4,6 1 481 21,7 40-44 3,4 19,6 40,5 54,5 69,8 2,7 1 218 21,3 45-49 3,7 22,4 38,1 54,8 73,1 1,7 1 157 21,4 25-49 3,6 20,9 37,1 51,4 68,0 11,1 8 084 21,8 HOMME Groupe d’âges 15-19 0,0 na na na na 98,1 2 125 a 20-24 0,1 2,6 7,6 na na 82,2 1 665 a 25-29 0,2 3,7 8,2 18,2 34,0 52,4 1 309 a 30-34 0,1 2,9 7,4 18,3 35,1 25,9 1 061 27,4 35-39 0,0 1,8 8,8 18,7 37,2 12,4 892 27,3 40-44 0,2 4,6 12,1 21,7 38,4 5,0 743 26,8 45-49 0,0 5,5 12,7 24,1 39,4 3,4 638 26,5 25-49 0,1 3,5 9,4 19,7 36,3 24,3 4 644 a 30-59 0,1 3,3 9,6 19,7 37,3 10,7 4 393 27,0 Note : L’âge à la première union est défini comme étant l’âge auquel l’enquêté(e) a commencé à vivre avec son premier époux/épouse/partenaire na = Non applicable a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont commencé à vivre pour la première fois avec leur épouse/époux/partenaire avant d’atteindre le début du groupe d’âges 58 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse Le tableau 4.4 et le graphique 4.2 présentent les âges médians à la première union des femmes de 25-49 ans et des hommes de 30-59 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, on note des écarts selon le milieu de résidence et le département. C’est en milieu rural que les femmes et les hommes entrent en union le plus tôt (respectivement, 21,1 ans et 26,5 ans). En outre, il semble que le niveau d’instruction influence l’âge d’entrée en première union, l’âge médian variant de 26,0 ans chez les hommes sans instruction à 28,8 ans chez ceux de niveau secondaire ou plus. Chez les femmes, il passe de 19,7 ans parmi celles sans instruction à 20,5 ans parmi celles ayant atteint un niveau d’instruction primaire. En outre, l’âge médian à la première union augmente avec le niveau du bien-être économique du ménage, et il est particulièrement plus élevé chez les femmes et les hommes appartenant aux ménages du quintile le plus élevé (24,7 ans contre 20,5 ans dans le quintile le plus bas pour les femmes et 29,6 ans contre 25,8 ans pour les hommes). Tableau 4.4 Age médian à la première union selon certaines caractéristiques sociodémographiques Age médian à la première union des femmes de 25-49 ans et, des hommes de 30-59 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Age des femmes 25-49 Age des hommes 30-59 Milieu de résidence Urbain 22,8 27,9 Rural 21,1 26,5 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 22,7 28,1 Autres villes (sans camps) 23,4 28,1 Urbain (sans camps) 23,0 28,1 Rural (sans camps) 21,1 26,5 Camps 21,1 25,6 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 22,7 28,1 Reste-Ouest 21,8 26,7 Sud-Est 21,7 27,5 Nord 22,6 26,3 Nord-Est 22,5 27,4 Artibonite 21,3 25,7 Centre 20,3 25,9 Sud 22,5 29,4 Grande-Anse 20,6 27,6 Nord-Ouest 22,1 25,8 Nippes 20,8 27,9 Niveau d’instruction Aucun 19,7 26,0 Primaire 20,5 25,7 Secondaire ou plus a 28,8 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 20,5 25,8 Second 20,5 25,9 Moyen 20,9 26,4 Quatrième 21,9 26,7 Le plus élevé 24,7 29,6 Ensemble 21,8 27,0 Note: L’âge à la première union est défini comme étant l’âge auquel l’enquêté(e) a commencé à vivre avec son premier époux/épouse/partenaire. a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont commencé à vivre pour la première fois avec leur conjoint(e)/partenaire avant d’atteindre le début du groupe d’âges. Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 59 Graphique 4.2 Âge médian des hommes et des femmes à la première union selon le milieu de résidence et le quintile du bien-être économique 4.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS En tant que déterminant de la fécondité, l’âge aux premiers rapports sexuels est tout aussi important que l’âge à la première union, les rapports sexuels n’ayant pas forcément lieu dans le cadre exclusif de l’union. Pour cette raison, on a demandé aux personnes enquêtées l’âge qu’elles avaient lors de leurs premiers rapports sexuels. Au tableau 4.5 figurent les proportions de femmes et d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels avant d’atteindre certains âges exacts et l’âge médian aux premiers rapports sexuels selon l’âge actuel. Avant d’atteindre 15 ans, 13 % des femmes de 25-49 ans avaient déjà eu des rapports sexuels. Cette proportion est de 71 % avant d’atteindre 20 ans et de 90 % avant 25 ans. L’âge médian aux premiers rapports sexuels chez les femmes de 25-49 ans est estimé à 18,0 ans. Cet âge est plus précoce de 3,8 ans que l’âge d’entrée en première union (21,8 ans) (Graphique 4.3). Par ailleurs, des générations les plus anciennes aux plus jeunes, on ne dénote pas de réelle modification de l’âge aux premiers rapports sexuels : l’âge médian étant de 18,4 ans pour les femmes des générations les plus anciennes (âgées de 45-49 ans à l’enquête) contre 17,9 ans pour celles des générations les plus jeunes (20-24 ans). Soulignons enfin qu’entre EMMUS-III de 2000, l’EMMUS-IV de 2005-2006 et l’EMMUS-V de 2012, l’âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 25-49 ans est pratiquement resté le même: 18,2 ans en 2000, puis 18,1 ans en 2005-2006, et 18,0 ans en 2012. 24,7 21,9 20,9 20,5 20,5 21,1 22,8 21,8 29,6 26,7 26,4 25,9 25,8 26,5 27,9 27,0 Le plus élevé Quatrième Moyen Second Le plus bas QUINTILES DE BIEN-ÊTRE ÉCONOMIQUE Rural Urbain RÉSIDENCE Haïti Pourcentage Hommes Femmes EMMUS-V Haïti 2012 60 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse Chez les hommes de 25-59 ans, on constate qu’en atteignant 18 ans, 66 % avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels. Cette proportion passe à 82 % à 20 ans et à 94 % à 25 ans. L’âge médian des hommes aux premiers rapports sexuels est très précoce en Haïti : il s’établit à 16,6 ans. Par ailleurs, des générations les plus anciennes aux plus jeunes, on constate un léger rajeunissement de l’âge aux premiers rapports sexuels : l’âge médian étant de 16,9 ans pour les hommes des générations les plus anciennes (45-49 ans) et de 15,8 ans pour ceux des générations les plus jeunes (20-24 ans). Comme les femmes, les hommes ont leurs premiers rapports sexuels avant leur entrée en première union : près de dix ans avant d’entrer en première union (médiane de 16,6 ans contre 27,0 ans). Tableau 4.5 Age aux premiers rapports sexuels Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans ayant eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre certains âges exacts, pourcentage n’ayant jamais eu de rapports sexuels et âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l’âge actuel, EMMUS-V Haïti 2012 Age actuel Pourcentage ayant déjà eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre l’âge exact de : Pourcentage n’ayant jamais eu de rapports sexuels Effectif Age médian aux premiers rapports sexuels 15 18 20 22 25 FEMME Groupe d’âges 15-19 14,0 na na na na 58,7 3 352 a 20-24 12,7 51,1 73,5 na na 16,6 2 851 17,9 25-29 12,2 51,8 73,1 84,0 92,1 4,7 2 402 17,9 30-34 14,1 50,8 68,7 81,6 89,6 2,6 1 826 17,9 35-39 14,3 51,8 70,9 81,7 89,0 1,6 1 481 17,9 40-44 11,6 46,5 66,2 80,2 89,1 1,0 1 218 18,3 45-49 13,0 45,6 65,7 80,6 89,0 0,6 1 157 18,4 20-49 13,0 50,2 70,6 na na 6,2 10 935 18,0 25-49 13,0 49,9 69,6 82,0 90,1 2,5 8 084 18,0 HOMME Groupe d’âges 15-19 35,7 na na na na 36,9 2 125 a 20-24 35,3 77,3 90,1 na na 6,0 1 665 15,8 25-29 31,6 73,8 87,0 92,1 95,0 2,6 1 309 16,0 30-34 28,9 68,2 82,1 90,9 94,6 0,5 1 061 16,4 35-39 23,6 69,4 84,2 91,3 94,0 0,8 892 16,5 40-44 19,2 60,0 79,1 88,8 92,4 1,0 743 17,0 45-49 19,4 65,1 83,0 91,7 95,6 0,2 638 16,9 20-49 28,3 70,7 85,3 na na 2,5 6 309 16,3 25-49 25,8 68,3 83,5 91,1 94,4 1,2 4 644 16,5 20-59 26,7 68,8 83,9 na na 2,1 7 368 16,4 25-59 24,2 66,4 82,1 90,5 94,1 1,0 5 702 16,6 na = Non applicable pour cause de troncature a = Non calculé parce que moins de 50 % des enquêtés ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre le début du groupe d’âges. Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 61 Graphique 4.3 Âges médians des femmes à la première union et aux premiers rapports sexuels selon le milieu de résidence et le niveau d’instruction Le tableau 4.6 présente l’âge médian des femmes et des hommes aux premiers rapports sexuels selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Selon le milieu de résidence, on constate que, chez les femmes de 25-49 ans, l’âge médian aux premiers rapports sexuels est de 17,7 ans en milieu rural contre 18,4 ans en milieu urbain. Par rapport aux départements, il varie d’un minimum de 17,0 ans dans les Nippes à un maximum de 18,5 ans dans l’Aire Métropolitaine. Les résultats selon le niveau d’instruction montrent que plus les femmes ont un niveau d’instruction élevé, plus l’âge aux premiers rapports sexuels est tardif : de 16,8 ans pour les femmes sans niveau instruction, cet âge médian passe à 17,5 ans pour celles ayant le niveau d’instruction primaire et à 18,9 ans pour celles du secondaire ou plus. Par ailleurs, les femmes des ménages des quintiles les plus élevés débutent leur vie sexuelle un peu plus tard que celles des ménages des quintiles les plus bas (18,9 ans contre 17,3 ans, soit 1,6 ans d’écart). Globalement, quelle que soit la catégorie, les femmes ont leurs premiers rapports sexuels avant le début de l’union (Graphique 4.3). Pour les hommes de 25-59 ans, l’âge médian aux premiers rapports sexuels est de 16,8 ans en milieu rural contre 16,4 ans en milieu urbain. Les résultats ne font pas apparaître de différences importantes selon le département. L’âge médian aux premiers rapports sexuels varie d’un minimum de 16,3 ans dans l’Aire Métropolitaine et le Nord à un maximum de 17,6 ans dans le Nord-Est. Selon le niveau d’instruction, on relève chez les hommes un schéma comportemental inverse à celui des femmes. Les hommes sans niveau d’instruction ont leurs premiers rapports sexuels à 17,3 ans contre 16,7 ans pour ceux ayant un niveau d’instruction primaire, et 16,3 ans pour ceux qui ont un niveau secondaire ou plus. Il n’y a pratiquement pas d’écart d’âge médian aux premiers rapports sexuels entre les hommes des ménages du quintile le plus bas (16,9 ans) et ceux des ménages du quintile le élevé (16,5 ans). 20,5 19,7 21,1 22,8 21,8 17,5 16,8 17,7 18,4 18,0 Primaire Aucun NIVEAU D'INSTRUCTION Rural Urbain RÉSIDENCE Haïti Pourcentage 1ers rapports sexuels 1ère union EMMUS-V Haïti 2012 62 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse Tableau 4.6 Age médian aux premiers rapports sexuels selon certaines caractéristiques sociodémographiques Age médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 20-49 ans et de 25-49 ans et des hommes de 20-59 ans et de 25-59 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Age des femmes Age des hommes 20-49 25-49 20-59 25-59 Milieu de résidence Urbain 18,3 18,4 16,1 16,4 Rural 17,7 17,7 16,7 16,8 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 18,5 18,5 16,1 16,3 Autres villes (sans camps) 18,2 18,3 16,3 16,5 Urbain (sans camps) 18,4 18,4 16,2 16,4 Rural (sans camps) 17,7 17,7 16,7 16,8 Camps 17,2 17,4 15,7 15,8 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 18,5 18,5 16,1 16,3 Reste-Ouest 18,0 18,0 16,7 16,8 Sud-Est 18,0 17,9 16,7 16,9 Nord 17,9 18,0 16,2 16,3 Nord-Est 18,1 18,3 17,2 17,6 Artibonite 17,8 17,8 16,6 16,7 Centre 17,6 17,6 16,6 16,9 Sud 17,5 17,7 16,4 16,7 Grande-Anse 17,5 17,3 16,7 16,9 Nord-Ouest 17,9 18,0 16,4 16,7 Nippes 16,9 17,0 16,5 16,8 Niveau d’instruction Aucun 16,8 16,8 17,3 17,3 Primaire 17,4 17,5 16,6 16,7 Secondaire ou plus 18,7 18,9 16,1 16,3 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 17,4 17,3 16,8 16,9 Second 17,7 17,6 16,7 16,8 Moyen 17,5 17,5 16,4 16,5 Quatrième 18,0 18,2 16,2 16,3 Le plus élevé 18,7 18,9 16,2 16,5 Ensemble 18,0 18,0 16,4 16,6 4.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE La fréquence des rapports sexuels est un facteur déterminant de l’exposition au risque de grossesse, en particulier dans les sociétés où la prévalence de la contraception moderne est faible, comme c’est le cas en Haïti. Le tableau 4.7.1 présente les résultats sur l’activité sexuelle des femmes de 15-49 ans, plus précisément sur le moment où ont eu lieu leurs derniers rapports sexuels. Près de la moitié des femmes (47 %) ont déclaré que leurs derniers rapports sexuels avaient eu lieu récemment, c’est-à–dire durant les quatre semaines ayant précédé l’enquête. La proportion de celles ayant eu leurs derniers rapports sexuels au cours de la dernière année (non compris les quatre dernières semaines) est de 23 %. Celles ayant eu des rapports sexuels il y a plus d’une année représentent 12 %. En outre, 19 % de femmes n’avaient jamais eu de rapports sexuels, en particulier les femmes de 15-19 ans (59 %). La proportion des femmes ayant eu une activité sexuelle récente (au cours des quatre dernières semaines) augmente d’abord avec l’âge, passant d’un minimum de 18 % à 15-19 ans à un maximum de 65 % à 35-39 ans, puis décroît à partir de 40-44 ans. Selon l’état matrimonial, l’activité sexuelle est nettement moins fréquente chez les femmes célibataires (16 %) et celles en rupture d’union (12 %) et que chez les femmes en union (73 %). En fonction de la durée de l’union, on constate que la proportion de femmes sexuellement actives au cours des quatre dernières semaines passe de 69 % chez celles dont la durée de l’union se situe entre 0 et 5 ans à 79 % chez celles en union depuis 15-19 ans et à 68 % chez celles en union depuis 25 ans ou plus. Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 63 La proportion de femmes qui ont eu une activité sexuelle récente est plus élevée en milieu rural (50 %) qu’en milieu urbain (43 %). Selon le département, les femmes du Centre (52 %) ont plus fréquemment déclaré avoir eu des rapports sexuels récents que les femmes des autres départements, en particulier celles du Nord-Ouest (41 %). Par ailleurs, 64 % des femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction ont eu des rapports sexuels récents contre 40 % de celles de niveau d’instruction secondaire ou plus. Enfin, la proportion de femmes sexuellement actives décroit avec le niveau de bien-être économique, de 53 % pour les ménages du quintile le plus bas, à 40 % pour celles des ménages du quintile le plus élevé. Tableau 4.7.1 Activité sexuelle récente des femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en fonction du moment auquel ont eu lieu leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Moment des derniers rapports sexuels : N’a jamais eu de rapports sexuels Total Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Au cours des quatre dernières semaines Au cours de la dernière année1 Il y a un an ou plus Groupe d’âges 15-19 17,5 16,8 7,0 58,7 100,0 3 352 20-24 43,3 30,0 10,0 16,6 100,0 2 851 25-29 57,0 27,0 11,2 4,7 100,0 2 402 30-34 63,5 23,6 10,3 2,6 100,0 1 826 35-39 65,1 21,2 12,0 1,6 100,0 1 481 40-44 58,9 21,2 18,9 1,0 100,0 1 218 45-49 53,6 20,2 25,4 0,6 100,0 1 157 État matrimonial Célibataire 15,7 20,2 14,0 50,1 100,0 5 277 En union 72,9 23,8 3,3 0,0 100,0 7 808 En rupture d’union 11,5 31,7 56,8 0,0 100,0 1 202 Durée de l’union2 0-4 ans 68,7 28,6 2,7 0,0 100,0 2 031 5-9 ans 75,6 21,0 3,4 0,0 100,0 1 233 10-14 ans 75,6 20,7 3,7 0,0 100,0 935 15-19 ans 78,7 17,0 4,3 0,0 100,0 630 20-24 ans 75,8 19,9 4,2 0,0 100,0 501 25 ans+ 68,1 22,7 8,8 0,0 100,0 341 Marié plus d’une fois 72,4 25,4 2,2 0,0 100,0 2 138 Milieu de résidence Urbain 43,3 25,0 14,1 17,4 100,0 6 786 Rural 49,5 21,4 9,6 19,5 100,0 7 501 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 43,6 24,3 14,3 17,7 100,0 3 682 Autres villes (sans camps) 41,4 25,8 14,2 18,4 100,0 2 662 Urbain (sans camps) 42,7 24,9 14,3 18,0 100,0 6 344 Rural (sans camps) 49,5 21,3 9,6 19,5 100,0 7 402 Camps 51,8 26,4 12,2 9,6 100,0 541 Département (camps) Aire Métropolitaine 43,6 24,3 14,3 17,7 100,0 3 682 Reste-Ouest 49,2 20,8 11,2 18,7 100,0 2 077 Sud-Est 44,3 21,9 10,4 23,4 100,0 608 Nord 46,5 23,4 11,6 18,5 100,0 1 443 Nord-Est 43,8 24,8 9,1 22,1 100,0 515 Artibonite 49,9 22,2 10,5 17,4 100,0 2 040 Centre 51,6 21,5 7,5 19,4 100,0 835 Sud 44,9 23,9 11,4 19,7 100,0 976 Grande-Anse 45,7 23,3 11,7 19,2 100,0 462 Nord-Ouest 40,6 23,0 15,0 21,3 100,0 671 Nippes 47,7 24,7 8,0 19,6 100,0 438 Niveau d’instruction Aucun 63,9 21,2 11,9 3,0 100,0 2 115 Primaire 48,2 21,1 10,6 20,1 100,0 5 182 Secondaire ou plus 40,2 25,2 12,6 22,0 100,0 6 989 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 52,5 19,2 6,9 21,4 100,0 2 175 Second 48,0 22,8 9,4 19,7 100,0 2 311 Moyen 48,4 24,4 11,4 15,8 100,0 2 809 Quatrième 47,3 22,2 13,6 16,8 100,0 3 260 Le plus élevé 40,2 25,5 14,7 19,5 100,0 3 732 Ensemble 46,6 23,1 11,8 18,5 100,0 14 287 1 Non compris les femmes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines. 2 Non compris les femmes qui ne sont pas actuellement en union. 64 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse Le tableau 4.7.2 présente la répartition des hommes en fonction du temps écoulé depuis leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Dans l’ensemble, 57 % des hommes de 15 à 49 ans ont eu une activité sexuelle récente, 23 % ont eu leurs derniers rapports sexuels au cours de l’année ayant précédé l’enquête (non compris les quatre dernières semaines) et, pour 9 %, les derniers rapports sexuels ont eu lieu il y a un an ou plus. Par ailleurs, 11 % des hommes n’ont jamais eu de rapports sexuels. Tableau 4.7.2 Activité sexuelle récente des hommes Répartition (en %) des hommes en fonction du moment auquel ont eu lieu leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Moment des derniers rapports sexuels : Caractéristique sociodémographique Au cours des quatre dernières semaines Au cours de la dernière année1 Il y a un an ou plus N’a jamais eu de rapports sexuels Total2 Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 23,8 23,4 15,9 36,9 100,0 2 125 20-24 51,0 31,4 11,5 6,0 100,0 1 665 25-29 66,6 24,5 6,3 2,6 100,0 1 309 30-34 75,0 19,5 5,0 0,5 100,0 1 061 35-39 78,5 17,0 3,7 0,8 100,0 892 40-44 75,5 20,6 3,0 1,0 100,0 743 45-49 79,0 14,8 5,6 0,2 100,0 638 État matrimonial Célibataire 36,0 28,7 14,8 20,5 100,0 4 583 En union 85,1 14,3 0,5 0,0 100,0 3 463 En rupture d’union 48,8 35,5 15,6 0,0 100,0 388 Durée de l’union3 0-4 ans 84,4 15,4 0,3 0,0 100,0 897 5-9 ans 81,9 17,6 0,5 0,0 100,0 570 10-14 ans 85,9 12,6 1,2 0,0 100,0 426 15-19 ans 83,6 16,1 0,4 0,0 100,0 268 20-24 ans 86,6 12,2 0,7 0,0 100,0 181 25 ans+ 81,1 16,2 2,7 0,0 100,0 67 Marié plus d’une fois 87,6 11,9 0,4 0,0 100,0 1 055 Milieu de résidence Urbain 58,5 22,8 10,1 8,5 100,0 3 866 Rural 55,3 23,3 8,0 13,4 100,0 4 568 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 59,7 21,8 11,1 7,3 100,0 2 108 Autres villes (sans camps) 56,0 23,8 8,9 11,1 100,0 1 481 Urbain (sans camps) 58,2 22,7 10,2 8,9 100,0 3 588 Rural (sans camps) 55,2 23,4 8,0 13,4 100,0 4 521 Camps 63,1 24,0 8,6 4,1 100,0 325 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 59,7 21,8 11,1 7,3 100,0 2 108 Reste-Ouest 60,8 20,8 6,8 11,6 100,0 1 142 Sud-Est 53,0 21,9 10,3 14,9 100,0 380 Nord 57,0 23,4 6,3 13,1 100,0 809 Nord-Est 55,9 24,9 7,1 12,0 100,0 277 Artibonite 51,4 26,1 9,2 13,3 100,0 1 306 Centre 57,3 20,9 7,9 14,0 100,0 501 Sud 54,8 24,6 8,9 11,6 100,0 608 Grande-Anse 45,6 26,9 10,7 16,8 100,0 322 Nord-Ouest 59,8 21,3 7,5 11,5 100,0 381 Nippes 53,1 23,9 11,3 11,4 100,0 276 Niveau d’instruction Aucun 67,8 19,5 6,0 6,7 100,0 774 Primaire 52,1 22,0 8,0 17,9 100,0 3 105 Secondaire ou plus 58,1 24,5 10,1 7,2 100,0 4 556 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 55,2 22,9 6,1 15,7 100,0 1 426 Second 49,6 25,5 9,3 15,5 100,0 1 464 Moyen 56,8 25,0 8,4 9,7 100,0 1 682 Quatrième 61,4 20,1 9,9 8,5 100,0 1 862 Le plus élevé 58,7 22,5 10,4 8,3 100,0 2 000 Ensemble 15-49 56,8 23,1 9,0 11,1 100,0 8 434 50-59 68,9 21,1 9,6 0,1 100,0 1 059 Ensemble 15-59 58,1 22,9 9,0 9,9 100,0 9 493 1 Non compris les hommes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines. 2 Y compris les manquants 3 Non compris les hommes qui ne sont pas actuellement en union. Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 65 La proportion d’hommes ayant eu des rapports sexuels récents (dans les quatre dernières semaines) augmente avec l’âge, passant d’un minimum de 24 % chez les hommes de 15-19 ans à 79 % chez ceux de 35- 39 ans. Comme chez les femmes, ce sont les hommes en union (85 %) qui ont eu le plus fréquemment une activité sexuelle récente. Contrairement aux femmes, la proportion d’hommes sexuellement actifs au cours des quatre dernières semaines est légèrement plus faible en milieu rural (55 %) qu’en milieu urbain (59 %). Des variations notables sont observées selon le département de résidence : la proportion d’hommes ayant eu des rapports sexuels récents passe d’un minimum de 46 % dans les Nippes à un maximum de 61 % dans l’Ouest n’incluant pas l’Aire Métropolitaine. Comme chez les femmes, la proportion d’hommes qui ont eu une activité sexuelle récente diminue avec le niveau d’instruction, passant de 69 % chez les hommes qui n’ont aucun niveau d’instruction à 58 % chez ceux de niveau secondaire ou plus. On ne note pas de tendance régulière dans la variation de cette proportion selon le quintile de bien-être. Fécondité • 67 FÉCONDITÉ 5 es informations collectées au cours de l’EMMUS-V sur l’histoire génésique des femmes permettent d’estimer le niveau actuel de la fécondité, de dégager ses tendances et de mettre en évidence certaines caractéristiques différentielles. Pour obtenir ces informations, des questions ont été posées concernant le nombre total d’enfants nés vivants de chaque femme, en distinguant : 1) les garçons des filles ; 2) ceux qui vivaient avec leur mère de ceux résidant ailleurs ; 3) ceux qui étaient encore en vie de ceux déjà décédés. Ensuite, l’enquêtrice reconstituait avec la femme, l’historique complète de ses naissances, en commençant par la plus ancienne ; et en enregistrant pour chacune d’entre elles, le type de naissance (simple ou multiple), le sexe, la date de naissance et l’état de survie (vivant ou décédé). Pour les enfants encore en vie, l’enquêtrice enregistrait leur âge au moment de l’enquête et distinguait ceux vivant avec la mère de ceux vivant ailleurs. Pour les enfants décédés, c’est l’âge au décès qui était enregistré. À la fin de l’interview, pour s’assurer de la cohérence des données, l’enquêtrice devait confronter le nombre total d’enfants déclarés avec le nombre d’enfants obtenus à partir de l’historique des naissances. Étant donné qu’il s’agit d’une enquête rétrospective, les données collectées permettent d’estimer, non seulement le niveau de la fécondité sur la période actuelle, mais également les tendances passées de la fécondité au cours des 20 dernières années précédant l’enquête. Malgré l’organisation mise en place pour atteindre les objectifs de l’enquête (notamment la formation, les instructions données aux agents de terrain et les contrôles opérés à tous les niveaux), les données obtenues peuvent être sujettes à différents types d’erreurs. Ces erreurs sont principalement celles inhérentes aux enquêtes rétrospectives. Il s’agit notamment :  du sous-enregistrement des naissances, en particulier l’omission d’enfants qui vivent ailleurs, de ceux qui meurent très jeunes, quelques heures ou quelques jours seulement après la naissance, ce qui peut entraîner une sous-estimation des niveaux de fécondité ; L Principaux résultats  En Haïti, une femme donne naissance, en moyenne, à 3,5 enfants.  La fécondité est beaucoup plus précoce dans des camps qu’en milieu rural et qu’en milieu urbain.  Les femmes du milieu rural donnent naissance, en moyenne, à 1,9 enfants de plus que celles du milieu urbain.  Les femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction ont, en moyenne, 1,8 enfants de plus que celles qui ont atteint le niveau secondaire ou plus.  Près d’une naissance sur cinq (19 %) s’est produite moins de 24 mois après la naissance précédente.  Une adolescente de 15-19 ans sur sept a déjà commencé sa vie reproductive : 11 % d’entre elles ont eu au moins un enfant et 3 % sont enceintes du premier enfant.  La proportion des adolescentes ayant commencé leur vie reproductive est nettement plus élevée dans les camps (26 %) qu’en milieu rural (15 %) et qu’en milieu urbain (13 %). 68 • Fécondité  de l’imprécision des déclarations de date de naissance et/ou d’âge, en particulier l’attraction pour des années de naissance ou pour des âges arrondis, ce qui peut entraîner des sous-estimations ou des surestimations de la fécondité à certains âges et/ou pour certaines périodes ;  du biais sélectif de survie ou effet de sélectivité. En effet, les femmes enquêtées sont celles qui sont survivantes. Si l’on suppose que la fécondité des femmes décédées avant l’enquête est différente de celle des survivantes, les niveaux de fécondité obtenus s’en trouveraient légèrement biaisés. Par ailleurs, les informations peuvent aussi être affectées par le mauvais classement des dates de naissance d’enfants nés depuis 2007, transférées vers les années précédentes. Ces transferts d’année de naissance, que l’on retrouve dans certaines enquêtes démographiques et de santé (EDS), sont parfois effectués par les enquêtrices pour éviter de poser les questions sur la santé des enfants ayant l’âge limite d’éligibilité (nés depuis 2007 dans le cas de l’EMMUS-V). On a constaté que des cas de transferts de naissances se sont produits 1 de 2007 vers 2006. Cependant, ces transferts sont assez faibles et ne peuvent affecter les niveaux actuels de fécondité qui sont calculés sur les trois dernières années. 5.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE Le niveau de la fécondité est mesuré par les taux de fécondité par groupe d’âges et l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF). Les taux de fécondité par groupe d’âges sont calculés en rapportant les naissances vivantes issues des femmes de chaque groupe d’âges, à l’effectif des femmes du groupe d’âges correspondant. Quant à l’ISF, il est obtenu à partir du cumul des taux de fécondité par âge. L’ISF mesure le nombre moyen d’enfants nés vivants qu’aurait une femme en fin de vie féconde, si les conditions et le niveau actuel de la fécondité restaient invariables. Les taux présentés ici ont été calculés pour une période de trois années précédant l’enquête. Cette période de trois années a été choisie pour répondre à trois objectifs importants :  fournir des indicateurs de fécondité les plus récents possibles ;  minimiser les erreurs de sondage ; et  éviter au maximum les problèmes de transfert de dates de certaines naissances. Le tableau 5.1 présente quatre indicateurs de mesure du niveau de la fécondité : les taux de fécondité par groupe d’âges, l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) pour les trois années ayant précédé l’enquête, le Taux Global de Fécondité Générale (TGFG) et le Taux Brut de Natalité (TBN). Ces indicateurs sont présentés pour chaque milieu de résidence. 1 À l’Annexe C, le tableau C4 fournit la distribution des naissances par année de naissance. Le rapport de naissances annuelles (rapport des naissances de l’année x à la demi somme des naissances des années précédentes et suivantes, soit Nx/[(Nx-1+Nx+1)/2]), rend compte des déplacements d’années de naissance. Le rapport semble indiquer un léger manque de naissances en 2007 (rapport = 95 < 100) et un excédent en 2006 (rapport = 102 > 100). Fécondité • 69 Tableau 5.1 Fécondité actuelle Taux de fécondité par âge, Indice Synthétique de Fécondité (ISF), Taux Global de Fécondité Générale (TGFG) et Taux Brut de Natalité (TBN) pour la période des trois années ayant précédé l’enquête selon le milieu de résidence, EMMUS- V Haïti 2012 Groupe d’âges Milieu de résidence détaillé Ensemble Aire Métropolitaine (sans camps) Autres villes (sans camps) Urbain (sans camps) Rural (sans camps) Camps 15-19 54 42 49 78 107 66 20-24 93 104 98 188 166 146 25-29 107 129 116 200 181 159 30-34 110 136 121 176 126 147 35-39 86 68 78 158 106 121 40-44 33 51 41 64 25 53 45-49 8 4 6 20 (14) 15 ISF (15-49) 2,5 2,7 2,5 4,4 3,6 3,5 TGFG 84 89 86 144 133 117 TBN 24,8 24,0 24,4 29,4 37,7 27,8 Notes : La valeur entre parenthèse est basée sur 125-249 cas non pondérés. Les taux sont exprimés pour 1 000 femmes. Les taux pour le groupe d’âges 45-49 ans peuvent être légèrement biaisés pour cause de troncature. Les taux correspondent à la période 1-36 mois avant l’interview. ISF : Indice Synthétique de Fécondité exprimé pour une femme. TGFG : Taux Global de Fécondité Générale exprimé pour 1 000 femmes de 15-44 ans. TBN : Taux Brut de Natalité exprimé pour 1 000 individus. La courbe des taux de fécondité par groupe d’âges, illustrée par le graphique 5.1, présente une allure classique généralement observée dans les pays à forte fécondité. On constate un niveau de fécondité précoce relativement élevé, avec un taux de 66 ‰ à 15-19 ans, qui augmente rapidement avec l’âge, pour atteindre un maximum de 159 ‰ à 25-29 ans et qui, par la suite, décroit régulièrement pour tomber à 15 ‰ à 45-49 ans. En Haïti, la fécondité des femmes demeure encore élevée, puisqu’en arrivant en fin de vie féconde, une femme a, en moyenne, 3,5 enfants. Graphique 5.1 Taux de fécondité par âge selon le milieu de résidence 0 50 100 150 200 250 15 20 25 30 35 40 45 Naissances pour mille Âge de la femme Aire Métropolitaine Autres villes Rural Camp Ensemble EMMUS-V Haïti 2012 70 • Fécondité Le taux global de fécondité générale (TGFG), qui mesure le nombre annuel moyen de naissances vivantes pour 1 000 femmes en âge de procréer, est estimé à 117 ‰. Le taux brut de natalité (TBN) est, quant à lui, estimé à 28 ‰. Il correspond au nombre annuel moyen de naissances vivantes survenues dans la population totale. Des différences très nettes de fécondité apparaissent entre les milieux de résidence. Les femmes résidant dans des camps d’hébergement ont une fécondité plus précoce que celle des femmes du milieu rural et beaucoup plus précoce que celle des femmes du milieu urbain : en effet, à 15-19 ans, le taux y est estimé à 107 ‰ contre 78 ‰ en milieu rural et 49 ‰ en urbain. En outre, on constate qu’à partir de 20 ans, les femmes du milieu rural ont une fécondité beaucoup plus élevée que celle qui prévaut en milieu urbain ou dans des camps. L’ISF qui en résulte est estimé à 4,4 enfants par femme en milieu rural contre 2,5 en milieu urbain et 3,6 dans des camps. Les femmes du milieu rural ont donc une fécondité beaucoup plus élevée que celles des villes : elles donnent naissance, en moyenne, à 1,9 enfants de plus que les femmes du milieu urbain. Le tableau 5.2 présente le nombre moyen d’enfants (ISF) par femme selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Il présente également le pourcentage de femmes de 15-49 ans enceintes au moment de l’enquête. Le niveau d’instruction de la femme et le statut économique du ménage influent de manière importante sur le niveau de fécondité. En effet, les femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction ont, en moyenne, deux fois plus d’enfants que celles qui ont atteint le niveau secondaire ou plus (ISF : 5,4 contre 2,6). De même, le nombre moyen d’enfants par femme passe de 5,7 enfants pour les ménages du quintile le plus bas à 1,9 enfants pour les ménages du quintile le plus élevé: l’ISF est donc trois fois plus élevé chez les femmes des ménages du quintile le plus bas que dans ceux du quintile le plus élevé. En outre, les variations de l’ISF selon le département de résidence sont également importantes, allant d’un minimum de 2,5 enfants dans l’Aire Métropolitaine à un maximum de 4,8 enfants dans le Centre et la Grande-Anse. Par ailleurs, 6 % des femmes enquêtées de 15-49 ans se sont déclarées enceintes lors du passage des enquêtrices. Précisons que cette proportion est probablement sous-estimée dans la mesure où les enquêtées qui sont en début de grossesse et ne savent pas si elles sont enceintes, n’ont pas déclaré leur état. Les variations des proportions de femmes enceintes suivent globalement celles du niveau de la fécondité actuelle. Tableau 5.2 Fécondité selon certaines caractéristiques Indice Synthétique de Fécondité pour les trois années ayant précédé l’enquête, pourcentage de femmes de 15-49 ans actuellement enceintes et nombre moyen d’enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographiques Indice synthétique de fécondité Pourcentage de femmes de 15-49 ans actuellement enceintes Nombre moyen d’enfants nés vivants des femmes de 40-49 ans Milieu de résidence Urbain 2,6 4,6 3,8 Rural 4,4 7,0 5,7 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 2,5 4,2 3,6 Autres villes (sans camps) 2,7 5,0 4,1 Urbain (sans camps) 2,5 4,5 3,8 Rural (sans camps) 4,4 7,0 5,7 Camps 3,6 6,2 4,1 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 2,5 4,2 3,6 Reste-Ouest 4,3 7,5 5,0 Sud-Est 4,3 6,4 5,5 Nord 3,4 4,9 4,5 Nord-Est 4,2 7,5 5,3 Artibonite 3,5 7,0 5,6 Centre 4,8 8,2 6,5 Sud 4,0 4,0 5,4 Grande-Anse 4,8 6,3 6,0 Nord-Ouest 3,4 5,3 4,9 Nippes 3,4 7,2 5,4 Niveau d’instruction Aucun 5,4 6,9 6,0 Primaire 4,3 6,9 4,9 Secondaire ou plus 2,6 4,7 2,7 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 5,7 7,2 6,8 Second 4,7 7,3 5,8 Moyen 3,8 7,6 5,2 Quatrième 3,1 5,8 4,3 Le plus élevé 1,9 3,0 2,8 Ensemble 3,5 5,9 4,9 Note : l’Indice Synthétique de Fécondité correspond à la période 1-36 mois avant l’interview. Fécondité • 71 Au tableau 5.2 figure aussi le nombre moyen d’enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans. Ce nombre est assimilable à la descendance finale. À l’inverse de l’ISF qui mesure la fécondité actuelle des femmes de 15-49 ans, ce nombre moyen est le résultat de la fécondité passée des femmes enquêtées qui ont atteint la fin de leur vie féconde. Dans une population où la fécondité reste invariable, cette descendance tend à se rapprocher de l’ISF. Par contre, quand l’ISF est inférieur au nombre moyen d’enfants par femme en fin de vie féconde, cela pourrait indiquer une tendance à la baisse de la fécondité. En Haïti, l’écart entre l’ISF (3,5 enfants) et la descendance finale (4,9 enfants) est suffisamment important pour indiquer une tendance à la baisse de la fécondité. On note que cette baisse de la fécondité concerne pratiquement toutes les femmes, quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques. 5.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ Quatre sources de données permettent de retracer les tendances de la fécondité : il s’agit de l’EMMUS-II, de l’EMMUS-III, de l’EMMUS-IV et de l’EMMUS-V (Tableau 5.3.1). On constate tout d’abord une certaine similarité de l’allure générale des courbes des taux de fécondité par âge (Graphique 5.2) : en effet, après 15-19 ans, elles augmentent toutes de façon très rapide jusqu’à 25-29 ans ou 30-34 ans, pour décroitre ensuite de manière régulière jusqu’à 45-49 ans. On remarque que jusqu’à 40-44 ans la courbe des taux de fécondité de l’enquête actuelle est située nettement en dessous de celle des taux de l’enquête précédente de 2005-2006, qui, à son tour, est située nettement en dessous des deux précédentes alors que ces dernières sont pratiquement confondues, indiquant une baisse récente et soutenue de la fécondité. Il en résulte que l’ISF qui était estimé à 4,7 enfants par femme à l’EMMUS-II et à l’EMMUS-III a ensuite régulièrement baissé pour atteindre 3,9 enfants par femme à l’EMMUS-III et le niveau actuel de de 3,5 enfants par femmes. Tableau 5.3.1 Tendance des taux de fécondité par âge et de l’Indice Synthétique de Fécondité Taux de fécondité par âge et Indice Synthétique de Fécondité (ISF) pour la période des trois années ayant précédé différentes enquêtes Âge de la mère à la naissance EMMUS-II 1994-1995 EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 15-19 76 86 68 66 20-24 179 183 161 146 25-29 233 198 169 159 30-34 206 219 175 147 35-39 166 161 132 121 40-44 78 74 65 53 45-49 19 17 13 15 ISF 15-49 4,8 4,7 3,9 3,5 Note : Les taux de fécondité par groupe d’âges sont exprimés pour 1000 femmes. 72 • Fécondité Graphique 5.2 Taux de fécondité par âge selon l’EMMUS-II, l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V Les données collectées lors de l’EMMUS-V permettent également de retracer les tendances passées de la fécondité à partir des taux de fécondité par groupes d’âges des femmes, par période quinquennale avant l’enquête, depuis 1992 (Tableau 5.3.2 et Graphique 5.3). On relève que dans tous les groupes d’âges, les taux de fécondité ont régulièrement baissé, des périodes les plus anciennes aux plus récentes. Ces résultats confirment donc la tendance à la baisse de la fécondité au cours des dernières années. 0 50 100 150 200 250 15 20 25 30 35 40 45 50 Naissances pour mille Âge de la femme EMMUS-II 1994-1995 EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 Tableau 5.3.2 Tendance de la fécondité par âge Taux de fécondité par âge par période de cinq ans ayant précédé l’enquête, selon l’âge de la mère au moment de la naissance de l’enfant, EMMUS-V Haïti 2012 Groupe d’âges Nombre d’années ayant précédé l’enquête 0-4 5-9 10-14 15-19 15-19 65 66 81 91 20-24 146 162 187 209 25-29 154 173 219 258 30-34 146 172 206 [256] 35-39 118 135 [169] - 40-44 54 [86] - - 45-49 [16] - - - Note : Les taux de fécondité par groupe d’âges sont exprimés pour 1000 femmes. Les taux entre crochets sont tronqués. Les taux excluent le mois de l’interview. Fécondité • 73 Graphique 5.3 Taux de fécondité par âge par période de cinq ans ayant précédé l’EMMUS-V 5.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE Lors de l’enquête, on a posé aux femmes une série de questions pour déterminer le nombre total d’enfants qu’elles ont eus au cours de leur vie. Les résultats obtenus ont permis de calculer les parités moyennes par groupe d’âges, pour toutes les femmes et pour les femmes en union. Le tableau 5.4 présente la répartition de toutes les femmes et des femmes actuellement en union selon le nombre total d’enfants qu’elles ont mis au monde. En Haïti, les femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête ont donné naissance, en moyenne, à 1,9 enfants parmi lesquels 1,7 sont encore en vie, ce qui signifie qu’environ 11 % de leurs enfants sont décédés. Le nombre moyen d’enfants nés vivant augmente rapidement avec l’âge : de 0,1 à 15-19 ans, il atteint 1,5 à 25-29 ans et un maximum de 5,4 à 45-49 ans. Par ailleurs, la répartition des femmes selon le nombre de naissances vivantes montre que 11 % des jeunes filles de moins de 20 ans ont déjà donné naissance à, au moins, un enfant. Une femme de 20-24 ans sur six (17 %) a déjà donné naissance à deux enfants ou plus et 23 % des femmes de 45-49 ans ont donné naissance à dix enfants ou plus. Par ailleurs, les résultats concernant les femmes actuellement en union ne sont guère différents de ceux relatifs à l’ensemble des femmes, sauf aux jeunes âges. En effet, on constate qu’environ deux tiers des femmes actuellement en union et âgées de 15-19 ans (65 %) ont déjà au moins un enfant contre 11 % pour l’ensemble des femmes de ce même groupe d’âges. De même, à 20-24 ans, 80 % des femmes en union ont déjà, au moins, un enfant contre 46 % pour l’ensemble des femmes. À partir de 25 ans, âge au-delà duquel la majorité des femmes sont en union, les écarts se réduisent considérablement : ainsi, à 25-29 ans, la parité moyenne des femmes en union est de 2,0 enfants contre 1,5 pour l’ensemble des femmes. En fin de vie féconde (45-49 ans), la parité des femmes en union (5,7 enfants) n’est guère différente de celle de l’ensemble des femmes (5,4 enfants). 0 50 100 150 200 250 300 15 20 25 30 35 40 45 50 Naissances pour mille Âge de la femme 0-4 ans 5-9 ans 10-14 ans 15-19 ans Périodes avant avant l'enquête EMMUS-V Haïti 2012 74 • Fécondité Tableau 5.4 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes Répartition (en %) de toutes les femmes de 15-49 ans et des femmes actuellement en union de 15-49 ans par nombre d’enfants nés vivants, nombre moyen d’enfants nés vivants et nombre moyen d’enfants survivants, selon le groupe d’âges des femmes, EMMUS-V Haïti 2012 Groupe d’âges Nombre d’enfants nés vivants Total Effectif de femmes Nombre moyen d’enfants nés vivants Nombre moyen d’enfants survivants 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10+ TOUTES LES FEMMES 15-19 88,8 9,8 1,3 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 3 352 0,13 0,12 20-24 54,4 28,9 12,9 3,3 0,6 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 2 851 0,67 0,62 25-29 28,2 26,3 22,0 13,7 7,0 2,0 0,5 0,2 0,0 0,0 0,0 100,0 2 402 1,54 1,39 30-34 15,8 20,1 20,6 15,7 13,4 6,7 4,3 2,0 0,9 0,3 0,1 100,0 1 826 2,47 2,24 35-39 7,4 11,9 16,6 16,5 16,0 12,0 7,7 5,6 4,3 1,4 0,8 100,0 1 481 3,58 3,18 40-44 6,2 7,6 11,3 14,2 15,3 12,1 12,4 7,9 4,8 4,5 3,7 100,0 1 218 4,42 3,82 45-49 3,3 5,4 9,0 10,4 12,5 13,9 11,7 10,5 8,1 7,3 7,9 100,0 1 157 5,35 4,48 Ensemble 40,0 17,4 12,6 8,8 7,0 4,6 3,4 2,4 1,6 1,2 1,1 100,0 14 287 1,92 1,69 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 35,2 54,5 8,9 1,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 404 0,76 0,70 20-24 19,7 47,3 25,2 6,7 1,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 250 1,22 1,13 25-29 11,2 27,6 28,7 18,5 9,8 3,0 0,8 0,2 0,1 0,0 0,0 100,0 1 620 2,02 1,82 30-34 8,5 19,9 22,8 17,0 15,1 7,8 5,0 2,3 1,1 0,3 0,2 100,0 1 472 2,75 2,50 35-39 4,3 11,1 17,2 16,7 16,0 12,7 8,6 6,3 4,6 1,6 1,0 100,0 1 228 3,80 3,38 40-44 4,2 6,9 10,3 13,8 15,7 12,6 13,4 8,4 5,0 5,3 4,1 100,0 967 4,67 4,03 45-49 2,3 3,8 8,5 9,8 11,3 12,8 13,7 10,8 9,3 9,0 8,8 100,0 867 5,68 4,78 Ensemble 10,4 22,9 19,7 13,6 10,8 7,1 5,6 3,7 2,6 2,0 1,7 100,0 7 808 2,98 2,63 De manière générale, les femmes en union qui restent volontairement sans enfant sont relativement rares en Haïti. Par conséquent, la parité zéro des femmes actuellement en union et âgées de 35-49 ans (âges auxquels l’arrivée d’un premier enfant est peu probable) permet d’estimer le niveau de la stérilité totale ou primaire. En Haïti, 3,7 % des femmes de 35-49 ans en union n’ont jamais eu d’enfant et peuvent être considérées comme stériles. Ce niveau de stérilité primaire est légèrement inférieur à celui de l’EMMUS-IV de 2005-2006 (3,9 %). 5.4 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE L’intervalle intergénésique qui sépare la naissance d’un enfant de la naissance précédente a une influence sur l’état de santé de l’enfant et sur celui de sa mère. Les intervalles inférieurs à 24 mois font courir à l’enfant et à la mère des risques accrus de morbidité et de mortalité. Le tableau 5.5 présente la répartition des naissances au cours des 5 années ayant précédé l’enquête, selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente et en fonction de certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate que 19 % des naissances se sont produites après un court intervalle par rapport à la naissance précédente, c’est-à-dire moins de 24 mois. Dans plus d’un quart des cas (27 %), les naissances sont survenues entre 24 et 35 mois. Enfin, pour environ une naissance sur trois (34 %), l’intervalle avec la naissance précédente est de 48 mois ou plus. Le nombre médian de mois écoulés depuis la naissance précédente est estimé à 37,4 mois, ce qui signifie que la moitié des naissances surviennent moins de 37,4 mois après la naissance précédente. Cet intervalle médian s’est légèrement rallongé de plus de 3 mois depuis l’EMMUS-IV de 2005-2006 (33,8 mois) ; cependant, la proportion de naissances se produisant dans un intervalle inférieur à 24 mois par rapport à la naissance précédente reste pratiquement la même (actuellement estimée à 19 % contre 20 % en 2005-2006). Fécondité • 75 Tableau 5.5 Intervalle intergénésique Répartition (en %) des naissances, autres que les naissances de rang un, ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, et nombre médian de mois depuis la naissance précédente selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Mois depuis la naissance précédente Total Effectifs de naissances autres que de premier rang Nombre médian de mois depuis la naissance précédente 7-17 18-23 24-35 36-47 48-59 60+ Groupe d’âges 15-19 (29,0) (29,3) (33,9) (2,9) (1,1) (3,8) 100,0 52 (22,3) 20-29 8,0 16,9 31,8 19,1 10,6 13,5 100,0 1 802 32,8 30-39 6,4 9,2 25,1 19,5 11,4 28,5 100,0 2 046 40,9 40-49 5,7 7,0 22,0 18,5 8,5 38,3 100,0 680 46,0 Sexe de l’enfant précédent Masculin 8,0 12,7 26,7 18,2 10,7 23,8 100,0 2 419 37,1 Féminin 6,3 11,6 28,2 19,9 10,3 23,7 100,0 2 161 37,6 Survie de la naissance précédente Vivante 5,9 11,5 27,6 19,5 10,5 25,0 100,0 4 083 38,3 Décédée 17,5 17,9 25,4 15,1 10,7 13,4 100,0 497 30,6 Rang de naissance 2-3 7,6 12,6 25,3 17,6 10,6 26,2 100,0 2 457 38,2 4-6 6,7 11,7 27,7 19,4 11,5 23,1 100,0 1 497 37,7 7+ 6,7 11,5 34,6 23,6 8,0 15,7 100,0 627 35,1 Milieu de résidence Urbain 7,1 11,5 23,5 16,4 10,1 31,3 100,0 1 486 41,0 Rural 7,2 12,5 29,2 20,2 10,7 20,1 100,0 3 094 36,4 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 7,7 12,3 21,6 16,9 8,7 32,8 100,0 740 41,7 Autres villes (sans camps) 6,3 11,2 24,3 15,9 11,9 30,4 100,0 602 40,9 Urbain (sans camps) 7,1 11,8 22,8 16,4 10,2 31,7 100,0 1 341 41.5 Rural (sans camps) 7,2 12,5 29,3 20,3 10,7 20,0 100,0 3 051 36,4 Camps 7,0 9,8 29,2 15,7 10,3 28,0 100,0 188 37,9 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 7,7 12,3 21,6 16,9 8,7 32,8 100,0 740 41,7 Reste-Ouest 8,8 14,4 26,3 19,1 10,4 21,0 100,0 789 36,1 Sud-Est 6,6 15,5 33,9 18,5 9,3 16,1 100,0 234 32,8 Nord 7,0 7,8 26,0 17,2 11,7 30,3 100,0 442 42,4 Nord-Est 7,1 12,8 33,9 16,4 9,4 20,3 100,0 191 34,2 Artibonite 3,3 10,6 24,8 25,5 13,3 22,5 100,0 703 40,9 Centre 10,0 12,0 33,7 17,6 10,8 15,9 100,0 409 33,5 Sud 9,6 14,5 29,4 18,3 8,1 20,1 100,0 354 34,9 Grande-Anse 6,2 11,8 31,5 16,6 12,7 21,3 100,0 182 36,2 Nord-Ouest 7,0 13,6 31,8 17,9 8,9 20,8 100,0 212 34,9 Nippes 3,7 10,0 23,3 21,8 12,5 28,9 100,0 136 42,9 Niveau d’instruction Aucun 6,3 12,6 30,5 21,2 10,7 18,7 100,0 1 287 36,2 Primaire 6,8 12,2 29,5 18,2 10,2 23,1 100,0 2 090 36,7 Secondaire ou plus 8,7 11,6 20,5 17,9 11,0 30,3 100,0 1 203 41,4 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 7,6 14,2 34,7 20,6 9,6 13,2 100,0 1 204 33,3 Second 6,1 11,2 31,9 22,1 11,4 17,4 100,0 998 36,3 Moyen 7,4 11,3 25,5 18,4 10,8 26,6 100,0 1 001 39,3 Quatrième 7,2 13,6 21,5 17,0 10,5 30,2 100,0 878 40,2 Le plus élevé 7,7 8,5 14,8 13,6 10,6 44,9 100,0 499 52,6 Ensemble 7,2 12,2 27,4 19,0 10,5 23,8 100,0 4 580 37,4 Note : Les naissances de rang 1 sont exclues. L’intervalle pour les naissances multiples est le nombre de mois écoulés depuis la grossesse précédente qui a abouti à une naissance vivante. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 76 • Fécondité Les résultats mettent en évidence un intervalle intergénésique médian beaucoup plus court chez les jeunes femmes que chez les plus âgées : la médiane varie de 32,8 mois chez celles de 20-29 ans à 46,0 mois chez celles de 40-49 ans. Dans ce groupe de jeunes femmes de 20-29 ans, 25 % des naissances sont survenues moins de 24 mois après la naissance précédente, contre 16 % dans le groupe d’âges 30-39 ans et 13 % dans celui de 40-49 ans. On n’observe pas de différence importante de l’intervalle intergénésique, selon le sexe de l’enfant ; la durée médiane de cet intervalle étant de 37,1 mois lorsque l’enfant précédent est un garçon et de 37,6 mois lorsque celui-ci est une fille. Du point de vue du rang de naissance, on ne constate pas non plus d’écart important entre les intervalles. Par contre, l’intervalle intergénésique médian est plus court quand la naissance est arrivée après le décès de l’enfant précédent (30,6 mois) que lorsque l’enfant précédent est toujours en vie (38,3 mois). Lorsque l’enfant précédent est décédé, 35 % des naissances sont survenues après un intervalle inférieur à 24 mois, alors que quand l’enfant précédent est encore en vie, cette proportion est de 17 %. On peut aussi souligner que l’intervalle médian avec la naissance précédente est plus court en milieu rural (36,4 mois) qu’en milieu urbain (41,0 mois). Enfin, il faut souligner que la longueur de l’intervalle intergénésique médian augmente avec le niveau d’instruction et le niveau de vie du ménage. Par ailleurs, sur le plan géographique, les départements de l’Artibonite et des Nippes (14 %) enregistrent les proportions les moins élevées de naissances qui se sont produites après un court intervalle (moins de 24 mois) ; à l’opposé, le département du Sud se caractérise par la proportion la plus forte (24 %). 5.5 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Après la naissance d’un enfant, l’exposition au risque de grossesse dépend entre autres facteurs, du retour de l’ovulation et de l’abstinence sexuelle ou de l’abstinence post-partum. Le temps écoulé entre l’accouchement et le retour de l’ovulation qui constitue l’aménorrhée post-partum est estimé ici par la longueur de l’intervalle qui sépare la naissance d’un enfant et le retour des règles. La longueur de cet intervalle peut être influencée par l’intensité, la fréquence et la durée de l’allaitement au sein. L’examen de ces facteurs permet d’identifier les femmes non susceptibles d’être exposées au risque de grossesse et ainsi d’évaluer la durée de non susceptibilité. Une femme est considérée comme non susceptible d’être exposée au risque de grossesse quand elle n’a pas repris les rapports sexuels depuis la dernière naissance, ou quand elle est en aménorrhée post-partum, ce qui signifie que ses risques de tomber enceinte sont minimes si elle reprend les rapports sexuels sans protection contraceptive. La période de non susceptibilité se définit donc comme celle pendant laquelle une femme n’est pratiquement pas soumise au risque de grossesse par suite d’aménorrhée et/ou d’abstinence post-partum. Au tableau 5.6 figurent les pourcentages des naissances des trois dernières années dont les mères sont en aménorrhée, en abstinence et en insusceptibilité post-partum en fonction du nombre de mois écoulés depuis la naissance. Le tableau fournit également la médiane et la moyenne des différentes durées. Dans l’ensemble, pour 27 % des naissances survenues au cours des trois années ayant précédé l’enquête, les mères étaient en aménorrhée post-partum. Les résultats selon l’âge montrent que la proportion de naissances pour lesquelles les mères sont en aménorrhée post-partum passe de 95 % dans les deux mois qui suivent la naissance à 59 % dans les quatre à cinq mois après l’accouchement ; 12-13 mois après la naissance, dans 35 % des cas, la mère est toujours en aménorrhée. Au-delà de 24 mois, la proportion des naissances pour lesquelles la mère n’a pas encore eu de retour des règles est inférieure à 2 %. La durée médiane de l’aménorrhée post-partum est estimée à 7,5 mois (8,6 mois lors de l’EMMUS-IV de 2005-2006) et sa valeur moyenne se situe à 9,8 mois. Cette longue durée d’aménorrhée post-partum serait due, en grande partie, à une durée d’allaitement au sein relativement longue. En effet, on verra au chapitre 11 (Allaitement et Nutrition) Fécondité • 77 que la moitié des enfants nés au cours des trois dernières années ont été allaités au sein pendant une durée d’environ 17 mois. L’abstinence post-partum est une pratique assez courante en Haïti : près de six femmes sur dix (57 %) n’avaient pas encore repris leurs rapports sexuels à 2-3 mois après la naissance de leur dernier enfant ; cette proportion est encore de 11 % à 12-13 mois après la dernière naissance. La durée médiane de l’abstinence post-partum s’établit à 2,9 mois et sa valeur moyenne à 6,3 mois. Par rapport à la dernière enquête (EMMUS-IV, 2005-2006), on ne note pas de changement important dans les durées médiane et moyenne de l’abstinence post-partum (respectivement, 3,3 et 6,2 mois en 2005-2006). Tableau 5.6 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum Pourcentage de naissances des trois années ayant précédé l’enquête dont les mères sont en aménorrhée, en abstinence et en insusceptibilité post-partum, selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance et durées médiane et moyenne, EMMUS-V Haïti 2012 Nombre de mois depuis la naissance Pourcentage de naissances pour lesquelles les mères sont : Effectif de naissances En aménorrhée En abstinence En insusceptibilité1 < 2 95,3 95,8 99,4 171 2-3 75,0 57,2 85,6 237 4-5 58,5 28,9 66,2 320 6-7 53,1 14,5 59,3 271 8-9 48,4 20,8 57,4 283 10-11 36,5 16,7 44,3 230 12-13 34,6 11,3 37,2 221 14-15 22,6 10,1 29,0 242 16-17 12,9 5,3 17,0 250 18-19 9,3 4,7 12,7 256 20-21 9,6 9,5 17,9 180 22-23 6,0 7,1 12,5 188 24-25 2,9 2,9 5,6 248 26-27 3,0 3,6 6,0 273 28-29 0,8 3,6 4,4 263 30-31 1,7 1,9 3,4 229 32-33 2,4 2,4 4,8 187 34-35 1,1 4,4 5,4 220 Ensemble 26,6 15,9 31,9 4 269 Médiane 7,5 2,9 9,7 na Moyenne 9,8 6,3 11,6 na Note: Les calculs sont basés sur le statut au moment de l’enquête. na = Non applicable. 1 Y compris les naissances pour lesquelles les mères sont encore, soit en aménorrhée, soit en abstinence, (ou les deux), à la suite d’une naissance Le tableau 5.6 fournit également la proportion de naissances dont la mère est considérée comme non- susceptible d’être exposée au risque de grossesse, en fonction de la durée écoulée depuis la naissance du dernier enfant. Pour 32 % des naissances survenues au cours des trois années ayant précédé l’enquête, les mères étaient en période d’insusceptibilité post-partum. Entre quatre et cinq mois après la naissance d’un enfant, pour près de deux tiers des naissances (66 %), les mères étaient encore considérées comme étant en période d’insusceptibilité post-partum. Mais à partir de douze mois après l’accouchement, cette proportion ne concerne plus que 37 % des naissances. En Haïti, la période d’insusceptibilité post-partum des femmes dure, en moyenne, 11,6 mois et pour la moitié des naissances, les mères ne sont pas susceptibles de tomber enceintes pendant 9,7 mois. On peut retenir que la période d’insusceptibilité post-partum est beaucoup plus déterminée par la durée de l’aménorrhée que par celle de l’abstinence post-partum. 78 • Fécondité Le tableau 5.7 présente les durées médianes d’aménorrhée, d’abstinence et d’insusceptibilité post- partum selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes. On ne note pas d’écarts importants selon l’âge des mères, que ce soit pour la durée d’aménorrhée post-partum ou pour la durée de l’abstinence post-partum. La durée médiane d’insusceptibilité est néanmoins légèrement plus longue chez les femmes de 30-49 ans que chez celles de 15-29 ans (11,5 contre 8,5 mois). Tableau 5.7 Durée médiane de l’aménorrhée, de l’abstinence post-partum et de l’insusceptibilité post-partum Nombre médian de mois d’aménorrhée, d’abstinence et d’insusceptibilité post-partum, à la suite d’une naissance ayant eu lieu au cours des trois années ayant précédé l’enquête selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Aménorrhée post-partum Abstinence post-partum Insusceptibilité post-partum1 Age de la mère 15-29 6,9 3,0 8,5 30-49 9,4 2,7 11,5 Milieu de résidence Urbain 5,2 2,5 8,9 Rural 8,5 3,0 10,3 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 5,0 2,7 9,3 Autres villes (sans camps) 6,1 2,4 8,7 Urbain (sans camps) 5,5 2,6 9,0 Rural (sans camps) 8,6 3,0 10,4 Camps 2,9 2,2 7,5 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 5,0 2,7 9,3 Reste-Ouest 6,3 3,3 8,1 Sud-Est 7,7 3,2 9,2 Nord 8,7 2,4 10,0 Nord-Est 4,9 3,5 5,8 Artibonite 9,9 2,7 10,7 Centre 9,8 1,9 10,0 Sud 9,4 3,2 10,4 Grande-Anse 9,9 5,0 12,3 Nord-Ouest 8,5 2,3 11,2 Nippes 7,1 3,1 8,5 Niveau d’instruction Aucun 10,4 2,4 11,0 Primaire 9,2 3,0 10,1 Secondaire ou plus 4,9 2,9 6,3 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 10,7 2,8 11,2 Second 10,1 2,9 12,7 Moyen 7,5 3,5 9,1 Quatrième 6,2 2,3 7,8 Le plus élevé 3,8 3,2 5,4 Ensemble 7,5 2,9 9,7 Note : Les médianes sont basées sur le statut actuel 1 Y compris les naissances pour lesquelles les mères sont encore, soit en aménorrhée, soit en abstinence, (ou les deux), à la suite d’une naissance Les résultats selon le milieu de résidence montrent que la durée d’aménorrhée est plus longue parmi les femmes du milieu rural que parmi celles du milieu urbain (médiane de 8,5 mois contre 5,2 mois). C’est dans les camps que cette durée est la plus courte (2,9 mois). Ces différences sont dues essentiellement aux différences de durée d’allaitement (voir chapitre 11 : Allaitement et Nutrition). Concernant la durée de l’abstinence post-partum, les écarts entre milieux sont plus faibles. Fécondité • 79 Au niveau départemental, la durée médiane de la période d’insusceptibilité post-partum varie d’un minimum de 5,8 mois dans le Nord-Est à un maximum de 12,3 mois dans la Grande-Anse. Le département de la Grande-Anse se démarque par la durée médiane d’abstinence post-partum la plus longue (5,0 mois) tandis que les départements de l’Artibonite (9,9 mois), du Centre (9,8 mois), du Sud (9,4 mois) et de la Grande-Anse (9,9 mois) se distinguent par de longues durées médianes d’aménorrhée post-partum. À l’opposé, c’est dans le département du Nord-Est (4,9 mois) et dans l’Aire Métropolitaine (5,0 mois) que la durée médiane de la période de l’aménorrhée post-partum est la plus courte tandis que le département du Centre se démarque par la durée médiane d’abstinence post-partum la plus courte (1,9 mois). Par ailleurs, on constate que la durée médiane de l’insusceptibilité post-partum diminue avec le niveau d’instruction des mères : de 11,0 mois chez les femmes qui n’ont aucune instruction, cette durée est estimée à 10,1 mois chez celles qui ont un niveau d’instruction primaire, puis à 6,3 mois chez celles qui ont atteint le niveau secondaire ou plus. De même, la durée médiane de l’aménorrhée post-partum est d’autant plus courte que le niveau d’instruction est élevé ; avec l’augmentation du niveau d’instruction, cette durée passe de 10,4 mois à 9,2 mois et à 4,9 mois. On observe le même type de tendance avec l’augmentation du niveau de bien- être économique. Les femmes cessent définitivement d’être exposées au risque de grossesse lorsqu’elles atteignent la ménopause. Dans le cadre de l’EMMUS-V, les femmes ont été considérées comme ménopausées lorsque, n’étant ni enceintes ni en aménorrhée post- partum, elles n’avaient pas eu de règles pendant au moins six mois avant la période de l’enquête ou quand elles se sont déclarées elles- mêmes en ménopause. Les résultats sont présentés au tableau 5.8. Au moment de l’enquête, 13 % des femmes âgées de 30-49 ans ont été considérées comme étant en ménopause. Bien évidemment, la proportion des femmes ménopausées augmente avec l’âge : de 6 % chez celles de 30-39 ans, elle atteint 9 % à 42- 43 ans, pour s’établir à 49 % à la fin de la période de procréation à 48-49 ans. 5.6 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE De façon générale, l’âge auquel les femmes ont leur première naissance influence fortement leur descendance finale, en particulier dans les populations où la pratique contraceptive est faible. Plus l’âge de la femme à la première naissance est précoce, plus la probabilité qu’elle ait un nombre élevé d’enfants est importante. Par ailleurs, un âge trop précoce à la première naissance est associé à des risques accrus de mortalité des enfants et il peut avoir des répercussions importantes sur la santé de la mère. En outre, les accouchements précoces peuvent constituer une cause d’abandon scolaire et un frein à l’amélioration du statut socio-économique de la femme. Le tableau 5.9 présente la répartition des femmes par âge à la première naissance, selon le groupe d’âges au moment de l’enquête et l’âge médian à la première naissance, c’est-à-dire l’âge auquel 50 % des femmes ont déjà eu leur premier enfant. Tableau 5.8 Ménopause Pourcentage de femmes de 30-49 ans qui sont en ménopause, selon l’âge, EMMUS-V Haïti 2012 Age Pourcentage en ménopause1 Effectif de femmes Groupe d’âges 30-34 5,8 1 826 35-39 5,8 1 481 40-41 7,4 517 42-43 8,7 501 44-45 19,3 470 46-47 29,9 420 48-49 48,8 467 Ensemble 12,6 5 682 1 Pourcentage de toutes les femmes qui ne sont ni enceintes, ni en aménorrhée post-partum et dont les dernières règles ont eu lieu 6 mois ou plus avant l’enquête. 80 • Fécondité Tableau 5.9 Age à la première naissance Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance avant d’atteindre certains âges exacts, pourcentage qui n’ont jamais eu d’enfant et âge médian à la première naissance selon l’âge actuel, EMMUS-V Haïti 2012 Age actuel Pourcentage ayant eu une naissance avant d’atteindre l’âge exact de : Pourcentage n’ayant jamais donné naissance Effectif de femmes Age médian à la première naissance 15 18 20 22 25 Groupe d’âges 15-19 0,8 na na na na 88,8 3 352 a 20-24 1,3 12,9 27,3 na na 54,4 2 851 a 25-29 1,9 15,2 30,7 45,6 62,8 28,2 2 402 22,7 30-34 2,0 17,0 32,0 46,9 62,6 15,8 1 826 22,4 35-39 2,7 18,1 34,9 50,5 69,6 7,4 1 481 21,9 40-44 2,6 15,7 33,0 50,2 68,8 6,2 1 218 22,0 45-49 2,7 16,8 32,2 50,6 71,1 3,3 1 157 21,9 20-49 2,0 15,5 31,0 na na 25,1 10 935 a 25-49 2,3 16,5 32,3 48,2 66,1 14,7 8 084 22,3 na = Non applicable a = Sans objet parce que moins de 50 % de femmes ont eu une naissance avant d’atteindre le début du groupe d’âges. Estimé à 22,3 ans parmi les femmes de 25-49 ans, l’âge médian à la première naissance ne varie que très peu des générations les plus anciennes aux plus récentes, passant de 21,9 ans chez les femmes les plus âgées à 22,7 ans chez les plus jeunes. En atteignant 15 ans, 2 % des femmes ont déjà eu au moins une naissance. Cette proportion augmente très rapidement avec l’âge : 32 % ont eu au moins une naissance avant d’atteindre 20 ans et 66 % avant d’atteindre 25 ans. On constate au tableau 5.10 que l’âge médian à la première naissance présente des variations importantes selon le milieu et le département de résidence des femmes. En effet, de 21,3 ans en milieu rural, il est estimé à 23,5 ans en milieu urbain. C’est dans l’Aire Métropolitaine qu’il est le plus tardif (23,7 ans). Il est plus précoce dans les départements du Centre (20,9 ans) et de la Grande-Anse (20,9 ans). Par ailleurs, les écarts selon le niveau d’instruction sont assez faibles, l’âge médian variant de 20,1 ans pour les femmes sans instruction à 20,9 ans pour celles de niveau primaire. Les résultats selon l’indice de bien-être économique montrent également que l’arrivée de la première naissance est plus tardive dans les ménages du quintile le plus élevé (22,6 ans) que dans ceux du quintile le plus bas. (20,8 ans). Tableau 5.10 Age médian à la première naissance Age médian à la première naissance des femmes de 20-49 ans et 25-49 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographiques Age des femmes 25-49 Milieu de résidence Urbain 23,5 Rural 21,3 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 23,7 Autres villes (sans camps) 23,6 Urbain (sans camps) 23,7 Rural (sans camps) 21,3 Camps 21,6 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 23,7 Reste-Ouest 21,9 Sud-Est 22,6 Nord 22,7 Nord-Est 22,3 Artibonite 21,5 Centre 20,9 Sud 22,7 Grande-Anse 20,9 Nord-Ouest 21,7 Nippes 21,0 Niveau d’instruction Aucun 20,1 Primaire 20,9 Secondaire ou plus a Quintiles de bien-être économique Le plus bas 20,8 Second 21,0 Moyen 20,9 Quatrième 22,6 Le plus élevé a Ensemble 22,3 a = Sans objet parce que moins de 50 % de femmes ont eu une naissance avant d’atteindre le début du groupe d’âges. Fécondité • 81 5.7 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES Les adolescentes, c’est-à-dire les jeunes femmes âgées de 15-19 ans, constituent un groupe à risque en matière de fécondité : en effet, la fécondité précoce a souvent des effets négatifs sur la santé des enfants et des mères et la probabilité de décès des enfants est d’autant plus grande qu’ils naissent de mères très jeunes. Le tableau 5.11 présente la proportion d’adolescentes de 15-19 ans qui ont déjà commencé leur vie féconde : elle se compose d’adolescentes qui ont eu un ou plusieurs enfants et d’adolescentes qui sont enceintes d’un premier enfant. Tableau 5.11 Fécondité des adolescentes Pourcentage d’adolescentes de 15-19 ans qui ont déjà eu une naissance vivante ou qui sont enceintes d’un premier enfant et pourcentage qui ont déjà commencé leur vie procréatrice, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes de 15-19 ans qui : Pourcentage ayant déjà commencé leur vie procréative Effectif de femmes Ont eu une naissance vivante Sont enceintes d’un premier enfant Age 15 1,7 1,1 2,8 662 16 2,8 1,6 4,4 738 17 8,0 4,2 12,2 669 18 17,2 4,8 21,9 651 19 28,4 3,0 31,4 633 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 10,1 3,6 13,6 791 Autres villes (sans camps) 8,2 3,3 11,5 640 Urbain (sans camps) 9,2 3,5 12,7 1 431 Rural (sans camps) 12,4 2,2 14,7 1 823 Camps 18,5 7,2 25,7 97 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 10,1 3,6 13,6 791 Reste-Ouest 11,7 0,9 12,6 459 Sud-Est 12,2 1,9 14,2 167 Nord 9,8 4,3 14,2 349 Nord-Est 11,8 6,1 17,9 143 Artibonite 11,6 1,7 13,3 451 Centre 15,6 3,8 19,4 207 Sud 10,9 0,9 11,8 251 Grande-Anse 13,4 3,5 16,9 126 Nord-Ouest 6,2 2,7 8,9 183 Nippes 10,8 2,7 13,5 128 Niveau d’instruction Aucun 22,4 4,7 27,1 66 Primaire 15,1 4,4 19,5 1 552 Secondaire ou plus 7,4 1,5 8,9 1 734 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 12,5 2,6 15,1 575 Second 14,0 3,1 17,1 579 Moyen 15,8 3,8 19,5 650 Quatrième 11,9 3,7 15,6 770 Le plus élevé 3,8 1,5 5,3 778 Ensemble 11,2 2,9 14,2 3 352 On constate que 14 % des adolescentes ont déjà commencé leur vie féconde : 11 % d’entre elles ont eu au moins un enfant et 3 % sont enceintes du premier enfant. Par rapport aux précédentes enquêtes, la proportion d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde a nettement diminué depuis l’EMMUS-III de 2000, passant de 18 % en 2000 à 14 % actuellement. Cependant, on note que la proportion actuelle reste pratiquement la même que celle estimée au cours de l’EMMUS-IV de 2005-2006 (graphique 5.4). 82 • Fécondité La proportion d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde augmente rapidement avec l’âge, passant de 3 % à 15 ans à 31 % à 19 ans, âge auquel 28 % des jeunes filles ont déjà eu au moins un enfant. Elle est nettement plus élevée dans les camps (26 %) qu’en milieu rural (15 %) et qu’en milieu urbain (13 %). Dans les départements du Centre (19 %), du Nord-Est (18 %) et de la Grande-Anse (17 %), ce pourcentage est plus élevé. À l’opposé, le département du Nord-Ouest (9 %) a enregistré la plus faible proportion d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde. Le pourcentage d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde diminue de manière très importante lorsque le niveau d’instruction augmente, passant de 27 % parmi les adolescentes non instruites à 9 % parmi celles ayant atteint le niveau secondaire ou plus. De même, cette proportion décroît considérablement en fonction du niveau de bien-être économique des ménages, passant de 15 % chez les adolescentes des ménages du quintile le plus bas à 5 % chez celles des ménages du quintile le plus élevé. Graphique 5.4 Pourcentage d’adolescentes de 15-19 ans ayant commencé leur vie féconde selon l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V 14 4 18 12 2 14 11 3 14 Ont eu une naissance vivante Sont enceintes d'un premier enfant Ont déjà commencé leur vie féconde Pourcentage EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 Préférences en matière de fécondité • 83 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ 6 es questions sur les préférences en matière de fécondité ont pour objectif d’évaluer les efforts accomplis par les couples dans le contrôle de leur fécondité et de mesurer les besoins futurs d’Haïti en matière de contraception, non seulement pour espacer, mais aussi pour limiter les naissances. Lors de l’EMMUS-V, ce sujet a été abordé par le biais de questions relatives au désir de la femme d’avoir ou non des enfants supplémentaires dans l’avenir, au délai d’attente avant d’avoir le prochain enfant et enfin au nombre total d’enfants désirés. Les données sur les attitudes et les opinions vis-à-vis de la procréation ont toujours été un sujet de controverse. Pour certains chercheurs, les réponses aux questions sur les préférences en matière de fécondité ont un triple inconvénient : (i) elles reflètent des points de vue éphémères qui sont exprimés sans beaucoup de conviction, (ii) elles ne tiennent pas compte de l’effet des pressions sociales ou des attitudes des autres membres de la famille, particulièrement de celles du mari, qui peuvent avoir une grande influence sur les décisions en matière de reproduction, (iii) les données sont obtenues à partir d’un échantillon de femmes de différents âges et ayant des histoires génésiques différentes. Pour les femmes jeunes et/ou en début d’union, les réponses sont liées à des objectifs à moyen ou long terme dont la stabilité et la valeur prédictive sont incertaines. Pour les femmes plus âgées et/ou en fin de vie féconde, les réponses sont inévitablement influencées par leur histoire génésique. Malgré les problèmes d’interprétation concernant l’analyse des données sur les préférences en matière de fécondité, les résultats présentés dans ce chapitre peuvent aider à expliquer les facteurs qui affectent la fécondité en Haïti, où la prévalence contraceptive demeure faible et où les niveaux de la fécondité restent élevés. 6.1 DÉSIR D’AVOIR DES ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES) Le désir d’avoir ou non des enfants (supplémentaires) dans l’avenir est généralement lié à l’âge de la femme, au nombre de ses enfants actuellement en vie ou au nombre des enfants du couple. L Principaux résultats • Plus d’une femme en union sur deux (53 %) ne désire plus avoir d’enfants et près de trois sur dix (28 %) souhaitent espacer la prochaine naissance d’au moins deux ans. • Globalement, 82 % des femmes en union sont des candidates potentielles à la planification familiale. • Pour les femmes comme pour les hommes, le nombre idéal moyen d’enfants (2,8) est très proche de celui de l’Indice Synthétique de Fécondité (3,5). • Dans l’ensemble, 52 % des naissances se sont produites au moment voulu, 27 % plus tôt que souhaité et environ 21 % étaient non désirées. • Si toutes les naissances non désirées étaient évitées, l’ISF serait de 2,2 au lieu 3,5 enfants par femme. 84 • Préférences en matière de fécondité Au cours de l’EMMUS-V, une série de questions ont été posées aux femmes pour obtenir des informations sur les attitudes quant au désir d’espacer leur prochaine naissance ou au désir de ne plus avoir d’enfants. Les résultats sont présentés au tableau 6.1 et au graphique 6.1 selon le nombre d’enfants vivants (y compris la grossesse actuelle) au moment de l’enquête. Plus d’une femme en union sur deux (53 %) a répondu qu’elle ne désirait plus d’enfants, tandis qu’environ deux femmes sur cinq (41 %) en souhaiteraient davantage : 28 % souhaitent espacer la prochaine naissance d’au moins deux ans, 12 % voudraient un enfant rapidement (avant deux ans), et 2 % voudraient un enfant, mais ne savent pas quand. La majorité des femmes qui ont un enfant (64 %) souhaiteraient espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus Au total, en 2012, environ huit femmes en union sur dix (82 %) souhaitent donc soit limiter, soit espacer leurs naissances. Parmi ces femmes, celles qui n’utilisent pas actuellement une méthode contraceptive peuvent être considérées comme candidates potentielles à la planification familiale. Par rapport à la précédente enquête, le pourcentage de femmes ne désirant plus d’enfants a légèrement augmenté passant de 49 % en 2005-2006 à 53 % en 2012. Par contre, la proportion de celles désirant espacer les naissances pour une période d’au moins deux ans a diminué (30 % en 2005-2006 contre 28 % en 2012). Tableau 6.1 Préférences en matière de fécondité par nombre d’enfants vivants Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans, actuellement en union, par désir d’enfants, selon le nombre d’enfants vivants, EMMUS-V Haïti 2012 Désir d’enfants Nombre d’enfants vivants1 Ensemble 15-49 0 1 2 3 4 5 6+ Veut un autre enfant Veut un autre bientôt2 55,1 16,7 5,9 5,9 2,7 1,7 1,7 11,6 Veut un autre plus tard3 34,4 64,3 26,3 12,6 6,9 2,5 1,1 27,8 Veut un autre, NSP quand 5,1 2,3 1,5 1,1 0,3 0,0 0,0 1,6 Indécise 0,3 2,0 4,1 2,7 2,4 0,8 0,9 2,3 Ne veut plus d’enfant 1,6 13,5 59,7 71,8 81,7 86,2 87,7 52,5 Stérilisée4 0,2 0,3 0,8 2,6 2,2 3,6 4,1 1,6 S’est déclarée stérile 2,8 0,6 1,4 3,3 3,7 5,0 4,3 2,4 Manquant 0,5 0,3 0,1 0,1 0,2 0,1 0,2 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 654 1 967 1 693 1 239 825 556 874 7 808 1 Le nombre d’enfants vivants inclut la grossesse actuelle. 2 Veut une autre naissance dans les deux ans. 3 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. 4 Y compris la stérilisation féminine et masculine. Comme on pouvait s’y attendre, la proportion de femmes qui ne veulent plus d’enfants augmente considérablement avec le nombre d’enfants vivants (Graphique 6.1) : elle passe de moins de 2 % chez les femmes qui n’ont aucun enfant à 60 % chez celles ayant deux enfants et atteint 88 % chez les femmes qui ont au moins six enfants vivants. Ces femmes ne désirant plus d’enfants ont, en principe, atteint leur descendance souhaitée. Elles devraient, par conséquent, utiliser une méthode contraceptive pour éviter les grossesses non désirées. À l’opposé, le pourcentage de femmes qui souhaitent agrandir la taille de leur famille (soit dans les deux prochaines années ou plus tard) diminue avec l’augmentation du nombre d’enfants vivants, passant de 95 % chez les femmes sans enfant à 3 % chez les femmes qui en ont, au moins, six. Préférences en matière de fécondité • 85 Graphique 6.1 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants Le tableau 6.2 fournit les proportions de femmes en union qui ne veulent plus d’enfants (y compris les femmes stérilisées) selon le nombre d’enfants vivants et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Plus d’une femme sur deux (54 %) estime qu’elle a atteint la taille désirée de sa famille et ne désire donc plus avoir d’enfants. Les femmes ne désirant plus d’enfants sont proportionnellement plus nombreuses en milieu rural (59 %) qu’en milieu urbain (48 %). Cependant, à parité égale, la proportion de femmes du milieu urbain ne désirant plus d’enfants tend à être plus élevée que celle des femmes du milieu rural. Les différences régionales sont très marquées ; c’est dans la Grande-Anse et le Sud que la proportion de femmes ne désirant plus d’enfants est la plus élevée (66 %) et c’est dans l’Aire Métropolitaine qu’elle est la plus faible (47 %). Le désir de limiter les naissances varie négativement avec le niveau d’instruction des femmes : de 72 % quand elles n’ont aucun niveau d’instruction, la proportion passe à 59 % lorsqu’elles ont un niveau primaire et à 39 % pour le niveau secondaire ou plus. Enfin, le désir de limiter les naissances diminue avec le niveau de vie du ménage : 63 % dans le quintile le plus pauvre contre 43 % dans le plus riche. 0% 20% 40% 60% 80% 100% 0 1 2 3 4 5 6+ Pourcentage Nombre d'enfants vivants Veut un autre bientôt Veut un autre, NSP quand Veut un autre plus tard Indécise Stérilisé/ne veut plus d'enfants Stérile/ND EMMUS-V Haïti 2012 86 • Préférences en matière de fécondité Tableau 6.2 Désir de limiter les naissances Pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, ne voulant plus d’enfants, par nombre d’enfants vivants, selon certaines caractéristiques sociodémographique, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Nombre d’enfants vivants1 Ensemble0 1 2 3 4 5 6+ Milieu de résidence Urbain 2,4 16,2 64,8 82,1 85,3 90,4 94,0 48,3 Rural 0,5 11,0 56,9 69,4 83,1 89,5 91,3 58,7 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 2,9 19,0 67,3 82,5 85,7 82,8 94,9 46,6 Autres villes (sans camps) 1,4 10,4 58,9 81,7 84,3 98,8 95,3 50,7 Urbain (sans camps) 2,5 15,9 64,0 82,1 85,1 90,3 95,1 48,2 Rural (sans camps) 0,5 10,8 56,7 69,1 83,2 89,4 91,3 58,7 Camps 1,0 19,1 73,9 84,8 84,8 93,7 85,4 50,8 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 2,9 19,0 67,3 82,5 85,7 82,8 94,9 46,6 Reste-Ouest 1,6 11,5 65,2 70,6 85,9 88,1 91,4 55,6 Sud-Est 0,0 11,5 55,0 79,4 88,8 86,5 89,1 60,7 Nord 1,7 9,4 57,4 75,2 88,3 93,4 88,0 54,4 Nord-Est 0,0 9,9 49,0 68,7 82,9 92,9 92,3 55,3 Artibonite 0,0 8,2 49,8 63,0 69,8 92,5 96,9 52,7 Centre 5,8 6,9 47,8 65,6 88,7 83,8 93,2 61,4 Sud 0,0 21,8 68,7 90,1 87,3 96,5 95,3 65,6 Grande-Anse 0,0 15,8 64,7 81,7 90,0 96,4 83,5 66,4 Nord-Ouest 0,0 5,2 47,0 69,9 79,6 92,4 89,6 52,7 Nippes 0,0 8,2 61,0 77,4 86,5 88,0 85,0 56,4 Niveau d’instruction Aucun 2,3 24,4 57,8 65,3 77,7 89,1 90,6 72,4 Primaire 1,2 13,5 55,4 74,8 86,6 92,5 93,9 58,7 Secondaire ou plus 1,9 12,8 65,6 81,5 88,0 82,9 89,5 39,3 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,0 12,5 44,7 60,0 76,4 88,6 91,1 62,5 Second 0,6 10,0 50,2 71,8 83,8 89,6 92,1 58,0 Moyen 0,9 15,4 61,4 72,9 87,7 90,7 91,3 57,7 Quatrième 3,1 14,2 69,2 81,7 88,1 92,3 93,9 52,2 Le plus élevé 1,8 14,9 66,1 83,9 84,9 87,4 94,5 42,9 Ensemble 1,8 13,8 60,5 74,4 83,9 89,8 91,8 54,1 Note : Les femmes stérilisées sont considérées comme ne voulant plus d’enfant. 