Cameroun - Demographic and Health Survey - 2005

Publication date: 2005

Indicateurs du Sommet Mondial pour les Enfants | 323 INDICATEURS DU SOMMET MONDIAL POUR LES ENFANTS – EDSC-III Taux de mortalité infanto-juvénile Probabilité de décéder entre la naissance et l’âge de 5 ans, pour 1 000 naissances vivantes (pour la période 0-4 ans avant l’enquête) 144 Taux de mortalité infantile Probabilité de décéder entre la naissance et le 1er anniversaire, pour 1 000 naissances vivantes (pour la période 0-4 ans avant l’enquête) 74 Insuffisance pondérale Enfants de moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondérale (%) 18 Retard de croissance Enfants de moins de cinq ans souffrant de retard de croissance (%) 32 Émaciation Enfants de moins de cinq ans souffrant d’une émaciation (%) 5 Utilisation de l’eau salubre Pourcentage de la population qui utilise une source d’eau salubre pour boire1 53 Utilisation des sanitaires Pourcentage de la population disposant de latrines améliorées ou chasse d’eau 93 Fréquentation scolaire Proportion des enfants atteignant le niveau 52 96 Taux net de scolarisation primaire Enfants de l’âge scolaire (6-11 ans) qui fréquente l’école primaire (%) 78 Taux d’alphabétisation Pourcentage de la population âgée de 15 ans ou plus qui sait lire un texte court et simple lié à la vie quotidienne Homme : Femme : 82 65 Soins prénatals Femmes de 15-49 ans ayant consulté au moins une fois durant la grossesse du personnel de santé (%)3 83 Soins à la naissance de l’enfant Naissances dont la mère a accouché avec l’assistance de personnel de santé (%) 62 Poids à la naissance < 2,5 kg Naissances vivantes qui pèsent moins de 2 500 grammes (%)4 12 Consommation du sel iodé Ménages qui consomment du sel iodé d’une manière adéquate (%) 15 ppm ou plus 88 Compléments de vitamine A Enfants de 6-59 mois ayant reçu un supplément de vitamine A au cours des 6 derniers mois (%) 38 Compléments de vitamine A Mères qui ont reçu un supplément de vitamine A au cours des deux premiers mois après l’accouchement 28 Cécité crépusculaire Femmes qui souffraient de cécité nocturne durant la dernière grossesse (%) 6 Taux d’allaitement exclusif Enfants de moins de 6 mois qui reçoivent exclusivement le sein (%) 24 Taux d’allaitement continu Enfants de 12-15 mois qui sont allaités (%) 83 Taux d’allaitement continu Enfants de 20-23 mois qui sont allaités (%) 29 Alimentation de complément Proportion des enfants 6-9 mois recevant alimentation de complément 79 Vaccin du DTCoq Enfants de 12-23 mois vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTCoq) (%) 65 Vaccin de la rougeole Enfants de 12-23 mois vaccinés contre la rougeole (%) 65 Vaccin de la polio Enfants de 12-23 mois vaccinés contre la poliomyélite (%) 67 Vaccin du BCG Enfants de 12-23 mois vaccinés contre la tuberculose (%) 86 Vaccination antitétanique Femmes ayant reçu deux doses ou plus de vaccin antitétanique au cours de la grossesse (%) 53 Prévalence de la diarrhée Enfants de moins de cinq ans ayant souffert de la diarrhée au cours des deux dernières semaines (%) 16 Utilisation de la TRO Enfants de 0-59 mois qui avaient la diarrhée durant les deux dernières semaines et qui ont été) traités avec une SRO ou une solution préparée à la maison (%) 24 Prévalence des IRA Enfants de moins de cinq ans ayant souffert de symptômes d’IRA au cours des deux dernières semaines (%) 11 Traitement des IRA Enfants de 0-59 mois qui avaient une IRA durant les deux dernières semaines et qui ont été conduits à un centre de santé ou auprès d’un agent de santé (%) 40 324 | Indicateurs du Sommet Mondial pour les Enfants INDICATEURS SUPPLÉMENTAIRES – EDSC-III Résidence des enfants Enfants de 0-14 ans vivant dans des ménages mais sans un parent biologique (%) 15 Orphelins dans les ménages Enfants de 0-14 ans orphelins vivant dans des ménages (%) 9 Possession de moustiquaire Ménages possédant au moins un moustiquaire (%) 20 Utilisation des moustiquaires par les enfants Enfants de moins de 5 ans qui ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête (%) 12 Connaissance des moyens de prévention du VIH Femmes qui ont déclaré qu’ou pouvait éviter le VIH en ayant des rapports sexuels avec seulement un partenaire qui n’a pas d’autre partenaire et en utilisant un condom au cours de chaque rapport sexuel (%) 62 Connaissance de la transmission du VIH Femmes qui ont identifié deux idées erronées concernant le sida (%)5 28 Connaissance de la transmission du VIH de la mère à son enfant Femmes qui pensent que le VIH peut être transmis de la mère à son enfant durant la grossesse (%) Femmes qui pensent que le VIH peut être transmis de la mère à son enfant durant l’accouchement (%) Femmes qui pensent que le VIH peut être transmis de la mère à son enfant durant l’allaitement (%) 60 49 47 Population testée pour le VIH Pourcentage de femmes et d’hommes ayant effectué le test du VIH (%) : - Femmes : - Hommes : 21 16 Séroprévalence du VIH Taux de séroprévalence du VIH (femmes et hommes de 15-49 ans) - Ensemble - Femmes : - Hommes : 5,5 6,8 4,1 1 Eau du robinet ou de puits protégé 2 Basé sur les enfants de droit 3 Pour la dernière naissance au cours des cinq années précédant l’enquête 4 Pour les enfants pour lesquels on ne dispose pas du poids déclaré à la naissance, on suppose qui la proportion de faible poids à la naissance est la même que celle que l’on trouve dans chague catégorie de poids parmi les enfants pour lesquels on connaît le poids. 5 Femmes rejetant les deux idées erronées les plus courantes (transmission par des moyens surnaturels et par les moustiques) et sachant qu’une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida. REPUBLIQUE DU CAMEROUN Enquête Démographique et de Santé Cameroun 2004 Institut National de la Statistique Ministère de la Planification, de la Programmation du Développement et de l’Aménagement du Territoire Yaoundé, Cameroun ORC Macro Calverton, Maryland, USA Juin 2005 I N S Les personnes suivantes ont participé à l’analyse des données de l’EDSC-III et à la rédaction du rapport Paul Roger LIBITE (INS) Claude TCHAMDA (INS) Marie Antoinette FOMO (INS) Robert SIMO KENGNE (INS) Eric JAZET KENGAP (INS) Thio’mi NKABKOB LONDJOU (INS) Ghislain GUEWOU (INS) Anaclet Désiré DZOSSA (INS) Dr Samuel NOUETAGNE (INS) Dr. MOSOKO J. JEMBIA (CNLS) Dr Samuel KELODJOUE (CNLS) Dr Ghislaing AFFANA (CNLS) Isaac MACAULEY (CNLS) Samuel MUSSI SAMA (CNLS) Dr Jean Christian YOUMBA (PNLS) Martin TSAFACK (BUCREP) Jean Pierre MAKANG (MINPROFF) Daniel SIBETCHEU (MINSANTE) Hélène KAMDEM (IFORD) Antoine KAMDOUM (UNFPA) Paulette BEAT SONGUE (UNFPA) Bernard BARRÈRE (ORC Macro) Monique BARRÈRE (ORC Macro) Fern GREENWELL (ORC Macro) Ce rapport présente les principaux résultats de la troisième Enquête Démographique et de Santé réalisée au Cameroun (EDSC-III) de février à août 2004 par l’Institut National de la Statistique (INS), en collaboration avec le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS). L’EDSC-III, initiée par le Gouvernement du Cameroun, fait partie du programme mondial MEASURE DHS+ dont l’objectif est de collecter, d’analyser et de diffuser des données relatives à la population et à la santé de la famille, d’évaluer l’impact des programmes mis en œuvre et de planifier de nouvelles stratégies pour l’amélioration de la santé et le bien-être de la population. L’enquête a été réalisée avec l’appui technique de ORC Macro. Elle a bénéficié de l’appui financier de l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), de la Banque Mondiale, de l’UNICEF, du FNUAP et du Gouvernement camerounais. Ce rapport est l’œuvre des auteurs et ne représente nécessairement pas la politique de l’USAID, ni celle des autres organismes de coopération. D’autres organismes nationaux tels que le BUCREP et le Centre Pasteur du Cameroun ont apporté leur soutien à la réalisation de cette opération. Des informations complémentaires sur l'EDSC-III peuvent être obtenues auprès de l’INS, B.P. 660, Yaoundé, Cameroun, Tel: (237) 222-04-45/77, Fax: (237) 223-24-37. Concernant le programme MEASURE DHS+, des renseignements peuvent être obtenus auprès de ORC Macro, 11785 Beltsville Drive, Suite 300, Calverton, MD 20705, USA (Téléphone (301) 572-0200 ; Fax (301) 572-0999 ; E-mail : reports@orcmacro.com ; Internet : http://www.measuredhs.com. Citation recommandée : Institut National de la Statistique (INS) et ORC Macro. 2004. Enquête Démographique et de Santé du Cameroun 2004. Calverton, Maryland, USA : INS et ORC Macro. Table des Matières | iii TABLE DES MATIÈRES Page Liste des tableaux et des graphiques . ix Préface . xvii Remerciements. xix Résumé . xxi Carte du Cameroun. xxx CHAPITRE 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE Paul Roger LIBITE et Eric JAZET 1.1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS .1 1.1.1 Situation géographique.1 1.1.2 Organisation politico administrative.2 1.1.3 Aperçu socio-économique.2 1.1.4 Milieu humain et démographie.3 1.1.5 Politique de population .4 1.1.6 Politique de santé.5 1.2 MÉTHODOLOGIE DE L'ENQUÊTE.8 1.2.1 Organisation de l’EDSC-III .8 1.2.2 Objectifs de l’EDSC-III .8 1.2.3 Questionnaires .9 1.2.4 Echantillonnage .11 1.2.5 Tests d’hémoglobine et du VIH.13 1.2.6 Personnel de l'EDSC-III .14 1.2.7 Déroulement des activités de l'EDSC-III .14 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES Claude TCHAMDA et Thio'mi NKABKOB 2.1 ENQUÊTE MÉNAGE .18 2.1.1 Structure par sexe et âge de la population .18 2.2 TAILLE ET COMPOSITION DES MÉNAGES .19 2.3 NIVEAU D'INSTRUCTION ET FRÉQUENTATION SCOLAIRE.22 2.4 CONDITIONS DE VIE .29 iv | Table des Matières CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS Eric JAZET et Anaclet DZOSSA 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS .35 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIO- DÉMOGRAPHIQUES .38 3.3 ALPHABÉTISATION.40 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS .44 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE.46 3.6 STATUT DE LA FEMME .52 3.6.1 Utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage .52 3.6.2 Prise de décision dans le ménage .54 3.6.3 Opinion des femmes sur la violence conjugale .56 3.6.4 Opinion des femmes sur le refus d’avoir des rapports sexuels .57 CHAPITRE 4 FÉCONDITÉ Paul Roger LIBITE 4.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE .62 4.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ .66 4.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE .69 4.4 GROSSESSES IMPRODUCTIVES.71 4.5 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE.74 4.6 ÂGE À LA PREMIÉRE NAISSANCE.76 4.7 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES.78 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE Martin TSAFACK et Robert SIMO KENGNE 5.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION .83 5.2 PRATIQUE DE LA CONTRACEPTION .86 5.2.1 Utilisation de la contraception à un moment quelconque.86 5.2.2 Utilisation actuelle de la contraception .87 5.3 PRÉVALENCE SELON LES INDICATEURS DU STATUT DE LA FEMME .91 5.4 NOMBRE D’ENFANTS À LA PREMIÈRE UTILISATION.92 5.5 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE.93 5.6 SOURCES D'APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION.95 5.7 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION.96 5.8 SOURCES D’INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION.99 5.9 CONTACT DES NON UTILISATRICES DE LA CONTRACEPTION AVEC DES PRESTATAIRES DE PLANIFICATION FAMILIALE. 101 5.10 OPINIONS ET ATTITUDES DES COUPLES VIS-À-VIS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE. 103 5.10.1 Discussion de la planification familiale avec le conjoint . 103 5.10.2 Opinion des couples face à la planification. 104 Table des Matières | v CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AUX RISQUES DE GROSSESSE Marie Antoinette FOMO 6.1 ÉTAT MATRIMONIAL. 107 6.2 POLYGAMIE. 109 6.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION . 111 6.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS . 114 6.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE . 118 6.6 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE . 121 6.7 MÉNOPAUSE . 124 CHAPITRE 7 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Marie Antoinette FOMO, Anaclet Désiré DZOSSA et Antoine KAMDOUM 7.1 DÉSIR D’AVOIR DES ENFANTS (SUPPLÉMÉNTAIRES) . 125 7.2 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE . 128 7.3 NOMBRE IDÉAL D'ENFANTS. 130 7.4 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ. 133 7.5 NOMBRE IDÉAL D’ENFANTS, BESOINS NON SATISFAITS EN PLANIFICATION FAMILIALE, SELON LE STATUT DE LA FEMME. 136 CHAPITRE 8 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT Monique Barrère 8.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET VISITES POSTNATALES . 139 8.1.1 Soins prénatals. 139 8.1.2 Accouchement. 144 8.1.3 Examens postnatals . 148 8.1.4 Santé de la reproduction et statut de la femme . 150 8.1.5 Tendances . 151 8.2 VACCINATION DES ENFANTS . 152 8.3 MALADIES DES ENFANTS . 157 CHAPITRE 9 PALUDISME Jean Christian YOUMBA et Monique BARRERE 9.1 SITUATION DU PALUDISME ET STRATÉGIES DE LUTTE CONTRE LE PALUDISME AU CAMEROUN . 165 9.2 PRÉVENTION DU PALUDISME . 167 9.2.1 Disponibilité de moustiquaires dans les ménages . 167 9.2.2 Utilisation des moustiquaires par les enfants de moins de 5 ans, l’ensemble des femmes et les femmes enceintes . 170 9.2.3 Chimioprévention chez la femme enceinte . 173 9.3 TRAITEMENT DU PALUDISME CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS . 175 vi | Table des Matières CHAPITRE 10 ALLAITEMENT MATERNEL, ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES Daniel SIBETCHEU, Marie Antoinette FOMO, Paul Roger LIBITE et Eric JAZET 10.1 ALLAITEMENT MATERNEL ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT . 179 10.2 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS ET PRÉVALENCE DE L’ANÉMIE . 188 10.2.1 Consommation de sel iodé par les ménages . 188 10.2.2 Consommation de micronutriments chez les enfants. 189 10.2.3 Consommation de micronutriments et cécité crépusculaire chez les femmes. 192 10.2.4 Prévalence de l’anémie. 194 10.3 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES. 199 10.3.1 État nutritionnel des enfants . 199 10.3.2 État nutritionnel des femmes. 207 CHAPITRE 11 MORTALITÉ DES ENFANTS Paul Roger LIBITE 11.1 NIVEAUX ET TENDANCES DE LA MORTALITÉ DES ENFANTS . 213 11.2 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE ET GROUPES À HAUTS RISQUES . 216 11.3 DIFFÉRENTIELS DE MORTALITÉ DES ENFANTS ET STATUT DE LA FEMME . 220 CHAPITRE 12 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE Bernard BARRÈRE 12.1 COLLECTE DES DONNÉES. 225 12.2 ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES. 226 12.3 ESTIMATION DE LA MORTALITÉ ADULTE. 229 12.4 ESTIMATION DIRECTE DE LA MORTALITÉ MATERNELLE. 231 CHAPITRE 13 EXCISION Monique BARRÈRE 13.1 CONNAISSANCE ET PRÉVALENCE DE L’EXCISION. 235 13.2 OPINIONS ET CROYANCES VIS-À-VIS DE L’EXCISION . 238 CHAPITRE 14 VIOLENCE DOMESTIQUE Jean Pierre MAKANG, Paulette BEAT SONGUE et Ghislain GEUWOU 14.1 VIOLENCE DOMESTIQUE. 244 14.1.1 Méthodologie . 244 14.1.2 Violence physique depuis l’âge de 15 ans . 246 14.1.3 Violence physique pendant la grossesse . 248 Table des Matières | vii 14.1.4 Contrôle exercé par le mari/partenaire . 251 14.2 VIOLENCE CONJUGALE. 251 14.2.1 Prévalence de la violence exercée par les conjoints. 251 14.2.2 Fréquence de la violence conjugale récente. 253 14.2.3 Premier épisode de violence conjugale . 255 14.2.4 Conséquences de la violence et recherche d’assistance. 255 14.2.5 Violence conjugale, statut de la femme et caractéristiques des conjoints. 258 14.2.6 Violences des femmes contre leur conjoint . 260 CHAPITRE 15 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DES IST/SIDA Monique BARRÈRE 15.1 CONNAISSANCE, OPINIONS ET ATTITUDES . 261 15.1.1 Connaissance des moyens de prévention et de transmission . 263 15.1.2 Stigmatisation . 269 15.2 POPULATION AYANT EFFECTUÉ UN TEST DE VIH/SIDA . 272 15.3 RAPPORTS SEXUELS À HAUTS RISQUES ET UTILISATION DU CONDOM. 275 15.4 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES. 279 15.5 OPINIONS. 280 15.6 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA ET COMPORTEMENTS SEXUELS CHEZ LES JEUNES. 284 15.6.1 Connaissance. 284 15.6.2 Comportements sexuels . 286 CHAPITRE 16 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS Dr Jembia J. MOSOKO et Dr Gislaine A. N. AFFANA 16.1 PROTOCOLE DE TEST DU VIH. 294 16.1.1 Collecte . 295 16.1.2 Procédures de laboratoire . 295 16.1.3 Traitement informatique et restitution des résultats . 297 16.2 TAUX DE COUVERTURE DU TEST DE VIH . 298 16.3 PRÉVALENCE DU VIH . 301 16.3.1 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio- démographiques . 301 16.3.2 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques démographiques. 304 16.3.3 Prévalence du VIH et facteurs de risque. 305 16.3.4 Prévalence du VIH et autres facteurs à risque. 307 viii | Table des Matières 16.3.5 Prévalence du VIH et circoncision . 308 16.3.6 Prévalence du VIH parmi les couples . 310 16.3.7 Prévalence du VIH parmi les jeunes. 312 RÉFÉRENCES . 315 PERSONNEL DE L’EDSC-III 2004. 319 INDICATEURS DU SOMMET MONDIAL POUR LES ENFANTS – EDSC-III . 323 Un CD est inséré à la fin de ce document. Il contient le rapport complet ainsi que les annexes suivantes : – PLAN DE SONDAGE – ERREURS DE SONDAGE – TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES – QUESTIONNAIRES Liste de Tableaux et des Graphiques | ix LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES Page CHAPITRE 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE Tableau 1.1 Indicateurs démographiques de base . 4 Tableau 1.2 Résultats de l'enquête ménage et de l'enquête individuelle . 12 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES Tableau 2.1 Population des ménages par âge, sexe et milieu de résidence . 18 Tableau 2.2 Population (de droit) par âge selon différentes sources . 19 Tableau 2.3 Composition des ménages . 20 Tableau 2.4 Enfants orphelins et résidence des enfants avec les parents . 21 Tableau 2.5.1 Niveau d'instruction de la population des ménages : hommes. 23 Tableau 2.5.2 Niveau d'instruction de la population des ménages : femmes. 24 Tableau 2.6 Taux de fréquentation scolaire . 26 Tableau 2.7 Caractéristiques des logements . 30 Tableau 2.8 Biens durables possédés par les ménages . 32 CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS Tableau 3.1 Répartition par âge des enquêtés . 36 Tableau 3.2 Caractéristiques socio-démographiques des enquêtés . 37 Tableau 3.3.1 Niveau d'instruction par caractéristiques socio-démographiques : femmes . 38 Tableau 3.3.2 Niveau d'instruction par caractéristiques socio-démographiques : hommes . 39 Tableau 3.4.1 Alphabétisation : femmes. 41 Tableau 3.4.2 Alphabétisation : hommes . 42 Tableau 3.5.1 Exposition aux média : femmes. 44 Tableau 3.5.2 Exposition aux média : hommes . 45 Tableau 3.6 Emploi . 47 Tableau 3.7 Occupation. 49 Tableau 3.8 Type d'emploi. 50 Tableau 3.9 Employeur et formes de revenus . 51 Tableau 3.10 Décision de l'utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage. 53 Tableau 3.11 Contrôle du revenu des femmes . 54 Tableau 3.12 Participation des femmes dans la prise de décision. 54 Tableau 3.13 Participation des femmes dans la prises de décision selon certaines caractéristiques socio-démographiques . 55 Tableau 3.14 Opinion des femmes concernant le fait qu'un mari batte sa femme. 57 Graphique 3.1 Proportion d’analphabètes parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans . 43 x | Liste de Tableaux et des Graphiques CHAPITRE 4 FÉCONDITÉ Tableau 4.1 Fécondité actuelle. 62 Tableau 4.2 Fécondité par caractéristiques socio-démographiques. 64 Tableau 4.3 Fécondité selon différentes sources . 66 Tableau 4.4 Tendance de la fécondité par âge . 67 Tableau 4.5 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes . 70 Tableau 4.6 Enfants nés vivants et enfants survivants des hommes. 71 Tableau 4.7 Grossesses improductives. 72 Tableau 4.8 Issue des grossesses improductives . 73 Tableau 4.9 Intervalle intergénésique . 75 Tableau 4.10 Âge à la première naissance . 76 Tableau 4.11 Âge médian à la première naissance selon certaines caractéristiques socio-démographiques. 77 Tableau 4.12 Grossesse et fécondité des adolescentes. 79 Graphique 4.1 Taux de fécondité générale par âge selon le milieu de résidence . 63 Graphique 4.2 Indice synthétique de fécondité et descendance atteinte à 40-49 ans . 65 Graphique 4.3 Taux de fécondité par âge selon l’ENF 1978, l'EDSC-I 1991, l'EDSC-II 1998 et l'EDSC-III 2004 . 67 Graphique 4.4 Taux de fécondité par âge et par période de cinq ans précédant l'EDSC-III 2004 . 68 Graphique 4.5 Tendances de l'ISF pour les femmes de 15-34 ans selon l'EDSC-I, l'EDSC-II et l'EDSC-III . 69 Graphique 4.6 Proportion d'adolescentes de 15-19 ans ayant commencé leur vie féconde selon l'EDSC-II et l'EDSC-III . 80 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE Tableau 5.1 Connaissance des méthodes contraceptives . 84 Tableau 5.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques socio- démographiques . 85 Tableau 5.3 Utilisation de la contraception à un moment quelconque . 86 Tableau 5.4 Utilisation actuelle de la contraception . 88 Tableau 5.5 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques socio- démographiques . 90 Tableau 5.6 Utilisation actuelle de la contraception selon certains indicateurs du statut de la femme . 92 Tableau 5.7 Nombre d'enfants à la première utilisation . 93 Tableau 5.8 Connaissance de la période féconde. 94 Tableau 5.9 Source d'approvisionnement. 95 Tableau 5.10 Utilisation future . 96 Tableau 5.11 Raisons pour lesquelles les femmes n'ont pas l'intention d'utiliser la contraception . 98 Tableau 5.12 Méthode contraceptive future préférée. 99 Tableau 5.13 Exposition aux messages sur la planification familiale . 100 Tableau 5.14 Contact des non-utilisatrices de la contraception avec des prestataires de planification familiale . 102 Tableau 5.15 Discussion de la planification familiale avec le conjoint. 103 Liste de Tableaux et des Graphiques | xi Tableau 5.16 Opinion des couples face à la planification familiale . 105 Graphique 5.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union . 89 Graphique 5.2 Prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union 1991, 1998 et 2004. 89 Graphique 5.3 Intention d’utiliser la contraception par les femmes en union non utilisatrices . 97 CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AUX RISQUES DE GROSSESSE Tableau 6.1 État matrimonial actuel des femmes . 107 Tableau 6.2 État matrimonial actuel des hommes. 109 Tableau 6.3 Nombre de co-épouses. 110 Tableau 6.4 Âge à la première union. 112 Tableau 6.5 Âge médian à la première union . 113 Tableau 6.6 Âge aux premiers rapports sexuels . 115 Tableau 6.7 Âge médian aux premiers rapports sexuels. 116 Tableau 6.8 Activité sexuelle récente des femmes . 119 Tableau 6.9 Activité sexuelle récente des hommes . 120 Tableau 6.10 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum. 122 Tableau 6.11 Durée médiane de l'insusceptibilité post-partum par caractéristiques socio- démographiques . 123 Tableau 6.12 Ménopause. 124 Graphique 6.1 Proportion de femmes célibataires par âge, selon différentes sources . 108 Graphique 6.2 Âge médian des femmes à la première union. 114 Graphique 6.3 Âges médians des femmes à la première union et aux premiers rapports sexuels. 117 CHAPITRE 7 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Tableau 7.1 Préférences en matière de fécondité par nombre d'enfant vivants . 126 Tableau 7.2 Désir de limiter les naissances . 127 Tableau 7.3 Besoins en matière de planification familiale. 129 Tableau 7.4 Nombre idéal d'enfants . 131 Tableau 7.5 Nombre idéal d'enfants par caractéristiques socio-démographiques . 133 Tableau 7.6 Planification de la fécondité. 134 Tableau 7.7 Taux de fécondité désirée. 135 Tableau 7.8 Nombre idéal d'enfants, besoins non satisfaits en matière de planification familiale et statut de la femme . 137 Graphique 7.1 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants . 126 Graphique 7.2 Nombre idéal d'enfants . 132 Graphique 7.3 Indice Synthétique de Fécondité et Indice Synthétique de Fécondité Désirée . 136 xii | Liste de Tableaux et des Graphiques CHAPITRE 8 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT Tableau 8.1 Soins prénatals. 140 Tableau 8.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse . 141 Tableau 8.3 Examens au cours des visites prénatales . 142 Tableau 8.4 Vaccination antitétanique . 144 Tableau 8.5 Lieu de l'accouchement . 145 Tableau 8.6 Assistance lors de l'accouchement. 146 Tableau 8.7 Caractéristiques de l'accouchement . 148 Tableau 8.8 Examens postnatals . 149 Tableau 8.9 Santé reproductive et statut de la femme . 151 Tableau 8.10 Vaccinations selon les sources d'information . 153 Tableau 8.11 Vaccinations selon les caractéristiques socio-démographiques. 155 Tableau 8.12 Vaccinations au cours de la première année . 156 Tableau 8.13 Prévalence et traitement des Infections Respiratoires Aiguës (IRA) et de la fièvre . 158 Tableau 8.14 Prévalence de la diarrhée. 160 Tableau 8.15 Connaissance des sachets de SRO. 161 Tableau 8.16 Traitement de la diarrhée. 162 Tableau 8.17 Alimentation pendant la diarrhée. 163 Graphique 8.1 Soins prénatals, assistance à l’accouchement et lieu d’accouchement . 152 Graphique 8.2 Vaccinations des enfants de 12-23 mois. 157 CHAPITRE 9 PALUDISME Tableau 9.1 Possession de moustiquaires . 168 Tableau 9.2 Utilisation des moustiquaires par les enfants. 171 Tableau 9.3 Utilisation des moustiquaires par les femmes et les femmes enceintes. 173 Tableau 9.4 Utilisation de traitement préventif au cours de la grossesse . 174 Tableau 9.5 Prévalence et traitement précoce de la fièvre. 176 Tableau 9.6 Différents antipaludéens et prise précoce. 178 Graphique 9.1 Possession de moustiquaires par les ménages. 169 Graphique 9.2 Utilisation de moustiquaires par les enfants de moins de 5 ans. 172 Graphique 9.3 Utilisation de traitement préventif contre le paludisme au cours de la dernière grossesse . 175 CHAPITRE 10 ALLAITEMENT, ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES Tableau 10.1 Allaitement initial. 180 Tableau 10.2 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant. 183 Tableau 10.3 Durée médiane et fréquence de l'allaitement. 185 Tableau 10.5 Sel iodé dans le ménage . 189 Tableau 10.6 Consommation de micronutriments . 191 Tableau 10.7 Consommation de micronutriments par les mères. 193 Tableau 10.8 Prévalence de l'anémie chez les enfants . 196 Tableau 10.9 Prévalence de l'anémie chez les femmes. 198 Tableau 10.10 Prévalence de l'anémie chez les enfants selon le niveau d'anémie de la mère. 199 Liste de Tableaux et des Graphiques | xiii Tableau 10.11 État nutritionel des enfants . 201 Tableau 10.12 État nutritionnel des femmes par caractéristiques socio-démographiques . 208 Graphique 10.1 Pratique d'allaitement des enfants de moins de 3 ans. 184 Graphique 10.2 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans accusant un retard de croissance modéré. 203 Graphique 10.3 Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans souffrant d’emaciation modérée . 205 Graphique 10.4 Tendance de la malnutrition (enfants de moins de 3 ans) selon l’EDSC-I 1991, l’EDSC-II 1998 et l’EDSC-III 2004 . 207 CHAPITRE 11 MORTALITÉ DES ENFANTS Tableau 11.1 Taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans . 213 Tableau 11.2 Taux de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio- démographiques . 216 Tableau 11.3 Taux de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants . 219 Tableau 11.4 Taux de mortalité des enfants selon les indicateurs du statut de la femme. 221 Tableau 11.5 Comportement procréateur à hauts risques. 223 Graphique 11.1 Tendance de la mortalité néonatale, post-néonatale et infantile selon différentes sources . 215 Graphique 11.2 Tendance de la mortalité juvénile et infanto-juvénile selon différentes sources . 215 Graphique 11.3 Mortalité infantile et juvénile par région. 217 Graphique 11.4 Mortalité infantile et caractéristiques des naissances. 218 CHAPITRE 12 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE Tableau 12.1 Complétude de l'information sur les frères et soeurs. 227 Tableau 12.2 Indicateurs de la qualité des données sur les frères et sœurs. 228 Tableau 12.3 Estimation de la mortalité adulte par âge. 229 Tableau 12.4 Estimation directe de la mortalité maternelle. 232 Graphique 12.1 Taux de mortalité féminine par âge et par période avant l’EDSC-III et l’EDSC-II . 230 Graphique 12.2 Taux de mortalité masculine par âge et par période avant l’EDSC-III et l’EDSC-II . 230 Graphique 12.3 Taux de mortalité maternelle par période avant l’EDSC-III et l’EDSC-II . 233 CHAPITRE 13 EXCISION Tableau 13.1 Connaissance et pratique de l'excision . 236 Tableau 13.2 Pratique de l'excision parmi les filles des femmes enquêtées . 238 Tableau 13.3 Avantages pour une fille d'être excisée . 239 Tableau 13.4 Avantages pour une fille de ne pas être excisée. 240 Tableau 13.5 Croyances au sujet de l'excision . 241 Tableau 13.6 Opinion par rapport au maintien de l'excision . 242 Graphique 13.1 Âge à l’excision. 237 xiv | Liste de Tableaux et des Graphiques CHAPITRE 14 VIOLENCE DOMESTIQUE Tableau 14.1 Violence physique . 247 Tableau 14.2 Auteur des violence physiques . 248 Tableau 14.3 Violence pendant la grossesse . 249 Tableau 14.4 Contrôle exercé par le mari/partenaire. 250 Tableau 14.5 Violence conjugale . 252 Tableau 14.6 Fréquence de la violence conjugale . 254 Tableau 14.7 Premier épisode de violence conjugale . 255 Tableau 14.8 Conséquences de la violence conjugale . 256 Tableau 14.9 Recherche d’aide. 257 Tableau 14.10 Violence conjugale, statut de la femme et caractéristiques des conjoints . 259 Graphique 14.1 Pourcentage de femmes ayant subi divers types de violence . 246 Graphique 14.2 Violence entre conjoints . 260 CHAPITRE 15 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DES IST/SIDA Tableau 15.1 Connaissance du sida. 262 Tableau 15.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH. 263 Tableau 15.3.1 Idées erronées à propos du sida et connaissance « complète » du sida (femmes). 265 Tableau 15.3.2 Idées erronées à propos du sida et connaissance « complète » du sida (hommes) . 266 Tableau 15.4 Connaissance de la transmission du VIH de la mère à l'enfant. 268 Tableau 15.5.1 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH (femmes) . 270 Tableau 15.5.2 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH (hommes) . 271 Tableau 15.6 Population ayant effectué un test de VIH et ayant reçu les résultats. 272 Tableau 15.7 Femmes enceintes conseillées et testées pour le VIH. 274 Tableau 15.8 Multiplicité des partenaires sexuels . 275 Tableau 15.9 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques . 277 Tableau 15.10 Rapports sexuels payants et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels payants. 278 Tableau 15.11 Infection Sexuellement Transmissible (IST) et symptômes d'IST déclarés. 279 Tableau 15.12 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint . 281 Tableau 15.13 Adultes (femmes et hommes) qui pensent que l’utilisation du condom devrait être enseignée aux jeunes de 12-14 ans . 283 Tableau 15.14 Idées erronées à propos du sida et connaissance « complète » du sida chez les jeunes. 285 Tableau 15.15 Âge des jeunes de 15-24 ans aux premiers rapports sexuels . 286 Tableau 15.16 Utilisation du condom aux premiers rapports sexuels par les jeunes de 15-24 ans . 287 Tableau 15.17 Jeunes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels prémaritaux au cours des 12 derniers mois et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels prémaritaux . 288 Liste de Tableaux et des Graphiques | xv Tableau 15.18 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom par les jeunes de 15-24 ans . 289 Tableau 15.19 Abstinence, fidélité et utilisation des condoms par les jeunes de 15-24 ans . 290 Tableau 15.20 Disparité d'âges entre partenaires sexuels. 291 Tableau 15.21 Rapports sexuels après avoir bu de l’alcool . 292 Graphique 15.1 Recherche de conseils et de traitement pour les IST. 280 CHAPITRE 16 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS Tableau 16.1 Couverture du test de VIH selon le milieu et la région de résidence. 298 Tableau 16.2 Couverture du test de VIH selon l’âge, le niveau d’instruction et le quintile de bien-être économique . 300 Tableau 16.3 Prévalence du VIH selon l’âge. 301 Tableau 16.4 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio-démographiques. 303 Tableau 16.5 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques démographiques. 304 Tableau 16.6 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 306 Tableau 16.7 Prévalence du VIH selon la prévalence des IST et le test du VIH antérieur à l’enquête . 307 Tableau 16.8 Test de VIH antérieur à l’enquête et prévalence du VIH . 308 Tableau 16.9 Circoncision des hommes de 15-59 ans ayant subi le test et prévalence du VIH. 309 Tableau 16.10 Prévalence du VIH parmi les couples . 311 Graphique 16.1 Prévalence du VIH par sexe et âge. 302 Graphique 16.2 Prévalence du VIH par sexe et âge chez les jeunes de 15-24 ans . 313 Préface | xvii PRÉFACE Dans le cadre de sa politique et stratégie de développement et de réduction de la pauvreté, le Gouvernement camerounais a décidé de mettre sur pied un système national d’informations statistiques capable de lui fournir à temps des indicateurs pertinents pour le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des programmes et projets retenus. Ce système doit aussi être apte à fournir les informations pour la mesure des progrès vers l’atteinte des objectifs définis dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) ou aux engagements qu’il a souscrit au plan international, notamment les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). La réalisation en 2004 de la troisième Enquête Démographique et de Santé (EDSC-III), six ans après celle de 1998, offre la possibilité au Gouvernement, sur la base de nombreux indicateurs élaborés, d’actualiser sa connaissance de la situation, de pouvoir apprécier le chemin parcouru, et de réorienter éventuellement les politiques et les stratégies en matière de population et de santé. Couvrant de manière détaillée l’ensemble de la population et certains groupes spécifiques de population méritant une attention particulière, les indicateurs ainsi élaborés et mis à la disposition de tous les utilisateurs se rapportent à la fécondité, à la santé et à l’état nutritionnel de la mère et de l’enfant, aux soins pré et postnatals, à la couverture vaccinale, à la mortalité maternelle et infanto-juvénile, la planification familiale, à l’excision, aux violences domestiques, aux infections sexuellement transmissibles et au VIH/sida. Compte tenu des préoccupations actuelles du Gouvernement par rapport à la mortalité infanto- juvénile et maternelle d’une part, et à la lutte contre la pandémie du siècle d’autre part, deux modules spécifiques ont été intégrés dans le champ de l’enquête. Il s’agit du test de l’anémie et du dépistage du VIH/Sida qui ont été menés avec succès, grâce à l’adhésion des populations éligibles pour les tests. D’autres innovations majeures introduites ont porté sur la collecte des informations sur les pratiques relatives à la circoncision, à l'excision et également sur les comportements et pratiques en matière de prévention et de traitement du paludisme qui est l’une des causes majeures de la mortalité au Cameroun. Il est important de relever que les informations obtenues à partir de l’analyse des données sur le VIH/Sida ont été présentées en octobre 2004 lors d’une session extraordinaire du Comité National de Lutte contre le Sida, présidée par le Ministre de la Santé Publique en présence de plusieurs membres du Gouvernement et des partenaires impliqués, notamment l’ONUSIDA. Ces informations ont été exploitées pour l’actualisation du plan d’action national prioritaire de lutte contre la pandémie du sida. Le présent rapport d'analyse est une œuvre mettant à profit la contribution des compétences nationales multisectorielles et celles des experts de ORC Macro. Ce document met à la disposition de tous les acteurs impliqués et des chercheurs, des renseignements dont ils ont certainement besoin pour fonder leurs actions. Permettez que je saisisse cette occasion pour adresser à nouveau les remerciements et la reconnaissance du Gouvernement aux partenaires au développement qui ont contribué de façon décisive à la réalisation de cette enquête. Il s’agit de la Banque Mondiale, de l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID), du Fonds des Nations Unies pou l’Enfance (UNICEF), et du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). xviii | Préface Il est important de noter pour se réjouir de ce que la réussite de l’EDSC-III a été le fruit d’une étroite collaboration technique entre les équipes de l’Institut National de la Statistique (INS), du Bureau Central des Recensements et des Etudes de Population (BUCREP), du Ministère de la Santé Publique représenté par le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS), du Centre Pasteur du Cameroun (CPC) et de ORC Macro. Au nom du Gouvernement, je leur adresse mes félicitations pour la détermination, le dévouement et la maîtrise qui leur ont permis de produire un travail de grande qualité. M. Augustin Frédéric KODOCK Le Ministre d’Etat Ministre de la Planification, de la Programmation du Développement et de l’Aménagement du Territoire Remerciements | xix REMERCIEMENTS Le Cameroun a réalisé sa troisième Enquête Démographique et de Santé (EDSC-III) après celles de 1991 et 1998. Cette opération d’envergure nationale a mobilisé d’importantes ressources humaines, financières et matérielles. Elle est le résultat de l’effort conjugué de nombreuses personnes et institutions nationales et internationales. En effet, l’EDSC-III a été conduite par l'Institut National de la Statistique (INS), en collaboration avec le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS) et le Bureau Central des Recensements et des Etudes de Population (BUCREP). Elle a bénéficié de l'assistance technique de ORC Macro, organisme en charge du programme international des Enquêtes Démographiques et de Santé. Cette enquête a également bénéficié de la participation active des populations enquêtées et du soutien fort appréciable de diverses institutions et administrations nationales et locales à travers notamment leurs actions de sensibilisation. Il s’agit du Ministère des Affaires Économiques, de la Programmation et de l’Aménagement du Territoire, et des Ministères de la Santé Publique, de l'Éducation Nationale, des Affaires Sociales et de la Condition Féminine, des autorités administratives locales, des autorités religieuses et traditionnelles. À toutes ces institutions et personnalités, nous adressons nos sincères remerciements pour leur disponibilité et la qualité de l’assistance qu’ils ont apportée et qui ont contribué à la réussite de cette importante opération. Il est important de relever que cette opération, qui s’inscrit dans le programme statistique minimum pour le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), a bénéficié du soutien financier du Gouvernement, de la Banque Mondiale, de l’UNICEF, de l’UNFPA et de l’USAID. C’est le lieu pour nous de leur exprimer toute notre gratitude. Nous adressons toute notre reconnaissance au personnel du CNLS et en particulier au Dr Léopold Zekeng et à son collaborateur Dr Joseph Jembia Mosoko, à l’équipe du BUCREP et en particulier à Mme Bernadette Mbarga, au personnel du CPC et en particulier au Dr Jocelyn Thonnon et à son collaborateur Dr Ahidjo Ayouba, et à l’équipe de ORC Macro, en particulier à Mme K. Fern Greenwell et à M. Bernard Barrère. xx | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête À toute l'équipe technique camerounaise mise en place pour la réalisation de l'EDSC-III conduite par Monsieur Paul Roger Libité, coordonnateur technique, nous adressons nos chaleureuses félicitations. Elle a en effet su se mobiliser et cristalliser tous les efforts pour conduire avec maîtrise toutes les activités. Nous n’oublions pas les chefs d’équipe, les cartographes, les contrôleuses, les enquêteurs/enquêtrices, les agents de vérification, les agents de saisie, les secrétaires, les chauffeurs et les plantons qui ont exécuté avec détermination et dévouement toutes les tâches qui leur ont été confiées. Résumé | xxiii RÉSUMÉ L’Enquête Démographique et de Santé au Cameroun (EDSC-III) est la troisième du genre. Elle est une enquête par sondage, représentative au niveau national. Commanditée par le Gouvernement camerounais, elle a été conduite par l’Institut National de la Statistique (INS) en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique à travers le Comité National de Lutte contre le SIDA (CNLS). Elle a bénéficié de l’assistance technique de ORC Macro, institution de coopération américaine en charge du program- me international des Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS). Le projet EDSC-III a été exécuté grâce à l’appui financier de la Banque Mondiale à travers le Projet d’Appui au Programme Multi- sectoriel de Lutte contre le Sida, de l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID), du Fonds des Nations Unies Pour l’Enfance (UNICEF) et du Fonds des Nations Unies Pour la Population (UNFPA). En outre, l'EDSC-III a bénéficié de l'apport financier du Gouvernement camerounais et de sa contribution par la mise à disposition des cadres techniques et de logistique. L’EDSC-III fournit des informations sur les niveaux de fécondité, l’activité sexuelle, les préférences en matière de fécondité, la connais- sance et l’utilisation des méthodes de planification familiale, les pratiques de l’allaitement, l’état nutritionnel des femmes et des enfants de moins de cinq ans, la mortalité infantile, la mortalité adulte, y compris la mortalité maternelle, la santé de la mère et de l’enfant et sur la connaissance, les attitudes et les comportements vis-à-vis du sida et autres infections sexuellement transmissibles. De nouveaux volets inclus lors de la collecte portent sur la pratique de l’excision et de la circoncision, l’utilisation des moustiquaires, les violences domestiques, et les tests du VIH ainsi que de l’anémie. Les informations collectées au cours de l’EDSC-III permettent la mise à jour des indicateurs de base sur la situation démographique et sanitaire estimés lors des précédentes enquêtes de 1991 et 1998. Au cours de l’enquête, réalisée sur le terrain de février à août 2004, 10 462 ménages, 10 656 femmes âgées de 15-49 ans et 5 280 hommes de 15-59 ans ont été interviewés avec succès, parmi lesquels 5 227 femmes de 15-49 ans et 5 125 hommes de 15-59 ans ont été testés pour le VIH. Les informations recueillies sont représentatives au niveau national, au niveau du milieu de résidence (Yaoundé/Douala, Autres villes, et milieu rural) et au niveau des 12 domaines d’étude que sont la ville de Yaoundé, la ville de Douala, la province du Centre hormis Yaoundé (appelée "Centre"), la province du Littoral hormis Douala (appelée "Littoral"), puis les huit autres provinces du pays : Adamaoua, Est, Extrême-Nord, Nord, Nord-Ouest, Ouest, Sud et Sud- Ouest. Moins de la moitié des ménages au Cameroun disposent de l’électricité (47 %). Par rapport à 1991 et 1998, on constate cependant une nette amélioration puisque à ces dates, ce sont respectivement 29 % et 41 % des ménages qui en disposaient. Pour l’approvisionnement en eau de boisson, 53 % des ménages sur le territoire national ont accès à l’eau potable en 2004 contre 45 % en 1998. L’enquête s’est intéressée à la survie des parents des enfants de moins de 18 ans. Il en ressort que 56 % des enfants de moins de 18 ans vivent avec leurs deux parents biologiques. Cette situation est plus fréquente en milieu rural (59 %) qu’en milieu urbain (53 %). Les indices de parité du genre révèlent l’existence d’une certaine discrimination à l’égard des filles en ce qui concerne la fréquentation scolaire aux niveaux d’enseignement primaire et secondaire. Cette discrimination semble plus accentuée au niveau d’enseignement secondaire où ce ratio est de 0,86 comparé au niveau primaire où il est de 0,90. L’intensité de cette discrimination varie d’un milieu de résidence à l’autre et d’une région à l’autre. xxiv | Résumé FÉCONDITÉ Niveau de fécondité et tendance. Les données de l’EDSC-III montrent que la fécondité des femmes au Cameroun en 2004 demeure élevée. Avec les niveaux actuels, chaque femme donnerait naissance en moyenne à 5,0 enfants à la fin de sa vie féconde. Cette fécondité est également précoce puisque 29 % des filles de moins de 20 ans ont déjà donné naissance à, au moins, un enfant ou en sont à leur première grossesse au moment de l’enquête. La fécondité continue de baisser dans la mesure où d’après l’ENF (1978), une femme arrivée en fin de vie féconde avait, en moyenne, 6,4 enfants; l’EDSC-I (1991) et l’EDSC-II (1998) ont respectivement estimé ce nombre à 5,8 enfants et 5,2 enfants alors que d’après l’EDSC-III une femme aurait, en moyenne, 5,0 enfants en fin de vie féconde, soit, au total, 1,4 enfants de moins par rapport au niveau de 1978. Au Cameroun, 3,6 % seulement des femmes actuellement en union et âgées de 35- 49 ans n’ont jamais eu d’enfant et pourraient être considérées comme stériles. Fécondité différentielle. Des différences très nettes de fécondité apparaissent entre milieux de résidence : une femme de Yaoundé/Douala a un niveau de fécondité nettement plus faible (3,2) que celui qui prévaut dans les Autres Villes (4,6) et en zone rurale (6,1). En outre, le nombre moyen d’enfants par femme varie de façon importante selon les régions, d’un minimum de 3,7 enfants dans le Sud-Ouest à un maximum de 6,4 dans l’Extrême-Nord. Ce nombre moyen présente des écarts très importants selon le niveau d'instruction des femmes (3,5 enfants par femme chez celles ayant atteint le niveau d’instruction secondaire ou plus contre 6,3 chez celles sans niveau d’instruction) et le niveau de vie du ménage d’appartenance de la femme : 3,2 enfants en moyenne pour les femmes appartenant aux ménages les plus riches contre 6,3 pour celles des ménages les plus pauvres. NUPTIALITÉ Parmi les femmes de 15-49 ans, 67 % étaient en union au moment de l’enquête. La proportion des femmes qui restent encore célibataires à 35-39 ans est de 2 % seulement. Ainsi, le mariage qui demeure le cadre privilégié de l'activité sexuelle et de la procréation est largement répandu au Cameroun. En outre, trois femmes sur dix (30 %) sont en union polygame. L’entrée en union demeure précoce au Cameroun : 22 % des femmes de 25-49 ans étaient déjà en union à 15 ans et la moitié des femmes entrent en première union dès l’âge de 17,6 ans. En 1991 et 1998, ces valeurs étaient de 16,5 ans et 17,4 ans ; il n’y a donc pas eu d’évolution notable dans le calendrier de la primo nuptialité entre les deux dernières enquêtes. Les premiers rapports sexuels se produisent toujours très tôt, puisque l’âge médian est de 16,4 ans, chez les femmes mais en recul par rapport au niveau de 1998 (15,8 ans). Les hommes contractent leur première union à un âge plus tardif ; leur âge médian à la première union étant de 25,2 ans. Quant à l’âge aux premiers rapports sexuels pour les hommes âgés de 25-49 ans, il est resté constant : 18,5 ans en 2004 et 18,3 ans en 1998. PLANIFICATION FAMILIALE Connaissance des méthodes contraceptives. Bien que de plus en plus de femmes connaissent les méthodes contraceptives (90 % en 2004 contre 81 % en 1998), et en particulier les méthodes modernes (90 % en 2004 contre 80 % en 1998), peu de femmes les utilisent. Prévalence contraceptive. En effet, la prévalence contraceptive des femmes en union est seulement de 26 %, toutes méthodes confondues, et 13 % pour les méthodes modernes. Parmi les femmes en union, la proportion des utilisatrices a augmenté au cours des quatorze dernières années : 16 % en 1991 à 19 % en 1998 et 26 % en 2004 pour l’ensemble des méthodes. Concernant les seules méthodes modernes, la variation est presque constante entre les trois périodes (4 % en 1991, 7 % en 1998 et 13 % en 2004). Besoins non satisfaits en planification. Bien que ces besoins soient assez importants chez les femmes en union, l’utilisation actuelle de la contraception est relativement faible. Une femme en union sur cinq (20 %) en expriment le besoin et ce, essentiellement, pour l’espacement des naissances (14 %). Actuellement, 56 % de la demande potentielle totale en planification familiale chez les femmes en union se trouve satisfaite au Cameroun. Si tous les besoins étaient satisfaits, la prévalence contraceptive des femmes en union serait de 46 % soit plus de 1,7 fois plus élevée que la prévalence observée. Résumé | xxv SANTÉ DE LA MÈRE Soins prénatals. En ce qui concerne les soins prénatals et les conditions d’accouchement, on constate que pour la grande majorité (83 %) des naissances survenues dans les 5 années précédant l’enquête, les mères ont effectué une visite prénatale auprès de personnel qualifié et que 72 % d’entre elles ont été protégées contre le tétanos néonatal, par au moins une dose de vaccin antitétanique. Environ six naissances sur dix (59 %) se sont déroulées dans un établissement sanitaire, contre 40 % à la maison. Par ailleurs, 62 % des naissances ont bénéficié de l’assistance de personnel de santé au moment de l’accouchement. Les femmes du milieu rural (58 %), celles sans niveau d’instruction (78 %), celles appartenant aux ménages les plus pauvres (71 %) et celles n’ayant reçu aucun soin prénatal (89 %) ont, beaucoup plus fréquemment que les autres, accouché à domicile et sans assistance de personnel formé. Tendances des soins prénatals. Par rapport à l’enquête de 1998, on note une nette augmentation des proportions de femmes qui ont effectué des visites prénatales (79 % en 1998) et de celles protégées contre le tétanos néonatal (69 % en 1998). On note également une diminution de la proportion de femmes qui accouchent à domicile (44 % en 1998). SANTÉ DE L’ENFANT Vaccination des enfants. Pour ce qui est de la vaccination des enfants, on constate que la majorité est vaccinée : 86 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG, 65 % les trois doses de DTCoq, 67 % celles de la Polio et 65 % ont été vaccinés contre la rougeole. Au total, près de la moitié des enfants de 12-23 mois (48 %) ont reçu tous les vaccins du Programme Élargi de Vaccination (PEV) (sans la fièvre jaune). À l’inverse, seulement 5 % des enfants de 12-23 mois n'ont reçu aucun vaccin. Comparativement à la situation qui prévalait en 1998, on note une nette amélioration de la couverture vaccinale (36 % d’enfants totalement vaccinés en 1998). Les enfants bénéficiant d’une meilleure couverture vaccinale sont ceux de mères instruites, vivant en ville ou qui appartiennent à un ménage aisé. Maladies de l’enfance. Au Cameroun, les infections respiratoires aiguës, la fièvre et la diarrhée sont des problèmes de santé importants chez les enfants. Un peu plus d’un enfant sur 10 (11 %) a souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, près d’un quart (24 %) des enfants ont eu la fièvre pendant cette période. S’agissant de la diarrhée, moins d’un enfant sur cinq (16 %) a eu un ou plusieurs épisodes diarrhéiques durant cette même période. Au cours des épisodes diarrhéiques, 23 % des enfants n’ont bénéficié d’aucun type de réhydratation, et dans 21 % des cas, des soins ont été recherchés au cours de leur maladie. Possession et utilisation des moustiquaires. L’utilisation des moustiquaires est un moyen efficace de protection contre les moustiques qui transmettent le paludisme. Les données de l’enquête montrent que seulement un ménage sur cinq (20 %) possède au moins une moustiquaire. C’est à Yaoundé/Douala que près d’un tiers des ménages possède au moins une moustiquaire (31 %) contre seulement 17 % en milieu rural. Dans les ménages ayant des enfants de moins de cinq ans et disposant de moustiquaires, seulement 12 % des enfants ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête. Une proportion quasiment identique plus élevée de femmes enceintes (12 %) a dormi sous une moustiquaire au cours de la nuit ayant précédé l’interview. NUTRITION Allaitement des petits enfants. Plus de neuf enfants sur dix (94 %) nés durant les cinq années ayant précédé l’enquête ont été allaités. Bien que la majorité des enfants (60 %) soient allaités dans les 24 heures qui ont suivi leur naissance, dans 62 % des cas, ils ont reçu des aliments avant le début de l’allaitement. L’assistance à l’accouchement et partant, le lieu où celui-ci s’est déroulé, influence légèrement le début de l’allaitement. En effet, quand la mère a accouché avec l’assistance de personnel de santé, plus d'un enfant sur trois (35 %) ont été allaités dans l’heure qui a suivi leur naissance contre 29 % pour ceux dont la mère a accouché avec l’assistance d’une accoucheuse traditionnelle ou d’une autre personne (21 %). De même, 36 % des enfants nés dans un centre de santé ont été allaités dans l’heure qui a suivi la naissance. Quand la mère a accouché à la maison, cette proportion n’est que de 27 %. xxvi | Résumé Sevrage et aliments de compléments. À partir de 6 mois, tous les enfants devraient recevoir une alimentation de complément, car à partir de cet âge, le lait maternel seul n’est plus suffisant pour assurer la croissance optimale de l’enfant. Au Cameroun, une proportion importante d’enfants consomme des céréales et des tubercules ou racines avant l’âge de 6 mois. À 6-7 mois, 21 % d’enfants ne consomment aucun aliment solide ou semi-solide comme complément nutritionnel en plus du lait maternel. Supplémentation en vitamine A. La carence en vitamine A (avitaminose A) affecte le système immunitaire de l’enfant et augmente ainsi ses risques de décéder de maladies de l’enfance. L’avitaminose A peut également affecter la vue et causer la cécité crépusculaire chez les enfants, affecter aussi la santé des mères enceintes ou de celles qui allaitent. Elle peut être évitée par des compléments en vitamine A ou l’enrichissement des aliments. Plus de deux enfants sur cinq (38 %) âgés de moins de trois ans ont reçu des compléments de vitamine A. Les proportions d’enfants qui ont reçu des suppléments de vitamine A varient surtout selon le milieu de résidence (35 % en milieu rural contre 40 % dans les Autres villes et 44 % à Yaoundé/Douala). Au plan national, seulement 28 % des femmes ont reçu des suppléments en vitamine A deux mois après l’accouchement de leur dernier-né. Etat nutritionnel des enfants. Les indices concernant l’état nutritionnel montrent que 32 % des enfants âgés de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique modérée, et de 13 % sous sa forme sévère. En plus, 5 % des enfants souffrent de sous-nutrition aiguë modérée, et moins de 1 % sous sa forme sévère. Enfin, la prévalence de l’insuffisance pondérale modérée est de 18 %, et de 4 % pour sa forme sévère. MORTALITÉ INFANTILE Niveau de mortalité et tendance. La mortalité infanto-juvénile reste élevée au plan national. Pour la période la plus récente (0-4 ans avant l’enquête), les résultats montrent que sur 1 000 naissances vivantes, 74 meurent avant d’atteindre leur premier anniversaire (29 ‰ entre 0 et 1 mois exact et 45 ‰ entre 1 et 12 mois exacts), et que sur 1000 enfants âgés d’un an, 75 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire. Globalement, le risque de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire est de 144 pour 1000 naissances, soit environ un enfant sur sept. Tendance de la mortalité des enfants de moins de 5 ans. Par rapport aux résultats de la précédente enquête réalisée en 1998 (EDSC-II), le niveau de toutes les composantes de la mortalité des enfants obtenus en 2004 est sensiblement le même : mortalité infantile de 77 pour mille à l’EDSC-III contre 74 pour mille en 2004 pour les cinq dernières années, mortalité infanto-juvénile de 144 pour mille en 2004 contre 151 pour mille pour les cinq dernières années précédant l’EDSC-II. Mortalité différentielle. La mortalité infantile est nettement plus faible en milieu urbain (68 ‰) qu’en milieu rural (91 ‰). L’analyse par région indique de fortes disparités. En effet, la probabilité de mourir entre 0 et 5 ans varie de manière importante d’une région à une autre. Le niveau de mortalité infantile varie du simple au double, d’un minimum de 58 ‰ dans le Nord-Ouest à un maximum de 111 ‰ à l’Est. Par ailleurs, on constate également des variations importantes des niveaux de mortalité selon le niveau d’instruction de la mère. En effet, un enfant dont la mère n’a aucun niveau d’instruction a une probabilité de mourir, avant le premier anniversaire 1,59 fois plus élevée que celle d’un enfant dont la mère a le niveau d’instruction secondaire ou plus (94 ‰ contre 59 ‰). EXCISION Prévalence. La pratique de l’excision est très peu répandue au Cameroun puisque seulement 1,4 % des femmes ont déclaré être excisées. Cependant, on constate des variations selon les catégories de femmes, les proportions les plus élevées se situant à : 2,5 % parmi les femmes de 20-24 ans, 4,8 % parmi les femmes sans niveau d’instruction, 12,7 % parmi les femmes de l’ethnie Arabe-Choa/Peuls/Haoussa/Kanuri, 5,8 % parmi les musulmanes et 4,0 % parmi celles des ménages du second quintile. Perspectives. Moins d’un pour cent des enquêtées avaient une fille excisée et dans moins d’un pour cent des cas, elles avaient l’intention de la faire exciser. Globalement, 1,5 % des filles des mères enquêtées sont excisées (0,7 %) ou seront excisées (0,8 %) : cette « prévalence » se situe au même niveau que celle des mères (1,4 %), ce qui dénote peu de perspectives de changement dans la pratique de l’excision au Cameroun. Résumé | xxvii VIOLENCES DOMESTIQUES L’EDSC-III montre que plus d’une femme sur deux (53 %) a déclaré avoir subi des violences physiques à un moment quelconque depuis l’age de 15 ans et, dans 45 % des cas, les femmes ont subi ces actes de violence au cours des douze derniers mois. Le plus fréquemment, l’auteur de ces violences est le mari/partenaire. Quel que soit le type de violence considéré, physique ou sexuelle, les femmes souffrent souvent de conséquences graves : dans 21 % des cas, les violences ont eu pour conséquences des hématomes ou des meurtrissures et même, dans 15 % des cas, des blessures ou des os cassés. SIDA ET AUTRES IST Connaissance du sida. Le VIH/sida est connu par pratiquement toute la population (98 % des femmes et 99 % des hommes). Cependant, bien que la grande majorité des femmes aient entendu parler du VIH/sida, seulement 62 % d’entre elles ont déclaré qu’on pouvait limiter les risques de contracter le VIH/sida en utilisant des condoms lors des rapport sexuels ou en limitant des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté. Chez les hommes, cette proportion est bien plus élevée (75 %). La connaissance de la transmission du VIH de la mère à l’enfant est légèrement plus répandue parmi les hommes (72 %) que les femmes (60 %). Sida et stigma. Le comportement que les gens adopteraient face à des personnes atteintes par le VIH/sida est révélateur du niveau de stigmatisation et de discrimination à l’égard des personnes infectées par ce virus. Cette enquête montre que 69 % des femmes ont déclaré qu’elles seraient prêtes à prendre soin chez elles d’un membre de la famille atteint du sida. La proportion est plus élevée chez les hommes (82 %). Rapports à hauts risques et utilisation du condom. Un des objectifs essentiels du Comité National de Lutte contre le Sida est d’encourager la population sexuellement active à utiliser de façon régulière le condom. L’EDSC-III montre que plus d’un quart des femmes (29 %) ont eu des rapports sexuels à risques au cours des 12 derniers mois. Chez les hommes, cette proportion est beaucoup plus élevée puisqu’elle atteint 62 %. Un peu plus d’un quart de femmes (41 %) et plus de la moitié des hommes (55 %) ont déclaré avoir utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels à hauts risques. PRÉVALENCE DU VIH Taux de couverture. Les résultats de l’EDSC-III indiquent que plus de 9 personnes sur 10 ont consenti à donner quelques gouttes de leur sang pour être testées sur le VIH. Le taux de couverture est légèrement plus élevé chez les femmes (92 %) que chez les hommes (90 %). Les taux d’acceptation chez les femmes et les hommes du milieu rural sont nettement plus élevés que chez ceux du milieu urbain. Dans l’ensemble, 95 % des personnes dans les zones rurales ont accepté contre 87 % chez celles des villes (82 % à Yaoundé/Douala et 90 % dans les Autres villes). Le taux de couverture du test du VIH est plus élevé dans le Sud où 96 % des femmes et des hommes ont été testés et moins élevé à l’Est où 90 % des femmes et des hommes ont été testés. D’une manière générale, à l’exception du Nord-Ouest et de l’Ouest, le taux de couverture est toujours plus élevé chez les femmes, comparé à celui des hommes. VIH et vulnérabilité des femmes. Les résultats de l’EDSC-III de 2004 montrent que 5,5 % des adultes au Cameroun âgés de 15-49 ans sont séropositifs au VIH. Le taux de séroprévalence chez les femmes de 15-49 ans est supérieur à celui des hommes de la même tranche d’âges : 6,8 % contre 4,1 %. Il s’en dégage un ratio d’infection entre les hommes et les femmes de 1,7, ce qui revient à dire que pour 100 hommes infectés, il y a 170 femmes infectées. Ce chiffre est comparable avec d’autres ratios trouvés dans des enquêtes similaires en Afrique subsaharienne, ce qui implique que les femmes sont particulièrement vulnérables à l’infection au VIH par rapport aux hommes. VIH et milieu de résidence. Selon le milieu de résidence, et quel que soit le sexe, le milieu urbain présente un risque d’infection significativement plus élevé au VIH par rapport au milieu rural (tableau 16.4). La prévalence est plus élevée dans les Autres villes (6,9 %) et à Yaoundé/Douala (6,4 %) qu’en milieu rural (4,0 %). Il convient de relever que la prévalence est relativement élevée à Yaoundé (8,3% contre 4,5 % à Douala) tant chez les femmes (10,7 % contre 5,5 %) que chez les hommes (6,0 % contre 3,6 %). L’épidémie du VIH présente de fortes disparités régionales. xxviii | Résumé Les résultats de l’EDSC-III montrent que le Nord-Ouest (8,7 %), l’Est (8,6 %), et le Sud-Ouest (8,0 %), sont les régions où les niveaux de prévalence sont les plus élevés. A l’opposé, le Nord (1,7 %) et l’Extême-Nord (2,0 %) sont celles où les niveaux de prévalence sont les plus faibles. Les taux de prévalence sont particulièrement plus élevées chez les femmes du Nord-Ouest (11,9 %), du Sud-Ouest (11,0 %), de Yaoundé (10,7 %) de l’Adamaoua (9,8 %) et de l’Est (9,4 %). Chez les hommes, les taux sont plus élevés à l’Est (7,6 %), au Nord-Ouest (5,2 %), à l’Ouest (5,2 %) et au Sud-Ouest (5,1 %). xxx | Carte du Cameroun Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE 1 Paul Roger LIBITE et Eric JAZET Ce chapitre est consacré à la présentation de certaines caractéristiques du Cameroun et de la troisième Enquête Démographique et de Santé (EDSC-III) réalisée dans le pays. Il permettra au lecteur de se familiariser avec le contexte environnemental de l’enquête ainsi qu’avec les procédures techniques de mise en œuvre de l’opération. 1.1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS 1.1.1 Situation géographique Le Cameroun est un pays d’Afrique Centrale situé au fond du Golfe de Guinée, entre les 2e et 13e degrés de latitude nord et les 9e et 16e degrés de longitude est. Le pays s’étend sur une superficie de 475 650 kilomètres carrés. Il présente une forme triangulaire qui s’étire au sud jusqu’au lac Tchad sur près de 1 200 km tandis que la base s’étale d’ouest en est sur 800 km. Il possède au sud-ouest une frontière maritime de 420 km le long de l’océan Atlantique. Il est limité à l’ouest par le Nigéria, au sud par le Congo, le Gabon et la Guinée Équatoriale, à l’est par la République Centrafricaine, et au nord-est par le Tchad. Enfin, au sommet du triangle, au nord, il est coiffé par le Lac Tchad. Le milieu naturel du Cameroun est diversifié. On dit de ce pays qu’il est l’Afrique en miniature. En effet, plusieurs types de régions naturelles contribuent à la diversité géographique du pays. Le sud forestier (provinces du Centre, de l’Est, du Littoral, du Sud et du Sud-Ouest) est situé dans les zones maritime et équatoriale. Cette zone se caractérise par une végétation dense, un vaste réseau hydrographique et un climat chaud et humide aux précipitations abondantes. Cette région est propice à la culture du cacao, du palmier à huile, de la banane, de l’hévéa et du tabac, etc. Elle abrite les deux plus grandes villes du pays: Douala (première ville, principal port et capitale économique avec ses activités commerciales et industrielles), Yaoundé (deuxième ville et capitale politique). Citons aussi d’importants centres urbains comme Edéa caractérisé par son industrie lourde et sa centrale hydro-électrique, Limbe, siège de l’industrie pétrolière et Kribi, terminal du pipeline Tchad Cameroun. Les hauts plateaux de l’ouest (provinces de l’Ouest et du Nord-Ouest), dont l’altitude moyenne est supérieure à 1 100 m, forment une région riche en terres volcaniques favorables à l’agriculture (café, maraîchers, etc.). La végétation y est moins dense que dans le sud forestier et le climat frais qui y règne est favorable à l’éclosion de toutes sortes d’activités. De plus, la forte densité de peuplement par rapport à la moyenne nationale en fait une des premières zones d’émigration. Les principales villes sont Bafoussam, Bamenda et la ville universitaire de Dschang. Le nord soudano sahélien (provinces de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord) est une région de savanes et de steppes. En dehors du plateau de l’Adamaoua où le climat est plus tempéré, le reste de cette région est caractérisé par un climat tropical chaud et sec aux précipitations de plus en plus limitées au fur et à mesure que l’on se rapproche du lac Tchad. La région est propice à l’élevage du bovin et à la culture du coton, de l’oignon, du mil, de la pomme de terre, de l’igname blanche et des arachides. 2 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête 1.1.2 Organisation politico administrative Le Cameroun a été découvert par les Portugais en 1472 et colonisé par l’Allemagne en 1884. Le Cameroun est un pays bilingue1, composé d’une zone francophone et d’une zone anglophone. En effet, au terme du Traité de Versailles (à la fin de la première guerre mondiale), le pays a été placé, en 1919, par la Société Des Nations (SDN) sous mandat des administrations française (pour le Cameroun Oriental avec pour capitale Yaoundé) et anglaise (pour le Cameroun Occidental avec pour capitale Buéa). Le pays accède à l’indépendance le 1er janvier 1960 pour le Cameroun sous tutelle2 française et le 1er octobre 1961 pour le Cameroun sous tutelle anglaise. À cette dernière date, le Cameroun devient un Etat fédéral. Le 20 mai 1972, à la suite d’un référendum, la Fédération cède la place à l’État unitaire. Puis en 1983, la République Unie du Cameroun devient République du Cameroun. Après une longue période de régime du parti unique au lendemain de l’indépendance, le multipartisme est réintroduit au Cameroun par la loi N° 90/053 du 19 décembre 1990. Le pouvoir exécutif est exercé par un Président de la République élu au suffrage universel pour un mandat de sept ans renouvelable une fois. Le Président Paul Biya, au pouvoir depuis le 6 novembre 1982, a été réélu en octobre 2004 pour un deuxième septennat3. L’Assemblée Nationale composée de 180 députés exerce le pouvoir législatif; le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), parti proche du pouvoir, y détient depuis septembre 2002 une large majorité avec 149 sièges. Les 31 autres sièges sont partagés entre le Social Democratic Front (SDF), l’Union des Populations du Cameroun (UPC) et l’Union Démocratique du Cameroun (UDC). Le pouvoir judiciaire est exercé par la Cour Suprême. Il existe également un Conseil Économique et Social et une Chambre/Cour des Comptes. La constitution de janvier 1996 prévoit par ailleurs un Sénat et un Conseil Constitutionnel. 1.1.3 Aperçu socio-économique Le développement économique du Cameroun, repose principalement, comme la plupart des pays en voie de développement, sur le secteur primaire. Les productions agricoles vivrières (maïs, manioc, banane plantain, macabo, riz, mil, sorgho et arachide, etc.) et de rente (cacao, café, coton, caoutchouc, banane, ananas, etc.) font de l’agriculture camerounaise la plus riche d’Afrique Centrale. D’une manière générale, le pays est auto-suffisant sur le plan alimentaire. Cependant les habitudes alimentaires des populations ne favorisent pas toujours une alimentation quotidienne équilibrée. Il convient de relever que la partie nord du pays est souvent sujette à des famines épisodiques, conséquences des aléas climatiques (sécheresse prolongée, inondations) et des invasions des acridiens (criquets migrateurs). Les ressources pétrolières et forestières s’ajoutent à celles d’origine pastorale et agricole pour constituer des arguments de poids en faveur d’une base industrielle sur laquelle le pays pourrait s’appuyer pour accélérer son développement. En 2002, Le PIB était estimé à 7 609 milliards de FCFA, soit près de la moitié de celui de la CEMAC estimé à 16 627 milliards de FCFA ; le Cameroun constitue ainsi un poids lourd dans la sous- région CEMAC. Cependant, le Cameroun reste un pays pauvre : selon la deuxième Enquête Camerounaise auprès des Ménages (ECAM II), en 2001, deux personnes sur cinq (40 %) vivaient en dessous du seuil de pauvreté, estimé à 232 547 FCFA par adulte et par an. Le taux d’activité de la population âgée de 15-64 ans était de 66 % en 1987 (deuxième RGPH). Selon l’ECAM, le taux d’activité (au sens du BIT) était estimé en 2001 à 72 %. D’autre part, le taux de scolarisation (personnes de 6-14 ans) qui était de 73 % en 1 L’anglais et le français sont les deux langues officielles. 2 Après la seconde guerre mondiale, la SDN devient Organisation des Nations Unies (ONU); la notion de "Mandat" devient "Tutelle"; c’est ainsi que le Cameroun Oriental est placé sous tutelle française et Cameroun Occidental sous tutelle anglaise. 3 Avant la constitution de 1996, le mandat était de 5 ans, illimité et, depuis cette constitution, la durée du mandat a été allongée à 7 ans et renouvelable une seule fois. Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 3 1987 a été estimé en 2001 à 79 %. Le taux d’alphabétisation qui se situait en 1987 à 47 % est estimé à 68 % en 2001; mais reste encore assez faible pour les femmes (55 %). Sur le plan macroéconomique, on notera qu’après une période de croissance soutenue jusqu’au milieu des années 80, le Cameroun a connu une crise économique à partir de l’année 1986. Le pays en est progressivement sorti à partir de l’année 1994 à la suite de la mise en œuvre des politiques économiques axées sur l’ajustement monétaire et les gains de compétitivité induits. Après l’exécution satisfaisante entre 1997 et 2000 de son premier programme économique et financier, appuyé par une Facilité d’Ajustement Structurel Renforcée (FASR) du Fonds Monétaire International (FMI), les autorités camerounaises ont conclu en décembre 2000 un second programme soutenu par une Facilité pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (FCRP) mise en place par le FMI. Le Cameroun a enregistré de bonnes performances macroéconomiques en ce début du millénaire, ce qui lui a permis d’être admis à l’Initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). Le point de décision a été franchi en octobre 2000. En avril 2003, avec la mise en œuvre des programmes consignés dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), approuvé par les Institutions de Bretton Woods (IBW), le Cameroun envisage d’atteindre le point d’achèvement dans un avenir proche. En matière de santé, en 1990 le Ministère de la Santé comptait 1 lit pour 393 habitants et 1 médecin pour 11 407 habitants. Selon nos calculs effectués à partir de la base des données de la carte sanitaire réalisée en 2004, le pays compte actuellement 1 lit pour 442 habitants et 1 médecin pour 5 673 habitants. 1.1.4 Milieu humain et démographie Le Cameroun compte plus de 230 ethnies réparties en six grands groupes : x Les Soudanais, les Hamites et les Sémites vivant dans les provinces de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord; ils sont généralement animistes ou islamisés ; x les Bantous, Semi Bantous et apparentés, et les Pygmées dans le reste du pays ; ils sont généralement animistes ou christianisés. Mis à part quelques enquêtes parcellaires, les recherches approfondies sur les problèmes démographiques du Cameroun, de portée nationale, sont assez récentes. C’est dans les années 70 que les premiers recensements et enquêtes d’envergure nationale et à caractère socio-économique ont été réalisés comme le Recensement Agricole (RA 1972), le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH 1976), l’Enquête Nationale sur la Fécondité (ENF 1978) et l’Enquête Nationale sur la Nutrition (ENN 1978). Au cours de la décennie 80, les opérations suivantes ont été réalisées : l’Enquête Budget- Consommation (EBC 1983-84), le deuxième Recensement Agricole (RA 1984) et le Deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (2e RGPH 1987). Au cours de la décennie 90, parmi les opérations réalisées, on peut citer la première Enquête Démographique et de Santé (EDSC-I) qui a eu lieu en 1991 suivie de la deuxième EDS (EDSC-II) en 1998; entre ces deux opérations, la première Enquête Camerounaise auprès des Ménages (ECAM I) s’est déroulée en 1996. Depuis le début du millénaire, deux enquêtes ont été réalisées ; il s’agit de l’Enquête à Indicateurs Multiples (MICS-2000) et de la deuxième Enquête Camerounaise auprès des Ménages (ECAM II 2001). Signalons enfin que le troisième RGPH est en cours de réalisation. Le tableau 1.1 présente les principaux indicateurs démographiques tels qu’ils ont été estimés par certaines de ces sources. L’état civil date de l’époque coloniale. Cependant, l’enregistrement des évènements à l’état civil n’est pas encore suffisamment ancrée dans les mœurs des populations, cela malgré la multiplication des 4 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête centres d’état civil sur l’ensemble du territoire. Du fait du sous enregistrement des actes d’état civil et du dysfonctionnement du système, les données provenant de cette source sont évidemment incomplètes. Les sources d’informations les plus fiables sur le plan démographique restent donc les enquêtes démographiques régionales ou nationales et les recensements généraux de la population réalisés en 1976 et 1987. Tableau 1.1 Indicateurs démographiques de base Indicateurs RGPH 1976a ENF 1978 RGPH 1987 EDSC-I 1991 EDSC-II 1998 MICS 2000 Population totale 7 663 296 - 10 493 655a Taux brut de natalité (p.1 000) 45,0 - 41,0 39 37 - Indice Synthétique de Fécondité 6,0 6,4 5,5 5,8 5,2 - Taux brut de mortalité (p.1 000) 20,4 20,2b 13,7 - - - Taux de mortalité infantile (p.1 000) 156,5 113,0 86,0a 65,0 77,0 76,0 Espérance de vie (eo, en années) 44,4 44,9 b 54,3a - - - a Données ajustées b Estimations Selon les résultats du dernier RGPH, la densité moyenne de peuplement était de 23 habitants au kilomètres carrés. Cette population était inégalement répartie sur le territoire national, la proportion d’urbains étant de 38 %. De plus, la population du Cameroun est jeune : au dernier RGPH, les personnes âgées de 0-14 ans représentaient 46 % de la population totale. Cette population augmente rapidement, le taux d’accroissement annuel moyen estimé à 1,9 % en 1950 a été évalué à 2,9 % en 1987. Cette évolution est imputable à la baisse de la mortalité et à une fécondité relativement constante mais dont le niveau demeure élevé. À ce rythme de croissance, la population doublerait en moins de 24 ans; en d’autres termes, si ce rythme de croissance se maintenait d’ici 2014, le Cameroun compterait environ 23 millions d’habitants. 1.1.5 Politique de population Au début des années 80, le Cameroun a opté pour une intégration de la variable démographique dans le processus de développement socio-économique. Pour mener cette option à terme, les pouvoirs publics ont mis sur pied d’importantes mesures devant aboutir à cette fin. C’est ainsi qu’une Commission Nationale de la Population a été instituée en mars 1985, avec pour principale mission d’assister le Gouvernement dans la définition, l’orientation, l’harmonisation et la recherche des voies et moyens de mise en oeuvre de cette politique. La Politique Nationale de Population adoptée par les pouvoirs publics avec une large participation de toutes les couches de la société camerounaise « a pour but d’améliorer le niveau et la qualité de vie de la population dans le cadre d’un développement durable en conformité avec la dignité humaine et les Droits Fondamentaux de l’Homme, en assurant notamment l’adéquation entre la croissance démographique et les ressources disponibles et accessibles »4. il s’agit de doter le Cameroun d’un potentiel humain de qualité. Dans le cadre de cette politique, les objectifs généraux suivants ont été définis : 4 Tiré du préambule de la Déclaration de Politique Nationale de Population (MINEPAT, 2002). Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 5 x améliorer l’état de santé de la population en général, en fournissant des efforts particuliers dans le domaine de la santé de la reproduction pour améliorer l’état de santé des enfants et celui de leur mère; x promouvoir l’éducation de base pour tous et celle des filles en particulier ; x renforcer la lutte contre le chômage ; x promouvoir l’égalité et l’équité entre les sexes ; x renforcer l’autosuffisance et promouvoir la sécurité alimentaire ; x promouvoir l’occupation rationnelle de l’espace et la préservation de l’environnement ; x améliorer les conditions nécessaires à l’épanouissement et à la sauvegarde de la famille et de l’individu ; x améliorer les conditions de mise en œuvre et de suivi/évaluation des programmes de population. Ces objectifs généraux sont traduits en objectifs spécifiques et les orientations générales de leur mise en œuvre sont également définies. Leur exécution s’appuie sur des stratégies opérationnelles élaborées dans chaque secteur (stratégies sectorielles des différents ministères et organismes). Des actions appropriées, quantifiées et réalistes sont entreprises pour atteindre les objectifs fixés. La coordination est réalisée par la Commission Nationale de Population qui est secondée par un Comité Technique interministériel. 1.1.6 Politique de santé 1.1.6.1 Historique Quatre étapes majeures ont marqué jusqu’ici l’évolution de la politique sanitaire du Cameroun : x La période coloniale ou l’apogée de la stratégie d’Eugène Jamot avait pour caractéristique : (i) l’exercice d’une médecine mobile initiée par le Docteur Eugène Jamot dans le Cameroun Oriental, (ii) la gratuité des soins médicaux aux administrateurs coloniaux, militaires, religieux et accessoirement aux colonisés ; (iii) l’extension (après la 1ère guerre mondiale) du réseau sanitaire vers les zones rurales ; (iv) la formation médicale (Dakar) et para médicale (Ayos) ; (v) la mise sur pied des programmes verticaux mobiles de lutte contre les endémies locales (trypanosomiase, paludisme). x La période post-indépendance ou phase des expérimentations axée sur la santé communautaire avait pour objectif général : « expérimenter des approches de santé communautaire, susceptibles d’assurer aux populations des soins de santé techniquement valables et en harmonie avec leurs réalités locales ». x La période post Alma Ata basée sur les Soins de Santé Primaires adopté en 1982, caractérisée par la mise en œuvre des Soins de Santé Primaires, avait comme objectif général : « amener d’ici à l’an 2000, tous les peuples à un niveau de santé, leur permettant de mener une vie socialement et économiquement productive ». 6 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête x La politique actuelle se situe dans le cadre d’une approche de la région africaine qui tient compte des similitudes des systèmes sanitaires globalement en déclin. Elle tient donc compte des recommandations issues de certaines rencontres importantes organisées par les Etats africains au cours desquelles des stratégies concertées ont été développées. Parmi ces rencontres, Il convient de citer ici la conférence de Lusaka (1985), la conférence interrégionale de l´OMS à Harare (Août 1987), le sommet des Chefs d’États de l’OUA (Juillet 1987) et la conférence de Bamako (septembre 1987). 1.1.6.2 Réformes récentes et mise en place d’une politique de santé Au Cameroun, les réformes élaborées et rendues publiques en 1989 ont été officiellement adoptées en 1992 par la Déclaration de Politique Sectorielle de Santé et, en 1993, par la Déclaration de mise en œuvre de la « Réorientation des Soins de Santé Primaires ». Dans ce concept, les principes suivants constituent les éléments de base : x la participation de la communauté dans le but de son auto responsabilisation vis-à-vis de ses problèmes de santé ; x la mise en évidence du lien étroit entre le développement et la santé ; x le respect des Droits de l’Homme, comme celui d’être informé et celui de l’intégrité de l’individu y compris son libre arbitre. Dans le cadre de ces réformes, le centre de santé est appelé à jouer le rôle d’intermédiaire entre la communauté et les services de santé ; c’est aussi dans les centres de santé que sont dispensés les soins intégrés, continus et globaux. Ces réformes reposent sur : x le financement des activités des Soins de Santé Primaires (SSP) par le biais des contributions communautaires et non communautaires ; x le succès de la mise en œuvre des SSP par la supervision et le Système National d’Informations Sanitaires ; x le développement de la participation communautaire par la mise sur pied et le fonctionnement des structures de dialogue et de gestion. La mise en œuvre de ces politiques a conduit à l’élaboration du document des stratégies sectorielles de la santé qui a été adopté en octobre 2001. Dans ce document, le Gouvernement compte à l’horizon 2010 (i) réduire de 1/3 au moins la charge morbide globale et la mortalité des groupes de populations les plus vulnérables, (ii) mettre en place, à une heure de marche et pour 90 % de la population, une formation sanitaire délivrant le Paquet Minimum d’Activités (PMA) et (iii) pratiquer une gestion efficace et efficiente des ressources dans 90 % des formations sanitaires et services de santé publics et privés à différents niveaux de la pyramide. Pour atteindre ces objectifs, les autorités ont développé un ensemble de huit programmes à travers lesquels elles mènent des actions spécifiques pour améliorer sensiblement la santé des Camerounais. Il s’agit de (i) la lutte contre la maladie, (ii) la santé de la reproduction, (iii) la promotion de la santé, (iv) les médicaments et consommables médicaux essentiels, (v) le processus gestionnaire, (vi) l’amélioration de l’offre de la santé, (vii) le financement du secteur de la santé et (viii) le développement institutionnel. Le programme « Lutte contre la Maladie » est axé sur (i) la lutte contre les grandes endémies de santé publique que sont le paludisme, première cause de mortalité et de morbidité pour lequel un Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 7 programme spécifique a été élaboré, la lèpre, l’onchocercose, la cécité, la trypanosomiase humaine africaine, le ver de guinée, la schistosomiase, (ii) la lutte contre certaines maladies chroniques constituant un problème de santé publique au nombre desquels l’hypertension artérielle, le diabète, l’épilepsie, la drépanocytose, les cancers, l’asthme, les affections rhumatismales, la surdité, (iii) la lutte contre les épidémies, notamment le choléra, la rougeole, la méningite cérébro-spinale, et la prise en charge des urgences dues aux catastrophes et accidents et (iv) la lutte contre la tuberculose et les IST/SIDA pour lesquelles un programme spécifique a été adopté en septembre 2000. Le programme « Santé de la Reproduction » met l’accent sur (i) la santé de la mère, de l’adolescent et de la personne âgée, (ii) le programme élargi de vaccination (PEV) axé sur la protection des enfants de 0 à 11 mois et de 1 à 5 ans contre des maladies évitables par la vaccination telles que la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, la variole, l’hépatite, la fièvre jaune, la poliomyélite, la rougeole, etc., (iii) la promotion de la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME) notamment les maladies diarrhéiques, les infections respiratoires aiguës, le paludisme, la rougeole et les carences nutritionnelles chez les enfants de moins de 5 ans. Le programme « Promotion de la Santé » concerne surtout (i) l’information, l’éducation et la communication de santé, éléments nécessaires pour amener les populations à adopter des comportements et styles de vie favorables à leur santé, (ii) l’alimentation et la nutrition nécessaires pour réduire l’incidence des malnutritions protéino-énergétiques, de l’anémie et de la carence en vitamine A chez les enfants de moins de 5 ans, les adolescents, les femmes enceintes et celles qui allaitent et (iii) la santé mentale et le comportement humain. Le programme « Médicaments Réactifs et Dispositifs Médicaux Essentiels » a pour but de développer des stratégies permettant de rendre disponibles dans toutes les structures sanitaires les médicaments essentiels, de préférence sous leur forme générique, les réactifs ainsi que les dispositifs médicaux essentiels de qualité, et d’en faciliter l’accès aux populations. Le programme « Processus Gestionnaire », porte sur l’amélioration de la gestion financière du secteur de la santé, des infrastructures et équipements, des ressources humaines, du système d’information sanitaire, en vue d’améliorer l’offre des soins et services de la santé. Le programme « Amélioration de l’Offre des Soins et Services » porte sur le développement des ressources humaines et des infrastructures et équipements, la réforme hospitalière et sur la définition et des protocoles et normes des soins. Ces différentes actions permettront de (i) rendre disponibles des ressources humaines tant sur le plan qualitatif que quantitatif pour la mise en œuvre de la politique sanitaire nationale, (ii) contribuer à l’amélioration de l’offre des services en matière de santé pour toutes les couches de la population camerounaise et (iii) contribuer à l’amélioration de la qualité des soins et de la prise en charge des malades dans le réseau hospitalier. Le programme « Financement de la Santé » consiste à (i) mettre en place un système tarifaire par protocole de soins, permettant d’assurer l’accessibilité sur le plan financier de toutes les couches de la population, en particulier des plus pauvres, aux soins de santé, (ii) d’augmenter le financement public de la santé et sa liquidité et (iii) d’encourager la promotion du partage du risque maladie dans le financement de la santé par l’intermédiaire notamment de la création par les communautés d’une mutuelle de santé au niveau de chaque district de santé. Le programme « Développement Institutionnel », axé sur le renforcement des capacités institutionnelles et le développement du partenariat, vise à définir le rôle des différents acteurs qui interviennent dans le système de santé et de recentrer le rôle de coordination que doit jouer le Ministère de la Santé Publique pour le succès de la mise en œuvre de la stratégie. 8 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête 1.2 MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1.2.1 Organisation de l’EDSC-III La troisième Enquête Démographique et de Santé (EDSC-III) fait partie du Programme International des Enquêtes Démographiques et de Santé (Demographic and Health Surveys-DHS) de ORC Macro, Calverton, Maryland, U.S.A). Elle a été réalisée par l’Institut National de la Statistique (INS) en collaboration avec le Comité National de Lutte contre le SIDA (CNLS), avec l’assistance technique de ORC Macro. L’EDSC-III a été réalisée grâce à l’appui financier de la Banque Mondiale par le biais du Projet d’Appui au Programme Multisectoriel de Lutte contre le Sida, l’USAID, l’UNICEF et l’UNFPA. En outre, l’EDSC-III a bénéficié de l’apport financier du Gouvernement camerounais et de sa contribution par la mise à disposition des cadres techniques et de la logistique. D’autres organismes nationaux tels que le Bureau Central des Recensements des Études de la Population (BUCREP) et le Centre Pasteur du Cameroun (CPC) ont apporté leur expertise à la réalisation de cette opération. 1.2.2 Objectifs de l’EDSC-III La troisième Enquête Démographique et de Santé au Cameroun (EDSC-III) réalisée à partir d’un échantillon représentatif de femmes de 15-49 ans et d’hommes de 15-59 ans vise à atteindre un certains nombre d’objectifs dont les principaux sont : x recueillir des données à l’échelle nationale qui permettent de calculer des taux démographiques essentiels, plus particulièrement les taux de fécondité et de mortalité infantile et infanto-juvénile et d’analyser les facteurs directs et indirects qui déterminent le niveau et la tendance de la fécondité et de la mortalité infanto-juvénile ; x mesurer les niveaux de connaissance et de pratique contraceptive des femmes par méthode ; x recueillir des données sur la santé familiale : vaccination, prévalence et traitement de la diarrhée et d’autres maladies chez les enfants de moins de cinq ans, visites prénatales et assistance à l’accouchement ; x recueillir des données sur la prévention et sur le traitement du paludisme, en particulier la possession et l’utilisation de moustiquaires, la prévention du paludisme chez les femmes enceintes, le traitement des enfants atteints de fièvre ; x recueillir des données sur les pratiques nutritionnelles des enfants, y compris l’allaitement, prendre des mesures anthropométriques pour évaluer l’état nutritionnel des femmes et des enfants, et réaliser un test d’anémie auprès des enfants de moins de cinq ans, des femmes de 15-49 ans ; x recueillir des données sur la connaissance et les attitudes des femmes et des hommes au sujet des IST et du SIDA et évaluer les modifications récentes de comportement du point de vue de l’utilisation du condom ; x recueillir des données permettant d’estimer, à l’échelle nationale, le niveau de la mortalité adulte et en particulier de la mortalité maternelle ; Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 9 x recueillir des données de qualité sur la connaissance, les opinions et la pratique de l’excision ; x recueillir des données de qualité sur la violence domestique ; x effectuer des prélèvements de sang pour le dépistage anonyme du VIH auprès des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans afin d’estimer la prévalence du VIH dans la population adulte. Les informations collectées au cours de l’EDSC-III permettront la mise à jour des indicateurs de base sur la situation démographique et sanitaire estimés lors des précédentes enquêtes de 1991 et de 1998. Ces données faciliteront aussi le suivi et l’évaluation des programmes de lutte contre le VIH/SIDA, ceux concernant la santé maternelle et infantile et le bien-être familial. Par ailleurs, les données ayant été collectées selon une méthodologie similaire à celle utilisée dans les opérations précédentes et dans de nombreux autres pays ayant participé au programme DHS, elles font partie de ce fait, d’une base de données utilisables et comparables avec les périodes antérieures et au niveau international. 1.2.3 Questionnaires Trois questionnaires ont été utilisés au cours de l’EDSC-III : x le questionnaire ménage ; x le questionnaire individuel pour les femmes de 15-49 ans ; x le questionnaire individuel pour les hommes de 15-59 ans. Ces trois instruments ont été calqués sur les questionnaires développés dans le cadre du programme international DHS, et ont été adaptés aux spécificités et aux besoins du Cameroun. Ces questionnaires étaient disponibles en versions française et anglaise. Ces versions ont également été testées et améliorées au cours du pré-test et de la formation principale avant leur utilisation pour l’enquête principale. Les questionnaires comprenaient pour la première fois un module sur le paludisme, un module sur l’excision et un module du VIH/sida. Ces modules ont permis d’obtenir les informations nécessaires au calcul des indicateurs de suivi et évaluation recommandés par les organisations internationales compétentes en la matière. Enfin, le module de DHS sur la mortalité adulte a été ajouté de façon à examiner l’impact de l’épidémie du Sida sur les niveaux de mortalité des adultes. Questionnaire ménage Ce questionnaire permet d’établir la liste de tous les membres du ménage et des visiteurs et de collecter à leur sujet un certain nombre d’informations telles que le nom, le lien de parenté avec le chef de ménage, la situation de résidence, le sexe, l’âge, le niveau d’instruction et la survie des parents. Par ailleurs, dans un ménage sur deux, le questionnaire ménage a permis aussi d’enregistrer les mesures anthropométriques (le poids et la taille) de toutes les femmes de 15-49 ans et des enfants âgés de moins de 6 ans ; de même, au moyen du questionnaire ménage, on a mesuré le niveau d’hémoglobine des enfants de moins de 6 ans, des femmes et des hommes par test direct à partir d’un prélèvement sanguin. Ce même prélèvement a servi pour le test du VIH/sida. Il faut noter que le consentement des enquêtés était requis pour les tests d’hémoglobine et du VIH/sida chez les femmes et chez les hommes. Enfin, par le biais du questionnaire ménage, on a également collecté certaines caractéristiques des logements qui ont été utilisées pour évaluer les conditions socio économiques et environnementales dans lesquelles vivent les femmes et les hommes qui ont été enquêtés individuellement. 10 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête Cependant, l’objectif principal de ce questionnaire est de permettre l’identification des femmes éligibles (âgées de 15-49 ans) et, dans un ménage sur deux, celle des hommes éligibles (âgés de 15-59 ans). Le questionnaire ménage fournit également les informations permettant d’établir le dénominateur pour le calcul des taux démographiques (natalité, mortalité, fécondité). En outre, le questionnaire comprend, en page de garde, la localisation du ménage (province, département, arrondissement, district, quartier ou village), le nombre de visites effectuées par l’enquêteur et le résultat de l’interview, ainsi qu’une partie réservée au contrôle de terrain et de bureau. Questionnaire individuel femme Le questionnaire individuel femme, qui constitue le cœur de l’EDSC-III, a été élaboré sur la base du questionnaire modèle B du programme MEASURE DHS+ (questionnaire pour les pays à faible prévalence contraceptive). Il comprend une page de couverture, similaire à celle du questionnaire ménage, sur laquelle sont enregistrées les informations d’identification et les résultats des interviews. Avec les onze sections qui le composent, il sert à recueillir des informations sur les thèmes suivants : x Caractéristiques socio-démographiques : cette section est consacrée aux informations concernant le lieu et la durée de résidence, l’âge et la date de naissance, la scolarisation, l’alphabétisation, la nationalité, la religion, l’ethnie et l’exposition aux médias. x Reproduction : cette deuxième section permet de collecter des informations sur les naissances vivantes que la femme a eues durant sa vie, ainsi que sur leur état de survie au moment de l’enquête, sur l’état de grossesse au moment de l’enquête, et sur la connaissance de la période féconde dans le cycle menstruel. x Planification familiale : cette section a pour but de recueillir des informations sur la connaissance et l’utilisation antérieure et actuelle des diverses méthodes contraceptives disponibles dans le pays, ainsi que sur leurs sources d’approvisionnement. Elle porte également sur le lieu et la date de la stérilisation féminine, ainsi que sur les raisons de la non utilisation de la contraception. x Santé des enfants : cette section concerne les naissances ayant eu lieu au cours des cinq années précédant l’enquête. Elle est composée de deux sous sections : – Grossesse, soins postnatals et allaitement : cette première sous-section est composée de deux parties. La première permet d’obtenir des informations sur la période de la grossesse, les soins prénatals incluant la vaccination antitétanique, le lieu d’accouchement et la qualification de la personne ayant assisté la femme, les soins postnatals, le retour des règles et la reprise des rapports sexuels après la naissance de l’enfant. La deuxième sous-section concerne l’allaitement et les questions posées portent sur sa fréquence et sa durée, sur le type d’allaitement (maternel ou artificiel), ainsi que sur l’utilisation des différents compléments nutritionnels. – Vaccination et santé des enfants : cette sous section porte sur les vaccinations incluses dans le Programme Élargi de Vaccinations (PEV) ; de plus, cette sous-section comporte des questions sur les IRA, la diarrhée et la fièvre ainsi que sur le traitement des enfants de moins de cinq ans malades; les résultats à ces question permettent d’estimer la prévalence de la fièvre, de la toux et de la diarrhée chez les enfants au cours des deux dernières semaines précédant l’enquête. Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 11 x Mariage et activité sexuelle : cette section est consacrée aux données sur l’état matrimonial de la femme, la cohabitation avec le conjoint, les différents partenaires sexuels, le régime de mariage (monogamie ou polygamie), l’âge au premier mariage et aux premiers rapports sexuels ainsi que sur l’activité sexuelle. x Préférences en matière de fécondité : cette section a pour but de recueillir des informations sur le désir d’enfants supplémentaires, l’intervalle souhaité entre les naissances et, l’opinion concernant la taille de la famille. x Caractéristiques du conjoint et travail de la femme : dans cette partie, les questions qui ont été posées ont pour but de connaître les caractéristiques socioprofessionnelles du conjoint des femmes en union et l’activité professionnelle de ces femmes. De plus, des questions spécifiques ont été posées pour évaluer le statut de la femme portant principalement sur le niveau de contrôle des femmes dans le ménage et sur leur pouvoir de décision concernant l’utilisation de l’argent qu’elles gagnent. On a également demandé aux femmes leur opinion concernant l’acceptation ou le rejet de certains des rôles que la société leur confère. x SIDA et autres IST : cette section vise à obtenir des informations sur la connaissance et la prévalence du VIH/sida et des autres Infections Sexuellement Transmissibles, ainsi que sur les modes de transmission et de prévention du VIH/sida. x Mortalité maternelle : dans cette section, on enregistre des informations sur l’âge et l’état de survie des frères et sœurs de l’enquêtée. Pour les sœurs décédées à l’âge de 12 ans ou plus, des questions supplémentaires permettent de déterminer si le décès est en rapport avec la maternité. Des questions sur le nombre d’enfants de la sœur (décédée ou non) ainsi que sur leur état de survie sont aussi posées. x Excision : cette section est posée dans un ménage sur deux (ménage où l’on a relevé les mesures anthropométriques) ; on collecte ici des informations sur l’importance de la pratique de l’excision parmi les femmes enquêtées et leurs filles, ainsi que sur l’attitude vis-à-vis de cette pratique. x Relations dans le ménage : cette section est aussi posée dans un ménage sur deux (à l’opposé de la précédente, il s’agit des ménages où on n’a pas relevé les mesures anthropométriques). On s’intéresse ici à l’évaluation des relations entre les deux conjoints ainsi qu’à la prévalence de la violence (émotionnelle, physique et/ou sexuelle) au niveau général et au niveau du couple. Une seule femme du ménage concerné, tirée au hasard (utilisation de la grille de Kish) était soumise à cette section. Questionnaire individuel homme Le questionnaire homme, qui est une forme allégée du questionnaire individuel femme ne comporte que six sections. Il permet de collecter des informations sur les caractéristiques socio- démographiques, la reproduction, le mariage et l’activité sexuelle, le VIH/sida et les autres IST, l’excision et la mortalité maternelle. 1.2.4 Echantillonnage Un échantillon national de 11 556 ménages a été sélectionné. L’échantillon est stratifié de façon à fournir une représentation adéquate des milieux urbain et rural ainsi que des 12 domaines d’étude 12 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête (constitués des 10 provinces, de Douala et Yaoundé) pour lesquels on obtient une estimation pour tous les indicateurs clés. L’échantillon a été sélectionné à deux degrés. Au premier degré, on a sélectionné des Unités Primaires de Sondage (UPS) à partir de la liste des zones de dénombrement (ZD) établies lors des opérations de cartographie du troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat, menées par le BUCREP entre juin 2002 et avril 2003. Ces ZD ont servi de base de sondage pour le tirage de 466 grappes (222 rurales et 244 urbaines) lesquelles ont été sélectionnées avec une probabilité proportionnelle à leur taille. Au second degré, un échantillon de ménages a été sélectionné dans ces ZD. Les ménages ont été sélectionnés avec une probabilité inverse de façon à ce que l’échantillon soit auto pondéré à l’intérieur de chaque domaine. Toutes les femmes âgées de 15-49 ans vivant de façon permanente dans les ménages sélectionnés, ou présentes la nuit précédant l’enquête, étaient éligibles pour être enquêtées (environ 12 000). De plus, dans un sous-échantillon d’un ménage sur deux, un échantillon de 6000 hommes environ de 15-59 ans devait également être enquêté au cours de l’EDSC-III. Dans ce sous-échantillon, toutes les femmes et tous les hommes éligibles pour l’enquête individuelle étaient aussi éligibles pour le test du VIH. En outre, dans ce sous-échantillon de ménages, toutes les femmes et tous les hommes éligibles pour l’enquête ainsi que tous les enfants de moins de 5 ans étaient éligibles pour le test d’anémie. Enfin, dans ce sous- échantillon de ménages, toutes les femmes éligibles pour l’enquête ainsi que tous les enfants de moins de 5 ans étaient éligibles pour être mesurés et pesés afin de déterminer leur état nutritionnel. Tableau 1.2 Résultats de l’enquête ménage et de l’enquête individuelle Nombre de ménages, nombre d’interviews et taux de réponse, selon le milieu de résidence, Cameroun 2004 Milieu de résidence Résultat Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble FEMMES Enquête ménages Ménages sélectionnés 1 941 3 401 5 342 6 214 11 556 Ménages identifiés 1 846 3 180 5 026 5 693 10 719 Ménages enquêtés 1 761 3 082 4 843 5 619 10 462 Taux de réponse des ménages 95,4 96,9 96,4 98,7 97,6 Enquête individuelle femme Effectif de femmes éligibles 2 179 3 495 5 674 5 630 11 304 Effectif de femmes éligibles enquêtées 1 935 3 335 5 270 5 386 10 656 Taux de réponse des femmes éligibles 88,8 95,4 92,9 95,7 94,3 HOMMES Enquête ménages pour l’enquête homme Ménages sélectionnés 988 1 733 2 721 3 163 5 884 Ménages identifiés 938 1 625 2 563 2 918 5 481 Ménages enquêtés 888 1 556 2 444 2 875 5 319 Taux de réponse des ménages 94,7 95,8 95,4 98,5 97,0 Enquête individuelle homme Effectif d’hommes éligibles 1 174 1 756 2 930 2 746 5 676 Effectif d’hommes éligibles enquêtés 1 008 1 645 2 653 2 627 5 280 Taux de réponse des hommes éligibles 85,9 93,7 90,5 95,7 93,0 Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 13 Des 466 grappes sélectionnées dans le cadre de l’EDSC-III, une seule n’a pu être enquêtée, car elle se trouvait dans la province de l’Extrême-Nord5. Au total, 11 556 ménages ont été sélectionnés et, parmi eux, 10 719 ont été identifiés et étaient présents au moment de l’enquête. Parmi ces 10 719 ménages, 10 462 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 97,6 %, comme l’indique le tableau 1.26. À l’intérieur des 10 462 ménages enquêtés, 11 304 femmes âgées de 15-49 ans ont été identifiées comme étant éligibles pour l’enquête individuelle et pour 10 656 d’entre elles, l’enquête a pu être menée avec succès. Le taux de réponse s’établit donc à 94,3 % pour les interviews auprès des femmes. L’enquête homme a été réalisée dans un ménage sur deux : au total 5 676 hommes de 15-59 ans ont été identifiés dans les ménages de l’échantillon. Parmi ces 5 676 hommes devant être interviewés individuellement, 5 280 ont été enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 93,0 %. 1.2.5 Tests d’hémoglobine et du VIH Dans un ménage sur deux, les femmes de 15-49 ans, les hommes de 15-59 ans, et les enfants de moins de cinq ans étaient éligibles pour le test d’anémie. En outre, ces femmes et ces hommes étaient éligibles pour le test du VIH. Les protocoles pour les tests de l’anémie et du VIH ont été approuvés par le Comité d’Éthique de l’ORC Macro à Calverton et par le Comité National d’Éthique du Cameroun. Test d’hémoglobine Le test d’hémoglobine est la principale méthode pour diagnostiquer l’anémie ; ce test est effectué en utilisant le système d’HemoCue. Un consentement éclairé était lu à la personne éligible ou au parent/adulte responsable de l’enfant ou du jeune de 15-17 ans. Ce consentement expliquait l’objectif du test, informait l’individu éligible (ou le parent/personne responsable) que les résultats seraient communiqués immédiatement à l’issue du test, et sollicitait sa permission pour le test. Avant de prélever le sang, le doigt était nettoyé avec un tampon imbibé d’alcool et séché à l’air. Ensuite, le bout du doigt (ou du talon des enfants de moins de six mois ou de moins d’un an et très maigre) était piqué avec une lancette rétractable, stérile et non réutilisable. Une goutte de sang était récupérée dans une micro cuvette et ensuite introduite dans le photomètre HemoCue qui indiquait le niveau d’hémoglobine. Ces résultats étaient enregistrés dans le Questionnaire Ménage et communiqués à la personne testée, ou au parent/adulte responsable, en expliquant la signification des résultats. Si la personne présentait une anémie sévère (un taux d’hémoglobine inférieur à 7 g/dl pour les enfants, les hommes et les femmes non enceintes, et inférieur à 9 g/dl pour les femmes enceintes), l’enquêteur lui fournissait une fiche de référence pour rechercher des soins auprès des services de santé. Test de VIH Le test de VIH a été effectué dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête homme. Les prélèvements de sang ont été effectués chez tous les hommes et toutes les femmes éligibles de ces ménages qui acceptaient volontairement de se soumettre au test. Le protocole pour dépister le VIH/sida est basé sur le protocole anonyme-lié développé par le projet DHS (Demographic and Health Surveys) et approuvé par le Comité d’Éthique de ORC Macro. Selon ce protocole, aucun nom ou autre caractéristique individuelle ou géographique permettant d’identifier un individu ne peut être lié à l’échantillon de sang. Le Comité National d’Éthique du Cameroun a également approuvé le protocole anonyme-lié spécifique à l’EDSC-III. Les informations concernant ce protocole, la méthode de 5 La population était en transhumance ; seuls 4 ménages sur 10 ont été couverts. 