Cameroun - Demographic and Health Survey - 2005

Publication date: 2005

Indicateurs du Sommet Mondial pour les Enfants | 323 INDICATEURS DU SOMMET MONDIAL POUR LES ENFANTS – EDSC-III Taux de mortalité infanto-juvénile Probabilité de décéder entre la naissance et l’âge de 5 ans, pour 1 000 naissances vivantes (pour la période 0-4 ans avant l’enquête) 144 Taux de mortalité infantile Probabilité de décéder entre la naissance et le 1er anniversaire, pour 1 000 naissances vivantes (pour la période 0-4 ans avant l’enquête) 74 Insuffisance pondérale Enfants de moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondérale (%) 18 Retard de croissance Enfants de moins de cinq ans souffrant de retard de croissance (%) 32 Émaciation Enfants de moins de cinq ans souffrant d’une émaciation (%) 5 Utilisation de l’eau salubre Pourcentage de la population qui utilise une source d’eau salubre pour boire1 53 Utilisation des sanitaires Pourcentage de la population disposant de latrines améliorées ou chasse d’eau 93 Fréquentation scolaire Proportion des enfants atteignant le niveau 52 96 Taux net de scolarisation primaire Enfants de l’âge scolaire (6-11 ans) qui fréquente l’école primaire (%) 78 Taux d’alphabétisation Pourcentage de la population âgée de 15 ans ou plus qui sait lire un texte court et simple lié à la vie quotidienne Homme : Femme : 82 65 Soins prénatals Femmes de 15-49 ans ayant consulté au moins une fois durant la grossesse du personnel de santé (%)3 83 Soins à la naissance de l’enfant Naissances dont la mère a accouché avec l’assistance de personnel de santé (%) 62 Poids à la naissance < 2,5 kg Naissances vivantes qui pèsent moins de 2 500 grammes (%)4 12 Consommation du sel iodé Ménages qui consomment du sel iodé d’une manière adéquate (%) 15 ppm ou plus 88 Compléments de vitamine A Enfants de 6-59 mois ayant reçu un supplément de vitamine A au cours des 6 derniers mois (%) 38 Compléments de vitamine A Mères qui ont reçu un supplément de vitamine A au cours des deux premiers mois après l’accouchement 28 Cécité crépusculaire Femmes qui souffraient de cécité nocturne durant la dernière grossesse (%) 6 Taux d’allaitement exclusif Enfants de moins de 6 mois qui reçoivent exclusivement le sein (%) 24 Taux d’allaitement continu Enfants de 12-15 mois qui sont allaités (%) 83 Taux d’allaitement continu Enfants de 20-23 mois qui sont allaités (%) 29 Alimentation de complément Proportion des enfants 6-9 mois recevant alimentation de complément 79 Vaccin du DTCoq Enfants de 12-23 mois vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTCoq) (%) 65 Vaccin de la rougeole Enfants de 12-23 mois vaccinés contre la rougeole (%) 65 Vaccin de la polio Enfants de 12-23 mois vaccinés contre la poliomyélite (%) 67 Vaccin du BCG Enfants de 12-23 mois vaccinés contre la tuberculose (%) 86 Vaccination antitétanique Femmes ayant reçu deux doses ou plus de vaccin antitétanique au cours de la grossesse (%) 53 Prévalence de la diarrhée Enfants de moins de cinq ans ayant souffert de la diarrhée au cours des deux dernières semaines (%) 16 Utilisation de la TRO Enfants de 0-59 mois qui avaient la diarrhée durant les deux dernières semaines et qui ont été) traités avec une SRO ou une solution préparée à la maison (%) 24 Prévalence des IRA Enfants de moins de cinq ans ayant souffert de symptômes d’IRA au cours des deux dernières semaines (%) 11 Traitement des IRA Enfants de 0-59 mois qui avaient une IRA durant les deux dernières semaines et qui ont été conduits à un centre de santé ou auprès d’un agent de santé (%) 40 324 | Indicateurs du Sommet Mondial pour les Enfants INDICATEURS SUPPLÉMENTAIRES – EDSC-III Résidence des enfants Enfants de 0-14 ans vivant dans des ménages mais sans un parent biologique (%) 15 Orphelins dans les ménages Enfants de 0-14 ans orphelins vivant dans des ménages (%) 9 Possession de moustiquaire Ménages possédant au moins un moustiquaire (%) 20 Utilisation des moustiquaires par les enfants Enfants de moins de 5 ans qui ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête (%) 12 Connaissance des moyens de prévention du VIH Femmes qui ont déclaré qu’ou pouvait éviter le VIH en ayant des rapports sexuels avec seulement un partenaire qui n’a pas d’autre partenaire et en utilisant un condom au cours de chaque rapport sexuel (%) 62 Connaissance de la transmission du VIH Femmes qui ont identifié deux idées erronées concernant le sida (%)5 28 Connaissance de la transmission du VIH de la mère à son enfant Femmes qui pensent que le VIH peut être transmis de la mère à son enfant durant la grossesse (%) Femmes qui pensent que le VIH peut être transmis de la mère à son enfant durant l’accouchement (%) Femmes qui pensent que le VIH peut être transmis de la mère à son enfant durant l’allaitement (%) 60 49 47 Population testée pour le VIH Pourcentage de femmes et d’hommes ayant effectué le test du VIH (%) : - Femmes : - Hommes : 21 16 Séroprévalence du VIH Taux de séroprévalence du VIH (femmes et hommes de 15-49 ans) - Ensemble - Femmes : - Hommes : 5,5 6,8 4,1 1 Eau du robinet ou de puits protégé 2 Basé sur les enfants de droit 3 Pour la dernière naissance au cours des cinq années précédant l’enquête 4 Pour les enfants pour lesquels on ne dispose pas du poids déclaré à la naissance, on suppose qui la proportion de faible poids à la naissance est la même que celle que l’on trouve dans chague catégorie de poids parmi les enfants pour lesquels on connaît le poids. 5 Femmes rejetant les deux idées erronées les plus courantes (transmission par des moyens surnaturels et par les moustiques) et sachant qu’une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida. REPUBLIQUE DU CAMEROUN Enquête Démographique et de Santé Cameroun 2004 Institut National de la Statistique Ministère de la Planification, de la Programmation du Développement et de l’Aménagement du Territoire Yaoundé, Cameroun ORC Macro Calverton, Maryland, USA Juin 2005 I N S Les personnes suivantes ont participé à l’analyse des données de l’EDSC-III et à la rédaction du rapport Paul Roger LIBITE (INS) Claude TCHAMDA (INS) Marie Antoinette FOMO (INS) Robert SIMO KENGNE (INS) Eric JAZET KENGAP (INS) Thio’mi NKABKOB LONDJOU (INS) Ghislain GUEWOU (INS) Anaclet Désiré DZOSSA (INS) Dr Samuel NOUETAGNE (INS) Dr. MOSOKO J. JEMBIA (CNLS) Dr Samuel KELODJOUE (CNLS) Dr Ghislaing AFFANA (CNLS) Isaac MACAULEY (CNLS) Samuel MUSSI SAMA (CNLS) Dr Jean Christian YOUMBA (PNLS) Martin TSAFACK (BUCREP) Jean Pierre MAKANG (MINPROFF) Daniel SIBETCHEU (MINSANTE) Hélène KAMDEM (IFORD) Antoine KAMDOUM (UNFPA) Paulette BEAT SONGUE (UNFPA) Bernard BARRÈRE (ORC Macro) Monique BARRÈRE (ORC Macro) Fern GREENWELL (ORC Macro) Ce rapport présente les principaux résultats de la troisième Enquête Démographique et de Santé réalisée au Cameroun (EDSC-III) de février à août 2004 par l’Institut National de la Statistique (INS), en collaboration avec le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS). L’EDSC-III, initiée par le Gouvernement du Cameroun, fait partie du programme mondial MEASURE DHS+ dont l’objectif est de collecter, d’analyser et de diffuser des données relatives à la population et à la santé de la famille, d’évaluer l’impact des programmes mis en œuvre et de planifier de nouvelles stratégies pour l’amélioration de la santé et le bien-être de la population. L’enquête a été réalisée avec l’appui technique de ORC Macro. Elle a bénéficié de l’appui financier de l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), de la Banque Mondiale, de l’UNICEF, du FNUAP et du Gouvernement camerounais. Ce rapport est l’œuvre des auteurs et ne représente nécessairement pas la politique de l’USAID, ni celle des autres organismes de coopération. D’autres organismes nationaux tels que le BUCREP et le Centre Pasteur du Cameroun ont apporté leur soutien à la réalisation de cette opération. Des informations complémentaires sur l'EDSC-III peuvent être obtenues auprès de l’INS, B.P. 660, Yaoundé, Cameroun, Tel: (237) 222-04-45/77, Fax: (237) 223-24-37. Concernant le programme MEASURE DHS+, des renseignements peuvent être obtenus auprès de ORC Macro, 11785 Beltsville Drive, Suite 300, Calverton, MD 20705, USA (Téléphone (301) 572-0200 ; Fax (301) 572-0999 ; E-mail : reports@orcmacro.com ; Internet : http://www.measuredhs.com. Citation recommandée : Institut National de la Statistique (INS) et ORC Macro. 2004. Enquête Démographique et de Santé du Cameroun 2004. Calverton, Maryland, USA : INS et ORC Macro. Table des Matières | iii TABLE DES MATIÈRES Page Liste des tableaux et des graphiques . ix Préface . xvii Remerciements. xix Résumé . xxi Carte du Cameroun. xxx CHAPITRE 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE Paul Roger LIBITE et Eric JAZET 1.1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS .1 1.1.1 Situation géographique.1 1.1.2 Organisation politico administrative.2 1.1.3 Aperçu socio-économique.2 1.1.4 Milieu humain et démographie.3 1.1.5 Politique de population .4 1.1.6 Politique de santé.5 1.2 MÉTHODOLOGIE DE L'ENQUÊTE.8 1.2.1 Organisation de l’EDSC-III .8 1.2.2 Objectifs de l’EDSC-III .8 1.2.3 Questionnaires .9 1.2.4 Echantillonnage .11 1.2.5 Tests d’hémoglobine et du VIH.13 1.2.6 Personnel de l'EDSC-III .14 1.2.7 Déroulement des activités de l'EDSC-III .14 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES Claude TCHAMDA et Thio'mi NKABKOB 2.1 ENQUÊTE MÉNAGE .18 2.1.1 Structure par sexe et âge de la population .18 2.2 TAILLE ET COMPOSITION DES MÉNAGES .19 2.3 NIVEAU D'INSTRUCTION ET FRÉQUENTATION SCOLAIRE.22 2.4 CONDITIONS DE VIE .29 iv | Table des Matières CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS Eric JAZET et Anaclet DZOSSA 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS .35 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIO- DÉMOGRAPHIQUES .38 3.3 ALPHABÉTISATION.40 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS .44 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE.46 3.6 STATUT DE LA FEMME .52 3.6.1 Utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage .52 3.6.2 Prise de décision dans le ménage .54 3.6.3 Opinion des femmes sur la violence conjugale .56 3.6.4 Opinion des femmes sur le refus d’avoir des rapports sexuels .57 CHAPITRE 4 FÉCONDITÉ Paul Roger LIBITE 4.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE .62 4.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ .66 4.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE .69 4.4 GROSSESSES IMPRODUCTIVES.71 4.5 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE.74 4.6 ÂGE À LA PREMIÉRE NAISSANCE.76 4.7 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES.78 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE Martin TSAFACK et Robert SIMO KENGNE 5.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION .83 5.2 PRATIQUE DE LA CONTRACEPTION .86 5.2.1 Utilisation de la contraception à un moment quelconque.86 5.2.2 Utilisation actuelle de la contraception .87 5.3 PRÉVALENCE SELON LES INDICATEURS DU STATUT DE LA FEMME .91 5.4 NOMBRE D’ENFANTS À LA PREMIÈRE UTILISATION.92 5.5 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE.93 5.6 SOURCES D'APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION.95 5.7 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION.96 5.8 SOURCES D’INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION.99 5.9 CONTACT DES NON UTILISATRICES DE LA CONTRACEPTION AVEC DES PRESTATAIRES DE PLANIFICATION FAMILIALE. 101 5.10 OPINIONS ET ATTITUDES DES COUPLES VIS-À-VIS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE. 103 5.10.1 Discussion de la planification familiale avec le conjoint . 103 5.10.2 Opinion des couples face à la planification. 104 Table des Matières | v CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AUX RISQUES DE GROSSESSE Marie Antoinette FOMO 6.1 ÉTAT MATRIMONIAL. 107 6.2 POLYGAMIE. 109 6.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION . 111 6.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS . 114 6.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE . 118 6.6 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE . 121 6.7 MÉNOPAUSE . 124 CHAPITRE 7 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Marie Antoinette FOMO, Anaclet Désiré DZOSSA et Antoine KAMDOUM 7.1 DÉSIR D’AVOIR DES ENFANTS (SUPPLÉMÉNTAIRES) . 125 7.2 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE . 128 7.3 NOMBRE IDÉAL D'ENFANTS. 130 7.4 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ. 133 7.5 NOMBRE IDÉAL D’ENFANTS, BESOINS NON SATISFAITS EN PLANIFICATION FAMILIALE, SELON LE STATUT DE LA FEMME. 136 CHAPITRE 8 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT Monique Barrère 8.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET VISITES POSTNATALES . 139 8.1.1 Soins prénatals. 139 8.1.2 Accouchement. 144 8.1.3 Examens postnatals . 148 8.1.4 Santé de la reproduction et statut de la femme . 150 8.1.5 Tendances . 151 8.2 VACCINATION DES ENFANTS . 152 8.3 MALADIES DES ENFANTS . 157 CHAPITRE 9 PALUDISME Jean Christian YOUMBA et Monique BARRERE 9.1 SITUATION DU PALUDISME ET STRATÉGIES DE LUTTE CONTRE LE PALUDISME AU CAMEROUN . 165 9.2 PRÉVENTION DU PALUDISME . 167 9.2.1 Disponibilité de moustiquaires dans les ménages . 167 9.2.2 Utilisation des moustiquaires par les enfants de moins de 5 ans, l’ensemble des femmes et les femmes enceintes . 170 9.2.3 Chimioprévention chez la femme enceinte . 173 9.3 TRAITEMENT DU PALUDISME CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS . 175 vi | Table des Matières CHAPITRE 10 ALLAITEMENT MATERNEL, ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES Daniel SIBETCHEU, Marie Antoinette FOMO, Paul Roger LIBITE et Eric JAZET 10.1 ALLAITEMENT MATERNEL ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT . 179 10.2 CONSOMMATION DE MICRONUTRIMENTS ET PRÉVALENCE DE L’ANÉMIE . 188 10.2.1 Consommation de sel iodé par les ménages . 188 10.2.2 Consommation de micronutriments chez les enfants. 189 10.2.3 Consommation de micronutriments et cécité crépusculaire chez les femmes. 192 10.2.4 Prévalence de l’anémie. 194 10.3 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES. 199 10.3.1 État nutritionnel des enfants . 199 10.3.2 État nutritionnel des femmes. 207 CHAPITRE 11 MORTALITÉ DES ENFANTS Paul Roger LIBITE 11.1 NIVEAUX ET TENDANCES DE LA MORTALITÉ DES ENFANTS . 213 11.2 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE ET GROUPES À HAUTS RISQUES . 216 11.3 DIFFÉRENTIELS DE MORTALITÉ DES ENFANTS ET STATUT DE LA FEMME . 220 CHAPITRE 12 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE Bernard BARRÈRE 12.1 COLLECTE DES DONNÉES. 225 12.2 ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES. 226 12.3 ESTIMATION DE LA MORTALITÉ ADULTE. 229 12.4 ESTIMATION DIRECTE DE LA MORTALITÉ MATERNELLE. 231 CHAPITRE 13 EXCISION Monique BARRÈRE 13.1 CONNAISSANCE ET PRÉVALENCE DE L’EXCISION. 235 13.2 OPINIONS ET CROYANCES VIS-À-VIS DE L’EXCISION . 238 CHAPITRE 14 VIOLENCE DOMESTIQUE Jean Pierre MAKANG, Paulette BEAT SONGUE et Ghislain GEUWOU 14.1 VIOLENCE DOMESTIQUE. 244 14.1.1 Méthodologie . 244 14.1.2 Violence physique depuis l’âge de 15 ans . 246 14.1.3 Violence physique pendant la grossesse . 248 Table des Matières | vii 14.1.4 Contrôle exercé par le mari/partenaire . 251 14.2 VIOLENCE CONJUGALE. 251 14.2.1 Prévalence de la violence exercée par les conjoints. 251 14.2.2 Fréquence de la violence conjugale récente. 253 14.2.3 Premier épisode de violence conjugale . 255 14.2.4 Conséquences de la violence et recherche d’assistance. 255 14.2.5 Violence conjugale, statut de la femme et caractéristiques des conjoints. 258 14.2.6 Violences des femmes contre leur conjoint . 260 CHAPITRE 15 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DES IST/SIDA Monique BARRÈRE 15.1 CONNAISSANCE, OPINIONS ET ATTITUDES . 261 15.1.1 Connaissance des moyens de prévention et de transmission . 263 15.1.2 Stigmatisation . 269 15.2 POPULATION AYANT EFFECTUÉ UN TEST DE VIH/SIDA . 272 15.3 RAPPORTS SEXUELS À HAUTS RISQUES ET UTILISATION DU CONDOM. 275 15.4 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES. 279 15.5 OPINIONS. 280 15.6 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA ET COMPORTEMENTS SEXUELS CHEZ LES JEUNES. 284 15.6.1 Connaissance. 284 15.6.2 Comportements sexuels . 286 CHAPITRE 16 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS Dr Jembia J. MOSOKO et Dr Gislaine A. N. AFFANA 16.1 PROTOCOLE DE TEST DU VIH. 294 16.1.1 Collecte . 295 16.1.2 Procédures de laboratoire . 295 16.1.3 Traitement informatique et restitution des résultats . 297 16.2 TAUX DE COUVERTURE DU TEST DE VIH . 298 16.3 PRÉVALENCE DU VIH . 301 16.3.1 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio- démographiques . 301 16.3.2 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques démographiques. 304 16.3.3 Prévalence du VIH et facteurs de risque. 305 16.3.4 Prévalence du VIH et autres facteurs à risque. 307 viii | Table des Matières 16.3.5 Prévalence du VIH et circoncision . 308 16.3.6 Prévalence du VIH parmi les couples . 310 16.3.7 Prévalence du VIH parmi les jeunes. 312 RÉFÉRENCES . 315 PERSONNEL DE L’EDSC-III 2004. 319 INDICATEURS DU SOMMET MONDIAL POUR LES ENFANTS – EDSC-III . 323 Un CD est inséré à la fin de ce document. Il contient le rapport complet ainsi que les annexes suivantes : – PLAN DE SONDAGE – ERREURS DE SONDAGE – TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES – QUESTIONNAIRES Liste de Tableaux et des Graphiques | ix LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES Page CHAPITRE 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE Tableau 1.1 Indicateurs démographiques de base . 4 Tableau 1.2 Résultats de l'enquête ménage et de l'enquête individuelle . 12 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES Tableau 2.1 Population des ménages par âge, sexe et milieu de résidence . 18 Tableau 2.2 Population (de droit) par âge selon différentes sources . 19 Tableau 2.3 Composition des ménages . 20 Tableau 2.4 Enfants orphelins et résidence des enfants avec les parents . 21 Tableau 2.5.1 Niveau d'instruction de la population des ménages : hommes. 23 Tableau 2.5.2 Niveau d'instruction de la population des ménages : femmes. 24 Tableau 2.6 Taux de fréquentation scolaire . 26 Tableau 2.7 Caractéristiques des logements . 30 Tableau 2.8 Biens durables possédés par les ménages . 32 CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS Tableau 3.1 Répartition par âge des enquêtés . 36 Tableau 3.2 Caractéristiques socio-démographiques des enquêtés . 37 Tableau 3.3.1 Niveau d'instruction par caractéristiques socio-démographiques : femmes . 38 Tableau 3.3.2 Niveau d'instruction par caractéristiques socio-démographiques : hommes . 39 Tableau 3.4.1 Alphabétisation : femmes. 41 Tableau 3.4.2 Alphabétisation : hommes . 42 Tableau 3.5.1 Exposition aux média : femmes. 44 Tableau 3.5.2 Exposition aux média : hommes . 45 Tableau 3.6 Emploi . 47 Tableau 3.7 Occupation. 49 Tableau 3.8 Type d'emploi. 50 Tableau 3.9 Employeur et formes de revenus . 51 Tableau 3.10 Décision de l'utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage. 53 Tableau 3.11 Contrôle du revenu des femmes . 54 Tableau 3.12 Participation des femmes dans la prise de décision. 54 Tableau 3.13 Participation des femmes dans la prises de décision selon certaines caractéristiques socio-démographiques . 55 Tableau 3.14 Opinion des femmes concernant le fait qu'un mari batte sa femme. 57 Graphique 3.1 Proportion d’analphabètes parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans . 43 x | Liste de Tableaux et des Graphiques CHAPITRE 4 FÉCONDITÉ Tableau 4.1 Fécondité actuelle. 62 Tableau 4.2 Fécondité par caractéristiques socio-démographiques. 64 Tableau 4.3 Fécondité selon différentes sources . 66 Tableau 4.4 Tendance de la fécondité par âge . 67 Tableau 4.5 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes . 70 Tableau 4.6 Enfants nés vivants et enfants survivants des hommes. 71 Tableau 4.7 Grossesses improductives. 72 Tableau 4.8 Issue des grossesses improductives . 73 Tableau 4.9 Intervalle intergénésique . 75 Tableau 4.10 Âge à la première naissance . 76 Tableau 4.11 Âge médian à la première naissance selon certaines caractéristiques socio-démographiques. 77 Tableau 4.12 Grossesse et fécondité des adolescentes. 79 Graphique 4.1 Taux de fécondité générale par âge selon le milieu de résidence . 63 Graphique 4.2 Indice synthétique de fécondité et descendance atteinte à 40-49 ans . 65 Graphique 4.3 Taux de fécondité par âge selon l’ENF 1978, l'EDSC-I 1991, l'EDSC-II 1998 et l'EDSC-III 2004 . 67 Graphique 4.4 Taux de fécondité par âge et par période de cinq ans précédant l'EDSC-III 2004 . 68 Graphique 4.5 Tendances de l'ISF pour les femmes de 15-34 ans selon l'EDSC-I, l'EDSC-II et l'EDSC-III . 69 Graphique 4.6 Proportion d'adolescentes de 15-19 ans ayant commencé leur vie féconde selon l'EDSC-II et l'EDSC-III . 80 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE Tableau 5.1 Connaissance des méthodes contraceptives . 84 Tableau 5.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques socio- démographiques . 85 Tableau 5.3 Utilisation de la contraception à un moment quelconque . 86 Tableau 5.4 Utilisation actuelle de la contraception . 88 Tableau 5.5 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques socio- démographiques . 90 Tableau 5.6 Utilisation actuelle de la contraception selon certains indicateurs du statut de la femme . 92 Tableau 5.7 Nombre d'enfants à la première utilisation . 93 Tableau 5.8 Connaissance de la période féconde. 94 Tableau 5.9 Source d'approvisionnement. 95 Tableau 5.10 Utilisation future . 96 Tableau 5.11 Raisons pour lesquelles les femmes n'ont pas l'intention d'utiliser la contraception . 98 Tableau 5.12 Méthode contraceptive future préférée. 99 Tableau 5.13 Exposition aux messages sur la planification familiale . 100 Tableau 5.14 Contact des non-utilisatrices de la contraception avec des prestataires de planification familiale . 102 Tableau 5.15 Discussion de la planification familiale avec le conjoint. 103 Liste de Tableaux et des Graphiques | xi Tableau 5.16 Opinion des couples face à la planification familiale . 105 Graphique 5.1 Prévalence contraceptive parmi les femmes en union . 89 Graphique 5.2 Prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union 1991, 1998 et 2004. 89 Graphique 5.3 Intention d’utiliser la contraception par les femmes en union non utilisatrices . 97 CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AUX RISQUES DE GROSSESSE Tableau 6.1 État matrimonial actuel des femmes . 107 Tableau 6.2 État matrimonial actuel des hommes. 109 Tableau 6.3 Nombre de co-épouses. 110 Tableau 6.4 Âge à la première union. 112 Tableau 6.5 Âge médian à la première union . 113 Tableau 6.6 Âge aux premiers rapports sexuels . 115 Tableau 6.7 Âge médian aux premiers rapports sexuels. 116 Tableau 6.8 Activité sexuelle récente des femmes . 119 Tableau 6.9 Activité sexuelle récente des hommes . 120 Tableau 6.10 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum. 122 Tableau 6.11 Durée médiane de l'insusceptibilité post-partum par caractéristiques socio- démographiques . 123 Tableau 6.12 Ménopause. 124 Graphique 6.1 Proportion de femmes célibataires par âge, selon différentes sources . 108 Graphique 6.2 Âge médian des femmes à la première union. 114 Graphique 6.3 Âges médians des femmes à la première union et aux premiers rapports sexuels. 117 CHAPITRE 7 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Tableau 7.1 Préférences en matière de fécondité par nombre d'enfant vivants . 126 Tableau 7.2 Désir de limiter les naissances . 127 Tableau 7.3 Besoins en matière de planification familiale. 129 Tableau 7.4 Nombre idéal d'enfants . 131 Tableau 7.5 Nombre idéal d'enfants par caractéristiques socio-démographiques . 133 Tableau 7.6 Planification de la fécondité. 134 Tableau 7.7 Taux de fécondité désirée. 135 Tableau 7.8 Nombre idéal d'enfants, besoins non satisfaits en matière de planification familiale et statut de la femme . 137 Graphique 7.1 Désir d’enfant supplémentaire des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants . 126 Graphique 7.2 Nombre idéal d'enfants . 132 Graphique 7.3 Indice Synthétique de Fécondité et Indice Synthétique de Fécondité Désirée . 136 xii | Liste de Tableaux et des Graphiques CHAPITRE 8 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT Tableau 8.1 Soins prénatals. 140 Tableau 8.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse . 141 Tableau 8.3 Examens au cours des visites prénatales . 142 Tableau 8.4 Vaccination antitétanique . 144 Tableau 8.5 Lieu de l'accouchement . 145 Tableau 8.6 Assistance lors de l'accouchement. 146 Tableau 8.7 Caractéristiques de l'accouchement . 148 Tableau 8.8 Examens postnatals . 149 Tableau 8.9 Santé reproductive et statut de la femme . 151 Tableau 8.10 Vaccinations selon les sources d'information . 153 Tableau 8.11 Vaccinations selon les caractéristiques socio-démographiques. 155 Tableau 8.12 Vaccinations au cours de la première année . 156 Tableau 8.13 Prévalence et traitement des Infections Respiratoires Aiguës (IRA) et de la fièvre . 158 Tableau 8.14 Prévalence de la diarrhée. 160 Tableau 8.15 Connaissance des sachets de SRO. 161 Tableau 8.16 Traitement de la diarrhée. 162 Tableau 8.17 Alimentation pendant la diarrhée. 163 Graphique 8.1 Soins prénatals, assistance à l’accouchement et lieu d’accouchement . 152 Graphique 8.2 Vaccinations des enfants de 12-23 mois. 157 CHAPITRE 9 PALUDISME Tableau 9.1 Possession de moustiquaires . 168 Tableau 9.2 Utilisation des moustiquaires par les enfants. 171 Tableau 9.3 Utilisation des moustiquaires par les femmes et les femmes enceintes. 173 Tableau 9.4 Utilisation de traitement préventif au cours de la grossesse . 174 Tableau 9.5 Prévalence et traitement précoce de la fièvre. 176 Tableau 9.6 Différents antipaludéens et prise précoce. 178 Graphique 9.1 Possession de moustiquaires par les ménages. 169 Graphique 9.2 Utilisation de moustiquaires par les enfants de moins de 5 ans. 172 Graphique 9.3 Utilisation de traitement préventif contre le paludisme au cours de la dernière grossesse . 175 CHAPITRE 10 ALLAITEMENT, ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES Tableau 10.1 Allaitement initial. 180 Tableau 10.2 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant. 183 Tableau 10.3 Durée médiane et fréquence de l'allaitement. 185 Tableau 10.5 Sel iodé dans le ménage . 189 Tableau 10.6 Consommation de micronutriments . 191 Tableau 10.7 Consommation de micronutriments par les mères. 193 Tableau 10.8 Prévalence de l'anémie chez les enfants . 196 Tableau 10.9 Prévalence de l'anémie chez les femmes. 198 Tableau 10.10 Prévalence de l'anémie chez les enfants selon le niveau d'anémie de la mère. 199 Liste de Tableaux et des Graphiques | xiii Tableau 10.11 État nutritionel des enfants . 201 Tableau 10.12 État nutritionnel des femmes par caractéristiques socio-démographiques . 208 Graphique 10.1 Pratique d'allaitement des enfants de moins de 3 ans. 184 Graphique 10.2 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans accusant un retard de croissance modéré. 203 Graphique 10.3 Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans souffrant d’emaciation modérée . 205 Graphique 10.4 Tendance de la malnutrition (enfants de moins de 3 ans) selon l’EDSC-I 1991, l’EDSC-II 1998 et l’EDSC-III 2004 . 207 CHAPITRE 11 MORTALITÉ DES ENFANTS Tableau 11.1 Taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans . 213 Tableau 11.2 Taux de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio- démographiques . 216 Tableau 11.3 Taux de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques démographiques de la mère et des enfants . 219 Tableau 11.4 Taux de mortalité des enfants selon les indicateurs du statut de la femme. 221 Tableau 11.5 Comportement procréateur à hauts risques. 223 Graphique 11.1 Tendance de la mortalité néonatale, post-néonatale et infantile selon différentes sources . 215 Graphique 11.2 Tendance de la mortalité juvénile et infanto-juvénile selon différentes sources . 215 Graphique 11.3 Mortalité infantile et juvénile par région. 217 Graphique 11.4 Mortalité infantile et caractéristiques des naissances. 218 CHAPITRE 12 MORTALITÉ ADULTE ET MORTALITÉ MATERNELLE Tableau 12.1 Complétude de l'information sur les frères et soeurs. 227 Tableau 12.2 Indicateurs de la qualité des données sur les frères et sœurs. 228 Tableau 12.3 Estimation de la mortalité adulte par âge. 229 Tableau 12.4 Estimation directe de la mortalité maternelle. 232 Graphique 12.1 Taux de mortalité féminine par âge et par période avant l’EDSC-III et l’EDSC-II . 230 Graphique 12.2 Taux de mortalité masculine par âge et par période avant l’EDSC-III et l’EDSC-II . 230 Graphique 12.3 Taux de mortalité maternelle par période avant l’EDSC-III et l’EDSC-II . 233 CHAPITRE 13 EXCISION Tableau 13.1 Connaissance et pratique de l'excision . 236 Tableau 13.2 Pratique de l'excision parmi les filles des femmes enquêtées . 238 Tableau 13.3 Avantages pour une fille d'être excisée . 239 Tableau 13.4 Avantages pour une fille de ne pas être excisée. 240 Tableau 13.5 Croyances au sujet de l'excision . 241 Tableau 13.6 Opinion par rapport au maintien de l'excision . 242 Graphique 13.1 Âge à l’excision. 237 xiv | Liste de Tableaux et des Graphiques CHAPITRE 14 VIOLENCE DOMESTIQUE Tableau 14.1 Violence physique . 247 Tableau 14.2 Auteur des violence physiques . 248 Tableau 14.3 Violence pendant la grossesse . 249 Tableau 14.4 Contrôle exercé par le mari/partenaire. 250 Tableau 14.5 Violence conjugale . 252 Tableau 14.6 Fréquence de la violence conjugale . 254 Tableau 14.7 Premier épisode de violence conjugale . 255 Tableau 14.8 Conséquences de la violence conjugale . 256 Tableau 14.9 Recherche d’aide. 257 Tableau 14.10 Violence conjugale, statut de la femme et caractéristiques des conjoints . 259 Graphique 14.1 Pourcentage de femmes ayant subi divers types de violence . 246 Graphique 14.2 Violence entre conjoints . 260 CHAPITRE 15 CONNAISSANCE, ATTITUDES ET COMPORTEMENTS VIS-À-VIS DES IST/SIDA Tableau 15.1 Connaissance du sida. 262 Tableau 15.2 Connaissance des moyens de prévention du VIH. 263 Tableau 15.3.1 Idées erronées à propos du sida et connaissance « complète » du sida (femmes). 265 Tableau 15.3.2 Idées erronées à propos du sida et connaissance « complète » du sida (hommes) . 266 Tableau 15.4 Connaissance de la transmission du VIH de la mère à l'enfant. 268 Tableau 15.5.1 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH (femmes) . 270 Tableau 15.5.2 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH (hommes) . 271 Tableau 15.6 Population ayant effectué un test de VIH et ayant reçu les résultats. 272 Tableau 15.7 Femmes enceintes conseillées et testées pour le VIH. 274 Tableau 15.8 Multiplicité des partenaires sexuels . 275 Tableau 15.9 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels à hauts risques . 277 Tableau 15.10 Rapports sexuels payants et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels payants. 278 Tableau 15.11 Infection Sexuellement Transmissible (IST) et symptômes d'IST déclarés. 279 Tableau 15.12 Opinion sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint . 281 Tableau 15.13 Adultes (femmes et hommes) qui pensent que l’utilisation du condom devrait être enseignée aux jeunes de 12-14 ans . 283 Tableau 15.14 Idées erronées à propos du sida et connaissance « complète » du sida chez les jeunes. 285 Tableau 15.15 Âge des jeunes de 15-24 ans aux premiers rapports sexuels . 286 Tableau 15.16 Utilisation du condom aux premiers rapports sexuels par les jeunes de 15-24 ans . 287 Tableau 15.17 Jeunes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels prémaritaux au cours des 12 derniers mois et utilisation du condom au cours des derniers rapports sexuels prémaritaux . 288 Liste de Tableaux et des Graphiques | xv Tableau 15.18 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom par les jeunes de 15-24 ans . 289 Tableau 15.19 Abstinence, fidélité et utilisation des condoms par les jeunes de 15-24 ans . 290 Tableau 15.20 Disparité d'âges entre partenaires sexuels. 291 Tableau 15.21 Rapports sexuels après avoir bu de l’alcool . 292 Graphique 15.1 Recherche de conseils et de traitement pour les IST. 280 CHAPITRE 16 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS Tableau 16.1 Couverture du test de VIH selon le milieu et la région de résidence. 298 Tableau 16.2 Couverture du test de VIH selon l’âge, le niveau d’instruction et le quintile de bien-être économique . 300 Tableau 16.3 Prévalence du VIH selon l’âge. 301 Tableau 16.4 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio-démographiques. 303 Tableau 16.5 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques démographiques. 304 Tableau 16.6 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 306 Tableau 16.7 Prévalence du VIH selon la prévalence des IST et le test du VIH antérieur à l’enquête . 307 Tableau 16.8 Test de VIH antérieur à l’enquête et prévalence du VIH . 308 Tableau 16.9 Circoncision des hommes de 15-59 ans ayant subi le test et prévalence du VIH. 309 Tableau 16.10 Prévalence du VIH parmi les couples . 311 Graphique 16.1 Prévalence du VIH par sexe et âge. 302 Graphique 16.2 Prévalence du VIH par sexe et âge chez les jeunes de 15-24 ans . 313 Préface | xvii PRÉFACE Dans le cadre de sa politique et stratégie de développement et de réduction de la pauvreté, le Gouvernement camerounais a décidé de mettre sur pied un système national d’informations statistiques capable de lui fournir à temps des indicateurs pertinents pour le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des programmes et projets retenus. Ce système doit aussi être apte à fournir les informations pour la mesure des progrès vers l’atteinte des objectifs définis dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) ou aux engagements qu’il a souscrit au plan international, notamment les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). La réalisation en 2004 de la troisième Enquête Démographique et de Santé (EDSC-III), six ans après celle de 1998, offre la possibilité au Gouvernement, sur la base de nombreux indicateurs élaborés, d’actualiser sa connaissance de la situation, de pouvoir apprécier le chemin parcouru, et de réorienter éventuellement les politiques et les stratégies en matière de population et de santé. Couvrant de manière détaillée l’ensemble de la population et certains groupes spécifiques de population méritant une attention particulière, les indicateurs ainsi élaborés et mis à la disposition de tous les utilisateurs se rapportent à la fécondité, à la santé et à l’état nutritionnel de la mère et de l’enfant, aux soins pré et postnatals, à la couverture vaccinale, à la mortalité maternelle et infanto-juvénile, la planification familiale, à l’excision, aux violences domestiques, aux infections sexuellement transmissibles et au VIH/sida. Compte tenu des préoccupations actuelles du Gouvernement par rapport à la mortalité infanto- juvénile et maternelle d’une part, et à la lutte contre la pandémie du siècle d’autre part, deux modules spécifiques ont été intégrés dans le champ de l’enquête. Il s’agit du test de l’anémie et du dépistage du VIH/Sida qui ont été menés avec succès, grâce à l’adhésion des populations éligibles pour les tests. D’autres innovations majeures introduites ont porté sur la collecte des informations sur les pratiques relatives à la circoncision, à l'excision et également sur les comportements et pratiques en matière de prévention et de traitement du paludisme qui est l’une des causes majeures de la mortalité au Cameroun. Il est important de relever que les informations obtenues à partir de l’analyse des données sur le VIH/Sida ont été présentées en octobre 2004 lors d’une session extraordinaire du Comité National de Lutte contre le Sida, présidée par le Ministre de la Santé Publique en présence de plusieurs membres du Gouvernement et des partenaires impliqués, notamment l’ONUSIDA. Ces informations ont été exploitées pour l’actualisation du plan d’action national prioritaire de lutte contre la pandémie du sida. Le présent rapport d'analyse est une œuvre mettant à profit la contribution des compétences nationales multisectorielles et celles des experts de ORC Macro. Ce document met à la disposition de tous les acteurs impliqués et des chercheurs, des renseignements dont ils ont certainement besoin pour fonder leurs actions. Permettez que je saisisse cette occasion pour adresser à nouveau les remerciements et la reconnaissance du Gouvernement aux partenaires au développement qui ont contribué de façon décisive à la réalisation de cette enquête. Il s’agit de la Banque Mondiale, de l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID), du Fonds des Nations Unies pou l’Enfance (UNICEF), et du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). xviii | Préface Il est important de noter pour se réjouir de ce que la réussite de l’EDSC-III a été le fruit d’une étroite collaboration technique entre les équipes de l’Institut National de la Statistique (INS), du Bureau Central des Recensements et des Etudes de Population (BUCREP), du Ministère de la Santé Publique représenté par le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS), du Centre Pasteur du Cameroun (CPC) et de ORC Macro. Au nom du Gouvernement, je leur adresse mes félicitations pour la détermination, le dévouement et la maîtrise qui leur ont permis de produire un travail de grande qualité. M. Augustin Frédéric KODOCK Le Ministre d’Etat Ministre de la Planification, de la Programmation du Développement et de l’Aménagement du Territoire Remerciements | xix REMERCIEMENTS Le Cameroun a réalisé sa troisième Enquête Démographique et de Santé (EDSC-III) après celles de 1991 et 1998. Cette opération d’envergure nationale a mobilisé d’importantes ressources humaines, financières et matérielles. Elle est le résultat de l’effort conjugué de nombreuses personnes et institutions nationales et internationales. En effet, l’EDSC-III a été conduite par l'Institut National de la Statistique (INS), en collaboration avec le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS) et le Bureau Central des Recensements et des Etudes de Population (BUCREP). Elle a bénéficié de l'assistance technique de ORC Macro, organisme en charge du programme international des Enquêtes Démographiques et de Santé. Cette enquête a également bénéficié de la participation active des populations enquêtées et du soutien fort appréciable de diverses institutions et administrations nationales et locales à travers notamment leurs actions de sensibilisation. Il s’agit du Ministère des Affaires Économiques, de la Programmation et de l’Aménagement du Territoire, et des Ministères de la Santé Publique, de l'Éducation Nationale, des Affaires Sociales et de la Condition Féminine, des autorités administratives locales, des autorités religieuses et traditionnelles. À toutes ces institutions et personnalités, nous adressons nos sincères remerciements pour leur disponibilité et la qualité de l’assistance qu’ils ont apportée et qui ont contribué à la réussite de cette importante opération. Il est important de relever que cette opération, qui s’inscrit dans le programme statistique minimum pour le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), a bénéficié du soutien financier du Gouvernement, de la Banque Mondiale, de l’UNICEF, de l’UNFPA et de l’USAID. C’est le lieu pour nous de leur exprimer toute notre gratitude. Nous adressons toute notre reconnaissance au personnel du CNLS et en particulier au Dr Léopold Zekeng et à son collaborateur Dr Joseph Jembia Mosoko, à l’équipe du BUCREP et en particulier à Mme Bernadette Mbarga, au personnel du CPC et en particulier au Dr Jocelyn Thonnon et à son collaborateur Dr Ahidjo Ayouba, et à l’équipe de ORC Macro, en particulier à Mme K. Fern Greenwell et à M. Bernard Barrère. xx | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête À toute l'équipe technique camerounaise mise en place pour la réalisation de l'EDSC-III conduite par Monsieur Paul Roger Libité, coordonnateur technique, nous adressons nos chaleureuses félicitations. Elle a en effet su se mobiliser et cristalliser tous les efforts pour conduire avec maîtrise toutes les activités. Nous n’oublions pas les chefs d’équipe, les cartographes, les contrôleuses, les enquêteurs/enquêtrices, les agents de vérification, les agents de saisie, les secrétaires, les chauffeurs et les plantons qui ont exécuté avec détermination et dévouement toutes les tâches qui leur ont été confiées. Résumé | xxiii RÉSUMÉ L’Enquête Démographique et de Santé au Cameroun (EDSC-III) est la troisième du genre. Elle est une enquête par sondage, représentative au niveau national. Commanditée par le Gouvernement camerounais, elle a été conduite par l’Institut National de la Statistique (INS) en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique à travers le Comité National de Lutte contre le SIDA (CNLS). Elle a bénéficié de l’assistance technique de ORC Macro, institution de coopération américaine en charge du program- me international des Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS). Le projet EDSC-III a été exécuté grâce à l’appui financier de la Banque Mondiale à travers le Projet d’Appui au Programme Multi- sectoriel de Lutte contre le Sida, de l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID), du Fonds des Nations Unies Pour l’Enfance (UNICEF) et du Fonds des Nations Unies Pour la Population (UNFPA). En outre, l'EDSC-III a bénéficié de l'apport financier du Gouvernement camerounais et de sa contribution par la mise à disposition des cadres techniques et de logistique. L’EDSC-III fournit des informations sur les niveaux de fécondité, l’activité sexuelle, les préférences en matière de fécondité, la connais- sance et l’utilisation des méthodes de planification familiale, les pratiques de l’allaitement, l’état nutritionnel des femmes et des enfants de moins de cinq ans, la mortalité infantile, la mortalité adulte, y compris la mortalité maternelle, la santé de la mère et de l’enfant et sur la connaissance, les attitudes et les comportements vis-à-vis du sida et autres infections sexuellement transmissibles. De nouveaux volets inclus lors de la collecte portent sur la pratique de l’excision et de la circoncision, l’utilisation des moustiquaires, les violences domestiques, et les tests du VIH ainsi que de l’anémie. Les informations collectées au cours de l’EDSC-III permettent la mise à jour des indicateurs de base sur la situation démographique et sanitaire estimés lors des précédentes enquêtes de 1991 et 1998. Au cours de l’enquête, réalisée sur le terrain de février à août 2004, 10 462 ménages, 10 656 femmes âgées de 15-49 ans et 5 280 hommes de 15-59 ans ont été interviewés avec succès, parmi lesquels 5 227 femmes de 15-49 ans et 5 125 hommes de 15-59 ans ont été testés pour le VIH. Les informations recueillies sont représentatives au niveau national, au niveau du milieu de résidence (Yaoundé/Douala, Autres villes, et milieu rural) et au niveau des 12 domaines d’étude que sont la ville de Yaoundé, la ville de Douala, la province du Centre hormis Yaoundé (appelée "Centre"), la province du Littoral hormis Douala (appelée "Littoral"), puis les huit autres provinces du pays : Adamaoua, Est, Extrême-Nord, Nord, Nord-Ouest, Ouest, Sud et Sud- Ouest. Moins de la moitié des ménages au Cameroun disposent de l’électricité (47 %). Par rapport à 1991 et 1998, on constate cependant une nette amélioration puisque à ces dates, ce sont respectivement 29 % et 41 % des ménages qui en disposaient. Pour l’approvisionnement en eau de boisson, 53 % des ménages sur le territoire national ont accès à l’eau potable en 2004 contre 45 % en 1998. L’enquête s’est intéressée à la survie des parents des enfants de moins de 18 ans. Il en ressort que 56 % des enfants de moins de 18 ans vivent avec leurs deux parents biologiques. Cette situation est plus fréquente en milieu rural (59 %) qu’en milieu urbain (53 %). Les indices de parité du genre révèlent l’existence d’une certaine discrimination à l’égard des filles en ce qui concerne la fréquentation scolaire aux niveaux d’enseignement primaire et secondaire. Cette discrimination semble plus accentuée au niveau d’enseignement secondaire où ce ratio est de 0,86 comparé au niveau primaire où il est de 0,90. L’intensité de cette discrimination varie d’un milieu de résidence à l’autre et d’une région à l’autre. xxiv | Résumé FÉCONDITÉ Niveau de fécondité et tendance. Les données de l’EDSC-III montrent que la fécondité des femmes au Cameroun en 2004 demeure élevée. Avec les niveaux actuels, chaque femme donnerait naissance en moyenne à 5,0 enfants à la fin de sa vie féconde. Cette fécondité est également précoce puisque 29 % des filles de moins de 20 ans ont déjà donné naissance à, au moins, un enfant ou en sont à leur première grossesse au moment de l’enquête. La fécondité continue de baisser dans la mesure où d’après l’ENF (1978), une femme arrivée en fin de vie féconde avait, en moyenne, 6,4 enfants; l’EDSC-I (1991) et l’EDSC-II (1998) ont respectivement estimé ce nombre à 5,8 enfants et 5,2 enfants alors que d’après l’EDSC-III une femme aurait, en moyenne, 5,0 enfants en fin de vie féconde, soit, au total, 1,4 enfants de moins par rapport au niveau de 1978. Au Cameroun, 3,6 % seulement des femmes actuellement en union et âgées de 35- 49 ans n’ont jamais eu d’enfant et pourraient être considérées comme stériles. Fécondité différentielle. Des différences très nettes de fécondité apparaissent entre milieux de résidence : une femme de Yaoundé/Douala a un niveau de fécondité nettement plus faible (3,2) que celui qui prévaut dans les Autres Villes (4,6) et en zone rurale (6,1). En outre, le nombre moyen d’enfants par femme varie de façon importante selon les régions, d’un minimum de 3,7 enfants dans le Sud-Ouest à un maximum de 6,4 dans l’Extrême-Nord. Ce nombre moyen présente des écarts très importants selon le niveau d'instruction des femmes (3,5 enfants par femme chez celles ayant atteint le niveau d’instruction secondaire ou plus contre 6,3 chez celles sans niveau d’instruction) et le niveau de vie du ménage d’appartenance de la femme : 3,2 enfants en moyenne pour les femmes appartenant aux ménages les plus riches contre 6,3 pour celles des ménages les plus pauvres. NUPTIALITÉ Parmi les femmes de 15-49 ans, 67 % étaient en union au moment de l’enquête. La proportion des femmes qui restent encore célibataires à 35-39 ans est de 2 % seulement. Ainsi, le mariage qui demeure le cadre privilégié de l'activité sexuelle et de la procréation est largement répandu au Cameroun. En outre, trois femmes sur dix (30 %) sont en union polygame. L’entrée en union demeure précoce au Cameroun : 22 % des femmes de 25-49 ans étaient déjà en union à 15 ans et la moitié des femmes entrent en première union dès l’âge de 17,6 ans. En 1991 et 1998, ces valeurs étaient de 16,5 ans et 17,4 ans ; il n’y a donc pas eu d’évolution notable dans le calendrier de la primo nuptialité entre les deux dernières enquêtes. Les premiers rapports sexuels se produisent toujours très tôt, puisque l’âge médian est de 16,4 ans, chez les femmes mais en recul par rapport au niveau de 1998 (15,8 ans). Les hommes contractent leur première union à un âge plus tardif ; leur âge médian à la première union étant de 25,2 ans. Quant à l’âge aux premiers rapports sexuels pour les hommes âgés de 25-49 ans, il est resté constant : 18,5 ans en 2004 et 18,3 ans en 1998. PLANIFICATION FAMILIALE Connaissance des méthodes contraceptives. Bien que de plus en plus de femmes connaissent les méthodes contraceptives (90 % en 2004 contre 81 % en 1998), et en particulier les méthodes modernes (90 % en 2004 contre 80 % en 1998), peu de femmes les utilisent. Prévalence contraceptive. En effet, la prévalence contraceptive des femmes en union est seulement de 26 %, toutes méthodes confondues, et 13 % pour les méthodes modernes. Parmi les femmes en union, la proportion des utilisatrices a augmenté au cours des quatorze