Chad - Multiple Indicator Cluster Survey - 2000

Publication date: 2000

REPUBLIQUE DU TCHAD UNITE – TRAVAIL – PROGRES -------- -------- MINISTERE DE LA PROMOTION ECONOMIQUE ET DU DEVELOPPEMENT -------- DIRECTION GENERALE -------- DIRECTION DE LA STATISTIQUE, DES ETUDES ECONOMIQUES ET DEMOGRAPHIQUES ------------- BUREAU CENTRAL DU RECENSEMENT ------------- EEEnnnqqquuuêêêttteee pppaaarrr gggrrraaappppppeeesss ààà iiinnndddiiicccaaattteeeuuurrrsss mmmuuullltttiiipppllleeesss RRRaaappppppooorrrttt cccooommmpppllleeettt Janvier 2001 i AVANT PROPOS L’Enquête à Indicateurs Multiples a été réalisée dans le cadre de suivi des indicateurs en fin de décennie 90. En effet, les chefs d’Etats et de Gouvernement ainsi que des hauts responsables de divers pays à travers le monde se sont réunis en 1990 à New York et se sont engagés par une Déclaration et un Plan d’Action pour les enfants. Ce plan définit les objectifs à atteindre en fin de décennie et les indicateurs d’appréciation de progrès réalisés. C’est ainsi que le Tchad qui a participé à ce sommet mondial, a adopté son programme national en faveur de l’enfant et s’est engagé à réaliser les objectifs retenus en fin de décennie en les adaptant à son contexte. C’est pourquoi, en partenariat avec le fonds de Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) le Gouvernement a lancé en mars 2000 une enquête par sondage auprès des femmes et des enfants pour obtenir les statistiques devant servir à l’évaluation des indicateurs afin de lui permettre de se situer par rapport aux objectifs de la décennie. L’Enquête à Indicateurs Multiples au Tchad (EIMT) est une enquête par sondage portant sur un échantillon représentatif au niveau national. Le financement de cette opération a été assuré par le Bureau de l’UNICEF au Tchad. Le Bureau Central du Recensement (BCR) de la Direction de la Statistique, des Etudes Economiques et Démographiques (DSEED) a été chargé de son exécution. Le présent rapport complet de l’enquête est une œuvre collective qui a bénéficié de l’apport des compétences nationales et des experts de l’UNICEF. Il met à la disposition du Gouvernement du Tchad les données nécessaires pour le suivi des progrès en vue de la réalisation des buts fixés dans le Programme National en Faveur de l’Enfant Tchadien (PRONAFET), conformément aux engagements pris en septembre 1990 à New York. Par ailleurs, il fournit les renseignements dont ont besoin les autorités politiques, administratives, les partenaires bilatéraux et multilatéraux de développement, les chercheurs. Nul doute que ces données seront également très utiles pour les planificateurs, autres décideurs, les étudiants et différents utilisateurs. Au nom du Gouvernement, nous saisissons cette opportunité pour exprimer notre gratitude à l’UNICEF dont la contribution financière et matérielle a permis l’exécution de cette enquête. Nous exprimons également toute notre reconnaissance aux experts du Bureau national et régional de l’UNICEF pour leur appui technique. Le Ministre de la Promotion Economique et du Développement AHMED LAMINE ALI ii REMERCIEMENTS Nous adressons nos plus vifs remerciements aux autorités politiques, administratives, religieuses, militaires et traditionnelles pour le soutien moral et matériel, ainsi qu’aux hommes et aux femmes des zones couvertes par l’enquête, qui en dépit de leurs nombreuses occupations quotidiennes n’ont ménagé aucun effort pour se prêter aux questions souvent intimes posées par les enquêtrices. Nous tenons aussi à remercier les enfants qui ont accepté de subir les épreuves lors des mesures de poids et de la taille effectuées par les agents anthropomètres. Nous voudrions remercier le Bureau National de l’UNICEF pour avoir mis à notre disposition les ressources matérielles et financières sans lesquelles la présente enquête n’aurait pu être réalisée. Nous félicitons particulièrement le Directeur Technique du Bureau Central du Recensement (BCR), les cadres du BCR (superviseurs, gestionnaire et tireur de carte), les membres du Comité de Pilotage de l’enquête, tous les agents de terrain (chefs d’équipe, agents enquêtrices, anthropomètres et chauffeurs) et de bureau (secrétaire, personnel de saisie, planton et sentinelle) pour la diligence et la conscience professionnelle dont ils ont fait preuve tout le long du projet. Nous remercions Monsieur KOSTELNGAR Nodjimadji pour sa contribution très significative dans toutes les phases de ce projet (méthodologie d’échantillonnage, adaptation des documents techniques, formation des agents de collecte, apurement des données saisies et analyse du rapport complet de l’enquête). Sa compétence et ses connaissances dans la pratique des enquêtes ont garanti la réussite de cette opération. Nous adressons également nos remerciements à l’informaticien (NARYANAN Oroumbaye) pour le suivi des aspects relatifs au traitement des données qui a permis la réalisation avec succès de l’enquête. Nous adressons enfin une reconnaissance spéciale au statisticien démographe (RIRADJIM Madnodji) qui a contribué à l’analyse du rapport complet de l’enquête. Enfin, que tous ceux et celles qui n’ont pas été cités nommément dans ces lignes m’excusent et qu’ils ne l’interprètent pas comme un manque d’importance accordé au rôle qu’ils ont joué dans l’enquête. Qu’ils sachent qu’ils ne sont pas oubliés, car ils font partie de la grande famille qui a contribué au succès de cette opération. Je leur adresse aussi mes sincères remerciements. Le Directeur de la Statistique des Etudes Economiques et Démographiques GOGNIN GOMDIGUE iii AVANT PROPOS REMERCIEMENTS Table des matières i ii iii Liste des abréviations Liste des tableaux v vi Liste des Figures viii Résumé analytique 1 Indicateurs de synthèse 5 I. Introduction 7 Contexte de l'enquête 7 Contexte du Tchad 7 II. Méthodologie de l'enquête 8 Conception de l'échantillon 8 Questionnaires 8 Travail sur le terrain et traitement 9 III. Caractéristiques de l'échantillon et qualité des données 9 Taux de réponse 9 Distribution par âge et données manquantes 10 Caractéristiques de la population des ménages 14 IV. Résultats 18 A. Mortalité infantile et infanto-juvénule 18 B. Education 20 Education de la petite enfance 21 Education de base 21 Alphabétisation des adultes 23 C. Eau et assainissement 24 Eau 24 Assainissement 26 D. Malnutrition des enfants 27 Statut nutritionnel 27 Allaitement au sein 29 Iodation du sel 30 Supplémentation en vitamine A 31 Faible poids à la naissance 33 E. Santé infantile 34 Couverture vaccinale 34 Diarrhée 36 Infections respiratoires aiguës 38 Initiative de la PCIME 40 Paludisme 42 F. VIH/Sida 44 Connaissance du Sida 44 Dépistage du Sida 56 G. Santé reproductive 57 Contraception 57 Consultations prénatales 59 Assistance pendant l'accouchement 62 H. Droits de l'enfant 63 Enregistrement des naissances à l’état civil 63 Orphelinat et dispositions relatives à la garde des enfants 64 iv Travail des enfants 65 Bibliographie Annexe A : Conception de l'échantillon 67 68 Annexe B : Liste du personnel participant à l’EIMT 76 Annexe C : Questionnaires 80 v LISTE DES ABREVIATIONS ATEP : Association Tchadienne pour l’Etude de la Population BCG : Bacille de Calmette et Guérin (Vaccination anti-tuberculeuse) BCR: Bureau Central du Recensement CVA : Carence en Vitamine A DIU : Dispositif Intra-Utérin DSEED: Direction de la Statistique, des Etudes Economiques et Démographiques DSIS: Division du Système d’Information Sanitaire DTC : Diphtérie -Tétanos-Coqueluche (vaccins) EDST : Enquête Démographique et de Santé au Tchad EIMT : Enquête à Indicateurs Multiples au Tchad EMUT : Enquête Migration Urbanisation au Tchad ENV : Enfants Nés Vivants IRA : Infections Respiratoires Aiguës ISSA : Integrated System for Survey Analysis MAL : Méthode de l’Aménorrhée Lactationnelle MPC : Ministère du Plan et de la Coopération MSP : Ministère de la Santé Publique NCHS : National Center for Health Statistics (Centre national des statistiques sanitaires, Etats-Unis) OMS : Organisation Mondiale de la Santé PCIME : Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfance PNLS : Programme National de Lutte contre le Sida PPM : Part par million PRONAFET : Programme National d’Action en Faveur de l’Enfant Tchadien QI : Quotient Intellectuel RGPHT : Recensement Général de la Population et de l’Habitat au Tchad SIDA : Syndrome de l’Immunodéficience Acquise SRO : Sels de Réhydratation par Voie Orale TCI : Troubles liées à la Carence en Iode TRO : Thérapie de Réhydratation par Voie Orale UNICEF : Fonds des Nations Unies pour l’Enfance VAT : Vaccin Anti – Tétanique VIH :Virus de l’Immunodéficience Humaine vi LISTE DES TABLEAUX Tableau 1: Nombre de ménages et des femmes, et taux de réponse, Tchad, 2000……….….10 Tableau 2: Répartition de la population des ménages par année d’âge, selon le sexe, Tchad, 2000……………………………………………………………………………. .11 Tableau 3: Pourcentage d’informations manquantes pour certaines questions, Tchad, 2000.14 Tableau 4: Répartition (en %) des ménages par caractéristiques socio-démographiques, Tchad, 2000………………………………………………………………………15 Tableau 5 : Répartition (en %) des femmes âgées de 15-49 ans par caractéristiques socio- démographiques, Tchad, 2000……………………………………………….…16 Tableau 6 : Répartition (en %) des enfants de moins de cinq ans par caractéristiques socio- démographiques, Tchad, 2000………………………………………………….17 Tableau 7 : Nombre moyen d’enfants nés vivants (ENV) et proportion d’enfants décédés par âge de la mère, Tchad, 2000……………………………………………….18 Tableau 8 : Quotients de mortalité infantile, juvénile et infanto-juvénile (moins de 5 ans) selon les caractéristiques socio-démographiques (en ‰), Tchad, 2000…….…19 Tableau 9 : Pourcentage d’enfants âgés de 36-49 mois qui fréquentent un programme organisé d’éducation préscolaire, Tchad, 2000…………………………………………….21 Tableau 10 : Pourcentage d’enfants entrant en première année qui atteignent, par la suite, la cinquième année, Tchad, 2000 ………………………………………………22 Tableau 11 : Pourcentage d’enfants d’âge scolaire qui sont actuellement scolarisés selon les caractéristiques socio-démographiques, Tchad, 2000…………………….23 Tableau 12 : Pourcentage de la population âgée de 15 ans et plus qui est alphabétisée selon les caractéristiques socio-démographiques , Tchad, 2000……………………24 Tableau 13 : Pourcentage de la population qui a accès à une eau à boire salubre selon le milieu de résidence, Tchad, 2000 ………………………………………….25 Tableau 14 : Pourcentage de la population qui a accès à un système sanitaire pour le traitement des excréments, Tchad, 2000………………………………………26 Tableau 15 : Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui souffrent d’une sous-nutrition sévère ou modérée, Tchad, 2000 …………………………………………….28 Tableau 16 : Pourcentage d’enfants vivants par pratique d’allaitement , Tchad, 2000…….29 Tableau 17 : Pourcentage de ménages ayant consommé du sel suffisamment iodé, Tchad, 2000……………………………………………………………………31 Tableau 18 : Répartition (en %) des enfants de 6-59 mois selon qu’ils ont reçu une dose élevée de vitamine A ou non pendant les six derniers mois, Tchad, 2000…….32 Tableau 19 : Pourcentage des femmes ayant donné naissance durant les 12 derniers mois selon qu’elles ont reçu une dose élevée de vitamine A ou non pendant les six derniers mois avant que l’enfant n’atteigne l’âge de 8 semaines, Tchad, 2000 .33 Tableau 20 : Pourcentage de naissances vivantes survenues au cours des 12 derniers mois dont le poids à la naissance est inférieur à 2500 grammes, Tchad, 2000 ………34 Tableau 21 : Pourcentage d’enfants âgés de 12-23 mois ayant reçu des vaccinations contre les maladies de l’enfance avant l’âge de 12 mois, Tchad, 2000 ………………….35 Tableau 22 : Pourcentage d’enfants âgés de 12-23 mois qui sont actuellement vaccinés contre les maladies de l’enfance quel que soit l’âge avant l’enquête, Tchad, 2000 ….36 Tableau 23 : Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans ayant eu la diarrhée au cours des deux dernières semaines qui ont reçu une SRO ou TRO, Tchad, 2000 ……….37 Tableau 24 : Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans ayant eu la diarrhée au cours des deux dernières semaines qui ont reçu davantage de liquide et ont continué à manger pendant la maladie, Tchad, 2000 …………………………………….38 vii Tableau 25 : Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans ayant eu des infections respiratoires aiguës (IRA) durant les deux dernières semaines qui ont été traités par les fournisseurs de service de santé, Tchad, 2000 ……………………………… 40 Tableau 26 : Pourcentage d’enfants âgés de 0-59 mois reportés malades durant les deux dernières semaines qui ont reçu davantage de liquide et ont continué à manger, Tchad, 2000 …………………………………………………………………….41 Tableau 27: Pourcentage de personnes en charge d’enfants âgés de 0-59 mois qui connaissent au moins deux signes pour aller chercher immédiatement des soins, Tchad, 2000.42 Tableau 28 : Pourcentage d’enfants âgés de 0-59 mois qui ont dormi sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide la nuit dernière, Tchad, 2000 ………………………43 Tableau 29 : Pourcentage d’enfants âgés de 0-59 mois souffrant de la fièvre durant les deux dernières semaines qui ont été traités avec un antipaludéen, Tchad, 2000 .….44 Tableau 30-30d : Pourcentage des femmes âgées de 15-49 ans qui connaissent les principaux moyens de prévention de la transmission du VIH, Tchad, 2000 …………45-48 Tableau 31 : Pourcentage des femmes âgées de 15-49 ans qui ont correctement identifié des conceptions erronées sur le VIH/SIDA, Tchad, 2000 ………………….…….49 Tableau 32 : Pourcentage des femmes âgées de 15-49 ans qui ont correctement identifié des moyens de transmission du VIH/SIDA de la mère à l’enfant, Tchad, 2000 .50 Tableau 33 : Pourcentage des femmes âgées de 15-49 ans qui ont exprimé une attitude discriminatoire vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH/SIDA, Tchad, 2000.51 Tableau 34-34f : Pourcentage des femmes âgées de 15-49 ans qui ont une bonne connaissance de la transmission du VIH/SIDA, Tchad, 2000 ………………………….52-55 Tableau 35 : Pourcentage des femmes âgées de 15-49 ans qui connaissent un endroit où elles peuvent aller faire un test du VIH/SIDA et qui ont été testées, Tchad, 2000 …57 Tableau 36 : Pourcentage des femmes mariées ou en union âgées de 15-49 ans qui utilisent actuellement (ou dont le partenaire utilise) une méthode contraceptive, Tchad, 2000……………………………………………………………………………58 Tableau 37 : Pourcentage des mères ayant une naissance survenue au cours des 12 derniers mois qui sont protégées contre le tétanos néonatal, Tchad, 2000…………….60 Tableau 38 : Répartition (en %) des femmes âgées de 15-49 ans ayant eu une naissance au cours de la dernière année par type de personnel dispensant des soins prénatals, Tchad, 2000 ………………………………………………………………….61 Tableau 39 : Répartition (en %) des femmes âgées de 15-49 ans ayant eu une naissance au cours de la dernière année par type de personnel assistant dans l’accouchement, Tchad, 2000 ………………………………………………………………….62 Tableau 40 : Répartition (en %) des enfants de 0-59 mois selon que la naissance est enregistrée ou non et les raisons de non enregistrement, Tchad, 2000 ………64 Tableau 41 : Pourcentage d’enfants âgés de 0-14 ans dans les ménages qui ne vivent pas avec un parent biologique, Tchad, 2000…………………………………………….65 Tableau 42 : Pourcentage d’enfants âgés de 5-14 ans qui travaillent actuellement, Tchad, 2000……………………………………………………………………66 viii LISTE DES FIGURES Figure 1: Distribution année par année de l’âge de la population des ménages par sexe, Tchad, 2000 12 Figure 2 : Pyramide des âges de la population des ménages, Tchad, 2000 Figure 3: Quotients de mortalité infanto-juvénile selon les caractéristiques socio- démographiques (en ‰), Tchad, 2000 13 20 Figure 4 : Pourcentage des enfants en âge d'aller à l'école primaire qui fréquentent un établissement primaire, Tchad, 2000 22 Figure 5 : Répartition des personnes enquêtées selon la source principale d’eau par milieu de résidence (en %) Figure 6 : Distribution par pourcentage des enfants vivant selon le statut d'allaitement, Tchad, 2000 Figure 7 : Pourcentage des enfants âgés de 12 à 23 mois vaccinés à l'âge de 12 mois, Tchad, 2000 25 30 35 Figure 8: Pourcentage des femmes âgées de 15 à 49 ans qui ont des connaissances suffisantes sur les modes de transmission du VIH/SIDA par niveau d'instruction, Tchad, 2000 55 Figure 9: Distribution par pourcentage des femmes ayant accouché au cours de l'année écoulée par type de personnel assurant la prestation des soins prénatals, Tchad, 2000 61 1 Résumé analytique L'Enquête à Indicateurs Multiples au Tchad (EIMT) est une enquête représentative au niveau national sur les ménages, les femmes et les enfants. Les principaux objectifs de l'enquête consistent à recueillir des informations à jour pour l'évaluation de la situation des enfants et des femmes au Tchad à la fin de la décennie et de fournir les données nécessaires pour le suivi des progrès en vue de la réalisation des objectifs établis au cours du Sommet mondial pour les enfants et comme base des actions futures. Mortalité infantile et infanto-juvénile § Les distorsions au niveau des données de l’EIMT concernant les décès parmi les enfants ne permettent pas d'obtenir des estimations des taux de mortalité récente. Les données montrent que le taux de mortalité infantile était de 105 ‰ et celui de la mortalité infanto- juvénile de 194 ‰ vers 1994. Education § Près de deux enfants sur cinq (39,2%) âgés de 6 à 11 ans au Tchad fréquentent une école primaire. Les garçons (45,5%) sont mieux scolarisés que les filles (32,8%). La scolarisation des enfants de 6 à 11 ans en en milieu rural est de loin inférieure à celle du reste du pays, avec 34,4%. § Au Tchad, seulement 25,5 % de la population âgée de plus de 15 ans sait lire et écrire. Le pourcentage des adultes alphabétisés baisse, passant de 37,3 % chez les personnes âgées de 15 à 24 ans à 6,5 % parmi la population âgée de 65 ans et plus. Eau et assainissement § Environ une personne sur trois (31,3% de la population) a accès à l'eau potable – 45,7 % dans les zones urbaines et 26,7 % dans les zones rurales. La situation est de loin bien meilleure à N’Djaména où 50,6% de la population a accès à l’eau. § Près de trois personnes sur quatre (71,3%) vivent dans des ménages ne disposant de toilettes. Ce pourcentage est de 88,4% en milieu rural et de 17,3% en milieu urbain. Malnutrition des enfants § Près d’un enfant sur quatre (27,6%) âgé de moins de 5 ans au Tchad souffre d'insuffisance pondérale ou sont trop minces pour leur âge. Un enfant sur dix (11,7%) est émacié ou trop mince pour sa taille, et 28,3% des enfants souffrent de retard de croissance ou sont trop courts pour leur âge. Les enfants de 12 à 23 mois ont plus de chance de souffrir d’insuffisance pondérale (44,7 %) et d’émaciation (25,7%) par rapport aux enfants les plus jeunes . Allaitement au sein § Seulement 13,0% des enfants âgés de moins de 4 mois sont allaités exclusivement, ce qui est très inférieur à la norme recommandée. A l'âge de 6-9 mois, 67,8% des enfants reçoivent du lait maternel et des aliments solides ou semi-solides. A l'âge de 20-23 mois, 51,1% des enfants pour cent continuent d'être allaités. Iodation du sel § Au Tchad, ce sont 58,2% des ménages qui disposent de sel iodé de façon adéquate (15+PPM). Le pourcentage des ménages disposant de sel iodé de façon adéquate varie de 54,8% en milieu rural à 69,5% en milieu urbain. 2 Supplémentation en vitamine A § Au cours des six mois précédant l’enquête, 36,2 % des enfants âgés de 6 à 59 mois ont reçu une dose élevée de supplémentation en vitamine A. Alors que 3,8% n'ont pas reçu de supplémentation au cours des 6 derniers mois, mais avaient reçu une avant cette période. § Il existe une corrélation entre le niveau d'instruction de la mère et la probabilité de recevoir de la supplémentation en vitamine A. Le pourcentage d’enfants qui ont reçu une supplémentation au cours des six derniers mois augmente, passant de 32,2 % chez les enfants dont les mères n'ont reçu aucune instruction à 50,6 pour les enfants dont les mères ont reçu une éducation secondaire ou supérieure. Faible poids à la naissance § Au Tchad, 23,5% des nourrissons auraient un poids inférieur à 2500 grammes à la naissance. Cette prévalence passe de 18,7 % chez les mères de niveau secondaire à 24,4 % chez les mères sans instruction. § Couverture vaccinale § Parmi les enfants âgés de 12 à 23 mois, 42,0% ont reçu une vaccination du BCG à l'âge de 12 mois et la première dose de la DTC a été administrée à 42,8 %. Le pourcentage baisse pour les doses suivantes de la DTC, soit 28,9 % pour la deuxième, et 17,3 % pour la troisième. § De même, 85,5% des enfants ont reçu la Polio 1 à l'âge de 12 mois et ce chiffre tombe à 42,3% pour la troisième dose. § La couverture vaccinale contre la rougeole est inférieure à celle des autres vaccins, s'élevant à 24,5 % et celle contre la fièvre jaune à 27,3 %. § Seulement 9,3 % des enfants avait effectué toutes les neuf vaccinations recommandées au cours des 12 premiers mois de la vie. § Quel que soit le type de vaccination, la couverture vaccinale est mieux assurée chez les garçons que chez les filles. § La couverture vaccinale est plus élevée chez les enfants dont les mères ont une éducation secondaire ou supérieure. Les différences selon le niveau d'instruction des mères sont plus importantes pour le BCG, la rougeole, la fièvre jaune, la Polio 0, la DTC et la troisième dose de la Polio, ce qui revient à dire que les taux d'abandon sont plus élevés chez les enfants dont les mères n’ayant aucun niveau d’éducation. Diarrhée § Plus de neuf enfants sur dix (94,7%) souffrant de diarrhée ont reçu un ou plusieurs traitements à domicile recommandés (c'est-à-dire qu’ils ont été traités avec la SRO ou les fluides faits à domicile recommandés). § Plus d’un enfant sur trois (35,5%) souffrant de diarrhée a reçu davantage de fluides et a continué de manger tel que recommandé. Infections respiratoires aiguës § Au cours des deux semaines précédant l'enquête, 12,5% des enfants âgés de moins de cinq ans avaient une infection respiratoire aiguë et 21,7% de ces enfants avaient été présentés à un prestataire de soins de santé approprié. Initiative de la PCIME § Parmi les enfants âgés de moins de cinq ans qui auraient eu la diarrhée ou d'autres formes de maladies au cours des deux semaines précédant l’enquête, 32,9 % avaient reçu 3 davantage de fluides et continuaient de manger selon les recommandations du programme de la PCIME. § Parmi les mères, 67,1% d’entre elles connaissent au moins deux des signes pour lesquels un enfant doit être emmené immédiatement dans un établissement de santé. Paludisme § Au Tchad, 26,9 % des enfants âgés de moins de cinq ans dormaient sous une moustiquaire avant l'enquête. Cependant, seuls 2,2 % des moustiquaires utilisées étaient traitées à l'insecticide. § Au cours des deux semaines précédant le passage des enquêtrices, 29,2% des enfants ont fait une fièvre. Parmi ces enfants, 55,9 % avaient reçu du Paracétamol pour soigner la fièvre et 31,1% de la Chloroquine, tandis que 1,2 % avait reçu du Fansidar. Par ailleurs, 7,6% d'enfants avaient reçu d'autres médicaments. VIH/SIDA § Un peu moins d’une femme sur cinq (19,5%) âgées de 20 à 49 ans connaissent 2 principales méthodes de prévention de la transmission du VIH à savoir - avoir un seul partenaire sexuel non infecté et l'utilisation d'un préservatif à chaque rapport sexuel. § Seulement 13,7 des adolescentes (femmes de 15-19 ans) connaissent les trois principales méthodes de prévention de la transmission du VIH – avoir un seul partenaire sexuel non infecté, l'utilisation d'un préservatif à chaque rapport sexuel et l'abstinence sexuelle § Un peu moins d’une femme sur dix (7,9 %) ont identifié correctement trois conceptions erronées concernant la transmission du VIH – à savoir que le VIH peut être transmis par des moyens surnaturels, par les piqûres de moustiques, et qu'une personne apparemment en bonne santé ne peut être infectée. § 44,2% des femmes de 15-49 ans ont correctement identifiés tous les trois moyens de transmissions du VIH de la mère à l’enfant- notamment durant la grossesse, l’accouchement et à travers le lait maternel). Par contre, près de la moitié (48,8%) ne connaît aucun moyen spécifique de transmission du VIH de la mère à l’enfant. § Au Tchad, 8,9% des femmes en âge de procréer connaissent un endroit où l'on peut effectuer le test du Sida, et seulement un pour cent a été testé. Contraception § L'utilisation de moyens de contraception à l’heure actuelle a été mentionnée par 7,9% des femmes mariées ou vivant dans une union. La méthode la plus répandue est la Méthode de l’Aménorrhée Lactationnelle (MAL) qui est utilisée par 4,3 %, puis vient la continence périodique pratiquée par 1,5% des femmes mariées. Soins prénatals § Parmi les femmes ayant accouché récemment au Tchad, 38,5% sont protégées contre le tétanos néonatal et 36,7% de ces femmes a reçu deux ou plusieurs doses d’anatoxine tétanique au cours des trois dernières années. § Au Tchad, 51,2 % des femmes reçoivent une forme ou une autre de soins prénatals et 41,6 % reçoivent des soins prénatals d'un personnel qualifié (médecin, infirmier, sage-femme). Assistance pendant l'accouchement · Un médecin, un infirmier ou une sage-femme a assisté 16,2 % des naissances intervenues au cours de l'année précédant l'enquête. Ce pourcentage est le plus élevé à N’Djaména, soit 52,4% et est de 8,0% en milieu rural. 