Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples du Cameroun 2011

Publication date: 2012

Cameroun C am eroun 2011 Enquête D ém ographique et de Santé et à Indicateurs M ultiples Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples 2011 RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN ENQUÊTE DÉMOGRAPHIQUE ET DE SANTÉ ET À INDICATEURS MULTIPLES (EDS-MICS) 2011 Institut National de la Statistique Ministère de l’Économie de la Planification et de l’Aménagement du Territoire Ministère de la Santé Publique Yaoundé, Cameroun ICF International Calverton, Maryland, U.S.A. Septembre 2012 « L’Excellence en Biologie accessible à tous » Les personnes suivantes ont participé à l’analyse des données de l’EDS-MICS 2011 et à la rédaction du rapport principal : Paul Roger LIBITE (INS) Samuel KELODJOUE (INS) Anaclet Désiré DZOSSA (INS) Marie Antoinette FOMO (INS) Rosalie NIEKOU (INS) Eric JAZET (INS) Romain WOUNANG (INS) Ghislaine NGONO (INS) Fernande EVINA (INS) Félicien FOMEKONG (INS) Pierre SOHKADJIE (INS) Honoré TCHAMGOUE (INS) Emilienne TCHEKANDA (INS) Moussa SOUAIBOU (INS) Guy NDEFFO (INS) Azer NANTCHOUANG (INS) Bruno Magloire KAMGHO TEZANOU (INS) Geoffroy Casimir KETCHOUM NGAHANE (INS) Bernard BARRERE (ICF International) Par ailleurs, les personnes ressources suivantes ont contribué à la relecture dudit rapport : Dr Célestin KOUAMBENG (PNLP/MINSANTE) Dr Robert TCHIO (PEV/MINSANTE) Dr Serge BILLONG (CNLS/MINSANTE) Mme Florence BOPDA (MINEPAT) M. Augustin NDONGMO NANFACK (MINSANTE) M. Jean Pierre MAKANG (MINPROFF) Ce rapport présente les principaux résultats de la quatrième Enquête Démographique et de Santé (EDSC-IV), combinée à l’Enquête par Grappe à Indicateurs Multiples (MICS). L’EDS-MICS a été réalisée au Cameroun de Janvier à Août 2011 par l’Institut National de la Statistique (INS), Ministère de l’Économie de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique. L’EDS-MICS a été réalisée avec l’appui financier du Gouvernement du Cameroun, de l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), et de la Banque Mondiale. D’autres institutions ont également apporté leur expertise à la réalisation de cette opération, en particulier le Centre Pasteur du Cameroun (CPC) pour la réalisation des tests du VIH. En outre, ICF International a fourni l’assistance technique par le biais du programme MEASURE DHS, programme financé par l’USAID et dont l’objectif est de fournir un support et une assistance technique à des pays du monde entier pour la réalisation d’enquêtes sur la population et la santé. Pour tous renseignements concernant l’EDS-MICS, contacter l’Institut National de la Statistique (INS), BP 134, Yaoundé, Cameroun. Tel: (237) 22 22 04 45. Fax: (237) 22 23.24 37, Internet: www.statistics-cameroon.org Pour obtenir des informations sur le programme MEASURE DHS, contactez ICF International, 11785 Beltsville Drive, Suite 300, Calverton, MD 20705, USA; Téléphone: 301-572-0200, Fax: 301-572-0999, E-mail: reports@measuredhs.com, Internet: http://www.measuredhs.com. Citation recommandée : Institut National de la Statistique (INS) et ICF. International. 2012. Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples du Cameroun 2011. Calverton, Maryland, USA : INS et ICF International. Tableau des matières • iii TABLEAU DES MATIÈRES LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES . ix PRÉFACE . xix REMERCIEMENTS . xxi SIGLES ET ABRÉVIATIONS . xxiii INDICATEURS DU MILLENAIRE . xxvii CARTE DU CAMEROUN . xxviii CHAPITRE 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE 1.1 Caractéristiques du pays. 1 1.1.1 Situation géographique . 1 1.1.2 Organisation politico administrative . 2 1.1.3 Aperçu socioéconomique . 2 1.1.4 Milieu humain et démographie . 4 1.1.5 Politique de population . 5 1.1.6 Politique de santé . 6 1.1.6.1 Bref aperçu historique jusqu’en 2001 . 6 1.1.6.2 Réformes récentes et mise en place d’une politique de santé . 6 1.2. Présentation de l'enquête . 9 1.2.1 Organisation de l’enquête . 9 1.2.2 Objectifs . 10 1.2.3 Échantillonnage . 11 1.2.4 Questionnaires . 12 1.2.5 Tests d’hémoglobine, du paludisme et du VIH . 14 1.2.6 Formation et collecte des données . 16 1.2.7 Traitement des données . 16 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES LOGEMENTS ET DE LA POPULATION DES MÉNAGES 2.1 Conditions de vie . 17 2.1.1 Caractéristiques de l’habitat . 18 2.1.2 Biens durables possédés par les ménages . 22 2.1.3 Indice de bien-être de la population . 23 2.1.4 Sécurité du logement et précarité de l’habitat . 24 2.2 Caractéristiques de la population des ménages . 28 2.2.1 Structure par sexe et âge de la population . 28 2.2.2 Taille et composition des ménages . 29 2.2.3 Niveau d'instruction et fréquentation scolaire . 30 iv • Tableau des matières CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés . 37 3.2 Niveau d’instruction par caractéristiques sociodémographiques . 40 3.3 Alphabétisation . 43 3.4 Caractéristiques des couples . 46 3.5 Exposition aux médias . 47 3.6 Emploi . 49 3.7 Assurance médicale . 55 3.8 Consommation de tabac . 57 CHAPITRE 4 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE 4.1 État matrimonial . 59 4.2 Polygamie . 61 4.3 Âge à la première union . 63 4.4 Âge aux premiers rapports sexuels . 65 4.5 Activité sexuelle récente . 67 CHAPITRE 5 FÉCONDITÉ 5.1 Niveau de la fécondité et fécondité différentielle . 72 5.2 Tendances de la fécondité . 75 5.3 Parité et stérilité primaire . 78 5.4 Grossesses improductives . 79 5.5 Intervalle intergénésique . 81 5.6 Exposition au risque de grossesse . 82 5.7 Âge à la première naissance . 85 5.8 Fécondité des adolescentes . 86 CHAPITRE 6 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ 6.1 Désir d’avoir des enfants (Supplémentaires) . 90 6.2 Nombre idéal d'enfants . 93 6.3 Planification de la fécondité . 96 CHAPITRE 7 PLANIFICATION FAMILIALE 7.1 Connaissance de la contraception . 101 7.2 Utilisation actuelle de la contraception . 103 7.3 Sources d'approvisionnement de la contraception . 108 7.4 Informations relatives aux méthodes contraceptives . 109 7.5 Connaissance de la période féconde . 110 7.6 Besoins en matière de planification familiale . 111 7.7 Utilisation future de la contraception . 113 7.8 Sources d’information sur la contraception . 114 7.9 Contact des non utilisatrices de la contraception avec des prestataires de planification familiale . 115 7.10 Opinions et attitudes des couples vis-à-vis de la planification familiale . 116 Tableau des matières • v CHAPITRE 8 SANTÉ DE LA REPRODUCTION 8.1 Soins prénatals, accouchement et soins postnatals . 119 8.1.1 Soins prénatals . 119 8.1.2 Accouchement . 125 8.1.3 Soins postnatals . 128 8.2 Accès aux soins de santé . 131 8.3 Connaissance et prévalence de la fistule obstétricale . 132 CHAPITRE 9 SANTÉ DE L’ENFANT 9.1 Poids à la naissance . 135 9.2 Vaccination des enfants . 138 9.3 Prévalence et traitement des maladies des enfants . 146 9.3.1 Infections respiratoires . 146 9.3.2 Fièvre . 149 9.3.3 Diarrhée . 151 9.4 Évacuation des selles des enfants . 157 CHAPITRE 10 ÉTAT NUTRITIONNEL, ALLAITEMENT ET PRATIQUES ALIMENTAIRES 10.1 État nutritionnel des enfants de moins de 5 ans . 160 10.1.1 Méthodologie . 160 10.1.2 Retard de croissance . 161 10.1.3 Émaciation . 163 10.1.4 Insuffisance pondérale . 164 10.1.5 Surpoids . 165 10.1.6 Tendance de la malnutrition . 165 10.2 Allaitement maternel et alimentation de complément . 166 10.2.1 Début de l'allaitement maternel. 166 10.2.2 Allaitement exclusif et introduction de l'alimentation de complément . 169 10.2.3 Durée et fréquence de l’allaitement maternel . 171 10.2.4 Type d’aliments de complément . 173 10.3 Prévalence de l’anémie et micronutriments chez les enfants . 174 10.3.1 Prévalence de l’anémie chez les enfants . 174 10.3.2 Consommation de micronutriments et prise de vermifuges par les enfants . 176 10.4 Présence de sel iodé dans les ménages . 179 10.5 État nutritionnel des femmes de 15-49 ans . 181 10.5.1 Poids et taille des femmes âgées de 15-49 ans . 181 10.5.2 Prévalence de l’anémie chez les femmes et consommation de micronutriments . 183 vi • Tableau des matières CHAPITRE 11 PALUDISME 11.1 Situation du paludisme et stratégies de lutte . 188 11.2 Disponibilité des moustiquaires . 190 11.3 Pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide résiduel . 192 11.4 Utilisation des moustiquaires . 193 11.5 Chimio prévention du paludisme chez la femme enceinte . 198 11.6 Traitement du paludisme chez les enfants de moins de 5 ans . 200 11.7 Résultat des tests de diagnostic rapide du paludisme chez les enfants . 203 CHAPITRE 12 MORTALITÉ DES ENFANTS 12.1 Méthodologie et qualité des données . 205 12.2 Niveaux et tendances de la mortalité des enfants . 207 12.3 Mortalité différentielle et groupes à hauts risques . 211 CHAPITRE 13 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE 13.1 Évaluation de la qualité des données . 220 13.2 Estimation de la mortalité adulte . 220 13.3 Estimation de la mortalité maternelle . 222 CHAPITRE 14 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DES IST/SIDA 14.1 Connaissance du VIH/SIDA . 226 14.1.1 Connaissance des moyens de prévention et de transmission . 227 14.1.2 Stigmatisation envers les personnes vivant avec le VIH . 233 14.2 Opinions concernant la prévention des IST et du VIH . 236 14.3 Partenaires sexuels multiples et utilisation du condom . 239 14.4 Test du VIH . 246 14.5 Circoncision . 251 14.6 Infections sexuellement transmissibles . 252 14.7 Prévalence des injections médicales . 254 14.8 Comportements sexuels chez les jeunes et VIH/SIDA . 255 14.9 Test du VIH parmi les jeunes . 262 CHAPITRE 15 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS 15.1 Protocole de test du VIH . 267 15.1.1 Collecte . 267 15.1.2 Procédures de laboratoire . 268 15.2 Taux de couverture du test du VIH . 269 15.3 Prévalence du VIH . 272 15.3.1 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 272 15.3.2 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques démographiques . 276 15.3.3 Prévalence du VIH et facteurs de risque . 277 15.3.4 Prévalence du VIH parmi les jeunes . 279 15.3.5 Prévalence du VIH et autres facteurs de risque . 281 15.3.6 Prévalence du VIH et circoncision . 283 15.3.7 Prévalence du VIH parmi les couples . 284 Tableau des matières • vii CHAPITRE 16 HANDICAP 16.1 Prévalence des handicaps . 288 16.2 Causes des handicaps . 289 CHAPITRE 17 MORBIDITÉ, RECOURS AUX SOINS ET DÉPENSES DE SANTÉ DANS LES MÉNAGES 17.1 Morbidité et recours aux soins . 294 17.1.1 Morbidité . 294 17.1.2 Recours aux soins . 296 17.2 Dépenses de santé . 300 17.2.1 Dépenses de santé par malade . 300 17.2.2 Dépenses de santé par ménage . 301 17.2.3 Dépenses de santé par type de dépenses . 303 17.3 Financement des dépenses de santé des ménages . 307 CHAPITRE 18 STATUT DE LA FEMME ET PARTICIPATION AU DÉVELOPPEMENT 18.1 Emploi, revenus et contrôle de l’utilisation de l’argent . 309 18.2 Participation des femmes aux prises de décisions . 315 18.3 Attitudes par rapport à la violence domestique . 317 18.4 Pouvoir d’action des femmes . 320 18.5 Participation de la femme au développement . 320 CHAPITRE 19 VIOLENCE DOMESTIQUE 19.1 Méthodologie . 326 19.2 Violence physique depuis l’âge de 15 ans . 327 19.3 Violence sexuelle . 330 19.4 Violence physique pendant la grossesse. 334 19.5 Contrôle exercé par le mari/partenaire . 335 19.6 Violence conjugale contre les femmes . 337 19.7 Recherché d’aide . 345 19.8 Violence contre les hommes . 347 19.8.1 Violences des femmes contre leur conjoint . 347 19.8.2 Violences depuis l’âge de 15 ans . 349 CHAPITRE 20 SITUATION DES ENFANTS 20.1 Protection de l’enfant . 353 20.1.1 Enregistrement des naissances d’enfants de moins de 5 ans . 353 20.1.2 Enfants orphelins et résidence avec les parents . 355 20.1.3 Travail des enfants âgés de 5-14 ans . 356 20.2 Développement de l’enfant . 361 20.2.1 Apprentissage éducatif et activités d’éveil chez l’enfant . 361 20.2.2 Encadrement des enfants . 364 20.2.3 Niveau de développement des jeunes enfants . 366 viii • Tableau des matières RÉFÉRENCES . 369 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE A.1. Introduction . 373 A.2. Base de sondage . 373 A.3. Échantillonnage . 374 A.4. Modification du plan de sondage . 377 A.5. Poids de sondage . 378 A.6. Résultats des interviews et du test du VIH. . 379 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE . 387 ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉS . 409 ANNEXE D PERSONNEL DE L’EDSBF-MICS IV, 2010 . 415 ANNEXE E QUESTIONNAIRES . 423 Tableaux et graphiques • ix LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES CHAPITRE 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE Tableau 1.1 Indicateurs démographiques de base . 4 Tableau 1.2 Résultats des interviews Ménages et Individuelles . 12 Graphique 1.1 Organisation de l'EDS-MICS 2011 . 13 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES LOGEMENTS ET DE LA POPULATION DES MÉNAGES Tableau 2.1 Eau de boisson utilisée par les ménages . 19 Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages . 20 Tableau 2.3 Caractéristiques du logement . 21 Tableau 2.4 Biens possédés par les ménages . 22 Tableau 2.5 Quintiles de bien-être économique . 24 Tableau 2.6 Sécurité de la propriété . 25 Tableau 2.7 Durabilité du logement . 26 Tableau 2.8 Habitat précaire . 27 Tableau 2.9 Population des ménages par âge, selon le sexe et le milieu de résidence . 28 Tableau 2.10 Composition des ménages . 30 Tableau 2.11.1 Niveau d'instruction de la population des ménages: Femme . 31 Tableau 2.11.2 Niveau d'instruction de la population des ménages: Homme . 32 Tableau 2.12 Taux de fréquentation scolaire . 34 Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population . 29 Graphique 2.2 Taux de fréquentation scolaire par âge . 35 CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS Tableau 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés . 38 Tableau 3.2.1 Niveau d'instruction: Femmes . 41 Tableau 3.2.2 Niveau d'instruction: Hommes . 42 Tableau 3.3.1 Alphabétisation: Femmes . 43 Tableau 3.3.2 Alphabétisation: Hommes. 44 Tableau 3.4 Caractéristiques différentielles des couples . 46 Tableau 3.5.1 Exposition aux média: Femmes . 47 Tableau 3.5.2 Exposition aux média: Hommes . 48 Tableau 3.6.1 Emploi: Femmes . 50 Tableau 3.6.2 Emploi: Hommes . 51 Tableau 3.7.1 Occupation: Femmes . 53 Tableau 3.7.2 Occupation: Hommes . 54 Tableau 3.8 Type d'emploi : Femmes . 55 Tableau 3.9.1 Assurance médicale: Femmes . 56 Tableau 3.9.2 Assurance médicale: Hommes . 56 Tableau 3.10.1 Consommation de tabac: Femmes . 57 Tableau 3.10.2 Consommation de tabac: Hommes . 58 Graphique 3.1 Proportion de femmes et d'hommes de 15-49 ans alphabétisés . 45 Graphique 3.2 Répartition des couples par différence d'âges entre conjoints . 46 x • Tableaux et graphiques CHAPITRE 4 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Tableau 4.1 État matrimonial actuel . 60 Tableau 4.2.1 Nombre de coépouses . 61 Tableau 4.2.2 Nombre d'épouses . 62 Tableau 4.3 Âge à la première union . 63 Tableau 4.4 Âge médian à la première union selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 64 Tableau 4.5 Âge aux premiers rapports sexuels . 65 Tableau 4.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 66 Tableau 4.7.1 Activité sexuelle récente des femmes . 68 Tableau 4.7.2 Activité sexuelle récente des hommes . 69 Graphique 4.1 Proportion de femmes célibataires par âge selon différentes sources . 60 Graphique 4.2 Âge médian à la première union . 64 Graphique 4.3 Âges médians des femmes à la première union et aux premiers rapports sexuels . 66 CHAPITRE 5 FÉCONDITÉ Tableau 5.1 Fécondité actuelle . 73 Tableau 5.2 Fécondité par caractéristiques sociodémographiques . 74 Tableau 5.3.1 Tendance des taux de fécondité par âge et de l’Indice Synthétique de Fécondité . 75 Tableau 5.3.2 Tendance de la fécondité par âge . 76 Tableau 5.4 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes . 78 Tableau 5.5 Grossesses improductives . 79 Tableau 5.6 Issue des grossesses improductives . 80 Tableau 5.7 Intervalle inter génésique . 81 Tableau 5.8 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum . 83 Tableau 5.9 Durée médiane de l'aménorrhée, de l'abstinence post-partum et de l'insusceptibilité post-partum . 84 Tableau 5.10 Ménopause . 85 Tableau 5.11 Âge à la première naissance . 85 Tableau 5.12 Âge médian à la première naissance . 86 Tableau 5.13 Grossesse et maternité des adolescentes . 87 Graphique 5.1 Fécondité par âge selon le milieu de résidence . 73 Graphique 5.2 Tendance de la fécondité par âge . 76 Graphique 5.3 Taux de fécondité par âge par période de 5 ans ayant précédé l'EDS-MICS 2011 . 77 Graphique 5.4 Tendance de l'ISF pour les femmes de 15-34 ans par période de 5 ans avant les EDS . 77 Graphique 5.5 Adolescentes de 15-19 ans ayant commencé leur vie féconde . 88 CHAPITRE 6 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Tableau 6.1 Préférences en matière de fécondité par nombre d'enfants vivants . 90 Tableau 6.2.1 Désir de limiter les naissances: Femmes . 92 Tableau 6.2.2 Désir de limiter les naissances: Hommes . 93 Tableau 6.3 Nombre idéal d'enfants . 94 Tableau 6.4 Nombre idéal d'enfants par caractéristique sociodémographique . 95 Tableau 6.5 Planification de la fécondité . 97 Tableau 6.6 Taux de fécondité désirée . 97 Tableaux et graphiques • xi Graphique 6.1 Désir d'enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d'enfants vivants . 91 Graphique 6.2 Nombre idéal moyen d'enfants . 96 Graphique 6.3 Indice synthétique de fécondité et indice synthétique de fécondité désirée . 98 CHAPITRE 7 PLANIFICATION FAMILIALE Tableau 7.1 Connaissance des méthodes contraceptives . 102 Tableau 7.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques sociodémographiques . 103 Tableau 7.3 Utilisation actuelle de la contraception selon l’âge . 104 Tableau 7.4 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques sociodémographiques . 107 Tableau 7.5 Source d'approvisionnement en méthodes modernes . 108 Tableau 7.6 Choix éclairé de la méthode . 109 Tableau 7.7 Connaissance de la période féconde . 110 Tableau 7.8 Besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union . 112 Tableau 7.9 Utilisation future de la contraception . 113 Tableau 7.10 Exposition aux messages sur la planification familiale . 114 Tableau 7.11 Contact des non utilisatrices de la contraception avec des agents de planification familiale . 116 Tableau 7.12 Discussion de la planification familiale avec le conjoint . 117 Graphique 7.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union . 105 Graphique 7.2 Tendance de la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union . 106 CHAPITRE 8 SANTÉ DE LA REPRODUCTION Tableau 8.1 Soins prénatals . 120 Tableau 8.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse . 121 Tableau 8.3 Composants des visites prénatales . 122 Tableau 8.4 Vaccination antitétanique . 124 Tableau 8.5 Lieu de l'accouchement . 126 Tableau 8.6 Assistance lors de l'accouchement . 127 Tableau 8.7 Soins postnatals . 129 Tableau 8.8 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals . 130 Tableau 8.9 Problèmes d'accès aux soins de santé . 131 Tableau 8.10 Connaissance et prévalence de la fistule obstétricale . 133 Graphique 8.1 Soins prénatals, lieu d'accouchement et assistance à l'accouchement . 128 Graphique 8.2 Évènement à la suite duquel est apparue la fistule obstétricale . 134 CHAPITRE 9 SANTÉ DE L’ENFANT Tableau 9.1 Taille et poids de l'enfant à la naissance . 136 Tableau 9.2 Enfants de faible poids à la naissance . 137 Tableau 9.3 Vaccinations par sources d'information . 139 Tableau 9.4 Vaccinations selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 142 Tableau 9.5 Vaccinations au cours de la première année . 144 Tableau 9.6 Prévalence et traitement des symptômes d'Infections Respiratoires Aiguës (IRA) . 147 Tableau 9.7 Prévalence et traitement de la fièvre . 150 Tableau 9.8 Prévalence de la diarrhée. 152 Tableau 9.9 Traitement de la diarrhée . 154 xii • Tableaux et graphiques Tableau 9.10 Pratiques alimentaires durant la diarrhée . 155 Tableau 9.11 Connaissance des sachets de SRO, . 156 Tableau 9.12 Évacuation des selles des enfants . 157 Graphique 9.1 Vaccination des enfants de 12-23 mois selon le type de vaccin . 141 Graphique 9.2 Proportion d'enfants de 12-59 mois à l'enquête vaccinés avant l'âge de 12 mois selon la période au cours de laquelle ils ont été vaccinés, EDSC-III 2004 et EDS-MICS 2011 . 145 Graphique 9.3 Couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois par type de vaccin selon l'EDS-I 1991, l'EDS-II 1998, l'EDS-III 2004 et l'EDS-MICS 2011 . 146 Graphique 9.4 Prévalence des IRA, de la fièvre et de la diarrhée chez les enfants de moins de 5 ans selon l'âge. 148 CHAPITRE 10 ÉTAT NUTRITIONNEL, ALLAITEMENT ET PRATIQUES ALIMENTAIRES Tableau 10.1 État nutritionnel des enfants . 160 Tableau 10.2 Allaitement initial . 168 Tableau 10.3 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant . 170 Tableau 10.4 Durée médiane de l'allaitement . 172 Tableau 10.5 Aliments et liquides reçus par les enfants le jour ou la nuit ayant précédé l'interview . 173 Tableau 10.6 Prévalence de l'anémie chez les enfants . 175 Tableau 10.7 Consommation de micronutriments par les enfants . 177 Tableau 10.8 Présence de sel iodé dans le ménage . 180 Tableau 10.9 État nutritionnel des femmes . 182 Tableau 10.10 Prévalence de l'anémie chez les femmes . 184 Tableau 10.11 Consommation de micronutriments par les mères . 185 Graphique 10.1 État nutritionnel des enfants de moins de 5 ans . 162 Graphique 10.2 État nutritionnel des enfants de moins de 5 ans selon l'EDSC-III 2004 et l'EDS-MICS 2011 . 166 Graphique 10.3 Allaitement selon l'âge de l'enfant . 171 CHAPITRE 11 PALUDISME Tableau 11.1 Possession de moustiquaires par les ménages . 191 Tableau 11.2 Pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide résiduel (PID) contre les moustiques . 193 Tableau 11.3 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages . 194 Tableau 11.4 Utilisation des moustiquaires par les enfants . 195 Tableau 11.5 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes . 198 Tableau 11.6 Utilisation d'antipaludéens à titre préventif et du Traitement Préventif Intermittent (TPIg) par les femmes au cours de la grossesse . 199 Tableau 11.7 Prévalence et traitement précoce de la fièvre chez les enfants . 200 Tableau 11.8 Type d'antipaludéens et moment de leur prise par les enfants ayant eu de la fièvre . 202 Tableau 11.9 Couverture du Test de Diagnostic Rapide (TDR) du paludisme chez les enfants (non pondéré) . 203 Tableau 11.10 Résultat du Test de Diagnostic Rapide (TDR) du paludisme chez les enfants . 204 Carte 11.1 Durée de transmission du paludisme . 189 Graphique 11.1 Possession de moustiquaires par les ménages . 192 Graphique 11.2 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans ayant dormi sous une moustiquaire la nuit avant l'enquête . 196 Tableaux et graphiques • xiii CHAPITRE 12 MORTALITÉ DES ENFANTS Tableau 12.1 Quotients de mortalité des enfants de moins de 5 ans . 208 Tableau 12.2 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio-économiques . 213 Tableau 12.3 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants . 214 Tableau 12.4 Comportement procréateur à hauts risques . 217 Graphique 12.1 Tendances de la mortalité néonatale et post-néonatale . 209 Graphique 12.2 Tendances de la mortalité infantile, juvénile et infanto-juvénile . 210 Graphique 12.3 Mortailité infanto-juvénile avec intervalles de confiance pour la période 0-4 ans avant l'EDSC-II 1998, l'EDSC-III 2004 et l'EDS-MICS 2011 . 212 Graphique 12.4 Mortalité infantile et caractéristiques des naissances . 215 CHAPITRE 13 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE Tableau 13.1 Taux de mortalité des adultes . 221 Tableau 13.2 Quotient de mortalité adulte . 221 Tableau 13.3 Mortalité maternelle . 222 Graphique 13.1 Rapport de mortalité maternelle avec intervalles de confiance pour la période 0-6 ans avant l'EDS 1998, l'EDSC-III 2004 et l'EDS-MICS 2011 . 223 CHAPITRE 14 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DES IST/SIDA Tableau 14.1 Connaissance du sida . 226 Tableau 14.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH . 228 Tableau 14.3.1 Connaissance approfondie du sida : Femme . 230 Tableau 14.3.2 Connaissance approfondie du sida : Homme . 231 Tableau 14.4 Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant . 233 Tableau 14.5.1 Attitudes de tolérance à l'égard des personnes vivant avec le VIH : Femme . 234 Tableau 14.5.2 Attitudes de tolérance à l'égard des personnes vivant avec le VIH: Homme . 235 Tableau 14.6 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint . 237 Tableau 14.7 Adultes favorables à l'enseignement de l'utilisation du condom en tant que moyen de prévention du sida . 238 Tableau 14.8.1 Partenaires sexuels multiples : Femme . 240 Tableau 14.8.2 Partenaires sexuels multiples : Homme . 242 Tableau 14.9 Prévalence ponctuelle et prévalence cumulée des partenaires sexuels concomitants . 244 Tableau 14.10 Rapports sexuels payants et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels payants . 246 Tableau 14.11.1 Couverture du test du VIH antérieur à l'enquête : Femme . 247 Tableau 14.11.2 Couverture du test du VIH antérieur à l'enquête : Homme . 249 Tableau 14.12 Femmes enceintes conseillées et ayant effectué un test du VIH. 250 Tableau 14.13 Circoncision . 251 Tableau 14.14 Prévalence déclarée des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et symptômes déclarés d'IST . 252 Tableau 14.15 Prévalence des injections médicales . 254 Tableau 14.16 Connaissance approfondie du VIH/sida et connaissance d'un endroit où se procurer des condoms parmi les jeunes . 256 Tableau 14.17 Âge aux premiers rapports sexuels parmi les jeunes . 257 Tableau 14.18 Rapports sexuels prénuptiaux et utilisation du condom au cours des rapports sexuels prénuptiaux parmi les jeunes . 259 xiv • Tableaux et graphiques Tableau 14.19.1 Partenaires sexuels multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Femme . 260 Tableau 14.19.2 Partenaires sexuelles multiples au cours des 12 derniers mois parmi les jeunes : Homme . 261 Tableau 14.20 Disparité d'âges entre partenaires sexuels parmi les femmes et les hommes de 15-19 ans . 262 Tableau 14.21 Test du VIH récent parmi les jeunes . 263 Graphique 14.1 Recherche de conseils ou de traitement pour les IST . 253 CHAPITRE 15 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS Tableau 15.1 Couverture du test du VIH selon le milieu et la région de résidence . 270 Tableau 15.2 Couverture du test du VIH selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 271 Tableau 15.3 Prévalence du VIH selon l'âge . 272 Tableau 15.4 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio-économiques . 274 Tableau 15.5 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques démographiques . 276 Tableau 15.6 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 278 Tableau 15.7 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 279 Tableau 15.8 Prévalence du VIH parmi les jeunes de 15-24 ans selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 281 Tableau 15.9 Prévalence du VIH selon d'autres caractéristiques . 282 Tableau 15.10 Test du VIH antérieur à l'enquête et prévalence du VIH . 282 Tableau 15.11 Prévalence du VIH et circoncision . 283 Tableau 15.12 Prévalence du VIH parmi les couples . 284 Carte 15.1 Prévalence du VIH par région (Femmes et hommes de 15-49 ans) . 275 Graphique 15.1 Algorithme du test de dépistage du VIH, EDS-MICS 2011 . 268 Graphique 15.2 Prévalence du VIH par sexe et âge . 273 Graphique 15.3 Prévalence du VIH par sexe et région . 273 Graphique 15.4 Prévalence du VIH par sexe et âge chez les jeunes de 15-24 ans . 280 CHAPITRE 16 HANDICAP Tableau 16.1 Prévalence des handicaps . 288 Tableau 16.2 Cause des handicaps . 289 Tableau 16.3 Prévalence des handicaps par caractéristique de la population . 290 Graphique 16.1 Prévalence des handicaps dans l'ensemble de la population par type de handicap et sévérité . 289 CHAPITRE 17 MORBIDITÉ, RECOURS AUX SOINS ET DÉPENSES DE SANTÉ DANS LES MÉNAGES Tableau 17.1.1 Maladies et blessures dans la population des ménages . 294 Tableau 17.1.2 Maladies et blessures dans les ménages . 296 Tableau 17.2.1 Recours aux soins par les malades : automédication, recherche de conseils ou traitement et hospitalisation . 297 Tableau 17.2.2 Recours aux soins par les ménages : automédication, recherche de conseils ou traitement et hospitalisation . 299 Tableau 17.3 Dépense totale moyenne de santé par malade . 300 Tableau 17.4 Dépense totale moyenne de santé par ménage . 302 Tableaux et graphiques • xv Tableau 17.5 Répartition de la dépense totale moyenne de santé par malade . 303 Tableau 17.6 Dépense totale moyenne par malade pour l'automédication . 304 Tableau 17.7 Dépense totale moyenne par malade pour la recherche des conseils ou traitements par type d'établissement/prestataire . 306 Tableau 17.8 Dépense totale moyenne par malade pour la recherche des conseils ou traitements par type de dépenses . 307 Tableau 17.9 Source de financement des dépenses de santé . 308 Graphique 17.1 Pourcentage de malades ou de blessés au cours des 30 derniers jours parmi l'ensemble de la population des ménages . 295 Graphique 17.2 Dépense totale moyenne de santé par malade ou blessée au cours des 30 derniers jours (en milliers de FCFA) . 301 Graphique 17.3 Dépense totale moyenne de santé par ménage pour les malades ou blessées au cours des 30 derniers jours (en milliers de FCFA) . 303 CHAPITRE 18 STATUT DE LA FEMME ET PARTICIPATION AU DEVELOPPEMENT Tableau 18.1 Emploi et type de rémunération des femmes et des hommes actuellement en union . 310 Tableau 18.2.1 Contrôle de l'utilisation de l'argent gagné par les femmes et importance de l'argent gagné par les femmes par rapport à celui gagné par le conjoint . 311 Tableau 18.2.2 Contrôle de l'utilisation de l'argent gagné par les hommes . 312 Tableau 18.3 Contrôle`par les femmes de l'utilisation de leurs propres gains et contrôle de l'utilisation des gains du conjoint . 313 Tableau 18.4 Possession de biens par la femme . 314 Tableau 18.5 Participation dans la prise de décision . 315 Tableau 18.6 Participation des femmes dans la prise de décision selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 316 Tableau 18.7.1 Opinion des femmes concernant le fait qu'un mari batte sa femme . 318 Tableau 18.7.2 Opinion des hommes concernant le fait qu'un mari batte sa femme . 319 Tableau 18.8 Indicateurs du pouvoir d'action des femmes . 320 Tableau 18.9 Fonctions assumées par les femmes au niveau de leur communauté . 321 Tableau 18.10 Participation des femmes à des activités associatives . 322 Tableau 18.11 Obtention du crédit par les femmes . 323 Tableau 18.12 Utilisation du crédit par les femmes . 324 Graphique 18.1 Participation des femmes en union à la prise de décision . 317 CHAPITRE 19 VIOLENCE DOMESTIQUE Tableau 19.1 Violence physique contre les femmes . 328 Tableau 19.2 Auteurs des violences physiques contre les femmes . 329 Tableau 19.3 Premiers rapports sexuels forcés . 330 Tableau 19.4 Violence sexuelle . 332 Tableau 19.5 Âge au moment de la première expérience de violence sexuelle . 333 Tableau 19.6 Auteurs des violences sexuelles contre les femmes . 333 Tableau 19.7 Expérience de diverses formes de violence . 334 Tableau 19.8 Violence pendant la grossesse . 335 Tableau 19.9 Contrôle exercé par le mari/partenaire . 336 Tableau 19.10 Formes de violence conjugale . 338 Tableau 19.11 Violence conjugale selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 339 Tableau 19.12 Violence conjugale selon les caractéristiques sociodémographiques du mari/partenaire et les indicateurs du pouvoir d’action de la femme . 340 Tableau 19.13 Violence conjugale contre les femmes selon les déclarations des hommes . 342 Tableau 19.14 Fréquence de la violence conjugale . 343 Tableau 19.15 Premier épisode de violence conjugale . 344 xvi • Tableaux et graphiques Tableau 19.16 Blessures dues à la violence conjugale . 345 Tableau 19.17 Recherche d’aide . 346 Tableau 19.18 Sources/personnes auprès desquelles l’aide a été recherchée . 347 Tableau 19.19 Violence des femmes contre leur conjoint . 348 Tableau 19.20 Violence physique contre les hommes . 350 Tableau 19.21 Auteurs des violences physiques contre les hommes . 351 Graphique 19.1 Pourcentage de femmes ayant subi différentes formes de violence depuis l'âge de 15 ans . 329 CHAPITRE 20 SITUATION DES ENFANTS Tableau 20.1 Enregistrement des naissances d'enfants de moins de 5 ans . 354 Tableau 20.2 Enfants orphelins et résidence avec les parents . 355 Tableau 20.3 Fréquentation scolaire par état de survie des parents . 356 Tableau 20.4 Travail des enfants . 358 Tableau 20.5 Travail des enfants et fréquentation scolaire. 360 Tableau 20.6 Education de la petite enfance . 361 Tableau 20.7 Soutien à l'apprentissage . 362 Tableau 20.8 Matériel d'apprentissage . 363 Tableau 20.9 Encadrement inapproprié des enfants . 365 Tableau 20.10 Indice de développement du jeune enfant . 366 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE Tableau A.1 Nombre de ZD et taille moyenne d’une ZD par domaine et par type de résidence . 374 Tableau A.2 Répartition des ménages et des résidents par domaine et selon le type de résidence . 374 Tableau A.3 Répartition de l’échantillon de grappes et de l’échantillon de ménages par domaine et selon le milieu de résidence . 375 Tableau A.4 Nombre attendu d'hommes et de femmes enquêtés avec succès par domaine d’étude et selon le milieu de résidence . 376 Tableau A.5 Nombre d'hommes et de femmes éligibles pour le test du VIH par domaine d’étude et selon le milieu de résidence . 376 Tableau A.6 Nombre attendu d'hommes et de femmes testés pour le VIH par domaine d’étude et selon le milieu de résidence . 376 Tableau A.7 Répartition de l’échantillon de grappes et de l’échantillon modifié de ménages par domaine et selon le milieu de résidence . 377 Tableau A.8 Résultats de l'interview auprès des ménages et des femmes . 380 Tableau A.9 Résultats de l'interview auprès des ménages et des hommes . 381 Tableau A.10 Couverture du test du VIH parmi les femmes enquêtées selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 382 Tableau A.11 Couverture du test du VIH parmi les hommes enquêtés selon certaines caractéristiques sociodémographiques . 383 Tableau A.12 Couverture du test du VIH parmi les femmes enquêtées selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 384 Tableau A.13 Couverture du test du VIH parmi les hommes enquêtés selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 385 Tableaux et graphiques • xvii ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE Tableau B.1 Liste des variables sélectionnées pour le calcul des erreurs de sondage, Cameroun 2011 . 390 Tableau B.2 Erreurs de sondage: Échantillon Total, Cameroun 2011 . 391 Tableau B.3 Erreurs de sondage: Échantillon Yaoundé/Douala, Cameroun 2011 . 392 Tableau B.4 Erreurs de sondage: Échantillon Autres villes, Cameroun 2011 . 393 Tableau B.5 Erreurs de sondage: Échantillon Urbain, Cameroun 2011 . 394 Tableau B.6 Erreurs de sondage: Échantillon Rural, Cameroun 2011 . 395 Tableau B.7 Erreurs de sondage: Échantillon Adamaoua, Cameroun 2011 . 396 Tableau B.8 Erreurs de sondage: Échantillon Centre (sans Yaoundé), Cameroun 2011 . 397 Tableau B.9 Erreurs de sondage: Échantillon Douala, Cameroun 2011 . 398 Tableau B.10 Erreurs de sondage: Échantillon Est, Cameroun 2011 . 399 Tableau B.11 Erreurs de sondage: Échantillon Extrême-Nord, Cameroun 2011 . 400 Tableau B.12 Erreurs de sondage: Échantillon Littoral (sans Douala), Cameroun 2011 . 401 Tableau B.13 Erreurs de sondage: Échantillon Nord, Cameroun 2011 . 402 Tableau B.14 Erreurs de sondage: Échantillon Nord-Ouest, Cameroun 2011. 403 Tableau B.15 Erreurs de sondage: Échantillon Ouest, Cameroun 2011 . 404 Tableau B.16 Erreurs de sondage: Échantillon Sud, Cameroun 2011 . 405 Tableau B.17 Erreurs de sondage: Échantillon Sud-ouest, Cameroun 2011 . 406 Tableau B.18 Erreurs de sondage: Échantillon Yaoundé, Cameroun 2011 . 407 Tableau B.19 Erreurs de sondage pour les taux de mortalité adulte et les taux de mortalité maternelle, Cameroun 2011 . 408 ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉS Tableau C.1 Répartition par âge de la population des ménages . 409 Tableau C.2.1 Répartition par âge des femmes éligibles et des femmes interviewées . 410 Tableau C.2.2 Répartition par âge des hommes éligibles et des hommes interviewés . 410 Tableau C.3 Complétude de l'enregistrement . 411 Tableau C.4 Naissances par année de naissance . 411 Tableau C.5 Enregistrement de l'âge au décès en jours . 412 Tableau C.6 Enregistrement de l'âge au décès en mois . 412 Tableau C.7 État nutritionnel des enfants basé sur la Population de Référence Internationale du NCHS/CDC/OMS . 413 Tableau C.8 Complétude de l'information sur les frères et sœurs . 414 Tableau C.9 Taille de la fratrie et rapport de masculinité des frères et sœurs . 414 Préface • xix PRÉFACE e Gouvernement est en train de mettre en œuvre une politique de développement déclinée dans le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE), laquelle devra hisser le Cameroun au rang des pays émergents. Les Grandes Réalisations lancées par Son Excellence Paul BIYA, Président de la République, répondent concrètement à cette ambition. La mise en œuvre du DSCE s’appuie, pour les préoccupations de suivi et d’évaluation des progrès accomplis, sur la Stratégie Nationale de Développement de la Statistique (SNDS). Cette Stratégie est adossée à un Programme Statistique Minimum (PSM) qui définit la liste et la périodicité de conduite des opérations et études d’envergure nationale pour la production des indicateurs pertinents au suivi-évaluation des politiques et programmes mis en œuvre par le Gouvernement et ses partenaires. La réalisation en 2011 de l’Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDS- MICS), sept ans après l’Enquête Démographique et de Santé (EDSC-III) de 2004, offre la possibilité au Gouvernement, sur la base de nombreux indicateurs élaborés, d’actualiser sa connaissance de la situation, de pouvoir apprécier le chemin parcouru, et de réorienter éventuellement les politiques et les stratégies en matière de population et de santé. Ainsi, l’EDS-MICS 2011 a été conçue pour fournir des données de suivi et d’évaluation des progrès dans les domaines de la population et de la santé depuis la dernière EDS réalisée en 2004. Les données collectées sur le terrain du 24 janvier au 15 août 2011, fournissent des estimations actualisées des indicateurs démographiques et sanitaires de base. Plus précisément, l’EDS-MICS a permis de collecter des données sur les niveaux de fécondité, sur les préférences en matière de fécondité, la connaissance et l’utilisation des méthodes de planification familiale, les pratiques d’allaitement, la mortalité des enfants, la santé infantile et maternelle, la possession et l’utilisation de moustiquaires, l’état nutritionnel et les pratiques alimentaires de la mère et de l’enfant. En outre, elle a permis d’estimer la prévalence de l’anémie, du paludisme et du VIH. Le présent rapport d'analyse est une œuvre mettant à profit la contribution des compétences nationales multisectorielles et celles des experts d’ICF International. Ce document met à la disposition de tous les acteurs impliqués et des chercheurs, des renseignements dont ils ont certainement besoin pour fonder leurs actions. Nous saisissons cette occasion pour renouveler les remerciements et la reconnaissance du Gouvernement aux partenaires au développement qui ont contribué de façon décisive à la réalisation de cette enquête. Il s’agit de la Banque Mondiale, du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), et de l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID). Il est important de noter que la réussite de l’EDS-MICS a été le fruit d’une étroite collaboration technique entre les équipes de l’Institut National de la Statistique, du Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, du Ministère de la Santé Publique, du Centre Pasteur du Cameroun et d’ICF International. Au nom du Gouvernement, nous leur adressons nos félicitations pour la détermination, le dévouement et la maîtrise qui leur ont permis de produire un travail de grande qualité. Bonne exploitation./- L Le Ministre de l’Economie, de la Planification, et de l’Aménagement du Territoire Emmanuel NGANOU DJOUMESSI Le Ministre de la Santé André MAMA FOUDA Remerciements • xxi REMERCIEMENTS e Cameroun a réalisé en 2011 l’Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDS- MICS), après la troisième Enquête Démographique et de Santé (EDSC-III) de 2004, qui avait été précédé des deux premières réalisées en 1991 et 1998. Cette EDS-MICS est une opération d’envergure nationale qui a mobilisé d’importantes ressources humaines, financières et matérielles. Elle est le résultat de l’effort conjugué de nombreuses institutions nationales et internationales acquis à la mise en place d’un système statistique au service du développement. En effet, l’EDS-MICS a été conduite par l'Institut National de la Statistique (INS), en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique (MINSANTE). Elle a bénéficié de l'assistance technique d’ICF International, organisme en charge du programme international des Enquêtes Démographiques et de Santé. Cette opération a également bénéficié de la participation active des populations enquêtées et du soutien fort appréciable de diverses institutions et administrations nationales et locales et de proximité, ainsi que de certaines personnalités de la société civile, à travers notamment leurs actions de sensibilisation. Il s’agit du Ministère de la Santé Publique, du Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, et du Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire. À toutes ces institutions et personnalités, nous adressons nos sincères remerciements pour leur disponibilité et la qualité de l’assistance qu’elles ont apportée et qui ont contribué à la réussite de cette importante opération. Il est important de relever que cette opération, qui s’inscrit dans le programme statistique minimum pour le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des politiques gouvernementales et des stratégies sectorielles des Ministères, a bénéficié du soutien financier du Gouvernement, de la Banque Mondiale à travers le projet PAISS, de l’UNICEF, de l’UNFPA et de l’USAID. C’est le lieu pour nous de leur exprimer toute notre gratitude. Nous adressons toute notre reconnaissance au personnel du PAISS, en particulier à M. ENANDJOUM BWANGA, aux responsables du CPC de Yaoundé, en particulier au Pr Dominique BAUDON et à sa collaboratrice Dr Valerie NGONO, ainsi qu’à l’équipe de ICF International, en particulier à M. Bernard BARRERE. À toute l'équipe technique camerounaise mise en place pour la réalisation de l'EDS-MICS conduite par M. Paul Roger LIBITE, Chef de département des statistiques démographiques et sociales à l’INS, Coordonnateur technique, nous adressons nos chaleureuses félicitations. Elle a en effet su se mobiliser et cristalliser tous les efforts pour conduire avec maîtrise toutes les activités. Nous n’oublions pas les chefs d’équipe, les cartographes, les contrôleuses, les enquêteurs et enquêtrices, les agents de vérification, les agents de saisie, les secrétaires, les chauffeurs et tous les autres personnels d’appui qui ont exécuté avec détermination et dévouement toutes les tâches qui leur ont été confiées. À l’équipe d’appui administratif et financier de l’INS et du MINSANTE, nous adressons également nos félicitations pour leur diligence.- L Sigles et abréviations • xxiii SIGLES ET ABRÉVIATIONS ACMS Association Camerounaise de Marketing Social ARMA Atlas du Risque de la Malaria en Afrique ARV Antirétroviral BCG Bacille Calmette Guérin BUCREP Bureau Central des Recensements et des Études de Population CAMNAFAW Association Camerounaise pour le Bien-être Familial CDC Centers for Disease Control and Prevention CEDEF Convention sur l’Élimination de toutes les formes de Discrimination à l’Egard de la Femme CEMAC Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale CHU Centre Hospitalier Universitaire CIM Classification Internationale des Maladies CIPD Conférence Internationale sur la Population et le Développement CPC Centre Pasteur du Cameroun CPDV Centre de Prévention et de Dépistage Volontaire CSPro Census and Survey Processing System CTA Combinaison Thérapeutique à base d’Artémisinine DBS Dried Blood Spots DHS Demographic and Health Surveys DIU Dispositif Intra Utérin DPNP Déclaration de Politique Nationale de Population DSCE Document de Stratégie pour la Croissance et lʼEmploi DSCN Direction de la Statistique et de la Comptabilité Nationale DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté DTCoq Diphtérie, Tétanos, Coqueluche EBC Enquête Budget-Consommation ECAM Enquête Camerounaise Auprès des Ménages EDS Enquête Démographique et de Santé EDSC Enquête Démographique et de Santé du Cameroun EDS-MICS Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples EESI Enquêtes sur l’Emploi et le Secteur Informel ENF Enquête Nationale sur la Fécondité ENN Enquête Nationale sur la Nutrition FASR Facilité d’Ajustement Structurel Renforcée FCFA Francs de la Communauté Financière d’Afrique FCRP Facilité pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté FMI Fonds Monétaire International GCEAL General Certificate of Education - Advanced Level IBW Institutions de Bretton Woods IMC Indice de Masse Corporelle xxiv • Sigles et abréviations INS Institut National de la Statistique IRA Infections Respiratoires Aiguës ISF Indice Synthétique de Fécondité ISFD Indice Synthétique de Fécondité Désirée IST Infections Sexuellement Transmissibles IVACG International Vitamin A Consultative Group MAMA Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée MICS Enquête à Indicateurs Multiples MII Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide MIILDA Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide à Longue Durée d’Action MINEPAT Ministère de l’Économie de la Planification et de l’Aménagement du Territoire MINFI Ministère des Finances MINSANTE Ministère de la Santé Publique NCHS National Center for Health Statistics NN Mortalité Néonatale OMD Objectifs du Millénaire pour le Développement OMS Organisation Mondiale de la Santé ONG Organisation Non Gouvernementale ONU Organisation des Nations Unies ONUSIDA Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida OUA Organisation de l’Unité Africaine PAISS Projet d’Appui aux Investissements dans le Secteur de la Santé PBS Phosphate Buffer Saline PCA Paquet Complémentaire d’Activités PCIME Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant PEV Programme Élargi de Vaccination PF Planification Familiale PIB Produit Intérieur Brut PID Pulvérisation Intradomiciliaire d’insecticide résiduel PMA Paquet Minimum d’Activités PMSC Programme de Marketing Social au Cameroun PNLP Programme National de Lutte contre le Paludisme PNN Mortalité Post-Néonatale PPTE Pays Pauvres Très Endettés PSM Programme Statistique Minimum PSNLP Plan Stratégique National de Lutte contre le Paludisme PTF Partenaires Techniques et Financiers RA Recensement Agricole RDPC Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais RDV Risque de mortalité maternelle sur la Durée de Vie RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitat RMM Rapport de mortalité maternelle SDN Société Des Nations SFPS Santé Familiale et Prévention du Sida SIDA Syndrome de l’Immuno-défience Acquise SMI Santé Maternelle et Infantile Sigles et abréviations • xxv SMIG Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti SMR Solution Maison Recommandée SNDS Stratégie Nationale de Développement de la Statistique SP Sulfadoxine Pyriméthamine SRO Sel de Réhydratation par voie Orale SSP Soins de Santé Primaires SSS Stratégie Sectorielle de Santé TBN Taux Brut de Natalité TDR Test de Diagnostic Rapide TGFG Taux Global de Fécondité Générale TME Transmission de la mère à l’enfant TPIg Traitement Préventif Intermittent durant la grossesse TRO Thérapie de Réhydratation par voie Orale UNAIDS United Nations programme on HIV/AIDS UNFPA United Nations Population Fund UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance USAID United States Agency for International Development VIH Virus de l’Immuno-déficience Humaine WHO World Heath Organisation ZD Zone de Dénombrement Indicateurs des objectifs du millénaire pour le développement • xxvii Indicateurs des Objectifs du Millénaire pour le Développement Indicateurs des Objectifs du Millénaire pour le Développement, Cameroun 2011 Indicateur Sexe Ensemble Masculin Féminin 1. Éliminer l’extrême pauvreté et la faim 1.8 Prévalence de l’insuffisance pondérale parmi les enfants de moins de cinq ans 15,1 % 14,2 % 14,6 % 2. Assurer l’éducation primaire pour tous 2.1 Taux net de fréquentation scolaire au niveau primaire1 83,4 % 79,0 % 81,3 % 2.3 Taux d’alphabétisation dans la population des 15-24 ans2 86,1 % a 77,5 % 81,8 %b 3. Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes 3.1a Ratio filles/garçons dans l’enseignement primaire3 na na 0,9 3.1b Ratio filles/garçons dans l’enseignement secondaire3 na na 1,0 3.1ac Ratio filles/garçons dans l’enseignement tertiaire 3 na na 0,8 4. Réduire la mortalité des enfants de moins de cinq ans 4.1 Taux de mortalité infanto-juvénile4 135 ‰ 122 ‰ 122 ‰ 4.2 Taux de mortalité infantile4 73 ‰ 65 ‰ 62 ‰ 4.3 Pourcentage d’enfants d’un an vaccinés contre la rougeole 70,0 % 71,1% 70,6 % 5. Améliorer la santé maternelle 5.1 Taux de mortalité maternelle5 na 782 na 5.2 Pourcentage de naissances dont l’accouchement a été assisté par un prestataire de santé formé6 na na 63,6 % 5.3 Taux de prévalence contraceptive7 na 23,4 % na 5.4 Taux de fécondité des adolescentes8 na 127 ‰ na 5.5 Couverture en soins prénatals 5.5a Au moins une visite prénatale na 84,7 % na 5.5b Quatre visites prénatales ou plus na 62,2 % na 5.6 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale na 23,5 % na 6. Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies 6.1 Prévalence du VIH dans la population des 15-24 ans 0,5 %a 2,7 % 1,7 % 6.2 Utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels à risques9 46,5 %a 71,8 % 59,1 %b 6.3 Proportion de la population de 15-24 ans ayant une connaissance « approfondie » du VIH/sida10 33,5 % a 28,5 % 31,1 %b 6.4 Ratio du pourcentage d’orphelins qui fréquentent l’école au pourcentage des non orphelins de 10-14 ans qui fréquentent l’école 1,04 0,85 0,94 6.7 Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans dormant sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide (MII) 21,4 % 20,6 % 21,0 % 6.8 Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans dont la fièvre a été traitée avec des antipaludéens appropriés11 23,9 % 22,3 % 23,1 % Urbain Rural Ensemble 7. Assurer un environnement durable 7.8 Proportion de la population utilisant une source d’eau améliorée12 89,7 % 49,6 % 68,6 % 7.9 Proportion de la population utilisant des installations sanitaires améliorées13 55,4 % 26,1 % 39,9 % na = Non applicable. 1 Le taux est basé sur la fréquentation déclarée, non l’inscription, au niveau primaire parmi les enfants d'âge de fréquentation du niveau primaire (6-11 ans). Le taux comprend aussi les enfants d'âge de fréquentation du niveau primaire qui fréquent le niveau secondaire. Il s’agit d’une mesure indirecte de l’indicateur 2.1 des OMD : Taux net total de scolarisation dans le primaire. 2 Correspond aux enquêtés qui ont fréquenté l’école secondaire ou le supérieur, ou qui peuvent lire une phrase ou une partie de phrase. 3 Basé sur la fréquentation nette déclaré, non l’inscription, parmi les 6-11 ans pour le primaire, 12-18 ans pour le secondaire et 19-24 ans pour le tertiaire. 4 Exprimé en termes de décès pour 1 000 naissances vivantes. La mortalité par sexe fait référence à la période de 10 ans précédant l’enquête. La mortalité pour les deux sexes ensemble fait référence à la période de 5 ans précédant l’enquête. 5 Exprimé en termes de décès maternels pour 100 000 naissances au cours des 7 ans précédant l’enquête. 6 Parmi les naissances des cinq années précédant l’enquête. 7 Pourcentage de femmes actuellement en union qui utilisent une méthode contraceptive quelconque. 8 Équivaut au taux de fécondité par âge pour les femmes de 15-19 ans for la période de 3 ans précédant l’enquête, exprimé en termes de naissances pour 1 000 femmes de 15-19 ans. 9 Des rapports sexuels à hauts risques sont des rapports sexuels avec un partenaire non marital et non cohabitant. Exprimé en pourcentage de femmes et d’hommes de 15-24 ans qui ont eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois. 10 Sont considérées comme ayant une connaissance "approfondie", les personnes qui savent que l'utilisation régulière du condom au cours des rapports sexuels et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, celles qui savent qu'une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et celles qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du sida. 11 Pourcentage d’enfants de 0-59 mois ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines précédant l’enquête et qui ont reçu n’importe quel médicament antipaludéen. 12 Pourcentage de la population de droit dont la source principale d’eau de boisson est un robinet dans le logement/cours, un robinet public/fontaine, un puits à pompe/forage, un puits creusé protégé, une source d’eau protégée, la collecte d’eau de pluie, ou l’eau en bouteille. 13 Pourcentage de la population de droit dont le ménage a une chasse d’eau, fosse d’aisance auto-aérée, ou une fausse d’aisance avec dalle et ne partage pas cette installation avec d’autres ménages. a Limité aux hommes dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête au près des hommes. b Le total est calculé comme une simple moyenne arithmétique des pourcentages des colonnes des hommes et des femmes. xxviii • Carte du Cameroun Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE 1 Samuel KELODJOUE, Paul Roger LIBITÉ et Eric JAZET e chapitre est consacré à la présentation de certaines caractéristiques du Cameroun et de l’Enquête Démographique et de Santé et à Indicateurs Multiples (EDS-MICS) réalisée en 2011. Il a pour objectif de familiariser le lecteur avec le contexte et la méthodologie de l’enquête. 1.1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS 1.1.1 Situation géographique Le Cameroun est un pays de l’Afrique Centrale situé au fond du Golfe de Guinée, entre les 2e et 13e degrés de latitude nord et les 9e et 16e degrés de longitude est. Le pays s’étend sur une superficie de 475 650 km². Il présente une forme triangulaire qui s’étire du sud jusqu’au lac Tchad sur près de 1 200 km tandis que la base s’étale de l’ouest à l’est sur 800 km. Il possède au sud-ouest une frontière maritime de 420 km le long de l’océan Atlantique. Il est limité à l’ouest par le Nigéria, au sud par le Congo, le Gabon et la Guinée Équatoriale, à l’est par la République Centrafricaine, et au nord-est par le Tchad. Au sommet du triangle, au nord, il est coiffé par le Lac Tchad. Le milieu naturel du Cameroun est assez diversifié. On dit d’ailleurs de ce pays qu’il est l’Afrique en miniature. En effet, plusieurs zones agro-écologiques contribuent à la diversité géographique du pays. Le sud forestier (régions du Centre, de l’Est, du Littoral, du Sud et du Sud-Ouest) est situé dans les zones maritime et équatoriale. Cette zone écologique se caractérise par une végétation dense, un vaste réseau hydrographique et un climat chaud et humide aux précipitations abondantes. Cette zone est propice à la culture du cacao, du palmier à huile, de la banane, de l’hévéa et du tabac, etc. Elle abrite les deux plus grandes métropoles du pays : Douala (première ville, principal port et capitale économique avec ses activités commerciales et industrielles) et Yaoundé (deuxième ville et capitale politique). On y trouve aussi d’importants centres urbains comme Edéa, caractérisé par son industrie lourde et sa centrale hydro-électrique, Limbé, siège de l’industrie pétrolière, et Kribi, terminal du pipeline Tchad-Cameroun, qui abrite la centrale à gaz et le port en eau profonde en construction. Les hauts plateaux de l’ouest (régions de l’Ouest et du Nord-Ouest), dont l’altitude moyenne est supérieure à 1 100 m, forment une zone riche en terres volcaniques favorables à l’agriculture (café, maraîchers, etc.). La végétation y est moins dense que dans le sud forestier et le climat frais qui y règne est favorable à l’éclosion de toutes sortes d’activités. De plus, la forte densité de peuplement par rapport à la moyenne nationale en fait une des premières zones d’émigration. Les principales villes sont Bafoussam, Bamenda et Dschang. Le nord soudano-sahélien (régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord) est une zone de savanes et de steppes. En dehors du plateau de l’Adamaoua où le climat est plus tempéré, le reste de cette zone est caractérisé par un climat tropical chaud et sec aux précipitations de plus en plus limitées au fur et à mesure que l’on se rapproche du lac Tchad. La zone est propice à l’élevage du bovin et à la culture du coton, de l’oignon, du mil, de la pomme de terre, de l’igname blanche et des arachides. Les principales villes sont C 2 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête Garoua, NGaoundéré et Maroua. Cette dernière ville connaît depuis 2008 une augmentation substantielle de sa population avec la création de l’Université et ses écoles annexes. 1.1.2 Organisation politico administrative Le Cameroun a été découvert par les Portugais en 1472 et placé sous protectorat de l’Allemagne en 1884. C’est un pays bilingue1, composé d’une zone francophone et d’une zone anglophone. En effet, au terme du Traité de Versailles (à la fin de la première guerre mondiale), le Cameroun a été placé, en 1919, par la Société des Nations (SDN) sous mandat des administrations française (pour le Cameroun Oriental avec pour capitale Yaoundé) et anglaise (pour le Cameroun Occidental avec pour capitale Buea). Le pays accède à l’indépendance le 1er janvier 1960 pour le Cameroun sous tutelle2 française et le 1er octobre 1961 pour le Cameroun sous tutelle anglaise. À cette dernière date, le Cameroun devient un État fédéral. Le 20 mai 1972, à la suite d’un référendum, la Fédération cède la place à l’État unitaire. Puis en 1983, la République Unie du Cameroun devient République du Cameroun. Après une longue période de régime du parti unique au lendemain de l’indépendance, le multipartisme est réintroduit au Cameroun par la loi N°90/053 du 19 décembre 1990. Le pouvoir exécutif est exercé par un Président de la République élu au suffrage universel pour un mandat de sept ans renouvelable. Le Président Paul Biya, au pouvoir depuis le 6 novembre 1982, a été réélu en octobre 2011 pour un troisième septennat. L’Assemblée Nationale composée de 180 députés exerce le pouvoir législatif. Le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), parti proche du pouvoir, y détient depuis septembre 2007 une large majorité avec 153 sièges. Le pouvoir judiciaire est exercé par la Cour Suprême. Il existe également un Conseil Économique et Social et une Chambre des Comptes. La Constitution de janvier 1996 prévoit par ailleurs un Sénat et un Conseil Constitutionnel. 1.1.3 Aperçu socioéconomique Le développement économique du Cameroun, comme celui de la plupart des pays en voie de développement, repose principalement sur le secteur primaire. Les productions agricoles vivrières (maïs, manioc, banane plantain, macabo, riz, mil, sorgho, arachide, etc.) et de rente (cacao, café, coton, caoutchouc, banane, ananas, etc.) font de l’agriculture camerounaise la plus riche de l’Afrique Centrale. Malgré la diversification des cultures, les habitudes alimentaires des populations ne favorisent pas toujours une alimentation quotidienne équilibrée. Le pays, qui fut pendant longtemps considéré comme auto-suffisant sur le plan alimentaire, a été violemment secoué par la crise alimentaire mondiale de 2008. En février 2008, face à la forte hausse des prix des denrées alimentaires, les populations de certaines villes se sont soulevées pour réclamer l’amélioration de leurs conditions de vie. Il convient de relever que la partie nord du pays est souvent sujette à des famines épisodiques, conséquences des aléas climatiques (sécheresse prolongée, inondations) et des invasions des acridiens (criquets migrateurs), des éléphants et des oiseaux granivores. Les ressources pétrolières et forestières s’ajoutent à celles d’origine pastorale et agricole pour constituer des arguments de poids en faveur d’une base industrielle sur laquelle le pays pourrait s’appuyer pour accélérer son développement. Cependant, selon les estimations, le Produit intérieur brut (PIB) est passé de 7 755 milliards de FCFA en 2004 à 9 239 milliards de FCFA en 2010, soit un taux de croissance réel oscillant 1 L’anglais et le français sont les deux langues officielles. 2 Après la seconde guerre mondiale, la SDN devient l’Organisation des Nations Unies (ONU). La notion de « mandat » devient alors « tutelle » et c’est ainsi que le Cameroun Oriental est placé sous tutelle française et le Cameroun Occidental sous tutelle anglaise. Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 3 autour de 2-3 % seulement par an (INS et MINFI, 2010). Le Cameroun qui constituait un poids lourd3 dans la sous-région CEMAC au début du millénaire s’est vu rattraper par la Guinée Equatoriale dont le PIB a été estimé à 8 008 milliards de FCFA en 2008 contre 8 699 milliards de FCFA pour le Cameroun, chacun des deux pays ayant près du quart du PIB de la CEMAC estimé à 37 352 milliards de FCFA. En attendant que les nombreux projets et programmes de développement engagés ou en voie de l’être impactent véritablement le bien-être des populations, le Cameroun reste un pays pauvre. En effet, selon les deux précédentes Enquêtes Camerounaises Auprès des Ménages (ECAM) réalisées respectivement en 2001 et 2007, deux personnes sur cinq (40 %) vivaient en dessous du seuil de pauvreté monétaire. Les indicateurs sur l’emploi et l’éducation ont peu varié au cours de la dernière décennie. D’une part, selon les deux précédentes Enquêtes sur l’Emploi et le Secteur Informel réalisées en 2005 et 2010, le taux d’activité de la population de 10 ans ou plus estimé en 2005 à 72 % est passé à 69 % en 2010 ; environ 76 % de la population active occupée en 2005 et 70 % en 2010 sont en situation de sous-emploi global, c’est-à-dire travaillent, involontairement, moins que la durée hebdomadaire minimale de 35 heures, ou gagnent moins que le SMIG horaire. D’autre part, le taux net de scolarisation au primaire (personnes de 6-11 ans) est resté autour de 80 % en 2005 et 2010. Le taux d’alphabétisation des personnes de 15 ans ou plus, estimé à 71 % en 2010, demeure faible pour les femmes (55 %). Sur le plan macroéconomique, on notera qu’après une période de croissance soutenue jusqu’au milieu des années 80, le Cameroun a connu une crise économique à partir de 1986. Le pays en est progressivement sorti à partir de 1994, à la suite de la mise en œuvre des politiques économiques axées sur l’ajustement monétaire et les gains de compétitivité induits. Après l’exécution satisfaisante entre 1997 et 2000 de son premier programme économique et financier, appuyé par une Facilité d’Ajustement Structurel Renforcée (FASR) du Fonds Monétaire International (FMI), les autorités camerounaises ont conclu en décembre 2000 un second programme soutenu par une Facilité pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (FCRP) mise en place par le FMI. Le Cameroun a enregistré de bonnes performances macroéconomiques en début du millénaire, ce qui lui a permis d’être admis à l’Initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). Le point de décision a été franchi en octobre 2000. La mise en œuvre des programmes consignés dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP, 2003), approuvé par les Institutions de Bretton Woods (IBW) à partir de 2003, a permis au Gouvernement de maintenir la stabilité macroéconomique et de soutenir des taux de croissance positifs jusqu’en 2010. L’atteinte du point d’achèvement en 2006 a engendré des ressources substantielles provenant de l’annulation d’une partie importante de la dette extérieure et a permis de relancer l’économie et de définir un nouveau programme consigné dans le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi adopté en 2009 (DSCE, 2009). Le DSCE constitue pour la période 2010-2020, le cadre de référence de la stratégie de développement du pays. Il intègre les prémices de la vision à long terme (Vision 2035, 2009) centrée sur l'accélération de la croissance, la création d'emplois formels et la réduction de la pauvreté. Il vise en conséquence à (i) porter la croissance à 5,5 % en moyenne annuelle dans la période 2010-2020 ; (ii) ramener le sous-emploi de 76 % à moins de 50 % en 2020 avec la création de dizaines de milliers d'emplois formels par an dans les dix prochaines années ; et (iii) ramener le taux de pauvreté monétaire de 39,9 % en 2007 à 28,7 % en 2020. Sur le plan sanitaire, la situation n’est pas encore satisfaisante au regard de l’évolution de certains indicateurs figurant au tableau 1.1, à l’instar du taux de mortalité infantile qui est reste élevé (77 ‰ en 1998 et 74 ‰ en 2004) et l’espérance de vie à la naissance estimé à moins de 55 ans aussi bien en 1987 qu’en 2005. Par ailleurs, avec respectivement un médecin pour 9 164 habitants en 1998, un pour 10 083 en 2000 et un médecin pour 13 468 habitants en 2007 d’après le ministère de la Santé Publique, le ratio d’encadrement 3 En 2002, le PIB du Cameroun était estimé à 7 609 milliards de FCFA, soit près de la moitié de celui de la CEMAC estimé à 16 627 milliards de FCFA. 4 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête sanitaire de la population reste de loin en deçà de la norme de un médecin pour 1000 habitants fixée par l’OMS. 1.1.4 Milieu humain et démographie Le Cameroun compte plus de 230 ethnies réparties en six grands groupes. Les Soudanais, les Hamites et les Sémites vivant dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord; ils sont généralement animistes ou islamisés. Les Bantous, Semi Bantous et apparentés, et les Pygmées dans le reste du pays : ils sont généralement animistes ou christianisés. Mises à part quelques enquêtes parcellaires, les recherches approfondies de portée nationale sur les problèmes démographiques du Cameroun sont assez récentes. L’état civil date de l’époque coloniale. Cependant, l’enregistrement des évènements à l’état civil n’est pas encore vraiment ancré dans les mœurs des populations. En plus des dysfonctionnements du système, les données provenant de cette source sont incomplètes, ne permettant pas d’estimer de manière fiable les phénomènes démographiques. C’est dans les années 70 que les premiers recensements et enquêtes d’envergure nationale et à caractère socio-économique ont été réalisés comme le Recensement Agricole (RA, 1972), le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH, 1976), l’Enquête Nationale sur la Fécondité (ENF, 1978) et l’Enquête Nationale sur la Nutrition (ENN 1978). Au cours de la décennie 80, les opérations suivantes ont été réalisées : l’Enquête Budget-Consommation (EBC 1983-84), le deuxième Recensement Agricole (RA, 1984) et le deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (2e RGPH, 1987). Au cours de la décennie 90, parmi les opérations réalisées, on peut citer deux Enquêtes Démographiques et de Santé (EDSC-I, 1991 et EDSC-II, 1998) et, entre ces deux opérations, la première Enquête Camerounaise Auprès des Ménages (ECAM I, 1996). De 2000 à 2010, le Cameroun a réalisé l’Enquête par grappe à Indicateurs Multiples de deuxième génération (MICS, 2000), l’Enquête sur les Dépenses des Ménages (EDM, 2000), la deuxième Enquête Camerounaise Auprès des Ménages (ECAM 2, 2001), la troisième Enquête Démographique et de Santé (EDSC-III, 2004), la première Enquête sur l’Emploi et le Secteur Informel (EESI 1, 2005), le troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (3è RGPH, 2005), l’Enquête par grappes à Indicateurs Multiples de troisième génération (MICS 3, 2006), la troisième Enquête Camerounaise Auprès des Ménages (ECAM 3, 2007), et la deuxième Enquête sur l’Emploi et le Secteur Informel (EESI 2, 2010). Le tableau 1.1 présente les principaux indicateurs démographiques tels qu’ils ont été estimés par certaines de ces sources. Tableau 1.1 Indicateurs démographiques de base Indicateurs Source RGPH 1976a ENF 1978 RGPH 1987 EDSC-I 1991 EDSC-II 1998 EDSC-III 2004 RGPH 2005 Population totale (en milliers) 7 663 - 10 494 - - - 17 463 Taux brut de natalité (pour 1 000) 45,0 - 41,0 39 37 37,8 39,6 c Indice Synthétique de Fécondité 6,0 6,4 5,5 5,8 5,2 5,0 5,2 Taux brut de mortalité (pour 1 000) 20,4 20,2b 13,7 - - - 10,8 c Taux de mortalité infantile (pour 1 000) 156,5 113,0 86,0a 65,0 77,0 74,0 77,2 a Espérance de vie (eo, en années) 44,4 44,9b 54,3a - - - 54,8 a Données ajustées b Estimations c Données brutes Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 5 Selon les résultats du troisième recensement de la population de 2005 (BUCREP, 2010a), le Cameroun comptait 17 463 836 habitants en 2005 dont 51 % de femmes. La densité moyenne de la population s’établissait donc en 2005 à 38 habitants au kilomètre carré. Selon certaines projections, cette population est estimée à environ 20 millions en 2011 (BUCREP, 2010b). Elle est inégalement répartie sur le territoire national : les deux métropoles que sont Douala et Yaoundé abritent à elles seules près de 20 % de la population totale ; la proportion des personnes vivant en milieu urbain, qui était de 49 % en 2005, est estimée à 52 % en 2010 (BUCREP, 2011). La population du Cameroun est jeune : les personnes de 0-4 ans représentaient 17 % de la population totale en 2005 ; celles de 5-14 ans repré27 % ; et seulement 5 % de personnes ont 60 ans ou plus. Les femmes de 15-49 ans et les hommes de 15-59 ans représentent, respectivement, 24 % et 25 % de la population totale. . La population camerounaise augmente rapidement. Le taux d’accroissement annuel moyen qui était estimé à 1,9 % en 1950 et 2,9 % en 1987, a été évalué à 2,8 % en 2005. Cette évolution est imputable à la baisse de la mortalité et à une fécondité relativement constante mais dont le niveau demeure élevé. À ce rythme de croissance, la population doublerait en moins de 30 ans ; en d’autres termes, si ce rythme de croissance se maintenait jusqu’en 2035, le Cameroun compterait environ 35 millions d’habitants. 1.1.5 Politique de population La population constitue un facteur moteur du développement à travers une croissance démographique maîtrisée, la formation du capital humain, et l'allongement de l'espérance de vie. Au début des années 80, le Cameroun a opté pour une intégration des variables démographiques dans le processus de développement socio-économique. Pour atteindre à terme cet objectif, d’importantes mesures ont été mises en œuvre. Il s’agit notamment de la création de la Commission Nationale de la Population en 1985. Cette Commission est chargée d’assister le Gouvernement dans la définition, l’orientation, l’harmonisation de sa politique en matière de population et dispose d’un Secrétariat technique. En outre, au cours de la présentation du VIe plan quinquennal, le Chef de l’État a mis en exergue les défis auxquels le pays était confronté. Pour y faire face, une Déclaration de Politique Nationale de Population (DPNP) a été adoptée le 28 juillet 1992 par la Commission Nationale de la Population. Lors de l’évaluation des progrès réalisés, cette Déclaration s’est trouvée en retrait face aux multiples changements intervenus tant aux plans national qu’international. C’est ainsi que la Politique Nationale de Population a été actualisée en 2002 avec la participation de toutes les couches de la société camerounaise. Le but visé par cette politique est « d’améliorer le niveau et la qualité de vie de la population dans le cadre d’un développement durable, en conformité avec la dignité humaine et les droits fondamentaux de l’Homme, en assurant notamment l’adéquation entre la croissance démographique et les ressources disponibles et accessibles » (République du Cameroun, 2002). Il s’agit donc de doter le Cameroun d’un potentiel humain de qualité. Pour atteindre le but visé ci-dessus, les objectifs généraux suivants ont été définis :  Améliorer l’état de santé de la population en général, en particulier la santé des mères et des enfants ;  Promouvoir l’éducation de base pour tous, et celle des filles en particulier ;  Renforcer la lutte contre le chômage ;  Promouvoir l’égalité et l’équité entre les sexes ;  Promouvoir l’occupation rationnelle de l’espace et la préservation de l’environnement ;  Améliorer les conditions nécessaires à l’épanouissement et à la sauvegarde de la famille et de l’individu ; 6 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête  Améliorer les conditions de mise en œuvre et de suivi/évaluation des programmes de population. Ces objectifs généraux sont traduits en objectifs spécifiques et les orientations générales de leur mise en œuvre sont également définies. Ils sont régulièrement mis à jour pour prendre en compte diverses Conventions ratifiées et résolutions de Conférences internationales approuvées par le Cameroun notamment sur le genre et la population comme, par exemple, la Conférence internationale du Caire sur la population et le développement (1994) et la Conférence de Beijing consacrée aux femmes (1995). Leur exécution s’appuie sur des stratégies opérationnelles élaborées dans chaque secteur (stratégies sectorielles des différents ministères et organismes). Des actions appropriées, quantifiées, réalistes et plus nombreuses ces dernières années, sont entreprises pour atteindre les objectifs fixés et, en particulier, pour intégrer et mettre en œuvre la politique de population dans les cadres nationaux de développement. La coordination de la mise en œuvre de la PNP est assurée par le MINEPAT à travers la Division des analyses démographiques et des migrations (DADM). 1.1.6 Politique de santé 1.1.6.1 Bref aperçu historique jusqu’en 2001 Quatre étapes majeures ont marqué l’évolution de la politique sanitaire du Cameroun jusqu’en 2001 :  La période coloniale qui correspond à l’apogée de la stratégie d’Eugène Jamot avait pour caractéristique : (i) l’exercice d’une médecine mobile initiée par le Docteur Eugène Jamot dans le Cameroun Oriental ; (ii) la gratuité des soins médicaux aux administrateurs coloniaux, militaires, religieux et accessoirement aux colonisés ; (iii) l’extension (après la 1ère guerre mondiale) du réseau sanitaire vers les zones rurales ; (iv) la formation médicale (Dakar) et paramédicale (Ayos) ; (v) la mise sur pied des programmes verticaux mobiles de lutte contre les endémies locales (trypanosomiase, paludisme).  La période post-indépendance, phase des expérimentations axée sur la santé communautaire, avait pour objectif général « d’expérimenter des approches de santé communautaire, susceptibles d’assurer aux populations des soins de santé techniquement valables et en harmonie avec leurs réalités locales. »  La période post-Alma-Ata basée sur les Soins de Santé Primaires adoptée en 1982, caractérisée par la mise en œuvre des Soins de Santé Primaires, avait comme objectif général « d’amener d’ici à l’an 2000, tous les peuples à un niveau de santé, leur permettant de mener une vie socialement et économiquement productive. »  La politique de réforme du secteur santé à travers la réorientation des soins de santé primaires qui se situe dans le cadre d’une approche de la région africaine de l’OMS et qui tient compte des similitudes des systèmes sanitaires globalement en déclin. Elle tient donc compte des recommandations issues de certaines rencontres importantes organisées par les Etats africains au cours desquelles des stratégies concertées ont été développées. Parmi ces rencontres, il convient de citer ici la Conférence de Lusaka (1985), la Conférence interrégionale de l´OMS à Harare (Août 1987), et la Conférence de Bamako (septembre 1987). 1.1.6.2 Réformes récentes et mise en place d’une politique de santé Au Cameroun, les réformes élaborées et rendues publiques en 1989 ont été officiellement adoptées en 1992 par la Déclaration de Politique Sectorielle de Santé et, en 1993, par la Déclaration de mise en œuvre de la « Réorientation des Soins de Santé Primaires ». Dans ce concept, les principes suivants constituent les éléments de base : Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 7  la participation de la communauté dans le but de son auto-responsabilisation vis-à-vis de ses problèmes de santé ;  la mise en évidence du lien étroit entre le développement et la santé ;  le respect des Droits de l’Homme, comme celui d’être informé et celui de l’intégrité de l’individu y compris son libre arbitre. Dans le cadre de ces réformes, le centre de santé est appelé à jouer le rôle d’intermédiaire entre la communauté et les services de santé ; c’est aussi dans les centres de santé que sont dispensés les soins intégrés, continus et globaux. Ces réformes reposent sur :  le financement des activités des Soins de Santé Primaires (SSP) par le biais des contributions communautaires et non communautaires ;  le succès de la mise en œuvre des SSP par la supervision et le Système National d’Information Sanitaire ;  le développement de la participation communautaire par la mise sur pied et le fonctionnement des structures de dialogue et de gestion. La mise en œuvre de ces politiques a conduit à l’élaboration du document de Stratégie Sectorielle de Santé (SSS) adopté en octobre 2001 pour la période 2001-2010, lequel a été plus tard révisé en 2010 pour donner lieu à la stratégie sectorielle de santé 2001-2015. Stratégie sectorielle de santé 2001-2010 Dans le document de Stratégie Sectorielle de Santé, le Gouvernement comptait, à l’horizon 2010 : (i) réduire de 1/3 au moins la charge morbide globale et la mortalité des groupes de populations les plus vulnérables ; (ii) mettre en place, à une heure de marche et pour 90 % de la population, une formation sanitaire délivrant le Paquet Minimum d’Activités (PMA) ; et (iii) pratiquer une gestion efficace et efficiente des ressources dans 90 % des formations sanitaires et services de santé publics et privés à différents niveaux de la pyramide. Pour atteindre ces objectifs, les autorités ont développé un ensemble de huit programmes à travers lesquels elles mènent des actions spécifiques pour améliorer sensiblement la santé des Camerounais. Il s’agit de : (i) la lutte contre la maladie, (ii) la santé de la reproduction, (iii) la promotion de la santé, (iv) les médicaments et consommables médicaux essentiels, (v) le processus gestionnaire, (vi) l’amélioration de l’offre de la santé, (vii) le financement du secteur de la santé et (viii) le développement institutionnel. Le programme « Lutte contre la Maladie » est axé sur : (i) la lutte contre les grandes endémies de santé publique que sont le paludisme, première cause de mortalité et de morbidité pour lequel un programme spécifique a été élaboré, la lèpre, l’onchocercose, la cécité, la trypanosomiase humaine africaine, le ver de Guinée, la schistosomiase ; (ii) la lutte contre certaines maladies chroniques constituant un problème de santé publique au nombre desquels l’hypertension artérielle, le diabète, l’épilepsie, la drépanocytose, le cancer, l’asthme, les affections rhumatismales, la surdité ; (iii) la lutte contre les épidémies, notamment le choléra, la rougeole, la méningite cérébro-spinale, et la prise en charge des urgences dues aux catastrophes et accidents ; et (iv) la lutte contre la tuberculose et les IST/sida pour lesquelles un programme spécifique a été adopté en septembre 2000. Le programme « Santé de la Reproduction » met l’accent sur : (i) la santé de la mère, de l’adolescent et de la personne âgée ; (ii) le programme élargi de vaccination (PEV) axé sur la protection des enfants de 0 à 8 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête 11 mois et de 1 à 5 ans contre des maladies évitables par la vaccination telles que la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, l’hépatite, la fièvre jaune, la poliomyélite, la rougeole ; (iii) la promotion de la Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant (PCIME) notamment les maladies diarrhéiques, les infections respiratoires aiguës, le paludisme, la rougeole et les carences nutritionnelles chez les enfants de moins de 5 ans. Le programme « Promotion de la Santé » concerne surtout : (i) l’information, l’éducation et la communication de santé, éléments nécessaires pour amener les populations à adopter des comportements et styles de vie favorables à leur santé ; (ii) l’alimentation et la nutrition nécessaires pour réduire l’incidence des malnutritions protéino-énergétiques, de l’anémie et de la carence en vitamine A chez les enfants de moins de 5 ans, les adolescents, les femmes enceintes et celles qui allaitent ; et (iii) la santé mentale et le comportement humain. Le programme « Médicaments Réactifs et Dispositifs Médicaux Essentiels » a pour but de développer des stratégies permettant de rendre disponibles dans toutes les structures sanitaires les médicaments essentiels, de préférence sous leur forme générique, les réactifs ainsi que les dispositifs médicaux essentiels de qualité, et d’en faciliter l’accès aux populations. Le programme « Processus Gestionnaire », porte sur l’amélioration de la gestion financière du secteur de la santé, des infrastructures et équipements, des ressources humaines, du système d’information sanitaire, en vue d’améliorer l’offre des soins et services de la santé. Le programme « Amélioration de l’Offre des Soins et Services » porte sur le développement des ressources humaines et des infrastructures et équipements, la réforme hospitalière et sur la définition et des protocoles et normes des soins. Ces différentes actions permettront de : (i) rendre disponibles des ressources humaines tant sur le plan qualitatif que quantitatif pour la mise en œuvre de la politique sanitaire nationale ; (ii) contribuer à l’amélioration de l’offre des services en matière de santé pour toutes les couches de la population camerounaise ; et (iii) contribuer à l’amélioration de la qualité des soins et de la prise en charge des malades dans le réseau hospitalier. Le programme « Financement de la Santé » consiste à : (i) mettre en place un système tarifaire par protocole de soins, permettant d’assurer l’accessibilité sur le plan financier de toutes les couches de la population, en particulier des plus pauvres, aux soins de santé ; (ii) augmenter le financement public de la santé et sa liquidité ; et (iii) encourager la promotion du partage du risque maladie dans le financement de la santé par l’intermédiaire notamment de la création par les communautés d’une mutuelle de santé au niveau de chaque district de santé. Le programme « Développement Institutionnel », axé sur le renforcement des capacités institutionnelles et le développement du partenariat, vise à définir le rôle des différents acteurs qui interviennent dans le système de santé et de recentrer le rôle de coordination que doit jouer le Ministère de la Santé Publique pour le succès de la mise en œuvre de la stratégie. Stratégie sectorielle de santé 2001-2015 Le passage en 2010 de la stratégie sectorielle de santé 2001-2010 à celle 2001-2015 a permis de l’arrimer à l’échéance des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), et de l’aligner sur les axes du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi qui résulte de la révision du DSRP. La stratégie sectorielle de santé 2001-2015 matérialise à ce titre l’un des engagements majeurs pris par le Gouvernement et ses Partenaires, à Kribi le 05 mai 2005, à savoir évoluer vers la mise en place d’un nouveau mécanisme de gestion du secteur de la santé : l’Approche Sectorielle connue sous l’acronyme anglais SWAP. Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 9 L’amélioration de l’état de santé des populations demeure plus que jamais un objectif de développement social et de croissance économique. C’est pourquoi la SSS actualisée 2001-2015 reflète clairement la volonté des autorités camerounaises, de garantir de manière pérenne, l’accès universel aux services et aux soins de santé de qualité, à travers l’amélioration de leur offre et du financement de leur demande. De manière plus concrète, elle vise les cinq objectifs spécifiques ci-après :  amener 80 % des 178 districts de santé existants à achever au moins la phase de consolidation du processus de viabilisation d’un district de santé ;  amener 100 % des structures de santé des niveaux stratégique et intermédiaire à jouer leur rôle d’appui et d’orientation recours ;  réduire de 1/3 la charge morbide chez les pauvres et les populations les plus vulnérables ;  réduire de 2/3 la mortalité des enfants de moins de 5 ans ;  réduire de 2/5 la mortalité maternelle. Pour atteindre ces objectifs spécifiques, cinq axes stratégiques ont été retenus : (i) le renforcement du système de santé ; (ii) la vulgarisation de la mise en œuvre du Paquet Minimum d’Activités (PMA) et du Paquet Complémentaire d’Activités (PCA) dans le district de santé ; (iii) le développement d’un système d’orientation-recours opérationnel ; d) le renforcement du partenariat dans le secteur ; et e) la stimulation de la demande. Les deux caractéristiques fondamentales suivantes permettent de se faire une idée de cette stratégie sectorielle. Premièrement, elle met l’accent sur le renforcement du système de santé en matière de ressources humaines, infrastructures, de chaîne d’approvisionnement en différents intrants, des informations sanitaires et de financement de la santé, y compris le soutien de la demande en santé, selon une approche intégrée, soutenue par une forte incitation à la gouvernance et à la décentralisation. Cette orientation est soutenue par les réflexions en cours au sein de la Communauté sanitaire internationale, sur la nécessité de développer autant que possible, les synergies potentielles entre les systèmes de santé et les « Initiatives Mondiales pour la Santé », en vue d’améliorer les résultats sanitaires et la rationalité économique. Deuxièmement, cette stratégie innove en mettant en relation étroite le renforcement du système de santé et les prestations des soins et services de santé de qualité, assortis d’un accent particulier sur le suivi-évaluation afin de suivre de manière continue les résultats obtenus. 1.2. PRÉSENTATION DE L'ENQUÊTE 1.2.1 Organisation de l’enquête L’Enquête Démographique et de Santé (EDS) et l’Enquête par grappe à Indicateurs Multiples (MICS) font partie respectivement du programme international des Enquêtes Démographiques et de Santé (Demographic and Health Surveys, DHS) géré par ICF International, Calverton, Maryland, USA, et du Programme International des Enquêtes à Indicateurs Multiples de l’UNICEF. Ces deux enquêtes sont inscrites dans le Programme Statistique Minimum (PSM) et la Stratégie Nationale de Développement de la Statistique (SNDS) du Cameroun avec une périodicité de 5 ans pour l’EDS et 3 ans pour la MICS. La MICS produit principalement des indicateurs du plan d’action "Un Monde Digne des Enfants". Ces deux opérations ont en commun beaucoup d’indicateurs et devaient en principe être renouvelées en 2009. C’est pour cette raison que la quatrième EDS du Cameroun et la quatrième génération de MICS ont été couplées en une seule opération 10 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête dénommée EDS-MICS. Du fait de quelques lourdeurs administratives liées aux procédures des différents partenaires techniques et financiers, cette enquête a finalement été réalisée sur le terrain en 2011. L’EDS-MICS 2011 a été réalisée par l’Institut National de la Statistique (INS), en collaboration avec le Ministère de la Santé publique. Le programme DHS d’ICF International a fourni l’assistance technique. D’autres institutions ont également apporté leur expertise à la réalisation de cette opération, en particulier le Centre Pasteur du Cameroun (CPC) pour la réalisation des tests du VIH. Le financement de l’EDS-MICS 2011 a été assuré par l’UNFPA, l’UNICEF, la Banque Mondiale par l’intermédiaire des fonds du projet PAISS/MINSANTE et par l’USAID. En outre, le gouvernement du Cameroun a apporté sa contribution par la mise à disposition des cadres techniques, de la logistique et des financements venant des budgets du MINSANTE, du MINEPAT et de l’INS. 1.2.2 Objectifs L’EDS-MICS 2011 du Cameroun, réalisée sur un échantillon représentatif de ménages, de femmes de 15-49 ans et d’hommes de 15-59 ans, vise à atteindre un certain nombre d’objectifs dont les principaux sont :  recueillir des données à l'échelle nationale permettant de calculer des taux démographiques essentiels, plus particulièrement les taux de fécondité et de mortalité infantile et infanto-juvénile ;  analyser les facteurs directs et indirects qui déterminent le niveau et la tendance de la fécondité et de la mortalité des enfants ;  mesurer les niveaux de connaissance et de pratique contraceptive des femmes par méthode ;  recueillir des données sur la santé de la mère et de l’enfant : vaccination, prévalence et traitement de la diarrhée et d'autres maladies chez les enfants de moins de cinq ans, visites prénatales et assistance à l'accouchement ;  recueillir des données sur la prévention et sur le traitement du paludisme, en particulier la possession et l’utilisation de moustiquaires, la prévention du paludisme chez les femmes enceintes, le traitement des enfants atteints de fièvre et/ou de convulsions ;  recueillir des données sur les pratiques nutritionnelles des enfants, y compris l’allaitement, et prendre des mesures anthropométriques pour évaluer l’état nutritionnel des femmes et des enfants ;  recueillir des données sur les handicaps ;  recueillir des données sur les dépenses de santé ;  recueillir des données sur la connaissance et les attitudes des femmes et des hommes au sujet des IST et du sida et sur leur comportement sexuel ;  recueillir des données permettant d’estimer, à l’échelle nationale, le niveau de la mortalité adulte et de la mortalité maternelle ;  recueillir des données sur la violence domestique ;  effectuer des prélèvements de sang pour le dépistage du VIH auprès des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans ;  effectuer des tests sanguins auprès des femmes et des enfants de moins de 5 ans afin d’estimer la prévalence de l’anémie ; Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 11  effectuer des tests sanguins auprès des enfants de moins de 5 ans afin d’estimer la prévalence du paludisme. Les informations collectées au cours de l’EDS-MICS 2011 permettent de mettre à jour des indicateurs de base sur la situation démographique et sanitaire estimés lors des précédentes EDS de 1991, 1998 et 2004 et des précédentes MICS de 2000 et 2006. Ces données vont aussi faciliter le suivi et l’évaluation des programmes de lutte contre le VIH/sida, du paludisme et ceux concernant spécifiquement la santé maternelle et infantile et le bien-être familial. Par ailleurs, les données ayant été collectées selon une méthodologie similaire à celle utilisée dans les opérations précédentes et dans de nombreux autres pays ayant participé au programme DHS, elles font partie de ce fait, d’une base de données utilisables et comparables avec les périodes antérieures et au niveau international. 1.2.3 Échantillonnage L’EDS-MICS 2011 vise la population des individus qui résident dans les ménages ordinaires de l’ensemble du pays. Un échantillon national de 15 050 ménages a été sélectionné. L’échantillon est stratifié de façon à fournir une représentation adéquate des milieux urbain et rural ainsi que des 12 domaines d’étude, correspondant aux 10 régions administratives et aux villes de Yaoundé et Douala, pour lesquels on dispose d’une estimation pour tous les indicateurs clés4. Il s’agit d’un échantillon aréolaire stratifié et tiré à deux degrés. Au premier degré, des grappes ou Zones de Dénombrement (ZD) ont été tirées sur l’ensemble du territoire national à partir de la liste des ZD établie pour le troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 2005. Globalement, 580 grappes, dont 291 en milieu urbain et 289 en milieu rural, ont été sélectionnées en procédant à un tirage systématique avec probabilité proportionnelle à la taille, celle-ci correspondant au nombre de ménages de la ZD. Un dénombrement des ménages dans chacune de ces grappes a fourni une liste des ménages à partir de laquelle a été tiré au second degré un échantillon de ménages avec un tirage systématique à probabilité égale. Toutes les femmes de 15-49 ans vivant habituellement dans les ménages sélectionnés, ou présentes la nuit précédant l’enquête, étaient éligibles pour être enquêtées. De plus, dans un sous-échantillon d’un ménage sur deux (voir Figure 1), un échantillon d’environ 7 500 hommes de 15-59 ans ont également été enquêtés. Dans ce sous-échantillon, toutes les femmes et tous les hommes éligibles pour l’enquête individuelle étaient aussi éligibles pour le test du VIH. Par ailleurs, dans le sous-échantillon de ménages non sélectionnés pour l’enquête homme, on a réalisé un test d’hémoglobine pour estimer la prévalence de l’anémie auprès de toutes les femmes et de tous les enfants de 6-59 mois identifiés dans les ménages. Dans ce même sous-échantillon, toutes les femmes ainsi que tous les enfants de moins de cinq ans étaient éligibles pour être mesurés et pesés afin d’évaluer leur état nutritionnel. Enfin, dans ce sous échantillon, les enfants de 6-59 mois étaient également éligibles pour un test du paludisme. Le tableau 1.2 récapitule les résultats de la collecte. Il apparaît que sur les 580 grappes sélectionnées dans le cadre de l’EDS-MICS 2011, 578 ont pu être enquêtées, deux étant inaccessibles. Au total, 15 050 ménages ont été sélectionnés et, parmi eux, 14 354 ont été identifiés et étaient présents au moment de l’enquête. Parmi ces 14 354 ménages, 14 214 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 99 %. À l’intérieur des 14 214 ménages enquêtés, 15 852 femmes de 15-49 ans ont été identifiées comme étant éligibles pour l’enquête individuelle et pour 15 426 d’entre elles, l’interview a pu être menée avec succès. Le 4 Étant donné que, dans ce rapport, les villes de Yaoundé et de Douala constituent deux domaines d’études indépendants, les résultats concernant la région du Centre excluent la ville de Yaoundé et ceux de la région du Littoral excluent la ville de Douala. Par ailleurs, pour les besoins de l’analyse, le milieu urbain est décomposé en deux domaines : les deux capitales (Yaoundé et Douala) et le reste du milieu urbain, ou « autres villes ». 12 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête taux de réponse s’établit donc à 97 % pour les interviews auprès des femmes. L’enquête homme a été réalisée dans un ménage sur deux. Au total 7 525 hommes de 15-59 ans ont été identifiés dans les ménages de l’échantillon. Parmi ces hommes devant être interviewés individuellement, 7 191 ont été enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 96 %. Tableau 1.2 Résultats des interviews Ménages et Individuelles Effectif de ménages, nombre d'interviews et taux de réponse par milieu de résidence (non pondéré), Cameroun 2011 Résultat Milieu de résidence Total Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Interviews Ménages Ménages sélectionnés 2 554 4 572 7 126 7 924 15 050 Ménages occupés 2 448 4 355 6 803 7 551 14 354 Ménages interviewés 2 394 4 317 6 711 7 503 14 214 Taux de réponse des ménages1 97,8 99,1 98,6 99,4 99,0 Interviews des femmes de 15-49 ans Effectif de femmes éligibles 2 963 5 066 8 029 7 823 15 852 Effectif de femmes éligibles interviewées 2 811 4 961 7 772 7 654 15 426 Taux de réponse des femmes éligibles2 94,9 97,9 96,8 97,8 97,3 Interviews des hommes de 15-59 Effectif d'hommes éligibles 1 420 2 410 3 830 3 695 7 525 Effectif d'hommes éligibles interviewés 1 291 2 335 3 626 3 565 7 191 Taux de réponse des hommes éligibles2 90,9 96,9 94,7 96,5 95,6 1 Ménages enquêtés/ménages occupés 2 Enquêtés interviewés/enquêtés éligibles Que ce soit pour l’enquête ménage ou les enquêtes individuelles, les taux de réponse sont toujours plus faibles en milieu urbain et en particulier à Yaoundé et Douala qu’en milieu rural. Cependant, quel que soit le milieu de résidence, les taux de réponse des ménages, des femmes et des hommes sont nettement supérieurs à ceux utilisés dans la conception du plan de sondage, ce qui dénote la bonne qualité des opérations de collecte. 1.2.4 Questionnaires Trois questionnaires ont été utilisés au cours de l’enquête : le questionnaire ménage, le questionnaire femme et le questionnaire homme. Le contenu de ces documents est basé sur les questionnaires modèles développés par le programme DHS, auxquels ont été rajoutés d’autres modules développés par DHS et par l’UNICEF dans le cadre des MICS. Des réunions regroupant des experts représentant le Gouvernement et les partenaires techniques et financiers ont été organisées pour définir les objectifs spécifiques de l’enquête. À l’issue de ces réunions, les questionnaires de base ont été adaptés pour tenir compte des besoins des utilisateurs et refléter les problèmes pertinents qui se posent en termes de population, de santé, de planification familiale, de VIH/sida et dans d’autres domaines de santé spécifiques, comme le paludisme. La figure 1 présente les différents questionnaires et leur contenu ainsi que les populations ou sous-populations auxquelles ils s’appliquent. Le questionnaire ménage permet d’enregistrer tous les membres du ménage avec certaines de leurs caractéristiques : lien de parenté avec le chef de ménage, sexe, âge, situation de résidence, niveau d’instruction, etc. Le but premier du questionnaire ménage est de fournir les informations permettant de déterminer les populations de référence pour le calcul des taux démographiques (mortalité, natalité, fécondité), et d’identifier les femmes et les hommes éligibles pour être interviewés individuellement. Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 13 Figure 1.1 Organisation de l'EDS-MICS 2011 Le questionnaire ménage contient également des informations relatives aux conditions de vie du ménage et à la mortalité générale. En outre différents modules ont été rajoutés dans la moitié des ménages (voir Figure 1). Il s’agit de :  Protection contre les moustiques ;  Handicaps ;  Travail des enfants ;  Dépenses de santé. ENQUÊTE MÉNAGE 100% des ménages 1- Caractéristiques des membres du ménage 2- Mortalité 3- Caractéristiques du logement 50% des ménages 50% des ménages 4- Protection contre moustiques 8- Handicap 5- Travail des enfants 9- Dépenses de santé 6&7- Poids et taille: femmes et enfants 10- Test VIH: femmes et hommes Test anémie: femmes et enfants Test paludisme enfants ENQUÊTE FEMME 100% des ménages 1- Caractéristiques 2- Reproduction 3- Contraception 4- Grossesse et soins postnatals 4+- Fistule 5- Santé des enfants - Nutrition 6- Mariage et activité sexuelle 7- Préférences 8- Caractéristiques du conjoint et travail 9- Mortalité maternelle ENQUÊTE FEMME ENQUÊTE FEMME 50% des ménages 50% des ménages 10- Développement et éveil de l’enfant 12- Sida et autres IST 11- Relations dans le ménage 13- Autres problèmes de santé 14- Participation au développement ENQUÊTE HOMME 1- Caractéristiques 2- Fécondité 3- Contraception 4- Mariage et activité sexuelle 5- Préférences 6- Emploi 7- Sida et autres IST 8- Autres problèmes de santé 9- Relations dans le ménage 14 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête Enfin le questionnaire ménage a également été utilisé pour enregistrer les résultats des mesures anthropométriques (poids et taille), des tests d’hémoglobine (pour l’anémie) et de paludisme, et des prélèvements sanguins effectués pour le test du VIH. Le questionnaire individuel femme est utilisé pour enregistrer les informations concernant les femmes éligibles, c’est-à-dire les femmes de 15-49 ans. Il comprend les sections suivantes :  Caractéristiques sociodémographiques de l’enquêtée ;  Reproduction (historique des naissances et mortalité des enfants) ;  Contraception (Connaissance et utilisation des méthodes contraceptives) ;  Grossesse et soins postnatals ;  Vaccination, santé et nutrition des enfants ;  Fistule obstétricale ;  Mariage et activité sexuelle ;  Préférences en matière de fécondité ;  Caractéristiques du conjoint et activité économique de la femme ;  Mortalité maternelle. En outre, les modules suivants ont été rajoutés dans la moitié des ménages (Figure 1) :  Développement et éveil de l’enfant ;  Relations dans le ménage ;  VIH/sida et autres infections sexuellement transmissibles (connaissances et attitudes) ;  Autres problèmes de santé ;  Participation au développement. Le questionnaire individuel homme est complètement indépendant du questionnaire individuel femme, mais la plupart des questions posées aux hommes de 15-59 ans sont identiques à celles posées aux femmes de 15-49 ans. Le questionnaire comprend les sections suivantes :  Caractéristiques sociodémographiques de l’enquêté ;  Reproduction ;  Contraception ;  Mariage et activité sexuelle ;  Préférences en matière de fécondité ;  Emploi et rôle des sexes ;  Relations dans le ménage ;  VIH/sida et autres infections sexuellement transmissibles (connaissances et attitudes) ;  Autres problèmes de santé. 1.2.5 Tests d’hémoglobine, du paludisme et du VIH Dans un ménage sur deux, les femmes de 15-49 ans et les hommes de 15-59 ans étaient éligibles pour le test du VIH. Dans l’autre moitié des ménages, les femmes et les enfants de 6-59 mois étaient éligibles pour le test d’hémoglobine. En outre, dans ce même sous-échantillon, les enfants de 6-59 mois étaient éligibles pour le test du paludisme. Les protocoles pour les tests d’hémoglobine, du VIH et du paludisme ont été approuvés par le Comité National d’Éthique du Cameroun et par le Comité d’Éthique (Institutional Review Board) d’ICF International. Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête • 15 Test d’hémoglobine Le test d’hémoglobine est la principale méthode pour diagnostiquer l’anémie ; ce test est effectué en utilisant le système HemoCue. Après obtention du consentement éclairé, l’enquêteur piquait le bout du doigt avec une lancette rétractable, stérile et non réutilisable. Une goutte de sang était récupérée dans une micro cuvette et ensuite introduite dans le photomètre HemoCue qui indiquait le niveau d’hémoglobine. Ce résultat, enregistré dans le questionnaire ménage, était communiqué à la personne testée, ou au parent/adulte responsable de l’enfant, en lui expliquant la signification du résultat. Si la personne présentait une anémie sévère (un niveau d’hémoglobine <7 g/dl), l’enquêteur lui fournissait une fiche de référence pour rechercher des soins auprès d’un service de santé. Test du paludisme Le paludisme, est une maladie infectieuse due à un parasite du genre Plasmodium, propagée par la piqûre d’un moustique femelle du genre Anophèle. Les prélèvements de sang ont été effectués auprès de tous les enfants de 6-59 mois des ménages sélectionnés, pour lesquels les parents ou adultes responsables avaient donné leur consentement éclairé. Le test de paludisme consistait en un test de diagnostic rapide (TDR), plus précisément le SD Bioline Malaria Antigen Pf/Pan. Après obtention du consentement éclairé, l’enquêteur collectait une goutte de sang (généralement de la même piqûre faite pour le test d’hémoglobine) sur la bandelette du TDR. Le résultat du test était disponible au bout de 15 minutes et était communiqué immédiatement aux parents ou personnes responsables de l’enfant après avoir été enregistré dans le questionnaire ménage. Un traitement (Combinaison Thérapeutique d'Artémisinine, ou CTA, à base d’Artésunate et d’Amodiaquine) était alors offert aux parents des enfants positifs au TDR. Test du VIH Le test du VIH a été effectué dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête homme. Les prélèvements de sang ont été réalisés auprès de tous les hommes et de toutes les femmes éligibles de ces ménages qui acceptaient volontairement de se soumettre au test. Le protocole pour dépister le VIH est basé sur le protocole anonyme-lié développé par le programme DHS. Selon ce protocole, aucun nom ou autre caractéristique individuelle ou géographique permettant d’identifier un individu ne peut être lié à l’échantillon de sang. Étant donné que les tests du VIH sont strictement anonymes, il n’est pas possible d’informer les enquêtés des résultats de leur test. Par contre, au moment de la collecte, on a remis aux personnes éligibles, qu’elles aient accepté ou non d’être testées pour le VIH, une carte de conseils/dépistage pour obtenir, si elles le souhaitaient, des conseils et un test gratuit auprès des établissements de santé offrant ces services. Après obtention du consentement éclairé, l’enquêteur prélevait des gouttes de sang capillaire sur un papier filtre. Une étiquette contenant un code à barres était alors collée sur le papier filtre. On a ensuite collé une deuxième étiquette avec le même code à barres sur le questionnaire ménage, sur la ligne correspondant à la personne éligible. Les gouttes de sang sur papier filtre étaient séchées pendant 24 heures dans une boîte de séchage contenant des dessicatifs pour absorber l’humidité. Le lendemain, chaque échantillon séché était placé dans un petit sac en plastique imperméable et à fermeture hermétique. Les sacs en plastique individuels ont été ainsi conservés jusqu’à leur acheminement à la coordination de l’enquête à l’INS à Yaoundé pour enregistrement, vérification et transfert au Centre Pasteur du Cameroun (CPC). Le CPC enregistrait à son tour les prélèvements avant de les stocker à basse température. Lorsque la saisie des questionnaires a été terminée à l’INS, le fichier de données de l’enquête a été vérifié, apuré, et les coefficients de pondération ont été appliqués. Après avoir vérifié que le fichier de données 16 • Caractéristiques du pays et présentation de l’enquête était dans son format final, les résultats présentés ici ont été générés et tous les identifiants permettant de retrouver un individu (plus précisément les numéros de ménage et de grappe) ont été brouillés et remplacés par des numéros générés aléatoirement. Tous les identifiants originaux ont été détruits du fichier de données. Par ailleurs, les couvertures des questionnaires contenant ces identifiants ont également été détruites. Ce n’est qu’à ce stade que le CPC a été autorisé à commencer l’analyse des prélèvements de sang. Lorsqu’on a disposé du fichier du CPC contenant le résultat de chaque test, ces résultats ont été « liés » aux données des interviews en utilisant les codes à barres pour permettre l’analyse détaillée de la prévalence du VIH selon les caractéristiques des individus. Cependant, s’il est possible de retrouver les caractéristiques de chaque individu, les informations d’identification ayant été brouillées dans le fichier de données, il n’est plus possible d’identifier et de localiser ces individus. Les données restent donc anonymes. 