Burkina Faso - Demographic and Health Survey - 2004

Publication date: 2004

Burkina Faso Enquête Démographique et de Santé 2003 B u rkin a F aso 2003 Enquête D ém ographique et de Santé INDICATEURS DU SOMMET MONDIAL POUR LES ENFANTS – EDSBF-III Taux de mortalité des enfants (0-4) Probabilité de décéder entre la naissance et l’âge de 5 ans, pour 1 000 naissances vivantes 184 Taux de mortalité infantile Probabilité de décéder entre la naissance et le 1er anniversaire, pour 1 000 naissances vivantes 81 Insuffisance pondérale Enfants de moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondérale (%) 38 Retard de croissance Enfants de moins de cinq ans souffrant de retard de croissance (%) 39 Émaciation Enfants de moins de cinq ans souffrant d’une émaciation (%) 19 Utilisation de l’eau salubre Pourcentage de la population qui utilise une source d’eau salubre pour boire 61 Utilisation des sanitaires Pourcentage de la population disposant de latrines améliorées ou chasse d’eau 21 Fréquentation scolaire Enfants d’âge scolaire de l’enseignement primaire qui fréquentent une école primaire (%) 32 Taux d’alphabétisation : Femmes/Hommes Pourcentage de la population âgée de 15 ans ou plus qui est capable à la fois de lire et d’écrire, avec compréhension, un texte court et simple lié à la vie quotidienne Homme : Femme : 31 16 Mortalité des enfants de moins de cinq ans : masculin/féminin Probabilité de décéder entre la naissance et le cinquième anniversaire pour 1 000 naissances : désagrégée par sexe (pour la période de 10 ans avant l’enquête) Masculin : Féminin : 195 192 Insuffisance pondérale : sexe masculin/féminin Enfants de moins de cinq ans souffrant d’une insuffisance pondérale (%) Masculin : Féminin : 38 37 Soins prénatals Femmes de 15-49 ans consultées au moins une fois durant la grossesse par du personnel de santé (%) 73 Soins à la naissance de l’enfant Naissances dont la mère a accouché avec l’assistance de personnel de santé (%) 56 Poids à la naissance < 2,5 kg Naissances vivantes qui pèsent moins de 2 500 grammes (%) 18 Consommation du sel iodé Ménages qui consomment d’une manière adéquate du sel iodé (%) - non iodé : 0 ppm - adéquatement iodé 15 ppm ou plus 16 45 Compléments de vitamine A Enfants de 6-59 mois ayant reçu un supplément de vitamine A au cours des 6 derniers mois (%) 33 Compléments de vitamine A Mères qui ont reçu un supplément de vitamine A avant que leur bébé n’atteigne l’âge de 8 semaines (%) 16 Cécité crépusculaire Femmes qui souffraient de cécité nocturne durant la dernière grossesse (%) 13 Taux d’allaitement exclusif Enfants de moins de 6 mois qui reçoivent exclusivement le sein (%) 19 Aliments de complément Enfants de 6-9 mois (180-299 jours) qui reçoivent le sein et les aliments de complément (%) 38 Taux d’allaitement continu Enfants de 12-15 mois qui sont allaités (%) 98 Taux d’allaitement continu Enfants de 20-23 mois qui sont allaités (%) 79 Vaccin du DTCoq Enfants d’un an vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTCoq) (%) 57 Vaccin de la rougeole Enfants d’un an vaccinés contre la rougeole (%) 56 Vaccin de la polio Enfants d’un an vaccinés contre la poliomyélite (%) 59 Vaccin du BCG Enfants d’un an vaccinés contre la tuberculose (%) 81 Vaccination antitétanique Femmes ayant reçu deux doses ou plus de vaccin antitétanique au cours de la grossesse (%) 40 Prévalence de la diarrhée Enfants de moins de cinq ans ayant souffert de la diarrhée au cours des deux dernières semaines (%) 21 Utilisation de la TRO Enfants de 0-59 mois qui avaient la diarrhée durant les deux dernières semaines et qui ont été) traités avec SRO ou une solution préparée à la maison (%) 37 Prévalence des IRA Enfants de moins de cinq ans ayant souffert des symptômes d’IRA au cours des deux dernières semaines (%) 9 Traitement des IRA Enfants de 0-59 mois qui avaient des IRA durant les deux dernières semaines et qui ont été conduits à un centre de santé ou auprès d’un agent de santé (%) 36 Pour les indicateurs supplémentaires, se référer à la couverture intérieure arrière. INDICATEURS SUPPLÉMENTAIRES – EDSBF-III Indicateurs supplémentaires pour le suivi d’autres droits de l’enfant Résidence des enfants Enfants de 0-14 ans vivant dans des ménages mais sans un parent biologique (%) 10 Orphelins dans les ménages Enfants de 0-14 ans orphelins vivant dans des ménages (%) 1 Indicateurs supplémentaires pour le suivi du VIH/sida Prévention du VIH/sida Femmes qui ont cité correctement deux ou trois principaux moyens pour éviter l’infection du VIH (%) 45 Aspects sociaux du VIH/sida Femmes qui ne voudraient pas que l’état d’un membre de la famille atteint du VHI/Sida reste secret (%) 43 Transmission du VIH de la mère à son enfant Femmes qui pense que le VIH peut être transmis de la mère à son enfant durant la grossesse (%) Femmes qui pense que le VIH peut être transmis de la mère à son enfant durant l’accouchement (%) Femmes qui pense que le VIH peut être transmis de la mère à son enfant durant l’allaitement (%) 54 52 50 Population testée pour le VIH Pourcentage testé pour le VIH (%) : - Femmes : - Hommes : 92 86 Séroprévalence du VIH) Taux de séroprévalence du VIH - Femmes : - Hommes : 1,8 1,9 Indicateurs supplémentaires pour le suivi de la fécondité Indice synthétique de fécondité Nombre moyen d’enfants par femme en fin de vie féconde 6,2 Âge médian à la première naissance Âge auquel la moitié des mères de 20-49 ans ont eu leur première naissance 19,4 Intervalle intergénésique médian Durée de l’intervalle (en mois) pendant laquelle la moitié des mères de 15-49 ans ont attendu avant d’avoir une autre naissance 35,8 Fécondité des adolescentes Femmes de 15-19 ans déjà mères ou enceintes du 1er enfant (%) 23 Indicateurs supplémentaires pour le suivi de la nuptialité Femmes en union Femmes de 15-49 ans qui se sont en union au moment de l’enquête (%) 77 Femmes en union polygame Femmes de 15-49 ans qui se sont en union polygame (%) 48 Femmes de 15-49 ans célibataires Femmes de 15-49 ans qui ne se sont jamais mariées (%) 19 Femmes de 15-19 ans célibataires Femmes de 15-19 ans qui ne sont jamais mariées (%) 68 Femmes de 20-24 ans célibataires Femmes de 20-24 ans qui ne sont jamais mariées (%) 16 Âge à la 1ere union Âge auquel la moitié des femmes de 20-49 ans sont entrées en union pour la première fois 17,7 Âge aux premiers rapports sexuels Âge auquel la moitié des femmes de 20-49 ans ont eu leurs premiers rapports sexuels 17,5 Indicateurs supplémentaires pour le suivi des préférences en fécondité Nombre idéal moyen d’enfants Pour les femmes de 15-49 ans, le nombre moyen d’enfants souhaité à la fin de leur vie féconde 5,6 Désir d’espacement des naissances Femmes en union souhaitant espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus (%) 47 Désir de limitation des naissances Femmes en union ne voulant plus d’enfants (%) 23 Prévalence contraceptive – femmes en union (toutes méth./méth. modernes) Femmes en union de 15-49 ans qui utilisent une méthode contraceptive (toutes méthodes confondues, et méthodes modernes) (%) Toutes méthodes : Méth. modernes : 14 9 Prévalence contraceptive – toutes les femmes (toutes méth./méth. modernes) Toutes les femmes de 15-49 ans qui utilisent une méthode contraceptive (toutes méthodes confondues, et méthodes modernes) (%) Toutes méthodes : Méth. modernes : 14 10 Besoins non satisfaits en planification familiale Femmes en union ayant déclaré ne plus vouloir d’enfants ou vouloir attendre deux ans ou plus avant la prochaine naissance et qui n’utilisent pas la contraception (%) 29 BURKINA FASO Enquête Démographique et de Santé 2003 Institut National de la Statistique et de la Démographie Ministère de l’Économie et du Développement Ouagadougou, Burkina Faso ORC Macro Calverton, Maryland, USA Septembre 2004 Institut National de la Statistique et de la Démographique (INSD) ORC Macro Banque Mondiale Agence des États-Unis pour le Dèveloppement International (USAID) Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) Ce rapport présente les principaux résultats de la troisième Enquête Démographique et de Santé réalisée au Burkina Faso (EDSBF-III), de juin à décembre 2003 par l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD), (Ministère de l’Économie et du Développement) en collaboration avec le Ministère de la Santé. L’EDSBF-III, initiée par le Gouvernement du Burkina Faso, fait partie du programme mondial MEASURE DHS+ dont l’objectif est de collecter, d’analyser et de diffuser des données relatives à la population et à la santé de la famille, d’évaluer l’impact des programmes mis en œuvre et de planifier de nouvelles stratégies pour l’amélioration de la santé et le bien-être de la population. L’enquête a été réalisée avec l’appui technique de ORC Macro. Elle a bénéficié de l’appui financier de l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), de la Banque Mondiale à travers le PA-PMLS, du FNUAP et du Gouvernement burkinabé. Ce rapport est l’œuvre des auteurs et ne représente nécessairement ni la politique de l’USAID ni des autres organismes de coopération. D’autres organismes nationaux tels le SP/CNLS, le SP/CNLPE, le dispensaire de Samandin et la Direction de la Recherche des Innovations en Éducation non Formelle et en Alphabétisation (DRINA) ont apporté leur soutien à la réalisation de cette opération. Des informations complémentaires sur l'EDSBF-III peuvent être obtenues auprès de la Direction Générale de l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD), 01 BP 374, Ouagadougou, Burkina Faso, Tel: (226) 50 32-42-69/50 32-49-76, Fax: (226) 50 32-61-59. Concernant le programme MEASURE DHS+, des renseignements peuvent être obtenus auprès de ORC Macro, 11785 Beltsville Drive, Calverton, MD 20705, USA (Téléphone (301) 572-0200 ; Fax (301) 572-0999 ; E-mail : reports@macroint.com ; Internet : http://www.measuredhs.com). Citation recommandée : Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) et ORC Macro. 2004. Enquête Démographique et de Santé du Burkina Faso 2003. Calverton, Maryland, USA : INSD et ORC Macro. Table des Matières | iii TABLE DES MATIÈRES Page Liste des tableaux et des graphiques . ix Préface . xix Remerciements. xxi Résumé . xxiii Carte du Burkina Faso .xxviii CHAPITRE 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE Tinga Sinaré 1.1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS .1 1.1.1 Géographie .1 1.1.2 Économie .1 1.1.3 Population.2 1.1.4 Politique de population et de santé de la reproduction.3 1.2 OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE .3 1.2.1 Objectifs de l’enquête .4 1.2.2 Questionnaires .5 1.2.3 Échantillonnage .6 1.2.4 Personnel et activités de l’EDSBF-III.8 1.2.5 Traitement des données .9 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES Antoinette Toé/Foro 2.1 ENQUÊTE MÉNAGE .11 2.1.1 Structure par sexe et âge de la population .11 2.2 TAILLE ET COMPOSITION DES MÉNAGES .13 2.3 NIVEAU D'INSTRUCTION ET FRÉQUENTATION SCOLAIRE.15 2.4 CONDITIONS DE VIE .20 2.5 CONSOMMATION DE SEL IODÉ.22 CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS Antoinette Toé/Foro et Tinga Sinaré 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS .25 iv | Table des Matières 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIO- DÉMOGRAPHIQUES .27 3.3 ALPHABÉTISATION.29 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS .31 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE.33 3.6 STATUT DE LA FEMME .37 CHAPITRE 4 FÉCONDITÉ Monique Barrère 4.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE .48 4.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ .51 4.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE .54 4.4 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE.55 4.5 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE.56 4.6 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES.58 4.7 PARITÉ DES HOMMES .60 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE Bernard Dembélé et Idrissa Kaboré 5.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION .63 5.2 PRATIQUE DE LA CONTRACEPTION .68 5.3 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION .70 5.4 PRÉVALENCE SELON LES INDICATEURS DU STATUT DE LA FEMME .74 5.5 NOMBRE D’ENFANTS À LA PREMIÈRE UTILISATION.76 5.6 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE.76 5.7 SOURCES D'APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION.77 5.8 INFORMATIONS RELATIVES AUX MÉTHODES CONTRACEPTIVES.78 5.9 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION.80 5.10 RAISON DE NON UTILISATION DE LA CONTRACEPTION.80 5.11 MÉTHODE PRÉFÉRÉE.81 5.12 SOURCES D'INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION .82 5.13 DISCUSSION DE LA PLANIFICATION FAMILIALE AVEC LE CONJOINT .86 5.14 OPINION DES COUPLES FACE À LA PLANIFICATION .86 CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AUX RISQUES DE GROSSESSE Youssouf Langani 6.1 ÉTAT MATRIMONIAL . 89 6.2 POLYGAMIE . 90 6.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION. 92 6.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS . 94 6.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE . 97 6.6 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE . 99 6.7 MÉNOPAUSE. 102 Table des Matières | v CHAPITRE 7 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Tinga Sinaré 7.1 DÉSIR D'ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES). 103 7.2 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE . 108 7.3 NOMBRE IDÉAL D'ENFANTS. 110 7.4 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ. 114 CHAPITRE 8 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT Dr Conombo Gislaine et Soumaila Mariko 8.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET VISITES POSTNATALES . 117 8.1.1 Soins prénatals. 117 8.2 VACCINATION. 130 8.3 MALADIES DES ENFANTS . 133 CHAPITRE 9 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL Soumaila Mariko 9.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT. 145 9.2 IODATION DU SEL, VITAMINE A ET CÉCITÉ CRÉPUSCULAIRE CHEZ LES ENFANTS ET CHEZ LES FEMMES. 153 9.3 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES. 163 CHAPITRE 10 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS ET MORTALITÉ DES ADULTES Soumaila Mariko 10.1 MORTALITÉ DES ENFANTS . 173 10.1.1 Méthodologie et Qualité des Données. 173 10.1.2 Niveaux et Tendances. 175 10.1.3 Mortalité Différentielle. 177 10.1.4 Mortalité Périnatale . 179 10.1.5 Groupes à Haut Risque. 181 10.2 MORTALITÉ DES ADULTES . 183 10.2.1 Collecte des Données . 183 10.2.2 Évaluation de la Qualité des Données. 183 10.2.3 Estimation de la Mortalité Adulte . 185 CHAPITRE 11 PALUDISME Zon Hilaire et Monique Barrère 11.1 SITUATION ET STRATÉGIES DE LUTTE CONTRE LE PALUDISME AU BURKINA FASO. 189 vi | Table des Matières 11.2 PRÉVENTION DU PALUDISME . 191 11.2.1 Protection par les moustiquaires. 191 11.2.2 Le protocole thérapeutique pour la prise en charge du paludisme au Burkina Faso . 192 11.2.3 Disponibilité des moustiquaires dans les ménages . 192 11.2.4 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. 194 11.2.5 Chimioprophylaxie chez la femme enceinte . 198 11.3 TRAITEMENT DU PALUDISME CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS . 199 11.3.1 Fièvre chez les enfants de moins de 5 ans . 200 11.3.2 Traitement précoce du paludisme chez les enfants de moins de 5 ans . 201 CHAPITRE 12 EXCISION Idrissa Kaboré 12.1 CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FEMMES ENQUÊTÉES . 204 12.2 PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FILLES DES FEMMES ENQUÊTÉES . 208 12.3 OPINIONS ET CROYANCES VIS-À-VIS DE L’EXCISION . 214 CHAPITRE 13 CIRCONCISION Bernard Dembélé 13.1 PRATIQUE DE LA CIRCONCISION CHEZ LES HOMMES ENQUÊTÉS . 225 13.2 PRATIQUE DE LA CIRCONCISION CHEZ LES FILS DES HOMMES ENQUÊTÉS . 228 CHAPITRE 14 VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES Dr Didier Bakouan, Antoine Somda, et Soumaila Mariko 14.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA ET DES MOYENS DE PRÉVENTION ET DE TRANSMISSION . 234 14.1.1 Connaissance des moyens de prévention du VIH/sida. 236 14.1.2 Connaissance de la transmission mère-enfant . 237 14.1.3 Connaissance correcte de la transmission du VIH/sida et rejet d’idées erronées . 239 14.2 STIGMATISATION ENVERS LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH/SIDA . 241 14.3 OPINIONS SUR LA NÉGOCIATION DE RAPPORTS PROTÉGÉS AVEC LE CONJOINT . 245 14.4 CONNAISSANCE D’UN ENDROIT OÙ SE PROCURER DES CONDOMS PARMI LES JEUNES. 246 14.5 RAPPORTS SEXUELS à HAUT RISQUE ET UTILISATION DU CONDOM. 247 14.6 ACTIVITÉ SEXUELLE CHEZ LES JEUNES . 249 Table des Matières | vii 14.7 RAPPORTS SEXUELS PRÉMARITAUX ET UTILISATION DU CONDOM PARMI LES CÉLIBATAIRES DE 15-24 ANS . 252 14.8 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST) . 254 14.9 ENFANTS SANS LEURS PARENTS . 259 CHAPITRE 15 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS Dr Didier Bakouan et Soumaila Mariko 15.1 APPROCHE SUIVIE POUR LE TEST DU VIH . 263 15.1.1 Méthodologie . 263 15.1.2 Formation et travail de terrain. 264 15.1.3 Procédures de laboratoire . 265 15.2 TAUX DE COUVERTURE DU TEST DE VIH . 268 15.3 PRÉVALENCE DU VIH . 272 RÉFÉRENCES . 283 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE . 285 A.1 INTRODUCTION . 285 A.2 BASE DE SONDAGE . 285 A.3 ÉCHANTILLONNAGE . 285 A.4 PROBABILITÉS DE SONDAGE . 286 A.5 RÉSULTAT DES ENQUÊTES . 287 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE. 295 ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES. 317 ANNEXE D TABLEAU AVEC DONNÉES PAR REGION . 323 ANNEXE E PERSONNEL DE L’EDSBF-III 2003 . 345 ANNEXE F QUESTIONNAIRES. 349 Liste de Tableaux et des Graphiques |ix LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES Page CHAPITRE 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSÉNTATION DE L’ENQUÊTE Tableau 1.1 Indicateurs démographiques de base . 2 Tableau 1.2 Taille et couverture de l'échantillon. 7 CHAPITRE 2 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES Tableau 2.1 Poppulation des ménages par âge et sexe. 11 Tableau 2.2 Population (de fait) par âge selon différentes sources. 12 Tableau 2.3 Composition des ménages . 13 Tableau 2.4 Enfants orphelins et résidence des enfants avec les parents . 14 Tableau 2.5.1 Niveau d'instruction de la population des femmes . 16 Tableau 2.5.2 Niveau d'instruction de la population des hommes . 17 Tableau 2.6 Taux de fréquentation scolaire . 19 Tableau 2.7 Caractéristiques des logements . 20 Tableau 2.8 Biens durables possédés par les ménages . 22 Tableau 2.9 Consommation de sel iodé . 23 Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population . 12 Graphique 2.2 Survie des parents des enfants de moins de 15 ans et résidence des enfants avec les parents . 15 Graphique 2.3 Taux de fréquentation scolaire par âge. 18 Graphique 2.4 Caractéristiques des logements . 21 CHAPITRE 3 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES MÉNAGES Tableau 3.1 Caractéristiques socio-démographiques des enquêtés . 26 Tableau 3.2.1 Niveau d'instruction par caractéristiques socio-démographiques . 27 Tableau 3.2.2 Niveau d'instruction par caractéristiques socio-démographiques . 28 Tableau 3.3.1 Alphabétisation. 29 Tableau 3.3.2 Alphabétisation. 30 Tableau 3.4.1 Exposition aux médias : femmes . 32 Tableau 3.4.2 Exposition aux médias : hommes . 33 Tableau 3.5.1 Emploi des femmes. 34 Tableau 3.5.2 Emploi des hommes. 35 Tableau 3.6.1 Occupation des femmes . 36 Tableau 3.6.2 Occupation des hommes . 37 Tableau 3.7 Décision de l'utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage. 38 Tableau 3.8 Contrôle du revenu des femmes . 39 x| Liste de Tableaux et des Graphiques Tableau 3.9 Participation des femmes dans la prise de décision par caractéristiques socio-démographiques. 40 Tableau 3.10.1 Approbation par les femmes de certaines raisons justifiant le fait qu’un mari batte son épouse. 41 Tableau 3.10.2 Approbation par les hommes de certaines raisons justifiant le fait qu’un mari batte son épouse. 43 Tableau 3.11.1 Attitude des femmes concernant le refus d’avoir des rapports sexuels avec leur mari/partenaire . 44 Tableau 3.11.2 Attitude des hommes concernant le refus des femmes d’avoir des rapports sexuels avec leur mari/partenaire. 46 Graphique 3.1 Proportions d’analphabètes par milieu de résidence et par sexe. 31 CHAPITRE 4 FÉCONDITÉ Tableau 4.1 Fécondité actuelle. 48 Tableau 4.2 Fécondité par caractéristiques socio-démographiques. 50 Tableau 4.3 Fécondité par âge selon trois sources . 51 Tableau 4.4 Tendances de la fécondité par âge. 52 Tableau 4.5 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes . 54 Tableau 4.6 Intervalle intergénésique . 55 Tableau 4.7 Âge à la première naissance . 57 Tableau 4.8 Âge médian à la première naissance . 58 Tableau 4.9 Fécondité des adolescentes. 59 Tableau 4.10 Enfants nés vivants et enfants survivants des hommes. 61 Graphique 4.1 Taux de fécondité par âge selon le milieu de résidence. 49 Graphique 4.2 Indice synthétique de fécondité et descendance atteinte à 40-49 ans . 51 Graphique 4.3 Taux de fécondité par âge selon l'EDSBF-I (1993), l'EDSBF-II (1998-99) et l'EDSBF-III (2003). 52 Graphique 4.4 Taux de fécondité par âge et par période de cinq ans précédant l'EDSBF-III (2003). 53 Graphique 4.5 Tendances de l'ISF pour les femmes de 15-34 ans selon l'EDSBF-I (1993), l'EDSBF-II (1998-99) et l'EDSBF-III (2003) . 53 Graphique 4.6 Proportion d'adolescentes ayant commencé leur vie féconde selon l'EDSBF-II (1998) et l'EDSBF-III (2003). 60 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE Tableau 5.1.1 Connaissance des méthodes contraceptives par les femmes . 64 Tableau 5.1.2 Connaissance des méthodes contraceptives par les hommes. 66 Tableau 5.2.1 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristique socio- démographique des femmes . 67 Tableau 5.2.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques socio- démographiques des hommes. 68 Tableau 5.3 Utilisation de la contraception à un moment quelconque . 69 Tableau 5.4 Utilisation actuelle de la contraception . 70 Tableau 5.5 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques socio- démographiques . 73 Tableau 5.6 Utilisation actuelle de la contraception selon certains indicateurs du statut de la femme . 75 Tableau 5.7 Nombre d'enfants à la première utilisation . 76 Liste de Tableaux et des Graphiques |xi Tableau 5.8 Connaissance de la période féconde. 77 Tableau 5.9 Source d'approvisionnement. 78 Tableau 5.10 Choix de la méthode et information . 79 Tableau 5.11 Utilisation future . 80 Tableau 5.12 Raison pour ne pas avoir l'intention d'utiliser la contraception. 81 Tableau 5.13 Méthode contraceptive future préférée. 82 Tableau 5.14.1 Exposition des femmes aux messages sur la planification familiale . 83 Tableau 5.14.2 Exposition des hommes aux messages sur la planification familiale. 84 Tableau 5.15 Contact des non-utilisatrices de la contraception avec des agents de planification familiale . 85 Tableau 5.16 Discussion de la planification familiale avec le mari . 86 Tableau 5.17 Opinion des couples face à la planification familiale . 87 Graphique 5.1 Connaissance des méthodes contraceptives par les femmes . 65 Graphique 5.2 Prévalence contraceptive parmi les femmes selon la méthode utilisée. 72 Graphique 5.3 Prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union de 15-49 ans selon le milieu de résidence . 72 CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AUX RISQUES DE GROSSESSE Tableau 6.1 État matrimonial actuel . 89 Tableau 6.2 Nombre de co-épouses et d’épouses . 91 Tableau 6.3 Âge à la première union. 92 Tableau 6.4 Âge médian à la première union . 93 Tableau 6.5 Âge aux premiers rapports sexuels . 95 Tableau 6.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels. 97 Tableau 6.7 Activité sexuelle récente . 98 Tableau 6.8 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum. 100 Tableau 6.9 Durée médiane de la non-susceptibilité post-partum par caractéristiques socio-démographiques. 101 Tableau 6.10 Ménopause. 102 Graphique 6.1 Proportion de femmes célibataires par âge, selon différentes sources . 90 Graphique 6.2 Âge médian des femmes et des hommes à la première union . 94 Graphique 6.3 Âge médian des femmes à la première union et aux premiers rapports sexuels. 96 CHAPITRE 7 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ Tableau 7.1 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d'enfant survivants . 104 Tableau 7.2.1 Préférences des femmes en matière de fécondité selon l’âge . 106 Tableau 7.2.2 Préférences des hommes en matière de fécondité selon l’âge . 106 Tableau 7.3 Désir de limiter les naissances selon certaines caractéristiques socio- démographiques . 107 Tableau 7.4 Besoins en matière de planification familiale. 109 Tableau 7.5 Nombre idéal d'enfants . 111 Tableau 7.6 Nombre idéal d'enfants par caractéristiques socio-démographiques . 113 Tableau 7.7 Planification de la fécondité. 114 Tableau 7.8 Taux de fécondité désirée. 115 xii| Liste de Tableaux et des Graphiques Tableau 7.9 Statut de la femme, nombre idéal moyen d'enfants et besoins non-satisfaits . 116 Graphique 7.1 Désir d'enfants supplémentaires des femmes en union, selon le nombre d'enfants vivants . 105 Graphique 7.2 Nombre idéal d'enfants pour les femmes et les hommes . 112 Graphique 7.3 Indice Synthétique de Fécondité et Indice Synthétique de Fécondité Désirée . 116 CHAPITRE 8 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT Tableau 8.1 Soins prénatals. 118 Tableau 8.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse . 119 Tableau 8.3 Examens au cours des visites prénatales . 120 Tableau 8.4 Vaccination antitétanique . 122 Tableau 8.5 Lieu de l'accouchement . 123 Tableau 8.6 Assistance lors de l'accouchement. 124 Tableau 8.7 Caractéristiques de l'accouchement . 126 Tableau 8.8 Soins postnatals. 127 Tableau 8.9 Personne consultée pour les soins postnatals. 128 Tableau 8.10 Statut de la femme et santé reproductive . 129 Tableau 8.11 Vaccinations selon les sources d'information . 130 Tableau 8.12 Vaccinations selon les caractéristiques socio-démographiques. 132 Tableau 8.13 Vaccinations au cours de la première année . 133 Tableau 8.14 Prévalence et traitement des infections respiratoires aiguës (IRA) et/ou fièvre . 134 Tableau 8.15 Médicaments donnés pour traiter la fièvre . 136 Tableau 8.16 Ménages disposant du nécessaire pour se laver les mains . 137 Tableau 8.17 Prévalence de la diarrhée. 138 Tableau 8.18 Connaissance des sachets de SRO. 140 Tableau 8.19 Traitement de la diarrhée. 141 Tableau 8.20 Alimentation pendant la diarrhée. 142 Tableau 8.21 Problèmes perçus pour l'accès aux soins de santé de la femme . 143 Graphique 8.1 Graphique 8.1 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans pour lesquels la mère a bénéficié de soins prénatals pendant la grossesse . 119 Graphique 8.2 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans nés avec l'assistance d'un professionnel de la santé. 125 Graphique 8.3 Vaccinations des enfants de 12-23 mois selon le type de vaccin. 131 Graphique 8.4 Pourcentage d'enfants 12-23 mois avec tous les vaccins du PEV et sans vaccination . 134 Graphique 8.5 Prévalence des infections respiratoires aiguës (IRA) et de la fièvre chez les enfants de moins de 5 ans selon l'âge. 135 Graphique 8.6 Prévalence de la diarrhée chez les enfants de moins de 5 ans . 139 CHAPITRE 9 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL Tableau 9.1 Allaitement initial. 146 Tableau 9.2 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant. 148 Tableau 9.3 Durée médiane et fréquence de l'allaitement. 149 Liste de Tableaux et des Graphiques |xiii Tableau 9.4 Aliments reçus par les enfants de jour ou de nuit . 151 Tableau 9.5 Fréquence des aliments reçus par l'enfant dans le jour ou la nuit qui a précédé l'enquête . 152 Tableau 9.6 Fréquence des aliments reçus par l'enfant dans les sept derniers jours . 153 Tableau 9.7 Sel iodé dans le ménage . 154 Tableau 9.8 Consommation de micronutriments . 156 Tableau 9.9 Consommation de micronutriments pour les mères . 158 Tableau 9.10 Prévalence de l'anémie chez les enfants . 160 Tableau 9.11 Prévalence de l'anémie chez les femmes. 161 Tableau 9.12 Prévalence de l'anémie chez les enfants selon le niveau d'anémie de la mère . 162 Tableau 9.13 Prévalence de l'anémie chez les hommes. 163 Tableau 9.14 État nutritionnel des enfants . 165 Tableau 9.15 État nutritionnel des mères par caractéristiques socio-démographiques . 172 Graphique 9.1 Pratique d'allaitement des enfants de moins de 3 ans. 148 Graphique 9.2 État nutritionnel des enfants de moins de 5 ans. 167 Graphique 9.3 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans accusant un retard de croissance. 168 Graphique 9.4 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans souffrant d'émaciation. 169 Graphique 9.5 Tendances de la malnutrition (enfants de moins de 5 ans) selon l'EDSBF-II 1998-1999 et l'EDSBF-III 2003 . 170 CHAPITRE 10 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS ET MORTALITÉ DES ADULTES Tableau 10.1 Mortalité des enfants de moins de cinq ans. 175 Tableau 10.2 Mortalité des enfants par caractéristiques socio-démographiques . 177 Tableau 10.3 Mortalité des enfants par caractéristiques socio-démographiques de la mère et des enfants. 179 Tableau 10.4 Mortalité périnatale . 180 Tableau 10.5 Comportement procréateur à hauts risques. 182 Tableau 10.6 Complétude de l'information sur les frères et sœurs . 184 Tableau 10.7 Indicateurs de la qualité des données sur les frères et sœurs. 185 Tableau 10.8 Estimation de la mortalité adulte par âge. 186 Graphique 10.1 Taux de mortalité infantile selon l’EDSBF-II et l’EDSBF-III . 176 Graphique 10.2 Taux de mortalité juvénile selon l’EDSBF-II et l’EDSBF-III. 176 Graphique 10.3 Mortalité des femmes selon l'EDSBF-II et l'EDSBF-III. 187 Graphique 10.4 Mortalité des hommes selon l'EDSBF-II et l'EDSBF-III . 188 CHAPITRE 11 PALUDISME Tableau 11.1 Possession de moustiquaires . 193 Tableau 11.2 Utilisation des moustiquaires par les enfants. 195 Tableau 11.3 Utilisation des moustiquaires par les femmes . 197 Tableau 11.4 Utilisation de traitement préventif ou de prophylaxie au cours de la grossesse . 199 Tableau 11.5 Prévalence et traitement précoce de la fièvre. 200 Tableau 11.6 Différents antipaludéens et prise précoce. 202 xiv| Liste de Tableaux et des Graphiques Graphique 11.1 Possession de moustiquaires par les ménages selon le milieu de résidence. 194 Graphique 11.2 Utilisation des moustiquaires par les enfants selon le milieu de résidence. 196 Graphique 11.3 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes selon le milieu de résidence . 198 CHAPITRE 12 EXCISION Tableau 12.1 Connaissance et pratique de l'excision . 205 Tableau 12.2 Âge à l'excision des enquêtées . 207 Tableau 12.3 Personne qui a procédé à l'excision. 208 Tableau 12.4 Pratique de l'excision parmi les filles des femmes enquêtées . 209 Tableau 12.5 Type d'excision des filles . 211 Tableau 12.6 Âge àl'excision des filles . 212 Tableau 12.7 Personne qui a procédé à l'excision des filles. 213 Tableau 12.8 Excision des filles et complications . 214 Tableau 12.9.1 Avantages pour une fille d'être excisée: femmes. 215 Tableau 12.9.2 Avantages pour une fille d'être excisée: hommes. 216 Tableau 12.10.1 Avantages pour une fille de ne pas être excisée: femmes . 218 Tableau 12.10.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée: hommes . 219 Tableau 12.11 Croyance au sujet de l'excision . 220 Tableau 12.12.1 Opinion par rapport à l'excision selon les caractéristiques socio- démographiques: femmes. 221 Tableau 12.12.2 Opinion par rapport à l'excision selon les caractéristiques socio- démographiques: hommes. 222 Tableau 12.13 Opinion des femmes et des hommes concernant la continuation ou l’abandon de l’excision . 224 Graphique 12.1 Proportion de femmes excisées selon l’ethnie . 206 Graphique 12.2 Proportion de mères excisées et de filles qui sont déjà excisées ou qui seront excisées selon l'ethnie. 210 Graphique 12.3 Avantages pour une fille d’être excisée selon les femmes et les hommes . 214 Graphique 12.4 Proportions de femmes favorables à l’abandon de la pratique de l’excision selon la région . 222 CHAPITRE 13 CIRCONCISION Tableau 13.1 Pratique de la circoncision . 226 Tableau 13.2 Âge des enquêtés à la circoncision . 228 Tableau 13.3 Pratique de la circoncision parmi les fils des hommes enquêtés . 229 Tableau 13.4 Âge des fils à la circoncision. 230 Graphique 13.1 Proportion d’hommes circoncis selon l’ethnie . 227 Graphique 13.2 Âge à la circoncision des hommes circoncis et des fils circoncis. 231 Graphique 13.3 Personnes ayant procédé à la circoncision selon la génération des pères et celle des fils . 231 CHAPITRE 14 VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES Tableau 14.1 Connaissance du SIDA. 235 Tableau 14.2 Connaissance des méthodes de prévention du VIH. 237 Liste de Tableaux et des Graphiques |xv Tableau 14.3 Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant. 238 Tableau 14.4.1 Idées erronées à propos du SIDA : femmes. 239 Tableau 14.4.2 Idées erronées à propos du sida: hommes . 241 Tableau 14.5.1 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH : femmes. 243 Tableau 14.5.2 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH : hommes . 244 Tableau 14.6 Opinion sur la négociation de rapports protégés avec le mari. 245 Tableau 14.7 Connaissance d’un endroit aù se procurer un condom parmi les jeunes. 246 Tableau 14.8 Rapports à haut risque et utilisation du condom aux derniers rapports à haut risque au cours de l'année passée. 248 Tableau 14.9 Âge des jeunes aux premiers rapports . 249 Tableau 14.10 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom lors des derniers rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois par les jeunes sexuellement actifs . 251 Tableau 14.11 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom lors des derniers rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois par les jeunes célibataires . 253 Tableau 14.12.1 Connaissance des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) : femmes. 255 Tableau 14.12.2 Connaissance des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) : hommes . 256 Tableau 14.13 Infection Sexuellement Transmissible (IST) et symptômes d’IST déclarés . 257 Tableau 14.14 Traitement pour les IST. 258 Tableau 14.15 État de survie des parents et résidence des enfants avec les parents. 259 Tableau 14.16 Scolarisation des enfants de 10-14 orphelins ou non selon la survie des parents et la résidence avec les parents. 261 Graphique 14.1 Rapports sexuels à hauts risques parmi les jeunes de 15-24 ans cohabitant et non cohabitant . 252 Graphique 14.2 Abstinence, fidélité et utilisation du condom par les jeunes de 15-24 ans . 254 CHAPITRE 15 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS Tableau 15.1 Couverture du test du VIH selon le milieu de résidence . 269 Tableau 15.2.1 Couverture du test du VIH pour les femmes de 15-49 ans selon certaines caractéristiques socio-démographiques. 270 Tableau 15.2.2 Couverture du test du VIH pour les hommes de 15-59 ans selon certaines caractéristiques socio-démographiques. 271 Tableau 15.3 Prévalence du VIH selon l’âge. 272 Tableau 15.4 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio- démographiques . 274 Tableau 15.5 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques démographiques. 275 Tableau 15.6 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques du comportement sexuel . 276 Tableau 15.7 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques associées à des comportements à risque . 277 Tableau 15.8 Test du VIH antérieur à l’enquête et prévalence du VIH . 278 Tableau 15.9 Circoncision des hommes de 15-59 ans ayant subi le test du VIH et prévalence du VIH. 279 xvi| Liste de Tableaux et des Graphiques Tableau 15.10 Prévalence du VIH parmi les couples selon certaines caractéristiques. 280 Graphique 15.1 Taux de séroprévalence VIH par sexe et âge . 273 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE Tableau A.1 Répartition de l’échantillon entres les régions et par milieu de résidence, EDSBF-III Burkina Faso 2003 . 286 Tableau A.2 Résultats de l'enquête : femmes . 288 Tableau A.3 Résultats de l'enquête : hommes. 289 Tableau A.4 Couverture du test du VIH pour les femmes 15-49 enquêtées selon certaines caractéristiques socio-démographiques . 290 Tableau A.5 Couverture du test du VIH pour les hommes 15-59 ans enquêtés selon certaines caractéristiques socio-démographiques. 291 Tableau A.6 Couverture du VIH parmi les femmes ayant déjà eu des rapports sexuels selon certaines variables à risque. 292 Tableau A.7 Couverture du VIH parmi les hommes ayant déjà eu des rapports sexuels selon certaines variables à risque. 293 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE Tableau B.1 Variables utilisées pour le calcul des erreurs de sondage . 298 Tableau B.2 Erreurs de sondage - Échantillon national . 299 Tableau B.3 Erreurs de sondage - Échantillon urbain . 300 Tableau B.4 Erreurs de sondage - Échantillon rural . 301 Tableau B.5 Erreurs de sondage - Échantillon Boucle du Mouhoun . 302 Tableau B.6 Erreurs de sondage - Échantillon Centre . 303 Tableau B.7 Erreurs de sondage - Échantillon Centre-Sud. 304 Tableau B.8 Erreurs de sondage - Échantillon Plateau Central . 305 Tableau B.9 Erreurs de sondage - Échantillon Centre-Est. 306 Tableau B.10 Erreurs de sondage - Échantillon Centre-Nord. 307 Tableau B.11 Erreurs de sondage - Échantillon Centre-Ouest . 308 Tableau B.12 Erreurs de sondage - Échantillon Est . 309 Tableau B.13 Erreurs de sondage - Échantillon Nord . 310 Tableau B.14 Erreurs de sondage - Échantillon Cascades . 311 Tableau B.15 Erreurs de sondage - Échantillon Hauts-Bassins . 312 Tableau B.16 Erreurs de sondage - Échantillon Sahel . 313 Tableau B.17 Erreurs de sondage - Échantillon Sud-Ouest . 314 ANNEXE C TABLEAU POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES Tableau C.1 Répartition par âge de la population des ménages . 317 Tableau C.2.1 Répartition par âge des femmes éligibles et des femmes enquêtées. 318 Tableau C.2.2 Répartition par âge des hommes éligibles et des hommes enquêtés . 318 Tableau C.3 Complétude de l'enregistrement . 319 Tableau C.4 Naissances par année du calendrier depuis la naissance. 320 Tableau C.5 Enregistrement de l'âge au décès en jours . 321 Tableau C.6 Enregistrement de l'âge au décès en mois. 322 Liste de Tableaux et des Graphiques |xvii ANNEXE D TABLEAU AVEC DONNÉES PAR RÉGION Tableau D.3.4.1 Exposition aux médias : femmes. 323 Tableau D.3.4.2 Exposition aux médias : hommes . 324 Tableau D.4.6 Intervalle intergénésique . 325 Tableau D.5.5 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques socio- démographiques . 326 Tableau D.5.15 Contact des non-utilisatrices de la contraception avec des agents de planification familiale . 327 Tableau D.7.4 Besoins en matière de planification familiale . 328 Tableau D.8.3 Examens au cours des visites prénatales. 329 Tableau D.8.5 Lieu de l'accouchement. 330 Tableau D.8.6 Assistance lors de l'accouchement . 331 Tableau D.8.7 Caractéristiques de l'accouchement. 332 Tableau D.8.8 Soins postnatals . 333 Tableau D.8.9 Personne consultée pour les soins postnatals . 334 Tableau D.8.12 Vaccinations selon les caractéristiques socio-démographiques . 335 Tableau D.8.14 Prévalence et traitement des infections respiratoires aiguës (IRA) et/ou fièvre . 336 Tableau D.8.17 Prévalence de la diarrhée . 337 Tableau D.8.19 Traitement de la diarrhée . 338 Tableau D.9.8 Consommation de micronutriments. 339 Tableau D.9.10 Prévalence de l'anémie chez les enfants. 340 Tableau D.9.11 Prévalence de l'anémie chez les femmes. 341 Tableau D.12.10.1 Avantages pour une fille de ne pas être excisée: femmes . 342 Tableau D.12.10.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée: hommes . 343 Preface | xix PRÉFACE Les deux premières enquêtes démographiques et de santé (EDS), réalisées respectivement en 1993 et 1998-99, ont permis au Gouvernement burkinabé de collecter des informations fiables sur la santé maternelle et infantile afin d’identifier les besoins du pays en matière de population et de santé. Ainsi, sur la base de ces informations, le Gouvernement, appuyé par ses partenaires au développement, a pu concevoir et exécuter des programmes ambitieux destinés à assurer un environnement social et sanitaire meilleur, et des conditions de vie acceptables aux populations. La réalisation de la troisième enquête démographique et de santé (EDSBF-III) réalisée en 2003, cinq ans après celle de 1998-99, nous offre l’occasion de mettre à jour les données en vue d’apprécier le chemin parcouru, et de recadrer nos orientations et stratégies en matière de politiques socio-démographiques. Très importants pour notre pays, les résultats de cette troisième EDS ont permis d’identifier et/ou d’estimer de nombreux indicateurs socioéconomiques, démographiques et sanitaires au niveau de l’ensemble de la population et au niveau de certaines sous-populations. En particulier, l’EDSBF-III fournit aux décideurs et aux autres utilisateurs de statistiques des informations détaillées sur la fécondité, la santé et l’état nutritionnel de la mère et de l’enfant, les soins pré et postnatals, les vaccinations, la mortalité infanto-juvénile, l’attitude et la pratique en matière de planification familiale, l’excision, les infections sexuellement transmissibles et le sida. Pour la première fois, des modules spécifiques ont été pris en compte dans la collecte. Un volet spécifique avec test de l’anémie a été intégré pour évaluer l’état nutritionnel des enfants et des femmes enceintes. La principale innovation a été incontestablement l’intégration d’un module d’enquête de séroprévalence du VIH/sida. Ceci a permis de tester avec succès la possibilité de mener les enquêtes de cette nature avec un taux d’acceptation de 92 % pour les femmes et de 86 % pour les hommes. En termes d’innovations majeures, cette enquête est la première du genre à recueillir des données sur les pratiques relatives à la circoncision et également sur les comportements et pratiques en matière de prévention et de traitement du paludisme, maladie endémique et première cause de la mortalité au Burkina Faso. La réussite de l’EDSBF-III a été le fruit d’une très bonne collaboration technique entre les équipes de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), du Ministère de la santé et de ORC Macro. Au nom du Gouvernement burkinabé, nous renouvelons nos remerciements et notre profonde reconnaissance aux partenaires techniques et financiers qui ont contribué de façon décisive à la réalisation de cette enquête. Il s’agit de : ORC Macro, l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), le Fonds des nations unies pour l’enfance (UNICEF), la Banque mondiale à travers le Projet d’appui au programme multisectoriel de lutte contre le sida et les IST (PA-PMLS), et le Fonds des nations unies pour la population (UNFPA). Enfin, nous félicitons les cadres nationaux qui, avec dévouement et compétence, ont su conduire avec efficacité toutes les phases de cette opération. Remerciements | xxi REMERCIEMENTS La troisième enquête démographique et de santé (EDSBF-III) est une opération d’envergure nationale qui a mobilisé d’importantes ressources humaines, financières et matérielles. Elle est le résultat de l’effort conjugué de nombreuses personnes et institutions nationales et internationales. Cette enquête a pu être réalisée avec satisfaction grâce à la volonté du Gouvernement, à l’appui des partenaires techniques et financiers, et au total dévouement du personnel technique et d’encadrement (Directeur national, Directeur technique, Coordonnateurs, Chefs d’équipe, Contrôleuses, Enquêtrices, Agents de vérification et Agents de saisie, Cartographes, Comptables, Gestionnaires, Secrétaires, Reprographes et Chauffeurs). Cette enquête a également bénéficié de la coopération des populations enquêtées et de la collaboration fort appréciable de diverses institutions et administrations nationales et locales (Ministères de la santé, de l’enseignement de base et de l’alphabétisation, et de l’action sociale et de la solidarité nationale, Directions régionales de l’économie et du développement), ainsi que de la contribution des autorités administratives, religieuses et coutumières. A tous ceux-là, nous adressons nos sincères remerciements pour leur disponibilité et la qualité de l’assistance qu’ils ont apportée dans le cadre de l’EDSBF-III. Toutes nos reconnaissances et notre profonde gratitude vont à l’équipe de ORC Macro, notamment Monsieur Mohamed AYAD, coordinateur régional à Macro, pour sa collaboration chaleureuse et fructueuse, Monsieur Soumaïla MARIKO, responsable du projet EDSBF-III pour Macro, qui a apporté un appui précieux, tant au niveau de la mise en place du projet, de la formation, que du suivi des activités ; Monsieur Albert THEMME pour son expertise dans la formation, le suivi et le traitement des données, et la sollicitude dont il a fait montre lors de la finalisation du rapport d’analyse et Madame Monique BARRERE pour l’aide appréciée dans l´édition du rapport. Nos remerciements vont à tout le personnel de ORC Macro, en particulier Messieurs Alfredo ALIAGA et Ruilin REN pour l’élaboration du plan de sondage et l’évaluation des erreurs de sondage, Madame Kaye MITCHELL pour sa contribution à la production et la conception de la présentation du rapport, Mesdames Erica NYBRO et Katherine SENZEE pour l’élaboration des outils de dissémina- tion des résultats, et Madame Sharon SEWARD pour la qualité de la préparation du séjour de l’équipe du Burkina à Macro. C´est pour nous le lieu de témoigner notre reconnaissance à Messieurs Hamado SAWADOGO et François ILBOUDO pour leur contribution à la mise en œuvre de ce projet au niveau de l´INSD. Nous saisissons également l’occasion pour rendre hommage à Mesdemoiselles ILBOUDO Diane Joëlle et TANKOANO Adèle, enquêtrices de l´EDSBF-III, arrachées prématurément à notre affection et à celle de leurs camarades de terrain lors des travaux de collecte. Nous réitérons nos remerciements aux responsables de ORC Macro, de la Banque mondiale/PA-PMLS, de l’UNICEF, de l’UNFPA et de l’USAID qui ont rendu possible la réalisation de cette enquête. Bamory OUATTARA Directeur général Institut national de la statistique et de la démographie Résumé | xxiii RÉSUMÉ L'Enquête Démographique et de Santé du Burkina Faso (EDSBF-III) est la troisième du genre. Elle est une enquête par sondage, repré- sentative au niveau national. Commanditée par le Ministère de l’Economie et du Développement, elle a été conduite par l'Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) en collaboration avec le Ministère de la Santé. Elle a bénéficié de l’assistance technique de ORC Macro, institution de coopération américaine en charge du programme international des Enquêtes Démographiques et de Santé (DHS). Le projet EDSBF-III a été exécuté grâce à l'appui financier de la Banque Mondiale à travers le Projet d’Appui au Programme Multisectoriel de Lutte contre le Sida (PA/PMLS), du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et de l'Agence des États-Unis pour le Développement Interna- tional (USAID). L'EDSBF-III fournit des informations sur la fécondité, la planification familiale, la santé de la mère et de l’enfant, les soins pré et postnatals, les vaccinations, l'état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans et des mères, la mortalité infanto-juvénile, l’excision, les Infections Sexuel- lement Transmissibles (IST) et le VIH/sida. Pour la première fois, des modules spécifiques ont été pris en compte dans la collecte. Un volet spécifi- que avec test de l’anémie a été intégré pour évaluer l’état nutritionnel des enfants et des femmes enceintes. La principale innovation a été incontestablement l’intégration d’un module d’enquête de séroprévalence du VIH/sida. En plus, d’autres sujets tels que le paludisme et la circoncision ont été abordés. Au cours de l'enquête, réalisée sur le terrain de juin à décembre 2003, 9 097 ménages, 12 477 femmes âgées de 15-49 ans et 3 605 hommes de 15-59 ans ont été interviewés avec succès, parmi lesquels 4 223 femmes de 15-49 ans et 3 418 hommes de 15-59 ans ont été testés pour le VIH. Les informations recueillies sont représenta- tives au niveau national, au niveau du milieu de résidence (ville de Ouagadougou, ensemble des autres villes et milieu rural) et au niveau de chaque région administrative pour un nombre important d’indica- teurs socio-démographiques et sanitaires. Pour l’approvisionnement en eau destinée à la consommation, il ressort qu’au niveau national, la proportion des ménages utilisant l’eau des mares et des lacs est de 10 % ; ce qui n’est pas négligeable au regard des problèmes de santé que peut poser la consommation d’une telle eau. Le test du sel utilisé a révélé également que dans l’ensemble du pays, 15 % des ménages utilisent du sel non iodé (17 % en milieu rural) et 79 % disposent de sel iodé. La majorité des ménages (46 %) utilisent du sel suffisamment iodé pour la cuisine. L’enquête s’est également intéressée à la survie des parents des enfants de moins de 15 ans. De l’examen des résultats, il ressort que 77 % de ces enfants vivent avec leurs deux parents biologiques. Cette situation est plus fréquente en milieu rural (79 %) comparativement au milieu urbain (65 %). Les données de l’EDSBF-III, montrent également que la fécondité des femmes burkinabé demeure élevée. Avec les niveaux actuels, chaque femme don- nera naissance en moyenne à 6,2 enfants en fin de vie féconde. Cette fécondité est également précoce ; près d’une femme sur deux en union (48 %) a eu au moins un enfant avant son vingtième anniversaire. Par ailleurs, des différences très nettes de fécondité apparaissent entre milieux de résidence : une femme de la ville a un niveau de fécondité nettement plus faible que celui qui prévaut en zone rurale (3,7 contre 6,9 enfants par femme). En outre, le nombre moyen d’enfants par femme varie de façon très importante selon la région de résidence. Ce nombre moyen présente des écarts très importants selon le niveau d'instruction des femmes (2,8 enfants par femme chez celles ayant atteint le niveau secondaire ou plus contre 6,7 chez celles sans instruction) et l’indice de bien- être économique du ménage d’appartenance de la femme : 3,9 enfants en moyenne pour les femmes appartenant aux ménages les plus riches contre 7,1 pour celles des ménages les plus pauvres. xxiv | Résumé La comparaison des résultats montre que les niveaux de fécondité par âge de l’EDSBF-III sont nettement inférieurs à ceux observés lors des précédentes enquêtes. Selon l’EDSBF-I, une femme avait, en moyenne, en fin de vie féconde 6,9 enfants ; ce nombre était estimé à 6,8 à l’EDSBF-II et il s’établit aujourd’hui à 6,2 (EDSBF-III, 2003), soit 0,7 enfants de moins par rapport à 1993. Au Burkina Faso, 1 % seulement des femmes actuellement en union et âgées de 35-49 ans n’a jamais eu d’enfant et peut être considérée comme stérile. Parmi les femmes de 15-49 ans, 77 % étaient en union au moment de l’enquête. Les femmes qui restent célibataires après 30 ans sont quasiment rares (moins de 1 %). Ainsi, le mariage qui demeure le cadre pratiquement exclusif de la procréation est largement répandu au Burkina Faso. En outre, près d’une femme sur deux (48 %) est en union polygame. L’entrée en union demeure précoce au Burkina Faso : 59 % des femmes de 25-49 ans étaient déjà en union à 18 ans et la moitié des femmes entrent en première union dès l’âge de 17,7 ans. En 1993 et 1998-99, ces valeurs étaient de 17,6 ans et 17,5 ans ; il n’y a donc pas eu d’évolution dans le calendrier de la primo-nuptialité au cours des dix dernières années. Les premiers rapports sexuels se produi- sent toujours très tôt puisque l’âge médian est resté constant depuis 1998-99. Les hommes contractent leur première union à un âge plus tardif ; leur âge médian à la première union étant de 25,3 ans. Cette tendance s’accentue avec un âge d’entrée en première union de plus en plus tardif chez les hommes : 26,2 ans en 2003 contre 25,3 ans en 1998-98. Quant à l’âge au premier rapport, il est resté constant : 20,8 ans en 2003 et 20,5 ans en 1998-99. Pour la planification familiale, bien que de plus en plus de femmes connaissent les méthodes contraceptives (91 % en 2003 contre 78 % en 1998-99), et en particulier les méthodes modernes (89 % en 2003 contre 76 % en 1998-99), peu de femmes les utilisent. En effet, la prévalence contraceptive est seulement de 14 %, toutes méthodes confondues, et 10 % pour les méthodes modernes. Parmi les femmes en union, la proportion des utilisatrices a augmenté au cours des quinze dernières années : 8 % en 1993, 12 % en 1998-99 et 14 % en 2003 pour l’ensemble des méthodes. Concernant les seules méthodes modernes, la variation a été très faible entre 1993 et 1998-99 (respectivement, 4 % et 5 %) et beaucoup plus importante entre les deux dernières enquêtes (9 % en 2003). En ce qui concerne les hommes, les niveaux de connaissance (96 %) et d’utilisation (33 %) sont nettement plus élevés que ceux des femmes. S’agis- sant des méthodes modernes, l’utilisation actuelle de la contraception par les hommes en union est plus du double (22 %) de celle des femmes en union. Ce niveau est essentiellement dû à l’utilisation du condom. Bien que les besoins non-satisfaits en matière de planification familiale soient assez importants chez les femmes en union, l’utilisation actuelle de la contraception est relativement faible. Près d’un tiers des femmes en union (29 %) en expriment le besoin, l’espacement des naissances (22 %) demeurant la principale préoccupation. Seulement 32 % de la demande potentielle totale en planification familiale chez les femmes en union se trouve satisfaite au Burkina Faso. Si tous les besoins étaient couverts, la prévalence contraceptive des femmes en union serait de 43 %, ce qui est plus de trois fois plus élevé que la prévalence enregistrée. En ce qui concerne les soins prénatals et les conditions d’accouchement, on constate que pour la grande majorité (73 %) des naissances survenues dans les 5 années précédant l’enquête, les mères ont effectué une visite prénatale et que 65 % d’entre elles ont été protégées contre le tétanos néonatal, par au moins une dose de vaccin antitétanique. Par contre, il y a très peu de femmes qui accouchent dans les établissements sanitaires. Seulement 38 % des nais- sances se sont déroulées en établissement sanitaire et 57 % ont été assistées par du personnel formé. Les femmes du milieu rural, celles sans instruction et celles appartenant aux ménages pauvres ont, beaucoup plus fréquemment que les autres, accouché à domicile et sans assistance de personnel formé. Par rapport à l’enquête de 1998-99, on note une nette augmentation des proportions de femmes qui ont effectué des visites prénatales (61 % en 1998-99) et de celles protégées contre le tétanos néonatal (54 % en 1998-99). On note également une diminution de la proportion de femmes qui accouchent à domicile (67 % en 1998-99). Pour ce qui est de la vaccination des enfants, on constate que la majoritée est vaccinée : 81 % des Résumé | xxv enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG, 57 % les trois doses de DTCoq, 59 % celles de la Polio et 56 % ont été vaccinés contre la rougeole. Au total, plus de deux enfants de 12-23 mois sur cinq (44 %) ont reçu tous les vaccins du Programme Élargi de Vaccination (PEV) (sans la fièvre jaune). À l’inverse, moins d’un enfant sur 10 (9 %) de 12-23 mois n'a reçu aucun vaccin. Comparativement à la situation qui prévalait il y a cinq ans, on note une nette amélioration de la couverture vaccinale (29 % d’enfants totalement vaccinés en 1998-99). Les enfants bénéficiant d’une meilleure couverture vaccinale sont ceux de mère instruite, vivant en ville ou qui appartient à un ménage aisé. Au Burkina Faso, les infections respiratoires aiguës et la diarrhée sont des problèmes de santé importants chez les enfants. Moins d’un enfant sur 10 (9 %) a souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. S’agissant de la diarrhée, plus d’un enfant sur cinq (21 %) a eu un ou plusieurs épisodes diarrhéiques durant cette même période. Au cours des épisodes diar- rhéiques, 15 % des enfants n’ont bénéficié d’aucun type de réhydratation, et seulement 17 % ont été conduits dans un établissement de santé au cours de leur maladie. L’utilisation des moustiquaires est un moyen efficace de protection contre les moustiques qui transmettent le paludisme. Les données de l’enquête montrent que plus de deux ménages sur 5 (40 %) possèdent au moins une moustiquaire. C’est dans les régions du Sahel (74 %), de l’Est (67 %) et des Hauts-Bassins (56 %) que les proportions de ménages possédant une mousti- quaire sont les plus élevées. Dans les ménages ayant des enfants de moins de cinq ans et disposant de moustiquaires, seulement 20 % de ces enfants ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête. Une proportion relativement plus élevée de femmes enceintes (24 %) a passé sous une moustiquaire au cours de la nuit ayant précédé l’interview. La quasi-totalité des enfants nés durant les cinq années ayant précédé l’enquête (98 %) ont été allaités. Bien que la majorité des enfants (63 %) soient allaités dans les 24 heures qui ont suivi leur naissance, dans 37 % des cas, ils ne l’ont pas été. L’assistance à l’accouchement et, partant, le lieu où celui-ci s’est déroulé, influence légèrement le début de l’allaitement. En effet, quand la mère a accouché avec l’assistance de personnel de santé, 68 % des enfants ont été allaités dans les 24 heures qui ont suivi leur naissance contre 53 % pour ceux dont la mère a accouché avec l’assistance d’une accoucheuse traditionnelle. De même, 72 % des femmes ayant accouché dans un centre de santé ont allaité leur enfant dans les 24 heures qui ont suivi la naissance. Quand la mère a accouché à la maison, cette proportion n’est que de 57 %. À partir de 6 mois, tous les enfants devraient recevoir une alimentation de complément, car à partir de cet âge, le lait maternel seul n’est plus suffisant pour assurer la croissance optimale de l’enfant. Au Burkina Faso, une proportion non négligeable d’enfants consomme des céréales et des tubercules ou racines avant l’âge de 6 mois. À 6-7 mois, une proportion relativement faible d’enfants consomme des aliments solides ou semi-solides suffisamment variés, en plus du lait maternel, et riches en protéines et sels minéraux. La carence en vitamine A (avitaminose A) affecte le système immunitaire de l’enfant et augmente ainsi ses risques de décéder de maladies de l’enfance. L’avitaminose A peut également affecter la vue et causer la cécité crépusculaire chez les enfants, affecter aussi la santé des mères enceintes ou de celles qui allaitent. Elle peut être évitée par des compléments en vitamine A ou l’enrichissement des aliments. Un tiers des enfants de moins de cinq ans (33 %) a reçu des compléments de vitamine A. Les proportions d’enfants qui ont reçu des suppléments de vitamine A varient surtout selon le milieu de résidence, la région et le niveau d’instruction de la mère. Au plan national, seulement 16 % des femmes ont reçu des suppléments en vitamine A après l’accouchement de leur dernier- né. Les indices concernant l’état nutritionnel montrent que 39 % des enfants âgés de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique, ou accusent un retard de croissance, c’est-à-dire sont trop petits pour leur âge et 20 % présentent un retard de croissance sévère. Par rapport à 1998-99, les niveaux de malnutrition ont légèrement augmenté au Burkina Faso. La prévalence du retard de croissance est passée de 37 % en 1998-99, à 39 % en 2003. Cette situation nutritionnelle des enfants demeure préoccupante non seulement au niveau national mais aussi au niveau de certaines sous-populations, notamment parmi celles xxvi | Résumé du milieu rural, les moins instruites, celles appartenant aux ménages pauvres, celles des régions de l’Est et du Sahel. La mortalité infanto-juvénile reste élevée au plan national. Durant la période la plus récente 1999-2003, sur 1 000 naissances vivantes, 81 sont décédées avant d’atteindre l’âge d’un an, et sur 1 000 enfants atteignant leur premier anniversaire, 111 sont décédés avant d’atteindre 5 ans. Au total, près d’un enfant sur cinq (184 pour mille) est décédé entre la naissance et le cinquième anniversaire. Par rapport à l’EDSBF-II de 1998- 99, on constate que la mortalité infanto-juvénile a connu une baisse sensible puisque son niveau était de 219 pour mille pour la période 1988-1992. La mortalité infantile est nettement plus faible en milieu urbain (70 ‰) qu’en milieu rural (95 ‰). Du point de vue régional, elle varie du simple au double du Centre-Sud (67 ‰) au Sahel (122 ‰). Par ailleurs, on constate également des variations importantes des niveaux de mortalité selon le niveau d’instruction de la mère : pour la période 1999-2003, la mortalité infantile varie d’un minimum de 75 ‰ chez les enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus à un maximum de 94 ‰ chez ceux dont la mère n’a aucune instruction. La pratique de l’excision est très répandue au Burkina Faso puisque 77 % des femmes ont déclaré l’avoir subie. On remarque que la proportion des femmes excisées est supérieure à celle constatée en 1998-99 (72 %). Cet écart ne correspond certainement pas à une augmentation de la pratique. Par crainte d’éventuelles poursuites judiciaires, on peut penser que les populations enquêtées à cette époque n’avaient peut-être pas voulu se prononcer sur le sujet, ce qui expliquerait l’écart constaté. Un tiers des enquêtées (32 %) ayant au moins une fille avaient déjà fait exciser leur fille ou au moins l’une de leurs filles et 5 % avaient l’intention de la (ou les) faire exciser. Au total 37 % des filles des femmes enquêtées sont ou seront excisées, c’est-à-dire un niveau nettement inférieur à celui des mères (77 %). Ce résultat peut-être interprété comme le signe d’une tendance à l’abandon de la pratique de l’excision au Burkina Faso. Le VIH/Sida est connu par pratiquement toute la population (96 % des femmes et 97 % des hommes). Cependant, bien que la grande majorité des femmes aient entendu parler du VIH/Sida, seulement 70 % d’entre elles pensent qu’il y a un moyen d’éviter de le contracter. Chez les hommes, cette proportion est bien plus élevée (84 %). La connaissance de la transmission du VIH de la mère à l’enfant est légèrement plus répandue parmi les femmes (50 %) que les hommes (47 %). La connaissance de ce mode de transmission est moins fréquente parmi les jeunes femmes et les jeunes hommes de 15-24 ans. Le comportement que les gens adopteraient face à des personnes atteintes par le VIH/Sida est révélateur du niveau de stigmatisation et de discrimi- nation à l’égard des personnes infectées par ce virus. Cette enquête montre que 76 % des femmes ont déclaré qu’elles seraient prêtes à prendre soin chez elles d’un membre de la famille atteint du Sida. La proportion est plus élevée chez les hommes (81 %). Un des objectifs essentiels du programme burkinabé de lutte contre le sida est d’encourager la population sexuellement active à utiliser de façon régulière le condom. L’EDSBF-III montre que 10 % des femmes et 39 % des hommes ont déclaré avoir eu des rapports sexuels à haut risque au cours des 12 derniers mois. Plus de la moitié de ces femmes (53 %) et plus des deux tiers de ces hommes (69 %) ont déclaré avoir utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels à haut risque. Les résultats de l’EDSBF-III indiquent que 89 % de la population a accepté de donner un échantillon de sang pour le test du VIH. Le taux de couverture est plus élevé chez les femmes (92 %) que chez les hommes (86 %) et plus élevé en milieu rural (93 %) qu’en milieu urbain (79 %). Globalement, dans 5,4 % des cas, les enquêtés ont refusé de participer au test (4 % chez les femmes et 7 % chez les hommes) ; la majorité des autres enquêtés qui n’ont pas été testés n’étaient pas à la maison au moment du test (3 %). La prévalence du VIH dans la population adulte au Burkina faso Faso est de 1,8 %. Le taux de séroprévalence VIH chez les femmes âgées de 15-49 ans est de 1,8 %. Il est légèrement inférieur au taux estiméobtenu chez les hommes âgés du même groupe Résumé | xxvii d’âges 15-49 ans (estimés à 11,9 %). Avec ces taux, on estime que la population adulte (femmes de 15-49 ans et hommes de 15-49 ans) qui est séropositive serait d’environ 91 000 personnes (43 000 hommes et 48 000 femmes) en 2003. Selon le milieu de résidence, et quel que soit le sexe, la prévalence est beaucoup plus élevée en milieu urbain (3,6 %) qu’en milieu rural (1,3 %). À Ouagadougou, son niveau est beaucoup plus élevé (4,2 %). Du point de vue régional, les résultats de l’EDSBF-III montrent que les régions les plus touchées sont le Sud-Ouest (3,7 %), les Cascades (2,4 %), la Boucle du Mouhoun (2,3 %) et le Centre- Ouest (2,3 %). À l’opposé, la région du Sahel est celle où le niveau de prévalence est le plus faible (0,1 %). BURKINA FASO xxviii | Carte du Burkina Faso Sourou Yatenga Loroum Soum Yagha TapoaGourma Gnagna Bam Ziro Sissili Nahouri Nayala Boulgou Komandjari N a m e n te n g a Sanmatenga N o u m b ie l Ganzourgou K o u ri te n g a KompiengaKoulpelogo O ubritenga Oudalan Léraba Kossi Banwa Mouhoun Tuy Ioba Houet Poni Bougouriba Balé Comoé Kénédougou Sanguié Passoré Séno Kadiogo Boulkiemdé GHANA CÔTE D'IVOIRE TOGO BÉNIN NIGER MALI SAHEL ESTOuagadougou SUD OUEST CASCADES HAUTS BASSINS BOUCLE DU MOUHOUN CENTRE OUEST CENTRE EST PLATEAU CENTRAL CENTRE CENTRE NORD CENTRE NORD * Zon- doma Bazèga Zoundw eogo K o u rw e o g o Kilomètres SUD Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET PRÉSENTATION DE L’ENQUÊTE 1 Tinga Sinaré Ce premier chapitre est consacré à la présentation des caractéristiques du Burkina Faso et de la troisième Enquête Démographique et de Santé (EDSBF-III) réalisée dans le pays. Il permettra au lecteur de se familiariser avec le contexte environnemental de l’enquête ainsi qu’avec les procédures techniques de mise en œuvre de l’opération. 1.1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS 1.1.1 Géographie Situé dans la boucle du Niger, le Burkina Faso est un pays continental d’environ 274 200 km² sans débouché sur la mer. Il est limité au Nord et à l'Ouest par le Mali, au Nord-Est par le Niger, au Sud-Est par le Bénin et au Sud par le Togo, le Ghana et la Côte d’Ivoire. Des routes asphaltées le relient à l'ensemble des pays voisins et un chemin de fer long de 1 145 km le relie à la Côte d’Ivoire. De par sa situation dans la zone soudanienne (entre 9°200 et 15°540 de latitude Nord, 2°200 de longitude Est et 5°300 de longitude Ouest), le Burkina Faso bénéficie d'un climat tropical à deux saisons : une saison sèche et une saison pluvieuse. Il est drainé par trois fleuves : le Mouhoun, le Nazinon et le Nakambé. Le point le plus proche de l’Atlantique en est distant de 500 km. Ouagadougou, la capitale du pays est située à 1 200 km du port d’Abidjan (Côte d’Ivoire), à 980 km du port de Téma (Ghana) et à 970 km du port de Lomé (Togo). Faisant partie des pays sahéliens, le Burkina Faso a un climat tropical de type soudanien, sec, marqué par une pluviométrie dont la moyenne varie entre 300 mm au Nord et 1 200 mm au Sud. Cette pluviométrie est faible et mal répartie dans l'ensemble. Ce qui influence énormément les disponibilités alimentaires et par conséquent l'état nutritionnel des populations. Le pays connaît des cycles de sécheresse, en particulier dans le Nord. Néanmoins, il faut noter l’enregistrement d’un excédent céréalier au cours de la campagne agricole 2003 du fait de l’opération “Saaga”1. 1.1.2 Économie À l'instar de nombreux pays africains, le Burkina Faso est confronté à un environnement économique difficile depuis plusieurs décennies. Avec un PNB par habitant en 2002 de 268 $US, un des plus faibles au monde, le pays fait face à un défi majeur qui est l’rèduction de la pauvreté. En 1994, il y avait 44,5 % de la population qui vivait en dessous du seuil national absolu de pauvreté estimé à 41 099 FCFA par adulte et par an (INSD, 1996). Cet état de pauvreté s’est accru de nos jours puisque les résultats de la troisième enquête sur les conditions de vie des ménages de 2003 indiquent que 46,4 % de la population vit toujours en dessous du seuil de pauvreté estimé à 82 672 FCFA (INSD, 2003). Une situation de pauvreté qui rime avec accès difficile aux services sociaux de base, chômage, analphabétisme, habitat précaire, statut peu avantageux de la femme et malnutrition. L'économie du Burkina Faso repose essentiellement sur l'agriculture et l'élevage qui occupent plus des trois quarts de la population active et contribuaient pour 37,2 % au PIB du pays en 1998. 1 Opération “Saaga”: opération de pluies provoquées pour combler le déficit pluviométrique qui était chronique. 2 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête L’inégale répartition de la pluviométrie conjuguée à la pauvreté différentielle des sols au plan interne constitue un facteur d’inégalité entre les régions Sud et Ouest du pays comparativement à celles du Nord et de l’Est. Les premières (Sud et Ouest), aux sols riches sont les mieux arrosées également. 1.1.3 Population Avant l’EDSBF-III, et depuis 1960, le Burkina Faso a réalisé trois recensements (RGP de 1975, RGP de 1985 et RGPH de 1996) et plusieurs enquêtes d’envergure nationale : Enquête démographique par sondage de 1960/61, Enquête post censitaire de 1976, Enquête démographique de 1991, deux Enquêtes Démographiques et de Santé (1993 et 1998-99), trois Enquêtes sur les conditions de vie des ménages (1994, 1998 et 2003). Ces opérations ont permis d’obtenir des indicateurs démographiques de base à différentes dates. Au dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitation (décembre 1996), la population résidente du Burkina Faso était de 10 312 609 habitants. Cet effectif qui correspond à une densité moyenne de près de 38 habitants au kilomètre carré confirme la réputation du pays d'être parmi les plus densément peuplés dans la sous région Ouest africaine. Le Niger n’a que 7,5 habitants au kilomètre carré et le Mali 9 habitants au kilomètre carré. Seuls le Sénégal (43 habitants au kilomètre carré) et la Côte d’Ivoire (46 habitants au kilomètre carré) ont des densités de population supérieures à celle du Burkina Faso. Estimée à 4 349 600 résidents en 1960, la population est passée à 5,6 millions en 1975, puis à près de 8 millions en 1985 et à plus de dix millions en 1996. Cette évolution de l'effectif global, est due essentiellement à l’accroissement démographique. Le taux d’accroissement naturel est estimé à 3,1 % et le taux de fécondité à 6,8 enfants par femme en 1996 (tableau 1.1). Le taux de croissance annuel moyen est de l'ordre de 2,4 %. À ce rythme, la population doublera en 29 ans. Tableau 1.1 Indicateurs démographiques de base Indicateurs RGP 1985 EDSBF-I 1993 RGPH 1996 EDSBF-II 1998-99 Population totale 7 964 705 - 10 312 609 - Densité (habitants/km2) 29,0 - 37,6 - Population urbaine (en %) 12,7 20,4 15,5 16,9 Indice Synthétique de Fécondité (enfants/femme) 7,2a 6,9 6,8 a 6,8 Taux brut de natalité (pour mille) 49,6 a 43,0 48,2 a 45,1 Taux de mortalité infantile (pour mille) 134 a 94 107 a 105 Taux d’accroissement naturel (en %) 3,2 - 3,1 - Expérance de vie à la naissance (en années) 48,5a - 53,8a - a Données adjustées Sources : Recensement Général de la Population (RGP), 1985 Enquête Démographique et de Santé, EDSBF-I, 1993 Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH), 1996 Enquête Démographique et de Santé, EDSBF-II, 1998-99 La situation sanitaire du pays est caractérisée par un niveau de mortalité élevé. Cette situation s’explique en partie par la faible couverture sanitaire et vaccinale. En 2001, on comptait environ un médecin pour 30 000 habitants, une sage-femme pour 25 000 femmes en âge de procréer et un infirmier pour 3 700 habitants. Ces ratios sont largement en-dessous des normes OMS préconisées pour la sous-région Ouest Africaine (10 000 habitants par médecin, 5 000 par sage-femme). À ce manque de personnel de santé, viennent se greffer l’insuffisance, le sous-équipement et l’inégale répartition des infrastructures sanitaires. Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 3 Le Burkina Faso est depuis toujours un pays de migration. Au cours de la période 1988/92, environ 602 000 personnes ont été touchées par la migration internationale dont 273 000 immigrés et 329 000 émigrés. Ces échanges s’opèrent essentiellement avec la Côte d’Ivoire (508 000 déplacements REMUAO, 1998). Avec la crise sociale qu’a connue ce pays en novembre 19992 et celle plus récente de septembre 20023 qui se poursuit de nos jours, les mouvements migratoires dans ce sens se sont considérablement modérés et modifiés. Par ailleurs, le niveau d’instruction de la population reste faible : les résultats du recensement de 1996 montraient que 90 % des Burkinabé n’ont pas été à l’école, 7 % ont un niveau primaire et seulement 3 % ont un niveau secondaire ou plus. Le taux d’analphabétisme est très élevé. En effet, toujours selon le recensement de 1996, 73 % des hommes ne savaient ni lire ni écrire contre 87 % des femmes. Plusieurs religions sont pratiquées, mais les plus importantes sont, les religions musulmane (56 %), catholique (17 %) et protestante (3 %). Environ un quart (24 %) de la population a déclaré pratiquer une religion traditionnelle (INSD, 2000). 1.1.4 Politique de population et de santé de la reproduction Il est généralement admis que la population constitue la première richesse d'une nation. Mais de nos jours, dans les pays en développement, la croissance rapide de la population face à la stagnation, voire la dégradation de leur niveau de vie demeure préoccupante. Soucieux donc d'assurer à ses populations la satisfaction de leurs besoins fondamentaux, le Burkina Faso a souscrit aux différentes recommandations issues des conférences africaines et mondiales sur la population et mis en oeuvre une politique de population depuis juin 19914. Le Gouvernement burkinabé a élaboré en 2000 un Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP), qui a été révisé en 2003 avec la participation du secteur privé, de la société civile et des partenaires techniques et financiers. Une des préoccupations majeures de ces instruments est la promotion des secteurs sociaux de base (éducation, santé y compris la santé de la reproduction, eau potable, hygiène et assainissement). Concernant spécifiquement la santé de la reproduction, le Gouvernement, par l’intermédiaire du Ministère de la Santé, a déterminé les composantes prioritaires en la matière : la maternité sans risque et la santé des enfants, la planification familiale, les Infections Sexuellement Transmissibles (IST/VIH et SIDA), la santé de la reproduction chez les jeunes, la prévention et la prise en charge des violences sexuelles, les changements sociaux pour accroître le pouvoir de décision de la femme. 1.2 OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE L'Enquête Démographique et de Santé du Burkina Faso (EDSBF-III) est la troisième du genre réalisée au cours de ces quinze dernières années. Commanditée par le Ministère de l’Economie et du Développement, elle a été conduite par l'Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) en collaboration avec le Ministère de la Santé. Elle a bénéficié de l’assistance technique de ORC Macro, institution de coopération américaine en charge du programme international des Enquêtes Démographiques et de Santé (DHS). Le projet EDSBF-III a été exécuté grâce à l'appui financier de la Banque Mondiale par l’intermédiaire du Projet d’Appui au Programme Multisectoriel de Lutte contre le Sida (PA/PMLS), du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et de l'Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID). 2 Une forte colonie burkinabé (12 000 personnes environ) a été expulsée en novembre 1999 de la Côte d’Ivoire suite à des affrontements entre population autochtone et communauté étrangère dans la région de Tabou (République de Côte d’Ivoire). 3 Depuis septembre 2002 la Côte d’Ivoire est plongée dans une crise politique et sociale. Cette situation a été à la base de migrations de retour importantes d’anciens émigrants et/ou d’arrivée au Burkina Faso d’enfants d’émigrants burkinabé nés à l’étranger. 4 Une première relecture de cette politique de population est intervenue en décembre 2000. 4 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête 1.2.1 Objectifs de l’enquête La troisième Enquête Démographique et de Santé du Burkina Faso (EDSBF-III) a pour objectif d’estimer de nombreux indicateurs socio-économiques, démographiques et sanitaires au niveau de l’ensemble de la population et au niveau des sous-populations des femmes de 15-49 ans, des enfants de moins de 5 ans et des hommes de 15-59 ans. En particulier, l’EDSBF-III vise à identifier et/ou à estimer : Pour l’ensemble de la population : • les niveaux de scolarisation ; • les niveaux d’utilisation du sel iodé ; • certains indicateurs de bien-être des ménages. Pour les femmes de 15-49 ans et les enfants de moins de cinq ans : • divers indicateurs démographiques, en particulier les taux de fécondité, de mortalité des enfants et de mortalité des adultes ; • les facteurs directs et indirects qui déterminent les niveaux et tendances de la fécondité, tels que les comportements matrimoniaux, les comportements sexuels et l’utilisation de la contraception ; • les catégories de femmes susceptibles d’avoir plus ou moins d'enfants et susceptibles d’utiliser la contraception ; • les taux de connaissance et de pratique contraceptive par méthode, selon diverses caractéristiques socio-démographiques ; • les facteurs directs et indirects qui déterminent les niveaux et tendances de la mortalité ; • les différentes composantes de la santé de la reproduction et de la santé des enfants : visites prénatales et postnatales, conditions d’accouchement, allaitement, vaccinations, prévalence et traitement de la diarrhée et d'autres maladies chez les enfants de moins de cinq ans ; • le niveau de connaissance, les opinions et attitudes des femmes vis-à-vis de la pratique de l’excision ; • l'état nutritionnel des femmes et des enfants de moins de cinq ans au moyen des mesures anthropométriques (poids et taille) ; • le niveau de connaissance, les opinions et attitudes des femmes vis-à-vis des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et du VIH/sida ; • le taux d’anémie chez les femmes et les enfants de moins de cinq ans ; • le taux de prévalence du VIH chez les femmes de 15-49 ans. Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 5 Pour les hommes de 15-59 ans : • les facteurs directs et indirects qui déterminent les niveaux et tendances de la fécondité, tels que les comportements matrimoniaux, les comportements sexuels et l’utilisation de la contraception ; • les catégories d’hommes susceptibles d’avoir plus ou moins d'enfants et susceptibles d’utiliser la contraception ; • le niveau de connaissance et de pratique de la circoncision ; • le niveau de connaissance, les opinions et attitudes des hommes vis-à-vis des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et du VIH/sida ; • les taux d’anémie et de prévalence du VIH. L'ensemble des informations collectées constitue une base de données qui facilitera la mise en place et le suivi de politiques et de programmes dans le domaine de la population et de la santé et, plus globalement, de politiques visant l’amélioration des conditions de vie de la population burkinabé. Par ailleurs, les données ayant été collectées selon une méthodologie similaire à celle utilisée dans les opérations précédentes et dans de nombreux autres pays ayant participé au programme DHS, elles font partie, de ce fait, d'une base de données utilisables et comparables avec les périodes antérieures et au niveau international. 1.2.2 Questionnaires Afin d'atteindre les objectifs fixés, trois types de questionnaires ont été utilisés : 1) Questionnaire ménage. Il permet de collecter des informations sur le ménage telles que le nombre de personnes y résidant, par sexe, âge, niveau d'instruction, la survie des parents, etc. Par ailleurs, il permet de collecter des informations sur les caractéristiques du logement (approvisionnement en eau, type de toilettes, etc.), et sur le sel utilisé par les ménages : ces informations sont recueillies afin d'apprécier les conditions environnementales et socio-économiques dans lesquelles vivent les personnes enquêtées. De plus, les femmes âgées de 15-49 ans et les enfants âgés de moins de cinq ans sont pesés et mesurés pour déterminer leur état nutritionnel. En outre, le questionnaire ménage permet d'établir l'éligibilité des personnes à interviewer individuellement. Il permet aussi de déterminer les populations de référence pour le calcul de certains taux démographiques. Par ailleurs, dans un tiers des ménages, on a testé le sang des femmes éligibles de 15-49 ans et celui des hommes de 15-59 ans pour déterminer les prévalences de l’anémie et du VIH. Chez les enfants de moins de cinq ans, on a seulement testé leur sang pour mesurer la prévalence de l’anémie. 2) Questionnaire femme. Il comprend les onze sections suivantes : - Caractéristiques socio-démographiques des enquêtées ; - Reproduction ; - Contraception ; - Grossesse, soins postnatals et allaitement ; - Vaccination et santé ; - Mariage et activité sexuelle ; - Préférences en matière de fécondité ; - Caractéristiques du conjoint et travail de la femme ; - Sida et autres infections sexuellement transmissibles ; 6 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête - Mortalité (des adultes) ; - Excision. 3) Questionnaire homme. Il s'agit également d'un questionnaire individuel comprenant les huit sections suivantes : - Caractéristiques socio-démographiques des enquêtés ; - Reproduction ; - Contraception ; - Mariage et activité sexuelle ; - Préférences en matière de fécondité ; - Sida et autres infections sexuellement transmissibles ; - Excision ; - Circoncision des hommes. Ces instruments ont été développés à partir des questionnaires de base du programme DHS+, adaptés au contexte du Burkina Faso en tenant compte des objectifs de l'enquête. 1.2.3 Échantillonnage L’échantillon de l’EDSBF-III est un échantillon représentatif du découpage administratif 5 en région, basé sur un sondage par grappe, stratifié à deux degrés. L’unité primaire de sondage est la grappe, encore appelée zone de dénombrement (ZD) telle que définie au recensement en 1996. Chacune des 13 régions du pays a été séparée en parties urbaine et rurale pour former les strates. L’échantillon a été tiré indépendamment dans chaque strate. Au premier degré, 400 grappes ont été tirées avec une probabilité proportionnelle à la taille. La taille est le nombre de ménages estimé dans la grappe pendant l'opération de cartographie au recensement de 1996. Un dénombrement des ménages dans chaque grappe sélectionnée a permis d’obtenir une liste exhaustive de ménages, à partir de laquelle les ménages de l’échantillon ont été tirés au deuxième degré. Au deuxième degré, environ 10 000 ménages ont été tirés à partir de la liste des ménages dénombrés dans chaque grappe. Toutes les femmes âgées de 15 à 49 ans (résidentes habituelles ou visiteuses) qui se trouvaient dans les ménages tirés ont été enquêtées individuellement. Enfin, dans un sous-échantillon (un ménage sur trois) des ménages sélectionnés pour l’enquête auprès des femmes, tous les hommes âgés de 15 à 59 ans (résidents habituels ou visiteurs) ont été enquêtés. Par ailleurs, c’est également dans ce sous-échantillon de ménages que le prélèvement de sang a été effectué sur les femmes et les hommes pour le test d’anémie et de VIH, et chez les enfants de moins de cinq ans pour le test d’anémie uniquement. Toutes les grappes sélectionnées ont pu être enquêtées au cours de l’EDSBF-III. Le nombre de ménages sélectionnés dans chaque grappe urbaine était de 26 et de 23 dans chaque grappe rurale. Au total 9 470 ménages ont été sélectionnés dont 9 149 ont été identifiés au moment de l’enquête. Sur ces 9 149 ménages, 9 097 ont pu être enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 99 % (Tableau 1.2). Dans ces 9 097 ménages enquêtés, 12 952 femmes âgées de 15-49 ans ont été identifiées comme étant éligibles pour l'enquête individuelle et pour 12 477 d'entre elles, l'enquête a pu être menée à bien. Le taux de réponse s’établit donc à 96 % pour les interviews auprès des femmes. L'enquête homme a été réalisée dans un ménage sur trois : au total 3 984 hommes de 15-59 ans ont été 5 Le Burkina Faso est subdivisé en circonscriptions administratives. Il compte 13 régions, 45 provinces, 350 départements, 33 communes de plein exercice et plus de 8 000 villages. Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 7 identifiés dans les ménages de l’échantillon. Parmi ces 3 984 hommes devant être interviewés individuellement, 3 605 ont été enquêtés avec succès, soit un taux de réponse de 91 %. Que ce soit au niveau des ménages, des femmes ou des hommes, les taux de réponses sont plus que satisfaisants puisqu'ils sont supérieurs à ceux qui avaient été prévus au moment de la conception du plan de sondage. L’échantillon est stratifié par région administrative et représentatif au niveau du milieu de résidence (urbain-rural), de la ville de Ouagadougou (la capitale) et de chaque région administrative du pays6. Compte tenu de la taille variable de chaque strate, constituant chacune un domaine d'études, différents taux de sondage ont été appliqués initialement à chaque strate. Finalement les résultats ont été pondérés au niveau de chaque grappe. Tableau 1.2 Taille et couverture de l'échantillon Effectifs des ménages, des femmes et des hommes sélectionnés, identifiés et enquêtés, et taux de réponse selon le milieu de résidence, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Milieu de résidence Enquête Ouagadougou Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Enquêtes ménage Ménages sélectionnés 494 1 846 2 340 7 130 9 470 Ménages identifiés 480 1 749 2 229 6 920 9 149 Ménages enquêtés 478 1 719 2 197 6 900 9 097 Taux de réponse des ménages 99,6 98,3 98,6 99,7 99,4 Enquête individuelle femmes Effectif de femmes éligibles 731 2 446 3 177 9 775 12 952 Effectif de femmes éligibles enquêtées 689 2 325 3 014 9 463 12 477 Taux de réponse des femmes éligibles 94,3 95,1 94,9 96,8 96,3 Enquêtes ménage hommes Ménages sélectionnés 177 639 816 2 481 3 297 Ménages identifiés 174 608 782 2 421 3 203 Ménages enquêtés 172 594 766 2 413 3 179 Taux de réponse des ménages hommes 98,9 97,7 98,0 99,7 99,3 Enquête individuelle hommes Effectif d’hommes éligibles 256 842 1 098 2 886 3 984 Effectif d’hommes éligibles enquêtés 214 708 922 2 683 3 605 Taux de réponse des hommes éligibles 83,6 84,1 84,0 93,0 90,5 6 Dans la suite de ce rapport, les résultats seront présentés par milieu de résidence : Ouagadougou, autre urbain (selon la définition du Recensement Général de la Population et de l’Habitation), ensemble urbain (Ouagadougou et les autres milieux urbains) et rural. Ils seront également présentés par région : Ouagadougou, Boucle du Mouhoun, Centre (sans Ouagadougou), Centre-Sud, Plateau Central, Centre-Est, Centre-Nord, Centre-Ouest, Est, Nord, Cascades, Hauts-Bassins, Sahel et Sud-Ouest. Pour les besoins de l’analyse, la région du centre a été scindée en deux pour tenir compte de la spécificité de la ville de Ouagadougou. Le Centre, sans Ouagadougou, est essentiellement composé de localités rurales. La liste des provinces composant ces régions est données en Annexe B. 8 | Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête 1.2.4 Personnel et activités de l’EDSBF-III Pour garantir une bonne réalisation de l’enquête, un comité technique a été mis en place sous la responsabilité d’un Directeur national et d’un Directeur technique. Ils avaient en charge la supervision générale de l’enquête, y compris les travaux informatiques. Par ailleurs, des cadres de l’INSD, des consultants nationaux et internationaux ont assuré l’adaptation du plan de sondage, la conception des questionnaires, la formation du personnel d’enquête, le traitement et l’analyse des données. Des consultants nationaux de la Direction de la Recherche des Innovations en Éducation non formelle et Alphabétisation (DRINA) ont réalisé la traduction des questionnaires dans trois langues du pays : en Mooré, Dioula et Fulfuldé. Les activités de collecte se sont déroulées en 3 étapes principales : le dénombrement des zones d’enquête échantillonnées, le pré-test et l’enquête principale. Pour chacune de ces étapes, une formation a été dispensée aux personnes recrutées. Pour les opérations de cartographie et de dénombrement des zones de l’enquête, 20 agents ont été recrutés pour former 4 équipes. Ces dernières ont été suivies par un superviseur qui est un agent de la statistique en service à l’INSD. Cette phase a couvert la période allant de février à mai 2003. L’enquête pilote a été effectuée en janvier-février 2003 dans quatre grappes, deux dans la ville de Ouagadougou et deux en milieu rural. Les grappes du milieu rural ont été tirées dans deux villages qui sont situés respectivement à 25 km et 20 km de la ville de Ouagadougou. Aucune de ces grappes ne faisaient partie de l’échantillon principal. Au total 120 ménages, 170 femmes et 50 hommes ont été interviewés par quatre équipes de trois enquêtrices chacune pendant six jours. L’objectif de cet exercice était de tester, entre autres, l’acceptabilité des questionnaires ménage, femme et homme. L’enquête pilote a ainsi permis de réviser et de finaliser les questionnaires ainsi que les autres documents méthodologiques de l’enquête. Pour ce qui est de l’enquête principale, le personnel de terrain, sélectionné par l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD) a été formé sur une période de six semaines, y compris la formation pour le test d’anémie et de VIH. La formation consistait d’une part, en des exposés théoriques concernant les techniques d’enregistrement des informations et d’autre part, en des exercices pratiques sur le remplissage des questionnaires. La formation a été assurée en Français et par la suite, des compléments ont été donnés en Mooré, Dioula et Fulfuldé par les consultants nationaux de la DRINA. En outre, différentes “personnes ressources” du Laboratoire National de Référence du Centre hospitalier et universitaire Yalgado Ouédraogo (Ministère de la Santé), du Programme Élargi de Vaccination (Ministère de la Santé), du Secrétariat Permanent du Conseil National de Lutte contre le SIDA (SP/CNLS), du Secrétariat Permanent du Comité National de Lutte Contre la Pratique de l’Excision (SP/CNLPE), du dispensaire de Samadin (Ministère de la Santé) sont intervenues durant la formation pour donner aux enquêtrices et enquêteurs des informations sur la planification familiale, la santé maternelle et infantile, les IST, le SIDA et l’excision. Les travaux de collecte des données sur le terrain sont immédiatement intervenus après la formation. Douze (12) équipes, composées chacune de trois enquêtrices, une infirmière (chargée également de la prise de sang pour les tests d’anémie et de VIH), une contrôleuse, un chef d’équipe et un chauffeur, ont été constituées pour la collecte. Le chef d’équipe était chargé de mener l’enquête homme. La collecte des données s’est déroulée du 15 juin au 16 novembre 2003. Six équipes ont été redéployées dans la région du Centre (Ouagadougou surtout et les villages environnants) dans le but de visiter à nouveau les ménages absents lors du premier passage. Ce redéploiement a été étendu à la région du Centre-Ouest et du Centre-Sud pour la reprise de certains prélèvements de sang qui avaient Caractéristiques du Pays et Présentation de l’Enquête | 9 été mal conservés. Tous ces “retour terrain” ont été organisés dans la première quinzaine du mois de décembre 2003. La plupart du personnel recruté aux différentes phases avait une expérience généralement acquise lors des différentes opérations de collecte réalisées par l’INSD (EDSBF de 1993, RGPH de 1996, EDSBF de 1998/99, Enquêtes Prioritaires de 1994, 1998 et 2003, etc.). La liste du personnel de l’EDSBF-III ainsi que des consultants nationaux et internationaux se trouve en Annexe A. 1.2.5 Traitement des données La saisie des données sur micro-ordinateur a débuté deux semaines après le démarrage de l'enquête sur le terrain, en utilisant les logiciels CSPRO et ISSA. Quatre agents de bureau étaient chargés de la vérification des questionnaires venus du terrain avant de les transmettre à la saisie. Cette saisie a été réalisée par dix agents, de juillet 2003 à janvier 2004 sous la supervision de deux programmeurs. Presque 95 % des questionnaires ont fait l'objet d'une double saisie pour éliminer du fichier le maximum d'erreurs de saisie. Par ailleurs, un programme de contrôle de qualité permettait de détecter pour chaque équipe et même, dans certains cas, pour chaque enquêtrice/enquêteur, certaines des principales erreurs de collecte. Ces informations étaient immédiatement répercutées aux équipes de terrain lors des missions de supervision, afin d'améliorer la qualité des données. À la suite de la saisie, les données ont été éditées en vue de vérifier la cohérence interne des réponses. La vérification finale a été réalisée par le service informatique de l’INSD avec l’assistance de l’équipe technique de l’enquête, y compris l’informaticien de Macro. Caractéristiques des Ménages | 11 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES 2 Antoinette Toé/Foro Ce chapitre porte sur les caractéristiques socio-démographiques de la population des ménages (structure par âge et sexe, taux de fréquentation scolaire, niveau d’instruction). Il aborde également les caractéristiques des logements ainsi que les biens durables possédés par les ménages. L’objectif de ce chapitre est donc de présenter un profil des ménages et certaines caractéristiques de l’environnement socio-économique dans lesquels vivent les hommes, les femmes et les enfants ciblés par l’enquête. Une telle description est essentielle dans la mesure où ces caractéristiques socio-économiques et environnementales sont des déterminants de l’état de santé de la population et des conditions de vie. 2.1 ENQUÊTE MÉNAGE 2.1.1 Structure par sexe et âge de la population Le tableau 2.1 présente la répartition par âge et sexe de la population des ménages enquêtés, selon le milieu de résidence. L’enquête ménage a touché 57 737 personnes dont 47 493 en milieu rural soit 82 %. La proportion des femmes dans cette population est de 51 %. Cette proportion est quasiment similaire à celle des Enquêtes Démographiques et de Santé précédentes (51 % en 1993 et 52 % en 1998-99). La pyramide des âges, présente une base élargie qui se rétrécit rapidement au fur et à mesure que l’on avance vers les âges élevés, forme caractéristique des populations à forte fécondité (graphique 2.1). Tableau 2.1 Population des ménages par âge et sexe Répartition (en %) de la population (de fait) des ménages par groupe d'âges quinquennal selon le milieu de résidence et le sexe, EDSBF-III Burkina Faso 2003 ————————————————————————————————————————————————————————————————————— Ouagadougou Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Groupe ———————————— ———————————— ———————————— ———————————— ———————————— d'âges Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble Homme Femme Ensemble ————————————————————————————————————————————————————————————————————— <5 12,1 10,3 11,2 14,3 13,4 13,8 13,2 11,9 12,5 19,2 17,1 18,1 18,1 16,2 17,1 5-9 10,4 11,4 10,9 13,6 12,3 13,0 12,0 11,9 11,9 18,4 16,6 17,5 17,3 15,7 16,5 10-14 10,1 13,7 12,0 14,0 14,2 14,1 12,1 13,9 13,0 15,3 13,3 14,3 14,7 13,4 14,1 15-19 12,6 15,7 14,2 11,9 14,0 13,0 12,3 14,8 13,6 11,1 8,7 9,9 11,3 9,8 10,6 20-24 13,6 12,7 13,1 10,9 10,3 10,6 12,2 11,5 11,8 5,9 7,1 6,5 7,0 7,9 7,4 25-29 10,6 9,0 9,8 7,5 7,4 7,5 9,1 8,2 8,6 4,6 6,9 5,8 5,4 7,2 6,3 30-34 9,1 6,0 7,5 7,0 5,3 6,1 8,0 5,7 6,8 3,7 5,5 4,6 4,5 5,5 5,0 35-39 6,5 5,5 6,0 5,2 5,3 5,3 5,9 5,4 5,6 3,6 5,3 4,5 4,0 5,4 4,7 40-44 4,4 3,8 4,0 3,5 3,8 3,7 3,9 3,8 3,9 3,6 4,3 3,9 3,7 4,2 3,9 45-49 3,4 3,6 3,5 2,6 3,3 3,0 3,0 3,5 3,2 2,9 3,7 3,3 2,9 3,6 3,3 50-54 2,8 2,2 2,5 2,9 3,5 3,2 2,9 2,9 2,9 2,6 3,7 3,1 2,6 3,5 3,1 55-59 1,4 2,8 2,1 1,9 2,2 2,0 1,6 2,5 2,1 2,1 2,4 2,3 2,0 2,5 2,3 60-64 1,3 1,1 1,2 1,8 1,8 1,8 1,6 1,4 1,5 2,2 1,9 2,0 2,1 1,8 1,9 65-69 0,9 0,5 0,7 1,0 1,0 1,0 0,9 0,7 0,8 1,7 1,2 1,5 1,6 1,1 1,4 70-74 0,6 0,4 0,5 0,7 1,1 0,9 0,7 0,8 0,7 1,4 1,1 1,2 1,3 1,1 1,1 75-79 0,2 0,6 0,4 0,5 0,5 0,5 0,4 0,5 0,5 0,8 0,4 0,6 0,7 0,4 0,6 80 + 0,2 0,3 0,3 0,4 0,6 0,5 0,3 0,5 0,4 0,8 0,7 0,8 0,8 0,6 0,7 NSP/ND 0,0 0,4 0,2 0,2 0,0 0,1 0,1 0,2 0,1 0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 419 2 625 5 043 2 514 2 687 5 201 4 932 5 312 10 244 23 149 24 341 47 493 28 081 29 653 57 737 12 | Caractéristiques des Ménages EDSBF-III 2003 Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population 80 + 75-79 70-74 65-69 60-64 55-59 50-54 45-49 40-44 35-39 30-34 25-29 20-24 15-19 10-14 5-9 <5 Âge 0246810 0 2 4 6 8 10 Hommes Femmes Pourcentage En milieu rural comme pour l’ensemble de la population des ménages, on constate une prédominance du sexe masculin entre 0 et 19 ans. De 20 à 59 ans, la tendance inverse est observée et pourrait s’expliquer par les migrations (internes et externes) que connaît le pays. À partir de 60 ans, les proportions d’hommes deviennent à nouveau plus importantes que celles des femmes. Au niveau global, le rapport de masculinité s’établit à 95 hommes pour 100 femmes, contre 92 pour 100 femmes en 1993 et 1998; si on se limite à la tranche d’âges adultes (15-54 ans), le rapport de masculinité chute à 83 hommes pour 100 femmes. On constate qu’ ce soit en urbain comme en rural, il y a un déséquilibre entre les sexes tout comme au niveau national, au profit des femmes (49 % d’hommes contre 51 % de femmes). En milieu urbain, on constate une prédominance des femmes entre les âges de 10-19 ans, surtout pour la ville de Ouagadougou. À partir de 20 ans et jusqu’à 44 ans, la situation s’inverse au profit des hommes. Cette situation résulte certainement du phénomène migratoire, principalement de l’exode rural. En effet, entre 10 et 20 ans, ce sont surtout les jeunes filles qui émigrent vers les centres urbains, en particulier vers les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, à la recherche d’un travail (domestique pour la plupart). De même, la prédominance des hommes de 20 à 44 ans dans la ville de Ouagadougou s’expliquerait par le même phénomène et on les retrouve essentiellement dans le secteur informel. Le tableau 2.2 présente la répartition de la population par grands groupes d’âges à différentes dates, à savoir 1993, date de l’EDSBF-I, 1996 pour le Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH), 1998-99 date de l’EDSBF-II et 2003 date de l’EDSBF-III. Entre l’Enquête Démographique et de Santé de 1993 et celle de 2003, la structure par grand groupe d’âges n’a pas varié. Elle se caractérise toujours par une proportion importante de jeunes de moins de 15 ans (entre 48 % et 50 %). La part des adultes de 15-64 ans varie de 46 % à 49 % alors que les personnes âgées de 65 ans et plus ne représen- tent qu’une proportion assez faible (4 %). Tableau 2.2 Population (de fait) par âge selon différentes sources Répartition (en %) de la population par âge d’après l’EDSBF-I de 1993, le RGPH de 1996, l’EDSBF-II de 1998-99, et l’EDSBF-III de 2003 Groupes d’âges EDSBF-I 1993 RGPH 1996 EDSBF-II 1998-99 EDSBF-III 2003 <15 ans 49,6 49,8 48,0 47,7 15-64 46,4 46,1 48,0 48,5 65 ou plus 4,0 4,1 4,0 3,8 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Âge médian 15,2 15,1 15,7 15,9 Caractéristiques des Ménages | 13 2.2 TAILLE ET COMPOSITION DES MÉNAGES Le tableau 2.3 présente la répartition des ménages selon le sexe du chef de ménage, la taille du ménage et le milieu de résidence. Chef de ménage Du tableau 2.3, il ressort que sur 100 ménages, environ 91 % ont, à leur tête, un homme ; seulement 9 % des ménages sont dirigés par une femme. Par rapport au niveau observé en 1998-99 (EDSBF-II), la proportion des ménages dirigés par une femme est légèrement en hausse, passant de 7 % à 9 %. En 1993, cette proportion était légèrement inférieure à 7 %. Cette augmentation pouvrait s’expliquer par le retour relativement massif de migrants de Côte-d’Ivoire à la suite des évènements récents qui se sont produits dans ce pays. Par ailleurs, on constate que les ménages dirigés par une femme sont plus fréquents en urbain qu’en rural (17 % contre 8 %). À Ouagadougou, cette proportion est de 18 %. Cette proportion relativement élevée de ménages dirigés par une femme pourrait s’expliquer par le niveau de développement de la ville qui offre aux femmes des conditions économiques et sociales leur permettant d’être indépendantes sur le plan financier. Taille des ménages On constate au tableau 2.3 qu’un ménage burkinabé compte, en moyenne, 6,5 personnes contre 6,7 en 1993 et 1998-99. Cette taille moyenne varie de 6,7 en milieu rural à 5,6 en milieu urbain. À Ouagadougou, la moitié des ménages (50 %) sont composés de 4 personnes ou plus. Les ménages d'une seule personne restent une particularité du milieu urbain. En effet, la proportion des ménages d’une personne est de 13 % pour le milieu urbain contre 4 % en milieu rural. Pour la ville de Ouagadougou, cette proportion est de 14 %. Dans l’ensemble, quatre ménages sur dix comptent 7 personnes ou plus. Cependant, les ménages de grande taille (9 personnes ou plus) sont moins fréquents en milieu urbain qu’en milieu rural (17 % contre 26 %). Cette situation pourrait être la conséquence des conditions de vie difficiles dans les centres urbains. Tableau 2.3 Composition des ménages Répartition (en %) des ménages par sexe du chef du ménage et taille du ménage, selon le milieu de résidence, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Milieu de résidence Caractéristique socio-démographique Ouagadougou Autre villes Ensemble urbain Rural Ensemble Chef de ménage Homme 82,3 84,9 83,5 92,5 90,6 Femme 17,7 15,1 16,5 7,5 9,4 Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre de membres habituels 1 14,8 12,9 14,0 4,5 6,4 2 8,3 8,5 8,4 8,4 8,4 3 13,1 13,6 13,3 11,0 11,5 4 13,7 10,8 12,3 11,1 11,3 5 12,8 11,6 12,2 11,2 11,4 6 10,7 8,4 9,6 11,3 10,9 7 6,3 7,6 6,9 9,6 9,1 8 6,2 6,7 6,4 7,1 7,0 9 ou plus 14,1 19,9 16,9 25,7 23,9 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de ménages 964 898 1 862 7 235 9 097 Taille moyenne 5,3 5,9 5,6 6,7 6,5 14 | Caractéristiques des Ménages Enfants orphelins De l’examen des résultats du tableau 2.4 et du graphique 2.2, il ressort que 78 % des enfants de moins de 15 ans vivent avec leurs deux parents biologiques. Dans 3 % des cas, les enfants de moins de 15 ans vivent avec leur mère, le père étant décédé et dans 5 % des cas, ils vivent avec la mère alors que le père est vivant. Dans 5 % des cas, les enfants vivent avec le père : 4 % alors que la mère est vivante et 1 % alors que la mère est décédée. En outre, on constate que 6 % des enfants de moins de 15 ans ne vivent avec aucun des parents alors que ceux-ci sont en vie. Dans moins d’un pour cent des cas, les enfants ne vivent ni avec la mère, ni avec le père parce que ceux-ci sont décédés. Selon l’âge de l’enfant, on constate que parmi les enfants de moins de 2 ans, 9 % vivent avec leur mère seulement alors que le père est en vie. Ceci peut s’expliquer peut-être par la législation qui confie en cas de séparation des parents, la garde de l’enfant de moins de sept ans à la mère si toutefois celle-ci en a la capacité. Tableau 2.4 Enfants orphelins et résidence des enfants avec les parents Répartition (en %) des enfants (de droit) de moins de 15 ans par état de survie des parents, et résidence avec les parents, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Ne vivant avec aucun des parents Vivant avec la mère mais pas le père Vivant avec le père mais pas la mère Caractéristique socio-démographique Vivant avec les deux parents Père vivant Père décédé Mère vivante Mère décédée Les deux sont vivants Seul le père est vivant Seule la mère est en vie Les deux sont décédés Information sur le père/ mère non déclarée Total Effectif Âge <2 89,3 8,7 1,2 0,2 0,1 0,1 0,2 0,0 0,0 0,1 100,0 4 147 2-4 84,4 7,3 2,2 1,6 0,4 3,0 0,3 0,3 0,2 0,2 100,0 5 866 5-9 75,7 4,5 3,1 4,4 1,4 7,2 0,7 1,4 0,8 0,7 100,0 9 666 10-14 68,9 2,8 4,6 5,6 2,6 9,3 0,6 2,4 1,4 1,7 100,0 8 222 Sexe Homme 78,1 5,1 3,2 3,8 1,6 5,0 0,5 1,3 0,6 0,8 100,0 14 312 Femme 77,0 5,3 3,0 3,3 1,1 6,9 0,5 1,2 0,8 0,8 100,0 13 587 Milieu de résidence Ouagadougou 64,9 7,6 6,5 2,1 1,1 10,4 0,9 2,0 1,7 2,8 100,0 1 738 Autre urbain 66,3 8,5 4,9 3,8 1,1 9,9 1,0 2,1 1,2 1,2 100,0 2 157 Ensemble urbain 65,7 8,1 5,6 3,1 1,1 10,1 0,9 2,0 1,4 1,9 100,0 3 895 Rural 79,5 4,7 2,7 3,6 1,4 5,2 0,5 1,2 0,6 0,6 100,0 24 005 Région Ouagadougou 64,9 7,6 6,5 2,1 1,1 10,4 0,9 2,0 1,7 2,8 100,0 1 738 Boucle du Mouhoun 81,6 2,5 2,0 3,5 1,1 6,2 0,4 1,5 0,7 0,5 100,0 2 381 Centre (sans Ouagadougou) 76,8 2,8 5,6 3,6 1,3 4,8 0,7 2,1 1,7 0,7 100,0 602 Centre-Sud 80,9 4,0 3,2 2,9 2,2 4,2 0,3 0,7 1,0 0,5 100,0 1 690 Plateau Central 76,9 5,6 2,3 4,3 2,2 5,3 0,6 1,3 0,7 0,8 100,0 1 590 Centre-Est 77,3 7,4 3,6 3,3 1,4 4,2 0,2 0,7 0,3 1,5 100,0 2 337 Centre-Nord 84,0 3,2 2,0 2,3 1,4 5,0 0,3 1,3 0,1 0,4 100,0 2 460 Centre-Ouest 71,0 7,3 4,3 5,1 1,3 6,0 0,9 2,0 1,0 1,0 100,0 2 141 Est 84,1 2,7 3,4 2,9 0,8 3,5 0,4 0,8 0,7 0,6 100,0 2 329 Nord 75,1 6,8 1,7 4,0 1,3 7,7 0,6 1,6 0,8 0,3 100,0 2 859 Cascades 82,3 3,2 2,2 4,7 1,1 4,4 0,3 0,5 0,9 0,5 100,0 961 Hauts-Bassins 75,5 5,9 2,4 4,4 1,5 7,3 0,7 1,2 0,6 0,4 100,0 3 388 Sahel 83,4 3,4 1,5 2,6 0,9 6,3 0,4 0,7 0,3 0,5 100,0 1 896 Sud-Ouest 71,1 8,3 5,5 4,1 1,9 4,7 0,6 1,6 0,9 1,2 100,0 1 528 Ensemble 77,6 5,2 3,1 3,5 1,4 5,9 0,5 1,3 0,7 0,8 100,0 27 900 Caractéristiques des Ménages | 15 Selon le milieu de résidence, les résultats montrent que la proportion des enfants de moins de 15 ans vivant avec leurs deux parents est plus élevée en milieu rural (80 %) qu’en milieu urbain (66 %). Au niveau régional, la proportion d’enfants vivant avec leurs deux parents varie d’un minimum de 71 % (Centre-Ouest et Sud-Ouest) à un maximum de 84 % (Est et Centre-Nord). 2.3 NIVEAU D'INSTRUCTION ET FRÉQUENTATION SCOLAIRE Les tableaux 2.5.1 et 2.5.2 présentent, pour les hommes et les femmes, la répartition de la population des ménages enquêtés selon le niveau d’instruction atteint, l’âge et la résidence. Le niveau d'instruction des membres d’un ménage est un élément important dans l'amélioration des conditions de vie du ménage et de la société en général. En effet, le niveau d’instruction des membres du ménage influence le comportement procréateur, l’utilisation de la contraception, le comportement en matière de santé, le niveau de scolarisation des autres membres du ménage ainsi que les habitudes en matière d’hygiène et de nutrition. Les données de ces deux tableaux montrent que la majorité des burkinabé n’a jamais fréquenté l’école : près de quatre cinquième des femmes (79 %) et plus des deux tiers des hommes (69 %) ont déclaré n’avoir aucune instruction. Seulement 4 % des femmes et 5 % des hommes ont atteint le niveau primaire complet. Par ailleurs, on constate que plus le niveau d’instruction augmente, plus les proportions diminuent. En effet, 4 % des femmes et 7 % des hommes ont atteint le niveau secondaire et ne l’ont pas achevé, 1 % des hommes ont déclaré avoir atteint le niveau supérieur ; chez les femmes, cette proportion est insignifiante (0,3 %). La proportion d’enfants de 6-9 ans sans instruction s’explique en partie par le fait que l’âge d’entrée à l’école primaire est fixé à 7 ans. Cependant, certains enfants y accèdent à des âges plus tardifs, en milieu rural principalement. On constate aussi une légère amélioration de la scolarisation chez les femmes. En effet, des générations les plus anciennes aux plus récentes, la proportion de femmes sans instruction est passée de 99 % à 65 ans ou plus à 66 % à 10-14 ans. De même, dans les jeunes générations, les proportions de femmes ayant achevé l’école primaire sont proches de celles des hommes : ainsi, à 15-19 ans, 8 % des femmes ont déclaré avoir atteint un niveau primaire complet contre 11 % des hommes ; à 20-24 ans, 6 % des femmes ont, au moins, un niveau primaire complet, contre 9 % des hommes. Malgré ces progrès incontestables, l’écart de niveau d’instruction entre les hommes et les femmes persiste. Graphique 2.2 Survie des parents des enfants de moins de 15 ans et résidence des enfants avec les parents EDSBF-III 2003 Survie des parents Résidence des enfants Père et mère vivants 92 % Mère décédée 3 % Père et mère décédés 1 % Père décédé 4 % Vit avec père et mère 78 % Vit avec père 5 %Vit avec mère 8 % Vit avec aucun 8 % 16 | Caractéristiques des Ménages Tableau 2.5.1 Niveau d'instruction de la population des femmes Répartition (en %) de la population (de fait) féminine des ménages, âgées de six ans et plus, par niveau d'instruction atteint, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Aucune instruction Primaire incomplet Primaire complet Secondaire incomplet Secondaire complet Secondaire ou plus NSP/ manquant Total Effectif1 Âge 6-9 75,6 23,9 0,0 0,1 0,0 0,0 0,4 100,0 3 896 10-14 65,6 24,9 6,4 3,1 0,0 0,0 0,1 100,0 3 984 15-19 68,1 10,0 8,3 13,2 0,2 0,1 0,1 100,0 2 914 20-24 74,0 7,8 5,7 9,9 1,6 0,8 0,2 100,0 2 333 25-29 80,7 5,3 5,2 6,2 1,3 1,0 0,3 100,0 2 126 30-34 86,4 4,4 3,3 4,3 0,7 0,8 0,1 100,0 1 632 35-39 88,8 4,2 2,8 2,3 0,9 0,6 0,5 100,0 1 587 40-44 90,2 3,3 2,3 3,1 0,6 0,5 0,1 100,0 1 241 45-49 91,8 2,2 2,2 2,4 0,6 0,3 0,5 100,0 1 080 50-54 94,8 1,9 1,6 1,4 0,2 0,1 0,0 100,0 1 047 55-59 96,8 1,3 0,8 1,1 0,0 0,0 0,0 100,0 729 60-64 97,8 0,8 0,8 0,4 0,0 0,0 0,2 100,0 539 65+ 99,2 0,3 0,2 0,1 0,0 0,0 0,2 100,0 960 Milieu de résidence Ouagadougou 35,9 24,5 11,1 21,9 3,4 2,9 0,4 100,0 2 294 Autre urbain 49,9 21,9 10,5 15,8 1,6 0,3 0,1 100,0 2 281 Ensemble urbain 42,9 23,2 10,8 18,8 2,5 1,6 0,3 100,0 4 574 Rural 87,9 8,6 2,2 1,1 0,0 0,0 0,2 100,0 19 513 Région Ouagadougou 35,9 24,5 11,1 21,9 3,4 2,9 0,4 100,0 2 294 Boucle du Mouhoun 80,7 12,7 3,5 2,8 0,2 0,0 0,0 100,0 1 970 Centre (sans Ouaga.) 77,8 16,2 3,8 1,6 0,0 0,0 0,6 100,0 521 Centre-Sud 84,2 10,2 3,4 2,1 0,0 0,0 0,1 100,0 1 455 Plateau Central 84,7 11,0 2,2 2,1 0,1 0,0 0,0 100,0 1 349 Centre-Est 83,2 9,7 3,3 2,8 0,2 0,1 0,8 100,0 2 061 Centre-Nord 87,9 8,6 1,8 1,6 0,0 0,0 0,2 100,0 2 013 Centre-Ouest 80,7 11,8 4,6 2,6 0,2 0,0 0,2 100,0 1 986 Est 93,3 4,6 1,0 0,9 0,2 0,0 0,1 100,0 1 836 Nord 87,1 8,4 1,9 2,1 0,2 0,0 0,3 100,0 2 260 Cascades 76,5 13,7 5,3 4,1 0,3 0,0 0,1 100,0 788 Hauts-Bassins 75,5 12,3 5,5 5,9 0,6 0,1 0,0 100,0 2 849 Sahel 90,5 7,2 1,3 0,9 0,0 0,0 0,1 100,0 1 481 Sud-Ouest 87,0 9,1 1,9 1,9 0,1 0,0 0,0 100,0 1 226 Ensemble 79,3 11,4 3,8 4,4 0,5 0,3 0,2 100,0 24 088 1 Y compris 21 cas pour lesquels l’âge n’est pas déterminé Caractéristiques des Ménages | 17 Tableau 2.5.2 Niveau d'instruction de la population des hommes Répartition (en %) de la population (de fait) masculine des ménages, âgés de six ans et plus, par niveau d'instruction atteint, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Aucune instruction Primaire incomplet Primaire complet Secondaire incomplet Secondaire complet Secondaire ou plus NSP/ manquant Total Effectif1 Âge 6-9 71,8 27,9 0,0 0,0 0,0 0,0 0,4 100,0 4 050 10-14 57,7 31,2 7,5 3,3 0,0 0,0 0,3 100,0 4 131 15-19 57,8 14,8 10,6 16,3 0,3 0,0 0,1 100,0 3 181 20-24 61,0 9,4 9,0 15,9 3,2 1,5 0,1 100,0 1 963 25-29 65,1 9,6 6,3 12,7 3,9 2,5 0,0 100,0 1 507 30-34 67,5 7,2 5,7 9,5 4,1 6,0 0,0 100,0 1 259 35-39 74,6 7,4 5,7 7,6 2,0 2,6 0,0 100,0 1 134 40-44 83,2 5,1 4,7 3,9 1,3 1,2 0,6 100,0 1 028 45-49 81,6 8,2 4,1 2,8 1,6 1,8 0,0 100,0 820 50-54 79,2 6,4 5,5 4,0 2,6 1,7 0,6 100,0 740 55-59 92,1 4,2 2,3 1,0 0,1 0,0 0,4 100,0 573 60-64 94,4 2,4 1,2 1,4 0,4 0,2 0,0 100,0 579 65+ 98,1 0,5 0,6 0,4 0,0 0,2 0,1 100,0 1 212 Milieu de résidence Ouagadougou 24,5 25,4 11,4 25,4 5,5 7,6 0,2 100,0 2 091 Autre urbain 35,6 25,2 11,5 20,8 4,8 1,8 0,3 100,0 2 097 Ensemble urbain 30,1 25,3 11,4 23,1 5,1 4,7 0,2 100,0 4 188 Rural 78,5 14,1 4,0 2,8 0,2 0,1 0,2 100,0 18 007 Région Ouagadougou 24,5 25,4 11,4 25,4 5,5 7,6 0,2 100,0 2 091 Boucle du Mouhoun 74,2 16,3 4,7 4,3 0,3 0,1 0,0 100,0 1 916 Centre (sans Ouaga.) 62,2 25,6 7,8 3,8 0,2 0,0 0,5 100,0 496 Centre-Sud 74,0 15,9 6,0 2,7 1,0 0,0 0,3 100,0 1 381 Plateau Central 74,6 17,6 5,0 2,5 0,2 0,1 0,0 100,0 1 221 Centre-Est 70,4 15,9 5,0 7,1 0,5 0,7 0,4 100,0 1 752 Centre-Nord 77,5 14,0 4,4 3,6 0,4 0,2 0,1 100,0 1 783 Centre-Ouest 68,0 18,3 7,3 5,0 0,6 0,3 0,4 100,0 1 591 Est 87,8 8,2 1,7 1,4 0,3 0,2 0,3 100,0 1 774 Nord 77,3 14,5 3,6 3,5 0,4 0,4 0,2 100,0 1 980 Cascades 65,2 17,9 6,3 8,8 1,2 0,2 0,4 100,0 736 Hauts-Bassins 64,4 17,3 6,2 9,3 2,0 0,6 0,3 100,0 2 902 Sahel 86,5 9,2 2,3 1,7 0,3 0,0 0,0 100,0 1 430 Sud-Ouest 74,2 16,0 4,7 4,4 0,3 0,2 0,1 100,0 1 141 Ensemble 69,4 16,2 5,4 6,6 1,1 1,0 0,2 100,0 22 195 1 Y compris 20 cas pour lesquels l’âge n’est pas déterminé Par ailleurs, les données selon le milieu de résidence mettent en évidence des écarts importants du niveau d’instruction. En milieu rural, 79 % des hommes et 88 % des femmes n’ont pas d’instruction contre respectivement 30 % et 43 % en milieu urbain. C’est à Ouagadougou que la proportion de femmes et d’hommes sans aucune instruction est la plus faible (respectivement, 36 % et 25 %). Du point de vue régional, Ouagadougou mis à part, les pourcentages de population sans instruction varient pour les femmes d’un minimum de 77 % dans la région des Cascades à un maximum de 93 % dans celle de l’Est et chez les hommes, d’un minimum de 62 % dans la région du Centre sans Ouagadougou à un maximum de 88 % dans la région de l’Est. 18 | Caractéristiques des Ménages Le principal indicateur du niveau d’accès de la population au système éducatif et de manière indirecte le niveau de développement socio-économique du milieu dans lequel vit cette population est le niveau de fréquentation scolaire des personnes en âge d’aller à l’école (graphique 2.3). Au cours de la troisième enquête démographique et de santé, des questions concernant la fréquentation scolaire ont été posées pour toutes les personnes âgées de 5 à 24 ans. Le tableau 2.6 présente les taux nets et bruts de fréquentation scolaire, par niveau d’instruction, par sexe, selon le milieu et la région de résidence. Graphique 2.3 Taux de fréquentation scolaire par âge (Pourcentage de la population de 5-24 ans fréquentant l'école par âge et sexe) EDSBF-III 2003 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Âge 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage Hommes Femmes Note : le système pré-primaire n'est pas pris en compte Le taux net de fréquentation scolaire pour le primaire est de 32 %, ce qui signifie que un peu plus du quart de la population de 7-12 ans fréquente l’école primaire. Ce taux est nettement plus élevé en milieu urbain (76 %) qu’en milieu rural (25 %). Pour le niveau secondaire qui concerne la population âgée de 13-19 ans, le taux net de fréquentation scolaire est de 11 %, ce qui est faible. Toutefois, il est beaucoup plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (34 % contre 4 %). Selon les régions, en dehors de Ouagadougou, les taux nets de fréquentation varient d’un minimum de 13 % pour le primaire et 2 % pour le secondaire dans la région de l’Est à un maximum de 48 % pour le primaire dans la région du Centre (sans Ouagadougou) et 13 % pour le secondaire dans les Cascades. Au primaire comme au secondaire, le taux net de fréquentation est plus élevé chez les garçons que chez les filles. On constate au niveau du primaire que dans toutes les régions, le taux net chez les garçons est nettement plus élevé que chez les filles. Mais au niveau du secondaire, dans certaines régions comme la Boucle du Mouhoun et le Plateau Central, le taux chez les filles est légèrement plus élevé. Au niveau primaire, le taux brut de fréquentation scolaire est de 42 %. Ce taux brut est de 46 % pour les garçons et 38 % pour les filles. En milieu urbain il est trois fois plus élevé que le taux observé en milieu rural (89 % contre 33 %). Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire atteint 16 %. Bien que très faible, la valeur du taux brut, supérieure à celle du taux net, indique qu’un nombre important de personnes qui n’ont pas l’âge du niveau secondaire fréquentent néanmoins ce niveau. L’écart entre les sexes est net ; et on constate une grande différence entre les milieux de résidence, le taux brut étant de 6 % en rural contre 53 % en milieu urbain. Caractéristiques des Ménages | 19 Tableau 2.6 Taux de fréquentation scolaire Taux net de fréquentation scolaire (TNFS) et taux brut de fréquentation scolaire (TBFS) de la population (de droit) des ménages âges de 6-24 ans, selon le niveau d'instruction, le sexe et le milieu de résidence, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Taux net de scolarisation1 Taux brut de scolarisation2 Caractéristique Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Indice de parité du genre3 ECOLE PRIMAIRE Residence Ouagadougou 87,3 81,7 84,3 115,4 115,1 115,2 1,00 Autre urbain 75,2 64,6 69,9 100,1 92,2 96,1 0,92 Ensemble urbain 80,2 72,3 76,1 106,4 102,5 104,4 0,96 Rural 28,4 20,9 24,8 37,2 27,5 32,5 0,74 Région Ouagadougou 87,3 81,7 84,3 115,4 115,1 115,2 1,00 Boucle du Mouhoun 32,0 29,1 30,6 41,2 38,1 39,7 0,93 Centre (sans Ougadougou) 53,7 42,7 48,2 70,5 52,3 61,5 0,74 Centre-Sud 36,9 32,3 34,8 47,1 40,4 44,0 0,86 Plateau Central 37,3 28,9 33,4 48,9 38,0 43,7 0,78 Centre-Est 34,8 26,3 31,0 48,2 38,4 43,8 0,80 Centre-Nord 32,2 22,6 27,5 40,1 28,5 34,3 0,71 Centre-Ouest 34,7 26,4 30,4 49,4 35,9 42,4 0,73 Est 14,4 10,6 12,5 20,3 14,3 17,4 0,70 Nord 29,1 19,0 24,5 36,5 27,5 32,4 0,75 Cascades 37,4 30,6 34,1 49,6 41,4 45,6 0,83 Hauts-Bassins 42,1 31,0 36,8 55,7 44,2 50,2 0,79 Sahel 20,8 14,1 17,6 24,9 19,3 22,2 0,78 Sud-Ouest 26,4 20,3 23,5 34,3 23,6 29,2 0,69 Ensemble 35,0 28,3 31,8 46,0 38,4 42,3 0,83 ECOLE SECONDAIRE Residence Ouagadougou 44,6 33,4 38,1 66,6 49,6 56,7 0,75 Autre urbain 34,2 27,6 30,7 57,3 41,0 48,5 0,72 Ensemble urbain 39,2 30,7 34,4 61,8 45,5 52,7 0,74 Rural 5,9 2,5 4,3 7,5 3,2 5,6 0,43 Région Ouagadougou 44,6 33,4 38,1 66,6 49,6 56,7 0,75 Boucle du Mouhoun 6,8 7,5 7,1 9,8 8,9 9,4 0,91 Centre (sans Ougadougou) 10,2 6,4 8,8 10,9 8,7 10,1 0,79 Centre-Sud 7,5 5,5 6,5 10,0 6,2 8,2 0,63 Plateau Central 5,6 6,0 5,8 7,6 7,4 7,5 0,97 Centre-Est 14,1 6,1 10,3 17,0 8,9 13,1 0,52 Centre-Nord 7,7 5,3 6,5 9,4 6,2 7,8 0,66 Centre-Ouest 9,4 3,9 6,9 13,2 5,9 9,9 0,45 Est 2,1 1,3 1,8 4,1 2,3 3,3 0,57 Nord 6,5 3,2 4,8 11,8 5,5 8,6 0,46 Cascades 16,2 8,7 12,7 23,2 12,9 18,4 0,56 Hauts-Bassins 11,5 10,6 11,1 19,5 16,5 18,1 0,84 Sahel 4,0 1,6 2,8 5,6 3,3 4,5 0,58 Sud-Ouest 12,9 7,3 10,6 16,6 9,7 13,7 0,59 Ensemble 11,9 9,4 10,7 17,2 13,6 15,5 0,79 1 Le taux net de fréquentation scolaire (TNFS) pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d'âge de fréquentation du niveau primaire (7-12 ans) qui fréquente l'école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d'âge de fréquentation du niveau secondaire (13-18 ans) qui fréquente l'école secondaire. Par définition le taux net de fréquentation ne peut excéder 100 pour cent. 2 Le taux brut de fréquentation scolaire (TBFS) pour le niveau primaire est la proportion des élèves du niveau primaire, quel que soit leur âge, dans la population d'âge officiel de fréquentation du niveau primaire (7-12 ans). Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est la proportion des élèves du niveau secondaire, quel que soit leur âge, dans la population d'âge officiel de fréquentation du niveau secondaire (13-18 ans). Note : Le taux brut de fréquentation scolaire peut excéder 100 pour cent. 3 L'indice de parité de genre pour l'école primaire est le ratio du TBFS au niveau primaire des filles sur le TBFS des garçons. L'indice de parité de genre pour l'école primaire est le ratio du TBFS au niveau secondaire des filles sur le TBFS des garçons. 20 | Caractéristiques des Ménages 2.4 CONDITIONS DE VIE Lors de l’enquête ménage, on s’est intéressé à certaines caractéristiques du logement (disponibilité de l’électricité, approvisionnement en eau, matériaux du toit et revêtement du sol, type de toilettes). On a également recueilli des informations sur la possession d’un certain nombre d’équipements modernes (radio, télévision, réfrigérateur, bicyclette, motocyclette, véhicule). Ces caractéristiques permettent d’apprécier les conditions socio-économiques des ménages. Ce sont, en outre, des éléments qui entrent en compte dans l’amélioration des conditions de vie et partant dans l’amélioration de l’état de santé et du bien-être de la population. Il ressort du tableau 2.7 et du graphique 2.4 qu’au niveau national, très peu de ménages disposent de l’électricité (11 %). Cependant, par rapport à 1993 et 1998-99, on constate une nette amélioration puisque à ces dates, seulement 6 % en 1993 et 7 % en 1998-99 des ménages en disposaient. Les résultats mettent en évidence des disparités importantes selon le milieu de résidence. En milieu rural, environ 1 % des ménages dispose de l’électricité contre 52 % en milieu urbain. C’est à Ouagadougou que la proportion de ménages ayant l’électricité est la plus élevée (57 %). Dans les autres centres urbains, cette proportion est de 48 %. Tableau 2.7 Caractéristiques des logements Répartition (en %) des ménages par caractéristiques des logements selon le milieu de résidence , EDSBF-III Burkina Faso 2003 Milieu de résidence Caractéristique Ouagadougou Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Electricité Oui 56,7 47,8 52,4 0,8 11,4 Non 43,1 52,1 47,5 99,0 88,4 Ensemble1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Source d'eau potable Robinet dans le logement 22,2 11,2 16,9 0,0 3,5 Robinet dans la cour 14,2 17,3 15,7 0,0 3,2 Fontaine publique 60,3 51,3 56,0 3,9 14,6 Puits ouvert 0,7 5,5 3,0 3,5 3,3 Puits public ouvert 0,4 4,1 2,2 26,9 21,8 Puits protégés 1,7 9,3 5,3 48,1 39,4 Source 0,0 0,0 0,0 1,3 1,1 Fleuve/rivière 0,0 0,1 0,0 3,6 2,9 Mare/lac/barrage 0,0 0,8 0,4 12,4 9,9 Autre 0,3 0,3 0,3 0,1 0,2 Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Temps pour la source d'eau Pourcentage <15 minutes 64,3 70,6 67,3 48,9 52,7 Temps moyen pour la source d'eau 5,2 4,5 4,7 14,1 9,8 Type de toilettes W.C. avec chasse d'eau 14,7 2,7 8,9 0,3 2,1 Fosse/latrines rudimentaires 20,2 8,6 14,6 7,6 9,0 Fosse/latrines améliorées 62,6 75,1 68,6 6,6 19,3 Pas de toilettes/nature 1,9 13,4 7,4 85,3 69,4 Autre 0,3 0,1 0,2 0,1 0,1 Ensemble1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Type de sol Terre/sable/bouse 3,5 9,4 6,3 74,2 60,3 Carreaux /ciment 94,5 89,3 92,0 25,6 39,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de ménages 964 898 1 862 7 235 9 097 1 Y compris les non-déterminés Caractéristiques des Ménages | 21 Graphique 2.4 Caractéristiques des logements EDSBF-III 2003 Éle ctr ici té Ro bin et da ns log em en t/c ou rt Ro bin et pu bli c Pu its pr ivé Pu its pu bli c Riv ièr e/E au de su rfa ce Ch ass e d 'ea u La trin es Fo sse s so mm air es Pa s d e toi let tes Ci me nt/ Ca rre au x Te rre /Sa ble Bo us e 0 20 40 60 80 Pourcentage PROVENANCE DE L'EAU TYPE DE TOILETTES TYPE DE SOLÉLECTRICITÉ Concernant l’approvisionnement en eau destinée à la consommation, on constate qu’au niveau national, près de deux ménages sur cinq utilisent l’eau de puits protégé (39 %) et 22 % utilisent l’eau des puits publics ouverts. En milieu rural, ces deux sources constituent les principaux points d’approvisionnement en eau des populations. De plus, 15 % s’approvisionnent à des fontaines publiques. En milieu urbain, la fontaine publique est la principale source d’approvisionnement en eau avec 56 % des ménages qui s’y approvisionnent. Les ménages possédant un robinet soit dans leur logement (4 %) soit dans la cour (3 %), restent peu nombreux et il faut noter que c’est seulement en milieu urbain qu’ils existent. Notons enfin, que la proportion des ménages utilisant l’eau des mares et des lacs (10 %) n’est pas négligeable si l’on prend en compte les problèmes de santé que peut poser la consommation d’une telle eau. Il ressort également du tableau 2.7 que plus de la moitié des ménages mettent moins de 15 minutes pour s’approvisionner en eau (53 %). Cette proportion est plus faible en milieu rural (49 %) qu’en milieu urbain (67 %). Le temps moyen d’approvisionnement en eau de consommation est de 9,8 minutes. En ce qui concerne le type de toilettes dont disposent les ménages, les données du tableau 2.7 montrent qu’une proportion élevée de ménages burkinabé ne possèdent pas de toilettes dans leur logement (69 %). Cette proportion varie d’un maximum de 85 % en rural à 2 % à Ouagadougou. De plus, 19 % des ménages burkinabé disposent de fosses ou latrines améliorées. Cependant, ce type de toilettes est plus fréquent en milieu urbain où plus de la moitié des ménages en disposent qu’en milieu rural (69 % contre 7 %). Très peu de ménages possèdent des toilettes avec chasse d’eau (2 %). De plus, cette proportion a peu varié depuis les enquêtes précédentes. Le revêtement du sol des pièces d’habitation revêt une importance capitale car il peut être un facteur de propagation de certains parasites ou germes responsables de maladies. On constate qu’au Burkina Faso, plus de la moitié des ménages vivent dans des logements dont le sol est recouvert de terre/sable/bouse (60 %). Cette proportion varie de 74 % en rural à 4 % à Ouagadougou. On note également que dans 39 % des cas, le sol est recouvert de ciment ou de carreaux. Ce type de sol est cependant plus fréquent en urbain qu’en rural (92 % contre 26 %). Au cours de l’enquête, pour évaluer le niveau socio-économique des ménages, on s’est intéressé à la possession de certains biens durables considérés comme des indicateurs du niveau de vie 22 | Caractéristiques des Ménages socio-économique. On constate que dans l’ensemble, le bien le plus fréquemment possédé par les ménages est une bicyclette (78 %) ; ce moyen de locomotion est plus répandu parmi les ménages du milieu rural (82 %) que parmi ceux du milieu urbain (63 %). Pratiquement plus de trois ménages sur cinq ont déclaré posséder une radio (63 %) et on constate que quel que soit le milieu de résidence, les proportions sont élevées. Enfin, dans 24 % des cas, les ménages possèdent une mobylette ; c’est à Ouagadougou que cette proportion est la plus élevée (60 %). Quant à la voiture, c’est un bien qui est plus fréquemment possédé par les ménages urbains que par ceux vivant en milieu rural (12 % contre moins de 1 % en rural). Tableau 2.8 Biens durables possédés par les ménages Pourcentage de ménages possédant certains biens de consommation durables selon le milieu de résidence, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Milieu de résidence Biens durables Ouagadougou Autre villes Ensemble urbain Rural Ensemble Radio 87,5 81,8 84,7 57,3 62,9 Télévision 54,3 40,4 47,6 2,7 11,9 Téléphone 25,1 9,6 17,6 0,3 3,8 Réfrigérateur 29,5 15,9 23,0 0,3 4,9 Bicyclette 66,9 59,1 63,2 81,8 78,0 Mobylette 60,4 50,0 55,4 16,1 24,2 Voiture/camion 17,1 6,6 12,0 0,6 2,9 Aucun 3,6 6,6 5,1 13,7 11,9 Effectif de ménages 964 898 1 862 7 235 9 097 2.5 CONSOMMATION DE SEL IODÉ Au cours de l’EDSBF-III, les enquêtrices ont testé dans chaque ménage au moyen d’un “kit”, un échantillon du sel utilisé pour la cuisine afin d’en déterminer sa teneur en iode. Cette phase de l’enquête est très importante car une carence en iode peut entraîner un retard dans le développement mental de l’enfant (crétinisme) et favoriser l’apparition de goitre. Elle peut également accroître les risques d’avortements spontanés, de naissances prématurées, de stérilité, de mortinatalité et de mortalité infantile. Pour lutter contre les troubles dues aux carences en iode, il est nécessaire de savoir si les populations consomment du sel dont la teneur en iode est suffisante. Du tableau 2.9, il ressort que dans l’ensemble du pays, 16 % des ménages utilisent du sel non iodé, 79 % disposent de sel iodé et la majorité des ménages (45 %) utilisent du sel suffisamment iodé (15 PPM ou plus) pour la cuisine. En urbain, la proportion des ménages qui utilisent du sel correctement iodé est plus élevée qu’un milieu rural (60 % contre 42 %). Au niveau régional, on constate que c’est dans la région du Sahel que la proportion de ménages utilisant pour cuisiner du sel correctement iodé est la plus faible (15 %) et qu’à l’opposé, c’est dans celle des Hauts-Bassins qu’elle est la plus élevée (84 %). Caractéristiques des Ménages | 23 Tableau 2.9 Consommation de sel iodé Répartition (en %) des ménages par type de sel utilisé pour la cuisine d'après les résultats du test selon le milieu de résidence , EDSBF-III Burkina Faso 2003 Type de sel Résidence/ région Sel iodé 1 a <15 PPM Sel iodé 15 PPM ou + Sel non iodée ND Total Effectif de menages Milieu de résidence Ouagadougou 19,6 59,2 9,5 11,8 100,0 964 Autres villes 18,9 60,7 10,1 10,2 100,0 898 Ensemble urbain 19,2 59,9 9,8 11,0 100,0 1 862 Rural 37,7 41,6 17,2 3,6 100,0 7 235 Région Ouagadougou 19,6 59,2 9,5 11,8 100,0 964 Boucle du Mouhoun 19,8 54,7 23,8 1,8 100,0 725 Centre (sans Ouagadougou) 27,2 57,5 9,5 5,8 100,0 184 Centre-Sud 55,2 22,8 20,2 1,8 100,0 597 Plateau Central 48,7 26,4 20,0 4,8 100,0 418 Centre-Est 26,9 59,9 8,0 5,1 100,0 853 Centre-Nord 38,7 26,2 30,7 4,4 100,0 779 Centre-Ouest 32,1 56,5 6,5 4,9 100,0 475 Est 42,9 42,4 10,5 4,2 100,0 822 Nord 44,3 24,9 26,7 4,1 100,0 933 Cascades 14,9 77,1 2,5 5,4 100,0 315 Hauts-Bassins 7,4 83,9 3,3 5,4 100,0 894 Sahel 58,4 14,7 21,4 5,4 100,0 751 Sud-Ouest 43,4 35,2 17,5 3,9 100,0 385 Ensemble 33,9 45,3 15,7 5,1 100,0 9 097 Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 25 CARACTÉRISTIQUES DES FEMMES ET DES HOMMES ENQUÊTÉS 3 Antoinette Toé/Foro et Tinga Sinaré Le chapitre 3 porte sur les caractéristiques socio-démographiques des femmes enquêtées de 15-49 ans et des hommes enquêtés de 15-59 ans. Cette partie est importante car elle permet de comprendre et d’expliquer les comportements de la population vis-à-vis de la contraception, des IST, du VIH/sida et de connaître ses préférences en matière de fécondité. Tout comme le questionnaire ménage, les questionnaires individuels ont permis de recueillir des informations sur l’âge, le milieu de résidence, l’état matrimonial et le niveau d’instruction des enquêté(e)s. Dans cette partie, on aborde également des sujets comme l’alphabétisation, l’accès aux médias et l’activité économique des hommes et des femmes. De plus, des questions spécifiques pour évaluer le niveau de contrôle qu’exercent les femmes dans leur ménage, leur pouvoir de décision concernant leurs revenus ont été abordées dans ce chapitre. Enfin, on a demandé aux femmes enquêtées de se prononcer sur un certain nombre de raisons qui, selon elles, justifient des comportements violents à l’égard des femmes. 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS Compte tenu de l’importance de l’âge dans l’analyse des phénomènes démographiques, un intérêt particulier a été accordé à son enregistrement lors de la collecte des données. En effet, avant l’enregistrement de toutes les informations, l’enquêtrice demandait à son interlocuteur de réunir tous les documents officiels pouvant fournir des informations sur sa personne et sur les autres membres du ménage. En l’absence de document officiel, l’enquêtrice procède à un recoupement avec des événements ayant marqué la vie de l’enquêté (âge au mariage, âge du premier enfant, etc.) ou des événements ayant marqué la vie nationale ou régionale (guerres, coups d’état, inondations, disettes, etc.). Les résultats présentés dans le tableau 3.1 montrent que la répartition des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-59 ans par groupe d’âges quinquennaux ne présente pas de grandes disparités. En outre, au fur et à mesure que l’âge augmente, les proportions diminuent. Pour les femmes, elles passent de 22 % pour les 15-19 ans à 8 % pour la tranche d’âges 45-49 ans. Pour les hommes, les proportions varient de 24 % à 15-19 ans à 5 % à 55-59 ans. Les questions sur l’état matrimonial ont été posées à toutes les femmes et à tous les hommes de l’échantillon. Dans le cadre de l'EDSBF-III, ont été considérés comme étant en union toutes les femmes et tous les hommes mariés légalement ou non ainsi que tous ceux et toutes celles vivant en union consensuelle. Selon cette définition, il apparaît que moins d’un cinquième (19 %) des femmes était célibataire au moment de l’enquête, plus des deux tiers (69 %) étaient mariées et seulement 9 % vivaient une union consensuelle. Chez les hommes, au moment de l’EDSBF-III, plus de deux hommes sur cinq étaient célibataires (42 %) et plus d’un homme sur deux était marié (53 %). De plus, 4 % des femmes étaient en rupture d’union ou veuves au moment de l’enquête contre 2 % chez les hommes. Les résultats répartis par milieu de résidence montrent que la population burkinabé vit dans sa grande majorité en milieu rural (78 % des femmes et 76 % des hommes). Les hommes sont un peu plus nombreux que les femmes à vivre en milieu urbain (24 % contre 22 %). Les données par région ne font pas apparaître d’écarts significatifs entre les hommes et les femmes. Le tableau 3.1 présente également la répartition des hommes et des femmes selon l’indice de bien-être économique du ménage. Cet indice est construit à partir des données sur les biens des ménages et en utilisant l’analyse en composante principale. Les informations sur les biens des ménages comprennent des informations provenant du questionnaire ménage de l’EDS du Burkina 26 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Faso sur la possession par les ménages de certains biens de consommation allant de la télévision à la radio ou à la voiture ainsi que sur certaines caractéristiques du logement comme la disponibilité de l’électricité, le type d’approvisionnement en eau, le type de toilettes, le matériau de revêtement du sol, le nombre de personnes par pièce pour dormir et le combustible utilisé pour cuisiner. Tableau 3.1 Caractéristiques socio-démographiques des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes enquêtés par certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Âge 15-19 22,3 2 776 2 777 24,3 877 878 20-24 18,2 2 274 2 243 15,6 563 583 25-29 16,6 2 073 1 988 12,2 438 436 30-34 12,7 1 580 1 600 11,2 404 387 35-39 12,2 1 524 1 535 10,3 370 370 40-44 9,6 1 201 1 257 8,1 294 289 45-49 8,4 1 049 1 077 7,3 262 246 50-54 - - - 6,3 226 234 55-59 - - - 4,7 171 182 État matrimonial Célibataire 18,7 2 337 2 435 42,3 1 525 1 570 Mariée 68,6 8 554 8 437 52,7 1 901 1 889 En union 8,8 1 100 1 100 3,2 114 84 En rupture d’union 3,9 486 505 1,8 65 72 Milieu de résidence Ouagadougou 11,4 1 418 689 12,9 464 214 Autres villes 10,3 1 279 2 325 11,2 403 708 Ensemble urbain 21,6 2 697 3 014 24,1 867 922 Rural 78,4 9 780 9 463 75,9 2 738 2 683 Région Ouagadougou 11,4 1 418 689 12,9 464 214 Boucle du Mouhoun 7,3 910 921 7,7 277 274 Centre (Sans Ouaga.) 1,9 239 351 2,0 72 109 Centre-Sud 5,9 735 822 5,9 213 238 Plateau Central 5,0 620 1 084 4,9 178 307 Centre-Est 8,4 1 054 844 7,2 260 207 Centre-Nord 8,4 1 053 966 6,9 250 249 Centre-Ouest 7,3 905 1 305 6,7 242 346 Est 7,3 905 767 7,1 257 231 Nord 9,4 1 175 854 8,0 290 225 Cascades 3,3 410 905 3,4 123 273 Hauts-Bassins 12,9 1 606 1 146 14,9 537 377 Sahel 6,8 848 767 7,6 275 238 Sud-Ouest 4,8 599 1 056 4,6 167 317 Niveau d'instruction Aucune instruction 71,7 8 941 8 886 51,2 1 844 1 874 Primaire/ Alphabét. 19,6 2 451 2 494 32,0 1 153 1 119 Secondaire ou plus 8,7 1 085 1 097 16,9 608 612 Quintile de bien-être Le plus pauvre 17,6 2 190 2 122 15,7 565 568 Second 18,4 2 290 2 277 19,5 702 703 Moyen 23,8 2 972 2 939 21,9 791 776 Quatrième 16,5 2 058 2 062 16,0 576 583 Le plus riche 23,8 2 967 3 077 26,9 971 975 Ensemble 100,0 12 477 12 477 100,0 3 605 3 605 On a affecté à chacun de ces biens et caractéristiques un poids (score ou coefficient) généré à partir d’une analyse en composante principale. Les scores des biens qui en résultent sont standardisés selon une distribution normale standard de moyenne 0 et d’écart type 1 (Gwatkin, Rutstein, Johnson, Pande et Wagstaff, 2000). On attribue ensuite à chaque ménage un score pour chaque bien et on fait la somme de tous les scores par ménage; les individus sont classés en fonction du score total du ménage Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 27 dans lequel ils résident. L’échantillon est ensuite divisé en quintile de population, chaque quintile correspondant à un niveau allant de 1 (le plus pauvre) à 5 (le plus riche). On constate que moins d’un cinquième des femmes et des hommes (respectivement 18 % et 16 %) vivent dans les ménages du quintile le plus pauvre et qu’à l’opposé, près d’un quart des femmes (24 %) et une proportion légèrement plus élevée d’hommes (27 %) vivent dans les ménages du quintile le plus riche. 3.2 NIVEAU D’INSTRUCTION PAR CARACTÉRISTIQUES SOCIO- DÉMOGRAPHIQUES Le tableau 3.1 présente également les données selon le niveau d’instruction des enquêtés. On constate que la proportion de femmes sans aucune instruction est nettement plus élevée que celle des hommes (72 % contre 51 %). À l’inverse, aux niveaux primaire et secondaire ou plus, la proportion des hommes est beaucoup plus élevée que celle des femmes (32 % contre 20 % pour le niveau primaire et 17 % contre 9 % pour le secondaire ou plus). Les résultats des tableaux 3.2.1 et 3.2.2 concernent le plus haut niveau d’instruction atteint par les femmes et les hommes enquêtés. On peut voir dans ces tableaux que quel que soit le niveau d’instruction, qu’il soit achevé ou non, la proportion des hommes est toujours plus élevée que celle des femmes. Ces proportions sont de 8 % contre 5 % pour le niveau primaire complet, 10 % contre 6 % pour le niveau primaire non achevé et enfin 3 % contre 1 % pour le niveau supérieur. Par rapport à l’âge des enquêtés, on constate que dans les groupes d’âges les plus élevés, la proportion de ceux qui sont sans niveau d’instruction est la même pour les deux sexes (92 %). À 15-19 ans, l’écart est net Tableau 3.2.1 Niveau d'instruction par caractéristiques socio-démographiques Répartition (en %) des femmes enquêtées par niveau d'instruction atteint selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Plus haut niveau d’instruction atteint Caractéristique socio-démographique Sans instruction Primaire incomplet Primaire complet Secondaire incomplet Secondaire complet Supérieur Total Effectif de femmes Âge 15-19 67,5 10,7 8,1 13,4 0,4 0,0 100,0 2 776 20-24 74,1 7,6 5,6 9,5 2,2 1,0 100,0 2 274 25-29 80,9 5,6 4,8 6,2 1,6 0,9 100,0 2 073 30-34 86,9 4,3 3,1 4,4 0,6 0,8 100,0 1 580 35-39 89,0 3,8 3,2 2,4 0,9 0,6 100,0 1 524 40-44 90,6 3,2 2,2 3,1 0,2 0,7 100,0 1 201 45-49 91,9 2,3 2,6 2,3 0,8 0,2 100,0 1 049 Milieu de résidence Ouagadougou 33,4 14,6 12,8 28,8 5,6 4,7 100,0 1 418 Autres villes 48,6 11,9 12,0 24,1 2,9 0,5 100,0 1 279 Ensemble urbain 40,6 13,3 12,4 26,6 4,3 2,7 100,0 2 697 Rural 91,2 4,2 2,8 1,7 0,1 0,0 100,0 9 780 Quintile de bien-être Le plus pauvre 95,1 2,9 1,5 0,5 0,0 0,0 100,0 2 190 Second 93,6 3,9 1,8 0,7 0,0 0,0 100,0 2 290 Moyen 91,0 4,4 3,1 1,4 0,1 0,0 100,0 2 972 Quatrième 87,0 6,2 3,3 3,4 0,0 0,0 100,0 2 058 Le plus riche 43,7 12,1 12,3 25,2 4,2 2,5 100,0 2 967 Ensemble 80,3 6,2 4,8 7,1 1,0 0,6 100,0 12 477 28 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés entre les sexes : 51 % d’hommes sont toujours sans instruction contre 68 % chez les femmes. Cependant, on note une augmentation de la scolarisation dans les jeunes générations, cela aussi bien chez les filles que chez les hommes. En effet, les proportions de ceux sans instruction passent de 92 % à 45-49 ans à 74 % à 20-24 pour les femmes et de 92 % à 55-59 ans à 58 % à 20-24 ans pour les hommes. Cependant, même dans les jeunes générations, les proportions de jeunes hommes et de jeunes filles sans niveau d’instruction demeurent relativement élevées et, les résultats montrent la persistance d’un écart important entre les jeunes hommes et les jeunes filles au détriment de ces dernières (à 15-19 ans, 68 % de jeunes filles sans niveau d’instruction contre 51 % chez les jeunes hommes). À 15-19 ans, la proportion des jeunes filles qui atteignent le niveau primaire est également inférieure à celle des jeunes garçons (8 % contre 11 %). En outre, 22 % des jeunes hommes ont atteint le niveau secondaire sans l’avoir achevé contre seulement 13 % des jeunes filles. Ces écarts peuvent être expliqués par les mariages et les grossesses précoces qui empêcheraient certaines jeunes filles de poursuivre une scolarité normale. Tableau 3.2.2 Niveau d'instruction par caractéristiques socio-démographiques Répartition (en %) des hommes enquêtés par niveau d'instruction atteint selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Plus haut niveau d’instruction atteint Caractéristique socio-démographique Sans instruction Primaire incomplet Primaire complet Secondaire incomplet Secondaire complet Supérieur Total Effectif d’hommes Âge 15-19 50,9 15,8 11,3 21,5 0,4 0,0 100,0 877 20-24 57,9 8,3 11,2 16,3 4,1 2,2 100,0 563 25-29 64,0 10,2 5,9 12,1 4,0 3,8 100,0 438 30-34 64,6 7,8 4,8 8,3 5,6 8,9 100,0 404 35-39 65,4 12,2 6,2 9,3 3,0 4,0 100,0 370 40-44 84,3 5,1 6,5 2,6 0,7 0,8 100,0 294 45-49 79,7 8,9 4,4 3,0 1,2 2,7 100,0 262 50-54 79,3 4,0 8,8 2,9 2,7 2,3 100,0 226 55-59 92,2 5,0 2,5 0,3 0,0 0,0 100,0 171 Milieu de résidence Ouagadougou 22,2 11,8 12,0 30,8 6,5 16,7 100,0 464 Autres villes 28,9 11,8 11,3 34,5 10,5 3,0 100,0 403 Ensemble urbain 25,3 11,8 11,7 32,5 8,4 10,4 100,0 867 Rural 77,8 9,5 6,7 5,2 0,6 0,2 100,0 2 738 Quintile de bien-être Le plus pauvre 88,4 5,8 3,8 1,9 0,0 0,1 100,0 565 Second 82,9 9,2 4,5 3,4 0,0 0,0 100,0 702 Moyen 78,2 10,2 6,8 3,9 0,9 0,0 100,0 791 Quatrième 68,4 12,9 9,0 8,6 0,6 0,6 100,0 576 Le plus riche 26,3 11,4 13,1 31,9 8,1 9,3 100,0 971 Ensemble 65,2 10,1 7,9 11,8 2,5 2,6 100,0 3 605 Par ailleurs, le niveau d’instruction des enquêtés varie en fonction du milieu de résidence. On constate en effet, que les proportions d’hommes et de femmes ayant une instruction sont plus élevées en milieu urbain qu’en milieu rural : ainsi, en milieu urbain, 41 % des femmes et 25 % des hommes n’ont aucun niveau d’instruction contre, respectivement, 91 % et 78 % en milieu rural. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 29 Du point de vue de l’indice de bien être économique du ménage, il semble qu’il y ait une relation entre le niveau d’instruction et le niveau de richesse du ménage : en effet, dans le quintile le plus faible, 95 % des femmes et 88 % des hommes n’ont aucun niveau d’instruction ; dans le quintile le plus élevé, ces proportions sont respectivement de 44 % et de 26 %. Cependant, il faut noter que même dans le quintile le plus riche, la proportion de femmes sans niveau d’instruction est nettement supérieure à celle des hommes (44 % contre 26 %). 3.3 ALPHABÉTISATION Pour obtenir les informations sur le niveau d’alphabétisation des enquêtés, on a demandé à ceux qui avaient déclaré ne pas avoir fréquenté l’école et à ceux qui avaient seulement le niveau primaire s’ils savaient lire un journal ou une lettre en français ou dans au moins une des langues nationales d’alphabétisation (Mooré, Dioula et Fulfuldé) ; on leur a également demandé s’ils pouvaient écrire dans au moins une des langues. Les femmes et les hommes ayant atteint le niveau secondaire (9 % des femmes et 17 % des hommes) ont été considérés comme étant alphabétisés. Des résultats des tableaux 3.3.1 et 3.3.2, on constate d’une part que les proportions d’hommes et de femmes qui ne savent pas lire et écrire sont élevées (respectivement, 68 % et 84 %) et d’autre part, que la proportion d’hommes alphabétisés est deux fois plus élevée que celle des femmes (32 % contre 16 %). Tableau 3.3.1 Alphabétisation Répartition (en %) des femmes enquêtées par niveau d'instruction atteint et niveau d'alphabétisation, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Pas d’instruction ou niveau primaire Caractéristique socio-démographique Niveau secondaire ou plus Peut lire toute une phrase Peut lire une partie de la phrase Ne peut pas lire du tout ND Total Effectif des femmes Pourcentage pouvant lire Âge 15-19 13,8 6,2 6,1 73,7 0,2 100,0 2 776 26,1 20-24 12,7 4,1 4,9 78,1 0,2 100,0 2 274 21,7 25-29 8,7 2,7 3,8 84,7 0,1 100,0 2 073 15,2 30-34 5,8 2,4 2,6 88,9 0,3 100,0 1 580 10,8 35-39 3,9 1,5 2,8 91,5 0,3 100,0 1 524 8,2 40-44 4,0 1,7 1,6 92,7 0,0 100,0 1 201 7,3 45-49 3,2 2,0 1,6 93,2 0,1 100,0 1 049 6,8 Milieu de résidence Ouagadougou 39,2 9,8 10,8 40,0 0,1 100,0 1 418 59,8 Autres villes 27,5 7,9 9,5 54,9 0,2 100,0 1 279 44,9 Ensemble urbain 33,7 8,9 10,2 47,1 0,2 100,0 2 697 52,7 Rural 1,8 1,9 2,1 94,0 0,2 100,0 9 780 5,8 Région Ouagadougou 39,2 9,8 10,8 40,0 0,1 100,0 1 418 59,8 Boucle du Mouhoun 5,0 2,3 4,8 87,8 0,3 100,0 910 12,0 Centre (Sans Ouaga.) 3,4 2,8 4,3 89,5 0,0 100,0 239 10,5 Centre-Sud 3,2 2,4 2,6 91,5 0,3 100,0 735 8,2 Plateau Central 3,9 2,0 2,6 91,4 0,1 100,0 620 8,5 Centre-Est 5,5 3,4 4,0 86,8 0,2 100,0 1 054 12,9 Centre-Nord 2,4 1,9 1,1 94,5 0,1 100,0 1 053 5,5 Centre-Ouest 5,7 4,2 3,8 86,2 0,1 100,0 905 13,7 Est 1,9 1,0 1,4 95,5 0,2 100,0 905 4,3 Nord 3,8 1,7 1,9 92,7 0,0 100,0 1 175 7,3 Cascades 8,2 3,6 4,9 83,2 0,1 100,0 410 16,7 Hauts-Bassins 10,1 4,2 4,5 80,9 0,2 100,0 1 606 18,9 Sahel 1,4 1,1 1,1 96,4 0,0 100,0 848 3,6 Sud-Ouest 3,8 2,0 2,2 91,2 0,8 100,0 599 8,0 Quintile de bien-être Le plus pauvre 0,5 1,1 1,2 97,0 0,2 100,0 2 190 2,8 Second 0,7 0,9 1,5 96,8 0,1 100,0 2 290 3,1 Moyen 1,4 2,4 2,0 93,8 0,3 100,0 2 972 5,9 Quatrième 3,4 2,1 3,7 90,7 0,0 100,0 2 058 9,3 Le plus riche 31,8 8,8 9,6 49,6 0,2 100,0 2 967 50,2 Ensemble 8,7 3,4 3,8 83,9 0,2 100,0 12 477 15,9 30 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Tableau 3.3.2 Alphabétisation Répartition (en %) des hommes enquêtés par niveau d'instruction atteint et niveau d'alphabétisation, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Pas d’instruction ou niveau primaire Caractéristique socio-démographique Niveau secondaire ou plus Peut lire toute une phrase Peut lire une partie de la phrase Ne peut pas lire du tout ND Total Effectif des hommes Pourcentage pouvant lire Âge 15-19 21,9 7,5 8,0 62,5 0,1 100,0 877 37,4 20-24 22,6 8,5 8,5 60,2 0,1 100,0 563 39,6 25-29 19,9 5,0 7,8 66,9 0,3 100,0 438 32,7 30-34 22,8 5,2 7,0 65,1 0,0 100,0 404 34,9 35-39 16,2 7,9 7,1 68,5 0,0 100,0 370 31,2 40-44 4,1 8,3 6,6 80,5 0,6 100,0 294 18,9 45-49 7,0 5,9 10,6 76,5 0,0 100,0 262 23,5 50-54 7,9 8,8 4,6 78,0 0,7 100,0 226 21,3 55-59 0,3 3,0 6,1 90,5 0,0 100,0 171 9,5 Milieu de résidence Ouagadougou 54,0 11,3 10,1 24,6 0,0 100,0 464 75,4 Autres villes 48,0 9,4 10,2 32,2 0,1 100,0 403 67,5 Ensemble urbain 51,2 10,4 10,1 28,1 0,1 100,0 867 71,8 Rural 6,0 5,9 6,8 81,1 0,2 100,0 2 738 18,6 Région Ouagadougou 54,0 11,3 10,1 24,6 0,0 100,0 464 75,4 Boucle du Mouhoun 7,7 6,5 7,4 77,0 0,9 100,0 277 21,6 Centre (Sans Ouaga.) 6,9 5,5 17,4 70,2 0,0 100,0 72 29,8 Centre-Sud 6,8 8,9 8,7 75,4 0,2 100,0 213 24,4 Plateau Central 5,6 5,2 6,8 81,8 0,6 100,0 178 17,6 Centre-Est 13,5 9,3 10,5 66,7 0,0 100,0 260 33,3 Centre-Nord 6,1 2,0 5,5 86,1 0,2 100,0 250 13,7 Centre-Ouest 14,4 3,8 9,7 72,2 0,0 100,0 242 27,8 Est 3,7 2,6 5,0 88,1 0,6 100,0 257 11,2 Nord 8,9 5,9 11,3 73,9 0,0 100,0 290 26,1 Cascades 25,5 3,9 12,8 57,8 0,0 100,0 123 42,2 Hauts-Bassins 23,7 12,3 4,2 59,8 0,0 100,0 537 40,2 Sahel 3,2 4,3 2,9 89,6 0,0 100,0 275 10,4 Sud-Ouest 10,5 2,1 4,5 82,9 0,0 100,0 167 17,1 Quintile de bien-être Le plus pauvre 2,0 2,6 3,9 91,3 0,2 100,0 565 8,5 Second 3,4 4,0 6,5 86,0 0,2 100,0 702 13,9 Moyen 4,8 6,6 6,3 82,0 0,2 100,0 791 17,8 Quatrième 9,7 8,0 9,6 72,2 0,4 100,0 576 27,3 Le plus riche 49,2 11,2 10,5 29,0 0,1 100,0 971 71,0 Ensemble 16,9 7,0 7,6 68,4 0,2 100,0 3 605 31,5 En comparant les tableaux 3.2.1 et 3.2.2 aux tableaux 3.3.1 et 3.3.2, on remarque que la proportion de ceux qui ne savent pas lire du tout est supérieure à la proportion de ceux qui n’ont jamais fréquenté l’école. Le fait que ces proportions soient différentes montre qu’une partie non négligeable de la population n’a pas fréquenté suffisamment l’école pour apprendre correctement à lire et à écrire ou qu’elle a oublié ce qu’elle avait appris. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 31 Les proportions d’alphabétisés varient de façon importante selon le milieu de résidence. En milieu urbain, plus de la moitié des femmes (53 %) et 72 % des hommes sont alphabétisés contre respectivement moins d’une femme sur dix (6 %) et moins d’un homme sur cinq (19 %) en rural. Les femmes non alphabétisées sont proportionnelement plus nombrenses que les hommes et ce, quel que soit le milieu de résidence (graphique 3.1). Les résultats selon les régions mettent également en évidence des disparités : que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, c’est dans la région du Sahel que l’on constate la proportion la plus élevée d’analphabètes (96 % des femmes et 90 % des hommes). 3.4 EXPOSITION AUX MÉDIAS Les données concernant l’exposition des femmes et des hommes aux médias sont présentés aux tableaux 3.4.1 et 3.4.2. On constate qu’une partie importante de la population n’est exposée à aucun média (44 % des femmes et 25 % des hommes). Cependant, par rapport à l’EDSBF-II, on note une nette amélioration. Au plan national, de 75 % pour les femmes et de 51 % pour les hommes à l’EDSBF-II, les proportions de personnes qui n’ont accès à aucun média sont passées respectivement à 44 % et 25 %. De tous les médias, la radio est celui qui est le plus écouté. Au moins une femme sur deux (51 %) et près des trois quarts des hommes (71 %) ont déclaré écouter la radio, au moins, une fois par semaine. On note également que les hommes ont déclaré plus fréquemment que les femmes qu’ils lisaient des journaux : seulement 6 % des femmes contre 11 % des hommes ont déclaré lire un journal au moins une fois par semaine. Les proportions de ceux et celles qui ont été exposés à la fois aux trois médias est très faible : seulement 4 % des femmes et 8 % des hommes. Selon le milieu de résidence, les résultats font apparaître des différences significatives. En milieu rural, les femmes qui ne sont exposées à aucun média sont proportionnellement plus nombreuses (54 %) qu’en urbain (10 %). Les raisons qui pourraient expliquer cet écart sont, entre autres, l’analphabétisme (91 % des femmes n’ont aucune instruction en milieu rural contre 41 % en milieu urbain), la non disponibilité des femmes en rural qui sont souvent très occupées aux travaux domestiques dont l’essentiel se fait sans infrastructures modernes (moudre le mil, chercher de l’eau, Graphique 3.1 Proportions d'analphabètes par milieu de résidence et par sexe EDSBF-III 2003 25 32 81 40 55 94 Ouagadougou Autres Villes Rural 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Hommes Femmes 32 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Tableau 3.4.1 Exposition aux médias : femmes Pourcentage de femmes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Tous les trois médias Aucun média Effectif Âge 15-19 7,8 31,6 50,9 5,5 40,8 2 776 20-24 8,3 25,4 54,9 6,3 40,8 2 274 25-29 6,2 18,6 54,7 4,7 42,0 2 073 30-34 4,2 16,6 46,9 2,8 49,2 1 580 35-39 2,8 15,4 50,0 2,4 47,1 1 524 40-44 3,0 14,3 50,0 2,2 45,8 1 201 45-49 2,4 9,3 44,9 1,6 53,1 1 049 Milieu de résidence Ouagadougou 26,7 73,9 77,7 22,7 8,7 1 418 Autres villes 15,4 66,1 74,7 12,3 12,0 1 279 Ensemble urbain 21,3 70,2 76,3 17,8 10,3 2 697 Rural 1,3 7,3 44,1 0,4 53,7 9 780 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,1 11,1 43,9 0,0 53,0 8 941 Primaire/ Alphabét. 7,3 30,9 63,1 4,1 30,8 2 451 Secondaire ou plus 48,0 79,1 82,3 38,2 3,7 1 085 Quintile de bien-être Le plus pauvre 0,5 2,8 21,6 0,0 77,0 2 190 Second 0,5 3,9 48,8 0,1 50,2 2 290 Moyen 0,8 5,6 47,0 0,1 51,1 2 972 Quatrième 2,5 12,3 56,2 1,0 40,4 2 058 Le plus riche 20,4 68,6 75,0 16,6 11,7 2 967 Ensemble 5,7 20,9 51,0 4,1 44,3 12 477 du bois, etc.). Il est aussi fréquent en milieu rural que les femmes n’aient pas accès aux médias même si ceux-ci existent dans le ménage parce qu’ils sont généralement considérés comme la propriété de de leur acquireur. En particulier, le poste de radio est considéré comme un bien personnel de l’homme (il peut s’agir du conjoint, du frère ou du chef de ménage) qui peut le garder en lieu sûr ou le transporter avec lui en cas d’absence. Par ailleurs, selon l’âge, on constate que les jeunes générations sont plus exposées aux médias que les plus âgées. Par exemple, pour l’écoute de la radio, les proportions varient de 51 % à 55 % pour les femmes qui ont entre 15 et 29 ans contre 50 % et 45 % pour celles qui sont âgées de 30 à 49 ans. Les résultats selon les régions mettent en évidence des disparités (données présentées aux tableaux D.3.4.1 et D.3.4.2, en annexe D) : en dehors de la ville de Ouagadougou, c’est dans la région des Hauts-Bassins (30 %) que l’on constate la plus faible proportion de femmes exposées à aucun média et à l’opposé, c’est dans l’Est (77 %) que le niveau d’exposition des femmes aux trois médias est le plus élevé. En outre, le niveau d’instruction semble influencer de manière significative le niveau d’exposition aux médias. Que ce soit chez les femmes ou chez les hommes, ce sont les plus instruits qui sont le plus fréquemment exposés aux trois médias 38 % des femmes et 39 % des hommes contre seulement respectivement 4 % et 5 % de ceux ayant le niveau primaire. De même que le niveau d’instruction, il semble qu’il y ait une relation entre l’indice de bien- être du ménage et l’exposition aux médias puisque on constate que seuls les hommes et les femmes vivant dans les ménages les plus riches sont exposés aux trois médias. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 33 Tableau 3.4.2 Exposition aux médias : hommes Pourcentage d’hommes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Tous les trois médias Aucun média Effectif Âge 15-19 7,9 35,6 62,4 5,6 30,4 877 20-24 11,8 38,0 79,1 10,5 16,9 563 25-29 12,4 33,2 70,8 10,0 26,2 438 30-34 19,5 32,6 79,3 15,9 19,0 404 35-39 14,3 33,6 75,6 9,5 19,4 370 40-44 7,5 17,2 73,0 5,5 24,2 294 45-49 6,4 15,9 68,9 3,2 30,7 262 50-54 10,6 17,8 72,6 6,9 25,9 226 55-59 2,2 14,7 65,5 2,0 32,2 171 Milieu de résidence Ouagadougou 38,5 81,2 90,1 34,7 4,3 464 Autres villes 27,0 74,4 91,8 23,2 2,9 403 Ensemble urbain 33,2 78,0 90,9 29,3 3,7 867 Rural 3,7 14,9 65,2 1,5 31,4 2 738 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,2 14,2 62,8 0,1 34,7 1 844 Primaire/ Alphabét. 9,2 29,8 74,3 5,1 20,3 1 153 Secondaire ou plus 45,8 78,9 92,1 38,7 2,7 608 Quintile de bien-être Le plus pauvre 0,5 4,9 37,7 0,0 60,8 565 Second 2,3 7,3 68,4 0,5 29,5 702 Moyen 3,3 15,7 72,1 0,6 24,3 791 Quatrième 7,0 23,0 76,4 2,9 19,0 576 Le plus riche 31,2 77,2 89,6 27,7 3,8 971 Ensemble 10,8 30,1 71,4 8,2 24,7 3 605 3.5 ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE Lors de l’EDSBF-III, des questions relatives à l’emploi ont été posées aux hommes et aux femmes. On a considéré comme ayant un travail, les hommes et les femmes ayant déclaré avoir eu au cours des douze mois ayant précédé l’enquête, une activité rémunérée ou non, indépendamment du secteur d’activité. Dans l’ensemble, environ une femme sur huit (12 %) ne travaillait pas au moment de l’enquête ; une faible proportion (1 %) de femmes ne travaillaient pas au moment de l’enquête mais avaient eu une activité au cours des 12 derniers mois. À l’opposé, près de neuf femmes sur dix (86 %) exerçaient une activité (tableau 3.5.1). On note que le pourcentage de femmes qui travaillaient au moment de l’enquête augmente régulièrement avec l’âge, passant d’un minimum de 75 % à 15-19 ans à un maximum de 95 % à 40-44 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les résultats montrent que ce sont les femmes en union (91 %) et celles en rupture d’union (85 %) qui étaient les plus actives au moment de l’enquête. Le nombre d’enfants influence également le niveau d’activité de la femme. Plus le nombre d’enfants augmente, plus la proportion de femmes actives augmente, de 72 % quand celles- ci n’ont pas d’enfant, la proportion passe à 95 % quand elles en ont 5 et plus. 34 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Tableau 3.5.1 Emploi des femmes Répartition (en %) des femmes selon qu'elles ont ou non un emploi et selon la durée de l'emploi, par certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 A travaillé dans les 12 mois précédant l’enquête Caractéristique socio-démographique Travaille actuellement Ne travaille pas actuellement N’a pas travaillé les 12 mois précédant l’enquête Total1 Effectif Âge 15-19 74,7 1,6 23,6 100,0 2 776 20-24 81,6 1,6 16,8 100,0 2 274 25-29 88,7 1,9 9,3 100,0 2 073 30-34 92,8 1,0 6,2 100,0 1 580 35-39 93,2 0,7 6,1 100,0 1 524 40-44 94,6 1,2 4,2 100,0 1 201 45-49 92,6 1,3 6,2 100,0 1 049 État matrimonial Célibataire 67,5 2,0 30,5 100,0 2 337 En union 90,9 1,1 8,0 100,0 9 655 En rupture d’union 85,1 4,2 10,7 100,0 485 Nombre d'enfants vivants 0 71,9 2,1 26,0 100,0 3 146 1-2 87,4 1,3 11,3 100,0 3 627 3-4 92,4 1,2 6,4 100,0 2 838 5 ou+ 94,6 1,0 4,4 100,0 2 865 Milieu de résidence Ouagadougou 55,7 6,7 37,6 100,0 1 418 Autres villes 64,0 1,6 34,5 100,0 1 279 Ensemble urbain 59,6 4,3 36,1 100,0 2 697 Rural 93,6 0,6 5,8 100,0 9 780 Niveau d'instruction Aucune instruction 91,8 0,9 7,2 100,0 8 941 Primaire/ Alphabét. 83,1 2,2 14,7 100,0 2 451 Secondaire ou plus 47,5 3,5 49,0 100,0 1 085 Quintile de bien-être Le plus pauvre 94,9 0,7 4,4 100,0 2 190 Second 96,5 0,3 3,2 100,0 2 290 Moyen 93,7 0,6 5,6 100,0 2 972 Quatrième 89,5 1,1 9,3 100,0 2 058 Le plus riche 62,3 3,7 34,0 100,0 2 967 Ensemble 86,3 1,4 12,3 100,0 12 477 1 Y compris les non-déterminés Les données selon le milieu de résidence montrent que c’est en milieu rural que la proportion de femmes qui travaillaient au moment de l’enquête est la plus élevée (94 %). À l’opposé, c’est à Ouagadougou qu’elle est la plus faible (56 %). Les données sur le niveau d’instruction montrent que ce sont les femmes sans instruction (92 %) qui sont proportionnellement les plus nombreuses à exercer une activité ; par comparaison, 83 % ayant le niveau primaire et 48 % ayant le niveau secondaire ou plus exerçaient une activité au moment de l’enquête. Enfin, on constate que c’est dans les ménages les plus pauvres que la proportion de femmes qui travaillent est la plus élevée (95 % contre 62 % dans les ménages les plus riches). Du tableau 3.5.2, il ressort que plus de trois hommes sur dix, proportion supérieure à celle des femmes, ne travaillaient pas au moment de l’enquête (30 % contre 14 %) et un peu plus des deux tiers (70 %) exerçaient une activité quelconque. On constate, comme chez les femmes mais de manière plus irrégulière, que le pourcentage d’hommes qui travaillaient au moment de l’enquête augmente régulièrement avec l’âge, passant de 50 % à 15-19 ans à 81 % à 55-59 ans. Du point de vue de l’état matrimonial, les résultats montrent, que ce sont les hommes en union et les divorcés/séparés/veufs qui étaient les plus nombreux en activité au moment de l’enquête (respectivement, 79 % et 80 %). Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 35 Tableau 3.5.2 Emploi des hommes Répartition (en %) des hommes selon qu'ils ont ou non un emploi et selon la durée de l'emploi, par certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 A travaillé dans les 12 mois précédant l’enquête Caractéristique socio-démographique Travaille actuellement Ne travaille pas actuellement N’a pas travaillé les 12 mois précédant l’enquête Total1 Effectif Âge 15-19 49,8 13,4 36,7 100,0 877 20-24 66,6 14,1 19,4 100,0 563 25-29 80,2 13,3 6,5 100,0 438 30-34 80,8 12,0 7,1 100,0 404 35-39 79,9 11,1 9,0 100,0 370 40-44 79,9 14,9 5,2 100,0 294 45-49 72,7 19,7 7,6 100,0 262 50-54 77,2 17,2 5,7 100,0 226 55-59 80,6 14,4 5,1 100,0 171 État matrimonial Célibataire 57,4 14,3 28,2 100,0 1 525 En union 79,1 13,7 7,2 100,0 2 016 En rupture d’union 80,0 13,3 6,7 100,0 65 Nombre d'enfants vivants 0 59,4 14,6 25,9 100,0 1 717 1-2 83,0 9,3 7,7 100,0 630 3-4 79,5 12,6 7,9 100,0 429 5 ou + 77,0 16,9 6,1 100,0 829 Milieu de résidence Ouagadougou 67,2 8,7 24,1 100,0 464 Autres villes 67,4 6,5 26,1 100,0 403 Ensemble urbain 67,3 7,7 25,0 100,0 867 Rural 70,8 16,0 13,2 100,0 2 738 Niveau d'instruction Aucune instruction 71,7 16,9 11,4 100,0 1 844 Primaire/ Alphabét. 74,7 13,5 11,6 100,0 1 153 Secondaire ou plus 55,5 5,9 38,5 100,0 608 Quintile de bien-être Le plus pauvre 68,9 15,6 15,5 100,0 565 Second 71,9 17,3 10,8 100,0 702 Moyen 71,2 17,3 11,5 100,0 791 Quatrième 67,4 15,7 16,7 100,0 576 Le plus riche 69,7 6,9 23,4 100,0 971 Ensemble 70,0 14,0 16,0 100,0 3 605 1 Y compris les non-déterminés Par ailleurs, les données selon le milieu de résidence montrent que c’est en milieu rural que la proportion d’hommes qui travaillaient au moment de l’enquête est la plus élevée (71 %). À l’opposé, c’est en ville qu’elle est faible (67 %). Selon le niveau d’instruction, contrairement au constat fait chez les femmes, on remarque que les hommes ayant le niveau primaire/alphabétisé travaillaient un peu plus fréquemment que les autres au moment de l’enquête (75 % contre 72 % de ceux n’ayant aucune instruction et 56 % de ceux ayant le niveau secondaire ou plus). Les tableaux 3.6.1 et 3.6.2 présentent les résultats sur le type d’occupation des femmes et des hommes. Trois femmes sur quatre exerçaient, au moment de l’enquête, une activité agricole (75 %), 19 % travaillaient dans le secteur des ventes et services, seulement 3 % ont déclaré comme activité économique les travaux domestiques et 1 % travaillait en tant que cadre ou exerçait une activité technique ou de gestion (tableau 3.6.1). Les résultats selon l’âge montrent qu’une proportion relativement élevée de jeunes filles de 15-19 ans sont employées dans les travaux domestiques (6 % contre au maximum 3 % dans les autres groupes d’âges). Les femmes qui travaillent le moins fréquemment dans l’agriculture sont les femmes de Ouagadougou (3 %) et celles ayant un niveau secondaire ou plus (11 %). 36 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Tableau 3.6.1 Occupation des femmes Répartition (en %) des femmes ayant un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête par type d'occupation dans l'emploi actuel, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Cadre/ technicien/ gestion Employée Ventes et services Manuel qualifié Travaux domestiques Agri- culture NSP/ND Ensemble Effectif Âge 15-19 0,1 0,5 20,2 1,1 5,5 72,1 0,4 100,0 2 120 20-24 0,4 0,9 18,4 1,8 3,2 74,7 0,6 100,0 1 893 25-29 1,8 0,9 20,7 1,4 1,6 73,7 0,0 100,0 1 879 30-34 1,5 0,9 18,5 1,6 2,0 75,2 0,2 100,0 1 481 35-39 1,3 1,0 19,4 2,1 0,9 75,3 0,1 100,0 1 432 40-44 2,2 0,3 17,2 2,7 1,2 76,4 0,0 100,0 1 150 45-49 1,2 1,1 18,0 1,5 1,0 77,2 0,1 100,0 984 État matrimonial Célibataire 0,9 1,6 28,4 0,9 9,6 57,5 1,0 100,0 1 625 En union 1,0 0,6 16,6 1,7 1,1 78,9 0,1 100,0 8 880 En rupture d’union 4,3 1,9 35,8 2,8 4,0 50,7 0,4 100,0 434 Nombre d'enfants vivants 0 1,0 1,2 22,5 1,5 6,8 66,1 0,9 100,0 2 327 1-2 2,0 1,0 19,6 1,5 2,1 73,9 0,1 100,0 3 217 3-4 1,0 0,4 18,6 2,0 1,1 76,8 0,0 100,0 2 657 5 ou + 0,2 0,5 16,2 1,7 0,7 80,5 0,1 100,0 2 739 Milieu de résidence Ouagadougou 8,6 3,7 62,4 1,7 18,6 3,0 1,8 100,0 885 Autres villes 4,5 2,6 62,7 1,9 8,7 19,1 0,3 100,0 838 Ensemble urbain 6,6 3,2 62,6 1,8 13,8 10,8 1,1 100,0 1 723 Rural 0,1 0,3 11,0 1,6 0,4 86,5 0,1 100,0 9 216 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,0 0,2 14,7 1,6 1,3 82,1 0,0 100,0 8 295 Primaire/ Alphabét. 0,3 1,0 30,5 1,8 4,7 61,5 0,2 100,0 2 090 Secondaire ou plus 20,3 8,9 42,7 1,4 11,6 11,4 3,2 100,0 554 Quintile de bien-être Le plus pauvre 0,1 0,4 8,7 3,1 0,2 87,5 0,1 100,0 2 094 Second 0,0 0,1 8,6 1,7 0,3 89,2 0,0 100,0 2 217 Moyen 0,0 0,3 10,1 0,9 0,4 88,3 0,1 100,0 2 804 Quatrième 0,1 0,5 17,5 0,7 1,5 79,5 0,2 100,0 1 865 Le plus riche 6,0 2,9 56,7 2,1 11,4 19,9 0,9 100,0 1 959 Ensemble 1,1 0,8 19,1 1,7 2,5 74,6 0,2 100,0 10 939 C’est dans l’agriculture que la majorité des hommes en activité travaillent (72 %) ; en outre, un sur sept exerce une activité dans les ventes et services (14 %) (tableau 3.6.2). On constate que les proportions d’hommes travaillant dans l’agriculture augmentent à partir de l’âge de 40 ans alors que dans le secteur des ventes et services, on observe la tendance inverse, les proportions diminuant à partir de 40 ans. Selon le milieu de résidence, les données montrent que c’est bien évidemment en milieu rural que la proportion d’hommes ayant une activité agricole est la plus élevée (89 % contre 8 % en milieu urbain). Par contre en milieu urbain, la proportion d’hommes travaillant dans le commerce (ventes et services) est nettement supérieure à celle observée en milieu rural (40 % contre 7 %). En ce qui concerne le niveau d’instruction, les données montrent que 87 % des hommes travaillant dans l’agriculture n’ont aucune instruction tandis qu’environ un tiers (32 %) de ceux qui exercent une activité technique/d’encadrement ont le niveau secondaire ou plus. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 37 Tableau 3.6.2 Occupation des hommes Répartition (en %) des hommes ayant un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête par type d'occupation dans l'emploi actuel, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Cadre/ technicien/ gestion Employé Ventes et services Manuel qualifié Travaux domestiques Agri- culture Ensemble Effectif Âge 15-19 0,0 0,2 14,6 2,7 4,3 77,4 100,0 554 20-24 2,9 2,1 16,9 3,7 6,3 67,6 100,0 454 25-29 7,2 3,2 17,4 3,9 4,6 62,4 100,0 410 30-34 11,6 4,4 14,6 3,2 4,5 60,6 100,0 375 35-39 4,3 4,3 17,9 1,4 4,1 67,7 100,0 337 40-44 2,9 1,6 10,2 1,5 3,0 80,7 100,0 278 45-49 3,2 2,9 6,3 1,0 2,8 81,4 100,0 242 50-54 3,0 5,7 7,1 1,5 2,4 80,3 100,0 213 55-59 0,0 0,3 8,7 4,4 1,3 84,4 100,0 162 État matrimonial Célibataire 4,0 2,3 17,4 3,4 6,0 66,1 100,0 1 094 En union 4,2 2,6 11,3 2,1 3,1 75,9 100,0 1 871 En rupture d’union 2,1 9,8 25,5 5,3 2,1 55,2 100,0 61 Nombre d'enfants vivants 0 4,3 2,0 16,3 3,7 5,7 66,8 100,0 1 271 1-2 7,9 4,2 15,6 2,2 4,4 65,3 100,0 581 3-4 5,0 2,4 14,4 1,3 4,7 71,6 100,0 395 5+ 0,3 2,5 7,9 2,0 1,1 85,5 100,0 779 Milieu de résidence Ouagadougou 17,6 8,2 39,9 8,6 17,3 3,6 100,0 353 Autres villes 13,7 9,8 40,1 8,6 12,5 14,0 100,0 298 Ensemble urbain 15,9 8,9 40,0 8,6 15,1 8,4 100,0 650 Rural 0,8 0,9 6,6 1,1 1,1 89,3 100,0 2 375 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,1 0,5 8,6 1,9 2,1 86,5 100,0 1 635 Primaire/ Alphabét. 0,2 2,5 18,1 3,1 6,0 69,1 100,0 1 018 Secondaire ou plus 32,2 12,1 24,6 4,9 8,0 15,7 100,0 373 Quintile de bien-être Le plus pauvre 0,1 0,4 5,6 0,5 0,2 92,9 100,0 477 Second 0,0 0,1 3,0 0,4 0,2 96,1 100,0 626 Moyen 0,7 0,8 7,9 0,6 1,2 88,6 100,0 700 Quatrième 0,6 1,9 11,1 4,3 2,4 79,6 100,0 478 Le plus riche 15,4 8,2 35,4 6,9 13,7 17,6 100,0 744 Ensemble 4,1 2,6 13,8 2,7 4,1 71,9 100,0 3 026 Comme on pouvait s’y attendre, la quasi-totalité des hommes vivant dans les ménages du quintile le plus pauvre travaillent dans l’agriculture (93 %) et à l’opposé, c’est dans le quintile le plus riche que l’on observe les proportions les plus élevées d’hommes exerçant une activité de cadre/technicien (15 %) et de manière surprenante des travaux domestiques (14 %). 3.6 STATUT DE LA FEMME Lors de l’enquête individuelle, un certain nombre de questions sur le pouvoir de décision dans le ménage et le contrôle exercé sur le revenu ont été posées aux femmes. De même, des questions visant à connaître leur opinion sur certains aspects de la vie du couple ont été posées : en particulier, on a demandé aux femmes si elles pensaient que pour certaines raisons il était justifié qu’un homme batte sa femme et si une femme pouvait refuser pour certaines raisons d’avoir des relations sexuelles avec son mari ou partenaire. 38 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage Le tableau 3.7 présente d’une part la répartition des femmes qui travaillent selon la personne qui décide de l’utilisation de leur revenu et d’autre part la répartition des femmes qui travaillent selon la part des dépenses du ménage qui sont couvertes par leurs revenus. Au Burkina Faso, près de neuf femmes sur dix (87 %), qui gagnent de l’argent, décident elles-mêmes de l’utilisation de cet argent et cette proportion ne varie pas de manière sensible selon les différentes caractéristiques socio- démographiques. Quand les femmes ne décident pas seules de l’utilisation de l’argent qu’elles gagnent, c’est dans 8 % des cas, une autre personne qui décide seule de l’utilisation de leur revenu et dans 5 % des cas, elles décident conjointement avec quelqu’un d’autre. Les femmes en rupture d’union décident plus fréquemment seules de l’utilisation de leur argent que les femmes en union (98 % contre 89 %). Tableau 3.7 Décision de l'utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage Répartition (en %) des femmes ayant travaillé au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête qui gagnent de l’argent selon la personne qui décide de son utilisation, et la proportion dépensée pour les charges du ménage et certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Décision de l’utilisation des revenus Proportion des dépenses des ménages couvertes par les gains Caractéristique socio-démographique Enquêtée toute seule Conjointe- ment avec quel- qu’un d’autre Autre personne décide seule ND Total Pratique- ment aucune Moins de la moitié Moitié ou plus Toutes Total Effectif Âge 15-19 73,6 7,5 18,3 0,6 100,0 59,8 19,2 17,3 3,6 100,0 547 20-24 85,4 5,3 9,2 0,1 100,0 37,4 29,6 26,7 6,0 100,0 465 25-29 91,5 4,5 4,0 0,0 100,0 27,2 29,7 38,1 5,0 100,0 512 30-34 89,0 5,0 5,9 0,1 100,0 24,0 27,3 39,5 8,7 100,0 397 35-39 91,5 3,1 4,6 0,9 100,0 17,4 24,9 46,1 11,2 100,0 390 40-44 90,2 5,7 4,2 0,0 100,0 18,3 20,7 42,7 18,3 100,0 290 45-49 92,9 3,8 2,4 0,9 100,0 16,1 25,0 42,9 15,4 100,0 261 État matrimonial Célibataire 74,3 6,9 18,4 0,4 100,0 57,4 19,0 19,6 3,8 100,0 605 En union 89,2 5,0 5,4 0,3 100,0 25,2 28,2 38,2 8,1 100,0 2 023 En rupture d’union 97,5 1,3 0,8 0,5 100,0 17,3 16,7 41,1 24,7 100,0 234 Nombre d'enfants vivants 0 75,7 7,0 16,8 0,5 100,0 54,6 20,3 21,4 3,5 100,0 701 1-2 89,2 4,5 6,3 0,0 100,0 27,7 28,7 35,7 7,8 100,0 882 3-4 91,8 4,5 3,5 0,2 100,0 23,9 28,3 37,6 9,9 100,0 659 5 ou + 90,2 4,7 4,2 0,9 100,0 18,4 23,1 44,2 14,0 100,0 620 Milieu de résidence Ouagadougou 87,7 5,4 6,9 0,0 100,0 36,5 21,0 32,5 10,0 100,0 800 Autres villes 86,6 6,6 6,1 0,7 100,0 33,6 28,3 28,1 9,3 100,0 620 Ensemble urbain 87,2 5,9 6,5 0,3 100,0 35,2 24,2 30,6 9,7 100,0 1 421 Rural 86,2 4,3 9,0 0,4 100,0 27,6 26,5 38,3 7,4 100,0 1 442 Niveau d'instruction Aucune instruction 86,4 5,1 8,1 0,4 100,0 30,5 23,7 36,3 9,2 100,0 1 644 Primaire/ Alphabét. 87,7 5,0 6,9 0,5 100,0 35,4 25,6 31,0 7,8 100,0 768 Secondaire ou plus 86,2 5,3 8,3 0,1 100,0 27,8 30,8 33,8 7,5 100,0 451 Quintile de bien-être Le plus pauvre 89,9 2,9 6,6 0,6 100,0 26,0 16,7 48,1 9,2 100,0 262 Second 84,9 6,0 9,1 0,0 100,0 24,8 29,1 36,9 9,2 100,0 286 Moyen 85,3 4,4 9,6 0,7 100,0 29,2 24,9 38,4 7,1 100,0 438 Quatrième 89,2 3,7 6,7 0,5 100,0 27,5 27,7 34,8 9,7 100,0 412 Le plus riche 86,3 6,0 7,5 0,3 100,0 35,4 25,6 30,3 8,4 100,0 1 464 Ensemble 86,7 5,1 7,8 0,4 100,0 31,4 25,3 34,5 8,5 100,0 2 862 Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 39 On constate également que seulement 9 % des femmes qui gagnent de l’argent affectent la totalité de leur revenu aux dépenses du ménage et que plus du tiers (35 %) couvre au moins la moitié des dépenses du ménage avec leur revenu. Par contre, une proportion élevée, environ le tiers des femmes (31 %), ne consacre pas du tout ou très peu leur revenu aux charges du ménage. Les femmes qui prennent en charge toutes les dépenses du ménage avec leur revenu sont celles qui sont âgées de 35 ans et plus, celles qui sont en rupture d’union (25 %) et celles qui ont au moins 5 enfants (14 %). La répartition selon les autres caractéristiques ne met pas en évidence des écarts importants. Le tableau 3.8 présente la répartition des femmes qui gagnent de l’argent selon la personne qui décide de son utilisation et selon la part des dépenses du ménage qui sont couvertes par les revenus de la femme. Ces données sont présentées en fonction de l’état matrimonial de la femme. Tableau 3.8 Contrôle du revenu des femmes Répartition (en %) des femmes qui gagnent de l’argent pour leur travail durant les 12 derniers mois selon la personne qui décide de son utilisation et l’état matrimonial, et selon la proportion dépensée pour les charges du ménage, EDSBF-III Burkina Faso 2003 En union Pas en union Contribution dans les dépenses du ménage Seule Con- jointe- ment avec le mari Con- jointe- ment avec quel- qu'un d'autre Mari unique- ment Quel- qu'un d'autre unique- ment ND Total Effectif Seule Con- jointe- ment avec quel- qu'un d'autre Quel- qu'un d'autre unique- ment ND Total Effectif Presque rien, rien 94,6 1,4 0,0 3,1 1,0 0,0 100,0 510 82,6 3,7 13,2 0,5 100,0 388 Moins de la moitié 92,6 4,4 0,0 2,8 0,3 0,0 100,0 571 81,7 6,3 12,0 0,0 100,0 154 Au moins la moitié 85,1 7,3 0,6 5,7 0,9 0,4 100,0 772 76,0 8,3 15,5 0,2 100,0 215 Tout 81,8 4,6 0,9 10,5 2,2 0,0 100,0 164 83,9 3,8 12,3 0,0 100,0 81 Ensemble1 89,2 4,7 0,3 4,6 0,9 0,3 100,0 2 023 80,7 5,3 13,5 0,4 100,0 840 1 Y compris les non-déterminés On constate tout d’abord que parmi les femmes mariées, 89 % décident seules de l’utilisation de leurs gains, dans 5 % des cas, elles décident conjointement avec leur mari et dans 5 % des cas aussi, c’est le mari seul qui décide. Par comparaison, parmi les femmes qui ne sont pas en union, 81 % décident seules de l’utilisation de leurs gains et dans 14 % des cas, la décision revient à quelqu’un d’autre. De plus, 5 % d’entre elles ont déclaré qu’elles décidaient conjointement avec quelqu’un d’autre. D’autre part, les résultats montrent que parmi les femmes actuellement en union qui n’affectent pratiquement rien de ce qu’elles gagnent aux dépenses du ménage, la quasi-totalité (95 %) décide seule de l’utilisation de leurs revenus, le mari ou partenaire n’intervenant que dans 3 % des cas. Par contre, parmi celles qui consacrent la totalité de leurs gains pour couvrir les dépenses du ménage (82 %), on constate que dans 11 % des cas, c’est le mari qui décide seul de l’utilisation des gains de la femme. Prise de décision dans le ménage Pour évaluer le rôle et le niveau d’implication des femmes dans les prises de décision au niveau du ménage, on a posé des questions pour savoir qui, de l’enquêtée ou de quelqu’un d’autre, avait le dernier mot dans certaines décisions. Les questions ont été posées à toutes les femmes. Dans l’ensemble, une femme sur dix (10 %) a déclaré avoir décidé en dernier ressort pour certaines décisions et à l’opposé, près d’un tiers des femmes (31 %) n’ont eu le dernier mot dans aucune décision (tableau 3.9). Ce sont les femmes en rupture d’union qui sont proportionnellement les plus nombreuses à prendre des décisions finales (43 % contre 10 % parmi celles en union). À l’opposé, près des deux tiers des jeunes filles de 15-19 ans (65 % et plus), plus des trois quarts des 40 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés célibataires (76 %) et la moitié des femmes qui ne travaillent pas (50 %) ont déclaré qu’elles n’avaient eu le dernier mot dans aucune décision. Concernant les résultats selon les raisons spécifiques, on constate que plus de la moitié des femmes ont déclaré avoir eu le dernier mot pour la préparation du repas quotidien (58 %). À l’opposé, quand il s’agit des achats importants du ménage et des soins de santé, les proportions sont plus faibles (respectivement, 22 % et 19 %). En outre, plus d’un tiers des femmes burkinabé décident des achats quotidiens et dans 31 % des cas, elles décident des visites qu’elles effectuent à la famille et à leurs amis. Tableau 3.9 Participation des femmes dans la prise de décision par caractéristiques socio-démographiques Pourcentage de femmes qui déclarent avoir le dernier mot seule ou conjointement en ce qui concerne certaines prises de décision, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Dernier mot seule ou conjointement : Caractéristique socio-démographique Propres soins de santé Achats importants du ménage Achats quotidiens du ménage Visites à la famille, aux proches, ou aux amis Repas à préparer chaque jour Dernier mot dans toutes les décisions mentionnées Aucun dernier mot dans les prises de décisions Effectif de femmes Âge 15-19 7,7 7,9 11,9 16,5 24,2 3,2 65,4 2 776 20-24 16,9 18,0 29,7 28,1 56,7 7,2 30,9 2 274 25-29 23,4 25,6 41,1 35,5 67,2 11,5 20,9 2 073 30-34 21,8 24,9 39,6 34,7 69,8 10,0 20,1 1 580 35-39 26,3 30,3 48,5 39,2 74,6 14,2 15,8 1 524 40-44 24,5 31,5 44,7 38,3 71,4 14,1 16,5 1 201 45-49 26,8 30,2 45,3 39,0 72,0 15,7 18,6 1 049 État matrimonial Célibataire 9,6 5,8 6,9 15,6 9,9 2,6 75,7 2 337 En union 19,5 23,9 39,2 32,8 69,1 9,6 21,0 9 655 En rupture d’union 60,2 55,3 60,2 63,9 63,0 42,7 21,1 485 Nombre d'enfants vivants 0 11,1 9,7 12,9 19,3 23,9 4,9 63,6 3 146 1-2 20,5 22,6 36,9 31,6 64,0 9,4 24,5 3 627 3-4 22,8 26,6 43,4 35,8 72,5 12,1 17,8 2 838 5 ou + 23,1 29,0 43,9 37,6 72,4 12,6 17,5 2 865 Milieu de résidence Ouagadougou 39,8 29,2 35,9 42,8 46,0 17,8 35,7 1 418 Autres villes 21,7 20,3 30,7 29,1 48,2 9,6 37,7 1 279 Ensemble urbain 31,2 24,9 33,5 36,3 47,0 13,9 36,7 2 697 Rural 16,0 20,8 34,1 29,3 60,7 8,4 29,8 9 780 Niveau d'instruction Aucune instruction 17,6 21,2 34,3 29,8 61,2 9,0 29,1 8 941 Primaire/ Alphabét. 19,4 22,9 33,8 31,2 52,3 9,9 34,9 2 451 Secondaire ou plus 33,0 23,7 31,4 38,1 41,4 13,9 40,9 1 085 Emploi Ne travaille pas 18,3 11,0 16,2 25,1 38,6 6,4 49,8 1 706 Travail payé 30,2 31,8 44,7 38,5 60,1 15,3 24,3 2 735 Travail non payé 15,7 20,6 34,0 29,4 61,0 8,3 29,7 8 023 Manquant 18,5 27,7 60,3 21,8 64,7 16,5 33,2 12 Quintile de bien-être Le plus pauvre 20,1 24,2 35,8 34,0 65,2 12,0 26,6 2 190 Second 15,5 21,6 33,8 31,1 63,2 7,7 27,7 2 290 Moyen 15,9 20,8 34,8 29,0 59,5 7,8 30,2 2 972 Quatrième 14,9 17,5 31,9 23,6 56,6 7,4 32,6 2 058 Le plus riche 28,1 23,9 33,2 35,0 47,1 12,7 37,6 2 967 Ensemble 19,3 21,7 33,9 30,8 57,8 9,6 31,3 12 477 Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 41 Opinion des femmes sur la violence conjugale Au cours de l’EDSBF-III, on a demandé aux femmes si elles pensaient que pour certaines raisons qui étaient citées, il est justifié qu’un homme batte son épouse ou partenaire. Le tableau 3.10.1 présente les pourcentages de femmes qui sont d’accord avec certaines raisons spécifiques justifiant qu’un mari batte sa femme ou sa partenaire. Ces proportions sont présentées selon différentes caractéristiques socio-démographiques des femmes enquêtées. Une grande majorité des femmes (71 %) pense que pour au moins une des raisons citées, un homme a le droit de battre sa femme ou partenaire. Cette proportion augmente régulièrement avec l’âge passant de 68 % à 15-19 ans à 75 % à plus de 40 ans. Les femmes en union ou en rupture d’union approuvent plus fréquemment que les célibataires (73 %) le fait qu’un homme batte sa femme pour au moins une des raisons citées. Cette opinion est fréquemment répandue parmi les femmes du milieu rural (74 % contre 61 % en urbain) ; Tableau 3.10.1 Approbation par les femmes de certaines raisons justifiant le fait qu’un mari batte son épouse Pourcentage de femmes qui approuvent certaines raisons spécifiques justifiant qu’un mari/partenaire batte sa femme ou partenaire, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Approuve qu’un mari batte sa femme si : Caractéristique socio-démographique Elle brûle le repas Elle discute ses ordres Elle sort sans lui dire Elle néglige les enfants Elle refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui D’accord avec au moins une des raisons mentionnées Effectif Âge 15-19 28,2 49,0 49,8 51,9 31,9 68,2 2 776 20-24 25,0 49,9 50,8 54,1 36,6 68,5 2 274 25-29 23,5 52,8 53,4 55,3 37,4 70,9 2 073 30-34 28,0 53,6 55,8 58,7 40,7 74,5 1 580 35-39 25,3 50,8 54,8 55,0 37,8 71,3 1 524 40-44 27,7 58,3 58,5 58,0 41,3 75,5 1 201 45-49 26,6 55,3 55,6 59,2 43,5 74,6 1 049 État matrimonial Célibataire 24,7 44,1 44,3 48,9 26,1 63,6 2 337 En union 26,8 54,0 55,5 56,9 39,9 72,9 9 655 En rupture d’union 24,5 50,4 52,2 54,6 41,8 72,4 485 Nombre d'enfants vivants 0 26,0 45,4 46,3 49,8 30,4 65,7 3 146 1-2 26,2 52,1 53,7 55,6 38,8 71,0 3 627 3-4 25,9 54,2 56,1 57,6 40,1 74,2 2 838 5 ou + 27,0 57,1 57,7 58,7 40,6 74,3 2 865 Milieu de résidence Ouagadougou 14,7 32,7 30,2 35,0 22,3 54,3 1 418 Autres villes 19,6 44,7 46,5 53,5 34,8 67,8 1 279 Ensemble urbain 17,0 38,4 38,0 43,8 28,2 60,7 2 697 Rural 28,8 55,8 57,5 58,5 39,9 74,0 9 780 Niveau d'instruction Aucune instruction 28,4 56,7 58,1 58,7 41,5 74,7 8 941 Primaire/ Alphabét. 24,6 47,0 49,1 52,9 33,3 69,3 2 451 Secondaire ou plus 12,7 25,2 23,3 32,5 12,7 45,5 1 085 Emploi Ne travaille pas 22,2 45,6 44,1 48,8 30,9 65,6 1 706 Travail payé 23,9 50,4 51,2 55,0 38,6 71,1 2 735 Travail non payé 28,0 54,0 56,0 56,8 38,4 72,3 8 023 ND 23,7 35,1 25,3 34,5 29,3 51,1 12 Nombre de décisions prises par la femme1 0 27,8 50,0 52,7 53,7 36,8 69,0 3 901 1-2 26,8 56,8 58,4 60,9 39,9 76,3 5 435 3-4 25,6 49,4 49,4 50,7 34,6 67,2 1 941 5 20,1 41,3 38,4 42,6 32,7 60,7 1 200 Quintile de bien-être Le plus pauvre 31,3 55,5 56,2 57,8 44,0 71,9 2 190 Second 28,6 54,4 54,2 54,9 39,0 71,0 2 290 Moyen 29,4 55,7 58,1 59,5 38,3 74,9 2 972 Quatrième 24,8 58,3 61,3 61,6 39,9 78,3 2 058 Le plus riche 18,7 39,6 39,9 45,1 28,7 61,8 2 967 Ensemble 26,3 52,0 53,3 55,3 37,4 71,1 12 477 1 Soit par elle-même ou conjointement avec d'autres 42 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés parmi celles de la région du Sahel (93 %), parmi celles qui ne travaillent pas pour de l’argent (72 %), parmi les femmes sans instruction (75 %) et enfin parmi celles vivant dans les ménages du quatrième quintile (78 %). À l’opposé, seulement 46 % des femmes ayant un niveau secondaire ou plus ont déclaré approuver que pour au moins une des raisons citées, un homme pouvait battre son épouse ou partenaire. Par ailleurs, les résultats selon les raisons spécifiques montrent que plus de la moitié des femmes, approuvent qu’un homme batte son épouse ou partenaire quand celle-ci néglige les enfants (55 %), quand elle sort sans le lui dire (53 %) et quand elle discute ses opinions (52 %). Pour plus d’un tiers des femmes (37 %), il est également justifié qu’un homme batte sa femme quand celle-ci refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui et enfin 26 % des femmes approuvent ce comportement quand la femme a brûlé le repas. Quelle que soit la raison, les femmes les plus âgées, celles du milieu rural, celles sans instruction et celles qui ne gagnent pas d’argent en travaillant sont toujours, proportionnellement, les plus nombreuses à approuver ce comportement du mari dans certaines circonstances. Opinion des hommes sur la violence conjugale Pour déterminer le degré d'approbation des hommes de la violence conjugale, on leur a demandé s'ils trouvaient normal qu'un homme batte sa femme dans différentes situations. Le niveau d'approbation des hommes de la violence conjugale fournit une indication de leur opinion concernant le rôle et les droits des femmes (Jejeebhoy, 1998). Les données du tableau 3.10.2 indiquent qu’une proportion d’hommes inférieure à celle des femmes (44% contre 71 %) approuvent l’opinion selon laquelle, pour au moins une des raisons citées, il est justifié qu’un homme batte sa femme. Les hommes qui approuvent le plus fréquemment ce comportement sont les jeunes de 15-29 ans (49 % en moyenne), les célibataires et ceux en rupture d’union (respectivement, 49 % et 51 %) ceux du milieu rural (46 %), ceux sans instruction et ceux ayant le niveau primaire (respectivement, 45 % et 48 %), ceux qui ne travaillent pas (48 %) et ceux qui effectuent un travail non payé (48 %). Tout comme chez les femmes, négliger les enfants est la raison la plus fréquemment approuvée (27 %) pour justifier ce comportement ; dans 24 % des cas, les hommes approuvent ce comportement quand la femme sort sans rien dire à son mari et quand elle discute ses opinions. En outre, dans 18 % des cas, les hommes pensent qu’il est justifié de battre son épouse quand elle refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui et seulement 16 % approuvent ce comportement quand la femme brûle le repas. Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 43 Tableau 3.10.2 Approbation par les hommes de certaines raisons justifiant le fait qu’un mari batte son épouse Pourcentage d’hommes qui approuvent certaines raisons spécifiques justifiant qu’un mari/partenaire batte sa femme ou partenaire, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Approuve qu’un mari batte sa femme si : Caractéristique socio-démographique Elle brûle le repas Elle discute ses ordres Elle sort sans lui dire Elle néglige les enfants Elle refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui D’accord avec au moins une des raisons mentionnées Effectif Âge 15-19 20,5 26,3 30,0 31,2 23,4 52,7 877 20-24 16,9 29,8 26,6 32,7 20,2 51,1 563 25-29 14,2 21,3 24,3 23,2 12,9 40,9 438 30-34 14,3 19,5 18,7 24,1 14,5 37,9 404 35-39 11,3 21,9 23,8 25,6 17,9 39,8 370 40-44 13,4 25,1 21,6 22,9 16,1 39,0 294 45-49 12,8 21,7 16,9 24,0 14,9 39,4 262 50-54 12,2 18,6 19,7 20,3 14,4 35,5 226 55-59 12,8 22,9 23,5 25,4 14,3 37,9 171 État matrimonial Célibataire 18,7 25,7 27,0 29,5 21,0 49,3 1 525 En union 13,0 22,5 22,7 24,7 15,6 40,1 2 016 En rupture d’union 20,1 28,8 10,2 36,8 14,2 51,4 65 Nombre d'enfants vivants 0 18,8 25,3 26,0 29,8 20,2 48,8 1 717 1-2 12,5 24,8 27,3 27,0 16,7 43,3 630 3-4 12,7 19,3 20,8 23,7 13,9 38,8 429 5 ou + 12,6 22,9 20,4 22,6 16,0 38,0 829 Milieu de résidence Ouagadougou 19,9 15,7 14,1 20,4 9,2 43,0 464 Autres villes 9,4 16,1 17,6 24,9 13,6 35,5 403 Ensemble urbain 15,0 15,9 15,7 22,5 11,3 39,5 867 Rural 15,7 26,5 27,0 28,3 20,0 45,6 2 738 Niveau d'instruction Aucune instruction 16,0 26,9 26,0 28,2 18,3 45,4 1 844 Primaire/ Alphabét. 17,4 24,9 27,0 29,2 21,2 47,7 1 153 Secondaire ou plus 10,3 13,3 14,1 18,9 10,1 33,7 608 Emploi Ne travaille pas 20,6 21,4 27,9 29,3 19,5 47,9 1 082 Travail payé 12,0 16,7 15,0 21,8 12,6 34,7 1 071 Travail non payé 14,3 31,3 28,5 29,0 20,5 48,4 1 450 ND 22,3 0,0 22,3 22,3 22,3 22,3 2 Nombre de décisions prises par la femme1 0 15,7 24,5 24,7 26,5 18,4 45,9 2 419 1-2 14,6 21,1 23,0 26,8 17,5 38,7 1 006 3-4 18,1 34,7 28,6 35,0 12,0 53,6 165 5 15,8 15,8 5,2 21,5 17,0 30,2 15 Quintile de bien-être Le plus pauvre 19,3 31,6 33,1 37,9 24,8 53,1 565 Second 13,8 27,0 25,6 25,0 18,6 44,5 702 Moyen 17,5 24,8 26,3 26,2 21,0 44,0 791 Quatrième 13,9 22,1 22,2 26,0 14,4 41,4 576 Le plus riche 13,9 17,8 17,9 23,1 12,8 40,5 971 Ensemble 15,5 24,0 24,3 26,9 17,9 44,2 3 605 1 Soit par elle-même ou conjointement avec d'autres Opinion des femmes sur le refus d’avoir des rapports sexuels Durant l’EDSBF-III, on a également demandé aux femmes si elles pensaient qu’il est justifié que pour certaines raisons citées une femme refuse les rapports sexuels à son mari ou partenaire. Le tableau 3.11.1 présente les pourcentages de femmes qui sont d’accord avec chacune des raisons citées selon différentes caractéristiques socio-démographiques. 