4 · Enregistrement des naissances § Les naissances de 24,9% des enfants âgés de moins de 5 ans au Tchad sont enregistrées à l'état civil. En ce qui concerne l'enregistrement des naissances, il n'existe pas de disparités importantes entre les sexes et les groupes d’âge. Orphelinat et dispositions relatives à la garde des enfants § D'une manière générale, 78,9 % des enfants âgés de 0 à 14 ans vivent avec les deux parents. Les enfants qui ne vivent pas avec un parent biologique représentent 6,8% et les enfants qui ont perdu un ou les deux parents représentent 5,9% de tous les enfants âgés de 0 à 14 ans. Travail des enfants § Au moment de l’enquête, 3,3% des enfants âgés de 5 à 14 ans effectuent un travail rémunéré, 23,3 % participent à un travail non-rémunéré pour une personne autre qu'un membre du ménage. § Dans l’ensemble, 73,9% des enfants effectuent des tâches domestiques, telles que la cuisine, la collecte de l'eau, et s'occupent d'autres enfants, pendant moins de quatre heures par jour, tandis que 7,3 % consacrent plus de quatre heures par jour à ces tâches. 5 Indicateurs de synthèse Indicateurs du Sommet mondial pour les enfants Mortalité infanto-juvénile Probabilité de mourir avant l'âge de cinq ans 194 ‰ Mortalité infantile Probabilité de mourir avant l'âge d'un an 105 ‰ Prévalence de l'insuffisance pondérale Proportion des moins de cinq ans qui sont trop minces pour leur âge 27,6 % Prévalence du retard de croissance Proportion des moins de cinq ans qui sont trop courts pour leur âge 28,3 % Prévalence de l'émaciation Proportion des moins de cinq ans qui sont trop minces pour leur taille 11,7 % Accès à l'eau potable Proportion de la population qui utilise de l'eau potable 31,3 % Accès aux toilettes Proportion de la population utilisant des toilettes 24,6 % Taux net de scolarisation Proportion des enfants de l'école primaire fréquentant une école primaire 39,2 % Taux d'alphabétisation des adultes Proportion de la population âgée de plus de 15 ans sachant lire une lettre ou un journal 25,5 % Accès aux soins prénatals Proportion des femmes âgées de 15 à 49 ans qui sont vues au moins une fois pendant la grossesse par un agent de santé qualifié 41,6 % Prévalence de la contraception Proportion des femmes mariées âgées de 15 à 49 ans qui utilisent une méthode contraceptive 7,9 % Assistance à l'accouchement Proportion des naissances assistées par un agent de santé qualifié 16,2 % Poids à la naissance inférieur à 2,5 kg Proportion des naissances vivantes dont le poids est inférieur à 2500 grammes 23,5 % Consommation du sel iodé Proportion des ménages qui consomment du sel iodé de façon adéquate 58,2 % Supplémentation en vitamine A des enfants Proportion des enfants âgés de 6 à 59 mois qui ont reçu une supplémentation en vitamine A au cours des 6 derniers mois 36,2 % Supplémentation en vitamine A des mères Proportion des mères qui ont reçu une supplémentation en vitamine A avant que le nourrisson n'atteigne 8 semaines 13,4 % Allaitement exclusif Proportion des nourrissons âgés de moins de 4 mois qui sont allaités exclusivement 13,0 % Alimentation complémentaire à temps Proportion des nourrissons âgés de 6 à 9 mois qui reçoivent du lait maternel et des aliments complémentaires. 67,8% Poursuite de l'allaitement Proportion des enfants âgés de 12 à 15 mois et de 20 à 23 mois qui sont allaités 92,5 % (12-15) 51,1 % (20-23) Couverture vaccinale de la DTC Proportion des enfants vaccinés contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos quel que soit l’âge 20,7% Couverture vaccinale de la rougeole Proportion des enfants vaccinés contre la rougeole quel que soit l’âge 29,7% Couverture vaccinale de la polio Proportion des enfants vaccinés contre la Polio quel que soit l’âge 50,5% Couverture vaccinale du BCG Proportion des enfants vaccinés contre la tuberculose quel que soit l’âge 45,4% Couverture vaccinale de la fièvre jaune Proportion des enfants vaccinés contre la fièvre jaune quel que soit l’âge 30,9 % Protection des enfants contre le tétanos néonatal Proportion des enfants âgés de un an protégés contre le tétanos néonatal grâce à la vaccination de la mère. 38,5 % Utilisation de la TRO Proportion des enfants de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au cours des 2 dernières semaines et qui ont été traités avec les sels de réhydratation orale ou avec une solution faite à domicile appropriée 46,1% Prise en charge à domicile de la diarrhée Proportion des enfants âgés de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au cours des 2 dernières semaines et qui ont reçu davantage de fluides et poursuivi l'alimentation pendant l'épisode. 35,5% 6 diarrhée et qui ont reçu davantage de fluides et poursuivi l'alimentation pendant l'épisode. Recherche des soins de santé pour les IRA Proportion des enfants âgés de moins de cinq ans qui ont eu une IRA au cours des 2 dernières semaines et qui ont été présentés à un prestataire de soins de santé approprié 21,7 % Développement préscolaire Proportion des enfants âgés de 36 à 59 mois qui fréquentent une forme ou une autre de programme d'éducation préscolaire 0,8 % Indicateurs de suivi des droits des enfants Enregistrement des naissances à l'état civil Proportion des enfants de moins de cinq ans dont les naissances seraient enregistrées à l'état civil 24,9 % Dispositions relatives à la vie des enfants Proportion des enfants âgés de 0 à 14 ans dans les ménages ne vivant pas avec un parent biologique 6,8 % Enfants orphelins dans les ménages Proportion des enfants âgés de 0 à 14 ans qui sont orphelins et vivant dans les ménages 0,3% (les deux parents) 6,0 % (un parent) Travail des enfants Proportion des enfants âgés de 5 à 14 ans qui travaillent à l'heure actuelle 65,5 % Indicateurs pour le suivi de la PCIME et du paludisme Prise en charge à domicile de la maladie Proportion des enfants âgés de moins de cinq ans qui auraient été malades au cours des 2 dernières semaines et qui ont reçu davantage de fluides et poursuivi l'alimentation 32,9 % Connaissances sur la recherche des soins de santé Proportion des personnes à charge des enfants âgés de moins de cinq ans qui connaissent au moins deux signes nécessitant la recherche immédiate des soins 67,1 % Moustiquaires Proportion des enfants âgés de moins de cinq ans qui dorment sous une moustiquaire imprégnée à l'insecticide 2,2 % (zones à haut risque uniquement) Proportion des enfants âgés de moins de cinq ans qui ont été malades et ont fait de la fièvre au cours de 2 semaines et ont reçu des antipaludéens 31,9 % Indicateurs de suivi du VIH/Sida Connaissances pour éviter le VIH/Sida Proportion des femmes de 20-49 ans qui ont identifié correctement les 2 méthodes de prévention de l'infection à VIH 19,5 % Connaissances pour éviter le VIH/Sida Proportion des adolescentes (femmes de 15-19 ans) qui ont identifié correctement les 3 principales méthodes de prévention de l'infection à VIH 13,7% Connaissances des conceptions erronées sur le VIH/Sida Proportion des femmes qui ont identifié correctement 3 conceptions erronées concernant le VIH/SIDA 7,9 % Connaissance de la transmission mère-enfant Proportion des femmes qui identifient correctement les modes de transmission du VIH de la mère à l'enfant 44,2 % Attitude des gens à l'égard du VIH/Sida Proportion des femmes exprimant une attitude discriminatoire à l'égard des gens qui ont le VIH/SIDA 31,9 % Femmes sachant où se faire tester pour le VIH Proportion des femmes qui savent où effectuer le test du VIH 8,9 % Femmes qui ont été testées pour le VIH Proportion des femmes qui ont été testées pour le VIH 0,9 % 7 I. Introduction Contexte de l'enquête Pendant le Sommet mondial pour les enfants, qui s'est tenu à New York en 1990, le Gouvernement du Tchad a pris des engagements au titre d'une Déclaration et d'un Plan d'action pour les enfants. Par la suite, un Programme d'action national pour les enfants a été élaboré et mis en œuvre. La déclaration mondiale en faveur des enfants adoptée le 30 septembre 1990 lors du Sommet mondial, lance un appel pressant et universel en faveur d’un avenir meilleur pour tous les enfants. Toutefois, pour parvenir au bien-être des enfants, une action politique au plus haut niveau s’impose. Cette action doit être soutenue par le système des Nations Unies ainsi que par d’autres organisations internationales et régionales, pour qu’il s’associent à l’effort universel déployé en vue de promouvoir le bien-être des enfants. Le Plan d'action lance un appel en faveur de la mise en place de mécanismes de suivi des progrès en vue de la réalisation des buts et objectifs fixés pour l'an 2000. Pour ce faire, l'UNICEF a élaboré une série de 75 indicateurs de base concernant des aspects spécifiques de la situation des enfants en collaboration avec les autres organisations internationales. L'enquête à indicateurs multiples réalisée en l’an 2000 au Tchad a été mise en œuvre en vue de recueillir des informations à la fin de la décennie sur de nombreux indicateurs. Les informations concernant les autres indicateurs seront tirées du système d'enregistrement des données démographiques et des différents systèmes de suivi des maladies. Le Programme National d’Action en Faveur de l’Enfant Tchadien 1993-2002 (PRONAFET 1993-2002), adopté conformément aux engagement pris lors du Sommet Mondial pour les enfants, analyse la situation de la mère et de l’enfant et définit les niveaux d’objectifs en l’an 2002, les grandes lignes de stratégies, les conditions de mise en œuvre du Programme ainsi qu’une ébauche de mécanisme de financement. Par arrêté n° 49 du 18 mars 2000 du Ministère de la Promotion Economique et du Développement, le Bureau Central du Recensement de la Direction de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques était chargé de l’exécution de l’ Enquête à Indicateurs Multiples au Tchad (EIMT). Le financement a été assuré par le Bureau de l'UNICEF au Tchad. L’EIMT est suivie par un Comité Technique composé des directions et quelques organisations internationales. Contexte du Tchad Selon les données du Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) d’avril 1993, le Tchad comptait 6 279 931 habitants dont 51,6 % sont de sexe féminin. Cette population est essentiellement rurale (79 %). La structure de la population révèle que celle-ci est très jeune (les moins de 15 ans représentent 48,0% de la population). Avec l’Enquête Démographique et de Santé réalisée en 1996/1997, quelques statistiques fiables permettaient de cerner les réels contours de la santé au Tchad. Cette enquête a particulièrement permis d’évaluer les progrès dans des domaines spécifiques qui sont plus 8 importants pour la survie, la protection et le développement de l’enfant (le droit d’être protégé contre les maladies vaccinales, d’être allaité, d’être bien nourri, d’être protégé contre les troubles consécutifs aux carences en iode et en vitamine A, le droit d’aller à l’école, etc.) au milieu de la décennie. Le manque des statistiques nationales récentes pour l’évaluation des progrès réalisés à la fin de la décennie suggère une nouvelle collecte à l’échelle nationale. Cette enquête a pour objectifs de: § mettre à jour des informations pour l'évaluation de la situation des enfants et des femmes au Tchad à la fin de la décennie et pour la prochaine décennie ; § fournir les données nécessaires pour le suivi des progrès en vue de la réalisation des buts fixés au cours du Sommet mondial pour les enfants et comme base pour les actions futures ; § contribuer à l'amélioration des données et des systèmes de suivi. Le présent rapport présente les résultats des principaux thèmes couverts par l'enquête et des indicateurs du Sommet mondial. II. Méthodologie de l'enquête Conception de l'échantillon L'EIMT a été conçue afin de fournir des estimations sur les indicateurs de santé au niveau national, pour les zones urbaines et rurales. Trois strates ont été retenues pour cette enquête: La ville de N’Djaména, les autres villes et le milieu rural. L’échantillon de cette enquête a été choisi en deux étapes. Dans la première phase, 178 grappes ont été choisies avec une probabilité proportionnelle à la taille à l’intérieur de chaque strate. Ces grappes ont été sélectionnées à partir des 250 grappes utilisées par l’Enquête Démographiques et de Santé au Tchad (EDST) réalisée en 1996/1997. Ensuite, à partir de la liste des ménages établie à l’EDST et mise à jour lors de l’Enquête Migration Urbanisation au Tchad (EMUT), un échantillon systématique de 5690 ménages a été tiré. Etant donné que l'échantillon était stratifié en trois niveaux (N’Djaména, les autres villes et le milieu rural), il n'existe pas de pondération automatique. Pour obtenir les résultats au niveau national, les pondérations de l'échantillon ont été utilisées. Questionnaires Les questionnaires de l’EIMT reposent sur un questionnaire type standard adapté aux réalités nationales. Un questionnaire ménage a été administré afin de recueillir différentes informations sur les membres du ménage, notamment le sexe, l'âge, l'alphabétisation, la situation matrimoniale et le statut d'orphelin. Le questionnaire des ménages comportait également des modules sur l'éducation, le travail des enfants, l'eau et l'assainissement, et l'iodation du sel. Outre le questionnaire ménage, des questionnaires femme et enfant ont été également administrés aux femmes âgées de 15 à 49 ans et aux enfants de moins de cinq ans dans les ménages tirés. En ce qui concerne les enfants, le questionnaire a été administré à la mère ou à la personne en charge de l'enfant. Le questionnaire pour les femmes contient les modules suivants : la mortalité juvénile 9 l’anatoxine tétanique la santé maternelle et du nouveau-né l'utilisation des contraceptifs le VIH/SIDA. Le questionnaire pour les enfants âgés de moins de cinq ans comprend les modules ci-après : l'enregistrement de la naissance à l'état civil et l'apprentissage précoce la vitamine A l'allaitement au sein la prise en charge des maladies le paludisme la vaccination l'anthropométrie. Les questionnaires ont été testés à l'avance en avril 2000. Compte tenu des résultats du pré- test et des amendements du comité de pilotage de l’enquête, quelques modifications ont été apportées aux questionnaires. Travail sur le terrain et traitement Le personnel de terrain a été formé pendant douze jours (26 avril au 8 mai 2000). A l’issue de cette formation, cinq équipes ont été constituées; chacune comprenait trois agents enquêtrices, un enquêteur anthropomètre, un chauffeur et un chef d’équipe. La collecte des données sur le terrain a commencé le 17 mai 2000 et s'est achevée le 15 septembre. Pendant cette période, le coordonnateur de l’enquête appuyé de deux superviseurs ont assuré le suivi des opérations sur le terrain. En outre, les superviseurs ont aussi assuré la vérification des questionnaires ramenés du terrain. Les données ont été saisies sur quatre micro-ordinateurs avec le logiciel ISSA. Huit opérateurs de saisie ont été sélectionnés et ont travaillé en équipe de quatre de manière rotative. Afin d'assurer le contrôle de la qualité, tous les questionnaires ont fait l'objet d'une double saisie et des contrôles de cohérence interne ont été effectués. Les procédures et les programmes standard élaborés pour les enquêtes à indicateurs multiples et adaptés au questionnaire du Tchad ont été utilisés pendant tout le processus. Le traitement des données a commencé le 26 juin 2000 et s'est achevé le 23 octobre 2000. III. Caractéristiques de l’échantillon et qualité de données Taux de réponse Sur les 5630 ménages sélectionnés pour l'échantillon de l’Enquête à Indicateurs multiples au Tchad, 5469 ont été identifiés (tableau 1). Parmi les derniers, 5374 ont été interviewés avec succès, soit un taux de réponse de ménages de 98,3 %. Au sein des ménages interviewés, 6180 femmes éligibles âgées de 15 à 49 ans ont été identifiées. Parmi celles-ci, 5865 ont été enquêtées avec succès, soit un taux de réponse de 94,9 %. Par ailleurs, 5814 enfants âgés de moins de cinq ans ont été enregistrés dans les ménages enquêtés. Parmi ceux-ci, les questionnaires ont été remplis pour 5383 enfants pour un taux de réponse de 92,6%. 10 Tableau 1: Nombre de ménages et des femmes, et taux de réponse, Tchad, 2000 Milieu de résidence N'Djaména Autre ville Milieu rural Total Ménages sélectionnés 631 758 4301 5690 Ménages identifiés 610 721 4138 5469 Ménages interviewés 601 702 4071 5374 Taux de réponse ménage 98,6 97,5 98,4 98,3 Femmes éligibles 707 811 4661 6180 Femmes interviewées 682 772 4411 5865 Taux de réponse femme 96,4 95,2 94,6 94,9 Enfants de moins de 5 ans 535 699 4580 5814 Enfants interviewés 505 652 4226 5383 Taux de réponse enfant 94,3 92,3 92,6 92,3 Distribution par âge et données manquantes Tel qu'indiqué au Tableau 2 et à la Figure 1, quel que soit le sexe, il existe une préférence évidente pour les âges se terminant par 0 et 5, ce qui est typique des populations à statistiques déficientes. 11 Tableau 2 : Répartition de la population des ménages par année d’âge, selon le sexe, Tchad, 2000 Hommes Femmes Hommes Femmes Age Effectif Pourcentage Effectif Effectif Age Effectif Pourcentage Effectif Pourcentage 0 677 4,9 633 4,2 37 118 0,9 107 0,7 1 460 3,3 448 3,0 38 138 1,0 127 0,8 2 612 4,4 600 4,0 39 84 0,6 81 0,5 3 564 4,1 628 4,2 40 353 2,6 304 2,0 4 566 4,1 635 4,2 41 74 0,5 63 0,4 5 594 4,3 555 3,7 42 106 0,8 103 0,7 6 598 4,3 554 3,7 43 71 0,5 49 0,3 7 538 3,9 587 3,9 44 36 0,3 39 0,3 8 502 3,6 568 3,8 45 243 1,8 211 1,4 9 400 2,9 382 2,5 46 49 0,4 54 0,4 10 554 4,0 528 3,5 47 84 0,6 101 0,7 11 310 2,2 265 1,8 48 74 0,5 107 0,7 12 424 3,1 493 3,3 49 46 0,3 80 0,5 13 322 2,3 363 2,4 50 219 1,6 223 1,5 14 301 2,2 329 2,2 51 23 0,2 47 0,3 15 360 2,6 328 2,2 52 62 0,4 103 0,7 16 213 1,5 238 1,6 53 59 0,4 60 0,4 17 210 1,5 197 1,3 54 29 0,2 50 0,3 18 244 1,8 309 2,0 55 116 0,8 134 0,9 19 124 0,9 155 1,0 56 35 0,3 42 0,3 20 243 1,8 408 2,7 57 27 0,2 25 0,2 21 94 0,7 124 0,8 58 36 0,3 41 0,3 22 129 0,9 212 1,4 59 25 0,2 32 0,2 23 80 0,6 136 0,9 60 191 1,4 165 1,1 24 86 0,6 149 1,0 61 18 0,1 13 0,1 25 205 1,5 419 2,8 62 26 0,2 14 0,1 26 100 0,7 166 1,1 63 21 0,2 16 0,1 27 108 0,8 226 1,5 64 25 0,2 6 0,0 28 147 1,1 245 1,6 65 104 0,8 87 0,6 29 80 0,6 120 0,8 66 16 0,1 8 0,1 30 277 2,0 408 2,7 67 30 0,2 8 0,1 31 64 0,5 60 0,4 68 23 0,2 16 0,1 32 136 1,0 185 1,2 69 25 0,2 7 0,0 33 83 0,6 114 0,8 70+ 332 2,4 233 1,5 34 82 0,6 91 0,6 ND/NSP 12 0,1 2 0,0 35 292 2,1 359 2,4 36 106 0,8 115 0,8 Total 13813 100,0 15089 100,0 12 Figure 1 : Distribution année par année de l’âge de la population des ménages par sexe, Tchad, 2000 0 1 2 3 4 5 6 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 Age P o u rc en ta g e Hommes Femmes L’observation de la pyramide des âges de la population enquêtée révèle que celle-ci est caractérisée par une base élargie du fait d’une forte proportion de la population jeune et un sommet rétréci lié à la mortalité relativement élevée aux âges avancés. Cette situation est le résultat de l’effet conjuguée d’une baisse relative de la mortalité aux jeunes âges et d’une fécondité toujours maintenue à un niveau élevé. Cette pyramide des âges met en relief des irrégularités pour les deux sexes engendrant des perturbations dans la structure. Ces irrégularités ainsi observées seraient certainement liées à la mauvaise déclaration des âges (attraction des âges terminant par 0 et 5). De ce fait, les enfants d’un an révolu, par exemple, sont moins nombreux que ceux qui ont moins d’un an ou ceux âgés de deux ans. Elle montre aussi un déséquilibre relatif entre sexes aux différents âges : à partir de 5 ans il y a une réduction plus sensible des effectifs masculins par rapport aux femmes jusqu’à 40 ans et surtout avec une situation extrême dans la tranche d’âges 25-29 ans (le rapport de masculinité chez les 25-29 ans égal à 54,4%). Ce déficit en hommes peut être attribué à la surmortalité masculine dans les tranche d’âges adultes mais aussi à l’émigration masculine vers les pays étrangers. Le déséquilibre numérique très marqué en faveur des femmes de 25-29 ans pourrait en partie expliquer le fait que la proportion d’enfants décédés chez les femmes de cette tranche d’âges soit supérieure à celle des femmes âgées de 30-34 ans (tableau 7). Au delà de 40 ans, les femmes restent plus nombreuses entre 45 et 60 ans alors que les hommes sont plus importants numériquement à 40-44 ans et à 60 ans et plus. 13 Figure 2 : Pyramide des âges de la population des ménages, Tchad, 2000. La situation des informations est présentée dans le tableau 3. En dehors des questions relatives à l’anthropométrie, il apparaît que le pourcentage des valeurs manquantes est pratiquement nul pour les autres variables contenues dans ce tableau. Les données concernant l’anthropométrie ont le plus de chances de figurer parmi les informations manquantes. L’information manque pour 1,5 % sur la question relative au poids et pour 1,6 % sur la prise de la taille des enfants de moins de cinq ans. Le très faible niveau des données manquantes indique qu'il n'existait pas de problèmes importants au sujet des questions ou du travail tant au terrain qu’au bureau. 