1.2.6 Formation et collecte des données Toutes les procédures de collecte de données ont été pré-testées. Une quarantaine d’agents ont été recrutés et formés pendant trois semaines (du 5 au 28 octobre 2009) sur le remplissage des questionnaires et les procédures de tests. La formation a comporté une phase théorique et une phase pratique en salle. Les activités de terrain du pré-test se sont déroulées dans deux zones de Yaoundé et deux zones rurales en dehors de l’échantillon. Le taux élevé d’acceptation des prélèvements sanguins au cours du pré-test a montré que la réalisation des tests pendant l’enquête proprement dite était possible. Les leçons tirées de ce pré-test ont été valorisées dans la finalisation des instruments et de la logistique de l’enquête. Pour l’enquête principale, l’INS a recruté 163 candidats, ayant au moins le baccalauréat ou le niveau d’infirmier diplômé d’état, qui ont tous reçu une formation complète sur tous les volets de l’enquête du 15 décembre 2010 au 20 janvier 2011. Tous les agents ont bénéficié de la formation sur le remplissage des questionnaires et les prélèvements sanguins. La formation des enquêteurs a duré six semaines et a comporté également une phase pratique dans des établissements sanitaires et dans des quartiers de Yaoundé hors échantillon. À l’issue d’un test pratique, les meilleurs agents ont été retenus pour constituer 20 équipes de six personnes. Chaque équipe était composée d’un chef d’équipe, d’une contrôleuse, de trois enquêtrices et d’un enquêteur. Chacune des 20 équipes a été placée sous la responsabilité d’un superviseur ayant une expérience en matière de collecte de données. Les contrôleuses et les chefs d’équipes ont reçu une formation complémentaire axée sur le contrôle technique, l’organisation et la logistique, le contact avec les autorités et les populations. La collecte de données a démarré le 24 janvier 2011 à Yaoundé. Ce domaine d’enquête a été totalement couvert avant le déploiement des équipes dans les autres régions. Cette approche a permis d’assurer un suivi rapproché des équipes, qui ont été déployées dans leurs zones respectives de travail, en fonction de leurs connaissances linguistiques. La collecte s’est achevée au mois d’août 2011. 1.2.7 Traitement des données Les données de l’enquête ont été saisies au fur et à mesure de la collecte au moyen du logiciel CSPro. Un programme de contrôle de qualité a permis de détecter pour chaque équipe et même, le cas échéant, pour chaque agent enquêteur/enquêtrice, les principales erreurs de collecte. Ces informations étaient communiquées aux équipes de terrain lors des missions de supervision afin d'améliorer la qualité des données. La saisie des données a commencé dès février 2012 ; la vérification de la cohérence interne des données saisies a été réalisée en août et septembre 2011. Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 17 CARACTÉRISTIQUES DES LOGEMENTS ET DE LA POPULATION DES MÉNAGES 2 Guy NDEFFO, Anaclet Désiré DZOSSA et Azer NANTCHOUANG e chapitre porte sur l’analyse des résultats concernant certaines caractéristiques des logements ainsi que les biens durables possédés par les ménages. Y sont également présentées les caractéristiques sociodémographiques de la population des ménages telles que la structure par âge et sexe, le taux de fréquentation scolaire et le niveau d’instruction. La connaissance de ces caractéristiques socio-économiques et environnementales est importante parce qu’elles constituent les déterminants de l’état de santé de la population et de ses conditions de vie. 2.1 CONDITIONS DE VIE Au cours de l’enquête ménage, on s’est intéressé à certaines caractéristiques de l’habitat à savoir la source d'approvisionnement en eau de boisson, le type de toilettes utilisées par le ménage, l’accès à l’électricité, le matériau de revêtement du sol, le nombre de pièces du logement et le type de combustible utilisé pour la cuisine. On a également recueilli des informations sur la possession d’un certain nombre d’équipements modernes (radio, télévision, téléphone, réfrigérateur, cuisinière, etc.) et de moyens de transport (bicyclette, motocyclette, véhicule), sur la sécurité du logement et la précarité de l’habitat. Ces informations permettent d’évaluer les conditions de vie de la population des ménages ainsi que le niveau de bien-être socio- économique des ménages. C Principaux résultats  La proportion des ménages utilisant de l’eau de boisson salubre (provenant d’une source améliorée) est passée de 53 % en 2004 à 71 % en 2011. Cette proportion est plus élevée en milieu urbain (91 %) qu’en milieu rural (50 %).  L’accès à des installations sanitaires améliorées, qui est un Objectif du Millénaire pour le Développement, reste limité au Cameroun : globalement, 41 % de ménages (67 % en milieu rural et 15 % en milieu urbain) ne disposent pas de toilettes améliorées.  En dépit des progrès accomplis au fil des années, 46 % des ménages (81 % en milieu rural et 12 % en milieu urbain) ne disposent toujours pas d’électricité.  Dans l’ensemble, 85 % des ménages (97 % en milieu rural et 72 % en urbain) vivent dans un logement précaire.  Un chef de ménage sur quatre (26 %) est de sexe féminin, et un ménage compte en moyenne 5,0 personnes.  Parmi les personnes de 6 ans ou plus, 26 % de femmes et 15 % d’hommes n’ont aucun niveau d’instruction.  Le taux net de fréquentation scolaire pour le primaire chez les 6-11 ans est de 79 % : il est plus élevé chez les garçons (81 %) que chez les filles (76 %) et en milieu urbain (87 %) qu’en milieu rural (72 %). 18 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages 2.1.1 Caractéristiques de l’habitat Eau de boisson La connaissance de la source d’approvisionnement en eau de boisson donne une indication sur la salubrité de l’eau consommée par le ménage. Les sources d’approvisionnement en eau considérées comme adéquates sont listées au tableau 2.1 sous la catégorie « source améliorée », et les sources qui peuvent ne pas être de qualité adéquate figurent sous la catégorie « source non améliorée ». La classification des sources d’approvisionnement en source « améliorée » et « non améliorée » est celle proposée par le Programme commun OMS/UNICEF de surveillance de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement (www.wssinfo.org/definitions-methods/watsan-categories/). Les résultats du tableau 2.1 montrent qu’au niveau national, 71 % de ménages consomment de l’eau provenant d’une source améliorée : 27 % utilisent de l’eau provenant d’une borne fontaine, 15 % ont un robinet à domicile, 16 % s’approvisionnent à des puits à pompe/forage et 7 % à des puits protégés et 5 % à une source d’eau protégée. En 1991, selon l’EDSC-I, seulement 42 % des ménages avaient accès à de l’eau provenant d’une source améliorée. Cette proportion est passée à 45 % en 1998 (EDSC-II), à 53 % en 2004 (EDSC-III) pour atteindre 71 % en 2011. Dans 19 % des cas, l’eau consommée par les ménages provient de puits non protégés ou d’une source non protégée ; en outre, bien que l’eau de surface (fleuve, rivière, marigot, ruisseau, lac, étang, etc.) soit impropre à la consommation, on note qu’environ un ménage sur dix (9 %) l’utilise comme eau de boisson. La principale source d’approvisionnement en eau de boisson varie fortement selon le milieu de résidence. En milieu urbain, neuf ménages sur dix (91 %) utilisent une source d’eau améliorée (27 % de robinet à domicile, 40 % de borne fontaine et 13 % de puits à pompe). Par contre, en milieu rural, la moitié des ménages utilisent pour boire de l’eau provenant d’un puits non protégé (16 %), d’une source non protégée (17 %), ou de l’eau de surface (17 %). Ces résultats montrent que 9 % des ménages urbains et 50 % des ménages ruraux s’approvisionnent en eau de boisson auprès de sources non améliorées et sont donc exposés à toutes les maladies liées à l'eau de mauvaise qualité. On note également au tableau 2.1 que seulement 19 % des ménages disposent d’eau sur place. La proportion de ménages s’approvisionnant en eau de boisson sur place est beaucoup plus élevée en milieu urbain (31 %) qu’en milieu rural (7 %). Dans un peu plus d’un ménage sur deux (54 %), la personne en charge d’approvisionner le ménage en eau de boisson consacre moins de 30 minutes à cette tâche et pour plus d’un quart des ménages, il faut 30 minutes ou plus pour aller chercher de l’eau, la collecter et la ramener : cette proportion est nettement plus élevée en milieu rural (35 %) qu’en milieu urbain (18 %). Les résultats sur le traitement de l’eau montrent que dans près de neuf ménages sur dix (87 %), l’eau de boisson n’est pas traitée. En milieu rural, 91 % des ménages ne traitent pas l’eau de boisson contre 83 % en milieu urbain. C’est à Yaoundé/Douala que ce pourcentage est le plus faible (76 %). Un peu plus d’un ménage sur dix (12 %) utilise une méthode de traitement approprié de l’eau de boisson, à savoir essentiellement l’ébullition, le filtrage à l’aide d’un linge ou d’un filtre et surtout l’ajout de chlore, utilisé par 6 % des ménages. Les ménages de Yaoundé/Douala (22 %) sont ceux qui utilisent le plus fréquemment une méthode appropriée de traitement de l’eau de boisson. Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 19 Tableau 2.1 Eau de boisson utilisée par les ménages Répartition (en %) des ménages et de la population de droit par la source d’approvisionnement en eau de boisson, temps pour s'approvisionner en eau et par le moyen utilisé pour traiter l'eau, selon le milieu de résidence, Cameroun 2011 Caractéristique Ménages Population Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Source d'approvisionnement en eau de boisson Source améliorée 98,6 85,9 91,1 49,6 70,8 98,5 84,3 89,7 49,6 68,6 Robinet dans logement/concession 32,0 22,7 26,5 2,4 14,7 32,5 21,4 25,6 2,3 13,3 Robinet public/fontaine 41,0 39,9 40,3 12,4 26,6 41,0 38,7 39,5 11,9 25,0 Puits à pompe/forage 16,9 10,7 13,2 18,9 16,0 17,1 11,3 13,5 19,6 16,7 Puits protégé 1,5 5,2 3,7 10,3 6,9 1,7 6,0 4,4 10,3 7,5 Source d'eau protégée 3,8 6,8 5,5 5,3 5,4 4,5 6,6 5,8 5,3 5,5 Eau de pluie 0,0 0,1 0,0 0,2 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 Eau en bouteille 3,5 0,5 1,7 0,1 0,9 1,7 0,3 0,8 0,0 0,4 Source non améliorée 0,9 11,9 7,4 50,1 28,4 1,1 13,2 8,6 50,1 30,5 Puits non protégée 0,1 4,0 2,4 16,3 9,2 0,1 4,8 3,0 18,0 10,9 Source d'eau non protégée 0,8 5,1 3,3 16,7 9,9 1,0 5,1 3,5 15,0 9,6 Camion-citerne/charrette avec petite citerne 0,0 0,9 0,6 0,2 0,4 0,0 1,1 0,7 0,2 0,4 Eau de surface 0,0 2,0 1,2 16,9 8,9 0,0 2,2 1,4 17,0 9,6 Autre 0,5 2,2 1,5 0,2 0,9 0,5 2,5 1,7 0,3 0,9 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Pourcentage utilisant l'eau de boisson provenant d'une source améliorée 98,6 85,9 91,1 49,6 70,8 98,5 84,3 89,7 49,6 68,6 Temps de trajet pour s'approvisionner en eau de boisson Eau sur place 36,5 26,5 30,6 6,6 18,8 35,9 25,3 29,3 6,6 17,4 Moins de 30 minutes 50,2 49,5 49,8 57,6 53,6 50,5 49,2 49,7 57,4 53,7 30 minutes ou plus 12,4 22,2 18,2 35,1 26,5 12,8 23,5 19,5 35,3 27,8 NSP/manquant 0,9 1,8 1,4 0,7 1,1 0,8 2,0 1,6 0,7 1,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Moyen de traitement de l'eau1 Ébullition 1,3 1,9 1,7 1,8 1,7 1,2 1,5 1,4 1,6 1,5 Ajout d'eau de Javel/chlore 5,0 7,0 6,2 5,9 6,1 4,5 7,4 6,3 6,6 6,5 Passée à travers un linge 6,8 1,4 3,6 1,0 2,3 6,9 1,1 3,3 1,0 2,1 Céramique, sable ou autre filtre 9,2 2,0 4,9 0,4 2,7 9,8 1,7 4,8 0,4 2,5 Désinfection solaire 0,4 0,1 0,2 0,1 0,1 0,4 0,0 0,2 0,1 0,1 Autre 3,2 0,8 1,8 0,9 1,4 3,1 0,7 1,6 0,8 1,2 Aucun traitement 75,7 87,8 82,9 90,5 86,6 75,8 88,4 83,7 90,0 87,0 Pourcentage utilisant une méthode de traitement appropriée2 21,7 11,6 15,7 8,7 12,3 21,8 11,1 15,1 9,4 12,1 Effectif 2 953 4 291 7 244 6 970 14 214 12 659 20 904 33 563 37 319 70 882 1 Les enquêtés pouvant déclarer plusieurs types de traitement, la somme des pourcentages peut excéder 100 %. 2 Les méthodes appropriées pour le traitement de l'eau comprennent l'ébullition, l'ajout de chlore, l'utilisation d'un linge pour passer l'eau, le filtrage et la désinfection solaire. Lieux d’aisances/toilettes Le tableau 2.2 présente la proportion de ménages et de la population des ménages ayant accès à des installations d’assainissement améliorées. Comme pour l’eau de boisson, les types de lieux d’aisances utilisés sont classés en « améliorés » ou non, selon la classification du Programme commun OMS/UNICEF de surveillance de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement. 20 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages Environ un ménage sur trois (36 %) utilise des toilettes améliorées non partagées, essentiellement des fosses d’aisances avec dalle (25 %) et des toilettes avec chasse d’eau (10 %). Par ailleurs, 23 % des ménages utilisent des toilettes qui pourraient être considérées comme améliorées si elles n’étaient pas partagées avec d’autres ménages. Enfin, 33 % utilisent des fosses d’aisances sans dalle ou des trous ouverts et 7 % ne disposent d’aucun type de toilettes. Globalement, 41 % des ménages ne disposent pas de toilettes améliorées : cette proportion était de 70 % en 1998 (EDSC-II) et 64 % en 2000 (EDSC-III). Les différences entre les milieux de résidence sont très marquées : 54 % des ménages ruraux ne disposent que de fosses d’aisances sans dalle ou de trous ouverts et 13 % ne disposent pas de toilettes, alors que 47 % des ménages urbains ont des toilettes améliorées non partagées (18 % avec chasse d’eau). Tableau 2.2 Type de toilettes utilisées par les ménages Répartition (en %) des ménages et de la population de droit par type de toilettes, selon le milieu de résidence, Cameroun 2011 Type de toilettes Ménages Population Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Toilettes améliorées, non partagées 47,7 47,0 47,3 24,0 35,9 56,2 549 55,4 26,1 39,9 Chasse d'eau/chasse manuelle connectée à un système d'égout 1,7 1,2 1,4 0,1 0,8 1,7 1,3 1,4 0,1 0,7 Chasse d'eau/chasse manuelle reliée à une fosse septique 23,7 10,8 16,0 0,6 8,5 25,8 10,3 16,1 0,6 8,0 Chasse d'eau/chasse manuelle reliée à une fosse d'aisances 1,6 0,5 1,0 0,1 0,6 2,1 0,6 1,2 0,1 0,6 Fosse d'aisances améliorées auto- aérées 0,6 1,8 1,3 0,2 0,7 0,7 1,4 1,2 0,2 0,6 Fosses d'aisances avec dalle 20,1 32,7 27,6 23,0 25,3 25,9 41,3 35,5 25,1 30,0 Toilettes partagées1 45,9 30,8 37,1 8,9 23,3 37,1 22,1 27,8 7,3 17,0 Chasse d'eau/chasse manuelle connectée à un système d'égout 0,2 0,0 0,1 0,0 0,1 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0 Chasse d'eau/chasse manuelle reliée à une fosse septique 2,8 1,2 1,9 0,1 1,0 2,2 0,5 1,1 0,1 0,6 Chasse d'eau/chasse manuelle relié à une fosse d'aisances 1,2 0,2 0,6 0,1 0,3 0,9 0,1 0,4 0,0 0,2 Fosse d'aisances améliorées auto- aérées 0,9 1,3 1,2 0,2 0,7 0,8 0,9 0,9 0,1 0,5 Fosse d'aisances avec dalle 40,8 28,1 33,3 8,5 21,2 33,1 20,6 25,3 7,1 15,7 Toilettes non améliorées 6,0 21,9 15,4 66,9 40,6 6,4 22,8 16,6 66,3 42,7 Fosse d'aisances sans dalle/trou ouvert 5,4 19,1 13,5 53,6 33,2 5,6 20,1 14,6 53,5 35,1 Seau 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 Toilettes/latrines suspendues 0,3 0,1 0,1 0,5 0,3 0,4 0,1 0,2 0,4 0,3 Pas de toilettes/nature 0,2 2,5 1,6 12,7 7,0 0,2 2,3 1,5 12,3 7,2 Autre 0,0 0,2 0,1 0,1 0,1 0,1 0,3 0,3 0,1 0,1 Manquant 0,3 0,2 0,3 0,1 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 953 4 291 7 244 6 970 14 214 12 659 20 904 33 563 37 319 70 882 1 Toilettes partagées qui seraient considérées comme "améliorées" si elles n'étaient pas partagées. Électricité On constate, au niveau global, qu’un peu plus de la moitié des ménages dispose de l’électricité (54 %). Par rapport aux précédentes enquêtes, on note une nette progression dans l’accès des ménages à l’électricité, puisque cette proportion est passée de 29 % en 1991 à 41 % en 1998, 47 % en 2004 et 54 % en 2011. Malgré cette amélioration, les disparités entre milieux de résidence persistent. En effet, en milieu rural, seulement 19 % des ménages disposent de l’électricité contre 88 % en milieu urbain (cette proportion atteint un maximum de 98 % à Yaoundé/Douala). Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 21 Tableau 2.3 Caractéristiques du logement Répartition (en %) des ménages en fonction de certaines caractéristiques du logement, et pourcentage utilisant du combustible solide pour cuisiner, selon le milieu de résidence, Cameroun 2011 Caractéristique du logement Milieu de résidence Ensemble Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Électricité Oui 98,4 80,0 87,5 18,5 53,7 Non 1,6 19,9 12,4 81,5 46,3 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Matériau de revêtement du sol Terre, sable 5,4 21,2 14,7 72,7 43,2 Bandes de vinyle ou asphalte 3,8 4,9 4,4 2,7 3,6 Carreau 16,2 6,0 10,2 0,7 5,5 Ciment 67,5 59,8 62,9 21,2 42,5 Moquette 6,0 6,7 6,4 1,1 3,8 Autre 1,0 1,4 1,3 1,4 1,4 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Pièces utilisées pour dormir Une 39,9 33,1 35,9 26,2 31,1 Deux 26,7 25,2 25,9 28,8 27,3 Trois ou plus 33,0 40,9 37,7 44,4 41,0 Manquant 0,3 0,8 0,6 0,6 0,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Endroit pour cuisiner Dans la maison 60,7 26,7 40,6 18,9 29,9 Dans un bâtiment séparé 14,1 43,5 31,5 56,3 43,7 A l'extérieur 20,8 26,0 23,9 22,7 23,3 Autre 0,0 0,2 0,2 0,1 0,1 Manquant 4,3 3,5 3,9 2,0 3,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Combustible utilisé pour la cuisine Électricité 0,3 0,1 0,2 0,0 0,1 GPL/gaz naturel/biogaz 54,4 20,5 34,3 1,6 18,3 Kérosène/Pétrole 9,4 4,7 6,6 0,9 3,8 Charbon/lignite 0,8 0,4 0,6 0,0 0,3 Charbon de bois 5,0 2,3 3,4 1,3 2,4 Bois 22,5 67,8 49,3 92,5 70,5 Paille/branchage/herbe 2,2 0,3 1,1 0,4 0,7 Résidus agricoles/Bouse 0,0 0,0 0,0 1,3 0,6 Autre 1,0 0,5 0,7 0,1 0,4 Pas de repas préparé dans le ménage 4,2 3,5 3,8 1,9 2,9 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Pourcentage utilisant un combustible solide pour la cuisine2 30,6 70,7 54,4 95,4 74,5 Effectif 2 953 4 291 7 244 6 970 14 214 GPL = Gaz de pétrole liquéfié 1 Y compris les non déterminés. 2 Inclut Charbon/lignite, Charbon de bois, Bois, Paille/branchages/herbe, Résidus agricoles et Bouse. Matériau de revêtement du sol Environ quatre ménages sur dix (43 %) vivent dans des logements dont le sol est nu, c’est-à-dire seulement recouvert de terre ou de sable. Cette proportion est de 73 % en milieu rural et de 15 % en milieu urbain. Plus d’un ménage sur quatre (43 %) vit dans un logement dont le sol est recouvert de ciment. Cette proportion varie d’un minimum de 21 % en milieu rural à un maximum de 68 % à Yaoundé/Douala. Seulement 1 % des ménages ruraux ont un sol recouvert de moquette contre 6 % en milieu urbain. Les sols recouverts de carreaux sont quasiment inexistants en milieu rural alors qu’en milieu urbain, 10 % des ménages vivent dans un logement dont le sol est recouvert de ce type de matériau. 22 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages Nombre de pièces utilisées pour dormir Dans 41 % des ménages, trois pièces ou plus sont utilisées pour dormir (44 % en milieu rural et 38 % en milieu urbain). Les ménages qui utilisent deux pièces pour dormir représentent 27 %. Près d’un tiers des ménages (31 %) ne disposent que d’une pièce pour dormir dans un contexte où la taille moyenne des ménages est de 5 personnes. Cette proportion atteint 40 % à Yaoundé/Douala. Emplacement de la cuisine et type de combustible utilisé Le tableau 2.3 fournit également des informations sur l’endroit utilisé pour cuisiner dans le ménage. Dans l’ensemble, 44 % des ménages ont une cuisine se trouvant dans un bâtiment séparé du logement principal. La séparation de la cuisine du logement principal est observée plus fréquemment dans les ménages du milieu rural (56 %) qu’en milieu urbain (32 %). À l’opposé, à Yaoundé/Douala, dans 61 % des ménages, la cuisine se trouve à l’intérieur du logement principal. Le tableau 2.3 présente aussi les résultats concernant le type de combustible utilisé pour la cuisine. Dans l’ensemble du pays, trois ménages sur quatre (75 %) utilisent un combustible solide pour la cuisine, principalement le bois (71 %). En milieu rural, 93 % des ménages utilisent le bois, alors que plus d’un tiers des ménages du milieu urbain utilisent le GPL/gaz naturel/biogaz (34 %), même si le bois reste encore, en ville, le combustible le plus utilisé (49 %). 2.1.2 Biens durables possédés par les ménages Le niveau de vie des ménages peut être évalué, entre autres, par la possession de certains biens durables, de moyens de transport, et la possession de terres ou d’animaux de ferme (Tableau 2.4). Dans l’ensemble, le bien le plus fréquemment possédé par les ménages est le téléphone portable (67 %) ; la proportion de ménages possédant un téléphone portable est plus élevée en milieu urbain (88 %) qu’en milieu rural (46 %). En 2004, c’était la radio qui était le bien le plus fréquemment possédé par les ménages, avec un taux de possession de 63 %, loin devant le téléphone portable (24 %). Toutefois en 2011, 56 % des ménages possèdent une radio et cette proportion varie de 64 % en milieu urbain à 48 % en milieu rural. Près d’un ménage sur deux possède une télévision (46 %) et comme pour la radio, ce sont les ménages vivant en milieu urbain (73 % contre 17 % en rural), en particulier à Yaoundé/Douala (88 %), Tableau 2.4 Biens possédés par les ménages Pourcentage de ménages possédant certains équipements, des moyens de transport de la terre agricole et du bétail/animaux de ferme selon le milieu de résidence, Cameroun 2011 Possession Milieu de résidence Ensemble Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Biens possédés par le ménage Radio 67,4 62,4 64,4 47,5 56,1 Télévision 87,8 62,5 72,8 17,3 45,6 Téléphone portable 95,3 82,6 87,8 45,7 67,2 Téléphone fixe 7,6 2,9 4,8 0,6 2,7 Réfrigérateur 42,4 17,3 27,5 2,2 15,1 Cuisinière 27,4 12,9 18,8 1,6 10,4 Réchaud à gaz 50,3 26,7 36,3 3,7 20,3 Climatiseur 3,9 1,4 2,4 0,0 1,2 Ventilateur 59,7 24,0 38,6 3,0 21,1 Lecteur CD/DVD 66,0 48,9 55,8 10,9 33,8 Ordinateur 20,9 9,2 14,0 0,6 7,4 Moulin à grains 9,2 11,1 10,3 13,1 11,7 Mixeur 21,4 8,5 13,7 0,9 7,4 Internet 7,0 2,9 4,5 0,1 2,4 Câblé au réseau 58,2 24,6 38,3 2,8 20,9 Groupe électrogène 0,8 2,4 1,7 6,1 3,8 Pompe à eau 1,4 1,2 1,3 0,6 0,9 Montre ou horloge 66,7 63,8 65,0 48,0 56,7 Moyens de transport Bicyclette 5,4 12,0 9,3 20,3 14,7 Charette tirée par un animal 0,1 0,6 0,4 2,0 1,2 Motocyclette/scooter 11,9 19,6 16,4 16,7 16,6 Voiture/camion 12,9 7,1 9,5 1,7 5,7 Bateau à moteur 0,0 0,1 0,0 0,2 0,1 Pourcentage possédant de la terre agricole 28,5 50,1 41,3 89,6 65,0 Pourcentage possédant du bétail/animaux de ferme1 8,9 28,6 20,6 63,7 41,7 Effectif 2 953 4 291 7 244 6 970 14 214 1 Vaches, taureaux, chevaux, ânes, chèvres, moutons, porcs ou volaille. Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 23 qui en sont le plus fréquemment équipés. De plus, 21 % des ménages sont câblés au réseau (58 % à Yaoundé/Douala). Un peu plus de la moitié des ménages possèdent une montre ou horloge (57 %), un tiers possèdent un lecteur de CD/DVD (34 %), 21 % un ventilateur, 20 % un réchaud à gaz, 15 % un réfrigérateur, 10 % une cuisinière et 7 % un ordinateur. De façon générale, les ménages du milieu urbain sont mieux équipés (surtout ceux de Yaoundé/Douala) que ceux du milieu rural. En ce qui concerne les moyens de transport, on note que 17 % des ménages possèdent une motocyclette ou un scooter, 15 % une bicyclette et seulement 6 % des ménages ont une voiture ou un camion. La motocyclette ou scooter est le moyen de locomotion le plus fréquent dans les ménages du milieu urbain (16 %). À l’opposé, en milieu rural, c’est la bicyclette qui est le plus fréquemment utilisé pour se déplacer (20 %). Enfin à Yaoundé/Douala 13 % des ménages possèdent une voiture ou un camion. On constate enfin que 65 % des ménages possèdent des terres pour l’agriculture et 42 % du bétail ou des animaux de ferme. Ces proportions sont évidemment bien plus élevées en milieu rural qu’en milieu urbain, mais restent néanmoins élevées en milieu urbain. Ainsi, 90 % des ménages ruraux contre 41 % des ménages urbains possèdent des terres agricoles et 64 % des ménages ruraux possèdent du bétail ou des animaux de ferme contre 21 % des ménages urbains. 2.1.3 Indice de bien-être de la population En plus des caractéristiques sociodémographiques de base, la plupart des résultats de ce rapport sont présentés par quintile de bien-être économique, un indicateur de la situation économique des ménages. Bien que l’EDS-MICS 2011 n’ait pas collecté de données sur les revenus et la consommation des ménages, des informations détaillées ont été collectées sur le logement et ses caractéristiques et sur l’accès des ménages à une variété de biens de consommation et services qui sont utilisés comme une mesure de la situation économique. L'indice de bien-être économique est construit en utilisant les données sur les caractéristiques des logements et les possessions des ménages, grâce à une analyse en composantes principales. L’indice est construit en trois étapes :  Dans la première étape, un sous-ensemble de biens ou de caractéristiques communs aux deux milieux urbain et rural est utilisé pour créer des partitions de richesse pour les ménages de ces deux domaines. Toute modalité d’une variable qualitative de ce sous-ensemble est transformée en variable dichotomique (0 ou 1). Une analyse en composante principale est réalisée avec l’ensemble des variables (dichotomiques ou non) du sous-ensemble pour générer un poids (score ou coefficient) commun pour chaque ménage.  Dans une deuxième étape, des poids (score ou coefficient) distincts sont produits pour les ménages du milieu urbain et ceux du milieu rural en utilisant des indicateurs spécifiques à chaque milieu.  La troisième étape combine les scores communs et scores spécifiques à chaque milieu afin de produire un indice de bien-être à l'échelle nationale en utilisant une régression sur les scores factoriels communs. Les scores qui en résultent sont standardisés selon une distribution normale standard de moyenne 0 et d'écart type 1 (Gwatkin et al. 2000). On attribue à chaque ménage un score pour chaque bien et on fait la somme de tous les scores par ménage. Les ménages sont alors classés par ordre croissant de score total et divisés en 5 catégories d’effectifs égaux appelés quintiles. On établit ainsi une échelle allant de 1 (quintile le plus pauvre) à 5 (quintile le plus riche). 24 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages Cette procédure en trois étapes permet une plus grande adaptabilité de l'indice de bien-être aux milieux urbain et rural1. Le score de chaque ménage est affecté aux individus qui le composent et les individus sont ainsi répartis dans les différentes catégories et ont le même classement que leur ménage. Le tableau 2.5 présente la répartition de la population par quintile de bien-être économique selon le milieu et la région de résidence. Tableau 2.5 Quintiles de bien-être économique Répartition (en %) de la population de droit par quintile de bien-être économique et coefficient de Gini, selon le milieu de résidence et la région, Cameroun 2011 Milieu et région de résidence Quintiles de bien-être économique Total Effectif de la population Coefficient de Gini Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche Milieu de résidence Yaoundé/Douala 0,0 0,0 5,7 32,2 62,1 100,0 12 659 10,0 Autres villes 0,0 5,6 31,1 37,2 26,1 100,0 20 904 18,7 Ensemble urbain 0,0 3,5 21,5 35,3 39,7 100,0 33 563 18,1 Rural 38,0 34,8 18,6 6,3 2,3 100,0 37 319 25,7 Région Adamaoua 17,7 21,9 26,9 22,7 10,9 100,0 3 344 22,7 Centre (sans Yaoundé) 2,0 28,4 29,6 24,0 16,0 100,0 5 287 32,4 Douala 0,0 0,0 6,3 31,1 62,6 100,0 6 174 11,6 Est 20,1 27,3 21,0 20,0 11,5 100,0 3 077 24,3 Extrême-Nord 54,8 24,9 12,4 5,5 2,3 100,0 13 775 26,7 Littoral (sans Douala) 2,5 12,6 32,0 31,6 21,2 100,0 2 887 15,9 Nord 51,7 15,4 17,2 11,3 4,5 100,0 8 421 29,4 Nord-Ouest 9,2 33,5 26,5 20,2 10,6 100,0 6 357 26,0 Ouest 2,3 28,8 29,7 25,9 13,3 100,0 8 061 22,5 Sud 1,4 29,7 26,4 21,4 21,1 100,0 2 005 23,0 Sud-Ouest 1,9 18,7 32,8 21,1 25,6 100,0 5 009 21,0 Yaoundé 0,0 0,1 5,2 33,2 61,6 100,0 6 485 8,5 Ensemble 20,0 20,0 20,0 20,0 20,0 100,0 70 882 33,5 Près de 75 % de la population urbaine se classent dans les quatrième et cinquième quintiles correspondant respectivement aux riches et aux plus riches. À l’opposé, en milieu rural, cette proportion n’est que de 9 %, alors que 73 % de la population rurale sont classés dans les deux premiers quintiles. On constate des écarts importants entre les villes de Douala et Yaoundé et les autres régions d’enquête. Dans les villes de Douala et de Yaoundé, environ 94 % de la population vivent dans des ménages situés dans les deux catégories du haut de l’échelle de bien-être. C’est dans les régions de l’Extrême-Nord et du Nord que les proportions de population classée dans le quintile le plus pauvre sont les plus élevées (respectivement 55 % et 52 %). Le tableau 2.5 présente aussi le coefficient de Gini qui indique le niveau de concentration du bien-être économique ; une valeur proche de 0 % signifie une distribution égalitaire et une valeur proche de 100 % une distribution totalement inégalitaire. La valeur du coefficient de Gini est de 34 %, ce qui indique une distribution plus égalitaire qu’inégalitaire du niveau de bien-être économique de la population. Les inégalités en termes de bien-être économique sont moins accentuées en milieu urbain (18 %), notamment à Yaoundé (9 %) et à Douala (12 %), qu’en milieu rural (26 %). 2.1.4 Sécurité du logement et précarité de l’habitat Au cours de l'enquête, on a également collecté des données permettant d'évaluer la proportion de la population affectée par l’absence de sécurité de logement. Les résultats présentés au tableau 2.6 montrent que, dans l'ensemble, 60 % de la population ne disposent pas de document (même informel) en règle (bail, contrat de location ou titre de propriété) pour le logement occupé ; cependant, seulement 10 % de la population 1 Néanmoins les améliorations méthodologiques apportées à la construction de l’indice ne modifient pas considérablement le classement des ménages par quintile par rapport à celui effectué lors des précédentes enquêtes (Rutstein, 2008). Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 25 pensent être à risque d’être expulsés de son logement. Globalement, 65 % de la population des ménages n’ont pas de sécurité de logement, c’est-à-dire qu’ils ne disposent d’aucun document (même informel) en règle et/ou pensent pouvoir être expulsés du logement. Cette proportion décroît en fonction du bien-être économique, de 95 % chez les plus pauvres à 35 % chez les plus riches. Elle est beaucoup plus élevée en milieu rural (83 %) qu’en milieu urbain (45 %). C’est à Yaoundé/Douala que la proportion de la population n’ayant pas de document en règle est la plus faible (28 %) ; par contre, c’est aussi dans ces villes que la proportion de la population à risque d’être expulsée est la plus élevée (18 %). Tableau 2.6 Sécurité de la propriété Pourcentage de la population de droit des ménages qui ne possède pas de documents en règle pour la résidence occupée ou qui pense être à risque d'être expulsée de son logement, et pourcentage de la population de droit des ménages qui a été expulsée de son logement au cours des 5 dernières années, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de population : Effectif de la population des ménages Qui ne dispose pas de document en règle pour le logement occupé Qui pense être à risque d'être expulsée du logement Dont le ménage n'a pas de sécurité de logement1 Expulsée de son logement au cours des 5 dernières années Milieu de résidence Yaoundé/Douala 28,1 17,8 40,4 6,0 12 659 Autres villes 41,9 10,1 47,5 3,9 20 904 Ensemble urbain 36,7 13,0 44,8 4,7 33 563 Rural 80,6 7,0 82,5 2,4 37 319 Région Adamaoua 64,9 8,6 68,4 2,0 3 344 Centre (sans Yaoundé) 61,3 20,1 69,9 3,7 5 287 Douala 27,3 10,0 34,6 5,3 6 174 Est 70,0 4,4 71,8 1,6 3 077 Extrême-Nord 85,2 6,1 87,1 2,5 13 775 Littoral (sans Douala) 49,9 7,6 52,9 2,3 2 887 Nord 71,4 6,0 73,7 3,2 8 421 Nord-Ouest 61,2 4,2 62,6 2,4 6 357 Ouest 56,6 6,7 60,2 2,8 8 061 Sud 70,2 20,9 76,8 2,6 2 005 Sud-Ouest 44,1 8,8 48,1 5,9 5 009 Yaoundé 28,9 25,3 46,0 6,6 6 485 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 94,3 4,8 95,0 1,9 14 186 Second 81,8 7,4 83,7 2,6 14 152 Moyen 57,0 10,2 61,6 3,8 14 172 Quatrième 39,2 14,5 47,9 5,0 14 189 Le plus riche 26,7 12,2 35,2 4,0 14 183 Ensemble 59,8 9,8 64,7 3,5 70 882 1 Les ménages sont considérés comme n'ayant pas de sécurité de logement lorsqu'ils n'ont pas un document en règle (bail, contrat, titre de propriété), ou lorsque les membres du ménage se sentent à risque d'être expulsés du logement Par ailleurs, au cours des cinq dernières années précédant l’enquête, 4 % de la population a été expulsée de son logement. Cette proportion est plus élevée en milieu urbain (5 %) qu’en milieu rural (2 %). Les villes de Douala (5 %) et Yaoundé (7 %) et la région du Sud-Ouest (6 %) sont celles où ces proportions sont les plus élevées. Les résultats sur la durabilité du logement sont présentés au tableau 2.7. Dans l'ensemble, 44 % des ménages vivent dans des logements dont le sol est en terre ou sable ; 14 % dans des logements jugés en mauvais état (c’est-à-dire nécessitant au moins deux types de réparations suivantes : fissures ou trous dans le mur, pas de fenêtre, vitres de fenêtres cassées, trous dans le toit, toiture incomplète, porte non sécuritaire). Par ailleurs, 1 % des logements sont considérés comme étant vulnérables aux accidents (c'est-à-dire situés dans un emplacement avec des passages étroits entre maisons, de nombreux câbles électriques ou à haute tension connectés au poste le plus proche), et 0,1 % sont situés dans une zone à risque (c’est-à-dire près d’au moins quatre types d’endroits dangereux suivants : zone d’éboulement, zone inondable, bord d’une rivière, flanc raide d’une colline, pile d’ordures, zone industriellement polluée, chemin de fer, centrale électrique, pont aérien). 26 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages Au regard de ces critères, il ressort globalement que 10 % des ménages occupent des logements considérés comme non-durables, c’est-à-dire qui se trouvent dans, au moins, une des trois conditions suivantes : (i) logement dont le sol est en terre ou sable et qui est en mauvais état ; (ii) logement vulnérable aux accidents ; (iii) logement situé dans des zones à risque. Cette proportion baisse lorsque le niveau de bien-être économique augmente, passant de 18 % à 2 %. Elle est plus élevée en milieu rural (14 %) qu’en milieu urbain (6 %). Les résultats selon la région font apparaître des proportions élevées de ménages occupant des logements considérés comme non-durables dans les régions du Centre (19 %), de l’Est (19 %), du Nord (17 %) et du Sud (15 %). C’est en milieu rural que les logements dont le sol est en terre ou sable et les logements en mauvais état sont le plus fréquemment observés (respectivement, 73 % et 18 %, contre 15 % et 10 % en milieu urbain). Par ailleurs, la vulnérabilité des logements aux accidents est globalement faible ; elle est cependant préoccupante à Yaoundé et au Nord où, respectivement, 6 % et 3 % des logements sont considérés comme vulnérables aux accidents. Enfin, c’est aussi à Yaoundé que se trouvent le plus fréquemment les ménages situés dans des zones à risque (près de 1 %). Tableau 2.7 Durabilité du logement Pourcentage de ménages et pourcentage de la population de droit des ménages occupant des logements considérés comme non durables, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de ménages : Effectif de ménages Pourcentage de la population des ménages occupant des logements considérés comme non durables4 Effectif de la population des ménages Dont le sol du logement est un sol en terre ou sable Dont le logement est en mauvais état1 Dont le logement est vulnérable aux accidents2 Dont le logement est situé dans une zone à risque3 Occupant des logements considérés comme non- durables4 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 5,4 7,5 3,4 0,4 4,9 2 953 4,9 12 659 Autres villes 21,5 12,3 1,3 0,0 6,6 4 291 7,3 20 904 Ensemble urbain 14,9 10,3 2,1 0,2 5,9 7 244 6,4 33 563 Rural 73,2 17,6 0,1 0,1 14,5 6 970 13,6 37 319 Région Adamaoua 40,2 13,1 0,2 0,0 5,7 653 4,8 3 344 Centre (sans Yaoundé) 40,3 27,6 0,4 0,0 19,0 1 119 19,9 5 287 Douala 5,8 3,8 0,8 0,0 2,3 1 483 1,8 6 174 Est 55,5 19,9 0,9 0,0 18,9 642 20,2 3 077 Extrême-Nord 77,3 10,0 0,1 0,1 9,1 2 378 8,5 13 775 Littoral (sans Douala) 30,1 22,8 0,0 0,3 12,9 642 12,6 2 887 Nord 77,2 18,1 2,8 0,0 17,1 1 368 17,0 8 421 Nord-Ouest 50,0 9,2 0,1 0,0 6,7 1 258 7,8 6 357 Ouest 43,6 9,8 0,6 0,0 6,0 1 574 4,7 8 061 Sud 44,3 17,4 0,1 0,0 14,6 430 14,5 2 005 Sud-Ouest 29,9 21,5 0,0 0,1 12,2 1 196 12,5 5 009 Yaoundé 4,9 11,3 5,9 0,8 7,6 1 470 7,8 6 485 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 98,0 17,4 0,1 0,1 17,5 2 601 16,7 14 186 Second 86,0 20,3 0,2 0,0 18,4 2 805 17,1 14 152 Moyen 37,3 20,3 1,4 0,1 11,2 2 743 11,8 14 172 Quatrième 6,0 10,1 2,5 0,2 3,6 2 896 3,7 14 189 Le plus riche 0,7 3,3 1,5 0,2 1,7 3 168 1,7 14 183 Ensemble 43,5 13,9 1,1 0,1 10,1 14 214 10,2 70 882 1 Le logement a besoin d'au moins deux sortes de réparation pour les raisons suivantes : fissures ou trous dans le mur, pas de fenêtres, vitres de fenêtre cassées, trous dans le toit, toiture incomplète, porte non sécuritaire. 2 Existence de passages étroits entre les maisons (au lieu de routes/rues) avec de nombreux câbles électriques et ou à haute tension connectés au poste le plus proche. 3 Le logement est situé près de quatre endroits dangereux ou plus : zone d'éboulement, zone inondable, bord d'une rivière, flanc raide d'une colline, pile d'ordures, zone industriellement polluée, chemin de fer, centrale électrique, pont aérien. 4 Un logement est considéré non durable si : a) le sol du logement est en terre ou sable (colonne 1) et le logement est en mauvais état (colonne 2), ou b) il est vulnérable aux accidents (colonne 3), ou c) il est situé dans des zones à risque (colonne 4). Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 27 Le tableau 2.8 montre que 85 % des ménages sont considérés comme occupant un habitat précaire. Il s’agit des ménages dont le logement remplit au moins un des cinq critères suivants : être non durable (10 %), non sécurisé (65 %), surpeuplé (16 %), sans source améliorée d’approvisionnement en eau (29 %), sans installations sanitaires améliorées (64 %). Cette proportion baisse régulièrement quand l’on passe des ménages les plus pauvres vers ceux les plus riches. La quasi-totalité des ménages du milieu rural (97 %) sont considérés comme occupant un habitat précaire contre 72 % en milieu urbain. Les villes de Douala (66 %), de Yaoundé (76 %) et la région du Littoral (79 %) enregistrent les proportions les moins élevées, soit moins de huit ménages sur dix occupant un habitat précaire. En revanche, à l’Est, au Nord, au Sud et à l’Extrême-Nord, plus de neuf ménages sur dix occupent un habitat considéré comme précaire. L’absence de sécurité dans le logement et l’absence d’installations sanitaires améliorées dans le logement sont les deux principales raisons de la précarité de l’habitat des ménages. Tableau 2.8 Habitat précaire Pourcentage de ménages et pourcentage de la population de droit des ménages dont l’habitat est précaire, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de ménages : Effectif de ménages Pourcentage de la population des ménages considérée comme vivant en habitat précaire6 Effectif de la population des ménages Dont le logement est considéré comme non durable1 Qui n'ont pas de sécurité de logement2 Dont le logement est surpeuplé3 Qui ne disposent pas de source améliorée d'approvi- sionnement en eau4 Qui ne disposent pas d'installations sanitaires améliorées5 Considérés comme occupant un habitat précaire6 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 4,9 45,7 14,3 1,4 52,3 71,0 2 953 65,8 12 659 Autres villes 6,6 50,2 14,8 14,1 53,0 76,8 4 291 75,0 20 904 Ensemble urbain 5,9 48,3 14,6 8,9 52,7 74,5 7 244 71,5 33 563 Rural 14,5 81,5 17,5 50,4 76,0 96,5 6 970 96,5 37 319 Région Adamaoua 5,7 70,7 17,9 30,2 35,8 85,3 653 83,5 3 344 Centre (sans Yaoundé) 19,0 64,8 10,8 25,9 67,5 85,8 1 119 89,7 5 287 Douala 2,3 42,5 13,8 1,0 47,9 66,1 1 483 59,7 6 174 Est 18,9 72,9 14,2 45,6 78,1 90,1 642 89,7 3 077 Extrême-Nord 9,1 86,8 23,3 45,1 65,4 96,1 2 378 96,1 13 775 Littoral (sans Douala) 12,9 54,2 10,7 26,0 56,8 78,5 642 77,3 2 887 Nord 17,1 73,7 20,7 46,9 69,5 91,6 1 368 91,1 8 421 Nord-Ouest 6,7 64,3 16,7 34,2 76,3 89,8 1 258 88,3 6 357 Ouest 6,0 62,0 10,5 32,6 63,5 83,9 1 574 82,9 8 061 Sud 14,6 75,6 10,4 27,9 77,0 91,5 430 91,8 2 005 Sud-Ouest 12,2 53,9 16,8 32,8 76,9 86,8 1 196 82,4 5 009 Yaoundé 7,6 48,9 14,8 1,7 56,8 76,0 1 470 71,5 6 485 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 17,5 93,9 22,7 61,1 82,2 99,6 2 601 99,6 14 186 Second 18,4 81,4 16,1 51,6 77,8 98,5 2 805 98,6 14 152 Moyen 11,2 60,9 16,7 28,3 69,0 91,1 2 743 92,2 14 172 Quatrième 3,6 52,6 15,7 8,6 60,0 81,1 2 896 77,6 14 189 Le plus riche 1,7 39,7 10,2 3,0 36,7 60,5 3 168 55,4 14 183 Ensemble 10,1 64,6 16,0 29,2 64,1 85,3 14 214 84,7 70 882 1 Voir définition au Tableau 2.7 2 Voir définition au Tableau 2.6 3 Un logement est considéré comme surpeuplé, lorsqu'il y a plus de trois personnes par pièce utilisée pour dormir. 4 Absence de source améliorée d'approvisionnement en eau, voir définition au tableau 2.1. 5 Absence d'installations sanitaires améliorées, voir définition au tableau 2.2. 6 Un ménage est considéré comme occupant un habitat précaire si l’un des 5 critères précédents (colonnes 1 à 5) est vérifié. 28 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages 2.2 CARACTÉRISTIQUES DE LA POPULATION DES MÉNAGES L’enquête ménage a aussi permis de recueillir des informations concernant les membres des ménages, en particulier l’âge, le sexe, et le niveau d’instruction. 2.2.1 Structure par sexe et âge de la population Le tableau 2.9 présente la répartition par âge et sexe de la population de fait des ménages enquêtés, selon le milieu de résidence. Parmi les 70 358 personnes identifiées, 33 980 sont des hommes et 36 379 sont des femmes, soit 48,3 % d’hommes et 51,7 % de femmes. Cette structure est assez proche de celle observée au Cameroun depuis le RGPH de 1976. Tableau 2.9 Population des ménages par âge, selon le sexe et le milieu de résidence Répartition (en %) de la population de fait des ménages par groupe d'âges quinquennal, selon le sexe et le milieu de résidence Cameroun 2011 Groupe d'âges Urbain Rural Ensemble Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble <5 15,1 15,1 15,1 19,2 17,8 18,5 17,2 16,6 16,9 5-9 13,7 12,8 13,2 18,3 16,6 17,4 16,1 14,8 15,4 10-14 12,6 11,6 12,1 14,4 12,5 13,4 13,6 12,1 12,8 15-19 11,5 11,8 11,6 8,9 8,9 8,9 10,1 10,2 10,2 20-24 10,6 11,2 10,9 5,5 7,0 6,3 7,9 9,0 8,5 25-29 8,4 9,0 8,7 5,4 6,8 6,1 6,8 7,8 7,4 30-34 6,6 6,2 6,4 4,7 5,0 4,9 5,6 5,6 5,6 35-39 5,0 5,2 5,1 4,3 4,5 4,4 4,6 4,8 4,7 40-44 4,3 3,6 3,9 3,7 3,5 3,6 4,0 3,5 3,8 45-49 3,2 3,4 3,3 2,8 3,1 2,9 3,0 3,2 3,1 50-54 2,9 3,1 3,0 2,7 3,6 3,1 2,8 3,4 3,1 55-59 1,9 2,1 2,0 2,1 3,0 2,6 2,0 2,6 2,3 60-64 1,8 1,4 1,6 2,5 2,5 2,5 2,1 2,0 2,1 65-69 0,9 1,0 1,0 1,7 1,6 1,7 1,3 1,3 1,3 70-74 0,7 0,9 0,8 1,7 1,6 1,6 1,2 1,3 1,2 75-79 0,5 0,6 0,6 0,8 0,8 0,8 0,7 0,7 0,7 80 + 0,4 0,8 0,6 1,2 1,2 1,2 0,8 1,0 0,9 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 16 178 17 189 33 366 17 802 19 190 36 992 33 980 36 379 70 358 Note: Le total inclut 2 femmes et 11 hommes pour lesquels l’âge n'a pas été déterminé. La pyramide des âges présente une base élargie qui se rétrécit rapidement et régulièrement au fur et à mesure que l’on avance vers les âges élevés (Graphique 2.1). Cette forme de la pyramide des âges est caractéristique des populations jeunes, à forte fécondité et à mortalité élevée, avec 45 % de la population qui ont moins de 15 ans et seulement 6 % âgés de 60 ans ou plus. Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 29 Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population -9 -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 0-4 5-9 10-14 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 60-64 65-69 70-74 75-79 80 + Pourcentage Âge Homme Femme 9 8 7 6 5 4 3 2 1 EDS-MICS 2011 2.2.2 Taille et composition des ménages Le tableau 2.10 présente la répartition des ménages par sexe du chef de ménage et taille du ménage selon le milieu de résidence. On constate que, dans l’ensemble, 26 % des ménages ont à leur tête une femme. Ce type de ménages est légèrement plus fréquent en milieu urbain (27 %), en particulier dans les Autres villes, (29 %), qu’en milieu rural (24 %). Dans l’ensemble, un ménage compte, en moyenne, 5,0 personnes. Cette taille moyenne varie de 4,6 personnes en milieu urbain à 5,4 personnes en milieu rural. C’est à Yaoundé/Douala qu’elle est la plus faible (4,3 personnes). Au niveau global, près de la moitié des ménages (47 %) comptent entre 2 et 5 personnes. Près de 15 % de ménages sont composés d’une seule personne. À l’opposé, 13 % des ménages comptent au moins 9 personnes et c’est en milieu rural qu’ils sont proportionnellement les plus nombreux (15 %). Plus d’un quart des ménages (27 %) comptent des enfants de moins de 18 ans qui vivent sans leurs parents, 2 % des ménages abritent des enfants dont les deux parents sont décédés et 12 % des ménages comprennent des enfants dont l’un des parents est décédé. Globalement, près d’un tiers des ménages (32 %) comptent des enfants orphelins ou qui vivent sans leurs parents. 30 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages Tableau 2.10 Composition des ménages Répartition (en %) des ménages par sexe du chef de ménage et par taille du ménage; taille moyenne du ménage; pourcentage de ménages avec des orphelins et des enfants de moins de 18 ans vivant sans leurs parents, selon le milieu de résidence, Cameroun 2011 Caractéristique Milieu de résidence Ensemble Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Chef de ménage Homme 74,5 71,5 72,7 76,5 74,5 Femme 25,5 28,5 27,3 23,5 25,5 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre de membres habituels 1 16,9 18,7 18,0 12,2 15,1 2 13,6 10,5 11,8 9,9 10,8 3 13,7 11,5 12,4 11,2 11,8 4 14,6 10,7 12,3 12,5 12,4 5 12,5 10,7 11,4 12,6 12,0 6 10,2 11,0 10,7 10,8 10,7 7 6,7 8,1 7,5 9,0 8,2 8 4,6 6,0 5,4 6,3 5,9 9+ 7,0 12,8 10,4 15,3 12,8 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Taille moyenne du ménage 4,3 4,9 4,6 5,4 5,0 Pourcentage de ménages avec des orphelins et des enfants de moins de 18 ans vivant sans leurs parents Enfants vivants sans leurs parents1 21,3 30,1 26,5 28,0 27,3 Orphelin double 2,0 2,1 2,0 2,1 2,1 Orphelin simple2 8,5 14,5 12,0 12,4 12,2 Enfants orphelins ou vivant sans leurs parents 24,7 35,0 30,8 32,3 31,5 Effectif de ménages 2 953 4 291 7 244 6 970 14 214 Note: Le tableau est basé sur la population de droit des ménages, c'est-à-dire les résidents habituels. 1 Les enfants vivant sans leurs parents sont les enfants de moins de 18 ans qui vivent dans un ménage dans lequel il n'y a ni leur père, ni leur mère. 2 Comprend les enfants dont l'un des parents est décédé et dont l'état de survie de l'autre est inconnu. 2.2.3 Niveau d'instruction et fréquentation scolaire Le niveau d'instruction des membres du ménage est un élément important qui contribue à l'amélioration des conditions de vie du ménage car il peut affecter le comportement procréateur, l’utilisation de la contraception, le comportement en matière de santé, le niveau de scolarisation des autres membres du ménage ainsi que les habitudes en matière d’hygiène et de nutrition. Dans le cadre de l’enquête ménage, pour chaque membre du ménage de 3 ans ou plus, on a collecté des informations sur le niveau d’instruction atteint ainsi que sur la dernière classe achevée avec succès. Tout comme à l’EDSC-III de 2004, on a distingué 3 niveaux d’instruction : primaire, secondaire et supérieur. Toutefois, au cours de l’EDS-MICS 2011, pour les niveaux primaire et secondaire, l’on a distingué le niveau complet de celui incomplet. En outre, les écoles professionnelles du cycle secondaire ou supérieur ont été assimilées au niveau correspondant. Au Cameroun, jusqu’en 2006, l’âge légal d’entrée en cycle primaire était fixé à 6 ans (système francophone) ou 5 ans (système anglophone). Les études primaires duraient respectivement six ou sept ans selon le système. Depuis 2007, avec le début d’uniformisation intervenue entre les sous-systèmes francophone et anglophone, l’enseignement primaire dure désormais 6 ans et l’âge légal d’admission est de 6 ans. L’entrée en cycle secondaire a lieu, en théorie, à 12 ans et les études durent sept ans à ce niveau, quel que soit le système. La fin des études secondaires est sanctionnée par le Baccalauréat dans le système francophone, et par le General Certificate of Education Advanced Level (GCE A Level) dans le système anglophone. Quant à l’enseignement supérieur, il est unique et reçoit les élèves provenant des deux systèmes. Les résultats sur la répartition de la Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 31 population de fait selon le niveau d’instruction sont présentés au tableau 2.11.1 pour les femmes et au tableau 2.11.2 pour les hommes. Globalement, il ressort des résultats que 15 % des hommes de 6 ans et plus et une proportion plus élevée de femmes (26 %) n’ont aucun niveau d’instruction. À titre de comparaison, ces proportions étaient respectivement de 17 % et 29 % en 2004. On observe des écarts importants selon le milieu de résidence aussi bien chez les femmes que chez les hommes : c’est en milieu rural que la proportion de personnes sans instruction est la plus élevée (respectivement, 38 % et 22 % pour les deux sexes). À l’opposé, c’est dans les villes de Yaoundé/Douala que ces proportions sont les plus faibles (respectivement, 5 % et 3 %). C’est dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord que l’on enregistre les proportions les plus élevées d’enquêtés sans aucun niveau d’instruction. Enfin, les résultats selon le quintile de bien-être montrent que des ménages les plus pauvres aux plus riches, les proportions de femmes et d’hommes n’ayant aucun niveau d’instruction diminuent de manière importante. Tableau 2.11.1 Niveau d'instruction de la population des ménages: Femme Répartition (en %) de la population de fait des femmes des ménages âgées de six ans et plus, en fonction du plus haut niveau d'instruction atteint ou achevé et nombre médian d'années complétées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Aucun Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Ne sait pas/ manquant Total Effectif Nombre médian d'années complétées Groupe d’âges 6-9 24,6 74,6 0,1 0,3 0,0 0,0 0,5 100,0 4 294 0,4 10-14 11,5 62,3 2,9 23,0 0,0 0,0 0,3 100,0 4 404 3,5 15-19 10,2 21,6 6,9 59,4 0,2 1,5 0,3 100,0 3 728 6,8 20-24 15,3 17,9 12,9 42,9 2,4 8,5 0,1 100,0 3 264 6,5 25-29 22,9 17,5 16,7 31,0 2,8 8,7 0,5 100,0 2 851 5,5 30-34 22,7 18,8 18,9 29,9 3,3 5,9 0,4 100,0 2 036 5,4 35-39 26,6 19,5 19,8 27,2 1,9 4,7 0,3 100,0 1 751 5,2 40-44 31,0 21,9 15,0 25,5 1,7 4,2 0,7 100,0 1 289 4,7 45-49 30,0 24,8 19,2 19,9 1,5 3,8 0,8 100,0 1 182 4,5 50-54 38,0 25,6 16,0 15,1 1,9 2,7 0,7 100,0 1 226 3,2 55-59 48,1 24,2 14,3 10,6 1,1 0,9 0,8 100,0 932 0,5 60-64 67,0 14,9 10,8 4,9 1,0 0,5 0,9 100,0 731 0,0 65+ 81,6 11,6 3,9 0,9 0,3 0,4 1,3 100,0 1 575 0,0 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 4,8 22,8 9,9 48,8 3,2 9,8 0,7 100,0 5 429 7,5 Autres villes 16,9 34,0 11,0 32,2 1,6 3,9 0,3 100,0 8 730 4,9 Ensemble urbain 12,3 29,7 10,6 38,6 2,2 6,2 0,5 100,0 14 159 5,6 Rural 37,9 38,1 9,3 13,6 0,2 0,4 0,5 100,0 15 105 1,3 Région Adamaoua 38,3 40,2 6,5 14,2 0,1 0,6 0,1 100,0 1 389 1,2 Centre (sans Yaoundé) 9,6 38,9 14,3 33,5 0,5 2,9 0,3 100,0 2 103 5,1 Douala 5,1 22,3 10,0 51,8 2,5 7,4 0,8 100,0 2 638 7,4 Est 19,1 49,2 5,9 24,4 0,5 0,7 0,2 100,0 1 241 3,2 Extrême-Nord 61,0 32,8 0,9 4,1 0,1 0,2 0,9 100,0 5 322 0,0 Littoral (sans Douala) 14,2 36,5 11,2 35,5 0,6 1,7 0,2 100,0 1 257 4,9 Nord 50,4 38,8 2,7 6,9 0,3 0,2 0,6 100,0 3 236 0,0 Nord-Ouest 16,6 29,1 24,4 24,9 2,2 2,4 0,3 100,0 2 936 5,2 Ouest 13,0 43,1 10,0 30,7 0,7 2,2 0,2 100,0 3 434 4,5 Sud 6,4 34,7 14,3 42,1 0,5 1,6 0,3 100,0 829 5,5 Sud-Ouest 9,2 31,5 21,2 30,1 2,0 5,7 0,2 100,0 2 090 5,4 Yaoundé 4,5 23,2 9,9 46,0 3,9 12,0 0,6 100,0 2 792 7,5 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 62,0 32,8 2,3 2,2 0,0 0,0 0,7 100,0 5 501 0,0 Second 32,5 42,3 10,9 13,7 0,1 0,1 0,4 100,0 5 932 1,8 Moyen 20,9 41,4 13,9 22,4 0,4 0,5 0,4 100,0 5 790 3,7 Quatrième 10,3 32,9 12,6 39,9 1,2 2,6 0,4 100,0 5 971 5,4 Le plus riche 4,9 21,4 9,5 47,6 4,1 12,1 0,4 100,0 6 070 7,9 Ensemble3 25,5 34,0 9,9 25,7 1,2 3,2 0,5 100,0 29 265 3,7 1 A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès 7 classes du niveau secondaire. 3 Y compris 3 femmes dont l’âge est non déterminé. 32 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages Tableau 2.11.2 Niveau d'instruction de la population des ménages: Homme Répartition (en %) de la population de fait des hommes des ménages âgés de six ans et plus, en fonction du plus haut niveau d'instruction atteint ou achevé et nombre médian d'années complétées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Aucun Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Ne sait pas/ manquant Total Effectif Nombre médian d'années complétées Groupe d‘âges 6-9 20,8 78,3 0,1 0,3 0,0 0,0 0,6 100,0 4 376 0,4 10-14 6,3 70,4 2,4 20,6 0,1 0,0 0,3 100,0 4 611 3,5 15-19 5,5 22,4 7,0 63,4 0,4 1,0 0,2 100,0 3 438 6,7 20-24 6,7 15,4 10,8 53,1 1,7 12,0 0,2 100,0 2 701 8,3 25-29 9,2 17,3 17,3 37,3 4,1 14,3 0,5 100,0 2 325 7,1 30-34 11,6 19,8 18,7 34,1 4,6 10,4 0,8 100,0 1 905 5,9 35-39 12,0 17,3 17,1 36,5 6,0 10,2 0,8 100,0 1 579 6,4 40-44 16,8 17,8 15,1 33,4 4,8 11,7 0,5 100,0 1 356 5,9 45-49 17,0 18,2 18,2 30,1 4,1 11,4 0,9 100,0 1 016 5,7 50-54 18,1 19,2 21,3 27,0 4,2 9,4 0,8 100,0 942 5,5 55-59 24,9 21,5 23,3 19,9 3,7 6,1 0,7 100,0 677 5,1 60-64 33,9 23,2 19,9 16,2 1,9 4,0 0,9 100,0 730 4,0 65+ 53,5 22,8 12,9 7,3 1,3 1,5 0,7 100,0 1 363 0,0 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 3,3 22,0 8,5 44,7 4,9 15,7 0,9 100,0 5 047 8,2 Autres villes 8,7 34,6 10,5 36,2 2,4 7,3 0,4 100,0 8 248 5,5 Ensemble urbain 6,6 29,8 9,7 39,4 3,3 10,5 0,6 100,0 13 295 6,0 Rural 22,1 45,0 10,6 20,4 0,7 0,9 0,4 100,0 13 735 2,9 Région Adamaoua 23,6 41,8 7,2 23,7 1,1 2,3 0,3 100,0 1 245 2,8 Centre (sans Yaoundé) 4,3 38,6 11,9 35,3 1,4 8,2 0,3 100,0 2 124 5,4 Douala 3,5 22,8 8,8 45,9 4,8 13,5 0,8 100,0 2 494 7,9 Est 11,3 43,9 7,7 33,2 1,4 2,1 0,4 100,0 1 205 4,5 Extrême-Nord 38,2 44,8 2,4 12,9 0,2 0,9 0,6 100,0 4 949 0,5 Littoral (sans Douala) 4,1 34,5 11,9 44,0 2,0 3,5 0,1 100,0 1 188 5,7 Nord 28,6 48,0 4,4 17,1 0,5 0,6 0,8 100,0 3 111 2,1 Nord-Ouest 8,6 35,6 25,7 23,8 2,8 2,9 0,5 100,0 2 312 5,2 Ouest 3,4 45,2 8,3 37,3 1,3 4,4 0,1 100,0 2 975 5,1 Sud 2,5 33,9 11,5 45,0 2,6 4,1 0,4 100,0 837 5,9 Sud-Ouest 3,6 29,3 26,7 29,8 3,2 7,4 0,0 100,0 2 036 5,6 Yaoundé 3,2 21,2 8,2 43,6 4,9 17,8 1,0 100,0 2 553 8,5 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 39,5 47,1 3,5 9,1 0,1 0,0 0,7 100,0 5 134 0,4 Second 17,1 48,0 12,3 21,5 0,4 0,3 0,4 100,0 5 095 3,4 Moyen 10,9 43,6 14,9 28,0 1,1 1,1 0,3 100,0 5 327 4,6 Quatrième 5,5 31,7 12,4 43,0 2,6 4,3 0,4 100,0 5 595 5,7 Le plus riche 2,2 20,2 7,6 43,8 5,3 20,2 0,7 100,0 5 879 8,8 Ensemble3 14,5 37,5 10,2 29,7 2,0 5,6 0,5 100,0 27 030 4,7 1 A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès 7 classes du niveau secondaire. 3 Y compris 11 hommes dont l’âge est indéterminé. En outre, 48 % des hommes et 44 % des femmes ont un niveau d’instruction primaire, dont un quart environ (10 % pour chaque sexe) un niveau d’instruction primaire complet. Près d’un homme sur trois (32 %) et plus d’une femme sur quatre (27 %) ont le niveau secondaire. Une proportion très faible d’hommes comme de femmes ont un niveau supérieur (respectivement 6 % et 3 %). Cependant, les résultats indiquent une amélioration substantielle de la scolarisation des générations les plus anciennes aux générations les plus récentes : en effet la proportion de personnes sans niveau d’instruction passe de 82 % pour les femmes de 65 ans ou plus à 10 % pour celles de 15-19 ans. Chez les hommes, cette proportion passe de 54 % à 6 % pour les mêmes groupes d’âges. Parallèlement, les proportions de femmes et d’hommes ayant au moins un niveau secondaire ont augmenté de façon importante : ainsi, 3 % de femmes de 65 ans ou plus ont au moins un niveau secondaire incomplet, contre 61 % des femmes de 15-19 ans ; cette proportion passe de 10 % chez les hommes de 65 ans ou plus à 67 % chez ceux de 20-24 ans. Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 33 Les tableaux 2.11.1 et 2.11.2 présentent également le nombre médian d’années d’études complétées. Globalement, on constate une disparité entre les sexes puisque la médiane est estimée à 4,7 années d’études pour les hommes contre 3,7 pour les femmes. Les nombres médians d’années d’études les plus élevés concernent les jeunes générations âgées aujourd’hui de 15-29 ans, le milieu urbain, en particulier Yaoundé et Douala, et les hommes et les femmes des ménages des quintiles les plus élevés. Le principal indicateur du niveau d’accès de la population au système éducatif est le niveau de fréquentation scolaire des personnes en âge d’aller à l’école. Au cours de l’EDS-MICS 2011, des questions relatives à la fréquentation scolaire ont été posées pour toutes les personnes âgées de 3 à 24 ans, ce qui a permis de calculer les taux nets et bruts de fréquentation scolaire2, par sexe et niveau d’instruction, selon le milieu et la région de résidence et le quintile de bien-être économique (Tableau 2.12). Dans l’ensemble, le taux net de fréquentation scolaire pour le primaire est de 79 %, ce qui signifie que plus des trois-quarts de la population de 6-11 ans (âge officiel de fréquentation du niveau primaire) fréquentent l’école primaire. Ce taux est légèrement plus élevé pour les garçons (81 %) que pour les filles (76 %) et il est plus faible en milieu rural (72 %) qu’en milieu urbain (87 %). Au niveau des régions, on constate que c’est dans l’Extrême-Nord (52 %) et dans le Nord (67 %) que les taux nets de fréquentation scolaire sont les plus faibles. Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau d’enseignement primaire est de 111 % ce qui signifie que 111 élèves de tous âges fréquentent l’école primaire pour 100 personnes âgés de 6-11 ans, âge officiel de fréquentation du primaire. Quand ce taux est supérieur au taux net pour un niveau d’étude donné, cela signifie qu’un nombre important d’enfants plus âgés ou plus jeunes par rapport à l’âge officiel de fréquentation de ce niveau d’études fréquentent ce niveau3 et, quand le taux net est déjà élevé, le taux brut peut facilement dépasser 100 % comme c’est le cas ici. Ce taux est plus élevé chez les garçons (117 %) que chez les filles (105 %) et on observe des variations par caractéristiques sociodémographiques similaires à celles observées pour le taux net. Pour le niveau secondaire qui concerne la population âgée de 12-18 ans, le taux net de fréquentation scolaire est beaucoup plus faible que pour le niveau primaire et s’établit à 46 % : cela signifie que moins de la moitié de la population d’âge officiel de niveau secondaire (12-18 ans) fréquente effectivement ce niveau. Il n’y a pratiquement pas d’écart selon le sexe (47 % pour les garçons contre 45 % pour les filles). Par contre, comme pour le niveau primaire, le taux net au niveau secondaire est beaucoup plus faible en milieu rural (30 %) qu’en milieu urbain (62 %). Au niveau des régions, l’Extrême-Nord et le Nord se distinguent par les taux les plus faibles (respectivement, 14 % et 18 %). Les résultats selon le quintile de bien-être montrent, comme pour le primaire, que les taux augmentent des ménages les plus pauvres aux plus riches. Le taux brut pour le niveau secondaire est de 66 %, soit beaucoup plus élevé que le taux net (46 %), ce qui signifie qu’un nombre important d’enfants plus âgés ou plus jeunes que l’âge officiel de fréquentation du niveau secondaire fréquentent ce niveau. Comme pour le primaire, ce taux est plus élevé chez les garçons que chez les filles (70 % contre 62 %) et on constate des variations par caractéristique sociodémographique similaires à celles observées pour le taux net. 2 Les définitions de ces indicateurs sont données en note du tableau 2.12. 3 Certains y accèdent précocement et d’autres en sortent tardivement. 34 • Caractéristiques des logements et de la population des ménages Tableau 2.12 Taux de fréquentation scolaire Taux net de fréquentation scolaire (TNF) et taux brut de fréquentation scolaire (TBF) de la population de fait des ménages, par sexe et niveau d'études, et indice de parité entre les genres selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Taux net de fréquentation scolaire1 Taux brut de fréquentation scolaire2 Masculin Féminin Ensemble Indice de parité entre les genres3 Masculin Féminin Ensemble Indice de parité entre les genres3 NIVEAU PRIMAIRE Milieu de résidence Yaoundé/Douala 90,2 87,3 88,8 0,97 115,4 108,6 112,0 0,94 Autres villes 87,4 86,0 86,7 0,98 121,8 115,3 118,6 0,95 Ensemble urbain 88,3 86,4 87,4 0,98 119,8 113,2 116,5 0,94 Rural 75,4 68,7 72,1 0,91 114,6 98,8 106,9 0,86 Région Adamaoua 79,0 72,4 75,9 0,92 115,3 105,8 110,7 0,92 Centre (sans Yaoundé) 90,5 92,7 91,6 1,03 131,0 123,1 127,2 0,94 Douala 91,0 88,3 89,7 0,97 115,7 109,6 112,8 0,95 Est 84,3 86,1 85,2 1,02 117,2 112,0 114,5 0,96 Extrême-Nord 58,0 46,2 52,2 0,80 98,4 71,2 85,0 0,72 Littoral (sans Douala) 93,2 95,3 94,2 1,02 131,9 127,3 129,6 0,97 Nord 73,8 59,7 66,8 0,81 120,1 93,1 106,7 0,77 Nord-Ouest 89,5 92,7 91,0 1,04 124,5 125,1 124,8 1,01 Ouest 94,3 95,0 94,6 1,01 127,8 131,8 129,7 1,03 Sud 93,0 89,6 91,4 0,96 123,5 113,0 118,5 0,92 Sud-Ouest 90,5 90,8 90,6 1,00 116,6 114,8 115,7 0,98 Yaoundé 89,5 86,5 87,9 0,97 115,0 107,8 111,3 0,94 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 60,7 46,8 54,1 0,77 101,8 74,7 88,9 0,73 Second 81,5 78,1 79,8 0,96 123,7 107,6 115,6 0,87 Moyen 87,7 86,2 87,0 0,98 125,0 117,7 121,4 0,94 Quatrième 90,2 87,6 88,9 0,97 119,9 116,0 118,0 0,97 Le plus riche 90,4 88,9 89,7 0,98 115,4 114,3 114,8 0,99 Ensemble 80,8 76,1 78,5 0,94 116,8 104,8 110,9 0,90 NIVEAU SECONDAIRE Milieu de résidence Yaoundé/Douala 73,0 67,7 70,1 0,93 107,3 103,7 105,4 0,97 Autres villes 57,4 58,8 58,1 1,02 89,7 80,4 85,0 0,90 Ensemble urbain 62,0 61,7 61,8 0,99 94,9 87,9 91,3 0,93 Rural 32,8 27,8 30,3 0,85 45,8 35,2 40,5 0,77 Région Adamaoua 37,7 24,7 30,7 0,66 57,6 33,7 44,6 0,58 Centre (sans Yaoundé) 51,5 52,5 52,0 1,02 77,1 71,6 74,5 0,93 Douala 73,3 72,5 72,9 0,99 105,6 112,8 109,3 1,07 Est 50,4 38,1 44,2 0,75 71,0 52,5 61,7 0,74 Extrême-Nord 17,7 10,1 14,1 0,57 30,0 13,3 22,0 0,44 Littoral (sans Douala) 60,6 59,1 59,9 0,97 96,8 80,1 88,9 0,83 Nord 22,3 13,0 17,8 0,58 38,4 18,4 28,7 0,48 Nord-Ouest 55,3 63,3 59,7 1,15 72,5 80,1 76,6 1,10 Ouest 64,1 63,1 63,6 0,98 92,4 82,9 87,7 0,90 Sud 60,7 65,6 63,1 1,08 85,3 89,3 87,3 1,05 Sud-Ouest 63,3 68,5 66,1 1,08 91,2 91,4 91,3 1,00 Yaoundé 72,7 63,9 67,7 0,88 109,0 96,5 102,0 0,89 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 12,4 5,1 8,9 0,41 21,4 5,7 14,0 0,27 Second 34,1 31,3 32,7 0,92 46,0 38,6 42,3 0,84 Moyen 45,0 43,5 44,3 0,97 63,4 56,6 60,1 0,89 Quatrième 65,0 60,2 62,5 0,93 97,6 86,5 91,8 0,89 Le plus riche 76,6 73,4 74,9 0,96 117,3 105,3 110,8 0,90 Ensemble 46,9 44,9 45,9 0,96 69,5 61,8 65,6 0,89 1 Le taux net de fréquentation scolaire (TNF) pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d'âge de fréquentation du niveau primaire (6-11 ans) qui fréquente l'école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d'âge de fréquentation du niveau secondaire (12-18 ans) qui fréquente l'école secondaire. Par définition le taux net de fréquentation ne peut excéder 100 %. 2 Le taux brut de fréquentation scolaire (TBF) au niveau primaire est le nombre total d'élèves du niveau primaire, exprimé en pourcentage de la population d'âge officiel de fréquentation du niveau primaire. Le taux brut de fréquentation scolaire au niveau secondaire est le nombre total d'élèves du niveau secondaire, exprimé en pourcentage de la population d'âge officiel de fréquentation du niveau secondaire. S'il y a pour un niveau donné un nombre important d'élèves plus âgés ou plus jeunes que l'âge officiel pour ce niveau, le TBF peut excéder 100 %. 3 L'indice de parité entre les genres pour le primaire est le ratio du taux de fréquentation au niveau primaire des filles sur le taux de fréquentation des garçons. L'indice de parité entre les genres pour le secondaire est le ratio du taux de fréquentation au niveau secondaire des filles sur le taux de fréquentation des garçons. Caractéristiques des logements et de la population des ménages • 35 Le tableau 2.12 présente également l’indice de parité de genre qui est le rapport entre le taux de fréquentation scolaire des femmes et celui des hommes. Plus l’indice de parité est proche de 1, moins l’écart entre les taux de fréquentation scolaire des filles et des garçons est important. Au niveau primaire, l’indice est estimé à 0,94 pour le taux net et à 0,90 pour le taux brut ; au niveau secondaire, il est respectivement de 0,96 et 0,89. Ce constat révèle l’existence d’une certaine disparité au désavantage des filles en ce qui concerne la fréquentation scolaire. Globalement, l’importance de cette disparité varie selon les différentes caractéristiques de la même façon que les taux de fréquentation. Dans le Nord et l’Extrême-Nord, l’indice de parité pour le taux net n’est, respectivement, que de 0,82 et 0,81 pour le niveau primaire et il passe à 0,57 et 0,58 pour le niveau secondaire. L’indice est aussi toujours plus faible en milieu rural qu’en milieu urbain et parmi les ménages les plus pauvres par rapport aux plus riches. Il semblerait donc qu’en plus des pesanteurs socioculturelles, la discrimination observée à l’égard des filles résulte d’un choix économique que certains ménages, pauvres en général, sont obligés d’effectuer en raison des coûts d’accès au système scolaire. Les résultats tendent à montrer que, dans ces situations, ce sont les garçons qui sont envoyés ou maintenus dans le système scolaire au détriment des filles. Le graphique 2.2 qui présente la proportion de garçons et de filles de chaque âge qui fréquentent l’école (quel que soit le niveau) met en évidence les disparités entre les garçons et les filles : ces disparités existent à tous les âges et tendent à augmenter avec l’âge. Graphique 2.2 Taux de fréquentation scolaire par âge 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 P o ur ce nt ag e Âge Masculin Féminin EDS-MICS 2011 Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 37 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS 3 Bruno Magloire KAMGHO TEZANOU, Félicien FOMEKONG et Pierre SOHKADJIE e chapitre porte sur les caractéristiques sociodémographiques des femmes et des hommes enquêtés. Ces informations sont importantes car elles permettent de mieux comprendre les résultats présentés dans les chapitres qui suivent. Tout comme le questionnaire ménage, les questionnaires individuels ont permis de recueillir des informations sur l’âge, l’état matrimonial, le milieu et la région de résidence, le niveau d’instruction des enquêtés, etc. qui sont utilisées comme variables d'analyse dans la suite de ce rapport. En outre, dans ce chapitre, sont également analysés les résultats sur l’alphabétisation, l’accès aux médias, l’activité économique, la couverture médicale et la consommation de tabac. 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS Le tableau 3.1 présente la répartition des femmes et des hommes de 15-49 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques, à savoir l’âge, l’état matrimonial, le milieu et la région de résidence, le niveau d’instruction et le quintile de bien-être économique. Comme cela a été déjà expliqué dans le plan de sondage (voir Annexe A), certaines régions ont été, selon le cas, suréchantillonnées ou sous-échantillonnées de façon à disposer pour chaque région d’un nombre de cas suffisant pour pouvoir estimer des résultats avec un niveau de précision acceptable. Les résultats ont ensuite été pondérés pour redonner à chaque région son poids réel dans la population d’ensemble du Cameroun. Le tableau 3.1 présente, pour chaque catégorie, le nombre de cas non pondérés, c’est-à-dire le nombre de personnes effectivement interviewées dans chaque catégorie, et le nombre de cas pondérés, c’est-à-dire le nombre de cas de chaque catégorie selon le poids réel de cette catégorie au niveau national. Dans le reste de ce chapitre et de tout le rapport, tous les effectifs présentés sont des effectifs pondérés. C Principaux résultats  Bien que la grande majorité des femmes et des hommes de 15-49 ans soient instruits, il subsiste une frange non négligeable de la population sans niveau d’instruction (8 % des hommes et 20 % des femmes).  Les femmes sont moins alphabétisées (69 %) que les hommes (82 %). Le taux d’alphabétisation varie aussi de manière importante entre les régions : pour les femmes, il varie de 23 % dans l’Extrême-Nord à 92 % au Sud ; pour les hommes, il passe de 53 % dans l’Extrême-Nord à 93 % dans le Littoral.  L’exposition des populations-cibles aux médias (presse audiovisuelle et écrite) n’est pas encore généralisée : 40 % des femmes et 20 % des hommes ne sont exposés à aucun média.  Près de sept femmes sur dix (69 %) et de huit hommes sur dix (78 %) ont exercé une activité économique au cours des 12 derniers mois ayant précédé l’enquête ; parmi eux, près de deux sur cinq travaillaient dans l’agriculture. 38 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes enquêtés de 15-49 ans selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Femme Homme Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Groupe d’âges 15-19 23,3 3 589 3 590 24,7 1 591 1 612 20-24 20,3 3 127 3 118 19,0 1 227 1 191 25-29 17,4 2 689 2 661 16,6 1 074 1 017 30-34 12,6 1 942 1 908 12,8 828 836 35-39 10,9 1 679 1 688 10,8 697 714 40-44 8,1 1 244 1 274 8,9 577 601 45-49 7,5 1 156 1 187 7,1 460 481 Religion Catholique 36,6 5 642 5 735 38,5 2 484 2 471 Protestant 33,8 5 221 5 415 30,3 1 953 2 104 Musulman 20,4 3 146 2 996 20,6 1 328 1 259 Animiste 2,8 433 310 2,0 128 103 Autre chrétien 2,5 390 398 2,3 151 147 Autre 1,2 186 185 1,4 89 84 Aucune 2,4 369 341 4,8 308 271 Manquant 0,3 40 46 0,2 14 13 Ethnie Arabes-Choa/Peulh/Haoussa/Kanuri 9,2 1 421 1 451 8,6 554 562 Biu-Mandara 14,0 2 157 1 620 14,4 932 725 Adamaoua-Oubangui 9,5 1 471 1 639 9,8 631 686 Bantoïde Sud-Ouest 1,4 211 212 1,4 94 96 Grassfields 14,1 2 170 2 252 12,8 825 860 Bamilike/Bamoun 24,0 3 709 3 267 24,3 1 567 1 397 Côtier/Ngoe/Oroko 4,3 669 671 4,7 303 308 Beti/Bassa/Mbam 17,9 2 765 3 239 18,6 1 202 1 373 Kako/Meka/Pygmé 2,6 397 612 2,6 170 274 Etranger/autre 2,6 395 401 2,2 145 146 Manquant 0,4 61 62 0,5 31 24 État matrimonial Célibataire 27,9 4 307 4 282 50,0 3 227 3 179 Marié 49,2 7 584 7 301 34,5 2 226 2 183 Vivant ensemble 14,3 2 208 2 504 11,3 732 806 Divorcé/séparé 5,7 881 865 3,7 237 250 Veuf 2,9 446 474 0,5 33 34 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 22,5 3 467 2 811 23,3 1 501 1 174 Autres villes 31,4 4 842 4 961 32,6 2 106 2 146 Ensemble urbain 53,9 8 309 7 772 55,9 3 607 3 320 Rural 46,1 7 117 7 654 44,1 2 847 3 132 Région Adamaoua 4,8 746 1 279 4,1 262 469 Centre (sans Yaoundé) 7,1 1 092 1 233 8,3 534 566 Douala 11,1 1 712 1 459 11,0 707 604 Est 3,9 604 974 4,2 270 447 Extrême-Nord 16,1 2 490 1 666 14,8 956 625 Littoral (sans Douala) 4,0 615 896 4,4 287 418 Nord 10,9 1 676 1 576 11,3 729 701 Nord-Ouest 9,9 1 521 1 601 8,2 529 563 Ouest 10,6 1 634 1 320 10,2 659 519 Sud 2,6 402 940 2,9 185 440 Sud-Ouest 7,6 1 180 1 130 8,4 543 530 Yaoundé 11,4 1 755 1 352 12,3 794 570 Niveau d'instruction Aucun 20,0 3 086 2 796 8,3 533 501 Primaire 33,8 5 214 5 480 32,1 2 073 2 101 Secondaire 1er cycle 27,1 4 185 4 399 31,1 2 005 2 080 Secondaire 2nd cycle 13,6 2 099 2 027 19,1 1 234 1 243 Supérieur 5,5 842 724 9,4 610 527 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,1 2 481 2 292 15,3 987 917 Second 17,8 2 751 3 053 16,0 1 032 1 199 Moyen 19,0 2 923 3 188 18,2 1 175 1 313 Quatrième 22,8 3 517 3 443 22,7 1 465 1 430 Le plus riche 24,3 3 753 3 450 27,8 1 795 1 593 Ensemble 15-49 100,0 15 426 15 426 100,0 6 455 6 452 Hommes 50-59 na na na na 736 739 Ensemble 15-59 na na na na 7 191 7 191 Note: Le niveau d'instruction correspond au plus haut niveau d'instruction atteint, qu'il ait été achevé ou non. na = non applicable Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 39 Les femmes âgées de 15-49 ans, c’est-à-dire celles en âge de procréer, et les hommes de 15-59 ans constituent des populations-cibles de l’EDS-MICS 2011. Cependant, dans ce chapitre et dans les suivants, par souci de comparaison, les résultats portent sur les hommes et les femmes de la même tranche d’âges (15-49 ans). En général, les résultats concernant les hommes de 50-59 ans constituent une catégorie à part, présentés au bas des tableaux. Âge L'âge, variable fondamentale dans l'analyse des phénomènes démographiques, est l'une des informations les plus difficiles à obtenir de façon précise lorsque l'enregistrement écrit des événements (notamment des faits d’états civils) n'est pas suffisamment ancré dans les habitudes de certaines populations, comme c'est le cas au Cameroun. De ce fait, un soin particulier a été accordé à son estimation au moment de l'enquête individuelle. On a d'abord demandé aux enquêtés leur date de naissance, puis leur âge. Lorsque ces deux informations étaient obtenues, l'enquêtrice/enquêteur contrôlait la cohérence entre elles. Dans le cas où l'enquêté(e) ne connaissait pas sa date de naissance ou son âge, l'enquêtrice/enquêteur essayait d'obtenir un document officiel (carte d'identité, acte de naissance, etc.) où figure la date de naissance. Lorsque aucun document n'était disponible, l'enquêtrice/enquêteur devait estimer l'âge de l'enquêté(e), soit par comparaison avec l'âge d'autres membres du ménage, soit par déduction à partir de l'histoire de l'enquêté(e), ou encore en utilisant des références historiques. Les distributions par âge présentent une allure assez régulière, les proportions de chaque groupe d'âges, pour chaque sexe, diminuant régulièrement au fur et à mesure que l'on avance vers les âges élevés. Pour les femmes, elles passent de 23 % à 15-19 ans à 8 % pour la tranche d’âges 45-49 ans. Pour les hommes, les proportions varient de 25 % à 15-19 ans à 7 % à 45-49 ans. Religion En ce qui concerne la religion, les résultats montrent que la majorité des enquêtés se sont déclarés de confession catholique (37 % des femmes et 39 % des hommes) ; la religion protestante vient en seconde position (respectivement 34 % et 30 %). Vient ensuite la religion musulmane avec 20 % des femmes et 21 % des hommes. Les autres religions (y compris l’animisme) ne sont pratiquées que par de faibles proportions de femmes et d’hommes (3 % ou moins). Ethnie La répartition de la population selon l’ethnie rend compte de la diversité ethnoculturelle du Cameroun. Selon les regroupements effectués, on constate que les principaux groupes sont : les Bamiléké/Bamoun (24 % des femmes et 24 % des hommes) ; les Beti/Bassa/Mbam (respectivement, 18 % et 19 %) ; les Biu-Mandara (14 % pour chaque sexe) ; les Grassfields (14 % des femmes et 13 % des hommes), les Adamaoua-Oubangui (10 % pour chaque sexe) et les Arabes-Choa/Peulh/Haoussa/Kanuri (9 % pour chaque sexe). Les autres groupes ethniques du Cameroun représentent en tout près de 11 % et les étrangers près de 3 % de la population résidente. État matrimonial Dans le cadre de l’EDS-MICS 2011, sont considérés comme étant en union toutes les femmes et tous les hommes mariés légalement ou non ainsi que tous ceux et toutes celles vivant en union consensuelle. Selon cette définition, on constate qu’environ trois femmes sur dix (28 %) étaient célibataires au moment de l’enquête, environ deux femmes sur trois (64 %) étaient mariées ou vivaient en union consensuelle, et 9 % étaient en rupture d’union (divorcées, séparées ou veuves). Du fait d’une entrée en union beaucoup plus 40 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés tardive, la répartition des hommes par état matrimonial est très différente de celle des femmes. Au moment de l’enquête, un homme sur deux (50 %) était célibataire, 46 % étaient en union et 4 % en rupture d’union. Milieu et région de résidence Les résultats selon le milieu de résidence montrent que la majorité des enquêtés résidaient, au moment de l’enquête, en milieu urbain (54 % des femmes et 56 % des hommes) dont un peu moins de la moitié dans les villes de Yaoundé et Douala. La répartition des enquêtés selon la région administrative reflète bien le poids démographique respectif de chaque région. Elle ne fait pas apparaître d’écarts significatifs entre les hommes et les femmes. Niveau d’instruction En outre, on constate que, globalement, les hommes sont plus instruits que les femmes. En effet, 8 % des hommes de 15-49 ans contre 20 % des femmes de ce groupe d’âges n’ont aucun niveau d’instruction. Au niveau primaire, les proportions sont pratiquement les mêmes (32 % des hommes et 34 % des femmes). Cependant, au niveau secondaire, les proportions sont de 41 % pour les femmes (27 % pour le premier cycle et 14 % pour le second) et de 50 % pour les hommes (31 % pour le premier cycle et 19 % pour le second). Bien qu’en augmentation au fil du temps, les proportions de personnes ayant atteint le niveau d’instruction supérieur sont encore faibles (6 % chez les femmes et 9 % chez les hommes). Niveau de bien-être Au moment de l’enquête, environ une femme sur quatre (24 %) et trois hommes sur dix (28 %) vivaient dans un ménage du quintile le plus riche. Moins d’une femme et d’un homme sur cinq (respectivement, 16 % et 15 %) vivaient dans un ménage du quintile le plus pauvre. 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIODÉMOGRAPHIQUES Les tableaux 3.2.1 et 3.2.2 présentent la répartition des femmes et des hommes enquêtés selon le plus haut niveau d’instruction atteint, en fonction de certaines caractéristiques sociodémographiques. Globalement, comme cela a été mentionné précédemment, les hommes ont un niveau d’instruction plus élevé que les femmes. Les enquêtés n’ayant aucun niveau d’instruction sont proportionnellement plus nombreux parmi les femmes (20 %) que parmi les hommes (8 %). L’examen des tableaux 3.2.1 et 3.2.2 révèle que les proportions élevées de personnes sans niveau d’instruction s’observent à 45-49 ans (32 % des femmes et 17 % des hommes), en milieu rural (respectivement 34 % et 15 %), dans les régions de l’Extrême-Nord (63 % et 26 %), du Nord (52 % et 21 %) et de l’Adamaoua (40 % et 17 %) ainsi que dans les ménages les plus pauvres (63 % et 29 %). À l’opposé, les proportions les plus faibles de personnes non instruites sont enregistrées à 15-19 ans (11 % des femmes et 5 % des hommes), en milieu urbain (8 % et 3 %), et plus particulièrement à Yaoundé/Douala (2 % pour chaque sexe) et dans les ménages les plus riches. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 41 Tableau 3.2.1 Niveau d'instruction: Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en fonction du plus haut niveau d'instruction atteint ou achevé et nombre médian d'années d'instruction complétées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Plus haut niveau d'instruction atteint Total Nombre médian d'années complétées Effectif de femmes Sans instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Groupe d’âges 15-24 12,7 19,0 9,6 52,3 1,6 4,8 100,0 6,8 6 716 15-19 10,9 20,0 6,6 60,5 0,4 1,5 100,0 6,9 3 589 20-24 14,8 17,8 12,9 42,9 3,1 8,5 100,0 6,6 3 127 25-29 22,2 18,0 16,6 31,6 2,6 8,9 100,0 5,5 2 689 30-34 22,5 19,6 18,4 30,4 3,5 5,6 100,0 5,4 1 942 35-39 26,1 20,1 18,8 28,4 1,9 4,6 100,0 5,2 1 679 40-44 31,4 22,5 16,0 24,4 1,5 4,2 100,0 4,6 1 244 45-49 32,0 24,0 18,6 20,2 1,5 3,7 100,0 4,4 1 156 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 1,7 7,7 11,3 61,5 4,2 13,7 100,0 8,8 3 467 Autres villes 12,7 17,4 14,9 45,7 2,8 6,5 100,0 6,5 4 842 Ensemble urbain 8,1 13,4 13,4 52,3 3,4 9,5 100,0 7,9 8 309 Rural 33,9 27,1 15,0 22,9 0,5 0,7 100,0 3,9 7 117 Région Adamaoua 39,5 28,8 9,0 21,4 0,1 1,2 100,0 2,7 746 Centre (sans Yaoundé) 2,1 22,9 17,5 51,2 0,8 5,5 100,0 6,5 1 092 Douala 1,7 7,7 11,5 65,0 3,3 10,8 100,0 8,7 1 712 Est 15,3 33,4 9,3 39,4 1,2 1,4 100,0 5,1 604 Extrême-Nord 62,6 27,4 2,0 7,3 0,1 0,5 100,0 0,0 2 490 Littoral (sans Douala) 2,6 17,4 16,1 59,8 1,1 2,9 100,0 7,2 615 Nord 52,0 31,9 3,4 11,5 0,7 0,4 100,0 0,0 1 676 Nord-Ouest 6,3 11,1 37,8 36,1 4,4 4,3 100,0 5,8 1 521 Ouest 2,3 25,2 15,6 50,9 1,5 4,5 100,0 6,5 1 634 Sud 1,1 12,4 17,1 65,8 0,8 2,8 100,0 7,4 402 Sud-Ouest 2,8 12,5 30,9 41,8 3,2 8,8 100,0 6,8 1 180 Yaoundé 1,6 7,7 11,1 58,0 5,0 16,5 100,0 9,0 1 755 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 63,0 29,2 3,8 4,0 0,0 0,0 100,0 0,0 2 481 Second 28,0 29,2 18,7 23,7 0,2 0,2 100,0 4,4 2 751 Moyen 14,9 26,5 20,8 36,0 0,8 1,1 100,0 5,4 2 923 Quatrième 6,6 15,5 16,1 55,3 2,3 4,3 100,0 7,2 3 517 Le plus riche 2,3 5,1 10,5 59,1 5,5 17,4 100,0 9,5 3 753 Ensemble 20,0 19,7 14,1 38,7 2,0 5,5 100,0 5,6 15 426 1 A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès 7 classes du niveau secondaire. 42 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.2.2 Niveau d'instruction: Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans en fonction du plus haut niveau d'instruction atteint ou achevé et nombre médian d'années d'instruction complétées, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Plus haut niveau d'instruction atteint Total Nombre médian d'années complétées Effectif d'hommes Sans instruction Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Groupe d’âges 15-24 5,1 18,2 9,1 54,6 6,6 6,4 100,0 7,6 2 818 15-19 5,2 20,2 7,0 62,1 4,5 1,0 100,0 7,1 1 591 20-24 5,1 15,6 11,8 44,9 9,2 13,4 100,0 8,5 1 227 25-29 8,9 17,0 16,0 39,1 4,6 14,4 100,0 7,4 1 074 30-34 7,2 19,4 19,3 38,5 3,7 11,8 100,0 6,6 828 35-39 10,8 18,4 16,6 41,1 4,0 9,0 100,0 6,6 697 40-44 13,7 20,8 14,5 34,4 4,8 11,9 100,0 6,0 577 45-49 17,1 24,1 14,9 30,5 3,6 9,8 100,0 5,5 460 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 2,3 6,6 8,7 54,0 7,6 20,7 100,0 9,5 1 501 Autres villes 3,6 14,3 12,1 51,0 7,0 12,2 100,0 8,3 2 106 Ensemble urbain 3,1 11,1 10,7 52,2 7,2 15,7 100,0 8,8 3 607 Rural 14,8 28,7 16,5 35,7 2,7 1,5 100,0 5,3 2 847 Région Adamaoua 16,5 28,9 9,3 39,9 1,1 4,3 100,0 5,4 262 Centre (sans Yaoundé) 1,3 16,1 10,7 54,2 3,6 14,0 100,0 8,0 534 Douala 2,7 5,9 8,5 57,0 6,3 19,7 100,0 9,3 707 Est 7,4 24,4 6,8 52,7 4,4 4,2 100,0 6,7 270 Extrême-Nord 26,1 40,2 4,1 24,8 2,9 1,8 100,0 3,4 956 Littoral (sans Douala) 0,7 11,3 13,1 62,2 4,8 7,9 100,0 8,1 287 Nord 21,1 34,9 6,4 33,4 3,4 0,8 100,0 4,6 729 Nord-Ouest 1,9 7,4 39,5 41,4 5,0 4,8 100,0 6,1 529 Ouest 0,2 17,0 13,0 53,5 7,5 8,8 100,0 8,2 659 Sud 1,4 9,7 11,4 62,6 8,1 6,8 100,0 8,5 185 Sud-Ouest 1,5 9,1 34,0 38,3 6,1 10,9 100,0 7,1 543 Yaoundé 2,1 7,3 8,9 51,4 8,7 21,7 100,0 9,7 794 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 28,9 41,5 7,5 20,8 1,2 0,1 100,0 3,0 987 Second 11,7 29,9 17,1 38,0 2,5 0,7 100,0 5,4 1 032 Moyen 4,7 21,8 21,5 45,9 4,1 2,0 100,0 6,0 1 175 Quatrième 3,7 11,5 14,1 58,0 6,4 6,4 100,0 8,2 1 465 Le plus riche 1,0 4,1 8,2 50,9 8,8 27,0 100,0 10,2 1 795 Ensemble 15-49 8,3 18,8 13,3 45,0 5,2 9,4 100,0 7,2 6 455 50-59 20,7 21,6 20,7 26,2 3,3 7,6 100,0 5,3 736 Ensemble 15-59 9,5 19,1 14,0 43,0 5,0 9,3 100,0 6,9 7 191 1 A achevé avec succès 6 classes du niveau primaire. 2 A achevé avec succès 7 classes du niveau secondaire. Les résultats révèlent des déperditions importantes du système éducatif. En effet, sur 100 femmes qui fréquentent ou ont fréquenté l’école, 25 n’ont pas complété le niveau primaire et cette proportion est de 21 % pour les hommes. Globalement, l’analyse des variations du nombre médian d’années d’études complétées permet de synthétiser les différences de niveau d’instruction. Dans l’ensemble, une femme sur deux a achevé 5,6 années d’études, correspondant à la classe du cours moyen 2, et un homme sur deux a achevé 7,2 années, soit la classe de sixième. Le nombre médian d’années d’études complétées augmente des générations les plus anciennes aux plus jeunes, passant de 4,4 années chez les femmes de 45-49 ans à 6,9 années chez celles de 15-19 ans, contre 5,5 et 7,1 années respectivement chez les hommes des mêmes groupes d’âges. Il est plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (respectivement 7,9 et 3,9 années pour les femmes ; 8,8 et 5,3 années pour les hommes), et augmente avec le niveau de bien-être du ménage, passant pour les femmes d’aucune année achevée dans les ménages les plus pauvres à 9,5 années dans les ménages les plus riches et, pour les hommes, de 3,0 à 10,2 années d’études achevées. Selon la région, le nombre médian dans l’Extrême-Nord (aucune année pour les femmes et 3,4 années pour les hommes), le Nord (respectivement 0,0 et 4,6 années) et l’Adamaoua (2,7 et 5,4 années) est largement inférieur à celui du niveau national (respectivement 5,6 et 7,2 années). Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 43 3.3 ALPHABÉTISATION Au cours de l’enquête, mises à part les questions posées sur la dernière classe achevée et le niveau d’instruction atteint par les enquêtés, on a demandé à ceux qui n’avaient aucun niveau d’instruction et à ceux qui avaient seulement le niveau primaire de lire une phrase simple rédigée dans une des langues officielles ou nationales. Les enquêteurs enregistraient le résultat de ce « test » selon les cinq modalités suivantes : « peut lire toute la phrase », « seulement des parties de la phrase », « ne peut pas lire du tout », « pas de carte dans la langue de l’enquêté », et « aveugle/malvoyant ». Les enquêtés qui ont pu lire entièrement ou une partie de la phrase et les enquêtés ayant atteint le niveau secondaire ou plus sont considérés ici comme alphabétisés. Les résultats sont présentés aux tableaux 3.3.1 pour les femmes et 3.3.2 pour les hommes. Tableau 3.3.1 Alphabétisation: Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans par niveau d'instruction atteint et niveau d'alphabétisation et pourcentage de femmes alphabétisées selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Secondaire ou supérieur Pas d'instruction ou niveau primaire Total Pourcentage alphabétisé1 Effectif de femmes Peut lire une phrase entière Peut lire une partie de la phrase Ne peut pas lire Pas de carte dans la langue de l'enquêtée Aveugle/ malvoyant Manquant Groupe d’âges 15-24 58,7 10,3 8,5 21,2 1,1 0,0 0,2 100,0 77,5 6 716 15-19 62,4 9,3 7,7 19,5 0,9 0,0 0,3 100,0 79,4 3 589 20-24 54,5 11,6 9,3 23,2 1,3 0,0 0,1 100,0 75,3 3 127 25-29 43,2 13,5 10,7 30,3 2,0 0,1 0,2 100,0 67,4 2 689 30-34 39,5 16,8 10,6 31,6 1,1 0,0 0,3 100,0 66,9 1 942 35-39 35,0 15,2 11,6 36,0 1,5 0,3 0,5 100,0 61,8 1 679 40-44 30,1 14,5 11,9 40,7 2,0 0,3 0,5 100,0 56,5 1 244 45-49 25,4 15,9 11,9 44,3 1,1 1,1 0,2 100,0 53,3 1 156 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 79,3 12,0 3,6 4,4 0,3 0,1 0,4 100,0 94,8 3 467 Autres villes 55,0 14,3 9,8 19,2 1,4 0,1 0,3 100,0 79,1 4 842 Ensemble urbain 65,1 13,3 7,2 13,0 0,9 0,1 0,3 100,0 85,6 8 309 Rural 24,1 12,6 13,3 47,7 1,9 0,3 0,2 100,0 50,0 7 117 Région Adamaoua 22,6 15,1 13,5 45,4 3,0 0,1 0,3 100,0 51,2 746 Centre (sans Yaoundé) 57,5 14,0 16,0 11,8 0,1 0,3 0,4 100,0 87,5 1 092 Douala 79,1 12,0 4,3 3,9 0,1 0,1 0,5 100,0 95,4 1 712 Est 42,0 18,5 10,9 25,5 2,7 0,2 0,3 100,0 71,4 604 Extrême-Nord 7,9 7,6 7,0 71,5 5,7 0,2 0,1 100,0 22,5 2 490 Littoral (sans Douala) 63,8 14,3 8,3 12,4 0,9 0,2 0,1 100,0 86,4 615 Nord 12,6 9,2 8,7 68,7 0,6 0,0 0,2 100,0 30,5 1 676 Nord-Ouest 44,8 16,0 19,1 19,5 0,0 0,0 0,5 100,0 80,0 1 521 Ouest 56,9 19,1 13,1 10,3 0,3 0,2 0,1 100,0 89,1 1 634 Sud 69,4 11,2 11,7 6,5 0,0 0,5 0,7 100,0 92,3 402 Sud-Ouest 53,8 15,4 13,1 17,3 0,0 0,4 0,1 100,0 82,3 1 180 Yaoundé 79,5 11,9 2,9 4,9 0,4 0,0 0,3 100,0 94,3 1 755 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 4,0 6,5 8,4 78,2 2,4 0,2 0,2 100,0 19,0 2 481 Second 24,1 15,3 15,5 42,8 1,8 0,3 0,2 100,0 55,0 2 751 Moyen 37,9 17,2 15,5 26,9 1,9 0,3 0,3 100,0 70,6 2 923 Quatrième 61,9 15,6 8,7 12,7 0,8 0,0 0,3 100,0 86,1 3 517 Le plus riche 82,0 9,9 3,9 3,4 0,4 0,0 0,4 100,0 95,8 3 753 Ensemble 46,2 13,0 10,0 29,0 1,4 0,2 0,3 100,0 69,2 15 426 1 C'est-à-dire les femmes qui ont, au moins, fréquenté l'école secondaire et celles qui peuvent lire une phrase entière ou une partie de phrase. 44 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.3.2 Alphabétisation: Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans par niveau d'instruction atteint et niveau d'alphabétisation et pourcentage d'hommes alphabétisés selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Secondaire ou supérieur Pas d'instruction ou niveau primaire Total Pourcentage alphabétisé1 Effectif d'hommes Peut lire une phrase entière Peut lire une partie de la phrase Ne peut pas lire Pas de carte dans la langue de l'enquêté Aveugle/ malvoyant Manquant Groupe d’âges 15-24 67,6 11,2 7,3 12,8 0,4 0,0 0,6 100,0 86,1 2 818 15-19 67,6 11,2 7,1 12,9 0,5 0,1 0,6 100,0 85,9 1 591 20-24 67,5 11,2 7,6 12,8 0,4 0,0 0,6 100,0 86,3 1 227 25-29 58,0 15,2 8,7 17,1 0,3 0,0 0,7 100,0 81,9 1 074 30-34 54,0 20,6 8,0 16,1 0,6 0,2 0,5 100,0 82,7 828 35-39 54,2 17,8 8,1 18,0 1,5 0,1 0,4 100,0 80,0 697 40-44 51,1 15,5 7,7 22,6 1,0 0,2 1,8 100,0 74,4 577 45-49 43,9 20,2 7,1 27,2 0,4 0,5 0,6 100,0 71,3 460 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 82,3 11,2 2,4 3,4 0,1 0,1 0,4 100,0 96,0 1 501 Autres villes 70,1 13,7 6,5 8,8 0,2 0,1 0,7 100,0 90,2 2 106 Ensemble urbain 75,2 12,7 4,8 6,5 0,2 0,1 0,6 100,0 92,6 3 607 Rural 40,0 17,5 11,5 28,9 1,1 0,1 0,8 100,0 69,0 2 847 Région Adamaoua 45,3 16,6 14,6 19,4 2,6 0,0 1,6 100,0 76,5 262 Centre (sans Yaoundé) 71,9 15,4 4,5 6,8 0,0 0,0 1,3 100,0 91,9 534 Douala 82,9 10,5 2,7 3,6 0,0 0,1 0,2 100,0 96,1 707 Est 61,4 19,5 7,9 11,1 0,0 0,0 0,2 100,0 88,8 270 Extrême-Nord 29,5 14,5 9,3 42,8 3,0 0,4 0,5 100,0 53,3 956 Littoral (sans Douala) 74,9 13,2 4,9 6,7 0,0 0,0 0,3 100,0 93,0 287 Nord 37,6 17,7 10,1 34,0 0,0 0,3 0,4 100,0 65,3 729 Nord-Ouest 51,2 20,7 15,8 9,7 0,0 0,1 2,5 100,0 87,7 529 Ouest 69,8 16,3 6,1 7,4 0,0 0,0 0,4 100,0 92,3 659 Sud 77,5 8,8 4,9 8,0 0,4 0,0 0,4 100,0 91,2 185 Sud-Ouest 55,4 12,9 12,8 18,6 0,0 0,0 0,3 100,0 81,2 543 Yaoundé 81,8 11,9 2,2 3,2 0,2 0,1 0,6 100,0 95,9 794 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 22,1 16,7 11,2 47,7 1,8 0,2 0,3 100,0 50,0 987 Second 41,3 18,7 11,6 26,2 1,1 0,1 1,1 100,0 71,6 1 032 Moyen 52,0 18,6 12,0 15,3 0,6 0,3 1,2 100,0 82,6 1 175 Quatrième 70,8 16,1 5,3 7,1 0,1 0,0 0,6 100,0 92,2 1 465 Le plus riche 86,7 8,1 2,9 1,9 0,0 0,1 0,4 100,0 97,6 1 795 Ensemble 15-49 59,6 14,8 7,7 16,4 0,6 0,1 0,7 100,0 82,2 6 455 50-59 37,0 26,7 8,7 26,1 0,5 0,3 0,7 100,0 72,5 736 Ensemble 15-59 57,3 16,0 7,8 17,4 0,6 0,1 0,7 100,0 81,2 7 191 1 C'est-à-dire les hommes qui ont, au moins, fréquenté l'école secondaire et qui peuvent lire une phrase entière ou une partie de phrase. Parmi les femmes, 46 % ont un niveau d’instruction secondaire ou supérieur, 13 % ont pu lire une phrase entière et 10 % une partie de phrase : au total, près de sept femmes sur dix (69 %) sont considérées comme alphabétisées. Parmi les hommes, 60 % ont un niveau d’instruction secondaire ou supérieur, 15 % ont pu lire une phrase entière et 8 % une partie de phrase : au total, 82 % des hommes sont considérés comme alphabétisés. Il convient de relever que la proportion de femmes analphabètes est près de deux fois plus élevée que celle des hommes (29 % contre 16 %). Par ailleurs, les proportions d’analphabètes diminuent au fil des générations et l’écart entre les sexes se rétrécit : ainsi à 45-49 ans 27 % des hommes contre 44 % des femmes sont considérés comme analphabètes ; à 15-19 ans ces proportions sont, respectivement, de 13 % et 8 %. En comparant les tableaux 3.2.1 et 3.3.1, il ressort que la proportion de femmes qui ne savent pas du tout lire est supérieure à la proportion de celles qui n’ont jamais fréquenté l’école (29 % contre 20 %). Cette différence révèle qu’une partie non négligeable de la population féminine n’a pas fréquenté suffisamment l’école pour avoir appris à lire et écrire ou bien qu’après avoir quitté l’école, elle est redevenue analphabète en ayant oublié ce qu’elle avait appris, phénomène de « désalphabétisation fonctionnelle ». En rapprochant les tableaux 3.2.2 et 3.3.2, on observe le même phénomène chez les hommes puisque la proportion d’hommes qui Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 45 ne savent pas du tout lire (16 %) est deux fois plus élevée que celle des hommes n’ayant jamais fréquenté l’école (8 %). Les proportions de femmes et d’hommes alphabétisés varient sensiblement selon le milieu de résidence. En milieu urbain, 86 % des femmes et 93 % des hommes sont alphabétisés contre respectivement 50 % et 69 % en milieu rural (Graphique 3.1). Yaoundé et Douala se distinguent des autres villes par des taux d’alphabétisation plus élevés et quasiment identiques selon le sexe (95 % chez les femmes et 96 % chez les hommes). L’examen des résultats met également en évidence que les régions septentrionales du pays enregistrent les proportions les plus faibles de personnes alphabétisées : l’Extrême-Nord (23 % des femmes et 53 % des hommes), le Nord (respectivement, 31 % et 65 %) et l’Adamaoua (respectivement, 51 % et 77 %). En dehors des villes de Yaoundé et Douala, les régions qui comptent les proportions les plus élevées de personnes alphabétisées sont le Sud (92 % des femmes et 91 % des hommes), l’Ouest (respectivement 89 % et 92 %), le Centre (respectivement 88 % et 92 %), et le Littoral (86 % des femmes et 93 % des hommes). Graphique 3.1 Proportion de femmes et d'hommes de 15-49 ans alphabétisés 96 86 71 55 19 50 79 95 69 98 92 83 72 50 69 90 96 82 Le plus riche Quatrième Moyen Second Le plus pauvre QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Rural Autres villes Yaoundé/Douala MILIEU DE RÉSIDENCE CAMEROUN Pourcentage Homme Femme EDS-MICS 2011 On note enfin que la proportion de personnes alphabétisées augmente avec le niveau de bien-être du ménage. Le taux d’alphabétisation varie de 19 % chez les femmes vivant dans un ménage classé dans le quintile le plus pauvre à 96 % chez celles dont le ménage est classé dans le quintile le plus riche. Cette proportion varie de 50 % chez les hommes des ménages les plus pauvres à 98 % chez ceux des ménages les plus riches. 46 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés 3.4 CARACTÉRISTIQUES DES COUPLES L’étude des caractéristiques des couples est très importante, dans la mesure où ces caractéristiques peuvent influencer, de façon significative, les comportements et les décisions au sein d’un couple. Les deux caractéristiques qui sont examinées ici sont les écarts d’âges et de niveau d’instruction entre les conjoints. Le tableau 3.4 présente la répartition des couples par différence d’âges entre les conjoints et différence de niveau d’instruction. On constate que dans 96 % des cas, l’homme est plus âgé que la femme (Graphique 3.2). Dans près d’un couple sur quatre (23 %), la différence d’âges est inférieure à 5 ans ; dans 56 % des couples, la différence est comprise entre 5 et 14 ans et, dans 17 % des couples, l’homme a au moins 15 ans de plus que sa femme. Tableau 3.4 Caractéristiques différentielles des couples Répartition (en %) des couples par différence d'âges entre conjoints et différence de niveau d'instruction, Cameroun 2011 Différence Pourcentage Effectif de couples Écart d'âges entre conjoints Femme plus âgée 3,7 110 Même âge/homme plus âgé de 0-4 ans 23,4 697 Homme plus âgé de 5-9 ans 34,9 1 037 Homme plus âgé de 10-14 ans 21,0 626 Homme plus âgé de 15 ans ou plus 17,0 505 Niveau d'instruction du couple Homme et femme, aucun 15,6 464 Femme instruite, homme non 2,8 84 Homme instruit, femme non 14,8 441 Homme et femme instruits 66,8 1 986 Total 100,0 2 975 Graphique 3.2 Répartition des couples par différence d'âges entre conjoints Femme plus âgée 4% Homme plus âgé de 0-4 ans 23% Homme plus âgé de 5-9 ans 35% Homme plus âgé de 10-14 ans 21% Homme plus âgé de 15 ans ou plus 17% EDS-MICS 2011 Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 47 Les résultats selon les différences de niveau d’instruction montrent que dans 17 % des couples aucun des conjoints n’est instruit et que, dans la majorité des couples (67 %), les deux conjoints ont au moins un niveau d’instruction primaire. Cependant, lorsqu’un seul des conjoints est instruit, c’est l’homme qui l’est le plus souvent (15 % contre 3 % quand c’est la femme qui est instruite). 3.5 EXPOSITION AUX MÉDIAS Les tableaux 3.5.1 et 3.5.2 présentent les résultats sur l’exposition des femmes et des hommes aux médias (la presse audiovisuelle ou écrite). Précisons d’emblée, qu'il n'est pas nécessaire que le ménage possède une radio, un téléviseur ou achète un journal pour y avoir accès, de nombreuses personnes pouvant écouter la radio ou regarder la télévision chez des amis ou des voisins. Ces données sont particulièrement importantes pour la mise en place des programmes d'éducation, de sensibilisation et de diffusion d'informations dans tous les domaines, notamment dans ceux de la santé et, en particulier, de la planification familiale. Tableau 3.5.1 Exposition aux médias: Femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Les trois médias au moins une fois par semaine Aucun média au moins une fois par semaine Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 12,7 58,5 30,0 6,5 34,2 3 589 20-24 12,0 58,9 35,2 7,8 33,6 3 127 25-29 10,3 52,5 32,1 7,0 40,2 2 689 30-34 9,5 51,2 32,4 5,5 40,2 1 942 35-39 8,0 43,9 30,5 5,4 47,0 1 679 40-44 6,2 40,5 30,4 4,7 49,6 1 244 45-49 6,1 37,0 26,0 3,7 54,6 1 156 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 20,5 90,9 44,3 13,2 6,2 3 467 Autres villes 13,1 70,3 38,8 8,1 23,6 4 842 Ensemble urbain 16,2 78,9 41,1 10,3 16,3 8 309 Rural 3,3 20,5 20,3 1,6 67,7 7 117 Région Adamaoua 5,8 41,1 24,1 2,9 50,8 746 Centre (sans Yaoundé) 13,6 58,8 38,7 8,9 28,2 1 092 Douala 15,2 90,8 39,2 9,0 6,9 1 712 Est 6,4 47,3 22,5 3,7 47,2 604 Extrême-Nord 2,1 14,4 15,5 1,3 77,4 2 490 Littoral (sans Douala) 10,4 67,1 35,5 5,5 23,9 615 Nord 4,1 24,4 16,0 1,2 67,5 1 676 Nord-Ouest 11,1 41,1 36,9 8,0 48,3 1 521 Ouest 6,4 52,6 36,7 3,5 34,9 1 634 Sud 15,2 57,8 30,7 7,4 33,3 402 Sud-Ouest 10,1 62,1 36,3 5,9 29,4 1 180 Yaoundé 25,6 90,9 49,3 17,4 5,6 1 755 Niveau d'instruction Aucun 0,1 12,5 11,0 0,0 80,8 3 086 Primaire 3,4 39,0 25,1 1,5 50,4 5 214 Secondaire 1er cycle 12,7 71,3 37,0 6,5 20,7 4 185 Secondaire 2nd cycle ou plus 29,5 88,8 56,5 20,9 6,4 2 941 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,5 2,8 7,6 0,1 90,4 2 481 Second 3,1 12,1 20,3 1,1 71,8 2 751 Moyen 6,5 41,5 29,9 2,7 45,1 2 923 Quatrième 12,1 81,7 39,3 7,6 13,7 3 517 Le plus riche 23,1 93,9 49,4 15,6 4,3 3 753 Ensemble 10,2 51,9 31,5 6,3 40,1 15 426 48 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.5.2 Exposition aux médias: Hommes Pourcentage d'hommes de 15-49 ans qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Les trois médias au moins une fois par semaine Aucun média au moins une fois par semaine Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-19 13,6 67,9 46,4 8,9 23,1 1 591 20-24 21,0 71,0 61,9 14,4 16,3 1 227 25-29 22,8 66,8 62,8 17,2 18,7 1 074 30-34 24,2 66,3 65,3 18,4 17,4 828 35-39 23,1 61,2 67,7 17,3 20,0 697 40-44 24,1 58,3 65,7 18,7 21,2 577 45-49 24,2 49,9 65,3 20,1 26,5 460 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 33,3 94,8 73,8 27,6 2,6 1 501 Autres villes 23,3 81,0 62,2 17,7 10,8 2 106 Ensemble urbain 27,5 86,7 67,0 21,9 7,4 3 607 Rural 12,0 38,0 50,8 6,6 36,2 2 847 Région Adamaoua 11,9 47,2 43,3 8,5 36,5 262 Centre (sans Yaoundé) 38,7 74,3 67,7 25,4 7,9 534 Douala 24,8 93,5 74,8 19,7 2,9 707 Est 16,3 65,0 59,9 11,3 16,9 270 Extrême-Nord 10,5 26,3 44,1 4,7 45,6 956 Littoral (sans Douala) 13,1 75,6 65,4 9,1 9,0 287 Nord 6,7 42,6 39,9 4,1 41,3 729 Nord-Ouest 24,5 62,5 69,6 18,8 18,5 529 Ouest 12,7 69,7 61,3 8,7 15,7 659 Sud 17,5 68,4 61,6 11,6 14,0 185 Sud-Ouest 21,6 72,8 61,6 17,3 15,5 543 Yaoundé 40,9 96,0 72,9 34,7 2,4 794 Niveau d'instruction Aucun 1,3 22,3 23,6 0,5 64,0 533 Primaire 7,0 48,2 50,4 4,1 31,8 2 073 Secondaire 1er cycle 19,3 73,0 61,3 12,7 12,3 2 005 Secondaire 2nd cycle ou plus 43,0 88,3 79,5 34,3 2,8 1 844 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 5,1 15,2 35,7 1,1 57,9 987 Second 12,3 32,5 50,8 5,5 36,4 1 032 Moyen 15,5 59,8 59,3 10,5 19,8 1 175 Quatrième 23,8 87,6 67,7 18,7 6,1 1 465 Le plus riche 34,7 96,9 72,3 28,5 1,5 1 795 Ensemble 15-49 20,6 65,2 59,9 15,1 20,1 6 455 50-59 25,3 52,4 67,9 19,8 23,6 736 Ensemble 15-59 21,1 63,9 60,7 15,6 20,5 7 191 Les résultats montrent que deux femmes sur cinq (40 %) et un homme sur cinq (20 %) ne sont exposés à aucun média. Cependant, par rapport à l’EDSC-III de 2004, on note une légère amélioration chez les femmes, car cette proportion était de 45 %. De tous les médias, la télévision est celui qui est le plus regardé : plus d'une femme sur deux (52 %) et trois hommes sur cinq (65 %) ont déclaré regarder la télévision au moins une fois par semaine. La radio vient en seconde position : elle est écoutée au moins une fois par semaine par près d’une femme sur trois (32 %) et par trois hommes sur cinq (60 %). On note également que les hommes ont déclaré plus fréquemment que les femmes qu’ils lisaient des journaux : seulement 10 % des femmes contre 21 % des hommes ont déclaré lire un journal au moins une fois par semaine. Les proportions de ceux et celles qui ont été exposés à la fois aux trois médias sont très faibles : seulement 6 % des femmes et 15 % des hommes. Selon l’âge, on note que les jeunes sont plus exposés aux médias que les personnes plus âgées. En effet, les proportions de femmes qui ne sont exposées à aucun média varient de 55 % chez les femmes de 45-49 ans à 34 % chez celles de 15-19 ans. Chez les hommes, les variations par âge sont très faibles et Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 49 irrégulières. En milieu rural, les femmes qui ne sont exposées à aucun média sont proportionnellement plus nombreuses qu’en milieu urbain (68 % contre 16 %). En effet, en milieu rural, il est fréquent que les femmes n’aient pas accès aux médias même si leur ménage en dispose : le poste de radio, par exemple, est souvent considéré comme un bien personnel de l’homme qui peut le garder en lieu sûr lorsqu’il est absent ou le transporter avec lui lorsqu'il sort. Cependant, chez les hommes aussi, on observe des écarts d’exposition aux médias en fonction du milieu de résidence, la proportion de ceux qui n’ont accès à aucun média variant de 36 % en rural à 7 % en urbain. Les résultats selon les régions mettent également en évidence des disparités importantes : la proportion de femmes n'ayant accès à aucun média est faible dans les villes de Yaoundé (6 %) et de Douala (7 %). Elle est, par contre, très élevée dans les régions de l'Extrême-Nord (77 %), du Nord (68 %), et de l’Adamaoua (51 %). On retrouve la même tendance chez les hommes. En outre, le niveau d’instruction semble influencer de manière significative le niveau d’exposition aux médias. Que ce soit chez les femmes ou les hommes, l’exposition aux trois médias augmente considérablement avec le niveau d’instruction : de 2 % à 21 % chez les femmes et de 4 % à 34 % chez les hommes lorsqu’on passe du niveau primaire au niveau secondaire 2nd cycle ou plus. Par ailleurs, il convient de relever que 81 % des femmes et 64 % des hommes sans niveau d’instruction ne sont exposés à aucun média. De même que pour le niveau d’instruction, on note une relation positive entre le niveau de bien-être du ménage et l’exposition aux médias. Les hommes et les femmes vivant dans les ménages les plus riches sont les plus fréquemment exposés aux trois médias (16 % des femmes et 29 % des hommes, contre seulement 1 % ou moins des personnes vivant dans les ménages les plus pauvres). 3.6 EMPLOI Lors de l’EDS-MICS 2011, des questions relatives à l’emploi ont été posées aux hommes et aux femmes. On a considéré comme ayant un travail, les hommes et les femmes qui ont déclaré avoir eu au cours des douze mois précédant l’enquête, un emploi rémunéré ou non, indépendamment du secteur d’activité. Les résultats sont présentés aux tableaux 3.6.1 et 3.6.2 Dans l’ensemble, environ deux femmes sur trois (68 %) ont travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, dont la grande majorité (62 %) au cours des 7 derniers jours ayant précédé l’enquête. À l’opposé, près d’une femme sur trois (32 %) n’a pas travaillé au cours des 12 derniers mois. Le pourcentage de femmes qui ont travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête augmente régulièrement avec l’âge, passant d’un minimum de 40 % à 15-19 ans à un maximum de 89 % à 45-49 ans. Selon l’état matrimonial, les résultats montrent que les femmes en rupture d’union (83 %) et celles en union (76 %) étaient proportionnellement plus nombreuses à travailler au cours des 12 derniers mois que les célibataires (47 %). Le nombre d’enfants influence également l’activité des femmes : plus le nombre d’enfants augmente, plus la proportion de femmes travaillant augmente, passant de 46 % quand les femmes n’ont pas d’enfants à 83 % quand elles en ont 5 ou plus. Les données selon le milieu de résidence montrent que la proportion de femmes qui ont travaillé au cours des 12 derniers mois ayant précédé l’enquête est plus élevée en milieu rural (76 %) qu’en milieu urbain (62 %). Selon la région, la proportion de femmes qui ont déclaré avoir une activité varie de 57 % dans le Littoral à un maximum de 79 % dans le Sud-Ouest. Concernant le niveau d’instruction, les femmes ayant un niveau d'instruction primaire (79 %) étaient proportionnellement plus nombreuses à exercer une activité que celles ayant un niveau d'instruction secondaire ou plus (54 %). Enfin, les femmes des ménages les plus pauvres sont proportionnellement plus nombreuses à avoir une activité (75 %) que celles des ménages les plus riches (58 %). 