44 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Tableau 3.11.1 Attitude des femmes concernant le refus d’avoir des rapports sexuels avec leur mari/partenaire Pourcentage de femmes qui approuvent certaines raisons spécifiques justifiant qu’une femme refuse les rapports sexuels avec son mari ou partenaire, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Approuve qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari quand : Caractéristique socio-démographique Elle sait que son mari a une maladie sexuellement transmissible Elle sait que son mari a des rapports avec d’autres femmes Elle a accouché récemment Elle est fatiguée ou pas d’humeur D’accord avec toutes les raisons mentionnées N’est d’accord avec aucune des raisons mentionnées Effectif Âge 15-19 74,0 63,9 75,5 59,9 43,8 12,4 2 776 20-24 79,4 64,1 85,1 64,2 46,2 5,9 2 274 25-29 81,5 66,0 86,2 66,5 47,7 4,7 2 073 30-34 78,9 62,0 82,6 61,2 42,8 6,7 1 580 35-39 79,8 62,8 82,9 61,8 43,4 6,2 1 524 40-44 78,3 60,7 83,5 60,7 41,8 6,3 1 201 45-49 79,6 65,8 82,9 59,5 45,5 7,6 1 049 État matrimonial Célibataire 74,4 64,6 74,4 60,2 44,3 12,4 2 337 En union 79,5 63,5 84,4 62,9 44,9 6,3 9 655 En rupture d’union 75,7 64,9 77,0 59,1 41,3 7,5 485 Nombre d'enfants vivants 0 74,8 64,2 76,7 59,9 43,6 11,1 3 146 1-2 78,6 62,8 83,9 63,9 44,2 6,1 3 627 3-4 80,4 63,6 83,8 63,1 45,5 6,3 2 838 5 ou + 80,2 64,7 84,6 61,8 45,4 6,3 2 865 Milieu de résidence Ouagadougou 78,2 61,8 78,0 58,1 38,1 7,7 1 418 Autres villes 74,5 61,3 79,4 59,1 38,4 8,1 1 279 Ensemble urbain 76,5 61,6 78,6 58,6 38,3 7,9 2 697 Rural 79,0 64,4 83,2 63,2 46,4 7,3 9 780 Niveau d'instruction Aucune instruction 78,1 62,9 82,6 61,5 44,3 7,7 8 941 Primaire/ Alphabét. 78,4 64,5 81,4 62,3 44,4 7,0 2 451 Secondaire ou plus 81,3 69,0 80,5 67,7 48,4 6,9 1 085 Emploi Ne travaille pas 74,3 64,8 76,4 56,9 40,3 9,9 1 706 Travail payé 77,7 60,4 79,9 58,6 38,2 6,4 2 735 Travail non payé 79,5 64,7 84,2 64,6 47,7 7,3 8 023 Manquant 95,6 95,6 95,6 73,0 73,0 4,4 12 Nombre de décisions prises par la femme1 0 74,0 62,6 76,8 59,9 41,8 11,2 3 901 1-2 79,6 63,6 84,7 61,7 43,7 5,4 5 435 3-4 83,7 66,7 87,6 66,2 50,6 3,7 1 941 5 79,2 63,2 80,2 65,5 48,7 10,9 1 200 Nombre de raisons justifiant qu’un mari batte sa femme 0 75,6 57,5 77,1 61,8 43,3 11,3 3 603 1-2 76,4 60,7 81,7 60,0 39,8 8,0 2 926 3-4 79,8 65,6 85,0 60,3 43,7 5,2 4 063 5 84,0 76,7 86,9 70,6 56,8 4,2 1 885 Quintile de bien-être Le plus pauvre 80,3 66,5 84,4 65,4 51,5 7,9 2 190 Second 80,0 65,9 84,4 64,1 49,1 6,6 2 290 Moyen 78,5 63,3 82,2 63,7 45,7 7,8 2 972 Quatrième 79,3 62,7 83,8 61,3 41,3 6,5 2 058 Le plus riche 75,2 61,3 77,9 57,6 37,4 8,2 2 967 Ensemble 78,4 63,8 82,2 62,2 44,7 7,5 12 477 1 Soit par elle-même ou conjointement avec d'autres En premier lieu, on constate que 45 % des femmes pensent que pour toutes les raisons citées, il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire. Cette proportion ne varie pas de manière significative selon les caractéristiques socio-démographiques. À l’inverse, 8 % des femmes ne sont d’accord avec aucune de ces raisons et considèrent donc que, quelles que soient les circonstances, une femme ne peut refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari : ces proportions sont particulièrement élevées parmi les femmes les plus jeunes (12 % à 15-19 ans) et les célibataires (12 %). Selon les raisons spécifiques, les résultats montrent que plus de quatre femmes sur cinq (82 %) pensent qu’il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari quand elle vient d’accoucher. Pour 78 % des femmes, ce comportement est justifié quand une femme Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés | 45 sait que son mari a une IST. En outre, on remarque que pour près des deux tiers des femmes (64 %), il est normal qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari parce qu’elle sait qu’il a des relations sexuelles avec d’autres femmes et pour plus de trois femmes sur cinq (62 %) cela est justifié quand la femme est fatiguée. Opinion des hommes sur le refus d’avoir des rapports sexuels Du point de vue des droits de la femme en général, mais aussi du point de vue de la fécondité et de la santé reproductive, il est important que les femmes puissent contrôler leurs rapports sexuels. En demandant aux hommes s'ils trouvent normal qu'une femme refuse d'avoir des rapports sexuels avec son conjoint dans certaines circonstances, on évalue indirectement les problèmes auxquels peuvent faire face les femmes qui essayent de contrôler leur activité sexuelle. Les résultats du tableau 3.11.2 montrent qu’une proportion d’hommes plus élevée que celle des femmes pensent que pour toutes les raisons citées ; il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari (51 % contre 45 %). La répartition selon les caractéristiques socio- démographiques ne fait pas apparaître d’écarts importants. À l'opposé, 7 % des hommes ne sont d'accord avec aucune des raisons citées et ce sont surtout les jeunes (17 % à 15-19 ans), les célibataires (12 %) et ceux qui n’ont pas d’enfant (11 %). Les circonstances dans lesquelles les hommes approuvent le plus fréquemment qu’une femme puisse refuser les rapports sexuels avec son mari/partenaire sont les mêmes que celles déclarées par les femmes à savoir quand le conjoint a une IST (87 %), quand la femme vient d'accoucher (82 %), quand le conjoint a des rapports sexuels avec d'autres femmes (67 %) et enfin quand la femme est fatiguée ou n’a pas envie (66 %). 46 | Caractéristiques des Femmes et des Hommes Enquêtés Tableau 3.11.2 Attitude des hommes concernant le refus des femmes d’avoir des rapports sexuels avec leur mari/partenaire Pourcentage d’hommes qui approuvent certaines raisons spécifiques justifiant qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari ou partenaire, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Approuve qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari quand : Caractéristique socio-démographique Elle sait que son mari a une maladie sexuellement transmissible Elle sait que son mari a des rapports sexuels avec d’autres femmes Elle a accouché récemment Elle est fatiguée ou pas d’humeur D’accord avec toutes les raisons mentionnées N’est d’accord avec aucune des raisons mentionnées Effectif Âge 15-19 72,4 57,7 70,6 52,7 39,8 16,7 877 20-24 89,6 64,1 85,5 64,4 48,7 4,0 563 25-29 88,7 68,2 87,9 70,1 53,6 3,8 438 30-34 88,6 67,4 85,5 70,0 51,1 5,6 404 35-39 95,7 75,4 86,4 77,5 60,5 1,9 370 40-44 94,3 79,3 84,7 70,9 59,1 1,7 294 45-49 90,4 72,8 79,8 65,9 52,7 3,9 262 50-54 90,8 72,7 87,2 72,0 57,9 4,2 226 55-59 95,1 69,4 89,6 71,9 57,5 2,3 171 État matrimonial Célibataire 78,7 60,4 76,5 58,4 44,0 11,9 1 525 En union 92,5 72,3 86,2 71,2 55,8 3,0 2 016 En rupture d’union 90,4 71,8 83,0 66,6 51,7 1,3 65 Nombre d'enfants vivants 0 79,7 61,1 77,4 59,3 44,8 11,0 1 717 1-2 90,3 66,0 85,0 70,5 49,8 4,4 630 3-4 95,0 78,0 86,6 72,8 60,1 1,7 429 5 ou + 93,7 75,3 87,0 71,5 59,1 2,3 829 Milieu de résidence Ouagadougou 88,5 68,5 82,2 77,6 46,7 2,6 464 Autres villes 87,5 68,7 84,9 72,1 50,7 3,0 403 Ensemble urbain 88,0 68,6 83,4 75,1 48,6 2,8 867 Rural 86,1 66,8 81,6 62,7 51,5 8,0 2 738 Niveau d'instruction Aucune instruction 86,0 66,1 82,2 62,7 50,8 6,9 1 844 Primaire/ Alphabét. 86,6 68,8 80,5 63,9 50,2 8,3 1 153 Secondaire ou plus 88,4 67,8 84,6 78,1 51,7 3,3 608 Emploi Ne travaille pas 83,0 63,9 75,5 63,5 47,7 8,8 1 082 Travail payé 85,5 67,8 82,2 69,3 50,4 6,7 1 071 Travail non payé 90,1 69,4 86,9 64,7 53,3 5,2 1 450 Manquant 57,6 57,6 57,6 57,6 57,6 42,4 2 Quintile de bien-être Le plus pauvre 85,7 67,3 84,4 61,4 52,7 8,3 565 Second 88,1 66,7 82,5 64,5 52,8 6,8 702 Moyen 86,2 68,0 81,0 62,9 53,4 8,6 791 Quatrième 84,0 63,0 81,6 63,0 45,8 7,7 576 Le plus riche 87,9 69,4 81,6 72,9 48,9 3,8 971 Ensemble 86,6 67,2 82,1 65,7 50,8 6,8 3 605 Fécondité | 47 FÉCONDITÉ 4 Monique Barrère Les informations collectées à l’EDSBF-III sur l'histoire génésique des femmes permettent d'estimer les niveaux de la fécondité, de dégager ses tendances et d’examiner certaines de ses caractéristiques différentielles. Pour obtenir ces informations, les enquêtrices ont posé aux femmes éligibles, une série de questions portant sur le nombre total d'enfants qu’elles avaient eus, en distinguant les garçons des filles, ceux vivant avec elles de ceux vivant ailleurs, et ceux encore en vie de ceux décédés. Ensuite, l'enquêtrice reconstituait l'historique complet des naissances de l’enquêtée, de la plus ancienne à la plus récente, en enregistrant, pour chacune d'entre elles, le type de naissance (simple ou multiple), le sexe, la date de naissance et l'état de survie. Pour les enfants encore en vie, elle enregistrait leur âge au moment de l’enquête et distinguait ceux vivant avec la mère de ceux vivant ailleurs; pour les enfants décédés, elle enregistrait l'âge au décès. À la fin de l'interview de la section reproduction, l'enquêtrice devait s'assurer que le nombre total d'enfants déclaré auparavant par la mère (chaque catégorie : vivants, décédés) était cohérent avec le nombre d'enfants obtenu à partir de l'historique des naissances. Comme il s’agit d’une enquête rétrospective, les données collectées permettent d’estimer, non seulement, le niveau de la fécondité sur la période actuelle, mais également les tendances passées de la fécondité au cours des 20 dernières années précédant l’enquête. Cependant, le fait qu’il s’agisse d’une enquête rétrospective peut constituer une source d’erreurs ou d’imprécisions, à savoir : • le sous enregistrement de naissances, en particulier l'omission d'enfants en bas âge, d’enfants qui ne vivent pas avec leur mère, d’enfants qui meurent très jeunes, quelques heures ou quelques jours seulement après la naissance, ce qui peut entraîner une sous- estimation des niveaux de fécondité ; • l'imprécision des déclarations de date de naissance et/ou d'âge, en particulier l'attraction pour des années de naissance ou pour des âges ronds, qui pourrait entraîner des sous- estimations ou des surestimations de la fécondité à certains âges et/ou pour certaines périodes ; • le biais sélectif de la survie, c'est-à-dire que les femmes enquêtées sont celles qui sont survivantes. Si l’on suppose que la fécondité des femmes décédées avant l'enquête est différente de celle des survivantes, les niveaux de fécondité obtenus s’en trouveraient légèrement biaisés. Par ailleurs, les informations peuvent aussi être affectées par le mauvais classement des dates de naissance d'enfants nés depuis 1998, transférées vers les années précédentes. Ces transferts d'année de naissance, que l’on retrouve dans la plupart des enquêtes EDS, sont parfois effectués par les enquêtrices pour éviter de poser les questions sur la santé des enfants nés depuis 1998 (Section 4 du questionnaire). On constate que des transferts de naissances se sont produits1 de 1998 vers 1997. 1 À l'Annexe C, le tableau C.4 fournit la distribution des naissances par année de naissance. Le rapport de naissances annuelles (rapport des naissances de l'année x à la demi-somme des naissances des années précédentes et suivantes, soit Nx/[(Nx-1+Nx+1)/2]), rend compte des déplacements d'années de naissance. Le rapport semble indiquer un manque de naissances en 1998 (rapport = 80 < 100) et un excédent en 1997 (rapport = 119 > 100). 48 | Fécondité Cependant, ces transferts ne sont pas suffisamment importants pour affecter de façon significative les niveaux actuels de fécondité. 4.1 NIVEAU DE LA FÉCONDITÉ ET FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE Le niveau de la fécondité est mesuré par les taux de fécondité par âge et l'Indice Synthétique de Fécondité (ISF) ou somme des naissances réduites. Les taux de fécondité par âge sont calculés en rapportant les naissances issues des femmes de chaque groupe d'âges à l'effectif des femmes du groupe d'âges correspondant. Quant à l'ISF, qui est un indicateur conjoncturel de fécondité, il est obtenu à partir du cumul des taux de fécondité par âge. Il correspond au nombre moyen d'enfants que mettrait au monde une femme à la fin de sa vie féconde si les taux de fécondité du moment restaient invariables. Pour la fécondité actuelle, les taux et l’ISF ont été calculés pour la période des cinq années ayant précédé l’enquête. La période de référence de cinq années a été choisie afin de pouvoir fournir des indicateurs de fécondité les plus récents possibles et de disposer de suffisamment de cas afin de réduire les erreurs de sondage. Le tableau 4.1, illustré par le graphique 4.1, indique que les taux de fécondité par âges suivent le schéma classique qu’on observe, en général, dans les pays à forte fécondité : une fécondité précoce élevée (131 ‰ à 15-19 ans), qui augmente très rapidement pour atteindre son maximum à 20-24 ans et 25-29 ans (respectivement, 275 ‰ et 271 ‰) et qui, par la suite, décroît régulièrement. La fécondité des femmes burkinabé demeure élevée puisque chaque femme donne naissance, en moyenne, à 6,2 enfants en fin de vie féconde. Tableau 4.1 Fécondité actuelle Taux de fécondité par âge, indice synthétique de fécondité (ISF) et taux brut de natalité (TBN) et taux global fécondité générale (TGFG) pour la période des cinq années précédant l'enquête, selon le milieu de résidence, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Milieu de résidence Groupe d'âges Ouagadougou Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble 15-19 44 88 64 157 131 20-24 174 194 183 302 275 25-29 167 214 190 290 271 30-34 137 181 158 259 241 35-39 85 131 109 195 181 40-44 22 49 35 121 106 45-49 0 21 10 49 42 ISF 15-49 (pour 1 femme) 3,1 4,4 3,7 6,9 6,2 TGFG (pour 1 000) 105 144 123 229 206 TBN (pour 1 000) 30,0 34,7 32,4 44,5 42,6 Note : Les taux du groupe d'âges 45-49 ans peuvent êtres légèrement biaisés du fait de données incomplètes pour ce groupe d'âges. ISF : Indice synthétique de fécondité pour les âges de 15-49 ans, pour une femme. TGFG : Taux global de fécondité générale pour 1 000 femmes âgées de 15-49 ans. TBN : Taux brut de natalité pour 1 000 individus. Fécondité | 49 En outre, des différences très nettes de fécondité apparaissent entre milieux de résidence. Les femmes du milieu urbain ont un niveau de fécondité nettement plus faible que celui qui prévaut dans les zones rurales (3,7 contre 6,9 enfants par femme). En fin de vie féconde, les femmes des zones rurales donneraient naissance, en moyenne, à 3 enfants de plus que celles du milieu urbain. Cette différence de niveau de fécondité entre urbain et rural s’observe à tous les âges. De plus, le niveau de fécondité des femmes du milieu rural a peu évolué puisqu’il est passé de 7,3 enfants en 1993 et 1998- 99 à 6,9 à l’enquête actuelle. À l’opposé, Ouagadougou se différencie nettement des autres milieux de résidence, tant par son niveau de fécondité que par l’ampleur des changements qui s’y seraient produits. En effet, selon les résultats de l’EDSBF-III, avec 3,1 enfants, les femmes de Ouagadougou auraient près de 4 enfants de moins que celles du milieu rural et, de plus, depuis l’enquête de 1998-99 (ISF de 4,1), leur fécondité aurait baissé d’un enfant par femme. Une telle baisse du niveau de l’ISF en l’espace de cinq ans semble quelque peu « exagérée » en l’absence de modifications très importantes des différents déterminants de la fécondité et il est possible qu’elle résulte, en partie, d’une légère sous-estimation de la fécondité des femmes de Ouagadougou. En outre, l'ISF varie de façon très importante selon la région de résidence. Mis à part Ouagadougou, le nombre moyen d’enfants par femme varie d’un minimum de 5,4 au Centre-Sud à un maximum de 7,7 dans la région du Nord (tableau 4.2). On constate par ailleurs que l’ISF présente des écarts très importants selon le niveau d'instruction des femmes, variant d’un minimum de 2,8 enfants par femme chez celles ayant atteint le niveau secondaire ou plus à 6,7 chez celles sans instruction. Enfin, l’ISF varie considérablement entre les femmes appartenant aux ménages les plus riches (3,9 enfants) et celles des ménages du premier quintile (7,1 enfants). Au tableau 4.1, figure également le Taux Global de Fécondité Générale (TGFG), c'est-à-dire le nombre annuel moyen de naissances vivantes dans la population des femmes en âge de procréer qui est estimé à 206 ‰. Comme l'ISF, cet indicateur varie de façon importante selon le milieu de résidence, et c’est également à Ouagadougou qu’il est le plus faible et en milieu rural qu’il est le plus élevé (105 ‰ contre 229 ‰). Au tableau 4.2 figure le nombre moyen d'enfants nés vivants pour les femmes de 40-49 ans : ce nombre est assimilable à la descendance finale. À l’inverse de l'ISF (qui mesure la fécondité actuelle des femmes de 15-49 ans), ce nombre moyen est le résultat de la fécondité passée des femmes enquêtées qui atteignent la fin de leur vie féconde. Dans une population où la fécondité reste Graphique 4.1 Taux de fécondité par âge selon le milieu de résidence EDSBF-III 2003 + + + + + + + & & & & & & &# # # # # # # 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 350 Pour mille Ouagadougou Autres Villes Rural Burkina Faso # & + 50 | Fécondité invariable, cette descendance tend à se rapprocher de l'ISF. Par contre, quand l'ISF est inférieur au nombre moyen d'enfants par femme en fin de vie féconde, cela indique une tendance à la baisse de la fécondité. Au Burkina Faso, l’écart entre l’ISF (6,2) et la descendance (6,9) n’est pas très important, mais suggère néanmoins une légère baisse de la fécondité (graphique 4.2). Les résultats selon l’indice de bien-être2 montrent que c’est parmi les femmes de Ouagadougou et celles appartenant aux ménages les plus riches que l’écart entre la descendance finale et l’ISF est le plus important (écart de 2 enfants par femme) : c’est donc parmi ces femmes que le niveau de la fécondité aurait le plus tendance à diminuer. Tableau 4.2 Fécondité par caractéristiques socio-démographiques Indice synthétique de fécondité pour les cinq années ayant précédé l'enquête, pourcentage de femmes actuellement enceintes et nombre moyen d'enfants nés vivants pour les femmes âgées de 40-49 ans, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio- démographique Indice synthétique de fécondité1 Pourcentage actuellement enceintes Nombre moyen d'enfants nés vivants des femmes de 40-49 ans Milieu de résidence Ouagadougou 3,1 5,5 5,1 Autres villes 4,4 7,7 6,6 Rural 6,9 11,6 7,1 Région Ouagadougou 3,1 5,5 5,1 Boucle du Mouhoun 6,7 10,4 7,7 Centre (Sans Ouaga.) 6,2 9,6 7,1 Centre-Sud 5,4 11,6 6,3 Plateau Central 6,4 9,9 6,4 Centre-Est 6,0 10,7 6,6 Centre-Nord 7,0 10,8 7,0 Centre-Ouest 6,3 9,6 7,4 Est 6,5 17,9 7,3 Nord 7,7 11,2 7,4 Cascades 6,1 10,2 7,1 Hauts-Bassins 6,4 10,8 6,7 Sahel 7,4 10,4 7,5 Sud-Ouest 6,7 9,7 7,2 Niveau d'instruction Aucune instruction 6,7 11,3 7,1 Primaire/Alphabét. 5,8 10,5 6,5 Secondaire ou plus 2,8 4,2 3,8 Quintile de bien-être Le plus pauvre 7,1 10,1 7,1 Second 7,1 12,4 7,3 Moyen 6,8 11,8 7,0 Quatrième 6,7 11,4 7,2 Le plus riche 3,9 7,4 6,0 Ensemble 6,2 10,5 6,9 1 Indice synthétique de fécondité pour les femmes âgées de 15-49 ans 2 La définition de l’indice de bien-être figure au chapitre 3. Fécondité | 51 Le tableau 4.2 fournit aussi le pourcentage de femmes qui se sont déclarées enceintes au moment de l'enquête. Il faut préciser qu'il ne s'agit pas de la proportion exacte de femmes qui sont enceintes dans la mesure où les enquêtées qui sont en début de grossesse et qui ne le savent pas n'ont pas déclaré leur état. Au niveau national, on constate que 11 % des femmes se sont déclarées enceintes. Par ailleurs, les proportions de femmes enceintes présentent les mêmes variations que l’ISF selon les différentes caractéristiques socio-démographiques, ce qui dénote une cohérence interne des données. 4.2 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ Le Burkina Faso a réalisé trois Enquêtes Démographiques et de Santé dont l’un des objectifs principaux est l’estimation du niveau de la fécondité. Trois sources de données qui permettent donc de retracer les tendances de la fécondité (tableau 4.3 et graphique 4.3). Tableau 4.3 Fécondité par âge selon trois sources Taux de fécondité par âge et indice synthétique de fécondité selon l’EDSBF-I (1993), l’EDSBF-II (1998-1999), et l’EDSBF-III (2003) Groupe d'âges EDSBF-I 1993 EDSBF-II 1998-1999 EDSBF-III 2003 15-19 154 144 131 20-24 296 305 275 25-29 292 293 271 30-34 258 264 241 35-39 220 214 181 40-44 111 112 106 45-49 50 28 42 ISF 15-49 ans 6,9 6,8 6,2 Note : Taux de fécondité par groupe d’âges pour 1000 femmes. BURKINA FASO RÉSIDENCE Ouagadougou Autres Villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire/alphabét. Secondaire ou + QUINTILE DE BIEN ÊTRE Le plus pauvre Le plus riche 0 2 4 6 8 Pourcentage ISF Descendance Graphique 4.2 Indice synthétique de fécondité et descendance atteinte à 40-49 ans EDSBF-III 2003 52 | Fécondité La comparaison des résultats de l’EDSBF-III avec ceux de l’EDSBF-II et de l’EDSBF-I montre que les niveaux de fécondité par âge sont nettement plus faibles que lors des précédentes enquêtes (Barrère et al., 1999). Par ailleurs, les trois courbes de taux de fécondité présentent une allure similaire : en effet, elles augmentent à partir de 15-19 ans, puis elles accusent un palier entre 20-29 ans pour décroître ensuite de manière régulière jusqu’à 45-49 ans. On remarque qu’à tous les âges, la courbe de l’EDSBF-III est située nettement en dessous des précédentes alors que celles des deux premières enquêtes sont pratiquement confondues, indiquant qu’entre 1993 et 1998, la fécondité serait restée pratiquement inchangée. La baisse de la fécondité observée serait donc relativement récente. Selon l’EDSBF-I, une femme avait, en moyenne, en fin de vie féconde 6,9 enfants. Selon l’EDSBF-II, ce nombre était estimé à 6,8 et selon l’EDSBF-III, il est de 6,2, soit 0,7 enfants de moins par rapport à 1993. Les données collectées lors de l’EDSBF-III permettent également de retracer les tendances passées de la fécondité à partir des taux de fécondité des groupes d’âges des femmes, par périodes quinquennales avant l’enquête (tableau 4.4 et graphique 4.4). On constate que les taux de fécondité n’ont que peu diminué au cours des deux périodes les plus anciennes (5-14 ans avant l’enquête) avant de baisser de façon importante au cours de la période la plus récente (0-4 ans avant l’enquête). Ainsi, par exemple, pour le groupe d’âges 25-29 ans le taux de fécondité estimé à 304 ‰, 10-14 ans avant l’enquête, serait passé à 302 ‰ 5-9 ans avant l’enquête et à 271 ‰ au cours de la période la plus récente. Ces résultats sembleraient donc indiquer que la baisse de fécondité, qui était restée très limitée, s’est récemment accélérée. Tableau 4.4 Tendances de la fécondité par âge Taux de fécondité par âge par période de cinq ans précédant l’enquête, selon l’âge de la mère au moment de la naissance de l’enfant, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Nombre d'années avant l'enquête Groupe d'âges 0-4 5-9 10-14 15-19 15-19 131 162 155 168 20-24 275 310 311 316 25-29 271 302 304 318 30-34 241 283 290 [325] 35-39 181 236 [267] - 40-44 106 [160] - - 45-49 [42] - - - Note : Les taux de fécondité par âges sont pour 1000 femmes. Les taux entre crochets sont calculés sur la base de données incomplètes. & & & & & & & # # # # # # # 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 350 Pour mille EDSBF-III EDSBF-II EDSBF-I # & Graphique 4.3 Taux de fécondité par âge selon l'EDSBF-I (1993), l'EDSBF-II (1998-99) et l'EDSBF-III (2003) Fécondité | 53 Le graphique 4.5 présente l’ISF des femmes de 15-34 ans par période de cinq ans avant chacune des trois enquêtes EDS. Les trois courbes présentent la même tendance : stabilité des courbes pour les périodes 5-14 ans avant chaque enquête, puis diminution pendant la période la plus récente. La superposition des trois courbes semble suggérer que la valeur de l’ISF pour la période de 5-9 ans ayant précédé chaque enquête a été légèrement surestimée et que, par contre, l’ISF pour la période de 0-4 ans ayant précédé chaque enquête a été légèrement sous-estimé. Cette surestimation suivie d’une sous-estimation est très certainement la conséquence de transferts de naissances des cinq dernières années vers la période précédente, comme cela a été mentionné précédemment (voir section 4.1). Globalement, la baisse de la fécondité ne serait pas aussi récente et se serait produite de façon beaucoup plus régulière qu’il n’apparaît. + + + + + & & & & & & # # # # # # # 15 20 25 30 35 40 45 50 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 350 Pour mille Périodes avant l'enquête 0-4 ans 5-9 ans 10-14 ans # & + Graphique 4.4 Taux de fécondité par âge et par période de cinq ans précédant l'EDSBF-III (2003) EDSBF-III 2003 Graphique 4.5 Tendances de l'ISF pour les femmes de 15-34 ans selon l'EDSBF-I (1993), l'EDSBF-II (1998-99) et l'EDSBF-III (2003) & & &# # # 81 86 91 96 2001 2003 Année centrale des estimations 3.5 4 4.5 5 5.5 6 6.5 Enfants par femme EDSBF-I EDSBF-II EDSBF-III# & 54 | Fécondité 4.3 PARITÉ ET STÉRILITÉ PRIMAIRE Les parités moyennes par groupe d'âges sont calculées à partir du nombre total d'enfants que les femmes ont eus au cours de leur vie. Le tableau 4.5 présente ces parités pour l'ensemble des femmes et pour les femmes actuellement en union. Pour l’ensemble des femmes, les parités augmentent de façon régulière et rapide avec l'âge de la femme : ainsi de 0,2 enfant en moyenne à 15-19 ans, la parité passe à 1,4 enfant à 20-24 ans et à 7,3 à 45-49 ans, en fin de vie féconde. Par ailleurs, la répartition des femmes selon le nombre de naissances met en évidence une fécondité précoce relativement élevée puisque 17 % des jeunes filles de moins de 20 ans ont déjà donné naissance à, au moins, un enfant. Environ un tiers (32 %) des femmes de moins de 25-29 ans ont 2 enfants. Enfin, à 45-49 ans, en fin de vie féconde, plus d’une femme sur cinq (21 %) a donné naissance à dix enfants ou plus. Tableau 4.5 Enfants nés vivants et enfants survivants des femmes Répartition (en %) de toutes les femmes et de celles actuellement en union par nombre d’enfants nés vivants, nombre moyen d’enfants nés vivants et nombre moyen d’enfants survivants, selon le groupe d’âges des femmes, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Nombre d’enfants nés vivants Groupe d’âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10+ Total Effectif Nombre moyen d’enfants nés vivants Nombre moyen d’enfants survivants TOUTES LES FEMMES 15-19 82,6 14,9 2,3 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 2 776 0,20 0,18 20-24 22,6 33,0 29,9 11,5 2,5 0,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 2 274 1,40 1,17 25-29 4,8 10,1 22,6 27,6 21,6 9,3 3,3 0,7 0,1 0,0 0,0 100,0 2 073 2,96 2,45 30-34 2,5 4,4 7,1 14,1 22,0 23,6 14,3 8,3 2,9 0,7 0,3 100,0 1 580 4,42 3,59 35-39 0,8 2,3 3,8 7,9 12,1 14,4 19,8 18,2 11,5 5,6 3,6 100,0 1 524 5,80 4,61 40-44 1,8 2,8 3,8 5,7 6,1 10,3 12,8 16,6 16,7 12,5 11,1 100,0 1 201 6,58 5,12 45-49 0,9 1,4 2,5 4,6 5,4 7,2 12,2 17,4 14,9 13,2 20,5 100,0 1 049 7,31 5,54 Ensemble 23,9 12,2 11,6 10,4 9,3 8,0 7,0 6,5 4,6 3,1 3,3 100,0 12 477 3,31 2,64 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 51,7 40,5 7,2 0,6 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 878 0,57 0,50 20-24 10,4 36,4 35,8 13,8 3,0 0,6 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 861 1,64 1,38 25-29 2,7 9,0 22,7 28,7 22,7 9,8 3,5 0,8 0,1 0,0 0,0 100,0 1 949 3,08 2,54 30-34 2,1 3,4 6,5 14,3 22,3 24,1 14,7 8,6 2,9 0,7 0,3 100,0 1 510 4,50 3,66 35-39 0,8 1,5 3,5 7,1 12,0 14,9 20,2 18,5 12,0 5,8 3,8 100,0 1 427 5,90 4,69 40-44 1,5 2,7 3,6 5,2 5,5 9,6 12,9 16,5 17,7 13,2 11,7 100,0 1 100 6,71 5,20 45-49 0,9 1,2 1,8 4,6 5,4 6,2 12,2 17,8 15,0 13,4 21,4 100,0 931 7,42 5,61 Ensemble 8,0 13,7 14,2 12,8 11,6 9,7 8,7 7,8 5,7 3,8 4,0 100,0 9 655 4,05 3,22 Par ailleurs, les résultats concernant les femmes actuellement en union ne sont guère différents de ceux relatifs à l’ensemble des femmes, sauf aux jeunes âges. En effet, on constate qu’à 15-19 ans, près de la moitié des jeunes filles en union (48 %) ont déjà eu au moins un enfant contre seulement 17 % parmi l’ensemble des femmes. À moins de 25-29 ans, 43 % des femmes en union ont déjà deux enfants contre 32 % parmi l’ensemble des femmes. Par contre, à partir de 30-34 ans, âges auxquels la proportion de femmes qui ne sont pas en union est déjà faible, on ne constate plus d’écart. En fin de vie féconde (45-49 ans), la parité des femmes en union (7,4 enfants) n’est guère différente de celle de l’ensemble des femmes (7,3). D'une manière générale, les femmes qui restent volontairement sans enfant sont relativement rares au Burkina Faso où la population garde encore des comportements pronatalistes. Par conséquent, Fécondité | 55 la parité zéro des femmes actuellement mariées et âgées de 35-49 ans, âges auxquels la probabilité d’avoir un premier enfant devient très faible, permet d'estimer le niveau de la stérilité totale ou primaire. Parmi ces femmes, 1 % n’ont jamais eu d’enfants et peuvent être considérées comme stériles. Ce niveau de stérilité primaire est voisin de celui observé lors de l’enquête précédente. Ce faible niveau de stérilité primaire est proche de celui observé lors d’enquêtes EDS effectuées dans d’autres pays d’Afrique comme le Mali (2 %) et la Côte d’Ivoire (2 %). 4.4 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE La durée de l'intervalle qui sépare la naissance d'un enfant de la naissance précédente a une influence sur l'état de santé de la mère et de l'enfant. Son étude revêt une importance certaine dans l'analyse de la fécondité. Il est admis que les intervalles intergénésiques courts (inférieurs à 24 mois) sont nuisibles à la santé et à l'état nutritionnel des enfants et augmentent leur risque de décéder. Les naissances trop rapprochées amoindrissent la capacité physiologique de la femme ; ce faisant, elles exposent la mère aux complications durant et après la grossesse (fausses couches, éclampsie). Le tableau 4.6 présente la répartition des naissances des cinq années ayant précédé l'enquête selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, en fonction des caractéristiques socio- démographiques. Tableau 4.6 Intervalle intergénésique Répartition (en %) des naissances, autres que les naissances de rang 1, des cinq années précédant l’enquête par nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente Caractéristique socio-démographique 7-17 18-23 24-35 36-47 48+ Total Nombre médian de mois depuis la naissance précédente Effectif de naissances Âge 15-19 11,4 14,4 58,4 13,9 1,9 100,0 29,7 73 20-29 4,8 10,7 41,3 28,2 15,1 100,0 34,3 3 828 30-39 2,5 8,7 35,8 29,1 23,9 100,0 36,9 3 669 40-49 2,7 8,5 29,2 27,6 32,0 100,0 39,2 1 216 Rang de naissance 2-3 4,3 9,5 38,5 27,9 19,8 100,0 35,4 3 422 4-6 3,3 9,3 36,7 28,9 21,8 100,0 36,2 3 405 7 ou + 3,0 10,4 36,8 28,2 21,7 100,0 36,0 1 958 Sexe de la naissance précédente Garçon 3,3 9,4 38,7 28,5 20,1 100,0 35,7 4 538 Fille 3,9 9,9 36,1 28,1 21,9 100,0 36,0 4 247 Survie de l’enfant précédent Vivant 1,7 7,8 37,0 30,3 23,3 100,0 37,1 7 012 Décédé 11,4 17,0 39,3 20,5 11,9 100,0 30,0 1 773 Milieu de résidence Ouagadougou 3,9 6,1 32,9 19,9 37,1 100,0 38,5 422 Autres villes 2,6 6,9 31,4 25,9 33,2 100,0 39,8 551 Ensemble urbain 3,2 6,6 32,1 23,3 34,9 100,0 39,5 973 Rural 3,7 10,0 38,1 29,0 19,2 100,0 35,6 7 812 Niveau d'instruction Aucune instruction 3,6 9,9 36,8 29,0 20,7 100,0 35,9 7 084 Primaire/ Alphabét. 3,5 8,6 42,1 26,6 19,2 100,0 35,2 1 464 Secondaire ou plus 5,1 7,4 27,8 18,6 41,2 100,0 41,0 237 Quintile de bien-être Le plus pauvre 4,0 11,1 36,6 29,5 18,8 100,0 35,5 1 749 Second 3,6 11,5 37,7 28,2 19,0 100,0 35,2 1 910 Moyen 2,9 8,4 38,8 30,8 19,1 100,0 36,0 2 383 Quatrième 4,6 9,9 38,8 27,5 19,1 100,0 35,0 1 617 Le plus riche 3,1 6,3 33,6 22,6 34,4 100,0 39,0 1 126 Ensemble 3,6 9,6 37,4 28,3 21,0 100,0 35,8 8 785 Note : Les naissances de rang 1 sont exclues. L’intervalle pour les naissances multiples est le nombre de mois écoulés depuis la grossesse précédente qui a abouti à une naissance vivante. 56 | Fécondité On constate que 4 % des naissances sont survenues à moins de 18 mois après la naissance précédente et que 10 % des enfants sont nés entre 18 et 24 mois après leur aîné : au total, dans 13 % des cas, l'intervalle intergénésique est inférieur à deux ans (tableau 4.6). Néanmoins, une forte proportion des naissances (37 %) se produisent entre 2 et 3 ans après la naissance précédente, et 49 % des enfants sont nés trois ans ou plus après leur aîné. La durée médiane de l'intervalle intergénésique est proche de 3 ans (35,8 mois), ce qui signifie que la moitié des naissances interviennent dans un intervalle de près de 3 ans après la naissance précédente. Cet intervalle médian s’est légèrement rallongé depuis l’EDSBF-II (34,8 mois). De plus, la proportion de naissances se produisant dans un intervalle inférieur à 24 mois par rapport à la naissance précédente a nettement diminué (13 % contre 17 %). L'âge des mères influe sur la durée d'espacement des naissances. En effet, on remarque que les intervalles intergénésiques sont plus courts chez les jeunes femmes que chez les plus âgées : la médiane passe de 34,3 mois chez celles de 20-29 ans à 39,2 mois chez celles de 40-49 ans. Selon le sexe de l’enfant, on n’observe pas de différence significative de l’intervalle intergénésique; la durée médiane de cet intervalle étant de 35,7 mois lorsque l’enfant précédent est un garçon et de 36,0 mois lorsque celui-ci est une fille. Du point de vue du rang de naissance, on ne constate pas non plus d’écart significatif entre les intervalles. Par contre, les naissances qui suivent des enfants décédés se produisent beaucoup plus rapidement que lorsque l’enfant précédent est toujours en vie : 28 % des naissances surviennent dans un intervalle inférieur à deux ans quand l’enfant précédent est décédé alors que, quand l’enfant précédent est encore en vie, cette proportion n’est que de 10 %. La durée des intervalles intergénésiques diffère selon le milieu de résidence des femmes. C’est en milieu rural qu’elle est la plus courte (35,6 mois) et à l’opposé, c’est dans les autres villes qu’elle est la plus longue (39,8 mois). Par ailleurs, les résultats montrent que le niveau d’instruction de la mère influence la durée de l’intervalle intergénésique : sa valeur médiane varie d’un minimum de 35,9 mois pour les naissances des femmes sans instruction à un maximum de 41,0 mois pour celles dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus. Concernant les régions, on remarque des écarts importants. L’intervalle intergénésique varie d’un minimum de 33,0 mois dans la région Sahel à un maximum de 39,9 mois dans celle du Centre-Sud (données présentées au tableau D.4.6 en annexe D). D’autre part, selon l’indice de bien-être du ménage, on constate que dans les quatre premiers quintiles, les valeurs sont comparables ; par contre, l’intervalle est nettement plus long dans le quintile le plus élevé (39,0). 4.5 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE L'âge auquel les femmes ont leur première naissance influence généralement leur descendance finale et peut avoir des répercussions importantes en ce qui concerne la santé maternelle et infantile. Le tableau 4.7 donne la répartition des femmes par âge à leur première naissance et leur âge médian à la première naissance, selon le groupe d'âges au moment de l'enquête. L’âge médian à la première naissance ne varie que très peu dans les générations (d’un minimum de 19,2 ans à un maximum de 19,9 ans) et aucune tendance nette ne se dégage qui permet de conclure à un rajeunissement ou à un vieillissement de l’âge médian à la première naissance. L’âge médian s’établit à 19,4 ans et il est resté pratiquement inchangé depuis l’enquête de 1998-99 (19,3 ans). Fécondité | 57 Tableau 4.7 Âge à la première naissance Pourcentage de femmes par âge à la première naissance et âge médian à la première naissance selon l’âge actuel, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Âge à la première naissance Âge actuel 15 18 20 22 25 Pourcentage qui n’ont jamais donné naissance Effectif de femmes Âge médian à la première naissance 15-19 0,9 na na na na 82,6 2 776 a 20-24 2,0 27,1 57,6 na na 22,6 2 274 19,5 25-29 3,2 30,2 60,6 80,9 92,2 4,8 2 073 19,3 30-34 3,1 30,4 59,5 79,3 92,5 2,5 1 580 19,3 35-39 3,5 31,7 63,1 80,9 92,4 0,8 1 524 19,2 40-44 2,4 27,3 56,4 76,5 89,4 1,8 1 201 19,6 45-49 2,6 26,1 51,5 74,1 87,0 0,9 1 049 19,9 a =Moins de 50 % de femmes ont eu un enfant na = Non applicable Par ailleurs, l'âge à la première naissance présente des variations assez importantes selon le milieu et les régions de résidence des femmes (tableau 4.8). En effet, il est nettement plus précoce en milieu rural (19,3 ans) qu’en zone urbaine (20,1 ans) et, c’est à Ouagadougou, qu’il est le plus tardif (20,9 ans). De plus, mis à part Ouagadougou, il varie d’un minimum de 18,3 ans dans la région du Sahel à un maximum de 19,9 ans au Centre-Sud. Par ailleurs, le niveau d’instruction des femmes tend à influencer leur âge médian à la première naissance : les femmes sans instruction et celles ayant un niveau d’instruction primaire se caractérisent par un âge médian à la première naissance plus précoce (respectivement, 19,3 ans et 19,5 ans) que celles qui ont une instruction secondaire ou plus (22,9 ans). Les résultats selon l’indice de bien-être montrent que l’arrivée de la première naissance parmi les femmes des ménages du quintile le plus élevé est plus tardive. 58 | Fécondité Tableau 4.8 Âge médian à la première naissance Âge médian à la première naissance parmi les femmes de 20-49 ans selon l'âge actuel et certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Âge actuel Caractéristique socio-démographique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Âge 20-49 Âge 25-49 Milieu de résidence Ouagadougou na 21,7 20,9 19,5 20,3 21,3 na 20,9 Autres villes na 20,1 20,0 18,9 18,8 19,1 19,8 19,4 Ensemble urbain na 20,8 20,5 19,2 19,3 20,1 na 20,1 Rural 19,0 19,1 19,1 19,2 19,6 19,9 19,2 19,3 Région Ouagadougou na 21,7 20,9 19,5 20,3 21,3 na 20,9 Boucle du Mouhoun 19,0 19,2 19,1 19,0 18,7 19,1 19,0 19,0 Centre (Sans Ouaga.) na 20,0 19,6 19,6 19,9 19,9 19,9 19,8 Centre-Sud 19,2 19,4 19,5 19,6 20,6 21,6 19,7 19,9 Plateau Central 19,7 19,3 19,7 19,7 19,9 21,5 19,8 19,8 Centre-Est na 20,0 19,7 19,4 19,7 19,5 19,8 19,6 Centre-Nord 19,2 19,1 18,9 19,2 20,1 19,8 19,3 19,3 Centre-Ouest 19,8 19,7 19,6 19,9 19,4 19,7 19,7 19,7 Est 18,6 18,3 18,2 18,4 19,5 19,7 18,6 18,6 Nord 19,1 19,1 19,3 19,4 19,3 20,3 19,3 19,4 Cascades 19,0 18,9 20,0 18,8 19,0 18,3 19,0 19,0 Hauts-Bassins 19,5 19,4 19,0 18,9 19,3 19,6 19,2 19,2 Sahel 17,8 17,9 18,1 18,4 19,2 19,0 18,1 18,3 Sud-Ouest 19,2 19,1 19,8 18,5 19,9 19,9 19,3 19,4 Niveau d'instruction Aucune instruction 19,0 19,1 19,1 19,2 19,4 19,8 19,2 19,3 Primaire/ Alphabét. 19,7 19,4 19,4 19,1 20,0 20,0 19,5 19,5 Secondaire ou plus na 23,0 23,4 22,7 21,9 23,1 na 22,9 Quintile de bien-être Le plus pauvre 18,6 18,8 19,1 18,6 20,0 20,2 19,1 19,2 Second 19,1 19,0 19,1 19,4 19,9 19,4 19,2 19,3 Moyen 19,0 19,1 19,0 19,6 19,7 20,0 19,3 19,4 Quatrième 19,3 19,3 19,4 19,0 19,0 19,7 19,3 19,3 Le plus riche na 20,6 20,2 19,3 19,3 20,2 na 20,0 Ensemble 19,5 19,3 19,3 19,2 19,6 19,9 19,4 19,4 Note : L’âge médian pour la cohorte 15-19 ans ne peut être déterminé car de nombreuses femmes peuvent encore avoir une naissance avant d’atteindre 20 ans. na = Non applicable 4.6 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES Les enfants nés de jeunes mères (moins de 20 ans) courent généralement un risque plus important de décéder que ceux issus de mères plus âgées (voir Chapitre 10 - Mortalité des enfants). De même les accouchements précoces augmentent le risque de décéder chez les adolescentes. Ces adolescentes qui constituent 24 % de l’ensemble des femmes en âge de procréer contribuent pour 11 % à la fécondité totale des femmes. Le tableau 4.9 donne, par année d’âge de 15 à 19 ans, les proportions d'adolescentes qui ont déjà eu un ou plusieurs enfants ainsi que les proportions de celles qui sont enceintes pour la première fois. En considérant que la somme de ces deux Fécondité | 59 pourcentages fournit la proportion d’adolescentes ayant commencé leur vie féconde; on constate que près d’un quart des jeunes femmes de 15-19 ans (23 %) ont déjà commencé leur vie féconde : 17 % ont déjà, au moins, un enfant et 6 % sont enceintes pour la première fois (tableau 4.9). Dès l’âge de 17 ans, une jeune fille sur cinq (21 %) a déjà commencé sa vie féconde et, à 19 ans, cette proportion est de 57 % dont la grande majorité (48 %) a déjà, au moins, un enfant. La comparaison avec les données de la précédente enquête met en évidence une légère diminution de la proportion des adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde (23 % contre 25 %) : cette diminution concerne en particulier les adolescentes les plus jeunes. Ainsi, 48 % des jeunes filles de 18 ans avaient déjà commencé leur vie féconde en 1998, contre 39 % en 2003 (graphique 4.6). Tableau 4.9 Fécondité des adolescentes Pourcentage d’adolescentes de 15-19 ans ayant déjà eu un enfant ou étant enceintes d’un premier enfant par certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Pourcentage qui sont : Caractéristique socio-démographique Mères Enceintes d’un premier enfant Pourcentage ayant déjà commencé leur vie féconde Effectif de femmes Âge 15 0,1 0,7 0,9 619 16 3,2 1,7 4,9 545 17 13,6 7,1 20,7 573 18 27,6 11,0 38,6 544 19 48,1 9,3 57,4 495 Milieu de résidence Ouagadougou 3,6 2,7 6,3 406 Autres villes 13,1 3,8 16,9 359 Ensemble urbain 8,1 3,2 11,3 765 Rural 21,0 6,8 27,8 2 012 Région Ouagadougou 3,6 2,7 6,3 406 Boucle du Mouhoun 15,3 3,1 18,4 174 Centre (Sans Ouaga.) 22,4 5,2 27,5 43 Centre-Sud 16,8 6,6 23,4 172 Plateau Central 8,3 3,2 11,5 131 Centre-Est 10,1 5,5 15,6 229 Centre-Nord 18,3 10,5 28,9 229 Centre-Ouest 12,3 4,9 17,3 198 Est 32,7 13,3 46,0 178 Nord 24,7 6,6 31,2 239 Cascades 21,4 5,8 27,2 91 Hauts-Bassins 25,4 5,2 30,5 404 Sahel 26,3 5,6 31,9 173 Sud-Ouest 17,8 4,3 22,0 108 Niveau d'instruction Aucune instruction 20,5 7,1 27,6 1 680 Primaire/ Alphabét. 16,5 4,6 21,2 714 Secondaire ou plus 5,7 2,3 8,0 382 Quintile de bien-être Le plus pauvre 19,9 6,0 26,0 478 Second 23,3 8,5 31,8 457 Moyen 21,1 6,2 27,2 611 Quatrième 19,7 7,1 26,8 402 Le plus riche 9,0 3,2 12,2 827 Ensemble 17,4 5,8 23,2 2 776 60 | Fécondité Les résultats par caractéristiques socio-démographiques mettent en évidence des écarts importants. En effet, on constate que les adolescentes du milieu rural (28 %), celles de la région Est (46 %) et celles sans instruction (28 %) ont une fécondité beaucoup plus précoce que les autres. Les résultats selon l’indice de bien-être font également apparaître des écarts puisque 12 % des jeunes filles qui vivent dans les ménages les plus riches ont déjà débuté leur vie féconde, contre, au moins, 26 % des jeunes filles vivant dans les autres ménages. 4.7 PARITÉ DES HOMMES Au cours de l’enquête, on a également posé aux hommes des questions sur le nombre total d’enfants qu’ils ont eus, en distinguant, comme pour les femmes, les garçons des filles, ceux vivant ailleurs et ceux vivant avec le père, ceux qui sont encore en vie de ceux qui sont décédés. À partir du nombre total d’enfants que les hommes ont eus au cours de leur vie, on a calculé les nombres moyens d’enfants par groupe d’âges, pour l’ensemble des hommes et pour les hommes actuellement en union (tableau 4.10). On constate en premier lieu une augmentation régulière et rapide du nombre moyen d’enfants avec l’âge de l’homme : de moins d’un enfant (0,2) en moyenne à 20-24 ans, ce nombre atteint plus de 4 enfants à 35-39 ans (4,6) et, à 55 ans, un homme a, en moyenne, 12,5 enfants. Si l’on compare ces résultats avec ceux observés pour les femmes en union, on constate que chez les femmes, le nombre d’enfants augmente beaucoup plus rapidement avec l’âge que chez les hommes : à 25-29 ans, un homme a en moyenne 0,9 enfants alors qu’une femme en a déjà 2,9. Cependant, aux âges élevés, les hommes en union ont une parité nettement supérieure à celle des femmes (8,6 enfants à 45-49 ans pour les hommes contre 7,4 pour les femmes en union du même âge). Graphique 4.6 Proportion d'adolescentes ayant commencé leur vie féconde selon l'EDSBF-II (1998) et l'EDSBF-III (2003) 25 3 6 20 48 59 23 1 5 21 39 57 15-19 15 16 17 18 19 Âge 0 10 20 30 40 50 60 70 Pourcentage EDSBF-II EDSBF-III Fécondité | 61 Tableau 4.10 Enfants nés vivants et enfants survivants des hommes Répartition (en %) de tous les hommes et de ceux actuellement en union par nombre d'enfants nés vivants, nombre moyen d'enfants nés vivants et nombre moyen d'enfants survivants, selon le groupe d'âges des hommes, EDSBF-III, Burkina Faso 2003 Nombre d'enfants nés vivants Groupe d'âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10+ Total Effectif Nombre moyen d'enfants nés vivants Nombre moyen d' enfants encore en vie TOUS LES HOMMES Âge 15-19 99,8 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 877 0,00 0,00 20-24 84,1 10,6 4,4 0,7 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 563 0,22 0,19 25-29 49,1 23,3 17,6 7,1 1,4 0,9 0,6 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 438 0,94 0,80 30-34 19,5 15,2 21,1 22,0 10,8 5,9 2,2 0,4 1,6 0,6 0,7 100,0 404 2,38 1,94 35-39 6,2 5,2 10,4 19,2 16,0 14,2 6,3 7,1 4,9 2,1 8,3 100,0 370 4,64 3,72 40-44 2,5 3,0 3,3 6,4 12,1 11,6 13,3 6,4 8,0 9,8 23,5 100,0 294 6,90 5,34 45-49 2,0 2,0 3,2 4,8 8,7 7,1 12,8 6,8 11,4 6,2 35,0 100,0 262 8,26 6,40 50-54 0,8 0,7 3,1 5,0 5,1 7,0 7,4 7,2 7,8 8,5 47,3 100,0 226 10,15 7,70 55-59 1,3 0,0 1,6 1,3 2,6 4,8 5,9 4,4 6,7 7,7 63,6 100,0 171 12,49 9,10 Ensemble 46,7 7,2 7,0 6,7 5,1 4,4 3,7 2,4 3,0 2,4 11,4 100,0 3 605 3,28 2,54 HOMMES ACTUELLEMENT EN UNION Âge 15-19 80,3 19,7 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 10 0,20 0,20 20-24 46,9 35,7 14,1 2,7 0,0 0,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 150 0,75 0,61 25-29 17,5 35,9 29,6 12,0 2,4 1,5 1,1 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 254 1,55 1,34 30-34 9,9 15,1 24,2 24,9 12,5 6,9 2,6 0,5 1,9 0,7 0,9 100,0 347 2,72 2,22 35-39 1,4 5,0 10,7 19,6 16,9 14,8 6,9 7,7 5,4 2,4 9,2 100,0 337 4,96 3,98 40-44 1,7 3,0 3,4 6,3 12,2 11,9 13,3 6,5 8,2 10,0 23,4 100,0 287 6,96 5,38 45-49 0,7 0,6 2,8 4,4 8,7 7,5 13,1 7,2 11,9 6,5 36,6 100,0 251 8,56 6,62 50-54 0,1 0,7 0,7 5,0 4,3 6,8 7,9 7,6 8,3 9,0 49,5 100,0 213 10,55 8,00 55-59 0,7 0,0 1,7 1,3 2,2 4,6 6,1 4,6 6,1 7,4 65,4 100,0 166 12,69 9,21 Ensemble 8,4 11,3 11,8 11,4 8,7 7,6 6,6 4,4 5,3 4,3 20,2 100,0 2 016 5,77 4,46 Planification Familiale | 63 PLANIFICATION FAMILIALE 5 Bernard Dembélé et Idrissa Kaboré Dans les pays africains, le rythme élevé de la croissance de la population constitue un des freins aux efforts de développement. Le déséquilibre persistant entre l’accroissement élevé de la population et la croissance économique insuffisante est à l’origine de la détérioration des conditions de vie des ménages. Une des priorités actuelles des pouvoirs publics est donc de mettre en place des outils adéquats pour une maîtrise efficiente du mouvement observé. La fécondité, comme composante majeure de cette évolution, est au centre de toutes les préoccupations. Malgré les actions entreprises, au Burkina Faso, le niveau de la fécondité demeure l’un des plus élevés au monde. En réaction à cette situation, le Gouvernement a opté pour une approche plus élaborée et plus complète par la prise en compte de la dimension population dans tous les plans et programmes de développement. Cette démarche a été consacrée par la Politique nationale de population (PNP) adoptée en juin 1991 et révisée en décembre 2000. Lors de l’enquête EDSBF-I de 1993, on a pu constater que la prévalence de la contraception se situait à un niveau relativement bas (8 %), alors que le niveau des besoins non satisfaits en matière de planification familiale était estimé à 29 %. À l’EDSBF-II de 1998-99, on a pu constater de légères améliorations, ces niveaux étant passés respectivement à 12 % et 26 %. Ces résultats justifient pleinement la Politique nationale de promotion de la planification familiale, dont l’objectif premier est de permettre aux couples et, en particulier, aux femmes d’avoir la maîtrise de leur fécondité et de prendre librement et en pleine connaissance de cause leurs décisions concernant le nombre de naissances et l’espacement de ces naissances. La vulgarisation des méthodes de contraception pourra ainsi répondre aux attentes, et ce faisant, aider à l’atteinte des objectifs en matière de population. Comme lors des deux précédentes enquêtes, l’EDSBF-III a collecté des informations sur les méthodes contraceptives pour appréhender les modifications importantes intervenues au cours de la décennie passée en matière d’utilisation contraceptive. Comme les enquêtes précédentes, cette enquête a collecté des données sur : • la connaissance et la pratique passée et présente de la contraception ; • la connaissance de la période féconde ; • les sources d’approvisionnement en contraception ; • l’utilisation future de la contraception ; • les sources d’information sur la contraception ; • les opinions et les attitudes face à la contraception. 5.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION L’utilisation de la contraception suppose, au préalable la connaissance d’au moins une méthode contraceptive, ainsi qu’une source d’approvisionnement. Les différentes méthodes retenues dans le questionnaire sont classées en trois catégories : • les méthodes modernes, comprenant la stérilisation féminine et la stérilisation masculine, la pilule, le stérilet ou DIU (Dispositif Intra Utérin), les injectables, les implants (Norplant), le condom, le condom féminin, le diaphragme, les méthodes vaginales (spermicides, mousses et gelées) et la pilule du lendemain ; • les méthodes traditionnelles, comprenant la méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA), la continence périodique et le retrait ; 64 | Planification Familiale • les méthodes, dites populaires, comme les herbes, les tisanes et autres méthodes pouvant rentrer dans cette catégorie. La collecte des informations relatives à la connaissance des méthodes était faite en deux étapes. D’abord, l’enquêtrice notait la (ou les) méthode(s) spontanément citée(s) par l’interviewée. Ensuite, dans le cas où l’enquêtée n’avait pas cité l’ensemble des méthodes contenues dans le questionnaire, l’enquêtrice devait procéder à une brève description des méthodes non citées et enregistrer si oui ou non l’interviewée en avait entendu parler. On considère qu’une femme connaît une méthode contraceptive si elle la cite spontanément ou si elle déclare la connaître après description. Les résultats sont présentés au tableau 5.1.1 et au graphique 5.1 pour les femmes. Ils montrent que la presque totalité des femmes (91 %) connaissent au moins une méthode quelconque. Ce niveau de connaissance est très légèrement inférieur à celui des hommes (93 %) (tableau 5.1.2). En général, les méthodes modernes sont mieux connues que les méthodes traditionnelles aussi bien chez les femmes que chez les hommes (respectivement, 89 % et 49 % pour les femmes et 91 % et 52 % chez les hommes). Tableau 5.1.1 Connaissance des méthodes contraceptives par les femmes Pourcentage de femmes, de femmes actuellement en union, de femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives et de femmes qui n’ont jamais eu de rapports sexuels qui connaissent une méthode contraceptive, par méthode, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels Méthode contraceptive Toutes les femmes Femmes actuellement en union Sexuellement actives Non actives sexuellement Célibataire n’ayant jamais eu de rapports sexuels Une méthode quelconque 90,7 91,7 97,8 95,8 79,8 Une méthode moderne 89,4 90,3 97,8 95,1 78,8 Stérilisation féminine 27,6 27,2 45,3 40,3 18,9 Stérilisation masculine 16,0 16,0 25,4 23,5 9,7 Pilule 78,8 81,8 85,7 87,3 54,2 DIU 39,8 41,2 54,7 50,2 22,4 Injectables 72,5 76,1 80,5 78,7 45,2 Implants 55,4 57,6 72,6 65,5 32,2 Condom masculin 84,3 84,7 97,5 89,9 75,7 Condom féminin 29,7 28,9 52,1 45,8 20,8 Diaphragme 10,3 9,5 18,9 18,4 9,0 Mousse/gelée 16,2 16,0 26,2 26,2 9,1 Contraception d'urgence 9,4 8,6 25,7 16,7 6,3 Une méthode traditionnelle 49,3 51,0 67,2 61,5 27,7 MAMA 19,6 20,7 22,8 24,2 9,2 Continence périodique 42,4 43,8 58,0 53,8 24,2 Retrait 16,6 16,1 35,3 27,6 9,2 Abstinence 2,7 3,1 0,2 2,9 0,3 Méthode populaire 2,2 2,3 4,5 3,4 0,8 Nombre moyen de méthodes connues 5,2 5,3 7,1 6,5 3,5 Effectif 12 477 9 655 295 962 1 566 MAMA = Méthode de l'allaitement maternel et de l'aménorrhée. Dans certains pays, cette méthode est classée parmi les méthodes modernes. Planification Familiale | 65 Par rapport aux deux précédentes enquêtes, on note un accroissement régulier du niveau général de la connaissance contraceptive. En 1993, 67 % des femmes en union avaient déclaré connaître une méthode contraceptive et 63% une méthode moderne. En 1998-99, ces proportions étaient respectivement de 79 % et 77 %. Cette amélioration du niveau de connaissance, bien que touchant toutes les méthodes, est particulièrement importante en ce qui concerne la connaissance du condom masculin : en 1993, 49 % des femmes avaient déclaré connaître le condom ; en 1998-99, cette proportion était de 68 %. En ce qui concerne la connaissance de la pilule, les proportions sont passées de 49 % à 63 % et pour les injectables, elles sont passées de 39 % à 54 %. Par contre, pour certaines méthodes, l’écart de niveau de connaissance entre les enquêtes est moins important : pour le DIU, les proportions sont passées de 33 % en 93 à 32 % en 98-99 et à 40 % en 2003. Pour certaines méthodes, le niveau de connaissance a même diminué ; c’est le cas de la stérilisation féminine dont les proportions de femmes qui connaissent ont varié de 33 % en 1993 à 29 % en 1998-1999 et à 28 % en 2003. Par ailleurs, on constate que la connaissance des méthodes par les femmes en union (92 %) diffère peu de celle de l’ensemble des femmes (91 %). Il en est de même pour la connaissance des méthodes modernes : elle est de 90 % pour les femmes en union contre 89 % pour l’ensemble des femmes. Pour les méthodes traditionnelles, les proportions sont, respectivement, de 51 % et de 49 %. En moyenne, les femmes en union connaissent 5,3 méthodes contre 5,2 pour l’ensemble des femmes et c’est le condom masculin qui est la méthode la plus fréquemment connue (84 % pour l’ensemble des femmes et 85 % pour les femmes en union). Par contre, c’est parmi les femmes qui ont déjà eu des rapports sexuels, que le niveau de connaissance est le plus élevé (98 % pour une méthode quelconque et moderne). On note que, parmi celles qui sont sexuellement actives, la moitié a déclaré connaître le condom féminin (52 %), plus de quatre sur cinq (86 %) la pilule et près des trois quarts les implants (73 %). En moyenne, les femmes sexuellement actives connaissent 7,1 méthodes et contre 6,5 pour celles qui ne le sont pas. Parmi les femmes non en union ayant déjà eu des rapports sexuels mais qui ne sont pas sexuellement actives, le niveau de connaissance est aussi très élevé : ces femmes connaissent, en moyenne, 6,5 méthodes. Les femmes qui connaissent le moins de méthodes sont celles qui ne sont pas en union et qui n’ont jamais eu de rapports sexuels : en moyenne, ces femmes connaissent seulement 3,5 méthodes. Il faut cependant noter que les trois-quarts de ces femmes ont déclaré connaître le condom masculin (76 %). Le niveau de connaissance des hommes est quasi similaire à celui des femmes (tableau 5.1.2). La proportion de ceux qui ont déclaré connaître une méthode est également élevée : (93 % pour une méthode quelconque, 91 % pour une méthode moderne et 52 % pour une méthode traditionnelle). Le Graphique 5.1 Connaissance des méthodes contraceptives par les femmes EDSBF-III 2003 91 89 84 79 73 55 40 30 28 16 16 10 9 49 42 20 17 2 AU MOINS 1 MÉTHODE AU MOINS 1 MÉTH.MODERNE Condom masculin Pilule Injectables Implants DIU Condom féminin Stérilis. féminine Stérilis. masculine Mousse/gelée Diaphragme Contraception d'urgence MÉTHODE TRADITIONNELLE Continence périodique MAMA Retrait Méthode populaire 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Pourcentage 66 | Planification Familiale nombre moyen de méthodes connues est de 4,9, soit légèrement inférieur à celui des femmes (5,2). Comme chez les femmes, le niveau de connaissance des hommes en union n’est pas très différent de celui de l’ensemble des hommes (96 % contre 93 %). Ce sont également les hommes qui ne sont pas en union et qui ont eu des rapports sexuels qui présentent les niveaux de connaissance des méthodes les plus élevés ; parmi ces hommes, la quasi-totalité a déclaré connaître le condom masculin (98 % pour ceux qui sont sexuellement actifs et 97 % pour ceux qui ne le sont pas). Tout comme chez les femmes, les hommes non en union et qui n’ont jamais eu de rapports sexuels sont ceux dont la connaissance des méthodes est la plus faible, quel que soit le type de méthode considéré. Plus des trois quarts de ces hommes ont cependant déclaré connaître le condom masculin (78 %). Tableau 5.1.2 Connaissance des méthodes contraceptives par les hommes Pourcentage d’hommes, d’hommes actuellement en union, d’hommes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives et d’hommes qui n’ont jamais eu de rapports sexuels qui connaissent une méthode contraceptive, par méthode, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Hommes célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels Méthode contraceptive Tous les hommes Hommes actuellement en union Sexuellement actifs Non actifs sexuellement Célibataire n'ayant jamais eu de rapports sexuels Une méthode quelconque 92,5 95,6 99,2 96,6 80,5 Une méthode moderne 91,1 93,3 98,9 96,6 80,2 Stérilisation féminine 27,8 29,2 41,4 35,9 15,3 Stérilisation masculine 15,0 16,5 19,6 17,2 8,6 Pilule 64,4 73,0 72,2 69,2 38,1 DIU 30,2 32,8 39,3 39,5 15,3 Injectables 63,7 73,3 70,9 66,2 36,8 Implants 39,4 47,1 42,4 41,4 18,5 Condom masculin 89,1 90,7 98,2 96,6 78,3 Condom féminin 29,6 29,1 45,1 43,9 17,7 Diaphragme 11,9 11,7 20,1 19,2 5,6 Mousse /gelée 16,0 17,2 29,3 17,4 8,5 Contraception d'urgence 15,3 15,7 24,4 21,9 7,9 Une méthode traditionnelle 52,3 64,6 51,9 55,6 20,6 MAMA 18,0 20,3 24,8 21,3 8,6 Continence périodique 45,7 56,9 48,3 48,6 16,1 Retrait 20,1 21,6 32,3 29,2 7,3 Abstinence 6,1 9,1 1,1 4,0 1,5 Méthode populaire 2,0 2,5 4,1 1,1 0,6 Nombre moyen de méthodes connues 4,9 5,5 6,1 5,7 2,8 Effectif 3 605 2 016 234 522 836 MAMA = Méthode de l'allaitement maternel et de l'aménorrhée. Dans certains pays, cette méthode est classée parmi les méthodes modernes. Les résultats selon la méthode montrent que, chez les hommes comme chez les femmes, les méthodes modernes sont plus fréquemment connues que les méthodes traditionnelles. En outre, parmi ces méthodes modernes, c’est le condom masculin qui a été le plus fréquemment cité (85 % par les femmes en union et 91 % par les hommes en union) ; par ordre d’importance, les femmes et les hommes ont cité en deuxième position la pilule (respectivement, 82 % et 73 %) puis les injectables (respectivement, 76 % et 73 %). Par ailleurs, il convient de noter également que le condom féminin, d’apparition assez récente sur le marché, est relativement connu (30 % chez les femmes comme chez les hommes). Les méthodes modernes les moins connues des femmes en union sont la contraception d’urgence (9 %) et le diaphragme (10 %) ; chez les hommes en union, ce sont la contraception Planification Familiale | 67 d’urgence (16 %) et la stérilisation masculine (17 %). Pour les méthodes traditionnelles, la continence périodique a été le plus fréquemment citée (44 % pour les femmes en union et 57 % pour les hommes en union, La Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée (MAMA) est connue par une femme et un homme en union sur cinq en union sur cinq (respectivement, 21 % et 18 %). Les tableaux 5.2.1 et 5.2.2 présentent les pourcentages de femmes et d’hommes en union, qui connaissent au moins une méthode quelconque ou une méthode moderne de contraception selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Les résultats ne font pas apparaître d’écarts importants ; quelle que soit la caractéristique, les niveaux de connaissance sont élevés. Tout au plus peut-on remarquer qu’à 15-19 ans, la proportion de femmes qui connaissent une méthode est plus faible qu’aux autres âges (85 %) et qu’au-delà de 45 ans, que ce soit chez les femmes comme chez les hommes, les proportions de ceux qui connaissent une méthode diminuent. Tableau 5.2.1 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristique socio-démographique des femmes Pourcentage de femmes actuellement en union qui connaissent au moins une méthode de contraception et celles qui connaissent au moins une méthode moderne, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Connaît une méthode Connaît une méthode moderne Effectif Âge actuel 15-19 84,5 83,0 878 20-24 92,3 91,0 1 861 25-29 93,5 91,8 1 949 30-34 93,3 92,1 1 510 35-39 93,4 92,8 1 427 40-44 90,7 89,4 1 100 45-49 89,3 87,2 931 Milieu de résidence Ouagadougou 98,8 98,3 694 Autres villes 98,8 98,8 774 Ensemble urbain 98,8 98,6 1 468 Rural 90,4 88,8 8 187 Niveau d'instruction Aucune instruction 90,4 88,8 7 540 Primaire/ Alphabét. 95,4 95,0 1 699 Secondaire ou plus 99,2 99,2 416 Quintile de bien-être Le plus pauvre 84,8 82,4 1 826 Second 92,1 90,0 1 959 Moyen 91,8 90,5 2 476 Quatrième 91,6 91,1 1 699 Le plus riche 98,5 98,2 1 694 Ensemble 91,7 90,3 9 655 De même, le niveau de connaissance est plus élevé en urbain qu’en rural (99 % contre 90 % pour les femmes et 99 % contre 95 % pour les hommes). Il faut également noter qu’en rural, les hommes sont proportionnellement un peu plus nombreux que les femmes à connaître une méthode (95 % contre 90 %). Par contre, le niveau d’instruction influence le niveau de connaissance des méthodes contraceptives. La quasi-totalité des femmes de niveau secondaire ou plus connaissent une 68 | Planification Familiale méthode (99 %) ; parmi celles ayant un niveau primaire ou étant alphabétisé. Cette proportion est de 95 % et c’est parmi celles sans instruction que la proportion est la plus faible (90 %) On observe la même tendance chez les hommes avec cependant des écarts moins importants entre les niveaux d’instruction. De la même façon, le niveau socio-économique va de pair avec le niveau de connaissance des méthodes. Que ce soit pour l’ensemble des méthodes ou pour les méthodes modernes, la proportion de ceux et celles qui connaissent une méthode est influencée par le niveau de bien-être du ménage. Par exemple pour les méthodes modernes, dans le premier quintile, 83 % des femmes connaissent une méthode contre 99 % dans le dernier quintile, le plus riche. Chez les hommes, ces proportions sont, respectivement, de 91 % et 99 %. Tableau 5.2.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques socio-démographiques des hommes Pourcentage d’hommes actuellement en union qui connaissent au moins une méthode de contraception et ceux qui connaissent au moins une méthode moderne, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Connaît une méthode Connaît une méthode moderne Effectif Âge 15-19 * * 10 20-24 98,4 98,4 150 25-29 98,5 98,2 254 30-34 98,4 97,7 347 35-39 98,8 98,2 337 40-44 96,7 95,0 287 45-49 91,6 88,0 251 50-54 91,2 86,5 213 55-59 85,5 75,0 166 Milieu de résidence Ouagadougou 98,9 98,9 205 Autres villes 98,0 98,0 172 Ensemble urbain 98,5 98,5 377 Rural 94,9 92,1 1 639 Niveau d'instruction Aucune instruction 94,2 90,7 1 201 Primaire/ Alphabét. 97,2 96,5 612 Secondaire ou plus 98,9 98,9 202 Quintile de bien-être Le plus pauvre 90,8 86,6 367 Second 94,8 91,7 436 Moyen 95,9 93,8 466 Quatrième 96,5 94,7 320 Le plus riche 99,4 99,0 427 Ensemble 95,6 93,3 2 016 * Basé sur trop peu de cas non pondérés 5.2 PRATIQUE DE LA CONTRACEPTION Le niveau d’utilisation de la contraception est l’un des indicateurs qui permettent de juger de la réussite des programmes de planification familiale. L’EDSBF-III permet d’estimer l’utilisation de la contraception à un moment quelconque ainsi que son niveau d’utilisation actuelle c’est-à-dire au moment de la collecte des données. Aux femmes et aux hommes qui avaient déclaré connaître une Planification Familiale | 69 méthode contraceptive, l’enquêtrice a ensuite demandé s’ils l’avaient déjà utilisée, ceci afin de mesurer le niveau de pratique de la contraception à un moment quelconque de leur vie. Le tableau 5.3 présente les pourcentages de femmes et d’hommes ayant déjà utilisé une méthode contraceptive au cours de leur vie. Plus d'une femme sur quatre (29 %) et un tiers des hommes ont déjà utilisé, au moins, une méthode contraceptive à un moment quelconque de leur vie. Tableau 5.3 Utilisation de la contraception à un moment quelconque Pourcentage des femmes et d'hommes, de femmes et d'hommes actuellement en union, et de femmes et d'hommes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives qui ont déjà utilisé une méthode contraceptive, par méthode spécifique et selon l'âge, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Méthodes modernes Méthodes traditionnelles Groupe d'âges N’importe quelle méthode N’im- porte quelle méthode moderne Sterili- sation fémi- nine Sterili- sation mas- culine Pilule DIU Injecta- bles Im- plants Con- dom mas- culin Con- dom fémi- nin Dia- phragme Mousse/ gelée Con- tracep- tion d'urg- ence N’importe quelle méthode tradition- nelle MAMA Conti- nence pério- dique Retrait Absti- nence Autres Effectif TOUTES LES FEMMES 15-19 14,4 12,3 0,0 0,0 2,1 0,1 0,6 0,2 11,1 0,1 0,0 0,0 0,2 5,0 0,0 3,9 1,3 0,4 0,2 2 776 20-24 35,2 26,0 0,0 0,1 8,6 0,2 4,2 1,5 18,4 0,2 0,1 0,2 0,7 16,0 0,7 11,6 3,1 2,5 0,5 2 274 25-29 36,4 25,2 0,1 0,0 13,0 0,9 6,8 2,4 13,4 0,1 0,0 0,7 0,4 18,7 2,0 13,5 2,4 3,1 0,6 2 073 30-34 33,4 22,6 0,1 0,0 12,4 1,3 9,9 2,5 7,6 0,1 0,1 0,7 0,8 16,9 1,7 11,2 2,1 3,6 0,5 1 580 35-39 30,5 20,0 0,1 0,1 12,8 1,8 6,9 1,9 5,6 0,0 0,1 0,5 0,1 15,3 1,4 10,5 1,7 2,8 0,4 1 524 40-44 30,0 19,8 0,2 0,0 12,7 2,7 6,5 3,1 3,6 0,1 0,3 0,7 0,4 14,9 0,8 10,7 1,5 3,3 0,3 1 201 45-49 24,5 13,9 0,4 0,0 7,5 2,6 5,9 1,0 1,8 0,3 0,0 0,7 0,5 14,7 1,8 9,6 0,8 4,0 0,1 1 049 Ensemble 28,6 20,0 0,1 0,0 9,2 1,1 5,2 1,6 10,2 0,1 0,1 0,4 0,4 13,8 1,1 9,7 1,9 2,5 0,4 12 477 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 16,8 11,9 0,0 0,0 2,2 0,2 1,0 0,4 9,5 0,0 0,0 0,0 0,3 7,1 0,1 5,4 1,5 1,3 0,5 878 20-24 31,1 20,7 0,0 0,0 8,6 0,1 4,4 1,4 12,5 0,1 0,1 0,1 0,3 15,5 0,8 10,6 2,9 3,1 0,7 1 861 25-29 35,2 23,6 0,1 0,0 12,9 0,9 6,7 2,4 11,2 0,0 0,0 0,7 0,2 18,0 1,8 13,0 2,3 3,1 0,6 1 949 30-34 32,6 21,8 0,1 0,0 12,0 1,3 10,1 2,4 6,6 0,0 0,1 0,6 0,8 16,6 1,6 11,2 1,9 3,4 0,6 1 510 35-39 29,4 19,0 0,1 0,1 11,8 1,9 7,1 2,0 4,6 0,0 0,1 0,6 0,1 14,9 1,4 10,2 1,4 2,6 0,4 1 427 40-44 28,8 19,3 0,3 0,0 12,1 2,4 7,0 3,4 3,5 0,1 0,2 0,7 0,4 13,8 0,6 9,5 1,1 3,4 0,3 1 100 45-49 23,5 13,6 0,2 0,0 7,4 2,6 5,6 1,1 1,6 0,2 0,0 0,4 0,3 14,1 1,7 9,1 0,5 3,8 0,1 931 Ensemble 29,6 19,6 0,1 0,0 10,2 1,2 6,3 2,0 7,8 0,1 0,1 0,5 0,4 15,0 1,2 10,4 1,8 3,0 0,5 9 655 FEMMES CÉLIBATAIRES SEXUELEMENT ACTIVES 15-19 62,6 58,7 0,0 0,0 6,8 0,0 1,6 0,6 58,1 0,0 0,0 0,0 0,0 20,2 0,0 16,1 6,6 0,1 0,0 158 20-24 91,9 90,6 0,0 0,0 20,9 0,2 8,6 6,0 88,9 0,0 0,0 0,5 6,4 28,3 0,0 23,1 12,8 0,0 0,0 81 25-29 (80,7) (80,7) (0,0) (0,0) (28,1) (0,0) (13,2) (5,6) 75,6) (0,0) (0,0) (0,0 ) (12,3) (45,7) (19,0) (29,4) (3,2) (0,0) (0,0) 31 30+ * * * * * * * * * * * * * * * * * * * 24 Ensemble1 74,9 70,9 0,0 0,0 16,0 0,9 6,0 2,6 66,5 0,0 0,0 0,4 3,1 25,4 2,0 19,6 7,8 0,1 0,0 295 HOMMES Ensemble 45,9 35,2 0,1 0,0 7,2 0,6 3,1 2,0 31,3 0,5 0,1 0,4 0,7 21,5 2,5 16,6 3,1 4,8 0,3 3 605 En union 55,5 37,2 0,2 0,0 10,8 0,9 5,1 3,3 30,6 0,3 0,2 0,6 0,7 33,6 4,4 26,1 3,9 7,9 0,6 2 016 Céliba- taires sexuelle- ment actifs 77,3 77,3 0,0 0,0 9,4 1,2 2,2 2,1 75,8 1,2 0,0 0,3 3,1 13,6 0,4 12,3 6,1 0,2 0,0 234 MAMA = Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée. Dans certains pays, cette méthode est classée parmi les méthodes modernes. 1 Y compris 49 femmes âgées de 25-49 ans * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés On constate un écart important de pratique entre les méthodes traditionnelles (14 %) et les méthodes modernes (20 %). Parmi les méthodes modernes, le condom masculin (10 %), la pilule (9 %) et les injectables (5 %) sont les méthodes qui ont été les plus utilisées ; à l’opposé, le DIU, la stérilisation féminine et la stérilisation masculine (respectivement, 1 %, et 0 %) n’ont pratiquement pas été utilisées. Au niveau des méthodes traditionnelles, c’est essentiellement la continence périodique (10 %) et dans une moindre mesure l’abstinence (3 %) qui ont été les plus utilisées, par rapports aux autres méthodes traditionnelles dont le niveau d’utilisation a été négligeable. Le niveau d’utilisation passée des femmes en union ne se différencie guère de celui de l’ensemble des femmes : 30 % ont utilisé une méthode et 20 % une méthode moderne. De même, 70 | Planification Familiale comme pour l’ensemble des femmes, la pilule (10 %), le condom masculin (8 %), les injecables (6 %) ont été les méthodes les plus utilisées et, parmi les méthodes traditionnelles, ce sont la continence périodique (15 %) et l’abstinence (3 %). Ce sont les femmes célibataires sexuellement actives qui présentent le niveau d’utilisation passée de la contraception le plus élevé : les trois quarts ont déclaré avoir déjà utilisé une méthode (75 %). Le taux d’utilisation élevé de ces femmes tient surtout à une utilisation plus fréquente des méthodes modernes (71 %) que des méthodes traditionnelles (25 %). Parmi les méthodes modernes utilisées, le condom masculin vient largement en tête (67 %) suivi de la pilule (16 %). Parmi les méthodes traditionnelles, leur choix s’est porté, en toute priorité, sur la continence périodique (20 %) et sur l’abstinence (moins d’un pour cent). Comme on pouvait s’y attendre, l’utilisation passée des méthodes contraceptives varie avec l’âge. C’est dans le groupe d’âges 20-29 ans que la pratique passée est la plus élevée (36 %). Les proportions d’utilisatrices passées diminuent ensuite pour atteindre le niveau le plus faible à 45-49 ans (25 %). Le tableau 5.3 indique également que 46 % des hommes ont déjà utilisé une méthode quelconque et 35 % ont utilisé une méthode moderne. Chez les hommes actuellement en union, ces pourcentages sont respectivement, de 55 % et 37 %. Quant aux hommes non en union, mais sexuellement actifs au moment de l’enquête, ces pourcentages sont plus élevés (77 %). Comme pour l’ensemble des femmes, les méthodes les plus pratiquées par ceux-ci sont, par ordre d’importance, le condom masculin (76 %) et la continence périodique (13 %). 5.3 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION Contrairement au tableau 5.3, le présent tableau 5.4 fournit la prévalence contraceptive actuelle, c’est-à-dire la proportion de femmes ou d’hommes qui utilisaient une méthode de contraception au moment de l'enquête. Le tableau 5.4 et le graphique 5.2 indiquent que parmi les femmes de 15-49 ans, 14 % utilisaient une méthode contraceptive quelconque au moment de l’enquête, 10 % une méthode moderne et 4 % une méthode traditionnelle. Rappelons que 29 % avaient déclaré avoir utiliser une méthode dans le passé. La prévalence contraceptive des femmes en union ne se différencie guère de celle de l’ensemble des femmes : au moment de l’enquête, 14 % utilisaient une méthode et 9 % une méthode moderne. De plus, 5 %.utilisaient une méthode traditionnelle, essentiellement la continence périodique (3 %). On note cependant qu’au niveau des méthodes utilisées, les femmes en union ont moins fréquemment recours au condom masculin que l’ensemble des femmes (2 %). Ce sont les injectables qui sont la méthode moderne la plus fréquemment utilisée par les femmes en union (3 %). Cependant, c’est la continence périodique qui reste la méthode la plus utilisée par les femmes en union. Les femmes non en union et sexuellement actives sont celles qui ont la prévalence contraceptive la plus élevée : 58 % utilisaient au moment de l’enquête une méthode ; dans ce groupe de femmes, 56 % utilisaient une méthode moderne dont 46 % le condom masculin. Les résultats concernant les hommes mettent en évidence une prévalence contraceptive beaucoup plus élevée que chez les femmes : parmi tous les hommes, 33 % utilisaient au moment de l’enquête une méthode contre 14 % chez les femmes ; pour les méthodes modernes, ces proportions sont respectivement de 24 % et 10 %. On constate le même écart entre les hommes et les femmes en union. À la différence des femmes, on note que l’utilisation de la contraception est plus fréquente chez les hommes en union que parmi l’ensemble des hommes (37 % contre 33 %), cet écart provenant d’une utilisation plus importante de la continence périodique par les hommes en union, la prévalence moderne entre les deux catégories étant pratiquement similaire. En ce qui concerne la méthode Planification Familiale | 71 utilisée, on remarque que les méthodes les plus fréquemment utilisées sont le condom masculin (18 % pour tous les hommes et 13 % pour ceux en union) et la continence périodique (respectivement, 6 % et 10 %). Par rapport à l’enquête précédente, on note une augmentation de l’utilisation du condom par tous les hommes (13 % contre 18 %) et par ceux en union (8 % contre 13 %). En outre, ce sont les hommes non en union sexuellement actifs qui utilisent le plus fréquemment la contraception de façon générale (66 %) et la contraception moderne, en particulier (65 %). Cette prévalence élevée s’explique essentiellement par un recours relativement important au condom (62 %). Tableau 5.4 Utilisation actuelle de la contraception Répartition (en %) de femmes actuellement en union, de femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives, et des hommes, par méthode actuellement utilisée, selon l'âge, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Méthodes modernes Méthodes traditionnelles Groupe d'âges N’im- porte quelle méthode N’im- porte quelle méthode moderne Sterili- sation fémi- nine Pilule DIU Injecta- bles Im- plants Con- dom mas- culin Mousse/ gelée N’importe quelle méthode tradition- nelle MAMA Conti- nence pério- dique Retrait Absti- nence Autres N'utilise pas actuel- lement Total Effectif TOUTES LES FEMMES 15-19 8,7 7,4 0,0 0,6 0,0 0,3 0,2 6,3 0,0 1,3 0,0 0,9 0,0 0,4 0,0 91,3 100,0 2 776 20-24 18,4 13,6 0,0 2,4 0,1 1,5 0,7 8,9 0,0 4,8 0,2 2,9 0,1 1,4 0,2 81,6 100,0 2 274 25-29 16,5 10,3 0,1 2,8 0,5 2,2 1,4 3,3 0,0 6,3 0,0 3,7 0,1 2,0 0,4 83,5 100,0 2 073 30-34 16,7 11,4 0,1 2,7 0,2 4,3 1,5 2,6 0,0 5,3 0,4 2,7 0,2 2,0 0,1 83,3 100,0 1 580 35-39 14,4 8,9 0,1 3,2 0,5 2,9 1,2 1,0 0,0 5,5 0,1 3,7 0,2 1,3 0,1 85,6 100,0 1 524 40-44 13,9 9,5 0,2 2,2 1,0 2,8 2,2 0,8 0,3 4,4 0,0 2,9 0,2 1,2 0,2 86,1 100,0 1 201 45-49 8,5 5,1 0,4 0,7 0,9 1,7 0,9 0,5 0,0 3,4 0,0 2,5 0,0 0,9 0,0 91,5 100,0 1 049 Ensemble 14,0 9,7 0,1 2,0 0,4 2,0 1,0 4,2 0,0 4,2 0,1 2,6 0,1 1,3 0,1 86,0 100,0 12 477 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 6,8 4,4 0,0 0,6 0,0 0,4 0,4 2,9 0,0 2,4 0,0 1,1 0,0 1,3 0,0 93,2 100,0 878 20-24 14,7 9,2 0,0 2,4 0,0 1,6 0,7 4,5 0,0 5,5 0,2 3,1 0,2 1,7 0,3 85,3 100,0 1 861 25-29 15,5 9,1 0,1 2,6 0,6 2,3 1,3 2,2 0,0 6,4 0,0 3,8 0,1 2,0 0,5 84,5 100,0 1 949 30-34 16,4 11,0 0,1 2,7 0,2 4,5 1,4 2,1 0,0 5,4 0,4 2,8 0,2 2,0 0,1 83,6 100,0 1 510 35-39 14,2 8,5 0,1 2,9 0,5 3,1 1,3 0,6 0,0 5,7 0,2 3,9 0,3 1,4 0,1 85,8 100,0 1 427 40-44 14,5 9,8 0,3 2,0 1,1 3,1 2,4 0,6 0,3 4,7 0,0 3,0 0,2 1,3 0,2 85,5 100,0 1 100 45-49 9,1 5,4 0,2 0,8 1,0 2,0 1,0 0,5 0,0 3,7 0,0 2,7 0,0 0,9 0,0 90,9 100,0 931 Ensemble 13,8 8,6 0,1 2,2 0,4 2,5 1,2 2,1 0,0 5,1 0,1 3,1 0,1 1,6 0,2 86,2 100,0 9 655 FEMMES CÉLIBATAIRES SEXUELLEMENT ACTIVES 15-19 51,1 47,5 0,0 2,9 0,0 1,0 0,6 43,0 0,0 3,5 0,0 3,5 0,0 0,0 0,0 48,9 100,0 158 20-24 72,6 71,0 0,0 6,3 0,0 3,1 1,3 59,8 0,5 1,6 0,0 1,6 0,0 0,0 0,0 27,4 100,0 81 25-29 (70,0) (70,0) (0,0) (20,2) (0,0) (1,2) (2,7) 45,9) (0,0) (0,0) (0,0) (0,0) (0,0) (0,0) (0,0) (30,0) 100,0 31 30+ * * * * * * * * * * * * * * * * 100,0 24 Ensemble1 58,3 55,7 0,0 6,7 0,0 1,9 0,9 46,1 0,2 2,6 0,0 2,6 0,0 0,0 0,0 41,7 100,0 295 HOMMES Ensemble 32,9 23,9 0,1 3,0 0,2 1,2 0,9 18,4 0,0 9,1 0,3 6,1 0,1 2,4 0,2 67,1 100,0 3 605 En union 37,2 21,8 0,2 4,8 0,3 2,1 1,5 12,9 0,0 15,4 0,5 10,4 0,2 3,8 0,4 62,8 100,0 2 016 Céliba- taires sexuelle- ment actifs 66,0 65,1 0,0 2,9 0,0 0,0 0,7 61,5 0,0 0,9 0,0 0,9 0,0 0,0 0,0 34,0 100,0 234 MAMA = Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée. Dans certains pays, cette méthode est classée parmi les méthodes modernes. 1 Y compris les 49 femmes âgées de 25-49 ans. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. 72 | Planification Familiale La comparaison avec les résultats des enquêtes précédentes montre que la prévalence contraceptive a augmenté, les proportions d’utilisatrices étant passées de 8 % en 1993 à 12 % en 1998-99 et à 14 % en 2003, soit une augmentation de 75 % depuis la première enquête. Par contre, chez les hommes, la comparaison avec les résultats de l’enquête précédente montre que les proportions d’utilisateurs de la contraception sont quasiment identiques (32 % contre 33 %) ; la prévalence des hommes n’a donc pratiquement pas varié au cours des cinq dernières années. En ce qui concerne les méthodes modernes, on remarque que la prévalence chez les femmes a également augmenté : de 4 % en 1993, elle est passée à 6 % et à 10 % en 2003 ; chez les femmes en union, ces proportions sont respectivement de 4 %, 5 % et 9 % (graphique 5.3). Comme dans les enquêtes précédentes, ce niveau d’utilisation est à attribuer essentiellement au recours au condom masculin qui est passé de moins d’un pour cent en 1993 à 3 % en 1998-99 et à 4 % en 2003. Chez les hommes, la prévalence moderne est passée de 16 % en 1998-99 à 24 % en 2003 ; le recours au condom a également augmenté puisque en 1998-99, 13 % contre 18 % en 2003 ont déclaré utiliser le condom comme méthode contraceptive. Graphique 5.2 Prévalence contraceptive parmi les femmes selon la méthode utilisée 14 10 4 2 2 1 0.5 4 3 1 0.1 To ute s m éth od es M eth od es mo de rne s Co nd om m asc uli n Inj ec tab les Pil ule Im pla nts Au tre s m od ern es M éth od es tra d/p op Co nti ne nc e p éri od iqu e Ab sti ne nc e Au tre s t rad /po p 0 5 10 15 20 Pourcentage EDSBF-III 2003 Graphique 5.3 Prévalence contraceptive moderne parmi les femmes en union de 15-49 ans selon le milieu de résidence 4 20 13 17 2 5 22 17 20 3 9 30 27 28 5 Bu rki na Fa so Ou ag ad ou go u Au tre s V ille s En sem ble ur ba in Ru ral 0 5 10 15 20 25 30 35 40 Pourcentage EDSBF-I 1993 EDSBF-II 1998-99 EDSBF-III 2003 Planification Familiale | 73 Les résultats selon l’âge montrent que parmi toutes les femmes, c’est dans le groupe d’âges 20-24 ans que la prévalence est la plus élevée (18 %) (tableau 5,5) ; chez les femmes en union, le maximum d’utilisation est atteint plus tard, à 25-34 ans (16 %) ; chez les femmes non en union et sexuellement actives, ce sont celles de 20-24 ans qui utilisent le plus fréquemment la contraception (73 %). Quelle que soit la catégorie de femmes, à partir de 35 ans, les proportions d’utilisatrices de la contraception diminuent. Par ailleurs, les renseignements recueillis permettent aussi l’analyse de la prévalence contraceptive selon certaines caractéristiques socio-démographiques des femmes en union. Tableau 5.5 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques socio-démographiques Répartition (en %) des femmes actuellement en union par méthode contraceptive actuellement utilisée, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Méthodes modernes Méthodes traditionnelles Caractéristique socio-démographique N’im- porte quelle méth- ode N’im- porte quelle méth- ode mod- erne Sterili- sation fémi- nine Pilule DIU Injecta- bles Im- plants Con- dom mas- culin Mousse/ gelée N’im- porte méthode tradi- tionnelle MAMA Conti- nence pério- dique Retrait Absti- nence Autres N'utilise pas actuel- lement Total Effectif Milieu de résidence Ouagadougou 36,7 29,5 0,0 8,0 4,1 4,8 3,4 8,8 0,5 7,2 0,5 5,9 0,3 0,0 0,5 63,3 100,0 694 Autres villes 32,0 27,0 0,4 9,7 0,7 4,9 5,9 5,4 0,1 5,0 0,2 4,5 0,0 0,2 0,2 68,0 100,0 774 Ensemble urbain 34,2 28,2 0,2 8,9 2,3 4,8 4,7 7,0 0,3 6,0 0,3 5,1 0,2 0,1 0,3 65,8 100,0 1 468 Rural 10,1 5,1 0,1 1,0 0,1 2,1 0,6 1,2 0,0 5,0 0,1 2,7 0,1 1,9 0,2 89,9 100,0 8 187 Niveau d'instruction Aucune instruction 10,6 5,7 0,1 1,3 0,2 2,1 0,8 1,3 0,0 4,9 0,1 2,6 0,1 1,9 0,2 89,4 100,0 7 540 Primaire/Alphabét. 18,5 13,2 0,1 3,0 0,8 3,8 1,9 3,4 0,2 5,4 0,1 4,0 0,3 0,9 0,0 81,5 100,0 1 699 Secondaire ou plus 52,0 43,2 0,0 15,3 3,9 5,0 6,3 12,5 0,1 8,8 0,0 7,6 0,4 0,0 0,8 48,0 100,0 416 Nombre d'enfants vivants 0 3,7 2,7 0,0 0,3 0,0 0,0 0,2 2,1 0,0 1,0 0,0 1,0 0,0 0,0 0,0 96,3 100,0 908 1-2 15,3 9,8 0,0 2,9 0,2 1,7 1,2 3,7 0,0 5,5 0,1 3,2 0,1 1,7 0,3 84,7 100,0 3 315 3-4 15,0 8,8 0,1 2,2 0,6 3,1 1,0 1,6 0,0 6,3 0,2 3,7 0,3 1,9 0,2 85,0 100,0 2 721 5+ 14,0 9,0 0,2 1,9 0,7 3,6 1,9 0,7 0,1 5,0 0,1 3,0 0,0 1,7 0,2 86,0 100,0 2 711 Quintile de bien-être Le plus pauvre 7,6 1,7 0,0 0,3 0,0 0,6 0,2 0,6 0,0 5,9 0,1 2,5 0,0 3,1 0,2 92,4 100,0 1 826 Second 11,4 4,4 0,1 0,8 0,1 1,7 0,5 1,2 0,0 7,0 0,1 4,0 0,0 2,9 0,0 88,6 100,0 1 959 Moyen 10,2 6,1 0,0 1,2 0,1 2,4 0,7 1,6 0,0 4,1 0,1 2,4 0,2 1,1 0,3 89,8 100,0 2 476 Quatrième 9,8 6,9 0,2 1,5 0,0 2,7 0,9 1,4 0,0 2,9 0,0 2,1 0,2 0,6 0,0 90,2 100,0 1 699 Le plus riche 32,4 26,5 0,1 8,0 2,3 5,4 4,2 6,3 0,2 5,9 0,3 4,7 0,3 0,2 0,4 67,6 100,0 1 694 Ensemble 13,8 8,6 0,1 2,2 0,4 2,5 1,2 2,1 0,0 5,1 0,1 3,1 0,1 1,6 0,2 86,2 100,0 9 655 MAMA = Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée. Dans certains pays, cette méthode est classée parmi les méthodes modernes. La prévalence contraceptive, pour l’ensemble des méthodes est 3,4 fois plus élevée en milieu urbain (34 %) qu’en milieu rural (10 %) et, plus de 5 fois plus élevée en ce qui concerne les méthodes modernes (28 % contre 5 %). En milieu urbain, les méthodes modernes les plus fréquemment utilisées par les femmes sont la pilule (9 %) et le condom (7 %) tandis qu’en milieu rural, ce sont plutôt les injections (2 %). Concernant les méthode traditionnelles, on constate que la prévalence est pratiquement la même entre les deux milieux. (6 % en urbain contre 5 % en rural). De même, la ville de Ouagadougou présente une prévalence assez proche de celle des autres villes, pour les méthodes traditionnelles (7 % et 5 %), alors que pour les méthodes modernes, Ouagadougou se caractérise par une prévalence légèrement plus élevée (30 % contre 27 %). Il faut noter que pour la pilule et les 74 | Planification Familiale implants, les proportions d’utilisatrices des autres villes (respectivement, 10 % et 6 %) sont supérieures à celles de Ouagadougou (8 % et 3 %). Dans les régions, (données présentées au Tableau D.5.5, en annexe D), c’est celle du Sud- Ouest qui présente la prévalence la plus élevée (30 %) et celle du Sahel la plus faible (4 %). Les régions des Cascades, du Centre et du Centre-Nord (16 %, 16 % et 15 %) ont des prévalences proches et supérieures à la moyenne nationale (14 %). Lorsque l’on considère le type de méthode, on s’aperçoit que la prévalence élevée du Sud-Ouest est essentiellement liée à la pratique des méthodes traditionnelles (23 %) et plus précisément de l’abstinence (17 %) et dans une moindre mesure de la continence périodique (6 %). Par contre, dans la région des Cascades, on constate un niveau élevé d’utilisation de la contraception moderne (14 %), en grande partie de la pilule (5 %) et du condom masculin (3 %) La prévalence de la contraception, qu'elle soit moderne ou traditionnelle, augmente de façon très importante avec le niveau d'instruction : 11 % des femmes sans instruction utilisent une méthode quelconque (6 % pour les méthodes modernes et 5 % pour les méthodes traditionnelles). Chez les femmes alphabétisées ou ayant un niveau d'instruction primaire, ces proportions sont de 19 % (13 % pour les méthodes modernes et 5 % pour les méthodes traditionnelles). C'est chez les femmes les plus instruites, que la prévalence contraceptive est la plus élevée, avec plus de la moitié des femmes qui utilisent une méthode (52 %), deux femmes sur cinq qui ont recours aux méthodes modernes (43 %) et une sur dix qui utilise les méthodes traditionnelles (9 %). C’est donc l’écart d’utilisation des méthodes modernes qui explique la différence de prévalence entre les femmes de niveau d’instruction différent. On constate enfin que l’utilisation de la contraception moderne augmente avec le nombre d’enfants, passant de 4 % chez les femmes nullipares à 15 % chez celles ayant déjà eu un ou deux enfants et 3 ou 4 enfants ; au-delà, la prévalence baisse légèrement On note une évolution dans le comportement en matière de contraception des femmes au fur et à mesure que le nombre des enfants augmente. D’abord, remarquons que les nullipares se distinguent par l’utilisation surtout d’une seule méthode en l’occurrence le condom (2 %). Aucune tendance nette ne se dégage selon le niveau de bien-être économique ; tout au plus, peut-on souligner que les femmes qui vivent dans les ménages du premier quintile sont celles qui présentent la prévalence la plus faible et qu’à l’opposé, celles qui vivent dans les ménages du dernier quintile ont la prévalence la plus élevée (8 % contre 32 %). 5.4 PRÉVALENCE SELON LES INDICATEURS DU STATUT DE LA FEMME Le statut de la femme au sein de son ménage et de sa communauté détermine sa capacité à traduire ses volontés en actes concrets. Dans ce sens, sa participation aux prises de décisions importantes relatives aux affaires de son foyer et de sa famille, son aptitude à exprimer et à faire prendre en compte ses avis sur les sujets relatifs à sa propre personne sont des éléments importants dans le processus de transformation qualitative de sa situation. La motivation de la femme à utiliser la contraception est conditionnée dans une certaine mesure par sa liberté de mouvement et d’actions. Ses possibilités d'initiatives sont souvent codifiées et encadrées dans un système de genre parfois trop coercitif. De ce fait, le rapport de genre au sein de sa communauté et les aménagements opérés au sein de sa famille et ensuite de son ménage ont une influence déterminante dans la transposition des messages de planification des naissances en pratique effective. Des indicateurs du statut de la femme sont utilisés pour évaluer l’influence des opinions de la femme concernant certains sujets déterminés sur sa propension à utiliser la contraception. Il s’agit du : • nombre de décisions prises par la femme ; Planification Familiale | 75 • nombre de raisons de refuser les rapports sexuels avec son mari ; • nombre de raisons justifiant le fait que le mari puisse battre sa femme. Les résultats sont présentés au tableau 5.6. Tableau 5.6 Utilisation actuelle de la contraception selon certains indicateurs du statut de la femme Répartition (en %) des femmes actuellement en union par méthode contraceptive actuellement utilisée, selon certains indicateurs du statut de la femme, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Méthodes moderne Méthodes traditionnelle Statut de la femme N’im- porte quelle méth- ode N’im- porte quelle méth- ode mod- erne Stérili- sation fémi- nine Pilule DIU Injecta- bles Im- plants Con- dom mas- culin Mousse/ gelée N’im- porte méthode tradi- tionnelle MAMA Conti- nence pério- dique Retrait Absti- nence Autres N'utilise pas actuel- lement Total Effectif Nombre de décisions prises par la femme1 0 10,3 7,3 0,2 1,7 0,2 1,8 1,0 2,5 0,0 2,9 0,1 2,4 0,0 0,3 0,1 89,7 100,0 2 030 1-2 11,6 8,1 0,1 2,1 0,3 2,6 0,9 2,1 0,0 3,5 0,1 2,3 0,2 0,7 0,1 88,4 100,0 4 896 3-4 19,4 10,1 0,1 2,6 1,2 2,6 2,0 1,7 0,0 9,3 0,3 4,8 0,2 3,8 0,2 80,6 100,0 1 798 5 22,2 11,4 0,0 3,0 0,7 3,2 1,9 2,2 0,4 10,7 0,0 5,2 0,0 5,0 0,6 77,8 100,0 931 Nombre de raisons de refuser les rapports sexuels avec le mari 0 11,0 8,5 0,1 2,0 1,5 1,8 1,1 2,0 0,0 2,5 0,1 0,8 0,0 0,1 1,5 89,0 100,0 605 1-2 12,0 8,7 0,2 2,7 0,4 2,6 1,4 1,4 0,0 3,2 0,0 2,3 0,3 0,5 0,1 88,0 100,0 2 551 3-4 14,8 8,6 0,1 2,0 0,4 2,5 1,2 2,4 0,1 6,2 0,2 3,6 0,1 2,2 0,1 85,2 100,0 6 499 Nombre de raisons justifiant qu’un mari batte sa femme 0 19,2 11,1 0,0 3,0 0,9 2,6 1,5 3,0 0,0 8,1 0,0 4,8 0,1 2,9 0,3 80,8 100,0 2 618 1-2 13,4 9,1 0,1 2,4 0,4 2,4 1,2 2,6 0,1 4,3 0,3 2,8 0,2 0,8 0,2 86,6 100,0 2 210 3-4 12,4 8,1 0,2 2,0 0,2 3,0 1,2 1,5 0,0 4,3 0,1 2,8 0,1 1,1 0,1 87,6 100,0 3 299 5 7,9 4,8 0,0 1,0 0,1 1,4 0,9 1,4 0,0 3,1 0,1 1,2 0,2 1,5 0,0 92,1 100,0 1 528 Ensemble 13,8 8,6 0,1 2,2 0,4 2,5 1,2 2,1 0,0 5,1 0,1 3,1 0,1 1,6 0,2 86,2 100,0 9 655 MAMA = Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée. Dans certains pays, cette méthode est classée parmi les méthodes modernes. 1 Soit par elle-même ou conjointement avec d'autres Il semble qu’il existe une relation entre le niveau de participation de la femme à la prise de décisions et la prévalence contraceptive. En effet, plus la femme est impliquée dans les décisions du ménage, plus son recours à la contraception est élevé. La prévalence passe d’un minimum de 10 % parmi celles qui n’ont pris aucune décision à un maximum de 22 % parmi celle qui ont été impliquées dans 5 prises de décisions. Notons également que quel que soit le type moderne ou traditionnel de la contraception, cette relation se vérifie. En effet, 7 % des femmes n’ayant participé à aucune décision utilisent actuellement une méthode moderne. Cette proportion est de11 % parmi celles qui ont pris part à 5 décisions. Par rapport aux raisons justifiant le refus d’une femme d’avoir des rapports sexuels avec son mari, on constate que la prévalence passe de 11 % parmi celles qui considèrent qu’en aucun cas, une femme ne peut refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari à 15 % parmi celles qui considèrent que dans 3-4 situations, une femme a le droit de refuser des rapports sexuels à son mari. II semble donc que ce comportement influe sur le niveau de la prévalence contraceptive. Par contre, en ce qui concerne la prévalence moderne, on ne constate pas de tendance nette. En ce qui concerne le troisième indicateur, on constate que la prévalence passe de 8 % quand la femme considère que dans 5 situations particulières, il est justifié qu’un mari batte sa femme à 19 % quand la femme estime que dans aucun cas, ce comportement est justifié. On constate la même tendance pour les méthodes modernes. 76 | Planification Familiale 5.5 NOMBRE D’ENFANTS À LA PREMIÈRE UTILISATION L'utilisation de la contraception pour la première fois peut, en fonction de la parité atteinte à ce moment-là, répondre à des objectifs différents : retardement de la première naissance si l'utilisation commence lorsque la femme n'a pas encore d'enfant, espacement des naissances si la contraception débute à des parités faibles, ou encore limitation de la descendance lorsque la contraception commence à des parités élevées, c'est-à-dire lorsque le nombre d'enfants désirés est déjà atteint. Le tableau 5.7 présente la répartition des femmes par groupe d'âges et en fonction du nombre d'enfants vivants qu'elles avaient au moment où elles ont utilisé la contraception pour la première fois. Tableau 5.7 Nombre d'enfants à la première utilisation Répartition (en %) des femmes qui ont déjà utilisé un moyen de contraception par nombre d'enfants vivants lors de la première utilisation de la contraception et nombre médian d'enfants à la première utilisation, selon l'âge actuel, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Nombre d'enfants en vie à la première utilisation Âge actuel 0 1 2 3 4+ ND Total Effectif Nombre médian d'enfants à la 1ère utilisation 15-19 83,3 16,1 0,6 0,0 0,0 0,0 100,0 401 - 20-24 43,2 43,8 10,6 1,7 0,0 0,7 100,0 799 0,1 25-29 18,9 44,2 22,9 9,8 3,6 0,5 100,0 754 0,7 30-34 9,9 32,7 21,2 17,9 18,3 0,0 100,0 528 1,3 35-39 5,1 30,9 14,7 12,7 36,1 0,5 100,0 465 1,9 40-44 4,5 22,0 13,8 10,4 46,8 2,4 100,0 360 2,8 45-49 2,8 27,9 12,0 6,8 49,9 0,6 100,0 257 3,0 Ensemble 25,8 34,1 14,6 8,3 16,5 0,6 100,0 3 564 0,7 Sur l'ensemble des femmes utilisatrices, plus du quart (26 %) ont déclaré avoir utilisé pour la première fois une méthode contraceptive alors qu'elles n'avaient pas d'enfant, c'est-à-dire pour retarder une première naissance, 56 % ont commencé alors qu’elles étaient à des parités relativement faibles (1 à 3 enfants) et enfin 17 % ont commencé à des parités élevées (4 enfants et plus). On note qu’environ un tiers des femmes (34 %) ont commencé à utiliser une méthode de contraception après la naissance d’un seul enfant. La proportion des femmes ayant utilisé la contraception alors qu’elles étaient nullipares augmente des générations les plus anciennes aux plus récentes. Elle passe ainsi de 3 % parmi les femmes de 45-49 ans à 43 % parmi les 20-24 ans. De même, le nombre médian d’enfants à la première utilisation varie de 3,0 à 0,1 enfants à 20-24 ans. Ceci est le signe d’une tendance à retarder la venue d’une première naissance dans les générations récentes par rapport aux plus anciennes. 