14 Tableau 3: Pourcentage d'informations manquantes pour certaines questions, Tchad, 2000 Question Population de référence Pourcentage d’informations manquantes Effectif Niveau d'éducation Membres du ménage 0,0 9525 Année d'éducation Membres du ménage 0,0 9525 Nombre d'heures de travail Enfants de 5-14 ans qui travaillent 0,0 2443 Date de naissance complète Femmes de 15-49 ans 0,0 5905 Date de la dernière injection antitétanique Femmes ayant une naissance survenue au cours de la dernière année 0,0 172 A été testé pour le VIH Femmes de 15-49 ans 0,0 4164 Date de naissance complète Enfants de moins de 5 ans 0,0 5384 Diarrhée dans les deux dernières semaines Enfants de moins de 5 ans 0,0 5384 Poids Enfants de moins de 5 ans 1,5 5384 Taille Enfants de moins de 5 ans 1,6 5384 Caractéristiques de la population des ménages A l’EIMT, un ménage ordinaire est défini comme un groupe de personnes apparentées ou non, vivant à l’intérieur d’une unité d’habitation et pourvoyant ensemble à leurs besoins alimentaires et autres besoins vitaux. De façon générale, les membres d’un ménage reconnaissent l’autorité d’un chef, indépendamment du sexe, appelé chef de ménage. Les informations concernant les caractéristiques de la population des ménages et des personnes interviewées sont fournies afin de favoriser l'interprétation des résultats de l'enquête et de servir de mécanisme de contrôle de base de la mise en œuvre de l'échantillon. Le tableau 4 présente la distribution des ménages de l'échantillon selon les caractéristiques socio-démographiques. Environ 24,4 % des ménages (1311 ménages) résident en milieu urbain et 75,6 % (4062 ménages) en milieu rural. La ville de N’Djaména compte 11,1 % de ménages et les autres villes du Tchad, 13, 3 %. La moitié des ménages compte 2 à 5 membres et 40,7% sont des ménages de grande taille (six personnes et plus). Près de 3 ménages sur 5 (57,6%) des ménages comptent au moins un enfant âgé de moins de cinq ans et 77,8 % au moins une femme âgée de 15 à 49 ans. 15 Tableau 4: Répartition (en %) des ménages par caractéristiques socio- démographiques, Tchad, 2000 Milieu de résidence N’Djaména Autres Villes Rural Ensemble urbain Tchad 1 13,8 11,9 8,1 12,8 9,2 2-3 23,7 21,6 22,2 22,6 22,3 4-5 23,1 25,3 28,9 24,3 27,8 6-7 20,0 19,0 20,8 19,5 20,5 8-9 9,4 11,0 10,5 10,3 10,5 10+ 10,0 11,1 9,5 10,6 9,7 Au moins un enfant âgé < 15 69,0 66,1 81,8 67,6 79,0 Au moins un enfant âgé < 5 37,9 15,7 63,5 27,9 57,6 Au moins une femme âgée de 15-49 53,6 27,8 81,9 42,0 77,8 Effectif pondéré des ménages 625 750 4258 1375 5373 Effectif non pondéré des ménages 1002 2208 2453 3210 5373 Le tableau 5 présente les caractéristiques des femmes enquêtées âgées de 15 à 49 ans. Les femmes âgées de 15 à 19 ans représentent le pourcentage le plus important de l'échantillon, soit 19,6 %. Les femmes de 25-29 ans sont relativement plus nombreuses (19,0%) que celles âgées de 20-24 ans (16,6 %) et moins nombreuses que celles de 15-19 ans alors que selon les données de l’EDST, la proportion des femmes âgées de 20-24 ans est comprise entre celle de 15-19 ans et 25-29 ans. Cette situation est à imputer à une mauvaise déclaration des âges par les enquêtées. Le pourcentage des femmes baisse constamment pour les groupes d'âge jusqu'à l'âge de 45-49 ans pour lequel il est de 9,1%. Les femmes mariées représentent 78,2% de l'échantillon. La plupart des femmes (80,1 %) ont déjà donné naissance au cours des leur vie et 19,9 % n’ont jamais accouché. La majorité des femmes n’ont aucun niveau d’instruction (75,7 %) et seulement 5,2 % ont atteint au moins le niveau secondaire. Ces diverses proportions sont le plus souvent proches de celles trouvées à l’EDST de 1996-97 ou au Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 1993 à l’exception de celles relatives au milieu de résidence. En effet, au recensement général de 1993, les ménages urbains représentaient 21,1% de l’ensemble (BCR, 1995f, p. 5). Cette situation serait essentiellement due à la prise en compte dans la population résidante analysée, des ménages nomades qui sont dans leur quasi-totalité des ménages ruraux alors que dans les enquêtes par sondage comme l’EDST, l’EMUT et l’EIMT, l’énumération des ménages ne concerne que les ménages sédentaires. 16 Tableau 5: Répartition (en %) des femmes âgées de 15-49 par caractéristiques socio-démographiques, Tchad, 2000 Pourcentage Effectif pondéré Effectif non pondéré N'Djaména 11,4 488 1087 Autres villes 13,1 638 2258 Ensemble urbain 24,6 1444 3344 Rural 75,4 4240 2522 15-19 19,6 1149 1235 20-24 16,6 972 991 25-29 19,0 1116 1068 30-34 13,9 818 806 35-39 12,7 743 726 40-44 9,0 530 523 45-49 9,1 536 517 Actuellement mariée 78,2 4589 4349 A été mariée 9,0 526 648 Jamais mariée 12,8 750 868 N'a jamais donné naissance 80,1 4699 4591 A donné naissance 19,9 1165 1274 Aucun 75,7 4440 3923 Primaire 16,1 947 1171 Secondaire & + 5,2 303 575 Total 100,0 5865 5866 Le tableau 6 présente les caractéristiques des enfants âgés de moins de cinq ans. Parmi ces enfants, 50,6% sont des filles et 49,4% des garçons En outre, 53,6% des mères des enfants âgés de moins de cinq ans n'ont reçu aucune instruction, 22,8 % ont le niveau primaire, et seulement 10,6 % ont atteint le niveau secondaire ou supérieur. Il convient de souligner que pour les enfants dont les mères ne vivent pas au sein du ménage, le niveau d’instruction de la personne en charge de l'enfant a été pris en compte. Les enfants de 6 à 11 moins sont moins nombreux (10,6 %) que ceux de moins de six mois (11,4%). 17 Tableau 6: Répartition (en %) des enfants de moins de cinq ans par caractéristiques socio-démographiques, Tchad, 2000 Pourcentage Effectif pondéré Effectif non pondéré Masculin 49,4 2662 2652 Féminin 50,6 2722 2733 N'Djaména 9,2 496 846 Autres villes 12,0 648 2001 Ensemble urbain 21,2 1143 2847 Rural 78,8 4240 2538 < 6 mois 11,4 615 612 6-11 mois 10,6 570 573 12-23 mois 16,2 873 936 24-35 mois 20,5 1105 1060 36-47 mois 20,3 1095 1101 48-59 mois 20,9 1126 1102 Instruction de la mère Aucun 53,6 2887 2658 Primaire 22,8 1227 1173 Secondaire & + 10,7 573 861 Total 5384 5385 18 IV. Résultats A. Mortalité infantile et infanto-juvénile Le taux de mortalité infantile est la probabilité de mourir avant le premier anniversaire. Le taux de mortalité infanto-juvénile est la probabilité de mourir avant le cinquième anniversaire. Au niveau de l’EIMT, les taux de mortalité infantile et infanto-juvénile sont calculés sur la base d'une technique d'estimation indirecte (Méthode de Brass). Les données utilisées pour les estimations sont les suivantes: le nombre moyen d'enfants nés pour les groupes d'âge de cinq ans de femmes âgées de 15 à 49 ans, et la proportion de ces enfants qui sont décédés. La technique convertit ces données en probabilités de mourir en tenant compte tant des risques de mortalité auxquels les enfants sont exposés que de la durée de leur exposition au risque de mourir. Les données utilisées pour les estimations de la mortalité sont indiquées au Tableau 7. Le nombre moyen d'enfants nés vivants passe de 0,31 chez les femmes âgées de 15 à 19 ans (0,38 à l’EDST) à 7,34 chez les femmes âgées de 45 à 49 ans (6,86 à l’EDST) comme prévu. Autrement dit, le niveau de la fécondité reste élevé et presque constant au cours des 4 dernières années. Cependant, la proportion d'enfants décédés présente une caractéristique irrégulière. En particulier, la proportion d'enfants morts chez les femmes âgées de 30 à 34 ans est légèrement plus faible que celle chez les femmes de 25 à 29 ans. Cette situation pourrait résulter de la sous-estimation des femmes de 20-24 ans constatée au tableau 5. En effet, une partie des femmes de 30-34 ans auraient déclaré un âge hors de ce groupe d’âges auquel elles devraient réellement appartenir au profit de la tranche 25-29 ans. Ce qui constitue en fait une erreur nette dans la déclaration des âges par rapport au groupe d’âges 20-24 ans. Le groupe d’âges 25-29 ans aurait bénéficié d’un vieillissement d’une partie des 20-24 ans. Tableau 7: Nombre moyen d'enfants nés vivants (ENV) et proportion d'enfants décédés par âge de la mère, Tchad, 2000 Nombre moyen d’ENV Proportion d’enfants décédés Nombre de femmes 15-19 0,311 0,138 1149 20-24 1,877 0,176 972 25-29 3,525 0,211 1116 30-34 5,186 0,203 818 35-39 6,479 0,228 743 40-44 7,091 0,262 530 45-49 7,345 0,288 536 Total 4,545 0,215 5865 Les femmes de 20-24 ans n’ont pas encore acquis entièrement leur maturité. S’il s’avère que la mortalité de leurs enfants est plus élevée que celle des enfants de 25-29 ans, cela augmenterait anormalement la proportion d’enfants décédés chez les femmes de 25-29 ans. Les estimations de la mortalité ont été obtenues à l'aide du programme QFIVE des Nations Unies. Sur la base des estimations précédentes de la mortalité infanto-juvénile pour le Tchad, le tableau type de mortalité de la famille Nord a été considéré comme le plus approprié. En effet, ce tableau type donnait un 5Q0 proche de celui trouvé à L’EDST de 1996-97. Mais 19 comme ce modèle à l’instar des autres, montre généralement que la mortalité est plus élevée chez les enfants de 1 an (1Q0) que chez les enfants de 1 à 4 ans (4Q1) alors que la tendance de la mortalité en Afrique au sud du Sahara, et surtout au Sahel dont fait partie le Tchad est différente. Dans ces pays, 4Q1 est aussi élevé que 1Q0, sinon plus. Pour résoudre ce problème, il a été retenu de prendre la distribution des 1Q0 et 4Q1 d’après l’EDS du Tchad et de l’appliquer à l’EIMT tout en gardant le quotient de mortalité infanto-juvénile (5Q0) donné par l’EIMT1. Les résultats obtenus se trouvent dans le Tableau 8. Tableau 8 : Quotient de mortalité infantile , juvénile et infanto-juvénile (moins de 5 ans), selon les caractéristiques socio-démographiques (en ‰), Tchad, 2000 Quotient de mortalité infantile (1q0) Quotient de mortalité juvénile (4q1) Quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) Masculin 115 102 205 Féminin 96 94 182 N’Djaména 78 80 153 Autres villes 92 92 176 Ensemble urbain 88 89 170 Rural 108 99 197 Education de la mère Aucun 106 99 195 Primaire 101 95 187 Secondaire & + 76 73 144 Total 105 99 194 D’une manière générale, les niveaux de mortalité des enfants en 1994 à partir des données de l’EIMT sont proches de ceux trouvés à l’EDST de 1996-97 se référant à la même période (5 dernières années précédant l’enquête). En effet, à l’EIMT sur 1000 naissances vivantes, 105 mourraient avant leur premier anniversaire (respectivement 132 et 103 sur 1000 au RGPHT1993 et à l’EDST1996-97) d’une part et d’autre part 194 décédaient avant leur cinquième anniversaire (respectivement 222 et 194 sur 1000 au RGPHT1993 et à l’EDST1996-97). Autrement dit pour la même période, la méthodologie du recensement surestime les niveaux de la mortalité en s’intéressant uniquement aux décès survenus au cours des 12 derniers mois et à l’âge au décès. Les filles présentent moins des risques de mourir durant la petite enfance que les garçons. Sur 1000 naissances, 182 meurent avant leur cinquième anniversaire chez les filles alors que cette proportion est de 205 ‰ chez les garçons. Selon le milieu de résidence, ce sont les enfants vivant à la campagne qui ont le plus de (mal)chance de décéder alors que ceux de N’Djaména présentent le moins de risques. Entre les deux situations extrêmes de mortalité des enfants, on trouve les enfants des autres villes qui présentent des risques intermédiaires. En outre, le niveau d’instruction de la mère ou de la personne en charge de l’enfant réduit les 1 Par exemple, d’après le modèle Nord de Coale-Demeny, pour les femmes de 30-34 ans, 1Q0 est de 116‰ et celui de 4Q1 est de 88 ‰ . Si on additionne les deux quotients, on a un total de 204‰ . Or d’après l’EDS du Tchad, 1Q0 représente 51,7% et 4Q1 représente 48,3%. En appliquant ces deux pourcentages à 204‰, les deux quotients 1Q0 et 4Q1 seront respectivement de 105 et 98‰ . Pour 5Q0, il faut simplement retenir 194‰ donné par l’EIMT. Avec cette approche, on traduit mieux la réalité du Tchad. 20 risques de mourir avant l’âge de 5 ans. Le niveau de la mortalité infanto-juvénile (5Q0) est plus élevé chez les enfants dont les mères n’ont aucune instruction (195 ‰) alors qu’il est relativement plus faible chez ceux dont les mères ont au moins le niveau secondaire (144 ‰). Ces mêmes constats ont été faits à l’EDST de 1996-97. Les niveaux de la mortalité de la petite enfance selon les caractéristiques socio-démographiques sont généralement proches de ceux trouvés à l’EDST (Tableau 8). Figure 3 : Quotient de mortalité infanto-juvénile selon les caractéristiques socio- démographique (en ‰), Tchad, 2000. Les estimations sont généralement pour la période 1994, ce qui semblent constituer les chiffres les plus récents que l'on puisse utiliser avec une certaine confiance, bien qu'il soit possible que la mortalité ait été légèrement surestimée, compte tenu d’une éventuelle baisse entre 1994 et 2000. B. Education L'accès universel à l'éducation de base et l'achèvement de l'éducation primaire par les enfants du monde constituent l'un des buts les plus importants du Sommet mondial pour les enfants. L'éducation constitue une condition sine qua non de la lutte contre la pauvreté, de l'habilitation des femmes, de la protection des enfants contre le travail dangereux ('exploitation par le travail et l'exploitation sexuelle), ainsi que de la promotion des droits humains et de la démocratie, de la protection de l'environnement et de l'influence sur la croissance démographique. 21 Education de la petite enfance Au niveau de l’éducation préscolaire, très peu d’enfants âgés de 36 à 59 mois suivent un programme d'éducation de la petite enfance organisé, notamment un jardin d'enfants ou les soins communautaires prodigués aux enfants avec des activités d'apprentissage organisées (Tableau 9). Ces programmes ne sont suivis que par 0,8 % d’enfants. Selon le sexe, on y dénombre 1,0% de garçons contre 0,6 % de filles. La différence selon le milieu de résidence montre qu’il y a 2,4 % d’enfants de 3 à 5 ans tant à N’Djaména que dans les autres villes fréquentant un programme préscolaire. Ce taux n’est que de 0,4% en milieu rural. En considérant l’instruction des mères, celles de niveau secondaire ou plus ont 4,7 % de leurs enfants inscrits dans un programme préscolaire. Tableau 9: Pourcentage d'enfants âgés de 36-49 mois qui fréquentent un programme organisé d'éducation préscolaire, Tchad, 2000 Pourcentage fréquentant un programme Effectif d'enfants Masculin 1,0 1041 Féminin 0,6 1180 N'Djaména 2,4 193 Autres villes 2,4 265 Ensemble urbain 2,4 458 Rural 0,4 1763 36-47 mois 0,6 1095 48-59 mois 1,0 1125 Instruction de la mère Aucun 0,4 1233 Primaire 0,3 479 Secondaire & + 4,7 210 Total 0,8 2221 Education de base Le taux de fréquentation scolaire présenté ici est mesuré par le rapport du nombre d’enfants de 6 à 11 ans fréquentant un établissement scolaire primaire à la population de 6 à 11 ans enquêtée. Au Tchad, seulement 39,2 % des enfants âgés de 6 à 11 ans fréquentent un établissement primaire (tableau 10). Cette proportion est légèrement inférieure à celle publié par le Ministère de l’Education en 1999 (environ 50,0%). Cet écart serait en partie dû au problème de déclaration d’âge dans un pays où les statistiques sont souvent déficientes. De ce fait, la prise en compte des enfants plus âgés mais fréquentant encore le primaire pourrait surestimé ce taux net de scolarisation calculé par les services statistiques du Ministère de l’Education Nationale. En outre, le fait que l’EIMT a utilisé deux types de questions selon la période scolaire ou la période de vacances pourrait engendré des biais dans les déclarations sur la fréquentation scolaire des enfants de 6-11 ans. Toutefois, les données de l’EDST ont révélé que 36,1% des enfants âgés de 6-10 ans fréquentaient un établissement scolaire, ce net de scolarisation est proche de celui trouvé à l’EIMT. Il convient de noter que ces deux enquêtes par sondage utilisent la même méthodologie. Comparativement à l’objectif du gouvernement tchadien qui est celui d’atteindre un taux brut de scolarisation de 70,0% en 22 l’an 2000 (MPC, 1994, p. 18), on peut déduire du taux net obtenu que l’objectif n’est pas atteint. Tableau 10: Pourcentage d'enfants d'âge scolaire qui sont actuellement scolarisés, Tchad, 2000 Sexe Masculin Féminin Total Pourcentage Effectif Pourcentage Effectif Pourcentage Effectif N'Djaména 62,5 291 55,8 286 59,2 577 Autres villes 56,7 374 47,6 363 52,2 737 Ens. urbain 59,2 665 51,2 649 55,3 1314 Rural 41,4 2236 27,4 2234 34,4 4470 6 21,3 598 18,9 554 20,2 1151 7 35,7 538 25,3 587 30,3 1124 8 49,1 502 37,3 568 42,8 1069 9 58,2 400 43,7 382 51,1 782 10 58,8 554 40,4 528 49,8 1082 11 62,9 310 37,8 265 51,4 575 Total 45,5 2901 32,8 2883 39,2 5784 Objectif du Sommet mondial pour les enfants => Numéro 6 Figure 4 : Pourcentage des enfants en âge d'aller à l'école primaire qui fréquentent un établissement primaire, Tchad, 2000. 0 20 40 60 80 100 N'Djaména Autres villes Urbain Rural Tchad Pourcentage Selon le sexe, les garçons sont plus scolarisés que les filles: 45,5% contre 32,8 %. Il y a une nette différence selon le milieu de résidence. Dans les zones urbaines, 55,3% des enfants sont scolarisés, tandis que dans les zones rurales, seulement 34,4 % le sont. Particulièrement, à N’Djaména, ce sont 59,2% des enfants de 5 à 11 ans qui sont inscrit au niveau primaire. Au niveau de l’âge, le pourcentage des enfants inscrits dans un établissement scolaire augmente régulièrement pour atteindre 51,4 % à 11 ans. Ces écarts selon l’âge et selon le milieu de résidence s’explique d’une part, par une plus grande facilité d’accès à l’école des enfants 23 résidant en ville par rapport à ceux de la campagne et, d’autre part , par une différence de comportement des parents de ces deux milieux (BANDOUMAL et al. 1998, p. 20). Dans l’ensemble, ce sont 8,6% des enfants qui entrent en première année de l'école primaire atteignent, en définitive, la cinquième année (Tableau 11). Malgré les nombreuses déperditions dans le système scolaire tchadien, il faut prendre avec beaucoup de réserve cet indicateur. En effet, le fait que l’EIMT a utilisé deux types de questions selon la période scolaire ou la période de vacances pourrait engendré des biais dans les déclarations sur la classe fréquentée l’année dernière. Il n’existe pas de grandes disparités entre le sexe en ce qui concerne l'achèvement de la cinquième année. La différence selon le milieu de résidence révèle que le pourcentage des enfants qui entrent en première année et atteignent la cinquième année est plus élevé en milieu rural (9,2 %) qu’en milieu urbain (7,6 %). Particulièrement à N’Djaména, seuls 6,2 % de ceux qui entrent en première année atteignent la cinquième année. Tableau 11: Pourcentage d'enfants entrant en première année qui atteignent, par la suite, la cinquième année, Tchad, 2000. Pourcentage fréquentant la 2ème année qui étaient en 1ère année l'année dernière Pourcentage fréquentant la 3ème année qui étaient en 2ème année l'année dernière Pourcentage fréquentant la 4ème année qui étaient en 3ème année l'année dernière Pourcentage fréquentant la 5ème année qui étaient en 4ème année l'année dernière Pourcentage d'enfants qui atteignent la 5ème année parmi ceux qui entrent en 1ère année Masculin 54,7 55,3 53,7 54,4 8,8 Féminin 54,1 54,4 53,8 52,2 8,3 N’Djaména 49,7 50,0 50,0 50,0 6,2 Autres villes 54,7 55,7 54,6 54,7 9,1 Ensemble urbain 52,2 53,1 52,2 52,3 7,6 Rural 55,3 55,7 54,7 54,4 9,2 Total 54,5 54,9 53,7 53,4 8,6 Alphabétisation des adultes Au Tchad, seulement 25,5 % de la population adulte âgée de 15 ans et plus sait lire et écrire (tableau 12). Par population qui sait lire et écrire, on entend ceux qui lisent "facilement ou difficilement". Au recensement de 1993, c’étaient 13,5% des personnes de 15 ans et plus qui sont dénombrées comme alphabétisées c’est-à-dire capables de lire et écrire en français, en arabe ou en toute autre langue. Ce relatif progrès réalisé dans le domaine de l’alphabétisation s’explique en partie par les gros efforts fournis par la Direction de l’Alphabétisation du Ministère de l’Education, mais aussi par la petite différence dans la définition retenue lors des deux collectes. Au recensement, les personnes qui lisent facilement mais qui ne sont pas à mesure d’écrire étaient considérées comme des analphabètes. Cette définition a pour conséquence immédiate une surestimation des analphabètes en 1993 comparativement à la définition adoptée à l’EIMT. 24 Tableau 12: Pourcentage de la population âgée de 15 ans et plus qui est alphabétisée, Tchad, 2000. Masculin Féminin Total Alphabétisé Connaît pas EffectifAlphabétisé Connaît pas EffectifAlphabétisé Connaît pas Effectif N'Djaména 64,2 0,9 873 37,9 0,5 814 51,6 0,7 1687 Autres villes 54,7 1,0 890 26,2 1,0 997 39,7 1,0 1887 Ensemble urbain 59,4 1,0 1763 31,5 0,8 1811 45,3 0,9 3575 Rural 33,4 0,4 4616 6,8 0,3 5709 18,7 0,4 10325 15-24 55,3 0,6 1783 23,1 0,6 2256 37,3 0,6 4039 25-34 48,4 0,6 1282 12,2 0,2 2034 26,2 0,4 3316 35-44 36,1 0,5 1378 9,4 0,3 1348 22,9 0,4 2726 45-54 36,7 0,4 887 5,4 0,7 1036 19,8 0,6 1923 55-64 20,0 0,8 520 1,2 0,6 487 10,9 0,7 1007 65+ 10,7 0,2 530 0,2 0,4 359 6,5 0,3 888 Total 40,6 0,5 6379 12,7 0,4 7520 25,5 0,5 13900 Objectif du sommet pour les enfants => Numéro 7 D'une manière générale, comme au recensement de 1993, les femmes ont moins de chances que les hommes de savoir lire et écrire (12,7 % contre 40,6 %). Les pesanteurs socioculturelles et économiques des pratiques traditionnelles, qui prédestinent la jeune fille à devenir une mère exemplaire, les excluent du domaine de la scolarisation (BCR, 1995b, p. 23). Le pourcentage de la population qui sait lire et écrire est plus élevé en milieu urbain (45,3 %) qu’en milieu rural (18,7 %). A N’Djaména, 51,6% des adultes de 15 ans et plus sont alphabétisés contre 39,7 % dans les autres villes. Le niveau d'alphabétisation baisse à mesure que l'âge augmente. Il passe de 37,3 % chez les personnes âgées de 15 à 24 ans à 6,5 % chez les personnes âgées de 65 ans et plus. C. Eau et assainissement Eau L'eau potable est un préalable à la bonne santé. L'eau non potable peut être un vecteur important de maladies telles que le trachome, le choléra, la fièvre typhoïde et la schistosomiase. L'eau de boisson peut être contaminée également par des produits chimiques, des matières physiques et radiologiques qui ont des effets néfastes sur la santé humaine. Outre les aspects de santé, l'accès à l'eau de boisson peut être particulièrement important pour les femmes et les enfants, en particulier dans les zones rurales, auxquels incombe la principale responsabilité du transport de l'eau, souvent sur de longues distances. La source principale d’eau à boire retenue sont l’eau de robinet, le puits moderne/forage, le puits traditionnel protégé ou non, l’eau de surface, et l’eau de camion citerne ou des vendeurs d’eau. La plupart de la population (50,4 %) utilisent le puits traditionnel protégé ou non comme source principale d’approvisionnement en eau (tableau 13). Seulement 11,1% de la population utilisent l’eau de robinet, et 20,1% utilisent l’eau des fontaines publiques (puits moderne ou forage) comme eau de boisson. Bien que l’eau de surface (fleuve, rivière, mare) soit impropre à la consommation, 11,1% de la population en consomment . 