6 Les résultats détaillés concernant la couverture de l’échantillon figurent à l’annexe A. 14 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête prélèvement sanguin et l’algorithme des tests en laboratoire figurent au chapitre 16 sur la prévalence du VIH. 1.2.6 Personnel de l’EDSC-III Pour assurer une bonne réalisation des objectifs de l’EDSC-III, un comité technique a été mis en place sous l’autorité de l’Institut National de la Statistique. Ce comité technique était composé d’un Coordonnateur National, d’un Coordonnateur Technique, de 6 cadres de l’INS, 3 cadres du CNLS et un médecin de l’Hôpital général de Yaoundé. Ce comité technique, assisté d’une équipe de 7 experts de ORC Macro, a été complété par 4 éditeurs chargés des travaux informatiques et 2 secrétaires. Par ailleurs, des experts nationaux issus des Ministères en charge des secteurs sociaux, des organisations internationales et des ONG ont été consultés pour l’adaptation des supports de collecte au contexte du pays. Pour la collecte des données, 84 agents ont été retenus à l’issue d’une formation. Au niveau de l’exploitation, 20 agents de saisie et 4 agents de vérification avaient été recrutés et affectés au pool de saisie. La liste du personnel de l’EDSC-III ainsi que des experts nationaux et internationaux ayant participé à l’enquête se trouve en annexe D. 1.2.7 Déroulement des activités de l’EDSC-III Cartographie Pour les opérations de mise à jour de la cartographie et de dénombrement des zones sélectionnées pour l’enquête, 28 agents ont été recrutés pour former 14 équipes de deux personnes chacune. Ces agents ont été formés en une semaine et ils ont reçu une formation dans la ville de Yaoundé où chaque équipe a dénombré au moins deux grappes avant d’être affectée dans une région. Les travaux se sont déroulés de novembre 2003 à février 2004. Ils consistaient spécifiquement à repérer les coordonnées géographiques des grappes avec un GPS, déterminer avec exactitude les limites des grappes, établir leur plan de situation et faire leur croquis, indiquer les positions relatives de chaque structure occupée par les ménages et dresser la liste de ces ménages. Enquête pilote Le pré-test s’est déroulé de novembre à décembre 2003, 28 enquêtrices et enquêteurs ayant été retenus pour suivre une formation de 25 jours. Pour les travaux de terrain du pré-test qui ont duré 10 jours, quatre zones d’enquêtes, ne faisant pas partie des zones de l’échantillon principal, ont été retenues : deux secteurs de Yaoundé pour le milieu urbain, la ville de Mfou pour le milieu semi urbain et le village Obout non loin de Mfou, représentant le milieu rural. Le pré-test a permis d’identifier certaines erreurs dans les questionnaires, certaines imprécisions dans les traductions ainsi que des lacunes dans la formation ; à partir de ces enseignements, il a été possible de préparer la version finale des questionnaires, des instructions de l’enquête et la finalisation des lexiques de traduction en langues nationales. Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 15 Formation et enquête principale La formation a duré six semaines sur la période allant du 12 janvier au 22 février 2004 : quatre semaines pour la formation des enquêteurs en salle, une semaine pour celle des techniciens et la pratique en salle en langues officielles et nationales pour les non techniciens et une semaine de pratique de terrain dans les zones non sélectionnées pour l’enquête principale de la ville de Yaoundé et ses environs (Mbankomo, Nomayos et Tsinga village). La formation consistait, d’une part, en des exposés théoriques concernant les techniques d’interview et d’enregistrement des informations et, d’autre part, en des exercices sur la façon de remplir les questionnaires. La formation a été essentiellement dispensée en français et, par la suite, des compléments ont été donnés en anglais et en langues nationales par le lexique confectionné lors du pré-test. En outre, différents spécialistes dans les domaines de la santé de la reproduction, la vaccination, la nutrition, la promotion de la femme, de la protection sociale et du VIH/sida ont donné aux enquêtrices des informations complémentaires dans leurs domaines de compétence. Par ailleurs, la pratique des mesures anthropométriques et celles des prélèvements s’est déroulée dans des centres de santé (Hôpital Général, le Centre Mère et Enfant de la Fondation Chantal Biya, Hôpital de district de Nkoldongo, Hôpital de district Biyem Assi, Hôpital de district d’Efoulan et le Centre de Promotion de Femme de Tsinga). Cette formation a été suivie par environ 100 personnes recrutées par l’INS. Des tests d’évaluation effectués au cours de la formation ont permis de retenir 84 agents de terrain. Parmi eux, 56 ont aussi reçu la formation de techniciens (chargés de faire les prélèvements sanguins). Ces agents de terrain étaient repartis en 14 équipes composées d’un chef d’équipe, d’une contrôleuse, de trois enquêtrices et d’un enquêteur. x Les chefs d’équipe, au nombre de 14, ont été sélectionnés parmi les hommes qui ont suivi la formation principale et qui présentaient les meilleures aptitudes de compréhension des questionnaires et des techniques de prélèvements. x Les contrôleuses ont été sélectionnées au nombre de 14 parmi les jeunes femmes ayant suivi la formation principale et qui présentaient les meilleures aptitudes de compréhension des questionnaires et des techniques de prélèvements. x Les techniciens (28 dont 14 de sexe masculin) ont été sélectionnés au cours de la formation et formés sur les techniques de prélèvement avec les contrôleuses et les chefs d’équipes. x Les enquêtrices (28 pour former 14 équipes) ont été sélectionnées après la formation et selon leurs résultats aux différents tests d’aptitude. Les personnes sélectionnées en qualité de chefs d’équipes et contrôleuses ont suivi une formation supplémentaire de trois jours leur permettant d’assumer efficacement leurs rôles. La collecte des données a démarré le 23 février 2004 par la couverture des grappes de Yaoundé par toutes les équipes. Chacune des équipes constituées a couvert deux grappes de l’échantillon dans la ville de Yaoundé ; ce qui a permis d’assurer un suivi rapproché des équipes avant qu’elles ne soient déployées dans leurs zones de travail respectives. La collecte s’est achevée durant la troisième semaine du mois d’août 2004. Dans le cadre du suivi des travaux sur le terrain, des missions de supervision ont été organisées régulièrement. Les membres de l’équipe technique ont assuré cette supervision des activités de terrain. Les missions de supervision avaient pour but d’évaluer les conditions de travail de chaque équipe, de contrôler la qualité du travail, de résoudre les problèmes éventuels rencontrés par les équipes, de les ravitailler en matériel, et de rapporter à Yaoundé les questionnaires remplis. 16 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête Traitement des données La saisie des données sur micro ordinateur a débuté juste après le démarrage de l’enquête sur le terrain. Les questionnaires étaient renvoyés régulièrement du terrain à l’INS à Yaoundé où des agents de bureau étaient chargés de leur vérification. Ils étaient ensuite transmis à l’atelier de saisie. Les données ont été saisies en utilisant le logiciel CSPRO, développé conjointement par le Bureau du Recensement des États-Unis, le Programme DHS, et le Serpro S.A. Tous les questionnaires ont fait l’objet d’une double saisie pour éliminer du fichier le maximum d’erreurs de saisie. Par ailleurs, un programme de contrôle de qualité permettait de détecter pour chaque équipe et même pour chaque enquêtrice/enquêteur, certaines des principales erreurs de collecte. Ces informations étaient répercutées aux équipes sur le terrain, au jour le jour quand cela était possible et lors des missions de supervision, afin d’améliorer la qualité des données. La saisie et la vérification de la cohérence interne des réponses se sont achevées en octobre 2004, suite à une mission d’un expert informaticien de l’ORC Macro venu pour la vérification finale. Analyse Les travaux d’analyse ont été réalisés en collaboration avec ORC Macro. Sur les seize chapitres du rapport principal, onze ont été rédigés par les cadres nationaux, quatre par les experts de ORC Macro International et un chapitre a fait l’objet d’une rédaction conjointe. Un séminaire d’harmonisation d’une durée de dix-sept jours a été organisé à Kribi dans le sud du pays avant la finalisation du rapport principal. Ce séminaire qui a regroupé les auteurs des différents chapitres (à l’exception de ceux de ORC Macro) et les personnes ressources a permis aux participants de faire des observations sur les différents chapitres afin de préparer leur version finale. Cette version (du rapport principal et rapport de synthèse) a été réalisée au siège de l’ORC Macro par deux cadres de l’INS et deux de cette institution. Caractéristiques des Ménages | 17 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES 2 Claude TCHAMDA et Thio'mi NKABKOB Ce chapitre porte sur l’analyse des résultats concernant les caractéristiques socio-démographiques de la population des ménages telles que la structure par âge et sexe, le taux de fréquentation scolaire et le niveau d’instruction. Dans ce chapitre, sont également présentés les caractéristiques des logements ainsi que les biens durables possédés par les ménages. L’objectif de ce chapitre est donc de présenter un profil des ménages et un aperçu de l’environnement socio-économique dans lequel vivent les hommes, les femmes et les enfants ciblés par l’enquête. Une telle présentation est essentielle dans la mesure où ces caractéristiques socio-économiques et environnementales sont des déterminants de l’état de santé de la population et de ses conditions de vie. Avant d’analyser les résultats concernant les caractéristiques des ménages, il est important de souligner qu'au cours de l'EDSC-III, l'ensemble du pays a été divisé en douze régions, à savoir la ville de Yaoundé, la ville de Douala, la province du Centre, hormis Yaoundé, la province du Littoral, hormis Douala, puis les huit autres provinces du pays: Adamaoua, Est, Extrême-Nord, Nord, Nord-Ouest, Ouest, Sud et Sud-Ouest. Chacune de ces régions, à l'exception de Yaoundé et Douala qui sont essentiellement urbaines, a été subdivisée en un milieu urbain et en un milieu rural. Ainsi, en terme de milieu de résidence, le milieu « rural » désigne l'ensemble des milieux ruraux, le terme « ensemble urbain » désigne l'ensemble des milieux urbains, le terme « Autres villes » désigne l'ensemble des milieux urbains autres que Yaoundé et Douala. Il convient en dernier ressort de présenter le concept de bien-être économique utilisé dans ce rapport. L'indice de bien-être économique est construit à partir des données sur les biens des ménages et en utilisant l'analyse en composante principale. Les informations sur les biens des ménages proviennent des réponses aux questions relatives à la possession par les ménages de certains biens durables (la télévision, la radio ou la voiture, etc.) et celles concernant certaines caractéristiques du logement comme la disponibilité de l'électricité, le type d'approvisionnement en eau de boisson, le type de toilettes, le matériau de revêtement du sol, le nombre de pièces utilisées pour dormir, le type de combustible pour la cuisine, etc. Cet indice est construit de la manière suivante : x on affecte à chacun des biens ou caractéristiques un poids (score ou coefficient) généré à partir d'une analyse en composante principale ; x les scores des biens qui en résultent sont standardisés selon une distribution normale standard de moyenne 0 et d'écart type 1 (Gwatkin et al., 2000) ; x on attribue dans chaque ménage un score pour chaque bien et on fait la somme de tous les scores par ménage ; x les ménages sont classés par ordre croissant de score total et divisés en 5 catégories d’effectifs égales appelés quintile. On établie ainsi une échelle allant de 1 (quintile le plus pauvre) à 5 (quintile le plus riche) ; x le score de chaque ménage est affecté aux individus qui le composent. Les individus sont ainsi repartis dans les différentes catégories. 18 | Caractéristiques des Ménages 2.1 ENQUÊTE MÉNAGE L’enquête ménage a permis de recueillir des données concernant la structure par âge et sexe de la population ainsi que la taille et certaines caractéristiques des ménages. 2.1.1 Structure par sexe et âge de la population Le tableau 2.1 présente la répartition par âge et sexe de la population des ménages enquêtés, selon le milieu de résidence. Parmi les 49 840 personnes enquêtées, 24 430 sont des hommes et 25 398 sont des femmes, soit un rapport de masculinité égal à 96 hommes pour 100 femmes. Par rapport à l’enquête précédente, on constate que ce rapport de masculinité s’est légèrement rééquilibré en faveur des hommes puisqu’il s’établissait à 93 hommes pour 100 femmes en 1998. Cependant, en milieu rural, les hommes sont toujours moins nombreux que les femmes (rapport de masculinité de 93 hommes pour 100 femmes) En milieu urbain, on constate un équilibre entre les sexes. Tableau 2.1 Population des ménages par âge, sexe et milieu de résidence Répartition (en %) de la population (de fait) des ménages par groupe d'âges quinquennal, selon le milieu de résidence et le sexe, Cameroun 2004 Milieu de résidence Yaoundé/Douala Autres villes Ensemble urbain Rural CamerounGroupe d'âges Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble <5 12,7 12,4 12,6 15,9 15,4 15,6 14,7 14,4 14,6 18,5 17,4 18,0 16,7 16,0 16,3 5-9 10,0 10,4 10,2 15,2 13,3 14,3 13,4 12,3 12,8 17,2 15,6 16,4 15,3 14,0 14,6 10-14 12,3 11,6 11,9 13,5 13,8 13,7 13,0 13,0 13,1 15,6 13,1 14,3 14,3 13,1 13,7 15-19 11,9 14,2 13,0 13,4 13,4 13,4 12,9 13,7 13,3 9,3 8,9 9,1 11,1 11,2 11,1 20-24 14,2 13,5 13,9 9,2 10,1 9,7 11,0 11,3 11,2 6,3 7,8 7,1 8,6 9,5 9,1 25-29 11,1 9,9 10,5 7,2 7,5 7,3 8,6 8,3 8,4 6,1 6,5 6,3 7,3 7,4 7,3 30-34 7,8 7,2 7,5 5,8 6,0 5,9 6,5 6,4 6,5 4,7 5,3 5,0 5,6 5,8 5,7 35-39 5,7 6,5 6,1 4,4 4,5 4,5 4,9 5,2 5,0 3,7 4,0 3,9 4,3 4,6 4,4 40-44 4,7 4,4 4,5 3,8 3,5 3,7 4,1 3,8 4,0 3,7 3,4 3,5 3,9 3,6 3,7 45-49 3,5 3,1 3,3 2,8 2,7 2,8 3,1 2,8 3,0 2,8 3,1 3,0 2,9 3,0 3,0 50-54 2,2 2,6 2,4 2,7 3,0 2,9 2,5 2,9 2,7 2,7 3,7 3,2 2,6 3,3 3,0 55-59 1,3 1,3 1,3 1,8 1,8 1,8 1,6 1,6 1,6 2,1 3,0 2,6 1,8 2,4 2,1 60-64 1,3 1,1 1,2 1,5 1,5 1,5 1,4 1,4 1,4 2,5 2,6 2,6 2,0 2,0 2,0 65-69 0,5 0,8 0,6 1,2 1,3 1,2 1,0 1,1 1,0 1,6 1,8 1,7 1,3 1,4 1,4 70-74 0,4 0,5 0,5 0,8 1,1 0,9 0,6 0,9 0,8 1,6 1,8 1,7 1,1 1,3 1,2 75-79 0,1 0,2 0,2 0,4 0,4 0,4 0,3 0,3 0,3 0,7 0,8 0,7 0,5 0,6 0,5 80 + 0,2 0,3 0,2 0,3 0,5 0,4 0,3 0,5 0,4 0,9 1,1 1,0 0,6 0,8 0,7 NSP/ND 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 4 361 4 163 8 525 7 723 7 990 15 717 12 084 12 153 24 241 12 346 13 245 25 598 24 430 25 398 49 840 Note : Le total inclut 12 individus pour lesquels le sexe n'est pas déclaré. La pyramide des âges, présente une base élargie qui se rétrécit rapidement au fur et à mesure que l’on avance vers les âges élevés, forme caractéristique des populations jeunes, à forte fécondité et à mortalité élevée (graphique 2.1). On note une légère surreprésentation des femmes à 50-54 ans et des hommes à 60-64 ans. Ceci est dû, en partie, à un vieillissement artificiel de ces groupes d’âges par les enquêtrices dans le but de les exclure des tranches d’âges éligibles pour l’enquête individuelle (15-49 ans pour les femmes et 15-59 ans pour les hommes). Caractéristiques des Ménages | 19 EDSC-III 2004 Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population 80 + 75-79 70-74 65-69 60-64 55-59 50-54 45-49 40-44 35-39 30-34 25-29 20-24 15-19 10-14 5-9 <5 Âge 0246810 0 2 4 6 8 10 Hommes Femmes Pourcentage Les résultats présentés au tableau 2.2 mettent en évidence la jeunesse de la population camerounaise, 45 % ayant moins de 15 ans. Cette structure reflète celle de la population en général. En outre, les personnes de 15-64 ans représentent 51 % de la population et les 65 ans et plus, 4 %. Tableau 2.2 Population (de droit) par âge selon différentes sources Répartition (en %) de la population par grand groupe d’âges d’après le RGPH de 1976, l’ENF de 1978, le RGPH de 1987, l’EDSC-I de 1991, l’EDSC-II de 1998, et l’EDSC-III de 2004 Groupe d’âges RGPH 1976 ENF 1978 RGPH 1987 EDSC-I 1991 EDSC-II 1998 EDSC-III 2004 < 15 ans 42,2 44,1 46,4 47,4 45,2 44,6 15 - 64 54,6 51,1 50,2 49,2 50,3 51,4 65 ou plus 3,2 3,6 3,4 3,4 4,4 3,8 NSP/ND - 0,2 - 0,1 0,1 - Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Rapport de dépendance 83 92 99 103 99 94 Sources : RGPH 1976 : DSCN, 1978b ENF 1978 : DSCN et EMF, 1983a RGPH 1987 : Direction Nationale du 2è RGPH, 1992b, 1992c EDSC-I 1991 : Balépa et al., 1992 EDSC-II 1998 : Fotso et al., 1999 2.2 TAILLE ET COMPOSITION DES MÉNAGES Le tableau 2.3 présente la répartition des ménages par sexe du chef de ménage, et selon la taille du ménage selon le milieu de résidence. 20 | Caractéristiques des Ménages Chef de ménage On constate au tableau 2.3 que dans l’ensemble 76 % des ménages camerounais ont à leur tête un homme et on ne constate que peu de variation en fonction du milieu de résidence. Cependant, dans près d’un quart des cas, les ménages sont dirigés par une femme. Dans l’enquête précédente, cette proportion était de 22 %. Tableau 2.3 Composition des ménages Répartition (en %) des ménages par sexe du chef de ménage et taille du ménage, selon le milieu de résidence, Cameroun 2004 Milieu de résidence Caractéristique socio-démographique Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Sexe du chef de ménage Masculin 75,7 74,4 74,9 77,1 76,0 Féminin 24,3 25,6 25,1 22,9 24,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre de membres habituels 1 18,0 20,3 19,4 15,4 17,5 2 14,8 13,7 14,1 12,4 13,3 3 13,1 9,9 11,1 11,7 11,4 4 11,3 10,7 10,9 11,8 11,4 5 10,6 10,8 10,7 11,0 10,8 6 9,4 8,9 9,1 9,7 9,4 7 6,4 7,7 7,2 7,2 7,2 8 6,1 5,3 5,6 5,8 5,7 9+ 9,5 12,3 11,3 14,3 12,7 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de ménages 1 976 3 398 5 374 5 088 10 462 Taille moyenne 4,3 4,6 4,5 5,0 4,8 Note : Tableau basé sur la population de droit, c.à.d. les résidents habituels. 1 Le total inclut quelques ménages dont aucun membre n’est résident habituel. Taille des ménages En ce qui concerne la taille du ménage, on constate qu’un ménage camerounais compte, en moyenne, 4,8 personnes. Dans l’enquête précédente, cette taille était de 5,5. En outre, cette taille moyenne varie de 4,5 en milieu urbain à 5,0 en milieu rural. C’est dans les villes de Yaoundé/Douala qu’elle est la plus petite (en moyenne, 4,3). Au niveau global, plus de la moitié des ménages comprennent entre 1 et 4 personnes (54 %). Moins d’un ménage sur cinq est composé d’une seule personne (18 %). À l’opposé, 13 % des ménages comptent au moins 9 personnes et c’est en milieu rural qu’ils sont proportionnellement les plus nombreux (14 %). Survie et résidence des parents des enfants de moins de 18 ans1 Le tableau 2.4 et le graphique 2.2 présentent les résultats concernant les enfants de moins de 18 ans orphelins et la résidence de ces enfants avec leurs parents. On constate tout d’abord que 59 % des 1 L'EDSC-II s'est intéressée aux enfants de moins de 15 ans. Avec les nouvelles orientations de l'UNICEF, l'EDSC-III met l'accent plutôt sur les enfants de moins de 18 ans. Caractéristiques des Ménages | 21 enfants vivent avec leurs deux parents biologiques. Dans 18 % des cas, les enfants de moins de 18 ans vivent avec leur mère biologique, que le père soit en vie ou décédé, et dans 7 % des cas, ils vivent seulement avec leur père, cela que la mère soit en vie ou décédée. Globalement, 18 % des enfants de moins de 18 ans ne vivent avec aucun des deux parents biologiques, que ceux-ci soient en vie ou décédés. Les résultats selon l’âge montrent que la proportion d’enfants vivant avec leurs deux parents diminue avec l’âge passant de 71 % à moins de 2 ans à 39 % à 15-17 ans. On ne note aucune différence selon le sexe de l’enfant. Par contre, la proportion d’enfants de moins de 18 ans vivant avec leurs parents biologiques est légèrement plus élevée en rural qu’ailleurs (59 % contre en moyenne 53 %). Tableau 2.4 Enfants orphelins et résidence des enfants avec les parents Répartition (en %) de la population d'enfants (de droit) de moins de 18 ans par état de survie des parents et résidence avec les parents, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Ne vit avec aucun des deux parents Vivant avec la mère seulement Vivant avec le père seulement Caractéristique socio-démographique Vivant avec ses deux parents Père en vie Père décédé Mère en vie Mère décédée Les deux sont vivants Seul le père est vivant Seule la mère est vivante Les deux sont décédés Information sur père/ mère non déclarée Total Effectif d'enfants Âge <2 71,1 23,1 2,1 0,8 0,0 1,4 0,3 0,2 0,0 1,0 100,0 3 256 2-4 66,2 15,9 2,7 4,1 0,2 8,3 0,5 0,5 0,2 1,3 100,0 4 735 5-9 57,1 11,6 4,4 7,6 1,1 13,2 1,1 2,0 0,6 1,3 100,0 7 290 10-14 49,5 9,9 6,5 8,7 2,2 15,4 1,9 2,9 1,4 1,6 100,0 6 773 15-17 38,7 8,4 7,7 7,2 2,0 21,6 2,1 5,4 1,9 4,9 100,0 3 220 Sexe Masculin 56,3 12,8 5,1 6,8 1,4 11,6 1,2 2,2 0,9 1,6 100,0 12 834 Féminin 56,2 13,2 4,5 5,8 1,0 13,2 1,3 2,1 0,7 2,0 100,0 12 431 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 53,6 15,0 5,0 5,6 0,9 12,2 1,4 2,4 1,1 2,8 100,0 3 554 Autres villes 53,0 14,4 4,3 5,9 1,0 14,7 1,6 2,5 1,1 1,7 100,0 8 036 Ensemble urbain 53,2 14,5 4,5 5,8 1,0 14,0 1,5 2,4 1,1 2,0 100,0 11 589 Rural 58,8 11,7 5,0 6,8 1,4 11,1 1,0 1,9 0,6 1,6 100,0 13 684 Région Adamaoua 62,2 7,9 2,8 6,1 1,5 13,6 1,0 2,2 0,9 1,9 100,0 1 126 Centre 49,0 15,6 5,5 4,8 1,4 16,6 1,4 2,0 1,0 2,6 100,0 2 162 Douala 55,4 14,0 5,2 4,9 0,9 11,6 1,5 2,3 1,0 3,2 100,0 1 896 Est 54,8 12,9 4,5 4,7 1,8 14,0 0,9 2,7 1,3 2,6 100,0 1 330 Extrême-Nord 67,1 7,5 4,9 9,1 0,9 7,3 0,7 1,7 0,5 0,3 100,0 5 145 Littoral 48,9 17,6 5,0 4,6 1,5 15,9 1,5 2,3 0,6 2,3 100,0 990 Nord 72,2 3,6 2,5 8,4 2,6 6,9 0,5 2,0 0,4 0,9 100,0 2 664 Nord-Ouest 45,9 20,0 6,0 5,5 0,8 14,0 2,2 1,9 0,9 2,7 100,0 2 948 Ouest 51,5 16,0 5,7 4,7 0,5 16,6 1,5 1,9 0,8 0,6 100,0 2 813 Sud 39,6 20,2 3,7 6,2 1,3 18,4 1,7 3,5 1,0 4,4 100,0 1 017 Sud-Ouest 49,2 17,0 4,8 4,3 1,3 14,7 1,7 3,1 1,1 2,7 100,0 1 525 Yaoundé 51,5 16,1 4,8 6,5 1,0 13,0 1,2 2,5 1,2 2,3 100,0 1 657 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 68,3 9,6 4,3 6,6 1,2 6,8 0,6 1,1 0,6 1,1 100,0 5 656 Second 56,2 12,6 4,6 7,3 1,9 12,3 1,2 1,9 0,6 1,6 100,0 5 232 Moyen 49,9 15,2 6,7 5,5 1,2 15,1 1,4 2,4 0,7 2,0 100,0 5 182 Quatrième 52,9 13,8 4,2 6,0 0,7 14,6 1,5 2,8 1,4 2,1 100,0 4 815 Le plus riche 51,9 14,5 4,0 6,3 1,1 14,3 1,7 2,9 0,9 2,4 100,0 4 388 Ensemble 0-171 56,2 13,0 4,8 6,3 1,2 12,4 1,2 2,2 0,8 1,8 100,0 25 274 Ensemble 0-141 58,8 13,7 4,3 6,2 1,1 11,1 1,1 1,7 0,7 1,3 100,0 22 054 1 Le total comprend 9 cas dont le sexe est non déterminé 22 | Caractéristiques des Ménages Graphique 2.2 Survie des parents des enfants de moins de 18 ans et résidence des enfants avec les parents EDSC-III -2004 Survie des parents Résidence des enfants Père et mère vivants 88 % Mère décédée 2 % Père et mère décédés 1 % Père décédé 7 % Vit avec père et mère 56 % Vit avec père 8 % Vit avec mère 18 % Vit avec aucun 18 % ND 2 % 2.3.1 Niveau d'instruction et fréquentation scolaire Le niveau d'instruction des membres du ménage est un élément important qui contribue à l'amélioration des conditions de vie du ménage car il peut affecter le comportement procréateur, l’utilisation de la contraception, le comportement en matière de santé, le niveau de scolarisation des autres membres du ménage ainsi que les habitudes en matière d’hygiène et de nutrition. Dans le cadre de l’enquête ménage, pour chaque membre du ménage âgé de 3 ans ou plus, on a collecté des informations sur le niveau d’instruction atteint ainsi que sur la dernière classe achevée. Tout comme à l’EDSC-II, on a distingué 3 niveaux d’instruction : le primaire, le secondaire et le supérieur. En outre, au niveau de l’analyse, les écoles professionnelles du cycle secondaire ou supérieur ont été assimilées au niveau correspondant. Au Cameroun, l’âge d’entrée dans le système scolaire est fixé à 6 ans (système francophone) ou 5 ans (système anglophone). Les études primaires durent respectivement six ou sept ans selon le système. L’entrée en cycle secondaire a lieu, en théorie, à 12 ans et les études durent sept ans à ce niveau, quel que soit le système. La fin des études secondaires est sanctionnée par le Baccalauréat dans le système francophone, et par le General Certificate of Education Advanced Level (GCEAL) dans le système anglophone. Quant à l’enseignement supérieur, il est unique et reçoit les élèves provenant des deux systèmes. Les résultats sont présentés au tableau 2.5.1 pour les hommes et 2.5.2 pour les femmes. Globalement, on constate que 17 % des hommes et une proportion plus élevée de femmes (29 %) n’ont aucun niveau d’instruction. À titre de comparaison, ces proportions étaient respectivement de 21 % et 35 % à l’enquête précédente en 1998. On observe des écarts importants selon le milieu de résidence : que ce soit chez les femmes ou chez les hommes, c’est en milieu rural que la proportion de ceux sans niveau d’instruction est la plus élevée (respectivement, 25 % et 42 %). À l’opposé, c’est dans les villes de Yaoundé/Douala que ces proportions sont les plus faibles (respectivement, 4 % et 6 %). Dans les régions, on constate également des disparités : quel que soit le sexe, ce sont les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord qui détiennent les proportions les plus élevées d’enquêtés sans aucun niveau d’instruction. Enfin les résultats selon le quintile de bien-être montrent que du quintile le plus pauvre au plus riche, les proportions de femmes et d’hommes sans niveau d’instruction diminuent de manière importante. Caractéristiques des Ménages | 23 Tableau 2.5.1 Niveau d'instruction de la population des ménages : hommes Répartition (en %) de la population (de fait) des hommes des ménages, âgés de six ans et plus par niveau d'instruction atteint, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Aucune instruction Primaire1 Secondaire2 Supérieur Total Effectif Nombre d'années médian MASCULIN Groupe d’âges 6-9 25,3 74,2 0,1 0,0 100,0 3 104 0,1 10-14 8,0 79,9 11,7 0,0 100,0 3 504 3,1 15-19 6,3 43,6 49,7 0,2 100,0 2 704 6,0 20-24 9,5 35,8 49,8 4,7 100,0 2 111 6,9 25-29 10,7 38,1 41,7 8,8 100,0 1 790 6,7 30-34 12,3 36,9 42,6 7,4 100,0 1 371 6,7 35-39 17,1 33,7 39,2 9,5 100,0 1 050 6,6 40-44 18,1 38,6 35,3 7,1 100,0 949 6,1 45-49 18,2 41,1 33,1 6,7 100,0 719 5,8 50-54 30,8 41,4 22,7 4,1 100,0 638 4,8 55-59 34,6 42,3 18,0 4,3 100,0 452 4,4 60-64 49,1 34,0 12,8 2,1 100,0 485 0,0 65+ 57,4 33,9 6,7 0,5 100,0 847 0,0 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 3,5 37,2 48,6 9,6 100,0 3 739 7,3 Autres villes 12,2 50,0 33,9 3,5 100,0 6 274 5,2 Ensemble urbain 8,9 45,2 39,4 5,8 100,0 10 013 5,8 Rural 25,4 57,8 15,8 0,6 100,0 9 719 2,4 Région Adamaoua 33,0 46,7 14,8 4,7 100,0 834 1,4 Centre 5,7 59,9 32,5 1,5 100,0 1 687 4,9 Douala 3,5 39,4 48,5 7,4 100,0 2 000 6,8 Est 9,6 56,0 31,2 2,1 100,0 921 4,3 Extrême-Nord 44,3 46,6 9,0 0,1 100,0 3 447 0,0 Littoral 5,3 53,5 38,1 2,1 100,0 840 5,3 Nord 39,2 47,6 12,4 0,5 100,0 1 901 0,6 Nord-Ouest 9,0 68,3 20,2 2,0 100,0 2 173 5,2 Ouest 8,4 57,6 30,6 3,1 100,0 1 901 4,5 Sud 5,2 50,0 41,9 2,5 100,0 852 5,6 Sud-Ouest 3,8 61,1 31,5 2,9 100,0 1 436 6,3 Yaoundé 3,4 34,7 48,7 12,0 100,0 1 739 7,8 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 37,1 54,8 7,8 0,1 100,0 3 578 0,7 Second 27,9 57,7 13,9 0,1 100,0 3 761 2,1 Moyen 14,6 61,0 23,3 0,5 100,0 3 916 4,0 Quatrième 6,6 52,9 37,0 2,9 100,0 4 142 5,6 Le plus riche 3,2 33,2 51,2 11,4 100,0 4 334 8,1 Ensemble 17,0 51,4 27,8 3,2 100,0 19 732 4,3 1 Le niveau primaire comprend 6 classes. 2 Le niveau secondaire comprend 7 classes. 24 | Caractéristiques des Ménages Tableau 2.5.2 Niveau d'instruction de la population des ménages : femmes Répartition (en %) de la population (de fait) des femmes des ménages, âgés de six ans et plus par niveau d'instruction atteint, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Aucune instruction Primaire1 Secondaire2 Supérieur Total Effectif Nombre d'années médian FÉMININ Groupe d’âges 6-9 27,4 72,4 0,0 0,0 100,0 2 924 0,1 10-14 12,7 75,1 11,9 0,0 100,0 3 317 3,0 15-19 14,8 39,5 45,3 0,1 100,0 2 839 5,8 20-24 19,1 37,5 40,0 3,1 100,0 2 412 6,1 25-29 23,2 36,7 35,4 4,3 100,0 1 868 5,6 30-34 24,9 38,8 32,6 3,2 100,0 1 482 5,3 35-39 27,6 40,9 28,0 2,7 100,0 1 166 4,9 40-44 31,4 43,1 21,8 2,3 100,0 916 4,4 45-49 40,7 41,9 15,4 1,7 100,0 759 3,0 50-54 52,7 35,5 9,6 0,9 100,0 845 0,0 55-59 68,3 25,2 5,2 0,3 100,0 598 0,0 60-64 79,3 16,6 2,2 0,3 100,0 517 0,0 65+ 90,6 7,4 0,8 0,0 100,0 1 054 0,0 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 5,6 41,4 47,2 4,8 100,0 3 575 6,3 Autres villes 22,0 48,0 28,2 1,4 100,0 6 556 4,2 Ensemble urbain 16,2 45,6 34,9 2,6 100,0 10 131 5,1 Rural 41,6 48,0 9,7 0,2 100,0 10 570 0,5 Région Adamaoua 48,9 37,6 11,2 1,5 100,0 814 0,0 Centre 15,1 59,5 24,0 1,1 100,0 1 830 4,2 Douala 5,5 43,2 46,4 3,9 100,0 1 881 6,1 Est 20,3 58,8 19,7 0,6 100,0 972 2,7 Extrême-Nord 65,2 31,8 2,7 0,0 100,0 3 716 0,0 Littoral 13,8 53,1 32,0 0,3 100,0 956 4,7 Nord 64,9 30,8 3,7 0,0 100,0 1 875 0,0 Nord-Ouest 22,0 59,7 16,6 1,0 100,0 2 350 4,0 Ouest 18,1 55,5 25,3 0,8 100,0 2 339 4,0 Sud 11,3 52,8 34,9 0,5 100,0 890 4,8 Sud-Ouest 11,8 58,7 27,6 1,5 100,0 1 384 5,9 Yaoundé 5,8 39,3 48,2 5,7 100,0 1 694 6,6 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 55,7 40,2 3,8 0,0 100,0 4 013 0,0 Second 43,7 48,6 6,9 0,0 100,0 4 168 0,2 Moyen 26,6 56,3 16,5 0,1 100,0 4 226 2,8 Quatrième 14,7 51,9 32,2 0,7 100,0 4 162 4,9 Le plus riche 6,2 36,8 50,4 5,9 100,0 4 131 7,0 Ensemble 29,2 46,8 22,1 1,4 100,0 20 701 2,9 1 Le niveau primaire comprend 6 classes. 2 Le niveau secondaire comprend 7 classes. Caractéristiques des Ménages | 25 En outre, les résultats montrent que 51 % des hommes et 47 % des femmes ont atteint un niveau d’instruction primaire ; Plus d’un quart des hommes (28 %) et environ une femme sur cinq (22%) ont atteint un niveau secondaire et une proportion très faible d’hommes comme de femmes ont atteint un niveau supérieur (respectivement, 3 % et 1 %). Cependant, on constate une amélioration de la scolarisation des générations anciennes aux plus récentes : en effet, chez les femmes, la proportion de celles sans niveau d’instruction est passée de 91 % parmi celles de 65 ans et plus à 27 % parmi les plus jeunes de 6-9 ans. Chez les hommes, ces proportions sont passées de 57 % à 25 % pour les mêmes groupes d’âges. Le principal indicateur du niveau d’accès de la population au système éducatif est le niveau de fréquentation scolaire des personnes en âge d’aller à l’école. Au cours de l’EDSC-III, des questions relatives à la fréquentation scolaire ont été posées pour toutes les personnes âgées de 3 à 24 ans. Afin d’avoir une indication sur l’accès actuel de la population à la scolarisation, on a calculé des taux de fréquentation scolaire (Graphique 2.3). Graphique 2.3 Taux de fréquentation scolaire par âge (Pourcentage de la population de 5-24 ans fréquentant l'école par âge et sexe) EDSC-III 2004 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Âge 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Pourcentage Hommes Femmes Le tableau 2.6 présente les taux nets et bruts de fréquentation scolaire2, par niveau d’instruction, par sexe, selon le milieu, la région de résidence et le quintile de bien-être économique. 2 Les définitions de ces indicateurs sont données dans le tableau. 26 | Caractéristiques des Ménages Tableau 2.6 Taux de fréquentation scolaire Taux net de fréquentation scolaire (TNFS) et taux brut de fréquentation scolaire (TBFS) de la population (de droit) des ménages, selon le niveau d'instruction, le sexe et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Taux net de fréquentation scolaire1 Taux brut de fréquentation scolaire2Caractéristique socio-démographique Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Indice de parité de genre3 NIVEAU PRIMAIRE Milieu de résidence Yaoundé/Douala 91,6 92,8 92,2 128,3 123,2 125,8 0,96 Autres villes 85,9 85,1 85,6 126,2 120,4 123,3 0,95 Ensemble urbain 87,6 87,3 87,5 126,8 121,2 124,0 0,96 Rural 72,9 67,9 70,5 122,0 103,1 112,8 0,85 Région Adamaoua 66,1 62,0 64,2 107,0 88,8 98,2 0,83 Centre 94,0 89,8 91,9 143,6 132,8 138,3 0,92 Douala 92,7 95,3 93,9 132,3 129,8 131,1 0,98 Est 83,9 86,2 85,1 131,2 127,8 129,5 0,97 Extrême-Nord 55,9 48,9 52,6 101,4 77,8 90,2 0,77 Littoral 94,6 91,7 93,2 132,1 136,6 134,3 1,03 Nord 54,5 45,8 50,0 100,7 64,7 82,3 0,64 Nord-Ouest 90,3 92,0 91,1 142,1 136,0 139,1 0,96 Ouest 96,6 94,9 95,8 138,2 138,0 138,1 1,00 Sud 91,5 91,5 91,5 137,2 134,6 135,8 0,98 Sud-Ouest 94,3 92,6 93,4 141,3 128,1 134,8 0,91 Yaoundé 90,3 90,2 90,3 123,3 116,3 119,7 0,94 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 60,3 55,0 57,7 106,1 80,4 93,6 0,76 Second 74,6 71,9 73,3 123,2 111,9 117,6 0,91 Moyen 86,3 82,8 84,6 135,3 128,1 131,9 0,95 Quatrième 93,3 89,7 91,5 139,4 125,3 132,3 0,90 Le plus riche 88,6 90,3 89,4 120,1 117,5 118,8 0,98 Ensemble 79,2 76,4 77,8 124,0 111,1 117,7 0,90 Suite. Caractéristiques des Ménages | 27 Tableau 2.6—Suite Taux net de fréquentation scolaire (TNFS) et taux brut de fréquentation scolaire (TBFS) de la population (de droit) des ménages, selon le niveau d'instruction, le sexe et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Taux net de fréquentation scolaire1 Taux brut de fréquentation scolaire2Caractéristique socio-démographique Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Indice de parité de genre3 NIVEAU SECONDAIRE Milieu de résidence Yaoundé/Douala 56,3 58,8 57,6 83,0 81,2 82,1 0,98 Autres villes 46,5 40,7 43,6 69,8 57,3 63,6 0,82 Ensemble urbain 49,8 46,8 48,3 74,2 65,4 69,8 0,88 Rural 17,4 13,8 15,7 23,7 17,0 20,4 0,72 Région Adamaoua 24,1 17,5 20,8 34,6 21,8 28,2 0,63 Centre 42,2 33,3 38,0 55,8 43,2 49,8 0,77 Douala 54,5 58,4 56,4 81,0 79,5 80,2 0,98 Est 33,3 24,2 28,8 47,9 32,6 40,3 0,68 Extrême-Nord 11,3 4,9 8,2 17,6 7,4 12,6 0,42 Littoral 47,1 47,5 47,3 65,3 63,8 64,5 0,98 Nord 15,1 9,7 12,6 25,7 14,4 20,5 0,56 Nord-Ouest 29,5 27,7 28,6 43,9 37,7 40,9 0,86 Ouest 41,1 42,7 41,9 58,3 56,5 57,4 0,97 Sud 49,3 37,3 43,2 74,3 47,7 60,8 0,64 Sud-Ouest 39,9 38,0 39,0 58,4 55,4 56,9 0,95 Yaoundé 58,5 59,3 58,9 85,6 83,2 84,4 0,97 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 9,7 7,1 8,5 13,6 9,1 11,5 0,67 Second 14,7 9,9 12,3 20,6 12,1 16,4 0,58 Moyen 30,6 24,3 27,5 39,7 31,0 35,5 0,78 Quatrième 42,5 42,8 42,7 64,7 58,1 61,5 0,90 Le plus riche 66,4 63,5 64,9 100,4 90,1 95,2 0,90 Ensemble 34,2 31,4 32,8 49,9 42,7 46,3 0,86 1 Le taux net de fréquentation scolaire (TNFS) pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d'âge de fréquentation du niveau primaire (6-11 ans) qui fréquente l'école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d'âge de fréquentation du niveau secondaire (12-18 ans) qui fréquente l'école secondaire. Par définition le taux net de fréquentation ne peut excéder 100 pour cent. 2 Le taux brut de fréquentation scolaire (TBFS) pour le niveau primaire est la proportion des élèves du niveau primaire, quel que soit leur âge, dans la population d'âge officiel de fréquentation du niveau primaire. Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est la proportion des élèves du niveau secondaire, quel que soit leur âge, dans la population d'âge officiel de fréquentation du niveau secondaire. S'il y a pour un niveau donné un nombre important d'élèves plus âgés ou plus jeunes que l'âge officiel pour ce niveau, le TBFS peut excéder 100 pour cent. 3 L'indice de parité de genre pour l'école primaire est le ratio du TBFS au niveau primaire des filles sur le TBFS des garçons. L'indice de parité de genre pour l'école secondaire est le ratio du TBFS au niveau secondaire des filles sur le TBFS des garçons. 28 | Caractéristiques des Ménages Le taux net de fréquentation scolaire pour le primaire est de 78 %, ce qui signifie que plus des trois-quarts de la population de 6-11 ans fréquentent l’école primaire. Ce taux est légèrement plus élevé pour les garçons que pour les filles (79 % contre 76 %). En outre, il présente des écarts selon le milieu de résidence : c’est en milieu rural qu’il est le plus faible et dans les villes de Yaoundé/Douala qu’il est le plus élevé (71 % contre 92 %). Dans les régions, on constate que c’est dans l’Adamaoua (64 %), dans l’Extrême-Nord (53 %) et dans le Nord (50 %) qu’ils sont les plus faibles (graphique 2.4). Dans ces deux dernières régions, seulement un enfant de 6-11 ans sur deux fréquente l’école primaire. Pour le niveau secondaire qui concerne la population âgée de 12-18 ans, le taux net de fréquentation scolaire s’établit à 33 %. Seulement un tiers de la population d’âge officiel de niveau secondaire fréquente effectivement ce niveau. On ne constate pratiquement pas d’écart entre les sexes (34 % pour les garçons contre 31 % pour les filles). Par contre, comme pour le niveau primaire, le taux net au niveau secondaire est beaucoup plus faible en milieu rural qu’à Yaoundé/Douala (16 % contre 58 %) et au niveau des régions, ce sont l’Extrême-Nord et le Nord qui se caractérisent par les taux les plus faibles (respectivement, 8 % et 13 %). Les résultats selon le quintile de bien-être montrent que quel que soit le cycle d’études, les taux augmentent des ménages les plus pauvres aux plus riches. Graphique 2.4 Taux nets de fréquentation scolaire (niveau primaire) par région EDSC-III 2004 Adamaoua Centre Douala Est Extrême-Nord Littoral Nord Nord-Ouest Ouest Sud Sud-Ouest Yaoundé 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Pourcentage Hommes Femmes Le taux brut pour le niveau de l’enseignement primaire est de 118 % et de 46 % pour le niveau secondaire ; cela signifie qu’au niveau primaire, un nombre important d’enfants plus âgés ou plus jeunes par rapport à l’âge officiel du niveau de fréquentation scolaire sont enrôlés à ce niveau3. Quel que soit le niveau d’études, ce taux est plus élevé chez les garçons que chez les filles (124 % contre 111 % au niveau primaire ; 50 % contre 43 % au niveau secondaire). On constate de plus les mêmes variations que celles observées pour le taux net. Le tableau 2.6 présente également l’indice de parité de genre qui est le rapport entre le taux brut de fréquentation scolaire des femmes et celui des hommes. Plus l’indice de parité est proche de 1, moins l’écart entre les taux de fréquentation scolaire entre les sexes est important. Un indice égal à 1 indique l’égalité totalité. Au Cameroun, l’indice est estimé à 0.9, cela quel que soit le niveau d’études, ce qui 3 Certains y accèdent précocement et d’autres y en sortent tardivement. Caractéristiques des Ménages | 29 révèle l’existence d’une certaine discrimination à l’égard des filles en ce qui concerne la fréquentation scolaire aux niveaux d’enseignement primaire et secondaire. Cette discrimination est légèrement plus accentuée au niveau d’enseignement secondaire où cet indice est de 0,86 comparé au niveau primaire où il est de 0,90. L’importance de cette discrimination varie d’un milieu de résidence à l’autre et d’une région à l’autre. Dans certaines régions, comme le Littoral et l’Ouest, l’indice de parité est, soit très légèrement supérieur à 1, soit égal. Par contre, dans le Nord et l’Extrême-Nord, il n’est que de, respectivement, 0,6 et 0,8. Cet indice est aussi plus faible en milieu rural qu’en milieu urbain et parmi les ménages les plus pauvres par rapport aux plus riches. Il semblerait donc qu’en plus des pesanteurs socioculturelles, la discrimination observée à l’égard des filles résulte d’un choix économique que certains ménages, pauvres en général, sont obligés d’effectuer en raison des coûts d’accès au système scolaire. Les résultats tendent à montrer que dans ces situations, ce sont les garçons qui sont envoyés ou maintenus dans le système scolaire au détriment des filles. 2.3.2 Orphelins et scolarisation L’émergence de l’épidémie du VIH/sida, en particulier dans les pays à forte prévalence a eu, entre autres, pour conséquence une augmentation significative du nombre d’orphelins. Au Cameroun, 15 % des enfants de 10-14 ans sont orphelins, soit d’au moins un parent, soit des deux (cf. tableau 2.4). Cette situation a conduit certains organismes à mettre en place des interventions de soutien et certains pays ont intégré dans leurs préoccupations les conditions de vie des enfants ayant survécu à leurs parents, en raison de leur plus grande vulnérabilité. En effet, on considère que les enfants orphelins, privés du soutien de leur famille, vivent dans des conditions précaires et sont donc désavantagés par rapport aux enfants qui vivent avec leurs deux parents. Pour évaluer l’importance de ce désavantage sur le plan de la scolarité, au cours de l’EDSC-III, on a cherché à savoir si les enfants orphelins d’au moins un des deux parents fréquentaient autant l’école que les enfants dont les deux parents étaient en vie et qui vivaient avec, au moins, un parent. Les résultats présentés au tableau 2.7 montrent qu’au Cameroun, la situation familiale ne semble pas affecter la fréquentation scolaire des enfants. En effet, parmi les enfants dont les deux parents sont en vie et qui vivent avec au moins l’un d’eux, 85 % vont à l’école ; parmi ceux qui ne vivent avec aucun des deux parents alors que ceux-ci sont en vie, la proportion qui fréquente l’école est même légèrement supérieure à celles des enfants dont les parents sont en vie et qui vivent avec au moins l’un des deux parents (88 %). Il en est de même de ceux dont seul le père est décédé puisque 88 % vont à l’école. Il semble que ce soit le décès de la mère qui influence le plus les chances d’un enfant de fréquenter l’école puisque seulement 81 % de ces enfants continuent d’aller à l’école. 30 | Caractéristiques des Ménages Tableau 2.7 Scolarisation des enfants de 10-14 ans orphelins ou non et selon la résidence avec les parents Pourcentage d'enfants de 10-14 ans orphelins et non orphelins fréquentant actuellement l'école, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Les deux parents en vie, vivant avec au moins un parent Les deux parents en vie, ne vivant avec aucun parent Seule la mère est décédée Seul le père est décédé Les deux parents sont décédés Mère, père ou les deux sont décédés Caractéristique socio- démographique % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif Sexe Masculin 87,9 2 427 89,0 490 78,6 138 92,7 325 81,7 52 87,0 515 Féminin 80,8 2 187 86,6 551 83,5 136 82,5 316 (85,4) 42 82,8 493 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 97,4 680 93,2 149 * 28 96,7 98 * 17 96,9 143 Autres villes 90,3 1 416 90,2 390 90,3 86 90,8 185 (87,3) 45 89,9 316 Ensemble urbain 92,6 2 097 91,0 539 92,7 114 92,8 283 90,7 62 92,1 459 Rural 77,8 2 519 84,2 503 72,7 160 83,5 358 (68,9) 32 78,9 549 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 68,4 1 126 76,4 116 62,9 59 76,7 102 * 11 70,5 173 Second 78,8 913 79,9 199 72,6 67 81,1 137 * 14 75,7 217 Moyen 88,2 859 88,3 270 85,5 50 92,9 174 * 13 90,2 236 Quatrième 94,8 870 91,7 238 93,9 51 92,9 128 (93,6) 36 92,7 214 Le plus riche 97,8 849 95,9 218 (97,4) 47 92,0 100 * 20 94,5 168 Effectif d'enquêtées 84,5 4 616 87,7 1 042 81,0 273 87,6 641 83,3 94 84,9 1 008 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés * Basé sur trop peu de cas non pondérés 2.4 CONDITIONS DE VIE Au cours de l’enquête ménage, on s’est intéressé à certaines caractéristiques du logement à savoir la disponibilité de l’électricité, l'approvisionnement en eau de boisson, les matériaux de revêtement du sol, le type de toilettes. On a également recueilli des informations sur la possession d’un certain nombre d’équipements modernes (radio, télévision, réfrigérateur, bicyclette, motocyclette, véhicule). Ces informations permettent d’évaluer le niveau socio-économique des ménages. Les résultats sont présentés au tableau 2.8 et au graphique 2.5. Caractéristiques de l’habitat On constate, au niveau global, que moins d’un ménage sur deux dispose de l’électricité (47 %). Par rapport à 1991 et à 1998, on note cependant une nette amélioration puisque les proportions sont passées de, respectivement, 29 % et 41 % à 47 %. Cependant, malgré les efforts accomplis, on constate toujours des disparités entre milieux de résidence. En effet, en milieu rural, seulement 16 % des ménages disposent de l’électricité contre 77 % en milieu urbain (cette proportion est de 66 % dans les Autres villes et atteint un maximum de 96 % à Douala et à Yaoundé). Caractéristiques des Ménages | 31 Tableau 2.8 Caractéristiques des logements Répartition (en %) des ménages par caractéristiques des logements, selon le milieu de résidence, Cameroun 2004 Milieu de résidence Caractéristiques des logements Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Électricité Oui 96,0 66,1 77,1 15,5 47,1 Non 3,9 33,9 22,9 84,5 52,8 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Source d'eau pour boire Robinet dans le logement 20,1 12,5 15,3 0,8 8,2 Robinet dans la cour 8,4 7,2 7,6 1,6 4,7 Robinet du voisin 17,8 8,3 11,8 0,8 6,4 Borne fontaine 35,0 34,4 34,6 9,4 22,3 Puits à pompe 2,4 8,1 6,0 17,5 11,6 Puits non-protégé 0,6 6,7 4,5 19,5 11,8 Puits sans pompe protégé 1,5 5,6 4,1 9,3 6,6 Rivière/fleuve/marigot 2,4 9,3 6,8 35,0 20,5 Source protégée 6,9 6,5 6,7 5,8 6,3 Eau de pluie/Autre 4,9 1,4 2,6 0,2 1,5 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Temps nécessaire pour s'approvisionner en eau Moins de 15 minutes (%) 72,9 67,1 69,2 47,1 58,5 Temps médian pour s'approvisionner en eau 4,6 6,6 4,9 14,3 9,5 Type de toilettes Chasse d'eau 22,6 9,2 14,1 0,8 7,6 Latrines rudimentaires 40,2 43,2 42,1 73,3 57,3 Latrines améliorées 36,6 45,3 42,1 12,7 27,8 Pas de toilettes/nature 0,6 2,3 1,7 13,0 7,2 Autre 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Type de sol Terre/Sable 9,5 29,1 21,9 78,6 49,5 Jerflex ou asphalte 13,3 6,3 8,9 1,4 5,2 Carreaux 9,7 4,0 6,1 0,3 3,3 Ciment 62,5 55,9 58,3 18,5 39,0 Moquette 4,6 2,7 3,4 0,4 2,0 Autre 0,3 1,6 1,1 0,7 0,8 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de ménages 1 976 3 398 5 374 5 088 10 462 1 Les totaux incluent les non déterminés Eau de boisson Concernant l’approvisionnement en eau de boisson, on constate qu’au niveau national, 53 % des ménages au Cameroun ont accès à de l’eau salubre : 22 % consomment de l’eau provenant d’une borne fontaine, 13 % ont un robinet à domicile (8 % dans le logement et 5 % à l’extérieur), 12 % s’approvisionnent à des puits à pompe et 6 % utilisent le robinet du voisin. En 1991 (EDSC-I), seulement 42 % de la population avaient accès à de l’eau salubre, et cette proportion était de 45 % en 1998 (EDSC- II). La proportion des ménages ayant accès à de l’eau potable croît régulièrement même si des efforts restent encore à faire. Dans 18 % des cas, les ménages consomment de l’eau provenant de puits sans pompe ou non protégés et, bien que l’eau de surface (fleuve, rivière, marigot, source) soit impropre à la 32 | Caractéristiques des Ménages consommation, on note que plus d’un ménage sur quatre utilise cette eau. La principale source d’approvisionnement en eau de boisson varie fortement selon le milieu de résidence. En milieu urbain, environ les trois quarts de la population consomment de l’eau salubre (35 % par robinet, 35 % par borne fontaine et 6 % par puits à pompe). Par contre, en rural, pour plus d’un tiers des ménages (35 %), l’eau de boisson provient de l’eau de surface et pour 20 % des puits non protégés. Seulement 3 ménages sur 10 ont accès à de l’eau salubre. Ces résultats montrent qu’au Cameroun 25 % des ménages urbains et 70 % des ménages ruraux consomment de l’eau non salubre et sont donc exposés à toutes les maladies liées à l'eau de mauvaise qualité. On note également au tableau 2.8 qu’environ trois ménages sur cinq (59 %) mettent moins de 15 minutes pour s’approvisionner en eau. Cette proportion est plus faible en milieu rural (47 %) qu’en milieu urbain (69 %). Dans l’ensemble, 50 % des ménages mettent moins de 10 minutes pour s’approvisionner en eau de boisson. Ce temps varie de 5 minutes en milieu urbain à 14 minutes en milieu rural. Lieux d’aisances L’élimination inadéquate des excréments humains est la cause de maladies, telles que les maladies diarrhéiques et la poliomyélite. On constate qu’au Cameroun, la majorité des ménages (64 %) ne disposent pas de toilettes adéquates, puisque 57 % utilisent des installations sanitaires très sommaires et 7 % ne disposent d’aucune forme de toilette. Par ailleurs, 28 % des ménages utilisent des latrines améliorées et seulement 8 % disposent de toilettes avec chasse d’eau. Les différences entre les milieux de résidence sont très marquées : 73 % des ménages ruraux ne disposent que de latrines rudimentaires et 13 % n’en disposent pas du tout, tandis que 42 % de ménages urbains ont des latrines améliorées et 14 % ont des toilettes avec chasse d’eau. Revêtement du sol Le type de matériau de revêtement du sol peut être un facteur de propagation de certains parasites ou germes responsables de maladies. Au Cameroun, la moitié des ménages (50 %) vivent dans des logements dont le sol est nu, c’est-à-dire seulement recouvert de terre ou de sable. Cette proportion est de 79 % en milieu rural et 22 % en milieu urbain. Dans 39 % des cas, les ménages vivent dans un logement dont le sol est recouvert de ciment ; cette proportion varie d’un minimum de 19 % en rural à un maximum de 63 % à Yaoundé/Douala. Seulement 1 % de ménages ruraux ont un sol recouvert de jerflex ou d'asphalte, en urbain, cette proportion est de 9 %. Les sols recouverts de carreaux ou de moquette sont quasiment inexistants en milieu rural ; en urbain, 10 % des ménages vivent dans un logement dont le sol est recouvert de ce type de matériaux. Biens durables possédés par les ménages Le niveau de vie des ménages est évalué par la possession de certains biens durables. Les résultats sont présentés au tableau 2.9. On constate que quel que soit le bien, ce sont toujours les ménages de Yaoundé/Douala qui en sont le plus fréquemment équipés. Dans l’ensemble, le bien le plus fréquemment possédé par les ménages est la radio (63 %); la proportion de ménages ayant déclaré en posséder une est plus élevée en milieu urbain (74 %) qu’en milieu rural (51 %). En outre, près d’un tiers des ménages ont déclaré posséder un réchaud/cuisinière (32 %) et cette proportion varie d’un minimum de 10 % en rural à un maximum de 76 % à Yaoundé/Douala. Environ un ménage sur cinq possède une télévision (23 %) et comme pour la radio, ce sont les ménages vivant en urbain (40 % contre 5 % en rural), en particulier à Yaoundé/Douala (58 %), qui en sont le plus fréquemment équipés. Il en est de même du téléphone mobile : 24 % des ménages en possèdent un et cette proportion varie de 5 % en rural à 62 % à Yaoundé/Douala. Enfin, il faut noter qu’un quart des ménages ne possède aucun de ces biens et que c’est en rural que cette proportion est la plus élevée (37 % contre 4 % à Yaoundé/Douala). Caractéristiques des Ménages | 33 Tableau 2.9 Biens durables possédés par les ménages Pourcentage de ménages possédant certains biens de consommation durables, selon le milieu de résidence, Cameroun 2004 Milieu de résidence Biens durables Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Total Radio 82,5 69,0 74,0 50,5 62,5 Télévision 57,5 30,0 40,1 4,7 22,9 Réfrigérateur 36,0 11,8 20,7 1,6 11,4 Bicyclette 4,5 16,0 11,8 25,1 18,2 Mobylette 6,4 9,6 8,5 6,6 7,5 Voiture/camion 12,6 6,1 8,5 1,4 5,0 Réchaud/cuisiniere 76,2 40,5 53,6 9,8 32,3 Téléphone fixe 5,6 2,3 3,5 0,1 1,8 Téléphone mobile 62,0 29,7 41,6 4,9 23,8 Aucun 4,3 18,8 13,5 37,0 24,9 Effectif de ménages 1 976 3 398 5 374 5 088 10 462 Graphique 2.5 Caractéristiques des logements EDSC-III 2004 ÉLECTRICITÉ PROVENANCE DE L'EAU Robinet Borne fontaine Puits protégé Puits non protégés Source protégée Eau de surface TYPE DE TOILETTES Chasse d'eau Latrines améliorées Latrines rudimentaires Pas de toilettes TYPE DE SOL Terre/sable Ciment/carreaux Jerflex/asphalte 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Pourcentage Urbain Rural Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 35 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS 3 Eric JAZET et Anaclet DZOSSA Ce chapitre porte sur les caractéristiques socio-démographiques des femmes enquêtées de 15-49 ans et des hommes enquêtés de 15-59 ans. Cette partie est importante car elle permet de comprendre et d’expliquer les comportements de la population vis-à-vis de la contraception, des IST, du VIH/Sida et de connaître les préférences en matière de fécondité. Tout comme le questionnaire ménage, les questionnaires individuels ont permis de recueillir des informations sur l’âge, le milieu de résidence, l’état matrimonial et le niveau d’instruction des enquêté(e)s. Dans cette partie, sont également analysés les résultats sur l’alphabétisation, l’accès aux médias et l’activité économique des hommes et des femmes. Ces différentes caractéristiques seront utilisées comme variables d'analyse dans la suite de ce rapport. De plus, les résultats à des questions spécifiques ayant pour objet d’évaluer le niveau de contrôle qu’exercent les femmes dans leur ménage et leur pouvoir de décision concernant l’utilisation de leurs revenus sont analysés dans ce chapitre. Enfin, au cours de l’enquête on a demandé aux femmes leur opinion concernant l’acceptation ou le rejet de certains des rôles qui leur sont socialement conférés. Les résultats sont présentés en fin de chapitre. 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS L'âge, variable fondamentale dans l'analyse des phénomènes démographiques, est l'une des informations les plus difficiles à obtenir de façon précise, lorsque l'enregistrement écrit des événements (notamment des faits d’états civils) n'est pas encore ancré dans les habitudes de certaines populations, comme c'est le cas au Cameroun. De ce fait, un soin particulier a été accordé à son estimation au moment de l'enquête individuelle. On a d'abord demandé aux enquêtés leur date de naissance, puis leur âge. Lorsque la date de naissance et l'âge étaient obtenus, l'enquêtrice/enquêteur contrôlait la cohérence entre les deux informations. Dans le cas où l'enquêté(e) ne connaissait pas sa date de naissance ou son âge, l'enquêtrice/enquêteur essayait d'obtenir un document officiel (carte d'identité, acte de naissance, etc.) où figure la date de naissance. Lorsque aucun document n'était disponible, l'enquêtrice/enquêteur devait estimer l'âge de l'enquêté(e), soit par comparaison avec l'âge d'autres membres du ménage, soit par déduction à partir de l'histoire de l'enquêté(e), ou encore en utilisant des références historiques. Les résultats présentés dans le tableau 3.1 montrent que les répartitions des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans par groupe d’âges quinquennaux sont à peu près les mêmes que celles observées en 1998 (EDSC-II). Ces distributions présentent une allure assez régulière, les proportions de chaque groupe d'âges diminuant régulièrement au fur et à mesure que l'on avance vers les âges élevés. Pour les femmes, elles passent de 25 % pour les 15-19 ans à 7 % pour la tranche d’âges 45-49 ans. Pour les hommes, les proportions varient de 23 % à 15-19 ans à 4 % à 55-59 ans. Pour permettre les comparaisons avec les données des femmes, l’analyse se limitera aux hommes âgés de 15-49 ans. Les questions sur l’état matrimonial ont été posées à toutes les femmes et à tous les hommes éligibles de l’échantillon. Dans le cadre de l’EDSC-III, ont été considérés comme étant en union toutes les femmes et tous les hommes mariés légalement ou non ainsi que tous ceux et toutes celles vivant en union consensuelle (tableau 3.2). Selon cette définition, on constate qu’environ une femme sur quatre (24 %) était célibataire au moment de l’enquête, environ les deux tiers (67 %) étaient mariées ou vivaient en union consensuelle, et seulement 9 % étaient en rupture d’union (divorcées, séparées ou veuves). Chez les hommes, au moment de l’enquête, plus de deux hommes sur cinq étaient célibataires (44 %) et moins 36 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés d’un homme sur deux était marié (47 %). Tout comme chez les femmes, moins d’un homme sur dix était en rupture d’union (9 %). Les résultats selon le milieu de résidence montrent que la majorité des enquêtés vivait, au moment de l’enquête, en milieu urbain (55 % des femmes et 58 % des hommes). Les hommes enquêtés étaient un peu moins nombreux que les femmes à vivre en milieu rural (42 % contre 45 %). Les données par région ne font pas apparaître d’écarts significatifs entre les hommes et les femmes. Tableau 3.1 Répartition par âge des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes enquêtés selon le groupe d’âge, Cameroun 2004 Femmes Hommes Âge Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré 15-19 25,2 2 684 2 680 23,2 1 224 1 218 20-24 21,1 2 252 2 215 18,0 953 944 25-29 16,4 1 747 1 738 15,4 812 790 30-34 12,7 1 350 1 352 11,7 620 615 35-39 10,1 1 080 1 092 8,8 467 482 40-44 7,8 832 846 7,5 394 409 45-49 6,7 711 733 6,5 344 359 50-54 na na na 4,9 260 255 55-59 na na na 3,9 205 208 Ensemble 15-49 100,0 10 656 10 656 91,2 4 815 4 817 Ensemble 15-59 na na na 100,0 5 280 5 280 na = Non applicable Le tableau 3.2 présente également la répartition des hommes et des femmes selon le niveau de bien-être économique du ménage. On constate qu’au moment de l’enquête, moins d’une femme sur cinq vivait dans un ménage du quintile le plus pauvre (19 %), cette proportion est légèrement plus faible pour les hommes (14 %). À l’opposé, près d’un quart des femmes (24 %) et une proportion légèrement plus élevée d’hommes (28 %) vivaient dans un ménage classé dans le quintile le plus riche. En ce qui concerne la religion, la majorité des enquêtés se sont déclarés de confession catholique (respectivement 38 % des femmes et 40 % des hommes). La religion protestante et les églises de réveil viennent en seconde position (respectivement 35 % des femmes et 33 % des hommes). Ensuite vient la religion musulmane avec 18 % de femmes et 17 % d'hommes. Par ailleurs, les autres religions (animisme inclus) sont pratiquées par les femmes et les hommes dans des proportions un peu plus faibles et quasiment identiques (9 %). Quant à la répartition de la population selon l’ethnie, elle rend compte de la diversité culturelle du Cameroun. Selon les regroupements effectués, six grands groupes apparaissent : des Bamiléké/Bamoun (25 % des femmes et 23 % des hommes) ; les Beti/Bassa/Mbam (20 % des femmes et 21 % des hommes) ; les Biu-Mandara (11 % des femmes et 12 % des hommes) ; les Adamaoua-Oubangui (11 % des femmes et 11 % des hommes) ; les Grassfields (11 % des femmes et 12 % des hommes) et les Arabes- Choa/Peulh/Haoussa/Kanuri (8 % des femmes et 7 % des hommes). Les autres groupes ethniques du Cameroun représentent en tout près de 11 % et les étrangers 4 % de la population résidente. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 37 Tableau 3.2 Caractéristiques socio-démographiques des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes enquêtés de 15-49 ans selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré État matrimonial Jamais marié 24,0 2 560 2 534 43,9 2 112 2 088 En union 67,2 7 166 7 177 47,2 2 271 2 268 Divorcé, séparé, veuf/veuve 8,7 930 945 9,0 433 461 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 21,4 2 277 1 935 24,2 1 167 955 Autres villes 33,4 3 559 3 335 34,2 1 645 1 514 Ensemble urbain 54,8 5 836 5 270 58,4 2 812 2 469 Rural 45,2 4 820 5 386 41,6 2 003 2 348 Région Adamaoua 3,9 416 783 4,4 214 395 Centre 8,0 854 890 7,6 368 378 Douala 11,2 1 197 1 016 12,4 598 479 Est 4,8 506 723 5,2 249 357 Extrême-Nord 16,1 1 718 1 039 12,9 620 363 Littoral 4,5 482 836 4,3 208 358 Nord 9,2 975 955 9,0 434 409 Nord-Ouest 10,2 1 090 869 10,5 506 394 Ouest 10,7 1 142 1 097 8,5 411 392 Sud 4,1 439 751 4,6 223 388 Sud-Ouest 7,1 757 778 8,6 415 428 Yaoundé 10,1 1 080 919 11,8 568 476 Niveau d'instruction Aucune instruction 22,4 2 383 2 141 9,7 467 427 Primaire 38,6 4 109 4 307 36,1 1 736 1 774 Secondaire 36,9 3 928 3 994 47,9 2 304 2 327 Supèrieur 2,2 236 214 6,4 307 289 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 18,8 2 007 1 878 13,5 650 618 Second 16,5 1 756 1 826 16,4 792 822 Moyen 19,2 2 046 2 322 18,8 906 1 062 Quatrième 21,4 2 283 2 254 23,1 1 110 1 096 Le plus riche 24,1 2 566 2 376 28,2 1 357 1 219 Religion Catholique 37,6 4 011 4 106 40,0 1 926 1 931 Prostestant/(Eglises de réveil) 35,1 3 737 3 894 32,9 1 584 1 656 Musulmane 18,1 1 925 1 779 17,1 823 787 Autre/ND 9,1 969 866 9,4 455 419 Ethnie Arabe-Choa/Peulh/ Maoussa/Kanuri 8,3 880 829 6,9 330 325 Biu-Mandara 11,1 1 178 880 11,8 568 426 Adamaoua-Oubangui 10,8 1 153 1 156 10,7 515 554 Bantoïde Sud-ouest 3,2 346 301 3,7 179 158 Grassfields 10,7 1 140 1 027 11,6 559 518 Bamilike/Bamoun 24,7 2 633 2 608 23,1 1 110 1 054 Côtier/Ngoe/Oroko 4,3 458 513 4,6 220 243 Beti/Bassa/Mbam 20,3 2 164 2 520 20,5 987 1,144 Kako/Meka/Pygmé 2,7 286 414 2,9 139 197 Étranger 3,8 404 395 4,2 203 193 ND 0,1 14 13 0,1 6 5 Total 100,0 10 656 10 656 100,0 4 815 4 817 Note : Les niveaux d'instruction correspondent au plus haut niveau d'instruction atteint, qu'il soit achevé ou non. 38 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES Les tableaux 3.3.1 et 3.3.2 présentent les données selon le niveau d’instruction atteint par les enquêtés. Les résultats sont présentés selon certaines caractéristiques socio-démographiques. On constate que la proportion de femmes n’ayant reçu aucune instruction formelle est nettement plus élevée que celle des hommes (22 % contre 10 %). Les écarts se resserrent au niveau d’instruction primaire où la différence des proportions est faible (39 % de femmes contre 36 % d’hommes). Par contre, les proportions d’hommes ayant atteint les niveaux d’instruction secondaire et supérieur sont nettement plus élevées que celles des femmes (respectivement, 48 % contre 37 % pour le niveau secondaire et 6 % contre 2 % pour le supérieur). Tableau 3.3.1 Niveau d'instruction par caractéristiques socio-démographiques : femmes Répartition (en %) des femmes enquêtées par niveau d'instruction atteint et nombre médian d'années d'instruction, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Plus haut niveau d'instruction Caractéristique socio-démographique Aucun niveau Primaire1 Secondaire2 Supérieure Total Effectif de femmes Nombre médian d'années de scolarisation Âge 15-19 14,3 37,2 48,2 0,3 100,0 2 684 6,0 20-24 18,1 36,9 41,7 3,2 100,0 2 252 6,2 25-29 23,0 36,0 36,7 4,3 100,0 1 747 5,8 30-34 25,2 39,0 33,1 2,6 100,0 1 350 5,3 35-39 27,8 42,0 28,3 1,9 100,0 1 080 4,9 40-44 32,0 44,1 22,2 1,7 100,0 832 4,4 45-49 39,8 42,7 16,1 1,3 100,0 711 3,2 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 1,3 27,7 64,6 6,4 100,0 2 277 8,2 Autres villes 16,7 36,5 44,7 2,1 100,0 3 559 6,2 Ensemble urbain 10,7 33,1 52,5 3,7 100,0 5 836 6,8 Rural 36,5 45,2 17,9 0,4 100,0 4 820 3,3 Région Adamaoua 51,1 28,6 17,7 2,6 100,0 416 0,0 Centre 3,1 50,2 44,5 2,2 100,0 854 5,7 Douala 1,3 31,0 62,4 5,3 100,0 1 197 8,0 Est 15,1 50,4 33,5 1,1 100,0 506 4,6 Extrême-Nord 67,4 27,4 5,2 0,0 100,0 1 718 0,0 Littoral 3,1 44,1 52,4 0,5 100,0 482 6,2 Nord 69,3 24,1 6,6 0,0 100,0 975 0,0 Nord-Ouest 10,9 57,5 30,3 1,3 100,0 1 090 6,4 Ouest 3,0 52,1 43,4 1,6 100,0 1 142 5,7 Sud 1,9 37,4 59,5 1,2 100,0 439 6,5 Sud-Ouest 3,9 49,1 44,8 2,2 100,0 757 6,8 Yaoundé 1,3 24,0 67,1 7,5 100,0 1 080 8,5 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 56,5 36,6 6,8 0,0 100,0 2 007 0,0 Second 34,6 51,1 14,2 0,1 100,0 1 756 3,3 Moyen 18,7 50,9 30,0 0,3 100,0 2 046 5,2 Quatrième 8,9 39,2 50,7 1,3 100,0 2 283 6,5 Le plus riche 2,2 21,1 69,0 7,7 100,0 2 566 8,7 Ensemble 22,4 38,6 36,9 2,2 100,0 10 656 5,5 1 Niveau primaire est basé sur 6 classes. 2 Niveau secondaire est basé sur 7 classes. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 39 Tableau 3.3.2 Niveau d'instruction par caractéristiques socio-démographiques : hommes Répartition (en %) des hommes 15-49 ans par niveau d'instruction atteint et nombre médian d'années d'instruction, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Plus haut niveau d'instruction Caractéristique socio-démographique Aucun niveau Primaire1 Secondaire2 Supérieur Total Effectif d’hommes Nombre médian d'années de scolarisation Âge 15-19 3,9 39,3 56,1 0,8 100,0 1 224 6,4 20-24 7,6 32,9 53,3 6,2 100,0 953 7,2 25-29 8,4 36,6 44,3 10,7 100,0 812 7,0 30-34 13,6 34,9 45,4 6,2 100,0 620 6,7 35-39 17,5 28,5 42,0 12,0 100,0 467 7,0 40-44 14,8 40,6 37,0 7,7 100,0 394 6,2 45-49 15,6 39,4 37,0 8,0 100,0 344 6,0 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 1,7 17,5 65,4 15,4 100,0 1 167 9,0 Autres villes 7,1 33,6 53,5 5,9 100,0 1 645 7,1 Ensemble urbain 4,8 26,9 58,4 9,8 100,0 2 812 8,2 Rural 16,5 48,9 33,1 1,5 100,0 2 003 5,3 Région Adamaoua 26,7 36,1 28,4 8,9 100,0 214 4,5 Centre 2,0 37,7 56,4 3,9 100,0 368 6,6 Douala 1,5 19,0 66,4 13,2 100,0 598 8,8 Est 5,2 37,5 54,2 3,1 100,0 249 6,5 Extrême-Nord 36,9 41,8 21,0 0,3 100,0 620 2,1 Littoral 1,4 33,2 60,7 4,7 100,0 208 7,2 Nord 25,9 45,5 27,1 1,5 100,0 434 3,1 Nord-Ouest 1,7 54,6 39,7 4,0 100,0 506 6,7 Ouest 1,5 40,8 52,5 5,2 100,0 411 6,6 Sud 3,3 30,2 62,5 4,1 100,0 223 7,6 Sud-Ouest 1,1 44,7 50,2 4,1 100,0 415 6,9 Yaoundé 1,9 16,0 64,3 17,9 100,0 568 9,2 Quintile de bien- être économique Le plus pauvre 28,1 52,6 19,3 0,0 100,0 650 3,7 Second 18,6 50,2 31,0 0,3 100,0 792 5,0 Moyen 8,2 46,3 44,4 1,1 100,0 906 6,1 Quatrième 4,1 34,0 56,7 5,3 100,0 1 110 7,2 Le plus riche 1,3 14,7 66,5 17,4 100,0 1 357 9,7 Ensemble 9,7 36,1 47,9 6,4 100,0 4 815 6,7 1 Niveau primaire est basé sur 6 classes. 2 Niveau secondaire est basé sur 7 classes. 40 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Cependant, on constate, quel que soit le sexe, que le niveau d’instruction s’améliore des générations les plus anciennes aux générations les plus récentes. En effet, la proportion des femmes sans niveau d’instruction diminue avec l’âge (passant de 40 % parmi celles de 45-49 ans à 14 % parmi celles 15-19 ans) ; on note également que la proportion de femmes ayant un niveau d’instruction secondaire varie de 16 % chez celles de 45-49 ans à 48 % chez celles de 15-19 ans. Par conséquent, le nombre médian d’années de scolarisation a augmenté des générations les plus anciennes aux plus jeunes, passant de 3,2 années chez celles de 45-49 ans à 6 années chez les plus jeunes de 15-19 ans. On note chez les hommes ce même effet de génération puisque des générations anciennes aux plus récentes, les proportions de ceux sans niveau d’instruction sont passées de 16 % à 4 %. En ce qui concerne le niveau secondaire, les proportions varient de 37 % parmi ceux âgés de 45-49 ans à l’enquête à 56 % parmi les hommes de 15 -19 ans. Par contre, les proportions de ceux qui ont atteint le niveau primaire n’ont que peu évolué dans les générations et le nombre médian d’années d’instruction est quasiment identique parmi les hommes âgés de 45-49 ans à l’enquête que parmi ceux de 15-19 ans. Par ailleurs, le niveau d’instruction des enquêtés varie en fonction du milieu de résidence. On constate en effet, que les proportions d’hommes et de femmes instruits sont plus élevées en milieu urbain qu’en milieu rural : en effet, seuls 11 % des femmes et 5 % des hommes vivant en milieu urbain n’ont pas de niveau d’instruction contre, respectivement, 37 % et 17 % en milieu rural. Les résultats selon les régions mettent également en évidence de fortes disparités. La proportion de personnes sans aucun niveau d’instruction est particulièrement élevée dans les provinces septentrionales : 69 % de femmes et 26 % d'hommes dans le Nord ; dans l’Extrême-Nord, ces proportions sont respectivement de 67 % et 37 % et, dans l’Adamaoua, 51 % des femmes et 27 % des hommes n’ont aucun niveau d’instruction. À l’opposé, se trouvent les régions fortement scolarisées comme les villes de Yaoundé, Douala, et les régions du Centre, du Sud-Ouest, du Sud, du Littoral et de l’Ouest, où moins de 5 % de la population n’a toujours aucune instruction. L’Est et le Nord-Ouest se singularisent avec des proportions non négligeables de personnes n’ayant aucune instruction, ces proportions étant cependant inférieures à celles observées dans les régions septentrionales. Les données de ce tableau montrent qu’il y a une relation positive entre le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique du ménage : en effet, les proportions de femmes et d’hommes sans instruction diminuent des ménages les plus pauvres aux plus riches. 3.3 ALPHABÉTISATION Au cours de l’enquête, mises à part les questions posées sur la dernière classe achevée et le niveau d’instruction atteint par les enquêtés, on a demandé à ceux qui n’avaient aucun niveau d’instruction et à ceux qui avaient déclaré avoir atteint le niveau primaire de lire une phrase rédigée dans une des langues officielles ou nationales préparées par les agents enquêteurs. Trois modalités ont été retenues : « peut lire toute la phrase », une partie de la phrase », ou, ne peut pas lire du tout ». Les enquêtés ayant atteint le niveau secondaire ou plus ont été considérés d’office comme étant alphabétisés. Les résultats sont présentés au tableau 3.4.1 pour les femmes et 3.4.2 pour les hommes ainsi qu’au graphique 3.1. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 41 Tableau 3.4.1 Alphabétisation : femmes Répartition (en %) des femmes enquêtées par niveau d'instruction atteint et niveau d'alphabétisation, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Primaire ou sans instruction Caractéristique socio-démographique Secondaire ou plus Lit une phrase entière Lit une partie de phrase Ne sait pas lire Pas de carte dans la langue Total1 Effectif de femmes Pourcentage alphabétisées2 Âge 15-19 48,5 15,4 9,4 26,0 0,1 100,0 2 684 73,3 20-24 45,0 14,2 9,1 31,6 0,1 100,0 2 252 68,2 25-29 41,0 15,3 9,6 33,7 0,1 100,0 1 747 65,9 30-34 35,8 15,5 9,9 38,4 0,1 100,0 1 350 61,2 35-39 30,2 18,8 9,9 39,8 0,3 100,0 1 080 59,0 40-44 23,9 20,6 9,3 45,3 0,0 100,0 832 53,8 45-49 17,5 20,3 10,0 51,2 0,0 100,0 711 47,7 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 71,0 15,8 6,7 5,6 0,2 100,0 2 277 93,5 Autres villes 46,8 16,1 9,6 26,8 0,1 100,0 3 559 72,5 Ensemble urbain 56,2 16,0 8,5 18,6 0,1 100,0 5 836 80,7 Rural 18,3 16,5 10,7 54,0 0,1 100,0 4 820 45,6 Région Adamaoua 20,3 13,0 6,1 60,3 0,1 100,0 416 39,4 Centre 46,7 29,7 9,4 13,7 0,2 100,0 854 85,8 Douala 67,7 16,7 8,4 5,9 0,3 100,0 1 197 92,8 Est 34,5 18,1 10,0 35,8 0,7 100,0 506 62,6 Extrême-Nord 5,2 6,5 6,9 81,3 0,0 100,0 1 718 18,6 Littoral 52,9 23,6 9,9 12,9 0,1 100,0 482 86,4 Nord 6,6 4,8 8,3 80,1 0,0 100,0 975 19,7 Nord-Ouest 31,6 15,3 19,9 32,9 0,0 100,0 1 090 66,7 Ouest 45,0 26,9 8,5 18,9 0,0 100,0 1 142 80,4 Sud 60,7 23,5 7,4 7,7 0,1 100,0 439 91,5 Sud-Ouest 47,0 16,2 14,5 21,0 0,1 100,0 757 77,7 Yaoundé 74,6 14,7 4,9 5,3 0,0 100,0 1 080 94,2 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 6,8 9,3 9,0 74,6 0,0 100,0 2 007 25,2 Second 14,2 17,1 13,4 55,0 0,0 100,0 1 756 44,7 Moyen 30,3 22,5 11,9 34,5 0,2 100,0 2 046 64,7 Quatrième 52,0 20,9 9,5 16,9 0,1 100,0 2 283 82,4 Le plus riche 76,8 11,9 5,3 5,2 0,1 100,0 2 566 94,0 Ensemble 39,1 16,2 9,5 34,6 0,1 100,0 10 656 64,8 1 Total inclut les ND 2 Correspond aux femmes qui ont, au moins, fréquenté l'école secondaire et à celles pouvant lire une phrase entière ou une partie de phrase 42 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Tableau 3.4.2 Alphabétisation : hommes Répartition (en %) des hommes enquêtés par niveau d'instruction atteint et niveau d'alphabétisation, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Primaire ou sans instruction Caractéristique socio-démographique Secondaire ou plus Lit une phrase entière Lit une partie de phrase Ne sait pas lire Pas de carte dans la langue Total1 Effectif d’hommes Pourcentage alphabétisés2 Âge 15-19 56,8 16,6 11,0 15,4 0,0 100,0 1 224 84,5 20-24 59,5 13,2 10,4 16,1 0,5 100,0 953 83,1 25-29 55,0 15,9 11,7 16,1 0,8 100,0 812 82,6 30-34 51,5 16,2 10,6 21,0 0,3 100,0 620 78,4 35-39 54,0 15,7 7,8 21,0 1,2 100,0 467 77,6 40-44 44,6 21,5 11,4 21,6 0,0 100,0 394 77,5 45-49 45,0 20,4 10,9 22,6 0,0 100,0 344 76,2 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 80,8 10,7 4,2 4,1 0,1 100,0 1 167 95,7 Autres villes 59,3 16,4 9,2 14,3 0,4 100,0 1 645 84,9 Ensemble urbain 68,2 14,0 7,1 10,1 0,3 100,0 2 812 89,4 Rural 34,6 19,6 15,7 29,0 0,6 100,0 2 003 69,9 Région Adamaoua 37,3 19,8 6,8 35,1 0,0 100,0 214 63,9 Centre 60,3 17,5 12,3 9,7 0,0 100,0 368 90,1 Douala 79,5 11,3 4,4 4,4 0,2 100,0 598 95,2 Est 57,3 16,1 8,5 17,0 0,0 100,0 249 81,9 Extrême-Nord 21,3 16,1 17,5 42,1 2,8 100,0 620 54,9 Littoral 65,4 15,5 7,6 11,5 0,0 100,0 208 88,5 Nord 28,6 15,3 14,0 41,9 0,0 100,0 434 57,8 Nord-Ouest 43,7 30,6 9,9 15,4 0,0 100,0 506 84,1 Ouest 57,7 18,9 12,0 11,3 0,0 100,0 411 88,7 Sud 66,5 12,4 11,4 8,1 0,0 100,0 223 90,4 Sud-Ouest 54,2 13,8 18,0 12,9 0,0 100,0 415 86,0 Yaoundé 82,1 10,1 4,0 3,8 0,0 100,0 568 96,2 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 19,3 18,8 15,8 44,1 1,5 100,0 650 53,9 Second 31,2 21,6 14,2 31,7 0,7 100,0 792 67,0 Moyen 45,6 20,6 15,6 17,5 0,2 100,0 906 81,7 Quatrième 62,0 16,9 9,9 10,9 0,0 100,0 1 110 88,9 Le plus riche 83,9 8,8 3,5 3,4 0,1 100,0 1 357 96,2 Ensemble 54,2 16,3 10,7 17,9 0,4 100,0 4 815 81,3 1 Le total inclut les ND 2 Correspond aux hommes qui ont, au moins, fréquenté l'école secondaire et à ceux pouvant lire une phrase entière ou une partie de phrase. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 43 Graphique 3.1 Proportion d’analphabètes parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans EDSC-III 2004 CAMEROUN RÉSIDENCE Yaoundé/Douala Autres villes Rural QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 20 40 60 80 Pourcentage Femmes Hommes Environ les deux tiers des femmes (65 %) et plus de quatre hommes sur cinq (81 %) sont considérés comme étant alphabétisés. En d’autres termes, dans l’ensemble, la proportion de femmes analphabètes est pratiquement deux fois plus élevée que celle des hommes (35 % contre 18 %). En comparant les tableaux 3.3.1 et et 3.4.1, on remarque que la proportion de femmes qui ne savent pas du tout lire est supérieure à la proportion de celles qui n’ont jamais fréquenté l’école (35 % contre 22 %). Cette différence révèle qu’une partie non négligeable de la population féminine n’a pas fréquenté suffisamment l’école au point de savoir lire et écrire ou bien qu’après avoir quitté l’école, elle est redevenue analphabète en ayant oublié ce qu’elle avait appris (phénomène de la désalphabétisation fonctionnelle). Les proportions de femmes et d’hommes analphabètes varient sensiblement selon le milieu de résidence. En milieu urbain, 81 % des femmes et 89 % des hommes sont alphabétisés contre respectivement 46 % et 70 % en milieu rural. Yaoundé et Douala se distinguent des Autres villes par les taux d’alphabétisation les plus élevés et quasiment identiques selon le sexe (94 % chez les femmes et 96 % chez les hommes). L’examen des résultats selon les régions met également en évidence des disparités spatiales de l’alphabétisation en plus des disparités selon le sexe : que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, c’est dans les provinces septentrionales du pays que l’on observe les proportions d’analphabètes les plus élevées. Par ordre d’importance, c’est dans l’Extrême-Nord qu’elles sont les plus élevées (81 % des femmes et 42 % des hommes), suivie du Nord (80 % des femmes et 42 % des hommes) et dans l’Adamaoua (60 % des femmes et 35 % des hommes). En dehors de Yaoundé et Douala, les régions qui comptent les proportions les plus élevées de personnes alphabétisées sont : le Sud (92 % des femmes et 90 % des hommes), le Centre (86 % des femmes et 90 % des hommes), le Littoral (86 % des femmes et 89 % des hommes) et l’Ouest (80 % des femmes et 89 % des hommes). 44 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS Les données relatives à l’exposition des femmes et des hommes aux médias sont particulièrement importantes pour la mise en place des programmes d'éducation et de diffusion d'informations dans tous les domaines, notamment dans ceux de la santé et de la planification familiale. Les tableaux 3.5.1 et 3.5.2 présentent les données sur l’exposition des femmes et des hommes aux médias (la presse audiovisuelle ou écrite). Précisons d’emblée, qu'il n'est pas nécessaire que le ménage possède une radio, un téléviseur ou achète un journal pour y avoir accès, de nombreuses personnes pouvant écouter la radio ou regarder la télévision chez des amis ou des voisins. Tableau 3.5.1 Exposition aux médias : femmes Pourcentage de femmes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Exposition aux trois médias Aucun média Effectif Âge 15-19 15,2 44,9 47,5 11,0 38,8 2 684 20-24 13,8 41,3 51,2 9,2 39,0 2 252 25-29 13,4 33,9 48,6 9,2 44,9 1 747 30-34 11,3 29,9 43,1 7,7 49,1 1 350 35-39 9,7 29,6 42,3 6,8 50,8 1 080 40-44 9,5 25,7 37,9 5,8 56,2 832 45-49 7,6 21,5 35,5 4,6 60,0 711 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 28,7 73,2 72,4 22,5 12,5 2 277 Autres villes 13,8 46,0 53,5 9,3 34,1 3 559 Ensemble urbain 19,6 56,6 60,8 14,5 25,7 5 836 Rural 4,1 10,6 27,7 1,6 68,6 4 820 Région Adamaoua 11,6 26,3 31,8 8,0 58,9 416 Centre 13,4 32,1 60,1 8,2 33,2 854 Douala 26,7 71,3 71,5 21,1 14,7 1 197 Est 19,1 38,8 52,3 9,6 34,8 506 Extrême-Nord 2,0 9,8 17,9 1,1 77,8 1 718 Littoral 16,8 39,8 54,4 9,5 33,5 482 Nord 3,4 15,0 30,1 2,2 64,2 975 Nord-Ouest 3,8 20,9 30,6 2,5 64,1 1 090 Ouest 11,0 32,0 39,6 5,8 49,4 1 142 Sud 13,1 38,2 64,8 8,4 26,5 439 Sud-Ouest 7,3 40,1 51,7 5,6 41,6 757 Yaoundé 31,0 75,3 73,3 24,0 10,1 1 080 Niveau d'instruction Aucun 0,1 6,9 16,6 0,0 80,3 2 383 Primaire 5,5 25,2 38,6 2,3 52,5 4 109 Secondaire ou plus 26,7 62,8 69,7 19,9 17,7 4 163 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,5 2,4 12,0 0,1 86,1 2 007 Second 3,9 7,1 27,2 1,0 69,0 1 756 Moyen 6,8 19,8 39,9 3,0 53,7 2 046 Quatrième 13,9 50,3 59,0 8,6 26,3 2 283 Le plus riche 30,7 81,5 78,0 25,2 6,6 2 566 Ensemble 12,6 35,8 45,8 8,7 45,1 10 656 Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 45 Tableau 3.5.2 Exposition aux médias : hommes Pourcentage d’hommes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Exposition aux trois médias Aucun média Effectif Âge 15-19 20,6 55,2 65,2 14,9 22,6 1 224 20-24 28,9 58,6 77,3 21,5 15,4 953 25-29 31,6 47,1 79,7 19,8 15,7 812 30-34 26,1 45,7 79,2 18,0 16,1 620 35-39 33,1 43,2 80,4 21,2 16,0 467 40-44 30,3 38,3 76,9 18,6 18,4 394 45-49 30,7 41,4 76,3 19,1 19,9 344 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 46,4 82,9 89,6 39,5 3,3 1 167 Autres villes 28,0 59,2 77,0 19,2 13,5 1 645 Ensemble urbain 35,6 69,0 82,2 27,6 9,2 2 812 Rural 16,2 22,7 65,0 6,0 30,3 2 003 Région Adamaoua 29,8 42,0 73,4 16,1 19,1 214 Centre 20,9 41,1 85,7 11,9 9,5 368 Douala 42,4 83,3 87,5 36,1 3,5 598 Est 28,8 45,0 76,4 16,5 14,6 249 Extrême-Nord 16,5 25,4 56,3 6,7 35,9 620 Littoral 35,6 55,9 81,4 21,9 11,0 208 Nord 14,2 28,0 44,4 8,0 47,7 434 Nord-Ouest 14,8 42,2 69,6 8,2 23,0 506 Ouest 14,2 36,6 78,3 8,3 16,7 411 Sud 34,1 36,1 79,5 14,0 12,3 223 Sud-Ouest 30,0 56,7 83,0 21,3 12,7 415 Yaoundé 50,6 82,6 91,8 43,1 2,9 568 Niveau d'instruction Aucun 1,4 13,4 44,5 0,1 49,9 467 Primaire 12,3 34,8 63,4 5,9 28,4 1 736 Secondaire ou plus 42,3 66,2 88,3 30,4 5,4 2 612 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 11,0 12,3 43,0 2,1 51,4 650 Second 14,8 19,5 67,0 5,7 27,6 792 Moyen 19,6 32,6 74,6 7,4 19,2 906 Quatrième 28,1 62,2 82,1 19,4 9,3 1 110 Le plus riche 47,8 86,7 89,8 41,0 2,7 1 357 Ensemble 27,5 49,8 75,1 18,6 18,0 4 815 46 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés On constate que plus de deux femmes sur cinq (45 %) et environ un homme sur cinq (18 %) ne sont exposés à aucun média. Cependant, par rapport à l’EDSC-II, on note une nette amélioration car, ces proportions étaient respectivement de 56 % et 31 %. De tous les médias, la radio1 est celui qui est le plus écouté : près d'une femme sur deux (46 %) et trois quarts des hommes (75 %) ont déclaré écouter la radio, au moins, une fois par semaine. La télévision2 vient en seconde position : elle est regardée, au moins, une fois par semaine par plus d’une femme sur trois (36 %) et par un homme sur deux (50 %). On note également que les hommes ont déclaré plus fréquemment que les femmes qu’ils lisaient des journaux : seulement 13 % des femmes contre 28 % des hommes ont déclaré lire un journal au moins une fois par semaine. Les proportions de ceux et celles qui ont été exposés à la fois aux trois médias sont très faibles : seulement 9 % des femmes et 19 % des hommes. Selon l’âge, on constate que les jeunes générations sont plus exposées aux médias que les plus âgées. En effet, les proportions de femmes exposées à aucun média varient de 39 % chez les femmes de 15-19 ans à 60 % chez celles de 45-49 ans. Chez les hommes, les écarts selon l’âge sont très faibles. Selon le milieu de résidence, les résultats font apparaître des différences significatives. En milieu rural, les femmes qui ne sont exposées à aucun média sont proportionnellement plus nombreuses (69 %) qu’en milieu urbain (26 %). Il est aussi fréquent en milieu rural que les femmes n’aient pas accès aux média même si ceux-ci existent dans le ménage parce qu’ils sont généralement considérés comme la propriété de leur acquéreur. En particulier, le poste de radio est considéré comme un bien personnel de l’homme (il peut s’agir du conjoint, du frère ou du chef de ménage) qui peut le garder en lieu sûr lorsqu’il est absent ou le transporter avec lui lorsqu'il sort. Chez les hommes, il y a aussi des écarts, la proportion variant de 30 % en rural à 9 % en urbain. Les résultats selon les régions mettent également en évidence des disparités : la proportion de femmes n'ayant accès à aucun média est faible dans les villes de Yaoundé et de Douala (respectivement, 10 % et 15 %). Elle est, par contre, très élevée dans certaines régions : 78 % pour l'Extrême-Nord et 64 % pour le Nord et le Nord-Ouest. En outre, le niveau d’instruction semble influencer de manière significative le niveau d’exposition aux médias. Que ce soit chez les femmes ou chez les hommes, ceux ayant le niveau secondaire ou plus sont les plus fréquemment exposés aux trois médias : 20 % des femmes et 30 % des hommes contre seulement 2 % des femmes et 6 % des hommes ayant le niveau d’instruction primaire. Par ailleurs, les résultats montrent que 80 % des femmes sans niveau d’instruction ne sont exposées à aucun média contre 18 % de celles ayant un niveau secondaire ou plus. Ces proportions sont respectivement de 50 % et 5 % pour les hommes. De même que pour le niveau d’instruction, on note une relation positive entre le niveau de bien- être du ménage et l’exposition aux médias. On constate que ce sont les hommes et les femmes vivant dans les ménages les plus riches qui sont les plus fréquemment exposés aux trois médias : 25 % des femmes et 41 % des hommes contre seulement 2 % des hommes et 0 % des femmes des ménages les plus pauvres. 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE Lors de l’EDSC-III, des questions relatives à l’emploi ont été posées aux hommes et aux femmes. On a considéré comme ayant un travail, les hommes et les femmes qui ont déclaré avoir eu au cours des douze mois précédant l’enquête, une activité rémunérée ou non, indépendamment du secteur d’activité. Les résultats sont présentés au tableau 3.6. 1 63 % des ménages au Cameroun possèdent un poste radio (voir tableau 2.9). 2 23 %, un poste de télévision (voir tableau 2.9). Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 47 Tableau 3.6 Emploi Répartition (en %) des femmes et des hommes selon qu’ils ont, ou non, un emploi et par durée de l'emploi, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique Travaille actuelle- ment Ne travaille pas actuelle- ment N'a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête Total Effectif Travaille actuelle- ment Ne travaille pas actuelle- ment N'a pas travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête Total Effectif Âge 15-19 28,9 4,4 66,7 100,0 2 684 27,6 2,7 69,7 100,0 1 224 20-24 51,4 4,9 43,7 100,0 2 252 63,9 6,3 29,5 100,0 953 25-29 65,0 4,3 30,7 100,0 1 747 82,9 5,7 11,4 100,0 812 30-34 74,5 3,4 22,0 100,0 1 350 90,3 5,3 4,4 100,0 620 35-39 80,3 2,1 17,6 100,0 1 080 94,8 2,8 2,4 100,0 467 40-44 78,9 2,4 18,7 100,0 832 94,7 3,1 2,1 100,0 394 45-49 82,3 2,5 15,1 100,0 711 92,3 3,9 3,8 100,0 344 État matrimonial Jamais marié 28,9 3,6 67,6 100,0 2 560 43,8 4,0 52,1 100,0 2 112 En union 67,1 3,8 29,1 100,0 7 166 91,4 3,8 4,9 100,0 2 271 Divorcé, séparé, veuf/veuve 68,3 5,0 26,7 100,0 930 72,8 9,2 18,0 100,0 433 Nombre d'enfants vivants 0 32,5 4,1 63,4 100,0 3 369 65,4 4,2 30,2 100,0 1 634 1-2 62,9 4,7 32,5 100,0 3 230 68,4 5,3 26,3 100,0 1 577 3-4 72,4 3,8 23,8 100,0 1 999 73,5 3,6 22,9 100,0 881 5+ 78,4 2,2 19,5 100,0 2 058 71,7 3,8 24,5 100,0 722 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 42,9 5,1 51,9 100,0 2 277 60,8 8,4 30,8 100,0 1 167 Autres villes 49,2 4,0 46,8 100,0 3 559 64,2 4,1 31,6 100,0 1 645 Ensemble urbain 46,7 4,4 48,8 100,0 5 836 62,8 5,8 31,3 100,0 2 812 Rural 71,7 3,1 25,2 100,0 4 820 77,3 2,3 20,4 100,0 2 003 Région Adamaoua 41,7 1,0 57,3 100,0 416 76,6 1,5 21,9 100,0 214 Centre 40,3 2,1 57,7 100,0 854 65,5 1,5 33,0 100,0 368 Douala 41,9 4,0 54,0 100,0 1 197 60,8 7,3 31,9 100,0 598 Est 65,6 1,8 32,6 100,0 506 70,2 8,2 21,6 100,0 249 Extrême-Nord 60,3 8,2 31,5 100,0 1 718 77,1 4,1 18,8 100,0 620 Littoral 57,6 3,5 38,9 100,0 482 66,6 1,1 32,3 100,0 208 Nord 75,6 0,6 23,9 100,0 975 78,0 3,5 18,5 100,0 434 Nord-Ouest 72,3 1,0 26,7 100,0 1 090 71,9 2,9 25,2 100,0 506 Ouest 62,4 4,2 33,4 100,0 1 142 61,6 1,5 36,3 100,0 411 Sud 69,2 5,5 25,3 100,0 439 73,6 2,3 24,1 100,0 223 Sud-Ouest 66,3 2,0 31,8 100,0 757 69,5 3,7 26,8 100,0 415 Yaoundé 44,1 6,3 49,6 100,0 1 080 60,9 9,5 29,6 100,0 568 Niveau d'instruction Aucun 67,2 4,9 27,9 100,0 2 383 93,4 3,2 3,4 100,0 467 Primaire 66,5 3,0 30,5 100,0 4 109 80,9 3,1 16,0 100,0 1 736 Secondaire ou plus 44,5 4,1 51,5 100,0 4 163 56,4 5,4 38,1 100,0 2 612 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 83,6 4,6 11,8 100,0 2 007 81,3 2,0 16,7 100,0 650 Second 65,0 3,5 31,4 100,0 1 756 78,1 3,8 18,1 100,0 792 Moyen 56,6 2,3 41,0 100,0 2 046 72,3 2,8 24,9 100,0 906 Quatrième 50,5 4,2 45,3 100,0 2 283 65,1 4,5 30,5 100,0 1 110 Le plus riche 41,1 4,3 54,6 100,0 2 566 58,1 6,9 34,8 100,0 1 357 Ensemble 58,0 3,8 38,1 100,0 10 656 68,8 4,4 26,7 100,0 4 815 48 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Dans l’ensemble, un peu plus de deux femmes sur cinq (42 %) ne travaillaient pas au moment de l’enquête ; parmi elles, une faible proportion (4 %) ne travaillaient pas au moment de l’enquête mais avaient eu une activité au cours des 12 derniers mois. À l’opposé, près de trois femmes sur cinq (58 %) exerçaient une activité (tableau 3.6). On note que le pourcentage de femmes qui travaillaient au moment de l’enquête augmente régulièrement avec l’âge, passant d’un minimum de 29 % à 15-19 ans à un maximum de 82 % à 45-49 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les résultats montrent que ce sont les femmes en rupture d’union (68 %) et celles en union (67 %) qui étaient proportionnellement les plus nombreuses à exercer une activité au moment de l’enquête contre 29 % des célibataires. Le nombre d’enfants influence également l’activité économique de la femme. Plus le nombre d’enfants augmente, plus la proportion de femmes exerçant une activité augmente: de 32 % quand celles-ci n’ont pas d’enfant, la proportion passe à 78 % quand elles en ont 5 ou plus. Les données selon le milieu de résidence montrent que c’est en milieu rural que la proportion de femmes qui travaillaient au moment de l’enquête est la plus élevée (72 %). À l’opposé, c’est à Douala/Yaoundé qu’elle est la plus faible (43 %). Dans les régions, la proportion de femmes ayant une activité varie de 42 % dans l’Adamaoua et 40 % au Centre à un maximum de 76 % dans le Nord et 72 % dans le Nord-Ouest. Selon le niveau d’instruction, on constate que les femmes ayant un niveau d'instruction primaire (67 %) étaient proportionnellement plus nombreuses à exercer une activité que celles ayant un niveau d'instruction secondaire ou plus (44 %). Enfin, les femmes des ménages les plus pauvres étaient plus fréquemment occupées (84 %) que celles des ménages les plus riches (41 %). Les résultats concernant les hommes montrent que 69 % des hommes exerçaient une activité quelconque au moment de l’enquête. On constate, comme chez les femmes mais de manière plus irrégulière, que le pourcentage d’hommes qui travaillaient au moment de l’enquête augmente régulièrement avec l’âge, passant de 28 % à 15-19 ans à 95 % à 35-39 ans et 40-44 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les résultats montrent, que les hommes en union et ceux en rupture d’union étaient, proportionnellement, les plus nombreux à travailler au moment de l’enquête (respectivement, 91 % et 73 %). Par rapport au milieu de résidence, c’est en milieu rural que la proportion d’hommes qui travaillaient au moment de l’enquête est la plus élevée : 77 % contre en 63 % en milieu urbain. Concernant le niveau d’instruction, les résultats montrent que les hommes sans niveau d’instruction (93 %) étaient, proportionnellement, plus nombreux à exercer une activité que ceux ayant un niveau primaire (81 %) et ceux de niveau d’instruction secondaire ou plus (56 %). Enfin, on constate que dans les ménages les plus pauvres, la proportion d'hommes qui travaillaient est plus élevée que dans les ménages les plus riches (81 % contre 58 %). Le tableau 3.7 présente les résultats selon le type d’occupation des femmes et des hommes. Une femme sur deux, parmi celles qui exerçaient une activité au moment de l’enquête ou qui avaient exercé une activité au cours des douze derniers mois ayant précédé l'enquête, travaillait dans le secteur agricole (51 %). Les femmes (49 %) qui travaillaient dans le secteur non agricole travaillaient dans 35 % des cas en faisant un travail manuel non qualifié et dans 6 % des cas un travail manuel qualifié. Seulement 4 % ont déclaré travailler dans le secteur des ventes et services et 4 % travaillaient en tant que cadre ou exerçaient une activité professionnelle technique ou administrative. Selon le milieu de résidence, on constate que la proportion de femmes ayant déclaré une activité agricole est bien sûr plus élevée en milieu rural (77 % contre 32 % dans les Autres villes et 2 % à Douala/Yaoundé). En dehors des deux grandes villes, cette proportion est supérieure à 45 % dans les autres régions et dépasse 70 % dans les provinces de l’Est (72 %) et du Nord (77 %). En ce qui concerne le niveau d’instruction, les résultats montrent que 75 % des femmes travaillant dans l’agriculture n’ont aucun niveau d’instruction et moins d’un quart (22 %) ont un niveau d’instruction secondaire ou plus. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 49 Tableau 3.7 Occupation Répartition (en %) des femmes et des hommes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête par type d'occupation selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Femmes Hommes Caractéristique socio- démographique Profes- sionnelle/ technique/ Admini- strative/ Employée Ventes et services Travail manuel qualifié Travail manuel non qualifié Travaux domes- tiques Agri- culture Total1 Effectif Profes- sionnelle/ technique/ Admini- strative/ Employée Ventes et services Travail manuel qualifié Travail manuel non qualifié Travaux domes- tiques Agri- culture Total1 Effectif Âge 15-19 0,9 0,4 7,6 38,8 0,1 51,0 100,0 894 0,2 6,0 15,9 34,2 0,0 39,4 99,2 371 20-24 2,9 1,1 11,1 34,9 0,1 49,1 100,0 1 267 0,2 14,2 14,2 27,2 0,3 38,1 96,4 669 25-29 3,5 4,1 5,9 36,1 0,5 49,5 100,0 1 211 0,2 12,4 14,4 21,2 0,9 42,2 93,4 719 30-34 4,7 5,9 3,4 33,3 0,1 52,3 100,0 1 052 0,4 14,8 11,9 23,0 0,4 41,1 92,5 593 35-39 5 4,9 4,4 35,4 0,2 49,3 100,0 890 0,4 11,7 11,4 22,4 0,3 40,6 88,5 456 40-44 4,1 5,4 2,5 34,2 0,1 53,5 100,0 676 0,7 14,3 8,1 16,7 0,3 46,1 87,4 386 45-49 3,8 6,2 2,2 27,9 0,3 59,6 100,0 603 0,9 15,2 10,6 13,8 0,7 44,4 86,7 331 État matrimo Jamais marié 4,9 3,7 11,1 46,0 0,3 32,6 100,0 830 0,2 10,9 14,9 32,2 0,5 35,0 96,1 1 010 En union 3,1 3,6 5,1 31,8 0,2 55,9 100,0 5 081 0,4 13,9 11,2 18,6 0,4 45,1 91,0 2 160 Divorcé, séparé, veuf/veuve 5,1 4,8 5,2 43,2 0,4 40,2 100,0 682 0,5 12,1 15,1 23,7 0,3 37,1 91,7 355 Nombre d'enfants vivants 0 4,8 2,9 10,2 41,5 0,2 39,4 100,0 1 232 0,3 14,4 14,3 23,8 0,5 32,9 88,3 1 138 1-2 3,9 3,9 7,3 35,1 0,4 48,3 100,0 2 181 0,6 12,5 12,5 23,7 0,2 42,3 93,5 1 163 3-4 3,3 4,5 3,8 34,4 0,1 53,6 100,0 1 523 0,5 13,3 11,0 20,9 0,3 48,0 95,4 679 5+ 2,1 3,4 2,6 29,5 0,0 62,2 100,0 1 657 0,2 9,8 11,8 22,4 1,1 48,9 95,6 545 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 10,4 9,1 13,9 62,0 0,6 1,9 100,0 1 094 0,9 21,1 21,2 35,2 1,3 1,5 84,0 807 Autres villes 4,5 6,1 8,4 48,7 0,3 31,5 100,0 1 892 0,6 16,6 14,6 30,4 0,3 24,8 90,4 1 124 Ensemble urbain 6,6 7,2 10,4 53,6 0,4 20,7 100,0 2 986 0,7 18,5 17,4 32,5 0,7 15,1 87,7 1 931 Rural 0,9 0,8 2,1 19,1 0,0 76,8 100,0 3 607 0,0 6,0 7,0 11,5 0,1 73,2 98,4 1 594 Région Adamaoua 2,9 5,5 6,2 35,0 0,3 49,9 100,0 177 0,9 10,6 10,0 17,4 0,3 53,3 94,5 167 Centre 5,2 3,2 3,8 30,7 0,0 56,9 100,0 361 0,7 14,8 13,1 13,7 0,0 51,9 94,5 246 Douala 7,5 9,6 13,7 66,0 0,4 1,1 100,0 550 0,6 23,3 16,6 41,7 0,6 2,1 86,5 407 Est 1,7 3,8 4,4 18,4 0,0 71,7 100,0 341 0,0 10,2 11,0 24,5 0,0 47,0 95,2 195 Extrême-Nord 0,4 0,3 2,5 30,2 0,0 66,2 100,0 1 177 0,0 7,1 7,9 13,3 0,0 69,4 98,1 503 Littoral 2,3 2,2 4,2 42,6 0,5 47,7 100,0 295 0,0 10,6 9,9 26,9 0,0 41,5 90,8 141 Nord 0,5 0,2 0,8 21,4 0,0 77,2 100,0 742 0,4 7,7 4,5 19,2 0,4 63,2 96,2 354 Nord-Ouest 2,7 3,1 5,1 24,4 0,0 64,5 100,0 799 0,0 10,7 12,2 24,8 0,0 45,6 94,7 378 Ouest 2,8 4,1 5,7 35,1 0,0 52,1 100,0 761 0,0 10,6 13,0 27,4 0,3 41,0 92,8 259 Sud 2,3 5,1 4,4 38,1 0,2 48,2 100,0 328 0,4 15,1 9,2 15,2 0,0 51,6 95,3 170 Sud-Ouest 4,2 5,2 9,5 28,7 0,7 50,9 100,0 517 0,4 12,3 13,1 16,9 0,7 46,1 93,6 304 Yaoundé 13,3 8,6 14,0 58,1 0,9 2,8 100,0 544 1,2 18,8 26,0 28,7 2,1 0,9 81,5 400 Niveau d'instruction Aucun 0,1 0,0 1,5 23,7 0,0 74,6 100,0 1 718 0,3 4,4 5,1 15,7 0,3 72,9 99,0 451 Primaire 0,8 1,0 5,4 34,2 0,0 58,3 100,0 2 855 0,1 9,4 11,4 24,3 0,3 51,8 98,0 1 459 Secondaire ou plus 10,2 10,7 10,3 44,9 0,6 21,7 100,0 2 021 0,7 18,4 15,9 23,8 0,6 23,2 85,7 1 615 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,3 0,0 0,5 9,3 0,0 89,9 100,0 1 770 0,0 1,8 4,7 6,9 0,0 86,0 99,4 542 Second 0,4 0,4 2,1 27,3 0,0 69,5 100,0 1 203 0,0 6,3 7,4 12,0 0,0 73,2 99,2 648 Moyen 1,6 1,7 4,8 39,0 0,0 52,4 100,0 1 207 0,0 11,7 12,1 19,9 0,1 51,4 96,8 681 Quatrième 2,3 4,7 10,7 60,0 0,5 21,1 100,0 1 249 0,7 18,5 18,1 35,2 0,3 16,8 91,5 772 Le plus riche 14,9 13,9 13,7 49,6 0,6 5,4 100,0 1 164 1,0 20,5 17,2 32,6 1,4 4,4 81,0 882 Ensemble 3,5 3,7 5,9 34,7 0,2 51,4 100,0 6 593 0,4 12,9 12,7 23,0 0,4 41,4 92,5 3 525 1 Les totaux incluent les ND C’est dans l’agriculture que la majorité des hommes en activité travaillent (41 %) ; en outre, un homme sur huit exerce une activité dans les ventes et services (13 %). De plus, on note selon l’âge que les proportions d'hommes exerçant un travail manuel qualifié ou non tendent à baisser au fur et à mesure que l'âge augmente. 50 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Selon le milieu de résidence, on constate, comme on pouvait s'y attendre, que c’est en milieu rural que la proportion d’hommes ayant une activité agricole est la plus élevée (73 % contre 15 % en milieu urbain). Par contre, en milieu urbain, la proportion d’hommes travaillant dans le commerce (ventes et services) est nettement supérieure à celle observée en milieu rural (19 % contre 6 %). En ce qui concerne le niveau d’instruction, les résultats montrent que 73 % des hommes travaillant dans l’agriculture n’ont aucun niveau d’instruction tandis qu’environ un cinquième (18 %) de ceux qui exercent dans les ventes et services ont un niveau d’instruction secondaire ou plus. La proportion des hommes qui sont occupés dans les ventes et services augmente significativement avec le bien-être du ménage. Elle passe de 2 % chez les hommes vivant dans les ménages les plus pauvres à 21 % chez ceux des ménages les plus riches. La tendance s'inverse pour ceux qui ont une activité agricole : plus de quatre hommes sur cinq des ménages les plus pauvres (86 %) sont occupés dans l'agriculture contre moins d'un homme sur vingt cinq dans les ménages les plus riches (4 %). Le tableau 3.8 présente la répartition des femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type de revenus, type d’employeur et en fonction de la régularité de l’emploi. Dans l’ensemble, on constate que 46 % des femmes ont été payées en argent seulement, 28 % en argent et en nature, 16 % en nature seulement et 11 % n’ont pas été payées. Les femmes travaillant ou ayant travaillé dans le secteur non agricole ont été plus fréquemment payées en argent (88 %) que celles qui ont exercé une activité dans le domaine agricole (6 %). Tableau 3.8 Type d'emploi Répartition (en %) des femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois précédant l'enquête par type de paiement, type d'employeur et régularité de l'emploi, selon le type de l'emploi (agricole ou non-agricole), Cameroun 2004 Caractéristique de l'emploi Travail agricole Travail non agricole ND Ensemble Type de paiement Argent seulement 6,9 87,5 68,5 46,0 Argent et en nature 48,3 5,9 0,0 27,6 En nature seulement 30,0 0,7 2,0 15,8 Sans rémunération 14,8 5,9 19,3 10,5 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 Type d'employeur Travaille pour un membre de la famille 22,2 3,5 4,7 13,1 Travaille pour quelqu'un d'autre que la famille 2,8 21,4 39,8 12,0 Travaille à son propre compte 75,0 75,0 45,3 74,8 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 Régularité du travail Annuel 30,6 63,5 44,0 46,5 Saisonnier 59,0 10,9 29,9 35,7 Occasionnel 10,2 25,2 16,0 17,5 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 3 387 3 167 40 6 593 Note: Le total comprend les femmes dont l'information sur le type d'emploi est manquante. 1 Les totaux incluent les ND. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 51 De plus, dans la majorité des cas (75 %) les femmes travaillaient pour leur propre compte, cela quel que soit le type d’emploi ; Dans le secteur agricole, les femmes ont été en proportion un peu plus nombreuses à travailler pour un membre de la famille que dans le secteur non agricole (22 % contre 4 %). Enfin, dans 47 % des cas, les femmes ont travaillé toute l'année, en particulier celles ayant travaillé dans le secteur non agricole (64 %). Le tableau 3.9 présente les proportions de femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 derniers mois par type d’employeur selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Les trois- quarts des femmes travaillaient à leur propre compte (75 %). Cette proportion augmente avec l'âge: elle passe de 57 % parmi celles âgées de 15-19 ans à 83 % parmi celles de 45-49 ans. C’est en milieu rural (76 %) et parmi celles n’ayant aucune instruction que la proportion de femmes travaillant à leur compte est la plus élevée. En outre, près d'une femme sur huit (12 %) travaillait pour quelqu'un d'autre que la famille. Il s’agit surtout des femmes de Yaoundé/Douala (28 %) et de celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire (26 %). Environ une femme sur huit (13 %) travaille pour un membre de la famille. Les femmes les moins instruites (25 %), les plus jeunes (26 % à 15-19 ans) et celles du milieu rural (19 %) sont proportionnellement plus nombreuses à travailler pour un membre de la famille que les autres. Tableau 3.9 Employeur et formes de revenus Répartition (en %) des femmes ayant ou ayant eu un emploi au cours des 12 mois précédant l'enquête par type d'employeur, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Type d'employeur Caractéristique Travaille pour un membre de la famille Travaille pour quelqu'un d'autre que la famille Travaille à son propre compte Total1 Effectif Âge 15-19 25,6 17,3 56,8 100,0 894 20-24 15,3 14,4 70,1 100,0 1 267 25-29 11,8 10,8 77,4 100,0 1 211 30-34 9,8 10,7 79,4 100,0 1 052 35-39 9,2 9,3 81,5 100,0 890 40-44 9,6 10,5 79,8 100,0 676 45-49 8,1 9,1 82,8 100,0 603 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 4,3 27,6 67,6 100,0 1 094 Autres villes 7,4 16,6 75,9 100,0 1 892 Ensemble urbain 6,3 20,7 72,9 100,0 2 986 Rural 18,8 4,8 76,4 100,0 3 607 Niveau d'instruction Aucun 25,0 2,2 72,7 100,0 1 718 Primaire 10,1 7,7 82,1 100,0 2 855 Secondaire ou plus 7,2 26,3 66,3 100,0 2 021 Total 13,1 12,0 74,8 100,0 6 593 1 Y compris le non déterminé 52 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés 3.6 STATUT DE LA FEMME Lors de l’enquête individuelle, un certain nombre de questions sur le pouvoir de décision dans le ménage et le contrôle exercé sur le revenu ont été posées aux femmes. De même, on a cherché à connaître l’opinion des femmes concernant certains aspects de la vie du couple : en particulier, on a demandé aux femmes si elles pensaient que pour certaines raisons, il était justifié qu’un homme batte sa femme et si une femme pouvait refuser pour certaines raisons d’avoir des relations sexuelles avec son mari ou partenaire. 3.6.1 Utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage Le tableau 3.10 présente d’une part la répartition des femmes qui travaillent selon la personne qui décide de l’utilisation de leur revenu et d’autre part la répartition des femmes qui travaillent selon la part des dépenses du ménage qui sont couvertes par leurs revenus. Au Cameroun, un peu plus de sept femmes sur dix (72 %) décident seules de l’utilisation de l’argent qu’elles gagnent. Cette proportion augmente avec l’âge : de 64 % chez les femmes de 15-19 ans, la proportion passe à 76 % chez celles de 45-49 ans. C’est parmi les femmes en rupture d’union (97 %), parmi celles de Yaoundé/Douala (81 %), parmi les plus instruites (73%) et parmi celles des ménages du quintile le plus riche (77 %) que la proportion de femmes qui dispose le plus fréquemment « d’autonomie financière » est la plus élevée. À l’opposé, les femmes du milieu rural (66 %), celles ayant un niveau primaire (67 %) et celles des ménages les plus pauvres (65 %) sont celles qui décident le moins fréquemment de l’utilisation de l’argent qu’elles gagnent. Dans 19 % des cas, les femmes ont déclaré décider conjointement avec quelqu’un d’autre. Il s’agit essentiellement des femmes en union (24 %), de celles du milieu rural (23 %). Enfin dans 9 % des cas, c'est une autre personne qui décide de l'utilisation de l'argent gagné par la femme ; cette proportion est particulièrement élevée chez les femmes de 15-19 ans (23 %), chez les célibataires (19 %) et chez les femmes du milieu rural (11 %). En ce qui concerne la contribution des femmes aux dépenses du ménage, les données collectées au cours de l'EDSC-III révèlent que dans plus d'un cinquième des cas (22 %), l'enquêtée ne contribue en aucune manière aux dépenses du ménage: il s'agit principalement des jeunes de 15-19 ans (49 %) et des célibataires (42 %). Seulement 12 % des femmes qui gagnent de l’argent affectent la totalité de leur revenu aux dépenses du ménage. Les femmes qui prennent en charge toutes les dépenses du ménage avec leur revenu sont celles qui sont âgées de 35 ans ou plus, celles qui sont en rupture d’union (35 %) et celles qui vivent en zone urbaine (15 %). La répartition selon le niveau d’instruction et le niveau de bien-être du ménage ne met pas en évidence d’écarts importants. Par ailleurs, on note aussi que deux femmes sur cinq (40 %) couvrent au moins la moitié des dépenses du ménage avec leur revenu. Ce comportement est moins fréquent chez les femmes célibataires (21 %), chez celles n'ayant aucun niveau d'instruction (31 %) que chez les autres. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 53 Tableau 3.10 Décision de l'utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage Répartition (en %) des femmes travaillant ou ayant travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête et qui gagnent de l'argent en fonction de la personne qui décide de son utilisation et de la proportion dépensée pour les charges du ménage, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Décision sur l'utilisation des revenus Dépenses du ménage couvertes par les gains Caractéristique socio-démographique Enquêtée toute seule Conjointe- ment avec quelqu'un d'autre1 Autre personne décide seule2 Total Pratique- ment aucune Moins de la moitié Au moins la moitié Toutes Total Effectif Âge 15-19 65,8 13,0 23,2 100,0 49,3 28,1 16,4 6,2 100,0 515 20-24 68,2 18,7 13,1 100,0 29,1 32,3 32,1 6,3 100,0 911 25-29 72,2 20,0 7,8 100,0 20,8 31,0 38,3 9,7 100,0 897 30-34 72,7 21,9 5,3 100,0 16,1 26,6 46,0 11,3 100,0 803 35-39 73,5 20,5 5,9 100,0 13,2 23,9 46,4 16,5 100,0 716 40-44 75,6 21,1 3,1 100,0 12,7 21,2 48,1 18,0 100,0 545 45-49 76,0 18,7 5,3 100,0 9,4 19,4 51,5 19,7 100,0 468 État matrimonial Jamais mariée 74,1 6,5 19,4 100,0 42,4 25,5 20,8 11,3 100,0 569 En union 67,2 24,2 8,6 100,0 19,8 29,0 42,9 8,2 100,0 3 699 Divorcée/séparée/veuve 96,8 1,9 1,3 100,0 11,7 15,1 37,9 35,2 100,0 587 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 80,8 13,7 5,5 100,0 22,7 24,8 39,2 13,3 100,0 1 002 Autres villes 74,1 18,0 7,9 100,0 22,9 25,5 36,3 15,4 100,0 1 559 Ensemble urbain 76,7 16,3 7,0 100,0 22,8 25,2 37,4 14,5 100,0 2 561 Rural 65,9 22,9 11,2 100,0 20,0 28,9 42,2 8,9 100,0 2 293 Niveau d'instruction Aucun 78,8 14,1 7,0 100,0 29,7 28,1 30,6 11,4 100,0 895 Primaire 67,3 22,0 10,6 100,0 18,2 26,9 43,0 11,9 100,0 2 235 Secondaire ou plus 73,3 18,8 7,9 100,0 21,5 26,4 40,0 12,1 100,0 1 725 Quintile de bien- être économique Le plus pauvre 64,9 22,9 12,2 100,0 21,3 29,5 40,5 8,7 100,0 872 Second 68,3 23,0 8,6 100,0 18,8 28,2 41,5 11,4 100,0 894 Moyen 71,5 18,1 10,4 100,0 20,6 25,7 39,9 13,7 100,0 977 Quatrième 74,5 16,3 9,3 100,0 22,7 25,8 38,2 13,0 100,0 1 073 Le plus riche 77,1 17,9 5,0 100,0 23,4 25,9 38,7 12,0 100,0 1 039 Ensemble 71,6 19,4 9,0 100,0 21,5 26,9 39,7 11,9 100,0 4 855 1 En commun avec le conjoint ou quelqu'un d'autre. 