5.6 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE Les analyses précédentes, qu’elles concernent l’utilisation actuelle ou passée, ont montré que la continence périodique est une méthode fréquemment utilisée par les femmes au Burkina Faso, en particulier par les femmes en union (3 %). Or, l'efficacité de cette méthode dépend de la connaissance exacte de la période féconde au cours du cycle menstruel. Pour mesurer le niveau de connaissance des femmes, on leur a donc demandé si elles pensaient, qu'au cours du cycle, il existait une période pendant laquelle elles avaient plus de chance de tomber enceinte et, si oui, à quel moment du cycle se situait cette période. Compte tenu des très nombreuses nuances que peuvent comporter les réponses à cette dernière question, les réponses ont été groupées en trois grandes catégories (tableau 5.8) : Planification Familiale | 77 • connaissance : “ milieu du cycle ” ; • connaissance douteuse : “juste avant le début des règles”, “ juste après la fin des règles ”. Ces réponses sont trop vagues pour pouvoir être considérées comme exactes mais, selon l'idée que se font les femmes du “ juste après la fin ” et du “ juste avant le début ”, elles peuvent correspondre à la période féconde ; • méconnaissance : “ pendant ses règles ”, “pas de période spécifique ”, “ ne sait pas ” ou “autre”. Tableau 5.8 Connaissance de la période féconde Répartition (en %) des femmes qui utilisent la continence périodique, des femmes qui n'utilisent pas la continence périodique et de l'ensemble des femmes selon leur connaissance de la période féconde au cours du cycle menstruel, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Connaissance de la période féconde Utili- satrices de conti- nence pério- dique Non utili- satrices de conti- nence pério- dique Toutes les femmes Juste avant le début des règles 3,1 2,9 2,9 Pendant les règles 1,4 1,5 1,5 Juste après la fin des règles 39,1 28,4 28,6 Entre les règles 47,2 18,5 19,3 Pas de période spécifique 2,5 10,0 9,8 Autre 0,0 0,1 0,1 NSP 6,8 38,5 37,7 ND 0,0 0,1 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 324 12 153 12 477 Le tableau 5.8 indique que près de la moitié des femmes (49 %) n'ont aucune idée de l'existence d'une période particulière ou ne savent pas situer correctement cette période, le tiers (32 %) en ont une connaissance douteuse et seulement une sur cinq (19 %) a une connaissance précise de la période où une femme a le plus de chances de tomber enceinte. Si on se limite aux seules femmes ayant déjà utilisé la continence périodique comme méthode de contraception, et qui doivent en principe connaître leur cycle pour utiliser efficacement cette méthode, leur connaissance de la période de fécondabilité est nettement meilleure (47 %). Cependant, 42 % de ces femmes utilisatrices de la continence périodique n'en ont qu'une connaissance vague et, surtout environ une utilisatrice sur huit (11 %) n’arrivent pas à situer cette période féconde. Il ressort de ces données, que pour que la méthode qui est utilisée amplement par les femmes soit également pratiquée efficacement, un effort réel d’éducation surtout axée sur la bonne connaissance du cycle menstruel s’avère indispensable. Cette stratégie permettra de combler quelque peu les échecs assez fréquents de cette méthode et constituer au besoin une solution palliative pour un grand nombre de femmes qui n’ont pas encore accès aux méthodes modernes. 5.7 SOURCES D'APPROVISIONNEMENT DE LA CONTRACEPTION Pour évaluer la contribution des secteurs médicaux public et privé dans la distribution ou la vente des différentes méthodes modernes de contraception, on a demandé aux utilisatrices d'identifier l'endroit où elles ont obtenu leur méthode (tableau 5.9). 78 | Planification Familiale Tableau 5.9 Source d'approvisionnement Répartition (en %) des utilisatrices actuelles de méthodes contraceptives modernes par source d'approvisionnement ou d'information la plus récente, selon certaines méthodes, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Source d'approvisionnement Pilule Injections Implants Condom masculin Ensemble1 Secteur public 80,1 96,6 96,3 6,1 53,9 Hôpital gouvernemental 6,4 3,9 16,4 1,0 5,4 Centre de santé gouvernemental 65,3 82,4 72,9 3,8 42,7 Dispensaire 7,9 9,8 7,0 1,3 5,4 Poste médical 0,6 0,5 0,0 0,0 0,3 Secteur médical privé 16,5 3,0 3,7 20,1 13,8 Clinique/hôpital privé 1,1 0,9 0,5 0,1 1,0 Centre de santé privé 0,6 0,2 0,4 0,0 0,2 Pharmacie 12,9 0,2 0,0 19,7 11,4 Médecin privé 0,0 0,0 2,8 0,0 0,3 Centre de PF/FISA 1,9 1,7 0,0 0,3 0,9 Autre source 3,1 0,3 0,0 68,5 30,0 Agent DBC 0,3 0,0 0,0 0,0 0,1 Boutique 1,5 0,0 0,0 41,9 18,2 Kiosque 0,0 0,0 0,0 0,7 0,3 Amis, parents 1,2 0,3 0,0 25,8 11,4 Autre 0,3 0,0 0,0 5,1 2,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 252 256 125 518 1 212 1 Y compris 61 autres cas Pour obtenir les méthodes modernes de contraception, plus de la moitié des femmes (54 %) s’adressent au secteur médical public. Une femme sur sept (14 %) s’adresse au secteur médical privé et 30 % à des sources non médicales. Dans le secteur public, ce sont surtout vers les centres de santé que les femmes se dirigent pour obtenir leur méthode (43 %). Dans le secteur privé, elles s’orientent en premier lieu vers la pharmacie (11 %). Quant aux sources non médicales, deux d’entre elles sont privilégiées : il s’agit des boutiques (18 %) et des amis/parents (11 %). Le choix de la structure varie très peu lorsqu’il s’agit de rechercher une méthode moderne. En effet, les femmes s’orientent majoritairement vers le secteur public pour se procurer une méthode moderne. Ainsi, 97 % des femmes qui utilisent les injections, 96 % de celles qui ont recours aux implants et 80 % des utilisatrices de la pilule s’adressent au secteur public, essentiellement les centres de santé, pour se procurer ces méthodes. Par contre le condom masculin est obtenu dans 20 % des cas auprès du secteur privé (essentiellement les pharmacies) et dans 69 % des cas auprès d’autres sources, en particulier dans les boutiques (42 %) et grâce aux amis et parents (25 %). 5.8 INFORMATIONS RELATIVES AUX MÉTHODES CONTRACEPTIVES Au niveau des formations sanitaires, les prestataires de services de planification familiale sont sensés assurer des services complets à leur clientèle en leur donnant le maximum d’informations utiles, entre autres, des informations sur l’éventail des options contraceptives existantes et sur les effets secondaires de la méthode choisie, afin d’identifier des contre-indications éventuelles. L’information sur les effets secondaires a pour but d’aider les femmes à gérer les inconvénients éventuels et à éviter, par-là même, un abandon précoce des méthodes contraceptives adoptées. Les informations données permettent aussi de corriger et de combattre les préjugés concernant les méthodes de contraception. Les résultats sont présentés au tableau 5.10. Planification Familiale | 79 Plus de trois femmes sur cinq (63 %) utilisatrices de méthodes modernes ont été informées des effets secondaires qui pourraient survenir avec l’utilisation de leur méthode. Une même proportion (64 %) a été informée des précautions à prendre contre les effets secondaires. En outre, dans 70 % des cas, on a informé la femme de la possibilité d’utiliser d’autres méthodes. Selon la méthode, les résultats montrent que les femmes qui utilisent les implants ont été plus fréquemment informées des effets secondaires (respectivement, 86 % et 62 %) que celles utilisant le DIU et les injectables (60 %) ou la pilule (54 %). Pour la stérilisation féminine, la proportion est de 56 %. Au niveau des différentes sources des méthodes, on remarque que c’est dans les cliniques de PF (100 %), que l’on informe le plus les femmes, suivies des hôpitaux (75 %), des centres de santé (68 %). C’est dans les pharmacies que ce travail d’information est le moins fréquemment effectué. (23 %). Tableau 5.10 Choix de la méthode et information Pourcentage de femmes utilisatrices de méthodes contraceptives modernes qui ont choisi la méthode actuelle dans les cinq années ayant précédé l'enquête et qui ont été informées des effets secondaires de la méthode utilisée et pourcentage de celles qui ont été informées sur ce qu'il fallait faire en cas d'effets secondaires, et pourcentage de femmes qui ont été informées des autres méthodes de contraception qu'elles pourraient utiliser selon certaines méthodes la source initiale de la méthode et certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Méthode, source et caractéristique Informée des effets secon- daires de la méthode utilisée1 Informée des précautions contre les effets secondaires1 Informée d'autres méthodes qu'elle pourrait utiliser2 Méthode Sterilisation feminine 56,2 56,2 32,3 Pilule 54,1 52,7 65,1 DIU (62,3) (62,3) (56,7) Injectables 60,4 64,7 71,9 Implants 85,5 84,3 83,2 Autres3 na na 16,7 Première source de la méthode Hopital 74,5 72,1 78,7 Centre de santé 68,3 68,8 76,3 Pharmacie 23,3 47,0 59,1 Clinique PF 100,0 100,0 100,0 Autre 20,0 20,4 16,2 Milieu de résidence Ouagadougou 64,7 62,6 68,7 Autres villes 65,8 66,2 73,6 Rural 59,8 62,5 67,4 Niveau d'instruction Aucune instruction 62,0 64,1 69,9 Primaire/ Alphabét. 64,2 62,7 67,6 Secondaire ou plus 62,6 63,4 70,8 Quintile de bien-être Le plus pauvre 68,3 76,1 76,3 Second 54,5 59,0 75,3 Moyen 60,0 63,6 61,5 Quatrième 68,0 67,0 73,5 Le plus riche 63,2 62,7 69,5 Ensemble 62,7 63,6 69,5 Effectif 690 690 694 ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés na = Non applicable 1 Non compris les utilisatrices du condom et des autres méthodes modernes 2 Non compris les utilisatrices du condom 3 Les autres méthodes comprennent le condom féminin, le diaphragme et les méthodes vaginales 80 | Planification Familiale Suivant le milieu de résidence et le niveau d’instruction, les différences sont très faibles. On retrouve ces mêmes variations pour chacune des questions qui ont été posées aux femmes concernant les informations sur les méthodes contraceptives. 5.9 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION On a demandé aux femmes qui n'utilisaient pas la contraception au moment de l'enquête, si elles avaient l'intention d'utiliser une méthode dans l'avenir. Le tableau 5.11 fournit la distribution des femmes en union selon l'intention d'utiliser une méthode de contraception dans le futur. Près de trois femmes en union sur cinq (58 %) qui n'utilisaient pas une méthode contraceptive au moment de l'enquête ont déclaré avoir l'intention de le faire dans l'avenir. Par contre, plus du quart (29 %) ont déclaré ne pas avoir l'intention d'utiliser une méthode dans le futur et dans 12 % des cas, les femmes étaient indécises. Par ailleurs, selon le nombre d’enfants, on constate qu’un peu plus de la moitié des femmes nullipares (53 %) ont déclaré avoir l'intention d'utiliser une méthode de planifica- tion familiale. Cette proportion augmente et passe à 58 % chez les femmes ayant 1 enfant et à 60 % à 2 enfants. Il faut ajouter qu’une femme nullipare sur trois (32 %) n’a pas du tout l’intention d’utiliser la contraception. Tableau 5.11 Utilisation future Répartition (en %) des femmes actuellement en union n'utilisant pas actuellement de méthode, par intention d'utiliser une méthode dans l'avenir, selon le nombre d'enfants vivants, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Nombre d'enfants vivants Intention 0 1 2 3 4 ou + Ensemble A l'intention d'utiliser 52,5 58,3 60,2 63,0 57,0 58,4 Incertaine 15,4 13,9 13,1 11,1 10,8 12,1 N'a pas l'intention d'utiliser 31,9 27,8 26,6 25,9 32,1 29,4 ND 0,3 0,0 0,2 0,1 0,1 0,1 Total1 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 624 1 380 1 446 1 354 3 520 8 325 1 Y compris la grossesse actuelle 5.10 RAISON DE NON UTILISATION DE LA CONTRACEPTION Aux femmes non utilisatrices de la contraception qui ont déclaré ne pas avoir l'intention de l'utiliser dans l'avenir, on a demandé quelle en était la raison. Les données du tableau 5.12 indiquent que, dans 50 % des cas, les femmes ont cité des raisons relatives à la fécondité, essentiellement le désir d’avoir d’autres enfants et, dans une moindre mesure, des rapports sexuels peu fréquents ou même l’absence de rapports sexuels. Pour près d’une femme sur cinq (17 %), l’opposition à l’utilisation de méthodes contraceptives explique sa décision, que l’opposition vienne de son conjoint (7 %) ou d’elle-même (7 %). Les raisons relatives à la méthode ont été citées par 14 % des femmes, essentiellement la peur des effets secondaires (6 %) et dans 4 % des cas, les femmes ont cité les problèmes de santé. Enfin, pour 10 % des femmes, la décision de ne pas utiliser la contraception est liée au manque de connaissance : 6 % ont déclaré ne pas connaître un endroit où se procurer une méthode et 4 % ne connaissent aucune méthode. Les résultats selon l’âge des femmes laissent apparaître des divergences : les femmes les plus âgées ont cité plus fréquemment que les plus jeunes des raisons relatives à la fécondité (60 % contre 31 %), en particulier les raisons liées à la ménopause/hystérectomie (15 % comme 0 %), à la stérilité (18 % contre 3 %) et, par contre, elles ont été proportionnellement moins nombreuses que les plus jeunes à citer les autres raisons telles que celles liées à l’opposition à l’utilisation (14 % contre 25 %), celles relatives à la méthode (13 % contre 18 %) et même celles liées au manque de connaissance (7 % contre 14 %). Planification Familiale | 81 Tableau 5.12 Raison pour ne pas avoir l'intention d'utiliser la contraception Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui n'utilisent pas actuellement une méthode et qui n'ont pas l'intention d'en utiliser une dans l'avenir, par principale raison pour laquelle elles n'ont pas l'intention d'utiliser la contraception, selon l'âge, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Âge Raison 15-29 30-49 Ensemble Raisons relatives à la fécondité 30,9 60,2 50,2 Rapports sexuels peu fréquents 6,0 12,6 10,4 Ménopause/hystérectomie 0,0 14,5 9,6 Sous-féconde/inféconde 2,5 18,0 12,7 Veut plus d'enfants 22,3 15,0 17,5 Opposée à l'utilisation 24,7 13,5 17,3 Enquêtée opposée 8,8 5,3 6,5 Mari opposé 12,1 4,6 7,2 Autres opposés 0,1 0,0 0,0 Interdits religieux 3,6 3,6 3,6 Manque de connaissance 14,2 7,4 9,7 Ne connaît aucune méthode 6,6 2,5 3,9 Ne connaît aucune source 7,5 4,9 5,8 Raisons associées à la méthode 18,0 12,6 14,4 Problèmes de santé 3,7 4,1 3,9 Peur des effets secondaires 10,0 4,1 6,1 Manque d'accès 0,8 0,6 0,7 Coûte trop cher 2,6 2,4 2,5 Utilisation gênante 0,5 0,4 0,4 Interfère avec le fonctionnement du corps 0,3 1,1 0,8 Autre 1,0 1,2 1,1 NSP 11,4 5,1 7,2 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 837 1 612 2 449 5.11 MÉTHODE PRÉFÉRÉE Pour évaluer la demande potentielle des différents types de méthodes contraceptives, on a demandé aux femmes en union ayant l'intention d'utiliser la contraception dans l'avenir, de spécifier la méthode de leur choix. Il ressort des données du tableau 5.13 que les méthodes modernes sont les plus fréquemment citées, en particulier les injections (36 %) et la pilule (27 %). La stérilisation féminine n’est citée que dans moins d’un pour cent des cas. Parmi les méthodes traditionnelles, la continence périodique est la méthode la plus citée (2 %). En outre, on ne constate pas de variation importante selon l’âge. 82 | Planification Familiale Tableau 5.13 Méthode contraceptive future préférée Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui n'utilisent pas actuellement une méthode mais qui ont l'intention d'en utiliser une dans l'avenir, par méthode préférée, selon l'âge, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Âge Méthode 15-29 30-49 Ensemble Méthode moderne Stérilisation féminine 0,0 1,1 0,5 Stérilisation masculine 0,1 0,0 0,0 Pilule 28,4 25,2 27,0 DIU 1,1 1,5 1,3 Injectables 37,9 33,7 36,0 Implants 11,4 14,7 12,8 Condom 1,2 1,1 1,2 Condom féminin 0,1 0,0 0,0 Mousse/gelée 0,0 0,0 0,0 Méthode traditionnelle Continence périodique 2,5 2,3 2,4 Retrait 0,1 0,0 0,0 MAMA 0,2 0,0 0,1 NSP/Pas sûre 16,9 20,4 18,5 ND 0,1 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 663 2 198 4 861 MAMA = Méthode de l'allaitement maternel et de l'aménorrhée. Dans certains pays, cette méthode est classée parmi les méthodes modernes. 5.12 SOURCES D'INFORMATION SUR LA CONTRACEPTION L'information constitue un moyen indispensable pour sensibiliser la population à la planification familiale ; elle constitue aussi un support important pour vulgariser et développer la pratique contraceptive. Dans cette optique, on a demandé à l'ensemble des femmes et des hommes si elles/ils avaient entendu un message quelconque sur la planification familiale à la radio ou à la télévision durant le mois ayant précédé l'enquête (tableau 5.14). Les données du tableau 5.14.1 et 5.14.2 révèlent que durant le mois précédant l'enquête, près d’une femme sur deux (47 %) et près de deux hommes sur cinq (38 %) n'ont entendu aucun message, ni à la radio, ni à la télévision, ni vu de message dans les journaux et magazines. À l’opposé, environ la moitié des femmes (50 %) et 60 % des hommes ont déclaré avoir entendu un message sur la planification familiale à la radio au cours du mois précédant l'enquête. Chez les hommes comme chez les femmes, on constate d'importantes disparités selon les caractéristiques socio-démographiques. En premier lieu, les résultats montrent que les femmes du milieu urbain et les femmes les plus instruites sont celles qui sont le plus fréquemment exposées aux médias. À l’opposé, en milieu rural et parmi les femmes sans instruction, plus de la moitié (55 % dans les deux cas) n’ont eu accès à aucun des trois médias. Planification Familiale | 83 Tableau 5.14.1 Exposition des femmes aux messages sur la planification familiale Pourcentage de femmes qui, au cours des douze mois précédant l'enquête, ont entendu à la radio, vu à la télévision ou dans un journal ou une revue un message sur la planification familiale selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Radio Télévision Journeaux/ magazines Aucun de ces trois media Effectif Âge 15-19 42,0 24,5 7,6 52,2 2 776 20-24 53,3 23,8 10,5 43,9 2 274 25-29 53,5 20,4 8,2 44,3 2 073 30-34 50,5 15,9 5,6 48,3 1 580 35-39 53,5 16,6 4,1 45,0 1 524 40-44 51,8 15,4 4,1 45,9 1 201 45-49 46,0 11,3 4,3 52,8 1 049 Milieu de résidence Ouagadougou 65,1 64,0 30,0 21,2 1 418 Autres villes 72,1 58,3 22,5 21,1 1 279 Ensemble urbain 68,4 61,3 26,4 21,1 2 697 Rural 44,6 8,1 1,5 54,7 9 780 Niveau d'instruction Aucune instruction 44,4 10,8 1,2 54,5 8 941 Primaire/Alphabét. 60,6 29,3 10,6 35,0 2 451 Secondaire ou plus 69,1 70,3 45,6 17,8 1 085 Quintile de bien-être Le plus pauvre 26,9 3,4 0,7 72,7 2 190 Second 48,8 5,4 0,7 50,8 2 290 Moyen 48,2 7,7 1,1 51,2 2 972 Quatrième 51,7 12,6 3,0 47,4 2 058 Le plus riche 67,5 59,5 24,9 22,5 2 967 Ensemble 49,7 19,6 6,9 47,4 12 477 Comme pour les femmes, ce sont les hommes (tableau 5.14.2) les plus instruits et ceux du milieu urbain qui ont eu le plus accès à l’information. Toutefois, les proportions de ceux qui n’ont été exposés à aucun média sont plus faibles que pour les femmes. Les messages sur la planification familiale ne semblent donc pas atteindre la population en général. 84 | Planification Familiale Tableau 5.14.2 Exposition des hommes aux messages sur la planification familiale Pourcentage d’hommes qui, au cours des douze mois précédant l'enquête, ont entendu à la radio, vu à la télévision ou dans un journal ou une revue un message sur la planification familiale selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Radio Télévision Journeaux/ magazines Aucun de ces trois media Effectif Âge 15-19 40,3 26,0 10,8 55,6 877 20-24 64,8 34,8 20,5 32,8 563 25-29 61,6 32,6 17,8 35,2 438 30-34 74,6 40,7 23,5 24,3 404 35-39 71,1 38,5 20,1 27,2 370 40-44 69,2 22,5 8,2 29,3 294 45-49 64,5 21,5 8,4 33,8 262 50-54 62,0 23,3 14,0 37,6 226 55-59 54,8 10,3 1,3 44,9 171 Milieu de résidence Ouagadougou 77,7 68,4 47,2 15,9 464 Autres villes 75,5 69,1 39,2 19,6 403 Ensemble urbain 76,7 68,7 43,5 17,6 867 Rural 54,6 17,2 5,9 44,1 2 738 Niveau d'instruction Aucune instruction 51,4 15,6 3,1 47,9 1 844 Primaire/ Alphabét. 63,9 29,1 12,4 33,1 1 153 Secondaire ou plus 78,0 73,0 55,5 15,7 608 Quintile de bien-être Le plus pauvre 37,5 6,5 1,6 61,5 593 Second 52,1 10,5 3,1 47,0 704 Moyen 58,6 17,7 5,7 40,4 792 Quatrième 65,1 28,9 11,7 34,2 564 Le plus riche 77,5 68,4 41,5 16,1 952 Ensemble 59,9 29,6 14,9 37,8 3 605 Au tableau 5.15, figurent les résultats concernant le contact des non utilisatrices de la contraception avec des agents de la planification familiale. Dans 87 % des cas, les femmes ont déclaré ne pas avoir discuté de planification familiale avec un agent au cours des douze mois ayant précédé l’enquête. Quelles que soient les caractéristiques socio-démographiques, ces proportions sont très élevées et on ne constate pas de variations importantes. On relève aussi que seulement 9 % des femmes non utilisatrices ont été visitées par un agent de terrain et ont discuté de planification familiale ; cependant, dans certaines régions (données présentées au tableau D.5.15, en annexe D), comme celles du Nord (19 %), du Centre-Nord (16 %) et du Centre-Est (14 %), ces proportions sont plus élevées que la moyenne nationale. Les femmes de 30- 44 ans ont plus fréquemment reçu une visite d’un agent du planification familiale que les autres femmes. En outre, 6 % des femmes se sont rendues dans un centre de santé et y ont discuté de PF, en particulier les femmes de la région des Cascades (11 %). Enfin, plus d’un quart des femmes s’est rendu dans un centre de santé mais n’y a pas discuté de PF ; on note que cette proportion est relativement élevée dans le Centre (39 %). Planification Familiale | 85 Tableau 5.15 Contact des non-utilisatrices de la contraception avec des agents de planification familiale Pourcentage des non-utilisatrices de la contraception qui ont été contactées par un agent de terrain qui lui a parlé de planification familiale, qui ont visité un service de santé mais qui n'ont pas parlé des méthodes de planification familiale, au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Femme visitée par agent de terrain et discuté de PF Femme ayant été au Centre de santé et discuté PF Femme ayant été au Centre de santé et pas discuté PF N'a pas discuté de PF avec un agent de terrain Effectif Âge 15-19 5,2 2,7 17,7 92,8 2 535 20-24 9,4 6,7 28,8 86,0 1 856 25-29 9,4 8,4 33,8 84,1 1 730 30-34 10,2 6,0 29,1 84,6 1 316 35-39 12,0 7,4 28,3 83,1 1 305 40-44 11,8 4,7 25,6 85,1 1 034 45-49 9,3 4,3 16,5 88,4 960 Milieu de résidence Ouagadougou 6,4 8,3 39,0 87,7 984 Autres villes 6,0 7,9 34,7 87,2 905 Ensemble urbain 6,2 8,1 37,0 87,5 1 889 Rural 9,6 5,1 23,1 86,8 8 847 Région Ouagadougou 6,4 8,3 39,0 87,7 984 Boucle du Mouhoun 9,1 5,0 21,1 86,9 794 Centre (Sans Ouaga.) 7,3 7,9 39,0 86,7 204 Centre-Sud 5,6 3,4 17,3 92,7 690 Plateau Central 3,2 2,2 23,6 94,7 586 Centre-Est 14,2 9,5 34,1 80,1 984 Centre-Nord 15,7 5,7 22,1 80,4 906 Centre-Ouest 8,6 4,5 28,7 88,6 809 Est 4,4 6,1 19,1 90,3 786 Nord 19,3 5,5 17,3 77,7 1 025 Cascades 10,3 11,2 19,2 80,2 344 Hauts-Bassins 3,6 5,9 32,0 90,9 1 363 Sahel 7,9 1,8 19,2 91,2 814 Sud-Ouest 6,3 2,4 22,5 91,7 448 Niveau d'instruction Aucune instruction 8,4 4,7 22,9 88,0 8 036 Primaire/ Alphabét. 11,5 8,1 31,0 82,9 2 021 Secondaire ou plus 9,2 9,3 41,1 85,1 679 Quintile de bien-être Le plus pauvre 8,3 3,4 17,1 89,1 2 030 Second 10,1 4,9 20,3 86,4 2 055 Moyen 9,7 5,6 24,6 86,2 2 693 Quatrième 9,6 6,2 29,9 86,2 1 842 Le plus riche 7,3 8,0 36,2 86,7 2 116 Ensemble 9,0 5,6 25,6 86,9 10 736 86 | Planification Familiale 5.13 DISCUSSION DE LA PLANIFICATION FAMILIALE AVEC LE CONJOINT La discussion de la planification familiale avec le conjoint peut être un élément décisif pour la pratique de la contraception. L'enquête s'est donc penchée sur cette question, car le rôle joué par l'époux peut influencer grandement la décision de la femme. Il ressort des résultats présentés au tableau 5.16 qu'au cours des 12 mois ayant précédé l'enquête, 64 % des femmes en union et connaissant une méthode contraceptive n'ont jamais discuté de planification familiale avec leur conjoint. Plus d’une femme sur trois (36 %) a déclaré avoir abordé le sujet avec son conjoint : 20 % en ont discuté une ou deux fois seulement tandis que 16 % en ont parlé souvent (plus de deux fois) au cours des douze derniers mois avant l'enquête. Tableau 5.16 Discussion de la planification familiale avec le mari Répartition (en %) de femmes et d'hommes actuellement en union qui connaissent une méthode contraceptive en fonction du nombre de fois qu'ils ont discuté de planification familiale avec leur conjoint, au cours de l'année passée, selon l'âge actuel, EDSBF- III Burkina Faso 2003 Femmes Hommes Âge actuel Jamais Un ou deux Trois ou plus Manquant Total Effectif Jamais Un ou deux Trois ou plus Manquant Total Effectif 15-19 70,1 17,0 12,3 0,7 100,0 742 * * * * 100,0 6 20-24 63,0 20,9 15,7 0,4 100,0 1 719 68,8 16,7 14,5 0,0 100,0 129 25-29 58,8 22,2 17,8 1,2 100,0 1 822 51,6 20,7 27,3 0,3 100,0 223 30-34 62,8 19,2 17,4 0,5 100,0 1 409 38,1 28,6 32,7 0,6 100,0 303 35-39 63,2 21,8 14,9 0,2 100,0 1 333 49,5 17,0 33,5 0,0 100,0 317 40-44 65,2 18,8 15,8 0,2 100,0 997 49,4 21,2 27,8 1,5 100,0 238 45-49 71,0 17,2 11,4 0,4 100,0 831 59,3 13,8 26,0 1,0 100,0 211 50-54 - - - - - - 61,4 13,3 24,8 0,4 100,0 176 55-59 - - - - - - 68,9 16,0 14,4 0,7 100,0 146 Ensemble 63,7 20,1 15,6 0,6 100,0 8 851 53,4 19,1 26,9 0,6 100,0 1 748 * Basé sur trop peu de cas non pondérés Selon l’âge, les proportions varient très peu. Cependant, on constate que globalement plus les femmes sont âgées et moins elles abordent ce sujet avec leur époux. Chez les hommes, plus de la moitié (53 %) a déclaré n’avoir jamais discuté de ce sujet avec son épouse ; dans moins d’un cas sur cinq (19 %), ils en ont discuté une ou deux fois et 27 % en ont discuté souvent, c’est-à-dire au moins trois fois. On observe par ailleurs, la même tendance avec l’âge : les proportions d’hommes ayant déclaré avoir parlé de ce sujet avec leur épouse diminuent avec l’âge. 5.14 OPINION DES COUPLES FACE À LA PLANIFICATION Lors de l'enquête, on a posé la question suivante aux femmes et aux hommes : «En général, est-ce que vous approuvez ou désapprouvez les couples qui utilisent une méthode pour éviter une grossesse ? ». Cette question a permis de déterminer l'opinion des couples en matière de planification familiale (tableau 5.17). Dans près de la moitié des couples (48 %), les conjoints ont la même opinion : 44 % approuvent la contraception et 4 % la désapprouvent. On notera que quelles que soient les caractéristiques socio-démographiques, lorsque les opinions des couples divergent, les cas dans lesquels la femme approuve et l’homme désapprouve (13 %) sont nettement plus fréquents que les cas contraires (moins d’un pour cent). Planification Familiale | 87 Tableau 5.17 Opinion des couples face à la planification familiale Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui connaissent une méthode de planification familiale (PF), selon qu'elles approuvent la planification familiale et selon leur perception de l’opinion de leur mari, concernant la planification familiale par certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Enquêtée approuve la planification familiale Enquêtée désapprouve la planification familiale Caractéristiques socio-démographiques Mari approuve Mari désap- prouve Opinion du mari non connu/ ND Mari approuve Mari désap- prouve Opinion du mari non connu/ ND Enquêtée incertaine Total1 Effectif Âge actuel 15-19 36,9 11,5 32,8 0,3 6,9 4,5 7,2 100,0 742 20-24 47,9 10,3 31,5 0,4 3,6 1,9 4,4 100,0 1 719 25-29 49,5 13,5 26,0 0,7 3,5 1,8 5,0 100,0 1 822 30-34 44,3 14,7 30,8 0,8 2,3 2,9 4,2 100,0 1 409 35-39 43,9 13,5 30,3 0,9 3,1 3,1 5,2 100,0 1 333 40-44 39,8 13,7 31,4 0,8 4,1 3,2 7,1 100,0 997 45-49 37,8 10,3 35,1 0,5 6,1 2,9 7,4 100,0 831 Milieu de résidence Ouagadougou 68,9 7,2 13,9 2,0 2,7 1,3 4,0 100,0 686 Autres villes 62,4 9,8 18,1 1,0 3,9 2,3 2,5 100,0 765 Ensemble urbain 65,5 8,6 16,1 1,4 3,4 1,8 3,2 100,0 1 450 Rural 40,1 13,4 33,3 0,5 3,9 2,9 5,9 100,0 7 401 Niveau d'instruction Aucune instruction 39,8 12,9 33,7 0,5 4,1 3,0 5,9 100,0 6 818 Primaire/ Alphabét. 53,5 13,1 23,1 1,0 3,5 1,9 4,0 100,0 1 621 Secondaire ou plus 81,6 6,0 7,3 1,2 0,8 0,2 2,7 100,0 412 Quintile de bien-être Le plus pauvre 36,9 12,5 36,2 0,4 4,0 3,0 7,1 100,0 1 548 Second 39,0 12,0 36,5 0,2 3,1 3,1 6,0 100,0 1 804 Moyen 40,8 15,2 31,2 0,7 3,5 2,2 6,5 100,0 2 273 Quatrième 42,5 13,6 31,3 0,6 5,5 3,4 3,1 100,0 1 557 Le plus riche 63,3 9,0 17,2 1,3 3,4 1,9 3,9 100,0 1 669 Ensemble 44,3 12,6 30,5 0,6 3,8 2,7 5,4 100,0 8 851 1 Y compris les informations manquantes Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 89 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AUX RISQUES DE GROSSESSE 6 Youssouf Langani En plus de la contraception, différents facteurs affectent le comportement procréateur des femmes et jouent un rôle déterminant sur le niveau de la fécondité : il s'agit de la nuptialité, de l'activité sexuelle, de l'aménorrhée et de l'abstinence post-partum. Le chapitre qui suit porte sur ces principaux déterminants. 6.1 ÉTAT MATRIMONIAL Le mariage ou plus généralement l'union constitue le cadre privilégié de l'activité sexuelle et de la procréation au Burkina Faso. Chez les femmes, le caractère quasi-universel de l'union fait du célibat définitif un phénomène marginal. L'union constitue ainsi un des facteurs les plus importants sanctionnant le début de l'exposition au risque de grossesse. Dans le cadre de l'EDSBF-III, le terme union s'applique à l'ensemble des femmes et des hommes qui se sont déclarés mariés ou vivant maritalement avec une/un partenaire. Entrent donc dans cette catégorie, aussi bien les mariages civils, religieux et coutumiers, que les unions de fait. Les femmes qui ne sont ni en union, ni veuves, ni séparées ou divorcées, constituent le groupe des célibataires. Les mêmes définitions s’appliquent aux hommes. Le tableau 6.1 présente la répartition des femmes et des hommes selon leur état matrimonial au moment de l'enquête. La majorité des femmes (77 %) étaient en union au moment de l'enquête : 69 % étaient mariées et 9 % vivaient en union consensuelle. Le célibat concernait 19 % des femmes ; de plus, la proportion de femmes en rupture d’union était de 4 % : 2 % des femmes étaient veuves, 1 % étaient séparées et moins de 1 % étaient divorcées. Tableau 6.1 Etat matrimonial actuel Répartition (en %) des femmes et des hommes par état matrimonial actuel, selon l'âge, EDSBF-III Burkina Faso 2003 État matrimonial Groupe d'âges Célibataire Mariée Vivant ensemble Divorcé(e) Séparé(e) Veuf(ve) Total Effectif FEMMES 15-19 67,7 27,1 4,5 0,2 0,4 0,0 100,0 2 776 20-24 16,1 70,1 11,7 0,4 1,3 0,4 100,0 2 274 25-29 3,2 82,5 11,5 0,3 1,7 0,8 100,0 2 073 30-34 1,0 88,1 7,5 0,4 1,5 1,6 100,0 1 580 35-39 0,4 84,9 8,7 0,4 2,1 3,5 100,0 1 524 40-44 0,1 80,4 11,2 0,6 1,6 6,1 100,0 1 201 45-49 0,1 80,7 8,1 0,5 1,7 9,0 100,0 1 049 Ensemble 18,7 68,6 8,8 0,4 1,4 2,2 100,0 12 477 HOMMES 15-19 98,9 1,1 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 877 20-24 71,9 23,3 3,3 0,3 1,2 0,0 100,0 563 25-29 40,2 53,0 4,9 0,4 1,4 0,0 100,0 438 30-34 11,7 79,1 6,9 0,4 0,8 1,2 100,0 404 35-39 4,8 87,3 3,7 0,6 3,3 0,3 100,0 370 40-44 0,8 93,9 3,9 0,3 0,9 0,2 100,0 294 45-49 1,7 91,3 4,4 0,2 2,1 0,3 100,0 262 50-54 1,4 92,9 1,6 2,4 0,8 0,9 100,0 226 55-59 0,6 93,8 3,6 0,3 0,4 1,3 100,0 171 Ensemble 42,3 52,7 3,2 0,4 1,1 0,3 100,0 3 605 90 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse Entre 1993 et 2003, on constate une augmentation des proportion de femmes célibataires : de 14 %, la proportion est passée à 19 % (graphique 6.1). À l’opposé, la proportion de femmes en union est passée de 84 % à 77 %. Chez les hommes, plus de la moitié était en union au moment de l’enquête (56 %) : 53 % étaient mariés et 3 % vivaient en union consensuelle. Plus de deux hommes sur cinq étaient célibataires (42 %), soit une proportion nettement supérieure à celle des femmes (19 %). On constate que les proportions de femmes célibataires diminuent considérablement avec l’âge, passant de 68 % à 15-19 ans à 3 % à 25-29 ans et à 1 % à 30-34 ans (graphique 6.1). Au-delà de 35 ans, la proportion de femmes encore célibataires devient négligeable. La vie en union est donc un phénomène quasi-universel chez les femmes Burkinabé. Inversement, la proportion de femmes mariées ou vivant avec un homme augmente avec l’âge : elle passe de 32 % à 15-19 ans à 82 % à 20- 24 ans, pour atteindre son maximum à 30-34 ans (96 %). Au-delà de 35 ans, la proportion baisse avec l’avancement en âge alors que les proportions de veuves et de séparées/divorcées deviennent de plus en plus importantes. En ce qui concerne les hommes, les résultats montrent, comme chez les femmes, mais de façon moins rapide, une diminution des proportions de célibataires avec l’âge. À 15-19 ans, la quasi- totalité des hommes est célibataire (99 %) et deux sur cinq (40 %) le sont encore à 25-29 ans contre 3 % des femmes du même groupe d’âges. Au-delà de 30 ans, le célibat décline considérablement, passant de 12 % à 30-34 ans à 2 % à 45-49 ans. À l’opposé, la proportion des hommes en union passe de 27 % à 20-24 ans à 96 % à 45-49 ans. 6.2 POLYGAMIE Parmi les femmes en union, on a distingué celles qui vivent en union monogame de celles en union polygame, c'est-à-dire celles dont les maris ou conjoints ont plusieurs épouses1. Le tableau 6.2 présente la répartition des femmes en union polygame selon le nombre de co-épouses et selon 1 Au Burkina Faso, le Code des Personnes et de la Famille (CPF), promulgué en 1990, autorise officiellement la pratique de la polygamie. Graphique 6.1 Proportion de femmes célibataires par âge, selon différentes sources 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 Groupes d'âges 0 10 20 30 40 50 60 70 80 Pourcentage EDSBF-I 1993 EDSBF-II 1998-99 EDSBF-III 2003 Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 91 certaines caractéristiques socio-démographiques. Au Burkina Faso, la polygamie est une pratique répandue puisqu’elle touche 48 % des femmes en union. On constate, en outre, que la proportion de femmes ayant, au moins, une co-épouse augmente régulièrement avec l’avancement en âge, passant de 36 % à 20-24 ans à 54 % à 30-34 ans et à 61 % à 45-49 ans. Par ailleurs, la proportion de femmes en union polygame est bien plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (52 % contre 28 %). Les résultats selon les régions montrent que la proportion de femmes en union polygame varie d’un maximum de 67 % dans la région du Centre-Ouest à un minimum de 38 % dans le Sahel. D’autre part, on constate que le niveau d’instruction influe de manière importante sur ce type d’union ; la polygamie est plus fréquente chez les femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction. Les proportions de femmes en union polygame varient de 53 % chez celles qui n’ont pas d’instruction à 39 % chez celles qui ont un niveau primaire ou qui sont alphabétisées et à seulement 11 % chez celles qui ont un niveau secondaire ou plus. Tableau 6.2 Nombre de co-épouses et d’épouses Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union par nombre de co-épouses et d’épouses, selon certaines caractéristiques soci-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique 0 1 2+ Total1 Effectif 1 2+ Total Effectif Âge 15-19 69,6 21,8 8,6 100,0 878 * * 100,0 10 20-24 64,2 24,7 11,2 100,0 1 861 98,2 1,8 100,0 150 25-29 58,2 28,0 13,6 100,0 1 949 91,9 8,1 100,0 254 30-34 46,0 35,7 18,2 100,0 1 510 83,2 16,8 100,0 347 35-39 41,0 34,5 24,5 100,0 1 427 70,6 29,4 100,0 337 40-44 36,1 35,1 28,7 100,0 1 100 59,2 40,8 100,0 287 45-49 38,9 34,7 26,4 100,0 931 63,4 36,6 100,0 251 50-54 - - - - - 48,6 51,4 100,0 213 55-59 - - - - - 42,9 57,1 100,0 166 Milieu de résidence Ouagadougou 80,5 10,8 8,7 100,0 694 94,3 5,7 100,0 205 Autres villes 64,1 24,3 11,6 100,0 774 81,5 18,5 100,0 172 Ensemble urbain 71,8 17,9 10,2 100,0 1 468 88,5 11,5 100,0 377 Rural 47,9 32,6 19,3 100,0 8 187 66,4 33,6 100,0 1 639 Région Ouagadougou 80,5 10,8 8,7 100,0 694 94,3 5,7 100,0 205 Boucle du Mouhoun 46,8 32,1 21,2 100,0 729 64,7 35,3 100,0 157 Centre (Sans Ouaga.) 59,5 18,8 21,6 100,0 192 77,3 22,7 100,0 38 Centre-Sud 52,5 29,4 18,1 100,0 573 75,0 25,0 100,0 125 Plateau Central 47,6 31,8 20,6 100,0 481 66,6 33,4 100,0 100 Centre-Est 54,5 29,3 16,0 100,0 819 69,8 30,2 100,0 154 Centre-Nord 39,1 36,6 24,2 100,0 913 59,3 40,7 100,0 161 Centre-Ouest 32,9 31,4 35,5 100,0 680 55,9 44,1 100,0 108 Est 58,6 28,6 12,8 100,0 809 79,0 21,0 100,0 177 Nord 47,6 37,4 15,1 100,0 1 007 66,6 33,4 100,0 179 Cascades 42,4 33,0 24,5 100,0 314 60,3 39,7 100,0 67 Hauts Bassins 50,7 32,0 17,2 100,0 1 224 62,4 37,6 100,0 263 Sahel 61,8 28,7 9,5 100,0 747 76,5 23,5 100,0 176 Sud-Ouest 50,9 34,6 14,5 100,0 472 71,2 28,8 100,0 107 Niveau d'instruction Aucune instruction 47,4 32,6 20,0 100,0 7 540 66,7 33,3 100,0 1 201 Primaire/ Alphabét. 60,9 26,0 12,9 100,0 1 699 70,6 29,4 100,0 612 Secondaire ou plus 88,8 8,7 2,5 100,0 416 92,8 7,2 100,0 202 Quintile de bien-être Le plus pauvre 59,9 29,7 10,4 100,0 1 826 75,3 24,7 100,0 367 Second 49,9 34,6 15,5 100,0 1 959 66,5 33,5 100,0 436 Moyen 44,3 33,1 22,4 100,0 2 476 65,9 34,1 100,0 466 Quatrième 40,9 31,6 27,4 100,0 1 699 59,5 40,5 100,0 320 Le plus riche 65,9 21,1 13,0 100,0 1 694 83,7 16,3 100,0 427 Ensemble 51,6 30,4 18,0 100,0 9 655 70,5 29,5 100,0 2 016 1 Y compris les non déclarés. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. 92 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse Les résultats selon l’indice de bien être économique du ménage ne font pas apparaître d’écarts très importants; par exemple, dans les ménages les plus riches, 34 % des femmes sont polygames contre 40 % dans les ménages les plus pauvres. Le tableau 6.2 présente également les résultats concernant les hommes. On constate que plus d’un quart des hommes en union ont déclaré avoir plusieurs épouses (30 %). Comme chez les femmes, la fréquence de la polygamie augmente avec l’âge, les proportions de polygames passant de 2 % à 20 -24 ans, à 17 % à 30-34 ans et à 51 % à 50-54 ans. Les résultats selon le milieu de résidence font apparaître des différences importantes (34 % en milieu rural contre 12 % en milieu urbain). Selon les régions, on constate que c’est dans la région de l’Est que la proportion d’hommes vivant en union polygame est la plus faible (21 %) et dans celle du Centre-Ouest qu’elle est la plus élevée (44 %). Par ailleurs, comme chez les femmes, le niveau d’instruction influence le niveau de la polygamie, cette pratique étant plus fréquente chez les hommes sans instruction (33%) que chez les autres (29 % chez ceux ayant un niveau primaire ou étant alphabétisés et 7 % chez ceux ayant un niveau secondaire ou plus). Entre les hommes sans instruction et ceux qui ont un niveau primaire, les proportions de polygames ne sont pas très importantes ; par contre, entre ces hommes et ceux de niveau d’instruction secondaire ou plus, on constate un écart assez important. 6.3 ÂGE À LA PREMIÈRE UNION Compte tenu de la relation assez étroite entre l'âge à la première union et le début de la vie féconde, il est important d'étudier le calendrier de la primo-nuptialité. Les tableaux 6.3 et 6.4 présentent les proportions de femmes et d’hommes déjà en union à différents âges, ainsi que les âges médians à la première union en fonction de l'âge actuel. Tableau 6.3 Âge à la première union Pourcentage de femmes et d’hommes non-célibataires par âge exact et âge médian à la première union, selon l'âge actuel, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Pourcentage selon l'âge exact au 1er mariage: Âge actuel 15 18 20 22 25 Pourcentage de célibataires Effectif Âge médian au 1er mariage FEMMES 15-19 4,2 na na na na 67,7 2 776 a 20-24 5,2 51,9 75,6 na na 16,1 2 274 17,9 25-29 8,4 58,5 79,6 88,9 95,0 3,2 2 073 17,7 30-34 7,2 59,3 82,7 90,9 95,6 1,0 1 580 17,7 35-39 7,1 61,2 84,8 93,0 96,6 0,4 1 524 17,6 40-44 5,9 59,0 83,6 92,3 96,0 0,1 1 201 17,7 45-49 5,9 57,5 82,2 92,2 95,4 0,1 1 049 17,7 20-49 6,7 57,5 80,7 89,2 92,9 4,7 9 701 17,7 25-49 7,1 59,2 82,3 91,2 95,7 1,2 7 427 17,7 HOMMES 15-19 0,0 na na na na 98,9 877 a 20-24 0,7 4,7 10,7 na na 71,9 563 a 25-29 0,3 2,0 7,8 19,5 46,0 40,2 438 a 30-34 0,0 2,2 8,3 21,7 41,1 11,7 404 25,8 35-39 0,0 7,3 13,9 29,9 48,4 4,8 370 25,2 40-44 0,0 4,2 11,7 24,3 46,6 0,8 294 25,2 45-49 0,0 5,5 15,3 30,2 43,8 1,7 262 25,6 50-54 0,0 4,2 9,5 na na 1,4 226 25,8 55-59 0,0 9,4 17,1 33,7 46,2 0,6 171 25,4 30-59 0,0 5,1 12,2 27,0 44,6 4,4 1 727 25,5 na = Non applicable a = Non calculés parce que moins de 50 % des femmes du groupe d'âges x à x+4 sont en union à l'âge x. Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 93 On peut noter que l’âge d’entrée en première union des femmes Burkinabé est assez précoce2 : en effet, à 18 ans, plus de la moitié (59 %) des femmes âgées de 25-49 ans avaient déjà contracté une union et la quasi-totalité (91 %) était déjà mariée à 22 ans. L’âge médian d’entrée en première union des femmes de 25-49 ans est estimé à 17,7 ans. De plus, des générations les plus anciennes aux plus récentes, on ne constate aucune modification de cet âge d’entrée en première union : l’âge médian étant pratiquement le même quelle que soit la génération. Les enquêtes précédentes avaient pratiquement déterminé le même âge médian (17,6 ans à l’EDSBF-II en 1998/99 et 17,5 ans à l’EDSBF-I de 1993). Ce qui signifie qu’il n’y a pas eu d’évolution dans le calendrier de 1993 à 2003. Tableau 6.4 Âge médian à la première union Âge médian à la première union des femmes de 20-49 ans et des hommes de 30-59 ans, par âge actuel et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Âge actuel Caractéristique socio-démographique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Âge 20-49 Âge 25-49 Hommes âge 30-59 Milieu de résidence Ouagadougou a 20,5 20,3 18,5 19,7 20,2 a 20,0 a Autres villes 20,0 18,8 19,0 17,7 17,6 17,6 18,6 18,1 29,8 Ensemble urbain a 19,8 19,6 18,0 18,4 18,7 19,6 19,0 a Rural 17,6 17,5 17,6 17,6 17,6 17,7 17,6 17,6 25,4 Région Ouagadougou a 20,5 20,3 18,5 19,7 20,2 a 20,0 a Boucle du Mouhoun 17,8 17,6 17,7 17,8 17,5 17,5 17,6 17,6 25,2 Centre (Sans Ouaga.) 19,1 19,0 18,5 17,8 18,7 18,7 18,6 18,5 28,9 Centre-Sud 17,5 17,5 17,4 17,5 18,0 18,0 17,6 17,7 26,4 Plateau Central 18,4 17,9 17,9 18,0 18,1 19,1 18,0 18,0 26,9 Centre-Est 18,3 18,2 18,9 17,6 18,8 17,9 18,2 18,2 23,6 Centre-Nord 17,6 17,5 17,6 17,7 17,8 17,8 17,6 17,6 26,5 Centre-Ouest 18,5 17,8 17,9 17,9 17,7 17,7 17,9 17,8 27,9 Est 17,3 17,1 17,2 17,1 17,6 17,2 17,2 17,2 25,2 Nord 17,8 17,7 17,8 17,8 17,8 18,8 17,8 17,8 26,8 Cascades 17,8 17,5 17,3 17,0 16,9 16,8 17,3 17,2 26,4 Hauts-Bassins 18,2 17,8 17,7 17,4 17,5 17,6 17,7 17,6 27,0 Sahel 16,3 15,8 16,2 16,3 15,7 15,9 16,0 15,9 22,7 Sud-Ouest 17,5 16,8 16,6 16,5 17,0 16,3 16,9 16,7 23,5 Niveau d'instruction Aucune instruction 17,6 17,5 17,6 17,6 17,6 17,7 17,6 17,6 25,4 Primaire/Alphabét. 18,4 17,9 17,9 17,7 17,9 18,4 18,0 17,9 25,9 Secondaire ou plus a 22,7 23,5 23,2 21,4 23,2 a 23,0 a Quintile de bien-être Le plus pauvre 17,2 17,3 17,4 17,3 17,6 17,5 17,4 17,4 25,3 Second 17,6 17,4 17,5 17,5 17,7 17,6 17,5 17,5 25,5 Moyen 17,6 17,6 17,6 17,8 17,8 17,8 17,7 17,7 25,1 Quatrième 17,9 17,7 17,7 17,6 17,7 17,7 17,7 17,7 25,4 Le plus riche a 19,4 19,3 17,9 18,0 18,4 19,3 18,7 29,2 Ensemble 17,9 17,7 17,7 17,6 17,7 17,7 17,7 17,7 26,2 Note : L’âge médian n’est pas calculé pour les femmes de 15-19 ans et les hommes de 15-24 ans parce que certains d’entre eux peuvent encore avoir leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre 20 ans pour les femmes et 25 ans pour les hommes. a = Non calculés parce que moins de 50 % des femmes du groupe d'âges x à x+4 sont en union à l'âge x. 2 Au Burkina Faso, le Code des Personnes et de la Famille (CPF) fixe l’âge d’entrée en union à 17 ans pour les filles et à 20 ans pour les garçons. 94 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse Les hommes entrent en première union à un âge beaucoup plus tardif que les femmes (âge médian de 25,5 ans contre 17,7 ans). Parmi les hommes de 30-59 ans, seulement 12 % étaient déjà en première union à 20 ans et, à 25 ans, 55 % ne l’étaient toujours pas. Comme chez les femmes, mais de façon beaucoup plus nette, on ne constate aucune modification de cet âge d’entrée en première union. En effet, l’âge médian se situe autour de 25,5 ans quelle que soit la génération. Le calendrier de la primo-nuptialité des femmes Burkinabé varie selon le milieu de résidence (tableau 6.4 et graphique 6.2), les femmes du milieu urbain entrant légèrement plus tard en union (19 ans) que celles du milieu rural (17,6 ans). Selon les régions, l’âge médian varie d’un maximum de 18,5 ans dans celle du Centre à un minimum de 15,9 ans dans celle du Sahel. Le niveau d’instruction influence aussi l’âge d’entrée en première union des femmes : plus elles sont instruites, plus elles entrent en union à un âge tardif (17,6 ans pour les femmes sans instruction contre 23 ans pour celles ayant un niveau secondaire ou plus). En outre, les femmes des ménages les plus riches entrent en union un peu plus tard que les autres (18,7 ans contre 17,4 ans pour les plus pauvres). En ce qui concerne l’âge médian des hommes à la première union, les résultats montrent qu’il varie de façon importante selon le milieu de résidence puisque, pour les hommes de 30-59 ans, il est de 25,4 ans en milieu rural alors que moins de 50 % des hommes du même groupe d’âges ne sont pas encore en union en milieu urbain. Selon la région, il passe d’un minimum de 22,7 ans dans celle du Sahel à un maximum de 27,9 ans dans celle du Centre-Ouest et 28,9 ans dans celle du Centre (non compris Ouagadougou). S’agissant du niveau de bien-être du ménage, on constate que les plus riches entrent plus tardivement en union (29,2 ans) que les autres (âge médian avoisinant 25 ans). 6.4 ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS En tant que déterminant de la fécondité, l'âge aux premiers rapports sexuels est tout aussi important que l'âge à la première union, les rapports sexuels n'ayant pas forcément lieu dans le cadre exclusif de l'union. Pour cette raison, on a demandé aux personnes enquêtées, l'âge auquel elles avaient eu, pour la première fois, des rapports sexuels. Aux tableaux 6.5 et 6.6 figurent les proportions Graphique 6.2 Âge médian des femmes et des hommes à la première union EDSBF-III 2003 17.7 20 18.1 17.6 17.6 17.9 23 26.2 29.8 25.4 25.4 25.9 BURKINA FASO RÉSIDENCE Ouagadougou Autres villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou plus 15 17 19 21 23 25 27 29 31 33 35 Âge (en années) Femmes Hommes Note: Femmes de 25-49 ans et hommes de 30-59 ans. Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 95 de femmes et d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels à différents âges et l'âge médian aux premiers rapports sexuels. En atteignant 18 ans, 63 % des femmes de 20-49 ans ont déjà eu des rapports sexuels. Cette proportion atteint 89 % à 22 ans. L’âge médian aux premiers rapports sexuels chez les femmes âgées de 20-49 ans est estimé à 17,5 ans. Cet âge est pratiquement identique à celui de l’âge d’entrée en union (17,7 ans), ce qui semble indiquer que les premiers rapports sexuels ont lieu en général, au moment de la première union. Par ailleurs, des générations les plus anciennes aux plus récentes, on ne constate pas de modification de l’âge aux premiers rapports sexuels : l’âge médian étant de 17,7 ans pour les femmes des générations les plus anciennes et de 17,5 ans pour celles des générations les plus récentes. Tableau 6.5 Âge aux premiers rapports sexuels Pourcentage de femmes et d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels par âge exact et âge médian aux premiers rapports sexuels, selon l'âge actuel, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Pourcentage ayant déjà eu des rapports sexuels à l’âge exact de : Âge actuel 15 18 20 22 25 Pourcentage n'ayant jamais eu de rapports sexuels Effectif Âge médian aux premiers rapports sexuels FEMMES 15-19 7,3 na na na na 51,6 2 776 a 20-24 7,1 62,0 83,2 na na 5,3 2 274 17,5 25-29 9,6 64,1 82,9 89,3 93,0 0,6 2 073 17,4 30-34 8,6 63,4 81,5 88,3 90,8 0,1 1 580 17,5 35-39 8,4 63,8 82,8 88,9 90,9 0,0 1 524 17,5 40-44 6,8 63,1 83,7 88,9 91,0 0,0 1 201 17,6 45-49 5,7 58,5 80,3 88,2 90,5 0,0 1 049 17,7 20-49 7,9 62,7 82,5 89,1 91,3 1,4 9 701 17,5 25-49 8,1 63,0 82,3 88,8 91,4 0,2 7 427 17,5 HOMMES 15-19 4,7 na na na na 73,8 877 a 20-24 2,5 31,8 57,3 na na 23,6 563 19,2 25-29 4,4 26,2 44,8 63,6 85,3 9,4 438 20,4 30-34 3,2 22,5 40,0 64,5 81,3 2,4 404 20,6 35-39 0,2 22,0 38,4 62,2 77,8 0,5 370 20,6 40-44 0,5 12,4 27,4 54,6 71,2 0,0 294 20,9 45-49 0,4 15,7 31,9 55,4 67,4 0,4 262 21,0 50-54 1,4 12,8 25,3 na na 0,5 226 21,6 55-59 0,0 15,2 31,1 53,8 64,8 0,6 171 21,3 25-59 1,8 19,4 35,8 59,4 75,7 2,6 2 165 20,8 na = Non applicable a = Non calculés parce que moins de 50 % des femmes du groupe d'âges x à x+4 ont eu leurs premiers rapports sexuels à l'âge x. Entre l’EDSBF-I de 1993 et l’EDSBF-III de 2003, l’âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 20-49 ans n’a pratiquement pas changé puisqu’il était de 17,3 ans en 1993 et de 17,5 ans à l’EDSBF-III. Chez les hommes, on constate qu’en atteignant 18 ans, 19 % avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels ; à l’âge de 22 ans, cette proportion est de 59 % et à 25 ans, plus des trois quarts (76 %) ont déjà eu leurs premiers rapports sexuels. Ces proportions sont plus faibles que celles observées chez les femmes. À l’inverse des femmes, on constate un léger rajeunissement de l’âge aux 96 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse premiers rapports sexuels au fil des générations : l’âge médian étant de 21,3 ans parmi les 55-59 ans, de 20,4 ans chez les 25-29 ans et de 19,2 ans parmi les hommes âgés de 20-24 ans. L'âge médian aux premiers rapports sexuels est inférieur à l’âge d’entrée en première union. À l’inverse des femmes qui commencent leurs premiers rapports sexuels pratiquement au moment de la première union, les hommes ont leurs premiers rapports sexuels 4,7 ans avant d’entrer en première union. En ce qui concerne les différences socio-démographiques, les données du tableau 6.6 et du graphique 6.3 ne font pas apparaître de variations importantes selon le milieu de résidence ; l’âge médian aux premiers rapports sexuels étant de 17,5 ans en milieu rural et de 18 ans en milieu urbain. Par contre selon la région, les écarts sont importants, l’âge médian aux premiers rapports sexuels variant de 16,0 ans au Sahel à 18,0 ans au Centre (sans Ouagadougou). Les résultats selon le niveau d’instruction montrent que, comme pour l’entrée en première union, plus les femmes ont de l’instruction, plus l’âge aux premiers rapports sexuels est tardif : de 17,5 ans pour les femmes sans instruction, cet âge médian est de 17,6 ans pour les femmes ayant un niveau primaire ou étant alphabétisées et de 19,5 ans pour celles ayant un niveau secondaire ou plus. Il faut souligner que c’est parmi les femmes de Ouagadougou, du milieu urbain et de celles qui ont un niveau secondaire ou plus, que l’écart entre l’âge médian d’entrée en première union et l’âge médian aux premiers rapports sexuels est le plus important. Chez les hommes, les résultats ne font pas apparaître non plus de différence selon le milieu de résidence : en effet, parmi ceux de 25-59 ans, l’âge médian est de 20,9 ans en rural contre 20,3 ans en urbain. Selon la région, cet âge médian aux premiers rapports sexuels varie d’un minimum de 20,1 ans dans la région du Sahel à un maximum de 24,9 ans dans la région du Centre-Ouest. Du point de vue du niveau d’instruction, on ne constate pas chez les hommes de façon aussi nette que chez les femmes, une tendance au vieillissement de l’âge aux premiers rapports sexuels au fur et à mesure que le niveau d’instruction s’élève : en effet, les hommes sans instruction et ceux qui ont un niveau primaire ont leurs premiers rapports sexuels à 20,8 ans et 20,9 ans contre 19,4 ans pour ceux qui ont un niveau secondaire ou plus. Graphique 6.3 Âge médian des femmes à la première union et aux premiers rapports sexuels EDSBF-III 2003 17.7 20.0 18.1 17.6 17.6 17.9 23.0 17.5 18.6 17.7 17.5 17.5 17.6 19.5 BURKINA FASO RÉSIDENCE Ouagadougou Autres villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou plus 15.0 17.0 19.0 21.0 23.0 Âge (en années) 1ère union 1ers rapports sexuels Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 97 Tableau 6.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels Âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 20-49 ans et des hommes de 25-59 ans, par âge actuel et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Âge actuel Caractéristiques socio-démographiques 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Âge 20-49 Âge 25-49 Hommes âge 25-59 Milieu de résidence Ouagadougou 18,7 18,8 18,9 17,7 18,9 19,0 18,6 18,6 20,0 Autres villes 17,9 17,9 17,9 17,4 17,5 17,6 17,7 17,7 20,6 Ensemble urbain 18,4 18,4 18,3 17,6 18,1 18,2 18,2 18,0 20,3 Rural 17,3 17,3 17,5 17,5 17,5 17,7 17,4 17,5 20,9 Région Ouagadougou 18,7 18,8 18,9 17,7 18,9 19,0 18,6 18,6 20,0 Boucle du Mouhoun 17,4 16,6 17,5 17,4 17,1 17,5 17,3 17,2 20,5 Centre (Sans Ouaga.) 18,1 18,0 17,9 17,8 18,2 19,0 18,0 18,0 22,1 Centre-Sud 17,3 17,2 17,3 17,3 17,8 18,0 17,4 17,5 20,4 Plateau Central 17,8 17,7 17,8 18,0 18,0 18,6 17,9 17,9 20,6 Centre-Est 18,0 18,0 18,2 17,2 17,5 17,7 17,8 17,7 21,5 Centre-Nord 17,4 17,5 17,6 17,8 17,7 17,8 17,6 17,6 20,9 Centre-Ouest 17,7 17,7 17,8 17,8 17,7 17,7 17,7 17,7 24,9 Est 17,4 17,3 17,3 17,4 17,8 17,6 17,4 17,4 23,9 Nord 17,2 17,4 17,5 17,6 17,7 18,1 17,5 17,6 20,4 Cascades 17,0 16,6 16,8 17,0 16,5 16,5 16,8 16,7 20,6 Hauts-Bassins 17,5 17,2 17,5 17,3 17,3 17,6 17,4 17,4 20,5 Sahel 16,4 15,9 16,1 16,4 15,8 16,1 16,2 16,0 20,1 Sud-Ouest 17,0 16,7 16,6 16,4 16,7 15,9 16,6 16,5 20,9 Niveau d'instruction Aucune instruction 17,3 17,3 17,4 17,5 17,5 17,7 17,4 17,5 20,8 Primaire/Alphabét. 17,7 17,5 17,7 17,6 17,6 17,8 17,6 17,6 20,9 Secondaire ou plus 18,9 19,2 20,4 18,9 18,9 22,2 19,3 19,5 19,4 Quintile de bien-être Le plus pauvre 17,1 17,2 17,3 17,3 17,5 17,5 17,3 17,3 22,2 Second 17,4 17,3 17,5 17,5 17,6 17,7 17,5 17,5 20,9 Moyen 17,3 17,3 17,5 17,7 17,7 17,8 17,5 17,6 20,8 Quatrième 17,4 17,3 17,4 17,4 17,5 17,7 17,5 17,5 20,7 Le plus riche 18,4 18,2 18,1 17,6 17,7 17,9 18,0 17,9 20,2 Ensemble 17,5 17,4 17,5 17,5 17,6 17,7 17,5 17,5 20,8 Note : L’âge médian n’est pas calculé pour les femmes de 15-19 ans et les hommes de 15-24 ans parce que certains d’entre eux peuvent encore avoir leurs premiers rapports sexuels avant d’atteindre 20 ans pour les femmes et 25 ans pour les hommes. 6.5 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE La fréquence des rapports sexuels est un facteur déterminant de l'exposition au risque de grossesse, surtout dans une société où la prévalence de la contraception moderne reste faible, comme c'est le cas au Burkina Faso. Le tableau 6.7 présente les données sur l’activité sexuelle des femmes au moment de l’enquête. Un peu moins de deux femmes sur cinq (39 %) sont considérées comme étant sexuellement actives au moment de l'enquête, car elles ont déclaré avoir eu, au moins une fois, des rapports sexuels durant les quatre semaines ayant précédé l'enquête. 98 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse Tableau 6.7 Activité sexuelle récente Répartition (en %) des femmes par activité sexuelle la plus récente, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Derniers rapports sexuels Caractéristique socio-démographique Au cours des 4 dernières semaines Au cours de la dernière année1 Il y a un an ou plus ND Jamais eu de rapports sexuels Total Effectif Âge 15-19 24,4 18,1 4,3 1,6 51,6 100,0 2 776 20-24 43,1 35,0 12,9 3,8 5,3 100,0 2 274 25-29 42,9 35,2 15,9 5,5 0,6 100,0 2 073 30-34 43,1 34,6 17,2 4,9 0,1 100,0 1 580 35-39 45,3 29,0 21,3 4,4 0,0 100,0 1 524 40-44 43,4 27,3 25,2 4,0 0,0 100,0 1 201 45-49 40,1 24,1 33,0 2,8 0,0 100,0 1 049 État matrimonial Célibataire 11,0 17,0 4,8 0,2 67,0 100,0 2 337 En union 47,3 32,0 16,5 4,2 0,0 100,0 9 655 En rupture d’union 7,4 23,5 58,2 10,8 0,0 100,0 485 Durée de l’union 0-4 ans 53,2 32,5 9,4 4,8 0,0 100,0 1 976 5-9 ans 45,9 34,2 14,6 5,2 0,0 100,0 1 763 10-14 ans 45,0 34,1 16,7 4,2 0,0 100,0 1 495 15-19 ans 43,4 33,3 18,8 4,5 0,0 100,0 1 159 20-24 ans 48,0 27,7 20,9 3,4 0,0 100,0 1 069 25 ans et + 45,0 27,4 24,5 3,1 0,0 100,0 1 044 Mariee plus d'une fois 47,7 31,4 17,7 3,2 0,0 100,0 1 149 En rupture d’union 10,4 18,1 14,0 2,0 55,5 100,0 2 822 Milieu de résidence Ouagadougou 38,9 25,0 10,2 3,0 22,9 100,0 1 418 Autres villes 42,8 26,7 11,1 1,4 18,0 100,0 1 279 Ensemble urbain 40,8 25,8 10,6 2,2 20,6 100,0 2 697 Rural 38,4 29,7 17,4 4,1 10,3 100,0 9 780 Niveau d'instruction Aucune instruction 39,6 29,4 17,8 4,1 9,1 100,0 8 941 Primaire/ Alphabét. 38,7 27,7 12,4 3,4 17,9 100,0 2 451 Secondaire ou plus 34,2 26,3 9,1 1,8 28,6 100,0 1 085 Méthode contraceptive Stérilisation * * * * * * 12 Pilule 79,6 17,4 2,5 0,1 0,5 100,0 252 DIU (76,0) (16,8) (6,4) (0,8) (0,0) (100,0) 45 Condon 57,6 39,9 2,2 0,3 0,0 100,0 518 Continence periodique 61,4 25,0 13,3 0,2 0,0 100,0 324 Autre méthode 55,7 27,1 15,1 2,1 0,0 100,0 590 Aucune méthode 35,3 28,8 17,1 4,2 14,6 100,0 10 736 Quintile de bien-être Le plus pauvre 36,9 31,0 18,1 4,0 10,0 100,0 2 190 Second 39,2 29,5 17,6 4,7 9,0 100,0 2 290 Moyen 38,1 28,8 17,6 4,1 11,4 100,0 2 972 Quatrième 39,3 29,5 16,9 4,3 10,0 100,0 2 058 Le plus riche 40,9 26,3 10,7 2,1 20,1 100,0 2 967 Ensemble 38,9 28,8 15,9 3,7 12,6 100,0 12 477 1 Non compris les femmes qui ont eu des rapports sexuels au cours des quatre dernières semaines. * Basé sur trop peu de cas non pondérés. ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés. La proportion de femmes sexuellement actives au moment de l’enquête augmente avec l’âge, passant d’un minimum de 24 % à 15-19 ans à un maximum de 45 % à 35-39 ans. Parmi les femmes célibataires, 11 % étaient sexuellement actives au cours des quatre semaines ayant précédé l’enquête. Les données du tableau 6.7 ne font pas apparaître de variations importantes selon le milieu de résidence ; 41 % des femmes du milieu urbain sont sexuellement actives contre 38 % en milieu rural. Par ailleurs, 40 % des femmes qui n'ont aucun niveau d'instruction sont sexuellement actives contre 34 % de celles de niveau secondaire ou plus. Cet écart n’est pas directement dû au niveau d’instruction mais à la différence de structure de ces deux populations de femmes, la population des Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 99 femmes sans instruction étant une population plus âgée que celles des femmes instruites. Les résultats selon l’indice de bien-être du ménage ne font pas apparaître d’écarts importants. Enfin, on constate que l'activité sexuelle est associée à l'utilisation des méthodes contraceptives modernes. Les femmes utilisatrices d’une méthode contraceptive moderne efficace sont sexuellement plus actives que celles qui n’utilisent aucune méthode (plus des trois quarts des utilisatrices de la pilule (80 %) contre seulement 35 % de celles qui n'utilisent aucune méthode). 6.6 EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Après la naissance d'un enfant, l'exposition au risque de grossesse dépend, entre autres facteurs, du retour de l'ovulation et de l'abstinence sexuelle, ou abstinence post-partum. Le temps écoulé entre l'accouchement et le retour de l'ovulation qui constitue l'aménorrhée post-partum, est estimé ici par la longueur de l'intervalle qui sépare la naissance d'un enfant et le retour des règles. Par ailleurs, sa durée peut être influencée par l'intensité, la fréquence et la durée de l'allaitement au sein. L’examen de ces facteurs, dans cette section, permet d'identifier les femmes non-susceptibles d'être exposées au risque de grossesse et d'évaluer la durée de la non-susceptibilité. Une femme est considérée comme non-susceptible d'être exposée au risque de grossesse quand elle n'a pas repris les rapports sexuels depuis la dernière naissance (elle ne peut pas tomber enceinte), ou quand elle est en aménorrhée post-partum, ce qui signifie que ses risques de tomber enceinte sont minimes si elle reprend ses relations sexuelles sans couverture contraceptive. La non-susceptibilité se définit comme la période pendant laquelle une femme n'est pratiquement pas soumise au risque de grossesse par suite d'aménorrhée et/ou d'abstinence post-partum. Les données du tableau 6.8 se rapportent aux naissances des 3 dernières années dont la mère est encore en aménorrhée, en abstinence post-partum et donc non-susceptible d'être exposée au risque de grossesse, selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance. La distribution de la proportion de naissances selon le mois écoulé depuis la naissance est analogue à la série des survivants (Sx) d'une table de mortalité. Le tableau comporte également les durées médiane et moyenne de l'aménorrhée, de l'abstinence et de la non-susceptibilité. Au Burkina Faso, pratiquement les deux tiers des femmes (65 %) restent en aménorrhée jusqu’à 11 mois et seulement 29 % le sont à 20 mois et 16 % à 24 mois. Au-delà de 30 mois, la proportion de femmes dont le retour de l'ovulation ne s'est pas encore produit, varie entre 3 % et 7 %. La durée médiane de l’aménorrhée post-partum est de 14,9 mois et, sa valeur moyenne se situe à 16,2 mois. Ces niveaux observés sont légèrement inférieurs à ceux de 1998-99 (durée médiane de 15,9 mois et valeur moyenne de 17,5 ans). La durée, l'intensité et la fréquence de l'allaitement exclusif qui agissent sur le retour de l'ovulation (Voir Chapitre 9 - Nutrition), expliquent, en partie, ces durées relativement longues. Traditionnellement, l'abstinence post-partum est pratiquée au Burkina Faso pendant une longue période : près de la moitié des femmes (49 %) n’avaient pas encore repris les rapports sexuels 12 mois après la naissance de leur dernier enfant. La durée médiane de l'abstinence post-partum est de 12,5 mois et sa valeur moyenne est de 15,9 mois. Par rapport à la dernière enquête, on note un raccourcissement sensible de la durée moyenne de l’abstinence post-partum (18,4 mois en 1998-99). Par conséquent, la période de non-susceptibilité dure en moyenne 20,4 mois et la moitié des femmes qui viennent d'accoucher ne courent pratiquement pas de risque de tomber enceinte pendant 19,9 mois (durée médiane). 100 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse Tableau 6.8 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum Pourcentage de naissances des trois années ayant précédé l’enquête dont les mères sont en aménorrhée, en abstinence et en non-susceptibilité post-partum, par nombre de mois écoulés depuis la naissance, et durées médiane et moyenne, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Pourcentage de naissances dont les mères sont en : Nombre de mois depuis la naissance Aménorrhée post-partum Abstinence post-partum Non susceptibilité post-partum Effectif de naissances < 2 98,6 94,4 99,7 337 2-3 89,6 81,7 95,1 411 4-5 84,7 69,2 92,5 409 6-7 83,8 67,7 91,6 389 8-9 79,2 61,4 86,7 341 10-11 65,3 58,9 77,8 352 12-13 52,8 49,0 66,6 393 14-15 54,0 42,4 68,0 364 16-17 46,2 43,9 61,2 348 18-19 36,3 42,2 56,4 366 20-21 28,9 31,6 43,2 291 22-23 23,6 31,5 41,9 240 24-25 15,5 21,4 32,0 394 26-27 11,6 23,3 26,5 325 28-29 9,5 19,8 24,0 337 30-31 6,5 13,7 15,9 342 32-33 6,1 18,5 20,2 260 34-35 2,9 8,0 9,3 301 Ensemble 46,6 44,9 58,3 6 200 Médiane 14,9 12,5 19,9 na Moyenne 16,2 15,9 20,4 na Note : Les estimations sont basées sur le statut au moment de l’enquête. na = Non applicable Le tableau 6.9 présente les durées médianes d'aménorrhée, d'abstinence post-partum et de non-susceptibilité de tomber enceinte selon certaines caractéristiques socio-démographiques des femmes. On constate que ces durées varient avec l’âge de la femme. Bien entendu, la durée de non- susceptibilité est totalement dépendante de la durée de l'aménorrhée et de l'abstinence. Les durées sont plus longues pour les femmes de 30 ans ou plus (17,5 mois pour l’aménorrhée, 16,0 mois pour l’abstinence et 22,0 mois pour la non-susceptibilité) que pour celles de moins de 30 ans (respectivement, 12,5 mois, 10,8 mois et 18,4 mois). Selon le milieu de résidence, c’est en rural que les durés sont les plus longues. En particulier, la durée d’abstinence y est plus de deux fois plus longue qu’en urbain (13,6 mois contre 6,0 mois) et la durée d’aménorrhée y est de 16,1 mois et 9,8 mois. Par ailleurs dans les régions, mis à part Ouagadougou, la durée médiane de l’aménorrhée post-partum varie d’un minimum de 11,8 mois dans les Hauts-Bassins à un maximum de 17,8 mois dans celle de l’Est. La durée médiane de l’abstinence, quant à elle, varie d’un minimum de 2,4 mois dans la région du Sahel à un maximum de 24,7 mois dans celle du Centre-Est. Le niveau d'instruction agit également sur l’aménorrhée et l’abstinence, et donc sur la non-susceptibilité. Des femmes sans instruction aux femmes de niveau secondaire ou plus, la durée médiane de l’aménorrhée post-partum varie de 16,1 mois à 7,7 mois, celle de l’abstinence de 13,0 mois à 6,8 mois et enfin, celle de la non- susceptibilité de 20,8 mois à 9,3 mois. On observe la même tendance en ce qui concerne l’indice de bien-être caractérisée par une diminution des durées médianes quand l’indice de bien-être du ménage s’améliore. Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse | 101 Tableau 6.9 Durée médiane de la non-susceptibilité post-partum par caractéristiques socio-démographiques Nombre médian de mois d’aménorrhée, d’abstinence et de non-susceptibilité post- partum, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Aménorrhée post-partum Abstinence post-partum Non- susceptibilité postpartum Effectif de naissances Âge 15-29 12,5 10,8 18,4 3 645 30-49 17,5 16,0 22,0 2 554 Milieu de résidence Ouagadougou 8,9 4,1 10,2 337 Autres villes 10,3 7,9 14,3 440 Ensemble urbain 9,8 6,0 11,6 778 Rural 16,1 13,6 20,7 5 422 Région Ouagadougou 8,9 4,1 10,2 337 Boucle du Mouhoun 14,0 8,7 18,2 472 Centre (Sans Ouaga.) 14,6 19,4 22,6 131 Centre-Sud 12,5 15,0 21,7 322 Plateau Central 16,2 19,7 21,3 320 Centre-Est 16,0 24,7 25,1 517 Centre-Nord 15,6 13,9 21,2 614 Centre-Ouest 15,5 21,5 22,5 435 Est 17,8 20,4 20,8 500 Nord 17,0 10,4 19,1 738 Cascades 14,1 12,2 19,9 193 Hauts-Bassins 11,8 8,0 15,9 823 Sahel 17,5 2,4 17,6 482 Sud-Ouest 15,9 19,6 21,7 315 Niveau d'instruction Aucune instruction 16,1 13,0 20,8 4 847 Primaire/ Alphabét. 13,2 14,0 18,3 1 121 Secondaire ou plus 7,7 6,8 9,3 232 Quintile de bien-être Le plus pauvre 19,2 13,1 21,9 1 180 Second 15,4 13,4 21,3 1 322 Moyen 16,1 13,2 20,8 1 654 Quatrième 14,3 15,1 19,0 1 152 Le plus riche 10,1 6,1 12,6 891 Ensemble 14,9 12,5 19,9 6 200 Note : Les médianes sont basées sur le statut actuel. 102 | Nuptialité et Exposition aux Risques de Grossesse 6.7 MÉNOPAUSE Le tableau 6.10 présente la fin d'exposition au risque de grossesse pour les femmes de 30-49 ans. Il indique la proportion de femmes en ménopause, c’est à dire la proportion des femmes actuellement en union qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée post-partum, mais qui n'ont pas eu de règles pendant au moins six mois avant l'enquête ou qui se sont déclarées en ménopause. L’incidence de la ménopause chez les femmes de 30-49 ans est de 10 % et augmente rapidement avec l'âge : elle passe de 1 % à 30-34 ans, 22 % à 44-45 ans, pour atteindre 47 % à 48-49 ans. On peut constater qu’aux âges où généralement, les femmes sont encore fécondes, une proportion non négligeable s’est déclarée en ménopause : 14 % à 42-43 ans, 22 % à 44-45 ans et 33 % à 46-47 ans. Tableau 6.10 Ménopause Pourcentage de femmes de 30-49 qui ne sont pas enceintes, qui ne sont pas en aménorrhée post-partum et qui sont en ménopause, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Âge Pourcentage en ménopause1 Effectif 30-34 1,3 1 580 35-39 1,5 1 524 40-41 6,5 584 42-43 13,6 453 44-45 21,9 492 46-47 32,7 379 48-49 46,5 341 Ensemble 10,0 5 354 1 Pourcentage de toutes les femmes qui ne sont pas enceintes et qui ne sont pas en aménorrhée post-partum dont les dernières règles ne se sont pas produites dans les six mois ou plus ayant précédé l’enquête. Préférences en Matière de Fécondité | 103 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ 7 Tinga Sinaré L'objectif des questions sur les préférences en matière de fécondité est d’évaluer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité et de mesurer les besoins futurs en matière de contraception, non seulement, pour espacer, mais aussi pour limiter les naissances. Le sujet a été abordé dans l’EDSBF-III par le biais de questions relatives au désir de la femme d'avoir ou non des enfants supplémentaires dans l'avenir, au délai d'attente avant d'avoir le prochain enfant et enfin au nombre total d'enfants désirés. Rappelons que les données sur les attitudes et les opinions vis-à-vis de la procréation ont toujours été un sujet de controverse. En effet, certains chercheurs pensent que les réponses aux questions sur les préférences en matière de fécondité soit reflètent des points de vue éphémères qui sont exprimés sans beaucoup de conviction, ou ne tiennent pas compte de l’effet des pressions sociales ou des attitudes des autres membres de la famille, particulièrement de celles du mari, qui peuvent avoir une grande influence sur les décisions en matière de reproduction. De plus, ces données sont obtenues à partir d’un échantillon de femmes de différents âges et vivant des moments différents de leur histoire génésique. Pour les femmes en début d’union, les réponses sont liées à des objectifs à moyen ou long terme dont la stabilité et la valeur prédictive sont incertaines. Pour les femmes en fin de vie féconde, les réponses sont inévitablement influencées par leur histoire génésique. Malgré les problèmes d’interprétation concernant l’analyse des données sur les préférences en matière de fécondité, les résultats présentés dans ce chapitre peuvent aider à expliquer les facteurs qui affectent la fécondité au Burkina Faso, où la prévalence contraceptive demeure faible et où les niveaux de la fécondité restent très élevés. L’analyse qui suit, porte exclusivement sur les femmes et les hommes en union au moment de l’enquête. 7.1 DÉSIR D'ENFANTS (SUPPLÉMENTAIRES) Le désir d’avoir ou non des enfants (supplémentaires) dans l’avenir est généralement lié à l’âge de la femme, au nombre d’enfants actuellement en vie de celle-ci ou du couple. Une série de questions a été posée à l’EDSBF-III aux femmes et aux hommes actuellement en union pour obtenir des informations sur les attitudes quant au désir d’espacer leur prochaine naissance ou au désir de ne plus avoir d’enfants. Les résultats sont présentés au Tableau 7.1 et au graphique 7.1 selon le nombre d’enfants vivants (y compris la grossesse actuelle) au moment de l’enquête. Près d’une femme sur quatre (23 %) a répondu qu’elle ne désirait plus d’enfants tandis que plus de 7 femmes sur 10 (71 %) en voulaient davantage. On peut noter que, parmi les femmes qui ont déclaré qu’elles désiraient avoir des enfants (supplémentaires) dans l’avenir, la majorité (47 %) voulait espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. Au total donc, 70 % des femmes – celles ne voulant plus d’enfants (23 %) plus celles désirant espacer pour une période d’au moins deux ans (47 %) – peuvent être considérées comme des candidates potentielles à la planification familiale. En ce qui concerne le désir d’espacer pour une période d’au moins deux ans, les niveaux sont très proches de ceux enregistrés dans le cadre de l’EDSBF-I de 1993 (45 % de femmes) et de l’EDSBF-II de 1998-99 (45 %). Par contre, si la proportion des femmes ayant déclaré ne plus vouloir d’enfants est restée relativement stable entre 1993 (19 %) et 1998-99 (20 %), elle a sensiblement augmenté au cours de la période récente (23 % en 2003). 104 | Préférences en Matière de Fécondité Tableau 7.1 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d'enfant survivants Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union par désir d'enfants supplémentaires, selon le nombre d'enfants vivants, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Nombre d'enfants vivants1 Désir d'enfants 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble FEMMES Veut un autre Veut autre bientôt2 86,1 24,7 21,4 19,0 14,3 10,5 5,4 20,9 Veut autre plus tard3 7,9 66,5 65,5 59,0 47,8 37,2 17,9 46,6 Veut un autre, NSP quand 3,0 5,5 3,8 3,4 3,4 2,3 1,8 3,4 Indécise 0,4 0,8 1,8 2,9 4,4 8,0 4,8 3,3 N'en veut plus 0,7 1,1 5,7 13,9 26,3 37,9 65,2 23,0 Stérilisée 0,0 0,0 0,0 0,1 0,1 0,3 0,1 0,1 Déclare qu'elle est stérile 1,5 1,3 1,7 1,7 3,6 3,8 4,7 2,7 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 657 1 627 1 706 1 577 1 236 1 098 1 753 9 655 HOMMES Veut un autre Veut autre bientôt2 63,0 25,0 27,6 20,9 26,5 21,1 21,0 27,1 Veut autre plus tard3 32,9 66,2 61,4 54,3 51,3 45,8 40,9 49,6 Veut un autre, NSP quand 3,2 3,2 2,9 7,6 3,2 5,7 9,3 5,9 Indécise 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 N'en veut plus 0,0 3,2 6,7 14,0 13,1 23,5 24,2 14,0 Déclare qu'elle est stérile 0,9 1,2 0,7 0,7 1,4 1,3 2,4 1,4 ND 0,0 1,2 0,7 2,6 4,6 2,5 2,2 1,9 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 199 287 291 261 159 165 655 2 016 1 Y compris la grossesse actuelle (pour les femmes). 2 Veut un autre dans les deux ans. 3 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. Comme il fallait s’y attendre, la proportion de femmes qui ne veulent plus d’enfants augmente considérablement avec le nombre d’enfants vivants (Graphique 7.1) : Elle passe de moins de 1 % chez les nullipares à 14 % chez celles ayant 3 enfants et à 65 % chez celles qui en ont au moins 6. On remarque également que la quasi-totalité des femmes nullipares souhaitent avoir un enfant (97 %) et que, de plus, la grande majorité de ces femmes désirent une naissance rapidement, dans les deux années à venir (86 %). Chez les femmes ayant un enfant, le désir d’en avoir un autre est comparable à celui des nullipares (97 %) mais contrairement à ces dernières, la majorité des primipares souhaitent attendre au moins deux ans (67 %). On constate ensuite qu’au fur et à mesure que la parité augmente, la proportion de femmes désirant un autre enfant diminue assez rapidement au profit de celles qui n’en veulent plus. En effet, le pourcentage de femmes qui désirent d’autres enfants passe de 97 % chez celles n’ayant aucun enfant à 81 % chez celles en ayant déjà 3 et à 25 % chez les femmes en ayant au moins 6. Préférences en Matière de Fécondité | 105 Seulement 14 % des hommes en union ont déclaré ne plus vouloir d’enfants et, à l’inverse, 83 % en souhaiteraient davantage. Les hommes en union sont donc, proportionnellement, plus nombreux que les femmes en union à souhaiter d’autres enfants. Autrement dit, les hommes sont plus pronatalistes que les femmes. Comme chez les femmes, on observe que la proportion des hommes désirant avoir des enfants varie selon le nombre d’enfants vivants, passant de 94 % à la parité 1, à 81 % à la parité 4 pour atteindre 71 % au rang 6 ou plus. Chez les hommes en union, le besoin potentiel en matière de planification familiale peut être évalué, au total, à 64 %, 14 % ne voulant plus d'enfant et 50 % désirant espacer la prochaine naissance d'au moins deux ans. Parmi les hommes voulant des enfants ou des enfants supplémentaires, une proportion légèrement plus élevée que chez les femmes (50 % contre 47 %) désire espacer la prochaine naissance d’au moins deux ans. Cette proportion est moins élevée que celle des femmes, seulement aux parités 1 à 3. En outre, on constate comme chez les femmes que les proportions d’hommes qui désirent des enfants ou des enfants supplémentaires diminuent au fur et à mesure que la parité augmente au profit de ceux qui n’en veulent plus. En effet, les proportions d’hommes souhaitant d’autres enfants passent de 92 % chez ceux ayant 2 enfants à 81 % chez ceux en ayant déjà 4 et à 71 % chez ceux en ayant au moins 6. Les résultats du tableau 7.2.1 montrent qu'il existe une forte relation entre les préférences en matière de fécondité et l'âge actuel des femmes. Tout comme pour la parité, la proportion des femmes actuellement en union voulant un autre enfant diminue avec l'âge : elle passe de 99 % pour les femmes âgées de 15-19 ans, à 93 % pour celles de 25-29 ans et à 12 % pour celles de 45- 49 ans. Inversement, le désir de ne plus avoir d'enfants augmente avec l'âge : la proportion passe de moins de 1 % chez les femmes de 15-19 ans, à 40 % chez celles de 35-39 ans et à 65 % chez les 45-49 ans. Avant 35 ans, la majorité des femmes qui souhaitent avoir un autre enfant veulent attendre au moins deux ans. Par contre, à partir de 40 ans, et comme on pouvait s’y attendre, les femmes désirant avoir un enfant sont légèrement plus nombreuses à souhaiter l’avoir immédiatement, c’est-à-dire dans les deux ans à venir. Graphique 7.1 Désir d'enfants supplémentaires des femmes en union, selon le nombre d'enfants vivants EDSBF-III 2003 0 1 2 3 4 5 6 Nombre d'enfants vivants 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Stérile/ND Ne veut plus d'enfant Indécise Veut espacer de 2 ans Veut NSP quand Veut dans les 2 ans 106 | Préférences en Matière de Fécondité Tableau 7.2.1 Préférences des femmes en matière de fécondité selon l’âge Répartition (en %) des femmes actuellement en union par désir d'enfants supplémentaires et l'âge, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Âge Désir d'enfants 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Ensemble Veut un autre Veut autre bientôt1 37,6 20,5 21,1 21,9 20,6 17,5 8,5 20,9 Veut autre plus tard2 57,6 72,7 67,3 51,4 28,1 11,5 2,4 46,6 Veut un autre, NSP quand 3,8 4,5 4,1 3,4 3,2 2,4 0,9 3,4 Indécise 0,3 0,6 2,2 4,4 6,9 5,4 3,9 3,3 N'en veut plus 0,8 1,6 4,9 18,2 40,2 57,9 65,0 23,0 Stérilisée 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1 0,3 0,2 0,1 Déclare qu'elle est stérile 0,0 0,0 0,3 0,5 0,9 4,8 18,9 2,7 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 878 1 861 1 949 1 510 1 427 1 100 931 9 655 1 Veut un autre enfant dans les deux ans. 2 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. Chez les hommes en union, on observe les mêmes tendances selon l’âge que chez les femmes en union (tableau 7.2.2). La proportion d’hommes en union voulant un enfant supplémentaire passe de 98 % pour les 20-24 ans à 62 % pour les 55-59 ans. Par contre, la proportion d’hommes qui ne veulent plus d’enfant supplémentaire augmente avec l’âge passant de 3 % parmi les hommes de 25-29 ans à 31 % parmi ceux de 50-54 ans. Tableau 7.2.2 Préférences des hommes en matière de fécondité selon l’âge Répartition (en %) des hommes actuellement en union selon leur désir d'enfants supplémentaires et par l'âge, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Âge Désir d'enfants 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50-54 55-59 Ensemble Veut un autre Veut autre bientôt1 * 40,5 26,7 27,0 22,5 29,5 27,2 25,4 21,5 27,1 Veut autre plus tard2 * 55,0 68,1 62,4 54,5 49,2 38,1 26,5 28,3 49,6 Veut un autre, NSP quand * 2,9 1,8 3,6 7,1 5,0 6,9 10,5 11,9 5,9 N'en veut plus * 1,2 3,2 4,5 11,6 14,7 23,6 31,2 30,5 14,0 Homme/femme déclare stérile * 0,4 0,2 0,3 0,5 0,2 2,4 3,5 6,4 1,4 ND * 0,0 0,0 2,3 3,8 1,4 1,9 2,8 1,4 1,9 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 10 150 254 347 337 287 251 213 166 2 016 * Basé sur trop peu de cas non pondérés. 1 Veut un autre enfant dans les deux ans. 2 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus. Pour étudier les besoins en matière de contraception selon les caractéristiques socio- démographiques, nous avons choisi comme indice la proportion de femmes et d’hommes en union ne désirant plus avoir d’enfants. Les analyses sont présentées selon le nombre d’enfants survivants pour ne pas confondre l’effet de cette variable avec celui des autres variables socio-démographiques. Le tableau 7.3 fournit la répartition des hommes et des femmes en union qui ne veulent plus d’enfants (y compris les femmes et les hommes stérilisés), selon le nombre d’enfants vivants et selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Préférences en Matière de Fécondité | 107 Tableau 7.3 Désir de limiter les naissances selon certaines caractéristiques socio-démographiques Pourcentage de femmes et d'hommes actuellement en union ne voulant plus d'enfant par nombre d'enfants vivants et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Nombre d'enfants vivants1 Caractéristique socio-démographique 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble des femmes Ensemble des hommes Milieu de résidence Ouagadougou 0,0 0,0 13,0 28,8 61,6 53,1 73,0 25,4 32,1 Autres villes 1,8 1,3 8,8 18,0 43,9 55,7 81,9 28,2 25,1 Ensemble urbain 0,8 0,7 11,2 23,2 51,7 54,7 78,7 26,8 28,9 Rural 0,7 1,3 4,5 12,2 22,8 36,0 63,7 22,5 10,6 Région Ouagadougou 0,0 0,0 13,0 28,8 61,6 53,1 73,0 25,4 32,1 Boucle du Mouhoun 0,0 0,0 5,9 13,3 24,7 45,5 69,8 33,4 19,1 Centre (Sans Ouaga.) 0,0 0,0 5,1 9,5 36,8 32,0 79,7 29,0 6,2 Centre-Sud 0,0 0,0 2,1 6,2 26,2 32,4 79,3 21,1 11,9 Plateau Central 0,0 0,0 3,2 10,4 17,6 31,5 55,1 20,5 16,1 Centre-Est 2,4 4,1 4,4 26,4 29,9 37,1 65,6 25,2 13,7 Centre-Nord 0,0 0,9 3,1 9,0 22,9 33,2 71,6 20,3 6,8 Centre-Ouest 3,9 1,9 10,7 17,1 25,8 40,8 69,8 29,3 5,3 Est 0,0 0,0 2,0 7,9 16,0 26,1 47,9 14,8 5,7 Nord 0,0 0,8 6,1 14,2 36,3 44,4 70,5 25,5 12,4 Cascades 1,5 5,7 5,4 10,7 30,6 45,4 74,6 29,6 26,3 Hauts-Bassins 1,6 1,1 7,1 12,1 28,9 49,9 62,2 22,9 16,2 Sahel 0,5 1,1 3,4 9,2 6,9 31,2 58,1 15,6 6,0 Sud-Ouest 0,0 2,4 5,6 13,5 15,9 17,6 47,8 17,1 12,3 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,9 1,5 5,5 11,5 24,5 37,7 65,1 23,9 12,5 Primaire/Alphabét. 0,0 0,2 4,3 17,9 30,7 38,3 66,0 20,8 13,2 Secondaire ou plus 0,0 0,5 11,8 45,7 59,5 63,4 91,7 18,9 25,4 Quintile de bien-être Le plus pauvre 0,9 1,8 4,2 14,4 16,9 36,7 62,4 22,6 8,3 Second 0,6 0,6 4,1 10,2 27,4 30,7 60,8 21,2 11,5 Moyen 0,7 1,5 4,8 11,1 24,0 35,9 64,0 22,2 10,0 Quatrième 0,9 1,7 4,4 14,4 25,6 45,1 67,7 25,2 11,6 Le plus riche 0,5 0,4 10,6 21,7 41,8 46,8 77,0 25,2 27,8 Ensemble 0,7 1,2 5,8 14,0 26,4 38,1 65,3 23,1 14,0 Note : Les femmes/hommes stérilisés sont considérés comme ne voulant plus d'enfant. 1 Y compris la grossesse actuelle. Globalement, près d’une femme sur 4 (23 %) estiment qu’elle a atteint la taille désirée de sa famille et ne désirent donc plus d’enfant. Chez les hommes, cette proportion est de seulement 14 %. Les femmes ne désirant plus d’enfants sont proportionnellement plus nombreuses en milieu urbain (27 %), parmi les femmes sans instruction (24 %), ou parmi les femmes de ménages les plus riches (25 % des femmes du 4e quintile et le même pourcentage dans le quintile le plus élevé). Chez les hommes, les proportions sont de 29 % pour l’ensemble du milieu urbain et de seulement 11 % en milieu rural. C’est surtout parmi les hommes résidant dans la ville de Ouagadougou que le désir de limiter les naissances est le plus manifeste car près du tiers (32 %) ont déclaré ne plus vouloir d’enfants. Selon le niveau d’instruction on observe, comparativement aux femmes, une tendance inverse chez les hommes. En effet, les hommes de niveau secondaire ou plus sont proportionnellement les plus nombreux à ne plus vouloir d’enfants (25 %). 108 | Préférences en Matière de Fécondité Selon la région, les résultats montrent que la proportion de femmes ne voulant plus d’enfants varie d’un minimum de 15 % à l’Est à un maximum de 33 % à la Boucle du Mouhoun. Chez les hommes, cette proportion varie de 5 % au Centre-Ouest à 32 % à Ouagadougou. Les femmes de la région de l’Est (15 %), celles du Sahel (16 %) et du Sud-Ouest (17 %) sont celles qui ont le moins fréquemment déclaré vouloir limiter leur descendance. Chez les hommes, on remarque, selon certaines caractéristiques, des différences par rapport aux femmes; en milieu rural, la proportion d’hommes qui veulent limiter leur descendance est nettement inférieure à celle des femmes (respectivement 11 % et 23 %). De même, seulement 13 % des hommes sans instruction ont déclaré vouloir limiter leurs naissances; la proportion correspondante chez les femmes est le double (24 %). Par contre, comme chez les femmes, ce sont les hommes les plus instruits (25 % contre 19 % chez les femmes), ceux qui résident à Ouagadougou (32 % contre 25 %) et les plus riches (28 % contre 25 %) qui ont le plus fréquemment déclaré vouloir limiter leur descendance. 7.2 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE Les femmes en union, qui n'utilisent pas actuellement la contraception et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants (qui désirent donc limiter leurs naissances) ou qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant la prochaine naissance (qui souhaitent donc espacer leurs naissances) sont considérées comme ayant des besoins non satisfaits en matière de planification familiale1. Les femmes ayant exprimé des besoins non satisfaits et celles utilisant actuellement la contraception, constituent la demande potentielle totale en planification familiale. Le tableau 7.4 présente, pour les femmes actuellement en union, les estimations des besoins non satisfaits et satisfaits en matière de contraception selon certaines caractéristiques socio- démographiques. Alors que le niveau d’utilisation actuelle de la contraception est encore assez faible chez les femmes en union (14 %, voir chapitre 5-Planification familiale), les besoins non satisfaits en matière de planification familiale sont environ trois fois plus importants puisque 29 % en ont exprimé le besoin. Parmi ces femmes, la majorité aurait davantage besoin d’utiliser la contraception pour espacer que pour limiter (22 % contre 7 %). Si les femmes ayant des besoins non satisfaits en matière de contraception satisfaisaient ces besoins, c’est-à-dire si elles utilisaient effectivement la contraception, la prévalence contraceptive pourrait atteindre chez les femmes en union 43 %, c’est-à- dire plus de 4 fois plus élevée que ce qu’elle est actuellement. Cette demande potentielle totale en planification familiale aurait pour objectif essentiel, l'espacement des naissances (32 % contre 11 % pour la limitation). Aujourd'hui, près du tiers seulement de la demande potentielle totale (32 %) en planification familiale au Burkina Faso se trouve satisfaite. En 2003, les besoins non satisfaits sont équivalents à ce qu’ils étaient 10 ans avant. Les besoins étaient légèrement plus importants en 1993 (29 %) qu’en 1998-99 (26 %). Aujourd’hui, ces besoins se sont accrus et sont comparables au niveau observé il y a 10 ans (29 % en 2003). Parallèlement, on remarque que le niveau d’utilisation de la contraception augmente : 8 % en 1993 (EDSBF-I), 12 % en 1998-99 (EDSBF-II) et 14 % en 2003 (EDSBF-III). La demande potentielle totale n’a pratiquement pas varié entre 1993 (37 %) et 1998-99 (38 %). Par contre à la dernière enquête, son niveau a augmenté d’environ 13 % par rapport à ce qu’elle était en 1998-99 (43 % en 2003). Le niveau de la demande satisfaite qui est de 32 % est resté constant depuis la dernière enquête. 1 Le calcul exact des besoins non satisfaits est expliqué en note du tableau 7.4. Préférences en Matière de Fécondité | 109 Tableau 7.4 Besoins en matière de planification familiale Pourcentage de femmes actuellement en union ayant des besoins non-satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de celles dont les besoins sont satisfaits et pourcentage de demande potentielle totale de services de planification familiale, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Besoins non satisfaits en matière de planifi- cation familiale1 pour : Besoins satisfaits en matière de planification familiale (utilisatrices actuelles)2 pour : Demande potentielle totale en matière de planification familiale3 pour : Caractéristique socio-démographique Espacer Limiter Ensemble Espacer Limiter Ensemble Espacer Limiter Ensemble Pourcentage de demande satisfaite Effectif Âge 15-19 19,9 0,2 20,1 6,8 0,0 6,8 26,7 0,2 26,9 25,1 878 20-24 30,1 0,4 30,5 14,6 0,1 14,7 44,7 0,5 45,2 32,5 1 861 25-29 28,4 0,9 29,3 14,6 0,9 15,5 43,0 1,8 44,8 34,6 1 949 30-34 25,0 5,2 30,1 12,2 4,2 16,4 37,2 9,4 46,6 35,3 1 510 35-39 20,7 15,6 36,4 7,4 6,9 14,2 28,1 22,5 50,6 28,1 1 427 40-44 10,6 17,8 28,4 3,4 11,0 14,5 14,0 28,9 42,9 33,7 1 100 45-49 2,9 16,7 19,6 1,5 7,7 9,1 4,4 24,3 28,7 31,8 931 Milieu de résidence Ouagadougou 13,0 6,6 19,5 25,7 11,0 36,7 38,6 17,6 56,2 65,3 694 Autres villes 17,6 7,9 25,5 22,6 9,4 32,0 40,2 17,3 57,5 55,7 774 Ensemble urbain 15,4 7,2 22,7 24,0 10,2 34,2 39,5 17,4 56,9 60,1 1 468 Rural 23,0 7,0 30,0 7,4 2,8 10,1 30,3 9,8 40,1 25,2 8 187 Niveau d'instruction Aucune instruction 22,2 7,3 29,6 7,5 3,1 10,6 29,7 10,5 40,2 26,4 7 540 Primaire/Alphabét. 22,6 6,5 29,1 13,0 5,5 18,5 35,6 12,0 47,6 39,0 1 699 Secondaire ou plus 11,1 3,8 14,9 41,0 11,0 52,0 52,1 14,8 66,9 77,7 416 Quintile de bien-être Le plus pauvre 22,0 6,6 28,6 6,0 1,6 7,6 28,0 8,2 36,2 21,0 1 826 Second 23,2 6,9 30,1 8,5 2,9 11,4 31,7 9,8 41,4 27,5 1 959 Moyen 24,3 6,3 30,7 7,2 3,0 10,2 31,5 9,3 40,8 24,9 2 476 Quatrième 22,7 8,9 31,5 6,9 2,9 9,8 29,6 11,8 41,4 23,8 1 699 Le plus riche 15,5 6,9 22,4 22,7 9,7 32,4 38,2 16,6 54,8 59,1 1 694 Ensemble 21,8 7,0 28,8 9,9 3,9 13,8 31,7 10,9 42,6 32,3 9 655 1 Les besoins non-satisfaits pour espacer concernent les femmes enceintes dont la grossesse ne s'est pas produite au moment voulu, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance ne s'est pas produite au moment voulu, et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n'utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant leur prochaine naissance. Sont également incluses dans les besoins non-satisfaits pour espacer, les femmes qui ne sont pas sûres de vouloir un autre enfant ou qui veulent un autre enfant mais ne savent pas à quel moment elles veulent avoir cet enfant. Les besoins non-satisfaits pour limiter concernent les femmes enceintes dont la grossesse n'était pas voulue, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance n'était pas voulue, et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n'utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants. Sont également exclues les femmes qui sont en ménopause ou en période d'infécondabilité. 2 L'utilisation pour espacer concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir un autre enfant ou qui ne sont pas sûres d’en vouloir un autre. L'utilisation pour limiter concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d'enfants. Il faut noter que les méthodes spécifiques utilisées ne sont pas prises en compte ici. 3 Besoins non-satisfaits et utilisation actuelle. Les besoins en matière de planification familiale varient selon les caractéristiques socio- démographiques. Quand on considère l'âge, c'est à 20-24 ans et entre 30 et 39 ans que les besoins non- satisfaits sont les plus élevés (30 % ou plus). Comme la prévalence contraceptive est également à son niveau maximum entre 20 et 39 ans (plus de 14 %), c’est à ces âges que la demande potentielle totale est la plus élevée (au moins 44 %). En outre, on peut noter que jusqu'à 39 ans, les besoins non- satisfaits en matière de planification familiale sont essentiellement orientés vers l'espacement des naissances. Par contre, à partir de 40 ans, les femmes ont beaucoup plus des besoins pour limiter que pour espacer leurs naissances. Les résultats concernant le milieu de résidence montre que la proportion de femmes ayant des besoins non satisfaits est plus élevée en milieu rural (30 %) qu’en milieu urbain (23 %). Par contre, la demande potentielle totale varie de 40 % en rural à 57 % en ville. Les besoins pour l’espacement sont toujours nettement plus importants que ceux pour la limitation tant en zone urbaine que rurale. Comparativement aux niveaux observés à l’enquête de 1998-99, on note un accroissement sensible de la demande potentielle totale, quel que soit le milieu de résidence considéré. En effet, les niveaux observés de cette demande à la précédente enquête, dans les milieux urbain et rural, étaient respectivement de 54 % et 35 %. 