50 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.6.1 Emploi: Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en fonction du fait qu'elles travaillent ou non, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique A travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête N'a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête Total2 Effectif de femmes Travaille actuellement1 Ne travaille pas actuellement Ensemble Groupe d’âges 15-19 32,8 7,5 40,3 59,7 100,0 3 589 20-24 52,9 7,1 60,0 39,9 100,0 3 127 25-29 69,1 6,2 75,3 24,7 100,0 2 689 30-34 77,9 5,0 82,9 17,0 100,0 1 942 35-39 82,1 3,8 85,9 14,0 100,0 1 679 40-44 82,8 4,2 87,0 13,0 100,0 1 244 45-49 84,9 3,7 88,6 11,4 100,0 1 156 État matrimonial Célibataire 39,0 7,7 46,7 53,3 100,0 4 307 En union 70,2 5,3 75,5 24,5 100,0 9 792 Divorcée/séparée/veuve 78,3 4,9 83,2 16,8 100,0 1 327 Nombre d'enfants vivants 0 38,2 7,9 46,1 53,8 100,0 4 732 1-2 65,6 5,7 71,3 28,7 100,0 4 598 3-4 77,5 5,0 82,5 17,5 100,0 3 156 5+ 78,9 4,2 83,1 16,9 100,0 2 941 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 55,4 7,6 63,0 37,1 100,0 3 467 Autres villes 56,4 4,3 60,7 39,3 100,0 4 842 Ensemble urbain 56,0 5,7 61,7 38,4 100,0 8 309 Rural 69,4 6,3 75,7 24,3 100,0 7 117 Région Adamaoua 59,2 5,1 64,3 35,6 100,0 746 Centre (sans Yaoundé) 60,7 9,1 69,8 30,1 100,0 1 092 Douala 57,0 6,8 63,8 36,2 100,0 1 712 Est 59,2 0,7 59,9 40,1 100,0 604 Extrême-Nord 61,5 6,0 67,5 32,5 100,0 2 490 Littoral (sans Douala) 51,1 5,6 56,7 43,3 100,0 615 Nord 63,3 5,1 68,4 31,5 100,0 1 676 Nord-Ouest 74,4 2,3 76,7 23,1 100,0 1 521 Ouest 61,8 8,9 70,7 29,4 100,0 1 634 Sud 66,4 6,1 72,5 27,5 100,0 402 Sud-Ouest 75,7 3,1 78,8 21,2 100,0 1 180 Yaoundé 53,8 8,3 62,1 37,9 100,0 1 755 Niveau d'instruction Aucun 64,2 5,7 69,9 30,1 100,0 3 086 Primaire 75,1 3,9 79,0 21,0 100,0 5 214 Secondaire 1er cycle 56,1 7,0 63,1 36,9 100,0 4 185 Secondaire 2nd cycle ou plus 45,9 8,3 54,2 45,8 100,0 2 941 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 68,5 6,4 74,9 25,0 100,0 2 481 Second 71,6 6,3 77,9 22,1 100,0 2 751 Moyen 65,8 4,5 70,3 29,7 100,0 2 923 Quatrième 58,6 6,1 64,7 35,4 100,0 3 517 Le plus riche 51,7 6,3 58,0 42,0 100,0 3 753 Ensemble 62,2 5,9 68,1 31,9 100,0 15 426 1 "Travaille actuellement" concerne les femmes qui ont travaillé au cours des sept derniers jours, y compris celles qui n'ont pas travaillé au cours des sept derniers jours mais qui ont un emploi régulier et qui étaient absentes parce qu'elles étaient en congé, malades ou en vacances ou pour d'autres raisons. 2 Y compris les non déterminés. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 51 Tableau 3.6.2 Emploi: Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans en fonction du fait qu'ils travaillent ou non, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique A travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête N'a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête Total2 Effectif d'hommes Travaille actuellement1 Ne travaille pas actuellement Ensemble Groupe d’âges 15-19 47,8 17,9 65,7 34,3 100,0 1 591 20-24 68,0 14,8 82,8 17,2 100,0 1 227 25-29 90,8 5,9 96,7 3,3 100,0 1 074 30-34 93,9 4,1 98,0 2,0 100,0 828 35-39 95,2 4,2 99,4 0,7 100,0 697 40-44 92,8 6,8 99,6 0,3 100,0 577 45-49 90,6 7,5 98,1 1,4 100,0 460 État matrimonial Célibataire 60,7 14,9 75,6 24,4 100,0 3 227 En union 92,8 6,1 98,9 1,1 100,0 2 958 Divorcé/séparé/veuf 96,2 2,6 98,8 1,2 100,0 270 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 73,2 9,5 82,7 17,3 100,0 1 501 Autres villes 73,8 10,5 84,3 15,6 100,0 2 106 Ensemble urbain 73,6 10,1 83,7 16,3 100,0 3 607 Rural 81,1 10,6 91,7 8,2 100,0 2 847 Région Adamaoua 74,7 6,3 81,0 19,0 100,0 262 Centre (sans Yaoundé) 86,5 4,5 91,0 8,9 100,0 534 Douala 72,4 7,6 80,0 19,9 100,0 707 Est 82,3 2,6 84,9 15,1 100,0 270 Extrême-Nord 74,8 17,9 92,7 7,3 100,0 956 Littoral (sans Douala) 81,8 10,0 91,8 8,2 100,0 287 Nord 76,3 7,8 84,1 15,9 100,0 729 Nord-Ouest 69,0 13,7 82,7 17,1 100,0 529 Ouest 76,3 15,2 91,5 8,5 100,0 659 Sud 85,5 6,0 91,5 8,4 100,0 185 Sud-Ouest 83,3 6,6 89,9 9,8 100,0 543 Yaoundé 73,9 11,2 85,1 14,9 100,0 794 Niveau d'instruction Aucun 83,7 11,0 94,7 5,2 100,0 533 Primaire 86,8 7,0 93,8 6,1 100,0 2 073 Secondaire 1er cycle 72,7 10,9 83,6 16,4 100,0 2 005 Secondaire 2nd cycle ou plus 68,3 13,2 81,5 18,4 100,0 1 844 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 78,0 14,2 92,2 7,8 100,0 987 Second 81,9 10,4 92,3 7,6 100,0 1 032 Moyen 82,1 6,9 89,0 11,0 100,0 1 175 Quatrième 76,3 10,5 86,8 13,2 100,0 1 465 Le plus riche 70,5 10,3 80,8 19,1 100,0 1 795 Ensemble 15-49 76,9 10,3 87,2 12,7 100,0 6 455 50-59 88,7 7,1 95,8 4,2 100,0 736 Ensemble 15-59 78,1 10,0 88,1 11,9 100,0 7 191 1 "Travaille actuellement" concerne les hommes qui ont travaillé au cours des sept derniers jours, y compris ceux qui n'ont pas travaillé au cours des sept derniers jours mais qui ont un emploi régulier et qui étaient absents parce qu'ils étaient en congé, malades ou en vacances ou pour d'autres raisons. 2 Y compris les non déterminés. 52 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Les résultats concernant les hommes montrent que 87 % ont travaillé au cours des 12 derniers mois ayant précédé l’enquête, dont 77 % au cours des 7 derniers jours. On note, comme chez les femmes, mais de manière plus irrégulière, que le pourcentage d’hommes qui ont travaillé au cours des 12 derniers mois augmente avec l’âge, passant de 66 % à 15-19 ans à près de 100 % à 35-44 ans. Selon l’état matrimonial, on note que les hommes en union et ceux en rupture d’union étaient, proportionnellement, les plus nombreux à travailler au moment de l’enquête (99 % dans les deux cas). Les résultats en fonction du milieu de résidence montrent que la proportion d’hommes qui ont travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête est plus élevée en milieu rural (92 %) qu’en milieu urbain (84 %). Concernant le niveau d’instruction, on constate que les hommes de niveau d’instruction primaire (94 %) étaient, proportionnellement, plus nombreux à exercer un emploi que ceux de niveau d’instruction secondaire ou plus (82 %). Enfin, on relève que dans les ménages les plus pauvres, la proportion d’hommes qui ont travaillé est plus élevée que dans les ménages les plus riches (92 % contre 81 %). Les tableaux 3.7.1 et 3.7.2 présentent la répartition des femmes et des hommes ayant eu un emploi au cours des 12 derniers mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Parmi les femmes qui exerçaient un emploi au cours des douze mois ayant précédé l'enquête, près de deux sur cinq (38 %) travaillaient dans le secteur agricole et 62 % dans le secteur non agricole. Dans 37 % des cas, les femmes travaillaient dans le secteur des ventes et services et 17 % exerçaient un travail manuel qualifié. Seulement 2 % des femmes ont déclaré travailler comme cadre/technicien/direction et 1 % en tant qu’employée. Les résultats selon le milieu de résidence montrent qu’une grande partie des femmes du milieu rural étaient occupées dans l’agriculture (62 % contre 20 % dans les autres villes et 2 % à Yaoundé/Douala). En dehors des deux grandes villes, on constate que la proportion de femmes travaillant dans le secteur agricole est importante dans toutes les régions, cette proportion variant de 28 % au Centre à 61 % à l’Est. Par rapport au niveau d’instruction, les résultats montrent que parmi les femmes n’ayant aucun niveau d’instruction, 57 % travaillaient dans l’agriculture alors que 19 % de celles ayant au moins un niveau secondaire 2nd cycle ou plus travaillaient comme employées ou cadres. La majorité des hommes exerçaient leur activité dans l’agriculture (38 %) ; dans 30 % des cas, les hommes effectuaient un travail manuel qualifié non agricole et 17 % occupaient un emploi dans les ventes et services. Selon le milieu de résidence, on constate que la proportion d’hommes travaillant dans le secteur agricole est plus élevée en milieu rural (65 %) qu’en milieu urbain (12 %) ; la proportion d’hommes travaillant dans les ventes et services est deux fois plus élevée en milieu urbain (22 %) qu’en milieu rural (11 %). Par ailleurs, les résultats montrent que 65 % des hommes sans instruction travaillent dans l’agriculture tandis qu’un cinquième (20 %) de ceux qui ont un niveau secondaire 2nd cycle ou plus travaillent dans les ventes et services. La proportion d’hommes qui travaillent dans le domaine des ventes et services augmente significativement avec le bien-être du ménage, passant de 9 % chez les hommes vivant dans les ménages les plus pauvres à 21 % chez ceux des ménages les plus riches. La tendance s’inverse pour ceux qui exercent un emploi dans le secteur agricole : environ quatre hommes sur cinq des ménages les plus pauvres (81 %) travaillent dans l’agriculture contre 7 % des hommes des ménages les plus riches. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 53 Tableau 3.7.1 Occupation: Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête par type d'occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Cadre/ techni- cien/ direction Employée Ventes et services Manuel qualifié Manuel non qualifié Employée de maison Agri- culture Manquant Total Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 0,5 0,4 32,1 20,1 2,8 2,4 40,2 1,6 100,0 1 445 20-24 1,5 1,2 31,6 25,7 2,9 4,3 32,0 0,8 100,0 1 876 25-29 3,0 1,9 36,2 19,6 1,6 3,5 33,7 0,5 100,0 2 025 30-34 2,8 1,7 39,7 13,5 1,4 3,7 37,2 0,0 100,0 1 611 35-39 2,6 1,7 43,3 9,8 0,8 3,5 38,3 0,1 100,0 1 444 40-44 2,2 1,1 38,3 10,8 0,9 2,5 43,8 0,4 100,0 1 082 45-49 2,4 1,9 36,4 8,8 0,3 2,6 47,7 0,0 100,0 1 024 État matrimonial Célibataire 2,4 2,2 35,2 21,4 3,5 4,9 28,6 1,8 100,0 2 009 En union 2,0 1,1 35,9 15,8 1,2 2,5 41,3 0,2 100,0 7 393 Divorcée/séparée/veuve 2,4 2,1 43,5 12,6 1,5 6,3 31,5 0,2 100,0 1 104 Nombre d'enfants vivants 0 2,8 1,8 35,9 21,4 3,4 4,5 28,6 1,7 100,0 2 183 1-2 2,7 1,9 37,0 20,8 1,9 4,3 31,0 0,4 100,0 3 276 3-4 2,2 1,1 39,1 12,7 1,0 2,6 41,1 0,2 100,0 2 604 5+ 0,8 0,7 34,0 10,5 0,4 1,7 51,8 0,0 100,0 2 442 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 5,5 3,4 51,5 23,3 3,5 9,7 2,3 0,9 100,0 2 182 Autres villes 3,2 2,0 48,1 20,0 2,7 3,7 19,5 0,8 100,0 2 938 Ensemble urbain 4,2 2,6 49,5 21,4 3,0 6,2 12,2 0,8 100,0 5 120 Rural 0,2 0,3 24,2 11,9 0,4 0,6 62,2 0,2 100,0 5 386 Région Adamaoua 0,7 0,6 48,9 14,6 0,4 0,9 33,8 0,2 100,0 480 Centre (sans Yaoundé) 1,3 1,1 52,2 13,0 1,1 2,3 28,2 0,9 100,0 763 Douala 3,4 3,0 57,3 22,3 2,7 9,3 1,4 0,5 100,0 1 091 Est 0,9 1,1 25,1 9,4 0,4 1,8 61,0 0,2 100,0 362 Extrême-Nord 0,1 0,0 30,0 20,4 0,4 0,7 48,3 0,2 100,0 1 681 Littoral (sans Douala) 2,1 2,6 46,5 13,8 1,2 3,1 30,7 0,0 100,0 349 Nord 0,6 0,5 30,2 12,0 0,3 1,1 55,3 0,1 100,0 1 146 Nord-Ouest 2,3 1,0 21,7 13,2 1,4 0,9 58,9 0,6 100,0 1 168 Ouest 1,9 1,6 30,2 15,9 0,8 2,5 46,9 0,2 100,0 1 154 Sud 1,1 0,6 29,4 11,0 1,1 5,2 51,3 0,2 100,0 292 Sud-Ouest 2,4 1,4 31,7 13,5 4,8 2,4 42,7 1,2 100,0 930 Yaoundé 7,5 3,8 45,7 24,2 4,2 10,1 3,2 1,3 100,0 1 091 Niveau d'instruction Aucun 0,1 0,0 27,5 14,4 0,2 0,5 57,1 0,2 100,0 2 157 Primaire 0,1 0,3 32,3 15,4 1,6 2,0 48,3 0,1 100,0 4 118 Secondaire 1er cycle 1,0 1,0 42,6 22,4 2,3 5,9 24,0 0,8 100,0 2 638 Secondaire 2nd cycle ou plus 11,9 6,9 49,8 12,5 2,9 6,5 7,7 1,7 100,0 1 593 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 0,0 17,4 12,8 0,1 0,1 69,5 0,1 100,0 1 860 Second 0,0 0,2 23,8 11,1 0,3 0,8 63,6 0,2 100,0 2 142 Moyen 0,4 0,6 38,8 13,8 1,1 2,4 42,5 0,4 100,0 2 055 Quatrième 1,6 1,2 52,1 21,8 2,7 5,2 14,9 0,6 100,0 2 274 Le plus riche 8,3 4,8 47,3 22,0 3,7 7,6 5,1 1,3 100,0 2 176 Ensemble 2,1 1,4 36,6 16,5 1,7 3,4 37,8 0,5 100,0 10 506 54 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.7.2 Occupation: Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête par type d'occupation, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Cadre/ techni- cien/ direction Employé Ventes et services Manuel qualifié Manuel non qualifié Employé de maison Agri- culture Manquant Total Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-19 0,5 0,1 14,6 26,4 8,3 3,0 44,0 3,1 100,0 1 045 20-24 3,5 1,0 16,8 35,4 5,3 4,6 30,0 3,3 100,0 1 015 25-29 5,9 2,7 17,9 33,7 3,7 4,1 29,1 2,9 100,0 1 039 30-34 7,2 2,8 19,0 32,2 3,0 3,6 31,9 0,4 100,0 812 35-39 6,8 2,0 19,2 28,3 2,6 3,4 36,9 0,7 100,0 693 40-44 8,9 3,4 16,6 19,1 4,0 2,1 45,4 0,5 100,0 575 45-49 8,4 2,5 12,6 23,5 3,0 3,6 46,1 0,4 100,0 451 État matrimonial Célibataire 4,0 1,3 16,5 31,3 6,2 4,2 32,8 3,7 100,0 2 439 En union 6,3 2,4 17,5 27,5 3,4 3,1 39,5 0,5 100,0 2 924 Divorcé/séparé/veuf 5,9 2,1 12,6 34,2 3,0 3,5 36,4 2,3 100,0 267 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 10,8 3,8 22,4 46,7 6,2 6,4 2,1 1,5 100,0 1 242 Autres villes 7,4 2,6 21,6 34,9 5,4 5,3 18,1 4,6 100,0 1 777 Ensemble urbain 8,8 3,1 22,0 39,8 5,7 5,8 11,6 3,3 100,0 3 019 Rural 1,1 0,6 10,9 17,5 3,3 1,1 65,2 0,3 100,0 2 612 Région Adamaoua 4,1 0,9 27,0 26,4 1,8 1,2 37,6 1,0 100,0 212 Centre (sans Yaoundé) 3,5 1,9 7,3 23,4 6,8 2,4 44,1 10,5 100,0 486 Douala 9,7 3,9 23,9 45,9 6,6 6,7 2,0 1,4 100,0 566 Est 3,1 1,8 16,5 23,7 3,4 4,0 45,3 2,1 100,0 230 Extrême-Nord 1,7 1,0 16,6 17,6 0,9 2,8 59,3 0,2 100,0 887 Littoral (sans Douala) 5,6 2,1 18,6 32,9 5,0 2,7 32,8 0,3 100,0 263 Nord 1,5 0,2 14,5 20,4 3,7 1,8 57,9 0,0 100,0 613 Nord-Ouest 3,7 2,0 16,1 29,7 3,8 1,9 37,7 5,1 100,0 438 Ouest 5,5 1,8 20,2 34,2 4,7 4,4 28,9 0,4 100,0 603 Sud 4,0 2,4 11,2 26,4 4,6 3,6 45,9 1,9 100,0 170 Sud-Ouest 6,8 1,1 8,8 21,6 8,6 3,0 49,8 0,5 100,0 488 Yaoundé 11,8 3,8 21,2 47,4 5,8 6,1 2,2 1,6 100,0 675 Niveau d'instruction Aucun 0,2 0,2 15,6 15,4 2,0 1,4 65,1 0,3 100,0 505 Primaire 0,4 0,4 12,4 31,2 3,9 2,5 49,1 0,2 100,0 1 946 Secondaire 1er cycle 2,3 0,9 16,6 36,0 6,4 4,4 32,3 1,2 100,0 1 677 Secondaire 2nd cycle ou plus 16,5 5,5 23,3 24,7 4,4 4,9 15,1 5,6 100,0 1 503 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,2 0,4 8,8 7,8 0,7 0,7 81,3 0,1 100,0 910 Second 0,9 0,2 9,0 19,4 4,5 2,6 63,3 0,1 100,0 953 Moyen 1,5 0,8 16,4 30,4 6,0 2,7 40,8 1,4 100,0 1 045 Quatrième 4,5 2,0 24,2 43,2 5,6 4,4 14,7 1,5 100,0 1 271 Le plus riche 14,7 4,8 20,9 36,9 5,2 5,9 6,5 5,0 100,0 1 451 Ensemble 15-49 5,2 1,9 16,8 29,5 4,6 3,6 36,4 1,9 100,0 5 630 50-59 8,0 3,4 13,9 18,0 1,4 3,1 51,8 0,5 100,0 706 Ensemble 15-59 5,6 2,1 16,5 28,2 4,2 3,5 38,1 1,8 100,0 6 336 Le tableau 3.8 présente la répartition des femmes ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type de revenus, type d’employeur et en fonction de la régularité de l’emploi. Dans l’ensemble, on constate que 60 % des femmes qui travaillent ont été payées en argent seulement, 20 % en argent et en nature, 6 % en nature seulement et 14 % n’ont pas été rémunérées. Les femmes travaillant dans le secteur non agricole ont été plus fréquemment rémunérées en argent que les autres (82 % contre 24 %). En revanche, dans le secteur agricole, près de deux femmes sur cinq (39 %) ont été rémunérées en argent et en nature, 14 % ont été rémunérées en nature seulement et 23 % n’ont pas été rémunérées. Par ailleurs, 75 % de femmes travaillaient à leur propre compte. Cette proportion est plus élevée dans le secteur agricole (78 %) que dans le secteur non agricole (73 %). De plus, dans le secteur agricole, près d’une femme sur cinq (19 %) travaillait pour un membre de la famille contre 7 % dans le secteur non agricole. Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 55 Tableau 3.8 Type d'emploi : Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête en fonction du type de rémunération, du type d'employeur et de la régularité de l'emploi, selon le secteur agricole et non-agricole, Cameroun 2011 Caractéristique de l'emploi Travail agricole Travail non agricole Ensemble1 Type de revenu Argent seulement 23,5 81,9 59,6 Argent et en nature 39,2 8,5 20,1 En nature seulement 14,2 0,7 5,8 Pas rémunérée 23,0 8,7 14,3 Manquant 0,1 0,2 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 Type d'employeur Employée par un membre de la famille 18,9 7,4 11,8 Employée par quelqu'un qui n'est pas membre de la famille 2,7 19,9 13,5 Travaille à son propre compte 78,3 72,5 74,5 Manquant 0,1 0,2 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 Régularité de l'emploi Toute l'année 36,3 64,6 53,8 Saisonnier 54,3 12,9 28,6 Occasionnel 9,3 22,2 17,3 Manquant 0,1 0,4 0,3 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes ayant eu un emploi au cours des 12 derniers mois 3 976 6 477 10 506 1 L’ensemble comprend les femmes dont l'information sur le type d'emploi est manquante et qui ne sont pas présentées séparément. En ce qui concerne la régularité de l’emploi, on note que dans 54 % des cas, les femmes ont travaillé toute l'année, en particulier celles exerçant une activité dans le secteur non agricole (65 %). À l’opposé, 54 % des femmes ayant travaillé dans le secteur agricole occupaient un emploi saisonnier contre 13 % dans le secteur non agricole. De plus, les femmes qui travaillent dans le secteur non agricole exercent plus fréquemment que les femmes du secteur agricole (22 % contre 9 %) un emploi occasionnel 3.7 ASSURANCE MÉDICALE Au cours de l’enquête, des questions ont été posées pour savoir si les enquêtés avaient une assurance médicale et, en cas de réponse positive, on a cherché à savoir de quel type d’assurance il s’agissait. Les résultats sont présentés au tableau 3.9.1 pour les femmes et au tableau 3.9.2 pour les hommes. La quasi-totalité des femmes et des hommes ont déclaré ne pas avoir d’assurance médicale (respectivement 98 % et 96 %) et ces proportions sont très élevées quelles que soient les modalités des caractéristiques sociodémographiques. Le type d’assurance le plus fréquent est celui fourni par l’employeur (2,0 % chez les hommes et 0,6 % chez les femmes). Parmi les hommes qui résident à Yaoundé/Douala, parmi ceux qui ont un niveau d’instruction au moins secondaire 2nd cycle et parmi ceux des ménages du quintile le plus riche, cette proportion atteint respectivement 4,0 %, 1,8 % et 4,4 %. Comme chez les hommes, les femmes appartenant à ces sous-populations sont celles qui bénéficient le plus fréquemment d’une assurance médicale, mais dans des proportions encore beaucoup plus faibles que les hommes. 56 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.9.1 Assurance médicale: Femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans par type d'assurance médicale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Sécurité sociale Autre assurance fournie par l'employeur Mutuelle de santé/assurance communautaire Souscription individuelle à une assurance privée Autre Aucune Effectif de femmes Milieu de résidence Yaoundé/Douala 0,3 1,3 0,5 0,4 0,3 97,3 3 467 Autres villes 0,2 0,9 0,8 0,1 0,4 97,6 4 842 Ensemble urbain 0,2 1,1 0,7 0,2 0,4 97,5 8 309 Rural 0,0 0,1 0,2 0,1 0,3 99,3 7 117 Niveau d'instruction Aucun 0,0 0,1 0,2 0,0 0,0 99,7 3 086 Primaire 0,0 0,4 0,4 0,1 0,2 98,9 5 214 Secondaire 1er cycle 0,1 0,5 0,3 0,2 0,4 98,5 4 185 Secondaire 2nd cycle ou plus 0,6 1,8 1,0 0,4 0,8 95,6 2 941 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 99,9 2 481 Second 0,0 0,0 0,2 0,1 0,3 99,4 2 751 Moyen 0,0 0,3 0,6 0,0 0,5 98,5 2 923 Quatrième 0,2 0,5 0,5 0,1 0,3 98,5 3 517 Le plus riche 0,5 1,9 0,7 0,5 0,5 96,1 3 753 Ensemble 0,2 0,6 0,4 0,2 0,3 98,3 15 426 Tableau 3.9.2 Assurance médicale: Hommes Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans par type d'assurance médicale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Sécurité sociale Autre assurance fournie par l'employeur Mutuelle de santé/assurance communautaire Souscription individuelle à une assurance privée Autre Aucune Effectif d'hommes Milieu de résidence Yaoundé/Douala 1,3 4,0 2,3 0,8 0,8 91,8 1 501 Autres villes 0,5 2,4 1,9 0,1 0,7 94,6 2 106 Ensemble urbain 0,8 3,0 2,1 0,4 0,8 93,5 3 607 Rural 0,1 0,8 0,8 0,0 0,3 98,0 2 847 Niveau d'instruction Aucun 0,0 0,2 0,0 0,1 0,0 99,6 533 Primaire 0,1 1,1 1,2 0,0 0,2 97,5 2 073 Secondaire 1er cycle 0,1 0,5 0,3 0,2 0,4 98,5 4 185 Secondaire 2nd cycle ou plus 0,6 1,8 1,0 0,4 0,8 95,6 2 941 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 0,0 0,1 0,0 0,1 99,8 987 Second 0,0 0,5 1,0 0,0 0,4 98,1 1 032 Moyen 0,3 1,2 1,0 0,1 0,3 97,3 1 175 Quatrième 0,7 2,2 2,0 0,0 0,5 94,7 1 465 Le plus riche 1,1 4,4 2,4 0,7 1,2 91,1 1 795 Ensemble 15-49 0,5 2,0 1,5 0,2 0,6 95,5 6 455 50-59 0,6 2,7 2,6 0,7 0,4 93,8 736 Ensemble 15-59 0,5 2,1 1,6 0,3 0,6 95,3 7 191 Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés • 57 3.8 CONSOMMATION DE TABAC Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes et aux hommes s’ils fumaient actuellement des cigarettes, ou s’ils fumaient ou consommaient du tabac sous d’autres formes. Les résultats sont présentés aux tableaux 3.10.1 et 3.10.2. Il ressort du tableau 3.10.1 que la quasi-totalité (99 %) des femmes de 15-49 ans ont déclaré ne pas consommer de tabac. Cette proportion est très élevée quelles que soient les modalités des caractéristiques sociodémographiques des femmes. La consommation de cigarettes est très faible (0,2 %) et 0,5 % des femmes ont déclaré fumer du tabac ou le consommer sous d’autres formes. Par rapport à la moyenne nationale, c’est chez les femmes les plus âgées (2 % environ à 40-49 ans), celles du milieu rural (0,9 %) et celles sans instruction (1,0 %) que la consommation de tabac est la plus fréquente. Tableau 3.10.1 Consommation de tabac: Femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui fument des cigarettes ou qui consomment du tabac sous d'autres formes, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Consommation de tabac Ne consomme pas de tabac Effectif de femmes Cigarettes Autre tabac Groupe d’âges 15-19 0,1 0,0 99,8 3 589 20-24 0,3 0,2 99,5 3 127 25-29 0,2 0,4 99,3 2 689 30-34 0,2 0,2 99,5 1 942 35-39 0,2 1,1 98,6 1 679 40-44 0,4 2,0 97,7 1 244 45-49 0,3 1,5 98,1 1 156 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 0,4 0,3 99,1 3 467 Autres villes 0,2 0,3 99,5 4 842 Ensemble urbain 0,3 0,3 99,3 8 309 Rural 0,1 0,9 99,0 7 117 Niveau d'instruction Aucun 0,2 1,0 98,7 3 086 Primaire 0,2 0,7 99,0 5 214 Secondaire 1er cycle 0,2 0,3 99,4 4 185 Secondaire 2nd cycle ou plus 0,2 0,0 99,6 2 941 Ensemble 0,2 0,5 99,2 15 426 Le tableau 3.10.2 présente les résultats concernant les hommes. Plus de quatre hommes de 15-49 ans sur cinq ne consomment pas de tabac (85 %). Un homme sur sept (14 %) fume des cigarettes et environ 2 % consomment du tabac sous d’autres formes. Chez les hommes, on observe une tendance nette à la baisse de consommation de tabac des générations les plus anciennes aux plus jeunes : 29 % des hommes de 45-49 ans consomment du tabac, contre 10 % des 20-24 ans et 3 % des 15-19 ans. La consommation de tabac est plus fréquente en milieu rural (19 %) qu’en milieu urbain (12 %) et parmi les hommes de niveau d’instruction primaire (20 %) que parmi les autres. À Yaoundé/Douala, 13 % des hommes ont déclaré fumer des cigarettes. Aux hommes qui ont déclaré fumer des cigarettes, on a demandé le nombre de cigarettes qu’ils avaient fumées au cours des vingt-quatre heures ayant précédé l’interview. Deux fumeurs sur cinq (40 %) ont consommé 1-5 cigarettes, 14 % entre 6 et 9 cigarettes, et près de deux fumeurs sur cinq (37 %) en ont consommé 10 ou plus. Cette consommation élevée de cigarettes (10 ou plus) est plus fréquente parmi les hommes âgés de 25 ans ou plus, parmi ceux qui n’ont aucune instruction (48 %) et ceux résidant à Yaoundé/Douala (39 %). Il convient de relever enfin que 22 % des hommes de 50-59 ans fument des cigarettes et que, parmi eux, 53 % en ont consommé au moins 10 au cours des 24 heures précédant l’interview. 58 • Caractéristiques des femmes et des hommes enquêtés Tableau 3.10.2 Consommation de tabac: Hommes Pourcentage d'hommes de 15-49 ans qui fument des cigarettes, la pipe ou qui consomment du tabac sous d'autres formes, et répartition (en %) des fumeurs de cigarettes par nombre de cigarettes fumées au cours des 24 heures ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Consommation de tabac Ne con- somme pas de tabac Effectif d'hommes Nombre de cigarettes dans les dernières 24 heures Total Nombre de fumeurs de ciga- rettes Cigarettes Pipe Autre tabac 0 1-2 3-5 6-9 10+ Ne sait pas/ Man- quant Groupe d’âges 15-19 2,2 0,0 0,4 97,4 1 591 (14,5) (26,8) (34,6) (7,3) (9,1) (7,6) 100,0 35 20-24 9,0 0,0 2,2 90,1 1 227 18,3 21,6 31,4 11,9 13,2 3,6 100,0 110 25-29 15,7 0,0 2,8 83,3 1 074 8,7 14,3 29,1 9,1 37,1 1,6 100,0 168 30-34 17,2 0,1 1,9 81,9 828 4,9 14,4 22,7 15,6 42,0 0,5 100,0 143 35-39 23,6 0,2 3,1 74,0 697 4,8 12,7 21,1 18,7 41,5 1,2 100,0 165 40-44 25,2 0,3 3,6 73,0 577 7,2 10,2 20,0 15,1 47,5 0,0 100,0 146 45-49 25,3 0,6 5,1 71,0 460 4,7 12,9 26,0 17,5 38,9 0,0 100,0 116 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 13,4 0,1 1,2 86,3 1 501 12,8 11,7 19,6 14,4 38,6 2,9 100,0 201 Autres villes 9,9 0,0 1,5 89,3 2 106 5,9 18,7 25,7 12,0 36,2 1,6 100,0 209 Ensemble urbain 11,4 0,0 1,4 88,0 3 607 9,3 15,3 22,7 13,2 37,4 2,2 100,0 410 Rural 16,6 0,2 3,3 81,4 2 847 6,9 13,9 27,3 15,3 35,8 0,6 100,0 473 Niveau d'instruction Aucun 12,6 0,3 4,4 84,1 533 3,6 8,4 27,7 12,6 47,6 0,0 100,0 67 Primaire 17,9 0,2 3,3 80,2 2 073 3,8 14,6 27,3 16,0 37,1 1,3 100,0 371 Secondaire 1er cycle 11,9 0,0 1,3 87,6 2 005 8,7 16,3 22,4 16,7 34,3 1,6 100,0 238 Secondaire 2nd cycle ou plus 11,2 0,0 1,3 88,2 1 844 16,3 14,4 23,8 9,2 34,7 1,6 100,0 207 Ensemble 15-49 13,7 0,1 2,2 85,1 6 455 8,0 14,6 25,2 14,3 36,6 1,4 100,0 883 50-59 22,0 0,2 6,8 73,7 736 3,9 9,5 16,4 16,4 52,8 1,0 100,0 162 Ensemble 15-59 14,5 0,1 2,7 83,9 7 191 7,4 13,8 23,8 14,7 39,1 1,3 100,0 1 045 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 59 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE 4 Marie Antoinette FOMO et Fernande EVINA e comportement procréateur des femmes est affecté par plusieurs facteurs appelés déterminants proches de la fécondité. Ce chapitre porte sur ces facteurs qui, en dehors de la contraception, jouent un rôle déterminant sur l’exposition au risque de grossesse et donc sur le niveau de la fécondité. Il s’agit essentiellement de la nuptialité et de l’activité sexuelle. 4.1 ÉTAT MATRIMONIAL Le mariage ou plus généralement l'union constitue le cadre privilégié de l'activité sexuelle et de la procréation au Cameroun. Chez les femmes, le caractère quasi universel de l'union fait du célibat définitif un phénomène marginal. L'union constitue ainsi un des évènements les plus importants sanctionnant le début de l'exposition au risque de grossesse. Dans le cadre de l'EDS-MICS 2011, le terme union s'applique à l'ensemble des femmes et des hommes qui se sont déclarés mariés ou vivant maritalement avec un/une partenaire. Entrent donc dans cette catégorie, aussi bien les mariages civils, religieux et coutumiers que les unions de fait. Le tableau 4.1 présente la répartition des hommes et des femmes selon leur état matrimonial au moment de l'enquête. Plus de six femmes sur dix (64 %) étaient en union au moment de l'enquête : 49 % étaient mariées et 14 % vivaient en union consensuelle. Le célibat concernait près de trois femmes sur dix (28 %). De plus, 9 % des femmes étaient en rupture d’union : 6 % étaient divorcées/séparées et 3 % étaient veuves. Les proportions de femmes célibataires diminuent très rapidement avec l’âge, passant de 74 % à 15-19 ans à 14 % à 25-29 ans et à 4 % à 35-39 ans ; à 45-49 ans la proportion de femmes célibataires n’est plus que 2 %. L’union est donc un phénomène quasi-général chez les femmes du Cameroun. Inversement, la proportion de femmes en union augmente avec l’âge jusqu’à 40 ans. Elle passe de 24 % chez les 15-19 ans à 61 % chez celles de 20-24 ans, pour atteindre son maximum à 35-39 ans (83 %). Par ailleurs, les femmes en union consensuelle sont proportionnellement plus nombreuses dans les classes d’âges 20-24 ans (21 %) et 25-29 ans (20 %). Les proportions de femmes en rupture d’union augmentent également avec l’âge : à 15-19 ans, 2 % des L Principaux résultats  Plus de six femmes sur dix (64 %) et un homme sur deux (50 %) vivent en union : une femme sur quatre (25 %) est en union polygame et 13 % des hommes ont au moins deux épouses.  Bien que la loi fixe l’âge minimum au mariage à 15 ans pour les femmes et à 18 ans pour les hommes, 17 % des femmes étaient déjà union en atteignant 15 ans et 6 % des hommes l’étaient en atteignant 18 ans.  Les femmes entrent en première union plus précocement que les hommes : la moitié des femmes sont entrées en première union avant 18,5 ans contre 26,0 ans pour les hommes.  L’âge médian aux premiers rapports sexuels est de 17,0 ans chez les femmes et 18,7 ans chez les hommes. 60 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse femmes sont divorcées ou séparées et pratiquement aucune n’est veuve ; à 45-49 ans 9 % des femmes sont divorcées ou séparées et environ une femme sur sept (15 %) est veuve. Tableau 4.1 État matrimonial actuel Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans par état matrimonial actuel, selon l'âge, Cameroun 2011 Groupe d'âges État matrimonial Total Pourcentage d'enquêtés actuellement en union Effectif d'enquêtés Célibataire Marié Vivant ensemble Divorcé Séparé Veuf FEMME 15-19 73,9 14,9 9,3 0,5 1,4 0,0 100,0 24,2 3 589 20-24 32,4 40,8 21,0 1,3 4,0 0,3 100,0 61,9 3 127 25-29 13,9 59,3 19,6 1,2 5,1 1,0 100,0 78,9 2 689 30-34 7,7 68,3 14,9 1,0 6,2 1,9 100,0 83,3 1 942 35-39 3,5 70,7 12,3 2,5 5,5 5,5 100,0 83,0 1 679 40-44 3,1 70,7 9,6 2,3 6,3 8,1 100,0 80,2 1 244 45-49 1,7 68,1 6,2 2,7 5,9 15,4 100,0 74,4 1 156 Ensemble 15-49 27,9 49,2 14,3 1,4 4,4 2,9 100,0 63,5 15 426 HOMME 15-19 97,7 0,3 1,5 0,1 0,4 0,0 100,0 1,9 1 591 20-24 79,4 8,7 9,7 0,3 1,8 0,0 100,0 18,5 1 227 25-29 44,2 33,8 16,7 1,2 3,8 0,3 100,0 50,5 1 074 30-34 17,0 55,5 21,3 1,0 5,1 0,2 100,0 76,7 828 35-39 6,6 71,6 15,9 1,5 3,2 1,1 100,0 87,6 697 40-44 4,1 72,7 14,1 2,4 4,6 2,1 100,0 86,8 577 45-49 2,6 80,6 8,9 2,2 3,8 1,8 100,0 89,6 460 Ensemble 15-49 50,0 34,5 11,3 0,9 2,7 0,5 100,0 45,8 6 455 50-59 0,8 83,7 5,6 2,2 5,1 2,7 100,0 89,3 736 Ensemble 15-59 45,0 39,5 10,7 1,1 3,0 0,7 100,0 50,3 7 191 On constate au graphique 4.1 qu’aux jeunes âges, la proportion de célibataires a augmenté au cours du temps : en 1991, selon l’EDSC-I, 56 % des jeunes femmes de 15-19 ans étaient célibataires, cette proportion est passée à 67 % en 2004 (EDSC-III) et à 74 % en 2011 ; en 1991, seulement 6 % des femmes étaient encore célibataires à 25-29 ans contre 14 % aujourd’hui. Ainsi, même si aux âges élevés les proportions de femmes toujours célibataires sont toujours insignifiantes, on assiste à un recul important de l’âge d’entrée en union. Graphique 4.1 Proportion de femmes célibataires par âge selon différentes sources 56 19 6 3 2 1 1 67 23 8 4 2 2 1 74 32 14 8 4 3 2 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-45 Pourcentage Groupe d'âges EDSC-I 1991 EDSC-III 2004 EDS-MICS 2011 Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 61 Les résultats concernant les hommes de 15-49 ans (tableau 4.1) montrent que près de la moitié (46 %) était en union au moment de l’enquête, un homme sur deux (50 %) était célibataire et 4 % en rupture d’union. La proportion d’hommes célibataires est nettement supérieure à celle des femmes. Ce résultat montre une fois de plus que les hommes entrent en union beaucoup plus tard que les femmes. Tout comme chez les femmes, mais moins rapidement, la proportion d’hommes célibataires diminue avec l’âge. À 15-19 ans, 98 % des hommes sont célibataires et un peu moins de la moitié (44 %) le sont encore à 25-29 ans, contre une femme sur sept du même groupe d’âges (14 %). À partir de 35 ans, le célibat masculin devient beaucoup moins fréquent : 7 % à 35-39 ans et 3 % à 45-49 ans. Inversement, la proportion d’hommes en union passe de 18 % à 20-24 ans à 90 % à 45-49 ans. Par ailleurs, à partir de 40 ans, 8 % à 9 % des hommes sont en rupture d’union. 4.2 POLYGAMIE Les femmes en union ont été regroupées en deux catégories : celles vivant en union monogame et celles vivant en union polygame, c’est-à-dire les femmes dont le mari ou conjoint a d’autres épouses1. Le tableau 4.2.1 présente la répartition des femmes en union par nombre de coépouses et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Au Cameroun, malgré la prédominance de la monogamie (69 %), la polygamie reste une pratique assez répandue puisqu’elle touche 25 % des femmes en union. On constate, en outre, que la proportion de femmes ayant au moins une coépouse augmente régulièrement avec le groupe d’âges, passant de 19 % à 15-19 ans à 26 % à 30-34 ans et à 37 % à 45-49 ans. Tableau 4.2.1 Nombre de coépouses Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans actuellement en union par nombre de coépouses, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Nombre de coépouses Total Effectif de femmes en union 0 1 2+ Manquant Groupe d’âges 15-19 74,5 14,9 3,7 6,9 100,0 868 20-24 75,3 15,4 3,1 6,2 100,0 1 935 25-29 73,2 16,0 5,4 5,4 100,0 2 122 30-34 66,8 19,4 6,9 6,9 100,0 1 617 35-39 63,2 23,3 8,1 5,4 100,0 1 393 40-44 63,1 22,8 10,8 3,3 100,0 998 45-49 57,9 23,2 13,5 5,4 100,0 860 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 76,1 8,7 1,4 13,9 100,0 1 884 Autres villes 73,1 16,3 4,5 6,1 100,0 2 750 Ensemble urbain 74,3 13,2 3,2 9,3 100,0 4 633 Rural 64,0 23,7 9,8 2,5 100,0 5 158 Région Adamaoua 62,2 24,4 11,0 2,4 100,0 524 Centre (sans Yaoundé) 74,2 11,2 3,3 11,3 100,0 744 Douala 78,8 9,0 1,1 11,1 100,0 936 Est 78,2 15,2 3,7 2,9 100,0 433 Extrême-Nord 57,2 32,5 9,1 1,2 100,0 1 986 Littoral (sans Douala) 74,1 10,8 2,4 12,7 100,0 370 Nord 56,7 25,8 15,1 2,5 100,0 1 245 Nord-Ouest 77,2 14,9 5,9 2,0 100,0 704 Ouest 68,3 20,3 9,1 2,4 100,0 994 Sud 87,6 6,8 1,9 3,7 100,0 255 Sud-Ouest 81,8 9,6 2,7 5,9 100,0 652 Yaoundé 73,4 8,3 1,6 16,6 100,0 948 Niveau d'instruction Aucun 53,1 32,8 12,8 1,4 100,0 2 673 Primaire 71,3 17,2 6,8 4,6 100,0 3 677 Secondaire 1er cycle 76,7 10,8 2,4 10,1 100,0 2 154 Secondaire 2nd cycle ou plus 81,5 7,1 1,0 10,4 100,0 1 288 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 58,3 29,1 11,4 1,3 100,0 1 987 Second 66,3 21,7 9,6 2,4 100,0 1 901 Moyen 68,5 19,3 7,3 4,9 100,0 1 857 Quatrième 73,5 14,5 3,6 8,4 100,0 2 026 Le plus riche 77,5 9,3 1,9 11,3 100,0 2 021 Ensemble 68,9 18,7 6,7 5,7 100,0 9 792 1 Au Cameroun, l’ordonnance n° 81/062 du 29 juin 1981 sur l’organisation et le fonctionnement de l’état civil prévoit que le système matrimonial est soit la monogamie, soit la polygamie. 62 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse La fréquence de la polygamie diffère selon le milieu de résidence. C’est en milieu rural que la proportion de femmes vivant en union polygame est la plus élevée (34 % contre 16 % en milieu urbain). À Yaoundé/Douala, seulement 10 % des femmes ont déclaré être en union polygame. Les résultats selon la région montrent que la proportion de femmes en union polygame varie d’un maximum de 42 % à l’Extrême- Nord à un minimum de 9 % au Sud. En plus de l’Extrême-Nord, c’est dans les régions du Nord (41 %), de l’Adamaoua (35 %), de l’Ouest (29 %) et dans une moindre mesure dans le Nord-Ouest (21 %) que la polygamie est la plus pratiquée. Par ailleurs, les proportions de femmes en union polygame varient d’un maximum de 46 % chez celles qui n’ont aucun niveau d’instruction à 24 % chez celles qui ont le niveau primaire et à un minimum de 8 % chez les femmes ayant un niveau secondaire 2nd cycle ou plus. Les résultats selon l’indice de bien-être économique du ménage montrent que la fréquence de la polygamie diminue lorsque le niveau de bien-être du ménage augmente. En effet, la proportion de femmes en union polygame passe d’un maximum de 41 % dans les ménages les plus pauvres à un minimum de 11 % dans les ménages les plus riches. Le tableau 4.2.2 présente la répartition des hommes en union selon le nombre d’épouses. Le taux de polygamie qui est le rapport des hommes en union polygame à l’ensemble des hommes en union est de 13 % chez les hommes de 15-49 ans. De façon générale, la proportion d’hommes polygames augmente avec l’âge, passant de 5 % à 20-24 ans à 10 % à 30-34 ans et à 22 % dans le groupe d’âges 45-49 ans. Il faut noter par ailleurs que cette proportion atteint 29 % chez les hommes de 50-59 ans. Les résultats selon le milieu de résidence font apparaître des différences entre le milieu rural (16 %) et le milieu urbain (11 %). En ce qui concerne les régions, c’est dans l’Extrême-Nord, le Nord et l’Adamaoua que les proportions d’hommes polygames sont les plus élevées (respectivement, 25 %, 19 % et 15 %). Par ailleurs, comme chez les femmes, le niveau d’instruction influence la fréquence de cette pratique chez les hommes, celle-ci étant plus courante chez les hommes n’ayant aucun niveau d’instruction (27 %) que chez ceux ayant le niveau du primaire (12 %), ceux ayant le niveau secondaire 1er cycle (10 %) et ceux de niveau secondaire 2nd cycle ou plus (8 %). Par ailleurs, la proportion d’hommes polygames diminue au fur et à mesure que le niveau de de bien-être économique du ménage s’élève, passant d’un maximum de 20 % parmi les plus pauvres à 8 % parmi les plus riches. Tableau 4.2.2 Nombre d'épouses Répartition (en %) des hommes de 15-49 ans actuellement en union par nombre d'épouses, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Nombre d'épouses Total Effectif d'hommes en union 1 2+ Groupe d’âges 15-19 (86,3) (13,7) 100,0 29 20-24 94,7 5,3 100,0 226 25-29 92,5 7,5 100,0 542 30-34 90,4 9,6 100,0 635 35-39 84,7 15,3 100,0 611 40-44 85,3 14,7 100,0 501 45-49 78,4 21,6 100,0 412 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 91,3 8,7 100,0 656 Autres villes 89,5 10,5 100,0 805 Ensemble urbain 90,3 9,7 100,0 1 461 Rural 84,4 15,6 100,0 1 497 Région Adamaoua 85,3 14,7 100,0 122 Centre (sans Yaoundé) 92,3 7,7 100,0 233 Douala 94,6 5,4 100,0 281 Est 93,8 6,2 100,0 154 Extrême-Nord 75,4 24,6 100,0 527 Littoral (sans Douala) 97,5 2,5 100,0 111 Nord 80,9 19,1 100,0 325 Nord-Ouest 90,7 9,3 100,0 195 Ouest 87,8 12,2 100,0 289 Sud 92,0 8,0 100,0 94 Sud-Ouest 93,5 6,5 100,0 252 Yaoundé 88,8 11,2 100,0 374 Niveau d'instruction Aucun 72,7 27,3 100,0 353 Primaire 87,2 12,8 100,0 1 129 Secondaire 1er cycle 90,4 9,6 100,0 755 Secondaire 2nd cycle ou plus 91,6 8,4 100,0 721 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 79,7 20,3 100,0 542 Second 85,0 15,0 100,0 557 Moyen 89,2 10,8 100,0 540 Quatrième 88,9 11,1 100,0 607 Le plus riche 92,1 7,9 100,0 712 Ensemble 15-49 87,3 12,7 100,0 2 958 50-59 71,2 28,8 100,0 658 Ensemble 15-59 84,4 15,6 100,0 3 615 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 63 4.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION Compte tenu de la relation étroite existant entre l'âge à la première union et le début de la vie féconde, il est important d'étudier le calendrier de la primo-nuptialité. Le tableau 4.3 présente les âges médians à la première union en fonction de l'âge actuel ainsi que les proportions de femmes et d’hommes déjà en union à différents âges. Tableau 4.3 Âge à la première union Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans par âge exact à la première union et âge médian à la première union selon l'âge actuel, Cameroun 2011 Age actuel Pourcentage en première union avant d'atteindre l'âge exact : Pourcentage de célibataires Effectif d'enquêtés Âge médian à la première union 15 18 20 22 25 FEMME 15-19 8,7 na na na na 73,9 3 589 a 20-24 13,4 38,4 54,5 na na 32,4 3 127 19,4 25-29 14,8 40,8 57,1 67,2 78,9 13,9 2 689 19,0 30-34 16,3 42,2 58,3 70,5 81,1 7,7 1 942 18,8 35-39 17,2 46,7 61,9 71,8 82,7 3,5 1 679 18,4 40-44 19,7 52,3 66,7 75,8 84,4 3,1 1 244 17,8 45-49 17,6 50,5 70,2 80,2 87,5 1,7 1 156 17,9 20-49 15,8 43,4 59,6 na na 14,0 11 837 18,7 25-49 16,6 45,2 61,4 71,8 82,1 7,3 8 710 18,5 HOMME 15-19 0,0 na na na na 97,7 1 591 a 20-24 0,0 4,5 9,7 na na 79,4 1 227 a 25-29 0,0 6,4 13,3 23,7 40,5 44,2 1 074 a 30-34 0,0 6,0 11,8 22,9 43,0 17,0 828 25,8 35-39 0,0 7,2 14,6 23,8 42,0 6,6 697 25,8 40-44 0,0 5,1 15,3 29,2 46,7 4,1 577 25,6 45-49 0,0 7,0 15,3 25,2 47,3 2,6 460 25,7 30-49 0,0 6,3 14,0 25,0 44,3 8,7 2 563 25,8 30-59 0,0 6,2 13,6 24,3 43,2 6,9 3 299 26,0 Note: L'âge à la première union est défini comme étant l'âge auquel l'enquêté(e) a commencé à vivre avec son premier époux/épouse/partenaire na = Non applicable pour cause de troncature. a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont commencé à vivre pour la première fois avec leur conjoint(e)/partenaire avant d'atteindre le début du groupe d'âges L’âge d’entrée en union des femmes au Cameroun est assez précoce. En effet, 17 % des femmes de 25-49 ans au moment de l’enquête étaient déjà en union avant d’atteindre l’âge de 15 ans (Tableau 4.3), alors que l’ordonnance n° 81/062 du 29 juin 1981 fixe l’âge minimum au mariage à 15 ans pour les filles et à 18 ans pour les garçons. Près de la moitié des femmes (45 %) étaient déjà en union avant 18 ans et plus de huit femmes sur dix (82 %) l’étaient avant 25 ans. L’âge médian d’entrée en première union des femmes de 25-49 ans est estimé à 18,5 ans. Cependant, on relève un net recul de l’âge d’entrée en union des générations les plus anciennes aux plus récentes. En effet, l’âge médian à la première union chez les femmes des générations les plus anciennes, âgées de 45-49 ans à l’enquête, est de 17,0 ans, alors qu’il est de 19,4 ans pour celles des générations plus jeunes (20-24 ans). De plus, la proportion de femmes qui entrent en union avant l’âge de 18 ans diminue des générations les plus anciennes aux plus jeunes. Elle est de 51 % pour les femmes actuellement âgées de 45-49 ans et de 38 % pour celles de 20-24 ans. Entre 1991 (EDSC-I) et 2011, l’âge médian à la première union a nettement augmenté passant de 16,5 ans en 1991 à 17,6 ans en 2004 et à 18,5 ans en 2011. Les hommes entrent en première union à un âge beaucoup plus tardif que les femmes (Tableau 4.3) : 60 % des femmes de 20-49 ans étaient déjà en union en atteignant 20 ans, contre seulement 14 % des hommes de 30-59 ans. L’âge médian des hommes à la première union est de 26,0 ans, soit 7 ans plus tard que les femmes (Graphique 4.2). Parmi les hommes de 30-59 ans, seulement 6 % étaient en union avant 18 ans et 14 % l’étaient déjà avant 20 ans. On ne constate aucune modification de cet âge d’entrée en union selon les générations : l’âge médian se situe toujours autour de 26 ans quel que soit la génération. 64 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse Graphique 4.2 Âge médian à la première union 24.4 20.1 18.1 15.8 17.3 18.8 21.7 18.5 28.5 25.5 25.3 23.0 24.5 26.6 28.2 26.0 Secondaire 2nd cycle ou + Secondaire 1er cycle Primaire Aucun NIVEAU D'INSTRUCTION Rural Autres villes Yaoundé/Douala MILIEU DE RÉSIDENCE CAMEROUN Âge (en années) Hommes Femmes EDS -MICS 2011 Le milieu de résidence influence nettement le calendrier de la primo-nuptialité des femmes. Le tableau 4.4 et le graphique 4.2 montrent que les femmes du milieu urbain entrent en union nettement plus tard que celles du milieu rural (20,0 ans contre 17,3 ans). En considérant le milieu urbain seul, on constate que les femmes de Yaoundé/Douala entrent bien plus tard en union (21,7 ans) que celles des Autres villes (18,8 ans). Les résultats selon la région montrent que l’âge médian d’entrée en première union varie d’un maximum de 22,1 ans chez les femmes de Douala à 16,3 ans dans l’Adamaoua et à un minimum de 15,9 ans chez les femmes de l’Extrême-Nord et du Nord. Par ailleurs, plus les femmes sont instruites, plus elles entrent en union à un âge tardif : âge médian de 15,8 ans chez les femmes n’ayant aucun niveau d’instruction contre 20,1 ans chez celles ayant un niveau secondaire 1er cycle et 24,4 ans chez celles ayant un niveau instruction secondaire 2nd cycle ou plus. En outre, les femmes des ménages du quintile le plus riche entrent en union plus tard que les autres : 21,9 ans contre 16,0 ans pour les ménages du quintile le plus pauvre. En ce qui concerne l’âge médian des hommes à la première union, les résultats montrent, comme pour les femmes, un écart important selon le milieu de résidence. Les hommes du milieu rural entrent en union environ trois ans plus tard que ceux du milieu urbain (27,3 ans contre 24,5 ans) et ceux de Yaoundé/Douala entrent en union environ deux ans plus tard que ceux Tableau 4.4 Âge médian à la première union selon certaines caractéristiques sociodémographiques Âge médian à la première union des femmes de 25-49 ans et des hommes de 30-59 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Femmes de 25-49 ans Hommes de 30-59 ans Milieu de résidence Yaoundé/Douala 21,7 28,2 Autres villes 18,8 26,6 Ensemble urbain 20,0 27,3 Rural 17,3 24,5 Région Adamaoua 16,3 26,4 Centre (sans Yaoundé) 19,6 24,2 Douala 22,1 29,5 Est 18,3 24,6 Extrême-Nord 15,9 23,1 Littoral (sans Douala) 19,8 26,9 Nord 15,9 23,5 Nord-Ouest 19,5 26,5 Ouest 18,8 27,4 Sud 20,4 26,2 Sud-Ouest 19,8 26,6 Yaoundé 21,4 26,3 Niveau d'instruction Aucun 15,8 23,0 Primaire 18,1 25,3 Secondaire 1er cycle 20,1 25,5 Secondaire 2nd cycle ou plus 24,4 28,5 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,0 23,1 Second 17,6 24,8 Moyen 18,1 25,6 Quatrième 19,4 26,6 Le plus riche 21,9 28,2 Ensemble 18,5 26,0 Note: L'âge à la première union est défini comme étant l'âge auquel l'enquêté(e) a commencé à vivre avec son premier conjoint(e)/ partenaire. Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 65 des Autres villes (28,2 ans contre 26,6 ans). Selon la région, l’âge médian varie d’un minimum de 23,1 ans dans l’Extrême-Nord et 23,5 ans dans le Nord à un maximum de 27,4 ans dans l’Ouest. Concernant le niveau d’instruction, on constate, comme chez les femmes, que les hommes sans aucun niveau (23,0 ans) et ceux ayant le niveau primaire (25,3 ans) entrent beaucoup plus tôt en union que ceux du niveau secondaire 2nd cycle ou plus (28,5 ans). Pour ce qui est du niveau de bien-être économique du ménage, les hommes vivant dans les ménages les plus riches entrent plus tardivement en union (28,2 ans) que ceux des ménages les plus pauvres (23,1 ans). 4.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS En tant que déterminant de la fécondité, l'âge aux premiers rapports sexuels est tout aussi important que l'âge à la première union, les rapports sexuels n'ayant pas forcément lieu dans le cadre exclusif de l'union. Pour cette raison, on a demandé aux personnes enquêtées l'âge qu’elles avaient lors de leurs premiers rapports sexuels. Au tableau 4.5 figurent les proportions de femmes et d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels avant d’atteindre certains âges exacts et l'âge médian aux premiers rapports sexuels selon l’âge actuel. Avant d’atteindre 15 ans, 21 % des femmes de 25-49 ans avaient déjà eu des rapports sexuels et cette proportion est de 81 % avant d’atteindre 20 ans. L’âge médian aux premiers rapports sexuels chez les femmes de 25-49 ans est estimé à 17,0 ans. Cet âge est plus précoce de 1,5 an que l’âge d’entrée en première union (18,5 ans) (Graphique 4.3). Par ailleurs, des générations les plus anciennes aux plus jeunes, on ne dénote pas de modification de l’âge aux premiers rapports sexuels : l’âge médian étant de 17,0 ans pour les femmes des générations les plus anciennes (âgées de 45-49 ans à l’enquête) contre 17,3 ans pour celles des générations les plus jeunes (20-24 ans). Il faut remarquer également que les proportions de femmes ayant déjà eu des rapports sexuels en atteignant chaque âge exact sont toujours plus élevées que celles des femmes déjà en union au même âge. Tableau 4.5 Âge aux premiers rapports sexuels Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans ayant eu leurs premiers rapports sexuels avant d'atteindre certains âges exacts, pourcentage n'ayant jamais eu de rapports sexuels et âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l'âge actuel, Cameroun 2011 Âge actuel Pourcentage ayant déjà eu leurs premiers rapports sexuels avant d'atteindre l'âge exact de : Pourcentage n'ayant jamais eu de rapports sexuels Effectif Âge médian aux premiers rapports sexuels 15 18 20 22 25 FEMME 15-19 15,0 na na na na 49,9 3 589 a 20-24 18,0 59,6 80,6 na na 7,5 3 127 17,3 25-29 19,1 59,8 80,8 87,9 91,3 1,2 2 689 17,3 30-34 21,0 64,7 81,5 87,8 90,9 0,4 1 942 16,9 35-39 21,3 63,1 79,3 85,4 88,2 0,1 1 679 17,0 40-44 23,3 64,2 81,1 85,8 88,2 0,1 1 244 16,8 45-49 20,8 62,5 80,8 86,3 89,1 0,0 1 156 17,0 20-49 20,0 61,7 80,7 na na 2,3 11 837 17,1 25-49 20,8 62,5 80,7 86,9 89,9 0,5 8 710 17,0 HOMME Age 15-19 11,2 na na na na 61,2 1 591 a 20-24 10,5 49,0 70,5 na na 17,3 1 227 18,1 25-29 11,6 43,7 69,6 83,1 92,7 4,3 1 074 18,4 30-34 10,8 44,6 66,6 82,5 92,5 0,9 828 18,4 35-39 9,0 42,4 66,8 80,4 93,6 0,0 697 18,5 40-44 8,0 41,1 65,9 82,3 90,5 0,5 577 18,6 45-49 5,4 34,4 59,6 80,0 88,9 0,0 460 18,9 25-49 9,6 42,0 66,5 81,9 92,0 1,6 3 637 18,5 25-59 8,9 39,8 64,2 80,4 90,6 1,3 4 373 18,7 na = Non applicable pour cause de troncature. a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d'atteindre le début du groupe d'âges. 66 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse Graphique 4.3 Âges médians des femmes à la première union et aux premiers rapports sexuels 24.4 20.1 18.1 15.8 17.3 18.8 21.7 18.5 18.6 17.3 16.6 15.9 16.5 17.2 18.0 17.1 Secondaire 2nd cycle ou + Secondaire 1er cycle Primaire Aucun NIVEAU D'INSTRUCTION Rural Autres villes Yaoundé/Douala MILIEU DE RÉSIDENCE CAMEROUN Âge (en années) 1ers Rapports sexuels 1ére Union EDS -MICS 2011 Chez les hommes de 25-59 ans, on constate qu’en atteignant 18 ans, 40 % avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels et 92 % en atteignant 25 ans (Tableau 4.5). L’âge médian des hommes aux premiers rapports sexuels est estimé à 18,7 ans. Par ailleurs, des générations les plus anciennes aux plus jeunes, on ne dénote pas de modification significative de l’âge aux premiers rapports sexuels : l’âge médian étant de 18,9 ans pour les hommes des générations les plus anciennes (45-49 ans) et de 18,1 ans pour ceux des générations les plus jeunes (20-24 ans). Comme les femmes, les hommes ont leurs premiers rapports sexuels avant leur entrée en première union : en moyenne près de huit ans avant d’entrer en première union (médiane de 18,7 ans contre 26,0 ans). Le tableau 4.6 présente l’âge médian des femmes et des hommes aux premiers rapports sexuels selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Selon le milieu de résidence, on constate que, chez les femmes, l’âge médian aux premiers rapports sexuels est de 16,5 ans en milieu rural contre 17,6 ans en milieu urbain. Par rapport à la région, les résultats montrent que les villes de Yaoundé et de Douala (18,0 ans dans les deux cas) sont celles où l’âge médian aux premiers rapports sexuels est le plus élevé. À l’opposé, dans les régions du Sud (16,0 ans) et de l’Est (15,9 ans), les femmes commencent leur vie sexuelle beaucoup plus tôt. Tableau 4.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels selon certaines caractéristiques sociodémographiques Âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 20-49 ans et des hommes de 25-59 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Femmes de 20-49 ans Hommes de 25-59 ans Milieu de résidence Yaoundé/Douala 18,0 18,1 Autres villes 17,2 18,7 Ensemble urbain 17,6 18,4 Rural 16,5 19,0 Région Adamaoua 16,2 20,1 Centre (sans Yaoundé) 16,8 17,8 Douala 18,0 17,9 Est 15,9 18,0 Extrême-Nord 16,3 20,3 Littoral (sans Douala) 17,3 18,0 Nord 16,3 20,2 Nord-Ouest 17,1 18,9 Ouest 17,2 19,1 Sud 16,0 17,3 Sud-Ouest 17,5 18,3 Yaoundé 18,0 18,2 Niveau d'instruction Aucun 15,9 20,5 Primaire 16,6 18,9 Secondaire 1er cycle 17,3 18,1 Secondaire 2nd cycle ou plus 18,6 18,3 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,1 20,1 Second 16,5 18,9 Moyen 16,8 18,7 Quatrième 17,3 18,5 Le plus riche 18,0 18,2 Ensemble 17,1 18,7 Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 67 Les résultats selon le niveau d’instruction montrent que, comme pour l’entrée en première union, plus les femmes ont un niveau d’instruction élevé, plus l’âge aux premiers rapports sexuels est tardif : de 15,9 ans pour les femmes sans niveau instruction, cet âge médian passe à 16,6 ans pour celles ayant le niveau d’instruction primaire et à 18,6 ans pour celles du secondaire 2nd cycle ou plus. Par ailleurs, l’âge médian augmente des ménages les plus pauvres (16,1 ans) aux plus riches (18,0 ans) : en d’autres termes, les femmes des ménages les plus riches ont leurs premiers rapports sexuels deux ans plus tard que celles des ménages les plus pauvres. Globalement, quelle que soit la catégorie, les femmes ont leurs premiers rapports sexuels avant le début de l’union, mais l’écart entre les deux évènements est d’autant plus important que l’âge à l’union est tardif (Graphique 4.3). Chez les hommes, les résultats ne font pas apparaître de différences importantes selon le milieu de résidence. Pour les hommes de 25-59 ans, l’âge médian aux premiers rapports sexuels est de 19,0 ans en milieu rural contre 18,4 ans en milieu urbain. Selon la région, l’âge médian aux premiers rapports sexuels varie d’un minimum de 17,3 ans au Sud à un maximum légèrement supérieur à 20 ans dans l’Extrême-Nord, le Nord et l’Adamaoua. Selon le niveau d’instruction, on relève chez les hommes un schéma comportemental inverse à celui des femmes. Les hommes sans niveau instruction ont leurs premiers rapports sexuels à 20,5 ans contre 18,9 ans pour ceux ayant un niveau d’instruction primaire, et 18,3 ans pour ceux qui ont un niveau secondaire ou plus. Contrairement aux femmes, les hommes des ménages du quintile le plus pauvre (20,1 ans) ont leurs premiers rapports sexuels à un âge plus tardif que ceux des ménages du quintile le plus riche (18,2 ans). 4.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE La fréquence des rapports sexuels est un facteur déterminant de l'exposition au risque de grossesse, en particulier dans les sociétés où la prévalence de la contraception moderne reste faible, comme c'est le cas au Cameroun. Le tableau 4.7.1 présente les résultats sur l’activité sexuelle des femmes de 15-49 ans, plus précisément sur le moment où ont eu lieu les derniers rapports sexuels. Une femme sur deux (51 %) a déclaré que ses derniers rapports sexuels avaient eu lieu récemment, c’est-à–dire durant les quatre semaines ayant précédé l'enquête. La proportion de celles ayant eu leurs derniers rapports sexuels au cours de la dernière année (non compris les quatre dernières semaines) est de 24 %. Celles ayant eu des rapports sexuels il y a plus d’une année représentent 11 %. En outre, 13 % de femmes n’avaient jamais eu de rapports sexuels, en particulier les femmes de 15-19 ans (50 %). La proportion des femmes ayant eu une activité sexuelle récente augmente d’abord avec l’âge, passant d’un minimum de 24 % à 15-19 ans à un maximum de 66 % à 35-39 ans, puis décroît à partir de 40-44 ans. Selon l’état matrimonial, l’activité sexuelle est nettement moins fréquente chez les femmes célibataires (19 %) que chez les femmes en union (69 %) et que chez celles en rupture d’union (23 %). On ne constate pas de relation nette entre la durée de l’union et l’activité sexuelle récente. En effet, la proportion de femmes sexuellement actives au cours des quatre dernières semaines passe de 67 % chez celles dont la durée de l’union se situe entre 0 et 5 ans à 72 % chez celles en union depuis 20-24 ans et à 66 % chez celles en union depuis 25 ans ou plus. La proportion de femmes qui ont eu une activité sexuelle récente est plus élevée en milieu rural (53 %) et à Yaoundé/Douala (52 %) que dans les Autres villes (47 %). Selon la région, les femmes de l’Extrême-Nord (62 %) et de l’Est (61 %) ont plus fréquemment déclaré avoir eu des rapports sexuels récents que les femmes des autres régions, en particulier celles du Nord-Ouest (39 %). Par ailleurs, 63 % des femmes qui n'ont aucun niveau d'instruction ont eu des rapports sexuels récents contre 44 % de celles de niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus. 68 • Nuptialité et exposition au risque de grossesse Tableau 4.7.1 Activité sexuelle récente des femmes Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans en fonction du moment auquel ont eu lieu leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Derniers rapports sexuels : N'a jamais eu de rapports sexuels Total Effectif de femmes Au cours des quatre dernières semaines Au cours de la dernière année1 Il y a un an ou plus Manquant Groupe d’âges 15-19 23,9 20,1 6,0 0,2 49,9 100,0 3 589 20-24 52,6 29,4 10,3 0,2 7,5 100,0 3 127 25-29 62,6 27,0 8,7 0,5 1,2 100,0 2 689 30-34 62,1 26,9 10,2 0,4 0,4 100,0 1 942 35-39 66,1 20,8 12,9 0,1 0,1 100,0 1 679 40-44 63,7 19,2 16,6 0,4 0,1 100,0 1 244 45-49 50,2 24,0 25,2 0,6 0,0 100,0 1 156 État matrimonial Célibataire 18,9 23,0 10,2 0,2 47,6 100,0 4 307 En union 68,9 23,9 6,7 0,3 0,2 100,0 9 792 Divorcée/séparée/veuve 23,3 31,7 44,5 0,5 0,0 100,0 1 327 Durée de l'union2 0-4 ans 66,6 27,1 5,4 0,3 0,6 100,0 2 146 5-9 ans 68,6 24,8 6,5 0,0 0,0 100,0 1 716 10-14 ans 70,1 23,7 5,8 0,5 0,0 100,0 1 431 15-19 ans 70,3 22,3 7,3 0,2 0,0 100,0 880 20-24 ans 72,3 20,9 6,4 0,3 0,0 100,0 749 25 ans+ 66,2 22,8 10,6 0,5 0,0 100,0 858 Mariée plus d'une fois 70,2 22,3 6,9 0,4 0,2 100,0 2 012 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 52,0 25,0 9,0 0,5 13,4 100,0 3 467 Autres villes 47,2 24,4 11,5 0,2 16,8 100,0 4 842 Ensemble urbain 49,2 24,6 10,5 0,3 15,4 100,0 8 309 Rural 53,2 24,0 11,4 0,2 11,1 100,0 7 117 Région Adamaoua 54,4 20,2 10,5 0,4 14,4 100,0 746 Centre (sans Yaoundé) 55,2 27,0 9,7 0,1 8,0 100,0 1 092 Douala 53,3 24,1 9,2 0,6 12,8 100,0 1 712 Est 61,1 22,0 8,8 0,3 7,8 100,0 604 Extrême-Nord 61,6 18,7 6,6 0,2 13,0 100,0 2 490 Littoral (sans Douala) 45,9 31,1 10,9 0,1 12,0 100,0 615 Nord 48,8 22,8 14,2 0,3 13,8 100,0 1 676 Nord-Ouest 39,4 26,8 15,5 0,4 17,8 100,0 1 521 Ouest 42,0 28,2 13,5 0,0 16,3 100,0 1 634 Sud 56,7 27,2 9,1 0,4 6,7 100,0 402 Sud-Ouest 46,2 25,0 14,4 0,1 14,3 100,0 1 180 Yaoundé 50,8 25,8 8,9 0,5 14,0 100,0 1 755 Niveau d'instruction Aucun 63,0 20,0 11,7 0,5 4,8 100,0 3 086 Primaire 52,5 24,7 13,3 0,2 9,4 100,0 5 214 Secondaire 1er cycle 45,2 24,9 8,1 0,3 21,6 100,0 4 185 Secondaire 2nd cycle ou plus 44,4 27,6 9,9 0,2 17,9 100,0 2 941 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 58,0 20,8 10,2 0,2 10,8 100,0 2 481 Second 50,6 24,8 13,2 0,3 11,1 100,0 2 751 Moyen 47,3 26,9 13,4 0,3 12,2 100,0 2 923 Quatrième 50,5 25,1 9,8 0,2 14,4 100,0 3 517 Le plus riche 50,2 23,7 8,8 0,5 16,8 100,0 3 753 Ensemble 51,0 24,4 10,9 0,3 13,4 100,0 15 426 1 Non compris les femmes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines. 2 Non compris les femmes qui ne sont pas actuellement en union. Le tableau 4.7.2 présente la répartition des hommes en fonction du temps écoulé depuis leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Dans l’ensemble, 52 % des hommes ont eu une activité sexuelle récente, 22 % ont eu leurs derniers rapports sexuels au cours de l’année ayant précédé l’enquête (non compris les quatre dernières semaines) et, pour 6 %, les derniers rapports sexuels ont eu lieu il y a un an ou plus. Par ailleurs, 19 % des hommes n’ont jamais eu de rapports sexuels. La proportion d’hommes ayant eu des rapports sexuels récents augmente avec l’âge, passant d’un minimum de 13 % chez les hommes de 15-19 ans à 79 % chez ceux de 35-39 ans. On constate qu’à 15-19 ans et 20-24 ans, les hommes ont eu moins fréquemment que les femmes une activité sexuelle récente (respectivement, 13 % contre et 24 %, et 42 % contre 53 %). Nuptialité et exposition au risque de grossesse • 69 Les hommes célibataires ont été plus fréquemment sexuellement actifs que les femmes au cours du mois précédant l’enquête (26 % contre 19 %). Comme chez les femmes, ce sont les hommes mariés (79 %) et, dans une moindre mesure, les divorcés, séparés ou veufs (55 %) qui ont eu le plus fréquemment une activité sexuelle récente. Par ailleurs, la durée du mariage semble influencer la fréquence de l’activité sexuelle : de 79 % pour une durée de mariage de 0-4 ans, la proportion passe à 84 % pour une durée 25 ans ou plus. Le milieu et la région de résidence influencent aussi l’activité sexuelle récente des hommes : la proportion d’hommes ayant eu des rapports sexuels récents varie de 58 % à Yaoundé/Douala, à 53 % en milieu rural et à 46 % dans les autres villes ; elle varie aussi d’un minimum de 40 % dans le Nord à un maximum de 67 % au Sud. Cette proportion est également élevée à l’Est (62 %), à Yaoundé (59 %), et dans le Littoral (58 %). On en note pas de tendance régulière dans la variation de cette proportion ni selon le niveau d’instruction, ni selon le quintile de bien-être. Tableau 4.7.2 Activité sexuelle récente des hommes Répartition (en %) des hommes en fonction du moment auquel ont eu lieu leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Derniers rapports sexuels : N'a jamais eu de rapports sexuels Total Effectif d'hommes Au cours des quatre dernières semaines Au cours de la dernière année1 Il y a un an ou plus Manquant Groupe d’âges 15-19 13,2 18,0 7,5 0,0 61,2 100,0 1 591 20-24 41,5 31,3 9,8 0,1 17,3 100,0 1 227 25-29 63,4 26,3 5,6 0,4 4,3 100,0 1 074 30-34 73,9 20,7 4,4 0,1 0,9 100,0 828 35-39 78,6 18,1 2,6 0,7 0,0 100,0 697 40-44 76,6 17,4 5,1 0,5 0,5 100,0 577 45-49 72,2 20,3 6,3 1,2 0,0 100,0 460 État matrimonial Célibataire 26,1 25,4 9,9 0,1 38,5 100,0 3 227 En union 79,3 17,8 2,3 0,6 0,0 100,0 2 958 Divorcé/séparé/veuf 54,7 35,6 9,2 0,4 0,0 100,0 270 Durée de l'union2 0-4 ans 78,6 19,0 2,2 0,0 0,2 100,0 656 5-9 ans 76,1 20,6 1,9 1,5 0,0 100,0 473 10-14 ans 77,4 19,1 3,3 0,3 0,0 100,0 321 15-19 ans 74,6 23,2 1,7 0,6 0,0 100,0 207 20-24 ans 80,4 17,0 1,9 0,8 0,0 100,0 127 25 ans+ 84,1 11,9 0,0 3,9 0,0 100,0 52 Marié plus d'une fois 82,1 14,9 2,6 0,4 0,0 100,0 1 122 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 58,4 23,1 5,9 0,3 12,2 100,0 1 501 Autres villes 45,7 24,1 7,6 0,3 22,3 100,0 2 106 Ensemble urbain 51,0 23,7 6,9 0,3 18,1 100,0 3 607 Rural 52,5 20,7 5,7 0,3 20,8 100,0 2 847 Région Adamaoua 43,1 25,7 7,9 0,3 22,9 100,0 262 Centre (sans Yaoundé) 57,0 22,4 6,9 0,4 13,3 100,0 534 Douala 57,4 23,8 5,5 0,1 13,1 100,0 707 Est 62,2 21,2 4,4 0,0 12,2 100,0 270 Extrême-Nord 48,1 15,9 6,3 0,5 29,2 100,0 956 Littoral (sans Douala) 57,5 22,1 6,0 0,2 14,3 100,0 287 Nord 40,2 20,0 9,5 0,6 29,7 100,0 729 Nord-Ouest 41,5 27,6 5,1 0,2 25,6 100,0 529 Ouest 51,7 24,2 5,9 0,0 18,2 100,0 659 Sud 66,7 24,1 2,4 0,0 6,8 100,0 185 Sud-Ouest 50,0 26,0 6,8 0,3 17,0 100,0 543 Yaoundé 59,4 22,5 6,3 0,5 11,3 100,0 794 Niveau d'instruction Aucun 55,4 16,9 7,5 0,6 19,6 100,0 533 Primaire 53,3 21,7 5,6 0,6 18,8 100,0 2 073 Secondaire 1er cycle 47,1 21,3 5,3 0,1 26,2 100,0 2 005 Secondaire 2nd cycle ou plus 53,8 25,8 8,2 0,2 12,1 100,0 1 844 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 48,8 17,0 7,1 0,7 26,4 100,0 987 Second 53,1 22,5 4,8 0,2 19,5 100,0 1 032 Moyen 47,7 24,8 7,4 0,1 20,0 100,0 1 175 Quatrième 50,6 24,1 6,8 0,6 18,0 100,0 1 465 Le plus riche 55,9 22,2 6,0 0,1 15,7 100,0 1 795 Ensemble 15-49 51,7 22,4 6,4 0,3 19,3 100,0 6 455 50-59 73,6 18,6 7,3 0,4 0,1 100,0 736 Ensemble 15-59 53,9 22,0 6,5 0,3 17,3 100,0 7 191 1 Non compris les hommes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines. 2 Non compris les hommes qui ne sont pas actuellement en union. Fécondité • 71 FÉCONDITÉ 5 Paul Roger LIBITE et Moussa SOUAIBOU e présent chapitre est consacré à l’analyse des données sur la fécondité collectées au cours de l’EDS- MICS 2011. Les informations collectées ont permis d’estimer le niveau actuel de la fécondité, de dégager ses tendances et de mettre en évidence les différentiels de la fécondité selon certaines caractéristiques. Ce chapitre présente en outre les résultats sur l’âge à la première naissance et sur l’intervalle intergénésique. L’analyse des résultats sur la fécondité des adolescentes et sur la ménopause complète ce chapitre. Au cours de l’interview, l’enquêtrice a posé des questions relatives au nombre total d’enfants nés vivants de chaque femme en distinguant les garçons des filles, ceux qui vivaient avec leur mère de ceux résidant ailleurs, et ceux qui étaient encore en vie de ceux déjà décédés. Ensuite, l’enquêtrice reconstituait avec la femme l’historique complet de ses naissances, en commençant par la plus ancienne et en enregistrant pour chacune d’entre elles le type de naissance (simple ou multiple), le sexe, la date de naissance, et l’état de survie (vivant ou décédé). Pour les enfants encore en vie, l’enquêtrice enregistrait l’âge. Pour les enfants décédés, c’est l’âge au décès qui était enregistré. À la fin de l’interview, pour s’assurer de la cohérence des données, l’enquêtrice, devait confronter le nombre total d’enfants déclarés avec le nombre d’enfants obtenus à partir de l’historique des naissances. L Principaux résultats  La fécondité des femmes demeure élevée, puisque l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) est estimé à 5,1 enfants par femme.  La fécondité précoce reste élevée avec un taux de 127 ‰ à 15-19 ans.  Le Taux Global de Fécondité Générale (TGFG) est estimé à 178 naissances pour 1000 femmes en âge de procréer.  Le Taux Brut de Natalité (TBN) est estimé à 38 naissances pour 1 000 individus.  Les femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction ont en moyenne 3,7 enfants de plus que celles qui ont le niveau secondaire 2nd cycle ou plus.  De même, le nombre d’enfants par femme est plus de deux fois plus élevé dans les ménages les plus pauvres (7,0) que dans les ménages les plus riches (3,3).  Parmi les femmes de 35-49 ans en union, 3,7 % n’ont jamais eu d’enfant et peuvent être considérées comme stériles.  Parmi les femmes de 15-49 ans ayant déjà eu des rapports sexuels, 27 % ont eu au moins une grossesse improductive au cours de leur vie génésique.  Près de 21 % des naissances se sont produites après un court intervalle intergénésique (moins de 24 mois).  Une adolescente sur quatre a déjà commencé sa vie reproductive : 21 % ont eu au moins un enfant et 4 % sont enceintes du premier enfant. 72 • Fécondité Étant donné qu’il s’agit d’une enquête rétrospective, les données collectées permettent d’estimer, non seulement le niveau de la fécondité sur la période actuelle, mais également les tendances passées de la fécondité au cours des 20 dernières années précédant l’enquête. Malgré l’organisation mise en place pour atteindre les objectifs de l’enquête (notamment la formation, les instructions données aux agents de terrain et les contrôles opérés à tous les niveaux), les données obtenues peuvent être sujettes à différents types d’erreurs. Ces erreurs sont principalement celles inhérentes aux enquêtes rétrospectives. Il s’agit notamment :  du sous-enregistrement des naissances, en particulier l’omission d’enfants qui vivent ailleurs, de ceux qui meurent très jeunes, quelques heures ou quelques jours seulement après la naissance, ce qui peut entraîner une sous-estimation des niveaux de fécondité ;  de l’imprécision des déclarations de date de naissance et/ou d’âge, en particulier l’attraction pour des années de naissance ou pour des âges ronds. Ce qui peut entraîner des sous-estimations ou des surestimations de la fécondité à certains âges et/ou pour certaines périodes ;  du biais sélectif de survie ou effet de sélectivité. En effet, les femmes enquêtées sont celles qui sont survivantes. Si l’on suppose que la fécondité des femmes décédées avant l’enquête est différente de celle des survivantes, les niveaux de fécondité obtenus s’en trouveraient légèrement biaisés. Par ailleurs, les informations peuvent aussi être affectées par le mauvais classement des dates de naissance d'enfants nés depuis 2005, transférées vers les années précédentes. Ces transferts d'année de naissance, que l’on retrouve dans certaines enquêtes EDS, sont parfois effectués par les enquêtrices pour éviter de poser les questions sur la santé des enfants ayant l’âge limite d’éligibilité (nés depuis 2005 dans le cas de l’EDS-MICS 2011). On constate que des transferts de naissances se sont produits1 de 2005 vers 2004. Cependant, ces transferts sont assez faibles et ne peuvent affecter les niveaux actuels de fécondité qui sont calculés sur les trois dernières années. 5.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE Le niveau de la fécondité est mesuré par les taux de fécondité par groupe d’âges et l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF). Les taux de fécondité par groupe d’âges sont calculés en rapportant les naissances vivantes issues des femmes de chaque groupe d’âges à l’effectif des femmes du groupe d’âges correspondant. Quant à l’ISF, il est obtenu à partir du cumul des taux de fécondité par âge. L’ISF mesure le nombre moyen d’enfants nés vivants qu’aurait une femme en fin de vie féconde, si les conditions et le niveau actuel de la fécondité restaient invariables. Les taux présentés ici ont été calculés pour une période de trois années précédant l’enquête. Cette période de 3 années a été choisie pour répondre à trois objectifs importants :  fournir des indicateurs de fécondité les plus récents possibles ;  minimiser les erreurs de sondage ; et  éviter au maximum les problèmes de transfert de dates de certaines naissances. Le tableau 5.1 présente quatre indicateurs de mesure du niveau de la fécondité : les taux de fécondité par groupe d’âges, l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) pour les trois années ayant précédé l’enquête, ainsi que le Taux Global de Fécondité Générale (TGFG) et le Taux Brut de Natalité (TBN). Ces indicateurs sont présentés pour chaque milieu de résidence. 1 À l'Annexe C, le tableau C4 fournit la distribution des naissances par année de naissance. Le rapport de naissances annuelles (rapport des naissances de l'année x à la demi somme des naissances des années précédentes et suivantes, soit Nx/[(Nx-1+Nx+1)/2]), rend compte des déplacements d'années de naissance. Le rapport semble indiquer un léger manque de naissances en 2005 (rapport = 85 < 100) et un excédent en 2004 (rapport =113 > 100). Fécondité • 73 Tableau 5.1 Fécondité actuelle Taux de fécondité par âge, Indice Synthétique de Fécondité (ISF), et Taux Global de Fécondité Générale (TGFG) et Taux Brut de Natalité (TBN) pour la période des trois années ayant précédé l'enquête selon le milieu de résidence, Cameroun 2011 Groupe d'âges Milieu de résidence Ensemble Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural 15-19 78 96 89 175 127 20-24 169 204 188 296 232 25-29 183 225 206 302 250 30-34 131 192 164 254 207 35-39 80 114 101 157 129 40-44 22 46 37 75 57 45-49 6 14 11 20 16 ISF(15-49) 3,3 4,5 4,0 6,4 5,1 TGFG 126 152 141 223 178 TBN 34,6 34,7 34,6 41,3 38,1 Notes: Les taux sont exprimés pour 1 000 femmes. Les taux pour le groupe d'âges 45-49 ans peuvent être légèrement biaisés pour cause de troncature. Les taux correspondent à la période 1-36 mois avant l'interview. ISF: Indice Synthétique de Fécondité exprimé pour une femme. TGFG: Taux Global de Fécondité Générale exprimé pour 1 000 femmes de 15-44 ans. TBN: Taux Brut de Natalité exprimé pour 1 000 individus. La courbe des taux de fécondité par groupe d’âges, illustrée par le graphique 5.1, présente une allure classique généralement observée dans les pays à forte fécondité. On constate un niveau de fécondité élevé aux jeunes âges, avec un taux de 127 ‰ à 15-19 ans, qui augmente rapidement avec l’âge pour atteindre un maximum de 250 ‰ à 25-29 ans et qui se maintient à un niveau relativement élevé jusqu’à 30-34 ans où le taux se situe encore à 207 ‰. À partir de 35 ans, on constate une baisse importante du niveau de la fécondité et c’est à 45-49 ans que le taux de fécondité est le plus faible (16 ‰). Au Cameroun, la fécondité des femmes demeure élevée, puisqu’en arrivant en fin de vie féconde, une femme a, en moyenne, 5,1 enfants. Graphique 5.1 Fécondité par âge selon le milieu de résidence 0 50 100 150 200 250 300 350 15 20 25 30 35 40 45 50 Naissances pour mille Âge de la femme Yaoundé/ Douala Autres villes Rural Cameroun EDS -MICS 2011 74 • Fécondité Le taux global de fécondité générale (TGFG), qui mesure le nombre annuel moyen de naissances vivantes pour 1 000 femmes en âge de procréer, est estimé à 178 ‰. Le taux brut de natalité (TBN) est, quant à lui, estimé à 38 ‰. Il correspond au nombre annuel moyen de naissances vivantes survenues dans la population totale. Si l’on considère les résultats par milieu de résidence, on constate qu’à tous les âges, les femmes du milieu rural ont une fécondité beaucoup plus élevée que celles du milieu urbain. En outre, en milieu rural, cette fécondité est beaucoup plus précoce puisqu’à 15-19 ans, le taux y est estimé à 175 ‰ contre 89 ‰ en milieu urbain avec un minimum de 78 ‰ à Yaoundé/Douala. L’ISF qui en résulte est estimé à 6,4 enfants par femme en milieu rural contre 4,0 en milieu urbain. Les femmes du milieu rural ont donc une fécondité beaucoup plus élevée que celles des villes : elles donnent naissance, en moyenne, à 2,4 enfants de plus que les femmes du milieu urbain. Le tableau 5.2 présente le nombre moyen d’enfants (ISF) par femme selon certaines caractéristiques socio- démographiques. Il présente également le pourcentage des femmes de 15-49 ans enceintes au moment de l’enquête. Le niveau d’instruction de la femme et le statut économique du ménage influent de manière importante sur le niveau de fécondité. En effet, les femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction ont, en moyenne, 3,7 enfants de plus que celles qui ont atteint le niveau secondaire 2nd cycle ou plus (ISF de 6,8 contre 3,1). De même, le nombre moyen d’enfants par femme diminue des ménages les plus pauvres aux ménages les plus riches, passant de 7,0 à 3,3 enfants : l’ISF est donc plus de deux fois plus élevé dans les ménages les plus pauvres que dans les plus riches. En outre, les variations de l’ISF selon les régions sont également importantes. On peut distinguer trois groupes :  un groupe à faible fécondité : Douala (3,2) et Yaoundé (3,5) ;  un groupe à fécondité moyenne : le Sud- Ouest (4,0), le Nord-Ouest (4,4), le Littoral (4,6) et le Sud (4,6) ;  un groupe à fécondité élevée : l’Adamaoua (5,2), l’Est (5,4), le Centre (5,6), l’Ouest (6,0), le Nord (6,5) et l’Extrême-Nord (6,8). Tableau 5.2 Fécondité par caractéristiques sociodémographiques Indice Synthétique de Fécondité pour les trois années ayant précédé l'enquête, pourcentage de femmes de 15-49 ans actuellement enceintes et nombre moyen d'enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans, selon certaines caractéristiques socio-économiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Indice Synthétique de Fécondité Pourcentage de femmes de 15-49 ans actuellement enceintes Nombre moyen d’enfants nés vivants des femmes de 40-49 ans Milieu de résidence Yaoundé/Douala 3,3 7,3 4,5 Autres villes 4,5 8,4 5,7 Ensemble urbain 4,0 8,0 5,2 Rural 6,4 12,0 6,4 Région Adamaoua 5,2 8,6 6,5 Centre (sans Yaoundé) 5,6 8,8 5,5 Douala 3,2 8,1 4,5 Est 5,4 12,0 5,6 Extrême-Nord 6,8 14,8 7,3 Littoral (sans Douala) 4,6 8,4 5,1 Nord 6,5 12,4 7,1 Nord-Ouest 4,4 6,9 5,4 Ouest 6,0 10,1 5,8 Sud 4,6 9,6 5,2 Sud-Ouest 4,0 7,6 5,5 Yaoundé 3,5 6,5 4,4 Niveau d'instruction Aucun 6,8 13,5 7,0 Primaire 5,9 11,0 5,9 Secondaire 1er cycle 4,5 8,5 4,9 Secondaire 2nd cycle ou plus 3,1 5,7 3,8 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 7,0 13,7 7,1 Second 6,4 12,5 6,3 Moyen 5,6 9,3 6,1 Quatrième 4,2 8,8 5,2 Le plus riche 3,3 6,6 4,6 Ensemble 5,1 9,8 5,9 Note: l'Indice Synthétique de Fécondité correspond à la période 1-36 mois avant l'interview. Fécondité • 75 Par ailleurs, 10 % des femmes enquêtées se sont déclarées enceintes. Précisons que cette proportion est probablement sous-estimée dans la mesure où les enquêtées qui sont en début de grossesse et ne savent pas si elles sont enceintes n'ont pas déclaré leur état. Les variations des proportions de femmes enceintes suivent globalement celles du niveau de la fécondité actuelle. Au tableau 5.2 figure aussi le nombre moyen d'enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans. Ce nombre est assimilable à la descendance finale. À l’inverse de l'ISF qui mesure la fécondité actuelle des femmes de 15-49 ans, ce nombre moyen est le résultat de la fécondité passée des femmes enquêtées qui ont atteint la fin de leur vie féconde. Dans une population où la fécondité reste invariable, cette descendance tend à se rapprocher de l'ISF. Par contre, quand l'ISF est inférieur au nombre moyen d'enfants par femme en fin de vie féconde, cela pourrait indiquer une tendance à la baisse de la fécondité. Au Cameroun, l’écart entre l’ISF (5,1 enfants) et la descendance finale (5,9 enfants) est suffisamment important pour indiquer une tendance à la baisse de la fécondité. À l’exception des femmes des régions du Centre et de l’Ouest, et de celles du second quintile pour lesquelles l’ISF reste légèrement supérieur à la descendance finale (respectivement, 5,6 contre 5,5, 6,0 contre 5,8 et 6,4 contre 6,3) et des femmes du niveau d’instruction primaire chez qui on ne note pas d’écart entre les deux indicateurs (5,9), cette baisse de la fécondité concerne pratiquement toutes les catégories de femmes. 5.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ Le Cameroun a réalisé quatre EDS dont l’un des objectifs principaux est l’estimation des niveaux de fécondité. Les quatre sources de données permettent de retracer les tendances de la fécondité : il s’agit de l’EDSC- I de 1991, de l’EDSC-II de 1998, de l’EDSC-III de 2004 et de l’EDS-MICS 2011 (Tableau 5.3.1). On constate tout d’abord une certaine similarité de l’allure des courbes des taux de fécondité par âge (Graphique 5.2) qui sont toutes caractérisées par :  une fécondité précoce élevée : à 15-19 ans, quelle que soit l’année de l’enquête, le taux est estimé à, au moins, 127 naissances pour 1000 femmes ;  un maximum du niveau de la fécondité atteint entre 20 et 30 ans. En 1991 et en 2004, la fécondité diminue rapidement après le maximum atteint à 20-24 ans, alors qu’en 1998 et 2011, le maximum est atteint à 25-29 ans, avant que les taux ne diminuent. Entre 1991 et 2011, le taux de fécondité des jeunes femmes de 15-19 ans est passé de 164 ‰ à 127 ‰, soit une baisse de 23 %. À partir de 40 ans, les courbes des taux de fécondité de 2004 et 2011 se confondent, traduisant ainsi un ralentissement de la baisse de la fécondité chez les femmes de cette tranche d’âges par rapport à 1998. Tableau 5.3.1 Tendance des taux de fécondité par âge et de l’Indice Synthétique de Fécondité Taux de fécondité par âge et Indice Synthétique de Fécondité (ISF) pour la période des trois années ayant précédé différentes enquêtes Âge de la mère à la naissance EDSC-I 1991 EDSC-II 19981 EDSC-III 2004 EDS- MICS 2011 15-19 164 142 138 127 20-24 282 237 236 232 25-29 260 244 231 250 30-34 228 189 194 207 35-39 149 136 126 129 40-44 62 63 53 57 45-49 20 20 16 16 ISF 15-49 5,8 5,2 5,0 5,1 Note: Taux de fécondité par groupe d’âges pour 1 000 femmes. 1 Période de 5 années avant l’EDSC-II 1998 76 • Fécondité Graphique 5.2 Tendance de la fécondité par âge 0 50 100 150 200 250 300 15 20 25 30 35 40 45 50 Naissances pour mille Âge de la femme EDSC-I 1991 EDSC-II 1998 EDSC-III 2004 EDS-MICS 2011 La comparaison des taux de l’enquête actuelle avec ceux de l’enquête de 1991 montre une baisse de la fécondité à tous les âges. Par contre la comparaison avec les enquêtes de 1998 et 2004 montre globalement une baisse des niveaux de fécondité chez les jeunes femmes de 15-24 ans (surtout à 15-19 ans), une reprise de la fécondité chez les femmes de 25-34 ans et à nouveau une baisse légère à partir de 35 ans. Il en résulte que l’ISF de 5,1 enfants par femme à l’EDS-MICS 2011 n’a pratiquement pas baissé après l’EDSC-II de 1998 où il était estimé à 5,2 enfants par femme. Les données collectées lors de l’EDS-MICS 2011 permettent également de retracer les tendances passées de la fécondité à partir des taux de fécondité par groupes d’âges des femmes, par période quinquennale avant l’enquête, depuis 1991 (Tableau 5.3.2 et Graphique 5.3). La comparaison des taux des périodes 15-19 ans, 10-14 ans et 5- 9 ans avant l’enquête ne fait apparaître aucune variation nette chez les femmes de 15-29 ans. Par contre, les taux de fécondité des femmes de la tranche d’âges 30-49 ans ont nettement baissé entre les périodes 10-14 ans et 5-9 ans avant l’EDS-MICS 2011. La comparaison des courbes met aussi en évidence une baisse des taux à tous les âges sauf à 25-29 ans entre la période la plus récente (0-4 ans avant l’enquête) et les périodes précédentes, en particulier la plus ancienne (15-19 ans). Tableau 5.3.2 Tendance de la fécondité par âge Taux de fécondité par âge par période de cinq ans ayant précédé l'enquête, selon l'âge de la mère au moment de la naissance de l'enfant, Cameroun 2011 Groupe d'âges Nombre d'années ayant précédé l'EDS-MICS 2011 0-4 5-9 10-14 15-19 15-19 128 143 151 152 20-24 234 263 259 260 25-29 254 260 264 268 30-34 205 218 227 [265] 35-39 137 161 [185] - 40-44 54 [93] - - 45-49 [18] - - - Note: Les taux de fécondité par groupe d'âges sont exprimés pour 1000 femmes. Les taux entre crochets sont tronqués. Les taux excluent le mois de l'interview. Fécondité • 77 Graphique 5.3 Taux de fécondité par âge par période de 5 ans ayant précédé l'EDS-MICS 2011 0 50 100 150 200 250 300 15 20 25 30 35 40 45 50 Naissances pour mille Âge de la femme 0-4 ans 5-9 ans 10-14 ans 15-19 ans EDS -MICS 2011 Périodes avant avant l'enquête Pour résumer les informations présentées aux tableaux précédents et dégager une tendance globale de la fécondité, on a calculé pour chaque période de cinq ans avant chaque EDS, l’ISF des femmes de 15-34 ans, âges auxquels elles ont déjà constitué l’essentiel de leur descendance. Les résultats présentés au graphique 5.4 indiquent globalement une tendance à la baisse de la fécondité au cours des trente dernières années : l’ISF est passé de 5,2 enfants par femme peu avant 1980 à 4,1 enfants pour la période la plus récente, soit une baisse d’environ un enfant par femme. Graphique 5.4 Tendance de l'ISF pour les femmes de 15-34 ans par période de 5 ans avant les EDS 4.7 4.5 4.4 4.1 5.3 4.2 5.1 4.9 4.1 5.2 5.1 4.8 2 3 4 5 6 1977 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003 2005 2007 2009 Enfants par femme Année centrale des estimations EDS-MICS 2011 EDS-III 2004 EDS-II 1998 EDS-I 1991 78 • Fécondité 5.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE Lors de l’enquête, on a posé aux femmes une série de questions pour déterminer le nombre total d’enfants qu’elles ont eus au cours de leur vie. Les résultats obtenus ont permis de calculer les parités moyennes par groupe d’âges, pour toutes les femmes et pour les femmes en union. Le tableau 5.4 présente la répartition de toutes les femmes et des femmes actuellement en union selon le nombre total d’enfants qu’elles ont mis au monde. Au Cameroun, les femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête ont donné naissance, en moyenne, à 2,7 enfants et 2,3 sont encore en vie, ce qui signifie qu’environ 14 % de leurs enfants sont décédés. Le nombre moyen d’enfants nés vivant augmente rapidement avec l’âge : de 0,3 à 15-19 ans, il atteint 1,3 à 20-24 ans et un maximum de 6,1 à 45-49 ans. Par ailleurs, la répartition des femmes selon le nombre de naissances vivantes met en évidence une fécondité précoce élevée ; environ un cinquième des jeunes femmes âgées de moins de 20 ans (21 %) ont déjà donné naissance à, au moins, un enfant ; plus d’une femme de 20-24 ans sur trois (38 %) a déjà donné naissance à, au moins, 2 enfants ; et 15 % des femmes de 45-49 ans ont donné naissance à, au moins, 10 enfants. Le nombre moyen d’enfants des femmes de 45-49 ans qui correspond à la descendance finale des femmes est resté stable par rapport au niveau estimé lors de l’EDSC-III de 2004. Par ailleurs, les résultats concernant les femmes actuellement en union ne sont guère différents de ceux relatifs à l’ensemble des femmes, sauf aux jeunes âges. En effet, on constate qu’environ deux-tiers des femmes actuellement en union et âgées de 15-19 ans (61 %) ont déjà au moins un enfant contre 21 % pour l’ensemble des femmes de ce même groupe d’âges. De même, à 20-24 ans, 84 % des femmes en union ont déjà, au moins, un enfant contre 66 % pour l’ensemble des femmes. À partir de 25 ans, âge au-delà duquel la majorité des femmes sont en union, les écarts se réduisent considérablement : ainsi, à 25-29 ans, la parité moyenne des femmes en union est de 3,1 enfants contre 2,7 pour l’ensemble des femmes. En fin de vie féconde (45-49 ans), la parité des femmes en union (6,4 enfants) n’est guère différente de celle de l’ensemble des femmes (6,1 enfants). Tableau 5.4 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes Répartition (en %) de toutes les femmes et des femmes actuellement en union de 15-49 ans par nombre d'enfants nés vivants, nombre moyen d'enfants nés vivants et nombre moyen d'enfants survivants, selon le groupe d'âges des femmes, Cameroun 2011 Groupe d'âges Nombre d'enfants nés vivants Total Effectif de femmes Nombre moyen d'enfants nés vivants Nombre moyen d'enfants survivants0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10+ TOUTES LES FEMMES 15-19 79,1 15,6 4,5 0,7 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 3 589 0,27 0,25 20-24 34,3 27,3 21,0 11,9 4,3 0,9 0,2 0,1 0,0 0,0 0,0 100,0 3 127 1,28 1,14 25-29 12,5 16,9 19,0 19,3 16,0 10,0 4,5 1,4 0,4 0,0 0,1 100,0 2 689 2,67 2,34 30-34 6,4 8,6 14,0 15,3 16,5 13,6 11,8 7,7 3,9 1,6 0,7 100,0 1 942 3,93 3,42 35-39 4,4 6,8 9,4 10,4 12,5 15,6 12,6 11,1 9,3 4,7 3,2 100,0 1 679 4,89 4,13 40-44 3,4 5,8 7,3 8,4 12,4 10,8 12,8 13,0 8,7 7,6 10,0 100,0 1 244 5,65 4,72 45-49 2,9 5,4 5,9 7,8 7,9 11,7 13,7 11,4 11,1 7,7 14,5 100,0 1 156 6,08 5,08 Ensemble 29,3 14,8 12,4 10,3 8,7 7,1 5,7 4,3 3,1 1,9 2,3 100,0 15 426 2,73 2,34 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 38,8 42,8 15,4 2,9 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 868 0,83 0,75 20-24 16,0 29,5 28,5 17,8 6,6 1,2 0,3 0,1 0,0 0,0 0,0 100,0 1 935 1,75 1,55 25-29 5,5 14,0 19,5 22,2 19,0 12,0 5,5 1,7 0,4 0,0 0,1 100,0 2 122 3,06 2,68 30-34 4,0 6,0 12,1 15,3 17,9 15,2 13,2 9,0 4,5 2,0 0,8 100,0 1 617 4,29 3,73 35-39 3,6 5,2 7,5 9,8 12,1 16,5 13,1 12,6 10,3 5,5 3,8 100,0 1 393 5,20 4,39 40-44 3,3 5,6 6,5 6,9 11,3 10,3 13,8 13,5 9,0 8,1 11,7 100,0 998 5,88 4,90 45-49 2,4 5,0 4,8 6,1 6,9 10,8 14,8 11,4 12,2 8,8 16,7 100,0 860 6,42 5,38 Ensemble 9,5 15,4 15,4 13,7 11,9 9,7 8,0 6,1 4,3 2,7 3,4 100,0 9 792 3,69 3,17 Fécondité • 79 De manière générale, les femmes en union qui restent volontairement sans enfant sont relativement rares au Cameroun. Par conséquent, la parité zéro des femmes actuellement en union et âgées de 35-49 ans (âges auxquels l’arrivée d’un premier enfant est peu probable) permet d’estimer le niveau de la stérilité totale ou primaire. Au Cameroun, 3,2 % des femmes de 35-49 ans en union n’ont jamais eu d’enfant et peuvent être considérées comme stériles. Cet indicateur, en baisse continue depuis 1991, date à laquelle il était estimé à 6,5 %, a un niveau légèrement inférieur à celui de l’EDSC-III de 2004 (3,6 %). 5.4 GROSSESSES IMPRODUCTIVES Les grossesses improductives sont celles qui n’aboutissent pas à une naissance vivante. Les issues de telles grossesses sont un avortement provoqué, une fausse couche ou un mort-né. Le tableau 5.5 présente la répartition des femmes ayant déjà eu des rapports sexuels par nombre de grossesses improductives et le nombre moyen de grossesses improductives selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Il ressort de l’examen de ce tableau que, parmi les femmes de 15-49 ans ayant déjà eu des rapports sexuels, 27 % ont eu, au moins, une grossesse improductive au cours de leur vie génésique. Ce pourcentage est proche de celui obtenu à l’EDSC-III de 2004 où il était estimé à 25 %. Par ailleurs, les résultats montrent que 18 % des femmes ayant déjà eu des rapports sexuels ont eu une grossesse improductive, 6 % en ont eu deux et 3 % ont eu trois grossesses improductives ou plus. En outre, la proportion des femmes ayant eu, au moins, une grossesse improductive augmente avec l’âge, passant de 8 % parmi les femmes de 15-19 ans à 43 % parmi celles de 40- 44 ans. Cependant, il n’y a presque pas d’écart entre ces dernières et les femmes de 45-49 ans (40 %). Tableau 5.5 Grossesses improductives Répartition (en %) des femmes ayant déjà eu des rapports sexuels par nombre de grossesses improductives, et nombre moyen de grossesses improductives, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristiques sociodémographiques Nombre de grossesses improductives Total Effectif de femmes Nombre moyen de grossesses improductives0 1 2 3 ou + ND Groupe d’âges 15-19 91,8 6,7 0,7 0,5 0,3 100,0 1 799 0,1 20-24 81,5 14,7 2,6 0,9 0,3 100,0 2 892 0,2 25-29 74,7 18,0 4,5 2,5 0,3 100,0 2 658 0,4 30-34 66,2 22,1 7,7 3,5 0,5 100,0 1 935 0,5 35-39 61,6 22,3 10,6 5,1 0,5 100,0 1 677 0,6 40-44 57,4 23,0 11,4 7,7 0,4 100,0 1 242 0,7 45-49 59,7 19,0 10,6 10,1 0,7 100,0 1 156 0,8 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 66,6 19,8 7,8 5,4 0,3 100,0 3 002 0,6 Autres villes 73,7 16,6 6,2 3,1 0,3 100,0 4 031 0,4 Ensemble urbain 70,7 18,0 6,9 4,1 0,3 100,0 7 033 0,5 Rural 74,9 16,9 4,9 2,8 0,5 100,0 6 326 0,4 Niveau d'instruction Aucun 74,5 16,5 6,0 2,7 0,3 100,0 2 938 0,4 Primaire 70,2 19,6 6,0 3,5 0,6 100,0 4 724 0,4 Secondaire 1er cycle 74,3 15,7 5,8 3,7 0,4 100,0 3 282 0,4 Secondaire 2nd cycle ou plus 73,0 16,7 6,1 4,0 0,2 100,0 2 415 0,4 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 75,9 16,5 4,6 2,6 0,5 100,0 2 213 0,4 Second 76,2 15,4 5,2 2,7 0,6 100,0 2 446 0,4 Moyen 73,1 18,4 5,2 3,1 0,3 100,0 2 567 0,4 Quatrième 72,6 17,1 6,4 3,5 0,4 100,0 3 010 0,4 Le plus riche 67,4 19,3 7,8 5,1 0,3 100,0 3 122 0,5 Ensemble 72,7 17,5 6,0 3,5 0,4 100,0 13 359 0,4 Les femmes de 15-49 ans qui ont déjà eu des rapports sexuels ont eu, en moyenne, 0,4 grossesse improductive au cours de leur vie génésique. Le nombre moyen de grossesses improductives augmente avec l’âge des femmes, de 0,1 en moyenne, parmi celles de 15-19 ans à 0,8, en moyenne, parmi celles de 45-49 ans. 80 • Fécondité Cependant, le nombre moyen de grossesses improductives n’est influencé ni par le niveau d’instruction des femmes, ni par le niveau de vie du ménage dans la mesure où il est estimé à 0,4, quel que soit le niveau d’instruction des femmes ou le niveau de vie du ménage. L’analyse selon le milieu de résidence montre néanmoins que les femmes du milieu rural (25 %) ont eu moins fréquemment des grossesses improductives que celles du milieu urbain (29 %), en particulier celles de Yaoundé/Douala (33 %). En considérant l’issue des grossesses improductives présentée au tableau 5.6, il ressort que, parmi les femmes ayant déjà eu des rapports sexuels, 7 % ont déclaré avoir eu, au moins, un avortement volontaire, 18 % une fausse couche et 5 % au moins un mort-né2. La proportion de femmes ayant déclaré avoir eu, au moins, un avortement provoqué a augmenté depuis 2004 (7 % contre 5 %). Néanmoins, il est difficile de savoir si cette augmentation traduit une amplification réelle de cette pratique ou simplement le fait que les femmes en parlent plus facilement. Rappelons que la loi camerounaise interdit l’avortement provoqué3, et donc qu’il est possible que des femmes ayant eu recours volontairement à un avortement le dissimulent à l’enquêtrice ou déclarent plutôt une fausse couche. Ce qui pourrait conduire à la fois à une sous-estimation du nombre d’avortements provoqués et donc à une sous-estimation du nombre total de grossesses improductives et/ou à une surestimation du nombre de fausses couches et/ou de mort-nés. Il faut noter que ce sont les femmes de Yaoundé/Douala (14 %), de niveau secondaire ou plus (10 %) et celles des ménages les plus riches (14 %) qui ont le plus fréquemment déclaré avoir eu recours à des avortements provoqués. Concernant les fausses couches et les mort-nés, il faut noter que les proportions augmentent régulièrement avec l’âge de la femme. Tableau 5.6 Issue des grossesses improductives Pourcentage de femmes ayant déjà eu des rapports sexuels qui ont déclaré avoir eu au moins un avortement provoqué, une fausse couche et/ou un mort-né selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristiques sociodémographiques Pourcentage ayant eu au moins, un avortement provoqué Pourcentage ayant eu, au moins, une fausse couche Pourcentage ayant eu, au moins, un mort-né Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 1,8 4,9 1,5 1 799 20-24 5,0 11,5 2,6 2 892 25-29 7,9 16,1 3,4 2 658 30-34 8,8 21,7 5,6 1 935 35-39 9,8 25,4 7,7 1 677 40-44 11,1 29,0 8,6 1 242 45-49 9,4 28,4 7,9 1 156 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 13,6 19,3 3,7 3 002 Autres villes 7,4 17,3 4,0 4 031 Ensemble urbain 10,1 18,1 3,8 7 033 Rural 4,1 17,5 5,6 6 326 Niveau d'instruction Aucun 2,1 18,7 7,0 2 938 Primaire 6,9 20,0 5,4 4 724 Secondaire 1er cycle 10,0 15,0 3,3 3 282 Secondaire 2nd cycle ou plus 10,5 16,4 2,4 2 415 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 2,3 17,6 6,7 2 213 Second 3,6 16,6 5,8 2 446 Moyen 6,0 18,2 4,6 2 567 Quatrième 8,4 17,6 4,1 3 010 Le plus riche 13,5 18,9 3,1 3 122 Ensemble 7,3 17,8 4,7 13 359 2 Le total de ces trois proportions excède les 27 % de femmes ayant eu, au moins, une grossesse improductive car une même femme peut avoir eu plusieurs grossesses improductives avec des issues différentes. 3 Sauf en cas d’avortement thérapeutique. Fécondité • 81 5.5 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE L’intervalle intergénésique qui sépare la naissance d’un enfant de la naissance précédente a une influence sur l’état de santé de l’enfant et sur celui de sa mère. Les intervalles inférieurs à 24 mois font courir à l’enfant et à la mère des risques accrus de morbidité et de mortalité. Le tableau 5.7 présente la répartition des naissances des 5 années ayant précédé l’enquête selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente et en fonction de certaines caractéristiques sociodémographiques. On constate que 21 % des naissances se sont produites après un court intervalle par rapport à la naissance précédente, c’est-à-dire moins de 24 mois. Dans plus d’un tiers des cas (37 %), les naissances sont survenues entre 24 et 35 mois. Enfin, pour environ une naissance sur cinq (21 %), l’intervalle avec la naissance précédente est de 48 mois ou plus. Le nombre médian de mois écoulés depuis la naissance précédente est estimé à 32,7 mois, ce qui signifie que la moitié des naissances surviennent moins de 33 mois après la naissance précédente. Tableau 5.7 Intervalle intergénésique Répartition (en %) des naissances, autres que les naissances de rang un, survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, et nombre médian de mois depuis la naissance précédente selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Mois depuis la naissance précédente Total Effectifs de naissances autres que de premier rang Nombre médian de mois depuis la naissance précédente 7-17 18-23 24-35 36-47 48-59 60+ Groupe d’âges 15-19 15,3 28,0 44,1 9,1 3,2 0,3 100,0 213 25,2 20-29 9,7 14,9 41,5 18,5 7,8 7,6 100,0 4 507 30,4 30-39 6,7 10,6 34,0 22,4 11,0 15,2 100,0 3 537 35,5 40-49 5,1 9,7 26,8 20,0 11,0 27,3 100,0 803 40,4 Sexe de l'enfant précédent Masculin 8,1 12,9 36,6 20,2 9,3 12,8 100,0 4 500 33,1 Féminin 8,4 13,1 38,1 19,7 9,2 11,5 100,0 4 560 32,4 Survie de la naissance précédente Vivante 6,3 12,3 38,4 20,8 9,6 12,6 100,0 7 895 33,4 Décédée 21,8 18,1 29,9 13,9 7,0 9,3 100,0 1 165 27,2 Rang de naissance 2-3 7,7 14,0 38,0 18,0 8,8 13,6 100,0 4 038 32,3 4-6 8,6 12,0 37,2 21,6 9,4 11,3 100,0 3 449 33,2 7+ 9,0 13,0 36,1 21,3 10,3 10,3 100,0 1 572 33,0 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 7,4 10,2 30,1 18,7 10,5 23,0 100,0 1 200 37,2 Autres villes 7,2 12,2 37,2 19,6 9,2 14,6 100,0 2 344 33,5 Ensemble urbain 7,3 11,5 34,8 19,3 9,6 17,4 100,0 3 544 34,5 Rural 8,9 14,0 39,0 20,4 9,0 8,7 100,0 5 515 31,8 Région Adamaoua 5,9 11,2 38,0 24,3 8,7 11,9 100,0 471 34,4 Centre (sans Yaoundé) 8,7 11,4 37,3 18,5 10,0 14,2 100,0 669 33,0 Douala 7,3 9,4 30,1 18,7 10,8 23,6 100,0 598 37,6 Est 8,3 13,5 35,4 22,6 9,4 10,8 100,0 376 33,0 Extrême-Nord 11,0 16,6 39,2 20,4 6,8 6,0 100,0 2 241 30,6 Littoral (sans Douala) 4,0 10,0 39,6 16,1 11,2 19,1 100,0 297 34,5 Nord 11,5 16,3 41,3 17,4 6,8 6,7 100,0 1 386 29,5 Nord-Ouest 4,6 6,4 32,4 24,6 14,6 17,4 100,0 672 39,4 Ouest 5,5 12,7 40,8 20,0 10,5 10,5 100,0 1 062 32,4 Sud 5,6 10,9 35,4 19,8 11,8 16,6 100,0 202 35,3 Sud-Ouest 5,2 10,5 34,7 19,7 11,5 18,4 100,0 483 35,8 Yaoundé 7,5 11,0 30,2 18,7 10,3 22,4 100,0 602 36,8 Niveau d'instruction Aucun 10,0 15,4 38,5 20,9 7,9 7,3 100,0 2 905 31,4 Primaire 7,9 12,2 38,4 20,2 9,9 11,4 100,0 3 748 32,8 Secondaire 1er cycle 6,6 12,0 37,0 18,1 9,7 16,7 100,0 1 703 33,8 Secondaire 2nd cycle ou plus 7,2 10,4 27,8 18,9 10,7 25,0 100,0 704 38,0 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 10,7 16,7 39,4 20,1 7,1 6,1 100,0 2 364 30,4 Second 8,3 12,5 38,8 21,3 10,0 9,2 100,0 2 043 32,5 Moyen 7,2 12,9 38,2 20,0 9,4 12,4 100,0 1 831 32,9 Quatrième 6,6 9,4 37,1 20,9 10,1 15,8 100,0 1 601 34,6 Le plus riche 7,3 11,9 30,0 16,2 10,9 23,7 100,0 1 220 36,6 Ensemble 8,3 13,0 37,3 19,9 9,3 12,1 100,0 9 059 32,7 Note: Les naissances de rang 1 sont exclues. L'intervalle pour les naissances multiples est le nombre de mois écoulés depuis la grossesse précédente qui a abouti à une naissance vivante. 82 • Fécondité L’intervalle intergénésique présente des variations importantes en fonction des caractéristiques sociodémographiques des femmes. Tout d’abord, les résultats mettent en évidence un intervalle intergénésique médian beaucoup plus court chez les jeunes femmes de 15-19 ans (25,2 mois) que chez les autres. Dans ce groupe d’âges, 43 % des naissances (peu nombreuses) sont survenues moins de 24 mois après la naissance précédente contre 25 % dans le groupe d’âges 20-29 ans. L’intervalle médian est également plus court quand la naissance est arrivée après le décès de l’enfant précédent (27,2 mois). Dans ce cas, près de 40 % des naissances sont survenues après un intervalle inférieur à 24 mois. On peut aussi souligner que l’intervalle médian avec la naissance précédente est plus court en milieu rural (31,8 mois) qu’en milieu urbain (34,5 mois) et plus particulièrement qu’à Yaoundé/Douala (37,2 mois). Enfin, il faut souligner que la longueur de l’intervalle intergénésique médian augmente avec le niveau d’instruction et le niveau de vie du ménage. Par ailleurs, sur le plan géographique, les régions de l’Extrême-Nord (28 %) et du Nord (28 %) qui se caractérisent par des niveaux de fécondité très élevés enregistrent également les proportions les plus élevées de naissances qui se sont produites après un court intervalle (moins de 24 mois) ; à l’opposé, les régions du Nord- Ouest (11 %) et du Littoral (14 %) se caractérisent par les proportions les plus faibles. La comparaison des résultats des différentes enquêtes réalisées depuis 1991 montre que la proportion de naissances survenues dans un intervalle de moins de 24 mois n’a que très peu diminué, passant de 23 % en 1991 à 21 % en 2011. Par contre, la proportion de naissances dont l’intervalle intergénésique est de 48 mois ou plus a nettement augmenté, passant de 16 % en 1991 à 21 % en 2011. Corrélativement, la durée médiane de l’intervalle intergénésique a légèrement augmenté entre 1991 et 2011, passant de 30,3 mois à 32,7 mois. 5.6 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE À la suite d’un accouchement, pendant un certain temps, les femmes ne sont pas exposées au risque de grossesse. Ce temps est déterminé, entre autres facteurs, par la durée de l’aménorrhée post-partum qui va de l’accouchement au retour de l’ovulation, et par le temps pendant lequel la femme s’abstient de relations sexuelles (ou abstinence post-partum). La combinaison de ces facteurs permet d’identifier les femmes non susceptibles d’être exposées au risque de grossesse et de mesurer la durée de non-susceptibilité. Cette durée se définit ainsi comme le temps pendant lequel une femme n’est pratiquement pas exposée au risque de concevoir. Une femme non susceptible d’être exposée au risque de grossesse est celle qui est temporairement protégée parce qu’elle n’a pas repris les rapports sexuels depuis son dernier accouchement (abstinence post- partum) et/ou qui est en aménorrhée post-partum. Dans ce dernier cas, ses risques de tomber enceinte sont négligeables même si elle reprend les relations sexuelles sans protection contraceptive. Au tableau 5.8 figurent les pourcentages des naissances des trois dernières années dont les mères sont en aménorrhée, en abstinence et en insusceptibilité post-partum en fonction du nombre de mois écoulés depuis la naissance. Le tableau fournit également la médiane et la moyenne des différentes durées. De ce tableau, il ressort que la proportion de naissances pour lesquelles les mères sont en aménorrhée post-partum passe de 95 % dans les deux mois qui suivent la naissance à 73 % dans les quatre à cinq mois après l’accouchement ; 12-13 mois après la naissance, dans 36 % des cas, la mère est toujours en aménorrhée. Au-delà de 24 mois, la proportion des naissances pour lesquelles la mère n’a pas encore eu de retour des règles est inférieure à 2 %. La durée médiane de l’aménorrhée post-partum est estimée à 9,1 mois (9,3 mois lors de l’EDSC-III de 2004) et sa valeur moyenne se situe à 11,0 mois. Cette longue durée d’aménorrhée post-partum est due, en grande partie, à une durée d’allaitement au sein relativement longue. En effet, on verra au chapitre 10 (Allaitement et Nutrition) que la moitié des enfants nés au cours des trois dernières années ont été allaités au sein pendant une durée de près de 17 mois. Fécondité • 83 L'abstinence post-partum est une pratique assez courante au Cameroun : 4-5 mois après la naissance d’un enfant, dans 51 % des cas, la mère n’a pas encore repris ses rapports sexuels ; cette proportion est encore de 26 % à 12-13 mois après la dernière naissance. La durée médiane de l'abstinence post-partum s’établit à 5,8 mois et sa valeur moyenne à 9,1 mois. Par rapport à la dernière enquête (EDSC- III, 2004), on note une tendance au raccourcissement des durées médiane et moyenne de l’abstinence post-partum (respectivement, 6,3 et 10,4 mois en 2004). Le tableau 5.8 fournit également la proportion de naissances dont la mère est considérée comme non-susceptible d’être exposée au risque de grossesse, en fonction de la durée écoulée depuis la naissance du dernier enfant. Pour 38 % des naissances survenues au cours des 3 années ayant précédé l’enquête, les mères étaient en période d’insusceptibilité. Entre 6 et 7 mois après la naissance d’un enfant, pour les trois quart des naissances (75 %), les mères étaient encore considérées comme étant en période d’insusceptibilité. Mais à partir de douze mois après l’accouchement, cette proportion ne concerne plus que 48 % des naissances. Au Cameroun, la période d’insusceptibilité des femmes dure, en moyenne, 13,6 mois et pour la moitié des naissances, les mères ne sont pas susceptibles de tomber enceintes pendant 12,2 mois. On peut retenir que la période d’insusceptibilité est beaucoup plus déterminée par la durée de l’aménorrhée que par celle de l’abstinence post-partum. Le tableau 5.9 présente les durées médianes d'aménorrhée, d'abstinence et d’insusceptibilité post- partum selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes. On ne note pas d’écarts importants selon l’âge des mères, que ce soit pour la durée d’aménorrhée post-partum ou pour la durée de l’abstinence post-partum. La durée médiane d’insusceptibilité est néanmoins légèrement plus longue chez les femmes de 30-49 ans que chez celles de 15-29 ans (13,8 contre 11,6 mois). Les résultats selon le milieu de résidence montrent que la durée d’aménorrhée est plus longue parmi les femmes du milieu rural que parmi celles du milieu urbain (médiane de 11,6 mois contre 6,6 mois). C’est à Yaoundé/Douala que cette durée est la plus courte (5,1 mois). Ces différences sont dues essentiellement aux différences de durée d’allaitement (voir chapitre 10 : Allaitement et Nutrition). Concernant la durée de l’abstinence post-partum, les écarts entre milieux sont plus faibles. La durée médiane de la période d’insusceptibilité est deux fois plus longue en milieu rural qu’à Yaoundé/Douala (14,2 contre 7,0 mois). Tableau 5.8 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum Pourcentage de naissances survenues au cours des trois années ayant précédé l'enquête dont les mères sont en aménorrhée, en abstinence et en insusceptibilité post-partum, selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance et durées médiane et moyenne, Cameroun 2011 Nombre de mois depuis la naissance Pourcentage de naissances pour lesquelles les mères sont : Effectif de naissances En aménorrhée En abstinence En insusceptibilité1 < 2 95,4 94,1 98,8 310 2-3 83,9 71,1 92,9 449 4-5 72,6 51,4 80,1 420 6-7 61,9 46,7 75,4 428 8-9 51,5 40,7 67,4 425 10-11 44,7 30,2 56,8 395 12-13 35,7 26,3 48,2 436 14-15 29,6 20,8 41,5 427 16-17 19,8 14,4 28,3 458 18-19 10,8 12,0 21,5 384 20-21 9,0 9,5 15,0 356 22-23 8,5 5,5 12,5 346 24-25 1,6 6,6 8,1 420 26-27 4,0 4,2 7,6 376 28-29 1,2 2,8 3,4 372 30-31 1,9 2,3 4,2 386 32-33 1,3 2,4 3,7 327 34-35 0,4 2,0 2,2 351 Ensemble 30,5 25,0 38,2 7 067 Médiane 9,1 5,8 12,2 na Moyenne 11,0 9,1 13,6 na Note: Les calculs sont basés sur le statut au moment de l'enquête. na = Non applicable. 1 Y compris les naissances pour lesquelles les mères sont encore, soit en aménorrhée, soit en abstinence, (ou les deux), à la suite d'une naissance. 