1 Le nombre d’enfants vivants inclut la grossesse actuelle. 6.2 NOMBRE IDÉAL D’ENFANTS Le comportement reproductif d’une femme peut être influencé par le nombre idéal d’enfants qu’elle souhaite avoir et par celui souhaité par son conjoint. Dans le but de déterminer ce nombre idéal d’enfants, on a posé au cours de l’EMMUS-V, à toutes les femmes et tous les hommes enquêtés, l’une des deux questions suivantes : • aux femmes et aux hommes sans enfant vivant : « Si vous pouviez choisir exactement le nombre d’enfants à avoir dans votre vie, combien voudriez-vous en avoir ? » • aux femmes et aux hommes ayant des enfants vivants : « Si vous pouviez revenir à l’époque où vous n’aviez pas d’enfant et choisir exactement le nombre d’enfants à avoir dans votre vie, combien auriez-vous voulu en avoir ? » Ces questions, apparemment simples, peuvent être embarrassantes, en particulier pour les enquêtés ayant des enfants en vie. Ces derniers doivent en effet se prononcer sur le nombre d’enfants qu’ils souhaiteraient avoir, dans l’absolu, indépendamment du nombre d’enfants qu’ils ont déjà. Or, il peut être Préférences en matière de fécondité • 87 difficile pour une femme ou un homme de déclarer un nombre idéal d’enfants inférieur à la taille actuelle de sa descendance. Les réponses à ces questions sont présentées au tableau 6.3. Le nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes ayant donné une réponse numérique s’établit à 2,8 et pour les femmes en union, il est de 3,0 enfants. Ce nombre idéal est très proche de celui de l’ISF (3,5). Toutefois, le nombre idéal moyen d’enfants a diminué légèrement et de façon régulière au cours du temps : de 3,3 en 1994-1995, il est passé à 3,1 en 2000, 3,0 en 2005-2006 et à 2,8 en 2012. En examinant la distribution des tailles idéales déclarées, il apparaît que pour plus de deux femmes sur cinq (45 %), le nombre idéal est de deux enfants. Cette proportion varie de 55 % chez les femmes n’ayant pas d’enfants vivants à 39 % chez les femmes ayant quatre enfants vivants, et atteint 23 % chez celles en ayant, au moins, six. Tableau 6.3 Nombre idéal d’enfants par nombre d’enfants vivants Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans par nombre idéal d’enfants et nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes et des hommes et pour celles et ceux actuellement en union, selon le nombre d’enfants vivants, EMMUS-V Haïti 2012 Nombre d’enfants vivants1 Nombre idéal d’enfants 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble FEMME 0 1,1 0,5 0,6 0,7 0,6 1,0 0,6 0,8 1 4,7 6,1 7,0 6,2 4,2 3,2 0,8 5,1 2 54,8 50,5 39,3 34,1 38,8 31,2 23,3 45,4 3 24,1 25,5 26,3 21,4 14,6 25,2 24,7 23,8 4 12,1 13,9 22,6 25,6 28,2 20,1 33,6 18,2 5 1,4 2,0 1,4 4,8 4,1 5,8 4,3 2,5 6+ 1,2 1,1 1,9 5,5 7,8 11,0 9,9 3,2 Réponse non numérique 0,6 0,4 0,7 1,7 1,6 2,6 2,8 1,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 5 554 2 710 1 980 1 433 985 648 977 14 287 Nombre idéal moyen d’enfants2 : Ensemble 2,5 2,6 2,8 3,1 3,1 3,4 3,7 2,8 Effectif 5 521 2 698 1 966 1 409 969 631 950 14 144 Actuellement en union 2,6 2,6 2,8 3,1 3,2 3,4 3,7 3,0 Effectif 648 1 958 1 683 1 219 810 544 850 7 713 HOMME 3 0 0,9 1,2 2,1 1,0 0,8 0,0 1,6 1,0 1 5,7 5,6 5,7 4,2 3,6 3,3 3,1 5,3 2 50,9 50,8 40,6 30,4 38,1 34,0 30,8 46,3 3 22,8 27,5 21,0 27,6 13,6 25,4 21,7 23,2 4 14,3 11,0 21,8 26,1 28,9 22,9 28,3 17,1 5 2,7 1,4 4,1 4,8 4,9 8,9 3,4 3,2 6+ 1,8 1,8 3,6 4,6 8,2 4,6 9,8 3,0 Réponse non numérique 0,9 0,7 1,0 1,3 2,1 0,7 1,4 1,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 4 862 1 097 778 576 405 261 455 8 434 Nombre idéal moyen d’enfants pour les hommes de 15-49 ans2 : Ensemble 2,6 2,6 2,9 3,1 3,2 3,3 3,4 2,8 Effectif 4 819 1 089 770 569 397 259 449 8 351 Actuellement en union 2,7 2,6 2,9 3,1 3,2 3,3 3,4 2,9 Effectif 358 805 700 521 364 247 428 3 424 Nombre idéal moyen d’enfants pour les hommes de 15-59 ans2 : Ensemble 2,6 2,6 2,9 3,1 3,3 3,5 3,5 2,8 Effectif 4 856 1 140 856 687 550 411 876 9 376 Actuellement en union 2,6 2,6 2,9 3,1 3,2 3,4 3,5 3,0 Effectif 370 844 766 615 484 378 820 4 277 1 Le nombre d’enfants vivants inclut la grossesse actuelle pour les femmes. 2 Les moyennes sont calculées en excluant les femmes et les hommes ayant donné des réponses non numériques. 3 Le nombre d’enfants vivants comprend un enfant supplémentaire si l’épouse de l’enquêté est enceinte (ou si l’une des femmes de l’enquêté est enceinte pour les hommes qui ont plusieurs femmes). 88 • Préférences en matière de fécondité De façon générale, on constate une relation positive entre la taille actuelle de la famille et la taille idéale qui passe de 2,5 enfants pour l’ensemble des femmes sans enfant à 3,7 enfants pour celles ayant six ou plus. Chez les hommes de 15-49 ans, le nombre idéal moyen d’enfants est identique à celui observé chez les femmes : il est de 2,8 enfants pour l’ensemble des hommes et de 2,9 enfants pour les hommes en union. Par ailleurs, comme chez les femmes, on note que pour 46 % des hommes, la taille idéale de la famille est de deux enfants. Le tableau 6.4 et le graphique 6.2 présentent le nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes selon l’âge actuel et selon certaines variables sociodémographiques. Il apparait que le nombre idéal d’enfants tend à augmenter avec l’âge de la femme, passant de de 2,5 parmi les femmes âgées de 15-19 ans à 3,4 parmi celles de 45-49 ans. On peut penser que les jeunes femmes ont un réel désir de réduire le nombre de leurs naissances et l’on devrait s’attendre à une baisse continue de la fécondité à moyen ou long terme. Les femmes de niveau secondaire ou plus aspirent à une famille moins nombreuse (2,6 enfants) que celles sans instruction (3,3 enfants). Il en est de même des femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (2,5 enfants) par rapport à celles dont le ménage appartient au quintile le plus bas (3,3 enfants). Les variations régionales sont peu importantes. En outre, les femmes du milieu urbain souhaitent à peu près le même nombre d’enfants que celui des femmes du milieu rural : 2,6 en milieu urbain contre 2,9 enfants en milieu rural. Tableau 6.4 Nombre idéal d’enfants selon les caractéristiques sociodémographiques Nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes de 15-49 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Nombre moyen Effectif de femmes1 Groupe d’âges 15-19 2,5 3 338 20-24 2,6 2 835 25-29 2,7 2 383 30-34 2,8 1 813 35-39 3,1 1 462 40-44 3,3 1 188 45-49 3,4 1 125 Milieu de résidence Urbain 2,6 6 745 Rural 2,9 7 399 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 2,6 3 668 Autres villes (sans camps) 2,7 2 638 Urbain (sans camps) 2,6 6 306 Rural (sans camps) 2,9 7 300 Camps 2,6 538 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 2,6 3 668 Reste-Ouest 2,8 2 039 Sud-Est 2,8 599 Nord 2,8 1 430 Nord-Est 3,1 507 Artibonite 3,0 2 013 Centre 3,0 822 Sud 2,7 975 Grande-Anse 2,8 459 Nord-Ouest 2,9 660 Nippes 2,7 434 Niveau d’instruction Aucun 3,3 2 058 Primaire 2,9 5 134 Secondaire ou plus 2,6 6 952 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 3,3 2 141 Second 2,9 2 265 Moyen 2,7 2 785 Quatrième 2,7 3 236 Le plus élevé 2,5 3 716 Ensemble 2,8 14 144 1 Effectif de femmes ayant donné une réponse numérique. Préférences en matière de fécondité • 89 Graphique 6.2 Nombre idéal d’enfants selon le milieu de résidence, le niveau d’instruction et le quintile de bien-être économique 6.3 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ Au cours de l’enquête, on a demandé à chaque mère, pour chaque enfant né au cours des cinq dernières années et pour la grossesse actuelle (si l’enquêtée était enceinte), si elle souhaitait tomber enceinte à ce moment-là, plus tard ou s’il s’agissait d’une grossesse non désirée. Les réponses à ces questions permettent de mesurer le degré de réussite des couples dans la maîtrise de leur fécondité. De telles questions exigent de la femme un effort de concentration pour se souvenir avec exactitude de ses désirs à un ou plusieurs moments précis des cinq dernières années. En outre, il existe un risque de rationalisation dans la mesure où, souvent, une grossesse non-désirée peut aboutir à la naissance d’un enfant auquel on s’est attaché. Il ressort du tableau 6.5 que près de huit naissances sur dix (79 %) ayant eu lieu au cours des cinq dernières années étaient désirées. La plupart de ces naissances (52 %) se sont produites au moment voulu et dans 27 % des cas, les femmes auraient préféré que ces naissances se produisent plus tard. Cependant, 21 % des naissances n’étaient pas souhaitées. La grande majorité des naissances de rang 1 jusqu’au rang 3 sont souhaitées et arrivent au moment voulu, tandis que les naissances de rang 4 ou plus sont généralement moins bien planifiées. En effet, près d’une naissance de rang quatre sur deux (50 %) n’était pas désirée contre, par exemple, seulement 8 % de celles de rang 2. Par rapport à l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, il ressort que pour près des deux tiers des jeunes femmes de moins de 20 ans (64%), les naissances n’étaient pas planifiées : elles étaient soit souhaitées plus tard (59%), soit non désirées (5%). Il en est de même pour les femmes de plus de 35 ans où la majorité des grossesses n’étaient pas désirées ou étaient voulues plus tard. 2,5 2,7 2,7 2,9 3,3 2,6 2,9 3,3 2,9 2,6 2,8 Le plus élevé Quatrième Moyen Second Le plus bas QUINTILES DE BIEN-ETRE Secondaire ou plus Primaire Aucun NIVEAU D’INSTRUCTION Rural Urbain MILIEU DE RESIDENCE HAÏTI Nombre moyen d’enfants EMMUS-V Haïti 2012 90 • Préférences en matière de fécondité Tableau 6.5 Planification de la fécondité Répartition (en %) des naissances de femmes de 15-49 ans survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête (y compris les grossesses actuelles) par planification de la grossesse selon le rang de naissance et l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, EMMUS-V Haïti 2012 Rang de naissance et âge de la mère à la naissance de l’enfant Planification de la naissance Total Effectif de naissances Voulue au moment Voulue plus tard Non désirée Manquant Rang de naissance 1 55,4 43,0 1,5 0,1 100,0 2 568 2 60,2 31,7 7,9 0,2 100,0 1 736 3 53,7 20,5 25,6 0,2 100,0 1 103 4+ 40,6 9,8 49,5 0,1 100,0 2 323 Age de la mère à la naissance de l’enfant <20 35,8 59,4 4,7 0,1 100,0 1 150 20-24 55,4 36,0 8,6 0,1 100,0 2 158 25-29 58,6 23,6 17,6 0,2 100,0 1 790 30-34 57,7 12,0 30,1 0,2 100,0 1 351 35-39 47,8 6,3 45,6 0,2 100,0 888 40-44 35,2 1,8 63,0 0,0 100,0 342 45-49 45,0 0,0 55,0 0,0 100,0 51 Ensemble 51,8 27,3 20,8 0,1 100,0 7 730 Le tableau 6.6 et le graphique 6.3 présentent la comparaison entre l’Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et l’Indice Synthétique de Fécondité actuelle (ISF) pour les trois années précédant l’enquête. Le calcul de l’ISFD est analogue à celui de l’ISF, les naissances considérées comme non désirées étant éliminées du numérateur. Il en découle que si toutes les naissances non désirées étaient évitées, l’ISF des femmes en Haïti serait de 2,2 enfants au lieu de 3,5 enfants. En d’autres termes, si les Haïtiennes réussissaient à contrôler leur fécondité, le pays aurait un niveau de fécondité permettant juste le remplacement des générations. L’ISFD varie de la même façon que l’ISF selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes. C’est chez les femmes du milieu rural (2,6), chez celles du département de la Grande-Anse (2,8), ainsi que chez les femmes sans niveau d’instruction (3,1) et celles des ménages du plus bas niveau de bien-être économique (3,2) qu’il est le plus élevé. En outre, l’ISFD est toujours inférieur à l’ISF et les écarts entre les deux indicateurs ne varient pas significativement. Tableau 6.6 Taux de fécondité désirée Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et Indice Synthétique de Fécondité (ISF) pour les trois années ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Taux de fécondité désiré Taux de fécondité actuelle Milieu de résidence Urbain 1,9 2,6 Rural 2,6 4,4 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 1,7 2,5 Autres villes (sans camps) 1,9 2,7 Urbain (sans camps) 1,8 2,5 Rural (sans camps) 2,6 4,4 Camps 2,5 3,6 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 1,7 2,5 Reste-Ouest 2,7 4,3 Sud-Est 2,4 4,3 Nord 2,2 3,4 Nord-Est 2,5 4,2 Artibonite 2,3 3,5 Centre 2,6 4,8 Sud 2,4 4,0 Grande-Anse 2,8 4,8 Nord-Ouest 2,2 3,4 Nippes 2,0 3,4 Niveau d’instruction Aucun 3,1 5,4 Primaire 2,7 4,3 Secondaire ou plus 2,0 2,6 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 3,2 5,7 Second 2,6 4,7 Moyen 2,3 3,8 Quatrième 2,1 3,1 Le plus élevé 1,6 1,9 Ensemble 2,2 3,5 Note: L’ISFD et l’ISF sont basés sur les naissances des femmes de 15-49 ans durant la période 1-36 mois avant l’enquête. L’ISF est le même que celui présenté au tableau 5.2. Préférences en matière de fécondité • 91 Graphique 6.3 Indice synthétique de fécondité et indice synthétique de fécondité désirée selon le milieu de résidence et le niveau d’instruction 2 2,7 3,1 2,6 1,9 2,2 2,6 4,3 5,4 4,4 2,6 3,5 Secondaire ou plus Primaire Aucun NIVEAU D’INSTRUCTION Rural Urbain MILIEU DE RESIDENCE HAÏTI Nombre d’enfants par femme Fécondité actuelle Fécondité désirée EMMUS-V Haïti 2012 Planification familiale • 93 PLANIFICATION FAMILIALE 7 a planification familiale est un problème de grande importance pour le pays. Ceci se reflète clairement dans le plan stratégique national de santé de la reproduction et planification familiale 2013-2016 publié en Décembre 2012 par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). Ce document rappelle que l’indice synthétique de fécondité est de 3,5 et que le nombre moyen d’enfants désirés est de 2,0, ce qui traduit des besoins non couverts en matière de planification familiale. À cet égard, l’objectif fixé par le MSPP pour la période 2013-2016 est de faire baisser le taux de besoins non couverts afin qu’il se situe à environ 10 %. Comme lors des enquêtes précédentes, cette cinquième enquête EMMUS a collecté les informations suivantes sur la planification familiale : • la connaissance et la pratique de la contraception ; • la connaissance de la période féconde ; • les sources d’approvisionnement en contraception ; • l’intention d’utilisation de la contraception dans un futur proche ; • les sources d’information sur la contraception ; • les opinions et les attitudes face à la contraception. 7.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION L’utilisation de la contraception suppose, au préalable la connaissance d’au moins une méthode contraceptive, et d’une source d’approvisionnement. Les différentes méthodes retenues dans le questionnaire sont classées en trois catégories : L Principaux résultats • Parmi les femmes en union de 15-49 ans, au moment de l’enquête, 35 % utilisaient, une méthode contraceptive, essentiellement une méthode moderne (31 %) et 3 % utilisaient une méthode traditionnelle. • Les deux méthodes modernes les plus utilisées par les femmes en union sont les injectables (19 %) et le condom masculin (5 %). • La prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union a augmenté entre 2005-2006 et 2012 passant de 25 % à 31 %. • Parmi les femmes de 15-49 ans en union, 35 % ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale : environ 16 % pour espacer et 20 % pour limiter les naissances. • Globalement, 84 % des femmes non utilisatrices de méthodes contraceptives n’ont parlé de planification familiale ni avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé. 94 • Planification familiale • les méthodes modernes, qui comprennent : la stérilisation féminine, la stérilisation masculine, la pilule, le stérilet ou DIU (Dispositif Intra Utérin), les injectables, les implants (Norplant), le condom masculin, le condom féminin, le diaphragme, les méthodes vaginales (spermicides, mousses et gelées), la Méthode de l’Allaitement Maternel et l’Aménorrhée (MAMA) et la pilule du lendemain ; • les méthodes traditionnelles, notamment la continence périodique ou rythme et le retrait ; • les méthodes dites « populaires » comme les herbes, les tisanes et autres méthodes pouvant rentrer dans cette catégorie. Lors de l’enquête, la collecte des informations sur la connaissance des méthodes contraceptives s’est faite selon la méthodologie suivante : après une description de chaque méthode listée, on a demandé à chaque enquêtée, si elle en avait déjà entendu parler. Les résultats du tableau 7.1 montrent que parmi les femmes âgées de 15-49 ans, quel que soit leur état matrimonial, pratiquement la totalité ont déclaré connaître, au moins, une méthode contraceptive, qu’il s’agisse d’une méthode moderne ou traditionnelle. En moyenne, les femmes connaissaient 8,8 méthodes. Parmi les femmes en union, ce nombre moyen est un peu plus élevé (9,5). Tableau 7.1 Connaissance des méthodes contraceptives Pourcentage de femmes de 15-49 ans, de femmes actuellement en union et de femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives qui ont entendu parler d’une méthode contraceptive, selon la méthode, EMMUS-V Haïti 2012 Méthode Ensemble des femmes Femmes actuellement en union Femmes non en union sexuellement actives1 N’importe quelle méthode 99,8 100,0 99,8 Une méthode moderne 99,8 100,0 99,8 Stérilisation féminine 60,9 68,3 55,9 Stérilisation masculine 44,4 51,3 41,8 Pilule 97,4 99,2 97,7 DIU 35,1 40,3 33,3 Injectables 97,5 99,3 98,5 Implants 92,9 97,8 94,3 Condom masculin 99,2 99,6 99,6 Condom féminin 81,5 85,1 88,3 Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée (MAMA) 69,5 79,7 65,2 Pilule du lendemain 19,3 23,2 17,7 Une méthode traditionnelle 89,1 96,0 94,7 Rythme 68,7 73,8 76,6 Retrait 82,8 92,6 90,5 Autre 28,1 34,9 27,2 Nombre moyen de méthodes connues par les enquêté(e)s de 15-49 ans 8,8 9,5 8,9 Effectif de femmes 14 287 7 808 973 1 Ont eu leurs derniers rapports sexuels dans les 30 jours qui ont précédé l’enquête. En ce qui concerne la connaissance par méthode spécifique, on relève que dans l’ensemble, les femmes, quel que soit le sous-groupe, ont entendu parler de la plupart des méthodes. Le condom féminin (82 %), la stérilisation masculine (44 %), le DIU (35 %) et surtout la pilule du lendemain (19 %) sont les méthodes les moins connues par les femmes. Planification familiale • 95 En ce qui concerne les méthodes traditionnelles, on constate que la proportion de femmes qui en ont entendu parler est un peu plus faible que les méthodes modernes (89 % contre 100 %). C’est le retrait qui est la méthode la plus connue (83 %), suivie de la méthode du rythme (69 %). 7.2 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes si elles utilisaient actuellement une méthode pour éviter de tomber enceinte. Les réponses à cette question permettent d’estimer le taux de prévalence contraceptive actuelle, qui correspond donc à la proportion des femmes qui utilisaient, au moment de l’enquête, une méthode de contraception. Les résultats présentés au tableau 7.2 montrent que parmi toutes les femmes de 15-49 ans, 24 % utilisaient, au moins, une méthode contraceptive quelconque : 22 % utilisaient une méthode moderne et 2 % une méthode traditionnelle. Les deux méthodes modernes les plus utilisées sont les injectables (12 %) et le condom masculin (6 %). Le taux d’utilisation des autres méthodes modernes est très faible (moins de 2 %). Les résultats selon l’âge montrent que c’est parmi les femmes les plus jeunes (9 % à 15-19 ans) et parmi les plus âgées (16 % à 45-49 ans) que la prévalence contraceptive est la plus faible. En ce qui concerne les femmes en union, on constate que 35 % d’entre elles utilisaient une méthode quelconque : 31 % une méthode moderne, surtout les injectables (19 %) et, dans une moindre mesure, le condom masculin (5 %) et 3 % une méthode traditionnelle. En outre, les variations selon l’âge sont les mêmes que celles observées pour l’ensemble des femmes. La comparaison avec les résultats des enquêtes précédentes montre que la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union n’a varié que très peu entre 2000 et 2005-2006, avant de connaître une augmentation importante en 2012 ; passant de 22 % en 2000 à 25 % en 2005-2006, puis à 31 % en 2012 (Graphique 7.1). 96 • Planification familiale Graphique 7.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes actuellement en union selon l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V C’est parmi les femmes non en union sexuellement actives que la prévalence contraceptive est la plus élevée (37 %) ; un peu plus d’un tiers (35 %) utilisaient une méthode moderne, essentiellement le condom masculin (24 %). Dans neuf pour cent des cas, ces femmes utilisaient les injectables. Les informations recueillies permettent par ailleurs l’analyse de la prévalence contraceptive selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes en union (Tableau 7.3). On constate, par exemple, que la prévalence contraceptive varie en fonction du nombre d’enfants de la femme, d’un minimum de 15 % parmi celles n’ayant pas d’enfants à un maximum de 40 % parmi celles qui en ont 3-4. Le milieu de résidence ne semble pas influencer de manière importante le niveau d’utilisation des méthodes contraceptives, celui-ci étant estimé à 34 % en milieu rural contre 36 % en milieu urbain. Par contre, dans les départements, on note des écarts. En effet, les résultats montrent que c’est dans le Centre (43 %), le Nord (42 %) et les Nippes (41 %) que la prévalence contraceptive est la plus élevée. À l’opposé, c’est dans l’Ouest n’incluant pas l’Aire Métropolitaine (29 %) qu’elle est la plus faible. La prévalence de la contraception est aussi influencée par le niveau d’instruction : en effet, 30 % de femmes sans niveau d’instruction utilisaient, au moment de l’enquête, une méthode contraceptive contre 35 % chez celles ayant atteint le niveau primaire et 37 % chez les femmes ayant atteint le niveau secondaire ou plus. En outre, on constate des écarts de prévalence en fonction du niveau de bien-être du ménage : c’est dans les ménages des deux premiers quintiles (32 % dans le plus bas et 31 % dans le second) que la proportion d’utilisatrices est la plus faible et dans les ménages du quatrième quintile qu’elle est la plus élevée (38 %). En ce qui concerne la prévalence contraceptive moderne, on observe qu’elle est plus élevée parmi les femmes ayant 3-4 enfants vivants (37 %), parmi celles ayant un niveau secondaire ou plus (33 %) et parmi celles des ménages du quintile moyen (35 %). C’est dans les départements du Centre (41 %), du Nord (40 %) et des Nippes (38 %) qu’elle est également la plus élevée. Par ailleurs, le milieu de résidence ne semble pas influer sur le niveau d’utilisation de la contraception moderne ; en effet, elle est estimée à 31 % dans les deux milieux. 28 22 3 12 2 3 2 6 2 3 32 25 5 11 3 2 2 7 2 4 35 31 5 19 3 2 2 3 2 1 Toutes méthodes Méthodes modernes Condom masculin Injections Pilule Stérilisation féminine Implants Méthodes traditionnelles Rythme Retrait Pourcentage EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-06 EMMUS-V 2012 P la ni fic at io n Fa m ili al e • 9 7 Ta bl ea u 7. 2 U til is at io n ac tu el le d e la c on tra ce pt io n se lo n âg e R ép ar tit io n (e n % ) d es fe m m es d e 15 -4 9 an s, d es fe m m es a ct ue lle m en t e n un io n et d es fe m m es q ui n e so nt p as e n un io n et q ui s on t s ex ue lle m en t a ct iv es , p ar m ét ho de c on tra ce pt iv e ac tu el le m en t u til is ée s el on le g ro up e d’ âg es , E M M U S -V H aï ti 20 12 G ro up e d’ âg es N ’im po rte qu el le m ét ho de U ne m ét ho de m od er ne U ne m ét ho de m od er ne U ne m ét ho de tra di tio n- ne lle U ne m ét ho de tr ad iti on ne lle N ’u til is e pa s ac tu el le - m en t To ta l E ffe ct if de fe m m es S té ril i- sa tio n fé m in in e S té ril i- sa tio n m as cu lin e P ilu le D IU In je c- ta bl es Im pl an ts C on do m m as cu lin M A M A A ut re R yt hm e R et ra it A ut re TO U TE S LE S FE M M ES 15 -1 9 8, 7 8, 2 0, 0 0, 1 0, 3 0, 0 2, 4 0, 1 5, 4 0, 1 0, 0 0, 4 0, 2 0, 2 0, 0 91 ,3 10 0, 0 3 35 2 20 -2 4 24 ,7 23 ,2 0, 0 0, 0 0, 9 0, 0 12 ,1 0, 8 9, 0 0, 2 0, 1 1, 5 0, 8 0, 6 0, 1 75 ,3 10 0, 0 2 85 1 25 -2 9 33 ,0 31 ,3 0, 2 0, 0 2, 6 0, 1 19 ,3 1, 3 7, 3 0, 4 0, 1 1, 7 1, 0 0, 4 0, 4 67 ,0 10 0, 0 2 40 2 30 -3 4 33 ,7 30 ,8 0, 4 0, 0 3, 1 0, 1 18 ,9 2, 2 5, 9 0, 2 0, 0 2, 9 1, 4 1, 2 0, 3 66 ,3 10 0, 0 1 82 6 35 -3 9 31 ,0 27 ,5 2, 1 0, 0 2, 8 0, 0 16 ,2 2, 0 4, 1 0, 3 0, 0 3, 6 2, 2 1, 1 0, 2 69 ,0 10 0, 0 1 48 1 40 -4 4 27 ,1 22 ,2 3, 7 0, 4 2, 2 0, 0 11 ,0 1, 9 2, 8 0, 0 0, 2 4, 9 2, 2 1, 5 1, 2 72 ,9 10 0, 0 1 21 8 45 -4 9 15 ,9 13 ,5 3, 6 0, 2 1, 2 0, 2 5, 6 0, 9 1, 7 0, 0 0, 1 2, 5 0, 7 1, 5 0, 3 84 ,1 10 0, 0 1 15 7 En se m bl e 23 ,6 21 ,6 0, 9 0, 1 1, 7 0, 0 11 ,7 1, 1 5, 8 0, 2 0, 1 2, 0 1, 0 0, 7 0, 3 76 ,4 10 0, 0 14 2 87 FE M M ES A C TU EL LE M EN T EN U N IO N 15 -1 9 25 ,6 24 ,0 0, 0 0, 0 2, 2 0, 0 15 ,5 0, 7 5, 4 0, 3 0, 0 1, 6 0, 9 0, 7 0, 0 74 ,4 10 0, 0 40 4 20 -2 4 36 ,0 34 ,1 0, 1 0, 0 1, 9 0, 0 23 ,0 1, 4 7, 4 0, 4 0, 0 1, 9 1, 1 0, 7 0, 1 64 ,0 10 0, 0 1 25 0 25 -2 9 39 ,4 37 ,2 0, 3 0, 0 3, 6 0, 1 25 ,5 1, 8 5, 1 0, 6 0, 2 2, 2 1, 4 0, 3 0, 5 60 ,6 10 0, 0 1 62 0 30 -3 4 39 ,1 35 ,9 0, 4 0, 0 3, 7 0, 1 22 ,6 2, 4 6, 4 0, 3 0, 1 3, 2 1, 3 1, 5 0, 4 60 ,9 10 0, 0 1 47 2 35 -3 9 35 ,4 31 ,3 2, 4 0, 0 3, 0 0, 0 18 ,6 2, 3 4, 8 0, 3 0, 0 4, 1 2, 7 1, 2 0, 2 64 ,6 10 0, 0 1 22 8 40 -4 4 32 ,8 26 ,6 4, 4 0, 6 2, 7 0, 0 13 ,1 2, 4 3, 2 0, 0 0, 2 6, 2 2, 7 2, 0 1, 5 67 ,2 10 0, 0 96 7 45 -4 9 20 ,2 16 ,9 4, 2 0, 2 1, 4 0, 3 7, 3 1, 2 2, 2 0, 0 0, 1 3, 3 0, 9 2, 0 0, 4 79 ,8 10 0, 0 86 7 En se m bl e 34 ,5 31 ,3 1, 5 0, 1 2, 8 0, 1 19 ,4 1, 9 5, 1 0, 3 0, 1 3, 2 1, 6 1, 1 0, 5 65 ,5 10 0, 0 7 80 8 FE M M ES N O N E N U N IO N S EX U EL LE M EN T AC TI VE S1 15 -1 9 31 ,3 28 ,9 0, 0 0, 9 0, 2 0, 0 2, 8 0, 2 24 ,5 0, 2 0, 1 2, 4 0, 9 1, 5 0, 0 68 ,7 10 0, 0 31 1 20 -2 4 38 ,4 35 ,8 0, 0 0, 0 0, 2 0, 0 8, 4 0, 8 25 ,7 0, 0 0, 7 2, 6 1, 6 0, 6 0, 4 61 ,6 10 0, 0 37 0 25 -2 9 50 ,0 48 ,1 0, 0 0, 0 1, 7 0, 0 18 ,2 0, 3 27 ,9 0, 0 0, 0 1, 9 0, 6 1, 3 0, 0 50 ,0 10 0, 0 18 1 30 -3 4 34 ,7 25 ,4 0, 0 0, 0 3, 7 0, 0 8, 6 0, 0 13 ,1 0, 0 0, 0 9, 3 9, 3 0, 0 0, 0 65 ,3 10 0, 0 55 35 -3 9 38 ,9 35 ,5 0, 0 0, 0 17 ,2 0, 0 15 ,6 0, 0 2, 7 0, 0 0, 0 3, 4 0, 0 3, 4 0, 0 61 ,1 10 0, 0 28 40 -4 4 12 ,0 12 ,0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 12 ,0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 88 ,0 10 0, 0 18 45 -4 9 3, 4 3, 4 3, 4 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 0, 0 96 ,6 10 0, 0 11 En se m bl e 37 ,2 34 ,5 0, 0 0, 3 1, 2 0, 0 8, 6 0, 4 23 ,6 0, 1 0, 3 2, 7 1, 5 1, 0 0, 2 62 ,8 10 0, 0 97 3 N ot e : S i p lu s d’ un e m ét ho de e st u til is ée , s eu le la p lu s ef fic ac e es t p ris e en c om pt e da ns c e ta bl ea u. M A M A = M ét ho de d e l’A lla ite m en t M at er ne l e t d e l’A m én or rh ée . 1 Fe m m es a ya nt e u de s ra pp or ts s ex ue ls a u co ur s de s 30 jo ur s qu i o nt p ré cé dé l’ en qu êt e. • 97Planification familiale 98 • P la ni fic at io n Fa m ili al e Ta bl ea u 7. 3 U til is at io n ac tu el le d e la c on tra ce pt io n pa r c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s R ép ar tit io n (e n % ) d es fe m m es a ct ue lle m en t e n un io n de 1 5- 49 a ns p ar m ét ho de c on tra ce pt iv e ac tu el le m en t u til is ée , s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, E M M U S -V H aï ti 20 12 C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue N ’im po rte qu el le m ét ho de U ne m ét ho de m od er ne U ne m ét ho de m od er ne M AM A Au tre U ne m ét ho de tra di tio n- ne lle U ne m ét ho de tr ad iti on ne lle N ’u til is e pa s ac tu el le - m en t To ta l E ffe ct if de fe m m es S té ril i- sa tio n fé m in in e S té ril i- sa tio n m as cu lin e P ilu le D IU In je c- ta bl es Im pl an ts C on do m m as cu lin R yt hm e R et ra it A ut re N om br e d’ en fa nt s vi va nt s 0 14 ,7 12 ,2 0, 1 0, 0 0, 7 0, 0 2, 1 0, 3 9, 0 0, 0 0, 0 2, 5 2, 4 0, 1 0, 0 85 ,3 10 0, 0 90 9 1- 2 36 ,6 33 ,7 0, 6 0, 0 3, 3 0, 1 21 ,7 1, 2 6, 5 0, 3 0, 0 2, 9 1, 8 0, 9 0, 3 63 ,4 10 0, 0 3 54 2 3- 4 40 ,2 36 ,7 2, 5 0, 1 2, 6 0, 1 24 ,4 3, 0 3, 4 0, 4 0, 3 3, 5 1, 4 1, 5 0, 6 59 ,8 10 0, 0 1 97 3 5+ 34 ,0 30 ,0 3, 6 0, 4 3, 2 0, 0 17 ,7 3, 1 1, 5 0, 3 0, 1 4, 0 1, 0 2, 1 0, 9 66 ,0 10 0, 0 1 38 5 M ili eu d e ré si de nc e U rb ai n 35 ,5 31 ,3 1, 7 0, 0 4, 0 0, 2 15 ,7 0, 7 8, 4 0, 3 0, 2 4, 2 2, 5 1, 0 0, 7 64 ,5 10 0, 0 3 43 0 R ur al 33 ,7 31 ,2 1, 4 0, 2 1, 8 0, 0 22 ,3 2, 7 2, 5 0, 3 0, 0 2, 5 1, 0 1, 3 0, 2 66 ,3 10 0, 0 4 37 8 M ili eu d e ré si de nc e dé ta ill é A ire M ét ro po lit ai ne (s an s ca m ps ) 34 ,1 29 ,0 1, 1 0, 0 4, 2 0, 2 12 ,9 0, 3 9, 8 0, 2 0, 2 5, 2 3, 5 0, 9 0, 7 65 ,9 10 0, 0 1 91 4 A ut re s vi lle s (s an s ca m ps ) 37 ,8 34 ,8 3, 0 0, 0 3, 6 0, 1 19 ,9 1, 3 6, 5 0, 4 0, 1 3, 0 1, 2 1, 3 0, 6 62 ,2 10 0, 0 1 25 1 U rb ai n (s an s ca m ps ) 35 ,6 31 ,3 1, 8 0, 0 4, 0 0, 2 15 ,7 0, 7 8, 5 0, 3 0, 2 4, 3 2, 6 1, 1 0, 6 64 ,4 10 0, 0 3 16 5 R ur al (s an s ca m ps ) 33 ,7 31 ,2 1, 4 0, 2 1, 8 0, 0 22 ,4 2, 8 2, 5 0, 3 0, 0 2, 5 0, 9 1, 3 0, 3 66 ,3 10 0, 0 4 31 6 C am ps 34 ,4 31 ,6 0, 9 0, 0 4, 9 0, 3 15 ,9 1, 3 7, 6 0, 9 0, 0 2, 7 1, 2 0, 4 1, 2 65 ,6 10 0, 0 32 7 D ép ar te m en t ( sa ns ca m ps ) A ire M ét ro po lit ai ne 34 ,1 29 ,0 1, 1 0, 0 4, 2 0, 2 12 ,9 0, 3 9, 8 0, 2 0, 2 5, 2 3, 5 0, 9 0, 7 65 ,9 10 0, 0 1 91 4 R es te -O ue st 28 ,6 26 ,0 1, 3 0, 3 2, 0 0, 0 17 ,8 1, 5 2, 8 0, 2 0, 0 2, 6 1, 7 0, 6 0, 3 71 ,4 10 0, 0 1 18 6 S ud -E st 30 ,7 27 ,1 0, 4 0, 0 2, 5 0, 0 18 ,3 1, 9 2, 9 1, 1 0, 0 3, 6 1, 1 2, 0 0, 4 69 ,3 10 0, 0 32 1 N or d 42 ,4 40 ,3 2, 3 0, 2 1, 5 0, 2 27 ,3 3, 9 4, 0 0, 8 0, 1 2, 2 1, 2 1, 0 0, 1 57 ,6 10 0, 0 76 8 N or d- E st 34 ,0 31 ,6 2, 6 0, 5 1, 7 0, 0 21 ,9 3, 1 1, 6 0, 3 0, 0 2, 4 1, 5 0, 3 0, 6 66 ,0 10 0, 0 27 7 A rti bo ni te 31 ,7 28 ,8 1, 9 0, 0 2, 9 0, 0 17 ,9 1, 9 4, 2 0, 0 0, 0 2, 9 0, 6 2, 0 0, 3 68 ,3 10 0, 0 1 15 9 C en tre 42 ,5 40 ,8 1, 5 0, 0 2, 0 0, 0 31 ,2 3, 6 2, 3 0, 0 0, 2 1, 7 0, 5 0, 6 0, 6 57 ,5 10 0, 0 49 6 S ud 38 ,7 35 ,5 2, 2 0, 0 2, 5 0, 0 22 ,7 2, 5 5, 1 0, 3 0, 2 3, 2 0, 9 1, 8 0, 4 61 ,3 10 0, 0 49 9 G ra nd e- A ns e 34 ,5 32 ,4 2, 2 0, 0 2, 5 0, 0 21 ,8 2, 5 3, 2 0, 3 0, 0 2, 1 0, 2 1, 4 0, 5 65 ,5 10 0, 0 26 3 N or d- O ue st 30 ,8 28 ,1 1, 0 0, 2 1, 0 0, 0 21 ,2 1, 9 2, 8 0, 0 0, 0 2, 7 1, 3 1, 1 0, 3 69 ,2 10 0, 0 34 7 N ip pe s 40 ,5 37 ,8 1, 5 0, 0 3, 6 0, 0 26 ,8 3, 0 2, 4 0, 5 0, 0 2, 6 0, 2 2, 3 0, 2 59 ,5 10 0, 0 25 2 N iv ea u d’ in st ru ct io n A uc un 29 ,7 27 ,8 2, 0 0, 1 1, 8 0, 0 19 ,7 3, 0 1, 0 0, 2 0, 0 2, 0 0, 7 0, 9 0, 3 70 ,3 10 0, 0 1 72 7 P rim ai re 34 ,5 31 ,7 1, 4 0, 2 2, 6 0, 1 21 ,6 2, 4 3, 0 0, 5 0, 0 2, 7 0, 5 1, 6 0, 6 65 ,5 10 0, 0 3 01 7 S ec on da ire o u pl us 37 ,2 32 ,8 1, 4 0, 0 3, 6 0, 2 17 ,0 0, 8 9, 5 0, 2 0, 2 4, 4 3, 2 0, 8 0, 3 62 ,8 10 0, 0 3 06 4 Q ui nt ile s de b ie n- êt re éc on om iq ue Le p lu s ba s 31 ,7 29 ,7 0, 9 0, 3 1, 1 0, 0 22 ,6 3, 6 0, 7 0, 4 0, 1 2, 0 0, 4 1, 3 0, 3 68 ,3 10 0, 0 1 37 5 S ec on d 31 ,4 29 ,8 1, 3 0, 1 2, 4 0, 0 20 ,6 3, 2 2, 0 0, 3 0, 0 1, 6 0, 5 1, 0 0, 2 68 ,6 10 0, 0 1 37 9 M oy en 37 ,4 34 ,8 1, 6 0, 0 2, 9 0, 1 23 ,7 2, 3 3, 7 0, 5 0, 1 2, 6 1, 0 1, 2 0, 4 62 ,6 10 0, 0 1 57 7 Q ua tri èm e 38 ,0 34 ,3 1, 5 0, 0 3, 5 0, 0 21 ,4 0, 6 7, 0 0, 2 0, 0 3, 7 1, 8 1, 1 0, 8 62 ,0 10 0, 0 1 74 0 Le p lu s él ev é 33 ,0 27 ,5 2, 1 0, 1 3, 7 0, 3 10 ,0 0, 4 10 ,5 0, 1 0, 3 5, 5 3, 9 1, 2 0, 4 67 ,0 10 0, 0 1 73 7 En se m bl e 34 ,5 31 ,3 1, 5 0, 1 2, 8 0, 1 19 ,4 1, 9 5, 1 0, 3 0, 1 3, 2 1, 6 1, 1 0, 5 65 ,5 10 0, 0 7 80 8 N ot e : S i p lu s d’ un e m ét ho de e st u til is ée , s eu le la p lu s ef fic ac e es t p ris e en c om pt e da ns c e ta bl ea u. M A M A = M ét ho de d e l’A lla ite m en t M at er ne l e t d e l’A m én or rh ée . 98 • Planification familiale Planification familiale • 99 7.3 SOURCES D’APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION Une bonne connaissance des endroits ou des canaux par lesquels les femmes se procurent les méthodes contraceptives peut aider à évaluer la contribution des services publics et privés dans la distribution et la vente des méthodes contraceptives. Elle peut aussi permettre de redéployer les efforts de marketing social ou de distribution communautaire de ces méthodes. Aussi, l’EMMUS-V s’est-elle intéressée à la source d’approvisionnement la plus récente en méthodes contraceptives par les femmes utilisatrices au moment de l’enquête. Le tableau 7.4 montre que seulement 23 % des utilisatrices actuelles de méthodes contraceptives modernes s’adressent au secteur public pour se procurer leur méthode (8 % auprès d’un hôpital et 15 % auprès d’un centre de santé). En outre, 30 % des utilisatrices se procurent leur méthode dans le secteur médical privé, essentiellement dans un centre de santé ou dispensaire (12 %) ou dans une pharmacie (11 %). Les secteurs médicaux mixte et non institutionnel couvrent chacun 14 % de l’approvisionnement, tandis que le secteur privé non médical (boutique, marché amis, parents etc.) en couvre 15 %. En ce qui concerne la stérilisation féminine, l’essentiel des prestations est fourni par les hôpitaux publics (38 %), les hôpitaux ou cliniques privés (23 %) et par les hôpitaux ou cliniques mixtes (17 %). Pour la pilule, on constate que près d’une femme sur deux se la procure dans le secteur médical privé (47 %), principalement dans les pharmacies (32 %). Par ailleurs, 20 % des utilisatrices de la pilule s’adressent au secteur médical non institutionnel pour obtenir cette méthode. Les secteurs public et médical mixte couvrent, respectivement, 15 % et 7 % de l’approvisionnement. Enfin, une proportion importante d’utilisatrices s’adresse au secteur privé non médical (9 %) pour obtenir la pilule, essentiellement les boutiques et marchés (7 %). Tableau 7.4 Source d’approvisionnement des méthodes modernes Répartition (en %) des utilisatrices actuelles de méthodes contraceptives modernes âgées de 15-49 ans par source d’approvisionnement la plus récente, en fonction de la méthode, EMMUS-V Haïti 2012 Source d’approvisionnement Stérilisation féminine Pilule Injectables Implants Condom masculin Ensemble Secteur public 45,4 15,3 28,6 35,8 7,6 23,0 Hôpital 37,5 6,1 7,5 14,1 3,6 8,0 Centre de santé 7,9 9,2 21,1 21,7 4,1 15,0 Secteur médical privé 28,0 46,6 31,9 37,6 21,7 30,1 Hôpital/clinique 23,1 4,2 6,0 15,3 1,5 5,9 Centre de santé/dispensaire 2,4 9,5 16,6 21,4 3,1 11,9 Clinique Planning Familial 0,0 0,8 1,0 0,6 0,9 0,9 Cabinet médecin privé 2,5 0,0 1,0 0,0 0,2 0,7 Pharmacie 0,0 32,0 7,1 0,3 16,0 10,7 Secteur médical mixte 23,5 7,1 17,8 23,1 3,6 13,6 Hôpital/clinique 17,4 1,6 4,4 10,7 1,1 4,2 Centre de santé 6,1 5,5 12,6 11,3 2,2 8,8 Clinique Planning Familial 0,0 0,0 0,8 1,1 0,2 0,6 Secteur médical non institutionnel 0,0 20,2 20,6 2,0 2,3 13,6 Clinique mobile 0,0 3,5 2,5 0,6 0,5 1,8 Agent de santé/Promoteurs 0,0 16,8 18,1 1,5 1,8 11,8 Autre secteur privé non médical 0,0 9,2 0,5 1,5 49,7 14,7 Boutique/marché 0,0 7,3 0,0 1,1 20,9 6,3 distributeur automatique 0,0 0,8 0,0 0,4 2,4 0,8 École 0,0 0,0 0,0 0,0 0,2 0,1 Amis/parents 0,0 1,1 0,5 0,0 26,1 7,6 Autre/manquant 3,0 1,6 0,7 0,0 15,1 5,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif des utilisatrices 130 237 1 670 161 836 3 062 Note : L’ensemble comprend 11 utilisatrices de la stérilisation masculines, 7 utilisatrices du DIU, 2 utilisatrices du condom féminine et 9 utilisatrices d’autres méthodes modernes mais pas de la MAMA. 100 • Planification familiale Parmi les femmes qui utilisent des injectables, 32 % les ont obtenus dans le secteur médical privé, 29% dans le secteur médical public, 21 % dans un médical non institutionnel, et 18 % dans un secteur médical mixte. La pose d’implants a été plus fréquemment effectuée dans les secteurs médicaux privés (38 %) et publics (36 %) que dans le secteur médical mixte (23 %). Quant au condom masculin, c’est surtout auprès du secteur privé non médical que les utilisatrices se le sont procurés (50 %), les amis/parents (26 %) et les boutiques/marchés (21 %) constituant les autres sources d’approvisionnement en condom les plus courantes dans ce secteur. Le secteur public ne représenterait pas une source importante de condoms, seule une faible proportion d’utilisatrices (8 %) l’ayant mentionné. 7.4 INFORMATIONS RELATIVES AUX METHODES CONTRACEPTIVES Au cours de l’EMMUS-V, on a demandé aux femmes utilisatrices de méthodes contraceptives dont la dernière période d’utilisation avait commencé au cours des 5 années ayant précédé l’enquête, si elles avaient été informées sur l’éventualité d’effets secondaires des méthodes et sur ce qu’il fallait faire si ceux-ci se manifestaient. On leur a aussi demandé si on leur avait parlé d’autres méthodes qu’elles pouvaient utiliser. Ces informations sont particulièrement utiles pour, non seulement, prévenir l’abandon précoce de méthodes contraceptives adoptées, mais aussi pour corriger et combattre les préjugés concernant les méthodes de contraception. Les résultats obtenus sont présentés au tableau 7.5. Tableau 7.5 Choix informé de la méthode Parmi les utilisatrices actuelles de méthodes modernes, âgées de 15-49 ans, dont la dernière période d’utilisation d’une méthode a commencé au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant été informé de possibles effets secondaires ou sur des problèmes liés à cette méthode; pourcentage ayant été informé sur ce qu’il fallait faire en cas d’effets secondaires et pourcentage ayant été informé de l’existence d’autres méthodes, selon la méthode et la source initiale de la méthode, EMMUS-V Haïti 2012 Méthode/source Parmi les utilisatrices actuelles de méthodes modernes dont la dernière période d’utilisation a commencé au cours des cinq années ayant précédé l’enquête : Pourcentage ayant été informé des effets secondaires ou des problèmes de la méthode utilisée Pourcentage ayant été informé sur ce qu’il fallait faire en cas d’effets secondaires Pourcentage ayant été informé par un prestataire de santé ou de planification familiale d’autres méthodes qui peuvent être utilisées Effectif de femmes Méthode Stérilisation féminine 51,5 43,4 58,1 58 Pilule 59,6 50,2 56,9 208 DIU * * * 6 Injectables 72,2 65,3 64,6 1 505 Implants 75,2 74,6 70,7 146 Source initiale de la méthode1 Secteur public 71,2 67,7 67,6 574 Secteur médical privé 70,5 63,9 64,6 669 Secteur médical mixte 80,1 74,5 73,7 334 Secteur médical non institutionnel 59,8 46,6 49,0 294 Autre secteur privé non médical (49,0) (42,3) (44,2) 25 Autre (66,3) (47,7) (43,5) 24 Ensemble2 70,4 63,7 64,1 1 923 Note : Le tableau n’inclut que les utilisatrices de méthodes figurant sur la liste. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 Source au moment où a commencé l’épisode d’utilisation de la méthode actuelle. 2 L’ensemble comprend 1 femme dont l’information sur la source initiale de la méthode est manquante. Planification familiale • 101 On constate que dans 70 % des cas, les utilisatrices de méthodes modernes ont déclaré avoir été informées des effets secondaires ou des problèmes qui pourraient survenir en utilisant leur méthode. Cette proportion varie selon la méthode utilisée, d’un maximum de 75 % chez les femmes qui utilisent les implants, à un minimum de 52 % chez celles qui ont eu recours à la stérilisation féminine. La proportion de femmes ayant reçu ces informations varie selon le secteur d’approvisionnement ; elle est moins élevée dans le secteur médical non institutionnel (60 %) que dans les secteurs public, médical privé (71 %) et mixte (80 %). En outre, dans 64 % des cas, les femmes ont déclaré avoir été informées de ce qu’il fallait faire en cas d’effets secondaires. Ici aussi, les femmes qui utilisent les implants et celles qui ont obtenu leur méthode auprès du secteur médical mixte ont été mieux informées (75 % dans les deux cas) que les autres. Enfin, le tableau 7.5 montre que 64 % des femmes ont reçu des informations fournies par un prestataire de santé ou de planification familiale, concernant l’utilisation éventuelle d’autres méthodes. Cette proportion varie de 71 % quand la méthode utilisée est l’implant, à 57 % quand il s’agit de la pilule. C’est quand les femmes ont obtenu leur méthode auprès du secteur médical mixte qu’elles ont été le plus fréquemment informées par un agent de santé (74 % contre un minimum de 49 % dans le secteur médical non institutionnel). 7.5 CONNAISSANCE DE LA PERIODE FECONDE Même si la continence périodique (ou méthode du rythme) est peu pratiquée en Haïti (voir tableau 7.2), les résultats montrent que 2 % des femmes en union utilisaient cette méthode. Il est donc important que ces femmes connaissent bien le moment du cycle menstruel pendant lequel elles sont le plus fécondes, car l’efficacité de cette méthode en dépend. Pour mesurer cette connaissance, on a donc demandé à toutes les femmes et à celles qui utilisaient la méthode du rythme, si elles pensaient qu’au cours du cycle menstruel, il y avait une période pendant laquelle une femme avait plus de chances de tomber enceinte. À celles qui répondaient par oui, on leur demandait à quel moment du cycle se situait cette période. La question proposait explicitement quatre réponses : « juste avant que les règles ne commencent », « pendant la période des règles », « juste après que les règles soient terminées » et « au milieu, entre deux périodes de règles ». L’enquêtée pouvait donner également une autre réponse ou déclarer qu’elle ne connaissait pas cette période. Dans l’ensemble, seulement 26 % des femmes ont indiqué « le milieu du cycle » comme la période féconde (tableau 7.6). Elles sont considérées dans ce cas comme ayant une bonne connaissance de la période féconde. Cette proportion est plus élevée chez les femmes utilisatrices de la méthode du rythme (43 %) que chez les femmes non utilisatrices de cette méthode (25 %). Par ailleurs, 45 % de femmes ont indiqué que la période féconde probable se situe « juste après les règles » et 11 % la situent « juste avant le début des règles ». Ces réponses sont trop vagues pour pouvoir être considérées comme exactes, car les périodes « juste après la fin » et « juste avant le début » peuvent ou non correspondre à la période féconde. Les femmes de ces deux catégories (56 %) sont considérées comme ayant une connaissance douteuse de la période féconde. Enfin, les femmes considérées comme ne connaissant pas du tout la période féconde probable sont celles ayant fourni des réponses différentes de celles précédemment citées : leur proportion est globalement estimée à 18 %. Parmi les utilisatrices de la continence périodique qui sont supposées connaître la période féconde, 54 % en ont une connaissance douteuse et 3 % ne savent pas situer cette période ou ne savent pas du tout qu’il existe une période au cours de laquelle une femme a le plus de chance de tomber enceinte. Ces résultats permettent de constater que plus de la moitié des utilisatrices de la continence périodique (57 %) ne savent pas utiliser correctement la méthode, car elles ne connaissent pas la période féconde ou n’en ont qu’une connaissance approximative. 102 • Planification familiale Tableau 7.6 Connaissance de la période féconde Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans par connaissance de la période féconde au cours du cycle menstruel selon l’utilisation actuelle de la méthode du rythme, EMMUS-V Haïti 2012 Connaissance de la période féconde Utilisatrices de la méthode du rythme Non utilisatrices de la méthode du rythme Ensemble des femmes Juste avant le début des règles 8,2 11,2 11,2 Durant les règles 1,2 2,8 2,8 Juste après la fin des règles 45,6 44,7 44,7 Au milieu du cycle/entre deux périodes de règles 43,1 25,4 25,6 Autre 0,8 0,1 0,1 Pas de moment précis 0,0 7,8 7,8 Ne sait pas 1,1 7,7 7,6 Manquant 0,0 0,1 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 147 14 140 14 287 7.6 BESOINS EN MATIERE DE PLANIFICATION FAMILIALE Le tableau 7.7 et le graphique 7.2 présentent les résultats concernant les besoins des femmes 15-49 ans en union, en matière de planification familiale, que ce soit pour espacer ou limiter les naissances. Afin de rendre comparable les estimations des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, dans le temps et entre les pays enquêtés, la définition de cet indicateur a été révisée. Les estimations des besoins non satisfaits présentées au graphique 7.2 ont été recalculées en utilisant la définition révisée des besoins non satisfaits, et elles peuvent donc être légèrement différentes des valeurs publiées dans les rapports des enquêtes précédentes. Les femmes fécondes qui n’utilisent pas la contraception, mais qui souhaitent espacer leur prochaine naissance (espacement) ou qui ne veulent plus d’enfant (limitation) sont considérées comme ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale. Plus précisément, les besoins non satisfaits pour espacer concernent : • Les femmes qui courent un risque de tomber enceinte, qui n’utilisent pas la contraception et qui ne souhaitent pas tomber enceinte dans les deux prochaines années ou qui ne sont pas sûres de vouloir tomber enceinte ou du moment auquel elles voudraient tomber enceinte. • Les femmes enceintes dont la grossesse ne s’est pas produite au moment voulu. • Les femmes en aménorrhée postpartum pour une période d’au maximum 2 ans à la suite d’une naissance qui ne s’est pas produite au moment voulu et qui n’utilisent pas la contraception. Les besoins non satisfaits pour limiter concernent : • Les femmes qui courent un risque de tomber enceinte, qui n’utilisent pas la contraception et qui ne souhaitent pas (plus) d’enfants. • Les femmes enceintes dont la grossesse n’était pas voulue. • Les femmes en aménorrhée postpartum pour une période d’au maximum 2 ans à la suite d’une grossesse non désirée et qui n’utilisent pas la contraception. Planification familiale • 103 Les femmes classées comme n’étant pas fécondes ne sont pas considérées comme ayant des besoins non satisfaits, car elles ne courent pas de risque de tomber enceinte. Les femmes qui utilisent la contraception sont considérées comme ayant des besoins satisfaits. Les femmes qui utilisent la contraception et qui déclarent qu’elles ne veulent pas (plus) d’enfant sont considérées comme ayant des besoins satisfaits pour limiter. Les femmes qui utilisent la contraception et qui déclarent qu’elles veulent retarder la venue d’un enfant ou qui n’en sont pas sûres ou bien qui ne sont pas sûres de vouloir, ou non, un autre enfant ou du moment auquel elles le souhaitent sont considérées comme ayant des besoins satisfaits pour espacer. Les besoins non satisfaits, la demande totale, le pourcentage de demande satisfaite et le pourcentage de demande satisfaite par des méthodes modernes sont définis comme suit : • Besoins non satisfaits: somme des besoins non satisfaits pour espacer et des besoins non satisfaits pour limiter. • Demande totale en planification familiale: somme des besoins non satisfaits et de l’utilisation contraceptive totale. • Pourcentage de demande satisfaite: utilisation contraceptive totale divisée par la somme des besoins non satisfaits et de l’utilisation contraceptive totale. • Pourcentage de demande satisfaite par les méthodes modernes: utilisation des méthodes contraceptives modernes divisée par la somme des besoins non satisfaits et de l’utilisation contraceptive totale. On estime que, dans l’ensemble, 35 % des femmes en union ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, soit environ 16 % pour l’espacement des naissances et 20 % pour la limitation. La demande totale en planification familiale de ces femmes est de 70 %, soit 29 % pour l’espacement des naissances et 41 % pour la limitation. La proportion de femmes en union dont les besoins en planification familiale sont actuellement satisfaits est de 35 %. Une comparaison avec les enquêtes passées montre que le niveau des besoins non satisfaits en matière de planification familiale parmi les femmes en union a diminué régulièrement depuis 1994-1995 : de 45 % en 1994-1995, il a baissé à 40 % en 2000, puis à 37 % en 2005-2006 et enfin à 35 % actuellement (graphique 7.2). Si les femmes en union ayant des besoins non satisfaits en matière de contraception pouvaient les satisfaire, c’est-à-dire si elles utilisaient effectivement la contraception, la prévalence contraceptive pourrait atteindre 70 % (demande totale). On note que la demande totale en matière de contraception parmi les femmes en union était estimée à 63 % en 1994-1995, puis à 68 % en 2000 et à 69 % en 2005-2006. Dans ces 70 % de demande totale, 29 % sont orientées vers l’espacement et 41 % vers la limitation des naissances. La proportion de la demande potentielle totale en planification familiale satisfaite n’a pas beaucoup changé depuis la dernière enquête : de 46 % en 2005-2006, elle est actuellement estimée à 49 %. Cependant, la proportion de la demande potentielle totale satisfaite par les méthodes modernes a connu une augmentation importante entre les deux enquêtes ; passant de 36 % en 2005-2006 à 45 % en 2012. 104 • Planification familiale Tableau 7.7 Besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union Pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de demande totale en planification familiale et pourcentage de demande satisfaite selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Besoins non satisfaits en matière de planification familiale Besoins satisfaits en matière de planification familiale (utilisation actuelle) Demande totale en planification familiale1 Pourcen- tage de demande satisfaite2 Pour- centage de demande satisfaite par des méthodes modernes3 Effectif de femmes Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Groupe d’âges 15-19 50,6 6,0 56,6 23,2 2,4 25,6 73,8 8,4 82,2 31,2 29,2 404 20-24 32,0 9,1 41,1 25,9 10,0 36,0 57,9 19,1 77,0 46,7 44,2 1 250 25-29 22,1 12,7 34,9 20,7 18,7 39,4 42,8 31,5 74,3 53,1 50,1 1 620 30-34 10,4 21,7 32,1 13,4 25,7 39,1 23,8 47,4 71,2 55,0 50,4 1 472 35-39 7,0 28,8 35,8 6,0 29,4 35,4 13,1 58,1 71,2 49,7 44,0 1 228 40-44 1,9 32,7 34,7 2,3 30,5 32,8 4,3 63,2 67,4 48,6 39,5 967 45-49 0,3 23,4 23,8 0,4 19,8 20,2 0,7 43,2 43,9 45,9 38,5 867 Milieu de résidence Urbain 16,7 17,5 34,1 15,8 19,7 35,5 32,5 37,2 69,6 51,0 45,0 3 430 Rural 14,9 21,4 36,3 11,6 22,1 33,7 26,5 43,5 70,0 48,2 44,6 4 378 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 16,5 16,8 33,3 15,3 18,9 34,1 31,8 35,7 67,5 50,6 43,0 1 914 Autres villes (sans camps) 15,7 18,2 34,0 16,7 21,1 37,8 32,5 39,3 71,8 52,7 48,4 1 251 Urbain (sans camps) 16,2 17,4 33,6 15,9 19,7 35,6 32,1 37,1 69,2 51,5 45,2 3 165 Rural (sans camps) 14,9 21,3 36,2 11,5 22,2 33,7 26,4 43,5 69,9 48,2 44,7 4 316 Camps 20,1 20,4 40,5 15,6 18,8 34,4 35,7 39,2 74,9 45,9 42,3 327 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 16,5 16,8 33,3 15,3 18,9 34,1 31,8 35,7 67,5 50,6 43,0 1 914 Reste-Ouest 19,9 20,7 40,5 10,3 18,3 28,6 30,2 38,9 69,1 41,4 37,6 1 186 Sud-Est 17,6 24,8 42,4 9,7 21,0 30,7 27,3 45,8 73,1 42,0 37,0 321 Nord 12,6 19,3 31,8 16,8 25,6 42,4 29,4 44,9 74,3 57,1 54,2 768 Nord-Est 15,5 22,3 37,8 12,6 21,4 34,0 28,1 43,6 71,7 47,4 44,0 277 Artibonite 11,8 20,4 32,2 13,0 18,7 31,7 24,8 39,1 63,9 49,5 45,1 1 159 Centre 13,4 18,5 31,8 14,7 27,8 42,5 28,1 46,2 74,3 57,2 54,9 496 Sud 15,4 21,7 37,1 10,7 28,0 38,7 26,1 49,7 75,8 51,0 46,9 499 Grande-Anse 12,3 22,7 35,0 11,0 23,5 34,5 23,3 46,2 69,5 49,6 46,6 263 Nord-Ouest 18,3 20,4 38,6 12,7 18,1 30,8 31,0 38,5 69,4 44,4 40,4 347 Nippes 13,4 18,4 31,8 15,6 24,9 40,5 29,0 43,2 72,2 56,0 52,4 252 Niveau d’instruction Aucun 6,7 27,8 34,5 4,7 25,0 29,7 11,4 52,9 64,2 46,3 43,2 1 727 Primaire 16,8 21,8 38,6 11,8 22,7 34,5 28,5 44,5 73,0 47,2 43,4 3 017 Secondaire ou plus 19,6 13,0 32,6 20,1 17,2 37,2 39,7 30,2 69,8 53,3 47,0 3 064 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 12,8 23,0 35,8 9,9 21,8 31,7 22,7 44,8 67,5 47,0 44,0 1 375 Second 17,5 23,0 40,5 11,0 20,4 31,4 28,5 43,4 71,9 43,7 41,4 1 379 Moyen 14,6 20,4 34,9 13,4 24,0 37,4 28,0 44,3 72,3 51,7 48,0 1 577 Quatrième 17,3 18,3 35,6 15,5 22,5 38,0 32,8 40,7 73,6 51,6 46,6 1 740 Le plus élevé 15,9 15,1 31,0 16,1 16,9 33,0 32,0 32,1 64,0 51,6 43,0 1 737 Ensemble 15,7 19,7 35,3 13,4 21,1 34,5 29,1 40,7 69,8 49,4 44,8 7 808 Note : Les valeurs figurant dans ce tableau sont basées sur la définition révisée des besoins non satisfaits décrite dans Bradley et al. 2012. 1 La demande totale équivaut à la somme des besoins non satisfaits et des besoins satisfaits. 2 Le pourcentage de demande satisfaite équivaut aux besoins satisfaits divisés par la demande totale. 3 Les méthodes modernes comprennent la stérilisation féminine, la stérilisation masculine, la pilule, le DIU, les injectables, les implants, le condom masculin, le condom féminin et la MAMA, le diaphragme, les mousse/gelée. Planification familiale • 105 Graphique 7.2 Tendance des besoins non satisfaits en planification familiale Les besoins en matière de planification familiale varient selon les caractéristiques sociodémographiques. Selon l’âge, on constate que c’est dans le groupe d’âges 15-19 ans que la proportion des besoins non satisfaits est la plus élevée (57 %), suivi de celui des 20-24 ans (41 %). La proportion de femmes ayant des besoins non satisfaits ne varie que très peu entre 25 et 44 ans, oscillant autour de 35 % ; elle passe ensuite à 24 % à 45-49 ans. En ce qui concerne les besoins non satisfaits pour l’espacement, les résultats montrent qu’ils diminuent considérablement avec l’âge : de 51 % à 15-19 ans, cette proportion est de 10 % à 30-34 ans et de moins de 1 % à 45-49 ans. Inversement, la proportion des besoins non satisfaits pour la limitation des naissances augmente d’abord avec l’âge des femmes, passant de 6 % à 15-19 ans à 33 % à 40-44 ans, avant de s’infléchir à 45-49 ans (23 %). Ainsi, avant 35 ans, l’essentiel des besoins non satisfaits en matière de planification familiale est orienté vers les besoins en espacement des naissances, alors qu’à partir de cet âge, les besoins non satisfaits sont plus orientés vers la limitation des naissances. Pour ce qui est de la demande potentielle totale en planification familiale, elle est de 82 % chez les femmes de 15-19 ans. Elle diminue régulièrement avec l’âge, passant de 71 % à 30-39 ans pour atteindre un minimum de 44 % à 45-49 ans. Le taux de satisfaction de demande potentielle varie de 31 % à 15-19 ans à 50 % à 35-39 ans et à 46 % à 45-49 ans. Les résultats selon le milieu de résidence ne font pas apparaître de différences importantes : 34 % de besoins non satisfaits en milieu urbain contre 36 % en milieu rural. La demande totale en matière de planification familiale est estimée à 70 % en milieu urbain et en milieu rural. Cependant, 51 % de cette demande sont satisfaites en milieu urbain (45 % par des méthodes modernes) contre 48 % en milieu rural (45 % par des méthodes modernes). Au niveau des départements, on note que les proportions de femmes ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale varient d’un minimum de 32 % au Nord, dans l’Artibonite, au Centre et 45 40 37 35 EMMUS-II 1994 1995 EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-06 EMMUS-V 2012 Pourcentage Note : Les estimations pour toutes les années sont basées sur les définitions révisées des besoins non satisfaits 106 • Planification familiale dans les Nippes, à un maximum de 42 % au Sud-Est. Quant à la demande potentielle totale, elle passe de 64 % dans l’Artibonite à 76 % dans le Sud. La demande satisfaite varie d’un minimum de 41 % dans le département du Reste-Ouest à un maximum de 57 % dans le Nord et le Centre. Les besoins non satisfaits sont proportionnellement moins importants parmi les femmes les plus instruites (33 %) que parmi les autres (au moins 35 %) ; inversement, c’est parmi les femmes les plus instruites que la proportion de demande satisfaite est la plus importante (53 % contre 47 % chez les femmes de niveau primaire et 46 % chez celles sans instruction). 7.7 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION Les femmes en union qui n’utilisent pas actuellement de méthodes contraceptives peuvent cependant envisager d’en utiliser une dans le futur. Au cours de l’EMMUS-V, on a donc demandé aux femmes qui n’utilisaient pas la contraception au moment de l’enquête, si elles avaient l’intention d’utiliser une méthode dans l’avenir. Le tableau 7.8 présente les résultats obtenus. Dans l’ensemble, un peu plus de la moitié (55 %) de ces femmes ont l’intention d’utiliser une méthode contraceptive à l’avenir, 2 % n’en sont pas sûres et 43 % n’en ont pas du tout l’intention. En outre, ce sont surtout les femmes ayant un enfant vivant qui ont déclaré avoir l’intention d’utiliser une méthode contraceptive dans l’avenir (64 %). À l’opposé, les femmes avec quatre enfants ou plus ont été les plus nombreuses à déclarer n’avoir pas d’intention d’utiliser une méthode contraceptive dans le futur (51 %). Tableau 7.8 Utilisation future de la contraception Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans actuellement en union qui n’utilisent pas actuellement de méthode selon leur intention d’utiliser une méthode dans l’avenir et selon le nombre d’enfants vivants, EMMUS-V Haïti 2012 Intention d’utiliser une méthode dans l’avenir Nombre d’enfants vivants1 Total 0 1 2 3 4+ A l’intention d’utiliser 49,6 63,7 56,0 54,7 46,8 54,5 Pas sûre 5,5 2,6 2,0 2,0 1,7 2,4 N’a pas l’intention d’utiliser 44,0 33,5 41,6 42,9 51,0 42,7 Manquant 0,9 0,2 0,4 0,3 0,5 0,4 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 520 1 306 1 057 748 1 483 5 114 1 Y compris la grossesse actuelle. 7.8 EXPOSITION AUX MESSAGES SUR LA PLANIFICATION FAMILIALE La maîtrise des principales sources d’information sur les méthodes contraceptives peut se révéler très importante pour la mise en place des programmes de planification familiale. En effet, elle peut permettre de réorienter la stratégie de sensibilisation et de vulgarisation de la pratique contraceptive. C’est pour cette raison qu’au cours de l’enquête, on a demandé à toutes les femmes de 15-49 ans si, au cours des derniers mois ayant précédé l’enquête, elles avaient entendu parler de la planification familiale à la radio ou à la télévision, ou alors, si elles avaient appris quelque chose à ce sujet dans les journaux/magazines. Les résultats du tableau 7.9 montrent qu’au cours des derniers mois ayant précédé l’enquête, 52 % des femmes n’ont pas été exposées à des messages relatifs à la planification familiale, ni par le biais de journaux/magazines, ni par la radio, ni par la télévision. À l’opposé, 44 % des femmes ont entendu parler de la planification familiale à la radio, 22 % à la télévision et 10 % de femmes ont lu des messages dans des journaux ou magazines. Planification familiale • 107 Tableau 7.9 Exposition aux messages sur la planification familiale Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui, au cours des derniers mois ayant précédé l’enquête, ont, soit entendu à la radio, soit vu à la télévision ou dans un journal ou un magazine, un message sur la planification familiale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Femmes Radio Télévision Journaux/ magazines Aucun des trois médias Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 37,0 17,4 8,4 58,0 3 352 20-24 45,5 23,4 12,6 49,2 2 851 25-29 46,8 26,1 12,8 47,0 2 402 30-34 46,7 25,9 12,2 47,7 1 826 35-39 46,1 21,3 9,4 50,2 1 481 40-44 43,0 20,5 8,9 53,8 1 218 45-49 42,2 15,9 5,0 56,0 1 157 Milieu de résidence Urbain 47,6 32,6 13,8 45,1 6 786 Rural 39,7 11,9 7,2 57,8 7 501 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 46,9 40,4 15,7 43,2 3 682 Autres villes (sans camps) 48,4 22,2 11,7 47,2 2 662 Urbain (sans camps) 47,6 32,8 14,0 44,9 6 344 Rural (sans camps) 39,6 11,7 7,1 57,9 7 402 Camps 47,8 28,4 11,2 48,1 541 Département (camps) Aire Métropolitaine 46,9 40,4 15,7 43,2 3 682 Reste-Ouest 45,7 22,0 9,4 49,2 2 077 Sud-Est 44,4 11,8 11,2 53,6 608 Nord 38,3 15,7 8,7 58,0 1 443 Nord-Est 43,9 10,7 8,9 54,4 515 Artibonite 43,0 15,4 8,0 55,2 2 040 Centre 47,9 9,1 6,8 51,7 835 Sud 34,4 13,5 8,0 60,5 976 Grande-Anse 33,4 6,6 4,5 64,6 462 Nord-Ouest 40,0 9,2 9,3 58,2 671 Nippes 43,0 8,5 5,1 55,0 438 Niveau d’instruction Aucun 32,9 8,4 1,0 65,8 2 115 Primaire 39,7 14,2 5,0 57,8 5 182 Secondaire ou plus 49,4 31,3 17,1 43,0 6 989 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 31,3 3,6 2,8 67,8 2 175 Second 35,1 5,1 5,3 63,3 2 311 Moyen 44,2 16,3 7,6 53,1 2 809 Quatrième 48,3 27,7 11,4 45,7 3 260 Le plus élevé 50,9 41,4 18,9 39,6 3 732 Ensemble 15-49 43,5 21,7 10,3 51,8 14 287 na = Non applicable Ces proportions varient selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes : c’est parmi les femmes âgées de 15-19 ans et celles de 45-49 ans que l’on observe la proportion la plus élevée de femmes non exposées, au cours des derniers mois ayant précédé l’enquête, aux messages sur la planification familiale par le biais des sources citées (respectivement 58 % et 56 %). En fonction du milieu de résidence, on note des disparités importantes, les femmes du milieu rural ayant été proportionnellement plus nombreuses à ne pas avoir été exposées à ce type de messages (58 %) que celles du milieu urbain (45 %). Il en est de même des femmes sans aucun niveau d’instruction (66 %), par rapport à celles ayant au moins un niveau d’instruction secondaire ou plus (43 %) et celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas (68 %) par rapport à celles des ménages du quintile le plus élevé (40 %). Les départements de la Grande-Anse (65 %) et du Sud (61 %) détiennent les proportions les plus élevées de femmes non exposées à ces messages. 108 • Planification familiale 7.9 CONTACT DES NON UTILISATRICES DE LA CONTRACEPTION AVEC DES PRESTATAIRES DE PLANIFICATION FAMILIALE La proportion de femmes non utilisatrices de méthodes de contraception ayant eu un contact avec des prestataires de services de planification familiale peut permettre d’évaluer les activités de sensibilisation et d’autres approches d’intervention notamment à base communautaire. Pour cette raison, au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes si, au cours des douze mois ayant précédé l’enquête, elles avaient reçu la visite d’un agent qui leur avait parlé de planification familiale. On leur a aussi demandé si elles s’étaient rendues dans un établissement sanitaire au cours des douze mois ayant précédé l’enquête pour une raison quelconque et si, au cours d’une de ces visites, un membre du personnel de santé leur avait parlé de méthodes de planification familiale. Dans l’ensemble, seulement 5 % des femmes non utilisatrices de la contraception ont reçu la visite d’un agent de terrain pour discuter de planification familiale (Tableau 7.10). Par ailleurs, 13 % de non utilisatrices sont allées dans un établissement de santé au cours des 12 derniers mois (pour elles-mêmes ou pour leurs enfants) et ont parlé de planification familiale avec un prestataire de santé, alors que 25 % ont visité un établissement de santé, mais n’ont pas parlé de planification familiale. Globalement, il ressort que 84 % des femmes non utilisatrices de méthodes contraceptives n’ont parlé de planification familiale ni avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé. Les pourcentages les plus élevés de femmes auxquelles le personnel de santé n’a transmis aucun message sur la planification familiale concernent les femmes de 15-19 ans (93 %), celles du milieu urbain (86 %), celles de l’Aire Métropolitaine (88 %), celles de niveau d’instruction secondaire ou plus (86 %) et celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé (88 %). Planification familiale • 109 Tableau 7.10 Contact des non utilisatrices de la contraception avec des prestataires de planification familiale Parmi les femmes de 15-49 ans qui n’utilisent pas de méthode contraceptive, pourcentage de celles qui, au cours des 12 derniers mois, ont reçu la visite d’un agent de terrain qui leur a parlé de planification familiale, pourcentage qui ont visité un établissement de santé et parlé de planification familiale, pourcentage qui ont visité un établissement de santé mais qui n’ont pas parlé de planification familiale et pourcentage qui n’ont ni discuté de planification familiale avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes qui ont reçu la visite d’un agent de terrain qui a parlé de planification familiale Pourcentage de femmes qui ont visité un établissement de santé au cours des 12 derniers mois et qui : Pourcentage de femmes qui n’ont parlé de planification familiale ni avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé Effectif de femmes Ont parlé de planification familiale N’ont pas parlé de planification familiale Groupe d’âges 15-19 3,1 5,3 15,5 92,7 3 061 20-24 6,3 14,8 27,0 82,1 2 147 25-29 6,2 18,9 31,3 78,7 1 609 30-34 5,5 21,8 31,9 76,1 1 211 35-39 7,4 20,1 27,6 76,7 1 022 40-44 7,3 13,9 26,9 82,3 888 45-49 4,6 8,6 28,7 88,6 972 Milieu de résidence Urbain 4,4 11,4 27,4 86,2 5 162 Rural 6,2 15,2 23,1 82,0 5 747 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 4,0 9,4 27,7 88,1 2 803 Autres villes (sans camps) 3,6 13,1 28,4 85,3 2 023 Urbain (sans camps) 3,8 11,0 28,0 87,0 4 826 Rural (sans camps) 6,2 15,2 23,0 82,0 5 674 Camps 11,6 16,8 21,0 76,6 410 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 4,0 9,4 27,7 88,1 2 803 Reste-Ouest 4,4 13,0 26,8 85,0 1 681 Sud-Est 8,1 15,9 20,6 80,9 486 Nord 5,5 13,8 26,1 84,1 1 045 Nord-Est 9,4 18,8 21,4 77,6 392 Artibonite 4,3 14,1 25,0 83,5 1 566 Centre 7,9 18,3 23,0 78,2 588 Sud 4,9 15,3 25,6 82,0 722 Grande-Anse 6,9 14,3 22,9 82,7 357 Nord-Ouest 5,4 15,1 21,4 83,0 540 Nippes 3,6 12,7 19,7 84,7 319 Niveau d’instruction Aucun 6,5 14,1 20,4 82,5 1 577 Primaire 6,9 14,5 23,3 82,3 3 978 Secondaire ou plus 3,9 12,4 28,0 85,7 5 354 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 8,6 15,9 17,3 80,3 1 691 Second 5,8 15,4 23,5 82,2 1 815 Moyen 7,6 16,1 23,9 80,3 2 073 Quatrième 3,5 11,7 28,2 86,2 2 429 Le plus élevé 3,1 10,1 29,1 88,0 2 902 Ensemble 5,4 13,4 25,1 84,0 10 910 Avortement • 111 AVORTEMENT 8 ar définition, l’avortement est l’interruption avant son terme du processus de gestation. L’avortement peut être spontané et il est communément désigné sous le terme de fausse couche. Il peut aussi être provoqué par intervention humaine pour des raisons médicales qui peuvent concerner autant le fœtus que la mère ou peut être provoqué sans raison médicale. Précisons que, l’EMMUS-V, comme l’EMMUS-III de 2000, s’est intéressée uniquement aux avortements provoqués, qu’elle qu’en soit la raison. Rappelons qu’en Haïti, l’interruption volontaire de la grossesse est un acte légalement interdit. Les questions, intégrées dans le questionnaire femme, plus précisément dans la section relative à la reproduction, ont permis de recueillir des données sur la fréquence de l’avortement, l’âge au premier avortement, le stade de la grossesse au moment du dernier avortement, la personne qui a pris la décision d’avorter, la procédure, le lieu et le type d’assistance obtenue par la femme lors de l’avortement. Précisons enfin que, pour les femmes qui avaient avorté plusieurs fois, les questions sur les conditions d’avortement portaient sur le dernier avortement ayant eu lieu après 2007. Compte tenu du caractère illégal de l’avortement, de son interdiction au point de vue religieux et de sa stigmatisation, il est difficile d’en obtenir une mesure précise. Pour ces différentes raisons, et malgré toutes les mesures prises au cours de l’EMMUS-V pour garantir la confidentialité des interviews et des données collectées, il est probable que certaines femmes n’aient pas déclaré leur(s) avortement(s). Il faut donc considérer les résultats présentés ici comme de valeurs minimales, très certainement sous-estimées. 8.1 NOMBRE D’AVORTEMENTS SUR LA DURÉE DE VIE Le tableau 8.1 présente la répartition de l’ensemble des femmes de 15-49 ans par nombre d’avortements qu’elles ont eus au cours de leur vie, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Selon les déclarations des femmes, 4 % auraient eu recours à l’avortement, au moins une fois, au cours de leur vie. Par ailleurs, la majorité des femmes (3 %) n’ont avorté qu’une seule fois au cours de leur vie. La proportion de femmes ayant eu recours à l’avortement au cours de leur vie augmente progressivement avec l’âge, jusqu’à 30-39 ans (7 %). Selon le nombre d’enfants vivants, les plus faibles proportions de femmes ayant déjà avorté s’observent parmi celles n’ayant aucun enfant vivant (2 %) et celles ayant au moins cinq enfants vivants (3 %). Les proportions de femmes ayant eu recours à l’avortement au cours de leur vie s’élèvent à 7 % et 6 % chez celles ayant 1-2 enfants et celles ayant 3-4 enfants, respectivement. P Principaux résultats • Parmi les femmes de 15-49 ans, 4 % ont déclaré avoir eu recours à l’avortement, au moins une fois, au cours de leur vie. • La majorité des femmes qui ont avorté au moins une fois depuis 2007 ont déclaré avoir pris elles-mêmes la décision d’avorter (76 %). • Parmi les femmes qui ont avorté, quatre femmes sur dix ont avorté dans un établissement de santé (40 %) et, dans 42 % des cas, l’avortement s’est déroulé avec l’assistance de personnel de santé, en majorité un médecin (39 %). 112 • Avortement Tableau 8.1 Nombre d’avortements Répartition (en %) de l’ensemble des femmes par nombre d’avortements qu’elles ont eus au cours de leur vie et pourcentage de l’ensemble des femmes ayant avorté au moins une fois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Nombre d’avortements Total Pourcentage ayant avorté au moins une fois Effectif de femmes Aucun 1 2 ou plus Groupe d’âges 15-19 99,0 1,0 0,0 100,0 1,0 3 352 20-29 95,6 3,3 1,1 100,0 4,4 5 253 30-39 93,4 3,8 2,7 100,0 6,5 3 307 40-49 94,3 3,3 2,3 100,0 5,6 2 375 Nombre d’enfants vivants 0 98,0 1,6 0,4 100,0 2,0 5 861 1-2 93,2 4,5 2,3 100,0 6,8 4 524 3-4 93,8 3,9 2,3 100,0 6,2 2 326 5+ 96,8 1,8 1,5 100,0 3,3 1 576 Milieu de résidence Urbain 93,4 4,4 2,2 100,0 6,6 6 786 Rural 97,8 1,5 0,7 100,0 2,2 7 501 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 91,5 5,2 3,2 100,0 8,4 3 682 Autres villes (sans camps) 96,0 3,0 1,0 100,0 4,0 2 662 Urbain (sans camps) 93,4 4,3 2,3 100,0 6,6 6 344 Rural (sans camps) 97,8 1,5 0,6 100,0 2,1 7 402 Camps 93,0 5,3 1,7 100,0 7,0 541 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 91,5 5,2 3,2 100,0 8,4 3 682 Reste-Ouest 95,3 2,9 1,9 100,0 4,8 2 077 Sud-Est 97,3 2,3 0,4 100,0 2,7 608 Nord 97,3 2,2 0,5 100,0 2,7 1 443 Nord-Est 99,3 0,7 0,0 100,0 0,7 515 Artibonite 97,5 1,8 0,7 100,0 2,5 2 040 Centre 98,7 1,0 0,2 100,0 1,2 835 Sud 97,7 1,7 0,6 100,0 2,3 976 Grande-Anse 98,1 1,8 0,1 100,0 1,9 462 Nord-Ouest 98,8 0,9 0,3 100,0 1,2 671 Nippes 98,1 1,6 0,3 100,0 1,9 438 Niveau d’instruction Aucun 97,5 1,5 1,1 100,0 2,6 2 115 Primaire 96,0 3,0 1,0 100,0 4,0 5 182 Secondaire ou plus 94,9 3,3 1,8 100,0 5,1 6 989 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 99,4 0,6 0,0 100,0 0,6 2 175 Second 98,5 1,2 0,3 100,0 1,5 2 311 Moyen 96,6 2,3 1,0 100,0 3,3 2 809 Quatrième 94,4 4,3 1,3 100,0 5,6 3 260 Le plus élevé 92,2 4,5 3,3 100,0 7,8 3 732 Ensemble 95,7 2,9 1,4 100,0 4,3 14 287 On constate également des écarts selon la résidence et les départements. En effet, c’est en milieu rural que la proportion de femmes qui ont avorté, au moins, une fois dans leur vie est la plus faible (2 % contre 7 % en milieu urbain). Les proportions de femmes ayant effectué, au moins une fois, un avortement dans leur vie varient d’un maximum de 8 % dans l’Aire Métropolitaine à moins d’un pourcent dans le Nord-Est. Les résultats montrent aussi que la pratique de l’avortement varie avec le niveau d’instruction et le niveau de vie du ménage dans lequel vit la femme. En effet, la proportion de femmes ayant avorté passe de 3 % parmi les femmes sans instruction à 4 % quand la femme a un niveau primaire et atteint 5 % quand elle a un niveau secondaire ou plus. De même, 1 % des femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas ont déjà avorté, contre 8 % parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé. Avortement • 113 8.2 ÂGE AU PREMIER AVORTEMENT Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes qui avaient eu recours à au moins un avortement provoqué, leur l’âge au moment du premier avortement. Les résultats présentés au tableau 8.2 montrent que la majorité des femmes ayant avorté (2 %) l’ont fait pour la première fois entre 20 et 29 ans ; 1 % l’ont fait à 15- 19 ans et encore 1 % à 30 ans ou plus, mais très peu de femmes ont avorté pour la première fois après l’âge de 39 ans. Tableau 8.2 Âge au premier avortement Répartition (en %) de l’ensemble des femmes par âge au premier avortement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Femmes qui n’ont jamais avorté Age au premier avortement Total Effectif de femmes 15-19 20-29 30-39 40-49 Groupe d’âges 15-19 99,0 1,0 na na na 100,0 3 352 20-29 95,6 1,4 3,0 na na 100,0 5 253 30-39 93,4 0,8 3,9 1,9 na 100,0 3 307 40-49 94,3 0,3 2,1 2,5 0,7 100,0 2 375 Nombre d’enfants vivants 0 98,0 0,8 1,1 0,1 0,0 100,0 5 861 1-2 93,2 1,6 3,9 1,2 0,1 100,0 4 524 3-4 93,8 0,7 3,2 2,0 0,3 100,0 2 326 5+ 96,8 0,3 1,1 1,3 0,4 100,0 1 576 Milieu de résidence Urbain 93,4 1,3 3,8 1,3 0,2 100,0 6 786 Rural 97,8 0,7 1,0 0,5 0,1 100,0 7 501 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 91,5 1,7 5,0 1,5 0,2 100,0 3 682 Autres villes (sans camps) 96,0 0,8 2,2 0,9 0,0 100,0 2 662 Urbain (sans camps) 93,4 1,3 3,9 1,3 0,2 100,0 6 344 Rural (sans camps) 97,8 0,7 0,9 0,5 0,1 100,0 7 402 Camps 93,0 1,6 3,8 1,3 0,3 100,0 541 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 91,5 1,7 5,0 1,5 0,2 100,0 3 682 Reste-Ouest 95,3 1,3 2,3 1,0 0,1 100,0 2 077 Sud-Est 97,3 0,5 1,3 0,7 0,1 100,0 608 Nord 97,3 0,5 1,6 0,6 0,0 100,0 1 443 Nord-Est 99,3 0,2 0,3 0,3 0,0 100,0 515 Artibonite 97,5 0,6 1,3 0,5 0,0 100,0 2 040 Centre 98,7 0,5 0,6 0,1 0,0 100,0 835 Sud 97,7 1,2 0,8 0,3 0,0 100,0 976 Grande-Anse 98,1 0,5 0,4 0,5 0,4 100,0 462 Nord-Ouest 98,8 0,2 0,5 0,6 0,0 100,0 671 Nippes 98,1 0,4 0,6 0,8 0,1 100,0 438 Niveau d’instruction Aucun 97,5 0,1 1,1 1,1 0,2 100,0 2 115 Primaire 96,0 0,9 1,9 0,9 0,2 100,0 5 182 Secondaire ou plus 94,9 1,3 3,0 0,7 0,0 100,0 6 989 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 99,4 0,1 0,2 0,3 0,1 100,0 2 175 Second 98,5 0,2 0,8 0,3 0,2 100,0 2 311 Moyen 96,6 1,4 1,2 0,6 0,1 100,0 2 809 Quatrième 94,4 1,5 3,0 1,1 0,0 100,0 3 260 Le plus élevé 92,2 1,3 4,8 1,5 0,2 100,0 3 732 Ensemble 95,7 1,0 2,3 0,9 0,1 100,0 14 287 na : non applicable. Comme pour la prévalence globale, la proportion de femmes ayant avorté pour la première fois à 20- 29 ans varie peu avec le niveau d’instruction. En effet, elle passe de 1 % parmi les femmes sans instruction à 2 % quand la femme a un niveau primaire et atteint 3 % quand elle a un niveau secondaire ou plus. De même, moins d’un pourcent des femmes dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas ont avorté pour la 114 • Avortement première fois à 20-29 ans, contre 5 % parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé. On constate également des écarts selon la résidence et les départements. En effet, c’est en milieu rural que cette proportion est la plus faible (1 % contre 4 % en milieu urbain). 