110 | Préférences en Matière de Fécondité Au niveau régional, les proportions de femmes dont les besoins en matière de planification familiale sont non-satisfaits varient d’un minimum de 18 % dans la région des Cascades à 40 % dans celle du Nord. Les régions à fort niveau de besoins non satisfaits sont, entre autres, celles des Hauts- Bassins (34 %), du Sahel (34 %), du Plateau Central (34 %), du Centre (35 %) et dans une moindre mesure, du Centre-Est et de la Boucle du Mouhoun. Par ailleurs, c’est dans les régions du Centre-Sud (32 %) et des Cascades (34 %) que l’on a enregistré la demande potentielle totale la plus faible (données présentées au tableau D.7.4, en annexe D) ; à l’opposé, c’est dans la région de Ouagadougou (56 %) et celle du Nord (53 %) qu’elle est la plus élevée. Ici également, on constate que dans toutes les régions, les besoins non-satisfaits en matière de planification familiale sont plus axés sur l'espacement des naissances. En ce qui concerne le niveau d'instruction, on constate que la demande potentielle totale concerne 67 % des femmes ayant un niveau d'instruction secondaire ou plus contre 48 % de celles de niveau d'instruction primaire et seulement 40 % des femmes sans niveau d’instruction. De plus, dans 78 % des cas, cette demande est satisfaite pour les femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus, alors qu'elle n'est satisfaite que dans 39 % des cas pour les femmes de niveau d’instruction primaire et dans seulement 26 % des cas pour les femmes sans instruction. Selon le niveau de bien-être économique, les besoins non-satisfaits sont surtout importants parmi les femmes des ménages les plus pauvres. La demande potentielle totale quant à elle, concerne 55 % des femmes de la couche la plus riche et dans 59 % des cas, elle est satisfaite pour ces femmes. Par contre, dans chacun des autres quintiles, cette demande est satisfaite dans moins de 30 % des cas. 7.3 NOMBRE IDÉAL D'ENFANTS Le comportement reproductif d'une femme peut être influencé par ce qui est, pour elle ou pour son mari, le nombre idéal d'enfants. Pour essayer de savoir quel est ce nombre idéal pour les femmes burkinabé, lors de l’EDSBF-III, on a posé à tous les enquêtés l'une des deux questions suivantes, selon leur situation au moment de l'enquête : • Aux femmes et aux hommes qui n’ont pas d’enfant, on a demandé : « Si vous pouviez choisir exactement le nombre d'enfants à avoir dans votre vie, combien voudriez-vous en avoir ? » • Aux femmes et aux hommes qui ont des enfants, la question a été formulée ainsi : « Si vous pouviez revenir à l'époque où vous n'aviez pas d'enfant et choisir exactement le nombre d'enfants à avoir dans votre vie, combien auriez-vous voulu en avoir ? » Ces questions, simples en apparence, peuvent être embarrassantes, en particulier pour les femmes et les hommes ayant déjà des enfants, parce qu'ils doivent se prononcer sur le nombre d'enfants qu'ils souhaiteraient avoir, dans l'absolu, indépendamment du nombre d'enfants qu'ils ont déjà. Or, il peut être difficile pour une femme ou un homme de déclarer un nombre idéal d'enfants inférieur à la taille actuelle de sa famille. Les résultats à ces questions sont présentés au tableau 7.5 et au graphique 7.2. On constate tout d’abord que 5 % des femmes et 11 % des hommes n’ont pu fournir des réponses numériques et ont donné, à la place, des réponses approximatives telles que “Ce que Dieu me donne”, “Je ne sais pas”, ou “N’importe quel nombre”. En outre, les données montrent que les femmes burkinabé aspirent à une famille nombreuse. En effet, le nombre idéal d’enfants est de 5,6 pour l’ensemble des femmes et il atteint 5,6 pour les femmes en union. Par rapport à 1993 et 1998-99, on ne constate aucun changement puisque ces nombres moyens sont presque les mêmes que ceux qui avaient été déclarés par les femmes lors de la première et de la deuxième enquête. Par contre, quel que soit l’état matrimonial des femmes, le nombre idéal d’enfants est inférieur à l'ISF (6,2 enfants), ce qui confirme l'importance des besoins non satisfaits en matière de planification familiale exprimés par les femmes. Préférences en Matière de Fécondité | 111 Si l'on examine la distribution des tailles idéales déclarées, il apparaît que pour plus de 2 femmes sur 5 (41 %), le nombre idéal est de 6 enfants ou plus. Cette proportion varie de 27 % chez les femmes sans enfant (parité nulle) à 51 % chez les femmes ayant 4 enfants vivants. Chez les hommes, le nombre idéal d'enfants est beaucoup plus élevé que chez les femmes : il est de 6,3 pour l’ensemble des hommes et atteint 7,0 chez les hommes en union. Ces résultats confirment l'attachement des Burkinabé à une descendance nombreuse. Tableau 7.5 Nombre idéal d'enfants Répartition (en %) de l'ensemble des femmes et des hommes par nombre idéal d'enfants et nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des femmes et des hommes et pour celles actuellement en union, selon le nombre d'enfants vivants, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Nombre d'enfants vivants1 Nombre d'enfants 0 1 2 3 4 5 6+ Ensemble FEMMES 0 0,4 0,0 0,0 0,0 0,3 0,0 0,2 0,2 1 0,2 0,5 0,1 0,2 0,2 0,6 0,3 0,3 2 6,4 3,3 2,9 2,2 2,2 2,4 1,7 3,4 3 18,8 16,3 9,0 6,2 4,3 4,0 5,5 10,5 4 22,8 24,5 23,2 16,3 16,4 8,2 11,1 18,5 5 20,1 22,0 26,5 27,3 18,3 20,3 12,8 21,0 6+ 26,8 29,8 35,0 43,6 51,4 57,8 60,9 41,1 Réponse non numérique 4,4 3,6 3,4 4,2 6,8 6,7 7,4 5,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 862 1 871 1 809 1 640 1 289 1 151 1 855 12 477 Nombre idéal moyen2 d'enfants pour : Toutes les femmes 4,9 5,0 5,3 5,7 5,9 6,3 6,6 5,6 Effectif 2 735 1 803 1 748 1 571 1 201 1 074 1 717 11 850 Actuellement en union 5,6 5,1 5,4 5,7 5,9 6,3 6,6 5,8 Effectif 627 1 572 1 648 1 513 1 151 1 027 1 630 9 168 HOMMES 0 0,6 0,0 0,0 0,0 2,9 0,0 0,1 0,4 1 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,2 0,0 0,2 2 5,2 5,6 4,5 1,8 2,9 2,0 1,0 3,9 3 17,2 20,8 9,9 9,7 2,3 8,6 8,3 13,6 4 16,3 20,2 16,8 20,3 14,9 6,9 10,1 15,3 5 18,5 18,3 23,0 17,9 12,4 20,0 9,9 17,0 6+ 34,4 28,9 36,6 42,1 48,6 47,6 49,5 38,7 Réponse non numérique 7,4 6,2 9,3 8,1 15,9 14,8 21,2 10,8 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 717 318 312 267 162 169 660 3 605 Nombre idéal moyen2 d'enfants pour: Tous les hommes 5,6 5,3 6,1 6,5 7,9 6,9 8,7 6,3 Effectif 1 589 298 283 246 136 144 520 3 216 Actuellement en union 5,9 5,5 6,2 6,5 7,9 6,9 8,7 7,0 Effectif 184 268 266 239 135 140 515 1 747 1 Y compris la grossesse actuelle 2 Les moyennes sont calculées en excluant les femmes et les hommes ayant donné des réponses non-numériques. En général, on peut noter une corrélation entre la taille actuelle de la famille et la taille idéale qui passe de 4,9 pour l’ensemble des femmes sans enfant à 6,6 pour celles qui ont déjà 6 enfants ou plus. Chez les femmes en union, cette taille idéale de la famille varie, respectivement, de 5,6 à 6,6 enfants. En ce qui concerne les hommes, la taille idéale passe de 5,6 enfants chez ceux n'ayant pas d'enfants à 8,7 enfants chez ceux ayant 6 enfants ou plus. Quand on considère les hommes en union, cette taille passe de 5,9 à 8,7 enfants. Il est difficile de savoir si ces variations résultent d'une modification réelle de l'idéal allant dans le sens d'une famille de taille plus réduite chez les femmes et les hommes des générations les plus récentes (et à parité faible) ou s'il s'agit, au contraire, d'une 112 | Préférences en Matière de Fécondité évolution de l'idéal de la femme et de l’homme dans le sens de la hausse au fur et à mesure qu'il vieillit et que se constitue sa descendance. Comparativement à la situation de 1998-99 (EDSBF-II), on constate que les hommes désirent une famille de taille un peu moins élevée (6,4 en 2003 contre 7,0 en 1998-99 pour l’ensemble des hommes et 7,1 en 2003 contre 7,9 en 1998-99 pour les hommes en union). Par contre chez les femmes, cette aspiration est demeurée relativement constante. Le tableau 7.6 donne, le nombre moyen idéal d’enfants pour l’ensemble des femmes selon l’âge actuel et selon certaines variables socio-démographiques et économiques. On peut noter en premier lieu, que les générations les plus jeunes déclarent un nombre idéal d’enfants moins élevé que les générations les plus âgées (5,2 chez les 20-24 ans, 5,8 à 30-34 ans et 6,4 à 45-49 ans). On peut donc penser qu'un désir de limiter les naissances se fait de plus en plus sentir chez les jeunes, et qu'il pourrait en résulter, par conséquent, une baisse de la fécondité à moyen ou long terme. Pour l'ensemble des femmes et des hommes, le nombre idéal moyen d'enfants présente des variations assez importantes selon le milieu de résidence, la région, le niveau d'instruction et l’indice de bien-être (tableau 7.6) et ces variations sont du même type que celles observées pour les niveaux de la fécondité actuelle. Les femmes et les hommes du milieu urbain ont pour idéal une famille nettement moins nombreuse que ceux du milieu rural. L'écart absolu observé entre les deux milieux est de 1,7 enfants chez les femmes et de 3,0 enfants chez les hommes. On constate que le nombre idéal d'enfants diminue lorsque le niveau d'instruction augmente. Il passe de 5,9 enfants chez les femmes sans niveau d’instruction à 5,1 enfants chez celles ayant un niveau d'instruction primaire et à 3,6 enfants chez celles de niveau d'instruction secondaire ou plus. Chez les hommes, la variation est beaucoup plus importante, puisque le nombre idéal d'enfants passe de 7,3 chez les hommes n’ayant pas d’instruction à 6,3 chez ceux de niveau d'instruction primaire et à 3,8 chez ceux de niveau d'instruction secondaire ou plus. Entre les hommes sans instruction et ceux ayant le niveau d'instruction secondaire ou plus, l'écart absolu est de 3,5 enfants. Tout comme pour l’instruction, on relève en fonction du niveau de bien être économique, que son amélioration s’accompagne d’une tendance favorable à une descendance moins nombreuse. L’écart du nombre d’enfants désirés entre les hommes des ménages les plus riches et ceux des plus pauvres est de 3,4 enfants. Graphique 7.2 Nombre idéal d'enfants pour les femmes et les hommes EDSBF-III 2003 BURKINA FASO RÉSIDENCE Ouagadougou Autres villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou + 0 2 4 6 8 Nombre idéal d'enfants Femmes Hommes Préférences en Matière de Fécondité | 113 Tableau 7.6 Nombre idéal d'enfants par caractéristiques socio-démographiques Nombre idéal moyen d'enfants pour l'ensemble des femmes et des hommes, par âge et selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Âge Caractéristique socio-démographique 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Ensemble des femmes Ensemle des hommes Milieu de résidence Ouagadougou 3,7 3,8 3,8 4,2 4,3 4,7 4,7 4,0 3,8 Autres villes 4,0 4,1 4,3 4,7 4,9 5,1 5,2 4,4 4,5 Ensemble urbain 3,8 3,9 4,0 4,4 4,6 4,9 4,9 4,2 4,1 Rural 5,6 5,6 5,8 6,1 6,2 6,5 6,7 5,9 7,1 Région Ouagadougou 3,7 3,8 3,8 4,2 4,3 4,7 4,7 4,0 3,8 Boucle du Mouhoun 4,8 5,2 5,2 6,3 6,0 5,7 6,1 5,5 5,8 Centre (Sans Ouaga.) 4,7 4,8 5,0 5,4 5,8 6,3 7,0 5,4 6,5 Centre-Sud 5,1 5,4 5,6 6,0 6,1 6,2 6,3 5,7 5,6 Plateau Central 5,0 5,1 5,3 5,7 6,5 6,1 6,2 5,6 5,7 Centre-Est 5,1 4,9 5,3 5,4 6,2 6,3 6,5 5,5 5,5 Centre-Nord 5,7 5,2 5,5 6,0 5,6 5,8 6,1 5,6 6,8 Centre-Ouest 5,3 4,9 5,3 5,8 5,9 6,0 6,2 5,5 7,7 Est 6,4 6,4 6,6 6,8 6,8 7,5 7,4 6,7 7,8 Nord 5,2 5,2 5,2 5,1 5,5 6,0 6,3 5,4 6,9 Cascades 4,4 5,0 5,2 5,5 6,2 6,7 7,1 5,5 5,7 Hauts-Bassins 4,9 4,9 5,0 5,3 5,2 5,4 5,1 5,1 6,9 Sahel 7,0 6,7 7,2 7,2 7,0 7,4 8,4 7,2 7,6 Sud-Ouest 5,2 5,7 6,5 7,2 7,7 9,3 8,5 6,9 8,9 Niveau d'instruction Aucune instruction 5,6 5,6 5,8 6,0 6,1 6,4 6,6 5,9 7,3 Primaire/Alphabét. 4,6 5,0 4,9 5,4 5,6 5,9 5,8 5,1 6,3 Secondaire ou plus 3,6 3,5 3,5 3,4 3,7 3,9 3,9 3,6 3,8 Quintile de bien-être Le plus pauvre 6,2 6,0 6,3 6,5 6,6 6,8 7,3 6,5 7,8 Second 5,6 5,8 6,0 6,4 6,1 6,9 6,8 6,1 7,0 Moyen 5,4 5,4 5,7 5,8 6,2 6,2 6,2 5,8 7,1 Quatrième 5,0 5,1 5,4 5,7 6,0 6,0 6,3 5,5 6,4 Le plus riche 4,0 4,1 4,2 4,5 4,8 5,1 5,2 4,3 4,4 Ensemble 5,1 5,2 5,4 5,8 5,9 6,2 6,4 5,6 6,3 Selon la région, on constate des écarts significatifs aussi bien chez les femmes que chez les hommes ; les femmes des régions du Sahel (7,2), du Sud-Ouest (6,9) et de l’Est (6,7) sont celles qui ont déclaré le nombre idéal moyen d’enfants le plus élevé. Chez les hommes, ce sont ceux des régions du Sud-Ouest (8,9), du Centre-Ouest (7,7), de l’Est (7,8) et du Sahel (7,6). À l’opposé, les femmes et les hommes de Ouagadougou sont ceux qui désirent le moins d’enfants (4 enfants pour les femmes et 3,8 pour les hommes). La tendance favorable à une descendance moins nombreuse est également observée chez les femmes de la région des Hauts-Bassins (5,1) et les hommes de la région de la Boucle du Mouhoun (5,8). La comparaison du nombre idéal moyen d’enfants pour les femmes et les hommes permet de dégager deux tendances majeures : • en général, le désir d’avoir des enfants est plus fort chez les hommes que chez les femmes (6,3 contre 5,6). Les écarts sont particulièrement importants en milieu rural (nombre idéal de 7,1 pour les hommes et 5,9 pour les femmes), dans la région du Sud-Ouest (8,9 et 6,9), du Centre-Ouest (7,7 et 5,5) ; parmi ceux et celles qui n’ont pas d’instruction (7,3 et 5,9) et parmi ceux des ménages vivant dans les trois premiers quintiles) ; 114 | Préférences en Matière de Fécondité • le désir d’enfants pour les femmes et les hommes vivant en milieu urbain, à Ouagadougou ou ayant un niveau d’instruction secondaire au moins ou chez les plus riches est pratiquement identique. 7.4 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ Pendant l'enquête, pour chaque enfant né au cours des cinq dernières années et pour la grossesse actuelle (si l'enquêtée était enceinte), on a demandé à la mère si elle souhaitait être enceinte à ce moment-là, plus tard ou s'il s'agissait d'une grossesse non désirée. Les réponses à ces questions permettent de mesurer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité. De telles questions exigent de la femme un effort de concentration pour se souvenir avec exactitude de ses désirs à un ou plusieurs moments précis des cinq dernières années. En outre, il existe un risque de rationalisation dans la mesure où, souvent, une grossesse non désirée peut aboutir à la naissance d'un enfant auquel on s'est attaché. D'après le tableau 7.7, plus de neuf naissances sur dix (97 %) étaient désirées. La plupart de ces naissances (77 %) se sont produites au moment voulu et dans 20 % des cas, les femmes auraient préféré qu'elles se produisent plus tard. Les grossesses non désirées représentent environ 3 %. Quel que soit le rang de naissance, la grande majorité des naissances sont voulues et arrivent au moment voulu. Cependant, on peut noter que les naissances des rangs 4 ou plus semblent moins bien planifiées que les autres naissances. En effet, seulement 72 % de ces naissances étaient désirées contre 85 % de celles de rang 1 et environ 80 % de celles de rangs 2 et 3. Tableau 7.7 Planification de la fécondité Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête (y compris la grossesse actuelle) par type de planification de la fécondité, selon le rang de naissance et l'âge de la mère à la naissance, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Planification des naissances1 : Caractéristique et âge de la mère à la naissance Voulues à ce moment Voulues plus tard N'en voulait plus ND Total Nombre de naissances Rang de naissance 1 85,1 13,8 0,7 0,4 100,0 2 302 2 80,8 18,7 0,2 0,2 100,0 2 076 3 79,0 20,1 0,5 0,4 100,0 1 799 4+ 71,7 22,8 5,3 0,2 100,0 5 984 Âge à la naissance <20 81,9 17,2 0,6 0,4 100,0 1 845 20-24 79,3 20,0 0,5 0,2 100,0 3 329 25-29 78,9 20,4 0,5 0,2 100,0 2 829 30-34 74,5 22,2 2,8 0,5 100,0 2 005 35-39 69,3 21,8 8,6 0,3 100,0 1 392 40-44 67,2 16,0 16,8 0,1 100,0 644 45-49 66,1 15,4 18,4 0,0 100,0 118 Ensemble 76,9 20,0 2,9 0,3 100,0 12 162 1 Y compris la grossesse actuelle Par rapport à l'âge de la mère, c'est chez les femmes les plus jeunes (moins de 20 ans) que les naissances sont les mieux planifiées, les proportions de naissances non désirées étant très faibles à ces âges (moins de 1 %). À l'inverse, c'est chez les femmes de 45-49 ans qu’elles semblent les moins bien planifiées, 66 % des naissances étaient souhaitées mais dans 18 % des cas, la mère n’en voulait plus. Préférences en Matière de Fécondité | 115 Par ailleurs, le tableau 7.8 et le graphique 7.3 présentent une comparaison entre l'Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et l'Indice Synthétique de Fécondité actuelle (ISF). Le calcul de l'ISFD est analogue à celui de l'ISF, les naissances considérées comme non désirées étant éliminées du numérateur. Si toutes les naissances non désirées étaient évitées, l'ISF des femmes burkinabé serait de 5,4 enfants au lieu de 6,2 enfants. Ce niveau de fécondité désirée, inférieur à la fécondité réelle et proche du nombre d'enfants déclaré comme idéal par les femmes (5,6) met en évidence une fois de plus l'importance des besoins non satisfaits en matière de planification familiale et qu'il reste donc à satisfaire. Tableau 7.8 Taux de fécondité désirée Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et Indice Synthétique de Fécondité pour les cinq années ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Indice synthétique de fécondité désirée Indice synthétique de fécondité Milieu de résidence Ouagadougou 2,8 3,1 Autres villes 3,7 4,4 Ensemble urbain 3,2 3,7 Rural 6,0 6,9 Région Ouagadougou 2,8 3,1 Boucle du Mouhoun 5,5 6,7 Centre (Sans Ouaga.) 5,3 6,2 Centre-Sud 4,8 5,4 Plateau Central 5,8 6,4 Centre-Est 5,4 6,0 Centre-Nord 5,9 7,0 Centre-Ouest 5,5 6,3 Est 5,6 6,5 Nord 6,2 7,7 Cascades 5,5 6,1 Hauts-Bassins 5,3 6,4 Sahel 6,7 7,4 Sud-Ouest 6,4 6,7 Niveau d'instruction Aucune instruction 5,8 6,7 Primaire/ Alphabét. 5,0 5,8 Secondaire ou plus 2,5 2,8 Quintile de bien-être Le plus pauvre 6,2 7,1 Second 6,1 7,1 Moyen 5,9 6,8 Quatrième 5,8 6,7 Le plus riche 3,4 3,9 Ensemble 5,4 6,2 Note : L’ISF est présenté au tableau 4.2. L'ISFD varie de la même façon que l'ISF selon les caractéristiques socio-démographiques des femmes. C'est chez les femmes du milieu rural (6,0), chez celles des régions du Sahel (6,7), du Sud- Ouest (6,4), du Centre-Nord (5,9), du Plateau Central (5,8) ainsi que chez les femmes sans instruction (5,8) et celles des ménages les plus démunis (6,2) qu’il est le plus élevé. En outre, l'ISFD est toujours inférieur à l'ISF et les écarts entre les deux indicateurs ne varient pratiquement pas. Tout au plus, peut- on remarquer que c'est chez les femmes de la région du Nord que l'on observe l'écart le plus important (1,5 enfants). 116 | Préférences en Matière de Fécondité Le tableau 7.9 présente le nombre idéal d’enfants et les besoins non satisfaits en matière de planification familiale en fonction de certains indicateurs du statut de la femme. L’analyse différentielle du nombre idéal moyen d’enfants en fonction de ces trois indicateurs ne laisse pas apparaître de variations significatives. Tout au plus, peut-on remarquer que les proportions de besoins non satisfaits en matière de planification familiale diminuent avec le nombre de décisions dans lesquelles la femme a le dernier mot, passant de 31 % pour les femmes n’ayant jamais le dernier mot à 24 % pour celles qui ont participé à 5 prises de décisions. Les besoins non satisfaits en matière de planification familiale sont importants quel que soit l’indicateur du statut de la femme considéré, puisque plus d’une femme sur cinq a des besoins non satisfaits (variation de 24 % à 31 %). La majorité de ces besoins seraient orientés vers l’espacement des naissances. Tableau 7.9 Statut de la femme, nombre idéal moyen d'enfants et besoins non-satisfaits Nombre idéal moyen d'enfants et besoins non-satisfaits pour espacer et limiter, selon certains indicateurs du statut de la femme, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Besoins non satisfaits en matière de PF Indicateurs du statut de la femme Nombre idéal moyen d'enfants1 Effectif Espacer Limiter Total Effectif Nombre de décisions prises par la femme2 0 5,5 1 953 24,7 5,9 30,6 2 030 1-2 5,9 4 628 22,6 7,0 29,6 4 896 3-4 5,8 1 692 19,2 7,9 27,2 1 798 5 5,7 895 16,3 7,8 24,1 931 Nombre de raisons de refuser des rapports sexuels avec le mari/partenaire 0 5,6 564 22,9 7,3 30,2 605 1-2 5,8 2 394 20,2 7,1 27,3 2 551 3-4 5,8 6 210 22,4 7,0 29,3 6 499 Nombre de raisons justifiant le fait qu’un homme batte sa femme/partenaire 0 5,6 2 515 19,6 6,4 25,9 2 618 1-2 5,6 2 072 22,7 7,7 30,3 2 210 3-4 5,9 3 119 21,8 7,4 29,2 3 299 5 6,3 1 462 24,5 6,5 31,0 1 528 Ensemble 5,8 9 168 21,8 7,0 28,8 9 655 1 Sont exclues les femmes qui n’ont pas donné une réponse numérique. 2 Soit par elle-même ou conjointement avec d'autres Graphique 7.3 Indice Synthétique de Fécondité et Indice Synthétique de Fécondité Désirée EDSBF-III 2003 BURKINA FASO RÉSIDENCE Ouagadougou Autres villes Rural INSTRUCTION Aucune Primaire/alphabet. Secondaire ou + 0.0 2.0 4.0 6.0 8.0 Nombre d'enfants/femme Fécondité actuelle Fécondité désirée Santé de la Mère et de L’enfant | 117 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT 8 Dr Conombo Gislaine et Soumaila Mariko Au cours de l'EDSBF-III, on a collecté des informations sur la santé des mères et sur celle de leurs enfants nés au cours des cinq dernières années qui ont précédé l'enquête. Ces informations concernent l’accès des femmes aux soins de santé, les soins pré et postnatals, les conditions d'accouchement et les caractéristiques des nouveau-nés, la couverture vaccinale, la prévalence et le traitement des principales maladies des enfants, en particulier les infections respiratoires, la fièvre et la diarrhée. Les résultats, présentés dans ce chapitre, permettent d'identifier les problèmes les plus importants en matière de santé maternelle et infantile. Ils contribuent ainsi à l'évaluation et à la planification des politiques et des programmes de santé. 8.1 SOINS PRÉNATALS, ACCOUCHEMENT ET VISITES POSTNATALES 8.1.1 Soins prénatals Les données du tableau 8.1 présentent la répartition des dernières naissances survenues dans les cinq années précédant l'enquête, selon le type de personnel médical consulté durant la grossesse et selon certaines caractéristiques socio-démographiques des femmes enquêtées. Au cours de l’EDSBF- III, toutes les catégories de personnes consultées par la mère pendant la grossesse ont été enregistrées mais, lorsque plusieurs personnes avaient été consultées, seule la personne la plus qualifiée a été retenue dans le tableau. On relève que parmi les dernières naissances vivantes survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, un peu plus de sept naissances sur dix (73 %) ont fait l'objet de consultations prénatales auprès de professionnels de la santé (médecins, sages-femmes et infirmières). Ces consultations ont été principalement effectuées par les sages-femmes ou les infirmières (71 %) et, dans très peu de cas, elles ont été fournies par des médecins (3 %). En revanche, pour environ une naissance sur quatre (26 %), les mères n'ont effectué aucune consultation prénatale. Étant donné le niveau relativement élevé des consultations prénatales dans le pays, les différences selon certaines caractéristiques socio-démographiques ne sont pas très grandes. En effet, si l’on prend par exemple le niveau d’instruction, on constate que la proportion de naissances pour lesquelles la mère a bénéficié de soins prénatals auprès de personnel formé varie de 70 % pour les femmes sans instruction à 84 % pour celles alphabétisées ou de niveau d’instruction primaire et à pratiquement 100 % pour les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus (graphique 8.1). Ce sont les femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus (18 %) qui consultent le plus fréquemment un médecin ; chez les femmes alphabétisées ou de niveau d’instruction primaire, cette proportion est de 4 % et chez celles sans instruction, elle est seulement de 1 %. Par contre, selon le milieu de résidence, la fréquence des consultations prénatales est très variable entre le milieu rural (70 %) et celui urbain (97 %). Du point de vue régional, les femmes qui ont le moins bénéficié de consultations prénatales sont celles du Sahel (47 %) contrairement à leurs sœurs du Centre-Sud (93 %) qui sont les plus nombreuses à consulter un personnel qualifié durant la grossesse. La consultation prénatale est une pratique plus fréquente chez les femmes des ménages du cinquième quintile (96 %) comparativement aux autres. Par rapport aux résultats de l’EDSBF-II de 1998-99, la proportion de naissances dont la mère a bénéficié de soins prénatals auprès de professionnel de la santé a légèrement augmenté, passant de 61 % à 73 %. 118 | Santé de la Mère et de L’enfant Tableau 8.1 Soins prénatals Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante survenue au cours des cinq années précédant l'enquête, par type de personne consultée par la mère durant la grossesse pour la naissance le plus récente, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Médecin Infirmière/ sage femme Accoucheuse traditionnelle/ autre Personne ND Total Effectif Âge à la naissance <20 2,4 71,8 0,1 25,3 0,5 100,0 1 021 20-34 2,7 71,7 0,3 25,1 0,2 100,0 4 868 35-49 2,1 67,6 0,1 30,0 0,2 100,0 1 539 Rang de naissance 1 4,0 76,7 0,1 18,9 0,3 100,0 1 327 2-3 3,0 73,6 0,0 23,2 0,2 100,0 2 279 4-5 1,8 70,1 0,6 27,2 0,2 100,0 1 691 6+ 1,7 64,9 0,2 33,0 0,2 100,0 2 131 Milieu de résidence Ouagadougou 14,9 84,0 0,0 1,1 0,0 100,0 470 Autres villes 4,9 90,6 0,0 4,5 0,0 100,0 585 Ensemble urbain 9,4 87,6 0,0 3,0 0,0 100,0 1 055 Rural 1,4 68,1 0,3 30,0 0,3 100,0 6 372 Région Ouagadougou 14,9 84,0 0,0 1,1 0,0 100,0 470 Boucle du Mouhoun 0,2 73,3 0,0 26,4 0,2 100,0 548 Centre (Sans Ouaga.) 2,8 86,7 0,0 10,5 0,0 100,0 142 Centre-Sud 0,8 92,4 0,0 6,4 0,4 100,0 430 Plateau Central 0,2 82,7 0,1 16,5 0,5 100,0 382 Centre-Est 1,3 82,1 0,3 16,1 0,2 100,0 615 Centre-Nord 0,4 71,4 0,0 28,2 0,0 100,0 700 Centre-Ouest 4,2 78,1 0,2 17,3 0,2 100,0 531 Est 0,6 59,2 1,6 38,6 0,0 100,0 629 Nord 1,9 51,7 0,2 46,0 0,2 100,0 807 Cascades 4,5 71,6 0,3 23,3 0,3 100,0 237 Hauts-Bassins 1,5 79,5 0,0 18,8 0,2 100,0 975 Sahel 1,9 45,4 0,2 52,1 0,4 100,0 572 Sud-Ouest 4,9 55,8 0,2 38,4 0,7 100,0 389 Niveau d'instruction Aucune instruction 1,4 68,1 0,3 30,0 0,3 100,0 5 749 Primaire/Alphabét. 3,8 79,9 0,0 16,2 0,1 100,0 1 357 Secondaire ou plus 17,7 82,2 0,0 0,1 0,0 100,0 322 Quintile de bien-être Le plus pauvre 1,6 55,5 0,3 42,4 0,3 100,0 1 379 Second 1,5 61,2 0,6 36,7 0,0 100,0 1 523 Moyen 0,8 72,7 0,1 26,0 0,3 100,0 1 976 Quatrième 2,1 79,2 0,1 18,1 0,4 100,0 1 334 Le plus riche 8,1 88,2 0,1 3,6 0,0 100,0 1 216 Ensemble 2,5 70,9 0,2 26,2 0,2 100,0 7 428 Note : Quand plus d’un prestataire de soins prénatals est mentionné, seulement celui avec les qualifications les plus élevées est considéré dans ce tableau. Santé de la Mère et de L’enfant | 119 Pour être efficaces, les soins prénatals doivent être effectués à un stade précoce de la grossesse et, surtout, ils doivent se poursuivre avec une certaine régularité jusqu'à l'accouchement. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande, au moins, quatre visites prénatales, à intervalles réguliers tout au long de la grossesse. Le tableau 8.2 présente les données concernant le nombre de visites prénatales effectuées par les femmes enceintes et le stade de la grossesse à la première visite. Seulement pour un peu moins d’une naissance sur cinq (18 %), les mères ont effectué, au moins, les quatre visites recommandées. Pour un peu moins d’une naissance sur deux (45 %), elles n’ont effectué que 2-3 visites prénatales et dans 10 % des cas, elles n’ont effectué qu’une seule visite. Tableau 8.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse Répartition (en %) des femmes ayant eu une naissance vivante survenue au cours des cinq années précédant l'enquête, selon le nombre de visites prénatales pour la naissance la plus récente et selon le stade de la grossesse au moment de la première visite, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Milieu de résidence Visites prénatales Ouagadougou Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Nombre de visites prénatales Aucune 1,1 4,5 3,0 30,0 26,2 1 3,1 4,3 3,8 10,4 9,5 2-3 51,9 61,1 57,0 43,4 45,3 4+ 39,2 28,6 33,4 15,0 17,6 NSP/ND 4,6 1,4 2,9 1,1 1,4 Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Mois de grossesse à la 1ère visite Aucune visite 1,1 4,5 3,0 30,0 26,2 <4 58,0 49,1 53,0 22,5 26,9 4-5 29,5 25,9 27,5 25,4 25,7 6-7 10,2 16,9 13,9 16,4 16,0 8+ 0,0 2,5 1,4 4,0 3,6 NSP/ND 1,2 1,2 1,2 1,7 1,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre médian1 de mois de grossesse á la première visite 3,8 4,0 3,9 4,9 4,7 Effectif de femmes 470 585 1 055 6 372 7 428 Note : Les données concernent les dernières naissances de la période 0-59 mois précédant l'enquête. 1 Les médianes sont calculées pour les naissances ayant donné lieu à des visites prénatales. Graphique 8.1 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans pour lesquels la mère a bénéficié de soins prénatals pendant la grossesse Note : Soins prénatals par un médecin, une sage-femme ou une infirmière. Burkina Faso MILIEU DE RÉSIDENCE Ouagadougou Autres villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Primaire/alphabét. Secondaire ou + 0 20 40 60 80 100 Pourcentage EDSBF-III 2003 120 | Santé de la Mère et de L’enfant En ce qui concerne le stade de la grossesse auquel a eu lieu la première visite, on constate que, dans plus d’un cas sur quatre (27 %), la première visite s’est déroulée à moins de quatre mois de grossesse. Dans un peu plus de la moitié des cas (53 %), la visite prénatale a eu lieu à moins de six mois de grossesse et, dans 26 % des cas, elle n’a jamais eu lieu ou a eu lieu seulement qu’au cours des deux derniers mois de la grossesse (4 %). Pour les grossesses des cinq dernières années ayant bénéficié de visites prénatales, le nombre médian de mois de grossesse à la première visite est de 4,7 ; ce nombre médian étant plus long en milieu rural qu’en milieu urbain (4,9 mois contre 3,9), ce qui est dû au fait que les femmes du milieu rural vont plus tardivement en consultation prénatale que celles du milieu urbain. Types de soins prénatals L’efficacité des soins prénatals dépend non seulement de « l’exécution » d’un certain nombre d’examens effectués pendant les consultations, mais aussi de conseils qui sont prodigués aux femmes. Pour cette raison, l’EDSBF-III a collecté des données sur cet aspect important du suivi prénatal en demandant aux femmes si, au cours des visites prénatales, elles avaient été informées sur les signes révélateurs de complications de la grossesse, si certains examens médicaux (la prise du poids et de la taille, la prise de la tension artérielle) avaient été effectués et également si on avait procédé à des examens d’urine et de sang. En outre, elles peuvent recevoir des suppléments de fer ou des antipaludéens. Tableau 8.3 Examens au cours des visites prénatales Pourcentage de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années précédant l'enquête qui ont bénéfié de soins prénatals pour la naissance la plus récente et qui ont reçu certaines informations et/ou ont subi certains examens au cours des visites, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Parmi les femmes ayant reçu des soins prénatals Caractéristique socio-démographique Informée des signes de compli- cations de la grossesse Poids mesuré Taille mesurée Tension artérielle mesurée Urine prélevée Sang prélevé Effectif A reçu du fer en comprimés ou en sirop A reçu antipa- ludéens Effectif des femmes Âge de la mère à la naissance <20 14,0 98,3 95,4 95,0 75,9 35,6 757 69,5 63,5 1 021 20-34 19,2 98,4 95,1 95,5 79,2 37,1 3 637 70,6 65,0 4 868 35-49 22,6 97,4 94,9 95,8 80,3 32,4 1 074 65,0 60,8 1 539 Rang de naissance 1 16,0 98,5 95,4 95,8 78,6 42,4 1 072 76,9 69,7 1 327 2-3 18,2 98,1 94,2 94,7 79,8 38,3 1 745 72,2 67,4 2 279 4-5 19,2 98,6 96,1 96,4 79,6 33,4 1 227 68,3 62,5 1 691 6+ 22,7 97,5 95,3 95,4 77,5 30,6 1 425 62,3 57,9 2 131 Milieu de résidence Ouagadougou 28,2 98,5 92,6 97,6 97,0 87,2 465 87,8 92,7 470 Autres villes 26,4 99,5 96,8 98,4 96,2 72,9 559 87,6 87,9 585 Ensemble urbain 27,2 99,0 94,9 98,0 96,6 79,4 1 024 87,7 90,1 1 055 Rural 17,3 98,0 95,2 94,9 74,8 26,0 4 445 66,3 59,6 6 372 Niveau d'instruction Aucune instruction 17,0 97,8 95,2 95,0 76,1 30,6 4 010 65,6 59,6 5 749 Primaire/Alphabét. 23,6 99,1 95,2 96,1 84,2 43,8 1 136 79,1 75,5 1 357 Secondaire ou plus 30,3 99,7 93,7 99,3 95,9 75,4 321 94,8 93,8 322 Quintile de bien-être Le plus pauvre 13,5 96,0 93,5 93,4 72,9 22,9 790 55,5 48,5 1 379 Second 18,1 97,0 94,4 93,6 69,1 25,1 963 60,4 53,5 1 523 Moyen 17,4 98,4 95,8 95,5 76,3 26,3 1 456 70,5 63,3 1 976 Quatrième 19,4 99,4 96,1 96,4 80,2 31,7 1 087 74,5 69,2 1 334 Le plus riche 25,8 99,2 95,0 97,7 93,0 69,8 1 172 88,4 89,9 1 216 Ensemble 19,2 98,2 95,1 95,5 78,9 36,0 5 468 69,3 64,0 7 428 Santé de la Mère et de L’enfant | 121 On constate, en premier lieu, que, d’après les déclarations des femmes, seule une faible proportion (19 %) a été informée des signes de complications de la grossesse (tableau 8.3). La mesure du poids, de la taille et de la tension artérielle sont de loin les examens les plus fréquemment effectués par les prestataires de soins à l’égard des femmes enceintes (respectivement, 98 %, 95 % et 96 %), suivis des examens d’urine (79 %). Plus de trois femmes sur cinq ont reçu des suppléments de fer (69 %) ou des antipaludéens (64 %). Les examens de sang n’ont été effectués qu’auprès d’un nombre limité de femmes (36 %). En ce qui concerne les variations, selon les caractéristiques socio-démographiques, des proportions de femmes ayant bénéficié de ces examens au cours des visites prénatales, on constate que généralement, ce sont les femmes du milieu rural et les femmes les moins instruites qui en ont bénéficié le moins fréquemment. Vaccinations antitétaniques Le tétanos néonatal est l’une des maladies les plus graves auxquelles le nouveau-né peut être exposé. Pour faire face à cette pathologie, le Ministère de la Santé recommande l’administration d’au moins deux doses de vaccin antitétanique aux femmes enceintes. Les données du tableau 8.4 révèlent que 65 % des naissances vivantes des cinq années ayant précédé l’enquête ont été complètement ou partiellement protégées contre le tétanos néonatal. Il est important de souligner que les informations présentées ici ne correspondent pas complètement à l’histoire vaccinale des femmes. Il faut aussi tenir compte du fait que celles qui ont reçu la vaccination durant les dix dernières années et avant leur grossesse restent également immunisées. Le niveau de la couverture vaccinale contre le tétanos néonatal s’est amélioré par rapport à ce qu’il était il y a 5 ans (54 % en 1998-99). On constate que l’âge de la mère ne semble pas jouer un rôle déterminant : respectivement, 65 % à moins de 20 ans, 66 % à 20-34 ans et 61 % à 35-49 ans. Par ailleurs, la fréquence de la vaccination augmente avec l’indice de bien-être, passant de 54 % pour les femmes vivant dans les ménages les plus pauvres à 82 % pour celles des ménages les plus aisés. En ce qui concerne le milieu de résidence, les résultats montrent que les naissances survenues en milieu urbain sont mieux protégées que celles ayant eu lieu en milieu rural (82 % contre 62 %). Au niveau de la région, mis à part Ouagadougou, les régions du Centre-Sud (77 %), du Centre (72 %), du Plateau Central (71 %) et des Hauts-Bassins (70 %) enregistrent les proportions les plus élevées. Il y a lieu de souligner que la situation vaccinale des mères semble en relation avec leur niveau d’instruction. En effet, on observe que plus les femmes sont instruites, plus les proportions de celles vaccinées contre le tétanos néonatal sont élevées : de 61 % parmi les femmes non instruites, la proportion de femmes vaccinées passe à un maximum de 81 % parmi celles ayant le niveau secondaire ou plus. 122 | Santé de la Mère et de L’enfant Lieu d’accouchement Parmi les naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, environ trois naissances sur cinq (61 %) ont eu lieu à la maison (tableau 8.5). Le lieu d’accouchement varie légèrement avec l’âge de la mère : plus celle-ci est âgée, plus elle a tendance à accoucher fréquemment à la maison (60 % pour les moins de 20 ans et 65 % pour les 35 ans ou plus). De même, le rang de naissance semble jouer un rôle important dans le choix du lieu d’accouchement. Dans 50 % des cas, les naissances de rang 1 ont lieu dans un établissement sanitaire contre 40 % pour le rang 2-3 et 32 % pour le rang 6 ou plus. Depuis la précédente enquête, on note une diminution de la proportion de femmes qui accouchent à domicile (67 % en 1998-99). Tableau 8.4 Vaccination antitétanique Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années précédant l'enquête par nombre d'injections antitétanique reçues durant la grossesse de la plus récente naissance, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Aucune Une injection Deux injections ou plus Ne sait pas/ND Total Effectif Âge à la naissance <20 34,7 22,9 41,6 0,7 100,0 1 021 20-34 33,3 24,5 41,2 1,0 100,0 4 868 35-49 38,1 24,8 35,8 1,3 100,0 1 539 Rang de naissance 1 27,1 23,5 48,8 0,7 100,0 1 327 2-3 32,0 25,5 41,5 1,0 100,0 2 279 4-5 37,0 23,9 38,0 1,1 100,0 1 691 6+ 39,7 24,1 35,1 1,1 100,0 2 131 Milieu de résidence Ouagadougou 14,5 30,5 50,5 4,5 100,0 470 Autres villes 16,3 29,4 53,0 1,3 100,0 585 Ensemble urbain 15,5 29,9 51,9 2,7 100,0 1 055 Rural 37,6 23,4 38,2 0,7 100,0 6 372 Région Ouagadougou 14,5 30,5 50,5 4,5 100,0 470 Boucle du Mouhoun 37,0 26,0 36,8 0,1 100,0 548 Centre (Sans Ouaga.) 26,3 31,1 40,8 1,7 100,0 142 Centre-Sud 20,5 20,6 56,8 2,1 100,0 430 Plateau Central 28,3 20,5 50,6 0,6 100,0 382 Centre-Est 31,0 22,0 46,3 0,6 100,0 615 Centre-Nord 33,3 27,2 38,4 1,1 100,0 700 Centre-Ouest 30,4 25,5 43,2 0,9 100,0 531 Est 42,4 15,9 41,7 0,0 100,0 629 Nord 50,5 21,4 27,5 0,7 100,0 807 Cascades 31,7 16,3 51,6 0,3 100,0 237 Hauts-Bassins 29,5 32,5 37,7 0,3 100,0 975 Sahel 48,8 22,8 26,5 1,8 100,0 572 Sud-Ouest 40,0 23,6 35,9 0,5 100,0 389 Niveau d'instruction Aucune instruction 38,1 23,3 37,6 0,9 100,0 5 749 Primaire/Alphabét. 23,2 28,4 47,3 1,1 100,0 1 357 Secondaire ou plus 18,0 25,5 55,0 1,5 100,0 322 Quintile de bien-être Le plus pauvre 45,1 22,0 32,2 0,7 100,0 1 379 Second 41,7 21,6 36,2 0,5 100,0 1 523 Moyen 35,2 24,0 40,1 0,6 100,0 1 976 Quatrième 31,5 25,3 42,3 0,9 100,0 1 334 Le plus riche 15,6 30,0 51,8 2,6 100,0 1 216 Ensemble 34,5 24,4 40,2 1,0 100,0 7 428 Santé de la Mère et de L’enfant | 123 Tableau 8.5 Lieu de l'accouchement Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, par lieu de l'accouchement et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Centre de santé Caractéristique socio-démographique Secteur public Secteur privé Maison Autre ND Total Effectif de naissances Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 39,1 0,6 60,0 0,1 0,1 100,0 1 667 20-34 38,1 1,0 60,7 0,1 0,1 100,0 7 260 35-49 34,5 0,5 64,9 0,1 0,0 100,0 1 924 Rang de naissance 1 48,4 1,5 49,9 0,1 0,1 100,0 2 053 2-3 38,6 1,0 60,2 0,2 0,0 100,0 3 436 4-5 34,5 0,8 64,5 0,0 0,2 100,0 2 493 6+ 31,5 0,2 68,0 0,1 0,1 100,0 2 870 Milieu de résidence Ouagadougou 85,4 9,9 4,7 0,0 0,0 100,0 623 Autres villes 78,4 2,4 18,6 0,3 0,3 100,0 763 Ensemble urbain 81,6 5,7 12,4 0,2 0,2 100,0 1 386 Rural 31,2 0,1 68,5 0,1 0,1 100,0 9 466 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 32,2 0,3 67,3 0,1 0,1 100,0 8 492 Primaire/Alphabét. 51,8 0,7 47,3 0,1 0,0 100,0 1 944 Secondaire ou plus 82,7 12,6 4,6 0,0 0,1 100,0 416 Nombre de visites prénatales1 Aucune 3,7 0,0 96,2 0,1 0,0 100,0 1 943 1-3 49,7 0,5 49,6 0,1 0,0 100,0 4 073 4+ 61,3 2,5 36,1 0,1 0,0 100,0 1 309 NSP/ND 48,0 4,1 47,1 0,1 0,6 100,0 103 Quintile de bien-être Le plus pauvre 19,6 0,0 80,2 0,1 0,1 100,0 2 100 Second 25,3 0,0 74,6 0,1 0,1 100,0 2 297 Moyen 32,6 0,1 67,2 0,2 0,0 100,0 2 900 Quatrième 45,0 0,6 54,1 0,2 0,2 100,0 1 972 Le plus riche 79,7 4,8 15,3 0,0 0,1 100,0 1 583 Ensemble 37,6 0,8 61,3 0,1 0,1 100,0 10 852 Note : Les données concernent toutes les naissances de la période 0-59 mois précédant l'enquête. 1 Basé seulement sur la dernière naissance survenue au cours des cinq dernières années. En ce qui concerne le milieu de résidence, on constate des disparités : dans le milieu rural, près de sept accouchements sur dix (69 %) se déroulent à la maison alors que 95 % des naissances de Ouagadougou et 81 % de celles des autres villes se déroulent dans un établissement sanitaire. Au niveau de la région (données présentées au tableau D.8.5, en Annexe D), les pourcentages de naissances qui ont eu lieu dans un établissement sanitaire varient d’un minimum de 15 % dans le Sahel à 59 % dans la région du Centre sans Ouagadougou. Le niveau d’instruction est déterminant dans le choix du lieu d’accouchement : en effet, alors que seulement 33 % des femmes sans instruction accouchent dans un établissement sanitaire, cette proportion est de 53 % parmi les femmes du niveau primaire ou étant alphabétisées et de 95 % parmi celles du niveau secondaire ou plus. Le nombre de visites prénatales effectuées par les femmes enceintes paraît influer sur le choix du lieu d’accouchement. En effet, seulement 4 % des femmes qui n’ont effectué aucune visite prénatale ont accouché dans un établissement sanitaire (seulement public), parmi les femmes qui ont effectué 1-3 visites, 50 % ont accouché dans un établissement sanitaire public ou privé. Parmi celles qui ont eu 4 124 | Santé de la Mère et de L’enfant visites ou plus, cette proportion est de 64 %. Cette relation pourrait s’expliquer, entre autres, par un niveau d’instruction plus élevé, une meilleure disponibilité et un meilleur accès aux services d’accouchement. Il faut noter ici que si les femmes, qui n’ont effectué aucune visite prénatale, accouchent dans une structure sanitaire, elles le font principalement dans une structure sanitaire publique. Selon l’indice de bien-être, la proportion de naissances qui ont eu lieu dans un établissement sanitaire varie d’un minimum de 20 % parmi celles de ménages les plus pauvres à un maximum de 85% dans les ménages les plus riches. Assistance lors de l’accouchement L’analyse des données du tableau 8.6 montre que un peu plus de la moitié des naissances (57 %) ont eu lieu avec l’assistance d’une personne médicalement formée, en majorité des sages- femmes ou des infirmières (55 %). À l’opposé, on relève que près de deux accouchements sur cinq (38 %) ont été assistés par du personnel non qualifié (accoucheuses traditionnelles : 15 % et parentes ou autres : 23 %). Les accouchements qui se sont déroulés sans assistance représentent 6 %. Entre les deux dernières enquêtes, la proportion est restée quasiment stable (7 % en 1998-99). Tableau 8.6 Assistance lors de l'accouchement Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, par type d'assistance durant l'accouchement, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Médecin Infirmière, sage femme1 Accou- cheuse tradition- nelle2 Parent/ autre Personne Total Effectif de naissances3 Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 1,4 53,2 13,8 28,2 3,3 100,0 1 667 20-34 1,4 55,8 15,0 21,8 5,9 100,0 7 260 35-49 1,1 53,8 13,3 23,7 8,0 100,0 1 924 Rang de naissance 1 2,3 62,4 12,0 21,1 2,2 100,0 2 053 2-3 1,5 54,8 15,1 23,3 5,2 100,0 3 436 4-5 1,1 54,4 16,2 21,8 6,4 100,0 2 493 6+ 0,7 50,7 14,0 25,5 8,9 100,0 2 870 Milieu de résidence Ouagadougou 8,4 88,5 1,6 1,2 0,2 100,0 623 Autres villes 5,2 80,5 4,2 7,0 2,9 100,0 763 Ensemble urbain 6,6 84,1 3,1 4,4 1,7 100,0 1 386 Rural 0,6 50,8 16,2 25,8 6,5 100,0 9 466 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 0,8 50,4 16,2 25,8 6,8 100,0 8 492 Primaire/Alphabét. 2,1 68,3 10,1 16,2 3,3 100,0 1 944 Secondaire ou plus 10,3 88,3 0,0 1,2 0,1 100,0 416 Quintile de bien-être Le plus pauvre 0,3 38,5 17,9 32,5 10,6 100,0 2 100 Second 0,9 45,5 17,7 29,4 6,4 100,0 2 297 Moyen 0,6 54,2 16,9 23,1 5,3 100,0 2 900 Quatrième 1,1 60,7 13,2 20,0 5,0 100,0 1 972 Le plus riche 5,2 85,6 2,5 5,5 1,3 100,0 1 583 Ensemble 1,4 55,1 14,5 23,1 5,9 100,0 10 852 Note : Les données concernent toutes les naissances de la période 0-59 mois précédant l'enquête. Si l'enquêtée mentionne plus d'une personne ayant assisté l'accouchement, seulement la personne la plus qualifiée est considérée dans ce tableau. 1 Y compris les accoucheuses traditionnelles formées. 2 Y comris les accoucheuses traditionnelles non-formées. 3 Y compris les non determinés. Santé de la Mère et de L’enfant | 125 L'examen des données par caractéristiques socio-démographiques de la mère (graphique 8.2) met en évidence le même type de variations que celles observées à propos des soins prénatals et du lieu d'accouchement. Les naissances qui ont été le plus fréquemment assistées par du personnel formé sont celles des mères de 20-34 ans (57 %), celles de rang 1 (65 %) et celles des mères résidant en milieu urbain (91 %), notamment à Ouagadougou (97 %). Il faut signaler que, quand la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus, près de la quasi-totalité des naissances sont assistées par du personnel formé (99 %). Les résultats selon les régions font apparaître des écarts (données présentées au tableau D.8.6 en Annexe D). Ce sont les femmes des régions du Sahel (20 %), du Sud-Ouest (28 %) et de l’Est (42 %) qui accouchent le moins fréquemment avec l’assistance de personnel formé. Le niveau d’instruction semblerait constituer le facteur discriminant le plus important parmi les différentes caractéristiques étudiées. En effet, si seulement 51 % des femmes sans instruction ont été assistées par du personnel formé, ce pourcentage est pratiquement deux fois plus élevé quand la mère a un niveau secondaire ou plus (99 %). De la même façon, le statut socio-économique du ménage influence la qualité de l’assistance à l’accouchement. De 39 % pour les femmes des ménages les plus pauvres, la proportion passe à 91 % pour celles des ménages aisés. En comparant les résultats de l’EDSBF-II de 1998-99 à ceux de l’EDSBF-III de 2003, on constate qu’au niveau national, les proportions de femmes dont l’accouchement a été assisté par du personnel formé sont passées de 31 % à 57 %, soit une augmentation de 84 %. Caractéristiques de l’accouchement et du nouveau-né Au cours de l’enquête, on a demandé, aux femmes qui avaient eu une naissance vivante au cours des cinq dernières années, si l’accouchement avait eu lieu par césarienne ou par voie basse et quels étaient le poids et la taille de l’enfant à la naissance. Pour moins de 1 % des naissances, on a pratiqué une césarienne (tableau 8.7). La pratique de cette intervention chirurgicale est assez faible au Burkina Faso et, le niveau ne varie pratiquement pas avec l’âge de la femme. Par ailleurs, comme il fallait s’y attendre, les césariennes qui nécessitent un environnement médicalisé sont plus fréquemment pratiquées à Ouagadougou (3 %) et chez les femmes ayant un niveau secondaire ou plus (4 %), dont la majorité vivent en milieu urbain, que chez les autres femmes. Graphique 8.2 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans nés avec l'assistance d'un professionnel de la santé Note : Assistance par un médecin, une sage-femme ou une infirmière Burkina Faso ÂGE DE LA MÈRE < 20 ans 20-34 ans 35-49 ans MILIEU DE RÉSIDENCE Ouagadougou Autres villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Primaire/alphabét. Secondaire ou + 0 20 40 60 80 100 Pourcentage EDSBF-III 2003 126 | Santé de la Mère et de L’enfant Tableau 8.7 Caractéristiques de l'accouchement Pourcentage des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, selon que l'accouchement a été effectué ou non par césarienne, répartition (en %) du poids de l'enfant à la naissance et la taille de l'enfant à la naissance selon l'estimation par la mère, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Taille de l'enfant à la naissance Poids de l’enfant Caractéristique socio-démographique Accou- chement par césa- rienne Non pesé Moins de 2,5 kg 2,5 kg ou + NSP/ ND Ensemble Très petit Plus petit que la moyenne Moyen/ plus gros que la moyenne NSP/ ND Total Effectif de naissances Âge de la mère à la naissance de l'enfant <20 0,7 61,9 6,4 21,6 10,0 100,0 9,6 13,1 75,8 1,5 100,0 1 667 20-34 0,7 62,8 4,0 23,6 9,6 100,0 6,7 9,0 82,9 1,5 100,0 7 260 35-49 0,6 66,4 2,9 21,5 9,2 100,0 6,2 9,3 83,8 0,7 100,0 1 924 Rang de naissance 1 1,1 53,5 7,8 28,0 10,6 100,0 8,8 12,0 77,8 1,4 100,0 2 053 2-3 0,8 62,1 4,4 25,1 8,4 100,0 6,4 9,3 82,4 1,9 100,0 3 436 4-5 0,5 66,4 2,8 21,2 9,5 100,0 7,4 9,1 82,3 1,2 100,0 2 493 6+ 0,3 69,0 2,5 18,1 10,5 100,0 6,3 8,9 84,1 0,8 100,0 2 870 Milieu de résidence Ouagadougou 3,2 4,9 16,7 69,3 9,0 100,0 5,6 10,4 84,1 0,0 100,0 623 Autres villes 2,6 17,5 9,4 62,1 11,0 100,0 4,2 9,2 85,9 0,6 100,0 763 Ensemble urbain 2,8 11,8 12,7 65,4 10,1 100,0 4,8 9,8 85,1 0,3 100,0 1 386 Rural 0,3 70,8 2,9 16,7 9,5 100,0 7,4 9,7 81,5 1,5 100,0 9 466 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 0,5 69,4 3,1 17,7 9,8 100,0 7,5 9,8 81,1 1,6 100,0 8 492 Primaire/Alphabét. 0,8 48,7 7,2 34,2 9,9 100,0 5,4 9,4 84,6 0,6 100,0 1 944 Secondaire ou plus 3,9 6,6 12,1 75,9 5,4 100,0 4,8 7,5 87,6 0,2 100,0 416 Quintile de bien-être Le plus pauvre 0,2 81,7 2,3 9,4 6,6 100,0 12,1 10,6 75,7 1,5 100,0 2 100 Second 0,4 76,7 2,5 12,6 8,2 100,0 7,6 10,1 80,7 1,5 100,0 2 297 Moyen 0,2 69,4 2,7 17,2 10,7 100,0 5,0 9,3 83,9 1,8 100,0 2 900 Quatrième 0,7 56,7 4,8 27,1 11,5 100,0 6,4 8,3 84,2 1,0 100,0 1 972 Le plus riche 2,4 16,6 11,1 61,0 11,3 100,0 4,1 10,1 85,5 0,3 100,0 1 583 Ensemble 0,7 63,3 4,2 22,9 9,6 100,0 7,0 9,7 82,0 1,3 100,0 10 852 Note : Les données concernent toutes les naissances de la période 0-59 mois précédant l'enquête. Le tableau 8.7 présente également les résultats concernant le poids et la taille des enfants. Il faut tout d’abord noter qu’un peu plus de six nouveau-nés sur dix (63 %) n’ont pas été pesés à la naissance. Parmi les enfants pesés (27 %), une proportion relativement élevée d’enfants (4 %) étaient de faible poids à la naissance, c’est-à-dire moins de 2,5 kilogrammes. Les enfants pesés à la naissance et dont le poids est égal ou supérieur à 2,5 kilogrammes sont proportionnellement plus nombreux parmi ceux du milieu urbain que parmi ceux du milieu rural (65 % contre 17 %). Au niveau de la région (données présentées au tableau D.8.7, en Annexe D), mis à part Ouagadougou, ces proportions varient d’un minimum de 7 % dans la région du Sahel à un maximum de 38 % dans celle du Centre. Selon le niveau d’instruction des mères, environ trois quarts des enfants (76 %) dont la mère est de niveau secondaire ou plus, ont été pesés et avaient un poids égal ou supérieur à 2,5 kilogrammes contre 18 % des enfants de mère sans instruction et 34 % de ceux dont la mère a un niveau primaire ou est alphabétisée. À la question : «Quand votre enfant est né, était-il très gros, plus gros que la moyenne, moyen, plus petit que la moyenne ou très petit ?», les mères ont répondu dans 82 % des cas, qu’elles estimaient que l’enfant était moyen ou gros. Dans 7 % des cas, elles ont déclaré qu’il était très petit et, dans 10 % des cas, qu’il était plus petit que la moyenne. La perception de la taille du nouveau-né par les mères varie très peu selon les caractéristiques socio-démographiques. Santé de la Mère et de L’enfant | 127 Visites postnatales Le tableau 8.8 présente la distribution des dernières naissances des cinq dernières années dont la mère n’a pas accouché dans un établissement sanitaire selon qu’elles ont eu ou non des soins postnatals. Près de quatre femmes sur dix (39 %) ont accouché dans un établissement sanitaire et l’on suppose qu’à la suite de l’accouchement, leur état de santé et celui de l’enfant a fait l’objet d’un suivi avant qu’elle ne quitte l’établissement (on suppose donc que ces femmes ont reçu des soins post- natals) ; parmi les 61 % de femmes qui n’ont pas accouché dans un établissement sanitaire, on constate que les trois quarts n’ont bénéficié d’aucun suivi postnatal. Environ une femme sur quatre (24 %) n’a pas accouché dans un établissement sanitaire mais a effectué des consultations pour le suivi de sa santé et celle de son enfant. La moitié de ces femmes (12 %) sont allées en consultation relativement tôt, c’est-à-dire dans les deux jours qui ont suivi l’accouchement. Tableau 8.8 Soins postnatals Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, dont la mère n'a pas accouché dans un établissement sanitaire, en fonction du moment des soins postnatals pour la naissance la plus récente, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Moment auquel a été effectué le premier examen postnatal Caractéristique socio-démographique Dans les deux jours après accouche- ment 3-6 jours après accouche- ment 7-41 jours après accouche- ment NSP/ND N'a pas reçu un examen postnatal Total Effectif Âge à la naissance <20 8,9 4,6 9,1 3,0 74,4 100,0 568 20-34 11,5 3,5 8,8 1,7 74,6 100,0 2 871 35-49 15,4 2,7 7,7 1,5 72,7 100,0 983 Rang de naissance 1 11,8 4,6 9,2 2,5 71,9 100,0 621 2-3 9,8 3,1 8,9 1,3 76,9 100,0 1 309 4-5 12,6 3,8 8,3 2,5 72,8 100,0 1 053 6+ 13,8 3,1 8,2 1,5 73,5 100,0 1 437 Milieu de résidence Ouagadougou * * * * * * 23 Autres villes 21,6 7,0 13,2 0,4 57,8 100,0 95 Ensemble urbain 27,1 7,0 12,3 0,3 53,3 100,0 118 Rural 11,6 3,4 8,5 1,9 74,7 100,0 4 303 Niveau d'instruction Aucune instruction 11,1 3,3 8,1 1,9 75,6 100,0 3 807 Primaire/Alphabét. 17,2 4,2 10,7 1,5 66,4 100,0 599 Secondaire ou plus * * * * * * 16 Quintile de bien-être Le plus pauvre 8,6 1,8 6,3 2,4 80,8 100,0 1 115 Second 9,1 2,7 7,9 1,5 78,8 100,0 1 115 Moyen 12,2 4,2 10,3 1,9 71,4 100,0 1 304 Quatrième 17,5 4,9 9,3 0,9 67,3 100,0 718 Le plus riche 29,4 7,1 11,8 3,4 48,3 100,0 168 Ensemble 12,0 3,4 8,6 1,8 74,1 100,0 4 421 Note : les données concernent les dernières naissances de la période 0-59 mois précédant l'enquête. * Basé sur trop peu de cas non-pondérés. 128 | Santé de la Mère et de L’enfant Les pourcentages de naissances qui n’ont pas eu lieu dans un établissement sanitaire et pour lesquelles la mère n’a pas reçu des soins postnatals (74 %) varient très peu en fonction de l’âge de la mère, passant de 74 % à moins de 20 ans à 75 % à 20-34 ans et à 73 % à 35-39 ans. Il en est de même selon le rang de naissance : de 72 % pour le rang 1, la proportion passe à 74 % pour le rang 6 ou plus. Par contre, ces proportions sont très différentes selon le milieu et la région de résidence : elles sont plus élevées en milieu rural (75 %) qu’en milieu urbain (53 %) et dans les régions du Sahel (95 %), du Sud-Ouest (88 %), de la Boucle du Mouhoun (83 %) et de l’Est (82 %) que dans les autres régions (données présentées au tableau D.8.8, en Annexe D). De même, on constate que le niveau d’instruction de la mère influence le suivi postnatal puisque les trois quarts (76 %) des mères sans instruction n’en ont pas bénéficié contre 66 % parmi celles qui sont alphabétisées ou qui ont un niveau primaire. Personne consultée Près d’un quart des femmes ont reçu des soins postnatals dispensés par une infirmière ou une sage-femme (tableau 8.9). Cette proportion est particulièrement élevée chez les femmes des ménages du quintile le plus élevé (51 %). Tableau 8.9 Personne consultée pour les soins postnatals Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, dont la mère n'a pas accouché dans un établissement sanitaire, par type de personne consultée pour les soins postnatals, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Personne ayant effectué l'examen postnatal Caractéristique socio-démographique Médecin Infirmière/ sage femme Accoucheuse traditionnelle Autre NSP/ND N'a pas reçu un examen postnatal Total Effectif Âge à la naissance <20 0,3 22,6 2,6 0,0 0,1 74,4 100,0 568 20-34 0,6 23,1 1,4 0,1 0,2 74,6 100,0 2 871 35-49 0,8 24,2 2,1 0,0 0,3 72,7 100,0 983 Rang de naissance 1 0,5 24,7 2,9 0,1 0,0 71,9 100,0 621 2-3 0,7 21,0 1,2 0,0 0,1 76,9 100,0 1 309 4-5 0,3 25,2 1,2 0,3 0,2 72,8 100,0 1 053 6+ 0,8 23,4 2,0 0,0 0,3 73,5 100,0 1 437 Milieu de résidence Ouagadougou * * * * * * * 23 Autres villes 1,4 40,7 0,0 0,0 0,0 57,8 100,0 95 Ensemble urbain 4,0 42,7 0,0 0,0 0,0 53,3 100,0 118 Rural 0,5 22,8 1,8 0,1 0,2 74,7 100,0 4 303 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,4 22,2 1,6 0,0 0,2 75,6 100,0 3 807 Primaire/Alphabét. 1,8 29,0 2,4 0,5 0,0 66,4 100,0 599 Secondaire ou plus * * * * * * * 16 Quintile de bien-être Le plus pauvre 0,8 16,6 1,6 0,2 0,0 80,8 100,0 1 115 Second 0,5 19,0 1,2 0,0 0,4 78,8 100,0 1 115 Moyen 0,3 26,2 1,7 0,1 0,2 71,4 100,0 1 304 Quatrième 0,8 28,7 3,0 0,0 0,1 67,3 100,0 718 Le plus riche 0,8 50,9 0,0 0,0 0,0 48,3 100,0 168 Ensemble 0,6 23,3 1,7 0,1 0,2 74,1 100,0 4 421 Note : Les données concernent les dernières naissances de la période 0-59 mois précédant l'enquête, dont la mère n'a pas accouché dans un établissement sanitaire. * Basé sur trop peu de cas non-pondérés. Santé de la Mère et de L’enfant | 129 Statut de la femme et santé reproductive Le tableau 8.10 présente trois types de pourcentages selon les indicateurs du statut de la femme : il s’agit du pourcentage de femmes dont la dernière naissance a bénéficié de soins prénatals, du pourcentage de femmes dont la dernière naissance a bénéficié de soins postnatals et enfin du pourcentage de naissances qui ont eu lieu avec l’assistance de personnel de santé. Tableau 8.10 Statut de la femme et santé reproductive Répartiton (en %) des femmes qui ont eu une une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l'enquête, selon les soins postnatals reçus pour la naissance la plus récente, et répartition des naissances des cinq années ayant précédé l'enquête pour lesquelles les mères ont reçu des soins d'accouchement selon les indicateurs du statut de la femme, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Indicateur du statut de la femme % reçus des soins prénatals du médecin, infirmière/sage femme % examinées pendant les 2 premiers jours suivant l'accouchement1 Effectif des femmes % assistées à l'accouch. par un médecin infirmière/sage femme Effectif des naissances Nombre de décisions prises par la femme2 0 75,3 52,8 1 549 63,8 2 245 1-2 73,2 45,5 3 804 53,1 5 660 3-4 71,8 46,9 1 361 56,8 1 964 5 73,3 49,4 713 58,2 983 Nombre de raisons de refuser les rapports sexuels avec le mari 0 67,4 49,5 427 57,4 615 1-2 72,4 44,7 1 897 54,5 2 772 3-4 74,2 48,6 5 104 57,1 7 465 Nombre de raisons justifiant qu’un mari/partenaire batte sa femme 0 73,6 49,3 1 993 59,4 2 890 1-2 73,2 51,3 1 664 59,7 2 399 3-4 76,2 48,2 2 616 57,5 3 827 5 67,0 38,3 1 154 44,6 1 736 Ensemble 73,4 47,6 7 428 56,4 10 852 1 Y compris les mères qui ont accouché dans un établissement sanitaire. 2 Soit par elle-même ou conjointement avec d'autres personnes. Les trois indicateurs du statut de la femme présentés dans ce tableau sont les suivants : 1) le nombre de décisions prises par la femme, 2) le nombre de raisons pour lesquelles une femme trouve normal dans certaines situations de refuser les rapports sexuels avec son mari et 3) le nombre de raisons pour lesquelles une femme trouve normal dans certaines situations qu’un mari batte sa femme. On ne constate pas de variation significative des pourcentages de femmes ayant reçu des soins prénatals, cela quel que soit l’indicateur du statut de la femme qu’il s’agisse des soins prénatals, des examens au cours des 2 jours qui suivent l’accouchement ou de l’assistance à l’accouchement. Tout au plus, peut-on signaler que les proportions de femmes dont l’accouchement a été assisté par du personnel formé varient légèrement en fonction du nombre de raisons pour lesquelles il est justifié dans certaines situations qu’un homme batte sa femme ; de 59 % pour les femmes pour qui il n’y a aucune raison, la proportion passe à 45 % pour les femmes qui pensent que pour 5 raisons, il est justifié qu’un homme batte sa femme. 130 | Santé de la Mère et de L’enfant 8.2 VACCINATION Au cours de l'enquête, on a enregistré, pour tous les enfants nés au cours des cinq dernières années, les informations pouvant permettre une évaluation de la couverture vaccinale du Programme Élargi de Vaccinations (PEV) au Burkina Faso. Conformément aux recommandations de l'OMS, un enfant est complètement vacciné lorsqu'il a reçu le BCG (protection contre la tuberculose), le vaccin contre la rougeole et trois doses de vaccin contre la polio et trois doses de DTCoq (diphtérie, tétanos et coqueluche), en injection. En outre, depuis quelques années, une première dose de vaccin contre la polio (polio 0) est donnée à la naissance. D'après le calendrier vaccinal, tous ces vaccins doivent être administrés avant l'âge d'un an. Les données ont également été collectées sur la fièvre jaune. Les données sur la vaccination ont été collectées à partir de deux sources : le carnet de vaccination de l'enfant et les déclarations de la mère, quand le carnet n'était pas disponible ou n'existait pas. Le tableau 8.11 et le graphique 8.3 présentent les résultats sur la couverture vaccinale selon les différentes sources d’information pour les enfants de 12-23 mois, c’est-à-dire ceux qui, d’après les recommandations de l’OMS, ont atteint l’âge où ils devraient être et correctement complètement vaccinés. Tableau 8.11 Vaccinations selon les sources d'information Pourcentage d'enfants de 12-23 mois ayant reçu chaque vaccin, quel que soit l'âge à la vaccination, et pourcentage de ceux qui ont été vaccinés avant l'âge de 12 mois, selon que l'information provienne d'un carnet de vaccination ou des déclarations de la mère, EDSBF-III Burkina Faso 2003 DTCoq Polio1 Source d’information BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rougeole Tous vaccins2 Aucun vaccin Fièvre jaune Tous vaccins avec fièvre jaune Effectif d’enfants vivants Vacciné à un moment avant l'enquête Carnet de vaccination 63,2 61,8 56,7 50,3 62,7 63,5 58,1 51,6 46,8 40,7 0,2 44,9 39,4 1 228 Déclaration de la mère 17,7 14,3 10,8 6,7 5,7 23,0 16,4 7,1 9,0 3,2 9,2 0,0 0,0 612 Les deux sources 80,9 76,1 67,5 57,0 68,5 86,5 74,5 58,7 55,8 43,9 9,4 44,9 39,4 1 840 Vacciné avant l'âge de 12 mois 80,0 73,4 63,0 52,0 67,6 83,5 69,9 53,4 43,2 34,5 11,8 34,6 30,7 1 840 1 Polio 0 est la vaccination de polio donnée à la naissance. 2 Enfants complètement vaccinés (c'est-à-dire ceux qui ont reçu le BCG, la rougeole, les trois doses de DTCoq et de polio (non-compris polio 0)). L’analyse de ces données révèle que 41 % des enfants de 12-23 mois avaient été complètement vaccinés d’après les informations tirées du carnet de vaccination. Quand on y ajoute les renseignements fournis par la mère, ce pourcentage atteint 44 %. D’après le carnet de vaccination, on constate que 63 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG ; de plus, si l’on se base sur les seules déclarations de la mère, 18 % ont reçu cette vaccination. Au total donc, 81 % des enfants étaient vaccinés contre le BCG (donné en principe à la naissance) au moment de l’enquête et 80 % avaient reçu cette vaccination avant l’âge de 12 mois. La proportion d’enfants ayant reçu la première dose de DTCoq est également très importante (76 %), mais la couverture vaccinale diminue légèrement avec le nombre de doses : de 76 % pour la première dose, la proportion passe à 68 % pour la deuxième dose et à seulement 57 % pour les trois doses. Le taux de déperdition1 pour ce vaccin entre la 1ère et la 2è dose est de 11 % ; ce taux de déperdition passe à 25 % entre la 1ère et la 3è dose. 1 Le taux de déperdition pour le DTCoq, par exemple, est la proportion d’enfants qui, ayant reçu la première dose du vaccin, ne reçoivent pas la troisième. Santé de la Mère et de L’enfant | 131 Toujours selon les deux sources, plus de deux enfants de 12-23 mois sur cinq (44 %) avaient reçu tous les vaccins du PEV2 au moment de l’enquête. Le vaccin contre la polio étant administré en même temps que celui du DTCoq, on s’attend à trouver des niveaux de couverture vaccinale très proches. La couverture vaccinale varie selon la dose : 87 % ont reçu la première dose de polio (polio 1) mais cette proportion diminue ensuite avec les doses et un peu moins de six enfants de 12-23 mois sur dix ont reçu les trois doses de polio (59 %). Le taux de déperdition entre la première et la troisième dose de polio est donc de 32 %. En outre, seulement un peu plus de la moitié des enfants (56 %) sont vaccinés contre la rougeole. On constate aussi que plus de deux enfants de 12-23 mois sur cinq ont été vaccinés contre la fièvre jaune (45 %). Parmi les enfants qui ont reçu tous les vaccins, 35 % ont été vaccinés selon le calendrier recommandé, c’est-à-dire avant l’âge de 12 mois, cela selon les deux sources d’information. À l’inverse, 12 % de l’ensemble des enfants de 12-23 mois n’ont reçu aucun des vaccins du PEV avant l’âge de 12 mois. Le tableau 8.12 et le graphique 8.4 présentent la couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois selon certaines caractéristiques socio-démographiques de la mère et de l’enfant. En ce qui concerne la vaccination complète, on constate que la proportion de garçons vaccinés est très proche de celle des filles (42 % contre 46 %). La couverture vaccinale diminue avec le rang de naissance : de 49 % pour le rang 1, elle passe à 45 % pour les rangs 2-3 et à 41 % pour le rang 4 ou plus. Selon le milieu de résidence, on constate que c’est en urbain que la couverture vaccinale est la plus élevée (62 %) et en rural qu’elle est la plus faible (41 %), le reste du milieu urbain occupant une position intermédiaire (58 %). La couverture complète varie également selon la région (données présentées au tableau D.8.12, en Annexe D). Le niveau d’instruction des mères met en évidence des disparités : la couverture vaccinale des enfants dont la mère a reçu une instruction est bien meilleure (52 % pour le primaire et 74 % pour le secondaire ou plus) que celle des enfants dont la mère n’a aucune instruction (40 %). 2 Il s’agit du BCG, des trois doses de polio, de DTCoq et de la rougeole. Graphique 8.3 Vaccinations des enfants de 12-23 mois selon le type de vaccin EDSBF-III 2003 81 77 68 57 87 75 59 56 44 9 BCG 1 2 3 1 2 3 Rougeole Toutes du PEV Aucune 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Carnet de vaccination Déclarations mère DTCoq 132 | Santé de la Mère et de L’enfant Tableau 8.12 Vaccinations selon les caractéristiques socio-démographiques Pourcentage d'enfants de 12-23 mois ayant reçu chaque vaccin (selon le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère) et pourcentage de ceux pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l'enquêtrice, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 DTCoq Polio1 Caractéristique socio-démographique BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rougeole Tous vaccins2 Aucun vaccin Fièvre jaune Tous vaccins avec fièvre jaune Pour- centage avec carnet de vaccin vu Effectif d’enfants vivants Sexe Masculin 81,4 77,1 67,8 57,2 69,5 86,4 75,2 58,7 53,5 42,2 9,3 43,1 38,0 68,1 927 Féninin 80,5 75,1 67,1 56,8 67,4 86,6 73,7 58,6 58,2 45,6 9,5 46,9 40,8 65,3 912 Rang de naissance 1 82,0 79,7 72,1 62,4 70,9 88,0 78,5 63,9 58,1 49,3 9,7 47,7 45,3 71,8 340 2-3 81,0 76,4 68,4 58,3 69,3 85,1 74,6 59,6 58,2 45,0 9,3 46,9 40,8 65,1 585 4-5 82,0 76,8 68,6 56,4 67,5 87,2 74,5 56,3 53,6 41,2 8,1 42,5 36,2 66,8 421 6+ 79,3 72,7 62,2 52,3 66,6 86,5 71,6 55,9 53,4 41,1 10,2 42,8 36,3 65,2 494 Milieu de résidence Ouagadougou 96,4 86,9 80,4 70,7 93,2 89,3 78,9 78,9 73,1 68,4 3,6 63,7 63,7 84,6 90 Autres villes 96,6 90,2 84,0 73,6 91,5 94,3 88,1 69,9 73,1 58,0 2,8 56,6 52,1 80,7 143 Ensemble urbain 96,5 88,9 82,6 72,5 92,1 92,4 84,6 73,4 73,1 62,0 3,1 59,4 56,6 82,2 233 Rural 78,7 74,2 65,3 54,8 65,0 85,6 73,0 56,5 53,3 41,2 10,3 42,9 36,9 64,5 1 606 Niveau d'instruction Aucune instruction 78,8 73,9 64,4 53,8 65,6 85,0 72,2 55,6 52,7 40,4 10,5 41,3 35,8 64,2 1 430 Primaire/aphabetisation 86,5 81,9 75,3 64,5 75,8 91,3 80,8 66,3 64,0 52,3 5,7 55,6 48,7 76,0 339 Secondaire ou plus 96,8 93,1 91,0 85,3 91,0 94,6 90,0 84,1 80,4 74,0 3,2 67,4 67,4 74,0 71 Quintile de bien-être Le plus pauvre 71,8 67,1 56,0 45,7 51,5 82,9 71,1 49,0 48,3 33,8 10,6 35,0 29,8 54,7 317 Second 76,9 71,1 62,6 50,5 61,0 85,5 70,3 53,3 54,5 41,0 12,8 42,1 35,5 59,0 392 Moyen 79,8 76,7 68,5 57,5 67,9 83,2 73,1 59,0 53,9 41,5 12,2 44,1 37,5 66,9 490 Quatrième 84,5 79,2 68,5 61,4 74,7 90,6 75,6 61,1 54,6 45,8 4,6 46,7 41,5 73,8 358 Le plus riche 94,4 88,2 83,9 72,5 90,9 92,5 85,1 73,3 71,3 61,1 4,3 59,2 56,2 81,8 281 Ensemble 80,9 76,1 67,5 57,0 68,5 86,5 74,5 58,7 55,8 43,9 9,4 44,9 39,4 66,7 1 840 Note : Basé sur les deux sources. 1 Polio 0 est la vaccination de polio donnée à la naissance. 2 Enfants complètement vaccinés (c'est –à-dire ceux qui ont reçu le BCG, la rougeole, les trois doses de DTCoq et de polio (non-compris polio 0)). Graphique 8.4 Pourcentage d'enfants 12-23 mois avec tous les vaccins du PEV et sans vaccination Note : Informations selon la carte de vaccination ou les déclarations de la mère. Burkina Faso RÉSIDENCE Ouagadougou Autres villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Primaire/alphabét. Secondaire ou + 020406080 0 20 40 60 80 Tous vaccins du PEV Aucune vaccination Pourcentage EDSBF-III 2003 Santé de la Mère et de L’enfant | 133 Au cours de l’enquête, les données sur la vaccination ont été collectées pour les enfants de moins de cinq ans. Ainsi, il a été possible d’évaluer rétrospectivement les tendances de la couverture vaccinale avant l’âge de douze mois pour les quatre années ayant précédé l’enquête à partir des données concernant les enfants de 12-23, 24-35, 36-47 et 48-59 mois. Au tableau 8.13 sont présentés les taux de couverture vaccinale d’après le carnet de vaccination ou les déclarations de la mère pour les enfants de ces différents groupes d’âges. On y trouve également les proportions d’enfants de chaque groupe d’âges pour lesquels un carnet de vaccination a été montré à l’enquêtrice. Tableau 8.13 Vaccinations au cours de la première année Pourcentage d'enfants âgés de moins de 5 ans au moment de l'enquête ayant reçu chaque vaccin avant l'âge de 12 mois, et pourcentage de ceux pour lesquels un carnet de vaccination a été présenté à l'enquêtrice, par âge actuel de l'enfant, EDSBF-III Burkina Faso 2003 DTCoq Polio1 Âge actuel BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rougeole Tous vaccins2 Aucun vaccin Fièvre jaune Tous vaccins avec fièvre jaune Pour- centage avec carnet de vaccin vu Effectif d’enfants vivants 12-23 80,0 73,4 63,0 52,0 67,6 83,5 69,9 53,4 43,2 34,5 11,8 34,6 30,7 66,7 1 840 24-35 78,3 70,9 61,4 45,0 59,5 79,6 68,5 47,4 41,4 28,8 14,9 26,4 22,1 56,9 1 734 36-47 74,4 64,8 56,1 40,8 49,4 74,2 64,2 41,8 35,0 24,7 22,9 18,1 16,1 42,4 1 977 48-59 72,7 65,3 53,6 39,0 45,9 76,6 62,5 39,9 38,9 23,3 23,4 16,5 13,1 37,4 1 781 Ensemble 76,7 68,9 59,0 44,9 55,6 78,8 67,0 46,3 40,9 28,3 17,4 23,9 20,5 50,7 7 331 Note : L'information était obtenue du carnet de vaccination ou s'il n' y a pas de carnet de vaccination rempli, de la déclaration de la mère. Pour les enfants dont l'information était basée sur la déclaration de la mère, la proportion des vaccins reçus durant la première année est supposée être la même que celle des enfants avec un carnet de vaccination rempli. 1 Polio 0 est la vaccination de polio donnée à la naissance. 2 Enfants complètement vaccinés (c'est-à-dire ceux qui ont reçu le BCG, la rougeole, les trois doses de DTCoq et de polio (non-compris polio 0)). Pour l’ensemble des enfants de 1-4 ans, un carnet de vaccination a été présenté à l’enquêtrice dans 51 % des cas et cette proportion varie de 67 % pour les enfants âgés de 12-23 mois à l’enquête à 37 % pour ceux âgés de 48-59 mois. Pour l’ensemble des enfants de 1-4 ans, 77 % ont reçu le vaccin du BCG avant l’âge de 12 mois, 45 % la troisième dose de DTCoq et dans 46 % des cas, ils ont reçu la troisième dose de polio. En outre, 41 % ont été vaccinés contre la rougeole et globalement, 28 % ont été vaccinés contre toutes les maladies du PEV avant l’âge de 12 mois. À l’opposé, 17 % des enfants de 1-4 ans n’ont reçu aucun de ces vaccins. Les taux de couverture vaccinale complète diminuent avec l’âge de l’enfant, passant de 35 % chez les enfants de 12-23 mois à 29 % chez ceux de 24-35 mois et à 23 % chez les enfants de 48-59 mois. Il se peut que ces variations proviennent, en partie, de problèmes de mémoire des enquêtées, celles-ci ne se souvenant plus très bien des vaccinations faites aux enfants les plus âgés. 8.3 MALADIES DES ENFANTS Infections respiratoires et fièvre Les infections respiratoires aiguës (IRA) et particulièrement la pneumonie constituent l’une des premières causes de mortalité des enfants dans les pays en développement. Pour évaluer la prévalence de ces infections parmi les enfants, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient souffert de la toux pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête et, si oui, on demandait alors si la toux avait été accompagnée d’une respiration courte et rapide. Par ailleurs, la fièvre peut être un symptôme important de nombreuses maladies. Au cours de l’EDSBF-III, on a donc demandé aux mères si leurs enfants avaient eu de la fièvre durant les deux semaines ayant précédé l'interview. En 134 | Santé de la Mère et de L’enfant outre, pour les enfants ayant présentés ces symptômes d’IRA et ayant eu de la fièvre, on a cherché à connaître le pourcentage de ceux qui avaient été menés en consultation et l’endroit où cette consultation avait eu lieu ainsi que les traitements éventuels qui avaient été donnés. Parmi les enfants, on constate qu’un peu moins d’un enfant sur dix (9 %) a souffert de toux accompagnée de respiration courte et rapide (tableau 8.14 et graphique 8.5). C'est chez les enfants de 6-11 mois (14 %) que ces infections respiratoires sont les plus fréquentes. On ne note qu'une légère différence entre les pourcentages de garçons et de filles ayant souffert de toux (respectivement, 9 % et 8 %). En outre, la prévalence des IRA est pratiquement identique en milieu rural et en milieu urbain (9 % et 8 %). Tableau 8.14 Prévalence et traitement des infections respiratoires aiguës (IRA) et/ou fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont souffert de la toux avec une respiration courte et rapide (symptômes des IRA) et pourcentage de ceux qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines qui ont précédé l'enquête, pourcentage de ceux ayant les symptômes des IRA ou de la fièvre pour lesquels un traitement auprès d'un service de santé a été demandé, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Pourcentage d'enfants avec les symptômes de l'IRA Pourcentage d'enfants avec fièvre Effectif d'enfants vivants % traités au centre de santé ou par agent de santé Effectif d' enfants qui ont eu des IRA ou de la fièvre Âge des enfants en mois <6 9,2 29,9 1 135 22,1 378 6-11 13,8 54,4 1 011 36,7 580 12-23 10,2 50,1 1 840 37,6 945 24-35 8,7 40,8 1 734 33,1 730 36-47 6,7 28,0 1 977 29,2 589 48-59 5,4 23,0 1 781 29,6 444 Sexe Masculin 9,1 37,1 4 846 35,1 1 906 Féminin 8,0 36,3 4 631 30,0 1 759 Milieu de résidence Ouagadougou 7,7 18,6 564 60,8 120 Autres villes 8,3 36,5 697 52,3 270 Ensemble urbain 8,0 28,5 1 261 54,9 390 Rural 8,6 38,0 8 217 30,0 3 275 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 8,2 37,0 7 388 29,0 2 867 Primaire/Alphabét. 9,8 36,8 1 706 41,5 671 Secondaire ou plus 9,4 30,9 383 68,2 127 Quintile de bien-être Le plus pauvre 8,2 37,3 1 790 23,5 698 Second 8,8 36,5 1 977 23,4 755 Moyen 9,1 39,6 2 547 33,5 1 059 Quatrième 8,8 37,7 1 733 34,5 699 Le plus riche 7,5 30,1 1 431 57,2 454 Ensemble 8,6 36,7 9 477 32,6 3 665 IRA = Infection respiratoire aigüe Santé de la Mère et de L’enfant | 135 Du point de vue régional (données présentées au tableau D.8.14, en Annexe D), c’est dans les régions du Nord (14 %), du Centre-Ouest (13 %), du Centre-Est (11 %), du Centre sans Ouagadougou (10 %) et du Sud-Ouest (10 %) que la prévalence des IRA est la plus élevée. Selon le niveau d'instruction des mères, on constate que les prévalences varient très peu : de 8 % parmi les enfants dont la mère est sans instruction, elle passe à 9 % parmi ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus. Parmi les enfants ayant présenté des symptômes d'infections respiratoires aiguës, 33 % seulement ont été conduits dans un établissement sanitaire ou auprès de personnel médical pour traitement ou conseil (tableau 8.14). Les enfants de 6-11 mois et de 12-23 mois sont ceux qui sont conduits le plus fréquemment dans un établissement sanitaire (respectivement, 37 % et 38 %). En outre, il semble que les garçons sont plus fréquemment menés en consultation que les filles (35 % contre 30 %). La fréquentation des établissements sanitaires est beaucoup plus importante en milieu urbain (55 %) qu'en milieu rural (30 %), cela du fait d’une plus grande disponibilité des infrastructures sanitaires et d’une plus grande accessibilité en ville qu’en milieu rural. Du point de vue régional, on remarque que les enfants de la région du Nord, qui comptent pourtant parmi ceux qui souffrent le plus d’IRA (14 %), sont ceux qui sont les moins fréquemment conduits dans des établissements sanitaires (29 %). C’est cependant dans la région du Sahel que la proportion d’enfants traités dans un centre de santé ou par un agent de santé est la plus faible (17 %). On constate, par ailleurs, que si la prévalence des IRA varie très peu selon le niveau d’instruction de la mère, ce sont néanmoins les enfants des femmes les plus instruites qui sont les plus fréquemment menés en consultation (68 % des enfants de mère ayant un niveau secondaire ou plus contre 42 % de ceux dont la mère a un niveau primaire ou est alphabétisée et seulement 29 % de ceux dont la mère n'a aucune instruction). Traitement de la fièvre La fièvre pouvant être un des principaux symptômes de nombreuses maladies, tels le paludisme et la rougeole qui provoquent de nombreux décès infantile en Afrique, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu de la fièvre durant les deux semaines ayant précédé l'interview. Le tableau 8.15 présente le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines précédant l’enquête, par type de médicaments antipaludéens utilisés pour le traitement et selon le milieu de résidence. Il ressort de ce tableau que la majorité des enfants (48 %) Graphique 8.5 Prévalence des infections respiratoires aiguës (IRA) et de la fièvre chez les enfants de moins de 5 ans selon l'âge EDSBF-III 2003 GROUPE D'ÂGES Moins de 6 mois 6-11 mois 12-23 mois 24-35 mois ENSEMBLE 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage IRA Fièvre 136 | Santé de la Mère et de L’enfant ont été soignés à l’aide de la chloroquine et 1 % ont été traités avec de l’Amodiaquine ou de la quinine. Le recours à la chloroquine est plus fréquent en milieu rural et dans les autres villes que dans la ville de Ouagadougou. En effet, dans les autres villes, 60 % des enfants ont été traités avec de la chloroquine alors que cette proportion n’est que de 33 % à Ouagadougou. En milieu rural, 47 % des enfants ont pris cet antipaludéen. Par contre, la ville de Ouagadougou présente le pourcentage le plus élevé d’enfants traités avec du Fansidar (2 %). En outre, les résultats montrent que parmi ces enfants qui ont eu de la fièvre au cours des deux dernières semaines précédant l’enquête, 45 % n’ont reçu aucun médicament antipaludéen ; et c’est la ville de Ouagadougou qui se caractérise, une fois de plus, par le pourcentage le plus élevé (66 %), suivi des autres villes (64 %) et du milieu rural (43 %). Tableau 8.15 Médicaments donnés pour traiter la fièvre Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans, qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines précédant l'enquête et pour qui un traitement a été recherché par type de traitement reçu, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Milieu de résidence Médicaments Ouagadougou Autres villes Ensemble urbain Rural Ensemble Fansidar 2,0 0,5 0,9 0,2 0,2 Chloroquine /Nivaquine 33,0 60,2 52,3 47,1 47,7 Amodiaquine/Flavoquine 6,3 3,3 4,2 0,6 1,0 Quinine 6,5 2,9 3,9 0,7 1,0 Aucun médicament antipaludéen 66,0 64,2 64,7 43,1 45,3 Ne sait pas/ND 5,1 3,7 4,1 5,7 5,5 Aucun remède 10,1 7,2 8,0 25,1 23,3 Effectif des enfants 105 255 359 3 122 3 481 Produits nettoyants pour se laver les mains Au cours de l’enquête, on a demandé où les membres du ménage se lavaient habituellement les mains et on a vérifié si certains produits et ustensiles nécessaires pour se laver les mains se trouvaient dans l’endroit indiqué. Le tableau 8.16 présente les résultats à ces deux questions. On constate que 23 % des ménages disposent d’un accès à l’eau de robinet, dans 14 % des cas, les ménages possèdent du savon, des cendres ou tout autre produit de nettoyage et dans 70 % des cas, on a vérifié la présence d’une cuvette pour se laver les mains. Dans l’ensemble, 6 % des ménages disposent des trois moyens de nettoyage ; par contre, dans 26 % des cas, on n’a constaté la présence d’aucun de ces trois éléments nécessaires. Ces proportions varient selon les caractéristiques socio- démographiques. Il apparaît que c’est dans les autres villes que les conditions d’hygiène pour les mains sont les meilleures : 62 % des ménages y disposent de l’eau/robinet contre 44 % à Ouagadougou et seulement 16 % en rural. En ce qui concerne les produits nettoyants, on a vérifié leur présence dans 33 % des ménages des autres villes ; cette proportion est de 8 % en rural et 36 % à Ouagadougou. Enfin, 87 % des ménages disposent d’une cuvette contre 67 % à Ouagadougou et 69 % en rural. Globalement, dans les autres villes 23 % des ménages possèdent le nécessaire pour se laver les mains contre 20 % à Ouagadougou et 3 % en rural. Santé de la Mère et de L’enfant | 137 Tableau 8.16 Ménages disposant du nécessaire pour se laver les mains Pourcentage de ménages qui possèdent des produits ou équipements désinfectants pour se laver les mains, par lieu de résidence, région, source d'approvisionnement en eau, temps mis pour atteindre la source d'eau, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Eau/robinet Savon, cendre, autre détergent Cuvette Tous les éléments pour se laver les mains Aucun éléments pour se laver les mains Effectif des ménages Milieu de résidence Ouagadougou 44,4 36,1 67,0 19,5 19,2 964 Autres villes 61,6 32,7 87,2 23,0 7,7 898 Ensemble urbain 52,7 34,4 76,7 21,2 13,6 1 862 Rural 15,6 8,3 68,7 2,5 29,1 7 235 Source d'eau potable Robinet 54,4 36,4 78,5 23,8 12,4 1 936 Puits protégé 23,5 7,5 68,0 2,1 28,3 3 578 Puits non protégé 7,0 8,0 76,4 1,3 22,7 2 291 Marigot 4,2 6,0 53,5 0,7 46,3 1 264 Autre/ND * * * * * 27 Temps pour se rendre à la source d'eau A la maison 44,4 19,7 74,3 11,5 18,5 2 194 <2 minutes * * * * * 31 2 à 5 minutes 17,2 16,8 89,4 3,9 7,1 221 5 à 9 minutes 15,1 13,9 77,8 5,3 19,2 846 10+ minutes 16,5 11,2 67,1 4,6 30,6 5 782 ND * * * * * 24 Quintile de bien-être Le plus pauvre 8,8 3,7 60,4 0,5 37,8 1 971 Second 10,4 6,5 65,2 1,8 33,2 1 673 Moyen 18,8 8,4 72,1 2,1 25,7 2 058 Quatrième 28,5 14,4 79,0 7,2 18,5 1 395 Le plus riche 48,8 34,2 76,8 19,4 13,7 2 000 Ensemble 23,2 13,6 70,4 6,3 26,0 9 097 * Basé sur trop peu de cas non-pondérés. Prévalence de la diarrhée De par leurs conséquences, notamment la déshydratation et la malnutrition, les maladies diarrhéiques constituent, directement ou indirectement, une des principales causes de décès des jeunes enfants dans les pays en développement. L'OMS recommande, pour lutter contre les effets de la déshydratation, la généralisation du Traitement de Réhydratation par voie Orale (TRO), en conseillant l'utilisation soit d'une solution préparée à partir du contenu de sachets de Sels de Réhydratation par voie Orale (SRO), soit d'une solution préparée à la maison avec de l'eau, du sucre et du sel. Au cours de l'EDSBF-III, on a demandé aux mères si leurs enfants avaient eu la diarrhée au cours des deux semaines précédant l'interview, afin de mesurer la prévalence des maladies diarrhéiques chez les enfants de moins de cinq ans. En ce qui concerne le traitement de la diarrhée, on a demandé aux mères si elles connaissaient le SRO et si, durant les épisodes diarrhéiques, elles avaient utilisé cela et/ou une solution d'eau sucrée et salée. 138 | Santé de la Mère et de L’enfant Tableau 8.17 Prévalence de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu la diarrhéee au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Diarrhée deux semaines avant l'enquête Effectif des enfants Âge des enfants en mois <6 14,3 1 135 6-11 31,0 1 011 12-23 30,8 1 840 24-35 25,8 1 734 36-47 15,5 1 977 48-59 9,2 1 781 Sexe Masculin 21,9 4 846 Féninin 19,4 4 631 Milieu de résidence Ouagadougou 23,5 564 Autres villes 19,2 697 Ensemble urbain 21,1 1 261 Rural 20,6 8 217 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 20,8 7 388 Primaire/Alphabét. 21,2 1 706 Secondaire ou plus 16,2 383 Nécessaires pour se laver disponibles dans le ménage Eau/robinet 18,8 1 963 Savon, cendre ou autre détergents 22,9 1 090 Cuvette 20,8 6 901 Tous le nécessaires 20,9 445 Aucun 21,7 2 308 Source d'eau potable Robinet 20,4 1 329 Puits protégé 21,1 3 862 Puits non protégé 19,7 2 882 Mare/lac 21,6 1 370 Autre/ND (23,7) 35 Quintile de bien-être Le plus pauvre 20,3 1 790 Second 21,7 1 977 Moyen 20,9 2 547 Quatrième 19,6 1 733 Le plus riche 20,9 1 431 Ensemble 20,7 9 477 Note : Les données sont calculés sur les enfants vivants et décédés. ( ) Basé sur un faible nombre de cas non-pondérés. De l’examen des données du Tableau 8.17 et du graphique 8.6, il ressort qu’un peu plus d’un enfant de moins de cinq ans sur cinq (21 %) avait souffert de la diarrhée pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête. La prévalence de la diarrhée est particulièrement importante chez les jeunes enfants de 6-23 mois (31 %). Ces âges de forte prévalence sont aussi les âges auxquels les enfants commencent à recevoir des aliments autres que le lait maternel et à être sevrés. Ils correspondent aussi aux âges auxquels les enfants commencent à explorer leur environnement, ce qui les expose davantage à la contamination par des agents pathogènes. Santé de la Mère et de L’enfant | 139 On constate des variations selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Les résultats selon le sexe de l’enfant n’en font pas apparaître. La proportion de garçons ayant eu la diarrhée est très proche de celle des filles (22 % contre 19 %). Du point de vue du milieu de résidence, on ne constate pas de différence entre les enfants vivant en milieu rural et ceux du milieu urbain (21 % dans les deux cas) comme c’était le cas pour les IRA. Par contre, selon les régions (données présentées au tableau D.8.17, en Annexe D) il y a des écarts importants : dans la région du Sahel, 34 % des enfants ont eu la diarrhée ; de même, dans les régions du Centre (27 %), du Nord (26 %), plus du quart des enfants ont eu la diarrhée. À l’opposé, ce sont les régions de l’Est (14 %), du Centre- Sud (15 %), des Cascades (16 %) et des Haut-Bassins (17 %) qui enregistrent les niveaux les plus faibles. Il faut signaler qu’à Ouagadougou, la proportion est de 24 %. En ce qui concerne le niveau d’instruction des femmes, on s'attend généralement à ce que la prévalence de la diarrhée chez les enfants diminue avec l'augmentation du niveau d'instruction de la mère. On constate effectivement au Burkina Faso qu’au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, 21 % des enfants de femmes sans instruction ont eu la diarrhée contre seulement 16 % parmi ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus. Par ailleurs, la disponibilité dans le ménage du nécessaire pour se laver les mains ou le type d’approvisionnement en eau potable ne semblent pas affecter de manière sensible la prévalence de la diarrhée. On ne constate pas non plus d’écarts significativement importants de la prévalence en fonction de l’indice de bien-être du ménage. Connaissance des sachets de SRO Parmi les femmes ayant eu des enfants dans les cinq années précédant l'enquête, 68 % ont déclaré connaître le Sel de Réhydratation par voie orale ou SRO (Tableau 8.18), ce qui est élevé. Le niveau de connaissance des sachets de SRO est assez variable selon les caractéristiques socio- démographiques des mères. On constate que cette connaissance est relativement plus faible en milieu rural qu’en milieu urbain (64 % contre 94 %). Bien entendu, les femmes de niveau d'instruction secondaire ou plus en ont une meilleure connaissance : 96 % des femmes de niveau secondaire ou plus les connaissent contre 80 % des femmes alphabétisées ou de niveau primaire et seulement 63 % de celles sans instruction. Selon l’indice de bien-être des ménages, la connaissance des SRO par les femmes passe de 54 % dans les ménages les plus pauvres à 93 % dans les plus riches. Graphique 8.6 Prévalence de la diarrhée chez les enfants de moins de 5 ans EDSBF-III 2003 GROUPE D'ÂGES Moins de 6 mois 6-11 mois 12-23 mois 24-35 mois MILIEU DE RESIDENCE Ouagadougou Autres Villes Rural APPROVISIONNEMENT EN EAU Robinet Puits protégé Puits non protégé Mare/lac 0 10 20 30 40 Pourcentage 140 | Santé de la Mère et de L’enfant Tableau 8.18 Connaissance des sachets de SRO Pourcentage de mères ayant eu des naissances au cours des cinq années ayant précédé l'enquête qui connaissent les sachets de SRO pour le traitement de la diarrhée, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Pourcentage de mères connaissant les sachets de SRO Effectif des mères Âge 15-19 60,7 484 20-24 65,4 1 729 25-29 70,4 1 821 30-34 70,1 1 334 35-49 68,0 2 059 Milieu de résidence Ouagadougou 94,0 470 Autres villes 93,7 585 Ensemble urbain 93,8 1 055 Rural 63,6 6 372 Niveau d'instruction Aucune instruction 63,4 5 749 Primaire/Alphabét. 80,2 1 357 Secondaire ou plus 96,3 322 Quintile de bien-être Le plus pauvre 54,4 1 379 Second 58,9 1 523 Moyen 67,5 1 976 Quatrième 69,4 1 334 Le plus riche 93,4 1 216 Ensemble 67,9 7 428 SRO = Sels de réhydratation orale Traitement de la diarrhée Le tableau 8.19 montre que parmi les enfants ayant eu la diarrhée les deux semaines précédant l'enquête, seulement 17 % ont été conduits dans un établissement sanitaire au cours de leur maladie; parmi ceux de moins de 6 mois, seulement 5 % avaient eu des soins dans un centre de santé. Parmi ceux de 36-47 mois (12 %) et de 48-59 mois (15 %) les proportions, quoique assez faibles, sont plus élevées. Par ailleurs, les enfants de Ouagadougou ont été menés en proportion plus importante en consultation (35 %) que ceux des autres villes (28 %) et surtout que ceux du milieu rural (15 %). Au niveau de la région (données présentées au tableau D.8.19, en Annexe D), les pourcentages les plus faibles sont observés dans les régions du Sahel (9 %), du Nord (11 %), du Centre-Sud et du Sud-Ouest (12 %). Par niveau d’instruction de la mère, on constate que les enfants nés de mères sans instruction sont proportionnellement moins nombreux à avoir été conduits en consultation : 15 % contre 23% pour ceux dont la mère a un niveau d’instruction primaire ou est alphabétisée et 36 % pour ceux dont la mère a un niveau d'instruction secondaire ou plus. Santé de la Mère et de L’enfant | 141 Tableau 8.19 Traitement de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête, pourcentage de ceux qui ont été menés en consultation dans un établissement sanitaire ou auprès de personnel de santé, pourcentage de ceux qui ont suivi une thérapie de réhydratation par voie orale (TRO), et pourcentage de ceux qui ont reçu d'autres traitements, selon les caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Thérapie de Réhydratation Orale (TRO) Autres traitements Caractéristique socio-démographique Pourcentage amenés à un centre de santé Sachets de SRO Solution maison SRO ou solution maison Augmen- tation de l'apport en liquides SRO, Solution maison, ou augmentation des liquides Gélules ou sirop Injection Perfusion Remède maison/ autre Aucun traitement Effectif des enfants Âge des enfants en mois <6 4,9 7,1 4,2 10,7 30,7 35,9 8,7 0,0 0,0 37,9 35,7 162 6-11 18,7 18,1 8,0 24,1 39,3 55,6 15,5 0,4 0,3 38,5 17,9 313 12-23 21,3 21,9 9,6 29,3 52,4 66,5 21,2 1,1 0,0 39,6 13,3 567 24-35 19,7 21,1 14,8 33,3 53,4 71,3 22,7 0,4 0,0 34,8 11,3 448 36-47 11,9 14,2 7,9 20,3 54,2 64,4 22,2 0,0 0,2 36,5 12,2 306 48-59 15,0 24,0 12,1 30,2 51,9 64,2 23,2 0,0 0,0 38,9 8,3 164 Sexe Masculin 17,9 19,0 10,2 27,0 49,1 63,2 20,6 0,2 0,1 36,7 15,0 1 063 Féminin 16,3 18,7 9,8 25,9 48,8 62,4 19,1 0,7 0,1 38,8 14,6 898 Milieu de résidence Ouagadougou 35,4 23,8 24,0 44,9 49,0 71,9 46,8 1,6 0,0 17,8 8,7 132 Autres villes 28,1 25,6 11,8 35,4 54,2 69,9 28,3 0,5 0,0 18,9 13,1 134 Ensemble urbain 31,7 24,7 17,9 40,1 51,6 70,9 37,5 1,0 0,0 18,4 10,9 266 Rural 14,9 17,9 8,8 24,4 48,6 61,5 17,2 0,4 0,1 40,7 15,4 1 694 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 15,0 16,9 9,8 24,6 48,7 61,4 16,9 0,5 0,1 39,6 15,6 1 537 Primaire/Alphabét. 23,1 25,2 9,4 30,8 50,2 66,6 28,8 0,3 0,2 32,2 12,1 362 Secondaire ou plus 36,0 31,6 19,6 48,3 48,7 74,9 44,4 0,0 0,0 20,1 10,4 62 Quintile de bien-être Le plus pauvre 8,8 11,8 8,9 18,4 43,7 56,9 12,0 0,5 0,0 49,3 16,2 364 Second 15,0 16,8 6,6 22,2 46,1 58,0 18,3 0,1 0,0 45,0 16,6 428 Moyen 19,3 21,2 10,7 28,6 50,6 64,0 19,8 0,8 0,2 34,5 16,9 531 Quatrième 12,9 15,5 8,6 22,3 51,9 64,6 16,2 0,2 0,0 39,6 11,7 339 Le plus riche 31,4 30,2 16,7 43,6 53,2 72,7 36,5 0,7 0,2 16,3 10,5 298 Ensemble 17,2 18,9 10,0 26,5 49,0 62,8 20,0 0,5 0,1 37,6 14,8 1 961 Alors que 68 % des femmes qui ont eu une naissance dans les cinq ans ayant précédé l’enquête ont déclaré connaître le SRO, on constate qu’une proportion élevée (15 %) d’enfants qui ont souffert de diarrhée au cours des deux semaines précédant l'enquête n'ont bénéficié d'aucun type de réhydratation ou d’autre traitement. Seulement 19 % ont reçu des sachets de SRO, 10 % des enfants ont reçu une solution d'eau, de sel et de sucre préparée à la maison et, globalement, un enfant sur quatre (27 %) a reçu l'une et/ou l'autre forme de TRO. Ces résultats démontrent que de nombreuses femmes ne mettent pas en pratique leur connaissance de la TRO, ce qui est dû probablement à des raisons d’accessibilité des centres de santé et de disponibilité des traitements. Ce sont plus particulièrement les enfants âgés de 24-35 mois (33 %), ceux résidant en milieu urbain (40 %) et, enfin, ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus (48 %) qui ont reçu le plus fréquemment une TRO au cours de la diarrhée. Dans la région du Sahel, seulement 8 % des enfants ont bénéficié d'un traitement par réhydratation orale. À Ouagadougou, cette proportion est de 45 %. Par ailleurs, près d’un enfant malade sur deux (49 %) a reçu davantage de liquides pendant les épisodes diarrhéiques et 63 % ont reçu des sachets de SRO, une solution maison ou davantage de liquides. En outre, pendant les épisodes de diarrhée, certains enfants ont reçu divers types de traitement, donnés seuls ou en plus de la réhydratation orale. Les traitements administrés sont principalement des comprimés/sirop (20 %) et des remèdes traditionnels (38 %). Par contre, comme nous l’avons mentionné plus haut, moins d’un enfant sur cinq (15 %) n’a reçu aucun traitement. 