84 • Fécondité Tableau 5.9 Durée médiane de l'aménorrhée, de l'abstinence post-partum et de l'insusceptibilité post-partum Nombre médian de mois d'aménorrhée, d'abstinence et d'insusceptibilité post-partum, à la suite d'une naissance survenue au cours des trois années ayant précédé l'enquête selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Aménorrhée postpartum Abstinence postpartum Insusceptibilit é postpartum1 Âge de la mère 15-29 8,9 5,7 11,6 30-49 10,0 6,1 13,8 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 5,1 4,4 7,0 Autres villes 7,8 6,2 10,5 Ensemble urbain 6,6 5,4 9,4 Rural 11,6 6,2 14,2 Région Adamaoua 12,3 7,9 14,4 Centre (sans Yaoundé) 7,3 7,6 10,0 Douala 5,6 4,8 6,9 Est 10,8 5,5 12,6 Extrême-Nord 13,6 3,4 13,8 Littoral (sans Douala) 6,2 7,2 9,7 Nord 11,9 9,2 13,6 Nord-Ouest 8,2 9,9 14,5 Ouest 9,5 8,9 13,1 Sud 8,3 7,3 12,4 Sud-Ouest 6,3 7,4 12,5 Yaoundé 4,8 4,1 7,2 Niveau d'instruction Aucun 12,6 4,4 13,7 Primaire 10,2 6,9 13,2 Secondaire 1er cycle 7,6 6,1 10,9 Secondaire 2nd cycle ou plus 5,4 4,7 7,5 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 13,5 5,0 14,7 Second 11,3 7,1 14,8 Moyen 9,1 8,0 12,7 Quatrième 6,2 4,8 10,1 Le plus riche 5,3 4,5 7,6 Ensemble 9,1 5,8 12,2 Note: Les médianes sont basées sur le statut actuel 1 Y compris les naissances pour lesquelles les mères sont encore, soit en aménorrhée, soit en abstinence, (ou les deux), à la suite d'une naissance En ce qui concerne la région, on constate que le Nord-Ouest (14,5 mois), l’Adamaoua (14,4 mois), l’Extrême-Nord (13,8 mois) et le Nord (13,6 mois) se caractérisent par les durées médianes d’insusceptibilité les plus longues. La région du Nord-Ouest (9,9 mois) se démarque par la durée médiane d’abstinence postpartum la plus longue tandis que les régions de l’Adamaoua (12,3 mois), de l’Extrême-Nord (13,6 mois) et du Nord (11,9 mois) se distinguent par de longues durées médianes d’aménorrhée postpartum. À l’opposé, à Douala (6,9 mois), à Yaoundé (7,2 mois) et dans la région du Littoral (9,7 mois), la durée médiane de la période d’insusceptibilité est plus courte, tout comme celle de la période de l’aménorrhée post-partum (respectivement, 5,6 mois, 4,8 mois et 6,2 mois). Par ailleurs, on constate que la durée médiane de l’insusceptibilité post-partum diminue avec le niveau d’instruction des mères : de 13,7 mois chez les femmes qui n’ont aucune instruction, cette durée est estimée à 13,2 mois chez celles qui ont un niveau d’instruction primaire, puis à 10,9 mois chez celles qui ont atteint le niveau secondaire 1er cycle et à 7,5 mois chez celles qui ont atteint le niveau secondaire 2nd cycle ou plus. De même, la durée médiane de l’aménorrhée postpartum est d’autant plus courte que le niveau d’instruction est élevé ; avec l’augmentation du niveau d’instruction, cette durée passe de 12,6 mois à 10,2 mois à 7,6 mois et à 5,4 mois. On observe le même type de tendance avec l’augmentation du niveau de bien- être économique. Fécondité • 85 Les femmes cessent définitivement d’être exposées au risque de grossesse lorsqu’elles atteignent la ménopause. Dans le cadre de l’EDS-MICS 2011, les femmes ont été considérées comme ménopausées lorsque, n’étant ni enceintes ni en aménorrhée post- partum, elles n’avaient pas eu de règles pendant au moins six mois avant la période de l’enquête ou quand elles se sont déclarées elles- mêmes en ménopause. Les résultats sont présentés au tableau 5.10. Au moment de l’enquête, 10 % des femmes âgées de 30-49 ans ont été considérées comme étant en ménopause. Bien évidemment, la proportion des femmes ménopausées augmente avec l’âge : de 0,8 % chez celles de 30-34 ans, elle atteint 6,8 % à 40-41 ans, pour s’établir à 51 % à la fin de la période de procréation à 48-49 ans. 5.7 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE De façon générale, l’âge auquel les femmes ont leur première naissance influence fortement leur descendance finale, en particulier dans les populations où la pratique contraceptive est faible. Plus l’âge de la femme à la première naissance est précoce, plus la probabilité qu’elle ait un nombre élevé d’enfants est importante. Par ailleurs, un âge à la première naissance trop précoce est associé à des risques accrus de mortalité des enfants et il peut avoir des répercussions importantes sur la santé de la mère. En outre, les accouchements précoces peuvent constituer une cause d’abandon scolaire et un frein à l’amélioration du statut socio-économique de la femme. Le tableau 5.11 présente la répartition des femmes par âge à la première naissance selon le groupe d’âges au moment de l’enquête et l’âge médian à la première naissance, c’est-à-dire l’âge auquel 50 % des femmes ont déjà eu leur premier enfant. Tableau 5.11 Âge à la première naissance Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance avant d'atteindre certains âges exacts, pourcentage qui n'ont jamais eu d'enfant et âge médian à la première naissance selon l'âge actuel, Cameroun 2011 Âge actuel Pourcentage ayant eu une naissance avant d'atteindre l'âge exact de : Pourcentage n'ayant jamais donné naissance Effectif de femmes Âge médian à la première naissance 15 18 20 22 25 15-19 3,4 na na na na 79,1 3 589 a 20-24 6,4 29,9 49,4 na na 34,3 3 127 a 25-29 7,0 30,3 53,6 68,3 81,5 12,5 2 689 19,7 30-34 7,1 32,3 52,6 68,9 82,9 6,4 1 942 19,7 35-39 10,3 35,3 55,6 69,6 83,8 4,4 1 679 19,4 40-44 11,0 36,1 56,7 71,9 85,4 3,4 1 244 19,3 45-49 7,6 33,8 58,1 72,7 83,8 2,9 1 156 19,4 20-49 7,8 32,2 53,4 na na 14,2 11 837 19,7 25-49 8,3 33,0 54,8 69,8 83,1 7,0 8 710 19,5 na = Non applicable. a = Sans objet parce que moins de 50 % de femmes ont eu une naissance avant d'atteindre le début du groupe d'âges. Estimé à 19,5 ans parmi les femmes de 25-49 ans, l’âge médian à la première naissance n’a pas subi de modification significative des générations les plus anciennes aux plus récentes, passant de 19,4 ans chez les femmes les plus âgées à 19,7 ans chez les plus jeunes. En atteignant 15 ans, 8 % des femmes ont déjà eu au moins une naissance. Cette proportion augmente très rapidement avec l’âge : 55 % ont eu au moins une naissance avant d’atteindre 20 ans et 83 % avant d’atteindre 25 ans. On constate au tableau 5.12 que l'âge médian à la première naissance présente des variations importantes selon le niveau d’instruction, le statut socio-économique du ménage, le milieu et la région de résidence des femmes. En effet, de 18,8 ans en milieu rural, il est estimé à 20,4 ans en milieu urbain. C’est à Tableau 5.10 Ménopause Pourcentage de femmes de 30-49 ans qui sont en ménopause selon l'âge, Cameroun 2011 Groupe d’âges Pourcentage en ménopause1 Effectif de femmes 30-34 0,8 1 942 35-39 3,1 1 679 40-41 6,8 617 42-43 9,6 443 44-45 19,5 500 46-47 30,0 386 48-49 51,0 454 Ensemble 9,9 6 021 1 Pourcentage de toutes les femmes qui ne sont ni enceintes, ni en aménorrhée postpartum et dont les dernières règles ont eu lieu 6 mois ou plus avant l'enquête. 86 • Fécondité Yaoundé/Douala qu’il est le plus tardif (21,5 ans) ainsi que dans les régions du Littoral (20,3 ans), du Nord- Ouest (19,8 ans), de l’Ouest (19,7 ans) et du Sud-Ouest (19,6 ans). C’est dans les régions du Nord (18,3 ans), de l’Extrême-Nord (18,3 ans) et de l’Adamaoua (18,4 ans) que cet âge est le plus précoce. En outre, l’âge médian à la première naissance est étroitement associé au niveau d’instruction : plus la femme est instruite, plus l’âge à la première naissance est tardif. Il passe de 18,2 ans parmi celles n’ayant aucun niveau d’instruction à 19,0 ans parmi celles ayant un niveau primaire, puis à 20,0 ans parmi celles ayant un niveau secondaire 1er cycle et à 24,0 ans parmi les plus instruites. Les résultats selon l’indice de bien-être économique montrent également que l’arrivée de la première naissance est plus tardive dans les ménages les plus riches (21,7 ans) par rapport aux plus pauvres (18,3 ans). Tableau 5.12 Âge médian à la première naissance Âge médian à la première naissance des femmes de 20-49 ans et 25-49 ans selon certaines caractéristiques socio- économiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Âge des femmes 20-49 25-49 Milieu de résidence Yaoundé/Douala a 21,5 Autres villes 19,9 19,6 Ensemble urbain a 20,4 Rural 18,8 18,8 Région Adamaoua 18,5 18,4 Centre (sans Yaoundé) 19,4 19,5 Douala - 21,6 Est 19,1 19,4 Extrême-Nord 18,3 18,3 Littoral (sans Douala) - 20,3 Nord 18,3 18,3 Nord-Ouest 20,0 19,8 Ouest 19,9 19,7 Sud 19,3 19,3 Sud-Ouest 19,9 19,6 Yaoundé a 21,4 Niveau d'instruction Aucun 18,0 18,2 Primaire 18,9 19,0 Secondaire 1er cycle 20,0 20,0 Secondaire 2nd cycle ou plus a 24,0 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 18,2 18,3 Second 19,0 19,1 Moyen 19,1 19,1 Quatrième a 19,8 Le plus riche a 21,7 Ensemble 19,7 19,5 a = Sans objet parce que moins de 50 % de femmes ont eu une naissance avant d'atteindre le début du groupe d'âges. 5.8 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES Les adolescentes, c’est-à-dire les jeunes femmes âgées de 15-19 ans, constituent un groupe à risque en matière de fécondité : en effet, la fécondité précoce a souvent des effets négatifs sur la santé des enfants et des mères et la probabilité de décéder des enfants est d’autant plus grande qu’ils naissent de mères très jeunes. Le tableau 5.13 présente la proportion d’adolescentes de 15-19 ans qui ont déjà commencé leur vie féconde : elle se compose d’adolescentes qui ont eu un ou plusieurs enfants et d’adolescentes qui sont enceintes d’un premier enfant. Fécondité • 87 Tableau 5.13 Grossesse et maternité des adolescentes Pourcentage d'adolescentes de 15-19 ans qui ont déjà eu une naissance vivante ou qui sont enceintes d'un premier enfant et pourcentage qui ont déjà commencé leur vie procréative, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes de 15-19 ans qui : Pourcentage ayant déjà commencé leur vie procréative Effectif de femmes Ont eu une naissance vivante Sont enceintes d'un premier enfant Age 15 3,4 2,0 5,4 742 16 9,0 4,7 13,7 663 17 18,6 4,4 23,0 711 18 31,2 4,4 35,6 815 19 42,1 6,3 48,4 658 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 13,7 4,5 18,2 700 Autres villes 15,5 2,6 18,1 1 260 Ensemble urbain 14,8 3,3 18,1 1 959 Rural 28,1 5,6 33,6 1 629 Région Adamaoua 24,0 3,5 27,5 175 Centre (sans Yaoundé) 26,2 6,1 32,3 245 Douala 6,7 5,9 12,7 316 Est 37,9 8,9 46,8 157 Extrême-Nord 29,7 4,7 34,4 585 Littoral (sans Douala) 16,6 4,2 20,8 142 Nord 26,6 5,5 32,1 360 Nord-Ouest 15,7 1,8 17,5 420 Ouest 13,2 3,6 16,8 425 Sud 31,5 8,5 40,0 101 Sud-Ouest 14,4 1,4 15,8 280 Yaoundé 19,4 3,3 22,7 383 Niveau d'instruction Aucun 48,1 7,5 55,6 392 Primaire 29,6 5,4 35,0 957 Secondaire 1er cycle 14,5 3,8 18,3 1 601 Secondaire 2nd cycle ou plus 6,9 1,9 8,8 638 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 32,8 4,8 37,6 499 Second 28,1 5,9 34,1 651 Moyen 24,3 5,0 29,3 718 Quatrième 14,3 4,3 18,7 860 Le plus riche 12,1 2,3 14,3 861 Ensemble 20,9 4,3 25,2 3 589 On constate que 25 % des adolescentes ont déjà commencé leur vie féconde : 21 % d’entre elles ont eu au moins un enfant et 4 % sont enceintes du premier enfant. Par rapport aux trois précédentes enquêtes, la proportion d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde a nettement diminué au fil des années. De 35 % en 1991, cette proportion est passée à 31 % en 1998, à 28 % en 2004 et à 25 % en 2011. C’est surtout la proportion d’adolescentes qui ont déjà eu au moins un enfant qui a diminué, passant de 30 % à 21 % (graphique 5.5). La proportion d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde augmente rapidement avec l’âge, passant de 5 % à 15 ans à 48 % à 19 ans, âge auquel 42 % des jeunes filles ont déjà eu au moins un enfant. Elle est nettement plus élevée en milieu rural (34 %) qu’en milieu urbain (18 %). Dans les régions de l’Est (47 %) et du Sud (40 %), ce pourcentage est aussi très élevé. À l’opposé, les régions du Sud-Ouest (16 %), de l’Ouest (17 %) et du Nord-Ouest (18 %) sont celles qui enregistrent les plus faibles proportions d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde. 88 • Fécondité Le pourcentage d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde diminue de manière très importante lorsque le niveau d’instruction augmente, passant de 56 % parmi les adolescentes non instruites à 9 % parmi celles ayant atteint le niveau secondaire 2nd cycle ou plus. De même, cette proportion décroît considérablement en fonction du niveau de bien-être économique des ménages, passant de 38 % chez les adolescentes des ménages les plus pauvres à 14 % chez celles des ménages les plus riches. Graphique 5.5 Adolescentes de 15-19 ans ayant commencé leur vie féconde 30 5 35 25 6 31 23 6 28 21 4 25 Ont eu une naissance vivante Sont enceintes d'un premier enfant Ont déjà commencé leur vie féconde Pourcentage EDSC-I 1991 EDSC-II 1998 EDSC-III 2004 EDS-MICS 2011 Préférences en matière de fécondité • 89 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ 6 Marie Antoinette FOMO et Ghislaine NGONO es questions sur les préférences en matière de fécondité ont pour objectif d’évaluer les efforts accomplis par les couples dans le contrôle de leur fécondité et de mesurer les besoins futurs du Cameroun en matière de contraception, non seulement, pour espacer, mais aussi pour limiter les naissances. À l’EDS-MICS 2011, ce sujet a été abordé par le biais de questions relatives au désir de la femme d'avoir ou non des enfants supplémentaires dans l'avenir, au délai d'attente avant d'avoir le prochain enfant et enfin au nombre total d'enfants désirés. Les données sur les attitudes et les opinions vis-à-vis de la procréation ont toujours été un sujet de controverse. Pour certains chercheurs, les réponses aux questions sur les préférences en matière de fécondité ont un triple inconvénient : (i) elles reflètent des points de vue éphémères qui sont exprimés sans beaucoup de conviction, (ii) elles ne tiennent pas compte de l’effet des pressions sociales ou des attitudes des autres membres de la famille, particulièrement de celles du mari, qui peuvent avoir une grande influence sur les décisions en matière de reproduction, (iii) les données sont obtenues à partir d’un échantillon de femmes de différents âges et ayant des histoires génésiques différentes. Pour les femmes jeunes et/ou en début d’union, les réponses sont liées à des objectifs à moyen ou long terme dont la stabilité et la valeur prédictive sont incertaines. Pour les femmes plus âgées et/ou en fin de vie féconde, les réponses sont inévitablement influencées par leur histoire génésique. Malgré les problèmes d’interprétation concernant l’analyse des données sur les préférences en matière de fécondité, les résultats présentés dans ce chapitre peuvent aider à expliquer les facteurs qui affectent la fécondité au Cameroun, où la prévalence contraceptive demeure faible et où les niveaux de la fécondité restent élevés. L Principaux résultats  Une femme en union sur quatre (26 %) ne désire plus avoir d’enfants et environ une sur trois souhaite espacer la prochaine naissance d’au moins deux ans. Globalement, 62 % des femmes en union sont des candidates potentielles à la planification familiale. Cette proportion est en augmentation de 9 points par rapport à 2004.  Le nombre idéal moyen d’enfants par femme (5,5) est supérieur à l’Indice Synthétique de Fécondité (5,1), ce qui traduit l’attachement à une descendance nombreuse.  Dans l’ensemble, 75 % des naissances se sont produites au moment voulu, 18 % plus tôt que souhaité et environ 6 % étaient non désirées.  Si toutes les naissances non désirées étaient évitées, l’ISF serait de 4,1 au lieu 5,1 enfants par femme. 90 • Préférences en matière de fécondité 6.1 DÉSIR D’AVOIR DES ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES) Le désir d’avoir ou non des enfants (supplémentaires) dans l’avenir est généralement lié à l’âge de la femme, au nombre de ses enfants actuellement en vie ou de ceux du couple. Au cours de l’EDS-MICS 2011, une série de questions ont été posées aux femmes et aux hommes pour obtenir des informations sur les attitudes quant au désir d’espacer leur prochaine naissance ou au désir de ne plus avoir d’enfants. Les résultats sont présentés au tableau 6.1 et au graphique 6.1 selon le nombre d’enfants vivants (y compris la grossesse actuelle) au moment de l’enquête. Une femme sur quatre (26 %) a répondu qu’elle ne désirait plus d’enfants tandis qu’environ deux femmes sur trois (66 %) en souhaiteraient davantage : 35 % souhaitent espacer la prochaine naissance d’au moins deux ans, 27 % voudraient un enfant rapidement (avant deux ans), et 4 % voudraient un enfant, mais ne savent quand. Au total, en 2011, environ six femmes en union sur dix (62 %) souhaitent donc soit limiter, soit espacer leurs naissances ; globalement, cette proportion est en nette augmentation depuis l’EDSC-III de 2004 où elle était estimée à 52 %. Parmi ces femmes, celles qui n’utilisent pas actuellement une méthode contraceptive peuvent être considérées comme candidates potentielles à la planification familiale. Par rapport aux trois précédentes EDS, le pourcentage de femmes ne désirant plus d’enfants a augmenté de 6 points de pourcentage entre 1991 et 1998 (passant de 12 % à 18 %), est resté presque stable entre 1998 et 2004 (18 % et 20 %), puis a connu une augmentation de 6 points de pourcentage (de 20 % à 26 %) entre 2004 et 2011. Tableau 6.1 Préférences en matière de fécondité par nombre d'enfants vivants Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans, actuellement en union, par désir d'enfants supplémentaires, selon le nombre d'enfants vivants, Cameroun 2011 Désir d'enfants Nombre d'enfants vivants1 Ensemble 15-49 Ensemble 15-59 0 1 2 3 4 5 6+ FEMME Veut un autre bientôt2 61,7 39,1 32,4 27,0 19,2 12,3 8,5 27,0 na Veut un autre plus tard3 18,6 46,7 50,2 43,3 35,5 25,9 14,1 35,0 na Veut un autre, NSP quand 10,8 7,1 5,6 3,2 3,0 2,3 1,0 4,4 na Indécise 0,8 1,6 1,6 4,1 5,6 4,5 4,6 3,3 na Ne veut plus d'enfant 0,8 2,7 8,5 19,8 32,4 49,3 64,9 26,2 na Stérilisé4 0,1 0,1 0,2 0,5 1,1 1,0 0,9 0,5 na S'est déclarée stérile 6,9 2,2 1,6 2,0 2,7 4,1 5,0 3,2 na Manquant 0,2 0,4 0,0 0,2 0,6 0,7 1,0 0,4 na Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 na Effectif 822 1 620 1 756 1 512 1 300 1 053 1 730 9 792 na HOMME5 Veut un autre bientôt2 55,7 40,0 34,6 30,2 22,4 25,0 24,3 31,7 29,3 Veut un autre plus tard3 29,8 51,9 52,1 53,8 48,1 44,6 33,2 45,7 40,1 Veut un autre, NSP quand 11,6 3,8 4,0 5,8 2,1 4,1 4,1 4,6 4,7 Indécis 0,1 1,0 1,5 1,3 1,7 1,0 3,6 1,7 1,9 Ne veut plus d'enfant 0,8 2,0 7,0 8,5 24,7 24,9 33,5 15,4 22,6 Stérilisé4 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,2 0,2 0,1 0,2 S'est déclaré stérile 0,0 0,0 0,3 0,0 0,5 0,2 0,1 0,1 0,5 Manquant 2,0 1,0 0,5 0,5 0,6 0,0 1,0 0,8 0,8 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 228 453 522 464 433 284 575 2 958 3 615 na = Non applicable 1 Le nombre d'enfants vivants inclut la grossesse actuelle. 2 Veut une autre naissance dans les deux ans. 3 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. 4 Y compris la stérilisation féminine et masculine. 5 Le nombre d'enfants vivants comprend un enfant supplémentaire si l'épouse de l'enquêté est enceinte (ou si une des épouses est enceinte, pour les hommes qui ont actuellement plus d'une épouse). Comme on pouvait s’y attendre, la proportion de femmes qui ne veulent plus d’enfants augmente considérablement avec le nombre d’enfants vivants (Graphique 6.1) : elle passe de moins de 1 % chez les femmes qui n’ont aucun enfant à 20 % chez celles ayant 3 enfants et atteint 65 % chez les femmes qui ont au Préférences en matière de fécondité • 91 moins 6 enfants vivants. Ces femmes ne désirant plus d’enfants ont, en principe, atteint leur descendance souhaitée. Elles devraient, par conséquent, utiliser une méthode contraceptive pour éviter les grossesses non désirées. On observe par ailleurs que 91 % de femmes sans enfant en vie souhaiteraient avoir un enfant et la majorité de ces femmes (62 %) le souhaiteraient dans les deux années à venir. La comparaison des résultats avec ceux de l’enquête précédente montre que la proportion de femmes sans enfant qui manifestent le désir d’avoir un enfant rapidement, c’est-à-dire dans moins de deux ans, a connu une baisse légère, passant de 68 % à l’EDSC-III de 2004 à 62 % à l’EDS-MICS 2011. Par contre, la proportion de celles qui souhaitent attendre deux années est passée de 16 % en 2004 à 19 % en 2011. Graphique 6.1 Désir d'enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d'enfants vivants 0% 20% 40% 60% 80% 100% 0 1 2 3 4 5 6+ Pourcentage Nombre d'enfants vivants Stérile/ND Stérilisé/ ne veut plus d'enfants Indécise Veut un autre, NSP quand Veut un autre plus tard Veut un autre bientôt EDS-MICS 2011 Chez les femmes ayant un enfant, le désir d’en avoir un autre est identique à celui des femmes sans enfant. Toutefois, 47 % de femmes ayant un seul enfant en vie souhaitent attendre au moins deux ans. Cette proportion n’est que de 19 % chez les femmes n’ayant aucun enfant. Au fur et à mesure que le nombre d’enfants vivants augmente, la proportion de femmes désirant un autre enfant diminue assez rapidement : le pourcentage de femmes qui désirent avoir des enfants supplémentaires passe de 91 % chez celles n’ayant aucun enfant à 74 % chez celles qui en ont déjà 3 pour atteindre 41 % chez les femmes ayant 5 enfants. En ce qui concerne les hommes de 15-49 ans en union, on constate que la proportion de ceux qui ne veulent plus d’enfants est inférieure à celle des femmes (15 % contre 26 %) ; à l’inverse, 82 % en souhaiteraient davantage. Comme chez les femmes, la proportion d’hommes désirant avoir des enfants diminue avec le nombre d’enfants vivants, passant de 96 % parmi ceux qui ont un enfant, à 91 % parmi ceux qui ont deux enfants et à 62 % parmi qui ont au moins six enfants. Le besoin potentiel en matière de planification familiale chez les hommes en union de 15-49 ans est évalué à 61 % : 15 % ne veulent plus d’enfants et 46 % veulent espacer la prochaine naissance d’au moins deux ans. Le tableau 6.2.1 fournit les proportions de femmes en union qui ne veulent plus d’enfants (y compris les femmes stérilisées) selon le nombre d’enfants vivants et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Environ une femme sur quatre (27 %) estime qu’elle a atteint la taille désirée de sa 92 • Préférences en matière de fécondité famille et ne désire donc plus avoir d’enfants. Les femmes ne désirant plus d’enfants sont proportionnellement plus nombreuses dans les autres villes (31 %) qu’à Yaoundé/Douala (25 %) et qu’en milieu rural (25 %). Tableau 6.2.1 Désir de limiter les naissances: Femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, ne voulant plus d'enfants, par nombre d'enfants vivants, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Nombre d'enfants vivants1 Ensemble 0 1 2 3 4 5 6+ Milieu de résidence Yaoundé/Douala 1,2 2,2 12,1 31,1 49,9 73,2 84,4 25,2 Autres villes 0,5 3,9 10,6 24,2 41,7 57,0 74,0 31,1 Ensemble urbain 0,8 3,1 11,4 27,1 44,5 61,9 76,2 28,7 Rural 1,0 2,5 6,0 13,7 23,2 41,8 60,6 24,9 Région Adamaoua 1,9 4,9 6,7 17,5 28,5 41,0 56,6 22,9 Centre (sans Yaoundé) 0,7 4,0 11,0 18,1 35,5 62,2 76,0 27,7 Douala 1,3 1,6 10,8 34,1 53,2 82,3 91,4 27,1 Est 0,7 1,9 12,7 23,0 23,4 50,3 63,7 23,8 Extrême-Nord 1,3 0,3 2,8 12,7 16,2 28,3 57,1 22,0 Littoral (sans Douala) 0,0 3,2 8,0 25,9 52,7 68,9 87,0 34,2 Nord 0,0 1,2 7,6 8,7 22,0 36,0 51,0 21,7 Nord-Ouest 3,0 9,2 9,3 26,4 47,4 66,7 81,8 41,5 Ouest 0,0 1,9 8,6 14,6 31,1 49,8 72,9 30,2 Sud 0,0 9,5 9,1 31,5 33,0 60,5 79,4 30,1 Sud-Ouest 0,0 4,4 11,2 26,6 46,4 65,1 73,4 32,0 Yaoundé 1,0 2,8 13,3 27,5 46,6 65,1 77,5 23,4 Niveau d'instruction Aucun 1,5 2,2 5,6 9,7 18,5 28,9 55,9 24,1 Primaire 1,0 2,9 9,0 20,7 33,3 55,3 70,9 31,1 Secondaire 1er cycle 0,6 3,1 10,4 20,5 41,4 62,7 79,0 24,6 Secondaire 2nd cycle ou plus 0,6 2,9 10,0 40,1 54,2 81,7 85,1 23,2 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 2,3 1,4 4,3 10,9 18,4 30,8 50,7 21,5 Second 0,7 2,2 6,8 13,7 21,6 42,5 64,2 26,2 Moyen 0,5 2,4 7,0 17,5 34,6 50,1 73,7 29,8 Quatrième 1,0 3,1 10,9 26,8 37,1 60,9 75,4 27,9 Le plus riche 0,6 4,1 12,8 31,0 54,2 76,1 84,3 28,3 Ensemble 0,9 2,8 8,7 20,2 33,5 50,3 65,8 26,7 Note: Les femmes stérilisées sont considérées comme ne voulant plus d'enfant. 1 Le nombre d'enfants vivants inclut la grossesse actuelle. Par rapport aux régions, les résultats montrent que la proportion de femmes ne voulant plus d’enfants varie d’un minimum de 22 % dans le Nord et l’Extrême-Nord à un maximum de 42 % dans le Nord-Ouest. Les résultats selon le niveau d’instruction et les quintiles de bien-être ne font apparaître aucune tendance claire : les femmes de niveau d’instruction primaire (31 %) sont proportionnellement les plus nombreuses à souhaiter limiter leurs naissances ; de même, la proportion de femmes souhaitant limiter la taille de leur famille varie de 22 % dans les ménages classés dans le quintile le plus pauvre à 30 % dans ceux du quintile moyen et à 28 % dans ceux du plus riche. Le tableau 6.2.2 présente les résultats concernant les hommes de 15-49 ans. La proportion d’hommes qui souhaitent limiter leurs naissances est plus faible que celle observée chez les femmes (16 % contre 27 %). Comme chez les femmes, le milieu de résidence semble influer sur le désir de limiter les naissances. En effet, en milieu urbain, 19 % d’hommes contre 13 % en rural ont déclaré vouloir limiter leur nombre d’enfants. C’est dans la région du Littoral que la proportion d’hommes qui ne veulent plus d’enfants est la plus élevée (33 %) et c’est dans l’Extrême-Nord (6 %) et le Nord (8 %) qu’elle est la plus faible. Le désir de limiter les naissances varie positivement avec le niveau d’instruction des hommes : de 6 % quand ils n’ont aucun niveau d’instruction, la proportion passe à 14 % lorsqu’ils ont un niveau primaire, à 16 % pour le niveau secondaire 1er cycle et à 22 % pour le niveau secondaire 2nd cycle ou plus. Enfin le désir de limiter les naissances augmente avec le niveau de vie du ménage : 8 % dans le quintile le plus pauvre contre 23 % dans le plus riche. Préférences en matière de fécondité • 93 Tableau 6.2.2 Désir de limiter les naissances: Hommes Pourcentage d'hommes de 15-49 ans, actuellement en union, ne voulant plus d'enfants, par nombre d'enfants vivants, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Nombre d'enfants vivants1 Ensemble0 1 2 3 4 5 6+ Milieu de résidence Yaoundé/Douala 1,5 4,2 11,3 15,2 36,8 27,8 58,8 18,0 Autres villes 0,5 1,2 8,3 8,1 34,5 36,4 41,8 19,2 Ensemble urbain 1,0 2,7 9,8 11,7 35,5 33,4 46,4 18,7 Rural 0,3 1,5 3,8 5,4 14,1 19,0 26,9 12,5 Région Adamaoua 0,0 0,0 4,2 0,6 8,1 37,8 21,9 10,5 Centre (sans Yaoundé) 0,0 0,0 6,6 11,1 16,4 40,7 38,4 17,6 Douala 0,0 0,0 15,1 17,5 40,4 32,7 54,6 18,8 Est 0,0 2,9 2,6 2,1 21,4 26,3 42,3 15,3 Extrême-Nord 0,0 0,0 1,8 2,2 7,6 0,0 14,2 6,1 Littoral (sans Douala) 0,0 4,6 12,1 11,1 28,3 63,4 71,2 33,2 Nord 0,0 3,8 2,8 8,8 17,8 9,8 12,8 8,4 Nord-Ouest 0,0 4,2 11,2 7,6 40,4 42,3 58,7 27,0 Ouest 0,0 0,0 2,7 2,7 23,4 21,9 40,9 14,0 Sud 6,0 0,0 5,3 12,8 35,6 35,8 45,8 21,6 Sud-Ouest 0,9 0,0 12,7 10,5 41,6 41,0 50,5 21,8 Yaoundé 2,2 7,4 8,0 13,0 34,4 23,0 61,4 17,4 Niveau d'instruction Aucun 3,0 2,5 4,3 6,7 8,2 2,3 8,6 6,2 Primaire 0,0 3,3 7,0 6,4 17,1 24,1 31,7 13,9 Secondaire 1er cycle 0,0 2,4 5,6 9,2 29,5 24,1 41,1 16,2 Secondaire 2nd cycle ou plus 1,9 0,0 9,1 12,5 41,0 38,1 54,2 21,9 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,0 4,7 3,2 2,0 11,6 1,3 16,6 8,1 Second 0,6 0,0 0,8 4,8 10,1 12,0 28,0 9,5 Moyen 0,0 1,5 4,4 7,8 20,8 36,6 36,7 17,7 Quatrième 0,6 3,4 8,1 9,4 30,0 33,6 43,7 17,4 Le plus riche 1,6 1,9 13,9 15,8 47,7 42,1 64,1 22,7 Ensemble 15-49 0,8 2,2 7,0 8,5 24,7 25,2 33,7 15,5 50-59 0,0 37,1 32,2 30,0 54,3 66,6 59,5 55,3 Ensemble 15-59 0,8 3,6 8,8 10,2 29,1 33,5 44,4 22,8 Note: Les hommes stérilisés ou qui ont répondu à la question sur le désir d'enfant que leur épouse était stérilisée sont considérés comme ne voulant plus d'enfant. 1 Le nombre d'enfants vivants comprend un enfant supplémentaire si l'épouse de l'enquêté est enceinte (ou si une des épouses est enceinte, pour les hommes qui ont actuellement plus d'une épouse). 6.2 NOMBRE IDÉAL D'ENFANTS Le comportement reproductif d'une femme peut être influencé par le nombre idéal d'enfants qu’elle aurait souhaité avoir et par celui souhaité par son conjoint. Dans le but de déterminer ce nombre idéal d’enfants, au cours de l’EDSC-MICS, on a posé à toutes les femmes et tous les hommes enquêtés l'une des deux questions suivantes :  aux femmes (hommes) sans enfant vivant : « Si vous pouviez choisir exactement le nombre d'enfants à avoir dans votre vie, combien voudriez-vous en avoir ? »  aux femmes (hommes) ayant des enfants vivants : « Si vous pouviez revenir à l'époque où vous n'aviez pas d'enfant et choisir exactement le nombre d'enfants à avoir dans votre vie, combien auriez-vous voulu en avoir ? »  Ces questions, apparemment simples, peuvent être embarrassantes, en particulier pour les enquêtés ayant des enfants en vie. Ces derniers doivent en effet se prononcer sur le nombre d'enfants qu'ils souhaiteraient avoir, dans l'absolu, indépendamment du nombre d'enfants qu'ils ont déjà. Or, il peut être difficile pour une femme ou un homme de déclarer un nombre idéal d'enfants inférieur à la taille actuelle de sa descendance. 94 • Préférences en matière de fécondité Les réponses à ces questions sont présentées au tableau 6.3. Il en ressort tout d’abord que 7 % des femmes n’ont pas pu fournir de réponses numériques et ont donné, à la place, des réponses approximatives telles que “Ce que Dieu me donne”, “Je ne sais pas”, ou “N’importe quel nombre”. La proportion de femmes qui ont donné ce type de réponse croît avec le nombre d’enfants vivants. Elle passe de 3 % pour les femmes sans enfant vivant à 15 % pour les femmes ayant 6 enfants vivants ou plus. Le nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes ayant donné une réponse numérique s’établit à 5,5 et pour les femmes en union, il est de 6,1 enfants. Cela semblerait indiquer qu’au Cameroun, les femmes aspirent toujours à une famille nombreuse. Tableau 6.3 Nombre idéal d'enfants Répartition (en %) des femmes et des hommes de 15-49 ans par nombre idéal d'enfants et nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des femmes et des hommes et pour celles et ceux actuellement en union, selon le nombre d'enfants vivants, Cameroun 2011 Nombre idéal d'enfants Nombre d'enfants vivants1 Ensemble0 1 2 3 4 5 6+ FEMME 0 0,6 0,1 0,3 0,8 0,3 1,0 0,4 0,5 1 0,5 0,7 0,8 0,6 0,2 0,1 0,2 0,5 2 5,8 3,6 3,7 2,2 2,6 2,4 1,6 3,6 3 21,6 22,4 11,4 9,3 3,7 4,5 2,6 13,5 4 29,7 24,7 22,0 15,2 13,7 8,1 7,7 20,2 5 18,5 20,8 26,9 28,0 21,8 19,8 11,5 20,7 6+ 19,4 21,7 29,1 36,6 48,7 55,6 61,2 33,9 Réponse non numérique 3,9 5,9 5,8 7,2 9,1 8,5 14,8 7,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 4 412 2 468 2 190 1 743 1 509 1 191 1 913 15 426 Nombre idéal moyen d’enfants2 Ensemble 4,6 4,9 5,4 5,7 6,2 6,8 7,5 5,5 Effectif 4 240 2 321 2 063 1 617 1 371 1 090 1 631 14 334 Actuellement en union 5,3 5,2 5,5 5,8 6,2 6,8 7,6 6,1 Effectif 770 1 491 1 649 1 401 1 187 965 1 464 8 928 HOMME 0 0,6 0,2 0,3 0,7 0,6 0,0 0,1 0,4 1 0,6 0,6 0,7 0,0 0,7 0,1 0,0 0,5 2 6,1 3,3 2,1 0,8 2,1 3,6 1,3 4,1 3 18,2 19,8 11,7 6,4 6,1 4,1 4,5 14,0 4 20,9 20,9 19,1 8,0 13,9 9,9 6,4 17,4 5 22,3 21,7 24,7 34,9 13,1 13,7 9,9 21,3 6+ 27,7 30,9 35,0 43,0 55,7 59,3 67,3 37,0 Réponse non numérique 3,6 2,6 6,3 6,2 7,8 9,3 10,5 5,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 3 309 664 625 515 448 305 588 6 455 Nombre idéal moyen d’enfants pour les hommes de 15-49 ans2 Ensemble 5,6 5,6 6,3 6,8 7,5 8,4 10,8 6,4 Effectif 3 190 647 585 483 414 277 526 6 122 Actuellement en union 5,9 6,0 6,4 6,9 7,5 8,5 10,8 7,5 Effectif 212 439 487 435 399 257 513 2 743 Nombre idéal moyen d’enfants pour les hommes de 15-592 Ensemble 5,6 5,6 6,3 6,9 7,5 8,4 10,6 6,7 Effectif 3 200 671 634 535 488 348 875 6 752 Actuellement en union 5,9 6,0 6,4 7,0 7,5 8,5 10,7 7,9 Effectif 214 456 522 471 467 321 851 3 302 1 Le nombre d'enfants vivants inclut la grossesse actuelle pour les femmes. 2 Les moyennes sont calculées en excluant les femmes et les hommes ayant donné des réponses non numériques. 3 Le nombre d'enfants vivants comprend un enfant supplémentaire si l'épouse de l'enquêté est enceinte (ou si l'une des femmes est enceinte pour les hommes qui ont plusieurs femmes). Préférences en matière de fécondité • 95 Ce nombre idéal est supérieur à l’ISF (5,1), ceci confirme une fois de plus l'attachement des femmes à une descendance nombreuse. Toutefois, le nombre idéal moyen d’enfants a diminué au cours du temps : de 8,0 en 1978 (DSCN, 1983), il est passé à 6,8 en 1991, 6,0 en 1998, 5,7 en 2004 et à 5,5 en 2011. En examinant la distribution des tailles idéales déclarées, il apparaît que pour près d’une femme sur trois (34 %), le nombre idéal est de 6 enfants ou plus. Cette proportion varie de 19 % chez les femmes n’ayant pas d’enfants vivants à 49 % chez les femmes ayant 4 enfants vivants, et atteint 61 % chez celles ayant au moins 6 enfants vivants. De façon générale, on constate une relation positive entre la taille actuelle de la famille et la taille idéale qui passe de 4,6 enfants pour l’ensemble des femmes sans enfant à 7,5 enfants pour celles qui ont 6 enfants ou plus. Chez les femmes en union, cette taille idéale de la famille varie, respectivement de 5,3 à 6,1 enfants. Enfin, chez les hommes de 15-49 ans, le nombre idéal moyen d’enfants est beaucoup plus élevé que chez les femmes : il est de 6,4 enfants pour l’ensemble des hommes et de 7,5 enfants pour les hommes en union. Par ailleurs, on note que la taille idéale chez les hommes passe de 5,6 enfants chez ceux qui n’en ont pas à 10,8 enfants parmi ceux qui ont 6 enfants ou plus. Le tableau 6.4 présente le nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes selon l’âge actuel et selon certaines variables sociodémographiques. Tout d’abord, on constate que le nombre idéal d’enfants augmente avec l’âge de la femme, passant de de 4,9 parmi les femmes âgées de 15-19 ans à 7,0 parmi celles de 45-49 ans. On peut penser que les jeunes femmes ont un réel désir de réduire le nombre de leurs naissances et l’on devrait s’attendre à une baisse continue de la fécondité à moyen ou long terme. Pour l'ensemble des femmes, le nombre idéal moyen d'enfants présente des variations assez importantes selon le milieu de résidence, le niveau d'instruction, l’indice de bien-être économique et la région (Graphique 6.2). Les femmes du milieu urbain souhaitent une famille bien moins nombreuse que celles du milieu rural (4,8 contre 6,4 enfants) : l’écart absolu entre les deux milieux est de 1,6 enfant. Par rapport à l’instruction, on constate que le nombre idéal d’enfants diminue à mesure que le niveau augmente : il varie de 7,7 enfants pour celles sans niveau d’instruction à 6,0 chez celles ayant le niveau primaire, puis à 4,7 chez celles de niveau secondaire 1er cycle et à 4,1 chez celles de niveau secondaire 2nd cycle ou plus. Les résultats selon les quintiles de bien-être économique montrent que l’amélioration du niveau économique du ménage s’accompagne d’une tendance favorable à une descendance plus réduite. L’écart absolu du nombre idéal d’enfants est de 3,2 enfants entre les femmes des ménages les plus riches (4,3) et celles des plus pauvres (7,5). Tableau 6.4 Nombre idéal d'enfants par caractéristique sociodémographique Nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des femmes de 15-49 ans, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Nombre moyen Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 4,9 3 430 20-24 5,0 2 971 25-29 5,4 2 503 30-34 5,8 1 799 35-39 6,3 1 533 40-44 6,6 1 109 45-49 7,0 988 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 4,4 3 324 Autres villes 5,1 4 525 Ensemble urbain 4,8 7 849 Rural 6,4 6 485 Région Adamaoua 5,8 640 Centre (sans Yaoundé) 5,2 1 049 Douala 4,3 1 626 Est 5,4 594 Extrême-Nord 7,4 2 227 Littoral (sans Douala) 4,9 590 Nord 7,1 1 257 Nord-Ouest 4,9 1 471 Ouest 5,7 1 612 Sud 5,2 401 Sud-Ouest 4,6 1 169 Yaoundé 4,6 1 699 Niveau d'instruction Aucun 7,7 2 535 Primaire 6,0 4 821 Secondaire 1er cycle 4,7 4 082 Secondaire 2nd cycle ou plus 4,1 2 895 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 7,5 2 118 Second 6,3 2 535 Moyen 5,6 2 708 Quatrième 4,9 3 357 Le plus riche 4,3 3 616 Ensemble 5,5 14 334 Le tableau est basé sur les femmes ayant donné une réponse numérique. 96 • Préférences en matière de fécondité Graphique 6.2 Nombre idéal moyen d'enfants 4.3 4.9 5.6 6.3 7.5 4.1 4.7 6 7.7 6.4 5.1 4.4 5.5 Le plus riche Quatrième Moyen Second Le plus pauvre QUINTILES DE BIEN-ETRE Secondaire 2nd cycle ou + Secondaire 1er cycle Primaire Aucun NIVEAU D'INSTRUCTION Rural Autres villes Yaoundé/Douala MILIEU DE RESIDENCE CAMEROUN Nombre moyen d'enfants EDS-MICS 2011 Selon la région, on relève des disparités importantes. Deux groupes se démarquent : les deux régions de l’Extrême-Nord et du Nord qui se caractérisent par un nombre idéal d’enfants relativement élevé (respectivement 7,4 et 7,1 enfants) ; le second groupe est formé des autres régions avec un nombre idéal compris entre 4 et 5 enfants. Il convient de noter que ce sont les femmes de Douala qui déclarent le nombre idéal d’enfants le plus faible (4,3). 6.3 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ Au cours de l'enquête, on a demandé à chaque mère, pour chaque enfant né au cours des cinq dernières années et pour la grossesse actuelle (si l'enquêtée était enceinte), si elle souhaitait être enceinte à ce moment-là, plus tard ou s'il s'agissait d'une grossesse non désirée. Les réponses à ces questions permettent de mesurer le degré de réussite des couples dans la maîtrise de leur fécondité. De telles questions exigent de la femme un effort de concentration pour se souvenir avec exactitude de ses désirs à un ou plusieurs moments précis des cinq dernières années. En outre, il existe un risque de rationalisation dans la mesure où, souvent, une grossesse non-désirée peut aboutir à la naissance d'un enfant auquel on s'est attaché. Il ressort du tableau 6.5 que plus de neuf naissances sur dix (93 %) étaient désirées. La plupart de ces naissances (75 %) se sont produites au moment voulu et dans 18 % des cas, les femmes auraient préféré que ces naissances se produisent plus tard. Les grossesses non désirées représentent 6 %. Quel que soit le rang de naissance, la grande majorité des naissances sont souhaitées et arrivent au moment voulu. Cependant, les naissances des rangs 2 et 3 sont mieux planifiées que les naissances de rang 1 et celles de rang 4 ou plus. En effet, 80 % et 81 % de naissances des rangs 2 et 3 étaient désirées au moment où elles se sont produites contre 72 % de celles de rang 1 et 73 % de celles de rang 4 ou plus. Préférences en matière de fécondité • 97 Tableau 6.5 Planification de la fécondité Répartition (en %) des naissances des femmes de 15-49 ans ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l'enquête (y compris les grossesses actuelles) par planification de la grossesse selon le rang de naissance et l'âge de la mère à la naissance de l'enfant, Cameroun 2011 Rang de naissance et âge de la mère à la naissance de l'enfant Planification de la naissance Total Effectif de naissances Voulue au moment Voulue plus tard Non désirée Manquant Rang de naissance 1 71,8 23,4 4,1 0,7 100,0 2 947 2 79,5 17,6 1,9 1,0 100,0 2 549 3 80,9 15,5 2,9 0,7 100,0 2 045 4+ 73,3 15,1 10,4 1,2 100,0 5 720 Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 69,4 25,7 4,0 1,0 100,0 2 518 20-24 77,4 18,7 2,9 0,9 100,0 3 798 25-29 78,8 16,4 3,7 1,0 100,0 3 302 30-34 78,6 13,2 7,2 1,0 100,0 2 055 35-39 72,3 10,3 16,5 1,0 100,0 1 161 40-44 57,6 7,4 34,6 0,4 100,0 368 45-49 56,5 8,0 32,0 3,5 100,0 56 Ensemble 75,3 17,5 6,2 1,0 100,0 13 260 Par rapport à l'âge de la mère à la naissance de l’enfant, il ressort que les naissances les mieux planifiées sont celles des femmes ayant eu leurs enfants entre 20 et 34 ans : plus de 77 % de ces naissances se sont produites au moment voulu et moins de 8 % étaient non désirées. À l'inverse, c'est chez les femmes ayant eu des enfants avant 20 ans et chez celles qui les ont eus à des âges avancés (40-49 ans) que les naissances semblent être les moins bien planifiées. Parmi les femmes ayant eu une naissance avant 20 ans, environ une femme sur quatre (26 %) aurait souhaité que cette naissance se produise plus tard. Par ailleurs, les naissances non désirées sont surtout observées chez les femmes plus âgées (35 % à 40-44 ans et 32 % à 45-49 ans). Le tableau 6.6 et le graphique 6.3 présentent la comparaison entre l'Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et l'Indice Synthétique de Fécondité actuelle (ISF) pour les trois années précédant l’enquête. Le calcul de l'ISFD est analogue à celui de l'ISF, les naissances considérées comme non désirées étant éliminées du numérateur. Il en découle que si toutes les naissances non désirées étaient évitées, l'ISF des femmes au Cameroun serait de 4,1 enfants au lieu de 5,1 enfants. L'ISFD varie de la même façon que l'ISF selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes. C'est chez les femmes du milieu rural (5,1), chez celles des régions de l’Ouest (5,4), de l’Extrême-Nord (5,1), ainsi que chez les femmes sans niveau d’instruction et de niveau primaire (4,8) et celles des ménages du second quintile (5,3) qu’il est le plus élevé. En outre, l'ISFD est Tableau 6.6 Taux de fécondité désirée Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et Indice Synthétique de Fécondité (ISF) pour les trois années ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) Indice Synthétique de Fécondité (ISF) Milieu de résidence Yaoundé/Douala 2,9 3,3 Autres villes 3,5 4,5 Ensemble urbain 3,2 4,0 Rural 5,1 6,4 Région Adamaoua 3,7 5,2 Centre (sans Yaoundé) 4,7 5,6 Douala 2,8 3,2 Est 4,7 5,4 Extrême-Nord 5,1 6,8 Littoral (sans Douala) 4,0 4,6 Nord 4,1 6,5 Nord-Ouest 3,9 4,4 Ouest 5,4 6,0 Sud 4,2 4,6 Sud-Ouest 3,5 4,0 Yaoundé 2,9 3,5 Niveau d'instruction Aucun 4,8 6,8 Primaire 4,8 5,9 Secondaire 1er cycle 3,9 4,5 Secondaire 2nd cycle ou plus 2,7 3,1 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 5,0 7,0 Second 5,3 6,4 Moyen 4,6 5,6 Quatrième 3,6 4,2 Le plus riche 2,8 3,3 Ensemble 4,1 5,1 Note: L'ISFD et l'ISF sont basés sur les naissances des femmes de 15-49 ans durant la période 1-36 mois avant l'enquête. L'ISF est le même que celui présenté au tableau 5.2. 98 • Préférences en matière de fécondité toujours inférieur à l'ISF et les écarts entre les deux indicateurs ne varient pas significativement. Tout au plus, peut-on remarquer que c'est chez les femmes du Nord et de l’Extrême Nord, qui ont les niveaux de fécondité les plus élevés, que l'on observe les écarts les plus importants (respectivement 2,4 et 1,7 enfants). Graphique 6.3 Indice synthétique de fécondité et indice synthétique de fécondité désirée 2.7 3.9 4.8 4.8 5.1 3.2 3.5 2.9 4.1 3.1 4.5 5.9 6.8 6.4 4 4.5 3.3 5.1 Secondaire 2nd cycle ou + Secondaire 1er cycle Primaire Aucun NIVEAU D'INSTRUCTION Rural Ensemble urbain Autres villes Yaoundé/Douala MILIEU DE RESIDENCE CAMEROUN Nombre d'enfants par femme Fécondité actuelle Fécondité Désirée EDS-MICS 2011 Planification familiale • 99 PLANIFICATION FAMILIALE 7 Félicien FOMEKONG et Émilienne TCHEKANDA omme dans la plupart des pays africains, la population du Cameroun a eu pendant longtemps un comportement pro-nataliste lié au prestige, à la satisfaction économique et psychologique que procure une descendance nombreuse. Ce comportement s’est reflété dans les positions gouvernementales et les questions liées à la limitation des naissances ont été considérées pendant longtemps comme tabous. Cependant, depuis le début des années 80, la position du Gouvernement sur la croissance démographique a commencé à évoluer, passant d’une politique pro nataliste affirmé à une politique volontariste de maîtrise de la procréation. La promulgation de la loi N° 080/10 du 14 juillet 1980 sur la profession des pharmaciens n’a pas repris les dispositions de l’article 101 de la loi N° 29/69 du 29 mai 1969 interdisant la vente et la publicité des contraceptifs. Le gouvernement s’est officiellement exprimé à plusieurs occasions, notamment lors de la Conférence Internationale sur la Population de Mexico en 1984 ; pour le Cameroun, la planification familiale était synonyme d’espacement des naissances en vue de préserver la santé de la mère et de l’enfant et de lutter contre la stérilité. En 1986, la position du gouvernement s’est clairement affirmée en faveur de la planification C Principaux résultats  Parmi toutes les femmes de 15-49 ans non enceintes au moment de l’enquête, 24 % utilisaient une méthode contraceptive : 16 % une méthode moderne et 8 % une méthode traditionnelle.  Environ 20 % d’utilisatrices actuelles de la contraception moderne s’adressent au secteur public, 27 % au secteur médical privé et 50 % à d’autres sources pour se procurer leur méthode.  Parmi les utilisatrices de méthodes modernes, 64 % ont déclaré avoir été informées des effets secondaires ou des problèmes qui pourraient survenir en utilisant ces méthodes.  Seulement 55 % des femmes utilisant la méthode du rythme sont considérées comme ayant une bonne connaissance de la période féconde.  Parmi les femmes de 15-49 ans en union, 17 % ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale : environ 11 % pour espacer et 5 % pour limiter les naissances.  Au cours des derniers mois ayant précédé l’enquête, 68 % des femmes ont déclaré ne pas avoir été exposées à des messages relatifs à la planification familiale, ni par le biais de journaux/magazines, ni par la radio, ni par la télévision.  Globalement, 85 % des femmes non utilisatrices de méthodes contraceptives n’ont parlé de planification familiale ni avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé.  Parmi les femmes en union, 53 % ont déclaré n’avoir jamais discuté de planification familiale avec leur conjoint, 24 % en ont discuté une ou deux fois et seulement 22 % au moins trois fois. 100 • Planification familiale familiale dans le discours du Chef de l’Etat lors de la présentation du VIème Plan à l’Assemblée Nationale lorsqu’il a déclaré : « … C’est le lieu me semble-t-il, d’attirer l’attention des Camerounais et des Camerounaises sur les conséquences économiques et sociales d’une progression incontrôlée de la natalité. La procréation, fût-elle un droit fondamental de tout homme, peut et doit être maîtrisée. Il s’agit par conséquent, non pas de rompre avec nos convictions religieuses et nos us et coutumes en ce domaine, mais de tendre de plus en plus vers la promotion et l’instauration réfléchies d’une paternité consciente et responsable… ». Cette évolution a conduit à l’adoption en 1992, avec l’appui de l’UNFPA, de la Déclaration de Politique Nationale de Population (DPNP)1, laquelle comporte un ensemble de mesures qui visent la promotion de la planification familiale. C’est ainsi que la Déclaration de la politique nationale de mise en œuvre de réorientation des soins de santé primaires, pierre angulaire de la politique sectorielle de santé, a été adoptée par le Gouvernement en 1993. Celle-ci vise le renforcement et l’intégration des services de SMI/PF dans les soins de santé primaires à tous les niveaux d’intervention de la pyramide sanitaire (centrale, intermédiaire et périphérique). À la suite de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD) du Caire en 1994, le Cameroun a organisé en décembre 1999, un symposium national sur la santé de la reproduction. Les résolutions de ce symposium ont conduit à l’adoption, en février 2001, de la Déclaration de Politique Nationale de la Santé de la Reproduction avec l’appui de l’UNFPA. Parallèlement, les Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont aussi pris place dans cette mouvance. L’Association Camerounaise pour le Bien-être Familial (CAMNAFAW) a été créée en 1987 et légalisée en 1989. Elle a pour principale mission d’appuyer les efforts du Gouvernement dans la promotion du bien-être des populations camerounaises en matière de santé de la reproduction, y compris la planification familiale. C’est également en 1989 que le Programme de Marketing Social au Cameroun (PMSC)2 a démarré ses activités. Celles-ci ont pour objectifs, entre autres, la promotion de l’idée de santé familiale et la prévention des IST/sida par la vente de condoms. En 1997, le projet Santé Familiale et Prévention du Sida (SFPS) a démarré ses activités. L’un de ses objectifs était d’accroître l’utilisation des méthodes modernes de planification familiale parmi les femmes en âge de procréer. En outre, de plus en plus d’ONG œuvrent à des degrés divers à la promotion de la planification familiale et à la lutte contre les IST/sida. En définitive, on peut dire que les activités en matière de planification familiale ont commencé à se systématiser à travers des actions suivantes :  l’aménagement de la législation sur la vente et la publicité des contraceptifs ;  le développement du Programme SMI/PF à travers l’ouverture des centres de PF ;  les campagnes de sensibilisation et d’éducation des populations à la parenté responsable. 1 Celle-ci a été révisée en 2002 pour prendre en compte les thèmes émergents tels que la santé de la reproduction, l’égalité et l’équité entre les sexes, la pandémie du VIH/sida, etc. 2 Le PMSC est devenu aujourd’hui l’Association Camerounaise de Marketing Social (ACMS). Planification familiale • 101 Comme lors des trois précédentes EDS, l’EDS-MICS 2011 a collecté les informations suivantes sur la planification familiale :  la connaissance et la pratique de la contraception ;  la connaissance de la période féconde ;  les sources d’approvisionnement en contraception ;  l’utilisation future de la contraception ;  les sources d’information sur la contraception ;  les opinions et les attitudes face à la contraception. 7.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION L’utilisation de la contraception suppose, au préalable la connaissance d’au moins une méthode contraceptive, ainsi que d’une source d’approvisionnement. Les différentes méthodes retenues dans le questionnaire sont classées en trois catégories :  les méthodes modernes qui comprennent la stérilisation féminine et la stérilisation masculine, la pilule, le stérilet ou DIU (Dispositif Intra Utérin), les injectables, les implants (Norplant), le condom masculin, le condom féminin, le diaphragme, les méthodes vaginales (spermicides, mousses et gelées), la Méthode de l’Allaitement Maternel et l’Aménorrhée (MAMA) et la pilule du lendemain ;  les méthodes traditionnelles, notamment la continence périodique (ou rythme) et le retrait ;  les méthodes dites « populaires », comme les herbes, les tisanes et autres méthodes pouvant rentrer dans cette catégorie. Lors de l’enquête, la collecte des informations sur la connaissance des méthodes contraceptives s’est faite selon la méthodologie suivante : après une description de chaque méthode listée, on a demandé à chaque enquêté(e), s’il/elle en avait déjà entendu parler. L’enquête révèle (Tableau 7.1) qu’au Cameroun, parmi les hommes et les femmes âgées de 15-49 ans, le niveau de connaissance des méthodes contraceptives est très élevé puisque 94 % des femmes et 98 % des hommes ont déclaré connaître au moins une méthode contraceptive. En général, les femmes et les hommes connaissent mieux les méthodes modernes (94 % de femmes et 98 % d’hommes) que les méthodes traditionnelles (respectivement, 72 % et 79 %). Le niveau de connaissance est quasiment identique parmi l’ensemble des femmes et parmi celles en union ; il en est de même pour les hommes. Le niveau de connaissance d’une méthode traditionnelle est plus faible que celui des méthodes modernes mais reste plus élevé chez les hommes en union (86 %) que chez les femmes en union (70 %). Le nombre moyen de méthodes connues est identique parmi l’ensemble des femmes et parmi celles en union (6,8) ; il est légèrement plus élevé chez les hommes (7,1). C’est parmi les femmes qui ne sont pas en union mais qui sont sexuellement actives que le nombre de méthodes connues est le plus élevé (en moyenne 8,4). En ce qui concerne la connaissance par méthode spécifique, le tableau 7.1 indique que quel que soit le groupe de femmes et d’hommes, c’est le condom masculin qui est la méthode la plus fréquemment connue (91 % de femmes et 97 % d’hommes) suivie, chez les femmes, des injectables (75 %), de la pilule (74 %) et du condom féminin (70 %) ; chez les hommes, après le condom masculin, ce sont le condom féminin (78 %) et la pilule (71 %) qui sont les méthodes modernes les plus connues. Les méthodes les moins connues par les femmes en général sont la mousse/gelée (10 %), le diaphragme (17 %) et la stérilisation masculine (17 %). 102 • Planification familiale Tableau 7.1 Connaissance des méthodes contraceptives Pourcentage d'hommes et de femmes de 15-49 ans, d'hommes et de femmes actuellement en union et d'hommes et de femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actifs qui connaissent une méthode contraceptive, selon la méthode, Cameroun 2011 Méthode Femme Homme Ensemble des femmes Femmes actuellement en union Femmes non en union et sexuellement actives1 Ensemble des hommes Hommes actuellement en union Hommes non en union et sexuellement actifs1 N'importe quelle méthode 94,4 94,1 99,3 97,9 98,7 99,7 Une méthode moderne 94,3 94,0 99,3 97,8 98,5 99,7 Stérilisation féminine 45,7 45,7 55,5 55,4 60,4 62,7 Stérilisation masculine 16,7 15,4 23,9 35,7 37,3 44,1 Pilule 74,4 76,4 86,1 70,5 75,7 79,3 DIU 38,9 38,8 50,2 31,2 34,1 37,7 Injectables 75,0 78,5 80,6 66,0 73,2 73,7 Implants 47,0 50,5 57,7 29,3 35,1 33,4 Condom masculin 90,5 89,0 98,8 96,7 97,1 99,2 Condom féminin 70,4 66,2 90,5 77,9 77,3 89,0 Diaphragme 16,6 14,4 24,5 23,4 22,7 32,7 Mousse/gelée 10,4 10,4 13,1 14,3 17,6 15,3 Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée (MAMA) 45,5 50,5 43,6 34,2 41,7 35,2 Pilule du lendemain 32,5 29,9 55,3 33,5 37,4 41,5 Une méthode traditionnelle 72,0 70,3 88,8 79,2 85,7 89,7 Rythme 66,9 64,8 82,5 70,5 75,7 79,5 Retrait 51,7 52,6 73,7 66,8 75,0 82,9 Nombre moyen de méthodes connues par les enquêté(e)s de 15-49 ans 6,8 6,8 8,4 7,1 7,6 8,1 Effectif d'enquêté(e)s 15 426 9 792 1 127 6 455 2 958 991 Nombre moyen de méthodes connues par les enquêtés de 15-59 ans na na na 7,1 7,6 8,1 Effectif d'enquêtés na na na 7 191 3 615 1 015 na = non applicable 1 A eu ses derniers rapports sexuels dans les 30 jours ayant précédé l'enquête. Il est intéressant de comparer le niveau de connaissance des méthodes contraceptives observé au cours de l’EDS-MICS à celui des EDS précédentes : cela permet d’apprécier l’impact des efforts faits dans la promotion de la planification familiale au Cameroun. Ainsi, on constate que le niveau de connaissance des méthodes contraceptives s’est progressivement amélioré chez les femmes depuis 1991, qu’elles soient en union ou non. En effet, la proportion de femmes connaissant au moins une méthode contraceptive est passée de 73 % en 1991, à 81 % en 1998, à 90 % en 2004 et à 94 % en 2011. Ce constat est aussi valable si on se limite aux seules méthodes modernes. Il faut souligner que l’amélioration du niveau de connaissance des méthodes contraceptives, bien que touchant toutes les méthodes, est principalement imputable à l’augmentation de la connaissance du condom masculin par les femmes : en effet, ce niveau de connaissance est passé de 44 % en 1991, à 74 % en 1998, 86 % en 2004 et à 91 % en 2011. Le tableau 7.2 présente, pour les femmes et les hommes en union, les résultats selon les variables sociodémographiques. Le niveau de connaissance des méthodes contraceptives, et en particulier les méthodes modernes, reste élevé quelle que soit la catégorie sociodémographique considérée. Toutefois, les femmes des régions de l'Extrême-Nord (82 %) et de l'Est (87 %), celles n'ayant aucun niveau instruction (82 %) et celles des ménages les plus pauvres (81 %) se distinguent par un niveau de connaissance plus faible, c’est-à-dire inférieur à 90 %. Planification familiale • 103 Tableau 7.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans, actuellement en union, qui connaissent au moins une méthode contraceptive et pourcentage qui connaissent au moins une méthode moderne, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Femmes qui : Hommes qui : Ont entendu parler d'une méthode Ont entendu parler d'une méthode moderne1 Effectif Ont entendu parler d'une méthode Ont entendu parler d'une méthode moderne1 Effectif Groupe d’âges 15-19 91,1 91,0 868 100,0 100,0 29 20-24 94,9 94,9 1 935 98,4 98,4 226 25-29 94,3 94,2 2 122 99,4 99,0 542 30-34 94,9 94,5 1 617 98,6 98,6 635 35-39 94,8 94,6 1 393 98,1 98,1 611 40-44 93,8 93,7 998 98,8 98,8 501 45-49 92,9 92,6 860 98,8 97,7 412 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 99,5 99,4 1 884 100,0 99,9 656 Autres villes 98,2 98,2 2 750 99,6 99,6 805 Ensemble urbain 98,7 98,7 4 633 99,8 99,7 1 461 Rural 90,0 89,7 5 158 97,7 97,3 1 497 Région Adamaoua 96,9 96,9 524 98,6 98,4 122 Centre (sans Yaoundé) 99,3 99,1 744 99,5 99,5 233 Douala 99,2 99,2 936 100,0 99,7 281 Est 87,2 87,2 433 98,4 98,4 154 Extrême-Nord 82,3 82,0 1 986 95,5 94,7 527 Littoral (sans Douala) 98,7 98,7 370 100,0 100,0 111 Nord 91,8 91,7 1 245 99,2 99,2 325 Nord-Ouest 97,1 97,1 704 99,3 98,8 195 Ouest 99,4 99,0 994 100,0 100,0 289 Sud 99,3 99,0 255 100,0 100,0 94 Sud-Ouest 99,7 99,6 652 97,7 97,7 252 Yaoundé 99,8 99,7 948 100,0 100,0 374 Niveau d'instruction Aucun 82,6 82,2 2 673 95,3 93,9 353 Primaire 97,2 97,1 3 677 98,2 98,1 1 129 Secondaire 1er cycle 99,7 99,6 2 154 99,7 99,7 755 Secondaire 2nd cycle ou plus 100,0 100,0 1 288 100,0 100,0 721 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 81,4 81,1 1 987 95,6 94,5 542 Second 92,1 91,9 1 901 98,1 98,1 557 Moyen 98,5 98,2 1 857 99,7 99,7 540 Quatrième 99,0 98,9 2 026 99,9 99,7 607 Le plus riche 99,7 99,7 2 021 99,8 99,8 712 Ensemble 15-49 94,1 94,0 9 792 98,7 98,5 2 958 50-59 na na na 98,1 97,6 658 Ensemble 15-59 na na na 98,6 98,3 3 615 1 Stérilisation féminine, stérilisation masculine, pilule, DIU, injectables, implants, condom masculin, condom féminin, diaphragme, mousse ou gelée, Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée (MAMA) et pilule du lendemain. 7.2 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION On a demandé à toutes les femmes qui n’étaient pas enceintes si elles utilisaient actuellement une méthode pour éviter de tomber enceinte. Les réponses à cette question permettent d’estimer la prévalence contraceptive actuelle qui correspond donc à la proportion de femmes en union utilisant une méthode de contraception au moment de l’enquête. Les résultats présentés au tableau 7.3 montrent que, parmi toutes les femmes de 15-49 ans non enceintes au moment de l’enquête, 24 % utilisaient, au moins, une méthode contraceptive quelconque : 16 % utilisaient une méthode moderne et 8 % une méthode traditionnelle. Les résultats selon l’âge montrent que c’est parmi les femmes les plus jeunes (15-19 ans) et les plus âgées (45-49 ans) que la prévalence contraceptive est la plus faible ; elle s’établit à environ 15 % dans les deux cas. La méthode moderne la plus utilisée est le condom masculin (11 %), suivi des injectables (2 %) et de la pilule (2 %). Le taux d’utilisation des autres méthodes modernes est très faible (moins de 1 %). Par ailleurs, la continence périodique est la méthode traditionnelle la plus utilisée (6 %). 10 4 • P la ni fic at io n fa m ili al e Ta bl ea u 7. 3 U til is at io n ac tu el le d e la c on tra ce pt io n se lo n l’â ge R ép ar tit io n (e n % ) d es fe m m es d e 15 -4 9 an s, d es fe m m es a ct ue lle m en t e n un io n, e t d es fe m m es q ui n e so nt p as e n un io n et q ui s on t s ex ue lle m en t a ct iv es , p ar m ét ho de c on tra ce pt iv e ac tu el le m en t u til is ée s el on le g ro up e d' âg es , C am er ou n 20 11 G ro up e d' âg es N 'im po rte qu el le m ét ho de U ne m ét ho de m od er ne U ne m ét ho de m od er ne U ne m ét ho de tra di tio n- ne lle U ne m ét ho de tr ad iti on ne lle N 'u til is e pa s ac tu el le - m en t To ta l E ffe ct if de fe m m es S té ril is a- tio n fé m in in e P ilu le D IU In je ct a- bl es Im pl an ts C on do m m as cu lin C on do m fé m in in M ou ss e/ ge lé e M A M A R yt hm e R et ra it A ut re TO U TE S L E S F E M M E S 15 -1 9 15 ,1 12 ,1 0, 0 0, 2 0, 0 0, 5 0, 1 11 ,0 0, 2 0, 0 0, 1 3, 0 2, 5 0, 3 0, 2 84 ,9 10 0, 0 3 58 9 20 -2 4 28 ,9 22 ,0 0, 0 1, 7 0, 0 1, 5 0, 5 17 ,9 0, 1 0, 0 0, 2 6, 9 5, 3 1, 0 0, 6 71 ,1 10 0, 0 3 12 7 25 -2 9 28 ,4 19 ,6 0, 2 2, 1 0, 1 3, 2 0, 6 12 ,9 0, 1 0, 0 0, 4 8, 8 6, 5 1, 9 0, 4 71 ,6 10 0, 0 2 68 9 30 -3 4 26 ,9 16 ,6 0, 3 2, 2 0, 1 3, 7 0, 5 9, 8 0, 0 0, 0 0, 1 10 ,2 7, 9 2, 0 0, 3 73 ,1 10 0, 0 1 94 2 35 -3 9 27 ,0 16 ,0 1, 0 2, 7 0, 3 3, 7 0, 8 6, 7 0, 4 0, 0 0, 4 10 ,9 8, 3 1, 8 0, 8 73 ,0 10 0, 0 1 67 9 40 -4 4 23 ,7 12 ,6 0, 6 1, 9 0, 8 4, 3 1, 1 3, 6 0, 1 0, 0 0, 2 11 ,1 9, 3 1, 4 0, 4 76 ,3 10 0, 0 1 24 4 45 -4 9 15 ,3 8, 1 1, 7 1, 4 0, 3 2, 0 0, 7 2, 0 0, 0 0, 0 0, 1 7, 2 5, 9 1, 0 0, 3 84 ,7 10 0, 0 1 15 6 E ns em bl e 23 ,7 16 ,1 0, 4 1, 6 0, 2 2, 3 0, 5 10 ,8 0, 1 0, 0 0, 2 7, 5 5, 9 1, 3 0, 4 76 ,3 10 0, 0 15 4 26 FE M M E S A C TU E LL E M E N T E N U N IO N 15 -1 9 16 ,1 12 ,2 0, 0 0, 4 0, 1 1, 1 0, 2 9, 6 0, 4 0, 0 0, 4 3, 9 2, 9 0, 9 0, 1 83 ,9 10 0, 0 86 8 20 -2 4 22 ,1 16 ,0 0, 0 1, 6 0, 1 1, 8 0, 7 11 ,5 0, 1 0, 1 0, 3 6, 1 4, 1 1, 3 0, 7 77 ,9 10 0, 0 1 93 5 25 -2 9 24 ,8 15 ,6 0, 3 2, 1 0, 1 3, 3 0, 6 8, 5 0, 1 0, 1 0, 5 9, 2 6, 6 2, 3 0, 3 75 ,2 10 0, 0 2 12 2 30 -3 4 25 ,2 14 ,7 0, 3 2, 1 0, 2 4, 0 0, 6 7, 4 0, 0 0, 0 0, 1 10 ,4 7, 9 2, 3 0, 2 74 ,8 10 0, 0 1 61 7 35 -3 9 27 ,4 15 ,6 1, 1 2, 9 0, 3 3, 3 0, 9 6, 4 0, 2 0, 0 0, 4 11 ,8 8, 9 2, 1 0, 9 72 ,6 10 0, 0 1 39 3 40 -4 4 25 ,2 13 ,4 0, 8 2, 0 1, 0 4, 7 1, 3 3, 3 0, 1 0, 0 0, 2 11 ,8 9, 7 1, 6 0, 5 74 ,8 10 0, 0 99 8 45 -4 9 17 ,9 8, 8 2, 1 1, 6 0, 2 2, 5 0, 5 1, 7 0, 0 0, 0 0, 1 9, 1 7, 6 1, 2 0, 4 82 ,1 10 0, 0 86 0 E ns em bl e 23 ,4 14 ,4 0, 5 1, 9 0, 2 3, 0 0, 7 7, 6 0, 1 0, 0 0, 3 8, 9 6, 7 1, 8 0, 4 76 ,6 10 0, 0 9 79 2 FE M M E S N O N E N U N IO N E T S E X U E LL E M E N T A C TI V E S 1 15 -1 9 60 ,7 50 ,8 0, 0 1, 4 0, 0 1, 3 0, 0 48 ,0 0, 2 0, 0 0, 0 9, 9 8, 5 1, 0 0, 3 39 ,3 10 0, 0 29 6 20 -2 4 67 ,2 55 ,6 0, 0 4, 7 0, 0 0, 4 0, 3 49 ,9 0, 3 0, 0 0, 0 11 ,6 9, 0 1, 1 1, 5 32 ,8 10 0, 0 34 7 25 -2 9 60 ,7 51 ,8 0, 0 3, 3 0, 0 4, 9 0, 7 42 ,3 0, 6 0, 0 0, 0 8, 9 7, 2 1, 2 0, 5 39 ,3 10 0, 0 20 7 30 -3 4 55 ,9 41 ,7 0, 4 2, 5 0, 0 2, 7 0, 0 36 ,1 0, 0 0, 0 0, 0 14 ,2 11 ,5 1, 6 1, 1 44 ,1 10 0, 0 10 4 35 -3 9 46 ,8 38 ,2 0, 0 5, 9 0, 0 12 ,1 0, 0 15 ,6 4, 6 0, 0 0, 0 8, 6 7, 8 0, 8 0, 0 53 ,2 10 0, 0 81 40 -4 4 25 ,0 16 ,1 0, 0 5, 5 0, 0 5, 8 0, 0 4, 8 0, 0 0, 0 0, 0 9, 0 7, 8 0, 0 1, 2 75 ,0 10 0, 0 52 45 -4 9 (2 6, 5) (1 9, 1) (0 ,0 ) (1 ,4 ) (0 ,0 ) (0 ,0 ) (2 ,3 ) (1 5, 5) (0 ,0 ) (0 ,0 ) (0 ,0 ) (7 ,4 ) (4 ,0 ) (3 ,4 ) (0 ,0 ) (7 3, 5) 10 0, 0 40 E ns em bl e 58 ,4 48 ,0 0, 0 3, 4 0, 0 2, 7 0, 3 41 ,0 0, 6 0, 0 0, 0 10 ,4 8, 4 1, 2 0, 8 41 ,6 10 0, 0 1 12 7 N ot e: S i p lu s d' un e m ét ho de a é té u til is ée , s eu le la p lu s ef fic ac e es t p ris e en c om pt e da ns c e ta bl ea u. L es v al eu rs e nt re p ar en th ès es s on t b as ée s su r 2 5- 49 c as n on p on dé ré s. 1 F em m es a ya nt e u de s ra pp or ts s ex ue ls a u co ur s de s 30 jo ur s ay an t p ré cé dé l' en qu êt e. 104 • Planification familiale Planification familiale • 105 Au moment de l’enquête, 23 % des femmes en union utilisaient une méthode quelconque : 14 % une méthode moderne et 9 % une méthode traditionnelle (Graphique 7.1). En outre, les variations selon l’âge sont les mêmes que celles observées pour l’ensemble des femmes. La méthode moderne la plus utilisée reste le condom masculin (8 %) suivi des injectables (3 %) et de la pilule (2 %). Parmi les méthodes traditionnelles, c’est la continence périodique qui est la plus fréquemment utilisée (7 %), suivie du retrait (2 %). Graphique 7.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union 23 14 8 3 2 1 1 9 7 2 Toutes méthodes Méthodes modernes Condom masculin Injections Pilule Stérilisation féminine Implants Méthodes traditionnelles Rythme Retrait Pourcentage EDS-MICS 2011 Parmi les femmes non en union, mais sexuellement actives, 58 % utilisaient une méthode au moment de l’enquête, en particulier les femmes de moins de 30 ans (plus de 60 %). C’est le condom masculin qui est, de loin, la méthode la plus utilisée par cette catégorie de femmes (41 %). La comparaison avec les résultats des enquêtes précédentes montre que la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union a connu une augmentation importante au cours des dernières années puisqu’elle est passée de 4 % en 1991 à 7 % en 1998 pour atteindre 13 % en 2004. Depuis cette date, la prévalence contraceptive moderne n’a presque pas changé (Graphique 7.2). 106 • Planification familiale Graphique 7.2 Tendance de la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union 4 12 4 7 3 7 14 13 13 5 13 26 16 19 6 14 23 10 21 0 Cameroun Yaoundé/Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Pourcentage EDSC-I 1991 EDSC-II 1998 EDSC-III 2004 EDS-MICS 2011 Les informations recueillies permettent par ailleurs l’analyse de la prévalence contraceptive selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes en union (Tableau 7.4). Le nombre d’enfants vivants de la femme n’influe pas de façon importante sur la prévalence contraceptive. En effet, parmi les femmes ayant 3-4 enfants et celles ayant 5 enfants ou plus, la proportion de celles utilisant une méthode quelconque (respectivement, 26 % et 23 %) n’est que légèrement supérieure à la proportion observée chez les femmes sans enfant ou celles en ayant un ou deux (22 % dans les deux cas). La prévalence contraceptive est moins élevée en milieu rural (14 %) qu’en milieu urbain (33 %), en particulier dans les villes de Yaoundé/Douala (39 %). Par ailleurs, elle est très faible dans le Nord (5 %) et l’Extrême-Nord (4 %). Pour les autres régions, elle varie de 11 % dans l’Adamaoua à 40 % dans le Sud-Ouest et 41 % à Douala. Les femmes en union sans niveau d’instruction ont une prévalence contraceptive plus faible (4 %) que les femmes ayant un niveau d’instruction primaire (22 %) et que celles ayant un niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus (49 %). En outre, au moment de l’enquête, les femmes des ménages les plus pauvres pratiquaient moins la contraception (3 %) que celles des ménages les plus riches (41 %). Les variations de la prévalence contraceptive moderne suivent de très près celles observées pour toutes les méthodes. C’est en milieu rural (9 %), parmi les femmes sans niveau d’instruction (3 %), parmi celles des ménages du quintile le plus pauvre (2 %) et dans les régions du Nord (5 %) et de l’Extrême-Nord (3 %) qu’elle est la plus faible. Par ailleurs, le nombre d’enfants en vie semble négativement associé au niveau d’utilisation de la contraception moderne ; en effet, c’est chez les femmes n’ayant aucun enfant (17 %) que la proportion d’utilisatrices est la plus élevée et de plus, cette proportion diminue avec le nombre d’enfants pour atteindre 13 % chez celles en ayant au moins 5. P la ni fic at io n fa m ili al e • 1 07 Ta bl ea u 7. 4 U til is at io n ac tu el le d e la c on tra ce pt io n pa r c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s R ép ar tit io n (e n % ) d es fe m m es a ct ue lle m en t e n un io n de 1 5- 49 a ns p ar m ét ho de c on tra ce pt iv e ac tu el le m en t u til is ée , s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, C am er ou n 20 11 C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue N 'im - po rte qu el le m ét ho de U ne m ét ho de m od er ne U ne m ét ho de m od er ne U ne m ét ho de tra di tio n- ne lle U ne m ét ho de tr ad iti on ne lle N 'u til is e pa s ac tu el le - m en t To ta l E ffe ct if de fe m m es S té ril is a- tio n fé m in in e P ilu le D IU In - je ct ab le s Im pl an ts C on do m m as - cu lin C on do m fé m in in M ou ss e/ ge lé e M A M A R yt hm e R et ra it A ut re N om br e d' en fa nt s vi va nt s 0 21 ,8 17 ,4 0, 1 0, 5 0, 0 0, 2 0, 4 16 ,0 0, 1 0, 1 0, 0 4, 4 3, 5 0, 6 0, 3 78 ,2 10 0, 0 1 06 4 1- 2 21 ,7 14 ,5 0, 1 1, 7 0, 0 2, 4 0, 4 9, 3 0, 2 0, 0 0, 3 7, 3 5, 4 1, 5 0, 4 78 ,3 10 0, 0 3 38 1 3- 4 26 ,0 14 ,4 0, 8 2, 4 0, 3 3, 6 0, 8 6, 1 0, 1 0, 0 0, 4 11 ,6 8, 7 2, 3 0, 5 74 ,0 10 0, 0 2 72 3 5+ 23 ,4 13 ,2 1, 0 2, 3 0, 5 4, 3 1, 1 3, 5 0, 1 0, 0 0, 3 10 ,2 7, 7 2, 1 0, 4 76 ,6 10 0, 0 2 62 4 M ili eu d e ré si de nc e Y ao un dé /D ou al a 39 ,0 22 ,9 0, 3 2, 4 0, 2 3, 2 1, 0 15 ,2 0, 1 0, 1 0, 4 16 ,1 11 ,6 3, 6 0, 9 61 ,0 10 0, 0 1 88 4 A ut re s vi lle s 29 ,5 19 ,4 0, 9 2, 8 0, 4 3, 8 0, 9 10 ,0 0, 1 0, 0 0, 4 10 ,1 8, 0 1, 8 0, 4 70 ,5 10 0, 0 2 75 0 E ns em bl e ur ba in 33 ,4 20 ,8 0, 7 2, 7 0, 3 3, 5 0, 9 12 ,2 0, 1 0, 0 0, 4 12 ,6 9, 4 2, 5 0, 6 66 ,6 10 0, 0 4 63 3 R ur al 14 ,4 8, 7 0, 4 1, 3 0, 2 2, 5 0, 5 3, 5 0, 1 0, 0 0, 3 5, 7 4, 3 1, 1 0, 3 85 ,6 10 0, 0 5 15 8 R ég io n A da m ao ua 11 ,1 10 ,6 1, 1 1, 2 0, 4 2, 7 0, 6 3, 4 0, 0 0, 0 1, 3 0, 5 0, 5 0, 0 0, 0 88 ,9 10 0, 0 52 4 C en tre (s an s Y ao un dé ) 33 ,6 24 ,6 0, 3 3, 2 0, 8 6, 4 1, 5 11 ,9 0, 3 0, 0 0, 3 8, 9 6, 2 2, 3 0, 5 66 ,4 10 0, 0 74 4 D ou al a 40 ,7 21 ,4 0, 3 1, 7 0, 2 2, 3 0, 8 15 ,5 0, 1 0, 1 0, 4 19 ,3 13 ,2 4, 9 1, 2 59 ,3 10 0, 0 93 6 E st 12 ,5 9, 1 0, 1 1, 3 0, 0 1, 6 0, 5 5, 6 0, 0 0, 0 0, 0 3, 4 3, 2 0, 1 0, 1 87 ,5 10 0, 0 43 3 E xt rê m e- N or d 3, 7 3, 3 0, 1 0, 8 0, 0 1, 6 0, 0 0, 5 0, 0 0, 0 0, 3 0, 3 0, 2 0, 0 0, 1 96 ,3 10 0, 0 1 98 6 Li tto ra l ( sa ns D ou al a) 29 ,7 16 ,4 0, 7 3, 0 0, 0 3, 8 0, 2 8, 8 0, 0 0, 0 0, 0 13 ,2 10 ,0 2, 9 0, 4 70 ,3 10 0, 0 37 0 N or d 4, 9 4, 7 0, 6 1, 1 0, 1 2, 0 0, 4 0, 4 0, 1 0, 0 0, 0 0, 2 0, 2 0, 0 0, 0 95 ,1 10 0, 0 1 24 5 N or d- O ue st 38 ,1 20 ,9 1, 3 2, 4 1, 0 3, 4 1, 0 11 ,5 0, 0 0, 0 0, 3 17 ,2 12 ,9 3, 7 0, 6 61 ,9 10 0, 0 70 4 O ue st 33 ,7 16 ,4 0, 4 1, 0 0, 2 2, 2 1, 1 11 ,0 0, 2 0, 0 0, 3 17 ,3 13 ,4 3, 2 0, 7 66 ,3 10 0, 0 99 4 S ud 32 ,4 22 ,9 0, 5 3, 7 0, 0 5, 5 2, 2 10 ,7 0, 0 0, 0 0, 2 9, 5 7, 4 1, 3 0, 8 67 ,6 10 0, 0 25 5 S ud -O ue st 40 ,0 22 ,5 1, 8 4, 3 0, 2 5, 4 0, 6 9, 1 0, 4 0, 0 0, 7 17 ,4 14 ,1 2, 5 0, 9 60 ,0 10 0, 0 65 2 Y ao un dé 37 ,3 24 ,3 0, 2 3, 2 0, 2 4, 0 1, 1 15 ,0 0, 1 0, 1 0, 4 13 ,0 10 ,0 2, 3 0, 6 62 ,7 10 0, 0 94 8 N iv ea u d' in st ru ct io n A uc un 4, 1 3, 3 0, 5 0, 7 0, 0 1, 2 0, 2 0, 3 0, 0 0, 0 0, 4 0, 8 0, 5 0, 2 0, 1 95 ,9 10 0, 0 2 67 3 P rim ai re 21 ,6 12 ,5 0, 7 2, 1 0, 3 3, 7 0, 6 4, 8 0, 1 0, 0 0, 3 9, 1 6, 9 1, 8 0, 4 78 ,4 10 0, 0 3 67 7 S ec on da ire 1 er c yc le 35 ,1 21 ,6 0, 4 2, 8 0, 2 4, 0 1, 2 12 ,6 0, 1 0, 0 0, 3 13 ,5 10 ,0 2, 7 0, 9 64 ,9 10 0, 0 2 15 4 S ec on da ire 2 nd c yc le o u pl us 48 ,8 30 ,9 0, 4 2, 7 0, 6 3, 0 1, 0 22 ,3 0, 2 0, 2 0, 4 17 ,8 13 ,9 3, 5 0, 5 51 ,2 10 0, 0 1 28 8 Q ui nt ile d e bi en -ê tr e éc on om iq ue Le p lu s pa uv re 2, 9 2, 4 0, 1 0, 5 0, 0 0, 7 0, 1 0, 7 0, 1 0, 0 0, 2 0, 5 0, 3 0, 1 0, 1 97 ,1 10 0, 0 1 98 7 S ec on d 14 ,4 7, 8 0, 4 1, 1 0, 1 2, 4 0, 5 3, 1 0, 1 0, 0 0, 2 6, 6 4, 8 1, 5 0, 3 85 ,6 10 0, 0 1 90 1 M oy en 22 ,8 13 ,8 0, 6 2, 2 0, 3 4, 0 0, 7 5, 6 0, 0 0, 0 0, 4 9, 0 7, 1 1, 5 0, 5 77 ,2 10 0, 0 1 85 7 Q ua tri èm e 34 ,5 21 ,6 0, 9 2, 9 0, 3 3, 9 0, 9 11 ,9 0, 1 0, 0 0, 7 12 ,8 9, 5 2, 6 0, 7 65 ,5 10 0, 0 2 02 6 Le p lu s ric he 41 ,2 25 ,7 0, 6 2, 8 0, 5 3, 9 1, 2 16 ,1 0, 3 0, 1 0, 2 15 ,5 11 ,7 3, 1 0, 6 58 ,8 10 0, 0 2 02 1 E ns em bl e 23 ,4 14 ,4 0, 5 1, 9 0, 2 3, 0 0, 7 7, 6 0, 1 0, 0 0, 3 8, 9 6, 7 1, 8 0, 4 76 ,6 10 0, 0 9 79 2 N ot e: S i p lu s d' un e m ét ho de a é té u til is ée , s eu le la p lu s ef fic ac e es t p ris e en c om pt e da ns c e ta bl ea u. . M A M A : M ét ho de d e l’A lla ite m en t m at er ne l e t d e l’A m én or rh ée . Planification familiale • 107 108 • Planification familiale 7.3 SOURCES D'APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION Une bonne connaissance des endroits ou des canaux par lesquels les femmes se procurent les méthodes contraceptives peut aider à évaluer la contribution des services publics et privés dans la distribution et la vente des méthodes contraceptives. Elle peut aussi permettre de redéployer les efforts de marketing social ou de distribution communautaire de ces méthodes. Aussi l’EDS-MICS 2011 s’est-elle intéressée à la source d’approvisionnement la plus récente en méthodes contraceptives par les femmes utilisatrices au moment de l’enquête. Le tableau 7.5 montre que seulement 20 % des utilisatrices actuelles de la contraception s’adressent au secteur public pour se procurer leur méthode. Dans 13 % des cas, les femmes obtiennent leur méthode auprès d’un hôpital et dans 7 % des cas dans un centre de santé. En outre, 27 % des utilisatrices se procurent leur méthode dans le secteur médical privé, essentiellement dans une pharmacie (20 %). Le secteur privé non médical (boutique, marché amis, parents etc.) couvre 50 % de l’approvisionnement. Cette situation s’est nettement modifiée entre 1998 et 2004 et s’est depuis stabilisée. En effet, en 1998, 71 % des femmes se procuraient leur méthode dans le secteur médical public ou privé ; cette proportion n’était plus que de 46 % en 2004 et 47 % en 2011. Cette situation serait surtout attribuable à la multiplication des canaux de distribution de proximité du condom masculin (boutiques, hôtels, boîtes de nuit, circuit informel, campagnes de sensibilisation, etc.) à la faveur de la mobilisation générale contre la pandémie du sida. En effet, le condom masculin, méthode contraceptive moderne la plus utilisée (11 %), s’obtient essentiellement dans le secteur privé non médical (69 %) et particulièrement par l’intermédiaire de la boutique/marché (36 %) ou des amis/parents (34 %). Seulement 28 % des femmes se procurent les condoms masculins auprès des secteurs médicaux public (5 %) ou privé (24 %). Tableau 7.5 Source d'approvisionnement en méthodes modernes Répartition (en %) des utilisatrices actuelles de méthodes contraceptives modernes âgées de 15-49 ans par source d'approvisionnement la plus récente, en fonction de la méthode, Cameroun 2011 Source d'approvisionnement Stérilisation féminine Pilule DIU Injectables Implants Condom masculin Ensemble Secteur public 59,3 41,0 (38,1) 61,3 66,8 4,6 20,0 Hôpital 56,3 25,4 (35,4) 29,7 54,2 3,5 12,7 Centre de santé 3,1 14,0 (0,0) 29,4 12,6 0,8 6,7 Autre public 0,0 1,7 (2,6) 2,1 0,0 0,3 0,7 Secteur médical privé 38,2 38,2 (25,4) 32,4 21,3 23,8 26,9 Hôpital privé confessionnel 26,7 4,3 (3,3) 5,5 8,3 0,3 2,3 Hôpital laïc/clinique 8,5 3,6 (11,5) 6,1 5,6 0,2 1,8 Centre de santé/dispensaire confessionnel 2,9 1,9 (10,6) 10,1 7,3 0,5 2,4 Cabinet médical 0,0 1,2 (0,0) 0,8 0,0 0,0 0,2 Pharmacie 0,0 26,7 (0,0) 7,3 0,0 22,9 19,6 Autre privé médical 0,0 0,6 (0,0) 2,6 0,0 0,0 0,4 Autre source 0,0 19,5 (0,0) 4,2 0,4 69,0 49,9 Boutique/marché 0,0 16,9 (0,0) 2,3 0,0 35,5 26,3 Parents/amis 0,0 2,6 (0,0) 2,0 0,4 33,5 23,6 Autre 0,0 0,5 (0,0) 1,5 0,0 1,7 1,5 Ne sait pas 1,3 0,0 (0,0) 0,0 0,0 0,0 0,0 Manquant 1,1 0,8 (36,6) 0,7 11,5 0,9 1,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 57 244 25 359 78 1 671 2 459 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés 1 L’ensemble inclut 23 utilisatrices du condom féminin et 2 utilisatrices de mousse/gelée, mais pas la Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée (MAMA). Planification familiale • 109 En ce qui concerne la pilule, on constate que près de deux femmes sur cinq se procurent cette méthode dans le secteur médical public (41 %), principalement dans les hôpitaux (25 %). Par ailleurs, 38 % des utilisatrices de la pilule s’adressent au secteur médical privé pour obtenir cette méthode. Enfin, une proportion importante d’utilisatrices s’adressent au secteur privé non médical (19 %). Parmi les femmes qui utilisent des injectables, 61 % les ont obtenus dans le secteur médical public, 32 % dans le secteur médical privé et 4 % dans le secteur privé non médical. En ce qui concerne la stérilisation féminine, l’essentiel des prestations est fourni par les hôpitaux publics (56 %), les hôpitaux privés confessionnels (27 %) et par les hôpitaux laïcs ou cliniques (9 %). 7.4 INFORMATIONS RELATIVES AUX MÉTHODES CONTRACEPTIVES Au cours de l’EDS-MICS 2011, on a demandé aux femmes utilisatrices de méthodes contraceptives dont la dernière période d’utilisation avait commencé au cours des 5 années ayant précédé l’enquête si elles avaient été informées sur l’éventualité d’effets secondaires des méthodes et sur ce qu’il fallait faire en cas de ces effets. On leur a aussi demandé si on leur avait parlé d’autres méthodes qu’elles pouvaient utiliser. Ces informations sont particulièrement utiles pour, non seulement, prévenir l’abandon précoce de méthodes contraceptives adoptées, mais aussi pour corriger et combattre les préjugés concernant les méthodes de contraception. Les résultats obtenus sont présentés au tableau 7.6. Tableau 7.6 Choix éclairé de la méthode Parmi les utilisatrices actuelles de méthodes modernes, âgées de 15-49 ans, dont la dernière période d'utilisation d'une méthode a commencé au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, pourcentage ayant été informé de possibles effets secondaires ou sur des problèmes liés à cette méthode, pourcentage ayant été informé sur ce qu'il fallait faire en cas d'effets secondaires et pourcentage ayant été informé de l'existence d'autres méthodes, selon la méthode et la source; Parmi les femmes stérilisées, pourcentage ayant été informé que la méthode est permanente, par source initiale de la méthode, Cameroun 2011 Méthode/source Parmi les utilisatrices actuelles de méthodes modernes dont la dernière période d'utilisation a commencé au cours des cinq années ayant précédé l'enquête : Pourcentage ayant été informé des effets secondaires ou des problèmes de la méthode utilisée Pourcentage ayant été informé sur ce qu'il fallait faire en cas d'effets secondaires Pourcentage ayant été informé par un agent de santé ou de planification familiale d'autres méthodes qui peuvent être utilisées Effectif de femmes Méthode Stérilisation féminine * * * 22 Pilule 49,6 37,2 65,1 196 DIU * * * 16 Injectables 65,7 54,6 68,1 319 Implants 90,2 80,4 80,4 63 Source initiale de la méthode1 Secteur public 71,6 61,7 74,6 334 Secteur médical privé 62,9 48,8 63,5 200 Autre 32,7 19,6 40,0 60 Ensemble2 63,6 52,3 66,8 615 Note: Le tableau n'inclut que les utilisatrices de méthodes figurant sur la liste. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 Source au moment où a commencé l'épisode d'utilisation de la méthode actuelle. 2 L’ensemble comprend 9 femmes pour lesquelles le type de source n’est pas précisé et 6 femmes pour lesquelles la source est non déterminée. On constate que dans 64 % des cas, les utilisatrices de méthodes modernes ont déclaré avoir été informées des effets secondaires ou des problèmes qui pourraient survenir en utilisant leur méthode. Cette proportion varie légèrement selon la méthode utilisée, d’un maximum de 90 % chez les femmes qui utilisent les implants à un minimum de 50 % chez celles qui utilisent la pilule. La proportion de femmes ayant reçu ces informations varie selon le secteur d’approvisionnement. Cette proportion est plus élevée dans le secteur public (72 %) que dans le secteur médical privé (63 %) et le secteur privé non médical (33 %). 110 • Planification familiale En outre, dans 52 % des cas, les femmes ont déclaré avoir été informées de ce qu’il fallait faire en cas d’effets secondaires. Ici aussi, les femmes qui utilisent les implants ont été mieux informées (80 %) que les autres. Enfin, le tableau 7.6 montre que 67 % des femmes ont reçu des informations fournies par un agent de santé ou de planification familiale concernant l’utilisation éventuelle d’autres méthodes. Cette proportion varie de 80 % quand la méthode utilisée est l’implant à 65 % quand il s’agit de la pilule. C’est quand les femmes ont obtenu leur méthode auprès du secteur public qu’elles ont été le plus fréquemment informées par un agent de santé (75 % contre 64 % dans le secteur médical privé). 7.5 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE La continence périodique (ou méthode du rythme) est une des principales méthodes traditionnelles utilisées par les femmes au Cameroun (6 % de l’ensemble des femmes). Il est donc important que ces femmes connaissent bien le moment du cycle menstruel pendant lequel elles sont le plus fécondes car l'efficacité de cette méthode en dépend. Pour mesurer cette connaissance, on a demandé à toutes les femmes si elles pensaient qu’au cours du cycle menstruel, il y avait une période pendant laquelle une femme avait plus de chances de tomber enceinte. À celles qui répondaient par oui, on leur demandait à quel moment du cycle se situait cette période. La question proposait explicitement quatre réponses : « juste avant que les règles ne commencent », « pendant la période des règles », « juste après que les règles soient terminées » et « au milieu, entre deux périodes de règles ». L’enquêtée pouvait donner également une autre réponse ou déclarer qu’elle ne connaissait pas cette période. Dans l’ensemble, seulement 32 % des femmes ont indiqué « le milieu du cycle » comme la période féconde (Tableau 7.7). Elles sont considérées comme ayant une bonne connaissance de la période féconde. Cette proportion est plus élevée chez les femmes utilisatrices de la méthode du rythme (55 %) que chez les femmes non utilisatrices de cette méthode (31 %). Par ailleurs, 35 % de femmes ont indiqué que la période féconde probable se situe « juste après les règles » et 4 % la situent « juste avant le début des règles ». Ces réponses sont trop vagues pour pouvoir être considérées comme exactes car les périodes « juste après la fin » et « juste avant le début » peuvent ou non correspondre à la période féconde. Les femmes de ces deux catégories (39 %) sont considérées comme ayant une connaissance douteuse de la période féconde. Enfin, les femmes considérées comme ne connaissant pas du tout la période féconde probable sont celles ayant fourni des réponses différentes de celles précédemment citées : leur proportion est globalement estimée à 29 %. Tableau 7.7 Connaissance de la période féconde Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans selon leur connaissance de la période féconde au cours du cycle menstruel en fonction de l'utilisation actuelle de la continence périodique, Cameroun 2011 Connaissance de la période féconde Utilisatrices de la méthode du rythme Non utilisatrices de la méthode du rythme Ensemble des femmes Juste avant le début des règles 3,8 4,2 4,1 Durant les règles 1,3 1,6 1,6 Juste après la fin des règles 36,2 34,6 34,7 Au milieu du cycle/entre deux périodes de règles 54,7 31,0 32,4 Autre 0,4 0,5 0,5 Pas de moment spécifique 1,1 9,7 9,2 Ne sait pas 2,4 18,3 17,3 Manquant 0,0 0,2 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 907 14 519 15 426 Planification familiale • 111 Parmi les utilisatrices de la continence périodique qui sont supposées connaître la période féconde, 39 % en ont une connaissance douteuse et 5 % ne savent pas situer cette période ou ne savent pas du tout qu’il existe une période au cours de laquelle une femme a le plus de chance de tomber enceinte. Ces résultats permettent de constater que près de la moitié des utilisatrices de la continence périodique (45 %) ne savent pas quand employer correctement la méthode car elles ne connaissent pas la période féconde ou n’en ont qu’une connaissance approximative. 7.6 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE Les femmes actuellement en union non utilisatrices de la contraception et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants (limiter les naissances) ou qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant la naissance de l'enfant suivant (espacer les naissances) sont considérées comme ayant des besoins non satisfaits en matière de contraception3. Les femmes ayant des besoins non-satisfaits et celles utilisant actuellement la contraception constituent la demande totale en planification familiale. Le tableau 7.8 présente, pour les femmes actuellement de 15-49 ans en union, les estimations des besoins non satisfaits et des besoins satisfaits en matière de contraception selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Ce tableau fournit également l’estimation des besoins non-satisfaits et satisfaits pour les femmes non en union et pour l’ensemble des femmes. On estime que, dans l’ensemble, 17 % des femmes de 15-49 ans ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, soit environ 11 % pour l’espacement des naissances et 5 % pour la limitation. La demande potentielle en planification familiale de ces femmes est de 40 %, soit 29 % pour l’espacement des naissances et 12 % pour la limitation. La proportion de femmes dont les besoins en planification familiale sont actuellement satisfaits est de 59 %. Rappelons que le niveau d'utilisation actuelle de la contraception chez les femmes en union a connu une augmentation importante entre 1991 et 2004, passant de 16 % en 1991 à 19 % en 1998 et à 26 % en 2004. En 2011, il a légèrement baissé et se situe à 23 %. Cependant, les besoins non satisfaits en matière de planification familiale parmi les femmes en union n’ont presque pas changé pendant la période (22 % en 1991 et 24 % en 2011). On note un écart important entre la proportion de femmes en union ayant des besoins non satisfaits pour espacer leurs naissances (16 %) et celle des femmes qui veulent limiter leur descendance (8 %). Il en est de même de l’écart entre les proportions de femmes en union dont les besoins sont actuellement satisfaits pour espacer (15 %) et celles dont les besoins sont satisfaits pour limiter leur descendance (9 %). 3 Le calcul exact des besoins non-satisfaits est expliqué en note du tableau 7.8 112 • Planification familiale Tableau 7.8 Besoins en matière de planification familiale des femmes actuellement en union Pourcentage de femmes de 15-49 ans, actuellement en union, ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de celles dont les besoins sont satisfaits, pourcentage de demande potentielle totale de services de planification familiale et pourcentage de demande satisfaite, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Besoins non satisfaits en matière de planification familiale1 Besoins satisfaits en matière de planification familiale (utilisation actuelle)2 Demande totale en planification familiale Pour- centage de demande satisfaite Pour- centage de demande satisfaite par des méthodes modernes Effectif de femmes Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Pour espacer Pour limiter Total Groupe d’âges 15-19 24,6 1,1 25,7 15,6 0,5 16,1 40,2 1,7 41,9 38,6 29,2 868 20-24 23,3 1,5 24,8 21,3 0,8 22,1 44,6 2,3 46,9 47,1 34,2 1 935 25-29 19,6 3,7 23,3 20,9 3,9 24,8 40,5 7,6 48,1 51,5 32,4 2 122 30-34 15,3 9,3 24,6 16,1 9,1 25,2 31,4 18,3 49,7 50,6 29,6 1 617 35-39 9,8 14,2 24,0 10,8 16,6 27,4 20,7 30,8 51,4 53,3 30,4 1 393 40-44 4,2 19,1 23,3 4,1 21,1 25,2 8,4 40,1 48,5 52,0 27,6 998 45-49 1,6 15,1 16,7 1,6 16,3 17,9 3,2 31,4 34,6 51,7 25,3 860 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 14,4 6,9 21,2 27,8 11,2 39,0 42,2 18,1 60,2 64,7 38,0 1 884 Autres villes 14,7 9,0 23,7 17,8 11,7 29,5 32,5 20,7 53,2 55,5 36,4 2 750 Ensemble urbain 14,6 8,1 22,7 21,9 11,5 33,4 36,4 19,6 56,1 59,5 37,1 4 633 Rural 16,4 7,9 24,3 8,6 5,8 14,4 25,0 13,7 38,7 37,2 22,5 5 158 Région Adamaoua 14,1 7,7 21,8 5,7 5,3 11,1 19,8 13,0 32,8 33,7 32,1 524 Centre (sans Yaoundé) 20,1 10,5 30,6 24,4 9,2 33,6 44,4 19,7 64,2 52,4 38,4 744 Douala 11,2 6,8 18,0 27,3 13,4 40,7 38,5 20,2 58,7 69,3 36,5 936 Est 24,5 7,3 31,8 8,6 3,9 12,5 33,1 11,3 44,4 28,3 20,5 433 Extrême-Nord 14,5 8,3 22,8 2,4 1,3 3,7 16,8 9,7 26,5 13,9 12,6 1 986 Littoral (sans Douala) 18,3 11,1 29,3 18,2 11,5 29,7 36,5 22,5 59,0 50,3 27,9 370 Nord 22,9 8,7 31,6 2,2 2,7 4,9 25,2 11,3 36,5 13,5 13,0 1 245 Nord-Ouest 8,7 9,0 17,7 19,9 18,3 38,1 28,5 27,3 55,8 68,3 37,5 704 Ouest 9,5 7,3 16,8 20,3 13,4 33,7 29,9 20,7 50,6 66,7 32,5 994 Sud 15,8 6,5 22,2 20,6 11,8 32,4 36,4 18,3 54,6 59,3 42,0 255 Sud-Ouest 12,9 5,8 18,7 22,6 17,4 40,0 35,5 23,2 58,7 68,1 38,4 652 Yaoundé 17,5 7,0 24,4 28,3 9,0 37,3 45,8 16,0 61,7 60,4 39,4 948 Niveau d'instruction Aucun 15,0 8,2 23,2 1,6 2,5 4,1 16,6 10,7 27,3 15,0 11,9 2 673 Primaire 16,6 9,6 26,2 11,1 10,5 21,6 27,7 20,1 47,8 45,2 26,2 3 677 Secondaire 1er cycle 16,6 6,8 23,4 25,1 10,1 35,1 41,7 16,9 58,5 60,0 37,0 2 154 Secondaire 2nd cycle ou plus 11,8 5,1 16,9 36,2 12,6 48,8 48,0 17,7 65,7 74,2 47,1 1 288 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 18,1 7,7 25,7 1,8 1,1 2,9 19,9 8,8 28,7 10,3 8,4 1 987 Second 15,1 8,8 23,9 8,1 6,3 14,4 23,2 15,1 38,3 37,7 20,5 1 901 Moyen 16,3 9,1 25,4 13,3 9,5 22,8 29,6 18,6 48,2 47,3 28,6 1 857 Quatrième 16,1 7,6 23,7 22,8 11,7 34,5 38,8 19,3 58,1 59,3 37,2 2 026 Le plus riche 12,1 7,1 19,2 27,7 13,6 41,2 39,8 20,6 60,4 68,2 42,6 2 021 Ensemble des femmes en union 15,5 8,0 23,5 14,9 8,5 23,4 30,4 16,5 46,9 49,8 30,7 9 792 Ensemble des femmes qui ne sont pas actuellement en union 3,8 0,7 4,5 21,8 2,5 24,3 25,6 3,2 28,8 84,4 66,6 5 634 Ensemble des femmes 11,2 5,3 16,6 17,4 6,3 23,7 28,6 11,6 40,3 58,8 40,1 15 426 1 Les besoins non satisfaits pour espacer concernent les femmes fertiles et qui n'utilisent pas de méthode de planification familiale et qui déclarent qu'elles veulent attendre, au moins, deux ans avant leur prochaine naissance, ou qui déclarent qu'elles ne sont pas sûres de vouloir un autre enfant ou qui veulent un autre enfant mais qui ne savent pas quand. De plus, dans cette catégorie, sont incluses les femmes enceintes dont la grossesse actuelle a été mal planifiée, ou celles dont la grossesse actuelle n'était pas voulue mais qui disent maintenant qu'elles veulent d'autres enfants. Les besoins non satisfaits pour espacer incluent aussi les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance ne s'est pas produite au moment voulu ou celles dont la dernière naissance n'était pas voulue mais qui déclarent maintenant qu'elles veulent d'autres enfants. Les besoins non satisfaits pour limiter concernent les femmes qui sont fertiles et qui n'utilisent pas de méthode de planification familiale et qui déclarent qu'elles ne veulent plus d'enfant. De plus, les besoins non satisfaits pour limiter concernent les femmes enceintes dont la grossesse actuelle n'était pas voulue mais qui déclarent maintenant qu'elles ne veulent plus d'enfant ou qui n'ont pas décidé si elles veulent ou non un autre enfant. Les besoins non satisfaits pour limiter incluent aussi les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance n'était pas voulue mais qui déclarent maintenant qu'elles ne veulent plus d'enfant ou qui n'ont pas décidé si elles voulaient ou non un autre enfant. 2 L'utilisation pour espacer concerne les femmes qui utilisent certaines méthodes de planification familiale et qui disent qu'elles veulent un autre enfant ou qui n'ont pas décidé si elles en voulaient, ou non, un autre. L'utilisation pour limiter concerne les femmes qui utilisent une méthode de planification familiale et qui ne veulent plus d'enfants. Notez que les méthodes spécifiques utilisées ne sont pas prises en compte ici. Si les femmes en union ayant des besoins non satisfaits en matière de contraception pouvaient les satisfaire, c'est-à-dire si elles utilisaient effectivement la contraception, la prévalence contraceptive pourrait atteindre 47 % (demande potentielle totale). La demande potentielle totale en matière de contraception parmi les femmes en union était estimée à 38 % en 1991 et à 46 % en 2004. Elle est orientée dans près des deux tiers des cas (30 %) vers l’espacement des naissances et, dans 17 % des cas, vers la limitation. Actuellement chez Planification familiale • 113 les femmes en union, 50 % seulement de la demande potentielle totale en planification familiale sont satisfaites au Cameroun (31 % par les méthodes modernes) alors qu’elle était satisfaite à 56 % en 2004. Les besoins en matière de planification familiale varient selon les caractéristiques sociodémographiques. Selon l’âge, on constate que c’est dans le groupe d’âges 15-19 ans que la proportion des besoins non satisfaits en planification familiale est la plus élevée (26 %). La proportion de femmes ayant des besoins non satisfaits ne varie que très peu entre 15 et 44 ans, oscillant autour de 23 % ; elle passe ensuite à 17 % à 45-49 ans. En ce qui concerne les besoins non satisfaits pour l’espacement, les résultats montrent qu’ils diminuent considérablement avec l’âge : de 25 % à 15-19 ans, cette proportion est de 15 % à 30-34 ans et de moins de 2 % à 45-49 ans. Inversement, la proportion des besoins non satisfaits pour la limitation des naissances augmente d’abord avec l’âge des femmes passant de 1 % à 15-19 ans à 19 % à 40-44 ans, avant de s’infléchir à 45-49 ans (15 %). Ainsi, avant 35 ans, l’essentiel des besoins non satisfaits en matière de planification familiale est orienté vers les besoins en espacement des naissances alors qu’à partir de cet âge, les besoins non satisfaits sont plus orientés vers la limitation des naissances. Pour ce qui est de la demande potentielle totale en planification familiale, elle est de 42 % chez les femmes de 15-19 ans. Elle augmente régulièrement avec l’âge jusqu’à 35-39 ans où elle atteint 51 %, puis baisse jusqu’à 45-49 ans où elle n’est plus que de 35 %. Le taux de satisfaction de demande potentielle varie de 39 % à 15-19 ans à 53 % à 35-39 ans. Les résultats selon le milieu de résidence ne font pas apparaître de différences importantes (23 % de besoins non satisfaits en urbain contre 24 % en rural). Par contre, la demande potentielle totale en matière de planification familiale est plus élevée en milieu urbain (56 %) qu'en milieu rural (39 %). Cependant 60 % de cette demande sont satisfaites en urbain (37 % par des méthodes modernes) contre 37 % en rural (23 % par des méthodes modernes). Au niveau des régions, on note que les proportions de femmes ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale varient d’un minimum de 17 % à l’Ouest à un maximum de 32 % à l’Est et au Nord. Quant à la demande potentielle totale, elle passe de 27 % à l’Extrême-Nord à 64 % au Centre. La demande satisfaite varie d’un minimum de 14 % dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord à un maximum de 68 % dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Les besoins non satisfaits sont proportionnellement moins importants parmi les femmes les plus instruites (17 %) que parmi les autres (au moins 23 %) ; inversement, c’est parmi les femmes les plus instruites que la proportion de demande satisfaite est la plus importante (74 %). 7.7 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION Les femmes en union qui n’utilisent pas actuelle- ment de méthodes contra- ceptives peuvent cependant envisager d’en utiliser une dans le futur. Au cours de l’EDS-MICS 2011, on a donc demandé aux femmes qui n'utilisaient pas la contra- ception au moment de l'enquête, si elles avaient l'intention d'utiliser une méthode dans l'avenir. Le tableau 7.9 présente les résultats obtenus. Dans l’ensemble, 43 % de ces femmes ont l’intention d’utiliser une méthode contraceptive à l’avenir, 11 % n’en sont pas sûres et 46 % n’en ont pas du tout l’intention. En outre, les résultats ne font pas apparaître de tendance très nette de l’utilisation future de la contraception en fonction du nombre d’enfants vivants. Tableau 7.9 Utilisation future de la contraception Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans, actuellement en union qui n'utilisent pas actuellement de méthode, par nombre d'enfants vivants et selon l'intention d'utiliser une méthode dans l'avenir, Cameroun 2011 Intention Nombre d'enfants vivants1 Ensemble0 1 2 3 4+ A l'intention d’utiliser 33,7 44,7 48,9 45,7 39,7 42,7 Pas sûre 12,8 10,4 10,7 12,3 9,9 10,7 N'a pas l'intention d'utiliser 53,3 44,7 40,0 41,4 49,6 46,0 Manquant 0,1 0,2 0,4 0,6 0,9 0,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 590 1 261 1 379 1 161 3 113 7 504 1 Y compris la grossesse actuelle 114 • Planification familiale 7.8 SOURCES D’INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION La maîtrise des principales sources d’information sur les méthodes contraceptives peut se révéler très importante pour la mise en place des programmes de planification familiale. En effet, elle peut permettre de réorienter la stratégie de sensibilisation et de vulgarisation de la pratique contraceptive. C’est pour cette raison qu’au cours de l’enquête, on a demandé à toutes les femmes de 15-49 ans si, au cours des derniers mois, elles avaient entendu parler de la planification familiale à la radio ou à la télévision ou alors si elles avaient appris quelque chose à ce sujet dans les journaux/magazines ou sur des affiches/dépliants. Les résultats du tableau 7.10 montrent qu’au cours des derniers mois ayant précédé l’enquête, 68 % des femmes n’ont pas été exposées à des messages relatifs à la planification familiale, ni par le biais de journaux/magazines, ni par la radio, ni par la télévision. À l’opposé, 18 % des femmes ont entendu parler de la planification familiale à la radio, 22 % à la télévision, 14 % de femmes ont vu un message relatif à la planification familiale sur des affiches ou dépliants et 11 % de femmes ont lu des messages dans des journaux ou magazines. Tableau 7.10 Exposition aux messages sur la planification familiale Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui, au cours des derniers mois ayant précédé l'enquête, ont, soit entendu à la radio, soit vu à la télévision ou dans un journal ou une revue, un message sur la planification familiale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Radio Télévision Journaux/ magazines Affiche/ dépliant Aucun des quatre médias Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 13,4 18,4 11,4 11,7 70,9 3 589 20-24 20,0 24,6 14,3 17,2 63,1 3 127 25-29 20,6 23,7 11,5 16,1 66,9 2 689 30-34 21,5 25,8 10,6 15,6 65,5 1 942 35-39 19,7 22,2 8,1 15,2 67,4 1 679 40-44 19,2 20,5 7,2 13,8 70,5 1 244 45-49 17,4 18,3 6,2 12,2 74,1 1 156 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 28,6 39,9 20,7 25,4 48,0 3 467 Autres villes 23,9 30,2 14,1 17,4 59,2 4 842 Ensemble urbain 25,9 34,3 16,8 20,7 54,5 8 309 Rural 9,8 7,9 3,8 7,6 83,3 7 117 Région Adamaoua 10,5 16,2 4,6 10,0 76,8 746 Centre (sans Yaoundé) 22,4 27,7 15,9 16,5 62,8 1 092 Douala 19,2 31,2 13,2 17,6 59,6 1 712 Est 12,0 16,6 5,6 5,9 79,7 604 Extrême-Nord 7,7 6,3 1,9 5,6 86,3 2 490 Littoral (sans Douala) 21,4 31,4 12,2 14,9 60,9 615 Nord 10,9 9,8 3,9 8,3 82,0 1 676 Nord-Ouest 18,3 13,4 10,7 10,3 72,7 1 521 Ouest 23,4 28,7 13,0 25,0 58,2 1 634 Sud 17,1 21,9 12,4 11,5 69,7 402 Sud-Ouest 19,0 19,2 8,2 9,2 69,3 1 180 Yaoundé 37,7 48,4 27,9 33,0 36,6 1 755 Niveau d'instruction Aucun 4,6 3,8 0,3 3,4 91,3 3 086 Primaire 12,7 13,6 3,0 8,0 78,0 5 214 Secondaire 1er cycle 21,8 29,8 13,3 17,1 59,3 4 185 Secondaire 2nd cycle ou plus 38,4 45,4 32,2 34,9 37,0 2 941 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 3,0 0,8 0,4 3,4 93,9 2 481 Second 10,0 5,0 3,0 7,4 84,1 2 751 Moyen 13,8 14,4 6,2 10,1 75,2 2 923 Quatrième 23,9 33,9 14,4 17,8 56,4 3 517 Le plus riche 33,3 43,7 23,6 28,1 43,4 3 753 Ensemble 18,4 22,1 10,8 14,7 67,8 15 426 Planification familiale • 115 Ces proportions varient selon les caractéristiques sociodémographiques des femmes : c’est parmi les femmes âgées de 45-49 ans que l’on observe la proportion la plus élevée de femmes qui n’ont été exposées, au cours des derniers mois ayant précédé l’enquête, à aucun message sur la planification familiale par l’intermédiaire des sources citées (74 %). En fonction du milieu de résidence, on note des disparités importantes, les femmes du milieu rural ayant été proportionnellement plus nombreuses à ne pas avoir été exposées à ce type de messages (83 %) que celles du milieu urbain (55 %). Il en est de même des femmes sans aucun niveau d’instruction (91 %) par rapport à celles ayant au moins un niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus (37 %) et des femmes des ménages les plus pauvres (94 %) par rapport à celles des ménages les plus riches (43 %). Les régions de l’Extrême-Nord (86 %) et du Nord (82 %) détiennent les proportions les plus élevées de femmes non exposées à ces messages. 7.9 CONTACT DES NON UTILISATRICES DE LA CONTRACEPTION AVEC DES PRESTATAIRES DE PLANIFICATION FAMILIALE La proportion de femmes non utilisatrices de méthodes de contraception ayant eu un contact avec des prestataires de la planification familiale peut permettre d’évaluer les activités de sensibilisation et d’autres approches d’intervention notamment à base communautaire. Pour cette raison, au cours de l’EDS-MICS 2011, on a demandé aux femmes si, au cours des douze mois ayant précédé l’enquête, elles avaient reçu la visite d’un agent qui leur avait parlé de planification familiale. On leur a aussi demandé si elles s’étaient rendues dans un établissement sanitaire au cours des douze mois ayant précédé l’enquête pour une raison quelconque et si, au cours d’une de ces visites, un membre du personnel de santé leur avait parlé de méthodes de planification familiale. Dans l’ensemble, seulement 5 % de femmes non utilisatrices de la contraception ont reçu la visite d’un agent de terrain pour discuter de planification familiale (Tableau 7.11). Par ailleurs, 12 % de non utilisatrices sont allées dans un établissement de santé au cours des 12 derniers mois (pour elles-mêmes ou pour leurs enfants) et ont parlé de planification familiale avec un prestataire de santé, alors que 40 % ont visité un établissement de santé mais n’ont pas parlé de planification familiale. Globalement, il ressort que 85 % des femmes non utilisatrices de méthodes contraceptives n’ont parlé de planification familiale ni avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé. Il n’existe pas d’écart important entre les milieux de résidence. Par contre, il semble que les femmes du Nord-Ouest et les plus instruites aient plus fréquemment discuté de planification familiale que les autres, que ce soit à domicile ou dans un établissement de santé avec un prestataire de planification familiale. 116 • Planification familiale Tableau 7.11 Contact des non utilisatrices de la contraception avec des agents de planification familiale Parmi les femmes de 15-49 ans qui n'utilisent pas de méthode contraceptive, pourcentage de celles qui ont été contactées au cours des 12 derniers mois par un agent de terrain qui leur a parlé de planification familiale, qui ont visité un établissement de santé et parlé de PF, pourcentage qui ont visité un établissement de santé mais qui n'ont pas parlé de PF et pourcentage qui n'ont ni discuté de PF avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristiques sociodémographiques Pourcentage de femmes qui ont reçu la visite d'un agent de terrain qui a parlé de planification familiale Pourcentage de femmes qui ont visité un établissement de santé au cours des 12 derniers mois et qui : Pourcentage de femmes qui n'ont parlé de planification familiale ni avec un agent de terrain, ni dans un établissement de santé Effectif de femmes non utilisatrices de la contraception Ont parlé de planification familiale N'ont pas parlé de planification familiale Groupe d’âges 15-19 3,5 4,8 29,8 92,4 3 049 20-24 5,7 14,5 45,8 82,1 2 222 25-29 6,2 15,7 44,7 81,2 1 925 30-34 6,1 17,0 43,2 79,1 1 421 35-39 6,4 14,7 43,1 81,2 1 226 40-44 5,9 9,5 38,4 85,9 949 45-49 5,2 6,9 37,5 89,3 979 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 7,7 12,8 48,0 82,3 2 181 Autres villes 6,4 13,4 39,5 82,4 3 522 Ensemble urbain 6,9 13,1 42,8 82,4 5 703 Rural 3,9 9,9 36,6 87,6 6 068 Région Adamaoua 4,9 6,6 31,6 89,5 661 Centre (sans Yaoundé) 7,9 12,0 40,6 82,8 754 Douala 5,3 12,2 47,8 84,7 1 032 Est 4,6 5,4 46,2 92,3 519 Extrême-Nord 2,2 11,8 30,4 87,0 2 387 Littoral (sans Douala) 4,3 10,4 51,0 86,5 452 Nord 6,3 8,8 33,5 85,8 1 600 Nord-Ouest 5,4 18,8 26,5 79,0 1 042 Ouest 6,1 10,2 50,4 86,8 1 130 Sud 4,9 10,8 58,7 84,4 274 Sud-Ouest 3,9 13,0 46,2 84,3 771 Yaoundé 9,9 13,2 48,3 80,1 1 149 Niveau d'instruction Aucun 3,3 7,1 32,2 90,1 2 971 Primaire 5,1 13,7 40,7 83,5 4 179 Secondaire 1er cycle 6,4 11,8 40,4 84,3 2 964 Secondaire 2nd cycle ou plus 7,5 13,1 48,5 81,5 1 657 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 2,9 7,4 30,1 90,3 2 397 Second 4,0 11,2 37,3 86,7 2 349 Moyen 6,3 12,5 41,0 83,0 2 285 Quatrième 6,6 13,1 41,4 82,6 2 394 Le plus riche 6,9 13,3 48,3 82,6 2 346 Ensemble 5,3 11,5 39,6 85,1 11 771 7.10 OPINIONS ET ATTITUDES DES COUPLES VIS-À-VIS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE La pratique de la contraception par la femme est non seulement influencée par ses opinions et attitudes vis-à-vis de la planification familiale, mais aussi par celles de son conjoint. Dans la société camerounaise, le pouvoir de décision sur la taille de la famille est surtout le fait de l’homme. Il se peut aussi que les autres membres de la famille interviennent. Au sein du couple, la prise concertée de décision par les conjoints peut modifier les opinions, les attitudes et le comportement de l’homme et le rendre alors favorable à la planification familiale. L’EDS-MICS 2011 s’est donc penchée sur les opinions et les attitudes des couples vis- à-vis de la planification familiale. Ainsi, au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes vivant en union combien de fois elles avaient discuté de la planification familiale avec leur conjoint au cours des douze mois précédant l’enquête. Les résultats du tableau 7.12 portent sur les femmes en union qui connaissent une méthode de planification familiale. Ces résultats montrent qu’au Cameroun, la discussion au sujet de la planification n’est Planification familiale • 117 pas encore une pratique courante au sein des couples. En effet, au cours de l’année précédant l’enquête, plus de la moitié des femmes (53 %) ont déclaré n’avoir jamais discuté de planification familiale avec leur partenaire, 24 % en ont discuté une ou deux fois, et seulement 22 % de couples ont abordé ce sujet au moins trois fois. Cependant, si l’on compare ces résultats avec ceux des enquêtes précédentes, on constate une augmentation de la proportion de femmes ayant déclaré avoir abordé ce sujet avec leur conjoint : cette proportion est passée de 37 % en 1991 à 47 % en 2011. Les femmes de 15-19 ans (55 %) et celles de 35 ans ou plus (plus de 53 %) sont proportionnellement les plus nombreuses à n’avoir jamais discuté de planification familiale avec leur conjoint. Tableau 7.12 Discussion de la planification familiale avec le conjoint Répartition (en %) des femmes actuellement en union et connaissant une méthode contraceptive, en fonction du nombre de fois qu'elles ont discuté de planification familiale avec leur conjoint au cours de l'année passée, selon l'âge actuel, Cameroun 2011 Groupe d’âges Nombre de fois que la femme a discuté de PF avec son mari : Total Effectif Jamais Une ou deux fois Plus souvent ND 15-19 54,7 21,6 22,1 1,6 100,0 790 20-24 49,3 26,3 23,8 0,6 100,0 1 836 25-29 48,8 27,3 22,9 1,0 100,0 2 000 30-34 48,2 25,5 25,5 0,8 100,0 1 535 35-39 53,7 23,0 22,2 1,1 100,0 1 320 40-44 56,4 21,7 20,6 1,3 100,0 936 45-49 68,4 15,9 14,7 1,0 100,0 798 Ensemble des femmes 52,5 24,1 22,4 1,0 100,0 9 216 Santé de la reproduction • 119 Ghislaine NGONO et Fernande EVINA es soins de santé qu’une mère reçoit au cours de sa grossesse, au moment et immédiatement après l’accouchement sont, non seulement, très importants pour sa survie et son bien-être mais aussi pour celui de l’enfant. Ce chapitre présente les résultats concernant les soins prénatals, les conditions d’accouchement et les soins postnatals ainsi que ceux concernant les facteurs qui limitent l’accès des femmes aux soins de santé. Enfin, ce chapitre présente certaines informations concernant la fistule obstétricale. Ces résultats permettent d'identifier les principaux problèmes en matière de santé maternelle et, d’une manière générale, de la santé de la reproduction. En outre, la comparaison des résultats de l’EDS-MICS 2011 avec ceux des enquêtes précédentes permet l’évaluation des politiques et des programmes mis en œuvre ces dernières années dans le domaine de la santé de la reproduction. 