2 Y compris le conjoint. Le tableau 3.11 présente la répartition des femmes en union qui gagnent de l’argent selon la personne qui décide de son utilisation et selon la part des dépenses du ménage qui sont couvertes par les revenus de la femme. Les résultats montrent que parmi les femmes actuellement en union qui n’affectent pratiquement rien de ce qu’elles gagnent aux dépenses du ménage, plus des quatre cinquième (85 %) décident seules de l’utilisation de leurs revenus, le mari ou partenaire n’intervenant que dans 9 % des cas. Parmi celles qui 54 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés consacrent la totalité de leurs gains pour couvrir les dépenses du ménage, pratiquement les trois quarts d'entre elles prennent aussi seules la décision d’utiliser leur argent. (74 %). Il semble donc qu’au Cameroun la contribution de la femme qui travaille aux dépenses du ménage n’est pas influencée par sa capacité de décision concernant l’argent qu’elle gagne. Tableau 3.11 Contrôle du revenu des femmes Répartition (en %) des femmes en union qui gagnent de l'argent pour leur travail ou qui en ont gagné au cours des 12 derniers mois en fonction de la personne qui décide de son utilisation, selon la proportion dépensée pour les charges du ménage, Cameroun 2004 Contribution aux dépenses du ménage Elle- même Avec conjoint/ partenaire Avec quelqu'un d'autre Conjoint/ partenaire seul Quelqu'un d'autre seul Total1 Effectif Pratiquement aucune 84,8 8,8 0,2 5,1 1,0 100,0 732 Moins de la moitié 65,2 25,1 0,2 8,1 1,4 100,0 1 074 Au moins la moitié 59,2 30,8 0,6 8,6 0,7 100,0 1 586 Toutes 73,8 18,3 0,5 6,3 1,2 100,0 305 ND 53,9 0,0 0,0 46,1 0,0 100,0 3 Ensemble 67,2 23,8 0,4 7,6 1,0 100,0 3 699 1 Total inclut les ND 3.6.2 Prise de décision dans le ménage Pour évaluer le rôle et le niveau d’implication des femmes dans la prise de décision au sein du ménage, on a posé aux femmes des questions pour savoir qui, de l’enquêtée ou de quelqu’un d’autre, avait le dernier mot dans certaines décisions. Ces décisions portaient sur les soins de santé de la femme, les achats importants pour le ménage, les achats quotidiens pour le ménage, les visites à la famille et/ou aux parents et la préparation quotidienne des repas. Les questions ont été posées à toutes les femmes. Selon le tableau 3.12, qui ne présente les résultats que pour les femmes en union, on constate que c’est dans la préparation quotidienne des repas que les femmes ont le plus fréquemment le dernier mot (64 %). Par contre, quand il s’agit de leurs propres soins de santé, seulement 18 % décident en dernier ressort et dans 58 % des cas, c’est le conjoint seul qui décide. C’est en ce qui concerne la décision sur les achats importants du ménage que la proportion de femmes qui ont le dernier mot est la plus faible (13 %). Dans plus de la moitié des cas, c’est le conjoint qui a le dernier mot (54 %). Tableau 3.12 Participation des femmes dans la prise de décision Répartition (en %) des femmes en union en fonction de la personne qui a le dernier mot pour certaines prises de décision, selon le type de décision, Cameroun 2004 Type de décision Enquêtée elle- même Avec son conjoint Avec quelqu'un d'autre Conjoint seul Quelqu'un d'autre seul Aucune décision prise/NA Total1 Effectif Propres soins de santé 18,4 16,5 0,5 57,6 6,8 0,2 100,0 7 166 Achats importants pour le ménage 13,0 22,8 0,7 53,8 9,3 0,4 100,0 7 166 Achats quotidiens pour le ménage 29,0 22,1 1,4 39,0 7,9 0,5 100,0 7 166 Visites à la famille ou aux proches 21,5 27,1 1,1 43,8 5,6 0,9 100,0 7 166 Préparation quotidienne des repas 63,5 8,6 4,1 14,7 6,5 2,4 100,0 7 166 1 Total inclut les ND Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 55 Dans l’ensemble, un peu plus d'une femme sur cinq (21 %), qu'elle soit en union ou pas, a déclaré avoir décidé en dernier ressort pour toutes les décision citées et, à l’opposé, moins d’un tiers des femmes (28 %) n’ont eu le dernier mot dans aucune décision (tableau 3.13). Les femmes en rupture d’union sont proportionnellement les plus nombreuses à avoir le dernier mot (52 % contre 23 % parmi celles en union et 7 % pour les célibataires) dans toutes les décisions citées. Par contre, près des deux tiers des jeunes filles de 15-19 ans (64 %), près des deux tiers des célibataires (66 %) et un peu moins de la moitié des femmes qui ne travaillent pas (45 %) ont déclaré n’avoir le dernier mot dans aucune décision. Les femmes qui exercent un travail rémunéré sont proportionnellement plus nombreuses à avoir le dernier mot dans Tableau 3.13 Participation des femmes dans la prises de décision selon certaines caractéristiques socio- démographiques Pourcentage de femmes qui déclarent avoir le dernier mot, seule ou en commun avec quelqu'un d’autre pour certaines prises de décision, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Décide seule ou en commun avec quelqu'un de : Caractéristique socio-démographique Propres soins de santé Achats importants pour le ménage Achats quotidiens pour le ménage Visites à la famille ou aux proches Préparation quotidienne des repas Toutes les décisions citées Aucune des décisions citées Effectif de femmes Âge 15-19 8,9 6,7 10,5 16,9 26,8 3,5 64,4 2 684 20-24 28,2 24,2 35,2 42,0 58,3 14,2 27,7 2 252 25-29 37,9 34,9 52,1 50,8 72,6 21,9 16,2 1 747 30-34 46,7 47,0 61,9 59,5 82,0 31,3 11,1 1 350 35-39 50,8 52,0 69,8 63,3 86,5 38,6 8,9 1 080 40-44 55,1 54,7 70,6 66,1 86,0 40,7 8,8 832 45-49 56,7 56,1 70,3 66,2 85,4 42,7 9,3 711 État matrimonial Jamais mariée 15,7 9,1 11,9 21,0 21,7 6,7 65,6 2 560 En union 35,4 36,5 52,5 49,8 76,3 22,6 16,5 7 166 Divorcée, séparée, veuve 68,3 57,9 64,1 73,9 69,3 52,3 16,8 930 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 44,3 39,3 52,6 53,7 62,5 25,0 22,8 2 277 Autres villes 33,1 30,4 42,0 44,7 59,7 21,3 30,5 3 559 Ensemble urbain 37,5 33,9 46,2 48,2 60,8 22,8 27,5 5 836 Rural 28,8 29,2 40,8 41,0 64,6 19,7 29,4 4 820 Niveau d'instruction Aucun 26,6 25,5 33,3 35,4 64,2 18,6 31,9 2 383 Primaire 35,3 34,3 49,1 48,3 66,1 23,4 25,0 4 109 Secondaire ou plus 35,8 32,9 44,5 47,1 58,0 20,9 29,6 4 163 Emploi Ne travaille pas actuellement 20,2 18,0 25,3 31,5 44,8 10,6 44,9 4 468 Travail payé 51,4 48,9 66,8 61,7 78,8 34,5 11,4 4 564 Travail non payé 20,0 21,3 29,6 34,9 65,6 14,0 30,3 1 614 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 29,5 29,2 38,3 39,9 66,3 21,0 28,7 2 007 Second 29,5 28,6 41,5 40,3 62,1 19,7 31,9 1 756 Moyen 30,5 30,0 42,4 44,4 63,2 19,7 27,7 2 046 Quatrième 35,9 33,0 47,1 48,0 61,3 23,0 27,7 2 283 Le plus riche 39,9 36,3 47,7 49,8 60,4 22,7 26,7 2 566 Ensemble1 33,6 31,8 43,7 45,0 62,5 21,4 28,3 10 656 1 L’ensemble inclut 9 cas pour lesquels l’emploi est ND 56 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés toutes les décisions (35 %) que celles qui travaillent sans être payées (14 %) et que celles qui ne travaillent pas (11 %). Concernant les résultats en fonction du type de décision, on constate que près des deux tiers (63 %) des femmes ont déclaré avoir eu le dernier mot pour la préparation du repas quotidien. À l’opposé, quand il s’agit des achats importants du ménage et des soins de santé, les proportions sont plus faibles (respectivement 32 % et 34 %). En outre, un peu moins de la moitié (44 %) des femmes enquêtées décident des achats quotidiens et dans moins d'un cas sur deux (45 %), elles décident des visites qu’elles effectuent à la famille et à leurs amis. 3.6.3 Opinion des femmes sur la violence conjugale Au cours de l’EDSC-III, on a demandé aux femmes si elles pensaient que pour certaines raisons qui étaient citées, il est justifié qu’un homme batte son épouse ou partenaire. Le tableau 3.14 présente les pourcentages de femmes qui sont d’accord avec certaines raisons spécifiques justifiant qu’un mari batte sa femme ou sa partenaire. Ces proportions sont présentées selon différentes caractéristiques socio- démographiques des femmes enquêtées. La majorité des femmes (56 %) pense que pour, au moins une des raisons citées, un homme a le droit de battre sa femme ou partenaire. Le statut matrimonial n’influence pas significativement cette opinion. C’est parmi les femmes du milieu rural et celles ayant un niveau d’instruction primaire que la proportion de celles qui partage cette opinion est la plus élevée (61 % et 62 %). À l’opposé, c’est parmi les femmes de Yaoundé/Douala (47 % et celles qui ont un niveau d’instruction au moins secondaire (49 % ) que l’on constate les proportions les plus faibles de femmes qui approuvent cette opinion selon laquelle pour au moins une des raisons citées, un homme peut battre son épouse ou partenaire. Par ailleurs, le tableau 3.14 présente les résultats selon les différentes raisons citées. On constate que c’est dans le cas où la femme néglige les enfants que la proportion de femmes qui pensent qu’il est justifié qu’un homme batte sa femme est la plus élevée (45 %). Dans environ un tiers des cas (34 %), les femmes approuvent ce comportement du mari/ partenaire quand la femme sort sans le lui dire, en particulier en milieu rural (40 %) et parmi les femmes sans niveau d’instruction (41 %). En outre, plus d’un quart (27 %) des femmes pensent qu’un tel comportement est justifié quand la femme discute l’opinion de son mari/partenaire. C’est encore parmi les femmes du milieu rural (33 %) et parmi les femmes sans niveau d’instruction (35 %) que cette proportion est la plus élevée. Une femme sur cinq approuve ce comportement quand la femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire. Enfin, pour 19 % des femmes, il est justifié qu’un homme batte sa femme ou partenaire quand celle-ci brûle la nourriture ; ce sont toujours les femmes du milieu rural et celles sans niveau d’instruction qui se sont déclarées le plus fréquemment en accord avec cette opinion (respectivement, 26 % et 30 %). Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 57 Tableau 3.14 Opinion des femmes concernant le fait qu'un mari batte sa femme Pourcentage de femmes qui pensent qu'il est justifié que, dans certaines circonstances, un mari batte sa femme, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Pense qu'il est justifié qu'un mari batte sa femme quand: Caractéristique socio-démographique Elle brûle la nourriture Elle discute ses opinions Elle sort sans le lui dire Elle néglige les enfants Elle refuse d'avoir des rapports sexuels avec lui D'accord avec au moins une des raisons mentionnées Effectif de femmes Âge 15-19 21,9 27,3 33,5 46,5 16,7 58,4 2 684 20-24 17,6 26,3 32,2 44,6 18,5 53,7 2 252 25-29 18,9 26,4 34,8 44,4 22,6 55,1 1 747 30-34 19,6 27,7 34,6 44,7 24,0 54,8 1 350 35-39 16,3 22,2 32,7 43,8 18,9 54,8 1 080 40-44 20,2 29,4 35,4 47,3 24,1 56,3 832 45-49 18,0 26,5 32,2 42,0 24,9 54,0 711 État matrimonial Jamais mariée 16,1 20,5 27,2 41,1 11,4 51,5 2 560 En union 20,7 29,1 36,0 46,2 23,7 57,1 7 166 Divorcée, séparée, veuve 16,4 24,2 31,9 46,6 19,0 55,2 930 Nombre d'enfants vivants 0 17,7 23,7 29,1 41,9 15,2 52,4 3 369 1-2 19,1 27,2 35,3 46,8 20,3 56,8 3 230 3-4 20,0 26,9 35,0 46,2 23,7 57,5 1 999 5+ 21,0 29,9 36,7 46,1 25,5 57,1 2 058 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 8,9 16,5 21,6 38,7 9,2 46,9 2 277 Autres villes 16,9 24,0 32,5 44,1 18,4 54,5 3 559 Ensemble urbain 13,8 21,1 28,2 42,0 14,8 51,5 5 836 Rural 25,8 33,3 40,0 48,7 27,1 60,5 4 820 Niveau d'instruction Aucun 30,4 35,4 40,9 43,5 35,6 56,9 2 383 Primaire 21,3 31,2 38,8 50,5 22,5 62,0 4 109 Secondaire ou plus 10,7 16,9 24,1 40,4 9,5 48,5 4 163 Ensemble 19,2 26,6 33,6 45,0 20,3 55,6 10 656 3.6.4 Opinion des femmes sur le refus d’avoir des rapports sexuels Durant l’EDSC-III, on a également demandé aux femmes si elles pensaient qu’il est justifié que pour certaines raisons citées, une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari ou partenaire. Le tableau 3.15 présente les résultats selon différentes caractéristiques socio-démographiques et en fonction des différentes raisons citées. 58 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Tableau 3.15 Opinion des femmes concernant le refus d'avoir des rapports sexuels avec le conjoint Pourcentage de femmes qui pensent qu'il est justifié que, dans certaines circonstances, une femme refuse d'avoir des rapports sexuels avec son conjoint, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Pense qu'il est justifié de refuser d'avoir des rapports sexuels avec son mari quand : Caractéristique socio-démographique Elle sait que son mari a une IST Elle sait que son mari a des rapports sexuels avec d'autres femmes Elle a accouché récemment Elle est fatiguée ou n'est pas d'humeur D'accord avec toutes les raisons mentionnées N'est d'accord avec aucune des raisons mentionnées Effectif de femmes Âge 15-19 48,3 39,8 47,5 42,9 31,1 46,9 2 684 20-24 82,0 67,4 82,4 72,8 52,4 9,2 2 252 25-29 89,4 73,6 85,8 77,6 56,7 3,4 1 747 30-34 88,9 72,9 86,0 76,4 56,9 3,8 1 350 35-39 89,3 71,6 82,9 76,7 55,2 3,0 1 080 40-44 90,3 70,6 85,0 76,6 54,5 3,4 832 45-49 84,7 63,9 83,7 70,9 47,5 4,2 711 État matrimonial Jamais mariée 43,6 36,6 40,8 38,6 29,2 54,1 2 560 En union 87,7 70,5 85,8 75,8 54,2 3,4 7 166 Divorcée, séparée, veuve 88,4 73,1 85,6 78,0 56,8 3,9 930 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 79,1 63,8 70,2 68,4 48,2 17,0 2 277 Autres villes 77,5 62,9 74,3 68,7 49,3 16,4 3 559 Ensemble urbain 78,2 63,2 72,7 68,6 48,9 16,6 5 836 Rural 76,0 61,8 77,7 65,2 47,9 14,5 4 820 Niveau d'instruction Aucun 75,4 59,3 80,4 58,8 43,8 12,5 2 383 Primaire 77,5 63,4 76,5 70,4 50,1 14,6 4 109 Secondaire ou plus 77,9 63,7 70,3 68,6 49,4 18,5 4 163 Emploi Ne travaille pas actuellement 68,3 55,3 65,1 59,7 42,8 26,6 4 468 Travail payé 85,6 70,4 83,2 75,9 54,5 6,0 4 564 Travail non payé 78,1 60,9 79,2 62,8 47,0 12,4 1 614 Nombre de décisions prises par la femme1 0 53,8 46,2 53,6 48,2 36,5 40,4 3 019 1-2 81,4 65,3 82,0 69,2 49,0 9,1 3 350 3-4 90,4 73,4 85,0 79,8 56,6 2,6 2 010 5 90,2 70,8 84,0 77,8 56,2 4,1 2 277 Nombre de raisons justifiant qu'un homme batte sa femme 0 75,4 60,5 73,1 64,2 45,7 17,3 4 732 1-2 77,5 62,5 75,7 68,6 47,3 14,3 3 181 3-4 79,1 64,8 76,8 69,2 51,1 14,1 1 793 5 81,1 69,6 78,4 72,4 60,7 15,3 950 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 75,3 60,1 80,2 62,8 47,4 13,6 2 007 Second 75,7 62,3 77,5 66,3 48,0 14,5 1 756 Moyen 76,7 61,9 75,3 67,5 47,7 15,5 2 046 Quatrième 79,6 63,7 73,6 70,1 48,7 15,2 2 283 Le plus riche 77,9 64,3 70,0 68,0 49,8 18,6 2 566 Ensemble2 77,2 62,6 75,0 67,1 48,4 15,7 10 656 1 Soit seule ou en commun avec quelqu'un d'autre. 2 L’Ensemble inclut 9 cas pour lesquels l’emploi est ND. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 59 Pratiquement la moitié (48 %) des femmes pensent qu’il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire, cela quelle que soit la raison citée. C'est parmi les femmes en rupture d'union et celles en union (respectivement 57 % et 54 %), celles qui ont le dernier mot dans 3 décisions ou plus (57 %), et curieusement, parmi celles ayant déclaré qu'il y a 5 raisons qui justifient qu'un homme batte sa femme (61 %) que cette proportion est la plus élevée. Selon les raisons spécifiques, les résultats montrent que c'est dans le cas où elle sait que son mari a une IST (77 %) ou quand la femme vient d'accoucher (75 %) que les proportions de femmes qui approuvent qu'une femme refuse d'avoir des rapports sexuels avec son mari sont les plus élevées. De plus, 67 % estiment qu’il est justifié qu'une femme refuse d'avoir des rapports sexuels avec son époux/partenaire quand elle est fatiguée ou n'est pas d'humeur. Dans un peu moins des deux tiers des cas (63 %), ce comportement est considéré comme étant acceptable quand la femme sait que son mari a des relations sexuelles avec d'autres femmes. Par contre, pour près de 16 % de femmes, aucune raison ne justifie qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels. Il s'agit de plus de la moitié des femmes célibataires (54 %), de 47 % des jeunes filles de 15-19 ans et de 40 % des femmes qui n’ont le dernier mot dans aucune décision concernant le ménage. Fécondité | 61 FÉCONDITÉ 4 Paul Roger LIBITE La fécondité est l’une des principales composantes de la dynamique de la population, les autres étant la mortalité et les mouvements migratoires (Nations Unies, 1973). La collecte des données sur les niveaux, les tendances et les différentiels de la fécondité demeure un objectif majeur du programme des Enquêtes Démographiques et de Santé depuis sa conception. La collecte continue de données sur la fécondité par la méthode de l’historique des naissances et par d’autres approches a été déterminante pour mettre en évidence le rôle que joue la fécondité dans la croissance démographique au Cameroun. Ce chapitre présente l’analyse des données sur la fécondité collectées au cours de l’EDSC-III. Les résultats obtenus ont permis d’estimer le niveau de la fécondité, d’en dégager ses tendances et de mettre en évidence les différentiels de la fécondité selon certaines caractéristiques. Le chapitre présente en outre les résultats sur l’âge à la première maternité, la prévalence des grossesses improductives et l’intervalle intergénésique. L’analyse des résultats de la fécondité des adolescentes (volet déterminant de la transition de la fécondité, qui fait l’objet d’une attention particulière de la Déclaration de Politique Nationale de la Santé de la Reproduction) complète ce chapitre. Ces informations ont été obtenues par l’intermédiaire d’une série de questions que les enquêtrices ont posées aux femmes éligibles. Au cours de l’interview, les enquêtrices devaient enregistrer le nombre total d’enfants que la femme a eus, en distinguant les garçons des filles, ceux vivant avec elle de ceux vivant ailleurs, et ceux encore en vie de ceux décédés. L’enquêtrice reconstituait ensuite avec la femme interrogée l’historique complète des naissances, de la plus ancienne à la plus récente. Elle enregistrait pour chacune d’entre elles le type de naissance (simple ou multiple), le sexe, la date de naissance et l’état de survie. Pour les enfants en vie, elle enregistrait leur âge et distinguait ceux vivant avec leur mère de ceux vivant ailleurs. Pour les enfants décédés, elle enregistrait l’âge au décès. À la fin de l’interview, l’enquêtrice devait s’assurer que le nombre d’enfants déclaré par la mère (pour chaque catégorie : vivant, décédé, etc.) était cohérent avec le nombre d’enfants obtenu à partir de l’historique des naissances. Étant donné qu’il s’agit d’une enquête rétrospective, les données collectées permettent d’estimer, non seulement le niveau de la fécondité sur la période actuelle, mais également les tendances passées de la fécondité au cours des 20 dernières années précédant l’enquête. Malgré l’organisation mise en place pour atteindre les objectifs de l’enquête (notamment la formation, les instructions données aux agents de terrain ainsi qu’à ceux chargés du traitement informatique des données, et les contrôles opérés à tous les niveaux), les données obtenues peuvent être sujettes à différents types d’erreurs. Ces erreurs sont principalement celles inhérentes aux enquêtes rétrospectives. Il s’agit notamment : x du sous-enregistrement des naissances, en particulier l’omission d’enfants qui vivent ailleurs, de ceux qui meurent très jeunes, quelques heures ou quelques jours seulement après la naissance, ce qui peut entraîner une sous-estimation des niveaux de fécondité ; x de l’imprécision des déclarations de date de naissance et/ou d’âge, en particulier l’attraction pour des années de naissance ou pour des âges ronds, ce qui peut entraîner des sous- estimations ou des surestimations de la fécondité à certains âges et/ou pour certaines périodes ; 62 | Fécondité x du biais sélectif de survie ou effet de sélectivité : en effet, les femmes enquêtées sont celles qui sont survivantes. Si l’on suppose que la fécondité des femmes décédées avant l’enquête est différente de celle des survivantes, les niveaux de fécondité obtenus s’en trouveraient légèrement biaisés. Enfin, au cours de l’enquête auprès des hommes, comme au cours de celle auprès des femmes, on a recueilli des informations sur leur fécondité totale, en leur posant une série de questions sur le nombre d’enfants qu’ils ont eus en distinguant les garçons des filles, ceux vivant avec eux de ceux vivant ailleurs, et ceux encore en vie de ceux qui sont décédés. Par contre, les enquêteurs n’avaient pas à reconstituer l’historique complet des naissances des hommes. 4.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE Le niveau de fécondité est mesuré par les taux de fécondité par âge et l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) ou somme de naissances réduites. Les taux par âge sont calculés en rapportant les naissances issues des femmes de chaque groupe d’âges à l’effectif des femmes du groupe d’âges correspondant. Quant à l’ISF, qui est un indice conjoncturel de fécondité, il est obtenu à partir du cumul des taux de fécondité par âge. Il correspond au nombre moyen d’enfants que mettrait au monde une femme à la fin de sa vie féconde si elle subissait les taux de fécondité observés à une période considérée, ici la période des trois années ayant précédé l’enquête. Le tableau 4.1, illustré par le graphique 4.1, indique qu’au niveau national, les taux de fécondité générale par groupe d’âges suivent le schéma classique observé, en général, dans les pays à forte fécondité. Ce schéma se caractérise par une fécondité précoce élevée (138 ‰ à 15-19 ans) qui augmente très rapidement pour atteindre des maxima à 20-24 ans (236 ‰) et à 25-29 ans (231 ‰), qui se maintient longtemps à des niveaux importants (194 ‰ à 30-34 ans, et 126 ‰ à 35-39 ans), avant de décroître très rapidement et de façon significative. La fécondité des femmes au Cameroun demeure élevée puisqu’en arrivant en fin de vie féconde, une femme a, en moyenne, 5,0 enfants. Tableau 4.1 Fécondité actuelle Taux de fécondité par âge, Indice Synthétique de Fécondité (ISF), Taux Brut de Natalité (TBN) et Taux Global de Fécondité Générale (TGFG) pour la période des trois années précédant l'enquête, selon le milieu de résidence, Cameroun 2004 Milieu de résidence Groupe d'âges Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Total 15-19 69 126 105 183 138 20-24 153 209 185 302 236 25-29 171 216 199 268 231 30-34 140 185 167 223 194 35-39 76 115 99 154 126 40-44 24 52 41 64 53 45-49 5 16 11 21 16 ISF (15-49 ans) 3,2 4,6 4,0 6,1 5,0 TGFG (pour 1 000) 113 161 142 216 176 TBN (pour 1 000) 31,1 37,1 34,9 40,5 37,8 ISF : Indice Synthétique de Fécondité des femmes de 15-49 ans, pour une femme. TGFG : Taux Global de Fécondité Générale (naissances divisées par le nombre de femmes de 15-44 ans), pour 1 000 femmes. TBN : Taux Brut de Natalité pour 1 000 individus. Note : Les taux du groupe d'âges 45-49 ans peuvent êtres légèrement biaisés du fait de données incomplètes pour ce groupe d'âges. Fécondité | 63 Les données du tableau 4.1 mettent en évidence des différences très nettes de fécondité selon le milieu de résidence. Les femmes du milieu urbain ont une fécondité nettement plus faible que celles qui résident dans les zones rurales. L’ISF, estimé à 5,0 enfants par femme pour l’ensemble du pays, varie d’un minimum de 3,2 à Yaoundé/Douala à 4,6 dans les Autres villes et à un maximum de 6,1 en milieu rural. Cela signifie que, si les niveaux actuels de fécondité se maintenaient invariables, une femme du milieu rural aurait, en moyenne, en fin de vie féconde, pratiquement 2,9 enfants de plus qu’une femme de Yaoundé/Douala et 1,5 enfants de plus qu’une femme des Autres villes. Graphique 4.1 Taux de fécondité générale par âge selon le milieu de résidence EDSC-III 2004 � � � � � � � � � � � � � � 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 350 Pour mille Yaoundé/Douala Autres Villes Rural Cameroun � � Cette différence de niveau de fécondité s’observe à tous les âges (graphique 4.1). La fécondité des femmes du milieu rural débute plus précocement : 183 ‰ à 15-19 ans contre 126 ‰ dans les Autres villes et 69 ‰ à Yaoundé/Douala. À 20-24 ans, 1 000 femmes de Yaoundé/Douala ont, en moyenne, 153 naissances contre 209 pour les femmes des Autres villes et 302 naissances pour les femmes du milieu rural. En rural, les femmes réalisent le maximum de leur fécondité à 20-24 ans, alors que chez les femmes du milieu urbain, ce maximum se situe à 25-29 ans. Au tableau 4.1 figurent également le Taux Brut de Natalité (TBN) ou nombre annuel moyen de naissances vivantes dans la population totale, qui est estimé à 38 ‰ pour l’ensemble du pays, et le Taux Global de Fécondité Générale (TGFG), c’est-à-dire le nombre moyen de naissances vivantes dans une population de femmes en âge de procréer, estimé ici à 176 ‰. Comme l’ISF, ces deux indicateurs varient suivant le milieu de résidence. Ainsi avec un TGFG de 216 ‰ en milieu rural, 1000 femmes de ce milieu de résidence donnent naissance annuellement en moyenne, à 103 enfants de plus que leurs consoeurs de Yaoundé/Douala (113 ‰) et 55 enfants de plus que les femmes des Autres villes (161 ‰). De même, le taux brut de natalité en milieu rural (41 ‰) est supérieur de 10 points à celui de Yaoundé/Douala (31 ‰) et de 4 points à celui des Autres villes (37 ‰). L’ISF présente des variations importantes selon le niveau d’instruction des femmes (tableau 4.2). Dans les pays à faible prévalence contraceptive, on constate souvent que les femmes ayant un niveau d’instruction primaire ont une fécondité légèrement plus élevée que celles sans niveau d’instruction, mais qu’ensuite la fécondité baisse avec l’augmentation du niveau d’instruction. Cette situation qui avait été 64 | Fécondité observée lors de l’EDSC-I de 1991, s’est modifiée depuis 1998. En effet, avec un ISF de 6,3 enfants, une femme sans niveau d’instruction a, en moyenne, 0,7 enfants de plus que celle qui a un niveau d’instruction primaire (5,6) et 2,8 enfants de plus, en moyenne, que celle qui a, au moins, un niveau d’instruction secondaire (3,5). Si l’on considère les différentes régions, on remarque que le niveau de l’ISF varie considérablement, passant d’un niveau maximum de 6,4 enfants par femme à l’Extrême-Nord à un niveau minimum de 3,7 enfants par femme dans le Sud-Ouest. En d’autres termes, les femmes de l’Extrême- Nord ont, en moyenne, 2,7 enfants de plus que les femmes du Sud-Ouest. Tableau 4.2 Fécondité par caractéristiques socio-démographiques Indice synthétique de fécondité pour les trois années précédant l'enquête, pourcentage de femmes actuellement enceintes et nombre moyen d'enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Indice Synthétique de Fécondité1 Pourcentage de femmes actuellement enceintes Nombre moyen d'enfants nés vivants des femmes de 40-49 ans Milieu de résidence Yaoundé/Douala 3,2 7,1 4,9 Autres villes 4,6 8,7 5,9 Ensemble urbain 4,0 8,1 5,5 Rural 6,1 12,6 6,8 Région Adamaoua 5,4 12,8 6,1 Centre 5,5 9,6 6,2 Douala 3,2 7,0 4,8 Est 6,0 10,4 6,4 Extrême-Nord 6,4 15,0 7,2 Littoral 4,3 6,9 5,9 Nord 6,0 14,3 7,0 Nord-Ouest 4,7 7,1 5,8 Ouest 6,0 10,1 6,7 Sud 4,6 8,5 5,9 Sud-Ouest 3,7 9,2 6,0 Yaoundé 3,2 7,2 5,1 Niveau d'instruction Aucun 6,3 13,9 7,0 Primaire 5,6 10,8 6,1 Secondaire ou plus 3,5 7,3 5,0 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 6,5 12,9 7,0 Second 6,0 14,5 6,5 Moyen 5,6 9,6 6,4 Quatrième 4,2 8,3 5,9 Le plus riche 3,2 7,0 5,0 Ensemble 5,0 10,1 6,2 1 Femmes de 15-49 ans. Fécondité | 65 Au tableau 4.2 figure également le nombre moyen d’enfants nés vivants pour les femmes de 40- 49 ans ; ce nombre est assimilable à la descendance finale. À l’inverse de l’ISF (qui mesure la fécondité actuelle ou récente des femmes de 15-49 ans), ce nombre moyen est le résultat de la fécondité passée des femmes enquêtées qui atteignent la fin de leur vie féconde. Dans une population où la fécondité reste invariable, cette descendance tend à se rapprocher de l’ISF. Par contre, si l’ISF est inférieur au nombre moyen d’enfants par femme en fin de vie féconde, cela indique une tendance à la baisse de la fécondité. Au Cameroun, cette descendance estimée, dans l’ensemble, à 6,2 enfants est nettement supérieure à l’ISF (5,0). Cet écart important traduit certainement une tendance à la baisse de la fécondité au Cameroun. À l’EDSC-I, cette différence était de 0,4 enfant et elle était estimée à 1 enfant à l’EDSC-II. Les résultats de l’EDSC-III confirment donc la poursuite de cette baisse, la différence étant de 1,2 enfant. Selon le milieu de résidence, il ressort également que les différences entre la descendance finale et l’ISF sont importantes, à l’exception peut-être du milieu rural où la descendance finale n’est supérieure que de 0,7 enfant à l’ISF (Graphique 4.2). À Yaoundé/Douala et dans les Autres villes, l’ISF est inférieur, respectivement, de 1,7 et de 1,3 enfants à la descendance finale. La comparaison avec les différences observées en 1991 et 1998, montre que la fécondité baisse, quel que soit le milieu de résidence, même si elle semble se ralentir en milieu urbain d’une manière générale. Graphique 4.2 Indice synthétique de fécondité et descendance atteinte à 40-49 ans EDSC-III 2004 CAMEROUN RÉSIDENCE Yaoundé/Douala Autres villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou + QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 2 4 6 8 Nombre d'enfants par femme ISF Descendance Cependant, lorsqu’on considère le niveau d’instruction, on constate que l’ISF des femmes sans aucun niveau d’instruction est inférieur à la descendance finale de 0,7 enfant. Ce qui indiquerait que pour ces femmes, la fécondité aurait tendance à baisser légèrement contrairement à ce qui avait été observé en 1998. Pour les femmes de niveau d’instruction primaire et de niveau d’instruction secondaire ou plus, la tendance à la baisse observée depuis 1998 persiste. En effet, la descendance finale pour ces femmes est supérieure à l’ISF, respectivement, de 0,5 et de 1,5 enfants. La tendance à la baisse de la fécondité est observée dans toutes les régions, mais avec des amplitudes variables. La différence entre la descendance finale et l’ISF varie d’un minimum de 0,4 enfant à l’Est à un niveau maximum de 2,3 enfants dans le Sud-Ouest. 66 | Fécondité Tout comme pour l’ISF, la descendance finale diminue avec l’amélioration du niveau de vie des ménages. De 7 enfants chez les femmes vivants dans les ménages les plus pauvres, la descendance finale n’est plus que de 5 enfants par femme dans les ménages les plus riches. De plus, l’écart entre l’ISF et la descendance est plus important dans les ménages riches : 1,8 enfant dans les ménages du quintile le plus riche, soit plus de 3 fois plus que chez les femmes des ménages du quintile le plus pauvre (0,5). Le tableau 4.2 fournit également le pourcentage de femmes qui se sont déclarées enceintes au moment de l’enquête. Il faut préciser qu’il ne s’agit pas de la proportion exacte de femmes qui sont enceintes dans la mesure où les enquêtées qui sont en début de grossesse et ne savent pas si elles sont enceintes n’ont pas déclaré leur état. Au niveau national, on constate que 10 % des femmes se sont déclarées enceintes. En outre, selon leur âge, leur milieu, leur culture et/ou leurs croyances, si les femmes savent ou croient qu’elles sont enceintes, elles déclarent plus ou moins facilement cet état. De ce fait, les différences constatées ici entre les proportions de femmes qui se sont déclarées enceintes doivent être interprétées avec beaucoup de prudence. Cependant, ces proportions sont cohérentes (ou compatibles) avec les niveaux de fécondité actuels. Elles varient de 7 % chez les femmes de Douala, Yaoundé ou parmi celles vivant dans les ménages les plus riches qui sont celles qui ont l’ISF le plus faible, à 13 % parmi celles de l’Adamaoua, 14 % parmi celles sans niveau d’instruction et 14 % chez les femmes du Nord qui sont celles qui ont l’ISF le plus élevé. 4.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ Deux types d’opérations de collecte de données démographiques d’envergure nationale ont déjà été réalisés au Cameroun : les Recensements Généraux de la Population et de l’Habitat et les Enquêtes Démographiques et de Santé. Les recensements de 1976 et 1987 ont permis de recueillir des informations sur le mouvement naturel de la population et ont permis d’estimer le niveau de fécondité du moment grâce à des questions concernant les naissances survenues au cours des douze mois ayant précédé la collecte. De manière générale, cette méthode sous-estime le niveau de la fécondité. Par contre, l’autre type d’opération de collecte de données démographiques, qui utilise une méthode de collecte plus appropriée (basée sur l’histoire génésique des femmes), fournit des résultats plus fiables. Au tableau 4.3 figurent les taux de fécondité par groupe d’âges selon les quatre enquêtes. Le graphique 4.3 permet ainsi de retracer les tendances passées de la fécondité à partir des résultats de l’ENF de 1978, l’EDSC-I de 1991, l’EDSC-II de 1998 et de l’EDSC-III de 2004. Tableau 4.3 Fécondité selon différentes sources Taux de fécondité par âge et Indice Synthétique de Fécondité selon l’ENF (1978), l’EDSC-I (1991), l’EDSC-II (1998), et l’EDSC-III (2004) Groupe d'âges ENF 1978 EDSC-I 1991 EDSC-II 1998 EDSC-III 2004 15-19 186 164 142 138 20-24 295 282 237 236 25-29 276 260 244 231 30-34 220 228 189 194 35-39 155 149 136 126 40-44 106 62 63 53 45-49 36 20 20 16 ISF 15-49 6,4 5,8 5,2 5,0 6 Note : Taux de fécondité par groupe d’âges pour 1 000 femmes. Fécondité | 67 On note en premier lieu que les quatre courbes des taux de fécondité par âge présentent une allure similaire : elles augmentent de la même manière à partir de 15-19 ans, accusent ensuite un pallier entre 20-29 ans et décroissent régulièrement jusqu’à 45-49 ans Soulignons qu’à 45-49 ans, on observe un ralentissement de la baisse, manifestation d’une fécondité tardive élevée. On constate ensuite que les courbes des deux premières enquêtes sont nettement situées au-dessus des deux autres, à tous les âges avant 35 ans. En effet, la comparaison des résultats indique que les niveaux de fécondité par âge et de l’ISF sont nettement plus faibles lors des deux dernières enquêtes. À partir de 35-39 ans, les courbes de l’EDSC-I, l’EDSC-II et de l’EDSC-III sont beaucoup plus proches. L’ISF est passé de 6,4 enfants à l’ENF de 1978 à 5,8 enfants à l’EDSC-I à 5,2 enfants à l’EDSC-II et à 5 enfants à l’EDSC-III ; une femme aurait, en moyenne, en fin de vie féconde, 1,4 enfants de moins par rapport au niveau de 1978. Les données collectées lors de l’EDSC-III permettent également de retracer les tendances passées de la fécondité à partir des taux de fécondité par groupes d’âges des femmes, par période quinquennale avant l’enquête (tableau 4.4 et graphique 4.4). Les taux de fécondité ont diminué régulièrement de la période la plus ancienne (15-19 ans avant l’enquête) jusqu’à la période la plus récente, cela quel que soit le groupe d’âges. Par ailleurs, la comparaison des taux de fécondité par âge en 2004 avec ceux de la période 5-9 ans de l’EDSC-II et ceux de la période 10-14 ans de l’EDSC-I indique que les données sur la fécondité collectées lors de l’EDSC-III sont dans l’ensemble de bonne qualité. Les taux observés au cours de ces périodes sont dans l’ensemble supérieurs à ceux des enquêtes EDSC-I et EDSC-II. Les taux de fécondité de la période la plus récente (0- 4 ans avant l’enquête) sont, à tous les âges très nettement inférieurs aux taux observés pour les périodes précédentes ; ce qui semble indiquer que la baisse de fécondité, jusqu’ici assez limitée, s’est récemment accélérée. Tableau 4.4 Tendance de la fécondité par âge Taux de fécondité par âge par période de cinq ans précédant l'enquête, selon l'âge de la mère au moment de la naissance de l'enfant, Cameroun 2004 Nombre d'années avant l'enquête Groupe d'âges 0-4 5-9 10-14 15-19 15-19 141 160 169 190 20-24 242 248 283 309 25-29 236 275 277 297 30-34 200 227 253 268 35-39 137 149 198 - 40-44 58 101 - - 45-49 18 - - - Note : Les taux de fécondité par âges sont calculés pour 1 000 femmes. Les taux entre crochets sont calculés sur la base de données incomplètes. Graphique 4.3 Taux de fécondité par âge selon l’ENF 1978, l'EDSC-I 1991, l'EDSC-II 1998 et l'EDSC-III 2004 � � � � � � � � � � � � � � 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 350 Pour mille ENF 1978 EDSC-I EDSC-II EDSC-III � � 68 | Fécondité Graphique 4.4 Taux de fécondité par âge et par période de cinq ans précédant l'EDSC-III 2004 EDSC-III -2004 � � � � � � � � � � � � 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 350 Pour mille Périodes avant l'enquête 0-4 ans 5-9 ans 10-14 ans 15-19 ans � � À partir des taux par âge de l’EDSC-III on a également calculé, pour chaque période quinquen- nale, l’ISF des femmes de 15-34 ans, âges auxquels elles ont déjà eu l’essentiel de leurs naissances. Ces données, représentées au graphique 4.5, ont été positionnées par rapport à l’année centrale de chaque période pour laquelle la fécondité a été estimée. On a également porté sur ce graphique les données similaires de l’EDSC-I (par période de quatre ans) et de l’EDSC-II (par période quinquennale). D’après ce graphique, on observe deux mouvements. Il s’agit notamment : x d’une phase de stabilité de la fécondité à un niveau élevé de 1977 à 1985 marquée par une faible utilisation des moyens contraceptifs ; et x d’une amorce d’un déclin de la fécondité à partir de 1987, déclin qui se serait accélérée récemment, l’analyse des différentiels de la fécondité (voir chapitre V sur la planification familiale et chapitre VI sur la nuptialité), pourrait fournir quelques éléments sur le changement de comportement procréateur des femmes, lequel pourrait être à l’origine de cette baisse. La comparaison des résultats de l’EDSC-II et de l’EDSC-III semble indiquer que la fécondité estimée par l’EDSC-II pour la période centrée autour de 1996 était légèrement sous-estimée par rapport à l’estimation de l’EDSC-III pour la même période. La baisse relativement importante de la fécondité observée au cours de la dernière période précédant l’EDSC-II aurait donc été légèrement surestimée. L’allure de la baisse selon l’EDSC-III qui est beaucoup plus régulière semble plus plausible. Fécondité | 69 Graphique 4.5 Tendances de l'ISF pour les femmes de 15-34 ans selon l'EDSC-I, l'EDSC-II et l'EDSC-III � � � � � � � � 77 80 81 85 86 89 90 91 95 96 01 Année centrale des estimations 3 3.5 4 4.5 5 5.5 6 Enfants par femme EDSC-I EDSC-II EDSC-III � � EDSC-IIIEDSC-I EDSC-II 4.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE Les parités moyennes par groupe d’âges se calculent à partir du nombre total d’enfants que les femmes ont eus au cours de leur vie. Le tableau 4.5 présente ces parités pour l’ensemble des femmes et pour les femmes en union. Pour l’ensemble des femmes, les parités augmentent de façon régulière et rapide avec l’âge de la femme : ainsi de 0,3 enfant en moyenne à 15-19 ans, la parité passe à 1,4 enfants à 20-24 ans et à 6,5 enfants à 45-49 ans, en fin de vie féconde. Par ailleurs, la répartition des femmes selon le nombre de naissances met en évidence une fécondité précoce élevée puisque 23 % des jeunes filles de moins de 20 ans ont déjà donné naissance à, au moins, un enfant. En outre, 19 % des femmes de 20-24 ans ont déjà mis au monde 3 enfants ou plus. Enfin, en fin de vie féconde, 18 % des femmes ont donné naissances à, au moins 10 enfants. Par ailleurs, les résultats concernant les femmes en union sont peu différents de ceux relatifs à l’ensemble des femmes, sauf aux jeunes âges. En effet, on constate que plus de la moitié des femmes de 15-19 ans en union (55 %) ont déjà eu, au moins, un enfant contre environ une femme sur quatre pour l’ensemble des femmes. De plus 14 % des femmes de 15-19 ans en union ont déjà eu, au moins, deux enfants. Même à 20-24 ans où la proportion des femmes non mariées est déjà faible (23 % : voir chapitre 6-Nuptialité), l’écart entre la proportion des femmes en union ayant déjà eu, au moins, un enfant (84 %) et celle de l’ensemble des femmes dans la même situation (70 %) demeure important. Arrivée en fin de vie féconde (45-49 ans), une femme en union a eu, en moyenne, 6,8 enfants alors que pour l’ensemble des femmes, ce nombre moyen est de 6,5. 70 | Fécondité Tableau 4.5 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes Répartition (en %) de toutes les femmes et de celles actuellement en union par nombre d'enfants nés vivants, nombre moyen d'enfants nés vivants et nombre moyen d'enfants survivants, selon le groupe d'âges des femmes, Cameroun 2004 Nombre d'enfants nés vivants Groupe d'âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10+ Total Effectif Nombre moyen d'enfants nés vivants Nombre moyen d'enfants encore en vie TOUTES LES FEMMES 15-19 77,3 17,9 4,2 0,5 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100.0 2 684 0,28 0,25 20-24 30,5 27,8 22,8 12,6 4,8 1,2 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 100.0 2 252 1,38 1,20 25-29 12,6 16,6 18,3 19,8 16,1 9,8 4,5 1,7 0,4 0,2 0,0 100.0 1 747 2,70 2,30 30-34 6,1 10,7 13,3 12,8 16,3 14,0 11,3 7,5 5,1 2,0 1,0 100.0 1 350 4,00 3,40 35-39 3,7 5,0 7,4 10,0 11,1 13,9 16,4 11,9 9,6 5,2 6,0 100.0 1 080 5,32 4,48 40-44 3,8 5,6 6,4 8,2 8,3 8,8 12,6 12,0 13,3 8,7 12,2 100.0 832 5,94 4,99 45-49 3,7 4,8 5,5 5,9 7,8 7,8 12,3 12,1 10,7 11,6 17,8 100.0 711 6,50 5,35 Ensemble 29,7 15,7 12,2 9,7 8,0 6,2 5,7 4,2 3,4 2,3 2,9 100.0 10 656 2,75 2,33 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 45,1 41,1 12,1 1,5 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 828 0,71 0,64 20-24 16,3 29,2 28,7 17,1 6,8 1,5 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 563 1,75 1,52 25-29 8,2 14,0 19,3 21,3 17,8 11,4 5,4 2,0 0,5 0,2 0,0 100,0 1 448 2,96 2,54 30-34 5,0 8,8 12,6 12,3 17,4 14,7 12,4 8,0 5,6 2,3 1,1 100,0 1 149 4,20 3,56 35-39 3,7 4,1 6,4 9,6 10,7 13,8 17,2 12,1 10,2 5,8 6,5 100,0 929 5,47 4,61 40-44 3,7 4,8 5,5 8,3 7,5 9,2 12,2 12,9 13,5 8,9 13,5 100,0 691 6,11 5,14 45-49 3,5 3,4 4,0 4,6 7,6 8,4 12,3 12,8 10,8 12,7 19,9 100,0 558 6,83 5,60 Ensemble 12,3 16,6 15,3 12,6 10,6 8,3 7,5 5,5 4,4 3,0 3,9 100,0 7 166 3,57 3,02 D’une manière générale, les femmes qui restent volontairement sans enfant sont relativement rares en Afrique et, en particulier au Cameroun où la population reste encore pro-nataliste (voir chapitre sur : Préférences en matière de fécondité). Par conséquent, la parité zéro des femmes en union et âgées de 35-49 ans permet d’estimer le niveau de la stérilité totale ou primaire. Au Cameroun, seulement 3,6 % des femmes en union et âgées de 35-49 ans (âges auxquels l’arrivée d’un premier enfant est peu probable) n’ont jamais eu d’enfants et peuvent être considérées comme stériles. Le niveau de la stérilité est en baisse continue depuis 1978. À l’ENF, en 1978, le niveau de la stérilité primaire était évalué à 12,1 % ; ce niveau n’était plus que de 6,5 % à l’EDSC-I et de 5,5 % à l’EDSC-II. La baisse du niveau de la stérilité est en partie attribuable à l’amélioration des conditions de santé de la population. Signalons que le niveau de stérilité primaire observé au Cameroun en 2004 est très en deçà de celui observé dans certains pays de la sous-région notamment de la République Centrafricaine (9 %) (Ndamobissi et al., 1995), du Tchad (2,5 %) (Ouagadjio et al., 1998), et du Gabon (5 %) (DGSEE, 2001). Cependant, ce niveau de stérilité est proche de celui observé lors des enquêtes EDS effectués dans d’autres pays d’Afrique où le phénomène touche 2 à 3 % des femmes (Arnold et Blanc, 1990). Le tableau 4.6 présente les données sur la fécondité totale pour l’ensemble des hommes et pour les hommes en union. On constate une augmentation régulière et rapide du nombre moyen d’enfants nés vivants : ainsi, de 0,3 enfant, en moyenne, à 20-24 ans, ce nombre atteint 2,6 enfants à 30-34 ans et 6,9 enfants à 40-49 ans. Jusqu’à 34 ans, les résultats concernant les hommes en union sont différents de ceux Fécondité | 71 relatifs à l’ensemble des hommes. Au-delà de cet âge, les résultats des deux catégories tendent à se rapprocher. La comparaison de ces résultats avec ceux des femmes en union permet de relever que chez ces dernières, le nombre moyen d’enfants augmente beaucoup plus rapidement que chez les hommes ; mais, aux âges élevés, les hommes en union, par le biais des unions successives et de la polygamie (voir chapitre 6), finissent par avoir une parité moyenne beaucoup plus élevée que celle des femmes. Tableau 4.6 Enfants nés vivants et enfants survivants des hommes Répartition (en %) de tous les hommes et de ceux actuellement en union par nombre d'enfants nés vivants, nombre moyen d'enfants nés vivants et nombre moyen d'enfants survivants, selon le groupe d'âges des hommes, Cameroun 2004 Nombre d'enfants nés vivants Groupe d'âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10+ Total Effectif Nombre moyen d'enfants nés vivants Nombre moyen d'enfants encore en vie TOUS LES HOMMES 15-19 97,1 2,5 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 224 0,03 0,03 20-24 78,9 12,9 5,5 1,4 0,7 0,5 0,0 0,1 0,0 0,1 0,0 100,0 953 0,34 0,30 25-29 41,0 22,6 17,9 9,5 4,1 1,3 1,5 1,3 0,6 0,0 0,1 100,0 812 1,34 1,15 30-34 18,7 17,9 19,0 16,5 8,9 7,9 4,0 2,6 1,7 1,1 1,7 100,0 620 2,64 2,21 35-39 9,7 10,7 16,9 14,4 11,4 9,3 10,8 6,2 4,1 1,6 5,0 100,0 467 3,97 3,39 40-44 3,9 4,5 9,6 8,7 13,5 10,8 9,9 10,7 7,3 6,9 14,3 100,0 394 6,03 5,01 45-49 4,4 3,3 5,3 5,3 10,7 8,9 12,3 12,3 10,1 7,8 19,5 100,0 344 6,94 5,85 Ensemble 51,2 10,9 9,4 6,5 5,0 3,8 3,5 2,9 2,0 1,4 3,3 100,0 4 815 2,02 1,70 HOMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 76,3 17,1 5,8 0,8 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 74 0,31 0,27 20-24 42,4 30,6 17,3 4,1 3,0 2,0 0,0 0,4 0,0 0,3 0,0 100,0 220 1,05 0,90 25-29 19,6 26,2 25,4 14,5 6,1 2,1 2,6 2,3 1,1 0,0 0,1 100,0 462 1,97 1,68 30-34 9,2 17,2 20,9 18,5 11,1 9,7 4,8 3,4 1,8 1,4 1,9 100,0 477 3,08 2,60 35-39 4,6 8,4 16,3 15,2 13,1 10,3 12,7 7,0 4,8 1,6 6,0 100,0 387 4,44 3,79 40-44 2,2 3,2 7,0 8,7 13,9 11,6 9,6 11,5 8,1 7,8 16,3 100,0 346 6,48 5,39 45-49 0,5 3,2 5,2 5,1 9,7 8,8 13,3 13,5 11,2 8,7 20,8 100,0 305 7,41 6,22 Ensemble 13,7 14,8 16,0 11,9 9,5 7,4 6,9 6,0 4,2 2,9 6,7 100,0 2 271 3,90 3,29 4.4 GROSSESSES IMPRODUCTIVES Lors de l’interview, on a demandé aux femmes si elles avaient eu des grossesses qui n’avaient pas abouti à une naissance vivante et, le cas échéant, le nombre de ces grossesses ainsi que leur issue, à savoir, une fausse couche, un avortement volontaire ou un mort-né. Le tableau 4.7 présente la répartition des femmes ayant déjà eu des rapports sexuels par nombre de grossesses improductives et le nombre moyen de grossesses improductives selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Précisons que les résultats obtenus doivent être examinés avec prudence dans la mesure où, au Cameroun, seul l’avortement thérapeutique est autorisé. L’avortement non thérapeutique se pratique de façon illégale et dans la clandestinité. On peut donc s’attendre à des sous-déclarations de ce type d’événements et donc à une sous-estimation de l’ensemble des grossesses improductives. Même si l’on considère que, dans 72 | Fécondité l’ensemble, les grossesses improductives ne sont pas sous-déclarées, on peut supposer que les avortements volontaires ont été déclarés comme des fausses couches. Les résultats présentés doivent donc être considérés comme correspondant à un niveau minimal de grossesses improductives. De l’examen du tableau 4.7, il ressort que, parmi les femmes ayant déjà eu des rapports sexuels, tous âges confondus, 25 % ont déjà eu, au moins, une grossesse improductive au cours de leur vie féconde. Parmi ces femmes, 15 % n’ont eu qu’une grossesse improductive, 6 % en ont eu deux et 4 % ont eu trois grossesses improductives ou plus. Comme on pouvait s’y attendre, la proportion de femmes ayant eu, au moins une grossesse improductive augmente avec l’âge, passant de 8 % parmi les femmes de 15-19 ans à 41 % parmi celles de 45-49 ans. Ces proportions diffèrent très peu d’un milieu de résidence à l’autre. De même, on ne constate que très peu d’écarts selon le niveau d’instruction et selon le niveau de bien-être des ménages. Tableau 4.7 Grossesses improductives Répartition (en %) des femmes ayant déjà eu des rapports sexuels par nombre de grossesses improductives, et nombre moyen de grossesses improductives, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Nombre de grossesses improductives Caractéristique socio-démographique 0 1 2 3 ou + Total1 Effectif de femmes Nombre moyen de grossesses improductives Âge 15-19 91,9 6,2 1,2 0,2 100,0 1 470 0,1 20-24 82,6 12,9 3,6 0,7 100,0 2 112 0,2 25-29 74,8 16,5 5,5 2,9 100,0 1 730 0,4 30-34 70,0 19,0 7,4 3,3 100,0 1 347 0,5 35-39 64,0 19,1 9,3 7,3 100,0 1 080 0,7 40-44 58,7 20,8 11,3 8,4 100,0 831 0,8 45-49 58,6 20,8 11,0 9,4 100,0 711 0,8 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 75,1 13,7 6,6 4,6 100,0 1 912 0,4 Autres villes 73,2 15,9 6,6 3,9 100,0 3 038 0,4 Ensemble urbain 74,0 15,0 6,6 4,2 100,0 4 950 0,4 Rural 75,4 15,8 5,4 2,8 100,0 4 331 0,4 Niveau d'instruction Aucun 76,4 14,7 5,3 3,2 100,0 2 251 0,4 Primaire 72,8 16,8 6,5 3,4 100,0 3 610 0,4 Secondaire ou plus 75,4 14,4 6,1 3,9 100,0 3 420 0,4 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 77,5 14,0 4,7 3,3 100,0 1 823 0,4 Second 74,9 15,5 6,2 2,8 100,0 1 585 0,4 Moyen 74,3 16,4 6,4 2,7 100,0 1 788 0,4 Quatrième 74,4 16,3 5,3 3,9 100,0 1 975 0,4 Le plus riche 72,6 15,0 7,5 4,6 100,0 2 108 0,5 Ensemble 74,6 15,4 6,0 3,5 100,0 9 280 0,4 1 Le total inclut les non déterminés Au Cameroun, les femmes âgées de 15-49 ans ayant déjà eu des rapports sexuels, ont eu, en moyenne, 0,4 grossesse improductive au cours de leur vie. Cette moyenne augmente avec l’âge, d’un minimum de 0,1 chez les femmes de 15-19 ans à un maximum de 0,8 chez celles âgées de 45-49 ans. Par ailleurs, selon le milieu de résidence, le niveau d’instruction et le niveau de vie du ménage, on constate que le nombre moyen de grossesses improductives ne varie que très peu et se situe entre 0,4 et 0,5. Fécondité | 73 Aux femmes ayant déclaré avoir eu, au moins une grossesse improductive (25 %), on a demandé quelle avait été l’issue de ces grossesses : 18 % ont déclaré avoir déjà eu, au moins une fausse couche, 4 %, au moins, un mort né et 5 %, au moins un avortement provoqué1 (tableau 4.8). Comme cela a déjà été mentionné, ces résultats doivent être examinés avec prudence. Comme l’avortement est illégal au Cameroun, on peut s’attendre à des sous-déclarations de ce type d’événement ; de même, certaines femmes ont pu déclarer sciemment un avortement provoqué comme étant une fausse couche. Il est donc possible que la proportion des grossesses improductives ait été sous-estimée et que la proportion d’avortements l’ait été encore plus. Cependant, on peut certainement affirmer qu’au moins 5 % des femmes au Cameroun ayant déjà eu des rapports sexuels ont eu, au moins, un avortement provoqué au cours de leur vie féconde. Cette proportion serait plus élevée chez les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (8 %), parmi celles de Yaoundé/Douala (9 %) et parmi celles vivant dans les ménages du quintile le plus riche (10 %). Tableau 4.8 Issue des grossesses improductives Pourcentage de femmes ayant déjà eu des rapports sexuels et ayant déclaré avoir eu, au moins, un avortement provoqué, au moins, une fausse couche et/ou, au moins un mort- né par certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Pourcentage ayant eu au moins, un avortement provoqué Pourcentage ayant eu, au moins, une fausse couche Pourcentage ayant eu, au moins, un mort-né Effectif de femmes Âge 15-19 1,7 5,2 0,7 1 470 20-24 4,5 11,0 2,5 2 112 25-29 5,4 17,5 3,7 1 730 30-34 5,8 21,5 4,8 1 347 35-39 6,9 26,0 6,4 1 080 40-44 5,2 31,7 7,0 831 45-49 4,4 32,9 8,1 711 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 8,5 16,5 2,6 1 912 Autres villes 5,2 19,7 3,6 3 038 Ensemble urbain 6,5 18,5 3,2 4 950 Rural 2,8 17,7 5,0 4 331 Niveau d'instruction Aucun 0,4 19,2 4,7 2 251 Primaire 4,1 19,8 4,8 3 610 Secondaire ou plus 8,3 15,6 2,8 3 420 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,8 17,0 5,0 1 823 Second 2,7 18,9 5,1 1 585 Moyen 3,5 19,5 4,2 1 788 Quatrième 5,7 17,6 3,9 1 975 Le plus riche 9,8 17,8 2,4 2 108 Ensemble 4,7 18,1 4,0 9 280 1 Le total de ces trois proportions excède 25 % car une même femme peut avoir eu plusieurs grossesses improductives avec des issues différentes. 74 | Fécondité 4.5 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE La durée de l’intervalle qui sépare la naissance d’un enfant de la naissance précédente a une influence sur l’état de santé de la mère et de l’enfant. Son étude revêt, non seulement, une importance certaine dans l’analyse de la fécondité, mais aussi dans la mise en place de programmes en matière de santé de la reproduction. On admet à l’heure actuelle que les intervalles intergénésiques courts (inférieurs à 24 mois) sont nuisibles à la santé et à l’état nutritionnel des enfants et augmentent leurs risques de décéder (voir Chapitre 8 - Mortalité des enfants). Par ailleurs, les naissances trop rapprochées amoindrissent la capacité physiologique de la femme ; ce faisant, elles exposent la mère aux complications durant et après la grossesse (fausses couches, éclampsie). Le tableau 4.9 présente la répartition des naissances, autres que de rang 1, survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, en fonction des caractéristiques socio-démographiques. On constate que 8 % des naissances sont survenues à moins de 18 mois après la naissance précédente et que 14 % des enfants sont nés entre 18 et 24 mois après leur aîné : au total, dans 22 % des cas, l’intervalle intergénésique est inférieur à deux ans. Néanmoins, une importante proportion de naissances (39 %) se produisent entre 2 et 3 ans après la naissance précédente, et plus d’un tiers des enfants (39 %) sont nés trois ans ou plus après leur aîné. La durée médiane de l’intervalle intergénésique est légèrement supérieure à deux ans et demi (32 mois). Autrement dit, la moitié des naissances interviennent 32 mois après la naissance précédente. Par rapport à l’âge des femmes, on remarque que les intervalles intergénésiques sont relativement plus courts chez les jeunes femmes (médiane de 30 mois à 20-29 ans) que chez celles âgées de 30 ans ou plus, en particulier celles âgées de 40-49 ans (médiane de 40,2 mois). On constate, par ailleurs, une assez forte proportion (34 %) de naissances précédées par un intervalle de moins de deux ans chez les femmes de 15-19 ans ; cependant, cela ne reflète pas leur comportement réel car les naissances de rang 1, qui constituent l’essentiel de leur fécondité, ne peuvent être prises en compte dans le calcul. L’analyse des données du tableau 4.9 montre que le rang de naissance et le sexe n’ont pas d’incidence sur l’écart entre les naissances : la différence entre les intervalles intergénésiques est en effet très faible. Par contre, la survie de l’enfant précédent constitue un facteur important de différenciation. En effet, lorsque l’enfant précédent est décédé, dans 50 % des cas, il est suivi d’une autre naissance dans les 27,5 mois. Par contre, lorsque l’enfant précédent survit, cet écart est de 32,8 mois, soit environ 5 mois plus tard. Ainsi, les naissances qui suivent les enfants décédés se produisent beaucoup plus tôt que lorsque l’enfant précédent est toujours en vie : 37 % des naissances ont lieu moins de deux ans après la naissance de l’enfant précédent, si celui-ci est décédé, 19 % lorsqu’il est toujours en vie. Ce résultat pourrait s’expliquer par le désir des parents de remplacer assez rapidement l’enfant décédé. Par ailleurs, c’est en milieu rural que l’intervalle médian entre naissances est le plus faible (31,1 mois contre un maximum de 36,3 à Yaoundé/Douala). L’écart entre le milieu rural et le milieu urbain est de 2,5 mois alors qu’il n’était que de 1,3 mois en 1998 et de 0,6 mois en 1991. Les villes de Yaoundé/Douala se caractérisent par une forte proportion (81 %) de naissances survenues après un intervalle de 24 mois dont 35 % interviennent dans un intervalle d’au moins 4 ans. S’agissant des régions, on constate que l’intervalle intergénésique varie d’un niveau minimum de 28,8 mois dans le Nord à un niveau maximum de 36,2 mois dans le Sud-Ouest. Cependant, à l’Est, 30 % des naissances surviennent avant deux ans contre 15 % dans le Nord-Ouest. Fécondité | 75 Tableau 4.9 Intervalle intergénésique Répartition (en %) des naissances, autres que les naissances de rang un, survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Intervalle intergénésique en mois Caractéristique socio-démographique 7-17 18-23 24-35 36-47 48+ Total Effectif de naissances suivant une première naissance Nombre médian de mois écoulés depuis la naissance précédente Âge 15-19 15,3 18,6 51,1 11,1 4,0 100,0 133 26,7 20-29 8,5 16,8 42,7 19,6 12,4 100,0 3 177 30,0 30-39 6,5 11,3 36,5 21,4 24,2 100,0 2 286 34,3 40-49 5,6 10,4 26,7 18,1 39,1 100,0 570 40,2 Rang de naissance 2-3 7,6 14,2 40,5 18,8 18,8 100,0 2 704 31,5 4-6 7,1 14,6 38,0 21,0 19,3 100,0 2 253 32,1 7+ 8,7 13,3 38,0 20,7 19,3 100,0 1 209 32,7 Sexe de la naissance précédente Masculin 7,3 13,1 40,3 20,6 18,7 100,0 3 043 32,1 Féminin 7,9 15,3 37,9 19,3 19,5 100,0 3 123 31,9 État de survie de la naissance précédente En vie 6,2 13,1 39,9 21,0 19,7 100,0 5 264 32,8 Décédée 16,0 20,7 34,2 14,0 15,2 100,0 902 27,5 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 7,6 11,1 30,6 16,0 34,6 100,0 696 36,3 Autres villes 7,8 14,2 36,9 20,4 20,7 100,0 1 813 33,0 Ensemble urbain 7,8 13,4 35,2 19,2 24,6 100,0 2 510 33,6 Rural 7,5 14,8 41,8 20,5 15,3 100,0 3 656 31,1 Région Adamaoua 6,8 14,7 43,7 18,6 16,2 100,0 265 31,2 Centre 8,0 13,5 45,3 16,5 16,6 100,0 492 30,4 Douala 9,5 11,2 28,3 14,5 36,5 100,0 358 36,3 Est 12,2 17,8 32,5 17,9 19,6 100,0 342 30,3 Extrême-Nord 8,5 18,1 40,1 20,7 12,6 100,0 1 461 29,9 Littoral 6,0 8,5 36,2 21,9 27,4 100,0 214 35,8 Nord 8,1 18,2 46,1 16,8 10,8 100,0 806 28,8 Nord-Ouest 4,0 10,9 36,7 28,9 19,4 100,0 581 35,5 Ouest 6,1 10,6 42,6 21,1 19,5 100,0 737 33,3 Sud 9,2 12,5 33,1 20,0 25,3 100,0 225 33,3 Sud-Ouest 8,0 9,4 32,0 21,6 29,0 100,0 346 36,2 Yaoundé 5,6 11,1 33,0 17,7 32,6 100,0 338 36,3 Niveau d'instruction Aucun 7,3 17,6 41,6 20,3 13,2 100,0 2 011 30,3 Primaire 8,2 13,1 39,1 20,5 19,2 100,0 2 695 32,1 Secondaire ou plus 7,1 11,6 35,7 18,6 27,0 100,0 1 460 34,2 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 6,8 16,3 42,8 21,5 12,5 100,0 1 723 30,7 Second 8,0 15,2 42,3 20,3 14,3 100,0 1 299 30,9 Moyen 8,5 12,6 38,3 20,7 20,0 100,0 1 288 32,4 Quatrième 7,4 12,1 35,4 18,9 26,2 100,0 1 072 34,3 Le plus riche 7,7 13,5 31,9 16,4 30,4 100,0 784 34,3 Ensemble 7,6 14,2 39,1 20,0 19,1 100,0 6 166 32,0 Note : Les naissances de rang 1 sont exclues. L'intervalle pour les naissances multiples est le nombre de mois écoulés depuis la grossesse précédente qui a abouti à une naissance vivante. 76 | Fécondité En ce qui concerne le niveau d’instruction de la mère, on constate que l’intervalle intergénésique des femmes sans instruction (30,3 mois) est inférieur à celui des femmes ayant un niveau d’instruction primaire (32,1 mois). En outre, le fait d’avoir, au moins, un niveau d’instruction secondaire prolonge cet intervalle médian de 4 mois (34,2 mois) par rapport aux femmes sans niveau d’instruction. Enfin, c’est parmi les femmes sans niveau d’instruction que la proportion de naissances qui se suivent à un intervalle de moins de 2 ans est la plus élevée (25 %). Par rapport au bien-être économique du ménage, on constate que 50 % des enfants des ménages du quintile le plus riche naissent 34,3 mois après leur aîné, soit environ 4 mois plus tard que les enfants des ménages du quintile le plus pauvre. Toutefois, la proportion des naissances qui surviennent à moins de 2 ans de la naissance précédente est très peu différente d’une catégorie de ménage à une autre. 4.6 ÂGE À LA PREMIÉRE NAISSANCE La descendance finale est généralement influencée par l’âge auquel les femmes ont eu leur première naissance, en particulier lorsque l’utilisation de la contraception est faible. Plus l’âge à la première naissance est précoce, plus la probabilité qu’une femme ait de nombreux enfants est élevée, mais un âge trop précoce peut aussi avoir des répercussions importantes sur la santé de la mère et constituer un facteur de risque de mortalité des enfants. Le tableau 4.10 présente la répartition des femmes par âge à leur première naissance et leur âge médian à la première naissance selon le groupe d’âges au moment de l’enquête. Tableau 4.10 Âge à la première naissance Pourcentage de femmes qui ont eu une première naissance avant d'atteindre certains âges exacts et âge médian à la première naissance selon l'âge actuel, Cameroun 2004 Pourcentage qui ont eu une première naissance avant d'atteindre l'âge : Âge actuel 15 18 20 22 25 Pourcentage de femmes sans naissance vivante Effectif des femmes Âge médian à la première naissance 15-19 3,2 na na na na 77,3 2 684 a 20-24 7,6 33,0 55,2 na na 30,5 2 252 19,5 25-29 8,7 35,9 55,4 71,0 82,8 12,6 1 747 19,4 30-34 10,8 38,2 60,0 73,3 84,5 6,1 1 350 19,0 35-39 9,1 39,0 61,7 77,7 89,6 3,7 1 080 18,9 40-44 8,9 36,9 59,0 76,3 88,3 3,8 832 19,2 45-49 7,7 36,6 57,5 75,0 85,9 3,7 711 19,2 na = Non applicable a = Sans objet parce que moins de 50 % de femmes ont eu une naissance avant d'atteindre le début du groupe d'âges. Les résultats montrent que dans l’ensemble, les femmes au Cameroun ont eu leur premier enfant entre 19 et 20 ans. Parmi les femmes de 20-24 ans, 31 % étaient encore sans enfant au moment de l’enquête mais 33 % avaient eu leur premier enfant avant d’atteindre 18 ans et 55 % avant d’atteindre 20 ans. L’âge médian à la première naissance n’a pratiquement pas subi de modification d’une génération à l’autre (d’un minimum de 18,9 ans à un maximum de 19,5 ans) et aucune tendance ne permet de conclure à un rajeunissement ou à un vieillissement de cet âge médian à la première naissance. Fécondité | 77 Selon les résultats présentés au tableau 4.11 on peut noter que l’âge médian à la première naissance s’établit à 19,1 ans pour les femmes de 25-49 ans ; il est quasiment le même que celui observé à l’EDSC-II de 1998 (19,0 ans) pour les femmes du même groupe d’âges. D’après l’EDSC-I de 1991, la première naissance intervenait légèrement plus tôt puisque l’âge médian était alors estimé à 18,7 ans. Si l’on compare cet âge médian à la première naissance à l’âge médian à la première union (17,6 ans), on constate qu’il existe un intervalle de 1,5 ans entre le début de l’union et la venue du premier enfant. C’est à peu près le même intervalle (1,6 ans) qui avait été observé à l’EDSC-II de 1998. Tableau 4.11 Âge médian à la première naissance selon certaines caractéristiques socio-démographiques Âge médian à la première naissance des femmes de 20 (25)-49 ans par âge actuel, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Âge actuel Caractéristique socio-démographique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Âge 20-49 Âge 25-49 Milieu de résidence Yaoundé/Douala a 22,4 20,8 19,6 20,0 19,8 a 20,8 Autres villes a 19,5 18,7 19,2 19,1 19,3 19,4 19,2 Ensemble urbain a 20,6 19,3 19,3 19,5 19,5 a 19,7 Rural 18,2 18,3 18,6 18,4 18,8 18,8 18,4 18,6 Région Adamaoua 17,9 18,6 18,2 19,0 18,3 19,5 18,5 18,8 Centre 19,6 18,8 19,2 18,7 19,4 19,4 19,2 19,1 Douala a 22,8 21,7 19,8 20,1 19,6 a 21,1 Est 18,0 19,6 19,3 20,1 18,4 20,1 18,9 19,4 Extrême-Nord 17,3 17,3 16,9 17,3 17,5 19,7 17,4 17,5 Littoral a 21,2 20,1 19,5 18,9 18,5 a 19,8 Nord 17,9 17,9 18,2 17,9 18,9 17,7 18,0 18,0 Nord-Ouest 19,6 19,2 19,8 19,2 20,1 20,0 19,6 19,5 Ouest 19,5 19,7 19,7 19,4 19,4 18,8 19,4 19,4 Sud 18,6 18,4 18,1 18,8 19,1 18,4 18,6 18,6 Sud-Ouest a 20,5 18,8 18,9 18,3 18,5 19,7 19,2 Yaoundé a 22,0 19,5 19,2 20,0 20,3 a 20,4 Niveau d'instruction Aucun 17,1 17,4 17,2 17,5 18,0 18,9 17,5 17,7 Primaire 18,8 18,8 18,7 18,9 18,9 18,8 18,8 18,8 Secondaire ou plus a 21,6 20,8 20,1 20,9 20,4 a 20,9 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 18,0 17,9 18,0 17,9 18,8 19,0 18,1 18,1 Second 17,6 18,1 18,2 18,7 18,8 18,8 18,2 18,5 Moyen 18,7 19,0 18,9 18,6 18,7 18,9 18,8 18,8 Quatrième a 20,3 19,1 19,0 19,0 19,1 19,6 19,3 Le plus riche a 22,0 21,1 20,2 20,2 20,1 a 20,9 Ensemble 19,5 19,4 19,0 18,9 19,2 19,2 19,2 19,1 a = Sans objet parce que moins de 50 % de femmes ont eu une naissance avant d'atteindre le début du groupe d'âges. Le tableau 4.11 présente l’âge médian à la première naissance en fonction des différentes caractéristiques socio-économiques. L’âge médian à la première naissance présente des variations assez importantes selon les caractéristiques socio-démographiques En effet, la venue d’un premier enfant intervient plus tôt chez les femmes en milieu rural (18,6 ans) que chez celles du milieu urbain (19,7 ans) 78 | Fécondité et c’est à Yaoundé/Douala (20,8 ans) que l’âge médian à la première naissance est le plus tardif. En dehors de Yaoundé et Douala, l’âge médian à la première naissance varie d’un minimum de 17,5 ans dans l’Extrême-Nord à un maximum de 19,8 ans dans le Littoral. Par ailleurs, le niveau d'instruction des femmes tend à influencer leur âge médian à la première naissance : les femmes sans niveau d’instruction (17,7 ans) et celles ayant un niveau d’instruction primaire (18,8 ans) se distinguent par un âge médian à la première naissance plus précoce que les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (20,9 ans). Contrairement à ce qui avait été observé à l’EDSC-II, on note que les femmes ayant un niveau d’instruction primaire se détachent nettement des femmes sans aucune instruction. L’écart entre les deux groupes était de 0,1 an en 1998 et il est de 1,1 an en 2004. À l’EDSC-II, l’effet du niveau d’instruction sur la primo-fécondité n’était perceptible que lorsque la femme avait au moins un niveau d’instruction secondaire2. De plus, la comparaison des résultats de l’EDSC-III à ceux de l’EDSC-II, montre que l’âge médian à la première naissance des femmes sans niveau d’instruction a diminué d’un an ; il est resté stable pour les femmes ayant un niveau d’instruction primaire ; par contre, l’âge à la première naissance a augmenté d’une année chez celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus. Les résultats selon le niveau de bien-être du ménage montrent que l’arrivée de la première naissance parmi les femmes des ménages du quintile le plus riche (20,9 ans) est plus tardive et intervient 2,8 ans après celle des femmes des ménages du quintile le plus pauvre (18,1 ans). 4.7 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES La fécondité des adolescentes (jeunes femmes de 15-19 ans), de par sa contribution à la fécondité générale, occupe une place importante dans l’élaboration des politiques et la mise en oeuvre des stratégies et des programmes de la santé de la reproduction. Le Gouvernement du Cameroun, conscient de cette contribution et du rôle de la fécondité des adolescentes dans la transition démographique, a mis en œuvre, avec l’appui des partenaires (notamment l’UNFPA), sa Politique Nationale en Santé de la Reproduction3. Cette politique comporte entre autre, un important volet sur la Santé de Reproduction des Adolescents (SRA). Il est important d’examiner la fécondité des adolescentes pour des raisons diverses. Premièrement, les enfants nés de mère très jeune courent des risques élevés de morbidité et de mortalité. Deuxièmement, les mères adolescentes sont plus exposées aux complications durant la grossesse et moins aptes à les gérer, ce qui leur fait courir des risques accrus de complications pendant l’accouchement et des risques plus élevés de décéder de causes maternelles. Troisièmement, leur entrée précoce dans la vie reproductive réduit considérablement leurs opportunités scolaires et donc professionnelles. Ces adolescentes qui constituent 25 % de l’ensemble des femmes en âge de procréer contribuent pour 14 % à la fécondité totale des femmes. En outre, l’âge médian à la première naissance (19,1 ans) se situe dans cette tranche d’âges. Le tableau 4.12 présente les proportions par âge détaillé entre 15 et 19 ans, des adolescentes qui ont déjà eu un ou plusieurs enfants et de celles qui sont enceintes pour la première fois. En considérant que la somme de ces deux pourcentages fournit la proportion d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde, on constate que près de trois jeunes femmes de 15-19 ans sur dix (28 %) ont déjà commencé leur vie féconde : 23 % sont déjà mères et 6 % sont enceintes pour la première fois. À l’âge de 15 ans, 7 % des femmes ont déjà commencé leur vie féconde et cette proportion augmente régulièrement et rapidement avec l’âge (graphique 4.6) : à 17 ans, 25 % des femmes ont déjà, au moins, un enfant ou sont enceintes pour la première fois et, à 19 ans, cette proportion concerne plus de la moitié des femmes (53 %) dont la grande majorité (47 %) a déjà, au moins, un enfant. 2 L’écart entre l’âge médian à la première naissance entre les femmes sans niveau d’instruction et celles du niveau d’instruction secondaire ou plus était de 1,2 an en 1998. 3 La déclaration de la politique Nationale de la Santé de la Reproduction a été adoptée en février 2001. Fécondité | 79 Tableau 4.12 Grossesse et fécondité des adolescentes Pourcentage d'adolescentes de 15-19 ans ayant déjà eu un enfant ou étant enceintes d'un premier enfant, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Pourcentage de femmes : Caractéristique socio-démographique Mères Enceintes d'une première naissance Pourcentage ayant déjà commencé leur vie féconde Effectif de femmes Âge 15 3,5 3,3 6,8 599 16 9,5 5,7 15,2 495 17 19,9 4,7 24,6 484 18 34,2 8,6 42,8 595 19 47,3 5,9 53,1 512 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 12,2 3,3 15,4 579 Autres villes 21,9 4,7 26,6 1 011 Ensemble urbain 18,3 4,2 22,5 1 590 Rural 29,0 7,8 36,8 1 094 Région Adamaoua 22,6 10,0 32,6 102 Centre 27,2 6,6 33,9 220 Douala 10,8 2,3 13,1 305 Est 38,8 6,5 45,3 131 Extrême-Nord 36,2 8,4 44,6 385 Littoral 12,4 4,8 17,2 132 Nord 24,4 5,0 29,4 227 Nord-Ouest 21,0 6,4 27,4 291 Ouest 18,5 5,3 23,8 324 Sud 34,0 5,1 39,1 123 Sud-Ouest 17,9 4,5 22,4 170 Yaoundé 13,7 4,3 18,0 274 Niveau d'instruction Aucun 41,3 8,9 50,2 384 Primaire 26,5 6,9 33,4 999 Secondaire ou plus 14,3 3,8 18,1 1 302 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 30,1 6,2 36,3 378 Second 35,3 10,6 45,8 453 Moyen 24,7 5,2 30,0 541 Quatrième 19,6 5,4 25,1 615 Le plus riche 11,7 2,8 14,4 698 Ensemble 22,7 5,7 28,4 2 684 80 | Fécondité Selon le milieu de résidence, on constate que les adolescentes résidant en milieu rural commencent leur vie féconde beaucoup plus tôt que leurs consoeurs de Yaoundé/Douala et des Autres villes. En effet, en milieu rural, 37 % d’adolescentes ont déjà commencé leur vie féconde contre 27 % dans les Autres villes et 15 % à Yaoundé/Douala. Ces écarts relativement importants signifient que les adolescentes ont un comportement différent en matière de procréation selon le milieu de résidence. Par rapport aux régions, on constate aussi des disparités : la proportion d’adolescentes qui ont commencé leur vie féconde varie d’un minimum de 17 % dans le Littoral à un maximum de 45 % à l’Est et à l’Extrême-Nord. L’entrée précoce en vie reproductive est plus fréquente parmi les adolescentes sans niveau d’instruction (50 %) que parmi celles qui sont instruites (50 % contre 33 % pour le primaire et 18 % pour le secondaire). De même, dans les ménages des deux quintiles les plus pauvres, la proportion d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde est beaucoup plus élevée que celle du quintile le plus riche (respectivement, 36 % et 46 % contre 14 %). Enfin, il faut signaler que la proportion d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde n’a que peu varié entre 1998 et 2004, passant de 31 % en 1998 à 28 % en 2004 (graphique 4.6). Graphique 4.6 Proportion d'adolescentes de 15-19 ans ayant commencé leur vie féconde selon l'EDSC-II et l'EDSC-III 31 6 21 34 41 54 28 7 15 25 43 53 15-19 15 16 17 18 19 Âge 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage EDSC-II EDSC-III Planification Familiale | 81 PLANIFICATION FAMILIALE 5 Martin TSAFACK et Robert SIMO KENGNE Comme dans la plupart des pays africains, la population du Cameroun a pendant longtemps eu un comportement pro-nataliste lié au prestige, à la satisfaction économique et psychologique que procure une descendance nombreuse. Ce comportement s’est reflété dans les positions gouvernementales et les questions liées à la limitation des naissances étaient alors considérées comme tabous. Cependant, depuis le début des années 80, la position du Gouvernement sur la croissance démographique a commencé à évoluer, passant d’un pro-natalisme affirmé à une politique volontariste de maîtrise de la procréation. Dans le rapport de politique générale au Congrès de l’Union Nationale Camerounaise, le Président National de ce Parti, alors Chef de l’Etat, déclarait : « …Si l’amélioration des services de la Santé se développe, le taux d’augmentation naturelle de la population passera à 3 % par an en 1985, et à 3,5 % en l’an 2000, et, de 7,7 millions qu’était notre population en 1976, elle atteindrait 16,5 millions d’habitants en l’an 2000. En l’an 2025, si ce scénario se maintient, notre population aura dépassé les 40 millions d’habitants. Nous devons en conséquence considérer que l’accroissement impétueux de la population est inquiétant et pose de sérieux problèmes dont la solution conditionne notre devenir. Notre devoir est alors de faire appel à nos ressources d’imagination, à nos facultés d’innovation et de créativité pour faire en sorte que la stratégie de la croissance économique intègre les problèmes que pose l’expansion démographique à la politique de développement. La finalité essentielle de notre démarche doit par conséquent être l’effort de maîtrise de notre croissance et de notre planification du développement… » Ainsi, la promulgation de la loi N° 080/10 du 14 juillet 1980 sur la profession des pharmaciens n’a pas repris les dispositions de l’article 101 de la loi N° 29/69 du 29 mai 1969 interdisant la vente et la publicité des contraceptifs. Le gouvernement s’est officiellement exprimé à plusieurs occasions, notamment lors de la Conférence Internationale sur la Population de Mexico en 1984 ; pour le Cameroun, la planification familiale était synonyme d’espacement des naissances en vue de préserver la santé de la mère et de l’enfant et de lutter contre la stérilité. En 1986, la position du Gouvernement s’est clairement affirmée en faveur de la planification familiale dans le discours du Chef de l’Etat lors de la présentation du VIème Plan à l’Assemblée Nationale lorsqu’il a déclaré : « … C’est le lieu me semble-t-il, d’attirer l’attention des Camerounais et des Camerounaises sur les conséquences économiques et sociales d’une progression incontrôlée de le natalité. La procréation, fût-elle un droit fondamental de tout homme, peut et doit être maîtrisée. Il s’agit par conséquent, non pas de rompre avec nos convictions religieuses et nos us et coutumes en ce domaine, mais de tendre de plus en plus vers la promotion et l’instauration réfléchies d’une paternité consciente et responsable… ». 82 | Planification Familiale Cette évolution a conduit à l’adoption en 1992, avec l’appui de l’UNFPA, de la Déclaration de Politique Nationale de Population (DPNP)1 laquelle comporte un ensemble de mesures qui visent la promotion de la planification familiale. C’est ainsi que la Déclaration de la politique nationale de mise en œuvre de réorientation des soins de santé primaires, pierre angulaire de la politique sectorielle de santé, a été adoptée par le Gouvernement en 1993. Celle-ci vise le renforcement et l’intégration des services de SMI/PF dans les soins de santé primaires à tous les niveaux d’intervention de la pyramide sanitaire (central, intermédiaire et périphérique). À la suite de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD) du Caire en 1994, le Cameroun a organisé en décembre 1999, un symposium national sur la santé de la reproduction. Les résolutions de ce symposium ont conduit à l’adoption, en février 2001, de la Déclaration de Politique Nationale de la Santé de la Reproduction avec l’appui de l’UNFPA. Parallèlement, les Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont aussi pris place dans cette mouvance. L’Association Camerounaise pour le Bien-être Familial (CAMNAFAW) a été créée en 1987 et légalisée en 1989. Elle a pour principale mission d’appuyer les efforts du Gouvernement dans la promotion du bien-être des populations camerounaises en matière de santé de la reproduction, y compris la planification familiale. C’est également en 1989 que le Programme de Marketing Social au Cameroun (PMSC)2 a démarré ses activités. Celles-ci ont pour objectifs, entre autres, la promotion de l’idée de santé familiale et la prévention des IST/Sida par la vente de condoms. En 1997, le projet Santé Familiale et Prévention du Sida (SFPS) a démarré ses activités. L’un de ses objectifs est d’accroître l’utilisation des méthodes modernes de planification familiale parmi les femmes en âge de procréer. En outre, de plus en plus d’ONG oeuvrent à des degrés divers à la promotion de la planification familiale et à la lutte contre les IST/Sida. En définitive, on peut dire que les activités en matière de planification familiale ont commencé à se systématiser à travers des actions suivantes: x l’aménagement de la législation sur la vente et la publicité des contraceptifs ; x le développement du Programme SMI/PF à travers l’ouverture des centres de PF ; x les campagnes de sensibilisation et d’éducation des populations à la parenté responsable. Comme lors des deux précédentes enquêtes, l’EDSC-III a collecté des informations sur les méthodes contraceptives pour appréhender les éventuelles modifications intervenues au cours des dernières années en matière de contraception. Par rapport à la planification familiale, l’enquête a collecté des données sur : x la connaissance et la pratique passée et présente de la contraception ; x la connaissance de la période féconde ; x les sources d’approvisionnement en contraception ; x l’utilisation future de la contraception ; x les sources d’information sur la contraception ; 1 Celle-ci a été révisée en 2002 pour prendre en compte les thèmes émergents tels que la santé de la reproduction, l’égalité et l’équité entre les sexes, la pandémie du VIH/Sida, etc. 2 Le PMSC est devenu aujourd’hui l’Association Camerounaise de Marketing Social (ACMS). Planification Familiale | 83 x les opinions et les attitudes face à la contraception. 5.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION L’utilisation de la contraception suppose, au préalable la connaissance d’au moins une méthode contraceptive, ainsi qu’une source d’approvisionnement. Les différentes méthodes retenues dans le questionnaire sont classées en trois catégories : x les méthodes modernes qui comprennent la stérilisation féminine et la stérilisation masculine, la pilule, le stérilet ou DIU (Dispositif Intra Utérin), les injectables, les implants (Norplant), le condom masculin, le condom féminin, le diaphragme, les méthodes vaginales (spermicides, mousses et gelées) et la pilule du lendemain ; x les méthodes traditionnelles, il s’agit de la méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA), de la continence périodique et du retrait ; x les méthodes dites « populaires », comme les herbes, les tisanes et autres méthodes pouvant rentrer dans cette catégorie. Lors de l’enquête, la collecte des informations sur la connaissance des méthodes contraceptives s’est faite selon la méthodologie suivante : on a demandé à chaque enquêtée de citer spontanément les méthodes contraceptives qu’elle connaissait. Si certaines des méthodes prévues dans le questionnaire n’étaient pas citées, l’enquêtrice essayait de décrire brièvement chacune d’elles et elle enregistrait ensuite si oui ou non l’interviewée en avait entendu parler. On considère alors qu’une femme connaît une méthode si elle l’a citée spontanément ou l’a reconnue après description. Contrairement à ce qui avait été fait au cours des deux premières enquêtes (EDSC-I et EDSC-II), les questions sur la connaissance des méthodes contraceptives n’ont pas été posées aux hommes en 2004. L’enquête révèle (tableau 5. 1) qu’au Cameroun, parmi les femmes âgées de 15 à 49 ans, le niveau de connaissance des méthodes contraceptives est très élevé puisque neuf femmes sur dix (90 %) ont déclaré connaître, au moins, une méthode contraceptive. En général, les femmes connaissent mieux les méthodes modernes que les méthodes traditionnelles ou populaires. En effet, sur 10 femmes, neuf (90 %) connaissent les méthodes modernes contre environ sept (69 %) pour les méthodes traditionnelles et une seulement (8 %) pour les méthodes populaires. Ce niveau de connaissance est le même chez les femmes en union, cela, quel que soit le type de méthode. Par contre, c’est parmi les femmes non en union sexuellement actives3 que le niveau de connaissance est le plus élevé : 99 % pour une méthode quelconque comme pour une méthode moderne, 92 % pour une méthode traditionnelle et 15 % pour une méthode populaire. Ce niveau de connaissance est également assez élevé chez les femmes non en union ayant déjà eu des rapports sexuels mais qui n’en ont pas eu au cours du mois précédant l’enquête. En effet, chez ces dernières, 96 % connaissent au moins une méthode quelconque, 95 % au moins une méthode moderne et 83 % au moins une méthode traditionnelle. En général, le nombre moyen de méthodes est identique parmi l’ensemble des femmes et parmi les femmes en union (5,8) contre un minimum de 3,9 méthodes chez les femmes non en union n’ayant jamais eu de rapports sexuels. Ce sont les femmes qui ne sont pas en union mais qui ont été sexuellement actives au cours du dernier mois qui connaissent le nombre moyen de méthodes le plus élevé (7,7). À l’opposé, les femmes non en union n’ayant jamais eu de rapports sexuels se caractérisent par le nombre moyen de méthodes connues le plus faible (3,9). 3 Femmes ayant déjà eu des rapports sexuels et qui les ont eus au cours des quatre semaines précédant l’enquête. 84 | Planification Familiale Tableau 5.1 Connaissance des méthodes contraceptives Pourcentage de femmes, de femmes actuellement en union, de femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives et de femmes qui n'ont jamais eu de rapports sexuels qui connaissent une méthode contraceptive, selon les méthodes, Cameroun 2004 Femmes non en union ayant déjà eu des rapports sexuels Méthode contraceptive Toutes les femmes Femmes actuellement en union Sexuellement active au cours du dernier mois Non active sexuellement au cours du dernier mois Femme non en union n'ayant jamais eu de rapports sexuels Une méthode quelconque 90,3 89,0 99,3 95,9 87,0 Une méthode moderne 89,6 88,2 99,0 95,2 86,6 Stérilisation feminine 45,5 46,4 58,5 53,7 25,8 Stérilisation masculine 10,9 10,2 18,0 13,0 9,0 Pilule 69,2 70,6 85,3 77,0 46,1 DIU 36,9 36,6 52,8 45,4 22,0 Injections 61,9 65,7 70,6 66,5 33,1 Implants 33,5 36,4 43,9 34,3 12,9 Condom masculin 86,2 83,9 98,3 93,1 84,8 Condom féminin 43,3 39,9 63,9 53,9 40,3 Diaphragme 14,1 12,0 23,9 19,4 14,7 Mousse/gelée 13,2 12,9 22,1 15,4 8,7 Contraception d'urgence 18,7 17,8 32,5 25,8 9,9 Une méthode traditionnelle 68,6 66,2 92,1 82,8 55,3 MAMA1 27,3 29,5 33,5 27,6 13,0 Continence périodique 63,8 60,6 89,3 78,4 52,9 Retrait 44,3 45,8 65,0 53,1 17,4 Méthode populaire 8,0 8,0 14,5 9,3 3,4 Nombre moyen de méthodes connues 5,8 5,8 7,7 6,7 3,9 Effectif de femmes 10 656 7 166 597 1 526 1 368 1 MAMA = Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée En ce qui concerne la connaissance par méthode spécifique, le tableau 5.1 indique que quel que soit le groupe de femmes, c’est le condom masculin qui est la méthode la plus fréquemment connue (au moins quatre femme sur cinq), suivie de la pilule (69 %) puis des injectables (62 %) ; la méthode la moins connue étant, quelle que soit la catégorie de femmes, la stérilisation masculine. Il est intéressant de comparer le niveau de connaissance des méthodes contraceptives observé au cours de l’EDSC-III de 2004 à celui des deux premières enquêtes : cela permet d’apprécier l’impact des efforts faits dans la promotion de la planification familiale au Cameroun. Ainsi, on constate que le niveau de connaissance des méthodes contraceptives s’est constamment amélioré chez les femmes depuis 1991, qu’elles soient en union ou non. En effet, la proportion des femmes connaissant au moins une méthode contraceptive est passée de 73 % en 1991 à 81 % en 1998 et à 90 % en 2004. Chez les femmes en union, cette proportion est passée de 70 % en 1991 à 77 % en 1998 et à 89 % en 2004. Ce constat est valable si l’on se limite aux seules méthodes modernes. Planification Familiale | 85 Il faut souligner que l’amélioration du niveau de connaissance des méthodes contra- ceptives, bien que touchant toutes les méthodes, est principalement imputable à la progression de la connaissance du condom masculin : en 1991, 44 % des femmes en union avaient déclaré connaître le condom masculin ; en 1998, cette proportion était de 74 % et en 2004, elle est de 84 %. Le tableau 5.2 présente les variations du niveau de connaissance des méthodes contra- ceptives selon les variables socio-démographiques parmi les femmes en union. Le niveau de connaissance des méthodes contraceptives varie selon l’âge ; c’est parmi les femmes de 45-49 ans qu’il est le plus faible (83 %) ; parmi celles de 20-24 ans et de 35-39 ans, il atteint un maximum de 90 % Les résultats selon le milieu de résidence mettent aussi en évidence des écarts de connaissance : c’est en rural que la proportion de femmes qui ont déclaré connaître, au moins, une méthode contraceptive est, de loin, la plus faible (82 %) ; que ce soit à Yaoundé/Douala ou dans les autres villes, plus de neuf femmes sur dix connaissent, au moins, une méthode (respective- ment, 99 % et 96 %). En fonction des régions, on constate que dans les trois provinces septentrionales (82 % dans l’Adamaoua, 72 % dans le Nord et 68 % dans l’Extrême-Nord) le niveau de connais- sance est plus faible que dans celles des autres régions du pays (96 % à l’Est et plus de 98 % dans toutes les autres régions). De même, les femmes sans niveau d’instruction ont un niveau de connaissance faible (67 %) par rapport à celles qui ont fréquenté l’école (96 % des femmes du niveau d’instruction primaire et 100 % des femmes du niveau d’instruction secondaire ou plus). On remarque enfin que le niveau de connaissance des méthodes contraceptives est influencé par le niveau de vie du ménage dans lequel vit la femme : la proportion de femmes qui connaissent, au moins, une méthode augmente des ménages les plus pauvres aux plus riches (72 % dans le quintile le plus pauvre à 99 % dans le plus riche). Enfin, les variations selon les variables socio-démographiques du niveau de connaissance des méthodes contraceptives modernes sont identiques à celles observées pour l’ensemble des méthodes. Tableau 5.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques socio-démographiques Pourcentage de femmes actuellement en union qui connaissent au moins une méthode de contraception et pourcentage de celles qui connaissent au moins une méthode moderne, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Connaît une méthode Connaît une méthode moderne1 Effectif de femmes Âge actuel 15-19 86,6 85,0 828 20-24 91,1 90,4 1 563 25-29 90,1 89,6 1 448 30-34 89,6 89,1 1 149 35-39 90,2 89,4 929 40-44 87,5 86,2 691 45-49 82,8 81,6 558 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 98,9 98,6 1 247 Autres villes 95,8 95,2 2 251 Ensemble urbain 96,9 96,4 3 498 Rural 81,5 80,4 3 667 Région Adamaoua 82,2 80,3 322 Centre 99,5 97,8 578 Douala 99,4 99,2 618 Est 95,8 91,9 361 Extrême-Nord 67,8 67,1 1 410 Littoral 99,6 98,8 258 Nord 72,3 72,0 788 Nord-Ouest 98,9 98,7 620 Ouest 98,5 97,8 840 Sud 99,3 98,7 285 Sud-Ouest 99,7 98,8 456 Yaoundé 98,3 97,9 629 Niveau d'instruction Aucun 67,3 65,9 2 058 Primaire 96,2 95,3 2 888 Secondaire ou plus 99,8 99,6 2 220 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 72,1 71,2 1 639 Second 83,2 81,6 1 318 Moyen 95,0 93,7 1 363 Quatrième 98,0 97,6 1 427 Le plus riche 99,4 99,2 1 418 Ensemble 89,0 88,2 7 166 1 Stérilisation féminine, stérilisation masculine, pilule, DIU, injections, implants, condom masculin, condom féminin, diaphragme, mousse ou gelée, et la contraception d'urgence. 86 | Planification Familiale 5.2 PRATIQUE DE LA CONTRACEPTION L’utilisation des méthodes contraceptives est l’objectif ultime des programmes de planification familiale, et la prévalence contraceptive constitue l’un des indicateurs le plus important permettant d’évaluer ces programmes. Les données de l’EDSC-III permettent d’estimer l’utilisation de la contraception à un moment quelconque ainsi que son niveau d’utilisation actuelle, c’est-à-dire au moment de la collecte des données. 5.2.1 Utilisation de la contraception à un moment quelconque Aux femmes qui avaient déclaré connaître une méthode contraceptive, l’enquêtrice a ensuite demandé si elles l’avaient déjà utilisée. Cette information permet de mesurer le niveau de la pratique contraceptive à un moment quelconque, par méthode spécifique. Le tableau 5.3 présente les résultats pour l’ensemble des femmes, les femmes en union et les femmes non en union et sexuellement actives. On peut y lire qu’au moment de l’enquête, plus de la moitié des femmes (54 %) avaient déjà utilisé au moins une méthode contraceptive. Cependant, seulement 38 % avaient déjà utilisé une méthode contraceptive moderne, les méthodes traditionnelles ou populaires ayant été les plus fréquemment utilisées (47 %). On constate que, bien que le niveau de connaissance des méthodes modernes soit plus élevé que celui des Tableau 5.3 Utilisation de la contraception à un moment quelconque Pourcentage de femmes, de femmes actuellement en union et de femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives qui ont déjà utilisé une méthode contraceptive, par méthode, selon le groupe d'âges, Cameroun 2004 Méthode moderne Méthode traditionnelle Groupe d'âges Une méthode quel- conque Une méthode moderne Stérilisa- tion fém. Stérilisa- tion masc. Pilule DIU Injec- tions Im- plants Con- dom masc. Con- dom fém. Dia- phragme Mousse/ gelée Pilule du lende- main Une méthode tradition- nelle MAMA Conti- nence périodique Retrait Autres Effectif de femmes TOUTES LES FEMMES 15-19 36,7 26,9 0,0 0,1 1,5 0,1 1,2 0,2 25,2 0,3 0,0 0,2 1,6 29,2 1,6 26,8 8,5 1,2 2,684 20-24 63,0 48,3 0,0 0,1 5,5 0,1 2,2 0,4 46,0 0,6 0,1 0,7 3,2 54,9 5,7 49,5 24,8 2,8 2,252 25-29 63,0 46,6 0,0 0,0 8,5 0,5 4,4 1,0 41,3 0,6 0,0 0,9 4,0 55,7 8,4 49,9 29,3 3,9 1,747 30-34 60,0 40,5 0,6 0,3 13,0 1,3 6,3 0,8 32,5 1,0 0,2 0,8 2,9 52,3 10,0 47,0 26,4 3,3 1,350 35-39 58,6 38,8 1,9 0,1 16,9 2,3 9,1 1,6 26,3 0,7 0,0 1,8 3,1 51,6 11,8 44,4 23,8 3,0 1,080 40-44 56,0 34,0 3,4 0,1 14,0 2,8 9,0 1,5 19,6 0,3 0,1 2,0 1,8 48,5 9,6 40,7 22,9 3,4 832 45-49 49,8 25,7 5,2 0,1 12,4 3,6 5,7 0,3 11,5 0,1 0,4 1,1 0,4 43,4 10,2 35,9 17,2 3,9 711 Ensemble 54,1 38,1 0,9 0,1 8,2 1,0 4,3 0,7 31,9 0,5 0,1 0,9 2,6 46,6 6,9 41,4 20,9 2,8 10,656 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 49,3 36,6 0,0 0,0 2,2 0,2 2,7 0,0 33,4 0,4 0,0 0,3 2,1 40,5 4,1 34,6 16,6 2,4 828 20-24 59,9 43,7 0,0 0,2 5,6 0,1 2,8 0,5 40,9 0,8 0,0 0,7 2,6 53,3 6,6 47,4 24,1 2,5 1,563 25-29 59,8 42,9 0,0 0,0 8,4 0,5 4,7 0,9 37,4 0,4 0,0 1,0 3,2 53,3 8,9 46,9 28,3 3,4 1,448 30-34 57,4 37,1 0,7 0,2 12,1 1,1 5,5 0,7 28,9 0,7 0,0 0,7 2,6 50,2 10,0 44,8 26,2 2,6 1,149 35-39 57,7 37,5 2,2 0,2 16,2 2,0 8,9 1,5 24,6 0,5 0,0 1,8 3,0 51,5 12,4 44,3 24,6 3,0 929 40-44 55,7 33,1 3,3 0,1 14,0 3,1 9,5 1,6 18,4 0,2 0,2 1,8 1,6 48,2 9,5 40,2 23,1 3,1 691 45-49 47,2 26,4 6,2 0,1 12,5 4,3 5,9 0,4 10,6 0,1 0,5 1,1 0,6 40,6 10,3 34,0 16,1 3,2 558 Ensemble 56,6 38,5 1,2 0,1 9,6 1,2 5,3 0,8 30,7 0,5 0,1 1,0 2,5 49,6 8,6 43,3 23,8 2,9 7,166 FEMMES NON EN UNION ET SEXUELLEMENT ACTIVES1 Ensemble 90,8 82,3 0,1 0,4 12,3 1,2 4,6 1,1 78,5 2,1 0,4 1,6 7,4 74,8 6,3 69,1 36,1 6,3 597 MAMA = Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée. 1 Femmes ayant eu des rapports sexuels au cours du mois précédant l'enquête. Planification Familiale | 87 méthodes traditionnelles et populaires, sur le plan de l’utilisation par contre, les méthodes traditionnelles et populaires sont celles auxquelles les femmes ont eu le plus fréquemment recours. Cette utilisation de la contraception (une méthode quelconque) à un moment quelconque de la vie varie avec l’âge : elle est moins fréquente chez les femmes âgées de 15 à 19 ans (37 %) ou de 45-49 ans (50 %) que chez celles âgées de 20-44 ans (au moins 56 %). Le condom masculin est la méthode moderne qui a été la plus fréquemment utilisée (32 %), suivie de la pilule (8 %), des injectables (4 %) et de la pilule du lendemain (3 %) ; les autres méthodes modernes n’ont pratiquement pas été utilisées (moins de 1 % pour chacune). Parmi les méthodes traditionnelles, on remarque que c’est la continence périodique (41 %) et le retrait (21 %) qui ont été les méthodes les plus utilisées. Chez les femmes en union, le niveau de la pratique contraceptive à un moment quelconque est pratiquement identique à celui de l’ensemble des femmes : 57 % ont déjà utilisé, au moins, une méthode contraceptive, 39 %, au moins, une méthode moderne et 50 %, au moins, une méthode traditionnelle ou populaire. De même que pour l’ensemble des femmes, les femmes en union ont plus fréquemment utilisé les méthodes traditionnelles et populaires que les méthodes modernes. Le niveau d’utilisation de la contraception à un moment quelconque reste plus faible chez les femmes en union âgées de 15-19 ans (49 %) et de 45-49 ans (47 %) que chez celles des autres groupes d’âges (plus de 56 %). Les méthodes modernes les plus utilisées restent le condom masculin (31 %), la pilule (10 %), les injectables (5 %) et la pilule du lendemain (3 %). De même, la continence périodique (43 %) et le retrait (24 %) ont été les méthodes traditionnelles les plus utilisées. En outre, on constate que ce sont les femmes non en union, sexuellement actives et ayant eu des rapports sexuels au cours du mois précédant l’enquête qui ont le plus utilisé les méthodes contraceptives à un moment quelconque de leur vie : 91 % ont déjà utilisé, au moins, une méthode, 82 %, au moins, une méthode moderne et 75 %, au moins, une méthode traditionnelle. Parmi les méthodes modernes utilisées, le condom masculin vient largement en tête (79 %) suivi de la pilule (12 %) et de la pilule du lendemain (7 %). Parmi les méthodes traditionnelles, ces femmes ont opté pour la continence périodique (69 %) et, dans 36 % des cas, pour le retrait. Elles ont aussi plus fréquemment utilisé la pilule du lendemain que les femmes en union (7 % contre 3 %). 5.2.2 Utilisation actuelle de la contraception On a demandé aux femmes qui n’étaient pas enceintes et qui connaissaient au moins une méthode contraceptive, si elles en utilisaient une actuellement pour éviter de tomber enceinte. Les réponses à cette question permettent d’évaluer la prévalence contraceptive actuelle qui correspond donc à la proportion des femmes qui utilisent une méthode de contraception au moment de l’enquête. Les résultats présentés au tableau 5. 4 montrent que, parmi toutes les femmes de 15-49 ans non enceintes au moment de l’enquête, 26 % utilisaient, au moins, une méthode contraceptive quelconque, 14 % utilisaient, au moins, une méthode moderne et 13 %, au moins, une méthode traditionnelle. Les résultats selon l’âge montrent que c’est parmi les plus jeunes de 15-19 ans et parmi les plus âgées de 45- 49 ans que la prévalence est la plus faible (environ 20 % dans les deux cas). La méthode moderne la plus utilisée est le condom masculin (10 %), le taux d’utilisation des autres méthodes étant très faible. Parmi les méthodes traditionnelles, c’est la continence périodique qui est la méthode la plus utilisée (10 %). 88 | Planification Familiale Tableau 5.4 Utilisation actuelle de la contraception Répartition (en %) des femmes, des femmes actuellement en union et des femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives, par méthode contraceptive actuellement utilisée, selon le groupe d'âges, Cameroun 2004 Méthode moderne Méthode traditionnelle Groupe d'âges Une méthode quelconque Une méthode moderne Stérilisa- tion éminine Pilule DIU Injections Implants Condom masculin Une méthode tradition- nelle MAMA Conti- nence périodique Retrait Autres N'utilise pas actuelle- ment Total Effectif 15-19 20,2 12,2 0,0 0,2 0,1 0,6 0,1 11,3 8,0 0,2 7,1 0,3 0,3 79,8 100,0 2 684 20-24 30,7 17,4 0,0 0,8 0,1 0,4 0,0 16,0 13,3 0,6 10,5 1,6 0,6 69,3 100,0 2 252 25-29 29,1 14,9 0,0 1,3 0,3 1,0 0,6 11,7 14,2 0,6 11,3 1,8 0,4 70,9 100,0 1 747 30-34 25,2 11,0 0,6 3,2 0,0 1,5 0,3 5,3 14,2 0,8 10,6 2,3 0,4 74,8 100,0 1 350 35-39 30,5 14,3 1,9 2,9 0,5 2,6 0,7 5,7 16,2 0,4 12,8 2,1 0,9 69,5 100,0 1 080 40-44 27,2 11,4 3,4 1,5 0,7 2,0 0,7 3,0 15,8 0,2 12,5 2,1 1,0 72,8 100,0 832 45-49 19,5 8,9 5,2 0,6 0,7 0,8 0,0 1,6 10,5 0,0 8,5 1,0 1,1 80,5 100,0 711 Ensemble 26,1 13,5 0,9 1,3 0,2 1,1 0,3 9,7 12,5 0,4 10,0 1,5 0,6 73,9 100,0 10 656 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 23,6 14,5 0,0 0,2 0,2 1,3 0,0 12,8 9,2 0,4 7,0 1,1 0,6 76,4 100,0 828 20-24 26,4 13,8 0,0 1,0 0,1 0,6 0,0 12,1 12,6 0,8 9,0 2,1 0,7 73,6 100,0 1 563 25-29 25,7 12,5 0,0 1,5 0,3 1,1 0,5 9,1 13,2 0,6 10,0 2,2 0,4 74,3 100,0 1 448 30-34 23,8 9,6 0,7 2,7 0,0 1,6 0,2 4,1 14,2 0,9 10,1 2,7 0,4 76,2 100,0 1 149 35-39 30,8 13,7 2,2 2,9 0,5 2,5 0,9 4,6 17,1 0,4 13,4 2,5 0,9 69,2 100,0 929 40-44 29,0 11,5 3,3 1,8 0,9 2,2 0,9 2,3 17,6 0,3 13,8 2,6 0,9 71,0 100,0 691 45-49 21,3 10,8 6,2 0,8 0,9 1,0 0,0 1,9 10,6 0,0 8,7 1,2 0,7 78,7 100,0 558 Ensemble 26,0 12,5 1,2 1,6 0,3 1,4 0,3 7,6 13,5 0,6 10,2 2,1 0,6 74,0 100,0 7 166 FEMMES NON EN UNION ET SEXUELLEMENT ACTIVES1 Ensemble 68,5 46,6 0,1 2,0 0,2 0,8 0,7 42,8 21,9 0,0 20,1 0,6 1,2 31,5 100,0 597 Note : Si plus d'une méthode est utilisée, seule la plus efficace est prise en compte dans ce tableau. MAMA = Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée. 1 Femmes ayant eu des rapports sexuels au cours du mois précédant l'enquête. Les résultats concernant les femmes en union ne sont guère différents de ceux de l’ensemble des femmes : au moment de l’enquête, 26 % utilisaient, au moins, une méthode quelconque, 13 %, au moins, une méthode moderne et 14 %, au moins, une méthode traditionnelle (graphique 5.1). En outre, les variations selon l’âge sont les mêmes que celles observées pour l’ensemble des femmes. La méthode moderne la plus utilisée reste le condom masculin (8 %) et parmi les méthodes traditionnelles, c’est également la continence périodique qui est la plus fréquemment utilisée (10 %). Planification Familiale | 89 Graphique 5.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union EDSC-III 2004 26 13 8 2 1 1 14 10 2 Toutes méthodes Méthodes modernes Condom masculin Pilule Injections Stérilisation féminine Méthodes tradit. Continence périodique Retrait 0 5 10 15 20 25 30 Pourcentage La comparaison avec les résultats des enquêtes précédentes montre que la prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union a connu une augmentation importante au cours des dernières années puisqu’elle est passée de 4 % en 1991 à 7 % en 1998 pour atteindre 14 % en 2004 (graphique 5.2). Graphique 5.2 Prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union 1991, 1998 et 2004 4 12 4 7 3 7 14 13 13 5 14 26 16 19 6 Cameroun Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural 0 5 10 15 20 25 30 Pourcentage EDSC-I 1991 EDSC-II 1998 EDSC-III 2004 90 | Planification Familiale Les informations recueillies permettent par ailleurs l’analyse de la prévalence contraceptive selon certaines caractéristiques sociodémographiques des femmes en union. Cette analyse a permis de mettre en évidence des disparités. En ce qui concerne la prévalence contraceptive en général, on constate qu’elle est moins élevée en milieu rural (16 %) qu’en milieu urbain (36 %) ; en particulier, elle est plus élevée dans les villes de Douala/Yaoundé (42 %) que dans les Autres villes (33 %) (tableau 5.5). De même, elle est plus faible dans le Nord et l’Extrême-Nord (3 % dans les deux cas). Pour les autres régions, elles varient de 18 % dans l’Adamaoua à 41 % au Sud-Ouest. Les femmes en union n’ayant jamais été à l’école ont une prévalence contraceptive plus faible (4 %) que les femmes ayant un niveau d’instruction primaire (25 %) ou que celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (48 %). En outre, au moment de l’enquête, les femmes issues des ménages très pauvres pratiquaient moins la contraception (7 %) que celles issues des ménages du quintile le plus riche (46 %). En revanche, le nombre d’enfants vivants de la femme n’a pas une influence très nette sur la prévalence contraceptive. Tableau 5.5 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques socio-démographiques Répartition (en %) des femmes actuellement en union par méthode contraceptive actuellement utilisée, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Méthode moderne Méthode traditionnelle Caractéristique socio-démographique Une méthode quel- conque Une méthode moderne Stérilis. fem. Pilule DIU Injec- tions Im- plants Con- dom masc. Une méthode tradition- nelle MAMA Conti- nence périodique Retrait Autres N'utilise pas actuelle- ment Total Effectif Milieu de résidence Yaoundé/Douala 42,3 25,5 0,7 3,4 0,5 1,9 0,5 18,6 16,8 0,8 14,4 1,3 0,2 57,7 100,0 1 247 Autres villes 32,8 16,0 1,6 1,7 0,6 1,7 0,5 9,7 16,9 0,7 12,8 2,7 0,6 67,2 100,0 2 251 Ensemble urbain 36,2 19,3 1,2 2,3 0,5 1,7 0,5 12,9 16,9 0,8 13,4 2,2 0,5 63,8 100,0 3 498 Rural 16,2 5,9 1,2 0,9 0,1 1,0 0,2 2,5 10,3 0,4 7,1 2,0 0,8 83,8 100,0 3 667 Région Adamaoua 17,6 7,1 0,3 0,8 0,3 1,5 0,5 3,7 10,5 0,8 9,4 0,3 0,0 82,4 100,0 322 Centre 35,4 16,6 2,0 2,7 0,0 2,2 0,7 8,5 18,8 0,9 14,5 1,6 1,8 64,6 100,0 578 Douala 40,6 20,2 0,4 3,0 0,6 2,1 0,2 13,9 20,4 0,6 17,5 1,9 0,4 59,4 100,0 618 Est 26,7 8,0 0,4 0,9 0,0 0,6 0,7 5,5 18,7 1,1 10,5 2,8 4,3 73,3 100,0 361 Extrême-Nord 3,3 2,6 0,0 0,5 0,0 1,1 0,0 0,9 0,8 0,0 0,6 0,0 0,1 96,7 100,0 1 410 Littoral 37,4 17,3 2,1 2,7 0,4 3,3 0,0 8,8 20,1 1,6 15,9 1,6 1,0 62,6 100,0 258 Nord 2,6 1,4 0,0 0,3 0,2 0,2 0,0 0,7 1,2 0,0 0,8 0,2 0,1 97,4 100,0 788 Nord-Ouest 32,2 14,9 4,5 1,2 0,5 1,4 0,2 7,0 17,3 0,2 12,4 4,5 0,2 67,8 100,0 620 Ouest 39,5 16,3 1,1 0,7 0,6 0,5 0,5 12,9 23,2 0,4 15,1 7,3 0,4 60,5 100,0 840 Sud 33,1 16,2 2,6 3,6 0,0 2,9 1,7 5,4 16,9 2,2 12,7 1,1 0,9 66,9 100,0 285 Sud-Ouest 40,6 13,3 3,2 2,4 1,1 1,7 0,0 5,0 27,3 0,6 21,9 3,9 0,9 59,4 100,0 456 Yaoundé 43,9 30,7 0,9 3,7 0,4 1,7 0,7 23,2 13,3 1,1 11,4 0,7 0,0 56,1 100,0 629 Niveau d'instruction Aucun 3,7 1,3 0,6 0,3 0,0 0,3 0,0 0,0 2,4 0,2 1,7 0,1 0,4 96,3 100,0 2 058 Primaire 25,2 11,0 1,9 1,6 0,2 2,0 0,4 5,0 14,2 0,4 10,0 2,9 0,9 74,8 100,0 2 888 Secondaire ou plus 47,6 24,7 0,9 2,8 0,7 1,6 0,6 18,0 22,8 1,1 18,2 3,0 0,5 52,4 100,0 2 220 Nombre d'enfants vivants 0 25,1 16,7 0,1 0,2 0,0 0,3 0,0 16,1 8,4 0,0 7,9 0,2 0,3 74,9 100,0 1 034 1-2 24,4 12,3 0,4 1,2 0,2 0,8 0,1 9,5 12,0 0,7 9,3 1,4 0,6 75,6 100,0 2 533 3-4 27,2 10,6 1,0 1,9 0,2 1,6 0,5 5,3 16,7 0,5 12,3 3,5 0,3 72,8 100,0 1 776 5+ 27,4 12,1 3,2 2,6 0,8 2,6 0,7 2,2 15,3 0,7 10,6 2,9 1,1 72,6 100,0 1 823 Quintile de bien- être économique Le plus pauvre 7,3 2,3 0,6 0,2 0,0 0,5 0,0 1,0 5,0 0,1 3,4 1,1 0,4 92,7 100,0 1 639 Second 14,5 4,7 0,7 0,6 0,1 0,8 0,1 2,3 9,9 0,4 6,0 2,5 0,9 85,5 100,0 1 318 Moyen 25,0 10,6 2,2 2,0 0,1 1,5 0,2 4,6 14,4 0,9 10,1 2,5 0,9 75,0 100,0 1 363 Quatrième 39,0 19,3 1,3 2,4 0,4 1,9 0,6 12,6 19,6 0,8 15,1 3,0 0,7 61,0 100,0 1 427 Le plus riche 45,9 26,4 1,3 3,0 0,9 2,3 0,7 18,0 19,5 0,7 16,9 1,7 0,3 54,1 100,0 1 418 Ensemble 26,0 12,5 1,2 1,6 0,3 1,4 0,3 7,6 13,5 0,6 10,2 2,1 0,6 74,0 100,0 7 166 Note : Si plus d'une méthode est utilisée, seule la plus efficace est prise en compte dans ce tableau. MAMA = Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée. Planification Familiale | 91 Les variations de la prévalence contraceptive moderne suivent de très prés celles observées pour toutes les méthodes. C’est en milieu rural (6 %), parmi les femmes sans instruction (1 %), parmi celles des ménages du quintile le plus pauvre (2 %) et dans les régions du Nord (1 %) et de l’Extrême-Nord (3 %) qu’elle est la plus faible. Le nombre d’enfants en vie ne semble pas non plus influer sur le niveau d’utilisation de la contraception moderne, 5.3 PRÉVALENCE SELON LES INDICATEURS DU STATUT DE LA FEMME Le statut de la femme au sein de son ménage détermine sa capacité à pouvoir exercer ses droits, et donc sa décision de recourir ou non à l’utilisation de méthodes contraceptives pour contrôler sa descendance. L’utilisation de la contraception est donc déterminée, en partie, par son niveau d’autonomie et par le type de rapports de domination ou de coopération qu’elle entretient avec son mari/partenaire. Des indicateurs du statut de la femme sont utilisés pour évaluer l’influence des opinions de la femme sur sa propension à utiliser la contraception. Il s’agit du : x nombre de décisions prises par la femme ; x nombre de raisons qui justifient le refus des rapports sexuels avec son mari ; x nombre de raisons qui justifient le fait que le mari puisse battre sa femme. Il ressort des résultats du tableau 5.6 que la prévalence contraceptive est d’autant plus élevée que la femme est impliquée dans les décisions du ménage et qu’elles rejettent certains comportements traditionnels qui ont tendance à entraver l’exercice de ses droits. En effet, selon le premier indicateur, on constate que la prévalence passe d’un minimum de 16 % quand la femme n’est impliquée dans aucune décision à un maximum de 34 % quand elle est associée à la prise de 3-4 décisions. Les résultats selon le second indicateur montrent que la prévalence varie d’un minimum de 8 % quand la femme pense que, pour aucune raison, une femme ne peut refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire à un maximum de 28 % quand elle pense que pour 3-4 raisons il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire. Enfin, les résultats selon le troisième indicateur montrent que la prévalence contraceptive passe d’un minimum de 8 % quand la femme pense que pour cinq raisons, un homme a le droit de battre sa femme/partenaire à un maximum de 29 % quand elle pense que ce comportement n’est justifié dans aucun cas. Notons également que quel que soit la méthode, moderne ou traditionnelle, on constate le même type de variations. 