142 | Santé de la Mère et de L’enfant Alimentation pendant la diarrhée Au cours des épisodes diarrhéiques, il est recommandé de donner plus de liquides et d’aliments à l’enfant. Au tableau 8.20, on constate que 49 % des enfants ayant eu la diarrhée ont reçu plus de liquides que d’habitude lorsqu’ils étaient malades, 23 % ont reçu la même quantité et en revanche, 26 % en ont reçu moins ou beaucoup moins. En ce qui concerne les aliments, on constate que dans 11 % des cas, les rations alimentaires ont été augmentées, dans 25 %, elles n’ont pas changé et pour 38 % des enfants, elles ont été diminuées ; dans 9 % des cas, l’alimentation a même été très réduite, voire complètement stoppée (8 %). Ces résultats indiquent qu’une forte proportion de femmes ne respectent pas les principes de base en matière de nutrition des enfants durant les épisodes diarrhéiques et qu’elles leur font donc courir des risques accrus de maladie. Problèmes perçus pour l’accès aux soins de santé de la femme L’accès de la population aux soins de santé est l’une des priorités des autorités sanitaires pour arriver à changer favorablement la situation sanitaire dans le pays. Ainsi, au cours de l’enquête, on a cherché à connaître les types de problèmes auxquels sont confrontées les femmes quand elles ont besoins de soins de santé. Les résultats sont présentés au tableau 8.21. On constate que dans 63 % des cas, les femmes ont déclaré que le manque d’argent nécessaire pour le traitement est le principal obstacle. L’importance de ce problème augmente sensiblement avec l’âge et la parité. De plus, les femmes en union (64 %) ou en rupture d’union (71 %) ont déclaré plus fréquemment que les célibataires (57 %) avoir rencontré ce problème. Il affecte également davantage les femmes du milieu rural (67 %) que celles du milieu urbain (50 %). De même, les femmes sans instruction (67 %) ont été plus souvent confrontées à ce problème que celles de niveau secondaire ou plus (39 %). Les femmes des régions des Cascades (45 %) et des Hauts-Bassins (48 %) se sont moins fréquemment heurtées à ce problème que celles des autres régions. Les femmes ont également cité dans 46 % des cas la distance à parcourir pour atteindre le service de santé et dans 40 % des cas, l’obligation de prendre un moyen de transport pour s’y rendre. Ces problèmes sont beaucoup plus fréquents dans le milieu rural que dans le milieu urbain et ils sont d’autant plus fréquents que le niveau d’instruction est faible ou que la femme vit dans un ménage pauvre. Ceci confirme le fait que les femmes sans instruction et du milieu rural sont aussi celles qui vivent dans les endroits les plus isolés, donc les moins bien équipés en biens et services. C’est dans la région de l’Est et de celle du Sahel que les problèmes de distance et de moyens de transport ont été le plus fréquemment rapportés (61 % à 71 %). Tableau 8.20 Alimentation pendant la diarrhée Alimentation des enfants de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l'enquête selon la quantité de liquides et d'aliments offerts en comparaison avec ce qui est offert d'habitude, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Alimentation des enfants pendant la diarrhée Pourcentage Quantité de liquide donné Comme d'habitude 23,3 Plus que d'habitude 49,0 Un peu moins 17,1 Beaucoup moins 9,0 Rien 0,8 NSP/ND 0,8 Ensemble 100,0 Quantité de nourriture donnée Comme d'habitude 25,1 Plus que d'habitude 11,4 Un peu moins 38,2 Beaucoup moins 9,2 Rien 8,1 Ne mange pas encore 7,8 NSP/ND 0,2 Total 100,0 Effectif d'enfants 1 961 Santé de la Mère et de L’enfant | 143 Tableau 8.21 Problèmes perçus pour l'accès aux soins de santé de la femme Répartition (en %) des femmes qui ont déclaré qu'elles avaient des problèmes pour accéder aux soins de santé quand elles sont malades par type de problème et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Problèmes liés à l'accès aux soins Caractéristiques socio-démographiques Savoir où aller pour le traitement Avoir la permission d'aller se soigner Avoir de l'argent pour le traitement Distance au service de santé Avoir à prendre un moyen de transport Ne pas vouloir aller seule Soucis de ne pas avoir une femme pour fournir les services N'importe lequel des problèmes spécifiés Effectif des femmes1 Âge 15-19 22,3 19,2 58,0 43,7 38,0 35,4 22,4 78,5 2 776 20-29 17,7 14,7 59,9 46,3 39,5 24,4 16,3 76,7 4 347 30-39 17,1 15,9 67,8 46,8 40,9 24,7 15,1 81,6 3 104 40-49 18,9 13,8 68,5 49,4 44,4 27,3 16,8 81,5 2 250 Nombre d'enfants vivants 0 21,5 18,0 56,3 41,6 37,0 33,3 21,5 76,8 3 146 1-2 17,6 15,1 59,2 45,2 38,8 25,2 16,2 76,1 3 627 3-4 18,0 15,8 66,1 49,0 42,1 25,1 16,6 80,7 2 838 5+ 18,1 14,5 72,1 50,8 44,4 26,1 15,4 84,2 2 865 Statut matrimonial Célibataire 21,6 16,8 56,6 38,7 35,4 33,0 19,6 75,9 2 337 En union 18,0 15,9 64,1 48,5 41,6 26,1 17,0 79,7 9 655 En rupture d’union 20,8 9,9 71,4 41,7 39,8 27,1 14,7 83,8 485 Milieu de résidence Ouagadougou 18,1 11,7 52,0 25,8 26,3 19,4 10,3 69,2 1 418 Autres villes 11,4 8,0 46,9 21,3 23,5 20,7 10,5 63,7 1 279 Ensemble urbain 14,9 9,9 49,6 23,7 25,0 20,0 10,4 66,6 2 697 Rural 19,9 17,5 66,7 52,7 44,6 29,5 19,4 82,7 9 780 Région Ouagadougou 18,1 11,7 52,0 25,8 26,3 19,4 10,3 69,2 1 418 Boucle du Mouhoun 4,2 7,4 54,0 34,2 24,9 13,4 6,8 67,6 910 Centre (Sans Ouaga.) 26,4 18,4 77,1 46,8 47,2 27,0 18,9 89,9 239 Centre-Sud 21,7 19,3 65,1 63,0 52,7 31,1 18,4 86,1 735 Plateau Central 24,4 19,2 68,4 57,5 45,6 28,1 18,2 85,8 620 Centre-Est 38,5 25,5 71,7 53,8 52,9 40,6 30,6 81,3 1 054 Centre-Nord 7,8 7,3 65,4 50,1 41,6 19,7 13,5 79,0 1 053 Centre-Ouest 20,1 24,3 82,8 45,9 39,1 20,4 9,1 92,2 905 Est 19,9 15,2 69,5 71,1 62,3 26,3 18,6 86,4 905 Nord 12,5 11,5 60,7 43,4 33,7 26,0 14,4 78,7 1 175 Cascades 8,5 13,3 45,3 36,0 31,3 13,4 5,6 61,6 410 Hauts-Bassins 13,2 5,8 47,8 31,2 31,3 31,5 14,6 70,1 1 606 Sahel 46,1 44,4 76,1 68,0 60,8 65,0 60,3 92,7 848 Sud-Ouest 6,5 12,7 68,7 49,0 33,3 13,5 3,6 85,2 599 Niveau d'instruction Aucune instruction 20,0 17,5 66,7 50,9 44,1 29,2 18,8 82,6 8 941 Primaire/Alphabét. 17,4 13,2 59,9 41,4 35,4 24,4 15,9 75,3 2 451 Secondaire ou plus 12,2 8,1 39,4 20,8 20,8 19,3 9,8 60,1 1 085 Emploi Sans emploi 17,2 14,2 50,3 30,4 27,4 25,9 14,3 68,9 1 538 Travail payé 18,5 13,7 56,6 34,6 33,2 23,1 15,3 72,6 2 862 Travail non payé 19,2 16,9 67,7 53,7 45,4 29,3 18,8 83,5 8 071 Quintile de bien-être Le plus pauvre 25,0 21,2 73,9 60,8 53,4 37,2 26,2 88,4 2 190 Second 17,7 18,8 69,8 58,5 48,3 28,9 17,3 87,1 2 290 Moyen 19,3 15,7 65,5 50,5 42,0 26,8 18,1 81,2 2 972 Quatrième 19,6 16,3 62,4 44,1 38,6 27,1 16,2 77,8 2 058 Le plus riche 14,0 9,4 47,5 24,1 24,3 19,9 11,3 65,2 2 967 Ensemble 18,8 15,8 63,0 46,4 40,4 27,4 17,4 79,2 12 477 1 Y compris 6 cas pour lesquels l'emploi n'est pas déterminé. Globalement, huit femmes sur dix (79 %) ont déclaré avoir, au moins, un des problèmes évoqués, ce sont les femmes du milieu rural (83 %), celles des régions du Sahel (93 %) et du Centre- Ouest (92 %), celles sans instruction (83 %) et celles exerçant un travail non payé (84 %) qui ont le plus fréquemment rencontré des problèmes pour accéder aux soins de santé. Allaitement et État Nutritionnel | 145 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL 9 Soumaila Mariko La malnutrition est l’un des principaux problèmes de santé et de bien-être qui affecte les enfants dans les pays en développement en général et au Burkina Faso en particulier. Elle résulte, aussi bien d'une alimentation inadéquate que d’un environnement sanitaire déficient. Les pratiques alimentaires inadéquates font référence, non seulement à la qualité et à la quantité des aliments donnés aux enfants, mais aussi aux étapes de leur introduction. Ce chapitre porte sur l’analyse des résultats concernant l'alimentation des enfants nés dans les cinq années ayant précédé l’enquête et l'état nutritionnel des enfants et des femmes. Les pratiques d’allaitement et d’alimentation de complément constituent la première partie du chapitre. La deuxième partie est consacrée aux résultats portant sur les mesures anthropométriques (poids et taille) des enfants et des femmes, à partir desquelles a été évalué leur état nutritionnel. Enfin, la dernière partie est consacrée aux carences en micronutriments : elle porte, en particulier, sur la prévalence de l’anémie dans la population des enfants et des femmes, sur la supplémentation en vitamine A, en sel iodé et en fer. 9.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT Les pratiques d'alimentation constituent les facteurs déterminants de l'état nutritionnel des enfants qui affecte, à son tour, la morbidité et la mortalité de ces enfants. Parmi ces pratiques, celles concernant l’allaitement revêtent une importance particulière. En effet, de par ses propriétés particulières (il est stérile et il transmet les anticorps de la mère et tous les éléments nutritifs nécessaires aux enfants dans les premiers mois d'existence), le lait maternel évite les carences nutritionnelles et limite la prévalence de la diarrhée et d'autres maladies. D'autre part, par son intensité et sa fréquence, l'allaitement prolonge l’infécondité post-partum et affecte, par conséquent, l’intervalle intergénésique, ce qui influe sur le niveau de la fécondité et, donc, sur l’état de santé des enfants et des mères. Compte tenu de l'importance des pratiques d'allaitement, on a demandé aux mères si elles avaient allaité leurs enfants nés dans les cinq années ayant précédé l'enquête et, plus précisément, quel âge avaient ces enfants au moment où elles avaient commencé à allaiter. De plus on leur a demandé pendant combien de temps elles les avaient allaités, quelle était la fréquence de l'allaitement, à quel âge avaient été introduits des aliments de complément et de quel type d'aliments il s'agissait et enfin à quelle fréquence les différents types d'aliments étaient donnés à l'enfant. On a également demandé aux mères si elles avaient utilisé un biberon. Début de l’allaitement Le tableau 9.1 présente d’une part les pourcentages d'enfants nés au cours des cinq dernières années qui ont été allaités et, d’autre part, parmi ces enfants allaités, les pourcentages de ceux qui ont été allaités dans l’heure ou le jour qui a suivi la naissance, selon certaines caractéristiques socio- démographiques. La quasi-totalité des enfants (98 %) ont été allaités et cette pratique est uniforme quelles que soient les caractéristiques de la mère. De plus, on constate que la proportion d’enfants allaités n’a pas changé depuis l’EDSBF-II (99 %). Parmi les enfants allaités, la proportion de ceux qui ont été allaités dans l’heure qui a suivi immédiatement la naissance est de 33 % ; la proportion de ceux qui ont été allaités dans les 24 heures qui ont suivi leur naissance est de 63 %. Bien que ces proportions soient en nette augmentation par rapport à celles enregistrées au cours de l'EDSBF-II de 1998-99 (respectivement, 27 % et 48 %), il n’en demeure pas moins qu’environ deux tiers des enfants (67 %) ne sont pas allaités dans l’heure qui suit leur naissance et que près de deux enfants sur cinq 146 | Allaitement et État Nutritionnel (38 %) ne reçoivent pas le lait maternel dans le premier jour suivant leur naissance. Ce comportement peut se révéler néfaste pour l'enfant et mettre en danger sa survie. En effet, c’est au cours des premiers allaitements, dans les vingt-quatre heures qui suivent la naissance, que l’enfant reçoit le colostrum qui contient les anticorps de la mère et qui sont essentiels pour résister à de nombreuses maladies. De plus, quand le nouveau-né n’est pas allaité dans les vingt-quatre heures qui suivent la naissance, il reçoit, à la place du lait maternel, d’autres liquides pouvant le mettre en contact avec des agents pathogènes. Ces résultats montrent donc qu’il reste à faire des efforts importants pour apprendre aux mères l'importance ou les bienfaits de l'allaitement dès les premières heures de la vie de l'enfant. Tableau 9.1 Allaitement initial Pourcentage d'enfants nés au cours des cinq dernières années ayant précédé l'enquête qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités dans l'heure qui a suivi la naissance et pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités le jour de la naissance, et pourcentage de ceux ayant reçu le colostrum, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Pourcentage allaité au sein Effectif d'enfants Pourcentage allaité dans l’heure suivant la naissance Pourcentage allaité dans la journée suivant la naissance1 Pourcentage alimenté avant le début de l'allaitement2 Effectif d'enfants allaités Sexe Masculin 97,9 5 549 33,5 63,1 75,6 5 435 Féminin 98,8 5 303 33,1 62,2 74,7 5 239 Milieu de résidence Ouagadougou 96,3 623 58,2 86,2 49,5 600 Autres villes 98,4 763 50,2 81,8 48,4 751 Ensemble urbain 97,4 1 386 53,8 83,8 48,9 1 350 Rural 98,5 9 466 30,4 59,6 79,0 9 323 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 98,5 8 492 31,2 60,9 77,9 8 366 Primaire/alphabetisation 97,7 1 944 37,7 65,6 69,3 1 900 Secondaire ou plus 98,1 416 57,3 83,7 46,5 408 Assistance à l'accouchement3 Professionnel de santé 98,0 6 123 38,2 68,0 69,6 6 002 Accoucheuse traditionnelle 98,8 1 572 32,7 56,6 80,6 1 554 Autre 99,0 2 507 24,6 52,7 84,3 2 482 Personne 98,0 642 22,8 65,0 79,6 629 Lieu d'accouchement Centre de santé 97,8 4 175 41,8 71,9 63,6 4 083 A domicile 98,7 6 655 28,1 56,8 82,4 6 570 Autre * * * * * 11 Quintile de bien-être Le plus pauvre 98,3 2 100 29,5 61,5 84,0 2 065 Second 98,7 2 297 30,1 58,7 79,8 2 267 Moyen 98,5 2 900 29,8 58,9 77,9 2 856 Quatrième 98,8 1 972 34,5 60,7 72,9 1 948 Le plus riche 97,1 1 583 48,1 79,2 54,4 1 538 Ensemble 98,4 10 852 33,3 62,6 75,2 10 674 Note : Le tableau est basé sur tous les enfants vivants ou décédés au moment de l'enquête. Y compris 7 cas non déclarés pour l’assistance à l’accouchement et 10 cas pour le lieu d’accouchement. 1 Y compris les enfants qui ont été allaités dans l'heure suivant la naissance. 2 Les enfants ayant recu quelque chose autre que le lait maternel durant les trois premiers jours de vie avant que la mère commence l'allaitement d'une manière régulière. 3 Médecin, infirmière/sage-femme, aide soignante. * Basé sur trop peu de cas non-pondérés. Bien que l'allaitement soit largement pratiqué par toutes les catégories de femmes, le moment où cet allaitement commence varie sensiblement selon les caractéristiques socio-démographiques des femmes. Les résultats montrent qu’en milieu urbain, un peu plus de la moitié des enfants (54 %) ont été allaités dans l’heure qui a suivi la naissance contre seulement 30 % en milieu rural. De même, 84 % des enfants du milieu urbain, en particulier de la ville de Ouagadougou (86 %) ont été mis au sein dans les 24 heures qui ont suivi leur naissance contre seulement 60 % en milieu rural. Allaitement et État Nutritionnel | 147 Le niveau d'instruction de la mère semble avoir une influence significative sur la pratique de l'allaitement dans les premières heures qui suivent la naissance ; on remarque en effet, que les enfants dont la mère est sans instruction ont été moins fréquemment allaités dans l’heure qui a suivi la naissance que ceux dont la mère est de niveau secondaire ou plus (31 % contre 57 %). L’assistance à l’accouchement et, par conséquent, le lieu où celui-ci s’est déroulé influence légèrement le début de l’allaitement. En effet, quand la mère a accouché avec l’assistance de personnel de santé, près de deux enfants sur cinq (38 %) ont été allaités dans l’heure qui a suivi leur naissance contre 33 % pour ceux dont la mère a accouché avec l’assistance d’une accoucheuse traditionnelle ou d’une autre personne (25 %). De même, 42 % des femmes ayant accouché dans un centre de santé ont allaité leur enfant dans l’heure qui a suivi la naissance; quand la mère a accouché à la maison, cette proportion n’est que de 28 %. Introduction de l’alimentation de complément Selon les recommandations de l’UNICEF et de l’OMS, tous les enfants devraient être exclusivement nourris au sein jusqu’à six mois. L’introduction trop précoce d’aliments de complément n’est pas recommandée car elle expose les enfants aux agents pathogènes et augmente ainsi leur risque de contracter des maladies infectieuses. De plus, elle diminue la prise de lait par l’enfant, et donc la succion, ce qui réduit la production de lait. Enfin, dans les populations économiquement pauvres, les aliments de complément ont une faible valeur nutritionnelle. De plus, à partir de six mois, l’allaitement au sein doit être complété par l’introduction d’autres aliments appropriés pour satisfaire les besoins alimentaires de l’enfant et lui permettre la meilleure croissance possible. Les informations sur l’alimentation de complément ont été obtenues en demandant à la mère si son enfant était allaité et quel type d’aliments (solides ou liquides) il avait reçu au cours des dernières 24 heures. Bien que les questions sur l’allaitement aient été posées pour tous les enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, celles sur les compléments nutritionnels n’ont été posées qu’à propos des enfants derniers-nés. De plus, les résultats ne sont présentés que pour les enfants de moins de trois ans, dans la mesure où pratiquement tous les enfants sont sevrés au-delà de cet âge. Les résultats du tableau 9.2 et du graphique 9.1 montrent que, dès la naissance, presque tous les enfants sont allaités (98 %) et cette pratique se poursuit longtemps après la naissance puisque, à 20-23 mois, plus de huit enfants sur dix (81 %) sont encore allaités. Cependant, l'allaitement exclusif n’est pas une pratique courante au Burkina Faso. En effet, dès la naissance de l’enfant, seulement 18 % des enfants ne reçoivent que le lait maternel et à 4-5 mois, cette proportion n’est que de 16 %. Ainsi, la très grande majorité des jeunes enfants ne sont pas exclusivement allaités comme le recommandent l’OMS et l’UNICEF. Cette majorité, 83 % des enfants de moins de 6 mois, reçoit d’autres liquides ou solides en plus du lait maternel. Par contre, entre 6-7 mois, âge à partir duquel tous les enfants devraient déjà recevoir des aliments de complément en plus du lait maternel, seulement quatre enfants sur dix (48 %) sont nourris de cette façon; il faut attendre 16-19 mois pour que la majorité des enfants (84 %) soient allaités et reçoivent une alimentation de complément. L’utilisation du biberon n’est pas recommandée chez les jeunes enfants car elle est le plus souvent associée à une augmentation des risques de maladies, en particulier les maladies diarrhéiques. Les biberons mal nettoyés et les tétines mal stérilisées sont à l’origine de troubles gastriques, de diarrhées et de vomissements chez les bébés. Le tableau 9.2 montre que l'utilisation du biberon chez les enfants n’est pas très répandue au Burkina Faso puisque environ 1 % des enfants de moins de 4 mois et environ 2 % de ceux de 4-5 mois avaient été nourris au biberon au cours des 24 heures ayant précédé l’enquête. 148 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 9.2 Type d'allaitement selon l'âge de l'enfant Répartition (en %) des plus jeunes enfants de moins de 3 ans qui vivent avec leurs mères par type d'allaitement, et pourcentage des enfants de moins de trois ans utilisant le biberon, selon l'âge de l'enfant en mois, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Allaitement au sein et alimentation1 Âge en mois Pas allaité pas au sein Exclusi- vement allaité au sein Eau seulement Liquides à base d'eau, jus Autre lait Aliments en complé- ment Total Effectif d'enfants derniers nés Pourcentage utilisant le biberon Effectif des enfants <2 1,4 18,2 55,2 14,9 6,8 3,6 100,0 330 0,3 337 2-3 0,6 22,2 53,0 14,0 7,3 2,9 100,0 389 0,9 399 4-5 0,0 16,1 57,3 11,2 3,8 11,7 100,0 395 1,5 399 6-7 0,0 16,7 40,6 10,7 2,8 29,1 100,0 367 0,6 372 8-9 0,2 11,3 31,7 3,2 5,2 48,4 100,0 312 3,3 317 10-11 1,2 9,3 19,6 3,8 1,4 64,7 100,0 321 1,4 322 12-15 1,9 5,6 11,3 3,3 1,0 77,0 100,0 692 1,4 695 16-19 5,4 4,5 8,8 0,4 1,6 79,3 100,0 653 1,0 661 20-23 19,0 5,4 2,7 0,6 0,8 71,5 100,0 468 1,1 484 24-27 45,5 1,9 3,5 0,2 0,3 48,7 100,0 592 0,6 646 28-31 63,2 2,5 0,5 0,2 0,0 33,7 100,0 524 0,2 593 32-35 81,9 0,7 0,3 0,0 0,0 17,1 100,0 358 1,8 495 <6 0,6 18,8 55,2 13,3 5,9 6,2 100,0 1 115 0,9 1 135 6-9 0,1 14,2 36,5 7,3 3,9 38,0 100,0 680 1,9 689 Ensemble 19,3 8,4 20,3 4,4 2,2 45,3 100,0 5 401 1,1 5 720 Note : Le statut de l'allaitement fait référence à la période de "24 heures" (hier et la nuit dernière). Les enfants classés comme allaitant et consommant de l'eau plate seulement ne consomment aucun complément. Les catégories de non allaitant, allaite exclusivement, allaitant et consommant de l'eau plate, des liquides/jus à base d'eau, autre lait, et complément d'aliments (solides et semi-solides) sont hiérarchiquement et mutuellement exclusifs et leurs pourcentages font 100 %. Ainsi les enfants qui reçoivent le lait maternel et les liquides à base d'eau et qui ne reçoivent pas de compléments alimentaires sont classés dans la catégorie des liquides à base d'eau même s’ils peuvent aussi consommer de l'eau plate. Tout enfant qui reçoit des compléments alimentaires est classé dans cette catégorie dès qu'ils sont toujours allaités. 1 Basé sur tous les enfants de moins de trois ans. Graphique 9.1 Pratique d'allaitement des enfants de moins de 3 ans EDSBF-III 2003 0-1 4-5 8-9 12-15 20-23 28-31 Âge en mois Pourcentage Allaitement seul Al. + compléments Allaitement et eau Non allaités 100 80 60 40 20 0 Allaitement et État Nutritionnel | 149 Durée et fréquence de l’allaitement La durée médiane de l’allaitement est calculée pour les enfants derniers-nés âgés de moins de trois ans. Le tableau 9.3 indique qu’au Burkina Faso, la moitié des enfants sont allaités pendant une période de deux ans (24,5 mois), les durées médianes de l'allaitement exclusif (0,5 mois) ou d’allaitement prédominant (8,0 mois) sont très courtes. On ne constate pas de disparités de la durée d'allaitement selon le sexe de l’enfant. Par contre, les enfants dont la mère vit en milieu rural sont allaités pendant une période légèrement plus longue que ceux dont la mère vit en milieu urbain (médiane de 25,2 mois contre 21,7 mois). Selon l’instruction, on constate une légère baisse des durées d’allaitement avec l’augmentation du niveau d’instruction de la mère, les durées médianes passant de 25,0 mois pour les mères sans instruction à 21,3 mois pour les mères de niveau secondaire ou plus. Par rapport à 1998-99, la durée médiane de l’allaitement est passée de 27,7 mois à 24,5 mois, soit une baisse d’environ 3 mois. Tableau 9.3 Durée médiane et fréquence de l'allaitement Durée médiane de l'allaitement, de l'allaitement exclusif et de l'allaitement prédominant (allaitement ou avec de l'eau) des enfants derniers- nés au cours des trois dernières années précédant l'enquête et vivant avec leurs mères, et pourcentage d'enfants de moins de six mois, vivant avec leurs mères, qui ont été allaités six fois ou plus au cours des vingt-quatre heures ayant précédé l'enquête et nombre moyen d'allaitement de jour ou de nuit, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Durée médiane d'allaitement au sein (en mois) Enfants de moins de six mois allaités au sein Caractéristique socio-démographique Allaite- ment au sein Allaite- ment exclusif au sein Allaite- ment au sein prédo- minant Effectif d’enfants Pourcentage allaité 6+ fois dans les dernières 24 heures Nombre moyen d'allaite- ment le jour Nombre moyen d'allaite- ment la nuit Effectif d'enfants Sexe Masculin 24,7 0,5 8,1 3 204 97,2 7,5 3,9 591 Féninin 24,4 0,5 7,9 3 090 96,2 7,6 3,9 532 Milieu de résidence Ouagadougou 22,1 0,5 4,6 351 * * * 51 Autres villes 21,5 0,5 6,8 447 97,2 7,9 3,5 70 Ensemble urbain 21,7 0,5 5,8 798 98,4 7,8 3,7 121 Rural 25,2 0,5 8,3 5 496 96,5 7,5 4,0 1 002 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 25,0 0,5 8,1 4 922 96,7 7,6 4,0 859 Primaire/alphabetisation 23,8 0,4 8,2 1 135 96,3 7,2 3,6 221 Secondaire ou plus 21,3 0,5 5,9 237 (100,0) (8,0) (4,4) 43 Quintile de bien-être Le plus pauvre 26,9 0,4 8,9 1 199 93,6 7,3 3,9 250 Second 25,2 0,5 8,3 1 336 97,6 7,4 4,0 243 Moyen 25,9 0,4 8,3 1 680 96,9 7,8 4,1 303 Quatrième 24,0 0,5 7,7 1 167 99,0 7,4 3,8 182 Le plus riche 21,7 0,5 6,1 912 97,4 7,7 3,6 144 Ensemble 24,5 0,5 8,0 6 294 96,7 7,5 3,9 1 123 Moyenne pour tous les enfants 24,7 3,1 9,8 na na na na na Note : Les moyennes et les médianes sont basées sur le statut d’allaitement au moment de l’enquête. na = Non applicable * Basé sur trop peu de cas non-pondérés. ( ) Basé sur un faible nombre de cas non-pondérés. Comparativement aux pays d’Afrique subsaharienne pour lesquels les durées moyennes d’allaitement ont été calculées selon le même procédé (voir tableau ci-dessous), on peut constater que la durée moyenne d’allaitement au Burkina Faso ne se différencie pas particulièrement des durées observées dans les autres pays africains. 150 | Allaitement et État Nutritionnel Pays Date de l’enquête Durée moyenne d’allaitement (en mois) Cameroun Côte d’Ivoire Sénégal Tanzanie Niger Tchad Guinée Ouganda Mali Togo Éthiopie Burkina Faso 1998 1998-1999 1992-1993 1999 1998 1996-1997 1999 2000-2001 2001 1998 2000 2003 18,2 20,2 20,4 20,4 20,7 22,0 22,2 22,6 23,1 24,3 24,9 24,5 Le tableau 9.3 montre que 97 % des enfants de moins de 6 mois ont été allaités six fois ou plus au cours des 24 heures ayant précédé l’enquête et que le nombre d’allaitement est légèrement plus élevé pendant le jour que la nuit (7,5 fois contre 3,9 fois en moyenne). On ne constate aucune variation significative de la fréquence de l’allaitement selon les différentes caractéristiques de la mère. Tout au plus, peut-on souligner que la proportion d'enfants qui ont été allaités 6 fois ou plus au cours des dernières 24 heures est légèrement plus élevée chez les enfants vivant dans les ménages du cinquième quintile (97 %) que chez ceux vivant dans les ménages du premier quintile (94 %). Type d’aliments de complément Les informations relatives aux types d’aliment donnés aux enfants de moins de trois ans sont présentées au tableau 9.4 selon la situation des enfants par rapport à l’allaitement. Le tableau indique que l’introduction de liquides autres que le lait maternel et d’aliments solides ou semi-solides a lieu très tôt avant 6 mois. Ainsi, chez les enfants de moins de 2 mois, 16 % avaient reçu d’autres liquides et, à 4-5 mois, 12 % avaient reçu des aliments solides à base de céréales. Par contre, les poissons, volailles, viandes ou œufs sont introduits plus tardivement (10 % ou plus à partir de 10-11 mois). À 6- 7 mois, seulement 2 % des enfants reçoivent des aliments riches en vitamine A et il faut attendre 32- 35 mois (3 ans) pour qu’un peu plus du tiers des enfants (37 %) reçoivent ce type d’aliment. L’OMS recommande l’introduction d’aliments solides dans l’alimentation des enfants à l’âge de 6 mois, car à partir de cet âge, le lait maternel seul n’est plus suffisant pour assurer la croissance optimale de l’enfant. Au Burkina Faso, une proportion non négligeable d’enfants consomme des céréales et des tubercules ou racines avant l’âge de 6 mois. À 6-7 mois, une proportion relativement faible d’enfants consomme des aliments solides ou semi-solides suffisamment variés, en plus du lait maternel, et riches en protéines et minéraux : 28 % consomment des céréales, 3 % des fruits et/ou légumes, 1 % des tubercules ou racines, et 3 % seulement de la viande, de la volaille, du poisson et/ou des œufs. Comme on pouvait s’y attendre, au même âge, la proportion d’enfants non allaités qui consomment les différents types d’aliment est légèrement plus élevée que pour les enfants allaités. Allaitement et État Nutritionnel | 151 Tableau 9.4 Aliments reçus par les enfants de jour ou de nuit Pourcentage des enfants derniers-nés de moins de trois ans vivant avec leur mère, qui ont reçu des aliments particuliers le jour ou la nuit qui a précédé l'enquête, selon la situation face à l'allaitement et selon l'âge en mois, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Âge en mois Aliments pour bébé Autre lait/ fromage/ yaourt Autres liquides Nourriture à base de céréales Fruits/ légumes Nourriture à base de racines, de tubercules Nourri- ture à base de légumes Viande/ volaille/ poisson/ coquil./ oeufs Nourri- ture à base d'huile, graisse ou beurre Fruits et légumes riches en vitamine A Nourri- ture solide ou semi- solide quelcon- que Effectif d’enfants ENFANTS ALLAITÉS <2 6,0 1,1 16,4 2,6 0,0 1,0 0,0 0,0 0,2 0,0 4,4 325 2-3 4,4 3,1 16,0 2,3 0,1 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0 7,0 387 4-5 4,2 1,8 14,5 11,7 0,2 0,0 0,0 0,2 0,2 0,2 17,4 395 6-7 5,2 5,3 19,9 27,8 3,0 1,0 1,1 2,6 4,7 2,2 34,9 367 8-9 6,6 5,1 11,7 47,4 15,6 1,4 2,4 9,0 12,0 14,7 56,1 312 10-11 4,4 6,7 11,1 62,3 24,4 1,3 5,1 9,7 13,9 22,7 75,5 317 12-15 3,6 8,2 16,4 76,3 31,8 1,3 10,1 20,1 25,3 31,6 86,4 679 16-19 3,0 10,4 11,6 78,8 33,1 2,7 16,3 27,3 33,0 32,1 91,3 618 20-23 1,6 10,9 12,4 85,1 40,3 3,3 15,9 29,2 30,2 39,0 94,1 379 24-27 2,2 9,1 8,9 84,3 38,4 0,7 20,2 18,1 29,2 37,8 97,1 323 28-31 4,9 9,9 16,8 88,1 43,1 3,8 22,5 20,4 27,5 41,2 98,8 193 32-35 4,5 12,3 5,2 92,8 37,6 1,7 12,0 24,0 32,8 37,2 98,1 65 <6 4,8 2,0 15,6 5,7 0,1 0,5 0,0 0,1 0,1 0,1 9,9 1 108 6-9 5,9 5,2 16,1 36,8 8,8 1,2 1,7 5,5 8,0 7,9 44,6 679 Ensemble 4,0 6,8 14,0 53,7 21,6 1,5 8,6 13,7 17,4 20,9 62,5 4 360 ENFANTS NON ALLAITÉS 16-19 (22,5) (8,0) (1,9) (84,2) (44,3) (9,6) (14,7) (41,3) (41,1) (43,5) (93,1) 35 20-23 7,1 24,3 15,8 94,9 47,4 6,5 31,5 47,9 46,2 47,1 100,0 89 24-27 6,4 19,9 15,2 89,5 51,4 6,5 29,5 45,1 47,4 49,1 98,4 269 28-31 4,2 14,3 13,5 89,8 43,7 4,0 26,2 38,3 46,1 43,2 97,9 331 32-35 2,6 18,1 15,8 89,8 45,0 5,4 28,1 38,4 42,9 43,5 97,7 293 Ensemble 5,7 18,4 15,2 89,5 46,1 5,8 28,0 41,4 44,7 44,9 97,6 1 041 Note : Les aliments riches en vitamine A comprennent : potiron, igname ou courge rouge ou jaune, carottes, patate douce, légumes à feuilles vertes, mangue, papaye, viande, volaille, poisson, œuf. La somme des pourcentages par type d’aliments reçus par enfant peut dépasser 100% car un enfant peut recevoir plusieurs types d’aliments. Les données ne sont pas présentées pour les groupes d’âges de trop faible effectif. ( ) Basé sur un faible nombre de cas non-pondérés. Le tableau 9.5 présente la fréquence des aliments reçus par l’enfant au cours des 24 heures précédant l’enquête. Quel que soit le type d’aliment et quel que soit l’âge, le nombre moyen de fois que les enfants ont reçu certains aliments est extrêmement faible, variant entre 0 et 0,3 fois pour les enfants de moins de 6 mois et entre 0 et 1,0 fois pour les enfants de 6-9 mois. Comme pour le type d’aliment donné aux enfants de moins de trois ans, le tableau 9.5 montre la fréquence des aliments donnés à l’enfant. Il apparaît que ceux qui ne sont pas allaités semblent recevoir un peu plus d’aliment de complément que ceux qui le sont. 152 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 9.5 Fréquence des aliments reçus par l'enfant dans le jour ou la nuit qui a précédé l'enquête Nombre moyen de fois que les enfants derniers-nés, âgés de moins de trois ans, qui vivent avec leurs mères, ont reçu certains aliments particuliers au cours des vingt-quatre heures précédant l'enquête, selon la situation face à l'allaitement et selon l'âge en mois, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Âge en mois Aliments pour bébé Autre lait/ fromage/ yaourt Autres liquides Nourri- ture à base de céréales Fruits/ légumes Nourri- ture à base de racines, de tubercules Nouriture à base de légumes Viande/ volaille/ poisson/ coquil./ oeufs Nourri- ture à base d'huile, graisse ou beurre Fruits et légumes riches en vitamine A Effectif des enfants ENFANTS ALLAITÉS <2 0,1 0,0 0,3 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 325 2-3 0,1 0,1 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 387 4-5 0,1 0,1 0,3 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 395 6-7 0,1 0,1 0,3 0,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 367 8-9 0,1 0,1 0,2 1,0 0,3 0,0 0,0 0,1 0,2 0,2 312 10-11 0,1 0,1 0,1 1,1 0,4 0,0 0,1 0,1 0,2 0,3 317 12-15 0,1 0,1 0,3 1,4 0,5 0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 679 16-19 0,1 0,2 0,2 1,5 0,5 0,0 0,2 0,3 0,4 0,5 618 20-23 0,0 0,1 0,2 1,6 0,7 0,0 0,2 0,3 0,4 0,6 379 24-27 0,0 0,1 0,1 1,6 0,6 0,0 0,3 0,2 0,4 0,6 323 28-31 0,1 0,2 0,4 1,8 0,8 0,1 0,3 0,2 0,4 0,7 193 32-35 0,1 0,2 0,1 2,0 0,6 0,0 0,1 0,3 0,4 0,6 65 <6 0,1 0,1 0,3 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1 108 6-9 0,1 0,1 0,3 0,7 0,1 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1 679 Ensemble 0,1 0,1 0,2 1,0 0,4 0,0 0,1 0,2 0,2 0,3 4 360 ENFANTS NON ALLAITÉS 16-19 (0,5) (0,1) (0,0) (2,2) (0,9) (0,1) (0,2) (0,5) (0,5) (0,8) 35 20-23 0,1 0,4 0,2 2,2 1,1 0,1 0,4 0,7 0,7 0,9 89 24-27 0,1 0,3 0,4 2,0 0,9 0,1 0,4 0,6 0,7 0,8 269 28-31 0,0 0,2 0,3 1,9 0,8 0,0 0,4 0,5 0,7 0,7 331 32-35 0,0 0,3 0,3 2,0 0,8 0,1 0,4 0,5 0,6 0,7 293 Ensemble 0,1 0,3 0,3 2,0 0,9 0,1 0,4 0,5 0,7 0,8 1 041 Note : Les aliments riches en vitamine A comprennent : potiron, igname ou courge rouge ou jaune, carottes, patate douce, légumes à feuilles vertes, mangue, papaye, viande, volaille, poisson, œuf. Les données ne sont pas présentées pour les groupes d’âges de trop faible effectif. ( ) Basé sur un faible nombre de cas non-pondérés. Le tableau 9.6 présente le nombre moyen de fois que les enfants derniers-nés de moins de trois ans ont reçu des aliments particuliers dans les sept jours précédant l’enquête. Les résultats font apparaître la même tendance que celle observée dans le tableau précédent ; la seule différence étant que le nombre moyen est plus élevé - comme attendu - pour 7 jours que pour 24 heures. Ainsi, en une semaine, le nombre moyen de fois se situe entre 0 et 6,4 fois pour les enfants de moins de 6 mois allaités et varie entre 0 et 6,9 fois pour les enfants de 6 à 9 mois allaités. Allaitement et État Nutritionnel | 153 Tableau 9.6 Fréquence des aliments reçus par l'enfant dans les sept derniers jours Nombre moyen de fois que les plus jeunes enfants derniers-nés, âgés de moins de trois ans vivant avec leurs mères, ont reçu certains aliments particuliers au cours des sept jours précédant l'enquête, selon la situation face à l'allaitement et l'âge, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Âge en mois Eau Aliments pour bébé Autre lait Jus de fruit Autres liquides Nourri- ture à base de céréales Nourri- ture à base de racines/ tubercules Fruits et légumes pauvres en Vita- mine A Nourri- ture à base de légumes Fromage ou yaourt Viandes, volaille, poisson, coquil- lage, oeuf Nourri- ture à base d'huile, graisse ou beurre Potiron, igname rouge/ jaune, carottes, patate rouge sucrée Légu- mes à feuilles vertes Mangue, papaye, autres fruits riche en Vita- mine A Effectif d’enfants ENFANTS ALLAITÉS <2 6,0 0,4 0,0 0,0 1,1 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 325 2-3 6,2 0,3 0,2 0,1 1,1 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 387 4-5 6,8 0,3 0,1 0,1 1,0 1,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 395 6-7 6,8 0,4 0,2 0,1 1,3 2,2 0,0 0,0 0,1 0,1 0,2 0,3 0,0 0,2 0,0 367 8-9 6,9 0,6 0,3 0,1 0,7 3,5 0,1 0,1 0,2 0,1 0,6 1,0 0,1 0,8 0,1 312 10-11 6,9 0,4 0,4 0,2 0,7 5,0 0,1 0,1 0,4 0,1 0,6 1,1 0,1 1,3 0,1 317 12-15 6,9 0,3 0,6 0,2 1,0 5,7 0,1 0,2 0,7 0,2 1,2 1,6 0,2 1,6 0,2 679 16-19 6,9 0,2 0,7 0,1 0,7 5,9 0,2 0,2 1,1 0,1 1,7 2,0 0,3 1,9 0,3 618 20-23 6,9 0,2 0,5 0,1 0,9 6,3 0,2 0,3 1,2 0,1 1,8 2,0 0,3 2,1 0,3 379 24-27 6,9 0,1 0,5 0,1 0,6 6,3 0,1 0,2 1,6 0,1 1,3 1,8 0,2 2,3 0,2 323 28-31 6,9 0,3 0,6 0,1 1,4 6,6 0,2 0,3 1,5 0,0 1,2 1,8 0,3 2,9 0,2 193 32-35 6,9 0,4 0,5 0,1 0,5 6,9 0,1 0,1 1,0 0,1 1,2 2,1 0,1 2,7 0,2 65 <6 6,4 0,3 0,1 0,1 1,1 0,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1 108 6-9 6,8 0,5 0,2 0,1 1,1 2,8 0,0 0,1 0,1 0,1 0,4 0,6 0,1 0,5 0,1 679 Ensemble 6,7 0,3 0,4 0,1 0,9 4,1 0,1 0,1 0,6 0,1 0,9 1,1 0,1 1,2 0,2 4 360 ENFANTS NON ALLAITÉS 16-19 (6,7) (1,5) (0,8) (0,2) (0,3) (6,7) (0,2) (0,4) (1,0) (0,2) (1,9) (2,2) (0,4) (2,2) (1,3) 35 20-23 6,9 0,4 1,0 0,5 0,9 6,7 0,3 1,0 1,2 0,7 2,9 2,9 0,8 2,0 0,9 89 24-27 7,0 0,3 0,9 0,4 0,9 6,8 0,3 0,6 2,0 0,3 2,8 3,1 0,7 2,5 0,8 269 28-31 6,9 0,3 0,9 0,4 0,6 6,6 0,2 0,4 1,8 0,2 2,4 2,7 0,4 2,3 0,7 331 32-35 6,9 0,1 1,1 0,3 0,7 6,5 0,2 0,4 1,9 0,3 2,2 2,7 0,5 2,2 0,4 293 Ensemble 6,9 0,3 1,0 0,4 0,8 6,6 0,2 0,5 1,8 0,3 2,5 2,8 0,5 2,3 0,7 1 041 Note : Les aliments riches en vitamine A comprennent : potiron, igname ou courge rouge ou jaune, carottes, patate douce, légumes à feuilles vertes, mangue, papaye, viande, volaille, poisson, œuf. Les données ne sont pas présentées pour les groupes d’âges de trop faible effectif. ( ) Basé sur un faible nombre de cas non-pondérés. 9.2 IODATION DU SEL, VITAMINE A ET CÉCITÉ CRÉPUSCULAIRE CHEZ LES ENFANTS ET CHEZ LES FEMMES La carence en vitamines et en certains nutriments essentiels comme le calcium, l’iode, le fer et le zinc peut être à l’origine de maladies. Par exemple, les carences en vitamine A peuvent entraîner la cécité crépusculaire, celle de l’iode le goitre et le crétinisme, et un apport insuffisant en fer est à l’origine de l’anémie. Ces carences ont aussi des conséquences moins visibles, telles que l’affaiblissement du système immunitaire. Consommation de sel iodé par les ménages Il est reconnu que la faible consommation d’iode peut entraîner un retard dans le développement mental de l’enfant (crétinisme) et favoriser l’apparition du goitre chez les adultes. Elle 154 | Allaitement et État Nutritionnel peut également accroître les risques d’avortements spontanés, de stérilité, de mortinatalité et de mortalité infantile. Jusqu’à récemment, le sel produit localement n’était pas iodé et sa consommation n’était pas généralisée. Lors de l’EDSBF-III, les enquêteurs ont demandé, dans chaque ménage, un peu de sel utilisé pour la cuisine. Ce sel a été testé au moyen d’un “kit” fourni par l’UNICEF pour déterminer sa teneur en iode. Le test permet de savoir si le sel n’est pas du tout iodé ou s’il est iodé à plus ou moins de 15 parties par million (ppm). Le sel qui contient au moins 15 ppm d’iode est considéré comme suffisamment iodé. Il faut noter que le sel a été testé dans 95 % des ménages, et que 4 % de ménages ne disposaient pas de sel lors du passage des équipes d’enquête. Il ressort du tableau 9.7 que dans l’ensemble, 84 % des ménages disposaient de sel iodé et 48 % de sel adéquatement iodé et 36 % de sel avec une faible teneur en iode (moins de 15 ppm). À l’opposé, 17 % des ménages n’en avaient pas. Le pourcentage de ménages disposant de sel adéquatement iodé est plus élevé en milieu urbain (67 %) qu’en milieu rural (43 %). Par région, on constate que la proportion de ménages disposant de sel adéquatement iodé présente de grandes variations, passant d’un minimum de 16 % dans la région du Sahel à un maximum de 89 % dans la région des Hauts-Bassins. Tableau 9.7 Sel iodé dans le ménage Répartition (en %) des ménages ayant du sel testé pour la présence de l'iode selon le niveau d'iode dans le sel (partie par million), pourcentage de ménages dont le sel a été testé et pourcentage de ménages qui n'ont pas de sel, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Contenu en Iode parmi les ménages testés: Caractéristique socio-démographique Sel non iodé (0 ppm) Contenu en Iode inadéquat (<15 ppm) Contenu en Iode adéquat (15+ ppm) Total Effectif de ménages Pourcentage de ménages testés Pourcentage de ménages sans sel Effectif de ménages Milieu de résidence Ouagadougou 10,8 22,2 67,1 100,0 850 88,2 8,9 964 Autres villes 11,3 21,0 67,7 100,0 807 89,8 8,7 898 Ensemble urbain 11,0 21,6 67,4 100,0 1 657 89,0 8,8 1 862 Rural 17,8 39,1 43,1 100,0 6 976 96,4 2,3 7 235 Région Ouagadougou 10,8 22,2 67,1 100,0 850 88,2 8,9 964 Boucle du Mouhoun 24,2 20,1 55,7 100,0 712 98,2 1,1 725 Centre (Sans Ouaga.) 10,1 28,9 61,0 100,0 173 94,2 4,6 184 Centre-Sud 20,6 56,2 23,2 100,0 587 98,2 1,1 597 Plateau Central 21,0 51,2 27,8 100,0 398 95,2 2,3 418 Centre-Est 8,4 28,4 63,2 100,0 810 94,9 2,8 853 Centre-Nord 32,1 40,5 27,4 100,0 745 95,6 3,8 779 Centre-Ouest 6,8 33,7 59,4 100,0 452 95,1 2,9 475 Est 11,0 44,8 44,2 100,0 787 95,8 3,0 822 Nord 27,8 46,2 26,0 100,0 895 95,9 3,4 933 Cascades 2,7 15,8 81,6 100,0 298 94,6 4,3 315 Hauts-Bassins 3,4 7,9 88,7 100,0 846 94,6 4,8 894 Sahel 22,7 61,8 15,5 100,0 710 94,6 3,7 751 Sud-Ouest 18,2 45,2 36,6 100,0 370 96,1 1,9 385 Quintile de bien-être Le plus pauvre 20,4 43,6 35,9 100,0 1 910 96,9 2,3 1 971 Second 18,1 41,4 40,5 100,0 1 627 97,3 1,6 1 673 Moyen 16,7 37,7 45,6 100,0 1 985 96,5 2,2 2 058 Quatrième 14,3 32,4 53,3 100,0 1 315 94,3 4,1 1 395 Le plus riche 12,2 22,6 65,3 100,0 1 796 89,8 8,0 2 000 Ensemble 16,5 35,7 47,8 100,0 8 633 94,9 3,7 9 097 Allaitement et État Nutritionnel | 155 Consommation de micronutriments vitamine A chez les enfants La carence en vitamine A, ou l’avitaminose A, affecte le système immunitaire de l’enfant et augmente ainsi ses risques de décéder de maladies de l’enfance. L’avitaminose A peut également affecter la vue et causer la cécité crépusculaire chez les enfants ; affecter aussi la santé des mères enceintes ou de celles qui allaitent. Toutefois, elle peut être évitée par des compléments de vitamine A et l’enrichissement des aliments. L’UNICEF et l’OMS recommandent que dans tous les pays qui ont une mortalité infanto-juvénile supérieure à 70 pour mille, et dans lesquels la carence en vitamine est un problème de santé publique, on mette en place un programme de contrôle de la vitamine A. Le tableau 9.8 présente le pourcentage d’enfants derniers-nés qui ont reçu des aliments riches en vitamine A au cours des sept derniers jours1 et le pourcentage d’enfants de moins de 5 ans qui ont reçu, au moins, un supplément d’une dose de vitamine A (en gélule ou ampoule) au cours des 6 derniers mois. Dans l’ensemble, un tiers des enfants de moins de cinq ans (33 %) a reçu des compléments de vitamine A. Selon l’âge de l’enfant, on constate que ce sont les enfants de 24-35 mois qui sont les plus nombreux à en recevoir (36 %). Les proportions d’enfants qui ont reçu des suppléments de vitamine A varient surtout selon le milieu de résidence, la région et le niveau d’instruction de la mère. Les enfants à Ouagadougou sont les plus nombreux à en avoir reçu (50 %) ; dans les autres villes, la proportion est de 47 % et c’est en milieu rural qu’elle est la plus faible (31 %). Selon le niveau d’instruction, les résultats montrent que ce sont les enfants des femmes les plus instruites qui sont les plus concernés (59 %) contrairement à ceux dont la mère a un niveau primaire ou est alphabétisée (42 %) ou est sans instruction (30 %). Du point de vue régional (données présentées au tableau D.9.8, en Annexe D), hormis Ouagadougou, ce sont les enfants du Nord (43 %) qui ont reçu le plus fréquemment ce type de supplément nutritionnel. Pour les autres caractéristiques (sexe, rang de naissance, statut de l’allaitement, et âge de la mère à la naissance), les différences constatées ne sont pas significatives. Toutefois, selon l’indice de bien-être, les enfants des ménages les plus riches ont plus reçu des suppléments en vitamine A que ceux issus des ménages les plus pauvres. Pour éviter l’avitaminose A, il est également recommandé que les enfants consomment des aliments riches en vitamine A. Seulement un quart des enfants derniers-nés de moins de trois ans ont consommé des aliments riches en vitamine A au cours des sept jours précédant l’enquête (26 %). La consommation d’aliments riches en vitamine A augmente avec l’âge et ce sont ceux de 24- 35 mois qui en ont consommé le plus fréquemment (43 %). Cependant, il faut souligner que les enfants allaités sont deux fois moins nombreux à consommer des aliments riches en vitamine A que ceux qui ne le sont pas (21 % contre 45 %). Certainement que ces aliments font partie des aliments de substitution à l’allaitement lors du sevrage. Par rapport au milieu de résidence et à la région, on constate que les variations des proportions d’enfants ayant consommé des aliments riches en vitamine A sont relativement importantes. La proportion d’enfants qui ont reçu ce type d’aliments passe, par exemple, d’un minimum de 12 % dans la région du Sahel à un maximum de 38 % dans celle du Centre-Sud. Selon le niveau d’instruction, on note que lorsque la mère n’est pas instruite, cette proportion est de seulement 25 % contre 31 % chez les enfants dont la mère a, au moins, le niveau d’instruction secondaire ou plus. 1 La liste des aliments considérés comme riches en vitamine A figure en note du tableau 9.4. 156 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 9.8 Consommation de micronutriments Pourcentage des derniers-nés âgés de moins de trois ans et vivant avec leurs mères, et dont les mères ont reçu des aliments riches en vitamine A aucours des sept jours qui ont précédé l'enquête, pourcentage d'enfants de moins de cinq ans qui ont reçu des compléments de vitamine A au cours des six mois qui ont précédé l'enquête, et pourcentage des enfants de moins de cinq ans vivant dans des ménages ayant un sel adéquatement iodé, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique A consommé des fruits et des légumes riches en vitamine A Effectif de derniers-nés1 A reçu des compléments de vitamine A Effectif d'enfants2 % vivant dans les ménages utilisant du sel adéquatement iodé3 Effectif d'enfants4 Âge de l'enfant en mois <6 0,1 1 115 - 0 48,0 1 112 6-9 8,0 680 31,1 689 43,9 671 10-11 23,5 321 35,0 322 45,3 313 12-23 34,3 1 813 34,1 1 840 48,2 1 812 24-35 42,6 1 473 35,5 1 734 51,8 1 707 36-47 - 0 33,1 1 977 48,3 1 933 48-59 - 0 31,2 1 781 49,9 1 744 Sexe Masculin 24,9 2 716 31,6 4 253 48,5 4 758 Féminin 26,2 2 686 35,1 4 089 49,1 4 535 Rang de naissance 1 24,0 991 33,0 1 582 51,7 1 735 2-3 24,6 1 712 32,8 2 663 48,7 2 962 4-5 27,3 1 258 34,5 1 911 47,2 2 150 6+ 26,2 1 441 33,2 2 186 48,2 2 445 Statut d'allaitement au sein Allaité au sein 20,9 4 360 32,9 3 373 46,7 4 413 Non allaité au sein 44,7 1 016 33,7 4 871 50,7 4 783 ND 51,7 25 30,1 98 49,6 96 Milieu de résidence Ouagadougou 37,1 279 50,4 508 69,3 531 Autres villes 32,2 390 47,4 626 71,3 674 Ensemble urbain 34,3 669 48,7 1 134 70,4 1 204 Rural 24,3 4 732 30,9 7 208 45,6 8 088 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 24,6 4 213 30,1 6 520 47,4 7 255 Primaire/alphabetisation 28,6 981 41,6 1 483 51,5 1 667 Secondaire ou plus 30,6 207 58,6 339 63,9 370 Âge de la mère à la naissance <20 24,3 765 28,7 1 274 49,0 1 390 20-24 24,8 1 461 33,8 2 280 48,1 2 522 25-29 26,6 1 290 35,4 1 925 50,0 2 174 30-34 25,6 900 33,8 1 404 50,0 1 566 35-49 26,3 984 33,5 1 460 46,8 1 640 Quintile de bien-être Le plus pauvre 21,6 1 003 24,6 1 538 36,8 1 774 Second 23,7 1 141 29,7 1 731 39,1 1 937 Moyen 24,4 1 476 31,2 2 242 46,6 2 489 Quatrième 26,7 1 011 37,0 1 550 60,8 1 700 Le plus riche 34,2 770 47,8 1 281 66,8 1 393 Ensemble 25,5 5 401 33,3 8 342 48,8 9 292 Note : Les aliments riches en vitamine A comprennent : potiron, igname ou courge rouge ou jaune, carottes, patate douce, légumes à feuilles vertes, mangue, papaye, viande, volaille, poisson, œuf. 1 Enfants derniers-nés de moins de 3 ans. 2 Enfants de moins de 5 des femmes enquêtées. 3 Le sel contient 15 ppm d'iode ou plus. Sont exclus les enfants qui vivent dans des ménages dont le sel n'a pas été testé. 4 Enfants de moins de 5 ans vivants dans les ménages. Allaitement et État Nutritionnel | 157 Consommation de micronutriments et cécité crépusculaire chez les femmes Lors de l’enquête, on a également demandé aux mères ayant eu une naissance au cours des cinq dernières années si elles avaient reçu de la vitamine A au cours des deux premiers mois qui ont suivi l’accouchement. À cette question, 16 % des mères ont répondu qu’elles avaient effectivement reçu de la vitamine A après l’accouchement (tableau 9.9). Selon le milieu de résidence, on note qu’à Ouagadougou, près du quart des femmes (24 %) ont reçu des compléments de vitamine A mais qu’en milieu rural, cette proportion n’est, par contre, que de 15 %. Au niveau régional, c’est dans la région de l’Est (6 %) que cette proportion est la plus faible, suivie de celles du Sahel et du Centre-Est (respectivement 9 % et 10 %). À l’opposé, ce sont les régions du Centre-Sud (28 %) et du Centre- Ouest (26 %) qui se caractérisent par les proportions les plus élevées de femmes qui ont reçu ces suppléments de vitamine A. On note également que les femmes ayant au moins un niveau d’instruction secondaire ou plus sont légèrement plus nombreuses à avoir reçu ce type de supplément (25 % contre 21 % chez les femmes ayant le niveau d’instruction primaire ou étant alphabétisées et 15 % chez celles n’ayant aucune instruction). Pour lutter contre la cécité crépusculaire, il faut d’abord lutter contre la carence en vitamine A. En effet, la cécité crépusculaire a souvent pour cause une carence en vitamine A (ou avitaminose A), résultant d’une alimentation pauvre et peu variée et d’une prise insuffisante d’aliments contenant cette vitamine ; cette affection a un effet néfaste sur la santé des femmes. Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes, si pendant leur grossesse elles avaient souffert de cécité crépusculaire, c’est-à-dire de problèmes de vue à la tombée du jour ou au cours de la nuit. Le tableau 9.9 indique qu’une femme sur huit (13 %) ayant eu un enfant au cours des cinq dernières années a déclaré que, pendant sa grossesse, elle avait eu des difficultés pour voir à la tombée du jour. Cependant, une proportion importante de femmes ont déclaré avoir eu également des difficultés pour voir pendant la journée : ces femmes ont donc, semble-t-il, des problèmes de vue, mais pas nécessairement des problèmes de cécité crépusculaire. On a donc calculé une prévalence "ajustée" de la cécité crépusculaire en éliminant de la cécité crépusculaire "déclarée" les femmes ayant également déclaré avoir des problèmes de vue pendant la journée. La prévalence de la cécité crépusculaire ainsi "ajustée" passe à 7 %. Les proportions de femmes considérées donc comme étant atteintes de cécité crépusculaire varient peu selon l’âge de la femme (6 % à 8 %) et le nombre d’enfants nés vivants (5 % à 9 %). On note cependant que cette forme de cécité est beaucoup moins fréquente en milieu urbain (3 %) qu’en milieu rural (8 %). Au niveau régional, la région du Sahel et celle du Nord détiennent les proportions les plus élevées de femmes ayant souffert de cécité crépusculaire (respectivement, 16 % et 13 % contre moins d’un pour cent pour la région de l’Est et 2 % pour celle des Cascades). Les résultats selon le niveau d’instruction montrent que la proportion de femmes sans instruction qui sont atteintes de cécité crépusculaire est deux fois plus élevée que chez celles qui ont un niveau secondaire ou plus (8 % contre 4 %). Le tableau 9.9 fournit également les proportions de femmes ayant pris des comprimés de fer durant la grossesse. Dans l’ensemble, près d’un tiers des femmes (30 %) n’ont pas pris de fer pendant la grossesse. À l’opposé, 35 % en ont pris pendant une durée inférieure à deux mois, 10 % pendant deux et trois mois, et 10 % pendant trois mois ou plus. C’est parmi les femmes les plus instruites que l’on constate les proportions les plus élevées de celles qui en ont pris pendant au moins 90 jours (37 %) ; parmi celles sans instruction et celles du milieu rural, ces proportions sont relativement faibles (8 % dans les deux cas). 158 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 9.9 Consommation de micronutriments pour les mères Parmis les femmes qui ont donné naissance au cours des cinq ans qui ont précédé l'enquête, pourcentage de celles qui ont reçu une dose de vitamine A au cours des deux premiers mois qui ont suivi l'accouchement, pourcentage de celles qui ont souffert de cécité nocturne au cours de la grossesse, pourcentage de celles qui ont pris des comprimés de fer ou un sirop durant un nombre determiné de jours, et pourcentage de celles qui vivent dans des ménages utilisant du sel suffisamment iodé selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Nombre de jours de prise de fer pendant la grossesse (en nombre de jours) Caractéristique socio-démographique A reçu Vitamin A postpar- tum1 Cécité crépus- culaire déclarée Cécité crépus- culaire ajustée2 Aucun jour <60 60-89 90+ NSP/ ND Effectif de femmes Vivant dans un ménage disposant de sel adequa- tement iodé Effectif de femmes3 Âge a la naissance de l'enfant <20 14,3 10,8 6,0 30,3 37,7 9,4 9,8 12,9 1 021 49,5 1 002 20-24 15,3 12,3 7,7 26,2 36,3 10,4 12,8 14,2 1 920 48,3 1 889 25-29 18,2 11,7 6,1 30,1 34,6 9,4 12,1 13,8 1 700 50,6 1 667 30-34 16,5 16,2 8,1 32,8 35,0 10,5 8,6 13,2 1 248 50,5 1 230 35-49 17,3 14,5 8,0 34,3 34,2 8,6 7,0 15,9 1 539 46,8 1 510 Nombre d'enfants nés vivants 1 16,6 9,2 5,0 23,0 36,7 10,2 13,3 16,8 1 327 50,9 1 298 2-3 15,4 11,9 7,3 27,7 35,7 10,4 12,3 13,9 2 279 50,1 2 241 4-5 17,6 13,7 7,0 31,5 35,4 9,4 9,8 13,9 1 691 47,8 1 667 6+ 16,5 16,1 8,7 37,2 34,4 8,8 6,8 12,8 2 131 47,7 2 091 Milieu de résidence Ouagadougou 24,1 8,4 2,6 10,6 34,5 6,6 27,3 20,9 470 69,7 450 Autres villes 27,7 7,9 3,1 11,9 31,9 12,8 17,1 26,3 585 71,8 566 Ensemble urbain 26,1 8,1 2,9 11,3 33,1 10,0 21,6 23,9 1 055 70,9 1 016 Rural 14,8 13,8 7,9 33,6 35,8 9,6 8,4 12,5 6 372 45,5 6 281 Région Ouagadougou 24,1 8,4 2,6 10,6 34,5 6,6 27,3 20,9 470 69,7 450 Boucle du Mouhoun 11,1 13,1 8,0 29,6 38,2 11,6 7,3 13,3 548 55,5 538 Centre (Sans Ouaga.) 26,2 15,0 6,3 22,3 45,9 7,5 11,4 12,9 142 56,6 138 Centre-Sud 28,0 12,8 5,3 18,5 37,1 7,9 16,0 20,5 430 24,7 430 Plateau Central 19,2 10,2 5,4 21,5 40,9 7,9 6,6 23,0 382 29,9 364 Centre-Est 9,8 5,1 3,4 20,3 30,5 14,8 15,4 19,0 615 65,5 598 Centre-Nord 19,9 15,1 9,9 31,2 41,7 11,3 6,6 9,2 700 24,8 699 Centre-Ouest 26,3 16,4 8,0 22,2 50,8 10,9 5,0 11,1 531 61,8 511 Est 5,5 3,0 0,5 43,4 29,1 9,0 12,9 5,6 629 45,6 624 Nord 21,5 23,6 12,6 48,4 39,6 3,5 2,5 6,1 807 25,7 803 Cascades 20,8 8,1 2,1 23,8 18,7 18,8 21,7 17,0 237 80,8 236 Hauts-Bassins 13,1 11,8 7,5 23,9 27,9 7,7 8,7 31,8 975 92,0 969 Sahel 8,8 24,2 16,0 49,9 34,7 9,6 4,8 1,1 572 15,4 562 Sud-Ouest 10,8 9,0 5,0 39,9 29,2 16,3 14,2 0,4 389 35,1 376 Niveau d'instruction Aucune instruction 14,8 13,5 7,7 34,1 34,8 9,6 8,1 13,3 5 749 47,4 5 653 Primaire/Alphabét. 21,3 12,4 5,9 20,9 40,2 10,0 13,1 15,8 1 357 51,7 1 329 Secondaire ou plus 24,6 7,3 3,5 4,6 26,7 9,8 37,4 21,5 322 66,1 314 Quintile de bien-être Le plus pauvre 9,4 17,1 9,9 44,5 31,9 8,1 7,0 8,4 1 379 36,0 1 364 Second 15,5 12,4 7,4 39,6 35,4 8,4 7,6 9,0 1 523 40,0 1 494 Moyen 16,3 13,5 7,5 29,4 38,0 9,3 9,2 14,1 1 976 46,2 1 938 Quatrième 16,4 13,5 7,2 24,8 37,5 11,2 9,6 16,9 1 334 60,5 1 315 Le plus riche 25,9 8,0 3,3 11,0 33,0 12,0 20,0 23,9 1 216 67,3 1 186 Ensemble 16,4 13,0 7,2 30,4 35,4 9,7 10,3 14,1 7 428 49,0 7 297 1 Pour les femmes ayant eu deux naissances vivantes ou plus dans les cinq dernières années, les données concernent la naissance la plus récente. 2 Les femmes qui ont déclaré avoir souffert de cécité crépusculaire mais qui n’ont pas déclaré avoir des difficultés pour voir durant le jour. 3 Sont exclues les femmes qui vivent dans des ménages dont le sel n'a pas été testé. Allaitement et État Nutritionnel | 159 Anémie par carence en fer Le manque de fer est la forme de carence en micronutriments la plus répandue dans le monde et elle affecte plus de 3,5 milliards d’individus dans les pays en développement (ACC/SCN, 2000). L’anémie est une affection caractérisée par une réduction du nombre de globules rouges et un affaiblissement de la concentration de l’hémoglobine dans le sang. L’anémie est habituellement la conséquence d’une déficience alimentaire en fer, en vitamine B12 ou en d’autres nutriments. Bien que l’anémie puisse être causée par des parasitoses, des hémorragies, des affections congénitales ou des maladies chroniques, elle est due le plus souvent à une déficience alimentaire, dont à la base, un manque de fer (DeMaeyer et al., 1989 ; Yip, 1994). Au cours de l’EDSBF-III, au moment de mesurer la taille et le poids des femmes et des enfants, on a également procédé à un prélèvement de sang. Précisons que ce test n’a eu lieu que dans un ménage sur trois de l’échantillon. Le prélèvement était réalisé de la manière suivante : a) du sang capillaire était prélevé au moyen d’une piqûre au doigt faite à l’aide d’une petite lame rétractable (Tenderlette) ; b) on laissait alors tomber une ou deux gouttes de sang sur une cuvette miniature que l’on plaçait ensuite dans un hémoglobinomètre portatif (HemoCue), appareil qui, en moins d’une minute, pouvait donner une mesure exacte du niveau (en grammes) d’hémoglobine par décilitre de sang ; c) cette valeur était enfin enregistrée dans le questionnaire. L’anémie peut être classée en trois niveaux selon la concentration de l’hémoglobine dans le sang; cette classification a été développée par des chercheurs de l’OMS (DeMaeyer et al., 1989). Ainsi, l’anémie est considérée comme sévère si la mesure d’hémoglobine par décilitre de sang est inférieure à 7,0 g/dl, elle est modérée si cette valeur se situe entre 7,0 et 9,9 g/dl et enfin, elle est qualifiée de légère si la mesure se situe entre 10,0 et 11,9 g/dl. Pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, l’anémie sera considérée comme légère si le niveau d’hémoglobine se situe entre 10,0 et 10,9 g/dl. Le niveau d’hémoglobine dans le sang augmente avec l’altitude. Ceci est dû au fait que la pression partielle de l’oxygène diminue en haute altitude, et il en est de même pour la saturation d’oxygène dans le sang; on assiste de plus à un phénomène de compensation qui fait augmenter la production de globules rouges afin d’assurer une irrigation sanguine adéquate (CDC, 1989). En d’autres termes, plus l’altitude est élevée, plus le besoin d’hémoglobine dans le sang augmente. Au Burkina Faso, comme la majorité de la population vit dans des régions très peu élevées, il ne s’est pas avéré nécessaire d’ajuster et de normaliser les valeurs d’hémoglobine à ce qu’elles auraient été au niveau de la mer. Prévalence de l’anémie chez les enfants Le tableau 9.10 indique qu’au Burkina Faso plus de neuf enfants de 6-59 mois sur dix (92 %) sont atteints d’anémie : 19 % sous une forme légère, 60 % sous une forme modérée et 13 % sont atteints d’anémie sévère. On ne constate que peu d’écart de prévalence entre les enfants vivant avec leur mère et ceux dont la mère n’est pas dans le ménage. Du point de vue de l’âge, c’est entre 10 et 23 mois que les enfants sont les plus touchés par l’anémie (98 %). Comme nous l’avons vu précédemment, c’est la période pendant laquelle beaucoup d’enfants ne reçoivent pas de compléments alimentaires en quantité et en qualité suffisantes. Les résultats ne font pas apparaître d’écarts selon le sexe de l’enfant (92 % chez les garçons et 91 % chez les filles). On constate une prévalence de l’anémie plus faible dans la ville de Ouagadougou (71 %) qu’en milieu rural (94 %) et que dans le reste du milieu urbain (79 %). Au niveau des régions (données présentées au tableau D.9.10, en Annexe D), les résultats font apparaître des niveaux très élevés d’anémie dans la Boucle du Mouhoun (97 %), dans les Cascades (96 %), dans le Sahel (96 %), dans le Centre-Nord (95 %) et dans le Centre-Est (95 %). La prévalence varie selon le niveau 160 | Allaitement et État Nutritionnel d’instruction de la mère puisque 93 % des enfants dont la mère est sans instruction sont anémiés contre 85 % de ceux dont la mère à un niveau primaire ou est alphabétisée et, 72 % de ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus. Il en est de même selon l’indice de bien-être puisque 81 % des enfants des ménages les plus riches sont anémiés contre plus de 92 % parmi les autres enfants. La majorité des enfants anémiés le sont modérément, et ils présentent pratiquement les mêmes caractéristiques que l’ensemble des enfants anémiés. Les enfants souffrant d’anémie sévère présentent un profil socio-démographique différent de celui de ceux présentant la forme légère. On observe également que les enfants de mère sans instruction souffrent trois fois plus d’anémie sévère que ceux des mères de niveau secondaire ou plus. Paradoxalement, on constate aussi que les enfants vivant avec leur mère sont près de deux fois plus sévèrement anémiés que ceux ne vivant pas avec leur mère. Tableau 9.10 Prévalence de l'anémie chez les enfants Répartition (en %) des enfants âgés de 6-59 mois considérés comme ayant une forme d'anémie, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Pourcentage d'enfants anémiés Caractéristique socio-démographique Ayant une anémie Légère (10,0- 10,9 g/dl) Modérée (7,0- 9,9 g/dl) Sévère (en dessous de 7,0 g/dl) Effectif des enfants Âge de l'enfant en mois 6-9 93,1 10,2 65,0 17,9 220 10-11 99,4 11,8 58,7 28,9 107 12-23 96,3 10,1 60,6 25,5 643 24-35 94,5 16,6 65,5 12,5 591 36-47 88,5 24,5 58,2 5,8 645 48-59 84,4 27,9 53,6 2,9 581 Sexe Masculin 91,7 17,3 60,6 13,7 1 423 Féminin 91,3 19,9 59,1 12,3 1 363 Rang de naissance 1 92,0 19,6 61,6 10,8 487 2-3 90,7 20,1 58,2 12,4 791 4-5 92,0 18,6 59,7 13,8 618 6+ 92,3 15,4 61,8 15,2 732 Intervalle de naissance en mois Première naissance 92,0 19,8 61,5 10,8 488 <24 86,2 17,2 53,8 15,2 270 24-47 93,4 17,2 62,6 13,6 1 418 48+ 89,5 21,2 54,9 13,5 452 Milieu de résidence Ouagadougou 71,4 25,6 43,3 2,5 139 Autres villes 79,1 23,8 48,3 7,0 184 Ensemble urbain 75,8 24,6 46,1 5,1 323 Rural 93,6 17,8 61,7 14,1 2 463 Niveau d'instruction de la mère Aucune instruction 92,8 18,4 60,6 13,8 2 411 Primaire 85,3 20,0 56,4 8,8 214 Secondaire ou plus 71,6 21,0 45,4 5,2 71 Âge de la mère 15-19 95,6 17,5 64,0 14,1 126 20-24 94,1 17,8 62,7 13,5 610 25-29 91,2 20,8 58,4 11,9 657 30-34 90,2 17,4 58,2 14,5 533 35-49 90,6 18,2 59,4 13,0 770 Enfants des mères enquêtées 91,7 18,3 60,2 13,2 2 627 Enfants des mères non enquêtées Mère vivant dans le ménage 90,3 27,5 49,4 13,4 69 Mère ne vivant pas dans le ménage 86,4 18,4 60,4 7,6 90 Quintile de bien-être Le plus pauvre 92,8 21,2 61,0 10,5 496 Second 94,7 17,0 63,0 14,7 626 Moyen 92,4 16,5 62,2 13,7 754 Quatrième 93,6 19,2 57,6 16,8 504 Le plus riche 80,9 20,9 52,4 7,6 407 Ensemble 91,5 18,6 59,9 13,0 2 786 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l'interview. La prévalence est ajustée pour l'altitude en utilisant la formule dans CDC, 1998. g/dl = grammes par décilitre Allaitement et État Nutritionnel | 161 Prévalence de l’anémie chez les femmes Le tableau 9.11 présente les résultats des tests d’anémie pour les femmes. Plus de la moitié des femmes (54 %) sont atteintes d’anémie : 38 % sous une forme légère, 15 % sous une forme modérée et 1 % sous une forme sévère. Malgré quelques écarts selon l’âge (de 51 % à 58 %) et selon le nombre d’enfants nés vivants (de 51 % à 56 %), aucune tendance nette ne se dégage. Par contre, les femmes enceintes sont plus fréquemment anémiées (68 %) que les femmes qui ne le sont pas (53 % pour celles qui allaitent et 52 % pour celles qui ne sont pas enceintes et qui n’allaitent pas). L’allaitement ne semble pas augmenter le risque d’anémie d’une manière significative. Tableau 9.11 Prévalence de l'anémie chez les femmes Pourcentage des femmes âgés de 15-49 ans ayant une forme d'anémie, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Statut d'anémie Caractéristique socio-démographique Ayant une anémie Anémie légère (10,0 - 10,9 g/dl) Anémie modérée (7,0 - 9,9 g/dl) Anémie sévère (en dessous de 7,0 g/dl) Effectif de femmes Âge 15-19 51,9 37,6 13,0 1,3 1 009 20-24 55,7 38,1 16,9 0,7 756 25-29 52,6 35,1 16,4 1,1 669 30-34 52,8 36,0 15,4 1,4 506 35-39 58,0 42,5 13,9 1,7 545 40-44 54,2 39,2 14,5 0,4 418 45-49 51,0 37,3 12,5 1,1 369 Enfants nés vivants Aucun enfant 52,4 37,2 14,1 1,2 1 065 1 51,4 35,6 14,8 1,0 502 2-3 56,0 39,0 15,7 1,2 905 4-5 54,0 35,2 17,3 1,5 711 6+ 53,9 40,4 12,9 0,7 1 088 Statut de grossesse/ allaitement au sein Enceinte 68,3 30,6 35,4 2,3 441 Allaite au sein 52,5 39,2 12,2 1,1 1 504 Aucun des deux 51,7 38,4 12,5 0,9 2 326 Milieu de résidence Ouagadougou 47,5 36,2 11,3 0,0 457 Autres villes 54,2 37,2 15,7 1,2 410 Ensemble urbain 50,7 36,7 13,4 0,6 866 Rural 54,5 38,2 15,1 1,3 3 404 Niveau d'instruction Aucune instruction 54,5 38,0 15,2 1,3 3 049 Primaire/Alphabét. 52,8 37,6 14,4 0,8 893 Secondaire ou plus 49,2 37,6 11,3 0,3 329 Quintile de bien-être Le plus pauvre 56,0 38,9 15,4 1,7 714 Second 53,5 37,7 15,1 0,7 832 Moyen 53,9 38,2 14,5 1,3 1 022 Quatrième 58,8 39,5 17,8 1,5 716 Le plus riche 48,3 35,7 12,0 0,6 987 Ensemble 53,7 37,8 14,7 1,1 4 271 Note : Les femmes avec un taux d'hémoglobine <7,0 g/dl ont une anémie sévère, les femmes avec un taux entre 7,0 et 9,9 ont une anémie modéré, et les femmes enceintes avec un taux de 10,0 et 10,9 g/dl et les femmes non enceintes qui ont un taux entre 10,0 et 11,9 g/dl ont une anémie bénigne. La prévalence de l’anémie varie sensiblement selon le milieu de résidence : c’est à Ouagadougou qu’elle est la plus faible (48 %) et en rural la plus élevée (55 %). Avec une prévalence de 54 %, les autres villes occupent une position intermédiaire. Au niveau régional (données présentées au tableau D.9.11, en Annexe D), les niveaux d’anémie varient d’un minimum de 40 % dans la région du Sud-Ouest à un maximum de 62 % dans la région du Sahel. L’anémie est plus fréquente parmi les femmes sans instruction que parmi celles qui ont fréquenté l’école (55 % contre 53 % chez celles ayant le niveau primaire ou étant alphabétisées et 49 % chez celles de niveau secondaire ou plus). 162 | Allaitement et État Nutritionnel Le tableau 9.12 présente la prévalence de l’anémie chez les enfants selon la sévérité de l’anémie chez leur mère. Dans 2 605 cas, on dispose à la fois de données sur les enfants et sur leur mère. Globalement, les résultats ne font pas apparaître un écart très important de la prévalence entre les enfants dont la mère est anémiée et l’ensemble des enfants (93 % contre 92 %). Quand la mère souffre d’anémie modérée, la prévalence de l’anémie modérée chez les enfants est aussi très élevée (62 %). Tableau 9.12 Prévalence de l'anémie chez les enfants selon le niveau d'anémie de la mère Répartition (en %) des enfants âgés de 6-59 mois par niveau d'anémie, et selon la sévérité de l'anémie chez la mère, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Pourcentage d'enfants anémiés Anémie chez la mère Ayant une anémie Légère |(10,0 - 10,9 g/dl) Modérée (7,0 - 9,9 g/dl) Sévère (en dessous de 7,0 g/dl) Effectif des enfants1 Ayant une anémie 92,8 16,6 61,0 15,2 1 393 Statut d'anémie2 Anémie légère (10,0 - 10,9 g/dl) 93,4 16,7 61,4 15,3 1 017 Anémie modérée (7,0 - 9,9 g/dl) 91,0 15,7 61,6 13,8 356 Anémie sévère (en dessous de 7,0 g/dl) * * * * 20 Ensemble 91,7 18,1 60,4 13,2 2 605 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l'interview. La prévalence est ajustée pour l'altitude (et pour le statut de fumer pour les mères qui fument) en utilisant la formule dans CDC, 1998. * Basé sur trop peu de cas non-pondérés 1 Mères pour lesquelles les données sur le niveau d'hémoglobine et sur le niveau d'hémoglobine de leurs enfants âgés de 6-59 mois sont disponibles. 2 Enfants âgés de 6-59 mois pour lesquelles les données sur leur niveau d'hémoglobine et sur le niveau d'hémoglobine de leur mère sont disponibles. Prévalence de l’anémie chez les hommes Au tableau 9.13 sont présentés les résultats concernant la prévalence de l’anémie chez les hommes. On constate tout d’abord qu’environ un homme sur trois (32 %) est atteint d’anémie ; 16 % le sont sous une forme légère, 15 % sous une forme modérée et enfin 1 % des hommes sont sévèrement anémiés. Les proportions d’hommes anémiés varient de manière importante selon l’âge. On constate que, c’est chez les plus jeunes et les plus âgés que la prévalence de l’anémie est la plus élevée : près de la moitié des adolescents (48 %) sont anémiés et à partir de 45 ans, près de deux hommes sur cinq (39 % à 45-49 ans, 38 % à 50-54 ans et 40 % à 55-59 ans) en "souffrent". Les résultats selon le milieu de résidence ne mettent pas en évidence d’écarts importants de la prévalence de l’anémie, en particulier entre la ville de Ouagadougou et le reste du pays ; en milieu rural, la proportion d’hommes présentant une anémie est de 33 %, à Ouagadougou et dans les autres villes, ces proportions sont respectivement de 28 % et de 24 %. La prévalence de l’anémie varie selon le niveau d’instruction chez les hommes. Par rapport aux hommes les plus instruits (25 %), ceux sans instruction sont un peu plus fréquemment atteints d’anémie (33 %). Allaitement et État Nutritionnel | 163 Tableau 9.13 Prévalence de l'anémie chez les hommes Pourcentage des hommes âgés de 15-59 ans dans le ménage ayant une forme d'anémie, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Statut d'anémie Caractéristique socio-démographique Ayant une anémie Anémie légère (12,0 - 12,9 g/dl) Anémie modérée (9,0 - 11,9 g/dl) Anémie sévère (en dessous de 9,0 g/dl) Effectif d'hommes Âge 15-19 48,1 20,6 26,1 1,4 850 20-24 22,7 14,2 7,9 0,6 509 25-29 19,9 11,9 7,5 0,5 398 30-34 20,9 10,7 8,9 1,3 389 35-39 19,4 11,8 6,4 1,1 350 40-44 29,0 12,9 16,0 0,1 293 45-49 39,0 17,6 21,1 0,3 257 50-54 38,0 23,6 13,3 1,1 226 55-59 40,3 17,1 21,3 1,9 156 Milieu de résidence Ouagadougou 27,8 15,2 10,9 1,6 319 Autres villes 23,5 12,5 9,9 1,1 340 Ensemble urbain 25,6 13,8 10,4 1,4 659 Rural 33,2 16,3 16,1 0,8 2 769 Niveau d'instruction Aucune instruction 32,9 16,4 15,5 1,0 2 319 Primaire 32,1 15,2 16,6 0,3 626 Secondaire ou plus 25,4 13,7 10,3 1,5 483 Ensemble 31,7 15,8 15,0 0,9 3 428 Note : L'information est tirée du questionnaire ménage. Les hommes avec un taux d'hémoglobine <9,0 g/dl ont une anémie sévère, les hommes avec un taux entre 9,0 et 11,9 ont une anémie modéré, et les hommes avec un taux de 12,0 et 12,9 g/dl ont une anémie bénigne. 9.3 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES FEMMES L’un des objectifs de l’EDSBF-III est d'évaluer l'état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans et celui des femmes. État nutritionnel des enfants Méthodologie L’état nutritionnel résulte à la fois, de l’histoire nutritionnelle (ancienne et récente) de l’enfant et des maladies ou infections qu’il a pu avoir. Cet état influe sur le risque qu’a l’enfant de contracter des maladies. En effet, un enfant mal nourri est en situation de faiblesse physique qui favorise les infections qui, à leur tour, influent sur ses risques de décéder. L’état nutritionnel est évalué au moyen d’indices anthropométriques calculés à partir de l’âge et des mesures de la taille2 et du poids de l’enfant pris au cours de l’enquête. Le poids et la taille permettent de calculer les trois indices 2 Les enfants de moins de 24 mois ont été mesurés en position couchée, alors que ceux de 24 mois et plus ont été mesurés en position debout. Cependant, pour faciliter la compréhension du texte, le même terme « taille »sera utilisé ici pour tous les enfants, quelle que soit la façon dont ils ont été mesurés. 164 | Allaitement et État Nutritionnel suivants : la taille par rapport à l’âge (taille-pour-âge), le poids par rapport à la taille (poids-pour- taille) et le poids par rapport à l’âge (poids-pour-âge). Au cours de l’enquête, tous les enfants de moins de cinq ans présents dans les ménages enquêtés devaient être pesés et mesurés. Les données portent donc sur les 8 628 enfants répondant à ces critères. Selon les recommandations de l’OMS, l’état nutritionnel des enfants observés pendant l’enquête est comparé à celui d’une population de référence internationale, connu sous le nom de standard NCHS/CDC/OMS3. Cette référence internationale a été établie à partir de l’observation d’enfants américains de moins de cinq ans en bonne santé et elle est utilisable pour tous les enfants de cet âge dans la mesure où, quel que soit le groupe de population, ils suivent un modèle de croissance à peu près similaire. Les données de la population de référence internationale ont été normalisées pour suivre une distribution normale où la médiane et la moyenne sont identiques. Pour les différents indices étudiés, on compare la situation des enfants dans l’enquête avec le standard de référence internationale, en calculant la proportion d'enfants observés qui se situent à moins de deux et à moins de trois écarts type en dessous de la médiane de la population de référence. Le tableau 9.14 présente les pourcentages d’enfants souffrant de malnutrition selon les trois indices anthropométriques et selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Parmi les 8 628 enfants pour lesquels l’état nutritionnel est présenté, 8 392 vivaient dans le même ménage que leur mère, dont 8 233 ont eu la mère enquêtée. Pour ces derniers, l’état nutritionnel a donc pu être analysé selon certaines caractéristiques disponibles à partir du questionnaire individuel femme, comme le rang de naissance, l’intervalle intergénésique et le niveau d’instruction de la mère. Par ailleurs, pour 395 enfants (soit 5 % des 8 628 enfants qui font l’objet de cette analyse), la mère n’a pas été enquêtée : dans 159 cas, la mère n’a pas été enquêtée pour diverses raisons (par exemple, elle était absente ou malade au moment de l’enquête) mais elle vivait dans le même ménage que son enfant et, dans 236 cas, elle n’a pas été enquêtée parce qu’elle vivait ailleurs ou était décédée. Cette dernière catégorie présente un intérêt particulier. En effet, on peut supposer que les conditions de vie de ces enfants dont la mère ne vit pas dans le ménage diffèrent de celles des enfants vivant avec leur mère dans le même ménage. Retard de croissance Le tableau 9.14 fournit les proportions d’enfants de moins de cinq ans qui souffrent de malnutrition chronique. La malnutrition chronique qui se manifeste par une taille trop petite pour l’âge se traduit par un retard de croissance. Cette situation est généralement la conséquence d’une alimentation inadéquate et/ou de maladies survenues pendant une période relativement longue ou qui se sont manifestées à plusieurs reprises. L’indice taille-pour-âge, qui rend compte de la taille d’un enfant par rapport à son âge, est donc une mesure des effets à long terme de la malnutrition et elle ne varie que très peu en fonction de la saison au cours de laquelle les enfants sont mesurés. De plus, on considère qu’après l’âge de deux ans, ". il y a peu de chance pour qu’une intervention quelle qu’elle soit puisse améliorer la croissance." (Delpeuch, 1991). Ainsi, le retard de croissance staturale acquis dès les plus jeunes âges ne se rattrape pratiquement plus. La taille-pour-âge est révélatrice de la qualité de l’environnement et, d’une manière générale, du niveau de développement socio- économique d’une population. L’enfant qui a une taille insuffisante pour son âge peut, cependant, avoir un poids en correspondance avec sa taille réelle ; pour cette raison, cette forme de malnutrition n’est pas toujours visible dans une population. 3 NCHS : National Center for Health Statistics (Centre National des Statistiques Sanitaires, des États-Unis) ; CDC : Centers for Disease Control and Prevention (Centres de contrôle et prévention des maladies, des États- Unis) ; OMS : Organisation Mondiale de la Santé. Allaitement et État Nutritionnel | 165 Tableau 9.14 État nutritionnel des enfants Pourcentage d'enfants de moins de cinq ans, considérés comme atteints de malnutrition selon les trois indices anthropométriques de l'état nutritionnel: taille-pour-âge, poids-pour-taille et poids-pour-âge, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Taille-pour-âge Poids-pour-taille Poids-pour-âge Caractéristique socio-démographique Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Effectif des enfants Âge de l'enfant en mois <6 1,5 6,5 4,2 15,1 0,7 6,8 992 6-9 6,2 13,7 7,6 32,3 8,4 28,0 606 10-11 11,6 25,9 11,7 38,7 20,4 52,1 281 12-23 23,5 47,3 8,6 31,1 20,4 52,5 1 614 24-35 22,6 45,6 5,2 18,7 20,5 48,3 1 614 36-47 26,6 49,7 3,2 11,0 14,1 39,2 1 862 48-59 21,5 42,1 2,2 8,7 8,6 30,7 1 659 Sexe Masculin 20,1 40,3 5,2 18,4 13,6 38,2 4 425 Féninin 18,8 37,1 5,0 18,9 13,8 37,1 4 203 Rang de naissance2 1 18,4 37,0 4,5 18,8 13,2 37,5 1 479 2-3 19,1 38,0 4,6 18,1 13,4 36,6 2 602 4-5 19,4 38,4 5,7 18,0 13,5 37,5 1 928 6+ 20,5 40,8 5,4 20,0 14,6 39,2 2 224 Intervalle de naissance en mois2 Première naissance3 18,7 37,2 4,5 18,9 13,5 37,7 1 487 <24 29,5 51,3 3,7 16,4 19,2 45,6 820 24-47 19,9 39,9 5,6 19,4 14,0 38,5 4 428 48+ 13,2 29,5 4,8 18,0 10,2 31,1 1 499 Taille à la naissance2 Très petit 28,6 46,6 3,4 21,0 20,0 46,3 555 Petit 27,4 46,5 7,0 18,5 18,9 44,9 760 Moyen ou très gros 17,7 37,0 5,0 18,6 12,7 36,3 6 811 ND 24,5 44,6 4,0 21,5 8,7 30,1 100 Milieu de résidence Ouagadougou 4,2 16,1 1,9 12,4 5,1 17,5 507 Autres villes 8,9 23,4 3,1 12,5 6,2 22,9 642 Ensemble urbain 6,8 20,2 2,6 12,4 5,7 20,5 1 149 Rural 21,4 41,6 5,5 19,6 14,9 40,3 7 479 Région Ouagadougou 4,2 16,1 1,9 12,4 5,1 17,5 507 Boucle du Mouhoun 14,7 34,0 7,4 25,1 17,9 42,6 699 Centre (Sans Ouaga.) 14,0 32,8 3,7 13,7 8,9 32,1 165 Centre-Sud 18,1 35,4 7,1 19,2 11,9 34,3 478 Plateau Central 21,6 37,7 10,8 31,7 21,5 50,4 460 Centre-Est 17,9 40,8 7,9 23,1 16,7 42,8 714 Centre-Nord 18,7 42,0 3,7 14,0 7,8 31,2 826 Centre-Ouest 15,1 38,2 4,1 16,9 11,8 38,5 573 Est 38,7 58,6 3,0 12,2 13,5 36,3 687 Nord 16,9 37,4 4,6 20,5 14,6 40,2 986 Cascades 22,2 41,8 10,7 28,6 21,5 48,8 258 Hauts-Bassins 16,6 32,9 2,4 13,5 8,4 29,1 1 166 Sahel 31,3 49,4 5,4 18,7 21,7 48,8 661 Sud-Ouest 20,0 40,4 4,6 20,4 16,4 43,8 450 Niveau d'instruction de la mère4 Aucune instruction 20,9 40,7 5,4 19,1 14,4 39,2 7 402 Primaire 10,7 26,9 3,0 18,0 10,9 30,8 666 Secondaire ou plus 3,7 12,7 1,2 11,1 2,2 14,6 323 Suite… 166 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 9.14—Suite Taille-pour-âge Poids-pour-taille Poids-pour-âge Caractéristique socio-démographique Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Pourcentage en dessous de -3 ET Pourcentage en dessous de -2 ET1 Effectif des enfants Âge de la mère4 15-19 15,9 31,7 5,1 23,3 13,6 37,8 414 20-24 20,2 39,1 5,7 21,2 14,7 38,2 1 929 25-29 19,6 38,4 4,2 16,1 12,6 35,9 2 140 30-34 18,0 37,3 5,2 17,8 12,6 37,8 1 631 35-49 20,2 40,4 5,2 18,7 14,5 38,5 2 278 Enfants des mère enquêtées Enfants des mères enquêtées 19,4 38,7 5,1 18,7 13,7 37,7 8 233 Enfants des mères non enquêtées Mère vivant dans le ménage 18,4 33,3 5,5 16,4 8,9 33,1 159 Mère ne vivant pas dans le ménage5 22,1 45,5 5,8 16,5 16,3 40,0 236 Quintile de bien-être Le plus pauvre 26,4 45,7 4,6 18,3 16,5 42,3 1 636 Second 22,0 41,9 5,5 20,1 14,8 39,8 1 774 Moyen 21,1 41,9 5,8 19,6 15,0 40,7 2 323 Quatrième 17,6 38,5 5,9 20,3 13,8 38,9 1 574 Le plus riche 7,0 20,6 3,0 13,4 6,1 22,2 1 321 Ensemble 19,5 38,7 5,1 18,6 13,7 37,7 8 628 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l'interview. Chaque indice est exprimé en terme de nombre d'unités d'écart type (ET) par rapport à la médiane de la Population de Référence Internationale du NCHS/CDC/OMS. Les enfants sont atteints de malnutrition s'ils se trouvent à moins de -2 ET (-2 ET et -3 ET) de la médiane de la population de référence. 1 Les enfants qui se situent en-dessous de -3 ET sont inclus dans cette catégorie 2 Pas d'information pour les enfants dont la mère n'a pas été enquêtée 3 Les premières naissances multiples (jumeaux ou triplets,.) sont considérés comme première naissance car elles n'ont pas d'intervalle intergénésique précédent. 4 Pour les femmes qui n'ont pas été interviewées, les informations sont tirées du questionnaire ménage. Sont exclus les enfants dont les mères ne sont pas listées dans le ménage. 5 Y compris les enfants dont les mères sont décédées Selon les résultats du tableau 9.14 concernant l'indice taille-pour-âge, on constate que 39 % des enfants au Burkina Faso vivant avec leur mère (contre 37 % en 1998-99) souffrent de malnutrition chronique (la taille-pour-âge se situe à moins de 2 écarts type en dessous de la médiane de la population de référence) et près d'un enfant sur cinq (19 %) souffre de malnutrition chronique sévère (la taille-pour-âge se situe à moins de 3 écarts type de la médiane de la population de référence). Ces proportions sont très élevées par rapport à celles que l'on s'attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie, à savoir 2,3 % à moins 2 écarts type et 0,1 % à moins 3 écarts type. La situation nutritionnelle des enfants dont la mère ne vit pas dans le ménage (46 % de malnutrition chronique et 22 % de malnutrition chronique sévère) est plus mauvaise que celle des enfants qui vivent avec leur mère (respectivement, 33 % et 18 %). Selon l'âge, on observe des variations importantes de la prévalence de la malnutrition chronique, qu’elle soit modérée ou sévère (tableau 9.14 et graphique 9.2). La proportion d'enfants accusant un retard de croissance augmente très régulièrement et très rapidement avec l'âge : de 7 % à moins de 6 mois, la prévalence de la malnutrition chronique double pour atteindre plus de 40 % à partir d’un an. La forme sévère de ce type de malnutrition touche 2 % des enfants qui ont moins de 6 mois, 6 % de ceux de 6-9 mois ; à partir d’un an, plus d’un enfant sur cinq souffrent de malnutrition chronique sévère. Comme on l’a précisé précédemment, c'est avant deux ans que la plupart des enfants accumulent un retard de croissance staturale et, après cet âge, le retard n'est plus rattrapable. Allaitement et État Nutritionnel | 167 La malnutrition chronique touche légèrement plus les garçons que les filles (40 % contre 37 %). Du point de vue du rang de naissance, on constate également une augmentation légère de la malnutrition chronique avec le rang de l’enfant : 37 % pour les enfants de rang 1, 38 % pour les enfants de rangs 2-5 et 41 % pour les rangs 6 ou plus. L’intervalle intergénésique semble également avoir une influence sur la prévalence de la malnutrition, puisque les enfants nés moins de deux ans après leurs aînés sont légèrement plus atteints de malnutrition que les autres enfants : 51 % contre 40 % quand l’intervalle intergénésique est de 24-47 mois et 30 % quand il est de quatre ans ou plus. Du point de vue du milieu de résidence, les niveaux de malnutrition chronique présentent de fortes variations (graphique 9.3). Plus de quatre enfants sur dix du milieu rural (42 %) souffrent de malnutrition chronique contre 20 % en milieu urbain. Sous la forme sévère, la proportion d'enfants atteints d'un retard de croissance passe de 7 % en milieu urbain à 21 % en milieu rural. En dehors de Ouagadougou, la proportion de malnutrition chronique dans toutes les régions est assez élevée : la situation est particulièrement préoccupante pour la malnutrition chronique dans la région de l’Est (59 %) et du Sahel (49 %). En outre, dans ces deux régions, respectivement, 39 % et 31 % des enfants souffrent de malnutrition chronique sévère. Le niveau d'instruction de la mère est la variable en fonction de laquelle l'état nutritionnel des enfants présente les variations les plus importantes : les enfants dont la mère n'a aucune instruction sont plus de trois fois (41 %) plus affectés par le retard de croissance chronique que ceux dont la mère est de niveau d’instruction secondaire ou plus (13 %). Il en est de même pour la malnutrition chronique sévère (21 % contre 4 %). Avec l'acquisition d'une certaine instruction, les femmes sans doute une meilleure connaissance de la composition équilibrée des aliments et des règles d'hygiène. Les femmes non instruites, quant à elles, sont souvent celles qui vivent dans les conditions économiques les plus précaires, caractérisées par une quantité de nourriture disponible parfois limitée et de faible qualité. C'est cette conjonction de facteurs, et non le seul niveau d'instruction, qui explique la forte prévalence de la malnutrition chronique parmi les enfants des femmes sans instruction. Graphique 9.2 État nutritionnel des enfants de moins de 5 ans EDSBF-III 2003 0 3 6 9 12 15 18 21 24 27 30 33 36 39 42 45 48 51 54 57 60 Âge en mois 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage Retard de croissance Émaciation Insuffisance pondérale 168 | Allaitement et État Nutritionnel Émaciation Au tableau 9.14 figurent également les résultats concernant les proportions d'enfants atteints de malnutrition aiguë, exprimée par l'indice poids-pour-taille. Cet indice qui donne une mesure de la masse du corps en relation avec la taille reflète la situation nutritionnelle actuelle (au moment de l'enquête). Il peut donc être fortement influencé par la saison pendant laquelle s'est effectuée la collecte des données. En effet, la plupart des facteurs susceptibles de causer un déséquilibre entre le poids et la taille de l'enfant, qu’il s’agisse des maladies (rougeole, diarrhée.) ou des déficits alimentaires (sécheresse, périodes de soudure), sont très sensibles à la saison. Ce type de malnutrition est la conséquence d'une alimentation insuffisante durant la période ayant précédé l'observation ou d'une perte de poids consécutive à une maladie (diarrhée sévère ou anorexie, par exemple). Un enfant souffrant de cette forme de malnutrition est maigre ou émacié. Les enfants dont le poids-pour-taille se situe à moins de deux écarts-types en dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme étant atteints de malnutrition aiguë modérée, ceux se situant à moins de trois écarts type sont considérés comme souffrant de malnutrition aiguë sévère. Au Burkina Faso, les proportions d’enfants souffrant de malnutrition chronique sont, quoique relativement faibles, plus de cinq fois plus élevées que celles que l'on s'attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie (respectivement 2,3 % et 0,1 %). Dans l’ensemble, environ un enfant sur cinq (19 %) est atteint de malnutrition aiguë modérée et 5 % en sont atteints sous la forme sévère. Du point de vue de l'âge, ce sont les enfants de 6-23 mois qui en souffrent le plus, en particulier ceux du groupe d'âges 10-11 mois (39 %). À partir de 24 mois, les proportions diminuent avec l’âge et tombent à moins de 20 %. Les enfants qui souffrent le plus de cette forme de malnutrition pourraient être, pour la plupart, ceux qui sont allaités et qui ne bénéficient pas d’aliments de complément en quantité suffisante pour couvrir leurs besoins nutritionnels, ce qui provoque des carences, une plus grande fragilité face aux infections. Par ailleurs, ce groupe d’âges correspond également au stade de développement où les enfants commencent à explorer leur environnement immédiat et à porter n’importe quel objet à leur bouche : ils sont ainsi particulièrement exposés aux agents pathogènes comme en dénote la très forte prévalence de la diarrhée dans ce groupe d’âges (voir Chapitre 8 - Santé de la mère et de l’enfant). Le fait qu’après le 2è anniversaire, les proportions d’enfants émaciés diminuent, n’est pas nécessairement le signe d’une amélioration de l’état nutritionnel des enfants à partir de cet âge. Elle peut être aussi la conséquence d’une forte mortalité des enfants les plus atteints, ceux les moins touchés ayant survécu après leur 2è anniversaire. Graphique 9.3 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans accusant un retard de croissance EDSBF-III 2003 39 16 23 20 42 41 27 13 Burkina Faso MILIEU DE RÉSIDENCE Ouagadougou Autres villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Primaire/alphabét. Secondaire ou + 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage Allaitement et État Nutritionnel | 169 Aucune différence importante n’apparaît selon le sexe de l’enfant, le rang de naissance ou encore l’intervalle intergénésique. Par contre, on constate que les enfants vivant en milieu rural sont plus fréquemment atteints de malnutrition aiguë que ceux qui vivent en milieu urbain (20 % contre 12 %). De même, la variation du niveau d’instruction de la mère affecte le niveau de la prévalence de la malnutrition aiguë : 19 % des enfants dont la mère n’a aucune instruction souffrent de cette forme de malnutrition contre 11 % parmi ceux dont la mère a un niveau secondaire ou plus (graphique 9.4). En ce qui concerne les régions, les résultats font apparaître une prévalence élevée de la malnutrition aiguë modérée dans la région du Plateau Central (32 %) ; dans certaines régions comme la Boucle du Mouhoun, le Centre-Est, et les Cascades, plus d’un enfant sur cinq souffrent de cette forme de malnutrition. À l’opposé, c’est dans les régions de l’Est (12 %), des Hauts-Bassins (14 %), du Centre sans Ouagadougou (14 %) et du Centre-Nord (14 %) que la prévalence de l’émaciation aiguë modérée est la plus faible (Graphique 9.4). Enfin, il faut noter que les enfants qui vivent avec leur mère sont autant affectés que ceux dont la mère n’est pas dans le ménage. Insuffisance pondérale Le tableau 9.14 présente enfin l'état nutritionnel des enfants mesuré au moyen de l'indice poids-pour-âge. Cet indice est un indice combiné, un faible poids-pour-âge pouvant être provoqué par la maigreur comme par le retard de croissance. Il traduit une insuffisance pondérale. Cet indice est celui qui est le plus souvent utilisé par les services de santé pour suivre les progrès nutritionnels et la croissance des enfants. Cependant, son utilisation reste limitée car il ne permet pas de distinguer les déficiences alimentaires de longue durée (retard de croissance) de celles qui sont récentes (émaciation). Comme le poids-pour-taille, cet indice est sensible aux variations saisonnières et sa valeur est limitée quand il n'existe qu'une seule mesure dans le temps. Il est présenté ici essentiellement pour permettre des comparaisons avec les résultats des études ou des suivis nutritionnels des enfants qui utilisent cette mesure. Les enfants dont le poids-pour-âge se situe à moins de deux écarts-types en dessous de la médiane de la population de référence sont considérés comme souffrant d'insuffisance pondérale; ceux se situant à moins de trois écarts-types sont considérés comme souffrant d'insuffisance pondérale sévère. Près de deux enfants sur cinq (38 % contre 46 % en 1998-99) souffrent d'insuffisance pondérale et 14 % d'insuffisance pondérale sévère (12 % en 1998-99). Une fois encore, ces proportions sont nettement supérieures à celles que l'on s'attend à trouver dans une population en bonne santé et bien nourrie (respectivement 2,3 % et 0,1 %). Cette forme de malnutrition touche plus Graphique 9.4 Pourcentage d'enfants de moins de 5 ans souffrant d'émaciation EDSBF-III 2003 19 12 13 12 20 19 18 11 Burkina Faso MILIEU DE RÉSIDENCE Ouagadougou Autres villes Ensemble urbain Rural INSTRUCTION Aucune Primaire/alphabét. Secondaire ou + 0 4 8 12 16 20 24 Pourcentage 170 | Allaitement et État Nutritionnel fréquemment les enfants qui ne vivent pas avec leur mère que ceux dont la mère a été enquêtée dans le ménage. La prévalence de l’insuffisance pondérale sévère est en particulier plus élevée parmi les enfants dont la mère ne vit pas dans le ménage (16 % contre 9 %). On constate des disparités importantes du niveau de la prévalence en fonction des caractéristiques socio-démographiques. Les variations selon l'âge sont proches de celles du retard de croissance. Comme pour les deux autres indices, cette forme de malnutrition déjà fréquente aux jeunes âges (7 % à moins de six mois) augmente très rapidement pour toucher plus du quart des enfants de 6-9 mois (28 %) et plus de la moitié d’entre eux à 10-24 mois (53 %). Les enfants dont l’intervalle intergénésique est inférieur à 24 mois présentent plus fréquemment que les autres une insuffisance pondérale (46 % contre 31 % quand l’intervalle est de 48 mois ou plus). En milieu rural, on constate que 40 % des enfants sont atteints de cette forme de malnutrition contre 21 % en urbain. Dans les régions du Plateau Central, des Cascades et du Sahel, pratiquement un enfant sur deux présente une insuffisance pondérale. Comme pour la malnutrition chronique, le niveau d’instruction de la mère est la variable en fonction de laquelle on constate l’écart le plus important : 15 % des enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus présentent une insuffisance pondérale contre 31 % pour ceux dont la mère a un niveau d’instruction primaire ou est alphabétisée et 39 % pour ceux dont la mère n’a aucune instruction. Enfin, dans les ménages les plus riches, 22 % des enfants présentent une insuffisance pondérale ; dans les ménages les plus pauvres, cette proportion est de 42 %. Tendances de la malnutrition Au graphique 9.5, figurent les niveaux de malnutrition des enfants de moins de cinq ans d’après l’EDSBF-II et l’EDSBF-III. On constate que, par rapport à 1998-99, les niveaux de malnutrition ont légèrement augmenté au Burkina Faso. La prévalence du retard de croissance est passée de 37 % en 1998-99, à 39% en 2003. Celle de l’émaciation est passée de 13 % à 19 % pour la même période ; et enfin, celle de l’insuffisance pondérale, estimée à 34 % en 1998-1999, est passée à 38 % en 2003. Graphique 9.5 Tendances de la malnutrition (enfants de moins de 5 ans) selon l'EDSBF-II 1998-1999 et l'EDSBF-III 2003 37 13 34 39 19 38 Retard de croissance Émaciation Insuffisance pondérale 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 Pourcentage EDSBF-II 1998-1999 EDSBF-III 2003 Allaitement et État Nutritionnel | 171 État nutritionnel des femmes L’état nutritionnel des femmes de 15-49 ans est un des déterminants de la mortalité maternelle, du bon déroulement des grossesses ainsi que de leur issue. Il influence aussi la morbidité et la mortalité des jeunes enfants. L’état nutritionnel des mères est conditionné, à la fois, par la balance énergétique, leur état de santé et le temps écoulé depuis la dernière naissance. Il existe donc une relation étroite entre les niveaux de fécondité et de mortalité, et l’état nutritionnel des mères. Pour ces raisons, l’évaluation de l’état nutritionnel des femmes en âge de procréer est particulièrement utile puisqu’il permet d’identifier des groupes à haut risque. Bien que la taille puisse varier dans les populations à cause de facteurs génétiques, elle est néanmoins un indicateur indirect du statut socio-économique de la mère dans la mesure où une petite taille peut résulter d’une malnutrition chronique durant l’enfance. En outre, d’un point de vue anatomique, la taille des mères étant associée à la largeur du bassin, les femmes de petites tailles sont plus susceptibles d’avoir des complications pendant la grossesse et surtout pendant l’accouchement. Elles sont aussi plus susceptibles que les autres de concevoir des enfants de faible poids. Bien que la taille critique en deçà de laquelle une femme peut être considérée à risque varie selon les populations, on admet généralement que cette taille se situe entre 140 et 150 centimètres. À partir des résultats du tableau 9.15, on constate que la taille moyenne (161,4 centimètres) des femmes au Burkina Faso se situe nettement au-dessus de l’intervalle mentionné. On constate également que moins de 1 % a une taille inférieure à 145 centimètres, considérée ici comme la taille limite critique. Les proportions de femmes dont la taille est en deçà de la limite critique varient assez peu. Tout au plus, peut-on souligner qu’à Ouagadougou, 1 % des femmes ont une taille inférieure à 145 cm contre moins de 1 % dans les autres villes et en milieu rural. Ces femmes de petite taille sont proportionnellement plus nombreuses dans les régions du Centre-Sud (1 %) et des Cascades (1 %). Mis à part ces petits écarts, la taille moyenne inférieure au seuil de 145 cm présente assez peu de variations au point de vue régional. Le faible poids d’une femme avant une grossesse est un facteur de risque important pour le déroulement et l’issue de la grossesse. Cependant, le poids étant très variable selon la taille, il est préférable d’utiliser un indicateur tenant compte de cette relation. L’indice de Masse Corporelle (IMC) ou encore Indice de Quételet, est le plus souvent utilisé pour exprimer la relation poids/taille4. Il permet de mettre en évidence le manque ou l’excès de poids en contrôlant la taille et, en outre, il présente l’avantage de ne pas nécessiter l’utilisation de tables de référence comme c’est le cas pour le poids-pour-taille. Les femmes dont l’IMC se situe à moins de 18,5 sont considérées comme atteintes de déficience énergétique chronique. À l’opposé, un IMC supérieur à 25 indique un surpoids. Au Burkina Faso, une proportion relativement importante de femmes (21 %) se situent en deçà du seuil critique de 18,5 et sont donc atteintes de déficience énergétique chronique. À l’opposé, 9 % des femmes ont un indice élevé (25 ou plus) et entrent dans la catégorie des surpoids. La proportion de femmes qui se situent en deçà du seuil critique de 18,5 varie de façon importante selon les caractéristiques socio-démographiques (tableau 9.15). C’est parmi les femmes les plus jeunes (15-19 ans) et celles de 40-49 ans que le niveau de la déficience énergétique chronique est le plus élevé (respectivement, 27 % et 24 %). Parmi les femmes de 20-29 ans, cette proportion est en moyenne de 16 %. La prévalence de la déficience énergétique chronique est beaucoup plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (24 % contre 9 %). Elle présente également des variations importantes selon le niveau d’instruction : 10 % pour les femmes de niveau secondaire ou plus contre 23 % pour celles sans instruction. Au niveau régional, le niveau de déficience énergétique varie d’un minimum de 13 % dans la région de l’Est à un maximum de 37 % dans la région du Plateau Central. 