8.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET SOINS POSTNATALS 8.1.1 Soins prénatals Le suivi des femmes enceintes au cours des consultations prénatales permet de prévenir les risques et les complications lors de l’accouchement. Au cours de l’EDS-MICS 2011, pour la naissance vivante la plus récente ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, on a demandé aux femmes si, durant la grossesse, elles avaient reçu des soins prénatals. SANTÉ DE LA REPRODUCTION 8 L Principaux résultats  Une proportion élevée de femmes ont reçu des soins prénatals dispensés par du personnel formé (85 %). Cette proportion reste relativement faible dans la région de l’Extrême-Nord (59 %).  Parmi les femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, 62 % ont effectué au moins les quatre visites recommandées, mais seulement 34 % ont fait leur première visite avant le quatrième mois de grossesse.  Parmi les femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente, 95 % ont eu leur tension artérielle vérifiée, 89 % ont subi un examen de sang et 88 % un examen d’urine ; 49 % ont été informées des signes de complication de la grossesse.  Dans l’ensemble, 59 % des femmes ont reçu au moins deux injections de vaccin antitétanique au cours de leur dernière grossesse. Cependant, du fait des injections antérieures, dans 73 % de cas, la dernière naissance a été protégée contre le tétanos néonatal.  Parmi les naissances survenues au cours des cinq dernières années, 64 % ont bénéficié de l’assistance de personnel de santé, et 61 % ont eu lieu dans un établissement de santé.  Plus de la moitié (58 %) des femmes n’ont reçu aucun soin postnatal ; cette proportion atteint 79 % dans l’Extrême-Nord et 84 % dans la région du Nord  La proportion de femmes de 15-49 ans ayant déjà entendu parler de la fistule obstétricale n’est que de 23 %. 120 • Santé de la reproduction Les données du tableau 8.1 présentent la répartition des femmes selon qu’elles se sont rendues ou non en consultation prénatale au cours de la grossesse de leur dernière naissance vivante. On constate qu’au Cameroun, une proportion élevée de femmes ont reçu des soins prénatals dispensés par du personnel formé (85 %). Il convient de noter que cette proportion n’a presque pas changé depuis 2004 où elle était de 83 %, ce qui signifie qu’aujourd’hui encore, 15 % des femmes ne bénéficient d’aucun suivi de la grossesse. Tableau 8.1 Soins prénatals Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par type de prestataire consulté durant la grossesse pour la naissance la plus récente, et pourcentage de naissances les plus récentes pour lesquelles la mère a consulté un professionnel de la santé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Prestataire de soins prénatals Total Pourcentage ayant reçu des soins prénatals par un prestataire formé1 Effectif de femmes Médecin Infirmière/ sage-femme/ aide- soignante Accou- cheuse traditionnelle Agent de santé communau- taire/Autre Personne Non déterminé Age de la mère à la naissance <20 17,8 67,1 0,2 0,1 14,7 0,1 100,0 84,9 1 367 20-34 23,7 61,8 0,1 0,4 13,7 0,4 100,0 85,5 5 212 35-49 21,9 58,6 0,3 0,5 18,1 0,7 100,0 80,5 1 069 Rang de naissance 1 29,1 63,3 0,1 0,3 7,2 0,1 100,0 92,4 1 670 2-3 24,9 61,7 0,2 0,3 12,7 0,2 100,0 86,6 2 586 4-5 20,9 61,8 0,1 0,4 16,4 0,4 100,0 82,7 1 712 6+ 13,6 62,6 0,1 0,5 22,5 0,8 100,0 76,1 1 680 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 51,5 46,8 0,1 0,2 1,2 0,2 100,0 98,4 1 367 Autres villes 25,7 68,1 0,1 0,1 5,4 0,6 100,0 93,8 2 106 Ensemble urbain 35,9 59,7 0,1 0,2 3,7 0,4 100,0 95,6 3 473 Rural 11,2 64,4 0,2 0,5 23,4 0,3 100,0 75,6 4 175 Région Adamaoua 13,2 74,6 0,0 0,5 11,4 0,3 100,0 87,8 387 Centre (sans Yaoundé) 26,3 66,5 0,3 0,3 6,4 0,2 100,0 92,8 568 Douala 54,9 44,3 0,2 0,0 0,6 0,0 100,0 99,2 648 Est 16,1 69,3 0,2 0,0 14,2 0,2 100,0 85,4 327 Extrême-Nord 3,5 55,5 0,2 0,2 40,1 0,5 100,0 59,0 1 592 Littoral (sans Douala) 36,7 60,7 0,0 0,8 1,9 0,0 100,0 97,4 283 Nord 5,9 65,8 0,0 1,1 26,8 0,3 100,0 71,7 971 Nord-Ouest 21,8 75,8 0,0 0,1 0,9 1,4 100,0 97,6 649 Ouest 21,3 77,6 0,0 0,2 0,9 0,0 100,0 98,9 820 Sud 39,8 54,4 0,0 0,0 5,6 0,2 100,0 94,2 198 Sud-Ouest 30,1 61,3 0,6 0,5 7,1 0,5 100,0 91,3 485 Yaoundé 48,5 49,1 0,0 0,5 1,7 0,3 100,0 97,6 719 Niveau d'instruction de la mère Aucun 4,7 55,5 0,2 0,6 38,6 0,5 100,0 60,2 2 020 Primaire 18,1 71,0 0,2 0,4 9,9 0,4 100,0 89,1 2 910 Secondaire 1er cycle 33,4 64,2 0,0 0,1 2,0 0,2 100,0 97,6 1 767 Secondaire 2nd cycle ou plus 52,9 46,4 0,0 0,3 0,5 0,0 100,0 99,2 951 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 2,4 54,7 0,1 0,9 41,4 0,4 100,0 57,2 1 606 Second 12,8 69,2 0,2 0,2 17,5 0,2 100,0 82,0 1 585 Moyen 18,5 73,7 0,4 0,3 6,6 0,5 100,0 92,2 1 542 Quatrième 30,3 66,0 0,0 0,3 3,0 0,4 100,0 96,3 1 540 Le plus riche 52,4 46,1 0,0 0,1 1,2 0,2 100,0 98,5 1 374 Ensemble 22,4 62,3 0,1 0,4 14,5 0,4 100,0 84,7 7 647 Note: Si plus d'un prestataire de soins prénatals a été déclaré, seul le prestataire le plus qualifié est pris en compte dans ce tableau. 1 Sont considérés comme des prestataires formés, les médecins, les infirmières, les sages-femmes et les aides-soignantes La couverture en soins prénatals présente des disparités importantes selon les différentes caractéristiques sociodémographiques. Les femmes de moins de 35 ans à la naissance de l’enfant ont un peu plus fréquemment reçu des soins prénatals que les femmes plus âgées (85 % contre 81 %); en outre, la couverture en soins prénatals diminue avec le rang de naissance de l’enfant, passant de 92 % pour les naissances de rang un à 76 % pour les naissances de rang six ou plus. La proportion de femmes ayant reçu des soins prénatals varie fortement entre le milieu rural (76 %) et le milieu urbain (96 %). On constate également des écarts entre les régions : à l’Ouest, au Littoral et au Nord-Ouest, la quasi-totalité des femmes ont reçu des Santé de la reproduction • 121 soins prénatals (97 % ou plus). À l’opposé, l’Extrême-Nord (59 %) et le Nord (72 %) présentent les proportions les plus faibles ; on note cependant, entre 2004 et 2011, une augmentation de sept points de pourcentage dans la région du Nord et une stabilité dans l’Extrême-Nord. À ces disparités régionales s’ajoutent celles liées au niveau d’instruction de la mère et au niveau de vie du ménage. En effet, la proportion de femmes ayant reçu des soins prénatals augmente avec le niveau d’instruction, variant d’un minimum de 60 % parmi celles sans niveau d’instruction à un maximum de 99 % parmi celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire 2nd cycle. De même, du quintile le plus pauvre au plus riche, la proportion de femmes qui ont reçu des soins prénatals passe de 57 % à 99 %. Les soins prénatals ont été dispensés, dans la majorité des cas, par des infirmières, des sages-femmes ou des aides-soignantes (62 %) et dans 22 % des cas par des médecins ; les accoucheuses traditionnelles et agents de santé communautaire n’interviennent pratiquement pas. Cependant, parmi les femmes de Yaoundé/Douala (52 %), parmi les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus (53 %) et celles vivant dans un ménage du quintile le plus riche (52 %), la proportion de celles qui ont bénéficié de soins prénatals, dispensés par un médecin, est nettement plus élevée que la moyenne nationale (22 %). Pour être efficaces, les soins prénatals doivent débuter à un stade précoce de la grossesse et surtout, ils doivent se poursuivre avec une certaine régularité jusqu’à l’accouchement. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande, au moins, quatre visites prénatales (la première au troisième mois de la grossesse), à intervalles réguliers tout au long de la grossesse. Le tableau 8.2 présente les données concernant le nombre de visites prénatales effectuées par les femmes enceintes et le stade de la grossesse à la première visite. Parmi les femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, 62 % ont effectué, au moins, les quatre visites recommandées et cette proportion est plus élevée en milieu urbain (77 %) qu’en milieu rural (50 %). A Yaoundé/Douala, cette proportion atteint 87 % contre seulement 70 % dans les Autres Villes. Dans 20 % des cas, les femmes n’ont effectué que 2 à 3 visites et une faible proportion n’en a effectué qu’une (15 %). En ce qui concerne le stade de la grossesse à la première visite, on constate que, dans 34 % des cas seulement, la première visite a eu lieu à moins de quatre mois de grossesse comme recommandé. En outre, cette proportion varie entre les milieux de résidence (47 % en milieu urbain contre 23 % en milieu rural). Le tableau 8.2 présente également le nombre médian de mois de grossesse à la première visite prénatale : celui-ci est estimé à 4,4 pour l’ensemble des femmes et il est plus élevé en milieu rural (4,8) qu’urbain (4,0). Tableau 8.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, selon le nombre de visites prénatales et selon le stade de la grossesse au moment de la première visite pour la naissance la plus récente et, parmi les femmes ayant effectué des visites prénatales, nombre médian de mois de grossesse à la première visite, par milieu de résidence, Cameroun 2011 Visites prénatales Milieu de résidence Ensemble Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Nombre de consultations prénatales Aucune 1,2 5,4 3,7 23,4 14,5 1 0,4 2,2 1,5 2,5 2,1 2-3 10,0 21,1 16,8 23,0 20,2 4+ 86,6 70,0 76,6 50,2 62,2 Ne sait pas/manquant 1,8 1,2 1,4 0,8 1,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre de mois de grossesse à la première consultation prénatale Aucune consultation prénatale 1,2 5,4 3,7 23,4 14,5 <4 63,8 36,8 47,4 23,3 34,3 4-5 28,7 39,2 35,1 36,1 35,6 6-7 5,4 16,7 12,2 15,6 14,1 8+ 0,4 1,4 1,0 1,1 1,1 Ne sait pas/manquant 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes 1 367 2 106 3 473 4 175 7 647 Nombre médian de mois de grossesse à la première consultation (pour les femmes ayant reçu des soins prénatals) 3,6 4,4 4,0 4,8 4,4 Effectif de femmes ayant effectué des consultations prénatales 1 349 1 980 3 329 3 184 6 513 122 • Santé de la reproduction Composition des soins prénatals L’efficacité des soins prénatals dépend non seulement du type d’examens effectués pendant les consultations mais aussi des conseils qui sont prodigués aux femmes. Au cours de l’EDS-MICS 2011 on a collecté des informations sur cet aspect important du suivi prénatal en demandant aux femmes si, au cours des visites prénatales, elles avaient été informées des signes de complications de la grossesse et si certains examens médicaux avaient été effectués. En outre, on a cherché à savoir si les femmes avaient reçu des compléments nutritionnels tels que le fer et des médicaments contre les parasites intestinaux. Ces résultats sont présentés au tableau 8.3 selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes. Tableau 8.3 Composants des visites prénatales Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, pourcentage ayant pris des suppléments de fer, sous forme de comprimés ou de sirop, et des médicaments contre les parasites intestinaux au cours de la grossesse la plus récente et parmi les femmes ayant bénéficié de soins prénatals pour la naissance la plus récente des cinq dernières années, pourcentage ayant effectué certains examens prénatals, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Parmi les femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, pourcentage qui, durant la grossesse la plus récente, ont pris : Parmi les femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente des cinq dernières années, pourcentage qui : Du fer sous forme de comprimés ou de sirop Des médicaments contre les parasites intestinaux Effectif de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq dernières années Ont été informées des signes de complication de la grossesse Ont eu leur tension artérielle vérifiée Ont eu un prélèvement d'urine Ont eu un prélèvement de sang Effectif de femmes ayant reçu des soins prénatals pour la naissance la plus récente Age de la mère à la naissance <20 77,6 36,7 1 367 41,7 94,5 87,5 88,7 1 165 20-34 81,4 36,9 5 212 51,1 95,1 88,0 88,9 4 480 35-49 76,4 39,3 1 069 50,4 96,5 86,9 87,3 868 Rang de naissance 1 87,0 40,3 1 670 49,7 96,1 92,3 93,0 1 549 2-3 82,9 37,0 2 586 50,4 95,9 89,9 90,6 2 252 4-5 78,8 38,1 1 712 48,3 95,1 87,1 88,5 1 424 6+ 70,0 33,5 1 680 48,0 92,8 79,2 80,2 1 288 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 97,0 43,1 1 367 51,3 99,7 97,5 97,9 1 349 Autres villes 88,6 43,1 2 106 52,6 97,5 93,5 92,2 1 980 Ensemble urbain 91,9 43,1 3 473 52,1 98,4 95,1 94,5 3 329 Rural 70,2 32,3 4 175 46,3 91,8 80,0 82,5 3 184 Région Adamaoua 82,5 63,7 387 39,9 97,9 94,1 94,0 342 Centre (sans Yaoundé) 90,0 47,0 568 40,4 96,8 93,7 95,2 531 Douala 98,0 48,0 648 47,6 99,7 97,7 97,9 644 Est 78,2 40,9 327 50,9 95,2 91,8 92,3 280 Extrême-Nord 54,2 16,4 1 592 50,2 87,9 66,5 67,5 945 Littoral (sans Douala) 95,4 48,9 283 39,0 97,2 96,1 97,3 278 Nord 57,8 18,0 971 31,8 82,3 58,0 61,0 708 Nord-Ouest 95,9 36,5 649 77,1 99,9 99,5 99,5 635 Ouest 96,9 51,1 820 44,9 99,5 96,9 97,8 812 Sud 90,1 64,5 198 38,0 97,2 95,0 94,4 186 Sud-Ouest 86,3 51,3 485 65,2 96,8 93,9 94,6 448 Yaoundé 96,0 38,6 719 54,7 99,6 97,3 98,0 705 Niveau d'instruction de la mère Aucun 52,9 19,8 2 020 40,4 85,6 67,4 67,6 1 230 Primaire 84,2 40,5 2 910 49,4 95,9 88,4 89,7 2 610 Secondaire 1er cycle 94,5 48,7 1 767 50,9 98,5 95,7 96,7 1 727 Secondaire 2nd cycle ou plus 98,1 42,4 951 57,7 99,6 97,7 98,4 946 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 49,2 16,4 1 606 38,5 83,2 58,4 63,5 934 Second 76,7 35,8 1 585 46,6 93,8 83,5 84,9 1 305 Moyen 88,2 44,4 1 542 51,2 96,8 92,4 92,2 1 432 Quatrième 92,3 43,5 1 540 51,5 98,5 96,5 96,0 1 488 Le plus riche 97,0 48,0 1 374 54,8 99,3 97,5 97,7 1 354 Ensemble 80,0 37,2 7 647 49,3 95,2 87,7 88,6 6 513 Santé de la reproduction • 123 En premier lieu, les résultats montrent que parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, 80 % ont déclaré avoir pris du fer pendant la grossesse, sous forme de comprimés ou de sirop, contre 73 % en 2004. Cependant, il faut souligner que parmi les femmes des ménages les plus pauvres et parmi celles sans niveau d’instruction, cette proportion est faible (respectivement, 49 % et 53 %). C’est aussi le cas dans les régions du Nord (58 %) et de l’Extrême-Nord (54 %). Les résultats montrent aussi que moins de deux femmes sur cinq (37 %) ont pris des médicaments contre les parasites intestinaux. Comme pour le fer, c’est parmi les femmes du quintile le plus pauvre, celles sans niveau d’instruction, et celles de régions du Nord et de l’Extrême-Nord que cette proportion est la plus faible (moins de 20 %). En outre, parmi les femmes ayant bénéficié de soins prénatals pour la naissance la plus récente, près d’une sur deux (49 %) a déclaré avoir été informée des signes de complications de la grossesse au cours des visites prénatales. On note des écarts en fonction des caractéristiques sociodémographiques : les femmes de la région du Nord-Ouest (77 %), celles du milieu urbain (52 %), les plus instruites (58 %) et celles des ménages les plus riches (55 %) ont reçu ce type d’informations plus fréquemment que les autres. Concernant les examens médicaux, on relève que la tension artérielle a été vérifiée pour 95 % des femmes ayant reçu des soins prénatals. Par ailleurs, un prélèvement d’urine a été effectué dans 88 % des cas et un prélèvement sanguin dans 87 % des cas. Globalement, depuis la dernière enquête de 2004, on note peu d’amélioration dans le contenu des soins prénatals. Vaccination antitétanique La vaccination antitétanique pendant la grossesse fait partie des interventions essentielles recommandées par les programmes de santé maternelle et infantile, afin d’améliorer les chances de survie des femmes et des nouveau-nés. Le tétanos néonatal est une cause importante de décès des nouveau-nés dans la plupart des pays en développement. Ses facteurs de risques sont connus : il s’agit entre autres, de l’accouchement à domicile dans un environnement insalubre et de l’utilisation d’instruments non appropriés et/ou non désinfectés pour couper le cordon ombilical. Le tétanos néonatal survient généralement dans la première ou la deuxième semaine après la naissance et il est fatal dans 70 % à 90 % des cas. C’est pourtant une maladie évitable. On considère qu’un enfant est complètement protégé contre le tétanos néonatal si au moins une des cinq conditions suivantes est remplie :  la mère a reçu deux injections de vaccin antitétanique au cours de la grossesse de sa dernière naissance ;  la mère a reçu au moins deux injections, la dernière ayant été effectuée au cours des trois années ayant précédé la dernière naissance ;  la mère a reçu au moins trois injections, la dernière ayant été effectuée au cours des cinq années ayant précédé la dernière naissance ;  la mère a reçu au moins quatre injections, la dernière ayant été effectuée au cours des dix années ayant précédé la dernière naissance ;  la mère a reçu au moins cinq injections avant la dernière naissance. Les résultats présentés au tableau 8.4 indiquent que 59 % des femmes ont reçu, au moins, deux doses de vaccin antitétanique au cours de leur dernière grossesse ; cependant, dans 73 % des cas, la dernière naissance a été protégée contre le tétanos néonatal, soit du fait des vaccinations reçues au cours de cette grossesse, soit du fait de vaccinations reçues avant cette grossesse. 124 • Santé de la reproduction Tableau 8.4 Vaccination antitétanique Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, pourcentage ayant reçu au moins deux injections antitétaniques au cours de la grossesse pour la naissance vivante la plus récente et pourcentage dont la dernière naissance vivante a été protégée contre le tétanos néo-natal, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristiques sociodémographiques Pourcentage ayant reçu deux injections ou plus durant la dernière grossesse Pourcentage dont la dernière naissance a été protégée contre le tétanos néonatal 1 Effectif de mères Age de la mère à la naissance <20 59,2 68,2 1 367 20-34 59,8 74,8 5 212 35-49 54,6 72,7 1 069 Rang de naissance 1 66,9 73,0 1 670 2-3 60,7 75,5 2 586 4-5 56,5 74,2 1 712 6+ 51,0 69,3 1 680 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 64,7 79,3 1 367 Autres villes 64,4 81,3 2 106 Ensemble urbain 64,5 80,5 3 473 Rural 54,4 67,4 4 175 Région Adamaoua 57,9 71,7 387 Centre (sans Yaoundé) 63,3 77,3 568 Douala 68,0 81,3 648 Est 60,7 75,8 327 Extrême-Nord 40,0 55,1 1 592 Littoral (sans Douala) 63,8 81,5 283 Nord 51,4 64,1 971 Nord-Ouest 76,8 88,5 649 Ouest 71,9 87,7 820 Sud 66,2 78,3 198 Sud-Ouest 63,6 78,2 485 Yaoundé 61,7 77,5 719 Niveau d'instruction de la mère Aucun 42,3 54,1 2 020 Primaire 63,2 77,6 2 910 Secondaire 1er cycle 65,6 81,4 1 767 Secondaire 2nd cycle ou plus 69,2 86,1 951 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 39,2 51,8 1 606 Second 59,8 73,0 1 585 Moyen 63,7 78,1 1 542 Quatrième 67,3 82,5 1 540 Le plus riche 66,5 83,2 1 374 Ensemble 59,0 73,3 7 647 1 Y compris les mères ayant reçu deux injections au cours de la grossesse de leur dernière naissance ou, au moins, deux injections (la dernière ayant été effectuée au cours des trois années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, trois injections (la dernière ayant été effectuée au cours des cinq années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, quatre injections (la dernière ayant été effectuée au cours des dix années ayant précédé la dernière naissance), ou, au moins, cinq injections avant la dernière naissance. Santé de la reproduction • 125 La proportion la plus élevée de femmes dont la dernière naissance a été complètement protégée contre le tétanos néonatal concerne les femmes de 20-34 ans (75 %). En fonction du rang de naissance, on constate que c’est pour les rangs 2-3 que les femmes ont le plus fréquemment reçu une protection complète contre cette maladie (76 %). La protection contre le tétanos varie aussi selon le milieu de résidence, de 81 % en milieu urbain à 67 % en milieu rural. Les résultats selon la région font également apparaître des variations importantes ; c’est dans les régions du Nord-Ouest (89 %) et de l’Ouest (88 %) que les proportions de femmes dont la dernière naissance a été complètement protégée contre le tétanos néonatal sont les plus élevées. En revanche, dans la région de l’Extrême Nord, cette proportion n’est que de 55 %. Enfin, les résultats montrent que la protection contre le tétanos néonatal varie de manière importante en fonction du niveau d’instruction et du statut socio-économique des femmes : d’un minimum de 54 % parmi les femmes sans niveau d’instruction, la proportion de femmes dont la dernière naissance a été complètement protégée contre le tétanos néonatal passe à 78 % parmi les femmes ayant un niveau d’instruction primaire et atteint un maximum de 86 % parmi les plus instruites. De même, de 52 % dans les ménages les plus pauvres, la proportion de femmes dont la dernière naissance a été complètement protégée contre le tétanos néonatal atteint 78 % dans les ménages du quintile moyen et se situe à 83 % dans ceux du quintile le plus riche. 8.1.2 Accouchement Lieu d’accouchement Parmi les naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, environ trois cinquièmes se sont déroulées dans un établissement de santé (61 %), principalement dans le secteur public (40 % contre 21 % pour le secteur privé) (Tableau 8.5). À l’opposé, dans 37 % des cas, les femmes ont accouché à domicile. On constate que la proportion de femmes qui ont accouché à domicile augmente avec le rang de naissance de l’enfant : de 25 % pour le rang 1, elle augmente régulièrement pour atteindre 55 % pour le rang 6 ou plus. Les résultats montrent aussi que les femmes du milieu rural (54 %) accouchent plus fréquemment à domicile que celles du milieu urbain (14 %). On observe des disparités importantes selon la région de résidence puisque seulement 5 % des femmes du Nord-Ouest ont accouché à la maison alors que cette proportion atteint 76 % dans l’Extrême-Nord. Le niveau d’instruction et le niveau de bien-être du ménage influent également sur le lieu d’accouchement des femmes, les plus instruites et celles des ménages les plus riches accouchant plus fréquemment dans un établissement de santé que les autres. Enfin, les femmes qui ont effectué au moins les quatre visites prénatales recommandées ont plus fréquemment accouché dans un établissement de santé que celles qui en ont effectué moins et surtout que celles qui n’en ont effectué aucune (81% contre respectivement 56 % et 8 %). 126 • Santé de la reproduction Tableau 8.5 Lieu de l'accouchement Répartition (en %) des naissances vivantes survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par lieu d'accouchement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Établissement de santé Maison Autre Non déterminé Total Pourcentage dont l'accouche- ment s'est déroulé dans un établisse- ment de santé Effectif de naissances Secteur public Secteur privé Age de la mère à la naissance <20 40,5 17,2 40,8 0,4 1,2 100,0 57,7 2 295 20-34 40,2 22,5 35,9 0,5 0,9 100,0 62,6 8 106 35-49 39,8 18,6 40,0 0,8 0,8 100,0 58,4 1 347 Rang de naissance 1 47,0 26,7 25,3 0,2 0,8 100,0 73,7 2 655 2-3 42,4 24,2 31,8 0,6 1,0 100,0 66,6 4 072 4-5 37,3 18,9 42,1 0,6 1,1 100,0 56,2 2 597 6+ 32,1 11,6 54,7 0,7 0,9 100,0 43,7 2 425 Visites prénatales1 Aucune 6,1 2,2 91,3 0,5 0,0 100,0 8,3 1 107 1-3 39,3 16,9 43,0 0,6 0,2 100,0 56,2 1 702 4+ 51,4 29,8 18,2 0,6 0,1 100,0 81,2 4 756 Ne sait pas/manquant 23,2 27,3 25,6 1,5 22,4 100,0 50,5 83 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 49,0 45,2 4,1 0,8 0,9 100,0 94,3 1 854 Autres villes 52,7 26,1 20,0 0,3 0,9 100,0 78,8 3 106 Ensemble urbain 51,3 33,3 14,0 0,5 0,9 100,0 84,6 4 960 Rural 32,0 12,0 54,4 0,6 1,0 100,0 44,1 6 788 Région Adamaoua 32,8 12,9 53,7 0,1 0,4 100,0 45,8 596 Centre (sans Yaoundé) 49,1 22,7 27,1 0,3 0,7 100,0 71,8 876 Douala 45,2 52,6 1,4 0,4 0,4 100,0 97,8 906 Est 36,5 9,7 52,4 0,7 0,7 100,0 46,2 500 Extrême-Nord 18,7 4,0 75,6 0,4 1,3 100,0 22,7 2 682 Littoral (sans Douala) 63,2 28,9 6,8 1,1 0,0 100,0 92,1 404 Nord 26,3 3,9 68,5 0,7 0,6 100,0 30,2 1 662 Nord-Ouest 61,5 32,2 4,7 0,1 1,5 100,0 93,7 905 Ouest 59,0 35,0 5,6 0,1 0,4 100,0 93,9 1 314 Sud 58,8 18,4 21,8 0,3 0,6 100,0 77,2 283 Sud-Ouest 46,2 31,9 17,5 1,6 2,8 100,0 78,1 672 Yaoundé 52,7 38,2 6,6 1,2 1,3 100,0 90,9 948 Niveau d'instruction de la mère Aucun 17,0 3,8 77,5 0,7 1,1 100,0 20,7 3 359 Primaire 45,2 21,1 32,2 0,5 1,0 100,0 66,3 4 639 Secondaire 1er cycle 53,3 35,1 10,4 0,6 0,7 100,0 88,4 2 516 Secondaire 2nd cycle ou plus 57,5 39,0 2,5 0,2 0,8 100,0 96,6 1 235 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 14,1 3,0 81,8 0,3 0,9 100,0 17,1 2 779 Second 37,9 14,6 45,6 0,8 1,0 100,0 52,5 2 542 Moyen 49,2 22,7 26,2 0,7 1,2 100,0 71,9 2 349 Quatrième 52,6 34,1 12,1 0,4 0,8 100,0 86,7 2 233 Le plus riche 56,0 39,1 3,7 0,5 0,8 100,0 95,0 1 845 Ensemble 40,2 21,0 37,3 0,5 1,0 100,0 61,2 11 748 1 Concerne seulement la naissance la plus récente survenue au cours des cinq années ayant précédé l'enquête. Assistance à l’accouchement Les résultats du tableau 8.6 montrent que 64 % des naissances se sont déroulées avec l’assistance de personnel de santé formé, soit une proportion relativement plus élevée que celle des naissances survenues dans un établissement de santé (61 %). Ce qui pourrait indiquer qu’un certain nombre d’accouchements sont assistés par du personnel de santé en dehors des formations sanitaires. Par ailleurs, 9 % des naissances sont assistées par une accoucheuse traditionnelle et près d’un quart (23 %) par des parents ou autres personnes. Enfin, 3 % des femmes ont accouché sans aucune aide. Santé de la reproduction • 127 Tableau 8.6 Assistance lors de l'accouchement Répartition (en %) des naissances vivantes survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par type d'assistance durant l'accouchement, pourcentage de naissances assistées par un professionnel de santé et pourcentage de naissances accouchées par césarienne selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Personne ayant assisté l’accouchement : Total Pourcen- tage dont l'accouche ment a été assisté par un prestataire formé1 Pourcen- tage accouché par césarienne Effectif de naissancesMédecin Infirmière/ sage- femme/ aide- soignante Accou- cheuse tradition- nelle Parents/ Autre Personne Ne sait pas/Non déterminé Age de la mère à la naissance <20 9,5 51,1 10,8 25,0 2,4 1,2 100,0 60,6 3,5 2 295 20-34 10,6 54,1 8,6 22,7 3,1 0,9 100,0 64,7 3,7 8 106 35-49 11,3 50,7 9,7 22,5 4,6 1,2 100,0 61,9 5,1 1 347 Rang de naissance 1 14,9 60,5 6,5 16,4 0,9 0,7 100,0 75,4 6,5 2 655 2-3 11,5 57,5 8,5 19,8 1,7 1,1 100,0 68,9 4,1 4 072 4-5 8,4 50,6 10,7 26,1 3,2 1,2 100,0 58,9 2,7 2 597 6+ 6,0 40,5 11,6 32,9 7,9 1,0 100,0 46,6 1,6 2 425 Lieu d'accouchement Établissement de santé 16,7 82,7 0,0 0,5 0,0 0,1 100,0 99,4 6,2 7 187 Ailleurs 0,6 6,5 24,1 60,1 8,2 0,4 100,0 7,1 0,0 4 449 Manquant 2,7 4,4 1,5 5,7 0,9 84,8 100,0 7,0 0,0 112 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 25,5 70,3 0,5 2,4 0,4 0,9 100,0 95,8 9,0 1 854 Autres villes 12,7 68,5 5,6 10,4 1,7 1,1 100,0 81,3 5,8 3 106 Ensemble urbain 17,5 69,2 3,7 7,4 1,2 1,0 100,0 86,7 7,0 4 960 Rural 5,3 41,4 13,2 34,6 4,5 1,0 100,0 46,7 1,5 6 788 Région Adamaoua 5,6 41,8 13,3 36,5 2,5 0,3 100,0 47,4 2,2 596 Centre (sans Yaoundé) 10,2 68,3 11,9 7,6 1,2 0,9 100,0 78,5 2,5 876 Douala 23,4 75,4 0,3 0,3 0,3 0,3 100,0 98,8 6,3 906 Est 8,4 40,4 24,7 24,4 1,2 0,9 100,0 48,9 2,6 500 Extrême-Nord 2,0 23,0 18,5 47,4 7,8 1,3 100,0 25,1 0,5 2 682 Littoral (sans Douala) 19,3 74,9 1,7 3,8 0,3 0,0 100,0 94,2 4,0 404 Nord 2,3 30,7 9,8 49,7 6,5 1,1 100,0 32,9 2,5 1 662 Nord-Ouest 8,6 84,9 1,0 3,7 0,3 1,4 100,0 93,6 5,9 905 Ouest 12,9 82,9 1,6 2,2 0,1 0,2 100,0 95,8 4,4 1 314 Sud 35,0 47,3 9,3 7,1 0,6 0,7 100,0 82,2 3,8 283 Sud-Ouest 10,8 69,3 5,8 10,6 0,6 2,9 100,0 80,1 6,0 672 Yaoundé 27,5 65,4 0,7 4,4 0,6 1,5 100,0 92,9 11,5 948 Niveau d'instruction de la mère Aucun 1,7 21,1 17,2 51,0 7,5 1,4 100,0 22,9 1,1 3 359 Primaire 8,5 60,7 8,5 19,1 2,3 1,0 100,0 69,2 2,7 4 639 Secondaire 1er cycle 17,1 73,8 3,9 4,1 0,4 0,7 100,0 90,9 5,3 2 516 Secondaire 2nd cycle ou plus 28,0 69,6 0,4 1,1 0,0 0,8 100,0 97,6 12,7 1 235 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,1 18,0 16,2 55,6 8,0 1,1 100,0 19,1 0,6 2 779 Second 5,8 48,7 13,3 27,5 3,5 1,1 100,0 54,5 1,4 2 542 Moyen 9,3 66,0 8,7 13,5 1,5 1,0 100,0 75,3 3,4 2 349 Quatrième 15,7 73,8 3,3 5,6 0,6 1,0 100,0 89,5 5,3 2 233 Le plus riche 26,0 70,8 0,5 1,5 0,3 0,9 100,0 96,8 10,8 1 845 Ensemble 10,4 53,1 9,2 23,1 3,1 1,0 100,0 63,6 3,8 11 748 Note: Si l'enquêtée a déclaré que plus d'une personne avait assisté l'accouchement, seule la personne la plus qualifiée est prise en compte dans ce tableau. 1 Sont considérés comme des prestataires formés, les médecins, les infirmières, les sages-femmes et les aides-soignantes Bien évidemment, la quasi-totalité des naissances survenues dans un établissement de santé ont bénéficié d’une assistance par du personnel formé (99 %). On retrouve ici les mêmes variations que celles déjà constatées pour le lieu d’accouchement à savoir que ce sont les naissances du milieu urbain (87 %), en particulier celles de Yaoundé/Douala (96 %), celles issues des mères ayant un niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus (98 %) et celles des ménages du quintile le plus riche (97 %) qui ont le plus fréquemment été assistées par un personnel formé. Si dans l’ensemble 9 % des naissances se sont déroulées avec l’assistance d’une accoucheuse traditionnelle, cette proportion atteint 13 % en milieu rural et 25 % dans la région de l’Est. Au niveau national, les infirmières ou sages-femmes ont fourni une assistance dans 53 % des cas et 10 % des naissances se sont déroulées avec l’assistance d’un médecin. Cependant, à Yaoundé/Douala, ces proportions sont respectivement de 70 % et 26 %. 128 • Santé de la reproduction Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes qui avaient eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, si elles avaient accouché par césarienne. Une césarienne a été pratiquée dans seulement 4 % des cas. C’est à Yaoundé/Douala que le recours à cette intervention est le plus fréquent (9 %). On note également que le pourcentage d’accouchements par césarienne est plus élevé parmi les femmes ayant un niveau secondaire 2nd cycle ou plus (13 %) et parmi celles des ménages du quintile le plus riche (11 %). On ne constate pas d’écart important en fonction de l’âge de la femme. Cependant, le recours à la césarienne est plus fréquent pour les naissances de rang 1 que pour celles des rangs suivants (7 % contre 4 % ou moins). Tendance des soins prénatals et des conditions d’accouchement Le graphique 8.1 présente la comparaison des résultats concernant les soins prénatals et les conditions d’accouchement à partir des quatre EDS effectuées au Cameroun depuis 1991. La couverture en soins prénatals s’est légèrement améliorée en 20 ans : la proportion de femmes ayant reçu, durant leur grossesse, des soins prénatals par du personnel formé qui était de 79 % en 1991 et 1998 est passée à 83 % en 2004 et atteint 85 % en 2011. En ce qui concerne les conditions d’accouchement, on ne constate pas de changement notable. En effet, la proportion des naissances survenues dans une formation sanitaire a très peu varié récemment (de 59 % en 2004 à 61 % en 2011), mais reste légèrement inférieure au niveau de 1991 (63 %). De même, la proportion des naissances assistées par du personnel formé qui était de 64 % en 1991 a baissé en 1998 (58 %), puis a légèrement augmenté en 2004 (62 %) pour retrouver aujourd’hui son niveau de 1991 (64 %). Graphique 8.1 Soins prénatals, lieu d'accouchement et assistance à l'accouchement 79 63 64 79 54 58 83 59 62 85 61 64 Soins prénatals par du personnel formé Naissance en établissement sanitaire Naissance assistée par du personnel formé Pourcentage EDSC-I1991 EDSC-II 1998 EDSC-III 2004 EDS-MICS 2011 8.1.3 Soins postnatals Une proportion importante de décès maternels et de décès de nouveau-nés qui surviennent dans la période néonatale se produisent dans les 48 heures qui suivent l’accouchement. Pour cette raison, il est recommandé que toutes les femmes bénéficient de soins postnatals dans les deux jours qui suivent l’accouchement. Au cours de l’EDS-MICS 2011, on a demandé à toutes les femmes qui avaient eu une naissance vivante au cours des deux dernières années si quelqu’un les avait examinées après l’accouchement, Santé de la reproduction • 129 combien de temps après l’accouchement cet examen avait eu lieu et enfin quel type de prestataire avait effectué l’examen. Les résultats sont présentés aux tableaux 8.7 et 8.8. Tableau 8.7 Soins postnatals Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des deux années ayant précédé l'enquête, en fonction du moment où les premiers soins postnatals ont été effectués après l'accouchement, pour la naissance la plus récente selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristiques sociodémographiques Durée écoulée entre l'accouchement et le moment où la mère a reçu ses premiers soins postnatals Pas de soins post- natals1 Total Pourcentage de femmes ayant reçu des soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance Effectif de femmes Moins de 4 heures 4-23 heures 1-2 jours 3-6 jours 7-41 jours Ne sait pas/ Non déterminé Age de la mère à la naissance <20 18,8 5,4 11,4 1,9 2,0 1,3 59,2 100,0 35,7 877 20-34 19,1 6,5 12,2 2,1 1,4 0,8 57,9 100,0 37,8 3 293 35-49 17,9 6,9 9,5 3,2 1,7 0,4 60,5 100,0 34,3 535 Rang de naissance 1 22,0 7,4 15,3 3,2 2,7 1,5 48,0 100,0 44,7 1 031 2-3 20,2 7,3 13,2 1,9 1,6 1,0 54,8 100,0 40,7 1 665 4-5 16,6 6,2 10,6 2,0 1,1 0,5 63,1 100,0 33,4 1 044 6+ 15,8 3,9 6,8 1,9 0,8 0,3 70,7 100,0 26,4 965 Lieu d'accouchement Établissement de santé 25,8 9,6 17,3 3,0 1,9 1,2 41,2 100,0 52,7 2 933 Ailleurs 7,5 1,1 2,5 0,8 1,0 0,3 86,8 100,0 11,2 1 759 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 21,9 10,7 25,2 3,4 2,8 1,7 34,3 100,0 57,8 771 Autres villes 22,8 7,9 13,5 2,9 1,8 0,7 50,2 100,0 44,2 1 230 Ensemble urbain 22,5 9,0 18,0 3,1 2,2 1,1 44,1 100,0 49,4 2 001 Rural 16,2 4,4 7,1 1,5 1,1 0,6 69,0 100,0 27,8 2 703 Région Adamaoua 31,3 1,8 10,8 2,6 2,7 0,3 50,5 100,0 44,2 244 Centre (sans Yaoundé) 18,6 6,0 8,5 3,6 1,9 0,7 60,7 100,0 33,1 346 Douala 24,2 13,0 30,2 2,1 1,5 2,9 26,2 100,0 67,4 351 Est 18,6 1,8 11,0 2,7 2,5 0,5 62,9 100,0 31,3 205 Extrême-Nord 14,5 2,4 2,4 0,1 0,4 0,7 79,3 100,0 19,4 1 064 Littoral (sans Douala) 23,8 7,9 21,1 2,8 1,9 1,4 41,1 100,0 52,8 168 Nord 10,5 1,3 3,1 0,5 0,8 0,2 83,6 100,0 14,9 645 Nord-Ouest 26,3 2,9 15,2 3,8 1,2 2,4 48,2 100,0 44,7 375 Ouest 17,8 17,1 17,6 2,7 1,8 0,0 43,1 100,0 52,4 515 Sud 22,2 8,1 7,4 2,2 0,9 0,0 59,3 100,0 37,6 114 Sud-Ouest 24,4 12,5 16,9 5,1 2,0 0,7 38,4 100,0 53,8 257 Yaoundé 19,9 8,8 21,0 4,5 3,9 0,7 41,1 100,0 49,7 421 Niveau d'instruction Aucun 13,1 1,1 2,9 0,6 0,6 0,2 81,5 100,0 17,1 1 265 Primaire 20,8 6,4 10,3 1,9 1,6 1,2 57,8 100,0 37,6 1 832 Secondaire 1er cycle 21,5 9,1 17,6 3,4 2,2 1,0 45,2 100,0 48,3 1 072 Secondaire 2nd cycle ou plus 20,7 13,0 25,8 4,7 2,6 0,7 32,5 100,0 59,5 535 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 8,5 1,6 1,5 0,7 0,8 0,3 86,6 100,0 11,7 1 085 Second 17,2 5,8 9,5 1,7 1,2 0,8 63,7 100,0 32,6 1 000 Moyen 22,7 6,2 11,4 2,3 1,4 1,2 54,8 100,0 40,3 983 Quatrième 23,1 10,3 17,5 2,7 2,2 1,1 43,0 100,0 51,0 871 Le plus riche 26,1 9,6 23,0 4,3 2,4 1,0 33,7 100,0 58,7 766 Ensemble2 18,9 6,4 11,7 2,2 1,6 0,8 58,4 100,0 37,0 4 705 1 Y compris les femmes qui ont eu une visite postnatale après 41 jours. 2 Y compris 13 femmes pour lesquelles le lieu d’accouchement est non déterminé. On constate que 58 % des femmes n’ont reçu aucun soin postnatal et, dans certaines catégories de femmes, cette proportion est nettement plus élevée. Il en est ainsi des femmes sans niveau d’instruction parmi lesquelles 82 % n’ont reçu aucun soin après l’accouchement, de celles des ménages les plus pauvres (87 %) et des femmes ayant six enfants ou plus (71 %). On relève également des écarts importants selon le milieu de résidence : 69 % des femmes du milieu rural et 50 % de celles des autres villes n’ont pas reçu de soins postnatals contre seulement 34 % dans les villes de Yaoundé/Douala. Le tableau 8.7 présente aussi les résultats concernant le temps écoulé avant les premiers soins postnatals. Il en ressort que parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des deux dernières années, environ une sur cinq (19 %) a reçu des soins postnatals moins de 4 heures après l’accouchement, 6 % en ont 130 • Santé de la reproduction reçu entre 4 et 23 heures et 12 % entre 1 et 2 jours après l’accouchement. Au total 37 % des femmes ont donc reçu des soins postnatals dans les 48 heures suivant la naissance, conformément aux recommandations en la matière. À l’opposé, dans 4 % des cas, l’examen a eu lieu assez tard, entre 3 et 41 jours, c’est-à-dire au-delà de la période recommandée. Les femmes les plus instruites et celles des ménages les plus riches ont reçu plus fréquemment que les autres des soins postnatals dans les délais recommandés. Le tableau 8.8 présente les résultats selon le type de prestataire qui a dispensé les soins postnatals dans les deux premiers jours suivant la naissance. Dans 22 % des cas, les femmes ont bénéficié de soins postnatals dans les 48 heures suivant la naissance dispensés par des infirmières, sages-femmes ou des aides soignantes et, dans 13 % des cas, par des médecins. Cependant, parmi les femmes ayant un niveau secondaire 2nd cycle ou plus, cette dernière proportion atteint 31 % et, parmi celles du quintile économique le plus riche, elle est de 32 %. En dehors des femmes de la région de l’Adamaoua (11 %), la proportion de femmes ayant bénéficié de soins postnatals effectués par une accoucheuse traditionnelle est très faible (moins de 2 %), et ceci pour pratiquement toutes les catégories de femmes. Tableau 8.8 Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals Répartition (en %) des femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance vivante au cours des deux années ayant précédé l'enquête par type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals, pour la naissance la plus récente, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Type de prestataire de santé qui a dispensé les premiers soins postnatals à la mère : Pas de soins postnatals dans les deux premiers jours après la naissance1 Total Effectif de femmes Médecin Infirmière/Sage- femme/Aide- soignante Accoucheuse traditionnelle Age de la mère à la naissance <20 9,9 23,0 2,7 64,3 100,0 877 20-34 13,8 22,5 1,4 62,2 100,0 3 293 35-49 11,7 20,6 2,0 65,7 100,0 535 Rang de naissance 1 16,8 26,4 1,5 55,3 100,0 1 031 2-3 15,1 23,8 1,7 59,3 100,0 1 665 4-5 11,9 20,0 1,6 66,6 100,0 1 044 6+ 5,8 18,3 2,2 73,6 100,0 965 Lieu d'accouchement Établissement de santé 20,1 32,5 0,1 47,3 100,0 2 933 Ailleurs 0,9 5,7 4,5 88,8 100,0 1 759 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 30,2 27,5 0,1 42,2 100,0 771 Autres villes 15,5 27,0 1,7 55,8 100,0 1 230 Ensemble urbain 21,2 27,2 1,1 50,6 100,0 2 001 Rural 6,7 18,8 2,2 72,2 100,0 2 703 Région Adamaoua 6,8 26,9 10,5 55,8 100,0 244 Centre (sans Yaoundé) 10,2 21,8 1,1 66,9 100,0 346 Douala 34,5 32,8 0,0 32,6 100,0 351 Est 8,2 20,1 3,1 68,7 100,0 205 Extrême-Nord 1,7 15,6 2,0 80,6 100,0 1 064 Littoral (sans Douala) 17,8 34,3 0,3 47,2 100,0 168 Nord 2,5 10,0 2,4 85,1 100,0 645 Nord-Ouest 20,6 23,7 0,3 55,3 100,0 375 Ouest 15,8 36,6 0,0 47,6 100,0 515 Sud 24,5 11,8 1,3 62,4 100,0 114 Sud-Ouest 20,9 31,1 1,8 46,2 100,0 257 Yaoundé 26,6 23,0 0,1 50,3 100,0 421 Niveau d'instruction Aucun 2,5 11,2 3,5 82,9 100,0 1 265 Primaire 10,4 25,4 1,7 62,4 100,0 1 832 Secondaire 1er cycle 20,3 27,4 0,5 51,7 100,0 1 072 Secondaire 2nd cycle ou plus 31,0 28,4 0,1 40,5 100,0 535 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,1 8,6 2,0 88,3 100,0 1 085 Second 6,8 23,4 2,4 67,4 100,0 1 000 Moyen 11,2 26,0 2,9 59,7 100,0 983 Quatrième 19,9 30,2 0,9 49,0 100,0 871 Le plus riche 31,6 27,1 0,0 41,3 100,0 766 Ensemble2 12,9 22,4 1,7 63,0 100,0 4 705 1 Y compris les femmes qui ont eu une visite postnatale après 41 jours. 2 Y compris 13 femmes pour lesquelles le lieu d’accouchement est non déterminé. Santé de la reproduction • 131 8.2 ACCÈS AUX SOINS DE SANTÉ Dans les pays où l’accès aux soins de santé n’est pas généralisé, de nombreux facteurs peuvent empêcher les femmes de recevoir des avis médicaux et des traitements quand elles en ont besoin. Au cours de l’EDS-MICS 2011, on a demandé aux femmes si certains problèmes pouvaient constituer un obstacle pour se faire soigner ou recevoir un avis médical. Les résultats sont présentés au tableau 8.9. Tableau 8.9 Problèmes d'accès aux soins de santé Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui ont déclaré avoir rencontré des problèmes importants d'accès aux soins de santé quand elles étaient malades par type de problème, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Problèmes d'accès aux soins de santé Avoir la permission d'aller se faire soigner Avoir l'argent pour le traitement Distance au service de santé Ne pas vouloir y aller seule Au moins un des problèmes rencontrés pour l'accès aux soins de santé Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 16,6 34,3 17,8 15,9 38,9 3 589 20-34 13,8 35,4 17,5 10,9 38,5 7 758 35-49 12,3 36,6 19,8 10,4 40,1 4 079 Nombre d'enfants vivants 0 15,2 33,9 16,6 14,2 38,4 4 732 1-2 13,0 34,7 17,3 11,3 38,2 4 598 3-4 13,2 36,5 19,0 10,9 39,3 3 156 5+ 14,6 37,9 21,2 10,5 40,9 2 941 État matrimonial Célibataire 13,7 33,7 15,6 13,8 38,2 4 307 En union 14,8 35,7 19,4 11,5 39,2 9 792 Divorcée/séparée/veuve 9,5 39,1 17,7 9,6 40,5 1 327 Emploi au cours des 12 derniers mois N'a pas travaillé 17,8 36,9 18,6 14,5 41,0 4 920 A travaillé pour de l'argent 12,0 35,7 18,2 10,2 39,1 8 365 A travaillé sans contrepartie financière 13,7 31,0 17,2 13,1 34,1 2 118 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 12,1 32,5 11,4 9,5 36,6 3 467 Autres villes 13,6 34,2 14,6 10,6 37,2 4 842 Ensemble urbain 13,0 33,5 13,3 10,2 36,9 8 309 Rural 15,3 37,7 23,9 14,0 41,4 7 117 Région Adamaoua 12,3 35,5 13,2 8,1 38,1 746 Centre (sans Yaoundé) 13,7 35,8 24,8 11,9 41,8 1 092 Douala 11,6 32,3 9,4 7,8 35,8 1 712 Est 28,6 44,5 20,0 13,8 45,2 604 Extrême-Nord 16,0 40,7 23,3 13,6 43,4 2 490 Littoral (sans Douala) 6,7 36,5 21,3 8,4 39,9 615 Nord 21,7 43,5 26,7 18,1 47,1 1 676 Nord-Ouest 2,1 23,1 8,6 5,8 26,2 1 521 Ouest 21,5 34,8 16,7 14,0 37,5 1 634 Sud 25,4 40,2 23,1 13,3 43,2 402 Sud-Ouest 3,8 31,0 22,8 14,9 36,6 1 180 Yaoundé 12,6 32,7 13,3 11,2 37,4 1 755 Niveau d'instruction Aucun 19,7 43,8 26,3 17,1 47,2 3 086 Primaire 12,8 34,6 18,4 11,1 37,7 5 214 Secondaire 1er cycle 14,3 34,3 16,5 11,4 38,0 4 185 Secondaire 2nd cycle ou plus 10,0 29,8 11,7 8,8 34,1 2 941 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,2 43,4 28,5 16,1 46,3 2 481 Second 15,7 36,9 21,9 13,3 40,5 2 751 Moyen 15,2 37,4 19,2 12,9 40,5 2 923 Quatrième 11,8 32,0 13,6 9,2 35,3 3 517 Le plus riche 12,6 30,7 12,3 10,0 35,3 3 753 Ensemble1 14,0 35,4 18,2 12,0 39,0 15 426 1 Y compris 23 femmes pour lesquelles l’emploi au cours des 12 derniers mois est non déterminé. 132 • Santé de la reproduction Près de deux femmes sur cinq (39 %) ont déclaré qu’au moins un des cinq problèmes cités lors de l’interview pouvait constituer un obstacle important pour recevoir un traitement ou un avis médical. Parmi les problèmes cités, c’est la disponibilité de l’argent pour le traitement (35 %) qui constitue l’obstacle aux soins de santé le plus fréquemment mentionné par les femmes. Cette proportion atteint 44 % parmi les femmes sans niveau d’instruction, et 43 % chez celles appartenant aux ménages les plus pauvres. C’est dans les régions de l’Est (45 %) et du Nord (44 %) que le problème de la disponibilité de l’argent pour le traitement est le plus fréquemment évoqué. De plus, dans une proportion un peu plus faible, les femmes ont déclaré que la distance au service de santé (18 %) et l’obtention de la permission d’aller se faire soigner (14 %) pouvaient limiter leur accès aux soins de santé. Il faut souligner qu’en milieu rural, la distance pour atteindre un service de santé constitue un problème pour 24 % des femmes contre seulement 11 % dans les villes de Yaoundé/Douala. En outre, environ une femme sur dix (12 %) a déclaré que le fait de devoir se rendre seule dans un établissement de santé constituait un problème. 8.3 CONNAISSANCE ET PRÉVALENCE DE LA FISTULE OBSTÉTRICALE La fistule obstétricale est une lésion du périnée qui, selon les Nations Unies, touche plus de 2 millions de femmes dans le monde, en particulier dans les pays où la disponibilité et l’utilisation des services de santé maternelle et reproductive restent limitées. Causée, entre autres, par un travail prolongé lors de l’accouchement, une grossesse précoce ou un viol, la fistule obstétricale a pour conséquence principale l’incontinence urinaire chronique. À la douleur physique s’ajoutent l’humiliation et les conséquences sociales tragiques. Les femmes sont rejetées par la société et abandonnées par leurs maris. Les moyens pour prévenir ce problème existent. Le report de l’âge du mariage, l’élargissement de l’accès aux services de planification familiale, aux soins prénatals et aux soins obstétricaux d’urgence comptent parmi les plus importants et s’inscrivent dans une stratégie plus large de maternité à moindre risque. Lors de l’EDS-MICS 2011, des questions ont été posées aux femmes âgées de 15 à 49 ans sur leur connaissance de la fistule obstétricale. En outre, on a cherché à évaluer la proportion de femmes affectées par ce problème ou qui en avaient souffert. L’enquête révèle une faible connaissance de la fistule obstétricale au sein de la population féminine. En effet, le tableau 8.10 montre que la proportion de femmes de 15-49 ans ayant entendu parler de cette maladie n’est que de 23 %. Cette connaissance varie selon les caractéristiques sociodémographiques de la femme. La proportion de femmes qui connaissent la fistule augmente avec l’âge, passant d’un minimum de 14 % chez les femmes de 15-19 ans à un maximum de 32 % chez celles de 40-49 ans. Les femmes ayant déjà eu une naissance vivante ont déclaré plus fréquemment connaitre la fistule obstétricale (26 %) que celles qui n’en ont jamais eu (16 %). On constate également des disparités entre les régions : dans l’Extrême-Nord (31 %) et le Centre (30 %) une proportion relativement importante de femmes connaissent la maladie. À l’opposé, dans les régions du Sud (15 %) et de l’Adamaoua (16 %) les proportions sont plus faibles. Santé de la reproduction • 133 Par ailleurs, le tableau 8.10 présente aussi les proportions de femmes qui ont déclaré souffrir de ce problème ou en avoir souffert. À la lumière des réponses données, il semblerait que les fistules obstétricales ne soient pas très répandues au Cameroun puisque sur les 15 426 femmes de 15 à 49 ans enquêtées, seulement 0,4 % soit environ 50 femmes, ont déclaré souffrir ou avoir souffert de cette maladie. Néanmoins, cette proportion doit être interprétée avec prudence : en effet, compte tenu que cette affection est considérée comme « honteuse », de nombreuses femmes affectées « se cachent » ou « sont cachées » par leur entourage et il se peut que certaines de ces femmes n’aient pas répondu à l’enquête ; de plus, toujours pour la même raison, il se peut que certaines femmes affectées n’aient pas déclaré souffrir ou avoir souffert de cette affection au cours de l’interview. Par conséquent, la proportion estimée par l’EDS-MICS 2011 doit donc être considérée comme une valeur minimale qui peut être (largement) sous-estimée. Compte tenu du très faible nombre d’enquêtées ayant reconnu souffrir ou avoir souffert de fistule obstétricale, il n’est pas possible d’analyser les questions supplémentaires posées exclusivement à ces femmes. Tout au plus, peut-on présenter la répartition de ces femmes selon l’événement durant lequel la fistule est survenue. Ces données sont présentées au graphique 8.2. Il en ressort que, selon les déclarations, l’accouchement (51 %) est l’évènement durant lequel les fistules surviennent le plus fréquemment, suivi des viols (10 %). Cependant, compte tenu du fait qu’il est probable que ces déclarations se basent sur un nombre sous-estimé de femmes souffrant ou ayant souffert de fistule obstétricale, cette répartition doit être interprétée avec prudence. Tableau 8.10 Connaissance et prévalence de la fistule obstétricale Proportion de femmes ayant entendu parler de la fistule obstétricale et proportion de femmes ayant déclaré avoir ou avoir eu une fistule obstétricale, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Proportion de femmes connaissant la fistule Proportion de femmes déclarant avoir ou avoir eu une fistule Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 13.5 0.2 3,589 20-24 21.8 0.3 3,127 25-29 23.9 0.5 2,689 30-34 27.0 0.5 1,942 35-39 28.7 0.7 1,679 40-44 32.3 0.7 1,244 45-49 31.7 0.4 1,156 Maternité A déjà eu une naissance vivante 26.1 0.5 10,902 N'a jamais eu de naissance vivante 16.2 0.2 4,524 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 23.5 0.7 3,467 Autres villes 23.9 0.4 4,842 Ensemble urbain 23.7 0.5 8,309 Rural 22.6 0.3 7,117 Région Adamaoua 16.0 0.2 746 Centre (sans Yaoundé) 29.8 0.3 1,092 Douala 18.7 0.2 1,712 Est 20.8 0.6 604 Extrême-Nord 31.4 0.3 2,490 Littoral (sans Douala) 16.7 0.1 615 Nord 22.3 0.2 1,676 Nord-Ouest 20.1 0.6 1,521 Ouest 21.3 0.3 1,634 Sud 15.2 0.2 402 Sud-Ouest 19.2 0.5 1,180 Yaoundé 28.1 1.2 1,755 Niveau d'instruction Aucun 25.7 0.2 3,086 Primaire 21.8 0.5 5,214 Secondaire 1er cycle 21,5 0,4 4 185 Secondaire 2nd cycle ou plus 25,6 0,5 2 941 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 22.9 0.2 2,481 Second 22.8 0.3 2,751 Moyen 21.4 0.3 2,923 Quatrième 23.1 0.8 3,517 Le plus riche 25.2 0.4 3,753 Ensemble 23.2 0.4 15,426 134 • Santé de la reproduction Graphique 8.2 Évènement à la suite duquel est apparue la fistule obstétricale Accouchement 51% Viol 10% Opération chirurgicale 6% Autre 9% Manquant 24% EDS-MICS 2011 Santé de l’enfant• 135 SANTÉ DE L’ENFANT 9 Anaclet Désiré DZOSSA et Honoré TCHAMGOUE u cours de l’EDS-MICS 2011, pour tous les enfants nés au cours des cinq dernières années, on a collecté des informations permettant d’évaluer l’état de santé des enfants ; il s’agit du poids à la naissance, de la couverture vaccinale, la prévalence des principales maladies (infections respiratoires aigües, fièvre et diarrhée) et des traitements reçus. Les enfants de moins de cinq ans constituant un groupe de population particulièrement vulnérable, ces informations permettront, non seulement, d’identifier les principaux problèmes qui affectent leur santé mais aussi de contribuer à la mise en place des programmes ciblés de prévention des maladies de l’enfance. En outre, la comparaison des résultats de l’enquête actuelle avec ceux des enquêtes précédentes permettra d’évaluer les efforts déployés dans le pays pour la survie des enfants et d’adapter les programmes mis en place par le Gouvernement. 9.1 POIDS À LA NAISSANCE Un poids insuffisant à la naissance est une cause majeure de mortalité et de morbidité dans la petite enfance. Un faible poids à la naissance peut affecter la santé de l’enfant, son développement, ou même son comportement et ses facultés d’apprentissage à l’école. Au cours de l’EDS-MICS 2011, on a demandé aux femmes qui avaient eu une naissance vivante au cours des cinq dernières années, quels étaient le poids et la grosseur de l’enfant à la naissance. A Principaux résultats  D’après les carnets de santé ou les déclarations de la mère, le poids à la naissance des enfants est connu dans 59 % des cas. Parmi ces naissances vivantes ayant eu lieu au cours des deux dernières années avant l’enquête, 10 % avaient un faible poids (inférieur à 2 500 grammes) à la naissance.  Environ la moitié des enfants de 12-23 mois (53 %) ont reçu le BCG, les trois doses de vaccins de la polio et du DTCoq et le vaccin contre la rougeole. Cet indicateur est en augmentation de 5 points de pourcentage par rapport à l’EDSC-III de 2004.  La vaccination introduite en 2004/2005 contre la fièvre jaune et l’Hépatite B a été administrée à une forte proportion d’enfants de 12-23 mois : respectivement 69 % et 65 %.  Au cours des deux semaines précédant l’enquête. 5 % d’enfants de moins de 5 ans ont souffert d’IRA, 26 % de la fièvre et 21 % de la diarrhée. Des conseils ou un traitement ont été recherchés auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé pour 30 % des enfants ayant des symptômes d’IRA, 27 % pour les cas de fièvre et 23 % pour la diarrhée.  Parmi les femmes qui ont eu une naissance au cours des cinq années précédant l’enquête, 68 % connaissent les SRO ; cependant, seulement 22 % d’enfants ayant souffert de la diarrhée ont bénéficié d’une TRO. 136 • Santé de l’enfant D’après les carnets de santé ou les déclarations de la mère, le poids à la naissance des enfants est connu dans 59 % des cas (Tableau 9.1). Cette proportion n’a pratiquement pas varié par rapport à celle estimée à l’EDSC-III de 2004 (57 %). La proportion de naissances dont le poids a été déclaré à la naissance varie de manière importante selon les caractéristiques sociodémographiques. Les proportions les plus élevées sont enregistrées parmi les naissances dont la mère vit en milieu urbain (83 %) et particulièrement à Yaoundé/Douala (95 %), parmi celles dont la mère a, au moins, un niveau secondaire (90 %) ainsi que parmi celles des ménages du quintile le plus riche (95 %). À l’opposé, un poids a été déclaré pour seulement 41 % des naissances du milieu rural, 18 % de celles dont la mère est sans niveau d’instruction et 15 % des naissances des ménages du quintile le plus pauvre. Selon la région, on constate que c’est dans l’Extrême-Nord (20 %), le Nord (26 %) et l’Adamaoua (43 %) que le poids à la naissance a été le moins fréquemment déclaré. À l’opposé, c’est dans le Nord-Ouest (92 %), l’Ouest (90 %) et le Littoral (89 %) que l’on enregistre les proportions les plus élevées d’enfants dont on connait le poids à la naissance. Il est important de tenir compte de ces variations qui peuvent introduire un biais quand on compare la distribution des enfants selon leur poids déclaré à la naissance. Tableau 9.1 Taille et poids de l'enfant à la naissance Pourcentage de naissances vivantes ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et dont le poids à la naissance a été déclaré; Répartition (en %) de toutes les naissances vivantes ayant eu lieu au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par grosseur de l'enfant à la naissance estimée par la mère et pourcentage de toutes les naissances dont le poids à la naissance a été déclaré, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de toutes les naissances dont le poids à la naissance a été déclaré1 Répartition (%) des naissances dont le poids à la naissance a été déclaré1 Total Effectif de naissances Répartition (en %) de toutes les naissances vivantes par grosseur de l'enfant à la naissance Total Effectif de naissances Moins de 2,5 kg 2,5 kg ou plus Très petit Plus petit que la moyenne Moyen ou plus gros que la moyenne Ne sait pas/man- quant Age de la mère à la naissance <20 54,2 9,9 90,1 100,0 1 244 10,5 13,8 74,0 1,6 100,0 2 295 20-34 60,5 7,2 92,8 100,0 4 905 7,7 10,4 80,3 1,6 100,0 8 106 35-49 57,3 6,8 93,2 100,0 771 6,8 9,5 82,1 1,6 100,0 1 347 Rang de naissance 1 69,7 8,8 91,2 100,0 1 851 8,9 12,5 77,3 1,3 100,0 2 655 2-3 64,0 8,2 91,8 100,0 2 604 7,6 10,8 79,8 1,7 100,0 4 072 4-5 54,9 6,6 93,3 100,0 1 427 7,1 11,3 80,1 1,6 100,0 2 597 6+ 42,8 5,6 94,4 100,0 1 038 9,3 9,4 79,5 1,8 100,0 2 425 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 94,5 8,8 91,2 100,0 1 753 5,8 9,6 83,5 1,1 100,0 1 854 Autres villes 76,4 7,7 92,3 100,0 2 373 6,8 10,7 81,3 1,3 100,0 3 106 Ensemble urbain 83,2 8,1 91,9 100,0 4 126 6,4 10,3 82,1 1,2 100,0 4 960 Rural 41,2 6,9 93,0 100,0 2 795 9,4 11,5 77,2 1,9 100,0 6 788 Région Adamaoua 43,4 6,9 93,1 100,0 259 8,9 6,8 83,7 0,6 100,0 596 Centre (sans Yaoundé) 72,7 5,1 94,8 99,9 638 6,3 9,6 80,9 3,1 100,0 876 Douala 98,2 9,8 90,2 100,0 890 5,2 11,2 82,8 0,8 100,0 906 Est 46,6 9,8 90,2 100,0 233 9,2 5,5 84,3 1,0 100,0 500 Extrême-Nord 20,3 8,3 91,7 100,0 544 14,2 14,2 70,3 1,3 100,0 2 682 Littoral (sans Douala) 88,7 9,5 90,5 100,0 358 4,6 11,6 83,2 0,7 100,0 404 Nord 25,9 7,6 92,4 100,0 431 10,7 13,4 74,9 1,0 100,0 1 662 Nord-Ouest 92,4 4,3 95,7 100,0 836 1,8 5,3 90,2 2,7 100,0 905 Ouest 89,7 7,9 92,1 100,0 1 178 5,6 11,8 81,7 0,9 100,0 1 314 Sud 75,9 7,3 92,7 100,0 215 5,9 10,0 83,7 0,4 100,0 283 Sud-Ouest 70,9 9,6 90,4 100,0 477 1,7 11,9 80,2 6,2 100,0 672 Yaoundé 91,0 7,7 92,3 100,0 863 6,3 8,1 84,3 1,3 100,0 948 Niveau d'instruction de la mère Aucun 18,2 6,1 93,9 100,0 610 13,1 12,6 72,8 1,4 100,0 3 359 Primaire 63,0 7,6 92,4 100,0 2 921 6,8 11,1 80,0 2,1 100,0 4 639 Secondaire 1er cycle 87,2 7,6 92,4 100,0 2 195 5,3 9,6 84,0 1,0 100,0 2 516 Secondaire 2nd cycle ou plus 96,8 8,8 91,2 100,0 1 195 5,3 9,2 84,2 1,3 100,0 1 235 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 14,9 8,2 91,8 100,0 414 12,3 13,2 73,2 1,2 100,0 2 779 Second 48,7 7,3 92,7 100,0 1 238 9,4 10,8 77,9 1,9 100,0 2 542 Moyen 70,0 7,5 92,5 100,0 1 645 6,2 10,6 81,0 2,3 100,0 2 349 Quatrième 84,2 7,2 92,8 100,0 1 880 5,2 10,1 83,3 1,4 100,0 2 233 Le plus riche 94,6 8,5 91,5 100,0 1 745 6,2 9,5 83,1 1,2 100,0 1 845 Ensemble 58,9 7,6 92,3 100,0 6 921 8,1 11,0 79,3 1,6 100,0 11 748 1 Basé sur, soit un enregistrement écrit, soit la déclaration de la mère. Santé de l’enfant• 137 Parmi les naissances dont on connaît le poids, 8 % étaient de faible poids à la naissance (moins de 2 500 grammes selon l’OMS). Les proportions de naissances de faible poids varient selon les différentes caractéristiques sociodémographiques retenues. En effet, la proportion des naissances de faible poids passe de 4 % dans le Nord-Ouest et 5 % dans le Centre, à près de 10 % dans le Littoral, l’Est et le Sud-Ouest. Par ailleurs, la proportion des naissances de faible poids décroît avec l’augmentation de l’âge de la mère à la naissance de l’enfant. Il en est de même avec le rang de naissance de l’enfant. Au contraire, cette proportion baisse lorsque le niveau d’instruction de la mère augmente. Ces variations des proportions d’enfants de faible poids sont à interpréter avec prudence compte tenu des différences signalées plus haut en ce qui concerne les proportions de naissances dont le poids a été déclaré. Pour évaluer la grosseur de l’enfant à la naissance, on a posé à la mère la question suivante : « Quand votre enfant est né, était-il très gros, plus gros que la moyenne, moyen, plus petit que la moyenne ou très petit ?». À cette question, très subjective, les mères ont répondu dans 79 % des cas que l’enfant était moyen ou plus gros que la moyenne ; dans 11 % des cas, elles ont déclaré qu’il était plus petit que la moyenne et enfin, dans 8 % des cas, qu’il était très petit. On constate une variation significative de cette proportion d’enfants très petits selon certaines caractéristiques socio- démographiques. C’est ainsi qu’elle varie de 2 % dans les régions du Sud- Ouest et du Nord-Ouest à 11 % dans le Nord et 14 % dans l’Extrême-Nord. Par ailleurs, cette proportion est nettement plus élevée chez les femmes sans niveau d’instruction (13 %) que chez celles ayant au moins le niveau secondaire ou plus (5 %). Il en est de même chez les plus pauvres (12 %) comparativement aux plus riches (6 %). Comme précisé précédemment, 8 % des enfants nés au cours des cinq dernières années pesaient 2 500 grammes ou moins à la naissance. Cependant, il est possible que cette proportion soit biaisée puisque calculée sur seulement 59 % d’enfants pour lesquels on connaît le poids à la naissance. Par contre, pour tous les enfants, la mère a déclaré sa propre perception de la grosseur de l’enfant à la naissance. En combinant ces deux types d’informations, on a cherché à estimer pour tous les enfants, la proportion de ceux de 2 500 grammes ou moins à la naissance. Les résultats sont présentés au tableau 9.2 pour les enfants nés au cours des deux dernières années. Tableau 9.2 Enfants de faible poids à la naissance Pourcentage de naissances vivantes ayant eu lieu au cours des deux années ayant précédé l'enquête dont le poids à la naissance est estimé à moins de 2 500 grammes, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de naissances vivantes : Nombre de naissances vivantes Dont le poids à la naissance est estimé inférieur à 2 500 grammes* Pesées a la naissance** Région Adamaoua 7,5 45,8 253 Centre (sans Yaoundé) 5,1 72,5 367 Douala 10,1 98,1 367 Est 11,7 48,1 212 Extrême-Nord 14,1 19,7 1 098 Littoral (sans Douala) 8,2 87,1 178 Nord 8,1 24,7 688 Nord-Ouest 4,8 93,9 392 Ouest 9,1 87,1 557 Sud 5,7 73,9 119 Sud-Ouest 9,1 74,3 269 Yaoundé 7,0 88,5 435 Résidence Urbain 8,5 83,4 2 085 Rural 10,8 41,1 2 851 Niveau d'instruction de la mère Aucun 11,1 18,3 1 320 Primaire 10,2 60,1 1 934 Secondaire 1er cycle 8,3 86,7 1 124 Secondaire 2nd cycle ou plus 6,7 95,9 557 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 13,1 13,7 1 133 Second 11,0 46,9 1 065 Moyen 9,0 70,8 1 028 Quatrième 7,9 84,5 915 Le plus riche 8,2 95,1 795 Ensemble 9,9 59,0 4 936 Note : Le pourcentage de naissances dont le poids est inférieur à 2 500 grammes est estimé à partir de deux informations du questionnaire : l'évaluation du poids de l'enfant à la naissance (c’est-à-dire très petit, plus petit que la moyenne, moyen, plus gros que la moyenne et très gros) d'une part, et d'autre part du souvenir que la mère a du poids de l'enfant s'il a été pesé à la naissance. En premier lieu, on croise les deux variables pour les enfants pesés à la naissance. Cela permet d'obtenir la proportion d'enfants de moins de 2 500 grammes dans chaque catégorie de poids. Cette proportion est par la suite multipliée par le nombre total d'enfants appartenant à la catégorie pour avoir l'estimation du nombre d'enfants ayant un faible poids à la naissance dans chaque catégorie de poids. On fait par la suite la somme des nombres des différentes catégories pour avoir le nombre total d'enfants de faible poids à la naissance. Ce nombre total est divisé par le nombre total de naissances vivantes pour avoir le pourcentage d'enfants ayant un faible poids à la naissance. 138 • Santé de l’enfant En premier lieu, on croise les deux variables pour les enfants pesés à la naissance. Cela permet d'obtenir la proportion d'enfants de moins de 2 500 grammes dans chaque catégorie de poids selon la perception de la mère. Cette proportion est par la suite multipliée par le nombre total d'enfants appartenant à la catégorie pour avoir l'estimation du nombre d'enfants ayant un faible poids à la naissance dans chaque catégorie de poids. On fait par la suite la somme des nombres des différentes catégories pour avoir le nombre total d'enfants de faible poids à la naissance. Ce nombre total est divisé par le nombre total de naissances vivantes pour avoir le pourcentage d'enfants ayant un faible poids à la naissance. Selon cette estimation, 10 % des enfants seraient de faible poids à la naissance. Cette proportion serait plus élevée en rural qu’en urbain (11 % contre 9 %). Les enfants de faible poids à la naissance seraient aussi proportionnellement plus nombreux dans l’Extrême-Nord (14 %), l’Est (12 %) et Douala (10 %) que dans les autres régions. Enfin, la proportion d’enfants de faible poids diminuerait lorsque le niveau d’instruction de la mère et le niveau de bien-être du ménage augmentent. 9.2 VACCINATION DES ENFANTS Conformément aux recommandations de l’OMS suivies par le Programme Elargi de Vaccination (PEV), un enfant est complètement vacciné lorsqu’il a reçu le BCG (protection contre la tuberculose), trois doses de vaccin contre la polio et trois doses de DTCoq (Diphtérie, Tétanos et Coqueluche), et le vaccin contre la rougeole. En outre, depuis quelques années une dose de vaccin contre la polio (polio 0) est administrée à la naissance. Enfin, depuis 2004, le Cameroun a rajouté au PEV le vaccin contre la fièvre jaune et, depuis 2005, trois doses de vaccin contre l’Hépatite B associées au DTCoq1. D’après le calendrier vaccinal, tous ces vaccins doivent être administrés à l’enfant avant l’âge de 12 mois. Les données sur la vaccination ont été collectées à partir de deux sources : le carnet de vaccination de l’enfant et les déclarations de la mère quand le carnet n’était pas disponible ou n’existait pas. Le tableau 9.3 présente les résultats sur la couverture vaccinale selon les différentes sources d’information pour les enfants de 12-23 mois, c’est-à-dire ceux qui, d’après les recommandations de l’OMS, ont atteint l’âge où ils devraient être complètement vaccinés. Dans 57 % des cas, la couverture vaccinale a été mesurée à partir des cartes ou carnets de vaccination et, dans 43 % des cas, quand le carnet de vaccination n’était pas disponible, la couverture vaccinale a été établie à partir des déclarations de la mère. Précisons que, par souci de comparaison au niveau international et avec les EDS précédentes, dans la suite de ce chapitre, on considérera que les enfants sont complètement vaccinés s’ils ont reçu les « vaccins de base » du PEV, à savoir le BCG, les trois doses de vaccin contre la polio et le DTCoq et le vaccin contre la rougeole. 1 Plus récemment le Cameroun a encore rajouté au PEV trois doses de vaccin de Hib contre l’Hemophilus influenza B (depuis 2009), et trois doses de vaccin Pneumo-7 contre les infections à pneumocoque (depuis 2011). Cependant, ces vaccins n’étaient pas encore introduits au moment de la conception du questionnaire de l’EDS-MICS 2011 et aucune information n’a été collectée à leur sujet. S an té d e l’e nf an t • 1 39 T ab le au 9 .3 V ac ci na tio ns p ar s ou rc es d 'in fo rm at io n P ou rc en ta ge d 'e nf an ts d e 12 -2 3 m oi s ay an t r eç u ce rta in s va cc in s, à n 'im po rte q ue l m om en t a va nt l' en qu êt e se lo n la s ou rc e d' in fo rm at io n (c ar ne t d e va cc in at io n ou d éc la ra tio n de la m èr e) e t p ou rc en ta ge ay an t é té v ac ci né a va nt l' âg e de 1 2 m oi s, C am er ou n 20 11 S ou rc e d' in fo rm at io n B C G D TC oq P ol io R ou - ge ol e To us le s va cc in s2 A uc un va cc in Fi èv re Ja un e To us le s va cc in s y co m pr is la fi èv re ja un e H ép at ite B To us le s va cc in s y co m pr is la fiè vr e ja un e et le s 3 do se s d' hé pa tit e E ffe ct if d' en fa nt s 1 2 3 0 1 2 3 1 2 3 Va cc in é à n' im po rt e qu el m om en t a va nt l' en qu êt e C ar ne t d e va cc in at io n 55 ,1 56 ,0 53 ,2 49 ,1 53 ,0 56 ,4 53 ,6 49 ,5 44 ,9 41 ,8 0, 0 44 ,3 41 ,1 54 ,3 51 ,7 48 ,4 40 ,6 1 29 1 D éc la ra tio n de la m èr e 32 ,0 29 ,5 25 ,1 19 ,2 18 ,7 36 ,9 31 ,9 20 ,2 25 ,7 11 ,4 4, 5 25 ,0 11 ,0 25 ,7 21 ,3 16 ,5 9, 6 97 4 Le s de ux s ou rc es 87 ,1 85 ,5 78 ,3 68 ,4 71 ,7 93 ,3 85 ,5 69 ,8 70 ,6 53 ,2 4, 5 69 ,3 52 ,1 80 ,0 73 ,0 64 ,9 50 ,2 2 26 5 Va cc in é av an t l 'â ge d e 12 m oi s3 86 ,0 84 ,7 77 ,2 66 ,3 71 ,0 92 ,2 84 ,2 67 ,7 64 ,0 48 ,2 5, 4 62 ,5 46 ,8 79 ,3 71 ,8 62 ,9 45 ,1 2 26 5 1 P ol io 0 e st le v ac ci n co nt re la p ol io d on né à la n ai ss an ce . 2 B C G , r ou ge ol e, le s tro is d os es d e D TC oq e t l es tr oi s do se s de p ol io (n on c om pr is la d os e de p ol io d on né e à la n ai ss an ce ). 3 P ou r le s en fa nt s do nt l' in fo rm at io n es t ba sé e su r la d éc la ra tio n de la m èr e, o n su pp os e qu e la p ro po rti on d e va cc in s ef fe ct ué s au c ou rs d e la p re m iè re a nn ée e st la m êm e qu e ce lle d es e nf an ts d on t l'i nf or m at io n pr ov ie nt d 'u n ca rn et d e va cc in at io n. Santé de l’enfant • 139 140 • Santé de l’enfant Les résultats montrent que d’après les informations provenant du carnet de vaccination, 42 % des enfants de 12-23 mois ont été complètement vaccinés. Quand on ajoute les renseignements fournis par la mère (11 % complètement vaccinés), ce pourcentage passe à 53 %. À l’opposé, 5 % des enfants de 12-23 mois n’ont reçu aucun des vaccins de base du PEV. Le reste des enfants (42 %) ont donc été partiellement vaccinés. Par ailleurs, 48 % des enfants ont été complètement vaccinés selon le calendrier recommandé, c’est-à-dire avant l’âge de 12 mois. D’après le carnet de vaccination, on constate que 55 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG et 32 % si l’on se base sur les déclarations de la mère. Par conséquent, 87 % des enfants ont reçu le BCG (donné en principe à la naissance) et 86 % avaient reçu cette vaccination avant l’âge de 12 mois (Graphique 9.1). La proportion d’enfants ayant reçu la première dose de DTCoq est également très importante (86 %), ce qui dénote une bonne accessibilité2 aux services de vaccination. Toutefois, la déperdition entre les doses n’est pas négligeable : de 86 % pour la première dose, la proportion d’enfants ayant reçu la deuxième dose passe à 78 % et à seulement 68 % pour la troisième dose. Le taux de déperdition3 pour ce vaccin est donc de 8 % entre la première et la deuxième dose ; de 13 % entre la deuxième et la troisième et de 20 % entre la première et la troisième dose. La couverture vaccinale contre la poliomyélite varie également selon la dose : 93 % des enfants de 12-23 mois ont reçu la première dose de polio mais cette proportion diminue ensuite avec les doses et seulement sept enfants sur dix ont reçu les trois doses de polio (70 %). Le taux de déperdition entre la première et la troisième dose de polio est donc de 25 %. Le vaccin contre la poliomyélite étant administré en même temps que celui du DTCoq, on s’attend à trouver des niveaux de couverture vaccinale très proches. Cette proximité est plus perceptible en comparant les taux de couverture basés sur les carnets de vaccination. Cependant lorsqu’on considère les taux de couverture basés sur les carnets et les déclarations, on constate une couverture vaccinale contre la poliomyélite légèrement plus élevée que celle du DTCoq (93 % pour Polio 1 contre 86 % pour DTCoq 1) et des déperditions également plus élevées pour la polio (25 % contre 20 % entre les première et troisième doses). En outre, 71 % des enfants de 12-23 mois sont vaccinés contre la rougeole (64 % avant l’âge de 12 mois). À propos des autres vaccins récemment introduits dans le calendrier vaccinal des enfants, on note que 69 % des enfants âgés de 12-23 mois ont été vaccinés contre la fièvre jaune et 65 % ont reçu les trois doses de vaccin contre l’Hépatite B. On constate par ailleurs un taux de déperdition de 19 % entre la première et la troisième dose de vaccin contre l’Hépatite B. 2 La proportion d’enfants ayant reçu la première dose (pour le DTCoq, par exemple) peut être considérée comme une mesure d’accessibilité aux services de vaccination. Elle traduit l’effort de la mère pour amener l’enfant aux services de vaccination, six semaines après sa naissance. 3 Le taux de déperdition est la proportion d’enfants qui, ayant reçu une dose de vaccin, ne reçoivent pas la suivante. Santé de l’enfant • 141 Graphique 9.1 Vaccination des enfants de 12-23 mois selon le type de vaccin 87 86 78 68 93 86 70 71 53 5 P ou rc en ta ge EDS-MICS 2011 Le tableau 9.4 présente la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère et de l’enfant. En ce qui concerne la vaccination complète, on ne relève pratiquement pas d’écart entre les filles et les garçons (54 % contre 52 %). Par contre, la couverture vaccinale diminue avec le rang de naissance : de 60 % pour le rang 1, elle passe à 47 % pour le rang 4-5, et à 46 % pour le rang 6 ou plus. Les variations selon le milieu de résidence sont importantes et mettent en évidence la faiblesse de la couverture vaccinale du milieu rural par rapport au milieu urbain (46 % contre 63 %). C’est entre les régions que l’on observe les disparités les plus importantes, le niveau de couverture vaccinale complète étant plus élevé dans le Nord-Ouest (83 %) et le Sud-Ouest (75 %) qui devancent même Douala (67 %) et Yaoundé (60 %), et plus faible dans l’Extrême-Nord (31 %), le Sud (35 %) et le Nord (38 %). Les faibles performances de ces dernières régions sont, en grande partie, la conséquence de forts taux de déperdition entre la première et la troisième dose de DTCoq et de Polio (par exemple 47 % de déperdition entre Polio 1 et 3 dans le Sud). 14 2 • S an té d e l’e nf an t Ta bl ea u 9. 4 V ac ci na tio ns s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s P ou rc en ta ge d 'e nf an ts d e 12 -2 3 m oi s ay an t r eç u ce rta in s va cc in s à n' im po rte q ue l m om en t a va nt l' en qu êt e (s el on le c ar ne t d e va cc in at io n ou la d éc la ra tio n de la m èr e) e t p ou rc en ta ge p ou r l es qu el s un c ar ne t d e va cc in at io n a ét é pr és en té à l' en qu êt ric e, s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, C am er ou n 20 11 C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue B C G D TC oq 2 P ol io R ou - ge ol e To us le s va cc in s2 A uc un va cc in Fi èv re Ja un e To us le s va cc in s y co m pr is la fi èv re ja un e H ép at ite B To us le s va cc in s y co m pr is la fi èv re ja un e et le s 3 do se s d' hé pa tit e P ou r- ce nt ag e av ec u n ca rn et d e va cc in at io n pr és en té à l'e nq uê tri ce E ffe ct if d' en fa nt s 1 2 3 01 1 2 3 1 2 3 Se xe M as cu lin 86 ,6 84 ,6 78 ,4 68 ,1 70 ,0 93 ,6 86 ,7 70 ,4 70 ,0 52 ,2 4, 4 69 ,7 51 ,0 79 ,3 72 ,7 64 ,7 49 ,5 54 ,3 1 11 3 Fé m in in 87 ,5 86 ,4 78 ,3 68 ,6 73 ,3 93 ,0 84 ,3 69 ,2 71 ,1 54 ,1 4, 7 68 ,9 53 ,1 80 ,7 73 ,3 65 ,0 50 ,9 59 ,6 1 15 2 R an g de n ai ss an ce 1 91 ,1 88 ,4 83 ,6 74 ,8 78 ,6 93 ,9 87 ,6 74 ,6 75 ,8 60 ,4 3, 3 74 ,2 59 ,1 82 ,4 76 ,8 71 ,4 57 ,6 64 ,0 53 4 2- 3 88 ,0 87 ,3 79 ,5 69 ,8 74 ,6 93 ,7 86 ,5 70 ,1 72 ,8 55 ,9 3, 6 70 ,9 54 ,6 81 ,6 74 ,6 66 ,3 51 ,9 56 ,8 81 5 4- 5 85 ,3 83 ,1 75 ,5 62 ,7 69 ,5 91 ,5 82 ,4 64 ,2 66 ,3 47 ,1 7, 0 65 ,0 46 ,6 78 ,5 71 ,8 60 ,2 45 ,7 55 ,0 48 3 6+ 82 ,3 81 ,4 72 ,8 64 ,1 60 ,2 93 ,8 84 ,6 69 ,4 64 ,7 45 ,9 5, 2 65 ,2 44 ,9 75 ,7 66 ,8 59 ,3 43 ,0 51 ,0 43 3 M ili eu d e ré si de nc e Y ao un dé /D ou al a 95 ,6 92 ,8 87 ,2 81 ,4 89 ,2 95 ,0 89 ,5 73 ,1 81 ,3 63 ,1 3, 4 78 ,7 61 ,4 86 ,5 81 ,4 75 ,8 58 ,9 68 ,6 38 5 A ut re s vi lle s 94 ,5 92 ,4 87 ,6 78 ,7 86 ,0 94 ,5 89 ,0 73 ,8 79 ,0 62 ,9 3, 4 76 ,6 61 ,6 87 ,4 82 ,9 75 ,6 59 ,5 61 ,3 56 4 E ns em bl e ur ba in 94 ,9 92 ,5 87 ,4 79 ,8 87 ,3 94 ,7 89 ,2 73 ,5 79 ,9 63 ,0 3, 4 77 ,5 61 ,5 87 ,0 82 ,3 75 ,7 59 ,3 64 ,3 95 0 R ur al 81 ,4 80 ,5 71 ,8 60 ,1 60 ,4 92 ,3 82 ,8 67 ,1 63 ,8 46 ,1 5, 4 63 ,4 45 ,3 74 ,9 66 ,4 57 ,0 43 ,7 51 ,7 1 31 5 R ég io n A da m ao ua 89 ,4 91 ,6 84 ,1 69 ,0 74 ,3 95 ,7 89 ,0 76 ,1 64 ,0 53 ,7 2, 9 64 ,9 53 ,7 89 ,9 80 ,2 69 ,0 53 ,3 73 ,1 11 1 C en tre (s an s Y ao un dé ) 92 ,6 87 ,9 84 ,6 75 ,5 73 ,7 91 ,3 82 ,8 66 ,9 73 ,0 51 ,6 4, 8 68 ,9 47 ,9 70 ,7 65 ,1 59 ,9 42 ,5 46 ,7 16 8 D ou al a 98 ,1 96 ,7 91 ,1 84 ,1 92 ,5 97 ,5 92 ,1 74 ,7 84 ,8 67 ,3 1, 9 83 ,5 66 ,4 93 ,5 87 ,9 80 ,8 65 ,1 73 ,2 16 8 E st 91 ,0 91 ,4 82 ,0 65 ,9 65 ,4 92 ,5 77 ,0 57 ,4 74 ,4 47 ,3 4, 3 73 ,3 47 ,3 86 ,5 79 ,9 69 ,8 46 ,4 48 ,0 93 E xt rê m e- N or d 69 ,6 69 ,4 58 ,9 45 ,2 40 ,4 91 ,6 80 ,8 61 ,0 52 ,4 30 ,9 7, 3 53 ,7 30 ,4 66 ,5 54 ,9 42 ,4 29 ,4 39 ,5 47 6 Li tto ra l ( sa ns D ou al a) 98 ,3 96 ,9 88 ,3 80 ,9 90 ,7 95 ,7 88 ,2 75 ,7 85 ,6 66 ,3 0, 8 80 ,8 63 ,3 87 ,0 81 ,2 77 ,7 61 ,4 66 ,0 90 N or d 74 ,8 71 ,8 60 ,9 48 ,9 55 ,1 89 ,7 78 ,1 61 ,4 51 ,7 38 ,1 7, 5 49 ,8 37 ,1 63 ,4 55 ,8 48 ,5 35 ,8 46 ,9 28 6 N or d- O ue st 98 ,3 97 ,8 97 ,8 95 ,4 96 ,7 98 ,3 98 ,3 86 ,7 93 ,1 82 ,5 1, 7 93 ,1 82 ,5 98 ,3 97 ,8 95 ,4 82 ,5 83 ,9 19 9 O ue st 95 ,9 94 ,4 87 ,0 75 ,5 84 ,4 92 ,5 87 ,5 76 ,6 79 ,8 63 ,7 2, 3 77 ,7 62 ,9 90 ,5 83 ,3 71 ,5 59 ,3 52 ,2 27 2 S ud 91 ,1 85 ,6 70 ,5 56 ,7 65 ,0 96 ,0 76 ,5 50 ,6 69 ,5 35 ,2 4, 0 61 ,4 34 ,4 72 ,6 59 ,5 49 ,7 30 ,8 40 ,8 53 S ud -O ue st 95 ,4 95 ,1 93 ,9 88 ,7 95 ,0 94 ,8 91 ,8 81 ,1 82 ,6 75 ,2 4, 6 83 ,9 74 ,3 93 ,8 91 ,8 86 ,3 74 ,1 83 ,5 13 2 Y ao un dé 93 ,6 89 ,7 84 ,1 79 ,3 86 ,6 93 ,0 87 ,4 71 ,9 78 ,6 59 ,9 4, 5 75 ,0 57 ,6 81 ,1 76 ,5 72 ,0 54 ,1 65 ,1 21 7 N iv ea u d' in st ru ct io n de la m èr e A uc un 71 ,1 70 ,9 59 ,1 45 ,1 43 ,9 92 ,2 79 ,0 58 ,3 51 ,3 32 ,2 6, 2 50 ,1 32 ,0 65 ,4 54 ,6 43 ,0 30 ,5 43 ,1 56 5 P rim ai re 87 ,6 85 ,9 79 ,6 69 ,4 72 ,7 92 ,2 86 ,3 72 ,1 70 ,1 54 ,3 5, 9 69 ,9 53 ,1 81 ,9 75 ,2 66 ,5 51 ,7 59 ,0 88 8 S ec on da ire 1 er c yc le 96 ,7 93 ,6 88 ,0 78 ,5 87 ,5 93 ,1 85 ,1 69 ,5 82 ,5 61 ,2 2, 7 79 ,5 59 ,5 85 ,5 80 ,3 73 ,1 56 ,4 58 ,4 53 8 S ec on da ire 2 nd c yc le o u pl us 99 ,4 98 ,6 94 ,9 92 ,8 94 ,6 99 ,4 97 ,2 86 ,5 88 ,2 77 ,1 0, 6 87 ,2 75 ,7 93 ,0 89 ,5 88 ,1 74 ,0 76 ,3 27 5 Q ui nt ile d e bi en -é co no m iq ue êt re Le p lu s pa uv re 68 ,0 67 ,9 57 ,1 43 ,9 40 ,1 89 ,0 78 ,1 58 ,9 51 ,6 32 ,3 8, 9 52 ,2 31 ,9 63 ,5 53 ,4 41 ,9 30 ,4 40 ,6 50 6 S ec on d 86 ,1 84 ,6 76 ,2 65 ,6 66 ,4 94 ,3 85 ,0 70 ,6 66 ,0 51 ,1 3, 6 65 ,4 50 ,7 78 ,8 71 ,2 63 ,5 49 ,0 56 ,0 47 8 M oy en 93 ,1 91 ,0 85 ,2 73 ,8 80 ,7 94 ,2 86 ,8 73 ,1 75 ,8 56 ,7 3, 8 74 ,4 55 ,3 85 ,2 77 ,8 68 ,8 53 ,2 60 ,8 48 2 Q ua tri èm e 93 ,1 91 ,1 85 ,3 77 ,7 84 ,9 92 ,1 86 ,0 69 ,6 78 ,4 61 ,3 4, 9 75 ,1 59 ,2 85 ,0 79 ,6 72 ,8 57 ,1 60 ,1 42 9 Le p lu s ric he 99 ,4 97 ,1 93 ,0 87 ,4 94 ,7 98 ,1 94 ,0 79 ,5 86 ,3 70 ,3 0, 3 84 ,3 69 ,1 91 ,5 88 ,4 83 ,6 67 ,1 72 ,2 37 1 E ns em bl e 87 ,1 85 ,5 78 ,3 68 ,4 71 ,7 93 ,3 85 ,5 69 ,8 70 ,6 53 ,2 4, 5 69 ,3 52 ,1 80 ,0 73 ,0 64 ,9 50 ,2 57 ,0 2 26 5 1 P ol io 0 e st le v ac ci n co nt re la p ol io d on né à la n ai ss an ce . 2 B C G , r ou ge ol e, le s tro is d os es d e D TC oq e t l es tr oi s do se s de p ol io (n on c om pr is la d os e de p ol io d on né e à la n ai ss an ce ). 142 • Santé de l’enfant Santé de l’enfant • 143 Il apparaît clairement que le niveau de couverture vaccinale des enfants est influencé par le niveau d’instruction de leur mère et le niveau de bien-être du ménage : en effet, les proportions d’enfants complètement vaccinés augmentent avec le niveau d’instruction de la mère, passant de 32 % parmi ceux dont la mère est sans niveau d’instruction à 54 % parmi ceux dont la mère a un niveau primaire et à 67 % quand la mère a un niveau, au moins, secondaire ; en outre, la proportion d’enfants complètement vaccinés passe de 32 % dans les ménages du quintile le plus pauvre à 70 % dans le plus riche. Les données collectées sur la vaccination des enfants de moins de cinq ans permettent d’évaluer rétrospectivement les tendances de la couverture vaccinale avant l’âge de 12 mois pour les quatre années ayant précédé l’enquête, concernant les enfants âgés actuellement de 12-23 mois, 24-35 mois, 36-47 mois et 48-59 mois. Le tableau 9.5 présente les taux de couverture vaccinale d’après le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère pour les enfants de ces groupes d’âges. Il présente aussi les pourcentages d’enfants pour lesquels un carnet de vaccination a été montré à l’enquêtrice. Seulement 45 % des enfants de 12-59 mois avaient un carnet qui a été montré à l’enquêtrice. Cette proportion diminue avec l’âge de l’enfant, de 57 % parmi ceux de 12-23 mois à 36 % pour ceux de 48-59 mois. Cette variation semblerait indiquer une amélioration de la couverture vaccinale des enfants (les enfants ont de plus en plus fréquemment de carnet), mais ceci pourrait aussi simplement résulter du fait que plus les enfants sont âgés, moins les carnets de vaccinations sont disponibles (ils ont été perdus). Pour les enfants dont l'information est basée sur la déclaration de la mère, on suppose que le calendrier vaccinal, et donc la proportion de vaccinations reçues durant la première année, est le même que celui enregistré pour les enfants pour lesquels on dispose d'un carnet de vaccination. Pour l’ensemble des enfants de 12-59 mois, on constate que 86 % ont reçu le BCG avant l’âge de 12 mois, 65 % la troisième dose de DTCoq et 68 % la troisième dose de polio. En outre, 66 % ont été vaccinés contre la rougeole et 64 % contre la fièvre jaune. Globalement, 48 % ont été vaccinés contre toutes les maladies du PEV avant l’âge de 12 mois et, à l’opposé, 7 % n’ont reçu aucun vaccin. Comme les enfants les plus âgés ont moins fréquemment de carnet que les plus jeunes, les données sur la couverture vaccinale qui les concernent sont moins fiables que pour les plus jeunes car beaucoup plus fréquemment basées sur la mémoire de la mère. Il faut donc être très prudent dans l’interprétation des variations de la couverture vaccinale qui semblerait n’avoir que très peu augmenté au cours du temps, le taux de vaccination complet avant l’âge de 12 mois étant passé de 45 % pour les 48-59 mois à environ 48 % pour les enfants plus jeunes de 12-47 mois. Cependant, si l’on compare la couverture vaccinale avant l’âge de 12 mois par groupe d’âges en mois obtenue lors de l’EDS-MICS 2011 aux mêmes données de l’EDSC-III de 2004 (Graphique 9.2), on constate une tendance générale à l’amélioration de la couverture vaccinale. 14 4 • S an té d e l’e nf an t Ta bl ea u 9. 5 V ac ci na tio ns a u co ur s de la p re m iè re a nn ée P ou rc en ta ge d 'e nf an ts â gé s de 1 2- 59 m oi s au m om en t d e l'e nq uê te a ya nt re çu c er ta in s va cc in s av an t l 'â ge d e 12 m oi s et p ou rc en ta ge d e ce ux p ou r l es qu el s un c ar ne t d e va cc in at io n a ét é pr és en té à l' en qu êt ric e, s el on l'â ge a ct ue l d e l'e nf an t, C am er ou n 20 11 Â ge e n m oi s P ér io de au c ou rs de la qu el le le s en fa nt s on t é té va cc in és B C G D TC oq P ol io R ou - ge ol e To us le s va cc in s2 A uc un va cc in Fi èv re Ja un e To us le s va cc in s y co m pr is la fi èv re ja un e H ép at ite B To us le s va cc in s y co m pr is la fiè vr e ja un e et le s 3 do se s d' hé pa tit e P ou rc en ta ge av ec u n ca rn et d e va cc in at io n pr és en té à l'e nq uê tri ce E ffe ct if d' en fa nt s 1 2 3 01 1 2 3 1 2 3 12 -2 3 20 10 -1 1 86 ,0 84 ,7 77 ,2 66 ,3 71 ,0 92 ,2 84 ,2 67 ,7 64 ,0 48 ,2 5, 4 62 ,5 46 ,8 79 ,3 71 ,8 62 ,9 45 ,1 57 ,0 2 26 5 24 -3 5 20 09 -1 0 85 ,7 82 ,2 76 ,3 66 ,2 66 ,7 89 ,7 84 ,6 68 ,2 66 ,7 48 ,7 7, 7 64 ,3 46 ,7 76 ,9 71 ,8 62 ,1 44 ,7 45 ,4 2 05 9 36 -4 7 20 08 -0 9 86 ,9 82 ,0 75 ,4 65 ,3 63 ,4 91 ,5 85 ,6 69 ,5 66 ,2 47 ,6 6, 8 65 ,4 46 ,2 77 ,2 70 ,7 61 ,8 44 ,0 39 ,2 2 05 8 48 -5 9 20 07 -0 8 84 ,3 79 ,8 73 ,5 62 ,8 62 ,9 88 ,3 82 ,3 66 ,0 63 ,7 45 ,4 9, 1 62 ,4 44 ,4 75 ,1 68 ,4 57 ,8 41 ,8 35 ,7 1 94 5 E ns em bl e - 85 ,9 82 ,5 75 ,9 65 ,3 66 ,3 90 ,7 84 ,4 68 ,0 65 ,5 47 ,7 6, 9 64 ,0 46 ,2 77 ,4 70 ,9 61 ,4 44 ,1 44 ,8 8 32 7 N ot e: L 'in fo rm at io n pr ov ie nt d u ca rn et d e va cc in at io n ou , s 'il n 'y a p as d e ca rn et , e lle p ro vi en t d e la d éc la ra tio n de la m èr e, P ou r le s en fa nt s do nt l' in fo rm at io n es t b as ée s ur la d éc la ra tio n de la m èr e, o n su pp os e qu e la pr op or tio n de v ac ci na tio ns re çu es d ur an t l a pr em iè re a nn ée e st la m êm e qu e ce lle o bs er vé e po ur le s en fa nt s po ur le sq ue ls o n di sp os e d' un c ar ne t d e va cc in at io n. 1 P ol io 0 e st le v ac ci n co nt re la p ol io d on né à la n ai ss an ce . 2 B C G , r ou ge ol e, le s tro is d os es d e D TC oq e t l es tr oi s do se s de p ol io (n on c om pr is la d os e de p ol io d on né e à la n ai ss an ce ). 144 • Santé de l’enfant Santé de l’enfant • 145 Graphique 9.2 Proportion d'enfants de 12-59 mois à l'enquête vaccinés avant l'âge de 12 mois selon la période au cours de laquelle ils ont été vaccinés, EDSC-III 2004 et EDS-MICS 2011 34 35 40 43 45 48 49 48 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 2000-01 2001-02 2002-03 2003-04 2004-05 2005-06 2006-07 2007-08 2008-09 2009--10 2010-11 P o ur ce nt ag e Année au cours de laquelle les enfants ont été vaccinés EDSC-III 2004 EDS-MICS 2011 La comparaison des résultats de l’EDS-MICS 2011 avec ceux des enquêtes précédentes met en évidence une nette amélioration de la couverture vaccinale. En effet, comme on peut le constater au graphique 9.3 qui présente les proportions d’enfants vaccinés de 1991 à 2011, la couverture vaccinale a d’abord connu une diminution entre 1991 et 1998, la proportion d’enfants complètement vaccinés étant passée de 41 % à 36 %. En outre, cette diminution a concerné tous les vaccins recommandés à l’exception du DTCoq3. Par contre, à partir de 1998, on constate une augmentation de la couverture vaccinale, la proportion d’enfants ayant reçu tous les vaccins étant passée de 36 % en 1998 à 48 % en 2004 pour atteindre 53 % à l’enquête actuelle. Cette amélioration a concerné tous les vaccins. En outre, la proportion d’enfants n’ayant reçu aucun vaccin, a baissé de façon régulière entre 1991 (22 %) et 2004 (5 %) avant de se stabiliser entre 2004 et 2011. 146 • Santé de l’enfant Graphique 9.3 Couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois par type de vaccin selon l'EDS-I 1991, l'EDS-II 1998, l'EDS-III 2004 et l'EDS-MICS 2011 76 48 50 56 41 22 75 51 47 54 36 12 86 65 67 65 48 5 87 68 70 71 53 5 BCG DTCoq3 Polio 3 Rougeole Tous les vaccins Aucun vaccin Po ur ce nt ag e EDS-I 1991 EDS-II 1998 EDS-III 2004 EDS-MICS 2011 9.3 PRÉVALENCE ET TRAITEMENT DES MALADIES DES ENFANTS 9.3.1 Infections respiratoires Les infections respiratoires aiguës (IRA), et particulièrement la pneumonie, constituent l’une des premières causes de mortalité des enfants dans les pays en développement. Pour évaluer la prévalence de ces infections chez les enfants, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient souffert de la toux pendant les deux semaines ayant précédé l’interview et, si oui, si elle avait été accompagnée d’une respiration courte et rapide d’origine pulmonaire (symptômes caractéristiques d’IRA). Pour les enfants qui avaient présenté des symptômes d’IRA au cours de cette période, on a cherché à savoir s’ils avaient été conduits en consultation ou si on avait recherché des conseils ou un traitement. Par ailleurs, précisons que les résultats sur la prévalence des IRA ne sont pas strictement comparables avec ceux des enquêtes précédentes car la prévalence des IRA varie avec la saison pendant laquelle s’est déroulée la collecte des données. Parmi les enfants de moins de cinq ans, on constate que 5 % ont souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide (Tableau 9.6). Hormis l’âge et la région d’enquête, on ne constate pas de variations importantes de la prévalence des IRA selon les autres caractéristiques sociodémographiques. En effet, les résultats selon l’âge montrent que de 5 % à moins de 6 mois, la prévalence augmente pour atteindre un maximum de 7 % à 6-11 mois ; au-delà de cet âge, la proportion d’enfants ayant souffert d’IRA diminue progressivement pour ne concerner que 4 % des enfants de 36-59 mois (Graphique 9.4). On ne note pas de différence de prévalence des IRA entre les garçons et les filles (environ 5 % pour les deux sexes). Le milieu de résidence ne semble pas non plus influer sur la prévalence des IRA, celle-ci variant de 5 % pour l’ensemble urbain contre 6 % pour le milieu rural. Des disparités existent toutefois dans le milieu urbain. En effet, la proportion d’enfants ayant souffert d’IRA est nettement plus élevée à Yaoundé/Douala (7 %) que dans les autres villes (4 %). En ce qui concerne le niveau d’instruction de la mère, on ne constate pratiquement aucune variation de la prévalence entre les enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction (6%) et ceux dont elle est instruite (5 %). Santé de l’enfant • 147 Tableau 9.6 Prévalence et traitement des symptômes d'Infections Respiratoires Aiguës (IRA) Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont présenté des symptômes d'Infections Respiratoires Aiguës au cours des deux semaines ayant précédé l'interview ; parmi ces enfants, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d'un établissement ou d'un prestataire de santé et pourcentage qui ont reçu des antibiotiques comme traitement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Parmi les enfants de moins de cinq ans : Parmi les enfants de moins de cinq ans avec des symptômes d'IRA : Pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d'un établissement ou d'un prestataire de santé2 Pourcentage ayant pris des antibiotiques Effectif d'enfants Pourcentage avec des symptômes d'IRA1 Effectif d'enfants Age en mois <6 5,1 1 170 16,2 37,4 60 6-11 7,2 1 222 33,8 42,8 88 12-23 6,9 2 265 31,2 43,7 155 24-35 5,4 2 059 33,6 52,0 112 36-47 4,2 2 058 31,4 47,3 86 48-59 4,0 1 945 26,8 41,2 77 Sexe Masculin 5,6 5 272 31,6 45,5 293 Féminin 5,2 5 446 28,3 44,0 285 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 7,0 1 754 31,9 38,5 123 Autres villes 3,9 2 862 39,7 55,6 111 Ensemble urbain 5,0 4 616 35,6 46,6 233 Rural 5,7 6 102 26,1 43,4 345 Région Adamaoua 4,4 543 (42,6) (45,7) 24 Centre (sans Yaoundé) 5,1 814 (28,8) (48,1) 41 Douala 6,8 861 21,0 37,8 58 Est 2,9 463 * * 14 Extrême-Nord 6,0 2 351 20,6 36,2 142 Littoral (sans Douala) 2,0 371 * * 7 Nord 5,6 1 454 13,0 45,4 81 Nord-Ouest 7,3 863 62,2 64,5 63 Ouest 3,7 1 228 (22,4) (49,4) 46 Sud 3,0 262 * * 8 Sud-Ouest 4,9 614 (37,9) (51,5) 30 Yaoundé 7,2 893 (41,8) (39,2) 64 Niveau d'instruction de la mère Aucun 5,6 2 937 16,0 36,1 166 Primaire 5,1 4 241 33,7 46,8 217 Secondaire 1er cycle 5,1 2 370 38,6 47,9 121 Secondaire 2nd cycle ou plus 6,4 1 170 35,9 52,8 75 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 6,7 2 424 9,3 28,6 162 Second 5,1 2 305 37,9 52,1 118 Moyen 4,3 2 161 41,0 57,7 93 Quatrième 5,5 2 089 34,6 40,6 114 Le plus riche 5,3 1 739 39,1 55,7 91 Ensemble 5,4 10 718 29,9 44,7 578 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés, Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 Les symptômes d'IRA (toux accompagnée d'une respiration courte et rapide associée à des problèmes de congestion dans la poitrine et/ou à des difficultés respiratoires associées à des problèmes de congestion dans la poitrine) sont considérés comme une mesure indirecte de la pneumonie. 2 Non compris les pharmacies, les boutiques et les praticiens traditionnels. 148 • Santé de l’enfant Graphique 9.4 Prévalence des IRA, de la fièvre et de la diarrhée chez les enfants de moins de 5 ans selon l'âge 4 4 5 7 7 5 5 22 25 27 31 33 15 26 11 15 22 34 29 11 21 48-59 36-47 24-35 12-23 6-11 <6 Âge en mois ENSEMBLE Pourcentage Diarrhée Fièvre IRA EDS-MICS 2011 Par contre, la proportion d’enfants ayant eu des symptômes d’IRA varie de manière importante selon les régions d’enquête. Les prévalences les plus faibles sont observées dans le Littoral (2 %), l’Est (3 %), le Sud (3 %) et l’Ouest (4 %). La région du Nord-Ouest est la plus touchée par les IRA (7 %). Pour seulement 30 % des enfants ayant présenté des symptômes d’infections respiratoires aiguës, des conseils ou un traitement ont été recherchés dans un établissement de santé ou auprès d’un prestataire de santé. Par ailleurs, on constate que la proportion d’enfants pour lesquels on a recherché un traitement varie de manière importante selon les catégories sociodémographiques. Les enfants de 6-11 mois et de 24-35 mois sont ceux pour lesquels on a recherché le plus fréquemment des conseils ou un traitement (34 % pour chacun des deux groupes). Par contre c’est chez ceux de moins de 6 mois (16 %) que des conseils ou un traitement ont été les moins fréquemment cherchés. La proportion d’enfants malades pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement est plus élevée en milieu urbain que rural (36 % contre 26 %). Toutefois, en milieu urbain, on constate qu’Yaoundé/Douala, on a moins fréquemment recherché des conseils ou des traitements que dans les Autres villes (32 % contre 40 %). On constate, par ailleurs, que la recherche de conseils ou traitement est influencée par le niveau d’instruction de la mère, la proportion d’enfants traités variant d’un minimum de 16 % quand la mère n’a pas d’instruction à un maximum de 38 % quand elle a un niveau, au moins secondaire. On note enfin que les enfants des ménages les plus pauvres ont beaucoup moins fréquemment bénéficié de la recherche de conseils ou de traitement quand ils étaient malades que ceux des autres ménages (9 % contre 35 % ou plus). Parmi les enfants ayant présenté des symptômes d’IRA, seulement 45 % ont été traités avec des antibiotiques. Cette proportion cache des disparités selon l’âge de l’enfant, le milieu de résidence, le niveau Santé de l’enfant • 149 d’instruction de la mère et le quintile de bien-être économique. En ce qui concerne l’âge de l’enfant, c’est chez ceux de 24-35 mois (52 %) qu’elle est la plus élevée et chez ceux de six mois (37%) qu’elle est la plus faible. Par rapport aux enfants du milieu rural ayant présenté des symptômes d’IRA, on note que ceux du milieu urbain ont pris plus fréquemment des antibiotiques (47 % contre 43 %). Toutefois, en milieu urbain, des disparités subsistent, au détriment des enfants de Yaoundé/Douala (39 %) par rapport à ceux des Autres Villes (56 %). La proportion d’enfants malades ayant pris des antibiotiques croît avec l’augmentation du niveau d’instruction de la mère, passant de 36 % pour les enfants de femmes sans niveau d’instruction à 50 % chez ceux dont la mère a au moins le niveau secondaire. Par ailleurs, les enfants malades des ménages les plus pauvres (29 %) sont ceux qui ont le moins fréquemment pris des antibiotiques. 9.3.2 Fièvre La fièvre est un symptôme fréquent chez les enfants. Pour évaluer sa prévalence, on a demandé aux mères si leur enfant de moins de 5 ans avait eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’interview. Les résultats, présentés au tableau 9.7, montrent qu’au niveau national, environ un enfant de moins de 5 ans sur quatre (26 %) a eu de la fièvre durant les deux semaines qui ont précédé l’interview. La prévalence de la fièvre varie de manière irrégulière avec l’âge, mais c’est parmi les enfants de 6-23 mois que son niveau est le plus élevé (33 % à 6-11 mois et 31 % à 12-23 mois contre un minimum de 15 % à moins de 6 mois) (Graphique 9.4). On note peu d’écart entre les sexes : 27 % pour le sexe masculin contre 25 % pour le sexe féminin. Par ailleurs, les résultats selon le milieu et la région de résidence font apparaître des variations importantes de la prévalence de la fièvre. En effet, la proportion d’enfants ayant eu de la fièvre est de 24 % en milieu urbain contre 27 % en milieu rural. Les résultats selon les régions montrent que c’est dans le Nord- Ouest (16 %), dans l’Adamaoua (18 %), à l’Ouest et à l’Est (20 %) que la prévalence est la plus faible. Par contre, les régions du Nord (35 %), du Sud-Ouest (33 %) et du Centre (32 %) se caractérisent par les prévalences les plus élevées. Les résultats selon le niveau d’instruction des mères montrent que la prévalence de la fièvre baisse légèrement lorsque le niveau d’instruction de la mère augmente. En effet, ce sont les enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction qui ont été les plus touchés par la fièvre (29 % contre 25 % pour les enfants de mère de niveau primaire et 23 % pour ceux de mère de niveau secondaire 2nd cycle ou plus). On a demandé aux mères d’enfants qui avaient eu de la fièvre si des conseils ou un traitement avaient été recherchés dans un établissement sanitaire ou auprès d’un prestataire de santé (Tableau 9.7). Au niveau national, pour 27 % d’enfants ayant eu de la fièvre, on a recherché un traitement ou des conseils. Les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont importantes. Les enfants de 6-11 mois (32 %) et de 12-23 mois (29 %) sont ceux pour lesquels on a le plus fréquemment effectué cette démarche lorsqu’ils avaient de la fièvre. Il n’existe pratiquement pas de différence selon le sexe : 28 % pour le sexe masculin et 26 % pour le sexe féminin. Globalement, les résultats montrent que les enfants qui vivent en milieu urbain (35 %), ceux dont la mère a au moins un niveau secondaire 2nd cycle (48 %) et ceux qui vivent dans un ménage du quintile le plus riche (43 %) sont ceux pour lesquels on a le plus fréquemment recherché des conseils ou un traitement auprès de personnel de santé. Par ailleurs, c’est dans les régions du Nord-Ouest (51 %) et du Littoral (50 %) que la recherche des conseils ou d’un traitement a été le plus fréquemment déclarée, contrairement aux régions de l’Extrême-Nord (13 %) et du Nord (15 %). 150 • Santé de l’enfant Tableau 9.7 Prévalence et traitement de la fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête; Parmi ces enfants, pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d'un établissement ou d'un prestataire de santé, pourcentage qui ont pris des antipaludéens et pourcentage qui ont pris des antibiotiques comme traitement, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Parmi les enfants de moins de cinq ans : Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre : Pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d'un établissement ou d'un prestataire de santé1 Pourcentage ayant pris des antipaludéens Pourcentage ayant pris des antibiotiques Effectif d'enfants Pourcentage ayant eu de la fièvre Effectif d'enfants Age en mois <6 15,4 1 170 23,2 8,2 28,5 181 6-11 33,1 1 222 32,1 22,7 39,7 404 12-23 31,3 2 265 28,8 23,6 33,4 709 24-35 27,2 2 059 26,7 26,1 28,8 560 36-47 24,5 2 058 22,9 21,4 34,6 505 48-59 21,6 1 945 25,5 27,3 32,8 419 Sexe Masculin 27,1 5 272 27,8 23,9 31,8 1 429 Féminin 24,8 5 446 26,0 22,3 34,7 1 348 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 23,0 1 754 36,7 28,6 43,2 403 Autres villes 25,2 2 862 33,5 30,7 38,6 722 Ensemble urbain 24,4 4 616 34,6 29,9 40,2 1 125 Rural 27,1 6 102 21,7 18,5 28,4 1 653 Région Adamaoua 18,0 543 31,8 29,5 34,0 98 Centre (sans Yaoundé) 32,1 814 28,5 31,0 29,8 261 Douala 18,9 861 31,0 29,6 50,1 163 Est 19,7 463 30,0 19,8 24,5 91 Extrême-Nord 28,9 2 351 12,9 5,7 22,5 679 Littoral (sans Douala) 23,5 371 49,5 43,3 41,1 87 Nord 35,0 1 454 15,0 9,6 39,9 509 Nord-Ouest 15,6 863 50,5 32,2 42,1 135 Ouest 19,6 1 228 39,2 49,1 32,6 241 Sud 27,3 262 37,0 40,3 29,6 72 Sud-Ouest 33,0 614 35,0 41,7 32,6 203 Yaoundé 26,9 893 40,6 27,9 38,5 241 Niveau d'instruction de la mère Aucun 29,1 2 937 11,9 8,3 27,2 856 Primaire 25,4 4 241 28,5 25,1 31,5 1 078 Secondaire 1er cycle 24,1 2 370 36,5 34,4 37,8 572 Secondaire 2nd cycle ou plus 23,2 1 170 47,7 38,5 49,1 272 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 30,4 2 424 11,4 6,6 26,7 736 Second 24,1 2 305 23,8 20,3 26,6 554 Moyen 26,4 2 161 32,3 31,1 32,7 570 Quatrième 23,2 2 089 33,6 34,5 37,5 484 Le plus riche 24,9 1 739 42,7 31,7 48,4 433 Ensemble 25,9 10 718 26,9 23,1 33,2 2 778 1 Non compris les pharmacies, les boutiques et les praticiens traditionnels. Parmi les enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, 23 % ont pris des antipaludéens. C’est chez les enfants de 48-59 mois (27 %) et de 24-35 mois (26 %) que cette proportion est la plus élevée. Globalement, la proportion d’enfants ayant pris des antipaludéens est plus élevée en milieu urbain (30 %) qu’en milieu rural (19 %). Cette proportion varie beaucoup selon la région : c’est à l’Ouest (49 %) et au Littoral (43 %) que la prise d’antipaludéens a été le plus fréquemment déclarée ; à l’opposé, elle est moins fréquente dans l’Extrême-Nord (6 %) et le Nord (10 %). Par ailleurs, la proportion d’enfants ayant pris des antipaludéens est plus élevée chez les enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus (34 % ou plus) que parmi les enfants de mère sans niveau d’instruction (8 %). Cette proportion est également plus élevée chez les enfants des ménages du quintile moyen et de ceux du quintile le plus riche (31 % ou plus) que chez ceux des ménages les plus pauvres (7 %). Santé de l’enfant • 151 Concernant le traitement contre la fièvre, l’enquête révèle par ailleurs que 33 % des enfants ont pris des antibiotiques. Le fait que cette proportion soit nettement supérieure à celle des enfants malades pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d'un établissement ou d'un prestataire de santé (27 %) pourrait résulter d’une pratique de l’automédication. Il pourrait aussi refléter le recours à des circuits thérapeutiques non conventionnels (guérisseurs, marché, etc.). La prise d’antibiotiques est pratiquement identique chez les filles (35 %) et les garçons (32 %). En outre, elle est plus élevée en milieu urbain (40 %) qu’en milieu rural (28 %), et varie de 23 % dans l’Extrême-Nord à 42 % dans le Nord-Ouest. La proportion d’enfants ayant pris des antibiotiques en cas de fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête augmente avec le niveau d’instruction de la mère et le niveau de bien-être économique du ménage : elle varie de 27 % pour les enfants dont la mère est sans niveau d’instruction à 49 % chez ceux dont la mère a un niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus, et de 27 % pour les enfants des ménages les plus pauvres à 48 % pour ceux des ménages les plus riches. 9.3.3 Diarrhée Les maladies diarrhéiques, de par leurs conséquences (déshydratation et malnutrition), constituent, directement ou indirectement, une des principales causes de décès des jeunes enfants dans les pays en développement. L’OMS recommande, pour lutter contre les effets de la déshydratation, la généralisation de la Thérapie de Réhydratation par voie Orale (TRO). Elle consiste à utiliser soit une solution préparée à partir du contenu de sachets de Sels de Réhydratation par voie Orale (SRO), soit une solution préparée à la maison avec de l’eau, du sucre et du sel. Au cours de l’EDS-MICS 2011, on a demandé aux mères si leurs enfants de moins de cinq ans avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, afin de mesurer la prévalence des maladies diarrhéiques. En ce qui concerne le traitement de la diarrhée, on a demandé aux mères si elles connaissaient les SRO et si, durant les épisodes diarrhéiques, elles les avaient utilisés et/ou si elles avaient utilisé une solution d’eau sucrée et salée. On a également demandé aux mères si elles avaient changé les pratiques alimentaires de leurs enfants au cours des épisodes diarrhéiques. De l’examen du tableau 9.8, il ressort que 21 % des enfants de moins de cinq ans ont eu, au moins, un épisode de diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête et qu’en outre, dans 4 % des cas , il y avait du sang dans les selles. La prévalence de la diarrhée est particulièrement importante chez les jeunes enfants de 6-23 mois : dans ce groupe d’âges, le pourcentage d’enfants qui ont souffert d’un épisode diarrhéique s’élève, en moyenne, à 32 %, alors qu’il n’est que de 11 % chez les enfants de moins de six mois et chez ceux de 48-59 mois (Graphique 9.4). Ces âges de forte prévalence de la diarrhée sont aussi les âges auxquels les enfants commencent à recevoir des aliments autres que le lait maternel et à être sevrés. Ils correspondent aussi aux âges auxquels les enfants commencent à explorer leur environnement, ce qui les expose davantage à la contamination par des agents pathogènes. La prévalence de la diarrhée varie aussi en fonction du milieu et de la région de résidence. En effet, on note que la proportion d’enfants ayant eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête est plus élevée en milieu rural (23 %) qu’en milieu urbain (18 %). Selon la région, la prévalence varie d’un minimum de 9 % dans le Nord-Ouest à un maximum de 36 % dans le Nord. C’est aussi dans la région du Nord que l’on enregistre la prévalence la plus élevée de diarrhée avec du sang (10 %). 152 • Santé de l’enfant Tableau 9.8 Prévalence de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête : Effectif d'enfants Toute diarrhée Diarrhée avec sang Age en mois <6 10,5 2,0 1 170 6-11 28,5 4,2 1 222 12-23 34,3 6,8 2 265 24-35 22,4 5,6 2 059 36-47 15,4 3,2 2 058 48-59 11,0 2,0 1 945 Sexe Masculin 21,6 4,3 5 272 Féminin 20,2 4,1 5 446 Provenance de l'eau de consommation1 Source améliorée 19,3 3,5 6 984 Non améliorée 23,9 5,4 3 732 Type d'installation sanitaire2 Améliorée, non partagée 18,3 3,3 3 910 Non améliorée 22,4 4,7 6 778 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 16,1 2,8 1 754 Autres villes 18,7 3,2 2 862 Ensemble urbain 17,7 3,0 4 616 Rural 23,3 5,1 6 102 Région Adamaoua 13,4 3,0 543 Centre (sans Yaoundé) 15,9 1,6 814 Douala 11,2 1,5 861 Est 18,2 2,4 463 Extrême-Nord 31,2 6,3 2 351 Littoral (sans Douala) 16,2 1,2 371 Nord 35,8 9,6 1 454 Nord-Ouest 8,5 1,5 863 Ouest 14,2 2,6 1 228 Sud 14,7 3,6 262 Sud-Ouest 11,9 2,5 614 Yaoundé 20,8 4,0 893 Niveau d'instruction de la mère Aucun 29,3 7,1 2 937 Primaire 20,6 3,8 4 241 Secondaire 1er cycle 15,9 2,7 2 370 Secondaire 2nd cycle ou plus 11,3 1,2 1 170 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 31,3 8,0 2 424 Second 20,5 3,6 2 305 Moyen 19,9 3,4 2 161 Quatrième 16,9 3,5 2 089 Le plus riche 13,0 1,5 1 739 Ensemble3 20,9 4,2 10 718 1 Se reporter au tableau 2,7 pour la définition des catégories. 2 Se reporter au tableau 2,2 pour la définition des catégories. 