25 Tableau 13: Pourcentage de la population qui a accès à une eau à boire salubre, Tchad, 2000 Source principale d'eau Eau de robinet Fontaine publique Puits traditionnel protégé ou non protégé Eau de surface Camion citerne, vendeur d'eau Autres NSP Total Total avec eau à boire salubre Effectif des person nes N'Djaména 46,5 4,1 20,9 0,0 28,6 0,0 0,0 100,0 50,6 3170 Autres villes 30,2 11,4 36,3 2,2 19,7 0,2 0,0 100,0 41,5 3774 Ensemble urbain 37,6 8,0 29,3 1,2 23,8 0,1 0,0 100,0 45,7 6944 Rural 2,8 24,0 57,1 14,2 0,6 1,3 0,1 100,0 26,7 21957 Total 11,1 20,1 50,4 11,1 6,2 1,0 0,0 100,0 31,3 28901 Objectif du Sommet mondial pour les enfants => Numéro 4 Les sources d'approvisionnement en eau de boisson des populations varient considérablement selon le milieu de résidence. En milieu rural, 57,1% de la population consomment l’eau provenant des puits traditionnels protégés ou non contre 29,3% en milieu urbain. En revanche, seuls 2,8% de la population rurale consomme l’eau de robinet contre 37,6% de la population urbaine. A N’Djaména, 46,5% de la population qui consomment l’eau de robinet, 28,6% s’approvisionnent chez les revendeurs d’eau et seulement 4,1% consomment l’eau de puits moderne ou forage. Dans les autres villes, 36,3 % de la population consomme l’eau provenant des puits protégés ou non, 30,2 % utilisent l’eau de robinet comme eau de boisson, et 19,7 % de la population s’approvisionnent auprès des revendeurs d’eau. Figure 5 : Répartition des personnes enquêtées selon la source principale d’eau par milieu de résidence (en %) , Tchad, 2000 26 Sont considérées comme sources d'eau potable, l'eau provenant du robinet et du puits moderne/forage. L’adoption de cette définition a été guidée surtout par la modification de cette question pour l’adapter au contexte du Tchad lors des discussions avec le Comité de pilotage de l’Enquête. Selon cette définition, 31,3 % de la population enquêtée a accès à l’eau potable, 45,7 % dans les zones urbaines et seulement 26,7 % en milieu rural (figure 5). Au recensement de 1993. Tandis qu’à l’EDST, le niveau est respectivement de 23,7 %, 48,7% et 17,0% (BCR, 1995f, p. 131). A N’Djaména, la situation est bien meilleure (50,6 %) que dans les autres villes (41,5 %). Ceci est le résultat de tous les efforts fournis tant par l’Etat tchadien que des partenaires en développement dans la construction des adductions et châteaux d’eaux. La proportion des personnes ayant accès à l’eau potable pourrait être encore relativement plus importante si on incluait les personnes résidant dans les villes qui sont alimentées en eau par les vendeurs d’eau qui s’approvisionnent essentiellement à partir des fontaines publiques. L’objectif de la décennie est que 80,0% de la population accède à l’eau potable à l’horizon 2002. Par rapport au niveau de cet indicateur en l’an 2000, il ne fait aucun doute que l’objectif ne sera pas atteint en 2002. Assainissement L'élimination inadéquate des excréments humains et l'insuffisance d'hygiène personnelle sont la cause d’une gamme de maladies, notamment les maladies diarrhéiques et la polio. L'élimination sûre des excréments humains comprend : les toilettes avec chasse eau, les latrines à évacuation, les latrines à ventilation, et les fosses d'aisance traditionnelles. Au Tchad, 71,3% de la population vit dans des ménages ne disposant pas de toilettes (tableau 14). Ce pourcentage est de 17,3% dans les zones urbaines et de 88,4% dans les zones rurales. Au niveau national, 23,1% de la population utilisent les latrines traditionnelles. Ce pourcentage est de 66,6% en milieu urbain contre seulement 9,4% en milieu rural. Les toilettes avec chasse eau (0,2%), les latrines à évacuation (0,9%) et les latrines à ventilation (0,3 %) sont rarement utilisées. Tableau 14: Pourcentage de la population qui a accès à un système sanitaire pour le traitement des excréments, Tchad, 2000 Type de toilette utilisé Toilette … chasse d'eau Latrines. ‚ évacua tion Latrines … ventila tion Latrines tradition nelle Trou ouvert Man quant Pas de toilette/ nature Total Système d’évacua tion adéquat des excréments Effectif des person nes N'Djaména 1,6 5,2 2,6 78,6 8,5 0,0 3,6 100,0 87,9 3170 Autres villes 0,3 2,6 0,2 56,6 11,3 0,3 28,9 100,0 59,6 3774 Ensemble urbain 0,9 3,8 1,3 66,6 10,0 0,2 17,3 100,0 72,5 6945 Rural 0,0 0,0 0,0 9,4 2,1 0,1 88,4 100,0 9,4 21957 Total 0,2 0,9 0,3 23,1 4,0 0,1 71,3 100,0 24,6 28901 Objectif du Sommet mondial pour les enfants => Numéro 5 Au total, ce sont 24,5% des personnes enquêtées qui utilisent des moyens d’élimination sûre des excréments humaines alors que cette proportion est respectivement de 26,9% et 21,0% à 27 l’EDST et au RGPH. Cette relative baisse constatée à l’EIMT serait essentiellement due à la non prise en compte des trous ouverts (4,0%) qui étaient tout simplement considérés comme à l’EDST. En intégrant ce type d’aisance, la proportion des personnes qui utilisent des sanitaires sûres passe à 28,5%, ce qui est un peu plus élevée qu’à l’EDST. D. Malnutrition des enfants Statut nutritionnel Le statut nutritionnel des enfants reflète leur santé générale. Lorsque les enfants ont accès à suffisamment de nourriture, ils ne sont pas exposés aux maladies répétées, et lorsqu'on s'occupe bien d'eux, ils mettent à profit toutes leurs potentialités de croissance et sont considérés comme bien nourris. Au sein d'une population bien nourrie, il existe une distribution standard de la taille et du poids pour les enfants âgés de moins de cinq ans. La malnutrition au sein d'une population peut être évaluée grâce à la comparaison des enfants avec cette distribution standard. La population standard ou de référence utilisée ici est la norme NCHS, qui est recommandée pour l'UNICEF et l'Organisation mondiale de la santé. Chacun des trois indicateurs du statut nutritionnel est exprimé en unités d'écarts types (scores-z) par rapport à la moyenne de cette population de référence. Le poids pour âge est une mesure tant de la malnutrition aiguë que chronique. Les enfants dont le poids pour âge est supérieur à deux écarts types en dessous de la moyenne de la population de référence sont considérés comme souffrant d'insuffisance pondérale modérée ou sévère, tandis que ceux dont le poids pour âge est supérieur à trois écarts types en dessous de la moyenne sont considérés comme souffrant d'insuffisance pondérale sévère. La taille pour âge est une mesure de la croissance linéaire. Les enfants dont la taille pour âge est supérieure à deux écarts types en dessous de la moyenne de la population de référence sont considérés comme courts pour leur âge et sont considérés comme souffrant d'un retard de croissance modéré ou sévère. Ceux dont la taille pour âge est supérieure à trois écarts types en dessous de la moyenne sont considérés comme souffrant de retard de croissance sévère. Le retard de croissance reflète la malnutrition chronique due à l'insuffisance de nutrition sur une longue période et aux maladies récurrentes ou chroniques. Enfin, les enfants dont le poids pour la taille est supérieur à deux écarts types en dessous de la moyenne de la population de référence sont considérés comme émaciés de façon modérée ou sévère, tandis que ceux qui ont plus de trois écarts types en dessous de la moyenne sont considérés comme émaciés de façon sévère. L'émaciation est en général la conséquence d'une insuffisance nutritionnelle récente. Cet indicateur peut présenter des variations saisonnières importantes inhérentes à l'évolution de la disponibilité de la nourriture ou à la prévalence des maladies. 28 Il convient de noter que les enfants qui n'ont pas été pesés et mesurés (environ 2,0% des enfants) et ceux dont les mesures se situent en dehors de la fourchette plausible sont exclus. Au Tchad, 27,6 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d'insuffisance pondérale et 9,8 % sont considérés comme souffrant d'insuffisance pondérale sévère (Tableau 15). Près de deux enfants sur sept (28,3 %) souffrent de retard de croissance ou sont trop courts pour leur âge et 11,7 % sont émaciés ou trop minces pour leur taille. Tous ces indicateurs de l’état nutritionnel sont inférieurs à ceux trouvés à l’EDST. Autrement dit, le niveau de la malnutrition semble baisser au Tchad entre l’EDST et l’EIMT même si beaucoup reste encore à faire pour éradiquer totalement ce fléau chez les enfants. Tableau 15: Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui souffrent d'une sous- nutrition sévère ou modérée, Tchad, 2000 Poids pour âge: -2 SD Poids pour âge: -3 SD Taille pour âge: -2 SD Taille pour âge: -3 SD Poids pour taille: -2 SD Poids pour taille: -3 SD Nombre d'enfants2 Masculin 27,2 9,3 28,9 13,0 11,8 3,0 2619 Féminin 28,0 10,2 27,8 13,7 11,7 2,8 2679 N'Djaména 23,4 6,6 21,8 8,9 9,8 1,9 488 Autres villes 28,2 8,9 27,8 12,0 12,8 3,6 638 Ensemble urbain 26,1 7,9 25,2 10,6 11,5 2,9 1126 Rural 28,0 10,3 29,2 14,1 11,8 2,9 4172 < 6 mois 3,2 0,3 3,6 1,5 4,3 2,5 605 6-11 mois 17,1 6,1 9,4 2,9 14,5 3,3 561 12-23 mois 44,7 18,4 34,0 14,6 25,7 6,7 859 24-35 mois 38,2 16,6 36,9 18,3 12,6 3,5 1087 36-47 mois 27,9 7,5 37,5 18,0 7,9 1,3 1078 48-59 mois 22,2 5,5 29,7 14,9 6,3 0,9 1108 Education de la mère Aucun 28,9 10,2 27,1 13,2 13,5 3,4 2841 Primaire 22,9 8,7 28,2 12,0 8,6 2,2 1207 Secondaire 22,7 7,7 28,5 12,3 7,8 2,8 564 Total 27,6 9,8 28,3 13,4 11,7 2,9 5298 Objectif du Sommet mondial des enfants => Numéros 3, 9, 26 Selon le milieu de résidence, les enfants de moins de cinq ans résidant dans les autres villes sont plus enclin à souffrir d'insuffisance pondérale (28,2 %) et de l’émaciation (12,8 %) que les enfants des autres milieux. Par contre, les enfants résidant en milieu rural ont plus de chances de souffrir de retard de croissance (29,2 %). Ceux dont les mères n’ont aucune instruction ont le plus de chances de souffrir d'insuffisance pondérale (28,9 %) ou d’émaciation (13,5 %). Par contre, les enfants de moins de cinq issus des femmes ayant le niveau d’instruction secondaire sont relativement plus nombreux à souffrir de retard de croissance (28,5 %) que ceux des mères n’ayant jamais fréquenté un établissement scolaire (27,1 %). Les filles semblent les plus exposées au risque de souffrir d'insuffisance pondérale (28,0 %) que les garçons (27,2 %). Par contre, ces derniers semblent les plus exposés au 2 Les enfants de 12-23 mois sont moins nombreux que ceux de 0-11 et 24-35 mois comme observés à l’ESDT (38,3 % des enfants de 0-59 mois sont âgés de 0-11 mois contre 30,7% et 31,0 de ceux de 12-23 et 24-35 mois). 29 retard de croissance (28,9 %) que les filles (27,8 %). La structure de l'âge indique qu'un pourcentage plus élevé d'enfants âgés de 12 à 23 mois sont malnutris selon l’insuffisance pondérale (44,7 %) et l’émaciation (25,7 %) par rapport aux enfants qui sont plus jeunes et plus âgés. Cette situation est normale et s’explique par l'âge auquel de nombreux enfants cessent d'être allaités et sont exposés à la contamination à travers l'eau, les aliments et l'environnement. Allaitement au sein L'allaitement au sein au cours des premières années de la vie protège les enfants contre l'infection, constitue une source idéale d'éléments nutritifs, est économique et sûr. Cependant, nombre de mères cessent d'allaiter trop tôt, et il existe souvent des pressions pour le passage aux préparations pour bébés, ce qui peut perturber la croissance et contribuer à la malnutrition en termes d’oligo-éléments, et ne constitue pas une méthode sûre si l'accès à l'eau potable n'est pas facile. Le but du Sommet mondial pour les enfants stipule que les enfants doivent être allaités exclusivement pendant quatre à six mois et que l'allaitement devrait être poursuivi avec des aliments complémentaires pendant la majeure partie de la deuxième année de la vie. Au tableau 16, le statut d'allaitement repose sur les rapports des femmes concernant la consommation des enfants au cours des 24 heures précédant l’interview. Par allaitement exclusif, on entend les enfants qui ne reçoivent que le lait maternel et les vitamines, les suppléments minéraux ou les médicaments. Par allaitement complémentaire, on entend les enfants qui reçoivent le lait maternel et les aliments solides ou semi-solides. Les deux dernières colonnes du tableau comprennent les enfants qui continuent d'être allaités à un et deux ans. Tableau 16: Pourcentage d’enfants vivant par pratique d’allaitement, Tchad, 2000. Pourcentage d’enfants de 0-3 mois exclusive ment allaités Pourcentage d’enfants de 6-9 mois recevant des aliments de complément solides/liquides Pourcentage d’enfants de 12-15 mois allaités Pourcentage d’enfants de 20-23 mois allaités Effectif d’enfants Masculin 13,2 69,7 95,2 51,9 120 Féminin 12,7 65,9 89,6 50,2 102 N'Djaména 6,2 65,3 81,4 26,5 29 Autres villes 11,8 71,2 90,0 35,5 35 Ensemble urbain 9,2 68,5 86,1 31,4 63 Rural 14,0 67,5 94,7 58,9 159 Education de la mère Aucun 11,2 64,2 92,6 53,7 114 Primaire 8,1 81,3 93,5 62,6 58 Secondaire 10,4 79,7 87,2 19,7 33 Total 13,0 67,8 92,5 51,1 222 Objectif du sommet mondial pour les enfants => numéro 16 30 Parmi les enfants âgés de moins de quatre mois, 13,0% des enfants âgés de moins de quatre mois sont allaités exclusivement, ce qui est très inférieur aux normes recommandées même si à l’EDST cette proportion n’était que de 2,0% (BANDOUMAL et al. 1998, p. 135). A 6-9 mois, 67,8 % des enfants reçoivent du lait maternel et des aliments solides ou semi-solides. A 12-15 mois, 92,5 % des enfants sont encore allaités, tandis qu’à 20-23 mois, 51,1 % le sont encore. La figure 6 présente la situation détaillée du statut d'allaitement par âge de l'enfant en termes de mois. Même aux âges les plus précoces, la majorité des enfants reçoivent des fluides ou des aliments autres que le lait maternel. Le pourcentage d'enfants allaités exclusivement diminue rapidement pour se rapprocher de zéro après trois mois. A la fin de la première année, moins de la moitié des enfants est encore allaitée. Figure 6 : Distribution par pourcentage des enfants vivant selon le statut d'allaitement, Tchad, 2000 0% 20% 40% 60% 80% 100% 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 Age en mois Allaités exclusivement Lait maternel et eau uniquement Lait maternel et suppléments Pas allaités Iodation du sel La carence en iode dans l'alimentation constitue la cause la plus importante au monde de l'arriération mentale susceptible d'être évitée et peut réduire le quotient intellectuel (QI) moyen d'une population dans des proportions pouvant atteindre treize points. L'iodation du sel constitue un moyen efficace et à faible coût d'éviter les troubles liés à la carence en iode (TCI). Le sel iodé de façon adéquate contient 15 ppm (parts par million) d'iode ou plus. Dans le cadre de l’EIMT, les agents enquêteurs ont testé le sel des ménages pour les niveaux d'iode grâce à un kit de test. Dans l’ensemble, 83,2% pour cent des ménages avaient du sel qui a été testé lors de la collecte des données de l’EIMT (tableau 17). Parmi les ménages où le sel a été testé, 58,2 % disposaient d'un sel iodé de façon adéquate (55,4% à l’EDST). Le pourcentage des ménages disposant de sel iodé de façon adéquate varie de 54,8 % (54,1% à l’EDST) en milieu rural à 69,5 % (59,9% à l’EDST) en milieu urbain. A N’Djaména, 80,3 % (78,2% à l’EDST) des ménages disposaient de sel iodé de façon adéquate contre 59,9 % (46,1% à l’EDST) des ménages des Autres villes. De manière générale, la proportion des personnes qui consomment du sel iodé croît quel que soit le milieu de résidence. Cette amélioration serait due aux 31 intenses campagnes de sensibilisation (radio, séminaires, etc.) menées à l’endroit de la population pour expliquer les méfaits de carence en iode chez un individu. Tableau 17 : Pourcentage de ménages ayant consommé du sel suffisamment iodé, Tchad, 2000. Pourcentage de ménages avec du sel testé Pourcentage des ménages n’ayant pas de sel Pourcentage des ménages dont le sel a été testé < 15 PPM 15 + PPM Effectif des ménages interviewés N’Djaména 12,7 82,1 19,7 80,3 596 Autres villes 14,3 77,9 40,1 59,9 715 Ensemble urbain 13,6 79,8 30,5 69,5 1311 Rural 9,3 84,3 45,2 54,8 4062 Total 10,3 83,2 41,8 58,2 5373 Objectif du sommet mondial pour les enfants => Numéro 14 Supplémentation en vitamine A La carence en vitamine A (CVA) affaiblit les systèmes immunitaires des enfants, accroît leurs chances de mourir de maladies courantes de l'enfance et mine la santé de la femme enceinte et allaitante. Elle peut provoquer également des dégâts aux yeux et la cécité chez les enfants. Toutefois, elle peut être évitée facilement par la supplémentation en vitamine A ou par la fortification des aliments. L'UNICEF et l’OMS recommandent que tous les pays dont le taux de mortalité des moins de cinq ans dépasse 70 pour 1000 naissances vivantes ou dans lesquelles la carence en vitamine A constitue un problème de santé publique mettent en place un programme de lutte contre la carence en vitamine A. Conformément aux directives de l'UNICEF/OMS, le Ministère de la santé recommande que les enfants âgés de 6 à 12 mois reçoivent une capsule d'une dose de vitamine A de 100 000 UI tous les six mois, et que les enfants âgés de plus d'un an reçoivent une dose élevée de 200 000 UI tous le six mois. Au cours des six mois précédant l’enquête, 36,2 % des enfants âgés de 6 à 59 mois avaient reçu une dose élevée de supplémentation en vitamine A (tableau 18). 3,8% n'avaient pas reçu de supplémentation au cours des six derniers mois, mais avaient reçu une avant cette période. En outre, 3,5% des enfants avaient reçu une supplémentation en vitamine A à un moment ou à un autre par le passé, mais leur mère/personne en charge n'avait pu préciser quand. Les enfants n’ayant reçu aucune supplémentation en vitamine A sont estimés à 55,7 %. La structure de l'âge pour la supplémentation en vitamine A montre que la supplémentation au cours des six derniers mois augmente, passant de 35,6 % pour les enfants âgés de 6 à 11 mois à 37,1% pour les enfants âgés de 12 à 23 mois, puis baisse constamment avec l'âge pour s'établir à 34,4 % pour les enfants les plus âgés. Il existe également une corrélation entre le niveau d’instruction de la mère et la probabilité de recevoir de la supplémentation en vitamine A. Le pourcentage qui a reçu une supplémentation au cours des six derniers mois augmente, passant de 32,2 % chez les enfants dont les mères n'ont reçu aucune instruction, à 46,1 % pour ceux dont les mères ont reçu une éducation primaire, et à 50,6% pour les enfants dont les mères ont reçu une éducation secondaire ou plus. 32 Tableau 18: Répartition (en %) des enfants de 6-59 mois selon qu’ils ont reçu une dose élevée de vitamine A ou non pendant les six derniers mois, Tchad, 2000. Pourcentage d’enfants qui ont reçu de la vitamine A: Dans les six derniers mois Avant les six derniers mois Pas sûre quand Pas sûre s’ils ont reçu Jamais reçu Total Effectif d’enfants Masculin 35,8 4,6 3,6 1,0 54,9 100,0 2340 Féminin 36,5 3,0 3,4 0,7 56,4 100,0 2429 N'Djaména 52,9 5,1 7,8 0,4 33,8 100,0 438 Autres villes 48,3 4,6 2,8 0,6 43,6 100,0 575 Ensemble urbain 50,3 4,8 5,0 0,5 39,4 100,0 1013 Rural 32,3 3,5 3,1 0,9 60,1 100,0 3756 6-11 mois 35,6 1,7 2,2 0,4 60,1 100,0 570 12-23 mois 37,1 6,3 2,9 0,4 53,2 100,0 873 24-35 mois 36,9 3,5 4,4 0,6 54,7 100,0 1105 36-47 mois 36,8 3,6 4,3 1,0 54,3 100,0 1095 48-59 mois 34,4 3,4 3,0 1,5 57,8 100,0 1125 Education de la mère Aucun 32,2 2,7 2,2 0,6 62,3 100,0 2548 Primaire 46,1 5,1 6,5 1,8 40,5 100,0 1088 Secondaire & + 50,6 7,1 6,3 0,3 35,7 100,0 503 Total 36,2 3,8 3,5 0,8 55,7 100,0 4769 Objectif du sommet mondial pour les enfants => Numéro 15 D’une manière générale, il ressort de l’EIMT que des efforts réels ont été fournis par les services de santé au Tchad pour lutter contre l’avitaminose A entre 1996 et 2000. En effet, le pourcentage d’enfants qui ont reçu de la vitamine A au cours des 12 derniers mois a cru de manière non négligeable au cours de cette période (37,3% chez les enfants de 6-11 mois et 37,8% pour ceux âgés de 48-59 mois à l’EIMT alors qu’à l’EDST ces proportions n’étaient respectivement que de 2,0% et 1,4%). Pour le Tchad, le chemin à parcourir reste encore long pour atteindre l’un des objectifs fixés par le Programme National d’Action en Faveur de l’Enfant Tchadien (PRONAFET) à savoir l’élimination des carences nutritionnelles dues spécifiquement au manque de la vitamine A. 33 Tableau 19: Pourcentage des femmes ayant donné naissance durant les 12 derniers mois selon qu’elles ont reçu une dose élevée de vitamine A ou non pendant les six derniers mois avant que l’enfant n’atteigne l’âge de 8 semaines, Tchad, 2000. A reçu un supplément en vitamine A Pas sûre si elle a reçu Effectif des femmes N'Djaména 25,5 0,9 136 Autres villes 28,4 0,4 161 Ensemble urbain 27,0 0,6 297 Rural 9,7 0,2 1072 Aucun 10,8 0,3 1068 Primaire 22,1 0,0 230 Secondaire & + 32,1 2,1 45 Total 13,4 0,3 1369 Objectif du sommet mondial pour les enfants => Numéro 15 Faible poids à la naissance Les nourrissons qui pèsent moins de 2500 grammes (2,5 kg) à la naissance sont considérés comme des bébés dont le poids est faible à la naissance. Etant donné que de nombreux nourrissons ne sont pas pesés à la naissance et que ceux qui sont pesés peuvent constituer un échantillon biaisé de toutes les naissances, le poids à la naissance notifié ne peut être utilisé pour évaluer la prévalence du faible poids à la naissance pour tous les enfants. Par conséquent, le pourcentage des naissances dont le poids est inférieur à 2500 grammes est calculé à partir de deux éléments du questionnaire : l'évaluation faite par la mère de la taille de l'enfant à la naissance (c'est-à-dire, très petit, plus petit que la moyenne, moyen, plus gros que la moyenne, très gros) et le rappel de la mère du poids de l'enfant ou le poids tel qu'enregistré sur une fiche de santé si l'enfant a été pesé à la naissance. Dans le cadre de l’EIMT, 8,3% des bébés avaient été pesés à la naissance. Tout d’abord, les deux éléments ont été tabulés pour les enfants qui avaient été pesés à la naissance afin d’obtenir la proportion des naissances dans chaque catégorie de la taille qui pesaient moins de 2500 grammes. Cette proportion est ensuite multipliée par le nombre total d'enfants appartenant à la catégorie de la taille pour obtenir le nombre estimatif des enfants dans chaque catégorie de taille qui avait un faible poids à la naissance. Les chiffres pour chaque catégorie de la taille sont résumés afin d'obtenir le nombre total des enfants ayant un faible poids à la naissance. Ce chiffre est divisé par le nombre total de naissances vivantes afin d'obtenir le pourcentage du faible poids à la naissance. Au Tchad, 23,5 % des nourrissons auraient un poids à la naissance inférieur à 2500 grammes (tableau 20). A l’EDST, cette proportion était estimée à 15,0% (BANDOUMAL et al., 1998, p. 117), ce qui révèle une relative aggravation de l’insuffisance pondérale entre 1996 et 2000. Même si la détérioration ces dernières années des conditions de vie des ménages, suite à l’inflation galopante, pourrait expliquer en partie cette situation, il ne faut pas non plus oublier que ces proportions ne sont que des estimations très approximatives qui nécessitent des investigations supplémentaires. La prise en compte de l’opinion de la mère sur la grosseur de son enfant pourrait constituer une source de biais dans la classification des poids à la naissance des enfants selon le critère inférieur ou supérieur à 2500 grammes. 34 Tableau 20: Pourcentage de naissances vivantes survenues au cours des 12 dernier mois dont le poids à la naissance est inférieur à 2500 grammes, Tchad, 2000. Pourcentage de naissance: Inférieur à 2500 grammes Pesé à la naissance Nombre de naissances N'Djaména 26,3 35,9 136 Autres villes 24,2 26,9 161 Ensemble urbain 25,2 31,0 297 Rural 23,0 2,0 1072 Education de la mère Aucun 24,4 4,1 1068 Primaire 18,8 17,5 230 Secondaire & + 18,7 60,6 45 Total 23,5 8,3 1369 Objectif du sommet mondial pour les enfants => Numéro 15 La prévalence du faible poids à la naissance varie légèrement selon le milieu de résidence. Selon l’éducation de la mère, cette prévalence est plus élevée chez les mères n’ayant aucun niveau d’instruction (24,4 %) que chez celles de niveau primaire (18,8 %) ou de niveau secondaire ou plus (18,7 %). E. Santé infantile Couverture vaccinale Selon les directives de l'UNICEF et de l'OMS, un enfant devrait recevoir la vaccination du BCG afin de le protéger contre la tuberculose, trois doses de la DTC pour le protéger contre la diphtérie, la coqueluche, et le tétanos, trois doses de vaccin contre la polio et une vaccination contre la rougeole à l'âge de 12 mois. Dans le cadre de l’EIMT, les mères ont été invitées à produire les carnets de vaccination pour les enfants âgés de moins de cinq ans. Les agents enquêteurs ont recopié les informations des carnets relatives à la vaccination dans le questionnaire de l’enquête. Les mères ont également été interviewées afin qu’elles notifient toute vaccination reçue par l'enfant, qui ne figure pas dans le carnet. D'une manière générale, 23,0 % des enfants avaient chacun un carnet de santé (tableau 22). Si l'enfant n'avait pas de carnet, on lisait à la mère une brève description de chaque vaccin et on lui demandait de se rappeler si l'enfant l'avait reçue ou non, pour la DTC et la polio, et combien de fois. Le Tableau 22 présente le pourcentage des enfants âgés de 12 à 23 mois qui ont reçu chacune des vaccinations selon les sources d’informations: carte de vaccination, la déclaration de la mère et les deux sources combinées. Dans ce tableau, seul les enfants âgés de 12 à 23 mois, suffisamment âgés pour être entièrement vaccinés sont pris en compte. 