dernières années : 16 % en 1991 à 19 % en 1998 et 26 % en 2004 pour l’ensemble des méthodes. Concernant les seules méthodes modernes, la variation est presque constante entre les trois périodes (4 % en 1991, 7 % en 1998 et 13 % en 2004). Besoins non satisfaits en planification. Bien que ces besoins soient assez importants chez les femmes en union, l’utilisation actuelle de la contraception est relativement faible. Une femme en union sur cinq (20 %) en expriment le besoin et ce, essentiellement, pour l’espacement des naissances (14 %). Actuellement, 56 % de la demande potentielle totale en planification familiale chez les femmes en union se trouve satisfaite au Cameroun. Si tous les besoins étaient satisfaits, la prévalence contraceptive des femmes en union serait de 46 % soit plus de 1,7 fois plus élevée que la prévalence observée. Résumé | xxv SANTÉ DE LA MÈRE Soins prénatals. En ce qui concerne les soins prénatals et les conditions d’accouchement, on constate que pour la grande majorité (83 %) des naissances survenues dans les 5 années précédant l’enquête, les mères ont effectué une visite prénatale auprès de personnel qualifié et que 72 % d’entre elles ont été protégées contre le tétanos néonatal, par au moins une dose de vaccin antitétanique. Environ six naissances sur dix (59 %) se sont déroulées dans un établissement sanitaire, contre 40 % à la maison. Par ailleurs, 62 % des naissances ont bénéficié de l’assistance de personnel de santé au moment de l’accouchement. Les femmes du milieu rural (58 %), celles sans niveau d’instruction (78 %), celles appartenant aux ménages les plus pauvres (71 %) et celles n’ayant reçu aucun soin prénatal (89 %) ont, beaucoup plus fréquemment que les autres, accouché à domicile et sans assistance de personnel formé. Tendances des soins prénatals. Par rapport à l’enquête de 1998, on note une nette augmentation des proportions de femmes qui ont effectué des visites prénatales (79 % en 1998) et de celles protégées contre le tétanos néonatal (69 % en 1998). On note également une diminution de la proportion de femmes qui accouchent à domicile (44 % en 1998). SANTÉ DE L’ENFANT Vaccination des enfants. Pour ce qui est de la vaccination des enfants, on constate que la majorité est vaccinée : 86 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG, 65 % les trois doses de DTCoq, 67 % celles de la Polio et 65 % ont été vaccinés contre la rougeole. Au total, près de la moitié des enfants de 12-23 mois (48 %) ont reçu tous les vaccins du Programme Élargi de Vaccination (PEV) (sans la fièvre jaune). À l’inverse, seulement 5 % des enfants de 12-23 mois n'ont reçu aucun vaccin. Comparativement à la situation qui prévalait en 1998, on note une nette amélioration de la couverture vaccinale (36 % d’enfants totalement vaccinés en 1998). Les enfants bénéficiant d’une meilleure couverture vaccinale sont ceux de mères instruites, vivant en ville ou qui appartiennent à un ménage aisé. Maladies de l’enfance. Au Cameroun, les infections respiratoires aiguës, la fièvre et la diarrhée sont des problèmes de santé importants chez les enfants. Un peu plus d’un enfant sur 10 (11 %) a souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, près d’un quart (24 %) des enfants ont eu la fièvre pendant cette période. S’agissant de la diarrhée, moins d’un enfant sur cinq (16 %) a eu un ou plusieurs épisodes diarrhéiques durant cette même période. Au cours des épisodes diarrhéiques, 23 % des enfants n’ont bénéficié d’aucun type de réhydratation, et dans 21 % des cas, des soins ont été recherchés au cours de leur maladie. Possession et utilisation des moustiquaires. L’utilisation des moustiquaires est un moyen efficace de protection contre les moustiques qui transmettent le paludisme. Les données de l’enquête montrent que seulement un ménage sur cinq (20 %) possède au moins une moustiquaire. C’est à Yaoundé/Douala que près d’un tiers des ménages possède au moins une moustiquaire (31 %) contre seulement 17 % en milieu rural. Dans les ménages ayant des enfants de moins de cinq ans et disposant de moustiquaires, seulement 12 % des enfants ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête. Une proportion quasiment identique plus élevée de femmes enceintes (12 %) a dormi sous une moustiquaire au cours de la nuit ayant précédé l’interview. NUTRITION Allaitement des petits enfants. Plus de neuf enfants sur dix (94 %) nés durant les cinq années ayant précédé l’enquête ont été allaités. Bien que la majorité des enfants (60 %) soient allaités dans les 24 heures qui ont suivi leur naissance, dans 62 % des cas, ils ont reçu des aliments avant le début de l’allaitement. L’assistance à l’accouchement et partant, le lieu où celui-ci s’est déroulé, influence légèrement le début de l’allaitement. En effet, quand la mère a accouché avec l’assistance de personnel de santé, plus d'un enfant sur trois (35 %) ont été allaités dans l’heure qui a suivi leur naissance contre 29 % pour ceux dont la mère a accouché avec l’assistance d’une accoucheuse traditionnelle ou d’une autre personne (21 %). De même, 36 % des enfants nés dans un centre de santé ont été allaités dans l’heure qui a suivi la naissance. Quand la mère a accouché à la maison, cette proportion n’est que de 27 %. xxvi | Résumé Sevrage et aliments de compléments. À partir de 6 mois, tous les enfants devraient recevoir une alimentation de complément, car à partir de cet âge, le lait maternel seul n’est plus suffisant pour assurer la croissance optimale de l’enfant. Au Cameroun, une proportion importante d’enfants consomme des céréales et des tubercules ou racines avant l’âge de 6 mois. À 6-7 mois, 21 % d’enfants ne consomment aucun aliment solide ou semi-solide comme complément nutritionnel en plus du lait maternel. Supplémentation en vitamine A. La carence en vitamine A (avitaminose A) affecte le système immunitaire de l’enfant et augmente ainsi ses risques de décéder de maladies de l’enfance. L’avitaminose A peut également affecter la vue et causer la cécité crépusculaire chez les enfants, affecter aussi la santé des mères enceintes ou de celles qui allaitent. Elle peut être évitée par des compléments en vitamine A ou l’enrichissement des aliments. Plus de deux enfants sur cinq (38 %) âgés de moins de trois ans ont reçu des compléments de vitamine A. Les proportions d’enfants qui ont reçu des suppléments de vitamine A varient surtout selon le milieu de résidence (35 % en milieu rural contre 40 % dans les Autres villes et 44 % à Yaoundé/Douala). Au plan national, seulement 28 % des femmes ont reçu des suppléments en vitamine A deux mois après l’accouchement de leur dernier-né. Etat nutritionnel des enfants. Les indices concernant l’état nutritionnel montrent que 32 % des enfants âgés de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique modérée, et de 13 % sous sa forme sévère. En plus, 5 % des enfants souffrent de sous-nutrition aiguë modérée, et moins de 1 % sous sa forme sévère. Enfin, la prévalence de l’insuffisance pondérale modérée est de 18 %, et de 4 % pour sa forme sévère. MORTALITÉ INFANTILE Niveau de mortalité et tendance. La mortalité infanto-juvénile reste élevée au plan national. Pour la période la plus récente (0-4 ans avant l’enquête), les résultats montrent que sur 1 000 naissances vivantes, 74 meurent avant d’atteindre leur premier anniversaire (29 ‰ entre 0 et 1 mois exact et 45 ‰ entre 1 et 12 mois exacts), et que sur 1000 enfants âgés d’un an, 75 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire. Globalement, le risque de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire est de 144 pour 1000 naissances, soit environ un enfant sur sept. Tendance de la mortalité des enfants de moins de 5 ans. Par rapport aux résultats de la précédente enquête réalisée en 1998 (EDSC-II), le niveau de toutes les composantes de la mortalité des enfants obtenus en 2004 est sensiblement le même : mortalité infantile de 77 pour mille à l’EDSC-III contre 74 pour mille en 2004 pour les cinq dernières années, mortalité infanto-juvénile de 144 pour mille en 2004 contre 151 pour mille pour les cinq dernières années précédant l’EDSC-II. Mortalité différentielle. La mortalité infantile est nettement plus faible en milieu urbain (68 ‰) qu’en milieu rural (91 ‰). L’analyse par région indique de fortes disparités. En effet, la probabilité de mourir entre 0 et 5 ans varie de manière importante d’une région à une autre. Le niveau de mortalité infantile varie du simple au double, d’un minimum de 58 ‰ dans le Nord-Ouest à un maximum de 111 ‰ à l’Est. Par ailleurs, on constate également des variations importantes des niveaux de mortalité selon le niveau d’instruction de la mère. En effet, un enfant dont la mère n’a aucun niveau d’instruction a une probabilité de mourir, avant le premier anniversaire 1,59 fois plus élevée que celle d’un enfant dont la mère a le niveau d’instruction secondaire ou plus (94 ‰ contre 59 ‰). EXCISION Prévalence. La pratique de l’excision est très peu répandue au Cameroun puisque seulement 1,4 % des femmes ont déclaré être excisées. Cependant, on constate des variations selon les catégories de femmes, les proportions les plus élevées se situant à : 2,5 % parmi les femmes de 20-24 ans, 4,8 % parmi les femmes sans niveau d’instruction, 12,7 % parmi les femmes de l’ethnie Arabe-Choa/Peuls/Haoussa/Kanuri, 5,8 % parmi les musulmanes et 4,0 % parmi celles des ménages du second quintile. Perspectives. Moins d’un pour cent des enquêtées avaient une fille excisée et dans moins d’un pour cent des cas, elles avaient l’intention de la faire exciser. Globalement, 1,5 % des filles des mères enquêtées sont excisées (0,7 %) ou seront excisées (0,8 %) : cette « prévalence » se situe au même niveau que celle des mères (1,4 %), ce qui dénote peu de perspectives de changement dans la pratique de l’excision au Cameroun. Résumé | xxvii VIOLENCES DOMESTIQUES L’EDSC-III montre que plus d’une femme sur deux (53 %) a déclaré avoir subi des violences physiques à un moment quelconque depuis l’age de 15 ans et, dans 45 % des cas, les femmes ont subi ces actes de violence au cours des douze derniers mois. Le plus fréquemment, l’auteur de ces violences est le mari/partenaire. Quel que soit le type de violence considéré, physique ou sexuelle, les femmes souffrent souvent de conséquences graves : dans 21 % des cas, les violences ont eu pour conséquences des hématomes ou des meurtrissures et même, dans 15 % des cas, des blessures ou des os cassés. SIDA ET AUTRES IST Connaissance du sida. Le VIH/sida est connu par pratiquement toute la population (98 % des femmes et 99 % des hommes). Cependant, bien que la grande majorité des femmes aient entendu parler du VIH/sida, seulement 62 % d’entre elles ont déclaré qu’on pouvait limiter les risques de contracter le VIH/sida en utilisant des condoms lors des rapport sexuels ou en limitant des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté. Chez les hommes, cette proportion est bien plus élevée (75 %). La connaissance de la transmission du VIH de la mère à l’enfant est légèrement plus répandue parmi les hommes (72 %) que les femmes (60 %). Sida et stigma. Le comportement que les gens adopteraient face à des personnes atteintes par le VIH/sida est révélateur du niveau de stigmatisation et de discrimination à l’égard des personnes infectées par ce virus. Cette enquête montre que 69 % des femmes ont déclaré qu’elles seraient prêtes à prendre soin chez elles d’un membre de la famille atteint du sida. La proportion est plus élevée chez les hommes (82 %). Rapports à hauts risques et utilisation du condom. Un des objectifs essentiels du Comité National de Lutte contre le Sida est d’encourager la population sexuellement active à utiliser de façon régulière le condom. L’EDSC-III montre que plus d’un quart des femmes (29 %) ont eu des rapports sexuels à risques au cours des 12 derniers mois. Chez les hommes, cette proportion est beaucoup plus élevée puisqu’elle atteint 62 %. Un peu plus d’un quart de femmes (41 %) et plus de la moitié des hommes (55 %) ont déclaré avoir utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels à hauts risques. PRÉVALENCE DU VIH Taux de couverture. Les résultats de l’EDSC-III indiquent que plus de 9 personnes sur 10 ont consenti à donner quelques gouttes de leur sang pour être testées sur le VIH. Le taux de couverture est légèrement plus élevé chez les femmes (92 %) que chez les hommes (90 %). Les taux d’acceptation chez les femmes et les hommes du milieu rural sont nettement plus élevés que chez ceux du milieu urbain. Dans l’ensemble, 95 % des personnes dans les zones rurales ont accepté contre 87 % chez celles des villes (82 % à Yaoundé/Douala et 90 % dans les Autres villes). Le taux de couverture du test du VIH est plus élevé dans le Sud où 96 % des femmes et des hommes ont été testés et moins élevé à l’Est où 90 % des femmes et des hommes ont été testés. D’une manière générale, à l’exception du Nord-Ouest et de l’Ouest, le taux de couverture est toujours plus élevé chez les femmes, comparé à celui des hommes. VIH et vulnérabilité des femmes. Les résultats de l’EDSC-III de 2004 montrent que 5,5 % des adultes au Cameroun âgés de 15-49 ans sont séropositifs au VIH. Le taux de séroprévalence chez les femmes de 15-49 ans est supérieur à celui des hommes de la même tranche d’âges : 6,8 % contre 4,1 %. Il s’en dégage un ratio d’infection entre les hommes et les femmes de 1,7, ce qui revient à dire que pour 100 hommes infectés, il y a 170 femmes infectées. Ce chiffre est comparable avec d’autres ratios trouvés dans des enquêtes similaires en Afrique subsaharienne, ce qui implique que les femmes sont particulièrement vulnérables à l’infection au VIH par rapport aux hommes. VIH et milieu de résidence. Selon le milieu de résidence, et quel que soit le sexe, le milieu urbain présente un risque d’infection significativement plus élevé au VIH par rapport au milieu rural (tableau 16.4). La prévalence est plus élevée dans les Autres villes (6,9 %) et à Yaoundé/Douala (6,4 %) qu’en milieu rural (4,0 %). Il convient de relever que la prévalence est relativement élevée à Yaoundé (8,3% contre 4,5 % à Douala) tant chez les femmes (10,7 % contre 5,5 %) que chez les hommes (6,0 % contre 3,6 %). L’épidémie du VIH présente de fortes disparités régionales. xxviii | Résumé Les résultats de l’EDSC-III montrent que le Nord-Ouest (8,7 %), l’Est (8,6 %), et le Sud-Ouest (8,0 %), sont les régions où les niveaux de prévalence sont les plus élevés. A l’opposé, le Nord (1,7 %) et l’Extême-Nord (2,0 %) sont celles où les niveaux de prévalence sont les plus faibles. Les taux de prévalence sont particulièrement plus élevées chez les femmes du Nord-Ouest (11,9 %), du Sud-Ouest (11,0 %), de Yaoundé (10,7 %) de l’Adamaoua (9,8 %) et de l’Est (9,4 %). Chez les hommes, les taux sont plus élevés à l’Est (7,6 %), au Nord-Ouest (5,2 %), à l’Ouest (5,2 %) et au Sud-Ouest (5,1 %). xxx | Carte du Cameroun Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE 1 Paul Roger LIBITE et Eric JAZET Ce chapitre est consacré à la présentation de certaines caractéristiques du Cameroun et de la troisième Enquête Démographique et de Santé (EDSC-III) réalisée dans le pays. Il permettra au lecteur de se familiariser avec le contexte environnemental de l’enquête ainsi qu’avec les procédures techniques de mise en œuvre de l’opération. 1.1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS 1.1.1 Situation géographique Le Cameroun est un pays d’Afrique Centrale situé au fond du Golfe de Guinée, entre les 2e et 13e degrés de latitude nord et les 9e et 16e degrés de longitude est. Le pays s’étend sur une superficie de 475 650 kilomètres carrés. Il présente une forme triangulaire qui s’étire au sud jusqu’au lac Tchad sur près de 1 200 km tandis que la base s’étale d’ouest en est sur 800 km. Il possède au sud-ouest une frontière maritime de 420 km le long de l’océan Atlantique. Il est limité à l’ouest par le Nigéria, au sud par le Congo, le Gabon et la Guinée Équatoriale, à l’est par la République Centrafricaine, et au nord-est par le Tchad. Enfin, au sommet du triangle, au nord, il est coiffé par le Lac Tchad. Le milieu naturel du Cameroun est diversifié. On dit de ce pays qu’il est l’Afrique en miniature. En effet, plusieurs types de régions naturelles contribuent à la diversité géographique du pays. Le sud forestier (provinces du Centre, de l’Est, du Littoral, du Sud et du Sud-Ouest) est situé dans les zones maritime et équatoriale. Cette zone se caractérise par une végétation dense, un vaste réseau hydrographique et un climat chaud et humide aux précipitations abondantes. Cette région est propice à la culture du cacao, du palmier à huile, de la banane, de l’hévéa et du tabac, etc. Elle abrite les deux plus grandes villes du pays: Douala (première ville, principal port et capitale économique avec ses activités commerciales et industrielles), Yaoundé (deuxième ville et capitale politique). Citons aussi d’importants centres urbains comme Edéa caractérisé par son industrie lourde et sa centrale hydro-électrique, Limbe, siège de l’industrie pétrolière et Kribi, terminal du pipeline Tchad Cameroun. Les hauts plateaux de l’ouest (provinces de l’Ouest et du Nord-Ouest), dont l’altitude moyenne est supérieure à 1 100 m, forment une région riche en terres volcaniques favorables à l’agriculture (café, maraîchers, etc.). La végétation y est moins dense que dans le sud forestier et le climat frais qui y règne est favorable à l’éclosion de toutes sortes d’activités. De plus, la forte densité de peuplement par rapport à la moyenne nationale en fait une des premières zones d’émigration. Les principales villes sont Bafoussam, Bamenda et la ville universitaire de Dschang. Le nord soudano sahélien (provinces de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord) est une région de savanes et de steppes. En dehors du plateau de l’Adamaoua où le climat est plus tempéré, le reste de cette région est caractérisé par un climat tropical chaud et sec aux précipitations de plus en plus limitées au fur et à mesure que l’on se rapproche du lac Tchad. La région est propice à l’élevage du bovin et à la culture du coton, de l’oignon, du mil, de la pomme de terre, de l’igname blanche et des arachides. 2 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête 1.1.2 Organisation politico administrative Le Cameroun a été découvert par les Portugais en 1472 et colonisé par l’Allemagne en 1884. Le Cameroun est un pays bilingue1, composé d’une zone francophone et d’une zone anglophone. En effet, au terme du Traité de Versailles (à la fin de la première guerre mondiale), le pays a été placé, en 1919, par la Société Des Nations (SDN) sous mandat des administrations française (pour le Cameroun Oriental avec pour capitale Yaoundé) et anglaise (pour le Cameroun Occidental avec pour capitale Buéa). Le pays accède à l’indépendance le 1er janvier 1960 pour le Cameroun sous tutelle2 française et le 1er octobre 1961 pour le Cameroun sous tutelle anglaise. À cette dernière date, le Cameroun devient un Etat fédéral. Le 20 mai 1972, à la suite d’un référendum, la Fédération cède la place à l’État unitaire. Puis en 1983, la République Unie du Cameroun devient République du Cameroun. Après une longue période de régime du parti unique au lendemain de l’indépendance, le multipartisme est réintroduit au Cameroun par la loi N° 90/053 du 19 décembre 1990. Le pouvoir exécutif est exercé par un Président de la République élu au suffrage universel pour un mandat de sept ans renouvelable une fois. Le Président Paul Biya, au pouvoir depuis le 6 novembre 1982, a été réélu en octobre 2004 pour un deuxième septennat3. L’Assemblée Nationale composée de 180 députés exerce le pouvoir législatif; le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), parti proche du pouvoir, y détient depuis septembre 2002 une large majorité avec 149 sièges. Les 31 autres sièges sont partagés entre le Social Democratic Front (SDF), l’Union des Populations du Cameroun (UPC) et l’Union Démocratique du Cameroun (UDC). Le pouvoir judiciaire est exercé par la Cour Suprême. Il existe également un Conseil Économique et Social et une Chambre/Cour des Comptes. La constitution de janvier 1996 prévoit par ailleurs un Sénat et un Conseil Constitutionnel. 1.1.3 Aperçu socio-économique Le développement économique du Cameroun, repose principalement, comme la plupart des pays en voie de développement, sur le secteur primaire. Les productions agricoles vivrières (maïs, manioc, banane plantain, macabo, riz, mil, sorgho et arachide, etc.) et de rente (cacao, café, coton, caoutchouc, banane, ananas, etc.) font de l’agriculture camerounaise la plus riche d’Afrique Centrale. D’une manière générale, le pays est auto-suffisant sur le plan alimentaire. Cependant les habitudes alimentaires des populations ne favorisent pas toujours une alimentation quotidienne équilibrée. Il convient de relever que la partie nord du pays est souvent sujette à des famines épisodiques, conséquences des aléas climatiques (sécheresse prolongée, inondations) et des invasions des acridiens (criquets migrateurs). Les ressources pétrolières et forestières s’ajoutent à celles d’origine pastorale et agricole pour constituer des arguments de poids en faveur d’une base industrielle sur laquelle le pays pourrait s’appuyer pour accélérer son développement. En 2002, Le PIB était estimé à 7 609 milliards de FCFA, soit près de la moitié de celui de la CEMAC estimé à 16 627 milliards de FCFA ; le Cameroun constitue ainsi un poids lourd dans la sous- région CEMAC. Cependant, le Cameroun reste un pays pauvre : selon la deuxième Enquête Camerounaise auprès des Ménages (ECAM II), en 2001, deux personnes sur cinq (40 %) vivaient en dessous du seuil de pauvreté, estimé à 232 547 FCFA par adulte et par an. Le taux d’activité de la population âgée de 15-64 ans était de 66 % en 1987 (deuxième RGPH). Selon l’ECAM, le taux d’activité (au sens du BIT) était estimé en 2001 à 72 %. D’autre part, le taux de scolarisation (personnes de 6-14 ans) qui était de 73 % en 1 L’anglais et le français sont les deux langues officielles. 2 Après la seconde guerre mondiale, la SDN devient Organisation des Nations Unies (ONU); la notion de "Mandat" devient "Tutelle"; c’est ainsi que le Cameroun Oriental est placé sous tutelle française et Cameroun Occidental sous tutelle anglaise. 3 Avant la constitution de 1996, le mandat était de 5 ans, illimité et, depuis cette constitution, la durée du mandat a été allongée à 7 ans et renouvelable une seule fois. Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 3 1987 a été estimé en 2001 à 79 %. Le taux d’alphabétisation qui se situait en 1987 à 47 % est estimé à 68 % en 2001; mais reste encore assez faible pour les femmes (55 %). Sur le plan macroéconomique, on notera qu’après une période de croissance soutenue jusqu’au milieu des années 80, le Cameroun a connu une crise économique à partir de l’année 1986. Le pays en est progressivement sorti à partir de l’année 1994 à la suite de la mise en œuvre des politiques économiques axées sur l’ajustement monétaire et les gains de compétitivité induits. Après l’exécution satisfaisante entre 1997 et 2000 de son premier programme économique et financier, appuyé par une Facilité d’Ajustement Structurel Renforcée (FASR) du Fonds Monétaire International (FMI), les autorités camerounaises ont conclu en décembre 2000 un second programme soutenu par une Facilité pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (FCRP) mise en place par le FMI. Le Cameroun a enregistré de bonnes performances macroéconomiques en ce début du millénaire, ce qui lui a permis d’être admis à l’Initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). Le point de décision a été franchi en octobre 2000. En avril 2003, avec la mise en œuvre des programmes consignés dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP), approuvé par les Institutions de Bretton Woods (IBW), le Cameroun envisage d’atteindre le point d’achèvement dans un avenir proche. En matière de santé, en 1990 le Ministère de la Santé comptait 1 lit pour 393 habitants et 1 médecin pour 11 407 habitants. Selon nos calculs effectués à partir de la base des données de la carte sanitaire réalisée en 2004, le pays compte actuellement 1 lit pour 442 habitants et 1 médecin pour 5 673 habitants. 