3 Y compris 3 enfants pour lesquels la provenance de l’eau est non déterminée et 31 enfants pour lesquels le type d’installation sanitaire est non déterminé. La prévalence de la diarrhée est aussi liée à la provenance de l’eau consommée par le ménage et au type d’installation sanitaire. En effet, 19 % des enfants des ménages dont la source d’approvisionnement en eau est considérée comme améliorée ont eu la diarrhée contre 24 % chez ceux des ménages dont la source d’approvisionnement en eau n’est pas améliorée. De même, la prévalence de la diarrhée est plus faible chez les enfants qui vivent dans un ménage disposant de toilettes améliorées privées que chez les autres enfants (18 % contre 22 %). On observe aussi une relation négative entre la prévalence de la diarrhée et le niveau d’instruction de la mère d’une part et le quintile de bien-être d’autre part. Santé de l’enfant • 153 Le tableau 9.9 présente, pour les enfants de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, le pourcentage pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement auprès d’un établissement ou d’un prestataire de santé et les pourcentages de ceux ayant reçu différents traitements quand ils étaient malades. Dans seulement 23 % des cas, on a recherché des conseils ou un traitement pour l’enfant malade. Parmi ceux de moins de 6 mois, cette proportion est de 14 % alors qu’à l’opposé, parmi ceux de 12-23 mois, elle atteint 28 %. Par ailleurs, en milieu urbain, pour près de trois enfants malades sur dix (29 %), on a recherché un traitement contre près d’un enfant sur cinq (19 %) en milieu rural. Selon le niveau d’instruction de la mère, on constate que la proportion d’enfants pour lesquels on a recherché un traitement varie d’un minimum de 14 % quand la mère n’a aucun niveau d’instruction à un maximum de 36 % quand elle a, au moins, un niveau secondaire 2nd cycle. À l’exception des régions du Nord (15 %), de l’Extrême-Nord (16 %) et du Centre (22 %), cette proportion, est supérieure à la moyenne nationale pour les autres régions. Le niveau de vie du ménage influence aussi positivement le recours aux soins de santé pour l’enfant ayant souffert de diarrhée. En effet, la proportion d’enfants pour lesquels on a recherché des conseils ou un traitement est de 14 % dans les ménages les plus pauvres, 28 % dans les ménages classés dans le quintile moyen et 36 % dans ceux classés dans le plus riche. On constate au tableau 9.9 que dans seulement 17 % des cas, on a donné aux enfants malades des sachets de SRO pour traiter la diarrhée. Seulement 7 % des enfants ont reçu une solution d’eau, de sel et de sucre préparée à la maison et, globalement, 22 % ont reçu l’une et/ou l’autre forme de TRO. Par ailleurs, dans 55 % des cas, les enfants malades ont reçu davantage de liquides. Globalement, en cas d’épisode diarrhéique, 62 % des enfants ont bénéficié d’une TRO et/ou ont reçu davantage de liquides. Les résultats montrent que ce sont particulièrement les enfants âgés de 6-11 mois et 12-23 mois (respectivement 26 % et 29 %), ceux dont on a noté la présence de sang dans les selles (24 %), ceux qui résident en milieu urbain (34 %) et notamment à Yaoundé/Douala (40 %), ceux du Nord-Ouest (47 %) et du Sud-Ouest (42 %) qui ont reçu le plus fréquemment une TRO au cours de la diarrhée. De même, ceux dont la mère a, au moins, un niveau d’instruction secondaire 2nd cycle (50 %) et ceux qui vivent dans un ménage du quintile le plus riche (46 %) ont plus fréquemment que les autres bénéficié d’un tel traitement quand ils avaient la diarrhée. Par ailleurs, pendant les épisodes de diarrhée, certains enfants ont reçu divers types de traitement, donnés seuls ou en plus de la réhydratation orale. Les traitements administrés sont principalement des remèdes maison (37 %) et des antibiotiques (16 %). Du fait de son introduction très récente, l’utilisation de suppléments de zinc en cas de diarrhée est encore marginale (0,1 %). De même, le recours aux médicaments anti-motilité est peu important (1 %). Par ailleurs, 37 % des enfants ont reçu des remèdes maison ou d’autres types de traitement non conventionnel. À l’opposé, dans 17 % des cas, les enfants malades n’ont reçu aucune forme de traitement. Cette proportion atteint 33 % parmi les enfants de moins de six mois et 43 % chez ceux résidant dans la région de l’Adamaoua. Le tableau 9.10 présente les résultats concernant les pratiques alimentaires pendant la diarrhée. Au cours des épisodes diarrhéiques, il est recommandé de donner plus de liquides et d’aliments à l’enfant. Les résultats montrent que 31 % des enfants ayant eu la diarrhée ont reçu la même quantité de liquides et que 55 % en ont reçu davantage. Par contre, 10 % en ont reçu un peu moins et, dans 3 % des cas, beaucoup moins. En ce qui concerne les aliments, on constate que, dans 7 % des cas, les rations alimentaires ont été augmentées, dans 42 % des cas, elles n’ont pas changé et pour 31 % des enfants, elles ont été diminuées ; de plus, dans 14 % des cas, l’alimentation a même été très réduite, voire complètement stoppée (3 %). Ces résultats indiquent qu’une forte proportion de femmes ne connaissent pas et/ou ne respectent pas les principes de base en matière de nutrition des enfants durant les épisodes diarrhéiques et qu’elles font donc courir de grands risques à leurs enfants. 15 4 • S an té d e l’e nf an t Ta bl ea u 9. 9 T ra ite m en t d e la d ia rr hé e P ar m i l es e nf an ts d e m oi ns d e ci nq a ns a ya nt e u la d ia rr hé e au c ou rs d es d eu x se m ai ne s ay an t p ré cé dé l' in te rv ie w , p ou rc en ta ge p ou r l es qu el s on a re ch er ch é de s co ns ei ls o u un tr ai te m en t a up rè s d' un ét ab lis se m en t o u d' un p re st at ai re d e sa nt é; p ou rc en ta ge a ya nt re çu u ne T hé ra pi e de R éh yd ra ta tio n pa r v oi e O ra le (T R O ), po ur ce nt ag e à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es , p ou rc en ta ge a ya nt é té tr ai té av ec u ne T R O o u à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es e t p ou rc en ta ge d 'e nf an ts à q ui o n a ad m in is tré d 'a ut re s tra ite m en ts , s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, C am er ou n 20 11 C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue P ou rc en ta ge d 'e nf an ts av ec d ia rr hé e po ur le sq ue ls o n a re ch er ch é de s co ns ei ls ou u n tra ite m en t au pr ès d 'u n ét ab lis se m en t o u d' un pr es ta ta ire d e sa nt é1 Th ér ap ie d e R éh yd ra ta tio n pa r vo ie O ra le (T R O ) Li qu id es au g- m en té s TR O o u liq ui de s au g- m en té s A ut re s tra ite m en ts : M an qu an t A uc un tra ite - m en t E ffe ct if d' en fa nt s av ec la di ar rh ée S ac he ts S R O S ol ut io n M ai so n R ec om - m an dé e (S M R ) S oi t S R O ou S M R A nt i- bi ot iq ue M éd ic a- m en ts an tim o- til ité S up pl é- m en ts d e zi nc S ol ut io n in tra - ve in eu se R em èd e m ai so n/ A ut re A ge e n m oi s <6 14 ,0 9, 7 0, 3 10 ,1 34 ,3 36 ,3 8, 6 0, 0 0, 0 0, 0 36 ,8 0, 8 33 ,4 12 3 6- 11 25 ,7 18 ,3 8, 8 25 ,9 56 ,7 63 ,7 16 ,1 2, 3 0, 3 0, 5 33 ,8 2, 1 18 ,1 34 9 12 -2 3 27 ,9 24 ,2 7, 6 28 ,9 55 ,4 65 ,1 19 ,6 1, 3 0, 0 0, 2 38 ,1 3, 0 15 ,3 77 8 24 -3 5 19 ,4 12 ,1 6, 9 16 ,1 58 ,5 63 ,6 14 ,3 1, 1 0, 1 0, 1 37 ,9 3, 7 16 ,8 46 2 36 -4 7 21 ,0 12 ,0 7, 2 17 ,6 56 ,6 62 ,6 14 ,5 1, 3 0, 0 0, 3 38 ,7 4, 8 15 ,7 31 6 48 -5 9 14 ,7 13 ,1 6, 0 17 ,8 53 ,2 60 ,6 16 ,3 0, 6 0, 0 0, 0 34 ,2 2, 3 18 ,9 21 5 Se xe M as cu lin 24 ,5 16 ,6 7, 6 21 ,6 55 ,9 61 ,9 17 ,3 1, 6 0, 1 0, 2 37 ,1 3, 1 17 ,0 1 14 1 Fé m in in 21 ,1 17 ,8 6, 4 22 ,6 54 ,2 62 ,5 15 ,3 0, 9 0, 0 0, 3 36 ,9 3, 1 17 ,9 1 10 2 Ty pe d e di ar rh ée P as d e pr és en ce d e sa n g 22 ,1 16 ,8 6, 9 21 ,9 52 ,3 59 ,8 16 ,6 1, 1 0, 1 0, 3 34 ,2 3, 5 19 ,3 1 76 3 P ré se nc e de s an g 25 ,6 19 ,7 7, 3 23 ,8 65 ,2 71 ,3 15 ,0 1, 8 0, 1 0, 0 48 ,5 1, 5 10 ,5 45 0 M ili eu d e ré si de nc e Y ao un dé /D ou al a 30 ,5 28 ,8 13 ,9 40 ,4 68 ,1 75 ,0 22 ,4 0, 4 0, 0 0, 0 31 ,8 1, 1 15 ,6 28 3 A ut re s vi lle s 27 ,9 25 ,3 9, 4 31 ,1 58 ,3 66 ,7 18 ,4 1, 5 0, 1 0, 1 33 ,9 3, 7 15 ,7 53 6 E ns em bl e ur ba in 28 ,8 26 ,5 11 ,0 34 ,3 61 ,7 69 ,6 19 ,8 1, 1 0, 1 0, 1 33 ,2 2, 8 15 ,7 81 9 R ur al 19 ,3 11 ,8 4, 8 15 ,1 51 ,2 57 ,9 14 ,3 1, 3 0, 1 0, 3 39 ,2 3, 3 18 ,5 1 42 4 R ég io n A da m ao ua 31 ,4 19 ,5 2, 6 20 ,7 26 ,8 40 ,6 17 ,5 0, 0 0, 0 0, 9 15 ,2 0, 7 43 ,0 73 C en tre (s an s Y ao un dé ) 21 ,7 14 ,4 14 ,6 27 ,3 63 ,7 71 ,6 27 ,0 1, 4 0, 0 0, 0 36 ,3 1, 9 15 ,7 13 0 D ou al a 25 ,6 25 ,6 7, 2 31 ,3 71 ,2 77 ,7 19 ,3 0, 0 0, 0 0, 0 32 ,9 3, 1 10 ,7 97 E st 32 ,5 24 ,4 8, 4 29 ,6 78 ,9 84 ,5 27 ,9 0, 5 0, 6 0, 0 29 ,5 0, 0 10 ,2 84 E xt rê m e- N or d 15 ,7 8, 1 2, 2 9, 9 42 ,8 47 ,8 13 ,9 2, 0 0, 0 0, 0 46 ,7 4, 1 19 ,0 73 3 Li tto ra l ( sa ns D ou al a) 37 ,9 31 ,1 9, 1 34 ,9 46 ,0 63 ,6 24 ,4 1, 2 0, 0 0, 0 24 ,1 2, 1 23 ,2 60 N or d 15 ,3 12 ,7 2, 9 15 ,0 61 ,2 65 ,3 3, 7 0, 0 0, 0 0, 0 40 ,1 2, 9 17 ,6 52 1 N or d- O ue st 39 ,9 42 ,0 24 ,1 47 ,2 52 ,9 72 ,6 35 ,2 3, 9 0, 0 1, 3 21 ,8 9, 0 6, 6 74 O ue st 36 ,0 24 ,9 9, 9 33 ,3 58 ,4 71 ,7 25 ,1 3, 7 0, 7 1, 1 23 ,1 3, 4 12 ,8 17 4 S ud 37 ,1 24 ,5 6, 1 29 ,6 50 ,9 61 ,2 18 ,9 0, 2 0, 0 0, 0 27 ,5 5, 5 20 ,3 39 S ud -O ue st 31 ,3 30 ,8 22 ,1 42 ,4 72 ,7 79 ,6 26 ,3 0, 5 0, 0 1, 9 33 ,8 3, 0 9, 7 73 Y ao un dé 33 ,1 30 ,6 17 ,4 45 ,1 66 ,5 73 ,7 24 ,0 0, 6 0, 0 0, 0 31 ,3 0, 0 18 ,2 18 6 N iv ea u d' in st ru ct io n de la m èr e A uc un 14 ,4 10 ,8 1, 9 12 ,2 49 ,4 54 ,5 9, 6 0, 7 0, 1 0, 1 44 ,6 2, 5 18 ,9 86 2 P rim ai re 23 ,6 15 ,4 8, 8 21 ,1 55 ,2 63 ,3 18 ,2 1, 4 0, 1 0, 5 32 ,3 3, 4 18 ,4 87 2 S ec on da ire 1 er c yc le 36 ,8 29 ,3 11 ,0 37 ,6 64 ,7 72 ,9 22 ,9 2, 1 0, 0 0, 0 32 ,0 3, 8 13 ,3 37 7 S ec on da ire 2 nd c yc le o u pl us 32 ,3 35 ,7 17 ,2 49 ,5 63 ,2 74 ,5 28 ,8 1, 8 0, 0 0, 0 33 ,0 3, 2 13 ,1 13 3 Q ui nt ile d e bi en -ê tr e éc on om iq ue Le p lu s pa uv re 13 ,5 7, 7 1, 3 8, 5 48 ,5 53 ,3 8, 6 0, 7 0, 0 0, 1 44 ,3 2, 5 19 ,8 76 0 S ec on d 21 ,3 12 ,9 7, 0 18 ,1 53 ,6 60 ,5 17 ,5 1, 5 0, 3 0, 5 36 ,5 4, 9 17 ,1 47 3 M o y en 28 ,0 20 ,5 9, 2 26 ,2 55 ,8 63 ,9 20 ,3 1, 9 0, 1 0, 4 30 ,8 2, 8 19 ,2 43 0 Q ua tri èm e 29 ,9 27 ,1 11 ,2 36 ,2 67 ,2 73 ,4 20 ,3 0, 8 0, 0 0, 0 31 ,3 2, 9 15 ,1 35 3 Le p lu s ric he 36 ,3 36 ,2 15 ,8 46 ,4 59 ,7 74 ,6 26 ,1 1, 9 0, 0 0, 0 34 ,4 2, 3 10 ,7 22 7 E ns em bl e2 22 ,8 17 ,2 7, 0 22 ,1 55 ,0 62 ,2 16 ,3 1, 3 0, 1 0, 2 37 ,0 3, 1 17 ,4 2 24 3 N ot e: L a TR O c om pr en d la s ol ut io n pr ép ar ée à p ar tir d es S el s de R éh yd ra ta tio n O ra le (S R O ) e t l es S ol ut io ns M ai so n R ec om m an dé es (S M R ). 1 N on c om pr is le s ph ar m ac ie s, le s bo ut iq ue s et le s gu ér is se ur s tra di tio nn el s. 2 Y c om pr is 3 0 en fa nt s po ur le sq ue ls le ty pe d e di ar rh ée e st n on d ét er m in é. 154 • Santé de l’enfant S an té d e l’e nf an t • 1 55 Ta bl ea u 9. 10 P ra tiq ue s al im en ta ire s du ra nt la d ia rr hé e R ép ar tit io n (e n % ) d es e nf an ts d e m oi ns d e ci nq a ns a ya nt e u la d ia rr hé e au c ou rs d es d eu x se m ai ne s ay an t p ré cé dé li nt er vi ew p ar q ua nt ité d e liq ui de s et d 'a lim en ts d on né e pa r r ap po rt au x qu an tit és h ab itu el le s, po ur ce nt ag e d' en fa nt s à qu i o n a au gm en té la q ua nt ité d e liq ui de s et q ui o nt c on tin ué à s 'a lim en te r p en da nt l' ép is od e di ar rh éi qu e et p ou rc en ta ge d 'e nf an ts q ui o nt c on tin ué à s 'a lim en te r e t q ui o nt é té tr ai té s au m oy en d' un e TR O e t/o u à qu i o n a do nn é da va nt ag e de li qu id es d ur an t l es é pi so de s di ar rh éi qu es , s el on c er ta in es c ar ac té ris tiq ue s so ci od ém og ra ph iq ue s, C am er ou n 20 11 C ar ac té ris tiq ue so ci od ém og ra ph iq ue Q ua nt ité d e liq ui de s do nn ée Q ua nt ité d e no ur rit ur e do nn ée P ou rc en ta ge à qu i o n a do nn é da va nt ag e de liq ui de s et qu i o nt co nt in ué à s' al im en te r1 P ou rc en ta ge qu i o nt c on tin ué à s' al im en te r e t qu i o nt é té tra ité s av ec u ne TR O e t/o u à qu i on a d on né da va nt ag e de liq ui de s1 E ffe ct if d' en fa nt s av ec la di ar rh ée D av an - ta ge M êm e qu e d' ha bi - tu de U n pe u m oi ns B ea u- co up m oi ns A uc un e N e sa it pa s/ m an - qu an t To ta l D av an - ta ge M êm e qu e d' ha bi - tu de U n pe u m oi ns B ea u- co up m oi ns A uc un e N e m an ge pa s en co re N e sa it pa s/ m an - qu an t To ta l A ge e n m oi s <6 34 ,3 42 ,7 15 ,3 5, 1 1, 7 0, 8 10 0, 0 7, 0 42 ,8 21 ,1 5, 2 0, 8 23 ,1 0, 0 10 0, 0 20 ,2 22 ,2 12 3 6- 11 56 ,7 27 ,3 11 ,7 2, 6 0, 3 1, 3 10 0, 0 5, 3 38 ,7 28 ,9 13 ,5 3, 5 8, 2 1, 8 10 0, 0 36 ,9 42 ,6 34 9 12 -2 3 55 ,4 31 ,0 9, 5 3, 8 0, 0 0, 3 10 0, 0 7, 9 39 ,4 33 ,2 15 ,0 3, 6 0, 5 0, 3 10 0, 0 42 ,6 49 ,8 77 8 24 -3 5 58 ,5 28 ,0 9, 2 2, 6 0, 0 1, 6 10 0, 0 5, 8 45 ,9 29 ,7 15 ,1 1, 7 0, 4 1, 6 10 0, 0 46 ,4 49 ,4 46 2 36 -4 7 56 ,6 32 ,8 6, 7 1, 8 0, 3 1, 7 10 0, 0 5, 8 43 ,3 32 ,2 15 ,0 1, 5 0, 5 1, 8 10 0, 0 42 ,0 46 ,7 31 6 48 -5 9 53 ,2 32 ,7 7, 8 2, 6 0, 0 3, 7 10 0, 0 9, 4 48 ,7 27 ,5 12 ,1 0, 8 0, 0 1, 6 10 0, 0 41 ,9 48 ,8 21 5 Se xe M as cu lin 55 ,9 30 ,7 9, 7 2, 8 0, 1 0, 9 10 0, 0 7, 0 40 ,4 30 ,4 15 ,4 2, 9 3, 1 0, 9 10 0, 0 40 ,3 44 ,5 1 14 1 Fé m in in 54 ,2 31 ,1 9, 4 3, 3 0, 3 1, 7 10 0, 0 6, 7 44 ,2 30 ,5 12 ,5 2, 1 2, 7 1, 3 10 0, 0 42 ,0 48 ,6 1 10 2 T y pe d e di ar rh ée P as d e pr és en ce d e sa n g 52 ,3 33 ,1 10 ,0 3, 0 0, 2 1, 4 10 0, 0 6, 8 44 ,0 29 ,5 12 ,7 2, 4 3, 3 1, 3 10 0, 0 39 ,7 45 ,4 1 76 3 P ré se nc e de s an g 65 ,2 22 ,8 8, 1 3, 0 0, 2 0, 7 10 0, 0 7, 0 34 ,9 33 ,8 19 ,3 2, 8 1, 6 0, 6 10 0, 0 45 ,5 49 ,9 45 0 M ili eu d e ré si de nc e Y ao un dé /D ou al a 68 ,1 21 ,5 5, 6 3, 4 0, 4 1, 1 10 0, 0 6, 5 35 ,8 34 ,5 16 ,0 4, 7 0, 4 2, 1 10 0, 0 51 ,7 56 ,0 28 3 A ut re s vi lle s 58 ,3 26 ,5 9, 5 3, 7 0, 0 2, 0 10 0, 0 7, 1 39 ,5 29 ,5 17 ,7 2, 0 3, 0 1, 1 10 0, 0 41 ,2 47 ,0 53 6 E ns em bl e ur ba in 61 ,7 24 ,8 8, 1 3, 6 0, 1 1, 7 10 0, 0 6, 9 38 ,2 31 ,3 17 ,1 2, 9 2, 1 1, 4 10 0, 0 44 ,8 50 ,1 81 9 R ur al 51 ,2 34 ,4 10 ,4 2, 7 0, 2 1, 0 10 0, 0 6, 8 44 ,6 30 ,0 12 ,1 2, 2 3, 3 0, 9 10 0, 0 39 ,0 44 ,5 1 42 4 R é g io n A da m ao ua 26 ,8 35 ,3 24 ,7 13 ,1 0, 0 0, 0 10 0, 0 9, 6 46 ,6 27 ,5 11 ,6 2, 6 1, 1 0, 9 10 0, 0 20 ,2 30 ,8 73 C en tre (s an s Y ao un dé ) 63 ,7 25 ,4 6, 8 1, 3 0, 7 2, 1 10 0, 0 6, 9 31 ,4 42 ,8 14 ,0 2, 3 1, 7 0, 9 10 0, 0 48 ,4 55 ,1 13 0 D ou al a 71 ,2 17 ,9 3, 4 5, 4 0, 0 2, 1 10 0, 0 7, 3 37 ,1 33 ,6 15 ,8 1, 3 0, 0 5, 0 10 0, 0 55 ,5 59 ,8 97 E st 78 ,9 9, 9 6, 3 5, 0 0, 0 0, 0 10 0, 0 21 ,5 22 ,4 27 ,2 26 ,8 0, 0 2, 2 0, 0 10 0, 0 57 ,0 59 ,8 84 E xt rê m e- N or d 42 ,8 46 ,8 8, 9 0, 9 0, 0 0, 6 10 0, 0 4, 0 49 ,9 30 ,1 11 ,2 2, 3 1, 9 0, 7 10 0, 0 31 ,9 36 ,3 73 3 Li tto ra l ( sa ns D ou al a) 46 ,0 38 ,2 6, 4 7, 5 0, 0 1, 9 10 0, 0 7, 1 43 ,0 26 ,2 21 ,1 1, 6 0, 0 1, 0 10 0, 0 35 ,8 46 ,5 60 N or d 61 ,2 23 ,1 11 ,0 3, 1 0, 2 1, 4 10 0, 0 6, 4 46 ,4 22 ,2 14 ,6 2, 3 7, 5 0, 6 10 0, 0 41 ,3 44 ,4 52 1 N or d- O ue st 52 ,9 20 ,8 8, 6 7, 4 0, 0 10 ,4 10 0, 0 16 ,9 28 ,3 31 ,0 8, 6 3, 8 2, 4 9, 0 10 0, 0 45 ,8 62 ,3 74 O ue st 58 ,4 23 ,8 11 ,7 4, 7 0, 7 0, 7 10 0, 0 4, 1 35 ,0 41 ,0 14 ,6 2, 2 2, 3 0, 7 10 0, 0 50 ,3 58 ,9 17 4 S ud 50 ,9 24 ,7 17 ,1 4, 9 0, 0 2, 4 10 0, 0 13 ,4 31 ,0 33 ,8 18 ,2 1, 2 0, 0 2, 4 10 0, 0 38 ,4 45 ,6 39 S ud -O ue st 72 ,7 17 ,2 8, 6 1, 5 0, 0 0, 0 10 0, 0 13 ,2 35 ,2 38 ,3 12 ,2 1, 0 0, 0 0, 0 10 0, 0 60 ,9 67 ,9 73 Y ao un dé 66 ,5 23 ,3 6, 7 2, 3 0, 6 0, 5 10 0, 0 6, 1 35 ,1 35 ,1 16 ,2 6, 5 0, 6 0, 5 10 0, 0 49 ,8 54 ,0 18 6 N iv ea u d' in st ru ct io n de la m èr e A uc un 49 ,4 37 ,3 10 ,0 2, 8 0, 0 0, 5 10 0, 0 6, 3 47 ,9 26 ,7 12 ,9 2, 2 3, 5 0, 5 10 0, 0 36 ,5 40 ,4 86 2 P rim ai re 55 ,2 29 ,4 10 ,4 3, 1 0, 4 1, 5 10 0, 0 7, 5 41 ,5 28 ,1 15 ,5 2, 9 3, 4 1, 1 10 0, 0 39 ,2 45 ,3 87 2 S ec on da ire 1 er c yc le 64 ,7 22 ,6 7, 9 2, 9 0, 0 1, 9 10 0, 0 6, 9 34 ,6 41 ,9 11 ,8 2, 3 0, 5 2, 0 10 0, 0 53 ,6 60 ,2 37 7 S ec on da ire 2 nd c yc le o u pl us 63 ,2 22 ,5 5, 9 4, 9 0, 8 2, 6 10 0, 0 5, 9 31 ,8 38 ,4 17 ,3 1, 7 2, 1 2, 7 10 0, 0 48 ,9 55 ,9 13 3 Q ui nt ile d e bi en -ê tr e éc on om iq ue Le p lu s pa uv re 48 ,5 36 ,1 11 ,9 2, 6 0, 0 0, 7 10 0, 0 5, 6 46 ,5 28 ,8 12 ,1 2, 3 4, 0 0, 7 10 0, 0 36 ,3 39 ,7 76 0 S ec on d 53 ,6 33 ,1 8, 7 3, 0 0, 4 1, 2 10 0, 0 6, 9 44 ,9 30 ,4 10 ,6 2, 7 3, 5 1, 0 10 0, 0 40 ,8 47 ,4 47 3 M o y en 55 ,8 30 ,3 9, 5 2, 5 0, 0 1, 9 10 0, 0 8, 0 43 ,2 31 ,4 14 ,0 1, 4 1, 1 1, 0 10 0, 0 44 ,2 49 ,9 43 0 Q ua tri èm e 67 ,2 20 ,6 6, 5 4, 0 0, 7 1, 2 10 0, 0 6, 7 33 ,2 33 ,3 18 ,3 4, 3 3, 4 0, 9 10 0, 0 47 ,4 51 ,5 35 3 Le p lu s ric he 59 ,7 25 ,8 8, 2 4, 2 0, 0 2, 2 10 0, 0 9, 2 34 ,8 30 ,0 20 ,5 1, 9 0, 6 3, 1 10 0, 0 42 ,8 53 ,6 22 7 E ns em bl e 2 55 ,0 30 ,9 9, 6 3, 1 0, 2 1, 3 10 0, 0 6, 8 42 ,2 30 ,5 14 ,0 2, 5 2, 9 1, 1 10 0, 0 41 ,1 46 ,5 2 24 3 N ot e: P en da nt la d ia rr hé e, il e st re co m m an dé d e do nn er d av an ta ge d e liq ui de s au x en fa nt s et d e ne p as ré du ire le s qu an tit és d e no ur rit ur e. 1 « C on tin ue r à s’ al im en te r » co m pr en d le s en fa nt s do nt l es q ua nt ité s de n ou rr itu re o nt é té a ug m en té es , ce ux p ou r qu i el le s so nt r es té es i de nt iq ue s ou c eu x qu i en o nt r eç u un p eu m oi ns p en da nt l es é pi so de s di ar rh éi qu es . 2 Y c om pr is 3 0 en fa nt s po ur le sq ue ls le ty pe d e di ar rh ée e st n on d ét er m in é. Santé de l’enfant • 155 156 • Santé de l’enfant Le tableau 9.11 présente la proportion de toutes les femmes de 15-49 ans, qu’elles aient ou non des enfants, qui connaissent les sachets de SRO. Le tableau révèle que 68 % de l’ensemble des femmes de 15-49 ans connaissent les SRO et ce pourcentage est en nette augmentation par rapport à celui observé en 2004 (56 %). En outre, les résultats montrent que le niveau de connaissance des SRO varie selon les caractéristiques sociodémographiques : il est nettement plus élevé chez les femmes âgées de 25-49 ans que chez celles de 15-19 ans (plus de 70 % contre 52 %), en milieu urbain qu’en milieu rural (76 % contre 61 %) et chez les femmes ayant au moins le niveau secondaire (74 % ou plus) que chez celles n’ayant aucun niveau d’instruction (60 %). Les différences régionales sont également très importantes : les proportions les plus faibles sont enregistrées dans les régions du Sud (54 %), du Nord-Ouest (57 %) et du Nord (58 %), et les plus élevées dans le Sud-Ouest (74 %), l’Extrême-Nord et l’Ouest (70 %). On constate enfin que la connaissance des SRO croît avec le niveau de bien-être économique du ménage, passant de 57 % dans les ménages les plus pauvres à 79 % dans les plus riches. Tableau 9.11 Connaissance des sachets de SRO, Pourcentage de mères de 15-49 ans qui ont eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et qui connaissent les sachets de SRO pour le traitement de la diarrhée selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de femmes qui connaissent les sachets de SRO Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 51,6 745 20-24 62,4 1 933 25-34 72,8 3 422 35-49 70,9 1 548 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 76,6 1 367 Autres villes 74,9 2 106 Ensemble urbain 75,6 3 473 Rural 61,2 4 175 Région Adamaoua 64,8 387 Centre (sans Yaoundé) 65,0 568 Douala 81,8 648 Est 68,9 327 Extrême-Nord 70,7 1 592 Littoral (sans Douala) 67,5 283 Nord 57,9 971 Nord-Ouest 56,5 649 Ouest 70,4 820 Sud 53,9 198 Sud-Ouest 73,6 485 Yaoundé 71,9 719 Niveau d'instruction Aucun 60,1 2 020 Primaire 64,8 2 910 Secondaire 1er cycle 73,5 1 767 Secondaire 2nd cycle ou plus 82,1 951 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 57,2 1 606 Second 60,4 1 585 Moyen 67,4 1 542 Quatrième 76,3 1 540 Le plus riche 79,3 1 374 Ensemble 67,7 7 647 SRO = Sels de Réhydratation Orale. Santé de l’enfant • 157 9.4 ÉVACUATION DES SELLES DES ENFANTS L’évacuation adéquate des excréments des enfants est d’une importance cruciale compte tenu du risque de contamination par des matières fécale de l’environnement immédiat du ménage. Le type d’évacuation des excréments des enfants peut avoir un effet néfaste sur l’état de santé des membres du ménage et, en particulier, sur celui des enfants. Pour cette raison, au cours de l’EDS-MICS 2011, des questions concernant les moyens utilisés pour se débarrasser des selles des enfants ont été posées aux mères dont le plus jeune enfant avait moins de cinq ans. Les résultats sont présentés au tableau 9.12. Tableau 9.12 Évacuation des selles des enfants Répartition (en %) des enfants de moins de cinq ans, les plus jeunes, vivant avec la mère par moyens d'évacuation des dernières selles des enfants, et pourcentage d'enfants dont on s'est débarrassé des selles de manière hygiénique selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Moyens pour se débarrasser des selles des enfants Total Pour- centage d'enfants dont on s'est débarrassé des selles de manière hygiénique1 Effectif d'enfants Enfant utilise les toilettes ou latrines Jetées/ rincées dans toilettes ou latrines Enterrées Jetées/ rincées dans égouts/ cani- veaux Jetées aux ordures Laissées à l'air libre Autre Man- quant Age en mois <6 2,7 57,1 1,0 7,5 19,5 7,0 4,9 0,4 100,0 60,8 1 138 6-11 2,4 65,0 0,7 4,0 18,4 6,6 2,5 0,4 100,0 68,1 1 187 12-23 5,0 68,6 0,9 2,3 13,7 7,1 1,9 0,5 100,0 74,4 2 091 24-35 13,4 64,3 0,7 1,4 9,1 8,9 1,5 0,7 100,0 78,4 1 325 36-47 37,5 50,2 0,3 0,7 4,3 4,7 1,2 1,0 100,0 88,0 764 48-59 60,2 29,9 0,1 0,0 3,5 4,4 0,9 1,1 100,0 90,2 495 Installation sanitaire Améliorée, non partagée2 15,8 67,2 0,1 2,7 7,5 5,0 0,9 0,8 100,0 83,2 2 624 Non améliorée ou partagée 11,6 56,6 1,1 3,0 16,0 8,0 3,1 0,5 100,0 69,3 4 355 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 12,5 78,7 0,0 3,9 2,8 0,5 1,1 0,4 100,0 91,3 1 216 Autres villes 15,0 69,3 0,3 2,3 7,7 2,7 1,9 0,8 100,0 84,6 1 884 Ensemble urbain 14,0 73,0 0,2 2,9 5,7 1,9 1,6 0,6 100,0 87,2 3 100 Rural 12,6 50,6 1,2 2,9 18,5 10,9 2,8 0,6 100,0 64,4 3 901 Région Adamaoua 15,8 78,8 0,2 0,6 2,6 1,2 0,0 0,7 100,0 94,8 359 Centre (sans Yaoundé) 15,7 53,6 0,5 3,7 17,5 7,2 0,5 1,2 100,0 69,8 512 Douala 11,3 80,5 0,0 3,2 2,8 0,9 1,1 0,2 100,0 91,8 581 Est 12,4 54,9 0,2 4,7 21,4 4,6 1,6 0,3 100,0 67,5 291 Extrême-Nord 14,6 44,9 0,7 1,7 15,7 18,1 4,1 0,3 100,0 60,2 1 485 Littoral (sans Douala) 12,7 69,7 0,0 6,1 5,1 3,3 2,6 0,4 100,0 82,4 253 Nord 11,4 50,4 2,6 2,2 24,6 7,7 0,5 0,8 100,0 64,4 899 Nord-Ouest 11,3 72,1 0,2 6,4 6,4 1,2 0,2 2,1 100,0 83,6 596 Ouest 12,4 59,7 0,7 1,0 16,3 8,0 1,7 0,3 100,0 72,8 773 Sud 15,9 50,8 1,3 1,8 19,6 2,7 7,4 0,5 100,0 68,0 179 Sud-Ouest 12,9 65,3 0,9 2,9 8,9 0,2 8,7 0,2 100,0 79,1 439 Yaoundé 13,7 77,2 0,0 4,5 2,7 0,2 1,1 0,6 100,0 90,8 635 Niveau d'instruction de la mère Aucun 13,2 50,4 1,5 1,8 17,6 12,2 2,9 0,4 100,0 65,0 1 881 Primaire 13,1 58,6 0,7 3,1 14,6 6,9 2,3 0,8 100,0 72,3 2 681 Secondaire 1er cycle 12,9 67,4 0,2 4,1 8,8 3,9 2,0 0,6 100,0 80,5 1 586 Secondaire 2nd cycle ou plus 14,3 76,4 0,1 2,8 4,3 0,6 1,2 0,4 100,0 90,8 853 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 10,3 41,7 2,1 2,2 23,7 16,9 2,7 0,5 100,0 54,1 1 513 Second 14,5 51,5 0,5 3,1 17,7 9,7 2,2 0,8 100,0 66,5 1 470 Moyen 12,6 65,2 0,7 2,8 10,8 3,7 3,6 0,5 100,0 78,6 1 406 Quatrième 13,7 71,1 0,2 3,8 6,9 1,9 1,7 0,7 100,0 85,0 1 390 Le plus riche 15,3 77,2 0,0 2,8 2,7 0,4 0,8 0,6 100,0 92,6 1 221 Ensemble 13,2 60,5 0,7 2,9 12,8 6,9 2,3 0,6 100,0 74,5 7 001 1 On considère que les selles des enfants sont évacuées de manière hygiénique si l’enfant utilise des toilettes ou des latrines, si les matières fécales sont jetées/rincées dans des toilettes ou des latrines ou si elles sont enterrées. 2 Inclut les toilettes non partagées qui appartiennent aux catégories suivantes : chasse d’eau/chasse manuelle reliée à un système d’égout/une fosse septique/une fosse d’aisances; fosse d’aisances améliorée auto-aérée et fosse d’aisances avec dalle. 2 Y compris 22 enfants pour lesquels le type d’installation sanitaire est non déterminé. 158 • Santé de l’enfant Globalement, on constate que dans seulement 75 % des cas, les mères se débarrassent des selles des enfants de manière hygiénique : soit l’enfant utilise des toilettes ou latrines (13 %), soit les selles sont jetées dans des toilettes (61 %), soit les selles sont enterrées (1 %). À l’opposé, dans 25 % des cas, les selles sont, soit laissées à l’air (7 %), soit jetées dans les égouts/caniveaux (3 %), soit jetées aux ordures (13 %), augmentant ainsi le risque de propagation de maladies. On note que, quand le ménage dispose de toilettes améliorées et privées, les selles des enfants sont évacuées de manière hygiénique dans 83 % des cas contre 69 % des cas pour les ménages ne disposant pas de toilettes améliorées et privées. De même, pour 91 % des enfants dont la mère a au moins un niveau secondaire 2nd cycle, les selles ont été évacuées de manière hygiénique. Cette proportion est aussi très élevée parmi les enfants des ménages les plus riches (93 %). État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 159 Eric JAZET et Romain WOUNANG a malnutrition constitue un problème de santé publique au Cameroun. Comme c’est le cas dans les pays en voie de développement, elle affecte surtout les groupes vulnérables que sont les enfants de moins de 5 ans (0-59 mois), les femmes enceintes et les femmes qui allaitent. Elle est la résultante d’une alimentation inadéquate due à des pratiques alimentaires inappropriées1 et à la prévalence des maladies infectieuses et parasitaires qui se développent dans les conditions d’hygiène environnementale, individuelle et collective déficientes. De plus, les enfants mal nourris sont plus susceptibles que les autres d’être affectés par des maladies infectieuses et donc plus exposés aux risques de décès. Ce chapitre porte sur l’alimentation des enfants, leur état nutritionnel et celui des femmes de 15-49 ans. Il s’articule autour de quatre parties : la première est consacrée à l’état nutritionnel des enfants de moins de 5 ans évalué à partir des mesures anthropométriques (poids et taille) ; la deuxième traite des pratiques de l’allaitement maternel et de l’alimentation de complément ; la troisième aborde les carences en micronutriments (iode, vitamine A) et la prévalence de l’anémie chez les enfants ; et la quatrième porte sur l’état nutritionnel des femmes de 15-49 ans évalué à partir des mesures anthropométriques (poids et taille), l’anémie et la consommation de micronutriments par les femmes. 1 Les pratiques alimentaires inappropriées font référence, non seulement à la qualité et à la quantité des aliments donnés aux enfants, mais aussi aux étapes de l’introduction de ces aliments dans leur alimentation. ÉTAT NUTRITIONNEL, ALLAITEMENT ET PRATIQUES ALIMENTAIRES 10 L Principaux résultats  Un tiers des enfants de 0-59 mois (33 %) souffre de malnutrition chronique et 14 % en sont atteints sous la forme sévère ; 6 % souffrent de malnutrition aigüe et 2 % sous la forme sévère ; 15 % présentent une insuffisance pondérale et 5 % sous la forme sévere.  La quasi-totalité des enfants sont allaités (97 %), mais seulement 40 % des enfants sont mis au sein dans l’heure qui suit la naissance. Seulement 20 % des enfants ont été allaités exclusivement au sein jusqu’à l’âge de 6 mois.  Trois enfants sur 5 (60 %) sont atteints d’anémie : 27% sous la forme légère, 31 % sous la forme modérée et 2 % sous la forme sévère.  Plus de la moitié des enfants de moins de 5 ans (55 %) ont reçu des suppléments de vitamine A au cours des 6 derniers mois avant l’enquête. Près de trois enfants de 6-23 mois sur quatre (73 %) ont consommé des aliments riches en vitamine A au cours des 24 heures précédant l’enquête.  Deux femmes sur 5 (40 %) sont atteintes d’anémie : 30 % sous la forme légère, 9 % sous la forme modérée et moins de 1 % sous la forme sévère.  Environ un tiers de femmes (32 %) présentent un surpoids ou sont obèses. Cette proportion atteint 46 % à Yaoundé/Douala. 160 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires 10.1 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS 10.1.1 Méthodologie L’évaluation de l’état nutritionnel est basée sur le concept d’après lequel, dans une population bien nourrie, les répartitions des mensurations des enfants, pour un âge donné, se rapprochent d’une distribution normale. Il est, en outre, généralement admis que le potentiel génétique de croissance des enfants est le même dans la plupart des populations, indépendamment de leur origine. À des fins de comparaison, l’OMS a adopté en 2006 de nouvelles normes de croissance mondiales pour le nourrisson et l’enfant de moins de 5 ans (WHO Multicenter Growth Reference Study Group, 2006). Les résultats présentés dans ce chapitre sont basés sur ces nouvelles normes de croissance et, par conséquent, ils ne sont pas directement comparables à ceux basés sur les références du NCHS/CDC/OMS de 1977 utilisées dans les enquêtes antérieures. Trois indices exprimés en unités d’écart-type (Z score) par rapport à la médiane de cette population de référence et utilisant les mesures du poids et de la taille en combinaison avec l’âge permettent de déterminer l’état nutritionnel des jeunes enfants, à savoir le retard de croissance (taille-pour-âge), l`émaciation (poids- pour-taille) et l`insuffisance pondérale (poids-pour-âge). Au cours de la collecte des données, dans un ménage sur deux de l’échantillon, les enfants de moins de 5 ans présents dans ces ménages ont été pesés et mesurés. Environ 6 200 enfants étaient éligibles pour être pesés et mesurés, cependant les données présentées ici ne portent que sur 95 % d’entre eux (soit 5 860). En effet, dans 5 % des cas, soit les enfants n’ont pas été mesurés pour diverses raisons (absence, maladie, etc.), soit leur âge est manquant ou trop imprécis pour calculer les indices, soit encore les données enregistrées ont été exclues parce que invraisemblables (par exemple, un enfant ayant le poids ou la taille d’un adulte). Le tableau 10.1 présente le pourcentage d’enfants souffrant de malnutrition selon les trois indices anthropométriques et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Parmi les 5 860 enfants, 5 241 vivaient dans le même ménage que leur mère et pour 619 enfants, la mère vivait ailleurs ou était décédée. Tableau 10.1 État nutritionnel des enfants Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans considérés comme atteints de malnutrition selon les trois indices anthropométriques de mesure de l'état nutritionnel : la taille en fonction de l'âge, le poids en fonction de la taille et le poids en fonction de l'âge, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Taille-pour-Age1 Poids-pour-Taille Poids-pour-Age Effectif d'enfants Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Score centré réduit moyen Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Pourcen- tage au- dessus de +2 ET Score centré réduit moyen Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Pourcen- tage au- dessus de +2 ET Score centré réduit moyen Age en mois <6 4,0 12,1 0,0 2,6 9,8 12,3 0,1 1,8 7,1 5,0 -0,0 546 6-8 4,8 11,8 -0,2 3,9 10,4 6,5 -0,2 4,9 15,6 5,7 -0,4 339 9-11 7,9 16,5 -0,6 1,9 9,2 7,1 -0,2 3,7 14,6 3,9 -0,5 340 12-17 10,4 27,4 -1,1 3,8 10,5 4,8 -0,2 6,7 15,6 3,5 -0,6 694 18-23 17,3 42,4 -1,5 2,3 6,5 5,4 0,1 6,0 18,1 2,4 -0,7 565 24-35 20,0 42,3 -1,7 1,6 3,6 6,5 0,3 4,6 15,4 0,7 -0,7 1 134 36-47 16,8 38,7 -1,6 0,8 2,8 5,2 0,3 4,5 14,8 0,4 -0,8 1 135 48-59 15,9 35,5 -1,5 0,8 2,6 4,7 0,2 3,9 14,6 0,7 -0,8 1 107 Sexe Masculin 16,4 35,1 -1,3 2,5 6,5 7,3 0,1 5,0 15,1 2,3 -0,7 2 862 Féminin 11,9 30,0 -1,2 1,3 4,8 5,1 0,1 4,1 14,2 1,7 -0,6 2 998 Intervalle intergénésique en mois3 Première naissance4 11,9 25,5 -1,1 1,2 4,4 7,2 0,3 3,0 10,0 1,7 -0,5 1 104 <24 19,0 39,2 -1,5 2,0 7,0 5,7 0,1 6,1 19,2 1,4 -0,8 754 24-47 14,2 34,7 -1,3 2,2 6,5 5,5 0,0 5,2 17,1 2,2 -0,7 2 374 48+ 9,1 26,5 -0,9 1,7 5,5 7,3 0,2 3,6 9,9 1,8 -0,4 882 Grosseur à la naissance3 Très petit 25,0 45,1 -1,7 6,0 13,7 1,9 -0,6 13,8 35,9 1,5 -1,4 431 Petit 14,6 35,6 -1,5 3,1 9,0 4,5 -0,2 6,8 20,5 0,4 -1,0 592 Moyen ou plus gros que la moyenne 12,2 30,0 -1,2 1,3 4,6 6,9 0,2 3,2 11,4 2,2 -0,5 4 044 À suivre… État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 161 Tableau 10.1—Suite Caractéristique sociodémographique Taille-pour-Âge1 Poids-pour-Taille Poids-pour-Age Effectif d'enfants Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Score centré réduit moyen Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Pourcen- tage au- dessus de +2 ET Score centré réduit moyen Pourcen- tage en dessous de -3 ET Pourcen- tage en dessous de -2 ET2 Pourcen- tage au- dessus de +2 ET Score centré réduit moyen Interview de la mère Interviewée 13,5 32,0 -1,3 1,9 5,9 6,2 -0,1 4,6 14,6 1,9 -0,6 5 114 Mère non interviewée mais vivant dans le ménage 14,4 30,3 -1,2 2,6 6,9 3,5 -0,0 7,1 14,9 2,0 -0,7 127 Mère non interviewée et ne vivant pas dans le ménage5 19,0 37,2 -1,4 1,6 3,0 6,0 -0,3 3,7 14,7 3,0 -0,6 619 État nutritionnel de la mère6 Maigre (IMC<18.5) 24,7 46,0 -1,8 4,7 13,5 2,1 -0,8 16,3 38,5 0,0 -1,6 377 Normal (IMC 18.5-24.9) 15,3 35,4 -1,4 2,1 6,9 4,8 -0,0 5,0 16,6 1,5 -0,8 3 183 En surpoids/ obèse (IMC >= 25) 7,4 22,1 -0,9 0,8 2,3 10,1 -0,6 1,1 4,9 3,2 -0,1 1 620 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 3,9 12,8 -0,6 1,2 2,4 8,2 -0,4 0,8 3,4 2,6 -0,0 918 Autres villes 9,7 27,0 -1,1 0,7 3,3 6,4 -0,3 1,7 9,4 2,6 -0,4 1 603 Ensemble urbain 7,6 21,9 -0,9 0,9 3,0 7,0 -0,4 1,4 7,2 2,6 -0,3 2 521 Rural 19,1 40,5 -1,5 2,6 7,6 5,5 -0,0 6,9 20,2 1,5 -0,9 3 339 Région Adamaoua 18,2 39,8 -1,6 0,8 6,4 6,2 -0,0 4,4 20,8 1,0 -0,9 316 Centre (sans Yaoundé) 8,5 23,4 -0,8 0,6 4,3 5,1 -0,2 1,9 8,3 3,0 -0,3 414 Douala 4,3 12,9 -0,6 1,2 2,5 8,5 -0,5 0,5 3,2 1,7 -0,0 477 Est 16,5 37,3 -1,4 2,2 5,9 6,2 -0,0 5,3 15,4 0,6 -0,8 263 Extrême-Nord 25,5 44,9 -1,7 4,1 11,8 2,4 -0,5 11,3 31,6 1,4 -1,4 1 195 Littoral (sans Douala) 7,3 24,4 -0,9 0,0 1,2 11,1 0,7 1,2 4,7 5,2 -0,0 226 Nord 17,9 40,2 -1,5 3,4 10,2 1,8 -0,4 7,9 23,6 0,5 -1,2 759 Nord-Ouest 14,4 35,6 -1,4 0,7 2,1 11,2 -0,7 1,5 7,1 3,2 -0,3 542 Ouest 10,1 32,0 -1,3 0,4 0,7 10,7 -0,8 1,0 4,9 2,6 -0,2 702 Sud 12,8 33,1 -1,3 2,9 4,5 4,9 -0,2 3,3 10,1 0,8 -0,6 158 Sud-Ouest 8,1 27,0 -1,1 0,4 2,8 4,8 -0,3 1,3 8,0 2,1 -0,4 367 Yaoundé 3,5 12,8 -0,5 1,3 2,3 7,8 -0,4 1,2 3,6 3,6 0,0 441 Niveau d'instruction de la mère7 Aucun 24,7 45,5 -1,7 4,2 11,6 2,4 -0,5 11,6 31,2 1,0 -1,4 1 383 Primaire 12,7 33,5 -1,3 1,2 4,7 6,6 -0,2 3,0 11,4 1,9 -0,6 2 200 Secondaire 1er cycle 6,7 22,8 -0,9 1,1 3,5 8,4 -0,4 1,5 6,2 2,5 -0,2 1 087 Secondaire 2nd cycle ou plus 3,0 10,6 -0,5 0,6 1,9 9,5 -0,6 0,2 2,6 2,8 0,1 571 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 26,1 48,6 -1,8 4,0 10,7 2,7 -0,4 10,9 29,8 0,9 -1,3 1 255 Second 18,0 42,0 -1,5 2,1 6,9 6,3 -0,0 6,5 19,9 1,7 -0,9 1 300 Moyen 11,6 31,0 -1,3 1,4 4,8 7,6 -0,4 1,8 9,4 1,6 -0,5 1 183 Quatrième 8,8 22,8 -1,0 0,9 2,6 6,6 -0,4 1,6 6,5 3,3 -0,3 1 153 Le plus riche 2,8 12,3 -0,5 0,5 2,1 8,1 -0,4 0,4 3,9 2,7 -0,0 968 Ensemble 8 14,1 32,5 -1,3 1,9 5,6 6,2 -0,1 4,5 14,6 2,0 -0,6 5 860 Note: Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit ayant précédé l'enquête. Chaque indice est exprimé en termes d'unités d'écart type (ET) par rapport à la médiane des normes OMS de la croissance de l'enfant adoptées en 2006. Les indices présentés dans ce tableau ne sont pas comparables à ceux basés sur les normes NCHS/CDC/OMS de 1977 utilisées précédemment. Le tableau est basé sur les enfants dont les dates de naissance (mois et année) et les mesures du poids et de la taille sont valables. 1 Les enfants de moins de 2 ans sont mesurés en position allongée alors que les autres enfants sont mesurés en position debout. 2 Y compris les enfants qui se situent en-dessous de -3 ET de la médiane des normes OMS de la croissance de l'enfant. 3 Non compris les enfants dont la mère n'a pas été interviewée. 4 Les premières naissances multiples (jumeaux, triplés, etc.) sont comptées comme première naissance parce qu'elles n'ont pas d'intervalle avec la naissance précédente. 5 Y compris les enfants dont la mère est décédée. 6 Non compris les enfants dont la mère n'a pas été pesée et mesurée. L'état nutritionnel de la mère, basé sur l'IMC (Indice de Masse Corporelle), est présenté au Tableau 10.10. 7 Pour les femmes qui n'ont pas été interviewées, l'information provient du questionnaire Ménage. Non compris les enfants dont la mère n'est pas listée dans le questionnaire Ménage. 8 Y compris 46 enfants pour lesquels la grosseur à la naissance est non déterminée. 10.1.2 Retard de croissance La malnutrition chronique, souvent d’origine protéino-énergétique, se traduit par une taille trop petite pour l’âge et correspond à un retard de croissance. Les enfants dont l’indice taille-pour-âge se situe en dessous de moins de deux écarts types de la médiane de la population de référence sont considérés comme accusant un retard de croissance. Cette situation est généralement la conséquence d’une alimentation inadéquate et/ou de maladies infectieuses survenues pendant une période relativement longue ou qui se sont manifestées à 162 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires plusieurs reprises. De plus, on considère qu’après l’âge de deux ans, «…il y a peu de chance pour qu’une intervention quelle qu’elle soit puisse améliorer la croissance.» (Delpeuch, 1991). Ainsi, le retard de croissance staturale acquis dès les plus jeunes âges ne se rattrape pratiquement plus. La valeur de l’indice taille-pour-âge est révélatrice de la qualité de l’environnement et, d’une manière générale, du niveau de développement socio- économique d’une population. L’enfant qui a une taille trop petite pour son âge peut, cependant, avoir un poids correspondant à sa taille du moment. C’est pour cette raison que la sous-nutrition chronique n’est pas toujours visible dans une population. Ainsi, un enfant de trois ans présentant cette forme de malnutrition peut avoir la taille d’un autre enfant de deux ans bien nourri. L’indice taille-pour-âge, qui rend compte de la taille d’un enfant par rapport à son âge, est donc une mesure des effets à long terme de la malnutrition et il ne varie que très peu en fonction de la saison au cours de laquelle les enfants ont été mesurés. Selon le tableau 10.1, un tiers des enfants de moins de 5 ans (33 %) souffrent de malnutrition chronique (modérée ou sévère) : 14 % sous la forme sévère (l’indice taille-pour-âge se situe à moins de 3 écarts type de la médiane taille-pour-âge de la population de référence) et 19 % de la forme modérée2. Ces proportions sont beaucoup plus élevées par rapport à celles attendues dans une population en bonne santé et bien nourrie : 2,3 % pour la malnutrition chronique (modérée ou sévère) et 0,1 % pour sa forme sévère. La situation nutritionnelle des enfants dont la mère ne vit pas dans le ménage est plus préoccupante que celle des enfants qui vivent avec leur mère : 37 % contre 32 % pour la malnutrition chronique ; pour la forme sévère, les proportions sont de 19 % contre 14 %. Selon l'âge, on observe des variations importantes de la prévalence de la malnutrition chronique : la prévalence augmente avec l’âge jusqu’à 24-35 mois puis se maintient à des niveaux élevés de 35 % à 42 % (Graphique 10.1). Graphique 10.1 État nutritionnel des enfants de moins de 5 ans 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40 42 44 46 48 50 52 54 56 58 P ou rc en ta ge Âge en mois Retard de croissance Insuffisance pondérale Émaciation EDS-MICS 2011 Le niveau de malnutrition chronique est légèrement plus élevé chez les enfants de sexe masculin que chez ceux de sexe féminin (35 % contre 30 %). L’intervalle intergénésique semble également avoir une influence sur la prévalence de la malnutrition chronique, puisque les enfants nés moins de 24 mois après l’enfant précédent ont une prévalence de 39 % contre 35 % pour ceux dont l’espacement avec la naissance précédente est de 24-47 mois et 27 % pour ceux dont il est de 48 mois ou plus. La prévalence de la 2 Différence entre le pourcentage en dessous de -2ET et du pourcentage de ceux en dessous de -3ET. État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 163 malnutrition chronique est de 28 % quand l’enfant est premier né. Par ailleurs, la malnutrition chronique varie aussi fonction de la taille de l’enfant à la naissance. Plus la taille à la naissance est petite, plus la prévalence de la malnutrition chronique est élevée : elle est de 45 % pour les enfants « très petits », de 36 % pour les enfants « petits » et de 30 % pour les enfants « moyens ou gros » à la naissance. Selon le milieu de résidence, les résultats montrent que la prévalence du retard de croissance est près de deux fois plus importante en milieu rural (41 %) qu’en milieu urbain (22 %). Selon la région, c’est dans l’Extrême-Nord que la prévalence de la malnutrition chronique est la plus élevée (45 %), suivi du Nord (40 %), de l’Adamaoua (40 %) et de l’Est (37 %). Par ailleurs, on constate que cette prévalence décroît de façon importante quand le niveau d’instruction de la mère ou le niveau de bien-être économique du ménage augmente. La forme sévère de la malnutrition chronique touche 4 % des enfants qui ont moins de 6 mois et augmente avec l’âge pour atteindre 17 % à 18-23 mois. Parmi les enfants âgés de 24-59 mois, 16 % ou plus souffrent de malnutrition chronique sévère. La situation de ces enfants est particulièrement préoccupante car après deux ans, le retard de croissance staturale n'est plus rattrapable. Les garçons (16 %) sont proportionnellement plus nombreux que les filles (12 %) à présenter un état de malnutrition chronique sévère. Les régions de l’Extrême-Nord (27 %), du Nord (18 %), de l’Adamaoua (18 %) et de l’Est (17 %) sont celles où la prévalence de cette malnutrition sous la forme sévère est la plus élevée. En outre, les enfants « très petits » à la naissance (25 %), ceux dont la mère est maigre3 (25 %), ceux dont la mère est sans niveau d’instruction (25 %), et ceux des ménages pauvres (26 %) sont les plus concernés par la malnutrition chronique sévère. 10.1.3 Émaciation Le tableau 10.1 présente également les résultats relatifs à la prévalence de la malnutrition aiguë, évaluée par l'indice poids-pour-taille. Cet indice qui donne une mesure de la masse du corps en relation avec la taille reflète la situation nutritionnelle actuelle (au moment de l'enquête). Il peut donc être fortement influencé par la saison pendant laquelle s'est effectuée la collecte des données. En effet, la plupart des facteurs susceptibles d’entraîner des perturbations du poids et de la taille de l'enfant, comme des maladies infectieuses (rougeole, diarrhée, etc.) ou la sécheresse et les périodes de soudure caractérisées par des déficits alimentaires sont très sensibles aux variations saisonnières. Ce type de malnutrition, encore appelé émaciation, est la conséquence d'une alimentation insuffisante durant la période récente ayant précédé l'enquête ou d'une perte de poids consécutive à une maladie (diarrhée sévère, rougeole ou anorexie, par exemple) ou des pratiques alimentaires inappropriées chez les enfants. Un enfant souffrant de cette forme de malnutrition est maigre ou émacié. Les enfants dont l’indice poids-pour-taille se situe à moins de deux écarts-type en dessous de la médiane poids-pour-taille de la population de référence sont considérés comme étant atteints de malnutrition aiguë ; entre moins deux écarts-type et moins trois écarts-type, il s’agit de malnutrition aiguë modérée et à moins de trois écarts-type, il s’agit de malnutrition aiguë sévère. Au Cameroun, 6 % d’enfants de moins de 5 ans sont atteints de malnutrition aiguë : 2 % sous la forme sévère et 4 % sous la forme modérée. La proportion d’enfants atteints d’émaciation est deux fois plus élevée que celle attendue dans une population en bonne santé et bien nourrie à savoir 2,3 % et dix-neuf fois plus élevée pour la forme sévère (0,1 %). 3 C’est-à-dire les mères dont l’Indice de Masse Corporelle (IMC) est inférieur à 18,5 (se reporter à la Section 10.5 - État nutritionnel des femmes de 15-49 ans) 164 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Les enfants âgés de moins de 18 mois sont ceux qui souffrent le plus fréquemment de malnutrition aiguë, avec une prévalence qui varie entre 9 % et 11 % (Graphique 10.1). À partir de 18 mois, la proportion diminue avec l’âge pour atteindre 3 % à 36 mois. La prévalence de la malnutrition aigüe est de 5 % chez les filles et de 7 % chez les garçons. En fonction de l’intervalle intergénésique, la prévalence de la malnutrition aiguë varie de 7 % pour les enfants nés moins de 24 mois après leur aîné contre 6 % pour ceux nés à 48 mois ou plus après leur aîné. Il convient de souligner que 4 % d’enfants de rang 1 sont affectés par la malnutrition aiguë. On constate que les enfants vivant en milieu rural (8 %) sont plus fréquemment atteints de malnutrition aiguë que ceux des Autres villes (3 %) et que ceux de Yaoundé/Douala (2 %). En ce qui concerne la région, les résultats révèlent une prévalence de la malnutrition aiguë beaucoup plus élevée dans l’Extrême- Nord (12 %) et le Nord (10 %) que dans toutes les autres régions (de 1 % à 6 %). Le niveau d’instruction de la mère influence positivement la prévalence de la malnutrition aiguë : 12 % des enfants dont la mère n’a aucune instruction en sont affectés contre 2 % de ceux dont la mère a un niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus. Enfin, il faut noter que les enfants vivant dans les ménages les plus pauvres sont plus affectés (11 %) que ceux des autres ménages (2 % pour les plus riches). 10.1.4 Insuffisance pondérale Le tableau 10.1 présente enfin l'état nutritionnel des enfants évalué au moyen de l'indice poids-pour- âge. Cet indice reflète à la fois et sans les différencier, les deux précédents types de malnutrition chronique et aigüe. C’est donc un indice combiné (puisqu’un faible poids-pour-âge peut être provoqué par la maigreur comme par le retard de croissance) qui traduit une insuffisance pondérale chez les enfants. C’est la mesure la plus utilisée par les services de santé pour le suivi des progrès nutritionnels et la surveillance de la croissance des jeunes enfants. C’est aussi un indicateur des OMD et de la stratégie pour la croissance et l’emploi au Cameroun4. Cependant, son utilisation reste limitée car il ne permet pas de distinguer les déficiences alimentaires de longue durée (retard de croissance) et de celles récentes (émaciation). Comme l’indice poids- pour-taille, cet indice est sensible aux variations saisonnières et sa valeur est limitée quand il n’en existe qu'une seule mesure dans le temps. Les enfants dont l’indice poids-pour-âge se situe à moins de deux écarts-type en dessous de la médiane de l’indice poids-pour-âge de la population de référence sont considérés comme souffrant d'insuffisance pondérale ; entre moins deux écarts-type et moins trois écarts-type, on parle d'insuffisance pondérale modérée et à moins de trois écarts-type, on parle d'insuffisance pondérale sévère. Au Cameroun, trois enfants de moins de 5 ans sur vingt (15 %) souffrent d'insuffisance pondérale, et 5 % sous la forme sévère. Une fois encore, la situation reste préoccupante, puisque ces proportions sont nettement supérieures à celles attendues dans une population en bonne santé et bien nourrie : 2,3 % et 0,1 % pour la forme sévère. On observe des disparités importantes de la prévalence de l’insuffisance pondérale en fonction des caractéristiques sociodémographiques. Les variations selon l'âge sont proches de celles constatées pour le retard de croissance. Comme pour les deux autres indices, ce type de malnutrition qui se rencontre déjà chez les plus jeunes enfants (7 % à moins de 6 mois) augmente très rapidement pour atteindre 18 % chez les enfants de 18-23 mois. Il n’y a pratiquement pas de différence selon le sexe (15 % contre 14 %). Les enfants pour lesquels l’intervalle intergénésique est inférieur à 48 mois présentent plus fréquemment que les autres une insuffisance pondérale (17 % et 19 % pour, respectivement, les intervalles 0-23 et 24-47 mois contre 10 % pour 48 mois ou plus). 4 La cible des OMD est fixée à 8 % pour 2015. Le DSCE a pour cibles 13 % en 2015 et 10 % en 2020. État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 165 En milieu rural, on constate qu’un enfant sur 5 (20 %) présente une insuffisance pondérale contre 9 % dans les Autres villes et 3 % à Yaoundé/Douala. Un enfant de l’Extrême-Nord sur trois (32 %), un enfant du Nord sur quatre (24 %) et un enfant de l’Adamaoua sur 5 (21 %) présentent une insuffisance pondérale. Dans les autres régions, cette proportion est inférieure à 16 %. Comme pour les autres indices, la proportion d’enfants en situation d’insuffisance pondérale baisse lorsque le niveau d’instruction de la mère ou le niveau de vie du ménage augmente. 10.1.5 Surpoids La malnutrition ne se manifeste pas seulement par le retard de croissance ou la maigreur, mais peut aussi se traduire par un surpoids ou par l'obésité qui constituent des problèmes émergents et sérieux pour certains enfants dans les pays en développement. Les enfants dont l’indice poids-pour-taille se situe à plus de deux écarts-type au-dessus de la médiane poids-pour-taille de la population de référence sont considérés comme étant atteints de surpoids. Au Cameroun, 6 % d’enfants de moins de 5 ans sont trop gros pour leur taille et sont donc atteints de cette forme de malnutrition (Tableau 10.1). La prévalence du surpoids est particulièrement élevée chez les enfants dont la mère présente aussi un surpoids (10 %), chez les enfants des régions du Littoral, du Nord-Ouest et de l’Ouest (11 % dans chaque région) et à Yaoundé/Douala (8 %). Il faut aussi noter que la proportion d’enfants atteints de surpoids augmente de façon importante lorsque le niveau d’instruction de la mère ou le niveau de bien-être du ménage augmente. 10.1.6 Tendance de la malnutrition Dans le souci de comparer les niveaux de malnutrition de l’EDS-MICS 2011 à ceux de l’EDSC-III 2004, les trois indices de malnutrition de 2011 ont été recalculés en utilisant les normes du NCHS/CDC/OMS de 1977 qui avaient été utilisées à l’EDSC-III 2004. Ces niveaux de malnutrition sont présentés en Annexe C (Tableau C.7). Le graphique 10.2 présente les niveaux de malnutrition des enfants de moins de 5 ans selon les deux enquêtes. De 2004 à 2011, il semblerait donc qu’il y ait eu une légère amélioration de la situation nutritionnelle des enfants puisque la proportion de ceux accusant un retard de croissance est passée de 32 % à 28 %. Comme la prévalence de l’émaciation et, dans une moindre mesure, celle de l’insuffisance pondérale est influencée par les variations saisonnières, il est difficile d’interpréter les variations de ces indices au cours du temps : on ne constate ici aucun changement de niveau de ces indicateurs entre les deux enquêtes. 166 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Graphique 10.2 État nutritionnel des enfants de moins de 5 ans selon l'EDSC-III 2004 et l'EDS-MICS 2011 32 5 18 28 5 18 Retard de croissance Émaciation Insuffisance pondérale P ou rc en ta ge EDSC-III 2004 EDS-MICS 2011 10.2 ALLAITEMENT MATERNEL ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT Les pratiques alimentaires constituent des facteurs déterminants de l’état nutritionnel des enfants qui, à son tour, influence leur morbidité et leur mortalité. Parmi les pratiques alimentaires, celles relatives à l’allaitement maternel revêtent une importance particulière au cours des deux premières années de la vie. Le lait maternel constitue à bien des égards un aliment irremplaçable pour le nouveau-né. En effet, le lait maternel contient tous les éléments nutritifs nécessaires à la croissance et au développement harmonieux du nourrisson et, de par ses propriétés (stérile et riche en anticorps), il protège le jeune enfant des maladies infectieuses et de l’anémie. De plus, l’allaitement maternel à la demande et prolongé contribue à l’allongement de la durée de l’aménorrhée post-partum qui, à son tour, peut allonger l’intervalle intergénésique et ainsi avoir un effet positif sur l’état de santé de la mère et sur la croissance et le développement de l’enfant. Compte tenu de l’importance de l’allaitement maternel dans l’alimentation du nourrisson, on a demandé aux mères si elles avaient allaité leurs enfants nés au cours des 5 dernières années précédant l’enquête. Des précisions ont aussi été obtenues sur le début de la première mise au sein après la naissance, la durée de l’allaitement maternel et sa fréquence, l’âge de l’enfant au moment de l’introduction de l’aliment de complément, les différents types d’aliments de complément donnés et le nombre de fois que l’enfant a reçu les aliments de complément le jour ou la nuit précédant le passage de l’agent enquêteur. 10.2.1 Début de l'allaitement maternel Le tableau 10.2 qui porte sur les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux dernières années ayant précédé l’enquête, présente le pourcentage de ceux qui ont été allaités et le pourcentage de ceux qui ont été allaités dans l’heure ou le jour qui a suivi la naissance, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Il en ressort que la quasi-totalité de ces enfants (97 %) ont été allaités. Cette proportion ne varie qu’assez peu, entre 96 % et 99 %, quelles que soient les caractéristiques sociodémographiques des femmes. Bien que l’allaitement maternel soit une pratique généralisée, on constate cependant qu’au Cameroun, seulement 71 % d’enfants ont été mis au sein pour la première fois au cours des 24 heures qui ont suivi leur naissance et 40 % des enfants dans l'heure qui a suivi leur naissance. Cette situation pourrait résulter du rejet du colostrum par certaines mères après l’accouchement. Cette pratique peut s’avérer néfaste pour l’enfant sur État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 167 le plan nutritionnel. En effet, le rejet du colostrum prive le nouveau-né des anticorps de la mère et de la vitamine A qui sont essentiels pour la prévention des infections. En outre, si le nouveau-né n'est pas allaité dans les 24 heures qui suivent sa naissance, il reçoit, à la place du lait maternel, divers liquides pouvant ainsi l’exposer aux agents pathogènes. La proportion des enfants derniers-nés qui ont commencé à être allaités dans l’heure qui a suivi leur naissance varie avec les caractéristiques sociodémographiques des mères. En milieu rural, 39 % d’enfants sont dans cette situation contre 42 % en milieu urbain. Au niveau régional, c’est au Nord (24 %) que la proportion d’enfants mis au sein dans l’heure qui a suivi l’accouchement est la plus faible. Pour ce qui est des enfants derniers-nés mis au sein dans les 24 heures suivant l’accouchement, ils sont 67 % en milieu rural contre 76 % en milieu urbain. Cette proportion reste très faible dans le Nord (46 %) mais dépasse 80 % dans plusieurs régions dont le Nord-Ouest où elle atteint 86 %. Conséquence partielle du retard dans le début de l’allaitement, 52 % des enfants allaités ont reçu des aliments avant le début de l’allaitement maternel : 45 % en milieu urbain et 58 % en milieu rural. Cette proportion varie d’un minimum de 11 % dans le Nord-Ouest où 86 % des enfants sont allaités dans les vingt- quatre heures suivant la naissance, à un maximum de 89 % dans l’Extrême-Nord où seulement 62 % des nourrissons reçoivent le sein dans les 24 heures. L’introduction précoce d’aliments de complément expose le nouveau-né au risque d’infection et/ou de diarrhée, quand les conditions d’hygiène ne sont pas respectées. L’assistance à l’accouchement et le lieu où celui-ci s’est déroulé semblent avoir une influence sur le début de l’allaitement. En effet, plus de 40 % d’enfants dont la naissance a été assistée par une accoucheuse traditionnelle ou un prestataire formé ont été allaités dans l’heure suivant leur naissance, contre 32 % pour les enfants qui ont bénéficié de l’assistance d’une autre personne et 24 % pour les enfants qui ont été accouchés sans assistance. Une tendance similaire s’observe pour la mise au sein dans les 24 heures qui ont suivi la naissance : 77 % avec l’assistance d’un professionnel de santé et 67 % avec celle d’une accoucheuse traditionnelle. Par ailleurs, 43 % d’enfants nés dans un établissement de santé ont été allaités dans l’heure qui a suivi la naissance, contre 35 % pour ceux nés à la maison. Globalement, 73 % d’enfants nés à domicile reçoivent des aliments avant le début de l’allaitement maternel contre 40 % pour ceux nés dans un établissement de santé. Le niveau d’instruction de la mère influence significativement les pratiques d’allaitement maternel. En effet, bien que les enfants de mères sans niveau d’instruction soient les plus fréquemment allaités (98 %), ils sont, par contre, proportionnellement les moins nombreux à être mis au sein dans l’heure qui suit l’accouchement (34 %) et même dans les 24 heures après l’accouchement (57 %). Corrélativement, ces enfants sont proportionnellement les plus nombreux à recevoir des aliments avant le début de l’allaitement maternel (78 %). Par contre, les enfants de mère de niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus sont aussi fréquemment allaités que ceux de mère sans niveau d’instruction (96 %) mais ils sont proportionnellement les plus nombreux à être mis au sein dans l’heure qui suit l’accouchement (45 %) et dans les 24 heures après l’accouchement (79 %) ; en outre, ces enfants sont proportionnellement les moins nombreux à recevoir des aliments avant le début de l’allaitement maternel (38 %). 168 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Tableau 10.2 Allaitement initial Parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l'enquête, pourcentage de ceux qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités dans l'heure qui a suivi la naissance et pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités le jour qui a suivi la naissance; parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l'enquête et qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont reçu des aliments avant d'être allaités, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux années ayant précédé l'enquête : Parmi les enfants derniers-nés dont la naissance a eu lieu au cours des deux dernières années et qui ont été allaités : Pourcentage ayant été allaité Pourcentage ayant commencé à être allaité dans l'heure qui a suivi la naissance Pourcentage ayant commencé à être allaité le jour qui a suivi la naissance1 Effectif d'enfants derniers-nés Pourcentage ayant reçu des aliments avant d'être allaités2 Effectif d'enfants derniers-nés allaités Sexe Masculin 97,5 40,5 71,4 2 338 52,4 2 279 Féminin 97,3 39,3 70,3 2 367 52,1 2 303 Assistance à l'accouchement Prestataire formé3 96,7 42,8 77,4 3 057 40,4 2 957 Accoucheuse traditionnelle 98,2 44,7 67,1 441 64,4 433 Autre 99,1 31,7 56,6 1 041 77,4 1 032 Personne 96,1 23,8 50,8 151 84,0 145 Lieu de l'accouchement Établissement de santé 96,8 43,1 77,7 2 933 39,7 2 838 Maison 98,6 34,8 59,6 1 732 73,3 1 708 Autre 85,8 24,4 74,5 26 57,1 22 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 94,7 39,2 74,8 771 42,8 731 Autres villes 97,2 43,0 77,1 1 230 46,2 1 195 Ensemble urbain 96,2 41,6 76,2 2 001 44,9 1 926 Rural 98,2 38,7 66,8 2 703 57,5 2 656 Région Adamaoua 98,9 52,8 77,4 244 37,7 241 Centre (sans Yaoundé) 97,5 50,6 73,4 346 42,9 338 Douala 95,3 30,3 75,3 351 44,4 334 Est 97,2 68,0 82,8 205 23,1 199 Extrême-Nord 98,4 32,9 62,0 1 064 88,5 1 047 Littoral (sans Douala) 94,0 44,2 79,5 168 36,6 158 Nord 98,1 23,8 45,7 645 77,6 633 Nord-Ouest 97,5 55,8 85,8 375 10,7 366 Ouest 98,8 34,2 84,7 515 27,5 509 Sud 94,6 63,5 79,3 114 46,9 108 Sud-Ouest 98,4 36,7 80,4 257 37,2 253 Yaoundé 94,3 46,6 74,4 421 41,4 397 Niveau d'instruction de la mère Aucun 98,3 33,5 56,7 1 265 78,4 1 244 Primaire 98,2 40,6 74,3 1 832 46,4 1 798 Secondaire 1er cycle 95,6 43,8 77,4 1 072 38,1 1 025 Secondaire 2nd cycle ou plus 96,1 44,8 79,4 535 37,8 515 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 98,2 31,4 54,4 1 085 77,8 1 066 Second 98,6 40,9 71,8 1 000 51,5 986 Moyen 97,4 45,1 76,6 983 40,9 957 Quatrième 96,5 41,6 76,6 871 42,5 840 Le plus riche 95,7 42,1 78,9 766 42,1 733 Ensemble4 97,4 39,9 70,8 4 705 52,2 4 582 Note: Le tableau est basé sur tous les enfants nés au cours des deux années ayant précédé l'enquête, qu'ils soient en vie ou décédés au moment de l'enquête. 1 Y compris les enfants qui ont commencé à être allaités dans l'heure qui a suivi la naissance. 2 C'est-à-dire les enfants qui ont reçu autre chose d'autre que le lait maternel pendant les trois premiers jours. 3 Médecin, infirmière/sage-femme ou sage-femme auxiliaire. 4 Y compris 16 enfants pour lesquels l’assistance à l’accouchement est non déterminée et 13 enfants pour lesquels le lieu d’accouchement est non déterminé. État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 169 Le niveau socio-économique des ménages a une influence sur la pratique adéquate de l’allaitement. En effet, 54 % de nourrissons des ménages les plus pauvres ont été allaités dans les 24 heures qui ont suivi leur naissance contre 77 % de ceux des ménages de niveau de vie moyen et 79 % pour ceux des ménages les plus riches. Par contre, c’est dans les ménages les plus pauvres que les nourrissons reçoivent le plus fréquemment les aliments avant le début de l’allaitement (78 % contre 42 % dans les ménages les plus riches). 10.2.2 Allaitement exclusif et introduction de l'alimentation de complément L’OMS, l’UNICEF et le MINSANTE recommandent que les enfants soient exclusivement nourris au sein jusqu’à l’âge de six mois. En effet, l’introduction d’aliments de complément avant l’âge de 6 mois diminue la prise de lait maternel par l'enfant, et donc la succion, ce qui réduit la production de lait par la mère. Par ailleurs, chez les populations économiquement pauvres, les aliments de complément sont souvent dépourvus de valeurs nutritives. Enfin, l’introduction d’aliments de complément aux jeunes âges expose les enfants aux agents pathogènes et augmente ainsi leur risque de contracter des maladies infectieuses notamment la diarrhée. L’OMS, l’UNICEF et le MINSANTE recommandent également que l’allaitement maternel soit poursuivi jusqu’à l’âge de deux ans mais qu’à partir de six mois, il soit complété par l'introduction d'autres aliments appropriés pour satisfaire les besoins alimentaires de l'enfant lui permettant la meilleure croissance possible, en effet, à partir de six mois, le lait maternel seul ne suffisant plus pour couvrir les besoins nutritionnels de l’enfant. Les informations sur l'alimentation de complément ont été obtenues, auprès des mères, pour les enfants derniers-nés de moins de 2 ans vivant avec elles. On constate au tableau 10.3 et au graphique 10.3 que, dès leur naissance, presque tous les enfants sont allaités (97 %) et cette pratique se poursuit très longtemps après la naissance puisque 91 % des enfants sont encore allaités à 9-11 mois. Cette proportion décroît ensuite rapidement pour atteindre 30 % chez les enfants de 18-23 mois. Cependant, la pratique de l'allaitement exclusif est très peu courante : seulement 20 % des enfants de 0-5 mois ont été allaités exclusivement au sein. Par conséquent, la majorité de ces enfants (80 %) n’ont pas été allaités conformément aux recommandations en la matière. En effet, dès les premiers jours qui suivent la naissance, il est très fréquent que le nourrisson reçoive autre chose en plus du lait maternel : à 0-1 mois, 43 % d’enfants reçoivent, en plus, de l'eau seulement, 18 % reçoivent, en plus, d'autres types de liquides (y compris d'autres types de lait) et 5 % reçoivent, en plus, des aliments de complément. À l’opposé, les résultats révèlent que 31 % d’enfants de 6-9 mois ne reçoivent pas encore d’aliments de complément, et de ce fait, ne sont pas nourris de manière adéquate. 170 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Tableau 10.3 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant Répartition (en %) des enfants derniers-nés de moins de 2 ans vivant avec leur mère par type d'allaitement et pourcentage actuellement allaités ; pourcentage de l'ensemble des enfants de moins de deux ans utilisant un biberon, selon l'âge de l'enfant en mois, Cameroun 2011 Age en mois Répartition (en %) des enfants derniers-nés de moins de 2 ans vivant avec leur mère par type d’allaitement Pour- centage actuellem ent allaités Effectif des derniers- nés de moins de deux ans Pour- centage utilisant un biberon Effectif des enfants de moins de deux ans Non allaités Exclusive- ment allaités Allaités et eau seulement Allaités et liquides non lactés1 Allaités et autres laits Allaités et aliments de complé- ment Total 0-1 2,6 31,4 43,2 5,9 11,6 5,3 100,0 97,4 307 12,0 316 2-3 1,1 22,3 41,3 10,0 12,2 13,2 100,0 98,9 431 15,1 440 4-5 4,0 9,9 34,7 4,7 8,0 38,7 100,0 96,0 401 18,0 414 6-8 4,1 1,8 17,9 5,6 4,7 65,9 100,0 95,9 602 15,1 619 9-11 9,5 0,6 7,1 1,8 1,1 79,9 100,0 90,5 586 13,1 603 12-17 29,8 0,5 3,1 0,4 0,3 65,9 100,0 70,2 1 194 7,0 1 256 18-23 70,5 0,0 1,0 0,1 0,5 28,0 100,0 29,5 897 3,9 1 009 0-3 1,7 26,1 42,1 8,3 11,9 9,9 100,0 98,3 738 13,8 756 0-5 2,5 20,4 39,5 7,0 10,5 20,1 100,0 97,5 1 138 15,3 1 170 6-9 4,7 1,4 16,2 4,4 4,0 69,4 100,0 95,3 814 14,7 838 12-15 22,1 0,5 3,5 0,6 0,3 73,0 100,0 77,9 789 8,3 826 12-23 47,2 0,3 2,2 0,3 0,4 49,6 100,0 52,8 2 091 5,6 2 265 20-23 75,7 0,0 0,7 0,1 0,5 23,0 100,0 24,3 563 3,1 650 Note: Les données sur l'allaitement se rapportent à une période de 24 heures (hier et la nuit dernière). Les enfants classés dans la catégorie "Allaitement et eau seulement" ne reçoivent aucun complément liquide ou solide. Les catégories "Non allaités", "Allaités exclusivement", "Allaités et eau seulement", "Jus/liquides non lactés", "Autres laits", et "Aliments de complément" (solides et semi solides) sont hiérarchiques et mutuellement exclusives et la somme des pourcentages égale 100 %. Ainsi, les enfants qui sont allaités et qui reçoivent des liquides non lactés et qui ne reçoivent pas d'autres laits et qui ne reçoivent pas d'aliments de complément sont classés dans la catégorie "Liquides non lactés" même s'ils reçoivent également de l'eau. Tout enfant qui reçoit des aliments de complément est classé dans cette catégorie tant qu'il est toujours allaité. 1 Les liquides non lactés comprennent les jus, les boissons à base de jus, les bouillons et les autres liquides. L’utilisation du biberon n’est pas recommandée chez les enfants car elle est le plus souvent associée à une augmentation des risques de maladies notamment diarrhéiques. Les biberons mal nettoyés et les tétines mal stérilisées sont à l’origine de troubles gastriques, de diarrhées et de vomissements chez les bébés. Le tableau 10.3 montre qu’au Cameroun, les mères utilisent fréquemment le biberon. Ainsi, plus d'un enfant de 0- 1 mois sur dix (12 %) avait été nourri au biberon au cours des 24 heures ayant précédé l’interview. Cette proportion atteint 15 % pour les enfants âgés de 2-3 mois et 18 % pour ceux de 4-5 mois. État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 171 Graphique 10.3 Allaitement selon l'âge de l'enfant 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 <2 2-3 4-5 6-7 8-9 10-11 12-13 14-15 16-17 18-19 20-21 22-23 P ou rc en ta ge Âge en mois Exclusivement allaités Allaités et eau seulement Allaités et autres laits Allaités et liquides non lactés Allaités et aliments de complément Non allaités EDS-MICS 2011 10.2.3 Durée et fréquence de l’allaitement maternel La durée médiane de l’allaitement maternel est calculée pour les enfants derniers-nés âgés de moins de trois ans. Le tableau 10.4 indique qu’au Cameroun, la moitié des enfants sont allaités au sein pendant une période de 16,5 mois. Par contre, les durées médianes de l'allaitement exclusif (0,5 mois) et de l’allaitement prédominant, c’est-à-dire allaitement et eau seulement (4,3 mois), sont très courtes. Il n’y a pas de différence selon le sexe de l’enfant pour ces trois durées médianes. La durée médiane de l’allaitement est plus longue en milieu rural (18,3 mois) que dans les Autres villes (14,8 mois) et qu’à Yaoundé/Douala (12,7 mois). Selon la région, cette durée médiane est supérieure à 17 mois pour les régions de l’Adamaoua (19,3 mois), du Nord- Ouest (17,6 mois), du Nord (18,1 mois) et de l’Extrême-Nord (21,0 mois). La durée médiane de l’allaitement maternel baisse lorsque le niveau d’instruction de la mère augmente : elle passe de 20,7 mois pour les enfants de mère sans niveau d'instruction à 17,4 mois pour les enfants de mère ayant un niveau d'instruction primaire et à 12,3 mois pour ceux dont la mère a un niveau d'instruction secondaire 2nd cycle ou plus. Enfin, on constate que la durée médiane de l’allaitement maternel diminue au fur et à mesure que le niveau de vie du ménage dans lequel vit la mère augmente. Elle passe de 20,8 mois pour les enfants des ménages les plus pauvres à 12,4 mois pour ceux des ménages les plus riches. En 2004, la durée médiane de l’allaitement maternel était estimée à 17,4 mois : elle aurait donc légèrement baissé, d’environ un mois, au cours des dernières années. 172 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Tableau 10.4 Durée médiane de l'allaitement Durée médiane de l'allaitement, de l'allaitement exclusif et de l'allaitement prédominant des enfants nés au cours des trois années ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, et durée moyenne, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Durée médiane (en mois) de l'allaitement parmi les enfants nés au cours des trois dernières années 1 Allaitement Allaitement exclusif Allaitement prédominant2 Sexe Masculin 16,2 0,5 4,2 Féminin 16,7 0,5 4,4 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 12,7 0,6 1,3 Autres villes 14,8 0,6 4,1 Ensemble urbain 13,8 0,6 3,2 Rural 18,3 0,5 5,0 Région Adamaoua 19,3 1,6 5,4 Centre (sans Yaoundé) 15,2 0,5 0,8 Douala 13,7 0,5 0,7 Est 16,9 2,0 4,8 Extrême-Nord 21,0 0,4 5,7 Littoral (sans Douala) 14,7 1,1 2,4 Nord 18,1 0,5 5,5 Nord-Ouest 17,6 0,7 4,4 Ouest 15,4 1,0 4,7 Sud 13,8 0,5 3,2 Sud-Ouest 15,7 0,5 3,2 Yaoundé 11,4 1,2 1,7 Niveau d'instruction de la mère Aucun 20,7 0,4 5,5 Primaire 17,4 0,6 4,4 Secondaire 1er cycle 14,0 0,6 3,2 Secondaire 2nd cycle ou plus 12,3 0,6 2,9 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 20,8 0,5 5,6 Second 18,5 0,5 4,8 Moyen 16,4 0,5 4,2 Quatrième 14,0 0,7 3,4 Le plus riche 12,4 0,6 2,5 Ensemble 16,5 0,5 4,3 Moyenne pour tous les enfants 17,0 1,9 5,4 Note: Les durées moyenne et médiane sont basées sur les répartitions, au moment de l'enquête, des proportions de naissances par mois depuis la naissance, y compris les enfants vivants et décédés au moment de l'enquête. 1 On suppose que les enfants qui ne sont pas des derniers-nés et les enfants derniers-nés qui ne vivent pas actuellement avec leur mère ne sont pas actuellement allaités. 2 Soit exclusivement allaité ou qui ont reçu le lait maternel et de l'eau seulement, et/ou des liquides non lactés seulement. État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 173 10.2.4 Type d’aliments de complément Les informations relatives aux types d'aliments donnés aux enfants, derniers-nés de moins de deux ans vivant avec leur mère sont présentées au tableau 10.5 en fonction de leur situation par rapport à l'allaitement. Tableau 10.5 Aliments et liquides reçus par les enfants le jour ou la nuit ayant précédé l'interview Pourcentage d'enfants derniers-nés de moins de deux ans vivant avec leur mère, par type d'aliments consommés le jour ou la nuit ayant précédé l'interview, selon qu'ils sont, ou non, allaités et selon l'âge, Cameroun 2011 Âge en mois Liquides Aliments solides ou semi solides Effectif d'enfants Lait en poudre pour enfant Autres laits1 Autres liquides2 Aliments à base de céréales 3 Fruits et légumes riches en vitamine A4 Autres fruits et légumes Aliments à base de racines et de tubercules Aliments à base de légumineu- ses et de noix Viande, poisson, volaille Œufs Fromage, yaourt, autres produits laitiers Aliments solides ou semi- solides ENFANTS ALLAITÉS 0-1 4,1 14,3 9,2 3,3 0,9 0,4 0,8 0,0 1,0 0,0 1,1 5,5 299 2-3 5,8 14,5 15,4 10,2 1,2 0,7 0,4 1,6 1,3 0,0 0,7 13,4 426 4-5 8,7 15,2 20,9 32,2 6,6 5,8 3,1 4,4 7,3 2,0 2,5 40,3 385 6-8 9,5 21,7 30,3 51,0 23,4 16,5 14,4 13,5 29,4 9,7 6,3 68,7 577 9-11 5,9 16,4 34,3 69,2 41,5 24,2 21,4 23,1 50,1 13,6 9,2 88,3 530 12-17 3,8 13,9 33,4 77,0 53,6 27,0 24,4 28,1 59,0 11,4 5,9 93,8 839 18-23 4,6 11,6 34,2 83,0 50,3 17,9 16,1 37,5 54,6 6,7 3,7 94,8 265 6-23 5,9 16,2 32,9 69,1 42,4 22,5 20,1 24,2 48,6 10,9 6,5 86,1 2 210 Ensemble 6,1 15,7 27,1 51,3 29,2 15,8 13,8 16,9 33,5 7,5 4,8 64,2 3 320 ENFANTS NON ALLAITÉS 0-1 * * * * * * * * * * * * 8 2-3 * * * * * * * * * * * * 5 4-5 * * * * * * * * * * * * 16 6-8 (24,8) (47,3) (37,0) (67,8) (50,6) (28,5) (45,9) (19,6) (65,4) (15,1) (17,0) (95,8) 25 9-11 (23,2) (52,0) (39,5) (72,8) (60,5) (41,7) (43,5) (34,3) (59,7) (29,9) (18,4) (88,8) 55 12-17 8,8 38,9 41,2 75,1 51,9 43,7 37,5 38,2 73,8 24,8 22,1 97,7 355 18-23 6,5 27,0 41,5 75,6 59,6 46,1 42,3 39,5 74,9 16,4 12,9 99,6 632 6-23 8,6 32,7 41,2 75,1 56,9 44,6 40,8 38,4 73,5 19,9 16,3 98,3 1 068 Ensemble 8,8 32,6 41,6 74,4 55,8 44,3 40,0 38,0 72,3 19,6 16,1 97,3 1 096 Note: Les données sur l'allaitement et sur les aliments consommés se rapportent à la période de "24 heures" (hier et la nuit dernière). Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés, Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 Inclut le lait d'animal, qu'il soit frais, en boîte, ou en poudre. 2 N'inclut pas l'eau plate. Inclut les jus, les boissons à base de jus, les bouillons ou d'autres liquides non lactés 3 Inclut les aliments enrichis pour bébés 4 Inclut les citrouilles, carottes, courges qui sont jaunes ou oranges à l'intérieur, légumes à feuilles vertes comme les épinards, les mangues, papayes et autres fruits et légumes riches en vitamine A. L’introduction de liquides autres que le lait maternel et d’aliments solides ou semi-solides dans l’alimentation des enfants a lieu très tôt, avant l’âge de 6 mois ; elle augmente rapidement avec l’âge, cela quel que soit le type d’aliment. Ainsi, chez les enfants de moins de 2 mois qui ont été allaités, 9 % avaient reçu d’autres liquides, 14 % avaient reçu du lait autre que le lait maternel et 4 % des préparations pour bébé. Chez les derniers-nés de 4-5 mois, 32 % avaient déjà consommé des aliments à base de céréales et 7 % avaient déjà pris des aliments solides à base de poissons, volailles ou viandes. À 6-8 mois, âges auxquels tous les enfants devraient déjà consommer des aliments de compléments en plus du lait maternel, seulement 69 % ont reçu des aliments solides ou semi-solides. Dans le groupe d’âges 6-23 mois, on note que seulement 42 % des enfants allaités ont consommé des fruits et légumes riches en vitamine A ; parmi les non allaités, cette proportion est de 57 %. En ce qui concerne les aliments comme la viande, le poisson et la volaille, 49 % des enfants allaités de 6-23 mois en ont reçu contre 74 % des enfants non allaités. Il faut relever la très faible proportion d’enfants de 6-23 mois qui consomment des fromages, des yaourts ou d’autres produits laitiers, qu’ils soient allaités ou non (respectivement, 7 % et 16 %). 174 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires 10.3 PRÉVALENCE DE L’ANÉMIE ET MICRONUTRIMENTS CHEZ LES ENFANTS Les carences en micronutriments comme la vitamine A, l’iode, le fer, le calcium et le zinc, sont à l’origine de différentes manifestations pouvant revêtir plusieurs formes qui apparaissent souvent simultanément. Par exemple, les carences en vitamine A peuvent entraîner la cécité crépusculaire, celles en l’iode, le goitre et le crétinisme, et un apport insuffisant en fer est à l’origine de l’anémie. Ces carences ont aussi des conséquences moins visibles, notamment l’affaiblissement du système immunitaire. 10.3.1 Prévalence de l’anémie chez les enfants L’OMS estimait qu’en 2005, à l’échelle mondiale, environ 1,6 milliards d’individus étaient atteints d’anémie (De Benoist et al. 2008). L’anémie est une affection caractérisée par une réduction du nombre de globules rouges et un affaiblissement de la concentration de l’hémoglobine dans le sang. Elle est principalement due à la carence en fer qui est un élément essentiel à la constitution de globules rouges du sang. Cependant, dans les zones à forte endémicité d’infections parasitaires comme le Cameroun, le paludisme (voir Chapitre 11-Paludisme) et d’autres parasitoses contribuent aux prévalences élevées de l’anémie. La carence en fer a des conséquences néfastes, en particulier chez les enfants : elle accroît les risques de retard de développement moteur et de coordination et peut avoir des répercussions sur la santé physique et mentale. Au cours de la collecte des données, dans un ménage sur deux de l’échantillon, on a procédé au prélèvement de sang capillaire auprès des enfants de moins de 6 à 59 mois pour le dosage de l’hémoglobine. On a procédé de la façon suivante :  prélèvement de sang capillaire au moyen d’une piqûre au bout du doigt à l’aide d’une petite aiguille rétractable (Tenderlette) ;  recueil d’une goutte de sang sur une microcuvette ;  introduction de la goutte de sang recueillie dans un hémoglobinomètre portatif (HemoCue), qui en moins d’une minute donne la valeur du taux d’hémoglobine en grammes par décilitre de sang (g/dl) ;  enregistrement de la valeur donnée par l’hémoglobinomètre portatif (HemoCue) dans le questionnaire. L’anémie peut être classée en trois niveaux (sévère, modérée, légère) selon la concentration d’hémoglobine dans le sang : cette classification a été développée par des chercheurs de l’OMS (CDC, 1989). Ainsi, pour les enfants de 6-59 mois, l’anémie est considérée comme sévère si le niveau d’hémoglobine par décilitre de sang est inférieur à 7,0 grammes ; elle est modérée si cette valeur se situe entre 7,0 et 9,9 g/dl et enfin, elle est qualifiée de légère si la mesure se situe entre 10,0 et 10,9 g/dl.5 Le tableau 10.6 indique qu’au Cameroun, trois enfants de 6-59 mois sur 5 (60 %) sont atteints d’anémie : 27 % sous une forme légère, 31 % sous une forme modérée et 2 % sous une forme sévère. On constate que la prévalence de l’anémie diminue avec l’âge de l’enfant : elle passe de 78 % chez les 6-8 mois à 67 % chez les 18-23 mois et à 49 % chez les 48-59 mois. Mais ce sont les enfants de 9-11 mois qui sont les plus affectés par l’anémie sévère (4 %). Selon le sexe, on note que les enfants de sexe masculin sont 5 Du fait de la raréfaction de l’oxygène en altitude, par effet de compensation, la concentration d’hémoglobine dans le sang augmente avec l’altitude. Comme au Cameroun, une frange de la population vit dans des zones d’altitude, il s’est avéré nécessaire d’ajuster la prévalence de l’anémie en fonction de l’altitude en utilisant les formules du CDC (CDC, 1989). État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 175 légèrement plus affectés par l’anémie que ceux du sexe féminin (62 % contre 59 %). La prévalence de l’anémie est légèrement plus élevée pour les enfants vivant avec leur mère (61 % et plus) que pour ceux dont la mère n’est pas dans le ménage (53 %). Tableau 10.6 Prévalence de l'anémie chez les enfants Pourcentage d'enfants de 6-59 mois considérés comme étant atteints d'anémie, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Anémie selon le niveau d'hémoglobine Anémie (<11,0 g/dl) Anémie légère (10,0-10,9 g/dl) Anémie modérée (7,0-9,9 g/dl) Anémie sévère (< 7,0 g/dl) Effectif d'enfants Age en mois 6-8 78,4 35,5 41,7 1,2 311 9-11 73,5 27,1 42,0 4,4 345 12-17 73,6 30,1 41,3 2,2 701 18-23 66,9 28,1 36,6 2,2 576 24-35 56,9 27,0 28,1 1,8 1 167 36-47 55,3 27,7 25,8 1,7 1 182 48-59 48,5 23,5 24,4 0,6 1 149 Sexe Masculin 61,8 27,6 32,6 1,6 2 652 Féminin 58,8 27,3 29,6 1,9 2 781 Interview de la mère Interviewée 61,2 28,1 31,4 1,8 4 639 Mère non interviewée mais vivant dans le ménage 63,6 25,5 36,2 1,9 135 Mère non interviewée et ne vivant pas dans le ménage1 52,8 23,3 27,9 1,6 659 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 55,2 31,4 23,5 0,3 840 Autres villes 57,2 26,4 29,5 1,3 1 504 Ensemble urbain 56,5 28,2 27,3 0,9 2 344 Rural 63,2 26,9 33,9 2,4 3 088 Région Adamaoua 61,9 26,2 33,1 2,6 289 Centre (sans Yaoundé) 65,8 23,5 38,7 3,6 375 Douala 62,5 34,2 27,9 0,3 447 Est 66,8 26,6 38,4 1,9 238 Extrême-Nord 63,5 29,4 32,8 1,2 1 132 Littoral (sans Douala) 56,8 28,2 27,8 0,8 210 Nord 68,2 26,9 38,8 2,5 703 Nord-Ouest 52,4 28,4 22,3 1,8 515 Ouest 45,5 22,7 21,4 1,4 643 Sud 73,6 28,1 41,2 4,4 148 Sud-Ouest 69,9 25,1 42,2 2,7 340 Yaoundé 46,9 28,2 18,5 0,2 394 Niveau d'instruction de la mère2 Aucun 66,9 29,2 35,7 1,9 1 312 Primaire 62,0 27,8 32,0 2,2 1 985 Secondaire 1er cycle 58,2 28,0 28,8 1,4 972 Secondaire 2nd cycle ou plus 50,3 26,1 24,0 0,2 505 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 66,4 27,7 37,0 1,7 1 199 Second 60,1 26,7 30,8 2,6 1 170 Moyen 63,0 27,6 33,0 2,4 1 104 Quatrième 58,7 27,6 30,1 1,0 1 090 Le plus riche 50,7 27,7 22,2 0,7 870 Ensemble 60,3 27,4 31,1 1,7 5 432 Note: Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit ayant précédé l'enquête. La prévalence de l'anémie, basée sur le niveau d'hémoglobine, est ajustée en fonction de l'altitude en utilisant les formules du CDC, 1998. Hémoglobine en grammes par décilitre (g/dl). 1 Y compris les enfants dont la mère est décédée. 2 Pour les femmes qui n'ont pas été enquêtées, les informations proviennent du questionnaire Ménage. Non compris les enfants dont la mère n'est pas listée dans le ménage. 176 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Les résultats selon le milieu de résidence montrent que les enfants du milieu rural sont plus affectés par l’anémie (63 %) que ceux des Autres villes (57 %) et de Yaoundé/Douala (55 %). Au plan régional, les résultats font apparaître des niveaux élevés de prévalence de l’anémie dans le Sud (74 %), le Sud-Ouest (70 %), le Nord (68 %), l’Est (67 %), le Centre (66 %), l’Extrême-Nord (64 %) et l’Adamaoua (62 %). Par ailleurs, c’est dans le Sud que la prévalence de l’anémie sévère est la plus élevée (4 %). La prévalence de l’anémie diminue lorsque le niveau d’instruction de la mère augmente : 67 % des enfants dont la mère est sans niveau d’instruction sont anémique contre 62 % de ceux dont la mère à un niveau d’instruction primaire et respectivement 58 % et 50 % de ceux dont la mère a un niveau d’instruction secondaire 1er cycle et secondaire 2nd cycle ou plus. Selon le niveau de vie du ménage, la prévalence de l’anémie est plus élevée chez les enfants des ménages les plus pauvres (66 %) que chez ceux des ménages les plus riches (51 %). 10.3.2 Consommation de micronutriments et prise de vermifuges par les enfants Pour assurer aux enfants un meilleur état nutritionnel, il convient de leur fournir, à partir de six mois, non seulement une alimentation appropriée, mais aussi une supplémentation régulière en micronutriments (Vitamine A, fer, etc.) ; il est aussi recommandé de leur administrer deux fois par an des vermifuges. Suppléments en Vitamine A La carence en vitamine A, ou l’avitaminose A, est la principale cause de cécité évitable en Afrique. Elle accroît également le risque de mortalité et de morbidité. En effet, une carence en vitamine A même modérée altère le système immunitaire et réduit la résistance aux infections. La vitamine A est indispensable à la croissance, à la vue et au maintien des cellules épithéliales. Les groupes les plus vulnérables à la carence en vitamine A sont constitués des enfants de moins de 5 ans, des femmes enceintes et des femmes qui allaitent. L’UNICEF, l’OMS et l’International Vitamin A Consultative Group (IVACG) recommandent à tous les pays qui ont une mortalité infanto-juvénile supérieure à 70 pour mille, la supplémentation systématique en capsules de vitamine A suivant un protocole défini. Au Cameroun, les principales stratégies de lutte contre la carence en vitamine A sont les suivantes :  la supplémentation en capsules de vitamine A ;  l’enrichissement des aliments en vitamine A ;  la promotion de la consommation des sources de vitamine A ; et  la promotion de la culture des aliments riches en vitamine A. Le tableau 10.7 présente le pourcentage d’enfants âgés de 6-23 mois qui ont consommé des aliments riches en vitamine A au cours des dernières 24 heures6. Il présente aussi le pourcentage d’enfants de 6-59 mois qui ont reçu au moins une dose de vitamine A (en capsule ou en ampoule) au cours des 6 derniers mois précédant l’enquête. Au Cameroun, plus de la moitié des enfants de 6-59 mois (55 %) ont reçu des suppléments de vitamine A. Cette proportion varie selon les caractéristiques sociodémographiques. Les enfants de 9-11 mois sont proportionnellement les plus nombreux à en avoir reçu (70 %). Par rapport aux enfants qui n'ont pas été allaités au sein (53 %), ceux qui l’ont été en ont reçu davantage (63 %). S’agissant du milieu de résidence, on constate que les enfants de Yaoundé/Douala (45 %) sont relativement moins nombreux à en avoir reçu que ceux des Autres villes (55 %) et que ceux du milieu rural (58 %). Pour ce qui est de la région, cette proportion varie d'un minimum de 33 % dans le Sud à un maximum de 77 % dans l’Adamaoua. 6 La liste des aliments considérés comme riches en vitamine A figure en note du tableau 10.7. État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 177 Tableau 10.7 Consommation de micronutriments par les enfants Parmi les plus jeunes enfants de 6-23 mois vivant avec leur mère, pourcentage de ceux qui ont reçu des aliments riches en vitamine A et riches en fer durant le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête; parmi tous les enfants de 6-59 mois, pourcentage de ceux à qui on a donné des compléments de vitamine A au cours des six mois ayant précédé l'enquête, pourcentage de ceux à qui on a donné des suppléments de fer au cours des sept derniers jours et pourcentage à qui on a donné des vermifuges au cours des six mois ayant précédé l'enquête; parmi tous les enfants de 6-59 mois vivant dans un ménage dont le sel a été testé, pourcentage de ceux vivant dans un ménage avec du sel iodé selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Parmi les plus jeunes enfants de 6-23 mois vivant avec leur mère : Parmi tous les enfants de 6-59 mois : Parmi les enfants de 6-59 mois vivant dans un ménage dont le sel a été testé pour la présence d'iode Pourcentage ayant consommé des aliments riches en vitamine A au cours des dernières 24 heures1 Pourcentage ayant consommé des aliments riches en fer au cours des dernières 24 heures 2 Effectif d'enfants Pourcentage à qui on a donné des suppléments de vitamine A au cours des 6 derniers mois Pourcentage à qui on a donné des suppléments de fer au cours des 7 derniers jours Pourcentage à qui on a donné des vermifuges au cours des 6 derniers mois3 Effectif d'enfants Pourcentage vivant dans un ménage disposant de sel iodé4 Effectif d'enfants Age en mois 6-8 43,3 35,6 602 53,6 8,8 21,6 619 94,0 607 9-11 68,9 57,1 586 70,1 10,6 40,8 603 89,9 595 12-17 81,3 67,5 1 194 64,4 11,2 54,8 1 256 89,6 1 229 18-23 85,3 72,7 897 52,5 11,0 57,7 1 009 90,0 993 24-35 na na na 51,4 9,8 55,4 2 059 89,8 2 019 36-47 na na na 54,9 8,0 53,3 2 058 90,9 2 015 48-59 na na na 51,5 7,1 50,9 1 945 90,2 1 908 Sexe Masculin 73,0 61,6 1 620 55,5 9,8 51,5 4 679 90,7 4 585 Féminin 73,4 60,9 1 658 55,2 8,6 50,7 4 870 90,0 4 781 Allaitement Allaité 66,0 53,1 2 210 63,4 8,3 37,2 2 364 90,5 2 316 Non allaité 88,3 78,1 1 061 52,6 9,5 55,7 7 102 90,3 6 971 Manquant * * 7 57,8 7,1 48,9 82 92,4 78 Age de la mère à la naissance 15-19 71,2 59,1 377 53,5 8,7 42,0 694 89,5 671 20-29 73,0 61,6 1 849 54,1 9,5 50,8 5 150 90,9 5 047 30-39 74,1 61,8 901 57,0 8,8 54,0 3 011 89,6 2 972 40-49 75,6 58,7 152 59,4 8,7 49,9 693 90,7 677 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 78,1 73,4 559 44,8 14,5 70,0 1 577 95,4 1 551 Autres villes 76,2 65,5 847 55,3 10,0 58,3 2 560 89,8 2 492 Ensemble urbain 76,9 68,7 1 406 51,3 11,7 62,8 4 136 92,0 4 044 Rural 70,4 55,7 1 872 58,4 7,2 42,2 5 412 89,2 5 322 Région Adamaoua 79,7 66,9 169 76,8 7,6 42,0 481 87,6 469 Centre (sans Yaoundé) 82,0 66,0 235 40,7 12,1 58,6 723 86,0 707 Douala 79,0 75,5 246 50,4 11,9 73,0 771 95,0 756 Est 76,7 61,8 131 52,3 5,9 48,2 406 92,2 390 Extrême-Nord 58,7 45,1 726 72,3 4,4 29,1 2 088 93,6 2 038 Littoral (sans Douala) 71,9 60,1 115 60,5 10,9 69,0 330 89,6 327 Nord 66,7 53,6 447 44,5 7,8 28,6 1 292 76,2 1 263 Nord-Ouest 79,8 54,2 266 53,8 12,7 59,9 769 96,4 753 Ouest 81,5 74,6 362 59,9 7,8 70,1 1 083 90,8 1 073 Sud 79,0 68,0 79 33,3 13,7 67,1 236 91,7 233 Sud-Ouest 84,1 76,3 189 48,7 9,8 65,5 563 94,3 561 Yaoundé 77,4 71,7 313 39,4 17,1 67,2 805 95,7 796 Niveau d'instruction de la mère Aucun 62,2 47,2 856 60,7 5,0 28,0 2 619 89,0 2 570 Primaire 75,2 61,6 1 276 54,7 8,7 52,0 3 768 89,5 3 694 Secondaire 1er cycle 77,4 69,5 766 51,2 12,5 66,4 2 120 91,7 2 075 Secondaire 2nd cycle ou plus 82,8 74,7 380 52,8 14,5 74,7 1 041 94,2 1 027 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 63,1 45,5 751 60,6 4,1 28,1 2 157 88,3 2 108 Second 69,9 54,1 682 55,9 7,6 43,8 2 025 88,9 1 995 Moyen 77,8 67,0 672 55,4 9,4 55,0 1 914 88,7 1 867 Quatrième 80,1 72,1 623 52,0 11,0 63,8 1 888 92,2 1 847 Le plus riche 77,6 72,2 550 51,2 15,6 72,1 1 565 95,0 1 549 Ensemble 73,2 61,2 3 278 55,3 9,2 51,1 9 549 90,4 9 366 Note : Les informations sur les suppléments de vitamine A sont basées sur la déclaration de la mère et le carnet de vaccination (quand il est disponible). Les informations sur les suppléments de fer et sur les vermifuges sont basées sur la déclaration de la mère. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. na = Non applicable 1 Y compris la viande (et les abats), le poisson, la volaille, les œufs, les citrouilles, les carottes, les courges, les légumes à feuilles vert foncé, les mangues, les papayes et autres fruits et légumes cultivés localement et riches en vitamine A. 2 Y compris la viande (abats inclus), le poisson, les volailles et œufs. 3 Les vermifuges pour les parasites intestinaux sont couramment donnés pour traiter les helminthes et les schistosomiases. 4 Sont exclus les enfants vivant dans un ménage dont le sel n'a pas été testé. 178 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Par rapport à l’EDSC-III de 2004, la proportion d’enfants de 6-59 mois ayant reçu des suppléments de vitamine A nettement augmentée, passant de 38 % à 55 %. Il faut noter que les régions qui présentaient les proportions les plus faibles d’enfants ayant reçu des suppléments de vitamine A se sont particulièrement améliorées et occupent en 2011 les premières places. En fonction du niveau d’instruction, les résultats montrent que les enfants de mère ayant un niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus (53 %) reçoivent moins fréquemment des suppléments de vitamine A que ceux dont la mère est sans niveau d’instruction (61 %). En ce qui concerne le quintile de bien-être économique, la proportion baisse quand l’on passe des enfants des ménages les plus pauvres (61 %) à ceux des ménages les plus riches (51 %). Que ce soit en fonction du milieu de résidence, du niveau d’instruction ou du niveau de bien-être, on observe ici des variations inverses à celles observées en 2004, ce qui pourrait signifier que les campagnes de vaccination qui se sont accentuées au cours de ces 5 dernières années auraient eu des meilleurs résultats auprès des couches de population défavorisée (pauvres, non instruites et vivant en milieu rural) qu’auprès des autres. Aliments riches en Vitamine A Pour éviter l’avitaminose A, il est également recommandé que les enfants de 6-23 mois consomment des aliments riches en vitamine A. À ce titre, près de trois enfants de 6-23 mois sur quatre (73 %) ont consommé des aliments riches en vitamine A au cours des dernières 24 heures précédant l’interview (Tableau 10.7). La consommation d’aliments riches en vitamine A augmente avec l’âge : les enfants de 18-23 mois (85 %) ont plus fréquemment consommé des aliments riches en vitamine A que leurs cadets de 6-8 mois (43 %). Les enfants allaités au sein sont proportionnellement moins nombreux à consommer des aliments riches en vitamine A que ceux qui ne le sont pas (66 % contre 78 %). En ce qui concerne le milieu de résidence, on note que la proportion d’enfants ayant consommé des aliments riches en vitamine A est moins élevée en milieu rural (70 %) que dans les Autres villes (76 %) et qu’à Yaoundé/Douala (78 %). Les résultats selon la région montrent que la proportion d’enfants ayant reçu des aliments riches en vitamine A varie d’un minimum de 59 % dans l’Extrême-Nord à un maximum de 84 % dans le Sud-Ouest. La proportion d’enfants de 6-23 mois ayant consommé des aliments riches en vitamine A augmente aussi bien avec l’âge qu’avec le niveau d’instruction de la mère. Elle passe de 62 % pour les enfants dont la mère est sans niveau d’instruction à 83 % pour ceux dont la mère a le niveau secondaire 2nd cycle ou plus. Selon le quintile de bien-être économique, on remarque que ce sont les enfants des ménages les plus pauvres (63 %) qui ont le moins fréquemment consommé ce type d’aliments et qu’à l’opposé, ce sont ceux des ménages du quatrième quintile qui en ont le plus fréquemment consommé (80 %). Suppléments de fer et aliments riches en fer De même que la vitamine A, le fer est indispensable au bon fonctionnement de l’organisme et la carence en fer provoque l’anémie. Au cours de l’EDS-MICS 2011, on a demandé si les enfants de 6-59 mois avaient reçu des suppléments en fer au cours des sept jours ayant précédé l’interview, et si les plus jeunes de 6- 23 mois avaient consommé des aliments riches en fer au cours des dernières 24 heures. Les résultats sont présentés au tableau 10.7. Près d’un enfant de 6-59 mois sur dix (9 %) a reçu des suppléments en fer au cours des sept derniers jours. Cette proportion est nettement plus élevée en milieu urbain (12 %), plus particulièrement à Yaoundé/Douala (15 %) qu’en milieu rural (7 %). Au niveau régional, cette proportion varie d’un minimum de 4 % dans l’Extrême-Nord à un maximum de 14 % dans le Sud. On constate également que la proportion d’enfants ayant reçu du fer augmente avec le niveau d’instruction de la mère (passant de 5 % à 15 %) et avec le niveau de bien-être du ménage (de 4 % à 16 %). État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 179 À propos des aliments riches en fer, on constate que globalement, 61 % des enfants de 6-23 mois en ont consommé au cours des dernières 24 heures. Cette proportion est la plus faible à 6-8 mois (36 %), chez les enfants qui sont encore allaités (53 %), en milieu rural (56 %), à l’Extrême-Nord (45 %), lorsque la mère n’a aucun niveau d’instruction (47 %) et dans les ménages les plus pauvres (46 %). Vermifuges Le tableau 10.7 présente également les proportions d’enfants de 6-59 mois à qui on a donné des vermifuges au cours des six derniers mois. L’administration de vermifuges permet d’éliminer les vers intestinaux présents dans l’organisme ; ces parasites sont sources de malnutrition et peuvent causer l’anémie. On constate que 51 % des enfants de 6-59 mois ont reçu des vermifuges au cours des 6 mois ayant précédé l’enquête. C’est dans le groupe d’âges 6-8 mois que la proportion d’enfants déparasités est la plus faible (22 %) ; à partir de 12 mois, plus de la moitié des enfants ont été traités avec des vermifuges. L’administration de vermifuges est plus fréquente quand les enfants ne sont pas allaités que quand ils le sont (56 % contre 37 %) et en milieu urbain que rural (63% contre 42 %). Par ailleurs, la proportion d’enfants déparasités augmente avec le niveau d’instruction de la mère (de 28 % à 75 %), et le niveau de bien-être économique du ménage (de 28 % à 72 %). Enfin, les résultats montrent que les régions ayant eu les meilleures couvertures en matière de déparasitage des enfants sont l’Ouest (70 %) et le Littoral (69 %). Sel iodé Le tableau 10.7 montre enfin que 90 % des enfants de 6-59 mois vivent dans un ménage disposant de sel iodé. Cette proportion est de 92 % en milieu urbain contre 89 % en milieu rural. Les enfants de la région du Nord (76 %) sont les plus susceptibles de courir un risque de carence en iode, car ils sont proportionnellement les moins nombreux à vivre dans un ménage disposant de sel iodé. 10.4 PRÉSENCE DE SEL IODÉ DANS LES MÉNAGES Il est reconnu que le manque d’iode peut entraîner des troubles souvent graves et parfois irréversibles. Ceux-ci peuvent accroître les risques d’avortements spontanés, de mortalité périnatale et infantile, d’accouchements prématurés, d’anomalies congénitales, de retard de croissance, de difficultés d’apprentissage, de crétinisme et de goitre (ce dernier étant le signe le plus visible). L’apport alimentaire insuffisant en iode est généralement dû à la pauvreté en iode de l’eau et/ou du sol où les aliments ont été produits. Au Cameroun, la stratégie de lutte contre la carence en iode adoptée depuis 1991 consiste en l’iodation obligatoire du sel de cuisine consommé sur le territoire national à 100 parties par million (ppm). Le Gouvernement camerounais a entrepris depuis 1993 une série d’actions visant à éliminer ce mal, notamment : l’adoption d’une norme sur le sel qui a consisté à l’adjonction d’iode dans le sel de consommation humaine et animale ; l’institution d’un contrôle du sel à la production et à l’importation. La pérennisation des acquis est garantie à travers les axes stratégiques suivant :  Offre permanente à la consommation de sel adéquatement iodé dans tous les ménages, grâce au renforcement du mécanisme opérationnel de contrôle de qualité du sel à l’importation, à la production, au niveau des grossistes, des détaillants et des ménages en insistant sur le taux d’iodation, le conditionnement, le stockage et la conservation ;  Développement des activités de communication pour la promotion de la consommation et la conservation du sel iodé et des aliments riches en iode. 180 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Pendant la collecte des données, dans chaque ménage visité, les enquêteurs ont testé le sel utilisé pour la cuisine. Ce test rapide permet de déterminer sur place la teneur en iode du sel. Le « kit » utilisé permet de faire la distinction entre le sel non iodé et le sel iodé à plus ou moins 15 parties par million (ppm). Le sel iodé à moins 15 ppm est considéré comme insuffisamment iodé alors que celui iodé à 15 ppm ou plus est considéré comme adéquatement iodé. Il convient de noter que le sel a été testé dans 93 % des ménages et que 7 % des ménages ne disposaient pas de sel lors du passage des équipes d’enquête (Tableau 10.8). Tableau 10.8 Présence de sel iodé dans le ménage Parmi tous les ménages, pourcentage dont le sel a été testé pour la présence d'iode et pourcentage ne disposant pas de sel; parmi les ménages dont le sel a été testé, pourcentage de ceux dont le sel était iodé selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Parmi tous les ménages, pourcentage : Parmi les ménages dont le sel a été testé : dont le sel a été testé Ne disposant pas de sel Effectif de ménages Pourcentage disposant de sel iodé Effectif de ménages Milieu de résidence Yaoundé/Douala 91,0 9,0 2 953 95,4 2 687 Autres villes 91,9 8,1 4 291 91,3 3 941 Ensemble urbain 91,5 8,5 7 244 92,9 6 629 Rural 94,7 5,3 6 970 88,9 6 603 Région Adamaoua 88,9 11,1 653 86,3 580 Centre (sans Yaoundé) 90,4 9,6 1 119 87,7 1 012 Douala 90,2 9,8 1 483 94,2 1 338 Est 89,8 10,2 642 93,3 577 Extrême-Nord 93,7 6,3 2 378 93,8 2 227 Littoral (sans Douala) 93,0 7,0 642 88,3 597 Nord 92,1 7,9 1 368 74,8 1 260 Nord-Ouest 97,5 2,5 1 258 96,4 1 226 Ouest 96,1 3,9 1 574 90,8 1 513 Sud 94,8 5,2 430 93,7 408 Sud-Ouest 95,6 4,4 1 196 91,4 1 144 Yaoundé 91,8 8,2 1 470 96,5 1 349 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 93,5 6,5 2 601 87,9 2 432 Second 95,2 4,8 2 805 88,0 2 670 Moyen 92,1 7,9 2 743 89,0 2 526 Quatrième 90,4 9,6 2 896 93,6 2 617 Le plus riche 94,3 5,7 3 168 95,4 2 986 Ensemble 93,1 6,9 14 214 90,9 13 232 Il ressort du tableau 10.8 que parmi les ménages disposant de sel, 91 % utilisent du sel iodé (au moins de 15 ppm). Le pourcentage de ménages disposant de sel adéquatement iodé est un peu plus élevé en milieu urbain (93 %) qu’en milieu rural (89 %). Selon la région, on constate que la proportion de ménages disposant de sel adéquatement iodé présente de grandes variations, passant d’un minimum de 75 % dans le Nord à un maximum de 96 % dans le Nord-Ouest. Par ailleurs, la proportion des ménages disposant de sel adéquatement iodé augmente avec le quintile de bien-être économique du ménage. Elle passe de 88 % pour les ménages les plus pauvres à 95 % pour les plus riches. État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 181 10.5 ÉTAT NUTRITIONNEL DES FEMMES DE 15-49 ANS L’état nutritionnel des femmes de 15-49 ans est l’un des déterminants de la mortalité maternelle puisqu’il a une influence importante sur l’évolution et l’issue des grossesses. Il joue également un grand rôle sur la morbidité et la mortalité des jeunes enfants. L’état nutritionnel des mères est conditionné à la fois par les apports alimentaires, leur état de santé et le temps écoulé depuis le dernier accouchement. Il existe donc une relation étroite entre d’une part les niveaux de fécondité et de mortalité et d’autre part l’état nutritionnel des mères. Pour ces raisons, l’évaluation de l’état nutritionnel des femmes en âge de procréer est particulièrement utile puisqu’il permet d’identifier les groupes vulnérables. 10.5.1 Poids et taille des femmes âgées de 15-49 ans Dans le cadre de l’EDS-MICS 2011, pour déterminer l’état nutritionnel des femmes, on a relevé le poids et mesuré la taille de toutes les femmes de 15-49 ans dans un ménage sur deux de l’échantillon. Bien que la taille puisse varier dans une population à cause de facteurs génétiques, elle est néanmoins un indicateur indirect du statut socio-économique dans la mesure où une petite taille peut résulter d’une malnutrition chronique durant l’enfance. En outre, d’un point de vue anatomique, la taille des mères étant associée à la largeur du bassin, les femmes de petite taille sont plus susceptibles de présenter des complications pendant la grossesse et surtout pendant l’accouchement. Elles sont aussi plus susceptibles que les autres de concevoir des enfants de faible poids. Bien que la taille critique en deçà de laquelle une femme peut être considérée à risque varie selon les populations, on admet généralement que cette taille se situe entre 140 et 150 centimètres. Les résultats de l’EDS-MICS 2011 montrent que la taille moyenne des femmes au Cameroun (160,3 centimètres, données non présentées) se situe au-dessus de l’intervalle considéré comme à risque. En outre, moins de 1 % des femmes ont une taille inférieure à 145 centimètres (Tableau 10.9), considérée ici comme seuil critique. La proportion de femmes dont la taille est en deçà de la limite critique varie peu selon le milieu de résidence. Cependant, les femmes de petite taille sont proportionnellement plus nombreuses dans les régions de l’Est, du Sud et dans une moindre mesure de l’Extrême-Nord (2 % dans chaque cas). Le faible poids d’une femme avant une grossesse est un facteur de risque important pour le déroulement et l’issue de la grossesse. Toutefois, le poids étant très variable selon la taille, il est préférable d’utiliser l’Indice de Masse Corporelle (IMC) ou encore Indice de Quételet qui est le plus souvent utilisé pour exprimer la relation poids/taille7. Cet indice permet de mettre en évidence le manque ou l’excès de poids en prenant en compte la taille. En outre, il présente l’avantage de ne pas nécessiter l’utilisation de tables de référence comme c’est le cas pour le poids-pour-taille. Les femmes dont l’IMC se situe à moins de 18,5 sont considérées comme ayant un déficit énergétique chronique. À l’opposé, un IMC supérieur ou égal à 25,0 indique un surpoids ou une obésité. Au Cameroun, la valeur moyenne de l’IMC chez les femmes est de 23,9 et 7 % des femmes se situent en deçà du seuil critique de 18,5 : 5 % se situent entre 17,0 et 18,4, ce qui reflète une maigreur légère et 2 % se situent en dessous de 17,0, ce qui reflète une maigreur modérée ou sévère. D’une manière générale, l’IMC moyen des femmes varie peu en fonction des caractéristiques sociodémographiques. On constate disparités lorsqu’il s’agit de la proportion se situant en deçà du seuil critique de 18,5. C’est parmi les femmes les plus jeunes (15-19 ans) que le niveau de déficit énergétique chronique est le plus élevé (10 %). La prévalence du déficit énergétique chronique est nettement plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (10 % contre 5 %). En outre, elle varie d’un minimum de 2 % à l’Ouest à un maximum de 17 % dans l’Extrême-Nord et l’Adamaoua. La prévalence du déficit énergétique chronique baisse lorsque le niveau d’instruction augmente, passant de 16 % chez les femmes sans niveau d’instruction à 2 % pour les femmes de niveau d’instruction 7 L’IMC est calculé en divisant le poids en kilogrammes par le carré de la taille en mètres (kg/m2). 182 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires secondaire 2nd cycle ou plus. Le niveau de vie du ménage influence également l’état nutritionnel de la femme. Les femmes vivant dans les ménages les plus pauvres (16 %) présentent plus fréquemment un déficit énergétique chronique que celles vivant dans les ménages les plus riches (3 %). Tableau 10.9 État nutritionnel des femmes Parmi les femmes de 15-49 ans, pourcentage dont la taille est inférieure à 145 cm, Indice de Masse Corporelle (IMC) moyen et pourcentages ayant des niveaux spécifiques d'IMC selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Taille Indice de Masse Corporelle1 Pourcen- tage en dessous de 145 cm Effectif de femmes Indice de Masse Corporelle moyen (IMC) (Total normal) 18,5-24,9 (Total maigre) <18,5 (Maigreur légère) 17,0-18,4 (Maigreur modérée ou sévère) <17 (Total en surpoids ou obèse) >=25,0 (Surpoids) 25,0-29,9 (Obèse) >=30,0 Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 1,4 1 860 22,1 74,3 9,5 7,5 2,0 16,2 14,7 1,5 1 696 20-29 0,8 2 992 23,5 65,3 6,8 5,2 1,6 27,9 20,4 7,4 2 534 30-39 0,8 1 822 25,3 50,3 5,3 3,5 1,7 44,5 27,3 17,2 1 589 40-49 0,6 1 193 25,9 46,4 5,3 3,9 1,4 48,3 25,7 22,5 1 161 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 0,3 1 809 25,7 50,7 2,9 2,2 0,7 46,4 26,9 19,5 1 655 Autres villes 0,6 2 441 24,4 57,6 6,2 4,6 1,6 36,2 23,7 12,5 2 209 Ensemble urbain 0,5 4 251 25,0 54,6 4,8 3,6 1,2 40,6 25,0 15,5 3 865 Rural 1,4 3 616 22,7 68,7 9,5 7,1 2,3 21,8 17,1 4,8 3 115 Région Adamaoua 1,3 379 22,5 61,0 16,8 13,7 3,1 22,2 14,5 7,7 339 Centre (sans Yaoundé) 1,3 529 23,5 69,1 3,6 2,9 0,7 27,3 19,6 7,6 471 Douala 0,0 934 25,9 50,6 3,0 2,1 0,9 46,4 24,8 21,6 842 Est 2,4 313 23,2 62,0 10,5 6,2 4,2 27,6 19,4 8,2 271 Extrême-Nord 1,5 1 283 21,0 75,2 17,4 13,2 4,1 7,4 6,6 0,8 1 070 Littoral (sans Douala) 0,8 316 25,3 54,6 2,2 1,7 0,5 43,2 28,8 14,4 285 Nord 0,1 805 22,2 71,4 11,4 7,7 3,7 17,1 12,3 4,9 674 Nord-Ouest 1,3 795 24,4 62,7 2,5 1,8 0,7 34,9 25,5 9,3 735 Ouest 0,9 843 25,3 53,1 1,6 1,5 0,1 45,2 31,2 14,0 756 Sud 1,9 210 23,5 64,7 7,0 5,9 1,0 28,3 20,3 8,0 187 Sud-Ouest 0,6 584 25,0 53,6 3,1 2,3 0,7 43,4 30,5 12,8 536 Yaoundé 0,6 875 25,5 50,9 2,8 2,4 0,4 46,3 28,9 17,3 813 Niveau d'instruction Aucun 1,3 1 497 21,7 69,3 15,8 10,9 5,0 14,9 11,1 3,8 1 258 Primaire 1,2 2 724 24,1 60,9 6,8 5,4 1,4 32,3 20,8 11,5 2 397 Secondaire 1er cycle 0,8 2 157 24,5 59,6 4,0 3,2 0,7 36,4 24,4 12,1 1 932 Secondaire 2nd cycle ou plus 0,1 1 489 25,0 55,2 3,0 2,4 0,7 41,8 28,0 13,7 1 394 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,5 1 243 21,1 75,2 15,9 11,9 4,0 8,8 8,0 0,8 1 045 Second 1,7 1 405 22,8 70,9 8,4 6,3 2,1 20,7 15,4 5,3 1 200 Moyen 1,0 1 461 24,0 61,3 5,3 3,7 1,6 33,4 25,4 8,1 1 300 Quatrième 0,6 1 846 24,7 56,7 5,2 4,0 1,2 38,1 23,5 14,6 1 669 Le plus riche 0,3 1 913 25,6 49,4 3,2 2,5 0,7 47,4 28,8 18,6 1 765 Ensemble 0,9 7 867 23,9 60,9 6,9 5,2 1,7 32,2 21,5 10,7 6 980 Note: L'Indice de masse Corporelle (IMC) est le ratio du poids en kilogrammes par rapport au carré de la taille en mètres (kg/m2). 