4 L’IMC est calculé en divisant le poids en kilogrammes par le carré de la taille en mètres (kg/m2). 172 | Allaitement et État Nutritionnel Tableau 9.15 État nutritionnel des mères par caractéristiques socio-démographiques Pour les femmes de 15-49 ans, taille moyenne et pourcentages de celles dont la taille est inférieure à 145 centimètres, indice de masse corporelle (IMC) moyen et pourcentages de celles ayant un niveau d'IMC particulier, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 IMC (kg/m2) Caractéristique socio-démographique Taille moyenne en cm Pourcen- tage en dessous de 145 cm Effectif Moyenne de l'IMC 18,5- 24,9 (normal) <18,5 (maigre) 17,0-18,4 (maigreur légère) 16,0-16,9 (maigreur modérée) <16,0 (maigreur sévére) ≥25,0 (gros ou obèse) 25,0- 29,9 (gros) ≤30,0 (obèse) Effectif des femmes Âge 15-19 160,0 0,8 2 713 20,1 68,3 26,8 16,3 5,4 5,1 4,9 4,6 0,3 2 476 20-24 161,7 0,3 2 240 21,0 75,7 16,3 12,5 2,5 1,3 7,9 6,4 1,5 1 798 25-29 161,9 0,3 2 034 21,3 74,2 15,3 11,5 2,7 1,1 10,4 7,6 2,9 1 627 30-34 161,8 0,3 1 550 21,2 73,0 17,5 13,3 3,0 1,2 9,5 6,1 3,3 1 284 35-39 162,0 0,1 1 501 21,3 67,1 19,5 13,6 4,7 1,3 13,4 9,3 4,1 1 326 40-44 161,6 0,3 1 178 21,1 64,6 23,8 17,2 4,1 2,6 11,6 7,5 4,1 1 095 45-49 161,2 0,8 1 019 20,9 62,1 25,5 17,5 5,0 3,0 12,4 9,5 2,8 998 Milieu de résidence Ouagadougou 162,0 1,0 1 311 24,0 59,8 7,1 5,2 1,3 0,6 33,1 23,1 10,0 1 222 Autres villes 162,2 0,2 1 257 22,8 66,0 10,6 7,9 1,9 0,8 23,5 16,3 7,2 1 143 Ensemble urbain 162,1 0,6 2 568 23,4 62,8 8,8 6,5 1,6 0,7 28,4 19,8 8,7 2 365 Rural 161,2 0,4 9 668 20,2 72,0 24,2 16,7 4,6 3,0 3,8 3,2 0,6 8 239 Région Ouagadougou 162,0 1,0 1 311 24,0 59,8 7,1 5,2 1,3 0,6 33,1 23,1 10,0 1 222 Boucle du Mouhoun 161,8 0,4 896 20,3 72,6 23,1 16,2 4,5 2,4 4,3 3,8 0,5 784 Centre (Sans Ouaga.) 161,2 0,0 224 20,7 78,7 16,8 14,2 2,6 0,0 4,5 3,9 0,6 197 Centre-Sud 161,0 1,2 731 20,0 61,4 33,3 17,6 7,8 7,9 5,3 3,5 1,7 630 Plateau Central 161,5 0,3 612 19,5 59,6 37,0 23,0 8,1 5,9 3,4 2,8 0,6 532 Centre-Est 160,4 0,4 1 048 20,4 71,1 23,5 16,4 4,5 2,6 5,4 4,0 1,4 912 Centre-Nord 161,8 0,0 1 044 20,4 74,5 20,5 14,4 3,9 2,1 5,0 4,8 0,3 875 Centre-Ouest 161,5 0,1 884 20,5 76,3 18,8 13,5 3,0 2,3 4,8 3,8 1,0 778 Est 161,5 0,1 899 20,7 83,5 13,4 10,2 2,9 0,3 3,1 2,6 0,5 714 Nord 161,4 0,3 1 169 20,1 69,8 26,5 19,9 4,6 2,1 3,7 2,8 0,8 990 Cascades 160,2 0,9 406 20,7 66,6 24,0 15,7 4,7 3,7 9,3 6,9 2,5 360 Hauts-Bassins 161,6 0,4 1 584 21,8 70,7 15,1 11,2 2,5 1,4 14,2 10,5 3,7 1 380 Sahel 160,6 0,3 834 20,2 65,7 27,5 19,1 4,9 3,6 6,8 5,3 1,5 715 Sud-Ouest 161,3 0,4 594 20,3 76,1 20,5 15,0 3,1 2,3 3,5 2,8 0,6 515 Niveau d'instruction Aucune instruction 161,1 0,5 8 826 20,4 70,9 23,1 16,0 4,4 2,7 5,9 5,1 0,8 7 573 Primaire/Alphabét. 161,6 0,1 2 376 21,6 69,3 17,5 12,4 3,2 1,9 13,3 9,4 3,9 2 054 Secondaire ou plus 163,2 0,3 1 033 23,4 63,7 9,6 6,0 1,8 1,8 26,7 15,6 11,1 978 Quintile de bien-être Le plus pauvre 160,8 0,5 2 159 19,9 71,4 26,4 17,7 5,0 3,7 2,2 1,9 0,4 1 846 Second 161,2 0,3 2 268 20,0 72,0 25,0 17,1 4,5 3,3 3,0 2,8 0,2 1 913 Moyen 161,0 0,4 2 941 20,1 72,0 24,9 16,9 5,2 2,9 3,1 2,8 0,3 2 512 Quatrième 161,4 0,4 2 028 20,5 72,8 21,3 15,5 3,4 2,3 5,9 5,2 0,7 1 744 Le plus riche 162,2 0,6 2 839 23,3 63,4 9,4 7,0 1,8 0,6 27,2 18,7 8,5 2 591 Ensemble 161,4 0,4 12 236 20,9 69,9 20,8 14,4 3,9 2,5 9,3 6,9 2,4 10 604 Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes | 173 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS ET MORTALITÉ DES ADULTES 10 Soumaila Mariko 10.1 MORTALITÉ DES ENFANTS Les niveaux, tendances et caractéristiques de la mortalité des enfants sont déterminés par les conditions sanitaires, environnementales, socio-économiques et culturelles de la population. Les résultats qui sont présentés dans ce chapitre seront utiles, non seulement aux chercheurs et spécialistes de la population, mais aussi à ceux qui s’intéressent à la mise en place des programmes de santé et de développement socio-économique. Il s’agit des niveaux, tendances et caractéristiques de la mortalité des enfants selon la résidence et l’instruction de la mère, le suivi des grossesses et l’assistance à l’accouchement, et selon d’autres caractéristiques du comportement reproductif. 10.1.1 Méthodologie et Qualité des Données Les indicateurs de mortalité présentés dans ce chapitre sont calculés à partir d’informations sur l'historique des naissances recueillies dans le questionnaire femme. Au cours de l’enquête, l'enquêtrice enregistre toutes les naissances vivantes de la femme, en précisant le sexe, l'âge, l'état de survie, ainsi que l'âge au décès pour les enfants décédés (au jour près pour les décès de moins de un mois, au mois près pour ceux de moins de deux ans, et en années pour les décès survenus à deux ans ou plus). À partir des informations recueillies dans l'historique des naissances, les indicateurs suivants sont calculés : Quotient de mortalité néonatale (NN) : mesure, à la naissance, la probabilité de décéder avant d'atteindre un mois exact ; Quotient de mortalité post-néonatale (PNN) : mesure, chez les enfants âgés d’un mois exact, la probabilité de décéder avant d’atteindre le douzième mois exact ; Quotient de mortalité infantile (1q0) : mesure à la naissance, la probabilité de décéder avant d’atteindre le premier anniversaire ; Quotient de mortalité juvénile (4q1) : mesure, chez les enfants âgés d’un an exact, la probabilité de décéder avant le cinquième anniversaire ; Quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) : mesure, à la naissance, la probabilité de décéder avant le cinquième anniversaire. L'estimation de la mortalité à partir de l'historique des naissances des mères interviewées présente, à la fois, des limites d'ordre méthodologique et des risques d'erreurs d'enregistrement. Limites d’ordre méthodologique La collecte d’informations auprès de personnes vivantes au moment de l'enquête (les femmes de 15-49 ans) ne fournit aucune information sur la survie ou le décès des enfants dont la mère est décédée au moment de l’interview. Cela peut introduire un biais dans l’estimation du niveau général 174 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes de la mortalité des enfants si ceux-ci « orphelins de mère » sont en nombre important et si leur mortalité est différente de celle des enfants des mères survivantes. En outre, en limitant la collecte des données aux seules femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête, les informations obtenues ne sont donc pas complètement représentatives des différents intervalles de la période passée : par exemple, pour la période 10-14 ans avant l'enquête, nous ne disposons d'aucune information sur les naissances des femmes de 40-49 ans à cette période. Les femmes de 15-49 ans au moment de l’enquête avaient moins de 40 ans, 10 ans avant l’enquête, et celles de 40-49 ans en ce moment-là ne sont plus éligibles au moment de l’enquête. Donc, si une proportion importante des naissances de cette époque étaient issues des femmes de 40-49 ans et que le risque de décéder de leurs enfants était très différent de celui des naissances issues des femmes plus jeunes, il pourrait en résulter un biais important dans l’estimation de la mortalité des enfants pour la période en question. Selon les résultats de l'enquête ménage, moins de 1 % des enfants de moins de 5 ans survivants et identifiés dans les ménages (tableau 2.4) étaient orphelins de mère. Par ailleurs, au cours des cinq dernières années, les femmes de 40 ans et plus n’ont contribué que pour 12 % à la fécondité totale. Les biais envisagés précédemment devraient donc être minimes. Risques d’erreurs d’enregistrement Du point de vue de la collecte proprement dite, la validité des données sur la mortalité des enfants peut être affectée par : 1) le sous-enregistrement des événements. Il peut provenir de la double omission systématique de naissances et de décès ou de l’omission de l’un des deux événements. Les mères ont parfois tendance à omettre de déclarer des naissances et/ou des décès d'enfants, surtout quand l’enfant meurt très jeune, quelques heures ou jours après la naissance. Ces cas d’omission peuvent induire une sous-estimation de la mortalité ; de plus, généralement, plus la période de référence est éloignée de la date de l’enquête, plus ces cas d’omission sont importants et plus les niveaux de la mortalité estimée peuvent en être affectés. Une technique d'évaluation succincte du sous-enregistrement des décès de très jeunes enfants consiste à calculer la proportion d'enfants décédés entre 0 et 6 jours par rapport aux décès survenus au cours du premier mois. Comme le niveau de la mortalité diminue très rapidement entre la naissance et les jours qui suivent, on s'attend à ce que cette proportion augmente avec une diminution de la mortalité des enfants : une proportion inférieure à environ 60 % indiquerait un sous- enregistrement important des décès précoces. Dans le cas de l'EDSBF-III, cette proportion est de 67 % (tableau C.5 en Annexe C), ce qui indique qu'il n'y a pas eu de sous-enregistrement très important des décès précoces sur la période des cinq années qui ont précédé l’enquête. 2) les déplacements différentiels de dates de naissance des enfants. Ces mauvais enregistrements des naissances par période peuvent entraîner une sous-estimation de la mortalité d'une période au profit des périodes adjacentes. Par exemple, un mauvais classement des enfants décédés à 0-4 ans avant l’enquête, entraînerait une sous-estimation de la mortalité pour cette période et, par conséquent, une surestimation de la mortalité de la période précédente (5-9 ans avant l'enquête). L'annexe C, tableau C.4, fournit la distribution des naissances, selon leur état de survie, par année de naissance. Le "rapport de naissances annuelles" semble indiquer un déficit des naissances en 1998 (rapport 80 < 100) et un surplus aux années adjacentes, 1999 (rapport 108 > 100) et surtout 1997 (rapport 119 >100). Cependant, les niveaux de mortalité étant calculés par période quinquennale avant l’enquête, soit 1999-2003 pour la période la plus récente, et 1994-1998 pour la période précédente, ils ne devraient pas être affectés de façon significative par ces transferts qui se produisent, dans leur majorité, à l'intérieur de l'intervalle de référence. 3) l'imprécision des déclarations de l'âge au décès et, en particulier, l'attraction de certains âges au décès, peut engendrer une sous-estimation de la mortalité infantile et une surestimation de la mortalité juvénile, en transformant une partie des décès d’enfants de moins Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes | 175 d’un an en décès d'enfants plus âgés (12 à 59 mois). Pour minimiser ce type d’erreur, les enquêtrices devaient enregistrer les âges aux décès en jours pour ceux survenus dans les 29 jours suivant la naissance, en mois pour ceux survenus aux âges de 1 à 23 mois, et en années pour le reste. À l'Annexe C, les tableaux C.5 et C.6 fournissent la distribution des décès par âge au décès (jours, mois et années). On note que l’attraction pour "12 mois" (tableau C.6) est assez importante : par exemple, pour la période 0-4 ans qui précède l’enquête, les décès enregistrés à 12 mois sont pratiquement en même nombre égal que ceux enregistrés aux mois 9, 10 et 11 confondus. L'attraction pour l'âge au décès "12 mois" est donc nette mais reste néanmoins négligeable pour affecter réellement les niveaux de mortalité infantile et juvénile. Par rapport à ces problèmes de collecte, Sullivan et al. (1990) ont montré que les limites méthodologiques inhérentes à l’historique des naissances et les risques d’erreur ou d’imprécisions de collecte n’induisent, en général, qu’une très faible marge d’erreur dans les mesures des événements récents. On n'a donc procédé à aucun ajustement des données et les résultats sur les tendances de la mortalité peuvent être considérés comme valables pour les dernières années avant l’enquête. 10.1.2 Niveaux et Tendances Le tableau 10.1 présente les différents quotients de mortalité pour les quinze dernières années qui ont précédé l’enquête. Les niveaux sont calculés par périodes quinquennales 0-4 ans, 5-9 ans et 10-14 ans avant l’enquête, soit de 1989 à 2003. Tableau 10.1 Mortalité des enfants de moins de cinq ans Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile par périodes de cinq ans précédant l'enquête, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Nombre d'années précédant l'enquête Mortalité néonatale (NN) Mortalité postnéonatale (PNN) Mortalité Infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité des moins de 5ans (5q0) 0-4 31 50 81 111 184 5-9 47 56 103 112 203 10-14 45 48 93 110 193 Pour la période 0-4 ans avant l’enquête (1999-2003), les résultats montrent que sur 1 000 naissances vivantes, 81 décèdent avant d’atteindre leur premier anniversaire (31 ‰ entre 0 et 1 mois exact et 50 ‰ entre 1 et 12 mois exact), et que sur 1 000 enfants âgés d’un an, 111 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire. Le risque global de décès entre la naissance et le cinquième anniversaire est donc de 184 pour mille naissances, soit près d’un enfant sur cinq. Les données du tableau 10.1, représentées au graphique 10.1 permettent de retracer l'évolution de la mortalité infantile et juvénile au cours des quinze dernières années. Bien que le niveau de la mortalité infanto-juvénile enregistré aujourd’hui au Burkina Faso se situe encore parmi les niveaux les plus élevés au monde, il n’en demeure pas moins qu’il a diminué régulièrement depuis quinze ans. De 1991 (année centrale de la période 10-14 ans avant l’enquête, à 2001 (année centrale de la période 0-4 ans avant l’enquête), la mortalité infantile est passée de 93 ‰ à 81 ‰, soit une baisse de 13 % ; par contre, au cours de la même période, la mortalité juvénile n’a pratiquement pas varié. Globalement, la mortalité infanto-juvénile a légèrement diminué (5 % de baisse), passant de 193 ‰ à 184 ‰. De toutes les composantes de la mortalité des jeunes enfants, c’est donc seulement la mortalité infantile qui a enregistré une baisse et, parmi les composantes de cette mortalité, seule la mortalité néonatale aurait diminué. Globalement, le niveau de mortalité infanto-juvénile au Burkina Faso est donc aujourd’hui peu différent de ce qu’il était il y a une quinzaine d’années. 176 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes Le graphique 10.1 permet également de comparer les tendances de la mortalité infantile et juvénile selon l’EDSBF-II réalisée en 1998-99 et l’EDSBF-III. Malgré quelques écarts minimes entre les niveaux de mortalité estimés par les deux enquêtes, ces résultats témoignent de la cohérence et de la fiabilité des données concernant les niveaux et l’évolution de la mortalité infantile et juvénile au Burkina Faso. Globalement, au cours des vingt dernières années, soit entre 1984-1988 (10-14 ans avant l’EDSBF-II) et 1999-2003 (0-4 ans avant l’EDSBF-III), les niveaux de mortalité n’ont qu’assez faiblement diminué. La mortalité infantile estimée à 109 ‰ autour de l’année 1986 est passée à 81 ‰ autour de l’année 2001, soit une baisse de 26 % ; au cours de la même période, la mortalité juvénile est passée de 121 ‰ à 111 ‰ soit une baisse de 8 %. Globalement, entre 1984-1988 et 1999-2003, la probabilité de décéder entre la naissance et le cinquième anniversaire a baissée de 15 %, passant de 217 ‰ à 184 ‰. Graphique 10.1 Taux de mortalité infantile selon l’EDSBF-II et l’EDSBF-III & & &109 112 105 # # # 93 103 81 1985 1986 1991 1996 2001 2003 Année centrale des estimations 40 60 80 100 120 140 Pour mille EDSBF-III 1q0 EDSBF-II 1q0# & Graphique 10.2 Taux de mortalité juvénile selon l’EDSBF-II et l’EDSBF-III & & & 121 132 127 # ## 110 112 111 1985 1986 1991 1996 2001 2003 Année centrale des estimations 60 80 100 120 140 160 Pour mille EDSBF-III 4q1 EDSBF-II 4q1# & Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes | 177 10.1.3 Mortalité Différentielle Les tableaux 10.2 et 10.3 présentent les différents quotients de mortalité des enfants selon certaines caractéristiques socio-démographiques de la mère et de l’enfant pour la période des dix années précédant l'enquête (1994-2003). Une période de dix ans est nécessaire pour disposer d'un effectif d'événements statistiquement suffisant pour le calcul des probabilités dans chaque sous- groupe de population retenu. Le tableau 10.2 présente les différences de mortalité infantile et juvénile selon le milieu de résidence et le niveau d’instruction de la mère. Les résultats du tableau 10.2 montrent que la mortalité infantile est nettement plus faible en milieu urbain (70 ‰) qu’en milieu rural (95 ‰). Ces écarts de mortalité selon le milieu de résidence persistent également après un an : sur 1 000 enfants survivants au premier anniversaire, 71 décèdent en milieu urbain ; en milieu rural, ce quotient est de 117 pour mille; de plus la mortalité juvénile est nettement plus faible à Ouagadougou (53 ‰) que dans les autres villes (86 ‰). Globalement, le niveau de la mortalité infanto-juvénile est de 49 % plus élevé en milieu rural (202 ‰) qu’en urbain (136 ‰). Tableau 10.2 Mortalité des enfants par caractéristiques socio-démographiques Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période de 10 ans précédant l'enquête par certaines caractéristiques socio-démographiques de la mère, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Mortalité néonatale (NN) Mortalité postnéonatale (PNN) Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité des moins de 5ans (5q0) Milieu de résidence Ouagadougou 41 28 69 53 119 Autres villes 29 42 71 86 151 Ensemble urbain 35 36 70 71 136 Rural 39 56 95 117 202 Région Ouagadougou 41 28 69 53 119 Boucle du Mouhoun 32 57 88 110 188 Centre (Sans Ouaga.) 35 46 82 76 151 Centre-Sud 28 39 67 73 135 Plateau Central 34 41 75 86 154 Centre-Est 18 46 64 110 167 Centre-Nord 35 50 85 124 198 Centre-Ouest 47 63 110 116 213 Est 41 59 101 84 176 Nord 51 53 104 142 231 Cascades 50 63 113 110 211 Hauts-Bassins 37 51 88 116 194 Sahel 54 68 122 185 285 Sud-Ouest 35 78 113 101 203 Niveau d'instruction Aucune instruction 39 55 94 114 197 Primaire/Alphabét. 36 50 85 111 187 Secondaire ou plus 48 27 75 36 108 Indice de bien-être Quintile le plus faible 40 57 97 121 206 Second quintile 45 63 108 118 213 Quintile moyen 35 47 82 124 196 Quatrième quintile 37 57 94 109 193 Quintile le plus élevé 36 42 78 72 144 178 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes Le niveau de mortalité des jeunes enfants varie de manière importante d’une région à une autre. Le niveau de mortalité infantile a varié du simple au double, d’un minimum de 67 ‰ dans la région du Centre-Sud à un maximum de 122 ‰ dans celle du Sahel. En ce qui concerne la mortalité juvénile, son niveau varie encore plus, de 73 ‰ dans la région du Centre-Sud à 185 ‰ dans celle du Sahel. Globalement, mis à part Ouagadougou, c’est dans la région du Centre-sud (135 ‰ ) que la mortalité infanto-juvénile est le plus faible et dans celle du Sahel qu’il est le plus élevé (285 ‰ ). Par ailleurs, on constate également des variations importantes des niveaux de mortalité selon le niveau d’instruction de la mère : pour la période 1994-2003, la mortalité infantile varie d’un minimum de 75 ‰ chez les enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus à un maximum de 94 ‰ chez ceux dont la mère n’a aucune instruction. Lors de la précédente enquête de 1998-99, on avait enregistré les mêmes variations selon le niveau d’instruction. Pour la mortalité juvénile, les variations selon le niveau d’instruction de la mère suivent le même schéma que pour la mortalité infantile, mais les écarts sont beaucoup plus importants, les taux variant d’un minimum de 36 ‰ (instruction secondaire ou plus) à un maximum de 114 ‰ (sans instruction). Les résultats montrent également que le statut socio-économique du ménage influence le risque de décéder puisque, quelle que soit la composante de la mortalité, les niveaux sont nettement plus élevés pour les enfants vivants dans les ménages du premier quintile que pour ceux des ménages du cinquième quintile. Le tableau 10.3 présente les quotients de mortalité pour la période de dix années précédant l'enquête selon certaines caractéristiques des enfants. Pour l’ensemble de la mortalité, à l’exception de la mortalité post-néonatale et juvénile, les enfants de sexe masculin présentent, comme dans la majorité des populations, un risque de mortalité légèrement plus élevé que celui des enfants de sexe féminin : au cours de leur premier mois d’existence, 43 naissances vivantes masculines sur mille décèdent contre 34 chez les filles. Le taux de mortalité infantile s’établit à 95 ‰ pour les garçons contre 89 ‰ pour les filles ; entre la naissance et le cinquième anniversaire, on constate que 195 naissances vivantes masculines sur mille décèdent contre 192 sur mille naissances chez les filles. Les caractéristiques suivantes concernent le comportement procréateur des mères : l'âge de la mère à la naissance de l'enfant, le rang de naissance de l’enfant et le temps écoulé entre la naissance de l’enfant précédant et celle de l’enfant présent. Les données du tableau 10.3, présentent les variations de la mortalité des enfants selon chacune des trois caractéristiques. Il est souhaitable, pour la santé de la mère et de l’enfant, que les naissances soient au moins espacées de 2 ans et également qu’elles n’aient pas lieu à un âge précoce (avant 20 ans), ou tardif (après 40 ans). En effet, les enfants dont l’intervalle avec la naissance précédente est inférieur à 2 ans et/ou ceux dont la mère a moins de 20 ans et plus de 35 ans courent des risques de décéder très largement supérieurs aux autres. Pour l’ensemble de la mortalité infanto-juvénile, par exemple, un enfant né à moins de deux ans après l’enfant précédent, court un risque de mourir avant son cinquième anniversaire de 278 ‰ alors que celui dont la mère a observé un espacement de deux ans court un risque de 205 ‰, et de 156 ‰ lorsque l’espacement est de trois ans, soit un risque de mortalité 78 % plus élevé entre un espacement de moins de deux ans et un espacement de trois ans. Quant à la mortalité infantile, le risque de décès est près de trois fois plus élevé pour les enfants nés à moins de deux ans d’intervalle par rapport à ceux nés après trois ans (143 ‰ contre 59 ‰). En ce qui concerne l’âge de la mère au moment de l’accouchement, on constate que les enfants nés d’une mère âgée de moins de vingt ans courent un risque de mourir avant le premier anniversaire supérieur de 31 % par rapport à ceux dont la mère a 20-29 ans au moment de la naissance (114 ‰ contre 87 ‰). Par ailleurs, on remarque au tableau 10.3 que les naissances de rang supérieur à 6 courent des risques de mortalité infantile nettement plus élevés que ceux des naissances de rang inférieur, en particulier celles de rangs 2-3 (110 ‰ contre 81 ‰). Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes | 179 Tableau 10.3 Mortalité des enfants par caractéristiques socio-démographiques de la mère et des enfants Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période de 10 ans précédant l'enquête par certaines caractéristiques socio-démographiques de la mère et des enfants, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Mortalité néonatale (NN) Mortalité postnéonatale (PNN) Mortalité Infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité des moins de 5ans (5q0) Sexe de l'enfant Masculin 43 52 95 110 195 Féminin 34 54 89 113 192 Âge des mères à la naissance <20 50 64 114 120 221 20-29 37 51 87 109 186 30-39 36 52 87 109 187 40-49 41 58 99 120 207 Rang de naissance 1 48 53 101 109 200 2-3 32 49 81 103 176 4-6 36 52 88 113 191 7+ 46 64 110 126 222 Intervalle de naissance précédent <2 années 61 83 143 157 278 2 années 40 64 104 113 205 3 années 26 33 59 104 156 4+ années 18 25 44 63 104 Taille de la naissance1 Petit ou très petit 42 63 104 na na Moyen ou gros 28 49 77 na na 1 Quotients pour la période de cinq ans précédant l’enquête na = Non applicable La mortalité différentielle selon ces trois caractéristiques met en évidence les risques importants que fait courir aux enfants une fécondité élevée, caractérisée par des naissances précoces, des rangs élevés et des intervalles intergénésiques très courts. On relève enfin que les bébés petits ou très petits à la naissance (y compris éventuellement les prématurés) ont une mortalité néonatale de 50 % plus élevée que les bébés moyens ou gros (42 ‰ contre 28 ‰). L’écart est de 29 % pour la mortalité post-néonatale (63 ‰ contre 49 ‰). Il convient de rappeler que le poids d’un enfant à la naissance est largement déterminé par l’état de santé, de maturité biologique et l’état nutritionnel de la mère au cours de la grossesse. C’est ainsi que les grossesses peu espacées et/ou trop répétées, ainsi que celles qui sont précoces sont considérées comme favorisant la naissance d’un enfant de faible poids. 10.1.4 Mortalité Périnatale Le tableau 10.4 présente la mortalité périnatale pour la période de cinq ans précédant l’enquête selon certaines caractéristiques socio-démographiques des mères. On constate que le niveau de mortalité périnatale selon l’âge de la mère à la naissance de l’enfant et selon l’intervalle par rapport à la grossesse précédente. 180 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes Tableau 10.4 Mortalité périnatale Effectifs de mort-nés et de décès néonatals précoces, et taux de mortalité périnatale pour la période des cinq années précédant l’enquête, par certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Effectif de mort-nés Effectif de décPs néonatals précoces Taux de mortalité périnatale Effectif de grossesses de durée 7 mois ou plus Âge des mères à la naissance <20 39 50 52 1 706 20-29 69 95 30 5 530 30-39 44 51 31 3 095 40-49 14 19 48 686 Intervalle en mois depuis la précédente grossesse Première grossesse 46 57 51 1 993 <15 14 7 65 322 15-26 29 49 39 2 007 27-38 39 55 27 3 514 39+ 38 47 27 3 183 Milieu de résidence Ouagadougou 20 18 59 643 Autres villes 14 9 30 777 Ensemble urbain 34 27 43 1 420 Rural 131 188 33 9 597 Niveau d'instruction Aucune instruction 136 166 35 8 629 Primaire/ Alphabét. 23 37 30 1 966 Secondaire ou plus 6 12 43 422 Indice de bien-être Quintile le plus faible 24 45 32 2 123 Second quintile 37 52 38 2 334 Quintile moyen 35 51 29 2 935 Quatrième quintile 34 32 33 2 006 Quintile le plus élevé 35 35 44 1 618 Ensemble 166 215 35 11 017 Considérée comme indicateur de la qualité des soins pendant la grossesse et l’accouchement, la mortalité périnatale combine la mortinatalité et la mortalité néonatale, ou parfois la seule mortalité néonatale précoce (Pressat et al., 1985, p. 52). Au cours de l’EDSBF-III, on a demandé aux femmes si elles avaient eu des grossesses qui n’avaient pas abouti à une naissance vivante et, pour chacune de ces grossesses survenues au cours des cinq dernières années, on leur a demandé de combien de mois elles étaient enceintes lorsque la grossesse s’est achevée. La mortinatalité correspond aux grossesses de sept mois révolus ou plus qui n’ont pas abouti à une naissance vivante. Cette mortalité est alors combinée aux décès d’enfants survenus au cours des premiers jours (0-6) et rapportée aux grossesses de sept mois ou plus pour calculer le taux de mortalité périnatale. Au niveau national, le taux de mortalité périnatale est estimé à 35 décès pour mille grossesses de sept mois ou plus et les résultats du tableau 10.4 montrent que les risques de mortalité périnatale sont particulièrement élevés quand l’âge de la mère est inférieur à 20 ans (52 ‰) et quand la mère a 40 ou plus (48 ‰), contre 30 ‰ quand elle a 20-29 ans. En ce qui concerne l’intervalle par rapport à la grossesse précédente, il apparaît au tableau 10.4 que plus les intervalles entre les grossesses sont longs, plus les taux de mortalité périnatale sont faibles : de 51 ‰ quand moins de 15 mois séparent deux grossesses, le taux passe à 27 ‰ quand l’intervalle est de 27 mois ou plus. Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes | 181 Selon le milieu de résidence, on constate que le niveau de la mortalité périnatale en milieu urbain est nettement plus élevé qu’en milieu rural (43 ‰ contre 33 ‰). Les résultats indiquent une augmentation du risque de décéder avec l’augmentation du niveau d’instruction et de l’indice de bien-être. Ils sont à interpréter avec prudence. Ils sont peut-être le signe d’une meilleure déclaration des mort-nés et des décès néonatals précoces par les femmes les plus instruites. 10.1.5 Groupes à Haut Risque Le tableau 10.5 présente une classification des naissances des cinq dernières années selon les catégories à haut risque auxquelles elles correspondent : • les naissances de rang 1 qui présentent un risque élevé de mortalité, mais qui sont inévitables sauf lorsqu'elles sont issues de jeunes mères (âgées de moins de 18 ans). On a donc isolé les naissances de rang 1 et de mères de 18 ans ou plus ; • les naissances issues de mères appartenant à une seule catégorie à haut risque : âge de procréation précoce (moins de 18 ans) ou tardif (35 ans ou plus), intervalle intergénésique court (moins de 24 mois) et rang élevé de naissance (supérieur à 3) ; • les naissances correspondant à une combinaison de catégories de risque selon l'âge de la mère à la naissance, l'intervalle intergénésique et le rang de naissance ; • enfin, les naissances ne correspondant à aucune catégorie à haut risque définie ci-dessus. Il ressort du tableau 10.5 que 26 % des naissances des cinq années ayant précédé l'enquête ne correspondent à aucune catégorie à haut risque identifié, 14 % sont à risques élevés parce qu'elles sont de rang 1, mais elles sont inévitables, 38 % sont à haut risque unique et 22 % sont à haut risque multiple. Pour évaluer le risque supplémentaire de décéder que font courir aux enfants certains comportements procréateurs des mères, des "rapports de risque" ont été calculés, en prenant comme référence les naissances n'appartenant à aucune catégorie à haut risque. Le rapport de risque est donc le rapport de la proportion d'enfants décédés dans chaque catégorie à haut risque, à la proportion d'enfants décédés dans la catégorie sans risque. Les naissances de rang 1 ne sont pas évitables mais, même lorsqu'elles n'interviennent pas à un âge trop précoce ou trop tardif, c'est-à-dire avant 18 ans ou après 34 ans, elles apparaissent ici comme étant des naissances à risque. Dans le cas spécifique du Burkina Faso, ces naissances présentent un risque de décéder 1,18 fois plus élevé que celui de la catégorie de référence constituée par les enfants n’appartenant à aucun des risques considérés. Un enfant appartenant à une catégorie quelconque à haut risque unique (non compris les enfants de rang 1 et de mère de 18-34 ans) court un risque de décéder 1,1 fois supérieur à un enfant n'appartenant à aucune catégorie à haut risque. Il apparaît qu’un intervalle intergénésique court est un facteur de risque élevé puisqu’un enfant, né après son aîné dans un intervalle inférieur à moins de 24 mois, court un risque de décéder 1,6 fois plus important que la catégorie de référence. Il en est de même de la fécondité précoce, puisque les enfants nés de mères adolescentes courent un risque de décéder 1,4 fois plus important que les enfants de la catégorie de référence. Ce sont les enfants appartenant à la catégorie de haut risque multiple qui sont les plus exposés, puisque leur risque de décéder est 1,3 fois plus élevé que celle des enfants n’appartenant à aucune catégorie de risque. Les enfants de rang supérieur à 3, dont l’intervalle avec l’enfant précédent est inférieur à 24 mois et dont la mère a plus de 34 ans sont particulièrement exposés (risque de décéder 2,1 fois plus élevé que la catégorie de référence). 182 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes Tableau 10.5 Comportement procréateur à hauts risques Répartition (en %) des enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, rapport de risque, et répartition (en %) des femmes actuellement en union à risque de concevoir un enfant à hauts risques de mortalité selon les catégories à hauts risques de mortalité, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Naissances des 5 années précédant l'enquête Catégories à hauts risques Pourcentage de naissances Rapport de risque Pourcentage de femmes actuellement en union1 Ne se trouve dans aucune catégorie de haut risque 26,3 1,00 16,4a Catégorie à risque inévitable Naissances de premier rang entre 18 et 34 ans 14,0 1,18 6,3 Catégorie particulière de haut risque Âge des mères <18 5,4 1,37 1,3 Âge des mères >34 0,5 1,35 2,2 Intervalle intergénésique <24 mois 4,0 1,55 9,5 Rang de naissance >3 27,6 1,02 16,6 Sous total 37,5 1,13 29,5 Catégorie à plusieurs hauts risques Âge <18 & Intervalle intergénésique <24 mois 0,3 (2,21) 0,2 Âge >34 & Intervalle intergénésique <24 0,0 * 0,1 Âge >34 & Rang de naissance >3 15,5 1,03 28,9 Âge >34 & Intervalle intergénésique <24 mois et rang >3 1,7 2,13 6,3 Intervalle intergénésique <24 mois et rang de naissance >3 4,6 1,88 12,2 Sous total 22,2 1,31 47,7 Dans une catégorie à haut risque évitable 59,7 1,20 77,2 Total 100,0 - 100,0 Nombre de naissances 10 853 - 9 655 Note : Le rapport de risque est le rapport de la proportion d’enfants décédés dans les 5 dernières années dans chaque catégorie à risque, à la proportion d’enfants décédés dans aucune catégorie à haut risque. 1 Les femmes sont classées dans les catégories à hauts risques selon le statut qu’elles auraient à la naissance de l’enfant, si l’enfant était conçu au moment de l’enquête : âge inférieur à 17 ans et 3 mois ou plus âgé que 34 ans et 2 mois, la dernière naissance a eu lieu dans les 15 derniers mois, et la dernière naissance était de rang 6 ou plus. a Y compris les femmes stérilisées ( ) Basés sur 5-49 cas non pondérés * Basés sur peu de cas non pondérés Ces résultats montrent qu’un meilleur espacement des naissances n'a pas pour seul résultat la réduction du nombre de naissances chez une femme, mais aussi une amélioration considérable des chances de survie des enfants. À partir de cette analyse du comportement procréateur à haut risque, on a essayé de déterminer la proportion de femmes actuellement en union qui, potentiellement, pourraient avoir un tel comportement. Pour cela, à partir de l'âge actuel des femmes, de l'intervalle écoulé depuis leur dernière naissance et du rang de leur dernière naissance, on détermine dans quelle catégorie se situerait la prochaine naissance, si chaque femme concevait un enfant au moment de l'enquête. Il s'agit donc d'une simulation ayant pour objectif de déterminer quelles proportions des futures naissances entreraient dans les catégories à risque, en l'absence de tout comportement régulateur de la fécondité. Il apparaît (tableau 10.5) que seulement 16 % des enfants à naître seraient alors des enfants n'appartenant à aucune catégorie à haut risque alors que 77 % appartiendraient à une catégorie à haut risque. Cette proportion d’enfants (77 %) qui, en l’absence de toute régulation des naissances, naîtraient dans des conditions à haut risque de mortalité est 1,3 fois supérieure à celle des enfants déjà Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes | 183 nés (60 %). Cette analyse succincte démontre une fois de plus la nécessité de mettre en place des mécanismes régulateurs de la fécondité dans le but de réduire les hauts risques de mortalité encourus par les jeunes enfants au Burkina Faso. 10.2 MORTALITÉ DES ADULTES Au cours de l’EDSBF-III, des informations ont été collectées sur la survie des frères et des sœurs. Ces données permettent l’utilisation des méthodes d'estimation directe et indirecte pour évaluer le niveau de la mortalité adulte. L’utilisation de la méthode directe d'estimation de la mortalité adulte requiert des données par âge sur les frères et sœurs survivants, par âge au décès des frères et sœurs décédés, ainsi que des informations sur le nombre d'années écoulées depuis le décès. Pour obtenir des périodes de référence bien définies, les données sont agrégées pour déterminer le nombre de personnes-années d'exposition à la mortalité et le nombre de décès d’adultes survenus au cours de chaque période de référence. Les taux de mortalité des adultes sont estimés par la méthode directe en divisant le nombre de décès par le nombre de personnes-années soumises à l'exposition. 10.2.1 Collecte des Données Le questionnaire utilisé pour la collecte des données sur la mortalité des adultes est présenté en Annexe F (Section 9 du Questionnaire Femme). En premier lieu, on a demandé à chaque femme enquêtée la liste de tous ses frères et sœurs, c'est-à-dire tous les enfants que sa mère a mis au monde, en commençant par le premier-né. On a demandé ensuite à l'enquêtée l'état de survie de chacun d’entre eux. Pour ceux qui étaient encore en vie, on a demandé leur âge actuel. Pour les décédés, on a collecté deux informations : le nombre d'années écoulées depuis le décès et l'âge au décès. Les enquêtrices étaient autorisées à accepter des réponses approximatives dans les cas où l’enquêtée n’était pas en mesure de fournir des réponses précises sur l'âge ou sur le nombre d'années écoulées depuis le décès. 10.2.2 Évaluation de la Qualité des Données L'estimation du niveau de mortalité des adultes nécessite des données exactes sur deux composantes : le nombre de frères et sœurs de l'enquêtée, le nombre de ceux qui sont décédés. En plus de ces deux composantes, l'estimation directe nécessite des données exactes sur l'âge au décès et sur le nombre d'années écoulées depuis le décès des frères et sœurs. Ces informations requièrent des précisions que les enquêtées peuvent ne pas connaître. Il n'existe pas de procédure clairement définie pour établir la complétude des données recueillies par une enquête rétrospective sur la survie des frères et sœurs. Néanmoins, le tableau 10.6 fournit le nombre de frères et sœurs déclaré par l'enquêtée, et la complétude des données déclarées sur l'âge, l'âge au décès et le nombre d'années écoulées depuis le décès. D’après ce tableau, l’information concernant l’état de survie n’est manquante que pour 18 frères ou sœurs (0,03 %). Des données complètes ont été recueillies pour presque toute la fratrie1 de la femme enquêtée, quel que soit l’état de survie. Pour la quasi-totalité des frères et sœurs survivants (99,6 %), un âge a été déclaré ou estimé et les informations apparaissent aussi complètes pour les frères (99,5 %) que pour les sœurs (99,6 %). Pour les membres de la fratrie décédés, on dispose, dans la très grande majorité des cas (96,6 %), d’informations, à la fois, sur l’âge au décès et sur le nombre d’années écoulées depuis le décès. Le nombre de cas pour lesquels les données, déclarées ou estimées, sont manquantes (âge au décès et /ou année écoulée depuis le décès) ne varie pas selon le sexe : 3 % pour chaque sexe. Ces pourcentages témoignent d’une bonne qualité des données. 1 Le terme fratrie utilisé ici fait référence à l’ensemble de frères et sœurs de la femme enquêtée, issus de la même mère. 184 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes Tableau 10.6 Complétude de l'information sur les frères et soeurs Nombre de frères et soeurs déclarés par les enquêtées et complétude des données déclarées concernant l’état de survie, l’âge, l’âge au décès et le nombre d’années écoulées depuis le décès, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Soeurs Frères Ensemble Frères et soeurs selon différentes variables Effectif % Effectif % Effectif % Total des frères et soeurs 31 933 100,0 33 869 100,0 65 802 100,0 Survivants 26 079 81,7 27 045 79,9 53 124 80,7 Décédés 5 845 18,3 6 815 20,1 12 660 19,2 ND 9 0,0 9 0,0 18 0,0 Total des survivants 26 079 100,0 27 045 100,0 53 124 100,0 Âge déclaré 25 978 99,6 26 923 99,5 52 901 99,6 Âge manquant/ND 101 0,4 122 0,5 223 0,4 Total des décédés 5 845 100,0 6 815 100,0 12 660 100,0 Âge et nombre d’années déclarés 5 649 96,7 6 554 96,2 12 203 96,4 Âge au décès manquant 13 0,2 15 0,2 29 0,2 Nombre d’années manquantes 31 0,5 55 0,8 85 0,7 Âge et nombre d’années manquants 151 2,6 191 2,8 342 2,7 Ceci étant, l’importance des informations manquantes concernant les dates est surtout un indicateur de la qualité d'ensemble des données. La complétude des informations de base, à savoir l'omission possible de frères ou de sœurs est, par contre, beaucoup plus importante. Le tableau 10.7 présente les résultats d’un certain nombre de tests qui permettent d'évaluer la complétude des données. Au niveau théorique, on s’attend à ce que, en moyenne, la date de naissance des enquêtées se situe au milieu des dates de naissance de la fratrie. Par conséquent, si l'année de naissance médiane des frères et sœurs était plus tardive que celle des enquêtées, cela signifierait que les enquêtées ont systématiquement omis des frères et sœurs plus âgés, peut-être parce que certains d'entre eux étaient décédés avant qu'elles ne soient nées. Les frères et sœurs plus âgés étant plus susceptibles de décéder avant les plus jeunes, leur omission pourrait entraîner une légère sous-estimation de la mortalité d'ensemble. Au tableau 10.7, l'année médiane de naissance des frères et sœurs est supérieure de deux années à celle des enquêtées (1977 contre 1975)2, ce qui dénote une très légère sous-déclaration des frères et sœurs les plus âgés. Deux autres indicateurs, permettant d'évaluer la complétude de l'enregistrement des frères et sœurs, figurent au tableau 10.7 : il s'agit du rapport de masculinité à la naissance et du nombre moyen de frères et sœurs. Le rapport de masculinité à la naissance (nombre de frères par rapport aux sœurs) est de 106, niveau assez cohérent avec les données internationales dont les estimations varient peu autour de 105, quelles que soient les populations. Selon l’année de naissance de l’enquêtée, le rapport de masculinité varie relativement peu au Burkina Faso, de 104 à 111 (tableau 10.7). Compte tenu de la variabilité bien connue du rapport de masculinité dans les petits échantillons, aucune tendance au sous- enregistrement n’apparaît dans la déclaration des sœurs ou des frères. 2 On notera que la distribution des années de naissance des frères et soeurs ne suit pas celle des enquêtées : alors que les années de naissance des enquêtées se répartissent sur 36 ans (1950-1985), celles des frères et soeurs portent sur 79 ans. Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes | 185 Tableau 10.7 Indicateurs de la qualité des données sur les frères et soeurs Répartition (en %) des enquêtées et des frères et soeurs selon l'année de naissance, l'année de naissance médiane, le rapport de masculinité à la naissance et l'évolution de la taille moyenne de la fratrie selon l'année de naissance de l'enquêtée, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Année de naissance Enquêtées Frères/ Soeurs Avant 1958 6,5 8,2 1958-62 9,3 6,9 1963-67 12,1 9,9 1968-72 12,2 12,2 1973-77 16,5 14,5 1978-82 17,9 14,9 1983-87 22,0 13,2 1988 ou plus tard 3,6 20,1 Total 100,0 100,0 Intervalle 1953-1988 1924-2003 Médiane 1 975 1 977 Effectif 12 477 65 799 Année de naissance de l’enquêtée Taille moyenne de la fratrie Rapport de masculinité à la naissance Avant 1963 5,9 110,2 1963-67 6,2 107,7 1968-72 6,4 104,0 1973-77 6,4 104,5 1978-82 6,5 105,5 1983-87 6,3 104,7 1988-92 6,1 110,7 Ensemble 6,3 106,1 La taille moyenne de la fratrie (y compris l'enquêtée) est de 6,3, ce qui est proche de la parité finale des femmes du Burkina Faso. L'évolution de la taille de la fratrie selon l’année de naissance de l’enquêtée montre que la taille moyenne varie peu (autour de 6,3), mis à part les années précédant 1963 (5,9) ce qui pourrait être le signe de certaines omissions de frères et sœurs par des enquêtées âgées de 40 ans ou plus au moment de l’enquête (ceci en supposant, bien sûr, que la fécondité n’a pas augmenté au cours du temps). De ce fait, une très légère sous-estimation de la mortalité passée serait possible. 10.2.3 Estimation de la Mortalité Adulte Les estimations de la mortalité masculine et féminine par âge pour la période de 0-6 ans avant l'enquête, calculées directement d'après les déclarations sur la survie des frères et des soeurs, sont présentées au tableau 10.8. Les décès de frères et soeurs survenus pendant cette période de référence aux âges de 15 à 49 ans ne sont pas très importants (579 femmes et 674 hommes) : les taux par âge, basés sur des événements relativement peu nombreux, sont de ce fait sujets aux variations d'échantillonnage. 186 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes Le niveau de mortalité global des adultes de 15-49 ans est élevé : 4,5 ‰ pour l'ensemble des femmes et 5,4 ‰ pour l'ensemble des hommes, soit une surmortalité masculine de 19 %. Ces niveaux, surtout ceux des femmes sont assez proches de ceux observés au Mali en 2001 (4,7 ‰ pour les femmes et 4,6 ‰ pour les hommes) mais plus élevés qu’en Guinée en 1999 (3,5 ‰ pour les femmes et 3,9 ‰ pour les hommes). Comme les décès à ces âges restent, néanmoins, relativement rares et comme les données sont celles d'un échantillon, les taux ne varient pas de façon régulière selon l'âge. En particulier, la mortalité à 45-49 ans semble manifestement sous-estimée pour les femmes. Néanmoins, pour les femmes comme pour les hommes, la tendance générale de la mortalité par âge semble plausible. Avec une augmentation régulière par âge, le taux à 40-44 ans pour les femmes (6,7 ‰) est près de 3 fois plus élevé que le taux à 15-19 ans (2,4 ‰) ; pour les hommes, le taux à 45-49 ans (11,3 ‰) est 5 fois plus élevé que celui à 15-19 ans (2,1 ‰). Par ailleurs les taux de mortalité des hommes sont nettement supérieurs à ceux des femmes. Tableau 10.8 Estimation de la mortalité adulte par âge Estimation directe de la mortalité par âge à partir des données concernant l’état de survie des frères et sœurs des femmes enquêtées, par sexe, Burkina Faso pour la période 1997-2003 et taux des tables types de mortalité, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Taux estimés pour 1997-2003 Âge Décès Années d’exposition Taux (‰) Table type hypothétique des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest Taux (‰) SEXE FÉMININ 15-19 66 28 144 2,35 2,18 20-24 111 28 625 3,88 2,98 25-29 121 24 812 4,89 3,39 30-34 112 19 650 5,69 4,22 35-39 79 14 508 5,44 5,04 40-44 62 9 188 6,72 5,39 45-49 28 5 140 5,38 6,35 15-49 579 130 068 4,53 - SEXE MASCULIN 15-19 59 28 581 2,07 1,30 20-24 102 29 883 3,41 1,96 25-29 109 25 808 4,23 2,30 30-34 145 20 826 6,98 2,90 35-39 101 15 335 6,61 4.30 40-44 94 9 504 9,93 5,78 45-49 63 5 551 11,33 8,50 15-49 674 135 487 5,38 - Note : Les taux des tables types proviennent du modèle de mortalité hypothétique des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, selon une valeur de 5q0 égale à 233 ‰ pour le sexe féminin et 255 ‰ pour le sexe masculin. Pour évaluer la fiabilité des estimations directes des niveaux de mortalité, on a comparé les taux calculés à partir de l'enquête aux taux estimés à partir de tables types de mortalité. Le niveau de mortalité par âge obtenu à partir des tables types des Nations Unies (Nations Unies, 1982) est présenté au tableau 10.8. La table a été sélectionnée à un niveau de mortalité infanto-juvénile (5q0) proche de celui estimé pour la période précédant l'EDSBF-III. Malgré les sous-estimations ou surestimations des Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes | 187 taux à certains âges qui ont été signalées précédemment, quel que soit le sexe, la tendance générale des deux séries de taux est suffisamment proche pour confirmer la qualité des données collectées sur la survie des frères et soeurs des enquêtées. On notera néanmoins que les taux estimés pour les hommes sont toujours nettement supérieurs à ceux de la table type. La comparaison des résultats de l’EDSBF-III pour la période la plus récente (0-6 ans avant l’enquête) et la période précédente (7-13 ans avant l’enquête) de même que la comparaison des résultats de l’EDSBF-II et de l’EDSBF-III permet de retracer les tendances de la mortalité adulte au cours des 14 dernières années. Cependant, du fait que les taux par âge sont basés sur des événements relativement peu nombreux et qu’ils sont donc sujets aux variations d'échantillonnage, ces comparaisons doivent être faites avec prudence. Les graphiques 10.3 et 10.4 présentent, respectivement pour les femmes et pour les hommes, les taux de mortalité par âge 0-6 ans et 7-13 ans avant l’EDSBF-III et 0-6 ans avant l’EDSBF-II. Il faut noter que la période 0-6 ans avant l’EDSBF-II (soit 1992-1998) recouvre, à la fois, la période 7- 13 ans avant l’EDSBF-III (soit 1989-1995) et la période 0-6 ans avant l’EDSBF-III (soit 1996-2003). En principe, les taux de l’EDSBF-II devraient donc se situer à mi-chemin entre les taux des deux périodes précédant l’EDSBF-III. Pour les femmes, on constate au graphique 10.3 que les taux de l’EDSBF-II et ceux 7-13 ans avant l’enquête actuelle présentent une allure assez similaire entre 15 et 45 ans. Par contre les taux les plus récents sont nettement supérieurs aux deux autres séries entre 25 et 40 ans, ce qui pourrait être le signe d’une augmentation récente de la mortalité à ces âges. Pour les hommes, les niveaux de mortalité des périodes les plus anciennes diffèrent beaucoup entre l’EDSBF-II et l’EDSBF-III. Par comparaison, au cours de la période la plus récente, seule la mortalité des hommes de 40-49 ans semble nettement se différencier de celle des périodes précédentes par un niveau nettement plus élevé. Là encore cela pourrait être le signe d’une augmentation récente de la mortalité des hommes à ces âges. Cependant, cela pourrait aussi résulter, en partie, d’une sous-estimation, par les deux enquêtes, des décès de cette période. Graphique 10.3 Mortalité des femmes selon l'EDSBF-II et l'EDSBF-III ) ) ) ) ) ) ) & & & & & & & # # # # # # # 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 . Groupe d'âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Pour mille 0-6 ans avant EDSBF-III 7-13 ans avant EDSBF-III 0-6 ans avant EDSBF-II# & ) 188 | Mortalité des Enfants de Moins de Cinq Ans et Mortalité des Adultes Graphique 10.4 Mortalité des hommes selon l'EDSBF-II et l'EDSBF-III ) ) ) ) ) ) ) & & & & & & & # # # # # # # 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 . Groupe d'âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Pour mille 0-6 ans avant EDSBF-III 7-13 ans avant EDSBF-III 0-6 ans avant EDSBF-II# & ) Paludisme | 189 PALUDISME 11 Dr Zon Hilaire et Monique Barrère Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, environ 40 % de la population mondiale, habitant essentiellement dans les pays les plus pauvres du monde, est exposée au paludisme. Cette maladie, éliminée depuis longtemps dans de nombreux pays tempérés, est endémique aujourd’hui dans les régions tropicales et subtropicales. On dénombre chaque année dans le monde plus de 300 millions de cas de paludisme et cette maladie est responsable chaque année d’au moins un million de décès, soit quelque 3 000 décès par jour. L’Afrique au sud du Sahara demeure, de très loin, la région du monde la plus touchée : 90 % cas et des décès dus au paludisme y sont recensés. Le paludisme contribue au maintien d’une mortalité infantile et d’une mortalité maternelle élevées, à l’absentéisme scolaire et à la faible productivité. Il est ainsi considéré, à la fois, comme maladie de la pauvreté et cause de la pauvreté. Ces dernières années ont malheureusement vu la prévalence du paludisme s’accroître de manière alarmante, particulièrement sur le continent africain, où des mesures de contrôle de la maladie n’ont pu être mises en place que dans un petit nombre de pays dotés d’infrastructures et des ressources nécessaires. Un constat fort inquiétant auquel il faut également ajouter, selon l’OMS Afrique, la progression de la chimio-résistance en Afrique aux antipaludéens. 11.1 SITUATION ET STRATÉGIES DE LUTTE CONTRE LE PALUDISME AU BURKINA FASO Le Burkina Faso est une zone d’endémie palustre. On y distingue trois niveaux de transmission : Une zone de transmission saisonnière courte (2-3 mois) qui est influencée par les aléas climatiques. Ce type de transmission correspond à la zone sahélienne située dans la partie Nord du pays. Une zone de transmission saisonnière longue, d’une durée de 4 à 6 mois, qui correspond à la partie centrale du pays. Une zone de transmission permanente caractérisée par une recrudescence pendant la saison des pluies qui correspond à la partie sud-ouest du pays. Le Plasmodium Falciparum est la forme du parasite la plus fréquemment rencontrée (90 %) ; L’espèce anophélienne prédominante est l’anophèle gambiae. Le paludisme constitue, sur le plan national, l’un des principaux problèmes de santé publique. Il constitue le principal motif de consultation, d’hospitalisation et de décès dans les structures de santé. En 2002, il représentait 31 % des consultations, 40 % des hospitalisations ; en outre, 45% des décès d’enfants de moins de 5 ans étaient dus au paludisme. Les enfants de moins de 5 ans sont les plus touchés. Au Burkina Faso, les études sur les répercussions socio-économiques du paludisme sont peu documentées. Cependant d’un point de vue général, le paludisme constitue un frein réel au développement humain durable du fait de son impact sur : • l’espérance de vie (décès prématurés) ; • l’éducation des enfants (absentéisme à l’école, séquelles neurologiques) ; • la productivité (absentéisme au travail, diminution de la force de travail, etc.) ; 190 | Paludisme • les ressources financières de la famille et nationales (coût des médicaments, des hospitalisations, etc.). Une étude réalisée en 1998-1999 dans le service de pédiatrie du Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo de Ouagadougou, estimait le coût direct d’une hospitalisation pour paludisme grave à 21 000 FCFA. Par ailleurs, il faut souligner que le Burkina Faso a été, depuis 1941, un centre d’intérêt en matière de recherche sur le paludisme, cela par le biais de l’Organisation de Coordination et de Lutte contre les Grandes Endémies (OCCGE) basée au Centre Muraz de Bobo-Dioulasso. Ces recherches ont été axées sur des aspects tels que le traitement du paludisme, la chimioprophylaxie, le “house spraying”1, et l’efficacité thérapeutique des médicaments anti- paludiques. Signalons également la création depuis 1985 du centre de Référence de la Chimiosensibilité du Paludisme (CRCP) au Centre Muraz. Depuis le mois d’octobre 2003 se déroule au Centre National de Recherche et de Formation sur le Paludisme (CNRFP) Ouagadougou, Burkina Faso, la première étude clinique en zone 1 Pulvérisation d’insecticide dans la maison. Paludisme | 191 d’endémie du candidat vaccin contre le paludisme MSP3. Cette Phase 1b est entièrement conduite sur le terrain par des chercheurs nationaux. Elle devrait permettre d’évaluer la tolérance, l’innocuité et l’immunogénicité de ce candidat vaccin sur des volontaires naturellement exposés à l’infection palustre. Au cours de la présente étude, 30 volontaires en bonne santé, tous de sexe masculin et âgés de 18 à 40 ans, ont été enrôlés. Ils ont été repartis en deux groupes de 15 ; un groupe a reçu le vaccin à l’étude et l’autre groupe, le vaccin antitétanique. Il est prévu pour chaque volontaire 3 doses de vaccin (aux mois 0, 1 et 4). Les volontaires seront suivis pendant un an afin d’évaluer l’innocuité du vaccin à long terme de même que la réponse immunitaire au MSP3. Les deux premières doses ont déjà été administrées aux volontaires et tout se déroule normalement. Cette étude clinique est le fruit d’un partenariat entre d’une part le Centre National de Recherche et de Formation sur le Paludisme du Ministère de la Santé Burkina Faso, et d’autre part l’African Malaria Network Trust (AMANET) et l’European Malaria Vaccine Initiative (EMVI) respectivement bailleur de fonds et promoteur de l’étude. Les résultats de ces différentes recherches ont permis de consolider la politique de lutte contre le paludisme par l’intermédiaire du Programme National de Lutte Antipaludique mis en place en 1993. La lutte contre le paludisme a été renforcée à tous les niveaux du système de santé par le développement d’un plan stratégique 2002-2005 dont l’objectif général est de réduire la morbidité et la mortalité. Ce plan vise à renforcer les acquis des initiatives telles que le Plan d’Accélération de la Lutte Antipaludique (PALAP) et constitue un cadre d’orientation de la mise en œuvre de l’initiative « Faire Reculer le Paludisme » (FRP) et du Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme (FGSTM) pour lequel le Burkina Faso a été admis au 2è tour. Ce financement contribuera à l’amélioration de la prise en charge des cas dans les formations sanitaires et à domicile, de la prévention par la promotion de l’utilisation des matériaux traités aux insecticides (MTI) et la chimioprophylaxie chez la femme enceinte. 11.2 PRÉVENTION DU PALUDISME 11.2.1 Protection par les moustiquaires Au Burkina, les approches utilisées pour la prévention du paludisme sont : La promotion de l’utilisation des Matériaux Traitées aux Insecticides (MTI) (moustiquaires et rideaux) Plusieurs études, menées au Burkina Faso, ont permis d’obtenir des données sur l’utilisation des moustiquaires ; selon une étude menée en juin 2000 par l’OMS dans les villes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou impliquant 415 foyers, on a constaté que 12 % de ces foyers possédaient au moins une moustiquaire simple et que seulement 5 % possédaient au moins une moustiquaire imprégnée. Parmi les personnes dormant sous moustiquaire imprégnée, les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans qui constituent la population vulnérable étaient peu représentés : 9 % des femmes enceintes et 2 % des enfants de moins de 5 ans. Une autre étude menée en 2000 par le Centre National de Recherche et de Formation sur le Paludisme dans les cinq (5) localités pilotes de l’initiative FRP (Gaoua, Bobo-Dioulasso, Nanoro, Ouahigouya, Koupèla) a révélé que 8 % des 466 ménages enquêtés possédaient une moustiquaire ou rideau imprégné(e) ; dans 65 % des cas, ces moustiquaires étaient utilisées par le chef de ménage. Les facteurs limitant l’utilisation des MTI sont l’absence d’un mécanisme de distribution et de promotion, le coût élevé, les us et coutumes, l’insuffisance de l’éducation prônant un changement de comportement. 192 | Paludisme En réponse à cette situation, en 2001,un plan stratégique de promotion de l’utilisation des matériaux traités aux insecticides a été élaboré. L’objectif est de promouvoir l’utilisation des MTI au profit des groupes cibles vulnérables (femmes enceintes et enfants de moins de 5 ans). La chimioprophylaxie et le traitement préventif intermittent (TPI) La politique nationale préconise la chimioprophylaxie chez les femmes enceintes, les sujets neufs (expatriés). La molécule utilisée est la chloroquine. Le traitement préventif intermittent à la sulfadoxine-pyriméthamine n’est pas encore recommandé et fait l’objet d’expérimentation dans trois (03) districts sanitaires (Bozomo, Paul VI et Koupéla). 11.2.2 Le protocole thérapeutique pour la prise en charge du paludisme au Burkina Faso La prise en charge est assurée à deux niveaux : Formations sanitaires Prise en charge des cas de paludisme simple et grave. Les molécules utilisées sont : - dans les cas de paludisme simple : 1ère intention : Chloroquine et Amodiaquine ; 2è intention : sulfadoxine pyriméthamine ; - dans les cas de paludisme grave : Quinine et les dérivés de l’artémisinine. A domicile (dans les communautés) - dans les cas de paludisme simple (fièvre), la molécule utilisée est la Chloroquine. Les difficultés rencontrées dans la prise en charge des cas - le retard dans la consultation des services de santé ; - l’insuffisance de la couverture sanitaire (inaccessibilité géographique) ; - l’inaccessibilité financière des prestations de service ; - la prolifération des médicaments illicites (médicaments de la rue) ; - la non observance des directives de prise en charge du paludisme (protocole de traitement ; - l’insuffisance des compétences au niveau communautaire pour la prise en charge des cas de fièvre/paludisme simple ; - la méconnaissance des médicaments essentiels et génériques. 11.2.3 Disponibilité des moustiquaires dans les ménages Au cours de l’enquête, on a demandé à chaque ménage s’il possédait une moustiquaire, le nombre de moustiquaires et depuis combien de temps il possédait chaque moustiquaire. On a ensuite demandé aux enquêtés si la moustiquaire avait été trempée ou plongée dans un insecticide et depuis combien de temps cette opération avait été effectuée pour la dernière fois. En outre, on leur a demandé si la moustiquaire avait été lavée depuis la dernière opération d’imprégnation. Dans ce chapitre, les moustiquaires ont été regroupées en 3 catégories : une première catégorie regroupe toutes les moustiquaires, quelles qu’elles soient ; la deuxième catégorie concerne les moustiquaires qui ont déjà été traitées, c’est-à-dire les moustiquaires prétraitées permanentes, celles qui n’ont pas été prétraitées mais qui ont été trempées dans un insecticide à un moment donné; enfin la troisième catégorie concerne les Moustiquaires Imprégnées d’Insecticide (MII), c’est-à-dire celles qui ont été prétraitées de manière permanente, celles qui ont été prétraitées et qui ont été obtenues il y a moins de Paludisme | 193 six mois et également les moustiquaires prétraitées mais qui ont été trempées dans un insecticide il y a moins de six mois. Le tableau 11.1 présente les résultats aux réponses obtenues à ces questions. Les résultats, présentés au tableau 11.1 et au graphique 11.1, montrent que deux ménages burkinabé sur cinq (40 %) possèdent au moins une moustiquaire ; ce pourcentage varie selon le milieu et la région de résidence ainsi que selon le niveau de bien-être du ménage. Il atteint un maximum de 51 % dans les autres villes contre un minimum de 39 % en milieu rural. Les régions du Sahel, de l’Est et celle des Haut-Bassins se distinguent nettement des autres régions par la proportion élevée de ménages qui possédent au moins une moustiquaire (respectivement, 74 %, 67 % et 56 %). À l’opposé, dans la région Centre, cette proportion est de seulement 10 %. On constate enfin que parmi les ménages les plus riches, un sur deux (52 %) dispose d’au moins une moustiquaire alors que cette proportion est moins de deux sur cinq parmi les autres ménages. Tableau 11.1 Possession de moustiquaires Pourcentage de ménages ayant, au moins, une moustiquaire (traitée ou non), pourcentage de ceux en ayant plus d’une et nombre moyen de moustiquaires par ménage, pourcentage de ménages ayant, au moins, une moustiquaire qui a déjà été traitée, pourcentage de ceux en ayant plus d’une et nombre moyen de moustiquaires qui ont déjà été traitées par ménage, pourcentage de ménages possédant au moins une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII), pourcentage en ayant plus d’une et nombre moyen de MII par ménage, selon certaines caractéristiques socio-démographique EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Pourcentage de ménages ayant au moins une moustiquaire (traitée ou non) Pourcentage de ménages ayant plus d’une moustiquaire (traitée ou non) Nombre moyen de moustiquaires (traitée ou non) par ménage Pourcentage de ménages ayant au moins une moustiquaire qui a déjà été traitée1 Pourcentage de ménages ayant plus d’une moustiquaire qui a déjà été traitée Nombre moyen de moustiquaires qui ont déjà été traitées par ménage Pourcentage de ménages ayant au moins une moustiquaire imprégnée d’Insecticide (MII)2 Pourcentage de ménages ayant plus d’une MII Nombre moyen de MII par ménage Effectif de ménages Milieu de résidence Ouagadougou 41,7 19,8 0,8 24,8 11,7 0,5 10,8 4,2 0,2 964 Autres villes 51,4 22,7 0,9 24,2 10,5 0,4 13,3 4,5 0,2 898 Ensemble urbain 46,4 21,2 0,9 24,5 11,1 0,4 12,0 4,3 0,2 1 862 Rural 38,8 17,3 0,7 12,2 5,7 0,2 2,7 0,8 0,0 7 235 Région Ouagadougou 41,7 19,8 0,8 24,8 11,7 0,5 10,8 4,2 0,2 964 Boucle du Mouhoun 30,8 13,6 0,5 5,6 2,9 0,1 2,9 1,0 0,0 725 Centre (Sans Ouaga.) 9,9 4,3 0,2 6,3 1,8 0,1 1,9 0,2 0,0 184 Centre-Sud 20,3 4,7 0,3 9,6 2,1 0,1 3,8 0,7 0,0 597 Plateau Central 27,0 8,8 0,4 11,9 4,3 0,2 1,0 0,2 0,0 418 Centre-Est 24,8 8,3 0,4 19,3 6,7 0,3 6,7 3,0 0,1 853 Centre-Nord 44,4 19,5 0,8 11,2 5,9 0,2 1,6 0,3 0,0 779 Centre-Ouest 30,5 11,7 0,5 19,1 6,7 0,3 4,8 1,5 0,1 475 Est 66,6 39,6 1,3 20,4 11,9 0,4 2,4 0,4 0,0 822 Nord 29,0 7,2 0,4 5,7 1,5 0,1 2,8 0,7 0,0 933 Cascades 38,0 10,3 0,5 9,6 2,3 0,1 6,2 1,6 0,1 315 Hauts-Bassins 55,9 33,5 1,3 29,6 18,2 0,7 8,2 2,8 0,1 894 Sahel 73,8 33,5 1,2 9,3 3,2 0,1 2,5 0,6 0,0 751 Sud-Ouest 25,5 7,4 0,4 3,1 1,7 0,1 2,8 1,4 0,0 385 Quintile de bien-être Le plus pauvre 34,1 14,9 0,6 9,0 4,0 0,1 1,5 0,2 0,0 1 971 Second 39,7 16,8 0,7 8,5 4,1 0,2 1,7 0,2 0,0 1 673 Moyen 37,3 15,9 0,7 12,6 5,4 0,2 2,2 0,5 0,0 2 058 Quatrième 38,6 17,2 0,7 15,3 7,2 0,3 3,6 1,2 0,1 1 395 Le plus riche 51,5 25,1 1,0 27,4 12,9 0,5 13,1 5,1 0,2 2 000 Ensemble 40,4 18,1 0,7 14,7 6,8 0,3 4,6 1,5 0,1 9 097 1 Une moustiquaire qui a déjà été traitée est soit une moustiquaire prétraitée permanente, soit une moustiquaire prétraitée, soit une moustiquaire non prétraitée mais qui a été trempée dans un insecticide. 2 Une MII est soit une moustiquaire prétraitée permanente, soit une moustiquaire prétraitée mais obtenue il y a moins de six mois, soit une moustiquaire prétraitée obtenue il y a plus de six mois ou non prétraitée mais qui a été trempée dans un insecticide il y a moins de six mois. Sur l’ensemble des ménages enquêtés, 18 % ont déclaré posséder plus d’une moustiquaire : les variations sont identiques à celles observées pour la possession d’au moins une moustiquaire. À l’exception des régions de l’Est, des Hauts-Bassins et du Sahel (plus d’une moustiquaire par ménage) il y a, en moyenne, moins d’une moustiquaire par ménage. 194 | Paludisme Le tableau 11.1 présente également la proportion de ménages ayant déclaré posséder au moins une moustiquaire qui a déjà été traitée, et la proportion de ceux qui possèdent une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII). En ce qui concerne les moustiquaires qui ont déjà été traitées, les résultats indiquent que 15 % des ménages burkinabé en possèdent au moins une. Cette proportion est plus faible en milieu rural que dans les autres milieux de résidence (12 % contre en moyenne 25 % dans les autres milieux). Les résultats selon les régions font apparaître des écarts importants : les proportions varient d’un minimum de 3 % dans la région du Sud-Ouest à un maximum de 30 % dans la région des Hauts- Bassins où 18 % en possèdent plus d’une. Le nombre moyen de moustiquaires déjà traitées par ménage au niveau national est très faible (0,3 moustiquaire par ménage). Par ailleurs, moins de 5 % des ménages possèdent une MII et une proportion encore plus faible en possède plus d’une (moins de 2 %). Ce sont surtout les ménages de la région de Ouagadougou (11 %), des Hauts-Bassins (8 %) et du Centre-Est (7 %) qui en possèdent au moins une. 11.2.4 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans Aux ménages ayant déclaré posséder au moins une moustiquaire, on a demandé qui avait dormi sous la moustiquaire la nuit précédant l’enquête. Les résultats sont présentés pour l’ensemble des femmes de 15-49 ans, ainsi que pour deux groupes de population particulièrement vulnérables : les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans (tableaux 11.2 et 11.3). Le tableau 11.2 et le graphique 11.2 présentent la proportion d’enfants de moins de cinq ans ayant dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête. On constate que dans l’ensemble, un enfant de moins de cinq ans sur cinq a dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête (20 %). La répartition selon l’âge ne fait pas apparaître des écarts très importants : tout au plus peut- on souligner que les enfants les plus âgés ont moins tendance à dormir sous une moustiquaire que les plus jeunes (plus de 20 % à moins de 24 mois contre 18 %, en moyenne, à plus de 36 mois). On ne constate aucun écart selon le sexe de l’enfant (20 % quel que soit le sexe). Par contre, ce pourcentage Graphique 11.1 Possession de moustiquaires par les ménages selon le milieu de résidence EDSBF-III 2003 40 42 51 39 15 25 24 12 5 11 13 3 Ensemble Ouagadougou Autres Villes Rural 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage Ménages possédant au moins une moustiquaire Ménages possédant au moins une moustiquaire qui a déjà été traitée Ménages possédant au moins une Moustiquaire Imprégnée d'Insecticide (MII) Paludisme | 195 varie sensiblement selon le milieu et la région de résidence : en effet, dans les autres villes, 27 % des enfants de moins de 5 ans ont dormi sous une moustiquaire contre seulement 17 % à Ouagadougou et 19 % en rural ; dans les régions, cette proportion varie d’un minimum de 4 % dans celle du Centre à un maximum de 49 % dans celle de l’Est et 57 % dans celle du Sahel. En outre, c’est dans les ménages les plus riches que l’on observe la proportion la plus élevée d’enfants de moins de 5 ans ayant dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête (26 %). Tableau 11.2 Utilisation des moustiquaires par les enfants Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui ont dormi sous une moustiquaire1 (traitée ou non) la nuit ayant précédé l’enquête, pourcentage de ceux qui ont dormi sous une moustiquaire qui a déjà été traitée et pourcentage de ceux qui ont dormi sous une MII, selon les caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Pourcentage de ceux qui ont dormi la nuit dernière sous une moustiquaire (traitée ou non) Pourcentage de ceux qui ont dormi la nuit dernière sous une moustiquaire déjà traitée Pourcentage de ceux qui ont dormi la nuit dernière sous une MII Effectif des enfants de moins de cinq ans Âge en mois < 12 22,2 6,9 1,4 2 211 12-23 20,7 6,5 1,9 1 897 24-35 20,1 7,7 2,1 1 792 36-47 18,6 5,8 1,5 2 107 48-59 17,1 5,7 1,4 1 886 Sexe Masculin 19,6 6,2 1,4 5 091 Féminin 20,0 6,8 1,9 4 802 Milieu de résidence Ouagadougou 17,1 7,9 2,6 570 Autres villes 27,3 13,3 7,2 719 Ensemble urbain 22,8 10,9 5,2 1 290 Rural 19,3 5,9 1,1 8 604 Région Ouagadougou 17,1 7,9 2,6 570 Boucle du Mouhoun 14,6 3,5 2,0 774 Centre (Sans Ouaga.) 4,3 3,1 0,5 197 Centre-Sud 6,7 3,3 1,6 557 Plateau Central 8,5 3,6 0,2 532 Centre-Est 8,9 6,8 2,4 827 Centre-Nord 21,3 3,8 0,5 922 Centre-Ouest 8,3 4,1 1,4 699 Est 48,8 15,0 1,3 832 Nord 9,5 2,0 1,1 1 092 Cascades 10,3 3,1 2,0 312 Hauts-Bassins 23,9 16,0 3,0 1 288 Sahel 57,3 5,2 1,8 771 Sud-Ouest 7,4 1,3 1,2 520 Quintile de bien-être Le plus pauvre 22,3 5,0 1,1 1 896 Second 19,4 4,6 0,4 2 022 Moyen 17,1 5,3 0,6 2 687 Quatrième 16,0 7,2 1,5 1 798 Le plus riche 26,4 12,4 6,0 1 490 Ensemble 19,8 6,5 1,6 9 894 1 Une moustiquaire traitée avec de l’insecticide (MTI) est (1) une moustiquaire « permanente » qui n’a pas besoin d’autre traitement ou (2) une moustiquaire prétraitée obtenue au cours des six derniers mois ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans de l'insecticide au cours des six derniers mois. 196 | Paludisme Au tableau 11.2 et au graphique 11.2, les résultats sont également présentés selon les deux catégories de moustiquaires. On constate que seulement 7% des enfants de moins de cinq ans ont dormi la nuit précédant l’enquête sous une moustiquaire qui a déjà été traitée et ce pourcentage est encore plus faible pour les MII (2 %). Le taux d’utilisation par les enfants des moustiquaires déjà traitées ou imprégnées d’insecticide ne varie pratiquement pas selon l’âge et le sexe ; concernant le milieu de résidence, les résultats font apparaître des taux d’utilisation très faibles en milieu rural (6 % pour les moustiquaires déjà traitées et 1 % pour les moustiquaires imprégnées d’insecticide contre respectivement, 11 % et 5 % en urbain). Dans les régions, ce taux d’utilisation varie d’un minimum de 1 % dans la région du Sud Ouest à un maximum de 15 % dans la région Est et 16 % dans celle des Hauts Bassins. C’est également dans cette région, et dans celle de Ouagadougou que la proportion d’enfants ayant dormi sous une MII est la plus élevée (3 % chacune). Il faut souligner ici que la région du Sahel qui se caractérise par un taux d’utilisation élevé de moustiquaires enregistre, par contre, un faible taux d’utilisation de moustiquaires déjà traitées et de MII (57 % pour les moustiquaires quelconques, et seulement 5 % pour celles qui sont déjà traitées et moins de 2 % pour les MII). Par ailleurs, la proportion d’enfants ayant dormi sous une moustiquaire déjà traitée est beaucoup plus élevée parmi ceux vivant dans les ménages du quintile le plus riche que dans les ménages plus modestes. Dans des proportions plus faibles, on constate les mêmes écarts en ce qui concerne l’utilisation de MII. Par ailleurs, le tableau 11.3 et le graphique 11.3 présentent les résultats pour l’ensemble des femmes de 15-49 ans et pour les femmes enceintes selon les trois catégories de moustiquaires. On constate que 21 % des femmes de 15 à 49 ans ont dormi sous une moustiquaire, traitée ou non, la nuit ayant précédé l’enquête. Les résultats selon les caractéristiques socio-démographiques font apparaître les mêmes variations que celles déjà constatées pour les enfants : ce sont les femmes de Ouagadougou, du milieu rural, celles de la région Centre qui ont le moins fréquemment dormi sous une moustiquaire la nuit ayant précédé l’enquête. Graphique 11.2 Utilisation des moustiquaires par les enfants selon le milieu de résidence 20 17 27 19 7 8 13 6 2 3 7 1 Ensemble Ouagadougou Autres Villes Rural 0 10 20 30 40 50 Pourcentage Enfant de -5 ans qui ont dormi sous une moustiquaire, la nuit avant l'enquête Enfants de -5 ans qui ont dormi sous une moustiquaire déjà traitée, la nuit avant l'enquête Enfants de -5 ans qui ont dormi sous une MII, la nuit avant l'enquête EDSBF-III 2003 Paludisme | 197 Tableau 11.3 Utilisation des moustiquaires par les femmes Parmi les femmes 15-49 ans (de fait), pourcentage de celles qui ont dormi la nuit dernière sous une moustiquaire1 (traitée ou non), pourcentage de celles qui ont dormi la nuit dernière sous une moustiquaire qui a déjà été traitée et pourcentage de celles qui ont dormi la nuit dernière sous une MII; parmi les femmes enceintes 15-49 ans, pourcentage de celles qui ont dormi la nuit dernière sous une moustiquaire (traitée ou non), pourcentage de celles qui ont dormi la nuit dernière sous une moustiquaire qui a déjà été traitée et pourcentage de celles qui ont dormi la nuit dernière sous une MII, selon les caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Toutes les femmes Femmes enceintes Caractéristique socio-démographique Pourcentage qui ont dormi la nuit dernière sous une moustiquaire (traitée ou non) Pourcentage qui ont dormi la nuit dernière sous une moustiquaire déjà traité Pourcentage qui ont dormi la nuit dernière sous une MII Effectif Pourcentage qui ont dormi la nuit dernière sous une moustiquaire (traitée ou non) Pourcentage qui ont dormi la nuit dernière sous une moustiquaire déjà traitée Pourcentage qui ont dormi la nuit dernière sous une MII Effectif Milieu de résidence Ouagadougou 16,7 9,3 4,2 1 478 10,1 8,1 1,1 75 Autres villes 26,6 13,3 6,9 1 327 35,8 16,6 9,9 97 Ensemble urbain 21,4 11,2 5,5 2 805 24,6 12,9 6,1 173 Rural 20,4 6,6 1,4 10 106 23,9 7,6 2,1 1 134 Région Ouagadougou 16,7 9,3 4,2 1 478 10,1 8,1 1,1 75 Boucle du Mouhoun 15,5 3,1 2,0 943 27,6 6,6 1,5 95 Centre (Sans Ouaga.) 4,3 3,2 1,0 249 * * * 23 Centre-Sud 6,5 3,5 2,2 762 5,3 1,2 1,2 87 Plateau Central 7,4 3,1 0,2 640 9,4 2,9 0,0 62 Centre-Est 9,0 7,0 2,9 1 085 10,6 9,4 5,0 111 Centre-Nord 22,7 5,6 0,6 1 092 20,8 3,6 0,0 116 Centre-Ouest 9,3 5,1 1,6 934 6,4 3,8 0,0 87 Est 51,2 15,6 1,6 935 54,5 12,9 1,3 163 Nord 9,8 2,3 1,2 1 215 12,3 2,8 2,8 131 Cascades 16,1 4,7 3,6 423 (29,1) (6,7) (5,2) 41 Hauts-Bassins 30,8 18,8 4,5 1 661 33,7 24,4 10,3 169 Sahel 56,8 6,7 1,6 875 55,0 7,8 0,0 89 Sud-Ouest 8,3 1,6 1,3 619 7,2 0,0 0,0 58 Niveau d'instruction Aucune instruction 20,6 7,0 1,8 9 120 24,0 7,2 2,0 981 Primaire/Alphabét. 19,7 8,2 2,5 2 683 22,0 10,3 4,0 265 Secondaire ou plus 22,4 10,9 6,2 1 109 32,7 17,7 6,3 61 Quintile de bien-être Le plus pauvre 23,2 5,6 0,8 2 277 29,2 6,1 0,6 223 Second 20,3 4,5 0,7 2 354 25,7 5,3 0,7 284 Moyen 17,6 5,8 1,2 3 058 19,7 6,5 2,7 351 Quatrième 17,1 8,1 1,5 2 130 21,0 9,9 1,5 233 Le plus riche 24,3 12,9 6,2 3 093 26,7 15,9 8,3 215 Ensemble 20,6 7,6 2,3 12 912 24,0 8,3 2,6 1 307 * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés 1 Une Moustiquaire Imprégnée d’Insecticide (MII) est (1) une moustiquaire "permanente" qui n'a besoin d'aucun autre traitement ou (2) une moustiquaire pré-traitée obtenue au cours des six derniers mois ou (3) une moustiquaire qui a été trempée dans de l'insecticide au cours des six derniers mois. En ce qui concerne l’utilisation d’une moustiquaire prétraitée, la proportion est de seulement 8 %. Quant à celle concernant l’utilisation d’une moustiquaire permanente, elle est extrêmement faible (2 %). Les femmes qui ont le plus fréquemment dormi sous une moustiquaire qui a déjà été traitée sont les femmes des autres villes (13 %), celles des régions de l’Est (16 %), et des Hauts- Bassins (19 %), celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (11 %) et celles vivant dans les ménages du quintile le plus riche (13 %). À l’exception des femmes de la région de l’Est, c’est parmi ces mêmes catégories de femmes que les proportions d’utilisatrices de MII sont les plus élevées. 198 | Paludisme L’utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes n’est guère différente de celle de l’ensemble des femmes, cela quel que soit le type de moustiquaire. En effet, la proportion de femmes enceintes ayant dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête est assez proche de celle de l’ensemble des femmes (24 % contre 21 %) ; huit pour cent ont dormi sous une moustiquaire déjà traitée et 3 % sous une moustiquaire permanente contre respectivement, 8 % et 2 % pour l’ensemble des femmes. De plus, les variations chez les femmes enceintes par milieu ou par zone suivent les mêmes tendances que celles décrites pour l’ensemble des femmes. 11.2.5 Chimioprophylaxie chez la femme enceinte Rappelons qu’au Burkina Faso, la molécule la plus fréquemment utilisée est la chloroquine. Le traitement préventif intermittent à la sulfadoxine-pyriméthamine n’est pas encore recommandé et fait l’objet d’expérimentation dans trois districts sanitaires. Lors de l’EDSBF-III, on a posé aux femmes qui avaient eu une naissance au cours des cinq dernières années plusieurs questions pour savoir si elles avaient pris des antipaludéens à titre préventif au cours de leur dernière grossesse et quel type d’antipaludéen elles avaient pris. Au tableau 11.4, on constate que 64 % des femmes enceintes ont pris des médicaments antipaludéens à titre préventif au cours de leur dernière grossesse ; plus précisément, 93 % des femmes ont pris de la chloroquine et 0,3 % du Fansidar. Les proportions de femmes ayant déclaré avoir eu recours préventivement à des antipaludéens durant leur dernière grossesse varient selon le milieu et la région de résidence. Elles sont plus élevées en milieu urbain (90 %), en particulier à Ouagadougou (93 %) qu’en milieu rural (60 %), et, selon la région, c’est dans celles du Centre-Est (80 %), des Hauts-Bassins (79 %) et des cascades (79 %) qu’elles sont les plus élevées. À l’opposé, dans la région du Nord, elle est particulièrement faible (35 %). Par ailleurs, le niveau d’instruction semble affecter de manière importante le recours aux antipaludéens préventifs car parmi les femmes les plus instruites, 94 % ont pris des antipaludéens contre 60 % parmi celles qui sont sans instruction. Graphique 11.3 Utilisation des moustiquaires par les femmes enceintes selon le milieu de résidence 24 10 36 24 8 8 17 8 3 1 10 2 Ensemble Ouagadougou Autres Villes Rural 0 10 20 30 40 50 Pourcentage Femmes enceintes qui ont dormi sous une moustiquaire, la nuit avant l'enquête Femmes enceintes qui ont dormi sous une moustiquaire déjà traitée, la nuit avant l'enquête Femmes enceintes qui ont dormi sous une MII, la nuit avant l'enquête EDSBF-III 2003 Paludisme | 199 Tableau 11.4 Utilisation de traitement préventif ou de prophylaxie au cours de la grossesse Parmi les femmes 15-49 ans qui ont eu une naissance au cours des 5 années ayant précédé l'enquête, pourcentage de celles qui ont pris des antipaludéens pour prévenir le paludisme au cours de la dernière grossesse et, parmi ces dernières, pourcentage qui ont pris de la chloroquine et qui ont pris du Fansidar, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes qui ont pris de antipaludéens Caractéristique Socio-démographique Pourcentage de femmes qui ont pris des antipaludéens pour prévenir le paludisme au cours de la dernière grossesse Effectif d'enfants derniers-nés au cours des cinq années précédant l'enquête Pourcentage de femmes qui ont pris de la chloroquine Pourcentage de femmes qui ont pris du Fansidar Effectif de femmes qui ont pris des antipaludéens Milieu de résidence Ouagadougou 92,7 470 72,1 1,6 436 Autres villes 87,9 585 84,4 0,1 514 Ensemble urbain 90,1 1 055 78,8 0,7 950 Rural 59,6 6 372 95,9 0,2 3 800 Région Ouagadougou 92,7 470 72,1 1,6 436 Boucle du Mouhoun 67,6 548 96,1 0,3 370 Centre (Sans Ouaga.) 66,2 142 85,1 0,0 94 Centre-Sud 64,3 430 86,2 0,0 276 Plateau Central 70,3 382 96,4 0,2 268 Centre-Est 80,0 615 98,4 0,4 492 Centre-Nord 63,8 700 97,2 0,2 447 Centre-Ouest 61,7 531 88,6 0,3 327 Est 52,9 629 99,0 0,0 332 Nord 35,4 807 91,7 0,0 286 Cascades 78,8 237 96,6 0,1 187 Hauts-Bassins 78,6 975 93,0 0,0 766 Sahel 44,2 572 96,3 0,4 253 Sud-Ouest 55,3 389 97,4 0,0 215 Niveau d'instruction Aucune instruction 59,6 5 749 94,9 0,3 3 425 Primaire/alphabétisation 75,5 1 357 91,1 0,1 1 024 Secondaire ou plus 93,8 322 69,2 0,4 302 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 48,5 1 379 96,2 0,1 669 Second 53,5 1 523 96,2 0,0 815 Moyen 63,3 1 976 95,4 0,2 1 251 Quatrième 69,2 1 334 95,9 0,2 922 Le plus riche 89,9 1 216 81,2 0,7 1 094 Rang de naissance 1 69,7 1 327 89,5 0,7 924 2-3 67,4 2 279 90,3 0,2 1 537 4-5 62,5 1 691 94,4 0,2 1 056 6+ 57,9 2 131 95,8 0,1 1 234 Moment de la naissance Il y'a moins d'un an 63,6 2 239 93,3 0,2 1 424 Il y'a un an 66,3 1 963 93,8 0,2 1 301 Il y'a deux ans 62,7 1 596 92,2 0,5 1 000 Il y'a trois ans 59,7 1 081 91,1 0,5 645 Il y'a quatre ans 69,2 550 88,2 0,0 381 Ensemble 64,0 7 428 92,5 0,3 4 751 11.3 TRAITEMENT DU PALUDISME CHEZ LES ENFANTS DE MOINS DE 5 ANS Au cours de l’EDSBF-III, en plus des questions sur la disponibilité des moustiquaires et le traitement préventif antipaludéen chez les femmes enceintes, on a demandé si les enfants de moins de cinq ans avaient eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête. Dans le cas d’une réponse positive, une série de questions sur le traitement de la fièvre ont été posées : ces questions 200 | Paludisme portaient sur le recours à des médicaments antipaludéens et sur le moment où le traitement antipaludéen a été administré pour la première fois. Les résultats sont présentés aux tableaux 11.5 et 11.6. 11.3.1 Fièvre chez les enfants de moins de 5 ans On constate au tableau 11.5 que, parmi les enfants de moins de cinq ans, 37 % avaient eu de la fièvre au cours des 15 derniers jours précédant l’enquête. Tableau 11.5 Prévalence et traitement précoce de la fièvre Parmi les enfants de moins de 5 ans, pourcentage de ceux qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines précédant l'enquête, et parmi les enfants qui ont eu de la fièvre, pourcentage qui ont pris des antipaludéens et pourcentage qui ont pris des antipaludéens le même jour ou le jour suivant l’apparition de la fièvre, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Parmi les enfants qui ont eu de la fièvre Caractéristique socio-démographique Pourcentage d'enfants qui ont eu de la fièvre Effectif d'enfants de moins de cinq ans Pourcentage de ceux qui ont pris des antipaludéens Pourcentage de ceux qui ont pris les antipaludéens le même jour ou le jour suivant Effectif d'enfants qui ont eu de la fièvre Âge en mois < 6 29,9 1 135 33,8 25,0 339 6-11 54,4 1 011 52,1 34,2 550 12-23 50,1 1 840 53,5 37,2 922 24-35 40,8 1 734 49,8 37,0 707 36-47 28,0 1 977 49,6 32,9 553 48-59 23,0 1 781 49,7 37,2 410 Milieu de résidence Ouagadougou 18,6 564 45,8 29,1 105 Autres villes 36,5 697 65,9 54,9 255 Ensemble urbain 28,5 1 261 60,1 47,4 359 Rural 38,0 8 217 48,4 33,3 3 122 Région Ouagadougou 18,6 564 45,8 29,1 105 Boucle du Mouhoun 34,0 743 59,1 48,1 252 Centre (Sans Ouaga.) 28,6 189 33,6 19,7 54 Centre-Sud 27,2 520 54,6 40,6 141 Plateau Central 43,4 506 50,8 32,2 220 Centre-Est 43,5 793 61,0 48,3 345 Centre-Nord 39,9 880 53,2 29,7 351 Centre-Ouest 40,1 655 54,4 42,4 262 Est 28,4 794 53,9 17,2 225 Nord 37,3 1 050 55,4 43,4 391 Cascades 34,0 301 45,2 37,3 102 Hauts-Bassins 38,9 1 260 52,7 46,1 490 Sahel 55,1 730 17,7 7,7 402 Sud-Ouest 28,1 496 48,2 24,8 139 Niveau d'instruction Aucune instruction 37,0 7 388 47,1 32,9 2 734 Primaire/ Alphabét. 36,8 1 706 57,7 40,0 628 Secondaire ou plus 30,9 383 62,0 50,9 119 Quintile de bien-être Le plus pauvre 37,3 1 790 36,5 23,4 668 Second 36,5 1 977 44,7 29,2 722 Moyen 39,6 2 547 49,7 34,1 1 007 Quatrième 37,7 1 733 59,3 45,6 653 Le plus riche 30,1 1 431 62,7 46,9 431 Ensemble 36,7 9 477 49,6 34,8 3 481 Paludisme | 201 Les résultats selon l’âge mettent en évidence une prévalence de la fièvre particulièrement élevée chez les enfants de 6 à 24 mois (au moins 50 %). L’analyse par milieu de résidence fait apparaître une situation similaire entre le milieu rural et les autres villes qui se caractérisent par les proportions les plus élevées d’enfants ayant eu de la fièvre (respectivement 38 % et 37 %). À l’opposé, c’est à Ouagadougou que cette proportion est la plus faible (19 %). Les résultats selon la région milieu de résidence mettent en évidence une prévalence particulièrement élevée de la fièvre parmi les enfants de la région du Sahel (55 %). Dans les régions du Plateau Central (43 %), du Centre-Est (44 %) et du Centre-Ouest (40 %), plus de deux enfants sur cinq ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête contre un minimum de 27 % au Centre-Sud. Le niveau d’instruction de la mère, semble affecter légèrement la prévalence de la fièvre chez les enfants puisque 37 % des enfants dont la mère n’a aucune instruction ou une instruction primaire ont eu de la fièvre contre 31 % chez ceux dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus. 11.3.2 Traitement précoce du paludisme chez les enfants de moins de 5 ans Parmi l’ensemble des enfants ayant eu de la fièvre, 50 % ont été traités avec des antipaludéens mais seulement 35 % avaient pris ces antipaludéens soit le jour où la fièvre était apparue, soit le jour suivant. En somme, parmi les enfants qui ont pris un antipaludéen, la grande majorité en a pris le même jour ou le jour suivant la survenue de la fièvre. Par rapport à l’âge, on remarque que plus de la moitié des enfants de 6 à 24 mois, c’est-à-dire les groupes d’âges où la prévalence de la fièvre a été la plus élevée, ont été traités avec des antipaludéens et que, pour plus des deux tiers d’entre eux, le traitement a été administré de manière précoce. Ceci démontre que les mères font facilement le lien entre la fièvre et le paludisme. Par milieu de résidence, on constate que le recours à un antipaludéen est moins fréquent en milieu rural qu’en milieu urbain (48 % contre 60 %) et il en est de même pour le traitement précoce (33 % en rural contre 47 % en urbain). Il faut souligner la proportion élevée d’enfants des Autres Villes qui ont été traités avec des antipaludéens (66 %) et qui l’ont été de manière précoce (55 %). Les résultats selon les régions montrent que dans les régions où la prévalence de la fièvre est élevée, les proportions d’enfants traités et dont l’administration d’un antipaludéen a été précoce sont plus élevées qu’ailleurs. Il faut souligner la situation particulière de la région du Sahel qui se caractérise par la prévalence la plus élevée de la fièvre (55 %) mais par la proportion la plus faible d’enfants traités avec un antipaludéen (18 %). Concernant le niveau d’instruction de la mère, on constate des disparités dans le traitement des enfants, 62 % de ceux dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus ont été soignés avec des antipaludéens contre seulement 47 % de ceux dont la mère n’a pas d’instruction. On constate les mêmes écarts dans l’administration d’un traitement précoce. Les enfants vivant dans les ménages les plus riches sont plus fréquemment soignés avec des antipaludéens (63 %) et ce sont aussi ceux-là également qui bénéficient le plus fréquemment d’un traitement précoce (47 %). Le tableau 11.6 présente, pour les enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre, les proportions de ceux qui ont pris de maniére générale les différents types d’antipaludéens et les proportions de ceux qui les ont pris de façon prècoce après l’apparition de la fièvre. 202 | Paludisme On note que la chloroquine qui est, rappelons-le, le traitement de première intention pour la prise en charge des cas simples, est l’antipaludéen le plus utilisé (48 %) et dans 44 % des cas le traitement a été précoce. Le recours aux autres antipaludéens est extrêmement faible (moins de 1 %). En outre, la chloroquine étant pratiquement le seul antipaludéen utilisé au Burkina Faso, les disparités dans son utilisation sont quasiment identiques à celles constatées dans le tableau précédant concernant les proportions d’enfants qui ont eu de la fièvre et qui ont été traités avec un antipaludéen. Tableau 11.6 Différents antipaludéens et prise précoce Parmi les enfants de moins de cinq ans qui ont eu de la fièvre au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, pourcentage qui ont pris certains antipaludéens le même jour ou le jour suivant l’apparition de la fièvre, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Pourcentage qui ont pris du fansidar Pourcentage qui ont pris du fansidar le même jour ou le jour suivant Pourcentage qui ont pris de la chloroquine Pourcentage qui ont pris la chloroquine le même jour ou le jour suivant Pourcentage qui ont pris de l'ammodiaquine Pourcentage qui ont pris de l'ammodiaquine le même jour ou le jour suivant Pourcentage qui ont pris de la quinine Pourcentage qui ont pris de la quinine le même jour ou le jour suivant Effectif d'enfants qui ont eu de la fièvre Âge en mois < 6 0,0 0,0 33,8 30,9 0,2 0,2 1,0 0,0 339 6-11 0,0 0,0 50,1 43,5 0,8 0,6 1,3 0,7 550 12-23 0,0 0,0 51,9 47,2 0,9 0,8 1,2 0,6 922 24-35 0,4 0,4 47,7 44,3 1,6 1,4 0,5 0,5 707 36-47 0,4 0,2 48,1 44,3 0,5 0,3 0,6 0,2 553 48-59 0,9 0,9 45,8 43,0 1,4 1,4 1,8 1,7 410 Milieu de résidence Ouagadougou 2,0 2,0 33,0 31,2 6,3 6,3 6,5 3,1 105 Autres villes 0,5 0,5 60,2 57,3 3,3 3,1 2,9 1,7 255 Ensemble urbain 0,9 0,9 52,3 49,7 4,2 4,0 3,9 2,1 359 Rural 0,2 0,1 47,1 42,8 0,6 0,5 0,7 0,4 3 122 Région Ouagadougou 2,0 2,0 33,0 31,2 6,3 6,3 6,5 3,1 105 Boucle du Mouhoun 0,0 0,0 58,4 55,4 0,9 0,4 0,0 0,0 252 Centre (Sans Ouaga.) 