8.3 STADE DE LA GROSSESSE AU MOMENT DE L’AVORTEMENT Des questions plus détaillées sur l’avortement ont été posées sur le dernier avortement ayant eu lieu depuis l’année 2007, c’est-à-dire au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. Cette démarche répond au double souci de disposer d’informations sur la pratique récente de l’avortement et d’éviter d’interroger les femmes sur des événements lointains dont elles se souviennent difficilement. Le tableau 8.3 présente la répartition des femmes qui ont avorté au moins une fois au cours des cinq dernières années, selon le stade de la grossesse au moment de leur dernier avortement. Les résultats montrent que, dans la quasi-totalité des cas, les femmes ont avorté au cours des quatre premiers mois de la grossesse : 27 % à moins de 2 mois et 68 % à 2-4 mois. Dans seulement 4 % des cas, la grossesse a été interrompue à un stade tardif (5 mois ou plus) ; cependant, dans le groupe d’âges 20-29 ans chez les femmes ayant un ou deux enfants et chez celles de niveau secondaire ou plus, cette proportion atteint 6 %. Tableau 8.3 Stade de la grossesse au moment de l’avortement Répartition (en %) des femmes qui ont avorté au moins une fois depuis 2007 par stade de la grossesse au moment de leur dernier avortement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Stade de la grossesse au moment du dernier avortement Total1 Effectif de femmes ayant avorté depuis 2007 Moins de 2 mois 2-4 mois 5 mois ou plus Groupe d’âges 15-19 (21,8) (74,7) (0,0) 100,0 32 20-29 31,6 62,4 5,8 100,0 177 30-39 22,5 74,3 3,2 100,0 108 40-49 (26,5) (71,6) (1,8) 100,0 35 Nombre d’enfants vivants 0 39,9 54,6 4,4 100,0 94 1-2 20,1 74,2 5,5 100,0 181 3-4 24,0 75,9 0,2 100,0 57 5+ * * * 100,0 20 Milieu de résidence Urbain 28,1 67,0 4,4 100,0 249 Rural 25,7 70,9 3,4 100,0 103 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 25,1 69,8 4,5 100,0 166 Autres villes (sans camps) 37,2 59,2 3,1 100,0 67 Urbain (sans camps) 28,6 66,7 4,1 100,0 233 Rural (sans camps) 24,6 71,8 3,6 100,0 99 Camps (27,3) (66,1) (6,6) 100,0 20 Niveau d’instruction Aucun * * * 100,0 25 Primaire 22,9 75,3 0,8 100,0 116 Secondaire ou plus 29,6 64,0 6,4 100,0 211 Ensemble 27,4 68,1 4,1 100,0 352 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée 1 Y compris les manquants Les résultats selon le nombre d’enfants vivants montrent que la proportion de femmes ayant avorté à un stade précoce de grossesse (moins de 2 mois) est beaucoup plus élevé parmi les femmes sans enfant (40 %) que parmi celles ayant déjà 1-2 enfants (20 %) ou 3-4 enfants (24 %). Avortement • 115 La proportion de femmes ayant avorté au stade 2-4 mois de la grossesse au cours des cinq dernières années varie peu selon le milieu de résidence (67 % en milieu urbain contre 71 % en milieu rural). Par contre, elle diminue avec l’augmentation du niveau d’instruction. En effet, elle passe de 75 % quand la femme a seulement le niveau primaire à 64 % quand elle a le niveau secondaire ou plus. C’est chez les femmes de niveau secondaire ou plus que les proportions de celles qui ont avorté à un stade précoce (30 %), mais aussi à un stade tardif de 5 mois ou plus (6 %), sont les plus élevées. 8.4 DÉCISION DE L’AVORTEMENT Aux femmes qui ont déclaré avoir avorté au moins une fois au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, on a demandé qui avait pris la décision d’avorter. Les résultats sont présentés au tableau 8.4. Tableau 8.4 Décision de l’avortement Répartition (en %) des femmes qui ont avorté au moins une fois depuis 2007 selon le type de personne qui les a poussées ou forcées à subir leur avortement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique L’enquêtée a décidé elle- même L’enquêtée a été poussée ou forcée par quelqu’un d’autre Total Effectif de femmes ayant avorté depuis 2007 Groupe d’âges 15-19 (44,6) (55,4) 100,0 32 20-29 73,8 26,1 100,0 177 30-39 85,4 14,6 100,0 108 40-49 (87,5) (12,5) 100,0 35 Stade de la grossesse au moment du dernier avortement Moins de 2 mois 73,8 26,2 100,0 96 2-4 mois 78,0 22,0 100,0 240 5 mois ou plus * * 100,0 14 Nombre d’enfants vivants 0-2 73,2 26,7 100,0 275 3 ou plus 86,5 13,5 100,0 77 Milieu de résidence Urbain 74,8 25,0 100,0 249 Rural 79,1 20,9 100,0 103 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 75,2 24,8 100,0 166 Autres villes (sans camps) 73,1 26,4 100,0 67 Urbain (sans camps) 74,6 25,3 100,0 233 Rural (sans camps) 78,5 21,5 100,0 99 Camps (81,4) (18,6) 100,0 20 Niveau d’instruction Aucun * * 100,0 25 Primaire 73,6 26,4 100,0 116 Secondaire ou plus 75,9 24,1 100,0 211 Ensemble 76,1 23,8 100,0 352 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée On constate que dans la majorité des cas (76 %), les femmes ont pris elles-mêmes la décision d’avorter. Par contre, on note qu’à peu près une femme sur quatre (24 %) a été poussée ou forcée par quelqu’un d’autre à commettre l’avortement (mari /partenaire, amis, professionnel de santé ou parents). Dans la majorité des cas, ce « quelqu’un d’autre » est le mari, partenaire ou le petit ami de la femme. 116 • Avortement Les résultats montrent que la proportion des femmes qui décident elles-mêmes d’avorter augmente avec l’âge. En effet, cette proportion passe de 74 % dans le groupe d’âges 20-29 ans à 85 % dans le groupe d’âges 30-39 ans. Cette même tendance s’observe en ce qui concerne le nombre d’enfants de la femme: 73 % des femmes qui ont avorté au moins une fois depuis 2007 ont moins de 3 enfants contre 87 % qui en ont 3 ou plus. On ne remarque aucune variation notable dans la décision de l’avortement selon les autres caractéristiques sociodémographiques. 8.5 PROCÉDURE D’AVORTEMENT Il existe plusieurs méthodes ou procédures utilisées par les femmes pour avorter. Le tableau 8.5 présente, pour les femmes qui ont avorté au moins une fois depuis 2007, les proportions de celles ayant utilisé une ou plusieurs procédures d’avortement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Précisons que les femmes ont pu utiliser plusieurs procédures en même temps. Tableau 8.5 Procédure d’avortement Parmi les femmes qui ont avorté au moins une fois depuis 2007, pourcentage de celles ayant utilisé différents moyens ou procédures pour leur dernier avortement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Procédure d’avortement Dilatation et curetage/ Aspiration Cytotek (Misoprostol) Injections/ Comprimés Plantes/ décoctions/ Autre Effectif de femmes ayant avorté depuis 2007 Groupe d’âges 15-19 (45,5) (25,5) (24,5) (29,5) 32 20-29 34,8 39,3 24,0 25,9 177 30-39 37,8 39,9 27,4 26,8 108 40-49 (30,0) (44,8) (23,1) (24,1) 35 Stade de la grossesse au moment du dernier avortement Moins de 2 mois 30,7 38,2 21,5 30,1 96 2-4 mois 38,3 41,4 24,2 25,8 240 5 mois ou plus * * * * 14 Milieu de résidence Urbain 33,4 37,5 30,1 28,9 249 Rural 43,0 41,8 12,6 20,0 103 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 32,4 39,0 30,3 31,4 166 Autres villes (sans camps) 37,4 26,8 33,8 19,9 67 Urbain (sans camps) 33,9 35,5 31,3 28,0 233 Rural (sans camps) 44,3 40,8 12,5 19,2 99 Camps (23,3) (66,8) (12,9) (40,7) 20 Niveau d’instruction Aucun * * * * 25 Primaire 26,2 50,4 26,0 28,3 116 Secondaire ou plus 42,6 31,5 25,3 24,9 211 Ensemble 36,2 38,8 25,0 26,3 352 Note : une même femme ayant pu utiliser plusieurs procédures/moyens, le total des pourcentages peut excéder 100 %. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée Les résultats montrent que les femmes ont principalement utilisé deux méthodes : le misoprostol (39 %), la dilatation et curetage/aspiration (36 %). Dans un cas sur quatre, les femmes ont utilisé des plantes/décoctions (26 %) et un quart des femmes ont utilisé des injections ou comprimés (25 %). On n’observe pas d’importantes variations dans la répartition des méthodes choisies utilisés, selon l’âge de la femme. Concernant le stade de grossesse, on constate que la dilatation et le curetage est plus Avortement • 117 fréquemment utilisée par les femmes qui avortent à 2-4 mois de grossesse que par celles qui avortent plus précocement (38 % contre 31 %). À l’opposé, les femmes qui avortent à un stade précoce utilisent plus fréquemment les plantes/décoctions que celles qui avortent à 2-4 mois de grossesse (30 % contre 26 %). La dilatation et le curetage sont plus fréquemment utilisées en milieu rural qu’en milieu urbain (43 % contre 33 %) ; par contre, par rapport au milieu urbain, les femmes du milieu rural utilisent beaucoup moins fréquemment les injections/comprimés (13 % contre 30 %) et les plantes/décoctions (20 % contre 29 %). Cependant, le misoprostol est largement utilisé dans les deux milieux de résidence : 38 % en milieu urbain et 42 % en milieu rural). Du point de vue du niveau d’instruction, les femmes qui ont atteint le niveau secondaire et plus sont celles qui utilisent le plus fréquemment la dilatation et le curetage (43 %), alors que celles qui ont un niveau primaire utilisent plus fréquemment le misoprostol (50 %). 8.6 LIEU DE L’AVORTEMENT ET ASSISTANCE À L’AVORTEMENT On a demandé aux femmes qui ont avorté au moins une fois depuis 2007 où avait eu lieu le dernier avortement et qui les avait assistées pour avorter. Les résultats sont présentés aux tableaux 8.6 et 8.7. Les résultats du tableau 8.6 montrent que dans plus de la moitié des cas (60 %), le dernier avortement a eu lieu chez l’enquêtée, dans une autre maison ou un autre endroit, mais pas dans un établissement de santé. Par ailleurs, bien que l’avortement soit illégal, 40 % des femmes ont avorté dans un établissement de santé, qu’il soit public (8 %), ou privé (32 %). On ne constate pas de variations concernant le lieu d’avortement selon l’âge de la femme. Par contre, on remarque que 70 % des femmes ayant avorté à un stade précoce de la grossesse ont avorté chez elles, contre 58 % des femmes qui ont avorté à 2-4 mois de grossesse. Par ailleurs, les femmes du milieu urbain ont plus fréquemment avorté chez elles que les femmes du milieu rural (61 % contre 56 %) ; il faut aussi noter que les femmes du milieu rural avortent plus fréquemment dans un établissement de santé privé que les femmes du milieu urbain (41 % contre 28 %). Par contre, les femmes qui ont atteint le niveau secondaire ou plus avortent plus fréquemment dans un établissement privé que celles ayant un niveau primaire (38 % contre 22 %) mais moins fréquemment chez elles lorsqu’on compare ces deux niveaux d’instruction (53 % contre 69 %). Tableau 8.6 Lieu de l’avortement Répartition (en %) des femmes qui ont avorté au moins une fois depuis 2007 selon le lieu où a été effectué le dernier avortement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Lieu du dernier avortement Total Effectif de femmes ayant avorté depuis 2007 Établissement de santé public ou mixte Établissement de santé privé Maison de l’enquêtée/ autre maison/ autre Groupe d’âges 15-19 (0,0) (45,1) (54,9) 100,0 32 20-29 9,0 31,0 59,9 100,0 177 30-39 12,3 28,9 58,8 100,0 108 40-49 (2,5) (32,2) (65,2) 100,0 35 Stade de la grossesse au moment du dernier avortement Moins de 2 mois 5,3 25,0 69,7 100,0 96 2-4 mois 8,4 33,9 57,7 100,0 240 5 mois ou plus * * * 100,0 14 Milieu de résidence Urbain 10,8 27,8 61,3 100,0 249 Rural 3,0 41,4 55,7 100,0 103 À suivre… 118 • Avortement Tableau 8.6—Suite Caractéristique sociodémographique Lieu du dernier avortement Total Effectif de femmes ayant avorté depuis 2007 Établissement de santé public ou mixte Établissement de santé privé Maison de l’enquêtée/ autre maison/ autre Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 8,9 28,6 62,5 100,0 166 Autres villes (sans camps) 15,1 28,9 55,6 100,0 67 Urbain (sans camps) 10,7 28,7 60,5 100,0 233 Rural (sans camps) 3,1 42,4 54,6 100,0 99 Camps (10,2) (15,4) (74,5) 100,0 20 Niveau d’instruction Aucun * * * 100,0 25 Primaire 9,1 22,1 68,8 100,0 116 Secondaire ou plus 8,8 37,8 53,4 100,0 211 Ensemble 8,5 31,7 59,6 100,0 352 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée Il ressort du tableau 8.7 que 42 % des femmes ont été assistées au cours de leur dernier avortement par un professionnel de la santé, en majorité par un médecin (39 %). À l’opposé, plus d’un quart des femmes (29 %) ont avorté avec l’assistance de guérisseurs, de parents ou d’amis et 29 % sans aucune assistance. L’absence d’assistance concerne près de quatre femmes sur dix dont l’avortement a eu lieu à moins de deux mois de grossesse (39 %), 33 % des femmes du milieu urbain et 34 % de celles ayant un niveau d’instruction primaire. Tableau 8.7 Assistance à l’avortement Répartition (en %) des femmes qui ont avorté au moins une fois depuis 2007 par type d’assistance lors du dernier avortement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Assistance au dernier avortement Total1 Effectif de femmes ayant avorté depuis 2007 Médecin Infirmière/ Auxiliaire Guérisseur/ Amis/Parents/ Autre Personne Groupe d’âges 15-19 (45,5) (0,2) (34,7) (19,7) 100,0 32 20-29 40,0 2,5 30,8 26,5 100,0 177 30-39 38,0 4,0 27,9 30,2 100,0 108 40-49 (31,2) (3,6) (16,0) (49,2) 100,0 35 Stade de la grossesse au moment du dernier avortement Moins de 2 mois 31,5 0,1 29,9 38,6 100,0 96 2-4 mois 40,4 3,6 30,0 26,0 100,0 240 5 mois ou plus * * * * 100,0 14 Milieu de résidence Urbain 36,3 2,9 27,7 33,0 100,0 249 Rural 45,6 2,8 31,3 20,3 100,0 103 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 33,8 3,4 26,2 36,5 100,0 166 Autres villes (sans camps) 43,7 2,1 30,3 23,3 100,0 67 Urbain (sans camps) 36,7 3,1 27,4 32,7 100,0 233 Rural (sans camps) 46,7 2,9 30,1 20,3 100,0 99 Camps (27,8) (0,3) (37,4) (34,6) 100,0 20 Niveau d’instruction Aucun * * * * 100,0 25 Primaire 29,1 1,1 35,7 34,1 100,0 116 Secondaire ou plus 45,6 4,1 25,0 25,2 100,0 211 Ensemble 39,0 2,8 28,7 29,3 100,0 352 Note : Si différentes personnes ont assisté l’avortement, seule la plus qualifiée est prise en compte dans ce tableau. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée 1 Y compris les manquants Avortement • 119 8.7 COMPLICATIONS APRÈS L’AVORTEMENT On a demandé aux femmes qui avaient avorté depuis 2007, si elles avaient eu des complications après l’avortement. Quarante pour cent des femmes ont déclaré avoir eu des complications (Tableau 8.8). Ce pourcentage est plus élevé parmi les femmes de 20-29 ans que celles de 30-39 ans (45 % contre 28 %). Il est également plus élevé parmi les femmes qui ont avorté à 2-4 mois de grossesse, que parmi celles qui ont avorté plus précocement (40 % contre 31 %). Tableau 8.8 Complications après l’avortement Proportion de femmes qui ont avorté au moins une fois depuis 2007 et qui ont déclaré avoir eu des complications après le dernier avortement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Proportion ayant déclaré avoir eu des complications Effectif de femmes ayant avorté depuis 2007 Groupe d’âges 15-19 (57,0) 32 20-29 44,7 177 30-39 27,9 108 40-49 (34,6) 35 Stade de la grossesse au moment du dernier avortement Moins de 2 mois 31,2 96 2-4 mois 40,1 240 5 mois ou plus * 14 Ensemble 39,6 352 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée Santé de la reproduction • 121 SANTÉ DE LA REPRODUCTION 9 omme le mentionne le Plan Stratégique National de Santé de la Reproduction et Planification Familiale publié en Décembre 2012, les soins de santé qu’une mère reçoit au cours de sa grossesse, au moment et immédiatement après l’accouchement, représentent l’une des grandes priorités du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). Ces soins sont, non seulement, très importants pour la survie de la mère et son bien-être mais aussi pour celui de l’enfant. Ce chapitre présente les résultats concernant les soins prénatals, les conditions d’accouchement et les soins postnatals ainsi que ceux concernant les facteurs qui limitent l’accès des femmes aux soins de santé. Ces résultats permettent d’identifier les principaux problèmes en matière de santé maternelle et, d’une manière générale, en santé de la reproduction. En outre, la comparaison des résultats de l’EMMUS actuelle avec ceux des enquêtes précédentes permet l’évaluation des politiques et des programmes mis en œuvre ces dernières années dans le domaine de la santé de la reproduction. 9.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET SOINS POSTNATALS 9.1.1 Soins prénatals Le suivi des femmes enceintes au cours des consultations prénatales permet de prévenir les risques et les complications lors de l’accouchement. Au cours de l’EMMUS-V, pour la naissance vivante la plus récente ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, on a demandé aux femmes si, durant la grossesse, elles avaient reçu des soins prénatals. Les données du tableau 9.1 présentent la répartition des femmes selon qu’elles se sont rendues ou non en consultation prénatale. La grande majorité des femmes ont reçu des soins prénatals (90 %) par du personnel de santé formé (médecins, infirmières, infirmières sages-femmes et infirmières-auxiliaires). Ces consultations ont été principalement effectuées par des médecins (55 %) et des infirmières (35 %). Très peu de consultations ont été faites par les infirmières sages-femmes et par les infirmières auxiliaires. Le rôle des guérisseurs ou des parents est marginal. On note que pour 9 % des naissances, les femmes n’ont pas reçu de soins prénatals. C Principaux résultats • Parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des 5 dernières années, 90 % ont reçu, pour la naissance la plus récente, des soins prénatals par un personnel de santé formé et 67 % ont effectué au moins 4 visites prénatales. • Dans 76 % des cas, la dernière naissance a été protégée contre le tétanos néonatal. • Parmi les naissances survenues au cours des cinq dernières années, 36 % se sont déroulées dans un établissement de santé et 37 % ont bénéficié, durant l’accouchement, de l’assistance d’un prestataire qualifié en obstétrique. • Un peu plus de six femmes sur dix (61 %) n’ont reçu aucun soin postnatal dans les délais recommandés. Près de sept nouveau-nés sur dix (69 %) n’ont reçu aucun soin postnatal dans les deux premiers jours après la naissance. 122 • Santé de la reproduction Il convient de noter que la proportion de femmes enceintes ayant reçu des soins prénatals dispensés par du personnel formé a augmenté régulièrement au cours des douze dernières années; passant de 79 % en 2000 (EMMUS-III), à 85 % en 2005-2006 (EMMUS-IV) pour atteindre 90 % en 2012 (EMMUS-V) (Graphique 9.1). La couverture en soins prénatals est élevée et homogène. On peut néanmoins souligner que dans certains sous-groupes de femmes comme celles du milieu rural (89 %), celles de la Grande Anse (86 %), celles n’ayant aucun niveau d’instruction (81 %) et celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas (83 %), la couverture en soins prénatals est un peu plus faible. Tableau 9.1 Soins prénatals Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par type de prestataire vu durant la grossesse pour la naissance la plus récente, et pourcentage de naissances les plus récentes pour lesquelles la mère a consulté un professionnel de la santé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Prestataire de soins prénatals Personne/ Pas de soins prénatals Total Pour- centage ayant reçu des soins prénatals par un prestataire formé1 Effectif de femmes Médecin Infirmière Infirmière sage- femme Auxiliaire Autre personnel de santé non formé Guéris- seur/ Parents/ autres/ Manquant Age de la mère à la naissance <20 50,6 38,4 0,6 0,4 0,4 0,1 9,4 100,0 90,1 749 20-34 57,2 33,9 0,5 0,3 0,2 0,1 7,8 100,0 91,9 3 520 35-49 50,1 33,8 0,4 0,6 0,2 0.0 14,9 100,0 84,9 949 Rang de naissance 1 63,0 31,0 0,9 0,4 0,0 0.0 4,7 100,0 95,2 1 721 2-3 56,5 33,9 0,2 0,2 0,2 0,2 8,8 100,0 90,8 1 894 4-5 48,9 38,2 0,5 0,3 0,2 0.0 11,9 100,0 87,9 864 6+ 39,4 40,1 0,3 0,9 0,7 0.0 18,6 100,0 80,7 739 Milieu de résidence Urbain 73,3 18,8 0,8 0,0 0,2 0,1 6,8 100,0 92,9 2 021 Rural 43,3 44,5 0,3 0,6 0,2 0.0 11,0 100,0 88,7 3 197 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 80,3 10,7 0,8 0,0 0,4 0.0 7,7 100,0 91,9 1 037 Autres villes (sans camps) 65,2 29,4 0,7 0,0 0,0 0,3 4,5 100,0 95,2 799 Urbain (sans camps) 73,7 18,8 0,8 0,0 0,2 0,1 6,3 100,0 93,3 1 835 Rural (sans camps) 42,9 44,8 0,3 0,6 0,2 0.0 11,1 100,0 88,7 3 149 Camps 69,0 19,2 1,0 0,0 0,0 0,1 10,8 100,0 89,2 234 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 80,3 10,7 0,8 0,0 0,4 0.0 7,7 100,0 91,9 1 037 Reste-Ouest 48,8 37,7 0,1 0,9 0,5 0.0 12,0 100,0 87,5 872 Sud-Est 45,5 43,7 0,3 0,4 0,1 0,3 9,7 100,0 89,9 230 Nord 54,1 35,8 0,2 0,0 0,0 0.0 10,0 100,0 90,0 511 Nord-Est 52,4 42,4 0,3 0,3 0,2 0.0 4,3 100,0 95,5 201 Artibonite 38,9 50,2 1,0 0,4 0,0 0,5 9,1 100,0 90,5 773 Centre 47,3 46,0 0,2 0,5 0,0 0.0 6,0 100,0 94,0 399 Sud 47,4 39,9 0,2 0,0 0,0 0.0 12,4 100,0 87,6 377 Grande-Anse 51,5 33,7 0,5 0,3 0,0 0.0 14,0 100,0 86,0 189 Nord-Ouest 47,4 44,6 0,4 1,5 0,3 0.0 5,8 100,0 93,9 239 Nippes 52,4 36,4 0,8 0,2 0,2 0,2 9,8 100,0 89,8 157 Niveau d’instruction Aucun 37,0 42,7 0,1 0,8 0,4 0,1 18,8 100,0 80,6 1 001 Primaire 49,6 38,6 0,5 0,5 0,2 0,1 10,6 100,0 89,1 2 188 Secondaire ou plus 69,6 26,2 0,8 0,0 0,1 0.0 3,4 100,0 96,5 2 030 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 36,0 46,1 0,4 0,7 0,4 0,1 16,3 100,0 83,2 1 059 Second 40,8 45,5 0,7 0,9 0,1 0.0 11,9 100,0 87,9 1 038 Moyen 53,2 36,3 0,3 0,2 0,2 0,2 9,6 100,0 89,9 1 130 Quatrième 67,5 25,4 1,1 0,0 0,2 0,1 5,8 100,0 94,0 1 135 Le plus élevé 81,2 16,7 0,0 0,0 0,0 0.0 2,1 100,0 97,9 856 Ensemble 54,9 34,5 0,5 0,4 0,2 0,1 9,4 100,0 90,3 5 218 1 Les médecins, les infirmières, les infirmières sages-femmes et les infirmière-auxiliaires sont considérés ici comme des prestataires formés. Note: Si plus d’un prestataire de soins prénatals a été déclaré, seul le prestataire le plus qualifié est pris en compte dans ce tableau. Santé de la reproduction • 123 Graphique 9.1 Pourcentage de femmes ayant reçu des soins prénatals par un prestataire de santé formé par milieu de résidence et niveau d’instruction, selon l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V Pour être efficaces, les soins prénatals doivent débuter à un stade précoce de la grossesse et surtout, ils doivent se poursuivre avec une certaine régularité jusqu’à l’accouchement. Selon les recommandations internationales et celles du Ministère de la Santé Publique et de la Population, les femmes enceintes doivent effectuer, au moins, quatre visites prénatales, à intervalles réguliers, au cours de la grossesse. Le tableau 9.2 présente les données se rapportant au nombre de visites prénatales effectuées par les femmes enceintes et le stade de la grossesse à la première visite. On constate qu’un peu plus des deux tiers des femmes enceintes (67 %) avaient effectué le nombre minimal de visites requis. Près de deux femmes sur dix (19 %) avaient effectué 2-3 visites, 4 % une seule visite et 9 % n’avaient effectué aucune visite. Les écarts entre milieux de résidence sont importants, puisque dans les autres villes, 78 % des femmes ont effectué les quatre visites recommandées, contre seulement 62 % en milieu rural. En ce qui concerne le stade de la grossesse auquel a eu lieu la première visite, on constate que dans six cas sur dix (60 %), la première visite a eu lieu avant le quatrième mois de grossesse. Dans environ un cas sur cinq (21 %), les femmes ont effectué leur première visite prénatale à 4-5 mois de grossesse et dans 10 % des cas, la première visite prénatale a eu lieu assez tard, c’est-à-dire à partir de six mois. La proportion de femmes qui ont eu une visite prénatale à moins de quatre mois de grossesse varie de 70 % dans les autres villes à 55 % en milieu rural. Le nombre médian de mois de grossesse à la première visite prénatale est estimé à 3,5 et il varie d’un maximum de 3,7 en milieu rural à 3,4 dans les camps et à 3,3 dans le milieu urbain. La comparaison avec les enquêtes précédentes montre que la proportion de femmes enceintes ayant effectué, au moins, les quatre visites prénatales recommandées est passée de 44 % en 2000 (EMMUS-III) à 54 % en 2005-2006 (EMMUS-IV) pour atteindre 67 % en 2012 (EMMUS-V). Par ailleurs, le nombre médian de mois de grossesse à la première consultation prénatale n’a que très peu changé : estimé à 3,8 en 2000 (EMMUS-III) puis à 3,7 en 2005-2006 (EMMUS-IV), il est actuellement de 3,5. 97 89 81 89 95 92 90 96 85 73 82 92 87 85 95 83 63 73 90 90 79 Secondaire ou plus Primaire Aucun INSTRUCTION Rural Autres villes Aire Métropolitaine RÉSIDENCE HAÏTI EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-06 EMMUS-V 2012 124 • Santé de la reproduction Tableau 9.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse à la première visite Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, selon le nombre de visites prénatales et selon le stade de la grossesse au moment de la première visite pour la naissance la plus récente; Parmi les femmes ayant effectué des visites prénatales, nombre médian de mois de grossesse à la première visite, par milieu de résidence, EMMUS-V Haïti 2012 Visites prénatales Milieu de résidence détaillé Ensemble Aire Métropolitaine (sans camps) Autres villes (sans camps) Urbain (sans camps) Rural (sans camps) Camps Nombre de consultations prénatales Aucune 7,7 4,5 6,3 11,1 10,8 9,4 1 2,5 3,2 2,8 4,3 3,1 3,7 2-3 13,4 12,7 13,1 22,9 13,0 19,0 4+ 74,6 78,2 76,1 61,6 73,1 67,3 Ne sait pas/manquant 1,9 1,5 1,7 0,1 0,0 0,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre de mois de grossesse à la première consultation prénatale Aucune consultation prénatale 7,7 4,5 6,3 11,1 10,8 9,4 <4 66,8 69,6 68,0 54,6 58,2 59,5 4-5 17,4 18,7 18,0 23,4 21,5 21,4 6-7 6,8 6,2 6,5 9,6 7,7 8,4 8+ 1,3 0,9 1,1 1,2 1,8 1,2 Ne sait pas/manquant 0,0 0,2 0,1 0,1 0,0 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 1 037 799 1 835 3 149 234 5 218 Nombre médian de mois de grossesse à la première visite prénatale (pour les femmes ayant reçu des soins prénatals) 3,3 3,3 3,3 3,7 3,4 3,5 Effectif de femmes ayant reçu des soins prénatals 957 763 1 720 2 800 209 4 728 Services offerts en soins prénatals La qualité des soins prénatals est fonction non seulement du type d’examen effectué et du type de prestataire, mais aussi des conseils que reçoivent les femmes pendant les consultations. Selon les normes du MSPP relatives à la santé reproductive, les femmes enceintes doivent bénéficier de certains examens au cours des consultations prénatales et recevoir des informations sur les signes annonciateurs de certaines complications. Au cours de l’EMMUS-V, on a donc demandé aux femmes si, au cours des visites prénatales, elles avaient été informées sur les signes de complications de la grossesse, si certains examens (la prise du poids, la vérification de la tension artérielle) avaient été effectués, si on avait procédé à des prélèvements d’urine et de sang, si on avait ausculté le fœtus et si on avait mesuré la hauteur de l’utérus. En outre, on a demandé aux femmes qui avaient eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, si elles avaient reçu du fer et des médicaments contre les parasites intestinaux. Ces résultats sont présentés au tableau 9.3 selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes. Santé de la reproduction • 125 Tableau 9.3 Services offerts en soins prénatals Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant pris des suppléments de fer, sous forme de comprimés ou de sirop, et des médicaments contre les parasites intestinaux au cours de la grossesse la plus récente et parmi les femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente des cinq dernières années, pourcentage ayant effectué certains examens prénatals, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Parmi les femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage qui, durant la grossesse la plus récente, ont pris : Parmi les femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente des cinq dernières années, pourcentage qui : Du fer sous forme de comprimés ou de sirop Des médica- ments contre les parasites intestinaux Effectif de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq dernières années Ont été informées des signes de complica- tion de la grossesse Ont été pesées Ont eu leur tension artérielle vérifiée Ont eu un prélève- ment d’urine Ont eu leur fœtus ausculté Ont eu la hauteur de l’utérus mesurée Ont eu un prélève- ment de sang Effectif de femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente Âge de la mère à la naissance <20 72,2 14,7 749 61,4 94,3 94,9 80,6 88,9 80,5 84,4 678 20-34 78,2 14,6 3 520 66,5 95,8 96,8 85,2 91,9 84,6 85,5 3 244 35-49 71,4 11,1 949 62,2 96,3 97,7 83,6 91,4 82,3 81,9 807 Rang de naissance 1 80,8 14,3 1 721 66,9 96,3 96,4 88,0 92,2 85,9 90,0 1 638 2-3 77,4 14,5 1 894 65,1 95,9 97,1 85,1 92,1 84,2 86,0 1 727 4-5 74,2 14,8 864 65,5 95,0 96,8 80,1 89,8 81,6 79,0 761 6+ 64,1 11,0 739 59,2 94,4 95,8 76,8 89,0 78,2 74,2 602 Milieu de résidence Urbain 79,2 14,7 2 021 67,6 97,3 97,7 89,6 92,8 86,2 90,4 1 884 Rural 74,1 13,6 3 197 63,3 94,6 96,0 80,7 90,4 81,8 81,0 2 844 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 76,6 13,2 1 037 65,7 97,2 97,7 89,0 91,9 85,3 89,9 957 Autres villes (sans camps) 83,6 17,3 799 68,3 98,1 97,5 91,4 94,3 87,8 91,6 763 Urbain (sans camps) 79,7 15,0 1 835 66,9 97,6 97,7 90,0 93,0 86,4 90,7 1 720 Rural (sans camps) 74,1 13,6 3 149 63,2 94,6 96,0 80,6 90,4 81,8 80,9 2 800 Camps 75,0 12,5 234 74,6 94,5 97,9 86,0 91,7 83,9 87,9 209 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 76,6 13,2 1 037 65,7 97,2 97,7 89,0 91,9 85,3 89,9 957 Reste-Ouest 69,2 11,7 872 64,8 94,6 96,4 79,0 88,0 76,5 78,3 767 Sud-Est 69,6 12,8 230 61,1 92,3 94,4 66,9 87,6 78,9 64,6 207 Nord 78,2 14,5 511 66,8 95,9 97,8 92,6 93,8 89,2 93,5 460 Nord-Est 87,8 14,7 201 61,4 97,3 96,2 84,8 92,7 85,4 85,5 192 Artibonite 80,4 13,6 773 61,3 94,5 94,2 83,1 91,8 86,2 82,6 703 Centre 78,8 13,4 399 58,8 95,5 97,4 87,0 91,3 81,8 85,8 375 Sud 75,3 17,1 377 66,8 98,1 98,7 86,6 96,0 86,3 88,0 330 Grande-Anse 71,4 20,5 189 73,5 96,7 95,2 74,3 88,9 80,4 81,9 162 Nord-Ouest 78,1 16,9 239 66,0 95,3 96,5 82,4 90,1 83,5 85,5 225 Nippes 76,7 17,7 157 72,2 95,4 96,5 82,5 93,7 84,7 82,5 141 Niveau d’instruction Aucun 63,5 11,4 1 001 58,2 91,9 94,0 75,0 85,3 76,1 72,4 813 Primaire 73,5 14,6 2 188 62,6 95,4 96,5 81,0 90,7 81,1 81,9 1 955 Secondaire ou plus 85,1 14,7 2 030 70,3 97,6 97,9 91,3 94,6 89,2 92,7 1 961 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 68,2 11,8 1 059 60,6 93,1 94,8 72,0 86,7 77,7 72,4 886 Second 70,0 14,4 1 038 56,9 94,0 96,0 78,2 89,3 79,5 79,7 915 Moyen 75,1 13,6 1 130 66,9 95,0 96,1 84,8 91,3 83,3 85,4 1 021 Quatrième 80,9 14,1 1 135 70,4 97,4 97,8 89,7 92,9 85,9 89,8 1 068 Le plus élevé 88,2 16,7 856 69,5 99,0 98,7 96,1 96,7 91,6 96,0 838 Ensemble 76,1 14,0 5 218 65,0 95,7 96,7 84,2 91,4 83,6 84,8 4 728 126 • Santé de la reproduction En général, trois quarts (76 %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq dernières années ont reçu du fer sous forme de comprimés ou de sirop pendant la grossesse et une femme sur sept (14 %) a reçu des médicaments contre les parasites intestinaux, durant la grossesse la plus récente. Globalement, on constate que, parmi les femmes qui ont reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente, près des deux-tiers (65 %) ont été informées sur les signes de complication de la grossesse. Dans la quasi-totalité des cas, les femmes ont été pesées (96 %), leur tension artérielle a été vérifiée (97 %) et on a ausculté le fœtus (91 %). Par contre, le prélèvement d’urine (84 %) et de sang (85 %) ainsi que l’examen consistant à mesurer la hauteur de l’utérus (84 %) ont été moins fréquemment effectués. Globalement, on remarque que ce sont les femmes du milieu urbain, celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus et celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus élevé qui ont le plus fréquemment reçu les informations importantes et qui ont bénéficié des traitements et des examens prénatals contribuant ainsi à garantir un bon déroulement de leur grossesse. Vaccination antitétanique La lutte contre le tétanos néonatal continue de faire partie intégrante du Programme de Santé materno- infantile du MSPP en raison du fait que le nouveau-né est toujours exposé à cette maladie en Haïti. Ce ministère recommande que le vaccin antitétanique soit administré à toutes les femmes enceintes et que ces dernières en reçoivent, au moins, deux doses au cours de leur grossesse, à moins qu’elles n’aient été déjà vaccinées au cours d’une grossesse antérieure, auquel cas une seule dose leur sera administrée. Les résultats du tableau 9.4, qui portent sur les femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, indiquent que 65 % ont reçu, au moins, deux doses de vaccin antitétanique au cours de leur dernière grossesse. Dans 76 % des cas, la dernière naissance a été protégée contre le tétanos néonatal, soit du fait des vaccinations reçues au cours de cette grossesse, soit du fait de vaccinations reçues avant cette grossesse. La couverture vaccinale ne présente pas de disparités très importantes. On peut cependant souligner que les naissances de rangs élevés (six ou plus) sont moins bien protégées que celles des autres rangs : par exemple, 69 % des naissances de rangs six ou plus ont été protégées contre le tétanos néonatal contre 78 % de celles de rangs 2-3 et 76 % de celles de rang 1. On ne note pas d’écart entre le milieu urbain et le milieu rural. Par contre, les résultats selon les départements montrent qu’avec une proportion de 67 %, c’est dans l’Ouest sans l’Aire Métropolitaine que la couverture antitétanique est la plus faible. À l’opposé, c’est dans le Nord-Est que la proportion des naissances qui ont été protégées contre le tétanos néonatal est la plus élevée (84 %). Santé de la reproduction • 127 Tableau 9.4 Vaccination antitétanique Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant reçu, au moins, deux injections antitétaniques au cours de la grossesse pour la naissance vivante la plus récente et pourcentage dont la dernière naissance vivante a été protégée contre le tétanos néonatal, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristiques sociodémographiques Pourcentage ayant reçu deux injections ou plus durant la dernière grossesse Pourcentage dont la dernière naissance a été protégée contre le tétanos néonatal1 Effectif de femmes Âge de la mère à la naissance <20 62,7 72,5 749 20-34 66,5 76,8 3 520 35-49 61,1 73,4 949 Rang de naissance 1 69,0 76,3 1 721 2-3 65,9 77,9 1 894 4-5 62,6 74,6 864 6+ 56,1 69,1 739 Milieu de résidence Urbain 64,7 74,5 2 021 Rural 65,1 76,2 3 197 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 61,1 69,0 1 037 Autres villes (sans camps) 70,5 81,8 799 Urbain (sans camps) 65,2 74,6 1 835 Rural (sans camps) 65,0 76,2 3 149 Camps 62,2 75,2 234 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 61,1 69,0 1 037 Reste-Ouest 56,9 67,1 872 Sud-Est 67,0 73,5 230 Nord 70,0 83,2 511 Nord-Est 71,1 84,2 201 Artibonite 69,6 80,0 773 Centre 68,9 81,5 399 Sud 68,5 79,3 377 Grande-Anse 56,9 72,7 189 Nord-Ouest 69,2 82,2 239 Nippes 74,0 81,6 157 Niveau d’instruction Aucun 56,7 67,4 1 001 Primaire 63,5 75,2 2 188 Secondaire ou plus 70,6 80,0 2 030 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 60,5 74,3 1 059 Second 63,5 73,6 1 038 Moyen 63,6 73,3 1 130 Quatrième 69,7 79,1 1 135 Le plus élevé 67,8 77,9 856 Ensemble 65,0 75,6 5 218 1 Y compris les mères ayant reçu deux injections au cours de la grossesse de leur dernière naissance ou, au moins, deux injections (la dernière ayant été effectuée au cours des trois années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, trois injections (la dernière ayant été effectuée au cours des cinq années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, quatre injections (la dernière ayant été effectuée au cours des dix années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, cinq injections à n’importe quel moment avant la dernière naissance. 128 • Santé de la reproduction 9.1.2 Accouchement Lieu d’accouchement Parmi les naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, un peu plus de six sur dix (63 %) se sont déroulées à la maison. Un peu plus d’un tiers (36 %) ont eu lieu dans un établissement de santé, principalement dans un établissement public : 21 % contre 10 % dans un établissement privé et 5 % dans un établissement mixte (Tableau 9.5). Tableau 9.5 Lieu de l’accouchement Répartition (en %) des naissances vivantes survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par lieu d’accouchement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Établissement de santé Maison Autre Manquant Total Pourcentage dont l’accouche- ment s’est déroulé dans un établissement de santé Effectif de naissances Secteur public Secteur privé Secteur mixte Âge de la mère à la naissance <20 23,8 9,9 5,6 59,3 1,4 0,2 100,0 39,2 1 033 20-34 22,0 10,3 4,6 61,6 1,3 0,1 100,0 37,0 4 708 35-49 13,8 10,0 4,7 70,1 1,1 0,3 100,0 28,5 1 152 Rang de naissance 1 32,4 14,1 6,6 45,1 1,6 0,2 100,0 53,1 2 285 2-3 19,0 10,4 4,4 65,0 1,0 0,2 100,0 33,9 2 485 4-5 12,0 7,6 3,7 75,4 1,1 0,1 100,0 23,4 1 139 6+ 9,3 3,6 2,6 83,0 1,4 0,1 100,0 15,5 985 Visites prénatales1 Aucune 5,8 3,3 0,9 88,8 1,0 0,2 100,0 10,0 490 1-3 15,0 5,9 2,6 75,3 1,2 0,0 100,0 23,5 1 185 4+ 27,9 14,1 6,9 49,8 1,3 0,0 100,0 48,8 3 509 Milieu de résidence Urbain 34,2 15,5 7,5 41,5 1,2 0,1 100,0 57,2 2 518 Rural 13,3 7,1 3,2 74,9 1,3 0,2 100,0 23,6 4 375 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 35,4 20,4 4,3 38,1 1,7 0,1 100,0 60,1 1 294 Autres villes (sans camps) 34,2 8,9 12,6 43,8 0,5 0,1 100,0 55,7 987 Urbain (sans camps) 34,9 15,4 7,9 40,6 1,1 0,1 100,0 58,2 2 280 Rural (sans camps) 13,0 7,0 3,2 75,3 1,3 0,2 100,0 23,2 4 312 Camps 28,0 16,3 3,9 50,1 1,4 0,4 100,0 48,2 301 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 35,4 20,4 4,3 38,1 1,7 0,1 100,0 60,1 1 294 Reste-Ouest 13,1 12,2 1,6 71,7 1,4 0,0 100,0 26,9 1 172 Sud-Est 16,2 4,3 0,8 75,4 2,7 0,6 100,0 21,3 325 Nord 18,5 7,2 12,9 60,1 1,0 0,3 100,0 38,6 676 Nord-Est 6,0 8,0 23,1 61,8 1,0 0,0 100,0 37,1 272 Artibonite 20,7 6,9 2,4 69,5 0,5 0,0 100,0 30,0 1 011 Centre 13,2 5,2 6,3 72,9 2,2 0,2 100,0 24,7 550 Sud 27,2 6,1 1,9 63,5 0,9 0,4 100,0 35,2 523 Grande-Anse 15,8 0,3 1,0 82,4 0,3 0,2 100,0 17,1 255 Nord-Ouest 15,6 7,7 2,7 73,6 0,5 0,0 100,0 25,9 318 Nippes 19,0 3,6 5,1 70,7 1,2 0,4 100,0 27,7 196 Niveau d’instruction de la mère Aucun 7,2 3,9 1,7 86,0 0,9 0,3 100,0 12,8 1 436 Primaire 16,2 6,9 4,6 70,9 1,4 0,1 100,0 27,7 2 985 Secondaire ou plus 34,6 17,8 6,8 39,3 1,4 0,1 100,0 59,2 2 472 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 4,4 2,3 2,0 90,1 1,1 0,1 100,0 8,7 1 559 Second 12,3 4,1 3,3 78,6 1,5 0,2 100,0 19,7 1 418 Moyen 23,0 10,2 4,9 60,8 0,8 0,3 100,0 38,1 1 477 Quatrième 31,1 14,3 5,8 47,3 1,4 0,1 100,0 51,2 1 439 Le plus élevé 41,1 25,1 9,5 22,5 1,6 0,1 100,0 75,7 1 001 Ensemble2 20,9 10,2 4,8 62,7 1,3 0,2 100,0 35,9 6 893 1 Concerne seulement la naissance la plus récente survenue au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. 2 L’ensemble comprend 34 naissances dont l’information sur les visites prénatales est manquante. Santé de la reproduction • 129 Les résultats selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes font apparaître des écarts importants. Tout d’abord, ils mettent en évidence l’influence du suivi prénatal sur le lieu d’accouchement : en effet, alors que 50 % des femmes qui ont effectué les quatre visites prénatales ont accouché à la maison, cette proportion atteint 89 % chez celles qui n’ont eu aucun suivi prénatal. On remarque également qu’en milieu rural, 75 % des femmes ont accouché à la maison contre 42 % en milieu urbain. C’est dans l’Aire Métropolitaine que la proportion de femmes qui ont accouché dans un établissement de santé est la plus élevée (60 %) et c’est dans la Grande-Anse qu’elle est la plus faible (17 %). Le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique du ménage influencent également de manière importante le lieu d’accouchement, la proportion de femmes ayant accouché à la maison diminuant avec l’élévation du niveau d’instruction, variant de 86 % parmi celles sans instruction à 71 % parmi celles de niveau primaire et à 39 % parmi celles ayant un niveau secondaire ou plus. Parmi ces dernières, 35 % ont accouché dans un établissement du secteur public et 25 % dans le secteur privé. Dans les ménages du quintile le plus bas, 90 % des femmes ont accouché à la maison contre 23 % parmi celles des ménages du quintile le plus élevé, dans lesquels un quart des femmes ont accouché dans un établissement du secteur privé. En comparant ces résultats avec ceux des EMMUS précédentes (graphique 9.2), on constate que la proportion de naissances qui se sont déroulées dans un établissement sanitaire a sensiblement augmenté, passant de 23 % en 2000 et 25 % en 2005-2006 à 36 % en 2012. Cette amélioration concerne tous les milieux de résidence : dans l’Aire Métropolitaine, les proportions sont passées de 48 % en 2005-2006 à 60 % en 2012 et, dans les autres villes, de 40 % à 56 % dans la même période ; de même, en milieu rural, la proportion de naissances qui ont eu lieu dans un établissement sanitaire est passée de 15 % en 2005-2006 à 23 % en 2012. Graphique 9.2 Pourcentage d’accouchements survenus dans un établissement de santé par milieu de résidence et le niveau d’instruction, selon l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V 59 28 13 23 56 60 36 58 19 8 15 40 48 25 62 21 10 10 38 56 23 Secondaire ou plus Primaire Aucun INSTRUCTION Rural Autres villes Aire Métropolitaine RÉSIDENCE HAÏTI EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-06 EMMUS-V 2012 130 • Santé de la reproduction Assistance durant l’accouchement Le tableau 9.6 présente les résultats concernant le type d’assistance à l’accouchement. On constate que seulement 37 % des naissances se sont déroulées avec l’assistance d’un prestataire qualifié en obstétrique, en majorité un médecin (23 %) et, dans une moindre mesure, une infirmière (13 %). En outre, il faut souligner le rôle non négligeable des matrones, puisqu’elles ont assisté l’accouchement dans 29 % des cas pour les matrones avec boite et 23 % pour les matrones sans boite. Les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont importantes et mettent surtout en évidence l’influence du lieu d’accouchement. En effet, si la quasi-totalité des naissances qui se sont déroulées en établissement de santé (99 %) ont bénéficié d’une assistance par du personnel qualifié durant l’accouchement, cette proportion n’est que de 3 % pour les naissances qui ont eu lieu ailleurs que dans un établissement de santé. En outre, on constate que la proportion de naissances assistées par un personnel qualifié en obstétrique diminue avec l’augmentation du rang de naissance, passant de 55 % pour les naissances de rang 1, à 17 % pour celles de rang six ou plus. Les résultats montrent aussi l’influence du niveau d’instruction et du niveau de bien-être du ménage sur l’assistance à l’accouchement. En effet, si 61 % des naissances de femmes ayant un niveau secondaire ou plus se sont déroulées avec l’assistance d’un prestataire qualifié, cette proportion n’est que de 14 % quand les femmes n’ont aucun niveau d’instruction. De même, la proportion de naissances ayant bénéficié d’une assistance par un prestataire qualifié varie de 78 % dans les ménages du quintile le plus élevé à 10 % dans ceux du quintile le plus bas. Enfin, dans les départements, on constate que c’est dans l’Aire Métropolitaine que les naissances ont été plus assistées par du personnel qualifié (64 %) et cette proportion est la plus faible dans la Grande Anse (18 %). La comparaison des résultats de l’enquête actuelle avec ceux des enquêtes précédentes fait apparaître les mêmes tendances que celles déjà constatées pour le lieu d’accouchement : la proportion de naissances assistées par du personnel qualifié a augmenté entre 2000 et 2012, d’abord légèrement entre 2000 et 2005-2006 passant de 24 % à 26 %, puis de manière plus importante, depuis la précédente enquête, puisque la proportion de naissances assistées atteint actuellement 37 %. Santé de la reproduction • 131 Graphique 9.3 Pourcentage de naissances assistées par un prestataire de santé qualifié par milieu de résidence et niveau d’instruction, selon l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V 61 29 14 24 57 64 37 60 20 9 15 44 50 26 62 23 10 11 40 57 24 Secondaire ou plus Primaire Aucun INSTRUCTION Rural Autres villes Aire Métropolitaine RÉSIDENCE HAÏTI EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-06 EMMUS-V 2012 13 2 • S an té d e la re pr od uc tio n Ta bl ea u 9. 6 A ss is ta nc e du ra nt l’ ac co uc he m en t R ép ar tit io n (e n % ) d es n ai ss an ce s vi va nt es a ya nt e u lie u au c ou rs d es c in q an né es a ya nt p ré cé dé l’ en qu êt e pa r t yp e d’ as si st an ce d ur an t l ’a cc ou ch em en t, po ur ce nt ag e de n ai ss an ce s as si st ée s pa r u n pr of es si on ne l d e sa nt é et p ou rc en ta ge d e na is sa nc es a ya nt n éc es si té u ne c és ar ie nn e, s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, E M M U S -V H aï ti 20 12 C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue P er so nn e ay an t a ss is té l’ ac co uc he m en t : P ou rc en ta ge do nt l’a cc ou ch e- m en t a é té as si st é pa r un pr es ta ta ire qu al ifi é en O bs té tri qu e1 P ou rc en ta ge ac co uc hé pa r cé sa rie nn e E ffe ct if de na is sa nc es M éd ec in In fir m iè re In fir m iè re sa ge -fe m m e A ux ilia ire A ge nt d e sa nt é M at ro ne av ec b oi te M at ro ne sa ns b oi te G ué ris se ur / Pa re nt s/ A ut re P er so nn e N e sa it pa s/ M an qu an t To ta l A ge d e la m èr e à la n ai ss an ce <2 0 22 ,6 15 ,5 1, 2 0, 3 0, 3 27 ,3 23 ,4 7, 7 1, 4 0, 2 10 0, 0 39 ,3 4, 4 1 03 3 20 -3 4 24 ,2 12 ,8 1, 6 0, 1 0, 3 29 ,2 22 ,4 7, 5 1, 6 0, 4 10 0, 0 38 ,7 5, 5 4 70 8 35 -4 9 19 ,9 9, 2 1, 0 0, 3 0, 2 30 ,7 26 ,4 8, 4 3, 4 0, 6 10 0, 0 30 ,1 6, 4 1 15 2 R an g de n ai ss an ce 1 35 ,4 17 ,5 1, 7 0, 2 0, 2 22 ,1 16 ,6 5, 2 0, 6 0, 4 10 0, 0 54 ,6 8, 7 2 28 5 2- 3 21 ,1 12 ,7 1, 4 0, 1 0, 2 29 ,9 23 ,7 8, 3 2, 0 0, 4 10 0, 0 35 ,2 5, 4 2 48 5 4- 5 15 ,3 8, 2 0, 9 0, 2 0, 4 36 ,1 26 ,7 8, 9 3, 0 0, 3 10 0, 0 24 ,5 2, 7 1 13 9 6+ 9, 9 5, 9 1, 5 0, 0 0, 4 35 ,7 33 ,0 10 ,2 2, 9 0, 4 10 0, 0 17 ,3 1, 5 98 5 Li eu d ’a cc ou ch em en t É ta bl is se m en t d e sa nt é 62 ,9 32 ,9 3, 1 0, 2 0, 0 0, 3 0, 1 0, 1 0, 1 0, 3 10 0, 0 98 ,9 15 ,4 2 47 3 A ill eu rs 1, 1 1, 2 0, 5 0, 1 0, 4 45 ,5 36 ,2 11 ,9 2, 8 0, 3 10 0, 0 2, 8 0, 0 4 40 9 M ili eu d e ré si de nc e U rb ai n 41 ,2 15 ,7 2, 5 0, 2 0, 0 17 ,0 13 ,7 7, 8 1, 5 0, 3 10 0, 0 59 ,4 10 ,2 2 51 8 R ur al 13 ,0 10 ,8 0, 8 0, 1 0, 4 36 ,2 28 ,7 7, 5 2, 0 0, 4 10 0, 0 24 ,6 2, 8 4 37 5 M ili eu d e ré si de nc e dé ta ill é A ire M ét ro po lit ai ne (s an s ca m ps ) 47 ,0 14 ,3 2, 1 0, 2 0, 0 12 ,0 14 ,4 8, 2 1, 6 0, 1 10 0, 0 63 ,5 11 ,5 1 29 4 A ut re s vi lle s (s an s ca m ps ) 34 ,8 18 ,5 3, 0 0, 2 0, 1 23 ,6 12 ,2 5, 8 1, 2 0, 6 10 0, 0 56 ,3 9, 3 98 7 U rb ai n (s an s ca m ps ) 41 ,7 16 ,1 2, 5 0, 2 0, 1 17 ,0 13 ,4 7, 2 1, 4 0, 3 10 0, 0 60 ,4 10 ,6 2 28 0 R ur al (s an s ca m ps ) 12 ,7 10 ,8 0, 8 0, 1 0, 4 36 ,4 28 ,8 7, 6 2, 0 0, 4 10 0, 0 24 ,3 2, 8 4 31 2 C am ps 35 ,0 12 ,3 2, 5 0, 0 0, 0 17 ,7 17 ,6 12 ,1 2, 4 0, 5 10 0, 0 49 ,7 6, 5 30 1 D ép ar te m en t ( sa ns c am ps ) A ire M ét ro po lit ai ne 47 ,0 14 ,3 2, 1 0, 2 0, 0 12 ,0 14 ,4 8, 2 1, 6 0, 1 10 0, 0 63 ,5 11 ,5 1 29 4 R es te -O ue st 16 ,5 9, 7 1, 9 0, 2 0, 1 31 ,8 29 ,7 8, 5 1, 3 0, 3 10 0, 0 28 ,1 3, 8 1 17 2 S ud -E st 15 ,2 9, 7 0, 2 0, 4 0, 4 30 ,5 33 ,5 8, 1 1, 6 0, 4 10 0, 0 25 ,1 2, 4 32 5 N or d 29 ,6 7, 8 1, 7 0, 0 0, 2 35 ,0 19 ,0 4, 1 1, 4 1, 2 10 0, 0 39 ,1 6, 1 67 6 N or d- E st 20 ,8 16 ,6 0, 2 0, 1 0, 1 32 ,9 20 ,5 6, 8 1, 7 0, 2 10 0, 0 37 ,6 5, 7 27 2 A rti bo ni te 10 ,2 18 ,9 1, 8 0, 1 0, 5 40 ,0 19 ,5 6, 1 2, 7 0, 1 10 0, 0 30 ,9 4, 5 1 01 1 C en tre 14 ,9 11 ,1 0, 1 0, 0 0, 6 36 ,5 25 ,2 7, 5 2, 7 1, 4 10 0, 0 26 ,1 2, 6 55 0 S ud 20 ,1 15 ,1 0, 3 0, 2 0, 4 25 ,6 28 ,4 8, 3 1, 3 0, 4 10 0, 0 35 ,4 4, 1 52 3 G ra nd e- A ns e 10 ,3 6, 6 0, 6 0, 0 0, 2 28 ,5 37 ,4 13 ,7 2, 4 0, 2 10 0, 0 17 ,6 3, 4 25 5 N or d- O ue st 14 ,3 10 ,6 1, 3 0, 2 0, 6 37 ,6 27 ,0 6, 4 2, 0 0, 0 10 0, 0 26 ,2 2, 5 31 8 N ip pe s 15 ,1 11 ,6 1, 1 0, 0 0, 4 37 ,6 27 ,4 4, 8 1, 6 0, 2 10 0, 0 27 ,9 3, 0 19 6 À s ui vr e… Santé de la reproduction132 • S an té d e la R ep ro du ct io n • 1 33 Ta bl ea u 9. 6— S ui te C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue P er so nn e ay an t a ss is té l’ ac co uc he m en t : P ou rc en ta ge do nt l’a cc ou ch e- m en t a é té as si st é pa r un pr es ta ta ire qu al ifi é en ob st ét riq ue 1 P ou rc en ta ge ac co uc hé pa r cé sa rie nn e E ffe ct if de na is sa nc es M éd ec in In fir m iè re In fir m iè re sa ge -fe m m e A ux ilia ire A ge nt d e sa nt é M at ro ne av ec b oi te M at ro ne sa ns b oi te G ué ris se ur / Pa re nt s/ A ut re P er so nn e N e sa it pa s/ M an qu an t To ta l N iv ea u d’ in st ru ct io n de la m èr e A uc un 8, 6 4, 4 1, 4 0, 0 0, 3 36 ,0 34 ,6 10 ,9 3, 4 0, 5 10 0, 0 14 ,4 1, 4 1 43 6 P rim ai re 16 ,3 11 ,7 0, 7 0, 1 0, 3 33 ,2 27 ,1 8, 5 1, 7 0, 4 10 0, 0 28 ,7 3, 5 2 98 5 S ec on da ire o u pl us 40 ,2 18 ,5 2, 4 0, 3 0, 2 20 ,4 11 ,9 4, 8 1, 1 0, 3 10 0, 0 61 ,1 10 ,3 2 47 2 Q ui nt ile s de b ie n- êt re éc on om iq ue Le p lu s ba s 6, 2 2, 9 0, 5 0, 1 0, 3 39 ,7 37 ,2 10 ,5 2, 4 0, 3 10 0, 0 9, 6 1, 3 1 55 9 S ec on d 9, 6 10 ,0 0, 9 0, 1 0, 8 38 ,6 31 ,0 6, 5 2, 0 0, 6 10 0, 0 20 ,5 2, 1 1 41 8 M oy en 21 ,5 15 ,9 1, 0 0, 0 0, 1 29 ,0 21 ,5 8, 6 1, 9 0, 5 10 0, 0 38 ,4 4, 0 1 47 7 Q ua tri èm e 33 ,7 18 ,2 2, 6 0, 3 0, 1 21 ,0 13 ,8 8, 7 1, 2 0, 4 10 0, 0 54 ,5 7, 5 1 43 9 Le p lu s él ev é 57 ,0 18 ,6 2, 5 0, 1 0, 0 11 ,4 6, 5 1, 9 1, 7 0, 1 10 0, 0 78 ,1 16 ,3 1 00 1 En se m bl e2 23 ,3 12 ,6 1, 4 0, 1 0, 3 29 ,2 23 ,2 7, 6 1, 8 0, 4 10 0, 0 37 ,3 5, 5 6 89 3 N ot e: S i l ’e nq uê té e a dé cl ar é qu e pl us d ’u ne p er so nn e av ai t a ss is té l’ ac co uc he m en t, se ul e la p er so nn e la p lu s qu al ifi ée e st p ris e en c om pt e da ns c e ta bl ea u. 1 S on t c on si dé ré s co m m e de s pr es ta ta ire s qu al ifi és e n ob st ét riq ue : Le s m éd ec in s, le s in fir m iè re s et le s in fir m iè re s sa ge s- fe m m es . 2 L ’e ns em bl e co m pr en d 10 n ai ss an ce s do nt l’ in fo rm at io n su r l e lie u d’ ac co uc he m en t e st m an qu an te . Santé de la reproduction • 133 134 • Santé de la reproduction 9.1.3 Soins Postnatals Soins postnatals à la mère Une proportion importante de décès maternels et de décès de nouveau-nés qui surviennent dans la période néonatale se produisent dans les 48 heures qui suivent l’accouchement. Pour cette raison, il est recommandé que toutes les femmes effectuent une visite postnatale dans les deux jours qui suivent l’accouchement et que les nouveau-nés reçoivent des soins postnatals. Moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés à la mère Les résultats du tableau 9.7 montrent que 61 % des femmes qui ont eu une naissance au cours des deux dernières années n’ont pas reçu de soins postnatals ou en ont reçu tardivement. Parmi celles qui ont accouché ailleurs que dans un établissement de santé, cette proportion atteint 88 %. À l’opposé, 32 % des femmes ont reçu des soins postnatals dans les délais recommandés, c’est-à-dire dans les deux jours après la naissance. Parmi les femmes ayant accouché dans un établissement de santé, cette proportion atteint 73 % et parmi celles des ménages du quintile le plus élevé, 70 %. On remarque aussi que la proportion de femmes qui ont reçu des soins postnatals dans les délais recommandés augmente avec le niveau d’instruction, variant de 13 % parmi les femmes sans instruction à 50 % parmi les plus instruites et avec le niveau de bien-être du ménage , variant de 12 % dans les ménages du quintile le plus bas à 70 % dans ceux du quintile le plus élevé. Tableau 9.7 Moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés à la mère Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des deux années ayant précédé l’enquête, répartition(en %) de la visite postnatale de la mère pour la dernière naissance vivante par durée écoulée depuis l’accouchement et pourcentage de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des deux années ayant précédé l’enquête qui ont reçu des soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristiques sociodémographiques Durée écoulée entre l’accouchement et le moment où la mère a reçu ses premiers soins postnatals Pas de soins post- natals1 Total Pourcentage de femmes ayant reçu des soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance Effectif de femmes Moins de 4 heures 4-23 heures 1-2 jours 3-6 jours 7-41 jours Ne sait pas/ Manquant Âge de la mère à la naissance <20 17,1 5,6 7,3 3,7 5,5 0,2 60,6 100,0 30,1 420 20-34 20,2 4,6 8,4 3,1 3,1 0,4 60,2 100,0 33,3 1 903 35-49 13,2 5,1 10,1 4,2 2,4 0,5 64,6 100,0 28,3 460 Rang de naissance 1 24,8 6,9 11,0 3,1 4,1 0,5 49,6 100,0 42,7 950 2-3 18,0 4,6 8,6 3,1 3,2 0,4 62,1 100,0 31,2 1 020 4-5 13,5 3,3 6,9 3,3 3,6 0,2 69,0 100,0 23,8 452 6+ 10,4 1,9 3,9 4,8 1,2 0,0 77,7 100,0 16,3 361 Lieu d’accouchement Établissement de santé 43,2 11,3 18,8 4,2 2,6 0,9 19,0 100,0 73,3 1 090 Ailleurs 2,8 0,7 1,9 2,8 3,8 0,0 88,0 100,0 5,4 1 692 Milieu de résidence Urbain 25,6 7,9 13,2 3,2 4,6 0,9 44,6 100,0 46,7 991 Rural 14,7 3,2 5,9 3,4 2,6 0,1 70,1 100,0 23,8 1 791 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 24,4 9,2 15,3 3,5 6,0 0,9 40,6 100,0 49,0 511 Autres villes (sans camps) 26,4 7,2 9,7 2,6 2,7 1,0 50,4 100,0 43,3 384 Urbain (sans camps) 25,3 8,4 12,9 3,1 4,6 1,0 44,8 100,0 46,5 895 Rural (sans camps) 14,5 3,1 5,8 3,4 2,6 0,1 70,4 100,0 23,5 1 764 Camps 28,3 4,1 15,7 3,9 4,4 0,5 43,1 100,0 48,1 123 À suivre… Santé de la reproduction • 135 Tableau 9.7—Suite Caractéristiques sociodémographiques Durée écoulée entre l’accouchement et le moment où la mère a reçu ses premiers soins postnatals Pas de soins post- natals1 Total Pourcentage de femmes ayant reçu des soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance Effectif de femmes Moins de 4 heures 4-23 heures 1-2 jours 3-6 jours 7-41 jours Ne sait pas/ Manquant Département (sans camps) Aire Métropolitaine 24,4 9,2 15,3 3,5 6,0 0,9 40,6 100,0 49,0 511 Reste-Ouest 18,4 5,6 5,8 4,4 2,9 0,2 62,7 100,0 29,8 472 Sud-Est 16,6 2,2 5,7 1,2 2,8 0,0 71,5 100,0 24,5 140 Nord 21,0 3,5 5,8 4,4 0,8 1,0 63,6 100,0 30,2 284 Nord-Est 19,9 6,0 5,9 0,5 1,6 0,0 66,1 100,0 31,8 112 Artibonite 14,5 3,0 5,7 4,4 2,4 0,0 70,0 100,0 23,2 408 Centre 15,2 3,3 9,2 2,6 4,7 0,3 64,6 100,0 27,7 208 Sud 17,7 2,6 6,9 1,5 2,4 0,0 68,9 100,0 27,2 213 Grande-Anse 8,1 2,3 5,8 4,0 6,8 0,0 72,9 100,0 16,3 110 Nord-Ouest 12,9 4,8 7,2 1,6 1,3 0,0 72,2 100,0 24,9 125 Nippes 15,9 4,6 11,4 3,2 1,8 0,5 62,6 100,0 32,5 76 Niveau d’instruction Aucun 8,1 2,4 2,3 3,2 2,0 0,0 82,0 100,0 12,9 500 Primaire 15,3 3,3 5,9 3,7 2,7 0,1 69,1 100,0 24,5 1 233 Secondaire ou plus 27,4 7,9 14,6 3,0 4,8 0,9 41,4 100,0 49,9 1 048 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 7,0 0,9 4,1 2,1 2,5 0,0 83,3 100,0 12,0 628 Second 12,6 2,6 4,6 2,1 2,7 0,1 75,3 100,0 19,8 593 Moyen 20,4 5,2 9,0 4,8 3,1 0,1 57,3 100,0 34,8 620 Quatrième 22,8 6,1 9,5 4,5 5,8 0,4 50,8 100,0 38,4 557 Le plus élevé 37,7 12,5 19,5 3,1 2,6 1,7 23,0 100,0 69,7 385 Ensemble 18,6 4,9 8,5 3,3 3,3 0,4 61,0 100,0 32,0 2 782 1 Y compris les femmes qui ont eu une visite postnatale après 41 jours. On note aussi des écarts importants selon le milieu et le département de résidence. En milieu urbain, près d’une femme sur deux (47 %) a reçu des soins postnatals contre 24 % en milieu rural. Dans les départements, les variations sont importantes aussi. En effet, alors que 49 % des femmes de l’Aire Métropolitaine ont reçu des soins postnatals dans les délais recommandés, cette proportion n’est que de 16 % dans la Grande Anse. Le tableau 9.8 présente la répartition des femmes selon le type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals dans les deux jours après la naissance. Dans l’ensemble, trois femmes sur dix (30 %) ont reçu ces soins d’un personnel qualifié (médecin, infirmière ou infirmière sage-femme). Les proportions les plus faibles des mères qui ont reçu ces soins d’un personnel qualifié se retrouvent dans le milieu rural (21 %), dans la Grande-Anse (12 %) et chez les femmes sans niveau d’instruction (12 %). 136 • Santé de la reproduction Tableau 9.8 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals à la mère Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des deux années ayant précédé l’enquête, répartition (en %) par type de prestataire ayant dispensé les premiers soins postnatals à la mère dans les deux jours après la dernière naissance vivante, selon certaines caractéristiques sociodémographiques EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals à la mère : Pas de soins postnatals dans les deux jours après la naissance1 Total Effectif de femmes Médecin/ Infirmière/ Infirmière sage- femme Auxiliaire Agent de santé commu- nautaire Matrone avec boite Matrone sans boite Âge de la mère à la naissance <20 28,0 0,0 0,0 1,9 0,2 69,9 100,0 420 20-34 30,6 0,5 0,4 1,0 0,8 66,7 100,0 1 903 35-49 27,1 0,0 0,0 0,8 0,5 71,7 100,0 460 Rang de naissance 1 40,8 0,4 0,0 1,3 0,3 57,3 100,0 950 2-3 28,9 0,3 0,5 0,7 0,8 68,8 100,0 1 020 4-5 20,9 0,4 0,6 1,5 0,5 76,2 100,0 452 6+ 13,0 0,4 0,0 1,5 1,5 83,7 100,0 361 Lieu d’accouchement Établissement de santé 72,3 0,9 0,0 0,0 0,0 26,7 100,0 1 090 Ailleurs 2,1 0,0 0,4 1,9 1,1 94,6 100,0 1 692 Milieu de résidence Urbain 44,8 0,7 0,0 0,9 0,3 53,3 100,0 991 Rural 21,2 0,2 0,4 1,3 0,9 76,2 100,0 1 791 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 46,8 0,9 0,0 0,8 0,4 51,0 100,0 511 Autres villes (sans camps) 41,7 0,5 0,0 0,9 0,1 56,7 100,0 384 Urbain (sans camps) 44,6 0,8 0,0 0,8 0,3 53,5 100,0 895 Rural (sans camps) 20,8 0,1 0,4 1,2 0,9 76,5 100,0 1 764 Camps 45,8 0,3 0,3 1,6 0,2 51,9 100,0 123 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 46,8 0,9 0,0 0,8 0,4 51,0 100,0 511 Reste-Ouest 25,2 0,3 1,2 1,7 1,4 70,2 100,0 472 Sud-Est 22,7 0,0 0,0 0,8 0,9 75,5 100,0 140 Nord 29,9 0,3 0,0 0,0 0,0 69,8 100,0 284 Nord-Est 29,1 0,0 0,5 2,2 0,0 68,2 100,0 112 Artibonite 20,5 0,0 0,0 0,9 1,7 76,8 100,0 408 Centre 26,3 0,0 0,2 1,3 0,0 72,3 100,0 208 Sud 26,3 0,3 0,0 0,5 0,2 72,8 100,0 213 Grande-Anse 12,3 1,0 0,0 3,0 0,0 83,7 100,0 110 Nord-Ouest 23,6 0,0 0,4 0,9 0,0 75,1 100,0 125 Nippes 28,8 0,7 0,0 2,4 0,7 67,5 100,0 76 Niveau d’instruction Aucun 12,4 0,1 0,0 0,4 0,0 87,1 100,0 500 Primaire 21,6 0,2 0,3 0,9 1,5 75,5 100,0 1 233 Secondaire ou plus 47,2 0,7 0,4 1,7 0,0 50,1 100,0 1 048 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 10,0 0,2 0,1 0,7 1,1 88,0 100,0 628 Second 17,5 0,0 0,2 1,2 0,9 80,2 100,0 593 Moyen 32,0 0,0 0,0 1,8 1,0 65,2 100,0 620 Quatrième 35,2 1,2 0,7 1,3 0,0 61,6 100,0 557 Le plus élevé 68,2 0,5 0,5 0,4 0,0 30,3 100,0 385 Ensemble 29,6 0,4 0,3 1,1 0,7 68,0 100,0 2 782 1 Y compris les femmes qui ont eu une visite postnatale après 41 jours. Soins postnatals au nouveau-né Les résultats présentés selon le type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né montrent que 69 % de ces derniers n’ont pas bénéficié de soins postnatals dans les deux premiers jours après leur naissance (Tableau 9.9). Seulement près d’un nouveau-né sur cinq (19 %) a reçu des soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance, période où le risque de mortalité néonatale est élevé. Santé de la reproduction • 137 La proportion de nouveau-nés qui n’ont reçu aucun soin après la naissance augmente avec le rang de naissance, de 62 % pour le rang 1 à 80 % pour les rangs six ou plus. On retrouve ici l’influence du lieu d’accouchement puisque, quand la naissance s’est déroulée ailleurs que dans un établissement de santé, 82 % des nouveau-nés n’ont pas eu de soins postnatals dans les délais recommandés, contre 50 % quand l’accouchement a eu lieu dans un établissement sanitaire. En outre, les résultats font apparaître les mêmes variations que celles déjà constatées pour les mères, à savoir que les proportions de nouveau-nés qui n’ont reçu aucun soin postnatal sont les plus élevées en milieu rural (76 %), parmi les nouveau-nés dont la mère n’a aucun niveau d’instruction (82 %) et parmi ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas (83 %). Tableau 9.9 Moment où les premiers soins postnatals ont été dispensés au nouveau-né Répartition (en %)des dernières naissances ayant eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête par durée écoulée entre l’accouchement et le moment où ont été donnés les premiers soins postnatals au nouveau-né et pourcentage de naissances ayant reçu des soins postnatals dans les deux jours qui ont suivi la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Durée écoulée entre l’accouchement et le moment où le nouveau-né a reçu ses premiers soins postnatals Pas de soins post- natals1 Total Pourcentage de naissances ayant reçu des soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance Effectif de naissances Moins d’une heure 1-3 heures 4-23 heures 1-2 jours 3-6 jours Ne sait pas/ manquant Âge de la mère à la naissance <20 2,6 8,3 4,4 4,7 11,8 0,0 68,1 100,0 20,1 420 20-34 2,5 6,6 3,3 6,7 11,2 0,3 69,5 100,0 19,1 1 903 35-49 2,9 5,1 4,7 5,8 10,9 0,2 70,4 100,0 18,5 460 Rang de naissance 1 4,0 8,5 5,5 8,4 11,0 0,4 62,2 100,0 26,5 950 2-3 2,2 6,6 3,0 6,3 11,7 0,2 70,0 100,0 18,1 1 020 4-5 1,8 4,7 2,8 3,7 12,2 0,0 74,8 100,0 12,9 452 6+ 0,8 4,1 2,0 3,8 9,4 0,0 80,0 100,0 10,6 361 Lieu d’accouchement Établissement de santé 6,5 14,5 6,7 10,2 11,1 0,5 50,4 100,0 38,0 1 090 Ailleurs 0,0 1,5 1,8 3,7 11,3 0,0 81,6 100,0 7,0 1 692 Milieu de résidence Urbain 4,4 10,9 4,9 8,8 13,3 0,2 57,6 100,0 29,0 991 Rural 1,6 4,2 3,0 4,9 10,1 0,2 76,0 100,0 13,7 1 791 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 4,6 13,7 5,7 8,3 10,3 0,3 57,2 100,0 32,2 511 Autres villes (sans camps) 4,3 7,0 3,6 9,1 16,9 0,0 59,0 100,0 24,1 384 Urbain (sans camps) 4,5 10,8 4,8 8,6 13,1 0,2 58,0 100,0 28,7 895 Rural (sans camps) 1,6 4,2 3,0 4,8 10,1 0,2 76,0 100,0 13,6 1 764 Camps 2,6 9,8 5,7 10,1 13,2 0,2 58,3 100,0 28,3 123 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 4,6 13,7 5,7 8,3 10,3 0,3 57,2 100,0 32,2 511 Reste-Ouest 1,1 4,5 4,2 6,2 12,7 0,3 71,0 100,0 15,9 472 Sud-Est 1,9 4,7 0,4 4,5 8,9 0,0 79,6 100,0 11,6 140 Nord 2,6 6,1 4,0 5,1 14,7 0,3 67,1 100,0 17,9 284 Nord-Est 1,7 3,3 3,6 7,8 7,9 0,5 75,2 100,0 16,3 112 Artibonite 2,1 3,5 1,6 4,8 10,1 0,0 78,0 100,0 11,9 408 Centre 2,0 6,4 1,5 5,8 5,0 0,4 78,9 100,0 15,7 208 Sud 4,1 4,9 7,1 5,2 15,9 0,2 62,6 100,0 21,3 213 Grande-Anse 1,6 5,0 3,7 4,0 8,9 0,0 76,7 100,0 14,4 110 Nord-Ouest 1,6 4,1 0,3 3,6 12,4 0,0 77,9 100,0 9,7 125 Nippes 3,1 5,8 2,3 12,2 13,3 0,0 63,3 100,0 23,4 76 Niveau d’instruction de la mère Aucun 0,5 3,3 2,1 3,1 8,9 0,1 82,0 100,0 9,0 500 Primaire 1,7 6,0 3,1 5,0 9,4 0,1 74,7 100,0 15,8 1 233 Secondaire ou plus 4,6 8,9 5,2 9,2 14,5 0,4 57,1 100,0 27,9 1 048 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 1,2 2,3 2,2 3,5 7,4 0,1 83,3 100,0 9,2 628 Second 1,9 4,1 1,3 5,3 8,7 0,0 78,8 100,0 12,5 593 Moyen 2,0 7,3 4,9 5,1 12,7 0,4 67,6 100,0 19,3 620 Quatrième 1,7 7,4 4,1 6,8 13,9 0,2 65,9 100,0 20,1 557 Le plus élevé 8,0 15,1 7,3 13,5 15,3 0,6 40,3 100,0 43,9 385 Ensemble 2,6 6,6 3,7 6,3 11,2 0,2 69,4 100,0 19,1 2 782 1 Y compris les nouveau-nés qui ont eu une visite postnatale après une semaine. 138 • Santé de la reproduction La répartition des nouveau-nés selon le type de prestataire qui a dispensé les soins postnatals dans les deux premiers jours est présentée au tableau 9.10. Dans 19 % des cas, les nouveau-nés ont bénéficié de soins postnatals dans les deux premiers jours suivant la naissance dispensés par des médecins, infirmières ou infirmières sages-femmes. On relève les mêmes variations que celles déjà constatées précédemment pour le moment des soins postnatals à la mère. Tableau 9.10 Type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né Répartition (en %) des dernières naissances survenues au cours des deux années ayant précédé l’enquête par type de prestataire qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né dans les deux premiers jours après la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals au nouveau-né Pas de soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance Total Effectif de naissances Médecin/ Infirmière/ Infirmière sage-femme Auxiliaire/ Agent de santé communautaire/ Matrone avec boite Âge de la mère à la naissance <20 20,1 0,0 79,9 100,0 420 20-34 18,8 0,3 80,9 100,0 1 903 35-49 18,1 0,5 81,5 100,0 460 Rang de naissance 1 26,5 0,0 73,5 100,0 950 2-3 17,9 0,2 81,9 100,0 1 020 4-5 12,5 0,5 87,1 100,0 452 6+ 9,7 0,9 89,4 100,0 361 Lieu d’accouchement Établissement de santé 37,7 0,3 62,0 100,0 1 090 Ailleurs 6,7 0,2 93,0 100,0 1 692 Milieu de résidence Urbain 28,9 0,1 71,0 100,0 991 Rural 13,3 0,3 86,3 100,0 1 791 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 32,0 0,2 67,8 100,0 511 Autres villes (sans camps) 24,1 0,0 75,9 100,0 384 Urbain (sans camps) 28,6 0,1 71,3 100,0 895 Rural (sans camps) 13,3 0,3 86,4 100,0 1 764 Camps 28,3 0,0 71,7 100,0 123 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 32,0 0,2 67,8 100,0 511 Reste-Ouest 15,6 0,3 84,1 100,0 472 Sud-Est 11,6 0,0 88,4 100,0 140 Nord 17,0 1,0 82,1 100,0 284 Nord-Est 15,8 0,5 83,7 100,0 112 Artibonite 11,9 0,0 88,1 100,0 408 Centre 15,2 0,4 84,3 100,0 208 Sud 21,3 0,0 78,7 100,0 213 Grande-Anse 14,4 0,0 85,6 100,0 110 Nord-Ouest 9,7 0,0 90,3 100,0 125 Nippes 22,4 1,0 76,6 100,0 76 Niveau d’instruction de la mère Aucun 8,8 0,2 91,0 100,0 500 Primaire 15,3 0,5 84,2 100,0 1 233 Secondaire ou plus 27,8 0,1 72,1 100,0 1 048 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 8,5 0,6 90,8 100,0 628 Second 12,4 0,1 87,5 100,0 593 Moyen 19,3 0,0 80,7 100,0 620 Quatrième 19,6 0,5 79,9 100,0 557 Le plus élevé 43,9 0,0 56,1 100,0 385 Ensemble 18,9 0,3 80,9 100,0 2 782 Santé de la reproduction • 139 9.2 ACCÈS AUX SOINS DE SANTÉ Au cours de l’EMMUS-V, on a demandé aux femmes si certains problèmes1 pouvaient constituer un obstacle pour qu’elles se fassent soigner ou pour qu’elles reçoivent un avis médical. Les résultats figurent au tableau 9.11. Globalement, un peu plus de huit femmes sur dix (82 %) ont déclaré qu’au moins un des quatre problèmes cités pouvait constituer un obstacle important pour recevoir un traitement ou un avis médical. Un peu plus des trois quarts des femmes (76 %) ont cité la disponibilité d’argent pour le traitement, 43 % la distance pour atteindre un service de santé, 21 % la crainte de devoir se rendre seule au service de santé et 9 % la permission d’aller se faire soigner. Les proportions des femmes qui ont déclaré, au moins, un de ces problèmes d’accès aux soins de santé sont plus élevées parmi celles ayant cinq enfants ou plus (93 %), celles qui sont en rupture d’union (87 %), celles qui vivent en milieu rural (89 %), celles n’ayant aucun niveau d’instruction (92 %) et parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas (94 %). Tableau 9.11 Problèmes d’accès aux soins de santé Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui ont déclaré qu’elles rencontrent des problèmes importants d’accès aux soins de santé pour elles-mêmes quand elles sont malades par type de problèmes rencontrés, selon certaines caractéristiques sociodémographiques EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Problèmes d’accès aux soins de santé Avoir la permission d’aller se faire soigner Avoir l’argent pour le traitement Distance au service de santé Ne pas vouloir y aller seule Au moins un des problèmes rencontrés pour l’accès aux soins de santé Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 18,5 73,4 45,2 32,6 81,3 3 352 20-34 6,5 75,9 41,6 18,1 80,7 7 079 35-49 4,8 79,7 44,1 15,3 83,2 3 856 Nombre d’enfants vivants 0 13,6 71,3 40,8 25,8 78,6 5 861 1-2 5,8 75,6 40,3 17,1 79,8 4 524 3-4 5,1 82,1 44,2 16,4 84,9 2 326 5+ 5,3 89,0 58,1 18,8 92,5 1 576 État matrimonial Célibataire 13,8 73,0 42,3 27,0 80,0 5 277 En union 6,1 77,4 44,1 17,2 81,6 7 808 En rupture d’union 5,0 84,6 40,5 16,1 87,2 1 202 Emploi au cours des 12 derniers mois N’a pas travaillé 11,7 76,2 41,5 23,5 81,5 6 896 A travaillé pour de l’argent 6,0 76,3 44,2 17,9 81,4 7 208 A travaillé sans contrepartie financière 13,2 84,1 61,8 31,1 88,3 179 Milieu de résidence Urbain 8,6 68,2 24,9 15,9 73,7 6 786 Rural 9,0 83,7 59,6 25,1 88,6 7 501 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 10,0 64,4 20,1 15,6 70,5 3 682 Autres villes (sans camps) 6,5 71,8 31,5 16,6 76,8 2 662 Urbain (sans camps) 8,5 67,5 24,9 16,0 73,2 6 344 Rural (sans camps) 9,0 83,7 59,7 25,3 88,6 7 402 Camps 9,4 79,0 29,3 13,8 81,9 541 À suivre… 1 Voir la liste dans le tableau 9.11 140 • Santé de la reproduction Tableau 9.11—Suite Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui ont déclaré qu’elles rencontrent des problèmes importants d’accès aux soins de santé pour elles-mêmes quand elles sont malades par type de problèmes rencontrés, selon certaines caractéristiques sociodémographiques EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Problèmes d’accès aux soins de santé Avoir la permission d’aller se faire soigner Avoir l’argent pour le traitement Distance au service de santé Ne pas vouloir y aller seule Au moins un des problèmes rencontrés pour l’accès aux soins de santé Effectif de femmes Département (sans camps) Aire Métropolitaine 10,0 64,4 20,1 15,6 70,5 3 682 Reste-Ouest 6,6 79,9 56,1 25,2 85,8 2 077 Sud-Est 9,6 80,1 53,7 24,7 84,6 608 Nord 9,6 79,1 44,2 19,4 84,5 1 443 Nord-Est 7,3 83,9 49,7 18,3 88,0 515 Artibonite 7,5 81,1 49,0 22,2 85,0 2 040 Centre 7,3 83,5 59,8 23,8 88,1 835 Sud 10,9 78,3 52,4 25,2 83,0 976 Grande-Anse 12,9 83,6 55,2 25,3 88,3 462 Nord-Ouest 6,2 80,7 53,8 20,6 85,7 671 Nippes 11,2 79,7 56,8 26,1 85,5 438 Niveau d’instruction Aucun 6,3 89,1 60,5 20,7 92,1 2 115 Primaire 11,2 83,2 48,7 24,6 87,5 5 182 Secondaire ou plus 7,8 67,4 33,7 17,9 73,9 6 989 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 11,1 89,7 74,0 31,7 93,9 2 175 Second 9,7 85,9 61,3 26,1 90,5 2 311 Moyen 8,5 82,8 43,7 19,8 87,4 2 809 Quatrième 8,5 77,3 30,6 16,6 81,5 3 260 Le plus élevé 7,5 57,0 24,3 15,4 64,3 3 732 Ensemble1 8,8 76,4 43,1 20,7 81,5 14 287 1 L’ensemble comprend 4 femmes dont l’information sur l’emploi au cours des 12 derniers mois est manquante. Santé de l’enfant • 141 SANTÉ DE L’ENFANT 10 ‘état de santé des enfants d’un pays reflète son niveau de développement. L’évaluation de l’état de santé des enfants en Haïti était un des objectifs de l’EMMUS-V. Des données ont été collectées au cours de cette cinquième enquête démographique et de santé sur la taille et le poids des enfants à la naissance, leur statut vaccinal, les maladies les plus courantes qui les frappent, particulièrement les maladies respiratoires, la fièvre et la diarrhée, ainsi que la prise en charge de ces maladies. 10.1 POIDS À LA NAISSANCE La survie d’un enfant dépend beaucoup de son poids à la naissance. En effet, un enfant de faible poids à la naissance, c’est-à-dire de moins de 2,5 kilogrammes, est un indicateur important de la santé du nourrisson en raison de la relation qui existe entre le poids de naissance d’une part, et la mortalité et la morbidité infantiles d’autre part. Les nourrissons de faible poids ont plus de risque de décéder ou d’être en mauvaise santé. Ils nécessitent souvent une longue période d’hospitalisation après la naissance et sont plus susceptibles de développer des incapacités importantes (UNICEF et OMS, 2004). Au cours de l’EMMUS-V, on a enregistré dans le questionnaire, soit à partir du carnet de santé, quand il était disponible, soit à partir de la déclaration de la mère, le poids à la naissance de tous les enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. Étant donné qu’il peut être difficile de connaître le poids à la naissance pour tous les enfants, on a demandé aussi aux mères de fournir une estimation de la grosseur de leur enfant à la naissance. Bien que subjective, cette estimation peut être considérée comme une mesure indirecte du poids de l’enfant. Le tableau 10.1 présente les résultats concernant le poids et la grosseur de l’enfant à la naissance selon certaines caractéristiques sociodémographiques. L Principaux résultats • Parmi les naissances vivantes ayant eu lieu au cours des deux dernières années ayant précédé l’enquête, 19 % étaient de faible poids à la naissance. • Au cours des deux semaines précédant l’enquête, 14 % d’enfants de moins de 5 ans ont souffert d’IRA, 27 % de la fièvre et 21 % de la diarrhée. Des conseils ou un traitement ont été recherchés auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé pour 38 % des enfants ayant des symptômes d’IRA, 40 % pour les cas de fièvre et 34 % pour la diarrhée. • Parmi les enfants de moins de 5 ans qui ont eu la diarrhée au cours des 2 semaines ayant précédé l’enquête, 57 % ont continué à être alimentés normalement et ont reçu davantage de liquides et/ou ont bénéficié d’une TRO. • Parmi les enfants ayant présenté des symptômes d’IRA, 46 % ont été traités avec des antibiotiques 142 • Santé de l’enfant Tableau 10.1 Taille et poids de l’enfant à la naissance Pourcentage de naissances vivantes ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et dont le poids à la naissance a été déclaré ; parmi ces naissances, répartition (en %) par poids à la naissance ; et répartition (en %) de toutes les naissances vivantes ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par grosseur de l’enfant à la naissance estimée par la mère, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Pour- centage de toutes les naissances dont le poids à la naissance a été déclaré1 Répartition (%) des naissances dont le poids à la naissance a été déclaré1 Total Effectif de naissances Répartition (en %) de toutes les naissances vivantes par grosseur de l’enfant à la naissance Total Effectif de naissances Moins de 2,5 kg 2,5 kg ou plus Très petit Plus petit que la moyenne Moyen ou plus gros que la moyenne Ne sait pas/ manquant Âge de la mère à la naissance <20 21,1 24,2 75,8 100,0 218 20,4 16,0 63,2 0,3 100,0 1 033 20-34 25,6 17,8 82,2 100,0 1 205 17,9 13,4 68,4 0,4 100,0 4 708 35-49 19,9 20,7 79,3 100,0 229 19,1 14,1 66,6 0,2 100,0 1 152 Rang de naissance 1 32,2 20,2 79,8 100,0 736 20,1 13,4 66,0 0,5 100,0 2 285 2-3 24,3 17,9 82,1 100,0 604 17,3 14,5 68,0 0,3 100,0 2 485 4-5 17,8 15,7 84,3 100,0 203 17,4 11,9 70,6 0,1 100,0 1 139 6+ 11,1 24,5 75,5 100,0 109 18,9 15,9 64,9 0,3 100,0 985 Milieu de résidence Urbain 41,8 17,8 82,2 100,0 1 052 17,1 11,9 70,6 0,4 100,0 2 518 Rural 13,7 21,4 78,6 100,0 600 19,3 15,0 65,4 0,3 100,0 4 375 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 47,9 17,9 82,1 100,0 620 17,5 13,4 68,8 0,3 100,0 1 294 Autres villes (sans camps) 33,6 15,3 84,7 100,0 331 16,2 9,3 74,4 0,1 100,0 987 Urbain (sans camps) 41,7 17,0 83,0 100,0 952 16,9 11,6 71,2 0,2 100,0 2 280 Rural (sans camps) 13,3 22,0 78,0 100,0 575 19,3 15,2 65,2 0,3 100,0 4 312 Camps 41,6 21,6 78,4 100,0 125 18,7 13,0 66,9 1,4 100,0 301 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 47,9 17,9 82,1 100,0 620 17,5 13,4 68,8 0,3 100,0 1 294 Reste-Ouest 13,5 27,9 72,1 100,0 158 23,0 15,5 61,3 0,2 100,0 1 172 Sud-Est 12,9 26,5 73,5 100,0 42 23,0 17,8 58,8 0,4 100,0 325 Nord 19,0 18,1 81,9 100,0 128 14,2 10,7 74,8 0,3 100,0 676 Nord-Est 22,4 19,2 80,8 100,0 61 18,4 13,5 68,1 0,0 100,0 272 Artibonite 15,5 14,7 85,3 100,0 157 19,1 12,7 67,9 0,4 100,0 1 011 Centre 13,0 22,2 77,8 100,0 71 21,0 15,5 63,3 0,1 100,0 550 Sud 28,1 17,0 83,0 100,0 147 16,0 14,9 69,0 0,1 100,0 523 Grande-Anse 26,0 14,8 85,2 100,0 66 11,2 12,9 75,4 0,5 100,0 255 Nord-Ouest 10,4 11,8 88,2 100,0 33 16,8 12,9 70,0 0,2 100,0 318 Nippes 21,6 22,0 78,0 100,0 42 13,4 15,9 69,9 0,7 100,0 196 Niveau d’instruction de la mère Aucun 10,9 25,4 74,6 100,0 157 22,4 15,3 61,9 0,4 100,0 1 436 Primaire 17,6 21,4 78,6 100,0 525 17,2 16,0 66,4 0,4 100,0 2 985 Secondaire ou plus 39,3 16,8 83,2 100,0 970 17,7 10,6 71,5 0,2 100,0 2 472 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 7,2 19,1 80,9 100,0 112 18,8 15,9 65,1 0,2 100,0 1 559 Second 10,6 21,7 78,3 100,0 150 20,3 16,2 63,5 0,0 100,0 1 418 Moyen 24,4 22,6 77,4 100,0 360 18,3 14,7 66,5 0,6 100,0 1 477 Quatrième 35,7 17,7 82,3 100,0 514 18,8 12,2 68,5 0,5 100,0 1 439 Le plus élevé 51,6 17,2 82,8 100,0 517 15,3 8,7 75,7 0,3 100,0 1 001 Ensemble 24,0 19,1 80,9 100,0 1 652 18,5 13,9 67,3 0,3 100,0 6 893 1 Basé sur, soit un enregistrement écrit, soit la déclaration de la mère. D’après les carnets de santé ou les déclarations de la mère, le poids à la naissance des enfants est connu dans 24 % des cas. La proportion de naissances dont le poids a été déclaré à la naissance varie de manière importante selon les caractéristiques sociodémographiques. Les proportions les plus élevées sont enregistrées parmi les naissances de rang 1 (32 %), parmi celles dont la mère vit en milieu urbain (42 %) et particulièrement dans l’Aire Métropolitaine (48 %), parmi celles dont la mère a, au moins, un niveau secondaire (39 %), ainsi que parmi celles des ménages du quintile de bien-être économique le plus élevé Santé de l’enfant • 143 (52 %). À l’opposé, un poids a été déclaré pour seulement 11 % des naissances de rang six ou supérieur, pour 14 % de celles du milieu rural, 11 % de celles dont la mère est sans instruction et 7 % des naissances des ménages du quintile de bien-être économique le plus bas. La proportion de naissances dont le poids a été déclaré à la naissance varie sensiblement selon les départements, allant d’un maximum de 28 % dans le Sud à un minimum de 10 % dans le Nord-Ouest. Il est important de tenir compte de ces variations qui peuvent introduire un biais quand on compare la distribution des enfants selon leur poids déclaré à la naissance. Parmi les naissances dont le poids à la naissance a été déclaré, 19 % étaient de faible poids à la naissance (moins de 2,5 kilogrammes). Cette proportion varie selon les différentes caractéristiques sociodémographiques retenues. En particulier, on constate que parmi ceux dont la mère avait moins de 20 ans à la naissance, près d’un quart présentait une insuffisance pondérale à la naissance (24 %). Parmi ceux de rangs élevés (6 ou plus), cette proportion est de 25 %. Dans les départements, cette proportion de naissances de faible poids varie de 12 % dans le Nord-Ouest à 27 % dans le Sud-Est et 28 % dans le Reste-Ouest. Les résultats montrent aussi que la proportion d’enfants de faible poids à la naissance varie en fonction du niveau d’instruction de la mère, celle-ci diminuant avec l’augmentation du niveau d’instruction de 25 % quand la mère n’a aucune instruction à 17 % quand elle a un niveau secondaire ou plus. Cependant, ces variations sont à interpréter avec prudence dans la mesure où parmi les naissances de femmes sans instruction, on ne dispose du poids à la naissance que dans seulement 11 % des cas contre 39 % pour celles dont la mère a un niveau secondaire ou plus. Il en est de même pour l’interprétation des variations selon le niveau de bien-être du ménage. La proportion d’enfants présentant une insuffisance pondérale à la naissance n’est pas très différente dans les ménages du quintile le plus bas et dans ceux du quintile le plus élevé (respectivement 19 % contre 17 %). Cependant, dans le quintile le plus bas, on ne dispose du poids à la naissance des enfants que dans seulement 7 % des cas contre 52 % pour les naissances des ménages du quintile le plus élevé. Pour évaluer la grosseur de l’enfant à la naissance, on a posé à la mère la question suivante : « Quand votre enfant est né, était-il très gros, plus gros que la moyenne, moyen, plus petit que la moyenne ou très petit ?». À cette question, très subjective, les mères ont répondu dans 67 % des cas que l’enfant avait une grosseur moyenne ou était plus gros que la moyenne ; dans 14 % des cas, elles ont déclaré qu’il était plus petit que la moyenne et enfin, dans 19 % des cas, qu’il était très petit. On constate une variation sensible de cette proportion d’enfants très petits selon certaines caractéristiques sociodémographiques. C’est ainsi qu’elle varie de 11 % dans le département de la Grande-Anse à 23 % dans le Reste-Ouest et le Sud-Est et à 21 % dans le Centre. Par ailleurs, cette proportion est plus élevée chez les femmes sans niveau d’instruction (22 %) que chez celles ayant le niveau primaire (17 %) et celles ayant le niveau secondaire ou plus (18 %). 