92 | Planification Familiale Tableau 5.6 Utilisation actuelle de la contraception selon certains indicateurs du statut de la femme Répartition (en %) des femmes actuellement en union par méthode contraceptive actuellement utilisée, selon certains indicateurs du statut de la femme, Cameroun 2004 Indicateur du statut de la femme Une méthode quelconque Une méthode moderne Une méthode traditionnelle N'utilise pas actuellement Total Effectif Nombre de décisions prises par la femme1 0 15,5 9,1 6,4 84,5 100,0 1 184 1-2 21,5 9,9 11,6 78,5 100,0 2 603 3-4 34,0 16,5 17,6 66,0 100,0 1 760 5 32,0 14,8 17,3 68,0 100,0 1 618 Nombre de raisons justifiant de refuser les rapports sexuels avec le mari 0 7,8 3,5 4,3 92,2 100,0 247 1-2 20,6 9,3 11,3 79,4 100,0 1 331 3-4 28,0 13,6 14,4 72,0 100,0 5 587 Nombre de raisons justifiant qu'un homme batte sa femme 0 28,5 14,0 14,4 71,5 100,0 3 072 1-2 29,6 13,5 16,0 70,4 100,0 2 060 3-4 25,0 12,2 12,9 75,0 100,0 1 259 5 8,0 3,9 4,0 92,0 100,0 775 Ensemble 26,0 12,5 13,5 74,0 100,0 7 166 Note : Si plus d'une méthode est utilisée, seule la plus efficace est prise en compte dans ce tableau. 1 Soit seule ou en commun avec quelqu'un d'autre. 5.4 NOMBRE D’ENFANTS À LA PREMIÈRE UTILISATION L'utilisation de la contraception pour la première fois peut, en fonction du nombre d’enfants vivants, répondre à des objectifs différents : x retarder la première naissance si l'utilisation commence lorsque la femme n'a pas encore d'enfants ; x espacer les naissances si la contraception débute quand le nombre d’enfants vivants est faible ; x limiter la descendance lorsque la contraception commence lorsque le nombre d'enfants désirés est déjà atteint. Le tableau 5.7 présente la répartition des femmes par groupe d'âges et en fonction du nombre d'enfants vivants qu'elles avaient au moment où elles ont commencé à utiliser la contraception pour la première fois. Planification Familiale | 93 Tableau 5.7 Nombre d'enfants à la première utilisation Répartition (en %) des femmes qui ont déjà utilisé une méthode contraceptive par nombre d'enfants vivants lors de la première utilisation de la contraception, selon l'âge actuel, Cameroun 2004 Nombre d'enfants vivants à la première utilisation de la contraception Âge actuel 0 1 2 3 4+ ND Total Effectif 15-19 89,9 8,8 0,6 0,1 0,0 0,6 100,0 986 20-24 70,6 22,0 5,5 1,0 0,5 0,3 100,0 1 418 25-29 55,8 21,6 13,1 5,8 3,6 0,1 100,0 1 100 30-34 44,5 21,2 12,3 8,4 12,9 0,6 100,0 810 35-39 33,7 18,2 12,9 11,2 24,0 0,0 100,0 632 40-44 29,8 20,2 10,3 7,2 32,1 0,4 100,0 466 45-49 27,6 18,4 11,5 5,7 35,8 1,1 100,0 354 Ensemble 57,4 18,8 8,6 4,7 10,0 0,4 100,0 5 767 Sur l'ensemble des femmes utilisatrices, plus de la moitié (57 %) ont déclaré avoir utilisé pour la première fois une méthode contraceptive alors qu'elles n'avaient aucun enfant, c'est-à-dire pour retarder une première naissance, 32 % ont commencé alors qu’elles avaient entre 1 à 3 enfants vivants, et enfin 10 % ont commencé lorsqu’elle avait déjà 4 enfants ou plus. On note qu’environ un cinquième des femmes (19 %) ont commencé à utiliser une méthode de contraception après la naissance d’un seul enfant. La proportion des femmes ayant utilisé pour la première fois la contraception alors qu’elles n’avaient pas d’enfants vivants augmente des générations les plus anciennes aux plus récentes. Elle passe ainsi de 28 % chez les femmes de 45-49 ans à 71 % chez celles de 20-24 ans. 5.5 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE Les analyses précédentes, qu’elles concernent l’utilisation actuelle ou passée, ont montré que la continence périodique est une méthode fréquemment utilisée par les femmes au Cameroun, en particulier par les femmes en union (10 %) Il est donc important que ces femmes connaissent bien le moment de leur cycle menstruel pendant lequel elles sont le plus fécondes car l'efficacité de cette méthode en dépend. Pour mesurer cette connaissance, on a demandé pendant l’enquête à toutes les femmes si elles pensaient qu’au cours du cycle menstruel, il y avait une période pendant laquelle elles avaient plus de chance de tomber enceintes. À celles qui répondaient par oui, on leur demandait à quel moment du cycle se situait cette période. La question proposait explicitement quatre réponses : "juste avant le début des règles", "juste après la fin des règles", "pendant les règles" et "au milieu entre deux périodes de règles". L’enquêtée pouvait donner également une autre réponse ou déclarer qu’elle ne connaissait pas cette période. Un regroupement de ces réponses a permis de définir une échelle de connaissance : x connaissance : “ milieu du cycle ” ; x connaissance douteuse : “juste avant le début des règles”, “juste après la fin des règles”. Ces réponses sont trop vagues pour pouvoir être considérées comme exactes mais, selon l'idée que se font les femmes du “juste après la fin” et du “juste avant le début”, elles peuvent correspondre à la période féconde ; 94 | Planification Familiale x méconnaissance : “pendant ses règles”, “pas de moment spécifique", "autre", "ne sait pas". Dans l’ensemble, seulement 33 % des femmes connaissent correctement la période féconde ; 27 % en ont une connaissance douteuse tandis que 40 % en ont une mauvaise connaissance ou ne savent pas du tout qu’il existe une période du cycle menstruel, au cours de laquelle une femme a plus de chance de tomber enceinte. Les femmes utilisatrices de la continence périodique comme méthode de planification familiale situent mieux la période féconde (56 %) que les non utilisatrices (31 %). Cependant, on note que 35 % des utilisatrices de la continence périodique en ont une connaissance douteuse et que 9 % ne savent pas la situer ou ne savent pas du tout qu’il existe une période au cours de laquelle une femme doit éviter les rapports sexuels pour ne pas tomber enceinte. Tableau 5.8 Connaissance de la période féconde Répartition (en %) des femmes qui utilisent la continence périodique, des femmes qui n'utilisent pas la continence périodique et de l'ensemble des femmes selon leur connaissance de la période féconde au cours du cycle menstruel, Cameroun 2004 Connaissance de la période féconde Utilisatrices de la continence périodique Non utilisatrices de la continence périodique Toutes les femmes Connaissance Au milieu du cycle 55,7 30,5 33,1 Connaissance douteuse Juste avant le début des règles 2,3 2,0 2,0 Juste après la fin des règles 32,7 23,8 24,7 Ne connaît pas Pendant ses règles 0,9 1,3 1,2 Pas de moment spécifique 2,1 11,7 10,8 Autre 1,2 0,7 0,7 NSP 5,0 29,9 27,4 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 069 9 587 10 656 Ces résultats permettent de constater que plus de quatre utilisatrices de la continence périodique sur dix (44 %) ne savent pas quand employer correctement la méthode car elles n’ont qu’une connaissance approximative de la période féconde. Cette situation est très préoccupante quand on sait que la prévalence contraceptive est très faible au Cameroun (26 %) et que la continence périodique est la méthode de contraception la plus utilisée (10 %). Cette situation est d’autant plus inquiétante que, par rapport à 1998, la proportion d’utilisatrices de la continence périodique qui étaient incapables de bien situer leur période féconde n’était que de 25 %. Planification Familiale | 95 5.6 SOURCES D'APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION Une bonne connaissance des endroits ou des canaux par lesquels les femmes enquêtées se procurent les méthodes contraceptives peut, non seulement, aider à évaluer la contribution des services publics et privés dans la distribution ou la vente des méthodes contraceptives, mais aussi, permettre de redéployer les efforts de marketing social ou de distribution communautaire des méthodes de contraception. Aussi l’EDSC-III s’est-elle intéressée à la source d’approvisionnement la plus récente des méthodes contraceptives par les femmes utilisatrices de ces méthodes au moment de l’enquête. Le tableau 5.9 montre qu’au Cameroun, seulement 21 % des utilisatrices actuelles de la contraception s’adressent au secteur public pour se procurer leurs méthodes. Dans 12 % des cas, les femmes obtiennent leur méthode auprès d’un hôpital et dans 8 % des cas dans un centre de santé. En outre, un quart des utilisatrices (25 %) se sont procuré leur méthode dans le secteur médical privé, essentiellement dans une pharmacie (19 %). Le secteur privé non médical (boutique, marché, boîte de nuit, circuit commercial informel, amis, parents, campagne de sensibilisation, etc.) couvre 51 % des besoins de contraception satisfaits. La situation s’est modifiée entre 1998 et 2004 : alors qu’en 1998, 71 % des femmes se procuraient leur méthode soit dans le secteur médical, soit public, soit privé, cette proportion n’est plus que de 46 % en 2004. Cette situation n’est pas due à une moindre implication de ces secteurs dans la distribution des méthodes contraceptives, mais elle est plutôt attribuable à la mobilisation générale contre la pandémie du sida et, de manière parallèle, à une augmentation de la distribution du condom masculin par tous les canaux de distribution de proximité (boutiques, hôtels, boîtes de nuit, circuit informel, distribution gratuite lors des campagnes de sensibilisation, etc.). En effet, le condom masculin, méthode contraceptive moderne la plus utilisée (10 %), s’obtient essentiellement dans le secteur privé non médical (66 %) et particulièrement par l’intermédiaire des amis/parents (42 %) ou dans la boutique/kiosque/marché (21 %). Seulement trois femmes sur dix (30 %) se procurent les condoms masculins auprès des secteurs médicaux public (6 %) ou privé (24 %). Tableau 5.9 Source d'approvisionnement Répartition (en %) des utilisatrices actuelles de méthodes contraceptives modernes par source d'approvisionnement la plus récente, selon les méthodes, Cameroun 2004 Source d'approvisionnement Stérilisation féminine Pilule Injections Condom masculin Ensemble1 Secteur public 43,0 48,9 74,1 6,2 20,7 Hôpital 39,1 27,7 34,0 3,0 12,3 Centre de santé 3,9 21,2 40,1 3,1 8,4 Secteur médical privé 47,1 24,8 17,8 23,8 25,0 Hôpital privé confessionnel 34,9 0,4 1,4 0,2 2,9 Hôpital ou clinique public 7,4 0,9 10,4 0,0 1,6 Centre de santé/dispensaire confessionnel/mission 4,9 2,6 5,3 0,2 1,4 Pharmacie 0,0 20,1 0,0 23,4 18,9 Autre privé médical 0,0 0,9 0,7 0,0 0,2 Autre source 0,0 24,7 6,8 66,3 50,6 Boutique/marché/kiosque 0,0 8,7 0,0 20,5 15,5 Bar/boite de nuit 0,0 0,0 0,0 0,2 0,1 Circuit commercial informel 0,0 9,6 2,6 0,8 1,7 Amis, parents 0,0 5,5 4,3 42,4 31,4 Campagne de sensibilisation 0,0 0,9 0,0 2,4 1,8 Autre 0,0 0,9 0,0 0,8 0,7 ND 9,8 0,7 1,2 2,9 3,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 95 137 112 1,039 1,442 1 L’Ensemble comprend 24 utilisatrices de DIU et 31 utilisatrices d’implants. 96 | Planification Familiale En ce qui concerne la pilule, on constate que près de la moitié des femmes se procurent cette méthode dans le secteur médical public (49 %), un peu plus fréquemment dans les hôpitaux que dans les centres de santé (28 % contre 21 %). Cependant un quart des utilisatrices de la pilule s’adressent au secteur médical privé pour obtenir cette méthode (25 %). D’autre part, on constate qu’une forte proportion des utilisatrices s’adresse au secteur privé non médical (25 %). Au Cameroun, ce mode d’approvisionnement prend de plus en plus d’importance. Cette proportion n’était que de 8 % à l’EDSC-II de 1998. Parmi les femmes qui utilisent des injectables, 74 % les ont obtenus dans le secteur médical public, 18 % dans le secteur médical privé et 7 % dans le secteur privé non médical. En ce qui concerne la stérilisation féminine, l’essentiel des prestations est fournie par les hôpitaux publics (39 %), les hôpitaux privés confessionnels (35 %) et, dans 7 % des cas, par les cliniques. 5.7 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION Les femmes en union qui n’utilisent pas actuellement de méthodes contraceptives peuvent cependant envisager d’en utiliser une dans le futur. Pour celles qui n’envisagent pas d’en utiliser à l’avenir, la connaissance de leurs raisons peut aider à réorienter la stratégie de marketing de la planification familiale. Pour celles qui envisagent d’en utiliser une, la connaissance de la méthode future préférée contribuera à évaluer la demande des méthodes contraceptives. Au cours de l’EDSC-III, des questions relatives à ces trois aspects ont été posées. Intention d’utiliser la contraception à l’avenir On a demandé aux femmes qui n'utilisaient pas la contraception au moment de l'enquête, si elles avaient l'intention d'utiliser une méthode dans l'avenir. Le tableau 5.10 présente les résultats obtenus. Dans l’ensemble, 39 % de ces femmes ont l’intention d’utiliser une méthode contraceptive à l’avenir, 15 % n’en sont pas sûres et 46 % n’en ont pas du tout l’intention (graphique 5.3). En outre, on constate que le nombre d’enfants vivants ne semble pas influencer l’intention d’utiliser ou non la contraception à l’avenir. Tableau 5.10 Utilisation future Répartition (en %) des femmes actuellement en union n'utilisant pas actuellement de méthode, par nombre d'enfants vivants et selon l'intention d'utiliser une méthode dans l'avenir, Cameroun 2004 Nombre d'enfants vivants1 Intention 0 1 2 3 4+ Ensemble A l'intention d'utiliser 31,9 43,7 42,7 40,7 36,4 39,1 Pas sûre 13,3 14,7 16,7 16,2 14,4 15,0 N'a pas l'intention d'utiliser 54,2 41,5 40,2 43,0 49,0 45,6 ND 0,6 0,1 0,4 0,2 0,2 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 531 1 041 920 807 2 007 5 305 1 Y compris la grossesse actuelle Planification Familiale | 97 Graphique 5.3 Intention d’utiliser la contraception par les femmes en union non utilisatrices EDSC-III -2004 A l'intention d’utiliser 39 % N'a pas l'intention d’utiliser 46 % Pas sûre 15 % Raisons de non utilisation de la contraception Aux femmes non utilisatrices de la contraception qui ont déclaré ne pas avoir l'intention de l'utiliser dans l'avenir, on a demandé quelle en était la raison. Les résultats présentés au tableau 5.11 montrent que les raisons sont variées. Dans 62 % des cas, les femmes ont cité des raisons relatives à la fécondité, notamment le désir d’avoir autant d’enfants que possible (37 %) et la sous fécondité/stérilité (16 %). Près d’une femme sur cinq (17 %) a cité l’opposition à l’utilisation de la contraception, cette opposition pouvant provenir du mari/partenaire (5 %) ou de l’enquêtée elle-même (7 %). Les interdits religieux ont été mentionnés dans 6 % des cas. Dans 7 % des cas, les femmes ont cité les problèmes de santé et la peur des effets secondaires comme raisons justifiant la non utilisation de la contraception. Enfin, 6 % des femmes ont cité des raisons liées au manque de connaissance. La fréquence de ces raisons évoquées varie selon les groupes d’âges. Les femmes de 15-29 ans ont moins fréquemment cité les raisons liées à la fécondité (52 %) que les femmes de 30-49 ans (69 %). Par contre, par rapport aux femmes de 30-49 ans, celles âgées de 15-29 ans ont plus fréquemment cité des raisons liées à la pratique de la contraception (24 % contre 13 %). De même, par rapport aux femmes plus âgées, les femmes jeunes (15-29 ans) ont plus fréquemment évoqué le manque de connaissance concernant la contraception ou les sources d’obtention des méthodes (8 % contre 4 %). 98 | Planification Familiale Tableau 5.11 Raisons pour lesquelles les femmes n'ont pas l'intention d'utiliser la contraception Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui n'utilisent pas actuellement une méthode contraceptive et qui n'ont pas l'intention d'en utiliser une dans l'avenir, par âge et selon la principale raison pour laquelle elles n'ont pas l'intention d'utiliser la contraception, Cameroun 2004 Âge Raison 15-29 30-49 Ensemble Raisons relatives à la fécondité 51,8 69,3 62,1 Rapports sexuels peu fréquents/pas de rapports 1,2 4,3 3,0 Ménopause/hystérectomie 0,0 9,2 5,4 Sous-féconde/stérilité 3,1 25,5 16,3 Veut autant d'enfants que possible 47,5 30,3 37,4 Opposition à l'utilisation 23,7 13,0 17,4 Enquêtée opposée 9,1 5,5 7,0 Mari/conjoint opposé 6,9 3,1 4,7 Autres personnes opposées 0,1 0,1 0,1 Interdits religieux 7,6 4,3 5,6 Manque de connaissance 8,1 4,3 5,9 Ne connaît aucune méthode 6,2 3,6 4,7 Ne connaît aucune source 1,8 0,7 1,2 Raisons relatives à la méthode 9,7 8,9 9,2 Problèmes de santé 2,6 3,9 3,4 Peur des effets secondaires 5,1 2,9 3,8 Difficulté d'accès/trop éloignée 0,0 0,1 0,1 Trop chère 0,7 0,8 0,7 Inconvénients à l'utilisation 0,5 0,6 0,5 Interfère avec le processus normal du corps 0,6 0,6 0,6 Cela dépend du mari 0,1 0,0 0,1 Autre 0,7 1,2 1,0 NSP/Manquant 6,1 3,2 4,4 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 996 1 424 2 420 Méthode future préférée Il ressort des données du tableau 5.12 que, quel que soit l’âge, ce sont les méthodes modernes qui sont les plus fréquemment citées, en particulier les injectables (24 %), la pilule (18 %), le condom masculin (11 %) et les implants (7 %). La stérilisation féminine n’est citée que dans moins de 3 % des cas. Parmi les méthodes traditionnelles, c’est la continence périodique qui est la méthode la plus citée (14 %). En outre, le seul écart selon l’âge que l’on constate concerne le condom masculin qui est cité par 13 % des femmes les plus jeunes contre 8 % chez les plus âgées. Planification Familiale | 99 Tableau 5.12 Méthode contraceptive future préférée Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui n'utilisent pas actuellement une méthode mais qui ont l'intention d'en utiliser une dans l'avenir, par âge et selon la méthode préférée, Cameroun 2004 Âge Méthode 15-29 30-49 Ensemble Stérilisation féminine 2,5 3,3 2,8 Stérilisation masculine 0,1 0,0 0,1 Pilule 18,6 17,4 18,2 DIU 0,9 1,9 1,2 Injections 23,9 23,1 23,6 Implants 5,5 8,9 6,7 Condom 13,0 7,9 11,2 Condom féminin 0,5 0,0 0,3 Mousse/gelée 0,3 0,5 0,3 MAMA 0,0 0,2 0,1 Continence périodique 14,3 13,3 14,0 Retrait 1,4 1,8 1,5 Autres 1,1 0,7 0,9 Pas sûre 13,9 15,0 14,3 ND 3,9 5,9 4,6 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 346 731 2 076 5.8 SOURCES D’INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION La maîtrise des principales sources d’information sur les méthodes contraceptives peut se révéler très importante pour la mise en place de programmes de planification familiale. En effet, elle peut permettre de réorienter la stratégie de sensibilisation et de vulgarisation de la pratique contraceptive. C’est pour cela qu’au cours de l’enquête, on a demandé à toutes les femmes de 15 à 49 ans si, au cours des derniers mois, elles avaient entendu parler de la planification familiale à la radio ou à la télévision ou alors si elles avaient appris quelque chose à ce sujet dans les journaux/magazines ou sur des affiches/dépliants. Les résultats présentés au tableau 5.13 montrent qu’au cours des derniers mois ayant précédé l’enquête, environ les deux tiers des femmes (65 %) ont déclaré ne pas avoir été exposées aux messages relatifs à la planification familiale, ni par le biais de journaux/magazines, ni par la radio ou la télévision. En revanche, 29 % des femmes ont entendu parler de la planification familiale à la radio et 23 % à la télévision. En outre, on constate qu’environ une femme sur sept (14 %) a lu un message relatif à la planification familiale dans les journaux ou magazines. Ces proportions varient selon les caractéristiques socio-démographiques des femmes : c’est parmi les femmes âgées de 45-49 ans que l’on observe la proportion la plus élevée de femmes qui n’ont été exposées à aucun média au cours des derniers mois ayant précédé l’enquête (72 %). En fonction du milieu de résidence, on observe des disparités, les femmes du milieu rural ayant été, en proportion, plus nombreuses à ne pas avoir été exposées à ce type de messages par le biais des trois médias (82 % contre 100 | Planification Familiale Tableau 5.13 Exposition aux messages sur la planification familiale Pourcentage de femmes qui, au cours des derniers mois ayant précédé l'enquête, ont, soit entendu à la radio, soit vu à la télévision ou dans un journal ou une revue, un message sur la planification familiale selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Radio Télévision Journaux/ magazine Aucun des trois media Effectif de femmes Âge actuel 15-19 23,7 20,8 12,4 67,7 2 684 20-24 31,7 27,5 17,4 59,6 2 252 25-29 31,8 22,5 14,4 62,6 1 747 30-34 31,4 22,7 12,7 63,7 1 350 35-39 31,1 23,1 13,0 64,6 1 080 40-44 29,1 21,7 13,2 66,7 832 45-49 25,0 16,0 8,6 72,1 711 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 52,7 51,5 31,6 33,2 2 277 Autres villes 31,4 26,2 15,3 60,8 3 559 Ensemble urbain 39,7 36,1 21,6 50,0 5 836 Rural 16,0 6,6 4,0 82,1 4 820 Région Adamaoua 13,3 9,9 6,8 83,5 416 Centre 35,1 25,8 17,9 56,4 854 Douala 50,7 51,2 25,4 36,2 1 197 Est 21,5 19,2 14,9 71,8 506 Extrême-Nord 16,9 7,8 3,4 82,0 1 718 Littoral 29,5 21,9 14,1 63,5 482 Nord 18,7 9,6 4,2 78,5 975 Nord-Ouest 16,3 11,4 5,1 80,0 1 090 Ouest 16,8 12,8 8,9 78,5 1 142 Sud 43,9 26,8 23,5 48,6 439 Sud-Ouest 32,3 22,3 7,0 61,8 757 Yaoundé 54,8 51,8 38,5 29,9 1 080 Niveau d'instruction Aucun 10,3 3,2 0,7 88,8 2 383 Primaire 23,6 15,3 5,9 72,4 4 109 Secondaire ou plus 44,9 41,2 28,9 42,9 4 163 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 7,7 1,3 1,1 91,8 2 007 Second 15,5 5,0 3,3 82,9 1 756 Moyen 24,6 13,7 7,3 71,8 2 046 Quatrième 36,2 28,8 16,6 54,8 2 283 Le plus riche 51,7 53,4 33,0 33,5 2 566 Ensemble 28,9 22,7 13,7 64,6 10 656 Planification Familiale | 101 50 % en urbain). Il en est de même des femmes sans instruction par rapport à celles ayant au moins un niveau d’instruction secondaire (43 % contre 89 %) et des femmes des ménages les plus pauvres par rapport à celles des ménages les plus riches (34 % contre 92 %). Dans les régions, c’est l’Extrême-Nord (82 %) et l’Adamaoua (84 %) qui détiennent les proportions les plus élevées de femmes qui n’ont été exposées à aucun média. Parmi les trois source d’information, les femmes ont suivi le message sur la FP presque autant par la radio que par la télévision (respectivement 29 % et 23 %). L’exposition des femmes aux messages de la PF à travers les supports écrits est relativement faible (14 %). 5.9 CONTACT DES NON UTILISATRICES DE LA CONTRACEPTION AVEC DES PRESTATAIRES DE PLANIFICATION FAMILIALE La proportion de femmes non utilisatrices de méthodes de contraception ayant eu un contact avec des prestataires de la planification familiale peut permettre d’évaluer l’importance des activités de sensibilisation. Pour cette raison, au cours de l’EDSC-III, on a demandé aux femmes si, au cours des douze derniers mois ayant précédé l’enquête, elles avaient reçu la visite d’un agent qui leur avait parlé de planification familiale. Aux femmes qui s’étaient rendues dans un centre de santé au cours des douze mois ayant précédé l’enquête, on a demandé si un membre du personnel de santé leur avait parlé de méthodes de planification familiale. Dans l’ensemble, 89 % des femmes non utilisatrices de méthodes contraceptives n’ont pas discuté de méthodes de contraception avec un prestataire de planification familiale au cours des douze derniers mois ayant précédé l’enquête (tableau 5.14). De plus, 39 % n’ont pas discuté de PF avec un agent de terrain alors qu’elles sont allées dans un établissement sanitaire. Seulement 9 % sont allées dans un établissement sanitaire et ont discuté de PF et 3 % ont reçu la visite d’un agent de terrain et ont discuté de PF. On ne constate pas d’écart important entre les milieux de résidence. Par contre, il semble que les femmes les plus instruites aient plus fréquemment que les autres discuté de PF, soit avec un agent de terrain, soit dans un établissement sanitaire. 102 | Planification Familiale Tableau 5.14 Contact des non-utilisatrices de la contraception avec des prestataires de planification familiale Pourcentage des non-utilisatrices de la contraception qui, au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête, ont été contactées par un agent de terrain qui leur a parlé de planification familiale, pourcentage qui ont visité un établissement sanitaire et qui ont parlé de planification familiale, et pourcentage qui ont visité un établissement sanitaire mais qui n'ont pas parlé de planification familiale, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Femmes ayant reçu la visite d'un agent de terrain et discuté de PF Femmes qui sont allées dans un établissement sanitaire et ayant discuté de PF Femmes qui sont allées dans un établissement sanitaire mais n'ayant pas discuté de PF N'a pas discuté de PF avec un agent de terrain ou dans un établissement sanitaire Effectif de femmes Âge actuel 15-19 2,6 4,1 30,8 93,8 2 142 20-24 2,7 11,9 44,5 86,1 1 560 25-29 3,0 13,7 45,6 84,4 1 239 30-34 4,5 14,8 42,5 82,4 1 010 35-39 2,5 9,4 40,5 89,1 751 40-44 3,3 7,9 39,3 89,8 606 45-49 2,9 5,0 34,0 92,3 573 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 3,6 10,9 42,0 87,2 1 384 Autres villes 3,6 11,5 39,8 85,7 2 455 Ensemble urbain 3,6 11,3 40,6 86,2 3 838 Rural 2,4 7,6 37,8 90,6 4 041 Région Adamaoua 1,2 3,5 46,7 95,3 343 Centre 3,9 8,9 39,9 88,7 574 Douala 3,0 10,4 37,2 88,2 750 Est 5,9 9,6 38,2 86,9 362 Extrême-Nord 1,1 5,4 39,1 93,7 1 665 Littoral 3,5 12,9 34,3 84,3 309 Nord 2,8 1,8 41,4 95,4 951 Nord-Ouest 0,4 13,8 26,6 85,7 778 Ouest 5,9 16,3 43,6 79,8 769 Sud 8,2 8,1 41,6 84,6 296 Sud-Ouest 2,1 19,3 35,5 79,0 449 Yaoundé 4,3 11,5 47,7 85,9 633 Niveau d'instruction Aucun 1,7 3,4 36,9 95,0 2 298 Primaire 2,8 10,9 40,3 87,1 3 147 Secondaire ou plus 4,5 13,0 39,8 84,2 2 435 Ensemble 3,0 9,4 39,1 88,5 7 879 Planification Familiale | 103 5.10 OPINIONS ET ATTITUDES DES COUPLES VIS-À-VIS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE La pratique de la contraception par les femmes est non seulement influencée par leurs opinions vis-à-vis de la planification familiale, mais aussi par les opinions et les attitudes de leur mari. Dans la société camerounaise, le pouvoir de décision en ce qui concerne la taille de la famille est surtout le fait du mari. Il se peut aussi que les autres membres de la famille interviennent. Au sein du couple, la prise conjointe de décision par les deux époux/partenaires peut modifier le comportement de l’homme et le rendre favorable à la planification familiale. L’EDSC-III s’est donc penchée sur les opinions des couples concernant la planification familiale. 5.10.1 Discussion de la planification familiale avec le conjoint Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes vivant en union combien de fois elles avaient discuté de la planification familiale avec leur mari/partenaire, au cours des douze derniers mois précédant l’enquête. Les résultats du tableau 5.15 qui portent sur les femmes en union et qui connaissent une méthode de planification familiale montrent qu’au Cameroun, la discussion au sujet de la planification n’est pas une chose courante au sein des couples. En effet, au cours de l’année précédant l’enquête, la moitié des femmes ont déclaré n’avoir jamais discuté de planification familiale avec leur partenaire ; 29 % en ont discuté une ou deux fois et 20 % ont abordé ce sujet au moins trois fois. Cependant, si l’on compare ces résultats avec ceux des enquêtes précédentes, on constate une augmentation de la proportion de femmes ayant déclaré avoir abordé ce sujet avec leur mari ou partenaire : cette proportion est passée de seulement 37 % en 1991 à l’EDSC-I à 46 % en 1998 à l’EDSC-II et atteint 50 % en 2004 à l’EDSC-III. Les femmes de 15-19 ans (55 %) et celles de 40 ans ou plus (plus de 54 %) sont proportionnellement les plus nombreuses à n’avoir jamais discuté de planification familiale avec leur conjoint. Tableau 5.15 Discussion de la planification familiale avec le conjoint Répartition (en %) des femmes actuellement en union et connaissant une méthode contraceptive, en fonction du nombre de fois qu'elles ont discuté de planification familiale avec leur conjoint au cours de l'année passée, selon l'âge actuel, Cameroun 2004 Nombre de fois que la femme a discuté de la PF avec son mari : Âge actuel Jamais Une ou deux fois Trois fois ou plus ND Total Effectif 15-19 55,4 27,1 16,8 0,7 100,0 717 20-24 47,2 32,8 19,2 0,8 100,0 1 424 25-29 45,7 29,2 24,2 0,9 100,0 1 305 30-34 47,1 31,3 20,9 0,7 100,0 1 029 35-39 49,9 29,1 20,5 0,5 100,0 838 40-44 54,1 26,5 18,3 1,2 100,0 605 45-49 64,9 21,5 13,3 0,4 100,0 462 Ensemble 50,1 29,3 19,9 0,7 100,0 6 380 104 | Planification Familiale 5.10.2 Opinion des couples face à la planification Lors des interviews, les enquêtrices ont également demandé aux femmes si elles approuvaient ou désapprouvaient les couples qui utilisent une méthode pour éviter d’avoir des enfants. Elles ont ensuite demandé aux femmes si elles pensaient que leur mari approuvait ou désapprouvait de tels couples. La combinaison des réponses à ces deux questions a permis de dégager les différences de point de vue des deux conjoints. Les résultats sont présentés au tableau 5.16. Environ les deux tiers des femmes en union (64 %) approuvent la planification familiale, 25 % ne l’approuvent pas et 11 % n’en sont pas sûres. Si l’on tient compte de l’opinion du partenaire déclarée par l’enquêtée, on observe que 53 % de couples ont le même avis sur la planification familiale : 39 % de couples approuvent la pratique de la planification, alors que 15 % la désapprouvent. La proportion de couples dans lesquels les deux conjoints approuvent la planification familiale varie selon l’âge de la femme. Elle est plus faible parmi les couples où la femme est âgée de 15-19 ans (34 %) ou de plus de 35 ans (moins de 35 %) que parmi ceux dans lesquels la femme est âgée de 20-35 ans (plus de 40 %). De même, cette proportion est plus faible en milieu rural (30 %) qu’en urbain (46 %) et parmi les couples sans niveau d’instruction (11 %) par rapport à ceux ayant un niveau d’instruction au moins secondaire (57 %). Les résultats selon les quintiles de bien-être montrent que les couples où les deux conjoints approuvent la planification familiale sont plus nombreux dans les ménages du quintile le plus riche que dans ceux du quintile le plus pauvre (59 % contre 18 %). Les couples dont les avis sont divergents représentent 12 %. Dans 10 % des cas, les femmes approuvent la pratique contraceptive tandis que leur conjoint la désapprouve et dans 2 %, c’est l’inverse qui est observé. Ce résultat met en relief le rôle de l’homme dans la décision de pratiquer la contraception, car il montre que lorsque les hommes sont favorables à la pratique contraceptive, les femmes le sont aussi, alors que l’inverse n’est pas toujours vérifié. Selon les caractéristiques socio-démographiques de la femme, les variations de la proportion des couples dont les avis diffèrent sur la pratique contraceptive sont très faibles. Enfin, dans 24 % des cas la femme n’a aucune idée de l’opinion de son conjoint, ce qui témoigne de l’insuffisance de dialogue au sein du couple. Planification Familiale | 105 Tableau 5.16 Opinion des couples face à la planification familiale Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui connaissent une méthode de planification familiale (PF), en fonction du fait qu'elles approuvent, ou non, la planification familiale et en fonction de leur perception de l'opinion de leur conjoint concernant la planification familiale selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Enquêtée approuve la planification familiale Enquêtée désapprouve la planification familiale Caractéristique socio-démographique Mari approuve Mari désapprouve Opinion du mari non connue/ ND Mari approuve Mari désapprouve Opinion du mari non connue/ ND Enquêtée pas sûre1 Total Effectif Âge actuel 15-19 33,8 7,9 17,5 2,8 16,4 8,4 13,2 100,0 717 20-24 42,4 9,9 15,3 2,1 12,3 8,0 10,0 100,0 1 424 25-29 43,3 9,3 15,2 1,8 13,0 8,1 9,3 100,0 1 305 30-34 40,6 9,6 14,9 1,4 15,6 7,3 10,7 100,0 1 029 35-39 35,1 11,7 19,1 1,2 15,0 7,9 10,0 100,0 838 40-44 35,8 12,8 14,9 1,6 16,3 8,3 10,3 100,0 605 45-49 25,3 9,8 15,2 1,7 17,6 13,3 17,1 100,0 462 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 52,8 9,5 15,7 1,8 7,9 5,3 7,0 100,0 1 233 Autres villes 42,3 9,5 16,5 2,2 12,9 6,6 9,9 100,0 2 157 Ensemble urbain 46,1 9,5 16,2 2,1 11,1 6,2 8,8 100,0 3 390 Rural 29,9 10,5 15,6 1,5 18,5 10,8 13,1 100,0 2 990 Région Adamaoua 32,4 8,6 23,4 1,0 6,9 7,7 20,1 100,0 265 Centre 38,4 11,6 16,9 2,0 16,6 6,1 8,3 100,0 575 Douala 51,5 8,0 17,6 0,8 8,0 6,5 7,5 100,0 615 Est 37,1 8,1 15,3 2,8 16,5 8,7 11,6 100,0 346 Extrême-Nord 15,2 12,4 10,8 0,8 37,4 13,1 10,3 100,0 956 Littoral 44,8 9,6 19,0 1,8 8,0 8,2 8,7 100,0 257 Nord 7,7 4,6 11,0 1,0 19,7 20,1 35,9 100,0 570 Nord-Ouest 58,9 5,6 15,3 1,0 6,9 4,0 8,5 100,0 614 Ouest 38,7 12,0 21,6 3,8 9,7 7,9 6,3 100,0 827 Sud 44,8 18,6 10,3 3,7 12,9 5,5 4,2 100,0 283 Sud-Ouest 56,9 10,2 20,4 0,7 2,6 3,6 5,6 100,0 455 Yaoundé 54,0 11,0 13,7 2,9 7,8 4,2 6,5 100,0 618 Niveau d'instruction Aucun 11,4 9,0 11,7 0,9 27,5 15,3 24,1 100,0 1 386 Primaire 36,9 10,1 18,2 2,0 14,9 8,7 9,2 100,0 2 779 Secondaire ou plus 57,4 10,4 15,7 2,1 6,0 3,6 4,7 100,0 2 216 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 18,4 10,6 14,6 1,3 25,0 13,3 16,8 100,0 1 182 Second 27,8 8,3 14,8 1,7 20,1 11,6 15,6 100,0 1 097 Moyen 35,9 11,0 18,0 1,9 14,4 7,8 11,0 100,0 1 294 Quatrième 46,0 10,1 17,5 2,1 10,1 6,9 7,2 100,0 1 398 Le plus riche 58,6 9,7 14,3 2,0 6,1 3,6 5,7 100,0 1 409 Ensemble 38,5 10,0 15,9 1,8 14,6 8,4 10,9 100,0 6 380 1 Y compris les informations manquantes. Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 107 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AUX RISQUES DE GROSSESSE 6 Marie Antoinette FOMO Le comportement procréateur des femmes est affecté par plusieurs facteurs appelés déterminants proches de la fécondité. Ce chapitre porte sur ces facteurs qui, en dehors de la contraception, jouent un rôle déterminant sur l’exposition au risque de grossesse et donc sur le niveau de la fécondité. Il s’agit de la nuptialité, de l’activité sexuelle, de l’aménorrhée, de l’abstinence et de l’insusceptibilité post-partum. 6.1 ÉTAT MATRIMONIAL Le mariage ou plus généralement l'union constitue le cadre privilégié de l'activité sexuelle et de la procréation au Cameroun. Chez les femmes, le caractère quasi universel de l'union fait du célibat définitif un phénomène marginal. L'union constitue ainsi un des faits les plus importants sanctionnant le début de l'exposition au risque de grossesse. Dans le cadre de l'EDSC-III, le terme union s'applique à l'ensemble des femmes et des hommes qui se sont déclarés mariés ou vivant maritalement avec un/une partenaire. Entrent donc dans cette catégorie, aussi bien les mariages civils, religieux et coutumiers, que les unions de fait. Les femmes qui ne sont ni en union, ni veuves, ni séparées ou divorcées, constituent le groupe des célibataires. Le tableau 6.1 présente la répartition des femmes selon leur état matrimonial au moment de l'enquête. Près de sept femmes sur dix (67 %) étaient en union au moment de l'enquête : 52 % étaient mariées et 15 % vivaient en union consensuelle. Le célibat concernait 24 % des femmes, soit près d’une femme sur quatre. De plus, la proportion de femmes en rupture d’union était de 9 % : 3 % des femmes étaient veuves et 6 % divorcées ou séparées. Tableau 6.1 État matrimonial actuel des femmes Répartition (en %) des femmes par état matrimonial actuel, selon l'âge, Cameroun 2004 État matrimonial Groupe d'âges Célibataire Mariée Vivant avec quelqu’un Divorcée/ séparée Veuve Total Effectif 15-19 66,8 19,4 11,4 2,3 0,1 100,0 2 684 20-24 23,4 46,3 23,1 6,9 0,3 100,0 2 252 25-29 8,3 62,6 20,3 7,4 1,4 100,0 1 747 30-34 3,8 71,6 13,5 6,6 4,5 100,0 1 350 35-39 2,0 73,5 12,5 5,9 6,1 100,0 1 080 40-44 2,2 73,4 9,7 7,2 7,5 100,0 832 45-49 0,7 72,7 5,7 10,5 10,4 100,0 711 Ensemble 24,0 52,0 15,2 5,9 2,8 100,0 10 656 Entre 1998 et 2004, on constate une stabilité de la structure de l’état matrimonial des femmes au Cameroun. Les proportions de femmes célibataires, en union ou en rupture d’union sont restées quasiment les mêmes. Parmi les femmes en union, la proportion de celles qui ont déclaré être mariées a diminué au profit de celles qui se sont déclarées en union consensuelle. 108 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse Les résultats présentés au tableau 6.1 montrent que les proportions de femmes célibataires diminuent considérablement avec l’âge, passant de 67 % à 15-19 ans à 8 % à 25-29 ans et à 4 % à 30-34 ans (graphique 6.1). À 35-39 ans comme à 40-44 ans, la proportion de femmes encore célibataires n’est plus que de 2 %. L’union est donc un phénomène quasi-général chez les femmes au Cameroun. Inversement, la proportion de femmes mariées augmente avec l’âge. Elle passe de 19 % à 15-19 ans à 46 % à 20-24 ans, pour atteindre son maximum à 35-39 ans (74 %). Cette augmentation est parallèle à la baisse brutale de la proportion des célibataires (67 % à 15-19 ans, 23 % à 20-24 ans et 8 % à 25-29 ans). Par ailleurs, les femmes en union consensuelle sont proportionnellement plus nombreuses dans les classes d’âges 20-24 ans (23 %) et 25-29 ans (20 %). En outre, à 45-49, ans environ une femme sur cinq (21 %) est en rupture d’union (divorcée, séparée ou veuve). Au graphique 6.1, on constate que depuis 1991 la grande majorité des femmes- environ 90 % ou plus- entre en union avant l'âge de 30 ans. Cependant, dans les périodes les plus récentes elles observent un léger délai en retardant l'âge d'entrer en union: en 1991, 56 % des femmes 15-19 ans étaient célibataires; en 1998, 64 % étaient célibataires; et 67 % étaient encore célibataires en 2004. Après cet âge, le rythme s'accèlere très rapidement au point qu'à 20-24 ans, cette proportion diminue pour atteindre seulement environ 25 % de femmes célibataires. Chez les hommes (tableau 6.2), on constate que près de la moitié (47 %) était en union au moment de l’enquête, plus de deux sur cinq (44 %) étaient célibataires et 9 % en rupture d’union. La proportion des hommes célibataires est nettement supérieure à celle des femmes. Graphique 6.1 Proportion de femmes célibataires par âge, selon différentes sources 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 0 10 20 30 40 50 60 70 80 Pourcentage EDSC-III 2004 EDSC-II 1998 EDSC-1 1991 Groupe d'âges Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 109 Tableau 6.2 État matrimonial actuel des hommes Répartition (en %) des hommes par état matrimonial actuel, selon l'âge, Cameroun 2004 État matrimonial Groupe d'âges Célibataire En union Divorcé, séparé/ veuf Total Effectif 15-19 90,8 6,0 3,2 100,0 1 224 20-24 67,6 23,1 9,3 100,0 953 25-29 30,8 57,0 12,2 100,0 812 30-34 10,2 76,9 12,9 100,0 620 35-39 5,5 82,8 11,7 100,0 467 40-44 2,5 87,8 9,8 100,0 394 45-49 1,9 88,7 9,4 100,0 344 Ensemble 43,9 47,2 9,0 100,0 4 815 Tout comme chez les femmes, mais de façon moins rapide, la proportion des hommes célibataires diminue avec l’âge. À 15-19 ans, plus de neuf hommes sur dix (91 %) sont célibataires et plus de trois sur dix (31 %) le sont encore à 25-29 ans, contre moins d’une femme sur dix (8 %) du même groupe d’âges. À partir de 35 ans, le célibat masculin devient beaucoup moins fréquent, la proportion passant de 6 % à 35-39 ans à 2 % à 45-49 ans. À l’opposé, la proportion des hommes en union passe de 23 % à 20- 24 ans à 89 % à 45-49 ans. On constate par ailleurs que les proportions d’hommes en rupture d’union sont plus élevées aux groupes d’âges 25-29 ans (12 %), 30-34 ans (13 %) et 35-39 ans (12 %). 6.2 POLYGAMIE Parmi les femmes en union, on a distingué celles qui vivaient en union monogame de celles qui vivaient en union polygame ; ces dernières sont celles dont le mari ou conjoint a plusieurs épouses1. Le tableau 6.3 présente la répartition des femmes en union selon le nombre de co-épouses et selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Au Cameroun, malgré la prédominance de la monogamie (69 %), la polygamie est une pratique assez répandue puisqu’elle touche 30 % des femmes en union. On constate, en outre, que la proportion des femmes ayant, au moins, une co-épouse augmente régulièrement avec l’âge, passant de 20 % à 20-24 ans à 33 % à 30-34 ans et à 45 % à 45-49 ans. La fréquence de la polygamie diffère selon le milieu de résidence. En effet, à Yaoundé/Douala seulement 15 % des femmes ont déclaré être polygames. Dans les autres villes, cette pratique concerne 28 % des femmes en union et c’est en milieu rural que l’on observe la proportion la plus élevée (38 %). Les résultats selon les régions montrent que la proportion de femmes en union polygame varie d’un maximum de 47 % au Nord à un minimum de 13 % au Sud-Ouest. De façon générale, la polygamie est davantage pratiquée dans les régions du Nord (47 %), de l’Extrême-Nord (42 %), de l’Adamaoua (38 %), de l’Ouest (42 %) et dans une moindre mesure dans celle du Nord-Ouest (31 %) que dans les autres. 1 Au Cameroun, l’ordonnance n° 81/062 du 29 juin 1981 sur l’organisation et le fonctionnement de l’état civil prévoit que le système matrimonial est soit la monogamie, soit la polygamie. 110 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse Par ailleurs, les résultats montrent que le niveau d’instruction influence ce type d’union : les proportions de femmes en union polygame varient d’un maximum de 47 % chez celles qui n’ont pas de niveau d’instruction à 29 % chez celles qui ont un niveau d’instruction primaire et à un minimum de 18 % chez les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus. Les résultats selon l’indice de bien être économique du ménage montrent que plus le ménage est riche, plus la fréquence de la polygamie diminue. En effet, la proportion de femmes polygames passe d’un maximum de 44 % dans les ménages les plus pauvres, à 33 % et 32 % dans les ménages dont le niveau de vie est moyen et à un minimum de 17 % seulement dans les ménages les plus riches. Tableau 6.3 Nombre de co-épouses Répartition (en %) des femmes actuellement en union par nombre de co-épouses, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Femmes HommesCaractéristique socio-démographique 0 1 2+ Total Effectif 0 1 2+ Total Effectif Âge actuel 15-19 80,1 13,3 5,7 100,0 828 97,2 2,8 0,0 100,0 74 20-24 79,4 14,6 5,2 100,0 1 563 96,4 2,5 1,1 100,0 220 25-29 70,2 19,6 9,6 100,0 1 448 94,8 4,1 1,0 100,0 462 30-34 66,7 21,0 11,8 100,0 1 149 89,1 10,1 0,8 100,0 477 35-39 63,0 22,2 14,4 100,0 929 87,6 9,6 2,8 100,0 387 40-44 55,7 26,7 16,9 100,0 691 81,9 15,3 2,8 100,0 346 45-49 55,3 24,8 19,2 100,0 558 82,5 13,7 3,8 100,0 305 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 85,0 10,6 3,4 100,0 1 247 95,0 4,0 1,0 100,0 488 Autres villes 72,3 17,5 9,3 100,0 2 251 91,9 7,5 0,6 100,0 727 Ensemble urbain 76,8 15,1 7,2 100,0 3 498 93,1 6,1 0,8 100,0 1 215 Rural 62,1 23,6 13,9 100,0 3 667 84,2 12,6 3,2 100,0 1 056 Région Adamaoua 62,2 28,8 8,6 100,0 322 83,7 15,3 1,0 100,0 106 Centre 77,1 18,2 4,1 100,0 578 93,3 6,7 0,0 100,0 164 Douala 86,7 7,8 4,2 100,0 618 94,8 4,7 0,5 100,0 264 Est 73,2 18,7 8,1 100,0 361 92,8 6,6 0,6 100,0 132 Extrême-Nord 58,4 27,7 13,9 100,0 1 410 80,3 16,4 3,3 100,0 352 Littoral 82,1 10,2 6,8 100,0 258 95,9 3,5 0,6 100,0 82 Nord 53,2 22,1 24,6 100,0 788 75,0 16,1 8,8 100,0 219 Nord-Ouest 69,1 19,3 11,4 100,0 620 90,6 7,9 1,5 100,0 218 Ouest 58,2 23,8 15,6 100,0 840 90,1 9,5 0,4 100,0 242 Sud 79,8 14,6 5,1 100,0 285 96,8 3,2 0,0 100,0 91 Sud-Ouest 87,1 9,5 3,0 100,0 456 92,8 6,8 0,4 100,0 177 Yaoundé 83,4 13,3 2,6 100,0 629 95,2 3,2 1,6 100,0 225 Niveau d'instruction Aucun 53,0 27,8 19,2 100,0 2 058 72,3 20,0 7,7 100,0 328 Primaire 70,9 18,8 9,7 100,0 2 888 88,9 10,0 1,2 100,0 831 Secondaire ou plus 82,4 12,4 3,9 100,0 2 220 94,0 5,2 0,7 100,0 1 111 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 56,3 25,8 17,6 100,0 1 639 78,4 15,9 5,7 100,0 419 Second 67,3 23,0 9,6 100,0 1 318 87,2 11,2 1,6 100,0 426 Moyen 67,6 21,0 10,6 100,0 1 363 87,8 10,9 1,3 100,0 419 Quatrième 74,1 15,6 9,3 100,0 1 427 93,5 5,5 1,0 100,0 459 Le plus riche 83,0 11,2 4,8 100,0 1 418 95,6 4,0 0,4 100,0 548 Ensemble 69,3 19,4 10,6 100,0 7 166 89,0 9,1 1,9 100,0 2 271 Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 111 Le tableau 6.3 présente également les résultats concernant les hommes. Le taux de polygamie qui est le rapport des hommes en union polygame à l’ensemble des hommes mariés, est de 11 % dont 9 % d’hommes ayant deux épouses et 2 % ayant deux épouses ou plus. De façon générale, la proportion d’hommes polygames augmente avec l’âge, passant de 3 % à 15-19 ans à 11 % à 30-34 ans et à environ 18 % entre 40-49 ans. Les résultats selon le milieu de résidence font apparaître des différences entre le milieu rural (16 %), les Autres villes (8 %) et Yaoundé/Douala (5 %). En ce qui concerne les régions, la proportion d’hommes vivant en union polygame est plus élevée dans le Nord (25 % dont environ le tiers a, au moins, deux femmes), l’Extrême-Nord (20 %) et l’Adamaoua (16 %). Par ailleurs, comme chez les femmes, le niveau d’instruction influence la fréquence de cette pratique chez les hommes, celle-ci étant plus courante chez les hommes sans niveau d’instruction (28 %) que chez ceux ayant un niveau d’instruction primaire (11 %) et que chez ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (6 %). Selon le niveau de vie du ménage, on constate que la proportion d’hommes vivant en union polygame diminue au fur et à mesure que l’indice de bien-être s’élève : d’un maximum de 22 % parmi les plus pauvres, la proportion passe à 4 % parmi les plus riches. 6.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION Compte tenu de la relation étroite existant entre l'âge à la première union et le début de la vie féconde, il est important d'étudier le calendrier de la primo-nuptialité. Les tableaux 6.4 et 6.5 présentent les proportions de femmes et d’hommes déjà en union à différents âges, ainsi que les âges médians à la première union en fonction de l'âge actuel. L’âge d’entrée en union des femmes au Cameroun est assez précoce : en effet, 22 % des femmes âgées de 25-49 ans au moment de l’enquête étaient déjà en union avant d’atteindre l’âge de 15 ans, alors que l’ordonnance n° 81/062 du 29 juin 1981 fixe l’âge au mariage à 15 ans pour les filles et à 18 ans pour les garçons. Plus de la moitié des femmes (54 %) étaient déjà en union avant 18 ans et près de neuf femmes sur dix (88 %) l’étaient avant 25 ans (tableau 6.4). L’âge médian d’entrée en première union des femmes de 25-49 ans est estimé à 17,6 ans. On relève un net recul de l’âge d’entrée en union des générations les plus anciennes aux plus récentes. En effet, l’âge médian à la première union chez les femmes des générations les plus anciennes (âgées de 45-49 ans) est de 17,0 ans, alors qu’il est de 18,3 ans pour celles des générations récentes (âgées de 20-24 ans au moment de l’enquête). De plus, la proportion des femmes qui entrent en union avant l’âge de 18 ans diminue des générations les plus anciennes aux plus récentes : elle est de 61 % pour les femmes actuellement âgées de 45-49 ans et de 47 % pour celles de 20-24 ans. Entre 1998 et 2004, l’âge à la première union est resté sensiblement le même (17,4 ans à l’EDSC-II et 17,6 ans à l’EDSC-III). Par contre, lors de la première enquête en 1991, cet âge médian était estimé à 16,5 ans parmi les femmes de 25-49 ans. Depuis cette date, il y a donc eu un vieillissement de l’âge d’entrée en première union. Les hommes entrent en première union à un âge beaucoup plus tardif que les femmes : leur âge médian est de 25,2 ans, soit 7,6 ans plus tard que les femmes. Parmi les hommes de 30-49 ans, seulement 9 % était en union à 18 ans et 18 % étaient déjà en union à 20 ans. On ne constate aucune modification de cet âge d’entrée en union selon les groupes d’âges. L’âge médian se situe autour de 25 ans quelle que soit la génération. 112 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse Tableau 6.4 Âge à la première union Pourcentage de femmes qui étaient déjà en union avant d'atteindre les âges exacts 15, 18, 20, 22 et 25 ans, pourcentage d’hommes qui étaient déjà en union avant d'atteindre les âges exacts 20, 22, 25, 28 et 30 ans et âge médian à la première union, selon l'âge actuel, Cameroun 2004 FEMMES Pourcentage en première union avant d'atteindre l'âge exact de : 15 18 20 22 25 Pourcentage de célibataires Effectif Âge médian à la 1ère union 15-19 11,2 na na na na 66,8 2 684 a 20-24 16,5 47,2 64,0 na na 23,4 2 252 18,3 25-29 20,4 49,2 64,4 76,2 87,2 8,3 1 747 18,1 30-34 21,6 52,9 66,0 75,8 85,4 3,8 1 350 17,7 35-39 21,2 55,9 72,0 82,8 89,1 2,0 1 080 17,4 40-44 22,5 57,2 70,0 80,4 89,9 2,2 832 17,3 45-49 23,1 60,9 74,3 84,2 90,8 0,7 711 17,0 20-49 20,1 52,1 67,1 77,2 84,8 9,6 7 972 17,8 25-49 21,5 53,9 68,3 79,0 88,0 4,2 5 720 17,6 HOMMES Pourcentage en première union avant d'atteindre l'âge exact de : 18 20 22 25 28 30 Pourcentage de célibataires Effectif Âge médian à la 1ère union 20-24 9,6 18,9 na na na na 67,6 953 a 25-29 9,7 20,1 32,6 55,8 na na 30,8 812 24,3 30-34 10,4 18,2 31,6 50,5 70,6 82,6 10,2 620 24,9 35-39 8,1 17,0 29,6 46,5 62,0 72,1 5,5 467 25,6 40-44 8,1 18,0 30,8 48,6 67,8 77,9 2,5 394 25,3 45-49 6,0 13,3 27,1 47,9 65,0 74,5 1,9 344 25,3 25-49 8.8 17,9 30,9 50,8 na na 13,5 2 638 24,9 30-49 8,5 16,9 30,1 48,6 66,7 77,3 5,8 1 826 25,2 na = Non applicable a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes se sont mariés pour la première fois avant d'atteindre le début du groupe d'âges. Le milieu de résidence influence nettement le calendrier de la primo-nuptialité des femmes au Cameroun (tableau 6.5 et graphique 6.2); les femmes du milieu urbain entrant nettement plus tard en union que celles du milieu rural (18,7 ans contre 16,6 ans). En considérant le milieu urbain seul, on constate que les femmes de Yaoundé/Douala entrent bien plus tard en union (20,6 ans) que celles des Autres villes (17,6 ans). Selon les régions, l’âge médian d’entrée en première union varie d’un maximum de 20,1 ans chez les femmes du Sud à un minimum de 14,9 ans chez celles de l’Extrême-Nord. On Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 113 constate que les femmes de l’Extrême-Nord (14,9 ans), du Nord (15,5 ans) et de l’Adamaoua (15,6 ans) entrent plus précocement en union que celles des autres régions. Par ailleurs, le niveau d’instruction influence l’âge d’entrée en première union des femmes : plus elles sont instruites, plus elles entrent en union à un âge tardif (15,3 ans chez les femmes sans niveau instruction contre 20,8 ans chez celles ayant un niveau instruction secondaire ou plus). En outre, les femmes des ménages les plus riches entrent en union plus tard que les autres (20,7 ans contre 15,8 ans pour les plus pauvres). Tableau 6.5 Âge médian à la première union Âge médian à la première union des femmes de 20-49 ans et des hommes de 30-49 ans par âge actuel et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Âge actuel Caractéristique socio-démographique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Femmes de 25-49 ans Hommes de 30-49 ans Milieu de résidence Yaoundé/Douala a 21,6 21,0 19,5 20,3 19,2 20,6 27,3 Autres villes 18,7 18,0 17,5 17,6 17,2 17,3 17,6 25,6 Ensemble urbain 19,7 19,5 18,7 18,4 18,0 17,8 18,7 26,4 Rural 16,8 16,7 16,9 16,3 16,4 16,4 16,6 23,9 Région Adamaoua 16,6 16,1 15,7 15,5 15,3 15,1 15,6 23,0 Centre 19,3 18,9 19,0 18,8 18,4 18,6 18,8 25,0 Douala a 21,7 21,6 19,7 19,8 18,9 20,6 27,5 Est 17,1 17,5 16,8 18,4 16,9 17,6 17,4 23,8 Extrême-Nord 15,5 15,1 14,8 14,9 14,7 15,2 14,9 23,7 Littoral a 21,5 20,3 19,0 18,8 17,6 19,5 28,2 Nord 16,2 15,6 15,5 15,5 15,6 15,1 15,5 24,1 Nord-Ouest a 19,7 20,5 18,3 19,8 19,0 19,5 27,0 Ouest 16,9 17,0 17,4 17,1 17,0 16,9 17,1 22,3 Sud 18,6 20,1 20,1 20,8 20,1 19,9 20,1 24,1 Sud-Ouest a 20,3 18,8 18,7 18,3 17,5 19,2 27,2 Yaoundé a 21,6 20,1 19,4 20,6 19,5 20,6 27,0 Niveau d'instruction Aucun 15,4 15,3 15,3 15,1 15,2 15,5 15,3 23,6 Primaire 17,7 17,4 17,4 17,6 17,5 17,5 17,5 24,4 Secondaire ou plus a 20,9 21,3 20,0 20,8 20,7 20,8 26,3 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,3 15,9 15,8 15,7 15,7 15,8 15,8 22,3 Second 16,5 16,2 17,0 16,7 16,1 16,5 16,5 24,6 Moyen 17,5 18,2 17,8 17,2 17,1 17,4 17,6 24,4 Quatrième 19,2 19,2 18,1 17,6 17,9 17,3 18,1 25,9 Le plus riche a 21,2 21,1 20,1 20,3 20,1 20,7 27,6 Ensemble 18,3 18,1 17,7 17,4 17,3 17,0 17,6 25,2 a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes se sont mariées pour la première fois avant d'atteindre le début du groupe d'âges. 114 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse En ce qui concerne l’âge médian des hommes de 30-49 ans à la première union (tableau 6.5 et graphique 6.2), les résultats montrent, comme pour les femmes, un écart important selon le milieu de résidence. En effet, les hommes du milieu rural entrent en union 1,7 an plus tôt que ceux des Autres villes et 3,4 ans plus tôt que ceux de Yaoundé/Douala. Selon les régions, l’âge médian passe d’un minimum de 22,3 ans à l’Ouest à un maximum de 28,2 ans au Littoral. Concernant le niveau d’instruction, on constate que les hommes sans niveau d’instruction (23,6 ans) et ceux ayant un niveau d’instruction primaire (24,4 ans) entrent plus tôt en union que ceux de niveau d’instruction secondaire ou plus (26,3 ans). Pour ce qui est du niveau de bien-être économique du ménage, on constate que les hommes vivant dans les ménages les plus riches entrent plus tardivement en union (âge médian 27,6 ans) que ceux des ménages les plus pauvres (âge médian 22,3 ans). 6.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS En tant que déterminant de la fécondité, l'âge aux premiers rapports sexuels est tout aussi important que l'âge à la première union, les rapports sexuels n'ayant pas forcément lieu dans le cadre exclusif de l'union. Pour cette raison, on a demandé aux personnes enquêtées, l'âge auquel elles avaient eu, pour la première fois, des rapports sexuels. Au tableau 6.6 figurent les proportions des femmes et des hommes ayant déjà eu des rapports sexuels avant d’atteindre certains âges exacts et l'âge médian aux premiers rapports sexuels selon l’âge actuel. Avant d’atteindre 15 ans, 25 % des femmes de 20-49 ans avaient déjà eu des rapports sexuels. Cette proportion est de 87 % avant d’atteindre 20 ans et de 93 % avant d’atteindre 25 ans. L’âge médian aux premiers rapports sexuels chez les femmes âgées de 20-49 ans est estimé à 16,5 ans. Cet âge est plus précoce que l’âge d’entrée en première union (17,8 ans) ; ce qui semble indiquer que les premiers rapports sexuels ont lieu 1,3 ans avant l’entrée en première union. Par ailleurs, des générations les plus anciennes aux plus récentes, on ne dénote pas de modification de l’âge aux premiers rapports sexuels : l’âge médian étant de 16,3 ans pour les femmes des générations les plus anciennes (45-49 ans) et de 16,7 ans pour celles des générations les plus récentes (20-24 ans). Graphique 6.2 Âge médian des femmes à la première union Note : Femmes de 25-49 ans; hommes de 30-49 ans EDSC-III 2004 CAMEROUN RÉSIDENCE Yaoundé/Douala Autres villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou plus QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 15 17 19 21 23 25 27 29 Âge (année) Femmes Hommes Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 115 Tableau 6.6 Âge aux premiers rapports sexuels Pourcentage de femmes et d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels avant d'atteindre certains âges exacts et âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l'âge actuel, Cameroun 2004 Pourcentage ayant eu les premiers rapports sexuels avant d'atteindre l'âge exact de : Âge actuel 15 18 20 22 25 Pourcentage n'ayant jamais eu de rapports sexuels Effectif Âge médian aux 1ers rapports sexuels FEMMES 15-19 18,0 na na na na 45,3 2 684 a 20-24 21,6 68,2 85,8 na na 6,2 2 252 16,7 25-29 25,9 68,7 87,3 92,6 93,9 1,0 1 747 16,5 30-34 27,2 71,5 87,2 91,7 93,6 0,2 1 350 16,3 35-39 28,0 75,4 89,3 93,6 95,1 0,0 1 080 16,2 40-44 23,6 72,7 86,9 92,1 94,3 0,1 832 16,4 45-49 29,2 71,0 84,9 91,2 93,0 0,0 711 16,3 20-49 25,3 70,6 86,9 91,7 93,1 2,0 7 972 16,5 25-49 26,7 71,5 87,3 92,4 94,0 0,4 5 720 16,4 HOMMES 15-19 11,5 na na na na 57,0 1 224 a 20-24 10,7 50,4 75,7 na na 13,7 953 18,0 25-29 12,5 50,8 71,7 83,8 94,5 2,8 812 17,9 30-34 10,4 44,2 68,7 82,9 92,8 0,4 620 18,3 35-39 6,9 40,0 65,5 85,5 92,3 0,5 467 18,6 40-44 6,9 36,9 58,7 76,5 87,6 0,2 394 19,0 45-49 5,9 30,8 56,1 77,4 86,1 0,0 344 19,3 20-49 9,8 43,2 62,2 72,8 78,2 17,9 3 470 18,6 25-49 9,3 42,7 65,9 82,0 91,6 1,1 2 638 18,5 na = Non applicable a = Non calculé parce que moins de 50 % des femmes ou des hommes ont eu leurs premiers rapports sexuels avant d'atteindre le début du groupe d'âges. Entre l’EDSC-I de 1991 et l’EDSC-III de 2004, l’âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 20-49 ans n’a pas varié de façon sensible puisqu’il est passé de 15,9 ans en 1991 à 16,5 ans en 2004. Il faut remarquer également qu’à tous les groupes d’âges actuels, les proportions des femmes ayant déjà eu des rapports sexuels (tableau 6.6) sont plus élevées que celles des femmes déjà en union au même âge (tableau 6.4) Chez les hommes âgés de 25-49 ans, on constate qu’en atteignant 18 ans, 43 % avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels ; à l’âge de 22 ans, cette proportion est de 82 % et à 25 ans, la quasi- totalité (92 %) avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels. L’âge médian des hommes aux premiers rapports sexuels est estimé à 18,5 ans. Alors que les résultats concernant les femmes ne mettent en évidence aucune modification de cet âge aux premiers rapports sexuels, il semble que chez les hommes, cet âge se soit très légèrement modifié dans le sens d’un rajeunissement ; de 19.3 ans dans les générations les plus anciennes à 18 ans dans les plus récentes. Comme les femmes, les hommes ont leurs premiers rapports sexuels avant leur entrée en première union : en moyenne 6,4 ans avant d’entrer en première union. 116 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse Le tableau 6.7 présente l’âge médian aux premiers rapports sexuels selon certaines caractéristiques socio-démographiques pour les femmes et pour les hommes. Selon le milieu de résidence, on constate que, chez les femmes, l’âge médian aux premiers rapports sexuels varie de 15,8 ans en milieu rural à 16,4 ans dans les Autres villes et à 17,7 ans à Yaoundé/Douala (graphique 6.3). Par rapport aux régions, les résultats montrent que les régions de l’Extrême-Nord (14,9 ans), de l’Adamaoua (15, 4 ans) et du Nord (15,5 % ans) sont celles où l’âge médian aux premiers rapports sexuels est le plus précoce. Par contre, dans les régions du Nord-Ouest (17,3 ans), du Sud-Ouest (16,9 ans) et du Littoral (16,7 ans), les femmes commencent leur vie sexuelle de manière plus tardive. Les résultats selon le niveau d’instruction Tableau 6.7 Âge médian aux premiers rapports sexuels Âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 20-49 ans et des hommes de 25-49 ans, par âge actuel et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Âge actuel Caractéristique socio-démographique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Femmes de 25-49 ans Hommes de 25-49 ans Milieu de résidence Yaoundé/Douala 17,7 17,9 17,7 17,3 17,6 18,0 17,7 17,9 Autres villes 16,9 16,6 16,3 16,4 16,5 16,3 16,4 18,7 Ensemble urbain 17,3 17,1 16,8 16,8 16,9 16,9 16,9 18,3 Rural 16,1 15,8 15,9 15,6 15,8 15,9 15,8 18,7 Région Adamaoua 16,0 15,6 15,6 15,5 15,3 14,7 15,4 19,3 Centre 16,7 16,1 16,5 16,0 16,7 16,8 16,4 18,0 Douala 17,9 18,0 17,8 17,3 17,4 17,8 17,7 17,6 Est 15,7 16,2 15,7 16,6 15,8 16,1 16,0 17,7 Extrême-Nord 15,6 15,0 14,8 14,8 14,9 15,2 14,9 20,3 Littoral 17,3 17,0 16,9 16,4 16,8 16,3 16,7 17,9 Nord 16,1 15,6 15,5 15,4 15,5 15,1 15,5 20,5 Nord-Ouest 16,8 17,1 17,1 17,1 17,7 17,6 17,3 18,2 Ouest 16,8 16,8 17,2 16,5 16,8 16,8 16,8 18,7 Sud 16,1 15,9 15,8 16,2 16,3 16,0 16,1 17,8 Sud-Ouest 17,1 17,4 16,9 15,9 16,7 16,2 16,9 18,3 Yaoundé 17,5 17,8 17,6 17,4 17,9 18,5 17,7 18,2 Niveau d'instruction Aucun 15,3 15,2 15,1 15,0 15,2 15,4 15,2 20,4 Primaire 16,3 16,2 16,3 16,3 16,7 16,6 16,4 18,6 Secondaire ou plus 17,7 17,6 17,4 17,3 17,7 18,0 17,5 18,0 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 16,0 15,7 15,6 15,4 15,6 15,6 15,6 19,5 Second 15,6 15,5 15,7 15,8 15,7 16,0 15,7 18,9 Moyen 16,5 16,3 16,1 15,8 15,9 16,5 16,1 18,4 Quatrième 17,0 16,7 16,9 16,5 16,9 16,5 16,7 18,4 Le plus riche 17,8 17,9 17,8 17,4 17,4 18,0 17,7 18,0 Ensemble 16,7 16,5 16,3 16,2 16,4 16,3 16,4 18,5 Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 117 montrent que, comme pour l’entrée en première union, plus les femmes ont un niveau d’instruction élevé, plus l’âge aux premiers rapports sexuels est tardif : de 15,2 ans pour les femmes sans niveau instruction, cet âge médian passe à 16,4 ans pour les femmes ayant un niveau d’instruction primaire et à 17,5 ans pour celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus. Par ailleurs, le niveau de bien-être économique du ménage influence l’âge aux premiers rapports sexuels, l’âge médian augmentant du quintile le plus pauvre (15,6 ans) au plus riche (17,7 ans). En d’autres termes, les femmes des ménages les plus riches ont leurs premiers rapports sexuels 2,1 ans plus tard que celles des ménages les plus pauvres. Graphique 6.3 Âges médians des femmes à la première union et aux premiers rapports sexuels Note : Femmes de 25-49 ans EDSC-III 2004 CAMEROUN RÉSIDENCE Yaoundé/Douala Autres villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire/Alphabét. Secondaire ou + QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 15 16 17 18 19 20 21 22 Âge (année) Âges médians 1ers rapports sexuels 1ère union Il faut noter l’existence des rapports sexuels prénuptiaux, quelles que soient les caractéristiques socio-démographiques considérées. L’écart entre l’âge médian d’entrée en première union et l’âge médian aux premiers rapports sexuels est plus important chez les femmes de Yaoundé/Douala (2,9 ans), du Sud (4,0 ans), chez celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (2,3 ans) et chez celles des ménages les plus riches (3,0 ans). Chez les hommes, les résultats ne font pas apparaître de différence importantes selon le milieu de résidence. Parmi ceux de 25-49 ans, l’âge médian aux premiers rapports sexuels est de 18,7 ans en milieu rural contre 18,3 ans en milieu urbain (dont 17,9 ans à Yaoundé/Douala et de 18,7 ans dans les Autres Villes). Selon la région, cet âge médian aux premiers rapports sexuels varie d’un minimum de 17,7 ans à l’Est à un maximum de 20,5 ans dans le Nord. Du point de vue du niveau d’instruction, on ne constate pas chez les hommes de façon aussi nette que chez les femmes, une tendance au vieillissement de l’âge aux premiers rapports sexuels au fur et à mesure que le niveau d’instruction s’élève. Les hommes sans niveau instruction ont leurs premiers rapports sexuels à 20,4 ans contre 18,6 ans pour ceux ayant un niveau d’instruction primaire et 18,0 ans pour ceux qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus. Les hommes des ménages les plus pauvres (19,5 ans) ont leurs premiers rapports sexuels un peu plus tardivement que ceux des ménages les plus riches (18,0 ans). 118 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse 6.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE La fréquence des rapports sexuels est un facteur déterminant de l'exposition au risque de grossesse, en particulier dans les sociétés où la prévalence de la contraception moderne reste faible, comme c'est le cas au Cameroun. Le tableau 6.8 présente les résultats sur l’activité sexuelle des femmes âgées de 15-49 ans au moment de l’enquête. La moitié des femmes (51 %) étaient considérées comme étant sexuellement actives au moment de l'enquête, car elles ont déclaré avoir eu, au moins une fois, des rapports sexuels durant les quatre semaines ayant précédé l'enquête. Plus d’une femme sur dix (13 %) n’avaient jamais eu de rapports sexuels ; dans 25 % des cas, les femmes avaient eu leurs derniers rapports sexuels au cours de la dernière année et pour 9 % des femmes, les rapports sexuels avaient eu lieu il y a plus d’une année. La proportion des femmes sexuellement actives au moment de l’enquête augmente avec l’âge, passant d’un minimum de 26 % à 15-19 ans à un maximum de 64 % à 35-39 ans, puis décroît à partir de 40-44 ans. En ce qui concerne l’état matrimonial, l’activité sexuelle est relativement moins fréquente chez les femmes célibataires (15 %). C’est chez les femmes en union que l’activité sexuelle récente est la plus fréquente (67 % contre 22 % pour les femmes en rupture d’union). La mobilité conjugale n’influence pas la fréquence des rapports sexuels. Les femmes qui ont été en union une fois et celles qui ont été en union plus d’une fois ont pratiquement le même comportement. De plus, la durée de l’union semble influencer très légèrement l’activité sexuelle. Parmi les femmes ayant été en union une seule fois, la proportion de femmes sexuellement actives varie de 65 % chez celles dont la durée de l’union se situe entre 0 et 4 ans à 70 % chez celles en union depuis 20-24 ans et à 66 % chez celles en union depuis 25 ans ou plus. Les proportions de femmes qui sont considerées sexuellement actives sont plus élevées en milieu rural (54 %) qu’à Yaoundé/Douala (49 %) et que dans les Autres villes (47 %). Selon les régions, les femmes du Nord (65 %), de l’Extrême-Nord (63 %) et de l’Adamaoua (58 %) se sont déclarées, proportionnellement, plus sexuellement actives que celles de l’Ouest (37 %), du Nord-Ouest (38 %) et des autres régions. Par ailleurs, 64 % des femmes qui n'ont aucun niveau d'instruction se sont déclarées sexuellement actives contre 44 % de celles de niveau d’instruction secondaire ou plus. En outre, il semble que l’activité sexuelle soit influencée par la pratique contraceptive puisque 79 % des femmes utilisant la pilule, 74 % de celles ayant été stérilisées et 62 % de celles qui ont recours au condom se sont déclarées sexuellement actives contre 46 % de celles qui n’utilisent aucune méthode. Le tableau 6.9 présente la répartition des hommes en fonction du temps écoulé depuis leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Comme chez les femmes, un homme sur deux (50 %) est considéré comme étant sexuellement actif au moment de l’enquête, près d’un tiers (32 %) était en abstinence : 26 % d’entre eux avaient eu leurs derniers rapports sexuels au cours de l’année ayant précédé l’enquête et pour 6 %, les deniers rapports sexuels avaient eu lieu il y a une ou plusieurs années. Enfin, près d’un homme sur cinq (18 %) n’avait pas encore eu de rapport sexuel au moment de l’enquête. La proportion d’hommes sexuellement actifs au moment de l’enquête augmente avec l’âge, passant d’un minimum de 14 % parmi les 15-19 ans à 80 % pour les 45-49 ans. On constate que les hommes des groupes d’âges 15-19 ans et 20-24 ans ont été proportionnellement moins sexuellement actifs (respectivement, 14 % et 41 %) que les femmes (26 % et 53 %) des mêmes groupes d’âges. Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 119 Tableau 6.8 Activité sexuelle récente des femmes Répartition (en %) des femmes par activité sexuelle récente, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Derniers rapports sexuels Caractéristique socio-démographique Au cours des 4 dernières semaines Au cours de la dernière année 1 Il y a une année ou plus ND N'a jamais eu de rapports sexuels Total Effectif Âge actuel 15-19 26,0 22,4 4,6 1,6 45,3 100,0 2 684 20-24 53,2 28,2 8,5 4,0 6,2 100,0 2 252 25-29 62,2 25,6 7,0 4,2 1,0 100,0 1 747 30-34 62,6 24,5 9,2 3,5 0,2 100,0 1 350 35-39 63,5 24,5 9,5 2,4 0,0 100,0 1 080 40-44 58,4 22,5 16,0 3,0 0,1 100,0 832 45-49 54,8 23,6 20,1 1,5 0,0 100,0 711 État matrimonial Célibataire 15,3 22,3 8,2 0,8 53,4 100,0 2 560 En union 66,9 24,1 5,7 3,2 0,1 100,0 7 166 En rupture d’union 22,1 36,2 34,6 6,9 0,1 100,0 930 Durée du mariage des femmes mariées une seule fois 2 0-4 ans 64,8 27,3 3,7 3,7 0,4 100,0 1 698 5-9 ans 65,5 24,0 6,1 4,4 0,0 100,0 1 205 10-14 ans 69,4 21,4 5,2 4,1 0,0 100,0 824 15-19 ans 68,8 23,3 5,2 2,7 0,0 100,0 678 20-24 ans 69,9 21,8 6,3 2,0 0,0 100,0 511 25 ans et + 65,7 22,7 10,6 1,0 0,0 100,0 577 Mariée plus d'une fois 67,4 23,8 6,1 2,6 0,1 100,0 1 673 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 48,6 25,4 7,4 2,6 16,0 100,0 2 277 Autres villes 47,1 26,3 9,6 2,4 14,6 100,0 3 559 Ensemble urbain 47,6 25,9 8,8 2,5 15,2 100,0 5 836 Rural 54,1 23,2 8,9 3,5 10,2 100,0 4 820 Région Adamaoua 57,5 21,2 4,8 3,7 12,8 100,0 416 Centre 50,4 27,9 9,8 1,2 10,7 100,0 854 Douala 49,4 23,9 6,9 2,9 16,9 100,0 1 197 Est 50,8 30,0 8,6 3,0 7,6 100,0 506 Extrême-Nord 62,9 16,9 6,0 3,4 10,9 100,0 1 718 Littoral 43,9 30,5 7,6 2,6 15,4 100,0 482 Nord 64,6 13,3 6,1 3,3 12,6 100,0 975 Nord-Ouest 38,4 26,9 17,0 3,0 14,7 100,0 1 090 Ouest 37,4 31,7 11,0 4,2 15,8 100,0 1 142 Sud 50,0 32,8 7,6 2,7 7,0 100,0 439 Sud-Ouest 48,9 28,2 11,0 2,4 9,5 100,0 757 Yaoundé 47,7 27,0 8,1 2,3 15,0 100,0 1 080 Niveau d'instruction Aucun 63,7 18,6 8,9 3,2 5,6 100,0 2 383 Primaire 50,1 24,4 10,0 3,4 12,1 100,0 4 109 Secondaire ou plus 43,5 28,5 7,7 2,4 17,9 100,0 4 163 Méthode contraceptive actuelle Stérilisation féminine 74,2 16,0 9,8 0,0 0,0 100,0 95 Pilule 78,8 16,8 2,2 1,4 0,9 100,0 137 Condom 62,3 35,3 1,7 0,8 0,0 100,0 1 039 Continence périodique 59,7 31,6 6,1 1,1 1,5 100,0 1 069 Autre méthode 70,6 20,3 4,5 4,6 0,0 100,0 412 Aucune méthode 45,9 22,9 10,5 3,5 17,2 100,0 7 879 Ensemble 50,6 24,7 8,8 2,9 12,9 100,0 10 656 1 Non compris les femmes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 4 dernières semaines. 2 Non compris les femmes qui ne sont pas actuellement en union. 120 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse Tableau 6.9 Activité sexuelle récente des hommes Répartition (en %) des hommes en fonction du temps écoulé depuis leurs derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Temps écoulé depuis les derniers rapports sexuels Caractéristique socio-démographique Durant les 4 dernières semaines Durant la dernière année Une ou plusieurs années N'a jamais eu de rapports sexuels Total1 Effectif Âge actuel 15-19 13,8 22,7 6,4 57,0 100,0 1 224 20-24 40,8 36,1 9,3 13,7 100,0 953 25-29 63,2 28,7 5,3 2,8 100,0 812 30-34 72,1 23,2 4,1 0,4 100,0 620 35-39 69,2 26,1 4,2 0,5 100,0 467 40-44 71,5 23,4 5,0 0,2 100,0 394 45-49 80,0 13,9 6,1 0,0 100,0 344 État matrimonial Célibataire 22,8 28,1 8,9 40,3 100,0 2 112 En union 75,9 21,6 2,2 0,1 100,0 2 271 Divorcé, séparé, veuf 45,3 40,9 13,2 0,7 100,0 433 Durée du mariage des hommes mariés une seule fois 0-4 ans 71,0 25,8 2,2 0,6 100,0 540 5-9 ans 72,4 25,3 2,3 0,0 100,0 326 10-14 ans 72,4 25,2 2,4 0,0 100,0 211 15-19 ans 76,4 21,0 2,7 0,0 100,0 139 20-24 ans 80,2 17,6 2,2 0,0 100,0 105 25 ans et + (80,1) (19,9) (0,0) (0,0) (100,0) 34 Marié plus d'une fois 80,0 17,7 2,2 0,0 100,0 916 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 52,6 29,7 4,9 12,7 100,0 1 167 Autres villes 46,6 26,6 7,2 19,4 100,0 1 645 Ensemble urbain 49,1 27,9 6,3 16,6 100,0 2 812 Rural 50,9 23,8 6,0 19,4 100,0 2 003 Région Adamaoua 45,3 24,1 6,8 23,7 100,0 214 Centre 53,1 25,0 5,5 16,3 100,0 368 Douala 53,4 26,5 4,0 16,1 100,0 598 Est 60,0 26,2 3,7 9,8 100,0 249 Extrême-Nord 46,7 24,4 5,8 23,1 100,0 620 Littoral 43,2 34,6 4,9 17,0 100,0 208 Nord 44,9 21,2 9,7 24,2 100,0 434 Nord-Ouest 47,4 27,5 9,3 15,9 100,0 506 Ouest 44,3 22,4 4,7 28,7 100,0 411 Sud 56,0 27,2 7,7 9,0 100,0 223 Sud-Ouest 53,7 23,9 5,6 16,9 100,0 415 Yaoundé 51,7 33,0 5,9 9,2 100,0 568 Niveau d'instruction Aucun 53,3 27,4 5,5 13,8 100,0 467 Primaire 49,0 23,6 6,4 21,0 100,0 1 736 Secondaire ou plus 49,8 27,7 6,1 16,3 100,0 2 612 Ensemble 49,8 26,2 6,1 17,8 100,0 4 815 1 Le total inclut les non déterminés ( ) Basés sur un faible nombre de cas non-pondérés Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 121 En ce qui concerne l’état matrimonial, on constate que l’activité sexuelle des hommes célibataires au cours du mois précédant l’enquête est plus élevée que celle des femmes (23 % contre 15 %). Comme chez les femmes, c’est chez les hommes mariés (76 %) et dans une moindre mesure chez les divorcés, séparés ou veufs (45 %) que l’activité sexuelle récente est la plus fréquente. Par rapport à la durée du mariage, on constate que la durée du mariage influence la fréquence de l’activité sexuelle : de 71 % pour une durée de mariage de 0-4 ans, la proportion passe à 80 % pour la durée 20-24 ans. Le milieu de résidence n’influence que très peu l’activité sexuelle récente des hommes : 53 % à Yaoundé/Douala ; 47 % dans les Autres villes et 51 % en milieu rural. Selon la région, la proportion d’hommes sexuellement actifs varie d’un minimum de 43 % dans le Littoral à un maximum de 60 % à l’Est. Cette proportion est également élevée au Centre (53 %), au Sud-Ouest (54 %), et au Sud (56 %). Le niveau d’instruction n’influence pratiquement pas l’activité sexuelle des hommes : (53 % contre 50 % pour ceux de niveau secondaire ou plus). 6.6 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Après la naissance d'un enfant, l'exposition au risque de grossesse dépend, entre autres facteurs, du retour de l'ovulation et de l'abstinence sexuelle ou de l’abstinence post-partum. Le temps écoulé entre l'accouchement et le retour de l'ovulation qui constitue l'aménorrhée post-partum est estimé ici par la longueur de l'intervalle qui sépare la naissance d'un enfant et le retour des règles. Par ailleurs, la longueur de cet intervalle peut être influencée par l'intensité, la fréquence et la durée de l'allaitement au sein. L’examen de ces facteurs permet d'identifier les femmes non-susceptibles d'être exposées au risque de grossesse et d'évaluer la durée de la non susceptibilité. Une femme est considérée comme non-susceptible d'être exposée au risque de grossesse quand elle n'a pas repris les rapports sexuels depuis la dernière naissance, ou quand elle est en aménorrhée post-partum, ce qui signifie que ses risques de tomber enceinte sont minimes si elle reprend les rapports sexuels sans protection contraceptive. La période de non-susceptibilité se définit donc comme celle pendant laquelle une femme n'est pratiquement pas soumise au risque de grossesse par suite d'aménorrhée et/ou d'abstinence post-partum. Les données du tableau 6.10 se rapportent aux naissances des 3 dernières années dont la mère est encore en aménorrhée ou en abstinence post-partum et donc non-susceptible d'être exposée au risque de grossesse. La distribution de la proportion de naissances selon le mois écoulé depuis la naissance est analogue à la série des survivants (Sx) d'une table de mortalité. Le tableau comporte également les durées médiane et moyenne de l'aménorrhée, de l'abstinence et de la non-susceptibilité. Au Cameroun, 31 % de femmes ayant accouché au cours des trois années précédant l’enquête sont en aménorrhée post-partum. Un peu plus de sept femmes sur dix (74 %) restent en aménorrhée jusqu’à 5 mois, une femme sur deux (50 %) l’est encore à 9 mois et 16 % à 19 mois. Au-delà de 25 mois, la proportion de femmes dont le retour de l'ovulation ne s'est pas encore produit, varie entre 1 % et 4 %. La durée médiane de l’aménorrhée post-partum est estimée à 9,3 mois et sa valeur moyenne se situe à 11,2 mois. La durée, l'intensité et la fréquence de l'allaitement exclusif qui agissent sur le retour de l'ovulation (Voir Chapitre 10 - Nutrition), expliqueraient, en partie, ces durées relativement longues, mais qui semblent s’être raccourcies récemment. 122 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse Tableau 6.10 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum Pourcentage de naissances survenues au cours des trois années ayant précédé l'enquête dont les mères sont en aménorrhée, en abstinence et en insusceptibilité post-partum, selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance et durées médiane et moyenne, Cameroun 2004 Pourcentage de naissances pour lesquelles la mère est : Nombre de mois depuis la naissance En aménorrhée En abstinence En insusceptibilité post-partum Nombre de naissances < 2 96,7 94,0 98,9 233 2-3 81,2 80,6 91,0 279 4-5 74,4 55,3 85,2 302 6-7 64,3 47,0 75,7 264 8-9 49,8 42,8 65,2 283 10-11 46,2 37,9 61,9 248 12-13 39,7 29,6 53,6 315 14-15 32,5 29,4 49,2 262 16-17 18,3 26,6 37,0 280 18-19 15,7 21,2 30,7 268 20-21 9,5 12,9 18,5 253 22-23 5,2 10,5 13,3 270 24-25 1,9 2,8 4,0 301 26-27 3,5 5,8 8,0 293 28-29 2,4 3,1 5,0 273 30-31 0,8 1,5 2,3 208 32-33 1,4 4,4 5,1 218 34-35 1,1 1,9 3,0 233 Ensemble 30,8 28,5 40,1 4 783 Médiane en mois 9,3 6,3 13,7 na Moyenne en mois 11,2 10,4 14,4 na Note : Les calculs sont basés sur le statut au moment de l'enquête. na = Non applicable L'abstinence post-partum sur une longue période est une pratique ancienne au Cameroun. Près de la moitié des femmes (47 %) n’avaient pas encore repris leurs rapports sexuels 7 mois après la naissance de leur dernier enfant. La durée médiane de l'abstinence post-partum s’établit à 6,3 mois et sa valeur moyenne à 10,4 mois. Par rapport à la dernière enquête, on note un raccourcissement sensible des durées moyenne et médiane de l’abstinence post-partum (respectivement, 13,4 mois et 11,9 en 1998). L’augmentation de la prévalence contraceptive ne peut pas à elle seule expliquer ce raccourcissement de la durée médiane d’abstinence, ce qui demande à être explorée en profondeur lors des analyses ultérieures. Pour 40 % des naissances survenues au cours des trois dernières années ayant précédé l’enquête, les mères sont en insusceptibilité post-partum. Cette période d’insusceptibilité dure en moyenne 14,4 mois. Et pour 50 % des naissances, les mères ne sont pas susceptibles de tomber enceinte pendant 13,7 mois. Le tableau 6.11 présente les durées médianes d'aménorrhée, d'abstinence post-partum et de non- susceptibilité selon certaines caractéristiques socio-démographiques des femmes. On constate que ces Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 123 durées varient avec l’âge de la femme. Bien entendu, la durée de non-susceptibilité est totalement dépendante de la durée de l'aménorrhée et de l'abstinence. Les durées sont plus longues pour les femmes de 30 ans ou plus (13,2 mois pour l’aménorrhée, 7,5 mois pour l’abstinence et 16,5 mois pour la non- susceptibilité) que pour celles de moins de 30 ans (respectivement 8,3 mois, 6,0 mois et 12,4 mois). Selon le milieu de résidence, on constate qu’en rural, les durées d’aménorrhée (12,1 mois) et d’insusceptibilité (15,5 mois) sont plus longues que dans les Autres villes (respectivement, 8,2 mois et 12,8 mois) et qu’à Yaoundé/Douala (respectivement, 5,5 mois et 8,1 mois). Tableau 6.11 Durée médiane de l'insusceptibilité post-partum par caractéris- tiques socio-démographiques Durées médianes (en mois) d'aménorrhée, d'abstinence et d'insusceptibilité post- partum selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Aménorrhée post-partum Abstinence post-partum Insusceptibilité post-partum Nombre de naissances Âge 15-29 8,3 6,0 12,4 3 288 30-49 13,2 7,5 16,5 1 495 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 5,5 4,8 8,1 656 Autres villes 8,2 6,4 12,8 1 456 Ensemble urbain 7,1 6,0 10,2 2 112 Rural 12,1 6,6 15,5 2 671 Région Adamaoua 13,4 7,2 15,0 204 Centre 8,1 13,7 14,6 401 Douala 5,6 5,5 7,8 327 Est 12,7 6,8 16,0 283 Extrême-Nord 14,2 4,0 15,0 1 030 Littoral 8,3 12,1 14,9 166 Nord 9,9 3,3 10,3 544 Nord-Ouest 10,9 17,2 17,7 456 Ouest 10,1 9,8 14,5 581 Sud 6,1 11,6 14,2 185 Sud-Ouest 5,5 9,0 15,2 275 Yaoundé 5,6 4,5 8,5 329 Niveau d'instruction Aucun 11,9 4,7 14,2 1 361 Primaire 10,5 8,6 14,9 2 072 Secondaire ou plus 6,3 6,8 10,9 1 350 Ensemble 9,3 6,3 13,7 4 783 Note : Les médianes sont basées sur le statut actuel. 124 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse Par rapport aux régions, la durée médiane de l’aménorrhée post-partum varie d’un minimum de 5,5 mois dans le Sud-Ouest à un maximum de 13,4 mois dans l’Adamaoua. Le niveau d'instruction influence également la longueur de l’aménorrhée : de 11,9 mois parmi les femmes sans niveau instruction, cette durée s’établit à 6,3 mois parmi les femmes de niveau secondaire ou plus. La durée médiane de l’abstinence, quant à elle, varie d’un minimum de 3,3 mois dans le Nord à un maximum de 17,2 mois dans le Nord-Ouest. En outre, l’abstinence post-partum varie en fonction du niveau d’instruction : de 4,7 mois pour les femmes sans niveau d’instruction à 6,8 mois pour celles ayant le niveau d’instruction secondaire ou plus. En dehors de Yaoundé (8,5 mois) et Douala (7,8 mois) où la durée d’insusceptibilité est faible, les autres régions ont une durée médiane relativement longue : elle varie d’un minimum de 10,3 mois dans le Nord à un maximum de 17,7 mois dans le Nord-Ouest. De plus, l’insusceptibilité post-partum varie en fonction du niveau d’instruction : de 14,2 mois pour les femmes sans niveau d’instruction à 10,9 mois pour celles qui ont le niveau d’instruction secondaire ou plus. 6.7 MÉNOPAUSE Le tableau 6.12 présente la fin d'exposition au risque de grossesse pour les femmes de 30-49 ans. Il indique la proportion de femmes en ménopause, c’est-à-dire la proportion des femmes actuellement en union qui ne sont ni, enceintes ni en aménorrhée post-partum, mais qui n'ont pas eu de règles pendant au moins six mois avant l'enquête ou qui se sont déclarées en ménopause. On constate que 9 % des femmes de 30-49 ans étaient en ménopause au moment de l’enquête. Cette proportion augmente rapidement avec l'âge, passant de moins de 1 % à 30-34 ans, à 25 % à 44-45 ans, pour atteindre 45 % à 48-49 ans. On peut constater qu’aux âges où généralement les femmes sont encore fécondes, une proportion non négligeable s’est déclarée en ménopause : 10 % à 42-43 ans, 25 % à 44-45 ans et 24 % à 46-47 ans. Tableau 6.12 Ménopause Pourcentage de femmes de 30-49 ans en ménopause selon l'âge, Cameroun 2004 Âge Pourcentage de femmes en ménopause Effectif de femmes 30-34 0,5 1 350 35-39 1,6 1 080 40-41 7,8 384 42-43 10,3 308 44-45 25,1 332 46-47 24,1 275 48-49 44,8 243 Ensemble 8,7 3 973 1 Pourcentage de femmes qui ne sont ni enceintes, ni en aménorrhée post-partum et dont les dernières règles ont eu lieu 6 mois ou plus avant l'enquête. Préferénces en Matière de Fécondité | 125 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ 7 Marie Antoinette FOMO, Anaclet Désiré DZOSSA et Antoine KAMDOUM Les questions sur les préférences en matière de fécondité ont pour objectif d’évaluer les efforts accomplis par les couples dans le contrôle de leur fécondité et de mesurer les besoins futurs du Cameroun en matière de contraception, non seulement, pour espacer, mais aussi pour limiter les naissances. À l’EDSC-III, ce sujet a été abordé par le biais de questions relatives au désir de la femme d'avoir ou non des enfants supplémentaires dans l'avenir, au délai d'attente avant d'avoir le prochain enfant et enfin au nombre total d'enfants désirés. Les données sur les attitudes et les opinions vis-à-vis de la procréation ont toujours été un sujet de controverse. Pour certains chercheurs, les réponses aux questions sur les préférences en matière de fécondité ont un triple inconvénient : (i) elles reflètent des points de vue éphémères qui sont exprimés sans beaucoup de conviction, (ii) elles ne tiennent pas compte de l’effet des pressions sociales ou des attitudes des autres membres de la famille, particulièrement de celle du mari, qui peuvent avoir une grande influence sur les décisions en matière de reproduction, (iii) les données sont obtenues à partir d’un échantillon de femmes de différents âges et ayant des histoires génésiques différentes. Pour les femmes jeunes et/ou en début d’union, les réponses sont liées à des objectifs à moyen ou long terme dont la stabilité et la valeur prédictive sont incertaines. Pour les femmes âgées et/ou en fin de vie féconde, les réponses sont inévitablement influencées par leur histoire génésique. Malgré les problèmes d’interprétation concernant l’analyse des données sur les préférences en matière de fécondité, les résultats présentés dans ce chapitre peuvent aider à expliquer les facteurs qui affectent la fécondité au Cameroun, où la prévalence contraceptive demeure faible et où les niveaux de la fécondité restent élevés. 7.1 DÉSIR D’AVOIR DES ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES) Le désir d’avoir ou non des enfants (supplémentaires) dans l’avenir est généralement lié à l’âge de la femme, au nombre de ses enfants actuellement en vie ou de ceux du couple. Au cours de l’EDSC-III, une série de questions a été posée aux femmes actuellement en union pour obtenir des informations sur les attitudes quant au désir d’espacer leur prochaine naissance ou au désir de ne plus avoir d’enfants. Les résultats sont présentés au tableau 7.1 et au graphique 7.1 selon le nombre d’enfants vivants (y compris la grossesse actuelle) au moment de l’enquête. Une femme sur cinq (20 %) a répondu qu’elle ne désirait plus d’enfants tandis qu’environ 7 femmes sur dix (71 %) en souhaiteraient davantage. Parmi les femmes qui ont déclaré souhaiter avoir des enfants (supplémentaires) dans l’avenir, 32 % voudraient espacer la prochaine naissance d’au moins deux ans et 31 % voudraient un enfant rapidement (avant deux ans). Au total, au Cameroun, une femme en union sur deux (52 %) peut être considérée comme candidate potentielle à la planification familiale. Par rapport aux deux précédentes enquêtes (EDSC-I et EDSC-II), le pourcentage de femmes ne désirant plus d’enfants a augmenté très légèrement, passant de 12 % en 1991, à 18 % en 1998, puis à 20 % en 2004. En outre la proportion de celles désirant espacer les naissances pour une période d’au moins deux ans est restée pratiquement stable (31 % en 1998 contre 32 % en 2004). 126 | Préferénces en Matière de Fécondité Tableau 7.1 Préférences en matière de fécondité par nombre d'enfant vivants Répartition (en %) des femmes en union par nombre d'enfants vivants, selon le désir d'enfants supplémentaires, Cameroun 2004 Nombre d'enfants vivants1Désir d'enfants 0 1 2 3 4 5 6 ou + Ensemble Veut un autre bientôt2 67,8 40,2 34,2 28,1 19,9 15,9 9,6 30,5 Veut un autre plus tard3 15,8 44,4 43,1 40,2 33,7 28,0 12,9 32,1 Veut un autre, NSP quand 11,8 10,4 8,6 8,5 6,9 5,8 3,9 8,0 Indécise 0,2 1,1 3,1 5,4 5,6 7,9 6,8 4,1 Ne veut plus d'enfants 0,8 2,0 7,9 14,9 28,3 35,7 54,2 20,1 Stérilisée 0,1 0,1 0,7 0,5 1,6 0,7 4,2 1,2 S'est déclarée stérile 3,3 1,7 2,2 2,2 3,7 5,5 8,0 3,7 ND 0,2 0,0 0,2 0,2 0,4 0,5 0,5 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 791 1 361 1 217 1 057 810 652 1 276 7 166 1 Y compris la grossesse actuelle. 2 Veut une autre naissance dans les deux ans. 3 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. Comme on pouvait s’y attendre, la proportion de femmes qui ne veulent plus d’enfants augmente considérablement avec le nombre d’enfants vivants (Graphique 7.1) : elle passe de moins de 1 % chez les femmes qui n’ont aucun enfant à 15 % chez celles ayant 3 enfants et atteint 54 % chez les femmes qui ont au moins 6 enfants vivants. Ces femmes ne désirant plus d’enfants ont, en principe, atteint leur descendance souhaitée. Elles devraient, par conséquent, utiliser une méthode contraceptive pour éviter les grossesses non désirées. On observe par ailleurs que 95 % de femmes sans enfant en vie souhaiteraient Graphique 7.1 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants EDSC-III 2004 0 1 2 3 4 5 6 + Nombre d'enfants vivants 0% 20% 40% 60% 80% 100% Pourcentage Veut dans les deux ans Veut NSP quand Veut espacer de deux ans Indécise Ne veut plus d'enfants/stérilisée Stérile /ND Préferénces en Matière de Fécondité | 127 avoir un enfant et la majorité de ces femmes (68 %) le souhaiteraient dans les deux années à venir. Chez les femmes ayant un enfant, le désir d’en avoir un autre est identique à celui des femmes sans enfant. Toutefois, 44 % de femmes ayant un seul enfant en vie souhaitent attendre au moins deux ans. Cette proportion n’est que de 16 % chez les femmes n’ayant aucun enfant. Au fur et à mesure que le nombre d’enfants vivants augmente, la proportion de femmes désirant un autre enfant diminue assez rapidement. En effet, le pourcentage de femmes qui désirent avoir des enfants supplémentaires passe de 95 % chez celles n’ayant aucun enfant à 77 % chez celles en ayant déjà 3 pour atteindre 50 % chez les femmes ayant 5 enfants. La proportion de femmes en union ne désirant plus avoir d’enfants a été retenue comme un composant pour étudier les besoins en matière de contraception. Le tableau 7.2 fournit les proportions de femmes en union qui ne veulent plus d’enfants (y compris les femmes stérilisées), selon le nombre d’enfants vivants et selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Environ une femme sur cinq (21 %) estime qu’elle a atteint la taille désirée de sa famille et ne désire donc plus avoir d’enfants. Les femmes ne désirant plus d’enfants sont proportionnellement plus nombreuses en milieu urbain (24 %) qu’en milieu rural (19 %). La proportion de femmes ne désirant plus d’enfants est pratiquement identique à Yaoundé/Douala (25 %) et dans les Autres villes (24 %). Tableau 7.2 Désir de limiter les naissances Pourcentage de femmes en union ne voulant plus d'enfants par nombre d'enfants vivants, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Nombre d'enfants vivants1Caractéristique socio-démographique 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble Milieu de résidence Yaoundé/Douala 0,7 1,9 13,3 29,5 49,1 70,1 75,7 25,2 Autres villes 0,9 1,9 8,3 17,8 33,5 44,4 64,8 22,9 Ensemble urbain 0,8 1,9 10,3 21,9 39,1 52,4 67,5 23,7 Rural 1,1 2,5 7,0 9,6 22,2 23,5 52,3 19,1 Région Adamaoua 2,6 3,4 6,0 11,7 17,7 33,5 51,3 17,9 Centre 0,0 2,0 12,5 13,5 39,7 42,5 78,4 27,9 Douala 0,0 3,5 15,9 28,8 50,8 65,9 75,5 27,2 Est 3,2 3,3 10,9 18,5 28,6 43,2 76,4 24,9 Extrême-Nord 1,6 3,7 4,3 6,5 17,2 19,6 39,3 14,9 Littoral 0,0 2,9 14,9 15,5 51,1 43,0 78,7 30,5 Nord 1,1 1,0 1,1 3,8 6,1 10,7 29,1 9,0 Nord-Ouest 0,0 0,0 4,1 16,7 38,8 45,3 71,0 27,3 Ouest 0,0 2,1 11,1 20,8 24,5 32,2 63,1 23,1 Sud 0,0 4,1 11,1 20,1 33,6 58,9 81,9 27,6 Sud-Ouest 1,4 0,0 11,1 15,9 33,4 46,2 73,6 23,0 Yaoundé 1,3 0,7 10,4 30,4 46,9 75,0 75,9 23,2 Niveau d'instruction Aucun 1,4 3,0 4,5 7,8 15,5 21,6 39,0 16,4 Primaire 0,6 2,1 10,8 15,6 30,6 36,4 69,4 24,9 Secondaire ou plus 1,0 1,8 9,3 22,3 43,2 60,5 77,1 21,3 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,4 2,1 5,5 6,6 17,0 19,5 41,6 15,7 Second 2,1 2,1 7,6 10,5 26,7 27,7 50,9 19,1 Moyen 0,4 2,9 9,4 14,7 29,6 34,2 64,2 23,4 Quatrième 1,5 2,2 11,1 21,6 35,7 47,9 70,2 24,7 Le plus riche 0,5 1,6 9,7 25,8 47,2 66,1 80,4 24,5 Ensemble 0,9 2,2 8,6 15,5 29,9 36,4 58,4 21,3 Note : Les femmes stérilisées sont considérées comme ne voulant plus d'enfant. 1 Y compris la grossesse actuelle. 128 | Préferénces en Matière de Fécondité Par rapport aux régions, les résultats montrent que la proportion de femmes ne voulant plus d’enfants varie d’un minimum de 9 % dans le Nord à un maximum de 31 % dans le Littoral. Les femmes des trois provinces septentrionales du Cameroun, à savoir le Nord (9 %), l’Extrême Nord (15 %) et l’Adamaoua (18 %) ont moins fréquemment déclaré que les autres vouloir limiter leur descendance. Les résultats selon le niveau d’instruction montrent que ce sont les femmes sans niveau d’instruction (16 %) qui sont proportionnellement les moins nombreuses à souhaiter limiter leurs naissances. En outre, on constate que la proportion de femmes ne voulant plus d’enfant croît avec le niveau de bien-être économique du ménage. En effet, seulement 16 % des femmes des ménages les plus pauvres ont exprimé le désir de ne plus avoir d’enfant, contre 25 % de celles des ménages les plus riches. 7.2 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE Les femmes en union non utilisatrices de méthodes contraceptives qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants (elles désirent donc limiter leurs naissances) ou qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant la prochaine naissance (elles souhaitent espacer leurs naissances) sont considérées comme ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale1. Les femmes ayant exprimé des besoins non satisfaits et celles utilisant actuellement la contraception, constituent la demande potentielle totale en planification familiale. Le tableau 7.3 présente, pour les femmes en union, les estimations des besoins non satisfaits et des besoins satisfaits en matière de contraception selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Ce tableau présente également l’estimation des besoins non-satisfaits et satisfaits pour les femmes non en union et pour l’ensemble des femmes. Parmi l’ensemble des femmes âgées de 15 à 49 ans, 15 % ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale dont environ 10 % pour l’espacement des naissances et 4 % pour la limitation. La demande potentielle en planification de ces femmes est de 41 % dont 11 % seulement pour la limitation des naissances et 30 % pour l’espacement. La proportion des femmes dont les besoins en planification familiale sont actuellement satisfaits est de 26 % soit 64 % de la demande potentielle totale. Pour les femmes en union, alors que le niveau d’utilisation actuelle de la contraception reste relativement faible (26 %, voir chapitre 5-Planification familiale), la proportion de celles qui ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale est de 20 %. Parmi celles-ci, la majorité aurait davantage besoin d’utiliser la contraception pour espacer que pour limiter (14 % contre 6 %). Si les femmes en union ayant des besoins non satisfaits en matière de contraception satisfaisaient ces besoins, c’est-à-dire si elles utilisaient effectivement une méthode contraceptive, leur prévalence contraceptive pourrait atteindre 46 %. Cette demande potentielle totale en planification familiale aurait pour objectif essentiel l'espacement des naissances (32 % contre 14 % pour la limitation). Actuellement au Cameroun, 56 % de la demande potentielle en planification familiale pour les femmes en union est satisfaite. Les besoins en matière de planification familiale varient selon les caractéristiques socio- démographiques des femmes en union. Quand on considère l'âge, on constate que c’est dans les groupes d’âges 35-39 ans (24 %) et dans une moindre mesure dans ceux de 20-24 ans (22 %) et de 30-34 ans (21 %) que les pourcentages de femmes ayant des besoins non satisfaits sont les plus élevés. La prévalence contraceptive est également à son niveau maximum entre 35 et 39 ans (31 %). C’est à ces mêmes âges que la demande potentielle totale est la plus élevée (55 %). On peut noter que jusqu'à 34 ans, les besoins en matière de planification familiale sont essentiellement orientés vers l'espacement des naissances. Par contre, à partir de 35 ans, les femmes ont beaucoup plus de besoins pour limiter que pour espacer leurs naissances. 1 Le calcul exact des besoins non satisfaits est expliqué en note du tableau 7.3. Préferénces en Matière de Fécondité | 129 Tableau 7.3 Besoins en matière de planification familiale Pourcentage de femmes en union, de femmes qui ne sont pas en union et de l’ensemble des femmes ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de celles dont les besoins sont satisfaits et pourcentage de demande potentielle totale de services de planification familiale, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, (pour les femmes en union), Cameroun 2004 Besoins non satisfaits en matière de planification familiale1 Besoins en PF satisfaits (utilisation actuelle)2 Demande potentielle totale en planification familiale3 Caractéristique socio-démographique Pour l'espace- ment Pour la limita- tion Total Pour l'espace- ment Pour la limita- tion Total Pour l'espace- ment Pour la limita- tion Total Pourcentage de demande satisfaite Effectif de femmes Âge 15-19 18,8 0,7 19,5 23,3 0,3 23,6 42,1 1,0 43,1 54,8 828 20-24 20,8 0,9 21,7 25,6 0,8 26,4 46,5 1,7 48,2 54,9 1 563 25-29 16,4 2,5 18,9 22,5 3,2 25,7 38,9 5,6 44,6 57,6 1 448 30-34 14,6 6,1 20,8 15,9 7,8 23,8 30,6 14,0 44,5 53,4 1 149 35-39 9,1 15,2 24,3 12,2 18,7 30,8 21,3 33,9 55,2 55,9 929 40-44 5,1 14,6 19,7 6,1 23,0 29,0 11,2 37,6 48,8 59,6 691 45-49 1,6 11,4 13,0 1,8 19,6 21,3 3,4 31,0 34,3 62,2 558 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 10,7 7,7 18,4 29,7 12,6 42,3 40,4 20,3 60,7 69,7 1 247 Autres villes 14,2 5,9 20,1 23,1 9,7 32,8 37,3 15,6 52,9 62,0 2 251 Ensemble urbain 12,9 6,6 19,5 25,5 10,7 36,2 38,4 17,3 55,7 65,0 3 498 Rural 15,4 5,5 20,9 10,3 5,9 16,2 25,7 11,4 37,1 43,7 3 667 Région Adamaoua 11,9 7,3 19,2 12,4 5,2 17,6 24,3 12,5 36,8 47,8 322 Centre 16,1 7,5 23,6 23,2 12,2 35,4 39,4 19,7 59,1 60,0 578 Douala 8,6 7,8 16,4 25,3 15,2 40,6 33,9 23,0 57,0 71,2 618 Est 15,6 9,0 24,6 18,9 7,8 26,7 34,6 16,8 51,4 52,1 361 Extrême-Nord 16,5 4,0 20,5 2,3 1,1 3,3 18,8 5,1 23,8 14,0 1 410 Littoral 13,9 7,6 21,5 22,8 14,6 37,4 36,7 22,2 58,9 63,4 258 Nord 15,7 3,6 19,3 1,4 1,3 2,6 17,1 4,8 21,9 11,9 788 Nord-Ouest 14,0 4,1 18,2 19,1 13,1 32,2 33,1 17,2 50,3 63,9 620 Ouest 15,6 5,6 21,1 28,7 10,9 39,5 44,3 16,4 60,7 65,2 840 Sud 12,1 10,4 22,5 21,2 11,9 33,1 33,3 22,3 55,6 59,5 285 Sud-Ouest 11,2 6,4 17,6 29,2 11,4 40,6 40,3 17,8 58,2 69,8 456 Yaoundé 12,7 7,7 20,4 34,0 9,9 43,9 46,7 17,6 64,3 68,3 629 Niveau d'instruction Aucun 14,8 4,9 19,8 1,8 1,9 3,7 16,6 6,8 23,5 15,8 2 058 Primaire 15,1 7,6 22,7 15,3 10,0 25,2 30,3 17,6 47,9 52,7 2 888 Secondaire ou plus 12,4 5,0 17,4 35,6 12,0 47,6 48,0 17,0 65,0 73,2 2 220 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 14,6 4,5 19,0 4,6 2,7 7,3 19,2 7,2 26,3 27,7 1 639 Second 17,6 5,0 22,6 9,3 5,2 14,5 27,0 10,2 37,1 39,1 1 318 Moyen 16,4 7,3 23,7 16,2 8,8 25,0 32,6 16,2 48,8 51,4 1 363 Quatrième 13,0 7,0 20,0 27,6 11,4 39,0 40,6 18,4 59,0 66,1 1 427 Le plus riche 9,6 6,6 16,2 32,0 13,9 45,9 41,6 20,5 62,1 73,9 1 418 Ensemble des femmes en union 14,2 6,0 20,2 17,7 8,3 26,0 31,9 14,3 46,2 56,2 7 166 Ensemble des femmes qui ne sont pas en union 2,3 0,5 2,8 23,6 2,7 26,3 25,8 3,2 29,1 90,3 3 490 Ensemble des femmes 10,3 4,2 14,5 19,6 6,4 26,1 29,9 10,7 40,6 64,2 10 656 1 Les besoins non satisfaits pour espacer concernent les femmes enceintes dont la grossesse ne s'est pas produite au moment voulu, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance ne s'est pas produite au moment voulu et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n'utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant leur prochaine naissance. Sont également incluses dans les besoins non satisfaits pour espacer, les femmes qui ne sont pas sûres de vouloir un autre enfant ou qui veulent un autre enfant mais ne savent pas à quel moment elles veulent avoir cet enfant à moins qu'elles déclarent que ce ne serait pas un problème si elles apprenaient qu'elles étaient enceintes dans les semaines à venir. Les besoins non satisfaits pour limiter concernent les femmes enceintes dont la grossesse n'était pas voulue, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance n'était pas voulue et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n'utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants. Sont exclues les femmes qui sont enceintes ou en aménorrhée et qui sont tombées enceintes alors qu'elles utilisaient une méthode (ces femmes ont besoin d'une meilleure méthode de contraception). 2 L'utilisation pour espacer concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir un autre enfant ou qui ne sont pas sûres d'en vouloir un autre. L'utilisation pour limiter concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants. Il faut noter que les méthodes spécifiques utilisées ne sont pas prises en compte ici. 3 Les non utilisatrices qui sont enceintes ou en aménorrhée et les femmes dont la grossesse était le résultat de l'échec d'une méthode de contraception ne sont pas incluses dans la catégories des besoins non satisfaits, mais sont incluses dans la demande totale en contraception (puisqu'elles seraient en train d'utiliser si leur méthode n'avait pas échoué). 130 | Préferénces en Matière de Fécondité Pour ce qui est du milieu de résidence, les résultats montrent que les proportions de femmes ayant des besoins non satisfaits sont très proches en milieu rural (21 %) et en milieu urbain (20 %). À Yaoundé/Douala, la proportion de femmes ayant des besoins non-satisfaits est légèrement plus faible (18 %). Par ailleurs, la demande potentielle totale varie de 37 % en milieu rural à 53 % dans les Autres villes et atteint 61 % à Yaoundé/Douala, où la demande est la mieux satisfaite (70 %). Quel que soit le milieu de résidence, les besoins pour l’espacement sont toujours plus importants que les besoins pour la limitation de naissance. Quand on considère les régions, la proportion de femmes en union dont les besoins en matière de planification familiale sont non-satisfaits varie d’un minimum de 18 % dans le Sud-Ouest, à un maximum de 25 % à l’Est. C’est dans les régions du Nord (22 %), de l’Extrême-Nord (24 %) et de l’Adamaoua (37 %) que l’on a enregistré la demande potentielle totale la plus faible par rapport à la moyenne nationale (46 %). Ces régions sont également celles dans lesquelles la pratique contraceptive est la moins fréquente. Dans toutes les régions, les besoins non-satisfaits en matière de planification familiale sont davantage axés sur l'espacement des naissances que sur la limitation. S’agissant du niveau d’instruction et du niveau de bien-être économique du ménage, on ne constate pas de différence significative pour les besoins non satisfaits. Mais par contre, les résultats concernant la demande potentielle totale en planification familiale font apparaître de fortes disparités. En effet, les proportions de demande potentielle totale passent de 65 % chez les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire à 48 % chez celles ayant un niveau d’instruction primaire et à 24 % seulement chez celles sans niveau d’instruction. De même, l’écart entre les femmes des ménages les plus pauvres (26 %) et celles des ménages les plus riches (62 %) est important. Cette situation découle d’une insuffisance des besoins satisfaits pour les femmes sans niveau d’instruction et pour celles des ménages les plus pauvres. Il s’ensuit une forte disparité du taux de satisfaction de la demande potentielle totale. Quant aux femmes non en union, le pourcentage de celles ayant des besoins non satisfaits en planification familiale est de 3 % (2 % pour l’espacement et 1 % pour la limitation). Leur demande potentielle en planification familiale est estimée à 29 %. Comme chez les femmes en union, cette demande est beaucoup plus orientée vers l’espacement (26 % contre 3 % pour la limitation). De plus, le niveau de satisfaction actuelle de leur demande est très élevé (90 %). 7.3 NOMBRE IDÉAL D'ENFANTS Le comportement reproductif d'une femme peut être influencé par le nombre idéal d'enfants qu’elle aurait souhaité avoir et par celui souhaité par son mari/partenaire. Dans le but de déterminer ce nombre idéal d’enfants, on a posé au cours de l’EDSC-III à toutes les femmes enquêtées l'une des deux questions suivantes : x Aux femmes sans enfant vivant, la question était : « Si vous pouviez choisir exactement le nombre d'enfants à avoir dans votre vie, combien voudriez-vous en avoir ? » x Aux femmes ayant des enfants vivants, la question était : « Si vous pouviez revenir à l'époque où vous n'aviez pas d'enfant et choisir exactement le nombre d'enfants à avoir dans votre vie, combien auriez-vous voulu en avoir ? » Ces questions, apparemment simples, peuvent être embarrassantes, en particulier pour les femmes ayant des enfants en vie. Ces dernières doivent en effet se prononcer sur le nombre d'enfants qu'elles souhaiteraient avoir, dans l'absolu, indépendamment du nombre d'enfants qu'elles ont déjà. Or, il peut être difficile pour une femme de déclarer un nombre idéal d'enfants inférieur à la taille actuelle de sa descendance. Préferénces en Matière de Fécondité | 131 Les résultats à ces questions sont présentés au tableau 7.4 et au graphique 7.2. Il en ressort tout d’abord que 15 % des femmes n’ont pas pu fournir des réponses numériques et ont donné, à la place, des réponses approximatives telles que “Ce que Dieu me donne”, “Je ne sais pas”, ou “N’importe quel nombre”. La proportion des femmes qui ont donné ce type de réponse croît avec le nombre d’enfants vivants. Elle passe de 10% pour les femmes sans enfant vivant à 26% pour les femmes ayant 6 enfants vivants ou plus. Le nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes s’établit à 5,7 et pour les seules femmes en union, il est de 6,1 enfants. Cela semblerait montrer qu’au Cameroun, les femmes aspirent toujours à une famille nombreuse. Tableau 7.4 Nombre idéal d'enfants Répartition (en %) des femmes selon le nombre idéal d'enfants et nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des femmes et pour celles en union, par nombre d'enfants vivants, Cameroun 2004 Nombre d'enfants vivants1 Nombre idéal d'enfants 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble 0 0,6 0,2 0,1 0,1 0,1 0,2 0,3 0,3 1 0,6 0,7 0,1 0,6 0,3 0,0 0,0 0,4 2 6,0 3,7 3,4 1,4 2,1 2,0 1,4 3,5 3 17,0 18,9 9,0 6,4 1,9 4,4 3,6 11,1 4 26,3 22,0 21,6 11,8 12,6 5,7 6,7 18,1 5 20,4 21,5 24,1 28,6 19,0 17,4 9,1 20,2 6+ 19,4 22,0 28,9 34,5 47,8 50,4 52,8 31,8 Réponse non numérique 9,6 11,1 12,8 16,7 16,0 20,0 26,1 14,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 3 082 1 893 1 423 1 192 901 730 1 435 10 656 Nombre idéal moyen d'enfants pour2 : Toutes les femmes 4,8 5,0 5,6 5,9 6,4 6,9 7,7 5,7 Effectif 2 784 1 683 1 241 993 757 584 1 060 9 103 Femmes en union 5,5 5,2 5,7 6,0 6,4 7,1 7,7 6,1 Effectif 680 1 187 1 058 877 683 522 957 5 964 1 Y compris la grossesse actuelle. 2 Les moyennes sont calculées en excluant les femmes ayant donné des réponses non numériques. Ce nombre idéal est supérieur à l’ISF (5,0). Ceci confirme une fois de plus l'attachement des femmes à une descendance nombreuse. Toutefois, le nombre idéal moyen d’enfants diminue avec le temps : de 8,0 en 1978 (ENF), il passe 6,8 en 1991, 6,0 en 1998 et à 5,7 en 2004. En examinant la distribution des tailles idéales déclarées, il apparaît que pour près d’une femme sur trois (32 %), le nombre idéal est de 6 enfants ou plus. Cette proportion varie de 19 % chez les femmes n’ayant pas d’enfants vivants à 48 % chez les femmes ayant 4 enfants vivants et atteint 53 % chez celles ayant au moins 6 enfants vivants. De façon générale, on constate une relation positive entre la taille actuelle de la famille et la taille idéale qui passe de 4,8 enfants pour l’ensemble des femmes sans enfant à 7,7 enfants pour celles qui ont 6 enfants ou plus. Chez les femmes en union, cette taille idéale de la famille varie, respectivement de 5,5 à 7,7 enfants. 