1 Sont exclues les femmes enceintes et les femmes ayant eu une naissance dans les deux mois ayant précédé l’enquête. Le déficit énergétique est une cause de morbidité et de mortalité dans la population en général et chez les femmes en particulier, mais le surpoids ou l’obésité peuvent être la cause de nombreuses maladies telles que l’hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires et le diabète. Il ressort du tableau 10.9 qu’environ une femme sur trois (32 %) a un indice de masse corporelle élevé (25,0 ou plus) et rentre dans la catégorie des femmes obèses ou en surpoids : 22 % sont considérées en surpoids (IMC de 25,0-29,9) et 11 % sont obèses (IMC de 30,0 ou plus). La proportion de femmes en surpoids ou obèses varie également selon les caractéristiques sociodémographiques. En effet, c’est chez les femmes âgées de 40 ans ou plus (48 %), celles du milieu urbain (41 %), plus particulièrement à Yaoundé/Douala (46 %), dans la région de l’Ouest (45 %) qu’elle est la plus élevée La proportion des femmes en situation de surpoids ou obèses augmente avec le niveau d’instruction (de 15 % chez les femmes sans niveau d’instruction à 42 % chez celles de niveau secondaire 2nd cycle ou plus) et le niveau de bien-être économique du ménage (de 9 % dans les ménages les plus pauvres à 47 % dans les plus riches). État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 183 10.5.2 Prévalence de l’anémie chez les femmes et consommation de micronutriments Prévalence de l’anémie chez les femmes Chez la femme, l’anémie peut entraîner la diminution de la résistance, la fatigue, particulièrement chez la femme enceinte. Elle augmente les risques de morbidité, de mortalité maternelle et de mortalité fœtale ainsi que le risque d’avoir un enfant de faible poids à la naissance. Au cours de la collecte des données, dans un ménage sur deux de l’échantillon, on a procédé au prélèvement de sang capillaire auprès des femmes pour le dosage de l’hémoglobine. Le prélèvement ainsi que le calcul des valeurs d’hémoglobine par décilitre de sang ont été réalisés de la même façon que chez les enfants (voir Section 10.3.1). Pour les femmes enceintes et pour les non enceintes, l’anémie est considérée comme sévère si la mesure d’hémoglobine par décilitre de sang est inférieure à 7,0 g/dl, elle est modérée si cette valeur se situe entre 7,0 et 9,9 g/dl ; par contre, elle est qualifiée de légère si la mesure se situe entre 10,0 et 10,9 g/dl pour les femmes enceintes et entre 10,0 et 11,9 g/dl pour les femmes non enceintes. Ainsi, les femmes non enceintes sont considérées comme anémiques si la mesure de l’hémoglobine par décilitre de sang est inférieure à 12,0 g/dl alors que pour les femmes enceintes cette limite se situe à 11,0 g/dl. Le tableau 10.10 présente les résultats du test d’hémoglobine pour les femmes. Il en ressort que deux femmes sur 5 (40 %) sont atteintes d’anémie : 30 % sous la forme légère, 9 % sous la forme modérée et moins de 1 % sous la forme sévère. La prévalence de l’anémie varie très peu selon l’âge ; elle est comprise entre 38 % et 40 % pour tous les groupes d’âges. Elle est un peu plus élevée chez les femmes ayant un seul enfant (44 %) que chez les autres femmes. Par ailleurs, une femme enceinte sur deux (50 %) est anémique. L’allaitement ne semble pas augmenter le risque d’anémie chez la femme. En effet, la proportion des femmes qui allaitent et qui sont anémiques est de 35 %. La prévalence de l’anémie varie selon le milieu de résidence. Elle est plus élevée à Yaoundé/Douala (45 %) que dans les Autres villes (39 %) et qu’en milieu rural (37 %). Au niveau régional, la prévalence de l’anémie varie d’un minimum de 23 % dans l’Ouest à un maximum de 54 % au Sud. La prévalence de l’anémie est moins élevée chez les femmes ayant un niveau d’instruction primaire (37 %), chez les femmes sans niveau d’instruction (39 %) et celles de niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus (39 %) que chez celles de niveau secondaire 1er cycle (44 %). Par contre, c’est chez les femmes sans niveau d’instruction que les prévalences de l’anémie modérée (11 %) et de l’anémie sévère (1 %) sont les plus élevées. Par ailleurs, les résultats selon le niveau de vie du ménage montrent que les femmes les fréquemment anémiques sont celles qui vivent dans un ménage classé dans le quintile le plus riche (42 % contre 36 % dans les ménages les plus pauvres). 184 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Tableau 10.10 Prévalence de l'anémie chez les femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans considérées comme étant atteintes d'anémie, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Non enceinte Anémie selon le niveau d'hémoglobine Anémie <12,0 g/dl Légère 10,0-11,9 g/dl Modérée 7,0-9,9 g/dl Sévère < 7,0 g/dl Effectif de femmes Enceinte <11,0 g/dl 10,0-10,9 g/dl 7,0-9,9 g/dl < 7,0 g/dl Groupe d’âges 15-19 39,7 31,0 7,9 0,8 1 845 20-29 40,1 30,1 9,5 0,5 2 961 30-39 39,4 30,5 8,1 0,7 1 811 40-49 38,0 28,5 8,9 0,7 1 186 Effectif d'enfants nés vivants 0 39,6 31,2 7,6 0,8 2 257 1 43,5 33,1 9,8 0,5 1 139 2-3 40,4 30,3 9,4 0,6 1 821 4-5 36,1 26,9 8,6 0,6 1 218 6+ 37,9 28,7 8,8 0,4 1 367 Grossesse/allaitement Enceinte 49,9 23,3 25,5 1,1 750 Allaite 34,6 27,8 6,4 0,4 1 800 Ni l'un, ni l'autre 39,7 32,0 7,1 0,6 5 253 Utilise un DIU Oui 36,7 36,7 0,0 0,0 9 Non 39,5 30,2 8,7 0,6 7 795 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 44,8 36,7 7,6 0,5 1 777 Autres villes 38,9 29,3 9,3 0,4 2 419 Ensemble urbain 41,4 32,4 8,6 0,5 4 196 Rural 37,3 27,6 8,9 0,8 3 608 Région Adamaoua 35,8 25,0 9,7 1,1 378 Centre (sans Yaoundé) 48,1 36,5 10,6 1,0 515 Douala 53,2 42,2 10,1 0,9 930 Est 43,5 35,0 8,2 0,2 311 Extrême-Nord 36,5 27,3 8,1 1,1 1 276 Littoral (sans Douala) 37,6 29,6 7,4 0,6 316 Nord 40,7 27,4 12,5 0,7 802 Nord-Ouest 30,3 25,1 5,1 0,1 790 Ouest 23,1 17,8 5,1 0,1 848 Sud 52,6 36,0 15,6 1,0 205 Sud-Ouest 53,6 38,6 14,5 0,6 585 Yaoundé 35,6 30,6 4,9 0,1 846 Niveau d'instruction Aucun 39,4 27,5 10,7 1,1 1 492 Primaire 36,9 28,0 8,3 0,5 2 711 Secondaire 1er cycle 43,5 33,8 9,1 0,5 2 133 Secondaire 2nd cycle ou plus 38,7 31,5 6,8 0,4 1 467 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 36,0 26,3 8,7 0,9 1 240 Second 35,4 26,4 8,3 0,7 1 401 Moyen 41,1 31,2 9,3 0,7 1 453 Quatrième 40,9 30,9 9,6 0,4 1 833 Le plus riche 42,3 34,1 7,7 0,5 1 877 Ensemble 39,5 30,2 8,7 0,6 7 803 Note: La prévalence de l'anémie est ajustée en fonction de l'altitude en utilisant les formules du CDC, (CDC 1998). État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires • 185 Consommation de micronutriments par les femmes Lors de l’enquête, on a également demandé aux femmes ayant eu une naissance au cours des 5 dernières années si elles avaient reçu de la vitamine A au cours des deux premiers mois qui ont suivi la naissance du dernier enfant. À cette question, 44 % des femmes ont répondu par l’affirmative (Tableau 10.11). Tableau 10.11 Consommation de micronutriments par les mères Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu un enfant au cours des 5 années ayant précédé l'enquête, pourcentage ayant reçu une dose de vitamine A dans les deux premiers mois qui ont suivi la naissance du dernier enfant; parmi les mères de 15-49 ans, pourcentage qui, durant la grossesse du derniers enfant né au cours des 5 années ayant précédé l'enquête, ont pris des suppléments de fer sous forme de comprimés ou de sirop pendant un nombre déterminé de jours et pourcentage ayant pris des vermifuges; parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu un enfant au cours des 5 années ayant précédé l'enquête et qui vivent dans un ménage dont le sel a été testé pour la présence d'iode, pourcentage vivant dans un ménage disposant de, sel iodé, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant reçu une dose de vitamine A post-partum1 Nombre de jours pendant lesquels les femmes ont pris du fer, sous forme de comprimés ou de sirop, durant la grossesse de la dernière naissance Pourcentage de femmes ayant pris des vermifuges durant la grossesse de la dernière naissance Effectif de femmes Parmi les femmes ayant eu un enfant au cours des 5 années ayant précédé l'enquête et qui vivent dans un ménage dont le sel a été testé pour l'iode : Aucun <60 60-89 90+ Ne sait pas/ manquant Pourcentage vivant dans un ménage avec du sel iodé2 Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 41,6 21,3 23,7 9,3 43,3 2,4 35,6 745 88,9 725 20-29 45,5 18,2 15,2 8,9 56,0 1,7 36,8 3 959 91,0 3 874 30-39 44,1 19,2 12,8 9,3 56,3 2,4 37,5 2 341 89,8 2 309 40-49 42,1 24,8 14,8 10,1 47,7 2,7 40,3 603 89,5 589 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 46,4 2,6 9,9 4,9 79,1 3,5 43,1 1 367 95,4 1 343 Autres villes 55,4 10,4 15,3 10,0 62,0 2,4 43,1 2 106 90,0 2 053 Ensemble urbain 51,9 7,3 13,2 8,0 68,7 2,8 43,1 3 473 92,2 3 396 Rural 38,2 29,3 17,0 10,2 42,1 1,4 32,3 4 175 88,8 4 101 Région Adamaoua 59,6 15,8 12,9 12,8 55,9 2,7 63,7 387 87,3 378 Centre (sans Yaoundé) 43,7 9,8 18,0 12,6 58,5 1,0 47,0 568 86,3 556 Douala 47,7 2,0 10,0 4,0 82,8 1,3 48,0 648 94,7 633 Est 38,5 21,4 24,8 16,8 36,2 0,8 40,9 327 92,5 313 Extrême-Nord 24,8 44,7 18,5 7,1 28,1 1,6 16,4 1 592 92,5 1 553 Littoral (sans Douala) 56,2 4,4 12,0 8,8 74,0 0,8 48,9 283 89,8 280 Nord 28,0 41,9 16,9 9,2 28,6 3,4 18,0 971 76,1 949 Nord-Ouest 63,4 2,8 11,2 11,6 71,9 2,6 36,5 649 96,1 635 Ouest 63,3 3,1 12,1 12,4 72,0 0,5 51,1 820 90,8 811 Sud 56,3 9,7 27,9 6,8 55,1 0,6 64,5 198 92,9 195 Sud-Ouest 59,8 13,0 16,5 8,2 60,7 1,7 51,3 485 93,5 483 Yaoundé 45,3 3,1 9,8 5,8 75,8 5,5 38,6 719 96,1 710 Niveau d'instruction Aucun 24,3 46,0 16,7 7,8 27,2 2,3 19,8 2 020 88,0 1 976 Primaire 49,5 15,0 17,4 12,3 53,3 1,9 40,5 2 910 89,6 2 856 Secondaire 1er cycle 54,6 5,3 13,9 7,9 71,1 1,8 48,7 1 767 92,1 1 726 Secondaire 2nd cycle ou plus 52,8 1,7 8,3 4,7 82,8 2,5 42,4 951 94,4 938 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 21,7 49,8 16,3 6,8 24,9 2,2 16,4 1 606 88,0 1 568 Second 42,3 23,0 18,6 11,7 45,6 1,1 35,8 1 585 88,1 1 562 Moyen 54,8 11,1 16,9 12,5 57,6 1,9 44,4 1 542 88,6 1 503 Quatrième 53,4 6,7 14,8 9,5 66,9 2,1 43,5 1 540 92,7 1 506 Le plus riche 51,8 2,9 8,9 4,9 80,3 3,0 48,0 1 374 94,8 1 358 Ensemble 44,4 19,3 15,3 9,2 54,2 2,1 37,2 7 647 90,3 7 497 1 Dans les deux premiers mois après l'accouchement de la dernière naissance. 2 Non compris les femmes des ménages dans lesquels le sel n'a pas été testé pour la présence d'iode. 186 • État nutritionnel, allaitement et pratiques alimentaires Selon le milieu de résidence, on note qu'en milieu urbain, plus de la moitié des femmes (52 %) ont reçu des compléments de vitamine A contre seulement 38 % en milieu rural. Au niveau régional, c’est à l’Extrême-Nord (25 %), au Nord (28 %) et à l'Est (39 %) que cette proportion est la plus faible. Dans les autres régions, cette proportion est supérieure à 40 % et atteint le maximum au Nord-Ouest et à l’Ouest (63 %). On note également que les femmes ayant le niveau d’instruction secondaire 1er cycle (55 %) et secondaire 2nd cycle ou plus (53 %) sont relativement plus nombreuses à avoir reçu de la vitamine A que celles du niveau d’instruction primaire (50 %) et celles sans niveau d'instruction (24 %). Par ailleurs, la proportion des femmes ayant reçu des suppléments de vitamine A augmente avec le niveau de bien-être du ménage, passant de 22 % chez les femmes des ménages les plus pauvres à 52 % chez celles des ménages les plus riches. Le tableau 10.11 fournit également la proportion de femmes ayant pris des comprimés de fer durant la grossesse du dernier enfant né au cours des 5 dernières années ayant précédé l’enquête. Dans l’ensemble, près d’une femme sur 5 (19 %) n’a pas pris de fer pendant la grossesse, 15 % en ont pris pendant une durée inférieure à deux mois, 9 % pendant deux à trois mois et 54 % pendant trois mois ou plus. La consommation du fer présente de fortes disparités selon le milieu de résidence : la proportion de femmes qui ont déclaré n’avoir pris aucun supplément de fer est de 29 % en milieu rural contre 7 % en milieu urbain ; à Yaoundé/Douala, elle est seulement de 3 % seulement. Selon la région, les résultats montrent que cette proportion varie d'un maximum de 45 % dans l'Extrême-Nord à moins de 5 % dans le Nord-Ouest, l’Ouest et le Littoral. C’est parmi les femmes les moins instruites que l’on observe la proportion la plus élevée de celles qui n’ont pas pris de complément de fer (46 % contre seulement 2 % parmi les plus instruites). La proportion des femmes n’ayant pas consommé du fer diminue avec le quintile de bien-être économique du ménage : la proportion passe de 50 % pour les femmes des ménages les plus pauvres à 3 % pour celles des ménages les plus riches. Le déparasitage des femmes enceintes figure parmi les interventions de lutte contre les anémies nutritionnelles. On constate au tableau 10.11 que 37 % des femmes ont pris des vermifuges au cours de la grossesse de leur dernière naissance. Cette proportion est nettement plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (43 % contre 32 %), parmi les femmes qui ont fréquenté l’école (41 % ou plus) que parmi celles sans niveau d’instruction (20 %). Au plan régional, la proportion varie d’un minimum de 16 % dans l’Extrême- Nord à un maximum de 64 % dans l’Adamaoua et le Sud. Enfin, comme chez les enfants de moins de 5 ans, 90 % des femmes vivent dans un ménage disposant du sel iodé et les variations sont identiques à celles observées chez les enfants. Paludisme • 187 PALUDISME 11 Romain WOUNANG et Geoffroy Casimir KETCHOUM NGAHANE e paludisme demeure l’un des problèmes de santé publique les plus importants en Afrique subsaharienne malgré tous les efforts de lutte déjà consentis contre cette maladie. Il constitue un risque majeur pour plus de deux milliards d’êtres humains dans le monde. Pour l’année 2010, l’OMS estime au niveau mondial à 216 millions le nombre de cas de paludisme (OMS, 2011) et l’Afrique subsaharienne qui ne compte que 8 % de la population mondiale concentre environ 81 % de ces cas (174 millions), dus essentiellement au plasmodium falciparum. Les enfants de moins de cinq ans, payent le plus lourd tribut à cette maladie. Selon la même source, le paludisme a tué environ 655 000 de personnes dans le monde en 2010, dont 86 % sont des enfants de moins de cinq ans. Pendant la grossesse, le paludisme peut être la cause d’anémie grave et peut provoquer une fausse couche ou un mort-né ; il est aussi une cause de décès maternels. Dans les zones endémiques, la maladie est à l’origine de près de 40 % du faible poids à la naissance évitable chez les nouveau-nés, facteur important de décès néonatal. Le paludisme constitue un frein au développement économique des pays et contribue à appauvrir les familles, réduisant la capacité de travail et de production des individus ; il affecte les indicateurs économiques de développement social tels que la santé et la scolarisation des enfants. Selon l’OMS, en 2008, la maladie coûtait plus de 12 milliards de dollars à l’Afrique Sub- saharienne tous les ans en perte de produit domestique brut. Elle réduit aussi la croissance économique de près de 1,3 % chaque année (OMS, 2008). L Principaux résultats  Un ménage sur deux possède au moins une moustiquaire (52 %) ; 36 % possèdent au moins une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII), essentiellement une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide à Longue Durée d’Action (MIILDA, 33 %).  Seulement 14 % des membres des ménages ont dormi sous une MII, la nuit ayant précédé l’enquête ; cette proportion est de 35 % dans les ménages disposant d’au moins une MII. Pour les enfants de moins de cinq ans ces proportions sont respectivement de 21 % et 43 % ; pour les femmes enceintes, elles sont respectivement de 20 % et 47 %.  Environ trois femmes enceintes sur cinq (61 %) ont pris des antipaludéens, à titre préventif, au cours de leur dernière grossesse, mais seulement 27 % ont reçu au moins deux doses SP/Fansidar pendant une visite prénatale, tel que recommandé dans le cadre du Traitement Préventif Intermittent (TPIg).  Parmi les 26 % d’enfants de moins de cinq ans qui avaient eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, près d’un quart (23 %) ont été traités avec des antipaludéens, mais 6 % seulement avec une Combinaison Thérapeutique à base d'Artémisinine (CTA).  Trois enfants sur dix (30 %) ont été testés positifs au Test de Diagnostic Rapide (TDR) du paludisme. 188 • Paludisme Au Cameroun, le paludisme demeure l’endémie majeure et la première cause de morbidité et de mortalité dans les groupes les plus vulnérables, à savoir les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Les statistiques sanitaires révèlent qu’il est responsable de 24 % du total des décès dans les formations sanitaires, de 40 % à 45 % des consultations médicales et de 30 % des hospitalisations. Par ailleurs, 52 % des consultations chez les enfants de moins de 5 ans sont dues au paludisme simple et grave (PNLP, 2011). D’après l’ECAM3, le paludisme est aussi la cause de 26 % des absences en milieu professionnel et de 40 % des dépenses de santé des ménages. Les efforts entrepris au plan international sont relayés au niveau national par un fort engagement de l’État. En 2002, le Cameroun a élaboré un Plan Stratégique National de Lutte contre le Paludisme (PSNLP 2002-2006) et restructuré le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) pour le rendre plus opérationnel et plus efficace. En 2007, un plan stratégique national de deuxième génération a été élaboré en conformité avec le plan stratégique mondial « Faire Reculer le Paludisme ». Ce nouveau plan stratégique met particulièrement l’accent sur l’atteinte des OMD liés au paludisme. L’EDS-MICS 2011 a été une occasion pour collecter des informations concernant, essentiellement, l’utilisation des moyens de prévention contre cette maladie. Les résultats sont présentés dans ce chapitre. 11.1 SITUATION DU PALUDISME ET STRATÉGIES DE LUTTE Concernant l’épidémiologie du paludisme au Cameroun, on distingue trois principaux faciès épidémiologiques liés aux variations géo-climatiques : le faciès soudano-sahélien, la grande savane du plateau intérieur et la grande forêt équatoriale. Les conditions climatiques existantes sont favorables au développement des vecteurs et des parasites sur toute l’étendue du territoire national. Plusieurs enquêtes réalisées par le PNLP ont montré que le plasmodium falciparum était l’espèce plasmodiale la plus fréquente. Elle est suivie du plasmodium malariae et du plasmodium ovale. Les études entomologiques disponibles révèlent qu’au Cameroun, la dynamique de la transmission se fait suivant trois principales modalités :  transmission continue dans la zone forestière du sud où les taux d’inoculation entomologique sont de l’ordre d’une centaine de piqûres infectantes par homme par mois ;  transmission saisonnière longue (6 à 9 mois) dans les zones du centre du pays (Plateaux de l’Ouest et Adamaoua) : la transmission est intense pendant la période pluvieuse et peut atteindre une vingtaine de piqûres infectantes par homme par mois ;  transmission saisonnière courte (3 à 4 mois) dans la zone soudano sahélienne du nord où les taux d’inoculation sont, durant la courte saison des pluies, en moyenne de 10 piqûres infectantes par homme par mois. La distribution géographique de la transmission du paludisme montre que la maladie est endémique pendant toute l’année sur une bonne partie du territoire, c'est-à-dire que la durée de transmission est estimée à 7-12 mois (voir carte ci-dessous). Quand la saison de transmission dure si longtemps, la prévalence de la maladie et le risque de la contracter restent élevés. Les exceptions à cette longue durée de transmission se trouvent dans les régions septentrionales où la transmission est saisonnière (durée de transmission estimée à 1-3 mois), et dans les régions montagneuses vers l’Ouest du pays où il y a très peu ou pas de transmission. La prévention du paludisme s’articule autour de deux grands axes dont la lutte antivectorielle et la chimioprévention chez la femme enceinte. Paludisme • 189 Le premier PSNLP 2002-2006 a mis l’accent sur une lutte antivectorielle sélective basée essentiellement sur la promotion de l’utilisation de la Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII). La mise en œuvre de ce plan a permis d’atteindre un taux d’utilisation des moustiquaires de 13 % chez les enfants de moins de 5 ans (MICS-3, INS 2006), loin de l’objectif d’au moins 60 % visé par ce plan au sein des populations vulnérables (enfants de moins de 5 ans et femmes enceintes). Au terme de la mise en œuvre de ce plan, un second plan a été élaboré pour la période 2007-2010. Ce plan avait pour ambition de porter à 80 % le taux d’utilisation des MII dans toute la population. Carte 11.1 Durée de transmission du paludisme La chimioprévention est réservée essentiellement aux femmes enceintes. L’objectif visé par le premier plan stratégique 2002-2006 était d’atteindre à la fin 2006 un taux de Traitement Préventif Intermittent (TPIg) chez les femmes enceintes de 60 %. Jusqu’en 2002, la chimioprophylaxie chez la femme enceinte était basée sur l’utilisation de la chloroquine. Lors de la réunion de consensus tenue en avril 2002 à Kribi, constatant le taux très élevé de résistance du plasmodium falciparum à la chloroquine, il a été recommandé de la remplacer par l’amodiaquine en TPIg pour la chimioprévention du paludisme chez la femme enceinte pendant une période transitoire de deux ans. Lors de la deuxième réunion de consensus organisée en Janvier 2004 à 190 • Paludisme Yaoundé, la Sulfadoxine Pyriméthamine (SP) a été adoptée. Dès lors, ce médicament disponible auprès des formations sanitaires était administré moyennant une contribution financière. Mais, les résultats de la MICS-3 de 2006 ont montré que seulement 6 % des femmes enceintes utilisaient la SP et que plus de 10 % continuaient à utiliser la chloroquine pour la chimioprévention. Le financement acquis du Fonds Mondial a permis de passer à la gratuité de la SP et depuis avril 2006, les femmes enceintes la reçoivent gratuitement dans toutes les formations sanitaires publiques et confessionnelles. Fort de ce soutien, le plan stratégique 2007-2010 s’était fixé pour objectif d’atteindre à la fin de l’année 2010 un taux de TPIg de 80 % chez les femmes enceintes. 11.2 DISPONIBILITÉ DES MOUSTIQUAIRES La protection individuelle par l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide constitue l’une des stratégies gouvernementales majeures de lutte contre le paludisme. Au cours de l’EDS-MICS 2011, on a demandé à chaque ménage s’il possédait des moustiquaires utilisées pour dormir, le nombre de moustiquaires possédées et depuis combien de temps il possédait chacune de ces moustiquaires. En outre, on a demandé si les moustiquaires avaient été imprégnées d’insecticide et combien de temps s’était écoulé depuis que les moustiquaires avaient été imprégnées pour la dernière fois. L’EDS-MICS 2011 s’est déroulée avant la grande campagne de distribution massive d’environ 8 millions de Moustiquaires Imprégnées d’Insecticide à Longue Durée d’Action (MIILDA) qui a débuté en septembre 2011. Cette campagne n’a donc pas d’impact sur les résultats présentés dans ce chapitre. Le tableau 11.1 et le graphique 11.1 montrent qu’un ménage sur deux (52 %) possède au moins une moustiquaire et 24 % des ménages en possèdent plus d’une. En moyenne, chaque ménage camerounais possède 0,9 moustiquaire. En 2004, d’après l’EDSC-III, seulement un ménage sur cinq (20 %) possédait une moustiquaire. Cette amélioration importante s’explique certainement par les interventions spécifiques entreprises par le PNLP depuis 2004. La possession d’au moins une moustiquaire par les ménages varie assez peu selon le milieu de résidence et le niveau de bien-être économique du ménage. Cependant, comme le montre la carte relative au faciès épidémiologique du paludisme au Cameroun, la transmission du paludisme n’est pas uniforme sur l’ensemble du territoire. À l’exception des régions de l’Ouest et du Nord-Ouest, régions de hautes terres, dans lesquelles les moustiques sont peu présents, les autres régions telles que le Centre, le Sud et l’Est (zone de forêt) ainsi que celles du Littoral et du Sud-Ouest (zone côtière) constituent des zones à transmission pérenne. Cela pourrait expliquer les faibles proportions de ménages possédant des moustiquaires dans les régions de l’Ouest (43 %) et du Nord-Ouest (51 %). Par ailleurs, malgré la forte prédominance de la forêt à l’Est, une proportion relativement peu élevée de ménages de cette région possèdent une moustiquaire (45 %). Il en est de même de la région de l’Adamaoua où cette proportion est plus faible que la moyenne nationale (46 % par rapport à 52 %). Ici, les risques élevés de transmission du paludisme se présentent essentiellement pendant la saison des pluies et dans le voisinage des barrages. L’Extrême-Nord, région où la transmission est saisonnière, se caractérise par une proportion élevée de ménages possédant au moins une moustiquaire (57 %). Cette situation s’expliquerait, entre autres, par la présence de fortes nuisances de moustiques dans les zones rizicoles fortement irriguées. Environ 56 % des ménages à Douala et 51 % à Yaoundé possèdent au moins une moustiquaire. Douala, en plus d’être une ville côtière, se caractérise par une densité élevée de population, un assainissement et une voirie inappropriés, d’où une forte présence des moustiques. La ville de Yaoundé, malgré sa forte densité de population, se situe en altitude (700 mètres environ) et présente un risque de transmission du paludisme relativement faible. Paludisme • 191 Tableau 11.1 Possession de moustiquaires par les ménages Pourcentage de ménages qui possèdent au moins une moustiquaire et pourcentage de ceux qui en possèdent plus d'une (imprégnée ou non); pourcentage qui possède une moustiquaire imprégnée d'insecticide (MII) ; pourcentage qui possède une moustiquaire imprégnée à longue durée d'action (MIILDA) et nombre moyen de moustiquaires par ménage, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique N'importe quel type de moustiquaire Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII)1 Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide à Longue Durée d'Action (MIILDA) Effectif de ménages Pourcen- tage en ayant au moins une Pourcen- tage en ayant plus d'une Nombre moyen de moustiquair es par ménage Pourcen- tage en ayant au moins une Pourcen- tage en ayant plus d'une Nombre moyen de MII par ménage Pourcen- tage en ayant au moins une Pourcen- tage en ayant plus d'une Nombre moyen de MIILDA par ménage Milieu de résidence Yaoundé/Douala 53,1 26,6 0,9 34,4 14,0 0,6 28,3 10,9 0,4 1 486 Autres villes 48,1 21,6 0,8 36,0 13,3 0,6 32,1 11,6 0,5 2 142 Ensemble urbain 50,1 23,7 0,9 35,3 13,6 0,6 30,6 11,3 0,5 3 628 Rural 53,5 25,0 0,9 37,5 14,4 0,6 35,6 13,2 0,5 3 505 Région Adamaoua 46,3 22,3 0,8 38,0 16,7 0,6 36,9 16,2 0,6 329 Centre (sans Yaoundé) 51,5 23,6 0,9 39,7 14,8 0,6 37,5 12,9 0,5 555 Douala 55,5 28,2 1,0 37,2 15,3 0,6 32,4 12,7 0,5 752 Est 44,6 22,3 0,8 35,7 15,6 0,6 33,7 14,0 0,5 319 Extrême-Nord 56,5 30,8 1,1 26,5 9,7 0,4 25,4 8,8 0,4 1 204 Littoral (sans Douala) 48,9 21,0 0,8 41,5 15,2 0,6 38,9 13,6 0,6 320 Nord 62,5 35,6 1,2 52,3 27,6 1,0 48,5 26,1 0,9 685 Nord-Ouest 50,5 16,0 0,7 46,9 13,6 0,6 43,7 12,5 0,6 629 Ouest 43,1 15,8 0,7 31,1 10,3 0,5 28,4 8,2 0,4 789 Sud 51,6 26,5 0,9 33,0 13,9 0,5 26,2 12,1 0,4 213 Sud-Ouest 48,8 16,8 0,7 33,6 8,6 0,4 29,8 7,4 0,4 603 Yaoundé 50,6 25,0 0,9 31,5 12,6 0,5 24,1 9,0 0,4 734 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 52,7 24,7 0,9 33,9 12,7 0,5 32,7 12,0 0,5 1 293 Second 50,6 24,0 0,9 35,0 13,3 0,5 33,1 11,9 0,5 1 422 Moyen 53,5 22,9 0,9 38,8 13,5 0,6 35,9 12,2 0,5 1 385 Quatrième 52,8 22,3 0,9 37,5 13,2 0,6 33,3 11,3 0,5 1 453 Le plus riche 49,8 27,5 0,9 36,5 16,8 0,6 30,4 13,7 0,5 1 581 Ensemble 51,8 24,3 0,9 36,4 14,0 0,6 33,0 12,2 0,5 7 133 1 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. Le PNLP a établi depuis plusieurs années des centres d’imprégnation de moustiquaires et a mené depuis 2003 de grandes campagnes de sensibilisation par l’intermédiaire des médias, sur l’utilisation de la Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII). Plusieurs unités d’imprégnation communautaires des moustiquaires ont été créées et des campagnes d’imprégnation ont été organisées avec l’appui des partenaires au développement. Il convient également de signaler la grande distribution gratuite de moustiquaires de 2006-2007 qui ciblait les ménages ayant au moins un enfant de moins de cinq ans, et d’autres campagnes qui ciblaient les femmes enceintes. À partir de 2006, toutes les moustiquaires distribuées par le PNLP étaient des MIILDA, c’est-à-dire des moustiquaires imprégnées à vie et qui ne nécessitent pas de traitement supplémentaire. En 2010, la distribution gratuite de MIILDA a été organisée dans trois districts de santé de la région du Nord, en prélude à la grande campagne nationale de distribution de 2011. Le tableau 11.1 présente également la proportion de ménages ayant déclaré posséder au moins une MII et la proportion de ceux qui possèdent une MIILDA. Précisons que la catégorie des MII regroupe les MIILDA, les moustiquaires pré imprégnées obtenues il y a moins de 12 mois et les moustiquaires qui ont été trempées dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 192 • Paludisme Graphique 11.1 Possession de moustiquaires par les ménages 53 48 54 52 34 36 38 36 28 32 36 33 Yaoundé/Douala Autres villes Rural CAMEROUN P ou rc en ta ge Au moins une moustiquaire de n'importe quel type Au moins une MII Au moins une MIILDA EDS-MICS 2011 Pour les MII, les résultats indiquent que 36 % des ménages ont déclaré en posséder une ; 14 % des ménages en possèdent plus d’une et, en moyenne, chaque ménage camerounais possède 0,6 MII. La possession d’une MII est sensiblement la même, quels que soient le milieu de résidence et le niveau de bien-être économique du ménage. Selon la région, on remarque que les ménages du Nord (52 %), du Nord-Ouest (47 %) et du Littoral (42 %) possèdent plus fréquemment ce type de moustiquaire que les ménages des autres régions. Par ailleurs, le pourcentage de ménages possédant au moins une MIILDA est de 33 %, ce qui signifie que la quasi-totalité des MII possédées par les ménages sont, en fait, des MIILDA ; les variations selon les variables sociodémographiques sont, par conséquent, similaires à celles observées pour la possession des MII. 11.3 PULVÉRISATION INTRADOMICILIAIRE D’INSECTICIDE RÉSIDUEL La Pulvérisation Intradomiciliaire d’insecticide résiduel (PID) est une des composantes des axes d’intervention stratégique contre le paludisme. Elle constitue une des méthodes de contrôle du vecteur la plus efficace pour interrompre la transmission de cette maladie. La PID est une technique de lutte antivectorielle qui consiste à pulvériser d’insecticide les murs intérieurs des habitations. Sa mise en œuvre reste pour l’instant très limitée au Cameroun. Sa connaissance demeure confuse par les populations, certaines l’assimilant en effet à l’aspersion classique d’aérosol insecticides par les ménages ou aux actions de pulvérisation menées dans le cadre de l’hygiène et de l’assainissement. De ce fait, les résultats obtenus à l’EDS-MICS 2011 peuvent être surestimés par rapport à la réalité. Le tableau 11.2 montre que, dans l’ensemble, 2 % des logements auraient été pulvérisés d’insecticide résiduel au cours des 12 mois précédant l’interview. Les logements du milieu urbain (4 %) auraient bénéficié plus fréquemment de la PID que ceux du milieu rural (1 %). Au niveau régional, ce sont les ménages de Yaoundé qui en auraient bénéficié le plus fréquemment (8 %). Le tableau 11.2 présente aussi le pourcentage de ménages qui possèdent au moins une MII ou qui auraient bénéficié d’une PID : compte tenu du fait que la PID est très limité, ce pourcentage est très proche de Paludisme • 193 celui des ménages possédant une MII (38 % contre 36 %) et présente pratiquement les mêmes variations selon les caractéristiques sociodémographiques. Tableau 11.2 Pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide résiduel (PID) contre les moustiques Pourcentage de ménages ayant reçu la visite de quelqu'un qui a pulvérisé d’insecticide contre les moustiques les murs intérieurs du logement (PID) au cours des 12 derniers mois et pourcentage de ménages avec, au moins, une MII et/ou ayant bénéficié d'une PID au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de ménages dont les murs intérieurs du logement ont été pulvérisés d’insecticide (PID) au cours des 12 derniers mois1 Pourcentage de ménages avec, au moins, une MII2 et/ou ayant bénéficié d'une PID au cours des 12 derniers mois Effectif de ménages Milieu de résidence Yaoundé/Douala 5,9 37,5 1 486 Autres villes 2,2 37,1 2 142 Ensemble urbain 3,8 37,2 3 628 Rural 0,7 37,7 3 505 Région Adamaoua 0,0 38,0 329 Centre (sans Yaoundé) 1,0 40,2 555 Douala 3,8 39,4 752 Est 2,4 36,6 319 Extrême-Nord 0,5 26,9 1 204 Littoral (sans Douala) 4,9 43,4 320 Nord 3,0 53,3 685 Nord-Ouest 0,0 46,9 629 Ouest 0,1 31,3 789 Sud 4,5 34,7 213 Sud-Ouest 1,0 34,1 603 Yaoundé 8,1 35,6 734 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,4 34,1 1 293 Second 0,4 35,1 1 422 Moyen 0,9 39,3 1 385 Quatrième 3,4 39,4 1 453 Le plus riche 5,6 38,9 1 581 Ensemble 2,3 37,5 7 133 1 La Pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide (PID) est limitée à la pulvérisation faite par une organisation gouvernementale, privée ou non-gouvernementale. 2 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 11.4 UTILISATION DES MOUSTIQUAIRES Aux ménages ayant déclaré posséder au moins une moustiquaire, on a demandé qui avait dormi sous chaque moustiquaire la nuit précédant l’enquête. Les résultats sont présentés pour l’ensemble de la population des ménages, ainsi que pour deux groupes de population particulièrement vulnérables : les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans. Utilisation par la population générale Le tableau 11.3 présente les résultats concernant la population des ménages qui a dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête, en fonction du type de moustiquaire et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 194 • Paludisme Tableau 11.3 Utilisation des moustiquaires par la population des ménages Pourcentage de la population de fait des ménages qui, la nuit précédant l'enquête, a dormi sous une moustiquaire (imprégnée ou non), sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide (MII), et sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action (MIILDA), ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés d’insecticide (PID) au cours des 12 derniers mois et, parmi la population de fait des ménages avec, au moins, une MII, pourcentage qui a dormi sous une MII la nuit précédant l'interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Population des ménages Population des ménages avec, au moins, une MII1 Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MIILDA la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un logement dont les murs ont été pulvérisés d’insecticide contre les moustiques (PID)2 au cours des 12 derniers mois Effectif3 Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Effectif3 Age (en années) <5 28,2 21,0 19,2 22,2 6 279 43,4 3 040 5-14 16,5 10,8 9,7 12,5 10 093 24,4 4 472 15-34 20,9 14,8 12,8 16,9 11 510 35,7 4 779 35-39 26,9 18,3 16,5 20,7 4 239 42,9 1 811 50+ 18,3 11,4 9,6 13,1 4 119 32,9 1 430 Sexe Masculin 19,7 13,4 11,8 15,4 17 540 31,9 7 378 Féminin 22,9 16,1 14,4 17,7 18 708 36,9 8 154 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 31,8 19,7 15,9 25,2 6 613 48,4 2 687 Autres villes 20,2 14,4 12,9 16,4 10 784 34,9 4 453 Ensemble urbain 24,6 16,4 14,1 19,7 17 397 40,0 7 140 Rural 18,3 13,3 12,3 13,7 18 851 29,9 8 392 Région Adamaoua 25,4 20,4 19,9 20,4 1 741 47,3 750 Centre (sans Yaoundé) 26,2 18,1 16,8 19,0 2 605 37,0 1 276 Douala 36,8 23,0 19,6 26,7 3 318 52,6 1 451 Est 24,4 17,8 16,5 19,3 1 559 41,3 673 Extrême-Nord 9,6 4,2 3,7 4,9 6 912 14,8 1 980 Littoral (sans Douala) 25,6 20,8 19,2 24,2 1 532 40,6 785 Nord 15,1 13,1 12,1 15,2 4 158 21,3 2 551 Nord-Ouest 23,7 21,3 20,1 21,3 3 289 40,2 1 739 Ouest 17,9 12,3 10,8 12,5 4 206 30,7 1 680 Sud 28,2 17,0 13,9 19,9 1 057 43,8 409 Sud-Ouest 23,9 15,7 13,5 16,6 2 574 40,4 1 002 Yaoundé 26,7 16,4 12,2 23,7 3 295 43,6 1 236 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 13,5 9,2 8,5 9,4 6 866 23,4 2 696 Second 18,9 13,6 12,6 13,8 7 310 31,5 3 148 Moyen 21,7 15,4 14,1 16,2 7 245 34,1 3 269 Quatrième 24,8 16,3 14,3 18,7 7 480 36,8 3 320 Le plus riche 27,2 19,1 15,9 24,4 7 346 45,3 3 099 Ensemble 21,3 14,8 13,1 16,6 36 247 34,5 15 532 1 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 2 La Pulvérisation intra domiciliaire d'insecticide (PID) est limitée à la pulvérisation faite par une organisation gouvernementale, privée ou non-gouvernementale. 3 Population de fait des ménages. Globalement un cinquième de la population des ménages (21 %) a dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’interview. Cette proportion est de 15 % pour les MII et 13 % pour les MIILDA. Compte tenu du fait que les indicateurs sur l’utilisation des moustiquaires recommandés pour le suivi des OMD et des stratégies nationales sont ceux relatifs aux MII, l’analyse des résultats selon les caractéristiques sociodémographiques se portera sur l’utilisation des MII. L’utilisation de MII par la population des ménages varie selon l’âge. Elle est plus élevée dans les groupes d’âges 0-4 ans et 35-39 ans que dans les autres. Selon le milieu de résidence, on note qu’à Yaoundé/Douala, près d’un cinquième de la population (20 %) a dormi sous une MII contre 13 % dans les Autres villes et 12 % en milieu rural. Au plan régional, cette proportion varie d’un minimum de 4 % à Paludisme • 195 l’Extrême-Nord à un maximum de 23 % dans la région du Centre. Par ailleurs, les résultats montrent que la proportion de la population qui a dormi sous une MII augmente lorsque le niveau de bien-être du ménage s’améliore, passant de 9 % dans les ménages les plus pauvres à 19 % dans les ménages les plus riches. Les résultats du tableau 11.3 portent également sur l’utilisation des MII par la population des ménages disposant au moins une MII. Globalement, on note que, parmi les ménages disposant d’une MII, seulement 35 % de leurs membres ont dormi sous une MII la nuit précédant l’interview. Ce résultat signifie soit que les ménages qui possèdent des moustiquaires n’en possèdent pas assez pour tous leurs membres, soit simplement que certains ménages qui possèdent des moustiquaires ne les utilisent pas pour se protéger contre les moustiques. C’est dans le groupe d’âges 5-14 ans (24 %), dans la population de sexe masculin (32 %), en milieu rural (30 %), dans la région de l’Extrême-Nord (15 %) et dans les ménages les plus pauvres (23 %) que cette proportion est la plus faible. Utilisation des moustiquaires par les enfants de moins 5 ans Le tableau 11.4 et le graphique 11.2 présentent les résultats concernant les enfants de moins de cinq ans. Près de trois enfant de moins cinq ans sur dix ont dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’interview (28 %) et seulement un sur cinq (21 %) a dormi sous une MII. Par ailleurs, on constate que la proportion d’enfants ayant dormi sous une MII est quasiment similaire à celle ayant dormi sous une MIILDA. Tableau 11.4 Utilisation des moustiquaires par les enfants Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui, la nuit précédant l'enquête, a dormi sous une moustiquaire (imprégnée ou non), sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide (MII), et sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action (MIILDA), ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés (PID) au cours des 12 derniers mois et, parmi les enfants de moins de cinq ans des ménages avec, au moins, une MII, pourcentage qui a dormi sous une MII la nuit précédant l'interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Enfants de moins de cinq ans dans tous les ménages Enfants de moins de cinq ans dans les ménages avec, au moins, une MII1 Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MIILDA la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un logement pulvérisé contre les moustiques (PID)2 au cours des 12 derniers mois Effectif d'enfants Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Effectif d'enfants Age (en mois) <12 33,7 26,3 23,1 26,9 1 351 51,8 687 12-23 30,8 23,6 21,9 24,7 1 328 48,9 641 24-35 29,4 22,1 20,7 23,4 1 206 44,8 596 36-47 23,2 16,0 14,7 17,9 1 217 35,0 555 48-59 22,9 16,1 15,0 17,3 1 178 33,9 561 Sexe Masculin 28,8 21,4 19,8 22,4 3 070 44,1 1 493 Féminin 27,6 20,6 18,6 22,1 3 209 42,8 1 547 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 43,1 29,2 24,2 33,2 975 60,0 474 Autres villes 28,2 21,3 20,0 22,6 1 751 43,9 850 Ensemble urbain 33,5 24,1 21,5 26,4 2 726 49,6 1 324 Rural 24,1 18,7 17,5 19,1 3 553 38,6 1 716 Région Adamaoua 33,7 27,6 27,3 27,6 323 61,1 146 Centre (sans Yaoundé) 33,3 23,9 22,3 24,2 433 45,9 226 Douala 49,2 37,0 32,8 38,9 500 67,4 274 Est 28,1 22,5 21,3 24,0 274 45,1 137 Extrême-Nord 11,1 5,4 4,7 5,7 1 327 17,2 414 Littoral (sans Douala) 36,8 31,9 28,8 34,5 237 52,8 143 Nord 18,9 16,9 16,4 18,5 847 26,8 535 Nord-Ouest 41,6 38,6 38,1 38,6 581 60,8 369 Ouest 25,9 18,5 16,8 18,6 746 39,3 351 Sud 33,9 19,5 15,0 22,3 165 51,4 63 Sud-Ouest 36,2 26,0 23,6 26,4 372 53,2 182 Yaoundé 36,7 21,0 15,1 27,2 474 49,9 199 À suivre… 196 • Paludisme Tableau 11.4—Suite Caractéristique sociodémographique Enfants de moins de cinq ans dans tous les ménages Enfants de moins de cinq ans dans les ménages avec, au moins, une MII1 Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MIILDA la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un logement pulvérisé contre les moustiques (PID)2 au cours des 12 derniers mois Effectif d'enfants Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Effectif d'enfants Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 17,9 13,0 12,1 13,2 1 377 30,3 589 Second 25,8 20,0 19,1 20,4 1 366 41,9 654 Moyen 27,4 20,9 19,7 21,6 1 281 42,0 638 Quatrième 34,6 24,8 22,9 26,4 1 233 47,5 645 Le plus riche 38,6 28,8 24,1 32,6 1 023 57,2 515 Ensemble 28,2 21,0 19,2 22,2 6 279 43,4 3 040 Note : Le tableau est basé sur les enfants ayant passé la nuit précédant l'interview dans le ménage. 1 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 2 La Pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide (PID) est limitée à la pulvérisation faite par une organisation gouvernementale, privée ou non-gouvernementale. Graphique 11.2 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans ayant dormi sous une moustiquaire la nuit avant l'enquête 43 28 24 29 21 19 24 20 18 Yaoundé/Douala Autres villes Rural P ou rc en ta ge Moustiquaire quelconque MII MIILDA EDS-MICS 2011 Paludisme • 197 Les résultats selon l’âge montrent que plus l’enfant avance en âge et moins il dort fréquemment sous une MII. Les résultats selon le milieu et la région de résidence font apparaître des différences importantes. La proportion d’enfants qui ont dormi sous une MII est plus élevée en milieu urbain (24 %) qu’en milieu rural (19 %). Les résultats selon la région montrent que l’utilisation des MII par les enfants varie d’un minimum de 5 % dans l’Extrême-Nord à un maximum de 39 % dans le Nord-Ouest. Par ailleurs, la proportion d’enfants ayant dormi sous une MII la nuit précédant l’enquête croît lorsque le niveau de bien-être du ménage augmente, passant de 13 % chez les enfants des ménages les plus pauvres à 29 % chez ceux des ménages les plus riches. Les résultats concernant l’utilisation des MII par les enfants vivant dans un ménage disposant d’au moins une MII montrent que moins de la moitié (43 %) ont dormi sous une MII la nuit précédant l’interview. Cette proportion décroît lorsque l’enfant avance en âge, passant de 52 % chez les enfants de moins de 12 mois à 34 % chez ceux de 48-59 mois. La proportion d’enfants vivant dans un ménage disposant d’au moins d’une MII qui ont dormi sous une MII est plus élevée en milieu urbain (50 %), plus particulièrement à Yaoundé/Douala (60 %), qu’en milieu rural (39 %). Dans les régions, elle varie d’un minimum de 17 % dans l’Extrême-Nord à un maximum de 61 % dans l’Adamaoua. L’utilisation des MII par les enfants vivant dans les ménages qui en disposent croît lorsque le niveau de bien-être du ménage augmente passant de 30 % dans les ménages les plus pauvres à 57 % dans les ménages les plus riches. Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes Le tableau 11.5 présente les résultats concernant l’utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes. Près de trois femmes enceintes sur dix (28 %) ont dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’interview et dans leur majorité, elles ont dormi sous une MII (20 %), plus particulièrement sous une MIILDA (17 %). Selon le milieu de résidence, on relève que la proportion de femmes enceintes qui ont dormi sous une MII est plus élevée Yaoundé/Douala (31 %) que dans les Autres villes (15 %) et qu’en milieu rural (19 %). Au plan régional, cette proportion varie d’un minimum de 10 % dans l’Extrême-Nord à un maximum de 40 % au Nord-Ouest. En fonction du niveau d’instruction, on note que ce sont les femmes de niveau secondaire ou plus (24 %) qui se protègent le plus fréquemment du paludisme en dormant sous une MII. On constate enfin que ce sont les femmes enceintes des ménages les plus riches qui utilisent le plus fréquemment une moustiquaire pour se protéger du paludisme (25 %). Les résultats concernant l’utilisation des MII par les femmes enceintes vivant dans un ménage disposant au moins une MII montrent que, comme chez les enfants, seulement moins de la moitié (47 %) ont dormi sous une MII la nuit précédant l’enquête. Selon le milieu de résidence, on note que cette proportion est plus élevée en milieu urbain (53 %), plus particulièrement à Yaoundé/Douala (70 %), qu’en milieu rural (42 %). Cette proportion croît lorsque le niveau de bien-être du ménage augmente, passant de 40 % chez les femmes enceintes des ménages les plus pauvres à 58 % chez celles des ménages les plus riches. 198 • Paludisme Tableau 11.5 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes Pourcentage de femmes enceintes de 15-49 ans qui, la nuit précédant l'interview, a dormi sous une moustiquaire (imprégnée ou non), sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide (MII), et sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide à longue durée d'action (MIILDA), ou dans un logement dont les murs intérieurs ont été pulvérisés (PID) au cours des 12 derniers mois et, parmi les femmes enceintes de 15-49 ans des ménages avec, au moins, une MII, pourcentage qui a dormi sous une MII la nuit précédant l'interview, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Femmes enceintes de 15-49 ans dans tous les ménages Femmes enceintes de 15-49 ans dans les ménages avec, au moins, une MII1 Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire quelconque la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MIILDA la nuit dernière Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière ou dans un logement pulvérisé contre les moustiques (PID)2 au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes Pourcentage ayant dormi sous une MII1 la nuit dernière Effectif de femmes Milieu de résidence Yaoundé/Douala 46,9 30,8 23,2 33,1 140 70,0 62 Autres villes 21,8 14,9 13,3 15,9 213 40,0 79 Ensemble urbain 31,8 21,2 17,2 22,8 353 53,1 141 Rural 24,3 18,6 16,9 19,2 429 41,7 191 Région Adamaoua 26,6 19,4 17,2 19,4 32 * 10 Centre (sans Yaoundé) 27,1 23,5 20,0 23,5 48 (50,1) 22 Douala 49,8 34,6 26,7 35,8 90 (66,2) 47 Est 31,6 27,2 23,8 27,2 36 (62,1) 16 Extrême-Nord 16,7 10,3 8,7 10,3 184 (33,3) 57 Littoral (sans Douala) 26,0 19,3 15,2 (27,2) 27 * 13 Nord 19,3 12,9 12,9 13,9 114 (22,3 66 Nord-Ouest 40,0 40,0 38,3 40,0 55 (69,6) 32 Ouest 21,6 14,0 14,0 14,0 79 * 29 Sud 49,1 29,2 22,5 36,4 22 (62,9) 10 Sud-Ouest 18,0 13,0 10,4 (13,0) 44 * 16 Yaoundé 41,7 24,0 16,8 (28,3) 50 * 15 Niveau d'instruction Aucun 19,2 12,5 11,5 13,0 209 31,4 83 Primaire 29,4 20,9 16,9 21,7 290 49,0 123 Secondaire 1er cycle 32,4 24,3 21,9 26,1 199 54,9 88 Secondaire 2nd cycle ou plus 31,6 23,7 19,2 24,7 85 (52,2) 38 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 25,1 17,6 15,8 18,2 168 40,4 73 Second 21,0 16,7 14,4 16,7 171 42,7 67 Moyen 29,5 21,1 20,2 21,4 146 46,4 66 Quatrième 31,2 20,3 14,6 21,3 162 47,8 69 Le plus riche 33,2 24,5 21,1 28,1 134 57,6 57 Ensemble 27,7 19,8 17,0 20,8 782 46,5 333 Note : Le tableau est basé sur les femmes ayant passé la nuit précédant l'interview dans le ménage. PID = Pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide résiduel. Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire qui a été imprégnée industriellement par le fabricant et qui ne nécessite pas de traitement supplémentaire (MIILDA) ou (2) une moustiquaire pré imprégnée obtenue il y a moins de 12 mois, ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de 12 mois. 2 La Pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide (PID) est limitée à la pulvérisation faite par une organisation gouvernementale, privée ou non-gouvernementale. 11.5 CHIMIOPRÉVENTION DU PALUDISME CHEZ LA FEMME ENCEINTE En 2004, les autorités sanitaires du Cameroun ont recommandé l’utilisation de la SP/Fansidar à partir du deuxième trimestre de la grossesse dans le cadre du Traitement Préventif Intermittent (TPIg) de la femme enceinte contre le paludisme. Lors de l’EDS-MICS 2011, plusieurs questions ont été posées aux femmes qui avaient eu une naissance au cours des deux dernières années pour savoir si elles avaient pris des antipaludéens à titre préventif au cours de leur dernière grossesse et quel type d’antipaludéens elles avaient pris. D’après le tableau 11.6, environ trois femmes enceintes sur cinq (61 %) ont pris des antipaludéens quelconques à titre préventif au cours de leur dernière grossesse ; 44 % ont reçu de la SP/Fansidar et pratiquement toutes (42 %) l’ont reçu pendant une visite prénatale de routine. Environ une femme sur quatre Paludisme • 199 (26 %) a reçu deux doses ou plus de SP/Fansidar au cours d’une visite prénatale, conformément aux directives de la politique concernant l’administration du TPIg. Tableau 11.6 Utilisation d'antipaludéens à titre préventif et du Traitement Préventif Intermittent (TPIg) par les femmes au cours de la grossesse Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance vivante au cours des deux années ayant précédé l'enquête qui, au cours de la grossesse, ont pris des antipaludéens à titre préventif, pourcentage ayant pris une dose de SP/Fansidar et pourcentage qui ont reçu un Traitement Préventif Intermittent (TPIg) 1, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant pris un antipaludéen SP/Fansidar Traitement Préventif Intermittent Effectif de femmes ayant eu une naissance au cours des deux dernières années Pourcentage ayant pris de la SP/Fansidar Pourcentage ayant reçu de la SP/Fansidar au cours d'une visite prénatale Pourcentage ayant pris 2 doses ou plus de SP/Fansidar Pourcentage ayant pris 2 doses ou plus de SP/Fansidar et qui en ont reçu au moins une au cours d'une visite prénatale Milieu de résidence Yaoundé/Douala 69,6 47,2 43,6 33,3 30,9 755 Autres villes 67,5 50,6 49,0 31,1 30,4 1 256 Ensemble urbain 68,3 49,3 47,0 32,0 30,6 2 011 Rural 54,8 40,0 38,2 22,7 21,8 2 694 Région Adamaoua 72,6 55,3 53,6 37,8 36,3 244 Centre (sans Yaoundé) 63,3 39,3 34,8 20,5 18,1 346 Douala 66,1 46,8 45,7 29,8 29,8 351 Est 54,4 45,0 45,0 25,4 25,4 205 Extrême-Nord 41,9 28,4 26,7 17,2 16,4 1 064 Littoral (sans Douala) 72,2 37,7 36,7 26,4 26,4 168 Nord 49,1 34,1 31,8 19,1 18,1 645 Nord-Ouest 63,3 56,2 55,7 30,0 30,0 375 Ouest 84,9 75,3 74,4 41,9 41,7 515 Sud 68,9 25,9 23,1 18,2 15,3 114 Sud-Ouest 63,5 51,0 48,9 32,3 31,1 257 Yaoundé 73,3 47,1 41,4 36,5 32,2 421 Niveau d'instruction Aucun 39,9 26,3 24,6 15,0 14,1 1 265 Primaire 63,1 48,0 46,3 27,7 26,8 1 832 Secondaire 1er cycle 72,1 50,6 47,8 31,3 29,7 1 072 Secondaire 2nd cycle ou plus 77,5 59,1 56,3 41,7 40,1 535 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 39,0 26,1 24,1 14,5 13,9 1 085 Second 58,8 44,1 42,4 24,8 23,8 1 000 Moyen 65,3 49,3 47,9 29,9 29,1 983 Quatrième 72,0 51,6 49,4 29,9 28,5 871 Le plus riche 74,2 53,7 50,5 38,5 36,5 766 Ensemble 60,5 44,0 41,9 26,7 25,6 4 705 1 TPIg: Le Traitement Préventif Intermittent durant la grossesse est un traitement préventif de deux doses ou plus de SP/Fansidar. Les différences entre les régions sont très importantes. Le pourcentage de femmes ayant suivi le TPIg au cours de la dernière grossesse dépasse la moyenne nationale (26 %) dans les régions de l’Ouest (42 %), de l’Adamaoua (36 %), du Sud-Ouest (31 %) et du Nord-Ouest (30 %). Les régions les moins couvertes sont le Sud (15 %), l’Extrême-Nord (16 %), le Centre (18 %) et le Nord (18 %). Les différences sont également importantes selon le milieu de résidence. À Yaoundé/Douala et dans les Autres villes, près de trois femmes sur dix ont suivi un TPIg recommandé, contre 22 % en milieu rural. Par ailleurs, ce pourcentage est plus élevé chez les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus (40 %) que chez celles de niveau primaire ou secondaire 1er cycle (respectivement 27 % et 30 %) et que chez celles n’ayant pas été à l’école (14 %). Ce pourcentage est également plus faible chez les femmes des ménages les plus pauvres (14 %) que parmi celles des ménages les plus riches (37 %). 200 • Paludisme 11.6 TRAITEMENT DU PALUDISME CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS En 2004, le Cameroun a adopté une politique thérapeutique basée sur la combinaison Artésunate- Amodiaquine (Combinaison Thérapeutique à base d'Artémisinine ou CTA) pour le traitement du paludisme simple. Quant à la quinine, elle n’est prescrite que pour les cas de paludisme grave chez l’enfant, l’adulte et la femme enceinte. Au cours de l’EDS-MICS 2011, une série de questions ont été posées sur la fièvre chez les enfants de moins de cinq ans et sur son traitement. Ces questions portaient entre autres sur le recours éventuel à des antipaludéens et sur le moment où le traitement avait été administré pour la première fois. Les résultats sont présentés aux tableaux 11.7 et 11.8. Tableau 11.7 Prévalence et traitement précoce de la fièvre chez les enfants Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'interview ; parmi ces enfants pourcentage qui ont pris des antipaludéens et pourcentage qui les ont pris le jour même ou le jour suivant le début de la fièvre selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Parmi les enfants de moins de cinq ans : Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre : Pourcentage ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête Effectif d'enfants Pourcentage ayant pris des antipaludéens Pourcentage ayant pris des antipaludéens le jour même ou le jour suivant Effectif d'enfants ayant eu de la fièvre Age (en mois) <12 24,5 2 391 18,2 10,1 585 12-23 31,3 2 265 23,6 13,8 709 24-35 27,2 2 059 26,1 15,4 560 36-47 24,5 2 058 21,4 9,9 505 48-59 21,6 1 945 27,3 16,1 419 Sexe Masculin 27,1 5 272 23,9 12,6 1 429 Féminin 24,8 5 446 22,3 13,4 1 348 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 23,0 1 744 26,6 12,7 402 Autres villes 25,2 2 881 30,8 19,4 726 Ensemble urbain 24,4 4 625 29,3 17,0 1 128 Rural 27,1 6 093 18,9 10,2 1 650 Région Adamaoua 18,0 543 29,5 7,8 98 Centre (sans Yaoundé) 32,1 814 31,0 24,2 261 Douala 18,9 861 29,6 13,4 163 Est 19,7 463 19,8 10,4 91 Extrême-Nord 28,9 2 351 5,7 2,9 679 Littoral (sans Douala) 23,5 371 43,3 22,7 87 Nord 35,0 1 454 9,6 3,5 509 Nord-Ouest 15,6 863 32,2 22,7 135 Ouest 19,6 1 228 49,1 30,5 241 Sud 27,3 262 40,3 23,0 72 Sud-Ouest 33,0 614 41,7 22,7 203 Yaoundé 26,9 893 27,9 14,3 241 Niveau d'instruction de la mère Aucun 29,1 2 937 8,3 3,2 856 Primaire 25,4 4 241 25,1 13,9 1 078 Secondaire 1er cycle 24,1 2 370 34,4 22,4 572 Secondaire 2nd cycle ou plus 23,2 1 170 38,5 20,1 272 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 30,4 2 424 6,6 2,4 736 Second 24,1 2 305 20,3 12,4 554 Moyen 26,4 2 161 31,1 18,0 570 Quatrième 23,2 2 089 34,5 18,7 484 Le plus riche 24,9 1 739 31,7 18,6 433 Ensemble 25,9 10 718 23,1 13,0 2 778 Paludisme • 201 Le prévalence de la fièvre parmi les enfants de moins de cinq ans (26 %) et son traitement au moyen d’antipaludéens (23 %) qui figurent au tableau 11.7 ont déjà été analysés au Chapitre 9 sur la santé de l’enfant (Section 9.3.2). Par contre, le tableau 11.7 présente le pourcentage d’enfants ayant pris des antipaludéens de manière précoce, c’est-à- dire le jour même ou le jour suivant l’apparition de la fièvre. Il en ressort que près de la moitié de ceux qui ont pris des antipaludéens, les ont pris de manière précoce (13 % par rapport à 23 %). L’administration d’un traitement antipaludéen précoce varie selon l’âge de l’enfant (de 10 % chez les 0-11 mois et les 36-47 mois, à 16 % chez les 48-59 mois) et selon le milieu de résidence (17 % en urbain contre 10 % en milieu rural). Dans certaines régions caractérisées par une prévalence élevée de la fièvre, la proportion d’enfants traités de manière précoce est néanmoins relativement faible : 3 % dans l’Extrême-Nord et 4 % dans le Nord. Enfin, il faut remarquer que les enfants dont la mère a un niveau d’instruction au moins secondaire et ceux vivant dans un ménage classé dans les trois quintiles les plus riches ont bénéficié le plus fréquemment d’un traitement antipaludéen précoce. Le tableau 11.8 présente, pour les enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre, les proportions de ceux qui ont pris différents types d’antipaludéens et les proportions de ceux qui les ont pris rapidement après l’apparition de la fièvre. Près d’un enfant sur dix ayant eu de la fièvre a été traité à la quinine (11 %) dont plus de la moitié (7 %) le même jour ou le jour suivant l’apparition de la fièvre. Ce n’est pas seulement dans des régions où la prévalence de la fièvre est élevée que la proportion d’enfants traités à la quinine est importante. En effet, cette proportion est particulièrement élevée au Sud (32 %), au Littoral (23 %) et au Centre (22 %). Les Combinaisons Thérapeutiques à base d’Artémisinine (CTA) constituent les 2nd médicaments les plus utilisés au niveau national pour traiter la fièvre chez les enfants (6 % de cas). Rappelons que leur gratuité pour le traitement du paludisme simple chez les enfants de moins de 5 ans est entrée en vigueur en janvier 2011, soit quelques semaines avant le début de l’enquête. Par ailleurs, l’amodiaquine, retirée de l’arsenal thérapeutique du praticien camerounais depuis 2002 en raison de son inefficacité, est encore utilisée pour traiter plus de 2 % des cas de paludisme chez les enfants. Ce sont les enfants de la tranche d’âges 48-59 mois qui ont été les plus fréquemment traités avec les CTA (9 %). L’administration des CTA varie sensiblement selon le milieu de résidence : 9 % à Yaoundé/Douala, 8 % dans les Autres villes et 4 % en milieu rural. En fonction du niveau d’instruction de la mère, la proportion d’enfants traités avec des CTA est plus élevée parmi ceux dont la mère a un niveau secondaire 2nd cycle ou plus (16 %) ou secondaire 1er cycle (9 %) que parmi ceux dont la mère a un niveau d’instruction primaire (6 %) ou n’a aucun niveau d’instruction (1 %). Les résultats selon les quintiles de bien- être mettent en évidence une proportion d’enfants traités avec des CTA moins élevée parmi ceux qui vivent dans les ménages les plus pauvres (1 %) que parmi ceux qui vivent dans un ménage classé dans les quintiles supérieurs (10 % ou plus). Par ailleurs, les variations régionales sont importantes : les régions de l’Ouest (18 %) et du Sud-Ouest (18 %) se caractérisent par les proportions les plus élevées, tandis que celles du Nord (moins de 1 %) et de l’Extrême-Nord (1 %) détiennent les proportions les plus faibles. 202 • Paludisme Tableau 11.8 Type d'antipaludéens et moment de leur prise par les enfants ayant eu de la fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'interview, pourcentage ayant pris des antipaludéens spécifiques et pourcentage qui ont pris chaque type d'antipaludéen le même jour ou le jour suivant le début de la fièvre, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage d'enfants ayant pris : Pourcentage d'enfants ayant pris l'antipaludéen le jour même ou le jour suivant : Effectif d'enfants ayant eu de la fièvre SP/ Fan- sidar Chloro- quine Amodia- quine Quinine CTA Antipa- ludéen spéci- fique Autre antipa- ludéen SP/ Fan- sidar Chloro- quine Amodia- quine Quinine CTA Antipa- ludéen spéci- fique Autre antipa- ludéen Age (en mois) <12 0,2 0,3 3,3 7,8 4,2 0,4 2,5 0,0 0,2 1,6 4,8 1,8 0,4 1,6 585 12-23 0,2 1,3 2,8 11,6 5,8 0,7 2,4 0,1 1,2 1,3 6,9 3,1 0,5 1,1 709 24-35 0,3 1,4 2,7 11,5 7,9 0,7 2,9 0,3 1,3 1,1 7,8 3,1 0,7 1,5 560 36-47 0,2 0,3 1,5 12,5 4,4 1,5 1,6 0,0 0,1 0,7 5,2 1,9 0,8 1,1 505 48-59 0,8 0,1 1,3 14,2 8,7 1,1 2,5 0,8 0,1 1,1 9,2 4,2 0,4 1,4 419 Sexe Masculin 0,1 0,6 2,9 11,9 6,5 0,4 2,3 0,0 0,5 1,2 6,7 2,8 0,3 1,2 1 429 Féminin 0,6 1,0 2,0 10,7 5,6 1,3 2,5 0,4 0,8 1,1 6,7 2,8 0,8 1,5 1 348 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 0,2 0,6 2,4 9,7 9,4 1,9 3,0 0,2 0,3 0,8 5,4 3,6 0,9 1,6 402 Autres villes 0,4 0,4 2,5 16,4 8,3 1,1 3,9 0,4 0,3 0,9 10,8 4,5 0,8 2,5 726 Ensemble urbain 0,3 0,5 2,5 14,0 8,7 1,4 3,6 0,3 0,3 0,8 8,8 4,2 0,9 2,2 1 128 Rural 0,3 1,0 2,4 9,5 4,3 0,5 1,6 0,1 0,9 1,4 5,2 1,8 0,3 0,8 1 650 Région Adamaoua 0,0 3,5 0,4 18,8 5,4 1,3 0,8 0,0 2,1 0,0 4,1 0,8 0,0 0,8 98 Centre (sans Yaoundé) 0,6 0,0 3,9 21,9 5,2 1,0 1,2 0,2 0,0 2,3 18,7 3,0 0,2 0,6 261 Douala 0,0 0,8 2,8 8,9 9,4 2,7 5,7 0,0 0,8 0,0 3,7 3,1 1,7 4,1 163 Est 0,0 0,0 2,6 12,1 3,4 0,0 4,5 0,0 0,0 2,0 6,8 1,6 0,0 1,5 91 Extrême-Nord 0,0 0,2 0,1 4,0 1,0 0,1 0,2 0,0 0,2 0,0 2,1 0,6 0,0 0,0 679 Littoral (sans Douala) 0,9 0,8 7,6 22,9 7,5 1,1 3,9 0,9 0,8 2,2 14,7 2,3 1,1 1,2 87 Nord 0,2 0,0 1,1 5,0 0,7 0,2 2,4 0,0 0,0 0,3 1,4 0,1 0,2 1,5 509 Nord-Ouest 1,7 0,0 6,9 15,0 3,0 2,6 6,6 1,7 0,0 3,8 12,4 0,7 2,6 4,0 135 Ouest 0,5 3,5 4,7 18,7 17,8 1,8 3,1 0,5 3,5 3,3 11,0 9,4 1,8 1,5 241 Sud 0,0 0,0 0,1 32,3 4,3 0,0 4,1 0,0 0,0 0,1 20,7 0,5 0,0 1,6 72 Sud-Ouest 0,7 2,5 5,5 13,1 17,8 0,5 5,0 0,0 2,1 2,5 6,1 9,0 0,5 3,9 203 Yaoundé 0,3 0,4 2,2 10,7 11,8 1,3 1,2 0,3 0,0 1,3 6,8 5,4 0,4 0,0 241 Niveau d'instruction de la mère Aucun 0,0 0,7 0,5 5,4 1,1 0,1 0,8 0,0 0,6 0,2 1,9 0,2 0,0 0,3 856 Primaire 0,5 1,0 2,7 12,7 6,0 0,6 2,4 0,2 0,9 1,1 7,7 2,4 0,6 1,6 1 078 Secondaire 1er cycle 0,3 0,8 3,7 16,9 8,8 2,1 3,3 0,3 0,6 2,7 11,8 5,2 1,0 1,8 572 Secondaire 2nd cycle ou plus 0,7 0,0 4,8 12,8 16,2 1,5 5,5 0,7 0,0 1,5 7,1 7,1 1,3 2,8 272 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,2 0,0 0,5 3,6 1,0 0,2 1,2 0,0 0,0 0,0 1,3 0,5 0,2 0,4 736 Second 0,3 1,4 2,3 12,7 3,1 0,5 0,8 0,1 1,4 1,2 7,7 1,3 0,4 0,7 554 Moyen 0,4 1,6 3,1 14,7 8,1 0,9 3,6 0,2 1,3 1,7 9,0 3,6 0,5 2,2 570 Quatrième 0,7 0,9 4,0 17,0 10,2 1,1 2,7 0,7 0,6 2,8 9,7 3,9 0,7 1,3 484 Le plus riche 0,2 0,0 3,3 12,0 11,1 2,0 4,4 0,2 0,0 0,7 8,3 6,1 1,3 2,6 433 Ensemble 0,3 0,8 2,4 11,3 6,1 0,8 2,4 0,2 0,6 1,2 6,7 2,8 0,5 1,3 2 778 CTA = Combinaison Thérapeutique à base d'Artémisinine Paludisme • 203 11.7 RÉSULTAT DES TESTS DE DIAGNOSTIC RAPIDE DU PALUDISME CHEZ LES ENFANTS Au cours de l’EDS-MICS 2011, dans la moitié de l’échantillon, des Tests de Diagnostic Rapide (TDR) du paludisme ont été effectués sur les enfants de 6-59 mois pour lesquels les parents ou adultes responsables avaient donné leur consentement éclairé. Les TDR ou « bandelettes réactives » sont basés sur la recherche des antigènes dans le sang. Il s'agit de tests immunochromatographiques effectués sur du sang complet. Ils sont simples à interpréter et faciles d'utilisation ; de plus, le résultat est lisible au bout de quelques minutes. Cependant, les TDR doivent être considérés comme des tests d'appoint pouvant s'ajouter aux examens classiques de la goutte épaisse et du frottis sanguin considérés par l'OMS comme la référence. Précisons également que les TDR peuvent parfois détecter l’antigène après la mort des parasites infectieux (c’est-à-dire après traitement) et donc, qu’un test positif peut légèrement surestimer l’infection paludéenne actuelle. Par ailleurs, la collecte de l’EDS-MICS 2011 s’est déroulée sur une longue période (de janvier à août 2011) qui ne correspond pas toujours, dans toutes les régions, à la période de haute transmission du paludisme. Compte tenu de ces limitations méthodologiques, la prévalence estimée sur la base des TDR doit donc être considérée comme un ordre de grandeur. Le test de paludisme à l’EDS-MICS 2011 consistait en un TDR, à savoir le SD BIOLINE Malaria Antigen P.f/Pan qui détecte les antigènes spécifiques du plasmodium falciparum et d’autres espèces sans les distinguer. Après obtention du consentement éclairé, l’enquêteur collectait une goutte de sang sur la bandelette du TDR. Le résultat du test était disponible au bout de 15 minutes et était communiqué immédiatement aux parents ou personnes responsables de l’enfant après avoir été enregistré dans le questionnaire ménage. Les enfants testés positifs au TDR étaient soit traités immédiatement au CTA conformément au protocole du ministère de la Santé Publique s’ils ne présentaient pas de contre-indications, soit ils recevaient une carte de référence à une structure sanitaire. Les résultats du tableau 11.9 indiquent tout d’abord un taux très élevé de couverture du test du paludisme puisqu’un échantillon de sang a été prélevé pour 98 % des enfants éligibles. Ce taux de couverture est très élevé pour toutes les catégories d’enfants. Il est néanmoins légèrement plus faible pour les enfants les plus jeunes (91 % pour les 6-8 mois) : en effet, les mères refusent plus fréquemment le test pour les enfants très jeunes et les prélèvements sanguins sont plus délicats chez ces enfants que chez les plus âgés. Tableau 11.9 Couverture du Test de Diagnostic Rapide (TDR) du paludisme chez les enfants (non pondéré) Pourcentage d’enfants de 6-59 mois éligibles pour le Test de Diagnostic Rapide (TDR) du paludisme qui ont effectué le TDR (non pondéré), selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage d’enfants ayant effectué le TDR Effectif d'enfants Age (en mois) 6-8 90,6 342 9-11 97,4 344 12-17 96,8 709 18-23 98,5 597 24-35 97,9 1 197 36-47 98,1 1 175 48-59 98,3 1 151 Sexe Masculin 97,2 2 713 Féminin 97,8 2 802 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 96,8 712 Autres villes 97,0 1 580 Ensemble urbain 96,9 2 292 Rural 97,9 3 223 Région Adamaoua 99,4 491 Centre (sans Yaoundé) 96,5 463 Douala 98,2 382 Est 98,7 393 Extrême-Nord 96,2 744 Littoral (sans Douala) 98,4 305 Nord 96,7 664 Nord-Ouest 97,8 550 Ouest 97,1 516 Sud 97,4 343 Sud-Ouest 99,4 334 Yaoundé 95,2 330 Ensemble 97,5 5 515 Note: Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit ayant précédé l'interview. 204 • Paludisme L’enquête a permis de tester 5 416 enfants sur l’ensemble du territoire. Ce TDR du paludisme a été positif chez trois enfants sur dix (30 %). La proportion d’enfants testés positifs présente globalement une tendance à la hausse avec l’âge, passant d’un minimum de 18 % à 6-8 mois à un maximum de 36 % à 48-59 mois. Il n’y a, par contre, aucune différence selon le sexe. Les variations selon le milieu de résidence sont très importantes : la proportion d’enfants testés positifs est plus élevée en milieu rural (37 %) que dans les Autres villes (25 %) et qu’à Yaoundé/Douala (13 %). Selon la région, c’est dans le Centre (52 %), l’Est (48 %), l’Adamaoua (47 %), le Sud-Ouest (46 %) et le Sud (43 %) que les proportions d’enfants positifs sont les plus élevées. Tableau 11.10 Résultat du Test de Diagnostic Rapide (TDR) du paludisme chez les enfants Pourcentage d'enfants de 6-59 mois dont le résultat au Test de Diagnostic Rapide (TDR) du paludisme est positif, par âge, sexe et résidence, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage d'enfants dont le résultat du TDR du paludisme est positif Effectif d'enfants testés Age (en mois) 6-8 17,9 310 9-11 19,9 341 12-17 23,5 698 18-23 28,9 576 24-35 30,5 1 164 36-47 33,9 1 178 48-59 36,1 1 147 Sexe Masculin 30,0 2 640 Féminin 29,9 2 776 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 12,5 839 Autres villes 25,1 1 500 Ensemble urbain 20,6 2 339 Rural 37,1 3 077 Région Adamaoua 47,4 289 Centre (sans Yaoundé) 52,4 374 Douala 12,1 447 Est 48,2 238 Extrême-Nord 27,1 1 128 Littoral (sans Douala) 27,3 210 Nord 34,3 698 Nord-Ouest 15,0 511 Ouest 26,8 643 Sud 43,1 148 Sud-Ouest 46,1 339 Yaoundé 13,0 392 Ensemble 30,0 5 416 Note: Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit ayant précédé l'interview. Mortalité des enfants • 205 MORTALITÉ DES ENFANTS 12 Ghislaine NGONO et Bruno Magloire KAMGHO TEZANOU e chapitre présente les indicateurs de mortalité des enfants de moins de 5 ans. Les données collectées au cours de l’EDS-MICS 2011 ont permis d’estimer les niveaux, les tendances et les différentiels de la mortalité néonatale, de la mortalité post-néonatale, de la mortalité infantile, de la mortalité juvénile et de la mortalité infanto-juvénile. Ces résultats seront très utiles pour l’élaboration, le suivi et l’évaluation des politiques de population et des programmes de santé. Les niveaux, les tendances et les différentiels de la mortalité infantile et de la mortalité infanto-juvénile sont généralement influencés par les conditions sanitaires, environnementales, socio-économiques et culturelles qui prévalent dans une population. Ils reflètent le niveau de pauvreté et les conditions de précarité des populations. Pour toutes ces raisons, on considère que le taux de mortalité infantile est l’un des meilleurs indicateurs du niveau de développement d’un pays. 12.1 MÉTHODOLOGIE ET QUALITÉ DES DONNÉES Les indicateurs de la mortalité présentés dans ce chapitre ont été estimés à partir d’informations sur l’historique des naissances recueillies dans le questionnaire femme. Dans la section 2 de ce questionnaire, l’enquêtrice a enregistré des informations globales sur toutes les naissances de la femme. Dans la procédure de collecte, les questions permettent de distinguer le nombre total des fils et filles qui vivent avec la femme, le nombre de ceux qui vivent ailleurs et le nombre de ceux qui sont décédés. Par la suite, et pour chacune des naissances, l’enquêtrice a obtenu des informations détaillées sur le sexe, le mois et l’année de naissance, l’état de survie, l’âge actuel (si l’enfant est vivant), la résidence, ainsi que l’âge au décès pour les enfants décédés (au jour près pour les décès de moins d’un mois, au mois près pour ceux de moins de deux ans et en années pour les décès survenus à deux ans ou plus). La qualité des estimations de la mortalité basées sur l’historique des naissances dépend de la complétude avec laquelle les naissances et les décès ont été déclarés et enregistrés. L’estimation de la mortalité C Principaux résultats  Durant la période la plus récente (2006-2011), sur 1 000 enfants nés vivants 62 sont décédés avant d’atteindre leur 1er anniversaire. Sur 1 000 enfants survivants au 1er anniversaire, 63 sont décédés avant d’atteindre l’âge de cinq ans.  Globalement, environ un enfant sur huit n’atteint pas son 5ème anniversaire.  Bien que le niveau de mortalité des enfants de moins de cinq ans demeure élevé, il a baissé de façon significative depuis l’EDSC-III de 2004, passant de 144 ‰ à 122 ‰.  La mortalité des enfants de moins de cinq ans est nettement plus faible en milieu urbain (93 ‰) qu’en milieu rural (153 ‰). 206 • Mortalité des enfants à partir de cette approche présente à la fois des limites d’ordre méthodologique et des risques d’erreurs d’enregistrement. Limites d’ordre méthodologique Sur le plan méthodologique, la collecte des données se fait auprès de personnes vivantes (femmes de 15-49 ans) au moment de l’enquête ; ceci ne permet pas d’obtenir des informations sur la survie ou le décès des enfants dont la mère est décédée au moment de l’interview. Dans le cas où ces enfants « orphelins de mère » seraient en nombre important, et où leur mortalité serait différente de celle des enfants dont la mère est en vie, le niveau de mortalité estimé s’en trouverait biaisé. En outre, en limitant la collecte des données aux seules femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête, les informations découlant de l’historique des naissances ne sont pas complètement représentatives pour certaines périodes passées : pour la période 10-14 ans avant l’enquête, par exemple, aucune information n’est disponible sur les naissances issues des femmes âgées de 40-49 ans à cette période. Les femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête avaient moins de 40 ans, 10 ans avant l’enquête, et celles de 40-49 ans à ce moment-là ne sont plus éligibles au moment de l’enquête. Par conséquent, si une proportion importante des naissances de cette époque étaient issues de femmes de 40-49 ans, et que le risque de décéder de leurs enfants était très différent de celui des naissances issues des femmes plus jeunes, il pourrait en résulter un important biais sur l’estimation de la mortalité des enfants pour la période étudiée. Selon les résultats de l’enquête ménage, 0,8 % des enfants de moins de 5 ans survivants et identifiés dans les ménages (voir Chapitre 20-Tableau 20.2) étaient orphelins de mère. Par ailleurs, au cours des cinq dernières années, les femmes de 40 ans ou plus n’ont contribué que pour 7 % à la fécondité totale (voir Chapitre 5-Tableau 5.1). En conclusion, les biais évoqués précédemment devraient être négligeables. Risques d’erreurs d’enregistrement En ce qui concerne la collecte proprement dite, la validité des données sur la mortalité des enfants peut être affectée par : 1) le sous-enregistrement des naissances et/ou des décès. Il peut provenir de la double omission de naissances et de décès ou de l’un des deux évènements. Les mères ont parfois tendance à omettre de déclarer les naissances et/ou les décès d’enfants qui meurent très jeunes, quelques heures ou jours après la naissance. Ces cas d’omission peuvent induire une sous-estimation de la mortalité. De plus, du fait des problèmes de mémoire, l’effet de sous-enregistrement peut être d’autant plus significatif que la période de référence est éloignée de la date de l’enquête. Ainsi, plus ces cas d’omission sont importants, plus les niveaux estimés de la mortalité peuvent en être affectés. Une technique d’évaluation du sous-enregistrement des décès de très jeunes enfants consiste à calculer la proportion des décédés entre 0 et 6 jours par rapport aux décès survenus au cours du premier mois. Comme le niveau de la mortalité diminue très rapidement entre la naissance et les jours qui suivent, on s’attend à ce que cette proportion augmente lorsque la mortalité des enfants diminue : une proportion inférieure à 60 % indiquerait un sous-enregistrement important des décès très précoces. Dans le cas de l’EDS-MICS 2011, les proportions varient d’un minimum de 65 %, pour la période de 15-19 ans avant l’enquête, à un maximum de 78 % pour la période 0-4 ans avant l’enquête (voir Tableau C.5 en Annexe C), ce qui semble indiquer qu’il n’y a pas eu de sous-enregistrement important des décès précoces. Le rapport de la mortalité néonatale à la mortalité infantile peut également être utilisé pour évaluer l’importance de la sous-déclaration des décès de jeunes enfants. Comme on peut le constater au tableau C.6 (Annexe C), selon la période quinquennale considérée, les proportions se situent à un niveau acceptable, variant de 44 % à 53 %, et ne mettent pas en évidence de sous-enregistrement important des décès précoces. Mortalité des enfants • 207 2) les déplacements différentiels de dates de naissances des enfants selon qu’ils sont vivants ou décédés. Ces déplacements peuvent entraîner une sous-estimation de la mortalité d’une période (par exemple, 0-4 ans avant l’enquête), et par conséquent une surestimation de la mortalité de la période précédente (par exemple, 5-9 ans avant l’enquête). À l’annexe C, le tableau C.4 fournit la distribution des naissances selon leur état de survie, par année de naissance. Le « rapport de naissances annuelles » semble indiquer un déficit des naissances en 2005 et un surplus en 2004. Ces déplacements semblent plus prononcés pour les enfants décédés, avec un rapport de 79 (<100) en 2005 contre 129 pour 2004. Cependant, les niveaux de mortalité étant calculés par période quinquennale, soit 2006-2011 pour la plus récente, et 2001-2006 pour la période précédente, ils ne devraient pas être affectés par des transferts à l’intérieur d’un même intervalle de référence. 3) l’imprécision des déclarations de l’âge au décès et, en particulier, l’attraction de certains âges au décès, peut engendrer une sous-estimation de la mortalité infantile et une surestimation de la mortalité juvénile, en transformant une partie des décès d’enfants de moins d’un an en décès d’enfants plus âgés (12-59 mois). Pour minimiser ce type d’erreurs, on a demandé aux enquêtrices d’enregistrer les âges au décès en jours pour ceux survenus dans les 29 jours suivant la naissance, en mois pour ceux survenus aux âges de 1 à 23 mois, et en années pour le reste. À l’annexe C, les tableaux C.5 et C.6 fournissent la distribution des décès par âge au décès (jours et mois). On note que l’attraction pour « 12 mois » est faible. Par contre, l’âge au décès de certains enfants, pourtant compris entre le 12ème et le 23ème mois, a été enregistré en années (1 an) et non en mois. Même s’il est probable qu’une partie des décès ainsi enregistrés soit en réalité survenus entre 9 et 12 mois, leur effectif n’est pas assez important pour introduire un biais significatif ni dans l’estimation de la mortalité infantile, ni dans celle de la mortalité juvénile. Finalement, les limites méthodologiques inhérentes à l'historique des naissances et, comme nous venons de le voir, les sous-déclarations de décès et les risques d'erreurs ou d'imprécisions de collecte semblent peu importantes et ne devraient donc pas avoir affecté substantiellement les niveaux de mortalité des enfants, en particulier, ceux estimés pour la période la plus récente. 12.2 NIVEAUX ET TENDANCES DE LA MORTALITÉ DES ENFANTS À partir des informations recueillies sur l’historique des naissances, les indicateurs suivants ont été calculés : Quotient de mortalité néonatale (NN) : probabilité, à la naissance, de décéder avant d’atteindre un mois exact ; Quotient de mortalité post-néonatale (PNN) : probabilité pour les enfants âgés d’un mois exact, de décéder avant d’atteindre le 1er anniversaire (12 mois exacts) ; Quotient de mortalité infantile (1q0) : probabilité, à la naissance, de décéder avant d’atteindre le 1er anniversaire (12 mois exacts) ; Quotient de mortalité juvénile (4q1) : probabilité pour les enfants âgés d’un an exact de décéder avant d’atteindre le 5ème anniversaire (60 mois exacts) : Quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) : probabilité, à la naissance, de décéder avant d’atteindre le 5ème anniversaire. Chacun de ces quotients a été calculé pour différentes périodes quinquennales ayant précédé l'enquête. Le tableau 12.1 présente les différents quotients pour trois périodes quinquennales allant de 1996-2001 à 2006- 2011. Pour la période des cinq dernières années avant l’EDS-MICS 2011 (période 2006-2011), le risque de mortalité infantile est évalué à 62 décès pour 1 000 naissances vivantes ; le risque de mortalité juvénile 208 • Mortalité des enfants s'établit, quant à lui, à 63 ‰. Quant aux composantes de la mortalité infantile, elles se situent à 31 ‰ pour la mortalité néonatale et à 31 ‰ pour la mortalité post-néonatale. Globalement, le risque de mortalité infanto- juvénile, c'est-à-dire le risque de décès avant l'âge de 5 ans, est de 122 ‰. En d'autres termes, au Cameroun, environ un enfant sur huit meurt avant d'atteindre l'âge de 5 ans. Tableau 12.1 Quotients de mortalité des enfants de moins de 5 ans Quotients (en ‰) de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile par période de cinq ans ayant précédé l'enquête, Cameroun 2011 Nombre d'années ayant précédé l'enquête Période Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto-juvénile (5q0) 0-4 2006-2011 31 31 62 63 122 5-9 2001-2006 34 43 77 64 136 10-14 1996-2001 36 44 80 72 146 1 Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale. Sur la période 1996-2011, la mortalité infantile aurait baissé régulièrement, passant de 80 ‰ à 62 ‰. En ce qui concerne la mortalité juvénile, elle aurait également baissé (de 72 ‰ à 63 ‰), mais dans une moindre proportion ; par ailleurs, la totalité de la baisse de la mortalité juvénile se serait produite entre les périodes 1996-2001 et 2001-2006. Cette baisse pourrait être associée aux améliorations notées précédemment dans le domaine de la santé infantile, en particulier dans le domaine de la couverture vaccinale et de la prévention et du traitement du paludisme. Les graphiques 12.1 et 12.2 permettent de retracer l’évolution de la mortalité infantile et juvénile au cours des trente dernières années. Ces graphiques sont obtenus en juxtaposant les courbes des tendances de la mortalité pour les périodes rétrospectives précédant l’EDS-MICS 2011 et les trois précédentes EDS ; le niveau de mortalité de chaque période avant l’enquête est rapportée à l’année centrale de cette période. Pour la période la plus récente, on constate une légère baisse des niveaux de la mortalité post- néonatale et infantile, mais aussi de la mortalité infanto-juvénile. En effet, par rapport aux résultats de l’EDSC-III de 2004, le niveau de toutes les composantes de la mortalité des enfants obtenus en 2011 sont en baisse : mortalité infantile de 62 ‰ à l’EDS-MICS 2011 contre 74 ‰ pour les cinq dernières années avant 2004, mortalité juvénile de 63 ‰ pour les années 2006-2011 contre 75 ‰ pour les cinq années précédant l’EDSC-III. De l’analyse des tendances depuis l’EDSC-I de 1991, il ressort la situation suivante :  Sur l’ensemble de la période à partir des années 80, la mortalité néonatale a connu une baisse assez régulière (Graphique 12.1). La mortalité post-néonatale a connu des variations assez irrégulières avant d’entamer une baisse qui s’est accélérée au cours des dernières années. L’évolution de la mortalité infantile est la résultante de celles de ses composantes néonatale et post-néonatale. Globalement, la mortalité infantile a connu une baisse jusqu’à la fin des années 80, elle s’est ensuite plus ou moins stabilisée dans les années 90 avant d’amorcer une baisse depuis le début des années 2000.  La mortalité juvénile a connu une baisse moins prononcée que la mortalité infantile dans les années 80 puis, comme la mortalité infantile, elle s’est maintenu plus ou moins au même niveau jusqu’au début des années 2000 où elle a entamé une nouvelle baisse mais de façon beaucoup plus lente que la mortalité infantile. (Graphique 12.2).  L’évolution de la mortalité infanto-juvénile est la résultante de celles de ses composantes infantile et juvénile. Il s’ensuit donc qu’après une baisse de 1978 à 1992 et une stabilité au cours des années 90, la mortalité infanto-juvénile connaît une baisse au cours des années 2000 jusqu’à aujourd’hui. Mortalité des enfants • 209 Graphique 12.1 Tendances de la mortalité néonatale et post-néonatale 0 10 20 30 40 50 60 Décès pour mille Année centrale des estimations Mortalité néonatale 0 10 20 30 40 50 60 Décès pour mille Année centrale des estimations EDSC-I 1991 EDSC-II 1998 EDSC-III 2004 EDS-MICS 2011 Mortalité post-néonatale 210 • Mortalité des enfants Graphique 12.2 Tendances de la mortalité infantile, juvénile et infanto-juvénile 20 40 60 80 100 120 Décès pour mille Année centrale des estimations Mortalité infantile 20 40 60 80 100 120 Décès pour mille Année centrale des estimations Mortalité juvénile 60 80 100 120 140 160 180 200 220 Décès pour mille Année centrale des estimations EDSC-I 1991 EDSC-II 1998 EDSC-III 2004 EDS-MICS 2011 Mortalité infanto-juvénile Mortalité des enfants • 211 Au regard des intervalles de confiance du quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) estimé pour la période 0-4 ans avant l’EDS-MICS 2011, avant l’EDSC-III de 2004, et avant l’EDS-II de 1998 (Graphique 12.3), on peut conclure que le niveau de mortalité des enfants au cours de la période 2006-2011 a connu une baisse significative par rapport à celui des périodes 1999-2004 et 1993-1998. Cependant le chevauchement des intervalles de confiance obtenus pour l’EDSC-II de 1998 et l’EDSC-III de 2004 indique des différences non significatives entre les périodes 1993-1998 et 1999-2004. Graphique 12.3 Mortalité infanto-juvénile avec intervalles de confiance pour la période 0-4 ans avant l'EDSC-II 1998, l'EDSC-III 2004 et l'EDS-MICS 2011 167 155 131 135 132 113 151 144 122 100 120 140 160 180 EDSC-II 1998 EDSC-III 2004 EDS-MICS 2011 D éc ès p ou r 1 00 0 n ai ss an ce s vi va nt es 12.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE ET GROUPES À HAUTS RISQUES Le niveau de la mortalité varie autant en fonction des caractéristiques de la mère qu’en fonction de celles des enfants. Le tableau 12.2 présente les différents quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques sociodémographiques de la mère pour les 10 années précédant l’enquête (2001-2011). La référence à une période de dix années utilisée ici est nécessaire pour disposer d’un nombre de cas suffisant pour estimer les probabilités de décès dans chaque sous-groupe de population avec un niveau de précision acceptable. Les risques de décéder avant l’âge de 5 ans présentent des écarts importants selon le milieu de résidence et ces écarts sont plus accentués pour la mortalité juvénile que pour la mortalité infantile. D’une manière générale, la mortalité infantile est beaucoup moins élevée en milieu urbain (58 ‰), en particulier à Yaoundé/Douala (54 ‰), qu’en milieu rural (77 ‰). En outre, on peut noter que la mortalité post-néonatale des enfants de Yaoundé/Douala (21 ‰) est plus d’une fois et demie inférieure à celle des enfants des Autres villes (34 ‰) et deux fois inférieure à celle des enfants du milieu rural (42 ‰). En ce qui concerne la mortalité néonatale, on constate que les différences sont moins importantes. De même, après le premier anniversaire, les résultats montrent qu’en milieu urbain, sur 1 000 enfants survivants au premier anniversaire, 37 décèdent avant le cinquième anniversaire contre 82 en milieu rural. Dans l’ensemble, on note que le niveau de la mortalité infanto-juvénile est plus faible à Yaoundé/Douala (76 ‰) que dans les Autres villes (102 ‰) et en milieu rural 212 • Mortalité des enfants (153 ‰). La qualité de l’offre et des niveaux d’utilisation des services de santé expliqueraient, en partie, ces différences de mortalité. Tableau 12.2 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio-économiques Quotients (en ‰) de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période des dix années ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques socio-économiques, Cameroun 2011 Caractéristique socioéconomique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto-juvénile (5q0) Milieu de résidence Yaoundé/Douala 33 21 54 23 76 Autres villes 27 34 61 44 102 Ensemble urbain 29 29 58 37 93 Rural 35 42 77 82 153 Région Adamaoua 41 33 74 59 129 Centre (sans Yaoundé) 33 32 65 60 121 Douala 34 16 49 27 75 Esta 23a 25a 48a 51a 96a Extrême-Nord 38 48 85 90 168 Littoral (sans Douala) 34 29 63 45 106 Nord 35 61 96 105 191 Nord-Ouest 26 17 43 27 68 Ouest 16 32 48 55 100 Sud 23 30 53 53 103 Sud-Ouest 44 33 77 54 127 Yaoundé 33 25 58 20 76 Niveau d'instruction de la mère Aucun 39 50 89 95 175 Primaire 30 37 67 63 125 Secondaire 1er cycle 27 23 50 32 81 Secondaire 2nd cycle ou plus 33 18 52 18 69 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 40 50 90 103 184 Second 30 41 71 79 144 Moyen 29 37 66 58 120 Quatrième 31 27 58 34 90 Le plus riche 29 22 51 22 72 1 Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale. a Concernant les niveaux de mortalité de la région Est, voir les commentaires dans le texte. L’analyse par région met en évidence de fortes disparités. Le niveau de mortalité infantile varie du simple au double, d’un minimum de 43 ‰ dans le Nord-Ouest à un maximum de 96 ‰ dans le Nord. En ce qui concerne la mortalité juvénile, son niveau varie encore plus, passant de 27 ‰ dans le Nord-Ouest à 105 ‰ dans le Nord. Les régions du Nord et de l’Extrême-Nord se distinguent des autres régions par une mortalité juvénile supérieure à la mortalité infantile. Quant à la mortalité infanto-juvénile, on peut noter que, globalement, c’est dans le Nord-Ouest (68 ‰) qu’elle est la plus faible et au Nord (191 ‰) qu’elle est la plus élevée. Il convient de noter que, dans la région de l’Est, le niveau des quotients de mortalité des enfants, surtout celui de la mortalité infantile, semble sous-estimé. En effet, le fait que la région de l’Est aurait un niveau de mortalité voisin de celui de Yaoundé et de Douala, et l’ampleur de la baisse de la mortalité qui se serait produite dans cette région depuis l’EDSC-III de 2004 semblent improbables compte tenu de la situation sanitaire de cette région. Cependant, compte tenu du faible poids démographique de la région de l’Est1, cette sous-estimation ne peut affecter significativement les estimations des différents indicateurs de mortalité des enfants au niveau national, Comme observé dans la plupart des études, la survie de l’enfant est fortement corrélée au niveau d’instruction de la mère. Dans l’ensemble, un enfant dont la mère n’a aucun niveau 1 La région de l’Est représente moins de 5 % de la population totale du Cameroun. Mortalité des enfants • 213 d’instruction a une probabilité de mourir, avant le premier anniversaire 1,7 fois plus élevée que celle d’un enfant dont la mère a un niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus (89 ‰ contre 52 ‰). La différence de mortalité observée dans la période infantile devient encore plus importante au cours de la période juvénile (95 ‰ contre 18 ‰ soit plus de 5 fois plus). Finalement, la probabilité de mourir avant 5 ans est de 175 ‰ pour les enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction contre 77 ‰ lorsque celle-ci a atteint au moins le niveau d’instruction secondaire 2nd cycle. Les résultats montrent également que le niveau de vie des ménages influence fortement les risques de décéder des enfants. Quelle que soit la composante de la mortalité des enfants, les niveaux de mortalité sont nettement plus élevés pour les enfants vivant dans les ménages les plus pauvres (184 ‰ pour la mortalité infanto-juvénile) que pour ceux des ménages les plus riches (72 ‰). Le tableau 12.3 et le graphique 12.4 présentent les quotients de mortalité pour la période de dix années précédant l’enquête selon certaines caractéristiques des enfants et certains comportements procréateurs des mères. Entre la naissance et le cinquième anniversaire, la mortalité des enfants de sexe masculin est, comme dans la plupart des populations, légèrement plus élevée que celle des enfants de sexe féminin. Les résultats montrent qu’à la naissance, sur 1 000 garçons, 135 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire contre 122 pour 1 000 filles. Il apparaît que c’est au cours du premier mois de vie que la surmortalité des enfants de sexe masculin est la plus élevée. Tableau 12.3 Quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants Quotients (en ‰) de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période des dix années ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants, Cameroun 2011 Caractéristique démographique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Sexe de l'enfant Masculin 36 37 73 66 135 Féminin 29 36 65 60 122 Age de la mère à la naissance de l'enfant <20 33 41 74 72 141 20-29 30 35 64 64 124 30-39 39 39 78 55 129 40-49 27 23 50 (56) (104) Rang de naissance 1 36 30 66 53 115 2-3 26 33 59 62 118 4-6 33 40 73 67 135 7+ 43 50 93 78 164 Intervalle avec la naissance précédente2 <2 années 49 61 109 99 197 2 années 25 36 61 65 122 3 années 26 21 46 45 90 4 années+ 22 28 50 40 88 Taille à la naissance3 Petit/très petit 52 32 85 na na Moyen ou gros 22 29 51 na na Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 250-499 personnes/mois d’exposition non pondérés. na = Non applicable. 1 Calculé par différence entre les quotients de mortalité infantile et néonatale. 2 Non compris les naissances de rang 1. 3 Quotients pour la période des 5 années avant l'enquête. 214 • Mortalité des enfants Graphique 12.4 Mortalité infantile et caractéristiques des naissances 51 85 50 46 61 109 93 73 59 66 50 78 64 74 65 73 Moyen ou gros Petit/très petit TAILLE À LA NAISSANCE 4 ou + 3 2 <2 INTERVALLE INTERGENÉSIQUE 7+ 4-6 2-3 1 RAND DE NAISSANCE 40-49 30-39 20-29 <20 ÂGE DE LA MÈRE Féminin Masculin SEXE Décès pour 1 000 naissances EDS-MICS 2011 Au moment de l’enquête, on a demandé à la mère de fournir une évaluation de la grosseur de l’enfant à la naissance (est-ce qu’à la naissance, l’enfant était très petit, petit, moyen ou gros ?). Il convient de rappeler que le poids d’un enfant à la naissance est déterminé par un certain nombre de facteurs, notamment l’état de santé, l’état nutritionnel et la maturité physiologique de la mère au cours de la grossesse. Par ailleurs, il est reconnu que les grossesses peu espacées et/ou répétées, ainsi que l’immaturité physiologique de la future maman sont des facteurs favorisant la naissance d’un enfant à faible poids. Le tableau 12.3 fournit les niveaux de mortalité selon la grosseur de l’enfant à la naissance. Il apparaît que les bébés très petits ou petits (y compris les prématurés) courent un risque de décéder avant un an beaucoup plus élevée que les bébés moyens ou gros (85 ‰ contre 51 ‰). En outre, la période néonatale s’avère critique pour les bébés petits ou très petits ; leur mortalité durant les 30 premiers jours est deux fois et demie plus élevée que celle des enfants moyens ou gros (52 ‰ contre 22 ‰). Après avoir passé la période critique des 30 premiers jours, les différences de mortalité entre les deux catégories d’enfants se réduisent considérablement (32 ‰ et 29 ‰). En ce qui concerne l’âge de la mère à la naissance, on constate que les risques de décéder sont globalement plus importants chez les enfants nés de mère âgées de moins de 20 ans que chez les autres (Tableau 12.3 et Graphique 2.3). Selon le rang de naissance, on note que les naissances de rang supérieur à 6 ont des risques de mortalité plus élevés que celles de rangs inférieurs. Par ailleurs, la durée de l’intervalle intergénésique apparaît également comme un facteur influençant les risques de mortalité chez les enfants. En effet, les intervalles très courts (moins de deux ans) sont associés à des niveaux de mortalité très élevés (mortalité infantile de 109 ‰), quelle qu’en soit la composante. Ces types d’intervalle réduisent considérablement les possibilités de récupération des capacités physiologiques de la femme, exposant ainsi les enfants à une surmortalité. Une nette réduction des risques de la mortalité des enfants est observée lorsque la mère espace les naissances de deux, trois, voire quatre ans ou plus. Mortalité des enfants • 215 L’analyse de ces trois dernières caractéristiques a permis de mettre en évidence les risques de mortalité importants encourus par les enfants dans un contexte de fécondité élevée, caractérisé par des naissances précoces ou tardives avec des intervalles intergénésiques courts. Le tableau 12.4 présente une classification des naissances des 5 dernières années selon les catégories à hauts risques auxquelles elles correspondent :  les naissances de rang 1, qui présentent un risque plus élevé de mortalité, mais qui sont inévitables sauf lorsqu’elles sont issues de jeunes mères (âgées de moins de 18 ans) ;  les naissances issues des mères appartenant à une autre catégorie à haut risque unique : âge de procréation précoce (moins de 18 ans), ou tardif (après 34 ans), intervalle intergénésique très court (moins de 24 mois) et rang élevé de naissance (supérieur à 3) ;  les naissances correspondant à une combinaison de catégories de risque selon l’intervalle intergénésique et le rang de naissance, selon l’âge et le rang, selon l’intervalle intergénésique et l’âge, et selon ces trois caractéristiques et, enfin ;  les naissances ne correspondant à aucune catégorie de risque définie ci-dessus. Il ressort du tableau 12.4 qu’environ 25 % des naissances survenues au cours des 5 années ayant précédé l’enquête ne correspondent à aucune catégorie à haut risque identifié, 15 % sont dans la catégorie à hauts risques inévitables parce qu’elles sont de rang 1 ; 41 % sont à haut risque unique et 19 % sont à hauts risques multiples. Pour évaluer le risque supplémentaire de décéder que font courir aux enfants les comportements procréateurs des mères, des « rapports de risque » ont été calculés en prenant comme référence les naissances n’appartenant à aucune catégorie à haut risque. Le rapport de risque est donc le rapport de la proportion d’enfants décédés dans chaque catégorie à haut risque à la proportion d’enfants décédés dans la catégorie sans risque. Les naissances de rang 1 ne sont pas évitables mais, même lorsqu’elles ne surviennent pas à un âge trop précoce ou trop tardif, c’est-à-dire avant 18 ans ou après 34 ans, elles sont généralement des naissances à risque. Cependant, il apparaît ici que le risque de décéder pour un enfant de rang 1 et dont la mère a entre 18 et 34 ans est légèrement inférieur à la catégorie de référence (0,91). Un enfant appartenant à une catégorie quelconque à haut risque unique (non compris les enfants de rang 1 et de mère de 18-34 ans) court un risque 1,18 fois supérieur à un enfant n’appartenant à aucune catégorie à haut risque. Il apparaît qu’un intervalle intergénésique très court est un facteur de risque élevé puisqu’un enfant né dans un intervalle inférieur à moins de 24 mois après l’enfant précédent court un risque de décéder 1,54 fois plus important que celui de la catégorie de référence. Il en est de même de la fécondité précoce : les enfants nés de mères adolescentes courent un risque de décéder 1,39 fois plus important que les enfants de la catégorie de référence. Ce sont les enfants appartenant à la catégorie de hauts risques multiples qui sont les plus exposés, puisque leur risque de décéder est de 1,65 fois plus élevé que ceux de la catégorie de référence. Les enfants nés dans un intervalle intergénésique très court et de mères très jeunes sont particulièrement exposés : ils courent 1,97 fois plus de risque de décéder que ceux de la catégorie de référence. Il en est de même des enfants nés dans un intervalle intergénésique très court, de rang élevé (supérieur à 3) et de mère âgée (plus de 34 ans) : leur risque de décéder est de 2,34 fois plus important que les enfants de la catégorie de référence. Par ailleurs, les enfants qui combinent un intervalle intergénésique très court et un rang de naissance élevé (supérieur à trois) courent un risque 2,27 fois plus important que ceux de la catégorie de référence. Ces résultats montrent donc qu’un meilleur espacement des naissances n’a pas pour seul résultat la 216 • Mortalité des enfants réduction du nombre de naissances chez la femme, mais aussi et surtout une amélioration considérable des chances de survie des enfants. Tableau 12.4 Comportement procréateur à hauts risques Répartition (en %) des enfants nés au cours des 5 années ayant précédé l'enquête par catégorie de hauts risques de mortalité, ratio de risques et répartition (en %) des femmes actuellement en union par catégorie de hauts risques si elles concevaient un enfant au moment de l'enquête, Cameroun 2011 Catégories de risques Naissances des 5 années ayant précédé l'enquête Pourcentage de femmes actuellement en union 1 Pourcentage de naissances Ratio de risques Dans aucune catégorie à hauts risques 25,3 1,00 16,7a Catégorie à risque inévitable Naissances de rang 1, entre 18 et 34 ans 15,1 0,91 7,2 Catégorie à haut risque unique Âge de la mère <18 8,5 1,39 1,5 Âge de la mère >34 0,9 0,32 5,2 Intervalle intergénésique <24 mois 6,6 1,54 9,7 Rang de naissance >3 24,7 1,04 17,0 Sous-total 40,8 1,18 33,3 Catégorie à hauts risques multiples Âge <18 et intervalle intergénésique <24 mois2 0,8 1,97 0,6 Âge >34 et intervalle intergénésique <24 mois 0,0 * 0,1 Âge >34 et rang de naissance >3 9,0 1,00 25,1 Âge >34 et intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance >3 1,5 2,34 4,2 Intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance >3 7,5 2,27 13,0 Sous-total 18,8 1,65 42,9 Dans une des catégories de hauts risques évitables 59,7 1,33 76,2 Total 100,0 na 100,0 Effectif de naissances/femmes 11 748 na 9 792 Note: Le rapport de risques est le rapport de la proportion d'enfants décédés, parmi les enfants appartenant à chaque catégorie à hauts risques à la proportion d'enfants décédés parmi les enfants n'appartenant à aucune catégorie à hauts risques. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. na = Non applicable 1 Les femmes sont classées dans les catégories à risques selon le statut qu'elles auraient à la naissance de l'enfant si l'enfant était conçu au moment de l'enquête : âge actuel inférieur à 17 ans et 3 mois ou supérieur à 34 ans et 2 mois, ou la dernière naissance a eu lieu dans les 15 derniers mois, ou la dernière naissance était de rang 3 ou plus. 2 Y compris la catégorie: âge < 18 ans et rang de naissance > 3. a Y compris les femmes stérilisées. À partir de cette analyse du comportement procréateur à haut risque, on a essayé de déterminer la proportion des femmes actuellement en union qui, potentiellement, pourraient avoir un tel comportement. Pour cela, à partir de l’âge actuel des femmes, de l’intervalle écoulé depuis leur dernière naissance et du rang de leur dernière naissance, on détermine dans quelle catégorie se situerait la prochaine naissance, si chaque femme concevait au moment de l’enquête. Il s’agit donc d’une simulation ayant pour objectif de déterminer quelles proportions de futures naissances entreraient dans les catégories à risque, en l’absence de tout comportement régulateur de la fécondité. Mortalité des enfants • 217 À la dernière colonne du tableau 12.4, figurent les proportions de femmes qui sont susceptibles de donner naissance à des enfants qui entreraient dans des catégories à hauts risques. Dans l’ensemble, 76 % des femmes actuellement en union seraient susceptibles de donner naissance à un enfant qui appartiendrait à une catégorie à hauts risques évitables, 33 % appartiendraient à une catégorie à haut risque unique et 43 % à une catégorie à hauts risques multiples. Seulement 17 % des femmes en union seraient susceptibles de donner naissance à un enfant n’entrant dans aucune catégorie à hauts risque. Cette analyse succincte démontre une fois de plus la nécessité de mettre en place des mécanismes régulateurs de la fécondité dans le but de réduire les hauts risques de mortalité encourus par les jeunes enfants au Cameroun. Mortalité adulte et mortalité maternelle • 219 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE 13 Paul Roger LIBITÉ et Bernard BARRÈRE es taux de mortalité des adultes et de mortalité maternelle sont des indicateurs clés de l'état de santé d'une population et des indicateurs de développement. L'estimation de ces taux de mortalité exige la déclaration complète et exacte des décès d'adultes et de décès maternels. Ces estimations pourraient être obtenues grâce à l'état civil, mais cette source d'information étant incomplète et déficiente au Cameroun, le module sur la mortalité maternelle inclus dans l’EDS-MICS 2011 a collecté les données nécessaires à l’estimation de ces indicateurs. Ce chapitre présente les résultats basés sur les données relatives à l’historique des frères et sœurs des enquêtées recueillies dans le module sur la survie des frères et sœurs (communément appelé « Module mortalité maternelle ») du questionnaire individuel femmes de l’EDS-MICS 2011. En plus des taux de mortalité des femmes et des hommes de 15-49 ans par groupe d'âges quinquennal, ce chapitre présente une mesure résumée de la mortalité adulte (35q15) qui correspond à la probabilité de mourir entre les âges exacts 15 et 50 ans. Pour suivre l'évolution des probabilités de décès des adultes, le quotient 35q15 a également été calculé pour l’EDSC-III de 2004. Le terme « mortalité maternelle » utilisé dans ce chapitre (et dans les EDS précédentes), correspond à la notion de « mortalité liée à la grossesse » telle que définie dans la dernière Classification Internationale des Maladies (CIM-10). Selon la CIM-10, un décès lié à la grossesse est défini comme étant le décès d'une femme pendant la grossesse ou dans les 42 jours suivant la fin de la grossesse, quelle que soit la cause du décès (WHO, 2004). Conformément à cette définition, le module sur la survie des frères et sœurs utilisé dans les enquêtes EDS ne collecte des informations que sur le moment où le décès s’est produit et non sur la cause du décès. Cependant, les données recueillies ne portent pas exactement sur les 42 jours suivant la fin de la grossesse, mais sur une période de deux mois. L Principaux résultats  Les niveaux de mortalité adulte n’ont pratiquement pas changé depuis 2004 et sont identiques pour les hommes et les femmes.  Entre 15 et 50 ans, les hommes et les femmes courent un risque de décéder compris entre un sur quatre et un sur 5.  Les décès maternels représentent 22 % de tous les décès de femmes de 15-49 ans.  Les femmes courent un risque de 1 sur 25 de décéder de cause maternelle pendant les âges de procréation.  Le rapport de mortalité maternelle est estimé à 782 décès pour 100 000 naissances vivantes au cours de la période de sept ans précédant l'enquête (2004- 2011).  La mortalité maternelle a augmenté de façon significative au cours de la période 2004-2011 par rapport à la période 1991-1998. 