35 Tableau 21 : Pourcentage d’enfants âgés de 12-23 mois ayant reçus des vaccinations contre les maladies de l’enfance à l’âge de 12 mois , Tchad, 2000 Pourcentage d’enfants qui ont reçu : BCG DTC 1 DTC 2 DTC 3 Polio 0 Polio 1 Polio 2 Polio 3 Rou geole Fièvre jaune Tou tes Au- cu ne Nom- bre d’en- fants Vaccinés à n’importe quel âge de l’enquête : Selon la carte de vaccination Carte de vaccination 9,8 9,8 10,4 10,5 4,0 1,8 3,2 5,6 5,7 6,9 1,1 0,0 201 Selon la déclaration de la mère 35,6 35,3 22,5 10,2 8,9 88,4 74,6 45,0 24,0 24,0 14,1 8,6 672 Selon les deux sources 45,4 45,1 32,9 20,7 12,9 90,2 77,8 50,6 29,7 30,9 15,2 8,6 873 Vaccinés avant l’âge de 12 mois 42,0 42,8 28,9 17,3 12,8 85,5 68,2 42,3 24,5 27,3 9,3 51,5 873 Objectif du sommet mondial pour les enfants => Numéro 22 A l’EIMT, 45,4 % des enfants âgés de 12 à 23 mois avaient reçu une vaccination de BCG quel que soit l’âge et la première dose de la DTC avait été administrée à 45,1 %. Le pourcentage baisse pour les doses suivantes de la DTC, il est seulement de 32,9 % pour la deuxième dose et de 20,7 % pour la troisième dose (Figure 7). De même, 90,3 % des enfants avaient reçu la Polio 1 quel que soit l’âge, mais ce pourcentage baisse, pour s'établir à 50,5% pour la troisième dose. La couverture pour le vaccin contre la rougeole est inférieure à celle des autres vaccins, soit 29,7 % (17,2 % à l’EDST). La couverture vaccinale de la fièvre jaune est estimée à 30,9% (19,6 % à l’EDST). La grande différence entre le niveau de la polio et celui de la DTC résulte surtout des campagnes anti-polio organisées régulièrement depuis 1997 en vue de l’éradication de cette maladie au Tchad. Figure 7: Pourcentage des enfants âgés de 12 à 23 mois qui ont été vaccinés quel que soit l’âge, Tchad, 2000. 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 BCG DPT Polio Rougeole Fièvre jaune P o u r c e n t Dose 1 Dose 2 Dose 3 Au tableau 22, le pourcentage des enfants âgés de 12 à 23 mois vaccinés à l'heure actuelle contre les maladies de l'enfance est présenté selon les caractéristiques socio-économiques des enfants et des mères. A la différence du tableau 21, les estimations de ce tableau concernent 36 les enfants qui étaient vaccinés au moment de l'enquête, même s’ils n'ont pas été vaccinés avant l'âge de 12 mois. Par rapport à l’EDST, la couverture vaccinale s’est améliorée pour tous les vaccins. A l’EIMT, ce sont 15,2% des enfants de 12-23 mois qui ont bénéficié de tous les vaccins alors que cette proportion était de 11,1% à l’EDST. Malgré cet effort, il reste beaucoup à faire pour atteindre d’une part l’objectif du gouvernement qui est d’augmenter le taux de couverture vaccinale à 30,0% en l’an 2000 (DP, MPC, 1994, p. 18) et d’autre part deux des objectifs du PRONAFET, à savoir rendre accessible les services de vaccination à 90,0% de la population cible et atteindre et maintenir à 90,0% le taux de couverture vaccinale en DTC3/P3 en l’an 2002 (TCHAD, MPC, 1994, p. 5). Tableau 22: Pourcentage d’enfants âgés de 12-23 mois qui sont actuellement vaccinés contre les maladies de l’enfance, Tchad, 2000 Pourcentage d’enfants qui ont reçu : BCG DTC 1 DTC 2 DTC 3 Polio 0 Polio 1 Polio 2 Polio 3 Rouge- ole Fièvre jaune Toutes Auc une % avec carte de vaccina- tion Effectif d’enfants Masculin 47,8 49,0 36,0 23,8 13,3 91,2 78,9 53,8 29,9 32,4 16,7 7,5 25,3 451 Féminin 42,9 41,1 29,5 17,5 12,5 89,3 76,6 47,0 29,5 29,3 13,6 9,8 20,6 422 N'Djaména 74,7 69,5 59,7 44,8 38,3 93,5 83,1 56,5 49,4 50,6 32,5 3,9 34,4 90 Autres villes 66,3 61,4 49,6 31,9 22,4 96,9 88,2 61,7 47,3 48,1 24,9 2,3 34,2 126 Ens. Urbain 69,8 64,8 53,8 37,3 29,0 95,5 86,1 59,5 48,2 49,1 28,1 3,0 34,3 216 Rural 37,4 38,7 26,0 15,3 7,6 88,5 75,1 47,6 23,7 24,9 10,9 10,4 19,3 657 Aucune 36,5 37,5 26,9 15,4 7,7 88,9 73,9 42,3 23,5 25,7 10,1 9,8 16,5 464 Primaire 56,4 51,0 38,9 28,0 15,8 94,1 86,0 62,8 35,3 36,1 20,2 5,4 33,2 183 Secondaire 79,8 76,4 57,7 39,8 31,5 94,7 90,6 70,8 55,9 56,5 34,0 4,4 39,5 103 Total 45,4 45,1 32,9 20,7 12,9 90,3 77,8 50,5 29,7 30,9 15,2 8,6 23,0 873 Comme à l’EDST, la couverture vaccinale selon l’EIMT présente de fortes disparités selon le sexe des enfants. Quel que soit le type de vaccination, les garçons ont plus de chance d’être vacciné que les filles. La couverture vaccinale est mieux assurée en milieu urbain qu’en milieu rural. Cette couverture vaccinale est la plus élevée parmi les enfants dont les mères ont reçu une éducation secondaire ou supérieure et ce, quel que soit le type de vaccin. Diarrhée La déshydratation due à la diarrhée constitue une cause importante de mortalité chez les enfants au Tchad. La prise en charge à domicile de la diarrhée – à l’aide soit des sels de réhydratation orale (SRO) soit des fluides faits à domicile recommandés – permet d’éviter nombre de ces décès. La prévention de la déshydratation et de la malnutrition, grâce à l’augmentation de l'absorption de fluides et à la poursuite de l'alimentation de l'enfant, constitue également une stratégie importante de la prise en charge de la diarrhée. Lors de la collecte sur le terrain, les mères (ou les personnes en charge) ont été invitées à indiquer si leur enfant avait eu la diarrhée au cours des deux semaines précédant l'enquête. Le cas échéant, la mère était invitée à répondre à une série de questions concernant les fluides et la nourriture donnés à l'enfant pendant l'épisode et à dire s'il s'agissait plus ou moins de ce que l'enfant avait coutume de manger et de boire. D'une manière générale, 31,2% des enfants âgés de moins de cinq ans avaient fait de la diarrhée au cours des deux semaines précédant l'enquête (tableau 23). Cette proportion était de 21,5% à l’EDST. Autrement dit, il y a 37 augmentation de la prévalence diarrhéique à l’EIMT qui pourrait s’expliquer en partie par la période de collecte de ces opérations. En effet, le dénombrement de l’EIMT a eu lieu en saison de pluies, période où la probabilité de contracter la diarrhée est élevée alors que l’EDST s’est déroulé essentiellement en saison sèche. Tableau 23: Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans ayant eu la diarrhée au cours des deux dernières semaines qui ont reçu une SRO ou TRO,Tchad, 2000 Enfant avec la diarrhée qui ont reçu : A eu la diarrhée dans les deux dernières semaines Lait maternel Gruau Solution préparée à la maison acceptable Sachet ou paquet SRO Autre lait ou lait en poudre/boîte Aliments avec eau Traitement recommandé Aucun traitement Effectif d’enfants Masculin 32,5 47,0 48,8 31,1 16,5 16,7 59,5 95,7 4,3 866 Féminin 29,9 42,7 50,0 29,8 14,6 18,4 57,1 93,6 6,4 814 N'Djaména 31,2 43,6 50,8 35,2 29,2 25,8 58,3 97,3 2,7 155 Autres villes 33,5 41,6 47,3 29,7 25,4 20,4 61,2 96,9 3,1 217 Ensemble urbain 32,5 42,4 48,7 32,0 27,0 22,7 60,0 97,1 2,9 372 Rural 30,9 45,6 49,6 30,0 12,4 16,1 57,9 94,0 6,0 1308 < 6 mois 32,1 94,8 42,1 18,2 8,0 6,7 27,0 99,5 0,5 197 6-11 mois 41,7 92,3 47,9 28,8 16,4 12,1 52,5 96,9 3,1 238 12-23 mois 40,9 74,7 55,1 31,1 18,8 20,2 63,9 97,9 2,1 357 24-35 mois 34,9 16,4 49,8 31,2 17,6 17,6 63,9 93,2 6,8 386 36-47 mois 26,3 4,9 51,0 36,2 12,5 18,0 65,6 91,4 8,6 288 48-59 mois 19,0 2,0 45,3 33,4 16,9 28,6 64,8 89,5 10,5 214 Aucun 28,4 44,9 44,5 32,3 11,6 21,6 59,2 94,6 5,4 819 Primaire 39,4 43,1 59,8 30,8 18,3 6,8 56,4 95,1 4,9 483 Secondaire & + 32,3 43,4 60,1 30,3 28,0 17,1 56,2 97,4 2,6 185 Total 31,2 44,9 49,4 30,5 15,6 17,5 58,3 94,7 5,3 1680 Objectif du sommet mondial pour les enfants => Numéro 23 La prévalence de la diarrhée varie très peu selon le milieu de résidence. Les enfants ruraux ont moins de chance de bénéficier d’un traitement au SRO ou à base d’un autre lait que le lait maternel comparativement à leurs homologues de la ville. La pointe de la prévalence de la diarrhée intervient au cours de la période de sevrage, chez les enfants âgés de 6 à 23 mois (41,7%). Le tableau 23 présente également le pourcentage des enfants qui reçoivent les différents types de fluides recommandés pendant l'épisode de diarrhée. Etant donné que les mères ont pu citer plus d'un type de liquide, le total des pourcentages n'est pas nécessairement égal à 100. Environ quatre enfants sur neuf (44,9%) avaient reçu du lait maternel pendant la diarrhée. Les enfants âgés de moins de 12 mois ont particulièrement plus de chances d'avoir reçu du lait maternel. Près d’un enfant sur deux (49,4%) avait reçu des gruaux et 15,6% des SRO. Les enfants des mères ayant une éducation secondaire ou plus semblent avoir plus de chances que les autres enfants de recevoir du SRO alors que ce sont les enfants de mères sans instruction qui ont plus de chances de recevoir du lait. Les enfants dont les mères ont le niveau primaire ont moins de chance de recevoir en cas de diarrhée un autre lait que le lait maternel. Environ neuf enfants sur dix (94,7%) ayant la diarrhée ont reçu un ou plusieurs des traitements à domicile recommandés (c'est-à-dire qu'ils ont été traités avec la SRO ou les fluides faits à domicile recommandés). La proportion des enfants ayant la diarrhée et qui ont été traité avec le Traitement de Réhydratation Orale (TRO : solution préparée à la maison acceptable ou 38 SRO) s’élève 46,1% à l’EIMT alors qu’elle n’était que de 38,0% à l’EDST. Il y a une tendance chez les mères à utiliser davantage du TRO. Un peu moins de quatre enfants sur neuf (43,2%) âgés de moins de cinq ans ayant la diarrhée ont bu plus que d'habitude, tandis que 53,5% ont bu la même quantité ou un peu moins (tableau 24). Par ailleurs, 80,3% avaient mangé un peu moins, la même quantité ou plus que d'habitude, tandis qu’environ un enfant sur cinq (19,7%) âgés de moins de cinq ans et ayant la diarrhée avait mangé beaucoup moins que d'habitude ou pas du tout. D'une manière générale, Tableau 24: Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans ayant eu la diarrhée au cours des deux dernières semaines qui ont reçu davantage de liquides et ont continué à manger pendant la maladie, Tchad, 2000. Enfants avec la diarrhée qui : A eu la diarrhée dans les deux dernières semaines Ont reçu plus de liquides Ont reçu la même quantité de liquides ou un peu moins Ont mangé un petit peu moins, environ la même quantité ou plus Ont mangé beaucoup moins ou pas du tout Ont reçu davantage de liquides et ont continué à manger Effectif d’enfants Masculin 32,5 43,9 53,7 81,4 18,6 36,4 866 Féminin 29,9 42,4 53,3 79,1 20,9 34,4 814 N'Djaména 31,2 41,3 55,3 87,5 12,5 39,8 155 Autres villes 33,5 43,3 54,6 80,0 20,0 34,6 217 Ensemble urbain 32,5 42,5 54,9 83,1 16,9 36,8 372 Rural 30,9 43,4 53,1 79,4 20,6 35,1 1308 < 6 mois 32,1 26,3 73,2 72,5 27,5 22,4 197 6-11 mois 41,7 35,5 61,6 77,0 23,0 28,3 238 12-23 mois 40,9 45,4 52,5 81,5 18,5 35,6 357 24-35 mois 34,9 48,7 47,7 81,0 19,0 40,1 386 36-47 mois 26,3 48,0 48,1 81,9 18,1 40,4 288 48-59 mois 19,0 47,2 46,0 85,3 14,7 40,4 214 Aucun 28,4 38,7 57,1 79,3 20,7 30,9 819 Primaire 39,4 54,9 42,4 82,2 17,8 46,3 483 Secondaire & + 32,3 46,6 50,7 84,1 15,9 40,3 185 Total 31,2 43,2 53,5 80,3 19,7 35,5 1680 Objectif du sommet mondial pour les enfants => Numéro 23 seuls 35,5% des enfants ayant la diarrhée avaient reçu davantage de fluides et avaient continué de manger tel que recommandé. Les enfants de mères ayant le niveau primaire semblent avoir plus de chance de recevoir plus de liquide ou d’avantage de liquide en continuant à manger que les autres en cas d’épisode diarrhéique. Ceux dont les mères ont atteint le niveau secondaire ou plus semblent plus enclins à manger un petit peu moins, environ la même quantité ou plus en cas de diarrhée que les autres. Infections respiratoires aiguës Les infections respiratoires aiguës de la voie inférieure, en particulier la pneumonie, constituent l'une des principales causes de décès chez les enfants du Tchad. Dans le questionnaire de l’enquête, les enfants ayant une infection respiratoire aiguë sont considérés comme ceux qui ont eu une maladie avec une toux accompagnée d'une respiration rapide ou difficile et dont les symptômes étaient dus à un problème au niveau de la poitrine ou à la fois à un problème au niveau de la poitrine et à l'obstruction nasale ou dont la mère ne connaissait pas la cause du problème. Un peu plus d’un enfant sur dix (12,5%) âgés de moins de cinq ans 39 avait une infection respiratoire aiguë au cours des deux semaines précédant l'enquête selon ces critères (tableau 25). D'une manière générale, 21,7 % des enfants ayant des IRA avaient été emmenés chez un prestataire de soins appropriés (c'est-à-dire, un médecin, un spécialiste, un infirmier/assistant de santé, un hôpital). C’est également dans une proportion identique qu’ils étaient conduits vers les fournisseurs privés (pharmacie ou vendeurs de médicaments). Par conséquent deux des objectifs du PRONAFET, à savoir la prise en charge correcte de 80,0% des IRA chez les enfants de moins de 5 ans au niveau du 1er échelon et 100,0% d’enfants souffrant des IRA référés au niveau de 2ème échelon , sont loin d’être atteints (MPC, 1994, p. 4). Une proportion non négligeable (13,6 %) de ces enfants a été soignée grâce aux conseils des parents, des amis ou d’autres personnes. Selon le milieu de résidence, les données de l’EIMT révèlent que les enfants de N’Djaména sont relativement plus touchés par les infections respiratoires aiguës (IRA) que les autres (15,0% contre 11,3 % dans les autres villes et 12,3 % en milieu rural). Le même constat a été fait à l’EDST. Cette situation pourrait s’expliquer par le fait que certaines couches de la capitale vivent dans des conditions économiques, sanitaires et d’hygiène particulièrement difficiles (BANDOUMAL et al., 1998, p. 124). Cependant, les enfants de N’Djaména ayant des IRA ont plus de chance d’être conduits chez un prestataire de soins appropriés que leurs homologues des autres milieux de résidence. Il en est de même pour les enfants dont les mères ont un niveau d’instruction secondaire ou plus. Pour ces derniers, le fait que les mères ou les personnes en charge soient plus instruites et donc mieux informées que les autres sur les conséquences des IRA, elles ont tendance à conduire les enfants malades auprès des prestataires de soins appropriés. D’une manière générale, la prévalence des IRA a légèrement baissé entre l’EDST et l’EIMT, passant de 19,2% en 1996-97 à 12,5% en 2000. Ce constat est valable quels que soient le sexe, le milieu de résidence, l’âge des enfants et le niveau d’instruction de la mère (BANDOUMAL et al., 1998, p. 126). 40 Tableau 25: Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans ayant eu des infections respiratoires aiguës (IRA) durant les deux dernières semaines qui ont été traités par les fournisseurs de service de santé, Tchad, 2000. Enfants avec IRA qui ont été conduits à : Enfants ayant eu des infections respiratoir es aiguës Hôpi- tal Centre de santé Dispen saire Agent de santé du village/co mmunau- taire Clinique SMI Médécin privé Guérisseur traditionnel Autre Autre fournis seur privé Effectif d’enfants Masculin 12,4 4,9 10,3 4,2 1,5 0,1 0,7 2,4 15,6 21,7 329 Féminin 12,5 3,0 12,9 4,9 1,1 0,0 0,0 5,2 11,6 21,4 342 N'Djaména 15,0 9,4 24,4 6,3 0,0 0,0 0,8 1,6 3,1 40,9 74 Autres villes 11,3 17,3 8,8 3,5 0,4 0,4 0,0 1,3 14,2 30,5 73 Ensemble urbain 12,9 13,3 16,7 4,9 0,2 0,2 0,4 1,5 8,6 35,8 148 Rural 12,3 1,3 10,2 4,5 1,6 0,0 0,3 4,5 15,0 17,6 523 < 6 mois 11,7 3,1 18,7 6,3 0,0 0,0 2,3 0,0 10,6 30,3 72 6-11 mois 17,2 7,3 11,6 7,0 0,3 0,0 0,0 1,7 5,7 26,1 98 12-23 mois 13,4 7,0 14,0 7,8 1,4 0,0 0,0 3,6 17,1 30,3 117 24-35 mois 13,4 3,4 12,9 2,7 2,3 0,2 0,4 8,3 15,0 20,7 148 36-47 mois 9,9 2,3 5,7 4,2 1,5 0,0 0,0 1,5 12,8 13,7 108 48-59 mois 11,3 1,0 9,0 1,3 1,3 0,0 0,0 4,5 17,3 12,6 127 Aucun 11,3 2,5 8,8 5,0 1,1 0,1 0,0 4,6 15,7 17,0 327 Primaire 16,2 2,7 10,3 4,6 0,0 0,0 0,8 1,1 9,5 18,5 198 Secondaire & + 13,3 11,8 32,5 3,9 2,2 0,0 0,8 2,2 8,0 51,1 76 Total 12,5 3,9 11,6 4,6 1,3 0,0 0,3 3,8 13,6 21,6 671 Objectif du sommet mondial pour les enfants => Numéro 24 Initiative de la PCIME La Prise en charge intégrée des maladies de l'enfance (PCIME) est un programme qui a été élaboré par l'UNICEF et l'OMS et qui combine les stratégies de lutte et de traitement des quatre principales causes de décès des enfants – les infections aiguës de la voie respiratoire inférieure, la déshydratation due à la diarrhée, le paludisme et la malnutrition. Le programme met l'accent sur l'amélioration des aptitudes de prise en charge des cas par les agents de santé, l'amélioration du système de santé et l'amélioration des pratiques familiales et communautaires pour la prévention et la prise en charge précoce des maladies de l'enfance. La prise en charge à domicile adéquate de la maladie est une composante de la PCIME. Cette approche enseigne aux mères que la prise en charge à domicile appropriée de la diarrhée ou de n'importe quelle autre maladie nécessite que l'on donne davantage de fluides et que l'on continue de nourrir normalement les enfants malades. Le tableau 26 présente des informations sur le comportement des enfants malades face aux fluides et à la nourriture. Au total, 46,3% des enfants auraient eu la diarrhée ou d'autres maladies au cours des deux semaines précédant l'enquête. Parmi ceux-ci, 39,4 % avaient bu plus de fluides pendant la maladie et 81,8 % avaient continué de manger (c'est-à-dire, qu’ils mangeaient moins, la même quantité ou plus). D'une manière générale, un enfant malade sur trois (32,9%) avait reçu davantage de fluides et a continué de manger conformément aux recommandations du programme de la PCIME. C’est ainsi que les enfants dont les personnes en charge ont le niveau primaire ont plus de chance d’être traités selon cette recommandation que les autres. 41 Tableau 26: Pourcentage d’enfants âgés de 0-59 mois reportés malades durant les deux dernières semaines qui ont reçu davantage de liquides et ont continué à manger, Tchad, 2000. Enfants avec une maladie qui : Enfants reportés malades dans les deux dernières semaines Ont reçu plus de liquides Ont reçu la même quantité de liquides ou un peu moins Ont mangé un petit peu moins, environ la même quantité Ont mangé beaucoup moins ou pas du tout Ont reçu davantage de liquides et ont continué à manger Effectif d’enfants Masculin 47,3 40,4 58,0 81,9 18,1 33,7 2662 Féminin 45,4 38,3 58,6 81,6 18,4 32,0 2722 N'Djaména 47,6 39,2 58,3 88,6 11,4 37,0 496 Autres villes 47,1 38,5 60,0 82,5 17,5 31,6 648 Urbain 47,3 38,8 59,3 85,1 14,9 34,0 1144 Rural 46,1 39,5 58,0 80,8 19,2 32,6 4240 < 6 mois 48,5 22,5 77,0 76,8 23,2 19,6 615 6-11 mois 58,5 30,5 66,9 78,8 21,2 25,3 570 12-23 mois 55,5 42,1 56,4 83,4 16,6 33,7 873 24-35 mois 50,3 44,6 52,9 82,0 18,0 36,8 1105 36-47 mois 39,4 44,8 52,2 85,2 14,8 38,4 1095 48-59 mois 34,6 43,0 53,3 82,0 18,0 36,8 1126 Education de la mère Aucun 42,4 35,4 61,6 80,5 19,5 28,9 2887 Primaire 56,7 48,1 49,7 84,2 15,8 41,8 1227 Secondaire & + 49,4 42,5 55,7 86,2 13,8 36,4 573 Total 46,3 39,4 58,3 81,8 18,2 32,9 5384 Suivi de l’IMCI et indicateur du paludisme La promotion des connaissances au niveau des personnes en charge en ce qui concerne le moment approprié pour rechercher les soins pour les enfants malades constitue un autre volet essentiel du programme de la PCIME. Lors de la collecte de l’EIMT, les mères ou les personnes en charge des enfants ont été invitées à citer tous les symptômes qui pourraient les conduire à emmener immédiatement un enfant dans un établissement de santé. La réponse la plus courante, donnée par 74,3 % des mères, était qu'elles emmèneraient l'enfant dans un établissement de santé s'il avait de la fièvre (Tableau 27). Par contre, 32,5% ont déclaré que si l'état de l'enfant s'aggravait, ils l'emmèneraient dans un établissement de santé, et 19,5% ont mentionné la difficulté respiratoire. De manière générale, 7 à 37 % des mères ont cité l'incapacité à boire comme il faut, la respiration rapide, le sang dans les selles et l'incapacité d'allaiter comme causes susceptibles de les pousser à emmener immédiatement l’enfant dans un établissement de santé. Selon le milieu de résidence, les mères vivant à la campagne sont relativement peu nombreuses que les mères des autres milieux de connaître les signes de la recherche immédiate des soins. En effet, en milieu rural, 65,6 % des mères connaissent au moins deux signes de la recherche des soins, alors qu’en milieu urbain, cette proportion est d’environ 72,5 %. Cependant, ces disparités constatées entre milieux de résidence, ne se reflètent pas dans les différences de niveau d’instruction où les proportions diffèrent peu quel que soit le niveau d’éducation. Cette proportion oscille entre 67,5 et 69,1 %. 42 Tableau 27: Pourcentage de personnes en charge d’enfants âgés de 0-59 mois qui connaissent au moins deux signes pour aller chercher immédiatement des soins, Tchad, 2000. Connaît que l’enfant devrait être pris à un établissement sanitaire si l’enfant : Ne peut pas boire/all aiter Devient encore plus malade Développe une fièvre A une respiration rapide A des difficultés à respirer A du sang dans les selles Boit avec difficultés Connaît au moins 2 signes Effectif des personnes en charge N'Djaména 39,5 29,4 86,8 15,1 16,3 13,9 8,6 72,9 496 Autres villes 37,9 31,3 79,3 13,0 19,8 18,9 11,3 72,2 648 Ensemble e urbain 38,6 30,5 82,5 13,9 18,3 16,8 10,1 72,5 1144 Rural 35,9 33,1 72,0 12,8 19,8 16,8 7,2 65,6 4240 Education de la mère Aucun 36,0 38,7 71,3 15,7 20,0 17,2 8,4 69,1 2887 Primaire 39,0 22,3 81,6 10,6 20,1 19,3 10,2 67,5 1227 Secondaire & + 42,0 24,5 83,6 12,6 17,5 11,1 5,9 68,6 573 Total 36,5 32,5 74,3 13,0 19,5 16,8 7,9 67,1 5384 Suivi de l’IMCI et indicateur du paludisme Paludisme Le paludisme constitue l'une des principales causes de mortalité chez les enfants âgés de moins de cinq ans au Tchad. Il provoque également l'anémie chez les enfants et représente une cause importante d'absentéisme à l'école. Les mesures de prévention, en particulier l'utilisation des moustiquaires traitées à l'insecticide, permettent de réduire de façon appréciable les taux de mortalité du paludisme chez les enfants. Dans les zones où le paludisme est répandu, les recommandations internationales suggèrent le traitement de toute fièvre chez les enfants tout comme s'il s'agissait de paludisme et de donner immédiatement à l'enfant un traitement complet de comprimés antipaludéens recommandés. Les enfants présentant des symptômes de paludisme sévère tels que la fièvre ou les convulsions, devraient être emmenés dans un établissement de santé. De même, les enfants convalescents du paludisme devraient recevoir des fluides et des aliments supplémentaires et devraient continuer d'être allaités. Le questionnaire de l’EIMT comprend des questions concernant l'utilisation des moustiquaires chez les enfants. Au Tchad, ces questions ont été posées dans toutes les zones même si dans certaines parties du pays le risque d’attraper le paludisme est négligeable. L’EIMT a révélé que 26,9 % des enfants âgés de moins de cinq ans dormaient sous une moustiquaire la nuit avant le passage des agents (tableau 28). Ce pourcentage varie peu avec l'âge alors qu’il diffère énormément selon le milieu de résidence. En effet, à N’Djaména l’écrasante majorité des enfants âgés de moins de 6 mois (88,3 %) dormaient sous une moustiquaire, contre 33,9 % des enfants des autres villes, et seulement 18,6 % des enfants du milieu rural. Cependant, la plupart des moustiquaires ne sont pas traitées à l'insecticide. D'une manière générale, seuls 2,2 % des moustiquaires utilisées sont imprégnées à l'insecticide. Au vu de cette proportion, beaucoup reste à faire pour atteindre le taux d’utilisation de 80,0 % des moustiquaires imprégnées chez les enfants de moins de 5 ans en l’an 2002 retenu comme l’un des objectifs du PRONAFET (MPC, 1994, p. 5). 