132 | Préferénces en Matière de Fécondité Graphique 7.2 Nombre idéal d'enfants EDSC-III 2004 CAMEROUN MILIEU DE RÉSIDENCE Yaoundé/Douala Autres villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou + QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Nombre d'enfants Le tableau 7.5 présente le nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes selon l’âge actuel et selon certaines caractéristiques socio-démographiques. De prime abord, on note que les générations les plus jeunes déclarent un nombre idéal d’enfants moins élevé que les générations les plus âgées (4,9 enfants chez les 15-19 ans, 6,1 enfants chez les femmes de 30-34 ans et 7,6 enfants chez les femmes de 45-49 ans). Ces résultats sembleraient indiquer un désir de limiter les naissances chez les jeunes et pourraient laisser présager une baisse de la fécondité à moyen ou à long terme. Pour l'ensemble des femmes, le nombre idéal moyen d'enfants présente des variations assez importantes selon le milieu de résidence, la région, le niveau d'instruction et le niveau de vie du ménage (tableau 7.5). Les femmes du milieu rural ont pour idéal une famille nettement plus nombreuse (6,7) que celles du milieu urbain (4,9). En considérant uniquement le milieu urbain, les femmes de Yaoundé/Douala ont déclaré un nombre idéal moyen d’enfants moins élevé (4,4) que celles des Autres villes (5,3). Pour ce qui est de la région, le nombre idéal moyen d’enfants est plus élevé chez les femmes résidant dans les provinces septentrionales du pays : l’Extrême-Nord (8,3), le Nord (7,3) et dans une moindre mesure l’Adamaoua (6,0). Par contre, dans le Sud-Ouest les femmes ont déclaré, en moyenne, un nombre d’enfants relativement faible (4,8). En outre, les résultats montrent que plus le niveau d’instruction est élevé, moins le nombre idéal moyen d'enfants est élevé : de 8,2 enfants chez les femmes sans niveau d’instruction, il passe à 5,8 enfants chez celles ayant le niveau d’instruction primaire et à 4,4 enfants chez celles de niveau d'instruction secondaire ou plus. Tout comme l’instruction, l’amélioration du bien être économique du ménage s’accompagne d’une tendance favorable à une descendance moins nombreuse. La différence entre le nombre moyen d’enfants désirés par les femmes des ménages les plus pauvres (7,5) et celui des femmes des ménages les plus riches (4,3) est de 3,2 enfants. Préferénces en Matière de Fécondité | 133 Tableau 7.5 Nombre idéal d'enfants par caractéristiques socio-démographiques Nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des femmes par âge, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 ÂgeCaractéristique socio-démographique 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Ensemble Milieu de résidence Yaoundé/Douala 3,9 4,2 4,3 4,5 5,2 5,5 6,5 4,4 Autres villes 4,6 4,6 5,4 5,8 5,9 6,7 7,1 5,3 Ensemble urbain 4,4 4,4 4,9 5,3 5,6 6,2 6,9 4,9 Rural 5,9 6,1 6,5 7,0 7,2 7,9 8,4 6,7 Région Adamaoua 5,8 5,4 6,2 6,5 6,0 6,3 8,6 6,0 Centre 4,6 4,6 5,1 6,1 6,8 7,0 7,3 5,4 Douala 3,7 4,1 4,1 4,2 5,0 5,3 6,4 4,3 Est 4,7 5,0 5,2 5,9 5,5 6,2 6,1 5,3 Extrême-Nord 7,0 7,5 8,2 9,2 8,7 10,7 10,1 8,3 Littoral 4,1 4,2 4,8 5,3 5,0 5,7 6,7 4,7 Nord 6,8 6,8 7,9 7,5 7,6 7,2 8,2 7,3 Nord-Ouest 4,7 4,7 4,9 5,4 5,8 6,4 7,2 5,2 Ouest 5,1 4,8 5,6 5,8 6,2 6,2 6,9 5,5 Sud 4,6 4,6 5,0 5,3 5,9 7,2 7,7 5,3 Sud-Ouest 4,1 4,3 4,4 5,3 5,6 6,6 7,2 4,8 Yaoundé 4,1 4,2 4,6 4,8 5,4 5,6 6,7 4,6 Niveau d'instruction Aucun 7,4 7,5 8,2 8,6 8,4 8,9 9,2 8,2 Primaire 5,4 5,3 5,7 6,2 6,2 6,8 7,3 5,8 Secondaire ou plus 4,1 4,2 4,5 4,6 5,1 5,4 5,8 4,4 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 6,5 7,0 7,4 8,0 7,8 8,8 9,2 7,5 Second 5,9 5,9 6,7 7,0 7,6 8,2 8,1 6,7 Moyen 5,2 5,0 5,7 6,1 6,3 6,9 7,7 5,7 Quatrième 4,4 4,6 5,0 5,6 5,6 6,7 7,2 5,1 Le plus riche 3,9 4,1 4,2 4,3 5,1 5,1 5,8 4,3 Ensemble 4,9 5,1 5,6 6,1 6,3 7,0 7,6 5,7 7.4 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ Au cours de l'enquête, on a demandé à chaque mère, pour chaque enfant né au cours des cinq dernières années et pour la grossesse actuelle (si l'enquêtée était enceinte), si elle souhaitait être enceinte à ce moment-là, plus tard ou s'il s'agissait d'une grossesse non désirée. Les réponses à ces questions permettent de mesurer le degré de réussite des couples dans la maîtrise de leur fécondité. De telles questions exigent de la femme un effort de concentration pour se souvenir avec exactitude de ses désirs à un ou plusieurs moments précis des cinq dernières années. En outre, il existe un risque de rationalisation dans la mesure où, souvent, une grossesse non-désirée peut aboutir à la naissance d'un enfant auquel on s'est attaché. 134 | Préferénces en Matière de Fécondité Il ressort du tableau 7.6 que plus de 9 naissances sur dix (95 %) étaient désirées. La plupart de ces naissances (77 %) se sont produites au moment voulu et dans 17 % des cas, les femmes auraient préféré qu'elles se produisirent plus tard. Les grossesses non désirées représentent environ 5 %. La grande majorité des naissances sont souhaitées et arrivent au moment voulu, quel que soit le rang de naissance. Cependant, les naissances des rangs 2 et 3 sont mieux planifiées que les naissances de rang 1 et celles de rang 4 ou plus. En effet, 81 % de naissances des rangs 2 et 3 étaient désirées au moment où elles se sont produits contre 74 % de celles de rang 1 et 76 % de celles de rang 4 ou plus. Tableau 7.6 Planification de la fécondité Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête (y compris les grossesses actuelles) par statut de la grossesse, selon le rang de naissance et l'âge de la mère à la naissance, Cameroun 2004 Planification de la fécondité Rang de naissance et âge de la mère à la naissance Voulue au moment Voulue plus tard Non désirée Total1 Nombre de naissances Rang de naissance 1 74,2 23,2 1,8 100,0 2 157 2 80,5 17,5 1,3 100,0 1 727 3 80,5 17,1 1,4 100,0 1 387 4+ 76,4 14,2 8,8 100,0 3 906 Âge à la naissance <20 71,1 25,8 1,9 100,0 2 048 20-24 80,3 17,5 1,6 100,0 2 707 25-29 82,9 14,7 1,8 100,0 2 069 30-34 77,8 13,4 8,5 100,0 1 357 35-39 69,3 12,7 17,6 100,0 723 40-44 70,7 7,1 21,9 100,0 240 45-49 (55,4) (0,0) (40,8) (100,0) 31 Ensemble 77,3 17,4 4,7 100,0 9 176 1 Le total inclut les non déterminés ( ) Basés sur un faible nombre de cas non pondérés Par rapport à l'âge de la mère, les naissances les mieux planifiées se sont produites chez les femmes ayant eu leurs enfants entre 20 et 34 ans (tableau 7.6) : plus de 78 % des naissances sont survenues au moment voulu et moins de 9 % étaient non désirées. À l'inverse, c'est chez les femmes ayant eu les enfants avant 20 ans et chez celles qui les ont eus à des âges avancés (40-49 ans) que les naissances semblent être les moins bien planifiées. Parmi les femmes ayant eu une naissance avant 20 ans, un peu plus d’une femme sur quatre (26 %) aurait souhaité qu’elle se produisit plus tard. Par ailleurs, les naissances non désirées sont surtout observées chez les femmes plus âgées (22 % à 40-44 ans). Le tableau 7.7 et le graphique 7.3 présentent une comparaison entre l'Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et l'Indice Synthétique de Fécondité actuelle (ISF) pour les trois années précédant l’enquête. Le calcul de l'ISFD est analogue à celui de l'ISF, les naissances considérées comme non désirées étant éliminées du numérateur. Il en découle que si toutes les naissances non désirées étaient évitées, l'ISF des femmes au Cameroun serait de 4,5 enfants au lieu de 5,0 enfants. Préferénces en Matière de Fécondité | 135 Tableau 7.7 Taux de fécondité désirée Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et Indice Synthétique de Fécondité pour les trois années ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Indice Synthétique de Fécondité Désirée Indice Synthétique de Fécondité Milieu de résidence Yaoundé/Douala 3,0 3,2 Autres villes 4,1 4,6 Ensemble urbain 3,7 4,0 Rural 5,6 6,1 Région Adamaoua 4,8 5,4 Centre 4,8 5,5 Douala 3,0 3,2 Est 5,2 6,0 Extrême-Nord 6,0 6,4 Littoral 3,9 4,3 Nord 5,7 6,0 Nord-Ouest 4,3 4,7 Ouest 5,5 6,0 Sud 4,0 4,6 Sud-Ouest 3,2 3,7 Yaoundé 3,0 3,2 Niveau d'instruction Aucun 6,0 6,3 Primaire 5,1 5,6 Secondaire ou plus 3,2 3,5 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 6,0 6,5 Second 5,6 6,0 Moyen 5,1 5,6 Quatrième 3,9 4,2 Le plus riche 2,9 3,2 Ensemble 4,5 5,0 Note : L'ISFD et l'ISF sont basés sur les naissances des femmes de 15-49 ans durant la période 1-36 mois avant l'enquête. L'ISF est le même que celui présenté dans le tableau 4.2. 136 | Préferénces en Matière de Fécondité L'ISFD varie de la même façon que l'ISF selon les caractéristiques socio-démographiques des femmes. C'est chez les femmes du milieu rural (5,6), chez celles des régions de l’Extrême-Nord (6,0), du Nord (5,7), ainsi que chez les femmes sans niveau d’instruction (6,0) et celles des ménages les plus pauvres (6,0) qu’il est le plus élevé. En outre, l'ISFD est toujours inférieur à l'ISF et les écarts entre les deux indicateurs ne varient pas significativement. Tout au plus, peut-on remarquer que c'est chez les femmes de l’Est et du Centre que l'on observe les écarts les plus importants (respectivement 0,8 et 0,7 enfants). Graphique 7.3 Indice Synthétique de Fécondité et Indice Synthétique de Fécondité Désirée EDSC-III 2004 CAMEROUN MILIEU DE RÉSIDENCE Yaoundé/Douala Autres villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou + 0 1 2 3 4 5 6 7 Nombre d'enfants/femme Fécondité actuelle Fécondité désirée 7.5 NOMBRE IDÉAL D’ENFANTS, BESOINS NON SATISFAITS EN PLANIFICATION FAMILIALE, SELON LE STATUT DE LA FEMME Le statut de la femme, en particulier, une plus grande autonomie en matière de prise de décisions, sont des facteurs qui influencent sa capacité à maîtriser sa fécondité. Le tableau 7.8 présente le nombre idéal d’enfants et les besoins non satisfaits en matière de planification familiale selon certains indicateurs du statut de la femme. Il s’agit, notamment du nombre de décisions dans lesquelles la femme est impliquée, de l’opinion de la femme concernant certaines raisons susceptibles de justifier le refus par la femme d’avoir des rapports sexuels avec son mari, et de celles pouvant justifier la violence physique du mari à l’égard de sa femme. En fonction du nombre de décisions prises par la femme, on constate que le nombre idéal d’enfants varie de 5,6 pour les femmes qui prennent trois ou quatre décisions à 6,8 enfants pour celles qui n’en prennent aucune. En d’autres termes, les femmes qui ne participent à aucune décisions déclarent vouloir 1,2 enfants de plus que celles qui participent à trois ou quatre décisions. Pour les besoins non satisfaits, on ne constate pas une influence très nette de cet indicateur puisque les besoins non satisfaits en planification familiale pour l’espacement décroissent avec le nombre de décisions que prend la femme alors que ceux pour la limitation croissent. Préferénces en Matière de Fécondité | 137 Tableau 7.8 Nombre idéal d'enfants, besoins non satisfaits en matière de planification familiale et statut de la femme Nombre idéal moyen d'enfants et besoins non satisfaits pour espacer et limiter les naissances (femmes en union), selon les indicateurs du statut de la femme, Cameroun 2004 Besoins non satisfaits en matière de PF2Indicateur du statut de la femme Nombre idéal moyen d'enfants Effectif1 Pour l'espacement Pour la limitation Total Effectif Nombre de décisions prises par la femme3 0 6,8 942 18,3 2,8 21,1 1 184 1-2 6,3 2 160 17,4 4,9 22,3 2 603 3-4 5,6 1 486 10,5 7,6 18,1 1 760 5 6,1 1 377 10,0 8,5 18,5 1 618 Nombre de raisons justifiant de refuser les rapports sexuels avec le mari 0 7,0 184 19,8 5,9 25,7 247 1-2 6,6 1 058 14,2 5,8 20,0 1 331 3-4 6,0 4 723 13,9 6,1 20,0 5 587 Nombre de raisons justifiant qu'un homme batte sa femme 0 5,9 2 559 12,8 6,4 19,2 3 072 1-2 5,8 1 736 15,1 6,5 21,5 2 060 3-4 6,0 1 037 16,3 6,0 22,3 1 259 5 8,5 632 14,0 3,4 17,4 775 Ensemble 6,1 5 964 14,2 6,0 20,2 7 166 1 Effectif de femmes ayant donné des réponses non numériques pour le nombre idéal d’enfants 2 Voir tableau 7.3 pour la définition des besoins non satisfaits en matière de planification familiale. 3 Soit seule, soit avec quelqu'un d'autre. En fonction du deuxième indicateur, on constate que le nombre idéal d’enfants est de 7,0 enfants pour les femmes qui pensent qu’en aucune circonstance une femme peut refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire à 6,0 pour celles qui ont déclaré que dans trois ou quatre cas, ce comportement se justifie. Autrement dit, entre les femmes qui adhèrent encore à certaines opinions justifiant des comportements de soumission dans le ménage et celles qui rejettent ces opinions, l’écart du nombre idéal moyen d’enfant est de 1,0. Les besoins non satisfaits varient de 26 % (dont 20 % pour l’espacement de naissances et 6 % pour la limitation) pour celles qui n’ont cité aucune raison à 20 % (14 % pour l’espacement contre 6 % pour la limitation) pour les femmes qui ont avancé une raison ou plus. Les résultats en fonction du troisième indicateur montrent que le nombre moyen idéal d’enfants augmente avec le nombre de raisons justifiant qu’un homme batte sa femme : d’un minimum de 5,9 enfants quand la femme pense qu’en aucun cas, un homme ne devrait battre une femme, ce nombre passe à 8,5 quand la femme pense que dans cinq circonstances ce comportement est acceptable. La proportion des femmes ayant des besoins non satisfaits en planification familiale pour l’espacement des naissances varie peu et de manière irrégulière en fonction de cet indicateur. En revanche, la proportion de femmes ayant des besoins non satisfaits en planification familiale pour la limitation des naissances semble être influencée par cet indicateur puisque cette proportion passe de 3,4 % pour celles qui justifient ce comportement dans cinq cas à 6,4 % pour celles qui pensent qu’il n’y a aucune raison qui rendent ce comportement acceptable. Santé de la Mère et de l’Enfant | 139 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT 8 Monique BARRÈRE Pendant l'EDSC-III, des informations sur la santé des mères et de leurs enfants nés au cours des cinq années qui ont précédé l'enquête ont été collectées. Ces informations concernent les soins pré et postnatals, les conditions d'accouchement et les caractéristiques des nouveau-nés, la couverture vaccinale, la prévalence et le traitement des principales maladies des enfants, en particulier les infections respiratoires, la fièvre et la diarrhée. Les résultats, présentés dans ce chapitre, permettent d'identifier les problèmes les plus importants en matière de santé maternelle et infantile, et d’une manière générale en santé de la reproduction. En les comparant aux résultats des enquêtes précédentes, ils permettent l'évaluation et la planification des politiques et des programmes de santé. 8.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET VISITES POSTNATALES 8.1.1 Soins prénatals Le suivi des femmes enceintes au cours des consultations prénatales permet de prévenir les risques et les complications lors de l’accouchement. Durant l’EDSC-III, on a demandé aux femmes, pour la naissance vivante la plus récente survenue au cours des cinq années qui ont précédé l’enquête, si au cours de la grossesse, elles avaient effectué une consultation prénatale. Les données du tableau 8.1 présentent la répartition des dernières naissances survenues dans les cinq années qui ont précédé l'enquête, selon le type de personnel médical consulté par la mère durant la grossesse et selon certaines caractéristiques socio-démographiques des femmes enquêtées. Au cours de l’EDSC-III, toutes les catégories de personnes consultées par la mère pendant la grossesse ont été enregistrées mais, lorsque plusieurs personnes avaient été consultées, seule la personne la plus qualifiée a été retenue dans le tableau. On relève que parmi les dernières naissances vivantes des cinq dernières années, plus de huit sur dix (83 %) ont fait l'objet de consultations prénatales dispensées par du personnel formé. Ces consultations ont été principalement effectuées par les sages-femmes ou les infirmières (67 %) et, dans une proportion beaucoup plus faible, elles ont été fournies par des médecins (16 %). Par contre, dans plus d’un cas sur six (16 %), les mères n'ont effectué aucune consultation prénatale. Cette proportion élevée de femmes ayant reçu des soins prénatals au cours de la grossesse n’en cache pas moins des disparités. En effet, en milieu rural, cette proportion n’est que de 75 % contre 94 % en urbain. De même, selon le niveau d’instruction, les écarts sont très importants : seulement 58 % des femmes sans instruction ont effectué un suivi prénatal contre plus de 95 % de celles de niveau d’instruction secondaire ou plus. Les résultats mettent aussi en évidence de grandes disparités selon les régions : dans le Nord-Ouest, l’Ouest et le Littoral, au moins 95 % des femmes ont effectué des visites prénatales ; à l’opposé, dans la région de l’Extrême-Nord, cette proportion n’est que de 59 %. On constate également que la proportion de femmes ayant effectué des visites prénatales diminue avec le rang de naissance de l’enfant : d’un maximum de 90 % pour le rang 1, la proportion baisse pour atteindre 75 % pour le rang 6 et plus. Enfin, on constate que la proportion de femmes ayant bénéficié de soins prénatals est nettement associée au niveau de richesse du ménage dans lequel elles vivent : d’un minimum de 65 % pour les femmes des ménages les plus pauvres, cette proportion passe à 97 % pour les femmes des ménages les plus riches. 140 | Santé de la Mère et de l’Enfant Tableau 8.1 Soins prénatals Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par type de personne consultée durant la grossesse pour la naissance la plus récente, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Médecin Infirmière/ sage femme/aide soignante Accoucheuse traditionnelle/ autre Ensemble du personnel formé Personne Total1 Effectif Âge à la naissance <20 15,3 68,1 0,4 83,4 16,1 100,0 1 124 20-34 16,5 67,1 0,3 83,6 15,9 100,0 3 474 35-49 16,4 65,9 0,1 82,3 17,0 100,0 706 Rang de naissance 1 22,4 67,2 0,3 89,6 9,9 100,0 1 215 2-3 18,0 67,4 0,2 85,4 14,1 100,0 1 741 4-5 13,8 68,8 0,4 82,6 16,8 100,0 1 067 6+ 10,0 65,3 0,2 75,3 24,0 100,0 1 281 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 42,5 54,6 0,4 97,1 1,9 100,0 816 Autres villes 17,8 74,2 0,1 92,1 7,7 100,0 1 635 Ensemble urbain 26,0 67,7 0,2 93,8 5,8 100,0 2 451 Rural 7,8 66,7 0,3 74,4 25,0 100,0 2 852 Région Adamaoua 2,6 70,2 0,0 72,8 27,2 100,0 215 Centre 17,8 74,9 0,3 92,7 7,0 100,0 434 Douala 43,2 55,1 0,3 98,3 0,8 100,0 417 Est 11,0 76,1 1,4 87,1 11,2 100,0 287 Extrême-Nord 4,3 54,8 0,0 59,1 40,6 100,0 1 100 Littoral 20,6 78,1 0,5 98,6 0,9 100,0 196 Nord 1,7 63,1 0,2 64,8 34,7 100,0 564 Nord-Ouest 17,7 80,5 0,0 98,2 1,8 100,0 521 Ouest 16,0 80,6 0,0 96,6 3,1 100,0 610 Sud 19,5 73,6 1,2 93,1 5,7 100,0 219 Sud-Ouest 20,4 69,3 0,2 89,7 9,6 100,0 341 Yaoundé 41,8 54,1 0,6 95,9 2,9 100,0 399 Niveau d'instruction Aucun 3,4 54,9 0,1 58,3 41,4 100,0 1 486 Primaire 13,3 76,5 0,4 89,9 9,3 100,0 2 212 Secondaire ou plus 32,1 65,6 0,3 97,6 2,0 100,0 1 605 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 3,3 61,7 0,3 65,0 34,5 100,0 1 260 Second 7,2 68,1 0,4 75,3 24,0 100,0 1 037 Moyen 14,2 75,4 0,1 89,6 9,9 100,0 1 082 Quatrième 22,6 72,9 0,3 95,5 3,9 100,0 1 021 Le plus riche 39,8 57,3 0,2 97,1 2,4 100,0 904 Ensemble 16,2 67,1 0,3 83,4 16,1 100,0 5 303 Note : Si plus d'un prestataire de soins prénatals a été déclaré, seul le prestataire le plus qualifié est pris en compte dans ce tableau. 1 Le total inclut les non déterminés Santé de la Mère et de l’Enfant | 141 Pour être efficaces, les soins prénatals doivent être effectués à un stade précoce de la grossesse et, surtout, ils doivent se poursuivre avec une certaine régularité jusqu'à l'accouchement. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande, au moins, quatre visites prénatales, à intervalles réguliers tout au long de la grossesse. Le tableau 8.2 présente les données concernant le nombre de visites prénatales effectuées par les femmes enceintes et le stade de la grossesse à la première visite. Parmi les femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, 60 % ont effectué, au moins, les quatre visites recommandées. Dans 20 % des cas, elles n’ont effectué que 2-3 visites prénatales et, dans une très faible proportion de cas (2 %), elles n’ont effectué qu’une seule visite. Il convient de relever qu’environ une femme enceinte sur sept (16 %) n’a effectué aucune visite prénatale. Tableau 8.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse Répartition (en %) des femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, selon le nombre de visites prénatales pour la naissance la plus récente et selon le stade de la grossesse au moment de la première visite, par milieu de résidence, Cameroun 2004 Milieu de résidence Visites prénatales Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Nombre de visites prénatales Aucune 1,9 7,7 5,8 25,0 16,1 1 1,2 2,1 1,8 3,0 2,4 2-3 8,6 20,4 16,5 22,7 19,8 4+ 86,7 68,3 74,4 48,4 60,4 NSP/ND 1,6 1,5 1,5 1,0 1,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Mois de grossesse à la 1ère visite prénatale Aucun soin prénatal 1,9 7,7 5,8 25,0 16,1 <4 62,1 36,9 45,3 25,7 34,7 4-5 29,1 36,5 34,0 32,5 33,2 6-7 5,9 16,4 12,9 15,3 14,2 8+ 0,4 1,8 1,3 0,9 1,1 NSP/ND 0,6 0,7 0,7 0,7 0,7 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre médian de mois de grossesse à la 1e visite 3,7 4,4 4,1 4,7 4,4 Effectif de femmes 816 1 635 2 451 2 852 5 303 En ce qui concerne le stade de la grossesse auquel a eu lieu la première visite, on constate que, dans un peu plus d’un tiers des cas (35 %), la première visite s’est déroulée à moins de quatre mois de grossesse. Dans un tiers des cas (33 %), elle a eu lieu à 4-5 mois de grossesse et, dans 15 % des cas, elle a eu lieu après le sixième mois. Le nombre médian de mois de grossesse à la première visite est de 4,4. et la comparaison des résultats selon le milieu de résidence montre que les femmes du milieu rural se rendent plus tardivement en consultation prénatale que les autres puisque le nombre médian de mois de grossesses à la première visite s’établit à 4,7 en rural contre 4,1 en milieu urbain. Types de soins prénatals L’efficacité des soins prénatals dépend non seulement du type d’examens effectués pendant les consultations, mais aussi des conseils qui sont prodigués aux femmes. Pour cette raison, l’EDSC-III a collecté des données sur cet aspect important du suivi prénatal en demandant aux femmes si, au cours des 142 | Santé de la Mère et de l’Enfant visites prénatales, elles avaient été informées sur les signes révélateurs de complications de la grossesse, si certains examens médicaux (la prise du poids et de la taille, la vérification de la tension artérielle) avaient été effectués et si on avait procédé à des examens d’urine et de sang. En outre, on a cherché à savoir si elles avaient reçu des suppléments de fer et si elles avaient été protégées contre le paludisme par la prise d’antipaludéens. Ces résultats sont présentés au tableau 8.3 selon certaines caractéristiques socio- démographiques. Tableau 8.3 Examens au cours des visites prénatales Pourcentage de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et qui ont bénéficié de certains examens au cours des soins prénatals pour la naissance la plus récente, pourcentage de celles qui ont reçu des compléments de fer, sous forme de comprimés ou de sirop, et pourcentage de celles qui ont pris des médicaments antipaludéens, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Parmi les femmes ayant reçu des soins prénatals Caractéristique socio-démographique A été informée des signes de complications de grossesse Poids mesuré Taille mesurée Tension artérielle mesurée Urine prélevée Sang prélevé Effectif A reçu du fer en comprimés ou en sirop A reçu des médicaments antipaludéens Effectif de femmes ayant effectué des visites prénatales Âge à la naissance <20 36,1 94,0 69,4 90,7 78,4 77,9 941 71,2 54,6 1 124 20-34 39,1 96,4 70,0 94,6 85,2 83,4 2,913 74,6 61,9 3 474 35-49 38,7 96,9 73,0 95,4 85,8 84,4 581 70,3 61,8 706 Rang de naissance 1 36,5 95,6 71,6 93,2 86,2 85,7 1,093 79,1 64,5 1 215 2-3 39,7 95,6 69,3 94,6 84,5 83,6 1,491 77,8 62,8 1 741 4-5 38,2 96,8 71,9 94,8 83,5 80,9 885 72,7 58,8 1 067 6+ 38,7 96,1 68,7 92,7 80,3 78,0 966 62,3 54,3 1 281 Milieu de residence Yaoundé/Douala 32,3 97,9 73,7 98,7 96,3 93,7 796 94,2 87,3 816 Autres villes 41,7 96,5 73,2 94,7 88,6 87,3 1,507 81,5 67,4 1 635 Ensemble urbain 38,4 97,0 73,4 96,1 91,3 89,5 2,303 85,7 74,1 2 451 Rural 38,4 94,8 66,8 91,5 75,8 74,6 2,132 62,7 48,5 2 852 Région Adamaoua 25,9 96,9 83,9 96,9 79,0 80,8 157 66,9 51,2 215 Centre 24,0 96,8 74,4 96,2 89,2 90,2 404 86,9 82,0 434 Douala 22,9 97,7 76,5 99,7 97,4 95,7 411 94,4 87,0 417 Est 40,8 93,5 77,9 91,3 82,7 82,5 254 75,3 67,7 287 Extrême-Nord 44,9 92,8 52,8 81,5 55,9 48,9 650 38,9 30,0 1 100 Littoral 21,6 96,4 54,2 95,6 95,7 94,3 195 91,8 78,2 196 Nord 22,8 94,7 85,3 87,3 44,9 44,1 366 59,9 36,1 564 Nord-Ouest 72,3 99,1 79,9 98,6 98,7 98,3 511 84,7 53,1 521 Ouest 27,0 95,1 70,9 97,0 97,3 96,3 589 88,4 79,2 610 Sud 18,4 93,6 60,3 95,7 87,0 88,3 207 87,8 79,8 219 Sud-Ouest 72,1 97,0 60,8 96,7 92,9 94,9 306 77,3 60,1 341 Yaoundé 42,4 98,2 70,7 97,6 95,1 91,5 385 94,1 87,6 399 Niveau d'instruction Aucun 37,1 92,6 65,3 86,1 56,4 55,2 869 44,8 31,3 1 486 Primaire 39,8 96,0 70,2 94,2 86,7 85,1 1,996 78,2 63,5 2 212 Secondaire ou plus 37,3 97,7 73,1 97,7 95,3 93,9 1,571 93,1 82,8 1 605 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 39,1 93,4 66,9 88,0 62,6 60,7 823 50,3 33,2 1 260 Second 36,5 94,0 63,9 89,5 74,5 73,6 784 61,5 49,4 1 037 Moyen 37,3 96,5 68,6 95,1 87,3 86,8 970 81,0 65,7 1 082 Quatrième 40,2 96,8 74,8 96,8 94,0 92,4 978 87,9 76,0 1 021 Le plus riche 38,7 98,5 75,8 98,7 96,8 94,3 880 93,4 86,6 904 Ensemble 38,4 95,9 70,2 93,9 83,8 82,3 4,436 73,3 60,3 5 303 Santé de la Mère et de l’Enfant | 143 On constate, en premier lieu, qu’un peu moins de deux femmes sur cinq (38 %) ont été informées des signes de complications de la grossesse. Les variations selon les caractéristiques socio- démographiques des femmes sont assez faibles ; néanmoins, à Douala, dans le Centre, le Littoral, le Nord et le Sud, moins d’un quart des femmes ont été informées sur les signes de complications de la grossesse. La mesure du poids et le contrôle de la tension artérielle sont, de loin, les examens les plus fréquemment effectués par les prestataires de santé lors des visites prénatales (respectivement 96 % et 94 %), suivis des prélèvements d’urine (84 %) et de sang (82 %). Dans seulement 70 % des cas, la taille a été mesurée. Les résultats selon les caractéristiques socio-démographiques montrent que, globalement, les femmes du milieu rural, celles n’ayant aucun niveau d’instruction et celles vivant dans les ménages les plus pauvres sont celles qui ont le moins fréquemment bénéficié de ces examens au cours des visites prénatales. En outre, un peu moins des trois-quarts des femmes (73 %) ont reçu des suppléments de fer, que ce soit sous forme de comprimés ou de sirop pendant leur grossesse et une proportion un peu plus faible (60 %) a pris des antipaludéens. Ce sont les femmes qui ont le moins fréquemment bénéficié de soins prénatals qui ont aussi le moins fréquemment reçu de supplément de fer et d’une protection contre le paludisme par des antipaludéens. Vaccination antitétanique Le tétanos néonatal est une cause importante de décès des nouveau-nés dans la plupart des pays en développement. L'injection antitétanique faite à la mère pendant la grossesse permet, non seulement de la protéger, mais aussi de protéger l'enfant contre cette maladie. Pour une protection complète, une femme enceinte devrait recevoir deux doses de vaccin pendant la grossesse; toutefois, si elle a déjà été vaccinée, par exemple lors d'une grossesse précédente, une seule dose est nécessaire. Les données du tableau 8.4 montrent que 72 % des femmes ayant eu une naissance au cours des cinq années précédant l’enquête ont reçu une dose ou deux doses ou plus de vaccin antitétanique au cours de leur dernière grossesse. Celles qui ont reçu deux doses ou plus de vaccin (53 %) sont, elles et leur nouveau-né, complètement protégées ; celles n’ayant reçu qu’une dose (19 %) le sont aussi si elles avaient été vaccinées précédemment. Ce sont les naissances issues des mères les plus jeunes qui sont les mieux protégées : pour 74 % des naissances issues de femmes de moins de vingt ans, la mère a reçu une ou deux doses de vaccin pendant sa grossesse contre 69 % pour les naissances issues de mères âgées de 35 ans ou plus. De même, les naissances de premier rang sont légèrement mieux protégées que celles de rangs élevés : 79 % et plus pour les naissances de rang 1 contre 65 % pour les naissances de rang 6 ou plus. Par ailleurs, des différences importantes apparaissent selon le milieu de résidence (80 % de couverture vaccinale à Yaoundé/Douala, contre 77 % dans les Autres villes et 68 % en milieu rural), et selon la région où la couverture varie de 57 % seulement dans le Nord et 58 % dans l’Extrême-Nord à 88 % dans le Nord-Ouest. Par ailleurs, la couverture vaccinale antitétanique varie avec le niveau d’instruction de la femme, une femme sans niveau d’instruction sur deux étant protégée (54 %) contre 82 % de celles qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus. De même, ce sont les femmes vivant dans les ménages les plus aisés qui sont les plus fréquemment protégées. 144 | Santé de la Mère et de l’Enfant Tableau 8.4 Vaccination antitétanique Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par nombren d'injections antitétanique reçues durant la grossesse pour la naissance la plus récente, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Aucune Une injection Deux injections ou plus Ne sait pas/ND Total Effectif Âge à la naissance <20 24,7 19,9 54,0 1,3 100,0 1 124 20-34 25,2 19,1 53,5 2,2 100,0 3 474 35-49 29,0 17,7 51,5 1,8 100,0 706 Rang de naissance 1 19,4 18,6 60,1 1,9 100,0 1 215 2-3 24,4 18,4 54,7 2,5 100,0 1 741 4-5 25,2 22,1 50,9 1,9 100,0 1 067 6+ 33,4 18,1 47,2 1,3 100,0 1 281 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 17,3 17,0 63,1 2,6 100,0 816 Autres villes 20,4 20,6 56,3 2,7 100,0 1 635 Ensemble urbain 19,4 19,4 58,6 2,6 100,0 2 451 Rural 30,9 18,9 48,8 1,4 100,0 2 852 Région Adamaoua 36,5 18,5 43,2 1,7 100,0 215 Centre 18,9 14,6 65,9 0,5 100,0 434 Douala 12,4 18,6 66,1 2,8 100,0 417 Est 19,3 22,6 56,8 1,3 100,0 287 Extrême-Nord 40,6 16,2 41,4 1,8 100,0 1 100 Littoral 16,4 25,8 55,4 2,4 100,0 196 Nord 42,4 11,4 45,2 1,0 100,0 564 Nord-Ouest 9,0 34,2 53,7 3,0 100,0 521 Ouest 18,7 17,5 60,6 3,1 100,0 610 Sud 22,5 23,3 53,3 0,9 100,0 219 Sud-Ouest 21,0 22,5 54,7 1,9 100,0 341 Yaoundé 22,4 15,3 60,0 2,4 100,0 399 Niveau d'instruction Aucun 44,6 15,6 37,9 1,8 100,0 1 486 Primaire 19,9 21,8 56,5 1,8 100,0 2 212 Secondaire ou plus 15,8 18,6 63,3 2,3 100,0 1 605 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 39,4 18,4 40,7 1,5 100,0 1 260 Second 28,8 20,4 49,7 1,1 100,0 1 037 Moyen 21,6 20,5 55,9 1,9 100,0 1 082 Quatrième 17,0 18,3 62,6 2,1 100,0 1 021 Le plus riche 17,2 17,9 61,5 3,4 100,0 904 Ensemble 25,6 19,1 53,3 2,0 100,0 5 303 8.1.2 Accouchement Lieu d‘accouchement Parmi les naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, 40 % se sont déroulées à la maison (tableau 8.5). Les naissances qui sont les plus fréquemment survenues à la maison Santé de la Mère et de l’Enfant | 145 sont celles du milieu rural (58 %), celles des femmes sans niveau d’instruction (78 %), les naissances des femmes n’ayant reçu aucun soins prénatals (89 %) et celles des ménages les plus pauvres (71 %). En outre, pour environ les trois quarts des naissances des régions Nord (78 %), et Extrême-Nord (74 %), les femmes ont accouché à la maison. À l’opposé, pour plus de la moitié des naissances du milieu urbain, les femmes ont accouché dans un établissement de santé du secteur public (57 %), et 25 % dans un établissement privé. Il en est de même des naissances des femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (60 % en établissement public et 29 % en privé) et des naissances des femmes vivant dans les ménages les plus riches (66 % en secteur public et 26 % en secteur privé). Tableau 8.5 Lieu de l'accouchement Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par lieu d'accouchement, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Établissement de santé Caractéristique socio-démographique Secteur public Secteur privé Maison Autre/ND Total Nombre de naissances Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 42,8 15,1 40,9 1,1 100,0 1 843 20-34 41,0 18,7 39,4 1,0 100,0 5 368 35-49 40,4 17,0 41,5 1,0 100,0 886 Rang de naissance 1 52,3 20,4 26,7 0,6 100,0 1 902 2-3 41,7 18,8 38,2 1,3 100,0 2 733 4-5 37,7 16,9 44,4 1,1 100,0 1 662 6+ 32,6 13,9 52,6 0,9 100,0 1 800 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 63,0 29,9 5,5 1,6 100,0 1 104 Autres villes 53,9 22,0 23,0 1,1 100,0 2 447 Ensemble urbain 56,7 24,5 17,5 1,3 100,0 3 550 Rural 29,3 12,4 57,5 0,8 100,0 4 547 Région Adamaoua 25,0 9,1 65,3 0,6 100,0 337 Centre 48,1 17,1 33,4 1,4 100,0 657 Douala 65,4 29,9 3,3 1,4 100,0 576 Est 33,8 6,7 57,7 1,7 100,0 450 Extrême-Nord 21,1 4,6 73,6 0,7 100,0 1 787 Littoral 53,7 38,7 7,0 0,6 100,0 291 Nord 20,4 0,5 78,2 1,0 100,0 954 Nord-Ouest 54,1 33,7 11,5 0,7 100,0 769 Ouest 60,4 29,3 9,4 0,9 100,0 956 Sud 45,6 17,8 35,2 1,5 100,0 313 Sud-Ouest 49,1 27,8 22,3 0,8 100,0 480 Yaoundé 60,4 29,8 8,0 1,8 100,0 527 Niveau d'instruction de la mère Aucun 17,5 4,1 77,9 0,6 100,0 2 397 Primaire 46,0 19,9 32,8 1,4 100,0 3 462 Secondaire ou plus 59,7 28,8 10,6 1,0 100,0 2 238 Soins prénatals1 Aucun 7,9 2,3 89,3 0,5 100,0 853 1-3 39,7 15,4 43,9 1,0 100,0 1 180 4+ 53,5 24,8 21,1 0,6 100,0 3 204 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 19,4 8,2 71,3 1,1 100,0 2 058 Second 29,4 13,1 56,8 0,7 100,0 1 648 Moyen 48,8 19,4 30,6 1,2 100,0 1 681 Quatrième 56,6 27,4 14,7 1,4 100,0 1 489 Le plus riche 65,6 25,6 8,1 0,7 100,0 1 221 Ensemble2 41,3 17,7 40,0 1,0 100,0 8 097 1 Concerne seulement la naissance la plus récente au cours des cinq dernières années. 2 Y compris les cas de soins prénatals non déterminés. 146 | Santé de la Mère et de l’Enfant Assistance à l’accouchement L’analyse des données du tableau 8.6 montre que près des deux tiers des naissances (62 %) se sont déroulées avec l’assistance de personnel formé, en majorité des sages-femmes, des infirmières ou des aides-soignantes (54 %) ; dans seulement 8 % des cas, les médecins ont assisté les accouchements. À l’opposé, on relève que plus d’une naissance sur cinq (21 %) s’est déroulée avec la seule assistance des parents et amis et que, dans 12 % des cas, c’est une accoucheuse traditionnelle qui a assisté l’accouchement. Enfin, il convient de souligner que 5 % des naissances ont survenues sans assistance. Du point de vue des caractéristiques socio-démographiques, on retrouve ici les mêmes variations que celles constatées pour les soins prénatals et pour le lieu d’accouchement. Tableau 8.6 Assistance lors de l'accouchement Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête par type d'assistance durant l'accouchement, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Médecin Infirmière, sage femme, aide soignante Total du personnel formé Accoucheuse traditionnelle Parent, autre Personne Total1 Nombre de naissances Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 7,0 53,3 60,3 12,6 22,3 4,2 100,0 1 843 20-34 8,0 54,5 62,5 11,4 20,5 5,3 100,0 5 368 35-49 8,8 51,9 60,7 13,4 17,3 8,4 100,0 886 Rang de naissance 1 11,5 63,6 75,2 7,3 15,3 1,8 100,0 1 902 2-3 7,6 55,5 63,2 11,5 20,7 4,1 100,0 2 733 4-5 7,1 50,5 57,6 13,4 22,6 6,2 100,0 1 662 6+ 5,0 44,4 49,4 16,0 24,0 10,3 100,0 1 800 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 24,5 71,2 95,7 1,2 2,2 0,0 100,0 1 104 Autres villes 7,9 71,2 79,1 4,3 11,9 4,3 100,0 2 447 Ensemble urbain 13,0 71,2 84,2 3,3 8,9 3,0 100,0 3 550 Rural 3,8 40,4 44,2 18,6 29,7 7,3 100,0 4 547 Région Adamaoua 1,2 35,9 37,1 1,7 50,0 10,9 100,0 337 Centre 8,8 65,4 74,2 11,9 13,0 0,8 100,0 657 Douala 22,7 74,4 97,1 0,4 1,8 0,0 100,0 576 Est 5,1 42,6 47,7 10,6 38,9 2,5 100,0 450 Extrême-Nord 1,7 24,9 26,5 37,2 17,5 18,5 100,0 1 787 Littoral 11,0 82,8 93,8 2,2 3,1 0,2 100,0 291 Nord 0,8 21,5 22,3 2,6 69,8 4,9 100,0 954 Nord-Ouest 6,6 80,9 87,5 5,3 6,1 0,3 100,0 769 Ouest 7,3 86,0 93,3 2,1 4,4 0,1 100,0 956 Sud 10,5 60,1 70,6 9,0 20,1 0,3 100,0 313 Sud-Ouest 11,8 66,0 77,8 7,1 14,9 0,0 100,0 480 Yaoundé 26,5 67,7 94,2 2,0 2,7 0,0 100,0 527 Niveau d'instruction de la mère Aucun 1,0 21,9 22,8 22,8 39,8 14,3 100,0 2 397 Primaire 6,6 62,8 69,4 10,3 17,5 2,4 100,0 3 462 Secondaire ou plus 17,1 74,6 91,8 2,7 4,7 0,5 100,0 2 238 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,8 27,5 29,3 22,4 39,1 8,8 100,0 2 058 Second 2,8 41,9 44,7 19,3 26,1 9,8 100,0 1 648 Moyen 6,8 65,8 72,7 7,2 16,1 3,8 100,0 1 681 Quatrième 11,7 74,8 86,5 3,1 7,8 1,7 100,0 1 489 Le plus riche 21,6 72,9 94,4 1,4 3,5 0,4 100,0 1 221 Ensemble 7,8 53,9 61,8 11,9 20,6 5,4 100,0 8 097 Note : Si l'enquêtée a déclaré que plus d'une personne a assisté l'accouchement, seule la personne la plus qualifiée a été prise en compte dans ce tableau. 1 Y compris les non déterminés. Santé de la Mère et de l’Enfant | 147 Accouchement et caractéristiques du nouveau-né Au cours de l’enquête, on a demandé, aux femmes qui avaient eu une naissance vivante au cours des cinq dernières années, si l’accouchement avait eu lieu par césarienne et quels étaient le poids et la grosseur de l’enfant à la naissance. Dans 2 % des cas, les naissances se sont déroulées par césarienne (tableau 8.7). Le recours à cette intervention, bien que très faible, est plus fréquent à Yaoundé/Douala (5 %) et dans les Autres villes (3 %) qu’en milieu rural (moins d’un pour cent) où les infrastructures médicales nécessaires à cette procédure n’existent généralement pas. Comme on pouvait s’y attendre, la césarienne est plus fréquemment utilisée pour les naissances de premier rang (3 %) que pour les naissances de rang élevé. Mis à part à Yaoundé et Douala, plus de 4 % de naissances ont eu lieu par césarienne dans le Sud-Ouest et le Littoral, régions où 11 % ou plus des naissances sont assistées par un médecin. Le tableau 8.7 présente également les résultats concernant le poids des enfants à la naissance. D'après les carnets de santé ou les déclarations de la mère, on ne connaît le poids à la naissance des enfants que dans 57 % des cas : 51 % avaient un poids égal ou supérieur à 2 500 grammes alors que 5 % étaient de faible poids (moins de 2 500 grammes). La proportion d’enfants pour lesquels on connaît le poids à la naissance varie fortement selon les caractéristiques socio-démographiques, passant de 95 % à Yaoundé/Douala à un minimum de 18 % dans le Nord et 17 % chez les femmes sans instruction. Du fait de la forte proportion de données non disponibles et des variations très importantes de cette proportion selon les différentes variables socio-démographiques, le pourcentage d’enfants de faible poids à la naissance est fortement biaisé (très certainement dans le sens d’une sous-estimation) et doit donc être utilisée avec beaucoup de prudence. À la question très subjective : « Quand votre enfant est né, était-il très gros, plus gros que la moyenne, moyen, plus petit que la moyenne ou très petit ? », les mères ont répondu dans 80 % des cas, qu’elles estimaient que l’enfant était moyen ou plus gros que la moyenne. Dans 10 % des cas, elles ont déclaré qu’il était plus petit que la moyenne et, enfin dans 8 % des cas, qu’il était très petit. Ce sont les femmes qui avaient moins de 20 ans à la naissance de leur enfant (10 %), celles de l’Extrême Nord (16 %) et celles sans niveau d’instruction (13 %) qui ont déclaré le plus fréquemment que leur enfant était très petit à la naissance. Pour 56 % d'enfants, on dispose à la fois du poids à la naissance et de l'opinion de leur mère sur leur grosseur. En combinant ces deux types d'informations pour les 56 % d'enfants ayant un poids déclaré à la naissance, il est possible de déterminer quel est le pourcentage de chaque catégorie (moyen ou gros, plus petit que la moyenne et très petit) qui correspond à des faibles poids à la naissance (moins de 2 500 grammes). En appliquant cette classification à l'ensemble des enfants nés durant les cinq dernières années et pour lesquels on connaît la grosseur d'après leur mère, on estimerait à 12 % la proportion d'enfants de faible poids à la naissance (moins de 2 500 grammes). Bien qu'il ne s'agisse ici que d'une estimation très approximative, ce résultat est moins biaisé que celui (5 %) concernant les seuls enfants qui ont été pesés. 148 | Santé de la Mère et de l’Enfant Tableau 8.7 Caractéristiques de l'accouchement Pourcentage de naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête selon que l'accouchement a été effectué, ou non par césarienne, répartition (en %) du poids de l'enfant à la naissance et de sa grosseur estimée par la mère, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Poids de l'enfant Grosseur de l'enfant à la naissance Caractéristique socio-démographique Accouche- ment par césarienne Non pesé Moins de 2.5 kg 2.5 kg ou plus NSP/ ND Total Très petit Plus petit que la moyenne Moyen ou plus gros que la moyenne NSP/ ND Total Nombre de naissances Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 2,2 39,7 7,4 46,0 6,9 100,0 10,3 12,4 76,1 1,2 100,0 1 843 20-34 2,0 37,1 4,7 52,6 5,6 100,0 6,9 9,9 81,7 1,5 100,0 5 368 35-49 1,7 40,0 4,7 47,9 7,5 100,0 7,2 9,0 81,6 2,3 100,0 886 Rang de naissance 1 3,4 25,4 9,2 59,5 5,8 100,0 9,0 12,3 77,7 1,0 100,0 1 902 2-3 2,0 36,7 4,4 52,9 6,0 100,0 6,9 9,7 81,9 1,5 100,0 2 733 4-5 1,3 42,7 3,6 47,7 6,0 100,0 6,0 9,9 82,3 1,8 100,0 1 662 6+ 1,1 49,0 4,3 40,2 6,5 100,0 9,3 9,9 79,2 1,7 100,0 1 800 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 4,9 3,3 7,5 87,1 2,1 100,0 4,9 8,2 85,2 1,7 100,0 1 104 Autres villes 3,1 18,8 8,1 65,2 8,0 100,0 7,0 9,3 82,1 1,6 100,0 2 447 Ensemble urbain 3,7 14,0 7,9 72,0 6,2 100,0 6,4 9,0 83,1 1,6 100,0 3 550 Rural 0,7 56,8 3,4 33,8 6,0 100,0 8,8 11,5 78,3 1,4 100,0 4 547 Région Adamaoua 0,6 65,1 1,2 26,2 7,5 100,0 4,0 10,0 85,0 1,1 100,0 337 Centre 0,7 33,1 6,5 58,1 2,2 100,0 4,3 8,4 87,0 0,2 100,0 657 Douala 5,1 1,4 7,8 88,8 2,0 100,0 5,3 7,4 85,5 1,8 100,0 576 Est 0,8 50,0 4,4 41,2 4,4 100,0 9,7 11,7 78,1 0,5 100,0 450 Extrême-Nord 0,4 70,4 2,5 21,9 5,2 100,0 15,8 12,2 70,9 1,2 100,0 1 787 Littoral 4,7 6,0 9,3 80,2 4,5 100,0 6,8 8,0 84,2 0,9 100,0 291 Nord 0,3 75,4 2,8 14,7 7,1 100,0 6,2 21,4 72,1 0,3 100,0 954 Nord-Ouest 3,1 10,6 5,9 67,9 15,6 100,0 1,9 7,8 88,7 1,6 100,0 769 Ouest 2,2 9,9 9,3 75,3 5,5 100,0 7,8 3,8 83,0 5,3 100,0 956 Sud 2,9 35,1 8,1 50,5 6,4 100,0 8,1 10,2 81,3 0,5 100,0 313 Sud-Ouest 4,4 21,1 5,0 65,1 8,8 100,0 2,3 7,2 89,8 0,7 100,0 480 Yaoundé 4,7 5,3 7,1 85,3 2,2 100,0 4,5 9,1 84,9 1,6 100,0 527 Niveau d'instruction de la mère Aucun 0,4 75,1 2,1 15,2 7,5 100,0 12,7 15,5 70,9 0,9 100,0 2 397 Primaire 1,7 31,1 5,9 56,0 7,1 100,0 5,9 8,1 83,9 2,1 100,0 3 462 Secondaire ou plus 4,2 9,1 7,9 80,0 3,0 100,0 5,2 8,5 85,2 1,1 100,0 2 238 Ensemble 2,0 38,0 5,3 50,6 6,1 100,0 7,7 10,4 80,4 1,5 100,0 8 097 8.1.3 Examens postnatals Une proportion importante de décès maternels et de décès de nouveaux-nés qui surviennent dans la période néonatale se produisent dans les 48 heures qui suivent l’accouchement. C’est pour cette raison que les programmes de maternité sans risque ont récemment mis un accent particulier sur l’importance des examens postnatals, en recommandant que toutes le femmes fassent une visite postnatale dans les deux jours qui suivent l’accouchement. Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes dont la dernière naissance s’était déroulée en dehors d’un établissement sanitaire si, après l’accouchement, elles avaient effectué un examen postnatal et combien de temps après l’accouchement cet examen avait eu lieu. Santé de la Mère et de l’Enfant | 149 Tableau 8.8 Examens postnatals Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et qui s'est déroulée en dehors d'un établissement sanitaire, en fonction du moment où les examens postnatals ont été effectués pour la naissance la plus récente, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Temps écoulé avant le premier examen postnatal Caractéristique socio-démographique 0-2 jours après accouche- ment 3-6 jours après accouche- ment 7-41 jours après accouche- ment Aucune visite postnatale1 Total2 Effectif Âge à la naissance <20 28,2 1,5 4,8 65,2 100,0 430 20-34 30,1 1,5 3,5 64,7 100,0 1 302 35-49 24,7 0,8 4,2 69,4 100,0 291 Rang de naissance 1 30,4 1,1 5,5 62,6 100,0 302 2-3 28,3 1,7 4,6 65,1 100,0 621 4-5 30,5 2,1 3,2 64,2 100,0 435 6+ 27,9 0,9 2,8 68,1 100,0 666 Milieu de résidence Yaoundé/Douala (29,2) (4,2) (8,3) (58,3) (100,0) 56 Autres villes 31,8 2,3 8,0 57,5 100,0 366 Ensemble urbain 31,5 2,5 8,1 57,7 100,0 422 Rural 28,3 1,2 2,8 67,6 100,0 1 602 Région Adamaoua 6,1 1,5 5,9 86,6 100,0 137 Centre 33,6 2,7 3,4 59,7 100,0 137 Douala * * * * * 16 Est 13,2 4,0 9,0 73,5 100,0 162 Extrême-Nord 45,7 0,6 3,4 50,1 100,0 798 Littoral * * * * * 14 Nord 6,4 0,2 2,2 91,0 100,0 456 Nord-Ouest 55,4 1,8 5,4 35,6 100,0 61 Ouest 40,9 5,4 5,4 48,4 100,0 56 Sud 17,1 2,8 1,3 78,9 100,0 80 Sud-Ouest 36,4 3,0 1,2 59,3 100,0 66 Yaoundé (26,5) (2,9) (11,8) (58,8) (100,0) 40 Niveau d'instruction Aucun 27,6 0,8 2,8 68,6 100,0 1 155 Primaire 30,4 1,9 5,3 61,9 100,0 703 Secondaire ou plus 31,9 4,0 5,2 58,9 100,0 166 Ensemble 28,9 1,4 3,9 65,5 100,0 2 024 1 Y compris les femmes ayant recu les premiers soins postnatals après 41 jours. 2 Y compris les non déterminés ( ) Basé sur trop peu de cas non pondérés * Basé sur un faible nombre de cas non pondérés 150 | Santé de la Mère et de l’Enfant Les résultats sont présentés au tableau 8.8. On constate que parmi les femmes qui n’ont pas accouché dans un établissement sanitaire, près des deux tiers n’ont bénéficié d’aucun suivi postnatal (66 %). Par contre, environ un tiers des femmes (34 %) qui n’ont pas accouché dans un établissement sanitaire ont effectué une consultation pour le suivi de leur santé et celle de leur nouveau-né. La majorité de ces femmes (29 %) ont suivi les recommandations en se rendant en consultation dans les deux jours qui ont suivi l’accouchement. La proportion de femmes qui ont effectué un suivi postnatal ne varie que très peu selon l’âge de la mère à la naissance de l’enfant et selon le rang de naissance. Par contre, les femmes du milieu urbain ont reçu plus fréquemment des soins postnatals que celles du milieu rural (42 % contre 32 %), ces dernières étant aussi celles qui accouchent le moins fréquemment en milieu sanitaire. Par contre, on ne constate que peu d’écart entre les proportions de femmes urbaines et de femmes rurales qui effectuent les visites postnatales dans les 48 heures suivant la naissance (32 % contre 28 %). Il en est de même selon le niveau d’instruction. Ce sont les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus qui sont aussi celles qui accouchent le plus souvent en établissement sanitaire qui vont le plus fréquemment en visite postnatale (41 % contre 31 % pour les femmes sans aucun niveau instruction). Les résultats montrent des tendances divergentes selon les régions. Ainsi, dans le Nord, où 78 % de femmes n’accouchent pas dans un établissement sanitaire, seulement 9 % d’entre elles vont en consultation postnatale. Il en est de même dans l’Adamaoua, où 65 % des femmes accouchent à la maison et seulement 14 % vont en visite postnatale. Par contre dans l’Extrême Nord où 74 % des femmes accouchent à la maison, 50 % d’entre elles ont des soins postnatals. 8.1.4 Santé de la reproduction et statut de la femme Le tableau 8.9 présente trois indicateurs de la santé de la reproduction selon trois indicateurs du statut de la femme. Malgré quelques variations irrégulières, globalement, il semble exister une association positive entre le nombre de décisions auxquelles participe la femme et les soins prénatals, les soins postnatals et l’assistance à l’accouchement par un professionnel de la santé. En effet, ce sont les femmes qui sont impliquées dans 3-4 prises de décisions qui bénéficient le plus fréquemment de soins prénatals (89 %) et postnatals (80 %) et dont l’accouchement est le plus fréquemment assisté par un professionnel de la santé (72 %) : ces proportions sont respectivement de 71 %, 65 % et 46 % seulement quand la femme n’est associée à aucune prise de décision. De même, il semble exister une association positive entre le nombre de raisons justifiant le refus d’avoir des rapports sexuels avec le mari et les indicateurs de santé de la reproduction. En effet, ce sont les femmes qui ont reconnu 3-4 raisons justifiant le refus de rapports sexuels qui bénéficient le plus fréquemment de soins prénatals (86 %) et postnatals (77 %) et dont les naissances sont les plus fréquemment assistées par un professionnel de la santé (66 %). À l’inverse, quand la femme pense qu’il n’y a aucune raison qui justifie qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari, ces proportions sont respectivement de 65 %, 49 % et 38 %. On retrouve le même type de relation selon le troisième indicateur du statut de la femme. Les femmes qui ont le plus fréquemment bénéficié de soins prénatals et postnatals et les femmes dont l’accouchement leurs enfants est le plus fréquemment assisté par un professionnel de la santé sont aussi celles qui pensent qu’il n’existe aucune raison qui justifie qu’un homme batte sa femme. Santé de la Mère et de l’Enfant | 151 Tableau 8.9 Santé reproductive et statut de la femme Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et qui ont reçu, pour la naissance la plus récente, des soins prénatals et postnatals par un professionnel de la santé et pourcentages de naissances qui se sont déroulées avec l'assistance d'un professionnel de la santé, selon les indicateurs du statut de la femme, Cameroun 2004 Indicateur du statut de la femme % ayant reçu des soins prénatals dispensés par un médecin, une infirmière/sage femme % examinées au cours des 2 jours ayant suivi l'accouchement Effectif de femmes % dont l'accouchement a été assisté par médecin, infirmière/sage femme Effectif de naissances Nombre de décisions prises par la femme 0 71,0 64,8 126 45,6 1 539 1-2 84,2 71,2 1 947 60,7 3 075 3-4 88,9 79,5 1 173 72,2 1 781 5 87,4 76,1 1 157 67,4 1 702 Nombre de raisons justifiant de refuser les rapports sexuels avec le mari 0 65,4 49,1 193 37,9 290 1-2 77,5 58,6 949 49,9 1 496 3-4 85,5 77,2 4 161 65,7 6 311 Nombre de raisons justifiant qu'un homme batte sa femme 0 84,0 70,1 2 215 61,3 3 285 1-2 88,0 77,1 1 537 70,1 2 368 3-4 85,4 78,5 945 66,6 1 453 5 66,0 63,5 606 36,4 991 Ensemble 83,4 72,9 5 303 61,8 8 097 1 Y compris les mères qui ont accouché dans un établissement sanitaire. 2 Soit seule ou en commun avec quelqu'un d'autre. 8.1.5 Tendances La comparaison des résultats de l’EDSC-I et de l’EDSC-II (graphique 7.2) permet de constater qu’aucune amélioration n’avait eu lieu, entre 1991 et 1998, en ce qui concerne les soins prénatals. En effet, le pourcentage de naissances pour lesquelles la mère a bénéficié de consultation prénatale auprès de personnel médical (79 %) et le pourcentage de naissances pour lesquelles la mère a reçu, au moins, une dose de vaccin antitétanique (69 %) n’avaient connu aucune augmentation. En ce qui concerne les conditions d’accouchement, celles-ci s’étaient même détériorées puisque 54 % des naissances ont eu lieu en établissement sanitaire, en 1998, contre 63 % en 1991; de même, en 1998, 58 % des naissances avaient été assistées par du personnel médical, contre 64 % en 1991. La comparaison des résultats de l’EDSC-III avec ceux des deux précédentes enquêtes (1998 et 1991) ne font apparaître que de faibles changements dans les indicateurs de santé de la reproduction (graphique 8.1). 152 | Santé de la Mère et de l’Enfant Graphique 8.1 Soins prénatals, assistance à l’accouchement et lieu d’accouchement 79 64 64 79 58 54 83 62 59 Soins prénatals Assistance à l'accouchement Accouchement en établissement sanitaire 0 20 40 60 80 100 Pourcentage EDSC-I 1991 EDSC-II 1998 EDSC-III 2004 La proportion de femmes ayant effectué des visites prénatales auprès de personnel qualifié qui n’avait pas changé de 1991 à 1998 (79 %) s’est légèrement améliorée pour atteindre 83 % en 2004. De même, le niveau de couverture vaccinale contre le tétanos néonatal s’est très légèrement amélioré : en 1998, 69 % des femmes avaient reçu, au moins, une injection antitétanique pendant la grossesse, en 2004, cette proportion atteint 72 %. En ce qui concerne l’accouchement avec assistance de personnel qualifié, la situation s’était détériorée entre 1991 et 1998, la proportion passant de 64 % d’accouchements assistés à 58 %. En 2004, la situation s’est légèrement améliorée puisque la proportion atteint 62 %. Cependant, en 2004, la proportion de femmes ayant accouché avec l’assistance de personnel formé reste inférieure à celle de 1991 (62 % contre 64 %). Il en est de même pour l’accouchement dans un établissement sanitaire. En 1991, 64 % des femmes accouchaient dans un établissement sanitaire et cette proportion avait chuté en 1998 pour atteindre 54 %. La situation en 2004 s’est légèrement améliorée (59 %) sans pour autant retrouver le niveau de 1991. 8.2 VACCINATION DES ENFANTS Pour tous les enfants nés au cours des cinq dernières années, on a collecté des informations sur la vaccination dans le but d’évaluer le Programme Élargi de Vaccinations (PEV) du Cameroun. Conformément aux recommandations de l'OMS, suivies par le PEV du Cameroun, un enfant est complètement vacciné lorsqu'il a reçu le BCG (protection contre la tuberculose), le vaccin contre la rougeole et trois doses de vaccin contre la polio et trois doses de DTCoq (contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche). En outre, depuis quelques années, une première dose de vaccin contre la polio (polio 0) est donnée à la naissance. D'après le calendrier vaccinal, tous ces vaccins doivent être administrés avant l'âge d'un an. Une femme qui va en consultation prénatale reçoit, en principe, un carnet prénatal sur lequel sont reportés les résultats des visites prénatales, l'issue de l'accouchement, ainsi que le suivi et les vaccinations des enfants. Si la mère ne dispose pas de ce carnet, l'enfant présenté en consultation reçoit un carnet de vaccination où sont inscrites les différentes vaccinations qui lui sont administrées. Selon les Santé de la Mère et de l’Enfant | 153 recommandations de l'OMS (OMS, 1991), la collecte des données sur la vaccination a été faite de deux manières différentes. Lorsque la mère disposait d’un carnet de vaccination, les enquêtrices recopiaient les informations qui y étaient inscrites. Dans le cas où la mère ne disposait pas d’un tel document (soit elle ne l’avait jamais eu, soit il n'était pas disponible au moment de l'enquête, soit elle l’avait perdu), on lui demandait si son enfant avait reçu le BCG (caractérisé par la cicatrice que laisse généralement la vaccination), le vaccin contre la polio, c’est-à-dire des gouttes dans la bouche (y compris le nombre de doses), le DTCoq, administré par injection, en principe, en même temps que la Polio (y compris le nombre de doses), et le vaccin contre la rougeole. Que ce soit à partir des carnets ou à partir des déclarations de la mère, on a également collecté des données sur la vaccination contre la fièvre jaune bien que la vaccination contre cette maladie vient seulement d’être intégrée au PEV. Le tableau 8.10 présente les résultats sur la couverture vaccinale selon les différentes sources d’information pour les enfants de 12-23 mois, c’est-à-dire ceux qui, d’après les recommandations de l’OMS, ont atteint l’âge où ils devraient être complètement vaccinés. Dans 57 % des cas, la couverture vaccinale est mesurée à partir des cartes ou des carnets de vaccination, pour les autres cas (43 %) la couverture vaccinale est établie à partir des déclarations de la mère. Tableau 8.10 Vaccinations selon les sources d'information Pourcentage d'enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins déterminés, quel que soit l'âge à la vaccination, et pourcentage de ceux qui ont été vaccinés avant l'âge de 12 mois, selon que l'information provient d'un carnet de vaccination ou des déclarations de la mère, Cameroun 2004 DTCoq Polio1Source d'information BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rougeole Tous les vaccins sans fièvre jaune2 Aucune vaccina- tion Fièvre jaune Tous les vaccins avec fièvre jaune Effectif d'enfants Vacciné à n'importe quel âge avant 'enquête Carnet de vaccination 55,5 55,6 52,9 49,8 50,3 55,9 53,2 50,3 44,1 41,3 0,1 7,2 6,8 886 Déclaration de la mère 30,2 27,1 22,4 15,6 14,8 36,9 30,8 17,2 20,7 6,8 5,1 4,9 1,8 660 Les deux sources 85,7 82,6 75,3 65,4 65,1 92,8 84,0 67,4 64,8 48,2 5,2 12,2 8,5 1 546 Vacciné avant l'âge de 12 mois3 84,9 81,1 73,1 62,7 64,5 91,1 81,4 65,1 55,7 42,5 6,8 7,1 5,3 1 546 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTCoq et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance). 3 Pour les enfants dont l'information est basée sur la déclaration de la mère, la proportion de vaccinations reçues durant la première année est supposée être la même que celle observée pour les enfants ayant un carnet de vaccination. D’après le carnet de vaccination, on constate que 56 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG et 30 % l’ont également reçu si l’on se base sur les seules déclarations de la mère. Au total donc, 86 % des enfants étaient vaccinés contre le BCG au moment de l’enquête et 85 % avaient reçu cette vaccination avant l’âge de 12 mois. La proportion d’enfants ayant reçu la première dose de DTCoq est également très élevée (83 %), mais la couverture vaccinale diminue rapidement avec le nombre de doses : de 83 % pour la première dose, la proportion passe à 75 % pour la deuxième dose et à seulement 65 % pour la troisième dose. Pour ce vaccin, le taux de déperdition1 entre la première et la troisième dose est de 22 %. Par ailleurs, selon les deux sources d’information, plus des deux tiers des enfants ont reçu les trois doses de polio (67 %). Cependant, comme pour le DTCoq, le taux de déperdition entre la première et la troisième dose de vaccin contre la polio est également élevé puisqu’il atteint 27 %. En outre, on notera 1 Le taux de déperdition pour le DTCoq, par exemple, est la proportion d’enfants qui, ayant reçu la première dose du vaccin, ne reçoivent pas la troisième. 154 | Santé de la Mère et de l’Enfant que les deux tiers des enfants ont été vaccinés contre la polio à la naissance (65 %). En ce qui concerne la rougeole ( 65 %), la couverture vaccinale est très proche de celle du DTCoq 3 et de la polio 3. Enfin, on constate que c’est contre la fièvre jaune que la proportion d’enfants vaccinés est, de loin, la plus faible (12 %). Parmi les enfants de 12-23 mois, près d’un sur deux a été complètement immunisé contre les maladies cible du PEV (48 %) et, à l’opposé, un faible pourcentage d’enfants n’ont reçu aucun de ces vaccins (5 %). Les autres enfants (47 %) n’ont été que partiellement vaccinés. Le tableau 8.11 présente la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois selon certaines caractéristiques socio-démographiques de la mère et de l’enfant. On ne constate pratiquement pas d’écart entre la couverture vaccinale des garçons et celle des filles (respectivement 47 % et 49 %). Par contre, la couverture vaccinale diminue avec le rang de naissance de l’enfant, et cela quel que soit le vaccin. De 58 % d’enfants de rang 1 complètement vaccinés, la proportion passe à 51 % pour les rangs 2-3 et à 45 % pour les rangs 4-5. Pour les enfants de rang 6 ou plus, la proportion n’est plus que de 36 %. Selon le milieu de résidence, on constate que c’est en urbain que la couverture vaccinale est la plus importante (55 %) et en rural qu’elle est la plus faible (42 %). C’est entre les régions que l’on constate les écarts les plus importants, la couverture vaccinale pour tous les vaccins du PEV passant d’un minimum de 20 % dans la région Nord à un maximum de 72 % dans le Nord-Ouest et 68 % dans le Littoral. Il apparaît clairement que le niveau de la couverture vaccinale est influencé par le niveau d’instruction des mères et le niveau de vie des ménages : les enfants dont la mère est instruite sont près de deux fois plus fréquemment vaccinés que ceux dont la mère est sans niveau d’instruction (60 % contre 32 %) ; de même, la proportion d’enfants vaccinés augmente avec le niveau de richesse du ménage, de 36 % pour les enfants des ménages les plus pauvres, la couverture vaccinale atteint 60 % pour le quintile le plus riche. Santé de la Mère et de l’Enfant | 155 Tableau 8.11 Vaccinations selon les caractéristiques socio-démographiques Pourcentage d'enfants de 12-23 mois ayant reçu certains vaccins déterminés (selon le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère) et pourcentage pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l'enquêtrice, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 DTCoq Polio1 Caractéristique socio- démographique BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rougeole Tous les vaccins sans fièvre jaune2 Aucune vaccina- tion Fièvre jaune Tous les vaccins avec fièvre jaune Pour- centage avec carnet de vaccination montré Effectif d'enfants Sexe Masculin 85,8 82,7 75,1 64,9 65,6 93,2 83,4 65,7 64,5 47,4 4,6 12,3 8,3 55,8 797 Féminin 85,7 82,5 75,5 65,9 64,7 92,4 84,6 69,3 65,2 49,0 5,9 12,1 8,8 58,9 749 Rang de naissance 1 91,9 89,3 81,4 73,6 73,8 92,6 85,0 68,5 72,0 57,5 4,5 14,7 11,5 61,1 367 2-3 86,6 84,4 77,9 67,4 64,3 92,9 84,4 69,8 67,6 51,3 5,0 13,4 8,8 60,3 518 4-5 84,8 78,8 71,1 62,3 64,8 92,9 84,2 68,4 58,2 45,3 5,5 10,2 7,7 59,6 322 6+ 78,6 76,3 68,8 56,2 57,4 92,7 82,0 61,9 59,1 35,9 6,2 9,4 5,7 46,3 339 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 94,0 91,8 88,0 70,5 79,8 94,5 89,1 71,0 81,4 58,5 3,8 20,8 12,6 63,9 215 Autres villes 90,4 88,7 80,4 73,3 73,8 93,7 85,7 69,4 68,6 53,4 3,6 11,8 7,2 60,0 497 Ensemble urbain 91,5 89,6 82,7 72,5 75,6 93,9 86,7 69,9 72,5 54,9 3,7 14,5 8,9 61,2 712 Rural 80,8 76,6 69,0 59,3 56,2 91,8 81,6 65,3 58,3 42,4 6,6 10,1 8,3 54,0 834 Région Adamaoua 80,4 77,0 66,8 60,8 47,4 92,5 81,2 69,4 60,8 47,2 5,0 17,9 17,0 60,1 63 Centre 85,5 82,1 74,0 65,2 66,5 81,5 73,9 60,0 57,1 47,4 13,3 9,2 6,8 63,4 131 Douala 93,4 91,2 87,9 73,6 79,1 94,5 90,1 73,6 82,4 63,7 4,4 22,0 15,4 64,8 107 Est 87,5 84,8 72,7 55,7 56,8 95,2 77,6 53,0 62,3 37,5 3,4 12,8 4,8 37,9 85 Extrême-Nord 78,9 72,5 64,0 57,4 51,8 92,1 84,3 67,5 60,1 38,6 6,8 5,9 4,8 47,9 334 Littoral 93,4 90,3 88,0 81,6 77,6 91,1 88,0 81,9 77,1 67,9 5,7 22,7 18,4 69,8 55 Nord 64,8 61,0 55,0 43,4 54,7 93,0 79,6 57,0 27,0 20,3 4,7 2,6 1,1 48,2 168 Nord-Ouest 90,7 91,3 88,4 82,9 82,2 93,4 89,5 84,0 77,2 71,7 4,2 7,2 5,3 76,0 157 Ouest 95,1 94,1 83,2 75,9 71,8 95,5 85,6 67,8 80,1 58,2 2,7 23,6 18,3 60,7 180 Sud 94,4 87,6 76,9 61,0 55,2 93,5 80,6 50,0 75,8 42,3 3,8 25,5 16,6 46,5 58 Sud-Ouest 94,4 93,6 86,4 76,4 72,3 98,4 88,0 73,5 63,1 53,1 1,6 4,0 2,0 60,2 100 Yaoundé 94,6 92,4 88,0 67,4 80,4 94,6 88,0 68,5 80,4 53,3 3,3 19,6 9,8 63,0 108 Niveau d'instruction Aucun 72,6 65,5 57,4 49,0 50,2 91,4 81,3 61,0 46,1 31,9 7,2 5,3 4,4 46,0 433 Primaire 88,2 86,9 78,7 68,5 66,6 92,0 82,5 68,6 67,8 50,9 5,6 11,3 7,6 60,4 695 Secondaire ou plus 95,3 93,2 88,3 77,0 78,1 95,5 89,1 72,3 79,3 60,4 2,6 20,7 14,3 63,9 418 Quintile de bien- être économique Le plus pauvre 76,1 70,7 62,8 53,5 47,9 92,1 80,4 63,5 52,1 36,4 7,1 8,2 6,8 47,4 368 Second 82,3 82,0 73,4 63,6 64,4 91,7 83,3 69,9 60,1 47,4 5,8 8,9 7,4 62,7 312 Moyen 87,4 82,8 75,6 65,6 63,9 91,7 83,8 66,2 67,3 50,8 6,7 11,0 8,2 55,3 330 Quatrième 92,0 88,6 81,5 70,9 73,9 93,1 83,5 68,2 67,9 50,8 3,5 12,8 8,3 60,2 296 Le plus riche 95,0 94,1 88,9 78,7 83,3 96,3 91,2 71,0 83,2 60,3 1,6 23,4 13,4 64,6 240 Total 85,7 82,6 75,3 65,4 65,1 92,8 84,0 67,4 64,8 48,2 5,2 12,2 8,5 57,3 1 546 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTCoq et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance). 156 | Santé de la Mère et de l’Enfant Au cours de l’enquête, les données sur la vaccination ayant été collectées pour tous les enfants de moins de cinq ans, il est possible d’évaluer rétrospectivement les tendances de la couverture vaccinale avant l’âge de douze mois pour les quatre années ayant précédé l’enquête à partir des données concernant les enfants de 12-23, 24-35, 36-47 et 48-59 mois. Au tableau 8.12 sont présentés les taux de couverture vaccinale d’après le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère pour les enfants de ces différents groupes d’âges. On y trouve également les proportions d’enfants de chaque groupe d’âges pour lesquels un carnet de vaccination a été montré à l’enquêtrice. Tableau 8.12 Vaccinations au cours de la première année Pourcentage d'enfants âgés de moins de 5 ans au moment de l'enquête ayant reçu certains vaccins déterminés avant l'âge de 12 mois, et pourcentage de ceux pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l'enquêtrice, selon l'âge actuel de l'enfant, Cameroun 2004 DTCoq Polio1 Âge actuel BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rougeole Tous les vaccins sans fièvre jaune2 Aucune vaccina- tion Fièvre jaune Tous les vaccins avec fièvre jaune Pour- centage avec carnet de vacci- nation montré Effectif d'enfants 12-23 84,9 81,1 73,1 62,7 64,5 91,1 81,4 65,1 55,7 42,5 6,8 7,1 5,3 57,3 1 546 24-35 84,4 79,2 70,7 58,3 60,7 89,4 81,7 61,1 57,3 40,0 7,8 3,5 1,7 48,0 1 384 36-47 79,4 74,4 65,8 54,9 53,1 87,1 79,2 58,4 53,6 35,4 11,5 3,4 1,7 36,0 1 394 48-59 77,2 70,7 65,2 55,4 50,7 83,7 78,9 56,2 51,6 34,1 14,3 5,0 2,5 33,3 1 389 Total 82,0 76,9 69,2 58,3 57,6 88,4 80,8 60,8 55,3 38,4 9,5 5,5 3,3 44,0 5 713 Note : L'information a été obtenue du carnet de vaccination ou, s'il n' y a pas de carnet, provient de la déclaration de la mère. Pour les enfants dont l'information est basée sur la déclaration de la mère, la proportion de vaccinations reçues durant la première année est supposée être la même que celle observée pour les enfants avec un carnet de vaccination. 1 Polio 0 est le vaccin contre la polio donné à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTCoq et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance). Pour l’ensemble des enfants de 1-4 ans, un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice dans 44 % des cas et cette proportion varie de 57 % pour les enfants âgés de 12-23 mois à l’enquête à 33 % pour ceux âgés de 48-59 mois. Cette variation peut être le signe d’une amélioration de la couverture vaccinale des enfants, mais elle pourrait également résulter du simple fait que, les enfants étant plus âgés, les cartes de vaccinations ont été plus fréquemment perdues. Parmi les enfants de 1-4 ans, 82 % ont reçu le vaccin du BCG avant l’âge de 12 mois, 58 % la troisième dose de DTCoq et dans aussi 61 % des cas, ils ont reçu la troisième dose de polio. Seulement 6 % ont été vaccinés contre la fièvre jaune. En outre, 55 % ont été vaccinés contre la rougeole et globalement, 38 % ont été vaccinés contre toutes les maladies du PEV avant l’âge de 12 mois. À l’opposé, 10 % des enfants de 1-4 ans n’ont reçu aucun de ces vaccins. Plus les enfants sont âgés, plus les taux de couverture vaccinale sont faibles, passant de 43 % pour tous les vaccins chez les enfants de 12-23 mois à 34 % chez ceux de 48-59 mois. Parallèlement, 14 % des enfants de 48-59 mois n’ont reçu aucune vaccination avant l’âge de 12 mois contre 7 % de ceux de 12-23 mois. Ces variations peuvent provenir, en partie, de problèmes de mémoire des enquêtées, celles-ci ne se souvenant plus très bien des vaccinations données aux enfants les plus âgés. Cependant, les changements constatés correspondent aussi, très certainement, à une amélioration réelle de la couverture vaccinale des années 2001 à 2004. Un autre moyen d’évaluer les changements intervenus dans la couverture vaccinale consiste à comparer les résultats de l’enquête actuelle à ceux des deux enquêtes précédentes (graphique 8.2). Après avoir enregistré une diminution entre 1991 et 1998, la couverture vaccinale s’est nettement améliorée en 2004. La proportion d’enfants complètement vaccinés contre les maladies cible du PEV qui était passée de 41 % en 1991 à 36 % en 1998 a récemment augmenté pour atteindre 43 %. À l’inverse, la proportion d’enfants n’ayant reçu aucune vaccination qui avait chuté de façon importante entre 1991 et 1998, passant de 22 % à 12 %, a continué sa baisse pour atteindre aujourd’hui 7 % (graphique 8.2). Santé de la Mère et de l’Enfant | 157 Graphique 8.2 Vaccinations des enfants de 12-23 mois 76 48 50 56 41 22 75 51 47 54 36 12 86 65 67 65 48 5 BCG DTCoq3 Polio3 Rougeole Tous vaccins Aucun vaccin 0 20 40 60 80 100 Pourcentage EDSC-I 1991 EDSC-II 1998 EDSC-III 2004 8.3 MALADIES DES ENFANTS Infections respiratoires et fièvre Les infections respiratoires aiguës (IRA) et particulièrement la pneumonie constituent l’une des premières causes de mortalité des enfants dans les pays en développement. Pour évaluer la prévalence de ces infections parmi les enfants, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient souffert de la toux pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête et, si oui, on demandait alors si la toux avait été accompagnée d’une respiration courte et rapide. Par ailleurs, la fièvre pouvant être l’un des principaux symptômes de nombreuses maladies, dont le paludisme et la rougeole qui provoquent de nombreux décès en Afrique, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu de la fièvre durant les deux semaines ayant précédé l'interview. En outre, pour les enfants ayant présenté ces symptômes d’IRA et ayant eu de la fièvre, on a cherché à connaître le pourcentage pour lesquels on avait recherché un traitement ou des conseils. Les résultats sont présentés au tableau 8.13. Parmi les enfants de moins de cinq ans, on constate qu’un peu plus d’un sur dix (11 %) a souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide. C'est chez les enfants de 6-23 mois (15 %) que ces infections respiratoires sont les plus fréquentes. On ne note pas de différence de prévalence des IRA entre les garçons et de filles (11 % dans les deux cas). Par ailleurs, la prévalence est quasiment identique en milieu rural et en milieu urbain (respectivement, 11 % et 12 %). 158 | Santé de la Mère et de l’Enfant Tableau 8.13 Prévalence et traitement des Infections Respiratoires Aiguës (IRA) et de la fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont souffert de la toux avec une respiration courte et rapide (symptômes d'IRA), pourcentage de ceux qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines qui ont précédé l'enquête et pourcentage de ceux ayant des symptômes d'IRA et/ou de la fièvre pour lesquels on a recherché un traitement auprès d'un établissement sanitaire ou d'un prestataire de santé, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Pourcentage d'enfants avec des symptômes d'IRA Pourcentage d'enfants avec de la fièvre Effectif d'enfants % pour lesquels on a recherché un traitement1 Effectif d'enfants Âge des enfants (en mois) <6 10,7 16,0 800 38,3 173 6-11 14,5 31,7 761 47,6 292 12-23 14,9 32,1 1 546 42,3 580 24-35 10,4 23,8 1 384 37,2 391 36-47 7,9 18,7 1 394 37,4 318 48-59 8,5 19,3 1 389 35,3 315 Sexe Masculin 10,8 24,1 3 621 41,3 1 044 Féminin 11,1 23,3 3 652 38,5 1 025 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 11,2 24,9 118 50,2 302 Autres villes 11,6 24,4 2 227 43,3 670 Ensemble urbain 11,5 24,6 3 244 45,5 972 Rural 10,5 23,0 429 35,0 1 097 Région Adamaoua 7,2 15,9 306 32,6 60 Centre 10,9 31,4 595 36,6 221 Douala 10,0 24,3 542 51,9 159 Est 13,3 27,8 398 37,3 140 Extrême-Nord 17,4 21,5 1 589 29,2 456 Littoral 9,7 30,8 264 52,1 93 Nord 2,1 8,7 828 24,9 82 Nord-Ouest 9,5 22,9 714 52,6 184 Ouest 9,0 22,9 862 39,8 235 Sud 18,2 41,6 277 44,6 134 Sud-Ouest 6,8 36,4 422 42,9 161 Yaoundé 12,6 25,4 476 48,4 143 Niveau d'instruction Aucun 10,2 16,8 2 138 25,1 455 Primaire 10,8 26,0 372 41,6 926 Secondaire ou plus 12,0 27,5 263 47,4 687 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 10,7 19,1 1 813 29,4 423 Second 12,1 24,4 1 476 33,7 434 Moyen 9,7 24,9 1 505 42,0 435 Quatrième 11,1 27,1 1 343 45,3 441 Le plus riche 11,6 24,5 1 136 51,5 336 Ensemble2 11,0 23,7 7 273 39,9 2 069 IRA = Infection respiratoire aiguë 1 Non compris les pharmacies, les boutiques et les guérisseurs traditionnels. 2 Y compris 27 cas non déterminés. Santé de la Mère et de l’Enfant | 159 Le niveau d’instruction de la mère et le niveau de bien-être du ménage ne semblent pas non plus influencer de façon déterminante la prévalence de ces maladies, les proportions d’enfants ayant été malades variant de 10 % chez ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction à 12 % chez ceux dont la mère a au moins un niveau d’instruction secondaire. Selon le niveau de vie des ménages, elles varient de 11 % pour les enfants des ménages les plus pauvres à 12 % chez les plus riches. C’est les entre régions que les écarts sont les plus importants, la proportion d’enfants ayant souffert d’IRA variant d’un minimum de 2 % dans la région Nord à un maximum de 18 % dans la région Sud, sans pour autant présenter de clivage en relation avec les zones climatiques. Par ailleurs, au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, près d’un quart des enfants avaient eu de la fièvre (24 %). Comme pour les IRA, c’est entre 6 et 24 mois que la prévalence de la fièvre est la plus élevée (en moyenne 32 %). De même que pour les IRA, la prévalence de la fièvre ne diffère pas selon le sexe et le milieu de résidence ; par contre, on note que ce sont les enfants dont la mère est instruite, (28 % contre 17 % quand la mère n’a aucun niveau d’instruction), et ceux qui vivent dans les ménages de niveaux moyen et riche (au moins 25 % contre 19 % pour le quintile le plus pauvre).qui ont le plus fréquemment eu de la fièvre. Enfin, la prévalence de la fièvre varie de manière importante entre les régions : avec 42 % d’enfants ayant eu de la fièvre, la région Sud se caractérise par la prévalence la plus élevée et le Nord par la prévalence la plus faible (9 %). Mais là encore, aucun clivage n’apparaît entre les zones climatiques. Pour 40 % seulement des enfants ayant présenté des symptômes d'infections respiratoires aiguës et ou de fièvre, des traitements ou des conseils ont été recherchés dans un établissement sanitaire ou auprès de personnel médical (tableau 8.13). Ce sont pour les enfants de 6-23 mois, qui sont ceux les plus touchés par la fièvre et les IRA, qu’un traitement a été le plus fréquemment recherché (en moyenne, 44 %). Par contre, il n’y a pas de variations significatives selon le sexe des enfants. Le recours aux établissements sanitaires pour le traitement des IRA ou de la fièvre est lié au milieu de résidence ainsi qu’au niveau d’instruction de la mère et au niveau de bien-être du ménage dans lequel vit l’enfant. En milieu urbain, un traitement a été recherché pour environ un enfant sur deux contre seulement 35 % en milieu rural. De même, on a recherché un traitement ou des conseils pour 47 % des enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus et 42 % pour ceux dont la mère a un niveau d’instruction primaire contre seulement 25 % pour ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction. Enfin, pour plus de la moitié des enfants des ménages les plus riches (52 %), on a recherché un traitement ; dans les ménages les plus pauvres, cette proportion n’est que de 29 %. Les résultats selon les régions montrent que la recherche d’un traitement n’est pas forcément liée à une prévalence élevée des IRA ou de la fièvre puisque c’est dans la région de Douala (52 %), dans le Littoral (52 %) et le Nord- Ouest (53 %) que les proportions d’enfants pour lesquels on a recherché un traitement sont les plus élevées. Par contre, dans la région Sud qui se caractérise par des prévalences élevées des IRA et de la fièvre, la proportion d’enfants pour lesquels on a recherché des conseils ou traitement n’est que de 45 %. Prévalence de la diarrhée De par leurs conséquences, notamment la déshydratation et la malnutrition, les maladies diarrhéiques constituent, directement ou indirectement, une des principales causes de décès des jeunes enfants dans les pays en développement. Pour lutter contre les effets de la déshydratation, l'OMS recommande, la généralisation du traitement de réhydratation par voie orale (TRO), en conseillant l'utilisation soit d'une solution préparée à partir du contenu de sachets de sels de réhydratation par voie orale (SRO), soit d'une solution préparée à la maison avec de l'eau, du sucre et du sel, soit encore l’augmentation de la quantité de fluides. 160 | Santé de la Mère et de l’Enfant Afin de mesurer la prévalence des maladies diarrhéiques chez les enfants de moins de cinq ans, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines précédant l'interview. On a également cherché à connaître le pourcentage d’enfants pour lesquels on avait recherché un traitement ou des conseils et quel type de traitement avait été utilisé. De plus, en ce qui concerne le traitement de la diarrhée, on a demandé aux mères si elles connaissaient les SRO et si, durant les épisodes diarrhéiques, elles l’avaient utilisé et/ou une solution d'eau sucrée et salée. Il apparaît au tableau 8.14 que, selon les déclarations des mères, 16 % des enfants ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. La prévalence de la diarrhée est particulièrement élevée chez les jeunes enfants de 6-23 mois (en moyenne, 25 %). Ces âges de forte prévalence sont aussi les âges auxquels les enfants commencent à recevoir des aliments autres que le lait maternel et à être sevrés. Ils correspondent aussi aux âges auxquels les enfants commencent à explorer leur environnement, ce qui les expose davantage à la contamination par des agents pathogènes. La prévalence de la diarrhée est également liée au milieu de résidence de l’enfant puisque 18 % des enfants du milieu rural ont été touchés par la diarrhée contre 13 % en urbain. Le niveau d’instruction de la mère semble aussi jouer un rôle, la prévalence étant deux fois plus élevée parmi les enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction que parmi ceux dont la mère est instruite (22 % contre 11 %). On constate le même écart entre les enfants des ménages les plus pauvres et ceux qui vivent dans les ménages les plus riches (20 % contre 10 %). Par ailleurs, c’est parmi les enfants qui consomment de l’eau provenant d’un robinet que la prévalence de la diarrhée est la plus faible (12 %). Cependant, alors que l’eau non salubre est un facteur d’aggravation du risque de contracter des maladies diarrhéiques, il est surprenant de constater que la prévalence de la diarrhée chez les enfants de ménages qui consomment de l’eau de surface est à peine plus élevée (14 %) que chez les enfants qui consomment de l’eau d’un robinet et que c’est parmi ceux dont l’eau provient d’un puit protégé que la prévalence est la plus élevée (23 %). Les résultats montrent enfin que le risque de contracter des maladies diarrhéiques varie de manière importante en fonction de la région de résidence puisque la proportion d’enfants ayant eu la diarrhée varie d’un minimum de 9 % dans les régions du Littoral, de l’Ouest et du Nord-Ouest à un maximum de 29 % dans l’Extrême- Nord. Tableau 8.14 Prévalence de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu la diarrhéee au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Diarrhée au cours des deux semaines avant l'enquête Effectif d'enfants Âge des enfants (en mois) <6 10,5 800 6-11 23,0 761 12-23 26,4 1 546 24-35 18,7 1 384 36-47 9,1 1 394 48-59 8,3 1 389 Sexe Masculin 17,2 3 621 Féminin 15,0 3 652 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 10,1 1 018 Autres villes 14,7 2 227 Ensemble urbain 13,2 3 244 Rural 18,4 4 029 Région Adamaoua 15,5 306 Centre 17,9 595 Douala 10,0 542 Est 22,0 398 Extrême-Nord 29,3 1 589 Littoral 8,9 264 Nord 13,4 828 Nord-Ouest 8,6 714 Ouest 8,6 862 Sud 15,5 277 Sud-Ouest 11,2 422 Yaoundé 10,1 476 Niveau d'instruction de la mère Aucun 22,0 2 138 Primaire 15,2 3 072 Secondaire ou plus 11,3 2 063 Source d'eau potable Robinet 11,6 2 459 Puits protégé 23,1 585 Puits non protégé 22,6 2 017 Eau de surface 13,5 2 122 Autre/ND 8,7 91 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 20,2 1 813 Second 19,8 1 476 Moyen 15,5 1 505 Quatrième 12,2 1 343 Le plus riche 10,0 1 136 Ensemble 16,1 7 273 Santé de la Mère et de l’Enfant | 161 Connaissance des sachets de SRO Parmi les femmes ayant eu des enfants dans les cinq années précédant l'enquête, 56 % ont déclaré connaître les sachets de Sel de Réhydratation par voie Orale ou SRO (tableau 8.15). Cette proportion est la même que celle observée lors de la dernière enquête (56 %). Le niveau de connaissance des sachets de SRO varie de manière importante selon les caractéristiques socio-démographiques des mères. C’est parmi les catégories de femmes dont les enfants ont la prévalence de la diarrhée la plus élevée que la connaissance des sachets de SRO est la plus faible : en effet, seulement 44 % des femmes du milieu rural, 40 % de celles sans instruction et 36 % de celles vivant dans les ménages les plus pauvres ont déclaré connaître ce moyen de réhydratation. Au niveau régional, la proportion varie d’un minimum de 38 % dans le Nord à un maximum de 66 % dans le Sud. Traitement de la diarrhée Selon les résultats du tableau 8.16, on constate qu’on a recherché des conseils ou un traitement pour seulement un enfant malade sur cinq (21 %). Des conseils ou traitement ont été recherché plus particulièrement pour les enfants de 6-23 mois, qui sont aussi les plus touchés par la diarrhée (24 % en moyenne), les enfants du milieu urbain (29 %), pour ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus (29 %) ainsi que pour ceux qui vivent dans les ménages les plus riches (32 % pour le quatrième et 27 % pour le dernier quintile). Pendant les épisodes diarrhéiques, moins d’un enfant sur quatre (24 %) a reçu une SRO ou une solution maison. Plus précisément, 17 % des enfants ont reçu des sachets de SRO et 11 % ont reçu une solution maison. Pour près d’un enfant malade sur deux (48 %), on a augmenté l’apport en liquides. Globalement, 57 % des enfants ont bénéficié d’une thérapie de réhydratation orale, soit sous forme de SRO, ou de solution sucrée salée, ou encore par l’augmentation des liquides. Par ailleurs, 35 % des enfants ont reçu des comprimés ou sirop, en particulier dans le Sud-Ouest (49 %), et 16 % des remèdes traditionnels, en particulier dans le Centre et l’Est (25 % dans les deux cas). À l’opposé, 23 % des enfants n’ont reçu aucun traitement. Ce sont les enfants du milieu urbain, ceux dont la mère a un niveau d’instruction au moins secondaire et ceux dont le ménage est classé dans le quintile le plus riche qui ont le plus fréquemment reçu une TRO ou davantage de liquides pendant les épisodes diarrhéiques. Par contre, 26 % des enfants du milieu rural, 30 % de ceux dont la mère n’a pas d’instruction et 31 % de ceux des ménages les plus pauvres n’ont reçu aucune forme de traitement lorsqu’ils étaient malades. Tableau 8.15 Connaissance des sachets de SRO Pourcentage de mères ayant eu des naissances au cours des cinq années ayant précédé l'enquête qui connaissent les sachets de SRO pour le traitement de la diarrhée, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique Socio-démographique Pourcentage de mères connaissant les sachets de SRO Effectif de mères Âge (en mois) 15-19 44,5 604 20-24 55,1 1 461 25-29 59,3 1 284 30-34 61,0 924 35-49 55,6 1 032 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 82,0 816 Autres villes 64,6 1 635 Ensemble urbain 70,4 2 451 Rural 43,7 2 852 Région Adamaoua 44,8 215 Centre 58,1 434 Douala 83,6 417 Est 60,4 287 Extrême-Nord 51,5 1 100 Littoral 59,0 196 Nord 38,0 564 Nord-Ouest 42,7 521 Ouest 50,9 610 Sud 66,1 219 Sud-Ouest 61,0 341 Yaoundé 80,3 399 Niveau d'instruction Aucun 39,6 1 486 Primaire 53,4 2 212 Secondaire ou plus 75,0 1 605 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 36,1 1 260 Second 44,4 1 037 Moyen 55,5 1 082 Quatrième 70,5 1 021 Le plus riche 81,7 904 Ensemble 56,1 5 303 SRO = Sels de réhydratation orale. 162 | Santé de la Mère et de l’Enfant Tableau 8.16 Traitement de la diarrhée Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans ayant eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête pour lesquels on a recherché un traitement auprès d'établissement sanitaire ou d'un prestataire de santé, pourcentage de ceux qui ont suivi une Thérapie de Réhydratation par voie Orale (TRO) et pourcentage à qui on a donné d'autres traitements, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Thérapie de réhydratation orale (TRO) Autres traitements Caractéristique socio- démographique Pourcentage pour lesquels on a cherché un traitement1 Sachets de SRO Solution maison SRO ou solution maison Apport en liquides augmenté SRO, Solution maison, ou apport en liquides augmenté Comprimés ou sirop Injection Perfusion Remède maison/ autre Aucun traitement Effectif d'enfants Âge (en mois) <6 15,3 9,5 2,5 10,6 22,0 28,2 15,1 0,0 0,0 13,0 55,7 84 6-11 27,4 20,9 8,0 25,7 48,4 58,3 29,9 0,9 1,1 10,0 24,8 175 12-23 23,0 20,9 13,6 29,5 55,8 66,3 38,6 0,9 0,0 17,1 15,2 409 24-35 20,3 15,2 10,9 23,9 49,9 58,2 38,4 0,4 0,0 17,1 19,6 259 36-47 16,5 13,4 9,3 18,1 35,9 40,7 34,0 1,2 0,0 15,1 30,3 127 48-59 19,1 9,0 12,2 20,7 45,0 55,2 38,5 0,0 0,0 16,7 20,9 116 Sexe Masculin 20,8 18,6 9,9 25,2 46,9 56,2 36,3 1,0 0,3 15,5 21,2 621 Féminin 22,1 14,9 11,8 23,1 48,7 57,2 33,6 0,3 0,0 15,5 24,4 549 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 25,3 34,5 19,5 47,1 60,9 73,6 31,0 0,0 0,0 16,1 13,8 102 Autres villes 30,1 22,3 12,2 28,4 49,4 62,0 38,0 0,0 0,6 9,5 19,0 327 Ensemble urbain 29,0 25,2 13,9 32,9 52,2 64,8 36,3 0,0 0,4 11,0 17,7 429 Rural 17,0 12,0 8,9 19,2 45,2 52,0 34,3 1,1 0,0 18,0 25,6 741 Région Adamaoua 16,8 14,5 5,6 19,0 27,9 43,6 33,6 1,2 0,0 14,7 31,6 47 Centre 21,7 24,6 18,7 35,3 64,3 75,1 25,7 0,0 0,0 24,6 13,5 107 Douala (21,7) (34,8) (23,9) (50,0) (63,0) (76,1) (26,1) (0,0) (0,0) (21,7) (8,7) 54 Est 19,1 14,2 8,9 20,1 58,2 66,2 26,0 0,0 0,0 24,9 17,8 88 Extrême-Nord 19,3 10,0 3,7 13,3 40,5 45,6 40,2 1,4 0,4 10,9 27,6 466 Littoral (28,1) (28,8) (7,3) (30,7) (51,5) (61,5) (44,7) (0,0) (0,0) (14,0) (14,0) 24 Nord 15,7 8,5 2,8 10,2 35,5 40,1 35,5 0,0 0,0 11,6 36,9 111 Nord-Ouest 35,3 20,0 23,6 41,1 49,7 69,7 29,7 1,8 0,0 18,6 18,2 62 Ouest 32,9 27,5 27,0 40,6 55,7 70,5 25,4 0,0 0,0 15,5 18,4 74 Sud 23,2 27,4 19,6 40,2 51,0 62,6 34,8 0,0 0,0 20,3 14,7 43 Sud-Ouest 14,4 18,6 22,8 38,1 61,8 75,4 49,1 0,0 0,0 22,9 5,1 47 Yaoundé (29,3) (34,1) (14,6) (43,9) (58,5) (70,7) (36,6) (0,0) (0,0) (9,8) (19,5) 48 Niveau d'instruction de la mère Aucun 17,4 11,0 4,1 14,6 35,9 43,6 38,2 1,1 0,4 11,0 30,2 470 Primaire 21,9 16,2 14,5 26,4 54,3 62,6 33,2 0,6 0,0 18,6 19,6 467 Secondaire ou plus 28,5 30,0 16,7 39,2 58,3 71,1 32,3 0,0 0,0 18,2 13,8 233 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 17,5 9,2 6,5 14,9 40,4 46,2 32,9 1,3 0,0 15,7 30,8 367 Second 17,6 12,3 9,2 18,9 46,9 55,1 34,5 1,1 0,0 17,7 22,9 292 Moyen 22,4 18,4 15,5 28,9 52,2 61,4 36,2 0,0 0,0 16,8 20,9 233 Quatrième 31,9 26,6 12,8 34,7 52,5 64,7 43,1 0,0 1,2 9,6 14,9 165 Le plus riche 26,7 36,0 16,3 43,5 57,2 73,2 29,2 0,0 0,0 14,5 11,1 113 Ensemble 21,4 16,8 10,8 24,2 47,7 56,7 35,0 0,7 0,2 15,5 22,7 1 170 Note : La TRO comprend la solution préparée à partir des Sels de Réhydratation Orale (SRO), les Solutions Maison Recommandées (SMR), ou l'augmentation de la quantité de liquides. 1 Non compris les pharmacies, les boutiques et les guérisseurs traditionnels. ( ) Basé sur trop peu de cas non pondérés * Basé sur un faible nombre de cas non pondérés Santé de la Mère et de l’Enfant | 163 Alimentation pendant la diarrhée Au cours des épisodes diarrhéiques, il est recommandé de donner plus de liquides et d’aliments à l’enfant. Au tableau 8.17, on constate que 48 % des enfants ayant eu la diarrhée ont reçu plus de liquides que d’habitude lorsqu’ils étaient malades, 35 % ont reçu la même quantité et, à l’opposé, 11 % en ont reçu moins et 5 % beaucoup moins ou rien du tout. En ce qui concerne les aliments, on constate que dans 10 % des cas, les rations alimentaires ont été augmentées, dans 42 %, elles n’ont pas changé mais pour 27 % des enfants, elles ont été diminuées, et dans 9 % des cas, l’alimentation a été très réduite, et complètement stoppée dans 6 % des cas. Ces pratiques alimentaires ne sont pas adaptées à l’état de faiblesse dans lequel se trouvent des enfants malades et par conséquent elles sont un facteur d’aggravation des risques de malnutrition et de mortalité. Tableau 8.17 Alimentation pendant la diarrhée Répartition (en %) des enfants de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête selon les quantités de liquides et d'aliments données comparées aux rations habituelles, Cameroun 2004 Alimentation des enfants pendant la diarrhée Pourcentage Quantité de liquide donnée Comme d'habitude 34,9 Plus que d'habitude 47,7 Un peu moins 11,4 Beaucoup moins 4,4 Rien 1,1 NSP/ND 0,5 Total 100,0 Quantité de nourriture donnée Comme d'habitude 42,4 Plus que d'habitude 10,1 Un peu moins 27,0 Beaucoup moins 8,9 Rien 5,9 Ne mange pas encore 5,3 NSP/ND 0,4 Total 100,0 Effectif d'enfants 1 170 Paludisme | 165 PALUDISME 9 Jean Christian YOUMBA et Monique BARRÈRE Le paludisme est la maladie parasitaire la plus répandue dans le monde. Elle constitue un risque majeur pour plus de deux milliards d’êtres humains. L’Afrique subsaharienne qui ne compte que 8 % de la population mondiale fournit 85 % à 90 % des cas de paludisme (200 à 280 millions de cas dont 90 % dus à plasmodium falciparum). Les enfants de moins de cinq ans, payent le plus lourd tribut à cette maladie. Selon l’OMS, le paludisme tue entre 1,1 et 2,7 millions de personnes dans le monde chaque année, dont environ un million d’enfants de moins de cinq ans résidant en Afrique subsaharienne. En plus des pertes en vies humaines, le paludisme coûte cher en dépenses de santé publique. Au Cameroun, le paludisme demeure l’endémie majeure et la première cause de morbidité et de mortalité dans les groupes les plus vulnérables, à savoir les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Les statistiques sanitaires révèlent qu’il est responsable de 35 à 40 % du total des décès dans les formations sanitaires : 50 % de morbidité chez les enfants de moins de 5 ans, 40 à 45 % des consultations médicales et 30 % des hospitalisations. Le paludisme est aussi la cause de 26 % des absences en milieu professionnel et de 40 % des dépenses de santé des ménages. Les efforts entrepris sur le plan international, sont relayés au niveau national par un fort engagement de l’Etat. En 2002, le Cameroun a élaboré un Plan Stratégique National de Lutte contre le Paludisme et restructuré le Programme National de Lutte contre le Paludisme pour le rendre plus opérationnel et plus efficace. La plus grande difficulté à laquelle se heurte aujourd’hui la lutte contre le paludisme est la résistance des parasites aux antipaludéens les plus usuels et les moins onéreux. Cette situation a conduit le Gouvernement à réviser sa politique thérapeutique en optant en janvier 2004 pour l’association Artesunate-Amodiaquine ; malheureusement le coût de ce traitement n’est pas encore à la portée du Camerounais moyen. La troisième Enquête Démographique et de Santé a été une occasion de collecter des données concernant essentiellement l’utilisation des moyens de prévention contre cette maladie. Les résultats sont présentés dans ce chapitre. 9.1 SITUATION DU PALUDISME ET STRATÉGIES DE LUTTE CONTRE LE PALUDISME AU CAMEROUN La distribution géographique de la transmission du paludisme au Cameroun montre que la maladie est endémique pendant toute l’année sur une bonne partie du territoire, c'est-à-dire que la durée de transmission est estimée à 7-12 mois (voir carte). Quand la saison de transmission dure si longtemps, la prévalence de la maladie et le risque de la contracter reste élevé. Les exceptions à cette longue durée de transmission se trouvent dans les zones du nord où il est fortement saisonnier (durée de transmission estimée à 1-3 mois), et dans les régions montagneuses vers l’est du pays où il y a très peu ou pas de transmission. 166 | Paludisme La politique gouvernementale pour la lutte contre le paludisme est retenue comme une priorité dans la stratégie sectorielle de santé. De ce fait, le financement des interventions en matière de lutte contre le paludisme est retenu dans le cadre de l’initiative PPTE. Pour faire face au lourd fardeau du paludisme, le Gouvernement a élaboré un plan stratégique national basé sur un consensus national de tous les partenaires impliqués, à savoir : le secteur privé, les agences de coopération bilatérale et multilatérale et les ONG, et cela, à tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Ce plan définit les orientations stratégiques suivantes : (i) le renforcement de la prise en charge des cas à domicile et dans les formations sanitaires publiques et privées ; (ii) la prévention du paludisme par l’utilisation des moustiquaires imprégnées et le traitement préventif intermittent chez la femme enceinte ; (iii) la promotion de la lutte contre le paludisme par le plaidoyer, la mobilisation sociale, la communication pour le changement de comportement ; (iv) la surveillance épidémiologique par l’intégration du paludisme dans le système de surveillance intégré des maladies transmissibles, la création d’une banque de données, la création des sites sentinelles pour la surveillance de l’efficacité des antipaludéens, de la résistance des parasites aux insecticides, des épidémies et la réalisation d’autres enquêtes ciblées ; (v) le processus gestionnaire par l’élaboration des plans d’action de lutte contre le paludisme réalistes à tous les niveaux, la supervision, le suivi et évaluation des activités ; (vi) la formation et recherche opérationnelle ; (vii) le développement du partenariat pour la lutte contre le paludisme par le renforcement du partenariat avec la communauté, entre formations sanitaires publiques et privées, de la collaboration intersectorielle, de la collaboration avec les ONG, les associations nationales et internationales et les opérateurs privés, et avec les partenaires Paludisme | 167 extérieurs ; et (viii) le renforcement des capacités institutionnelles par la décentralisation, la coordination, l’intégration, l’appui à la planification opérationnelle, la participation communautaire, la collaboration intersectorielle, la mobilisation des ressources, l’amélioration de la gestion et la bonne gouvernance. 9.2 PRÉVENTION DU PALUDISME Le Programme National de Lutte contre le Paludisme a défini les normes et standards des moustiquaires et des insecticides. La promotion de l’utilisation des moustiquaires imprégnées aux insecticides s’effectue par le biais de campagnes périodiques pour susciter la demande, avec l’aide de plusieurs partenaires. En ce qui concerne les populations les plus vulnérables (femmes enceintes et enfants de moins de cinq ans), le Gouvernement s’est engagé à distribuer gratuitement les moustiquaires imprégnées à ces populations. Cette opération a débuté en avril 2003 pour les femmes enceintes et a été lancée en 2005 pour les enfants de moins de cinq ans. D’autres partenaires tels que l’UNICEF, l’OMS, l’Aide Mondiale au Développement (AMD), l’ONG Plan et l’Association Camerounaise pour le Marketing Social au Cameroun (ACMS) assurent la promotion de l’utilisation de la moustiquaire imprégnée en appui au programme gouvernemental. 9.2.1 Disponibilité de moustiquaires dans les ménages La protection individuelle par l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide constitue l’une des stratégies gouvernementales majeures de lutte contre le paludisme. Au cours de l’enquête, on a donc demandé à chaque ménage s’il possédait des moustiquaires utilisées pour dormir, le nombre de moustiquaires et depuis combien de temps il possédait ces moustiquaires. En outre, on leur a demandé si les moustiquaires avaient été imprégnées d’insecticide et, si oui, combien de temps s’était écoulé depuis que cette opération avait été effectuée pour la dernière fois. Les résultats, présentés au tableau 9.1 et au graphique 9.1, montrent qu’au Cameroun, seulement un ménage sur cinq (20 %) possède au moins une moustiquaire.1 La possession d’au moins une moustiquaire par les ménages varie sensiblement selon le milieu de résidence et les régions. À Yaoundé/Douala, près d’un tiers des ménages possèdent au moins une moustiquaire (31 %) contre seulement 19 % dans les Autres villes et 17 % en milieu rural. C’est dans la ville de Douala que cette proportion est la plus élevée (39 %) alors qu’elle n’atteint que 22 % à Yaoundé. Dans les régions, on note que l’Extrême-Nord (28 %) et l’Est (22 %) se caractérisent par des proportions sensiblement plus élevées que la moyenne nationale. Par contre, le Nord-Ouest et l’Ouest détiennent les proportions les plus faibles (10 % dans les deux cas). Ces écarts entre les régions peuvent s’expliquer d’une part par la prévalence différentielle du paludisme sur l’ensemble du territoire et d’autre part par l’intervention des programmes spécifiques. La prévalence différentielle sur l’ensemble du territoire : comme le montre la carte relative au faciès épidémiologique du paludisme au Cameroun, la transmission du paludisme n’est pas uniforme sur l’ensemble du territoire. À l’exception des régions de l’Ouest et du Nord-Ouest, régions de hautes terres, dans lesquelles les moustiques sont peu présents, les autres régions telles que le Centre, le Sud et l’Est (zone de forêt) ainsi que celles du Littoral et du Sud-Ouest (zone côtière) constituent des zones à transmission pérenne. Cela explique les faibles proportions de ménages possédant des moustiquaires dans les régions Nord-Ouest et Ouest (10 % dans les deux cas). La situation de la région de l’Adamaoua qui se caractérise par une proportion de ménages possédant au moins une moustiquaire plus faible que la moyenne nationale (15% par rapport à 20 %) est due au fait qu’elle ne présente des risques élevés de 1 La faible possession d’une moustiquaire pourrait être influencée par l’utilisation d’autres méthodes de prévention telles que l’insecticide, les grilles, les fumigènes, etc. 168 | Paludisme transmission du virus que dans le voisinage des barrages. L’Extrême-Nord, région dont la transmission est saisonnière, mais qui se caractérise par une proportion élevée de ménages possédant au moins une moustiquaire s’explique par la présence de fortes nuisances culicidiennes dans les zones de rizières fortement irriguées. La ville de Douala, en plus de sa situation côtière, est une zone de forte densité de population avec une forte menace de moustiques. La ville de Yaoundé, malgré sa forte densité de population, est relativement située en haute altitude (1 000 m environ) et présente un risque de transmission du virus relativement faible. L’intervention des programmes spécifiques : le Programme National de Lutte contre le Paludisme a établi depuis plusieurs années les centres d’imprégnation des moustiquaires et a mené en 2003 de grandes campagnes de sensibilisation par l’intermédiaire des médias, sur l’utilisation de la Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII). Dans l’Extrême-Nord, plusieurs unités d’imprégnation communautaires des moustiquaires ont été crées et des campagnes d’imprégnations des moustiquaires ont été organisées avec l’appui du programme national et des autres partenaires au développement. Ces derniers interviennent aussi à l’Est avec la distribution communautaire des moustiquaires. Tableau 9.1 Possession de moustiquaires Pourcentage de ménages possédant au moins une moustiquaire, pourcentage de ceux en possédant plus d'une, nombre moyen de moustiquaires par ménage, pourcentage de ménages qui possèdent au moins une moustiquaire imprégnée et pourcentage de ménages ayant au moins une moustiquaire imprégnée d'insecticide (MII), selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Pourcentage de ménages ayant au moins une moustiquaire Pourcentage de ménages ayant plus d'une moustiquaire Nombre moyen de moustiquaires par ménage Pourcentage de ménages ayant au moins une moustiquaire qui a été imprégnée Pourcentage de ménages ayant au moins une MII1 Effectif de ménages Milieu de résidence Yaoundé/Douala 30,7 14,5 0,5 4,4 3,1 1 976 Autres villes 19,3 7,5 0,3 2,1 1,2 3 398 Ensemble urbain 23,5 10,1 0,4 3,0 1,9 5 374 Rural 16,6 5,9 0,3 1,2 0,8 5 088 Région Adamaoua 14,8 5,2 0,2 0,8 0,8 457 Centre 19,4 6,4 0,3 1,2 0,4 838 Douala 38,6 21,1 0,7 4,7 3,2 1 045 Est 22,3 7,3 0,3 2,5 2,4 513 Extrême-Nord 27,5 12,6 0,5 1,9 1,2 1 763 Littoral 21,1 8,5 0,3 1,6 0,7 488 Nord 13,4 4,6 0,2 1,0 0,6 933 Nord-Ouest 9,5 1,9 0,1 3,1 1,6 1 192 Ouest 10,2 3,3 0,1 0,4 0,2 1 019 Sud 16,0 5,6 0,3 1,3 0,8 470 Sud-Ouest 18,6 6,5 0,3 1,1 0,9 812 Yaoundé 21,9 7,1 0,3 4,2 3,0 931 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 14,5 6,0 0,2 1,2 0,8 1 707 Second 19,0 6,7 0,3 1,5 1,0 2 258 Moyen 19,7 7,7 0,3 1,3 0,7 2 061 Quatrième 24,5 9,7 0,4 2,9 1,7 2 253 Le plus riche 21,8 9,6 0,4 3,5 2,5 2 183 Ensemble 20,2 8,0 0,3 2,1 1,4 10 462 1 Une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) est soit une moustiquaire imprégnée à vie permanente, soit une moustiquaire imprégnée mais obtenue il y a moins de six mois, soit une moustiquaire qui a été imprégnée d’insecticide il y a moins de six mois. Paludisme | 169 Par ailleurs, la situation écologique et environnementale impose parfois aux populations de rechercher des moyens de protection contre une agression de moustiques. En outre, le niveau de vie des ménages est certainement un facteur explicatif important des variations de couverture en moustiquaires observées dans les différentes régions puisque les résultats montrent que la disponibilité d’au moins une moustiquaire dans les ménages varie de 22 % parmi les ménages les plus riches à seulement 15 % parmi les plus pauvres. C’est également, en partie, la raison pour laquelle les villes de Douala et de Yaoundé qui sont les deux grandes métropoles du pays, où le pouvoir d’achat des populations est relativement élevé, détiennent des proportions élevées de ménages possédant au moins une moustiquaire. Graphique 9.1 Possession de moustiquaires par les ménages EDSC-III 2004 31 19 24 17 20 4 2 3 1 2 Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural CAMEROUN 0 10 20 30 40 Pourcentage Au moins une moustiquaire Au moins une moustiquaire traitée Le tableau 9.1 présente également la proportion de ménages ayant déclaré posséder au moins une moustiquaire imprégnée, c’est-à-dire une moustiquaire qui a été trempée dans un insecticide à un moment quelconque, et la proportion de ceux qui possèdent une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide, c’est-à- dire soit une moustiquaire imprégnée à vie, soit une moustiquaire obtenue imprégnée il y a moins de six mois ou enfin une moustiquaire qui a été imprégnée d’insecticide il y a moins de 6 mois. Pour les moustiquaires imprégnées à un moment quelconque, les résultats indiquent que seulement 2 % des ménages ont déclaré en posséder une. Cette proportion reste faible, quel que soit le milieu de résidence, la région ou le niveau de vie du ménage. Cependant, il faut souligner qu’à Yaoundé/Douala (4 %) et dans les ménages les plus riches (4 %), cette proportion est deux fois supérieure à la moyenne nationale. Par ailleurs, la possession d’une MII par les ménages est rare (1 %). Ce sont surtout les ménages de Yaoundé/Douala (3 %) et les ménages les plus riches (3 %) qui en possèdent au moins une. 170 | Paludisme 9.2.2 Utilisation des moustiquaires par les enfants de moins de 5 ans, l’ensemble des femmes et les femmes enceintes Aux ménages ayant déclaré posséder au moins une moustiquaire, on a demandé qui avait dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête. Les résultats sont présentés pour l’ensemble des femmes de 15-49 ans, ainsi que pour deux groupes de population particulièrement vulnérables : les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans (tableaux 9.2 et 9.3). Le tableau 9.2 et le graphique 9.2 présentent la proportion d’enfants de moins de cinq ans qui ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête, en fonction de la catégorie de moustiquaire et selon certaines caractéristiques socio-démographiques. On constate d’une manière générale, qu’un peu plus d’un enfant de moins de cinq ans sur dix a dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête (12 %). L’utilisation de la moustiquaire diminue au fur et à mesure que l’âge de l’enfant augmente : de 16 % à moins de 12 mois, la proportion passe à 8 % à 48-59 mois. Pour ce qui est du milieu de résidence, on constate un écart très net entre le milieu rural (7 %), les autres villes (12 %) et Yaoundé/Douala (29 %). En particulier cette proportion est plus élevée à Douala où 38 % des enfants ont dormi sous une moustiquaire contre 18 % à Yaoundé. Dans les régions du Littoral (17 %), du Sud-Ouest et l’Est (15 % dans chaque cas), on note que l’utilisation de la moustiquaire pour protéger les enfants est plus répandue qu’ailleurs. On a vu précédemment que, dans ces régions, le risque de transmission est aussi plus élevé qu’ailleurs. À l’opposé, dans le Nord, cette proportion n’est que de 3 %. Par ailleurs, selon le niveau de vie de vie du ménage, la proportion d’enfants ayant dormi sous une moustiquaire augmente de manière significative : elle passe de 4 % chez les enfants des ménages les plus pauvres à 18 % chez ceux des ménages les plus riches. La proportion d’enfants de moins de cinq ayant dormi sous une moustiquaire imprégnée ou une MII est très faible (environ 1 % dans les deux cas). À l’exception de Douala et Yaoundé, du Nord-Ouest et des ménages les plus riches, les proportions sont négligeables partout ailleurs. Paludisme | 171 Tableau 9.2 Utilisation des moustiquaires par les enfants Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans dans les ménages qui ont dormi sous une moustiquaire (traitée ou non) la nuit ayant précédé l'enquête et pourcentage qui ont dormi sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide (MII), selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans qui ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l'enquête Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans qui ont dormi sous une moustiquaire déjà imprégnée la nuit précédant l'enquête Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans qui ont dormi sous une MII la nuit précédant l'enquête Effectifs d'enfants de moins de 5 ans Âge en mois < 12 15,6 1,7 1,1 1 693 12-23 12,9 1,6 1,2 1 676 24-35 10,4 0,7 0,7 1 569 36-47 10,2 1,6 1,1 1 581 48-59 8,1 0,8 0,4 1 641 Sexe Masculin 11,3 1,3 0,9 4 095 Féminin 11,6 1,3 0,9 4 064 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 28,5 4,5 3,4 1 086 Autres villes 12,4 1,3 0,7 2 471 Ensemble urbain 17,3 2,3 1,6 3 558 Rural 6,9 0,5 0,4 4 602 Région Adamaoua 10,6 0,5 0,5 348 Centre 11,1 0,6 0,3 714 Douala 37,6 4,6 3,4 579 Est 14,6 0,8 0,8 433 Extrême-Nord 6,7 0,5 0,5 1 780 Littoral 17,1 0,6 0,2 308 Nord 3,0 0,4 0,3 898 Nord-Ouest 7,3 2,9 1,3 855 Ouest 9,0 0,0 0,0 967 Sud 9,8 0,9 0,9 313 Sud-Ouest 14,8 1,0 0,5 458 Yaoundé 18,1 4,5 3,4 508 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 3,9 0,5 0,3 1 969 Second 9,4 0,8 0,6 1 721 Moyen 11,8 0,7 0,4 1 738 Quatrième 18,2 2,3 1,6 1 479 Le plus riche 17,8 2,9 2,1 1 253 Ensemble1 11,5 1,3 0,9 8 160 1 L’ensemble inclut un cas dont le sexe est non-déterminé. 