1.1.4 Milieu humain et démographie Le Cameroun compte plus de 230 ethnies réparties en six grands groupes : x Les Soudanais, les Hamites et les Sémites vivant dans les provinces de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord; ils sont généralement animistes ou islamisés ; x les Bantous, Semi Bantous et apparentés, et les Pygmées dans le reste du pays ; ils sont généralement animistes ou christianisés. Mis à part quelques enquêtes parcellaires, les recherches approfondies sur les problèmes démographiques du Cameroun, de portée nationale, sont assez récentes. C’est dans les années 70 que les premiers recensements et enquêtes d’envergure nationale et à caractère socio-économique ont été réalisés comme le Recensement Agricole (RA 1972), le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH 1976), l’Enquête Nationale sur la Fécondité (ENF 1978) et l’Enquête Nationale sur la Nutrition (ENN 1978). Au cours de la décennie 80, les opérations suivantes ont été réalisées : l’Enquête Budget- Consommation (EBC 1983-84), le deuxième Recensement Agricole (RA 1984) et le Deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (2e RGPH 1987). Au cours de la décennie 90, parmi les opérations réalisées, on peut citer la première Enquête Démographique et de Santé (EDSC-I) qui a eu lieu en 1991 suivie de la deuxième EDS (EDSC-II) en 1998; entre ces deux opérations, la première Enquête Camerounaise auprès des Ménages (ECAM I) s’est déroulée en 1996. Depuis le début du millénaire, deux enquêtes ont été réalisées ; il s’agit de l’Enquête à Indicateurs Multiples (MICS-2000) et de la deuxième Enquête Camerounaise auprès des Ménages (ECAM II 2001). Signalons enfin que le troisième RGPH est en cours de réalisation. Le tableau 1.1 présente les principaux indicateurs démographiques tels qu’ils ont été estimés par certaines de ces sources. L’état civil date de l’époque coloniale. Cependant, l’enregistrement des évènements à l’état civil n’est pas encore suffisamment ancrée dans les mœurs des populations, cela malgré la multiplication des 4 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête centres d’état civil sur l’ensemble du territoire. Du fait du sous enregistrement des actes d’état civil et du dysfonctionnement du système, les données provenant de cette source sont évidemment incomplètes. Les sources d’informations les plus fiables sur le plan démographique restent donc les enquêtes démographiques régionales ou nationales et les recensements généraux de la population réalisés en 1976 et 1987. Tableau 1.1 Indicateurs démographiques de base Indicateurs RGPH 1976a ENF 1978 RGPH 1987 EDSC-I 1991 EDSC-II 1998 MICS 2000 Population totale 7 663 296 - 10 493 655a Taux brut de natalité (p.1 000) 45,0 - 41,0 39 37 - Indice Synthétique de Fécondité 6,0 6,4 5,5 5,8 5,2 - Taux brut de mortalité (p.1 000) 20,4 20,2b 13,7 - - - Taux de mortalité infantile (p.1 000) 156,5 113,0 86,0a 65,0 77,0 76,0 Espérance de vie (eo, en années) 44,4 44,9 b 54,3a - - - a Données ajustées b Estimations Selon les résultats du dernier RGPH, la densité moyenne de peuplement était de 23 habitants au kilomètres carrés. Cette population était inégalement répartie sur le territoire national, la proportion d’urbains étant de 38 %. De plus, la population du Cameroun est jeune : au dernier RGPH, les personnes âgées de 0-14 ans représentaient 46 % de la population totale. Cette population augmente rapidement, le taux d’accroissement annuel moyen estimé à 1,9 % en 1950 a été évalué à 2,9 % en 1987. Cette évolution est imputable à la baisse de la mortalité et à une fécondité relativement constante mais dont le niveau demeure élevé. À ce rythme de croissance, la population doublerait en moins de 24 ans; en d’autres termes, si ce rythme de croissance se maintenait d’ici 2014, le Cameroun compterait environ 23 millions d’habitants. 1.1.5 Politique de population Au début des années 80, le Cameroun a opté pour une intégration de la variable démographique dans le processus de développement socio-économique. Pour mener cette option à terme, les pouvoirs publics ont mis sur pied d’importantes mesures devant aboutir à cette fin. C’est ainsi qu’une Commission Nationale de la Population a été instituée en mars 1985, avec pour principale mission d’assister le Gouvernement dans la définition, l’orientation, l’harmonisation et la recherche des voies et moyens de mise en oeuvre de cette politique. La Politique Nationale de Population adoptée par les pouvoirs publics avec une large participation de toutes les couches de la société camerounaise « a pour but d’améliorer le niveau et la qualité de vie de la population dans le cadre d’un développement durable en conformité avec la dignité humaine et les Droits Fondamentaux de l’Homme, en assurant notamment l’adéquation entre la croissance démographique et les ressources disponibles et accessibles »4. il s’agit de doter le Cameroun d’un potentiel humain de qualité. Dans le cadre de cette politique, les objectifs généraux suivants ont été définis : 4 Tiré du préambule de la Déclaration de Politique Nationale de Population (MINEPAT, 2002). Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 5 x améliorer l’état de santé de la population en général, en fournissant des efforts particuliers dans le domaine de la santé de la reproduction pour améliorer l’état de santé des enfants et celui de leur mère; x promouvoir l’éducation de base pour tous et celle des filles en particulier ; x renforcer la lutte contre le chômage ; x promouvoir l’égalité et l’équité entre les sexes ; x renforcer l’autosuffisance et promouvoir la sécurité alimentaire ; x promouvoir l’occupation rationnelle de l’espace et la préservation de l’environnement ; x améliorer les conditions nécessaires à l’épanouissement et à la sauvegarde de la famille et de l’individu ; x améliorer les conditions de mise en œuvre et de suivi/évaluation des programmes de population. Ces objectifs généraux sont traduits en objectifs spécifiques et les orientations générales de leur mise en œuvre sont également définies. Leur exécution s’appuie sur des stratégies opérationnelles élaborées dans chaque secteur (stratégies sectorielles des différents ministères et organismes). Des actions appropriées, quantifiées et réalistes sont entreprises pour atteindre les objectifs fixés. La coordination est réalisée par la Commission Nationale de Population qui est secondée par un Comité Technique interministériel. 1.1.6 Politique de santé 1.1.6.1 Historique Quatre étapes majeures ont marqué jusqu’ici l’évolution de la politique sanitaire du Cameroun : x La période coloniale ou l’apogée de la stratégie d’Eugène Jamot avait pour caractéristique : (i) l’exercice d’une médecine mobile initiée par le Docteur Eugène Jamot dans le Cameroun Oriental, (ii) la gratuité des soins médicaux aux administrateurs coloniaux, militaires, religieux et accessoirement aux colonisés ; (iii) l’extension (après la 1ère guerre mondiale) du réseau sanitaire vers les zones rurales ; (iv) la formation médicale (Dakar) et para médicale (Ayos) ; (v) la mise sur pied des programmes verticaux mobiles de lutte contre les endémies locales (trypanosomiase, paludisme). x La période post-indépendance ou phase des expérimentations axée sur la santé communautaire avait pour objectif général : « expérimenter des approches de santé communautaire, susceptibles d’assurer aux populations des soins de santé techniquement valables et en harmonie avec leurs réalités locales ». x La période post Alma Ata basée sur les Soins de Santé Primaires adopté en 1982, caractérisée par la mise en œuvre des Soins de Santé Primaires, avait comme objectif général : « amener d’ici à l’an 2000, tous les peuples à un niveau de santé, leur permettant de mener une vie socialement et économiquement productive ». 6 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête x La politique actuelle se situe dans le cadre d’une approche de la région africaine qui tient compte des similitudes des systèmes sanitaires globalement en déclin. Elle tient donc compte des recommandations issues de certaines rencontres importantes organisées par les Etats africains au cours desquelles des stratégies concertées ont été développées. Parmi ces rencontres, Il convient de citer ici la conférence de Lusaka (1985), la conférence interrégionale de l´OMS à Harare (Août 1987), le sommet des Chefs d’États de l’OUA (Juillet 1987) et la conférence de Bamako (septembre 1987). 1.1.6.2 Réformes récentes et mise en place d’une politique de santé Au Cameroun, les réformes élaborées et rendues publiques en 1989 ont été officiellement adoptées en 1992 par la Déclaration de Politique Sectorielle de Santé et, en 1993, par la Déclaration de mise en œuvre de la « Réorientation des Soins de Santé Primaires ». Dans ce concept, les principes suivants constituent les éléments de base : x la participation de la communauté dans le but de son auto responsabilisation vis-à-vis de ses problèmes de santé ; x la mise en évidence du lien étroit entre le développement et la santé ; x le respect des Droits de l’Homme, comme celui d’être informé et celui de l’intégrité de l’individu y compris son libre arbitre. Dans le cadre de ces réformes, le centre de santé est appelé à jouer le rôle d’intermédiaire entre la communauté et les services de santé ; c’est aussi dans les centres de santé que sont dispensés les soins intégrés, continus et globaux. Ces réformes reposent sur : x le financement des activités des Soins de Santé Primaires (SSP) par le biais des contributions communautaires et non communautaires ; x le succès de la mise en œuvre des SSP par la supervision et le Système National d’Informations Sanitaires ; x le développement de la participation communautaire par la mise sur pied et le fonctionnement des structures de dialogue et de gestion. La mise en œuvre de ces politiques a conduit à l’élaboration du document des stratégies sectorielles de la santé qui a été adopté en octobre 2001. Dans ce document, le Gouvernement compte à l’horizon 2010 (i) réduire de 1/3 au moins la charge morbide globale et la mortalité des groupes de populations les plus vulnérables, (ii) mettre en place, à une heure de marche et pour 90 % de la population, une formation sanitaire délivrant le Paquet Minimum d’Activités (PMA) et (iii) pratiquer une gestion efficace et efficiente des ressources dans 90 % des formations sanitaires et services de santé publics et privés à différents niveaux de la pyramide. Pour atteindre ces objectifs, les autorités ont développé un ensemble de huit programmes à travers lesquels elles mènent des actions spécifiques pour améliorer sensiblement la santé des Camerounais. Il s’agit de (i) la lutte contre la maladie, (ii) la santé de la reproduction, (iii) la promotion de la santé, (iv) les médicaments et consommables médicaux essentiels, (v) le processus gestionnaire, (vi) l’amélioration de l’offre de la santé, (vii) le financement du secteur de la santé et (viii) le développement institutionnel. Le programme « Lutte contre la Maladie » est axé sur (i) la lutte contre les grandes endémies de santé publique que sont le paludisme, première cause de mortalité et de morbidité pour lequel un Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 7 programme spécifique a été élaboré, la lèpre, l’onchocercose, la cécité, la trypanosomiase humaine africaine, le ver de guinée, la schistosomiase, (ii) la lutte contre certaines maladies chroniques constituant un problème de santé publique au nombre desquels l’hypertension artérielle, le diabète, l’épilepsie, la drépanocytose, les cancers, l’asthme, les affections rhumatismales, la surdité, (iii) la lutte contre les épidémies, notamment le choléra, la rougeole, la méningite cérébro-spinale, et la prise en charge des urgences dues aux catastrophes et accidents et (iv) la lutte contre la tuberculose et les IST/SIDA pour lesquelles un programme spécifique a été adopté en septembre 2000. Le programme « Santé de la Reproduction » met l’accent sur (i) la santé de la mère, de l’adolescent et de la personne âgée, (ii) le programme élargi de vaccination (PEV) axé sur la protection des enfants de 0 à 11 mois et de 1 à 5 ans contre des maladies évitables par la vaccination telles que la diphtérie, la coqueluche, le tétanos, la variole, l’hépatite, la fièvre jaune, la poliomyélite, la rougeole, etc., (iii) la promotion de la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME) notamment les maladies diarrhéiques, les infections respiratoires aiguës, le paludisme, la rougeole et les carences nutritionnelles chez les enfants de moins de 5 ans. Le programme « Promotion de la Santé » concerne surtout (i) l’information, l’éducation et la communication de santé, éléments nécessaires pour amener les populations à adopter des comportements et styles de vie favorables à leur santé, (ii) l’alimentation et la nutrition nécessaires pour réduire l’incidence des malnutritions protéino-énergétiques, de l’anémie et de la carence en vitamine A chez les enfants de moins de 5 ans, les adolescents, les femmes enceintes et celles qui allaitent et (iii) la santé mentale et le comportement humain. Le programme « Médicaments Réactifs et Dispositifs Médicaux Essentiels » a pour but de développer des stratégies permettant de rendre disponibles dans toutes les structures sanitaires les médicaments essentiels, de préférence sous leur forme générique, les réactifs ainsi que les dispositifs médicaux essentiels de qualité, et d’en faciliter l’accès aux populations. Le programme « Processus Gestionnaire », porte sur l’amélioration de la gestion financière du secteur de la santé, des infrastructures et équipements, des ressources humaines, du système d’information sanitaire, en vue d’améliorer l’offre des soins et services de la santé. Le programme « Amélioration de l’Offre des Soins et Services » porte sur le développement des ressources humaines et des infrastructures et équipements, la réforme hospitalière et sur la définition et des protocoles et normes des soins. Ces différentes actions permettront de (i) rendre disponibles des ressources humaines tant sur le plan qualitatif que quantitatif pour la mise en œuvre de la politique sanitaire nationale, (ii) contribuer à l’amélioration de l’offre des services en matière de santé pour toutes les couches de la population camerounaise et (iii) contribuer à l’amélioration de la qualité des soins et de la prise en charge des malades dans le réseau hospitalier. Le programme « Financement de la Santé » consiste à (i) mettre en place un système tarifaire par protocole de soins, permettant d’assurer l’accessibilité sur le plan financier de toutes les couches de la population, en particulier des plus pauvres, aux soins de santé, (ii) d’augmenter le financement public de la santé et sa liquidité et (iii) d’encourager la promotion du partage du risque maladie dans le financement de la santé par l’intermédiaire notamment de la création par les communautés d’une mutuelle de santé au niveau de chaque district de santé. Le programme « Développement Institutionnel », axé sur le renforcement des capacités institutionnelles et le développement du partenariat, vise à définir le rôle des différents acteurs qui interviennent dans le système de santé et de recentrer le rôle de coordination que doit jouer le Ministère de la Santé Publique pour le succès de la mise en œuvre de la stratégie. 8 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête 1.2 MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE 1.2.1 Organisation de l’EDSC-III La troisième Enquête Démographique et de Santé (EDSC-III) fait partie du Programme International des Enquêtes Démographiques et de Santé (Demographic and Health Surveys-DHS) de ORC Macro, Calverton, Maryland, U.S.A). Elle a été réalisée par l’Institut National de la Statistique (INS) en collaboration avec le Comité National de Lutte contre le SIDA (CNLS), avec l’assistance technique de ORC Macro. L’EDSC-III a été réalisée grâce à l’appui financier de la Banque Mondiale par le biais du Projet d’Appui au Programme Multisectoriel de Lutte contre le Sida, l’USAID, l’UNICEF et l’UNFPA. En outre, l’EDSC-III a bénéficié de l’apport financier du Gouvernement camerounais et de sa contribution par la mise à disposition des cadres techniques et de la logistique. D’autres organismes nationaux tels que le Bureau Central des Recensements des Études de la Population (BUCREP) et le Centre Pasteur du Cameroun (CPC) ont apporté leur expertise à la réalisation de cette opération. 1.2.2 Objectifs de l’EDSC-III La troisième Enquête Démographique et de Santé au Cameroun (EDSC-III) réalisée à partir d’un échantillon représentatif de femmes de 15-49 ans et d’hommes de 15-59 ans vise à atteindre un certains nombre d’objectifs dont les principaux sont : x recueillir des données à l’échelle nationale qui permettent de calculer des taux démographiques essentiels, plus particulièrement les taux de fécondité et de mortalité infantile et infanto-juvénile et d’analyser les facteurs directs et indirects qui déterminent le niveau et la tendance de la fécondité et de la mortalité infanto-juvénile ; x mesurer les niveaux de connaissance et de pratique contraceptive des femmes par méthode ; x recueillir des données sur la santé familiale : vaccination, prévalence et traitement de la diarrhée et d’autres maladies chez les enfants de moins de cinq ans, visites prénatales et assistance à l’accouchement ; x recueillir des données sur la prévention et sur le traitement du paludisme, en particulier la possession et l’utilisation de moustiquaires, la prévention du paludisme chez les femmes enceintes, le traitement des enfants atteints de fièvre ; x recueillir des données sur les pratiques nutritionnelles des enfants, y compris l’allaitement, prendre des mesures anthropométriques pour évaluer l’état nutritionnel des femmes et des enfants, et réaliser un test d’anémie auprès des enfants de moins de cinq ans, des femmes de 15-49 ans ; x recueillir des données sur la connaissance et les attitudes des femmes et des hommes au sujet des IST et du SIDA et évaluer les modifications récentes de comportement du point de vue de l’utilisation du condom ; x recueillir des données permettant d’estimer, à l’échelle nationale, le niveau de la mortalité adulte et en particulier de la mortalité maternelle ; Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 9 x recueillir des données de qualité sur la connaissance, les opinions et la pratique de l’excision ; x recueillir des données de qualité sur la violence domestique ; x effectuer des prélèvements de sang pour le dépistage anonyme du VIH auprès des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans afin d’estimer la prévalence du VIH dans la population adulte. Les informations collectées au cours de l’EDSC-III permettront la mise à jour des indicateurs de base sur la situation démographique et sanitaire estimés lors des précédentes enquêtes de 1991 et de 1998. Ces données faciliteront aussi le suivi et l’évaluation des programmes de lutte contre le VIH/SIDA, ceux concernant la santé maternelle et infantile et le bien-être familial. Par ailleurs, les données ayant été collectées selon une méthodologie similaire à celle utilisée dans les opérations précédentes et dans de nombreux autres pays ayant participé au programme DHS, elles font partie de ce fait, d’une base de données utilisables et comparables avec les périodes antérieures et au niveau international. 1.2.3 Questionnaires Trois questionnaires ont été utilisés au cours de l’EDSC-III : x le questionnaire ménage ; x le questionnaire individuel pour les femmes de 15-49 ans ; x le questionnaire individuel pour les hommes de 15-59 ans. Ces trois instruments ont été calqués sur les questionnaires développés dans le cadre du programme international DHS, et ont été adaptés aux spécificités et aux besoins du Cameroun. Ces questionnaires étaient disponibles en versions française et anglaise. Ces versions ont également été testées et améliorées au cours du pré-test et de la formation principale avant leur utilisation pour l’enquête principale. Les questionnaires comprenaient pour la première fois un module sur le paludisme, un module sur l’excision et un module du VIH/sida. Ces modules ont permis d’obtenir les informations nécessaires au calcul des indicateurs de suivi et évaluation recommandés par les organisations internationales compétentes en la matière. Enfin, le module de DHS sur la mortalité adulte a été ajouté de façon à examiner l’impact de l’épidémie du Sida sur les niveaux de mortalité des adultes. Questionnaire ménage Ce questionnaire permet d’établir la liste de tous les membres du ménage et des visiteurs et de collecter à leur sujet un certain nombre d’informations telles que le nom, le lien de parenté avec le chef de ménage, la situation de résidence, le sexe, l’âge, le niveau d’instruction et la survie des parents. Par ailleurs, dans un ménage sur deux, le questionnaire ménage a permis aussi d’enregistrer les mesures anthropométriques (le poids et la taille) de toutes les femmes de 15-49 ans et des enfants âgés de moins de 6 ans ; de même, au moyen du questionnaire ménage, on a mesuré le niveau d’hémoglobine des enfants de moins de 6 ans, des femmes et des hommes par test direct à partir d’un prélèvement sanguin. Ce même prélèvement a servi pour le test du VIH/sida. Il faut noter que le consentement des enquêtés était requis pour les tests d’hémoglobine et du VIH/sida chez les femmes et chez les hommes. Enfin, par le biais du questionnaire ménage, on a également collecté certaines caractéristiques des logements qui ont été utilisées pour évaluer les conditions socio économiques et environnementales dans lesquelles vivent les femmes et les hommes qui ont été enquêtés individuellement. 10 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête Cependant, l’objectif principal de ce questionnaire est de permettre l’identification des femmes éligibles (âgées de 15-49 ans) et, dans un ménage sur deux, celle des hommes éligibles (âgés de 15-59 ans). Le questionnaire ménage fournit également les informations permettant d’établir le dénominateur pour le calcul des taux démographiques (natalité, mortalité, fécondité). En outre, le questionnaire comprend, en page de garde, la localisation du ménage (province, département, arrondissement, district, quartier ou village), le nombre de visites effectuées par l’enquêteur et le résultat de l’interview, ainsi qu’une partie réservée au contrôle de terrain et de bureau. Questionnaire individuel femme Le questionnaire individuel femme, qui constitue le cœur de l’EDSC-III, a été élaboré sur la base du questionnaire modèle B du programme MEASURE DHS+ (questionnaire pour les pays à faible prévalence contraceptive). Il comprend une page de couverture, similaire à celle du questionnaire ménage, sur laquelle sont enregistrées les informations d’identification et les résultats des interviews. Avec les onze sections qui le composent, il sert à recueillir des informations sur les thèmes suivants : x Caractéristiques socio-démographiques : cette section est consacrée aux informations concernant le lieu et la durée de résidence, l’âge et la date de naissance, la scolarisation, l’alphabétisation, la nationalité, la religion, l’ethnie et l’exposition aux médias. x Reproduction : cette deuxième section permet de collecter des informations sur les naissances vivantes que la femme a eues durant sa vie, ainsi que sur leur état de survie au moment de l’enquête, sur l’état de grossesse au moment de l’enquête, et sur la connaissance de la période féconde dans le cycle menstruel. x Planification familiale : cette section a pour but de recueillir des informations sur la connaissance et l’utilisation antérieure et actuelle des diverses méthodes contraceptives disponibles dans le pays, ainsi que sur leurs sources d’approvisionnement. Elle porte également sur le lieu et la date de la stérilisation féminine, ainsi que sur les raisons de la non utilisation de la contraception. x Santé des enfants : cette section concerne les naissances ayant eu lieu au cours des cinq années précédant l’enquête. Elle est composée de deux sous sections : – Grossesse, soins postnatals et allaitement : cette première sous-section est composée de deux parties. La première permet d’obtenir des informations sur la période de la grossesse, les soins prénatals incluant la vaccination antitétanique, le lieu d’accouchement et la qualification de la personne ayant assisté la femme, les soins postnatals, le retour des règles et la reprise des rapports sexuels après la naissance de l’enfant. La deuxième sous-section concerne l’allaitement et les questions posées portent sur sa fréquence et sa durée, sur le type d’allaitement (maternel ou artificiel), ainsi que sur l’utilisation des différents compléments nutritionnels. – Vaccination et santé des enfants : cette sous section porte sur les vaccinations incluses dans le Programme Élargi de Vaccinations (PEV) ; de plus, cette sous-section comporte des questions sur les IRA, la diarrhée et la fièvre ainsi que sur le traitement des enfants de moins de cinq ans malades; les résultats à ces question permettent d’estimer la prévalence de la fièvre, de la toux et de la diarrhée chez les enfants au cours des deux dernières semaines précédant l’enquête. Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 11 x Mariage et activité sexuelle : cette section est consacrée aux données sur l’état matrimonial de la femme, la cohabitation avec le conjoint, les différents partenaires sexuels, le régime de mariage (monogamie ou polygamie), l’âge au premier mariage et aux premiers rapports sexuels ainsi que sur l’activité sexuelle. x Préférences en matière de fécondité : cette section a pour but de recueillir des informations sur le désir d’enfants supplémentaires, l’intervalle souhaité entre les naissances et, l’opinion concernant la taille de la famille. x Caractéristiques du conjoint et travail de la femme : dans cette partie, les questions qui ont été posées ont pour but de connaître les caractéristiques socioprofessionnelles du conjoint des femmes en union et l’activité professionnelle de ces femmes. De plus, des questions spécifiques ont été posées pour évaluer le statut de la femme portant principalement sur le niveau de contrôle des femmes dans le ménage et sur leur pouvoir de décision concernant l’utilisation de l’argent qu’elles gagnent. On a également demandé aux femmes leur opinion concernant l’acceptation ou le rejet de certains des rôles que la société leur confère. x SIDA et autres IST : cette section vise à obtenir des informations sur la connaissance et la prévalence du VIH/sida et des autres Infections Sexuellement Transmissibles, ainsi que sur les modes de transmission et de prévention du VIH/sida. x Mortalité maternelle : dans cette section, on enregistre des informations sur l’âge et l’état de survie des frères et sœurs de l’enquêtée. Pour les sœurs décédées à l’âge de 12 ans ou plus, des questions supplémentaires permettent de déterminer si le décès est en rapport avec la maternité. Des questions sur le nombre d’enfants de la sœur (décédée ou non) ainsi que sur leur état de survie sont aussi posées. x Excision : cette section est posée dans un ménage sur deux (ménage où l’on a relevé les mesures anthropométriques) ; on collecte ici des informations sur l’importance de la pratique de l’excision parmi les femmes enquêtées et leurs filles, ainsi que sur l’attitude vis-à-vis de cette pratique. x Relations dans le ménage : cette section est aussi posée dans un ménage sur deux (à l’opposé de la précédente, il s’agit des ménages où on n’a pas relevé les mesures anthropométriques). On s’intéresse ici à l’évaluation des relations entre les deux conjoints ainsi qu’à la prévalence de la violence (émotionnelle, physique et/ou sexuelle) au niveau général et au niveau du couple. Une seule femme du ménage concerné, tirée au hasard (utilisation de la grille de Kish) était soumise à cette section. Questionnaire individuel homme Le questionnaire homme, qui est une forme allégée du questionnaire individuel femme ne comporte que six sections. Il permet de collecter des informations sur les caractéristiques socio- démographiques, la reproduction, le mariage et l’activité sexuelle, le VIH/sida et les autres IST, l’excision et la mortalité maternelle. 1.2.4 Echantillonnage Un échantillon national de 11 556 ménages a été sélectionné. L’échantillon est stratifié de façon à fournir une représentation adéquate des milieux urbain et rural ainsi que des 12 domaines d’étude 12 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête (constitués des 10 provinces, de Douala et Yaoundé) pour lesquels on obtient une estimation pour tous les indicateurs clés. L’échantillon a été sélectionné à deux degrés. Au premier degré, on a sélectionné des Unités Primaires de Sondage (UPS) à partir de la liste des zones de dénombrement (ZD) établies lors des opérations de cartographie du troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat, menées par le BUCREP entre juin 2002 et avril 2003. Ces ZD ont servi de base de sondage pour le tirage de 466 grappes (222 rurales et 244 urbaines) lesquelles ont été sélectionnées avec une probabilité proportionnelle à leur taille. Au second degré, un échantillon de ménages a été sélectionné dans ces ZD. Les ménages ont été sélectionnés avec une probabilité inverse de façon à ce que l’échantillon soit auto pondéré à l’intérieur de chaque domaine. Toutes les femmes âgées de 15-49 ans vivant de façon permanente dans les ménages sélectionnés, ou présentes la nuit précédant l’enquête, étaient éligibles pour être enquêtées (environ 12 000). De plus, dans un sous-échantillon d’un ménage sur deux, un échantillon de 6000 hommes environ de 15-59 ans devait également être enquêté au cours de l’EDSC-III. Dans ce sous-échantillon, toutes les femmes et tous les hommes éligibles pour l’enquête individuelle étaient aussi éligibles pour le test du VIH. En outre, dans ce sous-échantillon de ménages, toutes les femmes et tous les hommes éligibles pour l’enquête ainsi que tous les enfants de moins de 5 ans étaient éligibles pour le test d’anémie. Enfin, dans ce sous- échantillon de ménages, toutes les femmes éligibles pour l’enquête ainsi que tous les enfants de moins de 5 ans étaient éligibles pour être mesurés et pesés afin de déterminer leur état nutritionnel. Tableau 1.2 Résultats de l’enquête ménage et de l’enquête individuelle Nombre de ménages, nombre d’interviews et taux de réponse, selon le milieu de résidence, Cameroun 2004 Milieu de résidence Résultat Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble FEMMES Enquête ménages Ménages sélectionnés 1 941 3 401 5 342 6 214 11 556 Ménages identifiés 1 846 3 180 5 026 5 693 10 719 Ménages enquêtés 1 761 3 082 4 843 5 619 10 462 Taux de réponse des ménages 95,4 96,9 96,4 98,7 97,6 Enquête individuelle femme Effectif de femmes éligibles 2 179 3 495 5 674 5 630 11 304 Effectif de femmes éligibles enquêtées 1 935 3 335 5 270 5 386 10 656 Taux de réponse des femmes éligibles 88,8 95,4 92,9 95,7 94,3 HOMMES Enquête ménages pour l’enquête homme Ménages sélectionnés 988 1 733 2 721 3 163 5 884 Ménages identifiés 938 1 625 2 563 2 918 5 481 Ménages enquêtés 888 1 556 2 444 2 875 5 319 Taux de réponse des ménages 94,7 95,8 95,4 98,5 97,0 Enquête individuelle homme Effectif d’hommes éligibles 1 174 1 756 2 930 2 746 5 676 Effectif d’hommes éligibles enquêtés 1 008 1 645 2 653 2 627 5 280 Taux de réponse des hommes éligibles 85,9 93,7 90,5 95,7 93,0 Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 13 Des 466 grappes sélectionnées dans le cadre de l’EDSC-III, une seule n’a pu être enquêtée, car elle se trouvait dans la province de l’Extrême-Nord5. Au total, 11 556 ménages ont été sélectionnés et, parmi eux, 10 719 ont été identifiés et étaient présents au moment de l’enquête. Parmi ces 10 719 ménages, 10 462 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 97,6 %, comme l’indique le tableau 1.26. À l’intérieur des 10 462 ménages enquêtés, 11 304 femmes âgées de 15-49 ans ont été identifiées comme étant éligibles pour l’enquête individuelle et pour 10 656 d’entre elles, l’enquête a pu être menée avec succès. Le taux de réponse s’établit donc à 94,3 % pour les interviews auprès des femmes. L’enquête homme a été réalisée dans un ménage sur deux : au total 5 676 hommes de 15-59 ans ont été identifiés dans les ménages de l’échantillon. Parmi ces 5 676 hommes devant être interviewés individuellement, 5 280 ont été enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 93,0 %. 1.2.5 Tests d’hémoglobine et du VIH Dans un ménage sur deux, les femmes de 15-49 ans, les hommes de 15-59 ans, et les enfants de moins de cinq ans étaient éligibles pour le test d’anémie. En outre, ces femmes et ces hommes étaient éligibles pour le test du VIH. Les protocoles pour les tests de l’anémie et du VIH ont été approuvés par le Comité d’Éthique de l’ORC Macro à Calverton et par le Comité National d’Éthique du Cameroun. Test d’hémoglobine Le test d’hémoglobine est la principale méthode pour diagnostiquer l’anémie ; ce test est effectué en utilisant le système d’HemoCue. Un consentement éclairé était lu à la personne éligible ou au parent/adulte responsable de l’enfant ou du jeune de 15-17 ans. Ce consentement expliquait l’objectif du test, informait l’individu éligible (ou le parent/personne responsable) que les résultats seraient communiqués immédiatement à l’issue du test, et sollicitait sa permission pour le test. Avant de prélever le sang, le doigt était nettoyé avec un tampon imbibé d’alcool et séché à l’air. Ensuite, le bout du doigt (ou du talon des enfants de moins de six mois ou de moins d’un an et très maigre) était piqué avec une lancette rétractable, stérile et non réutilisable. Une goutte de sang était récupérée dans une micro cuvette et ensuite introduite dans le photomètre HemoCue qui indiquait le niveau d’hémoglobine. Ces résultats étaient enregistrés dans le Questionnaire Ménage et communiqués à la personne testée, ou au parent/adulte responsable, en expliquant la signification des résultats. Si la personne présentait une anémie sévère (un taux d’hémoglobine inférieur à 7 g/dl pour les enfants, les hommes et les femmes non enceintes, et inférieur à 9 g/dl pour les femmes enceintes), l’enquêteur lui fournissait une fiche de référence pour rechercher des soins auprès des services de santé. Test de VIH Le test de VIH a été effectué dans le sous-échantillon de ménages sélectionnés pour l’enquête homme. Les prélèvements de sang ont été effectués chez tous les hommes et toutes les femmes éligibles de ces ménages qui acceptaient volontairement de se soumettre au test. Le protocole pour dépister le VIH/sida est basé sur le protocole anonyme-lié développé par le projet DHS (Demographic and Health Surveys) et approuvé par le Comité d’Éthique de ORC Macro. Selon ce protocole, aucun nom ou autre caractéristique individuelle ou géographique permettant d’identifier un individu ne peut être lié à l’échantillon de sang. Le Comité National d’Éthique du Cameroun a également approuvé le protocole anonyme-lié spécifique à l’EDSC-III. Les informations concernant ce protocole, la méthode de 5 La population était en transhumance ; seuls 4 ménages sur 10 ont été couverts. 6 Les résultats détaillés concernant la couverture de l’échantillon figurent à l’annexe A. 14 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête prélèvement sanguin et l’algorithme des tests en laboratoire figurent au chapitre 16 sur la prévalence du VIH. 1.2.6 Personnel de l’EDSC-III Pour assurer une bonne réalisation des objectifs de l’EDSC-III, un comité technique a été mis en place sous l’autorité de l’Institut National de la Statistique. Ce comité technique était composé d’un Coordonnateur National, d’un Coordonnateur Technique, de 6 cadres de l’INS, 3 cadres du CNLS et un médecin de l’Hôpital général de Yaoundé. Ce comité technique, assisté d’une équipe de 7 experts de ORC Macro, a été complété par 4 éditeurs chargés des travaux informatiques et 2 secrétaires. Par ailleurs, des experts nationaux issus des Ministères en charge des secteurs sociaux, des organisations internationales et des ONG ont été consultés pour l’adaptation des supports de collecte au contexte du pays. Pour la collecte des données, 84 agents ont été retenus à l’issue d’une formation. Au niveau de l’exploitation, 20 agents de saisie et 4 agents de vérification avaient été recrutés et affectés au pool de saisie. La liste du personnel de l’EDSC-III ainsi que des experts nationaux et internationaux ayant participé à l’enquête se trouve en annexe D. 1.2.7 Déroulement des activités de l’EDSC-III Cartographie Pour les opérations de mise à jour de la cartographie et de dénombrement des zones sélectionnées pour l’enquête, 28 agents ont été recrutés pour former 14 équipes de deux personnes chacune. Ces agents ont été formés en une semaine et ils ont reçu une formation dans la ville de Yaoundé où chaque équipe a dénombré au moins deux grappes avant d’être affectée dans une région. Les travaux se sont déroulés de novembre 2003 à février 2004. Ils consistaient spécifiquement à repérer les coordonnées géographiques des grappes avec un GPS, déterminer avec exactitude les limites des grappes, établir leur plan de situation et faire leur croquis, indiquer les positions relatives de chaque structure occupée par les ménages et dresser la liste de ces ménages. Enquête pilote Le pré-test s’est déroulé de novembre à décembre 2003, 28 enquêtrices et enquêteurs ayant été retenus pour suivre une formation de 25 jours. Pour les travaux de terrain du pré-test qui ont duré 10 jours, quatre zones d’enquêtes, ne faisant pas partie des zones de l’échantillon principal, ont été retenues : deux secteurs de Yaoundé pour le milieu urbain, la ville de Mfou pour le milieu semi urbain et le village Obout non loin de Mfou, représentant le milieu rural. Le pré-test a permis d’identifier certaines erreurs dans les questionnaires, certaines imprécisions dans les traductions ainsi que des lacunes dans la formation ; à partir de ces enseignements, il a été possible de préparer la version finale des questionnaires, des instructions de l’enquête et la finalisation des lexiques de traduction en langues nationales. Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 15 Formation et enquête principale La formation a duré six semaines sur la période allant du 12 janvier au 22 février 2004 : quatre semaines pour la formation des enquêteurs en salle, une semaine pour celle des techniciens et la pratique en salle en langues officielles et nationales pour les non techniciens et une semaine de pratique de terrain dans les zones non sélectionnées pour l’enquête principale de la ville de Yaoundé et ses environs (Mbankomo, Nomayos et Tsinga village). La formation consistait, d’une part, en des exposés théoriques concernant les techniques d’interview et d’enregistrement des informations et, d’autre part, en des exercices sur la façon de remplir les questionnaires. La formation a été essentiellement dispensée en français et, par la suite, des compléments ont été donnés en anglais et en langues nationales par le lexique confectionné lors du pré-test. En outre, différents spécialistes dans les domaines de la santé de la reproduction, la vaccination, la nutrition, la promotion de la femme, de la protection sociale et du VIH/sida ont donné aux enquêtrices des informations complémentaires dans leurs domaines de compétence. Par ailleurs, la pratique des mesures anthropométriques et celles des prélèvements s’est déroulée dans des centres de santé (Hôpital Général, le Centre Mère et Enfant de la Fondation Chantal Biya, Hôpital de district de Nkoldongo, Hôpital de district Biyem Assi, Hôpital de district d’Efoulan et le Centre de Promotion de Femme de Tsinga). Cette formation a été suivie par environ 100 personnes recrutées par l’INS. Des tests d’évaluation effectués au cours de la formation ont permis de retenir 84 agents de terrain. Parmi eux, 56 ont aussi reçu la formation de techniciens (chargés de faire les prélèvements sanguins). Ces agents de terrain étaient repartis en 14 équipes composées d’un chef d’équipe, d’une contrôleuse, de trois enquêtrices et d’un enquêteur. x Les chefs d’équipe, au nombre de 14, ont été sélectionnés parmi les hommes qui ont suivi la formation principale et qui présentaient les meilleures aptitudes de compréhension des questionnaires et des techniques de prélèvements. x Les contrôleuses ont été sélectionnées au nombre de 14 parmi les jeunes femmes ayant suivi la formation principale et qui présentaient les meilleures aptitudes de compréhension des questionnaires et des techniques de prélèvements. x Les techniciens (28 dont 14 de sexe masculin) ont été sélectionnés au cours de la formation et formés sur les techniques de prélèvement avec les contrôleuses et les chefs d’équipes. x Les enquêtrices (28 pour former 14 équipes) ont été sélectionnées après la formation et selon leurs résultats aux différents tests d’aptitude. Les personnes sélectionnées en qualité de chefs d’équipes et contrôleuses ont suivi une formation supplémentaire de trois jours leur permettant d’assumer efficacement leurs rôles. La collecte des données a démarré le 23 février 2004 par la couverture des grappes de Yaoundé par toutes les équipes. Chacune des équipes constituées a couvert deux grappes de l’échantillon dans la ville de Yaoundé ; ce qui a permis d’assurer un suivi rapproché des équipes avant qu’elles ne soient déployées dans leurs zones de travail respectives. La collecte s’est achevée durant la troisième semaine du mois d’août 2004. Dans le cadre du suivi des travaux sur le terrain, des missions de supervision ont été organisées régulièrement. Les membres de l’équipe technique ont assuré cette supervision des activités de terrain. Les missions de supervision avaient pour but d’évaluer les conditions de travail de chaque équipe, de contrôler la qualité du travail, de résoudre les problèmes éventuels rencontrés par les équipes, de les ravitailler en matériel, et de rapporter à Yaoundé les questionnaires remplis. 16 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête Traitement des données La saisie des données sur micro ordinateur a débuté juste après le démarrage de l’enquête sur le terrain. Les questionnaires étaient renvoyés régulièrement du terrain à l’INS à Yaoundé où des agents de bureau étaient chargés de leur vérification. Ils étaient ensuite transmis à l’atelier de saisie. Les données ont été saisies en utilisant le logiciel CSPRO, développé conjointement par le Bureau du Recensement des États-Unis, le Programme DHS, et le Serpro S.A. Tous les questionnaires ont fait l’objet d’une double saisie pour éliminer du fichier le maximum d’erreurs de saisie. Par ailleurs, un programme de contrôle de qualité permettait de détecter pour chaque équipe et même pour chaque enquêtrice/enquêteur, certaines des principales erreurs de collecte. Ces informations étaient répercutées aux équipes sur le terrain, au jour le jour quand cela était possible et lors des missions de supervision, afin d’améliorer la qualité des données. La saisie et la vérification de la cohérence interne des réponses se sont achevées en octobre 2004, suite à une mission d’un expert informaticien de l’ORC Macro venu pour la vérification finale. Analyse Les travaux d’analyse ont été réalisés en collaboration avec ORC Macro. Sur les seize chapitres du rapport principal, onze ont été rédigés par les cadres nationaux, quatre par les experts de ORC Macro International et un chapitre a fait l’objet d’une rédaction conjointe. Un séminaire d’harmonisation d’une durée de dix-sept jours a été organisé à Kribi dans le sud du pays avant la finalisation du rapport principal. Ce séminaire qui a regroupé les auteurs des différents chapitres (à l’exception de ceux de ORC Macro) et les personnes ressources a permis aux participants de faire des observations sur les différents chapitres afin de préparer leur version finale. Cette version (du rapport principal et rapport de synthèse) a été réalisée au siège de l’ORC Macro par deux cadres de l’INS et deux de cette institution. Caractéristiques des Ménages | 17 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES 2 Claude TCHAMDA et Thio'mi NKABKOB Ce chapitre porte sur l’analyse des résultats concernant les caractéristiques socio-démographiques de la population des ménages telles que la structure par âge et sexe, le taux de fréquentation scolaire et le niveau d’instruction. Dans ce chapitre, sont également présentés les caractéristiques des logements ainsi que les biens durables possédés par les ménages. L’objectif de ce chapitre est donc de présenter un profil des ménages et un aperçu de l’environnement socio-économique dans lequel vivent les hommes, les femmes et les enfants ciblés par l’enquête. Une telle présentation est essentielle dans la mesure où ces caractéristiques socio-économiques et environnementales sont des déterminants de l’état de santé de la population et de ses conditions de vie. Avant d’analyser les résultats concernant les caractéristiques des ménages, il est important de souligner qu'au cours de l'EDSC-III, l'ensemble du pays a été divisé en douze régions, à savoir la ville de Yaoundé, la ville de Douala, la province du Centre, hormis Yaoundé, la province du Littoral, hormis Douala, puis les huit autres provinces du pays: Adamaoua, Est, Extrême-Nord, Nord, Nord-Ouest, Ouest, Sud et Sud-Ouest. Chacune de ces régions, à l'exception de Yaoundé et Douala qui sont essentiellement urbaines, a été subdivisée en un milieu urbain et en un milieu rural. Ainsi, en terme de milieu de résidence, le milieu « rural » désigne l'ensemble des milieux ruraux, le terme « ensemble urbain » désigne l'ensemble des milieux urbains, le terme « Autres villes » désigne l'ensemble des milieux urbains autres que Yaoundé et Douala. Il convient en dernier ressort de présenter le concept de bien-être économique utilisé dans ce rapport. L'indice de bien-être économique est construit à partir des données sur les biens des ménages et en utilisant l'analyse en composante principale. Les informations sur les biens des ménages proviennent des réponses aux questions relatives à la possession par les ménages de certains biens durables (la télévision, la radio ou la voiture, etc.) et celles concernant certaines caractéristiques du logement comme la disponibilité de l'électricité, le type d'approvisionnement en eau de boisson, le type de toilettes, le matériau de revêtement du sol, le nombre de pièces utilisées pour dormir, le type de combustible pour la cuisine, etc. Cet indice est construit de la manière suivante : x on affecte à chacun des biens ou caractéristiques un poids (score ou coefficient) généré à partir d'une analyse en composante principale ; x les scores des biens qui en résultent sont standardisés selon une distribution normale standard de moyenne 0 et d'écart type 1 (Gwatkin et al., 2000) ; x on attribue dans chaque ménage un score pour chaque bien et on fait la somme de tous les scores par ménage ; x les ménages sont classés par ordre croissant de score total et divisés en 5 catégories d’effectifs égales appelés quintile. On établie ainsi une échelle allant de 1 (quintile le plus pauvre) à 5 (quintile le plus riche) ; x le score de chaque ménage est affecté aux individus qui le composent. Les individus sont ainsi repartis dans les différentes catégories. 18 | Caractéristiques des Ménages 2.1 ENQUÊTE MÉNAGE L’enquête ménage a permis de recueillir des données concernant la structure par âge et sexe de la population ainsi que la taille et certaines caractéristiques des ménages. 