10.2 VACCINATION DES ENFANTS Dans le cadre du Programme Élargi de Vaccination (PEV) mis en œuvre par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) et conformément aux recommandations de l’OMS, un enfant est considéré comme étant complètement vacciné s’il a reçu le BCG contre la tuberculose et la dose de polio 0 à la naissance, les trois doses de DiTePer contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche, les trois doses du vaccin contre la polio et le vaccin contre la rougeole. Selon le calendrier vaccinal établi par le PEV, toutes ces vaccinations doivent avoir été administrées à l’enfant au cours de sa première année. Il est bon de rappeler que l’EMMUS-V s’est déroulée avant et au début des « Activités intensives de vaccination » entreprises par le MSPP au cours des mois d’Avril à Juin 2012 et de ce fait la couverture vaccinale trouvée dans l’EMMUS-V ne correspond pas à la couverture vaccinale actuelle, au moment de la préparation de ce rapport, ni à la couverture administrative selon les rapports de la Direction du PEV. La couverture présentée ici se rapproche plutôt du niveau de performance des acticités routinières de vaccination. 144 • Santé de l’enfant Le tableau 10.2 présente le pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins, à n’importe quel moment avant l’enquête, selon les sources d’information (le carnet de vaccination ou déclaration de la mère) et le pourcentage ayant été vacciné avant l’âge de 12 mois. Dans 73 % des cas, la couverture vaccinale a été mesurée à partir des cartes ou carnets de vaccination et, dans 27 % des cas, quand le carnet de vaccination n’était pas disponible, la couverture vaccinale a été établie à partir des déclarations de la mère. Tableau 10.2 Vaccinations par sources d’information Pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins, à n’importe quel moment avant l’enquête selon la source d’information (carnet de vaccination ou déclaration de la mère) et pourcentage ayant été vaccinés avant l’âge de 12 mois, EMMUS-V Haïti 2012 Source d’information BCG DiTePer Polio Rougeole2 Tous les vaccins3 Rougeole/ Rubéole Aucun vaccin Effectif d’enfants1 2 3 01 1 2 3 Vacciné à n’importe quel moment avant l’enquête Carnet de vaccination 64,6 70,1 63,7 54,1 23,2 71,9 63,3 53,2 51,2 41,2 23,0 0,0 943 Déclaration de la mère 18,1 17,8 14,4 8,4 7,7 18,7 13,7 5,4 13,9 4,0 13,0 6,9 345 Les deux sources 82,7 87,9 78,1 62,5 30,9 90,6 77,0 58,6 65,1 45,2 36,0 6,9 1 288 Vacciné avant l’âge de 12 mois4 80,6 83,4 73,7 54,9 30,9 83,8 71,9 51,3 38,0 28,4 15,2 13,7 1 288 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 Y compris les enfants qui ont reçu le vaccin contre la rougeole et la rubéole. 3 BCG, rougeole, les trois doses de DiTePer et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance). 4 Pour les enfants dont l’information est basée sur la déclaration de la mère, on suppose que la proportion de vaccins effectués au cours de la première année est la même que celle des enfants dont l’information provient d’un carnet de vaccination. Les résultats montrent que d’après les informations provenant du carnet de vaccination, 41 % des enfants de 12-23 mois ont été complètement vaccinés. Quand on ajoute les renseignements fournis par la mère (4 % complètement vaccinés), ce pourcentage passe à 45 %. À l’opposé, 7 % des enfants de 12-23 mois n’ont reçu aucun vaccin. Le reste des enfants (48 %) ont donc été partiellement vaccinés. Par ailleurs, les données indiquent qu’un peu plus d’un quart d’enfants de 12-23 ans (28 %) avaient reçu tous les vaccins avant l’âge de 12 mois, respectant ainsi le calendrier vaccinal du PEV. Dans l’ensemble, 14 % des enfants de ce groupe n’avaient reçu aucun vaccin avant l’âge de 12 mois. Selon les données de l’EMMUS précédente, 33 % avaient été complètement vaccinés avant leur première année et 13 % n’avaient reçu aucun vaccin pendant cette période. D’après le carnet de vaccination, on constate que 65 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG et 18 % si l’on se base sur les déclarations de la mère. Par conséquent, 83 % des enfants ont reçu le BCG (donné en principe à la naissance) et 81 % avaient reçu cette vaccination avant l’âge de 12 mois. La proportion d’enfants ayant reçu la première dose de DiTePer est également très importante (88 %), ce qui dénote une bonne accessibilité1 aux services de vaccination. Toutefois, la déperdition entre les doses n’est pas négligeable : de 88 % pour la première dose, la proportion d’enfants ayant reçu la deuxième dose passe à 78 % et à seulement 63 % pour la troisième dose. Le taux de déperdition2 pour ce vaccin est donc de 11 % entre la première et la deuxième dose ; de 20 % entre la deuxième et la troisième et de 29 % entre la première et la troisième dose. La couverture vaccinale contre la poliomyélite varie également selon la dose : 91 % des enfants de 12-23 mois ont reçu la première dose de polio mais cette proportion diminue ensuite avec les doses et moins de six enfants sur dix ont reçu les trois doses de polio (59 %). Le taux de déperdition entre la première et la troisième dose de polio est donc de 35 %. 1 La proportion d’enfants ayant reçu la première dose (pour le DiTePer, par exemple) peut être considérée comme une mesure d’accessibilité aux services de vaccination. Elle traduit l’effort de la mère pour amener l’enfant aux services de vaccination, six semaines après sa naissance. 2 Le taux de déperdition est la proportion d’enfants qui, ayant reçu une dose de vaccin, ne reçoivent pas la suivante. Santé de l’enfant • 145 Le tableau 10.3 présente la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère et de l’enfant. En ce qui concerne la vaccination complète, on ne relève pratiquement pas d’écart entre les filles et les garçons (46 % contre 44 %). Par contre, la couverture vaccinale diminue avec le rang de naissance : de 50 % pour le rang 1, elle passe à 36 % pour les rangs 6 ou plus. Les variations selon le milieu de résidence sont importantes et mettent en évidence la faiblesse de la Tableau 10.3 Vaccinations selon certaines caractéristiques sociodémographiques Pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins à n’importe quel moment avant l’enquête (selon le carnet de vaccination ou la déclaration de la mère) et pourcentage pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique BCG DiTePer Polio Rou- geole2 Tous les vaccins3 Rou- geole/ Rubéole Aucun vaccin Pour- centage avec un carnet de vacci- nation présenté à l’enquê- trice Effectif d’enfants1 2 3 01 1 2 3 Sexe Masculin 82,6 88,3 78,1 64,9 31,5 90,6 78,1 60,0 66,9 46,4 37,1 6,5 74,3 645 Féminin 82,9 87,5 78,2 60,2 30,3 90,6 75,9 57,2 63,4 44,0 35,0 7,4 72,0 643 Rang de naissance 1 87,4 91,3 83,8 69,4 36,2 92,9 83,1 64,3 71,3 49,8 38,5 4,8 75,4 451 2-3 83,6 88,3 78,2 63,6 31,4 92,6 77,5 61,0 67,1 49,2 36,0 5,5 72,6 433 4-5 77,1 84,8 73,4 53,2 26,1 86,2 69,4 48,8 54,8 35,6 31,7 10,2 72,5 216 6+ 75,9 82,3 69,9 54,4 22,5 85,6 69,8 50,7 57,7 36,2 35,0 11,7 69,9 187 Milieu de résidence Urbain 87,6 88,9 81,2 64,9 41,4 91,3 80,2 60,9 65,2 44,5 40,0 6,7 69,6 470 Rural 79,9 87,3 76,4 61,2 24,9 90,2 75,1 57,3 65,1 45,6 33,7 7,1 75,2 818 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 85,5 85,2 76,7 59,2 43,9 87,2 77,8 55,3 56,4 34,1 37,1 9,7 59,9 233 Autres villes (sans camps) 91,2 94,6 87,6 72,7 37,3 97,3 84,5 68,8 75,1 56,0 44,3 2,1 82,2 196 Urbain (sans camps) 88,1 89,5 81,7 65,4 40,9 91,8 80,9 61,5 64,9 44,1 40,4 6,2 70,1 430 Rural (sans camps) 79,8 87,3 76,3 61,0 24,7 90,3 75,1 57,2 65,2 45,6 33,8 7,0 75,5 804 Camps 83,2 83,8 77,3 62,6 43,1 85,3 74,9 56,4 66,1 47,8 33,9 12,1 63,0 55 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 85,5 85,2 76,7 59,2 43,9 87,2 77,8 55,3 56,4 34,1 37,1 9,7 59,9 233 Reste-Ouest 76,8 86,0 77,5 58,4 23,1 87,8 72,0 50,2 54,0 37,9 15,6 10,5 75,8 220 Sud-Est 74,5 88,8 71,0 51,3 18,5 90,4 71,0 49,7 51,3 34,2 17,7 7,4 72,0 74 Nord 93,0 92,9 86,6 72,2 45,4 95,5 82,5 69,4 81,4 60,3 56,2 2,5 80,6 142 Nord-Est 90,5 93,6 84,9 68,1 23,4 92,7 84,6 62,0 84,9 55,6 64,7 3,9 77,3 51 Artibonite 73,5 87,6 73,4 59,6 23,6 91,6 73,9 57,6 65,9 44,1 46,3 6,3 74,6 172 Centre 81,8 83,6 77,7 68,0 19,3 92,6 78,8 67,5 77,3 58,7 53,8 6,7 81,9 104 Sud 86,1 92,3 84,9 72,1 32,3 92,4 82,4 66,3 64,5 51,4 19,5 5,0 72,8 96 Grande-Anse 82,8 90,8 73,2 59,9 22,3 90,5 71,4 56,3 63,5 45,0 17,7 5,1 77,7 50 Nord-Ouest 89,1 82,5 69,1 48,1 27,7 91,4 76,2 51,9 72,4 40,1 50,3 1,2 78,2 56 Nippes 93,4 99,4 91,6 86,1 36,4 99,4 90,2 79,1 79,8 65,1 21,3 0,6 81,0 35 Niveau d’instruc- tion de la mère Aucun 68,8 76,7 65,4 47,0 20,0 82,1 65,4 45,8 51,0 33,1 30,4 15,4 62,1 252 Primaire 83,8 89,9 78,4 61,4 27,8 92,1 76,9 58,5 67,1 45,6 38,1 4,7 75,4 556 Secondaire ou plus 88,7 91,4 84,5 72,0 40,2 93,3 83,2 65,5 70,3 51,2 36,6 5,1 76,4 480 Quintiles de bien- être économique Le plus bas 74,2 81,2 69,4 54,7 19,0 83,7 68,8 51,0 65,0 42,9 36,1 12,2 68,2 284 Second 80,7 88,3 76,1 62,7 25,6 92,2 77,8 62,2 64,2 46,1 33,1 5,5 77,2 268 Moyen 83,5 88,9 78,8 66,9 30,1 93,0 75,9 61,0 69,2 51,6 36,5 5,3 79,1 308 Quatrième 88,0 90,0 81,5 62,5 37,1 92,1 82,0 57,5 62,9 41,9 38,6 5,8 71,3 272 Le plus élevé 90,9 93,7 90,2 67,9 52,4 93,2 83,9 63,4 62,8 41,3 35,5 5,1 66,9 157 Ensemble 82,7 87,9 78,1 62,5 30,9 90,6 77,0 58,6 65,1 45,2 36,0 6,9 73,2 1 288 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 Y compris les enfants qui ont reçu le vaccin contre la rougeole et la Rubéole. 3 BCG, rougeole, les trois doses de DiTePer et les trois doses de polio (non compris la dose de polio donnée à la naissance). 146 • Santé de l’enfant couverture vaccinale dans l’Aire Métropolitaine (34 %) par rapport au milieu rural (46 %) et aux autres villes (56 %). Il faut noter cependant que la proportion de carnets de vaccination présentés à l’enquêtrice était également moins élevée dans l’Aire Métropolitaine (60 %) que dans d’autres villes (82 %) et en milieu rural (76 %). Il est donc possible que l’estimation de la couverture soit biaisée puisque une grande partie des données utilisées dans cette estimation proviennent des déclarations de la femme qui dépendent fortement de la mémoire de ces femmes. La couverture vaccinale varie également selon le département, allant de 34 % dans le Sud-Est à 65 % dans les Nippes. Il apparaît clairement que le niveau de couverture vaccinale des enfants est influencé par le niveau d’instruction de leur mère: les proportions d’enfants complètement vaccinés augmentent avec le niveau d’instruction de la mère, passant de 33 % parmi ceux dont la mère est sans instruction à 46 % parmi ceux dont la mère a un niveau primaire et à 51 % quand la mère a un niveau, au moins égal au secondaire. Les données collectées sur la vaccination des enfants de moins de cinq ans permettent d’évaluer rétrospectivement les tendances de la couverture vaccinale avant l’âge de 12 mois pour les quatre années ayant précédé l’enquête, concernant les enfants âgés actuellement de 12-23 mois, 24-35 mois, 36-47 mois et 48-59 mois. Le tableau 10.4 présente les taux de couverture vaccinale d’après le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère pour les enfants de ces groupes d’âges. Il présente aussi les pourcentages d’enfants pour lesquels un carnet de vaccination a été montré à l’enquêtrice. Tableau 10.4 Vaccinations au cours de la première année Pourcentage d’enfants âgés de 12-59 mois au moment de l’enquête qui ont reçu certains vaccins avant l’âge de 12 mois et pourcentage de ceux pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice, selon l’âge actuel de l’enfant, EMMUS-V Haïti 2012 Âge en mois BCG DiTePer Polio 0 Rou- geole2 Tous les vaccins3 Rougeole/ Rubéole Aucun vaccin Pour- centage avec un carnet de vacci- nation présenté à l’enquê- trice Effectif d’enfants1 2 3 01 1 2 3 TABLEAU FINAL 12-23 80,6 83,4 73,7 54,9 30,9 83,8 71,9 51,3 38,0 28,4 15,2 13,7 73,2 1 288 24-35 83,9 82,3 72,9 53,4 30,0 82,2 71,3 51,1 31,6 23,1 10,8 13,0 66,1 1 326 36-47 79,5 79,3 68,7 51,5 31,5 77,6 67,3 46,1 18,0 13,7 6,5 18,5 61,3 1 132 48-59 77,8 77,1 65,7 48,9 31,3 77,3 65,4 43,4 14,7 8,8 4,4 20,2 59,0 1 205 Ensemble 80,7 80,9 70,8 52,6 30,9 80,6 69,5 48,3 27,1 19,5 10,2 16,0 65,1 4 951 Note: L’information provient du carnet de vaccination ou, s’il n’y a pas d’enregistrement écrit, elle provient de la déclaration de la mère. Pour les enfants dont l’information est basée sur la déclaration de la mère, on suppose que la proportion de vaccinations reçues durant la première année est la même que celle observée pour les enfants pour lesquels on dispose d’un carnet de vaccination. 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 Y compris les enfants qui ont reçu le vaccin contre la rougeole et la rubéole. 3 BCG, rougeole, les trois doses de DiTePer et les trois doses de polio, non compris la dose de polio donnée à la naissance. Dans l’ensemble, 65 % des enfants de 12-59 mois avaient un carnet qui a été montré à l’enquêtrice. Cette proportion diminue avec l’âge de l’enfant, passant de 73 % parmi ceux de 12-23 mois à 59 % pour ceux de 48-59 mois. Cette variation semblerait indiquer une amélioration de la couverture vaccinale des enfants (les enfants ont de plus en plus fréquemment de carnet), mais ceci pourrait aussi simplement résulter du fait que plus les enfants sont âgés, moins les carnets de vaccinations sont disponibles (ils ont été perdus). Pour les enfants dont l’information est basée sur la déclaration de la mère, on suppose que le calendrier vaccinal, et donc la proportion de vaccinations reçues durant la première année, est le même que celui enregistré pour les enfants pour lesquels on dispose d’un carnet de vaccination. Santé de l’enfant • 147 Pour l’ensemble des enfants de 12-59 mois, on constate que 81 % ont reçu le BCG avant l’âge de 12 mois, 53 % la troisième dose de DiTePer et 48 % la troisième dose de polio. En outre, 27 % ont été vaccinés contre la rougeole et 10 % ont reçu le vaccin combiné contre la rougeole et la rubéole. Globalement, 20 % ont été vaccinés contre toutes les maladies du PEV avant l’âge de 12 mois et, à l’opposé, 16 % n’ont reçu aucun vaccin. Comme les enfants les plus âgés ont moins fréquemment de carnet que les plus jeunes, les données sur la couverture vaccinale qui les concernent sont moins fiables que pour les plus jeunes car beaucoup plus fréquemment basées sur la mémoire de la mère. Il faut donc être très prudent dans l’interprétation des variations de la couverture vaccinale qui semblerait avoir augmenté au cours du temps, le taux de vaccination complète avant l’âge de 12 mois étant passé de 9 % pour les 48-59 mois à 28 % pour les enfants plus jeunes de 12-23 mois. La comparaison des résultats de l’EMMUS-V avec ceux de deux enquêtes précédentes met en évidence une nette amélioration de la couverture vaccinale. En effet, comme on peut le constater au graphique 9.1 qui présente les proportions d’enfants de 12-23 mois vaccinés, la proportion d’enfants ayant reçu tous les vaccins est passée de 34 % en 2000 à 41 % en 2005-2006 pour atteindre 45 % à l’enquête actuelle. Cette augmentation a concerné tous les vaccins recommandés. En outre, la proportion d’enfants n’ayant reçu aucun vaccin, a baissé de façon régulière entre 2000 et 2012, passant de 16 % en 2000 à 10 % en 2005-2006 puis à 7 % en 2012. Graphique 10.1 Couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois par type de vaccin selon l’EMMUS-III, EMMUS-IV et EMMUS-V 71 43 43 54 34 16 75 53 52 58 41 10 83 63 59 65 45 7 BCG DiTePer 3 Polio 3 Rougeole Tous les vaccins Aucun vaccin Pourcentage EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 148 • Santé de l’enfant 10.3 PRÉVALENCE ET TRAITEMENT DES MALADIES DES ENFANTS Au cours de l’EMMUS-V, des informations ont été collectées sur les trois principales maladies qui frappent le plus souvent les enfants de moins de cinq en Haïti, à savoir : les infections respiratoires, la fièvre et la diarrhée, en vue de déterminer leur prévalence et les actions préventives et curatives prises par les mères. 10.3.1 Infections respiratoires Les infections respiratoires représentent l’une des principales causes de mortalité infantile en Haïti. La toux accompagnée de difficultés respiratoires constituent les principaux symptômes d’une infection respiratoire que les mères peuvent facilement reconnaitre. Ces symptômes sont parfois accompagnés de fièvre et peuvent s’aggraver si des mesures ne sont pas prises à temps par les mères, particulièrement emmener l’enfant malade en consultation dans le point de prestation le plus proche de leur domicile. Pour évaluer la prévalence de ces infections chez les enfants, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient souffert de la toux pendant les deux semaines ayant précédé l’interview et, si oui, si elle avait été accompagnée d’une respiration courte et rapide d’origine pulmonaire (symptômes caractéristiques d’IRA). Pour les enfants qui avaient présenté des symptômes d’IRA au cours de cette période, on a cherché à savoir s’ils avaient été conduits en consultation ou si on avait recherché des conseils ou un traitement. Par ailleurs, précisons que les résultats sur la prévalence des IRA ne sont pas strictement comparables avec ceux des enquêtes précédentes car la prévalence des IRA varie avec la saison pendant laquelle s’est déroulée la collecte des données. Parmi les enfants de moins de cinq ans, on constate que 14 % ont souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide (Tableau 10.5). On ne constate pas de variations importantes de la prévalence des IRA selon les autres caractéristiques sociodémographiques, sauf pour les départements. Les résultats selon le département montrent que la prévalence varie d’un minimum de 10 % dans le département du Nord à un maximum de 19 % dans les Nippes. Pour seulement 38 % des enfants ayant présenté des symptômes d’infections respiratoires aiguës, des conseils ou un traitement ont été recherchés dans un établissement de santé ou auprès d’un prestataire de soins. Par ailleurs, on constate que la proportion d’enfants pour lesquels on a recherché un traitement varie de manière importante selon les catégories sociodémographiques. Les enfants de 6-11 mois et de 12-23 mois sont ceux pour lesquels on a recherché le plus fréquemment des conseils ou un traitement (respectivement 50 % et 45 %). Par contre c’est chez ceux de 24-35 mois et chez ceux de 48-59 mois que des conseils ou un traitement ont été les moins fréquemment recherchés (respectivement 31 % et 30 %). La proportion d’enfants malades pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement est plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (44 % contre 34 %). On constate, par ailleurs, que la recherche de conseils ou traitement est influencée par le niveau d’instruction de la mère, la proportion d’enfants traités variant d’un minimum de 23 % quand la mère n’a pas d’instruction à un maximum de 51 % quand elle a un niveau, au moins, secondaire. On note enfin que les enfants des ménages du quintile de bien-être économique le plus bas ont beaucoup moins fréquemment bénéficié de la recherche de conseils ou de traitement quand ils étaient malades que ceux des autres ménages (23 % contre 32 % ou plus). Santé de l’enfant • 149 Tableau 10.5 Prévalence et traitement des symptômes d’Infection Respiratoire Aiguë (IRA) Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont présenté des symptômes d’Infection Respiratoire Aiguë au cours des deux semaines ayant précédé l’interview; Parmi ces enfants, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé et pourcentage qui ont reçu des antibiotiques comme traitement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Parmi les enfants de moins de cinq ans : Parmi les enfants de moins de cinq ans avec des symptômes d’IRA : Pourcentage avec des symptômes d’IRA1 Effectif d’enfants Pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé2 Pourcentage ayant pris des antibiotiques Effectif d’enfants Âge en mois <6 12,9 703 40,8 31,6 91 6-11 13,3 757 50,0 45,4 101 12-23 15,0 1 288 44,8 54,1 193 24-35 16,5 1 326 31,4 42,7 218 36-47 14,6 1 132 37,0 54,3 165 48-59 13,0 1 205 30,1 38,5 157 Sexe Masculin 15,2 3 243 39,4 45,6 492 Féminin 13,6 3 167 36,2 45,7 432 Milieu de résidence Urbain 14,6 2 306 44,4 54,3 338 Rural 14,3 4 104 34,2 40,6 586 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 16,0 1 163 47,9 62,7 186 Autres villes (sans camps) 13,6 929 42,3 45,2 126 Urbain (sans camps) 14,9 2 092 45,7 55,6 312 Rural (sans camps) 14,2 4 045 34,0 40,8 575 Camps 13,7 273 34,2 36,8 37 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 16,0 1 163 47,9 62,7 186 Reste-Ouest 15,0 1 095 41,4 49,7 164 Sud-Est 16,5 307 26,6 34,7 51 Nord 10,2 638 35,6 45,6 65 Nord-Est 13,0 254 22,6 32,1 33 Artibonite 11,9 948 32,8 45,1 113 Centre 17,3 518 37,9 41,5 90 Sud 14,7 491 34,9 34,7 72 Grande-Anse 17,2 237 31,8 39,0 41 Nord-Ouest 12,0 305 40,9 31,6 37 Nippes 19,4 182 34,9 31,2 35 Niveau d’instruction de la mère Aucun 12,9 1 321 23,4 31,4 171 Primaire 14,2 2 786 32,4 38,0 395 Secondaire ou plus 15,5 2 302 51,0 60,8 358 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 13,6 1 447 22,9 24,8 197 Second 13,6 1 336 31,8 35,1 182 Moyen 16,1 1 359 36,0 45,1 219 Quatrième 15,2 1 318 52,1 61,9 200 Le plus élevé 13,2 951 51,2 68,5 125 Ensemble 14,4 6 410 37,9 45,6 924 1 Les symptômes d’IRA (toux accompagnée d’une respiration courte et rapide associée à des problèmes de congestion dans la poitrine et/ou à des difficultés respiratoires associées à des problèmes de congestion dans la poitrine) sont considérés comme une mesure indirecte de la pneumonie. 2 Non compris les pharmacies, les boutiques et les praticiens traditionnels, sont aussi exclus les agents de santé et les matrones avec boite. 150 • Santé de l’enfant Parmi les enfants ayant présenté des symptômes d’IRA, seulement 46 % ont été traités avec des antibiotiques. Cette proportion cache des disparités selon l’âge de l’enfant, le milieu de résidence, le niveau d’instruction de la mère et le quintile de bien-être économique. En ce qui concerne l’âge de l’enfant, c’est chez ceux de 12-23 mois et ceux chez de 36-47 mois qu’elle est la plus élevée (54 % dans les deux cas) et chez ceux de moins six mois qu’elle est la plus faible (32 %). Par rapport aux enfants du milieu rural ayant présenté des symptômes d’IRA, on note que ceux du milieu urbain ont pris plus fréquemment des antibiotiques (54 % contre 41 % en milieu rural). Toutefois, on note des écarts dans le milieu urbain puisque la proportion d’enfants à qui on a administré des antibiotiques varie de 63 % dans l’Aire Métropolitaine à 45 % dans les autres villes (45 %). La proportion d’enfants malades ayant pris des antibiotiques croît avec l’augmentation du niveau d’instruction de la mère, passant de 31 % pour les enfants de femmes sans instruction à 61 % chez ceux dont la mère a, au moins, le niveau secondaire. Par ailleurs, les enfants malades des ménages du quintile de bien-être économique le plus bas sont ceux qui ont le moins fréquemment pris des antibiotiques (25 % contre un maximum de 69 % dans les ménages du quintile le plus élevé). 10.3.2 Fièvre En général, la fièvre est le signe annonciateur d’une infection qui peut être causée par différents agents pathogènes tels que les bactéries, les parasites et les virus. Elle peut être dangereuse chez les enfants en bas âge pour lesquels les défenses immunitaires sont encore faibles. Pour évaluer sa prévalence, on a demandé aux mères si leur enfant de moins de cinq ans avait eu la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview. Les résultats, présentés au tableau 10.6, montrent qu’au niveau national, environ un enfant de moins de cinq ans sur quatre (27 %) a eu de la fièvre durant les deux semaines qui ont précédé l’interview. La prévalence de la fièvre varie de manière irrégulière avec l’âge, mais c’est parmi les enfants de 6-23 mois que son niveau est le plus élevé : 35 % à 6-11 mois et 33 % à 12-23 mois contre 20 % à moins de 6 mois et 21 % à 48-59 ans. On note peu d’écart entre les sexes : 26 % pour le sexe masculin contre 28 % pour le sexe féminin. Par ailleurs, les résultats selon le milieu et le département de résidence font apparaître des variations importantes de la prévalence de la fièvre. En effet, la proportion d’enfants ayant eu la fièvre est estimée à 22 % dans l’Aire Métropolitaine et à 24 % dans les camps contre 27 % en milieu rural et 33 % dans les Autres villes. Les résultats selon les départements montrent que c’est dans le Sud (23 %) et le Reste-Ouest (24 %) que la prévalence est la plus faible. Par contre, les départements du Nord et du Nord-Est (35 % dans les deux cas) se caractérisent par les prévalences les plus élevées. Les résultats selon le niveau d’instruction des mères ne montrent pas d’écarts importants de la prévalence de la fièvre : 26 % pour les enfants de mère sans instruction contre 27 % pour les enfants de mère de niveau primaire et 28 % pour ceux de mère de niveau secondaire ou plus. On a demandé aux mères d’enfants qui avaient eu la fièvre si des conseils ou un traitement avaient été recherchés dans un établissement sanitaire ou auprès d’un prestataire de santé. Au niveau national, pour 40 % d’enfants ayant eu la fièvre, on a recherché un traitement ou des conseils (Tableau 10.6). Les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont importantes. Les enfants de 6-11 mois (46 %) sont ceux pour lesquels on a le plus fréquemment effectué cette démarche lorsqu’ils avaient la fièvre. On ne note pratiquement pas de différence selon le sexe : 39 % pour le sexe masculin et 41 % pour le sexe féminin. Globalement, les résultats montrent que les enfants qui vivent en milieu urbain (46 %), ceux dont la mère a au moins un niveau secondaire (51 %) et ceux qui vivent dans un ménage du quintile de bien-être économique le plus élevé (54 %) sont ceux pour lesquels on a le plus fréquemment recherché des conseils ou un traitement auprès de personnel de santé. Par ailleurs, c’est dans l’Aire Métropolitaine (51 %) et dans le département du Nord-Ouest (45 %) qu’on a le plus fréquemment effectué une telle démarche, contrairement aux départements du Sud-Est (30 %) et des Nippes (33 %). Santé de l’enfant • 151 Tableau 10.6 Prévalence et traitement de la fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview; Parmi ces enfants, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé, pourcentage qui ont pris des antipaludiques et pourcentage qui ont pris des antibiotiques comme traitement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Parmi les enfants de moins de cinq ans : Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu la fièvre : Pourcentage ayant eu la fièvre Effectif d’enfants Pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé1 Pourcentage ayant pris des antipaludiques Pourcentage ayant pris des antibiotiques Effectif d’enfants Âge en mois <6 20,1 703 40,4 1,5 35,0 141 6-11 34,7 757 46,4 1,9 46,1 262 12-23 33,3 1 288 41,1 2,6 45,7 429 24-35 27,9 1 326 38,5 3,2 42,6 370 36-47 24,4 1 132 39,8 3,4 48,9 277 48-59 21,2 1 205 34,3 1,4 39,5 256 Sexe Masculin 25,9 3 243 38,7 2,4 40,1 841 Féminin 28,2 3 167 41,3 2,6 47,3 894 Milieu de résidence Urbain 26,5 2 306 46,4 1,6 51,1 611 Rural 27,4 4 104 36,6 3,0 39,8 1 124 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 22,3 1 163 51,2 1,7 56,6 260 Autres villes (sans camps) 32,9 929 43,3 1,8 48,6 306 Urbain (sans camps) 27,0 2 092 46,9 1,8 52,3 566 Rural (sans camps) 27,3 4 045 36,3 3,0 39,5 1 105 Camps 23,6 273 44,9 0,2 43,3 64 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 22,3 1 163 51,2 1,7 56,6 260 Reste-Ouest 23,6 1 095 40,8 3,0 45,1 258 Sud-Est 29,1 307 30,2 0,7 34,2 89 Nord 35,4 638 37,0 2,6 41,4 226 Nord-Est 34,7 254 37,0 1,9 39,5 88 Artibonite 31,2 948 37,2 3,3 41,9 296 Centre 26,0 518 36,8 2,1 42,5 135 Sud 23,1 491 37,5 2,5 43,0 113 Grande-Anse 25,7 237 40,7 4,0 42,5 61 Nord-Ouest 28,1 305 44,9 5,3 42,3 86 Nippes 32,6 182 33,0 0,9 30,7 59 Niveau d’instruction de la mère Aucun 26,2 1 321 26,1 1,9 32,1 346 Primaire 27,1 2 786 37,5 2,0 39,9 755 Secondaire ou plus 27,6 2 302 50,7 3,4 54,8 635 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 26,0 1 447 27,6 3,4 27,6 376 Second 29,2 1 336 31,9 2,5 33,0 389 Moyen 27,0 1 359 44,2 2,3 49,6 366 Quatrième 28,2 1 318 48,6 1,8 56,1 372 Le plus élevé 24,3 951 54,0 2,4 59,5 231 Ensemble 27,1 6 410 40,1 2,5 43,8 1 735 1 Non compris les pharmacies, les boutiques et les praticiens traditionnels, sont aussi exclus les agents de santé et les matrones avec boite. Parmi les enfants de moins de cinq ans qui ont eu la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, 3 % ont pris des antipaludéens. Les résultats selon les caractéristiques sociodémographiques analysées ne font apparaitre que des variations très minimes. 152 • Santé de l’enfant Concernant le traitement contre la fièvre, l’enquête révèle par ailleurs que 44 % des enfants ont pris des antibiotiques. La prise d’antibiotiques est plus élevée chez les filles (47 %) que chez les garçons (40 %). En outre, elle est plus élevée en milieu urbain (51 %), et plus particulièrement dans l’Aire Métropolitaine (57 %), qu’en milieu rural (40 %), et elle varie de 31 % dans les Nippes à 45 % dans le Reste-Ouest. La proportion d’enfants ayant pris des antibiotiques en cas de fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête augmente avec le niveau d’instruction de la mère et le niveau de bien-être économique du ménage : elle varie de 32 % pour les enfants dont la mère est sans instruction à 55 % chez ceux dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus, et de 28 % pour les enfants des ménages du quintile de bien-être économique le plus bas à 60 % pour ceux des ménages du quintile de bien-être économique le plus élevé. 10.3.3 Diarrhée Les maladies diarrhéiques, de par leurs conséquences (déshydratation et malnutrition), constituent, directement ou indirectement, une des principales causes de décès des jeunes enfants dans les pays en développement tels qu’Haïti. L’OMS recommande, pour lutter contre les effets de la déshydratation, la généralisation de la Thérapie de Réhydratation par voie Orale (TRO). Elle consiste à utiliser soit une solution préparée à partir du contenu de sachets de Sels de Réhydratation par voie Orale (SRO), soit une solution préparée à la maison avec de l’eau, du sucre et du sel. Au cours de l’EMMUS-V, on a demandé aux mères si leurs enfants de moins de cinq ans avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, afin de mesurer la prévalence des maladies diarrhéiques. En ce qui concerne le traitement de la diarrhée, on a demandé aux mères si elles connaissaient les SRO et si, durant les épisodes diarrhéiques, elles les avaient utilisés et/ou si elles avaient utilisé une solution d’eau sucrée et salée. On a également demandé aux mères si elles avaient changé les pratiques alimentaires de leurs enfants au cours des épisodes diarrhéiques. De l’examen du tableau 10.7, il ressort que 21 % des enfants de moins de cinq ans ont eu, au moins, un épisode de diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête et qu’en outre, dans 2 % des cas, il y avait du sang dans les selles. La prévalence de la diarrhée est particulièrement importante chez les jeunes enfants de 6-23 mois : le pourcentage d’enfants qui ont souffert d’un épisode diarrhéique s’élève à 36 % chez les enfants de 6-11 ans et à 34 % chez ceux de 12-23 ans, alors qu’il n’est que de 8 % chez les enfants de 48-59 mois. Ces âges de forte prévalence de la diarrhée sont aussi les âges auxquels les enfants commencent à recevoir des aliments autres que le lait maternel et à être sevrés. Ils correspondent aussi aux âges auxquels les enfants commencent à explorer leur environnement, ce qui les expose davantage à la contamination par des agents pathogènes. On ne note pas d’écart selon le sexe de l’enfant. Par contre, on remarque que la prévalence de la diarrhée varie en fonction de la provenance de l’eau de consommation. De même, la provenance de l’eau ne semble pas influencer la prévalence de la diarrhée (21 % que la source de l’eau soit améliorée ou pas). Par contre, on note une différence en fonction du type d’installations sanitaires. Quand elles sont améliorées et non partagées, la prévalence de la diarrhée est estimée à 15 % contre 25 % quand elles sont partagées et 21 % quand elles ne sont pas améliorées. On ne note pas d’écart important en fonction du milieu de résidence 22 % en milieu urbain contre 20 % en milieu rural. Selon le département, la prévalence varie d’un minimum de 17 % dans le Nord à un maximum de 25 % dans le Centre. C’est aussi dans le département du Centre que l’on enregistre la prévalence la plus élevée de diarrhée avec du sang (4 %). En ce qui concerne le niveau d’instruction de la mère, on constate un écart entre les enfants dont la mère n’a aucune instruction et ceux dont elle est instruite : en effet, estimée à 18 % chez les enfants dont la mère n’a aucune instruction, la prévalence passe à 22 % chez ceux dont la mère a un niveau primaire et 21 % chez ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus. Santé de l’enfant • 153 Tableau 10.7 Prévalence de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête : Effectif d’enfants Toute diarrhée Diarrhée avec sang Âge en mois <6 19,4 2,0 703 6-11 36,4 1,9 757 12-23 34,0 4,5 1 288 24-35 18,3 1,8 1 326 36-47 12,7 1,0 1 132 48-59 8,1 0,4 1 205 Sexe Masculin 20,7 2,1 3 243 Féminin 21,0 1,9 3 167 Provenance de l’eau de consommation1 Source améliorée 20,5 2,0 3 983 Non améliorée 21,3 2,0 2 419 Type d’installation sanitaire2 Améliorée, non partagée3 15,1 1,3 1 380 Partagée 24,6 2,6 1 797 Non améliorée 21,1 1,9 3 231 Milieu de résidence Urbain 22,1 1,7 2 306 Rural 20,1 2,2 4 104 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 23,5 1,9 1 163 Autres villes (sans camps) 20,2 1,5 929 Urbain (sans camps) 22,1 1,7 2 092 Rural (sans camps) 19,9 2,2 4 045 Camps 24,1 1,3 273 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 23,5 1,9 1 163 Reste-Ouest 19,2 2,0 1 095 Sud-Est 20,1 1,7 307 Nord 16,8 1,2 638 Nord-Est 22,6 2,0 254 Artibonite 21,1 2,8 948 Centre 24,5 3,5 518 Sud 18,7 1,8 491 Grande-Anse 21,2 1,2 237 Nord-Ouest 17,9 1,5 305 Nippes 19,1 0,8 182 Niveau d’instruction de la mère Aucun 18,3 2,8 1 321 Primaire 21,9 2,1 2 786 Secondaire ou plus 20,9 1,4 2 302 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 18,2 2,2 1 447 Second 23,7 2,4 1 336 Moyen 22,9 2,2 1 359 Quatrième 21,7 1,8 1 318 Le plus élevé 16,4 1,2 951 Ensemble4 20,8 2,0 6 410 1 Se reporter au tableau 2.1 pour la définition des catégories. 2 Se reporter au tableau 2.2 pour la définition des catégories. 3 Types d’installations sanitaires qui seraient considérées comme "améliorées" si elles n’étaient pas partagées par deux ménages ou plus. 4 L’ensemble comprend 8 enfants dont l’information sur la provenance de l’eau de consommation est manquante et 2 enfants dont l’information sur le type d’installation sanitaire est manquante. 154 • Santé de l’enfant Le tableau 10.8 présente, pour les enfants de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, le pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement de santé ou d’un prestataire de soins et les pourcentages de ceux ayant reçu différents traitements quand ils étaient malades. Dans seulement 34 % des cas, on a recherché des conseils ou un traitement pour l’enfant malade. Parmi ceux de 36-47 mois, cette proportion n’est que de 21 % alors qu’à l’opposé, parmi ceux de 6-11 mois, elle atteint 41 %. Par ailleurs, en milieu urbain, pour près de quatre enfants malades sur dix (38 %), on a recherché un traitement contre près de trois enfant sur dix (31 %) en milieu rural. Selon le niveau d’instruction de la mère, on constate que la proportion d’enfants pour lesquels on a recherché un traitement varie d’un minimum de 28 % quand la mère n’a aucun niveau d’instruction à un maximum de 39 % quand elle a, au moins, un niveau secondaire. Dans les départements, le pourcentage d’enfants pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement varie de 24 % dans l’Artibonite à 44 % dans le Nord-Est. Le niveau de vie du ménage influence aussi positivement le recours aux soins de santé pour l’enfant ayant souffert de diarrhée. En effet, la proportion d’enfants pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement est de 28 % dans les ménages classés dans le quintile le plus bas, de 34 % dans les ménages classés dans le quintile moyen et de 49 % dans ceux classés dans le plus élevé. Pour traiter la diarrhée, les résultats montrent que dans 53 % des cas, on a donné aux enfants malades du sérum oral présenté en sachets ou en liquide préconditionné ; dans 11 % des cas, les enfants ont été traités avec un sérum oral préparé à la maison à partir de la formule recommandée par le MSPP. Globalement 58 % des enfants ont reçu l’une ou l’autre de ces deux formules. Par ailleurs, dans 40 % des cas, les enfants malades ont reçu davantage de liquides. Globalement, en cas d’épisode diarrhéique, 72 % des enfants ont bénéficié d’une TRO et/ou ont reçu davantage de liquides. En outre, d’autres traitements ont été donnés pour guérir l’enfant : il s’agit, dans 34 % des cas, de remèdes maison ou d’autres médicaments et dans 11 % des cas d’antibiotiques. Le recours à des solutions intraveineuses ou à des médicaments antimotilité ou encore à des suppléments de zinc est marginal pour traiter la diarrhée (respectivement 0,1 %, 0,3 % et 0,3 %). Il faut souligner que 17 % des enfants malades n’ont reçu aucun traitement. Chez les enfants de moins de six mois, cette proportion est de 28 %. Dans les départements de l’Artibonite (22 %), du Nord-Ouest (24 %) et des Nippes (22 %) ainsi que dans les ménages du second quintile (22 %), plus d’un enfant sur cinq n’a reçu aucun traitement quand il avait la diarrhée. Le tableau 10.9 présente les résultats concernant les pratiques alimentaires pendant la diarrhée. Au cours des épisodes diarrhéiques, il est recommandé de donner plus de liquides et d’aliments à l’enfant. Les résultats montrent que 32 % des enfants ayant eu la diarrhée ont reçu la même quantité de liquides et que 40 % en ont reçu davantage. Par contre, 22 % en ont reçu un peu moins et, dans 3 % des cas, beaucoup moins. En ce qui concerne les aliments, on constate que, dans 5 % des cas, les rations alimentaires ont été augmentées, dans 30 % des cas, elles n’ont pas changé et pour 44 % des enfants, elles ont été diminuées ; de plus, dans 11 % des cas, l’alimentation a même été très réduite, voire complètement stoppée (6 %). Ces résultats indiquent qu’une forte proportion de femmes ne connaissent pas et/ou ne respectent pas les principes de base en matière de nutrition des enfants durant les épisodes diarrhéiques et qu’elles font donc courir de grands risques à leurs enfants. Globalement, seulement 31 % d’enfants ont, à la fois, reçu davantage de liquides et ont continué à être alimentés normalement (c’est-à-dire ont reçu plus d’aliments, la même quantité ou juste un peu moins). Pendant la diarrhée, 57 % ont continué à être alimentés normalement et ont reçu davantage de liquides et/ou ont bénéficié d’une TRO, conformément aux directives internationales. Parmi les enfants desquels on a détecté du sang dans les selles, la proportion atteint 72 %. Elle est aussi beaucoup plus élevée en milieu urbain que rural (61 % contre 54 %). Ce traitement approprié a été administré à 62 % des enfants malades dans l’Aire Métropolitaine contre 46 % dans l’Artibonite. Enfin, 61 % des enfants ayant la diarrhée ont bénéficié de ce traitement contre seulement 53 % de ceux dont la mère n’a aucune instruction. S an té d e l’e nf an t • 15 5 Ta bl ea u 10 .8 T ra ite m en t d e la d ia rrh ée P ar m i l es e nf an ts d e m oi ns d e ci nq a ns a ya nt e u la d ia rr hé e au c ou rs d es d eu x se m ai ne s ay an t p ré cé dé l’ in te rv ie w , p ou rc en ta ge p ou r l es qu el s on a r ec he rc hé d es c on se ils o u un tr ai te m en t a up rè s d’ un é ta bl is se m en t o u d’ un p re st at ai re d e sa nt é; P ou rc en ta ge à q ui o n a do nn é un e Th ér ap ie d e R éh yd ra ta tio n pa r v oi e O ra le (T R O ), po ur ce nt ag e à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es , p ou rc en ta ge à q ui o n a do nn é un e TR O o u da va nt ag e de liq ui de s et p ou rc en ta ge d ’e nf an ts à q ui o n a ad m in is tré d ’a ut re s tra ite m en ts , s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, E M M U S -V H aï ti 20 12 C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue P ou rc en ta ge d’ en fa nt s av ec di ar rh ée p ou r le sq ue ls o n a re ch er ch é de s co ns ei ls o u un tra ite m en t au pr ès d ’u n ét ab lis se m en t o u d’ un p re st at ai re de s an té 1 Th ér ap ie d e R éh yd ra ta tio n pa r v oi e O ra le (T R O ) Li qu id es au gm en té s TR O o u liq ui de s au gm en té s A ut re s tra ite m en ts : M an qu an t A uc un tra ite m en t E ffe ct if d’ en fa nt s av ec la di ar rh ée Li qu id e de sa ch et s SR O ou li qu id e S R O pr éc on di tio nn é S ol ut io n M ai so n R ec om - m an dé e (S M R ) S oi t S R O ou S M R A nt i- bi ot iq ue M éd i- ca m en ts an tim ot ili té S up pl é- m en ts d e zi nc S ol ut io n in tra - ve in eu se R em èd e m ai so n/ A ut re  ge e n m oi s <6 29 ,1 31 ,6 5, 5 34 ,5 34 ,0 56 ,0 6, 7 0, 0 0, 3 0, 0 28 ,2 0, 7 27 ,8 13 6 6- 11 40 ,5 48 ,0 13 ,1 53 ,7 42 ,4 68 ,6 8, 1 0, 0 0, 0 0, 6 32 ,3 0, 5 21 ,1 27 5 12 -2 3 34 ,8 61 ,3 11 ,9 66 ,1 40 ,9 78 ,6 10 ,2 0, 4 0, 5 0, 0 32 ,7 0, 3 13 ,2 43 8 24 -3 5 34 ,6 56 ,7 10 ,8 59 ,4 41 ,5 73 ,2 16 ,2 0, 6 0, 4 0, 0 36 ,6 0, 0 13 ,3 24 3 36 -4 7 21 ,2 50 ,5 14 ,1 58 ,4 37 ,1 71 ,0 9, 5 0, 4 0, 6 0, 0 41 ,1 0, 0 13 ,3 14 3 48 -5 9 34 ,7 53 ,2 9, 9 58 ,5 42 ,9 74 ,2 13 ,7 0, 0 0, 0 0, 0 39 ,6 0, 0 14 ,7 98 Se xe M as cu lin 32 ,6 51 ,2 12 ,3 56 ,9 39 ,4 71 ,9 12 ,0 0, 4 0, 1 0, 0 32 ,9 0, 1 18 ,1 67 0 Fé m in in 35 ,1 54 ,7 10 ,5 58 ,5 41 ,3 72 ,4 9, 3 0, 1 0, 6 0, 3 35 ,6 0, 4 14 ,9 66 4 Ty pe d e di ar rh ée P as d e pr és en ce d e sa ng 33 ,7 51 ,6 11 ,2 56 ,6 39 ,9 71 ,2 10 ,2 0, 3 0, 4 0, 1 34 ,2 0, 3 16 ,9 1 20 2 P ré se nc e de s an g 36 ,4 65 ,7 11 ,4 67 ,2 43 ,2 80 ,8 16 ,1 0, 0 0, 0 0, 0 35 ,4 0, 0 12 ,4 12 7 M ili eu d e ré si de nc e U rb ai n 38 ,1 56 ,3 11 ,8 59 ,4 46 ,3 75 ,4 14 ,7 0, 6 0, 5 0, 0 32 ,8 0, 4 14 ,8 50 9 R ur al 31 ,2 50 ,9 11 ,1 56 ,7 36 ,7 70 ,1 8, 2 0, 1 0, 2 0, 2 35 ,2 0, 2 17 ,5 82 5 M ili eu d e ré si de nc e dé ta ill é A ire M ét ro po lit ai ne (s an s ca m ps ) 38 ,0 59 ,6 13 ,8 61 ,4 51 ,5 78 ,4 19 ,0 0, 3 0, 7 0, 0 30 ,3 0, 0 13 ,5 27 4 A ut re s vi lle s (s an s ca m ps ) 37 ,0 50 ,0 8, 1 55 ,1 37 ,8 69 ,0 7, 7 0, 3 0, 0 0, 0 39 ,0 1, 2 17 ,4 18 8 U rb ai n (s an s ca m ps ) 37 ,6 55 ,7 11 ,5 58 ,8 45 ,9 74 ,6 14 ,4 0, 3 0, 4 0, 0 33 ,8 0, 5 15 ,1 46 2 R ur al (s an s ca m ps ) 31 ,0 50 ,5 11 ,3 56 ,4 36 ,2 69 ,8 8, 1 0, 1 0, 2 0, 2 34 ,8 0, 2 17 ,8 80 6 C am ps 42 ,3 63 ,5 12 ,1 65 ,6 52 ,3 83 ,4 16 ,7 2, 1 1, 3 0, 0 30 ,0 0, 0 10 ,5 66 D ép ar te m en t ( sa ns c am ps ) A ire M ét ro po lit ai ne 38 ,0 59 ,6 13 ,8 61 ,4 51 ,5 78 ,4 19 ,0 0, 3 0, 7 0, 0 30 ,3 0, 0 13 ,5 27 4 R es te -O ue st 35 ,2 46 ,9 15 ,4 55 ,1 40 ,1 71 ,1 11 ,3 0, 0 0, 0 0, 8 40 ,4 0, 0 17 ,9 21 0 S ud -E st 36 ,6 51 ,2 12 ,9 58 ,6 24 ,7 67 ,7 10 ,1 0, 0 0, 0 0, 0 36 ,6 0, 0 15 ,5 62 N or d 33 ,6 46 ,9 7, 7 53 ,6 45 ,3 71 ,3 7, 6 0, 0 0, 0 0, 0 37 ,0 0, 9 16 ,5 10 7 N or d- E st 44 ,1 55 ,5 12 ,2 65 ,8 41 ,1 78 ,2 10 ,1 1, 0 0, 0 0, 0 32 ,4 0, 0 11 ,6 57 A rti bo ni te 24 ,0 45 ,7 6, 4 49 ,5 26 ,2 60 ,6 6, 3 0, 0 0, 0 0, 0 32 ,9 1, 3 21 ,5 20 0 C en tre 30 ,3 57 ,4 11 ,8 63 ,5 35 ,9 78 ,7 4, 5 0, 0 0, 7 0, 0 27 ,8 0, 0 14 ,6 12 7 S ud 27 ,4 55 ,4 13 ,3 59 ,8 39 ,1 70 ,2 9, 9 0, 0 0, 0 0, 0 38 ,5 0, 0 17 ,8 92 G ra nd e- A ns e 35 ,2 50 ,9 12 ,0 54 ,3 44 ,8 68 ,5 6, 6 0, 0 0, 0 0, 0 45 ,0 0, 0 11 ,7 50 N or d- O ue st 34 ,1 54 ,7 6, 1 55 ,3 37 ,4 66 ,9 5, 8 0, 0 1, 6 0, 0 32 ,9 0, 0 23 ,7 55 N ip pe s 40 ,6 54 ,4 3, 8 55 ,9 41 ,8 68 ,3 5, 4 2, 2 0, 0 0, 0 33 ,7 0, 0 22 ,4 35 À s ui vr e… • 155Santé de l’enfant 15 6 • S an té d e l’e nf an t Ta bl ea u 10 .8 — Su ite C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue P ou rc en ta ge d’ en fa nt s av ec di ar rh ée p ou r le sq ue ls o n a re ch er ch é de s co ns ei ls o u un tra ite m en t au pr ès d ’u n ét ab lis se m en t o u d’ un p re st at ai re de s an té 1 Th ér ap ie d e R éh yd ra ta tio n pa r v oi e O ra le (T R O ) Li qu id es au gm en té s TR O o u liq ui de s au gm en té s A ut re s tra ite m en ts : M an qu an t A uc un tra ite m en t E ffe ct if d’ en fa nt s av ec la di ar rh ée Li qu id e de sa ch et s SR O ou li qu id e S R O pr éc on di tio nn é S ol ut io n M ai so n R ec om - m an dé e (S M R ) S oi t S R O ou S M R A nt i- bi ot iq ue M éd i- ca m en ts an tim ot ili té S up pl é- m en ts d e zi nc S ol ut io n in tra - ve in eu se R em èd e m ai so n/ A ut re N iv ea u d’ in st ru ct io n de la m èr e A uc un 27 ,9 44 ,6 11 ,9 52 ,1 33 ,5 68 ,1 5, 8 0, 0 0, 0 0, 0 33 ,3 0, 0 16 ,8 24 2 P rim ai re 32 ,1 53 ,0 10 ,7 57 ,8 43 ,1 74 ,1 9, 6 0, 3 0, 5 0, 0 35 ,1 0, 4 15 ,1 61 0 S ec on da ire o u pl us 39 ,1 57 ,1 12 ,0 60 ,4 40 ,4 71 ,7 14 ,5 0, 4 0, 3 0, 4 33 ,7 0, 3 18 ,0 48 2 Q ui nt ile s de b ie n- êt re éc on om iq ue Le p lu s ba s 27 ,6 51 ,6 11 ,7 57 ,1 39 ,3 72 ,9 5, 4 0, 0 0, 3 0, 0 34 ,0 0, 5 13 ,1 26 4 S ec on d 26 ,6 46 ,1 9, 4 51 ,9 34 ,5 65 ,1 5, 7 0, 2 0, 1 0, 0 30 ,1 0, 0 21 ,5 31 7 M oy en 34 ,2 53 ,5 12 ,3 59 ,1 37 ,1 74 ,0 13 ,1 0, 4 0, 1 0, 0 35 ,8 0, 0 15 ,9 31 1 Q ua tri èm e 39 ,0 56 ,1 13 ,9 60 ,6 49 ,7 76 ,5 14 ,7 0, 3 0, 3 0, 6 36 ,4 0, 8 14 ,6 28 6 Le p lu s él ev é 49 ,4 62 ,2 8, 3 62 ,2 43 ,5 73 ,3 17 ,5 0, 6 1, 2 0, 0 36 ,2 0, 0 16 ,4 15 6 En se m bl e2 33 ,9 52 ,9 11 ,4 57 ,7 40 ,4 72 ,1 10 ,7 0, 3 0, 3 0, 1 34 ,3 0, 3 16 ,5 1 33 4 N ot e: L a TR O c om pr en d le li qu id e pr ép ar é à pa rti r d es s ac he ts d e S el s de R éh yd ra ta tio n O ra le (S R O ), le li qu id e et le s S ol ut io ns M ai so n R ec om m an dé es (S M R ). 1 N on c om pr is le s ph ar m ac ie s, le s bo ut iq ue s et le s gu ér is se ur s tra di tio nn el s, a in si q ue le s ag en ts d e sa nt é et le s m at ro ne s av ec b oi te . 2 Y c om pr is 2 e nf an ts p ou r l es qu el s le ty pe d e di ar rh ée e st n on d ét er m in é. 156 • Santé de l’enfant S an té d e l’e nf an t • 15 7 Ta bl ea u 10 .9 P ra tiq ue s al im en ta ire s du ra nt la d ia rr hé e R ép ar tit io n (e n % ) de s en fa nt s de m oi ns d e ci nq a ns a ya nt e u la d ia rr hé e au c ou rs d es d eu x se m ai ne s ay an t p ré cé dé l’ in te rv ie w p ar q ua nt ité d e liq ui de s et d ’a lim en ts d on né e pa r ra pp or t a ux q ua nt ité s ha bi tu el le s, p ou rc en ta ge d’ en fa nt s à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es e t q ui o nt c on tin ué à s ’a lim en te r p en da nt l’ ép is od e di ar rh éi qu e et p ou rc en ta ge d ’e nf an ts q ui o nt c on tin ué à s ’a lim en te r e t q ui o nt é té tr ai té s au m oy en d ’u ne T R O e t/o u à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es d ur an t l es é pi so de s di ar rh éi qu es , s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s E M M U S -V H aï ti 20 12 C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue Q ua nt ité d e liq ui de s do nn ée Q ua nt ité d e no ur rit ur e do nn ée P ou r- ce nt ag e à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es et q ui o nt co nt in ué à s’ al i- m en te r1 P ou r- ce nt ag e qu i o nt co nt in ué à s’ al im en te r et q ui o nt ét é tra ité s av ec u ne TR O e t/o u à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es 1 E ffe ct if d’ en fa nt s av ec la di ar rh ée D av an - ta ge M êm e qu e d’ ha bi tu de U n pe u m oi ns B ea uc ou p m oi ns A uc un e N e sa it pa s/ m an qu an t To ta l D av an - ta ge M êm e qu e d’ ha bi tu de U n pe u m oi ns B ea uc ou p m oi ns A uc un e N e m an ge pa s en co re N e sa it pa s/ m an qu an t To ta l  ge e n m oi s <6 34 ,0 35 ,9 22 ,4 1, 1 6, 6 0, 0 10 0, 0 2, 6 20 ,5 33 ,1 4, 3 5, 7 33 ,8 0, 0 10 0, 0 15 ,3 27 ,6 13 6 6- 11 42 ,4 33 ,5 20 ,3 2, 7 1, 1 0, 0 10 0, 0 5, 3 28 ,9 40 ,6 14 ,9 8, 8 1, 5 0, 0 10 0, 0 30 ,8 51 ,4 27 5 12 -2 3 40 ,9 32 ,4 21 ,8 3, 0 1, 2 0, 8 10 0, 0 5, 1 29 ,0 46 ,2 12 ,1 6, 6 0, 0 1, 0 10 0, 0 32 ,9 63 ,9 43 8 24 -3 5 41 ,5 27 ,9 26 ,8 2, 6 0, 7 0, 5 10 0, 0 4, 6 30 ,8 48 ,2 11 ,6 4, 2 0, 0 0, 5 10 0, 0 33 ,8 58 ,7 24 3 36 -4 7 37 ,1 29 ,5 27 ,0 5, 8 0, 6 0, 0 10 0, 0 6, 4 43 ,1 39 ,3 7, 0 4, 1 0, 0 0, 0 10 0, 0 32 ,8 64 ,1 14 3 48 -5 9 42 ,9 37 ,4 14 ,3 4, 2 0, 0 1, 2 10 0, 0 5, 0 31 ,8 50 ,2 11 ,8 0, 0 0, 0 1, 2 10 0, 0 38 ,5 64 ,3 98 Se xe M as cu lin 39 ,4 31 ,7 23 ,6 3, 0 1, 5 0, 8 10 0, 0 5, 6 28 ,5 45 ,6 9, 4 6, 4 3, 6 0, 8 10 0, 0 30 ,7 57 ,2 67 0 Fé m in in 41 ,3 32 ,7 21 ,2 3, 2 1, 5 0, 1 10 0, 0 4, 2 31 ,9 41 ,7 13 ,0 5, 1 3, 9 0, 2 10 0, 0 31 ,8 56 ,2 66 4 Ty pe d e di ar rh ée P as d e pr és en ce d e sa ng 39 ,9 33 ,1 22 ,0 3, 0 1, 6 0, 4 10 0, 0 5, 1 30 ,4 43 ,5 10 ,8 5, 8 3, 9 0, 5 10 0, 0 30 ,7 56 ,0 1 20 2 P ré se nc e de s an g 43 ,2 24 ,4 27 ,7 4, 1 0, 6 0, 0 10 0, 0 3, 4 27 ,8 44 ,9 15 ,6 5, 9 2, 3 0, 0 10 0, 0 34 ,9 62 ,9 12 7 M an qu an t 71 ,6 8, 0 1, 3 0, 0 0, 0 19 ,2 10 0, 0 0, 0 40 ,5 39 ,0 0, 0 1, 3 0, 0 19 ,2 10 0, 0 71 ,6 71 ,6 4 M ili eu d e ré si de nc e U rb ai n 46 ,3 28 ,3 20 ,9 2, 7 0, 9 0, 9 10 0, 0 7, 6 30 ,3 41 ,8 10 ,2 5, 5 3, 7 0, 9 10 0, 0 36 ,4 60 ,9 50 9 R ur al 36 ,7 34 ,6 23 ,4 3, 3 1, 9 0, 1 10 0, 0 3, 3 30 ,1 44 ,8 11 ,8 6, 0 3, 8 0, 2 10 0, 0 28 ,0 54 ,1 82 5 M ili eu d e ré si de nc e dé ta ill é A ire M ét ro po lit ai ne (s an s ca m ps ) 51 ,5 22 ,4 21 ,0 2, 8 1, 6 0, 8 10 0, 0 9, 7 30 ,8 37 ,7 11 ,2 5, 4 4, 5 0, 8 10 0, 0 38 ,7 62 ,0 27 4 A ut re s vi lle s (s an s ca m ps ) 37 ,8 37 ,7 21 ,4 1, 8 0, 0 1, 2 10 0, 0 5, 3 30 ,4 45 ,5 9, 3 5, 4 2, 9 1, 2 10 0, 0 30 ,8 56 ,4 18 8 U rb ai n (s an s ca m ps ) 45 ,9 28 ,6 21 ,1 2, 4 0, 9 1, 0 10 0, 0 7, 9 30 ,6 40 ,8 10 ,4 5, 4 3, 8 1, 0 10 0, 0 35 ,5 59 ,7 46 2 R ur al (s an s ca m ps ) 36 ,2 34 ,5 23 ,9 3, 4 1, 9 0, 1 10 0, 0 3, 4 29 ,8 45 ,0 11 ,9 6, 0 3, 7 0, 2 10 0, 0 27 ,7 53 ,9 80 6 C am ps 52 ,3 28 ,9 13 ,9 4, 2 0, 0 0, 6 10 0, 0 2, 8 31 ,3 46 ,9 8, 4 5, 8 4, 2 0, 6 10 0, 0 44 ,6 70 ,0 66 À s ui vr e… • 157Santé de l'enfant 15 8 • S an té d e l’e nf an t Ta bl ea u 10 .9 — Su ite C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue Q ua nt ité d e liq ui de s do nn ée Q ua nt ité d e no ur rit ur e do nn ée P ou r- ce nt ag e à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es et q ui o nt co nt in ué à s’ al i- m en te r1 P ou r- ce nt ag e qu i o nt co nt in ué à s’ al im en te r et q ui o nt ét é tra ité s av ec u ne TR O e t/o u à qu i o n a do nn é da va nt ag e de liq ui de s1 E ffe ct if d’ en fa nt s av ec la di ar rh ée D av an - ta ge M êm e qu e d’ ha bi tu de U n pe u m oi ns B ea uc ou p m oi ns A uc un e N e sa it pa s/ m an qu an t To ta l D av an - ta ge M êm e qu e d’ ha bi tu de U n pe u m oi ns B ea uc ou p m oi ns A uc un e N e m an ge pa s en co re N e sa it pa s/ m an qu an t To ta l D ép ar te m en t ( sa ns ca m ps ) A ire M ét ro po lit ai ne 51 ,5 22 ,4 21 ,0 2, 8 1, 6 0, 8 10 0, 0 9, 7 30 ,8 37 ,7 11 ,2 5, 4 4, 5 0, 8 10 0, 0 38 ,7 62 ,0 27 4 R es te -O ue st 40 ,1 29 ,6 28 ,8 0, 1 1, 4 0, 0 10 0, 0 1, 2 26 ,4 53 ,5 7, 4 8, 0 3, 5 0, 0 10 0, 0 28 ,7 55 ,5 21 0 S ud -E st 24 ,7 42 ,9 31 ,5 0, 9 0, 0 0, 0 10 0, 0 4, 3 31 ,1 53 ,7 7, 5 1, 4 1, 9 0, 0 10 0, 0 20 ,5 57 ,7 62 N or d 45 ,3 21 ,3 26 ,0 5, 6 1, 8 0, 0 10 0, 0 3, 0 21 ,6 54 ,1 16 ,5 2, 5 2, 3 0, 0 10 0, 0 38 ,1 58 ,9 10 7 N or d- E st 41 ,1 33 ,7 22 ,3 2, 4 0, 6 0, 0 10 0, 0 3, 5 35 ,5 36 ,8 11 ,7 7, 2 5, 4 0, 0 10 0, 0 35 ,8 57 ,5 57 A rti bo ni te 26 ,2 51 ,7 17 ,0 2, 6 1, 3 1, 2 10 0, 0 4, 0 32 ,1 40 ,0 13 ,3 6, 9 2, 6 1, 2 10 0, 0 20 ,0 45 ,8 20 0 C en tre 35 ,9 31 ,3 23 ,9 4, 6 3, 6 0, 6 10 0, 0 6, 4 36 ,7 36 ,5 9, 7 5, 0 4, 6 1, 2 10 0, 0 27 ,8 62 ,5 12 7 S ud 39 ,1 29 ,9 26 ,5 2, 5 2, 0 0, 0 10 0, 0 4, 6 27 ,5 44 ,4 11 ,5 5, 8 6, 2 0, 0 10 0, 0 28 ,6 50 ,8 92 G ra nd e- A ns e 44 ,8 41 ,4 10 ,5 1, 4 2, 0 0, 0 10 0, 0 8, 1 36 ,3 32 ,1 8, 3 9, 3 5, 9 0, 0 10 0, 0 32 ,4 53 ,0 50 N or d- O ue st 37 ,4 29 ,2 22 ,4 10 ,3 0, 0 0, 6 10 0, 0 2, 8 28 ,9 45 ,0 20 ,7 2, 0 0, 0 0, 6 10 0, 0 34 ,9 55 ,1 55 N ip pe s 41 ,8 32 ,8 17 ,3 8, 1 0, 0 0, 0 10 0, 0 2, 8 28 ,2 45 ,9 11 ,5 7, 6 3, 8 0, 0 10 0, 0 29 ,3 51 ,8 35 N iv ea u d’ in st ru ct io n de la m èr e A uc un 33 ,5 33 ,2 26 ,5 3, 1 2, 1 1, 6 10 0, 0 1, 1 35 ,1 40 ,8 10 ,6 6, 0 4, 8 1, 6 10 0, 0 26 ,9 52 ,7 24 2 P rim ai re 43 ,1 29 ,6 21 ,3 3, 7 2, 0 0, 3 10 0, 0 4, 9 27 ,2 43 ,5 14 ,7 5, 6 3, 7 0, 3 10 0, 0 31 ,3 55 ,1 61 0 S ec on da ire o u pl us 40 ,4 35 ,0 21 ,9 2, 3 0, 5 0, 0 10 0, 0 6, 9 31 ,4 45 ,2 7, 1 5, 9 3, 2 0, 2 10 0, 0 33 ,3 60 ,8 48 2 Q ui nt ile s de b ie n- êt re éc on om iq ue Le p lu s ba s 39 ,3 27 ,0 28 ,2 3, 1 2, 3 0, 0 10 0, 0 3, 8 34 ,4 45 ,2 8, 4 4, 1 3, 8 0, 3 10 0, 0 32 ,1 60 ,0 26 4 S ec on d 34 ,5 37 ,1 21 ,6 4, 4 2, 0 0, 4 10 0, 0 2, 4 29 ,9 39 ,2 15 ,9 8, 6 3, 6 0, 4 10 0, 0 25 ,1 45 ,3 31 7 M oy en 37 ,1 35 ,3 22 ,3 3, 5 0, 6 1, 2 10 0, 0 5, 7 28 ,5 46 ,4 11 ,2 4, 6 2, 3 1, 2 10 0, 0 30 ,4 61 ,1 31 1 Q ua tri èm e 49 ,7 29 ,7 18 ,1 1, 1 1, 4 0, 0 10 0, 0 5, 9 27 ,4 47 ,4 10 ,4 4, 9 4, 0 0, 0 10 0, 0 38 ,0 61 ,5 28 6 Le p lu s él ev é 43 ,5 29 ,3 22 ,8 2, 8 0, 8 0, 8 10 0, 0 8, 7 32 ,1 37 ,4 7, 8 6, 9 6, 2 0, 8 10 0, 0 31 ,6 57 ,0 15 6 En se m bl e 40 ,4 32 ,2 22 ,4 3, 1 1, 5 0, 4 10 0, 0 4, 9 30 ,2 43 ,6 11 ,2 5, 8 3, 7 0, 5 10 0, 0 31 ,2 56 ,7 1 33 4 N ot e: P en da nt la d ia rr hé e, il e st re co m m an dé d e do nn er d av an ta ge d e liq ui de s au x en fa nt s et d e ne p as ré du ire le s qu an tit és d e no ur rit ur e. 1 « C on tin ue r à s ’a lim en te r » c om pr en d le s en fa nt s do nt le s qu an tit és d e no ur rit ur e on t é té a ug m en té es , c eu x po ur q ui e lle s so nt re st ée s id en tiq ue s ou c eu x qu i e n on t r eç u un p eu m oi ns p en da nt le s ép is od es d ia rr hé iq ue s. 158 • Santé de l'enfant Santé de l’enfant • 159 Le tableau 10.10 présente la proportion de femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et qui connaissent les sachets de SRO et les liquides SRO préconditionnés. Le tableau révèle que le niveau de connaissances des SRO par les mères est très élevé (98 %) et cela quelle que soit la caractéristique sociodémographique considérée. Tableau 10.10 Connaissance des sachets de SRO ou des liquides préconditionnés Pourcentage de mères de 15-49 ans ayant eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et qui connaissent les sachets de SRO et les liquides SRO préconditionnés pour le traitement de la diarrhée selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de femmes qui connaissent les sachets de SRO et les liquides préconditionnés Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 98,8 375 20-24 98,4 1 210 25-34 98,1 2 337 35-49 98,1 1 296 Milieu de résidence Urbain 98,0 2 021 Rural 98,4 3 197 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 97,4 1 037 Autres villes (sans camps) 98,7 799 Urbain (sans camps) 98,0 1 835 Rural (sans camps) 98,3 3 149 Camps 98,4 234 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 97,4 1 037 Reste-Ouest 97,9 872 Sud-Est 98,2 230 Nord 98,5 511 Nord-Est 97,7 201 Artibonite 98,6 773 Centre 98,8 399 Sud 98,9 377 Grande-Anse 97,0 189 Nord-Ouest 99,2 239 Nippes 99,6 157 Niveau d’instruction Aucun 98,1 1 001 Primaire 98,1 2 188 Secondaire ou plus 98,4 2 030 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 98,2 1 059 Second 98,4 1 038 Moyen 98,2 1 130 Quatrième 98,0 1 135 Le plus élevé 98,4 856 Ensemble 98,2 5 218 SRO = Sels de Réhydratation Orale. 10.4 ÉVACUATION DES SELLES DES ENFANTS Selon l’OMS, « les selles de jeunes enfants sont particulièrement susceptibles de contenir des germes pathogènes diarrhéiques; il faut recueillir les selles aussitôt après la défécation et les jeter dans les latrines ou les enfouir dans le sol ». Au cours de l’EMMUS-V, des informations ont été collectées auprès des mères afin 160 • Santé de l’enfant de déterminer les moyens utilisés pour évacuer les selles des enfants. Le tableau 10.11 présente le pourcentage d’enfants les plus jeunes de moins de cinq ans, vivant avec leur mère, selon les moyens utilisés pour évacuer les dernières selles des enfants et le pourcentage d’enfants dont les selles ont été évacuées de manière hygiénique, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 10.11 Évacuation des selles des enfants Répartition (en %) des enfants de moins de cinq ans les plus jeunes, vivant avec la mère par moyens d’évacuation des dernières selles des enfants, et pourcentage d’enfants dont on s’est débarrassé des selles de manière hygiénique, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Moyens pour se débarrasser des selles des enfants Total Pour- centage d’enfants dont on s’est débarrassé des selles de manière hygié- nique1 Effectif d’enfants Enfant utilise les toilettes ou latrines Jetées/ rinsées dans toilettes ou latrines Enterrées Jetées/ rinsées dans égouts/ caniveaux Jetées aux ordures Laissées à l’air libre Autre Manquant Age en mois <6 0,6 57,1 1,4 14,5 11,7 10,6 3,9 0,2 100,0 59,1 696 6-11 0,6 59,8 1,6 10,3 12,6 13,9 1,3 0,0 100,0 62,0 730 12-23 2,1 63,3 2,3 6,1 10,3 14,9 0,8 0,1 100,0 67,7 1 151 24-35 6,6 58,6 2,3 4,6 8,6 17,5 1,0 0,8 100,0 67,5 956 36-47 20,0 55,1 0,8 2,2 5,2 16,1 0,5 0,1 100,0 75,9 624 48-59 38,4 34,1 1,0 3,4 5,2 17,0 0,2 0,7 100,0 73,5 536 Installation sanitaire2 Améliorée, non partagée 13,1 75,1 0,3 4,3 6,0 0,6 0,1 0,5 100,0 88,4 1 042 Partagée3 9,7 78,6 0,1 3,9 4,8 2,3 0,4 0,0 100,0 88,5 1 351 Non améliorée ou partagée 6,9 35,0 3,3 9,8 13,2 29,0 2,3 0,4 100,0 45,2 2 297 Milieu de résidence Urbain 9,6 69,9 0,3 3,9 10,4 4,0 1,7 0,3 100,0 79,7 1 719 Rural 8,8 48,7 2,6 8,6 8,6 21,4 1,1 0,3 100,0 60,0 2 973 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 8,1 69,1 0,3 4,2 12,5 2,6 2,8 0,4 100,0 77,4 866 Autres villes (sans camps) 11,5 72,5 0,3 3,8 5,1 6,2 0,5 0,2 100,0 84,2 711 Urbain (sans camps) 9,6 70,6 0,3 4,0 9,2 4,2 1,8 0,3 100,0 80,5 1 577 Rural (sans camps) 8,8 48,3 2,6 8,6 8,7 21,6 1,1 0,3 100,0 59,7 2 931 Camps 8,8 64,9 0,3 4,2 18,8 2,8 0,2 0,1 100,0 74,0 184 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 8,1 69,1 0,3 4,2 12,5 2,6 2,8 0,4 100,0 77,4 866 Reste-Ouest 8,9 57,2 1,9 6,2 5,1 19,8 0,1 0,7 100,0 68,0 796 Sud-Est 13,6 49,2 2,1 10,2 7,5 16,1 1,0 0,3 100,0 64,9 212 Nord 8,4 60,8 2,2 6,6 9,4 10,6 1,6 0,2 100,0 71,5 468 Nord-Est 8,9 63,3 3,0 7,7 2,3 13,1 1,5 0,2 100,0 75,2 188 Artibonite 10,6 58,0 1,5 4,7 4,7 19,1 1,3 0,0 100,0 70,2 708 Centre 10,1 36,2 4,7 13,1 14,1 21,2 0,3 0,2 100,0 51,0 373 Sud 5,2 51,4 0,2 7,3 10,2 23,9 1,6 0,2 100,0 56,8 355 Grande-Anse 5,0 34,2 2,2 11,0 14,3 30,8 2,3 0,2 100,0 41,4 173 Nord-Ouest 12,1 50,7 2,6 9,8 12,2 12,1 0,2 0,3 100,0 65,4 224 Nippes 11,8 45,7 2,6 9,4 8,1 21,6 0,8 0,0 100,0 60,1 145 Niveau d’instruction de la mère Aucun 10,8 37,4 3,0 10,1 12,0 25,8 0,8 0,0 100,0 51,3 924 Primaire 9,4 51,3 2,2 7,4 9,7 17,7 2,0 0,3 100,0 62,9 1 975 Secondaire ou plus 7,8 71,9 0,5 4,7 7,3 6,5 0,7 0,5 100,0 80,3 1 794 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 6,7 31,4 4,1 12,8 12,7 30,2 1,8 0,2 100,0 42,2 1 002 Second 10,3 43,8 3,1 7,2 10,1 24,3 1,3 0,0 100,0 57,1 980 Moyen 8,2 63,0 0,8 4,9 10,5 10,2 2,0 0,4 100,0 72,0 990 Quatrième 9,1 75,0 0,2 5,1 4,0 5,7 0,6 0,2 100,0 84,4 974 Le plus élevé 11,8 73,8 0,0 3,4 8,8 0,9 0,4 0,8 100,0 85,6 746 Ensemble4 9,1 56,5 1,7 6,9 9,3 15,0 1,3 0,3 100,0 67,3 4 692 1 On considère que les selles des enfants sont évacuées de manière hygiénique si l’enfant utilise des toilettes ou des latrines, si les matières fécales sont jetées/rincées dans des toilettes ou des latrines ou si elles sont enterrées. 2 Se reporter au Tableau 2.2 pour la définition des catégories. 3 Type d’installations sanitaires qui seraient considérés comme "améliorées" si elles n’étaient pas partagées par deux ménages ou plus. 4 Y compris 2 enfants dont l’information sur l’installation est manquante. Santé de l’enfant • 161 Globalement, on constate que dans seulement 67 % des cas, les mères se débarrassent des selles des enfants de manière hygiénique : soit l’enfant utilise des toilettes ou latrines (9 %), soit les selles sont jetées dans des toilettes (57 %), soit les selles sont enterrées (2 %). À l’opposé, dans 31 % des cas, les selles sont, soit laissées à l’air libre (15 %), soit jetées dans les égouts/caniveaux (7 %), soit jetées aux ordures (9 %), augmentant ainsi le risque de propagation de maladies. On note que, quand le ménage dispose de toilettes améliorées et privées, les selles des enfants sont évacuées de manière hygiénique dans 88 % des cas contre 45 % des cas pour les ménages ne disposant pas de toilettes améliorées. De même, pour 80 % des enfants dont la mère a au moins un niveau secondaire, les selles ont été évacuées de manière hygiénique. Cette proportion est aussi très élevée parmi les enfants des deux derniers quintiles (84 % pour le quatrième quintile et 86 % pour le quintile le plus élevé). Le pourcentage d’enfants dont on s’est débarrassé des selles de façon hygiénique est plus élevé en milieu urbain (80 %) qu’en milieu rural (60 %). Ce pourcentage varie selon les départements allant de 77 % dans l’Aire Métropolitaine à 41 % dans la Grande-Anse. État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 163 ÉTAT NUTRITIONNEL, ALLAITEMENT ET PRATIQUES ALIMENTAIRES 11 ans les pays en voie de développement, la malnutrition affecte surtout les groupes vulnérables que sont les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes et les femmes qui allaitent. Elle est la résultante d’une alimentation inadéquate due à des pratiques alimentaires inappropriées1 et à la prévalence des maladies infectieuses et parasitaires qui se développent dans des conditions d’hygiène environnementale, individuelle et collective déficientes. De plus, les enfants mal nourris sont plus susceptibles que les autres d’être affectés par des maladies infectieuses et donc plus exposés aux risques de décès ; en outre, la malnutrition affecte le développement mental de l’enfant. Ce chapitre porte sur l’alimentation des enfants, leur état nutritionnel et celui des femmes de 15-49 ans. Il s’articule autour de quatre parties : la première est consacrée à l’état nutritionnel des enfants de moins de 5 ans évalué à partir des mesures anthropométriques (poids et taille) ; la deuxième présente les résultats concernant les pratiques d’allaitement maternel et les pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant ; la troisième aborde les carences en micronutriments (iode, vitamine A) et la prévalence de l’anémie chez les enfants ; enfin, la quatrième partie est consacrée à la présentation des résultats sur l’état nutritionnel des femmes de 15-49 ans évalué à partir des mesures anthropométriques (poids et taille). La prévalence de l’anémie des femmes et des hommes ainsi que de la consommation de micronutriments par les femmes clôturent ce chapitre. 1 Les pratiques alimentaires inappropriées font référence, non seulement à la qualité et à la quantité des aliments donnés aux enfants, mais aussi aux étapes de l’introduction de ces aliments dans leur alimentation. D Principaux résultats • Un peu plus d’un cinquième des enfants de 0-59 mois (22 %) souffre de malnutrition chronique et 8 % en sont atteints sous la forme sévère ; 5 % souffrent de malnutrition aigüe et 1 % sous la forme sévère ; 11 % présentent une insuffisance pondérale et 3 % sous la forme sévère. • La quasi-totalité des enfants sont allaités (97 %), mais seulement 47 % d’entre eux sont mis au sein dans l’heure qui suit la naissance. Seulement 40 % des enfants ont été allaités exclusivement au sein jusqu’à l’âge de 6 mois. • Près de deux enfants de 6-59 mois sur trois (65 %) sont atteints d’anémie : 31 % sous une forme légère, 34 % sous une forme modérée et 1 % sous une forme sévère. • Moins de la moitié des enfants de 6-59 mois (44 %) ont reçu des suppléments de vitamine A au cours des six derniers mois avant l’enquête. Près de deux enfants de 6-23 mois sur trois (64 %) ont consommé des aliments riches en vitamine A au cours des 24 heures précédant l’enquête. • Près d’une femme sur deux (49 %) est atteinte d’anémie : 37 % sous la forme légère, 11 % sous la forme modérée et 1 % sous la forme sévère. • Une femme sur quatre (25 %) présente un surpoids ou est obèse. Cette proportion atteint 34 % dans l’Aire Métropolitaine. 164 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires 11.1 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS 11.1.1 Méthodologie L’évaluation de l’état nutritionnel est basée sur le concept d’après lequel, dans une population bien nourrie, les répartitions des mensurations des enfants, pour un âge donné, se rapprochent d’une distribution normale. Il est, en outre, généralement admis que le potentiel génétique de croissance des enfants est le même dans la plupart des populations, indépendamment de leur origine. À des fins de comparaison, l’OMS a adopté en 2006 de nouvelles normes de croissance mondiales pour le nourrisson et l’enfant de moins de 5 ans (WHO Multicenter Growth Reference Study Group, 2006). Les résultats présentés dans ce chapitre sont basés sur ces nouvelles normes de croissance et, par conséquent, ils ne sont pas directement comparables à ceux basés sur les références du NCHS/CDC/OMS de 1977 utilisées dans les enquêtes antérieures. Trois indices exprimés en unités d’écart-type (Z score) par rapport à la médiane de cette population de référence et utilisant les mesures du poids et de la taille en combinaison avec l’âge, permettent de déterminer l’état nutritionnel des jeunes enfants, à savoir: le retard de croissance (taille-pour-âge), l`émaciation (poids- pour-taille) et l`insuffisance pondérale (poids-pour-âge). Au cours de la collecte des données, dans deux ménages sur trois de l’échantillon, les enfants de moins de 5 ans présents dans ces ménages ont été pesés et mesurés. Au total, 4 646 enfants étaient éligibles pour être pesés et mesurés (Annexe C, tableau C.3) ; cependant, les données présentées ici ne portent que sur 97 % d’entre eux (soit 4 529). En effet, dans 3 % des cas, soit les enfants n’ont pas été mesurés pour diverses raisons (absence, maladie, etc.), soit leur âge est manquant ou trop imprécis pour calculer les indices, soit encore les données enregistrées ont été exclues parce que invraisemblables (par exemple, un enfant ayant le poids ou la taille d’un adulte). Le tableau 11.1 présente le pourcentage d’enfants souffrant de malnutrition selon les trois indices anthropométriques et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Parmi les 4 529 enfants, 3 895 vivaient dans le même ménage que leur mère et pour 635 enfants, la mère vivait ailleurs ou était décédée. Tableau 11.1 État nutritionnel des enfants Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans considérés comme atteints de malnutrition selon les trois indices anthropométriques de mesure de l’état nutritionnel : la taille en fonction de l’âge, le poids en fonction de la taille et le poids en fonction de l’âge, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012. Caractéristique sociodémographique Taille-pour-Âge1 Poids-pour-Taille Poids-pour-Âge Effectif d’enfants Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Score centré réduit moyen (ET) Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Pourcen- tage au- dessus de +2 ET Score centré réduit moyen (ET) Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Pourcen- tage au- dessus de +2 ET Score centré réduit moyen (ET) Âge en mois <6 5,2 10,0 -0,3 2,7 7,6 7,9 -0,0 3,9 8,3 2,9 -0,3 424 6-8 1,8 7,7 -0,2 2,6 9,7 3,7 -0,3 3,7 12,2 3,8 -0,5 271 9-11 3,5 10,7 -0,4 2,2 9,1 1,2 -0,4 3,8 11,9 0,0 -0,6 268 12-17 6,2 17,2 -0,8 0,2 7,4 4,2 -0,2 2,0 12,2 2,6 -0,5 484 18-23 8,3 25,3 -1,1 0,9 5,0 4,0 -0,1 2,8 10,8 0,7 -0,6 425 24-35 9,7 28,5 -1,3 0,7 2,5 4,0 0,0 2,6 9,2 1,0 -0,6 946 36-47 11,0 29,2 -1,3 0,8 3,2 2,1 -0,1 3,6 12,4 0,5 -0,8 846 48-59 7,7 22,0 -1,1 1,4 4,8 2,7 -0,2 3,3 13,6 0,3 -0,8 864 Sexe Masculin 8,2 23,3 -1,0 1,1 5,5 4,0 -0,1 3,1 12,2 1,6 -0,6 2 337 Féminin 7,4 20,3 -1,0 1,3 4,7 3,1 -0,1 3,2 10,5 0,9 -0,7 2 192 Intervalle intergénésique en mois3 Première naissance4 4,9 15,7 -0,7 1,2 5,8 2,8 -0,1 2,1 9,3 1,5 -0,5 1 240 <24 11,1 26,8 -1,2 1,7 5,7 4,7 -0,2 4,9 14,1 0,8 -0,8 505 24-47 11,2 27,3 -1,2 1,1 5,1 3,1 -0,2 4,3 15,1 1,0 -0,8 1 192 48+ 4,2 16,2 -0,7 1,6 4,0 5,3 -0,0 1,9 7,8 1,7 -0,4 896 À suivre… État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 165 Tableau 11.1—Suite Caractéristique sociodémographique Taille-pour-Âge1 Poids-pour-Taille Poids-pour-Âge Effectif d’enfants Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Score centré réduit moyen (ET) Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Pourcen- tage au- dessus de +2 ET Score centré réduit moyen (ET) Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Pourcen- tage au- dessus de +2 ET Score centré réduit moyen (ET) Grosseur à la naissance3 Très petit 10,0 26,7 -1,2 2,2 9,4 2,9 -0,4 5,7 18,4 0,7 -1,0 688 Petit 8,1 23,4 -1,0 2,2 5,2 3,2 -0,4 4,9 14,5 1,2 -0,8 562 Moyen ou plus gros que la moyenne 6,7 18,8 -0,9 0,9 4,0 4,1 -0,0 2,1 8,8 1,5 -0,5 2 577 Présence de la mère Mère interviewée vivant dans le ménage 7,5 20,9 -0,9 1,3 5,2 3,7 -0,1 3,1 11,4 1,3 -0,6 3 833 Mère non interviewée mais vivant dans le ménage 9,4 24,0 -1,2 1,7 7,7 7,3 0,1 4,7 9,6 1,6 -0,7 62 Mère non interviewée et ne vivant pas dans le ménage5 9,4 27,4 -1,1 0,5 4,6 2,3 -0,1 2,9 11,5 0,8 -0,7 635 État nutritionnel de la mère6 Maigre (IMC<18.5) 15,4 31,5 -1,4 4,5 13,1 1,5 -0,8 8,3 26,5 0,3 -1,3 370 Normal (IMC18.5-24.9) 7,4 21,5 -1,0 0,8 4,6 3,6 -0,1 2,4 11,0 1,3 -0,6 2 501 En surpoids/obèse (IMC ≥ 25) 4,5 15,1 -0,7 1,5 3,8 5,0 0,1 2,9 6,6 1,7 -0,3 971 Milieu de résidence Urbain 5,5 15,8 -0,7 0,8 4,7 3,1 -0,1 2,5 8,3 1,0 -0,5 1 468 Rural 8,9 24,7 -1,1 1,4 5,3 3,8 -0,1 3,4 12,9 1,3 -0,7 3 061 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 6,0 15,4 -0,7 1,0 4,9 3,6 -0,0 2,4 7,3 0,6 -0,4 697 Autres villes (sans camps) 4,9 15,5 -0,7 0,7 4,4 2,6 -0,2 2,9 9,4 1,4 -0,5 660 Urbain (sans camps) 5,5 15,5 -0,7 0,9 4,6 3,1 -0,1 2,6 8,3 1,0 -0,5 1 357 Rural (sans camps) 9,0 24,8 -1,1 1,4 5,3 3,8 -0,1 3,4 12,9 1,3 -0,7 3 023 Camps 4,7 20,2 -0,9 0,8 6,4 2,3 -0,1 1,0 8,4 1,2 -0,6 150 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 6,0 15,4 -0,7 1,0 4,9 3,6 -0,0 2,4 7,3 0,6 -0,4 697 Reste-Ouest 7,6 17,3 -0,9 1,3 5,9 5,1 -0,0 2,5 10,8 2,0 -0,5 784 Sud-Est 9,6 28,8 -1,1 0,9 3,2 2,5 -0,1 1,6 12,5 0,6 -0,7 235 Nord 9,9 25,0 -1,1 0,9 3,9 2,4 -0,2 4,2 14,2 0,7 -0,8 474 Nord-Est 7,7 22,1 -1,1 1,0 4,4 3,9 -0,1 3,8 12,6 0,5 -0,7 188 Artibonite 7,5 26,4 -1,0 1,6 4,3 3,5 -0,1 4,0 12,1 1,2 -0,7 684 Centre 10,1 28,0 -1,2 1,4 5,7 3,6 -0,2 4,5 14,7 1,4 -0,8 397 Sud 6,6 19,4 -0,9 1,3 5,6 3,8 -0,1 3,0 9,9 2,1 -0,6 366 Grande-Anse 11,6 26,0 -1,2 1,1 5,2 3,9 -0,0 3,0 14,5 1,0 -0,8 192 Nord-Ouest 7,8 22,9 -1,0 1,4 7,5 1,6 -0,3 3,9 12,7 0,5 -0,8 238 Nippes 3,6 17,2 -0,8 0,9 5,9 4,0 -0,1 1,2 8,3 2,6 -0,5 124 Niveau d’instruction de la mère7 Aucun 13,2 33,6 -1,4 1,5 5,2 2,4 -0,2 4,4 18,4 1,0 -0,9 828 Primaire 8,3 22,4 -1,0 1,4 5,6 4,2 -0,2 3,7 12,6 1,0 -0,7 1 695 Secondaire ou plus 3,2 11,5 -0,6 1,1 4,8 4,2 -0,0 1,7 5,5 1,8 -0,4 1 371 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 12,9 31,0 -1,3 1,0 5,6 3,5 -0,1 4,3 17,8 1,3 -0,9 1 138 Second 9,3 26,5 -1,1 1,4 4,5 4,0 -0,1 3,2 11,4 1,1 -0,7 1 052 Moyen 5,9 20,6 -1,0 1,1 5,4 3,3 -0,2 3,0 11,5 0,6 -0,7 874 Quatrième 5,1 16,1 -0,8 1,9 6,3 3,8 -0,1 2,8 7,9 1,5 -0,5 857 Le plus élevé 2,1 6,6 -0,3 0,4 3,2 3,1 0,0 1,3 3,8 1,9 -0,2 607 Ensemble8 7,8 21,9 -1,0 1,2 5,1 3,6 -0,1 3,1 11,4 1,2 -0,6 4 529 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont passé, dans le ménage, la nuit ayant précédé l’interview. Chaque indice est exprimé en termes d’unités d’écart type (ET) par rapport à la médiane des Normes OMS de la croissance de l’enfant adoptées en 2006. Les indices présentés dans ce tableau ne sont PAS comparables à ceux basés sur les normes NCHS/CDC/OMS de 1977 utilisées précédemment. Le tableau est basé sur les enfants dont les dates de naissance (mois et année) et les mesures du poids et de la taille sont valables. 1 Les enfants de moins de 2 ans sont mesurés en position allongée de même que, dans quelques cas, les enfants dont l’âge est inconnu et qui mesurent moins de 85 cm; les autres enfants sont mesurés en position debout. 2 Y compris les enfants qui se situent en-dessous de -3 ET de la médiane des Normes OMS de la croissance de l’enfant. 3 Non compris les enfants dont la mère n’a pas été interviewée. 4 Les premières naissances multiples (jumeaux, triplés, etc.) sont comptées comme première naissance parce qu’elles n’ont pas d’intervalle avec la naissance précédente. 5 Y compris les enfants dont la mère est décédée. 6 Non compris les enfants dont la mère n’a pas été pesée et mesurée. L’état nutritionnel de la mère, basé sur l’IMC (Indice de Masse Corporelle), est présenté au tableau 11.10. 7 Pour les femmes qui n’ont pas été interviewées, l’information provient du questionnaire Ménage. Non compris les enfants dont la mère n’est pas listée dans le questionnaire Ménage. 8 Y compris 5 enfants dont la grosseur à la naissance n’est pas déterminée. 