43 Tableau 28: Pourcentage d’enfants âgés de 0-59 mois qui ont dormi sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide la nuit dernière, Tchad, 2000 Dormi sous moustiquaire Dormi sous une mousti- quaire Moustiquaire traitée* Moustiquaire non traitée Ne sait pas si la mousti- quaire est traitée ou non Ne sait pas s’il a dormi sous une mousti- quaire ou non N’a pas dormi sous une mousti- quaire Effectif d’enfants Masculin 26,6 2,1 94,9 3,0 0,0 73,4 2662 Féminin 27,2 2,3 93,8 3,9 0,1 72,7 2722 N’Djaména 88,3 1,9 95,9 2,3 0,0 11,7 496 Autres villes 33,9 2,9 96,3 0,7 0,0 66,0 648 Ensemble urbain 57,5 2,2 96,0 1,8 0,0 42,5 1144 Rural 18,6 2,1 93,0 4,9 0,0 81,3 4240 < 6 mois 29,3 1,2 94,5 4,4 0,0 70,7 614 6-11 mois 27,3 4,0 92,7 3,3 0,3 72,4 570 12-23 mois 27,5 2,3 95,2 2,5 0,0 72,5 873 24-35 mois 24,2 1,5 94,1 4,4 0,0 75,8 1105 36-47 mois 27,7 1,4 94,6 4,0 0,0 72,3 1095 48-59 mois 26,8 3,0 94,6 2,4 0,0 73,2 1125 Total 26,9 2,2 94,4 3,5 0,0 73,1 5383 Suivi de l’IMCI et indicateur du paludisme Les questions concernant la prévalence et le traitement de la fièvre ont été posées pour tous les enfants âgés de moins de cinq ans. C’est ainsi que 29,2% des enfants âgés de moins de cinq ans avaient fait de la fièvre au cours des deux semaines précédant l’EIMT (tableau 29). La prévalence de la fièvre concerne environ le tiers(environ 33,0%) de tous les enfants âgés de 6 à 35 mois, puis baisse pour s'établir à 27,0 % pour les enfants âgés de 36 à 59 mois. La fièvre est moins répandue parmi les enfants dont les mères n’ont aucune éducation par rapport à ceux dont les mères étaient instruites. En ce qui concerne la prévalence de la fièvre selon le milieu de résidence, les disparités ne sont pas importantes, oscillant entre 27,8 et 29,4 % quel que soit le milieu. Il a été demandé aux mères de mentionner tous les médicaments administrés à l'enfant pendant la maladie, tant les médicaments donnés à domicile que ceux donnés ou prescrits par un établissement de santé. Il ressort que 55,9% des enfants avaient reçu du Paracétamol et 31,1 % avaient reçu de la Chloroquine, tandis que 1,2 % avait reçu du Fansidar. La proportion d'enfants qui avaient reçu d'autres médicaments s’élève à 7,6 %. D'une manière générale, les enfants dans les zones urbaines ont plus de chances que les enfants dans les zones rurales d'être traités de façon adéquate à l’aide d’un médicament approprié, tout comme les enfants des mères ayant fait des études secondaires ou plus. La modernité du milieu urbain et l’instruction confèrent aux mères et aux personnes en charge d’enfants des aptitudes à être plus réceptives à la diffusion des idées nouvelles. Elles sont de ce fait plus conscientes sur les conséquences des maladies, et par conséquent, traitent les enfants atteints du paludisme à l’aide de médicaments appropriés. 44 Tableau 29: Pourcentage d’enfants de 0-59 mois souffrant de la fièvre durant les deux dernières semaines qui on été traités avec un antipaludéen, Tchad, 2000. Enfants avec fièvre qui ont été traités Pourcentage ayant la fièvre dans deux dernières semaines Paracéta- mol Chloro- quine Fansidar Autre NSP Antipaludéen approprié Effectif d’enfants Masculin 29,1 56,2 30,1 1,0 6,9 1,8 30,9 776 Féminin 29,3 55,6 32,0 1,5 8,3 0,1 32,8 797 N'Djaména 27,8 63,4 38,7 1,7 6,0 0,4 40,0 138 Autres villes 28,9 70,6 40,8 2,1 11,4 0,3 42,0 187 Ensemble urbain 28,4 67,6 39,9 1,9 9,1 0,4 41,1 325 Rural 29,4 52,9 28,8 1,1 7,2 1,1 29,5 1248 < 6 mois 22,7 43,4 20,7 0,5 9,5 0,0 20,9 139 6-11 mois 34,3 59,4 35,9 1,3 8,0 0,9 36,2 195 12-23 mois 31,6 56,6 30,2 2,5 6,3 0,1 32,1 276 24-35 mois 32,5 58,3 30,2 0,8 9,7 1,6 30,8 359 36-47 mois 26,9 55,2 30,9 0,3 6,8 1,7 31,0 295 48-59 mois 27,4 56,5 34,7 1,8 6,0 0,5 35,9 309 Education de la mère Aucun 25,8 49,4 28,4 1,4 7,9 0,2 29,2 746 Primaire 38,9 67,5 34,0 0,6 7,5 2,4 34,5 477 Secondaire & + 31,8 74,6 45,0 2,7 13,4 0,0 46,2 182 Total 29,2 55,9 31,1 1,2 7,6 0,9 31,9 1573 Suivi de l’IMCI et indicateur du paludisme F. VIH/SIDA Peu atteint par le SIDA au moment de sa couverte au début de la décennie 1990, le Tchad a connu deux cas notifiés en 1986. En 1998, le nombre de cas notifiés dépasse 9.000. La propagation du SIDA se fait au Tchad dans un contexte de grande méconnaissance de la maladie, de ses modes de transmission et des moyens de prévention (ATEP, DP, 1999, p. 19). Toutefois, la mise en place du Programme National de Lutte contre le SIDA (PNLS) a permis d’établir l’évolution du nombre de cas au fil des années. C’est ainsi que la grille de répartition des cas par an montre une régularité dans l’évolution des cas de 1993 à 1996, puis un dédoublement de 1997 à 1998. Cumulativement 10.017 cas de SIDA clinique enregistrés officiellement (DSIS, MSP, 1998, p. 119). Connaissance du SIDA Selon l’EDST, les principales sources d’information sur cette maladie au Tchad sont les parents et amis, la radio et dans une moindre mesure les communautés. Les formations sanitaires jouent un rôle marginal en matière d’information sur le VIH du fait qu’elles soient confrontées aux problèmes humains, financiers et logistiques (BANDOUMAL et al., 1998, p. 200). Or la promotion des connaissances précises sur les modes de transmission du SIDA et les moyens pour prévenir sa transmission est une des stratégies très importante de réduction du taux d’infection du VIH/SIDA concerne la promotion des connaissances précises sur les modes de transmission du SIDA et les moyens de prévenir sa transmission. Parmi les femmes âgées de 20 à 49 ans au Tchad, 70,1 % avaient entendu parler du SIDA (tableau 30). Ce pourcentage est très élevé dans les zones urbaines (90,5 %) et beaucoup plus faible dans les zones rurales (70,1 %). Chez les adolescentes (15-19 ans) 72,5% avaient entendu parler du 45 SIDA (tableaux 30a à 30f). La proportion des adolescentes résidant en milieu urbain est nettement supérieure à celle des filles résidant de cette tranche d’âge vivant en milieu rural (87,5% contre 66,4%). Particulièrement à N’Djaména, ce sont 94,8% des adolescentes qui avaient déclaré avoir entendu parler du SIDA. La proportion la moins élevée des filles ayant entendu parler du SIDA est constatée chez celles de 18 ans est de 65,9% tandis qu’elle est de 80,6% chez les filles de 17 ans. Tableau 30: Pourcentage des femmes âgées de 20-49 ans qui connaissent les principaux moyens de prévention de la transmission du VIH, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes qui connaissent que la transmission peut être évité en : Pourcentage ayant entendu parler du SIDA Ayant un partenaire sexuel fidèle qui n’est pas infecté Utilisant le condom à chaque rapport sexuel Connaît les deux moyens Connaît au moins un moyen Ne connaît aucun moyen Effectif des femmes N'Djaména 96,6 59,1 39,9 35,7 63,4 36,6 521 Autres villes 85,2 47,3 30,1 26,9 50,4 49,6 596 Urbain 90,5 52,8 34,7 31,0 56,5 43,5 1118 Rural 63,8 31,6 17,3 16,0 32,9 67,1 3631 20-24 68,1 36,2 22,8 20,8 38,2 61,8 979 25-29 68,2 35,7 22,0 19,9 37,7 62,3 1124 30-34 75,8 37,3 22,8 20,7 39,5 60,5 824 35-39 73,8 41,1 23,5 21,7 42,9 57,1 748 40-44 68,9 37,6 19,6 18,1 39,2 60,8 534 45-49 64,7 30,8 14,3 13,1 32,1 67,9 539 Aucun 65,2 32,3 17,8 16,5 33,6 66,4 3821 Primaire 95,8 55,5 32,0 28,2 59,3 40,7 601 Secondaire & + 98,7 70,6 63,2 56,2 77,6 22,4 202 Total 70,1 36,6 21,4 19,5 38,4 61,6 4749 Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA Tableau 30a: Pourcentage des filles âgées de 15-19 ans qui connaissent les principaux moyens de prévention de la transmission du VIH, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes qui connaissent que la transmission peut être évité en : Pourcentage ayant entendu parler du SIDA Ayant un partenaire sexuel fidèle qui n’est pas infecté Utilisant un condom à chaque rapport sexuel S’abstenir des rapports sexuels Connaît les trois moyens Connaît au moins un moyen Ne connaît aucun moyen Effectif des femmes N'Djaména 94,8 50,6 38,6 46,6 29,7 57,4 42,6 154 Autres villes 81,3 37,4 26,1 37,8 19,7 43,9 56,1 179 Urbain 87,5 43,5 31,9 41,9 24,3 50,2 49,8 333 Rural 66,4 21,3 14,0 19,6 9,4 24,7 75,3 824 Aucun 62,7 22,1 15,0 19,5 10,8 24,3 75,7 653 Primaire 89,3 31,5 21,3 31,4 14,9 38,0 62,0 349 Secondaire & + 96,8 59,0 45,0 55,1 31,8 69,8 30,2 102 Total 72,5 27,7 19,2 26,0 13,7 32,0 68,0 1157 Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA 46 Tableau 30b: Pourcentage des filles âgées de 15 ans qui connaissent les principaux moyens de prévention de la transmission du VIH, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes qui connaissent que la transmission peut être évité en : Pourcentage ayant entendu parler du SIDA Ayant un partenaire sexuel fidèle qui n’est pas infecté Utilisant un condom à chaque rapport sexuel S’abstenir des rapports sexuels Connaît les trois moyens Connaît au moins un moyen Ne connaît aucun moyen Effectif des femmes N'Djaména 90,3 46,8 40,3 38,7 27,4 53,2 46,8 38 Autres vi lles 76,4 31,7 23,6 30,1 17,1 37,4 62,6 42 Urbain 83,1 38,9 31,6 34,2 22,0 45,0 55,0 80 Rural 68,4 14,0 8,8 14,0 5,1 16,9 83,1 239 Aucun 60,4 16,1 11,9 14,3 7,3 18,3 81,7 164 Primaire 92,3 22,8 15,1 23,8 8,8 29,5 70,5 119 Secondaire & + 94,1 60,6 50,9 48,7 42,8 62,7 37,3 16 Total 72,1 20,2 14,6 19,1 9,4 24,0 76,0 319 Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA Tableau 30c: Pourcentage des filles âgées de 16 ans qui connaissent les principaux moyens de prévention de la transmission du VIH, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes qui connaissent que la transmission peut être évité en : Pourcentage ayant entendu parler du SIDA Ayant un partenaire sexuel fidèle qui n’est pas infecté Utilisant un condom à chaque rapport sexuel S’abstenir des rapports sexuels Connaît les trois moyens Connaît au moins un moyen Ne connaît aucun moyen Effectif des femmes N'Djaména 96,0 48,0 38,0 44,0 28,0 54,0 46,0 31 Autres villes 78,5 33,1 23,1 33,1 19,0 38,0 62,0 41 Urbain 86,0 39,5 29,5 37,7 22,9 44,9 55,1 72 Rural 64,3 22,6 10,7 20,2 9,5 23,8 76,2 147 Aucun 62,6 26,5 13,2 23,1 11,3 27,1 72,9 112 Primaire 82,2 25,4 15,8 25,4 12,1 30,6 69,4 77 Secondaire & + 96,7 59,9 49,3 56,9 41,6 64,6 35,4 21 Total 71,4 28,2 16,9 26,0 13,9 30,7 69,3 220 Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA 47 Tableau 30d: Pourcentage des filles âgées de 17 ans qui connaissent les principaux moyens de prévention de la transmission du VIH, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes qui connaissent que la transmission peut être évité en : Pourcentage ayant entendu parler du SIDA Ayant un partenaire sexuel fidèle qui n’est pas infecté Utilisant un condom à chaque rapport sexuel S’abstenir des rapports sexuels Connaît les trois moyens Connaît au moins un moyen Ne connaît aucun moyen Effectif des femmes N'Djaména 97,5 52,5 37,5 47,5 37,5 52,5 47,5 25 Autres villes 86,2 43,6 27,7 43,6 19,1 52,1 47,9 32 Urbain 91,1 47,5 31,9 45,3 27,1 52,3 47,7 57 Rural 76,0 29,3 18,7 22,7 14,7 32,0 68,0 132 Aucun 70,1 28,4 17,0 23,2 14,8 28,7 71,3 107 Primaire 96,7 43,8 29,2 36,7 22,5 51,0 49,0 63 Secondaire & + 100,0 50,9 40,8 51,4 31,7 60,1 39,9 15 Total 80,6 34,8 22,7 29,5 18,4 38,1 61,9 188 Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA Tableau 30d: Pourcentage des filles âgées de 18 ans qui connaissent les principaux moyens de prévention de la transmission du VIH, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes qui connaissent que la transmission peut être évité en : Pourcentage ayant entendu parler du SIDA Ayant un partenaire sexuel fidèle qui n’est pas infecté Utilisant un condom à chaque rapport sexuel S’abstenir des rapports sexuels Connaît les trois moyens Connaît au moins un moyen Ne connaît aucun moyen Effectif des femmes N'Djaména 93,7 53,1 42,2 51,6 29,7 65,6 34,4 40 Autres villes 80,7 38,7 23,5 41,2 18,5 44,5 55,5 41 Urbain 57,6 23,7 18,6 25,4 11,9 28,8 71,2 207 Rural 87,1 45,8 32,7 46,3 24,0 54,9 45,1 80 Aucun 56,3 19,5 15,6 20,7 10,1 23,5 76,5 178 Primaire 82,3 41,7 31,6 44,3 23,7 48,0 52,0 61 Secondaire & + 96,2 67,1 46,8 61,8 28,7 81,2 18,8 34 Total 65,9 29,9 22,6 31,3 15,3 36,1 63,9 287 Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA 48 Tableau 30f: Pourcentage des filles âgées de 19 ans qui connaissent les principaux moyens de prévention de la transmission du VIH, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes qui connaissent que la transmission peut être évité en : Pourcentage ayant entendu parler du SIDA Ayant un partenaire sexuel fidèle qui n’est pas infecté Utilisant un condom à chaque rapport sexuel S’abstenir des rapports sexuels Connaît les trois moyens Connaît au moins un moyen Ne connaît aucun moyen Effectif des femmes N'Djaména 100,0 54,5 30,3 54,5 27,3 60,6 39,4 20 Autres villes 89,6 44,8 38,8 46,3 28,4 53,7 46,3 23 Urbain 94,5 49,4 34,8 50,2 27,8 57,0 43,0 43 Rural 70,2 21,1 15,8 15,8 7,0 26,3 73,7 100 Aucun 70,9 25,5 19,5 18,2 13,0 28,1 71,9 92 Primaire 94,2 35,3 22,1 40,0 12,9 43,4 56,6 30 Secondaire & + 98,0 46,7 33,9 48,8 15,6 68,8 31,2 17 Total 77,5 29,6 21,5 26,2 13,3 35,6 64,4 143 Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA Trois déclarations sur les modes de transmission du VIH/SIDA ont été lues aux femmes dans le cadre de l’EIMT et elles ont été invitées à dire si elles pensaient que ces déclarations étaient vraies. Pour les femmes de 20 à 49 ans, deux déclarations étaient retenues (ayant un partenaire sexuel fidèle qui n’est pas infecté, et, utilisant un condom à chaque rapport sexuel) tandis que chez les adolescentes (15-19 ans), ce sont les trois déclarations (ayant un partenaire sexuel fidèle qui n’est pas infecté, utilisant le condom chaque fois qu’on a des rapports sexuels et, s’abstenir des rapport sexuels) qui étaient retenues. Ainsi, 36,6% des femmes de 20 à 49 ans pensent que le fait d'avoir un seul partenaire sexuel non infecté permet de prévenir la transmission du VIH. En outre, 21,4 % des femmes de cette tranche d’âge (20- 49 ans) pensent que l'utilisation d'un préservatif chaque fois que l'on a des rapports sexuels permet de prévenir la transmission du VIH. D'une manière générale, seulement 19,5% des femmes âgées de 20 à 49 ans au Tchad connaissent les deux modes et 38,9% connaissent au moins l'un des modes de prévention de la transmission. Chez les adolescentes (15-19 ans), le pourcentage de celles qui connaissent les trois moyens pour prévenir la transmission du VIH n’était que de 13,7% et celles qui connaissent au moins un moyen sont estimées à 32,0%. La proportion des filles qui connaissent les trois méthodes passe de 9,4% chez les filles de 15 ans à 18,4% chez celles âgées de 17 ans. Le pourcentage des filles de 18 et 19 ans qui connaissent les trois moyens pour prévenir le VIH (15,3% et 13,3% respectivement) est inférieur à celui des filles de 17 ans. Ces résultats sont à imputer à la méconnaissance des âges exactes des enquêtées entraînant des mauvaises déclarations de leurs âges. En considérant toujours l’âge, les adolescentes de 17 ans connaissant au moins un moyen de transmission du VIH sont estimées à 38,1% suivi de celles de 18 ans (36,1%) et de celles de 19 ans (35,6%). Chez les filles de 15 et 16 ans, ces proportions sont très faibles : respectivement 24,0% et 30,7%. De manière générale, les adolescentes (15-19 ans) qui connaissent les trois méthodes sont estimées à seulement 13,7%. La sous information des adolescentes sur les moyens de se protéger contre le VIH devrait orienter les acteurs travaillant dans ce domaine d’orienter les campagnes de sensibilisation vers ces jeunes. 49 Les connaissances exactes sur les modes de transmission du VIH/SIDA des femmes âgées de 20 à 49 ans sont nettement moins répandues chez celles résidant en milieu rural par rapport à celles vivant en ville. De même, l'instruction constitue un facteur très important en ce qui concerne les connaissances au sujet du Sida. Le pourcentage qui connaît les deux méthodes de prévention de la transmission est plus de trois fois plus élevé parmi les femmes ayant fait des études secondaires ou supérieures par rapport aux femmes qui n'ont reçu aucune instruction. Les différences entre groupes d'âges ne sont pas particulièrement importantes chez les femmes de 20-44 ans; la proportion de celles qui connaissent les deux méthodes oscille entre 13,1 et 21,7 %. Au total, 30,6 % des femmes ont indiqué correctement que le SIDA ne peut être transmis par des modes surnaturels, de même 13,8 % ont affirmé que le SIDA ne peut être répandu par les piqûres de moustiques (tableau 31). Plus d’une femme sur quatre (28,6 %) pense, à juste titre, qu'une personne qui semble en bonne santé peut être infectée. En milieu rural, les femmes ont plus de chances de croire aux conceptions erronées sur la transmission du SIDA par rapport aux autres femmes. Les femmes de N’Djaména ont plus de chances de reconnaître toutes les trois conceptions erronées. Par contre, seulement un peu moins du tiers (30,6 %) de ces femmes n’ont pu identifié correctement une conception erronée. Tableau 31: Pourcentage de femmes âgées de 15-49 ans qui ont correctement identifié des conceptions erronées sur le VIH/SIDA, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes qui connaissent que : Le SIDA ne peut être transmis par : Pourcentage ayant entendu parler du SIDA Les moyens surnaturels Les piqûres des moustiques Une personne apparemm ent en bonne santé ne peut être infectée Connaît toutes les trois conceptions erronées Connaît au moins une conception erronée Ne peut identifier correctement une conception erronée Effectif des femmes N'Djaména 96,2 52,4 32,9 52,6 22,5 69,4 30,6 674 Autres villes 84,2 40,7 20,7 38,8 12,6 54,6 45,4 770 Ensemble urbain 89,8 46,1 26,4 45,2 17,2 61,5 38,5 1441 Rural 64,2 25,5 9,8 23,2 4,9 35,7 64,3 4424 15-19 72,4 24,6 11,8 24,9 6,3 37,3 62,7 1148 20-24 68,1 32,2 14,9 30,9 8,3 44,4 55,6 972 25-29 68,2 30,6 13,1 28,6 8,0 40,7 59,3 1116 30-34 75,8 33,3 14,0 30,4 9,0 45,1 54,9 818 35-39 73,8 34,5 17,0 32,1 9,4 47,1 52,9 743 40-44 68,9 31,7 16,3 31,2 9,7 43,8 56,2 530 45-49 64,7 29,8 10,9 22,2 5,2 37,4 62,6 535 Aucun 64,8 25,8 11,4 23,9 6,4 35,6 64,4 4440 Primaire 93,4 44,1 15,0 41,1 7,7 62,0 38,0 947 Secondaire & + 98,0 65,7 48,1 65,6 32,8 84,7 15,3 303 Total 70,5 30,6 13,8 28,6 7,9 42,1 57,9 5865 Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA Un peu plus d’une femme sur deux (51,8 %) au Tchad sait que le Sida peut être transmis de la mère à l'enfant (tableau 32). Cette proportion était de 54,1 % à l’EDST. Cette légère baisse en l’an 2000 pourrait en partie s’expliquer par le fait que l’EIMT est plus explicite sur la question. En effet, 3 questions ont été posées sur les moyens spécifiques de transmissions de la maladie de la mère à l’enfant (durant la grossesse, l’accouchement et à travers le lait maternel) pour appréhender cette information alors que l’EDST s’intéressait à tous les moyens de contracter la maladie et ce volet (transmission mère-enfant) ne constituait simplement qu’une des modalités. 50 Interrogées plus particulièrement sur les mécanismes par lesquels la transmission de la mère à l'enfant s'effectue, c’est aussi une femme sur deux (50,5 %) qui a déclaré que la transmission pendant la grossesse était possible, ou qui a affirmé que la transmission au moment de l'accouchement est possible, et 45,4 % de ces femmes ont admis que le SIDA peut être transmis par le lait maternel. Un peu moins de quatre femmes sur neuf (44,2 %) connaissent tous les trois modes de transmission. Les femmes citadines ont 1,5 fois plus de chance de connaître tous les moyens que celles qui vivent en milieu rural. Par ailleurs, plus d’une femme sur deux, vivant à la campagne ou n’ayant aucune instruction, ne connaît aucun moyen spécifique de transmission du VIH de la mère à l’enfant. Tableau 32: Pourcentage des femmes de15-49 qui ont correctement identifiés des moyens de transmission du VIH de la mère à l’enfant, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes qui connaissent que le SIDA peut être transmis : Pourcentage connaissant que le SIDA peut être transmis de l’enfant à la mère Durant la grossesse Durant l’accouche- ment A travers le lait maternel Tous les trois moyens* Ne connaît aucun moyen spécifique Effectif des femmes N'Djaména 80,3 79,1 78,2 64,7 63,3 20,0 674 Autres villes 67,2 65,3 64,3 58,7 57,0 33,6 770 Ensemble urbain 73,3 71,7 70,8 61,5 59,9 27,3 1441 Rural 44,7 43,6 42,7 40,2 39,1 55,8 4424 15-19 44,9 43,8 42,4 38,4 37,0 55,5 1148 20-24 52,2 51,0 50,3 44,2 43,1 48,4 972 25-29 50,8 49,7 48,9 44,7 43,9 49,6 1116 30-34 59,2 57,4 57,0 53,4 51,6 41,3 818 35-39 59,3 58,4 57,3 53,9 53,0 41,2 743 40-44 51,4 49,5 48,8 44,6 42,6 49,7 530 45-49 46,2 45,1 43,9 41,3 40,3 54,2 535 Aucun 45,9 44,5 43,8 40,8 39,7 54,7 4440 Primaire 72,1 71,4 69,9 63,3 61,5 28,0 947 Secondaire & + 88,0 86,8 85,5 70,2 68,7 12,2 303 Total 51,8 50,5 49,6 45,4 44,2 48,8 5865 * Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA L'EIMT s'est attachée également à étudier les attitudes discriminatoires à l'égard des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Pour ce faire, il a été demandé aux femmes de 15-49 ans si elles étaient d'accord avec deux questions qui leur ont été posées. La première demandait si un enseignant qui a le virus du SIDA, mais qui n'est pas malade doit être autorisé à continuer d'enseigner. La deuxième question demandait si l’interviewée achèterait de la nourriture avec un boutiquier ou un vendeur de nourriture qui, de l'avis du répondant, est infecté par le SIDA. Les résultats sont présentés au tableau 33. Un peu moins d’une femme sur trois (29,7 %) pense qu'un enseignant qui a le VIH/SIDA ne devrait pas être autorisé à travailler. Les femmes dans les zones urbaines et celles qui ont une éducation secondaire ou supérieure sont relativement plus nombreuse à se prononcer sur cette attitude discriminatoire par rapport à celles des zones rurales et à celles qui ont une éducation primaire ou qui n’ont pas d'instruction. Autrement dit, plus les femmes appartiennent à une catégorie sociale susceptible d’être plus informée sur le SIDA, et donc sur ses conséquences, plus elles adoptent une attitude discriminatoire. Une femme sur dix (10,0 %) n'achèterait pas de nourriture auprès d'une personne infectée par le SIDA. Il est intéressant de relever qu’il 51 existe des différences entre milieux de résidence. Les femmes de N’Djaména ont le plus de chances de se prononcer sur une attitude discriminatoire concernant cette question, puis viennent celles des autres villes. D'une manière générale, environ une femme sur trois (31,9 %) accepte au moins l'une des affirmations discriminatoires. Cette proportion est de 48,9 % à N’Djaména et de 64,9 % chez les femmes ayant le niveau secondaire ou plus. Tableau 33: Pourcentage des femmes âgées de 15-49qui ont exprimé une attitude discriminatoire vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH/SIDA, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes qui : Croient qu’un enseignant avec le VIH ne devrait pas être autorisé à travailler N’achèterait pas la nourriture d’une personne vivant avec VIH/SIDA Sont d’accord avec au moins une annonce discriminatoire* Ne sont pas d’accord avec les deux annonces discriminatoires Effectif des femmes N'Djaména 43,1 21,8 48,9 51,1 674 Autres v illes 39,3 16,1 42,5 57,5 770 Ensemble urbain 41,1 18,7 45,5 54,5 1441 Rural 26,0 7,2 27,5 72,5 4424 15-19 27,9 10,1 30,3 69,7 1148 20-24 30,1 10,8 32,5 67,5 972 25-29 27,9 9,8 29,7 70,3 1116 30-34 35,5 9,9 37,5 62,5 818 35-39 31,6 9,8 34,7 65,3 743 40-44 30,6 10,6 31,5 68,5 530 45-49 24,0 9,1 26,7 73,3 535 Aucun 25,7 7,6 27,4 72,6 4440 Primaire 42,1 14,8 45,8 54,2 947 Secondaire & + 58,9 33,7 64,9 35,1 303 Total 29,7 10,0 31,9 68,1 5865 * Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA Les tableaux 34, 34a, 34b, 34c, 34d, 34e et 34f résument les informations tirées des deux tableaux précédents concernant les connaissances du SIDA (tableaux 30, 30a, 30b, 30c, 30d, 30e, 30f et 31). La deuxième colonne présente le pourcentage des femmes qui connaissent les deux méthodes de prévention de la transmission du VIH (pour les femmes de 20-49 ans) (avoir un partenaire non infecté fidèle et l'utilisation d'un préservatif à chaque rapport sexuel) et les trois méthodes (avoir un partenaire non infecté fidèle, l'utilisation d'un préservatif à chaque rapport sexuel et l’abstinence des rapports sexuels) pour les filles adolescentes (15-19 ans). Dans l’ensemble, 18,8 % des femmes de 20-49 ans connaissent les deux méthodes. Chez les adolescentes, la proportion de celles connaissant les trois méthodes est seulement de 13%. La troisième colonne du tableau présente le pourcentage des femmes qui ont identifié correctement les deux conceptions erronées concernant la transmission du VIH – à savoir que le VIH peut être transmis par des moyens surnaturels, qu'il peut être transmis par les piqûres de moustiques, et qu'une personne qui semble en bonne santé ne peut être infectée. L’EIMT a révélé que 7,9 % des femmes ont identifié correctement ces conceptions erronées contre 6,3% des filles adolescentes. Enfin, la quatrième colonne du tableau présente le pourcentage des femmes qui ont des "connaissances suffisantes" sur la transmission du VIH/SIDA. Il s'agit de femmes qui connaissent les trois méthodes de prévention de la transmission du VIH et qui ont identifié correctement toutes les trois conceptions erronées. Seuls, 5,6 % des femmes âgées de 20 à 49 ans appartiennent à cette catégorie. Chez les adolescentes, cette proportion est estimée à 4,0%. 