172 | Paludisme Graphique 9.2 Utilisation de moustiquaires par les enfants de moins de 5 ans EDSC-III 2004 29 12 17 7 12 5 1 2 0.5 1 Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural CAMEROUN 0 10 20 30 40 Pourcentage Enfants ayant dormi sous une moustiquaire la nuit avant l'enquête Enfants ayant dormi sous une moustiquaire traitée la nuit avant l'enquête Le tableau 9.3 présente les mêmes résultats pour l’ensemble des femmes âgées de 15-49 ans et pour les femmes enceintes selon la catégorie de moustiquaire utilisée. On constate que 12 % des femmes de 15-49 ans ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête. Cette proportion est plus faible en milieu rural (8 %) qu’en milieu urbain (15 %). C’est une fois de plus à Douala (30 %) que cette proportion est la plus élevée. Les résultats selon le niveau d’instruction et le niveau de vie du ménage font apparaître des écarts importants. En effet, l’utilisation de moustiquaires est beaucoup plus répandue chez les femmes instruites et chez celles des ménages aisés. Concernant la proportion de femmes ayant dormi sous une moustiquaire imprégnée, on constate, comme pour les enfants, qu’elle est très faible (1 %), et cela, quelle que soit la caractéristique socio-démographique. L’utilisation de la MII par l’ensemble des femmes est encore plus faible (moins d’un pour cent). C’est là l’un des défis majeurs que doit relever le Programme National de Lutte contre le Paludisme. Les résultats concernant les femmes enceintes ayant dormi sous une moustiquaire quel que soit le type de moustiquaire ne sont guère différents de ceux de l’ensemble des femmes. Au Cameroun, il apparaît que les femmes enceintes, plus vulnérables à l’infection, n’utilisent pas plus fréquemment de moustiquaires pour se protéger contre le paludisme que l’ensemble des femmes (12 % dans les deux cas). Par ailleurs, les variations chez les femmes enceintes par milieu de résidence ou par région suivent les mêmes tendances que celles décrites pour l’ensemble des femmes. Paludisme | 173 Tableau 9.3 Utilisation des moustiquaires par les femmes et les femmes enceintes Pourcentage de toutes les femmes et des femmes enceintes, (dans les ménages),âgées de 15-49 ans, qui ont dormi sous une moustiquaire, (traitée ou non) et pourcentage qui ont dormi sous une moustiquaire imprégnée d'insecticide (MII) la nuit ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Ensemble des femmes Femmes enceintes Caractéristique socio-démographique Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l'enquête Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire imprégnée la nuit précédant l'enquête Pourcentage ayant dormi sous une MII la nuit précédant l'enquête Effectif Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l'enquête Pourcentage ayant dormi sous une moustiquaire traitée la nuit précédant l'enquête Pourcentage ayant dormi sous une MII la nuit précédant l'enquête Effectif Milieu de résidence Yaoundé/Douala 21,7 2,9 1,9 2 443 22,6 3,1 3,1 147 Autres villes 10,2 1,3 0,9 3 827 12,1 3,4 2,9 310 Ensemble urbain 14,7 1,9 1,3 6 271 15,4 3,3 3,0 458 Rural 7,9 0,5 0,3 5 184 10,2 0,3 0,1 605 Région Adamaoua 9,7 0,5 0,5 446 13,5 1,0 1,0 53 Centre 13,7 0,4 0,3 916 13,6 0,0 0,0 75 Douala 30,3 3,4 2,5 1 283 33,3 4,3 4,3 80 Est 15,3 1,4 1,4 545 13,1 3,0 3,0 48 Extrême-Nord 6,5 0,5 0,4 1 849 10,4 0,7 0,7 267 Littoral 15,4 1,0 0,7 518 19,0 0,0 0,0 30 Nord 2,7 0,1 0,0 1 049 5,0 0,0 0,0 144 Nord-Ouest 7,0 2,6 1,4 1 174 14,8 7,4 4,0 80 Ouest 6,8 0,2 0,2 1 226 9,6 1,1 1,1 114 Sud 9,6 0,6 0,6 471 6,5 0,0 0,0 35 Sud-Ouest 13,5 0,9 0,8 817 14,0 1,8 1,8 67 Yaoundé 12,2 2,3 1,1 1 160 9,7 1,6 1,6 67 Niveau d'instruction Aucun 7,6 0,7 0,6 2 461 13,6 1,6 1,6 331 Primaire 11,3 1,2 0,7 4 524 10,6 1,7 1,4 395 Secondaire ou plus 14,2 1,6 1,1 4 469 13,5 1,5 1,0 337 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 4,6 0,5 0,4 2 131 5,5 0,0 0,0 264 Second 9,2 0,8 0,6 1 907 12,9 0,6 0,6 251 Moyen 12,1 0,7 0,5 2 197 12,6 1,0 1,0 190 Quatrième 17,6 1,9 1,1 2 475 19,9 4,6 3,1 189 Le plus riche 13,2 2,0 1,4 2 744 14,2 2,9 2,9 169 Ensemble 11,6 1,2 0,8 11 454 12,4 1,6 1,3 1 063 9.2.3 Chimioprévention chez la femme enceinte En mai 2002, le Cameroun a adopté une nouvelle politique de chimioprévention pour les femmes enceintes. Cette chimioprévention est passée de la Chloroquine en chimioprophylaxie hebdomadaire à l’Amodiaquine en traitement préventif intermittent tous les trimestres. En janvier 2004, lors du dernier atelier national sur le traitement du paludisme, l’Amodiaquine a été remplacée par la SP Fansidar pour le traitement préventif intermittent chez la femme enceinte, avec une restriction, à savoir, que ce nouveau protocole n’est pas applicable à la femme enceinte au premier trimestre de la grossesse. Lors de l’EDSC-III, on a posé aux femmes qui avaient eu une naissance au cours des cinq dernières années plusieurs questions pour savoir si elles avaient pris des antipaludéens à titre préventif au cours de leur dernière grossesse et quel type d’antipaludéens elles avaient pris. 174 | Paludisme Au tableau 9.4 et au graphique 9.3, on relève que 47 % des femmes enceintes ont pris des médicaments antipaludéens à titre préventif au cours de leur dernière grossesse. On note des écarts importants selon le milieu de résidence et les régions. À Yaoundé/Douala, les deux tiers des femmes (67 %) ont suivi un traitement préventif contre 56 % dans les Autres villes et 36 % en milieu rural. Dans les régions, le Sud (74 %) détient avec le Centre (71 %) la proportion la plus élevée de femmes ayant pris des antipaludéens à titre préventif pendant la dernière grossesse. Dans le Nord et l’Adamaoua (32 % dans chaque cas) et surtout dans l’Extrême-Nord (17 %), cette proportion est nettement plus faible. On remarque également que les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (69 %) ont eu beaucoup plus recours aux antipaludéens pour se protéger du paludisme au cours de leur dernière grossesse que les femmes ayant un niveau d’instruction primaire (48 %) et que celles sans niveau d’instruction (21 %). En outre, cette proportion est de 68 % pour les femmes des ménages les plus riches contre 24 % pour celles des ménages les plus pauvres. Tableau 9.4 Utilisation de traitement préventif au cours de la grossesse Parmi les femmes de 15-49 ans qui ont eu une naissance au cours des 5 années ayant précédé l’enquête, pourcentage de celles qui ont pris des antipaludéens pour prévenir le paludisme au cours de la dernière grossesse, et parmi ces dernières, pourcentage qui ont pris certains antipaludéens, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Femmes qui ont pris des antipaludéens Caractéristique socio-démographique Pourcentage de femmes enceintes ayant pris des antipaludéens préventifs au cours de la grossesse Effectif des dernières naissances au cours des cinq années précédant l’enquête Pourcentage de femmes qui ont pris de l'Amodiaquine/ Flavoquine/ Camoquin Pourcentage de femmes qui ont pris du SP Fansidar/ Maloxine Pourcentage de femmes qui ont pris de la chloroquine/ Nivaquine Pourcentage de femmes qui ont pris de la quinine/ Quinimax Effectif de femmes ayant pris des antipaludéens Milieu de résidence Yaoundé/Douala 66,6 816 10,0 4,1 53,2 33,1 543 Autres villes 55,9 1 635 6,7 1,5 55,3 33,5 913 Ensemble urbain 59,4 2 451 7,9 2,5 54,5 33,4 1 457 Rural 35,6 2 852 5,7 0,8 55,2 34,5 1 016 Région Adamaoua 32,1 215 13,8 1,5 46,9 28,7 69 Centre 70,5 434 6,9 0,5 58,7 39,3 306 Douala 60,7 417 9,3 3,3 53,0 35,8 253 Est 52,5 287 12,0 1,0 54,4 36,0 150 Extrême-Nord 17,0 1 100 2,7 0,0 62,9 27,7 187 Littoral 57,6 196 11,9 1,0 36,6 51,6 113 Nord 31,8 564 0,0 1,2 69,0 31,5 179 Nord-Ouest 46,7 521 6,2 2,8 48,4 27,2 243 Ouest 59,0 610 3,9 0,8 68,6 25,3 360 Sud 73,6 219 7,1 0,8 25,0 68,2 162 Sud-Ouest 46,9 341 7,3 2,0 52,6 18,2 160 Yaoundé 72,6 399 10,5 4,9 53,4 30,8 290 Niveau d'instruction Aucun 20,5 1 486 2,5 1,1 56,7 30,9 305 Primaire 48,1 2 212 5,6 0,9 57,5 31,9 1 064 Secondaire ou plus 68,7 1 605 9,6 2,8 51,6 36,6 1 103 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 24,1 1 260 2,6 0,4 57,7 27,9 303 Second 34,8 1 037 3,9 0,8 58,9 32,4 361 Moyen 51,3 1 082 8,1 0,9 54,2 34,8 556 Quatrième 62,1 1 021 7,3 1,9 53,0 36,4 634 Le plus riche 68,4 904 9,7 3,6 53,4 34,1 618 Rang de naissance 2-3 47,8 1 381 8,3 0,7 57,2 30,7 660 4-6 43,8 1 735 4,6 0,9 57,0 35,0 760 Durée depuis la naissance < 1 année 43,3 1 609 11,6 1,3 49,1 35,3 696 1 année 46,5 1 564 6,3 1,9 56,7 32,4 728 2 années 49,1 1 057 3,4 1,2 59,8 32,8 519 3 années 49,6 631 4,3 1,9 56,8 35,1 313 4 années 48,8 442 7,5 4,2 51,7 34,9 216 Ensemble 46,6 5 303 7,0 1,8 54,8 33,9 2 472 Paludisme | 175 Graphique 9.3 Utilisation de traitement préventif contre le paludisme au cours de la dernière grossesse EDSC-III 2004 47 67 56 59 36 21 48 69 CAMEROUN Yaoundé/Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Aucune instruction Primaire Secondaire ou plus 0 10 20 30 40 50 60 70 80 Pourcentage À la question concernant le type d’antipaludéens qu’elles avaient pris au cours de la dernière grossesse, plus de la moitié des femmes ayant pris des antipaludéens ont déclaré avoir pris de la chloroquine/Nivaquine (55 %). En outre, dans plus d’un tiers des cas (34 %), les femmes se sont protégées contre le paludisme en prenant de la quinine/Quinimax. Moins d’une femme sur dix (7 %) a pris de l’Amodiaquine/Flavoquine/Camoquin et enfin, une faible proportion (2 %) a utilisé la SP Fansidar/Maloxine. Les résultats par type d’antipaludiques montrent que, quelle que soit la caractéristique socio- démographique, au moins la moitié des femmes ont pris de la chloroquine/Nivaquine au cours de leur dernière grossesse. Seules les régions du Littoral (37 %) et du Sud (25 %) se distinguent par des proportions beaucoup plus faibles. La quinine/Quinimax dont l’utilisation est moins répandue a été prise par environ un tiers des femmes au cours de leur dernière grossesse, quelle que soit la catégorie de femmes. Dans le Sud-Ouest, l’utilisation de la quinine/Quinimax est nettement moins répandue qu’ailleurs (18 %). En ce qui concerne l’Amodiaquine/Flavoquine/Camoquin, on constate que leur utilisation est plus répandue à Yaoundé/Douala (10 %), dans l’Adamaoua (14 %), l’Est (12 %) et le Littoral (12 %) que partout ailleurs. La politique nationale en matière de traitement préventif intermittent n’est que très peu suivie sur le terrain, ce qui impose des campagnes d’information du public, des ateliers de formation de personnel soignant et des supervisions effectives sur le terrain. 9.3 TRAITEMENT DU PALUDISME CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS En 2002, le Cameroun a adopté une politique thérapeutique transitoire de traitement du paludisme simple. Cette thérapie prescrivait l’utilisation de la chloroquine en première intention, et l’utilisation de l’Amodiaquine et la SP Fansidar en deuxième intention. En janvier 2004, une nouvelle politique thérapeutique a été adoptée : l’Amodiaquine a été remplacée par la combinaison Artesunate-Amodiaquine pour le traitement du paludisme simple. Quant à la quinine, elle n’est indiquée que pour les cas de paludisme grave tant chez l’enfant, que chez l’adulte et que chez la femme enceinte. 176 | Paludisme Au cours de l’EDSC-III, en plus des questions sur la disponibilité des moustiquaires et le traitement préventif antipaludéen chez les femmes enceintes, on a demandé si les enfants de moins de cinq ans avaient eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. Dans le cas d’une réponse positive, une série de questions sur le traitement de la fièvre ont été posées : ces questions portaient sur le recours éventuel à des médicaments antipaludéens et sur le moment où le traitement a été administré pour la première fois. Les résultats sont présentés aux tableaux 9.5 et 9.6. On constate au tableau 9.5 que, parmi les enfants de moins de cinq ans, près d’un quart ont eu de la fièvre et/ou des convulsions au cours des deux dernières semaines précédant l’enquête (24 %). Tableau 9.5 Prévalence et traitement précoce de la fièvre Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé, l'enquête, et parmi ces enfants, pourcentage de ceux qui ont pris des antipaludéens et types de médicaments antipaludéens pris, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Parmi les enfants ayant eu de la fièvre Caractéristique socio-démographique Pourcentage d'enfants ayant eu de la fièvre/ convulsions Effectif d'enfants Pourcentage ayant pris un médicament antipaludéen Pourcentage ayant pris un médicament antipaludéen le même jour/ jour suivant Effectif d'enfants avec fièvre Âge en mois < 6 16,0 800 36,1 28,6 128 6-11 31,7 761 50,9 36,0 241 12-23 32,1 1 546 54,4 37,6 496 24-35 23,8 1 384 55,0 40,4 329 36-47 18,7 1 394 54,4 42,4 261 48-59 19,3 1 389 56,9 49,3 268 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 24,9 1 018 58,1 47,4 253 Autres villes 24,4 2 227 59,2 45,7 544 Ensemble urbain 24,6 3 244 58,9 46,3 797 Rural 23,0 4 029 48,0 34,2 926 Région Adamaoua 15,9 306 32,5 12,9 49 Centre 31,4 595 64,8 54,6 187 Douala 24,3 542 58,9 50,0 132 Est 27,8 398 48,2 37,3 111 Extrême-Nord 21,5 1 589 32,2 23,1 342 Littoral 30,8 264 68,9 49,3 81 Nord 8,7 828 24,2 21,6 72 Nord-Ouest 22,9 714 57,6 33,7 163 Ouest 22,9 862 66,4 47,4 197 Sud 41,6 277 72,3 62,5 115 Sud-Ouest 36,4 422 55,6 39,9 154 Yaoundé 25,4 476 57,3 44,7 121 Niveau d'instruction Aucun 16,8 2 138 28,4 20,1 359 Primaire 26,0 3 072 54,1 38,9 797 Secondaire ou plus 27,5 2 063 67,2 53,5 567 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 19,1 1 813 41,5 27,0 347 Second 24,4 1 476 46,1 32,3 359 Moyen 24,9 1 505 56,9 43,4 374 Quatrième 27,1 1 343 60,6 49,5 364 Le plus riche 24,5 1 136 61,4 47,8 278 Ensemble 23,7 7 273 53,1 39,8 1 723 Paludisme | 177 Les résultats selon l’âge mettent en évidence une prévalence de la fièvre plus élevée chez les enfants de 6-23 mois (32 % en moyenne) que parmi ceux de 24 à 59 mois (21 % en moyenne). Par contre, l’analyse par milieu de résidence ne fait pas apparaître d’écart significatif. Dans les régions, on note des variations importantes : avec 42 % d’enfants ayant eu de la fièvre, le Sud détient la prévalence la plus élevée, suivi du Sud-Ouest (36 %), du Littoral (31 %) et du Centre (31 %). À l’opposé, dans le Nord, seulement 9 % des enfants ont eu la fièvre et, dans l’Adamaoua, cette proportion est de 16 %. Par ailleurs, la prévalence de la fièvre est plus élevée chez les enfants dont la mère a fréquenté l’école (28 %) que chez ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction (17 %). Ce résultat s’explique peut-être par le fait que les femmes instruites déclarent plus fréquemment un état fébrile que les femmes non instruites. Parmi l’ensemble des enfants ayant eu de la fièvre, 53 % ont été traités avec des antipaludéens et les deux cinquièmes (40 %) ont pris des antipaludéens de manière précoce, c’est-à-dire soit le jour où la fièvre est apparue, soit le jour suivant. Le traitement par des antipaludéens ne présente pas d’écart important selon l’âge de l’enfant, exception faite des enfants de moins de six mois (29 %) qui sont traités moins fréquemment que ceux de six mois ou plus (41 % en moyenne). Bien que les résultats n’aient pas fait apparaître d’écarts de prévalence de la fièvre selon le milieu de résidence, on constate que la proportion d’enfants traités est plus élevée en milieu urbain (59 %) qu’en milieu rural (48 %). Il en est de même pour l’administration précoce d’un traitement (46 % contre 34 %). Dans les régions caractérisées par une prévalence élevée de la fièvre, on constate que la proportion d’enfants traités de manière rapide est également élevée : 63 % au Sud, 55 % au Centre et 49 % au Littoral. Enfin, on remarque que les enfants dont la mère a un niveau d’instruction au moins secondaire et ceux des trois quintiles les plus riches sont ceux qui ont bénéficié le plus fréquemment d’un traitement antipaludéen et d’un traitement précoce. Le tableau 9.6 présente, parmi les enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre, les proportions de ceux qui ont pris différents types d’antipaludéens et les proportions de ceux qui les ont pris rapidement après l’apparition de la fièvre. On note que près d’un quart des enfants ayant eu de la fièvre ont été traités à la quinine (23 %), et 18 % le même jour ou le jour suivant l’apparition de la fièvre. C’est dans les régions où la prévalence de la fièvre est la plus importante que les proportions d’enfants traités à la quinine sont aussi les plus élevées. En effet, cette proportion est particulièrement élevée au Sud (47 %), au Centre (30 %) et au Littoral (27 %). Par contre, dans la région Sud-Ouest où la prévalence de la fièvre est aussi très élevée, la Chloroquine est le médicament le plus fréquemment administré (30 %), alors qu’au niveau national, la proportion est de 20 %. Un peu plus d’un enfant sur dix (12 %) a été traité avec de l’Amodiaquine et 9 % l’ont reçu rapidement. Enfin, on constate que la proportion d’enfants traités à la SP Fansidar est négligeable (moins d’un pour cent) quelle que soit la catégorie d’enfants. Une fois de plus, on peut constater que l’ensemble des procédés concernant le traitement des cas de paludisme n’est que très peu observé par les ménages au Cameroun. La chloroquine, retirée de l’arsenal thérapeutique du praticien camerounais depuis 2002 en raison de son inefficacité, est encore largement utilisée. 178 | Paludisme Tableau 9.6 Différents antipaludéens et prise précoce Parmi les enfants de moins de cinq ans ayant eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, pourcentage de ceux qui ont pris certains antipaludéens le même jour ou le jour suivant l'apparition de la fièvre selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Pourcentage qui ont pris de la SP Fansidar Pourcentage qui ont pris de la SP Fansidar le même jour/jour suivant Pourcentage qui ont pris de la chloroquine Pourcentage qui ont pris de la chloroquine le même jour/jour suivant Pourcentage qui ont pris de l'Amodiaquine Pourcentage qui ont pris de l'Amodiaquine le même jour/jour suivant Pourcentage qui ont pris de la quinine Pourcentage qui ont pris de la quinine le même jour/ jour suivant Effectif d'enfants ayant eu de la fièvre Âge en mois < 6 0,9 0,9 13,0 10,9 16,7 11,2 7,4 6,2 128 6-11 0,0 0,0 18,6 12,0 18,1 12,5 17,1 13,0 241 12-23 0,8 0,6 20,6 13,6 13,5 8,9 23,0 16,4 496 24-35 0,6 0,0 20,6 14,9 9,0 5,6 25,9 20,1 329 36-47 0,2 0,0 18,1 12,4 14,4 10,8 24,7 19,9 261 48-59 2,3 1,8 23,0 19,7 4,8 4,1 28,6 24,5 268 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 0,5 0,5 16,3 13,0 22,3 15,3 23,3 20,5 253 Autres villes 0,8 0,5 17,8 12,8 16,6 12,1 25,7 20,5 544 Ensemble urbain 0,7 0,5 17,3 12,9 18,4 13,1 24,9 20,5 797 Rural 0,9 0,6 21,9 15,3 7,1 4,5 20,8 15,3 926 Région Adamaoua 1,1 0,0 13,1 3,2 6,3 4,2 12,0 5,5 49 Centre 0,0 0,0 21,9 17,4 17,6 10,6 33,4 30,1 187 Douala 0,0 0,0 18,8 16,1 20,5 16,1 23,2 19,6 132 Est 0,6 0,0 21,7 15,2 10,0 8,4 18,1 13,7 111 Extrême-Nord 0,0 0,0 20,3 15,7 0,6 0,6 11,3 6,8 342 Littoral 1,6 1,6 13,1 9,4 17,0 11,8 37,2 26,5 81 Nord 0,0 0,0 6,6 6,6 3,1 3,1 15,8 13,2 72 Nord-Ouest 3,4 2,7 24,9 11,0 9,4 5,5 23,4 15,8 163 Ouest 1,5 0,0 23,5 16,6 21,5 16,2 21,0 14,6 197 Sud 0,0 0,0 8,7 7,8 12,2 8,5 53,0 47,3 115 Sud-Ouest 1,3 1,3 30,3 22,4 12,3 7,9 15,1 9,9 154 Yaoundé 1,0 1,0 13,6 9,7 24,3 14,6 23,3 21,4 121 Niveau d'instruction Aucun 0,3 0,3 18,1 12,7 0,7 0,5 9,6 6,8 359 Primaire 1,1 0,5 22,5 15,4 10,8 7,3 22,4 16,7 797 Secondaire ou plus 0,8 0,6 17,0 13,3 21,8 15,2 31,4 26,0 567 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 0,5 0,3 25,4 16,8 3,5 1,8 12,7 8,0 347 Second 1,2 0,6 19,3 12,5 6,0 3,1 22,7 16,5 359 Moyen 1,2 0,5 18,9 14,6 15,1 10,9 26,1 20,3 374 Quatrième 0,7 0,7 19,1 14,7 15,3 11,7 26,6 22,5 364 Le plus riche 0,4 0,4 15,5 11,5 23,8 16,3 25,6 21,2 278 Ensemble 0,8 0,5 19,8 14,2 12,3 8,5 22,7 17,7 1 723 Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 179 ALLAITEMENT MATERNEL, ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES 10 Daniel SIBETCHEU, Marie Antoinette FOMO, Paul Roger LIBITE et Eric JAZET La malnutrition constitue un problème de santé publique au Cameroun. Comme c’est le cas dans les pays en voie de développement, elle affecte surtout les groupes vulnérables que sont les enfants de 0-5 ans, les femmes enceintes et les femmes qui allaitent. Elle est la résultante d’une alimentation inadéquate due à des pratiques alimentaires inappropriées1 et à la prévalence des maladies infectieuses et parasitaires qui se développent dans les conditions d’hygiène environnementale, individuelle et collective déficientes. Ce chapitre est consacré à l’analyse des données sur l’alimentation des enfants nés au cours des cinq années précédant l’enquête et leur état nutritionnel et celui des femmes. Il s’articule autaur de trois parties : la première partie est consacrée aux pratiques de l’allaitement maternel et à l’alimentation de complément ; la deuxième partie traite des carences en micronutriments (iode, vitamine A) et la prévalence de l’anémie ; et enfin, la troisième partie porte sur l’état nutritionnel des enfants et des femmes évalué à partir des mesures anthropométriques (poids et taille). 10.1 ALLAITEMENT MATERNEL ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT Les pratiques alimentaires constituent des facteurs déterminants de l’état nutritionnel des enfants qui, à son tour influence leur morbidité et leur mortalité. Parmi les pratiques alimentaires, celles relatives à l’allaitement maternel revêtent une importance particulière au cours des deux premières années de la vie. Le lait maternel est le premier élément d’alimentation et constitue à bien des égards un aliment irremplaçable pour le nouveau-né. En effet, le lait maternel de par ses propriétés (stérile, riche en anticorps et en éléments nutritifs nécessaire à la croissance et au développement harmonieux du nourrisson) prévient la sous-alimentation et les maladies infectieuses et particulièrement la diarrhée. De même, l’allaitement maternel à la demande et prolongé favorise l’augmentation de la durée de l’aménorrhée post-partum. Cela peut avoir un effet favorable sur la fécondité et l’état de santé de la mère et sur la croissance et le développement de l’enfant grâce à son influence sur l’intervalle intergénésique. Compte tenu de l’importance de l’allaitement maternel dans l’alimentation du nourrisson, on a demandé aux mères si elles avaient allaité leurs enfants nés au cours des cinq années précédant l’enquête. Des précisions ont ainsi été obtenues sur le début de la première mise au sein après la naissance, la durée de l’allaitement maternel et sa fréquence, l’âge de l’introduction de l’aliment de complément, les différents types d’aliments de complément donné et le nombre de fois d’administration. Des questions ont été aussi posées aux mères sur l’utilisation du biberon. Début de l'allaitement maternel Le tableau 10.1 présente d’une part les pourcentages d'enfants nés au cours des cinq dernières années et qui ont été allaités et d’autre part, parmi ces enfants allaités, les pourcentages de ceux qui ont 1 Les pratiques alimentaires inadéquates font référence, non seulement à la qualité et à la quantité des aliments donnés aux enfants, mais aussi aux étapes de l’introduction de ces aliments dans leur alimentation. 180 | Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes Tableau 10.1 Allaitement initial Pourcentage d'enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l'enquête qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités dans l'heure qui a suivi la naissance, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités le jour de la naissance et pourcentage de ceux ayant reçu des aliments avant d'être allaités, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Pourcentage allaité au sein Effectif d'enfants Pourcentage allaité dans l'heure suivant la naissance Pourcent allaité le jour suivant la naissance1 Pourcentage ayant reçu des aliments avant le début de l'allaitement2 Effectif d'enfants allaités Sexe Masculin 93,4 4 038 31,9 58,8 62,2 3 771 Féminin 93,9 4 060 32,0 60,4 62,2 3 810 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 85,0 1 104 44,2 80,1 51,6 938 Autres villes 93,4 2 447 33,5 64,3 57,1 2 285 Ensemble urbain 90,8 3 550 36,6 68,9 55,5 3 222 Rural 95,9 4 547 28,4 52,8 67,1 4 358 Région Adamaoua 98,7 337 26,1 47,3 86,6 333 Centre 97,4 657 30,8 60,1 63,0 640 Douala 90,8 576 44,4 81,5 53,6 523 Est 95,8 450 32,1 48,8 51,3 432 Extrême-Nord 91,2 1 787 40,0 57,3 83,4 1 629 Littoral 94,7 291 32,4 64,6 59,2 275 Nord 96,1 954 5,8 14,0 97,3 917 Nord-Ouest 97,2 769 38,2 85,7 13,3 747 Ouest 96,0 956 24,4 64,0 40,5 918 Sud 89,7 313 37,1 64,5 66,1 281 Sud-Ouest 98,1 480 37,4 78,4 52,3 471 Yaoundé 78,6 527 43,9 78,2 49,0 415 Niveau d'instruction de la mère Aucun 94,4 2 397 27,9 42,6 84,5 2 264 Primaire 94,8 3 462 31,9 63,7 53,9 3 282 Secondaire ou plus 91,0 2 238 36,5 72,1 50,7 2 035 Assistance à l'accouchement Professionnel de la santé3 93,0 5 002 35,3 70,4 49,7 4 651 Accoucheuse traditionnelle 95,9 963 29,1 48,2 82,4 924 Autre 94,8 1 665 20,8 36,3 81,9 1 578 Personne 91,1 435 44,9 55,6 85,8 396 Lieu d'accouchement Centre de santé 93,0 4 778 35,5 70,8 49,3 4 445 A domicile 94,5 3 237 27,2 44,0 81,2 3 059 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 94,8 2 058 24,1 44,7 76,4 1 951 Second 94,8 1 648 31,6 54,4 64,0 1 563 Moyen 95,7 1 681 29,9 61,6 55,9 1 608 Quatrième 93,9 1 489 38,0 70,8 53,2 1 398 Le plus riche 86,9 1 221 41,7 77,3 54,7 1 061 Ensemble4 93,6 8 097 31,9 59,6 62,2 7 581 Note : Le tableau est basée sur tous les enfants nés dans les cinq ans ayant précédé l'enquête, qu'ils soient vivants ou décédés au moment de l'enquête. 1 Y compris les enfants allaités dans l'heure qui a suivi la naissance. 2 Les enfants ayant reçu quelque chose autre que le lait maternel au cours des premiers trois jours avant que la mère commence à allaiter de manière régulière. 3 Médecin, infirmière/sage-femme, sage-femme auxiliaire. 4 L’ensemble inclut : 32 cas d’assistance à l’accouchement non déterminés ; 37 cas de lieu d’accouchement non déterminés et 46 cas pour lesquels le lieu d’accouchement est « Autre ». Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 181 été allaités dans l’heure ou le jour qui a suivi la naissance, selon certaines caractéristiques socio- démographiques. Il en ressort que la presque totalité des enfants nés dans les cinq années ayant précédé l'enquête (94 %) ont été allaités. Cette proportion est de 96 % en milieu rural et de 91 % en milieu urbain. Elle est encore plus faible à Yaoundé/Douala (85 %). C’est dans l’Adamaoua que les enfants sont le plus allaités (99 %) et ils le sont le moins dans le Sud (90 %). La pratique de l’allaitement maternel est presque uniforme quelles que soient les caractéristiques de la mère et de plus, on constate que la proportion d’enfants allaités n’a pas beaucoup évolué depuis l’EDSC-II (97 %). Bien que l’allaitement maternel soit généralisé, on constate cependant qu’au Cameroun, seulement 32 % des enfants ont été mis au sein pour la première fois dans l'heure qui a suivi la naissance et que, globalement, 60 % des enfants ont été mis au sein pour la première fois au cours des 24 heures suivant la naissance. Cette pratique pourrait s’expliquer par le rejet du colostrum après l’accouchement qui est encore courante dans certaines régions du Cameroun. Sur le plan nutritionnel, ce comportement des mères peut s’avérer néfaste pour l’enfant. Le rejet du colostrum prive ainsi le nouveau-né des anticorps de la mère et de la vitamine A essentiels pour la prévention des infections. En effet, c'est lors des premiers allaitements, dans les vingt-quatre heures qui suivent la naissance, que l'enfant reçoit le colostrum qui contient les anticorps de la mère, et qui sont essentiels pour lui éviter de nombreuses maladies. De plus, si le nouveau-né n'est pas allaité dans les 24 heures qui suivent la naissance, il reçoit, à la place du lait maternel, divers liquides pouvant le mettre en contact avec des agents pathogènes. Le début de la première mise au sein varie avec les caractéristiques sociodémographiques des mères. En milieu rural, 28 % des enfants sont mis au sein dans l’heure qui suit l’accouchement, contre 37 % en milieu urbain. Cette différence pourrait s’expliquer par la prédominance de l’influence des traditions favorables au rejet du colostrum en milieu rural. Au niveau régional, c’est dans la province du Nord (6 %) que la proportion des enfants mis au sein dans l’heure qui suit l’accouchement est la plus basse suivi de la province de l’Ouest (24 %). Néanmoins, 60 % des enfants ont été mis au sein dans les 24 heures après l’accouchement. Ils sont 53 % en milieu rural contre 69 % en milieu urbain, avec 80 % à Yaoundé/Douala. Cette proportion reste très faible dans le Nord (14 %) et est plus élevée dans le Nord-Ouest (86 %). Comme conséquence des comportements des mères au Cameroun, 62 % d’enfants ont reçu des aliments avant le début de l’allaitement maternel, dont 56 % en milieu urbain et 67 % en milieu rural. Dans le Nord (97 %), la proportion d’enfants ayant reçu des aliments avant le début de l’allaitement maternel est très élevée surtout par rapport à celle du Nord-Ouest (13 %). Ceci s’expliquerait par le fait que lorsque l’enfant est mis au sein tardivement, il reçoit d’autres aliments en attendant le lait maternel. C’est ce qui s’observe dans le Nord où 86 % des enfants ont été mis au sein plus de 24 heures après la naissance pendant que 97 % d`entre eux reçoivent des aliments avant le début de l’allaitement maternel. L’introduction précoce des aliments de complément met le nouveau-né à risque d’infection et particulièrement de diarrhée, si l’aliment ou le liquide donné est souillé. Le niveau d’instruction de la mère influence significativement les pratiques d’allaitement maternel. En effet, bien que les enfants des mères non instruites soient proportionnellement les plus fréquemment allaités (94 %), ils sont par contre les moins nombreux à être mis au sein dans l’heure qui suit l’accouchement (28 %) et même dans les 24 heures après l’accouchement (43 %). Ces enfants sont par conséquent, proportionnellement plus nombreux à recevoir des aliments avant le début de l’allaitement maternel (85 %). Par contre, les enfants des mères de niveau d’instruction secondaire ou plus sont seux qui sont les moins allaités (91 %). Mais ils sont proportionnellement plus nombreux à être mis au sein dans l’heure qui suit l’accouchement (37 %) et dans les 24 heures après l’accouchement (72 %). Ils sont alors proportionnellement les moins nombreux à recevoir des aliments avant le début de l’allaitement maternel (51 %). 182 | Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes L’assistance à l’accouchement et le lieu où celui-ci s’est déroulé semblent avoir une influence sur le début de l’allaitement. En effet, plus d'un enfant sur trois (35 %) ont été allaités dans l’heure qui a suivi leur naissance quand la mère a accouché avec l’assistance d’un professionnel de santé, contre 29 % avec l’assistance d’une accoucheuse traditionnelle et (21 %) pour les autres. La même tendance est observée pour la mise au sein dans les 24 heures qui ont suivi la naissance, soit 70 % avec l’assistance d’un professionnel de santé et 48 % avec celle d’une accoucheuse traditionnelle. Par ailleurs, 36 % des enfants nés dans un centre de santé ont été allaités dans l’heure qui a suivi la naissance. Quand la mère a accouché à la maison, cette proportion n’est que de 27 %. Globalement, 81 % des enfants nés à domicile reçoivent des aliments avant le début de l’allaitement maternel contre 49 % pour ceux nés dans un centre de santé. Le niveau socio-économique des ménages a une influence sur le début de l’allaitement dans l’heure qui suit la naissance. En effet, moins d'un quart (24 %) de nourrissons issues des ménages les plus pauvres a été allaité dans l’heure qui a suivi la naissance contre 42 % de ceux des ménages les plus riches. C`est dans les ménages pauvres (76 %) que les nourrissons reçoivent le plus fréquemment les aliments avant le début de l’allaitement ; ils en reçoivent moins dans les ménages riches (55 %). Allaitement exclusif et introduction de l'alimentation de complément De la naissance jusqu’à l’âge de 6 mois, le lait maternel seul suffit pour couvrir les besoins nutritionnels du nourrisson. À cet effet, l’OMS et l’UNICEF recommandent que les enfants soient exclusivement nourris au sein jusqu’à six mois, ce qui rejoint les préoccupations nationales en la matière. L’introduction trop précoce d’aliments de complément n’est pas recommandée car elle expose les enfants aux agents pathogènes et augmente ainsi leur risque de contracter des maladies infectieuses, en particulier la diarrhée. De plus, elle diminue la prise de lait par l'enfant, et donc la succion, ce qui réduit la production de lait. Enfin, dans les populations économiquement pauvres, les aliments de complément sont souvent pauvres du point de vue nutritionnel. Par contre, à partir de six mois, le lait maternel seul ne suffit plus pour couvrir les besoins nutritionnels de l’enfant. Il est alors fortement recommandé que l'allaitement au sein soit complété par l'introduction d'autres aliments appropriés pour satisfaire les besoins alimentaires de l'enfant pour lui permettre la meilleure croissance possible. Les informations sur l'alimentation de complément ont été obtenues en demandant à la mère si son enfant était allaité et quel type d'aliments (solides ou liquides) il avait reçu au cours des dernières 24 heures. Bien que les questions sur l'allaitement aient été posées pour tous les enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, celles sur les compléments nutritionnels n'ont été posées que sur les enfants derniers-nés. De plus, les résultats ne sont présentés que pour les enfants de moins de trois ans, dans la mesure où pratiquement tous les enfants sont sevrés au-delà de cet âge. On constate au tableau 10.2 et au graphique 10.1 que, dès leur naissance, presque tous les enfants sont allaités (99 %) et cette pratique se poursuit très longtemps après la naissance puisque, à 10-11 mois, 94 % sont encore allaités. Cette proportion décroît ensuite sensiblement et au-delà de 20 mois, elle n'est plus que de 28 % environ. Cependant, la pratique de l'allaitement exclusif est très peu courante : seulement 24 % d’enfants ont été allaités exclusivement au sein jusqu’à l’âge de six mois. C’est dire que la majorité de jeunes enfants (76 %), n’ont pas été allaités convenablement, conformément aux recommandations. En effet, dès les premiers jours qui suivent la naissance, il est très fréquent que le nourrisson reçoive autre chose que le lait maternel : à 0-1 mois, 43 % des enfants reçoivent de l'eau seulement en plus du lait maternel, 14 % reçoivent d'autres types de liquides (y compris d'autres types de lait) et 4 % reçoivent déjà des aliments de complément. Comme signalés plus haut, ces liquides et aliments donnés précocement au nouveau-né peuvent constituer des sources d’infections s’ils sont Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 183 contaminés pendant la manipulation et la conservation. Ils n’apportent pas toujours les nutriments nécessaires pour couvrir les besoins nutritionnels du nourrisson. En outre, l’introduction précoce d’aliments ou de liquides réduit le nombre de tétées avec pour conséquence, la diminution de la montée laiteuse. L’allaitement maternel doit être poursuivi jusqu’à l’âge de deux ans. Cependant, à partir de six mois, le lait maternel seul ne suffit plus pour couvrir les besoins nutritionnels du nourrisson. Il doit être complété par l’introduction d’aliments de complément appropriés pour permettre une croissance normale et un développement harmonieux de l`enfant. Les résultats de l’enquête montrent que 21 % des enfants de 6-9 mois ne reçoivent pas d’aliments de complément, et de ce fait, ne sont pas nourris de manière adéquate. L’utilisation du biberon n’est pas recommandée chez les jeunes enfants car elle est le plus souvent associée à une augmentation des risques de maladies, en particulier les maladies diarrhéiques. Les biberons mal nettoyés et les tétines mal stérilisées sont à l’origine de troubles gastriques, de diarrhées et de vomissements chez les bébés. Le tableau 10.2 montre qu’au Cameroun les mères utilisent fréquemment le biberon. Ainsi, plus d'un enfant de 0-1 mois sur dix (11 %) avait été nourri au biberon au cours des 24 heures ayant précédé l’interview. Cette proportion est respectivement de 18 % et de 15 % pour les enfants âgés de 2-3 mois et de ceux de 4-5 mois. Il convient de relever qu’avec la transmission du VIH de la mère à l'enfant, l’utilisation du biberon est susceptible d’augmenter ; les mères séropositives pourraient alors décider de ne pas allaiter leurs enfants de peur de les contaminer. Tableau 10.2 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant Répartition (en %) des enfants derniers-nés de moins de 3 ans vivant avec leur mère par type d'allaitement, et pourcentage d'enfants de moins de trois ans utilisant le biberon, selon l'âge de l'enfant en mois, Cameroun 2004 Allaitement au sein et alimentation : Âge en mois Pas allaité au sein Exclusive- ment allaité au sein Eau seulement Liquides à base d'eau, jus Autre lait Aliments de complément Total Effectif d'enfants Pourcentage utilisant le biberon1 Effectif d'enfants <2 0,8 37,5 43,6 4,0 9,7 4,4 100,0 227 11,3 231 2-3 0,9 25,3 39,1 2,1 12,1 20,6 100,0 272 17,7 273 4-5 1,5 10,7 27,8 3,5 7,9 48,5 100,0 289 14,8 295 6-7 3,5 3,7 16,1 0,9 2,4 73,4 100,0 254 9,6 258 8-9 3,4 2,4 7,2 0,5 1,6 84,9 100,0 262 9,8 271 10-11 6,4 1,0 5,6 0,0 1,2 85,8 100,0 229 9,7 232 12-15 16,9 1,5 2,1 0,9 0,0 78,6 100,0 517 6,0 541 16-19 42,9 2,0 0,6 0,0 0,5 54,1 100,0 472 4,5 516 20-23 71,5 0,3 0,5 0,0 0,0 27,7 100,0 417 1,3 488 24-27 90,4 0,0 0,0 0,0 0,0 9,6 100,0 417 1,6 543 28-31 90,3 0,0 0,0 0,0 0,0 9,7 100,0 287 0,5 439 32-35 95,0 0,0 0,0 0,0 0,0 5,0 100,0 227 0,8 402 Moins de 6 mois 1,1 23,5 36,2 3,2 9,9 26,2 100,0 788 14,8 800 6-9 mois 3,5 3,0 11,6 0,7 2,0 79,2 100,0 516 9,7 529 Note : Le statut de l'allaitement fait référence à la période des dernières 24 heures (hier et la nuit dernière). Les enfants classés dans la catégorie « allaitement et eau seulement » ne reçoivent aucun complément. Les catégories « non allaités », « allaités exclusivement », « allaités et eau seulement », « liquides à base d'eau/jus », « autre lait », et « aliments de complément » (solides et semi-solides) sont hiérarchiquement et mutuellement exclusives et la somme des pourcentages fait 100 %. Ainsi les enfants allaités qui reçoivent des liquides à base d'eau et qui ne reçoivent pas d'aliments de complément sont classés dans la catégorie « liquides à base d'eau » même s'ils reçoivent également de l'eau. Tout enfant qui reçoit des aliments de complément est classé dans cette catégorie tant qu'il est toujours allaité. 1 Basé sur tous les enfants de moins de trois ans. 184 | Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes Graphique 10.1 Pratique d'allaitement des enfants de moins de 3 ans EDSC-III 2004 >2 4-5 8-9 12-15 20-23 28-31 Âge en mois Pourcentage Allaitement seul Al. + compléments Allaitement et eau seulement Non allaités 100 80 60 40 20 0 Durée et fréquence de l’allaitement maternel La durée médiane de l’allaitement maternel est calculée pour les enfants derniers-nés âgés de moins de trois ans. Le tableau 10.3 indique qu’au Cameroun, la moitié des enfants sont allaités au sein pendant une période de 17,4 mois, les durées médianes de l'allaitement exclusif (0,6 mois) ou d’allaitement prédominant (3,6 mois) sont très courtes. Il n’y a pas de différence selon le sexe de l’enfant. Par contre, les enfants sont allaités plus longuement en milieu rural (19,1 mois) que dans les Autres villes (16,5 mois) et qu’à Yaoundé/Douala (13,4 mois). Selon la région, cette durée médiane est au-dessus de 19 mois pour les régions de l’Adamaoua (19,2 mois), du Nord-Ouest (20,0 mois), du Nord (20,7 mois) et de l’Extrême-Nord (20,9 mois). La durée médiane d’allaitement maternel baisse légèrement avec l’augmentation du niveau d’instruction de la mère : elle passe de 21,1 mois pour les enfants de mère sans niveau d'instruction à 17,4 mois pour les enfants de mère du niveau d'instruction primaire et à 14,6 mois pour ceux de mère de niveau d'instruction secondaire ou plus. Enfin, on constate que la durée médiane de l’allaitement maternel diminue au fur et à mesure que le niveau de vie du ménage dans lequel vit la mère augmente. Elle passe de 20,9 mois pour les enfants des ménages les plus pauvres à 13,1 mois pour ceux des ménages les plus riches. Par rapport à 1998, la durée médiane de l’allaitement maternel n’a presque pas changé ; elle était estimée à 18,1 mois. Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 185 Tableau 10.3 Durée médiane et fréquence de l'allaitement Durée médiane de l'allaitement, de l'allaitement exclusif et de l'allaitement prédominant (allaitement et eau) des enfants nés au cours des trois années ayant précédé l'enquête et vivant avec leur mère, pourcentage d'enfants allaités de moins de six mois vivant avec leur mère et qui ont été allaités six fois ou plus au cours des vingt-quatre heures ayant précédé l'enquête et nombre moyen d'allaitements (de jour et de nuit), selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Enfants de moins de six mois allaités au sein2 Durée médiane de l'allaitement au sein (en mois)1 Caractéristique socio-démographique Allaitement au sein Allaitement exclusif au sein Allaitement au sein prédominant3 Effectif d'enfants Pourcentage allaité 6 fois ou plus dans les dernières 24 heures Nombre moyen d’allaitement par jour Nombre moyen d’allaitement par nuit Effectif d'enfants Sexe Masculin 17,5 0,6 3,7 2 436 97,1 7,8 5,0 376 Féminin 17,3 0,6 3,4 2 454 94,2 7,6 4,5 409 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 13,4 0,6 1,8 673 91,4 6,5 4,5 109 Autres villes 16,5 0,6 3,8 1 492 96,7 7,4 4,6 242 Ensemble urbain 15,3 0,6 3,3 2 165 95,1 7,1 4,6 352 Rural 19,1 0,6 3,8 2 725 96,0 8,2 4,9 433 Région Adamaoua 19,2 0,4 4,3 209 96,8 8,4 5,3 32 Centre 15,7 0,7 3,3 412 98,8 6,7 4,7 63 Douala 13,4 1,0 2,4 343 (91,3) (7,5) (4,4) 54 Est 17,2 1,1 4,4 290 97,4 8,2 4,6 47 Extrême-Nord 20,9 0,5 6,3 1 042 96,1 8,8 5,4 162 Littoral 15,8 0,9 3,1 172 91,0 5,1 3,8 33 Nord 20,7 0,4 2,5 550 96,1 7,0 3,7 81 Nord-Ouest 20,0 2,5 3,1 468 100,0 9,0 5,2 80 Ouest 16,7 0,5 3,2 596 94,4 8,3 4,5 108 Sud 15,3 0,6 2,0 191 97,7 7,3 4,9 30 Sud-Ouest 16,7 0,5 2,8 286 (91,9) (6,4) (6,0) 39 Yaoundé 13,3 0,5 1,4 330 (91.5) (5.5) (4.6) 55 Niveau d'instruction de la mère Aucun 21,1 0,4 4,7 1 381 96,5 8,3 5,0 222 Primaire 17,4 0,6 3,5 2 117 94,9 7,9 4,8 319 Secondaire ou plus 14,6 0,7 2,5 1 392 95,7 6,9 4,5 243 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 20,9 0,6 4,2 1 209 98,4 8,2 4,9 187 Second 19,2 0,5 4,2 1 007 95,1 8,2 4,9 165 Moyen 17,9 0,6 3,5 1 035 96,8 7,6 5,0 177 Quatrième 15,5 0,7 3,0 881 92,8 7,3 4,5 148 Le plus riche 13,1 0,6 2,3 758 93,4 6,9 4,4 107 Ensemble 17,4 0,6 3,6 4 890 95,6 na na 785 Moyenne 17,8 2,3 5,1 na na 7,7 4,8 na Note : Les durées moyennes et médianes sont basées sur le statut d'allaitement au moment de l'enquête. 1 On suppose que les enfants derniers-nés et les naissances précédentes qui ne vivent pas actuellement avec leur mère ne sont pas allaités actuellement. 2 Sont exclus les enfants dont la réponse sur le nombre d'allaitement n'est pas valable. 3 Soit exclusivement allaité ou reçoit le lait maternel et de l'eau, des liquides à base d'eau, et/ou des jus seulement (les autres types de lait sont exclus). ( ) Indiquent que les chiffres sont basés sur 25-49 cas non-pondérés. na = Non applicable 186 | Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes En ce qui concerne la durée moyenne de l’allaitement maternel, la valeur obtenue pour le Cameroun est de 17,8 mois. Comparativement aux pays d’Afrique subsaharienne pour lesquels les durées moyennes d’allaitement ont été calculées selon le même procédé (voir tableau ci-dessous), on peut constater que la durée moyenne d’allaitement au Cameroun se situe parmi les moins élevées. Pays Date de l’enquête Durée moyenne d’allaitement (en mois) Cameroun Cameroun Cameroun Côte d’Ivoire Sénégal Tanzanie Niger Tchad Guinée Ouganda Mali Togo Éthiopie Burkina Faso 2004 1998 1991 1998-1999 1992-1993 1999 1998 1996-1997 1999 2000-2001 2001 1998 2000 2003 17,8 18,2 18,2 20,2 20,4 20,4 20,7 22,0 22,2 22,6 23,1 24,3 24,9 24,5 Le tableau 10.3 montre que 96 % des enfants de moins de 6 mois qui ont été allaités au sein l’ont été six fois ou plus au cours des 24 heures ayant précédé l’interview. Le nombre d’allaitement est plus élevé pendant le jour que pendant la nuit (7,7 contre 4,8 fois en moyenne). En outre, on constate que la proportion d'enfants qui ont été allaités 6 fois ou plus au cours des dernières 24 heures diffère très peu selon les caractéristiques sociodémographiques. Il en est de même pour le nombre moyen d’allaitements que ce soit de jour ou de nuit. Type d’aliments de complément Les informations relatives aux types d'aliments donnés aux enfants, derniers-nés de moins de trois ans, sont présentées au tableau 10.4 en fonction de leur situation par rapport à l'allaitement. Au Cameroun, l’introduction de liquides autres que le lait maternel et d’aliments solides ou semi-solides a lieu très tôt, avant 6 mois. Ainsi, chez les enfants de moins de 2 mois, 7 % avaient reçu d’autres liquides et 8 % avaient reçu d'autres laits ou des produits laitiers (fromage et yaourt). Pour la tranche 2-3 mois, 19 % avaient déjà reçu des aliments solides à base de céréales et pour la tranche 4-5 mois, 9 % avaient consommé des aliments solides à base de poissons, volailles, viandes ou œufs. À 6-9 mois, seulement 30 % des enfants reçoivent des aliments riches en vitamine A. C’est dans le groupe d’âge 20-23 mois qu’une grande majorité d’enfants (62 %) reçoivent ce type d’aliment. Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 187 Tableau 10.4 Aliments reçus par les enfants le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête Pourcentage d'enfants derniers-nés de moins de trois ans vivant avec leur mère, qui ont reçu certains aliments déterminés le jour ou la nuit ayant précédé l'enquête, en fonction du fait qu'ils sont, ou non, allaités, selon l'âge en mois, Cameroun 2004 Âge en mois Aliments pour bébé Autre lait/ fromage/ yaourt Autres liquides1 Nourriture à base de céréales Fruits/ légumes2 Nourriture à base de racines, de tubercules Nourriture à base de légumes Viande/ volaille/ poisson/ coquil./ oeufs Nourriture à base d'huile/ graisse ou beurre Fruits et légumes riches en vitamine A3 Nourriture solide ou semi-solide quelconque Effectif d'enfants ENFANTS ALLAITÉS <2 4,4 8,2 6,5 3,3 1,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 8,5 225 2-3 5,8 11,6 5,6 18,8 1,6 0,9 0,7 1,4 1,0 1,2 26,4 269 4-5 11,1 17,1 16,3 41,3 9,8 4,1 3,3 9,0 9,0 7,5 55,3 285 6-7 10,9 14,6 21,7 60,1 30,2 18,3 16,3 27,8 34,4 23,2 79,0 245 8-9 9,8 20,6 26,8 68,0 47,4 27,4 24,4 43,2 54,1 36,4 89,5 253 10-11 8,5 16,1 31,8 73,1 53,9 26,7 27,2 51,9 65,2 42,4 93,4 214 12-15 5,0 16,0 33,9 75,6 64,0 26,1 36,8 55,8 63,7 52,7 95,8 429 16-19 4,9 15,6 28,3 76,8 65,6 24,8 36,8 58,9 62,7 54,9 97,9 269 20-23 3,8 17,8 22,4 85,9 68,2 23,9 42,1 60,5 51,1 62,3 100,0 119 24-35 2,7 9,3 13,2 91,5 67,9 10,0 37,4 46,8 53,7 64,5 100,0 79 Moins de 6 mois 7,4 12,7 9,8 22,6 4,5 1,8 1,5 3,8 3,6 3,2 31,8 780 6-9 10,3 17,6 24,3 64,1 39,0 23,0 20,4 35,6 44,4 29,9 84,3 498 ENFANTS NON ALLAITÉS 16-19 9,5 27,9 45,6 77,5 69,5 39,7 36,5 69,4 78,6 55,5 98,7 202 20-23 5,6 20,9 47,1 75,7 79,8 36,3 40,1 72,7 78,9 69,1 98,9 298 24-35 5,3 17,5 44,5 75,4 78,4 36,0 38,9 64,1 72,8 65,5 97,6 853 Note : Le statut d'allaitement et les aliments consommés font référence à la période des dernières 24 heures (hier et la nuit dernière). 1 Non compris l'eau. 2 Y compris les fruits et légumes riches en vitamine A. 3 Y compris les citrouilles, l'igname rouge ou jaune, les carottes, les patates douces rouges, les légumes à feuilles vertes, les mangues, les papayes, et les autres fruits et légumes locaux qui sont riches en vitamine A. L’introduction d’aliments solides ou semi-solides dans l’alimentation des enfants est recommandée à partir de l’âge de 6 mois. Plusieurs types de compléments pouvant être donnés à la fois, la somme des pourcentages peut excéder 100 %. Au Cameroun, une proportion non négligeable (32 %) d’enfants consomme déjà des aliments solides ou semi-solides avant l’âge de 6 mois. À 6-7 mois, 21 % d’enfants ne consomment aucun aliment solide ou semi-solide comme aliment de complément au lait maternel. Cependant, on note que parmi les enfants de 6-9 mois, 64 % consomment des céréales, 39 % des fruits et/ou légumes, 23 % des tubercules, et seulement 36 % de la viande, de la volaille, du poisson et/ou des œufs. Quand on se limite aux enfants du groupe d’âge 6-7 mois, tranche d’âge recommandée pour le début du sevrage2, les proportions ne sont que de : 60 % pour les céréales, 30 % pour les fruits et/ou légumes, 18 % pour les tubercules, et seulement 28 % pour la viande, la volaille, le poisson et/ou les œufs. Comme on pouvait s’y attendre, aux mêmes âges, les proportions d’enfants non allaités qui consomment les différents types d’aliments sont légèrement plus élevées que celles des enfants allaités. 2 Le sevrage se définit ici comme l’introduction d’un aliment autre que le lait maternel dans l’alimentation de l’enfant. 188 | Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes 10.2 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS ET PRÉVALENCE DE L’ANÉMIE Les carences en micronutriments comme la vitamine A, l’iode, le fer, le calcium et le zinc, sont à l’origine de différentes manifestations pouvant revêtir plusieurs formes qui apparaissent souvent simultanément. Par exemple, les carences en vitamine A peuvent entraîner la cécité crépusculaire, celles de l’iode, le goitre et le crétinisme, et un apport insuffisant en fer est à l’origine de l’anémie. Ces carences ont aussi des conséquences moins visibles, notamment l’affaiblissement du système immunitaire. 10.2.1 Consommation de sel iodé par les ménages Il est reconnu que la faible consommation en iode peut entraîner des troubles souvent graves et parfois irréversibles. Ceux-ci peuvent accroître les risques d’avortements spontanés, de mortalités périnatale et infantile, d’accouchements prématurés, d’anomalies congénitales, de retard de croissance, de difficultés d’apprentissage, de crétinisme et de goitre (ce dernier étant le signe le plus visible). L’apport alimentaire insuffisant en iode est généralement dû à la pauvreté en iode du sol où les aliments ont été produits. Au Cameroun, la stratégie de lutte adoptée depuis 1991 consiste en l’iodation obligatoire du sel de cuisine consommé sur le territoire national à 100 parties par million (ppm). Pendant la collecte des données, les enquêteurs ont testé le sel de cuisine provenant de chaque ménage visité. Ce test rapide au moyen d’un « kit » permet une détermination sur place de la teneur en iode. Le « kit » utilisé permet de faire la distinction entre le sel non iodé du tout et le sel iodé à plus ou moins de 15 parties par million (ppm). Le sel iodé à moins de 15 ppm est considéré comme insuffisamment iodé alors que celui iodé à plus de 15 ppm est considéré comme adéquatement iodé. Il convient de noter que le sel a été testé dans 83 % des ménages, et que 10 % de ménages ne disposaient pas de sel lors du passage des équipes d’enquête. Il ressort du tableau 10.5 que parmi les ménages disposant de sel, 96 % utilisaient du sel iodé : 88 % avaient du sel adéquatement iodé et 7 % avaient du sel avec une faible teneur en iode (moins de 15 ppm). Le pourcentage de ménages disposant de sel adéquatement iodé élevé en milieu urbain (94 %) qu’en milieu rural (83 %). Par région, on constate que la proportion de ménages disposant du sel adéquatement iodé présente de grandes variations, passant d’un minimum de 77 % dans le Sud à un maximum de 94 % dans l’Adamaoua. Par ailleurs, la proportion des ménages consommant du sel adéquatement iodé augmente avec le niveau de vie du ménage. Elle passe de 84 % pour les ménages les plus pauvres à 95 % pour les ménages les plus riches. La proportion des ménages disposant de sel iodé de manière adéquate a progressé par rapport à 1998 où elle était de 82 %. Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 189 Tableau 10.5 Sel iodé dans le ménage Répartition (en %) des ménages dont le sel a été testé pour la présence d'iode selon la teneur en iode (parties par million), pourcentage de ménages dont le sel a été testé et pourcentage de ménages ne disposant pas de sel, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Sel iodé dans le ménage Caractéristique socio-démographique Pourcentage de ménages testés Pourcentage de ménages sans sel Effectif de ménages Sel non iodé (0 ppm) Contenu en iode inadéquat (<15 ppm) Contenu en iode adéquat (15+ ppm) Total Effectif de ménages Milieu de résidence Yaoundé/Douala 82,6 11,4 1 976 1,7 3,3 95,0 100,0 1 633 Autres villes 77,9 11,6 3 398 2,4 4,9 92,7 100,0 2 649 Ensemble urbain 79,7 11,5 5 374 2,1 4,3 93,5 100,0 4 281 Rural 86,2 9,2 5 088 6,6 10,2 83,2 100,0 4 386 Région Adamaoua 82,1 16,2 457 3,1 3,3 93,6 100,0 375 Centre 93,5 6,1 838 7,0 15,6 77,5 100,0 784 Douala 85,5 10,6 1 045 2,3 2,3 95,3 100,0 894 Est 73,6 12,5 513 8,1 12,6 79,2 100,0 377 Extrême-Nord 75,1 14,5 1 763 3,2 6,4 90,4 100,0 1 325 Littoral 91,7 7,7 488 4,1 7,9 88,0 100,0 448 Nord 71,9 14,4 933 3,7 8,5 87,7 100,0 671 Nord-Ouest 88,2 6,4 1 192 5,2 4,3 90,5 100,0 1 052 Ouest 91,7 5,0 1 019 2,3 6,1 91,6 100,0 934 Sud 86,3 8,0 470 11,7 11,5 76,8 100,0 406 Sud-Ouest 81,5 10,0 812 7,1 10,6 82,3 100,0 662 Yaoundé 79,4 12,3 931 0,9 4,5 94,6 100,0 739 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 90,8 6,2 1 707 6,1 10,4 83,5 100,0 1 550 Second 84,0 10,6 2 258 5,9 9,3 84,8 100,0 1 896 Moyen 82,5 11,1 2 061 5,8 8,8 85,4 100,0 1 701 Quatrième 76,4 14,7 2 253 2,8 5,2 92,0 100,0 1 722 Le plus riche 82,4 8,5 2 183 1,4 3,3 95,3 100,0 1 798 Ensemble 82,8 10,4 10 462 4,4 7,3 88,3 100,0 8 667 10.2.2 Consommation de micronutriments chez les enfants La carence en vitamine A, ou l’avitaminose A, est la principale cause de cécité évitable en Afrique. Elle accroît le risque de mortalité et de morbidité. En effet, une carence en vitamine A même modérée altère le système immunitaire et réduit la résistance aux infections. La vitamine A est indispensable à la croissance, à la vue et au maintien des cellules épithéliales. Les groupes vulnérables à la carence en vitamine A sont constitués des enfants de moins de 5 ans, des femmes enceintes et qui allaitent. L’UNICEF, l’OMS et l’IVACG recommandent à tous les pays qui ont une mortalité infanto- juvénile supérieure à 70 pour mille, la supplémentation systématique en capsules de vitamine A suivant un protocole défini. Au Cameroun, Les principales stratégies de lutte contre la carence en vitamine A sont : x la supplémentation en capsules de vitamine A ; 190 | Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes x l’enrichissement des aliments en vitamine A ; x la promotion de la consommation des sources de vitamine A ; et x la promotion de la culture des aliments riches en vitamine A. Le tableau 10.6 présente le pourcentage d’enfants, derniers-nés âgés de moins de 3 ans, qui ont consommés des aliments riches en vitamine A au cours des sept jours précédant l’interview3. Il présente aussi le pourcentage d’enfants de moins de 5 ans qui ont reçu au moins une dose de vitamine A (en capsule ou en ampoule) au cours des 6 derniers mois précédant l’enquête. Au Cameroun, plus d'un tiers des enfants de moins de cinq ans (38 %) ont reçu des suppléments de vitamine A. Cette proportion varie selon les caractéristiques sociodémographiques. Les enfants de 12- 23 mois sont proportionnellement les plus nombreux à en recevoir (43 %) par rapport aux autres groupes d’âges. Les enfants allaités au sein (42 %) sont aussi plus nombreux à avoir reçu des suppléments que ceux qui n'ont pas été allaités au sein (36 %). S’agissant du milieu de résidence, les enfants de Yaoundé/Douala (44 %) sont les plus nombreux à en avoir reçu ; dans les Autres villes, la proportion est de 40 % et c’est en milieu rural qu’elle est la plus faible (35 %). Par rapport aux régions, cette proportion varie d'un minimum de 12 % dans le Nord à un maximum de 61 % dans le Nord-Ouest. En fonction du niveau d’instruction, les résultats montrent que les enfants des mères ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (45 %) reçoivent plus fréquemment des suppléments de vitamine A que ceux des femmes de niveau d’instruction primaire (40 %) ou sans niveau d'instruction (28 %). En ce qui concerne l’indice de bien-être économique, les enfants des ménages les plus riches (49 %) ont plus reçu de suppléments en vitamine A que ceux issus des ménages les plus pauvres (30 %). Pour éviter l’avitaminose A, il est également recommandé que les enfants consomment des aliments riches en vitamine A. Moins de la moitié (44 %) d’enfants derniers-nés de moins de trois ans ont consommé des aliments riches en vitamine A au cours des sept jours précédant l’interview (tableau 10.6). La consommation d’aliments riches en vitamine A augmente avec l’âge : les enfants de 24-35 mois (65 %) en ont plus fréquemment consommé que leurs cadets (58 %). Cette consommation d’aliments riches en vitamine A semble être corrélée avec le rang de naissance de l’enfant. Les enfants des rangs 6 et plus (47 %) en consomment plus que ceux des rangs inférieurs (moins de 42 %). Il convient de souligner que les enfants allaités au sein sont proportionnellement deux fois moins nombreux à consommer des aliments riches en vitamine A que ceux qui ne le sont pas (32 % contre 64 %). Il existerait donc des risques élevés de carence en vitamine A pour les enfants allaités au sein surtout si les aliments de substitution à l’allaitement lors du sevrage ne sont pas riches en micronutriments. Par rapport au milieu de résidence, la proportion des enfants ayant consommé des aliments riches en vitamine A est plus élevée en milieu rural (46 %) que dans les Autres villes (44 %) et qu’à Yaoundé/Douala (38 %). Selon les régions, la proportion d’enfants qui ont reçu les aliments riches en vitamine A passe d’un minimum de 33 % dans le Littoral à un maximum de 59 % dans le Nord-Ouest. Le niveau d’instruction semble ne pas avoir d'influence alors que l’âge de la mère est positivement corrélé avec cette consommation. En effet, la proportion des enfants ayant consommé des aliments riches en vitamine A augmente régulièrement avec l’âge de la mère ; passant d’un minimum de 41 % pour les enfants dont la mère a moins de 20 ans, à un maximum de 51 % pour ceux des mères âgées de 35 ans ou plus. Selon le niveau de vie, ce sont les enfants des ménages les plus pauvres (45 %) qui ont plus consommé d’aliments riches en Vitamines A comparé à ceux des ménages plus riches (42 %). 3 La liste des aliments considérés comme riches en vitamine A figure en note du tableau 10.4. Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 191 Tableau 10.6 Consommation de micronutriments Pourcentage de derniers-nés, âgés de moins de trois ans et vivant avec leur mère qui ont reçu des aliments riches en vitamine A au cours des sept jours ayant précédé l'enquête, pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui ont reçu des compléments de vitamine A au cours des six mois ayant précédé l'enquête, et pourcentage d'enfants de moins de cinq ans vivant dans des ménages utilisant du sel correctement iodé, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique A consommé des fruits et des légumes riches en vitamine A1 Nombre d'enfants A reçu des compléments de vitamine A Nombre d'enfants % vivant dans des ménages disposant de sel correctement iodé2 Nombre d'enfants Âge de l'enfant en mois <6 3,3 788 na na 87,8 718 6-9 30,4 516 42,8 529 87,5 483 10-11 42,1 229 44,0 232 86,4 208 12-23 57,9 1 405 43,2 1,546 86,7 1 355 24-35 65,4 932 38,6 1,384 87,4 1 235 36-47 na na 34,0 1,394 88,5 1 219 48-59 na na 30,6 1,389 87,9 1 244 Sexe Masculin 45,9 1 946 38,6 3,237 87,3 3 218 Féminin 42,1 1 925 36,5 3,236 87,8 3 244 Rang de naissance 2-3 38,7 858 39,2 1,515 88,1 1 485 4-5 41,5 1 317 36,8 2,172 89,2 2 188 6+ 46,7 810 39,5 1,340 85,9 1 350 Allaitement Allaité au sein 32,0 2 388 41,9 1,663 85,9 2 195 Non allaité au sein 63,5 1 473 36,2 4,770 88,4 4 234 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 37,7 527 43,9 901 94,1 925 Autres villes 43,7 1 194 39,7 1,981 92,6 1 828 Ensemble urbain 41,9 1 722 41,0 2,882 93,1 2 752 Rural 45,7 2 149 34,8 3,591 83,5 3 709 Région Adamaoua 45,2 164 23,5 273 94,8 278 Centre 49,3 324 34,9 532 77,8 582 Douala 38,7 262 44,9 488 95,7 497 Est 43,2 208 34,4 350 78,9 316 Extrême-Nord 40,9 836 43,4 1,427 89,0 1 286 Littoral 33,0 136 33,5 230 85,3 255 Nord 51,4 437 12,0 748 87,5 716 Nord-Ouest 58,6 395 60,6 629 91,3 649 Ouest 35,2 472 26,6 754 90,2 822 Sud 50,6 143 42,4 246 77,7 257 Sud-Ouest 43,7 227 50,2 383 79,9 375 Yaoundé 36,7 266 42,6 414 92,3 428 Niveau d'instruction de la mère Aucun 43,6 1 118 27,8 1,915 88,0 1 850 Primaire 46,8 1 649 39,7 2,746 86,9 2 748 Secondaire ou plus 40,2 1 103 44,6 1,812 88,2 1 864 Âge de la mère à la naissance <20 41,3 815 34,6 1,448 87,4 1 400 20-24 40,5 1 133 38,6 1,909 87,9 1 907 25-29 46,9 895 38,9 1,445 87,1 1 472 30-34 45,1 585 37,2 967 87,8 971 35-49 50,6 443 38,4 704 87,7 712 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 45,0 970 30,4 1,624 82,1 1 686 Second 44,7 796 35,3 1,307 86,5 1 317 Moyen 47,3 816 36,0 1,328 86,0 1 335 Quatrième 40,1 692 41,3 1,194 91,6 1 142 Le plus riche 41,7 597 49,4 1,021 95,9 981 Ensemble3 44,0 3 870 37,5 6,474 87,6 6 462 Note : L'information sur les suppléments de vitamine A est basée sur la déclaration des mères. na = Non applicable. 1 Y compris les citrouilles, l'igname rouge ou jaune, les carottes, les patates douces rouges, les légumes à feuilles vertes, les mangues, les papayes, et les autres fruits et légumes locaux qui sont riches en vitamine A. 2 Sel contenant 15 ppm d'iode ou plus. Non compris les enfants qui vivent dans des ménages dont le sel n'a pas été testé. 3 L’ensemble inclut les enfants pour lesquels le statut d’allaitement est non déterminé 192 | Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes Par ailleurs, 88 % des enfants de moins de cinq ans vivent dans des ménages disposant du sel adéquatement ou correctement iodés. Cette proportion est de 93 % en milieu urbain contre 84 % en milieu rural. Les enfants des régions du Centre (78 %), du Sud (78 %), de l’Est (79 %) et du Sud-Ouest (80 %) sont susceptibles de courir des risques de carence en iode, car ils sont proportionnellement les moins nombreux à vivre dans les ménages disposant du sel correctement iodés. Il en est de même des enfants vivants dans les ménages très pauvres (82 %). 10.2.3 Consommation de micronutriments et cécité crépusculaire chez les femmes Lors de l’enquête, on a également demandé aux mères ayant eu une naissance au cours des cinq dernières années si elles avaient reçu de la vitamine A au cours des deux premiers mois qui ont suivi l’accouchement. À cette question, 28 % des mères ont répondu qu’elles avaient effectivement reçu de la vitamine A après l’accouchement (tableau 10.7). Selon le milieu de résidence, on note qu'en milieu urbain, plus d’un tiers des femmes (34 %) ont reçu des compléments de vitamine A mais qu’en milieu rural, cette proportion n’est que de 23 %. Au niveau régional, c’est dans le Nord (9 %) et l'Adamaoua (10 %) que cette proportion est la plus faible. Dans les autres régions, cette proportion est supérieure à 20 % et atteint le maximum dans le Nord-Ouest (48 %). On note également que les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (33 %) sont relativement plus nombreuses à avoir reçu une dose de supplément de vitamine A que celles du niveau d’instruction primaire (31 %) et que celles sans niveau d'instruction (19 %). Par ailleurs, cette proportion augmente régulièrement avec le niveau de bien être économique : elle passe de 18 % chez les femmes des ménages les plus pauvres à 35 % chez celles des ménages les plus riches. Il ressort de l’enquête qu’une grande majorité (72 %) des femmes ayant accouché au cours des cinq dernières années n’ont pas reçu de la vitamine A au cours des deux premiers mois suivant l’accouchement. La première manifestation clinique de la carence en vitamine A est la cécité crépusculaire. Elle est essentiellement due à un apport alimentaire insuffisant en vitamine A. Cette affection touche particulièrement les enfants, les femmes enceintes et les femmes qui allaitent. Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes, si pendant leur grossesse elles avaient souffert de cécité crépusculaire, c’est-à-dire de problèmes de vue à la tombée de la nuit ou au lever du jour. Le tableau 10.7 indique que plus d'une femme sur vingt (6 %) ayant eu un enfant au cours des cinq dernières années a déclaré que, pendant sa grossesse, elle avait eu des difficultés pour voir à la tombée de la nuit et ou au lever du jour. Cependant, il existe des femmes qui ont déclaré avoir eu également des difficultés pour voir même pendant la journée : ces femmes ont donc, semble-t-il, d’autres problèmes oculaires qui ne sont pas nécessairement ceux recherchés dans l’enquête. On a donc calculé une prévalence « ajustée » de la cécité crépusculaire en éliminant ces autres problèmes oculaires. La prévalence de la cécité crépusculaire ainsi « ajustée » passe à 0,9 %. Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 193 Tableau 10.7 Consommation de micronutriments par les mères Pourcentage de femmes qui ont eu une naissance au cours des cinq années ayant précédé l'enquête et qui ont reçu une dose de vitamine A dans les deux mois qui ont suivi l'accouchement, pourcentage de celles qui ont souffert de cécité nocturne au cours de la grossesse, pourcentage de celles qui ont pris du fer sous forme de comprimés ou de sirop pendant un nombre déterminé de jours et pourcentage de femmes vivant dans des ménages utilisant du sel correctement iodé, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Compléments de fer au cours de la grossesse (en nombre de jours) Caractéristique socio-démographique A reçu vitamine A postpartum1 Cécité nocturne déclarée Cécité nocturne ajustée2 Aucun jour <60 60-89 90+ NSP/ND Effectif de femmes % vivant dans des ménages disposant de sel correcte- ment iodé3 Effectif de femmes Âge de la mère à la naissance <20 28,7 5,5 1,3 28,3 18,6 7,7 42,3 3,0 1 124 86,4 963 20-24 28,2 6,4 1,0 23,4 14,6 7,9 48,5 5,6 1 490 88,0 1 309 25-29 25,3 5,9 1,0 22,9 14,2 7,5 51,0 4,5 1 177 88,1 1 069 30-34 30,1 5,9 0,4 26,6 15,0 9,1 43,8 5,4 806 87,3 731 35-49 29,9 6,5 0,6 28,1 14,8 7,9 44,6 4,6 706 87,4 639 Effectif d'enfants nés vivants 1 31,8 5,2 1,2 20,2 18,0 6,7 51,4 3,7 1 215 87,7 1 054 2-3 27,5 6,5 1,1 21,3 14,1 9,4 50,4 4,8 1 741 89,5 1 537 4-5 26,5 5,5 0,7 25,7 15,4 7,4 47,2 4,2 1 067 85,5 962 6+ 27,1 6,6 0,6 35,9 14,8 7,7 35,9 5,6 1 281 86,2 1 156 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 34,2 6,9 1,2 5,2 10,7 3,9 77,2 3,0 816 94,0 744 Autres villes 34,2 4,1 0,6 17,3 16,7 9,2 50,8 6,0 1 635 92,5 1 349 Ensemble urbain 34,2 5,1 0,8 13,3 14,7 7,5 59,6 5,0 2 451 93,0 2 093 Rural 23,0 6,9 1,0 35,9 16,1 8,4 35,2 4,3 2 852 83,0 2 618 Région Adamaoua 10,4 9,5 0,8 32,4 26,7 6,1 28,7 6,2 215 94,3 197 Centre 28,1 4,0 0,7 12,8 18,4 11,1 56,0 1,7 434 76,3 424 Douala 39,8 8,5 1,1 5,1 7,9 3,4 80,8 2,8 417 95,4 383 Est 23,4 4,1 0,4 24,1 30,9 10,6 28,9 5,4 287 79,3 225 Extrême-Nord 28,9 10,3 1,6 58,5 14,3 4,4 16,1 6,8 1 100 88,9 883 Littoral 31,1 7,7 2,9 8,2 19,1 9,1 57,9 5,7 196 86,6 190 Nord 9,1 1,3 0,0 40,1 8,3 8,9 42,3 0,3 564 86,7 486 Nord-Ouest 48,1 1,1 0,0 13,8 19,6 13,1 50,6 2,9 521 91,5 478 Ouest 33,5 7,3 0,8 10,7 9,7 8,8 66,9 4,0 610 90,4 584 Sud 23,9 8,7 1,2 11,7 13,9 9,2 63,7 1,4 219 77,5 204 Sud-Ouest 19,5 2,7 0,7 19,3 21,5 11,8 31,6 15,8 341 81,1 297 Yaoundé 28,2 5,3 1,2 5,3 13,5 4,4 73,5 3,2 399 92,5 361 Niveau d'instruction Aucun 19,0 7,0 1,2 53,3 12,8 5,8 23,1 5,1 1 486 87,5 1 279 Primaire 30,6 5,8 0,5 20,4 18,1 9,6 46,9 5,0 2 212 86,6 1 987 Secondaire ou plus 33,4 5,4 1,2 6,6 14,3 7,8 67,6 3,7 1 605 88,6 1 444 Quintile de bien- être économique Le plus pauvre 18,1 6,1 1,0 48,1 13,6 6,9 27,0 4,5 1 260 82,4 1 174 Second 26,3 7,5 1,1 36,9 16,6 9,6 32,4 4,5 1 037 85,4 924 Moyen 28,0 5,5 0,5 17,9 18,5 9,8 48,6 5,1 1 082 85,3 964 Quatrième 36,4 5,8 1,2 11,1 16,5 8,3 59,5 4,6 1 021 91,6 864 Le plus riche 35,3 5,3 0,8 6,0 11,9 5,0 72,7 4,4 904 95,7 785 Ensemble 28,2 6,0 0,9 25,5 15,4 8,0 46,5 4,6 5 303 87,5 4 710 Note : Pour les femmes ayant plusieurs naissances vivantes dans les cinq dernières années, les données concernent la naissance la plus récente. 1 Au cours des deux premiers mois après l'accouchement. 2 Femmes ayant déclaré souffrir de cécité nocturne mais qui ont déclaré ne pas avoir de difficulté pour y voir pendant le jour. 3 Sel contenant 15 ppm d'iode ou plus. Non compris les femmes qui vivent dans des ménages dont le sel n'a pas été testé. 194 | Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes Le tableau 10.7 fournit également les proportions de femmes ayant pris des comprimés de fer au cours de la grossesse. Dans l’ensemble, un quart de femmes (26 %) n’a pas pris de fer pendant la grossesse. Parmi celles qui en ont pris, 15 % l’ont fait pendant une durée inférieure à deux mois, 8 % pendant deux mois et 47 % pendant trois mois ou plus. En ce qui concerne le nombre d’enfants nés vivants, plus la femme a des enfants en vie moins elle a tendance à consommer durablement du fer au cours de la grossesse (36% pour les femmes ayant 6 enfants et plus et 51 % pour celles qui ont un seul enfant vivant). La consommation du fer présente de fortes disparités selon le milieu de résidence : la proportion des femmes qui ont déclaré avoir consommé du fer pendant au moins 90 jours est de 77 % à Yaoundé/Douala, 51 % dans les Autres villes et 35 % en milieu rural. C’est également le cas lorsque l’on considère les régions : cette proportion varie d'un minimum de 16 % dans l'Extrême-Nord à un maximum de 67 % dans l’Ouest. C’est parmi les femmes les plus instruites que l’on observe les proportions les plus élevées de celles qui en ont pris pendant au moins 90 jours (68 %). Les femmes sans niveau d'instruction consomment presque trois fois moins de fer que leurs consoeurs du niveau secondaire ou plus. Cette consommation de fer est positivement corrélée au niveau du bien être économique du ménage : la proportion passe de 27 % pour les femmes des ménages les plus pauvres à 73 % pour celles des ménages les plus riches. Par ailleurs, comme pour les enfants, 88 % des femmes vivent dans des ménages disposant du sel correctement iodé. Cette proportion est moins élevée en milieu rural, dans les régions du Centre, du Sud, de l’Est et du Sud-Ouest, et dans les ménages les plus pauvres. 10.2.4 Prévalence de l’anémie L’anémie est la forme de carence en micronutriments la plus répandue dans le monde et elle affecte plus de 3,5 milliards d’individus dans les pays en développement (ACC/SCN, 2000). L’anémie est une affection caractérisée par une réduction du nombre de globules rouges et un affaiblissement de la concentration de l’hémoglobine dans le sang. Elle est principalement due à la carence en fer qui est un élément essentiel à la constitution de globules rouges du sang. Cependant, dans les zones à forte endémicité des infections parasitaires comme le Cameroun (voir le chapitre 9 sur le paludisme), le paludisme et les autres parasitoses contribuent aux prévalences élevées de l’anémie. La carence en fer est à l’origine des nombreuses conséquences particulièrement chez les enfants et chez les femmes. Chez les enfants, elle accroît les risques de retard de développement moteur et de la coordination, de difficultés scolaires et de la diminution de l’activité physique. Chez les femmes, l’anémie peut entraîner la diminution de la résistance, la fatigue, et particulièrement pour la femme enceinte, l’augmentation du risque de mortalité et morbidité maternelle et fœtale ainsi que le risque d’avoir un enfant de faible poids à la naissance. Au cours de la collecte des données, on a procédé chez les femmes et chez les enfants dans un ménage sur deux de l’échantillon aux mesures de la taille et du poids ainsi qu’au prélèvement du sang capillaire pour le dosage de l’hémoglobine. Le prélèvement était réalisé de la manière suivante : a) du sang capillaire est prélevé au moyen d’une piqûre au doigt à l’aide d’une petite lame rétractable (Tenderlette) ; b) on laisse tomber une goutte de sang sur une microcuvette que l’on introduit ensuite dans un hémoglobinomètre portatif (HemoCue), qui en moins d’une minute donne la valeur du taux d’hémoglobine en grammes par décilitre de sang (g/dl) ; c) cette valeur était enfin enregistrée dans le questionnaire. L’anémie peut être classée en trois niveaux selon la concentration de l’hémoglobine dans le sang; cette classification a été développée par des chercheurs de l’OMS (CDC, 1989). Ainsi, pour les enfants de plus de cinq ans, les femmes non enceintes et les hommes, l’anémie est considérée comme sévère si la Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 195 mesure d’hémoglobine par décilitre de sang est inférieure à 7,0 g/dl, elle est modérée si cette valeur se situe entre 7,0 et 9,9 g/dl et enfin, elle est qualifiée de légère si la mesure se situe entre 10,0 et 10,9 g/dl. Le niveau d’hémoglobine dans le sang augmente avec l’altitude. Ceci est dû au fait que la pression partielle de l’oxygène diminue en haute altitude, et il en est de même pour la saturation d’oxygène dans le sang. On assiste de plus à un phénomène de compensation qui fait augmenter la production de globules rouges afin d’assurer une irrigation sanguine adéquate (CDC, 1989). En d’autres termes, plus l’altitude est élevée, plus le besoin d’hémoglobine dans le sang augmente. Au Cameroun, comme une frange de la population vit dans des régions de hautes altitudes, il s’est avéré nécessaire d’ajuster et de normaliser les valeurs d’hémoglobine en fonction de l’altitude. Prévalence de l’anémie chez les enfants Le tableau 10.8 indique qu’au Cameroun plus de deux enfants de 6-59 mois sur trois (68 %) sont atteints d’anémie : 23 % sous une forme légère, 40 % sous une forme modérée et 5 % sous une forme sévère. En ce qui concerne l’âge de l’enfant, c’est entre 6 et 23 mois que les enfants sont les plus touchés par l’anémie (plus de 80 %). Comme nous l’avons vu précédemment, c’est la période pendant laquelle beaucoup d’enfants ne reçoivent pas de compléments alimentaires en quantité et en qualité suffisantes. Les enfants de 10-11 mois sont les plus touchés par l’anémie sévère (10 %). Quant au sexe, les enfants de sexe masculin sont plus affectés par l’anémie (72 %) que ceux du sexe féminin (65 %). L’écart de prévalence d’anémie n’est pas très perceptible selon le rang de naissance de l’enfant et l’intervalle intergénésique. Les enfants des mères très jeunes sont les plus affectés par l’anémie. Le pourcentage d’enfants souffrant d’anémie pour les mères âgées de 15-19 ans est de 84 % contre 62 % pour ceux des mères âgées de 35-49 ans. De plus, l’anémie sévère sévit particulièrement parmi les enfants des mères très jeunes (9 %). Pour ce qui est du milieu de résidence, les enfants du milieu rural sont plus affectés par l’anémie (72 %) que ceux des Autres villes (65 %) et de Yaoundé/Douala (61 %). Au niveau des régions, les résultats font apparaître des niveaux élevés d’anémie dans l’Extrême-Nord (75 %), dans le Centre (74 %), à l’Est (73 %), dans le Littoral (73 %) et dans le Nord (70 %). Les enfants du Sud-Ouest sont les plus affectés par l’anémie sévère (12 %). La prévalence varie selon le niveau d’instruction de la mère puisque 73 % des enfants dont la mère est sans niveau d’instruction sont anémiés contre 71 % de ceux dont la mère à un niveau d’instruction primaire et 62 % de ceux dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus. L’écart de prévalence n’est pas sensible entre les enfants vivant avec leur mère (61 %) et ceux dont la mère n’est pas dans le ménage (63 %). Selon le niveau de vie du ménage, la prévalence de l’anémie est plus élevée chez les enfants des ménages les plus pauvres (74 %) que ceux des ménages plus riches (59 %). La majorité des enfants anémiés le sont sous la forme modérée, et ils présentent pratiquement les mêmes caractéristiques que l’ensemble des enfants anémiés. Les enfants souffrant d’anémie sévère présentent un profil socio-démographique différent de celui de ceux présentant la forme légère. On observe également que les enfants de mère sans niveau instruction (6 %) souffrent deux fois plus d’anémie sévère que ceux des mères de niveau secondaire ou plus (3 %). Paradoxalement, on constate aussi que les enfants vivant avec leur mère sont deux fois plus sévèrement anémiés que ceux ne vivant pas avec leur mère (respectivement, 7 % contre 3 %). 196 | Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes Tableau 10.8 Prévalence de l'anémie chez les enfants Pourcentage d'enfants de 6-59 mois anémiés, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Pourcentage d'enfants anémiés1 Caractéristique socio-démographique Anémié Légère (10.0- 10.9 g/dl) Modérée (7.0- 9.9 g/dl) Sévère (en dessous de 7.0 g/dl) Effectif d'enfants Âge de l'enfant en mois 6-9 83,6 22,4 53,5 7,7 293 10-11 80,5 18,5 52,0 10,0 126 12-23 81,1 20,7 52,5 8,0 833 24-35 66,6 23,8 39,0 3,8 737 36-47 63,7 24,5 36,0 3,2 740 48-59 53,1 24,9 26,5 1,8 800 Sexe Masculin 71,9 24,9 42,0 5,0 1 785 Féminin 64,6 21,3 38,8 4,5 1 744 Rang de naissance 2-3 70,3 22,4 42,4 5,5 648 4-5 68,2 23,6 40,5 4,1 972 6+ 71,0 21,3 43,8 5,8 659 Intervalle intergénésique en mois2 Première naissance 70,4 22,7 42,2 5,5 656 <24 70,2 22,8 41,5 5,8 476 24-47 69,7 22,1 43,1 4,5 1 387 48+ 66,5 24,3 37,9 4,2 442 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 60,7 24,8 34,2 1,7 403 Autres villes 64,8 21,2 39,6 3,9 1 059 Ensemble urbain 63,6 22,2 38,1 3,3 1 462 Rural 71,6 23,8 42,0 5,8 2 068 Région Adamaoua 66,6 24,1 38,1 4,4 167 Centre 73,5 20,1 45,8 7,6 333 Douala 62,2 23,8 36,8 1,6 224 Est 73,2 22,7 46,1 4,3 184 Extrême-Nord 74,9 23,4 46,3 5,2 757 Littoral 73,4 24,0 44,4 5,0 129 Nord 69,5 21,9 42,5 5,0 402 Nord-Ouest 54,7 24,1 28,8 1,9 393 Ouest 61,5 25,3 32,7 3,5 397 Sud 66,8 26,6 35,6 4,6 150 Sud-Ouest 81,3 17,0 52,0 12,2 214 Yaoundé 58,8 26,1 30,9 1,8 178 Niveau d'instruction de la mère Aucun 72,9 23,3 43,5 6,1 940 Primaire 70,8 20,8 44,7 5,2 1 344 Secondaire ou plus 61,7 24,7 33,8 3,3 821 Âge de la mère 15-19 83,7 22,7 51,6 9,4 244 20-24 71,9 23,4 43,8 4,7 816 25-29 66,1 21,1 39,7 5,3 815 30-34 69,9 23,5 41,5 4,9 616 35-49 62,3 22,5 36,7 3,2 613 Enfants des mères enquêtées 69,4 22,7 41,8 4,9 2 961 Enfants de mère non enquêtée3 Mère vivant dans le ménage 61,0 20,4 34,0 6,6 144 Mère ne vivant pas dans le ménage4 62,7 27,2 32,3 3,3 425 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 74,0 24,0 44,4 5,5 855 Second 71,0 23,6 42,3 5,1 787 Moyen 68,9 22,0 41,4 5,6 783 Quatrième 63,7 20,7 38,6 4,4 604 Le plus riche 58,8 25,7 31,1 2,0 500 Ensemble 68,3 23,1 40,4 4,8 3 530 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l'enquête. La prévalence est ajustée en fonction de l'altitude en utilisant la formule du CDC, 1998. g/dl = grammes par décilitre. 1 Non compris les enfants dont la mère n'a pas été enquêtée. 2 Les premières naissances multiples (jumeaux ou triplets, etc.) sont considérées comme première naissance car elles n'ont pas d'intervalle intergénésique précédent. 3 Pour les femmes qui n'ont pas été enquêtées, les informations proviennent du questionnaire ménage. Non compris les enfants dont la mère n'est pas listée dans le ménage. 4 Y compris les enfants dont la mère est décédée. Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 197 Prévalence de l’anémie chez les femmes Le tableau 10.9 présente les résultats des tests d’anémie pour les femmes. Moins de la moitié des femmes (45 %) sont atteintes d’anémie : 33 % sous une forme légère, 12 % sous une forme modérée et moins de 1 % sous une forme sévère. Selon l’âge et le nombre d’enfants nés vivants, la proportion des femmes affectées par l’anémie dépasse la moyenne pour celles âgées de 25-29 ans (49 %) et celles ayant un enfant (49 %). Par ailleurs plus de la moitié (51 %) des femmes enceintes sont anémiées. L’allaitement ne semble pas augmenter le risque d’anémie d’une manière significative. La prévalence de l’anémie varie sensiblement selon le milieu de résidence. Elle est plus élevée à Yaoundé/Douala (54 %) que dans les Autres villes (44 %) et en milieu rural (42 %). Au niveau régional, les niveaux d’anémie varient d’un minimum de 30 % dans l’Adamaoua et dans le Nord à un maximum de 57 % dans le Littoral. Contrairement à ce qu’on aurait pensé, l’anémie est moins fréquente parmi les femmes sans niveau d’instruction que parmi celles qui ont fréquenté l’école (39 %) que parmi celles qui ont fréquenté l’école (47 %). De même, selon le niveau de vie du ménage, les femmes les plus anémiées sont proportionnellement plus nombreuses dans les ménages les plus riches : la proportion passe de 42 % dans les ménages les plus pauvres à 48 % dans les ménages les plus riches. 198 | Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes Tableau 10.9 Prévalence de l'anémie chez les femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans anémiées, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Niveau d'anémie Caractéristique socio-démographique Anémiée Anémie légère Anémie modérée Anémie sévère Effectif de femmes Âge1 15-19 45,6 34,7 10,2 0,7 1 263 20-24 43,7 30,2 12,6 0,8 1 074 25-29 49,4 34,4 13,9 1,0 844 30-34 42,0 29,2 12,2 0,6 669 35-39 45,5 32,7 11,7 1,1 503 40-44 42,5 32,2 9,0 1,4 407 45-49 43,2 32,5 9,5 1,1 325 Enfants nés vivants2 Aucun enfant 44,6 32,9 10,7 1,0 1 451 1 49,3 35,6 12,5 1,2 813 2-3 44,6 32,4 11,9 0,3 1 132 4-5 44,5 30,5 13,3 0,8 755 6+ 42,4 30,6 10,5 1,3 932 État de la femme2 Enceinte 50,9 18,8 31,4 0,7 535 Allaite au sein 43,6 33,1 10,0 0,4 1 199 Ni l'un, ni l'autre 44,5 34,4 9,0 1,0 3 350 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 54,3 40,2 13,6 0,5 1 039 Autres villes 43,7 31,2 11,0 1,4 1 686 Ensemble urbain 47,7 34,7 12,0 1,1 2 725 Rural 41,7 29,9 11,2 0,7 2 359 Région Adamaoua 30,0 21,8 7,7 0,5 209 Centre 43,0 32,0 10,5 0,5 444 Douala 59,4 44,4 14,4 0,6 563 Est 49,5 35,0 13,5 1,0 251 Extrême-Nord 42,5 28,8 12,3 1,4 814 Littoral 56,8 42,0 14,6 0,2 236 Nord 29,9 18,0 10,4 1,6 445 Nord-Ouest 35,0 24,6 9,9 0,5 515 Ouest 44,7 34,9 9,2 0,6 532 Sud 45,5 36,8 7,7 0,9 226 Sud-Ouest 55,7 39,4 14,6 1,7 373 Yaoundé 48,1 35,3 12,6 0,2 476 Niveau d'instruction1 Aucun 38,5 25,4 11,2 1,9 1 119 Primaire 46,4 33,6 12,1 0,7 1 999 Secondaire ou plus 47,1 35,2 11,4 0,5 1 966 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 42,0 29,7 11,2 1,1 938 Second 43,9 30,5 12,1 1,2 896 Moyen 43,6 31,1 12,1 0,4 985 Quatrième 46,6 33,9 11,5 1,2 1 065 Le plus riche 47,6 35,8 11,2 0,6 1 200 Ensemble 44,9 32,5 11,6 0,9 5 084 Note : Le tableau est basé sur les femmes qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l'enquête. La prévalence est ajustée en fonction de l'altitude en utilisant la formule du CDC (1998). Les femmes avec un taux d'hémoglobine <7,0 g/dl ont une anémie sévère, celles avec un taux de 7,0-9,9 g/dl ont une anémie modérée, et les femmes enceintes avec un taux de 10,0-10,9 g/dl et les femmes non enceintes avec un taux de 10,0-11,9 g/dl ont une anémie légère. 1 Pour les femmes qui n'ont pas été enquêtées, l'information provient du questionnaire ménage. 2 Non compris les femmes qui n'ont pas été enquêtées. Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 199 Le tableau 10.10 présente la prévalence de l’anémie chez les enfants selon la sévérité de l’anémie chez leur mère. Dans 2 925 cas, on dispose à la fois de données sur les enfants et sur leur mère. Globalement, la prévalence d’anémie chez les enfants de mère anémiée est plus élevée que dans l’ensemble de la population. Près de quatre enfants sur cinq (77 %) dont la mère est anémiée souffre d’anémie : 22 % sous forme légère, 49 % sous forme modérée et 6 % sous forme sévère. Par rapport au niveau d’anémie de la mère, les mères souffrant d’anémie légère ont 76 % d’enfants anémiés dont 23 % sous une forme légère, 49 % sous une forme modérée et 5 % sous une forme sévère. Celles souffrant de l’anémie modérée ont 79 % d’enfants anémiés dont 21 % sous une forme légère, 51 % sous une forme modérée et 7 % une forme sévère. Tableau 10.10 Prévalence de l'anémie chez les enfants selon le niveau d'anémie de la mère Pourcentage d'enfants de 6-59 mois par niveau d'anémie, selon le niveau d'anémie de la mère, Cameroun 2004 Pourcentage d'enfants anémiés Anémie de la mère Anémié Légère (10.0- 10.9 g/dl) Modérée (7.0- 9.9 g/dl) Sévère (en dessous de 7.0 g/dl) Effectif d'enfants Anémiée 77,1 22,3 49,2 5,6 1 284 Niveau d'anémie Anémie légère 76,4 22,5 48,8 5,1 907 Anémie modérée 78,9 21,4 50,7 6,8 352 Anémie sévère * * * * 26 Total 69,4 22,4 42,0 4,9 2 925 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l'enquête. La prévalence est ajustée en fonction de l'altitude (et en fonction du fait que la mère fume ou non) en utilisant la formule du CDC (1998). Le tableau concerne seulement les enfants et les mères dont les taux d'hémoglobine sont disponibles. * Indique que les chiffres sont basés sur moins de 25 cas non-pondérés. 10.3 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES Les indicateurs sur l’état nutritionnel des enfants visent à fournir des informations permettant de mesurer les progrès accomplis dans le but d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et ceux retenus dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP du Cameroun, 2003). 10.3.1 État nutritionnel des enfants Méthodologie L’état nutritionnel résulte à la fois, des pratiques alimentaires qui déterminent les apports en nutriments et des maladies infectieuses qui affectent l’enfant. Par ailleurs les enfants mal nourris sont plus susceptibles d’être affectés par les maladies infectieuses et sont plus à risque de décès. L’état nutritionnel est évalué au moyen d’indices anthropométriques calculés à partir de l’âge et des mesures de la taille et du poids de l’enfant prises au cours de l’enquête. Le poids et la taille permettent 200 | Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes de calculer les trois indices suivants : la taille par rapport à l’âge (taille-pour-âge), le poids par rapport à la taille (poids-pour-taille) et le poids par rapport à l’âge (poids-pour-âge). Au cours de la collecte des données, tous les enfants de moins de cinq ans présents dans les ménages enquêtés devaient être pesés et toisés. Les données ont ainsi pu être collectées sur les 3 705 enfants répondant aux critères définis. Selon les recommandations de l’OMS, l’état nutritionnel des enfants observés pendant l’enquête est comparé à celui d’une population de référence internationale, connu sous le nom de standard NCHS/CDC/OMS4. Cette référence internationale a été établie à partir de l’observation d’enfants américains de moins de cinq ans en bonne santé et elle est utilisable pour tous les enfants de cet âge dans la mesure où, quel que soit le groupe de population, ils suivent un modèle de croissance à peu près similaire. Les données de la population de référence internationale ont été normalisées pour suivre une distribution normale où la médiane et la moyenne sont identiques. Pour les différents indices étudiés, on compare la situation des enfants dans l’enquête avec le standard de référence internationale, en calculant la proportion d'enfants observés qui se situent à moins de deux et à moins de trois écarts-type en dessous de la médiane de la population de référence. Le tableau 10.11 présente les pourcentages d’enfants souffrant de sous-alimentation en fonction des trois indices anthropométriques et selon certaines caractéristiques sociodémographiques. Parmi les 3 705 enfants pour lesquels les données sur l’état nutritionnel ont été analysées, 3 346 vivaient dans le même ménage que leur mère. Seules les mères de 3 214 de ces enfants ont été enquêtées. Pour ces derniers, l’état nutritionnel a été analysé selon le rang de naissance, l’intervalle intergénésique et le niveau d’instruction de la mère à partir du questionnaire individuel femme. Pour les 491 autres enfants (soit 13 % des 3 705 enfants qui font l’objet de cette analyse), la mère n’a pas été enquêtée. Cependant, dans 132 cas, la mère vivant dans le même ménage que son enfant n’a pas été enquêtée parce qu’elle était soit absente, soit malade au moment de l’enquête. Dans 358 cas, la mère n’a pas été enquêtée parce qu’elle vivait ailleurs ou était décédée. Cette dernière catégorie présente un intérêt particulier. En effet, on peut supposer que les conditions de vie de ces enfants dont la mère ne vit pas dans le ménage diffèrent de celles des enfants vivant avec leur mère. 4 NCHS : National Center for Health Statistics (Centre National des Statistiques Sanitaires) des États-Unis ; CDC : Centers for Disease Control and Prevention (Centres de Contrôle et Prévention des Maladies) des États-Unis ; OMS : Organisation Mondiale de la Santé. Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 201 Tableau 10.11 État nutritionel des enfants Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans considérés comme atteints de malnutrition selon les trois indices anthropométriques de l'état nutritionnel (taille-pour-âge, poids-pour-taille et poids-pour-âge), selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Taille-pour-âge Poids-pour-taille Poids-pour-âge Caractéristique socio-démographique Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Effectif d'enfants Âge de l'enfant en mois <6 0,7 5,8 0,6 2,2 0,3 1,2 356 6-9 5,1 15,1 2,0 4,4 2,9 12,3 267 10-11 7,6 24,3 1,4 7,3 7,3 23,6 120 12-23 16,6 42,5 2,5 10,0 6,4 28,4 806 24-35 14,0 35,0 0,2 5,3 5,1 20,1 710 36-47 18,1 34,3 0,3 2,7 2,5 15,8 693 48-59 14,0 34,0 0,3 2,6 2,7 16,5 753 Sexe Masculin 12,9 32,6 1,0 4,7 3,1 17,3 1 850 Féminin 13,5 30,8 0,9 5,3 4,6 18,8 1 854 Rang de naissance2 2-3 10,4 28,6 0,9 5,7 2,9 15,8 717 4-5 12,8 28,8 0,8 3,2 3,2 16,2 1 079 6+ 13,5 33,4 1,0 6,4 5,2 19,6 729 Intervalle intergénésique en mois2 Première naissance3 10,4 28,4 0,8 5,7 3,0 15,7 727 <24 18,0 36,1 1,0 4,2 6,0 25,1 509 24-47 14,7 35,0 1,2 5,3 4,3 20,8 1 501 48+ 7,5 22,6 0,9 4,9 3,1 10,4 478 Taille à la naissance2 Très petit 20,5 44,3 1,9 8,8 9,4 34,2 172 Petit 19,0 41,8 1,5 6,8 6,1 28,0 359 Moyen ou très gros 11,7 29,5 0,9 4,8 3,5 16,6 2 643 Manquant (25,0) (46,9) (0,0) (0,0) (0,0) (16,6) 34 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 4,3 16,8 0,0 2,0 0,0 4,8 446 Autres villes 9,3 25,8 0,5 3,9 2,7 14,9 1 151 Ensemble urbain 7,9 23,3 0,3 3,4 1,9 12,1 1 597 Rural 17,2 38,1 1,4 6,2 5,3 22,6 2 108 Région Adamaoua 10,6 29,8 0,3 2,0 3,0 15,6 168 Centre 8,1 29,1 0,6 3,5 1,6 7,9 358 Douala 5,9 22,4 0,0 2,0 0,0 3,9 238 Est 11,0 29,1 0,0 2,4 3,8 17,7 193 Extrême-Nord 17,3 36,9 1,9 8,7 7,8 35,7 795 Littoral 10,4 25,2 0,3 2,7 1,7 7,9 141 Nord 21,0 44,4 1,9 6,1 7,9 28,2 397 Nord-Ouest 13,4 31,1 0,6 7,8 3,2 13,6 415 Ouest 16,7 35,4 0,7 2,1 1,4 11,4 415 Sud 9,2 26,6 0,5 5,9 2,5 12,8 158 Sud-Ouest 12,1 30,1 1,5 3,2 3,0 13,7 220 Yaoundé 2,6 10,4 0,0 2,1 0,0 5,7 207 Niveau d'instruction de la mère4 Aucun 18,7 40,4 1,9 8,0 8,1 33,1 976 Primaire 13,2 32,6 0,9 4,6 3,1 15,8 1 448 Secondaire ou plus 6,9 20,6 0,3 3,1 1,2 7,4 923 Âge de la mère4 15-19 10,5 27,5 1,4 4,0 4,1 17,9 308 20-24 12,8 30,5 0,9 4,9 4,0 18,3 886 25-29 13,3 30,8 0,9 5,2 4,2 18,4 905 30-34 14,3 36,2 1,0 5,3 3,9 18,5 634 35-49 13,0 31,4 1,2 6,0 3,9 19,4 614 Enfants de mère enquêtée 13,2 31,8 1,0 5,2 4,1 18,8 3 214 Enfants de mère non enquêtée Mère vivant dans le ménage 10,8 25,1 1,1 5,3 2,1 13,1 132 Mère ne vivant pas dans le ménage5 14,3 32,9 0,3 3,2 2,5 13,8 358 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 19,4 40,9 1,7 6,9 6,3 27,9 876 Second 15,5 35,9 1,3 7,1 5,9 23,8 812 Moyen 15,1 36,5 0,9 4,2 4,0 17,2 804 Quatrième 8,5 24,7 0,2 3,0 1,0 10,2 659 Le plus riche 2,7 12,3 0,1 2,2 0,2 4,9 554 Ensemble 13,2 31,7 0,9 5,0 3,9 18,1 3 705 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l'enquête. Chaque indice est exprimé en terme de nombre d'unités d'écart type (ET) par rapport à la médiane de la Population de Référence Internationale du NCHS/CDC/OMS. Le tableau présente les pourcentages d'enfants qui se situent à moins de -3 ET ou à moins de -2 ET de la médiane de la population de référence. 1 Y compris les enfants qui se situent en-dessous de -3 ET de la médiane de la population de référence. 2 Non compris les enfants dont la mère n'a pas été enquêtée. 3 Les premières naissances multiples (jumeaux ou triplets, etc.) sont considérées comme première naissance car elles n'ont pas d'intervalle intergénésique précédent. 4 Pour les femmes qui n'ont pas été enquêtées, les informations proviennent du questionnaire ménage. Non compris les enfants dont la mère n'est pas listée dans le ménage. 5 Y compris les enfants dont la mère est décédée. ( ) Indiquent que les chiffres sont basés sur 25-49 cas non-pondérés. 202 | Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes Retard de croissance La malnutrition protéino-énergétique chronique ou encore sous-nutrition chronique se traduit par une taille trop petite pour l’âge et correspond à un retard de croissance. Cette situation est généralement la conséquence d’une alimentation inadéquate et/ou de maladies infectieuses survenues pendant une période relativement longue ou qui se sont manifestées à plusieurs reprises. De plus, on considère qu’après l’âge de deux ans, «…il y a peu de chance pour qu’une intervention quelle qu’elle soit puisse améliorer la croissance.» (Delpeuch, 1991). Ainsi, le retard de croissance staturale acquis dès les plus jeunes âges ne se rattrape pratiquement plus. La taille-pour-âge est révélatrice de la qualité de l’environnement et, d’une manière générale, du niveau de développement socio-économique d’une population. L’enfant qui a une taille trop petite pour son âge peut, cependant, avoir un poids correspondant à sa taille du moment. C’est pour cette raison que la sous-nutrition chronique n’est pas toujours perceptible dans une population. Ainsi un enfant de trois ans présentant cette forme de malnutrition peut avoir la taille d’un autre enfant de deux ans bien nourri. L’indice taille-pour-âge, qui rend compte de la taille d’un enfant par rapport à son âge, est donc une mesure des effets à long terme de la malnutrition et il ne varie que très peu en fonction de la saison au cours de laquelle les enfants ont été mesurés. Selon les résultats du tableau 10.11 concernant l'indice taille-pour-âge, on constate que 32 % des enfants de moins de cinq ans au Cameroun souffrent de sous-nutrition chronique modérée (la taille-pour- âge se situe à moins de 2 écarts-type en dessous de la médiane taille-pour-âge de la population de référence) et 13 % souffre de sous-nutrition chronique sévère (la taille-pour-âge se situe à moins de 3 écarts type de la médiane taille-pour-âge de la population de référence). Ces proportions sont beaucoup plus élevées par rapport à celles que l'on s'attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie, à savoir 2,3 % à moins 2 écarts-type et 0,1 % à moins 3 écarts-type. La situation nutritionnelle des enfants dont la mère ne vit pas dans le ménage est plus préoccupante que celle des enfants qui vivent avec leur mère : 33 % contre 25 % pour la sous-nutrition chronique modérée et 14 % contre 11 % pour la sous-nutrition chronique sévère. Selon l'âge, on observe des variations importantes de la prévalence de la sous-nutrition chronique, qu’elle soit modérée ou sévère. La proportion d'enfants accusant un retard de croissance modéré augmente régulièrement avec l'âge. Elle est de 6 % à moins de 6 mois qui correspond à la période pendant laquelle l’enfant bénéficie des bienfaits de allaitement maternel exclusif (graphique 10.2). La prévalence de la sous-nutrition chronique est un peu plus du double soit 15 % entre 6-9 mois ce qui dénote de l’inadéquation de l’introduction des aliments de complément. Entre 10-11 mois, cette prévalence atteint 24 %, révélant les méfaits d’une introduction inapproprié au plan familial. A partir de 12 mois, 43 % des enfants sont affectées, et la proportion des enfants affectés chute à 35 % et 34 % respectivement entre 24- 35 mois et 36-59 mois. La période 12-59 mois, s’avère critique pour l’enfant : non seulement ses besoins nutritionnels accrus ne sont pas suffisamment couverts, en plus il est plus susceptibles de contracter des infections. La forme sévère de la sous-nutrition chronique touche moins de 1 % des enfants qui ont moins de 6 mois et 5 % de ceux de 6-9 mois, 8 % de ceux de 10-11 mois et 17 % de ceux de 12-23 mois. Parmi les enfants âgés de 24-59 mois, plus de 14 % souffrent de la sous-nutrition chronique sévère. La situation de ces enfants est particulièrement préoccupante car après deux ans, le retard de croissance staturale n'est plus rattrapable. L’on observe aucune différence significative selon le sexe en ce qui concerne la sous-nutrition chronique modérée (33 % chez les garçons contre 31 % chez les filles). Par contre, le rang de naissance semble constituer un facteur discriminant : on constate une augmentation légère de la sous-nutrition chronique modérée avec le rang de naissance, passant de 29 % pour les enfants de rang 2-3 et 4-5, à 33 % Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 203 Graphique 10.2 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans accusant un retard de croissance 32 6 15 24 43 35 34 34 17 26 23 38 40 33 21 CAMEROUN ÂGE <6 mois 6-9 10-11 12-23 24-35 36-47 48-59 RÉSIDENCE Yaoundé/Douala Autres villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 Pourcentage pour les enfants de rang de 6 ou plus. L’intervalle intergénésique semble également avoir une influence sur la prévalence de la sous-nutrition chronique modérée, puisque les enfants avec un espacement de moins de 48 mois ans ont une prévalence de 36 % ou moins, contre 23 % lorsque l’espacement est 48 mois ou plus. La prévalence de la sous-nutrition chronique modérée est de 28 % quand l’enfant est premier né. Par ailleurs, la sous-nutrition chronique modérée est aussi fonction de la taille de l’enfant à la naissance. Plus la taille à la naissance est petite, plus la prévalence de la sous-nutrition chronique modérée est élevée. Elle est ainsi de 44 % pour les enfants très petits, de 42 % pour les petits, et de 29 % pour les enfants moyens ou gros. Selon le milieu de résidence, près de quatre enfants sur dix du milieu rural (38 %) souffrent de sous-nutrition chronique modérée contre 26 % dans les Autres villes et 17 % à Yaoundé/Douala. Sous la forme sévère, la proportion d'enfants atteints de retard de croissance varie de 8 % en milieu urbain (4 % pour les villes de Yaoundé/Douala et 9 % pour les Autres villes) à 17 % en milieu rural. Pour ce qui est des régions, c’est dans le Nord que la prévalence de la sous-nutrition chronique modérée est la plus élevée (44 %), suivi de l’Extrême-Nord (37 %) et de l’Ouest (35 %). En outre, dans ces trois régions les proportions d’enfants souffrant de sous-nutrition chronique sévère sont respectivement de 21 %, et 17 % pour les deux dernières. Le niveau d'instruction de la mère est la caractéristique en fonction de laquelle l'état nutritionnel des enfants présente des variations importantes. Les enfants dont la mère n'a aucun niveau d’instruction (40 %) sont les plus affectés par le retard de croissance chronique modéré par rapport à ceux dont la mère est de niveau d’instruction secondaire ou plus (21 %). Cet écart est encore plus grand pour la sous- nutrition chronique sévère (19 % contre 7 %). Ce résultat révèle, une fois de plus, la nécessité d’éduquer les femmes, car avec l’acquisition d’une certaine instruction, elles acquièrent également une meilleure connaissance des règles d’hygiène et des principes de base en matière de l’alimentation des enfants. Toutefois, il convient de noter que ces écarts peuvent aussi résulter de disparités socio-économiques entre les femmes instruites et celles qui ne le sont pas. En effet, les femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction vivent plus fréquemment dans des conditions précaires, caractérisées par les disponibilités alimentaires quantitatives et qualitatives limitées et par des conditions de logement parfois insalubres. 204 | Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes C'est cette conjonction de facteurs, et non le seul niveau d'instruction, qui expliquerait la forte prévalence de retard de croissance parmi les enfants des femmes sans niveau instruction. Par rapport à l’âge de la mère, les enfants des mères âgées de 30-34 ans sont proportionnellement plus nombreux à accuser un retard de croissance modéré que les autres (36 % contre 28 % pour les enfants des mères âgées de 15-19 ans, et 31 % pour le reste). Quant au niveau de vie du ménage, les enfants appartenant aux ménages pauvres souffrent plus de retard de croissance que ceux des ménages riches. En effet, 41 % et 19 % d’enfants des ménages très pauvres souffrent de sous-nutrition chronique modérée et sévère contre respectivement, 12 % et 3 % pour ceux des ménages les plus riches. Émaciation Le tableau 10.11 présente également les résultats relatifs à la prévalence de la sous-nutrition aiguë, évaluée par l'indice poids-pour-taille. Cet indice qui donne une mesure de la masse du corps en relation avec la taille reflète la situation nutritionnelle actuelle (au moment de l'enquête). Il peut donc être fortement influencé par la saison pendant laquelle s'est effectuée la collecte des données. En effet, la plupart des facteurs susceptibles d’entraîner des perturbations du poids et de la taille de l'enfant, comme des maladies infectieuses (rougeole, diarrhée, etc.) ou la sécheresse et les périodes de soudure caractérisées par des déficits alimentaires. En outre, ces facteurs sont très sensibles aux variations saisonnières. Ce type de malnutrition est la conséquence d'une alimentation insuffisante durant la période récente ayant précédé l'enquête ou d'une perte de poids consécutive à une maladie (diarrhée sévère, rougeole ou anorexie, par exemple). Un enfant souffrant de cette forme de malnutrition est maigre ou émacié. Les enfants dont le poids-pour-taille se situe à moins de deux écarts-type en dessous de la médiane poids-pour-taille de la population de référence sont considérés comme étant atteints de sous- nutrition aiguë modérée; à moins de trois écarts-type, il f’agit de sous-nutrition aiguë sévère. Au Cameroun, 5 % d’enfants de moins de cinq ans sont atteints de la sous-nutrition aiguë modérée et moins de 1 % sont affectés de la forme sévère. Ces proportions sont le résultat des pratiques alimentaires inappropriées chez les enfants, et parfois les infections aggravent la sous-nutrition aiguë de l’enfant. La proportion d’enfants atteints d’émaciation modérée est deux fois plus élevée que celle que l’on s’attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie (2,3 %) et huit fois plus élevée pour la forme sévère (0,1 %). Les enfants âgés de 10-23 mois sont ceux qui souffrent le plus de malnutrition aiguë, en particulier ceux du groupe d'âges 12-23 mois (10 % sous la forme modérée et 3 % sous la forme sévère) (graphique 10.3). À partir de 24 mois, les proportions diminuent avec l’âge pour atteindre 3 % entre 48-59 mois pour la forme modérée et moins de 1 % pour la forme grave. Les enfants qui souffrent le plus de cette forme de malnutrition pourraient être, pour la plupart, ceux qui ne reçoivent pas d’aliments de complément en quantité et/ou en qualité suffisante pour couvrir leurs besoins nutritionnels accrus, ce qui provoque des carences nutritionnelles entraînant une plus grande fragilité face aux infections. Par ailleurs, ce groupe d’âges correspond également au stade de développement où les enfants commencent à explorer leur environnement immédiat et à porter n’importe quel objet à leur bouche : ils sont ainsi particulièrement exposés aux agents pathogènes comme en dénote la très forte prévalence de la diarrhée dans ce groupe d’âges (voir Chapitre 8 - Santé de la mère et de l’enfant). Le fait qu’après le 2è anniversaire, les proportions d’enfants émaciés diminuent, n’est pas nécessairement le signe d’une amélioration de l’état nutritionnel des enfants à partir de cet âge. Elle peut être aussi la conséquence d’une forte mortalité des enfants les plus atteints, les moins touchés ayant survécu après leur 2è anniversaire. Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 205 Graphique 10.3 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans souffrant d’émaciation EDSC-III 2004 CAMEROUN AGE <6 mois 6-9 10-11 12-23 24-35 36-47 48-59 RÉSIDENCE Yaoundé/Douala Autres villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire 0 2 4 6 8 10 12 14 Pourcentage 5 2 4 7 10 5 3 3 2 4 3 6 8 5 3 Par rapport au sexe de l’enfant les prévalences sont 5 % pour les filles comme pour les garçons. En fonction du rang de naissance la proportion des enfants affectés de la sous-nutrition aiguë modérée varie de 6 % pour les enfants dont le rang est compris entre 2-3, décroît à 3 % pour ceux qui occupent les rang 4-5, mais croît ensuite pour atteindre 6 % pour les enfants de rang 6 ou plus. S’agissant de l’intervalle intergénésique, la prévalence de la sous-nutrition aiguë modérée est de 4 % pour les enfants nés moins de 24 mois après leur aîné, augmente à 5 % pour les intervalles compris entre 24-47 mois ; elle est de 5 % à 48 mois et plus. Il convient de souligner que 6 % des enfants de rang 1 sont affectés par la sous-nutrition aiguë modérée. Par ailleurs, on constate que les enfants vivant en milieu rural (6 %) sont plus fréquemment atteints de sous-nutrition aiguë modérée que ceux qui vivent dans les Autres villes (4 %) et à Yaoundé/Douala (2 %). En ce qui concerne les régions, les résultats font apparaître une prévalence un peu plus élevée de la sous-nutrition aiguë modérée dans l’Extrême-Nord (9 %) et le Nord-Ouest (8 %) que dans les autres régions. Le niveau d’instruction de la mère influence le niveau de la prévalence de la sous-nutrition aiguë modérée : 8 % des enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction souffrent de cette forme de malnutrition contre 3 % parmi ceux dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus (graphique 10.3). Enfin, il faut noter que les enfants qui vivent avec leur mère sont plus affectés (5 %) que ceux dont la mère n’est pas dans le ménage (3 %). Ceux vivant dans des ménages les plus pauvres (7 %) le sont plus que ceux des ménages les plus riches (2 %). Insuffisance pondérale Le tableau 10.11 présente enfin, l'état nutritionnel des enfants évalué au moyen de l'indice poids- pour-âge. Cet indicateur est un indice qui reflète, à la fois et sans les différencier, les deux précédentes formes de malnutrition protéino-énergétique, chronique et aigüe. C’est donc un indice combiné (puisqu’un faible poids-pour-âge peut être provoqué par la maigreur comme par le retard de croissance) qui traduit une insuffisance pondérale chez les enfants. C’est la mesure le plus souvent utilisée par les services de santé pour le suivi des progrès nutritionnels et la surveillance de la croissance des jeunes 206 | Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes enfants. Cependant, son utilisation reste limitée car il ne permet pas de distinguer les déficiences alimentaires de longue durée (retard de croissance) et de celles récentes (émaciation). Comme le poids- pour-taille, cet indice est sensible aux variations saisonnières et sa valeur est limitée quand il n'existe qu'une seule mesure dans le temps. Il est présenté ici essentiellement pour permettre les comparaisons avec les résultats des études ou des suivis de la croissance des enfants qui utilisent cette mesure. Les enfants dont le poids-pour-âge se situe à moins de deux écarts-type en dessous de la médiane poids-pour- âge de la population de référence sont considérés comme souffrant d'insuffisance pondérale modérée, à moins de trois écarts-type, on parle d'insuffisance pondérale sévère. Près d’un enfant sur cinq (18 %) âgé de moins de cinq ans au Cameroun souffre d'insuffisance pondérale modérée et 4 % d'insuffisance pondérale sévère. Une fois encore, la situation reste préoccupante, puisque ces proportions sont nettement supérieures à celles que l'on s'attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie (respectivement 2,3 % et 0,1 %). On constate des disparités importantes du niveau de la prévalence de l’insuffisance pondérale modérée en fonction des caractéristiques socio-démographiques. Les variations selon l'âge sont proches de celles du retard de croissance. Comme pour les deux autres indices, cette forme de malnutrition qui se rencontre déjà chez les nourrissons (environ 1 % à moins de six mois) augmente très rapidement pour toucher près d’un quart des enfants de 10-11 mois (24 %) et plus d’un quart d’entre eux à 12-23 mois (28 %). Les différences selon le sexe sont faibles (17 % pour le masculin et 19 % pour le féminin). Pour ce qui est du rang de naissance, les variations vont de 16 % pour les enfants de rang inférieur à 6, à 20 % pour les enfants de rang 6 ou plus. Les enfants pour lesquels l’intervalle intergénésique est inférieur à 24 mois présentent plus fréquemment que les autres une insuffisance pondérale (25 % contre 10 % quand l’intervalle est de 48 mois ou plus). En milieu rural, on constate que près d’un quart des enfants (23 %) sont atteints par l’insuffisance pondérale modérée contre 15 % dans les Autres villes et 5 % à Yaoundé/Douala. Dans l’Extrême-Nord, plus d’un enfant sur trois (36 %) présente une insuffisance pondérale modérée et cette proportion est de plus d’un quart dans le Nord (28 %). Dans les autres régions, ces proportions sont inférieures à 18 %. Comme pour la sous-nutrition chronique modérée, le niveau d’instruction de la mère est la caractéristique en fonction de laquelle on constate l’écart le plus important : 7 % des enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus présentent une insuffisance pondérale modérée contre 16 % pour ceux dont la mère a un niveau d’instruction primaire et 33 % pour ceux dont la mère n’a aucun niveau d’instruction. Les différences selon l’âge de la mère ne sont pas importantes, la prévalence tourne autour de 18%. Enfin, dans les ménages les plus pauvres, 28 % des enfants présentent une insuffisance pondérale modérée contre 5 % dans les ménages les plus riches. Tendance de la malnutrition Afin de comparer les indices de la malnutrition avec l’EDSC-I (1991) et l’EDSC-II (1998), ces trois indices ont été calculés pour les enfants âgés de moins de trois ans. Le graphique 10.4 présente les niveaux de malnutrition des enfants de moins de trois ans d’après les trois enquêtes. Entre 1991 et 1998, l’on avait observé une détérioration de l`état nutritionnel au Cameroun. La situation ne s’est guère améliorée entre 1998 et 2004, surtout en ce qui concerne le retard de croissance et l’émaciation. En effet, la prévalence du retard de croissance chez les enfants de 0-3 ans est passée de 23 % en 1991 à 29 % en 1998 et se situe à 30 % en 2004, dont 11 % sous une forme sévère. Celle de l’émaciation aux mêmes âges est passée de 4 % à 6 %, puis à 7 % pour les mêmes périodes. La prévalence de l’insuffisance pondérale qui s’était accrue entre 1991 et 1998, de 16 % à 22 %, aurait connu une légère baisse entre 1998 et 2004 (19 %). Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 207 Graphique 10.4 Tendances de la malnutrition (enfants de moins de 3 ans) selon l’EDSC-I 1991, l'EDSC-II 1998 et l'EDSC-III 2004 23 4 16 29 6 22 30 7 19 Retard de croissance Émaciation Insuffisance pondérale 0 5 10 15 20 25 30 35 Pourcentage EDSC-I 1991 EDSC-II 1998 EDSC-III 2004 10.3.2 État nutritionnel des femmes L’état nutritionnel des femmes de 15-49 ans est un des déterminants de la mortalité maternelle puisqu’il a une influence importante sur l’évolution et l’issue des grossesses. Il joue également un grand rôle sur la morbidité et la mortalité des jeunes enfants. L’état nutritionnel des mères est conditionné, à la fois, par les apports alimentaires, leur état de santé et le temps écoulé depuis le dernier accouchement. Il existe donc une relation étroite entre d’une part les niveaux de fécondité et de mortalité et d’autre part l’état nutritionnel des mères. Pour ces raisons, l’évaluation de l’état nutritionnel des femmes en âge de procréer est particulièrement utile puisqu’il permet d’identifier des groupes à haut risque. Bien que la taille puisse varier dans les populations à cause de facteurs génétiques, elle est néanmoins un indicateur indirect du statut socio-économique de la mère dans la mesure où une petite taille peut résulter d’une malnutrition chronique durant l’enfance. En outre, d’un point de vue anatomique, la taille des mères étant associée à la largeur du bassin, les femmes de petites tailles sont plus susceptibles d’avoir des complications pendant la grossesse et surtout pendant l’accouchement. Elles sont aussi plus susceptibles que les autres de concevoir des enfants de faible poids. Bien que la taille critique en deçà de laquelle une femme peut être considérée à risque varie selon les populations, on admet généralement que cette taille se situe entre 140 et 150 centimètres. Dans le cadre de l’EDSC-III, pour déterminer l’état nutritionnel des femmes, on a pris le poids et mesuré la taille de toutes les femmes de 15-49 ans dans un ménage sur deux de l’échantillon, contraire- ment à l’EDSC-II qui n’avait considéré que les femmes ayant eu une naissance vivante durant les trois années précédant l’enquête. À partir des résultats du tableau 10.12, on constate que la taille moyenne (160,0 centimètres) des femmes au Cameroun se situe au-dessus de l’intervalle considéré comme à risque. On constate également que moins de 1 % des femmes a une taille inférieure à 145 centimètres, considérée ici comme seuil limite critique. Les proportions de femmes dont la taille est en deçà de la limite critique varient assez peu quelque soit le milieu de résidence. Cependant, les femmes de petite taille sont proportionnellement plus nombreuses dans les régions du Sud (3 %), de l’Est et du Sud-Ouest (2 % respectivement). Mis à part ces petits écarts, la taille moyenne inférieure au seuil de 145 cm présente de variations importantes en fonction des régions. 208 | Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes Tableau 10.12 État nutritionnel des femmes par caractéristiques socio-démographiques Taille moyenne des femmes de 15-49 ans, pourcentage de celles dont la taille est inférieure à 145 centimètres, Indice de Masse Corporelle (IMC) moyen et pourcentage de celles ayant un niveau d'IMC déterminé, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 IMC1 (kg/m2) Taille Caractéristique socio- démographique Taille moyenne en centi- mètres Pourcentage en dessous de 145 cm Effectif Moyenne de l'IMC 18.5- 24.9 (normal) <18.5 (maigre) 17.0- 18.4 (maigreur légère) 16.0- 16.9 (maigreur modérée) <16.0 (maigreur sévère) •25.0 (gros ou obèse) 25.0- 29.9 (gros) •30.0 (obèse) Effectif de femmes Âge 15-19 159,0 1,1 1 283 22,2 73,1 10,4 6,8 2,1 1,5 16,5 15,2 1,3 1 142 20-24 159,8 0,5 1 086 23,1 68,8 6,2 4,5 0,9 0,8 25,0 21,5 3,5 897 25-29 160,5 0,9 855 23,6 65,2 5,6 4,5 0,7 0,5 29,1 22,0 7,1 694 30-34 160,8 0,8 675 24,2 62,0 5,0 3,2 1,3 0,5 33,0 22,3 10,6 567 35-39 160,8 0,6 509 25,1 54,4 4,0 3,0 0,4 0,7 41,6 24,0 17,5 467 40-44 160,3 0,9 411 24,9 52,7 5,9 3,8 1,8 0,3 41,4 25,9 15,5 404 45-49 160,4 0,9 323 25,2 54,9 5,2 3,6 1,2 0,4 40,0 19,5 20,4 320 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 161,2 0,3 1 059 25,3 52,2 3,8 3,1 0,1 0,6 44,0 28,1 15,9 962 Autres villes 159,9 0,6 1 733 24,0 59,9 6,9 5,2 1,2 0,6 33,1 23,2 9,9 1 515 Ensemble urbain 160,4 0,5 2 792 24,5 56,9 5,7 4,4 0,8 0,6 37,4 25,1 12,2 2 477 Rural 159,6 1,2 2 351 22,5 73,9 7,9 4,9 1,9 1,1 18,2 15,0 3,2 2 014 Région Adamaoua 159,6 0,5 207 22,4 66,9 12,3 8,1 2,2 2,1 20,7 15,8 5,0 177 Centre 160,9 0,5 439 22,9 70,6 7,1 5,7 1,4 0,0 22,4 18,3 4,1 390 Douala 161,3 0,4 560 25,6 49,5 2,7 1,8 0,0 0,9 47,7 30,5 17,3 518 Est 158,1 2,4 260 22,8 70,2 7,5 6,6 0,9 0,0 22,3 17,2 5,1 229 Extrême-Nord 160,6 0,6 816 21,1 74,2 17,2 9,6 5,1 2,4 8,6 7,0 1,6 678 Littoral 159,0 1,0 235 24,6 57,7 4,4 3,3 0,6 0,5 37,9 25,4 12,5 214 Nord 160,0 0,2 454 22,2 75,9 8,1 6,4 1,1 0,5 16,0 12,1 4,0 368 Nord-Ouest 158,9 1,1 529 24,0 67,8 2,5 1,8 0,2 0,5 29,7 23,6 6,1 477 Ouest 160,5 0,0 541 25,1 57,7 1,2 0,7 0,0 0,4 41,2 27,9 13,2 473 Sud 158,9 2,5 230 23,1 70,6 6,1 4,5 1,0 0,6 23,3 17,5 5,8 201 Sud-Ouest 158,2 2,4 373 24,1 61,7 4,0 3,0 0,4 0,6 34,4 27,7 6,6 322 Yaoundé 161,2 0,2 499 24,9 55,3 5,0 4,5 0,3 0,3 39,7 25,4 14,3 444 Niveau d'instruction Aucun 160,1 0,7 1 125 21,8 74,7 12,7 8,6 2,4 1,7 12,6 9,2 3,4 936 Primaire 159,5 1,1 2 020 23,7 63,4 6,5 3,9 1,5 1,0 30,1 21,6 8,5 1 739 Secondaire ou plus 160,5 0,6 1 998 24,4 60,4 3,8 3,2 0,5 0,1 35,8 25,5 10,3 1 816 Quintile de bien- être économique Le plus pauvre 159,3 0,8 945 21,9 77,4 9,6 6,5 1,9 1,2 13,0 11,4 1,6 796 Second 159,7 1,4 892 22,1 73,1 11,1 6,9 2,7 1,5 15,8 13,5 2,3 744 Moyen 159,6 0,7 991 23,5 67,5 5,3 3,8 0,6 0,8 27,2 20,8 6,5 865 Quatrième 160,2 1,0 1 082 24,4 58,7 5,6 4,2 0,9 0,5 35,7 23,9 11,8 968 Le plus riche 161,0 0,4 1 233 25,2 52,4 3,8 2,8 0,6 0,4 43,8 28,9 14,9 1 118 Ensemble 160,0 0,8 5 143 23,6 64,6 6,7 4,6 1,3 0,8 28,7 20,6 8,2 4 491 1 Non compris les femmes enceintes et les femmes ayant eu un enfant dans les deux derniers mois. Allaitement Maternel, État Nutritionnel des Enfants et des Femmes | 209 Le faible poids d’une femme avant une grossesse est un facteur de risque important pour le déroulement et l’issue de la grossesse. Cependant, le poids étant très variable selon la taille, il est préférable d’utiliser un indicateur tenant compte de cette relation. L’Indice de Masse Corporelle (IMC) ou encore Indice de Quételet, est le plus souvent utilisé pour exprimer la relation poids/taille5. Il permet de mettre en évidence le manque ou l’excès de poids en contrôlant la taille et, en outre, il présente l’avantage de ne pas nécessiter l’utilisation de tables de référence comme c’est le cas pour le poids-pour-taille. Les femmes dont l’IMC se situe à moins de 18,5 sont considérées comme ayant un déficit énergétique chronique. À l’opposé, un IMC supérieur à 25 indique un surpoids. Au Cameroun, la valeur moyenne de l’IMC est de 23,6 avec une proportion relativement importante de femmes (7 %) se situant en deçà du seuil critique de 18,5 et ayant de ce fait un déficit énergétique chronique dont 5 % sous une forme légère, environ 1 % sous une forme modérée ou sévère. Les niveaux de l’IMC sont à mettre en relation avec la proportion d’enfants de faible poids à la naissance ainsi qu’avec les proportions d’enfants de moins de cinq ans atteints de malnutrition. D’une manière générale, l’IMC moyen des femmes ne varie pas de façon importante en fonction des caractéristiques socio-démographiques. Cependant, des disparités subsistent lorsqu’il s’agit de la proportion se situant en deçà du seuil critique de 18,5. C’est parmi les femmes les plus jeunes (15-19 ans) que le niveau de déficit énergétique chronique est le plus élevé (10 %). La prévalence du déficit énergétique chronique est plus élevée en milieu rural (8 %) et dans les Autres villes (7 %) et il varie d’un minimum d’environ 1 % à l’Ouest à un maximum de 17 % dans l’Extrême-Nord. L’Adamaoua est aussi un peu plus touché avec une proportion de 12 % de femmes en deçà du seuil critique. Selon le niveau d’instruction, les variations sont importantes: 4 % pour les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus contre 13 % pour celles sans niveau d’instruction. Le niveau de vie du ménage détermine également la malnutrition aiguë chez la femme. Les femmes appartenant aux ménages les plus pauvres (10 %) présentent plus de déficience énergétique que celles des ménages les plus riches (4 %). Autant le déficit énergétique est à l’origine de la morbidité et de la mortalité dans la population en général et chez les femmes en particulier, autant l’obésité expose à de nombreux risques des maladies telles que l’hypertension artérielle, les maladies cardiovasculaires et le diabète. Le problème de surpoids est émergent au Cameroun. Le Ministère de la Santé Publique vient de créer un centre de lutte contre l’obésité. Il ressort du tableau 10.12 qu’environ trois femmes sur dix (29 %) ont un indice de masse corporel élevé (25 ou plus) et entrent dans la catégorie des femmes ayant un surpoids. Le phénomène de surpoids varie également selon les caractéristiques socio-démographiques. En effet, par rapport à l’âge, le surpoids touche plus les femmes âgées que les jeunes : 17 % des jeunes de 15 à 19 ans ont un IMC supérieur ou égal à 25 contre 33 % chez les femmes de 30-34 ans et plus de 40 % pour les femmes âgées de 35 ans ou plus. L’obésité (IMC supérieur ou égal à 30) commence à s’accentuer lorsque la femme atteint 30 ans : 11 % chez les femmes de 30-34 ans, 18 % chez celles de 35-39 ans et 20 % chez les femmes de 45-49 ans. Par rapport à la résidence, le problème de surpoids est plus répandu en milieu urbain qu’en milieu rural. A Yaoundé/Douala 44% des femmes ont un IMC supérieur ou égal à 25 (dont 16 % d’obèses), contre 33 % des femmes dans les Autres villes (dont 10 % d’obèses) et 18 % de femmes en milieu rural (dont 3 % d’obèses). Selon les régions, c’est parmi les femmes de l’Ouest (41 %), du Littoral (38 %) et dans une moindre mesure celles du Sud-Ouest (34 %) que le problème de surpoids se pose avec acuité. Par rapport au niveau d’instruction, les femmes sans niveau d’instruction (13 %) ont moins de problème de surpoids que les femmes du niveau d’instruction primaire (30 %) et secondaire ou plus (36 %). Le niveau de vie est un déterminant du surpoids chez les femmes : de 13 % chez les femmes vivant dans les ménages les plus pauvres, à 44 % chez les femmes des ménages les plus riches. 5 L’IMC est calculé en divisant le poids en kilogrammes par le carré de la taille en mètres (kg/m2). Mortalité des Enfants | 211 MORTALITÉ DES ENFANTS 11 Paul Roger LIBITE Ce chapitre porte sur les indicateurs de mortalité des enfants de moins de cinq ans. Ces indicateurs fournissent des informations sur les niveaux, les tendances et les différentiels de la mortalité néonatale, de la mortalité post-néonatale, de la mortalité infantile, de la mortalité juvénile et de la mortalité infanto-juvénile. Ces différentes informations sont très utiles pour l’élaboration des politiques de population et des programmes de santé. Les niveaux, les tendances et les différentiels de la mortalité infantile et de la mortalité infanto-juvénile sont généralement influencés par les conditions sanitaires, environnementales, socio-économiques et culturelles qui prévalent dans une population. Ils reflètent le niveau de pauvreté et les conditions de précarité dans lesquelles vivent les populations enquêtées. Pour toutes ces raisons, on considère que les taux de mortalité infantile sont les meilleurs indicateurs du niveau de développement d’un pays. Méthodologie et qualité des données Les indicateurs de la mortalité présentés dans ce chapitre ont été estimés à partir d’informations sur l’historique des naissances recueillies dans le questionnaire femme. Dans la section 2 du questionnaire, l’enquêtrice enregistre des informations globales sur toutes les naissances de la femme. Dans la procédure de collecte, les questions permettaient de distinguer le nombre total des fils et filles qui vivent avec la femme de ceux qui vivent ailleurs et le nombre de ceux qui sont décédés. Par la suite, et pour chacune des naissances, l’enquêtrice obtient des informations détaillées sur le sexe, le mois et l’année de naissance, l’état de survie, l’âge actuel (si l’enfant est vivant), la résidence, ainsi que l’âge au décès pour les enfants décédés (au jour près pour les décès de moins d’un mois, au mois près pour ceux de moins de deux ans et en années pour les décès survenus à deux ans ou plus). La qualité des estimations de la mortalité basées sur l’historique dépend de la complétude avec laquelle les naissances et les décès ont été déclarés et enregistrés. L’estimation de la mortalité à partir de l’historique des naissances présente à la fois des limites d’ordre méthodologique et des risques d’erreurs d’enregistrement. Limites d’ordre méthodologique Sur le plan méthodologique, la collecte des données se fait auprès de personnes vivantes (femmes de 15-49 ans) au moment de l’enquête; ceci ne permet pas d’obtenir des informations sur la survie ou le décès des enfants dont la mère est décédée au moment de l’interview. Dans le cas où ces enfants « orphelins de mère » seraient en nombre important, et où leur mortalité serait différente de celle des enfants dont la mère survit, le niveau de mortalité estimé s’en trouverait biaisé. En outre, en limitant la collecte des données aux seules femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête, les informations découlant de l’historique des naissances ne sont pas complètement représentatives pour certaines périodes passées : pour la période 10-14 ans avant l’enquête, par exemple, aucune information n’est disponible sur les naissances issues des femmes âgées de 40-49 ans à cette période. Les femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête avaient moins de 40 ans, 10 ans avant l’enquête, et celles de 40-49 ans à ce moment-là ne sont plus éligibles au moment de l’enquête. Par conséquent, si une proportion importante des naissances de cette époque étaient issues de femmes de 40- 49 ans, et que le risque de décéder de leurs enfants était très différent de celui des naissances issues des 212 | Mortalité des Enfants femmes plus jeunes, il pourrait en résulter un important biais sur l’estimation de la mortalité des enfants pour la période étudiée. Selon les résultats de l’enquête ménage, moins de 1 % (0,7 %) des enfants de moins de 5 ans survivants et identifiés dans les ménages (tableau 2.3) étaient orphelins de mère. Par ailleurs, au cours des cinq dernières années, les femmes de 40 ans ou plus n’ont contribué que pour 7 % à la fécondité totale. En conclusion, les biais évoqués précédemment devraient être minimes et négligeables. Risques d’erreurs d’enregistrement En ce qui concerne la collecte proprement dite, la validité des données sur la mortalité des enfants peut être affectée par : 1) le sous-enregistrement des naissances et/ou des décès. Il peut provenir de la double omission de naissances et de décès ou de l’un des deux évènements. Les mères ont parfois tendance à omettre de déclarer les naissances et/ou des décès d’enfants qui meurent très jeunes, quelques heures ou jours après la naissance. Ces cas d’omission peuvent induire une sous-estimation de la mortalité. De plus, du fait de problème de mémoire, l’effet de sous-enregistrement peut être d’autant plus significatif que la période de référence est éloignée de la date de l’enquête. Ainsi, plus ces cas d’omission sont importants, plus les niveaux estimés de la mortalité peuvent en être affectés. Une technique d’évaluation du sous- enregistrement des décès de très jeunes enfants consiste à calculer la proportion des décédés entre 0 et 6 jours par rapport aux décès survenus au cours du premier mois. Comme le niveau de la mortalité diminue très rapidement entre la naissance et les jours qui suivent, l’on s’attend à ce que cette proportion augmente avec une diminution de la mortalité des enfants : une proportion inférieure à 60 % indiquerait un sous-enregistrement important des décès très précoces. Dans le cas de l’EDSC-III, les proportions varient d’un minimum de 72 %, pour la période de 10-14 ans avant l’enquête, à un maximum de 79 % pour la période 0-4 ans avant l’enquête (tableau C.5 en Annexe C), ce qui semble indiquer qu’il n’y a pas eu de sous-enregistrement important des décès précoces. Le rapport de la mortalité néonatale à la mortalité infantile peut également être utilisé pour apprécier l’importance de la sous-déclaration des décès de jeunes enfants. Comme on peut le constater au tableau C.6 (Annexe C), selon la période quinquennale considérée, les proportions se situent à un niveau acceptable, variant de 40 % à 51 %, et ne mettent pas en évidence de sous-enregistrement important des décès précoces. 2) les déplacements différentiels de dates de naissances des enfants, selon qu’ils sont vivants ou décédés. Ces déplacements peuvent entraîner une sous-estimation de la mortalité d’une période (par exemple, 0-4 ans avant l’enquête), et par conséquent une surestimation de la mortalité de la période précédente (par exemple, 5-9 ans avant l’enquête). À l’annexe C, le tableau C.4 fournit la distribution des naissances selon leur état de survie, par année de naissance. Le « rapport de naissances annuelles » semble indiquer un déficit des naissances en 2000 et un surplus en 1999. Ces déplacements semblent moins prononcés pour les enfants décédés, avec un rapport de 93 (<100) en 2000 contre 106,8 pour 1999. Cependant, les niveaux de mortalité étant calculés par période quinquennale, soit 1999-2004 pour la plus récente, et 1994-1999 pour la période précédente, ils ne devraient pas être affectés par des transferts à l’intérieur d’un même intervalle de référence. 3) l’imprécision des déclarations de l’âge au décès et, en particulier, l’attraction de certains âges au décès, peut engendrer une sous-estimation de la mortalité infantile et une surestimation de la mortalité juvénile, en transformant une partie des décès d’enfants de moins d’un an en décès d’enfants plus âgés (12-59 mois). Pour minimiser ce type d’erreurs, on a demandé aux enquêtrices d’enregistrer les âges au décès en jours pour ceux survenus dans les 29 jours suivant la naissance, en mois pour ceux survenus aux âges de 1 à 23 mois, et en années pour le reste. À l’annexe C, les tableaux, C.5 et C.6 fournissent la distribution des décès par âge au décès (jours et mois). On note que l’attraction pour « 12 Mortalité des Enfants | 213 mois » est faible. Par contre, l’âge au décès de certains enfants, pourtant compris entre le 12ème et le 23ème mois, a été enregistré en années (1 an), au lieu de mois. Même s’il est probable qu’une partie des décès ainsi enregistrés soit en réalité survenus entre 9 et 12 mois, leur effectif n’est pas assez important pour introduire un biais significatif ni dans l’estimation de la mortalité infantile, ni dans celle de la mortalité juvénile. Finalement, les données de l’historique des naissances ne comportent qu’une très faible marge d’erreur dans l’estimation des indicateurs de la mortalité des enfants pour les périodes récentes (Sullivan et al., 1990). On n’a donc procédé à aucun ajustement des données et les résultats sur les tendances peuvent être considérés comme valables pour les quinze à vingt dernières années avant l’enquête. 11.1 NIVEAUX ET TENDANCES DE LA MORTALITÉ DES ENFANTS À partir des informations recueillies sur l’historique des naissances, les indicateurs suivants ont été calculés : Quotient de mortalité néonatale (NN) : mesure, à la naissance, la probabilité de mourir avant d’atteindre un mois exact ; Quotient de mortalité post-néonatale (PNN) : mesure, chez les enfants âgés d’un mois exact, la probabilité de décéder avant d’atteindre le douzième mois exact ; Quotient de mortalité infantile (1q0) : Mesure, à la naissance, la probabilité de mourir avant d’atteindre le premier anniversaire ; Quotient de mortalité juvénile (4q1) : mesure, chez les enfants âgés d’un an exact, la probabilité de décéder avant le cinquième anniversaire ; Quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) : mesure, à la naissance, la probabilité de décéder avant le cinquième anniversaire. Le tableau 11.1 présente les différents quotients de mortalité pour les quinze dernières années qui ont précédé l’enquête. Les niveaux sont calculés par périodes quinquennales 0-4 ans, 5-9 ans et 10-14 ans avant l’enquête, soit de 1990 à 2004. Tableau 11.1 Taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile par périodes de cinq ans précédant l'enquête, Cameroun 2004 Nombre d'années précédant l'enquête Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) 0-4 29 45 74 75 144 5-9 42 47 89 69 152 10-14 41 39 80 58 133 1 Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale. 214 | Mortalité des Enfants Pour la période la plus récente (0-4 ans avant l’enquête), les résultats montrent que sur 1 000 naissances vivantes, 74 meurent avant d’atteindre leur premier anniversaire (29 ‰ entre 0 et 1 mois exact et 45 ‰ entre 1 et 12 mois exacts), et que sur 1 000 enfants âgés d’un an, 75 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire. Globalement, le risque de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire est de 144 pour 1 000 naissances, soit environ un enfant sur sept. Si l’on se réfère au schéma type des tables de mortalité, la mortalité néo-natale devrait être largement supérieure à la mortalité post-néonatale et la mortalité infantile plus élevée que la mortalité juvénile. La structure par âge de la mortalité des enfants, pour les cinq dernières années avant l’enquête, ne semble pas suivre le schéma des tables types. Elle est plutôt caractérisée par une surmortalité aux périodes post-néonatale et juvénile. On observe en effet que le risque de mortalité néonatale est inférieur à la mortalité post-néonatale (29 ‰ contre 45 ‰), tout comme la mortalité infantile (74 ‰) est presque égale à la mortalité juvénile (75 ‰). Ces types de rapport entre d’une part la mortalité néonatale et post- néonatale, et la mortalité infantile et juvénile d’autre part, avaient déjà été observés lors des précédentes enquêtes réalisées en 1991 (EDSC-I) et 1998 (EDSC-II). Par ailleurs, d’après les résultats des autres enquêtes EDS, la quasi-totalité des pays d’Afrique Subsaharienne présentent, au moins, l’une des deux spécificités citées ci-dessus et plus du tiers de ces pays présentent ces deux spécificités. Ce phénomène n’est pourtant observé ni dans les pays du Maghreb, ni dans les pays de l’Afrique Australe. Il est permis de penser que des facteurs socio-économiques, culturels et écologiques expliqueraient cette spécificité de la mortalité des enfants de l’Afrique Subsaharienne. Les données du tableau 11.1 illustrées par les graphiques 11.1 et 11.2 permettent de retracer l’évolution de la mortalité infantile et juvénile au cours des vingt dernières années. On constate pour la période récente, une quasi-stabilité des niveaux de la mortalité post-néonatale et juvénile des enfants, mais aussi pour l’ensemble de la mortalité infanto-juvénile. En effet, par rapport aux résultats de la précédente enquête réalisé en 1998 (EDSC-II), le niveau de toutes les composantes de la mortalité des enfants obtenus en 2004 est sensiblement le même : mortalité infantile de 74 pour mille à l’EDSC-III contre 77 pour mille en 1998 pour les cinq dernières années, mortalité infanto-juvénile de 144 pour mille les années 1999-2004 contre 151 pour mille pour les cinq années précédant l’EDSC-II. En portant les tendances observées aux précédentes enquêtes (EDSC-I, EDSC-II), sur un même graphique, il ressort la situation suivante : x la mortalité néonatale connaît une biasse légère depuis la fin de la décennie 70 (1978) (graphique 11.1). Elle est cependant demeurée supérieure à la mortalité post-néonatale jusqu’en 1992. La mortalité post-néonatale a aussi connu une baisse légère, mais depuis 1992 elle a amorcé une tendance à la hausse qui s’est accélérée au cours des dernières années, période au cours de laquelle la mortalité post-néonatale est devenue superieure à la mortalité néonatale. L’évolution de la mortalité infantile est la résultante de celles de ses composantes néonatale est post-néonatale. Globalement, la mortalité infantile connaît une baisse jusqu’aux années 1990 quand elle a amorcé une tendance à la hausse certainement imprimée par le mouvement de la mortalité post-néonatale. x la mortalité juvénile connaît une baisse moins prononcée que la mortalité infantile de 1978 jusqu’en 1992 et commence une évolution à un rythme à peu pres identique mais de sens inverse que lors de la phase de la baisse (graphique 11.2). L’évolution de la mortalité infanto- juvénile est la résultante de celles de ses composantes infantile et juvénile. Il s’en suit donc qu’après la baisse de la mortalité infanto-juvenile de 1978 a 1992, celle-ci connaît depuis lors une tendance à la hausse. Mortalité des Enfants | 215 Graphique 11.1 Tendance de la mortalité néonatale, post-néonatale et infantile selon différentes sources � � � � �� � � � � � � 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001. Année centrale des estimations 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 Décès pour 1 000 EDSC-II infantile EDSC-I Infantile EDSC-I Néonatale EDSC-III infantile EDSC-I Post-néonatale EDSC-II Post-néonatale EDSC-III Post-néonatale EDSC-III Néonatale EDSC-III Néonatale Graphique 11.2 Tendance de la mortalité juvénile et infanto-juvénile selon différentes sources � � � � �� � � � � � � 1979 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001. Année centrale des estimations 20 40 60 80 100 120 140 160 180 200 220 Décès pour 1 000 EDSC-II EDSC-I EDSC-III Mortalité Infanto-juvénile Mortalité juvénile La stabilité tout comme la hausse de la mortalité des enfants dans un pays sont des phénomènes inhabituels au regard des efforts consentis pour la santé par le Gouvernement avec l’appui des partenaires multi et bilatéraux, à travers les financements allouées aux différents programmes mis en œuvre. Cependant au Cameroun, cette tendance à la hausse semble cohérente avec la situation sanitaire des enfants et peut s’expliquer par le fait que les efforts fournis dans le secteur santé ont seulement pu 216 | Mortalité des Enfants contenir la hausse de la mortalité observée à la suite de la crise économique mais n’ont pas pu inverser la tendance. En dehors des progrès réalisés dans le domaine de la vaccination, la plupart des indicateurs relatifs à la santé des enfants (Voir Chapitre 8, et Chapitre 10) sont au mieux restés stables ou se sont dégradés. 11.2 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE ET GROUPES À HAUTS RISQUES Le niveau de la mortalité varie tant avec les caractéristiques de la mère qu’avec celles des enfants. Le tableau 11.2 présente les différents quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio-démographiques de la mère pour les 10 années précédant l’enquête (1995-2004). La référence à une période de dix années utilisée ici est nécessaire pour disposer d’un effectif d’évènements statistiquement suffisant pour le calcul des probabilités dans chaque sous-groupe de population retenu. Tableau 11.2 Taux de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio- démographiques Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto- juvénile pour la période de 10 ans précédant l'enquête selon certaines caractéristiques socio-démographiques de la mère, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Milieu de résidence Yaoundé/Douala 30 26 55 40 93 Autres villes 34 39 73 62 130 Ensemble urbain 33 35 68 55 119 Rural 37 54 91 85 169 Région Adamaoua 32 47 79 62 136 Centre 29 48 77 48 120 Douala 31 17 48 28 75 Est 43 67 111 86 187 Extrême-Nord 34 56 91 105 186 Littoral 33 31 63 53 113 Nord 45 61 106 111 205 Nord-Ouest 32 27 58 43 99 Ouest 34 41 75 55 126 Sud 38 50 87 73 154 Sud-Ouest 40 45 86 64 144 Yaoundé 29 34 63 53 112 Niveau d'instruction Aucun 39 56 94 101 186 Primaire 36 48 85 70 149 Secondaire ou plus 29 30 59 37 93 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 45 56 101 98 189 Second 31 60 91 78 162 Moyen 39 44 83 73 150 Quatrième 26 37 63 55 115 Le plus riche 29 23 51 38 88 1 Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale. Mortalité des Enfants | 217 Les risques de décéder avant l’âge de cinq ans présentent des écarts importants selon le milieu de résidence. Ces écarts sont plus accentués au cours des périodes post-néonatale (entre 1 et 11 mois) et juvénile (entre 1 et 4 ans). D’une manière générale, la mortalité infantile est nettement moins élevée en milieu urbain (68 ‰) qu’en milieu rural (91 ‰) ; elle est beaucoup plus faible à Yaoundé/Douala (55 ‰) que dans les Autres villes (73 ‰). En outre, on peut noter que la mortalité post-néonatale des enfants de Yaoundé/Douala (26 ‰) est plus d’une fois et demie inférieure à celle des enfants des Autres villes (39 ‰) et plus de deux fois inférieure à celle des enfants du milieu rural (54 ‰). En ce qui concerne la mortalité néonatale, on constate que les différences sont moins importantes. De même, après le premier anniversaire, les résultats montrent que, en milieu urbain, sur 1000 enfants survivants au premier anniversaire, 55 décèdent avant le cinquième anniversaire. En milieu rural, 85 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire. Dans l’ensemble, on note que c’est à Yaoundé/Douala (93 ‰) que le niveau de la mortalité infanto-juvénile est le plus faible ; il est nettement plus faible que dans les Autres villes (130 ‰) et qu’en milieu rural (169 ‰). Les différences de l’offre et des niveaux d’utilisation des services de santé expliqueraient ces différences de mortalité. L’analyse par région met en évidence de fortes disparités (graphique 11.3). En effet, la probabilité de mourir entre 0 et 5 ans varie de manière importante d’une région à l’autre. Le niveau de mortalité infantile varie du simple au double, d’un minimum de 58 ‰ dans le Nord-Ouest à un maximum de 111 ‰ à l’Est. En ce qui concerne la mortalité juvénile, son niveau varie encore plus, passant de 43 ‰ dans le Nord-Ouest à 111 ‰ dans le Nord. Les régions du Nord et de l’Extrême-Nord se distinguent des autres régions par une mortalité juvénile supérieure à la mortalité infantile. Quant à la mortalité infanto- juvénile, on peut noter que globalement, c’est dans le Nord-Ouest (99 ‰) qu’elle est la plus faible et c’est au Nord (205 ‰) qu’elle est la plus élevée. Graphique 11.3 Mortalité infantile et juvénile par région EDSC-III 2004 Adamaoua Centre Douala Est Extrême-Nord Littoral Nord Nord-Ouest Ouest Sud Sud-Ouest Yaoundé 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 Décès pour 1 000 Mortalité infantile Mortalité juvénile Comme observé dans la plupart des études, la survie de l’enfant est fortement corrélée au niveau d’instruction de la mère. Un niveau d’instruction élevé est généralement associé à de faibles taux de mortalité ; les femmes instruites étant plus fréquemment exposées aux informations concernant une bonne nutrition, l’utilisation de la contraception pour l’espacement des naissances, la prévention des maladies des enfants et leur traitement. Les résultats montrent que la différence de mortalité des enfants selon le 218 | Mortalité des Enfants niveau d’instruction de la mère commence dans la période néonatale. En effet, la mortalité des enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction est de 1,34 fois supérieure à celle des enfants dont la mère a, au moins, un niveau d’instruction secondaire (soit, respectivement 39 ‰ contre 29 ‰). Cette différence s’accentue dans la période post-néonatale avec des taux respectifs de 56 ‰ contre 30 ‰ (soit 1,85 fois). Dans l’ensemble, un enfant dont la mère n’a aucun niveau d’instruction a une probabilité de mourir, avant le premier anniversaire 1,59 fois plus élevée que celle d’un enfant dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus (94 ‰ contre 59 ‰). La différence de mortalité observée dans la période infantile devient encore plus importante au cours de la période juvénile (101 ‰ contre 37 ‰ soit 2,73 fois). Finalement, la probabilité de mourir avant cinq ans est de 186 ‰ pour les enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction et de 93 ‰ lorsque celle-ci a atteint au moins le niveau d’instruction secondaire. Chez les enfants dont la mère a un niveau d’instruction primaire, on observe une situation intermédiaire. Cependant, la réduction des risques de mortalité des enfants est plus importante lorsque la mère passe du niveau d’instruction primaire au niveau d’instruction secondaire ou plus, que lorsqu’elle acquiert un niveau d’instruction primaire. Les résultats montrent également que les conditions de vie des ménages influencent fortement les risques de décéder. Quelle que soit la composante de la mortalité des enfants, les niveaux sont nettement plus élevés pour les enfants vivant dans les ménages les plus pauvres que pour ceux des ménages les plus riches. Le graphique 11.4 et le tableau 11.3 présentent les quotients de mortalité pour la période de dix années précédant l’enquête selon certaines caractéristiques des enfants et certains comportements procréateurs des mères. Entre la naissance et le cinquième anniversaire, la mortalité des enfants de sexe masculin est, comme dans la plupart des populations, relativement plus élevée que celles des enfants de sexe féminin. Les résultats montrent qu’à la naissance, sur 1 000 garçons, 154 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire contre 141 pour 1 000 filles. Il apparaît que c’est au cours du premier mois de vie que la surmortalité des enfants de sexe masculin est plus élevée. Contrairement aux deux précédentes enquêtes (EDSC-I et EDSC-II), où l’on avait observé une surmortalité féminine aux périodes post- néonatale et juvénile, à l’EDSC-III, la mortalité masculine est, quelle que soit la composante de la mortalité, supérieure à la mortalité féminine. Graphique 11.4 Mortalité infantile et caractéristiques des naissances EDSC-III 2004 88 74 92 76 81 85 83 73 78 101 122 75 51 54 SEXE Masculin Féminin ÂGE DE LA MÈRE Moins de 20 ans 20-29 ans 30-39 ans 40-49 ans RANG DE NAISSANCE 1 2-3 4-6 7 ou + INT. INTERGÉNÉSIQUE < 2 ans 2 3 4 ou + 0 20 40 60 80 100 120 140 Décès pour 1 000 naissances Mortalité des Enfants | 219 Au moment de l’enquête, on a demandé à la mère de fournir une évaluation de la grosseur de l’enfant à la naissance (est-ce qu’à la naissance, l’enfant était très petit, petit, moyen ou gros ?). Il convient de rappeler que le poids d’un enfant à la naissance est déterminé par un certain nombre de facteurs, notamment : l’état de santé, l’état nutritionnel et la maturité physiologique de la mère au cours de la grossesse. Par ailleurs, il est reconnu que les grossesses peu espacées et/ou répétées, ainsi que l’immaturité physiologique de la future maman sont des facteurs favorisant la naissance d’un enfant à faible poids. Ainsi, le tableau 11.3 fournit les niveaux de mortalité selon la grosseur de l’enfant à la naissance. Il apparaît que les bébés très petits ou petits (y compris les prématurés) courent un risque de décéder avant un an beaucoup plus élevée que celui des bébés moyens ou gros (108 ‰ contre 64 ‰). En outre, la période néonatale s’avère critique pour les bébés petits ou très petits ; leur mortalité durant les 30 premiers jours est de deux fois et demie plus élevée que celle des enfants moyens ou gros. Après avoir passé la période critique des 30 premiers jours, les différences de mortalité entre les deux catégories d’enfants se réduisent (55 ‰ et 43 ‰), bien que le niveau de mortalité post-néonatale ait plus que doublé pour les enfants moyens ou gros par rapport à la période néonatale. Tableau 11.3 Taux de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période de 10 ans précédant l'enquête selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants, Cameroun 2004 Caractéristique démographique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Sexe de l'enfant Masculin 41 47 88 73 154 Féminin 30 45 74 72 141 Age de la mère à la naissance <20 40 52 92 92 175 20-29 31 45 76 67 138 30-39 39 43 81 63 139 40-49 (51) (35) (85) * * Rang de naissance 1 39 44 83 66 144 2-3 27 46 73 75 142 4-6 32 46 78 72 144 7+ 53 48 101 77 171 Intervalle avec la naissance précédente2 <2 années 50 72 122 95 205 2 années 33 42 75 73 142 3 années 21 31 51 72 119 4+ années 24 30 54 45 97 Taille à la naissance3 Petit ou très petit 53 55 108 na na Moyen ou gros 21 43 64 na na 1 Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale. 2 Non compris les naissances de rang 1. 3 Quotients pour la période de cinq ans avant l'enquête. ( ) Basé sur 250-499 personne/mois d’exposition * Basé sur 0-249 personne/mois d’exposition na = Non applicable 220 | Mortalité des Enfants D’autres caractéristiques décrivant le comportement procréateur (notamment l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, le rang de naissance de l’enfant et le temps écoulé entre la naissance de l’enfant précédent et celle de l’enfant présent) mettent en évidence les variations de la mortalité des enfants. Les données du tableau 11.3, illustrées par le graphique 11.4, présentent ces disparités. En ce qui concerne l’âge de la mère à la naissance, on constate que les risques de décéder sont globalement plus importants chez les enfants nés de mère âgées de moins de 20 ans que chez les autres. Selon le rang de naissance, il apparaît que les naissances de rang supérieur à 6 ont des risques de mortalité plus élevés que les naissances de rang inférieur. Par ailleurs, la durée de l’intervalle intergénésique apparaît également comme un facteur influençant les risques de mortalité chez les enfants. En effet, les intervalles très courts (moins de deux ans) sont associés à des niveaux de mortalité très élevés, quelle qu’en soit la composante. Ces types d’intervalle réduisent considérablement les possibilités de récupération des capacités physiologiques de la femme, exposant ainsi les enfants à une surmortalité. Une nette réduction des risques de la mortalité des enfants est observée lorsque la mère espace les naissances de deux, trois et de quatre ans ou plus. L’analyse de ces trois dernières caractéristiques a permis de mettre en évidence les risques de mortalité importants encourus par les enfants dans un contexte de fécondité élevée, caractérisée par des naissances précoces ou tardives avec des intervalles intergénésiques courts. 11.3 DIFFÉRENTIELS DE MORTALITÉ DES ENFANTS ET STATUT DE LA FEMME Dans le cadre conceptuel de Mosley et Chen’s (1984) sur la survie de l’enfant, l’autonomie/habilitation de la mère a été prise en compte en tant que variable influençant, au niveau individuel, la survie de l’enfant par le biais de facteurs intermédiaires. En effet, l’aptitude des femmes à accéder à l’information, leur implication dans le processus de prise de décisions ou à la prise effective de décisions en leur faveur, ou dans l’intérêt des personnes qui dépendent d’elles, sont des aspects essentiels de leur pouvoir de négociation et de leur capacité d’intervention. Il s’ensuit que, si les femmes, premières personnes en charge des enfants, sont plus autonomes ou ont plus de pouvoir de négociation/ d’intervention, la santé et la survie de leurs enfants seraient améliorées ou mieux assurées. Le tableau 11.4 présente les niveaux de mortalité des enfants selon les indicateurs du statut de la femme. On constate dans l’ensemble que le rejet par les femmes de certains comportements dans le ménage est associé à des niveaux de mortalité des enfants plus faibles. En fonction du premier indicateur, on constate que quelle que soit la composante, quand la femme est associée à 5 décisions, les taux sont plus faibles que quand elle n’est associée à aucune décision. De même, en fonction du second indicateur, on constate que les taux de mortalité sont plus élevés quand les femmes pensent qu’il n’y a aucune raison qui justifie qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari. En revanche, ils sont plus faibles quand elle pense que pour 3 ou 4 raisons, ce comportement est acceptable. Enfin, quand les femmes pensent que pour aucune raison il est justifié qu’un homme batte sa femme/partenaire, les taux sont plus faibles que quand les femmes pensent que pour 5 raisons, ce comportement de l’homme est acceptable. Mortalité des Enfants | 221 Tableau 11.4 Taux de mortalité des enfants selon les indicateurs du statut de la femme Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période de 10 ans précédant l'enquête selon les indicateurs du statut de la femme, Cameroun 2004 Indicateur du statut de la femme Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Nombre de décisions prises par la femme2 0 39 58 97 90 178 1-2 34 52 86 79 159 3-4 37 39 76 62 133 5 32 36 68 63 127 Nombre de raisons justifiant de refuser les rapports sexuels avec le mari 0 38 52 89 95 176 1-2 35 49 83 76 153 3-4 35 45 80 70 145 Nombre de raisons justifiant qu'un homme batte sa femme 0 35 40 76 (72) (142) 1-2 38 45 84 66 144 3-4 32 53 84 69 148 5 31 59 90 92 174 1 Calculé par différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale. 2 Soit seule ou en commun avec quelqu'un d'autre. ( ) basé sur 250-499 personne/mois d’exposition De nombreuses d’études ont mis en évidence de fortes corrélations entre les risques de décéder des enfants et certains comportements procréateurs. Schématiquement, la probabilité de mourir dans la prime enfance est plus élevée si l’enfant est né de mère très jeune ou très âgée, s’il est né après un intervalle génésique court, ou si la mère a une parité élevée. Les femmes très jeunes pourraient avoir des grossesses et des accouchements difficiles du fait de leur immaturité physiologique. Les femmes âgées connaissent les problèmes liés à l’âge pendant la grossesse et l’accouchement. Pour les besoins d’analyse, une femme est classée « très jeune », si elle a moins de 18 ans, « très âgée » si elle a plus de 34 ans au moment de l’accouchement ; un intervalle intergénésique sera dit « très court » si la naissance est survenue moins de deux ans après la précédente ; et de « rang élevé » si la naissance survient au moins après trois naissances (exemple les naissances de rang 4 ou plus). Le tableau 11.5 présente une classification des naissances des cinq dernières années selon les catégories à hauts risques auxquelles elles correspondent : x les naissances de rang 1, qui présentent un risque plus élevé de mortalité, mais qui sont inévitables sauf lorsqu’elles sont issues de jeunes mères (âgées de moins de 18 ans) ; 222 | Mortalité des Enfants x les naissances issues des mères appartenant à une autre catégorie à haut risque unique : âge de procréation précoce (moins de 18 ans), ou tardif (après 34 ans), intervalle intergénésique très court (moins de 24 mois) et rang élevé de naissance (supérieur à 3) ; x les naissances correspondant à une combinaison de catégories de risque selon l’intervalle intergénésique et le rang de naissance, selon l’âge et le rang, et selon ces trois caractéristiques et, enfin ; x les naissances ne correspondant à aucune catégorie de risque définie ci-dessus. Il ressort du tableau 11.5 qu’environ 25 % des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête ne correspondent à aucune catégorie à haut risque identifié, 15 % sont dans la catégorie à hauts risques inévitables parce qu’elles sont de rang 1 ; 41 % sont à haut risque unique et 19 % sont à hauts risques multiples. Pour évaluer le risque supplémentaire de décéder que font courir aux enfants les comportements procréateurs des mères, des « rapports de risque » ont été calculés en prenant comme référence les naissances n’appartenant à aucune catégorie à haut risque. Le rapport de risque est donc le rapport de la proportion d’enfants décédés dans chaque catégorie à haut risque, à la proportion d’enfants décédés dans la catégorie sans risque. Les naissances de rang 1 ne sont pas évitables mais, même lorsqu’elles ne surviennent pas à un âge trop précoce ou trop tardif c’est-à-dire avant 18 ans ou après 34 ans, elles apparaissent ici comme étant des naissances à risque. En effet, le risque de décéder pour un enfant de rang 1 et dont la mère a 18 ans ou plus (primipare âgée) est supérieur de 18 % à la catégorie de référence. Un enfant appartenant à une catégorie quelconque à haut risque unique (non compris les enfants de rang 1 et de mère de 18-34 ans) court un risque 1,25 fois supérieur à un enfant n’appartenant à aucune catégorie à haut risque. Il apparaît qu’un intervalle intergénésique très court est un facteur de risque élevé puisqu’un enfant, né après son aîné dans un intervalle inférieur à moins de 24 mois, court un risque de décéder 1,66 fois plus important que celui de la catégorie de référence. Il en est de même de la fécondité précoce : les enfants nés de mères adolescentes courent un risque de décéder 1,48 fois plus important que les enfants de la catégorie de référence. Ce sont les enfants appartenant à la catégorie de hauts risques multiples qui sont les plus exposés, puisque leur risque de décéder est de 1,59 fois plus élevé que ceux de la catégorie de référence. Les enfants nés dans un intervalle intergénésique très court et de mères très jeunes sont particulièrement exposés ; ils courent 3,34 fois plus de risque de décéder que ceux de la catégorie de référence. Il en est de même des enfants nés dans un intervalle intergénésique très court, de rang élevé et de mère très âgée ; leur risque de décéder est de 1,87 fois plus important que les enfants de la catégorie de référence. Par ailleurs, les enfants qui combinent un intervalle génésique très court et un rang de naissance élevé courent un risque 1,58 fois plus important que ceux de la catégorie de référence. Ces résultats montrent qu’un meilleur espacement des naissances n’a pas pour seul résultat la réduction du nombre de naissances chez la femme, mais aussi et surtout une amélioration considérable des chances de survie des enfants. Mortalité des Enfants | 223 Tableau 11.5 Comportement procréateur à hauts risques Répartition (en %) des enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, rapport de risques et répartition (en %) des femmes actuellement en union à risque de concevoir un enfant à hauts risques de mortalité selon les catégories à hauts risques de mortalité, Cameroun 2004 Naissances des 5 années précédant l'enquête Catégories à hauts risques Pourcentage de naissances Ratio de risques Pourcentage de femmes en union1 Dans aucune catégorie à haut risque 24,5 1,00 19,5a Catégorie à haut risque inévitable Naissances de premier rang entre 18 et 34 ans 15,1 1,18 9,6 Catégorie à haut risque unique  des mères <18 10,0 1,48 1,8 Âge des mères >34 0,3 * 4,3 Intervalle intergénésique <24 mois 6,4 1,66 9,4 Rang de naissance >3 24,5 1,06 16,2 Sous total 41,2 1,25 31,7 Catégorie à hauts risques multiples Âge <18 et Intervalle intergénésique <24 mois2 0,9 3,34 0,7 Âge >34 et rang de naissance >3 9,0 1,36 23,0 Âge >34 & intervalle intergénésique <24 mois et rang >3 1,6 1,87 3,5 Intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance >3 7,6 1,58 11,9 Sous total 19,2 1,59 39,2 Dans une catégorie à hauts risques 60,4 1,36 70,9 Total 100,0 na 100,0 Effectif de naissances 8 097 na 7 166 Note : Le rapport de risque est le rapport de la proportion d'enfants décédés parmi les enfants appartenant à chaque catégorie à hauts risques, à la proportion d'enfants décédés parmi les enfants n'appartenant à aucune catégorie à hauts risques. 1 Les femmes sont classées dans les catégories à hauts risques selon le statut qu'elles auraient à la naissance de l'enfant si l'enfant était conçu au moment de l'enquête: âge actuel inférieur à 17 ans et 3 mois ou supérieur à 34 ans et 2 mois, ou la dernière naissance a eu lieu dans les 15 derniers mois, ou la dernière naissance était de rang 3 ou plus. 2 Y compris la catégorie: âge < 18 ans et rang > 3. na = Non applicable a Y compris les femmes stérilisées. * Les ratios sont basés sur trop peu de cas et ont été supprimés 224 | Mortalité des Enfants A partir de cette analyse du comportement procréateur à haut risque, on a essayé de déterminer la proportion des femmes actuellement en union qui, potentiellement, pourraient avoir un tel comportement. Pour cela, à partir de l’âge actuel des femmes, de l’intervalle écoulé depuis leur dernière naissance et du rang de leur dernière naissance, on détermine dans quelle catégorie se situerait la prochaine naissance, si chaque femme concevait au moment de l’enquête. Il s’agit donc d’une simulation ayant pour objectif de déterminer quelles proportions de futures naissances entreraient dans les catégories à risque, en l’absence de tout comportement régulateur de la fécondité. Il apparaît (tableau 8.5) que pratiquement 20 % des enfants à naître seraient alors des enfants n’appartenant à aucune catégorie à haut risque alors que 71 % appartiendraient à une quelconque catégorie à haut risque (simple ou multiple). Cette proportion d’enfants (71 %) qui, en l’absence de toute régulation des naissances naîtraient dans des conditions à haut risque de mortalité est 1,17 fois supérieure à celle des enfants déjà nés (60 %). Cette simulation démontre une fois de plus la nécessité de mettre en place des mécanismes régulateurs de la fécondité dans le but de réduire les hauts risques de mortalité encourus par les jeunes enfants au Cameroun. Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 225 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE 12 Bernard BARRÈRE Un des principaux objectifs de l’EDSC-III était d’estimer le niveau de la mortalité adulte et celui de la mortalité maternelle. Compte tenu du fait qu’en 1998 l’EDSC-II avait également estimé ces niveaux, il est donc possible d’établir les tendances de la mortalité et d’évaluer les modifications intervenues au cours des dernières années. Dans le contexte de l’épidémie de sida, cette évaluation est particulièrement importante pour la mortalité adulte. La mortalité maternelle est constituée des décès liés à la grossesse, à l’accouchement et à ses suites. C’est le domaine de la santé où l’on note les écarts les plus importants entre les pays en développement et les pays industrialisés. Selon un rapport de l’OMS, sur les 529 000 décès maternels survenus en 2000, 95 % se sont produits en Afrique et en Asie contre seulement 4 % en Amérique Latine et dans les Caraïbes et moins de 1 % dans les régions plus développées. Dans les pays développés, le rapport de mortalité maternelle se situe, en moyenne, autour de 27 décès pour 100 000 naissances vivantes ; dans les pays en développement, il est estimé à 480 décès pour 100 000 naissances vivantes. Alors que les taux de mortalité infantile sont, en moyenne, 7 fois plus élevés dans les pays en développement, les taux de mortalité maternelle le sont 18 fois plus. Les causes de ces décès sont connues et ont été bien identifiées : il s’agit essentiellement du dépistage tardif des complications, de l’arrivée tardive au centre de santé ou de l’administration tardive de soins appropriés. Ces décès pourraient donc être évités si les femmes avaient accès à des soins prénatals durant la grossesse, aux soins d’urgence en cas de complications et si les accouchements étaient assistés par une personne qualifiée. 12.1 COLLECTE DES DONNÉES Dans le cas de l’EDSC-III, les données nécessaires à l’estimation de la mortalité adulte et de la mortalité maternelle ont été collectées auprès des femmes et des hommes. Le questionnaire utilisé pour la collecte des données est présenté en Annexe E (Section 9 du Questionnaire Femme et Section 6 du Questionnaire Homme). En premier lieu, on a demandé à chaque femme et chaque homme enquêté la liste de tous leurs frères et sœurs, c'est-à-dire tous les enfants que leur mère a mis au monde, en commençant par le premier-né. On a demandé ensuite aux enquêtés l'état de survie de chacun d’entre eux. Pour ceux qui étaient encore en vie, on a demandé leur âge actuel. Pour les décédés, on a collecté deux informations : le nombre d'années écoulées depuis le décès et l'âge au décès. Les enquêteurs étaient autorisés à accepter des réponses approximatives dans les cas où l’enquêté n’était pas en mesure de fournir des réponses précises sur l'âge ou sur le nombre d'années écoulées depuis le décès. Pour les soeurs décédées, trois questions supplémentaires étaient posées à l’enquêté pour déterminer si le décès était en rapport avec la maternité : x « Est-ce que [NOM DE LA SOEUR] est décédée pendant un accouchement ? » Dans le cas d'une réponse négative, on demandait alors : x « Est-ce que [NOM DE LA SOEUR] est décédée dans les deux mois suivant la fin d'une grossesse ou d’un accouchement ? » Dans le cas d'une réponse négative à cette deuxième question, on demandait alors : 226 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle x « Est-ce que [NOM DE LA SOEUR] était enceinte quand elle est décédée ? » Ces questions sont structurées pour encourager l’enquêté à déclarer tout décès relié à une grossesse, quelle qu'en soit l'issue et, en particulier, une grossesse ayant donné lieu à un avortement provoqué, alors qu'on ne posait aucune question directe à propos de ce type d'événement. L'ensemble de ces décès sont considérés comme des décès maternels. 12.2 ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES Une analyse préliminaire des données a permis d’établir que les informations collectées auprès des femmes et auprès des hommes étaient cohérentes et ne différaient pas de façon significative. Il était donc possible de combiner les données collectées auprès des enquêtés des deux sexes pour produire un ensemble unique de données. L’avantage majeur de regrouper les données des deux enquêtes est d’obtenir un échantillon beaucoup plus grand que celui des seules femmes ou des seuls hommes et produire ainsi des estimations de mortalité beaucoup plus précises. L’échantillon d’hommes et de femmes à partir duquel sont estimés les niveaux de mortalité atteint 15 471 enquêtés1. L'estimation du niveau de mortalité des adultes nécessite des données exactes sur deux composantes : le nombre de frères et sœurs vivants de l'enquêté et le nombre de ceux qui sont décédés. Pour l'estimation du niveau de mortalité maternelle, il faut également connaître le nombre de sœurs décédées et dont le décès est lié à la maternité. En plus de ces trois composantes, l'estimation directe de la mortalité nécessite des données exactes sur l'âge au décès et sur le nombre d'années écoulées depuis le décès des frères et sœurs. Ces informations requièrent des précisions que les enquêtés peuvent ne pas connaître. Il n'existe pas de procédure clairement définie pour établir la complétude des données recueillies par une enquête rétrospective sur la survie des frères et des sœurs. Néanmoins, différents tests permettent d’évaluer la qualité des données. Le tableau 12.1 fournit le nombre de frères et sœurs déclaré par l'enquêté et la complétude des données déclarées sur l'âge, l'âge au décès et le nombre d'années écoulées depuis le décès. Il en ressort que l’information concernant l’état de survie n’est manquante que pour 19 frères ou sœurs sur 94 939. Des données complètes ont été recueillies pour presque toute la fratrie2 de l’enquêté, quel que soit l’état de survie. Pour la quasi-totalité des frères et sœurs survivants, (99,3 %), un âge a été déclaré ou estimé et les informations apparaissent aussi complètes pour les frères (99,3 %) que pour les sœurs (99,3 %). Pour les membres décédés de la fratrie, on dispose, dans la très grande majorité des cas (96,9 %), d’informations, à la fois, sur l’âge au décès et sur le nombre d’années écoulées depuis le décès. Le nombre de cas pour lesquels les données déclarées ou estimées sont manquantes (âge au décès et /ou année écoulée depuis le décès) ne varie pas selon le sexe (1,3 % dans les deux cas). Ces pourcentages témoignent d’une bonne qualité des données. Plutôt que d'exclure des analyses suivantes les frères et sœurs pour lesquels certaines données sont manquantes, on a utilisé les informations concernant le rang 1 L’échantillon final est composé de 10 656 femmes et de 4 815 hommes de 15-49 ans enquêtés avec succès. De façon à maintenir la cohérence des données entre les femmes et les hommes, les données collectées auprès des hommes de 50-59 ans n’ont pas été prises en compte. 2 Le terme fratrie utilisé ici fait référence à l’ensemble des frères et sœurs de la personne enquêtée, issus de la même mère. Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 227 Tableau 12.1 Complétude de l'information sur les frères et soeurs Effectif des frères et soeurs déclarés par les enquêtés et complétude des données déclarées concernant l'état de survie, l'âge au décès et le nombre d'années écoulées depuis le décès, Cameroun 2004 Sœurs Frères EnsembleFrères et sœurs selon différentes variables Effectif % Effectif % Effectif % Ensemble des frères et soeurs 46 109 100,0 48 830 100,0 94 939 100,0 Survivants 36 693 79,6 37 278 76,3 73 971 77,9 Décédés 9 410 20,4 11 539 23,6 20 949 22,1 ND/Manquant 6 0,0 13 0,0 19 0,0 Ensemble des survivants 36 693 100,0 37 278 100,0 73 971 100,0 Âge déclaré 36 440 99,3 37 034 99,3 73 474 99,3 ND/Manquant 253 0,7 244 0,7 497 0,7 Ensemble des décédés 9 410 100,0 11 539 100,0 20 949 100,0 Âge et nombre d’années déclarés 9 134 97,1 11 164 96,7 20 297 96,9 Âge au décès manquant 36 0,4 51 0,4 87 0,4 Nombre d’années manquantes 106 1,1 164 1,4 270 1,3 Âge et nombre d’années manquants 134 1,4 160 1,4 295 1,4 de naissance des frères et sœurs en conjonction avec d'autres informations pour imputer une valeur aux données manquantes3. Les données sur la survie des frères et sœurs, y compris les cas avec des valeurs imputées, ont été utilisées dans le calcul direct des taux de mortalité des adultes et des taux de mortalité pour cause maternelle. Le nombre d'informations manquantes en ce qui concerne les dates n'est qu'un indicateur de la qualité d'ensemble des données. La complétude des informations de base, à savoir l'omission possible de frères ou de sœurs, est beaucoup plus importante. Le tableau 12.2 présente les résultats d’un certain nombre de tests supplémentaires qui permettent d'évaluer la complétude des données. Au niveau théorique, on s’attend à ce que, en moyenne, la date de naissance des enquêtés se situe au milieu des dates de naissance de la fratrie. Par conséquent, si l'année de naissance médiane des frères et sœurs était plus tardive que celle des enquêtés, cela signifierait que les enquêtés ont systématiquement omis des frères et sœurs plus âgés, peut-être parce que certains d'entre eux étaient décédés avant qu'ils ne soient nés. Les frères et sœurs plus âgés étant plus susceptibles de décéder avant les plus jeunes, leur omission pourrait entraîner une légère sous-estimation de la mortalité d'ensemble. Au tableau 12.2, l'année médiane de 3 L'imputation est basée sur l'hypothèse selon laquelle l'ordre des frères et sœurs est correct. Premièrement, on a calculé une date de naissance pour chaque frère et sœur survivant dont on connaît l'âge et, pour chaque frère et sœur décédé pour lesquels on avait des informations complètes sur l'âge au décès et sur le nombre d'années écoulées depuis le décès. Pour les frères et sœurs pour lesquels ces données sont manquantes, on a imputé une date de naissance à l'intérieur de l'intervalle délimité par les dates de naissance des frères et sœurs « encadrants ». Pour les frères et sœurs survivants, on a calculé un âge à partir de la date de naissance imputée. Dans le cas de frères et de sœurs décédés, si l'on disposait soit de l'âge au décès, soit du nombre d'années écoulées depuis le décès, cette information a été combinée avec la date de naissance attribuée pour fournir l'information manquante. Si aucune des deux informations n'était disponible, la distribution de l'âge au décès des frères et sœurs dont on connaissait seulement l'âge au décès mais pas le nombre d'années écoulées depuis le décès a été utilisée comme base pour l'imputation de l'âge au décès. 228 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle naissance des frères et sœurs est inférieure de trois années à celle des enquêtés (1975 contre 1978)4 , ce qui dénote une très légère sous-déclaration des frères et sœurs les plus jeunes, ce qui ne devrait pas affecter les niveaux de mortalité. Le rapport de masculinité à la naissance (nombre de frères par rapport aux sœurs) est de 105,9, niveau assez cohérent avec les données internationales dont les estimations varient peu autour de 105, quelles que soient les populations. Selon l’année de naissance de l’enquêté, le rapport de masculinité varie relativement peu au Cameroun, de 104 à 108 (tableau 12.2). Compte tenu de la variabilité bien connue du rapport de masculinité dans les petits échantillons, aucune tendance au sous-enregistrement n’apparaît ici dans la déclaration des sœurs ou des frères. Tableau 12.2 Indicateurs de la qualité des données sur les frères et sœurs Répartition (en %) des enquêtés et des frères et sœurs selon l'année de naissance, l’année de naissance médiane, le rapport de masculinité à la naissance et l'évolution de la taille moyenne de la fratrie selon l'année de naissance de l'enquêtée, Cameroun 2004 Répartition en % Année de naissance Enquêtés Frères/Sœurs Avant 1955 0,4 5,1 1955-59 7,0 4,9 1960-64 8,2 7,3 1965-69 10,0 10,3 1970-74 13,0 12,8 1975-79 17,0 15,6 1980-84 21,4 14,9 1985 ou plus tard 22,9 29,1 Total 100,0 100,0 Intervalle 1954-1989 1921-2004 Médiane 1978 1975 Effectif 15 471 94 925 Année de naissance de l’enquêtée Taille moyenne de la fratrie Rapport de masculinité Avant 1960 6,8 108,4 1960-64 7,1 105,1 1965-69 7,3 107,1 1970-74 7,2 107,6 1975-79 7,4 104,4 1980-84 7,2 106,0 1985-89 6,9 104,9 Ensemble 7,1 105,9 La taille moyenne de la fratrie (y compris l'enquêté) est de 7,15, ce qui est proche de la parité finale des femmes du Cameroun. L'évolution de la taille de la fratrie selon l’année de naissance de l’enquêté montre que la taille moyenne varie peu autour de 7,1. La quasi-stabilité des tailles moyennes 4 On notera que la distribution des années de naissance des frères et soeurs ne suit pas celle des enquêtées : alors que les années de naissance des enquêtées se répartissent sur 36 ans (1954-1989), celles des frères et soeurs portent sur 83 ans. 5 Il s’agit de la descendance finale des générations anciennes ; c’est-à-dire des mères des enquêtés. Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 229 semble indiquer, comme les résultats précédents, qu’aucune omission importante de frères et sœurs n’a été commise par les enquêteurs. Avec ce type de données, peut se poser un autre problème : celui de l'attraction pour certaines valeurs préférentielles, valeurs utilisées par les enquêtés qui ne connaissent pas avec précision l'âge exact au décès et/ou le nombre exact d'années écoulées depuis le décès, mais qui peuvent en fournir une estimation. En ce qui concerne les estimations de la mortalité générale et de la mortalité maternelle, deux périodes de 7 années (c'est-à-dire 0-6 et 7-13 années avant l'enquête) ont été retenues. Ces périodes de référence de 7 ans ont été retenues afin de pouvoir obtenir une estimation du niveau de mortalité adulte et de mortalité maternelle la plus récente possible et de permettre une analyse des tendances, tout en disposant d’un nombre suffisant de cas de décès et surtout de décès maternels (qui restent, malgré tout, relativement rares) pour réduire au maximum les erreurs de sondage et obtenir une estimation fiable. 12.3 ESTIMATION DE LA MORTALITÉ ADULTE Les estimations de la mortalité masculine et féminine adulte par âge pour les périodes de 0-6 ans et de 7-13 ans avant l'enquête, calculées directement d'après les déclarations sur la survie des frères et des sœurs, sont présentées au tableau 12.3. Les décès de frères et sœurs survenus pendant ces deux périodes de référence dans les différents groupes d’âges ne sont pas très importants : les taux par âge, basés sur des événements relativement peu nombreux, sont, de ce fait, sujets aux variations d'échantillonnage. Tableau 12.3 Estimation de la mortalité adulte par âge Estimation directe de la mortalité par âge à partir des données concernant l’état de survie des frères et sœurs des femmes et des hommes enquêtés, par sexe, pour les périodes 0-6 et 7-13 ans avant l’enquête, Cameroun 2004 Période 1998-2004 (0-6 ans avant l’enquête) Période 1991-1997 (7-13 ans avant l’enquête) Groupe d’âges Décès Années d’exposition Taux (‰) Décès Années d’exposition Taux (‰) SEXE FÉMININ 15-19 122 40 826 2,99 97 40 610 2,40 20-24 219 41 663 5,25 104 32 584 3,19 25-29 273 34 761 7,85 88 24 357 3,62 30-34 215 26 470 8,12 76 16 444 4,64 35-39 139 18 633 7,45 43 10 065 4,23 40-44 100 11 794 8,49 38 5 493 6,91 45-49 68 6 770 10,12 18 2 391 7,36 15-49 1 136 180 917 6,28a 464 131 944 3,93a SEXE MASCULIN 15-19 125 41 529 3,01 90 41 223 2,18 20-24 173 42 281 4,09 102 33 193 3,06 25-29 219 35 455 6,19 107 25 053 4,27 30-34 213 27 020 7,87 74 17 429 4,22 35-39 208 19 400 10,73 78 10 666 7,29 40-44 162 12 363 13,11 31 5 728 5,47 45-49 93 6 986 13,29 30 2 502 12,00 15-49 1 193 185 035 6,65a 511 135 794 4,41a a Taux standardisés par âge 230 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle Le niveau de mortalité global des adultes de 15-49 ans pour la période la plus récente (0-6 ans avant l’enquête, soit la période 1998-2004) est élevé : 6,3 ‰ pour l'ensemble des femmes et 6,7 ‰ pour l'ensemble des hommes, soit une surmortalité masculine de 6 % (tableau 12.3). Comme les décès à ces âges restent relativement rares et comme les données sont celles d'un échantillon, les taux ne varient pas de façon régulière selon l'âge. Néanmoins, on observe chez les hommes comme chez les femmes une augmentation assez régulière des taux par âge (graphiques 12.1 et 12.2). � � � � � � � � � � � � � � 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Age (en années) 0 2 4 6 8 10 12 Décès pour mille 0-6 ans avant l'EDSC-III 7-13 ans avant l'EDSC-III 0-9 ans avant l'EDSC-II� � Graphique 12.1 Taux de mortalité féminine par âge et par période avant l’EDSC-III et l’EDSC-II � � � � � � � � � � � � � � 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Age (en années) 0 2 4 6 8 10 12 14 Décès pour mille 0-6 ans avant l'EDSC-III 7-13 ans avant l'EDSC-III 0-9 ans avant l'EDSC-II� � Graphique 12.2 Taux de mortalité masculine par âge et par période avant l’EDSC-III et l’EDSC-II Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 231 Au tableau 12.3 et aux graphiques 12.1 et 12.2 figurent également les taux de mortalité pour la période précédente, soit 7-13 ans avant l’enquête, ce qui correspond approximativement aux années 1991- 1997. Le niveau de mortalité global des adultes est nettement moins élevé que pour la période la plus récente : 3,9 ‰ (contre 6,3 ‰ en 1998-2004) pour l'ensemble des femmes et 4,4 ‰ (contre 6,7 ‰ en 1998-2004) pour l'ensemble des hommes. Par ailleurs, on peut noter qu’à cette époque, la mortalité masculine était de 12 % supérieure à celle des femmes (contre 6 % supérieure aujourd’hui). Aux graphiques 12.1 et 12.2 figurent également les taux de mortalité adulte estimés au cours de l’EDSC-II de 1998. Les taux correspondent à la période 0-9 ans avant l’enquête6, soit les années 1989- 1998. La période 7-13 ans avant l’enquête actuelle (années 1991-1997) chevauche la période 0-9 ans avant l’EDSC-II (1989-1998) et les niveaux de mortalité devraient donc être approximativement les mêmes. D’après l’EDSC-II, la mortalité masculine à 15-49 ans était estimée à 4,4 ‰ pour les hommes, soit le même niveau que celui estimé pour la période 7-13 ans avant l’EDSC-III, et à 3,5 ‰ pour les femmes, soit très proche du niveau de l’EDSC-III pour la période correspondante (3,9 ‰). De même, globalement, les taux par âge suivent des variations très voisines selon les deux enquêtes. La similitude de ces résultats permet de confirmer la validité des niveaux de mortalité adulte pour la période la plus éloignée de l’EDSC-III. Cela permet également de confirmer que les écarts entre les taux estimés pour cette époque et les taux de la période la plus récente ne résultent pas d’un biais dans les données (il faudrait alors qu’il y ait eu le même type de biais et allant dans le même sens dans l’enquête de 1998 et dans celle de 2004) mais correspondent bien à une modification des niveaux de mortalité adulte. Compte tenu de l’importance de l’intervalle de confiance associé à ces indicateurs, il faut être prudent quant à l’interprétation de ces changements. Néanmoins l’importance des écarts de niveau de mortalité est telle (6,3 ‰ contre 3,9 ‰ pour les femmes, soit une augmentation de 60 %, et 6,7 ‰ contre 4,4 ‰ pour les hommes, soit une augmentation de 51 %) que l’on peut affirmer qu’ils résultent bien d’une augmentation de la mortalité adulte. Par ailleurs, l’augmentation aurait été plus importante chez les femmes que chez les hommes, ce qui explique que la surmortalité masculine est aujourd’hui bien inférieure à ce qu’elle était il y a 7-13 ans (6 % contre 12 %). Il reste maintenant à expliquer les raisons de cette augmentation de la mortalité adulte. Il est possible que cette augmentation résulte, du moins en partie, de la surmortalité due au sida. Deux éléments pourraient, en partie, corroborer cette hypothèse. Tout d’abord, l’augmentation de la mortalité est plus importante chez les femmes que chez les hommes, et les femmes sont aussi plus touchées par le sida que les hommes. Par ailleurs, l’augmentation de mortalité la plus importante se situe à 25-34 ans chez les femmes et à 35-44 ans chez les hommes : ces différentes tranches d’âges correspondent également aux tranches d’âges de prévalence maximale du VIH. 12.4 ESTIMATION DIRECTE DE LA MORTALITÉ MATERNELLE L'estimation directe de la mortalité maternelle, obtenue à partir des déclarations sur la survie des soeurs, est présentée au tableau 12.4. Les décès maternels sont au nombre de 215 pour la période 1998- 2004 et au nombre de 122 pour la période 1991-1997. Étant donné le nombre peu important d'événements et, de ce fait, les variations aléatoires des taux par âge, la méthode retenue est l'estimation d'un taux unique de mortalité pour cause maternelle correspondant à l’ensemble des âges de procréation. Ce taux mesure à la fois le risque associé à chaque grossesse, ou risque obstétrical, et la fréquence d’exposition à 6 La période de référence retenue en 1998 (10 années) était nettement plus longue que celle utilisée pour l’enquête actuelle (sept années). En effet, en 1998, les données n’avaient été collectées qu’auprès de 5 501 femmes (contre 15 471 femmes et hommes en 2004) et une longue période de référence était nécessaire pour disposer de suffisamment de décès pour estimer les taux. 232 | Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle ce risque. L'estimation d'ensemble du taux de mortalité pour cause maternelle, exprimée pour 1 000 femmes-années d'exposition, est de 1,16 pour la période 1998-2004 contre 0,92 pour la période 1991-1997. En 1998, ce taux avait été estimé à 0,85, soit très voisin de celui estimé aujourd’hui pour la même période. Le taux de mortalité pour cause maternelle peut être converti en taux de mortalité maternelle (parfois appelé rapport de mortalité maternelle), exprimé pour 100 000 naissances vivantes, en le divisant par le taux global de fécondité pour la période donnée (tableau 12.4). Exprimé de cette manière, on met davantage en relief le risque obstétrical de la grossesse et de la maternité. Le taux de mortalité maternelle (TMM) est estimé à 669 décès maternels pour 100 000 naissances pour la période 1998-2004 contre 454 pour la période 1991-1997 (graphique 12.3). En 1998, ce taux avait été estimé à 430 pour 100 000 naissances soit, là encore, très voisin de celui estimé aujourd’hui pour la même période. Tableau 12.4 Estimation directe de la mortalité maternelle Estimation directe de la mortalité maternelle à partir des données concernant l’état de survie des sœurs des femmes et des hommes enquêtés pour les périodes 0-6 et 7-13 ans avant l’enquête, Cameroun 2004 Période 1998-2004 (0-6 ans avant l’enquête) Période 1991-1997 (7-13 ans avant l’enquête) Groupe d’âges Décès maternels Années d’exposition Taux pour cause maternelle (‰) Proportion de décès maternels Décès maternels Années d’exposition Taux pour cause maternelle (‰) Proportion de décès maternels 15-19 41 40 826 1,01 33,7 21 40 610 0,51 21,3 20-24 40 41 663 0,97 18,4 34 32 584 1,03 32,3 25-29 48 34 761 1,37 17,5 24 24 357 0,98 27,1 30-34 51 26 470 1,92 23,7 23 16 444 1,41 30,3 35-39 14 18 633 0,75 10,0 14 10 065 1,38 32,6 40-44 15 11 794 1,26 14,8 7 5 493 1,27 18,3 45-49 6 6 770 0,87 8,6 0 2 391 0,00 0,0 15-49 215 180 917 1,16 a 18,9 122 131 944 0,92a 26,3 Taux Global de Fécondité Générale (TGFG ‰) 173 203 Taux de mortalité maternelle (TMM)1 669 454 Risque de mortalité maternelle sur la durée de vie (RDV)2 0.035 0.029 Taux de mortalité maternelle (TMM)3, EDSC II 1998 = 430 a Taux standardisés par âge 1 Pour 100 000 naissances. Calculé comme suit : (Taux de mortalité par cause maternelle 15-49 ans)/TGFG. 2 Par femme. Calculé à partir de la formule suivante : (1-RDV) = (1-TMM/100 000)ISF, où l’ISF est l’indice synthétique de fécondité. Pour la période 0-6 ans avant l’enquête, l’ISF est estimé à 5,3 enfants par femme, pour la période 7-13 ans avant l’enquête, il est estimé à 6,4. 3 Pour 100 000 naissances. Calculé pour la période 0-9 ans avant 1998. Mortalité Adulte et Mortalité Maternelle | 233 Comme pour la mortalité adulte, on constate que les taux de mortalité pour cause maternelle et les taux de mortalité maternelle estimés par l’EDSC-III pour la période 7-13 ans avant l’enquête et ceux estimés par l’EDSC-II de 1998 sont très voisins et nettement inférieurs à ceux de la période la plus récente. Là encore, du fait de l’importance de l’intervalle de confiance associé à ces indicateurs, il faut être prudent quant à l’interprétation des changements. Néanmoins l’importance de l’écart (mortalité maternelle de 669 contre 454, soit une augmentation de 47 %) est telle que l’on peut affirmer qu’il y a bien une augmentation de la mortalité maternelle. 669 454 430 0-6 ans avant l'EDSC-III (1998-2004) 7-13 ans avant l'EDSC-III (1991-1997) 0-9 ans avant l'EDSC-II (1989-1998) 0 100 200 300 400 500 600 700 800 Décès pour 100 000 naissances Graphique 12.3 Taux de mortalité maternelle par période avant l’EDSC-III et l’EDSC-II Un autre indicateur, le risque de mortalité maternelle sur la durée de vie7 (RDV) est calculé à partir du taux de mortalité maternelle (tableau 12.4). Cet indicateur tient compte à la fois de la probabilité d’une grossesse et de la probabilité de décéder à la suite de cette grossesse pendant toute la période féconde d’une femme. Ce risque est de l’ordre de 0,035 pour la période 1998-2004. Autrement dit, au Cameroun, une femme court un risque de 1 sur 29 de décéder pour cause maternelle pendant les âges de procréation. Ce risque est estimé à 0,029 (soit un risque de 1 sur 35) par l’EDSC-III pour la période 1991- 1997. À la différence des autres mesures de mortalité présentées précédemment, les proportions de décès imputables aux causes maternelles (tableau 12.4) ne peuvent être affectées par des sous-déclarations dans la mesure où l'on peut supposer que les sous-déclarations éventuelles n'affectent pas davantage les décès par cause maternelle que les autres décès. Pour l'ensemble des décès de femmes en âge de procréation (15-49 ans), 19 % seraient dus à des causes maternelles pour la période 1998-2004, contre 26 % pour la période 1991-1997. L’EDSC-II avait également estimé cette proportion à 26 %. Ainsi, malgré l’augmentation de la mortalité maternelle notée précédemment, la part des décès de femmes imputables à des causes maternelles serait en diminution, du fait certainement de l’émergence d’autres causes de décès (notamment le Sida). 7 La formule de calcul de cette probabilité figure en note du tableau 12.4. Excision | 235 EXCISION 13 Monique BARRÈRE Tradition séculaire ancrée chez certains peuples, l’excision est pratiquée essentiellement en Afrique. Si, à l’heure actuelle, on situe avec certitude son origine géographique et historiqueʊl’excision serait apparue en Égypte il y a près de 3000 ansʊil est difficile d’en comprendre les motivations tant elles sont diverses. Celles-ci vont de la préservation de la virginité et le contrôle de la sexualité de la femme à certaines croyances, y compris religieuses alors que l’excision est aussi bien pratiquée par les musulmans, que par les chrétiens et les animistes. Bien que les types d’excision varient en fonction des régions et de l’appartenance ethnique, on recense généralement trois formes d’excision : l’ablation du clitoris (clitoridectomie), l’ablation du clitoris et d’une partie des petites lèvres (excision)1 et l’ablation du clitoris et des grandes et petites lèvres avec suture du sexe (infibulation). Les conséquences immédiates et à long terme de cette pratique sur la santé varient selon le type et la gravité de l’intervention. Malgré la mobilisation internationale pour tenter de mettre fin à cette pratique et les mesures répressives mises en place par certains pays africains, les statistiques actuelles ne laissent guère présager du déclin de cette pratique. Cependant, au Cameroun, un plan d’action national de lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF) a été adopté et validé en décembre 1998. Il prévoit des actions d’éducation, de sensibilisation des populations sur les effets négatifs de cette pratique, ainsi que des actions de plaidoyer à l’intention des leaders d’opinion. L’introduction du module sur l’excision dans l’EDSC-III a permis de collecter des informations pour obtenir une estimation de sa prévalence et pour connaître l’opinion des femmes et des hommes à ce sujet. Les résultats sont présentés dans ce chapitre. 13.1 CONNAISSANCE ET PRÉVALENCE DE L’EXCISION Selon les résultats du tableau 13.1, on constate que seulement un tiers des femmes (33 %) ont déclaré connaître l’excision. Comparée au Nigéria et au Tchad, pays voisins ayant réalisé récemment des EDS et dans lesquels respectivement 53 % et 85 % des femmes ont déclaré avoir entendu parler de l’excision, cette proportion est relativement faible. En ce qui concerne les hommes, on constate que 42 %, soit une proportion supérieure à celle des femmes, connaissent cette pratique. On observe des écarts de niveau de connaissance selon les caractéristiques socio-démographiques. Ce sont les femmes de 20-34 ans (entre 35 % et 37 %), celles résidant à Yaoundé/Douala (57 %), les plus instruites (51 %) et celles des ménages les plus riches (61 %) qui ont déclaré le plus fréquemment connaître cette pratique. En fonction de l’ethnie, on constate que la proportion de femmes qui ont déclaré connaître l’excision varie d’un minimum de 15 % parmi les femmes de l’Adamaoua-Oubangui à un maximum de 45 % parmi celles du groupe ethnique Côtier/Ngoe/Oroko. Selon les régions, on note également des écarts puisque dans le Nord-Ouest, seulement 16 % des femmes ont entendu parler de l’excision contre un maximum de 46 % dans le Sud-Ouest. Enfin, on ne constate pas d’écart important du niveau de connaissance entre les chrétiennes et les musulmanes. 1 Bien que le terme excision corresponde à une forme d’ablation bien spécifique, dans la suite de ce chapitre, ce terme sera également utilisé pour désigner, de façon générique, les différentes formes que peut prendre cette intervention. 236 | Excision Tableau 13.1 Connaissance et pratique de l'excision Proportion de femmes et d'hommes connaissant l'excision et proportion de femmes excisées, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Proportion d'hommes connaissant l'excision Effectif d'hommes Proportion de femmes connaissant l'excision Proportion de femmes excisées Effectif de femmes Âge 15-19 25,2 1 224 29,0 0,4 1 344 20-24 41,0 953 36,9 2,5 1 145 25-29 46,7 812 35,2 1,6 903 30-34 47,0 620 35,4 1,1 704 35-39 55,5 467 32,0 1,2 531 40-44 54,5 394 31,4 1,8 426 45-49 53,4 344 29,3 2,4 338 Résidence Yaoundé/Douala 62,4 1 167 56,6 0,5 1 144 Autres villes 45,0 1 645 38,1 1,2 1 830 Ensemble urbain 52,2 2 812 45,2 0,9 2 974 Rural 27,9 2 003 18,1 2,1 2 417 Région Adamaoua 41,1 214 16,6 0,2 213 Centre 35,2 368 25,4 0,0 455 Douala 57,0 598 54,0 0,2 588 Est 43,2 249 35,2 1,6 261 Extrême-Nord 43,0 620 30,6 5,4 855 Littoral 31,8 208 25,2 0,0 244 Nord 38,8 434 21,8 2,2 469 Nord-Ouest 26,1 506 15,5 0,0 564 Ouest 29,5 411 22,2 0,4 568 Sud 40,6 223 32,1 0,0 231 Sud-Ouest 31,2 415 46,0 2,4 387 Yaoundé 68,1 568 59,5 0,9 555 Niveau d'instruction Aucune instruction 35,3 423 21,6 4,8 1 144 Primaire 25,4 1 781 21,3 0,7 2 130 Secondaire ou plus 54,6 2 612 51,1 0,4 2 117 Ethnie Arabe-Choa/Peulh/ Maoussa/Kanuri 55,9 330 42,3 12,7 433 Biu-Mandara 37,4 568 25,4 0,5 591 Adamaoua-Oubangui 34,9 515 15,2 0,0 589 Bantoïde Sud-ouest 37,9 179 32,1 1,4 163 Grassfields 26,3 559 21,4 0,0 589 Bamilike/Bamoun 43,8 1 110 36,1 0,2 1 328 Côtier/Ngoe/Oroko 42,1 220 44,8 0,0 234 Beti/Bassa/Mbam 51,0 987 42,5 0,2 1 105 Kako/Meka/Pygmé 41,8 139 29,8 0,0 146 Etranger 46,7 203 39,3 5,7 207 Religion Catholique 41,4 1 926 34,7 0,3 2 003 Protestant 41,5 1 464 33,3 0,6 1 820 Musulman 50,4 823 36,2 5,8 981 Animiste 34,2 179 11,4 0,0 169 Autre 46,6 156 51,0 1,3 155 Sans religion 27,4 241 9,5 0,3 257 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 20,3 650 11,8 1,3 967 Second 32,3 792 19,5 4,0 921 Moyen 33,7 906 23,1 1,0 1 026 Quatrième 42,7 1 110 38,8 0,9 1 151 Le plus riche 63,4 1 357 60,6 0,7 1 326 Ensemble1 42,1 4 815 33,0 1,4 5 391 1 Y compris 5 femmes et 6 hommes pour lesquels l’ethnie est non déterminée Excision | 237 Chez les hommes, à la différence des femmes, on constate que l’excision est plus fréquemment connue parmi les plus âgés que parmi les plus jeunes : de 25 % à 47 % pour les âges compris entre 15-34 ans et plus de 53 % pour les âges au delà 35 ans. Par ailleurs, comme chez les femmes, ce sont les hommes de Yaoundé/Douala (62 %), ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (55 %) et ceux des ménages les plus riches (63 %) qui ont le plus fréquemment déclaré avoir entendu parler de la pratique de l’excision. Selon l’ethnie, on constate que c’est parmi les Arabe-Choa /Peuls/Haoussa/Kanuri que l’excision est la plus fréquemment connue (56 %). En fonction des régions, on note également des écarts ; comme chez les femmes, c’est dans la région du Nord-Ouest (26 %) que l’excision est la moins fréquemment connue contre un maximum de 43 % à l’Est et à l’Extrême-Nord. Les résultats concernant la proportion de femmes excisées montrent qu’au Cameroun, l’excision est une pratique très peu répandue puisque seulement 1,4 % des femmes ont déclaré être excisées. L’excision constitue donc une pratique marginale, caractéristique de certains groupes et de zones spécifiques dans certaines régions. Cependant, on constate des variations selon les catégories de femmes, les proportions les plus élevées se situant parmi les femmes de 20-24 ans (3 %), parmi les femmes sans niveau d’instruction (5 %), parmi les femmes de l’ethnie Arabe-Choa /Peuls/Haoussa/Kanuri (13 %), dans l’Extrême-Nord (5 %), parmi les musulmanes (6 %), et parmi celles des ménages du second quintile (4 %). Il est curieux de constater que c’est chez les femmes qui ont le plus fréquemment déclaré connaître l’excision que cette pratique est la moins répandue : en effet, parmi les femmes de Yaoundé/Douala, parmi celles ayant un niveau secondaire ou plus et parmi celles des ménages les plus riches, moins d’un pour cent des femmes sont excisées. Quand l’excision est pratiquée, elle consiste, dans 85 % des cas, en l’ablation de parties de chairs. L’intervention consistant à pratiquer une entaille sans enlever de chairs a été effectuée dans 4 % des cas (clitoridectomie) et dans 5 % de cas (infibulation), il y a eu fermeture du vagin (données non présentées). Selon les us et coutumes, les filles sont excisées soit avant qu’elles ne développent des caractères sexuels secondaires, soit pendant l’adolescence ou à la première parturition, et rarement quelques jours après leur naissance (Awasung et al., 1987 ; MINCOF-OMS, 2002). Au graphique 13.1, on constate que dans près de la moitié des cas, elle a été pratiquée à 5-9 ans. Cependant, environ un cinquième des femmes a été excisé à 10-14 ans et une sur vingt l’a été à 15 ans ou plus. À l’inverse, une femme sur cinq a été excisée dans la petite enfance, c’est-à-dire avant l’âge de cinq ans. Graphique 13.1 Âge à l’excision EDSC-III 2004 0-1 2-4 5-9 10-14 15 ou + Âge à l'excision 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage 238 | Excision Dans la grande majorité des cas (89 %), l’excision a été pratiquée par une praticienne traditionnelle : soit une exciseuse (77 %), soit une accoucheuse traditionnelle (8 %). Les excisions pratiquées par des professionnels de la santé restent marginales (4 %) (données non présentées). Au cours de l’enquête, des questions ont été également posées aux femmes qui avaient, au moins, une fille vivante pour savoir si elles ou l’une d’entre elles avaient été excisées. Étant donné que certaines filles de l’enquêtée étaient trop jeunes au moment de l’enquête pour avoir été excisées, on a demandé aux femmes dont la fille n’était pas excisée si elles avaient l’intention de la faire exciser. Parmi l’ensemble des femmes, moins d’un pour cent avait une fille excisée et dans moins d’un pour cent des cas, elles avaient l’intention de la faire exciser (tableau 13.2). Globalement, 1,5 % des filles des mères enquêtées sont (0,7 %) ou seront excisées (0,8 %) : cette « prévalence » se situe au même niveau que celle des mères (1,4 %), ce qui dénote peu de changement dans la pratique de l’excision au Cameroun. Ce sont essentiellement les femmes excisées qui ont l’intention de maintenir la pratique puisque environ un tiers d’entre elles (34 %) a, au moins, une fille excisée et que, dans un tiers des cas (32 %) elles ont l’intention de faire exciser leur(s) fille(s). Il faut néanmoins noter que parmi les femmes excisées, 22 % n’ont pas l’intention de faire exciser leur(s) fille(s), ce que l’on pourrait interpréter comme le signe d’une amorce de baisse de la pratique de l’excision. Tableau 13.2 Pratique de l'excision parmi les filles des femmes enquêtées Répartition (en %) des femmes ayant au moins une fille en vie selon qu'au moins une fille a été excisée et, si non, selon qu'elles ont ou non l'intention de la/les faire exciser, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Excision de la mère Au moins une fille excisée A l'intention de faire exciser sa/ses fille(s) N'a pas l'intention de faire exciser sa/ses fille(s) NSP/la mère ne connaît pas l'excision Total Effectif de femmes ayant une/ des fille(s) vivante(s) Ne connaît pas l'excision 0,0 0,0 0,0 100,0 100,0 2 089 Excisée 34,3 32,0 21,6 12,1 100,0 56 Pas excisée 0,1 0,6 96,2 3,2 100,0 830 Ensemble 0,7 0,8 27,2 71,4 100,0 2 975 13.2 OPINIONS ET CROYANCES VIS-À-VIS DE L’EXCISION Pour mieux comprendre les raisons qui expliqueraient la pratique de l’excision, au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes et aux hommes qui avaient déclaré avoir entendu parler de l’excision quels étaient selon eux les avantages pour une fille d’être excisée et ceux de ne pas l’être. Les résultats sont présentés aux tableaux 13.3 et 13.4. À la question concernant les avantages que procure l’excision, la moitié des femmes ont déclaré qu’il n’y en avait aucun (50 %) et dans deux cas sur cinq (40 %), les femmes ont déclaré qu’elles n’avaient pas d’opinion (tableau 13.3). La proportion de celles qui ne voient aucun avantage dans l’excision est particulièrement élevée chez les femmes qui ne sont pas excisées (52 %). En outre, les femmes de Yaoundé/Douala (70 % contre 34 % en milieu rural) et celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (58 % contre 29 % pour celles sans niveau d’instruction) ont plus fréquemment que les autres exprimé cette opinion. On constate également qu’en milieu rural (52 %) et parmi les femmes sans niveau d’instruction (52 %), plus de la moitié n’ont pas d’opinion. Parmi les femmes excisées, 16 % ont déclaré qu’il n’y avait aucun avantage à l’excision, 29 % n’avaient pas d’opinion et 55 % ont cité un ou plusieurs avantages à l’excision, essentiellement la nécessité religieuse (32 %) et la reconnaissance sociale (21 %). Excision | 239 Tableau 13.3 Avantages pour une fille d'être excisée Pourcentage de femmes et d’hommes qui ont cité différents avantages pour une fille d'être excisée, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Avantages de l'excision Caractéristique socio- démographique Pas d'avantage Meilleure hygiène Recon- naissance sociale Meilleure chance de mariage Préservation de la virginité Plus grand plaisir de l'homme Nécessité religieuse Autre NSP Effectif qui connaissent l'excision FEMMES Excision Excisée 15,9 6,5 20,6 5,5 6,1 0,0 32,4 10,5 28,7 78 Pas excisée 51,9 0,1 0,1 0,3 4,2 0,5 0,5 2,0 40,0 1 703 Résidence Yaoundé/Douala 69,6 0,0 0,0 0,0 2,7 0,4 0,0 2,8 23,6 648 Autres villes 42,5 0,3 0,3 0,7 6,8 0,8 1,8 2,0 46,8 697 Ensemble urbain 55,6 0,1 0,1 0,4 4,8 0,6 0,9 2,4 35,6 1 345 Rural 34,1 1,0 3,6 0,9 2,7 0,0 4,7 2,3 51,7 437 Niveau d'instruction Aucune instruction 29,1 2,1 5,3 2,1 2,3 0,0 10,3 1,7 52,2 247 Primaire 44,6 0,0 0,8 0,4 3,8 0,3 1,4 2,3 46,9 453 Secondaire ou plus 57,5 0,1 0,1 0,1 5,0 0,6 0,1 2,6 33,6 1 082 Ensemble 50,3 0,4 1,0 0,5 4,3 0,4 1,9 2,4 39,5 1 782 HOMMES Résidence Yaoundé/Douala 80,8 0,0 1,1 1,7 2,8 2,2 0,2 6,0 4,3 728 Autres villes 67,7 0,5 3,4 2,8 9,5 2,2 2,7 2,8 9,5 741 Ensemble urbain 74,2 0,3 2,3 2,2 6,2 2,2 1,4 4,4 6,9 1 469 Rural 60,5 0,5 6,9 2,1 6,7 1,3 4,4 3,1 15,1 558 Niveau d'instruction Aucune instruction 58,8 1,1 8,9 5,3 6,7 0,4 16,4 3,9 12,3 149 Primaire 62,0 0,3 7,1 3,1 6,9 1,6 3,9 3,3 14,5 452 Secondaire ou plus 74,3 0,3 1,9 1,6 6,1 2,3 0,3 4,3 7,2 1 426 Ensemble 70,4 0,3 3,6 2,2 6,3 2,0 2,3 4,0 9,2 2 027 Note : La somme des pourcentages par avantage cité peut dépasser 100 % car l’enquêté peut citer plusieurs avantages. Seulement 10 % des femmes ont cité un ou plusieurs avantages à l’excision. Les résultats selon les divers avantages cités par les enquêtées, montrent que pour 4 % des femmes, l’excision se justifie car elle contribue à préserver la virginité. Cette opinion a été plus fréquemment exprimée par les femmes du milieu urbain (5 % contre 3 % en milieu rural), en particulier par celles vivant dans les Autres villes (7 %). De même, les femmes instruites ont été proportionnellement plus nombreuses que celles sans niveau d’instruction à citer cet avantage. Par ailleurs, 2 % des femmes ont cité la nécessité religieuse, en particulier 10 % de celles sans niveau d’instruction. La proportion d’hommes ayant déclaré que l’excision ne présente aucun avantage pour les femmes est supérieure à celle des femmes (70 % contre 50 %). Comme chez les femmes, ce sont les hommes de Yaoundé/Douala (81 %) et ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (74 %) qui ont le plus fréquemment donné cette opinion. En ce qui concerne les avantages de l’excision, les hommes, comme les femmes, ont cité la préservation de la virginité (6 %). En outre, une proportion d’hommes plus élevée que celle des femmes (4 % contre 1 %) ont cité parmi les avantages la reconnaissance sociale. 240 | Excision Enfin, la proportion d’hommes sans opinion est beaucoup plus faible que celle des femmes (9 % contre 40 %). Au tableau 13.4 figurent les proportions de femmes et d’hommes ayant cité divers avantages pour une femme de ne pas être excisée. Seulement 6 % des femmes ont déclaré qu’il n’y avait aucun avantage à ne pas être excisée. C’est parmi les femmes sans niveau d’instruction que cette opinion a été la plus fréquemment exprimée (8 %). Par ailleurs, dans 46 % des cas, les femmes n’ont pas donné d’opinion : il s’agit en particulier, des femmes du milieu rural (62 %) et de celles sans niveau d’instruction (68 %). Tableau 13.4 Avantages pour une fille de ne pas être excisée Pourcentage de femmes et d’hommes qui ont cité différents avantages pour une fille de ne pas être excisée, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Avantages de ne pas être excisée Caractéristique socio- démographique Pas d'avantage Moins de problème de santé Moins de problème à l'accouchement Évite la souffrance Plus grand plaisir de la femme Plus grand plaisir de l'homme En accord avec la religion Autre NSP Effectif qui connaissent l'excision FEMMES Excision Excisée 6.9 1.4 5.3 4.3 0.0 3.5 20.6 2.8 59.4 78 Pas excisée 6,0 15,9 12,0 10,4 17,4 3,9 1,8 9,5 44,8 1 703 Résidence Yaoundé/Douala 6,6 24,0 17,7 13,8 26,8 5,8 1,3 13,8 25,9 648 Autres villes 4,8 13,5 9,3 8,8 13,9 3,7 1,3 7,9 53,1 697 Ensemble urbain 5,7 18,5 13,3 11,2 20,1 4,7 1,3 10,7 40,0 1 345 Rural 7,3 5,3 6,8 7,0 5,8 1,4 6,5 4,3 62,4 437 Niveau d'instruction Aucune instruction 8,3 5,7 2,1 7,4 0,0 1,6 11,2 0,4 68,2 247 Primaire 6,5 9,9 9,2 8,7 8,9 2,1 3,0 6,0 57,0 453 Secondaire ou plus 5,4 19,7 15,0 11,4 23,6 5,2 0,4 12,5 35,5 1 082 Ensemble 6,1 15,3 11,7 10,1 16,6 3,9 2,6 9,2 45,5 1 782 HOMMES Résidence Yaoundé/Douala 6,2 33,7 25,3 18,8 61,6 19,4 0,7 4,5 7,7 728 Autres villes 17,2 26,3 15,7 11,0 39,1 8,0 2,2 3,3 13,7 741 Ensemble urbain 11,7 30,0 20,4 14,9 50,2 13,7 1,4 3,9 10,7 1 469 Rural 23,3 16,1 16,0 10,8 27,5 4,9 5,2 3,4 19,2 558 Niveau d'instruction Aucune instruction 29,2 19,4 13,4 12,8 15,0 3,7 8,8 2,8 25,2 149 Primaire 25,4 17,0 15,4 16,5 27,7 10,6 4,0 1,8 19,9 452 Secondaire ou plus 10,1 29,8 21,0 13,0 52,1 12,3 1,3 4,5 9,6 1 426 Ensemble 14,9 26,1 19,2 13,8 44,0 11,2 2,5 3,7 13,1 2 027 Note: La somme des pourcentages par avantage cité peut dépasser 100 % car l’enquêté peut citer plusieurs avantages. Dans 48 % des cas, les femmes ont cité un ou plusieurs avantages à ne pas être excisée. Selon 17 % des femmes, en particulier celles de Yaoundé/Douala (27 %) et celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (24 %), le fait de ne pas être excisée permet à la femme d’éprouver plus de plaisir sexuel. Pour 15 % des femmes, le fait de ne pas être excisée signifie avoir moins de problèmes de santé. Cet argument a été surtout avancé par les femmes de Yaoundé/Douala (24 %) et par celles ayant un Excision | 241 niveau d’instruction secondaire ou plus (20 %). Pour un peu plus d’une femme sur dix (12 %), le fait de ne pas être excisée permet d’avoir moins de problèmes à l’accouchement et enfin 10 % des femmes ont déclaré que ne pas être excisée évitait de souffrir. Pour 15 % des hommes, soit une proportion supérieure à celle des femmes (6 %), ne pas être excisée n’apporte aucun avantage aux femmes. Ce sont les hommes du milieu rural (23 %) et ceux sans niveau d’instruction (29 %) qui ont le plus fréquemment exprimé cette opinion. Par ailleurs, dans 13 % des cas, les hommes n’ont pas donné d’opinion. Dans 72 % des cas, les hommes ont cité un ou plusieurs avantages pour une femme à ne pas être excisée. Pour 44 % des hommes (contre seulement 17 % des femmes), le fait de ne pas être excisée permet aux femmes d’éprouver plus de plaisir sexuel. Ce sont les hommes de Yaoundé/Douala (62 %) et ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (52 %) qui ont le plus fréquemment cité cet argument. En outre, environ un homme sur dix (11 %) a déclaré que le fait pour une femme de ne pas être excisée était synonyme de plus grand plaisir pour l’homme. L’argument selon lequel ne pas être excisée est bénéfique pour la santé des femmes a été cité par plus d’un quart des hommes (26 %). Pour 19 %, d’entre eux, un accouchement sans problème figure parmi les avantages pour une femme de ne pas être excisée. Enfin, dans 14 % des cas, les hommes ont déclaré que ne pas être excisées évitait aux femmes de souffrir. Au cours de l’enquête, on a également demandé aux femmes et aux hommes s’ils étaient d’accord avec deux arguments qui sont généralement avancés pour expliquer la pratique de l’excision, à savoir : l’excision est exigée par la religion, l’excision prévient les relations sexuelles avant le mariage. Pour 8 % des femmes et deux fois moins d’hommes (4 %), la pratique de l’excision est justifiée par la religion (tableau 13.5). Dans 30 % des cas, les femmes excisées sont d’accord avec cette assertion. À Yaoundé/Douala, une femme sur dix est d’accord avec cette affirmation. Il en est de même pour 13 % de femmes sans niveau d’instruction. Une proportion de femmes très proche de celle des hommes pense que l’excision prévient les relations sexuelles avant le mariage (respectivement 10 % et 12 %). Les femmes excisées sont d’accord, dans 36 % des cas, avec cette opinion. Il convient de signaler que 11 % des femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus et 10 % de celles du milieu urbain adhèrent à cette opinion. Chez les hommes, on ne constate pas d’écart important en fonction du milieu de résidence et du niveau d’instruction. Tableau 13.5 Croyances au sujet de l'excision Pourcentage de femmes et d'hommes qui connaissent l'excision et qui sont d'accord avec certaines assertions relatives à l’excision, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Femmes Hommes Caractéristique socio- démographique L’excision est exigée par la religion L’excision prévient les relations sexuelles avant le mariage Effectif L’excision est exigée par la religion L’excision prévient les relations sexuelles avant le mariage Effectif Excision Excisée 29,7 35,7 78 na na na Pas excisée 7,1 9,1 1 703 na na na Résidence Yaoundé/Douala 10,1 9,3 648 4,0 10,7 728 Autres villes 7,1 11,4 697 3,4 12,3 741 Ensemble urbain 8,5 10,4 1 345 3,7 11,5 1 469 Rural 6,8 9,6 437 4,4 12,8 558 Niveau d'instruction Aucune instruction 12,7 9,7 247 7,4 9,4 149 Primaire 7,5 8,5 453 5,2 13,2 452 Secondaire ou plus 7,3 11,1 1 082 3,1 11,7 1 426 Ensemble 8,1 10,2 1 782 3,9 11,8 2 027 na = Non applicable 242 | Excision On a également demandé aux femmes et aux hommes connaissant l’excision s’ils étaient favorables à son maintien ou au contraire, s’ils pensaient que cette pratique devait disparaître (tableau 13.6). Les femmes et les hommes ont déclaré dans des proportions quasiment identiques, que l’excision était une pratique qui devait disparaître (respectivement 84 % et 85 %). Chez les hommes comme chez les femmes, c’est en milieu rural et parmi ceux/celles sans niveau d’instruction que l’on est le moins favorable à sa disparition. En effet, en milieu rural, 13 % des femmes et 12 % d’hommes se sont prononcés pour le maintien de la pratique. Parmi les femmes et les hommes sans niveau d’instruction, ces proportions sont de 22 %. Tableau 13.6 Opinion par rapport au maintien de l'excision Répartition (en %) des femmes et des hommes connaissant l'excision selon leur opinion concernant le maintien ou l'abandon de cette pratique, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio- démographique L’excision devrait disparaître L’excision devrait être maintenue Ça dépend NSP/ Manquant Total Effectif connaissant l'excision FEMMES Résidence Yaoundé/Douala 93,6 2,2 1,1 3,1 100,0 648 Autres villes 82,7 6,6 5,1 5,7 100,0 697 Ensemble urbain 87,9 4,5 3,2 4,4 100,0 1 345 Rural 72,3 13,2 3,7 10,7 100,0 437 Niveau d'instruction Aucune instruction 56,6 21,5 6,6 15,3 100,0 247 Primaire 81,0 8,1 4,6 6,3 100,0 453 Secondaire ou plus 91,7 2,6 2,0 3,8 100,0 1 082 Ensemble 84,1 6,6 3,3 6,0 100,0 1 782 HOMMES Résidence Yaoundé/Douala 92,0 3,5 2,2 2,3 100,0 728 Autres villes 83,0 7,5 6,7 2,8 100,0 741 Ensemble urbain 87,5 5,5 4,4 2,5 100,0 1 469 Rural 77,1 12,0 5,9 4,9 100,0 558 Niveau d'instruction Aucune instruction 56,4 22,3 13,8 7,4 100,0 149 Primaire 74,0 12,2 9,3 4,5 100,0 452 Secondaire ou plus 90,9 4,2 2,5 2,3 100,0 1 426 Ensemble 84,6 7,3 4,8 3,2 100,0 2 027 Violence Domestique | 243 VIOLENCE DOMESTIQUE 14 Jean Pierre MAKANG, Paulette BEAT SONGUE et Ghislain GEUWOU La violence domestique est une forme de violence qui s’exerce essentiellement à l’encontre des femmes. Ce phénomène concerne tous les pays et s’observe dans toutes les catégories sociales. Longtemps traité comme un problème d’ordre privé au sein de la famille, la violence domestique est, de nos jours, considérée comme une grave violation des droits humains qui doit être sanctionnée. (Assemblée Générale des Nations Unies, 1991). Conscient de ce problème, le Cameroun dispose dans le préambule de sa Constitution du 18 janvier 1996 que : « l’être humain, sans distinction de race, de religion, de sexe, de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés ; affirme son attachement aux libertés fondamentales inscrites dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la Charte des Nations Unies, et la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et toutes les conventions internationales y étant relatives et dûment ratifiées… ». De même, la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD, Caire, 1994) et la Conférence Internationale des Femmes (Beijing, 1995) ont inscrit dans leurs Plans d’Action respectifs des objectifs visant à éliminer ce type de violences dans le monde. Dans de nombreuses sociétés, y compris au Cameroun, la violence domestique à l’encontre des femmes est entretenue par la socialisation différentielle des garçons et des filles ; on apprend aux femmes dès le plus jeune âge à tolérer et même parfois à accepter la violence domestique. Au cours de l’EDSC-III, les données collectées sur ce phénomène permettent d’en évaluer l’ampleur au Cameroun et pourront se révéler utiles pour mettre en place des dispositifs de prévention et d’aide à l’égard des victimes de ce type de violence. Ce module sur la violence domestique a été administré dans un ménage sur deux ; dans le ménage sélectionné, seule une femme tirée au hasard (selon la grille de Kish) était interviewée. La violence domestique étant un sujet sensible dans un couple, l’enquêtrice devait agir ici avec beaucoup de tact. Il était important pour elle d’établir de bons rapports avec l’enquêtée, de la mettre en confiance et de l’assurer de la confidentialité de ses réponses. Ce climat de confiance était particulièrement important pour la validité des données collectées. La confidentialité de l’entretien est également essentielle pour assurer la sécurité de l’enquêtée. En effet, poser des questions sur la violence domestique, en particulier dans des ménages où l’auteur des violences peut être présent au moment de l’entretien, peut générer des actes de violence supplémentaires. Compte tenu de tous ces problèmes liés à la collecte des informations sur la violence domestique, les mesures suivantes ont été prises au cours de l’EDSC-III pour assurer la validité des données tout en garantissant la sécurité des enquêtées : x Un expert du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille a assisté aux sessions de formations des agents de terrain et a effectué une présentation du phénomène de la violence domestique sous tous ses aspects ;G x Un soin particulier a été mis sur la nécessité d’être en privé avec l’enquêtée au cours de l’administration de ce module. Dans l’impossibilité d’être en privé avec l’enquêtée, l’enquêtrice devait arrêter l’interview et donner les raisons de cette interruption. 