220 • Mortalité adulte et mortalité maternelle 13.1 ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES Au cours de l’EDS-MICS 2011, pour obtenir l’historique des frères et sœurs, l’enquêtrice demandait d'abord à chaque femme interrogée la liste de tous les enfants nés de sa mère biologique, en commençant par le premier-né. L'enquêtrice demandait ensuite si chacun de ces frères et sœurs était toujours vivant. Elle demandait alors l’âge actuel de chaque frère et sœur vivant et, pour frères et sœurs décédés, l'âge au décès et le nombre d'années écoulées depuis le décès. Quand une enquêtée ne pouvait pas fournir d’information précise sur l'âge au moment du décès et/ou sur le nombre d’années écoulées depuis le décès, une réponse approximative était acceptée. Pour les sœurs décédées à l'âge de 12 ans ou plus, l’enquêtrice posait la ou les questions supplémentaires suivantes afin de déterminer si le décès était « maternel » :  «[NOM DE LA SOEUR] était-elle enceinte quand elle est décédée ? » Dans le cas d'une réponse négative, on demandait alors :  « Est-ce que [NOM DE LA SOEUR] est décédée au cours d’un accouchement ? » Dans le cas d'une réponse négative à cette deuxième question, on demandait alors :  « Est-ce que [NOM DE LA SOEUR] est décédée dans les deux mois suivant la fin d'une grossesse ou d’un accouchement ? ». Ces questions sont structurées pour encourager l’enquêtée à déclarer tout décès lié à une grossesse, quelle qu'en soit l'issue. L'ensemble de ces décès est considéré comme des décès maternels. Le tableau C.8 à l'Annexe C montre qu’au cours de l’EDS-MICS 2011 un total de 91,988 frères et sœurs ont été enregistrées dans le module de mortalité maternelle. L’état de survie n’est manquant que pour 59 frères et sœurs (0,1 %). Parmi les frères et sœurs survivants, l’âge actuel n'a pas été déterminé dans 256 cas, soit 0,4 %. Pour plus de 98 % des frères et sœurs décédés, à la fois l'âge au moment du décès et le nombre d’années depuis le décès ont été déclarés. À l’opposé, dans 0,4 % des cas, à la fois l'âge au décès et le nombre d’années depuis le décès étaient manquants. Le rapport de masculinité à la naissance (nombre de frères pour 100 sœurs) est de 104,6 (Tableau C.9) et varie peu selon l’âge de l’enquêtée (de 102 à 108). Ces niveaux sont cohérents avec les données internationales dont les estimations se situent entre 102 et 106, quelles que soient les populations. Il semble donc qu’au cours de l’EDS-MICS 2011 il n’y ait pas eu de sous-déclaration d’un sexe par rapport à l’autre. La taille moyenne de la fratrie y compris l'enquêtée (Tableau C.9) ne présente qu’assez peu de variation selon l’âge de l’enquêtée, ce qui semble indiquer, comme les résultats précédents, qu’il n’y a eu aucune omission importante de frères et sœurs. 13.2 ESTIMATION DE LA MORTALITÉ ADULTE Une façon d'évaluer la qualité des données utilisées pour estimer la mortalité maternelle est d'évaluer d’abord la vraisemblance et la fiabilité des estimations de la mortalité des adultes. En effet, si les taux de mortalité générale des adultes ne sont pas fiables, les taux fondés sur le sous-ensemble des décès maternels le seront encore moins. En outre, les niveaux et tendances de la mortalité générale des adultes ont des implications importantes du point de vue des programmes de santé, en particulier, en ce qui concerne l'impact potentiel de l'épidémie de sida, d'autres maladies infectieuses et de maladies non transmissibles. L'estimation directe de la mortalité adulte utilise les âges déclarés au décès et le nombre d’années écoulées depuis le décès des frères et sœurs des enquêtées. Les taux de mortalité sont calculés en divisant le nombre de décès dans chaque groupe d'âges des femmes et des hommes par le total des personnes-années d'exposition au risque de décéder dans ce groupe d'âges pendant une période déterminée précédant l'enquête. Mortalité adulte et mortalité maternelle • 221 Pour avoir un nombre suffisamment important de décès d'adultes permettant de produire une estimation fiable, les taux sont calculés pour la période de sept ans précédant l'enquête (environ 2004-2011). Néanmoins, les taux de mortalité par âge obtenus de cette manière restent soumis à des variations d'échantillonnage considérables. Le tableau 13.1 présente les taux de mortalité par âge pour les femmes et les hommes de 15-49 ans pour la période de sept ans précédant l'enquête. Globalement, les niveaux de mortalité adulte sont quasiment identiques chez les femmes et les hommes (6,4 et 6,2 décès pour 1 000). Les taux de mortalité par âge sont peu différents, sauf à 40-49 ans où ils sont nettement plus élevés chez les hommes que chez les femmes ; cependant ces différences ne sont pas statistiquement significatives. En effet, comme le montre le tableau B.19 en Annexe B, les intervalles de confiance de la plupart des taux de mortalité par âge se chevauchent. Néanmoins, comme on pouvait s’y attendre, les taux de mortalité suivent une tendance générale à la hausse avec l’âge, passant d’environ 3 ‰ à 15-19 ans à environ 10 ‰ chez les femmes de 45-49 ans et 12 ‰ chez les hommes du même âge. Le tableau 13.2 présente une mesure synthétique du risque de décéder entre les âges exacts 15 et 50 ans (35q15). Selon l’EDS-MICS 2011, les femmes courent un risque de décéder de 228 ‰ entre 15 et 50 ans ; la probabilité de décéder des hommes (232 ‰) n’est pas significativement différente de celle des femmes (voir les intervalles de confiance au tableau B.19). En d’autres termes, au Cameroun, entre 15 et 50 ans, les hommes et les femmes courent un risque de décéder compris entre un sur quatre et un sur cinq. Les estimations de 35q15 selon les données de l’EDSC-III de 2004 montrent un écart légèrement plus important entre les sexes : les hommes ayant à cette date une probabilité de décéder légèrement plus élevée que celle des femmes (242 ‰ contre 227 ‰) ; néanmoins, là encore, ces différences ne sont pas statistiquement significatives. Au cours de la période de sept ans qui sépare l’EDSC-III de 2004 et l’EDS-MICS 2011, la probabilité de décéder entre 15 et 50 ans n’a pas changé pour les femmes (227 ‰ et 228 ‰) et, pour les hommes, la faible baisse observée (232 ‰ contre 242 ‰) n’est pas statistiquement significative (Tableau B.9). Tableau 13.2 Quotient de mortalité adulte Probabilité de décéder des femmes et des hommes entre les âges de 15 et 50 ans pour la période 0-6 ans précédant l’EDS-MICS 2011 et l’EDSC-III 2004 Enquête Femmes 35q151 Hommes 35q151 EDS-MICS 2011 (période 2004-2011) 228 232 EDSC-III 2004 (période 1997-2004) 227 242 1 Probabilité de décéder entre les âges exacts 15 et 50 ans, exprimée pour 1 000 personnes-années d’exposition Tableau 13.1 Taux de mortalité des adultes Estimation directe de la mortalité des femmes et des hommes par groupe d’âges, pour la période 0-6 ans avant l’enquête, Cameroun 2011 Groupe d’âges Décès Années d’exposition Taux de mortalité1 FEMMES 15-19 114 38 233 2,98 20-24 203 41 676 4,87 25-29 234 36 268 6,45 30-34 227 27 744 8,18 35-39 175 19 440 8,98 40-44 127 12 120 10,44 45-49 72 7 323 9,88 15-49 1 151 182 804 6,39a HOMMES 15-19 122 38 040 3,20 20-24 136 42 330 3,22 25-29 202 37 324 5,42 30-34 234 28 720 8,16 35-39 169 20 551 8,24 40-44 158 12 985 12,14 45-49 93 7 448 12,43 15-49 1 114 187 398 6,18a 1 Pour 1 000 personnes a Taux standardisés par âge 222 • Mortalité adulte et mortalité maternelle 13.3 ESTIMATION DE LA MORTALITÉ MATERNELLE La mortalité maternelle au Cameroun et dans d'autres pays en développement peut être estimée à l'aide de deux procédures : la méthode des sœurs (Graham et al, 1989.) qui est une méthode indirecte et une méthode d’estimation directe qui est une variante de la méthode des sœurs (Rutenberg et Sullivan, 1991). La méthode indirecte fournissant une estimation de la mortalité maternelle sur une période rétrospective très longue, centrée sur 12 ans avant l’enquête, c’est la procédure d'estimation directe qui est appliquée ici. Le tableau 13.3 présente les estimations directes de mortalité maternelle pour la période de sept ans précédant l'enquête. Le taux de mortalité maternelle chez les femmes de 15-49 ans est de 1,3 décès maternels pour 1 000 femmes-années d'exposition. Par groupes d'âges quinquennaux, c’est chez les femmes de 30-34 ans que le taux de mortalité maternelle est le plus élevé (1,9 ‰) et à 15-19 ans qu’il est le plus faible (0,7 ‰). Les variations entre les autres groupes d’âges ne sont pas, pour la plupart, statistiquement significatives (voir Annexe B.19). Selon l’EDS-MICS 2011, les décès maternels représentent 22 % de tous les décès de femmes de 15-49 ans, comparativement à 26 % selon l’EDSC-II de 1998 et l’EDSC-III de 2004. Le pourcentage de décès de femmes qui sont « maternels » varie selon l'âge, passant de 28 % chez les femmes de 15-19 ans à un maximum de 64 % à 20-24 ans. Ce pourcentage est supérieur à 50 % à 25-34 ans, puis diminue rapidement avec l’âge comme diminue le niveau de fécondité. Tableau 13.3 Mortalité maternelle Estimation directe des taux de mortalité maternelle pour la période 0-6 avant l’enquête, par groupe d’âges quinquennal, Cameroun 2011 Groupe d’âges Pourcentage de décès de femmes qui sont maternels Décès maternels Années d’exposition Taux de mortalité maternelle1 15-19 24,6 28 38 233 0,73 20-24 31,5 64 41 676 1,54 25-29 24,1 56 36 268 1,55 30-34 23,4 53 27 744 1,92 35-39 16,5 29 19 440 1,48 40-44 10,4 13 12 120 1,08 45-49 11,9 9 7 323 1,17 15-49 21,9 252 182 804 1,33a Taux Global de Fécondité Générale (TGFG)2 170a Rapport de mortalité maternelle (RMM)3 782 Risque de mortalité maternelle sur la durée de vie (RDV)4 0,040 1 Exprimé pour 1 000 femmes-années d’exposition. 2 Exprimé pour 1 000 femmes de 15-49 ans. 3 Exprimé pour 100 000 naissances, calculé comme suit : [Taux de mortalité maternelle 15-49 ans standardisé par âge x 100 / TGFG standardisé par âge]. 4 Calculé à partir de la formule suivante : 1-(1-RMM) ISF, où l’ISF est l’indice synthétique de fécondité pour la période 0-6 ans avant l’enquête (estimé à 5,2 enfants par femme). a Taux standardisés par âge. Le taux de mortalité maternelle peut être converti en rapport de mortalité maternelle (nombre de décès maternels pour 100.000 naissances vivantes) en le divisant par le taux global de fécondité générale standardisé pour la période correspondante, soit 170 ‰. Exprimé de cette manière, on met davantage en relief le risque obstétrical de la grossesse et de la maternité. Le rapport de mortalité maternelle est estimé à 782 décès pour 100 000 naissances vivantes au cours de la période de sept ans précédant l'enquête, soit environ 2004-2011. En d'autres termes, au Cameroun, pour 1 000 naissances vivantes au cours des sept années précédant l’EDS-MICS 2011, près de huit femmes (7,8) sont décédées pendant la grossesse, pendant l'accouchement, ou dans les deux mois suivant l'accouchement. Mortalité adulte et mortalité maternelle • 223 Un autre indicateur, le risque de mortalité maternelle sur la durée de vie (RDV)1, est calculé à partir du rapport de mortalité maternelle (Tableau 13.3). Cet indicateur exprime le risque pour une femme de décéder de cause maternelle durant les âges de procréation. Ce risque est estimé à 0,04 pour la période 0-6 ans avant l’enquête. Autrement dit, aujourd’hui au Cameroun, les femmes courent un risque de 1 sur 25 de décéder de cause maternelle pendant les âges de procréation. Le rapport de mortalité maternelle estimé à l’EDS-MICS 2011 semble supérieur à celui estimé sept ans plus tôt à l’EDSC-III de 2004 (782 ‰ contre 669 ‰). Cependant, comme le montre le graphique 13.1, les intervalles de confiance très importants de ces estimations se chevauchent largement et on ne peut donc affirmer avec certitude que cette apparente augmentation soit réelle. Par contre, la comparaison de l’estimation actuelle, de celle de l’EDSC-III de 2004 et de celle de l’EDSC-II de 1998 met en évidence une augmentation significative de la mortalité maternelle au cours de la période 2004-2011 par rapport à la période 1991-1998. Graphique 13.1 Rapport de mortalité maternelle avec intervalles de confiance pour la période 0-6 ans avant l'EDS 1998, l'EDSC-III 2004 et l'EDS-MICS 2011 650 780 647 372 558 916 511 669 782 0-6 ans avant l'EDSC-II 1998 (1991-1998) 0-6 ans avant l'EDSC-III 2004 (1997-2004) 0-6 ans avant l'EDS-MICS 2011 (2004-2011) Dé cè s m at er ne ls po ur 10 0 0 00 n ai ss an ce s v iva nt es 1 La formule de calcul de cette probabilité figure en note du tableau 13.3. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA • 225 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DES IST/SIDA 14 Pierre SOHKADJIE SONGO et Moussa SOUAIBOU epuis l’apparition en 1985 des premiers cas de sida au Cameroun, le Gouvernement a fait de la lutte contre le VIH et le sida une priorité nationale. Cet engagement au plus haut niveau de l’État s’est matérialisé par la mise en œuvre des Plans d’urgences de lutte contre le VIH et le sida dans les années 90 et de deux Plans Stratégiques Nationaux pour les périodes 2000-2005 et 2006-2010 qui ont permis d’accroitre le niveau de connaissances des populations en matière de VIH et sida. Le Plan de 3ème génération élaboré en 2010 pour la période 2011-2015 s’est fixé de grandes orientations et des principes d’action qui s’arriment à la vision de développement du Gouvernement à l’horizon 2035, à la stratégie de croissance et de l’emploi et aux différentes stratégies sectorielles. Aussi, s’inscrit-il dans le cadre de la réalisation des engagements internationaux pris par le Cameroun, notamment l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Ce Plan envisage de réduire la morbidité et la mortalité liée au VIH et les autres IST et d’atténuer l’impact socio-économique sur le développement du pays. D Principaux résultats  Bien que la quasi-totalité de la population ait déclaré avoir entendu parler du VIH/sida, seulement 26 % des femmes et 33 % des hommes de 15-49 ans en ont une connaissance « approfondie ».  Seulement 48 % des femmes et 37 % des hommes savent que le VIH peut être transmis en allaitant et que le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux pendant la grossesse.  Seulement 12 % des femmes et 18 % des hommes se seraient comporté de manière tolérante envers les personnes vivant avec le VIH dans les quatre situations citées au cours de l’enquête.  La proportion d’hommes ayant déclaré avoir eu, au moins, 2 partenaires sexuelles au cours des 12 derniers mois est beaucoup plus élevée que celle des femmes (29 % contre 6 %).  Parmi les hommes ayant eu des partenaires sexuelles multiples au cours des 12 derniers mois, 43 % ont déclaré avoir utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels. Ce pourcentage est de 37 % chez les femmes.  Le nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie est estimé à 3,1 chez les femmes contre 12,1 chez les hommes.  Seulement, 22 % des femmes et 20 % des hommes ont reçu le résultat du dernier test du VIH effectué au cours des 12 derniers mois. À l’opposé, 46 % des femmes et 58 % des hommes n’ont jamais effectué de test du VIH. 226 • Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Dans le cas des pays à «épidémie généralisée1 » comme le Cameroun, le système de surveillance devrait mettre l’accent sur le suivi de l’infection à VIH et des comportements à hauts risques au sein de la population générale et de groupes spécifiques. En effet, l’efficacité des mesures de prévention dépend non seulement de la connaissance de l’ampleur2 et du rythme de propagation de l’épidémie mais aussi de l’identification des comportements, des attitudes et des pesanteurs socioculturelles qui posent problème. Un important volet de l’EDS-MICS 2011 a été consacré à la collecte des données sur les connaissances, les perceptions, les attitudes et les comportements vis-à-vis du VIH/sida et des IST. Ce chapitre analyse ces résultats au niveau national selon certaines caractéristiques sociodémographiques. 14.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA L’attitude et le comportement de la population vis-à-vis du VIH/sida sont largement tributaires, entre autres, du connaissance de cette maladie. Pour cette raison, l’EDS-MICS 2011 a collecté des informations qui ont permis de déterminer le niveau de connaissance du VIH/sida dans la population. Les résultats présentés au tableau 14.1 révèlent que la quasi-totalité des femmes (96 %) et des hommes (98 %) ont déclaré avoir entendu parler du VIH/sida. Comparées aux résultats de l’EDSC-III de 2004, on constate que ces proportions ont peu varié. Quel que soit le sexe, la connaissance du sida augmente avec le niveau d’instruction de l’individu et le bien-être économique du ménage. C’est parmi les femmes et les hommes sans niveau d’instruction et parmi les personnes les plus pauvres que les proportions d’individus ayant entendu parler du sida sont les plus faibles. Les résultats selon les régions confirment le niveau élevé de connaissance du sida par les populations : en dehors de la région de l’Extrême-Nord où huit personnes sur dix connaissent le sida, au moins neuf personnes sur dix ont déjà entendu parler du sida dans les autres régions. Tableau 14.1 Connaissance du sida Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Femme Homme A entendu parler du sida Effectif d'enquêtées A entendu parler du sida Effectif d'enquêtés Groupe d’âges 15-24 95,7 3 225 97,3 2 818 15-19 94,9 1 715 96,3 1 591 20-24 96,7 1 509 98,7 1 227 25-29 96,7 1 276 99,3 1 074 30-39 96,1 1 770 99,2 1 526 40-49 95,4 1 186 99,0 1 037 État matrimonial Célibataire 96,8 2 109 97,6 3 227 A déjà eu des rapports sexuels 99,3 1 096 99,4 1 978 N'a jamais eu de rapports sexuels 94,1 1 014 94,8 1 249 En union 95,4 4 692 99,1 2 958 Divorcé/Séparé/Veuf 97,2 655 99,3 270 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 99,5 1 618 99,7 1 501 Autres villes 98,6 2 374 99,4 2 106 Ensemble urbain 98,9 3 992 99,5 3 607 Rural 92,4 3 465 96,8 2 847 À suivre… 1 L’épidémie du VIH est dite généralisée lorsque l’infection est solidement installée dans la population générale et la prévalence du VIH est toujours supérieure à 1 % chez les femmes enceintes 2 La prévalence du VIH dans la population fait l’objet du chapitre 15. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA • 227 Tableau 14.1—Suite Caractéristique sociodémographique Femme Homme A entendu parler du sida Effectif d'enquêtées A entendu parler du sida Effectif d'enquêtés Région Adamaoua 97,2 366 98,8 262 Centre (sans Yaoundé) 99,1 560 99,2 534 Douala 99,9 765 99,6 707 Est 95,0 290 98,2 270 Extrême-Nord 82,4 1 183 95,4 956 Littoral (sans Douala) 97,0 296 99,8 287 Nord 96,9 858 98,1 729 Nord-Ouest 99,3 726 97,8 529 Ouest 99,2 779 99,7 659 Sud 98,7 191 99,5 185 Sud-Ouest 98,4 589 96,9 543 Yaoundé 99,2 853 99,8 794 Niveau d'instruction Aucun 85,9 1 559 93,6 533 Primaire 97,2 2 457 96,8 2 073 Secondaire 1er cycle 99,5 2 014 99,7 2 005 Secondaire 2nd cycle ou plus 99,6 1 427 99,9 1 844 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 84,8 1 227 95,0 987 Second 95,0 1 325 96,8 1 032 Moyen 97,7 1 447 98,7 1 175 Quatrième 99,6 1 642 99,6 1 465 Le plus riche 99,4 1 816 99,8 1 795 Ensemble 15-49 95,9 7 457 98,3 6 455 50-59 na na 98,4 736 Ensemble 15-59 na na 98,4 7 191 na = Non applicable 14.1.1 Connaissance des moyens de prévention et de transmission Connaissance des moyens de prévention du VIH La connaissance par la population des moyens de prévention est indispensable si l’on veut lutter efficacement contre la propagation du virus qui cause le sida. La limitation des rapports sexuels à un(e) seul(e) partenaire fidèle et non infecté(e) ainsi que l’utilisation du condom demeurent les principaux moyens de prévention de l’infection par le VIH. Au cours de l’EDS-MICS 2011, on a posé aux enquêtés une série de questions pour évaluer leur connaissance des moyens de prévention du VIH. Environ deux femmes sur trois (68 %) et trois hommes sur quatre (75 %) ont déclaré qu’on pouvait limiter les risques de contracter le VIH/sida en utilisant des condoms (Tableau 14.2). En outre, à la question de savoir si la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire sexuel non infecté permet d’éviter de contracter le VIH, 78 % de femmes et 85 % d’hommes ont répondu par l’affirmative. Globalement, 60 % des femmes et 68 % des hommes connaissent à la fois ces deux moyens de prévention. 228 • Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 14.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans qui, en réponse à une question déterminée, ont déclaré que l'on pouvait réduire les risques de contracter le virus du sida en utilisant des condoms à chaque rapport sexuel, et en se limitant à un seul partenaire sexuel qui n'est pas infecté et qui n'a pas d'autres partenaires selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Femme Homme Utilisant des condoms1 Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n'est pas infecté2 Utilisant des condoms et limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n'est pas infecté2 Effectif de femmes Utilisant des condoms1 Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n'est pas infecté2 Utilisant des condoms et limitant les rapports sexuels à un seul partenaire sexuel qui n'est pas infecté2 Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-24 67,7 77,3 60,0 3 225 75,1 81,4 66,8 2 818 15-19 63,8 74,1 56,5 1 715 72,8 78,5 63,7 1 591 20-24 72,1 81,1 64,0 1 509 78,1 85,3 70,7 1 227 25-29 72,1 79,7 65,2 1 276 79,6 87,5 72,1 1 074 30-39 68,6 78,5 61,2 1 770 77,5 87,1 70,9 1 526 40-49 60,7 77,3 54,9 1 186 69,0 87,1 63,4 1 037 État matrimonial Célibataire 73,2 80,8 66,3 2 109 77,2 83,5 69,6 3 227 A déjà eu des rapports sexuels 83,8 87,3 76,2 1 096 84,7 88,3 77,6 1 978 N'a jamais eu de rapports sexuels 61,8 73,8 55,6 1 014 65,4 76,0 56,8 1 249 En union 64,4 76,8 57,3 4 692 73,1 86,2 66,2 2 958 Divorcé/Séparé/Veuf 72,1 77,9 63,0 655 80,2 82,6 71,1 270 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 81,4 85,7 72,7 1 618 81,6 87,9 74,5 1 501 Autres villes 75,8 83,5 68,5 2 374 79,7 88,7 73,8 2 106 Ensemble urbain 78,1 84,4 70,2 3 992 80,5 88,4 74,1 3 607 Rural 55,4 70,7 49,0 3 465 69,0 80,0 60,5 2 847 Région Adamaoua 65,1 69,0 52,9 366 66,7 81,6 61,6 262 Centre (sans Yaoundé) 73,1 83,8 65,6 560 79,1 73,8 62,4 534 Douala 85,2 88,4 78,7 765 86,2 91,1 81,3 707 Est 60,4 74,1 53,0 290 87,2 91,8 84,1 270 Extrême-Nord 41,4 67,7 38,2 1 183 51,9 72,4 41,9 956 Littoral (sans Douala) 79,6 80,0 67,9 296 87,2 92,5 82,0 287 Nord 39,0 50,5 28,8 858 64,7 88,0 60,7 729 Nord-Ouest 80,7 94,5 79,0 726 78,0 88,5 74,3 529 Ouest 80,4 84,7 71,9 779 86,7 92,4 81,3 659 Sud 83,1 87,3 76,4 191 84,6 86,0 76,6 185 Sud-Ouest 79,1 86,7 72,9 589 83,2 84,1 74,9 543 Yaoundé 78,0 83,2 67,4 853 77,6 85,1 68,4 794 Niveau d'instruction Aucun 35,7 55,4 29,1 1 559 38,5 73,1 32,6 533 Primaire 66,7 77,5 58,2 2 457 69,1 80,5 60,7 2 073 Secondaire 1er cycle 80,3 86,5 73,1 2 014 81,9 86,7 74,0 2 005 Secondaire 2nd cycle ou plus 85,8 91,8 80,3 1 427 86,2 90,6 80,2 1 844 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 32,8 56,1 27,6 1 227 57,9 77,4 50,9 987 Second 60,7 74,7 53,9 1 325 71,3 80,9 63,1 1 032 Moyen 69,5 78,4 61,1 1 447 74,4 84,0 66,0 1 175 Quatrième 80,1 85,3 71,8 1 642 79,4 86,8 71,8 1 465 Le plus riche 83,2 88,3 76,2 1 816 84,8 89,6 78,7 1 795 Ensemble 15-49 67,5 78,0 60,4 7 457 75,4 84,7 68,1 6 455 50-59 na na na na 63,1 84,2 58,4 736 Ensemble 15-59 na na na na 74,2 84,6 67,1 7 191 na = Non applicable 1 En utilisant des condoms au cours de chaque rapport sexuel. 2 Un partenaire qui n'a pas d'autre partenaire. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA • 229 La connaissance de ces deux moyens de prévention varie en fonction des différentes caractéristiques sociodémographiques. C’est en milieu urbain, parmi les plus instruits et les plus riches que les proportions de femmes et d’hommes qui connaissent ces deux moyens de prévention du VIH sont les plus élevées (plus de 70 % de femmes et d’hommes). Les résultats selon les régions montrent également des différences importantes : c’est dans les régions du Nord (29 % de femmes et 61 % d’hommes) et de l’Extrême-Nord (38 % de femmes et 42 % d’hommes) que ces deux moyens sont les moins fréquemment connus. Les régions du Nord-Ouest (79%), du Sud (76 %) et de l’Ouest (72 %) se distinguent par les proportions les plus élevées de femmes qui connaissent ces deux moyens de prévention alors que chez les hommes, ce sont les régions de l’Est (92%), du Littoral (82 %) et de l’Ouest (81 %). Les idées erronées sur l’infection à VIH et le sida conditionnent les attitudes et les comportements de la population vis-à-vis de cette infection. Au cours de l’enquête, une série de propositions ont été soumises aux enquêtés pour mesurer leur niveau de connaissance correcte concernant la transmission et la prévention du virus. Les résultats sont présentés aux tableaux 14.3.1 et 14.3.2. On constate que plus de trois-quarts des femmes (77 %) savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir le virus du sida. En outre, la moitié des femmes (52 %) savent que le sida ne peut pas être transmis par les moustiques. Pour près de trois femmes sur cinq (58 %), le sida ne se transmet pas par des moyens surnaturels, et dans environ trois cas sur quatre (73 %), les femmes ont déclaré qu’une personne ne peut pas être infectée en partageant la nourriture de quelqu'un atteint du sida. Un tiers des femmes (33 %) savent qu’une personne qui parait en bonne santé peut avoir le virus du sida et rejette les deux idées erronées les plus courantes (transmission par les moustiques et par des moyens surnaturels). Globalement, un quart des femmes (26 %) ont une connaissance considérée comme « approfondie » du sida c’est-à-dire qu’elles savent que :  l'utilisation régulière du condom au cours des rapports sexuels et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida; et,  une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du sida. La connaissance approfondie varie selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes. On constate tout d’abord des variations selon l’âge, d’un maximum de 32 % à 20-24 ans à un minimum de 17 % à 40-49 ans. On constate également des écarts en fonction du statut matrimonial des femmes puisque la proportion de femmes qui ont une connaissance approfondie varie de 20 % et 22 % parmi celles en rupture d’union et en union, à 42 % parmi les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels. Parmi les femmes sans niveau d’instruction, seulement 7 % ont une connaissance « approfondie » contre 51 % chez celles de niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus ; selon le niveau de bien-être économique, cette proportion varie de 9 % chez les femmes des ménages les plus pauvres à 41 % chez celles des ménages les plus riches. Les variations selon le milieu de résidence sont également importantes : le niveau de connaissance approfondie du sida est particulièrement faible parmi les femmes du milieu rural (17 %) alors qu’il atteint 33 % en milieu urbain. Enfin, dans les régions, on note que dans le Nord, une faible proportion (8%) de femmes est correctement informée alors que cette proportion est de 32 % dans le Sud-ouest. 230 • Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 14.3.1 Connaissance approfondie du sida : Femme Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant déclaré qu'une personne paraissant en bonne santé pouvait avoir le virus du sida et qui, en réponse à des questions déterminées, rejettent, de manière correcte, les idées locales erronées sur la transmission ou la prévention du virus du sida et pourcentage ayant une connaissance considérée comme approfondie du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage d'enquêtées qui déclarent que : Pourcentage sachant qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida et rejetant les deux idées locales erronées les plus courantes1 Pourcentage ayant une connaissance "approfondie" du sida2 Effectif de femmes Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le sida ne peut être transmis par les piqûres de moustiques Le sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d'une personne qui a le sida Groupe d’âges 15-24 77,0 56,0 64,7 76,1 38,8 28,7 3 225 15-19 73,1 53,9 64,4 74,5 35,8 25,7 1 715 20-24 81,4 58,4 65,1 78,0 42,1 32,2 1 509 25-29 78,9 54,8 56,5 74,7 35,1 29,9 1 276 30-39 78,0 49,0 53,1 72,7 28,6 22,2 1 770 40-49 75,4 44,9 45,4 65,0 24,4 16,9 1 186 État matrimonial Célibataire 82,0 64,2 69,7 81,8 45,7 35,2 2 109 A déjà eu des rapports sexuels 89,7 69,3 72,2 87,8 50,8 41,7 1 096 N'a jamais eu de rapports sexuels 73,7 58,7 67,0 75,4 40,2 28,2 1 014 En union 74,3 47,3 52,9 68,9 28,9 21,9 4 692 Divorcée/Séparée/Veuve 83,6 50,3 51,2 77,1 26,6 20,0 655 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 92,9 68,4 61,2 88,8 44,7 35,0 1 618 Autres villes 86,0 59,1 64,3 82,7 40,8 31,9 2 374 Ensemble urbain 88,8 62,9 63,1 85,2 42,4 33,2 3 992 Rural 64,0 40,3 51,0 59,6 23,1 16,7 3 465 Région Adamaoua 67,3 47,9 49,8 61,5 25,6 17,2 366 Centre (sans Yaoundé) 79,5 51,6 46,1 79,0 26,0 20,1 560 Douala 93,9 66,6 63,7 88,9 45,2 39,8 765 Est 54,1 52,5 67,7 76,9 30,8 22,5 290 Extrême-Nord 50,3 36,1 46,2 47,8 21,3 14,8 1 183 Littoral (sans Douala) 83,6 50,8 60,5 80,8 32,6 25,6 296 Nord 64,2 29,6 45,1 50,7 17,4 8,1 858 Nord-Ouest 91,3 63,3 69,7 82,9 47,4 41,0 726 Ouest 84,4 53,2 75,5 84,6 39,5 31,2 779 Sud 91,3 58,4 40,7 81,7 26,8 22,6 191 Sud-Ouest 89,1 61,9 63,2 81,5 40,8 32,3 589 Yaoundé 92,0 70,0 59,1 88,8 44,3 30,8 853 Niveau d'instruction Aucun 48,0 27,8 37,1 41,4 12,8 6,7 1 559 Primaire 74,7 42,9 54,1 68,9 24,2 18,0 2 457 Secondaire 1er cycle 88,7 61,7 65,1 87,9 40,3 31,1 2 014 Secondaire 2nd cycle ou plus 97,9 82,4 74,7 94,9 62,3 51,1 1 427 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 44,8 28,0 40,2 39,7 14,3 8,6 1 227 Second 68,6 42,1 54,9 64,6 24,6 16,9 1 325 Moyen 79,0 47,2 57,9 74,5 28,9 21,9 1 447 Quatrième 88,7 61,1 61,6 85,1 40,2 31,7 1 642 Le plus riche 94,0 72,6 67,0 90,7 50,4 40,6 1 816 Ensemble 15-49 77,3 52,4 57,5 73,3 33,4 25,5 7 457 1 Les deux idées erronées les plus fréquemment citées : le sida peut être transmis par les piqûres de moustiques et par des moyens surnaturels. 2 Sont considérées comme ayant une connaissance "approfondie", les femmes qui savent que l'utilisation régulière du condom au cours des rapports sexuels et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, celles qui savent qu'une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et celles qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du sida. Le tableau 14.3.2 qui présente les mêmes informations pour les hommes de 15-49 ans montre que les hommes sont proportionnellement plus nombreux que les femmes à avoir une connaissance correcte de la transmission du VIH/sida : plus de huit hommes sur dix (84 %) savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir le sida. D’autre part, plus de la moitié (57 %) savent que le sida ne peut pas être transmis par les moustiques ; un peu moins des trois-quarts (70 %) rejettent l’idée erronée selon laquelle le sida peut se transmettre par des moyens surnaturels ; quatre hommes sur cinq (80 %) rejettent l’idée selon laquelle le sida peut se transmettre en partageant le repas d’une personne infectée. Globalement, 42 % rejettent les idées erronées les plus courantes et savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir le sida. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA • 231 Tableau 14.3.2 Connaissance approfondie du sida : Homme Pourcentage d'hommes de 15-49 ans ayant déclaré qu'une personne paraissant en bonne santé pouvait avoir le virus du sida et qui, en réponse à des questions déterminées, rejettent, de manière correcte, les idées locales erronées sur la transmission ou la prévention du virus du sida et pourcentage ayant une connaissance considérée comme approfondie du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage d'enquêtés qui déclarent que : Pourcentage sachant qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida et rejetant les deux idées locales erronées les plus courantes1 Pourcentage ayant une connaissance "approfondie" du sida2 Effectif d'hommes Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le sida ne peut être transmis par les piqûres de moustiques Le sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d'une personne qui a le sida Groupe d’âges 15-24 80,9 59,7 74,1 81,7 43,7 33,5 2 818 15-19 76,4 56,4 72,2 78,1 39,5 29,8 1 591 20-24 86,7 64,0 76,6 86,4 49,1 38,4 1 227 25-29 90,2 60,6 70,9 85,5 46,2 35,6 1 074 30-39 88,2 56,1 67,2 81,1 41,2 32,2 1 526 40-49 84,5 53,2 63,2 75,7 37,3 27,0 1 037 État matrimonial Célibataire 82,8 62,4 74,7 83,1 46,4 36,3 3 227 A déjà eu des rapports sexuels 88,9 66,0 77,8 86,9 50,8 41,6 1 978 N'a jamais eu de rapports sexuels 73,0 56,7 69,7 77,1 39,5 28,0 1 249 En union 86,6 54,0 66,4 79,9 38,9 28,8 2 958 Divorcé/Séparé/Veuf 87,6 48,3 58,4 73,6 34,0 27,6 270 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 91,8 65,1 69,8 88,7 47,0 38,4 1 501 Autres villes 90,2 65,1 78,4 87,3 51,7 40,6 2 106 Ensemble urbain 90,9 65,1 74,8 87,9 49,8 39,7 3 607 Rural 76,9 48,9 64,3 72,8 33,2 23,5 2 847 Région Adamaoua 70,9 59,4 73,3 79,6 40,9 29,8 262 Centre (sans Yaoundé) 84,2 60,2 59,8 84,2 35,8 24,4 534 Douala 89,3 65,0 75,3 89,6 50,8 43,5 707 Est 80,5 55,0 70,6 75,1 46,3 44,0 270 Extrême-Nord 72,0 53,6 66,9 73,4 38,5 21,0 956 Littoral (sans Douala) 86,0 52,6 75,0 85,9 43,3 38,0 287 Nord 82,6 54,7 75,7 77,3 42,1 29,6 729 Nord-Ouest 83,0 47,7 73,2 72,4 35,1 27,4 529 Ouest 93,5 63,8 80,0 88,3 52,2 45,1 659 Sud 87,6 58,5 53,3 89,7 31,8 24,5 185 Sud-Ouest 88,9 54,3 66,7 75,1 41,4 33,4 543 Yaoundé 94,1 65,2 64,9 87,9 43,7 33,8 794 Niveau d'instruction Aucun 65,4 38,9 57,2 57,9 24,2 7,8 533 Primaire 75,6 43,7 59,4 70,0 26,8 18,6 2 073 Secondaire 1er cycle 87,9 57,4 75,3 86,6 42,9 33,7 2 005 Secondaire 2nd cycle ou plus 97,2 80,1 80,6 94,8 65,0 54,1 1 844 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 68,9 45,4 63,1 66,0 29,9 18,5 987 Second 76,2 47,8 63,5 74,7 33,5 25,0 1 032 Moyen 83,9 53,1 69,1 77,7 37,1 26,6 1 175 Quatrième 90,6 61,8 73,6 86,3 46,6 37,0 1 465 Le plus riche 94,1 70,7 75,9 91,5 54,8 44,7 1 795 Ensemble 15-49 84,7 58,0 70,2 81,2 42,5 32,5 6 455 50-59 81,9 51,4 63,5 73,4 36,3 23,9 736 Ensemble 15-59 84,4 57,3 69,5 80,4 41,9 31,6 7 191 1 Les deux idées erronées les plus fréquemment citées : le sida peut être transmis par les piqûres de moustiques et par des moyens surnaturels. 2 Sont considérés comme ayant une connaissance "approfondie", les hommes qui savent que l'utilisation régulière du condom au cours des rapports sexuels et la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté permettent de réduire les risques de contracter le virus du sida, ceux qui savent qu'une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida et ceux qui rejettent les deux idées locales erronées les plus courantes concernant la transmission ou la prévention du sida. Environ un tiers des hommes (33 %) ont une connaissance « approfondie » du VIH/sida et cette proportion est bien plus élevée que celle observée chez les femmes (26 %). Les hommes les mieux informés sont les jeunes de 25-29 ans (36 %) et les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (42 %). En outre, on constate des écarts importants selon le niveau d’instruction, le milieu de résidence et le niveau de vie du ménage. En effet, seulement 8 % des hommes sans niveau d’instruction ont une connaissance approfondie du VIH/sida contre 54 % de ceux qui ont un niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus. De même, en milieu rural, 24 % des hommes ont une connaissance approfondie du VIH/sida contre 40 % en milieu urbain. En outre, cette proportion varie de 19 % chez les hommes des ménages les plus pauvres à 45 % chez ceux des 232 • Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA ménages les plus riches. Enfin, les régions de l’Extrême-nord (21 %), du Centre (24 %) et du Sud (25 %) détiennent les proportions les plus faibles d’hommes ayant une connaissance approfondie du sida. Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant Au cours de l’EDS-MICS 2011, on a demandé à tous les enquêtés s’ils savaient que le virus qui cause le sida pouvait être transmis de la mère à son enfant pendant l’allaitement et que le risque de transmission pouvait être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère durant la grossesse. Les résultats sont présentés au tableau 14.4. Une proportion assez importante de femmes (66 %) et d’hommes (61 %) savent que le virus du sida peut être transmis de la mère à l’enfant au moment de l’allaitement. Par comparaison avec l’EDSC-III de 2004, ces proportions ont augmenté puisqu’elles sont passées, chez les femmes, de 47 % à 66 % et, chez les hommes, de 57 % à 61 %. De plus, 57 % des femmes et 51 % des hommes savent que le risque de transmission materno-fœtale peut être réduit par la prise de médicaments par la mère pendant la grossesse. Globalement, 48 % des femmes et 37 % des hommes de 15-49 ans connaissent, à la fois, le risque de transmission par l’allaitement et l’existence d’un médicament qui peut réduire les risques de transmission maternelle au cours de la grossesse. Les résultats montrent que la connaissance de ces deux éléments est surtout influencée, chez les femmes comme chez les hommes, par le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique du ménage. La proportion d’enquêtés qui savent que le VIH peut se transmettre par l’allaitement et qui connaissent l’existence de médicaments pouvant réduire le risque de transmission maternelle du virus augmente avec le niveau d’instruction, passant de 15 % chez les femmes sans niveau d’instruction à 73 % chez celles ayant le niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus ; chez les hommes, cette proportion varie respectivement de 16 % à 50 %. Les résultats selon le niveau de bien-être du ménage montrent que la proportion passe de 16 % chez les femmes des ménages les plus pauvres à 66 % chez celles des ménages les plus riches ; chez les hommes, ces proportions sont respectivement de 22 % et 45 %. On observe également de fortes variations entre les régions ; les proportions les plus faibles d’enquêtés connaissant ces deux aspects de la transmission du VIH s’observent à l’Extrême-Nord (19 % de femmes et 14 % d’hommes) alors que les proportions les plus élevées sont enregistrées au Nord-Ouest (76 % de femmes et 49 % d’hommes). Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA • 233 Tableau 14.4 Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans qui savent que le VIH peut être transmis de la mère à l'enfant par l'allaitement et que le risque de transmission maternelle du VIH à l'enfant peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère durant la grossesse, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Femme Homme Le VIH peut être transmis en allaitant Le risque de TME1 peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Le VIH peut être transmis en allaitant et le risque de TME1 peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Effectif de femmes Le VIH peut être transmis en allaitant Le risque de TME1 peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Le VIH peut être transmis en allaitant et le risque de TME1 peut être réduit par la prise de médicaments spéciaux par la mère pendant la grossesse Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-24 64,2 57,2 47,7 3 225 58,9 48,7 35,6 2 818 15-19 60,7 51,6 43,3 1 715 57,7 45,0 33,1 1 591 20-24 68,2 63,6 52,7 1 509 60,3 53,5 38,7 1 227 25-29 69,5 60,5 51,2 1 276 59,8 52,7 36,2 1 074 30-39 67,4 58,6 49,7 1 770 63,1 53,2 40,2 1 526 40-49 63,8 49,6 42,7 1 186 62,7 50,0 37,8 1 037 État matrimonial Célibataire 68,1 62,4 52,8 2 109 58,3 50,4 36,0 3 227 A déjà eu des rapports sexuels 78,1 74,3 64,2 1 096 61,9 58,3 41,8 1 978 N'a jamais eu de rapports sexuels 57,3 49,6 40,4 1 014 52,7 37,9 26,8 1 249 En union 64,3 53,6 45,3 4 692 62,7 50,7 37,9 2 958 Divorcé/Séparé/Veuf 69,2 62,8 52,2 655 65,0 52,8 41,9 270 Actuellement enceinte Enceinte 59,9 48,1 40,3 746 na na na na Non enceinte ou pas sûre 66,5 57,9 48,9 6 711 na na na na Milieu de résidence Yaoundé/Douala 74,5 78,4 64,2 1 618 53,1 60,9 39,7 1 501 Autres villes 73,8 65,0 56,2 2 374 64,5 56,6 42,3 2 106 Ensemble urbain 74,1 70,4 59,4 3 992 59,7 58,4 41,2 3 607 Rural 56,3 41,3 34,8 3 465 61,8 40,8 32,0 2 847 Région Adamaoua 37,4 45,9 30,4 366 52,3 41,0 26,9 262 Centre (sans Yaoundé) 77,2 67,2 58,0 560 65,8 62,1 46,8 534 Douala 76,7 76,1 64,8 765 50,9 54,1 36,8 707 Est 65,9 48,7 44,3 290 69,9 43,7 38,8 270 Extrême-Nord 43,6 25,8 18,7 1 183 49,7 23,2 13,9 956 Littoral (sans Douala) 70,8 59,3 50,4 296 59,5 54,5 38,7 287 Nord 45,4 26,0 20,1 858 62,9 43,7 33,8 729 Nord-Ouest 86,7 77,9 75,9 726 71,6 55,4 48,6 529 Ouest 76,0 67,2 57,1 779 68,6 59,6 44,7 659 Sud 80,9 64,8 56,6 191 67,5 60,4 44,5 185 Sud-Ouest 76,3 63,0 56,0 589 70,1 55,8 46,5 543 Yaoundé 72,5 80,5 63,6 853 55,0 67,0 42,2 794 Niveau d'instruction Aucun 38,5 20,1 14,8 1 559 50,4 19,9 16,4 533 Primaire 65,2 53,5 45,3 2 457 58,2 38,0 29,9 2 073 Secondaire 1er cycle 75,8 70,2 59,3 2 014 61,5 53,4 38,6 2 005 Secondaire 2nd cycle ou plus 82,5 84,2 72,9 1 427 65,4 70,7 49,6 1 844 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 37,8 19,8 15,7 1 227 57,1 28,7 21,9 987 Second 63,0 44,1 37,3 1 325 59,8 41,3 31,6 1 032 Moyen 68,3 57,2 49,2 1 447 64,5 50,3 39,0 1 175 Quatrième 73,6 72,0 59,9 1 642 60,4 56,0 40,0 1 465 Le plus riche 77,8 77,4 65,9 1 816 60,7 63,9 45,2 1 795 Ensemble 15-49 65,8 56,9 48,0 7 457 60,6 50,6 37,1 6 455 50-59 na na na na 62,3 46,1 37,3 736 Ensemble 15-59 na na na na 60,8 50,2 37,1 7 191 na = Non applicable 1 TME = Transmission mère-enfant. 14.1.2 STIGMATISATION ENVERS LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH Le comportement que les gens adopteraient dans différentes situations face à des personnes vivant avec le VIH/sida peut être révélateur du niveau de perception du risque de transmission qui pourrait se traduire, dans la vie courante, par une stigmatisation à l’égard des personnes malades. Au cours de l’EDS- MICS 2011, on a demandé aux femmes et aux hommes qui avaient entendu parler de la maladie quelle attitude 234 • Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA ils adopteraient s’ils se trouvaient confrontés à certaines situations impliquant des personnes vivant avec le VIH/sida. À partir des informations recueillies, on a défini un indicateur combiné qui évalue le niveau global de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH. Plus précisément, on a demandé aux enquêtés s’ils seraient prêts à s’occuper chez eux d’un parent ayant contracté le VIH, s’ils achèteraient des légumes frais chez un commerçant vivant avec le VIH, s’ils pensaient qu’une enseignante ayant contracté le VIH mais qui n’est pas malade devrait être autorisée à continuer à travailler et enfin s’ils pensaient qu’il fallait garder secret l’état d’un membre de la famille ayant contracté le VIH. Les résultats sont présentés aux tableaux 14.5.1 pour les femmes et 14.5.2 pour les hommes. Tableau 14.5.1 Attitudes de tolérance à l'égard des personnes vivant avec le VIH : Femme Parmi les femmes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, pourcentage exprimant, dans des situations déterminées, des attitudes de tolérance à l'égard des personnes vivant avec le VIH, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage de femmes qui : Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif de femmes ayant entendu parler du sida Seraient prêtes à s'occuper à la maison d'un parent ayant le virus du sida Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le virus du sida Pensent qu'une enseignante vivant avec le virus du sida et qui n'est pas malade devrait être autorisée à continuer d'enseigner Pensent qu'il n'est pas nécessaire de garder secret l'état d'un membre de la famille ayant le virus du sida Groupe d’âges 15-24 82,0 58,6 65,6 28,7 12,3 3 086 15-19 78,8 55,1 63,8 28,5 12,2 1 628 20-24 85,6 62,4 67,7 28,8 12,4 1 459 25-29 81,6 58,8 62,4 28,7 12,3 1 234 30-39 81,1 58,0 61,3 29,2 11,8 1 700 40-49 81,8 52,1 58,5 31,4 11,3 1 132 État matrimonial Célibataire 85,9 65,1 71,5 29,0 14,9 2 041 A déjà eu des rapports sexuels 90,4 72,0 76,1 28,2 16,5 1 088 N'a jamais eu de rapports sexuels 80,7 57,2 66,3 30,1 13,0 954 En union 78,8 52,8 58,1 29,5 10,5 4 475 Divorcée/Séparée/Veuve 88,3 65,5 69,1 28,2 13,4 637 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 89,3 75,6 76,6 27,7 15,6 1 610 Autres villes 87,1 65,8 71,3 27,0 15,1 2 340 Ensemble urbain 88,0 69,8 73,5 27,3 15,3 3 950 Rural 73,8 42,2 49,9 31,6 8,0 3 203 Région Adamaoua 75,8 47,9 60,5 20,6 7,2 356 Centre (sans Yaoundé) 89,8 63,3 69,5 25,0 13,4 555 Douala 91,0 71,9 72,0 32,3 16,7 764 Est 76,7 58,2 60,3 24,6 7,3 276 Extrême-Nord 64,8 28,4 42,2 40,0 8,4 975 Littoral (sans Douala) 89,0 60,0 64,5 24,7 10,0 287 Nord 62,3 34,3 44,4 30,9 5,9 831 Nord-Ouest 95,1 74,2 72,1 26,8 13,1 721 Ouest 82,0 57,2 62,3 31,2 15,9 772 Sud 94,2 72,1 78,0 37,2 22,6 189 Sud-Ouest 90,1 62,4 66,4 24,5 12,0 580 Yaoundé 87,7 79,0 80,7 23,4 14,6 846 Niveau d'instruction Aucun 60,3 24,8 36,1 34,7 4,8 1 339 Primaire 80,1 50,5 56,5 28,0 8,2 2 389 Secondaire 1er cycle 90,4 68,3 71,7 27,2 15,1 2 003 Secondaire 2nd cycle ou plus 92,1 84,5 86,6 29,0 20,9 1 422 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 55,1 21,5 33,2 37,5 4,4 1 041 Second 78,2 44,7 53,3 30,4 8,2 1 259 Moyen 83,8 57,4 60,9 26,7 10,6 1 413 Quatrième 89,9 67,8 73,6 25,8 14,0 1 636 Le plus riche 90,2 77,7 78,6 28,7 18,5 1 804 Ensemble 15-49 81,7 57,4 62,9 29,2 12,0 7 153 Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA • 235 Le tableau 14.5.1 montre que quatre femmes de 15 à 49 ans sur cinq (82 %) ont déclaré qu’elles seraient prêtes à s’occuper chez elles d’un membre de la famille ayant contracté le VIH. Cette proportion a nettement augmenté car lors de la précédente EDS, elle était de 69 %. Par contre, seulement 57 % achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH et dans 63 % des cas, les femmes ont déclaré qu’une enseignante vivant avec le VIH et qui n’est pas malade devrait être autorisée à continuer d’enseigner. Enfin, 29 % des femmes pensent qu’il n’est pas nécessaire de garder secret l’état d’un membre de la famille vivant avec le VIH. Le niveau global de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH est évalué à 12 % : ce qui voudrait dire que 12 % des femmes feraient preuve de tolérance dans toutes les quatre situations citées ci- dessus. Les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont relativement importantes. Les femmes vivant en milieu urbain (15 %), celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire 2nd cycle (21 %) et celles vivant dans les ménages les plus riches (19 %) se montreraient plus tolérantes que les autres si elles se trouvaient confrontées aux quatre situations citées. Par contre, c’est dans les régions de l’Adamaoua, de l’Est, de l’Extrême-Nord et du Nord que ces attitudes de tolérance seraient les moins fréquentes (moins de 9 %). À l’opposé, dans le Centre, le Nord-Ouest, l’Ouest et le Sud, ces proportions se situent au-delà de 13 %. Le tableau 14.5.2 présente pour les hommes, les mêmes informations que celles du tableau précédent. Globalement, les hommes (18 %) se montreraient un peu plus tolérants que les femmes (12 %) s’ils se trouvaient confrontés aux quatre situations citées. De plus, les variations selon les caractéristiques sociodémographiques sont similaires à celles observées chez les femmes. Tableau 14.5.2 Attitudes de tolérance à l'égard des personnes vivant avec le VIH: Homme Parmi les hommes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida, pourcentage exprimant des attitudes de tolérance, dans des situations déterminées, à l'égard des personnes vivant avec le VIH, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage d'hommes qui : Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif d'hommes ayant entendu parler du sida Seraient prêts à s'occuper à la maison d'un parent ayant le virus du sida Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le virus du sida Pensent qu'une enseignante vivant avec le virus du sida et qui n'est pas malade devrait être autorisée à continuer d'enseigner Pensent qu'il n'est pas nécessaire de garder secret l'état d'un membre de la famille ayant le virus du sida Groupe d’âges 15-24 87,3 56,9 64,6 41,7 17,9 2 742 15-19 85,7 52,7 61,8 43,2 16,3 1 532 20-24 89,3 62,1 68,3 39,8 20,0 1 210 25-29 91,1 60,9 67,7 42,1 19,1 1 066 30-39 88,8 61,4 68,3 42,1 18,5 1 513 40-49 89,6 55,8 64,9 45,4 19,0 1 027 État matrimonial Célibataire 88,8 59,6 67,0 40,3 19,2 3 149 A déjà eu des rapports sexuels 92,5 67,0 71,3 37,4 21,4 1 966 N'a jamais eu de rapports sexuels 82,5 47,4 59,8 45,1 15,5 1 183 En union 88,5 57,1 65,0 44,9 17,9 2 930 Divorcé/Séparé/Veuf 88,9 59,4 67,8 41,0 16,2 268 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 95,0 68,7 75,9 34,2 20,9 1 496 Autres villes 91,9 66,7 74,9 38,9 21,4 2 094 Ensemble urbain 93,2 67,5 75,4 37,0 21,2 3 590 Rural 82,7 46,6 54,0 49,6 14,9 2 758 À suivre… 236 • Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 14.5.2—Suite Caractéristique sociodémographique Pourcentage d'hommes qui : Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif d'hommes ayant entendu parler du sida Seraient prêtes à s'occuper à la maison d'un parent ayant le virus du sida Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le virus du sida Pensent qu'une enseignante vivant avec le virus du sida et qui n'est pas malade devrait être autorisée à continuer d'enseigner Pensent qu'il n'est pas nécessaire de garder secret l'état d'un membre de la famille ayant le virus du sida Région Adamaoua 92,3 54,9 70,6 25,5 11,0 258 Centre (sans Yaoundé) 94,0 70,3 72,8 34,7 19,0 530 Douala 95,5 59,6 68,4 30,2 16,2 704 Est 94,3 63,3 64,3 34,1 13,4 265 Extrême-Nord 72,5 30,4 52,0 64,8 14,7 912 Littoral (sans Douala) 92,9 64,0 71,9 26,6 15,0 286 Nord 79,1 40,4 53,7 54,0 16,1 715 Nord-Ouest 93,6 61,2 62,6 37,8 17,1 517 Ouest 91,3 65,6 63,9 48,2 24,2 657 Sud 91,8 76,9 72,3 54,7 32,2 184 Sud-Ouest 90,0 68,5 72,0 33,8 17,7 526 Yaoundé 94,6 76,8 82,7 37,7 25,1 792 Niveau d'instruction Aucun 69,9 19,7 36,3 59,0 7,0 499 Primaire 83,7 43,4 51,8 45,5 11,8 2 007 Secondaire 1er cycle 91,7 63,4 68,6 40,9 20,5 1 999 Secondaire 2nd cycle ou plus 95,8 79,8 87,0 36,4 26,6 1 843 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 71,1 26,1 43,4 58,9 10,0 938 Second 85,2 49,2 53,8 49,8 15,4 999 Moyen 90,9 57,4 62,5 39,8 17,7 1 160 Quatrième 92,0 67,8 71,3 41,0 22,5 1 458 Le plus riche 95,6 73,6 82,9 32,7 21,7 1 791 Ensemble 15-49 88,7 58,4 66,1 42,5 18,4 6 348 50-59 88,0 54,6 64,3 51,5 21,4 725 Ensemble 15-59 88,6 58,0 65,9 43,4 18,7 7 073 14.2 OPINIONS CONCERNANT LA PRÉVENTION DES IST ET DU VIH Négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint La promotion de comportements sexuels sans risque fait partie des mesures destinées à contrôler l’épidémie de VIH. De plus, étant donné que les femmes sont plus vulnérables au VIH que les hommes, il est important de savoir si elles sont en mesure de refuser des rapports sexuels à risque avec leur mari/partenaire. Au cours de l’EDS-MICS 2011, on a donc demandé aux femmes et aux hommes si elles/ils pensaient que, dans un couple où le mari/partenaire avait une IST, la femme pouvait lui demander d’utiliser un condom au cours des rapports sexuels. On a aussi demandé, si dans le cas où une femme savait que son conjoint avait des relations sexuelles avec d’autres femmes, il était justifié qu’elle refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui. Les résultats sont présentés selon l’opinion des femmes et des hommes au tableau 14.6. Dans l’ensemble, 64 % des femmes et 65 % des hommes pensent qu’il est normal que, dans le cas où une femme sait que son conjoint a des relations sexuelles avec d’autres femmes, elle refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui. Cependant, on note que dans l’Adamaoua (54 %), parmi les femmes sans niveau d’instruction (51 %) et parmi celles vivant dans un ménage du quintile le plus pauvre (51 %), cette proportion est plus faible. En outre, 81 % des femmes et 90 % des hommes estiment qu’il est normal qu’une femme demande à son mari/partenaire qui a une IST d’utiliser un condom au cours des rapports sexuels avec elle. Globalement, on constate que cette proportion augmente, chez les femmes, de manière importante avec le niveau d’instruction passant de 55 % chez celles sans niveau d’instruction à 94 % chez les plus instruites. Chez Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA • 237 les hommes, cette proportion passe respectivement de 78 % à 95 %. De même, on note une augmentation de cette proportion avec l’amélioration du niveau de bien-être du ménage et on observe un écart important entre les milieux urbain et rural, les femmes et les hommes du milieu urbain étant plus favorables à cette mesure qu’en milieu rural. Tableau 14.6 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint Pourcentage de femmes et d'hommes de 15-49 ans qui pensent qu'il est justifié qu'une femme refuse d'avoir des rapports sexuels avec son conjoint quand elle sait qu'il a des relations sexuelles avec d'autres femmes et pourcentage qui pensent qu'il est justifié qu'une femme qui sait que son conjoint a une Infection Sexuellement Transmissible (IST) demande d’utiliser un condom au cours des rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Femme Homme Refuse d'avoir des rapports sexuels avec son conjoint si elle sait qu'il a des relations sexuelles avec d'autres femmes Demande à son conjoint d'utiliser un condom au cours des rapports sexuels si elle sait qu'il a une IST Effectif de femmes Refuse d'avoir des rapports sexuels avec son conjoint si elle sait qu'il a des relations sexuelles avec d'autres femmes Demande à son conjoint d'utiliser un condom au cours des rapports sexuels si elle sait qu'il a une IST Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-24 64,4 80,5 3 225 63,2 89,9 2 818 15-19 62,9 77,6 1 715 61,9 88,2 1 591 20-24 66,1 83,9 1 509 64,9 92,1 1 227 25-29 64,5 83,0 1 276 66,4 91,8 1 074 30-39 62,0 82,4 1 770 65,4 92,2 1 526 40-49 62,9 77,2 1 186 64,9 87,7 1 037 État matrimonial Célibataire 66,4 83,5 2 109 62,9 90,3 3 227 A déjà eu des rapports sexuels 69,9 93,3 1 096 63,9 92,9 1 978 N'a jamais eu de rapports sexuels 62,5 72,9 1 014 61,3 86,3 1 249 En union 62,0 78,8 4 692 66,4 90,4 2 958 Divorcé/Séparé/Veuf 65,9 87,5 655 63,8 90,5 270 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 70,6 92,6 1 618 59,3 92,8 1 501 Autres villes 65,1 85,7 2 374 68,7 93,4 2 106 Ensemble urbain 67,3 88,5 3 992 64,8 93,2 3 607 Rural 59,3 72,1 3 465 64,2 86,9 2 847 Région Adamaoua 53,6 70,6 366 69,2 89,1 262 Centre (sans Yaoundé) 66,8 90,9 560 64,8 89,7 534 Douala 70,0 94,5 765 50,5 91,5 707 Est 56,6 72,7 290 70,9 91,3 270 Extrême-Nord 59,7 60,3 1 183 49,1 85,6 956 Littoral (sans Douala) 64,7 89,7 296 43,4 91,0 287 Nord 55,5 67,3 858 74,5 87,8 729 Nord-Ouest 63,3 84,8 726 75,2 87,3 529 Ouest 61,1 86,5 779 78,1 94,8 659 Sud 69,4 91,7 191 53,7 95,2 185 Sud-Ouest 71,8 90,2 589 75,3 92,1 543 Yaoundé 71,2 90,9 853 67,2 93,9 794 Niveau d'instruction Aucun 51,1 55,2 1 559 53,5 78,1 533 Primaire 63,7 81,9 2 457 63,7 86,9 2 073 Secondaire 1er cycle 66,9 90,2 2 014 64,4 93,4 2 005 Secondaire 2nd cycle ou plus 72,4 94,0 1 427 68,9 94,6 1 844 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 51,3 55,9 1 227 58,2 80,4 987 Second 63,5 76,9 1 325 65,1 88,8 1 032 Moyen 64,2 82,8 1 447 65,0 90,8 1 175 Quatrième 65,4 88,9 1 642 66,5 93,5 1 465 Le plus riche 69,9 91,8 1 816 65,8 94,0 1 795 Ensemble 15-49 63,6 80,9 7 457 64,6 90,4 6 455 50-59 na na na 71,0 85,0 736 Ensemble 15-59 na na na 65,2 89,8 7 191 na = Non applicable 238 • Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Enseignement de l’utilisation du condom aux jeunes de 12-14 ans Étant donné que l’âge aux premiers rapports sexuels est de plus en plus précoce,3, il est important que les jeunes de moins de 15 ans aient des informations fiables sur la sexualité et sur les modes de prévention des IST y compris le VIH/sida. Le tableau 14.7 présente les proportions de femmes et d’hommes de 18-49 ans qui pensent que l’on devrait enseigner l’utilisation du condom, en tant que moyen de prévention du VIH, aux jeunes de 12-14 ans. Tableau 14.7 Adultes favorables à l'enseignement de l'utilisation du condom en tant que moyen de prévention du sida Pourcentage de femmes et d'hommes de 18-49 ans qui pensent que l'on devrait enseigner aux jeunes de 12-14 ans l'utilisation du condom comme moyen de prévention du sida, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Femme Homme Pourcentage favorable Effectif Pourcentage favorable Effectif Groupe d’âges 18-24 67,1 2 204 71,9 1 826 18-19 66,3 695 71,0 600 20-24 67,4 1 509 72,3 1 227 25-29 64,8 1 276 71,9 1 074 30-39 62,3 1 770 68,6 1 526 40-49 57,6 1 186 61,1 1 037 État matrimonial Célibataire 74,8 1 250 72,8 2 246 En union 59,6 4 547 65,5 2 950 Divorcé/séparé/veuf 69,6 640 74,5 267 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 79,2 1 464 79,4 1 351 Autres villes 69,1 1 987 73,1 1 752 Ensemble urbain 73,4 3 451 75,8 3 103 Rural 52,2 2 986 59,9 2 360 Région Adamaoua 54,0 309 50,1 223 Centre (sans Yaoundé) 73,7 492 79,5 435 Douala 79,7 701 81,4 643 Est 55,5 243 77,6 235 Extrême-Nord 40,2 1 029 46,9 778 Littoral (sans Douala) 78,9 254 76,2 242 Nord 38,4 731 52,4 603 Nord-Ouest 67,5 605 69,1 423 Ouest 70,3 657 75,9 532 Sud 83,9 164 84,3 161 Sud-Ouest 75,0 489 74,2 482 Yaoundé 78,8 763 77,6 708 Niveau d'instruction Aucun 33,4 1 446 34,0 484 Primaire 63,6 2 191 62,2 1 766 Secondaire 1er cycle 76,7 1 490 76,7 1 480 Secondaire 2nd cycle ou plus 81,9 1 309 78,8 1 733 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 30,8 1 081 44,1 823 Second 57,3 1 134 64,6 844 Moyen 66,7 1 216 69,3 970 Quatrième 75,0 1 427 73,3 1 249 Le plus riche 77,8 1 579 80,5 1 577 Ensemble 18-49 63,6 6 437 68,9 5 463 50-59 na na 60,7 736 Ensemble 18-59 na na 67,9 6 199 na = Non applicable 3 En référence au chapitre 4, 20 % des femmes de 20-49 ans ont eu leur premier rapport sexuel avant l’âge de 15 ans Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA • 239 Globalement, les résultats montrent que les hommes (69 %) sont proportionnellement un peu plus favorables que les femmes (64 %) à l’enseignement de l’utilisation du condom aux jeunes de 12-14 ans. Chez les femmes comme chez les hommes, on ne note pas de variations importantes en fonction de l’âge ; cependant, les plus âgés de 40-49 ans sont légèrement moins favorables à cet enseignement que les plus jeunes. Les résultats montrent que ce sont les femmes et les hommes du milieu rural, celles et ceux sans niveau d’instruction et celles et ceux des ménages les plus pauvres qui sont les moins favorables à cette mesure de prévention. Les résultats selon la région montrent que la proportion d’enquêtés favorables varie d’un maximum de 84 % chez les hommes et les femmes de la région du Sud à un minimum de 47 % chez les hommes de l’Extrême-Nord et 38 % chez les femmes du Nord. 14.3 PARTENAIRES SEXUELS MULTIPLES ET UTILISATION DU CONDOM Il est admis que l’infléchissement de l’épidémie du sida passe nécessairement par le changement de comportement sexuel des hommes et des femmes, étant donné que la transmission du virus du sida se fait essentiellement par voie sexuelle. Pour évaluer l’exposition au risque de contracter le virus du sida, des questions ont été posées au cours de l’EDS-MICS 2011 sur le nombre de partenaires sexuels au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, l’utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels et sur les rapports sexuels payants au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Multiplicité des partenaires sexuels et utilisation du condom Le multipartenariat dans les rapports sexuels accroît le risque d’infection par les IST, en particulier le risque de contracter le VIH. Ce risque est plus important dans les pays où l’utilisation du condom comme moyen de prévention est faible. Sont considérés comme rapports sexuels multiples, des rapports sexuels avec deux partenaires ou plus au cours des 12 derniers mois. Le tableau 14.8.1 présente, parmi les femmes de 15-49 ans, les pourcentages de celles qui ont eu, au cours des 12 derniers mois, au moins 2 partenaires sexuels. On constate que seulement 6 % des femmes ont eu, au moins, 2 partenaires sexuels au cours des 12 derniers mois. Tout en restant toujours faible, cette proportion varie de manière importante et dans certains sous-groupes, comme les femmes en rupture d’union (11 %) ou celles de Yaoundé/Douala (11 %), elle est plus élevée. En outre, on constate que la proportion de femmes ayant eu des rapports sexuels avec des partenaires multiples est plus faible à 40-49 ans que dans les autres groupes d’âges (3 % contre un maximum de 9 % à 20-24 ans). On note également que cette proportion augmente légèrement au fur et à mesure que le niveau d’instruction et le niveau de vie du ménage augmentent. Les résultats selon la région font apparaître un pourcentage élevé de femmes ayant eu, au moins, 2 partenaires sexuels au cours des 12 derniers mois dans les régions du Centre (12 %) et du Sud (10 %). Parmi les femmes ayant eu des rapports sexuels avec des partenaires multiples au cours des douze mois précédant l’enquête, 37 % ont déclaré qu’un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels. Globalement, on remarque que c’est parmi les jeunes de 15-19 ans (52 %), les célibataires (59 % ), les femmes vivant dans les Autres villes (47 %), celles de niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus (51 %) et celles vivant dans les ménages les plus riches (43 %) que la proportion de celles qui ont utilisé des condoms aux derniers rapports sexuels est la plus élevée. Le tableau 14.8.1 présente également le nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie. Il est estimé à 3,1. Comme on pourrait s’y attendre, ce nombre moyen augmente globalement avec l’âge, passant de 2,0 à 15-19 ans à 3,7 à 30-39 ans puis se stabilise autour de 3,5 à 40-49 ans. Les femmes en rupture d’union (4,7) ont, en moyenne, plus de partenaires sur la durée de vie que les femmes en union (2,9) et que les célibataires (3,3). Cet écart s’explique, en partie, par le fait que les femmes en rupture d’union sont, dans leur majorité, plus âgées que les célibataires. En outre, les femmes du milieu urbain (3,5) en particulier celles de Yaoundé/Douala (4,1) ont déclaré avoir eu plus de partenaires sexuels que celles du milieu rural (2,7). De 240 • Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA même, le nombre de partenaires sexuels sur la durée de vie augmente avec le niveau de vie passant de 1,8 chez les femmes des ménages les plus pauvres à 4,1 chez celles des ménages les plus riches. Les résultats selon la région montrent que le nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie est plus faible à l’Extrême- Nord (1,6), au Nord (1,8) et à l’Adamaoua (2,2) que dans les autres régions. Par contre, pour les régions du Sud (5,9) et du Centre (4,5), ce nombre moyen est plus élevé. Tableau 14.8.1 Partenaires sexuels multiples : Femme Parmi toutes les femmes de 15-49 ans, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec plus d'un partenaire sexuel au cours des 12 derniers mois; parmi ces femmes, pourcentage ayant déclaré qu'un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels; nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie pour les femmes ayant déjà eu des rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Parmi toutes les femmes Parmi les femmes ayant eu 2 partenaires sexuels ou plus au cours des 12 derniers mois Parmi les femmes qui ont déjà eu des rapports sexuels : Pourcentage ayant eu 2 partenaires sexuels ou plus au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes Pourcentage ayant déclaré qu'un condom avait été utilisé durant les derniers rapports sexuels Effectif de femmes Nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie1 Effectif de femmes Groupe d’âges 15-24 6,3 6 716 46,5 422 2,4 4 657 15-19 4,0 3 589 52,0 142 2,0 1 790 20-24 9,0 3 127 43,7 280 2,7 2 867 25-29 8,2 2 689 36,8 221 3,3 2 627 30-39 5,6 3 621 26,2 201 3,7 3 538 40-49 3,4 2 400 18,6 81 3,5 2 333 État matrimonial Célibataire 7,4 4 307 59,4 319 3,3 2 231 En union 4,7 9 792 20,2 457 2,9 9 634 Divorcée/séparée/veuve 11,3 1 327 42,4 150 4,7 1 291 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 11,2 3 467 40,4 389 4,1 2 912 Autres villes 5,6 4 842 46,9 270 3,1 3 978 Ensemble urbain 7,9 8 309 43,0 659 3,5 6 889 Rural 3,7 7 117 23,2 267 2,7 6 266 Région Adamaoua 2,7 746 (56,6) 20 2,2 631 Centre (sans Yaoundé) 12,3 1 092 35,7 135 4,5 963 Douala 11,1 1 712 38,5 190 3,9 1 446 Est 5,0 604 (31,2) 30 3,8 550 Extrême-Nord 2,6 2 490 (17,2) 66 1,6 2 145 Littoral (sans Douala) 6,4 615 31,6 39 3,8 540 Nord 1,5 1 676 * 26 1,8 1 430 Nord-Ouest 2,5 1 521 (41,0) 37 2,9 1 242 Ouest 3,8 1 634 54,7 63 3,0 1 366 Sud 10,0 402 34,4 40 5,9 370 Sud-Ouest 6,9 1 180 29,9 81 3,6 1 007 Yaoundé 11,3 1 755 42,1 199 4,3 1 466 Niveau d'instruction Aucun 1,8 3 086 (7,3) 54 1,8 2 913 Primaire 4,9 5 214 22,6 254 3,2 4 660 Secondaire 1er cycle 7,6 4 185 41,4 317 3,7 3 216 Secondaire 2nd cycle ou plus 10,2 2 941 50,9 300 3,8 2 367 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 2,2 2 481 (10,0) 55 1,8 2 193 Second 3,6 2 751 21,2 99 2,9 2 423 Moyen 4,8 2 923 34,6 141 3,1 2 539 Quatrième 7,6 3 517 43,1 268 3,3 2 965 Le plus riche 9,7 3 753 42,6 363 4,1 3 035 Ensemble 15-49 6,0 15 426 37,3 926 3,1 13 155 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 1 Les moyennes sont calculées en excluant les enquêtées qui ont donné des réponses non numériques. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA • 241 Les résultats présentés au tableau 14.8.2 montrent que la proportion d’hommes de 15-49 ans qui ont déclaré avoir eu, au moins, 2 partenaires sexuelles au cours des 12 derniers mois est beaucoup plus élevée que celle des femmes (29 % contre 6 %) et elle atteint même 40 % dans la tranche 30-39 ans. Les résultats selon l’état matrimonial montrent, comme chez les femmes, que c’est parmi les hommes en rupture d’union que le multipartenariat a été le plus fréquent (40 % contre 36 % chez ceux en union et 21 % chez les célibataires). Le multipartenariat au cours des 12 derniers mois est influencé par le degré d’urbanisation : de 25 % en milieu rural et 27 % dans les Autres villes, la proportion d’hommes ayant eu au moins deux partenaires sexuelles atteint 39 % à Yaoundé/Douala. La proportion chez les hommes en union polygame (85 %) est plus élevée que chez ceux en union monogame (29 %). Cette proportion augmente globalement avec le niveau d’instruction et le niveau de vie du ménage. Les résultats selon la région montrent que la proportion d’hommes ayant eu, au cours des 12 derniers mois, au moins deux partenaires sexuelles est plus élevée dans les régions du Sud (46 %), de l’Est (41 %) et du Centre (40 %) que dans les autres régions, en particulier dans celle de l’Adamaoua où elle n’est que de 9 %. Parmi les hommes de 15-49 ans ayant eu des partenaires sexuelles multiples au cours des 12 derniers mois, 43 % ont déclaré avoir utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels. C’est chez les jeunes de 15-19 ans (70 %), les célibataires (73 %), ceux de Yaoundé/Douala (54 %), ceux ayant un niveau d’instruction secondaire 2ndcycle ou plus (55 %) et ceux des ménages les plus riches (54 %) que l’utilisation du condom a été la plus fréquente. Par ailleurs, c’est à l’Ouest (53 %) que la proportion d’hommes ayant déclaré avoir utilisé des condoms au cours des derniers rapports sexuels est la plus élevée. À l’opposé, les régions du Nord et de l’Extrême-Nord se caractérisent à la fois par des faibles taux de rapport sexuels multiples et d’utilisation du condom. Le nombre moyen de partenaires sexuelles sur la durée de vie est de 12,1 chez les hommes de 15-49 ans. Ce nombre moyen augmente avec l’âge, passant de 3,9 à 15-19 ans à 17,3 à 40-49 ans ; il atteint 19,2 chez les hommes de 50-59 ans. On retrouve ces écarts selon l’état matrimonial puisque ce sont les hommes en rupture d’union qui sont généralement plus âgés que les célibataires et que les hommes en union qui ont déclaré avoir eu le nombre le plus élevé de partenaires dans leur vie (20,9 contre 14,3 pour les hommes en union et 7,8 pour les célibataires). Ce nombre moyen de partenaires sexuelles sur la durée de vie est plus élevée en milieu urbain (13,2), particulièrement à Yaoundé/Douala (16,5), qu’en milieu rural (10,7). Les hommes de niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus (13,8) et ceux des ménages les plus riches (15,4) ont aussi un nombre de partenaires sexuelles relativement élevé. Enfin, le nombre moyen de partenaires sexuelles sur la durée de vie est inférieur à 6 dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord alors qu’il atteint 20,9 dans la région du Sud. 242 • Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 14.8.2 Partenaires sexuels multiples : Homme Parmi tous les hommes de 15-49 ans, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec plus d'une partenaire sexuelle au cours des 12 derniers mois; parmi ces hommes, pourcentage ayant déclaré qu'un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels; nombre moyen de partenaires sexuelles sur la durée de vie pour les hommes ayant déjà eu des rapports sexuels, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Parmi tous les hommes Parmi les hommes ayant eu 2 partenaires sexuelles ou plus au cours des 12 derniers mois Parmi les hommes qui ont déjà eu des rapports sexuels : Pourcentage ayant eu 2 partenaires sexuelles ou plus au cours des 12 derniers mois Effectif d'hommes Pourcentage ayant déclaré qu'un condom avait été utilisé durant les derniers rapports sexuels Effectif d'hommes Nombre moyen de partenaires sexuelles sur la durée de vie1 Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-24 18,6 2 818 66,5 524 6,3 1 620 15-19 9,5 1 591 69,6 152 3,9 617 20-24 30,4 1 227 65,2 373 7,8 1 003 25-29 38,2 1 074 52,2 410 11,9 997 30-39 39,5 1 526 31,0 602 15,2 1 462 40-49 32,0 1 037 16,4 332 17,3 965 État matrimonial Célibataire 21,2 3 227 73,2 685 7,8 1 943 En union 36,4 2 958 23,0 1 076 14,3 2 841 Divorcé/séparé/veuf 40,1 270 51,0 108 20,9 260 Type d'union Union polygame 84,7 375 7,9 317 16,7 357 Union non polygame 29,4 2 583 29,3 759 13,9 2 484 Non actuellement en union 22,7 3 497 70,2 793 9,3 2 203 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 39,0 1 501 54,1 585 16,5 1 227 Autres villes 26,9 2 106 50,6 567 10,7 1 587 Ensemble urbain 32,0 3 607 52,4 1 152 13,2 2 814 Rural 25,2 2 847 28,0 717 10,7 2 230 Région Adamaoua 9,1 262 (25,4) 24 7,4 196 Centre (sans Yaoundé) 39,8 534 48,0 213 19,2 462 Douala 38,3 707 60,1 271 14,1 553 Est 40,5 270 33,6 110 16,0 237 Extrême-Nord 18,5 956 10,1 177 5,7 655 Littoral (sans Douala) 33,2 287 47,2 95 11,9 220 Nord 11,5 729 14,8 84 5,0 511 Nord-Ouest 20,9 529 47,0 110 10,6 381 Ouest 33,2 659 52,8 219 8,5 537 Sud 46,0 185 35,5 85 20,9 171 Sud-Ouest 30,9 543 41,6 168 12,8 446 Yaoundé 39,6 794 48,9 314 18,4 674 Niveau d'instruction Aucun 19,6 533 4,7 104 4,9 416 Primaire 25,8 2 073 32,5 535 11,3 1 632 Secondaire 1er cycle 27,6 2 005 45,9 554 13,2 1 442 Secondaire 2nd cycle ou plus 36,7 1 844 54,9 676 13,8 1 553 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,6 987 12,2 164 6,6 715 Second 26,8 1 032 25,7 277 11,0 822 Moyen 26,5 1 175 39,6 312 12,5 920 Quatrième 28,8 1 465 50,9 422 11,9 1 153 Le plus riche 38,7 1 795 54,0 694 15,4 1 435 Ensemble 15-49 29,0 6 455 43,0 1 869 12,1 5 044 50-59 31,3 736 12,0 231 19,2 691 Ensemble 15-59 29,2 7 191 39,6 2 100 13,0 5 735 1 Les moyennes sont calculées en excluant les enquêtés qui ont donné des réponses non numériques. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA • 243 Partenaires sexuels concomitants Les partenaires sexuels multiples peuvent être sériels, il s’agit alors de relations sexuelles « monogames », au cours de périodes plus ou moins longues, avec plusieurs partenaires qui se succèdent, ou concomitants, il s’agit alors de relations sexuelles avec plusieurs partenaires, au cours de périodes plus ou moins longues qui se chevauchent. Deux partenaires sexuels sont considérés comme concomitants quand la date des premiers rapports sexuels avec le partenaire le plus récent se situe avant la date des derniers rapports sexuels avec le partenaire précédent. Si le fait d’avoir des partenaires sexuels multiples augmente le risque de contracter le VIH/sida, des rapports sexuels avec des partenaires concomitants sont, en théorie, des rapports qui comportent un risque accru d’infection. En effet, ce type de relation crée de larges réseaux sexuels, c’est-à- dire des groupes de personnes indirectement liées entre elles à travers les rapports sexuels, ce qui augmente les risques de chaque membre du groupe de contracter le VIH. Au cours de l’EDS-MICS 2011, des informations sur le moment auquel ont eu lieu les premiers rapports sexuels et le moment auquel ont eu lieu les rapports sexuels les plus récents avec chaque partenaire sexuel au cours des 12 derniers mois ont été collectées. À partir de ces informations, on a déterminé si la personne avait eu des rapports sexuels avec plusieurs partenaires au cours d’une même période, c’est-à dire si elle avait eu des partenaires sexuels concomitants. Deux indicateurs mesurent le partenariat sexuel concomitant : la prévalence ponctuelle et la prévalence cumulative. La prévalence ponctuelle des partenaires sexuels concomitants est définie comme la proportion de femmes et d’hommes de 15-49 ans ayant des rapports sexuels avec des partenaires sexuels concomitants à un moment précis (six mois avant l’enquête). La prévalence cumulative des partenaires sexuels concomitants est définie comme la proportion de femmes et d’hommes de 15-49 ans qui ont eu des partenaires sexuels concomitants à n’importe quel moment au cours des 12 derniers mois. Par ailleurs, en ce qui concerne les hommes qui vivent en union polygame, les relations sexuelles avec les différentes épouses au cours d’une même période sont, par définition, considérées comme des relations concomitantes par les deux indicateurs. La prévalence ponctuelle est toujours plus faible que la prévalence cumulée parce que la prévalence ponctuelle ne porte que sur les relations en cours, un jour précis, et non sur une année entière ; les relations sexuelles de courte durée ont donc peu de chances d’être comptabilisées, alors que toute relation concomitante, quelle que soit sa durée, est comptabilisée dans la prévalence cumulative. Les résultats du tableau 14.9 montrent qu’une très faible proportion de femmes de 15-49 ans avaient eu des partenaires sexuels concomitants : 2 % avaient eu des partenaires sexuels concomitants six mois avant l’enquête (prévalence ponctuelle) et 4 % ont eu des partenaires sexuels concomitants à n’importe quel moment au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête (prévalence cumulée). Cependant, parmi les femmes qui avaient eu des relations sexuelles avec des partenaires sexuels multiples au cours des 12 derniers mois, il s’agissait dans 67 % des cas, de partenaires sexuels concomitants. C’est parmi les femmes en rupture d’union que les rapports sexuels avec des partenaires concomitants sont les plus fréquents : 3 % avaient eu, au cours des 6 mois avant l’enquête, des rapports sexuels avec des partenaires concomitants et au cours des 12 derniers mois, 7 % avaient eu ce type de relation à n’importe quel moment au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Parmi les femmes en union, ces proportions sont plus faibles (respectivement 2 % et 4 %). Cependant, parmi les femmes en union ayant eu des partenaires sexuels multiples au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, les trois quarts avaient eu des partenaires sexuels concomitants. 244 • Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 14.9 Prévalence ponctuelle et prévalence cumulée des partenaires sexuels concomitants Pourcentage de toutes les femmes et de tous les hommes de 15-49 ans ayant eu des partenaires sexuels concomitants six mois avant l'enquête (prévalence ponctuelle1), et pourcentage de toutes les femmes et de tous les hommes de 15-49 ans ayant eu des partenaires sexuels concomitants au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête (prévalence cumulée2) et, parmi les femmes et les hommes ayant eu des partenaires sexuels multiples au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête, pourcentage ayant eu des partenaires sexuels concomitants, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Parmi tous les enquêtés Parmi tous les enquêtés ayant eu des partenaires sexuels multiples au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête Prévalence ponctuelle des partenaires sexuels concomitants1 Prévalence cumulée des partenaires sexuels concomitants2 Effectif d'enquêtés Pourcentage ayant eu des partenaires sexuels concomitants2 Effectif d'enquêtés FEMME Groupe d’âges 15-24 1,4 3,8 6 716 59,9 422 15-19 0,6 1,9 3 589 48,2 142 20-24 2,3 5,9 3 127 65,8 280 25-29 3,0 5,8 2 689 70,0 221 30-39 2,1 4,2 3 621 76,0 201 40-49 1,5 2,6 2 400 78,4 81 État matrimonial Célibataire 1,8 4,4 4 307 59,8 319 En union 1,7 3,5 9 792 74,8 457 Divorcée/séparée/veuve 3,3 6,9 1 327 61,2 150 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 3,8 7,8 3 467 69,1 389 Autres villes 1,7 3,8 4 842 68,4 270 Ensemble urbain 2,5 5,5 8 309 68,8 659 Rural 1,1 2,4 7 117 64,0 267 Ensemble 15-49 1,9 4,0 15 426 67,4 926 HOMME Groupe d’âges 15-24 5,2 12,0 2 818 64,2 524 15-19 2,3 5,5 1 591 58,1 152 20-24 9,0 20,3 1 227 66,7 373 25-29 14,9 29,8 1 074 77,9 410 30-39 21,9 35,0 1 526 88,7 602 40-49 21,0 29,1 1 037 90,7 332 État matrimonial Célibataire 6,3 14,3 3 227 67,2 685 En union 21,1 32,6 2 958 89,5 1 076 Divorcé/séparé/veuf 12,3 25,3 270 63,1 108 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 17,0 31,0 1 501 79,5 585 Autres villes 11,5 21,5 2 106 79,7 567 Ensemble urbain 13,8 25,4 3 607 79,6 1 152 Rural 12,7 20,2 2 847 80,2 717 Ensemble 15-49 13,3 23,1 6 455 79,8 1 869 50-59 22,7 29,2 736 93,2 231 Ensemble 15-59 14,3 23,7 7 191 81,3 2 100 Note: Deux partenaires sexuels sont considérés comme étant concomitants si la date des rapports sexuels les plus récents avec le partenaire précédent se situe après la date des derniers rapports sexuels avec le dernier partenaire. 1 Le pourcentage d'enquêtés qui ont eu deux partenaires sexuels (ou plus) qui étaient concomitants à un moment précis, six mois avant l'enquête. 2 Le pourcentage d'enquêtés qui ont eu deux partenaires sexuels (ou plus) qui étaient concomitants à n'importe quel moment au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA • 245 Le tableau 14.9 présente aussi les résultats concernant les hommes. On constate qu’une proportion plus élevée d’hommes que de femmes ont eu des partenaires sexuelles concomitantes. En effet, 13 % avaient des partenaires sexuelles concomitantes six mois avant l’enquête (prévalence ponctuelle) et 23 % à n’importe quel moment au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête (prévalence cumulée). Cependant, parmi les hommes qui avaient eu des relations sexuelles avec des partenaires sexuelles multiples au cours des 12 derniers mois, il s’agissait dans 80 % des cas, de partenaires sexuelles concomitantes. Comme la proportion d’hommes ayant eu des partenaires multiples, la prévalence cumulée et la prévalence ponctuelle des partenaires concomitantes augmentent avec l’âge et sont plus élevées parmi les hommes en union et ceux du milieu urbain, en particulier à Yaoundé/Douala que parmi les autres hommes. Rapports sexuels payants et utilisation de condom Les rapports sexuels payants sont considérés comme des rapports sexuels à hauts risques dans la mesure où ils sont associés à un nombre élevé de partenaires. Au cours de l’EDS-MICS 2011, on a demandé aux hommes si, au cours des douze derniers mois, ils avaient eu des rapports sexuels avec des partenaires qu’ils avaient rémunérées. De plus, on leur a demandé si, au cours des derniers rapports sexuels payants, ils avaient utilisé un condom. Les résultats présentés au tableau 14.10 indiquent que 4 % ont déclaré avoir payé quelqu’un en échange de rapports sexuels au cours des 12 derniers mois. Cette proportion est plus élevée chez les hommes en rupture d’union (14 %). On constate également que c’est dans les régions de l’Est (8 %) et du Sud (6 %) que la proportion d’hommes ayant déclaré avoir eu des rapports sexuels payants est la plus élevée. À l’opposé, c’est dans l’Adamaoua que cette proportion est la plus faible (1 %). Dans l’ensemble, 54 % des hommes ont déclaré avoir utilisé un condom lors des derniers rapports sexuels payants. Étant donné que relativement peu d’hommes ont déclaré avoir eu des rapports sexuels payants (4 %), la faiblesse des effectifs rend difficile l’interprétation des résultats sur l’utilisation du condom en fonction des caractéristiques sociodémographiques. 246 • Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 14.10 Rapports sexuels payants et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels payants Pourcentage d'hommes de 15-49 ans qui ont déjà eu des rapports sexuels payants; pourcentage d'hommes ayant déclaré avoir eu des rapports sexuels payants au cours des 12 derniers mois et, parmi ces hommes, pourcentage ayant déclaré qu'un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels payants, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Parmi tous les hommes Parmi les hommes qui ont eu des rapports sexuels payants au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant déjà eu des rapports sexuels payants Pourcentage ayant eu des rapports sexuels payants au cours des 12 derniers mois Effectif d'hommes Pourcentage ayant déclaré qu'un condom avait été utilisé au cours des derniers rapports sexuels payants Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-24 3,3 3,3 2 818 58,6 94 15-19 1,6 1,6 1 591 (56,7) 26 20-24 5,6 5,6 1 227 59,3 68 25-29 5,3 5,3 1 074 68,7 57 30-39 4,8 4,8 1 526 42,3 72 40-49 4,0 4,0 1 037 (45,3) 42 État matrimonial Célibataire 3,5 3,5 3 227 54,2 112 En union 4,0 4,0 2 958 60,5 117 Divorcé/séparé/veuf 13,5 13,5 270 (33,9) 36 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 5,4 5,4 1 501 53,7 81 Autres villes 4,2 4,2 2 106 63,0 88 Ensemble urbain 4,7 4,7 3 607 58,6 169 Rural 3,4 3,4 2 847 46,5 96 Région Adamaoua 0,7 0,7 262 * 2 Centre (sans Yaoundé) 5,1 5,1 534 (45,6) 27 Douala 4,2 4,2 707 (45,5) 30 Est 8,0 8,0 270 (40,0) 22 Extrême-Nord 3,0 3,0 956 * 28 Littoral (sans Douala) 3,9 3,9 287 * 11 Nord 2,8 2,8 729 * 21 Nord-Ouest 2,8 2,8 529 * 15 Ouest 3,6 3,6 659 * 24 Sud 6,0 6,0 185 (55,8) 11 Sud-Ouest 4,3 4,3 543 * 23 Yaoundé 6,5 6,5 794 (58,4) 52 Niveau d'instruction Aucun 1,8 1,8 533 * 10 Primaire 4,6 4,6 2 073 48,3 94 Secondaire 1er cycle 4,3 4,3 2 005 50,2 86 Secondaire 2nd cycle ou plus 4,0 4,0 1 844 69,3 74 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 2,1 2,1 987 (30,2) 21 Second 3,7 3,7 1 032 44,7 38 Moyen 5,5 5,5 1 175 63,8 64 Quatrième 4,9 4,9 1 465 47,2 72 Le plus riche 3,9 3,9 1 795 65,0 70 Ensemble 15-49 4,1 4,1 6 455 54,2 265 50-59 1,4 1,4 736 * 10 Ensemble 15-59 3,8 3,8 7 191 53,2 275 Note : Les valeurs entre parenthèses sont basées sur 25-49 cas non pondérés. Un astérisque indique qu’une valeur est basée sur moins de 25 cas non pondérés et qu’elle a été supprimée. 14.4 TEST DU VIH Test du VIH pour l’ensemble des enquêtés La connaissance du statut sérologique vis-à-vis du VIH contribue à limiter la propagation de l’épidémie dans la mesure où elle permet aux personnes de prendre des précautions pour se protéger et Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA • 247 protéger leurs partenaires. Au cours de l’EDS-MICS 2011, on a demandé aux enquêtés s’ils avaient déjà effectué un test de dépistage du VIH, et dans l’affirmative, s’ils avaient obtenu les résultats de leur test. D’après les résultats du tableau 14.11.1, 82 % des femmes ont déclaré connaître un endroit où l’on peut se rendre pour effectuer un test du VIH. Cependant, seulement 51 % des femmes ont effectué un test et en ont reçu les résultats ; 3 % des femmes ont effectué un test mais n’ont pas eu connaissance des résultats et 46 % de femmes n’ont jamais effectué un test du VIH. Tableau 14.11.1 Couverture du test du VIH antérieur à l'enquête : Femme Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui savent où se rendre pour effectuer un test du VIH ; répartition (en %) des femmes de 15-49 ans selon qu'elles ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu'elles ont reçu, ou non, les résultats du dernier test ; pourcentage de femmes ayant déjà effectué un test du VIH et pourcentage de celles ayant reçu les résultats la dernière fois qu'elles ont effectué un test au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage sachant où se rendre pour effectuer un test du VIH Répartition (en %) des femmes selon qu'elles ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu'elles ont reçu, ou non, les résultats du dernier test Total Pourcentage ayant déjà effectué un test Pourcentage ayant reçu le résultat du dernier test effectué au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes1 A effectué un test et a reçu le résultat A effectué un test mais n'a pas reçu le résultat N'a jamais effectué de test1 Groupe d’âges 15-24 81,5 42,7 3,2 54,1 100,0 45,9 21,4 3 225 15-19 77,7 28,3 1,9 69,9 100,0 30,1 14,5 1 715 20-24 85,9 59,1 4,8 36,1 100,0 63,9 29,3 1 509 25-29 84,9 63,2 2,9 33,9 100,0 66,1 27,9 1 276 30-39 82,3 60,2 2,7 37,0 100,0 63,0 24,2 1 770 40-49 79,5 46,0 2,5 51,4 100,0 48,6 15,8 1 186 État matrimonial Célibataire 85,7 39,0 2,7 58,3 100,0 41,7 18,9 2 109 A déjà eu des rapports sexuels 94,3 59,8 3,7 36,4 100,0 63,6 30,1 1 096 N'a jamais eu de rapports sexuels 76,5 16,5 1,6 81,9 100,0 18,1 6,8 1 014 En union 79,2 54,5 3,1 42,4 100,0 57,6 23,5 4 692 Divorcée/Séparée/Veuve 89,6 63,3 2,9 33,9 100,0 66,1 24,8 655 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 96,3 68,6 3,4 28,0 100,0 72,0 32,0 1 618 Autres villes 91,1 57,9 2,9 39,2 100,0 60,8 26,4 2 374 Ensemble urbain 93,2 62,3 3,1 34,6 100,0 65,4 28,6 3 992 Rural 69,0 37,8 2,8 59,4 100,0 40,6 15,0 3 465 Région Adamaoua 76,3 44,1 2,8 53,1 100,0 46,9 17,0 366 Centre (sans Yaoundé) 93,4 60,5 5,3 34,2 100,0 65,8 22,3 560 Douala 96,5 70,2 2,2 27,6 100,0 72,4 31,6 765 Est 80,7 47,4 2,1 50,5 100,0 49,5 25,8 290 Extrême-Nord 50,4 18,1 2,1 79,9 100,0 20,1 7,4 1 183 Littoral (sans Douala) 91,8 52,9 2,9 44,2 100,0 55,8 24,0 296 Nord 60,8 23,5 2,9 73,6 100,0 26,4 6,9 858 Nord-Ouest 92,5 65,3 3,5 31,2 100,0 68,8 32,3 726 Ouest 94,2 69,0 2,1 28,9 100,0 71,1 31,5 779 Sud 94,0 58,5 3,5 38,0 100,0 62,0 24,8 191 Sud-Ouest 91,9 59,8 2,3 38,0 100,0 62,0 23,7 589 Yaoundé 96,2 67,2 4,5 28,3 100,0 71,7 32,4 853 Niveau d'instruction Aucun 48,8 18,8 1,9 79,2 100,0 20,8 4,9 1 559 Primaire 83,1 51,5 3,2 45,3 100,0 54,7 21,2 2 457 Secondaire 1er cycle 94,9 60,0 3,3 36,7 100,0 63,3 26,2 2 014 Secondaire 2nd cycle ou plus 98,1 72,0 3,3 24,7 100,0 75,3 37,8 1 427 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 43,1 15,4 2,0 82,5 100,0 17,5 5,0 1 227 Second 77,2 41,4 3,4 55,1 100,0 44,9 16,8 1 325 Moyen 87,5 51,5 3,6 44,9 100,0 55,1 21,0 1 447 Quatrième 94,0 65,1 2,8 32,0 100,0 68,0 28,8 1 642 Le plus riche 96,4 68,3 2,9 28,8 100,0 71,2 33,3 1 816 Ensemble 15-49 82,0 50,9 3,0 46,2 100,0 53,8 22,3 7 457 1 Y compris : Ne sait pas/Manquant. La connaissance d’un endroit où l’on peut effectuer un test du VIH est influencée par le milieu de résidence, la région, le niveau d’instruction et le niveau de vie du ménage. En effet, seulement 69 % des femmes du milieu rural savent où aller pour effectuer un test du VIH contre 93 % en milieu urbain. De même, cette proportion varie de 49 % chez celles sans aucun niveau d’instruction à 98 % chez les femmes du niveau d’instruction secondaire 2nd cycle ou plus. Par rapport aux femmes des ménages les plus riches, celles vivant 248 • Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA dans les ménages les plus pauvres sont proportionnellement moins nombreuses à connaître un lieu où effectuer le test du VIH (96 % contre 43 %). On note également des variations importantes entre les régions puisque dans le Sud et à l’Ouest, 94 % des femmes connaissent un endroit où effectuer un test du VIH contre, à peine, 50 % dans l’Extrême-Nord. L’obtention des résultats du test du VIH (connaissance du statut sérologique) varie selon les caractéristiques sociodémographiques. On enregistre de faibles pourcentages chez les jeunes de 15-19 ans (28 %), les célibataires n’ayant jamais eu de rapports sexuels (17 %), les femmes du milieu rural (38 %), les femmes de l’Extrême-Nord (18 %) et du Nord (24 %), celles sans niveau d’instruction (19 %) et chez les femmes des ménages les plus pauvres (15 %). C’est dans ces mêmes catégories qu’on retrouve les proportions les plus élevées des femmes n’ayant jamais effectué le test du VIH. Le tableau 14.11.1 présente aussi la proportion de femmes qui ont reçu les résultats du dernier test du VIH effectué au cours des 12 derniers mois. Cette proportion s’établit à seulement à 22 %. Cependant, cette proportion a nettement augmenté par rapport à 2004 où elle n’était que de 5 % (EDSC-III). Tout comme la connaissance du statut sérologique des femmes à un moment quelconque, la connaissance du statut sérologique au cours des 12 derniers mois, varie de manière importante selon les différentes caractéristiques sociodémographiques. Cependant, les résultats présentent les mêmes types de variations que celles déjà constatées pour la connaissance du statut sérologique à un moment quelconque. Le tableau 14.11.2 présente, pour les hommes, les résultats relatifs à la connaissance d’un lieu de dépistage du VIH et à l’obtention des résultats du test du VIH. Il en ressort que 87 % d’hommes connaissent un endroit où effectuer le test du VIH. Comme chez les femmes, la connaissance d’un endroit où effectuer un test est influencée par le milieu de résidence, la région, le niveau d’instruction et le niveau de vie du ménage. En outre, environ trois hommes sur cinq (58 %) n’ont jamais effectué de test, deux hommes sur cinq (40 %) ont effectué un test du VIH et en ont reçu les résultats et 3 % ont effectué un test du VIH et n’ont pas reçu les résultats. C’est en milieu rural (27 %), dans les régions de l’Extrême-Nord (17 %) et du Nord (23 %), parmi les hommes sans niveau d’instruction (8 %) et parmi ceux des ménages les plus pauvres (10 %) que la proportion d’hommes qui ont effectué un test et qui ont reçu les résultats est la plus faible. La proportion d’hommes qui ont reçu les résultats du dernier test effectué au cours des 12 derniers mois avant l’enquête est faible (20 %). Cependant, parmi les hommes les plus instruits (37 %) et ceux des ménages les plus riches (32 %), ces proportions sont nettement plus élevées. Dans les régions, cette proportion varie d’un minimum de 7 % dans l’Extrême-Nord à un maximum de 28 % à l’Ouest et au Nord-Ouest. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA • 249 Tableau 14.11.2 Couverture du test du VIH antérieur à l'enquête : Homme Pourcentage d'hommes de 15-49 ans qui savent où se rendre pour effectuer un test du VIH ; répartition (en %) des hommes de 15-49 ans selon qu'ils ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu'ils ont reçu, ou non, les résultats du dernier test ; pourcentage d'hommes ayant déjà effectué un test du VIH et pourcentage de ceux ayant reçu les résultats la dernière fois qu'ils ont effectué un test au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage sachant où se rendre pour effectuer un test du VIH Répartition (en %) des hommes selon qu'ils ont effectué, ou non, un test du VIH et selon qu'ils ont reçu, ou non, les résultats du dernier test Total Pourcentage ayant déjà effectué un test Pourcentage ayant reçu le résultat du dernier test effectué au cours des 12 derniers mois Effectif d'hommes A effectué un test et a reçu le résultat A effectué un test mais n'a pas reçu le résultat N'a jamais effectué de test1 Age 15-24 83,4 23,8 2,4 73,8 100,0 26,2 13,3 2 818 15-19 79,0 12,8 2,0 85,2 100,0 14,8 6,9 1 591 20-24 89,2 38,0 3,0 59,0 100,0 41,0 21,5 1 227 25-29 90,9 53,4 2,3 44,2 100,0 55,8 31,0 1 074 30-39 91,8 54,5 3,0 42,5 100,0 57,5 25,2 1 526 40-49 86,3 47,3 2,7 50,1 100,0 49,9 21,7 1 037 État matrimonial Célibataire 85,8 29,1 2,7 68,3 100,0 31,7 16,4 3 227 A déjà eu des rapports sexuels 92,8 40,8 3,2 56,0 100,0 44,0 23,7 1 978 N'a jamais eu de rapports sexuels 74,7 10,5 1,8 87,7 100,0 12,3 4,9 1 249 En union 88,5 50,6 2,3 47,0 100,0 53,0 24,5 2 958 Divorcé/Séparé/Veuf 87,7 47,6 4,8 47,5 100,0 52,5 23,1 270 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 95,6 55,2 3,2 41,6 100,0 58,4 27,8 1 501 Autres villes 94,3 46,5 2,1 51,3 100,0 48,7 25,6 2 106 Ensemble urbain 94,9 50,1 2,6 47,3 100,0 52,7 26,5 3 607 Rural 77,3 26,6 2,6 70,8 100,0 29,2 12,7 2 847 Région Adamaoua 85,8 30,4 1,0 68,7 100,0 31,3 12,5 262 Centre (sans Yaoundé) 89,0 43,7 1,9 54,5 100,0 45,5 23,9 534 Douala 96,5 52,7 2,3 45,0 100,0 55,0 27,2 707 Est 91,6 39,1 3,2 57,6 100,0 42,4 20,2 270 Extrême-Nord 70,3 17,3 1,4 81,3 100,0 18,7 6,9 956 Littoral (sans Douala) 96,0 38,0 1,8 60,2 100,0 39,8 18,9 287 Nord 72,9 22,5 2,3 75,3 100,0 24,7 10,0 729 Nord-Ouest 89,8 42,7 2,4 54,9 100,0 45,1 27,6 529 Ouest 97,8 53,6 4,1 42,4 100,0 57,6 27,6 659 Sud 92,0 41,3 6,3 52,4 100,0 47,6 23,1 185 Sud-Ouest 86,9 41,4 2,3 56,2 100,0 43,8 22,3 543 Yaoundé 94,7 57,4 4,0 38,7 100,0 61,3 28,4 794 Niveau d'instruction Aucun 55,5 7,7 0,5 91,8 100,0 8,2 2,3 533 Primaire 78,7 28,4 2,5 69,2 100,0 30,8 13,3 2 073 Secondaire 1er cycle 93,2 37,2 2,6 60,1 100,0 39,9 17,8 2 005 Secondaire 2nd cycle ou plus 99,1 64,5 3,3 32,2 100,0 67,8 36,5 1 844 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 61,8 10,1 1,7 88,2 100,0 11,8 3,4 987 Second 80,5 27,2 3,3 69,5 100,0 30,5 11,2 1 032 Moyen 90,5 37,9 2,2 60,0 100,0 40,0 20,2 1 175 Quatrième 93,2 47,1 2,6 50,3 100,0 49,7 23,9 1 465 Le plus riche 97,6 58,4 3,0 38,6 100,0 61,4 32,3 1 795 Ensemble 15-49 87,1 39,7 2,6 57,7 100,0 42,3 20,4 6 455 50-59 84,9 43,2 2,4 54,3 100,0 45,7 19,4 736 Ensemble 15-59 86,9 40,1 2,6 57,3 100,0 42,7 20,3 7 191 1 Y compris : Ne sait pas/Manquant. Test du VIH pour les femmes enceintes Le tableau 14.12 présente, parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des deux années ayant précédé l'enquête, la proportion de celles qui ont reçu des conseils sur le VIH/sida au cours d’une visite prénatale. Il présente aussi la proportion de celles qui ont accepté d’effectuer un test du VIH au cours d’une 250 • Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA visite prénatale et la proportion de celles qui ont reçu, ou non, les résultats du test, ainsi que la proportion de celles ayant effectué un test du VIH au moment de l'accouchement mais pas pendant une visite prénatale et qui ont reçu, ou non, les résultats du test, selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 14.12 Femmes enceintes conseillées et ayant effectué un test du VIH Parmi les femmes de 15-49 ans ayant eu une naissance au cours des deux années ayant précédé l'enquête, pourcentage ayant reçu des conseils sur le VIH avant le test, pourcentage ayant effectué un test du VIH pendant une visite prénatale pour la naissance la plus récente selon qu'elles ont reçu ou non le résultat du test et qu'elles ont reçu ou non des conseils après le test; pourcentage qui n’ont pas effectué de test du VIH pendant une visite prénatale mais qui en ont effectué un au moment de l'accouchement pour la naissance la plus récente selon qu'elles ont reçu ou non le résultat du test, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage ayant reçu des conseils sur le VIH avant le test au cours d'une visite prénatale1 Pourcentage ayant effectué un test du VIH durant une visite prénatale et qui : Pourcentage ayant reçu des conseils sur le VIH avant le test, ayant effectué un test du VIH et ayant reçu le résultat Pourcentage ayant effectué un test du VIH au moment de l'accouchement mais pas pendant une visite prénatale et qui:2 Effectif de femmes ayant eu une naissance au cours des deux dernières années3 Ont reçu le résultat et des conseils après le test Ont reçu le résultat et n'ont pas reçu des conseils après le test N'ont pas reçu le résultat du test Ont reçu le résultat N'ont pas reçu le résultat Groupe d’âges 15-24 43,0 38,0 19,1 2,0 36,5 0,3 0,1 868 15-19 38,1 33,0 22,8 0,9 32,6 0,0 0,4 280 20-24 45,4 40,3 17,4 2,6 38,3 0,4 0,0 588 25-29 51,2 39,2 20,3 2,6 44,0 0,6 0,0 600 30-39 44,4 34,4 17,6 1,2 37,9 0,9 0,2 611 40-49 31,8 20,3 19,9 2,8 22,8 0,0 0,0 105 État matrimonial Célibataire 59,3 52,5 21,6 4,2 53,0 0,3 0,6 194 En union 43,5 34,7 18,7 1,8 36,8 0,5 0,1 1 887 Divorcée/Séparée/Veuve 48,1 39,0 20,8 1,3 38,1 1,3 0,0 102 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 59,9 55,0 27,2 2,4 53,7 1,4 0,0 349 Autres villes 57,5 49,2 24,2 1,3 52,1 0,5 0,4 560 Ensemble urbain 58,5 51,4 25,4 1,7 52,7 0,8 0,2 909 Rural 35,7 25,8 14,6 2,2 28,0 0,3 0,0 1 275 Région Adamaoua 41,8 32,3 18,6 0,6 31,2 1,6 0,0 123 Centre (sans Yaoundé) 42,9 38,2 27,5 2,8 37,5 0,3 1,3 177 Douala 55,2 59,4 28,6 1,7 51,5 0,0 0,0 152 Est 53,5 33,4 21,1 1,6 45,5 0,0 0,0 93 Extrême-Nord 21,8 15,6 7,1 0,6 15,1 0,5 0,0 495 Littoral (sans Douala) 45,6 46,6 21,5 2,7 37,4 2,0 0,0 78 Nord 22,6 14,5 5,5 2,0 10,9 0,0 0,0 299 Nord-Ouest 92,6 76,1 15,4 3,1 87,1 0,0 0,0 148 Ouest 63,5 48,3 37,2 2,7 60,6 0,0 0,0 256 Sud 42,1 42,9 23,9 2,9 37,4 0,0 0,0 57 Sud-Ouest 59,5 44,9 28,0 3,2 54,6 0,0 0,0 110 Yaoundé 63,6 51,6 26,2 2,9 55,3 2,5 0,0 197 Niveau d'instruction Aucun 17,6 12,4 6,3 1,4 9,7 0,1 0,0 618 Primaire 46,8 36,4 20,1 3,1 39,3 0,4 0,1 800 Secondaire 1er cycle 64,1 53,9 26,6 1,4 57,1 1,2 0,2 532 Secondaire 2nd cycle ou plus 69,4 60,9 32,3 1,1 67,4 0,3 0,0 233 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 18,1 9,6 5,7 1,3 10,4 0,1 0,0 525 Second 39,3 30,5 16,5 3,1 31,1 0,3 0,0 467 Moyen 51,7 42,0 22,0 2,0 43,4 0,7 0,0 452 Quatrième 66,0 53,9 27,0 1,8 60,0 0,2 0,6 402 Le plus riche 61,7 58,4 30,2 1,9 59,0 1,6 0,0 337 Ensemble 15-49 45,1 36,5 19,1 2,0 38,3 0,5 0,1 2 183 1 Des conseils sur le VIH avant le test signifie ici que quelqu'un a parlé à l'enquêtée des trois sujets suivants: 1) la transmission du virus du sida de la mère au bébé, 2) la prévention du virus et 3) effectuer un test du VIH. 2 La question concernant le test au moment de l’accouchement n’a été posée qu’aux femmes qui n’avaient pas effectué de test au cours des visites prénatales. 3 Sont incluses dans le dénominateur les femmes qui n'ont pas reçu de soins prénatals pour leur dernière naissance ayant eu lieu au cours des deux dernières années. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA • 251 Dans l’ensemble, les résultats montrent que 45 % des femmes ont reçu des conseils sur le VIH pendant une visite prénatale. Dans 37 % des cas, les femmes ont effectué un test du VIH durant une visite prénatale et ont reçu le résultat et des conseils après le test et dans 19 % des cas, elles ont effectué un test du VIH durant une visite prénatale, ont reçu le résultat mais n’ont pas reçu des conseils après le test. Par ailleurs, 2 % de femmes enceintes ont effectué un test du VIH et n’ont pas eu connaissance des résultats. Globalement, 38 % des femmes enceintes ont, à la fois, reçu des conseils sur le VIH avant le test, effectué un test du VIH dont elles ont eu connaissance des résultats. Ce pourcentage est plus élevé dans le groupe d’âges 25-29 ans (44 %), en milieu urbain (53 %) et en particulier à Yaoundé/Douala (54 %), chez les femmes de niveau secondaire 2nd cycle ou plus (67 %) et parmi celles des ménages les plus riches (60 % et 59 %). En ce qui concerne la région, la proportion de femmes ayant déclaré avoir reçu des conseils, effectué un test et reçu les résultats est plus élevée au Nord-Ouest (87 %), à l’Ouest (61 %), au Sud-Ouest (55 %) et à l’Est (46 %) que la moyenne nationale (38 %). Parmi les femmes qui ont effectué un test du VIH au moment de l'accouchement, mais pas pendant une visite prénatale, une très faible proportion (0,5 %) ont reçu le résultat du test alors que 0,1 % ne l’ont pas reçu. 14.5 CIRCONCISION Le tableau 14.13 présente le pourcentage d’hommes enquêtés qui ont déclaré être circoncis selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Au Cameroun, la pratique de la circoncision est largement répandue, 94 % des hommes ayant déclaré être circoncis. C’est en milieu rural (89 %), dans la région de l’Extrême-Nord (73 %), parmi le groupe ethnique Biu-Mandera (75 %), et parmi les personnes sans religion (72 %), que cette proportion est la plus la plus faible. Tableau 14.13 Circoncision Pourcentage d'hommes de 15-49 ans qui ont déclaré être circoncis, selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Pourcentage circoncis Effectif d'hommes Groupe d’âges 15-24 92,7 2 818 15-19 91,9 1 591 20-24 93,7 1 227 25-29 94,3 1 074 30-39 95,4 1 526 40-49 94,9 1 037 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 98,3 1 501 Autres villes 97,5 2 106 Ensemble urbain 97,8 3 607 Rural 89,0 2 847 Région Adamaoua 98,7 262 Centre (sans Yaoundé) 99,6 534 Douala 98,9 707 Est 99,4 270 Extrême-Nord 73,2 956 Littoral (sans Douala) 100,0 287 Nord 89,7 729 Nord-Ouest 97,6 529 Ouest 99,3 659 Sud 98,3 185 Sud-Ouest 98,5 543 Yaoundé 97,8 794 Religion Catholique 95,2 2 484 Protestant 93,8 1 953 Musulman 98,3 1 328 Animiste 76,8 128 Autre chrétien 96,7 151 Autre 93,8 89 Aucune 71,5 308 Ethnie Arabe/Choa/Peulh/Haoussa /Kanuri 99,7 554 Biu-Mandera 75,4 932 Adamaoua-Oubangui 83,4 631 Bantoïde Sud-Ouest 95,9 94 Grassfields 97,2 825 Bamiléké/Bamoun 99,6 1 567 Côtier/Ngoe/Oroko 100,0 303 Beti/Bassa/Mbam 99,3 1 202 Kako/Meka/Pygmé 99,3 170 Etranger/autre 92,6 145 Ensemble 15-49 93,9 6 455 50-59 94,3 736 Ensemble 15-591 94,0 7 191 1 Y compris 14 hommes pour lesquels la religion est non déterminée et 31 hommes pour lesquels l’ethnie est non déterminée. 252 • Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA 14.6 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES Il est reconnu que les infections sexuellement transmissibles (IST) non traitées sont des facteurs de risque de transmission du VIH. Au cours de l’EDS-MICS 2011, pour établir une prévalence déclarée des IST, on a demandé aux enquêtés ayant déjà eu des rapports sexuels s’ils avaient eu, au cours des 12 mois précédant l’enquête, une IST ou des symptômes associés à des IST. Les résultats sont présentés au tableau 14.14 pour les femmes et les hommes selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Tableau 14.14 Prévalence déclarée des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et symptômes déclarés d'IST Parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans ayant déjà eu des rapports sexuels, pourcentage ayant déclaré avoir eu une IST et/ou des symptômes d'IST au cours des 12 derniers mois selon certaines caractéristiques sociodémographiques, Cameroun 2011 Caractéristique sociodémographique Femme Homme Une IST Pertes vaginales anormales et malodo- rantes Plaie/ ulcère génital IST/ pertes/ plaie ou ulcère Effectif de femmes ayant déjà eu des rapports sexuels Une IST Écoule- ment du pénis Plaie/ ulcère génital IST/ écoule- ment/ plaie ou ulcère Effectif d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels Groupe d’âges 15-24 4,4 14,3 4,7 17,9 2 225 4,8 4,7 3,6 9,2 1 627 15-19 3,0 15,0 5,2 18,7 849 3,3 3,1 3,2 7,9 613 20-24 5,3 13,8 4,3 17,4 1 376 5,7 5,6 3,9 10,0 1 013 25-29 6,7 14,8 4,6 17,6 1 262 5,7 4,9 4,2 9,3 1 025 30-39 5,2 12,2 4,3 15,2 1 765 6,0 4,5 3,6 9,3 1 514 40-49 2,7 7,7 2,6 9,2 1 183 3,2 2,7 2,4 5,4 1 027 État matrimonial Célibataire 4,8 13,1 5,3 17,5 1 096 4,7 4,6 3,4 8,7 1 978 A déjà eu des rapports sexuels 4,8 13,1 5,3 17,5 1 096 4,7 4,6 3,4 8,7 1 978 En union 4,7 12,7 3,8 15,3 4 685 4,8 3,6 3,5 7,7 2 947 Divorcé/Séparé/Veuf 5,0 11,1 4,7 13,8 654 8,7 9,7 4,9 15,2 268 Circoncision Circoncis na na na na na 5,2 4,4 3,6 8,8 4 938 Non circoncis na na na na na 1,6 1,6 2,0 2,5 249 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 7,2 17,0 4,2 20,8 1 407 6,3 3,8 3,3 9,8 1 315 Autres villes 4,8 13,7 4,7 17,2 1 941 4,9 4,7 3,9 8,8 1 632 Ensemble urbain 5,8 15,1 4,5 18,7 3 348 5,5 4,3 3,6 9,3 2 947 Rural 3,5 9,9 3,8 12,1 3 086 4,3 4,3 3,3 7,5 2 246 Région Adamaoua 3,4 12,4 3,5 13,6 314 3,1 2,7 1,3 3,7 201 Centre (sans Yaoundé) 3,8 17,7 10,3 23,1 510 8,1 7,4 5,1 11,7 462 Douala 7,1 12,1 3,3 17,0 664 4,0 2,9 2,0 6,2 613 Est 1,9 4,8 1,2 5,6 263 8,5 9,0 3,4 10,6 237 Extrême-Nord 2,0 5,4 0,8 6,8 1 028 2,2 3,2 1,9 4,9 675 Littoral (sans Douala) 6,3 19,0 4,2 20,9 262 5,0 5,2 6,5 12,3 245 Nord 1,0 5,8 1,9 6,7 720 1,8 0,4 0,2 2,0 507 Nord-Ouest 6,7 6,3 4,7 10,9 594 4,8 5,2 4,8 9,2 390 Ouest 4,8 19,5 5,8 22,8 657 4,1 2,5 5,9 8,5 539 Sud 5,0 17,4 4,0 21,8 180 5,1 6,8 4,5 9,7 173 Sud-Ouest 8,8 17,2 7,5 20,7 499 6,2 7,0 3,6 11,8 449 Yaoundé 7,3 21,4 4,9 24,1 743 8,2 4,5 4,4 13,1 702 Niveau d'instruction Aucun 1,6 5,3 1,3 6,5 1 468 2,6 2,3 1,7 4,3 425 Primaire 5,1 13,1 4,9 16,1 2 215 4,7 4,5 3,3 8,0 1 678 Secondaire 1er cycle 5,6 16,3 5,7 19,9 1 577 5,2 5,3 4,7 10,3 1 475 Secondaire 2nd cycle ou plus 6,7 15,8 4,4 19,7 1 173 5,8 3,7 3,1 8,4 1 614 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,4 4,5 1,1 5,4 1 098 3,3 2,8 1,8 4,8 722 Second 3,6 10,6 4,4 13,4 1 192 4,2 4,7 3,3 8,0 828 Moyen 4,9 13,8 4,6 16,2 1 244 4,1 4,2 4,2 8,1 939 Quatrième 6,6 16,3 5,0 19,8 1 406 5,1 4,2 3,5 8,7 1 195 Le plus riche 6,3 15,7 5,1 20,0 1 494 6,7 4,9 3,9 10,6 1 509 Ensemble 15-491 4,7 12,6 4,2 15,5 6 434 5,0 4,3 3,5 8,5 5 193 50-59 na na na na na 2,3 2,0 2,3 4,7 732 Ensemble 15-591 na na na na na 4,7 4,0 3,3 8,0 5 926 na = Non applicable 1 Y compris 6 hommes pour lesquels la circoncision est non déterminée Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA • 253 Les résultats montrent que 5 % des femmes ayant déjà eu des rapports sexuels ont déclaré avoir eu une IST au cours des 12 derniers mois. Par ailleurs, parmi les enquêtées qui n’ont pas déclaré avoir eu une IST, 13 % ont déclaré avoir eu des pertes vaginales anormales et 4 % un ulcère génital. Globalement, 16 % des femmes sont considérées comme ayant eu une IST et/ou un ou des symptômes révélateurs d’IST. Rappelons néanmoins que cette prévalence étant basée sur les seules déclarations des enquêtées, elle doit être prise comme un ordre de grandeur et non comme une estimation précise car la présence de ces différents symptômes ou signes ne sont pas toujours la preuve d’une IST. On note que c’est dans la région du Centre (23 %), en milieu urbain (19 %), parmi les femmes de niveau secondaire ou plus (20 %) et parmi celles vivant dans les ménages les plus riches (20 %) que cette prévalence déclarée est la plus élevée. La prévalence déclarée d’une IST chez les hommes ayant déjà eu des rapports sexuels (5 %) est identique à celle observée chez les femmes. Cependant, si on tient compte des symptômes, cette prévalence atteint 9 %. La prévalence varie peu selon l’âge, passant d’un maxim