166 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires 11.1.2 Retard de croissance La malnutrition chronique, souvent d’origine protéino-énergétique, se traduit par une taille trop petite pour l’âge et correspond à un retard de croissance. Les enfants dont l’indice taille-pour-âge se situe en dessous de moins de deux écarts types de la médiane de la population de référence sont considérés comme accusant un retard de croissance. Cette situation est généralement la conséquence d’une alimentation inadéquate et/ou de maladies infectieuses survenues pendant une période relativement longue ou qui se sont manifestées à plusieurs reprises. De plus, on considère qu’après l’âge de deux ans, « …il y a peu de chance pour qu’une intervention quelle qu’elle soit puisse améliorer la croissance » (Delpeuch, 1991). La valeur de l’indice taille- pour-âge est révélatrice de la qualité de l’environnement et, d’une manière générale, du niveau de développement socio-économique d’une population. L’enfant qui a une taille trop petite pour son âge peut, cependant, avoir un poids correspondant à sa taille du moment. Ainsi, un enfant de trois ans présentant cette forme de malnutrition, peut avoir la taille d’un autre enfant de deux ans bien nourri. C’est pour cette raison que la malnutrition chronique n’est pas toujours visible dans une population. L’indice taille-pour-âge, qui rend compte de la taille d’un enfant par rapport à son âge, est donc une mesure des effets à long terme de la malnutrition et il ne varie que très peu en fonction de la saison au cours de laquelle les enfants ont été mesurés. Selon le tableau 11.1, un peu plus d’un cinquième des enfants de moins de 5 ans (22 %) souffrent de malnutrition chronique (modérée ou sévère) : 8 % sous sa forme sévère (l’indice taille-pour-âge se situe à moins de 3 écarts type de la médiane taille-pour-âge de la population de référence) et 14 % sous sa forme modérée2. Ce niveau de malnutrition présente des variations importantes selon les caractéristiques sociodémographiques. Tout d’abord, on note que l’état nutritionnel des enfants dont la mère ne vit pas dans le ménage est plus préoccupant que celui des enfants qui vivent avec leur mère : 27 % contre 21 % pour la malnutrition chronique ; pour la forme sévère, les proportions sont quasiment identiques (9 % contre 8 %). Les variations selon l’âge sont importantes : à partir de 9-11 mois, la prévalence augmente régulièrement avec l’âge jusqu’à 36-47 mois, groupe d’âges dans lequel 29 % des enfants sont touchés par la malnutrition chronique avant de décliner pour concerner néanmoins environ un enfant sur cinq (22 %) à 48-59 mois (Graphique 11.1). Graphique 11.1 État nutritionnel des enfants de moins de 5 ans 2 Différence entre le pourcentage en dessous de -2ET et du pourcentage de ceux en dessous de -3ET. 0 5 10 15 20 25 30 35 40 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40 42 44 46 48 50 52 54 56 58 Pourcentage Âge en mois Retard de croissance Émaciation Insuffisance pondérale EMMUS-V Haïti 2012 État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 167 Le niveau de malnutrition chronique est légèrement plus élevé chez les enfants de sexe masculin que chez ceux de sexe féminin (23 % contre 20 %). L’intervalle intergénésique semble également avoir une influence sur la prévalence de la malnutrition chronique, puisque les enfants nés moins de 48 mois après l’enfant précédent ont une prévalence de 27 % contre 16 % pour ceux dont l’espacement avec la naissance précédente est de 48 mois ou plus. Quand l’enfant est le premier né, la prévalence de la malnutrition chronique est de 16 %. Par ailleurs, la malnutrition chronique varie aussi en fonction de la taille de l’enfant à la naissance. C’est chez les enfants considérés par la mère comme très petits à la naissance que la prévalence de la malnutrition chronique est la plus élevée (27 %) et parmi ceux, considérés comme moyens ou plus gros que la moyenne qu’elle est la plus faible (19 %). On note aussi des écarts importants selon l’état nutritionnel de la mère, la proportion d’enfants accusant un retard de croissance variant de 32 % quand la mère a un IMC inférieur à 18,5, c’est-à-dire qu’elle présente un état de déficience énergétique chronique, à 21,5 % quand elle a un IMC normal et à 15 % quand elle présente un excès pondéral ou qu’elle est obèse. Par ailleurs, on constate que cette prévalence décroît de façon importante quand le niveau d’instruction de la mère ou le niveau de bien-être économique du ménage augmente. Les résultats selon le milieu de résidence montrent que la prévalence du retard de croissance est beaucoup plus importante en milieu rural (25 %) qu’en milieu urbain (16 %). Dans les départements, le niveau du retard de croissance varie d’un minimum de 15 % dans l’Aire Métropolitaine à un maximum de 29 % dans le Sud-Est, suivi du Centre (28 %). 11.1.3 Émaciation Le tableau 11.1 présente également la prévalence de la malnutrition aiguë, évaluée par l’indice poids- pour-taille. Cet indice qui donne une mesure de la masse du corps en relation avec la taille reflète la situation nutritionnelle actuelle (au moment de l’enquête). Il peut donc être fortement influencé par la saison pendant laquelle s’est effectuée la collecte des données. En effet, la plupart des facteurs susceptibles d’entraîner des perturbations du poids et de la taille de l’enfant, comme des maladies infectieuses (rougeole, diarrhée, etc.) ou la sécheresse et les périodes de soudure caractérisées par des déficits alimentaires sont très sensibles aux variations saisonnières. Ce type de malnutrition, encore appelé émaciation, est la conséquence d’une alimentation insuffisante durant la période récente ayant précédé l’enquête ou d’une perte de poids consécutive à une maladie (diarrhée sévère, rougeole ou anorexie, par exemple) ou de pratiques alimentaires inappropriées chez les enfants. Un enfant souffrant de cette forme de malnutrition est maigre ou émacié. Les enfants dont l’indice poids-pour-taille se situe à moins de deux écarts-type en dessous de la médiane poids-pour-taille de la population de référence sont considérés comme étant atteints de malnutrition aiguë ; entre moins deux écarts- type et moins trois écarts-type, il s’agit de malnutrition aiguë modérée et à moins de trois écarts-type, il s’agit de malnutrition aiguë sévère. En Haïti, 5 % d’enfants de moins de 5 ans sont atteints de malnutrition aiguë : 1 % sous la forme sévère et 4 % sous la forme modérée. Les enfants âgés de moins de 18 mois sont ceux qui souffrent le plus fréquemment de malnutrition aiguë, avec une prévalence qui varie entre un minimum de 7 % à 12-17 mois et 10 % à 6-8 mois. À partir de 18 mois, la proportion diminue avec l’âge pour atteindre 3 % à 36-47 mois. Il y a peu de différence selon le sexe (6 % pour les garçons contre 5 % pour les filles). De même, les écarts selon la durée de l’intervalle entre les naissances ne sont pas très importants, la prévalence variant de 6 % quand l’intervalle est inférieur à moins de 24 mois, à 4 % quand cet intervalle est d’au moins 48 mois. Par contre, la grosseur de l’enfant à la naissance semble influencer le niveau de la malnutrition aiguë chez les enfants de moins de cinq ans: en effet, le pourcentage varie de 9 % lorsque l’enfant est très petit à la naissance à 4 % lorsqu’il s’agit d’un enfant considéré comme moyen ou plus gros que la moyenne. Il en est de même de 168 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires l’état nutritionnel de la mère puisque, quand elle est maigre, 13 % des enfants sont émaciés et quand son IMC est normal, ce pourcentage est de 5 %. Le niveau d’instruction de la mère a peu d’influence sur la prévalence de l’émaciation de l’enfant : 5 % quel que soit le niveau d’instruction. Les résultats selon le niveau de bien-être du ménage font apparaitre un écart entre les ménages des quatre premiers quintiles et ceux du quintile le plus élevé puisque dans ces derniers, la proportion d’enfants souffrant de malnutrition aiguë est environ deux fois plus faible que dans les autres (3 % contre 5-6 %). Selon le milieu de résidence, on ne note pas d’écarts entre les milieux urbain et rural (prévalence de 5 % dans les deux cas). Dans les départements, on constate que c’est le Nord-Ouest (8 %) qui détient la proportion d’enfants émaciés la plus élevée et le Sud-Est la proportion la plus faible (3 %). 11.1.4 Insuffisance pondérale Le tableau 11.1 présente enfin l’état nutritionnel des enfants évalué au moyen de l’indice poids-pour- âge. Cet indice reflète à la fois et sans les différencier, les deux précédents types de malnutrition chronique et aigüe. C’est donc un indice combiné (puisqu’un faible poids-pour-âge peut être provoqué par la maigreur comme par le retard de croissance) qui traduit une insuffisance pondérale chez les enfants. C’est la mesure la plus utilisée par les services de santé pour le suivi des progrès nutritionnels et la surveillance de la croissance des jeunes enfants. Cependant, son utilité reste limitée, car il ne permet pas de distinguer les déficiences alimentaires de longue durée (retard de croissance) et de celles récentes (émaciation). Comme l’indice poids- pour-taille, cet indice est sensible aux variations saisonnières et sa valeur est limitée quand il n’en existe qu’une seule mesure dans le temps. Les enfants dont l’indice poids-pour-âge se situe à moins de deux écarts- type en dessous de la médiane de l’indice poids-pour-âge de la population de référence sont considérés comme souffrant d’insuffisance pondérale ; entre moins deux écarts-type et moins trois écarts-type, on parle d’insuffisance pondérale modérée et à moins de trois écarts-type, on parle d’insuffisance pondérale sévère. En Haïti, un enfant de moins de 5 ans sur neuf (11 %) souffre d’insuffisance pondérale, et 3 % sous la forme sévère. Le pourcentage d’enfants atteints d’insuffisance pondérale varie de 8 % chez les enfants âgés de moins de 6 mois à 14 % chez ceux de 48-59 mois. On ne note pratiquement pas d’écart entre les garçons et les filles (respectivement 12 % contre 11 %). Par contre, le niveau de l’insuffisance pondérale des enfants varie de manière importante selon la grosseur de l’enfant à la naissance, de 18 % lorsque l’enfant était très petit à 9 % lorsqu’il était de taille moyenne ou plus gros que la moyenne. La durée de l’intervalle intergénésique affecte aussi la prévalence de l’insuffisance pondérale, celle-ci variant de 14 % quand l’intervalle est avec la naissance précédente est inférieur à 24 mois à 8 % quand il est d’au moins 48 mois. Il faut enfin souligner que quand la mère est maigre, 27 % des enfants présentent une insuffisance pondérale contre 11 % quand son IMC est normal. On constate aussi des écarts entre milieux et départements de résidence. En effet, 13 % des enfants en milieu rural ont un poids trop faible par rapport à leur âge contre 8 % en milieu urbain. Dans les départements, cette proportion varie de 7 % dans l’Aire Métropolitaine à 15 % dans la Grande-Anse et le Centre. Les résultats selon le niveau d’instruction de la mère montrent que la prévalence de l’insuffisance pondérale varie inversement avec le niveau d’instruction de la mère : de 18 % chez les enfants dont la mère est sans instruction à 6 % chez ceux dont la mère a atteint un niveau d’instruction secondaire ou plus. Enfin la fréquence de l’insuffisance pondérale est fonction du niveau du bien-être économique : moins ce dernier est élevé plus l’insuffisance pondérale est fréquente, passant de 18 % pour le quintile le plus bas à 4 % pour celui le plus élevé. État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 169 11.1.5 Surpoids La malnutrition ne se manifeste pas seulement par un retard de croissance ou la maigreur, mais peut aussi se traduire par un surpoids ou par l’obésité qui constituent des problèmes émergents et sérieux pour certains enfants dans les pays en développement. Les enfants dont l’indice poids-pour-taille se situe à plus de deux écarts-type au-dessus de la médiane poids-pour-taille de la population de référence sont considérés comme étant atteints de surpoids. En Haïti, seulement 4 % des enfants de moins de 5 ans ont un poids trop élevé par rapport à leur taille et sont donc atteints de cette forme de malnutrition (Tableau 11.1). À l’exception des enfants de moins de six mois parmi lesquels la prévalence du surpoids est de 8 %, on ne note pas d’écart important selon les autres caractéristiques sociodémographiques. 11.1.6 Évolution de l’état nutritionnel des enfants Différentes interventions ont été entreprises par les prestataires de soins au niveau institutionnel et par les agents de santé communautaire et collaborateurs volontaires pour améliorer l’état nutritionnel des enfants, particulièrement la promotion de l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois suivant la naissance, le suivi du poids de l’enfant grâce à sa pesée mensuelle et l’enregistrement de son poids sous forme de courbe de croissance sur les cartes de santé de l’enfant (Chemen Lasante), suivi d’actions appropriées. Les résultats de ces interventions peuvent être évalués en analysant l’évolution de l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans selon les données de l’enquête actuelle et celles des enquêtes précédentes. Pour pouvoir comparer les niveaux de malnutrition de l’EMMUS-V à ceux des deux EMMUS précédentes, les trois indices de malnutrition de 2000 (EMMUS-III) et ceux de 2005-2006 (EMMUS-IV) ont été recalculés en utilisant les nouvelles normes de croissance de 2006 qui ont été utilisées à l’EMMUS-V. Le graphique 11.2 présente les niveaux de malnutrition des enfants de moins de 5 ans selon les trois enquêtes. La comparaison des résultats montre que la proportion d’enfants accusant un retard de croissance n’a pas varié entre 2000 et 2005-2006, la prévalence étant estimée à 29 % au cours des deux EMMUS. Cependant, de 2005-2006, il semblerait qu’il y ait une légère amélioration de la situation nutritionnelle des enfants puisque la proportion de ceux accusant un retard de croissance est passée de 29 % à 22 %. Comme la prévalence de l’émaciation et, dans une moindre mesure, celle de l’insuffisance pondérale est influencée par les variations saisonnières, il est difficile d’interpréter les variations de ces indices au cours du temps : on constate cependant, que la proportion d’enfants émaciés a légèrement augmenté entre 2000 et 2005-2006 (de 5 % à 10 %) pour diminuer en 2012 et retrouver son niveau de 2000 (5 %). Les variations de l’insuffisance pondérale entre les trois enquêtes sont un peu plus importantes que celles des deux autres indices : en effet, entre 2000 et 2005-2006, on note une augmentation de la prévalence, celle-ci étant passée de 14 % en 2000 à 18 %. Par contre, depuis la précédente enquête, on observe une tendance à la baisse, puisque la proportion d’enfants présentant une insuffisance pondérale est passée de 18 % à 11 %. 170 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Graphique 11.2 État nutritionnel des enfants de moins de cinq ans selon l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V 11.2 ALLAITEMENT MATERNEL ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT Les pratiques alimentaires constituent des facteurs déterminants de l’état nutritionnel des enfants qui, à leur tour, influencent leur morbidité et leur mortalité. Parmi les pratiques alimentaires, celles relatives à l’allaitement maternel revêtent une importance particulière au cours des deux premières années de la vie. Le lait maternel constitue à bien des égards un aliment irremplaçable pour le nouveau-né. En effet, le lait maternel contient tous les éléments nutritifs nécessaires à la croissance et au développement harmonieux du nourrisson et, de par ses propriétés (stérile et riche en anticorps), il protège le jeune enfant des maladies infectieuses et de l’anémie. De plus, l’allaitement maternel à la demande et prolongé, contribue à l’allongement de la durée de l’aménorrhée post-partum qui, à son tour, peut allonger l’intervalle intergénésique et ainsi avoir un effet positif sur l’état de santé de la mère et sur la croissance et le développement de l’enfant. Compte tenu de l’importance de l’allaitement maternel dans l’alimentation du nourrisson, on a demandé aux mères si elles avaient allaité leurs enfants nés au cours des cinq années précédant l’enquête. On a aussi demandé aux mères, à quel moment l’enfant avait été mis au sein pour la première fois après la naissance, pendant combien de temps il avait été allaité, l’âge de l’enfant au moment de l’introduction d’aliments de complément, les différents types d’aliments de complément donnés et le nombre de fois que l’enfant avait reçu les aliments de complément le jour ou la nuit précédant le passage de l’agent enquêteur. 11.2.1 Début de l’allaitement maternel Le tableau 11.2 qui porte sur les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête, présente le pourcentage de ceux qui ont été allaités et le pourcentage de ceux qui ont été allaités dans l’heure ou le jour qui a suivi la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Il ressort des résultats que la quasi-totalité des enfants (97 %) ont été allaités. Cette proportion varie très peu, entre 92 % et 99 %, quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques des femmes. Bien que l’allaitement maternel soit une pratique généralisée, on constate cependant qu’en Haïti, seulement 47 % des enfants ont été mis au sein pour la première fois dans l’heure qui a suivi leur naissance et 81 % au cours des 24 heures qui ont suivi leur naissance. 29 5 14 29 10 18 22 5 11 Retard de croissance Émaciation Insuffisance pondérale Pourcentage EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 171 Tableau 11.2 Allaitement initial Parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête, pourcentage de ceux qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités dans l’heure qui a suivi la naissance et pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités le jour qui a suivi la naissance; parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête et qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont reçu des aliments avant d’être allaités, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l’enquête : Parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux dernières années et qui ont été allaités : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant été allaité Pourcentage ayant commencé à être allaité dans l’heure qui a suivi la naissance Pourcentage ayant commencé à être allaité le jour qui a suivi la naissance1 Effectif d’enfants derniers-nés Pourcentage ayant reçu des aliments avant d’être allaités2 Effectif d’enfants derniers-nés allaités Sexe Masculin 96,9 46,0 79,9 1 413 19,0 1 369 Féminin 96,6 47,4 81,5 1 369 19,2 1 323 Assistance à l’accouchement Prestataire formé3 95,9 47,0 81,7 1 123 18,4 1 077 Accoucheuse traditionnelle 92,4 42,3 74,0 88 24,2 81 Autre 97,6 46,6 80,1 1 512 19,5 1 475 Personne 98,3 48,4 86,1 53 17,1 52 Lieu de l’accouchement Établissement de santé 95,9 47,4 81,9 1 090 18,4 1 045 Maison 97,3 46,8 80,1 1 655 19,7 1 610 Autre (97,4) (23,8) (68,9) 38 (13,9) 37 Milieu de résidence Urbain 95,3 44,3 77,5 991 17,5 944 Rural 97,6 48,0 82,5 1 791 20,0 1 748 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 94,0 38,7 73,1 511 18,5 481 Autres villes (sans camps) 96,8 51,9 82,4 384 17,2 372 Urbain (sans camps) 95,2 44,4 77,1 895 17,9 853 Rural (sans camps) 97,7 47,9 82,5 1 764 20,0 1 723 Camps 95,0 46,9 80,2 123 15,1 116 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 94,0 38,7 73,1 511 18,5 481 Reste-Ouest 97,5 41,4 81,0 472 25,1 460 Sud-Est 97,4 42,0 73,6 140 24,3 137 Nord 97,5 57,0 89,0 284 11,6 277 Nord-Est 98,8 47,0 87,7 112 9,7 111 Artibonite 98,1 48,0 79,6 408 21,0 400 Centre 96,1 53,3 86,3 208 13,3 200 Sud 96,4 48,5 80,6 213 25,4 205 Grande-Anse 97,5 51,4 78,8 110 18,7 107 Nord-Ouest 98,1 63,2 93,7 125 14,7 123 Nippes 98,9 38,4 73,8 76 21,0 75 Niveau d’instruction de la mère Aucun 98,5 45,3 81,7 500 18,6 493 Primaire 97,1 48,1 81,2 1 233 17,9 1 198 Secondaire ou plus 95,5 45,7 79,6 1 048 20,8 1 001 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 98,7 49,3 84,2 628 20,8 620 Second 97,3 44,5 77,2 593 18,7 577 Moyen 96,6 49,0 83,0 620 19,5 598 Quatrième 96,7 45,3 82,3 557 16,0 538 Le plus élevé 93,2 44,2 74,1 385 20,8 359 Ensemble4 96,8 46,7 80,7 2 782 19,1 2 692 Note : Le tableau est basé sur les enfants derniers-nés, nés au cours des deux années ayant précédé l’enquête, qu’ils soient en vie ou décédés au moment de l’enquête. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Y compris les enfants qui ont commencé à être allaités dans l’heure qui a suivi la naissance. 2 C’est-à-dire les enfants qui ont reçu autre chose que le lait maternel pendant les trois premiers jours. 3 Médecin, infirmière, infirmière/sage-femme ou sage-femme auxiliaire. 4 Y compris 6 enfants dont l’information sur l’assistance à l’accouchement est manquante. 172 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Il y a peu de différence selon le sexe de l’enfant. On note, par contre, que lorsque l’assistance à l’accouchement a été fournie par un prestataire de santé, la proportion de ceux qui ont été allaités dans l’heure qui a suivi la naissance est un peu plus élevée que quand la naissance a été assistée par une accoucheuse traditionnelle (47 % contre 42 %). Il en est de même pour ceux qui ont commencé à être allaités le jour qui a suivi la naissance par rapport à ceux qui ont reçu l’assistance d’un prestataire formé (82 % contre 74 %). Une proportion plus faible d’enfants vivant en milieu urbain (44 %) a été allaitée dans l’heure qui a suivi la naissance comparée à ceux vivant en milieu rural (48 %). Il en est de même pour ceux qui ont été allaités le jour qui a suivi la naissance : respectivement 78 % et 83 %. Dans les départements, la proportion d’enfants ayant été allaités dans l’heure qui a suivi la naissance varie de 38 % dans les Nippes à 63 % dans le Nord- Ouest. Le niveau d’instruction de la mère affecte très peu la pratique d’allaiter l’enfant dans l’heure qui suit la naissance. Conséquence partielle du retard dans le début de l’allaitement, 19 % des enfants allaités ont reçu des aliments avant le début de l’allaitement maternel. Quand la naissance a été assistée par une accoucheuse traditionnelle, 24 % des enfants ont reçu des aliments avant d’être allaités. Cette proportion est aussi élevée parmi ceux dont la mère a accouché à la maison (20 %) et parmi ceux du milieu rural (20 %). Dans les départements, on note que la pratique consistant à donner des aliments à l’enfant avant de l’allaiter est plus fréquente dans le Reste-Ouest (25 %), dans le Sud (25 % et dans le Sud-Est (24 %). Les résultats selon le niveau d’instruction et le niveau de bien-être du ménage ne mettent pas en évidence d’écarts importants. 11.2.2 Allaitement exclusif et introduction de l’alimentation de complément L’OMS, l’UNICEF et le MSPP recommandent que les enfants soient exclusivement nourris au sein jusqu’à l’âge de six mois. En effet, l’introduction d’aliments de complément avant l’âge de six mois diminue la prise de lait maternel par l’enfant, et donc la succion, ce qui réduit la production de lait par la mère. Par ailleurs, chez les populations économiquement pauvres, les aliments de complément sont souvent dépourvus de valeurs nutritives. Enfin, l’introduction d’aliments de complément à un âge précoce expose les enfants aux agents pathogènes et augmente ainsi leur risque de contracter des maladies infectieuses, notamment la diarrhée. Selon les normes nationales du MSPP relatives à l’alimentation du nourrisson, « l’allaitement au sein exclusif durant les six premiers mois est recommandé, à moins que l’alimentation de remplacement ne soit Acceptable, Faisable, Abordable, Durable et Sûre (AFADS) ». Par ailleurs, l’OMS, l’UNICEF et le MSSP recommandent également que l’allaitement maternel soit poursuivi jusqu’à l’âge de deux ans, mais qu’à partir de six mois, il soit complété par l’introduction d’autres aliments appropriés pour satisfaire les besoins alimentaires de l’enfant lui permettant la meilleure croissance possible. En effet, à partir de six mois, le lait maternel seul ne suffit plus pour couvrir les besoins nutritionnels de l’enfant. Les informations sur l’alimentation de complément ont été obtenues, auprès des mères, pour les enfants derniers-nés de moins de 2 ans vivant avec elles. On constate au tableau 11.3 et au graphique 11.3 que, dès leur naissance, presque tous les enfants sont allaités (98 %) et cette pratique se poursuit très longtemps après la naissance, puisque 92 % des enfants sont encore allaités à 9-11 mois. Cette proportion décroît ensuite rapidement pour atteindre 39 % chez les enfants de 18-23 mois. Cependant, la pratique de l’allaitement exclusif est peu courante : seulement 40 % des enfants de 0-5 mois ont été allaités exclusivement au sein. Par conséquent, la majorité de ces enfants (60 %) n’ont pas été allaités conformément aux recommandations en la matière. En effet, dès les premiers jours qui suivent la naissance, il est très fréquent que le nourrisson reçoive autre chose en plus du lait maternel : à 0-1 mois, 8 % d’enfants reçoivent, en plus, de l’eau seulement, 7 % reçoivent, en plus, d’autres types de liquides (y compris d’autres types de lait) et 15 % reçoivent, en plus, des aliments de complément. À l’opposé, les résultats révèlent que 17 % d’enfants de 6-9 mois ne reçoivent pas encore d’aliments de complément, et de ce fait, ne sont pas nourris de manière adéquate. L’utilisation du biberon n’est pas recommandée chez les enfants, car elle est le plus souvent associée à une augmentation des risques de maladies notamment diarrhéiques. Les biberons mal nettoyés et les tétines État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 173 mal stérilisées sont à l’origine de troubles gastriques, de diarrhées et de vomissements chez les bébés. Le tableau 11.3 montre qu’en Haïti, les mères utilisent fréquemment le biberon. Ainsi, près de deux enfants de 0-1 mois sur dix (19 %) avaient été nourris au biberon au cours des 24 heures ayant précédé l’interview. Cette proportion atteint 27 % pour les enfants âgés de 2-3 mois et 36 % pour ceux de 4-5 mois. Graphique 11.3 Allaitement selon l’âge de l’enfant Tableau 11.3 Type d’allaitement selon l’âge de l’enfant Répartition (en %) des enfants derniers-nés de moins de 2 ans vivant avec leur mère par type d’allaitement et pourcentage actuellement allaités ; pourcentage de l’ensemble des enfants de moins de deux ans utilisant un biberon, selon l’âge de l’enfant en mois, EMMUS-V Haïti 2012 Age en mois Non allaités Type d’allaitement Total Pourcentage actuellement allaités Effectif des enfants derniers-nés de moins de deux ans vivant avec leur mère Pourcentage utilisant un biberon Effectif d’enfants de moins de deux ans Exclusive- ment allaités Allaités et eau seule- ment Allaités et liquides non lactés1 Allaités et autres laits Allaités et aliments de complément 0-1 2,5 67,9 8,2 1,5 5,1 14,8 100,0 97,5 163 18,5 164 2-3 4,3 40,6 10,7 4,4 4,2 35,8 100,0 95,7 229 27,3 232 4-5 4,3 23,9 8,0 1,8 3,8 58,2 100,0 95,7 303 35,9 307 6-8 5,8 3,0 3,3 2,6 2,0 83,2 100,0 94,2 387 36,6 393 9-11 8,4 0,6 1,5 0,6 0,8 88,0 100,0 91,6 343 35,0 364 12-17 25,1 0,4 1,7 0,5 0,1 72,2 100,0 74,9 637 26,4 693 18-23 61,5 0,1 0,6 0,5 0,4 36,9 100,0 38,5 514 17,0 595 0-3 3,6 52,0 9,6 3,2 4,6 27,1 100,0 96,4 392 23,7 396 0-5 3,9 39,7 8,9 2,6 4,3 40,6 100,0 96,1 696 29,0 703 6-9 7,5 2,6 3,3 2,0 1,9 82,8 100,0 92,5 522 36,9 532 12-15 18,2 0,5 2,1 0,5 0,2 78,5 100,0 81,8 426 26,3 455 12-23 41,3 0,2 1,2 0,5 0,3 56,4 100,0 58,7 1 151 22,1 1 288 20-23 69,2 0,0 0,3 0,5 0,0 30,0 100,0 30,8 299 15,2 355 Note : Les données sur l’allaitement se rapportent à une période de 24 heures (hier et la nuit dernière). Les enfants classés dans la catégorie “Allaitement et eau seulement” ne reçoivent aucun complément liquide ou solide. Les catégories “Non allaités”, “Allaités exclusivement”, “Allaités et eau seulement”, “Liquides non lactés”, “Autres laits”, et “Aliments de complément” (solides et semi solides) sont hiérarchiques et mutuellement exclusives et la somme des pourcentages égale 100 %. Ainsi, les enfants qui sont allaités et qui reçoivent des liquides non lactés et qui ne reçoivent pas d’autres laits et qui ne reçoivent pas d’aliments de complément sont classés dans la catégorie “Liquides non lactés” même s’ils reçoivent également de l’eau. Tout enfant qui reçoit des aliments de complément est classé dans cette catégorie tant qu’il est toujours allaité. 1 Les liquides non lactés comprennent les jus, les boissons à base de jus, les bouillons et les autres liquides. 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 <2 2-3 4-5 6-7 8-9 10-11 12-13 14-15 16-17 18-19 20-21 22-23 Pourcentage Âge en mois Exclusivement allaités Allaités et eau seulement Allaités et autres laits Allaités et liquides non lactés Allaités et aliments de complément Non allaités EMMUS-V Haïti 2012 174 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Le graphique 11.4 présente les indicateurs d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (IYCF, sigle anglais) sur l’allaitement. Il ressort de ces données, que 40 % des enfants de moins de six mois et 24 % de ceux de 4-5 mois sont exclusivement allaités, alors que pour 51 % des enfants de moins six mois, l’allaitement n’est que prédominant3. En outre, les aliments solides, semi-solides ou mous ont été introduits pour près de neuf enfants de 6-8 mois sur dix (87 %). Par contre, seulement 60 % des enfants de moins de deux ans ont reçu une alimentation appropriée pour leur âge4, alors que près de trois enfants de ce même groupe d’âge sur dix (28 %) avaient été nourris au biberon au cours des 24 heures ayant précédé l’interview. On note que l’allaitement est poursuivi jusqu’à un an pour la majorité des enfants (82 %) et qu’il n’est poursuivi jusqu’à deux ans que pour environ un tiers des enfants (31 %). Graphique 11.4 Indicateurs de IYCF sur l’allaitement 3 Les enfants dans cette catégorie sont soit exclusivement allaités, soit allaités et reçoivent de l’eau seulement, soit allaités et reçoivent des liquides non lactés seulement. 4 Il s’agit des enfants de 0-5 mois qui sont exclusivement allaités et des enfants de 6-23 mois qui sont allaités et qui reçoivent les aliments de complément. 28 51 60 31 87 82 24 40 IYCF 14: Utilisation du biberon (0-23 mois) IYCF 12: Allaitement prédominant (0-5 mois) IYCF 11: Allaitement approprié à l’âge (0-23 mois) IYCF 10: Allaitement poursuivi à 2 ans IYCF 4: Introduction d’aliments solides, semi solides ou mous (6-8 mois) IYCF 3: Allaitement poursuivi à 1 an Allaitement exclusif à 4-5 mois IYCF 2: Allaitement exclusif avant 6 mois Pourcentage d’enfants EMMUS-V Haïti 2012 État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 175 11.2.3 Durée et fréquence de l’allaitement maternel La durée médiane de l’allaitement maternel est calculée pour les enfants derniers-nés âgés de moins de trois ans. Le tableau 11.4 indique qu’en Haïti, la moitié des enfants sont allaités au sein pendant une période inférieure à 17,0 mois. Par contre, les durées médianes de l’allaitement exclusif (1,7 mois) et de l’allaitement prédominant (2,4 mois), sont très courtes. Il n’y a pas de différence selon le sexe de l’enfant pour ces trois durées médianes. La durée médiane de l’allaitement est légèrement plus longue en milieu rural (17,6 mois) qu’en milieu urbain (15,6 mois). Selon le département, la durée médiane de l’allaitement passe d’un minimum de 14,1 mois dans l’Aire Métropolitaine à un maximum de 22,0 mois dans le Nord-Est. Il faut noter que la durée diminue selon le niveau d’instruction de la mère, passant de 19,3 mois pour les mères n’ayant aucune instruction à 15,8 mois pour celles qui ont atteint un niveau secondaire ou plus. Enfin, on constate que la durée médiane de l’allaitement maternel diminue au fur et à mesure que le niveau de vie du ménage dans lequel vit la mère augmente. Elle passe de 18,6 mois dans les ménages du quintile de bien-être économique le plus bas à 14,7 mois dans ceux du quintile le plus élevé. 11.2.4 Type d’aliments de complément Les informations relatives aux types d’aliments donnés aux enfants, derniers-nés de moins de deux ans vivant avec leur mère, sont présentées au tableau 11.5 selon qu’ils sont allaités ou non. L’introduction de liquides autres que le lait maternel et d’aliments solides ou semi-solides dans l’alimentation des enfants a lieu très tôt, avant l’âge de 6 mois ; elle augmente rapidement avec l’âge, cela quel que soit le type d’aliment. Ainsi, chez les enfants de 2-3 mois qui ont été allaités, 14 % avaient reçu d’autres liquides, 3 % avaient reçu du lait autre que le lait maternel et 19 % du lait en poudre pour enfant. Chez les derniers-nés de 4-5 mois, 24 % avaient déjà consommé des aliments à base de céréales, 19% avaient déjà pris des aliments solides ou semi-solides enrichis pour bébés et 12 % avaient déjà pris des fruits et légumes riches en vitamine A. À 6-8 mois, âges auxquels tous les enfants devraient déjà consommer des aliments de compléments en plus du lait maternel, 88 % étaient nourris selon ces critères. Tableau 11.4 Durée médiane de l’allaitement Durée médiane de l’allaitement, de l’allaitement exclusif et de l’allaitement prédominant des enfants nés au cours des trois années ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Durée médiane (en mois) de l’allaitement parmi les enfants nés au cours des trois dernières années1 Allaitement Allaitement exclusif Allaitement prédominant2 Sexe Masculin 16,7 1,8 2,4 Féminin 17,4 1,5 2,3 Milieu de résidence Urbain 15,6 1,6 2,1 Rural 17,6 1,8 2,7 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 14,1 1,2 1,8 Autres villes (sans camps) 17,1 2,0 2,4 Urbain (sans camps) 15,5 1,5 2,0 Rural (sans camps) 17,6 1,8 2,7 Camps 16,0 2,4 3,5 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 14,1 1,2 1,8 Reste-Ouest 15,9 2,1 3,2 Sud-Est 17,7 2,0 3,4 Nord 17,3 2,6 2,9 Nord-Est 22,0 2,9 3,6 Artibonite 17,6 1,1 1,2 Centre 19,6 2,7 4,3 Sud 17,3 1,2 2,0 Grande-Anse 20,0 2,3 4,9 Nord-Ouest 16,2 0,7 1,7 Nippes 19,0 0,7 2,2 Niveau d’instruction de la mère Aucun 19,3 1,2 2,3 Primaire 17,9 1,8 2,5 Secondaire ou plus 15,8 1,7 2,3 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 18,6 1,8 3,5 Second 18,7 1,8 2,2 Moyen 16,4 2,1 2,7 Quatrième 15,7 1,1 1,4 Le plus élevé 14,7 1,5 2,5 Ensemble 17,0 1,7 2,4 Moyenne pour tous les enfants 17,1 3,1 4,1 Note : Les durées moyenne et médiane sont basées sur les répartitions, au moment de l’enquête, des proportions de naissances par mois depuis la naissance. Y compris les enfants vivants et décédés au moment de l’enquête. na = Non applicable 1 On suppose que les enfants qui ne sont pas des derniers-nés et les enfants derniers-nés qui ne vivent pas actuellement avec leur mère ne sont pas actuellement allaités. 2 Soit exclusivement allaités ou qui ont reçu le lait maternel et de l’eau seulement, et/ou des liquides non lactés seulement. 17 6 • É ta t n ut rit io nn el , a lla ite m en t e t p ra tiq ue s al im en ta ire s Ta bl ea u 11 .5 A lim en ts e t l iq ui de s re çu s pa r l es e nf an ts le jo ur o u la n ui t a ya nt p ré cé dé l’ in te rv ie w Po ur ce nt ag e d’ en fa nt s de rn ie rs -n és d e m oi ns d e de ux a ns v iv an t a ve c le ur m èr e, p ar ty pe d ’a lim en ts c on so m m és le jo ur o u la n ui t a ya nt p ré cé dé l’ in te rv ie w , s el on q u’ ils s on t, ou n on , a lla ité s et se lo n l’â ge , E M M U S- V H aï ti 20 12 Ag e en m oi s Li qu id es Al im en ts s ol id es o u se m i s ol id es A lim en ts so lid es o u se m i- so lid es Ef fe ct if d’ en fa nt s La it en po ud re po ur e nf an t Au tre s la its 1 Au tre s liq ui de s2 A lim en ts en ric hi s po ur b éb és A lim en ts à ba se d e cé ré al es 3 Fr ui ts e t lé gu m es ric he s en vi ta m in e A4 Au tre s fru its e t lé gu m es A lim en ts à ba se d e ra ci ne s et de tu be rc ul es A lim en ts à ba se d e lé gu m in eu s es e t d e no ix Vi an de , po is so n, vo la ill e O eu fs Fr om ag e, ya ou rt, au tre s pr od ui ts la iti er s EN FA N TS A LL AI TE S 0- 1 7, 7 0, 5 3, 5 12 ,9 0, 2 0, 0 0, 1 1, 6 0, 0 0, 0 0, 0 0, 3 15 ,2 15 9 2- 3 18 ,8 2, 5 13 ,6 13 ,6 12 ,1 3, 6 2, 3 2, 8 2, 9 1, 7 0, 8 6, 6 37 ,4 21 9 4- 5 20 ,3 6, 0 29 ,4 18 ,5 23 ,9 11 ,9 9, 3 9, 0 5, 5 4, 1 0, 7 9, 8 60 ,8 29 0 6- 8 20 ,1 9, 9 50 ,7 10 ,9 62 ,7 34 ,3 16 ,4 17 ,4 27 ,2 14 ,7 8, 0 11 ,0 88 ,4 36 4 9- 11 18 ,6 14 ,0 62 ,2 13 ,9 70 ,5 54 ,4 17 ,3 22 ,0 28 ,1 23 ,7 9, 2 13 ,6 96 ,2 31 4 12 -1 7 11 ,8 11 ,4 64 ,4 6, 8 84 ,1 52 ,8 22 ,1 21 ,3 39 ,5 33 ,6 12 ,1 12 ,6 96 ,4 47 7 18 -2 3 6, 3 8, 9 64 ,8 0, 4 86 ,3 55 ,9 29 ,6 19 ,3 39 ,1 31 ,0 12 ,6 7, 1 95 ,9 19 8 6- 23 14 ,8 11 ,2 60 ,3 8, 6 75 ,5 48 ,7 20 ,6 20 ,1 33 ,5 25 ,8 10 ,4 11 ,6 94 ,1 1 35 3 En se m bl e 15 ,5 8, 7 46 ,3 10 ,9 55 ,3 34 ,7 15 ,4 15 ,2 23 ,5 18 ,1 7, 1 9, 9 77 ,0 2 02 2 EN FA N TS N O N A LL AI TE S 0- 1 58 ,8 * * * * * * * * * * * * 4 2- 3 47 ,9 * * * * * * * * * * * * 10 4- 5 71 ,4 * * * * * * * * * * * * 13 6- 8 55 ,8 * * * * * * * * * * * * 23 9- 11 58 ,3 (1 4, 7) (8 6, 2) (1 7, 5) (6 5, 6) (5 3, 9) (1 7, 8) (1 8, 5) (2 7, 6) 37 ,7 42 ,9 34 ,7 99 ,8 29 12 -1 7 21 ,4 21 ,7 72 ,6 4, 9 87 ,5 63 ,1 33 ,0 22 ,8 37 ,6 44 ,6 20 ,3 26 ,7 97 ,9 16 0 18 -2 3 11 ,3 20 ,0 79 ,9 5, 1 88 ,7 66 ,6 23 ,9 23 ,0 51 ,2 46 ,2 14 ,1 17 ,0 99 ,5 31 6 6- 23 18 ,9 20 ,4 78 ,0 6, 2 84 ,9 63 ,1 25 ,7 22 ,5 44 ,9 44 ,4 17 ,6 20 ,4 97 ,7 52 7 En se m bl e 20 ,9 20 ,2 76 ,1 6, 5 81 ,2 60 ,4 25 ,6 22 ,1 42 ,9 42 ,7 16 ,7 20 ,2 95 ,9 55 4 N ot e : L es d on né es s ur l’ al la ite m en t e t s ur le s al im en ts c on so m m és s e ra pp or te nt à la p ér io de d e “2 4 he ur es ” ( hi er e t l a nu it de rn iè re ). 1 I nc lu t l e la it d’ an im al , q u’ il so it fra is , e n bo îte , o u en p ou dr e. 2 N ’in cl ut p as l’ ea u pl at e. In cl ut le s ju s, le s bo is so ns à b as e de ju s, le s bo ui llo ns o u d’ au tre s liq ui de s no n la ct és 3 I nc lu t l es a lim en ts e nr ic hi s po ur b éb és 4 In cl ut le s ca ro tte s, c ou rg es o u po m m es d e te rre s, p at at es d ou ce s ja un es , i gn am es b la nc he s, m an io c, c as sa ve , o u pr ép ar at io n à ba se d e tu be rc ul es , l es lé gu m es à fe ui lle s ve rt fo nc é, le s m an gu es , l es p ap ay es m ur es , a br ic ot s, g re na de , m el on o u to m at es . État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires176 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 177 Dans le groupe d’âges 6-23 mois, on note que seulement 49 % des enfants allaités ont consommé des fruits et légumes riches en vitamine A ; parmi les non allaités, cette proportion est de 63 %. La faible consommation de ces produits pourrait refléter le fait qu’ils ne sont pas disponibles ou le manque de moyen économique des mères. En ce qui concerne les aliments comme la viande, le poisson et la volaille, 26 % des enfants allaités de 6-23 mois en ont reçu contre 44 % des enfants non allaités. Il faut relever la très faible proportion d’enfants de 6-23 mois qui consomment des fromages, des yaourts ou d’autres produits laitiers, qu’ils soient allaités ou non (respectivement, 12 % et 20 %), ce qui pourrait traduire le faible niveau économique des mères. 11.2.5 Pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant Les directives de l’OMS pour une alimentation optimale du jeune enfant comprennent non seulement l’introduction, à partir de l’âge de 6 mois, d’aliments complémentaires, tout en maintenant l’allaitement, mais aussi l’augmentation des rations alimentaires et la diversification des aliments au fur et à mesure que l’enfant grandit (OMS, 2008). Le tableau 11.6 présente les indicateurs des pratiques alimentaires appropriées pour les enfants de 6- 23 mois qui vivent avec leur mère. Les résultats sont présentés pour les enfants allaités et pour ceux qui ne le sont pas, les pratiques d’alimentation appropriée étant différentes pour ces deux groupes d’enfants. Le graphique 11.5 montre le niveau atteint pour chacun des indicateurs de l’alimentation et du jeune enfant (IYCF) sur le régime alimentaire acceptable. Les divers indicateurs concernant les pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant présentés au tableau 11.6 au graphique 11.5 sont basés sur les définitions les plus récentes des indicateurs de l’allaitement maternel et de l’alimentation complémentaire (OMS, 2010) ; de même, les tranches d’âges des divers indicateurs sur les pratiques alimentaires du nourrisson et du jeune enfant présentées dans ce chapitre ont été adaptées. Par conséquent, pour comparer les résultats avec les EMMUS passées, il faut d’abord s’assurer que les définitions des indicateurs et des tranches d’âges sont les mêmes pour toutes les enquêtes. Dans l’ensemble, on constate que près de huit enfants de 6-23 mois sur dix ont reçu, au cours des dernières 24 heures, le lait maternel ou des produits laitiers au moins deux fois par jour (79 %). Cependant, seulement 29 % de ces enfants ont reçu une alimentation diversifiée, c’est-à-dire qu’ils ont consommé quatre groupes d’aliments recommandés en fonction de leur âge et du fait qu’ils étaient ou non allaités et 44 % ont été nourris le nombre de fois approprié selon leur groupe d’âges. Globalement, seulement 14 % de l’ensemble des enfants de 6-23 mois ont été nourris de manière appropriée, c’est-à-dire en suivant les pratiques d’alimentation optimales du nourrisson et du jeune enfant. Parmi les enfants de 6-23 mois allaités, seulement 23 % avaient été nourris au moins avec quatre groupes d’aliments variés au cours des 24 heures ayant précédé l’interview, et 46 % avaient reçu les aliments le nombre minimum de fois, conformément aux normes. L’indice combiné, c’est-à-dire les enfants ayant été nourris avec au moins quatre groupes d’aliments variés et un nombre minimum de fois par jour, est de seulement 15 % et cela quel que soit le sexe de l’enfant. Cette proportion varie peu selon l’âge de l’enfant ; passant de 13 % chez ceux de 6-8 mois à 17 % chez de 12-17 mois. Cependant, lorsque la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus, cette proportion d’enfants allaités et nourris de façon optimale est de 23 % contre 13 % pour le niveau primaire et 8 % lorsque la mère n’a aucun niveau d’instruction. De même, dans les ménages du quintile de bien-être économique le plus élevé, 17 % des enfants de 6-23 mois allaités ont été nourris conformément aux directives sur les pratiques optimales d’alimentation des jeunes enfants, alors que cette proportion est seulement de 11 % dans les ménages du quintile le plus élevé. La proportion d’enfants 17 8 • É ta t n ut rit io nn el , a lla ite m en t e t p ra tiq ue s al im en ta ire s Ta bl ea u 11 .6 P ra tiq ue s al im en ta ire s du n ou rr is so n et d u je un e en fa nt P ou rc en ta ge d ’e nf an ts d er ni er s- né s de 6 -2 3 m oi s vi va nt a ve c le ur m èr e qu i o nt é té n ou rr is e n su iv an t l es tr oi s pr at iq ue s op tim al es d ’a lim en ta tio n du n ou rr is so n et d u je un e en fa nt p ar n om br e de g ro up es d ’a lim en ts e t p ar n om br e de fo is q u’ ils o nt é té n ou rri s du ra nt le jo ur o u la n ui t a ya nt p ré cé dé l’ in te rv ie w s el on q u’ ils s on t o u no n al la ité s et s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, E M M U S -V H aï ti 20 12 P ar m i l es e nf an ts a lla ité s de 6 -2 3 m oi s, p ou rc en ta ge no ur ris : P ar m i l es e nf an ts n on a lla ité s de 6 -2 3 m oi s, p ou rc en ta ge n ou rri s : P ar m i t ou s le s en fa nt s de 6 -2 3 m oi s, p ou rc en ta ge n ou rri s : C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue A ve c 4 gr ou pe s d’ al im en ts o u pl us 1 S el on la fré qu en ce m in im al e de s re pa s2 A ve c au m oi ns 4 gr ou pe s d’ al im en ts e t se lo n la fré qu en ce m in im al e de s re pa s E ffe ct if d’ en fa nt s al la ité s de 6- 23 m oi s A ve c la it ou pr od ui ts la iti er s3 A ve c 4 gr ou pe s d’ al im en ts o u pl us 1 S el on la fré qu en ce m in im al e de s re pa s4 S el on le s 3 pr at iq ue s op tim al es d’ al im en - ta tio n du no ur ris so n et du je un e en fa nt 5 E ffe ct if d’ en fa nt s no n al la ité s de 6 - 23 m oi s A ve c la it m at er ne l o u pr od ui ts la iti er s6 A ve c 4 gr ou pe s d’ al im en ts o u pl us 1 S el on la fré qu en ce m in im al e de s re pa s7 S el on le s 3 pr at iq ue s op tim al es d’ al im en ta tio n du n ou rri ss on et d u je un e en fa nt E ffe ct if de to us le s en fa nt s de 6- 23 m oi s A ge e n m oi s 6- 8 14 ,3 69 ,5 13 ,1 36 4 * * * * 23 98 ,0 15 ,3 69 ,1 12 ,7 38 7 9- 11 23 ,9 37 ,6 14 ,6 31 4 57 ,7 49 ,8 66 ,9 27 ,5 29 96 ,4 26 ,1 40 ,1 15 ,7 34 3 12 -1 7 26 ,2 38 ,1 17 ,3 47 7 31 ,6 46 ,0 45 ,9 13 ,0 16 0 82 ,9 31 ,2 40 ,0 16 ,2 63 7 18 -2 3 28 ,4 31 ,9 14 ,3 19 8 17 ,9 46 ,1 34 ,2 6, 4 31 6 49 ,5 39 ,3 33 ,3 9, 5 51 4 Se xe M as cu lin 23 ,1 46 ,9 15 ,5 66 9 26 ,7 44 ,0 41 ,3 8, 9 28 6 78 ,1 29 ,3 45 ,2 13 ,5 95 5 Fé m in in 22 ,5 44 ,2 14 ,7 68 4 25 ,7 47 ,5 40 ,0 10 ,5 24 2 80 ,6 29 ,1 43 ,1 13 ,6 92 6 M ili eu d e ré si de nc e U rb ai n 26 ,1 48 ,2 17 ,2 41 3 39 ,7 53 ,1 52 ,8 11 ,9 20 8 79 ,8 35 ,1 49 ,7 15 ,4 62 1 R ur al 21 ,4 44 ,4 14 ,2 94 1 17 ,5 40 ,8 32 ,8 8, 1 31 9 79 ,1 26 ,3 41 ,4 12 ,6 1 26 0 M ili eu d e ré si de nc e dé ta ill é A ire M ét ro po lit ai ne (s an s ca m ps ) 22 ,8 53 ,9 16 ,8 17 6 50 ,3 46 ,0 57 ,5 14 ,6 10 6 81 ,3 31 ,5 55 ,2 16 ,0 28 2 A ut re s vi lle s (s an s ca m ps ) 29 ,0 43 ,1 17 ,7 19 4 26 ,5 60 ,6 44 ,5 10 ,0 88 77 ,2 38 ,9 43 ,5 15 ,3 28 2 U rb ai n (s an s ca m ps ) 26 ,1 48 ,2 17 ,2 37 0 39 ,6 52 ,6 51 ,6 12 ,5 19 4 79 ,2 35 ,2 49 ,4 15 ,6 56 4 R ur al (s an s ca m ps ) 21 ,3 44 ,1 14 ,1 93 0 17 ,2 41 ,1 32 ,4 8, 2 31 2 79 ,2 26 ,2 41 ,2 12 ,6 1 24 2 C am ps 26 ,6 51 ,2 17 ,4 54 38 ,3 49 ,2 63 ,1 3, 9 21 82 ,5 33 ,0 54 ,6 13 ,6 75 D ép ar te m en t (s an s ca m ps ) A ire M ét ro po lit ai ne 22 ,8 53 ,9 16 ,8 17 6 50 ,3 46 ,0 57 ,5 14 ,6 10 6 81 ,3 31 ,5 55 ,2 16 ,0 28 2 R es te -O ue st 27 ,8 59 ,4 20 ,2 22 1 30 ,3 47 ,0 53 ,7 15 ,2 10 4 77 ,7 34 ,0 57 ,6 18 ,6 32 5 S ud -E st 12 ,7 38 ,4 10 ,3 66 (1 3, 1) (4 2, 4) (4 2, 5) (2 ,4 ) 29 73 ,3 21 ,8 39 ,7 7, 9 95 N or d 15 ,3 34 ,3 9, 5 15 3 (1 9, 5) (4 3, 1) (2 4, 3) (6 ,0 ) 50 80 ,0 22 ,2 31 ,8 8, 6 20 3 N or d- E st 23 ,5 37 ,3 13 ,5 67 (2 1, 4) (4 1, 0) (4 2, 3) (9 ,4 ) 13 87 ,3 26 ,3 38 ,1 12 ,8 80 A rti bo ni te 24 ,9 39 ,9 12 ,1 22 9 (1 3, 4) (5 5, 9) (2 6, 4) (9 ,7 ) 70 79 ,7 32 ,2 36 ,7 11 ,5 30 0 C en tre 24 ,4 39 ,2 14 ,9 11 0 (1 0, 7) (2 8, 1) (1 0, 7) (5 ,2 ) 39 76 ,7 25 ,4 31 ,8 12 ,4 14 9 S ud 23 ,5 52 ,4 20 ,4 11 2 (1 5, 9) (4 4, 0) (2 6, 2) (2 ,2 ) 35 79 ,9 28 ,4 46 ,1 16 ,1 14 7 G ra nd e- A ns e 18 ,6 40 ,3 13 ,3 61 (1 2, 6) (4 5, 2) (4 7, 4) (4 ,1 ) 14 83 ,3 23 ,7 41 ,6 11 ,6 76 N or d- O ue st 25 ,3 39 ,0 18 ,3 67 17 ,1 42 ,4 32 ,2 7, 5 31 73 ,7 30 ,7 36 ,9 14 ,9 97 N ip pe s 16 ,9 41 ,8 7, 8 38 (1 8, 9) (5 6, 4) (4 0, 9) (7 ,7 ) 13 79 ,0 27 ,1 41 ,6 7, 7 51 À s ui vr e… État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires178 • É ta t n ut rit io nn el , a lla ite m en t e t p ra tiq ue s al im en ta ire s • 1 79 Ta bl ea u 11 .6 — Su ite P ar m i l es e nf an ts a lla ité s de 6 -2 3 m oi s, p ou rc en ta ge no ur ris : P ar m i l es e nf an ts n on a lla ité s de 6 -2 3 m oi s, p ou rc en ta ge n ou rri s : P ar m i t ou s le s en fa nt s de 6 -2 3 m oi s, p ou rc en ta ge n ou rri s : C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue A ve c 4 gr ou pe s d’ al im en ts o u pl us 1 S el on la fré qu en ce m in im al e de s re pa s2 A ve c au m oi ns 4 gr ou pe s d’ al im en ts e t se lo n la fré qu en ce m in im al e de s re pa s E ffe ct if d’ en fa nt s al la ité s de 6- 23 m oi s A ve c la it ou pr od ui ts la iti er s3 A ve c 4 gr ou pe s d’ al im en ts o u pl us 1 S el on la fré qu en ce m in im al e de s re pa s4 S el on le s 3 pr at iq ue s op tim al es d’ al im en - ta tio n du no ur ris so n et du je un e en fa nt 5 E ffe ct if d’ en fa nt s no n al la ité s de 6 - 23 m oi s A ve c la it m at er ne l o u pr od ui ts la iti er s6 A ve c 4 gr ou pe s d’ al im en ts o u pl us 1 S el on la fré qu en ce m in im al e de s re pa s7 S el on le s 3 pr at iq ue s op tim al es d’ al im en ta tio n du n ou rri ss on et d u je un e en fa nt E ffe ct if de to us le s en fa nt s de 6- 23 m oi s N iv ea u d’ in st ru ct io n de la m èr e A uc un 11 ,0 36 ,0 7, 9 29 1 15 ,7 29 ,4 23 ,0 10 ,1 78 82 ,2 14 ,9 33 ,2 8, 4 36 9 P rim ai re 20 ,4 43 ,3 12 ,6 59 8 17 ,0 41 ,3 33 ,4 5, 7 21 6 78 ,0 25 ,9 40 ,6 10 ,8 81 4 S ec on da ire o u pl us 33 ,3 54 ,4 22 ,8 46 4 38 ,3 55 ,1 53 ,4 13 ,1 23 3 79 ,4 40 ,6 54 ,1 19 ,5 69 7 Q ui nt ile s de b ie n- êt re éc on om iq ue Le p lu s ba s 18 ,6 39 ,4 10 ,7 36 2 6, 0 26 ,5 19 ,9 2, 1 94 80 ,6 20 ,2 35 ,4 8, 9 45 6 S ec on d 16 ,8 42 ,7 12 ,5 31 8 12 ,5 47 ,3 29 ,4 10 ,4 96 79 ,7 23 ,9 39 ,6 12 ,0 41 4 M oy en 30 ,9 46 ,9 20 ,3 30 5 23 ,4 44 ,2 40 ,4 6, 7 13 1 77 ,0 34 ,9 44 ,9 16 ,2 43 6 Q ua tri èm e 27 ,0 49 ,7 17 ,4 22 9 28 ,6 48 ,2 42 ,2 4, 7 12 1 75 ,3 34 ,3 47 ,1 13 ,0 35 0 Le p lu s él ev é 22 ,9 57 ,8 17 ,3 14 0 65 ,0 63 ,3 74 ,6 28 ,4 86 86 ,7 38 ,3 64 ,2 21 ,5 22 6 En se m bl e 22 ,8 45 ,5 15 ,1 1 35 3 26 ,2 45 ,6 40 ,7 9, 6 52 7 79 ,3 29 ,2 44 ,2 13 ,6 1 88 1 N ot e : L es v al eu rs e nt re p ar en th ès es s on t b as ée s su r 2 5- 49 c as n on p on dé ré s. U n as té ris qu e in di qu e qu ’u ne v al eu r e st b as ée s ur m oi ns d e 25 c as n on p on dé ré s et q u’ el le a é té s up pr im ée . 1 G ro up es d ’a lim en ts : a ) p ré pa ra tio ns p ou r b éb és , l ai ts a ut re s qu e le la it m at er ne l, fro m ag es o u ya ou rts o u au tre s pr od ui ts la iti er s ; b ) p ré pa ra tio ns à b as e de c ér éa le s, d e ra ci ne s et d e tu be rc ul es , y c om pr is le s bo ui llie s d’ av oi ne e t l es al im en ts e nr ic hi s po ur b éb és à b as e de c ér éa le s ; c ) l es fr ui ts e t l es lé gu m es ri ch es e n vi ta m in e A ; d) a ut re s fru its e t l ég um es ; e) o eu fs ; f). v ia nd e, v ol ai lle , p oi ss on e t c oq ui lla ge s (e t a ba ts ) ; g ) l ég um in eu se s et n oi x. 2 P ou r l es e nf an ts a lla ité s, la fr éq ue nc e m in im al e de s re pa s es t d e re ce vo ir de s al im en ts s ol id es o u se m i s ol id es a u m oi ns d eu x fo is p ar jo ur p ou r l es e nf an ts d e 6- 8 m oi s et a u m oi ns tr oi s fo is p ar jo ur p ou r l es e nf an ts d e 9- 23 m oi s. 3 Y c om pr is , a u m oi ns , d eu x re pa s de p ré pa ra tio ns c om m er ci al es p ou r b éb é, d e la it d’ an im al fr ai s, e n bo îte , o u en p ou dr e et d e ya ou rts . 4 P ou r l es e nf an ts n on a lla ité s de 6 -2 3 m oi s, la fr éq ue nc e m in im al e de s re pa s es t d e re ce vo ir de s al im en ts s ol id es o u se m i s ol id es o u de s al im en ts la ct és a u m oi ns q ua tre fo is p ar jo ur . 5 O n co ns id èr e qu e le s en fa nt s de 6 -2 3 m oi s no n al la ité s so nt n ou rr is s el on le s ta nd ar d m in im um d es tr oi s pr at iq ue s al im en ta ire s du n ou rr is so n et d u je un e en fa nt s ’ils re ço iv en t d ’a ut re s la its o u de s pr od ui ts la iti er s au m oi ns d eu x fo is pa r j ou r e t s ’ils s on t n ou rr is a ve c la fr éq ue nc e m in im al e de s re pa s et re ço iv en t d es a lim en ts s ol id es o u se m i s ol id es d es q ua tre g ro up es d ’a lim en ts o u pl us , n on c om pr is le g ro up e du la it et d es p ro du its la iti er s. 6 A lla ité s ou n on a lla ité s et re ce va nt d eu x re pa s ou p lu s de p ré pa ra tio n co m m er ci al e po ur b éb é, la it d’ an im al fr ai s, e n bo îte o u en p ou dr e et d e ya ou rt. 7 L es e nf an ts n ou rr is le n om br e m in im um re co m m an dé d e fo is p ar jo ur s el on le ur â ge e t s el on q u’ ils s on t a lla ité s ou n on , c om m e dé cr it au x no te s 2 et 4 . État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 179 180 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires allaités et nourris de façon optimale varie selon le milieu de résidence : 17 % en milieu urbain contre 14 % en milieu rural. Par contre, on observe des écarts importants selon le département: la proportion d’enfants correctement nourris varie de 8 % dans les Nippes à 20 % dans le Reste-Ouest et le Sud. Parmi les enfants de 6-23 mois non allaités, seulement 26 % ont reçu, au cours des dernières 24 heures, le lait maternel ou des produits laitiers au moins deux fois par jour, 46 % de ces enfants ont reçu une alimentation diversifiée, c’est-à-dire qu’ils ont consommé au moins quatre groupes d’aliments recommandés en fonction de leur âge et 41 % ont été nourris le nombre approprié de fois selon leur groupe d’âges. Seulement un enfant non allaité de 6-23 mois sur dix a été nourri de manière appropriée, c’est-à-dire, en suivant les pratiques d’alimentation optimales du nourrisson et du jeune enfant. Graphique 11.5 Indicateurs de IYCF sur le régime alimentaire minimum acceptable 11.3 PRÉVALENCE DE L’ANÉMIE, ADMINISTRATION DE MICRONUTRIMENTS ET DE VERMIFUGES CHEZ LES ENFANTS Les carences en micronutriments comme la vitamine A, l’iode, le fer, le calcium et le zinc, sont à l’origine de différentes manifestations pouvant revêtir plusieurs formes qui apparaissent souvent simultanément. Par exemple, les carences en vitamine A peuvent entraîner la cécité crépusculaire, celles en l’iode, le goitre et le crétinisme, et un apport insuffisant en fer est à l’origine de l’anémie. Ces carences ont aussi des conséquences moins visibles, notamment l’affaiblissement du système immunitaire. 11.3.1 Prévalence de l’anémie chez les enfants L’OMS estimait qu’en 2005, à l’échelle mondiale, environ 1,6 milliards d’individus étaient atteints d’anémie (De Benoist et al. 2008). L’anémie est une maladie qui touche la qualité ou la quantité de globules rouges qui permettent d’amener l’oxygène aux différents tissus du corps, grâce à l’hémoglobine qu’ils transportent. Les causes de l’anémie sont multiples: un manque d’éléments précurseurs des globules rouges tels que le fer, la vitamine B12 ou encore l’acide folique lors de leur fabrication (érythropoïèse), les parasitoses 23 46 15 46 41 10 29 44 14 IYCF 5: Diversité alimentaire minimum IYCF 6: Fréquence minimale des repas IYCF 7: Alimentation minimum acceptable Pourcentage Parmi les enfants allaités Parmi tous les enfants de 6-23 mois Parmi tous les enfants de 6-23 mois EMMUS-V Haïti 2012 État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 181 intestinales et le paludisme, particulièrement dans les pays en voie de développement tel que Haïti. La carence en fer a des conséquences néfastes, en particulier chez les enfants : elle accroît les risques de retard de développement moteur et de coordination et peut avoir des répercussions sur la santé physique et mentale. Au cours de la collecte des données, dans deux ménages sur trois de l’échantillon, on a procédé au prélèvement de sang capillaire auprès des enfants de moins de 6 à 59 mois pour le dosage de l’hémoglobine. On a procédé de la façon suivante : • prélèvement de sang capillaire au moyen d’une piqûre au bout du doigt à l’aide d’une petite aiguille rétractable (Tenderlette) ; • recueil d’une goutte de sang sur une microcuvette ; • introduction de la goutte de sang recueillie dans un hémoglobinomètre portatif (HemoCue), qui en moins d’une minute donne la valeur du taux d’hémoglobine en grammes par décilitre de sang (g/dl) ; • enregistrement de la valeur donnée par l’hémoglobinomètre portatif (HemoCue) dans le questionnaire. L’anémie peut être classée en trois niveaux (sévère, modérée, légère) selon la concentration d’hémoglobine dans le sang : cette classification a été développée par des chercheurs de l’OMS (CDC, 1989). Ainsi, pour les enfants de 6-59 mois, l’anémie est considérée comme sévère si le niveau d’hémoglobine par décilitre de sang est inférieur à 7,0 grammes ; elle est modérée si cette valeur se situe entre 7,0 et 9,9 g/dl et enfin, elle est qualifiée de légère si la mesure se situe entre 10,0 et 10,9 g/dl.5 Le tableau 11.7 indique qu’en Haïti, près de deux enfants de 6-59 mois sur trois (65 %) sont atteints d’anémie : 31 % sous une forme légère, 34 % sous une forme modérée et 1 % sous une forme sévère. C’est à 6-11 mois que le pourcentage d’enfants anémiés est le plus élevé ; ce pourcentage diminue avec l’âge qu’il s’agisse d’anémie modérée ou sévère. Il n’y a aucune différence entre les garçons et les filles quel que soit le degré de l’anémie. Le pourcentage global d’enfants souffrant d’anémie est pratiquement le même en milieu urbain et en milieu rural (66 % contre 65 %). Le pourcentage global d’enfants de moins de 6-59 mois atteints d’anémie varie de 56 % au Nord-Ouest à 68 % dans la Grande-Anse et le Nord-Est. Le niveau d’instruction de la mère ne semble pas influencer le degré de l’anémie. Le taux d’hémoglobine a été évalué chez les enfants de 6-59 mois à partir de la troisième enquête démographique et de santé (EMMUS IV) en 2000, en vue de déterminer le degré d’anémie chez ces enfants. Ces mesures ont été répétées lors de la quatrième enquête (2005-2006), puis au cours de cette cinquième enquête (2012). Le graphique 11.6 présente la prévalence de l’anémie chez les enfants de 6-59 mois, telle qu’estimée au cours de ces trois EMMUS et selon le degré de l’anémie, qu’elle soit légère, modérée ou sévère. 5 Du fait de la raréfaction de l’oxygène en altitude, par effet de compensation, la concentration d’hémoglobine dans le sang augmente avec l’altitude. Comme en Haïti, une frange de la population vit dans des zones d’altitude, il s’est avéré nécessaire d’ajuster la prévalence de l’anémie en fonction de l’altitude en utilisant les formules du CDC (CDC, 1989). 182 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Tableau 11.7 Prévalence de l’anémie chez les enfants Pourcentage d’enfants de 6-59 mois considérés comme étant atteints d’anémie, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Anémie selon le niveau d’hémoglobine Caractéristique sociodémographique Anémie (<11,0 g/dl) Anémie légère (10,0-10,9 g/dl) Anémie modérée (7,0-9,9 g/dl) Anémie sévère (<7,0 g/dl) Effectif d’enfants Age en mois 6-8 86,0 30,6 53,0 2,4 234 9-11 87,3 25,8 59,4 2,1 258 12-17 78,1 30,3 46,7 1,2 484 18-23 76,8 32,8 42,3 1,7 423 24-35 63,9 30,9 32,6 0,4 943 36-47 57,0 32,3 24,4 0,3 837 48-59 48,4 28,6 19,2 0,7 870 Sexe Masculin 65,2 30,6 33,6 0,9 2 098 Féminin 64,8 30,3 33,7 0,8 1 951 Présence de la mère Mère interviewée vivant dans le ménage 65,7 30,6 34,2 1,0 3 372 Mère non interviewée mais vivant dans le ménage 71,3 28,6 42,6 0,0 54 Mère non interviewée et ne vivant pas dans le ménage1 60,5 30,1 29,9 0,5 623 Milieu de résidence Urbain 66,0 29,2 35,8 1,1 1 274 Rural 64,5 31,1 32,6 0,8 2 775 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 65,6 28,9 34,9 1,8 578 Autres villes (sans camps) 64,7 29,8 34,4 0,5 605 Urbain (sans camps) 65,1 29,3 34,6 1,1 1 183 Rural (sans camps) 64,5 31,1 32,6 0,8 2 741 Camps 74,0 26,8 47,0 0,1 125 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 65,6 28,9 34,9 1,8 578 Reste-Ouest 65,1 31,6 32,8 0,7 715 Sud-Est 62,9 34,0 27,8 1,1 211 Nord 64,0 32,3 31,5 0,2 430 Nord-Est 68,0 32,4 34,2 1,4 172 Artibonite 67,0 30,7 36,0 0,2 617 Centre 66,1 26,4 39,0 0,8 369 Sud 62,9 29,7 31,6 1,6 328 Grande-Anse 68,2 34,3 32,4 1,6 172 Nord-Ouest 55,8 30,5 24,9 0,4 220 Nippes 58,4 28,2 29,4 0,8 113 Niveau d’instruction de la mère2 Aucun 66,4 33,7 31,9 0,7 776 Primaire 66,5 30,2 35,3 1,0 1 476 Secondaire ou plus 64,5 28,9 34,6 1,0 1 174 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 62,8 31,4 30,8 0,7 1 037 Second 64,9 29,3 34,8 0,8 953 Moyen 73,1 30,2 42,0 0,8 785 Quatrième 66,8 32,4 33,3 1,1 766 Le plus élevé 54,3 28,4 24,8 1,1 508 Ensemble 65,0 30,5 33,6 0,9 4 049 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont passé dans le ménage la nuit ayant précédé l’interview et qui ont été testés pour l’anémie. La prévalence de l’anémie, basée sur le niveau d’hémoglobine, est ajustée en fonction de l’altitude en utilisant les formules du CDC, 1998. Hémoglobine en grammes par décilitre (g/dl). 1 Y compris les enfants dont la mère est décédée. 2 Pour les femmes qui n’ont pas été enquêtées, les informations proviennent du questionnaire Ménage. Non compris les enfants dont la mère n’est pas listée dans le ménage. État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 183 L’analyse du graphique 11.6 montre que la même proportion d’enfants est atteinte d’anémie (65 %) en 2000 et 2012, alors qu’une légère baisse avait été observée pour l’EMMUS IV (2005-2006). Pour l’anémie légère, les proportions sont restées presqu’au même niveau en 2000 et en 2012, bien qu’une diminution (24 %) ait été observée en 2005-2006. La proportion d’enfants souffrant d’anémie modérée n’a pas évolué entre les différentes enquêtes (34 %). Cependant, la proportion d’enfants souffrant d’anémie sévère a légèrement diminué passant de 2 % pour les enquêtes de 2000 et de 2005-2006 à 1 % pour celle de 2012. Graphique 11.6 Tendances de l’anémie parmi les enfants de 6-59 mois 11.3.2 Consommation de micronutriments par les enfants et administration de vermifuges Pour assurer aux enfants un meilleur état nutritionnel, il convient de leur fournir, à partir de six mois, non seulement une alimentation appropriée, mais aussi une supplémentation régulière en micronutriments (Vitamine A, fer, etc.) ; il est aussi recommandé de leur administrer des vermifuges deux fois par an. Suppléments en Vitamine A La vitamine A est un micronutriment essentiel pour le système immunitaire. Elle est nécessaire au développement et à la conservation du tissu épithélial des appareils digestif et respiratoire ainsi qu’au bon fonctionnement de la rétine. Le MSPP estime que la vitamine A réduit la morbi-mortalité chez les enfants de 6 à 59 mois. Il recommande de donner aux enfants de ce groupe d’âges, une gélule de vitamine A dosée à 100 000 UI chaque quatre mois à partir de 6 mois jusqu’à 11 mois et une gélule dosée à 200 000 UI chaque quatre mois aux enfants de 12 mois à 6 ans 11 mois. Le tableau 11.8 présente le pourcentage d’enfants âgés de 6-23 mois qui ont consommé des aliments riches en vitamine A au cours des dernières 24 heures6. Il présente aussi le pourcentage d’enfants de 6-59 mois qui ont reçu au moins une dose de vitamine A (en capsule) au cours des 6 derniers mois précédant l’enquête. 6 La liste des aliments considérés comme riches en vitamine A figure en note du tableau 11.7. 65 30 34 2 61 24 34 2 65 31 34 1 Anémie Anémie légère Anémie modérée Anémie sévère Pourcentage EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 184 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Selon l’EMMUS-V, dans l’ensemble, moins de la moitié des enfants de 6-59 mois (44 %) ont reçu des suppléments de vitamine A. Cette proportion varie selon les caractéristiques sociodémographiques. Les enfants de 12-17 mois sont proportionnellement les plus nombreux à en avoir reçu (62 %). Il n’y a aucune différence entre les garçons et les filles (44 %). Par rapport aux enfants qui n’ont pas été allaités au sein (40 %), ceux qui l’ont été en ont reçu davantage (57 %). S’agissant du milieu de résidence, on constate que les enfants de l’Aire Métropolitaine (40 %) sont proportionnellement moins nombreux à en avoir reçu (54 % dans les autres villes et 44 % en milieu rural). Pour ce qui est des départements, cette proportion varie d’un minimum de 29 % dans le Reste-Ouest à un maximum de 64 % dans le Nord-Est. Une grande variation est également observée selon le niveau d’instruction des mères, passant de 39 % pour ceux dont les mères n’ont aucun niveau d’instruction à 52 % pour ceux dont les mères ont un niveau d’instruction secondaire ou plus. Aliments riches en vitamine A Pour éviter l’avitaminose A, il est également recommandé que les enfants de 6-23 mois consomment des aliments riches en vitamine A. À ce titre, près de deux enfants de 6-23 mois sur trois (64 %) en ont consommé au cours des dernières 24 heures précédant l’interview (Tableau 11.8). La consommation d’aliments riches en vitamine A augmenté avec l’âge : les enfants de 18-23 mois (73 %) ont plus fréquemment consommé des aliments riches en vitamine A que leurs cadets de 6-8 mois (45 %). Les enfants allaités au sein sont proportionnellement moins nombreux à consommer des aliments riches en vitamine A que ceux qui ne le sont pas (60 % contre 76 %). En ce qui concerne le milieu de résidence, on note que la proportion d’enfants ayant consommé des aliments riches en vitamine A est moins élevée dans l’Aire Métropolitaine (58 %) que dans les autres villes (70 %) et qu’en milieu rural (65 %). Les résultats selon le département montrent que la proportion d’enfants ayant reçu des aliments riches en vitamine A varié d’un minimum de 57 % dans la Grande-Anse et les Nippes à un maximum de 78 % dans le Nord-Ouest. La proportion d’enfants de 6-23 mois ayant consommé des aliments riches en vitamine A augmenté avec le niveau d’instruction de la mère. Elle passe de 59 % pour les enfants dont la mère est sans niveau d’instruction à 68 % pour ceux dont la mère a le niveau secondaire ou plus. Selon le quintile de bien-être économique, on remarque que ce sont les enfants des ménages du deuxième quintile (61 %) qui ont le moins fréquemment consommé ce type d’aliments et qu’à l’opposé, ce sont ceux des ménages du quatrième quintile qui en ont le plus fréquemment consommé (68 %). Suppléments de fer et aliments riches en fer De même que la vitamine A, le fer est indispensable au bon fonctionnement de l’organisme et la carence en fer provoque l’anémie. Les normes du MSPP indiquent qu’un déficit en fer a de mauvaises conséquences pour le développement et la croissance de l’enfant ainsi que la capacité de lutter contre les infections. Le MSPP recommande d’encourager l’utilisation des aliments fortifiés en fer, de donner des aliments riches en fer aux enfants de 6 à 24 mois. Au cours de l’EMMUS-V, on a demandé aux mères si les enfants de 6-59 mois avaient reçu des suppléments en fer au cours des sept jours ayant précédé l’interview, et si les plus jeunes de 6-23 mois avaient consommé des aliments riches en fer au cours des dernières 24 heures. Les résultats sont présentés au tableau 11.8. État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 185 Tableau 11.8 Consommation de micronutriments par les enfants et administration de vermifuges Parmi les plus jeunes enfants de 6-23 mois vivant avec leur mère pourcentage de ceux qui ont reçu des aliments riches en vitamine A et riches en fer durant le jour ou la nuit ayant précédé l’interview ; parmi tous les enfants de 6-59 mois pourcentage de ceux à qui on a donné des compléments de vitamine A au cours des six mois ayant précédé l’enquête, pourcentage de ceux à qui on a donné des suppléments de fer au cours des sept derniers jours et pourcentage à qui on a donné des vermifuges au cours des six mois ayant précédé l’enquête ; parmi tous les enfants de 6-59 mois vivant dans un ménage dont le sel a été testé, pourcentage de ceux vivant dans un ménage avec du sel iodé selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Parmi les plus jeunes enfants de 6-23 mois vivant avec leur mère : Parmi tous les enfants de 6-59 mois : Parmi les enfants de 6- 59 mois vivant dans un ménage dont le sel a été testé pour la présence d’iode : Caractéristique sociodémographique Pourcentage qui ont consommé des aliments riches en vitamine A au cours des dernières 24 heures1 Pourcentage qui ont consommé des aliments riches en fer au cours des dernières 24 heures2 Effectif d’enfants Pourcentage à qui on a donné des suppléments de vitamine A au cours des 6 derniers mois Pourcentage à qui on a donné des suppléments de fer au cours des 7 derniers jours Pourcentage à qui on a donné des vermifuges au cours des 6 derniers mois3 Effectif d’enfants Pourcentage vivant dans un ménage disposant de sel iodé4 Effectif d’enfants Age en mois 6-8 44,5 21,2 387 46,4 6,3 3,9 393 13,8 370 9-11 64,8 29,9 343 60,4 10,9 11,6 364 18,9 349 12-17 68,5 39,2 637 62,3 12,6 16,6 693 16,4 659 18-23 73,4 39,8 514 60,3 13,2 22,2 595 17,0 568 24-35 na na na 43,0 11,3 29,0 1 326 18,4 1 235 36-47 na na na 36,9 10,5 33,4 1 132 17,5 1 076 48-59 na na na 29,1 8,6 24,1 1 205 15,3 1 120 Sexe Masculin 65,7 34,1 955 44,4 11,2 23,2 2 891 16,9 2 718 Féminin 62,7 33,8 926 44,3 9,9 24,4 2 817 16,9 2 658 Allaitement Allaite 59,8 29,5 1 353 57,3 9,1 13,4 1 434 15,0 1 356 N’allaite pas 75,7 45,5 526 40,0 11,1 27,3 4 250 17,5 3 999 Manquant * * 1 * * * 23 * 21 Age de la mère à la naissance 15-19 59,9 34,9 177 45,5 9,1 20,3 299 15,9 280 20-29 66,4 36,4 947 44,0 11,6 24,2 2 783 16,0 2 603 30-39 61,8 31,3 623 45,7 9,3 24,0 2 009 18,1 1 915 40-49 66,3 28,1 134 41,1 10,7 23,1 616 17,7 578 Milieu de résidence Urbain 62,6 36,5 621 45,6 14,5 26,1 2 033 23,9 1 869 Rural 65,0 32,7 1 260 43,7 8,4 22,5 3 674 13,1 3 507 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 58,2 32,3 282 39,8 17,5 23,9 998 26,2 914 Autres villes (sans camps) 69,9 42,3 282 54,3 11,6 30,9 849 23,4 797 Urbain (sans camps) 64,1 37,3 564 46,5 14,8 27,1 1 846 24,9 1 711 Rural (sans camps) 65,2 32,7 1 242 43,9 8,3 22,5 3 621 13,2 3 459 Camps 49,0 30,4 75 35,8 12,5 17,6 239 12,8 206 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 58,2 32,3 282 39,8 17,5 23,9 998 26,2 914 Reste-Ouest 66,2 37,5 325 28,7 8,7 16,5 979 12,0 942 Sud-Est 59,1 29,6 95 35,7 6,0 19,6 271 9,2 259 Nord 64,1 32,7 203 59,0 9,0 27,8 575 32,0 556 Nord-Est 69,2 28,8 80 64,1 8,6 28,3 228 43,7 216 Artibonite 70,5 34,6 300 47,7 6,9 21,4 864 8,5 807 Centre 65,9 35,2 149 56,2 11,6 32,2 474 13,4 437 Sud 63,2 33,0 147 41,6 12,4 26,2 433 10,0 413 Grande-Anse 56,5 32,8 76 45,2 8,6 24,5 205 9,4 189 Nord-Ouest 77,8 40,0 97 61,0 8,7 34,4 280 12,6 277 Nippes 57,0 32,7 51 39,3 9,5 24,8 162 7,5 160 Niveau d’instruction de la mère Aucun 58,7 22,9 369 38,6 4,7 18,7 1 222 14,9 1 123 Primaire 63,5 32,6 814 40,6 8,6 22,7 2 453 16,3 2 318 Secondaire ou plus 68,0 41,4 697 52,4 16,5 28,1 2 032 18,8 1 935 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 63,6 27,1 456 43,4 7,5 24,0 1 300 12,7 1 251 Second 60,9 29,2 414 45,3 8,7 22,7 1 183 10,5 1 110 Moyen 66,1 37,7 436 40,2 9,8 23,7 1 224 16,0 1 123 Quatrième 68,0 38,9 350 46,0 10,3 21,1 1 182 21,4 1 106 Le plus élevé 62,3 41,8 226 48,2 19,5 29,2 818 27,4 786 Ensemble 64,2 34,0 1 881 44,4 10,6 23,8 5 707 16,9 5 376 Note : Les informations sur les suppléments de vitamine A sont basées sur la déclaration de la mère et le carnet de vaccination (quand il est disponible). Les informations sur les suppléments de fer et sur les vermifuges sont basées sur la déclaration de la mère. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée na = Non applicable 1 Y compris la viande (et les abats), le poisson, la volaille, les oeufs, les potirons, les ignames rouges ou jaunes ou les courges, les carottes, les pommes de terre douces rouges, les légumes à feuilles vert foncé, les mangues, les papayes et autres fruits et légumes cultivés localement et riches en vitamine A ainsi que l’huile de palme rouge. 2 Y compris la viande (abats inclus), le poisson, les volailles et oeufs. 3 Les vermifuges pour les parasites intestinaux sont couramment donnés pour traiter les helminthes et les schistosomiases. 4 Sont exclus les enfants vivant dans un ménage dont le sel n’a pas été testé. 186 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Environ un enfant de 6-59 mois sur dix (11 %) a reçu des suppléments en fer au cours des sept derniers jours. Cette proportion est nettement plus élevée dans l’Aire Métropolitaine (18 %) que dans les autres villes (12 %) et qu’en milieu rural (8 %). Au niveau des départements, cette proportion varie d’un minimum de 6 % dans le Sud-Est à un maximum de 12 % dans le Centre et le Sud. On constate également que la proportion d’enfants ayant reçu du fer augmente avec le niveau d’instruction de la mère (passant de 5 % à 17 %) et avec le niveau de bien-être du ménage (de 8 % à 20 %). À propos des aliments riches en fer, on constate que globalement, 34 % des enfants de 6-23 mois en ont consommé au cours des dernières 24 heures. Cette proportion est plus faible à 6-8 mois (21 %), chez les enfants qui sont encore allaités (30 %), en milieu rural (33 %), au Nord-Est (29 %), lorsque la mère n’a aucun niveau d’instruction (23 %) et dans les ménages du quintile de bien-être économique le plus bas (27 %). Vermifuges L’administration de vermifuges permet d’éliminer les vers intestinaux présents dans l’organisme ; ces parasites sont sources de malnutrition et peuvent causer l’anémie. En Haïti, l’administration de vermifuges est associée au programme national de vaccination et à certaines activités spécifiques telles que la Semaine de l’Enfant et la Journée Nationale de l’Enfant. Le tableau 11.8 présente également les proportions d’enfants de 6-59 mois à qui on a donné des vermifuges au cours des six derniers mois. On constate que 24 % des enfants de 6-59 mois ont reçu des vermifuges au cours des 6 mois ayant précédé l’enquête. C’est dans le groupe d’âges 6-8 mois que la proportion d’enfants déparasités est la plus faible (4 %) ; la proportion la plus élevée d’enfants qui ont été traités avec des vermifuges étant observée chez ceux âgés de 36-47 mois (33 %). L’administration de vermifuges est plus fréquente quand les enfants ne sont pas allaités que quand ils le sont (27 % contre 13 %) et dans les autres villes que dans l’Aire Métropolitaine que (31 % contre 24 %) ou en milieu rural (23 %). Par ailleurs, la proportion d’enfants déparasités augmente avec le niveau d’instruction de la mère (de 19 % à 28 %). Par rapport au niveau du bien-être économique, c’est chez les enfants vivant dans les ménages du quintile le plus élevé que l’on trouve aussi la proportion la plus élevée d’enfants déparasités (29 %). Enfin, les résultats montrent que les départements ayant eu les meilleures couvertures en matière de déparasitage des enfants sont le Nord-Ouest (34 %) et le Centre (32 %). Sel iodé Le tableau 11.8 montre enfin que seulement 17 % des enfants de 6-59 mois vivent dans un ménage disposant de sel iodé. L’accès au sel iodé est beaucoup moins important en milieu rural (13 %) qu’en milieu urbain (24 %). De même, des différences marquées sont notées selon le département, variant de 8 % pour les Nippes à 44 % pour le Nord-Est. Le pourcentage d’enfants vivant dans un ménage disposant de sel iodé augmente selon le niveau d’instruction de la mère, allant de 15 % pour celles n’ayant aucun niveau d’instruction à 19 % pour celles de ayant atteint un niveau d’instruction secondaire ou plus, et avec le niveau de bien-être du ménage, varient de 11 % dans les ménages du second quintile à 27 % dans ceux du quintile le plus élevé. 