52 Tableau 34: Pourcentage de femmes âgées de 20-49 qui ont une bonne connaissance de la transmission du VIH/SIDA, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes ayant entendu parler du SIDA Pourcentage connaissant 2 moyens pour éviter la transmission du SIDA Pourcentage qui pouvant correctement identifier 3 conceptions erronées sur la transmission du VIH Pourcentage ayant une bonne connaissance Effectif des femmes N'Djaména 96,2 35,2 22,5 16,5 674 Autres villes 84,2 25,7 12,6 8,2 770 Ensemble urbain 89,8 30,1 17,2 12,1 1441 Rural 64,2 15,2 4,9 3,5 4424 20-24 68,1 20,8 8,3 5,6 972 25-29 68,2 19,9 8,0 5,7 1116 30-34 75,8 20,7 9,0 6,8 818 35-39 73,8 21,7 9,4 6,7 743 40-44 68,9 18,1 9,7 8,4 530 45-49 64,7 13,1 5,2 2,9 535 Aucun 64,8 16,0 6,4 4,8 4440 Primaire 93,4 24,1 7,7 4,8 947 Secondaire & + 98,0 49,6 32,8 21,0 303 Total 70,5 18,8 7,9 5,6 5865 * Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA Tableau 34a: Pourcentage de femmes âgées de 15-19 qui ont une bonne connaissance de la transmission du VIH/SIDA, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes ayant entendu parler du SIDA Pourcentage connaissant les 3 moyens pour éviter la transmission du SIDA Pourcentage qui pouvant correctement identifier 3 conceptions erronées sur la transmission du VIH Pourcentage ayant une bonne connaissance Effectif des femmes N'Djaména 94,8 29,7 19,7 12,9 154 Autres villes 81,3 19,7 9,4 6,3 179 Ensemble urbain 87,5 24,3 14,1 9,3 333 Rural 66,4 9,4 3,2 1,9 824 Aucun 62,7 10,8 5,2 3,8 653 Primaire 89,3 14,9 3,9 2,1 349 Secondaire & + 96,8 31,8 24,7 13,9 102 Total 72,5 13,7 6,3 4,0 1157 * Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA 53 Tableau 34b: Pourcentage de filles âgées de 15 qui ont une bonne connaissance de la transmission du VIH/SIDA, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes ayant entendu parler du SIDA Pourcentage connaissant les 3 moyens pour éviter la transmission du SIDA Pourcentage qui pouvant correctement identifier 3 conceptions erronées sur la transmission du VIH Pourcentage ayant une bonne connaissance Effectif des femmes N'Djaména 90,3 27,4 16,1 12,9 38 Autres villes 76,4 17,1 9,8 8,1 42 Ensemble urbain 83,1 22,0 12,8 10,4 80 Rural 68,4 5,1 5,1 2,2 239 Aucun 60,4 7,3 6,5 4,4 164 Primaire 92,3 8,8 6,0 2,2 119 Secondaire & + 94,1 42,8 29,6 23,7 16 Total 72,1 9,4 7,1 4,3 319 * Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA Tableau 34c: Pourcentage de filles âgées de 16 qui ont une bonne connaissance de la transmission du VIH/SIDA, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes ayant entendu parler du SIDA Pourcentage connaissant les 3 moyens pour éviter la transmission du SIDA Pourcentage qui pouvant correctement identifier 3 conceptions erronées sur la transmission du VIH Pourcentage ayant une bonne connaissance Effectif des femmes N'Djaména 96,0 28,0 24,0 18,0 31 Autres villes 78,5 19,0 8,3 5,8 41 Ensemble urbain 86,0 22,9 15,0 11,0 72 Rural 64,3 9,5 2,4 2,4 147 Aucun 62,6 11,3 5,2 4,3 112 Primaire 82,2 12,1 2,9 1,7 77 Secondaire & + 96,7 41,6 30,6 26,0 21 Total 71,4 13,9 6,5 5,2 220 * Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA 54 Tableau 34d: Pourcentage de filles âgées de 17 qui ont une bonne connaissance de la transmission du VIH/SIDA, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes ayant entendu parler du SIDA Pourcentage connaissant les 3 moyens pour éviter la transmission du SIDA Pourcentage qui pouvant correctement identifier 3 conceptions erronées sur la transmission du VIH Pourcentage ayant une bonne connaissance Effectif des femmes N'Djaména 97,5 37,5 15,0 12,5 25 Autres villes 86,2 19,1 5,3 4,3 32 Ensemble urbain 91,1 27,1 9,5 7,8 57 Rural 76,0 14,7 2,7 2,7 132 Aucun 70,1 14,8 4,4 4,4 107 Primaire 96,7 22,5 2,6 2,6 63 Secondaire & + 100,0 31,7 17,0 10,6 15 Total 80,6 18,4 4,7 4,2 188 * Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA Tableau 34e: Pourcentage de filles âgées de 18 qui ont une bonne connaissance de la transmission du VIH/SIDA, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes ayant entendu parler du SIDA Pourcentage connaissant les 3 moyens pour éviter la transmission du SIDA Pourcentage qui pouvant correctement identifier 3 conceptions erronées sur la transmission du VIH Pourcentage ayant une bonne connaissance Effectif des femmes N'Djaména 93,7 29,7 25,0 10,9 40 Autres villes 80,7 18,5 7,6 2,5 41 Ensemble urbain 87,1 24,0 16,2 6,7 80 Rural 57,6 11,9 1,7 ,8 207 Aucun 56,3 10,1 3,4 2,1 178 Primaire 82,3 23,7 2,7 1,6 61 Secondaire & + 96,2 28,7 24,0 5,5 34 Total 65,9 15,3 5,7 2,5 287 Monitoring HIV/AIDS Indicator 55 Tableau 34f: Pourcentage de filles âgées de 19 qui ont une bonne connaissance de la transmission du VIH/SIDA, Tchad, 2000. Pourcentage des femmes ayant entendu parler du SIDA Pourcentage connaissant les 3 moyens pour éviter la transmission du SIDA Pourcentage qui pouvant correctement identifier 3 conceptions erronées sur la transmission du VIH Pourcentage ayant une bonne connaissance Effectif des femmes N'Djaména 100,0 27,3 15,2 9,1 20 Autres villes 89,6 28,4 19,4 13,4 23 Ensemble urbain 94,5 27,8 17,4 11,4 43 Rural 70,2 7,0 3,5 1,8 100 Aucun 70,9 13,0 7,1 4,8 92 Primaire 94,2 12,9 3,4 2,3 30 Secondaire & + 98,0 15,6 21,0 9,5 17 Total 77,5 13,3 7,7 4,7 143 * Suivi de l’indicateur sur le VIH/SIDA Les connaissances au sujet de la transmission du VIH/Sida varient considérablement selon le niveau d’instruction (Figure 8). Les femmes qui ont fait des études secondaires ou supérieures sont environ trois fois plus nombreuses de connaître toutes les trois méthodes de prévention de la transmission par rapport aux femmes qui n'ont reçu aucune instruction. Elles ont également cinq fois plus de chances d'identifier correctement toutes les trois conceptions erronées concernant le Sida et quatre fois plus de chances d'avoir des connaissances suffisantes sur la transmission du VIH/SIDA. Les femmes résidant à N’Djaména ont respectivement 5 et 2 fois plus nombreuses d’avoir une connaissance suffisante sur le VIH/SIDA que leurs consœurs du milieu rural et celles des autres villes du Tchad. Figure 8 : Pourcentage des femmes âgées de 15 à 49 disposant de connaissances suffisantes sur la transmission du VIH/SIDA par niveau d’instruction, Tchad, 2000. 0 10 20 30 40 50 60 connaît 3 méthode de prévension de la transmission à identifier correctement 3 conception erronées dispose de connaissances suffisantes Néant Primaire Secondaire + 56 Dépistage du Sida Depuis l’apparition des premiers cas de SIDA au Tchad en 1986, la maîtrise des tendances et de l’ampleur de la maladie a posé d’énormes difficultés au Ministère de la Santé Publique. L’immensité du pays, l’absence des structures adéquates et le manque de personnel auquel s’ajoute le dysfonctionnement du système de collecte ont été à la base de la non disponibilité des données fiables sur le SIDA. La mise en place des activités de surveillance dans certaines villes du pays (N’Djaména, Sarh, Bongor, Abéché, Moundou et Faya) depuis 1999 permet d’avoir un tant soit peu des informations sur la modification du nombre de cas de SIDA, même si cela n’est pas représentatif au niveau du Tchad. Le dépistage volontaire du SIDA, accompagné du conseil permet aux personnes infectées de rechercher les soins de santé et d'éviter d'infecter les autres. Le dépistage est particulièrement nécessaire pour les femmes enceintes qui peuvent ainsi prendre des mesures pour éviter d'infecter leurs bébés. Les indicateurs présentés au tableau 35 visent à assurer le suivi pour savoir si les femmes connaissent les endroits où elles peuvent effectuer le test du VIH/ SIDA, la mesure dans laquelle elles ont effectué le test, et la mesure dans laquelle celles qui ont effectué le test ont reçu le résultat de leur test. A certains endroits, une proportion relativement importante de personnes qui sont testées ne reviennent pas chercher leurs résultats par peur d'avoir la maladie, de peur que leur vie privée ne soit violée ou pour d'autres raisons. Seulement 8,9 % des femmes en âge de procréer au Tchad connaissent un endroit où l'on peut effectuer le dépistage du SIDA. Les femmes vivant à N’Djaména sont relativement plus nombreuses à connaître un endroit (26,1 %), puis viennent celles des autres villes alors que seulement une femme sur vingt (5,0%) vivant à la campagne connaît un endroit pour être testé. Seuls 5,5 % des femmes qui n'ont reçu aucune instruction connaissent un endroit où on peut effectuer le test, contre 15,7 % des femmes ayant une éducation primaire et 34,3 % des femmes ayant fait des études secondaires ou supérieures. La concentration des infrastructures sanitaires en milieu urbain, où résident des femmes mieux instruites, serait en partie à l’origine des disparités constatées selon le milieu de résidence. En effet, les centres de dépistage sont essentiellement installés dans les villes et cela permet à la femme citadine d’être mieux informée de son existence d’une part, et d’autre part, les femmes citadines instruites relativement plus nombreuses, ont l’avantage de s’informer grâce aux journaux, aux programmes TV, etc. 57 Tableau 35: Pourcentage des femmes âgées de 15-49 ans qui connaissent un endroit où elles peuvent aller faire un test du SIDA et qui ont été testées, Tchad, 2000. Pourcentage connaissant un endroit pour être testé* Pourcentage ayant été testé Si testé, pourcentage ayant été informé du résultat Effectif des femmes N'Djaména 26,1 3,1 82,4 676 Autres villes 16,2 1,5 66,7 775 Ensemble urbain 20,8 2,2 76,9 1451 Rural 5,0 0,4 18,2 4453 15-19 8,2 0,2 70,6 1156 20-24 10,4 1,5 64,7 979 25-29 9,0 0,9 32,4 1124 30-34 10,6 1,1 80,0 824 35-39 8,5 1,1 47,8 748 40-44 6,7 0,4 34,4 534 45-49 7,2 1,1 42,0 539 Aucun 5,5 0,6 19,0 4470 Primaire 15,7 0,9 80,2 953 Secondaire & + 34,3 5,7 90,9 305 Total 8,9 0,9 54,9 5905 * Indicateur sur le suivi du VIH/SIDA Rares sont les femmes qui ont effectué le test de SIDA (0,9 %). Autrement dit, la réduction de 80,0% du risque de transmission foeto-placentaire chez toutes les femmes séropositives telle que fixée par le PRONAFET en l’an 2002 (MPC, 1994, p. 4) ne pourra devenir une réalité dans un contexte de faible dépistage. Cette proportion reste très faible quel que soit le milieu de résidence. Même à N’Djaména, elle n’est que de 3,1 % à N’Djaména. La proportion des femmes rurales ayant été testée est quasiment nulle (0,4 %). Le niveau faible des femmes ayant fait le test du SIDA dans un pays à majorité rurale laisse présager que le taux de séroprévalence du VIH exprimé à partir des statistiques disponibles n’est que la partie visible de l’iceberg. Cependant, 54,9 % des femmes qui ont effectué le test ont reçu le résultat. Il existe cependant des disparités entre milieux de résidence, groupes d'âges, et niveaux d’instruction. En effet, les femmes de la campagne ont le moins de chances de recevoir leur résultat. Par rapport à l’âge, les femmes de 30-34 ans sont relativement plus nombreuses que celles des autres groupes d’âges de connaître leur résultat, suivies respectivement des adolescentes (15-19 ans) et de celles âgées de 20-24 ans. Enfin, les femmes qui n'ont reçu aucune instruction ont moins de chances que les femmes plus instruites d'être testées et moins de chances de recevoir le résultat de leur test. G Santé reproductive Contraception L’utilisation de la contraception ainsi que la méthode contraceptive utilisée permettent d’avoir une idée sur les méthodes les plus utilisées par les femmes de 15-49 ans au Tchad. A l’EIMT, les méthodes retenues sont: * les méthodes modernes : la stérilisation féminine, la stérilisation masculine, la pilule, le DIU, les injections, le condom, le diaphragme et la mousse gelée; 58 * les méthodes traditionnelles: la méthode d’allaitement ou Méthode d’Aménorrhée Lactationnelle (MAL), l’abstinence périodique et le retrait ; * autres méthodes: les herbes, les racines, etc. A la collecte, les agents enquêteurs demandaient uniquement aux femmes mariées ou en union interviewées quelles méthodes contraceptives elles utilisent. Si la femme mentionne plus d’une méthode, c’est la méthode qui se trouve en premier sur la liste qui est encerclée. L'utilisation de la contraception à l’heure actuelle a été mentionnée par seulement 7,9% des femmes mariées ou vivant en union (tableau 36). Cette proportion n’était que de 4,1% à l’EDST. Les méthodes traditionnels (avec 5,8%) et plus particulièrement la Méthode de l’Aménorrhée Lactationnelle (MAL) sont les plus répandues au Tchad (2,6% à l’EDST). La proportion des femmes qui utilisent le DIU, les injections ou les préservatifs est quasiment nulle (0,3%). Seulement 2,0% des femmes mariées ou vivant avec un homme utiliserait une méthode moderne (1,2% à l’EDST) et particulièrement la pilule. On est loin d’atteindre l’un des objectifs fixés par le PRONAFET, à savoir un taux de prévalence contraceptive moderne de 10,0% en l’an 2002 (MPC, 1994, p. 6). Tableau 36: Pourcentage des femmes mariées ou en union âgées de 15-49 ans qui utilisent actuellement (ou dont le partenaire utilise) une méthode contraceptive, Tchad, 2000. Pourcentage de femmes mariées ou en union qui utilise : Stérili- sation fémini ne Pilule DIU Injecti ons Con- dom Diaphr agme/ mous- se gelée LAM Conti- nence périodi que Retrait Autre N’importe quelle méthode moderne N’importe quelle méthode tradition- nelle N’impor- te quelle méthode Effectif des femmes N'Djaména 1,8 5,9 0,3 0,7 0,3 0,1 2,7 3,1 0,0 0,0 9,0 5,9 14,9 453 Autres villes 1,0 3,2 0,0 0,3 0,1 0,0 4,8 1,4 0,1 0,2 4,6 6,5 11,0 538 Ensemble urbain 1,4 4,4 0,1 0,4 0,2 0,1 3,8 2,2 0,1 0,1 6,6 6,2 12,8 991 Rural 0,4 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0 4,4 1,3 0,0 0,0 0,8 5,8 6,5 3629 Aucun 0,6 0,6 0,1 0,1 0,0 0,0 4,6 1,6 0,0 0,1 1,4 6,3 7,7 3735 Primaire 0,4 1,5 0,1 0,4 0,1 0,3 3,9 0,5 0,0 0,0 2,8 4,4 7,1 604 Secondaire & + 1,3 8,9 0,0 1,2 0,8 0,0 2,4 3,8 0,0 0,0 12,3 6,3 18,6 149 Total 0,6 1,1 0,1 0,2 0,0 0,1 4,3 1,5 0,0 0,1 2,0 5,8 7,9 4620 Objectif du sommet mondial pour les enfants => Numéro 10 59 La prévalence de la contraception bien que faible au niveau national est relativement plus élevé à N’Djaména, avec 14,9 % (11,8% à l’EDST), et est presque aussi élevée dans les autres villes avec 11,0% (7,6% à l’EDST). En milieu rural, l'utilisation des contraceptifs est rare ; seuls 5,8 % des femmes mariées affirment utiliser une méthode ou une autre (2,7% à l’EDST). Le niveau d’instruction n’intervient dans l'utilisation des contraceptifs qu’à partir du secondaire ou plus. Le pourcentage des femmes utilisant une méthode contraceptive passe de 7,0% parmi celles qui n'ont pas d'instruction ou qui ont une éducation primaire (2,7% et 7,5% à l’EDST) à 18,6 % pour les femmes ayant fait des études secondaires ou supérieures (24,3% à l‘EDST). La Méthode d’Aménorrhée Lactationnelle (Mal) est pratiquée de manière non négligeable par les femmes qui utilisent une méthode contraceptive à raison de 54,3% alors que les méthodes modernes ne totalisent que 25,3%. En outre, quel que soit le milieu de résidence cette méthode (MAL) est utilisée respectivement à hauteur de 18,0% à 67,7% par les femmes en union qui pratiquent la contraception à N’Djaména et en milieu rural. Toujours parmi les femmes qui utilisent une méthode contraceptive au moment de l’enquête, les proportions de celles qui ont opté pour le MAL sont respectivement de 59,7%, 54,9% et 12,9% chez les femmes d’aucune instruction, de niveau primaire et de niveau secondaire et plus. Autrement dit, le MAL est la méthode la plus pratiquée par les femmes en union au Tchad. Consultations prénatales L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande, au moins, quatre visites prénatales , à intervalles réguliers tout au long de la grossesse. Les consultations prénatales de qualité peuvent contribuer à prévenir la mortalité maternelle par la détection et la prise en charge des complications potentielles et des facteurs de risque, notamment la pré-éclampsie, l'anémie et les maladies sexuellement transmissibles. Les consultations prénatales constituent également des opportunités pour les femmes de connaître les signes de danger de la grossesse et de l'accouchement, d'être vaccinées contre le tétanos, d'apprendre les soins à prodiguer au nourrisson et d'être traitées pour les affections existantes, notamment le paludisme et l'anémie. Les injections d’anatoxine tétanique sont administrées aux femmes pendant la grossesse pour protéger les nourrissons contre le tétanos néonatal qui constitue une cause importante de mortalité infantile due essentiellement aux conditions non hygiéniques pendant l'accouchement. Deux doses d’anatoxine tétanique pendant la grossesse assurent une protection complète. Cependant, si une femme a été vaccinée pendant une grossesse précédente, il se peut qu'elle n'ait besoin que d'un rappel pour lui assurer une protection complète. Cinq doses assureraient une protection pour toute la vie. A l’EIMT, la question sur les soins prénatals fait référence à une consultation auprès de n’importe quel personnel de la santé pour des soins prénatals durant la grossesse d’une naissance survenue au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête - une consultation spécifiquement pour contrôler la grossesse et non pour d’autres raisons. Il s’agit d’une question en deux parties car si la femme répond ‘‘oui’’, les enquêtrices lui demandaient qui elle a consulté. Si elle a vu plus d’une personne, toutes les personnes vues sont enregistrées. L’EDST n’a pas collecté des informations sur l’anatoxine tétanique d’une part, et d’autre part les informations sur les visites prénatales concernent les naissances de 5 dernières années. 60 Les résultats de l’EDST ont révélé que parmi les naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, 63,5% n’ont fait l’objet d’aucune consultation prénatale, 32,4% dont les mères ont consulté un professionnel de santé et 4,0% dont les mères ont consulté une accoucheuse traditionnelle non formée, un parent ou ami. Un peu plus de trois femmes sur huit (38,5%) ayant accouché au cours des 12 derniers mois au Tchad sont protégées contre le tétanos néonatal (tableau 37). Cette proportion est largement inférieure à celle fixée comme un des objectifs du PRONAFET qui vise à amener en l’an 2002 au moins 80,0% des femmes enceintes de la zone de responsabilité à fréquenter les consultations prénatales et à administrer à toutes les femmes en âge de procréer les 5 doses de Vaccin Anti Tétanique (VAT). La grande majorité de ces femmes a reçu deux ou plusieurs doses de anatoxine tétanique au cours des trois dernières années. Les femmes qui vivent à N’Djaména ont plus de chances d'être protégées (67,7 %), tandis que celles qui vivent en milieu rural le sont à concurrence de 31,9 %. Les femmes ayant reçu une éducation secondaire ou plus sont relativement plus nombreuses (84,5%) d'être protégées contre le tétanos que celles qui n'ont reçu aucune instruction (31,2%) ou qui ont fait des études primaires (63,3%). Tableau 37: Pourcentage des mères ayant une naissance survenue au cours des 12 derniers mois qui sont protégées contre le tétanos néonatal, Tchad, 2000. Pourcentage des mères ayant eu une naissance dans les douze derniers mois qui : Ont reçu au moins 2 doses au cours des 3 dernières années Ont reçu au moins 2 doses au cours des 10 dernières années Ont reçu au moins 5 doses durant toute sa vie Protégée contre le tétanos Effectif des mères N'Djaména 66,8 0,9 0,0 67,7 136 Autres villes 56,6 1,3 0,0 57,8 161 Ensemble urbain 61,3 1,1 0,0 62,4 297 Rural 30,0 1,8 0,2 31,9 1072 Niveau d’instruction Aucun 29,9 1,2 0,2 31,2 1068 Primaire 59,5 3,8 0,0 63,3 230 Secondaire & + 84,5 0,0 0,0 84,5 45 Total 36,7 1,6 0,1 38,5 1369 Objectif du sommet mondial pour les enfants => Numéro 22 Les femmes de 15-49 ans, qui avaient accouché au cours de l'année précédant l’enquête, ont été interrogées pour savoir si elles avaient reçu des soins prénatals pour l'accouchement et, le cas échéant, quel type de personne en avait assuré la prestation. Si la femme connaissait plus d'un type de prestataires de soins, ils étaient tous enregistrés dans le questionnaire. Le tableau 38 présente la distribution par pourcentage des femmes ayant accouché au cours de l'année précédant la collecte par type de personnel qui a fourni les soins prénatals. Si plus d'un prestataire a été mentionné par la répondante, elle est considérée comme ayant vu la personne la plus qualifié qu'elle a mentionnée. 