2.1.1 Structure par sexe et âge de la population Le tableau 2.1 présente la répartition par âge et sexe de la population des ménages enquêtés, selon le milieu de résidence. Parmi les 49 840 personnes enquêtées, 24 430 sont des hommes et 25 398 sont des femmes, soit un rapport de masculinité égal à 96 hommes pour 100 femmes. Par rapport à l’enquête précédente, on constate que ce rapport de masculinité s’est légèrement rééquilibré en faveur des hommes puisqu’il s’établissait à 93 hommes pour 100 femmes en 1998. Cependant, en milieu rural, les hommes sont toujours moins nombreux que les femmes (rapport de masculinité de 93 hommes pour 100 femmes) En milieu urbain, on constate un équilibre entre les sexes. Tableau 2.1 Population des ménages par âge, sexe et milieu de résidence Répartition (en %) de la population (de fait) des ménages par groupe d'âges quinquennal, selon le milieu de résidence et le sexe, Cameroun 2004 Milieu de résidence Yaoundé/Douala Autres villes Ensemble urbain Rural CamerounGroupe d'âges Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble <5 12,7 12,4 12,6 15,9 15,4 15,6 14,7 14,4 14,6 18,5 17,4 18,0 16,7 16,0 16,3 5-9 10,0 10,4 10,2 15,2 13,3 14,3 13,4 12,3 12,8 17,2 15,6 16,4 15,3 14,0 14,6 10-14 12,3 11,6 11,9 13,5 13,8 13,7 13,0 13,0 13,1 15,6 13,1 14,3 14,3 13,1 13,7 15-19 11,9 14,2 13,0 13,4 13,4 13,4 12,9 13,7 13,3 9,3 8,9 9,1 11,1 11,2 11,1 20-24 14,2 13,5 13,9 9,2 10,1 9,7 11,0 11,3 11,2 6,3 7,8 7,1 8,6 9,5 9,1 25-29 11,1 9,9 10,5 7,2 7,5 7,3 8,6 8,3 8,4 6,1 6,5 6,3 7,3 7,4 7,3 30-34 7,8 7,2 7,5 5,8 6,0 5,9 6,5 6,4 6,5 4,7 5,3 5,0 5,6 5,8 5,7 35-39 5,7 6,5 6,1 4,4 4,5 4,5 4,9 5,2 5,0 3,7 4,0 3,9 4,3 4,6 4,4 40-44 4,7 4,4 4,5 3,8 3,5 3,7 4,1 3,8 4,0 3,7 3,4 3,5 3,9 3,6 3,7 45-49 3,5 3,1 3,3 2,8 2,7 2,8 3,1 2,8 3,0 2,8 3,1 3,0 2,9 3,0 3,0 50-54 2,2 2,6 2,4 2,7 3,0 2,9 2,5 2,9 2,7 2,7 3,7 3,2 2,6 3,3 3,0 55-59 1,3 1,3 1,3 1,8 1,8 1,8 1,6 1,6 1,6 2,1 3,0 2,6 1,8 2,4 2,1 60-64 1,3 1,1 1,2 1,5 1,5 1,5 1,4 1,4 1,4 2,5 2,6 2,6 2,0 2,0 2,0 65-69 0,5 0,8 0,6 1,2 1,3 1,2 1,0 1,1 1,0 1,6 1,8 1,7 1,3 1,4 1,4 70-74 0,4 0,5 0,5 0,8 1,1 0,9 0,6 0,9 0,8 1,6 1,8 1,7 1,1 1,3 1,2 75-79 0,1 0,2 0,2 0,4 0,4 0,4 0,3 0,3 0,3 0,7 0,8 0,7 0,5 0,6 0,5 80 + 0,2 0,3 0,2 0,3 0,5 0,4 0,3 0,5 0,4 0,9 1,1 1,0 0,6 0,8 0,7 NSP/ND 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 4 361 4 163 8 525 7 723 7 990 15 717 12 084 12 153 24 241 12 346 13 245 25 598 24 430 25 398 49 840 Note : Le total inclut 12 individus pour lesquels le sexe n'est pas déclaré. La pyramide des âges, présente une base élargie qui se rétrécit rapidement au fur et à mesure que l’on avance vers les âges élevés, forme caractéristique des populations jeunes, à forte fécondité et à mortalité élevée (graphique 2.1). On note une légère surreprésentation des femmes à 50-54 ans et des hommes à 60-64 ans. Ceci est dû, en partie, à un vieillissement artificiel de ces groupes d’âges par les enquêtrices dans le but de les exclure des tranches d’âges éligibles pour l’enquête individuelle (15-49 ans pour les femmes et 15-59 ans pour les hommes). Caractéristiques des Ménages | 19 EDSC-III 2004 Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population 80 + 75-79 70-74 65-69 60-64 55-59 50-54 45-49 40-44 35-39 30-34 25-29 20-24 15-19 10-14 5-9 <5 Âge 0246810 0 2 4 6 8 10 Hommes Femmes Pourcentage Les résultats présentés au tableau 2.2 mettent en évidence la jeunesse de la population camerounaise, 45 % ayant moins de 15 ans. Cette structure reflète celle de la population en général. En outre, les personnes de 15-64 ans représentent 51 % de la population et les 65 ans et plus, 4 %. Tableau 2.2 Population (de droit) par âge selon différentes sources Répartition (en %) de la population par grand groupe d’âges d’après le RGPH de 1976, l’ENF de 1978, le RGPH de 1987, l’EDSC-I de 1991, l’EDSC-II de 1998, et l’EDSC-III de 2004 Groupe d’âges RGPH 1976 ENF 1978 RGPH 1987 EDSC-I 1991 EDSC-II 1998 EDSC-III 2004 < 15 ans 42,2 44,1 46,4 47,4 45,2 44,6 15 - 64 54,6 51,1 50,2 49,2 50,3 51,4 65 ou plus 3,2 3,6 3,4 3,4 4,4 3,8 NSP/ND - 0,2 - 0,1 0,1 - Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Rapport de dépendance 83 92 99 103 99 94 Sources : RGPH 1976 : DSCN, 1978b ENF 1978 : DSCN et EMF, 1983a RGPH 1987 : Direction Nationale du 2è RGPH, 1992b, 1992c EDSC-I 1991 : Balépa et al., 1992 EDSC-II 1998 : Fotso et al., 1999 2.2 TAILLE ET COMPOSITION DES MÉNAGES Le tableau 2.3 présente la répartition des ménages par sexe du chef de ménage, et selon la taille du ménage selon le milieu de résidence. 20 | Caractéristiques des Ménages Chef de ménage On constate au tableau 2.3 que dans l’ensemble 76 % des ménages camerounais ont à leur tête un homme et on ne constate que peu de variation en fonction du milieu de résidence. Cependant, dans près d’un quart des cas, les ménages sont dirigés par une femme. Dans l’enquête précédente, cette proportion était de 22 %. Tableau 2.3 Composition des ménages Répartition (en %) des ménages par sexe du chef de ménage et taille du ménage, selon le milieu de résidence, Cameroun 2004 Milieu de résidence Caractéristique socio-démographique Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Sexe du chef de ménage Masculin 75,7 74,4 74,9 77,1 76,0 Féminin 24,3 25,6 25,1 22,9 24,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre de membres habituels 1 18,0 20,3 19,4 15,4 17,5 2 14,8 13,7 14,1 12,4 13,3 3 13,1 9,9 11,1 11,7 11,4 4 11,3 10,7 10,9 11,8 11,4 5 10,6 10,8 10,7 11,0 10,8 6 9,4 8,9 9,1 9,7 9,4 7 6,4 7,7 7,2 7,2 7,2 8 6,1 5,3 5,6 5,8 5,7 9+ 9,5 12,3 11,3 14,3 12,7 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de ménages 1 976 3 398 5 374 5 088 10 462 Taille moyenne 4,3 4,6 4,5 5,0 4,8 Note : Tableau basé sur la population de droit, c.à.d. les résidents habituels. 1 Le total inclut quelques ménages dont aucun membre n’est résident habituel. Taille des ménages En ce qui concerne la taille du ménage, on constate qu’un ménage camerounais compte, en moyenne, 4,8 personnes. Dans l’enquête précédente, cette taille était de 5,5. En outre, cette taille moyenne varie de 4,5 en milieu urbain à 5,0 en milieu rural. C’est dans les villes de Yaoundé/Douala qu’elle est la plus petite (en moyenne, 4,3). Au niveau global, plus de la moitié des ménages comprennent entre 1 et 4 personnes (54 %). Moins d’un ménage sur cinq est composé d’une seule personne (18 %). À l’opposé, 13 % des ménages comptent au moins 9 personnes et c’est en milieu rural qu’ils sont proportionnellement les plus nombreux (14 %). Survie et résidence des parents des enfants de moins de 18 ans1 Le tableau 2.4 et le graphique 2.2 présentent les résultats concernant les enfants de moins de 18 ans orphelins et la résidence de ces enfants avec leurs parents. On constate tout d’abord que 59 % des 1 L'EDSC-II s'est intéressée aux enfants de moins de 15 ans. Avec les nouvelles orientations de l'UNICEF, l'EDSC-III met l'accent plutôt sur les enfants de moins de 18 ans. Caractéristiques des Ménages | 21 enfants vivent avec leurs deux parents biologiques. Dans 18 % des cas, les enfants de moins de 18 ans vivent avec leur mère biologique, que le père soit en vie ou décédé, et dans 7 % des cas, ils vivent seulement avec leur père, cela que la mère soit en vie ou décédée. Globalement, 18 % des enfants de moins de 18 ans ne vivent avec aucun des deux parents biologiques, que ceux-ci soient en vie ou décédés. Les résultats selon l’âge montrent que la proportion d’enfants vivant avec leurs deux parents diminue avec l’âge passant de 71 % à moins de 2 ans à 39 % à 15-17 ans. On ne note aucune différence selon le sexe de l’enfant. Par contre, la proportion d’enfants de moins de 18 ans vivant avec leurs parents biologiques est légèrement plus élevée en rural qu’ailleurs (59 % contre en moyenne 53 %). Tableau 2.4 Enfants orphelins et résidence des enfants avec les parents Répartition (en %) de la population d'enfants (de droit) de moins de 18 ans par état de survie des parents et résidence avec les parents, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Ne vit avec aucun des deux parents Vivant avec la mère seulement Vivant avec le père seulement Caractéristique socio-démographique Vivant avec ses deux parents Père en vie Père décédé Mère en vie Mère décédée Les deux sont vivants Seul le père est vivant Seule la mère est vivante Les deux sont décédés Information sur père/ mère non déclarée Total Effectif d'enfants Âge <2 71,1 23,1 2,1 0,8 0,0 1,4 0,3 0,2 0,0 1,0 100,0 3 256 2-4 66,2 15,9 2,7 4,1 0,2 8,3 0,5 0,5 0,2 1,3 100,0 4 735 5-9 57,1 11,6 4,4 7,6 1,1 13,2 1,1 2,0 0,6 1,3 100,0 7 290 10-14 49,5 9,9 6,5 8,7 2,2 15,4 1,9 2,9 1,4 1,6 100,0 6 773 15-17 38,7 8,4 7,7 7,2 2,0 21,6 2,1 5,4 1,9 4,9 100,0 3 220 Sexe Masculin 56,3 12,8 5,1 6,8 1,4 11,6 1,2 2,2 0,9 1,6 100,0 12 834 Féminin 56,2 13,2 4,5 5,8 1,0 13,2 1,3 2,1 0,7 2,0 100,0 12 431 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 53,6 15,0 5,0 5,6 0,9 12,2 1,4 2,4 1,1 2,8 100,0 3 554 Autres villes 53,0 14,4 4,3 5,9 1,0 14,7 1,6 2,5 1,1 1,7 100,0 8 036 Ensemble urbain 53,2 14,5 4,5 5,8 1,0 14,0 1,5 2,4 1,1 2,0 100,0 11 589 Rural 58,8 11,7 5,0 6,8 1,4 11,1 1,0 1,9 0,6 1,6 100,0 13 684 Région Adamaoua 62,2 7,9 2,8 6,1 1,5 13,6 1,0 2,2 0,9 1,9 100,0 1 126 Centre 49,0 15,6 5,5 4,8 1,4 16,6 1,4 2,0 1,0 2,6 100,0 2 162 Douala 55,4 14,0 5,2 4,9 0,9 11,6 1,5 2,3 1,0 3,2 100,0 1 896 Est 54,8 12,9 4,5 4,7 1,8 14,0 0,9 2,7 1,3 2,6 100,0 1 330 Extrême-Nord 67,1 7,5 4,9 9,1 0,9 7,3 0,7 1,7 0,5 0,3 100,0 5 145 Littoral 48,9 17,6 5,0 4,6 1,5 15,9 1,5 2,3 0,6 2,3 100,0 990 Nord 72,2 3,6 2,5 8,4 2,6 6,9 0,5 2,0 0,4 0,9 100,0 2 664 Nord-Ouest 45,9 20,0 6,0 5,5 0,8 14,0 2,2 1,9 0,9 2,7 100,0 2 948 Ouest 51,5 16,0 5,7 4,7 0,5 16,6 1,5 1,9 0,8 0,6 100,0 2 813 Sud 39,6 20,2 3,7 6,2 1,3 18,4 1,7 3,5 1,0 4,4 100,0 1 017 Sud-Ouest 49,2 17,0 4,8 4,3 1,3 14,7 1,7 3,1 1,1 2,7 100,0 1 525 Yaoundé 51,5 16,1 4,8 6,5 1,0 13,0 1,2 2,5 1,2 2,3 100,0 1 657 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 68,3 9,6 4,3 6,6 1,2 6,8 0,6 1,1 0,6 1,1 100,0 5 656 Second 56,2 12,6 4,6 7,3 1,9 12,3 1,2 1,9 0,6 1,6 100,0 5 232 Moyen 49,9 15,2 6,7 5,5 1,2 15,1 1,4 2,4 0,7 2,0 100,0 5 182 Quatrième 52,9 13,8 4,2 6,0 0,7 14,6 1,5 2,8 1,4 2,1 100,0 4 815 Le plus riche 51,9 14,5 4,0 6,3 1,1 14,3 1,7 2,9 0,9 2,4 100,0 4 388 Ensemble 0-171 56,2 13,0 4,8 6,3 1,2 12,4 1,2 2,2 0,8 1,8 100,0 25 274 Ensemble 0-141 58,8 13,7 4,3 6,2 1,1 11,1 1,1 1,7 0,7 1,3 100,0 22 054 1 Le total comprend 9 cas dont le sexe est non déterminé 22 | Caractéristiques des Ménages Graphique 2.2 Survie des parents des enfants de moins de 18 ans et résidence des enfants avec les parents EDSC-III -2004 Survie des parents Résidence des enfants Père et mère vivants 88 % Mère décédée 2 % Père et mère décédés 1 % Père décédé 7 % Vit avec père et mère 56 % Vit avec père 8 % Vit avec mère 18 % Vit avec aucun 18 % ND 2 % 2.3.1 Niveau d'instruction et fréquentation scolaire Le niveau d'instruction des membres du ménage est un élément important qui contribue à l'amélioration des conditions de vie du ménage car il peut affecter le comportement procréateur, l’utilisation de la contraception, le comportement en matière de santé, le niveau de scolarisation des autres membres du ménage ainsi que les habitudes en matière d’hygiène et de nutrition. Dans le cadre de l’enquête ménage, pour chaque membre du ménage âgé de 3 ans ou plus, on a collecté des informations sur le niveau d’instruction atteint ainsi que sur la dernière classe achevée. Tout comme à l’EDSC-II, on a distingué 3 niveaux d’instruction : le primaire, le secondaire et le supérieur. En outre, au niveau de l’analyse, les écoles professionnelles du cycle secondaire ou supérieur ont été assimilées au niveau correspondant. Au Cameroun, l’âge d’entrée dans le système scolaire est fixé à 6 ans (système francophone) ou 5 ans (système anglophone). Les études primaires durent respectivement six ou sept ans selon le système. L’entrée en cycle secondaire a lieu, en théorie, à 12 ans et les études durent sept ans à ce niveau, quel que soit le système. La fin des études secondaires est sanctionnée par le Baccalauréat dans le système francophone, et par le General Certificate of Education Advanced Level (GCEAL) dans le système anglophone. Quant à l’enseignement supérieur, il est unique et reçoit les élèves provenant des deux systèmes. Les résultats sont présentés au tableau 2.5.1 pour les hommes et 2.5.2 pour les femmes. Globalement, on constate que 17 % des hommes et une proportion plus élevée de femmes (29 %) n’ont aucun niveau d’instruction. À titre de comparaison, ces proportions étaient respectivement de 21 % et 35 % à l’enquête précédente en 1998. On observe des écarts importants selon le milieu de résidence : que ce soit chez les femmes ou chez les hommes, c’est en milieu rural que la proportion de ceux sans niveau d’instruction est la plus élevée (respectivement, 25 % et 42 %). À l’opposé, c’est dans les villes de Yaoundé/Douala que ces proportions sont les plus faibles (respectivement, 4 % et 6 %). Dans les régions, on constate également des disparités : quel que soit le sexe, ce sont les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord qui détiennent les proportions les plus élevées d’enquêtés sans aucun niveau d’instruction. Enfin les résultats selon le quintile de bien-être montrent que du quintile le plus pauvre au plus riche, les proportions de femmes et d’hommes sans niveau d’instruction diminuent de manière importante. Caractéristiques des Ménages | 23 Tableau 2.5.1 Niveau d'instruction de la population des ménages : hommes Répartition (en %) de la population (de fait) des hommes des ménages, âgés de six ans et plus par niveau d'instruction atteint, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Aucune instruction Primaire1 Secondaire2 Supérieur Total Effectif Nombre d'années médian MASCULIN Groupe d’âges 6-9 25,3 74,2 0,1 0,0 100,0 3 104 0,1 10-14 8,0 79,9 11,7 0,0 100,0 3 504 3,1 15-19 6,3 43,6 49,7 0,2 100,0 2 704 6,0 20-24 9,5 35,8 49,8 4,7 100,0 2 111 6,9 25-29 10,7 38,1 41,7 8,8 100,0 1 790 6,7 30-34 12,3 36,9 42,6 7,4 100,0 1 371 6,7 35-39 17,1 33,7 39,2 9,5 100,0 1 050 6,6 40-44 18,1 38,6 35,3 7,1 100,0 949 6,1 45-49 18,2 41,1 33,1 6,7 100,0 719 5,8 50-54 30,8 41,4 22,7 4,1 100,0 638 4,8 55-59 34,6 42,3 18,0 4,3 100,0 452 4,4 60-64 49,1 34,0 12,8 2,1 100,0 485 0,0 65+ 57,4 33,9 6,7 0,5 100,0 847 0,0 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 3,5 37,2 48,6 9,6 100,0 3 739 7,3 Autres villes 12,2 50,0 33,9 3,5 100,0 6 274 5,2 Ensemble urbain 8,9 45,2 39,4 5,8 100,0 10 013 5,8 Rural 25,4 57,8 15,8 0,6 100,0 9 719 2,4 Région Adamaoua 33,0 46,7 14,8 4,7 100,0 834 1,4 Centre 5,7 59,9 32,5 1,5 100,0 1 687 4,9 Douala 3,5 39,4 48,5 7,4 100,0 2 000 6,8 Est 9,6 56,0 31,2 2,1 100,0 921 4,3 Extrême-Nord 44,3 46,6 9,0 0,1 100,0 3 447 0,0 Littoral 5,3 53,5 38,1 2,1 100,0 840 5,3 Nord 39,2 47,6 12,4 0,5 100,0 1 901 0,6 Nord-Ouest 9,0 68,3 20,2 2,0 100,0 2 173 5,2 Ouest 8,4 57,6 30,6 3,1 100,0 1 901 4,5 Sud 5,2 50,0 41,9 2,5 100,0 852 5,6 Sud-Ouest 3,8 61,1 31,5 2,9 100,0 1 436 6,3 Yaoundé 3,4 34,7 48,7 12,0 100,0 1 739 7,8 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 37,1 54,8 7,8 0,1 100,0 3 578 0,7 Second 27,9 57,7 13,9 0,1 100,0 3 761 2,1 Moyen 14,6 61,0 23,3 0,5 100,0 3 916 4,0 Quatrième 6,6 52,9 37,0 2,9 100,0 4 142 5,6 Le plus riche 3,2 33,2 51,2 11,4 100,0 4 334 8,1 Ensemble 17,0 51,4 27,8 3,2 100,0 19 732 4,3 1 Le niveau primaire comprend 6 classes. 2 Le niveau secondaire comprend 7 classes. 24 | Caractéristiques des Ménages Tableau 2.5.2 Niveau d'instruction de la population des ménages : femmes Répartition (en %) de la population (de fait) des femmes des ménages, âgés de six ans et plus par niveau d'instruction atteint, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Aucune instruction Primaire1 Secondaire2 Supérieur Total Effectif Nombre d'années médian FÉMININ Groupe d’âges 6-9 27,4 72,4 0,0 0,0 100,0 2 924 0,1 10-14 12,7 75,1 11,9 0,0 100,0 3 317 3,0 15-19 14,8 39,5 45,3 0,1 100,0 2 839 5,8 20-24 19,1 37,5 40,0 3,1 100,0 2 412 6,1 25-29 23,2 36,7 35,4 4,3 100,0 1 868 5,6 30-34 24,9 38,8 32,6 3,2 100,0 1 482 5,3 35-39 27,6 40,9 28,0 2,7 100,0 1 166 4,9 40-44 31,4 43,1 21,8 2,3 100,0 916 4,4 45-49 40,7 41,9 15,4 1,7 100,0 759 3,0 50-54 52,7 35,5 9,6 0,9 100,0 845 0,0 55-59 68,3 25,2 5,2 0,3 100,0 598 0,0 60-64 79,3 16,6 2,2 0,3 100,0 517 0,0 65+ 90,6 7,4 0,8 0,0 100,0 1 054 0,0 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 5,6 41,4 47,2 4,8 100,0 3 575 6,3 Autres villes 22,0 48,0 28,2 1,4 100,0 6 556 4,2 Ensemble urbain 16,2 45,6 34,9 2,6 100,0 10 131 5,1 Rural 41,6 48,0 9,7 0,2 100,0 10 570 0,5 Région Adamaoua 48,9 37,6 11,2 1,5 100,0 814 0,0 Centre 15,1 59,5 24,0 1,1 100,0 1 830 4,2 Douala 5,5 43,2 46,4 3,9 100,0 1 881 6,1 Est 20,3 58,8 19,7 0,6 100,0 972 2,7 Extrême-Nord 65,2 31,8 2,7 0,0 100,0 3 716 0,0 Littoral 13,8 53,1 32,0 0,3 100,0 956 4,7 Nord 64,9 30,8 3,7 0,0 100,0 1 875 0,0 Nord-Ouest 22,0 59,7 16,6 1,0 100,0 2 350 4,0 Ouest 18,1 55,5 25,3 0,8 100,0 2 339 4,0 Sud 11,3 52,8 34,9 0,5 100,0 890 4,8 Sud-Ouest 11,8 58,7 27,6 1,5 100,0 1 384 5,9 Yaoundé 5,8 39,3 48,2 5,7 100,0 1 694 6,6 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 55,7 40,2 3,8 0,0 100,0 4 013 0,0 Second 43,7 48,6 6,9 0,0 100,0 4 168 0,2 Moyen 26,6 56,3 16,5 0,1 100,0 4 226 2,8 Quatrième 14,7 51,9 32,2 0,7 100,0 4 162 4,9 Le plus riche 6,2 36,8 50,4 5,9 100,0 4 131 7,0 Ensemble 29,2 46,8 22,1 1,4 100,0 20 701 2,9 1 Le niveau primaire comprend 6 classes. 2 Le niveau secondaire comprend 7 classes. Caractéristiques des Ménages | 25 En outre, les résultats montrent que 51 % des hommes et 47 % des femmes ont atteint un niveau d’instruction primaire ; Plus d’un quart des hommes (28 %) et environ une femme sur cinq (22%) ont atteint un niveau secondaire et une proportion très faible d’hommes comme de femmes ont atteint un niveau supérieur (respectivement, 3 % et 1 %). Cependant, on constate une amélioration de la scolarisation des générations anciennes aux plus récentes : en effet, chez les femmes, la proportion de celles sans niveau d’instruction est passée de 91 % parmi celles de 65 ans et plus à 27 % parmi les plus jeunes de 6-9 ans. Chez les hommes, ces proportions sont passées de 57 % à 25 % pour les mêmes groupes d’âges. Le principal indicateur du niveau d’accès de la population au système éducatif est le niveau de fréquentation scolaire des personnes en âge d’aller à l’école. Au cours de l’EDSC-III, des questions relatives à la fréquentation scolaire ont été posées pour toutes les personnes âgées de 3 à 24 ans. Afin d’avoir une indication sur l’accès actuel de la population à la scolarisation, on a calculé des taux de fréquentation scolaire (Graphique 2.3). Graphique 2.3 Taux de fréquentation scolaire par âge (Pourcentage de la population de 5-24 ans fréquentant l'école par âge et sexe) EDSC-III 2004 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Âge 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Pourcentage Hommes Femmes Le tableau 2.6 présente les taux nets et bruts de fréquentation scolaire2, par niveau d’instruction, par sexe, selon le milieu, la région de résidence et le quintile de bien-être économique. 2 Les définitions de ces indicateurs sont données dans le tableau. 26 | Caractéristiques des Ménages Tableau 2.6 Taux de fréquentation scolaire Taux net de fréquentation scolaire (TNFS) et taux brut de fréquentation scolaire (TBFS) de la population (de droit) des ménages, selon le niveau d'instruction, le sexe et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Taux net de fréquentation scolaire1 Taux brut de fréquentation scolaire2Caractéristique socio-démographique Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Indice de parité de genre3 NIVEAU PRIMAIRE Milieu de résidence Yaoundé/Douala 91,6 92,8 92,2 128,3 123,2 125,8 0,96 Autres villes 85,9 85,1 85,6 126,2 120,4 123,3 0,95 Ensemble urbain 87,6 87,3 87,5 126,8 121,2 124,0 0,96 Rural 72,9 67,9 70,5 122,0 103,1 112,8 0,85 Région Adamaoua 66,1 62,0 64,2 107,0 88,8 98,2 0,83 Centre 94,0 89,8 91,9 143,6 132,8 138,3 0,92 Douala 92,7 95,3 93,9 132,3 129,8 131,1 0,98 Est 83,9 86,2 85,1 131,2 127,8 129,5 0,97 Extrême-Nord 55,9 48,9 52,6 101,4 77,8 90,2 0,77 Littoral 94,6 91,7 93,2 132,1 136,6 134,3 1,03 Nord 54,5 45,8 50,0 100,7 64,7 82,3 0,64 Nord-Ouest 90,3 92,0 91,1 142,1 136,0 139,1 0,96 Ouest 96,6 94,9 95,8 138,2 138,0 138,1 1,00 Sud 91,5 91,5 91,5 137,2 134,6 135,8 0,98 Sud-Ouest 94,3 92,6 93,4 141,3 128,1 134,8 0,91 Yaoundé 90,3 90,2 90,3 123,3 116,3 119,7 0,94 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 60,3 55,0 57,7 106,1 80,4 93,6 0,76 Second 74,6 71,9 73,3 123,2 111,9 117,6 0,91 Moyen 86,3 82,8 84,6 135,3 128,1 131,9 0,95 Quatrième 93,3 89,7 91,5 139,4 125,3 132,3 0,90 Le plus riche 88,6 90,3 89,4 120,1 117,5 118,8 0,98 Ensemble 79,2 76,4 77,8 124,0 111,1 117,7 0,90 Suite. Caractéristiques des Ménages | 27 Tableau 2.6—Suite Taux net de fréquentation scolaire (TNFS) et taux brut de fréquentation scolaire (TBFS) de la population (de droit) des ménages, selon le niveau d'instruction, le sexe et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Taux net de fréquentation scolaire1 Taux brut de fréquentation scolaire2Caractéristique socio-démographique Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Indice de parité de genre3 NIVEAU SECONDAIRE Milieu de résidence Yaoundé/Douala 56,3 58,8 57,6 83,0 81,2 82,1 0,98 Autres villes 46,5 40,7 43,6 69,8 57,3 63,6 0,82 Ensemble urbain 49,8 46,8 48,3 74,2 65,4 69,8 0,88 Rural 17,4 13,8 15,7 23,7 17,0 20,4 0,72 Région Adamaoua 24,1 17,5 20,8 34,6 21,8 28,2 0,63 Centre 42,2 33,3 38,0 55,8 43,2 49,8 0,77 Douala 54,5 58,4 56,4 81,0 79,5 80,2 0,98 Est 33,3 24,2 28,8 47,9 32,6 40,3 0,68 Extrême-Nord 11,3 4,9 8,2 17,6 7,4 12,6 0,42 Littoral 47,1 47,5 47,3 65,3 63,8 64,5 0,98 Nord 15,1 9,7 12,6 25,7 14,4 20,5 0,56 Nord-Ouest 29,5 27,7 28,6 43,9 37,7 40,9 0,86 Ouest 41,1 42,7 41,9 58,3 56,5 57,4 0,97 Sud 49,3 37,3 43,2 74,3 47,7 60,8 0,64 Sud-Ouest 39,9 38,0 39,0 58,4 55,4 56,9 0,95 Yaoundé 58,5 59,3 58,9 85,6 83,2 84,4 0,97 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 9,7 7,1 8,5 13,6 9,1 11,5 0,67 Second 14,7 9,9 12,3 20,6 12,1 16,4 0,58 Moyen 30,6 24,3 27,5 39,7 31,0 35,5 0,78 Quatrième 42,5 42,8 42,7 64,7 58,1 61,5 0,90 Le plus riche 66,4 63,5 64,9 100,4 90,1 95,2 0,90 Ensemble 34,2 31,4 32,8 49,9 42,7 46,3 0,86 1 Le taux net de fréquentation scolaire (TNFS) pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d'âge de fréquentation du niveau primaire (6-11 ans) qui fréquente l'école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d'âge de fréquentation du niveau secondaire (12-18 ans) qui fréquente l'école secondaire. Par définition le taux net de fréquentation ne peut excéder 100 pour cent. 2 Le taux brut de fréquentation scolaire (TBFS) pour le niveau primaire est la proportion des élèves du niveau primaire, quel que soit leur âge, dans la population d'âge officiel de fréquentation du niveau primaire. Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est la proportion des élèves du niveau secondaire, quel que soit leur âge, dans la population d'âge officiel de fréquentation du niveau secondaire. S'il y a pour un niveau donné un nombre important d'élèves plus âgés ou plus jeunes que l'âge officiel pour ce niveau, le TBFS peut excéder 100 pour cent. 3 L'indice de parité de genre pour l'école primaire est le ratio du TBFS au niveau primaire des filles sur le TBFS des garçons. L'indice de parité de genre pour l'école secondaire est le ratio du TBFS au niveau secondaire des filles sur le TBFS des garçons. 