11.4 PRÉSENCE DE SEL IODÉ DANS LES MÉNAGES Il est reconnu que le manque d’iode peut entraîner des troubles souvent graves et parfois irréversibles. Ceux-ci peuvent accroître les risques d’avortements spontanés, de mortalité périnatale et infantile, d’accouchements prématurés, d’anomalies congénitales, de retard de croissance, de difficultés d’apprentissage, de crétinisme et de goitre (ce dernier étant le signe le plus visible). L’apport alimentaire insuffisant en iode est généralement dû à la pauvreté en iode de l’eau et/ou du sol où les aliments ont été produits. En Haïti, le sel État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 187 produit localement n’est pas iodé et la consommation de sel iodé n’est pas généralisée. Le MSPP encourage l’iodation du sel produit localement et son utilisation pour prévenir la carence en iode. Pendant la collecte des données, dans chaque ménage visité, les enquêtrices ont testé le sel utilisé pour la cuisine. Ce test rapide permet de déterminer sur place la teneur en iode du sel. Le « kit » utilisé permet de faire la distinction entre le sel non iodé et le sel iodé, à plus ou moins 15 parties par million (ppm). Le sel iodé à moins 15 ppm est considéré comme insuffisamment iodé alors que celui iodé à 15 ppm ou plus est considéré comme adéquatement iodé. Il convient de noter que le sel a été testé dans 88 % des ménages et que 12 % des ménages ne disposaient pas de sel lors du passage des équipes d’enquête (Tableau 11.9). Il ressort du tableau 11.9 que parmi les ménages disposant de sel, 18 % utilisent du sel iodé (au moins de 15 ppm). Le pourcentage de ménages disposant de sel adéquatement iodé est deux fois plus élevé en milieu urbain (26 %) qu’en milieu rural (13 %). Au niveau des départements, on constate que la proportion de ménages disposant de sel adéquatement iodé présente de grandes variations, passant d’un minimum de 8 % dans le Sud-Est à un maximum de 44 % dans le Nord-Est. Par ailleurs, la proportion de ménages disposant de sel adéquatement iodé augmente avec le quintile de bien-être économique du ménage. Elle passe de 11 % pour les ménages du quintile le plus bas à 30 % pour ceux du quintile le plus élevé. Tableau 11.9 Présence de sel iodé dans le ménage Parmi tous les ménages, pourcentage dont le sel a été testé pour la présence d’iode et pourcentage ne disposant pas de sel ; parmi les ménages dont le sel a été testé, pourcentage de ceux dont le sel était iodé selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Parmi tous les ménages, pourcentage : Parmi les ménages dont le sel a été testé : Caractéristique sociodémographique Dont le sel a été testé Ne disposant pas de sel Effectif de ménages Pourcentage disposant de sel iodé Effectif de ménages Milieu de résidence Urbain 86,0 14,0 5 414 26,1 4 654 Rural 90,1 9,9 7 767 12,6 7 002 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 87,3 12,7 2 761 30,2 2 410 Autres villes (sans camps) 88,4 11,6 2 143 23,0 1 894 Urbain (sans camps) 87,8 12,2 4 903 27,1 4 304 Rural (sans camps) 90,2 9,8 7 663 12,6 6 913 Camps 71,3 28,7 614 14,1 438 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 87,3 12,7 2 761 30,2 2 410 Reste-Ouest 90,1 9,9 2 042 11,0 1 841 Sud-Est 89,4 10,6 669 8,1 598 Nord 92,3 7,7 1 150 29,3 1 061 Nord-Est 90,6 9,4 450 44,1 407 Artibonite 87,0 13,0 2 171 11,1 1 889 Centre 89,6 10,4 818 13,8 733 Sud 90,9 9,1 959 10,2 872 Grande-Anse 90,7 9,3 495 10,0 449 Nord-Ouest 90,4 9,6 600 14,0 542 Nippes 92,0 8,0 453 10,1 417 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 93,2 6,8 2 342 11,0 2 183 Second 88,4 11,6 2 681 11,9 2 370 Moyen 82,9 17,1 2 874 14,5 2 382 Quatrième 87,4 12,6 2 784 22,3 2 432 Le plus élevé 91,5 8,5 2 500 29,9 2 287 Ensemble 88,4 11,6 13 181 18,0 11 655 188 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires 11.5 ÉTAT NUTRITIONNEL DES FEMMES DE 15-49 ANS L’état nutritionnel des femmes de 15-49 ans est l’un des déterminants de la mortalité maternelle, puisqu’il a une influence importante sur l’évolution et l’issue des grossesses. Il joue également un grand rôle sur la morbidité et la mortalité des jeunes enfants. L’état nutritionnel des mères est conditionné à la fois par les apports alimentaires, leur état de santé et le temps écoulé depuis le dernier accouchement. Il existe donc une relation étroite entre d’une part, les niveaux de fécondité et de mortalité, et d’autre part, l’état nutritionnel des mères. Pour ces raisons, l’évaluation de l’état nutritionnel des femmes en âge de procréer est particulièrement utile puisqu’il permet d’identifier les groupes vulnérables. En Haïti, les taux de mortalité maternelle et infanto- juvénile sont particulièrement élevés par rapport aux autres pays de la région. Aussi, le MSPP a développé des stratégies en vue d’atteindre les objectifs de développement du millénaire auxquels le gouvernement de ce pays a adhéré. L’administration de fer folate associée à l’acide folique aux femmes enceintes constitue l’une de ces stratégies. 11.5.1 Poids et taille des femmes âgées de 15-49 ans Dans le cadre de l’EMMUS-V, pour déterminer l’état nutritionnel des femmes, on a relevé le poids et mesuré la taille de toutes les femmes de 15-49 ans dans deux ménages sur trois de l’échantillon. Bien que la taille puisse varier dans une population à cause de facteurs génétiques, elle est néanmoins un indicateur indirect du statut socio-économique dans la mesure où une petite taille peut résulter d’une malnutrition chronique durant l’enfance. En outre, d’un point de vue anatomique, la taille des mères étant associée à la largeur du bassin, les femmes de petite taille sont plus susceptibles de présenter des complications pendant la grossesse et surtout pendant l’accouchement. Elles sont aussi plus susceptibles que les autres de concevoir des enfants de faible poids. Bien que la taille critique en deçà de laquelle une femme peut être considérée à risque varie selon les populations, on admet généralement que cette taille se situe entre 140 et 150 centimètres. Les résultats de l’EMMUS-V montrent que moins de 1 % des femmes ont une taille inférieure à 145 centimètres (Tableau 11.10), considérée ici comme seuil critique. Le faible poids d’une femme avant une grossesse est un facteur de risque important pour le déroulement et l’issue de la grossesse. Toutefois, le poids étant très variable selon la taille, il est préférable d’utiliser l’Indice de Masse Corporelle (IMC) ou encore Indice de Quételet qui est le plus souvent utilisé pour exprimer la relation poids/taille7. Cet indice permet de mettre en évidence le manque ou l’excès de poids en prenant en compte la taille. En outre, il présente l’avantage de ne pas nécessiter l’utilisation de tables de référence, comme c’est le cas pour le poids-pour-taille. Les femmes dont l’IMC se situe à moins de 18,5 sont considérées comme ayant un déficit énergétique chronique. À l’opposé, un IMC supérieur ou égal à 25,0 indique un surpoids ou une obésité. En Haïti, la valeur moyenne de l’IMC chez les femmes est de 22,8 et 13 % des femmes se situent en deçà du seuil critique de 18,5 : 9 % se situent entre 17,0 et 18,4, ce qui reflète une maigreur légère et 3 % se situent en dessous de 17,0, ce qui reflète une maigreur modérée ou sévère. D’une manière générale, l’IMC moyen des femmes varie peu en fonction des caractéristiques sociodémographiques. On constate des disparités lorsqu’il s’agit de la proportion se situant en deçà du seuil critique de 18,5. C’est parmi les femmes les plus jeunes (15-19 ans) que le niveau de déficit énergétique chronique est le plus élevé (23 %). La prévalence du déficit énergétique chronique est nettement plus élevée en milieu rural qu’urbain (14 % contre 11 %) et dans les autres villes que dans l’Aire Métropolitaine (14 % contre 8 %). En outre, elle varie d’un minimum de 11 % 7 L’IMC est calculé en divisant le poids en kilogrammes par le carré de la taille en mètres (kg/m2). État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 189 dans le Reste-Ouest à un maximum de 19 % dans le Nord-Ouest. La prévalence du déficit énergétique chronique baisse lorsque le niveau d’instruction augmente, passant de 12 % chez les femmes sans niveau d’instruction et 15 % chez celles de niveau primaire, à 11 % pour les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus. Le niveau de vie du ménage influence également l’état nutritionnel de la femme. Les femmes vivant dans un ménage du quintile de bien-être économique le plus bas présentent plus fréquemment un déficit énergétique chronique (17 %) que celles vivant dans les ménages du quintile le élevé (9 %). Tableau 11.10 État nutritionnel des femmes Parmi les femmes de 15-49 ans, pourcentage ayant une taille inférieure à 145 cm, un Indice de Masse Corporelle (IMC) moyen et pourcentages ayant des niveaux spécifiques d’IMC selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Taille Indice de Masse Corporelle 1 Caractéristique sociodémographique Pourcen- tage en dessous de 145 cm Effectif de femmes Indice de Masse Corporelle moyen (IMC) 18,5-24,9 (Total normal) <18,5 (Total maigre) 17,0-18,4 (Maigreur légère) <17 (Maigreur modérée et sévère) ≥25,0 (Total en surpoids ou obèse) 25,0-29,9 (Surpoids) ≥30,0 (Obèse) Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 1,5 2 242 20,5 70,7 23,1 16,9 6,2 6,2 5,7 0,5 2 154 20-29 0,6 3 433 22,7 66,8 10,2 7,9 2,2 23,1 17,1 5,9 3 092 30-39 0,9 2 157 24,3 53,6 7,7 5,8 1,9 38,7 25,3 13,4 1 979 40-49 0,7 1 569 24,4 52,4 8,6 6,0 2,5 39,0 24,3 14,6 1 543 Milieu de résidence Urbain 0,8 4 419 23,5 58,2 10,6 8,0 2,6 31,2 20,5 10,7 4 194 Rural 1,0 4 982 22,2 66,0 14,2 10,5 3,7 19,8 14,7 5,1 4 574 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 0,9 2 377 23,9 57,7 8,4 6,4 2,0 33,9 21,8 12,1 2 255 Autres villes (sans camps) 0,8 1 770 23,1 58,0 13,9 10,3 3,5 28,1 19,1 9,0 1 684 Urbain (sans camps) 0,8 4 147 23,6 57,8 10,7 8,1 2,6 31,4 20,6 10,8 3 939 Rural (sans camps) 1,0 4 917 22,2 66,0 14,3 10,6 3,7 19,7 14,5 5,1 4 513 Camps 0,3 337 23,3 62,8 9,2 7,1 2,1 28,0 18,9 9,1 317 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 0,9 2 377 23,9 57,7 8,4 6,4 2,0 33,9 21,8 12,1 2 255 Reste-Ouest 0,7 1 419 22,9 64,7 10,7 9,1 1,6 24,6 16,9 7,7 1 282 Sud-Est 1,0 396 22,3 68,9 12,3 8,4 3,8 18,8 14,4 4,4 368 Nord 1,0 987 22,8 58,8 15,2 11,6 3,6 26,1 18,0 8,1 931 Nord-Est 1,0 344 22,0 64,8 15,6 11,8 3,8 19,6 15,2 4,4 315 Artibonite 0,9 1 330 22,3 62,6 15,9 11,4 4,5 21,5 15,8 5,7 1 244 Centre 0,8 532 22,3 66,3 13,3 10,1 3,3 20,3 15,1 5,3 483 Sud 1,3 660 22,2 63,9 15,8 10,9 4,9 20,4 15,3 5,0 626 Grande-Anse 1,6 300 21,7 74,1 12,1 9,7 2,4 13,9 11,2 2,7 280 Nord-Ouest 0,7 443 21,8 63,3 19,0 12,5 6,5 17,7 12,5 5,3 414 Nippes 1,8 277 22,8 60,7 12,7 8,5 4,1 26,6 17,6 9,0 254 Niveau d’instruction Aucun 1,4 1 393 22,8 64,3 11,6 8,0 3,6 24,2 17,6 6,5 1 279 Primaire 1,5 3 453 22,3 64,6 14,5 10,7 3,8 20,9 14,7 6,1 3 175 Secondaire ou plus 0,3 4 555 23,2 59,9 11,3 8,7 2,6 28,8 19,4 9,4 4 315 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 1,3 1 457 21,2 72,9 16,6 12,4 4,2 10,6 9,4 1,2 1 327 Second 1,4 1 542 21,7 70,0 14,7 9,5 5,1 15,3 11,6 3,7 1 402 Moyen 0,5 1 846 22,5 62,4 13,6 11,2 2,5 24,0 19,0 5,0 1 686 Quatrième 0,9 2 116 23,1 61,5 11,0 8,5 2,5 27,5 18,9 8,6 1 998 Le plus élevé 0,6 2 441 24,4 52,2 9,4 6,9 2,5 38,4 23,1 15,3 2 355 Ensemble 0,9 9 402 22,8 62,2 12,5 9,3 3,2 25,3 17,4 7,8 8 769 Note : L’Indice de masse Corporelle (IMC) est le ratio du poids en kilogrammes par rapport au carré de la taille en mètres (kg/m2). 1 Sont exclues les femmes enceintes et les femmes ayant eu une naissance dans les deux mois précédents. 190 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Le déficit énergétique est une cause de morbidité et de mortalité dans la population en général et chez les femmes en particulier, mais le surpoids ou l’obésité peuvent être la cause de nombreuses maladies telles que l’hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires et le diabète. Il ressort du tableau 11.10 qu’une femme sur quatre a un indice de masse corporelle élevé (25,0 ou plus) et rentre dans la catégorie des femmes obèses ou en surpoids : 17 % des femmes sont considérées en surpoids (IMC de 25,0-29,9) et 8 % sont obèses (IMC de 30,0 ou plus). La proportion de femmes en surpoids ou obèses varie également selon les caractéristiques sociodémographiques. En effet, c’est chez les femmes âgées de 30-49 ans (39 %), celles du milieu urbain (31 %), plus particulièrement dans l’Aire Métropolitaine (34 %), dans les départements des Nippes (27 %), du Nord (26 %) et du Reste-Ouest (25 %) qu’elle est la plus élevée. La proportion des femmes en situation de surpoids ou obèses est plus élevée chez les femmes du niveau secondaire ou plus (29 %) que celles de niveau primaire (21 %) ou celles n’ayant aucun niveau d’instruction (24 %). Elle augmente avec le niveau de bien-être économique du ménage (de 9 % dans les ménages du quintile le plus bas à 23 % dans ceux du quintile le plus élevé). Le graphique 11.7 présente l’évolution de l’état nutritionnel des femmes de 15-49 ans en comparant les données fournies par les trois enquêtes démographiques et de santé réalisées dans le pays de 2000 à 2012. La proportion de femmes atteintes de malnutrition (IMC inférieur à 18,5) a varié de 12 % en 2000 (EMMUS III) à 16 % en 2005-2006 (EMMUS-IV) pour diminuer par la suite et s’établir à 13 % en 2012 (EMMUS-V), soit pratiquement au même niveau que 2000 (EMMUS-III). Par contre, la proportion de femmes présentant une surcharge pondérale en 2012 (25 %) est quasiment identique à celle de 2000 (26 %), après avoir connu une diminution entre 2000 et 2005-2006 (21 %). Graphique 11.7 Tendance de l’état nutritionnel des femmes de 15-49 ans 12 26 16 21 13 25 (Déficience énergetique) Malnutrition (Surpoids/obèse) Suralimentation Pourcentage EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 Note : Malnutrtion : IMC <18.5 et suralimentation ≥25.0 État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 191 11.5.2 Prévalence de l’anémie chez les femmes de 15-49 ans Chez la femme, l’anémie peut entraîner la diminution de la résistance, la fatigue, particulièrement chez la femme enceinte. Elle augmente les risques de morbidité, de mortalité maternelle et de mortalité fœtale ainsi que le risque d’avoir un enfant de faible poids à la naissance. Selon les normes du MSPP, des comprimés combinés de fer et d’acide folique (fer folate) doivent être administrés à toutes les femmes enceintes pendant leur grossesse. Au cours de la collecte des données, dans deux ménages sur trois de l’échantillon, on a procédé au prélèvement de sang capillaire auprès des femmes pour le dosage de l’hémoglobine. Le prélèvement ainsi que le calcul des valeurs d’hémoglobine par décilitre de sang ont été réalisés de la même façon que chez les enfants (voir Section 11.3.1). Pour les femmes enceintes et pour celles non enceintes, l’anémie est considérée comme sévère si le dosage de l’hémoglobine par décilitre de sang est inférieur à 7,0 g/dl, elle est modérée si la valeur se situe entre 7,0 et 9,9 g/dl ; par contre, elle est qualifiée de légère si cette valeur se situe entre 10,0 et 10,9 g/dl pour les femmes enceintes et entre 10,0 et 11,9 g/dl pour les femmes non enceintes. Ainsi, les femmes non enceintes sont considérées comme anémiques si la valeur de l’hémoglobine par décilitre de sang est inférieure à 12,0 g/dl, alors que pour les femmes enceintes cette limite se situe à 11,0 g/dl. Le tableau 11.11.1 présente les résultats du test d’hémoglobine pour les femmes. Il en ressort que près de la moitié des femmes (49 %) sont atteintes d’anémie : 37 % sous la forme légère, 11 % sous la forme modérée et 1 % sous la forme sévère. Une proportion plus élevée de femmes de 15-19 ans souffrent d’anémie (56 %) et d’anémie légère (43 %) que les femmes âgées de plus de 20 ans. On note des différences selon le nombre d’enfants nés vivants : la prévalence variant de 44 % pour celles qui ont entre 4 à 5 enfants à 53 % pour celles qui n’ont aucun enfant né vivant. On observe aussi que la prévalence de l’anémie chez les femmes enceintes est supérieure à celle des autres femmes (54 % pour celles qui sont enceintes, 48 % pour celles qui allaitent et 49 % pour celles qui ne sont pas enceintes ou n’allaitent pas). Proportionnellement, les femmes vivant en milieu urbain sont beaucoup plus touchées par l’anémie (54 %) que celles du milieu rural (45 %). Il en est de même pour l’anémie sous la forme légère (41 % contre 34 %). Selon le département, le pourcentage de femmes atteintes d’anémie varie de 38 % dans la Grande-Anse et le Sud à 54 % dans l’Aire Métropolitaine et le Nord. La proportion la plus élevée de femmes souffrant d’anémie légère se trouve dans le Nord (42 %) et la moins élevée dans le Sud et les Nippes (28 %). Le pourcentage de celles qui sont anémiées sous la forme modérée varie de 6 % dans la Grande-Anse à 14 % dans l’Artibonite. Il est important de noter que la proportion de femmes atteintes d’anémie augmente avec le niveau d’instruction : 44 % pour celles qui n’ont aucune instruction contre 51 % pour celles qui ont un niveau secondaire ou plus. Il en est de même pour celles qui ont un niveau d’anémie légère : 32 % pour celles qui n’ont aucune instruction comparée à 39 % pour celles qui ont un niveau secondaire ou plus. On note également que la proportion de femmes atteintes d’anémie est plus faible chez les femmes vivant dans les ménages du quintile de bien-être économique le plus bas (41 %) que celles vivant dans les ménages des quintiles supérieurs (51 %). 192 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Tableau 11.11.1 Prévalence de l’anémie chez les femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans considérées comme étant atteintes d’anémie, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Anémie selon le niveau d’hémoglobine Anémie Légère Modérée Sévère Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 55,5 43,2 11,0 1,3 2 236 20-29 49,7 37,2 11,7 0,8 3 408 30-39 44,6 32,8 11,0 0,9 2 138 40-49 46,0 34,3 10,8 0,9 1 554 Effectif d’enfants nés vivants 0 53,4 40,9 11,3 1,3 3 748 1 50,3 37,7 12,1 0,5 1 649 2-3 45,1 33,4 11,0 0,7 1 941 4-5 44,4 32,1 11,3 1,0 1 109 6+ 45,6 34,9 9,8 0,8 889 Grossesse/allaitement Enceinte 53,9 27,3 25,8 0,8 524 Allaite 47,6 37,3 9,8 0,5 1 334 Ni l’un, ni l’autre 49,3 37,8 10,5 1,0 7 479 Consommation de tabac/cigarettes Fume cigarettes/tabac 45,6 31,4 13,2 1,0 477 Ne fume pas 49,5 37,4 11,1 1,0 8 859 Milieu de résidence Urbain 53,9 40,5 12,3 1,0 4 356 Rural 45,3 34,2 10,3 0,9 4 980 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 53,7 40,3 12,6 0,8 2 329 Autres villes (sans camps) 53,5 40,8 11,4 1,3 1 761 Urbain (sans camps) 53,6 40,5 12,1 1,0 4 090 Rural (sans camps) 45,3 34,2 10,2 0,9 4 915 Camps 55,9 39,0 15,6 1,3 331 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 53,7 40,3 12,6 0,8 2 329 Reste-Ouest 46,0 35,2 9,9 1,0 1 421 Sud-Est 46,4 35,1 9,4 1,8 397 Nord 53,7 41,8 11,6 0,4 980 Nord-Est 52,6 39,7 12,0 0,9 344 Artibonite 52,5 37,2 13,8 1,5 1 324 Centre 46,6 36,5 9,4 0,7 532 Sud 38,4 28,1 8,9 1,3 660 Grande-Anse 38,1 31,7 5,7 0,7 298 Nord-Ouest 46,2 38,0 7,7 0,5 443 Nippes 39,2 28,1 10,5 0,6 277 Niveau d’instruction Aucun 44,4 32,2 11,4 0,9 1 384 Primaire 48,7 36,3 11,2 1,2 3 440 Secondaire ou plus 51,3 39,3 11,2 0,8 4 513 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 41,1 31,2 9,6 0,3 1 457 Second 46,6 34,7 10,6 1,3 1 539 Moyen 52,3 39,4 11,8 1,1 1 838 Quatrième 52,3 39,4 11,3 1,5 2 099 Le plus élevé 51,2 38,5 12,1 0,5 2 403 Ensemble 49,3 37,1 11,2 1,0 9 336 Note : La prévalence de l’anémie est ajustée en fonction de l’altitude et en fonction du fait de fumer ou non en utilisant les formules du CDC, (CDC 1998). Les femmes avec un taux d’hémoglobine < 7,0 g/dl ont une anémie sévère ; les femmes dont le taux est compris entre 7,0 et 9,9 g/dl souffrent d’une anémie modérée ; les femmes enceintes avec un taux de 10,0-10,9 g/dl et les femmes non enceintes avec un taux de 10,0- 11,9 g/dl souffrent d’une anémie légère. État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 193 La prévalence de l’anémie a été évaluée à partir de la troisième enquête démographique et de santé (EMMUS-III, 2000). Le graphique 11.8 présente l’évolution de la prévalence de l’anémie chez les femmes de 15-49 ans selon le degré de l’anémie : légère, modérée ou sévère. L’analyse des données indique que dans l’ensemble, la prévalence de l’anémie a baissé, passant de 55 % en 2000 à 46 % en 2005-2006 et à 49 % en 2012. La prévalence de l’anémie légère a diminué entre 2000 et 2005-2006, passant de 36 % à 31 % pour augmenter légèrement à 37 % des femmes en 2012. On observe une diminution progressive de la proportion de femmes souffrant d’anémie sous la forme modérée entre les trois enquêtes, allant de 16 % en 2000 à 11 % en 2012. Il en est de même pour la prévalence de l’anémie sévère qui est passée de 3 % en 2000 à 1 % en 2012. Graphique 11.8 Tendance de l’anémie chez les femmes 55 36 16 3 46 31 13 2 49 37 11 1 Anémie Anémie légère Anémie modérée Anémie sévère Pourcentage EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 194 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires 11.6 PRÉVALENCE DE L’ANÉMIE CHEZ LES HOMMES DE 15-49 ANS Le tableau 11.11.2 présente les résultats du test d’hémoglobine chez les hommes de 15 à 49 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Dans l’ensemble, 23 % des hommes de 15-49 ans présentaient une anémie. La proportion d’hommes atteints d’anémie est plus élevée parmi les plus jeunes de 15-19 ans (35 %) et moins élevée dans le groupe d’âge 20-29 ans (16 %). On note une différence entre les hommes qui fument (19 %) et ceux qui ne fument pas (24 %). La prévalence varie selon le milieu de résidence : la proportion d’hommes souffrant d’anémie étant estimée à 27 % en milieu rural contre 21 % en milieu urbain. Dans les départements, la proportion d’hommes anémiés varie d’un maximum de 31 % dans l’Artibonite à un minimum de 18 % dans les Nippes. Par ailleurs, on remarque les hommes de niveau d’instruction secondaire ou plus sont proportionnellement moins nombreux à être atteints d’anémie (18 %) que ceux de niveau primaire (30 %) et que ceux n’ayant aucune instruction (28 %). En outre, la prévalence diminue en fonction du niveau de bien-être économique du ménage, variant de 30 % dans les hommes vivant dans les ménages du quintile le plus bas à 17 % dans ceux du quintile le plus élevé. 11.7 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS PAR LES FEMMES Selon les normes du MSPP, « la supplémentation en vitamine A des femmes en post-partum améliore la santé de la mère et augmente la quantité de vitamine A dans le lait maternel ». Il est recommandé de donner une gélule de 200 000 UI aux mères après l’accouchement, entre l’accouchement et les 45 jours de post-partum et au plus tard 28 jours après l’accouchement chez les mères qui n’allaitent pas. Le MSPP recommande également d’administrer des compléments de fer aux femmes enceintes, car « un déficit en fer pendant la grossesse accroît les risques des complications et de mortalité de la mère et de l’enfant. La supplémentation peut combler le déficit en fer qui est difficile à compenser avec les aliments locaux ». La dose recommandée pour les femmes enceintes est 200 mg de sulfate de fer (60 mg de fer supplémentaire) et 0,4 mg d’acide folique par jour pendant la grossesse. Il est recommandé de donner aux femmes qui allaitent une tablette de 200 mg de sulfate de fer (60 mg supplémentaire) et de 0,4 mg d’acide folique par jour. Tableau 11.11.2 Prévalence de l’anémie chez les hommes Pourcentage d’hommes de 15-49 ans considérés comme étant atteints d’anémie, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Anémie selon le niveau d’hémoglobine Caractéristique sociodémographique Anémie <13,0 g/dl Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 34,6 2 082 20-29 16,1 2 879 30-39 19,7 1 875 40-49 26,2 1 316 Consommation de tabac/ cigarettes Fume cigarettes/tabac 18,9 953 Ne fume pas 23,9 7 199 Milieu de résidence Urbain 21,3 3 939 Rural 27,0 5 243 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 18,8 1 921 Autres villes (sans camps) 22,1 1 442 Urbain (sans camps) 20,3 3 363 Rural (sans camps) 25,9 4 478 Camps 19,4 311 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 18,8 1 921 Reste-Ouest 21,4 1 135 Sud-Est 22,6 375 Nord 24,0 795 Nord-Est 23,6 276 Artibonite 30,6 1 296 Centre 25,8 492 Sud 22,1 587 Grande-Anse 29,2 316 Nord-Ouest 26,7 374 Nippes 18,0 274 Niveau d’instruction Aucun 27,8 757 Primaire 29,7 3 037 Secondaire ou plus 18,1 4 359 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 30,0 1 411 Second 27,4 1 455 Moyen 24,6 1 652 Quatrième 20,4 1 781 Le plus élevé 16,7 1 854 Ensemble 15-49 23,3 8 152 50-59 34,2 1 029 Ensemble 15-59 24,5 9 181 Note : La prévalence est ajustée en fonction de l’altitude et en fonction du fait de fumer ou non (si l’information est disponible) en utilisant les formules du CDC (CDC 1998). État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 195 Lors de l’enquête, on a également demandé aux femmes ayant eu une naissance au cours des cinq dernières années si elles avaient reçu de la vitamine A au cours des deux premiers mois qui ont suivi la naissance du dernier enfant. À cette question, 46 % des femmes ont répondu par l’affirmative (Tableau 11.12). Selon le milieu de résidence, on note qu’en milieu urbain, plus de la moitié des femmes (54 %) ont reçu des compléments de vitamine A contre seulement 41 % en milieu rural. Au niveau des départements, c’est dans le Sud-Est (32 %), le Reste-Ouest (37 %), l’Artibonite (39 %), le Centre (41 %) et le Nord-Ouest (41 %) que cette proportion est la plus faible. Dans les autres départements, cette proportion est supérieure à 45 % et atteint le maximum (55 %) dans les Nippes et l’Aire Métropolitaine. On note également que les femmes ayant le niveau d’instruction secondaire ou plus (54 %) sont relativement plus nombreuses à avoir reçu de la vitamine A que celles du niveau d’instruction primaire (43 %) et que celles n’ayant aucune instruction (35 %). Par ailleurs, la proportion des femmes ayant reçu des suppléments de vitamine A augmente avec le niveau de bien-être du ménage, passant de 35 % chez les femmes des ménages du quintile le plus bas à 58 % chez celles des ménages du quintile le plus élevé. Le tableau 11.12 fournit également la proportion de femmes ayant pris des comprimés de fer durant la grossesse du dernier enfant né au cours des cinq années ayant précédé l’enquête. Dans l’ensemble, près d’une femme sur quatre (24 %) n’a pas pris de fer pendant la grossesse, 33 % en ont pris pendant une durée inférieure à deux mois, 10 % pendant deux à trois mois et 30 % pendant trois mois ou plus. La consommation du fer présente de fortes disparités selon le milieu de résidence : la proportion de femmes qui ont déclaré n’avoir pris aucun supplément de fer est de 26 % en milieu rural, contre 21 % en milieu urbain ; elle est de 23 % dans l’Aire Métropolitaine et de 16 % dans les autres villes. Selon le département, les résultats montrent que cette proportion varie d’un maximum de 31 % dans le Reste-Ouest à 12 % dans le Nord-Est. C’est parmi les femmes les moins instruites que l’on observe la proportion la plus élevée de celles qui n’ont pas pris de complément de fer (37 %) contre seulement 15 % parmi les plus instruites. La proportion des femmes n’ayant pas pris de fer diminue avec le quintile de bien-être économique du ménage : la proportion passe de 32 % pour les femmes des ménages du quintile le plus bas à 12 % pour celles des ménages du quintile le plus élevé. Le déparasitage des femmes enceintes figure parmi les interventions de lutte contre les anémies nutritionnelles. On constate au tableau 11.12 que 14 % des femmes ont pris des vermifuges au cours de la grossesse de leur dernière naissance. Cette proportion est légèrement plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (15 % contre 14 %), parmi les femmes qui ont fréquenté l’école (15 %) que parmi celles n’ayant aucune instruction (11 %). Au niveau des départements, la proportion varie d’un minimum de 12 % dans le Reste- Ouest à un maximum de 21 % dans la Grande-Anse. Enfin, parmi les femmes ayant eu un enfant au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et résidant dans un ménage dont le sel a été testé pour l’iode, très peu de femmes (18 %) vivaient dans un ménage disposant de sel iodé. La disponibilité de sel iodé est moins fréquente en milieu rural (13 %) qu’en milieu urbain (25 %). On note un écart important selon le département, avec des pourcentages allant de 8 % pour les Nippes à 45 % pour le Nord-Est. De même, selon le niveau d’instruction, les proportions passent de 15 % pour les femmes n’ayant aucun niveau d’instruction à 20 % pour celles ayant atteint un niveau secondaire ou plus. 196 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Tableau 11.12 Consommation de micronutriments par les mères et administration de vermifuge Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu un enfant au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant reçu une dose de vitamine A dans les deux premiers mois qui ont suivi la naissance du dernier enfant ; parmi les mères de 15-49 ans, pourcentage qui, durant la grossesse du derniers enfant né au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, ont pris des suppléments de fer sous forme de comprimés ou de sirop pendant un nombre déterminé de jours et pourcentage ayant pris des vermifuges ; parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu un enfant au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et qui vivent dans un ménage dont le sel a été testé pour la présence d’iode, pourcentage vivant dans un ménage disposant de, sel iodé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Pourcentage ayant reçu une dose de vitamine A post-partum1 Nombre de jours pendant lesquels les femmes ont pris du fer en comprimés ou sirop, durant la grossesse du dernier-né Pourcentage de femmes ayant pris des vermi- fuges durant la grossesse du dernier- né Effectif de femmes Parmi les femmes ayant eu un enfant au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et qui vivent dans un ménage dont le sel a été testé pour l’iode : Caractéristique sociodémographique Aucun <60 60-89 90+ Ne sait pas/ manquant Total Pourcentage vivant dans un ménage avec du sel iodé2 Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 47,0 29,2 34,4 11,1 21,9 3,4 100,0 11,7 375 15,7 347 20-29 45,4 23,4 35,5 9,7 27,9 3,5 100,0 15,3 2 554 17,5 2 395 30-39 48,8 20,9 30,5 10,3 34,1 4,1 100,0 13,7 1 726 17,5 1 638 40-49 39,3 30,7 26,7 10,0 28,7 3,8 100,0 10,7 563 18,7 526 Milieu de résidence Urbain 54,2 20,5 32,6 9,4 31,9 5,6 100,0 14,7 2 021 24,7 1 858 Rural 40,7 25,8 33,0 10,4 28,2 2,5 100,0 13,6 3 197 13,1 3 048 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 55,2 22,9 35,9 9,5 26,7 5,0 100,0 13,2 1 037 27,7 952 Autres villes (sans camps) 53,7 16,4 27,8 9,6 39,9 6,4 100,0 17,3 799 23,3 752 Urbain (sans camps) 54,6 20,0 32,3 9,5 32,4 5,6 100,0 15,0 1 835 25,7 1 704 Rural (sans camps) 40,4 25,8 33,1 10,5 28,2 2,4 100,0 13,6 3 149 13,1 3 004 Camps 52,4 25,0 34,0 8,5 26,8 5,7 100,0 12,5 234 13,1 198 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 55,2 22,9 35,9 9,5 26,7 5,0 100,0 13,2 1 037 27,7 952 Reste-Ouest 36,8 30,8 32,5 8,9 24,4 3,3 100,0 11,7 872 12,6 835 Sud-Est 32,4 29,8 40,5 9,1 17,5 3,1 100,0 12,8 230 8,5 219 Nord 51,7 21,8 23,3 9,7 40,9 4,4 100,0 14,5 511 31,4 491 Nord-Est 52,3 12,2 29,7 12,1 41,9 4,2 100,0 14,7 201 45,1 191 Artibonite 39,1 19,6 32,9 10,7 32,9 3,9 100,0 13,6 773 8,5 726 Centre 40,9 21,2 31,7 10,7 34,7 1,7 100,0 13,4 399 13,1 370 Sud 53,2 24,7 34,6 12,4 26,3 2,0 100,0 17,1 377 9,7 358 Grande-Anse 46,4 28,6 34,3 10,0 25,3 1,7 100,0 20,5 189 10,2 176 Nord-Ouest 41,2 21,9 32,8 10,1 32,1 3,1 100,0 16,9 239 12,7 236 Nippes 54,6 23,0 33,9 11,8 27,6 3,6 100,0 17,7 157 7,6 153 Niveau d’instruction Aucun 35,4 36,5 27,3 10,6 23,2 2,4 100,0 11,4 1 001 14,6 919 Primaire 43,2 26,5 34,8 9,6 26,6 2,6 100,0 14,6 2 188 16,5 2 057 Secondaire ou plus 54,2 14,6 33,5 10,3 36,0 5,6 100,0 14,7 2 030 19,9 1 931 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 34,8 31,7 33,0 10,4 22,4 2,5 100,0 11,8 1 059 12,9 1 017 Second 39,2 30,0 34,0 9,3 24,7 1,9 100,0 14,4 1 038 10,4 968 Moyen 47,5 24,8 30,5 11,3 30,6 2,8 100,0 13,6 1 130 15,9 1 036 Quatrième 51,8 18,6 33,7 8,7 33,9 5,0 100,0 14,1 1 135 22,2 1 063 Le plus élevé 58,2 11,7 33,3 10,5 37,7 6,8 100,0 16,7 856 27,4 823 Ensemble 46,0 23,8 32,9 10,0 29,6 3,7 100,0 14,0 5 218 17,5 4 906 1 Dans les deux premiers mois après l’accouchement de la dernière naissance. 2 Non compris les femmes des ménages dans lesquels le sel n’a pas été testé pour la présence d’iode. Paludisme • 197 PALUDISME 12 e paludisme figure parmi les maladies qui sévissent en Haïti à l’état endémique avec quelquefois des poussées épidémiques survenant après les saisons pluvieuses. Il est à signaler qu’une enquête réalisée par MACRO en juin 2009 dans six départements du pays (Nord, Artibonite, Nord-Ouest, Centre, Ouest, Grand-Anse) avait révélé les taux moyens suivants : 3,9 % en 1995, 3,5 % en 2005, 4,9 % en 2007. Le Plan national de lutte élaboré par le Ministère de la Santé Publique et de la Population préconise des mesures de type préventif par l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide dans les ménages, le traitement des gîtes larvaires et la prise en charge des patients fébriles dans toutes les institutions par le diagnostic microscopique utilisant le test rapide et la bithérapie (chloroquine, primaquine). L’objectif visé est d’arriver à éliminer cette maladie en 2020.1 Au cours de l’année 2012, une campagne nationale de distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide a été entreprise par PSI au cours de laquelle 3,4 millions de moustiquaires ont été distribuées. Les résultats présentés dans ce rapport ne prennent pas en compte cette campagne, puisqu’elle a eu lieu après le démarrage de l’EMMUS-V sur le terrain. Dans ce chapitre, seront présentées des données sur la prévention du paludisme et le traitement des enfants fébriles, la disponibilité des moustiquaires dans les ménages, la pulvérisation intradomiciliaire, l’accès aux moustiquaires, l’utilisation des moustiquaires, la prévalence et le traitement des enfants fébriles. 1 A noter que la campagne de distribution massive des moustiquaires entreprise par le PSI et le MSPP en Avril 2012 après le début de l’EMMUS-V sur terrain n’est pas prise en compte dans ces résultats. L Principaux résultats1 • Environ un ménage haïtien sur cinq (19 %) possède une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII) et, dans la quasi-totalité des cas, il s’agit d’une MIILDA (18 %). • Environ 80 % des personnes ont passé la nuit ayant précédé l’enquête dans un ménage ne possédant aucune MII. En Haïti, un peu plus d’une personne sur dix (11 %) aurait pu dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide si chaque MII du ménage était utilisée par deux personnes. • Parmi les enfants de moins de cinq ans, 12 % avaient dormi sous une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide, essentiellement une MIILDA (11 %). Globalement, 9 % des femmes enceintes de 15-49 ans avaient dormi sous une MII, la nuit ayant précédé l’enquête. Dans les ménages possédant au moins une MII, la proportion est de 46 %. • Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu la fièvre, seulement 12 % avaient été testés pour le paludisme, 3 % avaient été traités avec des antipaludiques et moins de 1 % avaient débuté le traitement le même jour ou le jour suivant le début de la fièvre. 198 • Paludisme 12.1 MOYENS DE PRÉVENTION CONTRE LE PALUDISME La prophylaxie du paludisme repose surtout sur un ensemble de précautions visant à limiter les risques de contact homme/vecteur, la prise en charge précoce des cas de paludisme et sur la prise de la sulfadoxine- pyriméthamine pour la prévention du paludisme chez la femme enceinte de chloroquine pour la population générale. La Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII) et la Pulvérisation d’Insecticide Intradomiciliaire à effet rémanent (PID) comptent, actuellement, parmi les moyens de prévention les plus efficaces. 12.1.1 Possession de moustiquaires Les données collectées au cours de l’EMMUS-V ont permis d’obtenir les proportions de ménages disposant d’une moustiquaire quelconque, de ceux disposant d’une MII et de ceux disposant d’une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide à Longue Durée d’Action (MIILDA). Les informations recueillies, qui figurent au tableau 12.1, montrent que 21 % des ménages haïtiens possédaient, au moins, une moustiquaire et 19 % possédaient au moins une MII, et, en majorité, il s’agit d’une MIILDA (18 %). Le nombre moyen de moustiquaires par ménage est estimé à 0,3 et celui des MIILDA à 0,2. C’est en milieu rural, que la proportion de ménages possédant, au moins, une moustiquaire était la plus faible (15 %). Dans les départements, c’est, de loin, dans les Nippes que cette proportion était la plus élevée (37 %) suivie de l’Aire Métropolitaine où 30 % des ménages possédaient, au moins, une moustiquaire. Les résultats concernant les MII montrent que dans les Nippes (37 %), dans le Sud-Est (26 %) et dans l’Aire Métropolitaine (25 %) la proportion de ménages qui possédaient une MII était la plus élevée. En outre, dans la plupart des cas, les MII sont des MIILDA. À ces variations géographiques, s’ajoutent des variations socio- économiques puisque la proportion de ménages possédant, au moins, une moustiquaire augmente avec le niveau du bien-être économique du ménage, passant d’un minimum de 10 % dans les ménages classés dans le quintile le plus bas à 35 % dans ceux classés dans le quintile le plus élevé. En ce qui concerne les MII, la proportion passe respectivement d’un minimum de 9 % à 30 % et pour les MIILDA, de 9 % à 28 %. Le tableau 12.1 présente aussi la proportion de ménages possédant au moins une moustiquaire pour deux personnes qui y avaient passé la nuit précédant l’enquête. On observe que 6 % des ménages haïtiens possédaient, au moins, une moustiquaire pour deux personnes qui y avaient passé la nuit précédant l’enquête. Ces proportions sont les plus élevées en milieu urbain (10 %), dans le département des Nippes (11 %) et dans les ménages du quintile de bien-être économique le plus élevé (12 %). En outre, 5 % des ménages possédaient une MII, principalement une MIILDA, pour deux personnes qui y avaient passé la nuit précédant l’enquête. Paludisme • 199 Tableau 12.1 Possession de moustiquaires par les ménages Pourcentage de ménages qui possèdent au moins une moustiquaire et pourcentage de ceux qui en possèdent plus d’une (imprégnée ou non); pourcentage qui possède au moins une moustiquaire pré imprégnée d’insecticide (MII); pourcentage qui possède une moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action (MIILDA) et nombre moyen de moustiquaires de MII et de MIILDA par ménages et pourcentage de ménages qui possèdent au moins une moustiquaire, une MII et une MIILDA pour deux personnes qui ont passé la nuit dernière dans le ménage, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Pourcentage de ménages avec au moins une moustiquaire Nombre moyen de moustiquaires par ménage Effectif de ménages Pourcentage de ménages avec au moins une moustiquaire pour deux personnes qui ont passé la nuit dernière dans le ménage1 Effectif de ménages avec au moins une personne qui a passé la nuit dernière dans le ménage Caractéristique sociodémographique N’importe quel type de mousti- quaire Mousti- quaire pré imprégnée d’insecti- cide (MII)2 Mousti- quaire imprégnée d’insecti- cide à longue durée d’action (MIILDA) N’importe quel type de mousti- quaire Mousti- quaire pré imprégnée d’insecti- cide (MII)2 Mousti- quaire imprégnée d’insecti- cide à longue durée d’action (MIILDA) N’importe quel type de mousti- quaire Mousti- quaire pré imprégnée d’insecti- cide (MII)2 Mousti- quaire imprégnée d’insecti- cide à longue durée d’action (MIILDA) Milieu de résidence Urbain 30,6 26,4 24,8 0,4 0,4 0,4 5 414 9,8 8,4 7,8 5 382 Rural 14,6 13,5 12,9 0,2 0,2 0,2 7 767 3,7 3,2 3,1 7 734 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 29,8 25,1 23,3 0,4 0,3 0,3 2 761 8,2 6,9 6,3 2 741 Autres villes (sans camps) 31,8 27,8 26,4 0,5 0,4 0,4 2 143 11,3 9,6 9,1 2 133 Urbain (sans camps) 30,7 26,3 24,6 0,4 0,4 0,4 4 903 9,5 8,1 7,5 4 874 Rural (sans camps) 14,2 13,2 12,6 0,2 0,2 0,2 7 663 3,5 3,1 3,0 7 631 Camps 31,4 29,4 27,7 0,4 0,4 0,3 614 12,5 11,6 10,7 610 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 29,8 25,1 23,3 0,4 0,3 0,3 2 761 8,2 6,9 6,3 2 741 Reste-Ouest 15,4 14,2 13,5 0,2 0,2 0,2 2 042 3,9 3,3 3,2 2 035 Sud-Est 27,1 25,8 25,4 0,4 0,4 0,4 669 8,3 7,8 7,8 667 Nord 22,1 18,9 18,0 0,4 0,3 0,3 1 150 7,5 6,3 6,2 1 149 Nord-Est 21,9 19,2 17,2 0,3 0,3 0,2 450 5,0 4,0 3,4 447 Artibonite 10,5 8,9 8,4 0,2 0,1 0,1 2 171 4,7 4,1 3,9 2 162 Centre 15,4 13,9 13,1 0,2 0,2 0,2 818 2,5 2,0 1,7 812 Sud 21,1 18,9 17,9 0,3 0,2 0,2 959 5,0 4,0 3,7 955 Grande-Anse 18,6 17,6 16,6 0,2 0,2 0,2 495 2,9 2,5 2,3 493 Nord-Ouest 18,2 16,6 15,9 0,3 0,2 0,2 600 5,5 4,8 4,5 594 Nippes 36,8 36,5 36,0 0,6 0,6 0,5 453 11,3 10,8 10,6 449 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 9,7 8,9 8,5 0,1 0,1 0,1 2 342 1,8 1,6 1,5 2 335 Second 10,7 9,8 9,2 0,1 0,1 0,1 2 681 2,3 2,0 1,9 2 671 Moyen 20,5 19,1 18,2 0,3 0,2 0,2 2 874 5,7 5,2 4,9 2 851 Quatrième 29,1 25,3 24,0 0,4 0,3 0,3 2 784 8,9 7,4 7,2 2 770 Le plus élevé 35,0 30,2 28,3 0,5 0,5 0,4 2 500 12,0 10,5 9,7 2 490 Ensemble 21,2 18,8 17,8 0,3 0,3 0,2 13 181 6,2 5,4 5,0 13 116 1 Membres de fait des ménages. 2 Une Moustiquaire pré Imprégnée d’Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 12.1.2 Tendance La comparaison des données de l’EMMUS-IV (2005-2006) à celles de l’EMMUS-V (2012) met en évidence une augmentation de la proportion de ménages qui possèdent une moustiquaire (imprégnée ou non), la proportion étant passée de 6 % à 21 %. 12.1.3 Pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel La pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel (PID) est une technique de lutte anti- vectorielle qui consiste à pulvériser une suspension d’insecticide sur les murs intérieurs des habitations en utilisant des insecticides à effet rémanent agréés par l’OMS. Cette méthode constitue encore une des principales stratégies de lutte antivectorielle pour réduire ou interrompre la transmission du paludisme dans 200 • Paludisme tous les contextes épidémiologiques. En Haïti, il ne semble pas que la PID fasse partie des actions de prévention mises en place dans le cadre de la lutte contre le paludisme puisque seulement 1 % des ménages ont bénéficié de cette mesure préventive au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Cependant, dans les camps, cette proportion est beaucoup plus élevée, 8 % des ménages ayant bénéficié d’une PID (Tableau 12.2). Globalement, deux ménages sur dix (20 %) possédaient, au moins, une moustiquaire imprégnée et/ou avaient bénéficié d’une PID au cours des 12 derniers mois. Les pourcentages varient d’un maximum de 35 % dans les camps à un minimum de 14 % en milieu rural. Dans les départements, la proportion la plus élevée (37 %) est observée dans les Nippes et la proportion la plus faible dans l’Artibonite (9 %). Les résultats selon les quintiles de bien-être économique montrent que cette proportion varie de 9 % dans les ménages classés dans le quintile le plus bas à 32 % dans ceux classés dans le quintile le plus élevé. Tableau 12.2 Pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel (PID) contre les moustiques Pourcentage de ménages ayant reçu la visite de quelqu’un qui a pulvérisé d’insecticide les murs intérieurs du logement contre les moustiques (PID) au cours des 12 derniers mois et pourcentage de ménages avec, au moins, une MII et/ou ayant bénéficié d’une PID au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de ménages ayant bénéficié d’une PID1 au cours des 12 derniers mois Pourcentage de ménages avec au moins une MII2 et/ou ayant bénéficié d’une PID au cours des 12 derniers mois Effectif de ménages Milieu de résidence Urbain 2,1 27,9 5 414 Rural 0,6 13,9 7 767 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 2,1 26,5 2 761 Autres villes (sans camps) 1,0 28,6 2 143 Urbain (sans camps) 1,6 27,4 4 903 Rural (sans camps) 0,4 13,5 7 663 Camps 7,9 34,8 614 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 2,1 26,5 2 761 Reste-Ouest 0,2 14,4 2 042 Sud-Est 1,0 26,4 669 Nord 0,1 19,1 1 150 Nord-Est 0,0 19,2 450 Artibonite 0,7 9,3 2 171 Centre 0,1 14,0 818 Sud 1,8 20,3 959 Grande-Anse 0,5 17,8 495 Nord-Ouest 0,5 16,9 600 Nippes 1,0 37,2 453 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 0,3 9,1 2 342 Second 0,6 10,3 2 681 Moyen 1,7 20,3 2 874 Quatrième 1,2 26,1 2 784 Le plus élevé 2,3 31,7 2 500 Ensemble 1,2 19,7 13 181 1 La pulvérisation intra domiciliaire d’insecticide résiduel (PID), fumigation ou nébulisation, est limitée à la pulvérisation faite par une organisation gouvernementale, privée ou non gouvernementale 2 Une moustiquaire pré imprégnée d’Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. Paludisme • 201 12.1.4 Accès à une MII dans le ménage Le pourcentage de la population de fait des ménages qui aurait pu dormir sous une MII, si chaque MII du ménage était utilisée par deux personnes au maximum donne la proportion de la population ayant accès à une moustiquaire imprégnée d’insecticide dans les ménages. Il s’agit d’un indicateur important. En effet, la différence entre cet indicateur et l’utilisation des moustiquaires permet de mieux identifier les facteurs qui empêchent l’utilisation des moustiquaires imprégnées au sein de la population. Ce sont des informations importantes pour l’orientation des programmes. Le tableau 12.3 présente la répartition de la population de fait des ménages par nombre de MII possédée par le ménage, selon le nombre de personnes qui ont passé la nuit avant l’interview dans le ménage. Ce tableau montre qu’en Haïti, la population avait un très faible accès aux moustiquaires imprégnées d’insecticides. En effet, 80 % des personnes avaient passé la nuit ayant précédé l’interview dans un ménage ne possédant aucune MII. Dans 14 % des cas, les personnes avaient passé la nuit dans un ménage ayant une seule MII et dans 5 % des cas dans un ménage en ayant deux. Seulement 2 % des personnes avaient dormi dans un ménage possédant au moins 3 MII. Dans l’ensemble, en Haïti, un peu plus d’une personne sur dix (11 %) aurait pu dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide si chaque MII du ménage était utilisée par deux personnes. Tableau 12.3 Accès à une moustiquaire pré imprégnée d’insecticide (MII) Répartition (en %) de la population de fait des ménages par nombre de MII possédée par le ménage, selon le nombre de personnes qui ont passé la nuit avant l’interview dans le ménage, EMMUS-V Haïti 2012 Nombre de personnes qui ont passé la nuit avant l’enquête dans le ménage Ensemble Nombre de MII 1 2 3 4 5 6 7 8+ 0 88,4 86,2 80,2 79,9 78,3 80,3 76,4 79,5 79,8 1 10,8 11,0 14,8 15,0 15,4 12,1 15,3 11,5 13,5 2 0,6 2,6 4,4 4,5 5,1 4,8 5,5 5,9 4,9 3+ 0,1 0,3 0,8 0,7 1,2 2,8 2,8 3,1 1,8 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 324 3 495 6 504 8 845 9 344 8 730 6 338 13 388 57 966 Pourcentage ayant accès à une MII1 11,6 13,8 14,9 12,6 11,4 10,1 10,1 7,2 10,8 1 Pourcentage de la population de fait des ménages qui aurait pu dormir sous une MII si chaque MII du ménage était utilisée par deux personnes au maximum. 12.1.5 Utilisation des moustiquaires par les ménages Aux ménages ayant déclaré posséder une moustiquaire, on a demandé si quelqu’un avait dormi sous la moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête. Les résultats sont présentés pour la population des ménages et pour deux groupes de population particulièrement vulnérables au paludisme : les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. On constate au tableau 12.4 que seulement 8 % de la population des ménages avaient dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête : dans la quasi-totalité des cas, la moustiquaire est une MII (7 %), essentiellement une MIILDA (7 %). Les variations selon l’âge sont irrégulières et aucune tendance ne se dégage. C’est cependant parmi les moins de cinq ans que la proportion de la population des ménages ayant dormi sous une MII est la plus élevée (12 %). Globalement, les résultats montrent que c’est dans les camps (14 %), dans le département des Nippes (12 %), et dans les ménages des deux derniers quintiles (10 % dans ceux du quatrième et 12 % dans ceux du quintile le plus élevé) que cette proportion est la plus élevée. 202 • Paludisme Tableau 12.4 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages Pourcentage de la population de fait des ménages qui, la nuit ayant précédé l’enquête, a dormi sous une moustiquaire (imprégnée ou non), sous une moustiquaire pré imprégnée d’insecticide (MII), et sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action (MIILDA), ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés d’insecticide(PID) au cours des 12 derniers mois et, parmi la population de fait des ménages avec, au moins, une MII, pourcentage qui a dormi sous une MII la nuit ayant précédé l’interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Population des ménages Population des ménages avec au moins une MII1 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MIILDA la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un ménage ayant bénéficié d’une PID2 au cours des 12 derniers mois Effectif Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Effectif Groupe d’âges <5 13,6 12,0 11,2 12,8 7 094 51,6 1 646 5-14 4,2 3,6 3,4 4,7 13 802 19,7 2 561 15-34 8,6 7,7 7,3 8,9 20 637 34,9 4 559 35-39 10,8 9,3 8,7 10,8 7 690 44,8 1 598 50+ 5,5 4,9 4,7 5,7 8 730 32,2 1 330 Sexe Masculin 6,7 6,0 5,6 7,1 28 122 31,3 5 363 Féminin 9,2 8,1 7,6 9,2 29 844 38,0 6 333 Milieu de résidence Urbain 12,5 10,7 10,0 12,6 23 186 37,7 6 585 Rural 5,0 4,6 4,4 5,1 34 780 31,4 5 111 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 11,3 9,5 8,8 11,7 12 065 35,2 3 260 Autres villes (sans camps) 13,5 11,7 11,1 12,8 9 586 39,5 2 853 Urbain (sans camps) 12,3 10,5 9,8 12,2 21 650 37,2 6 113 Rural (sans camps) 4,9 4,5 4,3 4,9 34 418 31,0 4 966 Camps 15,4 14,4 13,5 20,9 1 898 44,2 617 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 11,3 9,5 8,8 11,7 12 065 35,2 3 260 Reste-Ouest 6,1 5,7 5,5 5,9 8 535 38,9 1 248 Sud-Est 7,4 7,2 7,0 8,5 2 989 24,4 879 Nord 6,7 5,3 4,9 5,4 5 881 26,4 1 185 Nord-Est 9,7 8,3 7,3 8,3 2 205 41,7 437 Artibonite 5,4 4,6 4,4 5,1 8 813 47,9 850 Centre 6,5 5,8 5,7 5,9 3 995 41,0 567 Sud 7,3 6,6 6,2 8,9 4 432 32,7 898 Grande-Anse 5,0 4,8 4,5 5,3 2 344 22,8 488 Nord-Ouest 6,8 6,4 6,1 6,7 2 824 37,8 480 Nippes 12,6 12,3 12,2 13,3 1 985 31,0 787 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 2,9 2,6 2,5 2,9 11 646 26,0 1 161 Second 3,7 3,3 3,1 3,8 11 583 28,0 1 380 Moyen 7,9 7,2 6,8 8,6 11 561 34,2 2 434 Quatrième 12,1 10,3 9,7 11,4 11 537 38,3 3 093 Le plus élevé 13,3 11,9 11,1 14,0 11 639 38,1 3 628 Ensemble3 8,0 7,1 6,6 8,1 57 966 34,9 11 696 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 Une moustiquaire pré Imprégnée d’Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 2 La pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel (PID) est limitée à la pulvérisation faite une organisation gouvernementale, privée ou non gouvernementale. 3 L’ensemble inclut 13 membres des ménages pour lesquels l’âge est manquant. Paludisme • 203 De manière non surprenante, on constate que dans les ménages possédant au moins une MII, la proportion de population qui a dormi sous une MII est plus élevée et atteint 35 %. Parmi les enfants de moins de cinq ans, cette proportion est de 52 % et dans les camps elle atteint 44 % contre 31 % en milieu rural, sans camps. Dans huit pour cent des cas, la population des ménages était protégée du paludisme, soit par l’utilisation d’une MII au cours de la nuit ayant précédé l’enquête, soit parce qu’ils avaient bénéficié d’une PID au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Dans les camps, cette proportion est de 21 % contre un minimum de 5 % en milieu rural, sans camps. On note aussi que cette proportion augmente des ménages du quintile le plus bas à ceux du quintile le plus élevé, passant de 3 % à 14 %. 12.1.6 Utilisation des moustiquaires par les enfants de moins de cinq ans Le tableau 12.5 présente les résultats concernant les enfants de moins de cinq ans. Dans 14 % des cas, les enfants avaient dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête, 12 % avaient dormi sous une MII et 11 % sous une MIILDA. On note des variations importantes selon l’âge de l’enfant, son milieu et son département de résidence, et le quintile de bien-être économique du ménage dans lequel il vit. La proportion d’enfants ayant dormi sous une moustiquaire baisse à mesure que l’âge de l’enfant augmente. En effet, tandis qu’à moins de 12 mois, près d’un quart des enfants (23 %) avaient dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête, cette proportion atteint 10 % à 2 ans et 7 % à 4 ans. L’utilisation d’une moustiquaire quelconque pour protéger les enfants du paludisme est plus fréquente en milieu urbain (24 %) qu’en milieu rural (8 %). Les résultats selon le milieu de résidence détaillé ne font pas apparaître de variations très importantes. C’est néanmoins dans les camps que la proportion d’enfants de moins de cinq ans qui ont dormi sous une moustiquaire est la plus élevée et en milieu rural qu’elle est la plus faible (27 % contre 8 %). Dans les départements, cette proportion varie d’un maximum de 25 % dans l’Aire Métropolitaine à un minimum de 7 % dans le Nord-Ouest et de 8 % dans l’Artibonite. Les variations observées dans la population d’enfants de moins de 5 ans ayant dormi sous une MII selon les caractéristiques de la population sont similaires à celles déjà constatées pour l’utilisation d’une moustiquaire quelconque. Globalement, dans 13 % des cas, les enfants avaient été protégés du paludisme la nuit ayant précédé l’enquête, soit en dormant sous une MII, soit en vivant dans un logement dont on avait pulvérisé d’insecticide les murs intérieurs. C’est dans les camps et dans les ménages classés dans le quintile le plus élevé que cette proportion est la plus élevée (respectivement 31 % et 29 %). Parmi les enfants de moins de cinq ans vivant dans un ménage possédant au moins une MII, plus de la moitié avait dormi, la nuit précédant l’enquête, sous une MII. Dans certains sous-groupes d’enfants, comme par exemple, ceux de moins d’un an et ceux vivant dans les camps, la proportion est de 70 % et 62 %, respectivement. De même, dans les départements de l’Artibonite et du Centre, 61 % ont dormi sous une MII la nuit ayant précédé l’enquête et dans les ménages classés dans le quintile le plus élevé, cette proportion concerne 64 % des enfants de moins de cinq ans. 204 • Paludisme Tableau 12.5 Utilisation des moustiquaires par les enfants Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui, la nuit ayant précédé l’enquête, a dormi sous une moustiquaire (imprégnée ou non), sous une moustiquaire pré imprégnée d’insecticide (MII), et sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action (MIILDA), ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés d’insecticide (PID) au cours des 12 derniers mois et, parmi les enfants de moins de cinq ans des ménages avec, au moins, une MII, pourcentage qui a dormi sous une MII la nuit ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Enfants de moins de cinq ans dans tous les ménages Enfants de moins de cinq dans les ménages avec au moins une MII1 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MIILDA la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un ménage ayant bénéficié d’une PID2 au cours des 12 derniers mois Effectif d’enfants Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire MII1 la nuit dernière Effectif d’enfants Age (en années) <1 23,1 19,9 18,0 20,6 1 536 69,7 438 1 17,1 15,5 14,5 16,0 1 377 61,3 349 2 10,3 9,3 9,1 10,3 1 497 44,6 311 3 9,9 8,6 8,3 9,7 1 302 38,4 292 4 6,5 5,8 5,2 6,6 1 383 31,1 256 Sexe Masculin 12,7 11,2 10,5 12,1 3 616 50,6 800 Féminin 14,5 12,8 11,9 13,6 3 478 52,5 847 Milieu de résidence Urbain 24,1 20,8 19,3 22,3 2 366 59,1 833 Rural 8,3 7,6 7,1 8,1 4 728 44,0 813 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 24,5 20,8 19,3 22,3 1 159 58,7 412 Autres villes (sans camps) 23,1 20,0 18,6 21,0 1 014 58,9 344 Urbain (sans camps) 23,9 20,4 19,0 21,7 2 173 58,8 756 Rural (sans camps) 8,1 7,3 6,9 7,7 4 670 43,5 789 Camps 27,1 25,0 23,9 30,8 251 61,8 102 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 24,5 20,8 19,3 22,3 1 159 58,7 412 Reste-Ouest 10,3 9,6 8,9 9,8 1 192 58,3 196 Sud-Est 12,6 12,1 11,6 13,8 360 31,6 138 Nord 10,8 8,7 8,0 8,7 733 41,2 155 Nord-Est 14,6 12,3 11,1 12,3 292 55,6 65 Artibonite 7,7 6,3 5,9 6,6 1 070 61,3 110 Centre 10,3 9,2 9,1 9,2 603 61,3 91 Sud 14,4 13,2 12,1 14,9 570 51,6 146 Grande-Anse 10,9 10,6 9,6 11,6 288 36,3 84 Nord-Ouest 7,4 7,0 6,5 7,0 358 45,8 54 Nippes 15,9 15,7 15,2 17,4 217 36,1 94 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 4,6 4,1 4,1 4,8 1 710 34,3 206 Second 6,1 5,5 4,9 5,7 1 608 38,8 226 Moyen 14,4 13,3 12,9 14,3 1 444 51,9 369 Quatrième 21,1 17,8 16,3 18,4 1 343 54,5 439 Le plus élevé 29,8 26,3 24,4 28,5 989 64,1 407 Ensemble 13,6 12,0 11,2 12,8 7 094 51,6 1 646 Note : Le tableau est basé sur les enfants ayant passé la nuit précédant l’interview dans le ménage. PID = Pulvérisation intradomiciliaire 1 Une Moustiquaire pré Imprégnée d’Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 2 La pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel (PID) est limitée à la pulvérisation faite par une organisation gouvernementale, privée ou non gouvernementale. Paludisme • 205 12.1.7 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes Le tableau 12.6 présente les résultats concernant l’utilisation, par les femmes enceintes, de certains moyens de prévention contre le paludisme. Globalement, 9 % des femmes de 15-49 ans enceintes ont dormi sous une MII, la nuit ayant précédé l’enquête. Dans la quasi-totalité des cas, la MII est une MIILDA (8 %). L’utilisation de MII par les femmes enceintes est plus fréquente dans les autres villes (sans camps) (17 %), dans le département des Nippes (15 %), parmi les femmes ayant un niveau secondaire ou plus (14 %) et parmi celles des ménages du quatrième quintile (13 %) et du quintile le plus élevé (14 %). Tableau 12.6 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes Pourcentage de femmes enceintes de 15-49 ans qui, la nuit ayant précédé l’interview, a dormi sous une moustiquaire (imprégnée ou non), sous une moustiquaire pré imprégnée d’insecticide (MII), et sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action (MIILDA), ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés d’insecticide (PID) au cours des 12 derniers mois et, parmi les femmes enceintes de 15-49 ans des ménages avec au moins, une MII, pourcentage qui a dormi sous une MII la nuit ayant précédé l’interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Parmi les femmes enceintes de 15-49 ans dans tous les ménages : Parmi les femmes enceintes de 15-49 ans dans les ménages avec au moins une MII1 : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MIILDA la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un ménage ayant bénéficié d’une PID2 au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Effectif de femmes Milieu de résidence Urbain 13,5 11,0 10,3 12,2 319 46,3 76 Rural 8,1 7,2 7,0 8,3 539 45,7 85 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 10,5 6,6 6,6 8,7 154 * 34 Autres villes (sans camps) 18,6 16,8 15,8 17,5 137 (61,4) 37 Urbain (sans camps) 14,3 11,4 11,0 12,8 290 46,2 72 Rural (sans camps) 8,1 7,2 7,0 8,2 534 46,1 83 Camps 6,2 6,1 4,1 8,2 35 * 5 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 10,5 6,6 6,6 8,7 154 * 34 Reste-Ouest 12,5 10,3 9,8 10,3 161 * 31 Sud-Est 10,9 10,9 10,9 14,1 40 * 13 Nord 8,6 7,0 7,0 7,0 73 * 11 Nord-Est 12,9 12,9 10,4 12,9 40 * 10 Artibonite 8,2 7,4 7,4 9,7 147 * 12 Centre 8,6 8,6 7,5 8,6 71 * 11 Sud (8,8) (6,5) (6,5) (8,8) 40 * 7 Grande-Anse 5,9 5,9 5,9 7,9 30 * 6 Nord-Ouest 12,0 10,9 10,9 10,9 36 * 9 Nippes 15,3 15,3 15,3 15,3 33 (42,7) 12 Niveau d’instruction Aucun 5,3 4,0 4,0 4,3 150 * 15 Primaire 7,4 5,9 5,1 6,9 369 36,9 58 Secondaire ou plus 15,2 13,6 13,4 15,4 340 53,5 86 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 4,3 3,2 3,2 3,2 162 (30,7) 17 Second 5,3 5,0 4,4 7,7 175 (43,7) 20 Moyen 10,0 8,5 8,2 9,2 218 44,2 42 Quatrième 15,8 13,2 12,5 13,2 191 45,3 56 Le plus élevé 16,5 14,2 14,2 17,7 112 * 26 Ensemble 10,1 8,6 8,2 9,8 859 46,0 160 Note : Le tableau est basé sur les femmes ayant passé la nuit précédant l’interview dans le ménage. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée 1 Une Moustiquaire pré Imprégnée d’Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 2 La pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel (PID) est limitée à la pulvérisation faite par une organisation gouvernementale, privée ou non gouvernementale. 206 • Paludisme Dans 10 % des cas, les femmes enceintes se sont protégées du paludisme, soit en dormant sous une MII, soit en ayant eu les murs intérieurs de leur logement pulvérisés d’insecticide au cours des 12 derniers mois. C’est dans les autres villes et dans les ménages classés dans le quintile le plus élevé (18 % dans chaque cas) que cette proportion est la plus élevée. On constate également que la proportion de femmes qui ont bénéficié de l’un de ces deux moyens de prévention est plus élevée parmi les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus que parmi les autres (15 % contre 7 % parmi celles ayant un niveau primaire et 4 % parmi celles sans instruction). Dans les ménages possédant au moins une MII, on constate que la proportion de femmes enceintes qui ont dormi sous une MII la nuit ayant précédé l’enquête est beaucoup plus élevée que dans les autres ménages (46 % et 9 % respectivement). Cependant, la faiblesse des effectifs ne permet pas un commentaire plus approfondi des différentiels. 12.2 FIÈVRE ET TRAITEMENT ANTIPALUDÉEN CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS Au cours de l’EMMUS-V, en plus des questions concernant la disponibilité des moustiquaires dans les ménages, leur utilisation pour les enfants et pour les femmes enceintes, le recours à certains moyens de prévention comme la PID, on a également demandé si les enfants de moins de cinq ans avaient eu la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. Si la réponse était positive, on posait alors une série de questions sur le traitement de la fièvre : ces questions portaient entre autres, sur la prise de médicaments antipaludiques et sur le moment où le traitement antipaludéen avait été administré pour la première fois. On a aussi demandé si un prélèvement sanguin avait été effectué pour être testé. Les résultats sont présentés au tableau 12.7. Les résultats de ce tableau montrent que parmi les enfants de moins de cinq ans, 27 % avaient eu la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. La prévalence de la fièvre varie surtout selon l’âge, le milieu et le département de résidence de l’enfant. En effet, c’est dans le groupe d’âges 12-23 mois que la proportion d’enfants ayant eu la fièvre est la plus élevée (33 %). Au-delà, la proportion diminue avec l’âge passant à 28 % chez les 24-35 mois et à 21 % chez ceux de 48-59 mois. La prévalence de la fièvre est plus élevée dans les autres villes, sans camps (33 %) que dans l’Aire Métropolitaine (22 %) ou que dans les camps (24 %).Dans les départements, on note des écarts importants, la prévalence de la fièvre variant d’un maximum de 35 % dans le Nord et dans le Nord-Est à un minimum de 22 % dans l’Aire Métropolitaine et 23 % dans le Sud. Pour seulement 42 % des enfants ayant eu la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, les responsables des enfants ont recherché des conseils ou un traitement auprès d’un prestataire de santé ou dans un établissement de santé ou une pharmacie. Cette démarche a été plus fréquemment effectuée pour les enfants de moins de 12 mois (47 %), pour ceux de l’Aire Métropolitaine (53 %), pour ceux du Nord- Ouest (45 %), pour ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus (51 %) et pour ceux qui vivent dans un ménage classé dans le quintile le plus élevé (55 %). Par ailleurs, parmi les enfants ayant eu la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, les résultats montrent que, dans 12 % des cas, un prélèvement de sang capillaire a été effectué au doigt ou au talon pour effectuer un test du paludisme. Ce test a été plus fréquemment effectué parmi les enfants de 36-47 mois que parmi les autres (15 % contre un minimum de 8 % parmi ceux de 48-59 mois). Dans l’Aire Métropolitaine, on a effectué ce prélèvement auprès de 21 % d’enfants ayant eu la fièvre. Par comparaison, dans le Sud-Est, cette proportion n’est que de 5 %. On note aussi des variations selon le niveau d’instruction de la mère et le niveau socio-économique du ménage : en effet, quand la mère a un niveau secondaire ou plus, on Paludisme • 207 Tableau 12.7 Prévalence, diagnostic et traitement précoce de la fièvre chez les enfants Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui ont eu la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview; parmi ces enfants, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé ou d’une pharmacie, pourcentage à qui on a prélevé du sang au doigt ou au talon, pourcentage ayant bénéficié d’une combinaison thérapeutique à base d’artémisinine (CTA), pourcentage ayant bénéficié d’une CTA le jour même ou le jour suivant le début de la fièvre, pourcentage ayant pris des antipaludiques, et pourcentage les ayant pris le jour même ou le jour suivant le début de la fièvre, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Parmi les enfants de moins de cinq ans : Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu la fièvre : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview Effectif d’enfants Pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé ou d’une pharmacie1 Pourcentage à qui on a prélevé du sang au doigt ou au talon pour être testé Pourcentage ayant pris des antipaludiques Pourcentage ayant pris des antipaludiques le jour même ou le jour suivant le début de la fièvre Effectif d’enfants Age (en mois) <12 27,7 1 459 46,8 11,1 1,8 0,1 404 12-23 33,3 1 288 42,4 13,0 2,6 0,6 429 24-35 27,9 1 326 39,3 12,8 3,2 0,7 370 36-47 24,4 1 132 41,4 15,2 3,4 0,7 277 48-59 21,2 1 205 36,5 8,4 1,4 1,0 256 Sexe Masculin 25,9 3 243 40,6 10,7 2,4 0,5 841 Féminin 28,2 3 167 42,9 13,6 2,6 0,6 894 Milieu de résidence Urbain 26,5 2 306 47,8 18,1 1,6 0,6 611 Rural 27,4 4 104 38,4 9,0 3,0 0,6 1 124 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 22,3 1 163 52,6 21,0 1,7 0,5 260 Autres villes (sans camps) 32,9 929 44,8 16,4 1,8 0,8 306 Urbain (sans camps) 27,0 2 092 48,4 18,5 1,8 0,6 566 Rural (sans camps) 27,3 4 045 38,1 9,1 3,0 0,6 1 105 Camps 23,6 273 45,1 10,3 0,2 0,2 64 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 22,3 1 163 52,6 21,0 1,7 0,5 260 Reste-Ouest 23,6 1 095 40,8 11,5 3,0 0,0 258 Sud-Est 29,1 307 34,4 5,3 0,7 0,0 89 Nord 35,4 638 39,3 16,2 2,6 0,4 226 Nord-Est 34,7 254 39,6 8,6 1,9 0,4 88 Artibonite 31,2 948 37,8 6,2 3,3 1,0 296 Centre 26,0 518 41,7 8,4 2,1 1,4 135 Sud 23,1 491 42,1 17,4 2,5 0,8 113 Grande-Anse 25,7 237 41,4 11,5 4,0 0,7 61 Nord-Ouest 28,1 305 44,9 11,1 5,3 0,9 86 Nippes 32,6 182 33,0 10,4 0,9 0,9 59 Niveau d’instruction de la mère Aucun 26,2 1 321 27,7 7,6 1,9 0,9 346 Primaire 27,1 2 786 40,1 9,0 2,0 0,6 755 Secondaire ou plus 27,6 2 302 51,4 18,5 3,4 0,4 635 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 26,0 1 447 28,9 6,5 3,4 0,7 376 Second 29,2 1 336 33,5 7,2 2,5 0,5 389 Moyen 27,0 1 359 47,0 12,9 2,3 0,9 366 Quatrième 28,2 1 318 49,8 14,1 1,8 0,6 372 Le plus élevé 24,3 951 55,1 25,9 2,4 0,0 231 Ensemble 27,1 6 410 41,7 12,2 2,5 0,6 1 735 1 Non compris les marchés, boutiques et guérisseurs traditionnels. 208 • Paludisme a effectué ce test pour 19 % d’enfants contre 8 % quand la mère n’a aucune instruction. Dans les ménages du quintile le plus élevé, 26 % des enfants ont bénéficié de ce test contre 7 % de ceux des ménages du quintile le plus bas. En outre, les résultats montrent que parmi les enfants de moins de 5 ans ayant eu la fièvre au cours des deux semaines précédant l’enquête, seulement 3 % ont pris un antipaludique et 0,6 % l’avaient pris rapidement, c’est-à-dire le jour même où le jour suivant le début de la fièvre. Mortalité des enfants • 209 MORTALITÉ DES ENFANTS 13 e chapitre présente les indicateurs de mortalité des enfants de moins de 5 ans. Les données collectées au cours de l’EMMUS-V ont permis d’estimer les niveaux, les tendances et les différentiels de la mortalité néonatale, de la mortalité post-néonatale, de la mortalité infantile, de la mortalité juvénile et de la mortalité infanto-juvénile. Ces résultats seront très utiles pour l’élaboration, le suivi et l’évaluation des politiques de population et des programmes de santé. Les niveaux, les tendances et les différentiels de la mortalité des enfants sont généralement influencés par les conditions sanitaires, environnementales, socio- économiques et culturelles qui prévalent dans une population. Ils reflètent le niveau de pauvreté et les conditions de précarité des populations. Pour toutes ces raisons, on considère que le taux de mortalité infantile est l’un des meilleurs indicateurs du niveau de développement d’un pays. 13.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES Les indicateurs de la mortalité présentés dans ce chapitre ont été estimés à partir d’informations sur l’historique des naissances recueillies dans le questionnaire femme. Au cours de l’enquête, l’enquêtrice a enregistré toutes les naissances vivantes de la femme. Par la suite, et pour chacune des naissances, l’enquêtrice a obtenu des informations détaillées sur le sexe, le mois et l’année de naissance, l’état de survie, l’âge actuel (si l’enfant est vivant), la résidence, ainsi que l’âge au décès pour les enfants décédés (au jour près pour les décès de moins d’un mois, au mois près pour ceux de moins de deux ans et en années pour les décès survenus à deux ans ou plus). La qualité des estimations de la mortalité basées sur l’historique des naissances dépend de la complétude avec laquelle les naissances et les décès ont été déclarés et enregistrés. L’estimation de la mortalité à partir de cette approche présente à la fois des limites d’ordre méthodologique et des risques d’erreurs d’enregistrement. C Principaux résultats • Durant les cinq dernières années (2007-2012), sur 1 000 enfants nés vivants 59, sont décédés avant d’atteindre leur 1er anniversaire. Sur 1 000 enfants survivants au 1er anniversaire, 31 sont décédés avant d’atteindre l’âge de cinq ans. • En Haïti, environ un enfant sur onze meurt avant d’atteindre l’âge de 5 ans. • Le niveau de mortalité des enfants de moins de cinq ans du milieu rural a baissé de façon significative depuis l’EMMUS-IV de 2005-2006 (de 114 ‰ à 88 ‰), alors celui des enfants du milieu urbain a augmenté entre les deux enquêtes (de 78 ‰ à 99 ‰). • Dans l’ensemble, pour les dernières années, on observe une diminution des taux de mortalité infantile et juvénile, ce qui n’est pas le cas pour la mortalité néo-natale. 210 • Mortalité des enfants 13.1.1 Limites d’ordre méthodologique Sur le plan méthodologique, la collecte des données se fait auprès de personnes vivantes (femmes de 15-49 ans) au moment de l’enquête ; ceci ne permet pas d’obtenir des informations sur la survie ou le décès des enfants dont la mère était décédée au moment de l’interview. Dans le cas où ces enfants « orphelins de mère » seraient en nombre important, et où leur mortalité serait différente de celle des enfants dont la mère est en vie, le niveau de mortalité estimé s’en trouverait biaisé. En outre, en limitant la collecte des données aux seules femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête, les informations découlant de l’historique des naissances ne sont pas complètement représentatives pour certaines périodes passées : pour la période 10-14 ans avant l’enquête, par exemple, aucune information n’est disponible sur les naissances issues des femmes âgées de 40-49 ans à cette période. Les femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête avaient moins de 40 ans, 10 ans avant l’enquête, et celles de 40-49 ans à ce moment-là ne sont plus éligibles au moment de l’enquête. Par conséquent, si une proportion importante des naissances de cette époque étaient issues de femmes de 40-49 ans, et que le risque de décéder de leurs enfants était très différent de celui des naissances issues des femmes plus jeunes, il pourrait en résulter un biais sur l’estimation de la mortalité des enfants pour la période étudiée. Selon les résultats de l’enquête ménage, 1,2 % des enfants de moins de 5 ans survivants et identifiés dans les ménages (voir Chapitre 18, Tableau 18.3) étaient orphelins de mère. Par ailleurs, au cours des cinq dernières années, les femmes de 40 ans ou plus n’ont contribué que pour 10 % à la fécondité totale (voir Chapitre 5, Tableau 5.1). Les biais évoqués précédemment devraient donc être négligeables. 13.1.2 Risques d’erreurs d’enregistrement En ce qui concerne la collecte proprement dite, la validité des données sur la mortalité des enfants peut être affectée par : 1) le sous-enregistrement des naissances et/ou des décès. Il peut provenir de la double omission de naissances et de décès ou de l’un des deux évènements. Les mères ont parfois tendance à omettre de déclarer les naissances et/ou les décès d’enfants qui meurent très jeunes, quelques heures ou jours après la naissance. Ces cas d’omission peuvent induire une sous-estimation de la mortalité. De plus, du fait des problèmes de mémoire, l’effet de sous-enregistrement peut être d’autant plus significatif que la période de référence est éloignée de la date de l’enquête. Ainsi, plus ces cas d’omission sont importants, plus les niveaux estimés de la mortalité peuvent en être affectés. Une technique d’évaluation du sous-enregistrement des décès de très jeunes enfants consiste à calculer la proportion des décédés entre 0 et 6 jours par rapport aux décès survenus au cours du premier mois. Comme le niveau de la mortalité diminue très rapidement entre la naissance et les jours qui suivent, on s’attend à ce que cette proportion augmente lorsque la mortalité des enfants diminue : une proportion inférieure à 60 % indiquerait un sous-enregistrement important des décès très précoces. Dans le cas de l’EMMUS-V, cette proportion est de 71 % pour la période 0-4 ans avant l’enquête et de 66 % pour la période 5-9 ans avant l’enquête (voir Tableau C.5 en Annexe C), ce qui semble indiquer qu’il n’y a pas eu de sous-enregistrement important des décès précoces sur la période des cinq dernières années qui ont précédé l’enquête. 2) les déplacements différentiels de dates de naissances des enfants. Ces mauvais enregistrements des naissances peuvent entraîner une sous-estimation de la mortalité d’une période au profit des périodes adjacentes. Par exemple, un mauvais classement des enfants décédés 0-4 ans avant l’enquête entrainerait une sous-estimation de la mortalité pour cette période et, par conséquent, une surestimation de la mortalité de la période précédente (5-9 ans avant l’enquête). À l’annexe C, le tableau C.4 fournit la distribution des naissances selon leur état de survie, par année de naissance. Le « rapport de naissances annuelles » qui Mortalité des enfants • 211 varie de 94 % à 105 % (de 96 % à 106 % pour les enfants décédés) ne met pas en évidence de déplacement différentiel important de dates de naissances qui pourrait compromettre de manière significative la qualité des données de l’EMMUS-V sur la mortalité des enfants. 3) l’imprécision des déclarations de l’âge au décès et, en particulier, l’attraction de certains âges au décès, peut engendrer une sous-estimation de la mortalité infantile et une surestimation de la mortalité juvénile, en transformant une partie des décès d’enfants de moins d’un an en décès d’enfants plus âgés (12-59 mois). Pour minimiser ce type d’erreurs, on a demandé aux enquêtrices d’enregistrer les âges au décès en jours pour ceux survenus dans les 29 jours suivant la naissance, en mois pour ceux survenus aux âges de 1 à 23 mois, et en années pour le reste. À l’annexe C, les tableaux C.5 et C.6 fournissent la distribution des décès par âge au décès (jours et mois). On note que l’attraction pour « 12 mois » par rapport à « 11 mois » (tableau C.6) ne porte pas sur un effectif de naissances assez important pour introduire un biais significatif ni dans l’estimation de la mortalité infantile, ni dans celle de la mortalité juvénile. Finalement, les limites méthodologiques inhérentes à l’historique des naissances et, comme nous venons de le voir, les sous-déclarations de décès et les risques d’erreurs ou d’imprécisions de collecte semblent peu importantes et ne devraient donc pas avoir affecté substantiellement les niveaux de mortalité des enfants, en particulier, ceux estimés pour la période la plus récente. 