61 Tableau 38: Répartition (en %) des femmes âgées de 15-49 ans ayant eu une naissance survenue au cours de la dernière année par type de personnel dispensant des soins prénatals, 2000. Personnel dispensant des soins traditionnels Médecin Infirmiè- re/assist ante Sage- femme assistante Accoucheu- se traditionnel- le Autre/ND Personnel de santé qualifié* Pas de soins prénatals Total Effectif des femmes N'Djaména 2,3 64,1 1,4 5,5 0,0 67,7 26,8 100,0 136 Autres villes 2,8 58,7 5,1 4,7 1,3 66,5 27,5 100,0 161 Ensemble urbain 2,5 61,2 3,4 5,0 0,7 67,1 27,2 100,0 297 Rural 1,5 26,2 6,9 8,3 2,3 34,5 54,8 100,0 1072 Aucun 1,6 27,3 5,6 8,9 1,9 34,5 54,7 100,0 1068 Primaire 1,9 55,6 9,6 3,5 2,7 67,1 26,6 100,0 230 Secondaire & + 4,1 78,7 3,8 0,8 0,8 86,6 11,8 100,0 45 Total 1,7 33,8 6,1 7,6 1,9 41,6 48,8 100,0 1369 Objectif du sommet mondial pour les enfants => Numéro 9, 11 Seulement un peu plus d’une femme sur deux (51,2%) au Tchad avait reçu un type ou un autre de soins prénatals et 41,6 % avaient consulté un personnel qualifié (médecin, infirmier, sage-femme) pour les soins prénatals. Les femmes ayant accouché au cours de l'année précédant l'enquête qui avaient reçu des soins prénatals d'un médecin étaient très infimes (1,7%), 33,8 % d'une infirmière ou sage femme et 6,1% d'une assistant de sage-femme (Figure 9). Les accoucheuses traditionnelles ont fourni les soins prénatals pour 7,6 % des Figure 9: Distribution par pourcentage des femmes ayant accouché au cours de l'année écoulée par type de personnel assurant la prestation des soins prénatals, Tchad, 2000 Médecin 1% Infirmier 34% Sage-femme 6% Autre 2% AT 8% Néant 49% femmes. Il convient de souligner que le personnel de santé qualifié est peu utilisé pour les soins prénatals par les femmes du milieu rural à raison seulement d’une femme sur trois (34,5%) alors que dans les villes ce sont environ deux femmes sur trois (67,1%) qui se font consulter pour les soins prénatals par ce personnel. La différence selon le niveau d’instruction révèle que le niveau d’instruction est un facteur qui incite les femmes à se faire consulter par un personnel qualifié. En effet, les femmes qui ont le niveau secondaire ou plus sont 2,5 fois 62 plus nombreuses à recevoir des soins d’un personnel qualifié que leurs consœurs qui n’ont aucune instruction. En considérant le milieu de résidence, la proportion des femmes qui ne bénéficient pas des soins prénatals est 2 fois plus importante en milieu rural que dans les autres milieux de résidence. Assistance pendant l'accouchement L'assistance pendant l'accouchement par un personnel qualifié permet d'améliorer considérablement les résultats de santé pour les mères et les enfants grâce à l'utilisation de procédures appropriées sur le plan technique, et au diagnostic précis et rapide, ainsi qu'au traitement des complications. Par assistance qualifiée pendant l'accouchement, on entend une assistance apportée par un médecin, un infirmier ou une sage-femme. Seulement 16,2% des naissances intervenues au cours de l'année précédant l’EIMT avaient été assistées par un personnel qualifié (tableau 39). Ce pourcentage est relativement le plus élevé à N’Djaména avec 52,4 % et le plus faible à la campagne avec seulement 8,0%. Plus la femme est instruite, plus il y a de chances qu'elle accouche avec l'assistance d'une personne qualifiée. Au vu des données de l’EIMT, d’énormes efforts devraient être consentis afin d’atteindre l’objectif fixé au PRONAFET, à savoir assurer un accouchement assisté universel par un agent ou une accoucheuse traditionnelle formée en l’an 2002. Tableau 39: Répartition (en %) des femmes âgées de 15-49 ans ayant eu une naissance survenue au cours de la dernière année par type de personnel assistant dans l’accouchement, Tchad, 2000. Personnel assistant à l’accouchement Médecin Infirmière/ sage- femme Sage-femme assistante Accou- cheuse traditionnell e Parente/ ami Autre/ND Personnel de santé qualifié* Pas d’assista nce Total Effectif des femmes N'Djaména 2,7 46,8 2,7 14,1 25,0 2,7 52,4 6,0 100,0 136 Autres villes 1,9 32,8 5,9 27,5 25,4 2,3 40,6 4,2 100,0 161 Ensemble urbain 2,3 39,2 4,5 21,4 25,2 2,5 46,0 4,9 100,0 297 Rural 0,2 5,9 2,0 46,0 36,3 2,6 8,0 7,0 100,0 1072 Aucun 0,3 8,7 2,0 43,3 35,9 2,3 11,0 7,5 100,0 1068 Primaire 1,2 25,4 3,9 31,3 31,1 3,6 30,5 3,5 100,0 230 Secondaire & + 4,9 55,0 8,2 12,0 17,0 2,1 68,1 0,8 100,0 45 Total 0,6 13,1 2,5 40,7 33,9 2,6 16,2 6,6 100,0 1369 Objectif du sommet mondial pour les enfants => Numéro 11 Un peu plus d’un accouchement sur dix (15,6%) intervenu au cours de l'année précédant l'enquête de l’EIMT avait été assisté par une sage-femme ou une infirmière. Les médecins avaient assisté l'accouchement de 0,6% des femmes. D'une manière générale, les accoucheuses traditionnelles avaient assisté environ 40,7 % des naissances et les parents ou amis l’ont fait dans une proportion de 33,9 % (40,9% à l’EDST pour la période couvrant les 5 dernières années précédant l’enquête). Autrement dit, ces deux catégories de personnes ont apporté leur assistance à l’accouchement à 3 femmes sur 4 (74,6 %) au cours de la dernière année précédant l’EIMT. Les femmes vivant en ville sont en termes relatifs 6 fois plus assistées à l’accouchement par un personnel de santé qualifié que leurs consœurs de la campagne. C’est également dans une proportion identique que les femmes qui ont le niveau 63 secondaire ou plus le sont comparativement à celles qui n’ont aucune instruction. Comme on l’a souligné précédemment, la concentration des infrastructures sanitaires en milieu urbain, où résident des femmes ayant fréquenté, serait en partie à l’origine des disparités constatées selon le milieu de résidence et le niveau d’instruction. H. Droits de l'enfant L’enfant, du fait de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d’une protection spéciale et de soins spéciaux, notamment d’une protection juridique appropriée, avant comme après la naissance. C’est ainsi qu’après la Déclaration de Genève de 1924 et adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU en novembre 1959, la Convention Relative aux Droits de l’Enfant du 20 novembre 1989, stipule en certains points ce qui suit : · l’enfant est enregistré aussitôt sa naissance et a dès celle-ci le droit à un nom, le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux, etc. (Article 7) ; · les Etats doivent veiller à ce que l’enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, etc. (Article 9) ; · les Etats doivent reconnaître le droit de l’enfant à l’éducation, en rendant l’enseignement primaire obligatoire et gratuit pour tous, etc. (Article 28) ; · les Etats doivent reconnaître le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou son développement physique, mental, spirituel, moral ou social. Pour cela, il doivent prendre mesures législatives, administratives, sociales et éducatives en fixant un âge minimum ou des âges minimums d’admission à l’emploi, en prévoyant une réglementation appropriée des horaires de travail et des conditions d’emploi mais aussi des peines ou autres sanctions appropriées (Article 32). Enregistrement des naissances à l'état civil Comme il a été mentionné ci-dessus, la Convention internationale sur les droits de l'enfant stipule que chaque enfant a droit à un nom et a une nationalité et à la protection contre la privation de son identité. L'enregistrement des naissances à l'état civil constitue un moyen fondamental de préserver ces droits pour les enfants. Les naissances d’un quart (24,9 %) d’enfants âgés de moins de cinq ans du Tchad ont été enregistrées (tableau 40). Il n'existe pas de disparités importantes en ce qui concerne l'enregistrement des naissances à l'état civil entre les sexes et les âges. Mais, selon l’éducation de la mère, il y a d’importantes différences. En effet, seulement 19,5 % des naissances issues des mères n’ayant aucune instruction sont enregistrés à l’état civil contre 31,4 % des mères ayant atteint le niveau primaire et 49,6 % de celles ayant le niveau secondaire ou supérieure. Les enfants résidant en milieu rural ont moins de chances de voir leurs naissances enregistrées à l'état civil (17,5 %) par rapport à ceux résidant à N’Djaména (65,5 %) et dans les autres villes (42,7 %). Il semble que dans l’ensemble, à propos du faible pourcentage des enregistrements des naissances à l’état civil, le coût (13,5%) semble être la cinquième cause principale de non enregistrement après l’éloignement (28,6%), l’ignorance (25,2%), méconnaissance d’un lieu d’enregistrement (14,7%) et les autres raisons (14,2%). Il faudra relever qu’au Tchad, le système est patrilinéaire. Donc en principe, l’enfant devrait être lié à son père ou son tuteur adoptif en ce qui concerne l’enregistrement des naissances. Mais le questionnaire de l’enfant étant lié à la 64 mère, cela constitue une des failles de la méthodologie de l’enquête qu’il faudra prendre en compte pour les opérations à venir. Tableau 40: Répartition (en %) des enfants de 0-59 mois selon que la naissance est enregistrée ou non et les raisons de non enregistrement, Tchad, 2000. La naissance n’est pas enregistrée parce que : Naissan ce enregis- rée Coûte trop cher Doit se déplacer trop loin Ne sait pas qu’elle devrait enregistrer En retard, ne voulait pas payer d’amende Ne sait pas où l’enregis- trer utre Ne sait pas Total Nombre d’enfants Masculin 25,7 13,3 27,0 26,4 0,1 14,7 15,2 3,3 100,0 2662 Féminin 24,2 13,8 30,2 24,0 0,0 14,7 13,2 4,1 100,0 2722 N'Djaména 65,5 14,2 5,0 34,9 0,0 12,5 22,1 11,4 100,0 496 Autres villes 42,7 24,7 12,6 23,4 0,0 13,4 19,6 6,4 100,0 648 Ensemble urbain 52,6 21,4 10,2 26,9 0,0 13,1 20,4 8,0 100,0 1144 Rural 17,5 12,3 31,5 24,9 0,0 15,0 13,3 3,1 100,0 4240 < 6 mois 24,0 12,4 27,2 25,7 0,0 15,5 15,9 3,3 100,0 615 6-11 mois 24,4 13,4 32,3 26,5 0,0 11,3 12,7 3,9 100,0 570 12-23 mois 25,3 12,3 23,8 27,9 0,0 18,1 14,9 2,9 100,0 873 24-35 mois 26,0 14,6 30,4 22,5 0,0 13,7 14,6 4,1 100,0 1105 36-47 mois 24,5 13,9 30,2 24,9 0,2 14,2 12,5 4,1 100,0 1095 48-59 mois 24,7 13,7 28,1 24,9 0,0 14,8 14,8 3,7 100,0 1126 Aucun 19,5 11,3 30,3 30,9 0,1 13,9 9,5 4,0 100,0 2887 Primaire 31,4 22,4 20,3 21,7 0,0 10,9 21,2 3,6 100,0 1227 Secondaire & + 49,6 24,8 16,4 18,6 0,0 6,4 30,7 3,1 100,0 573 Total 24,9 13,5 28,6 25,2 0,0 14,7 14,2 3,7 100,0 5384 Suivi de l’indicateur sur les droits de l’enfant Orphelinat et dispositions relatives à la garde des enfants. Les enfants qui sont orphelins ou qui vivent loin de leurs parents peuvent être exposés à un risque accru d'appauvrissement, de discrimination, de déni des droits de propriété et des droits d'héritage, de différentes formes de sévices, de négligence et d'exploitation par le travail ou par la sexualité. Le suivi du niveau de l'orphelinat et des dispositions relatives à la garde des enfants permet d'identifier ceux qui peuvent être exposés aux risques et de suivre l'évolution de leur situation au fil du temps. Au Tchad, 78,9 % des enfants âgés de 0 à 14 ans vivent avec les deux parents (tableau 41). Un peu moins d’un enfant sur dix ( 8,2 %) vit avec leurs mères uniquement bien que leurs pères soient vivants et 4,8% ne vivent avec aucun des parents, bien que ceux-ci soient vivants. Les enfants qui ne vivent pas avec un parent biologique représentent 6,8 % et ceux dont l'un des deux parents est décédé représentent 6,0% de tous les enfants âgés de 0 à 14 ans. Les enfants plus âgés ont plus de chances de vivre loin de leurs parents biologiques par rapport aux enfants plus jeunes. En effet, si seulement 2,4% des enfants âgés de moins de cinq ans ne vivent pas avec un parent biologique, cette proportion atteint 11,0% dans la tranche d’âge de 10 à 14 ans. Cette situation serait due en partie au fait que les parents même vivants sont plus enclins à confier la garde de leurs enfants à une personne tierce, surtout à partir d’un certain âge (vers l’âge de 6 ans). La situation des enfants est peu variable selon le milieu de résidence et le sexe. 65 Tableau 41: Pourcentage d’enfants âgés de 0-14 ans dans les ménages qui ne vivent pas avec un parent biologique, Tchad, 2000. Ne vit avec aucun parent Vit avec mère seulement Vit avec le père seulement Vit avec les deux parents Père seulement vivant Mère seulement vivante Les deux sont vivants Les deux sont décédés Père vivant Père décédé Mère vivante Mère décédée Total Ne vit pas avec un parent biologi- que Un des deux parents est décédé Effectif d’en- fants Masculin 79,9 0,4 1,1 4,1 0,3 8,0 2,7 2,5 0,9 100,0 6,0 5,5 7421 Féminin 77,9 0,9 1,1 5,4 0,4 8,4 3,4 1,8 0,7 100,0 7,7 6,4 7567 N'Djamén a 72,7 0,9 1,5 7,0 0,2 10,2 3,7 3,2 0,5 100,0 9,6 6,8 1482 Autres villes 68,6 0,9 1,5 7,1 0,5 13,8 4,0 2,8 0,8 100,0 10,0 7,7 1885 Ensembl e urbain 70,4 0,9 1,5 7,0 0,4 12,2 3,9 3,0 0,7 100,0 9,8 7,3 3367 Rural 81,4 0,6 1,0 4,1 0,3 7,0 2,8 1,9 0,9 100,0 6,0 5,6 11621 0-4 ans 85,0 0,3 0,3 1,8 0,0 10,3 1,6 0,6 0,2 100,0 2,4 2,4 5822 5-9 ans 77,3 0,7 1,3 6,2 0,5 7,0 3,3 2,7 1,1 100,0 8,7 6,8 5276 10-14 ans 72,1 1,2 2,1 7,2 0,6 6,7 4,9 3,8 1,4 100,0 11,0 10,2 3889 Total 78,9 0,7 1,1 4,8 0,3 8,2 3,0 2,1 0,8 100,0 6,8 6,0 14988 Suivi de l’indicateur sur les droits de l’enfant Travail des enfants Il est important d'assurer le suivi de la situation dans laquelle les enfants travaillent, ainsi que du type de travail qu'ils effectuent pour plusieurs raisons. Les enfants qui travaillent ont moins de chances d'être scolarisés et plus de chances d'abandonner l'école. Ceux-ci peuvent ainsi être piégés dans un cycle de pauvreté et de privation. Les conditions de travail des enfants ne sont souvent pas réglementées et comportent peu de mesures de protection contre les sévices potentiels. En outre, de nombreux types d'activités sont fondamentalement dangereux, tandis que d'autres présentent des risques moins évidents pour les enfants, notamment l'exposition aux pesticides dans les activités agricoles, le transport de charges lourdes et faire les poubelles. Le travail des enfants âgés de 6-14 ans, est un phénomène d’une certaine ampleur au Tchad, quoiqu’en contradiction avec la législation en vigueur dans le pays. Au recensement de 1993, les jeunes en activité représentent 14,6% de l’ensemble des travailleurs de 6 ans et plus. Sur 100 jeunes de 6-14 ans, environ 25 d’entre eux travaillent, 26 vont à l’école et 49 ne sont ni à l’école ni dans le circuit de production. Afin de mieux appréhender le phénomène ‘‘travail des enfants’’ et ce que font réellement ceux qui ne fréquentent et ne travaillent, une étude approfondie sur le travail des enfants a été recommandée (BCR, 1995f, p. 123). Selon l'enquête de l’EIMT, seuls 3,3 % des enfants âgés de 5 à 14 ans du Tchad ont effectué un travail rémunéré. Un peu moins d’un quart (23,3%) participent à un travail non-rémunéré pour une personne autre qu'un membre du ménage (Tableau 42). Par "travail domestique", ont entend faire la cuisine, les achats, le nettoyage, la lessive, la collecte de l'eau et s'occuper des enfants. Ce genre de travail entre généralement dans le processus d’éducation de la jeune fille. Un peu moins de trois enfants sur quatre (73,9%) accomplissent ces tâches pendant moins de quatre heures par jour, tandis que 7,3 % y consacrent plus de quatre heures par jour. D'une manière générale, les filles sont relativement 66 plus nombreuses que les garçons dans l’exécution des tâches domestiques. Par contre, les garçons sont plus enclins à des travaux rémunérés que les filles: 4,4 % contre 2,3 %. La différence selon l’âge permet de relever que quatre fois plus d’enfants âgés de 10-14 ans effectuent des travaux rémunérés hors du cadre du ménage (5,8 %) que les enfants les plus jeunes âgés de 5 à 9 ans (1,5%). Par ailleurs, parmi les enfants qui consacrent plus de 4 heures dans les travaux domestiques, les enfants les plus âgés (10-14 ans) sont relativement plus nombreux. Les disparités selon le milieu de résidence ne sont pas importantes en ce qui concerne le pourcentage des enfants qui consacrent plus de quatre heures par jour aux tâches domestiques. Par contre, dans les tâches rémunérées, on compte plus d’enfants qui résident en milieu rural qui font ce genre de travail que les enfants vivant dans les centres urbains. Tableau 42: Pourcentage d’enfants âgés de 5-14 ans qui travaillent actuellement, Tchad, 2000. Travaux domestiques Travail payé Travail non payé < 4 heures/jour 4 heures ou plus/jour Travaux pour la famille (agriculture, élevage, commerce) Travaillent actuelle- ment Effectif des enfants Masculin 4,4 22,5 70,7 3,2 58,5 66,5 4543 Féminin 2,3 24,1 77,1 11,3 52,0 64,6 4623 N'Djaména 1,6 21,9 77,3 7,2 26,6 48,5 938 Autres villes 1,9 23,6 73,8 7,2 40,4 55,3 1186 Urbain 1,7 22,8 75,3 7,2 34,3 52,3 2124 Rural 3,8 23,5 73,5 7,4 61,6 69,5 7042 5-9 ans 1,5 22,0 73,2 3,7 43,9 54,3 5276 10-14 ans 5,8 25,2 74,9 12,3 70,6 80,8 3889 Total 3,3 23,3 73,9 7,3 55,2 65,5 9166 Suivi de l’indicateur sur les droits de l’enfant Les enfants qui ont effectué un travail rémunéré ou non-rémunéré pour une personne autre qu’un membre du ménage ou qui consacrent plus de quatre heures aux corvées ménagères au sein du ménage ou qui effectuent d'autres travaux familiaux sont considérés comme des "travailleurs". En général, 65,5 % des enfants sont considérés comme travailleurs à l'heure actuelle. La différence est très peu perceptible entre les garçons et les filles (66,5 % des garçons et 64,6 % des filles). Selon le milieu de résidence, les enfants dans les zones rurales ont beaucoup plus de chances de travailler que ceux des zones urbaines (69,5 % contre 52,3%). Cette situation est la conséquence de la nature même des emplois ruraux de type traditionnel (travaux liés à l’agriculture, faire paître les animaux, etc.) qui ne nécessitent pas des qualifications particulières. Dans cette catégorie d’enfants qui exécutent des travaux liés à l’agriculture, l’élevage ou le commerce, les garçons (58,5%) sont relativement plus nombreux que les filles (52,0%). La différence selon le milieu de résidence révèle que 61,6 % d’enfants ruraux travaillent dans l’agriculture ou l’élevage contre seulement 34, 3 % d’enfants résidant en milieu urbain. 67 BIBLIOGRAPHIE ATEP, 1999, Le Sida au Tchad : connaissances et perceptions par les femmes. Analyse approfondie des résultats de l’Enquête Démographique et de Santé 1997, N’Djaména, IDT, 20 p. BANDOUMAL, O. et al., 1998, Enquête Démographique et de Santé du Tchad 1996-97, Bureau Central du Recensement, N’Djaména, xxviii + 366 p. BCR, 1993, Manuel de l’agent recenseur, N’Djaména, IDT, 66 p. BCR, 1996, Manuel des enquêtrices et des enquêteurs de l’EDST, N’Djaména, 116 p. BCR, 2000, Manuel de l’enquêtrice de l’EIMT, N’Djaména, 63 p. RIRADJIM , M., 2000, La fécondité dans l’adolescence au Tchad : recherche des facteurs associés chez les femmes de 15-24 ans à l’Enquête Démographique et de Santé (EDS) de 1996-97, Mémoire de DEA, UCL, Institut de Démographie, Louvain-la-Neuve, 61 p. TCHAD, MPC, 1994, Programme National d’Action en Faveur de l’Enfant Tchadien. PRONAFET 1993-2002. Plan d’Action. Cadrage Macro-économique, N’Djaména, xiii + 93p. TCHAD, 1994, Ministère du Plan et de la Coopération, Population et développement au Tchad, N’Djaména, Editions IDT, 22 p. TCHAD, BCR, 1994, Recensement général de la population et de l’habitat 1993. Rapport de synthèse, N’Djaména, Editions AGB, 67 p. TCHAD, BCR, 1995a, Recensement général de la population et de l’habitat 1993. Analyse. Etat de la population, Vol. 3, n° 2, N’Djaména, Editions AGB, 165 p. TCHAD, BCR, 1995b, Recensement général de la population et de l’habitat 1993. Analyse. Alphabétisation-scolarisation-instruction, Vol. 3, n° 6, N’Djaména, Editions AGB, 191 p. TCHAD, BCR, 1995c, Recensement général de la population et de l’habitat 1993. Analyse. Migration et urbanisation, Vol. 3, n° 4, N’Djaména, Editions AGB, 164 p. TCHAD, BCR, 1995d, Recensement général de la population et de l’habitat 1993. Analyse. Fécondité, Vol. 3, n° 3a, N’Djaména, Editions AGB, 87 p. TCHAD, BCR, 1995f, Recensement général de la population et de l’habitat 1993. Analyse. Ménages et habitations, Vol. 3, n° 9, N’Djaména, Editions AGB, 205 p. TCHAD, BCR, 1995g, Recensement général de la population et de l’habitat 1993. Analyse. Population active, Vol. 3, n° 7, N’Djaména, Editions AGB, 182 p. TCHAD, DSIS, 1998, Annuaire des statistiques sanitaires du Tchad. Tome A. Niveau National, IDT, 258 p. UNICEF, 1990, Les enfants d’abord. Déclaration Mondiale et Plan d’Action du Sommet Mondial pour les Enfants. La Convention Relative aux Droits de l’Enfant, New York, 80 p. 68 Annexe A : Conception de l'échantillon et erreurs de sondage 69 Introduction L’Enquête à Indicateurs Multiples au Tchad (EIMT) est une enquête ménage par sondage aléatoire, stratifiée et en grappes portant sur un échantillon représentatif au niveau national. Elle couvre l’ensemble de la population résidant au Tchad, à l’exclusion des nomades et de la population des ménages collectifs (hôtels, couvents, casernes, hôpitaux, etc.). L’unité d’observation est le ménage ordinaire au sein duquel on s’est intéressé aux groupes spécifiques, notamment les enfants de moins de cinq (5) ans et les femmes de 15 à 49 ans. 1. Base de sondage La base de sondage constituée par le Bureau Central du Recensement (BCR) est une liste exhaustive des zones de dénombrement (ZD) du recensement de 1993 consignée dans un fichier informatique. Cette base a servi au tirage de l’échantillon de l’Enquête Démographique et de Santé au Tchad (EDST) en 1996/1997, puis de celui de l’Enquête Migration Urbanisation au Tchad (EMUT) en 1998/1999. Dans le cadre de l’EIMT, un échantillon de 178 grappes a été constitué à partir des 250 grappes de l’EDST. Etant donné qu’une grande partie des grappes de l’EDST ayant été utilisée lors de l’EMUT, la liste des ménages avait été mise à jour pour les grappes n’ayant été visitées lors de l’enquête migration. 2. Stratification et taille de l’échantillon L’Enquête Démographique et de Santé a retenu trois principaux domaines d’études correspondant à la capitale N’Djaména, l’ensemble des autres villes et le milieu rural. Le tirage des grappes étant effectué à partir de l’échantillon de l’EDST, et dans le souci de simplifier le travail, les trois domaines de l’EDST ont constitués les strates de l’EIMT. La population cible retenue pour le calcul de la taille de l’échantillon est la tranche d’âge 12- 23 mois. Ensuite, les indicateurs clés retenus dans le calcul de la taille est la couverture vaccinale (le BCG, la DTC 3, la Polio 3 et la rougeole). La formule suivante a été utilisée pour le calcul de la taille : n = [4 (r) (1-r) f (1,1)]/ [e2 (p) nh], où n est la taille requise de l’échantillon; 4 est un facteur pour atteindre 95 pour cent d’intervalle de confiance; r est le taux de couverture obtenu à partir des données de l’EDST pour les enfants de 12-23 mois; 1,1, est le facteur nécessaire pour augmenter la taille de l’échantillon de 10 pour cent afin de tenir compte du taux de non réponse; f est l’effet du plan de sondage de l’indicateur clé; e est la marge d’erreur; p la proportion des enfants âgés de 12-23 mois; nh est la taille moyenne du ménage. A partir du taux de couverture du BCG et de la marge d’erreur fixé à 5 pour cent, la taille requise au niveau national est de 5444 ménages. Compte tenu de la stratification, la taille définitive retenue est de 5690 ménages. Cette taille est obtenue à partir des simulations effectuées avec les divers taux de vaccination des enfants de 12-23 mois obtenus à l’EDST. Elle est répartie comme suit: 1000 pour la ville de N’Djaména, 2200 pour les autres villes, et 2490 pour le milieu rural. 70 3. Mise à jour et répartition de l’échantillon La mise à jour de la liste des ménages des grappes retenues pour l’enquête est effectuée sur le terrain par les agents enquêteurs. Sur les 178 grappes de l’échantillon, la liste des ménages avait été mise à jour pour 28 d’entre elles. Ce sont des grappes n’ayant pas été mises à jour lors des travaux cartographiques de l’EMUT et de certaines villes dont les zones retenues dans l’échantillon avaient subi des modifications cadastrales. Compte tenu du nombre limité de grappes dans la strate relative aux Autres Villes, le nombre de ménages à enquêter par grappe était fixé à 40 ménages dans la strate regroupant les autres villes. Pour la ville de N’Djaména, le nombre de ménages à enquêter par grappe retenu était de 25 tandis que pour le milieu rural, ce nombre est fixé à 30. Au total, 178 grappes sont retenues (40 pour la ville de N’Djaména, 55 pour les Autres Villes et 83 pour le milieu rural) pour les besoins de l’enquête. Comme souligné précédemment, la mise à jour n’était pas systématique. Seules les grappes non travaillées lors de l’enquête Migration Urbanisation réalisée en 1999 ont été mises à jour. Pour les grappes visitées lors de l’EMUT, la liste des ménages était assez récente et n’est pas susceptible de grandes modifications. Par contre, pour les grappes travaillées en 1996/1997 dans le cadre de l’EDST, une mise à jour est nécessaire avant l’interview des ménages. 71 Tableau 1 : Variable Estimation Population de base ENFANTS Taux net de scolarisation Taux Enfants âgés 5 à 11 ans A reçu vaccination BCG Proprotion Enfants âgés de 12 à 23 mois A reçu vaccination DTC (3 doses) Proprotion Enfants âgés de 12 à 23 mois A reçu vaccination Polio (3doses) Proprotion Enfants âgés de 12 à 23 mois A reçu vaccination rougeole Proprotion Enfants âgés de 12 à 23 mois A reçu vaccination fièvre jaune Proprotion Enfants âgés de 12 à 23 mois A reçu toutes les vaccinations Proprotion Enfants âgés de 12 à 23 mois Poids-pour-taille (inférieur à –2T) Proprotion Enfants de moins de 5 ans Taille-pour-âge (inférieur à –2T) Proprotion Enfants de moins de 5 ans Poids-pour-âge (inférieur à –2T) Proprotion Enfants de moins de 5 ans Diarrhée dans les deux dernières semaines Proprotion Enfants de moins de 5 ans Toux dans les deux dernières semaines Proprotion Enfants de moins de 5 ans Fièvre dans les deux dernières semaines Proprotion Enfants de moins de 5 ans FEMMES Poids de l’enfant à la naissance Proprotion Femmes âgées de 15-49 ayant accouchée dans les 12 derniers mois Actuellement mariée ou en union Proprotion Toutes les femmes de 15 à 49 ans Utilise une méthode pour éviter d’avoir la grossesse Proprotion Femmes âgées de 15-49 ayant accouchée dans les 12 derniers mois Actuellement enceinte Proprotion Femmes âgées de 15-49 ayant accouchée dans les 12 derniers mois A entendu parler du SIDA Proprotion Femmes âgées de 15-49 ayant accouchée dans les 12 derniers mois N’a jamais entendu parler du SIDA Proprotion Femmes âgées de 15-49 ayant accouchée dans les 12 derniers mois Difficultés de vision en plein jour Proprotion Femmes âgées de 15-49 ayant accouchée dans les 12 derniers mois Cécité nocturne Proprotion Femmes âgées de 15-49 ayant accouchée dans les 12 derniers mois MENAGES Eau potable Proprotion Tous les ménages de l’échantillon Toilettes utilisés Proprotion Tous les ménages de l’échantillon Consommation du sel iodé Proprotion Tous les ménages de l’échantillon 72 Tableau 2a : Erreurs de sondage - N’Djaména, EIMT Tchad, 2000 Intervalle de confiance Variables Valeur de M Erreur type Effectif pondéré Erreur relative M-2T M+2T ENFANTS Taux net de scol

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