28 | Caractéristiques des Ménages Le taux net de fréquentation scolaire pour le primaire est de 78 %, ce qui signifie que plus des trois-quarts de la population de 6-11 ans fréquentent l’école primaire. Ce taux est légèrement plus élevé pour les garçons que pour les filles (79 % contre 76 %). En outre, il présente des écarts selon le milieu de résidence : c’est en milieu rural qu’il est le plus faible et dans les villes de Yaoundé/Douala qu’il est le plus élevé (71 % contre 92 %). Dans les régions, on constate que c’est dans l’Adamaoua (64 %), dans l’Extrême-Nord (53 %) et dans le Nord (50 %) qu’ils sont les plus faibles (graphique 2.4). Dans ces deux dernières régions, seulement un enfant de 6-11 ans sur deux fréquente l’école primaire. Pour le niveau secondaire qui concerne la population âgée de 12-18 ans, le taux net de fréquentation scolaire s’établit à 33 %. Seulement un tiers de la population d’âge officiel de niveau secondaire fréquente effectivement ce niveau. On ne constate pratiquement pas d’écart entre les sexes (34 % pour les garçons contre 31 % pour les filles). Par contre, comme pour le niveau primaire, le taux net au niveau secondaire est beaucoup plus faible en milieu rural qu’à Yaoundé/Douala (16 % contre 58 %) et au niveau des régions, ce sont l’Extrême-Nord et le Nord qui se caractérisent par les taux les plus faibles (respectivement, 8 % et 13 %). Les résultats selon le quintile de bien-être montrent que quel que soit le cycle d’études, les taux augmentent des ménages les plus pauvres aux plus riches. Graphique 2.4 Taux nets de fréquentation scolaire (niveau primaire) par région EDSC-III 2004 Adamaoua Centre Douala Est Extrême-Nord Littoral Nord Nord-Ouest Ouest Sud Sud-Ouest Yaoundé 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Pourcentage Hommes Femmes Le taux brut pour le niveau de l’enseignement primaire est de 118 % et de 46 % pour le niveau secondaire ; cela signifie qu’au niveau primaire, un nombre important d’enfants plus âgés ou plus jeunes par rapport à l’âge officiel du niveau de fréquentation scolaire sont enrôlés à ce niveau3. Quel que soit le niveau d’études, ce taux est plus élevé chez les garçons que chez les filles (124 % contre 111 % au niveau primaire ; 50 % contre 43 % au niveau secondaire). On constate de plus les mêmes variations que celles observées pour le taux net. Le tableau 2.6 présente également l’indice de parité de genre qui est le rapport entre le taux brut de fréquentation scolaire des femmes et celui des hommes. Plus l’indice de parité est proche de 1, moins l’écart entre les taux de fréquentation scolaire entre les sexes est important. Un indice égal à 1 indique l’égalité totalité. Au Cameroun, l’indice est estimé à 0.9, cela quel que soit le niveau d’études, ce qui 3 Certains y accèdent précocement et d’autres y en sortent tardivement. Caractéristiques des Ménages | 29 révèle l’existence d’une certaine discrimination à l’égard des filles en ce qui concerne la fréquentation scolaire aux niveaux d’enseignement primaire et secondaire. Cette discrimination est légèrement plus accentuée au niveau d’enseignement secondaire où cet indice est de 0,86 comparé au niveau primaire où il est de 0,90. L’importance de cette discrimination varie d’un milieu de résidence à l’autre et d’une région à l’autre. Dans certaines régions, comme le Littoral et l’Ouest, l’indice de parité est, soit très légèrement supérieur à 1, soit égal. Par contre, dans le Nord et l’Extrême-Nord, il n’est que de, respectivement, 0,6 et 0,8. Cet indice est aussi plus faible en milieu rural qu’en milieu urbain et parmi les ménages les plus pauvres par rapport aux plus riches. Il semblerait donc qu’en plus des pesanteurs socioculturelles, la discrimination observée à l’égard des filles résulte d’un choix économique que certains ménages, pauvres en général, sont obligés d’effectuer en raison des coûts d’accès au système scolaire. Les résultats tendent à montrer que dans ces situations, ce sont les garçons qui sont envoyés ou maintenus dans le système scolaire au détriment des filles. 2.3.2 Orphelins et scolarisation L’émergence de l’épidémie du VIH/sida, en particulier dans les pays à forte prévalence a eu, entre autres, pour conséquence une augmentation significative du nombre d’orphelins. Au Cameroun, 15 % des enfants de 10-14 ans sont orphelins, soit d’au moins un parent, soit des deux (cf. tableau 2.4). Cette situation a conduit certains organismes à mettre en place des interventions de soutien et certains pays ont intégré dans leurs préoccupations les conditions de vie des enfants ayant survécu à leurs parents, en raison de leur plus grande vulnérabilité. En effet, on considère que les enfants orphelins, privés du soutien de leur famille, vivent dans des conditions précaires et sont donc désavantagés par rapport aux enfants qui vivent avec leurs deux parents. Pour évaluer l’importance de ce désavantage sur le plan de la scolarité, au cours de l’EDSC-III, on a cherché à savoir si les enfants orphelins d’au moins un des deux parents fréquentaient autant l’école que les enfants dont les deux parents étaient en vie et qui vivaient avec, au moins, un parent. Les résultats présentés au tableau 2.7 montrent qu’au Cameroun, la situation familiale ne semble pas affecter la fréquentation scolaire des enfants. En effet, parmi les enfants dont les deux parents sont en vie et qui vivent avec au moins l’un d’eux, 85 % vont à l’école ; parmi ceux qui ne vivent avec aucun des deux parents alors que ceux-ci sont en vie, la proportion qui fréquente l’école est même légèrement supérieure à celles des enfants dont les parents sont en vie et qui vivent avec au moins l’un des deux parents (88 %). Il en est de même de ceux dont seul le père est décédé puisque 88 % vont à l’école. Il semble que ce soit le décès de la mère qui influence le plus les chances d’un enfant de fréquenter l’école puisque seulement 81 % de ces enfants continuent d’aller à l’école. 30 | Caractéristiques des Ménages Tableau 2.7 Scolarisation des enfants de 10-14 ans orphelins ou non et selon la résidence avec les parents Pourcentage d'enfants de 10-14 ans orphelins et non orphelins fréquentant actuellement l'école, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Les deux parents en vie, vivant avec au moins un parent Les deux parents en vie, ne vivant avec aucun parent Seule la mère est décédée Seul le père est décédé Les deux parents sont décédés Mère, père ou les deux sont décédés Caractéristique socio- démographique % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif % à l'école Effectif Sexe Masculin 87,9 2 427 89,0 490 78,6 138 92,7 325 81,7 52 87,0 515 Féminin 80,8 2 187 86,6 551 83,5 136 82,5 316 (85,4) 42 82,8 493 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 97,4 680 93,2 149 * 28 96,7 98 * 17 96,9 143 Autres villes 90,3 1 416 90,2 390 90,3 86 90,8 185 (87,3) 45 89,9 316 Ensemble urbain 92,6 2 097 91,0 539 92,7 114 92,8 283 90,7 62 92,1 459 Rural 77,8 2 519 84,2 503 72,7 160 83,5 358 (68,9) 32 78,9 549 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 68,4 1 126 76,4 116 62,9 59 76,7 102 * 11 70,5 173 Second 78,8 913 79,9 199 72,6 67 81,1 137 * 14 75,7 217 Moyen 88,2 859 88,3 270 85,5 50 92,9 174 * 13 90,2 236 Quatrième 94,8 870 91,7 238 93,9 51 92,9 128 (93,6) 36 92,7 214 Le plus riche 97,8 849 95,9 218 (97,4) 47 92,0 100 * 20 94,5 168 Effectif d'enquêtées 84,5 4 616 87,7 1 042 81,0 273 87,6 641 83,3 94 84,9 1 008 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés * Basé sur trop peu de cas non pondérés 2.4 CONDITIONS DE VIE Au cours de l’enquête ménage, on s’est intéressé à certaines caractéristiques du logement à savoir la disponibilité de l’électricité, l'approvisionnement en eau de boisson, les matériaux de revêtement du sol, le type de toilettes. On a également recueilli des informations sur la possession d’un certain nombre d’équipements modernes (radio, télévision, réfrigérateur, bicyclette, motocyclette, véhicule). Ces informations permettent d’évaluer le niveau socio-économique des ménages. Les résultats sont présentés au tableau 2.8 et au graphique 2.5. Caractéristiques de l’habitat On constate, au niveau global, que moins d’un ménage sur deux dispose de l’électricité (47 %). Par rapport à 1991 et à 1998, on note cependant une nette amélioration puisque les proportions sont passées de, respectivement, 29 % et 41 % à 47 %. Cependant, malgré les efforts accomplis, on constate toujours des disparités entre milieux de résidence. En effet, en milieu rural, seulement 16 % des ménages disposent de l’électricité contre 77 % en milieu urbain (cette proportion est de 66 % dans les Autres villes et atteint un maximum de 96 % à Douala et à Yaoundé). Caractéristiques des Ménages | 31 Tableau 2.8 Caractéristiques des logements Répartition (en %) des ménages par caractéristiques des logements, selon le milieu de résidence, Cameroun 2004 Milieu de résidence Caractéristiques des logements Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Électricité Oui 96,0 66,1 77,1 15,5 47,1 Non 3,9 33,9 22,9 84,5 52,8 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Source d'eau pour boire Robinet dans le logement 20,1 12,5 15,3 0,8 8,2 Robinet dans la cour 8,4 7,2 7,6 1,6 4,7 Robinet du voisin 17,8 8,3 11,8 0,8 6,4 Borne fontaine 35,0 34,4 34,6 9,4 22,3 Puits à pompe 2,4 8,1 6,0 17,5 11,6 Puits non-protégé 0,6 6,7 4,5 19,5 11,8 Puits sans pompe protégé 1,5 5,6 4,1 9,3 6,6 Rivière/fleuve/marigot 2,4 9,3 6,8 35,0 20,5 Source protégée 6,9 6,5 6,7 5,8 6,3 Eau de pluie/Autre 4,9 1,4 2,6 0,2 1,5 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Temps nécessaire pour s'approvisionner en eau Moins de 15 minutes (%) 72,9 67,1 69,2 47,1 58,5 Temps médian pour s'approvisionner en eau 4,6 6,6 4,9 14,3 9,5 Type de toilettes Chasse d'eau 22,6 9,2 14,1 0,8 7,6 Latrines rudimentaires 40,2 43,2 42,1 73,3 57,3 Latrines améliorées 36,6 45,3 42,1 12,7 27,8 Pas de toilettes/nature 0,6 2,3 1,7 13,0 7,2 Autre 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Type de sol Terre/Sable 9,5 29,1 21,9 78,6 49,5 Jerflex ou asphalte 13,3 6,3 8,9 1,4 5,2 Carreaux 9,7 4,0 6,1 0,3 3,3 Ciment 62,5 55,9 58,3 18,5 39,0 Moquette 4,6 2,7 3,4 0,4 2,0 Autre 0,3 1,6 1,1 0,7 0,8 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de ménages 1 976 3 398 5 374 5 088 10 462 1 Les totaux incluent les non déterminés Eau de boisson Concernant l’approvisionnement en eau de boisson, on constate qu’au niveau national, 53 % des ménages au Cameroun ont accès à de l’eau salubre : 22 % consomment de l’eau provenant d’une borne fontaine, 13 % ont un robinet à domicile (8 % dans le logement et 5 % à l’extérieur), 12 % s’approvisionnent à des puits à pompe et 6 % utilisent le robinet du voisin. En 1991 (EDSC-I), seulement 42 % de la population avaient accès à de l’eau salubre, et cette proportion était de 45 % en 1998 (EDSC- II). La proportion des ménages ayant accès à de l’eau potable croît régulièrement même si des efforts restent encore à faire. Dans 18 % des cas, les ménages consomment de l’eau provenant de puits sans pompe ou non protégés et, bien que l’eau de surface (fleuve, rivière, marigot, source) soit impropre à la 32 | Caractéristiques des Ménages consommation, on note que plus d’un ménage sur quatre utilise cette eau. La principale source d’approvisionnement en eau de boisson varie fortement selon le milieu de résidence. En milieu urbain, environ les trois quarts de la population consomment de l’eau salubre (35 % par robinet, 35 % par borne fontaine et 6 % par puits à pompe). Par contre, en rural, pour plus d’un tiers des ménages (35 %), l’eau de boisson provient de l’eau de surface et pour 20 % des puits non protégés. Seulement 3 ménages sur 10 ont accès à de l’eau salubre. Ces résultats montrent qu’au Cameroun 25 % des ménages urbains et 70 % des ménages ruraux consomment de l’eau non salubre et sont donc exposés à toutes les maladies liées à l'eau de mauvaise qualité. On note également au tableau 2.8 qu’environ trois ménages sur cinq (59 %) mettent moins de 15 minutes pour s’approvisionner en eau. Cette proportion est plus faible en milieu rural (47 %) qu’en milieu urbain (69 %). Dans l’ensemble, 50 % des ménages mettent moins de 10 minutes pour s’approvisionner en eau de boisson. Ce temps varie de 5 minutes en milieu urbain à 14 minutes en milieu rural. Lieux d’aisances L’élimination inadéquate des excréments humains est la cause de maladies, telles que les maladies diarrhéiques et la poliomyélite. On constate qu’au Cameroun, la majorité des ménages (64 %) ne disposent pas de toilettes adéquates, puisque 57 % utilisent des installations sanitaires très sommaires et 7 % ne disposent d’aucune forme de toilette. Par ailleurs, 28 % des ménages utilisent des latrines améliorées et seulement 8 % disposent de toilettes avec chasse d’eau. Les différences entre les milieux de résidence sont très marquées : 73 % des ménages ruraux ne disposent que de latrines rudimentaires et 13 % n’en disposent pas du tout, tandis que 42 % de ménages urbains ont des latrines améliorées et 14 % ont des toilettes avec chasse d’eau. Revêtement du sol Le type de matériau de revêtement du sol peut être un facteur de propagation de certains parasites ou germes responsables de maladies. Au Cameroun, la moitié des ménages (50 %) vivent dans des logements dont le sol est nu, c’est-à-dire seulement recouvert de terre ou de sable. Cette proportion est de 79 % en milieu rural et 22 % en milieu urbain. Dans 39 % des cas, les ménages vivent dans un logement dont le sol est recouvert de ciment ; cette proportion varie d’un minimum de 19 % en rural à un maximum de 63 % à Yaoundé/Douala. Seulement 1 % de ménages ruraux ont un sol recouvert de jerflex ou d'asphalte, en urbain, cette proportion est de 9 %. Les sols recouverts de carreaux ou de moquette sont quasiment inexistants en milieu rural ; en urbain, 10 % des ménages vivent dans un logement dont le sol est recouvert de ce type de matériaux. Biens durables possédés par les ménages Le niveau de vie des ménages est évalué par la possession de certains biens durables. Les résultats sont présentés au tableau 2.9. On constate que quel que soit le bien, ce sont toujours les ménages de Yaoundé/Douala qui en sont le plus fréquemment équipés. Dans l’ensemble, le bien le plus fréquemment possédé par les ménages est la radio (63 %); la proportion de ménages ayant déclaré en posséder une est plus élevée en milieu urbain (74 %) qu’en milieu rural (51 %). En outre, près d’un tiers des ménages ont déclaré posséder un réchaud/cuisinière (32 %) et cette proportion varie d’un minimum de 10 % en rural à un maximum de 76 % à Yaoundé/Douala. Environ un ménage sur cinq possède une télévision (23 %) et comme pour la radio, ce sont les ménages vivant en urbain (40 % contre 5 % en rural), en particulier à Yaoundé/Douala (58 %), qui en sont le plus fréquemment équipés. Il en est de même du téléphone mobile : 24 % des ménages en possèdent un et cette proportion varie de 5 % en rural à 62 % à Yaoundé/Douala. Enfin, il faut noter qu’un quart des ménages ne possède aucun de ces biens et que c’est en rural que cette proportion est la plus élevée (37 % contre 4 % à Yaoundé/Douala). Caractéristiques des Ménages | 33 Tableau 2.9 Biens durables possédés par les ménages Pourcentage de ménages possédant certains biens de consommation durables, selon le milieu de résidence, Cameroun 2004 Milieu de résidence Biens durables Yaoundé/ Douala Autres villes Ensemble urbain Rural Total Radio 82,5 69,0 74,0 50,5 62,5 Télévision 57,5 30,0 40,1 4,7 22,9 Réfrigérateur 36,0 11,8 20,7 1,6 11,4 Bicyclette 4,5 16,0 11,8 25,1 18,2 Mobylette 6,4 9,6 8,5 6,6 7,5 Voiture/camion 12,6 6,1 8,5 1,4 5,0 Réchaud/cuisiniere 76,2 40,5 53,6 9,8 32,3 Téléphone fixe 5,6 2,3 3,5 0,1 1,8 Téléphone mobile 62,0 29,7 41,6 4,9 23,8 Aucun 4,3 18,8 13,5 37,0 24,9 Effectif de ménages 1 976 3 398 5 374 5 088 10 462 Graphique 2.5 Caractéristiques des logements EDSC-III 2004 ÉLECTRICITÉ PROVENANCE DE L'EAU Robinet Borne fontaine Puits protégé Puits non protégés Source protégée Eau de surface TYPE DE TOILETTES Chasse d'eau Latrines améliorées Latrines rudimentaires Pas de toilettes TYPE DE SOL Terre/sable Ciment/carreaux Jerflex/asphalte 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Pourcentage Urbain Rural Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 35 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS 3 Eric JAZET et Anaclet DZOSSA Ce chapitre porte sur les caractéristiques socio-démographiques des femmes enquêtées de 15-49 ans et des hommes enquêtés de 15-59 ans. Cette partie est importante car elle permet de comprendre et d’expliquer les comportements de la population vis-à-vis de la contraception, des IST, du VIH/Sida et de connaître les préférences en matière de fécondité. Tout comme le questionnaire ménage, les questionnaires individuels ont permis de recueillir des informations sur l’âge, le milieu de résidence, l’état matrimonial et le niveau d’instruction des enquêté(e)s. Dans cette partie, sont également analysés les résultats sur l’alphabétisation, l’accès aux médias et l’activité économique des hommes et des femmes. Ces différentes caractéristiques seront utilisées comme variables d'analyse dans la suite de ce rapport. De plus, les résultats à des questions spécifiques ayant pour objet d’évaluer le niveau de contrôle qu’exercent les femmes dans leur ménage et leur pouvoir de décision concernant l’utilisation de leurs revenus sont analysés dans ce chapitre. Enfin, au cours de l’enquête on a demandé aux femmes leur opinion concernant l’acceptation ou le rejet de certains des rôles qui leur sont socialement conférés. Les résultats sont présentés en fin de chapitre. 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS L'âge, variable fondamentale dans l'analyse des phénomènes démographiques, est l'une des informations les plus difficiles à obtenir de façon précise, lorsque l'enregistrement écrit des événements (notamment des faits d’états civils) n'est pas encore ancré dans les habitudes de certaines populations, comme c'est le cas au Cameroun. De ce fait, un soin particulier a été accordé à son estimation au moment de l'enquête individuelle. On a d'abord demandé aux enquêtés leur date de naissance, puis leur âge. Lorsque la date de naissance et l'âge étaient obtenus, l'enquêtrice/enquêteur contrôlait la cohérence entre les deux informations. Dans le cas où l'enquêté(e) ne connaissait pas sa date de naissance ou son âge, l'enquêtrice/enquêteur essayait d'obtenir un document officiel (carte d'identité, acte de naissance, etc.) où figure la date de naissance. Lorsque aucun document n'était disponible, l'enquêtrice/enquêteur devait estimer l'âge de l'enquêté(e), soit par comparaison avec l'âge d'autres membres du ménage, soit par déduction à partir de l'histoire de l'enquêté(e), ou encore en utilisant des références historiques. Les résultats présentés dans le tableau 3.1 montrent que les répartitions des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans par groupe d’âges quinquennaux sont à peu près les mêmes que celles observées en 1998 (EDSC-II). Ces distributions présentent une allure assez régulière, les proportions de chaque groupe d'âges diminuant régulièrement au fur et à mesure que l'on avance vers les âges élevés. Pour les femmes, elles passent de 25 % pour les 15-19 ans à 7 % pour la tranche d’âges 45-49 ans. Pour les hommes, les proportions varient de 23 % à 15-19 ans à 4 % à 55-59 ans. Pour permettre les comparaisons avec les données des femmes, l’analyse se limitera aux hommes âgés de 15-49 ans. Les questions sur l’état matrimonial ont été posées à toutes les femmes et à tous les hommes éligibles de l’échantillon. Dans le cadre de l’EDSC-III, ont été considérés comme étant en union toutes les femmes et tous les hommes mariés légalement ou non ainsi que tous ceux et toutes celles vivant en union consensuelle (tableau 3.2). Selon cette définition, on constate qu’environ une femme sur quatre (24 %) était célibataire au moment de l’enquête, environ les deux tiers (67 %) étaient mariées ou vivaient en union consensuelle, et seulement 9 % étaient en rupture d’union (divorcées, séparées ou veuves). Chez les hommes, au moment de l’enquête, plus de deux hommes sur cinq étaient célibataires (44 %) et moins 36 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés d’un homme sur deux était marié (47 %). Tout comme chez les femmes, moins d’un homme sur dix était en rupture d’union (9 %). Les résultats selon le milieu de résidence montrent que la majorité des enquêtés vivait, au moment de l’enquête, en milieu urbain (55 % des femmes et 58 % des hommes). Les hommes enquêtés étaient un peu moins nombreux que les femmes à vivre en milieu rural (42 % contre 45 %). Les données par région ne font pas apparaître d’écarts significatifs entre les hommes et les femmes. Tableau 3.1 Répartition par âge des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes enquêtés selon le groupe d’âge, Cameroun 2004 Femmes Hommes Âge Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré 15-19 25,2 2 684 2 680 23,2 1 224 1 218 20-24 21,1 2 252 2 215 18,0 953 944 25-29 16,4 1 747 1 738 15,4 812 790 30-34 12,7 1 350 1 352 11,7 620 615 35-39 10,1 1 080 1 092 8,8 467 482 40-44 7,8 832 846 7,5 394 409 45-49 6,7 711 733 6,5 344 359 50-54 na na na 4,9 260 255 55-59 na na na 3,9 205 208 Ensemble 15-49 100,0 10 656 10 656 91,2 4 815 4 817 Ensemble 15-59 na na na 100,0 5 280 5 280 na = Non applicable Le tableau 3.2 présente également la répartition des hommes et des femmes selon le niveau de bien-être économique du ménage. On constate qu’au moment de l’enquête, moins d’une femme sur cinq vivait dans un ménage du quintile le plus pauvre (19 %), cette proportion est légèrement plus faible pour les hommes (14 %). À l’opposé, près d’un quart des femmes (24 %) et une proportion légèrement plus élevée d’hommes (28 %) vivaient dans un ménage classé dans le quintile le plus riche. En ce qui concerne la religion, la majorité des enquêtés se sont déclarés de confession catholique (respectivement 38 % des femmes et 40 % des hommes). La religion protestante et les églises de réveil viennent en seconde position (respectivement 35 % des femmes et 33 % des hommes). Ensuite vient la religion musulmane avec 18 % de femmes et 17 % d'hommes. Par ailleurs, les autres religions (animisme inclus) sont pratiquées par les femmes et les hommes dans des proportions un peu plus faibles et quasiment identiques (9 %). Quant à la répartition de la population selon l’ethnie, elle rend compte de la diversité culturelle du Cameroun. Selon les regroupements effectués, six grands groupes apparaissent : des Bamiléké/Bamoun (25 % des femmes et 23 % des hommes) ; les Beti/Bassa/Mbam (20 % des femmes et 21 % des hommes) ; les Biu-Mandara (11 % des femmes et 12 % des hommes) ; les Adamaoua-Oubangui (11 % des femmes et 11 % des hommes) ; les Grassfields (11 % des femmes et 12 % des hommes) et les Arabes- Choa/Peulh/Haoussa/Kanuri (8 % des femmes et 7 % des hommes). Les autres groupes ethniques du Cameroun représentent en tout près de 11 % et les étrangers 4 % de la population résidente. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 37 Tableau 3.2 Caractéristiques socio-démographiques des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes enquêtés de 15-49 ans selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré État matrimonial Jamais marié 24,0 2 560 2 534 43,9 2 112 2 088 En union 67,2 7 166 7 177 47,2 2 271 2 268 Divorcé, séparé, veuf/veuve 8,7 930 945 9,0 433 461 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 21,4 2 277 1 935 24,2 1 167 955 Autres villes 33,4 3 559 3 335 34,2 1 645 1 514 Ensemble urbain 54,8 5 836 5 270 58,4 2 812 2 469 Rural 45,2 4 820 5 386 41,6 2 003 2 348 Région Adamaoua 3,9 416 783 4,4 214 395 Centre 8,0 854 890 7,6 368 378 Douala 11,2 1 197 1 016 12,4 598 479 Est 4,8 506 723 5,2 249 357 Extrême-Nord 16,1 1 718 1 039 12,9 620 363 Littoral 4,5 482 836 4,3 208 358 Nord 9,2 975 955 9,0 434 409 Nord-Ouest 10,2 1 090 869 10,5 506 394 Ouest 10,7 1 142 1 097 8,5 411 392 Sud 4,1 439 751 4,6 223 388 Sud-Ouest 7,1 757 778 8,6 415 428 Yaoundé 10,1 1 080 919 11,8 568 476 Niveau d'instruction Aucune instruction 22,4 2 383 2 141 9,7 467 427 Primaire 38,6 4 109 4 307 36,1 1 736 1 774 Secondaire 36,9 3 928 3 994 47,9 2 304 2 327 Supèrieur 2,2 236 214 6,4 307 289 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 18,8 2 007 1 878 13,5 650 618 Second 16,5 1 756 1 826 16,4 792 822 Moyen 19,2 2 046 2 322 18,8 906 1 062 Quatrième 21,4 2 283 2 254 23,1 1 110 1 096 Le plus riche 24,1 2 566 2 376 28,2 1 357 1 219 Religion Catholique 37,6 4 011 4 106 40,0 1 926 1 931 Prostestant/(Eglises de réveil) 35,1 3 737 3 894 32,9 1 584 1 656 Musulmane 18,1 1 925 1 779 17,1 823 787 Autre/ND 9,1 969 866 9,4 455 419 Ethnie Arabe-Choa/Peulh/ Maoussa/Kanuri 8,3 880 829 6,9 330 325 Biu-Mandara 11,1 1 178 880 11,8 568 426 Adamaoua-Oubangui 10,8 1 153 1 156 10,7 515 554 Bantoïde Sud-ouest 3,2 346 301 3,7 179 158 Grassfields 10,7 1 140 1 027 11,6 559 518 Bamilike/Bamoun 24,7 2 633 2 608 23,1 1 110 1 054 Côtier/Ngoe/Oroko 4,3 458 513 4,6 220 243 Beti/Bassa/Mbam 20,3 2 164 2 520 20,5 987 1,144 Kako/Meka/Pygmé 2,7 286 414 2,9 139 197 Étranger 3,8 404 395 4,2 203 193 ND 0,1 14 13 0,1 6 5 Total 100,0 10 656 10 656 100,0 4 815 4 817 Note : Les niveaux d'instruction correspondent au plus haut niveau d'instruction atteint, qu'il soit achevé ou non. 38 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES Les tableaux 3.3.1 et 3.3.2 présentent les données selon le niveau d’instruction atteint par les enquêtés. Les résultats sont présentés selon certaines caractéristiques socio-démographiques. On constate que la proportion de femmes n’ayant reçu aucune instruction formelle est nettement plus élevée que celle des hommes (22 % contre 10 %). Les écarts se resserrent au niveau d’instruction primaire où la différence des proportions est faible (39 % de femmes contre 36 % d’hommes). Par contre, les proportions d’hommes ayant atteint les niveaux d’instruction secondaire et supérieur sont nettement plus élevées que celles des femmes (respectivement, 48 % contre 37 % pour le niveau secondaire et 6 % contre 2 % pour le supérieur). Tableau 3.3.1 Niveau d'instruction par caractéristiques socio-démographiques : femmes Répartition (en %) des femmes enquêtées par niveau d'instruction atteint et nombre médian d'années d'instruction, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Plus haut niveau d'instruction Caractéristique socio-démographique Aucun niveau Primaire1 Secondaire2 Supérieure Total Effectif de femmes Nombre médian d'années de scolarisation Âge 15-19 14,3 37,2 48,2 0,3 100,0 2 684 6,0 20-24 18,1 36,9 41,7 3,2 100,0 2 252 6,2 25-29 23,0 36,0 36,7 4,3 100,0 1 747 5,8 30-34 25,2 39,0 33,1 2,6 100,0 1 350 5,3 35-39 27,8 42,0 28,3 1,9 100,0 1 080 4,9 40-44 32,0 44,1 22,2 1,7 100,0 832 4,4 45-49 39,8 42,7 16,1 1,3 100,0 711 3,2 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 1,3 27,7 64,6 6,4 100,0 2 277 8,2 Autres villes 16,7 36,5 44,7 2,1 100,0 3 559 6,2 Ensemble urbain 10,7 33,1 52,5 3,7 100,0 5 836 6,8 Rural 36,5 45,2 17,9 0,4 100,0 4 820 3,3 Région Adamaoua 51,1 28,6 17,7 2,6 100,0 416 0,0 Centre 3,1 50,2 44,5 2,2 100,0 854 5,7 Douala 1,3 31,0 62,4 5,3 100,0 1 197 8,0 Est 15,1 50,4 33,5 1,1 100,0 506 4,6 Extrême-Nord 67,4 27,4 5,2 0,0 100,0 1 718 0,0 Littoral 3,1 44,1 52,4 0,5 100,0 482 6,2 Nord 69,3 24,1 6,6 0,0 100,0 975 0,0 Nord-Ouest 10,9 57,5 30,3 1,3 100,0 1 090 6,4 Ouest 3,0 52,1 43,4 1,6 100,0 1 142 5,7 Sud 1,9 37,4 59,5 1,2 100,0 439 6,5 Sud-Ouest 3,9 49,1 44,8 2,2 100,0 757 6,8 Yaoundé 1,3 24,0 67,1 7,5 100,0 1 080 8,5 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 56,5 36,6 6,8 0,0 100,0 2 007 0,0 Second 34,6 51,1 14,2 0,1 100,0 1 756 3,3 Moyen 18,7 50,9 30,0 0,3 100,0 2 046 5,2 Quatrième 8,9 39,2 50,7 1,3 100,0 2 283 6,5 Le plus riche 2,2 21,1 69,0 7,7 100,0 2 566 8,7 Ensemble 22,4 38,6 36,9 2,2 100,0 10 656 5,5 1 Niveau primaire est basé sur 6 classes. 2 Niveau secondaire est basé sur 7 classes. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 39 Tableau 3.3.2 Niveau d'instruction par caractéristiques socio-démographiques : hommes Répartition (en %) des hommes 15-49 ans par niveau d'instruction atteint et nombre médian d'années d'instruction, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Plus haut niveau d'instruction Caractéristique socio-démographique Aucun niveau Primaire1 Secondaire2 Supérieur Total Effectif d’hommes Nombre médian d'années de scolarisation Âge 15-19 3,9 39,3 56,1 0,8 100,0 1 224 6,4 20-24 7,6 32,9 53,3 6,2 100,0 953 7,2 25-29 8,4 36,6 44,3 10,7 100,0 812 7,0 30-34 13,6 34,9 45,4 6,2 100,0 620 6,7 35-39 17,5 28,5 42,0 12,0 100,0 467 7,0 40-44 14,8 40,6 37,0 7,7 100,0 394 6,2 45-49 15,6 39,4 37,0 8,0 100,0 344 6,0 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 1,7 17,5 65,4 15,4 100,0 1 167 9,0 Autres villes 7,1 33,6 53,5 5,9 100,0 1 645 7,1 Ensemble urbain 4,8 26,9 58,4 9,8 100,0 2 812 8,2 Rural 16,5 48,9 33,1 1,5 100,0 2 003 5,3 Région Adamaoua 26,7 36,1 28,4 8,9 100,0 214 4,5 Centre 2,0 37,7 56,4 3,9 100,0 368 6,6 Douala 1,5 19,0 66,4 13,2 100,0 598 8,8 Est 5,2 37,5 54,2 3,1 100,0 249 6,5 Extrême-Nord 36,9 41,8 21,0 0,3 100,0 620 2,1 Littoral 1,4 33,2 60,7 4,7 100,0 208 7,2 Nord 25,9 45,5 27,1 1,5 100,0 434 3,1 Nord-Ouest 1,7 54,6 39,7 4,0 100,0 506 6,7 Ouest 1,5 40,8 52,5 5,2 100,0 411 6,6 Sud 3,3 30,2 62,5 4,1 100,0 223 7,6 Sud-Ouest 1,1 44,7 50,2 4,1 100,0 415 6,9 Yaoundé 1,9 16,0 64,3 17,9 100,0 568 9,2 Quintile de bien- être économique Le plus pauvre 28,1 52,6 19,3 0,0 100,0 650 3,7 Second 18,6 50,2 31,0 0,3 100,0 792 5,0 Moyen 8,2 46,3 44,4 1,1 100,0 906 6,1 Quatrième 4,1 34,0 56,7 5,3 100,0 1 110 7,2 Le plus riche 1,3 14,7 66,5 17,4 100,0 1 357 9,7 Ensemble 9,7 36,1 47,9 6,4 100,0 4 815 6,7 1 Niveau primaire est basé sur 6 classes. 2 Niveau secondaire est basé sur 7 classes. 40 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Cependant, on constate, quel que soit le sexe, que le niveau d’instruction s’améliore des générations les plus anciennes aux générations les plus récentes. En effet, la proportion des femmes sans niveau d’instruction diminue avec l’âge (passant de 40 % parmi celles de 45-49 ans à 14 % parmi celles 15-19 ans) ; on note également que la proportion de femmes ayant un niveau d’instruction secondaire varie de 16 % chez celles de 45-49 ans à 48 % chez celles de 15-19 ans. Par conséquent, le nombre médian d’années de scolarisation a augmenté des générations les plus anciennes aux plus jeunes, passant de 3,2 années chez celles de 45-49 ans à 6 années chez les plus jeunes de 15-19 ans. On note chez les hommes ce même effet de génération puisque des générations anciennes aux plus récentes, les proportions de ceux sans niveau d’instruction sont passées de 16 % à 4 %. En ce qui concerne le niveau secondaire, les proportions varient de 37 % parmi ceux âgés de 45-49 ans à l’enquête à 56 % parmi les hommes de 15 -19 ans. Par contre, les proportions de ceux qui ont atteint le niveau primaire n’ont que peu évolué dans les générations et le nombre médian d’années d’instruction est quasiment identique parmi les hommes âgés de 45-49 ans à l’enquête que parmi ceux de 15-19 ans. Par ailleurs, le niveau d’instruction des enquêtés varie en fonction du milieu de résidence. On constate en effet, que les proportions d’hommes et de femmes instruits sont plus élevées en milieu urbain qu’en milieu rural : en effet, seuls 11 % des femmes et 5 % des hommes vivant en milieu urbain n’ont pas de niveau d’instruction contre, respectivement, 37 % et 17 % en milieu rural. Les résultats selon les régions mettent également en évidence de fortes disparités. La proportion de personnes sans aucun niveau d’instruction est particulièrement élevée dans les provinces septentrionales : 69 % de femmes et 26 % d'hommes dans le Nord ; dans l’Extrême-Nord, ces proportions sont respectivement de 67 % et 37 % et, dans l’Adamaoua, 51 % des femmes et 27 % des hommes n’ont aucun niveau d’instruction. À l’opposé, se trouvent les régions fortement scolarisées comme les villes de Yaoundé, Douala, et les régions du Centre, du Sud-Ouest, du Sud, du Littoral et de l’Ouest, où moins de 5 % de la population n’a toujours aucune instruction. L’Est et le Nord-Ouest se singularisent avec des proportions non négligeables de personnes n’ayant aucune instruction, ces proportions étant cependant inférieures à celles observées dans les régions septentrionales. Les données de ce tableau montrent qu’il y a une relation positive entre le niveau d’instruction et le niveau de bien-être économique du ménage : en effet, les proportions de femmes et d’hommes sans instruction diminuent des ménages les plus pauvres aux plus riches. 3.3 ALPHABÉTISATION Au cours de l’enquête, mises à part les questions posées sur la dernière classe achevée et le niveau d’instruction atteint par les enquêtés, on a demandé à ceux qui n’avaient aucun niveau d’instruction et à ceux qui avaient déclaré avoir atteint le niveau primaire de lire une phrase rédigée dans une des langues officielles ou nationales préparées par les agents enquêteurs. Trois modalités ont été retenues : « peut lire toute la phrase », une partie de la phrase », ou, ne peut pas lire du tout ». Les enquêtés ayant atteint le niveau secondaire ou plus ont été considérés d’office comme étant alphabétisés. Les résultats sont présentés au tableau 3.4.1 pour les femmes et 3.4.2 pour les hommes ainsi qu’au graphique 3.1. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 41 Tableau 3.4.1 Alphabétisation : femmes Répartition (en %) des femmes enquêtées par niveau d'instruction atteint et niveau d'alphabétisation, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Primaire ou sans instruction Caractéristique socio-démographique Secondaire ou plus Lit une phrase entière Lit une partie de phrase Ne sait pas lire Pas de carte dans la langue Total1 Effectif de femmes Pourcentage alphabétisées2 Âge 15-19 48,5 15,4 9,4 26,0 0,1 100,0 2 684 73,3 20-24 45,0 14,2 9,1 31,6 0,1 100,0 2 252 68,2 25-29 41,0 15,3 9,6 33,7 0,1 100,0 1 747 65,9 30-34 35,8 15,5 9,9 38,4 0,1 100,0 1 350 61,2 35-39 30,2 18,8 9,9 39,8 0,3 100,0 1 080 59,0 40-44 23,9 20,6 9,3 45,3 0,0 100,0 832 53,8 45-49 17,5 20,3 10,0 51,2 0,0 100,0 711 47,7 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 71,0 15,8 6,7 5,6 0,2 100,0 2 277 93,5 Autres villes 46,8 16,1 9,6 26,8 0,1 100,0 3 559 72,5 Ensemble urbain 56,2 16,0 8,5 18,6 0,1 100,0 5 836 80,7 Rural 18,3 16,5 10,7 54,0 0,1 100,0 4 820 45,6 Région Adamaoua 20,3 13,0 6,1 60,3 0,1 100,0 416 39,4 Centre 46,7 29,7 9,4 13,7 0,2 100,0 854 85,8 Douala 67,7 16,7 8,4 5,9 0,3 100,0 1 197 92,8 Est 34,5 18,1 10,0 35,8 0,7 100,0 506 62,6 Extrême-Nord 5,2 6,5 6,9 81,3 0,0 100,0 1 718 18,6 Littoral 52,9 23,6 9,9 12,9 0,1 100,0 482 86,4 Nord 6,6 4,8 8,3 80,1 0,0 100,0 975 19,7 Nord-Ouest 31,6 15,3 19,9 32,9 0,0 100,0 1 090 66,7 Ouest 45,0 26,9 8,5 18,9 0,0 100,0 1 142 80,4 Sud 60,7 23,5 7,4 7,7 0,1 100,0 439 91,5 Sud-Ouest 47,0 16,2 14,5 21,0 0,1 100,0 757 77,7 Yaoundé 74,6 14,7 4,9 5,3 0,0 100,0 1 080 94,2 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 6,8 9,3 9,0 74,6 0,0 100,0 2 007 25,2 Second 14,2 17,1 13,4 55,0 0,0 100,0 1 756 44,7 Moyen 30,3 22,5 11,9 34,5 0,2 100,0 2 046 64,7 Quatrième 52,0 20,9 9,5 16,9 0,1 100,0 2 283 82,4 Le plus riche 76,8 11,9 5,3 5,2 0,1 100,0 2 566 94,0 Ensemble 39,1 16,2 9,5 34,6 0,1 100,0 10 656 64,8 1 Total inclut les ND 2 Correspond aux femmes qui ont, au moins, fréquenté l'école secondaire et à celles pouvant lire une phrase entière ou une partie de phrase 42 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Tableau 3.4.2 Alphabétisation : hommes Répartition (en %) des hommes enquêtés par niveau d'instruction atteint et niveau d'alphabétisation, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Primaire ou sans instruction Caractéristique socio-démographique Secondaire ou plus Lit une phrase entière Lit une partie de phrase Ne sait pas lire Pas de carte dans la langue Total1 Effectif d’hommes Pourcentage alphabétisés2 Âge 15-19 56,8 16,6 11,0 15,4 0,0 100,0 1 224 84,5 20-24 59,5 13,2 10,4 16,1 0,5 100,0 953 83,1 25-29 55,0 15,9 11,7 16,1 0,8 100,0 812 82,6 30-34 51,5 16,2 10,6 21,0 0,3 100,0 620 78,4 35-39 54,0 15,7 7,8 21,0 1,2 100,0 467 77,6 40-44 44,6 21,5 11,4 21,6 0,0 100,0 394 77,5 45-49 45,0 20,4 10,9 22,6 0,0 100,0 344 76,2 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 80,8 10,7 4,2 4,1 0,1 100,0 1 167 95,7 Autres villes 59,3 16,4 9,2 14,3 0,4 100,0 1 645 84,9 Ensemble urbain 68,2 14,0 7,1 10,1 0,3 100,0 2 812 89,4 Rural 34,6 19,6 15,7 29,0 0,6 100,0 2 003 69,9 Région Adamaoua 37,3 19,8 6,8 35,1 0,0 100,0 214 63,9 Centre 60,3 17,5 12,3 9,7 0,0 100,0 368 90,1 Douala 79,5 11,3 4,4 4,4 0,2 100,0 598 95,2 Est 57,3 16,1 8,5 17,0 0,0 100,0 249 81,9 Extrême-Nord 21,3 16,1 17,5 42,1 2,8 100,0 620 54,9 Littoral 65,4 15,5 7,6 11,5 0,0 100,0 208 88,5 Nord 28,6 15,3 14,0 41,9 0,0 100,0 434 57,8 Nord-Ouest 43,7 30,6 9,9 15,4 0,0 100,0 506 84,1 Ouest 57,7 18,9 12,0 11,3 0,0 100,0 411 88,7 Sud 66,5 12,4 11,4 8,1 0,0 100,0 223 90,4 Sud-Ouest 54,2 13,8 18,0 12,9 0,0 100,0 415 86,0 Yaoundé 82,1 10,1 4,0 3,8 0,0 100,0 568 96,2 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 19,3 18,8 15,8 44,1 1,5 100,0 650 53,9 Second 31,2 21,6 14,2 31,7 0,7 100,0 792 67,0 Moyen 45,6 20,6 15,6 17,5 0,2 100,0 906 81,7 Quatrième 62,0 16,9 9,9 10,9 0,0 100,0 1 110 88,9 Le plus riche 83,9 8,8 3,5 3,4 0,1 100,0 1 357 96,2 Ensemble 54,2 16,3 10,7 17,9 0,4 100,0 4 815 81,3 1 Le total inclut les ND 2 Correspond aux hommes qui ont, au moins, fréquenté l'école secondaire et à ceux pouvant lire une phrase entière ou une partie de phrase. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 43 Graphique 3.1 Proportion d’analphabètes parmi les femmes et les hommes de 15-49 ans EDSC-III 2004 CAMEROUN RÉSIDENCE Yaoundé/Douala Autres villes Rural QUINTILE DE BIEN-ÊTRE Le plus pauvre Second Moyen Quatrième Le plus riche 0 20 40 60 80 Pourcentage Femmes Hommes Environ les deux tiers des femmes (65 %) et plus de quatre hommes sur cinq (81 %) sont considérés comme étant alphabétisés. En d’autres termes, dans l’ensemble, la proportion de femmes analphabètes est pratiquement deux fois plus élevée que celle des hommes (35 % contre 18 %). En comparant les tableaux 3.3.1 et et 3.4.1, on remarque que la proportion de femmes qui ne savent pas du tout lire est supérieure à la proportion de celles qui n’ont jamais fréquenté l’école (35 % contre 22 %). Cette différence révèle qu’une partie non négligeable de la population féminine n’a pas fréquenté suffisamment l’école au point de savoir lire et écrire ou bien qu’après avoir quitté l’école, elle est redevenue analphabète en ayant oublié ce qu’elle avait appris (phénomène de la désalphabétisation fonctionnelle). Les proportions de femmes et d’hommes analphabètes varient sensiblement selon le milieu de résidence. En milieu urbain, 81 % des femmes et 89 % des hommes sont alphabétisés contre respectivement 46 % et 70 % en milieu rural. Yaoundé et Douala se distinguent des Autres villes par les taux d’alphabétisation les plus élevés et quasiment identiques selon le sexe (94 % chez les femmes et 96 % chez les hommes). L’examen des résultats selon les régions met également en évidence des disparités spatiales de l’alphabétisation en plus des disparités selon le sexe : que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, c’est dans les provinces septentrionales du pays que l’on observe les proportions d’analphabètes les plus élevées. Par ordre d’importance, c’est dans l’Extrême-Nord qu’elles sont les plus élevées (81 % des femmes et 42 % des hommes), suivie du Nord (80 % des femmes et 42 % des hommes) et dans l’Adamaoua (60 % des femmes et 35 % des hommes). En dehors de Yaoundé et Douala, les régions qui comptent les proportions les plus élevées de personnes alphabétisées sont : le Sud (92 % des femmes et 90 % des hommes), le Centre (86 % des femmes et 90 % des hommes), le Littoral (86 % des femmes et 89 % des hommes) et l’Ouest (80 % des femmes et 89 % des hommes). 44 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS Les données relatives à l’exposition des femmes et des hommes aux médias sont particulièrement importantes pour la mise en place des programmes d'éducation et de diffusion d'informations dans tous les domaines, notamment dans ceux de la santé et de la planification familiale. Les tableaux 3.5.1 et 3.5.2 présentent les données sur l’exposition des femmes et des hommes aux médias (la presse audiovisuelle ou écrite). Précisons d’emblée, qu'il n'est pas nécessaire que le ménage possède une radio, un téléviseur ou achète un journal pour y avoir accès, de nombreuses personnes pouvant écouter la radio ou regarder la télévision chez des amis ou des voisins. Tableau 3.5.1 Exposition aux médias : femmes Pourcentage de femmes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Exposition aux trois médias Aucun média Effectif Âge 15-19 15,2 44,9 47,5 11,0 38,8 2 684 20-24 13,8 41,3 51,2 9,2 39,0 2 252 25-29 13,4 33,9 48,6 9,2 44,9 1 747 30-34 11,3 29,9 43,1 7,7 49,1 1 350 35-39 9,7 29,6 42,3 6,8 50,8 1 080 40-44 9,5 25,7 37,9 5,8 56,2 832 45-49 7,6 21,5 35,5 4,6 60,0 711 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 28,7 73,2 72,4 22,5 12,5 2 277 Autres villes 13,8 46,0 53,5 9,3 34,1 3 559 Ensemble urbain 19,6 56,6 60,8 14,5 25,7 5 836 Rural 4,1 10,6 27,7 1,6 68,6 4 820 Région Adamaoua 11,6 26,3 31,8 8,0 58,9 416 Centre 13,4 32,1 60,1 8,2 33,2 854 Douala 26,7 71,3 71,5 21,1 14,7 1 197 Est 19,1 38,8 52,3 9,6 34,8 506 Extrême-Nord 2,0 9,8 17,9 1,1 77,8 1 718 Littoral 16,8 39,8 54,4 9,5 33,5 482 Nord 3,4 15,0 30,1 2,2 64,2 975 Nord-Ouest 3,8 20,9 30,6 2,5 64,1 1 090 Ouest 11,0 32,0 39,6 5,8 49,4 1 142 Sud 13,1 38,2 64,8 8,4 26,5 439 Sud-Ouest 7,3 40,1 51,7 5,6 41,6 757 Yaoundé 31,0 75,3 73,3 24,0 10,1 1 080 Niveau d'instruction Aucun 0,1 6,9 16,6 0,0 80,3 2 383 Primaire 5,5 25,2 38,6 2,3 52,5 4 109 Secondaire ou plus 26,7 62,8 69,7 19,9 17,7 4 163 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 1,5 2,4 12,0 0,1 86,1 2 007 Second 3,9 7,1 27,2 1,0 69,0 1 756 Moyen 6,8 19,8 39,9 3,0 53,7 2 046 Quatrième 13,9 50,3 59,0 8,6 26,3 2 283 Le plus riche 30,7 81,5 78,0 25,2 6,6 2 566 Ensemble 12,6 35,8 45,8 8,7 45,1 10 656 Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 45 Tableau 3.5.2 Exposition aux médias : hommes Pourcentage d’hommes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Caractéristique socio-démographique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Exposition aux trois médias Aucun média Effectif Âge 15-19 20,6 55,2 65,2 14,9 22,6 1 224 20-24 28,9 58,6 77,3 21,5 15,4 953 25-29 31,6 47,1 79,7 19,8 15,7 812 30-34 26,1 45,7 79,2 18,0 16,1 620 35-39 33,1 43,2 80,4 21,2 16,0 467 40-44 30,3 38,3 76,9 18,6 18,4 394 45-49 30,7 41,4 76,3 19,1 19,9 344 Milieu de résidence Yaoundé/Douala 46,4 82,9 89,6 39,5 3,3 1 167 Autres villes 28,0 59,2 77,0 19,2 13,5 1 645 Ensemble urbain 35,6 69,0 82,2 27,6 9,2 2 812 Rural 16,2 22,7 65,0 6,0 30,3 2 003 Région Adamaoua 29,8 42,0 73,4 16,1 19,1 214 Centre 20,9 41,1 85,7 11,9 9,5 368 Douala 42,4 83,3 87,5 36,1 3,5 598 Est 28,8 45,0 76,4 16,5 14,6 249 Extrême-Nord 16,5 25,4 56,3 6,7 35,9 620 Littoral 35,6 55,9 81,4 21,9 11,0 208 Nord 14,2 28,0 44,4 8,0 47,7 434 Nord-Ouest 14,8 42,2 69,6 8,2 23,0 506 Ouest 14,2 36,6 78,3 8,3 16,7 411 Sud 34,1 36,1 79,5 14,0 12,3 223 Sud-Ouest 30,0 56,7 83,0 21,3 12,7 415 Yaoundé 50,6 82,6 91,8 43,1 2,9 568 Niveau d'instruction Aucun 1,4 13,4 44,5 0,1 49,9 467 Primaire 12,3 34,8 63,4 5,9 28,4 1 736 Secondaire ou plus 42,3 66,2 88,3 30,4 5,4 2 612 Quintile de bien-être économique Le plus pauvre 11,0 12,3 43,0 2,1 51,4 650 Second 14,8 19,5 67,0 5,7 27,6 792 Moyen 19,6 32,6 74,6 7,4 19,2 906 Quatrième 28,1 62,2 82,1 19,4 9,3 1 110 Le plus riche 47,8 86,7 89,8 41,0 2,7 1 357 Ensemble 27,5 49,8 75,1 18,6 18,0 4 815 46 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés On constate que plus de deux femmes sur cinq (45 %) et environ un homme sur cinq (18 %) ne sont exposés à aucun média. Cependant, par rapport à l’EDSC-II, on note une nette amélioration car, ces proportions étaient respectivement de 56 % et 31 %. De tous les médias, la radio1 est celui qui est le plus écouté : près d'une femme sur deux (46 %) et trois quarts des hommes (75 %) ont déclaré écouter la radio, au moins, une fois par semaine. La télévision2 vient en seconde position : elle est regardée, au moins, une fois par semaine par plus d’une femme sur trois (36 %) et par un homme sur deux (50 %). On note également que les hommes ont déclaré plus fréquemment que les femmes qu’ils lisaient des journaux : seulement 13 % des femmes contre 28 % des hommes ont déclaré lire un journal au moins une fois par semaine. Les proportions de ceux et celles qui ont été exposés à la fois aux trois médias sont très faibles : seulement 9 % des femmes et 19 % des hommes. Selon l’âge, on constate que les jeunes générations sont plus exposées aux médias que les plus âgées. En effet, les proportions de femmes exposées à aucun média varient de 39 % chez les femmes de 15-19 ans à 60 % chez celles de 45-49 ans. Chez les hommes, les écarts selon l’âge sont très faibles. Selon le milieu de résidence, les résultats font apparaître des différences significatives. En milieu rural, les femmes qui ne sont exposées à aucun média sont proportionnellement plus nombreuses (69 %) qu’en milieu urbain (26 %). Il est aussi fréquent en milieu rural que les femmes n’aient pas accès aux média même si ceux-ci existent dans le ménage parce qu’ils sont généralement considérés comme la propriété de leur acquéreur. En particulier, le poste de radio est considéré comme un bien personnel de l’homme (il peut s’agir du conjoint, du frère ou du chef de ménage) qui peut le garder en lieu sûr lorsqu’il est absent ou le transporter avec lui lorsqu'il sort. Chez les hommes, il y a aussi des écarts, la proportion variant de 30 % en rural à 9 % en urbain. Les résultats selon les régions mettent également en évidence des disparités : la proportion de femmes n'ayant accès à aucun média est faible dans les villes de Yaoundé et de Douala (respectivement, 10 % et 15 %). Elle est, par contre, très élevée dans certaines régions : 78 % pour l'Extrême-Nord et 64 % pour le Nord et le Nord-Ouest. En outre, le niveau d’instruction semble influencer de manière significative le niveau d’exposition aux médias. Que ce soit chez les femmes ou chez les hommes, ceux ayant le niveau secondaire ou plus sont les plus fréquemment exposés aux trois médias : 20 % des femmes et 30 % des hommes contre seulement 2 % des femmes et 6 % des hommes ayant le niveau d’instruction primaire. Par ailleurs, les résultats montrent que 80 % des femmes sans niveau d’instruction ne sont exposées à aucun média contre 18 % de celles ayant un niveau secondaire ou plus. Ces proportions sont respectivement de 50 % et 5 % pour les hommes. De même que pour le niveau d’instruction, on note une relation positive entre le niveau de bien- être du ménage et l’exposition aux médias. On constate que ce sont les hommes et les femmes vivant dans les ménages les plus riches qui sont les plus fréquemment exposés aux trois médias : 25 % des femmes et 41 % des hommes contre seulement 2 % des hommes et 0 % des femmes des ménages les plus pauvres. 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE Lors de l’EDSC-III, des questions relatives à l’emploi ont été posées aux hommes et aux femmes. On a considéré comme ayant un travail, les hommes et les femmes qui ont déclaré avoir eu au cours des douze mois précédant l’enquête, une activité rémunérée ou non, indépendamment du secteur d’activité. Les résultats sont présentés au tableau 3.6. 1 63 % des ménages au Cameroun possèdent un poste radio (voir tableau 2.9). 2 23 %, un poste de télévision (voir tableau 2.9). Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 47 Tableau 3.6 Emploi Répartition (en %) des femmes et des hommes selon qu’ils ont, ou non, un emploi et par durée de l'emploi, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Cameroun 2004 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique Travaille actuelle- ment Ne travaille pas actuelle- ment N'a pas travaillé au cours des 12 mois

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