13.1.3 Impact du tremblement de terre Rappelons que le tremblement de terre du 12 janvier 2010 aurait provoqué le décès de plus 200 000 personnes. On aurait donc pu s’attendre à ce que les niveaux de mortalité des enfants estimés par l’EMMUS-V pour cette période soient beaucoup plus élevés que dans une situation « normale ». Cependant, les données sur la mortalité des enfants proviennent de l’historique des naissances des femmes vivantes de 15-49 ans interviewées au cours de l’enquête. Par conséquent, les seuls décès d’enfants dus au tremblement de terre qui pouvaient être enregistrés au cours de l’EMMUS-V sont ceux de femmes ayant survécu au séisme. Par contre, les enfants décédés avec leur mère au cours du séisme, de même que la naissance de ces enfants, ne pouvaient pas être comptabilisés. Le tableau 13.1 présente, pour les années 2007 à 2011, la distribution des enfants décédés avant l’âge de cinq ans par année du décès. Au niveau national, on constate en 2010 un nombre de décès légèrement plus élevé que les deux années précédentes, mais pratiquement égal à celui de 2007. Si on se limite à l’Aire Métropolitaine qui a été la zone la plus touchée par le séisme, le surplus de décès en 2010 par rapport aux années précédentes est, proportionnellement, plus important qu’au niveau national. Cependant, ce surplus reste « limité » et ne reflète pas entièrement l’importance du nombre de victimes du séisme. Tableau 13.1 Décès d’enfants de moins de cinq ans par année du décès Répartition des enfants de l’historique des naissances décédés, avant l’âge de cinq ans de 2007 à 2011 par année de décès au niveau national et dans l’Aire métropolitaine, EMMUS-V Haïti 2012 Haïti Aire métropolitaine Année du décès Effectif Pourcentage Effectif Pourcentage 2007 129 21.9 26 17.7 2008 114 19.3 29 19.7 2009 122 20.7 29 19.7 2010 128 21.7 36 24.5 2011 97 16.4 27 18.4 Total 590 100.0 147 100.0 212 • Mortalité des enfants Ainsi, si la méthode rétrospective de collecte des données sur les décès d’enfants à partir de l’historique des naissances fournit de bonnes estimations de la mortalité dans une situation « normale », elle ne permet pas de rendre compte pleinement des conséquences d’un évènement comme le séisme de 2010 qui touche tout autant les enfants que les mères. 13.2 NIVEAUX ET TENDANCES DE LA MORTALITÉ DES ENFANTS À partir des informations recueillies sur l’historique des naissances, les indicateurs suivants ont été calculés : Quotient de mortalité néonatale (NN) : probabilité, à la naissance, de décéder avant d’atteindre un mois exact ; Quotient de mortalité post-néonatale (PNN) : probabilité pour les enfants âgés d’un mois exact, de décéder avant d’atteindre le premier anniversaire (12 mois exacts) ; Quotient de mortalité infantile (1q0) : probabilité, à la naissance, de décéder avant d’atteindre le premier anniversaire (12 mois exacts) ; Quotient de mortalité juvénile (4q1) : probabilité pour les enfants âgés d’un an exact, de décéder avant d’atteindre le cinquième anniversaire (60 mois exacts) ; Quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) : probabilité, à la naissance, de décéder avant d’atteindre le cinquième anniversaire. Chacun de ces quotients a été calculé pour différentes périodes quinquennales ayant précédé l’enquête. Le tableau 13.2 présente les différents quotients de mortalité calculés pour les trois périodes quinquennales 0-4 ans, 5-9 ans et 10-14 ans avant l’enquête, soit de 1997 à 2012. Pour les cinq dernières années avant l’EMMUS-V (période 2007-2012), les résultats montrent que sur 1 000 naissances vivantes, 59 décèdent avant d’atteindre leur premier anniversaire (31 ‰ entre 0 et 1 mois exact et 29 ‰ entre 1 et 12 mois exacts), et que sur 1 000 enfants âgés d’un an, 31 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire. Pour cette période, le risque global de mortalité infanto-juvénile, c’est-à-dire le risque de décès avant l’âge de 5 ans, est de 88 ‰. En d’autres termes, en Haïti, environ un enfant sur onze meurt avant d’atteindre l’âge de 5 ans. Tableau 13.2 Quotients de mortalité des enfants de moins de cinq ans Quotients de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile par période de cinq ans ayant précédé l’enquête, EMMUS-V Haïti 2012 Nombre d’années ayant précédé l’enquête Période Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) 0-4 2007-2012 31 29 59 31 88 5-9 2002-2007 33 35 68 30 96 10-14 1997-2002 30 49 79 36 112 1 Calculé par différence entre les quotients de mortalité infantile et néonatale Les graphiques 13.1 et 13.2 permettent de retracer l’évolution de la mortalité infantile et juvénile au cours des vingt-cinq dernières années. Ces graphiques sont obtenus en juxtaposant les courbes des tendances de la mortalité pour les périodes rétrospectives précédant l’EMMUS-V et les deux EMMUS précédentes; le niveau de mortalité de chaque période avant l’enquête est rapportée à l’année centrale de cette période. Mortalité des enfants • 213 Graphique 13.1 Tendances de la mortalité néonatale et post-néonatale 20 25 30 35 40 45 50 55 60 Décès pour mille Année centrale des estimations EMMUS-III EMMUS-IV EMMUS-V Mortalité néonatale 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 70 Décès pour mille Année centrale des estimations EMMUS-III EMMUS-IV EMMUS-V Mortalité post-néonatale 214 • Mortalité des enfants Graphique 13.2 Tendances de la mortalité infantile, juvénile et infanto-juvénile 0 20 40 60 80 100 120 Décès pour mille Année centrale des estimations Mortalité infantile 0 20 40 60 80 Décès pour mille Année centrale des estimations Mortalité juvénile 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 Décès pour mille Année centrale des estimations EMMUS-III EMMUS-IV EMMUS-V Mortalité infanto-juvénile Mortalité des enfants • 215 Globalement, les tendances à long terme montrent que la mortalité néonatale a connu une baisse sensible jusqu’aux environs de l’année 2000 puis s’est maintenue plus ou moins au même niveau jusqu’aujourd’hui. Quant à la mortalité postnatale, elle a connu une baisse régulière sur toute la durée de la période considérée depuis environ 1993. Il s’ensuit que la mortalité infantile qui est la résultante de ses composantes néonatale et post-néonatale a maintenu une baisse régulière depuis la fin des années 1980 jusqu’aujourd’hui. La mortalité juvénile a connu des variations irrégulières mais, à partir des années autour de 1993 elle a baissé jusqu’au début des années 2000 pour se maintenir ensuite à un même niveau jusqu’à la période actuelle. L’évolution de la mortalité infanto-juvénile est la résultante de celles de ses composantes infantile et juvénile. Il s’ensuit donc qu’après une stabilité au cours de la période 1988-1993, elle a baissé ensuite de façon irrégulière jusqu’à la période actuelle. Les intervalles de confiance autour des estimations des quotients de mortalité présentés au graphique 13.3 montrent que le quotient de mortalité infantile (1q0) ainsi que celui de mortalité infanto-juvénile estimés sur la période de cinq avant l’EMMUS-V ont baissé de façon significative par rapport à ceux estimés pour la période de cinq avant l’EMMUS-III de 2000 mais ils ne sont pas significativement différents de ceux estimés pour la période de cinq ans avant l’EMMUS-IV. Même si seulement certains décès dus au tremblement de terre ont pu être comptabilisés par l’EMMUS-V, les niveaux de mortalité estimés pour la période 0-4 ans avant l’enquête (2007-2012) sont plus élevés que dans une situation « normale » et ils ne reflètent donc pas la baisse réelle de la mortalité qui a pu se produire récemment. Graphique 13.3 Mortalité infantile et mortalité infanto-juvénile avec intervalles de confiance pour la période 0-4 ans avant l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V 92 49 52 136 96 98 68 69 66 102 76 7980 57 59 119 86 88 0 20 40 60 80 100 120 140 EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 Décès pour 1000 naissances vivantes Mortalité infantile Mortalité infanto-juvénile 216 • Mortalité des enfants 13.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE ET GROUPES À HAUTS RISQUES Le niveau de la mortalité varie autant en fonction des caractéristiques de la mère qu’en fonction de celles des enfants. Le tableau 13.3 présente les différents quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère pour les 10 années précédant l’enquête alors que le tableau 13.4 fournit les niveaux de mortalité selon certaines caractéristiques propres à l’enfant sur la même période décennale. La référence à une période de dix années utilisée ici est nécessaire pour disposer d’un nombre de cas suffisant pour estimer les probabilités de décès dans chaque sous-groupe de population avec un niveau de précision acceptable. Tableau 13.3 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio-économiques Quotients de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période des dix années ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques socio-économiques, EMMUS- V Haïti 2012 Caractéristique socio-économique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Milieu de résidence Urbain 36 37 73 28 99 Rural 30 28 58 32 88 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 41 41 81 30 109 Autres villes (sans camps) 28 31 59 23 81 Urbain (sans camps) 35 36 71 27 97 Rural (sans camps) 30 28 58 32 87 Camps 41 49 90 38 124 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 41 41 81 30 109 Reste-Ouest 26 35 61 28 87 Sud-Est 34 21 55 22 76 Nord 29 25 54 34 86 Nord-Est 24 34 58 28 84 Artibonite 27 30 58 35 91 Centre 37 31 68 39 104 Sud 27 28 55 26 80 Grande-Anse 34 29 63 33 94 Nord-Ouest 25 16 41 17 57 Nippes 39 20 59 22 80 Niveau d’instruction de la mère Aucun 36 35 72 44 113 Primaire 30 35 65 27 90 Secondaire ou plus 30 24 54 20 73 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 32 30 62 44 104 Second 29 33 61 29 88 Moyen 33 34 67 32 96 Quatrième 37 36 73 27 98 Le plus élevé 27 24 51 12 62 1 Calculé par différence entre les quotients de mortalité infantile et néonatale À l’exception de la mortalité juvénile, on observe que les niveaux des autres composantes de la mortalité des enfants tendent à être plus élevés en milieu urbain, et particulièrement dans l’Aire Métropolitaine, qu’en milieu rural. En effet, la mortalité infantile est beaucoup plus élevée en milieu urbain (73 ‰), en particulier dans l’Aire Métropolitaine (81 ‰), qu’en milieu rural (58 ‰). En outre, on peut également noter que le niveau de mortalité post-néonatale des enfants du milieu urbain (37 ‰) est supérieur à Mortalité des enfants • 217 celui des enfants du milieu rural (28 ‰). La même tendance est observée pour la mortalité néonatale qui varie de 36 ‰ en milieu urbain à 30 ‰ en milieu rural. Cependant, après le premier anniversaire, la probabilité pour les enfants survivants au premier anniversaire de décéder avant le cinquième anniversaire est très légèrement plus basse en en milieu urbain qu’en milieu rural (28 ‰ contre 32 ‰). Dans l’ensemble, on note que le niveau de la mortalité infanto-juvénile est plus élevé en milieu urbain (99 ‰), en particulier dans l’Aire Métropolitaine (109 ‰), qu’en milieu rural (88 ‰). Ces différences de mortalité entre le milieu urbain et le milieu rural décrites ci-dessus ne suivent pas le schéma habituel et observé au cours des EMMUS précédentes. En effet, les niveaux de mortalité sont généralement plus faibles en milieu urbain qu’en milieu rural du fait, entre autres, d’un meilleur niveau d’utilisation des services de santé et d’une meilleure qualité de ces services. Au regard des intervalles de confiance des quotients de mortalité infantile et infanto-juvénile estimés pour la période 0-9 ans avant l’EMMUS-III de 2000, avant l’EMMUS-IV de 2005-2006, et avant l’EMMUS-V de 2012 (Graphique 13.4), on peut conclure que cette situation est plutôt récente en Haïti. En milieu rural, le niveau de mortalité infantile et celui de mortalité infanto-juvénile tendent à diminuer au cours au temps et se trouvent actuellement à des niveaux significativement inférieurs à ceux observés au cours de dix avant l’EMMUS-III de 2000. En milieu urbain, le niveau de mortalité infantile ainsi que celui de mortalité infanto-juvénile ont connu une baisse beaucoup plus prononcée qu’en milieu rural entre l’EMMUS-III de 2000 et l’EMMUS-IV de 2005-2006. Cependant, ils ont augmenté au cours des dix ans ayant précédé l’EMMUS-V de 2012 et leur niveaux actuels respectifs ne sont pas significativement différents de ceux observés au cours des dix avant l’EMMUS-III de 2000. Même si seulement certains décès dus au tremblement de terre ont pu être comptabilisés par l’EMMUS-V, cette situation résulte en grande partie au « surplus » de décès dus au séisme de janvier 2010 qui a frappé principalement le département de l’Ouest et plus particulièrement l’Aire Métropolitaine (et donc le milieu urbain en général). Le niveau particulièrement élevé de la mortalité des enfants estimé à partir de l’historique des naissances des femmes qui vivent actuellement dans des Camps (mortalité infanto-juvénile de 124 ‰) le confirme. Selon les départements, les niveaux les plus élevés de la mortalité infantile se rencontrent dans l’Aire Métropolitaine (81 ‰) et au Centre (68 ‰) tandis que le niveau le plus faible se trouve au Nord-Ouest (41 ‰). Les maxima et les minima pour le niveau de la mortalité juvénile et pour celui de la mortalité infanto-juvénile sont observés dans les mêmes départements. Dans l’ensemble, un enfant dont la mère n’a aucun niveau d’instruction a une probabilité de mourir, avant le premier anniversaire 1,3 fois plus élevée que celle d’un enfant dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus (72 ‰ contre 54 ‰). La différence de mortalité observée dans la période infantile devient encore plus importante au cours de la période juvénile (44 ‰ contre 20 ‰, soit plus de 2 fois plus). Finalement, la probabilité de mourir avant 5 ans est de 113 ‰ pour les enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction contre 73 ‰ lorsque celle-ci a atteint au moins le niveau d’instruction secondaire ou plus. Les résultats montrent également que le niveau de bien-être économique du ménage influencerait le risque de décéder des enfants de avant 5 ans puisque, quelle que soit la composante de la mortalité considérée, les niveaux sont nettement plus élevés pour les enfants des ménages du quintile le plus bas que pour ceux des ménages du quintile le plus élevé. 218 • Mortalité des enfants Graphique 13.4 Mortalité infantile et mortalité infanto-juvénile avec intervalles de confiance pour la période 0-9 ans avant l’EMMUS-III, l’EMMUS-IV et l’EMMUS-V, selon le milieu de résidence 102 67 83 124 90 112 72 48 63 99 66 8787 58 73 112 78 99 40 50 60 70 80 90 100 110 120 130 140 EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 Décès pour 1000 naissances vivantes Mortalité infantile Mortalité infanto-juvénile Milieu urbain 101 87 64 162 128 97 80 65 52 137 100 79 90 76 58 149 114 88 40 60 80 100 120 140 160 180 EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 EMMUS-III 2000 EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 Décès pour 1000 naissances vivantes Mortalité infantile Mortalité infanto-juvénile Milieu rural Mortalité des enfants • 219 Les données du tableau 13.4, illustrées par le graphique 13.5, présentent les quotients de mortalité pour la période de dix années précédant l’enquête selon certaines caractéristiques des enfants et certains comportements procréateurs des mères. Entre la naissance et le cinquième anniversaire, la mortalité des enfants de sexe masculin est, comme dans la plupart des populations, légèrement plus élevée que celle des enfants de sexe féminin : au cours de leur premier mois d’existence, 34 naissances vivantes masculines sur mille décèdent contre 29 chez les filles. Le taux de mortalité infantile s’établit à 71 ‰ pour les garçons contre 56 ‰ pour les filles et entre la naissance et le cinquième anniversaire, on constate que 103 naissances vivantes masculines sur mille décèdent contre 80 sur mille chez les filles. Tableau 13.4 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques Quotients de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période des dix années ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques démographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Caractéristique démographique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN) 1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Sexe de l’enfant Masculin 34 36 71 35 103 Féminin 29 27 56 25 80 Age de la mère à la naissance de l’enfant <20 35 48 82 31 111 20-29 30 30 60 31 89 30-39 32 27 59 30 87 40-49 46 25 71 (29) (98) Rang de naissance 1 35 30 65 22 86 2-3 28 32 60 32 90 4-6 27 30 57 32 87 7+ 47 40 87 44 128 Intervalle avec la naissance précédente2 <2 années 44 50 93 57 145 2 années 33 37 70 34 102 3 années 21 22 44 23 66 4 années+ 22 20 42 19 60 Taille à la naissance3 Petit/très petit 34 34 68 na na Moyen ou gros 28 26 54 na na Note : Les quotients calculés sur 250-499 cas figurent entre parenthèses. na = Non applicable. 1 Calculé par différence entre les quotients de mortalité infantile et néonatale. 2 Non compris les naissances de rang 1. 3 Quotients pour la période des cinq années avant l’enquête. 220 • Mortalité des enfants Graphique 13.5 Taux de mortalité infantile par caractéristiques des naissances Pour maximiser les chances de survie des enfants, deux naissances consécutives devraient être espacées d’au moins deux ans et la période de procréation chez les femmes devrait commencer après l’âge de 20 ans et s’arrêter aux environs de 35-40 ans. En effet, les enfants nés à moins de deux ans après la précédente naissance et/ou ceux issus des accouchements précoces (avant 20 ans d’âge) ou tardifs (à 35 ans ou plus), ont des risques de mortalité supérieurs à ceux des autres. Pour l’ensemble de la mortalité infanto-juvénile, par exemple, un enfant né à moins de deux ans après l’enfant précèdent, court un risque de 145 ‰ de mourir avant son cinquième anniversaire alors que celui dont la mère a observé un espacement d’au moins trois ans en court un de 60 ‰. De même, pour la mortalité infantile, les enfants nés à moins de deux ans après la naissance précédente courent un risque de mourir avant le cinquième anniversaire plus de deux fois plus élevé que ceux dont la mère a observé un espacement de trois années (93 ‰ contre 44 ‰). Par ailleurs, on relève qu’un enfant né d’une mère âgée de moins de vingt ans court un risque de mourir de 82 ‰ avant le premier anniversaire et, pour celui né d’une mère âgée de 40-49 ans, un risque de 71 ‰ alors que cette probabilité est de 60 ‰ pour un enfant né d’une femme de 20-29 ans. En outre, on note que les naissances de rang supérieur à 6 ont des risques de mortalité nettement plus élevés que celles de rangs inférieurs. Au moment de l’enquête, on a demandé à la mère de fournir une évaluation de la grosseur de l’enfant à la naissance (est-ce qu’à la naissance, l’enfant était très petit, petit, moyen ou gros ?). Il convient de rappeler que le poids d’un enfant à la naissance est déterminé par un certain nombre de facteurs, notamment l’état de santé, l’état nutritionnel et la maturité physiologique de la mère au cours de la grossesse. Par ailleurs, il est reconnu que les grossesses peu espacées et/ou répétées, ainsi que l’immaturité physiologique de la future maman sont des facteurs favorisant la naissance d’un enfant à faible poids. Le tableau 13.3 fournit les niveaux de mortalité selon la grosseur de l’enfant à la naissance déclarée par les mères. Il apparaît que le risque de décès durant les trente premiers jours est légèrement plus élevé pour les bébés petits ou très petits que pour les enfants moyens ou gros (34 ‰ contre 28 ‰). Ces différences de mortalité entre les deux catégories d’enfants persistent après la période des 30 premiers jours (34 ‰ et 26 ‰). Il s’ensuit que les bébés très petits ou petits 51 85 50 46 61 109 87 57 60 65 71 59 60 82 56 71 Moyen ou gros Petit/très petit TAILLE À LA NAISSANCE 4 années ou + 3 années 2 années <2 années INTERVALLE INTERGENÉSIQUE 7+ 4-6 2-3 1 RANG DE NAISSANCE 40-49 30-39 20-29 <20 AGE DE LA MÈRE Féminin Masculin SEXE Décès pour 1 000 naissances EMMUS-V Haïti 2012 Mortalité des enfants • 221 (y compris les prématurés) courent un risque de décéder avant un an plus élevée que les bébés moyens ou gros (68 ‰ contre 54 ‰). Le tableau 13.5 présente une classification des naissances des 5 dernières années selon les catégories à hauts risques auxquelles elles correspondent : • les naissances de rang 1, qui présentent un risque plus élevé de mortalité, mais qui sont inévitables sauf lorsqu’elles sont issues de jeunes mères (âgées de moins de 18 ans) ; • les naissances issues des mères appartenant à une autre catégorie à haut risque unique : âge de procréation précoce (moins de 18 ans), ou tardif (après 34 ans), intervalle intergénésique très court (moins de 24 mois) et rang élevé de naissance (supérieur à 3) ; • les naissances correspondant à une combinaison de catégories de risque selon l’intervalle intergénésique et le rang de naissance, selon l’âge et le rang, selon l’intervalle intergénésique et l’âge, et selon ces trois caractéristiques et, enfin ; • les naissances ne correspondant à aucune catégorie de risque définie ci-dessus. Il ressort du tableau 13.5 qu’environ 26 % des naissances survenues au cours des 5 années ayant précédé l’enquête ne correspondent à aucune catégorie à haut risque identifié, 27 % sont dans la catégorie à hauts risques inévitables parce qu’elles sont de rang 1 mais de femme âgées de 18-34 ans à la naissance ; 30 % sont à haut risque unique et 18 % sont à hauts risques multiples. Pour évaluer le risque supplémentaire de décéder que font courir aux enfants les comportements procréateurs des mères, des « ratios de risque » ont été calculés en prenant comme référence les naissances n’appartenant à aucune catégorie à haut risque. Le ratio de risque est donc le rapport de la proportion d’enfants décédés dans chaque catégorie à haut risque à la proportion d’enfants décédés dans la catégorie sans risque. Les naissances de rang 1 ne sont pas évitables mais, même lorsqu’elles ne surviennent pas à un âge trop précoce ou trop tardif, c’est-à-dire avant 18 ans ou après 34 ans, elles sont généralement des naissances à risque. Dans le cas spécifique d’Haïti, le risque de décéder pour un enfant de rang 1 et dont la mère a entre 18 et 34 ans est légèrement supérieur à celui de la catégorie de référence (1,02). Un enfant appartenant à une catégorie quelconque à haut risque unique (non compris les enfants de rang 1 et de mère de 18-34 ans) court un risque 1,10 fois supérieur à celui d’un enfant n’appartenant à aucune catégorie à haut risque. Un enfant né après son ainé dans un intervalle inférieur à 24 mois court un risque de décéder 1,20 fois plus important que celui de la catégorie de référence. Il en est de même de la fécondité précoce : les enfants nés de mères adolescentes courent un risque de décéder 1,31 fois plus important que les enfants de la catégorie de référence. Ce sont les enfants appartenant à la catégorie de hauts risques multiples qui sont les plus exposés, puisque leur risque de décéder est de 1,30 fois plus élevé que ceux de la catégorie de référence. Les enfants nés à moins de deux ans après la précédente naissance et de rang élevé (supérieur à 3) sont particulièrement exposés : leur risque de décéder est de 2,97 fois plus important que les enfants de la catégorie de référence. Ces résultats montrent donc qu’un meilleur espacement des naissances n’a pas pour seul résultat la réduction du nombre de naissances chez la femme, mais aussi et surtout une amélioration considérable des chances de survie des enfants. À partir de cette analyse du comportement procréateur à haut risque, on a essayé de déterminer la proportion des femmes actuellement en union qui, potentiellement, pourraient avoir un tel comportement. Pour 222 • Mortalité des enfants cela, à partir de l’âge actuel des femmes, de l’intervalle écoulé depuis leur dernière naissance et du rang de leur dernière naissance, on détermine dans quelle catégorie se situerait la prochaine naissance, si chaque femme concevait au moment de l’enquête. Il s’agit donc d’une simulation ayant pour objectif de déterminer quelles proportions de futures naissances entreraient dans les catégories à risque, en l’absence de tout comportement régulateur de la fécondité. À la dernière colonne du tableau 13.5, figurent les proportions de femmes qui sont susceptibles de donner naissance à des enfants qui entreraient dans des catégories à hauts risques. Dans l’ensemble, 67 % des femmes actuellement en union seraient susceptibles de donner naissance à un enfant qui appartiendrait à une catégorie à hauts risques évitables, 31 % appartiendraient à une catégorie à haut risque unique et 37 % à une catégorie à hauts risques multiples. Seulement 24 % des femmes en union seraient susceptibles de donner naissance à un enfant n’entrant dans aucune catégorie à hauts risque. Cette analyse succincte démontre une fois de plus la nécessité de mettre en place des mécanismes régulateurs de la fécondité dans le but de réduire les hauts risques de mortalité encourus par les jeunes enfants en Haïti. Tableau 13.5 Comportement procréateur à hauts risques Répartition (en %) des enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par catégorie de hauts risques de mortalité ratio de risque et répartition (en %) des femmes actuellement en union par catégorie de hauts risques si elles concevaient un enfant au moment de l’enquête, EMMUS-V Haïti 2012 Naissances des cinq années ayant précédé l’enquête Pourcentage de femmes actuellement en union1 Catégories de risques Pourcentage de naissances Ratio de risques Dans aucune catégorie à hauts risques 25,9 1,00 24,3a Catégorie à risque inévitable Naissances de rang 1, âge entre 18 et 34 ans 26,6 1,02 8,3 Catégorie à haut risque unique Age de la mère <18 6,0 1,31 0,6 âge de la mère >34 3,4 1,22 9,9 Intervalle intergénésique <24 mois 6,7 1,20 10,1 Rang de naissance >3 13,8 0,93 10,2 Sous-total 29,9 1,10 30,8 Catégorie à hauts risques multiples Age <18 et intervalle intergénésique <24 mois2 0,3 * 0,3 Age >34 et intervalle intergénésique <24 mois 0,3 * 0,7 Age >34 et rang de naissance >3 11,3 0,64 26,5 Age >34 et intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance >3 1,7 1,60 3,7 Intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance >3 3,9 2,97 5,3 Sous-total 17,5 1,30 36,6 Dans une des catégories de hauts risques évitables 47,4 1,17 67,4 Total 100,0 na 100,0 Effectif de naissances/femmes 6 893 na 7 808 Note : Le rapport de risques est le rapport de la proportion d’enfants décédés, parmi les enfants appartenant à chaque catégorie à hauts risques, à la proportion d’enfants décédés parmi les enfants n’appartenant à aucune catégorie à hauts risques. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. na = Not applicable 1 Les femmes sont classées dans les catégories à risques selon le statut qu’elles auraient à la naissance de l’enfant si l’enfant était conçu au moment de l’enquête : âge actuel inférieur à 17 ans et 3 mois ou supérieur à 34 ans et 2 mois, ou la dernière naissance a eu lieu dans les 15 derniers mois, ou la dernière naissance était de rang 3 ou plus. 2 Y compris la catégorie: âge <18 ans et rang de naissance >3. a Y compris les femmes stérilisées. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 223 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DU VIH/SIDA ET DES IST 14 e programme national de lutte contre le VIH/sida et les IST du Ministère de la Santé Publique et de la Population continue d’accorder une place de premier plan aux efforts à entreprendre pour limiter la transmission du virus du sida. Ainsi, dans le Plan Stratégique National Multisectoriel 2008-2012 réaménagé avec extension en 2015, le Ministère s’attend à ce que la mise en œuvre de ce Plan permette d’atteindre globalement les trois résultats suivants’ • une réduction globale du niveau de transmission du VIH, toutes sources confondues ; • une réduction du nombre des décès imputables au sida et aux infections opportunistes associées ; • une amélioration des conditions de vie du PVVIH et des familles affectées. Ce chapitre de l’EMMUS-V couvre les connaissances, les perceptions, les attitudes et les comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST. Il analyse ces résultats au niveau national et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. L Principaux résultats • Bien que la quasi-totalité de la population ait déclaré avoir entendu parler du VIH/sida, seulement 37 % des femmes et 31 % des hommes de 15- 49 ans en ont une connaissance considérée comme « approfondie ». • Seulement 46 % des femmes et 44 % des hommes savent que le VIH peut être transmis en allaitant et que le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux pendant la grossesse. • Seulement 12 % des femmes et 23 % des hommes se comporteraient de manière tolérante envers les personnes vivant avec le VIH dans certaines situations. • La proportion d’hommes ayant déclaré avoir eu, au moins, 2 partenaires sexuelles au cours des 12 derniers mois est beaucoup plus élevée que celle des femmes (26 % contre 2 %). • Parmi les hommes ayant eu des partenaires sexuelles multiples au cours des 12 derniers mois, 47 % ont déclaré avoir utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels. Ce pourcentage est de 43 % chez les femmes. • Le nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie est estimé à 2,4 chez les femmes contre 12,2 chez les hommes. • Seulement, 21 % des femmes et 13 % des hommes ont reçu le résultat du dernier test de dépistage du VIH effectué au cours des 12 derniers mois. À l’opposé, 50 % des femmes et 69 % des hommes n’ont jamais effectué de test de dépistage du VIH. 224 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST 14.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA L’attitude et le comportement de la population vis-à-vis du VIH/sida et des IST sont largement tributaires, entre autres, de la connaissance de cette maladie. Pour cette raison, l’EMMUS-V a collecté des informations qui ont permis de déterminer le niveau de connaissance du VIH/sida dans la population. D’après les données du tableau 14.1, la quasi-totalité des femmes et des hommes de 15–49 ans (près de 100 %) ont déclaré avoir entendu parler du VIH/sida. Quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques des enquêtés, ce niveau de connaissance se situe au minimum à 99 %. Tableau 14.1 Connaissance du sida Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Femme Homme Caractéristique sociodémographique A entendu parler du sida Effectif d’enquêtés A entendu parler du sida Effectif d’enquêtés Groupe d’âges 15-24 99,6 6 203 99,3 3 791 15-19 99,4 3 352 98,8 2 125 20-24 99,9 2 851 100,0 1 665 25-29 99,9 2 402 99,4 1 309 30-39 99,7 3 307 99,9 1 953 40-49 99,9 2 375 99,9 1 382 Milieu de résidence Urbain 99,9 6 786 99,8 3 866 Rural 99,6 7 501 99,4 4 568 Niveau d’instruction Aucun 99,3 2 115 98,7 774 Primaire 99,6 5 182 99,3 3 105 Secondaire ou plus 100,0 6 989 99,9 4 556 Ensemble 15-49 99,7 14 287 99,6 8 434 50-59 na na 99,4 1 059 Ensemble 15-59 na na 99,5 9 493 na = Non applicable 14.1.1 Connaissance des moyens de prévention et de transmission Connaissance des moyens de prévention du VIH La connaissance par la population des moyens de prévention est indispensable, si l’on veut lutter efficacement contre la propagation du virus qui cause le sida. La limitation des rapports sexuels à un(e) seul(e) partenaire fidèle et non infecté(e) ainsi que l’utilisation du condom demeurent les principaux moyens de prévention de l’infection par le VIH. Au cours de l’EMMUS-V, on a posé aux enquêtés une série de questions pour évaluer leur connaissance des moyens de prévention du VIH et des IST. Les résultats sont présentés au tableau 14.2. La majorité des femmes ont déclaré qu’il était possible de réduire le risque de contracter le VIH en utilisant des condoms (85 %) et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire non infecté (92 %). Plus de huit femmes sur dix (81 %) connaissent ces deux moyens de prévention. On n’observe que de légères variations selon les différents groupes d’âge, concernant l’état matrimonial, le milieu de résidence, les départements et le niveau d’instruction. C’est parmi les célibataires qui n’ont jamais eu de rapports sexuels (75 %) et les femmes du département du département Reste-Ouest (74 %) que le niveau de connaissance des deux moyens de prévention est le plus faible. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 225 Tableau 14.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui, en réponse à une question déterminée, ont déclaré que l’on pouvait réduire les risques de contracter le virus du sida en utilisant des condoms à chaque rapport sexuel, et en se limitant à un seul partenaire sexuel qui n’est pas infecté et qui n’a pas d’autres partenaires selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Utilisant des condoms1 Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n’est pas infecté2 Utilisant des condoms et limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n’est pas infecté1,2 Effectif de femmes Utilisant des condoms1 Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n’est pas infecté2 Utilisant des condoms et limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n’est pas infecté1,2 Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 84,9 90,8 79,8 6 203 87,5 94,0 83,8 3 791 15-19 83,5 89,2 77,7 3 352 86,2 93,1 82,6 2 125 20-24 86,6 92,6 82,2 2 851 89,2 95,1 85,5 1 665 25-29 87,7 93,2 83,8 2 402 90,7 95,8 87,8 1 309 30-39 85,1 93,5 81,4 3 307 89,6 96,0 87,0 1 953 40-49 84,9 93,0 81,6 2 375 89,7 95,9 86,8 1 382 État matrimonial Célibataire 84,4 90,4 79,1 5 277 87,2 94,2 83,8 4 583 A déjà eu des rapports sexuels 87,6 92,9 83,0 2 631 90,1 95,4 86,7 3 627 N’a jamais eu de rapports sexuels 81,3 87,9 75,3 2 646 76,1 89,4 72,6 956 En union 85,8 93,5 82,4 7 808 90,8 96,2 87,9 3 463 En rupture d’union 87,1 91,4 81,7 1 202 91,7 95,3 88,2 388 Milieu de résidence Urbain 87,0 93,3 82,9 6 786 90,1 95,5 86,9 3 866 Rural 84,0 91,2 79,5 7 501 87,8 94,7 84,6 4 568 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 87,0 93,9 82,9 3 682 90,9 95,2 87,3 2 108 Autres villes (sans camps) 86,8 92,1 82,7 2 662 88,8 96,0 86,2 1 481 Urbain (sans camps) 86,9 93,1 82,8 6 344 90,0 95,5 86,9 3 588 Rural (sans camps) 84,1 91,2 79,6 7 402 88,0 94,7 84,8 4 521 Camps 85,9 95,3 83,0 541 88,6 95,2 85,3 325 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 87,0 93,9 82,9 3 682 90,9 95,2 87,3 2 108 Reste-Ouest 81,7 86,7 74,0 2 077 85,0 95,0 82,5 1 142 Sud-Est 87,2 91,3 82,1 608 85,4 95,6 83,3 380 Nord 85,2 92,0 82,1 1 443 89,9 97,1 88,1 809 Nord-Est 86,2 91,4 82,2 515 89,5 97,4 87,8 277 Artibonite 84,2 92,4 81,0 2 040 88,8 93,0 84,2 1 306 Centre 85,8 93,1 82,2 835 90,5 96,1 87,3 501 Sud 85,5 93,1 81,9 976 91,6 94,3 87,7 608 Grande-Anse 86,5 92,8 82,0 462 85,7 93,0 82,1 322 Nord-Ouest 86,0 93,9 82,5 671 90,7 96,9 88,6 381 Nippes 89,0 94,6 85,6 438 83,7 93,9 80,5 276 Niveau d’instruction Aucun 82,3 91,1 78,4 2 115 82,9 92,3 79,4 774 Primaire 85,3 91,0 80,5 5 182 87,9 94,5 84,8 3 105 Secondaire ou plus 86,4 93,4 82,4 6 989 90,5 95,9 87,4 4 556 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 85,3 91,3 81,3 2 175 84,2 93,9 80,7 1 426 Second 83,7 91,5 79,5 2 311 89,4 94,2 85,8 1 464 Moyen 83,8 92,4 80,2 2 809 92,5 95,5 89,6 1 682 Quatrième 87,1 91,8 82,0 3 260 87,6 95,6 84,2 1 862 Le plus élevé 86,2 93,3 81,9 3 732 89,9 95,6 87,2 2 000 Ensemble 15-49 85,4 92,2 81,1 14 287 88,9 95,0 85,7 8 434 50-59 na na na na 88,0 93,7 85,0 1 059 Ensemble 15-59 na na na na 88,8 94,9 85,6 9 493 na = Non applicable 1 En utilisant des condoms au cours de chaque rapport sexuel. 2 Un partenaire qui n’a pas d’autre partenaire. 226 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Dans l’ensemble, 89 % des hommes ont déclaré que le risque de contacter le VIH pouvait être réduit en utilisant le condom et 95 % en limitant les rapports sexuels à une seule partenaire non infectée’ 86 % des hommes connaissent ces deux moyens de prévention. Comme pour les femmes, le niveau de connaissance des deux moyens de prévention du VIH/sida est très élevé (plus de 80 % pour pratiquement toutes les catégories d’hommes). Comme pour les femmes, c’est parmi les hommes célibataires qui n’ont jamais eu de rapports sexuels (73 %) que le niveau de connaissance de ces deux moyens de prévention est le plus faible. Les hommes n’ayant aucune instruction ont aussi un niveau de connaissance relativement faible (79 %) par rapport à la moyenne nationale. Les idées erronées sur l’infection au VIH et le sida conditionnent les attitudes et les comportements de la population vis-à-vis de cette infection. Au cours de l’enquête, une série de propositions ont été soumises aux enquêtés pour mesurer leur niveau de connaissance correcte concernant la transmission et la prévention du virus. Les résultats sont présentés aux tableaux 14.3.1 et 14.3.2. On constate qu’environ neuf femmes sur dix (91 %) savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir le virus du sida. En outre, un peu plus de la moitié des femmes (55 %) savent que le sida ne peut pas être transmis par les moustiques. Pour sept femmes sur dix (70 %), le sida ne se transmet pas par des moyens surnaturels, et environ trois femmes sur quatre (77 %) ont déclaré qu’une personne ne peut pas être infectée en partageant la nourriture de quelqu’un atteint du sida. Environ quatre femmes sur neuf (44 %) savent qu’une personne qui parait en bonne santé peut avoir le virus du sida et rejettent les deux idées erronées les plus courantes (transmission par les moustiques et la transmission par le partage des repas d’une personne infectée). Globalement, 37 % des femmes ont une connaissance considérée comme « approfondie » du sida c’est-à-dire qu’elles savent que’ • l’utilisation régulière du condom au cours de chaque rapport sexuel et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida; et, • une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du sida. La connaissance « approfondie » varie selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes. On constate tout d’abord des variations selon l’âge, la proportion variant d’un maximum de 42 % à 25-29 ans à un minimum de 32 % à 15-19 ans. On constate également des écarts en fonction du statut matrimonial des femmes puisque la proportion de femmes qui ont une connaissance approfondie varie de 34 % parmi les célibataires qui n’ont jamais eu des rapports sexuels à 44 % parmi les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels. Parmi les femmes n’ayant aucune instruction, 22 % ont une connaissance « approfondie » contre 48 % chez celles de niveau d’instruction secondaire ou plus ; selon le niveau de bien-être économique, cette proportion varie de 23 % chez les femmes des ménages du quintile le plus bas, à 50 % chez celles des ménages du quintile le plus élevé. Les variations selon le milieu de résidence sont également importantes’ le niveau de connaissance « approfondie » du sida est particulièrement faible parmi les femmes du milieu rural (30 %), alors qu’il atteint 45 % en milieu urbain et 47 % dans l’Aire Métropolitaine. Enfin, dans les départements, on note que dans le Reste-Ouest, une faible proportion de femmes est correctement informée (30 %), alors que dans le Sud elle atteint 40 %. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 227 Tableau 14.3.1 Connaissance approfondie du sida : Femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant déclaré qu’une personne paraissant en bonne santé pouvait avoir le virus du sida et qui, en réponse à des questions déterminées, rejettent, de manière correcte, les idées locales erronées sur la transmission ou la prévention du virus du sida et pourcentage ayant une connaissance considérée comme approfondie du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Pourcentage de femmes qui déclarent que : Pourcentage sachant qu’une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida et rejetant les deux idées locales erronées les plus courantes1 Pourcentage ayant une connaissance « approfondie » du sida2 Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le virus du sida ne peut être transmis par les piqûres de moustiques Le virus sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d’une personne qui a le virus du sida Groupe d’âges 15-24 89,5 54,9 69,8 74,5 41,7 34,6 6 203 15-19 87,6 53,9 67,8 70,7 38,5 31,7 3 352 20-24 91,6 56,2 72,3 78,9 45,4 38,0 2 851 25-29 93,4 58,0 75,3 82,7 48,9 41,8 2 402 30-39 92,3 56,8 72,5 80,0 47,1 39,0 3 307 40-49 88,9 49,7 63,3 73,3 38,5 33,6 2 375 État matrimonial Célibataire 89,7 59,5 72,8 77,6 46,8 38,7 5 277 A déjà eu des rapports sexuels 92,8 63,0 76,0 81,5 51,8 43,8 2 631 N’a jamais eu de rapports sexuels 86,6 56,1 69,6 73,7 41,7 33,7 2 646 En union 91,3 52,2 68,8 76,6 41,8 35,3 7 808 En rupture d’union 91,0 54,0 68,8 76,8 41,8 36,3 1 202 Milieu de résidence Urbain 92,7 61,6 74,3 83,4 52,0 44,6 6 786 Rural 88,9 49,1 66,6 71,2 36,0 29,5 7 501 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 92,2 63,4 75,2 85,1 54,8 47,1 3 682 Autres villes (sans camps) 93,3 59,6 73,6 81,9 49,6 42,0 2 662 Urbain (sans camps) 92,7 61,8 74,5 83,8 52,6 45,0 6 344 Rural (sans camps) 88,8 49,0 66,5 71,1 35,9 29,5 7 402 Camps 93,0 58,3 72,4 77,9 44,4 38,0 541 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 92,2 63,4 75,2 85,1 54,8 47,1 3 682 Reste-Ouest 91,3 54,1 68,5 68,9 39,4 29,9 2 077 Sud-Est 89,2 46,9 68,3 71,9 37,2 31,4 608 Nord 92,4 50,2 67,6 78,1 40,1 33,6 1 443 Nord-Est 87,2 47,5 65,3 76,6 35,9 31,3 515 Artibonite 89,1 54,4 66,6 71,7 39,6 33,2 2 040 Centre 88,4 47,8 72,2 77,0 36,9 30,7 835 Sud 89,8 57,9 70,2 78,9 47,8 40,1 976 Grande-Anse 89,5 48,1 72,6 71,8 36,0 31,6 462 Nord-Ouest 90,4 48,1 64,3 75,6 38,3 33,2 671 Nippes 88,6 49,1 73,0 76,9 37,8 33,5 438 Niveau d’instruction Aucun 83,7 41,7 58,3 60,1 26,0 21,7 2 115 Primaire 88,6 45,6 63,7 69,9 32,5 27,1 5 182 Secondaire ou plus 94,3 66,0 78,8 87,3 57,3 48,2 6 989 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 84,5 41,7 62,2 63,2 26,1 22,5 2 175 Second 86,7 46,0 64,8 69,9 32,7 27,0 2 311 Moyen 91,4 50,5 67,4 75,5 38,9 32,4 2 809 Quatrième 93,3 58,7 71,9 80,7 49,1 41,6 3 260 Le plus élevé 94,0 68,6 79,2 87,2 59,5 49,8 3 732 Ensemble 15-49 90,7 55,0 70,3 77,0 43,6 36,7 14 287 1 Les deux idées erronées les plus fréquemment citées : le virus du sida peut être transmis par des piqûres de moustiques et une personne peut être infectée en partageant les repas d’une personne qui a le virus du sida. 2 Sont considérées comme ayant une connaissance « approfondie », les femmes qui savent que l’utilisation régulière du condom au cours de chaque rapport sexuel et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, celles qui savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et celles qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du virus du sida. Le tableau 14.3.2 qui présente les mêmes informations pour les hommes de 15-49 ans, montre que plus de neuf hommes sur dix (95 %) savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins être infectée par le VIH et avoir le sida. D’autre part, plus de la moitié (56 %) savent que le VIH ne peut pas être transmis par les moustiques ; un peu plus des trois-quarts (77 %) rejettent l’idée erronée selon laquelle le VIH peut se 228 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST transmettre par des moyens surnaturels ; un peu moins des deux-tiers (63 %) rejettent l’idée selon laquelle le sida peut se transmettre en partageant le repas d’une personne infectée. Globalement, 37 % rejettent les idées erronées les plus courantes et savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir le sida. Tableau 14.3.2 Connaissance approfondie du sida : Hommes Pourcentage d’hommes de 15-49 ans ayant déclaré qu’une personne paraissant en bonne santé pouvait avoir le virus du sida et qui, en réponse à des questions déterminées, rejettent, de manière correcte, les idées locales erronées sur la transmission ou la prévention du virus du sida et pourcentage ayant une connaissance considérée comme approfondie du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Pourcentage d’hommes qui déclarent que : Pourcentage sachant qu’une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida et rejetant les deux idées locales erronées les plus courantes1 Pourcentage ayant une connaissance « approfondie » du sida2 Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le virus du sida ne peut être transmis par les piqûres de moustiques Le virus sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d’une personne qui a le virus du sida Groupe d’âges 15-24 93,3 53,5 76,6 60,8 34,3 27,6 3 791 15-19 92,0 52,8 73,2 57,7 32,3 25,4 2 125 20-24 95,0 54,4 80,9 64,7 36,8 30,4 1 665 25-29 96,5 59,2 80,9 66,5 40,9 34,8 1 309 30-39 95,6 59,5 79,4 62,7 38,5 32,4 1 953 40-49 95,1 55,3 71,7 63,2 38,5 31,6 1 382 État matrimonial Célibataire 93,8 56,2 78,4 62,7 37,0 30,0 4 583 A déjà eu des rapports sexuels 95,5 56,9 80,0 64,4 38,0 32,2 3 627 N’a jamais eu de rapports sexuels 87,6 53,5 72,0 56,0 33,4 21,4 956 En union 95,6 55,7 75,4 62,8 37,0 31,2 3 463 En rupture d’union 96,0 58,1 77,0 57,6 36,0 30,9 388 Milieu de résidence Urbain 95,9 64,4 81,3 59,9 40,5 34,8 3 866 Rural 93,6 49,0 73,5 64,6 34,0 26,9 4 568 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 97,1 68,2 83,6 58,6 42,2 37,4 2 108 Autres villes (sans camps) 94,4 59,9 78,8 62,7 39,3 32,1 1 481 Urbain (sans camps) 96,0 64,8 81,6 60,3 41,0 35,2 3 588 Rural (sans camps) 93,5 48,8 73,4 64,7 34,0 27,0 4 521 Camps 95,3 61,1 78,5 56,4 34,9 27,9 325 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 97,1 68,2 83,6 58,6 42,2 37,4 2 108 Reste-Ouest 92,9 54,3 76,6 62,9 35,6 26,6 1 142 Sud-Est 94,6 50,4 77,9 65,9 36,4 27,5 380 Nord 94,7 55,2 75,2 68,5 38,4 33,0 809 Nord-Est 92,2 50,0 74,3 63,0 31,6 25,1 277 Artibonite 94,2 51,5 74,2 62,4 33,4 26,3 1 306 Centre 92,9 46,0 74,2 63,3 32,7 27,0 501 Sud 94,4 51,1 73,3 63,3 38,2 34,3 608 Grande-Anse 91,2 47,0 76,1 58,2 30,1 21,9 322 Nord-Ouest 95,5 49,9 64,6 68,0 36,3 30,1 381 Nippes 93,4 51,8 80,8 69,7 38,5 28,5 276 Niveau d’instruction Aucun 87,4 43,9 59,7 58,4 27,7 19,8 774 Primaire 93,1 45,1 68,6 59,0 29,4 23,1 3 105 Secondaire ou plus 96,9 65,6 85,9 65,6 43,8 37,4 4 556 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 91,1 43,6 68,2 61,2 27,6 19,2 1 426 Second 93,6 44,9 70,9 62,0 31,1 25,7 1 464 Moyen 93,8 52,4 75,1 63,1 34,1 30,7 1 682 Quatrième 96,2 60,9 79,7 62,6 41,4 32,7 1 862 Le plus élevé 97,2 71,9 87,2 63,1 46,2 39,8 2 000 Ensemble 15-49 94,6 56,1 77,1 62,5 37,0 30,5 8 434 50-59 91,8 49,2 68,4 58,3 31,9 26,0 1 059 Ensemble 15-59 94,3 55,3 76,1 62,0 36,4 30,0 9 493 1 Les deux idées erronées les plus fréquemment citées : le virus du sida peut être transmis par des piqûres de moustiques et une personne peut être infectée en partageant les repas d’une personne qui a le virus du sida. 2 Sont considérés comme ayant une connaissance « approfondie », les hommes qui savent que l’utilisation régulière du condom au cours des rapports sexuels et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, ceux qui savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et ceux qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du virus du sida. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 229 Environ un homme de 15-49 ans sur trois (31 %) a une connaissance « approfondie » du VIH/sida et cette proportion est moins élevée que celle observée chez les femmes (37 %). Les hommes les moins informés sont les jeunes de 15-19 ans (25 %) et les célibataires n’ayant jamais eu des rapports sexuels (21 %). En outre, on constate des écarts importants selon le niveau d’instruction, le milieu de résidence et le niveau de vie du ménage. En effet, seulement 20 % des hommes n’ayant aucune instruction ont une connaissance approfondie du VIH/sida, contre 37 % de ceux qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus. De même, en milieu rural, 27 % des hommes ont une connaissance « approfondie » du VIH/sida contre 35 % en milieu urbain. En outre, cette proportion varie de 19 % chez les hommes des ménages du quintile de bien-être économique le plus bas à 40 % chez ceux des ménages du quintile le plus élevé. Enfin, l’Aire Métropolitaine (37 %), les départements du Sud (34 %) et du Nord (33 %) détiennent les proportions les plus élevées d’hommes ayant une connaissance considérée comme « approfondie » du sida. Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant Au cours de l’EMMUS-V, on a demandé à tous les enquêtés s’ils savaient que le virus qui cause le sida pouvait être transmis de la mère à son enfant pendant l’allaitement et que le risque de transmission pouvait être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère durant la grossesse. Les résultats sont présentés au tableau 14.4. Une proportion assez importante de femmes et d’hommes (72 %) savent que le virus du sida peut être transmis de la mère à l’enfant au moment de l’allaitement. De plus, 58 % des femmes et 56 % des hommes savent que le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant peut être réduit par la prise de médicaments par la mère pendant la grossesse. Globalement, 46 % des femmes et 44 % des hommes de 15-49 ans connaissent, à la fois, le risque de transmission par le lait maternel et l’existence d’un médicament qui peut réduire les risques de transmission maternelle au cours de la grossesse. Les résultats montrent que la connaissance de ces deux éléments est surtout influencée, chez les femmes comme chez les hommes, par le niveau d’instruction. La proportion d’enquêtés qui savent que le VIH peut se transmettre par l’allaitement et qui connaissent l’existence de médicaments pouvant réduire le risque de transmission maternelle du virus augmente avec le niveau d’instruction, passant de 42 % chez les femmes n’ayant aucune instruction, à 48 % chez celles ayant le niveau d’instruction secondaire ou plus ; chez les hommes, cette proportion varie respectivement de 39 % à 45 %. On n’observe pratiquement pas d’écarts entre les milieux de résidence et les variations d’un département à l’autre sont faibles. 230 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Tableau 14.4 Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui savent que le VIH peut être transmis de la mère à l’enfant par l’allaitement et que le risque de transmission maternelle du VIH à l’enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère durant la grossesse, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Le VIH peut être transmis en allaitant Le risque de TME peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Le VIH peut être transmis en allaitant et le risque de TME peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Effectif de femmes Le VIH peut être transmis en allaitant Le risque de TME peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Le VIH peut être transmis en allaitant et le risque de TME peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 69,7 57,5 45,3 6 203 70,9 54,6 42,4 3 791 15-19 68,5 51,8 41,0 3 352 71,4 52,1 41,6 2 125 20-24 71,0 64,3 50,4 2 851 70,3 57,9 43,3 1 665 25-29 71,7 63,2 49,3 2 402 70,5 60,0 46,0 1 309 30-39 73,2 59,3 48,2 3 307 72,2 60,2 46,7 1 953 40-49 74,7 53,3 44,2 2 375 73,2 51,9 42,6 1 382 État matrimonial Célibataire 66,6 55,4 42,2 5 277 70,3 56,1 43,5 4 583 A déjà eu des rapports sexuels 69,2 60,3 46,8 2 631 71,2 59,0 45,6 3 627 N’a jamais eu de rapports sexuels 63,9 50,6 37,7 2 646 67,0 44,9 35,3 956 En union 74,9 60,1 49,3 7 808 72,6 56,6 44,4 3 463 En rupture d’union 72,8 57,7 46,5 1 202 76,1 55,9 45,9 388 Actuellement enceinte Enceinte 77,0 58,9 50,4 837 na na na na Non enceinte ou pas sûre 71,3 58,1 46,2 13 450 na na na na Milieu de résidence Urbain 69,1 61,3 46,9 6 786 66,3 60,2 44,3 3 866 Rural 74,0 55,4 46,1 7 501 76,0 53,0 43,8 4 568 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 64,9 59,6 43,6 3 682 62,1 63,0 44,2 2 108 Autres villes (sans camps) 73,9 63,3 50,4 2 662 72,4 56,6 44,5 1 481 Urbain (sans camps) 68,6 61,1 46,5 6 344 66,3 60,3 44,3 3 588 Rural (sans camps) 74,1 55,3 46,1 7 402 76,0 53,0 43,7 4 521 Camps 74,2 62,6 51,0 541 67,0 58,2 45,0 325 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 64,9 59,6 43,6 3 682 62,1 63,0 44,2 2 108 Reste-Ouest 70,1 57,1 45,1 2 077 74,7 50,6 41,9 1 142 Sud-Est 75,6 54,7 45,8 608 74,7 52,4 44,6 380 Nord 75,3 59,7 48,3 1 443 73,7 55,5 42,6 809 Nord-Est 74,7 59,1 48,5 515 75,1 52,9 41,6 277 Artibonite 75,0 58,0 47,6 2 040 74,2 55,9 45,3 1 306 Centre 78,4 54,6 48,1 835 78,7 55,1 45,2 501 Sud 69,9 55,0 45,4 976 75,1 54,9 44,6 608 Grande-Anse 76,9 57,4 50,2 462 76,9 54,8 47,7 322 Nord-Ouest 76,9 58,0 48,4 671 77,2 51,1 41,4 381 Nippes 74,4 60,7 50,2 438 73,8 53,7 45,1 276 Niveau d’instruction Aucun 73,1 49,3 42,4 2 115 74,2 47,5 39,2 774 Primaire 75,2 53,6 45,7 5 182 77,0 51,0 43,5 3 105 Secondaire ou plus 68,6 64,3 48,3 6 989 67,4 61,4 45,1 4 556 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 74,3 51,3 42,0 2 175 76,1 49,7 42,3 1 426 Second 75,1 51,7 44,9 2 311 75,7 51,5 42,6 1 464 Moyen 75,3 56,6 48,3 2 809 74,5 54,9 43,1 1 682 Quatrième 71,2 60,6 48,5 3 260 70,2 58,9 45,9 1 862 Le plus élevé 65,6 65,3 46,8 3 732 63,9 63,2 45,1 2 000 Ensemble 15-49 71,7 58,2 46,4 14 287 71,5 56,3 44,0 8 434 50-59 na na na na 74,9 48,3 39,6 1 059 Ensemble 15-59 na na na na 71,9 55,4 43,5 9 493 na = Non applicable Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 231 14.1.2 Stigmatisation envers les personnes vivant avec le VIH Le comportement que les gens adopteraient dans différentes situations face à des personnes vivant avec le VIH/sida peut être révélateur du niveau de perception du risque de transmission qui pourrait se traduire, dans la vie courante, par une stigmatisation à l’égard des personnes malades. Au cours de l’EMMUS- V, on a demandé aux femmes et aux hommes qui avaient entendu parler de la maladie quelle attitude ils adopteraient s’ils se trouvaient confrontés à certaines situations impliquant des personnes vivant avec le VIH/sida. À partir des informations recueillies, on a défini un indicateur combiné qui évalue le niveau global de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH. Plus précisément, on a demandé aux enquêtés s’ils seraient prêts à s’occuper chez eux d’un membre de la famille ayant contracté le VIH, s’ils achèteraient des légumes frais chez un commerçant vivant avec le VIH, s’ils pensaient qu’une enseignante ayant contracté le VIH mais qui n’est pas malade, devrait être autorisée à continuer d’enseigner et enfin s’ils pensaient qu’il fallait garder secret l’état d’un membre de la famille ayant contracté le VIH. Les résultats sont présentés aux tableaux 14.5.1 pour les femmes et 14.5.2 pour les hommes. Le tableau 14.5.1 montre que trois femmes de 15 à 49 ans sur quatre (75 %) seraient prêtes à s’occuper chez elles d’un membre de la famille ayant contracté le VIH. Par contre, seulement 39 % achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH et dans 48 % des cas, les femmes ont déclaré qu’une enseignante vivant avec le VIH et qui n’est pas malade devrait être autorisée à continuer d’enseigner. Enfin, 57 % des femmes pensent qu’il n’est pas nécessaire de garder secret l’état d’un membre de la famille vivant avec le VIH. Dans l’ensemble, 12 % des femmes feraient preuve de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH dans les quatre situations citées précédemment. Les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont relativement importantes. Les femmes vivant en milieu urbain (15 %), celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire (16 %) et celles vivant dans les ménages du quintile de bien-être économique le plus élevé (17 %) se montreraient plus tolérantes que les autres si elles se trouvaient confrontées aux quatre situations citées. Par contre, c’est dans le Reste-Ouest, et les départements du Nord, de la Grande-Anse, du Nord-Ouest et des Nippes que les proportions des femmes qui feraient preuve de ces attitudes de tolérance sont les plus faibles (moins de 10 %). À l’opposé, c’est dans l’Aire Métropolitaine que cette proportion est la plus élevée (16 %). Le tableau 14.5.2 présente les mêmes informations pour les hommes que celles du tableau précédent. Globalement, les hommes (23 %) se montreraient un peu plus tolérants que les femmes (12 %), s’ils se trouvaient confrontés aux quatre situations citées. De plus, les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont similaires à celles observées chez les femmes. 232 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Tableau 14.5.1 Attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida : Femmes Parmi les femmes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, pourcentage exprimant, dans des situations déterminées, des attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Pourcentage de femmes qui : Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif de femmes ayant entendu parler du sida Caractéristique sociodémographique Seraient prêtes à s’occuper à la maison d’un membre de la famille ayant le sida Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le virus du sida Pensent qu’une enseignante vivant avec le virus du sida mais qui n’est pas malade devrait être autorisée à continuer d’enseigner Pensent qu’il n’est pas nécessaire de garder secret l’état d’un membre de la famille ayant le virus du sida Groupe d’âges 15-24 74,3 37,7 47,7 54,6 11,0 6 181 15-19 71,9 33,9 44,0 54,4 9,5 3 333 20-24 77,1 42,2 51,9 54,8 12,8 2 848 25-29 75,9 42,8 53,1 56,4 13,4 2 399 30-39 75,8 42,8 49,3 57,4 12,7 3 298 40-49 72,2 35,5 41,7 61,9 9,8 2 372 État matrimonial Célibataire 77,8 42,5 52,1 53,0 12,3 5 254 A déjà eu des rapports sexuels 81,7 47,3 56,5 50,8 13,4 2 629 N’a jamais eu de rapports sexuels 73,9 37,7 47,8 55,2 11,2 2 625 En union 71,8 36,9 45,0 59,4 11,2 7 794 En rupture d’union 77,9 42,2 48,9 55,7 11,2 1 202 Milieu de résidence Urbain 80,8 46,4 54,7 53,8 14,6 6 777 Rural 68,9 33,1 41,8 59,4 8,9 7 472 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 83,1 48,3 56,2 53,7 16,0 3 675 Autres villes (sans camps) 77,4 43,9 53,2 54,8 13,3 2 661 Urbain (sans camps) 80,7 46,5 54,9 54,2 14,9 6 336 Rural (sans camps) 68,8 33,0 41,7 59,6 8,9 7 373 Camps 80,7 44,0 51,6 47,2 10,3 540 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 83,1 48,3 56,2 53,7 16,0 3 675 Reste-Ouest 69,8 34,0 45,8 59,2 8,6 2 066 Sud-Est 68,8 35,5 41,4 58,9 11,6 606 Nord 74,5 33,9 45,9 56,2 7,9 1 440 Nord-Est 71,5 32,6 39,5 63,2 11,8 514 Artibonite 68,0 38,1 42,8 60,3 10,5 2 031 Centre 66,2 38,0 42,9 61,5 13,4 834 Sud 79,5 39,8 53,2 50,6 12,4 975 Grande-Anse 72,6 34,5 43,9 52,6 9,3 462 Nord-Ouest 69,5 34,5 43,4 62,0 9,5 669 Nippes 75,2 36,1 43,6 57,6 8,4 437 Niveau d’instruction Aucun 63,1 26,5 31,1 62,9 4,5 2 101 Primaire 68,5 30,2 38,4 61,1 8,5 5 162 Secondaire ou plus 82,5 50,1 60,0 51,7 16,1 6 986 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 61,7 26,3 33,5 61,8 6,0 2 162 Second 67,6 28,8 36,7 62,2 7,8 2 296 Moyen 73,0 37,5 45,0 56,0 10,0 2 808 Quatrième 79,9 44,1 51,4 55,3 13,3 3 255 Le plus élevé 82,8 50,8 62,4 52,2 16,9 3 729 Ensemble 15-49 74,6 39,4 47,9 56,7 11,6 14 250 Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 233 Tableau 14.5.2 Attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida : Hommes Parmi les hommes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, pourcentage exprimant des attitudes de tolérance, dans des situations déterminées, à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Pourcentage d’hommes qui : Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif d’hommes ayant entendu parler du sida Caractéristique sociodémographique Seraient prêts à s’occuper à la maison d’un membre de la famille ayant le sida Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le virus du sida Pensent qu’une enseignante vivant avec le virus du sida mais qui n’est pas malade devrait être autorisée à continuer d’enseigner Pensent qu’il n’est pas nécessaire de garder secret l’état d’un membre de la famille ayant le virus du sida Groupe d’âges 15-24 76,3 41,1 50,5 67,6 19,5 3 765 15-19 73,3 36,5 47,3 65,4 16,6 2 100 20-24 80,1 46,8 54,4 70,3 23,1 1 665 25-29 82,3 52,7 56,7 72,8 27,5 1 302 30-39 77,1 52,6 56,1 73,4 27,0 1 952 40-49 74,3 44,9 49,7 72,9 23,5 1 380 État matrimonial Célibataire 78,2 45,2 54,0 67,8 22,2 4 550 A déjà eu des rapports sexuels 79,4 46,5 55,1 67,6 22,6 3 625 N’a jamais eu de rapports sexuels 73,5 39,8 49,3 68,3 20,8 925 En union 76,0 47,7 51,1 74,3 24,4 3 461 En rupture d’union 74,5 44,4 50,2 71,7 22,3 388 Milieu de résidence Urbain 83,1 54,9 61,0 66,3 27,5 3 859 Rural 72,0 38,8 45,5 74,3 19,5 4 540 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 85,9 57,5 63,6 66,5 30,3 2 105 Autres villes (sans camps) 79,5 51,7 58,3 66,3 25,3 1 477 Urbain (sans camps) 83,3 55,1 61,4 66,4 28,3 3 582 Rural (sans camps) 71,9 38,5 45,3 74,3 19,2 4 493 Camps 81,1 54,1 56,5 65,9 20,7 324 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 85,9 57,5 63,6 66,5 30,3 2 105 Reste-Ouest 71,4 41,5 50,6 77,1 23,2 1 133 Sud-Est 74,4 41,0 50,0 75,0 23,2 377 Nord 77,1 37,3 50,7 65,8 18,4 807 Nord-Est 73,3 39,6 46,3 71,7 18,9 277 Artibonite 71,2 43,1 48,9 75,2 21,6 1 296 Centre 69,5 40,4 44,1 72,6 19,3 499 Sud 80,6 45,4 48,2 71,4 21,4 606 Grande-Anse 75,9 41,8 45,5 64,6 17,7 319 Nord-Ouest 74,2 41,8 44,7 70,5 16,4 380 Nippes 75,9 46,8 49,5 68,6 23,1 274 Niveau d’instruction Aucun 61,5 34,1 40,2 69,8 14,5 764 Primaire 68,9 33,2 40,7 72,5 15,7 3 082 Secondaire ou plus 85,3 57,0 62,8 69,5 29,7 4 552 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 66,5 32,8 38,3 73,1 14,7 1 411 Second 70,5 32,4 40,4 75,2 15,8 1 452 Moyen 76,4 43,8 48,0 71,3 19,5 1 677 Quatrième 81,1 54,0 61,9 70,0 30,2 1 861 Le plus élevé 86,3 60,3 66,7 65,5 30,9 1 998 Ensemble 15-49 77,1 46,2 52,6 70,6 23,2 8 398 50-59 68,5 34,7 42,2 78,9 19,2 1 052 Ensemble 15-59 76,2 44,9 51,4 71,5 22,7 9 450 234 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST 14.2 OPINIONS CONCERNANT LA PRÉVENTION DES IST ET DU VIH 14.2.1 Négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint La promotion de comportements sexuels sans risque fait partie des mesures destinées à contrôler l’épidémie de VIH. De plus, étant donné que les femmes sont plus vulnérables au VIH que les hommes, il est important de savoir si elles sont en mesure de refuser des rapports sexuels à risque avec leur mari/partenaire. Au cours de l’EMMUS-V, on a donc demandé aux femmes et aux hommes si elles/ils pensaient que, dans un couple où le mari/partenaire avait une IST, la femme pouvait lui demander d’utiliser un condom au cours des rapports sexuels. On a aussi demandé, si dans le cas où une femme savait que son conjoint avait des relations sexuelles avec d’autres femmes, il était justifié qu’elle refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui. Les résultats sont présentés selon l’opinion des femmes et des hommes au tableau 14.6. Dans l’ensemble, 75 % des femmes et 66 % des hommes de 15-49 ans pensent qu’il est normal que, dans le cas où une femme sait que son conjoint a des relations sexuelles avec d’autres femmes, elle refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui. En outre, 91 % des femmes et 92 % des hommes estiment qu’il est normal qu’une femme demande à son mari/partenaire qui a une IST d’utiliser un condom au cours des rapports sexuels avec elle. On observe de légères variations selon l’âge, l’état matrimonial et le milieu de résidence. C’est cependant, en fonction du niveau d’instruction et du niveau de bien-être du ménage que les variations sont les plus importantes. Tableau 14.6 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui pensent qu’il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint quand elle sait qu’il a des relations sexuelles avec d’autres femmes et pourcentage qui pensent qu’il est justifié qu’une femme qui sait que son conjoint a une infection sexuellement transmissible (IST) demande à utiliser un condom au cours des rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint si elle sait qu’il a des relations sexuelles avec d’autres femmes Demande à son conjoint d’utiliser un condom au cours des rapports sexuels si elle sait qu’il a une IST Effectif de femmes Refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint si elle sait qu’il a des relations sexuelles avec d’autres femmes Demande à son conjoint d’utiliser un condom au cours des rapports sexuels si elle sait qu’il a une IST Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 75,0 90,9 6 203 63,4 91,7 3 791 15-19 74,8 89,3 3 352 62,0 90,4 2 125 20-24 75,1 92,7 2 851 65,2 93,4 1 665 25-29 75,5 92,3 2 402 66,7 93,8 1 309 30-39 75,3 92,0 3 307 67,7 91,9 1 953 40-49 75,5 90,7 2 375 68,2 92,3 1 382 État matrimonial Célibataire 74,5 89,9 5 277 64,5 92,0 4 583 A déjà eu des rapports sexuels 75,8 93,4 2 631 64,6 93,8 3 627 N’a jamais eu de rapports sexuels 73,1 86,5 2 646 64,0 85,1 956 En union 75,6 92,5 7 808 67,4 92,8 3 463 En rupture d’union 76,2 90,4 1 202 65,1 88,6 388 Milieu de résidence Urbain 76,8 92,9 6 786 66,3 93,2 3 866 Rural 73,8 89,9 7 501 65,2 91,3 4 568 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 78,5 93,4 3 682 68,1 94,6 2 108 Autres villes (sans camps) 74,6 92,9 2 662 63,7 91,6 1 481 Urbain (sans camps) 76,8 93,2 6 344 66,3 93,4 3 588 Rural (sans camps) 73,8 89,9 7 402 65,1 91,2 4 521 Camps 75,1 90,2 541 67,0 91,7 325 À suivre… Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 235 Tableau 14.6—Suite Femme Homme Caractéristique sociodémographique Refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint si elle sait qu’il a des relations sexuelles avec d’autres femmes Demande à son conjoint d’utiliser un condom au cours des rapports sexuels si elle sait qu’il a une IST Effectif de femmes Refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint si elle sait qu’il a des relations sexuelles avec d’autres femmes Demande à son conjoint d’utiliser un condom au cours des rapports sexuels si elle sait qu’il a une IST Effectif d’hommes Département (sans camps) Aire Métropolitaine 78,5 93,4 3 682 68,1 94,6 2 108 Reste-Ouest 71,9 87,6 2 077 64,8 89,9 1 142 Sud-Est 73,5 91,2 608 72,4 93,8 380 Nord 76,9 92,0 1 443 63,9 91,3 809 Nord-Est 72,2 91,6 515 60,1 92,8 277 Artibonite 74,3 89,5 2 040 62,4 89,2 1 306 Centre 76,6 93,7 835 66,7 93,9 501 Sud 76,6 92,8 976 69,6 94,0 608 Grande-Anse 69,3 92,4 462 64,9 92,4 322 Nord-Ouest 72,5 90,7 671 62,7 92,6 381 Nippes 73,0 92,4 438 61,5 89,2 276 Niveau d’instruction Aucun 72,0 84,8 2 115 61,6 83,8 774 Primaire 73,2 90,0 5 182 64,8 91,4 3 105 Secondaire ou plus 77,6 94,3 6 989 67,0 94,1 4 556 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 69,1 86,5 2 175 64,0 87,6 1 426 Second 73,5 89,1 2 311 66,2 91,4 1 464 Moyen 77,1 91,8 2 809 64,9 92,9 1 682 Quatrième 77,7 92,5 3 260 65,8 94,1 1 862 Le plus élevé 76,2 94,1 3 732 67,1 93,6 2 000 Ensemble 15-49 75,2 91,3 14 287 65,7 92,2 8 434 50-59 na na na 68,9 90,1 1 059 Ensemble 15-59 na na na 66,1 91,9 9 493 na = Non applicable 14.2.2 Enseignement de l’utilisation du condom aux jeunes de 12-14 ans Étant donné que l’âge aux premiers rapports sexuels est de plus en plus précoce1, il est important que les jeunes de moins de 15 ans aient des informations fiables sur la sexualité et sur les modes de prévention des IST y compris le VIH. Le tableau 14.7 présente les proportions de femmes et d’hommes de 18-49 ans qui pensent que l’on devrait enseigner l’utilisation du condom, en tant que moyen de prévention du VIH, aux jeunes de 12-14 ans. Globalement, les résultats montrent que les hommes (75 %) sont proportionnellement plus favorables que les femmes (58 %) à l’enseignement de l’utilisation du condom aux jeunes de 12-14 ans. Chez les femmes comme chez les hommes, on ne note pas de variations importantes en fonction de l’âge ; cependant, les plus âgés de 40-49 ans sont moins favorables à cet enseignement que les plus jeunes. Les résultats montrent que ce sont les femmes et les hommes du milieu rural, celles et ceux n’ayant aucune instruction et celles et ceux des ménages du quintile de bien-être économique le plus bas qui sont les moins favorables à cette mesure de prévention. Les résultats selon le département montrent que la proportion d’enquêtés favorables varie, chez les hommes, d’un maximum de 79 % dans les départements du Sud-Est et du Sud à un minimum de 71 % dans le Reste-Ouest et, 1 En référence au chapitre 4, environ 4 % des femmes de 25-49 ans ont eu leur premier rapport sexuel avant l’âge de 15 ans. 236 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST chez les femmes, d’un minimum de 51 % dans le Reste-Ouest à un maximum de 64 % dans l’Aire Métropolitaine. Tableau 14.7 Adultes favorables à l’enseignement de l’utilisation du condom en tant que moyen de prévention du sida Pourcentage de femmes et d’hommes de 18-49 ans qui pensent que l’on devrait enseigner aux jeunes de 12-14 ans l’utilisation du condom comme moyen de prévention du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage favorable Effectif Pourcentage favorable Effectif Groupe d’âges 18-24 63,4 4 135 79,7 2 509 18-19 63,4 1 284 78,5 844 20-24 63,4 2 851 80,3 1 665 25-29 63,3 2 402 78,9 1 309 30-39 54,2 3 307 73,5 1 953 40-49 49,5 2 375 65,5 1 382 État matrimonial Célibataire 62,4 3 329 77,9 3 312 En union 56,5 7 693 72,6 3 457 En rupture d’union 57,3 1 196 73,8 384 Milieu de résidence Urbain 62,8 5 873 76,1 3 358 Rural 53,9 6 345 74,2 3 794 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 64,1 3 205 76,0 1 883 Autres villes (sans camps) 61,6 2 266 77,3 1 222 Urbain (sans camps) 63,1 5 471 76,5 3 105 Rural (sans camps) 53,9 6 257 74,2 3 753 Camps 58,3 490 72,5 295 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 64,1 3 205 76,0 1 883 Reste-Ouest 51,0 1 785 70,5 979 Sud-Est 58,2 504 78,6 309 Nord 59,8 1 225 76,4 658 Nord-Est 53,3 424 73,7 231 Artibonite 53,4 1 774 73,9 1 075 Centre 56,8 711 77,9 414 Sud 60,4 815 78,6 506 Grande-Anse 62,1 383 73,7 262 Nord-Ouest 57,1 545 78,2 313 Nippes 59,7 359 74,4 229 Niveau d’instruction Aucun 42,3 2 074 62,0 752 Primaire 55,7 4 107 73,6 2 341 Secondaire ou plus 65,4 6 038 78,4 4 060 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 47,8 1 791 70,1 1 158 Second 52,4 1 939 73,6 1 205 Moyen 60,3 2 442 74,9 1 422 Quatrième 59,5 2 792 78,8 1 603 Le plus élevé 64,6 3 255 76,3 1 766 Ensemble 18-49 58,2 12 219 75,1 7 153 50-59 na na 60,7 1 059 Ensemble 18-59 na na 73,3 8 211 na = Non applicable Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 237 14.3 PARTENAIRES SEXUELS MULTIPLES ET UTILISATION DU CONDOM Il est admis que l’infléchissement de l’épidémie du sida passe nécessairement par le changement de comportement sexuel des hommes et des femmes, étant donné que la transmission du virus du sida se fait essentiellement par voie sexuelle. Pour évaluer l’exposition au risque de contracter le virus du sida, des questions ont été posées au cours de l’EMMUS-V sur le nombre de partenaires sexuels au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, l’utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels et sur les rapports sexuels payants au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. 14.3.1 Multiplicité des partenaires sexuels et utilisation du condom Le multipartenariat dans les rapports sexuels accroît le risque de contracter une IST, en particulier le VIH. Ce risque est plus important dans les pays où l’utilisation du condom comme moyen de prévention est faible. Sont considérés comme rapports sexuels multiples, des rapports sexuels avec deux partenaires ou plus au cours des 12 derniers mois. Le tableau 14.8.1 présente, parmi les femmes de 15-49 ans, les pourcentages de celles qui ont eu, au cours des 12 derniers mois, au moins deux partenaires sexuels. On constate que seulement 2 % des femmes ont eu, au moins, deux partenaires sexuels au cours des 12 derniers mois. Parmi ces femmes, 43 % ont déclaré avoir utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels. Par ailleurs, les femmes ayant déjà eu des rapports sexuels ont déclaré avoir eu, en moyenne, 2,4 partenaires sexuels au cours de leur vie. Les pourcentages de femmes ayant eu, au moins, deux partenaires sexuels sont plus élevés dans le groupe d’âges 20-24 ans (4 %), chez celles du milieu urbain (3 %), de l’Aire métropolitaine (4 %) et chez celles de niveau d’instruction et de bien-être économique les plus élevés (3 % pour le niveau secondaire ou plus et dans les ménages du quintile le plus élevé). De même, les pourcentages de femmes ayant déclaré avoir utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels sont plus élevés dans le groupe d’âge 20-24 ans (57 %), chez celles du milieu urbain (46 %), dans les autres villes (53 %) et chez celles de niveaux d’instruction et de bien-être économique les plus élevés (respectivement 56 % et 61 %). 238 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Tableau 14.8.1 Partenaires sexuels multiples : Femmes Parmi toutes les femmes de 15-49 ans, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec plus d’un partenaire sexuel au cours des 12 derniers mois ; parmi ces femmes, pourcentage ayant déclaré qu’un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels ; nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie pour les femmes ayant déjà eu des rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Parmi toutes les femmes : Parmi les femmes ayant eu deux partenaires sexuels ou plus au cours des 12 derniers mois : Parmi les femmes qui ont déjà eu des rapports sexuels1 : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu deux partenaires sexuels ou plus au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes Pourcentage ayant déclaré qu’un condom avait été utilisé durant les derniers rapports sexuels Effectif de femmes Nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie Effectif de femmes Groupe d’âges 15-24 2,6 6 203 51,6 160 2,0 3 758 15-19 1,6 3 352 41,9 55 1,7 1 385 20-24 3,7 2 851 56,7 105 2,1 2 374 25-29 2,7 2 402 41,0 65 2,5 2 287 30-39 2,3 3 307 35,3 76 2,7 3 228 40-49 1,3 2 375 23,6 30 2,5 2 347 État matrimonial Célibataire 1,9 5 277 64,0 101 2,0 2 629 En union 2,5 7 808 30,5 198 2,4 7 796 En rupture d’union 2,6 1 202 56,7 32 3,1 1 195 Milieu de résidence Urbain 3,4 6 786 45,7 228 2,5 5 582 Rural 1,4 7 501 37,7 102 2,2 6 038 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 3,5 3 682 43,5 130 2,5 3 021 Autres villes (sans camps) 3,0 2 662 53,3 80 2,4 2 160 Urbain (sans camps) 3,3 6 344 47,2 209 2,5 5 181 Rural (sans camps) 1,3 7 402 37,1 99 2,2 5 951 Camps 4,1 541 33,5 22 3,0 488 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 3,5 3 682 43,5 130 2,5 3 021 Reste-Ouest 1,8 2 077 39,1 37 2,3 1 687 Sud-Est 1,8 608 45,1 11 2,4 465 Nord 2,2 1 443 37,2 31 2,3 1 169 Nord-Est 2,4 515 41,8 12 2,2 400 Artibonite 1,3 2 040 64,6 26 2,2 1 682 Centre 1,3 835 47,1 11 2,2 672 Sud 2,0 976 51,1 20 2,3 784 Grande-Anse 1,5 462 31,2 7 2,2 372 Nord-Ouest 1,5 671 48,2 10 2,2 528 Nippes 2,8 438 27,8 12 2,5 351 Niveau d’instruction Aucun 1,2 2 115 21,0 26 2,4 2 048 Primaire 2,2 5 182 26,3 113 2,4 4 131 Secondaire ou plus 2,7 6 989 56,3 191 2,3 5 441 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 1,3 2 175 20,6 29 2,1 1 707 Second 0,8 2 311 14,9 19 2,2 1 853 Moyen 2,7 2 809 34,4 76 2,6 2 364 Quatrième 2,9 3 260 41,9 96 2,4 2 706 Le plus élevé 3,0 3 732 61,1 111 2,4 2 989 Ensemble 15-49 2,3 14 287 43,2 331 2,4 11 620 1 Les moyennes sont calculées en excluant les enquêtées qui ont donné des réponses non numériques. Les résultats présentés au tableau 14.8.2 montrent que la proportion d’hommes de 15-49 ans qui ont déclaré avoir eu, au moins, 2 partenaires sexuelles au cours des 12 derniers mois est beaucoup plus élevée que celle des femmes (26 % contre 2 %) et elle atteint 32 % dans la tranche d’âges 25-29 ans. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 239 Tableau 14.8.2 Partenaires sexuelles multiples : Hommes Parmi tous les hommes de 15-49 ans, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec plus d’une partenaire sexuelle au cours des 12 derniers mois ; parmi ces hommes, pourcentage ayant déclaré qu’un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels ; nombre moyen de partenaires sexuelles sur la durée de vie pour les hommes ayant déjà eu des rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Parmi tous les hommes : Parmi les hommes ayant eu deux partenaires sexuelles ou plus au cours des 12 derniers mois : Parmi les hommes qui ont déjà eu des rapports sexuels1 : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu deux partenaires sexuelles ou plus au cours des 12 derniers mois Effectif d’hommes Pourcentage ayant déclaré qu’un condom avait été utilisé durant les derniers rapports sexuels Effectif d’hommes Nombre moyen de partenaires sexuelles sur la durée de vie Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 21,6 3 791 61,8 819 7,6 2 890 15-19 14,2 2 125 58,0 302 4,8 1 341 20-24 31,0 1 665 64,0 516 10,0 1 549 25-29 32,0 1 309 54,2 419 14,5 1 255 30-39 30,6 1 953 35,4 597 15,5 1 905 40-49 24,7 1 382 20,7 342 15,5 1 328 État matrimonial Célibataire 22,2 4 583 65,9 1 015 8,3 3 614 En union 30,5 3 463 26,7 1 056 15,6 3 385 En rupture d’union 27,1 388 61,1 105 19,2 378 Type d’union Homme a plusieurs femmes 92,9 213 27,3 198 26,1 201 Homme a une seule femme 26,4 3 251 26,6 859 14,9 3 183 Pas actuellement en union 22,5 4 971 65,5 1 120 9,4 3 993 Milieu de résidence Urbain 29,7 3 866 55,6 1 147 14,4 3 468 Rural 22,5 4 568 36,7 1 030 10,3 3 910 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 30,5 2 108 54,9 642 15,5 1 914 Autres villes (sans camps) 27,9 1 481 56,6 413 12,0 1 290 Urbain (sans camps) 29,4 3 588 55,6 1 055 14,1 3 204 Rural (sans camps) 22,5 4 521 36,6 1 017 10,3 3 867 Camps 32,3 325 55,2 105 16,8 306 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 30,5 2 108 54,9 642 15,5 1 914 Reste-Ouest 25,0 1 142 25,5 285 12,1 1 002 Sud-Est 23,5 380 53,6 89 10,1 316 Nord 27,0 809 51,8 218 12,2 689 Nord-Est 25,1 277 37,6 70 10,0 240 Artibonite 23,8 1 306 40,2 311 10,0 1 117 Centre 22,1 501 40,6 110 10,4 418 Sud 24,6 608 56,6 149 9,7 535 Grande-Anse 16,3 322 43,9 52 9,2 266 Nord-Ouest 21,4 381 44,1 82 10,7 332 Nippes 22,7 276 51,2 63 10,2 241 Niveau d’instruction Aucun 17,7 774 17,0 137 10,3 708 Primaire 21,6 3 105 29,5 670 10,5 2 507 Secondaire ou plus 30,1 4 556 58,1 1 369 13,5 4 162 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 17,8 1 426 28,4 253 8,0 1 184 Second 20,7 1 464 36,7 303 9,9 1 219 Moyen 28,7 1 682 39,8 483 12,6 1 500 Quatrième 27,5 1 862 47,8 512 14,0 1 676 Le plus élevé 31,2 2 000 63,2 625 14,5 1 798 Ensemble 15-49 25,8 8 434 46,7 2 177 12,2 7 377 50-59 16,8 1 059 15,1 177 15,1 1 015 Ensemble 15-59 24,8 9 493 44,3 2 354 12,6 8 392 1 Les moyennes sont calculées en excluant les enquêtés qui ont donné des réponses non numériques. 240 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Les résultats selon l’état matrimonial montrent, que c’est parmi les hommes en union que le multipartenariat a été le plus fréquent (31 % contre 27 % chez ceux en rupture d’union et 22 % chez les célibataires). La proportion d’hommes ayant eu, au moins, deux partenaires sexuelles au cours des 12 derniers mois varie selon le milieu de résidence’ 23 % en milieu rural et 30 % en milieu urbain. Chez les hommes ayant plusieurs femmes, cette proportion est plus élevée que chez ceux n’ayant qu’une seule femme (93 % contre 26 %). Par ailleurs, on note que cette proportion augmente globalement avec le niveau d’instruction et le niveau de vie du ménage. Les résultats selon le département montrent que la proportion d’hommes ayant eu, au cours des 12 derniers mois, au moins deux partenaires sexuelles est plus élevée dans l’Aire Métropolitaine (31 %) et dans le département du Nord (27 %), que dans les autres départements, en particulier dans celui de la Grande-Anse où elle n’est que de 16 %. Parmi les hommes de 15-49 ans ayant eu des partenaires sexuelles multiples au cours des 12 derniers mois, 47 % ont déclaré avoir utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels. C’est chez ceux de 20- 24 ans (64 %), les célibataires (66 %), ceux du milieu urbain (56 %), ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (58 %) et ceux des ménages du quintile le plus élevé (63 %), que l’utilisation du condom a été la plus fréquente. Par ailleurs, c’est dans le Sud (57 %) que la proportion d’hommes ayant déclaré avoir utilisé des condoms au cours des derniers rapports sexuels est la plus élevée. À l’opposé, le département du Reste-Ouest se caractérise par une faible utilisation du condom au cours derniers rapports sexuels (26 %). Le nombre moyen de partenaires sexuelles sur la durée de vie est de 12,2 chez les hommes de 15-49 ans. Ce nombre moyen augmente avec l’âge, passant de 4,8 à 15-19 ans à 15,5 à 40-49 ans. On retrouve des écarts selon l’état matrimonial puisque ce sont les hommes en rupture d’union qui ont déclaré avoir eu le nombre le plus élevé de partenaires dans leur vie (19,2), suivis par ceux qui sont en union (15,6) et de loin par les célibataires (8,8). Ce nombre moyen de partenaires sexuelles sur la durée de vie est plus élevée en milieu urbain (14,4) qu’en milieu rural (10,3). Les hommes de niveau d’instruction secondaire ou plus (13,5) et ceux des ménages du quintile le plus élevé (14,5) ont sur la durée de vie, un nombre de partenaires sexuelles relativement élevé. Le nombre moyen de partenaires sexuelles sur la durée de vie varie peu selon les départements. 14.3.2 Partenaires sexuels concomitants Les partenaires sexuels multiples peuvent être sériels, il s’agit alors de relations sexuelles « monogames », au cours de périodes plus ou moins longues, avec plusieurs partenaires qui se succèdent, ou concomitants. Il s’agit alors de relations sexuelles avec plusieurs partenaires, au cours de périodes plus ou moins longues qui se chevauchent. Deux partenaires sexuels sont considérés comme concomitants quand la date des rapports sexuels les plus récents avec le partenaire précédent se situe après la date des derniers rapports sexuels avec le dernier partenaire. Si le fait d’avoir des partenaires sexuels multiples augmente le risque de contracter le VIH, des rapports sexuels avec des partenaires concomitants sont, en théorie, des rapports qui comportent un risque accru d’infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH. En effet, ce type de relation crée de larges réseaux sexuels, c’est-à-dire des groupes de personnes indirectement liées entre elles à travers les rapports sexuels, ce qui augmente les risques que chaque membre du groupe contracte le VIH. Au cours de l’EMMUS-V, des informations sur le moment auquel ont eu lieu les premiers rapports sexuels et le moment auquel ont eu lieu les rapports sexuels les plus récents avec chaque partenaire sexuel au cours des 12 derniers mois ont été collectées. À partir de ces informations, on a déterminé si la personne avait eu des rapports sexuels avec plusieurs partenaires au cours d’une même période, c’est-à dire si elle avait eu des partenaires sexuels concomitants. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 241 Deux indicateurs mesurent le partenariat sexuel concomitant’ la prévalence ponctuelle et la prévalence cumulative. La prévalence ponctuelle des partenaires sexuels concomitants est définie comme la proportion de femmes et d’hommes de 15-49 ans ayant des rapports sexuels avec des partenaires sexuels concomitants à un moment précis (six mois avant l’enquête). La prévalence cumulative des partenaires sexuels concomitants est définie comme la proportion de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui ont eu des partenaires sexuels concomitants à n’importe quel moment au cours des 12 derniers mois. Par ailleurs, en ce qui concerne les hommes qui vivent en union avec plusieurs femmes, les relations sexuelles avec les différentes épouses au cours d’une même période sont, par définition, considérées comme des relations concomitantes par les deux indicateurs. La prévalence ponctuelle est toujours plus faible que la prévalence cumulée, parce que la prévalence ponctuelle ne porte que sur les relations en cours, un jour précis, et non sur une année entière ; les relations sexuelles de courte durée ont donc peu de chance d’être comptabilisées, alors que toute relation concomitante, quelle que soit sa durée, est comptabilisée dans la prévalence cumulative. Les résultats du tableau 14.9 montrent qu’une très faible proportion de femmes de 15-49 ans avaient eu des partenaires sexuels concomitants’ 1 % avaient eu des partenaires sexuels concomitants six mois avant l’enquête (prévalence ponctuelle) et 2 % ont eu des partenaires sexuels concomitants à n’importe quel moment au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête (prévalence cumulée). On n’observe pas de grandes variations selon les caractéristiques sociodémographiques. Cependant, parmi les femmes ayant eu des rapports sexuels avec des partenaires multiples, il s’agissait dans près des deux tiers des cas (65 %) de partenaires sexuels concomitants. Le tableau 14.9 présente aussi les résultats concernant les hommes. On constate qu’une proportion plus élevée d’hommes que de femmes ont eu des partenaires sexuelles concomitantes. En effet, 10 % avaient des partenaires sexuelles concomitantes six mois avant l’enquête (prévalence ponctuelle) et 22 % à n’importe quel moment au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête (prévalence cumulée). Cependant, parmi les hommes qui avaient eu des relations sexuelles avec des partenaires sexuelles multiples au cours des 12 derniers mois, il s’agissait dans 84 % des cas, de partenaires sexuelles concomitantes. La prévalence ponctuelle est plus élevée chez les hommes âgés de 30-39 ans (16 %), chez ceux qui sont en union (16 %), ceux qui ont plusieurs partenaires sexuelles (79 %) et ceux qui vivent en milieu urbain (11 %). Globalement, on observe le même type de variations en ce qui concerne la prévalence cumulée des rapports sexuels concomitants 242 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Tableau 14.9 Prévalence ponctuelle et prévalence cumulée des partenaires sexuels concomitants Pourcentage de toutes les femmes et de tous les hommes de 15-49 ans ayant eu des partenaires sexuels concomitants six mois avant l’interview (prévalence ponctuelle1), et pourcentage de toutes les femmes et de tous les hommes de 15-49 ans ayant eu des partenaires sexuels concomitants au cours des 12 mois ayant précédé l’interview (prévalence cumulée2) et, parmi les femmes et les hommes ayant eu des partenaires sexuels multiples au cours des 12 mois ayant précédé l’interview, pourcentage ayant eu des partenaires sexuels concomitants, EMMUS-V Haïti 2012 Parmi tous les enquêtés Parmi tous les enquêtés ayant eu des partenaires sexuels multiples au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête Caractéristique sociodémographique Prévalence ponctuelle des partenaires sexuels concomitants1 Prévalence cumulée des partenaires sexuels concomitants2 Effectif d’enquêtés Pourcentage ayant eu des partenaires sexuels concomitants2 Effectif d’enquêtés FEMME Groupe d’âges 15-24 0,8 1,5 6 203 58,7 160 15-19 0,3 0,7 3 352 (40,9) 55 20-24 1,3 2,5 2 851 68,0 105 25-29 1,3 2,1 2 402 79,6 65 30-39 0,8 1,4 3 307 62,6 76 40-49 0,6 0,9 2 375 (71,1) 30 État matrimonial Célibataire 0,6 1,2 5 277 61,1 101 En union 1,0 1,8 7 808 71,0 198 En rupture d’union 0,5 1,0 1 202 (37,9) 32 Milieu de résidence Urbain 1,2 2,2 6 786 65,2 228 Rural 0,5 0,9 7 501 63,9 102 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 1,2 2,3 3 682 65,0 130 Autres villes (sans camps) 1,2 2,0 2 662 67,4 80 Urbain (sans camps) 1,2 2,2 6 344 65,9 209 Rural (sans camps) 0,5 0,9 7 402 64,4 99 Camps 1,3 2,3 541 (56,6) 22 Ensemble 15-49 0,8 1,5 14 287 64,8 331 HOMME Groupe d’âges 15-24 5,8 15,9 3 791 73,8 819 15-19 3,7 9,8 2 125 69,0 302 20-24 8,6 23,7 1 665 76,5 516 25-29 11,7 28,6 1 309 89,2 419 30-39 15,8 27,7 1 953 90,4 597 40-49 14,1 23,2 1 382 93,7 342 État matrimonial Célibataire 6,8 16,9 4 583 76,5 1 015 En union 15,6 28,5 3 463 93,5 1 056 En rupture d’union 6,7 19,0 388 70,3 105 Type d’union Homme a plusieurs femmes 78,6 87,6 213 94,3 198 Homme a une seule femme 11,5 24,6 3 251 93,3 859 Pas actuellement en union 6,8 17,1 4 971 75,9 1 120 Milieu de résidence Urbain 11,2 25,2 3 866 84,8 1 147 Rural 9,7 18,9 4 568 84,0 1 030 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 10,0 25,4 2 108 83,6 642 Autres villes (sans camps) 12,1 23,7 1 481 85,2 413 Urbain (sans camps) 10,9 24,7 3 588 84,2 1 055 Rural (sans camps) 9,7 18,9 4 521 84,0 1 017 Camps 14,4 29,2 325 90,3 105 Ensemble 15-49 10,4 21,8 8 434 84,4 2 177 50-59 10,7 15,4 1 059 92,0 177 Ensemble 15-59 10,4 21,1 9 493 85,0 2 354 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Deux partenaires sexuels sont considérés comme étant concomitants si la date des rapports sexuels les plus récents avec le partenaire précédent se situe après la date des derniers rapports sexuels avec le dernier partenaire. 1 Le pourcentage d’enquêtés qui ont eu deux partenaires sexuels (ou plus) qui étaient concomitants à un moment précis, six mois avant l’enquête. 2 Le pourcentage d’enquêtés qui ont eu deux partenaires sexuels (ou plus) qui étaient concomitants à n’importe quel moment au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 243 14.3.3 Rapports sexuels payants et utilisation de condom Les rapports sexuels payants sont considérés comme des rapports sexuels à hauts risques dans la mesure où ils sont associés à un nombre élevé de partenaires. Au cours de l’EMMUS-V, on a demandé aux hommes si, au cours des douze derniers mois, ils avaient eu des rapports sexuels avec des partenaires qu’ils avaient rémunérées. De plus, on leur a demandé si, au cours des derniers rapports sexuels payants, ils avaient utilisé un condom. Les résultats présentés au tableau 14.10 indiquent que 14 % ont déclaré avoir déjà payé quelqu’un en échange de rapports sexuels et 5 % avaient eu de tels rapports au cours des 12 derniers mois ayant précédé l’enquête. En considérant les caractéristiques sociodémographiques, on constate que la pratique de rapports sexuels payants augmente avec l’âge’ de 5 % chez les 15-19 ans à 19 % chez les 25-29 ans. Elle est plus importante chez les hommes en rupture d’union (23 %), en milieu urbain (16 %) et plus particulièrement dans l’Aire Métropolitaine (18 %) que chez les autres. Elle est également plus fréquente dans la Grande-Anse (18 %). Les niveaux d’instruction et de bien-être économique ne paraissent pas être des facteurs déterminants. Dans l’ensemble, 78 % des hommes de 15-49 ans ont déclaré avoir utilisé un condom lors des derniers rapports sexuels payants. Étant donné que relativement peu d’hommes ont déclaré avoir eu des rapports sexuels payants au cours des 12 derniers mois (5 %), la faiblesse des effectifs rend difficile l’interprétation des résultats sur l’utilisation du condom en fonction des caractéristiques sociodémographiques. 244 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Tableau 14.10 Rapports sexuels payants et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels payants Pourcentage d’hommes de 15-49 ans qui ont déjà eu des rapports sexuels payants ; pourcentage d’hommes ayant déclaré avoir eu des rapports sexuels payants au cours des 12 derniers mois et, parmi ces hommes, pourcentage ayant déclaré qu’un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels payants, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Parmi tous les hommes Parmi les hommes qui ont eu des rapports sexuels payants au cours des 12 derniers mois Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant déjà eu des rapports sexuels payants Pourcentage ayant eu des rapports sexuels payants au cours des 12 derniers mois Effectif d’hommes Pourcentage ayant déclaré qu’un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels payants Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-24 10,3 5,3 3 791 80,7 200 15-19 5,0 2,7 2 125 69,8 57 20-24 17,1 8,6 1 665 85,1 143 25-29 19,3 7,4 1 309 89,3 97 30-39 16,9 4,1 1 953 70,8 81 40-49 17,5 3,5 1 382 (58,0) 48 État matrimonial Célibataire 11,2 5,2 4 583 79,9 238 En union 17,8 4,4 3 463 77,0 151 En rupture d’union 22,6 9,5 388 (72,6) 37 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 18,1 7,8 2 108 81,8 165 Autres villes (sans camps) 12,1 3,6 1 481 90,8 53 Urbain (sans camps) 15,6 6,1 3 588 84,0 219 Rural (sans camps) 12,9 3,9 4 521 68,3 175 Camps 21,6 9,8 325 93,5 32 Milieu de résidence Urbain 16,1 6,4 3 866 85,0 248 Rural 13,0 3,9 4 568 68,8 178 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 18,1 7,8 2 108 81,8 165 Reste-Ouest 14,5 4,2 1 142 (59,1) 48 Sud-Est 13,0 4,3 380 (78,4) 16 Nord 10,5 2,4 809 * 19 Nord-Est 10,3 3,4 277 * 9 Artibonite 11,7 2,8 1 306 * 37 Centre 11,4 4,4 501 (80,7) 22 Sud 13,9 5,4 608 (72,6) 33 Grande-Anse 17,9 5,6 322 (43,2) 18 Nord-Ouest 12,9 3,8 381 (77,8) 15 Nippes 12,3 4,1 276 * 11 Niveau d’instruction Aucun 15,8 4,6 774 (60,9) 36 Primaire 13,2 4,9 3 105 66,2 153 Secondaire ou plus 15,1 5,2 4 556 88,6 237 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 11,1 3,1 1 426 66,2 45 Second 12,4 4,2 1 464 60,5 62 Moyen 17,5 6,1 1 682 74,6 103 Quatrième 16,1 6,7 1 862 86,4 125 Le plus élevé 14,1 4,5 2 000 89,2 91 Ensemble 15-49 14,4 5,0 8 434 78,3 425 50-59 17,5 2,1 1 059 (32,6) 23 Ensemble 15-59 14,8 4,7 9 493 75,9 448 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 245 14.4 TEST DE DEPISTAGE DU VIH 14.4.1 Test de dépistage du VIH pour l’ensemble des enquêtés La connaissance du statut sérologique vis-à-vis du VIH contribue à limiter la propagation de l’épidémie dans la mesure où elle permet aux personnes de prendre des précautions pour se protéger et protéger leurs partenaires. Au cours de l’EMMUS-V, on a demandé aux enquêtés s’ils avaient déjà effectué un test de dépistage du VIH, et dans l’affirmative, s’ils avaient obtenu les résultats de leur test. D’après les résultats du tableau 14.11.1, 88 % des femmes ont déclaré connaître un endroit où l’on peut se rendre pour effectuer un test de dépistage du VIH. Cependant, seulement 47 % ont effectué un test et en ont reçu les résultats ; 2 % ont effectué un test mais n’ont pas eu connaissance des résultats et 50 % de femmes n’ont jamais effectué un test de dépistage du VIH. On relève que la connaissance des lieux où effectuer un test de dépistage du VIH est moins élevée chez les jeunes de 15-19-ans (76 %) que dans les autres groupes d’âges, chez les femmes vivant en milieu rural (86 % contre 91 % en milieu urbain), chez celles n’ayant aucune instruction et celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus bas (respectivement 81 % et 77 %). L’obtention des résultats du test de dépistage du VIH (connaissance du statut sérologique) varie selon les caractéristiques sociodémographiques. On enregistre de faibles pourcentages chez les jeunes de 15-19 ans (18 %), les célibataires n’ayant jamais eu de rapports sexuels (12 %), les femmes du milieu rural (41 %), les femmes du Sud-Est (37 %) et de la Grande-Anse (36 %), celles n’ayant aucune instruction (32 %) et chez les femmes des ménages du quintile de bien-être économique le plus bas (28 %). C’est dans ces mêmes catégories qu’on retrouve les proportions les plus élevées des femmes n’ayant jamais effectué le test de dépistage du VIH. Le tableau 14.11.1 présente aussi la proportion de femmes qui ont reçu les résultats du dernier test de dépistage du VIH effectué au cours des 12 derniers mois. Cette proportion s’établit à seulement à 21 %. Cependant, cette proportion a nettement augmenté par rapport à EMMUS-IV (2005-2006) où elle n’était que de 8 %. Tout comme la connaissance du statut sérologique des femmes à un moment quelconque, la connaissance du statut sérologique au cours des 12 derniers mois, varie de manière importante selon les différentes caractéristiques sociodémographiques. Cependant, les résultats présentent les mêmes types de variations que celles déjà constatées pour la connaissance du statut sérologique à un moment quelconque. 246 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Tableau 14.11.1 Couverture du test du VIH antérieur à l’enquête : Femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui savent où se rendre pour effectuer un test du VIH ; répartition (en %) des femmes de 15-49 ans selon qu’elles ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu’elles ont reçu, ou non, les résultats du dernier test ; pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant déjà effectué un test du VIH et pourcentage de celles ayant effectué un test au cours des 12 derniers mois et ayant reçu les résultats du dernier test, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Pourcentage sachant où se rendre pour effectuer un test du VIH Répartition (en %) des femmes selon qu’elles ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu’elles ont reçu, ou non, les résultats du dernier test Total Pourcentage ayant déjà effectué un test Pourcentage ayant effectué un test au cours des 12 derniers mois et ayant reçu le résultat du dernier test Effectif de femmes Caractéristique sociodémographique A effectué un test et a reçu le résultat A effectué un test mais n’a pas reçu le résultat N’a jamais effectué de test1 Groupe d’âges 15-24 83,2 34,5 1,6 63,9 100,0 36,1 17,4 6 203 15-19 76,3 17,6 0,8 81,6 100,0 18,4 9,3 3 352 20-24 91,3 54,4 2,4 43,2 100,0 56,8 26,9 2 851 25-29 93,5 64,3 3,5 32,2 100,0 67,8 29,3 2 402 30-39 94,3 62,3 3,2 34,4 100,0 65,6 25,9 3 307 40-49 86,9 43,5 2,3 54,2 100,0 45,8 12,7 2 375 État matrimonial Célibataire 82,0 27,5 1,5 71,0 100,0 29,0 13,2 5 277 A déjà eu des rapports sexuels 90,8 43,4 2,0 54,7 100,0 45,3 21,3 2 631 N’a jamais eu de rapports sexuels 73,3 11,7 1,0 87,3 100,0 12,7 5,1 2 646 En union 91,9 59,8 2,9 37,3 100,0 62,7 25,9 7 808 En rupture d’union 90,5 55,0 2,8 42,1 100,0 57,9 18,7 1 202 Milieu de résidence Urbain 90,9 55,0 3,1 42,0 100,0 58,0 25,0 6 786 Rural 85,6 40,7 1,8 57,6 100,0 42,4 16,6 7 501 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 89,0 54,3 3,8 41,9 100,0 58,1 24,7 3 682 Autres villes (sans camps) 93,4 55,2 1,9 43,0 100,0 57,0 24,6 2 662 Urbain (sans camps) 90,8 54,7 3,0 42,3 100,0 57,7 24,7 6 344 Rural (sans camps) 85,6 40,5 1,7 57,7 100,0 42,3 16,5 7 402 Camps 91,2 57,2 4,4 38,4 100,0 61,6 28,1 541 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 89,0 54,3 3,8 41,9 100,0 58,1 24,7 3 682 Reste-Ouest 83,5 41,7 1,6 56,7 100,0 43,3 17,3 2 077 Sud-Est 86,9 36,6 1,0 62,3 100,0 37,7 14,8 608 Nord 92,6 53,3 1,7 45,0 100,0 55,0 25,2 1 443 Nord-Est 89,2 46,1 1,8 52,1 100,0 47,9 18,5 515 Artibonite 86,4 41,5 1,1 57,4 100,0 42,6 16,3 2 040 Centre 86,1 42,1 2,0 55,9 100,0 44,1 16,2 835 Sud 91,3 49,2 2,3 48,5 100,0 51,5 20,6 976 Grande-Anse 84,9 36,4 3,4 60,2 100,0 39,8 17,8 462 Nord-Ouest 89,8 48,0 2,6 49,4 100,0 50,6 19,0 671 Nippes 90,7 46,6 2,6 50,8 100,0 49,2 21,0 438 Niveau d’instruction Aucun 80,7 32,3 2,0 65,7 100,0 34,3 10,8 2 115 Primaire 84,7 41,6 2,3 56,1 100,0 43,9 16,7 5 182 Secondaire ou plus 93,0 56,4 2,6 41,0 100,0 59,0 26,4 6 989 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 77,1 28,1 2,0 69,9 100,0 30,1 11,2 2 175 Second 85,0 36,5 1,9 61,6 100,0 38,4 14,5 2 311 Moyen 90,6 48,4 2,4 49,2 100,0 50,8 21,3 2 809 Quatrième 91,3 54,7 2,6 42,7 100,0 57,3 23,4 3 260 Le plus élevé 92,0 58,4 2,8 38,8 100,0 61,2 26,8 3 732 Ensemble 15-49 88,1 47,4 2,4 50,2 100,0 49,8 20,6 14 287 1 Y compris : Ne sait pas/Manquant. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 247 Le tableau 14.11.2 présente, pour les hommes, les résultats relatifs à la connaissance d’un centre de dépistage du VIH et à l’obtention des résultats du test de ce dépistage. Il en ressort que 83 % d’hommes connaissent un endroit où effectuer ce test. Comme chez les femmes, la connaissance d’un endroit où effectuer un test est influencée par le milieu de résidence, le département, le niveau d’instruction et le niveau de vie du ménage. En outre, environ sept hommes sur dix (69 %) n’ont jamais effectué de test, trois hommes sur dix (30 %) ont effectué un test de dépistage du VIH et en ont reçu les résultats et 1 % ont effectué ce test et n’ont pas reçu les résultats. Tableau 14.11.2 Couverture du test du VIH antérieur à l’enquête : Hommes Pourcentage d’hommes de 15-49 ans qui savent où se rendre pour effectuer un test du VIH ; répartition (en %) des hommes de 15-49 ans selon qu’ils ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu’ils ont reçu, ou non, les résultats du dernier test ; pourcentage d’hommes de 15-49 ans ayant déjà effectué un test du VIH et pourcentage de ceux ayant effectué un test au cours des 12 derniers mois et ayant reçu les résultats du dernier test, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Pourcentage sachant où se rendre pour effectuer un test du VIH Répartition (en %) des hommes selon qu’ils ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu’ils ont reçu, ou non, les résultats du dernier test Total Pourcentage ayant déjà effectué un test Pourcentage ayant effectué un test au cours des 12 derniers mois et ayant reçu le résultat du dernier test Effectif d’hommes Caractéristique sociodémographique A effectué un test et a reçu le résultat A effectué un test mais n’a pas reçu le résultat N’a jamais effectué de test1 Groupe d’âges 15-24 76,8 16,4 0,9 82,6 100,0 17,4 9,3 3 791 15-19 69,5 7,2 0,7 92,1 100,0 7,9 4,3 2 125 20-24 86,2 28,2 1,2 70,6 100,0 29,4 15,7 1 665 25-29 89,2 43,5 1,5 55,0 100,0 45,0 20,2 1 309 30-39 90,3 44,0 1,7 54,3 100,0 45,7 18,5 1 953 40-49 83,6 34,2 1,3 64,5 100,0 35,5 10,7 1 382 État matrimonial Célibataire 78,9 20,9 0,8 78,2 100,0 21,8 11,0 4 583 A déjà eu des rapports sexuels 83,3 25,0 1,0 74,1 100,0 25,9 13,3 3 627 N’a jamais eu de rapports sexuels 62,0 5,7 0,3 94,0 100,0 6,0 2,4 956 En union 87,6 40,9 1,7 57,4 100,0 42,6 16,0 3 463 En rupture d’union 89,7 38,3 2,1 59,6 100,0 40,4 18,0 388 Milieu de résidence Urbain 88,0 38,7 1,3 60,0 100,0 40,0 17,9 3 866 Rural 78,7 22,5 1,2 76,3 100,0 23,7 9,6 4 568 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 87,4 39,6 1,3 59,1 100,0 40,9 16,2 2 108 Autres villes (sans camps) 89,4 37,3 1,1 61,6 100,0 38,4 19,6 1 481 Urbain (sans camps) 88,2 38,6 1,3 60,1 100,0 39,9 17,6 3 588 Rural (sans camps) 78,7 22,4 1,2 76,4 100,0 23,6 9,5 4 521 Camps 84,3 38,9 1,8 59,4 100,0 40,6 20,1 325 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 87,4 39,6 1,3 59,1 100,0 40,9 16,2 2 108 Reste-Ouest 74,1 23,2 0,7 76,1 100,0 23,9 9,4 1 142 Sud-Est 81,7 27,4 0,3 72,3 100,0 27,7 13,6 380 Nord 85,8 33,8 1,1 65,1 100,0 34,9 17,2 809 Nord-Est 85,2 29,7 2,5 67,7 100,0 32,3 14,8 277 Artibonite 81,0 22,3 0,8 76,9 100,0 23,1 9,6 1 306 Centre 83,5 24,1 2,2 73,7 100,0 26,3 10,8 501 Sud 85,3 28,8 1,7 69,6 100,0 30,4 12,6 608 Grande-Anse 77,9 17,8 1,6 80,6 100,0 19,4 9,9 322 Nord-Ouest 85,4 33,0 1,6 65,4 100,0 34,6 15,8 381 Nippes 81,7 24,5 1,5 74,1 100,0 25,9 12,3 276 Niveau d’instruction Aucun 71,4 15,4 1,6 83,0 100,0 17,0 5,5 774 Primaire 74,1 17,0 1,2 81,8 100,0 18,2 6,0 3 105 Secondaire ou plus 91,0 41,2 1,2 57,6 100,0 42,4 19,7 4 556 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 71,9 13,6 1,1 85,3 100,0 14,7 5,2 1 426 Second 77,2 18,7 1,1 80,2 100,0 19,8 7,6 1 464 Moyen 80,6 28,7 1,2 70,1 100,0 29,9 14,0 1 682 Quatrième 88,1 33,7 1,2 65,1 100,0 34,9 16,0 1 862 Le plus élevé 92,3 47,4 1,5 51,1 100,0 48,9 20,4 2 000 Ensemble 15-49 83,0 29,9 1,2 68,8 100,0 31,2 13,4 8 434 50-59 75,6 22,8 1,4 75,8 100,0 24,2 5,8 1 059 Ensemble 15-59 82,1 29,1 1,3 69,6 100,0 30,4 12,5 9 493 1 Y compris : Ne sait pas/Manquant. 248 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST C’est chez les plus jeunes de 15-19 ans (7 %), chez les célibataires n’ayant jamais eu de rapports sexuels (6 %), en milieu rural (23 %), dans le département de la Grande-Anse (18 %), parmi les hommes sans niveau d’instruction (15 %) et parmi ceux des ménages du quintile de bien-être économique le plus bas (14 %) que la proportion d’hommes qui ont effectué un test de dépistage du VIH et qui en ont reçu les résultats est la plus faible. Globalement, la proportion d’hommes qui ont reçu les résultats du dernier test effectué au cours des 12 derniers mois avant l’enquête est faible (13 %). Ces proportions sont plus élevées parmi les hommes de 25- 39 ans (20 % parmi ceux de 25-29 ans et 19 % parmi ceux de 30-39 ans) , les hommes en union (16 %) ou en rupture d’union (18 %), ceux du milieu urbain (18 %), les plus instruits (20 %) et ceux des ménages du quintile de bien-être économique le plus élevé (20 %). Dans les départements, cette proportion varie d’un minimum de 9 % dans le Reste-Ouest à un maximum de 17 % dans le Nord. 14.4.2 Test de dépistage du VIH pour les femmes enceintes Le tableau 14.12 présente, parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des deux années ayant précédé l’enquête, la proportion de celles qui ont reçu des conseils sur le VIH/sida au cours d’une visite prénatale. Il présente aussi la proportion de celles qui ont accepté d’effectuer un test de dépistage du VIH au cours d’une visite prénatale et la proportion de celles qui ont reçu, ou non, les résultats du test, ainsi que la proportion de celles ayant effectué un test de dépistage du VIH au cours d’une visite prénatale, ou au moment de l’accouchement et qui ont reçu, ou non, les résultats du test, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Dans l’ensemble, les résultats montrent que 58 % des femmes ont reçu des conseils sur le VIH pendant une visite prénatale. Dans 53 % des cas, les femmes ont effectué un test de dépistage du VIH durant une visite prénatale et ont reçu le résultat et des conseils après le test et dans 7 % des cas, elles ont effectué un test de dépistage du VIH durant une visite prénatale, ont reçu le résultat mais n’ont pas reçu des conseils après le test. Par ailleurs, 2 % de femmes enceintes ont effectué un test de dépistage du VIH et n’ont pas eu connaissance des résultats. D’autre part, 61 % des femmes enceintes qui avaient effectué le test au cours d’une visite prénatale ou au moment de l’accouchement, avaient reçu le résultat, et 2 % ne l’avaient pas reçu. Globalement, 47 % des femmes enceintes ont, à la fois, reçu des conseils sur le VIH avant le test, effectué un test de dépistage du VIH au cours d’une visite prénatale et ont reçu le résultat. Ce pourcentage est plus élevé dans le groupe d’âges 25-29 ans (51 %), en milieu urbain (57 %) et, en particulier, dans les autres villes (64 %), chez les femmes de niveau secondaire ou plus (62 %) et parmi celles dont le ménage est classé dans le quintile de bien-être économique le plus élevé (67 %). Dans les départements, on note que c’est dans le Nord (62 %) et dans le Nord-Est (61 %) que cette proportion est la plus élevée et dans le Sud-Est (34 %), la Grande-Anse (39 %), le Reste-Ouest (40 %) et l’Artibonite (40 %) qu’elle est la plus faible. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 249 Tableau 14.12 Femmes enceintes conseillées et ayant effectué un test du VIH Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance au cours des deux années ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant reçu des conseils sur le VIH avant le test, pourcentage ayant effectué un test du VIH pendant une visite prénatale pour la naissance la plus récente selon qu’elles ont reçu ou non le résultat du test et qu’elles ont reçu ou non des conseils après le test ; pourcentage ayant effectué un test du VIH au moment de l’accouchement pour la naissance la plus récente selon qu’elles ont reçu ou non le résultat du test, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Haïti 2011 Pourcentage ayant reçu des conseils sur le VIH au cours d’une visite prénatale1 Pourcentage ayant effectué un test du VIH durant une visite prénatale et qui : Pourcentage ayant reçu des conseils sur le VIH, ayant effectué un test du VIH au cours d’une visite prénatale et ayant reçu le résultat Pourcentage ayant effectué un test du VIH au cours d’une visite prénatale ou au moment de l’accouchement et qui2 : Effectif de femmes ayant eu une naissance au cours des deux dernières années3 Caractéristique sociodémographique Ont reçu le résultat et des conseils après le test Ont reçu le résultat et n’ont pas reçu des conseils après le test N’ont pas reçu le résultat du test Ont reçu le résultat N’ont pas reçu le résultat Groupe d’âges 15-24 54,9 53,2 5,3 2,3 44,7 59,9 2,5 1 013 15-19 49,2 43,9 5,0 2,4 36,6 52,3 3,0 304 20-24 57,4 57,3 5,4 2,2 48,2 63,2 2,2 708 25-29 61,0 57,0 8,8 2,1 51,0 66,4 2,4 722 30-39 61,1 52,5 6,9 2,1 48,7 60,8 2,3 863 40-49 50,6 42,5 6,6 1,5 38,5 49,9 1,5 185 État matrimonial Célibataire 52,2 56,6 1,9 1,1 47,0 63,5 1,9 189 En union 58,6 52,9 7,5 2,2 47,3 61,4 2,4 2 382 En rupture d’union 58,0 54,5 2,4 1,8 45,6 56,9 1,8 210 Milieu de résidence Urbain 62,2 65,0 8,5 2,0 56,5 74,9 2,5 991 Rural 55,9 46,8 5,8 2,2 42,0 53,6 2,2 1 791 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 55,2 61,0 10,1 2,0 50,3 72,8 2,6 511 Autres villes (sans camps) 71,6 71,0 5,6 1,8 64,3 77,9 1,8 384 Urbain (sans camps) 62,2 65,3 8,2 1,9 56,3 75,0 2,3 895 Rural (sans camps) 55,9 46,7 5,7 2,1 42,0 53,4 2,2 1 764 Camps 59,6 59,5 11,5 3,1 54,3 72,0 4,5 123 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 55,2 61,0 10,1 2,0 50,3 72,8 2,6 511 Reste-Ouest 55,2 44,0 6,6 2,1 39,8 52,3 2,1 472 Sud-Est 53,7 39,3 5,7 2,4 34,1 45,5 2,4 140 Nord 67,6 67,1 3,7 1,0 61,6 72,7 1,0 284 Nord-Est 73,2 64,7 7,3 2,6 61,4 73,4 2,6 112 Artibonite 50,7 45,6 5,3 0,5 39,6 50,9 0,5 408 Centre 58,7 49,7 4,4 2,9 44,2 55,4 3,4 208 Sud 61,3 53,6 7,1 2,9 49,2 61,8 2,9 213 Grande-Anse 57,4 39,9 7,6 5,2 38,8 48,3 5,2 110 Nord-Ouest 63,8 61,5 5,6 3,5 53,6 67,1 3,5 125 Nippes 65,0 61,5 4,5 2,3 53,7 66,8 2,3 76 Niveau d’instruction Aucun 46,8 33,1 3,8 2,2 31,2 37,1 2,4 500 Primaire 52,8 47,4 6,4 2,7 40,7 55,2 3,0 1 233 Secondaire ou plus 69,8 69,8 8,6 1,3 62,4 79,7 1,5 1 048 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 48,3 35,7 4,2 2,2 33,8 40,3 2,2 628 Second 51,1 42,3 5,9 2,3 36,1 49,6 2,5 593 Moyen 57,9 55,5 7,0 2,9 47,1 63,6 3,4 620 Quatrième 68,4 66,0 8,0 0,9 60,2 74,9 1,0 557 Le plus élevé 70,5 76,6 10,1 2,2 67,1 89,5 2,5 385 Ensemble 15-49 58,1 53,3 6,8 2,1 47,2 61,2 2,3 2 782 1 Des conseils sur le VIH avant le test signifie ici que quelqu’un a parlé à l’enquêtée des trois sujets suivants : 1) la transmission du virus du sida de la mère au bébé, 2) la prévention du virus et 3) effectuer un test du VIH. 2 La question sur le test au moment de l’accouchement n’est posée qu’aux femmes qui n’ont pas effectué de test pendant une visite prénatale. 3 Sont incluses dans le dénominateur les femmes qui n’ont pas reçu de soins prénatals pour leur dernière naissance ayant eu lieu au cours des deux dernières années. 250 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST 14.5 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES Il est reconnu que les infections sexuellement transmissibles (IST) non traitées sont des facteurs de risque de transmission du VIH. Au cours de l’EMMUS-V, pour établir une prévalence déclarée des IST, on a demandé aux enquêtés ayant déjà eu des rapports sexuels, s’ils avaient eu, au cours des 12 mois précédant l’enquête, une IST ou des symptômes associés à des IST. Les résultats sont présentés au tableau 14.13 pour les femmes et les hommes, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 14.13 Prévalence déclarée des infections sexuellement transmissibles (IST) et symptômes déclarés d’IST Parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans ayant déjà eu des rapports sexuels, pourcentage ayant déclaré avoir eu une IST et/ou des symptômes d’IST au cours des 12 derniers mois selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2102 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Une IST Pertes vaginales anormales et malodo- rantes Plaie/ulcère génital IST/pertes/ plaie ou ulcère Effectif ayant déjà eu des rapports sexuels Une IST Écoulement du pénis Plaie/ulcère génital IST/pertes/ plaie ou ulcère Effectif ayant déjà eu des rapports sexuels Groupe d’âges 15-24 13,1 27,3 3,8 29,7 3 761 3,9 7,3 3,7 9,8 2 895 15-19 11,8 25,4 3,7 27,3 1 384 2,0 5,5 3,2 7,7 1 337 20-24 13,8 28,5 3,9 31,1 2 377 5,5 8,8 4,2 11,6 1 558 25-29 12,3 25,1 4,0 27,9 2 288 4,7 9,1 3,5 11,1 1 268 30-39 12,8 25,1 4,4 26,9 3 237 4,5 6,3 2,8 9,2 1 932 40-49 7,7 19,7 2,6 21,5 2 354 4,4 6,3 1,8 8,0 1 370 État matrimonial Célibataire 10,2 25,0 3,3 26,7 2 631 3,0 6,4 3,4 8,6 3 627 En union 12,6 25,1 4,0 27,6 7 807 5,4 7,7 2,7 10,4 3 450 En rupture d’union 9,4 21,6 3,1 22,5 1 202 6,0 10,0 3,5 11,1 388 Milieu de résidence Urbain 11,6 23,4 3,3 26,0 5 598 5,0 6,6 2,7 9,2 3 516 Rural 11,9 25,9 4,1 27,7 6 042 3,6 7,6 3,3 9,8 3 949 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 12,0 22,3 3,3 25,8 3 026 5,5 5,0 2,3 7,8 1 938 Autres villes (sans camps) 11,2 25,0 3,4 26,6 2 171 4,0 8,5 3,0 10,7 1 311 Urbain (sans camps) 11,6 23,4 3,3 26,1 5 196 4,9 6,4 2,6 9,0 3 249 Rural (sans camps) 11,8 26,0 4,2 27,7 5 954 3,6 7,6 3,3 9,8 3 906 Camps 12,5 23,3 3,3 25,0 489 5,6 9,3 4,5 12,2 309 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 12,0 22,3 3,3 25,8 3 026 5,5 5,0 2,3 7,8 1 938 Reste-Ouest 11,3 26,0 2,8 27,8 1 689 3,8 7,4 3,3 9,7 1 005 Sud-Est 11,3 23,0 2,7 25,0 466 2,6 5,9 2,1 8,1 323 Nord 10,1 23,4 3,5 25,2 1 176 5,2 8,6 3,8 11,2 700 Nord-Est 17,9 27,7 5,4 31,8 401 3,8 6,9 2,8 9,2 243 Artibonite 11,4 30,8 5,8 32,2 1 685 3,9 10,0 3,5 11,6 1 131 Centre 11,3 25,9 4,9 26,5 672 4,6 8,0 3,6 10,8 428 Sud 12,2 22,9 3,9 24,4 784 2,4 7,6 3,7 9,8 537 Grande-Anse 9,7 17,8 1,4 19,8 374 1,9 5,3 2,6 7,4 268 Nord-Ouest 11,7 23,2 3,9 25,3 527 4,5 6,4 3,0 9,3 337 Nippes 13,9 27,0 3,6 28,1 352 2,2 5,7 1,4 6,8 244 Niveau d’instruction Aucun 9,1 21,9 3,8 23,6 2 051 3,2 7,3 3,4 9,7 722 Primaire 11,9 26,5 4,0 28,3 4 138 4,1 7,4 3,3 9,9 2 546 Secondaire ou plus 12,6 24,4 3,6 27,1 5 450 4,6 7,0 2,8 9,2 4 197 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 9,6 24,8 3,8 26,5 1 709 2,9 8,2 3,9 10,3 1 199 Second 11,9 25,4 4,7 27,6 1 854 3,1 6,4 2,7 9,0 1 237 Moyen 12,3 26,8 3,7 28,4 2 366 5,3 8,8 3,6 11,1 1 516 Quatrième 12,2 24,9 4,1 27,4 2 708 5,0 8,1 3,2 10,7 1 695 Le plus élevé 12,1 22,5 2,8 25,1 3 002 4,4 4,8 2,2 7,0 1 817 Ensemble 15-49 11,7 24,7 3,8 26,9 11 640 4,3 7,2 3,1 9,5 7 464 50-59 na na na na na 1,5 3,7 0,9 4,2 1 057 Ensemble 15-59 na na na na na 3,9 6,7 2,8 8,9 8 521 na = Non applicable Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 251 Les résultats montrent que 12 % des femmes ayant déjà eu des rapports sexuels ont déclaré avoir eu une IST au cours des 12 derniers mois. Par ailleurs, parmi les enquêtées qui n’ont pas déclaré avoir eu une IST, 25 % ont déclaré avoir eu des pertes vaginales anormales et 4 % un ulcère génital. Globalement, 27 % des femmes sont considérées comme ayant eu une IST et/ou un ou des symptômes révélateurs d’IST. Rappelons néanmoins que cette prévalence étant basée sur les seules déclarations des enquêtées, elle doit être prise comme un ordre de grandeur et non comme une estimation précise, car la présence de ces différents symptômes ou signes ne sont pas toujours la preuve d’une IST. On note que c’est parmi les célibataires (27 %) et celles en union (28 %), dans les départements du Nord-Est et de l’Artibonite (32 %) et parmi les femmes ayant un niveau d’instruction (28 % parmi celles ayant le niveau primaire et 27 % parmi celles ayant le niveau secondaire ou plus) que cette prévalence déclarée est la plus élevée. Chez les hommes, 4 % ont déclaré avoir eu une IST, 7 % un écoulement du pénis, 3 % une plaie ou ulcère génital. Globalement, dans 10 % des cas, les hommes ont eu une IST et/ou un des symptômes qui peuvent révéler la présence d’une IST. Cette prévalence déclarée des IST varie légèrement selon les caractéristiques sociodémographiques. On note, par exemple, qu’elle est plus élevée parmi ceux âgés de 20-29 ans que parmi les autres groupes d’âges’ 12 % à 20-24 ans et 11 % à 25-29 ans, contre un minimum de 8 % à 15-19 ans et 40-49 ans. On note aussi que cette prévalence déclarée des IST est de 10% en milieu rural et qu’elle est plus élevée dans l’Artibonite (12%). Parmi les femmes ayant déclaré avoir eu une IST ou des symptômes d’IST, 62 % se sont rendues dans un établissement sanitaire ou ont consulté un professionnel de santé pour obtenir des conseils ou un traitement (Graphique 14.1). Chez les hommes, cette proportion est de 44 %. À l’opposé, 29 % des femmes et 35 % des hommes n’ont pris aucune mesure pour traiter leur IST. Graphique 14.1 Recherche de conseils ou de traitement pour les IST 62 7 5 29 44 11 16 35 Conseil auprès d'un professionnel de santé Conseil auprès d'une pharmacie/boutique Conseil auprès d'autres sources Pas de conseils ni de traitement Pourcentage Femme Homme EMMUS-V Haïti 2012 252 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST 14.6 PRÉVALENCE DES INJECTIONS MÉDICALES Des injections faites sans respect des normes d’asepsie peuvent être source de contamination. Il est donc important de savoir dans quelle mesure la population reçoit des injections administrées par le personnel de santé selon les normes recommandées en la matière. En plus des questions pour estimer la proportion de la population ayant reçu des injections médicales, on a demandé dans quel état se trouvaient l’aiguille et la seringue lors de la dernière injection. Les résultats sont présentés au tableau 14.14 pour les femmes et les hommes de 15-49 ans. Les résultats montrent que dans l’ensemble, 30 % des femmes et 15 % des hommes ont reçu une injection médicale effectuée par le personnel de santé au cours des douze mois ayant précédé l’enquête. Le pourcentage de femmes ayant reçu une injection médicale est plus faible parmi les plus jeunes de 15-19 ans (22 %), parmi les femmes célibataires n’ayant jamais eu de rapports sexuels (17 %), celles de l’Aire Métropolitaine (23 %) et parmi celles des ménages du quintile de bien-être économique le plus élevé (27 %) que parmi les autres. Le nombre moyen d’injections médicales par femme est estimé à 0,8. Le pourcentage d’hommes ayant reçu, au moins, une injection médicale est plus faible parmi les hommes n’ayant aucun niveau d’instruction (10 %), parmi ceux vivant dans un ménage du quintile de bien-être économique le plus bas (12 %) et parmi ceux du département du Reste-Ouest (12 %). En outre, on note que le nombre moyen d’injections au cours des 12 derniers mois est aussi faible chez les femmes que chez les hommes (0,8 contre 0,4). Dans la quasi-totalité des cas (99 % chez les femmes et 98 % chez les hommes), les personnes ayant reçu une injection médicale au cours des 12 derniers mois ont déclaré que la dernière injection avait été faite avec une seringue et une aiguille prises d’un emballage neuf et non ouvert. De plus, on ne note pas de différences importantes selon les caractéristiques sociodémographiques. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 253 Tableau 14.14 Prévalence des injections médicales Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui ont reçu, au moins, une injection médicale au cours des 12 derniers mois, nombre moyen d’injections médicales par personne au cours des 12 derniers mois et parmi ceux et celles qui ont reçu une injection médicale, pourcentage des dernières injections médicales pour lesquelles la seringue et l’aiguille provenaient d’un emballage neuf non ouvert, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant reçu une injection médicale au cours des 12 derniers mois Nombre moyen d’injections médicales par personne au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes La dernière fois, la seringue et l’aiguille provenaient d’un emballage neuf, non ouvert Effectif de femmes ayant reçu une injection médicale au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant reçu une injection médicale au cours des 12 derniers mois Nombre moyen d’injections médicales par personne au cours des 12 derniers mois Effectif d’hommes La dernière fois, la seringue et l’aiguille provenaient d’un emballage neuf, non ouvert Effectif d’hommes ayant reçu une injection médicale au cours des 12 derniers mois Groupe d’âges 15-24 26,5 0,6 6 203 99,0 1 643 15,6 0,3 3 791 97,4 593 15-19 21,8 0,4 3 352 99,0 730 15,0 0,2 2 125 97,2 319 20-24 32,0 0,8 2 851 99,1 913 16,4 0,3 1 665 97,6 274 25-29 37,6 1,1 2 402 99,5 902 14,6 0,4 1 309 98,9 190 30-39 35,0 1,1 3 307 98,4 1 159 15,7 0,6 1 953 96,6 306 40-49 24,5 0,8 2 375 98,7 582 13,6 0,5 1 382 98,8 188 État matrimonial Célibataire 20,0 0,5 5 277 99,2 1 057 15,3 0,3 4 583 97,1 703 A déjà eu des rapports sexuels 23,0 0,7 2 631 99,1 606 15,1 0,3 3 627 97,1 548 N’a jamais eu de rapports sexuels 17,0 0,3 2 646 99,2 450 16,2 0,2 956 97,3 155 En union 37,4 1,0 7 808 98,8 2 924 14,7 0,5 3 463 98,3 510 En rupture d’union 25,4 0,7 1 202 99,1 306 16,5 0,7 388 97,8 64 Milieu de résidence Urbain 27,7 0,8 6 786 99,0 1 880 16,1 0,4 3 866 97,4 621 Rural 32,1 0,8 7 501 98,9 2 407 14,3 0,4 4 568 97,9 656 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 23,4 0,7 3 682 99,0 863 15,1 0,5 2 108 97,2 317 Autres villes (sans camps) 32,8 0,9 2 662 98,9 873 17,5 0,4 1 481 97,3 258 Urbain (sans camps) 27,4 0,8 6 344 99,0 1 735 16,0 0,5 3 588 97,2 576 Rural (sans camps) 32,1 0,8 7 402 98,9 2 377 14,4 0,4 4 521 97,9 650 Camps 32,1 0,8 541 99,4 174 15,8 0,3 325 99,7 51 Département (sans camps) Aire Métropolitaine 23,4 0,7 3 682 99,0 863 15,1 0,5 2 108 97,2 317 Reste-Ouest 27,3 0,8 2 077 99,5 567 12,3 0,3 1 142 99,4 141 Sud-Est 32,0 0,7 608 97,8 195 16,3 0,4 380 98,7 62 Nord 36,5 1,1 1 443 97,9 527 15,2 0,4 809 95,1 123 Nord-Est 35,9 0,8 515 99,1 185 18,2 0,4 277 97,9 50 Artibonite 32,8 0,8 2 040 99,6 669 14,8 0,5 1 306 97,4 194 Centre 33,5 1,0 835 98,2 280 15,1 0,4 501 97,6 76 Sud 31,5 0,7 976 99,5 307 16,7 0,4 608 99,1 102 Grande-Anse 29,7 0,7 462 99,5 137 14,2 0,2 322 98,4 46 Nord-Ouest 36,0 0,9 671 98,8 242 18,2 0,4 381 96,8 69 Nippes 32,4 0,8 438 97,5 142 16,9 0,4 276 96,7 47 Niveau d’instruction Aucun 29,2 0,7 2 115 98,6 617 10,4 0,3 774 100,0 80 Primaire 30,7 0,7 5 182 98,5 1 592 14,1 0,3 3 105 95,5 439 Secondaire ou plus 29,7 0,9 6 989 99,3 2 077 16,6 0,5 4 556 98,6 758 Quintiles de bien-être économique Le plus bas 30,9 0,7 2 175 98,6 673 11,6 0,2 1 426 98,0 166 Second 31,5 0,7 2 311 98,3 728 15,3 0,3 1 464 97,9 224 Moyen 31,5 0,8 2 809 99,0 885 16,6 0,5 1 682 96,8 279 Quatrième 30,6 0,8 3 260 99,2 998 15,2 0,4 1 862 98,9 282 Le plus élevé 26,9 0,9 3 732 99,2 1 003 16,3 0,5 2 000 96,9 326 Ensemble 15-49 30,0 0,8 14 287 98,9 4 286 15,1 0,4 8 434 97,6 1 277 50-59 na na na na na 14,9 0,7 1 059 98,8 158 Ensemble 15-59 na na na na na 15,1 0,4 9 493 97,8 1 434 Note : Les injections médicales sont celles qui sont effectuées par un médecin, un infirmier, un pharmacien, un dentiste ou n’importe quel autre personnel de santé. na = Non applicable. 254 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST 14.7 COMPORTEMENTS SEXUELS CHEZ LES JEUNES ET VIH/SIDA Les jeunes de 15-24 ans constituent une population à risque, dans la mesure où, à cette période de la vie, les relations sexuelles sont généralement instables et la pratique du multipartenariat sexuel plus fréquente. Il est donc apparu nécessaire que pour l’EMMUS-V, on s’intéresse tout particulièrement à cette population pour évaluer la connaissance des moyens de transmission du VIH/sida et certains aspects de leur comportement sexuel tels que’ l’âge aux premiers rapports sexuels, le multipartenariat et l’utilisation du condom. Les données ainsi collectées sur le VIH/sida et les comportements sexuels des jeunes de 15-24 ans ont permis de calculer des indicateurs spécifiques à cette population. Cette section du rapport est consacrée à l’examen de ces résultats. 14.7.1 Connaissance approfondie du VIH/sida et connaissance d’un endroit où se procurer un condom Dans cette section, les jeunes de 15-24 ans considérés comme ayant une connaissance complète du VIH/sida, sont ceux qui savent que l’utilisation régulière du condom et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, qui savent également qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et qui rejettent les deux idées erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du sida, à savoir la transmission par les moustiques et la transmission par le partage des repas d’une personne infectée. Les résultats concernant la connaissance du VIH/sida et des moyens de prévention sont présentés au tableau 14.15 pour les femmes et pour les hommes de 15-24 ans. De l’examen des données du tableau 14.15, il ressort qu’ un peu plus d’un tiers (35 %) des jeunes femmes de 15-24 ans avaient une connaissance considérée comme « approfondie » du sida, et un peu plus de huit sur dix (84 %) connaissaient un endroit où se procurer des condoms. On constate par ailleurs, que le niveau de connaissance « approfondie » du sida varie avec l’âge (32 % à 15-19 ans contre 38 % à 20-24 ans), l’état matrimonial (41 % chez les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels contre 31 % chez les jeunes femmes en union ou en rupture d’union), le milieu de résidence (41 % en milieu urbain contre 29 % en milieu rural) et le niveau d’instruction (12 % chez celles n’ayant aucune instruction et 44 % chez celles du niveau secondaire ou plus). Les mêmes tendances sont observées pour la connaissance d’un point d’approvisionnement en fonction des caractéristiques sociodémographiques. En ce qui concerne les jeunes hommes, 28 % avaient une connaissance « approfondie » du sida et 82 % connaissaient un endroit où se procurer des condoms. On observe, pour ces derniers, le même type de variations que celles observées pour les jeunes femmes. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 255 Tableau 14.15 Connaissance approfondie du VIH/sida et connaissance d’un endroit où se procurer des condoms parmi les jeunes Pourcentage de jeunes femmes et de jeunes hommes de 15-24 ans ayant une connaissance « approfondie » du sida et pourcentage connaissant un endroit où se procurer des condoms, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS- V Haïti 2012 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant une connaissance « approfondie » du sida1 Pourcentage connaissant un endroit où se procurer des condoms2 Effectif de femmes Pourcentage ayant une connaissance « approfondie » du sida1 Pourcentage connaissant un endroit où se procurer des condoms2 Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 31,7 78,3 3 352 25,4 77,4 2 125 15-17 30,4 74,0 2 068 25,0 75,4 1 282 18-19 33,7 85,4 1 284 26,1 80,3 844 20-24 38,0 89,6 2 851 30,4 88,7 1 665 20-22 37,5 89,0 1 764 29,1 86,6 995 23-24 38,9 90,6 1 086 32,4 91,8 670 État matrimonial Célibataire 36,3 81,3 4 379 28,1 81,7 3 453 A déjà eu des rapports sexuels 40,8 89,0 1 937 30,3 85,6 2 559 N’a jamais eu de rapports sexuels 32,7 75,3 2 442 21,8 70,5 894 En union ou en rupture d’union 30,6 88,7 1 824 22,8 89,3 338 Milieu de résidence Urbain 41,1 85,2 2 906 32,0 87,4 1 654 Rural 28,8 82,0 3 297 24,2 78,4 2 137 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 42,7 82,1 1 550 35,8 88,4 859 Autres villes (sans camps) 38,6 88,4 1 168 27,6 86,5 689 Urbain (sans camps) 40,9 84,8 2 718 32,1 87,5 1 548 Rural (sans camps) 28,7 82,0 3 256 24,2 78,4 2 118 Camps 42,5 89,4 229 29,8 84,2 125 Niveau d’instruction Aucun 11,7 67,8 209 14,6 80,1 115 Primaire 23,2 78,7 2 407 21,0 76,7 1 566 Secondaire ou plus 43,6 87,6 3 586 33,3 86,6 2 109 Ensemble 34,6 83,5 6 203 27,6 82,3 3 791 1 Sont considérés comme ayant une connaissance « approfondie », les femmes et les hommes qui savent que l’utilisation régulière du condom au cours des rapports sexuels et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, ceux qui savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et ceux qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du virus du sida. Les éléments de la connaissance complète sont présentés aux tableaux 14.2, 14.3.1 et 14.3.2. 2 Dans ce tableau, les réponses telles que « amis », « famille » et « maison » n’ont pas été prises en compte comme source d’approvisionnement du condom. 14.7.2 Âge aux premiers rapports sexuels parmi les jeunes et utilisation du condom L’âge aux premiers rapports sexuels des jeunes de 15-24 ans revêt une grande importance en matière de prévention du VIH. Le tableau 14.16 présente les proportions de jeunes femmes et de jeunes hommes âgés de 15-24 ans qui ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre leur 15ème anniversaire et la proportion de jeunes de 18-24 ans qui ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre 18 ans exacts, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Ces deux indicateurs permettent d’évaluer la précocité des premiers rapports sexuels chez les jeunes. 256 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Tableau 14.16 Âge aux premiers rapports sexuels parmi les jeunes Pourcentage de jeunes femmes et de jeunes hommes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels avant l’âge de 15 ans et pourcentage de jeunes femmes et de jeunes hommes de 18-24 ans ayant eu des rapports sexuels avant l’âge de 18 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant d’atteindre 15 ans exacts Effectif de femmes de (15-24 ans) Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant d’atteindre 18 ans exacts Effectif de femmes de (18-24 ans) Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant d’atteindre 15 ans exacts Effectif d’hommes (15-24 ans) Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avant d’atteindre 18 ans exacts Effectif d’hommes (18-24 ans) Groupe d’âges 15-19 14,0 3 352 na na 35,7 2 125 na na 15-17 13,6 2 068 na na 33,9 1 282 na na 18-19 14,8 1 284 58,1 1 284 38,4 844 78,1 844 20-24 12,7 2 851 51,1 2 851 35,3 1 665 77,3 1 665 20-22 13,1 1 764 52,3 1 764 35,8 995 78,6 995 23-24 12,0 1 086 49,2 1 086 34,6 670 75,4 670 État matrimonial Célibataire 7,8 4 379 37,0 2 431 34,8 3 453 76,9 2 182 En union ou en rupture d’union 26,8 1 824 76,6 1 703 42,7 338 82,0 327 Connaît une source de condom1 Oui 13,9 5 179 54,4 3 650 36,1 3 121 78,1 2 155 Non 10,8 1 023 45,0 485 33,0 669 74,5 354 Milieu de résidence Urbain 13,1 2 906 51,7 1 994 39,7 1 654 81,9 1 146 Rural 13,7 3 297 54,8 2 141 32,3 2 137 73,9 1 363 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 13,6 1 550 47,7 1 074 38,4 859 81,2 634 Autres villes (sans camps) 11,4 1 168 53,4 772 40,4 689 82,6 431 Urbain (sans camps) 12,6 2 718 50,1 1 845 39,3 1 548 81,8 1 064 Rural (sans camps) 13,7 3 256 54,8 2 112 32,2 2 118 73,9 1 350 Camps 18,9 229 68,6 178 45,1 125 81,9 95 Niveau d’instruction Aucun 19,5 209 67,3 168 21,8 115 50,6 94 Primaire 19,7 2 407 65,8 1 332 31,7 1 566 73,1 802 Secondaire ou plus 8,8 3 586 46,1 2 635 39,1 2 109 81,3 1 613 Ensemble 13,4 6 203 53,3 4 135 35,5 3 791 77,6 2 509 na = Non applicable 1 Dans ce tableau, les réponses telles que « amis », « famille » et « maison » n’ont pas été prises en compte comme source d’approvisionnement du condom. Dans l’ensemble, les jeunes femmes (13 %) sont proportionnellement moins nombreuses que les hommes (36 %) à avoir eu leurs premiers rapports sexuels avant l’âge de 15 ans exacts. Par ailleurs, parmi les jeunes de 15-19 ans, 14 % de jeunes femmes et 36 % de jeunes hommes avaient eu des rapports sexuels avant 15 ans. La comparaison de ces résultats avec ceux de l’EMMUS-IV de 2005-2006 (graphique 14.2) met en évidence une tendance à la baisse chez les hommes de 15-19 ans, la proportion étant passée de 42 % à 36 %, alors que la proportion de jeunes femmes qui ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre leur 15ème anniversaire reste quasiment la même entre ces enquêtes (15 % et 14 %). En outre, les résultats montrent que parmi les jeunes de 18-19 ans, 58 % de jeunes femmes et 78 % de jeunes hommes ont eu leurs premiers rapports sexuels avant 18 ans. Par rapport à 2005-2006, ces proportions ont légèrement augmenté, puisqu’elles étaient respectivement de 57 %, chez les jeunes femmes et de 74 % chez les jeunes hommes. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 257 Graphique 14.2 Tendances de l’âge aux premiers rapports sexuels Le pourcentage de jeunes femmes qui avaient eu des rapports avant 15 ans varie légèrement avec l’âge (14 % à 15-19 ans contre 13 % à 20-24 ans), le milieu de résidence (13 % en milieu urbain contre 14 % en milieu rural). Il est plus élevé chez les femmes en union ou en rupture d’union que chez les célibataires (27 % contre 8 %), chez celles qui connaissent une source de condoms (14 % contre 11 %) et il est moins élevé chez les femmes les plus instruites que chez les autres (9 % contre 20 % chez celles n’ayant aucune instruction et chez celles ayant un niveau primaire). En ce qui concerne les rapports sexuels avant 18 ans exacts, on note que 58 % des femmes de 18-19 ans avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre 18 ans exacts. La proportion de jeunes hommes ayant eu des rapports sexuels avant d’atteindre l’âge exact de 15 ans ne varie pas de manière importante avec l’âge. Par contre, on note que ce pourcentage est plus élevé chez les jeunes hommes en union ou en rupture d’union que chez les célibataires (43 % contre 35 %), chez ceux du milieu urbain que chez ceux du milieu rural (40 % contre 32 %), chez les plus instruits que chez les autres (39 % contre 32 % pour ceux qui ont le niveau primaire et 22 % pour ceux n’ayant aucune instruction. On observe les mêmes variations en ce qui concerne les rapports sexuels avant l’âge de 18 ans exacts, parmi ceux de 18-24 ans. 14.7.3 Rapports sexuels prénuptiaux et utilisation du condom Le tableau 14.17 présente les proportions de jeunes célibataires des deux sexes, âgés de 15-24 ans, qui n’ont jamais eu de rapports sexuels et les proportions de ceux qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête et, parmi ceux-ci, les proportions de ceux qui ont utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 15 42 57 74 14 36 58 78 Pourcentage de FEMMES de 15-19 ans qui ont eu des rapports sexuels avant 15 ans exacts Pourcentage d'HOMMES de 15-19 ans qui ont eu des rapports sexuels avant 15 ans exacts Pourcentage de FEMMES de 18-19 ans qui ont des rapports sexuels avant 18 ans exacts Pourcentage d'HOMMES de 18-19 ans qui ont eu des rapports sexuels avant 18 ans exacts Pourcentage EMMUS-IV 2005-2006 EMMUS-V 2012 258 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Tableau 14.17 Rapports sexuels prénuptiaux et utilisation du condom au cours des rapports sexuels prénuptiaux parmi les jeunes Parmi les femmes et les hommes célibataires de 15-24 ans, pourcentage qui n’ont jamais eu de rapports sexuels, pourcentage qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois et, parmi ceux qui ont eu des rapports sexuels prénuptiaux au cours des 12 derniers mois, pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Femme Homme Caractéristique sociodémographique Pourcentage n’ayant jamais eu de rapports sexuels Pourcentage ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes célibataires Pourcentage ayant déclaré qu’un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels Effectif de femmes Pourcentage n’ayant jamais eu de rapports sexuels Pourcentage ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Effectif d’hommes célibataires Pourcentage ayant déclaré qu’un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 67,6 24,8 2 909 59,2 722 37,8 46,1 2 084 59,2 962 15-17 77,6 16,5 1 948 58,3 321 50,0 34,7 1 271 52,0 441 18-19 47,5 41,7 962 59,9 401 18,9 64,1 813 65,3 521 20-24 32,3 52,0 1 470 56,3 765 7,7 78,8 1 369 70,0 1 078 20-22 36,5 48,4 1 005 57,0 486 9,1 77,2 869 68,9 670 23-24 23,1 60,0 465 55,0 279 5,3 81,5 500 71,9 408 Connaît une source de condom1 Oui 51,6 37,8 3 562 60,5 1 348 22,4 62,6 2 820 65,8 1 766 Non 73,8 17,0 817 30,3 139 41,7 43,3 633 59,2 274 Milieu de résidence Urbain 50,2 37,7 2 113 63,0 797 20,9 61,3 1 493 77,3 914 Rural 60,9 30,4 2 266 51,5 690 29,7 57,4 1 960 54,8 1 125 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 52,6 34,6 1 099 60,9 380 19,6 60,1 767 78,7 460 Autres villes (sans camps) 48,7 39,8 922 68,0 367 23,9 61,6 642 75,3 396 Urbain (sans camps) 50,8 37,0 2 022 64,4 747 21,6 60,8 1 409 77,1 856 Rural (sans camps) 61,0 30,4 2 245 51,6 682 29,7 57,4 1 945 54,8 1 116 Camps 41,3 50,9 112 42,7 57 12,8 68,0 99 76,8 68 Niveau d’instruction Aucun 58,5 31,4 85 (17,2) 27 36,1 58,1 90 29,3 52 Primaire 65,6 25,9 1 549 43,4 401 37,5 48,8 1 447 45,8 707 Secondaire ou plus 50,2 38,6 2 744 64,2 1 059 16,6 66,8 1 917 76,9 1 281 Ensemble 55,8 34,0 4 379 57,7 1 487 25,9 59,1 3 453 64,9 2 040 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. 1 Dans ce tableau, les réponses telles que « amis », « famille » et « maison » n’ont pas été prises en compte comme source d’approvisionnement du condom. On constate que plus d’une femme célibataire de 15-24 ans sur deux (56 %) n’a jamais eu de rapports sexuels ; à l’opposé, 34 % avaient eu des rapports sexuels prénuptiaux au cours des 12 derniers mois. En outre, on remarque que la proportion de jeunes femmes célibataires qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois augmente avec l’âge, passant de 17 % à 15-17 ans à 42 % à 18-19 ans et à un maximum de 60 % à 23-24 ans. Par ailleurs, ce sont les jeunes femmes célibataires qui connaissent une source pour se procurer un condom (38 %), celles du milieu urbain (38 %) et celles qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus (39 %) qui ont eu le plus fréquemment des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois. Les résultats montrent que les rapports sexuels prénuptiaux au cours des 12 derniers mois ont été relativement plus fréquents chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes (59 % contre 34 %). Globalement, on observe les mêmes variations que chez les jeunes femmes. Dans 58 % des cas, les jeunes femmes ont déclaré avoir utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels ; cette proportion est plus élevée chez les hommes (65 %). On constate que la proportion de jeunes qui utilisent les condoms augmente avec le niveau d’instruction ; par ailleurs, le recours au condom est plus fréquent en milieu urbain qu’en milieu rural. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 259 14.7.4 Multiplicité des partenaires sexuels et utilisation du condom chez les jeunes Le tableau 14.18.1 présente le pourcentage de jeunes femmes de 15-24 ans qui ont eu, au cours des 12 derniers mois, au moins 2 partenaires sexuels. Il en ressort que 3 % des femmes de ce groupe d’âges ont eu, au moins, 2 partenaires sexuels. Bien que faible, cette proportion est plus élevée chez celles âgées de 20-24 ans (4 %) que parmi celles de 15-19 ans (2 %), chez celles en union ou en rupture d’union (4 %) que chez les célibataires (2 %), en milieu urbain (4 %) qu’en milieu rural (1 %) et parmi les femmes les plus instruites que parmi les autres (3 % contre 2 %). Parmi les jeunes femmes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels avec des partenaires multiples au cours des douze mois précédant l’enquête, 52 % ont déclaré qu’un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels. C’est chez les célibataires que cette proportion est la plus élevée (65 %). Tableau 14.18.1 Partenaires sexuels multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Femmes Parmi l’ensemble des jeunes femmes de 15-24 ans, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec plus d’un partenaire sexuel au cours des 12 derniers mois et, parmi ces femmes, pourcentage ayant déclaré qu’un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Parmi toutes les femmes de 15-24 ans : Parmi les femmes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels avec plus d’un partenaire au cours des 12 derniers mois : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu deux partenaires ou plus au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes Pourcentage ayant déclaré qu’un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 1,6 3 352 (41,9) 55 15-17 1,2 2 068 * 26 18-19 2,3 1 284 (53,3) 29 20-24 3,7 2 851 56,7 105 20-22 3,2 1 764 56,8 56 23-24 4,5 1 086 (56,5) 49 État matrimonial Célibataire 1,9 4 379 64,6 82 En union ou en rupture d’union 4,3 1 824 37,9 78 Connaît une source de condom1 Oui 2,7 5 179 53,1 140 Non 1,9 1 023 * 20 Milieu de résidence Urbain 4,0 2 906 51,1 115 Rural 1,4 3 297 (52,9) 45 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 4,4 1 550 (45,6) 69 Autres villes (sans camps) 3,2 1 168 (69,0) 37 Urbain (sans camps) 3,9 2 718 53,7 106 Rural (sans camps) 1,3 3 256 (53,4) 44 Camps 4,7 229 * 11 Niveau d’instruction Aucun 1,7 209 * 4 Primaire 1,9 2 407 (38,8) 45 Secondaire ou plus 3,1 3 586 58,5 111 Ensemble 15-24 2,6 6 203 51,6 160 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée 1 Dans ce tableau, les réponses telles que « amis », « famille » et « maison » n’ont pas été prises en compte comme source d’approvisionnement du condom. 260 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Les résultats présentés au tableau 14.18.2 montrent que la proportion de jeunes hommes de 15-24 ans qui ont déclaré avoir eu, au moins, 2 partenaires sexuelles au cours des 12 derniers mois est sept fois plus élevée que celle des jeunes femmes (22 % contre 3 %). Elle atteint même 34 % chez les jeunes de 23-24 ans et 42 % chez les non célibataires. Les disparités selon le milieu de résidence et le niveau d’instruction sont importantes. C’est dans les camps (30 %) et dans l’Aire Métropolitaine (27 %) et parmi les jeunes ayant un niveau secondaire ou plus (26 %), que le multipartenariat est le plus fréquent. Par contre, cette proportion n’est que de 19 % en milieu rural et de 17 % parmi ceux n’ayant aucune instruction. Tableau 14.18.2 Partenaires sexuelles multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Hommes Parmi l’ensemble des jeunes hommes de 15-24 ans, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec plus d’une partenaire sexuelle au cours des 12 derniers mois ; parmi ces hommes, pourcentage ayant déclaré qu’un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Parmi tous les hommes de 15-24 ans : Parmi les hommes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels avec plus d’une partenaire au cours des 12 derniers mois : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu deux partenaires ou plus au cours des 12 derniers mois Effectif d’hommes Pourcentage ayant déclaré qu’un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 14,2 2 125 58,0 302 15-17 8,4 1 282 47,4 107 18-19 23,1 844 63,9 195 20-24 31,0 1 665 64,0 516 20-22 29,0 995 68,2 289 23-24 33,9 670 58,8 227 État matrimonial Célibataire 19,6 3 453 65,3 678 En union ou en rupture d’union 41,7 338 45,0 141 Connaît une source de condom1 Oui 23,5 3 121 62,6 732 Non 12,9 669 55,5 87 Milieu de résidence Urbain 25,1 1 654 75,0 415 Rural 18,9 2 137 48,3 404 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 26,8 859 75,9 230 Autres villes (sans camps) 22,0 689 74,7 152 Urbain (sans camps) 24,7 1 548 75,4 382 Rural (sans camps) 18,9 2 118 48,0 399 Camps 30,1 125 71,0 38 Niveau d’instruction Aucun 16,7 115 * 19 Primaire 16,8 1 566 39,8 263 Secondaire ou plus 25,5 2 109 73,9 537 Ensemble 15-24 21,6 3 791 61,8 819 Note : Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée 1 Dans ce tableau, les réponses telles que « amis », « famille » et « maison » n’ont pas été prises en compte comme source d’approvisionnement du condom. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 261 Parmi les jeunes hommes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels multiples au cours des 12 derniers mois, 62 % ont déclaré avoir utilisé un condom avec la dernière partenaire. Ce sont les jeunes hommes célibataires qui ont le plus fréquemment utilisé un condom au cours de leurs derniers rapports sexuels (65 %) ainsi que ceux qui vivent en milieu urbain (75 %). 14.7.5 Disparités d’âges entre partenaires sexuels Le fait pour une jeune femme d’avoir des rapports sexuels avec un homme beaucoup plus âgé qu’elle (qui a donc couru un risque important d’être infecté) augmente son risque de contracter le VIH. Il en est de même pour un jeune homme qui a des rapports sexuels avec une femme beaucoup plus âgée que lui. Parmi les jeunes femmes âgées de 15-19 ans qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 mois qui ont précédé l’enquête, 10 % ont déclaré avoir eu des rapports sexuels avec un homme plus âgé d’au moins 10 ans (Tableau 14.19). Il n’y a pratiquement pas d’écart selon l’âge de la femme. Par contre, l’écart est important entre les jeunes femmes célibataires et celles en union ou en rupture d’union (5 % contre 18 %). Tableau 14.19 Disparité d’âges entre partenaires sexuels parmi les femmes et les hommes de 15-19 ans Parmi les femmes et les hommes de 15-19 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec un partenaire qui était plus âgé qu’eux d’au moins 10 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Femmes de 15-19 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Hommes de 15-19 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec un partenaire plus âgé qu’elle d’au moins dix ans Effectif de femmes Pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec une partenaire plus âgée qu’eux d’au moins dix ans Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-17 8,9 436 0,3 451 18-19 10,2 715 0,6 552 État matrimonial Célibataire 5,0 722 0,4 962 En union ou en rupture d’union 17,7 429 0,0 41 Connaît une source de condom1 Oui 10,3 1 002 0,4 832 Non 5,8 149 0,5 171 Milieu de résidence Urbain 8,6 567 0,7 420 Rural 10,8 584 0,2 583 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 9,1 296 1,2 183 Autres villes (sans camps) 6,9 223 0,4 210 Urbain (sans camps) 8,2 519 0,8 394 Rural (sans camps) 10,9 577 0,2 579 Camps 12,8 54 0,2 31 Niveau d’instruction Aucun (21,5) 27 * 21 Primaire 11,4 543 0,3 466 Secondaire ou plus 7,7 581 0,6 515 Ensemble 9,7 1 151 0,4 1 003 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 Dans ce tableau, les réponses telles que « amis », « famille » et « maison » n’ont pas été prises en compte comme source d’approvisionnement du condom. 262 • Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST Par rapport aux jeunes femmes qui connaissent un endroit où se procurer des condoms (10 %), celles qui ne connaissent pas ces endroits sont proportionnellement moins nombreuses à avoir eu des rapports sexuels avec un partenaire qui avait, au moins, 10 ans de plus qu’elles (6 %). Par ailleurs, la proportion de jeunes femmes ayant eu des rapports sexuels avec un homme plus âgé qu’elle, est légèrement plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (11 % contre 9 %). Chez les jeunes hommes de 15-19 ans, le comportement est différent de celui des femmes. En effet, seulement moins de 1 % des jeunes hommes de 15-19 ans ont déclaré avoir eu des rapports sexuels avec une femme plus âgée qu’eux d’au moins 10 ans. 14.8 TEST DE DÉPISTAGE DU VIH PARMI LES JEUNES Parmi les jeunes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, 28 % de femmes et 13 % d’hommes ont déclaré avoir effectué un test de dépistage du VIH au cours des douze mois ayant précédé l’enquête et en avoir reçu les résultats (Tableau 14.20), c’est-à-dire qu’ils ont une connaissance de leur statut sérologique récent. Bien que de nombreux jeunes aient déclaré avoir entendu parler du sida (voir Tableau 14.1), la proportion de ceux qui cherchent à connaître leur statut sérologique demeure faible. Toutefois, cette proportion augmente avec l’âge’ chez les femmes, elle passe de 15 % dans le groupe d’âges 15-17 ans à 33 % dans le groupe d’âges 23-24 ans et chez les hommes, elle passe respectivement de 6 % à 20 %. Par ailleurs, les jeunes femmes et les jeunes hommes qui connaissent une source où se procurer des condoms connaissent aussi plus fréquemment leur statut sérologique récent que ceux qui ne savent pas où se rendre pour obtenir des condoms. En outre, on constate que la connaissance récente du statut sérologique est influencée par le milieu de résidence et le niveau d’instruction. En effet, en milieu urbain, 30 % des jeunes femmes et 18 % des jeunes hommes ont effectué un test de dépistage du VIH et en ont reçu le résultat. En milieu rural, ces proportions sont respectivement de 25 % et 9 %. Parmi les jeunes n’ayant aucune instruction, 20 % de jeunes femmes et 8 % de jeunes hommes ont effectué ce test, alors que cette proportion est de 31 % parmi les jeunes femmes ayant un niveau secondaire ou plus et de 17 % parmi les jeunes hommes ayant atteint ce niveau. Connaissance, attitudes et comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST • 263 Tableau 14.20 Test du VIH récent parmi les jeunes Parmi les jeunes femmes et les jeunes hommes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, pourcentage ayant effectué un test du VIH au cours des 12 derniers mois et ayant reçu les résultats du dernier test selon certaines caractéristiques sociodémographiques, EMMUS-V Haïti 2012 Parmi les femmes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois : Parmi les hommes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois : Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant effectué un test du VIH au cours des 12 derniers mois et ayant reçu le résultat du dernier test Effectif de femmes Pourcentage ayant effectué un test du VIH au cours des 12 derniers mois et ayant reçu le résultat du dernier test Effectif d’hommes Groupe d’âges 15-19 19,0 1 151 7,1 1 003 15-17 15,0 436 5,9 451 18-19 21,4 715 8,0 552 20-24 32,2 2 092 16,7 1 372 20-22 31,3 1 213 14,6 795 23-24 33,3 879 19,6 577 État matrimonial Célibataire 20,1 1 487 11,5 2 040 En union ou en rupture d’union 33,7 1 755 19,6 335 Connaît une source de condom1 Oui 28,6 2 902 13,2 2 065 Non 18,3 340 9,3 310 Milieu de résidence Urbain 30,1 1 567 17,7 1 073 Rural 25,0 1 675 8,5 1 302 Milieu de résidence détaillé Aire Métropolitaine (sans camps) 28,5 820 15,3 550 Autres villes (sans camps) 30,9 603 19,1 443 Urbain (sans camps) 29,5 1 424 17,0 994 Rural (sans camps) 25,0 1 649 8,5 1 289 Camps 34,0 170 23,4 92 Niveau d’instruction Aucun 19,5 141 8,3 78 Primaire 23,4 1 237 5,9 825 Secondaire ou plus 30,8 1 864 16,7 1 472 Ensemble 27,5 3 242 12,7 2 375 1 Dans ce tableau, les réponses telles que « amis », « famille » et « maison » n’ont pas été prises en compte comme source d’approvisionnement du condom. Prévalence du VIH et facteurs associés • 265 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS 15 n Haïti, les estimations de la prévalence du VIH jusqu’en 2005 étaient basées essentiellement à partir d’un système de surveillance sentinelle dans les services de consultations prénatales. On considérait que, dans la plupart des pays, l’estimation de la prévalence du VIH à partir des données du seul système de surveillance sentinelle des services de consultations prénatales était assimilable à celle de l’ensemble de la population des hommes et des femmes adultes (UNAIDS/WHO, 2000). Ainsi, les données des sites sentinelles, provenant des femmes enceintes qui viennent pour leurs premières consultations prénatales, étaient jusque-là la principale source d’informations sur la prévalence du VIH en Haïti. Néanmoins, les données provenant exclusivement des femmes enceintes présentent des limites pour estimer le taux d’infection au VIH dans la population générale adulte. Tout d’abord, ces données ne sont pas représentatives de l’ensemble des femmes, car un certain nombre d’entre elles n’utilisent pas les services de consultation prénatale. De plus, les femmes enceintes sont plus exposées à l’infection au VIH que les femmes qui se protègent du VIH et évitent la grossesse par l’utilisation de condoms ou que celles qui sont sexuellement moins actives. Par ailleurs, il a été mis en évidence que la prévalence du VIH chez les femmes était généralement plus élevée que chez les hommes. Selon les directives de surveillance du VIH de seconde génération élaborées par l’OMS et l’ONUSIDA, il est recommandé de réaliser, à intervalles réguliers, des enquêtes de prévalence du VIH dans la population générale incluant les hommes, ceci dans le but d’obtenir une estimation fiable de la prévalence dans la population générale et de calibrer les paramètres des modèles d’estimation et de projection basés sur les données de routine de surveillance sentinelle. C’est dans ce cadre qu’en 2005-2006, l’EMMUS-IV a été la première enquête à intégrer un test de dépistage du VIH en utilisant un protocole anonyme qui permet de lier les résultats de prévalence aux E Principaux résultats • La prévalence du VIH dans la population générale de 15-49 ans est de 2,2 % ; elle n’a pas changé depuis 2005-2006. • La prévalence du VIH est nettement plus élevée parmi les femmes (2,7 %) que parmi les hommes (1,7 %). • Chez les femmes, la prévalence du VIH la plus élevé se situe dans le Nord-Est et le Nord-Ouest (4,2 %) et la moins élevée dans le Centre (1,7 %). Chez les hommes, la prévalence la plus élevée se situe dans le Nord-Est (3,4 %) et la plus faible dans la Grande-Anse (0,8 %). • La prévalence du VIH est de 8,4 % chez les femmes divorcées ou séparées et de 9,4 % parmi les veuves, contre 2,8 % chez les femmes en union et 1,1 % chez les célibataires. Chez les hommes, la prévalence du VIH est de : 5,8 % pour les divorcés et les séparés contre 2,5 % pour ceux en union et 0,6 % chez les célibataires • Trois femmes séropositives sur huit et 54 % d’hommes séropositifs n’ont jamais effectué de test du VIH ou ont effectué un test mais n’en connaissent pas le résultat. • Dans 3,3 % de couples, un seul des deux conjoints est séropositif. 266 • Prévalence du VIH e