244 | Violence Domestique 14.1 VIOLENCE DOMESTIQUE 14.1.1 Méthodologie Trois types de violence domestique ont été pris en compte au cours de l’EDSC-III. Il s’agit de : (i) la violence physique, (ii) la violence émotionnelle et (iii) la violence sexuelle. La violence physique Ce type de violence a deux connotations : une connotation moins grave et une connotation sévère. x La violence physique moins grave a été évaluée au moyen de la question à choix multiple suivante : « Est-ce qu’il est déjà arrivé que votre (dernier) mari/partenaire » : - Vous bouscule, secoue, ou jette quelque chose contre vous ? - Vous gifle ou torde le bras ? - Vous frappe à coups de poing ou avec quelque chose qui pouvait vous blesser ? - Vous donne des coups de pied ou traîne à terre ? x La violence physique sévère a été évaluée au moyen de la question à choix multiple suivante : « Est-ce qu’il est déjà arrivé que votre (dernier) mari/partenaire » : - Essaye de vous étrangler ou de vous brûler ? - Vous menace avec un couteau, un pistolet ou un autre type d'arme ? - Vous attaque avec un couteau, un pistolet ou un autre type d'arme ? La violence sexuelle Ce type de violences a été évalué au moyen de la question à choix multiple suivante : « Est-ce qu’il est déjà arrivé que votre (dernier) mari/partenaire » : - Vous force physiquement à avoir des rapports sexuels même quand vous ne le vouliez pas ? - Vous force à pratiquer d'autres types d'actes sexuels que vous ne vouliez pas ? La violence émotionnelle Pour évaluer ce type de violences, la question a été formulée de la façon suivante : « Est-ce qu’il est déjà arrivé que votre (dernier) mari/partenaire »: - Vous dise ou fasse quelque chose pour vous humilier devant d'autres personnes ? Violence Domestique | 245 - Vous menace, vous ou quelqu'un proche de vous ? La violence a été mesurée en utilisant une version abrégée de l’échelle des conflits utilisée par Strauss (1990). Cette échelle s’est révélée très efficace pour mesurer la violence domestique ; de plus, elle peut facilement être adaptée à différentes situations et cultures. Cette approche, consistant à s'enquérir séparément d’actes spécifiques, a l'avantage de ne pas être affectée par la compréhension de ce que l’on entend par violence. On demande ainsi à l’enquêtée si elle a été giflée, ce qui est compréhensible directement par n’importe quelle femme. Cette approche présente également l’avantage de donner à l’enquêtée plusieurs occasions de déclarer n'importe quelle expérience de violence qu’elle a subie. L’EDSC-III s’est beaucoup attardée sur la violence conjugale, c’est-à-dire la violence exercée par un conjoint sur l’autre, notamment par le mari/partenaire sur sa femme/partenaire. En effet, les études sur la violence montrent que la forme la plus commune de violence domestique chez les adultes est la violence conjugale. La cible concernée par la violence conjugale était les femmes en union (violence de la part de leurs conjoints) et les femmes en rupture d’union (violence de la part de leur dernier conjoint). Certaines questions permettaient aussi de connaître la fréquence de ce type de violence au cours des 12 derniers mois. En plus de la violence conjugale, on a aussi demandé aux femmes si, depuis l’âge de 15 ans, elles avaient subi n’importe quel type de violence physique de la part de n'importe quelle personne autre que leur mari/partenaire. La question était formulée de la façon suivante : « à partir de l'âge de 15 ans, est-ce que quelqu'un d'autre que votre (actuel/dernier) mari/partenaire vous a battue, giflée, donné des coups de pied ou fait quelque chose afin de vous agresser physiquement? » Aux femmes répondant par l’affirmative, on demandait quels étaient les auteurs de ces violences et combien de fois cela était arrivé au cours des 12 derniers mois. Des questions semblables ont été utilisées pour mesurer la violence pendant la grossesse et la violence par des femmes contre leur mari/partenaire. L'utilisation de ces différents types d’approches, le fait d’avoir donné à la femme plusieurs occasions de révéler des actes de violence et les précautions prises pour assurer la confidentialité de l’entretien sont autant de facteurs susceptibles d'avoir permis de réduire au minimum les sous-déclarations de violence domestique. Cependant, il se peut que les niveaux éventuels de sous-déclaration varient selon les différents sous-groupes de femmes interrogées. De ce fait, les écarts observés dans les résultats selon les différentes caractéristiques socio-démographiques doivent être interprétés avec prudence, même si, dans la plupart des cas, ils révèlent des différences réelles. Selon les types de violences, on constate au graphique 14.1 que 78 % des femmes ont déclaré avoir subi une violence physique modérée (dont 32 % ont été giflées ou ont eu le bras tordu et 19 % ont été poussées, traînées ou jetées à terre). Dans 16 % des cas, les femmes ont été victimes de violence sexuelle. 246 | Violence Domestique Graphique 14.1 Pourcentage de femmes ayant subi divers types de violence EDSC-III 2004 19 32 17 10 3 2 1 13 3 VIOLENCE PHYSIQUE "MODÉRÉE" Poussée, malmenée ou jetée à terre Giflée ou bras tordu Reçu des coups de poing Reçu coup de pied ou traînée à terre VIOLENCE PHYSIQUE SÉVÈRE Etranglée ou brûlée Menacée avec une arme Attaquée avec une arme VIOLENCE SEXUELLE Rapports sexuels sous contrainte Actes sexuels sous contraite 0 5 10 15 20 25 30 35 Pourcentage 14.1.2 Violence physique depuis l’âge de 15 ans Le tableau 14.1 présente les proportions de femmes qui ont déclaré avoir subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans, commises soit par le mari/partenaire, soit par une ou d’autres personnes, et les pourcentages de celles qui ont subi ces violences au cours des douze derniers mois ayant précédé l’enquête ; ces résultats sont présentés selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Il ressort que, depuis l’âge de 15 ans, plus de la moitié des femmes au Cameroun (53 %) ont subi des violences physiques et dans 45 % des cas, les femmes ont subi ces actes de violence au cours des douze derniers mois. En fonction de l’âge, on constate que la proportion de femmes victimes d’actes de violence récents varie d’un minimum de 30 % chez les femmes de 15-19 ans à un maximum de 53 % pour les 40-49 ans. L’analyse suivant l’état matrimonial montre que c’est parmi les femmes en union que ces actes de violence récents ont été les plus fréquents (55 % contre 19 % pour les célibataires). De plus, en fonction du milieu de résidence, on constate également des écarts : il semble que les femmes de Yaoundé/Douala soient plus fréquemment la cible d’actes de violence puisque depuis l’âge de 15 ans, 64 % ont déclaré avoir été victimes de violence et qu’au cours des 12 derniers mois, cette proportion est de 51 %. Dans les régions, on constate que c’est le Sud (59 %), le Centre (58 %) et le Sud-Ouest (54 %) qui enregistrent les plus forts pourcentages de femmes victimes de violences au cours d’un passé récent (douze derniers mois précédent l’enquête). Les résultats présentés au tableau 14.1 mettent aussi en évidence des écarts entre niveau d’instruction, activité et quintile de bien-être. On constate que les femmes instruites ont été récemment, plus fréquemment victimes d’actes de violence que les femmes sans niveau d’instruction (51 % parmi celles de niveau primaire et 45 % parmi celles de niveau secondaire ou plus contre un minimum de 36 % parmi celles sans niveau d’instruction). Les résultats selon le type de rémunération montrent que ce sont les femmes qui travaillent et qui sont payées en argent qui ont déclaré avoir subi le plus fréquemment des violences physiques, que ce soit depuis l’âge de 15 ans qu’au cours des 12 derniers mois (respectivement, Violence Domestique | 247 Tableau 14.1 Violence physique Pourcentage de femmes qui ont déclaré avoir subi des violences physiques, commises soit par le mari, soit par une ou d’autres personnes depuis l’âge de 15 ans et pourcentage de celles qui ont subi des violences physiques au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSC-III 2004 % de femmes qui ont subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans Caractéristique socio-démographique Depuis l’âge de 15 ans Au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 44,2 30,3 820 20-29 56,7 48,4 1 193 30-39 53,4 50,7 773 40-49 54,7 53,1 504 État matrimonial Jamais en union 46,2 18,7 837 En union 55,4 55,2 2 160 Union rompue 49,5 46,1 293 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 63,8 50,9 714 Autres Villes 50,5 42,5 1 076 Ensemble urbain 55,8 45,8 1 790 Rural 48,6 44,3 1 500 Région Adamaoua 30,1 28,9 124 Centre 62,9 57,9 248 Douala 63,9 49,7 382 Est 46,2 43,8 150 Extrême-Nord 39,2 38,1 539 Littoral 56,2 42,0 150 Nord 37,0 35,2 315 Nord-Ouest 61,1 46,2 333 Ouest 43,2 40,0 356 Sud 64,5 59,0 131 Sud-Ouest 67,5 53,8 230 Yaoundé 63,8 52,3 332 Niveau d’instruction Aucun 36,7 36,3 765 Primaire 56,7 50,6 1 256 Secondaire ou plus 57,9 45,1 1 268 Emploi Travaille pour de l’argent 60,4 54,5 1 371 Travaille, mais pas pour de l’argent 43,2 38,6 556 Ne travaille pas 48,4 38,4 1 363 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 45,7 43,0 650 Second 48,7 43,3 524 Moyen 52,1 45,6 642 Quatrième 55,9 48,1 707 Le plus riche 58,1 45,0 768 Ensemble 52,5 45,1 3 290 1 Sont exclues les femmes qui ont été battues seulement au cours de la grossesse et qui ne l’ont jamais été avant ou après. 248 | Violence Domestique 60 % et 55 %). Les données sur le niveau de vie du ménage montrent qu’en ce qui concerne la violence subie depuis l’âge de 15 ans, les proportions de femmes victimes de violence augmentent des ménages les plus pauvres aux plus riches (46 % parmi ceux du quintile le plus pauvre à 58 % parmi ceux du quintile le plus riche). En ce qui concerne la violence dans un passé récent, on note de façon un peu moins nette, la même tendance (43 % dans ceux du quintile le plus pauvre contre 48 % dans ceux du quatrième quintile). Auteur des violences physiques Le tableau 14.2 présente les proportions de femmes ayant déclaré avoir subi des actes de violences depuis l’âge de 15 ans en fonction de l’auteur de ces actes. Les données sont présentées selon l’état matrimonial de la femme. Dans l’ensemble, dans plus d’un tiers des cas, l’auteur des actes de violence est le mari/partenaire seul (36 %). Parmi les femmes en union, cette proportion est de 53 %. Dans 8 % des cas, les femmes ont cité le mari/partenaire précédant. Parmi les femmes en rupture d’union, cette proportion concerne près des deux tiers des femmes (63 %). Dans près d’un cas sur cinq (19 %), le mari/ partenaire avec d’autres ont été cités comme les auteurs des violences : parmi les femmes en union, cette proportion est de 26 %. Globalement, qu’il soit seul ou avec d’autres, le mari/partenaire est dans 63 % des cas, l’auteur des violences. Tableau 14.2 Auteur des violence physiques Répartition (en %) des femmes qui ont déclaré avoir subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans par type d’auteur des violences selon l’état matrimonial actuel, EDSC-III 2004 Auteur des violences État matrimonial Mari/ partenaire seul Mari/ partenaire précédant seul Mari/ partenaire et autres Personne(s) autre(s) que le mari/ partenaire Ne peux pas déterminer l’auteur Total Effectif Jamais en union 0,0 0,0 0,0 99,0 1,0 100,0 387 En union 52,6 3,6 25,5 18,3 0,0 100,0 1 196 Union rompue 0,0 62,9 15,5 21,6 0,0 100,0 145 Ensemble 36,4 7,7 18,9 36,7 0,2 100,0 1 728 14.1.3 Violence physique pendant la grossesse Les conséquences de la violence domestique sur la santé physique et mentale des femmes sont graves, cela quel que soit l’âge ou la période de la vie de la femme. Cependant, les violences durant la grossesse font courir aux femmes des risques accrus non seulement pour leur propre santé et leur survie mais aussi pour la survie de l’enfant à naître. Pour évaluer l’ampleur de cette violence, on a demandé aux femmes enceintes ou qui l’ont été, si elles avaient subi des violences physiques pendant cette période (ou ces périodes) de leur vie. La question posée était la suivante : « Est-ce qu’il est déjà arrivé que quelqu’un vous batte, gifle, donne des coups de pieds, ou fasse quelque chose pour vous agresser physiquement pendant une/cette grossesse ? » Dans le cas d’une réponse affirmative, on demandait qui était l’auteur de cette violence. Le tableau 14.3 présente, parmi les femmes enceintes ou qui l’ont été, les pourcentages de celles qui ont déclaré avoir subi des violences physiques pendant la grossesse ; les résultats sont présentés en fonction de l’auteur de ces violences. Dans l’ensemble, 11 % des femmes ont déclaré avoir subi des violences alors qu’elles étaient enceintes. Cette proportion ne varie pratiquement pas selon l’âge de la femme. En fonction de l’état matrimonial, on constate que les femmes en rupture d’union ont un peu plus fréquemment déclaré que les autres femmes avoir subi des actes de violence au cours de la grossesse (13 % contre 11 % parmi celles en union et 7 % parmi les célibataires). Selon le milieu de résidence, on Violence Domestique | 249 note que c’est à Yaoundé/Douala que la proportion de femmes victimes de violences au cours de la grossesse est la plus élevée (13 %) ; à l’opposé, c’est dans les Autres villes que cette proportion est la plus faible (9 %). L’examen des résultats selon les régions met en évidence la situation des régions Centre (18 %) et Sud (17 %) dans lesquelles près d’une femme sur cinq a déclaré avoir subi, alors qu’elle était enceinte, des actes de violence. C’est dans l’Adamaoua que l’on observe le pourcentage le plus faible (7 %). Si l’on se réfère aux résultats selon le niveau d’instruction, on constate que les femmes instruites ont été plus fréquemment victimes de violence physique pendant leur grossesse que les femmes sans niveau d’instruction (12 % contre 8 %). Enfin, les femmes qui travaillent et qui sont rémunérées en argent ont déclaré un peu plus fréquemment que les autres avoir subi des violences physiques au cours de leur grossesse (12 % contre 9 % quand les femmes ne sont pas rémunérées en argent et 10 % quand elles ne travaillent pas). Tableau 14.3 Violence pendant la grossesse Parmi les femmes actuellement enceintes ou qui ont déjà été enceintes, pourcentage de celles qui ont déclaré avoir subi des violences physiques pendant qu’elles étaient enceintes et pourcentage de femmes ayant subi des violences pendant qu’elles étaient enceintes en fonction de l’auteur des violences et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSC-III 2004 Auteur des violences Caractéristique socio-démographique Pourcentage ayant subi des violences pendant leur grossesse Effectif de femmes actuellement enceintes ou l’ayant déjà été Mari/ partenaire seulement Mari/ partenaire précédent seulement Mari/ partenaire et autres Personne(s) autre(s) que le mari/ partenaire Total Effectif de femmes ayant déclaré avoir subi des violences pendant leur grossesse Groupe d’âges 15-19 10,0 219 (52,1) (7,4) (0,0) (40,5) (100,0) 22 20-29 10,9 982 48,7 19,4 0,9 31,1 100,0 108 30-39 10,7 747 53,5 26,5 0,0 20,0 100,0 80 40-49 11,5 493 51,5 32,9 0,0 15,6 100,0 57 État matrimonial Jamais en union 7,4 173 na na * * * 13 En union 10,9 1,997 61,2 14,3 0,5 24,1 100,0 218 Union rompue 12,9 271 na (85,9) (0,0) (14,1) (100,0) 35 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 13,0 484 48,9 19,4 0,0 31,7 100,0 63 Autres Villes 8,7 750 38,7 34,3 0,0 27,0 100,0 65 Ensemble urbain 10,4 1,233 43,7 27,0 0,0 29,3 100,0 128 Rural 11,4 1,208 57,8 20,1 0,7 21,4 100,0 138 Région Adamaoua 6,8 95 * * * * * 6 Centre 17,9 191 (33,0) (33,3) (2,9) (30,8) (100,0) 34 Douala 10,8 248 * * * * * 27 Est 12,2 118 * * * * * 14 Extrême-Nord 8,5 459 * * * * * 39 Littoral 9,2 108 * * * * * 10 Nord 11,6 237 (69,5) (12,8) (0,0) (17,7) (100,0) 27 Nord-Ouest 8,0 244 * * * * * 19 Ouest 7,9 236 * * * * * 19 Sud 16,6 109 (35,4) (20,5) (0,0) (44,1) (100,0) 18 Sud-Ouest 9,6 162 * * * * * 16 Yaoundé 15,3 236 (38,0) (18,0) (0,0) (44,0) (100,0) 36 Niveau d’instruction Aucun 8,4 669 79,1 15,0 0,0 5,9 100,0 56 Primaire 12,1 982 46,3 25,2 0,8 27,7 100,0 119 Secondaire ou plus 11,5 790 39,7 26,3 0,0 34,0 100,0 91 Emploi Travaille pour de l’argent 12,3 1,226 45,3 28,3 0,7 25,8 100,0 151 Travaille, mais pas pour de l’argent 9,4 438 64,0 14,8 0,0 21,2 100,0 41 Ne travaille pas 9,5 777 55,5 18,4 0,0 26,2 100,0 74 Ensemble 10,9 2,441 51,0 23,4 0,4 25,2 100,0 266 ( ) Indiquent que les chiffres sont basés sur 25-49 cas non-pondérés. * Indique que les chiffres sont basés sur moins de 25 cas non-pondérés. 250 | Violence Domestique Tableau 14.4 Contrôle exercé par le mari/partenaire Pourcentage de femmes actuellement en union ou en rupture d’union selon le contrôle exercé par l’actuel ou précédent mari/partenaire et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSC-III 2004 Pourcentage de femmes dont le mari/partenaire : Caractéristique socio-démographique Est jaloux si elles parlent à d’autres hommes Les accuse souvent d’être infidèles Ne leur permet pas de rencontrer d’autres femmes/ amies Essaie de limiter leurs contacts avec leur famille Insiste pour savoir où elles sont à tout moment Ne leur fait pas confiance en ce qui concerne l’argent Exerce au moins 3 types de contrôle N’exerce aucun type de contrôle Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 67,7 27,0 26,3 9,4 53,4 22,4 38,0 16,8 253 20-29 71,7 24,5 28,4 14,9 56,7 24,4 43,5 11,4 966 30-39 67,8 24,5 24,4 13,7 49,4 23,4 38,6 12,3 739 40-49 57,3 21,1 21,4 15,5 42,8 20,9 36,0 17,7 494 État matrimonial Actuellement en union 69,6 23,5 25,7 13,4 52,7 23,1 40,1 14,5 2 160 Rupture en union 49,5 28,3 24,7 19,1 41,4 23,5 38,5 6,3 293 Durée depuis premier mariage/ union Actuellement mariée/en union 67,2 24,1 25,6 14,1 51,3 23,2 39,9 13,5 2 453 Actuellement mariée/en union une seule fois 68,5 23,1 25,6 12,9 52,8 23,6 39,3 14,5 1 667 < 1 an 72,5 17,2 24,3 8,2 47,4 20,6 35,0 19,6 104 < 6 ans 70,5 27,0 28,4 11,5 61,2 24,7 43,6 10,1 478 6-9 ans 69,1 23,6 24,1 11,7 54,3 26,7 37,6 13,8 262 10 ans ou plus 66,7 21,3 24,6 14,8 48,1 22,3 37,9 16,7 822 Actuellement mariée/en union plus d’une fois 73,2 25,0 26,1 15,1 52,2 21,7 42,9 14,3 493 Plus mariée/en union 49,5 28,3 24,7 19,1 41,4 23,5 38,5 6,3 293 Nombre d’enfants vivants 0 71,0 25,7 26,2 12,2 57,5 26,2 42,6 12,9 346 1-2 70,0 27,1 27,2 14,9 55,6 22,8 42,3 11,9 839 3-4 68,1 23,7 25,8 15,0 51,1 23,0 41,5 13,7 613 5 ou plus 60,7 19,7 23,0 13,2 42,7 22,2 34,1 15,7 654 Niveau d’instruction Aucun 61,5 7,7 16,9 9,5 37,2 9,4 23,9 23,5 706 Primaire 65,7 31,7 29,6 15,6 53,5 29,3 44,3 11,3 980 Secondaire ou plus 74,4 29,4 28,5 16,4 61,5 28,0 49,1 7,1 766 Emploi Travaille pour de l’argent 66,9 28,2 27,2 16,3 55,2 27,6 44,4 10,4 1 205 Travaille, mais pas pour de l’argent 62,7 13,4 14,2 9,2 32,1 9,9 21,7 25,6 453 Ne travaille pas 70,3 23,9 29,7 13,5 56,4 24,1 43,6 11,3 795 Niveau d’instruction du mari/partenaire Aucun 61,6 9,2 15,2 9,0 36,8 10,6 23,3 20,9 588 Primaire 67,4 27,2 31,4 15,9 54,5 24,3 42,5 10,9 755 Secondaire ou plus 71,8 29,8 28,0 16,1 57,6 29,0 47,5 9,9 998 NSP/ND 55,0 29,8 19,5 11,3 50,4 29,7 42,3 24,4 112 Différence d’âge entre la femme et le mari Femme plus âgée que le mari de 3 ans ou plus 76,6 22,3 20,0 12,5 45,5 22,8 30,8 8,3 31 Même âge ou 1,2 ans d’écart 75,3 26,7 25,6 12,7 55,9 24,9 47,3 10,6 268 3-4 ans 72,9 32,0 26,8 11,8 62,2 23,6 45,5 11,9 279 5-9 ans 65,4 23,0 25,8 12,6 50,4 23,6 38,9 16,5 743 10+ ans 70,2 19,9 26,0 14,9 50,5 21,6 37,5 15,4 818 NSP/ND 68,7 29,8 4,5 16,6 58,1 36,8 39,5 0,0 20 Pas actuellement mariée/en union 49,5 28,3 24,7 19,1 41,4 23,5 38,5 6,3 293 Ensemble 67,2 24,1 25,6 14,1 51,3 23,2 39,9 13,5 2 453 Violence Domestique | 251 14.1.4 Contrôle exercé par le mari/partenaire La violence conjugale est fréquemment associée à certains comportements dominateurs du mari/partenaire qui ont pour but de contrôler divers aspects de la vie de la femme. De tels comportements peuvent être précurseurs d’actes de violence contre la femme. Dans le but de mesurer ce niveau de contrôle des maris/partenaires sur les femmes, on a demandé aux femmes en union ou l’ayant été si leur mari/partenaire avait manifesté un certain nombre de ces comportements. Ces résultats sont présentés au tableau 14.4 selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Globalement, on constate que dans 40 % des cas, les femmes ont déclaré que leur mari/partenaire exerçait au moins trois types de contrôle. Cette proportion est particulièrement élevée parmi les femmes instruites (49 % parmi celles de niveau secondaire ou plus contre 24 % parmi celles sans niveau d’instruction) et parmi celles dont le mari/partenaire est instruit (48 % parmi celles dont le mari/partenaire a un niveau secondaire ou plus contre 23 % parmi celles dont il n’a aucun niveau d’instruction). On ne constate pas de différences importantes selon les autres caractéristiques socio-démographiques. En fonction du type de contrôle, on constate qu’environ les deux tiers des femmes (67 %) ont déclaré que leur mari partenaire était jaloux lorsqu’elles parlaient à d’autres hommes. Dans 51 % des cas, les femmes ont également déclaré que celui-ci insistait pour savoir où elle se trouvait à tout moment. 14.2 VIOLENCE CONJUGALE De nombreuses recherches ont montré que la forme la plus fréquente de violence domestique chez les adultes est la violence conjugale. Celle-ci peut prendre plusieurs formes : émotionnelle, physique, sexuelle ou elle peut être également une combinaison de ces différentes formes. 14.2.1 Prévalence de la violence exercée par les conjoints Comme cela a été expliqué précédemment, la prévalence de la violence émotionnelle, physique et sexuelle a été mesurée au moyen d’une échelle décrivant différents actes de violence, allant des moins graves aux plus graves. Le tableau 14.5 présente les pourcentages de femmes en union ou l’ayant été qui ont subi des actes de violence émotionnelle, physique et/ou sexuelle, actes exercés par leur mari/partenaire actuel, ou le plus récent pour les femmes en rupture union. Les résultats montrent qu’au Cameroun, 39 % des femmes ont été confrontées à des actes de violence physique de la part de leur mari/partenaire, 14 % ont subi des actes de violence sexuelle et dans plus d’un quart des cas (28 %), il s’est agi de violence émotionnelle. Environ une femme sur deux (49 %) a subi des actes de violence, que cette violence soit physique, émotionnelle ou sexuelle. Dans 7 % des cas, les femmes ont subi les trois types de violence. Du point de vue des caractéristiques socio-démographiques, il convient de souligner que les femmes qui ont le plus fréquemment subi des actes de violence, qu’elle qu’en soit la forme, sont les femmes de Yaoundé/Douala (57 %), les plus instruites (54 %) et celles qui travaillent pour de l’argent (55 %). À Yaoundé/Douala, plus d’un tiers des femmes ont subi des actes de violence émotionnelle (36 %) ; près d’une femme sur deux (48 %) ont été confrontées à des actes de violence physique et pour 22 % d’entre elles, il s’est agi de violence sexuelle. Notons enfin que dans 4 % des cas, il s’est agi de violence physique grave. Dans les régions, on note que c’est le Sud qui se caractérise par la proportion la plus élevée de femmes ayant déclaré avoir subi un comportement violent de la part de leur mari/partenaire (67 %). À l’opposé, les régions Nord (38 %), Extrême-Nord (39 %) et Adamaoua (44 %) détiennent les proportions les plus faibles. 252 | Violence Domestique Tableau 14.5 Violence conjugale Pourcentage de femmes actuellement mariées ou en rupture d’union qui ont déjà subi des violences physiques, émotionnelles ou sexuelles exercées par leur mari/partenaire actuel ou précédent, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSC-III 2004 Forme de violence Caractéristique socio-démographique Violence émotion- nelle Violence physique modérée Violence physique grave Niveau de gravité de la violence physique non déterminée Ensemble de la violence physique Violence sexuelle Violence physique ou sexuelle Violence émotionnelle/ physique ou sexuelle Violence émotion- nelle/ physique et sexuelle Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 18,7 27,5 1,9 0,0 29,3 9,2 33,0 37,9 4,6 253 20-29 27,0 36,8 2,2 0,5 39,4 14,2 43,4 50,5 6,4 966 30-39 31,8 31,4 5,7 2,2 39,3 16,4 43,7 50,7 9,1 739 40-49 28,6 34,0 3,7 2,8 40,5 12,2 43,3 49,1 6,4 494 État matrimonial Actuellement en union 28,6 35,0 3,3 1,0 39,4 14,4 43,4 50,4 6,9 2 160 Précédemment en union 23,0 23,4 4,9 4,4 32,6 10,9 35,3 38,3 8,1 293 Durée depuis premier mariage/union Actuellement mariée/en union 27,9 33,6 3,5 1,4 38,6 13,9 42,4 49,0 7,0 2 453 Actuellement mariée/en union une seule fois 28,8 35,7 3,4 0,1 39,3 14,3 43,2 50,0 7,1 1 667 < 1 an 14,2 20,7 2,4 0,0 23,1 8,6 26,7 30,4 3,4 104 < 6 ans 25,1 36,0 2,3 0,0 38,3 13,0 42,4 48,1 5,3 478 6-9 ans 32,3 38,9 2,5 0,0 41,3 18,4 45,5 52,3 9,4 262 10 ans ou plus 31,6 36,5 4,6 0,2 41,3 14,5 45,0 52,9 7,8 822 Actuellement mariée/en union plus d’une fois 28,0 32,7 2,9 3,9 39,6 14,5 44,0 51,8 6,1 493 Plus mariée/en union 23,0 23,4 4,9 4,4 32,6 10,9 35,3 38,3 8,1 293 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 35,7 42,7 4,3 1,4 48,4 21,9 53,2 57,3 12,8 459 Autres Villes 25,7 31,1 2,5 1,4 35,0 13,3 39,7 47,1 5,9 764 Ensemble urbain 29,4 35,5 3,2 1,4 40,0 16,6 44,8 50,9 8,5 1 223 Rural 26,4 31,8 3,9 1,4 37,1 11,3 40,1 47,1 5,5 1 230 Région Adamaoua 25,8 27,5 0,0 0,0 27,5 2,7 27,8 44,0 0,0 101 Centre 30,5 32,7 7,2 4,4 44,3 14,0 47,1 52,3 10,9 192 Douala 34,6 41,5 4,2 1,7 47,4 23,5 53,3 55,0 13,1 234 Est 23,0 34,2 8,4 0,7 43,3 8,7 44,2 48,8 4,7 122 Extrême-Nord 19,2 30,7 0,8 0,8 32,4 1,4 32,9 39,0 0,2 489 Littoral 35,5 30,7 4,5 3,1 38,3 14,2 40,6 49,2 9,8 95 Nord 21,8 27,2 0,5 0,5 28,2 3,7 28,5 38,4 2,5 256 Nord-Ouest 22,0 33,8 7,8 0,6 42,2 20,9 48,0 49,1 9,2 229 Ouest 31,7 28,3 0,7 2,2 31,2 27,9 45,9 56,0 6,1 258 Sud 50,5 41,4 7,3 0,9 49,6 24,9 55,5 67,0 16,6 105 Sud-Ouest 27,1 37,1 3,6 1,6 42,2 17,5 44,0 48,4 10,4 148 Yaoundé 36,9 43,9 4,5 1,0 49,4 20,2 53,2 59,6 12,5 225 Nombre d’enfants vivants 0 18,1 26,3 1,9 0,0 28,1 10,4 31,5 36,8 4,1 346 1-2 28,5 37,1 3,2 1,4 41,8 13,3 44,8 51,3 6,5 839 3-4 31,8 38,1 2,3 1,3 41,7 16,9 47,9 53,6 8,4 613 5 ou plus 28,8 28,9 5,9 2,2 37,0 13,9 40,0 48,2 8,0 654 Niveau d’instruction Aucun 20,6 27,4 1,3 0,7 29,4 3,0 30,2 37,9 1,4 706 Primaire 28,7 34,4 5,0 1,8 41,3 18,6 46,8 52,8 8,9 980 Secondaire ou plus 33,6 38,4 3,6 1,5 43,5 18,0 48,1 54,4 9,8 766 Emploi Travaille pour de l’argent 30,9 36,9 5,6 2,1 44,5 17,5 48,7 55,0 9,4 1 205 Travaille, mais pas pour de l’argent 28,0 29,4 1,2 0,4 31,0 8,5 33,6 43,7 5,2 453 Ne travaille pas 23,4 31,1 1,7 1,0 33,8 11,7 37,9 42,9 4,4 795 Ensemble 27,9 33,6 3,5 1,4 38,6 13,9 42,4 49,0 7,0 2 453 Violence Domestique | 253 14.2.2 Fréquence de la violence conjugale récente Pour déterminer la fréquence de la violence physique ou sexuelle récente, on a demandé aux femmes ayant déclaré avoir subi des actes de violence commis par le mari/partenaire le nombre de fois qu’elles s’étaient trouvées confrontées à de tels actes au cours des 12 derniers mois. On constate que les deux tiers des femmes qui ont déclaré avoir subi des actes de violence physique ou sexuelle au cours de leur vie (66 %), en ont subi fréquemment (tableau 14.6). Dans 37 % des cas, ces actes se sont produits une à deux fois et dans 19 % des cas, ils se sont répétés trois à cinq fois ; et dans 9 % des cas les femmes ont récemment subis plus de cinq fois des actes de violence. Les résultats selon l’âge montrent que les très jeunes femmes de 15-19 ans sont celles qui ont été le plus fréquemment victimes d’actes de violence dans un passé récent (84 %). Dans ce groupe d’âges, plus d’un quart d’entre elles ont déclaré avoir subi récemment, entre trois et cinq fois, des actes de violence. On constate la même tendance en fonction du nombre d’enfants (77 % parmi les femmes sans enfant contre 53 % parmi celles qui en ont cinq ou plus. Les résultats selon la durée de l’union/mariage montrent que la fréquence de la violence conjugale récente est plus élevée quand la durée de l’union est inférieure à 6 ans : 51 % des femmes mariées moins de 6 ans ont récemment subi 1-2 actes de violence et 19 % ont en ont subi 3-5 fois, tandis que 48 % des femmes mariées 10 ans ou plus en ont subi 1-2 fois et 20 % en ont subi 3-5 fois. Si l’on prend en considération les résultats selon le milieu de résidence, on constate que 80 % des femmes vivant à Yaoundé/Douala ont déclaré avoir été confrontées récemment à des actes de violence contre un minimum de 62 % en milieu rural. À Yaoundé/Douala, dans 41 % des cas, les actes de violence se sont même produits une à deux fois. Dans les régions, c’est dans l’Est que la fréquence récente de la violence conjugale, physique ou sexuelle, est la plus élevée (85 %) et dans le Nord-Ouest qu’elle est la plus faible (40 %). On note ensuite que les femmes les plus instruites (71 %) et celles qui travaillent, qu’elles soient rémunérées en argent ou pas (62 %) sont celles qui ont été les plus fréquemment victimes d’actes de violence dans un passé récent. Plus des deux cinquièmes des femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus (43 %) et plus du tiers des femmes travaillant pour de l’argent (35 %) ont déclaré avoir subi une à deux fois, au cours des 12 derniers mois avant l’enquête, des actes de violence physiques ou sexuelles commis par leur mari/partenaire. 254 | Violence Domestique Tableau 14.6 Fréquence de la violence conjugale Répartition (en %) des femmes actuellement mariées/en union ayant déclaré avoir subi des violences physiques ou sexuelles commises par leur mari/partenaire en fonction du nombre de fois que ces actes de violence se sont produits au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSC-III 2004 Fréquence des violences physiques ou sexuelles au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête Caractéristique socio-démographique 0 fois 1-2 fois 3-5 fois > 5 fois NSP/ND Total Effectif de femmes Groupe d’âges 15-19 15,9 55,8 25,9 2,4 0,0 100,0 78 20-29 28,3 42,3 17,6 10,3 1,5 100,0 379 30-39 37,4 34,4 17,6 10,1 0,4 100,0 283 40-49 51,0 19,3 20,4 5,5 3,8 100,0 177 Durée depuis premier mariage/ union < 1 an (5,5) (60,2) (21,5) (4,3) (8,4) (100,0) 28 < 6 ans 21,6 50,6 18,9 8,4 0,4 100,0 203 6-9 ans 35,7 41,1 13,1 8,1 2,0 100,0 119 10 ans ou plus 47,6 25,3 20,4 5,1 1,6 100,0 369 Mariée/en union actuellement, plus d’une fois 26,4 37,1 19,0 16,4 1,0 100,0 199 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 20,5 40,8 20,0 15,3 3,4 100,0 205 Autre Villes 38,4 35,6 16,4 8,1 1,4 100,0 264 Ensemble urbain 30,6 37,9 18,0 11,3 2,3 100,0 469 Rural 38,5 35,2 19,7 5,9 0,6 100,0 448 Région Adamaoua 39,1 51,0 10,0 0,0 0,0 100,0 27 Centre 36,7 34,4 18,4 6,5 4,0 100,0 76 Douala 26,3 36,1 18,0 15,0 4,5 100,0 108 Est 14,8 48,2 21,1 11,1 4,8 100,0 49 Extrême-Nord 40,5 30,4 23,1 5,9 0,0 100,0 145 Littoral 32,5 41,7 21,1 4,8 0,0 100,0 31 Nord 48,5 21,9 26,3 3,3 0,0 100,0 65 Nord-Ouest 60,3 26,3 11,1 2,3 0,0 100,0 102 Ouest 29,9 40,2 14,5 15,4 0,0 100,0 108 Sud 27,6 44,8 14,8 11,8 0,9 100,0 49 Sud-Ouest 34,0 41,6 22,6 0,9 0,9 100,0 58 Yaoundé 14,1 45,9 22,2 15,6 2,2 100,0 97 Nombre d’enfants vivants 0 23,5 48,2 21,1 4,8 2,4 100,0 99 1-2 25,8 45,1 18,3 9,6 1,3 100,0 322 3-4 37,9 34,0 19,1 7,4 1,6 100,0 265 5 ou plus 47,4 22,6 18,4 10,4 1,2 100,0 231 Niveau d’instruction Aucun 40,4 29,3 24,3 5,4 0,6 100,0 198 Primaire 36,0 35,2 19,3 8,5 1,1 100,0 401 Secondaire ou plus 28,8 42,9 14,9 10,8 2,5 100,0 319 Emploi Travaille pour de l’argent 37,7 34,5 17,5 8,3 2,0 100,0 509 Travaille mais pas pour de l’argent 37,9 30,6 22,7 8,4 0,4 100,0 142 Ne travaille pas 26,5 43,8 19,3 9,4 1,0 100,0 266 Ensemble 34,5 36,6 18,8 8,6 1,5 100,0 917 Violence Domestique | 255 14.2.3 Premier épisode de violence conjugale Pour déterminer à quel moment avait débuté la violence conjugale, on a demandé aux femmes qui avaient déclaré avoir subi des violences physiques ou sexuelles de la part du mari/partenaire combien de temps après l’union avaient débuté les premiers actes de violence. Dans la majorité des cas, les actes de violence ont débuté très tôt après l’union : 76 % dans les cinq premières années de l’union dont 20 % dans l’année qui a suivi le début de l’union (tableau 14.7). Une proportion non négligeable de femmes (4 %) ont même subi les premiers actes de violence de la part de leur mari/partenaire avant d’entrer en union avec lui. La durée médiane de l’union à partir de laquelle s’est produit le premier acte de violence s’établit à 2,5 années ; parmi les femmes en rupture d’union, cette durée médiane est estimée à 1,9 an. Parmi les femmes actuellement en union et dont c’est la première union, cette durée médiane de l’union à partir de laquelle a eu lieu le premier acte de violence varie d’un minimum de 1,3 ans quand l’union dure depuis moins de 6 ans à 4,3 ans quand l’union dure depuis 10 ans ou plus. Tableau 14.7 Premier épisode de violence conjugale Répartition (en %) des femmes actuellement en union, divorcées, séparées ou veuves qui ont déclaré avoir subi des violences physiques ou sexuelles commises par leur mari/partenaire actuel ou précédent en fonction de la durée écoulée entre le début du mariage/union et le premier acte de violence et en fonction de l’état matrimonial et du nombre d’unions,EDSC-III 2004 Nombre d’années écoulées entre le début de l’union/mariage et le premier acte de violence Avant le mariage/ début de l’union Moins de 1 an 1-2 ans 3-5 ans 6-9 ans 10 ans ou plus Après divorce NSP/ ND Total Nombre médian d’années Effectif de femmes État matrimonial Actuellement/mariée/ en union 4,5 18,9 32,9 25,5 8,5 6,0 0,0 3,8 100,0 2,6 917 Précédemment mariée/ en union 1,9 29,4 41,3 10,2 9,8 4,7 1,7 1,1 100,0 1,9 91 Durée depuis premier mariage/ union Actuellement mariée/en union 4,2 19,9 33,6 24,1 8,6 5,9 0,2 3,6 100,0 2,5 1 008 Actuellement mariée/en union, seulement une fois 4,1 17,3 33,1 26,2 8,3 6,7 0,0 4,3 100,0 2,7 718 < 6 ans 7,3 35,5 40,8 8,4 0,0 0,0 0,0 7,9 100,0 1,3 231 6-9 ans 3,3 14,0 37,2 36,4 5,4 0,0 0,0 3,8 100,0 2,8 119 10 ans ou plus 2,4 7,0 27,0 33,9 14,4 13,1 0,0 2,1 100,0 4,3 369 Actuellement mariée/en union, plus d’une fois 5,8 24,7 31,8 23,1 9,2 3,3 0,0 2,1 100,0 1,9 199 Plus mariée/en union 1,9 29,4 41,3 10,2 9,8 4,7 1,7 1,1 100,0 1,9 91 Ensemble 4,2 19,9 33,6 24,1 8,6 5,9 0,2 3,6 100,0 2,5 1 008 14.2.4 Conséquences de la violence et recherche d’assistance Indépendamment des questions sur chaque acte spécifique de violence, les questions suivantes ont été posées à toutes les femmes. « Suite à une action quelconque, mais délibérée, de votre (dernier) mari/partenaire envers vous, vous est-il déjà arrivé : x d'avoir des hématomes et meurtrissures ? x d'avoir une blessure ou un os cassé ?G 256 | Violence Domestique x d'être allée chez le docteur ou dans un centre de santé du fait de quelque chose que votre (dernier) mari/partenaire vous avait fait ? »G Cette séquence de questions avait deux objectifs : tout d’abord, elles permettaient d’évaluer les conséquences physiques des actes de violence, ensuite elles fournissaient aux femmes encore hésitantes une nouvelle occasion de révéler des actes de violence. En effet, dans certains cas, certaines femmes déclarent plus facilement ce qu’il leur est arrivé que ce dont s’est rendu coupable leur mari/partenaire. Les résultats sont présentés au tableau 14.8. Au Cameroun, parmi les femmes en union, 9 % ont déclaré avoir déjà eu des hématomes ou des meurtrissures, et 7 % ont déclaré avoir déjà eu une blessure ou un os cassé suite aux violences conjugales. Ces proportions pour la période récente (dans les douze derniers mois) sont respectivement de 6 % et 4 %. S’agissant des types de violence et quel que soit le moment auquel elles ont eu lieu, les résultats montrent que les pourcentages des femmes qui ont rapporté des cas d’hématomes/meurtrissures, ou ont rapporté des cas de blessures/os cassé sont plus élevés lors qu’il s’est agi de violences physiques graves, et dans une moindre mesure, de violences sexuelles. Parmi les femmes qui ont subi des actes de violence physique ou sexuelle au cours des douze derniers mois, 10 % ont dû aller chez un médecin ou dans un établissement de santé. Cette proportion est à peu près le même pour les femmes qui ont subi les violences modérées (10 %) et les violences sexuelles (11 %) et atteint le niveau le plus élevé lors qu’il s’agit des femmes ayant subi les violences physiques graves (28 %). Tableau 14.8 Conséquences de la violence conjugale Pourcentage de femmes actuellement mariées/en union ayant déclaré avoir subi différents types de conséquences résultant d’un/des actes commis par leur mari/partenaire selon le type de violence déclarée, EDSC-III 2004 A eu des hématomes et meurtrissures A eu une blessure ou un os cassé A dû aller chez un médecin ou dans un établissement de santé Type de violence subie À un moment quelconque Dans les 12 derniers mois À un moment quelconque Dans les 12 derniers mois À un moment quelconque Dans les 12 derniers mois Effectif de femmes Violence physique modérée À un moment quelconque 20,9 13,3 14,2 9,5 8,7 6,1 757 Au moins une fois au cours de l’année passée 24,7 21,9 17,1 15,1 11,4 9,8 453 Violence physique grave À un moment quelconque 61,5 44,1 49,0 28,5 27,0 20,5 72 Au moins une fois au cours de l’année passée 65,7 55,7 48,9 38,9 31,2 28,0 48 Violence sexuelle À un moment quelconque 27,4 16,3 19,6 12,2 14,9 9,8 310 Au moins une fois au cours de l’année passée 28,1 19,3 20,8 14,5 15,8 10,9 225 Violence physique ou sexuelle À un moment quelconque 21,2 13,9 15,0 9,6 9,0 6,4 959 Au moins une fois au cours de l’année passée 25,4 21,4 18,5 14,6 12,0 9,8 604 Pas subi de violence 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1 201 Ensemble 9,4 6,2 6,6 4,3 4,0 2,8 2 160 Violence Domestique | 257 Recherche d’assistance Aux femmes qui ont déclaré avoir subi des actes de violence physique ou sexuelle à n’importe quel moment depuis l’âge de 15 ans, on leur a demandé si elles avaient tenté de trouver de l’assistance et auprès de qui elles avaient sollicité cette assistance. Ces proportions sont présentées au tableau 14.9 en fonction de l’auteur de la violence et selon la fréquence de la violence au cours des 12 derniers mois. Tableau 14.9 Recherche d’aide Pourcentage de femmes qui ont déclaré avoir subi des violences physiques ou sexuelles selon qu’elles ont essayé d’obtenir de l’aide, et répartition de celles qui ont essayé d’obtenir de l’aide en fonction du type de personne auprès de qui l’aide a été sollicitée et selon l’auteur des violences conjugales, EDSC-III 2004 Personne auprès de qui l’aide a été sollicitée Pourcentage de femmes qui ont recherché de l’aide Effectif de femmes ayant subi des violences physiques ou sexuelles Propre famille Beaux- parents/autres parents par alliance Autres parents/ amis Autre Effectif de femmes ayant recherché de l’aide Auteur des violences Mari/partenaire seulement 34,7 629 45,3 43,5 25,6 10,9 219 Mari/partenaire précédent seulement 39,0 134 46,4 41,1 21,3 16,5 52 Mari/partenaire et autres 42,2 327 43,7 33,7 32,0 18,5 140 Autres seulement 31,3 634 60,0 13,8 22,5 10,4 198 NSP/ND 71,3 4 0,0 19,2 80,8 0,0 3 Fréquence de la violence au cours des 12 derniers mois 0 31,5 951 57,3 27,6 24,2 11,4 301 1 fois 38,9 250 46,7 36,4 22,3 7,4 98 2-3 fois 42,9 234 46,0 26,1 32,4 20,0 101 4 fois ou plus 35,6 245 33,7 42,1 26,8 14,3 88 NSP/ND 51,7 47 38,4 40,7 32,3 18,6 24 Ensemble 35,3 1,728 49,6 31,4 25,9 12,9 612 Parmi les femmes qui ont subi des violences physiques ou sexuelles, 35 % ont déclaré avoir recherché de l’aide. Quand la femme a recherché de l’aide, c’est principalement auprès de sa propre famille qu’elle s’est tournée (50 %) et, dans une moindre mesure, dans sa famille par alliance (31 %). En outre, dans 26 % des cas, ce sont les autres parents et amis qui ont été sollicités. En plus, on constate que c’est quand l’auteur de la violence est la mari/partenaire avec d’autres personnes que les femmes ont le plus fréquemment recherché de l’aide (42 %). Quand l’auteur des violences est le mari/partenaire seulement, les femmes se sont tournées autant vers leur propre famille que vers leur famille par alliance (respectivement, 45 % et 44 %). Par contre, quand les violences ont été causées par d’autres personnes que le partenaire, les femmes se sont adressées dans 60 % des cas à leur famille pour obtenir de l’aide. Les résultats montrent également que la proportion de femmes ayant recherché de l’aide augmente en fonction de la fréquence de la violence, de 39 % quand les actes de violence se sont produits une fois à 43 % quand ils se sont produits 2 à 3 fois. 258 | Violence Domestique 14.2.5 Violence conjugale, statut de la femme et caractéristiques des conjoints Les données présentées au tableau 14.10 permettent d’examiner les variations de la prévalence de la violence conjugale en fonction de certaines caractéristiques des conjoints, de certains indicateurs du statut de la femme et en fonction du type de structure familiale. Étant donné que dans le cadre de la violence conjugale, le mari/partenaire est le plus souvent l’auteur des actes de violence, il est très important d’examiner les variations des proportions de femmes ayant subi ce type de violences en fonction des caractéristiques du mari/partenaire. Si l’on prend tout d’abord en considération le niveau d’instruction du mari/partenaire, on observe que la fréquence de la violence conjugale récente augmente en fonction du niveau d’instruction du mari/partenaire : en effet, 18 % des femmes dont le mari n’a pas de niveau d’instruction ont été victimes d’actes de violence conjugale, physique ou sexuelle, contre 30 % quand il a un niveau primaire et 34 % quand il a un niveau d’instruction au moins secondaire. Les résultats selon la différence d’âge ne font pas apparaître de variations importantes, tout au plus peut-on souligner que la fréquence de la violence conjugale diminue légèrement au fur et à mesure que l’écart d’âges entre conjoint devient plus important (34 % pour un écart de 1 à 2 années à 24 % pour un écart de 10 année ou plus). En outre, on constate que c’est quand les conjoints n’ont pas de niveau d’instruction que la fréquence de la violence conjugale est la plus faible (17 %). La consommation excessive d’alcool par le mari/partenaire apparaît comme un facteur déterminant de la fréquence de la violence au sein du couple. La proportion de femmes ayant subi récemment des actes de violence conjugale varie de 22 % pour celles dont le mari/partenaire ne boit pas, à 23 % pour celles dont le mari/partenaire boit, mais n’est jamais soûl, à 35 % pour celles dont le mari/partenaire est parfois soûl et atteint un maximum de 50 % pour celles dont le mari/partenaire est souvent soûl. Le tableau 14.10 présente également les résultats selon l’index d’harmonie conjugale. Cet index a été établi à partir des réponses aux questions suivantes : « Dans vos rapports avec votre (dernier) mari/partenaire est-ce que les faits suivants se produisent/se produisaient fréquemment, quelquefois ou jamais ? x Il (passe/passait) son temps libre avec vous ? x Il vous (consulte/consultait) au sujet de différentes questions du ménage ? x Il (est/était) affectueux avec vous ? x Il vous (respecte/respectait) et (tient/tenait) compte de vos désirs ? » L’index d’harmonie conjugale est basé sur le nombre de comportements qui se produisent fréquemment. Si une femme a déclaré qu’aucun de ces comportements ne se produisait fréquemment, l’union est considérée comme peu harmonieuse. Si une femme a déclaré que trois ou quatre de ces comportements se produisaient fréquemment, l’union est considérée comme très harmonieuse. On constate que plus l’union est harmonieuse, plus la fréquence de la violence conjugale diminue. Ainsi, la prévalence de la violence physique ou sexuelle récente passe de 33 % pour les femmes dont l’union est peu harmonieuse à 24 % quand elle est très harmonieuse. Cependant, ces résultats montrent que même au sein de ménages considérés comme harmonieux, la prévalence de la violence conjugale reste tout de même élevée puisque environ une femme sur quatre ont déclaré avoir été confrontées à des actes de violence conjugale. Violence Domestique | 259 Tableau 14.10 Violence conjugale, statut de la femme et caractéristiques des conjoints Pourcentage de femmes actuellement en union qui ont déclaré avoir subi divers types de violence conjugale au cours de l’année précédente et pourcentage de femmes qui ont déclaré avoir exercé de la violence physique contre leur mari/partenaire selon certaines caractéristiques des conjoints et selon certaines caractéristiques relatives au statut de la femme EDSC-III Cameroun 2004 Violence physique ou sexuelle Violence physique de la femme contre son mari/partenaire Caractéristique À n’importe quel moment Dans les 12 derniers mois A déclaré n’avoir subi aucune violence À n’importe quel moment Dans les 12 derniers mois Effectif Niveau d’instruction du mari/partenaire Aucune 30,9 17,5 61,9 2,0 0,7 531 Primaire 48,3 29,5 44,3 3,4 2,4 681 Secondaire ou plus 47,7 33,6 46,0 8,6 6,1 866 NSP/ND 37,7 25,1 50,6 2,2 1,5 82 Écart d’âge entre la femme et son mari/partenaire Femme plus âgée que le mari de 3 ans ou plus (57,0) (25,2) (36,8) (0,0) (0,0) 31 Même âge ou écart 1-2 ans 47,6 33,5 46,2 6,7 3,7 268 3-4 ans 48,7 33,1 45,6 9,1 8,1 279 5-9 ans 42,6 29,3 51,3 5,7 3,7 743 10 ans ou plus 40,5 23,7 50,6 2,8 1,7 818 Différence d’instruction entre la femme et son mari/partenaire Mari a plus d’instruction 47,3 31,8 46,0 5,7 4,1 1 009 Femme a plus d’instruction 48,1 30,8 46,4 7,8 3,3 314 Mari et femme ont le même niveau 47,5 29,9 46,6 7,1 4,9 260 Aucun n’a de l’instruction 30,5 17,2 61,8 0,8 0,6 445 Consommation d’alcool par le mari/partenaire Ne boit pas 32,6 21,5 61,1 3,5 2,7 1 022 Boit/n’est jamais soûl 37,3 23,4 55,9 5,1 2,8 359 Est parfois soûl 55,9 34,8 35,2 6,2 4,6 575 Est souvent soûl 72,8 50,1 20,6 9,6 4,4 201 NSP/ND 69,2 0,0 30,8 0,0 0,0 3 Femme peut refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire Oui pour toutes les raisons 45,0 28,7 49,8 4,8 3,6 1 158 Non pour une raison ou plus 41,6 27,2 49,3 5,4 3,2 1 002 Index d’harmonie conjugale 0 comportement (le moins harmonieux) 50,1 32,9 39,6 4,7 3,1 580 1-2 comportements 45,1 30,1 48,1 5,3 3,5 652 Le plus harmonieux 38,0 23,5 56,8 5,1 3,5 928 Index de contrôle conjugal exercé par le mari/partenaire 0 point (contrôle minimum) 26,9 11,6 67,2 2,3 1,6 313 1-2 points 34,9 20,8 57,2 4,3 2,7 980 3-4 points 54,2 37,7 38,9 5,5 4,5 636 5-6 points 71,8 54,1 22,5 11,2 5,8 231 Structure de la famille Nucléaire 42,3 26,5 51,4 3,5 2,7 1 086 Non nucléaire 44,5 29,5 47,7 6,7 4,1 1 074 Ensemble1 43,4 28,0 49,6 5,1 3,4 2 160 1 Le total inclut 20 cas dont l’écart d’âge entre homme et femme sont non déterminés, et 3 cas dont la consommation d’alcool est non déterminé. ( ) Indiquent que les chiffres sont basés sur 25-49 cas non-pondérés. 260 | Violence Domestique Les résultats permettent de mettre en évidence l’influence du contrôle qu’exerce le mari sur sa femme/partenaire sur la fréquence de la violence conjugale ; en effet, de 12 % quand le contrôle conjugal est le plus faible, la proportion de femmes ayant subi des violences conjugales passe à 54 % quand le contrôle est maximum. Enfin, la dernière caractéristique présentée au tableau 14.10 concerne le type de famille, nucléaire ou non nucléaire. Il ne semble pas que la fréquence de la violence conjugale soit significativement influencée par le type de famille. 14.2.6 Violences des femmes contre leur conjoint Lors de l’EDSC-III, on a demandé aux femmes s’il leur était arrivé d’agresser physiquement leur époux/partenaire. Très peu de femmes ont répondu par l’affirmative : seulement 2 % des femmes ont déclaré avoir exercé de la violence contre leur conjoint alors qu’elles n’en avaient pas subi et 4 % ont eu un comportement violent à l’égard de leur conjoint alors qu’elles avaient auparavant subi des violences de sa part. Plus de la moitié des femmes n’ont pas subi de violences et n’en ont pas exercé (57 %). Dans plus d’un tiers de cas (37 %), les femmes ont été victimes de violences mais n’en ont pas exercé en retour. Ces résultats montrent que les femmes ont rarement des comportements violents à l’égard de leur conjoint même quand celui-ci s’est comporté de manière violente à leur égard. Graphique 14.2 Violence entre conjoints EDSC-III 2004 37 4 57 2 Femme a subi violences mais n'en a pas exercé Femme a subi violences et en a exercé Femme n'a pas subi violences et n'en a pas exercé Femme n'a pas subi violences mais en a exercé 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 261 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DES IST/SIDA 15 Monique BARRÈRE Au Cameroun, l’infection à VIH constitue un véritable problème de santé publique. Elle représente une cause importante de mortalité avec un impact négatif sur le développement économique et social du pays. Dès 1986 le Gouvernement a créé un Comité Technique de Lutte contre le Sida ; en 1987 un Programme National de Lutte contre le Sida est mis en place. Les orientations actuelles de la lutte contre le sida au Cameroun sont consignées dans le « Plan stratégique national de lutte contre le sida au Cameroun 2000-2005 » lancé en septembre 2000 par le Premier Ministre. Le renforcement du système de surveillance épidémiologique du VIH/sida et des IST mis en place depuis 1989 constitue un des axes stratégiques majeurs de ce plan. Ce renforcement vise à mettre à la disposition de tous les acteurs les informations permettant d’évaluer les tendances, de prévoir la gravité de la maladie et d’estimer l’impact des interventions. Pendant les dix premières années du programme, le système de surveillance épidémiologique du VIH mis en place depuis 1989 a utilisé comme principale source d’information, la prévalence du VIH provenant d’un réseau des sites sentinelles auprès des femmes enceintes et la notification des cas de sida. Ce système n’est pas suffisamment équipé pour rendre compte de la diversité de l’épidémie. Il est limité notamment en ce qui concerne les données qualitatives. Dans le cas des pays à «épidémie généralisée1 » comme le Cameroun, le système de surveillance devrait mettre l’accent sur le suivi de l’infection à VIH et des comportements à hauts risques au sein de la population générale et de groupes spécifiques. En effet, l’efficacité des mesures de prévention dépend non seulement de la connaissance de l’ampleur2 et du rythme de propagation de l’épidémie mais aussi de l’identification des comportements, des attitudes et des pesanteurs socioculturelles qui posent problème. Un important volet de l’EDSC-III a été consacré à la collecte des données qualitatives sur la pandémie du VIH/sida ainsi que sur les IST. L’objectif principal de ce chapitre est de présenter le niveau de connaissance sur le VIH/sida et les IST, les perceptions, les attitudes et les comportements au niveau national et régional ainsi que pour les sous groupes socio-économiques. 15.1 CONNAISSANCE, OPINIONS ET ATTITUDES Le niveau de connaissance que la population a d’une maladie conditionne bien souvent son attitude et son comportement vis-à-vis de cette maladie. Pour cette raison, l’EDSC-III a collecté des informations qui ont permis de déterminer le niveau de connaissance du VIH/sida dans la population enquêtée. Les informations présentées au tableau 15.1 montrent que la quasi-totalité des femmes (98 %) et des hommes (99 %) ont déclaré avoir entendu parler du VIH/sida. Comparées aux données recueillies au cours de l’EDSC-II en 1998, on constate que les proportions de femmes et d’hommes qui connaissent l’existence du VIH/sida ont augmenté, passant chez les femmes de 79 % à 98 %, et chez les hommes de 88 % à 99 %. En outre, ce niveau de connaissance est homogène car quelles que soient les caractéristiques socio-démographiques, plus de neuf enquêtés sur dix ont déclaré avoir entendu parler du VIH/sida. 1 L’épidémie du VIH est dite généralisée lorsque l’infection est solidement installée dans la population générale et la prévalence du VIH est toujours supérieure à 1 % chez les femmes enceintes 2 La prévalence du VIH dans la population fait l’objet du chapitre 16. 262 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.1 Connaissance du sida Pourcentage de femmes et d'hommes ayant entendu parler du sida, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique Entendu parler du sida Effectif Entendu parler du sida Effectif Âge 15-24 97,8 4 936 99,0 2 177 15-19 97,4 2 684 98,6 1 224 20-24 98,2 2 252 99,5 953 25-29 98,4 1 747 99,9 812 30-39 98,2 2 430 99,2 1 087 40-49 96,7 1 543 99,2 738 État matrimonial Célibataire 97,6 2 560 98,8 2 112 A déjà eu des rapports sexuels 99,1 1 194 99,6 1 261 N'a jamais eu de rapports sexuels 96,3 1 366 97,6 850 En union 97,8 7 166 99,7 2 271 Divorcé/séparé/veuf 98,6 930 98,8 433 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 99,9 2 277 99,6 1 167 Autres villes 99,1 3 559 99,5 1 645 Ensemble urbain 99,4 5 836 99,5 2 812 Rural 95,9 4 820 98,8 2 003 Région Adamaoua 96,4 416 100,0 214 Centre 97,9 854 98,5 368 Douala 99,8 1 197 99,6 598 Est 93,8 506 98,4 249 Extrême-Nord 96,0 1 718 98,7 620 Littoral 99,2 482 98,8 208 Nord 93,1 975 99,1 434 Nord-Ouest 99,9 1 090 99,3 506 Ouest 98,4 1 142 100,0 411 Sud 99,4 439 99,1 223 Sud-Ouest 99,4 757 99,2 415 Yaoundé 100,0 1 080 99,6 568 Niveau d'instruction Aucun 93,5 2 383 97,6 467 Primaire 98,2 4 109 98,6 1,736 Secondaire ou plus 100,0 4 163 99,9 2,612 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 94,0 2 007 99,1 650 Second 95,7 1 756 98,5 792 Moyen 98,7 2 046 98,9 906 Quatrième 99,7 2 283 99,2 1 110 Le plus riche 99,9 2 566 99,9 1 357 Ensemble 97,8 10 656 99,2 4 815 Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 263 15.1.1 Connaissance des moyens de prévention et de transmission La connaissance par la population des moyens de prévention est indispensable si l’on veut lutter efficacement contre la propagation du virus qui cause le sida. Au cours de l’EDSC-III, on a donc demandé aux enquêtés ce qui pouvait être fait pour éviter de contracter ce virus. À cette question, plus de deux femmes sur trois (69 %) et une proportion plus élevée d’hommes (82 %) ont déclaré qu’on pouvait limiter ses risques de contracter le VIH/sida en utilisant des condoms. En outre, 81 % des femmes et 88 % Tableau 15.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH Pourcentage de femmes et d'hommes qui, en réponse une question déterminée, déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Femmes Hommes Caractéristique socio- démographique Utilisant des condoms Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté Utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire non infecté S'abstenant de rapports sexuels Effectif d'enquêtées Utilisant des condoms Limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté Utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire non infecté S'abstenant de rapports sexuels Effectif d'enquêtées Âge 15-24 71,2 80,8 63,6 76,8 4 936 82,8 84,5 73,0 82,3 2 177 15-19 70,3 78,5 61,4 76,3 2 684 80,7 82,0 69,8 81,7 1 224 20-24 72,2 83,6 66,1 77,3 2 252 85,6 87,6 77,2 83,0 953 25-29 69,7 84,1 63,7 78,4 1 747 84,5 90,4 78,0 84,4 812 30-39 68,0 81,8 61,8 78,6 2 430 82,3 90,2 76,5 84,6 1 087 40-49 61,0 79,2 55,3 76,7 1 543 78,0 89,3 72,0 82,6 738 État matrimonial Célibataire 75,2 81,2 67,0 78,7 2 560 82,4 83,8 72,4 83,0 2 112 A déjà eu des rapports sexuels 83,1 86,7 76,1 79,8 1 194 87,4 86,9 78,1 84,2 1 261 N'a jamais eu de rapports sexuels 68,3 76,3 59,1 77,7 1 366 75,0 79,3 63,9 81,1 850 En union 66,3 81,3 60,1 76,8 7 166 81,0 90,6 75,1 83,7 2 271 Divorcé/séparé/veuf 70,0 82,4 63,1 79,0 930 88,2 89,4 81,7 81,7 433 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 79,8 87,3 73,2 75,6 2 277 85,4 79,5 70,8 79,9 1 167 Autres villes 74,7 83,8 67,0 81,2 3 559 81,9 89,8 75,6 83,3 1 645 Ensemble urbain 76,7 85,2 69,4 79,0 5 836 83,3 85,5 73,6 81,8 2 812 Rural 59,1 76,7 53,0 75,5 4 820 80,7 90,3 75,8 85,1 2 003 Région Adamaoua 48,8 82,7 45,0 83,0 416 81,2 93,4 77,5 90,1 214 Centre 75,0 78,2 66,4 74,6 854 93,8 92,2 89,4 91,5 368 Douala 81,4 89,3 76,7 78,1 1 197 87,1 74,9 68,1 82,9 598 Est 61,7 78,9 56,7 63,4 506 77,7 82,9 69,9 72,5 249 Extrême-Nord 52,9 82,7 48,8 72,3 1 718 73,2 92,5 70,0 87,1 620 Littoral 69,9 82,2 62,5 72,7 482 87,4 84,9 77,4 81,4 208 Nord 41,4 51,5 34,2 66,1 975 78,7 84,1 70,2 82,7 434 Nord-Ouest 78,2 94,2 75,4 94,6 1 090 80,6 95,4 77,2 84,9 506 Ouest 74,9 76,3 60,5 79,8 1 142 73,7 87,2 65,7 77,0 411 Sud 82,0 84,5 73,0 80,1 439 87,0 87,7 80,4 81,8 223 Sud-Ouest 83,9 89,9 78,3 92,0 757 89,0 93,8 84,9 88,4 415 Yaoundé 78,1 85,2 69,4 72,9 1 080 83,6 84,2 73,7 76,7 568 Niveau d'instruction Aucun 40,4 68,4 35,6 67,9 2 383 62,8 87,6 59,5 81,4 467 Primaire 69,6 80,6 61,4 77,9 4 109 78,6 84,2 68,9 80,8 1 736 Secondaire ou plus 84,1 89,5 77,7 82,4 4 163 88,2 89,7 80,9 85,1 2 612 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 47,8 71,5 42,6 70,0 2 007 75,4 92,2 72,2 86,0 650 Second 59,9 77,6 53,7 75,7 1 756 79,3 89,2 73,9 83,6 792 Moyen 69,4 80,6 61,4 79,0 2 046 82,5 89,9 76,5 83,4 906 Quatrième 77,3 85,1 69,8 79,7 2 283 83,4 84,2 73,1 82,1 1 110 Le plus riche 83,0 88,9 76,4 81,2 2 566 86,1 85,3 75,7 82,3 1 357 Ensemble 68,7 81,4 62,0 77,4 10 656 82,2 87,5 74,5 83,2 4 815 264 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA des hommes ont cité la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté comme moyen de prévention du VIH/sida. Globalement, 62 % des femmes et 75 % des hommes ont cité ces deux moyens de prévention. En fonction de l’âge, malgré des variations irrégulières, on note, chez les femmes, que ce sont les plus âgées qui connaissent le moins fréquemment ces deux moyens de prévention (55 % à 40-49 ans contre un maximum de 66 % à 20-24 ans) ; à Yaoundé/Douala (73 %), parmi celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire (78 %) et, parmi celles des ménages les plus riches (76 %), environ les trois-quarts ont cité ces deux moyens de prévention. Par contre, cette proportion est particulièrement faible parmi les femmes sans niveau d’instruction (36 %), parmi celles du milieu rural (53 %) ; de même, dans les régions du Nord (34 %) et de l’Adamaoua (45 %), ces proportions sont plus faibles qu’ailleurs. Signalons aussi que pour 77 % des femmes, l’abstinence sexuelle est un moyen de prévention du VIH/sida. Chez les hommes, les écarts selon les caractéristiques socio-démographiques sont très faibles et les variations sont pratiquement identiques à celles constatées chez les femmes; les hommes sans niveau d’instruction (60 %), les célibataires (72 %) et ceux des ménages les plus pauvres (72 %) sont ceux qui ont le moins fréquemment cité ces deux moyens de se protéger du VIH/sida. Dans les régions, les proportions varient d’un maximum de 89 % dans le Centre à un minimum de 66 % à l’Ouest. En outre, une proportion d’hommes voisine de celle des femmes (75 % contre 77 %) a cité l’abstinence comme moyen de prévention du VIH/sida. Les conceptions erronées sur l’infection à VIH et le sida conditionnent les attitudes et les comportements vis-à-vis de cette infection. Au cours de l’enquête, une série de propositions ont été soumises aux enquêtés pour mesurer leur niveau de connaissance correcte concernant la transmission et la prévention du virus. Les résultats sont présentés aux tableaux 15.3.1 et 15.3.2. On constate que plus des deux tiers des femmes (67%) savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir le virus du sida. En outre, un peu moins de la moitié (46 %) savent que le sida ne peut pas être transmis par les moustiques. Pour plus d’une femme sur deux (57 %), le sida ne se transmet pas par des moyens surnaturels, et dans les deux tiers des cas (65 %), les femmes ont déclaré qu’une personne ne peut pas être infectée en partageant la nourriture de quelqu'un atteint du sida. Globalement, seulement un peu plus du quart des femmes (28 %) rejettent les deux idées erronées les plus courantes sur la transmission, à savoir qu’on ne peut ni contracter le virus du sida par des moyens surnaturels, ni par des piqûres de moustiques. De plus, elles savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir contracté le virus du sida. L’avant-dernière colonne du tableau présente les proportions de femmes qui ont une connaissance considérée comme complète du VIH/sida. En d’autres termes, elles savent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté. En plus, elles rejettent les idées erronées les plus courantes à propos de la transmission du sida, et savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida. Un peu plus d’une femme sur cinq (23 %) peut être considérée comme ayant une bonne connaissance générale concernant le sida. Les proportions de femmes ayant une connaissance complète diffèrent selon les caractéristiques socio-démographiques. Tout d’abord, on constate que les femmes les plus jeunes possèdent plus fréquemment que les plus âgées ces informations correctes (27 % à 15-24 ans contre 10 % à 45-49 ans). On constate également des écarts en fonction du statut matrimonial des femmes puisque la proportion de femmes qui ont une connaissance complète varie d’un minimum de 18 % et 21 % parmi celles en union et en rupture d’union, à un maximum de 43 % parmi les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels. Ces écarts reflètent les écarts selon l’âge puisque les célibataires sont généralement plus jeunes que les femmes en union et que celles en rupture d’union. Il faut ensuite souligner que ce niveau de connaissance complète est particulièrement faible parmi les femmes du milieu rural (12 %) alors qu’à Yaoundé/Douala, Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 265 la proportion de femmes bien informées est de 36 %. C’est en fonction du niveau d’instruction et du niveau de vie du ménage que les écarts sont les plus importants : en effet, la proportion de femmes ayant une connaissance complète varie de 5 % chez celles sans niveau d’instruction à 42 % chez celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire. En ce qui concerne le niveau de vie du ménage, cette proportion de femmes varie d’un minimum de 7 % dans les ménages les plus pauvres à un maximum de 42 % dans les ménages les plus riches. Enfin, dans les régions, on note que dans le Nord, une femme sur vingt (5 %) est correctement informée alors que cette proportion est de 33 % dans le Sud-Ouest. Tableau 15.3.1 Idées erronées à propos du sida et connaissance « complète » du sida : femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans qui, en réponse à une question déterminée, rejettent des idées locales erronées à propos de la transmission ou de la prévention du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida et pourcentage qui ont une connaissance « complète » du sida, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Pourcentage d'enquêtées qui savent que : Caractéristique socio-démographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le sida ne peut pas être transmis par les moustiques Le sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d’un malade du sida Pourcentage rejetant les 2 idées erronées les plus courantes1 et sachant qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Pourcentage ayant une connaissance complète2 du sida Effectif d'enquêtées Âge 15-19 65,5 55,0 66,6 72,3 35,0 26,5 2 684 20-24 70,5 50,6 62,4 69,3 34,5 28,4 2 252 25-29 68,7 46,1 57,3 66,1 28,7 23,2 1 747 30-34 68,8 40,9 51,7 59,5 23,6 19,6 1 350 35-39 66,5 37,9 48,4 59,1 20,7 16,8 1 080 40-44 65,3 37,2 44,0 56,2 20,0 14,4 832 45-49 56,5 33,1 38,3 51,0 13,9 10,3 711 État matrimonial Célibataire 74,4 64,7 71,4 79,3 45,3 35,6 2 560 A déjà eu des rapports sexuels 84,3 68,0 74,4 86,2 50,4 42,5 1 194 N'a jamais eu de rapports sexuels 65,7 61,9 68,9 73,3 40,7 29,5 1 366 En union 63,5 39,9 52,2 60,1 22,6 18,0 7 166 Divorcée/séparée/veuve 73,2 43,9 51,9 63,8 26,4 21,2 930 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 90,7 64,2 65,9 82,5 45,6 36,3 2 277 Autres villes 74,9 51,8 65,1 72,8 34,6 28,0 3 559 Ensemble urbain 81,1 56,6 65,4 76,6 38,9 31,2 5 836 Rural 49,9 33,7 46,4 51,0 15,6 11,9 4 820 Région Adamaoua 60,0 37,6 57,1 55,2 23,2 18,0 416 Centre 70,0 46,8 49,1 65,8 25,8 21,5 854 Douala 89,7 63,2 68,8 78,6 46,4 38,4 1 197 Est 63,8 45,8 59,1 64,8 28,1 22,0 506 Extrême-Nord 44,2 30,8 54,4 45,2 15,1 10,5 1 718 Littoral 78,5 47,4 61,9 70,8 29,9 23,0 482 Nord 26,3 26,2 25,8 38,2 8,2 5,1 975 Nord-Ouest 71,3 49,5 61,3 64,8 30,8 25,9 1 090 Ouest 65,5 45,9 68,2 72,2 29,4 22,4 1 142 Sud 80,8 44,6 36,1 75,4 20,2 15,8 439 Sud-Ouest 82,7 53,5 66,9 76,1 37,7 33,3 757 Yaoundé 91,9 65,4 62,7 86,8 44,8 33,9 1 080 Niveau d'instruction Aucun 32,2 24,1 39,1 35,1 7,9 4,7 2 383 Primaire 63,2 36,4 51,9 59,9 18,0 13,4 4 109 Secondaire ou plus 90,6 68,6 71,8 87,1 50,4 41,7 4 163 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 36,9 25,9 42,3 40,4 10,3 7,2 2 007 Second 49,1 31,8 46,3 50,2 13,6 10,6 1 756 Moyen 64,0 39,7 55,3 63,0 22,4 16,7 2 046 Quatrième 82,2 53,7 64,9 75,7 35,7 28,9 2 283 Le plus riche 91,5 70,6 69,3 86,6 50,9 41,5 2 566 Ensemble 67,0 46,2 56,8 65,0 28,4 22,5 10 656 1 Les deux idées erronées les plus courantes sont la transmission par des moyens surnaturels et par les moustiques. 2 Sont considérés comme ayant une connaissance « complète », les femmes qui déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, qui rejettent les idées locales erronées les plus courantes à propos de la transmission du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida. 266 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Les résultats concernant les hommes (tableau 15.3.2) montrent d’une part que les hommes sont proportionnellement plus nombreux que les femmes à avoir une connaissance correcte de la transmission du VIH/sida : huit hommes sur dix (80 %) savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir le sida. D’autre part, plus de la moitié (54 %) savent que le sida ne peut pas être transmis par les moustiques, les trois-quarts (74 %) rejettent l’idée erronée selon laquelle le sida peut se transmettre par des moyens surnaturels, et la même proportion rejette l’idée selon laquelle le sida peut se transmettre en partageant le repas d’une personne infectée. Globalement, 39 % rejettent les idées erronées les plus courantes et savent qu’une personne en bonne santé peut néanmoins avoir le sida. Tableau 15.3.2 Idées erronées à propos du sida et connaissance « complète » du sida : hommes Pourcentage d’hommes de 15-49 ans qui, en réponse à une question déterminée, rejettent des idées locales erronées à propos de la transmission ou de la prévention du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida, et pourcentage qui ont une connaissance « complète » du sida selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Pourcentage d'enquêtés qui savent que : Caractéristique socio-démographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Le sida ne peut pas être transmis par les moustiques Le sida ne peut pas être transmis par des moyens surnaturels Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d’un malade du sida Pourcentage rejetant les 2 idées erronées les plus courantes1 et sachant qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Pourcentage ayant une connaissance complète2 du sida Effectif d'enquêtés Âge 15-19 71,5 61,6 79,1 80,7 42,8 33,8 1 224 20-24 82,8 55,4 76,6 76,7 41,9 35,3 953 25-29 85,1 53,4 77,6 79,4 41,7 35,1 812 30-34 81,3 50,4 72,6 71,7 35,1 31,6 620 35-39 83,2 50,5 68,3 72,5 34,2 28,9 467 40-44 81,8 44,5 68,0 67,5 33,2 26,9 394 45-49 80,9 40,9 61,1 61,5 27,3 21,9 344 État matrimonial Célibataire 77,9 61,0 78,4 80,6 44,9 35,9 2 112 A déjà eu des rapports sexuels 85,0 63,0 79,2 83,5 48,5 40,1 1 261 N'a jamais eu de rapports sexuels 67,3 58,0 77,3 76,3 39,5 29,6 850 En union 81,4 47,0 71,2 70,4 33,0 28,5 2 271 Divorcé/séparé/veuf 82,6 51,6 70,3 74,8 38,6 33,4 433 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 90,3 66,7 77,4 86,8 53,4 42,8 1 167 Autres villes 82,0 56,6 75,9 78,7 41,4 33,9 1 645 Ensemble urbain 85,5 60,8 76,5 82,1 46,4 37,6 2 812 Rural 72,2 43,5 71,1 65,7 28,0 24,5 2 003 Région Adamaoua 72,3 58,6 77,7 74,1 42,9 37,1 214 Centre 81,5 50,8 67,8 71,7 36,0 34,3 368 Douala 88,7 66,4 80,8 86,2 52,2 39,9 598 Est 69,2 50,1 71,0 72,5 32,9 26,0 249 Extrême-Nord 83,2 35,7 74,5 61,5 26,4 22,8 620 Littoral 85,3 61,0 80,1 83,4 47,3 39,4 208 Nord 62,0 37,1 68,8 61,1 25,0 20,9 434 Nord-Ouest 83,7 53,7 79,3 72,8 40,9 31,5 506 Ouest 58,4 52,8 77,9 77,1 28,7 20,8 411 Sud 84,5 59,5 59,0 84,9 34,5 31,7 223 Sud-Ouest 85,3 56,4 72,5 75,6 39,2 36,0 415 Yaoundé 92,0 67,0 73,7 87,4 54,6 45,8 568 Niveau d'instruction Aucun 65,4 21,7 60,6 48,0 11,3 9,4 467 Primaire 69,0 37,6 68,3 61,8 20,6 15,9 1 736 Secondaire ou plus 89,8 69,9 80,7 89,1 55,6 47,0 2 612 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 67,3 32,8 68,2 54,9 20,0 16,2 650 Second 71,1 43,7 71,6 65,7 27,0 24,4 792 Moyen 76,4 48,5 73,0 72,3 33,8 28,9 906 Quatrième 81,7 57,8 76,7 80,5 42,3 33,8 1 110 Le plus riche 92,0 69,2 77,6 88,4 54,9 45,2 1 357 Ensemble 79,9 53,6 74,3 75,3 38,7 32,2 4 815 1 Les deux idées erronées les plus courantes sont la transmission par des moyens surnaturels et par des moustiques. 2 Sont considérés comme ayant une connaissance « complète », les hommes qui déclarent qu'on peut réduire le risque de contracter le virus du sida en utilisant des condoms et en limitant les rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, qui rejettent les idées locales erronées les plus courantes à propos de la transmission du sida, et qui savent qu'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 267 Environ un tiers des hommes (32 %) ont une connaissance considérée comme complète du VIH/sida, soit une proportion environ une fois et demie plus élevée que celle observée chez les femmes (23 %). Les hommes les mieux informés sont les jeunes de 25-29 ans (35 % contre un minimum de 22 % à 45-49 ans), les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (40 % contre 29 % chez ceux en union). En outre, on constate des écarts importants selon le niveau d’instruction, le milieu de résidence et le niveau de vie du ménage. Seulement 9 % de ceux sans niveau d’instruction ont une connaissance complète du VIH/sida contre 47 % de ceux qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus. En milieu rural, un quart des hommes (25 %) peuvent être considérés comme ayant une connaissance complète du VIH/sida contre 43 % à Yaoundé/Douala. Selon le niveau de vie du ménage, cette proportion varie de 16 % parmi les ménages les plus pauvres à 45 % parmi les ménages les plus riches. Enfin, les régions de l’Ouest et du Nord détiennent les proportions les plus faibles d’hommes ayant une connaissance complète du sida (21 % dans les deux cas). Au cours de l’enquête, on a demandé à tous les enquêtés s’ils savaient si le virus qui cause le sida pouvait être transmis de la mère à son enfant et à quel moment pouvait s’effectuer la transmission. Les résultats sont présentés au tableau 15.4. La transmission la plus connue par les enquêtés est la transmission de la mère à l’enfant au cours de la grossesse. Les hommes sont proportionnellement plus nombreux que les femmes à avoir déclaré connaître ce mode de transmission (72 % contre 60 %). En outre, les femmes savent, dans des proportions quasiment similaires, que le virus peut aussi être transmis pendant l’accouchement et par l’allaitement (respectivement 49 % et 47 %). Par contre, les hommes qui connaissent la possibilité de transmission pendant l’accouchement sont un peu plus nombreux que ceux qui connaissent la transmission par l’allaitement (63 % et 57 %). Les femmes qui connaissent le plus fréquemment la transmission mère- enfant, quel qu’en soit le moment, sont aussi celles qui ont une connaissance complète des moyens de transmission du VIH/sida. Ce sont les femmes de Yaoundé/Douala, celles qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus et celles des ménages les plus riches. En ce qui concerne le statut matrimonial, on constate, curieusement, que ce sont les femmes en union qui sont les moins bien informées. Les résultats chez les hommes font apparaître des variations différentes. En effet, on constate que près des trois-quarts de ceux de 40-49 ans ont déclaré connaître la transmission pendant la grossesse (72 % contre 57 % chez les femmes du même groupe d’âges). De même, et à la différence des femmes, les hommes en union ou l’ayant été ont déclaré connaître, dans une proportion élevée, ces trois modes de transmission. Enfin, curieusement, ce sont les hommes du milieu rural, qui sont généralement les moins bien informés, que la transmission du virus pendant la grossesse (74 % contre 68 % à Yaoundé/Douala) et pendant l’allaitement (60 % contre 50 % à Yaoundé/Douala) est la mieux connue. On note également que les hommes les plus instruits sont ceux qui connaissent le plus fréquemment la transmission pendant la grossesse (74 % contre 65 % chez ceux sans niveau d’instruction) et au cours de l’accouchement (70 % contre 50 % chez ceux sans niveau d’instruction), ce qui n’est pas le cas de la transmission par l’allaitement qui est mieux connue des hommes ayant un niveau d’instruction primaire (61 %). 268 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.4 Connaissance de la transmission du VIH de la mère à l'enfant Pourcentage de femmes et d'hommes qui savent que le VIH peut être transmis de la mère à l'enfant au cours de la grossesse, pendant l'accouchement et par l'allaitement, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Femmes Hommes Caractéristique socio- démographique Le VIH peut être transmis pendant la grossesse Le VIH peut être transmis pendant l'accouchement Le VIH peut être transmis en allaitant Effectif d'enquêtées Le VIH peut être transmis pendant la grossesse Le VIH peut être transmis pendant l'accouchement Le VIH peut être transmis en allaitant Effectif d'enquêtés Âge 15-24 59,9 48,1 47,0 4 936 69,0 59,1 55,2 2 177 15-19 58,5 45,2 45,7 2 684 69,1 56,8 54,1 1 224 20-24 61,5 51,6 48,7 2 252 68,9 62,1 56,7 953 25-29 61,0 51,6 47,7 1 747 76,0 68,0 57,1 812 30-39 60,9 51,4 49,2 2 430 72,9 67,5 61,3 1 087 40-49 56,9 43,0 43,9 1 543 72,1 64,4 57,7 738 État matrimonial Célibataire 61,7 50,1 47,9 2 560 68,3 58,2 53,4 2 112 A déjà eu des rapports sexuels 67,4 57,0 54,6 1 194 70,2 61,6 54,2 1 261 N'a jamais eu de rapports sexuels 56,7 44,1 42,0 1 366 65,5 53,1 52,3 850 En union 59,0 48,2 46,7 7 166 74,2 66,8 60,4 2 271 Divorcé/séparé/veuf 61,7 48,0 49,1 930 73,7 70,2 60,1 433 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 70,1 59,8 51,0 2 277 68,1 65,3 50,3 1 167 Autres villes 65,2 55,0 52,7 3 559 71,6 66,7 58,9 1 645 Ensemble urbain 67,1 56,9 52,0 5 836 70,1 66,1 55,3 2 812 Rural 51,1 38,7 41,3 4 820 73,5 59,4 60,0 2 003 Région Adamaoua 47,8 39,7 34,7 416 69,0 63,9 56,2 214 Centre 65,6 51,1 51,1 854 64,1 57,8 55,1 368 Douala 71,1 57,9 51,4 1 197 66,8 63,7 50,9 598 Est 54,8 45,4 42,4 506 62,1 59,8 57,0 249 Extrême-Nord 49,3 41,3 36,6 1 718 75,2 62,6 62,2 620 Littoral 66,5 55,7 55,5 482 73,9 69,8 60,5 208 Nord 28,4 22,4 19,3 975 77,6 57,0 54,1 434 Nord-Ouest 67,3 54,5 62,3 1 090 76,8 60,9 65,0 506 Ouest 59,8 51,0 50,7 1 142 69,1 65,2 56,0 411 Sud 68,2 50,1 50,0 439 75,8 69,6 59,7 223 Sud-Ouest 77,7 53,0 67,3 757 75,2 66,5 64,7 415 Yaoundé 69,1 61,9 50,5 1 080 69,5 67,0 49,6 568 Niveau d'instruction Aucun 34,3 26,0 24,5 2 383 65,0 49,8 51,2 467 Primaire 63,0 47,1 50,6 4 109 69,0 56,4 60,8 1 736 Secondaire ou plus 71,5 63,2 56,7 4 163 74,4 70,3 56,0 2 612 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 42,9 33,8 34,0 2 007 74,0 56,2 61,4 650 Second 50,1 38,2 40,5 1 756 72,0 58,0 58,9 792 Moyen 61,6 46,0 49,9 2 046 74,4 64,9 62,1 906 Quatrième 69,3 54,1 52,2 2 283 71,1 63,8 56,1 1 110 Le plus riche 70,1 64,8 55,4 2 566 68,5 68,4 52,1 1 357 Ensemble 59,9 48,7 47,2 10 656 71,5 63,3 57,3 4 815 Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 269 15.1.2 Stigmatisation Le comportement que les gens adopteraient dans différentes situations face à des personnes atteintes par le VIH/sida est révélateur du niveau de perception du risque de transmission du virus qui peut se traduire, dans la vie courante, par une stigmatisation à l’égard des personnes infectées par ce virus. Au cours de l’EDSC-III, des questions ont été posées aux enquêtés pour savoir comment ils se comporteraient dans certaines circonstances face à des personnes ayant contracté la maladie. Plus précisément, on a cherché à savoir si les enquêtés seraient prêts à prendre soin chez eux d’un parent vivant avec le VIH/sida, s’ils achèteraient des légumes frais chez un commerçant vivant avec le VIH/sida, s’ils pensaient qu’une enseignante vivant avec le VIH/sida devrait être autorisée à continuer à travailler et enfin s’ils pensaient qu’il fallait garder secret l’état d’un membre de la famille vivant avec le VIH/sida. Les résultats sont présentés, pour les femmes au tableau 15.5.1 et au tableau 15.5.2 pour les hommes. On constate que moins d’une femme sur dix (9 %) aurait une attitude tolérante dans les quatre situations ci-dessus citées. Cette attitude de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH/sida est légèrement plus répandue parmi les groupes de femmes dont la connaissance complète des moyens de transmission et de prévention du VIH/sida est la plus élevée. En effet, ce sont les femmes les plus jeunes (10 % contre 7 % à 40-49 ans), les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels (18 % contre 7 % parmi celles en union), celles qui résident à Yaoundé/Douala (16 % contre 11 % dans les Autres villes et 4 % en milieu rural), celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (16 % contre 1 % pour celles qui sont sans instruction) et enfin celles vivant dans les ménages les plus riches (16 % contre 2% pour celles des ménages les plus pauvres) qui auraient le plus fréquemment tendance à se comporter de manière tolérante à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida. La proportion d’hommes qui aurait une attitude de tolérance dans les quatre situations est deux fois plus élevée que celle constatée chez les femmes (19 % contre 9 %). Les hommes étaient aussi, en proportion, près d’une fois et demie plus nombreux que les femmes à avoir une connaissance complète des moyens de transmission et de prévention du VIH/sida (32 % contre 23 %). Comme chez les femmes, on constate que les comportements tolérants à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida sont très influencés par le niveau de connaissance des moyens de transmission et de prévention du virus. En effet, les hommes les plus tolérants sont, comme, chez les femmes, ceux qui possèdent toutes les informations correctes sur le VIH/sida. 270 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.5.1 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH : femmes Pourcentage de femmes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida et exprimant des attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Pourcentage d'enquêtées qui : Caractéristique socio- démographique Seraient prêtes à s'occuper chez elle d'un parent vivant avec le VIH Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH Pensent q'une enseignante vivant avec le VIH devrait être autorisée à continuer d'enseigner Pensent qu'il n'est pas nécessaire de garder secret l'état d'un membre de la famille vivant avec le HIV Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif de femmes ayant entendu parler du VIH/sida Âge 15-24 70,8 45,4 51,8 36,4 10,4 4 826 15-19 70,5 44,7 52,2 36,6 10,4 2 614 20-24 71,0 46,1 51,2 36,1 10,3 2 212 25-29 68,0 40,6 48,7 37,8 8,8 1 719 30-39 67,4 37,6 43,9 39,3 7,5 2 386 40-49 69,2 33,9 40,9 40,0 6,9 1 492 État matrimonial Célibataire 79,4 54,2 61,7 35,6 14,5 2 500 A déjà eu des rapports sexuels 88,3 62,3 67,5 35,3 17,5 1 183 N'a jamais eu de rapports sexuels 71,4 47,0 56,4 35,9 11,7 1 316 En union 64,9 36,5 43,0 38,7 7,1 7 005 Divorcée/séparée/veuve 75,1 41,2 47,5 36,9 8,4 918 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 83,4 56,9 69,7 36,8 16,0 2 274 Autres villes 74,9 47,2 55,7 35,2 10,5 3 527 Ensemble urbain 78,3 51,0 61,2 35,8 12,6 5 801 Rural 58,1 28,8 31,3 40,2 4,3 4 621 Région Adamaoua 46,7 26,9 46,7 46,3 3,5 401 Centre 70,3 43,6 50,4 32,2 8,3 835 Douala 81,6 50,8 65,0 39,3 14,5 1 195 Est 74,5 47,1 55,7 37,2 10,1 475 Extrême-Nord 43,0 22,1 21,5 41,1 1,7 1 649 Littoral 70,9 42,4 52,1 50,3 12,9 478 Nord 48,2 13,6 30,9 39,8 3,9 908 Nord-Ouest 89,9 44,2 43,4 28,7 8,0 1 089 Ouest 66,1 43,8 45,8 41,4 8,1 1 124 Sud 84,2 59,0 56,8 45,4 13,8 437 Sud-Ouest 83,0 50,1 55,3 28,3 9,6 752 Yaoundé 85,4 63,8 74,9 34,2 17,7 1 080 Niveau d'instruction Aucun 42,8 14,5 19,1 40,3 1,0 2 227 Primaire 67,6 34,0 40,6 40,1 6,6 4 034 Secondaire ou plus 85,2 62,4 70,4 34,2 15,5 4 161 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 47,0 18,8 23,4 40,7 1,8 1 886 Second 59,7 28,3 29,7 41,4 4,5 1 681 Moyen 68,2 38,1 43,1 40,0 7,6 2 018 Quatrième 77,9 49,2 57,0 36,2 11,1 2 276 Le plus riche 85,3 61,3 73,6 32,9 16,3 2 562 Ensemble 69,3 41,2 47,9 37,8 9,0 10 423 Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 271 Tableau 15.5.2 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH : hommes Pourcentage d’hommes de 15-49 ans ayant entendu parler du sida et exprimant des attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Pourcentage d'enquêtés qui : Caractéristique socio-démographique Seraient prêtes à s'occuper chez elle d'un parent vivant avec le VIH Achèteraient des légumes frais à un commerçant vivant avec le VIH Pensent q'une enseignante vivant avec le VIH devrait être autorisée à continuer d'enseigner Pensent qu'il n'est pas nécessaire de garder secret l'état d'un membre de la famille vivant avec le HIV Pourcentage exprimant les quatre attitudes de tolérance Effectif d’hommes ayant entendu parler du VIH/sida Âge 15-24 81,6 53,8 57,3 52,1 19,1 2 155 15-19 79,7 53,2 55,0 49,6 17,6 1 207 20-24 83,9 54,4 60,3 55,3 21,1 948 25-29 84,3 52,0 58,2 56,7 18,5 811 30-39 82,9 47,7 53,6 57,6 18,5 1 079 40-49 81,5 40,4 51,3 58,9 16,4 732 État matrimonial Célibataire 82,3 56,4 58,9 52,9 20,8 2 086 A déjà eu des rapports sexuels 85,8 61,7 64,2 55,6 24,9 1 256 N'a jamais eu de rapports sexuels 77,0 48,3 51,0 48,8 14,7 830 En union 81,8 44,3 52,6 57,8 16,3 2 264 Divorcé/séparé/veuf 85,2 49,7 56,3 52,0 18,5 427 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 90,4 63,5 69,1 55,9 28,3 1 162 Autres villes 85,6 55,0 60,4 50,7 19,1 1 637 Ensemble urbain 87,6 58,5 64,0 52,8 22,9 2 799 Rural 74,8 38,1 43,9 58,5 12,1 1 978 Région Adamaoua 68,2 46,9 55,6 65,6 18,4 214 Centre 83,7 52,5 58,0 49,4 17,4 362 Douala 92,2 57,7 65,2 56,6 25,8 596 Est 74,6 57,9 51,3 65,0 24,8 245 Extrême-Nord 70,1 30,6 35,9 59,3 6,1 612 Littoral 83,3 55,8 58,4 60,1 24,3 206 Nord 66,6 31,7 44,0 62,8 12,1 430 Nord-Ouest 88,5 46,2 49,0 54,9 17,2 502 Ouest 91,7 45,5 54,3 32,8 8,9 411 Sud 87,4 70,6 66,4 52,5 26,0 221 Sud-Ouest 84,8 50,3 62,7 54,2 16,8 412 Yaoundé 88,4 69,6 73,2 55,1 31,0 566 Niveau d'instruction Aucun 64,5 17,5 26,7 64,0 3,5 456 Primaire 74,5 33,5 40,4 57,3 9,9 1 712 Secondaire ou plus 90,6 66,6 70,8 52,2 26,7 2 609 Quintile de bien- être économique Le plus pauvre 69,6 24,6 34,7 61,0 7,6 645 Second 75,0 38,2 42,2 58,1 11,4 780 Moyen 79,0 43,8 47,8 55,9 14,6 896 Quatrième 86,3 55,6 60,4 53,4 20,6 1 101 Le plus riche 91,5 68,5 74,9 51,6 28,5 1 356 Ensemble 82,3 50,0 55,7 55,1 18,5 4 777 272 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA 15.2 POPULATION AYANT EFFECTUÉ UN TEST DE VIH/SIDA La connaissance du statut sérologique peut contribuer à limiter l’épidémie car elle permet aux personnes de se protéger et de protéger leur partenaire. Au cours de l’EDSC-III, on a demandé aux enquêtés si, au cours des 12 derniers mois, ils avaient effectué un test de VIH/sida et s’ils avaient reçu les résultats. On constate au tableau 15.6 que les trois-quarts des femmes (76 %) et une proportion encore plus élevée d’hommes (83 %) n’ont jamais effectué de test. Seulement une femme sur dix (10 %) a effectué un test et a eu connaissance des résultats ; chez les hommes, cette proportion est un peu plus élevée (14 %). Si on se limite aux 12 derniers mois, seulement 5 % des femmes et 7 % des hommes ont effectué un test et ont reçu les résultats. Tableau 15.6 Population ayant effectué un test de VIH et ayant reçu les résultats Pourcentage de femmes et d'hommes qui ont effectué ou non un test du VIH, pourcentage de femmes et d'hommes testés pour le VIH et ayant reçu les résultats, et pourcentage de femmes et d'hommes testés pour le VIH et ayant reçu les résultats au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Femmes Hommes A effectué un test A effectué un test Caractéristique socio- démographique A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats N'a jamais été testée NSP/ ND Total Pourcentage testé et ayant reçu les résultats dans les 12 derniers mois Effectif d'enquêtées A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats N'a jamais été testé NSP/ ND Total Pourcentage testé et ayant reçu les résultats dans les 12 derniers mois Effectif d'enquêtés Âge 15-24 7,3 9,7 80,1 3,0 100,0 4,4 4 936 6,7 1,4 90,9 1,0 100,0 3,9 2 177 15-19 4,7 5,1 87,2 2,9 100,0 3,0 2 684 3,1 0,7 94,7 1,4 100,0 1,9 1 224 20-24 10,3 15,1 71,6 3,0 100,0 6,0 2 252 11,3 2,3 85,9 0,5 100,0 6,5 953 25-29 11,7 17,6 68,1 2,6 100,0 5,8 1 747 19,5 2,3 78,1 0,1 100,0 9,6 812 30-39 11,0 14,6 71,9 2,5 100,0 4,5 2 430 20,8 2,4 76,0 0,8 100,0 9,1 1 087 40-49 12,8 5,3 78,0 3,9 100,0 5,3 1 543 18,8 3,2 77,2 0,8 100,0 8,3 738 État matrimonial Célibataire 8,6 4,6 84,2 2,6 100,0 4,4 2 560 8,9 1,1 88,7 1,2 100,0 4,6 2 112 A déjà eu des rapports sexuels 15,2 9,1 74,3 1,3 100,0 7,5 1 194 14,0 1,6 84,0 0,4 100,0 7,1 1 261 N'a jamais eu de rapports sexuels 2,7 0,7 92,8 3,7 100,0 1,6 1 366 1,3 0,5 95,8 2,4 100,0 1,0 850 En union 9,1 13,8 73,9 3,1 100,0 4,6 7 166 18,0 2,5 79,2 0,3 100,0 8,7 2 271 Divorcé/séparé/veuf 16,8 12,0 69,1 2,1 100,0 7,3 930 16,7 4,0 78,1 1,2 100,0 6,6 433 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 21,6 16,8 60,7 0,9 100,0 9,1 2 277 23,7 3,1 72,7 0,4 100,0 10,5 1 167 Autres villes 10,2 13,3 75,2 1,4 100,0 5,8 3 559 14,4 2,2 82,8 0,5 100,0 7,3 1 645 Ensemble urbain 14,6 14,6 69,5 1,2 100,0 7,1 5 836 18,3 2,6 78,6 0,5 100,0 8,6 2 812 Rural 3,7 7,6 83,7 5,0 100,0 2,0 4 820 7,7 1,3 89,7 1,2 100,0 4,0 2 003 Région Adamaoua 5,0 7,8 83,1 4,2 100,0 2,6 416 14,6 2,8 82,6 0,0 100,0 7,8 214 Centre 6,7 10,5 80,5 2,3 100,0 3,0 854 7,2 1,9 89,4 1,5 100,0 4,4 368 Douala 21,9 18,0 59,5 0,6 100,0 8,9 1 197 22,5 1,9 75,2 0,4 100,0 9,8 598 Est 5,2 8,1 79,9 6,9 100,0 3,0 506 11,5 2,2 84,7 1,6 100,0 6,0 249 Extrême-Nord 1,1 1,1 92,2 5,6 100,0 0,8 1 718 4,2 0,6 94,0 1,3 100,0 2,7 620 Littoral 9,9 14,4 74,6 1,2 100,0 5,5 482 11,8 1,8 85,2 1,2 100,0 6,2 208 Nord 1,8 1,4 88,3 8,6 100,0 1,3 975 7,0 0,4 91,7 0,9 100,0 3,9 434 Nord-Ouest 8,0 20,5 71,4 0,1 100,0 4,8 1 090 16,9 1,5 80,9 0,7 100,0 6,4 506 Ouest 10,7 15,5 72,0 1,8 100,0 5,6 1 142 14,5 2,7 82,7 0,0 100,0 8,5 411 Sud 10,3 11,9 77,2 0,6 100,0 6,0 439 12,1 4,1 82,9 0,9 100,0 5,9 223 Sud-Ouest 12,8 16,1 70,0 1,1 100,0 7,0 757 12,8 1,7 84,7 0,8 100,0 6,4 415 Yaoundé 21,2 15,5 62,0 1,3 100,0 9,4 1 080 25,0 4,4 70,2 0,4 100,0 11,1 568 Niveau d'instruction Aucun 1,3 2,0 88,7 8,0 100,0 0,6 2 383 3,7 0,8 93,2 2,4 100,0 1,4 467 Primaire 6,2 12,2 79,1 2,5 100,0 3,3 4 109 7,8 1,4 89,4 1,4 100,0 4,6 1 736 Secondaire ou plus 17,9 16,2 65,5 0,4 100,0 8,7 4 163 19,8 2,7 77,4 0,1 100,0 9,1 2 612 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,0 4,9 86,8 7,3 100,0 0,8 2 007 4,8 0,6 93,7 0,9 100,0 2,6 650 Second 2,9 6,8 85,5 4,9 100,0 1,2 1 756 6,2 1,6 90,7 1,5 100,0 3,2 792 Moyen 5,9 10,7 81,2 2,2 100,0 2,9 2 046 10,1 1,4 87,5 1,1 100,0 5,9 906 Quatrième 12,2 16,1 70,9 0,9 100,0 5,9 2 283 15,3 2,0 81,9 0,8 100,0 7,4 1 110 Le plus riche 21,8 16,4 61,2 0,5 100,0 10,8 2 566 24,2 3,5 72,2 0,1 100,0 10,8 1 357 Ensemble 9,7 11,5 75,9 2,9 100,0 4,8 10 656 13,9 2,1 83,3 0,8 100,0 6,7 4 815 Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 273 Que ce soit chez les femmes ou chez les hommes, on constate que c’est parmi les jeunes de 15-19 ans que la proportion de ceux qui ont déjà effectué un test de VIH/sida et reçu les résultats est la plus faible (5 % chez les femmes et 3 % chez les hommes). En milieu rural, 4 % des femmes et 8 % des hommes ont eu connaissance de leur statut. Ces proportions sont de loin inférieures à celles des Autres villes (10 % et 14 %) et Yaoundé/Douala (22 % et 24 %). Dans les régions, ces proportions varient de respectivement 1% et 4 % chez les femmes et les hommes dans l’Extrême-Nord à 13 % pour chacun des deux sexes dans le Sud-Ouest. La probabilité d’effectuer un test et de connaître les résultats est très liée au niveau d’instruction et au niveau de vie du ménage puisque seulement 1 % des femmes sans niveau d’instruction et de celles des ménages les plus pauvres connaissent leur statut sérologique contre 18 % de celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus et 22 % de celles des ménages les plus riches. Chez les hommes, on constate ce même type de variation, 20 % des hommes les plus instruits contre 4 % de ceux sans niveau d’instruction ont déjà effectué un test et en connaissent le résultat ; selon les niveaux de bien-être économique, on note que 24 % des hommes vivant dans les ménages les plus riches connaissent leur statut et que, dans les ménages les plus pauvres, cette proportion n’est que de 5 %. En outre, on a posé aux femmes qui avaient eu une naissance au cours des deux années ayant précédé l’enquête une série de questions pour savoir si, au cours d’une visite prénatale, elles avaient reçu des conseils concernant le VIH, si elles avaient effectué volontairement3 un test au cours d’une visite prénatale et enfin si elles avaient reçu ou non les résultats de ce test. Les résultats sont présentés au tableau 15.7. Plus d’un tiers des femmes (36 %) ont déclaré avoir reçu des conseils sur le VIH/sida au cours d’une visite prénatale, c’est-à-dire qu’on leur a parlé de la transmission mère-enfant et de l’importance du test de VIH/sida. Dans 9 % des cas, les femmes ont effectué volontairement un test de VIH/sida et ont eu connaissance des résultats. Globalement, 7 % ont bénéficié de conseils, ont effectué un test et en ont reçu les résultats. Dans certains groupes de femmes, cette proportion est beaucoup plus élevée : parmi les femmes de Douala et parmi celles des ménages les plus riches, cette proportion atteint 20 %. Par contre, elle est seulement de 4 % en milieu rural et de 2 % parmi les femmes des ménages les plus pauvres. En fonction du niveau d’instruction, on constate également des écarts très importants : parmi les femmes les plus instruites, 16 % ont reçu des conseils, ont effectué un test de VIH/sida et ont été informées des résultats ; par comparaison, parmi les femmes sans niveau d’instruction, cette proportion n’est que de 1 %. 3 On leur a proposé le test et elles ont accepté d’effectuer le test. 274 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Tableau 15.7 Femmes enceintes conseillées et testées pour le VIH Parmi les femmes ayant eu une naissance au cours des 2 années ayant précédé l'enquête, pourcentage qui, au cours des visites prénatales pour la naissance la plus récente, ont reçu des conseils, à qui on a proposé le test du VIH, qui ont accepté de se faire tester et qui ont reçu les résultats du test, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 A effectué volontairement un test2 de VIH au cours des visites prénatales Caractéristique socio- démographique A reçu des conseils sur le VIH durant une visite prénatale1 A reçu les résultats N'a pas reçu les résultats Pourcentage qui a reçu des conseils, a été testé et a reçu les résultats Nombre d'enquêtées qui ont eu une naissance au cours des 2 dernières années Âge 15-24 35,5 9,1 1,2 7,5 1 455 15-19 30,7 8,5 1,1 6,7 492 20-24 38,0 9,4 1,3 7,9 964 25-29 36,0 9,5 1,7 7,3 785 30-39 35,2 7,6 0,6 6,7 791 40-49 34,3 10,2 0,0 10,2 142 État matrimonial Célibataire 48,8 11,1 1,4 10,3 188 En union 34,4 8,7 1,1 7,2 2 802 Divorcée/séparée/veuve 39,1 9,3 1,6 7,9 183 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 70,3 20,7 1,5 16,5 455 Autres villes 42,8 11,2 1,1 9,5 967 Ensemble urbain 51,6 14,2 1,2 11,7 1 422 Rural 22,4 4,6 1,0 3,8 1 751 Région Adamaoua 27,8 4,0 0,4 4,0 131 Centre 25,7 8,5 3,3 5,5 250 Douala 71,1 25,3 1,1 20,0 224 Est 30,6 7,6 0,0 6,8 174 Extrême-Nord 7,3 1,3 0,0 1,3 674 Littoral 40,6 10,0 1,5 8,3 115 Nord 7,9 2,8 0,0 2,8 355 Nord-Ouest 63,2 5,8 2,4 5,5 308 Ouest 41,6 12,9 1,5 10,1 394 Sud 39,7 13,2 0,4 12,2 125 Sud-Ouest 63,1 17,2 2,3 14,9 192 Yaoundé 69,5 16,2 2,0 13,2 231 Niveau d'instruction Aucun 8,7 1,4 0,1 1,3 890 Primaire 35,0 7,1 1,3 5,7 1 364 Secondaire ou plus 62,3 18,8 1,9 15,8 920 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 15,0 2,0 0,3 1,9 775 Second 21,0 3,3 1,9 2,7 654 Moyen 34,6 8,5 1,2 6,6 662 Quatrième 53,6 12,8 1,5 10,0 587 Le plus riche 66,6 22,9 0,7 20,0 495 Ensemble 35,5 8,9 1,1 7,4 3 173 1 Les femmes à qui on a parlé de la transmission du VIH mère-enfant et de l’importance du test du VIH sont considérées ici comme ayant reçu des conseils. 2 Un test a été propose à la femme au cours d’une visite prénatale et elle a accepté d’être testée. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 275 15.3 RAPPORTS SEXUELS À HAUTS RISQUES ET UTILISATION DU CONDOM La multiplicité des partenaires sexuels différents augmente le risque de contracter des IST et le VIH/sida, en particulier dans les groupes de population où l’utilisation du condom comme moyen de prévention est faible. Au cours de l’enquête, on a donc demandé aux hommes et aux femmes s’ils avaient eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois ; dans le cas d’une réponse affirmative, on leur a demandé s’ils avaient eu des rapports sexuels avec plusieurs partenaires. En plus des résultats à ces questions, le tableau 15.8 présente également le nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie. Tableau 15.8 Multiplicité des partenaires sexuels Parmi les femmes et les hommes âgés de 15-49 ans, pourcentage ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, parmi ceux ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, pourcentage qui ont eu des rapports sexuels avec plus d'un partenaire et, parmi les femmes et les hommes ayant déjà eu des rapports sexuels, nombre moyen de partenaire sur la durée de vie, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Femmes Hommes Caractéristique socio- démographique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels les 12 derniers mois Effectif Pourcentage ayant eu 2+ partenaires les 12 derniers mois Effectif ayant eu des rapports sexuels les 12 derniers mois Nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie Effectif ayant eu des rapports sexuels Pourcentage ayant eu des rapports sexuels les 12 derniers mois Effectif Pourcentage ayant eu 2+ partenaires les 12 derniers mois Effectif ayant eu des rapports sexuels les 12 derniers mois Nombre moyen de partenaires sexuels sur la durée de vie Effectif ayant eu des rapports sexuels Âge 15-24 63,7 4 936 10,4 3 145 2,5 3 582 54,2 2 177 41,4 1 180 2,8 1 350 15-19 48,2 2 684 11,2 1 293 2,0 1 470 36,5 1 224 35,1 447 1,6 527 20-24 82,3 2 252 9,9 1 852 2,9 2 112 76,9 953 45,3 733 3,6 823 25-29 89,1 1 747 7,1 1 556 3,5 1 730 91,9 812 39,8 746 6,1 789 30-39 87,4 2 430 5,3 2 124 4,1 2 427 95,3 1 087 40,4 1 036 8,1 1 082 40-49 80,0 1 543 4,9 1 234 3,9 1 542 94,4 738 39,1 697 11,2 738 État matrimonial Célibataire 37,0 2 560 19,6 948 3,5 1 194 50,8 2 112 42,1 1 073 9,2 1 261 En union 91,7 7 166 4,8 6 570 3,1 7 158 97,5 2 271 38,6 2 214 5,4 2 267 Divorcé/séparé/veuf 58,2 930 20,7 542 5,2 929 86,2 433 45,8 373 8,4 430 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 75,0 2 277 13,2 1 708 4,6 1 912 82,3 1 167 46,6 960 9,5 1 018 Autres villes 73,2 3 559 7,8 2 605 3,3 3 038 73,3 1 645 38,8 1 205 6,2 1 326 Ensemble urbain 73,9 5 836 9,9 4 313 3,8 4 950 77,0 2 812 42,2 2 165 7,5 2 344 Rural 77,7 4 820 4,9 3 746 2,9 4 331 74,6 2 003 37,7 1 495 4,7 1 614 Région Adamaoua 79,2 416 5,7 329 2,3 363 69,4 214 39,8 149 6,8 163 Centre 76,3 854 11,7 651 5,0 762 78,1 368 44,9 287 8,1 308 Douala 74,3 1 197 13,2 889 4,4 994 80,0 598 46,2 478 8,9 502 Est 79,8 506 15,9 404 5,1 468 86,2 249 45,2 215 11,0 225 Extrême-Nord 80,8 1 718 0,8 1 389 1,5 1 531 71,0 620 31,5 440 2,4 476 Littoral 74,3 482 9,8 358 4,2 408 77,7 208 38,1 162 8,2 173 Nord 79,2 975 0,5 772 1,6 852 66,1 434 30,2 287 2,0 329 Nord-Ouest 64,8 1 090 3,1 707 2,6 931 74,9 506 38,4 379 5,8 426 Ouest 69,9 1 142 6,7 798 2,8 961 66,6 411 48,7 274 3,5 293 Sud 82,2 439 12,4 361 5,9 408 83,2 223 47,9 186 11,2 203 Sud-Ouest 76,8 757 9,6 582 3,5 685 77,6 415 28,2 322 4,9 345 Yaoundé 75,8 1 080 13,1 819 4,7 918 84,7 568 46,9 481 10,2 516 Niveau d'instruction Aucun 82,5 2 383 0,5 1 967 1,6 2 251 80,7 467 33,9 377 1,5 403 Primaire 74,9 4 109 8,0 3 077 3,5 3 610 72,6 1 736 36,9 1 260 5,2 1 371 Secondaire ou plus 72,4 4 163 11,8 3 015 4,3 3 420 77,5 2 612 43,8 2 023 10,4 2 185 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 80,1 2 007 2,2 1 608 2,1 1 823 74,4 650 35,3 484 2,8 516 Second 76,9 1 756 5,6 1 351 3,0 1 585 74,5 792 37,5 590 5,0 641 Moyen 73,9 2 046 7,2 1 512 3,5 1 788 74,4 906 40,7 674 6,3 731 Quatrième 74,7 2 283 9,6 1 706 3,7 1 975 75,4 1 110 38,0 837 7,2 921 Le plus riche 73,4 2 566 12,1 1 883 4,3 2 108 79,3 1 357 45,9 1 076 8,9 1 149 Ensemble 75,6 1 065 7,6 8 060 3,4 9 280 76,0 4 815 40,4 3 660 6,2 3 959 276 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Environ les trois-quarts des femmes (76 %) ont déclaré avoir eu des rapports sexuels au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, et parmi ces femmes, 8 % ont eu, au moins, deux partenaires. Les rapports sexuels avec des partenaires multiples sont plus fréquents parmi les jeunes femmes de 15-24 ans (en moyenne 10 %, contre 5 % à partir de 30 ans). Les femmes célibataires et surtout celles en rupture d’union ont plus fréquemment déclaré que les autres avoir eu plusieurs partenaires sexuels (respectivement 20 % et 21 % contre 5 % pour les femmes eu union). En moyenne, ces femmes ont eu respectivement, 3,5 et 5,2 partenaires sexuels au cours leur vie. En outre, c’est parmi les femmes de Yaoundé/Douala (13 % contre 8 % dans les Autres villes et 5 % en rural), parmi celles qui sont les plus instruites (12 % contre moins d’un pour cent pour celles sans niveau d’instruction) et enfin parmi celles vivant dans les ménages les plus riches (12 % contre 2 % dans les ménages les plus pauvres) que cette pratique est la plus répandue. Dans ces groupes de femmes, le nombre moyen de partenaires sur la durée de vie est supérieur à 4. En fonction des régions, on constate qu’à l’Est (16 %), au Centre (12 %) et dans le Sud (12 %), plus d’une femme sur dix a déclaré avoir eu plusieurs partenaires sexuels. À l’opposé, dans l’Extrême-Nord et le Nord-Ouest, cette proportion n’atteint pas 1 %. Les trois-quarts des hommes ont déclaré avoir eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, soit une proportion similaire à celle des femmes (76 %). Parmi ces hommes, 40 %, c’est-à-dire une proportion beaucoup plus élevée que celle des femmes (8 %), ont eu des rapports sexuels avec, au moins, deux partenaires. Le nombre moyen de partenaires sur la durée de vie des hommes s’établit à 6,2. Parmi les hommes de 20-24 ans, ceux en rupture d’union, ceux de Yaoundé/Douala, ceux de niveau d’instruction secondaire ou plus, et ceux des ménages les plus riches, plus de deux sur cinq ont déclaré avoir eu, au moins, deux partenaires sexuels. Aux enquêtés ayant déclaré avoir eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois, on a demandé si ces rapports sexuels avaient eu lieu avec des partenaires non maritaux et non cohabitants, considérés comme étant des rapports sexuels à risques. De plus, on a cherché à savoir si, au cours des derniers rapports sexuels à risques, un condom avait été utilisé (tableau 15.9). Plus d’un quart des femmes (29 %) ont eu des rapports sexuels à risques au cours des 12 derniers mois. Chez les hommes, cette proportion est beaucoup plus élevée puisqu’elle atteint 62 %. Chez les femmes, il va de soi que la fréquence des rapports sexuels à risque est particulièrement élevée parmi les célibataires (100 %) et parmi les femmes en rupture d’union (81 %). À 15-19 ans, plus d’une jeune fille sur deux (56 %) a eu des rapports sexuels à risques. À Yaoundé/Douala (47 %), parmi les femmes de niveau d’instruction au moins secondaire (49 %) et parmi celles des ménages les plus riches (44 %), ces comportements sexuels à risque sont plus répandus que dans les autres groupes de femmes. À l’opposé, parmi les femmes sans niveau d’instruction (3 %), parmi celles des ménages les plus pauvres (8 %) et parmi celles des régions du Nord et de l’Extrême-Nord (3 % dans chaque cas), ces comportements sexuels à risques sont peu fréquents. Parmi les femmes ayant eu des rapports sexuels à risques, 41 % ont déclaré avoir utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels à risques. Les résultats montrent que c’est parmi les femmes qui ont déclaré le plus fréquemment avoir eu des rapports sexuels à risques que l’on constate les proportions les plus élevées de celles ayant utilisé un condom, c’est-à-dire les jeunes filles de 15-19 ans (47 %), les célibataires (50 %), celles de Yaoundé/Douala (51 %), celles ayant un niveau d’instruction au moins secondaire (49 %) et celles des ménages les plus riches (53 %). Proportionnellement, les hommes ont eu plus fréquemment que les femmes des rapports sexuels à risques (62 % contre 29 %). En outre, plus d’un homme sur deux (55 %) a déclaré avoir utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels à risques et, comme chez les femmes, ce sont ceux qui ont eu le plus de rapports à risques qui ont le plus fréquemment utilisé un condom. Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA | 277 Tableau 15.9 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques Parmi les femmes et les hommes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête, pourcentage de celles/ceux qui ont eu des rapports sexuels avec un partenaire non marital et non cohabitant (rapports à hauts risques) au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête et, parmi ces femmes et ces hommes, pourcentage ayant déclaré avoir utilisé un condom la dernière fois qu'ils ont eu des rapports sexuels avec un partenaire non marital et non cohabitant, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Femmes Hommes Caractéristique socio- démographique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes sexuellement actives au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques Effectif de femmes ayant eu des rapports à hauts risques au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif d’hommes sexuellement actifs au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques Effectif d’hommes ayant eu des rapports à hauts risques au cours des 12 derniers mois Âge 15-24 44,2 3 145 46,5 1 390 90,5 1 180 57,4 1 069 15-19 55,7 1 293 47,4 720 96,6 447 55,8 432 20-24 36,2 1 852 45,4 670 86,8 733 58,4 636 25-29 21,8 1 556 39,9 340 62,7 746 60,2 468 30-39 17,8 2 124 31,4 378 46,3 1 036 50,3 480 40-49 16,3 1 234 17,6 201 35,8 697 40,9 250 État matrimonial Célibataire 99,5 948 49,9 943 100,0 1 073 57,1 1 073 En union 14,1 6 570 34,7 929 38,7 2 214 53,2 857 Divorcé/séparé/veuf 80,9 542 32,7 438 90,0 373 50,5 335 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 46,8 1 708 51,2 800 75,6 960 68,1 725 Autres villes 33,2 2 605 43,3 864 65,2 1 205 57,4 786 Ensemble urbain 38,6 4 313 47,1 1 664 69,8 2 165 62,6 1 511 Rural 17,2 3 746 23,7 645 50,5 1 495 38,8 755 Région Adamaoua 11,8 329 54,5 39 51,4 149 50,9 76 Centre 41,1 651 31,2 268 69,3 287 49,1 199 Douala 46,0 889 47,8 409 75,2 478 66,7 360 Est 32,9 404 25,3 133 68,1 215 43,6 146 Extrême-Nord 3,4 1 389 27,8 48 29,8 440 35,0 131 Littoral 43,5 358 40,6 156 76,9 162 54,6 125 Nord 3,0 772 44,7 23 31,1 287 42,2 89 Nord-Ouest 30,7 707 32,7 217 67,4 379 42,3 255 Ouest 30,0 798 50,0 240 64,4 274 69,4 176 Sud 40,9 361 36,1 148 76,0 186 51,0 141 Sud-Ouest 41,1 582 24,0 239 62,6 322 44,6 202 Yaoundé 47,8 819 54,7 391 75,9 481 69,6 365 Niveau d'instruction Aucun 3,1 1 967 11,0 62 22,0 377 26,9 83 Primaire 25,4 3 077 27,0 782 58,1 1 260 39,8 732 Secondaire ou plus 48,6 3 015 49,0 1 465 71,7 2 023 63,7 1 451 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 8,4 1 608 17,8 136 30,8 484 32,1 149 Second 18,3 1 351 22,6 247 49,4 590 35,2 291 Moyen 29,3 1 512 28,7 443 65,0 674 45,7 438 Quatrième 38,7 1 706 44,2 660 69,1 837 59,5 578 Le plus riche 43,8 1 883 53,1 824 75,2 1 076 67,2 809 Ensemble 28,7 8 060 40,5 2 310 61,9 3 660 54,7 2 266 278 | Connaissance, Attitudes et Comportements vis-à-vis des IST/SIDA Les rapports sexuels payants sont considérés comme des rapports sexuels à hauts risques. Au cours de l’EDSC-III, on a demandé aux hommes si, au cours des 12 derniers mois, ils avaient eu des rapports sexuels avec une prostituée et si, au cours de ces rapports sexuels, ils avaient utilisé un condom. Une faible proportion d’hommes (3 %) ont déclaré avoir eu des rapports sexuels avec une prostituée (tableau 15.10). Quelle que soit la caractéristique socio-démographique, cette proportion reste faible : c’est parmi les hommes en rupture d’u