0,0 0,0 30,6 26,5 1,8 0,0 2,6 1,3 54 Centre-Sud 0,7 0,0 51,2 48,5 2,7 2,4 0,0 0,0 141 Plateau Central 0,2 0,2 50,2 47,2 0,6 0,2 0,2 0,2 220 Centre-Est 1,0 1,0 57,5 54,5 1,1 0,9 2,3 1,3 345 Centre-Nord 0,0 0,0 52,2 45,8 0,6 0,6 0,3 0,3 351 Centre-Ouest 0,0 0,0 53,1 50,5 0,9 0,7 0,6 0,2 262 Est 0,0 0,0 51,2 36,2 0,6 0,6 2,1 1,2 225 Nord 0,0 0,0 54,7 51,4 0,9 0,9 0,6 0,6 391 Cascades 0,3 0,3 40,7 39,3 2,2 2,2 2,3 1,3 102 Hauts-Bassins 0,2 0,2 51,8 49,8 0,4 0,4 0,3 0,2 490 Sahel 0,0 0,0 17,0 13,3 0,0 0,0 0,7 0,3 402 Sud-Ouest 0,0 0,0 45,7 38,0 1,0 1,0 1,5 1,5 139 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,1 0,1 46,1 41,7 0,6 0,4 0,8 0,4 2 734 Primaire/Alphabét. 0,9 0,7 55,9 52,0 0,7 0,5 0,4 0,3 628 Secondaire ou plus 0,8 0,8 41,3 40,6 11,6 11,6 10,1 8,4 119 Quintile de bien-être Le plus pauvre 0,0 0,0 35,9 32,0 0,4 0,4 0,2 0,0 668 Second 0,0 0,0 43,9 38,8 0,2 0,2 0,8 0,8 722 Moyen 0,0 0,0 49,0 45,3 0,4 0,2 0,4 0,3 1 007 Quatrième 0,6 0,6 56,9 51,8 1,4 1,1 1,0 0,2 653 Le plus riche 1,0 0,8 55,1 52,4 3,9 3,4 3,9 2,7 431 Ensemble 0,2 0,2 47,7 43,5 1,0 0,8 1,0 0,6 3 481 Excision | 203 EXCISION 12 Idrissa Kaboré La pratique de l’excision, qui consiste en l’ablation d’une partie des organes génitaux externes de la femme, est une coutume assez répandue en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier. Plusieurs formes peuvent être pratiquées : l’ablation du clitoris (clitoridectomie), l’ablation du clitoris et d’une partie des petites lèvres (excision1) et l’ablation du clitoris et des grandes et petites lèvres, avec suture du sexe de la femme (infibulation). Au Burkina Faso, les deux premières formes sont les plus fréquentes et sont le plus souvent pratiquées par des exciseuses traditionnelles, dans des conditions d’asepsie souvent peu satisfaisantes. Cette pratique a des répercutions importantes sur la vie des femmes. Au-delà du traumatisme causé par la douleur, des hémorragies, des infections, y compris le risque de transmission du VIH, (par l’utilisation multiple du même instrument non stérilisé) et des cicatrices douloureuses peuvent s’ensuivre ; en outre des douleurs pour uriner, des difficultés au cours des règles, au cours des rapports sexuels et même à l’accouchement sont fréquentes. Au Burkina Faso, la volonté politique du gouvernement de prendre en compte la lutte contre la pratique de l’excision s’est traduite par des actions telles que : - la prise en compte de la pratique de l’excision dans les priorités de santé publique ; - la prise en compte des mutilations génitales parmi les composantes de la Santé de la Reproduction (SR) ; - la création, le 18 mai 1990, d’un comité national de lutte contre la pratique de l’excision (CNLPE). Cette journée du 18 mai de chaque année est célébrée, au plan national, comme "journée nationale" de lutte contre la pratique de l’excision ; - l’adoption en 1996 d’une loi interdisant la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) ; - la création, en 1997, d’un secrétariat permanent comme organe de coordination. Le CNLPE est composé d’une soixantaine de membres représentant les ministères, les ONG, les associations féminines, les associations de professionnels, des droits de l’homme, les autorités coutumières et religieuses et des personnes de bonne volonté. Par l’intermédiaire de son secrétariat permanent, le CNLPE a mené, au plan national, des actions de sensibilisation au niveau de toutes les couches sociales, des programmes de formation de personnes ressources et des actions de plaidoyers auprès des autorités politiques, administratives et des partenaires au développement. De nos jours, ces actions se poursuivent et s’intensifient par le biais des comités provinciaux qui constituent des structures relais dans les provinces. Au plan national, des dispositions sont prises pour assurer une prise en charge des séquelles de l’excision par la chirurgie réparatrice et la mise en place d’un service d’entretien conseil. Aujourd’hui, l’objectif déclaré du CNLPE est la prévalence zéro de l’excision d’ici 2010 au Burkina Faso. Pour évaluer l’ampleur de cette pratique dans le pays, l’EDSBF-III a collecté des informations sur la prévalence de l’excision parmi les femmes enquêtées, sur le type d’excision pratiquée, ainsi que sur l’âge des femmes au moment de l’excision et le type de personne qui a procédé à l’excision. On a également demandé aux femmes si, parmi leurs filles, certaines avaient subi cette pratique pour déterminer dans quelle mesure cette pratique se perpétue d’une génération de femmes à l’autre. Dans 1 Bien que le terme « excision » désigne une forme bien spécifique d’ablation, dans la suite de ce rapport, il sera également utilisé de façon générale pour désigner les trois différentes formes que prend cette pratique. 204 | Excision le cas d’une réponse affirmative, des informations ont été collectées concernant la fille qui a été le plus récemment excisée. En outre, pour connaître l’opinion des femmes au sujet de l’excision, on leur a également posé des questions sur leur opinion concernant la poursuite ou l’arrêt de cette pratique, sur les objections faites lors de l’excision de la fille, sur les complications au moment ou après l’excision des filles et sur les avantages pour une fille d’être excisée ou non. Dans le questionnaire homme, on a également posé une série de questions sur la connaissance et l’opinion des hommes au sujet de l’excision. 12.1 CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FEMMES ENQUÊTÉES Au cours d’une enquête telle que l’EDSBF-III, il est très difficile d’obtenir des informations fiables permettant de différencier avec certitude les femmes ayant subi une clitoridectomie de celles ayant subi une excision proprement dite. Par contre, pour essayer d’identifier les femmes ayant subi la forme la plus radicale d’excision, à savoir une infibulation, on a posé aux enquêtées la question suivante : « lors de votre excision, vous a-t-on fermé la zone du vagin par une couture? » Au Burkina Faso, la quasi-totalité des hommes et des femmes ont déclaré connaître l’excision (respectivement, 93 % et 97 %). Ces niveaux de connaissance sont nettement supérieures à ceux observés à l’ESDBF-II de 1998-99 (86 % chez les femmes et 91 % chez les hommes). Il faut rappeler qu’en 1996, le Burkina Faso a adopté un texte de loi qui interdit cette pratique. Par crainte d’éventuelles poursuites inhérentes à la mise en œuvre de la loi, on peut penser que les populations enquêtées à cette époque n’avaient peut-être pas voulu se prononcer sur le sujet et avaient donc déclaré ne pas connaître l’excision, ce qui expliquerait l’écart constaté entre les deux opérations de collecte. Les résultats montrent que quelles que soient les caractéristiques socio-démographiques, les proportions d’hommes et de femmes ayant déclaré connaître l’excision sont très élevées. Pratique de l’excision chez les femmes enquêtées La pratique de l’excision est très répandue au Burkina Faso puisque 77 % des femmes ont déclaré avoir subi cette pratique (tableau 12.1). Comme pour la connaissance, on remarque que la proportion des femmes excisées est supérieure à celle constatée en 1998-1999 (72 %). Cet écart ne correspond certainement pas à une augmentation de la pratique. L’hypothèse avancée précédemment pour expliquer l’écart de niveau de connaissance entre les deux enquêtes peut être de nouveau envisager. En ce qui concerne le type d’excision pratiquée, on remarque que dans la grande majorité des cas (91 %) l’intervention a consisté à enlever des chairs. Dans 1 % des cas, seule une entaille a été pratiquée mais 2 % des femmes ont subi une infibulation. Malgré le niveau élevé de la pratique chez toutes les femmes, quelle que soit la caractéristique socio-démographique, on constate néanmoins des disparités. Tout d’abord, les résultats selon l’âge montrent une baisse des proportions de femmes excisées des générations anciennes aux plus récentes, signe d’une tendance à la diminution de cette pratique. De plus, on constate à 15-19 ans, que la proportion de femmes excisées est beaucoup plus faible que dans les autres groupes d’âges (65 % contre plus des trois-quarts ailleurs). Les résultats selon le milieu de résidence montrent que les proportions de femmes excisées sont très proches en milieu rural (77 %) et en urbain (75 %). Selon la région, on constate que celle du Centre-Ouest se caractérise par la plus faible proportion de femmes excisées (44 %). Par contre, dans les autres régions, la proportion de femmes excisées est supérieure à 60 % avec un maximum de 90 % dans celle de la Boucle du Mouhoun. Le niveau d’instruction semble avoir une légère influence sur la prévalence de l’excision qui est plus faible chez les femmes de niveau secondaire ou plus (64 % contre 77 % chez celles de niveau d’instruction primaire et 78 % chez celles sans instruction). Par contre, la religion ne semble pas jouer un rôle important dans la pratique de l’excision, puisque la très Excision | 205 Tableau 12.1 Connaissance et pratique de l'excision Proportion de femmes et d’hommes connaissant l’excision, proportion de femmes excisées, et répartition (en %) des femmes excisées par type d’excision, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Type d'excision Caractéristique socio-démographique Proportion d'hommes connaissent l'excision Effectif d'hommes Proportion de femmes connaissant l'excision Proportion des femmes excisées Effectif de femmes Parties de chair enlevées Entaille, pas de chair enlevées Fermeture du vagin Non déterminé/ NSP Total Effectif de femmes excisées Âge 15-19 80,9 877 94,4 65,0 2 776 89,0 1,3 1,9 7,8 100,0 1 806 20-24 94,3 563 96,5 76,2 2 274 90,5 0,9 1,6 7,0 100,0 1 732 25-29 96,7 438 97,6 79,2 2 073 91,1 1,3 2,2 5,3 100,0 1 641 30-34 97,8 404 98,0 79,4 1 580 91,1 1,7 2,3 4,9 100,0 1 255 35-39 97,7 370 97,1 81,6 1 524 91,9 0,8 1,4 5,9 100,0 1 244 40-44 98,8 294 97,6 83,1 1 201 92,0 1,5 2,4 4,1 100,0 998 45-49 99,1 262 97,5 83,6 1 049 90,5 0,6 2,4 6,5 100,0 877 50-54 99,3 226 na na na na na na na na na 55-59 99,9 171 na na na na na na na na na Milieu de résidence Ouagadougou 99,2 464 99,0 72,5 1 418 71,7 2,6 2,1 23,5 100,0 1 028 Autres villes 97,0 403 98,9 78,0 1 279 91,3 3,2 1,4 4,1 100,0 997 Ensemble urbain 98,2 867 99,0 75,1 2 697 81,4 2,9 1,7 14,0 100,0 2 025 Rural 91,8 2 738 96,0 77,0 9 780 93,3 0,7 2,0 4,0 100,0 7 527 Région Ouagadougou 99,2 464 99,0 72,5 1 418 71,7 2,6 2,1 23,5 100,0 1 028 Boucle du Mouhoun 85,6 277 99,5 89,6 910 92,2 0,3 2,6 5,0 100,0 816 Centre (Sans Ouaga.) 97,4 72 97,3 81,3 239 87,4 0,9 0,8 10,9 100,0 194 Centre-Sud 94,9 213 89,9 62,5 735 93,0 2,8 0,9 3,2 100,0 459 Plateau Central 97,5 178 96,5 81,5 620 94,8 1,1 1,6 2,6 100,0 505 Centre-Est 93,4 260 98,0 87,1 1 054 94,4 0,0 1,5 4,0 100,0 918 Centre-Nord 95,6 250 97,1 86,9 1 053 93,7 0,7 2,3 3,3 100,0 915 Centre-Ouest 86,5 242 95,7 44,4 905 88,2 0,2 5,1 6,4 100,0 402 Est 97,9 257 96,6 69,5 905 91,7 0,1 0,4 7,9 100,0 629 Nord 88,2 290 93,6 76,8 1 175 86,3 2,1 4,6 7,0 100,0 902 Cascades 97,7 123 98,2 80,0 410 94,5 0,4 3,3 1,8 100,0 328 Hauts-Bassins 96,8 537 99,0 88,2 1 606 95,5 2,4 1,1 1,0 100,0 1 417 Sahel 80,7 275 93,3 72,0 848 96,3 0,1 0,2 3,4 100,0 611 Sud-Ouest 97,1 167 96,8 71,5 599 97,4 0,5 1,5 0,6 100,0 428 Niveau d'instruction Aucune instruction 91,5 1 844 96,1 77,9 8 941 92,1 1,0 1,9 5,1 100,0 6 969 Primaire/ Alphabét. 93,6 1 153 97,3 76,9 2 451 89,0 1,8 2,3 6,8 100,0 1 885 Secondaire ou plus 98,7 608 99,8 64,3 1 085 82,1 1,6 2,1 14,2 100,0 698 Ethnie Bobo 96,6 118 100,0 82,8 316 93,8 1,8 0,0 4,4 100,0 262 Dioula 89,1 220 98,6 87,8 708 90,0 1,8 1,2 7,0 100,0 622 Peul 86,6 228 92,2 75,0 789 93,7 1,1 0,3 4,9 100,0 591 Gourmantché 95,7 261 97,0 68,5 858 92,6 0,1 0,7 6,6 100,0 587 Gourounsi 79,8 133 94,3 48,1 419 83,7 3,2 6,8 6,3 100,0 202 Lobi 97,3 194 95,3 68,0 646 94,2 0,5 2,5 2,9 100,0 439 Mossi 95,1 1 968 97,3 79,0 7 046 89,7 1,2 2,3 6,9 100,0 5 564 Sénoufo 98,3 153 98,0 86,1 475 93,5 1,5 2,8 2,2 100,0 409 Touareg / Bella 78,6 47 85,8 35,0 136 94,0 0,0 0,0 6,0 100,0 48 Bissa 91,3 137 94,6 82,6 593 93,6 1,0 1,3 4,1 100,0 489 Autre 89,3 145 96,9 68,2 475 90,4 1,7 1,8 6,1 100,0 324 ND 0,0 2 100,0 91,7 17 100,0 0,0 0,0 0,0 100,0 16 Religion Catholique 95,9 899 98,0 68,7 2 882 88,8 1,1 2,2 7,9 100,0 1 980 Protestant 97,0 149 97,7 64,9 642 90,5 0,7 0,4 8,4 100,0 416 Musulman 92,0 2 081 96,4 81,5 7 494 90,7 1,4 2,1 5,9 100,0 6 108 Traditionnel 93,6 443 95,9 73,3 1 237 95,0 0,3 1,8 2,9 100,0 907 Sans religion/aucun 100,0 32 90,1 63,0 220 95,0 0,0 1,7 3,3 100,0 138 Quintile de bien-être Le plus pauvre 90,2 565 94,7 73,2 2 190 93,5 0,2 2,1 4,3 100,0 1 603 Second 91,6 702 95,8 76,8 2 290 92,0 0,8 2,7 4,5 100,0 1 758 Moyen 93,4 791 96,2 77,5 2 972 92,8 1,0 2,0 4,2 100,0 2 304 Quatrième 91,2 576 97,4 79,6 2 058 93,4 0,7 1,6 4,3 100,0 1 637 Le plus riche 97,7 971 98,7 75,9 2 967 83,9 2,7 1,7 11,8 100,0 2 251 Ensemble 93,4 3 605 96,7 76,6 12 477 90,8 1,2 2,0 6,1 100,0 9 552 na = Non applicable 206 | Excision grande majorité des femmes sont excisées quelle que soit leur religion. Cependant, c’est parmi les femmes de confession musulmane que la proportion de femmes excisées est la plus élevée (82 %). L’appartenance ethnique influence la fréquence de la pratique de l’excision (graphique 12.1). C’est dans l’ethnie Gourounsi que la prévalence de l’excision est, de loin, la plus faible (48 %), ce qui est cohérent avec l’observation faite précédemment sur la région du Centre-Ouest où est concentrée une grande partie de la population de cette ethnie. À l’opposé, c’est parmi les femmes Sénoufo (86 %), Dioula (88 %), Bobo (83 %) et Bissa (83 %) que cette pratique est la plus courante. Compte tenu des difficultés à obtenir des informations fiables sur le type d’excision subie, au cours de l’enquête, on a simplement demandé aux femmes si on leur avait fait une simple entaille ou si on leur avait enlevé des morceaux de chair dans la zone des organes génitaux. Cette information ne permet pas de définir le type d’excision, mais elle permet au moins de différencier une certaine forme d’excision "symbolique" qui consiste à faire une "simple" entaille de l’excision proprement dite qui suppose l’ablation d’une partie, plus ou moins importante, des organes génitaux externes de la femme. On a également demandé aux femmes si on leur avait fermé la zone du vagin. Les résultats du tableau 12.1 indiquent que, dans leur majorité (91 %), les femmes burkinabé excisées ont subi une excision "réelle", c’est-à-dire qu’une partie de leurs organes génitaux externes a été enlevée au cours de la procédure. Très peu de femmes (1 %) ont subi la forme "légère" d’excision (entaille sans ablation de chairs) et 2 % des femmes ont eu leur vagin fermé, type d’excision plus fréquemment pratiqué par les Gourounsi (7 %) que par les autres groupes ethniques. Dans 6 % des cas, le type d’excision n’a pas pu être déterminé. Âge à l’excision des femmes enquêtées Le tableau 12.2 présente les données sur l’âge à l’excision des femmes enquêtées. Les résultats montrent qu’au Burkina Faso l’excision est pratiquée très tôt dans l’enfance : 41 % des femmes ont déclaré que l’excision avait eu lieu lorsqu’elles avaient entre 0-1 an et 9 % lorsqu’elles avaient entre 2-4 ans. Globalement, plus d’une femme sur deux (51 %), a été excisée avant 5 ans. Dans 29 % des cas, les femmes ont déclaré qu’elles avaient été excisées à l’âge de 5-9 ans et 9 % à 10-14 ans. Seulement 2 % des femmes ont été excisées à 15 ans ou plus. Enfin, 9 % des femmes n’ont pas pu dire à quel âge elles avaient été excisées, ce qui signifie qu’elles ont été très probablement excisées à un âge très jeune. Graphique 12.1 Proportion de femmes excisées selon l’ethnie EDSBF-III 2003 Burkina Faso ETHNIE Bobo Dioula Peul Gourmantché Gourounsi Lobi Mossi Sénoufo Touareg/Bella Bissa 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Excision | 207 Tableau 12.2 Âge à l'excision des enquêtées Répartition (en %) des femmes excisées par âge à l’excision, selon les caractéristiques socio-démographiques, EDSBF- III Burkina Faso 2003 Âge à l'excision Caractéristique socio-démographique 0-1 2-4 5-9 10-14 15+ NSP Total Effectif de femmes excisées1 Âge 15-19 43,9 12,2 25,4 7,4 0,9 10,2 100,0 1 806 20-24 44,1 10,3 28,4 6,8 1,3 9,2 100,0 1 732 25-29 44,6 8,5 27,9 8,5 2,3 8,1 100,0 1 641 30-34 39,6 9,4 29,2 10,0 3,3 8,4 100,0 1 255 35-39 36,9 9,7 31,5 10,9 2,7 8,4 100,0 1 244 40-44 37,4 6,8 31,1 12,2 2,6 9,9 100,0 998 45-49 38,3 5,7 32,1 10,8 3,1 10,0 100,0 877 Milieu de résidence Ouagadougou 46,0 6,7 26,2 10,9 2,0 8,1 100,0 1 028 Autres villes 45,5 7,9 23,0 8,5 1,6 13,5 100,0 997 Ensemble urbain 45,8 7,3 24,6 9,7 1,8 10,8 100,0 2 025 Rural 40,2 9,9 30,0 8,9 2,2 8,7 100,0 7 527 Niveau d'instruction Aucune instruction 41,8 9,6 28,4 9,1 2,2 8,9 100,0 6 969 Primaire/ Alphabét. 38,5 9,0 31,5 9,6 2,1 9,4 100,0 1 885 Secondaire ou plus 44,8 7,9 26,7 7,9 2,0 10,7 100,0 698 Ethnie Bobo 57,9 8,5 14,1 2,2 0,3 17,0 100,0 262 Dioula 48,9 9,6 20,0 5,9 1,1 14,6 100,0 622 Peul 63,8 11,6 11,6 2,5 0,4 10,1 100,0 591 Gourmantché 65,0 3,7 18,4 7,4 1,7 3,7 100,0 587 Gourounsi 42,4 3,4 29,4 15,1 4,7 5,1 100,0 202 Lobi 66,6 8,6 14,3 5,5 0,7 4,1 100,0 439 Mossi 33,3 10,1 36,2 10,0 1,5 9,0 100,0 5 564 Sénoufo 36,8 4,7 23,4 17,9 7,1 10,2 100,0 409 Touareg/Bella 49,3 18,8 16,4 2,8 1,2 11,4 100,0 48 Bissa 39,5 12,6 22,6 10,8 5,6 8,9 100,0 489 Autre 41,6 8,1 20,8 8,8 10,0 10,6 100,0 324 ND 55,3 2,5 32,4 3,3 0,0 6,5 100,0 16 Religion Catholique 42,4 8,4 28,1 10,0 2,6 8,5 100,0 1 980 Protestant 50,1 3,6 23,1 13,4 2,7 7,1 100,0 416 Musulman 39,1 10,6 30,1 8,4 1,7 10,1 100,0 6 108 Traditionnel 49,2 5,7 26,7 9,6 3,9 4,9 100,0 907 Sans religion/aucun 48,4 10,4 19,4 10,6 1,9 9,4 100,0 138 Quintile de bien-être Le plus pauvre 47,3 9,2 26,5 7,1 1,8 8,2 100,0 1 603 Second 39,8 10,1 31,2 8,6 1,5 8,7 100,0 1 758 Moyen 37,7 9,5 30,6 9,8 2,6 9,7 100,0 2 304 Quatrième 39,8 10,2 30,8 9,7 1,8 7,7 100,0 1 637 Le plus riche 43,3 8,1 25,6 9,8 2,6 10,7 100,0 2 251 Type d'excision Parties de chair enlevées 40,1 9,4 29,5 9,4 2,3 9,2 100,0 8 669 Entaille, pas de chair 40,9 2,8 28,1 18,2 0,5 9,5 100,0 113 Fermeture du vagin 23,8 10,0 45,9 10,6 1,6 8,1 100,0 189 Non déterminé/NSP 65,9 9,2 14,3 2,5 0,2 7,9 100,0 581 Ensemble 41,4 9,3 28,9 9,1 2,1 9,1 100,0 9 552 1 L'âge à l'excision n'est pas déterminé pour les femmes pour lesquelles le type d'excision est inconnu. Les résultats selon les caractéristiques socio-démographiques font apparaître quelques variations dans l’âge à l’excision, essentiellement dans les générations, les régions et dans les ethnies. On observe en effet des modifications selon l’âge : des générations anciennes aux plus récentes, les proportions de femmes excisés à un âge tardif diminuent (parmi les femmes excisées à 10-14 ans, la proportion est passée de 11 % chez celles de 30-49 ans à 7 % parmi celles de 15-29 ans). À l’opposé, celles étant excisées à un âge précoce augmentent (parmi les femmes excisées à 0-1an, la proportion est passée de 37 % chez celles âgées de 30-49 ans à 44 % chez les plus jeunes de 15-29 ans), ce qui est le signe d’un rajeunissement de l’âge auquel est effectué l’excision. Selon leur appartenance ethnique, les femmes sont excisées plus ou moins tard : parmi les Gourounsi, les Mossi et les 208 | Excision Sénoufo, l’excision se pratique relativement tard puisque près de la moitié des femmes ont été excisées après 5 ans. Chez les Sénoufo, dans 7 % des cas, l’excision a eu lieu à 15 ans ou plus. Personne ayant procédé à l’excision La grande majorité des femmes enquêtées (88 %) ont été excisées par des exciseuses traditionnelles (tableau 12.3). Le recours à des professionnels de la santé (infirmiers principalement) est très rare (0,2 %). Cependant, on constate que le recours au service de ces derniers est un peu plus fréquent quand il y a eu fermeture du vagin (0,8 %). Tableau 12.3 Personne qui à procédé á l'excision Répartition (en %) des femmes excisées selon la personne qui a pratiqué l’excision et selon le type d’excision, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Type d'excision Personne qui a pratiqué l'excision Chair enlevées Entaille Fermeture du vagin ND/NSP Ensemble1 Professionnel de la santé 0,2 0,0 0,8 0,0 0,2 Traditionnel 88,9 89,8 96,8 80,5 88,6 Exciseuse trad. 88,0 88,6 94,5 78,8 87,6 Matrone / accoucheuse trad. 0,8 1,1 1,8 1,7 0,9 NSP 10,9 10,2 2,8 19,5 11,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de femmes excisées 8 669 113 189 581 9 552 1 Y compris les 581 femmes pour lesquelles le type d'excision n'est pas déterminé. 12.2 PRATIQUE DE L’EXCISION CHEZ LES FILLES DES FEMMES ENQUÊTÉES Lors de l’interview, des questions ont également été posées aux femmes qui avaient, au moins, une fille vivante pour savoir si elle ou l’une d’entre elles avait été excisée. Si plusieurs filles de la femme enquêtée avaient été excisées, les questions concernant le type d’excision, l’âge à l’excision et les complications portaient uniquement sur la fille qui avait été excisée le plus récemment. Comme certaines filles enquêtées étaient trop jeunes au moment de l’enquête pour avoir déjà été excisées, on a également demandé aux femmes dont la fille n’a pas été excisée si elles avaient l’intention de la faire exciser. Pratique de l’excision chez les filles Les résultats du tableau 12.4 montrent que pratiquement un tiers des enquêtées (32 %) ayant au moins une fille avaient déjà fait exciser leur fille ou au moins l’une de leurs filles et 5 % avaient l’intention de la (ou les) faire exciser et, à l’opposé, 56 % n’avaient pas l’intention de le faire. Seulement un peu plus de 5 % ont déclaré qu’elles n’avaient pas pris de décision. Au total 37 % des filles des femmes enquêtées sont ou seront excisées, c’est-à-dire un niveau nettement inférieur à celui des mères (77 %). De plus, résultat particulièrement important, on constate que parmi les mères qui sont excisées, seulement 44 % des filles sont ou seront excisées. Ce résultat peut-être interprété comme le signe d’une tendance à l’abandon de la pratique de l’excision ; cependant, on peut aussi avancer l’hypothèse d’une sous déclaration de la part des mères, par crainte d’éventuelles poursuites judiciaires puisque la pratique de l’excision est désormais interdite au Burkina Faso. Excision | 209 Tableau 12.4 Pratique de l'excision parmi les filles des femmes enquêtées Repartition (en %) des femmes ayant au moins une fille en vie selon qu’au moins une fille a été excisée et si non selon qu’elles ont ou non l’intention de la/les faire exciser, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Au moins une fille excisée A l'intention de faire exciser sa/ses fille(s) N'a pas l'intention de faire exciser sa/ses fille(s) NSP La mère ne connaît pas l'excision Total Effectif de femmes ayant une/des fille(s) vivante(s) Excision de la mère Ne connaît pas l'excision 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 100,0 184 Excisée 38,3 5,7 50,5 5,5 0,0 100,0 6 113 Pas excisée 3,1 3,4 88,8 4,7 0,0 100,0 1 243 Âge 15-19 5,3 19,7 59,9 12,1 2,9 100,0 236 20-24 9,2 12,4 65,5 10,3 2,6 100,0 1 056 25-29 17,0 7,1 66,8 6,7 2,5 100,0 1 541 30-34 28,1 4,0 60,9 5,1 1,8 100,0 1 294 35-39 43,3 2,2 48,9 2,8 2,8 100,0 1 351 40-44 47,9 1,5 45,5 2,7 2,4 100,0 1 089 45-49 55,4 0,5 39,4 2,2 2,5 100,0 974 Milieu de résidence Ouagadougou 22,1 4,4 69,3 3,1 1,0 100,0 578 Autres villes 30,7 5,1 60,3 3,4 0,6 100,0 634 Ensemble urbain 26,6 4,7 64,6 3,3 0,8 100,0 1 212 Rural 32,5 5,3 53,8 5,6 2,8 100,0 6 328 Région Ouagadougou 22,1 4,4 69,3 3,1 1,0 100,0 578 Boucle du Mouhoun 60,2 4,5 29,4 5,4 0,5 100,0 625 Centre (Sans Ouaga.) 23,4 7,0 61,8 5,5 2,3 100,0 156 Centre-Sud 11,0 2,6 75,5 2,8 8,2 100,0 440 Plateau Central 27,0 2,3 59,0 8,9 2,8 100,0 385 Centre-Est 38,7 4,6 49,9 4,7 2,1 100,0 655 Centre-Nord 35,3 4,6 52,8 4,8 2,5 100,0 662 Centre-Ouest 15,4 6,3 67,5 8,8 1,9 100,0 569 Est 19,2 2,1 74,0 3,0 1,8 100,0 581 Nord 29,9 6,6 50,2 8,2 5,1 100,0 741 Cascades 33,9 5,0 54,4 5,8 0,9 100,0 253 Hauts-Bassins 40,0 10,1 45,0 4,6 0,4 100,0 942 Sahel 38,5 4,8 48,0 5,8 2,9 100,0 565 Sud-Ouest 25,5 3,8 65,9 1,4 3,3 100,0 389 Niveau d'instruction Aucune instruction 33,7 5,1 52,8 5,6 2,8 100,0 5 930 Primaire/ Alphabét. 27,3 5,8 60,9 4,6 1,3 100,0 1 289 Secondaire ou plus 9,8 3,9 85,3 1,0 0,0 100,0 322 Ethnie Bobo 42,4 4,9 45,3 7,3 0,0 100,0 185 Dioula 52,3 5,2 39,2 2,4 0,9 100,0 427 Peul 41,3 4,1 44,9 5,4 4,4 100,0 494 Gourmantché 17,8 2,3 76,1 1,9 1,9 100,0 560 Gourounsi 9,8 2,4 80,6 2,6 4,6 100,0 238 Lobi 24,6 4,5 65,6 1,3 4,0 100,0 410 Mossi 30,2 5,9 55,0 6,8 2,2 100,0 4 190 Sénoufo 42,8 7,6 44,5 4,9 0,2 100,0 293 Touareg / Bella 19,0 0,0 69,5 3,6 7,9 100,0 93 Bissa 37,5 4,9 48,5 4,0 5,1 100,0 362 Autre 36,7 6,0 54,3 2,1 0,8 100,0 278 Religion Catholique 23,6 2,9 68,2 3,5 1,8 100,0 1 619 Protestant 14,9 3,7 75,8 4,2 1,3 100,0 341 Musulman 36,0 6,3 48,8 6,3 2,5 100,0 4 588 Traditionnel 31,0 4,4 58,4 3,3 2,9 100,0 850 Sans religion / aucun 22,1 2,6 62,9 5,7 6,7 100,0 139 Quintile de bien-être Le plus pauvre 34,2 4,6 52,0 5,8 3,5 100,0 1 407 Second 31,3 6,1 54,2 5,5 2,9 100,0 1 492 Moyen 30,6 5,5 55,5 5,7 2,8 100,0 1 939 Quatrième 35,3 5,1 52,0 5,9 1,8 100,0 1 324 Le plus riche 27,0 4,5 64,3 3,2 1,0 100,0 1 377 Ensemble 31,6 5,2 55,6 5,2 2,4 100,0 7 540 210 | Excision On constate tout d’abord que la grande majorité des femmes qui n’ont pas été excisées ne feront pas exciser non plus leur(s) filles(s) (89 %). En outre, là où la prévalence de l’excision est faible, on constate que la proportion de femmes qui ne veulent pas faire exciser leur fille est élevée. C’est le cas de la région du Centre-Ouest où seulement 44 % des femmes sont excisées et où, par contre, 68 % n’ont pas l’intention de faire exciser leur fille. De même, dans l’ethnie Gourounsi où moins de la moitié des femmes sont excisée, 81 % des femmes ne feront pas exciser leur fille (graphique 12.2). À l’opposé, dans la région de la Boucle de Mouhoun où la quasi-totalité des femmes sont excisées (90 %), seulement 29 % ont déclaré ne pas avoir l’intention d’exciser leur fille, montrant ainsi leur attachement à cette tradition. En fonction de l’âge, on remarque que les femmes qui n’ont pas l’intention de faire exciser leur fille sont proportionnellement plus importantes dans les jeunes générations que dans les plus anciennes : en moyenne 64 % à 15-34 ans contre 45 % à 35-49 ans. Enfin, les résultats montrent également que 85 % des femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus et 65 % de celles vivant en milieu urbain n’ont pas l’intention de faire exciser leur fille. Les résultats du tableau 12.5 indiquent que, comme pour les mères, la pratique la plus fréquente a consisté en l’ablation de chairs (94 %) ; il apparaît cependant que dans pratiquement 4 % des cas, soit deux fois plus que chez les mères, c’est la forme d’excision la plus radicale qui a été effectuée. Quant à la forme « légère » d’excision (entaille sans ablation de chairs), elle n’a été pratiquée que dans moins de 1 % des cas. De plus, on ne constate que très peu d’écarts selon les caractéristiques socio-démographiques. Graphique 12.2 Proportion de mères excisées et de filles qui sont déjà excisées ou qui seront excisées selon l'ethnie EDSBF-III 2003 Burkina Faso ETHNIE Bobo Dioula Peul Gourmantche Gourounsi Lobi Mossi Sénoufo Touareg/Bella Bissa 0 20 40 60 80 Mères Filles excisées ou qui seront excisées Excision | 211 Tableau 12.5 Type d'excision des filles Répartition (en %) des filles les plus récemment excisées par type d'excision, selon les caractéristiques socio-démographiques de la mère, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Type d'excision Caractéristique des mères Chair enlevée Entaille Fermeture du vagin ND/NSP Total Effectif des filles excisées le plus récemment1 Type d'excision Parties de chair enlevées 95,8 0,3 2,8 1,1 100,0 2 183 Entaille, pas de chair enlevées 55,8 29,7 7,5 7,0 100,0 22 Fermeture du vagin 58,7 0,0 40,5 0,8 100,0 50 Non déterminé/NSP 73,4 0,0 2,1 24,5 100,0 87 Pas excisées 77,7 3,7 3,5 15,1 100,0 38 Âge 15-19 * * * * 100,0 13 20-24 94,3 0,0 3,8 1,9 100,0 97 25-29 92,8 0,2 1,8 5,2 100,0 261 30-34 91,4 1,4 5,0 2,2 100,0 364 35-39 95,3 0,7 1,6 2,4 100,0 585 40-44 93,4 0,6 4,4 1,6 100,0 521 45-49 93,6 0,2 4,9 1,4 100,0 540 Milieu de résidence Ouagadougou 87,7 2,2 1,5 8,5 100,0 128 Autres villes 94,2 2,0 1,2 2,6 100,0 195 Ensemble urbain 91,6 2,1 1,3 4,9 100,0 322 Rural 93,9 0,4 3,9 1,8 100,0 2 058 Niveau d'instruction Aucune instruction 93,5 0,4 3,7 2,3 100,0 1 997 Primaire/Alphabét. 94,7 1,0 3,1 1,2 100,0 352 Secondaire ou plus 83,0 8,0 0,0 9,0 100,0 32 Ethnie Bobo 93,9 1,3 4,7 0,0 100,0 78 Dioula 93,5 1,9 2,6 2,1 100,0 223 Peul 95,7 0,0 1,1 3,2 100,0 204 Gourmantché 97,2 0,0 1,9 0,9 100,0 100 Gourounsi 88,1 0,0 11,9 0,0 100,0 23 Lobi 91,7 0,0 8,3 0,0 100,0 101 Mossi 92,7 0,6 3,7 2,9 100,0 1 267 Sénoufo 92,6 0,0 6,0 1,4 100,0 125 Touareg/Bella 100,0 0,0 0,0 0,0 100,0 18 Bissa 96,6 0,0 3,4 0,0 100,0 136 Autre 96,3 0,8 0,0 2,9 100,0 102 Religion Catholique 93,0 0,8 4,2 1,9 100,0 382 Protestant 96,8 1,4 1,9 0,0 100,0 51 Musulman 93,6 0,5 3,1 2,7 100,0 1 653 Traditionnel 92,7 0,5 6,2 0,6 100,0 264 Sans religion/aucun 98,3 1,7 0,0 0,0 100,0 31 Quintile de bien-être Le plus pauvre 94,7 0,0 3,8 1,5 100,0 481 Second 93,7 0,6 3,3 2,5 100,0 466 Moyen 92,2 0,5 5,6 1,7 100,0 593 Quatrième 95,0 0,2 2,3 2,5 100,0 468 Le plus riche 92,4 2,0 2,1 3,5 100,0 372 Ensemble 93,6 0,6 3,6 2,3 100,0 2 380 1 Si la mère a plusieurs filles excisées, les données portent sur la fille excisée le plus récemment. * Basé sur trop peu de cas non pondérés Âge des filles à l’excision Le tableau 12.6 présente la répartition des filles qui ont été excisées le plus récemment selon l’âge à l’excision. On ne constate pas de changements importants. Pour 92 % des filles excisées, l’excision a eu lieu avant l’âge de 9 ans. Parmi les mères, cette proportion est un peu plus faible : 81 % Par contre, une proportion plus élevée de mères que de filles a été excisée très tôt, c’est à dire à 0-1 an. (41 % contre 28 %). Et un tiers des filles contre 9 % des mères ont été excisées à 5-9 ans. Parmi les mères, il était plus fréquent de pratiquer l’excision à des âges tardifs que chez les filles (11 % contre 4 % après l’âge de 10 ans). 212 | Excision Tableau 12.6 Âge à l'excision des filles Répartition (en %) des filles excisées par âge à l'excision, selon les caractéristiques socio-démographiques de la mère, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Âge à l'excision des filles Caractéristique socio-démographique 0-1 2-4 5-9 10-14 15+ NSP Total Effectif des filles excisées le plus récemment1 Âge 15-19 63,3 17,7 0,0 0,0 0,0 19,0 100,0 13 20-24 44,4 33,3 12,5 0,0 0,0 9,7 100,0 97 25-29 32,8 41,3 22,5 0,4 0,0 3,1 100,0 261 30-34 28,3 42,3 23,7 1,4 0,0 4,2 100,0 364 35-39 23,3 36,2 30,7 3,8 0,3 5,8 100,0 585 40-44 29,8 26,0 36,3 3,1 0,8 4,1 100,0 521 45-49 24,7 27,5 39,3 4,4 0,7 3,4 100,0 540 Milieu de résidence Ouagadougou 17,8 38,6 33,0 5,7 0,0 4,8 100,0 128 Autres villes 40,9 24,8 25,6 2,4 0,0 6,3 100,0 195 Ensemble urbain 31,8 30,3 28,5 3,7 0,0 5,7 100,0 322 Rural 27,3 33,7 31,4 2,7 0,5 4,4 100,0 2 058 Niveau d'instruction Aucune instruction 27,7 34,2 30,1 2,8 0,4 4,7 100,0 1 997 Primaire/ Alphabét. 27,1 29,3 36,1 3,0 0,5 4,0 100,0 352 Secondaire ou plus 47,1 14,9 26,3 6,0 0,0 5,7 100,0 32 Ethnie Bobo 45,6 29,1 9,2 1,3 0,0 14,7 100,0 78 Dioula 45,2 30,8 15,2 1,1 1,2 6,5 100,0 223 Peul 36,2 47,7 12,5 2,5 0,0 1,1 100,0 204 Gourmantché 31,3 33,0 28,7 6,2 0,0 0,8 100,0 100 Gourounsi 31,9 35,0 12,9 15,3 0,0 4,9 100,0 23 Lobi 50,9 23,1 13,0 0,8 0,0 12,2 100,0 101 Mossi 17,3 31,9 44,6 2,4 0,3 3,5 100,0 1 267 Sénoufo 42,0 19,1 19,5 7,8 1,3 10,4 100,0 125 Touareg / Bella 31,8 57,6 10,6 0,0 0,0 0,0 100,0 18 Bissa 31,0 42,9 14,9 3,4 1,3 6,5 100,0 136 Autre 42,8 40,8 12,0 4,4 0,0 0,0 100,0 102 Manquant 28,7 0,0 71,3 0,0 0,0 0,0 100,0 3 Religion Catholique 30,7 30,8 30,3 3,6 0,2 4,3 100,0 382 Protestant 30,6 39,9 26,2 2,0 0,0 1,4 100,0 51 Musulman 25,4 36,0 31,6 2,3 0,4 4,4 100,0 1 653 Traditionnel 37,8 19,1 30,3 5,5 0,9 6,4 100,0 264 Sans religion / aucun 38,7 27,5 21,8 1,1 2,0 8,9 100,0 31 Quintile de bien-être Le plus pauvre 28,0 37,6 26,6 3,8 0,4 3,7 100,0 481 Second 25,7 31,2 34,0 3,3 0,7 5,2 100,0 466 Moyen 26,5 30,4 36,3 2,2 0,2 4,5 100,0 593 Quatrième 27,7 37,4 28,9 2,4 0,8 2,7 100,0 468 Le plus riche 33,1 29,7 27,0 2,8 0,0 7,4 100,0 372 Ensemble 27,9 33,3 31,0 2,9 0,4 4,6 100,0 2 380 1 Si la mère a plusieurs filles excisées, les données portent sur la fille excisée le plus récemment. Les résultats selon certaines caractéristiques socio-démographiques font apparaître quelques variations dans l’âge à l’excision. En premier lieu, on constate des modifications dans l’âge des filles excisées : des générations anciennes aux plus récentes, les proportions de filles excisées à un âge tardif diminuent : l’excision n’est quasiment plus pratiquée après l’âge de 10 ans ; parmi les filles de 20-29 ans, dans 37 % des cas, l’excision a été pratiquée très tôt contre seulement 27 % parmi celles de plus de 30 ans, ce qui est le signe d’un rajeunissement de l’âge auquel l’excision est pratiquée. Selon leur appartenance ethnique, les filles sont excisées plus ou moins tard : de même que chez les mères, on constate que c’est parmi les Mossi, les Gourmantché et les Gourounsi, que l’excision se pratique toujours plus tard que chez les autres groupes (après 5 ans). Excision | 213 Les filles dont la mère a un niveau d’instruction secondaire sont excisées à un âge plus précoce que celles dont la mère a un niveau primaire ou aucune instruction (47 % contre 27 % à 0-1 an). Personne ayant procédé à l’excision De même que les mères, les filles ont été excisées en majorité (98 %) par des exciseuses traditionnelles (tableau 12.7). Cependant, malgré un niveau toujours très faible, le recours à un pro- fessionnel de la santé a augmenté pour les filles (0,7 % contre 0,2 %). Si l’intervention de personnel de santé formé pour effectuer l’excision fait courir beaucoup moins de risques aux femmes, il n’en demeure pas moins que cette tendance ne doit pas être encouragée car quelles que soient les conditions dans lesquelles l’excision est pratiquée, celle-ci est désormais interdite par la loi. Tableau 12.7 Personne qui à procédé á l'excision des filles Répartition (en %) des filles1 excisées selon la personne qui a pratiqué l'excision et selon le type d'excision, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Type d'excision Personne qui a pratiqué l'excision Chair enlevée Fermeture du vagin ND/NSP Ensemble Professionnel de la santé 0,7 0,0 0,0 0,7 Infirmière/sage-femme 0,4 0,0 0,0 0,5 Autre professionnel de santé 0,3 0,0 0,0 0,3 Traditionnel 98,3 99,2 79,7 97,7 Exciseuse traditionnelle 97,5 96,4 76,2 96,8 Matrone/accoucheuse traditionnelle/autre 0.8 2,8 3,6 0,9 NSP 1,1 0,8 20,3 1,5 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de filles excisées le plus recemment 1 2 227 85 54 2 380 1 Si la mère a plusieurs filles excisées, les données portent sur la fille excisée le plus récemment. Excision des filles et complications Au cours de l’enquête, on a également demandé aux femmes si leur fille qui avait été excisée le plus récemment avait souffert d’un certain nombre de complications pendant ou après l’excision. Les résultats sont présentés au tableau 12.8. D’après les déclarations de la mère, près d’un tiers des filles (32 %) ont eu, au moins, une complication, et dans 13 % des cas, les filles ont même eu, au moins, deux complications. Si l’on analyse les résultats selon le type de complications, on constate que dans 23 % des cas, les filles ont eu des difficultés pour uriner ou ont fait de la rétention urinaire, dans 17 % des cas, elles ont eu des saignements excessifs et dans 3 % des cas, elles ont eu des problèmes d’infections/cicatrisation. En outre, selon 7 % des mères, leurs filles ont eu un gonflement de la zone génitale, ce qui peut également être un signe d’infection. 214 | Excision Tableau 12.8 Excision des filles et complications Pourcentage de filles excisées le plus récemment1 qui on eu des complications au moment ou après l'excision d'après les déclarations de la mère, par type d'excision, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Type d'excision Complication Chair enlevée Fermeture du vagin ND/NSP Ensemble Saignement excessif 17,4 19,7 1,4 17,0 Difficulté pour uriner ou rétention d'uriner 23,5 26,4 6,2 23,2 Enflure/gonflement dans la zone génitale 6,5 12,6 4,7 6,6 Infection dans zone génital/blessure pas cicatrisée correctement 2,7 5,5 1,1 2,8 Au moins une complication 32,7 37,3 7,6 32,3 Deux complications ou plus 13,0 19,4 5,7 13,0 Effectif de filles excisées le plus récemment1 2 227 85 54 2 380 1 Si la mère a plusieurs filles excisées, les données portent sur la fille excisée le plus récemment. 12.3 OPINIONS ET CROYANCES VIS-À-VIS DE L’EXCISION Dans le but de mieux comprendre les raisons qui expliquent la pratique de l’excision, on a demandé aux femmes et aux hommes quels étaient, à leur avis, les avantages pour une fille d’être excisée (graphique 12.3) et les avantages de ne pas être excisée. Avantages pour une fille d’être excisée Le tableau 12.9.1 et le graphique 12.3 présentent les résultats concernant les avantages de l’excision d’après les femmes. On constate tout d’abord que 52 % ont déclaré qu’il n’y a aucun avantage pour une fille à être excisée et cette proportion est particulièrement élevée chez les femmes qui n’ont pas été excisées (71 %); de même, plus des trois quarts des femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (79 %) ont déclaré que l’excision ne comportait aucun avantage contre seulement 48 % parmi celles sans instruction. Selon l’ethnie, environ les deux tiers des femmes des ethnies Gourounsi (67 %), Gourmantché (65 %) et Lobi (66 %) considèrent qu’il n’y a aucun avantage pour une femme à être excisée. Graphique 12.3 Avantages pour une fille d’être excisée selon les femmes et les hommes EDSBF-III 2003 Pas d'avantage Meilleure hygiène Reconnaissance sociale Meilleure chance de mariage Préservation de la virginité Plus grand plaisir de l'homme Nécessité religieuse 0 20 40 60 Femmes Hommes Excision | 215 Tableau 12.9.1 Avantages pour une fille d'être excisée: femmes Pourcentage de femmes qui ont évoqué différents avantages pour une fille d'être excisée, selon les caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Avantages de l'excision Caractéristique socio-démographique Pas d'avantage Meilleure hygiène Recon- naissance sociale Meilleure chance de mariage Préserva- tion de la virginité Plus grand plaisir de l'homme Nécessité religieuse Autre Effectif qui connaissent l'excision Type d'excision Parties de chair 46,3 6,6 30,0 3,1 4,5 0,5 3,3 1,9 8 669 Entaille, pas de chair 64,6 4,7 14,9 2,2 1,0 0,0 1,5 1,8 113 Fermeture du vagin 49,1 4,5 28,6 2,3 3,7 0,6 6,2 3,7 189 Non déterminé/NSP 54,3 7,5 14,4 3,9 6,0 0,4 5,1 2,1 581 Pas excisées 71,0 1,5 5,5 0,5 2,4 0,3 0,6 1,4 2 507 Âge 15-19 52,7 5,5 16,6 2,8 3,6 0,7 1,9 2,0 2 620 20-24 55,5 5,8 18,9 2,4 4,6 0,5 2,8 1,5 2 195 25-29 54,6 4,2 25,2 2,2 4,6 0,4 2,5 2,1 2 023 30-34 53,4 5,0 25,0 1,8 3,5 0,3 2,9 2,0 1 549 35-39 50,3 6,6 28,2 2,5 3,4 0,3 2,9 1,7 1 479 40-44 47,6 5,0 31,3 3,4 3,6 0,2 3,7 1,7 1 172 45-49 43,1 7,2 35,4 3,3 5,9 0,5 4,8 1,9 1 023 Milieu de résidence Ouagadougou 69,6 4,9 7,3 3,5 6,9 0,8 3,4 2,1 1 403 Autres villes 63,0 5,2 19,9 2,4 5,6 0,4 2,0 1,2 1 266 Ensemble urbain 66,5 5,0 13,3 3,0 6,3 0,6 2,7 1,7 2 669 Rural 47,9 5,7 27,0 2,4 3,5 0,4 2,9 1,9 9 391 Niveau d'instruction Aucune instruction 47,5 5,8 27,5 2,6 3,6 0,3 3,2 1,8 8 592 Primaire/Alphabét. 56,0 5,9 19,7 2,9 4,7 0,6 2,5 2,0 2 385 Secondaire ou plus 78,6 2,5 5,4 1,3 6,7 0,9 1,0 2,1 1 082 Ethnie Bobo 56,3 4,0 27,9 2,2 3,9 0,8 2,0 1,3 316 Dioula 52,5 4,6 31,7 2,9 4,7 0,7 5,4 1,1 698 Peul 34,3 6,3 34,2 2,7 1,9 1,5 3,2 0,8 727 Gourmantché 64,6 6,1 18,9 0,7 0,6 0,4 0,6 2,5 831 Gourounsi 66,6 3,2 12,8 1,5 3,8 0,2 0,4 1,4 395 Lobi 66,3 1,7 21,7 0,3 4,1 0,0 0,9 1,2 615 Mossi 48,9 5,4 23,1 2,8 4,7 0,4 3,0 2,2 6 857 Sénoufo 49,0 7,6 37,7 5,4 6,3 0,0 6,1 0,8 465 Touareg/Bella 54,0 2,4 23,9 0,0 1,7 0,0 1,9 0,5 117 Bissa 65,0 12,8 11,1 4,3 4,7 0,0 1,4 1,5 560 Autre 54,2 4,0 30,0 2,0 2,3 0,4 3,8 2,5 460 Manquant 50,2 19,3 24,8 7,3 0,0 0,0 0,0 0,0 17 Religion Catholique 62,4 4,9 16,0 2,5 3,7 0,3 0,5 2,4 2 823 Protestant 71,9 3,2 12,5 1,1 3,1 0,0 0,5 1,5 627 Musulman 46,6 6,4 27,1 2,8 4,8 0,6 4,3 1,7 7 223 Traditionnel 48,3 3,5 30,4 1,8 1,9 0,5 1,6 1,6 1 186 Sans religion/aucun 60,7 2,2 21,9 2,3 0,8 0,0 0,0 1,3 198 Quintile de bien-être Le plus pauvre 46,2 5,4 27,9 2,7 2,2 0,4 2,5 1,1 2 074 Second 45,6 4,2 29,1 2,7 3,2 0,3 2,3 1,8 2 194 Moyen 49,6 6,2 26,2 1,4 3,2 0,4 3,2 2,4 2 859 Quatrième 50,9 6,2 25,4 3,2 4,8 0,3 3,4 2,5 2 005 Le plus riche 64,0 5,5 14,4 3,0 6,6 0,9 2,8 1,4 2 928 Ensemble 52,0 5,5 24,0 2,6 4,1 0,4 2,8 1,8 12 060 Note : La somme des pourcentages peut dépasser 100 % car une femme peut citer plusieurs avantages. Parmi les avantages de l’excision, c’est la reconnaissance sociale qui a été l’avantage le plus fréquemment cité (24 %) ; de plus, pour 6 % des femmes, l’excision est associée à une meilleure hygiène et dans 4 % des cas, les femmes ont cité comme avantage la préservation de la virginité (graphique 12.3). Enfin, pour 3 % des femmes, l’excision assure de meilleures chances de mariage et dans 3 % des cas, l’excision est une exigence sur le plan religieux. Très peu de femmes ont cité l’argument selon lequel l’excision procurerait plus de plaisir sexuel à l’homme (0,4 %). Selon les caractéristiques socio-démographiques, on remarque que l’argument de la reconnaissance sociale a été particulièrement citée par les femmes les plus âgées (plus de 30 % à 40 ans et plus), celles du milieu 216 | Excision rural (27 %), celles sans instruction (28 %), celles des ethnies Sénoufo (38 %). Quant à la nécessité religieuse de l’excision, elle a été particulièrement citée par les femmes de l’ethnie Sénoufo (6 %). Au tableau 12.9.2 sont présentées les proportions d’hommes ayant cité divers avantages de l’excision. On constate, en premier lieu, qu’une proportion plus importante que celle des femmes (69 % contre 52 %) a déclaré qu’il n’y avait aucun avantage pour une femme à être excisée. Parmi les hommes de l’ethnie Sénoufo, 83 % ont exprimé cette opinion et parmi ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus, cette proportion est de 84 %. Tableau 12.9.2 Avantages pour une fille d'être excisée: hommes Pourcentage d’hommes qui ont évoqué différents avantages pour une fille d'être excisée, selon les caractéristiques socio- démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Avantages de l'excision Caractéristique socio-démographique Pas d'avantage Meilleure hygiène Recon- naissance sociale Meilleure chance de mariage Préserva- tion de la virginité Plus grand plaisir de l'homme Nécessité religieuse Autre Effectif qui connaissent l'excision Âge 15-19 65,2 4,2 8,7 1,9 2,0 0,8 3,6 2,0 710 20-24 73,4 3,8 6,1 1,9 4,4 1,6 2,9 1,1 531 25-29 68,6 3,7 9,7 2,1 6,6 0,4 3,4 0,7 424 30-34 71,2 4,3 9,6 3,0 6,6 1,7 5,4 1,1 395 35-39 72,3 2,4 10,4 1,3 6,4 1,0 3,8 0,6 362 40-44 69,9 5,7 12,4 1,0 4,2 0,6 8,1 1,0 290 45-49 68,1 2,9 13,5 3,1 4,5 1,6 7,3 0,3 260 50-54 75,7 0,5 12,8 2,1 3,0 0,7 4,9 0,4 224 55-59 56,3 3,8 21,4 5,8 6,6 1,6 6,2 1,8 170 Milieu de résidence Ouagadougou 74,4 4,0 7,2 2,0 9,8 0,4 3,4 3,4 461 Autres villes 76,1 1,6 5,2 2,6 6,4 1,2 4,0 2,3 391 Ensemble urbain 75,2 2,9 6,3 2,3 8,3 0,7 3,7 2,9 852 Rural 67,3 3,9 11,7 2,2 3,4 1,2 4,9 0,5 2 514 Niveau d'instruction Aucune instruction 65,2 4,3 13,1 2,5 4,7 1,2 5,2 0,6 1 687 Primaire/Alphabét. 67,7 4,2 9,4 2,7 4,7 1,3 4,7 1,4 1 079 Secondaire ou plus 83,6 0,9 4,0 0,7 4,5 0,3 2,7 2,2 600 Ethnie Bobo 72,3 4,6 14,4 1,8 5,0 0,3 0,8 0,3 114 Dioula 71,5 2,4 19,0 0,5 3,0 0,0 6,7 0,0 196 Peul 71,5 2,3 14,9 5,8 0,8 4,2 16,0 0,0 197 Gourmantché 59,6 8,1 10,9 0,3 7,3 1,2 1,6 1,3 250 Gourounsi 74,6 0,7 9,7 1,2 2,4 0,6 2,2 0,9 106 Lobi 78,3 0,7 1,7 2,8 4,2 0,9 3,9 2,9 189 Mossi 67,8 3,6 9,2 1,8 4,7 0,8 3,2 1,3 1 873 Sénoufo 82,8 1,8 10,1 1,0 6,3 0,2 5,7 1,0 150 Touareg/Bella 85,6 1,0 12,2 0,0 0,7 11,2 12,2 1,4 37 Bissa 70,3 7,8 15,0 6,3 6,5 0,7 3,9 0,0 125 Autre 61,4 4,4 10,4 8,2 7,2 2,5 13,6 1,6 129 Manquant Religion Catholique 76,7 2,5 6,1 1,6 3,4 0,6 0,9 1,5 862 Protestant 78,8 3,7 9,6 2,0 5,1 0,5 1,3 1,1 144 Musulman 66,0 4,0 11,8 2,6 5,6 1,6 7,0 1,2 1 913 Traditionnel Sans religion/aucun Quintile de bien-être Le plus pauvre 66,2 4,7 13,0 1,7 4,3 0,9 6,4 0,0 509 Second 66,0 2,7 13,5 2,0 3,2 1,9 3,4 0,1 643 Moyen 69,0 4,3 9,7 1,6 1,7 0,6 5,3 1,1 739 Quatrième 67,2 5,0 11,4 3,5 4,5 0,6 5,5 1,4 525 Le plus riche 74,5 2,5 6,5 2,4 8,3 1,3 3,4 2,2 949 Ensemble 69,3 3,6 10,3 2,2 4,7 1,1 4,6 1,1 3 366 Note : La somme des pourcentages peut dépasser 100 % car un homme peut citer plusieurs avantages. Excision | 217 Cependant, pour 10 % des hommes, l’excision apporte à la femme une certaine reconnaissance sociale. Cette opinion est surtout partagée par les hommes des régions de la Boucle du Mouhoun (25 %), du Centre-Est (15 %) et du Nord (15 %), ceux des ethnies Dioula (19 %), Peul (15 %) et Bissa (15 %). En outre, pour 5 % des hommes, l’excision est une nécessité religieuse : cette opinion est particulièrement fréquente chez les hommes sans instruction (5 %), les hommes de l’ethnie Peul (16 %). Enfin, pour 4 % des hommes, l’excision est associée à une meilleure hygiène, et pour 5 %, elle a pour avantage de contribuer à préserver la virginité. Avantages pour une fille de ne pas être excisée Au tableau 12.10.1, figurent les proportions de femmes ayant cité divers avantages pour une fille de ne pas être excisée. Un peu plus du quart des femmes (28 %) ont déclaré que le fait de ne pas être excisée n’avait aucun avantage. Cette opinion est particulièrement fréquente chez les femmes des régions du Centre-Est (59 %) et du Plateau central (34 %) (données présentées au tableau D.12.10.1. en annexe D). Cependant, pour 26 % des femmes, ne pas être excisée évite la souffrance; cet argument a été particulièrement avancé par les femmes de niveau secondaire ou plus, (40 %) et par celles des ethnies Sénoufo, Dioula et Bobo (respectivement, 38 %, 36 % et 36 %). Pour 39 % des femmes, ne pas être excisée signifie moins de problèmes de santé. Plus des deux tiers des femmes de niveau secondaire ou plus (69 %) et 64 % de celles du Centre-Sud ont cité cette raison. De même. Le plus grand plaisir de l’homme a été cité comme étant un avantage par 3 % des femmes, en particulier, par 12 % des femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus et 11 % de celles de Ouagadougou. À l’opposé, Le plus grand plaisir de la femme a été cité comme étant un avantage par 4 % des femmes, en particulier par 18 % des femmes de niveau secondaire ou plus et par 14 % de celles de Ouagadougou. Pour moins de 1 % des femmes, ne pas être excisée est en accord avec la religion. Le tableau 12.10.2 présente les proportions d’hommes qui ont cité différents avantages pour une fille de ne pas être excisée. Une proportion aussi importante que celle des femmes (18 %) a déclaré que, pour une fille, ne pas être excisée ne comportait aucun avantage. C’est parmi les hommes de la région du Sahel (31 %) (données présentées au tableau D.12.10.1, en annexe D), ceux de l’ethnie Bissa (38 %), parmi les musulmans (22 %) que cette proportion est la plus élevée. Plus de la moitié des hommes (57 %) ont déclaré que ne pas être excisée évite aux femmes d’avoir des problèmes de santé et pour 27 %, cela évite des souffrances. C’est parmi les hommes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus, ceux des régions du Sud-Ouest, des Cascades (données présentées au tableau D.12.10.2, en annexe D) et ceux des ethnies Lobi et Sénoufo que cette opinion est la plus fréquemment répandue. En outre, pour 9 % des hommes, le fait de ne pas être excisée permet à la femme d’éprouver un plus grand plaisir. Les autres avantages tels que « le plus grand plaisir pour l’homme» et «en accord avec la religion» ont été cités dans des proportions moindres (moins de 5 %). 218 | Excision Tableau 12.10.1 Avantages pour une fille de ne pas être excisée: femmes Pourcentage de femmes qui ont évoqué différents avantages pour une fille de ne pas être excisée, selon les caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Avantages de ne pas être excisée Caractéristique socio-démographique Pas d'avantage Moins de problème de santé Évite la souffrance Plus grand plaisir de la femme Plus grand plaisir de l'homme En accord avec la religion Autre Effectif qui connaissent l'excision Type d'excision Parties de chair enlevées 31,0 36,6 24,2 3,4 2,6 0,3 1,7 8 669 Entaille, pas de chair enlevées 21,1 44,1 29,7 11,8 5,5 1,9 0,9 113 Fermeture du vagin 30,8 36,9 17,8 3,2 1,2 0,4 1,5 189 Non déterminé/NSP 31,9 29,7 29,5 5,2 3,6 1,0 3,2 581 Pas excisées 14,2 49,7 31,8 5,3 3,4 2,7 2,8 2 507 Âge 15-19 30,5 32,6 22,8 3,0 1,7 1,2 2,5 2 620 20-24 26,6 40,6 25,7 4,7 3,5 0,4 2,1 2 195 25-29 26,2 43,0 28,6 4,9 3,1 0,8 1,1 2 023 30-34 26,6 41,1 26,4 3,8 3,2 0,6 1,7 1 549 35-39 27,3 39,1 26,7 3,7 2,6 0,7 2,9 1 479 40-44 25,7 40,3 28,0 3,7 2,7 1,2 1,1 1 172 45-49 27,6 39,9 25,8 3,1 3,5 1,3 2,3 1 023 Milieu de résidence Ouagadougou 18,8 55,2 34,5 14,0 11,2 0,8 7,2 1 403 Autres villes 20,7 51,1 33,2 9,3 6,9 0,8 2,2 1 266 Ensemble urbain 19,7 53,2 33,9 11,8 9,1 0,8 4,8 2 669 Rural 29,7 35,0 23,7 1,7 1,0 0,9 1,2 9 391 Niveau d'instruction Aucune instruction 30,4 33,8 23,6 1,8 1,3 1,0 1,3 8 592 Primaire/Alphabét. 24,7 44,4 28,2 5,0 4,3 0,7 2,3 2 385 Secondaire ou plus 9,9 68,9 39,8 18,2 12,0 0,5 6,4 1 082 Ethnie Bobo 29,4 37,4 35,6 6,3 7,0 0,3 1,1 316 Dioula 19,9 43,0 36,4 6,5 4,0 2,0 1,7 698 Peul 27,2 27,6 15,1 1,7 2,1 1,8 3,4 727 Gourmantché 10,1 58,5 51,0 2,5 2,1 0,0 1,1 831 Gourounsi 17,8 53,2 26,3 6,3 3,8 0,4 2,1 395 Lobi 20,5 41,5 24,2 2,8 2,2 1,3 1,2 615 Mossi 29,0 36,7 23,0 3,6 2,6 0,6 1,8 6 857 Sénoufo 25,2 49,9 37,6 6,4 2,7 0,5 1,5 465 Touareg/Bella 15,6 39,0 13,7 1,8 1,7 10,8 11,4 117 Bissa 59,9 29,6 13,3 2,8 1,9 0,7 0,5 560 Autre 28,5 38,9 29,1 8,2 5,0 2,2 5,6 460 Manquant 48,7 26,5 23,2 0,0 0,0 0,0 0,0 17 Religion Catholique 22,8 47,8 29,8 5,9 3,9 0,8 2,9 2 823 Protestant 15,7 60,8 36,4 9,2 6,8 0,7 3,5 627 Musulman 31,2 34,3 23,5 3,2 2,4 1,0 1,7 7 223 Traditionnel 23,1 35,6 26,4 1,2 1,0 0,4 0,6 1 186 Sans religion/aucun 20,5 43,6 26,9 0,0 0,2 0,0 0,4 198 Quintile de bien-être Le plus pauvre 27,9 31,5 22,6 1,0 0,7 1,4 1,8 2 074 Second 28,4 34,1 25,3 1,1 0,7 0,7 0,9 2 194 Moyen 30,5 36,8 23,6 1,8 1,0 0,7 0,9 2 859 Quatrième 33,2 36,5 22,7 2,3 1,5 0,9 1,1 2 005 Le plus riche 19,6 52,1 33,4 11,1 8,7 0,9 4,5 2 928 Ensemble 27,5 39,1 26,0 3,9 2,8 0,9 2,0 12 060 Note : La somme des pourcentages pas avantage cité peut dépasser 100 % car une femme peut citer plusieurs avantages. Excision | 219 Tableau 12.10.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée: hommes Pourcentage d’hommes qui ont évoqué différents avantages pour une fille de ne pas être excisée, selon les caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Avantages de ne pas être excisée Caractéristique socio-démographique Pas d'avantage Moins de problème de santé Évite la souffrance Plus grand plaisir de la femme Plus grand plaisir de l'homme En accord avec la religion Autre Effectif qui connaissent l'excision Âge 15-19 22,3 44,7 21,4 3,6 1,9 1,2 2,6 710 20-24 18,2 58,9 30,4 9,8 6,4 0,7 3,8 531 25-29 17,9 63,3 25,7 9,9 5,7 1,1 4,3 424 30-34 13,5 64,4 32,6 13,2 6,0 0,7 3,8 395 35-39 11,5 63,7 28,3 10,8 6,8 1,2 3,7 362 40-44 18,0 56,9 27,0 7,4 4,6 3,5 3,0 290 45-49 19,1 53,6 27,0 10,8 5,5 2,9 1,3 260 50-54 17,2 63,5 27,7 8,1 2,0 0,7 2,5 224 55-59 19,9 46,2 17,5 7,0 2,8 4,8 1,5 170 Milieu de résidence Ouagadougou 14,0 64,0 36,2 20,2 10,8 1,4 10,6 461 Autres villes 12,0 67,2 32,1 17,3 9,3 0,8 4,7 391 Ensemble urbain 13,1 65,5 34,4 18,9 10,1 1,2 7,9 852 Rural 19,4 53,7 23,9 5,2 2,8 1,7 1,5 2 514 Niveau d'instruction Aucune instruction 20,3 51,5 25,6 5,0 3,0 1,5 1,7 1 687 Primaire/ lphabét. 19,9 55,7 24,1 6,6 3,3 1,6 2,3 1 079 Secondaire ou plus 7,2 73,1 33,8 22,5 11,8 1,6 9,0 600 Ethnie Bobo 22,8 55,1 28,8 10,6 9,6 0,0 3,2 114 Dioula 15,2 64,8 30,7 10,9 6,8 1,5 2,7 196 Peul 21,4 47,8 27,3 0,5 4,4 3,3 1,7 197 Gourmantché 22,5 56,6 28,3 1,8 1,0 0,8 0,3 250 Gourounsi 23,1 51,1 14,8 9,1 1,8 0,0 3,0 106 Lobi 10,1 72,1 65,4 8,3 3,4 0,3 5,0 189 Mossi 16,3 54,5 24,1 9,1 3,7 1,6 3,1 1 873 Sénoufo 12,0 76,5 32,7 14,3 9,7 0,0 5,1 150 Toureg / Bella 23,4 56,8 18,1 3,1 16,2 22,7 1,4 37 Bissa 37,9 54,9 5,0 15,7 6,6 0,5 0,3 125 Autre 18,1 52,4 18,5 9,9 11,0 1,0 10,7 129 Religion Catholique 10,0 66,6 32,2 12,6 6,3 0,9 4,1 862 Protestant 10,5 67,2 28,2 8,2 4,9 4,3 7,6 144 Musulman 21,5 51,3 22,4 7,9 4,3 1,7 2,6 1 913 Traditionnel 18,6 58,3 33,3 2,4 2,4 1,4 1,5 415 Sans religion/aucun 33,0 46,0 27,5 26,8 6,9 0,0 13,3 32 Quintile de bien-être Le plus pauvre 24,2 50,2 26,6 4,6 2,2 2,5 1,1 509 Second 13,8 53,4 23,8 3,1 2,4 1,4 1,7 643 Moyen 20,8 52,4 22,7 6,5 2,1 1,7 1,6 739 Quatrième 21,8 57,3 22,7 5,0 3,5 1,2 1,6 525 Le plus riche 12,6 65,5 33,5 18,2 10,2 1,2 7,3 949 Ensemble 17,8 56,7 26,6 8,6 4,7 1,5 3,1 3 366 Note : La somme des pourcentages peut dépasser 100 % car un homme peut citer plusieurs avantages. Bien que parmi les avantages d’être ou de ne pas être excisée figurait le fait que l’excision soit exigée par la religion et le fait que ce soit un moyen pour éviter les relations sexuelles avant le mariage, au cours de l’enquête, on a demandé spécifiquement aux femmes et aux hommes s’ils étaient d’accord avec ces deux assertions. Les résultats sont présentés au tableau 12.11. 220 | Excision Tableau 12.11 Croyance au sujet de l'excision Pourcentage de femmes et d'hommes qui connaissent l'excision et qui sont d'accord avec différentes affirmations, par caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes, l'excision Hommes, l'excision Caractéristique socio-démographique Est exigée par la réligion Prévient les relations sexuelles avant le mariage Effectif de femmes Est exigée par la réligion Prévient les relations sexuelles avant le mariage Effectif d'hommes Excision de la mère Excisée 24,8 17,9 9 552 na na na Pas excisée 8,2 7,5 2 507 na na na Âge 15-19 21,5 16,6 2 620 19,4 14,9 710 20-24 22,1 15,6 2 195 21,2 12,1 531 25-29 22,1 15,7 2 023 20,7 20,3 424 30-34 20,3 14,6 1 549 17,3 16,5 395 35-39 20,7 16,3 1 479 19,0 12,8 362 40-44 19,6 13,9 1 172 20,7 14,0 290 45-49 22,8 16,9 1 023 24,5 10,1 260 50-54 na na na 14,5 14,9 224 55-59 na na na 27,6 24,3 170 Milieu de résidence Ouagadougou 20,1 15,5 1 403 18,1 12,6 461 Autres villes 24,9 15,3 1 266 26,0 20,4 391 Ensemble urbain 22,3 15,4 2 669 21,7 16,2 852 Rural 21,1 15,8 9 391 19,6 14,8 2 514 Niveau d'instruction Aucune instruction 22,1 16,2 8 592 21,2 16,6 1 687 Primaire/Alphabét. 21,7 16,6 2 385 20,8 15,1 1 079 Secondaire ou plus 15,0 10,3 1 082 16,0 10,8 600 Ethnie Bobo 22,0 16,6 316 18,5 17,7 114 Dioula 30,4 15,5 698 29,4 13,1 196 Peul 33,5 7,8 727 32,1 4,0 197 Gourmantché 6,3 9,7 831 7,7 24,9 250 Gourounsi 13,9 12,0 395 15,4 15,5 106 Lobi 9,7 16,9 615 12,2 11,1 189 Mossi 21,9 16,6 6 857 19,6 15,7 1 873 Sénoufo 23,2 20,5 465 22,5 12,4 150 Touareg/Bella 17,6 1,9 117 19,4 0,0 37 Bissa 25,0 20,7 560 19,6 12,2 125 Autre 25,1 19,8 460 34,9 22,0 129 Manquant 16,8 23,8 17 na na na Religion Catholique 6,1 14,4 2 823 5,0 11,8 862 Protestant 4,9 11,8 627 9,0 15,4 144 Musulman 29,5 17,1 7 223 27,1 16,6 1 913 Traditionnel 19,2 13,7 1 186 23,0 14,9 415 Sans religion/aucun 7,2 10,2 198 24,2 18,6 32 Quintile de bien-être Le plus pauvre 20,1 13,1 2 074 19,2 11,9 509 Second 18,3 14,1 2 194 17,7 11,7 643 Moyen 21,7 18,1 2 859 19,9 17,8 739 Quatrième 24,0 16,7 2 005 20,8 19,0 525 Le plus riche 22,6 15,8 2 928 22,1 15,0 949 Ensemble 21,4 15,7 12 060 20,1 15,1 3 366 na = Non applicable À la première question, une proportion identique d’hommes et de femmes (respectivement 20 % et 21 %) ont déclaré qu’ils pensaient que l’excision était une pratique exigée par la religion. Cette proportion est particulièrement élevée chez les femmes des ethnies Peul et Dioula (respective- ment, 34 % et 30 %) et parmi celles de religion musulmane (30 %). Chez les hommes, c’est également parmi ceux des ethnies Peul et Dioula (respectivement, 32 % et 29 %) ainsi que chez les musulmans que cette opinion est la plus répandue (27 %). Excision | 221 À la deuxième question, 16 % des femmes et 15 % des hommes ont déclaré qu’ils pensaient que l’excision était un moyen d’empêcher les relations sexuelles avant le mariage. C’est dans l’ethnie Bissa et Sénoufo (21 % dans les deux cas) que cette opinion est particulièrement répandue. Chez les hommes, on constate que ce sont surtout ceux de l’ethnie Gourmantché (25 %) qui sont le plus fréquemment en accord avec cette déclaration. Opinions sur l’excision On a également demandé aux femmes et aux hommes enquêtés leur opinion sur la poursuite ou l’abandon de l’excision. Les résultats présentés au tableau 12.12.1 et au Graphique 12.4 montrent qu’au niveau global, moins d’une femme sur cinq (17 %) pense que l’excision est une pratique qui devrait être maintenue alors que la loi en interdit la pratique. À l’opposé, 74 % ont déclaré qu’elle Table 12.12.1 Opinion par rapport à l'excision selon les caractéristiques socio-démographiques : femmes Répartition (en %) des femmes connaissant l'excision selon leur opinion concernant le maintien ou l'abandon de cette pratique, selon les caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Excision devrait disparaître Excision devrait être maintenue Ça dépend NSP Total Effectif de femmes connaissant l'excision Âge 15-19 71,2 19,0 2,7 7,1 100,0 2 620 20-24 74,7 18,0 3,3 3,9 100,0 2 195 25-29 75,6 16,9 3,4 4,1 100,0 2 023 30-34 76,3 15,8 4,6 3,3 100,0 1 549 35-39 74,1 15,7 5,6 4,6 100,0 1 479 40-44 74,8 14,9 6,1 4,2 100,0 1 172 45-49 73,0 16,9 5,4 4,7 100,0 1 023 Milieu de résidence Ouagadougou 81,6 9,9 3,9 4,6 100,0 1 403 Autres villes 80,2 13,5 3,6 2,6 100,0 1 266 Ensemble urbain 81,0 11,6 3,8 3,6 100,0 2 669 Rural 72,1 18,6 4,2 5,0 100,0 9 391 Région Ouagadougou 81,6 9,9 3,9 4,6 100,0 1 403 Boucle du Mouhoun 68,5 19,5 7,6 4,4 100,0 905 Centre (Sans Ouaga.) 75,1 15,5 5,7 3,7 100,0 233 Centre-Sud 83,7 6,3 2,7 7,2 100,0 661 Plateau Central 67,4 15,9 6,8 9,3 100,0 598 Centre-Est 76,7 16,9 3,6 2,7 100,0 1 033 Centre-Nord 74,1 15,8 4,3 5,7 100,0 1 023 Centre-Ouest 71,1 21,2 3,8 3,8 100,0 866 Est 88,2 5,5 2,6 3,7 100,0 874 Nord 71,7 19,3 2,5 6,3 100,0 1 100 Cascades 74,8 13,2 5,3 6,7 100,0 403 Hauts-Bassins 61,2 28,1 6,5 4,2 100,0 1 590 Sahel 69,4 25,9 0,6 4,1 100,0 792 Sud-Ouest 83,9 15,1 0,2 0,8 100,0 580 Niveau d'instruction Aucune instruction 71,1 18,8 4,6 5,5 100,0 8 592 Primaire/Alphabét. 77,0 16,2 3,0 3,6 100,0 2 385 Secondaire ou plus 90,9 5,5 2,4 1,2 100,0 1 082 Religion Catholique 83,1 9,7 3,5 3,6 100,0 2 823 Protestant 89,0 4,8 3,5 2,6 100,0 627 Musulman 69,0 21,0 4,5 5,4 100,0 7 223 Traditionnel 74,5 18,2 3,3 4,0 100,0 1 186 Sans religion/aucun 79,2 10,4 4,4 6,0 100,0 198 Quintile de bien-être Le plus pauvre 72,1 18,0 4,4 5,4 100,0 2 074 Second 72,7 17,6 4,1 5,7 100,0 2 194 Moyen 70,8 19,7 3,9 5,5 100,0 2 859 Quatrième 72,6 18,4 4,7 4,2 100,0 2 005 Le plus riche 80,7 12,6 3,6 3,1 100,0 2 928 Ensemble 74,1 17,1 4,1 4,7 100,0 12 060 222 | Excision devrait disparaître et 5 % n’ont pas su se prononcer. À l’exception des régions des Hauts-Bassins (28 %), du Sahel (26 %) et du Centre Ouest (21 %) où les proportions de femmes favorables au maintien de l’excision sont plus élevées qu’au niveau national (17 %), partout ailleurs et quelle que soit la catégorie socio-démographique, la grande majorité des femmes pense que la pratique de l’excision devrait disparaître. Le tableau 12.12.2 présente la répartition des hommes selon qu’ils sont favorables ou non à l’abandon de l’excision. Une proportion d’hommes légèrement plus faible que celle des femmes (13 % contre 17 %) s’est déclarée favorable au maintien de cette pratique, malgré l’existence d’une loi qui en interdit la pratique. À l’opposé, plus de trois hommes sur cinq (76 %) pensent qu’elle devrait disparaître. Les résultats selon l’âge ne font pas apparaître de tendances. Selon les régions, on constate comme chez les femmes, que c’est dans les régions du Sahel et des Hauts bassins que les proportions d’hommes qui pensent qu’il faudrait maintenir cette pratique sont les plus élevées (respectivement, 21 % et 22 %). Quant aux résultats selon le niveau d’instruction, ils montrent, comme chez les femmes, que la grande majorité des hommes ayant une instruction secondaire ou plus se sont déclarés contre le maintien de cette pratique (87 %). Graphique 12.4 Proportions de femmes favorables à l’abandon de la pratique de l’excision selon la région EDSBF-III 2003 Burkina Faso REGION Ouagadougou Boucle du Mouhoun Centre Centre-Sud Plateau Central Centre-Est Centre-Nord Centre-Ouest Est Nord Cascades Hauts-Bassins Sahel Sud-Ouest 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Excision | 223 Table 12.12.2 Opinion par rapport à l'excision selon les caractéristiques socio-démographiques : hommes Répartition (en %) des hommes connaissant l'excision selon leur opinion concernant la continuation ou l'abandon de cette pratique, selon les caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Excision devrait disparaître Excision devrait être maintenue Ça dépend NSP Total Effectif d’hommes connaissant l'excision Âge 15-19 71,8 18,9 3,2 6,1 100,0 710 20-24 81,9 9,7 4,9 3,5 100,0 531 25-29 78,4 11,8 5,8 3,9 100,0 424 30-34 81,0 11,3 6,5 1,1 100,0 395 35-39 78,5 11,3 6,8 3,4 100,0 362 40-44 71,5 13,5 10,5 4,4 100,0 290 45-49 72,4 16,7 6,8 4,1 100,0 260 50-54 77,5 7,7 9,3 5,5 100,0 224 55-59 62,0 14,5 18,7 4,8 100,0 170 Milieu de résidence Ouagadougou 78,5 12,5 6,9 2,1 100,0 461 Autres villes 76,2 15,6 6,7 1,4 100,0 391 Ensemble urbain 77,4 13,9 6,9 1,8 100,0 852 Rural 75,4 13,0 6,6 4,9 100,0 2 514 Région Ouagadougou 78,5 12,5 6,9 2,1 100,0 461 Boucle du Mouhoun 71,8 14,0 9,5 4,6 100,0 237 Centre (Sans Ouaga.) 78,5 12,2 8,0 1,3 100,0 71 Centre-Sud 88,2 7,0 0,6 4,2 100,0 202 Plateau Central 83,1 10,7 4,1 2,1 100,0 173 Centre-Est 75,0 14,9 7,1 3,0 100,0 243 Centre-Nord 84,9 8,7 4,3 2,1 100,0 239 Centre-Ouest 70,8 9,6 10,6 8,9 100,0 209 Est 81,0 11,0 5,2 2,8 100,0 251 Nord 73,9 12,5 9,1 4,5 100,0 256 Cascades 85,4 11,4 2,3 0,9 100,0 120 Hauts-Bassins 66,6 21,7 6,3 5,5 100,0 520 Sahel 61,9 20,9 13,1 4,1 100,0 221 Sud-Ouest 82,8 2,7 4,1 10,4 100,0 163 Niveau d'instruction Aucune instruction 73,0 14,5 7,5 4,9 100,0 1 687 Primaire/Alphabét. 74,2 13,4 7,7 4,7 100,0 1 079 Secondaire ou plus 87,2 9,3 2,6 0,9 100,0 600 Religion Catholique 86,0 6,1 5,0 2,8 100,0 862 Protestant 87,9 4,1 6,2 1,9 100,0 144 Musulman 70,0 17,2 8,2 4,5 100,0 1 913 Traditionnel 79,2 11,7 3,4 5,7 100,0 415 Sans religion/aucun 62,9 31,8 2,6 2,7 100,0 32 Quintile de bien-être Le plus pauvre 72,8 14,2 8,8 4,3 100,0 509 Second 77,3 9,4 7,5 5,9 100,0 643 Moyen 75,2 13,6 6,3 4,9 100,0 739 Quatrième 74,6 16,1 5,0 4,2 100,0 525 Le plus riche 78,0 13,5 6,2 2,2 100,0 949 Ensemble 75,9 13,2 6,7 4,1 100,0 3 366 224 | Excision En plus de demander aux femmes si elles pensaient que la pratique de l’excision devait être maintenue ou disparaître, on leur a posé la question suivante : "Pensez-vous que les hommes tiennent à ce que la pratique de l’excision soit conservée ou, au contraire, pensez-vous qu’ils sont favorables à son abandon ?" Une question similaire a été posée aux hommes. Les réponses à ses questions, présentées au tableau 12.13, permettent de mesurer l’écart qui peut exister entre l’opinion des femmes et l’idée qu’elles se font de l’opinion des hommes et, de même, entre l’opinion des hommes et l’idée qu’ils se font de l’opinion des femmes. Table 12.13 Opinion des femmes et des hommes concernant la continuation ou l’abandon de l’excision Répartition (en %) des femmes et des hommes connaissant l'excision, selon leur opinion concernant la continuation ou l'abandon de cette pratique et selon leur perception de l'opinion du sexe opposé, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Opinion Femmes Hommes Enquêté(e) pense que la pratique de l'excision doit être maintenue 17,1 13,2 - Pense que le sexe opposé souhaite que l'excision soit maintenue 9,5 8,7 - Pense que le sexe opposé souhaite que l'excision disparaisse 2,3 1,8 - Ne connaît pas l'opinion du sexe opposé 5,3 2,8 Enquêté(e) pense que la pratique de l'excision doit disparaître 74,1 75,9 - Pense que le sexe opposé souhaite que l'excision soit maintenue 3,2 3,3 - Pense que le sexe opposé souhaite que l'excision disparaisse 54,2 62,2 - Ne connaît pas l'opinion du sexe opposé 16,6 10,4 Pas sûr(e) 8,9 10,8 Total 100,0 100,0 Effectif 12 060 3 366 On constate que parmi les femmes qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être maintenue (17 %), plus de la moitié (10 %) pensent que les hommes sont du même avis, c’est-à-dire qu’ils sont favorables au maintien de l’excision. Parallèlement, parmi les femmes qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être abandonnée (74 %), plus de la moitié (54 %) pensent que les hommes sont également du même avis, c’est-à-dire qu’ils sont favorables à la disparition de cette pratique. Globalement, on peut dire que les femmes ont une bonne connaissance de l’opinion des hommes en la matière. Du point de vue des hommes, on constate que parmi ceux qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être maintenue (13 %), la majorité (9 %) pensent que les femmes sont du même avis, c’est-à-dire qu’elles sont favorables au maintien de l’excision. Parallèlement, parmi les hommes qui ont déclaré que la pratique de l’excision devait être abandonnée (76 %), plus de la moitié (62 %) pensent que les femmes sont du même avis, c’est-à-dire qu’elles sont favorables à la disparition de cette pratique. Globalement, là encore, on constate une bonne connaissance par les hommes de l’opinion des femmes en la matière. Circoncision | 225 CIRCONCISION 13 Bernard Dembélé La circoncision, pratique consistant essentiellement en l’ablation du prépuce, est fondée avant tout sur des arguments religieux. Citée dans la Bible, la circoncision est pratiquée par les Juifs et les Musulmans ainsi que par certains groupes chrétiens. Dans le monde, environ un homme sur six est circoncis (Williams et Kapila, 1993). Aux arguments religieux et culturels, s’ajoutent des raisons d’hygiène et, tout récemment, des arguments médicaux selon lesquels la circoncision aurait un rôle protecteur contre l’infection à VIH ont été avancés. Au cours de l’EDSBF-III, des données ont été collectées sur la prévalence de la circoncision parmi les hommes enquêtés, sur l’âge à la circoncision et sur le type de personnes qui a pratiqué l’intervention. En outre, en demandant aux hommes enquêtés si leur fils était circoncis ou le serait, on a cherché à savoir si cette pratique se maintenait dans les jeunes générations. 13.1 PRATIQUE DE LA CIRCONCISION CHEZ LES HOMMES ENQUÊTÉS Au Burkina Faso, la quasi-totalité des hommes de 15-59 ans ont été circoncis (90 %) (tableau 13.1). Quelle que soit la caractéristique socio-démographique, les proportions sont élevées et témoignent de l’homogénéité de la pratique. Cependant, quelques disparités méritent d’être signalées : dans les régions (données présentés au tableau D.13.1, en Annexe D) du Centre-Ouest (59 %) et surtout dans celle du Sud-Ouest (27 %), la circoncision est moins fréquemment pratiquée qu’ailleurs (au moins 87 %). De même, les ethnies Gourounsi, Bobo, et surtout Lobi se distinguent des autres groupes par une proportion d’hommes circoncis beaucoup plus faible qu’ailleurs (respectivement, 58 %, 79 % et 28 % contre plus de 90 % dans les autres ethnies (graphique 13.1). C’est chez les Peul et les Gourmantché que la fréquence de la circoncision est la plus élevée (99 %). Il faut également remarquer qu’à Ouagadougou, la proportion d’hommes circoncis est nettement plus élevée qu’en milieu rural (97 % contre 88 %) et que dans les ménages les plus riches, les hommes circoncis sont proportionnellement plus nombreux que dans les ménages les plus pauvres (97 % contre 87 %). Enfin, bien que les proportions soient importantes parmi les Chrétiens (plus de 80 %), c’est parmi les musulmans que la proportion d’hommes circoncis est la plus élevée (98 %). Aux hommes qui avaient déclaré avoir été circoncis, on a demandé qui avait pratiqué l’intervention. Dans la moitié des cas (50 %), les hommes ont déclaré avoir été circoncis par un praticien traditionnel et dans près de deux cas sur cinq (37 %), c’est un professionnel de la santé qui a pratiqué l’intervention. Les résultats selon l’âge mettent en évidence des proportions d’hommes circoncis par un professionnel de la santé plus élevées aux jeunes âges qu’aux âges élevés, cela reflétant une tendance à la médicalisation de cette pratique. En effet, de 22 %, en moyenne, parmi les 40-59 ans, la proportion est passée à 42 %, en moyenne, parmi les 15-39 ans. On constate également qu’à Ouagadougou (58 %), parmi les hommes des régions du Centre et de ceux du Sud-Ouest (respectivement, 64 % et 77 %), parmi ceux qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus, (58 %) et parmi ceux qui vivent dans les ménages les plus riches (53 %), le recours à un professionnel de la santé est plus fréquent qu’ailleurs. 226 | Circoncision Tableau 13.1 Pratique de la circoncision Proportion d'hommes circoncis et répartition (en %) des hommes circoncis par personne qui à procédé á la circoncision selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Personne qui à procédé á la circoncision Caractéristique socio-démographique Proportion des hommes circoncis Effectif d'hommes Professionnel de la santé Initiation traditionnelle Non déterminé/ NSP Total Effectif d'hommes circoncis Âge 15-19 85,5 877 41,5 38,3 20,1 100,0 750 20-24 92,3 563 45,4 37,3 17,3 100,0 520 25-29 92,4 438 42,8 42,5 14,7 100,0 405 30-34 93,0 404 38,0 51,3 10,7 100,0 376 35-39 92,6 370 39,2 54,1 6,7 100,0 343 40-44 92,9 294 25,2 66,0 8,8 100,0 273 45-49 87,8 262 23,7 71,1 5,2 100,0 230 50-54 86,0 226 21,8 73,0 5,2 100,0 194 55-59 83,3 171 17,6 80,2 2,2 100,0 142 Milieu de résidence Ouagadougou 97,2 464 57,6 29,0 13,4 100,0 451 Autres villes 92,8 403 49,2 28,1 22,7 100,0 374 Ensemble urbain 95,1 867 53,8 28,6 17,6 100,0 825 Rural 88,0 2 738 30,9 57,9 11,1 100,0 2 408 Niveau d'instruction Aucune instruction 87,0 1 844 27,1 62,2 10,7 100,0 1 604 Primaire/Alphabét. 92,8 1 153 40,4 47,0 12,5 100,0 1 070 Secondaire ou plus 92,0 608 57,5 23,2 19,3 100,0 559 Ethnie Bobo 78,8 118 39,6 37,5 23,0 100,0 93 Dioula 98,0 220 24,1 60,7 15,2 100,0 216 Peul 98,7 228 16,3 79,6 4,1 100,0 225 Gourmantché 99,2 261 12,5 80,7 6,8 100,0 259 Gourounsi 58,3 133 28,8 52,5 18,7 100,0 77 Lobi 27,9 194 76,7 17,3 6,0 100,0 54 Mossi 94,4 1 968 44,9 42,6 12,4 100,0 1 859 Sénoufo 91,8 153 41,6 35,5 22,9 100,0 140 Touareg/Bella 91,2 47 23,0 71,6 5,3 100,0 43 Bissa 95,8 137 15,2 54,8 30,0 100,0 131 Autre 92,7 145 31,6 61,3 7,0 100,0 134 Manquant 100,0 2 100,0 0,0 0,0 100,0 2 Religion Catholique 83,4 899 46,8 39,8 13,4 100,0 750 Protestant 86,7 149 47,4 43,2 9,4 100,0 129 Musulman 97,8 2 081 34,5 52,1 13,4 100,0 2 035 Traditionnel 65,6 443 22,2 72,1 5,7 100,0 291 Sans religion/aucun 82,7 32 37,3 23,1 39,6 100,0 26 Autre 100,0 2 0,0 100,0 0,0 100,0 2 Quintile de bien-être Le plus pauvre 87,4 565 18,5 73,8 7,7 100,0 494 Second 81,5 702 33,3 57,0 9,7 100,0 572 Moyen 89,5 791 30,7 57,6 11,7 100,0 708 Quatrième 90,2 576 36,6 47,0 16,4 100,0 519 Le plus riche 96,7 971 53,2 30,7 16,1 100,0 939 Ensemble 89,7 3 605 36,8 50,4 12,8 100,0 3 233 Circoncision | 227 On a également demandé aux hommes qui avaient déclaré avoir été circoncis, leur âge au moment de cette intervention. Les résultats sont présentés au tableau 13.2. Dans un quart des cas, la circoncision a eu lieu très tôt, entre 0-1 ans et, dans plus de la moitié des cas (54 %), la circoncision a eu lieu avant l’âge de 9 ans. Cependant, pour près d’un quart (23 %), cette intervention a eu lieu relativement tard, à 10-14 ans. Enfin, on constate que dans 7 % des cas, les hommes n’ont pas pu donner une réponse, ce qui peut vouloir dire que pour ces hommes, l’intervention a été pratiquée très tôt dans la petite enfance et qu’ils ne s’en souviennent plus. Selon l’âge, on constate que les proportions d’hommes circoncis à un âge tardif diminuent des générations anciennes aux plus récentes : parmi les hommes de 40-59 ans, en moyenne, 29 % ont déclaré avoir été circoncis à 15 ans et plus contre 17 % parmi ceux de 30-39 ans, et moins de 10 % chez les moins de 25 ans. À l’opposé, les proportions d’hommes qui ont été circoncis très tôt entre 0-1 an augmentent des générations les plus anciennes aux plus jeunes (14 % parmi les 40 ans ou plus contre 29 % à moins de 40 ans), ce qui serait le signe d’une tendance au rajeunissement de l’âge auquel cette intervention est pratiquée. En plus des modifications selon l’âge, on constate des disparités selon certaines caractéristiques socio-démographiques concernant l’âge auquel est pratiquée cette intervention. Dans la majorité des ethnies, plus du tiers des hommes ont été circoncis très tôt (0-1 an). Cependant, certaines ethnies comme les Peul, les Dioula et les Mossi se distinguent par un âge plus tardif puisque respectivement, 72 %, 46 % et 53 % ont été circoncis entre 5-14 ans. Enfin, c’est dans les ethnies Gourmantché et Lobi que les proportions d’hommes circoncis à 15 ans et plus sont les plus élevées (respectivement, 35 % et 39 %). Les résultats par région sont assez disparates : néanmoins, on constate que quelle que soit la région, pour plus d’un tiers des hommes, la circoncision a eu lieu entre 5 et 14 ans. Seules les régions de l’Est (38 %) et du Sud-Ouest (40 %) se distinguent par des proportions relativement élevées d’hommes ayant été circoncis à 15 ans et plus. Dans les régions de Ouagadougou (75 %) et du Sahel (72 %), les trois-quarts des hommes ont été circoncis avant l’âge de 9 ans et très peu ont subi cette intervention à 15 ans ou plus (5 %). À l’opposé dans la région Nord, dans seulement 7 % des cas, la circoncision a été effectuée à un âge très jeune (0-1 an) et par contre, la quasi-totalité des hommes (91 %) ont été circoncis à partir de 5 ans. Graphique 13.1 Proportion d’hommes circoncis selon l’ethnie EDSBF-III 2003 Burkina Faso ETHNIE Gourmantché Peul Dioula Bissa Mossi Sénoufo Touareg/Bella Bobo Gourounsi Lobi 0 20 40 60 80 100 Pourcentage 228 | Circoncision Tableau 13.2 Âge des enquêtés à la circoncision Répartition (en %) d'hommes circoncis par âge à la circoncision, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Âge à la circoncision Caractéristique socio-démographique 0-1 2-4 5-9 10-14 15+ NSP Total Effectif d'hommes circoncis Âge 15-19 29,7 8,6 25,3 19,7 3,9 12,8 100,0 750 20-24 31,6 9,2 26,6 15,2 8,2 9,1 100,0 520 25-29 33,8 4,2 24,0 20,2 11,4 6,3 100,0 405 30-34 26,0 4,4 27,0 22,2 15,2 5,3 100,0 376 35-39 20,3 5,3 20,3 31,0 19,1 4,0 100,0 343 40-44 14,5 1,4 21,3 31,6 26,2 4,9 100,0 273 45-49 12,5 0,6 24,2 28,0 29,7 5,0 100,0 230 50-54 11,7 4,8 17,3 31,0 32,9 2,2 100,0 194 55-59 17,3 3,6 14,7 32,5 28,0 4,0 100,0 142 Milieu de résidence Ouagadougou 45,0 6,1 24,1 16,6 4,6 3,6 100,0 451 Autres villes 34,9 6,2 19,6 15,4 7,8 16,2 100,0 374 Ensemble urbain 40,4 6,1 22,1 16,1 6,0 9,3 100,0 825 Rural 19,7 5,5 24,2 25,9 18,0 6,7 100,0 2 408 Niveau d'instruction Aucune instruction 20,5 5,8 21,6 26,1 18,5 7,4 100,0 1 604 Primaire/Alphabét. 21,2 5,3 26,5 25,0 15,3 6,7 100,0 1 070 Secondaire ou plus 45,0 6,2 24,0 12,3 4,1 8,4 100,0 559 Ethnie Bobo 38,1 8,7 7,9 6,8 10,7 27,9 100,0 93 Dioula 32,4 7,2 30,0 16,1 7,1 7,3 100,0 216 Peul 13,7 9,2 45,1 26,5 3,0 2,6 100,0 225 Gourmantché 34,9 2,2 9,0 18,4 34,9 0,7 100,0 259 Gourounsi 38,6 6,4 16,1 13,9 13,0 12,0 100,0 77 Lobi 34,0 1,2 15,7 3,9 39,4 5,9 100,0 54 Mossi 20,1 4,3 24,0 29,2 15,4 7,1 100,0 1 859 Sénoufo 39,0 14,7 13,8 8,4 12,1 11,9 100,0 140 Touareg/Bella 35,3 27,2 33,2 2,9 0,0 1,4 100,0 43 Bissa 37,0 4,6 26,5 12,9 5,1 13,9 100,0 131 Autre 30,7 8,4 22,9 16,3 15,4 6,4 100,0 134 Manquant 0,0 0,0 100,0 0,0 0,0 0,0 100,0 2 Religion Catholique 26,7 6,0 20,7 22,6 15,5 8,6 100,0 750 Protestant 27,5 3,7 16,0 18,8 28,0 6,0 100,0 129 Musulman 23,5 6,2 27,0 24,7 11,5 7,0 100,0 2 035 Traditionnel 26,8 2,2 13,1 18,9 32,9 6,0 100,0 291 Sans religion/aucun 50,7 4,7 1,4 14,1 8,8 20,4 100,0 26 Autre 100,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 2 Quintile de bien-être Le plus pauvre 22,2 6,0 21,4 21,4 23,5 5,4 100,0 494 Second 16,8 4,7 22,7 27,9 22,0 5,9 100,0 572 Moyen 20,7 4,7 23,3 30,0 14,8 6,4 100,0 708 Quatrième 20,3 7,8 25,2 22,9 14,9 8,8 100,0 519 Le plus riche 37,2 5,8 24,8 16,8 6,3 9,1 100,0 939 Ensemble 25,0 5,7 23,7 23,4 15,0 7,3 100,0 3 233 13.2 PRATIQUE DE LA CIRCONCISION CHEZ LES FILS DES HOMMES ENQUÊTÉS Au cours de l’enquête, on a demandé aux hommes qui avaient au moins un fils vivant, si leur fils était circoncis et dans le cas d’une réponse négative, s’ils avaient l’intention de les faire circoncire. Les résultats sont présentés au tableau 13.3. On constate que les deux tiers des enquêtés (66 %) ayant au moins un fils vivant avaient déjà fait circoncire au moins l’un de leurs fils, 25 % avaient l’intention de le faire et au contraire, 7 % n’avaient pas l’intention de le faire et, dans 2 % des cas, les hommes étaient indécis. Globalement, la quasi-totalité (92 %) des fils sont ou seront circoncis. C’est parmi les hommes qui n’ont pas été Circoncision | 229 circoncis que l’on observe la proportion la plus élevée de ceux qui n’ont pas l’intention de faire circoncire leur fils (67 %). Dans les régions du Centre-Ouest et du Sud-Ouest, on constate également des proportions relativement élevées d’hommes qui n’ont pas l’intention de faire circoncire leur fils (respectivement, 27 % et 43 %) ; rappelons que ces régions sont celles où la fréquence de la circoncision est la plus faible. De même, chez les Lobi, qui est l’ethnie où l’on compte le moins d’hommes circoncis, 44 % n’ont pas l’intention de perpétuer cette tradition. Les hommes qui n’ont pas l’intention de faire circoncire leur fils sont proportionnellement plus nombreux en milieu rural qu’en milieu urbain (8 % contre 3 %) et parmi ceux sans instruction que parmi ceux qui ont un niveau d’instruction (9 % contre 4 % pour le niveau primaire et 1 % pour le secondaire ou plus). Tableau 13.3 Pratique de la circoncision parmi les fils des hommes enquêtés Répartition (en %) des hommes ayant au moins un fils en vie selon qu'au moins un de ses fils a été circoncis et si non selon qu'ils ont ou non l'intention de le/les faire circoncire, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Caractéristique socio-démographique Au moins un fils circoncis  l'intention de faire circoncire son/ses fils N'a pas l'intention de faire circoncire son/ses fils NSP Total Effectif d'hommes ayant au moins un fils vivant Circoncision du père Circoncis 72,7 26,1 0,4 0,8 100,0 1 460 Pas circoncis 9,6 15,7 66,9 7,8 100,0 160 Âge 15-19 0,0 100,0 0,0 0,0 100,0 1 20-24 25,2 66,2 6,0 2,6 100,0 50 25-29 34,6 57,1 6,7 1,6 100,0 139 30-34 45,8 49,0 3,5 1,7 100,0 231 35-39 69,0 23,6 5,1 2,3 100,0 296 40-44 73,0 20,7 5,8 0,4 100,0 274 45-49 79,6 11,2 8,0 1,2 100,0 248 50-54 82,0 7,4 9,4 1,2 100,0 214 55-59 79,5 5,8 13,1 1,6 100,0 167 Milieu de résidence Ouagadougou 86,6 11,8 0,0 1,6 100,0 136 Autres villes 82,0 11,4 5,2 1,3 100,0 143 Ensemble urbain 84,3 11,6 2,7 1,4 100,0 279 Rural 62,7 27,9 7,9 1,5 100,0 1 341 Niveau d'instruction Aucune instruction 63,9 25,6 9,1 1,4 100,0 987 Primaire/Alphabét. 67,2 27,1 4,4 1,3 100,0 503 Secondaire ou plus 83,3 13,4 1,3 1,9 100,0 130 Ethnie Bobo 51,8 20,8 27,5 0,0 100,0 55 Dioula 79,4 20,6 0,0 0,0 100,0 115 Peul 70,9 26,5 1,1 1,6 100,0 124 Gourmantché 53,5 45,5 0,0 1,0 100,0 135 Gourounsi 67,8 11,9 17,1 3,2 100,0 54 Lobi 19,8 28,9 43,6 7,8 100,0 97 Mossi 67,5 26,2 5,0 1,2 100,0 814 Sénoufo 90,9 5,6 3,5 0,0 100,0 80 Touareg/Bella 77,9 22,1 0,0 0,0 100,0 15 Bissa 87,5 8,9 3,6 0,0 100,0 62 Autre 75,2 23,2 0,0 1,6 100,0 70 Religion Catholique 65,5 21,2 11,9 1,5 100,0 352 Protestant 66,6 24,3 9,1 0,0 100,0 68 Musulman 72,4 25,5 1,0 1,1 100,0 927 Traditionnel 47,6 29,1 21,2 2,1 100,0 258 Sans religion/aucun 42,2 26,4 11,0 20,4 100,0 15 Quintile de bien-être Le plus pauvre 57,6 31,3 8,7 2,4 100,0 278 Second 55,1 29,7 13,1 2,1 100,0 350 Moyen 64,9 27,8 6,2 1,1 100,0 386 Quatrième 71,5 21,7 6,2 0,5 100,0 274 Le plus riche 83,5 14,7 0,6 1,2 100,0 332 Ensemble 66,4 25,1 7,0 1,5 100,0 1 620 230 | Circoncision Le tableau 13.4 présente la répartition des fils qui ont été circoncis le plus récemment selon l’âge à la circoncision. On constate tout d’abord que 67 % des fils ont été circoncis avant l’âge de 5 ans : 47 % à 0-1 an et 20 % à 2-4 ans. Par rapport aux pères, on constate donc que les fils sont circoncis à des âges plus jeunes puisque 31 % des pères avaient été circoncis avant l’âge de cinq ans : 25 % entre 0-1 an et 6 % à 2-4 ans. De plus, à 15 ans et plus, seulement 1 % des fils ont été circoncis contre 15 % pour les pères (graphique 13.2). Les résultats montrent que quelle que soit la caractéristique socio-démographique du père, la circoncision est effectuée à un âge beaucoup plus jeune pour les fils que pour les pères. Tableau 13.4 Âge des fils à la circoncision Répartition (en %) des fils circoncis par âge à la circoncision, selon les caractéristiques socio-démographiques du père, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Age à la circoncision des fils Caractéristique des pères 0-1 2-4 5-9 10-14 15+ NSP Total Effectif de fils circoncis le plus récemment Age 20-24 84,7 12,3 0,0 0,0 0,0 3,0 100,0 13 25-29 79,8 15,7 2,9 0,0 0,0 1,7 100,0 48 30-34 59,7 26,4 7,6 0,6 0,0 5,7 100,0 106 35-39 51,9 21,9 15,3 5,3 0,6 5,0 100,0 204 40-44 41,8 19,5 24,1 11,7 0,0 2,8 100,0 200 45-49 44,7 16,1 21,9 10,3 2,6 4,3 100,0 198 50-54 35,4 17,2 31,6 9,5 2,1 4,2 100,0 175 55-59 36,8 24,5 20,4 14,8 3,4 0,0 100,0 133 Milieu de résidence Ouagadougou 66,0 24,8 7,3 0,0 0,0 1,9 100,0 118 Autres villes 59,3 14,5 10,5 2,5 1,0 12,2 100,0 117 Ensemble urbain 62,7 19,7 8,9 1,2 0,5 7,0 100,0 235 Rural 42,0 20,1 23,0 10,5 1,6 2,7 100,0 841 Niveau d'instruction Aucune instruction 43,1 21,3 22,3 8,0 2,2 3,1 100,0 630 Primaire/Alphabét. 43,5 20,7 20,4 11,7 0,3 3,4 100,0 338 Secondaire ou plus 76,0 10,4 4,9 1,5 0,0 7,1 100,0 108 Ethnie Bobo 71,5 13,2 2,5 0,0 0,0 12,8 100,0 28 Dioula 48,0 14,8 22,5 6,8 0,0 7,9 100,0 91 Peul 32,6 23,8 36,9 5,6 0,0 1,2 100,0 88 Gourmantché 54,2 12,1 11,5 16,7 5,6 0,0 100,0 72 Gourounsi 60,0 21,3 18,7 0,0 0,0 0,0 100,0 36 Lobi 63,1 18,3 8,7 0,0 0,0 9,9 100,0 19 Mossi 37,3 22,2 23,7 11,6 1,7 3,5 100,0 549 Sénoufo 66,8 18,2 6,3 0,3 0,9 7,5 100,0 72 Touareg/Bella 52,3 47,7 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 12 Bissa 76,9 18,3 4,8 0,0 0,0 0,0 100,0 55 Autre 63,7 12,7 13,6 8,2 0,9 0,9 100,0 53 Religion Catholique 50,3 25,0 15,1 3,9 1,6 4,1 100,0 231 Protestant 63,3 23,4 9,4 1,4 0,0 2,5 100,0 45 Musulman 43,4 18,2 23,5 10,0 0,9 4,0 100,0 671 Traditionnel 48,0 20,1 14,7 12,1 3,7 1,4 100,0 123 Sans religion/aucun 94,0 6,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 6 Quintile de bien-être Le plus pauvre 39,5 22,9 24,5 8,9 2,5 1,6 100,0 160 Second 35,1 20,9 28,2 12,5 1,2 2,1 100,0 193 Moyen 42,4 17,2 23,5 10,4 1,7 4,8 100,0 251 Quatrième 46,8 22,6 18,1 10,0 1,8 0,7 100,0 196 Le plus riche 62,1 18,4 9,7 2,7 0,2 6,9 100,0 277 Ensemble 46,5 20,0 20,0 8,5 1,4 3,6 100,0 1 076 Circoncision | 231 Malgré un maintien de la pratique de la circoncision à un niveau élevé dans les jeunes générations, les résultats mettent donc en évidence une tendance certaine au rajeunissement (graphique 13.2) de l’âge auquel est pratiqué cette intervention et une tendance à la médicalisation de cette procédure (graphique 13.3). Graphique 13.2 Âge à la circoncision des hommes circoncis et des fils circoncis EDSBF-III 2003 25 6 24 23 15 47 20 20 9 1 0-1 2-4 5-9 10-14 15 ou + 0 10 20 30 40 50 60 Hommes Fils Graphique 13.3 Personnes ayant procédé à la circoncision selon la génération des pères et celle des fils 50.5 36.8 12.8 35.6 62.4 2 Circoniseurs traditionnels Médecins infirmiers Ne sait pas 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Génération des pères Génération des fils EDSBF-III 2003 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 233 VIH/SIDA ET INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES 14 Dr Didier Bakouan, Antoine Somda, et Soumaila Mariko Dès la reconnaissance par le Gouvernement de l'existence de cas de sida au Burkina Faso en 1986, une logique d'intervention pour endiguer la multiplication des cas a été entreprise. En 1987, à la suite de concertations nationales et internationales, des orientations politiques en faveur d'une meilleure connaissance de l'épidémie et d'une réponse organisée ont été annoncées. Sur la période 1987-2003 quatre phases se sont succédées. La première phase, couvrant la période 1987-1995, a été caractérisée par l'installation du Comité technique, l'élaboration du Programme National de lutte contre le Sida (PNLS) et la mise en oeuvre de trois plans d'interventions, l'un à court terme (1987-1989) et les deux autres à moyen terme (PMT1 de 1990 à 1992 et PMT2 de 1993 à 1995). La seconde phase de 1996 à 1998 s’est caractérisée par le renforcement politique, matériel et financier du rôle du Gouvernement et par des changements dans l'organisation de la lutte contre le sida au Burkina Faso par l’intermédiaire notamment du lancement du Projet Population et Lutte contre le Sida (PPLS). La troisième phase, de 1999 à 2001 qui a renforcé le caractère multidimensionnel de la démarche de lutte contre l'épidémie, l'approche décentralisée des activités et l'implication croissante des Organisations à Base Communautaire (OBC). Cette nouvelle orientation résulte des efforts de concertation organisés depuis 1998 dans le cadre du partenariat pour la lutte contre le VIH/sida avec Ie Groupe thématique ONUSIDA. Cette phase s'achève par l'élaboration et l'adoption de trois documents essentiels : la Politique Sanitaire Nationale (PSN), le Programme National de Développement Sanitaire (PNDS) 2001-2010 et le Cadre Stratégique de Lutte contre le VIH/sida et les IST (CSLS) 2001-2005. Le CSLS précise la politique en matière de lutte contre le VIH/sida et développement. Une quatrième phase actuellement en cours a pour objectif de renforcer la lutte contre le VIH/sida sur i) le plan institutionnel par la mise en place d'un Conseil National de Lutte contre le VIH/sida et les IST rattaché à la présidence du Burkina Faso, ii) la décentralisation de la coordination et des actions et, enfin iii) la prise en charge médicale tout en maintenant les actions de prévention de l'épidémie. Le gouvernement et les partenaires s'engagent fermement dans la prise en charge médicale notamment par l'introduction des Anti-Rétroviraux (ARV) dans les formations sanitaires, tant au niveau national que régional. Le cadre stratégique de lutte en cours contre le VIH/sida et les IST, adopté en octobre 2001 est le résultat d'une démarche de planification stratégique fondée d'une part sur l'analyse de la situation aussi bien épidémiologique que du point de vue de la réponse qui a été fournie, et d'autre part sur l'identification des problèmes à résoudre. Après avoir précisé les orientations politiques qui érigent au rang des priorités nationales la lutte contre le sida, le CSLS a défini quatre stratégies et des domaines d'actions prioritaires. Les quatre axes stratégiques sont : • Le renforcement des mesures de prévention de la transmission ; • Le renforcement de la surveillance de l'épidémie ; • L'amélioration de la qualité de la prise en charge globale des personnes infectées et affectées ; • L'élargissement de la réponse et la promotion du partenariat national et international en faveur de la lutte contre le VIH/sida. 234 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Dans le cadre de la surveillance de deuxième génération du VIH, la surveillance des comportements occupe une place très importante. Au Burkina Faso, comme dans la plupart des pays africains, la transmission du Sida se fait essentiellement par voie sexuelle. Les hommes et les femmes interrogés lors de l’EDSBF-III (15-59 ans pour les hommes, 15-49 pour les femmes), en majorité sexuellement actifs, sont donc concernés au premier plan par les campagnes d’Information, Éducation et Communication (IEC) lancées à travers le pays par le PNLS. Dans le but d’évaluer l’impact du programme burkinabé, des questions sur la connaissance, les attitudes et les pratiques portant sur les IST et le sida en particulier, ainsi que des questions sur les comportements sexuels, ont été posées lors de l’EDSBF-III. Les informations ainsi collectées sont essentielles à l’ajustement des programmes en cours, ainsi qu’à la mise en place de nouvelles campagnes d’information, d’education et de communication sur le sida. Les résultats concernent principalement les domaines suivants, à savoir : • la connaissance de l’existence du VIH/sida, des moyens de prévention, de ses modes de transmission ainsi que la connaissance et le rejet d’idées erronées sur la prévention de l’infection ; • la connaissance de la transmission mère-enfant ; • les attitudes de tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida ; • l’opinion des femmes et des hommes sur la négociation de rapports sexuels protégés avec le conjoint ; • les rapports sexuels à haut risque et l’utilisation des condoms lors des derniers rapports sexuels à haut risque ; • l’âge des jeunes de 15-24 ans aux premiers rapports sexuels ; • les rapports sexuels à haut risque et l’utilisation des condoms lors des derniers rapports sexuels à haut risque par les jeunes de 15-24 ans ; • les rapports sexuels pré maritaux parmi les jeunes de 15-24 ans et utilisation un condom ; • la connaissance des IST et de leurs symptômes ; • la recherche de traitement pour les IST ; • les enfants orphelins et la résidence avec les parents ; • la scolarisation des enfants orphelins de 10-14 ans comparée avec celle des non orphelins. En outre, lors de l’EDSBF-III, un test de séroprévalence du VIH/sida dans l’ensemble de la population a été effectué (voir Chapitre 15). 14.1 CONNAISSANCE DU VIH/SIDA ET DES MOYENS DE PRÉVENTION ET DE TRANSMISSION Le niveau de connaissance que la population a d’une maladie conditionne bien souvent son attitude et son comportement vis-à-vis de cette maladie. Au cours de l’EDSBF-III, il était donc important de déterminer le niveau de connaissance du VIH/sida par la population enquêtée. Les résultats concernant la connaissance du VIH/sida sont présentés au tableau 14.1. Le VIH/sida est connu par pratiquement toute la population (96 % des femmes et 97 % des hommes). Quels que soient l’âge, l’état matrimonial, le milieu de résidence et le niveau d’instruction, le niveau de connaissance est élevé aussi bien chez les hommes que chez les femmes (plus de 90 %). VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 235 Tableau 14.1 Connaissance du sida Pourcentage de femmes et d’hommes ayant entendu parler du sida et pourcentage qui pense qu'il y a un moyen d'éviter le VIH/sida, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique Pourcentage ayant entendu parler du sida Pourcentage qui pense qu'il y a un moyen d'éviter le VIH/sida Effectif Pourcentage ayant entendu parler du sida Pourcentage qui pense qu'il y a un moyen d'éviter le VIH/sida Effectif Âge 15-19 92,1 62,3 2 776 90,7 69,4 877 20-24 96,1 74,6 2 274 98,1 87,6 563 25-29 96,9 75,7 2 073 98,0 91,2 438 30-39 97,1 71,4 3 104 98,9 92,0 775 40-49 97,2 68,3 2 250 99,8 86,5 556 15-24 93,9 67,8 5 050 93,6 76,5 1 440 État matrimonial Célibataire 93,1 69,0 2 337 93,6 77,5 1 520 A eu des rapports sexuels 98,7 85,7 771 97,5 90,1 689 N' a jamais eu de rapports sexuels 90,3 60,9 1 566 90,3 67,0 831 En union 96,4 70,1 9 655 99,2 89,7 1 636 En rupture d’union 97,7 74,5 485 98,9 95,4 52 Résidence Ouagadougou 99,2 89,6 1 418 100,0 96,3 439 Autres villes 99,5 87,0 1 279 99,7 94,8 369 Ensemble urbain 99,4 88,4 2 697 99,9 95,6 808 Rural 94,8 65,1 9 780 95,4 80,1 2 400 Région Ouagadougou 99,2 89,6 1 418 100,0 96,3 439 Boucle du Mouhoun 96,1 83,5 910 86,8 75,0 232 Centre (Sans Ouaga.) 97,2 71,5 239 97,6 81,2 65 Centre-Sud 88,7 58,4 735 98,0 91,6 188 Plateau Central 94,6 57,9 620 95,2 78,9 150 Centre-Est 93,9 57,4 1 054 98,6 80,5 229 Centre-Nord 96,0 76,8 1 053 98,3 84,2 221 Centre-Ouest 98,4 50,9 905 97,8 72,4 207 Est 94,6 70,8 905 99,0 85,9 233 Nord 96,9 70,9 1 175 96,3 80,0 264 Cascades 97,8 83,6 410 98,9 95,4 102 Hauts-Bassins 98,4 73,8 1 606 97,7 89,0 496 Sahel 90,5 58,7 848 90,7 72,0 241 Sud-Ouest 94,6 64,0 599 93,6 78,4 144 Niveau d'instruction Aucune instruction 94,6 63,8 8 941 94,6 76,8 1 559 Primaire/alphabétisé(e) 98,2 80,9 2 451 97,9 87,5 1 060 Secondaire ou plus 99,9 97,9 1 085 99,4 96,8 589 Quintiles de bien-être économique Le plus pauvre 92,1 62,5 2 190 93,7 78,0 478 Second 95,1 64,4 2 290 93,7 77,3 616 Moyen 95,9 64,6 2 972 96,3 80,6 701 Quatrième 95,8 68,2 2 058 97,3 82,0 506 Le plus riche 98,9 86,9 2 967 99,7 95,5 907 Ensemble 95,8 70,1 12 477 96,5 84,0 3 209 Cependant, bien que la grande majorité des femmes aient entendu parler du VIH/sida, seulement 70 % d’entre elles pensent qu’il y a un moyen d’éviter de le contracter ; chez les hommes, cette proportion est bien plus élevée, plus de huit hommes sur dix ayant déclaré qu’il y a au moins un moyen d’éviter le VIH/sida (84 %). Les femmes qui ont le plus fréquemment déclaré qu’on pouvait éviter le VIH/sida sont les femmes de Ouagadougou (90 %), celles qui sont célibataires et qui ont déjà eu des rapports sexuels (86 %) et les femmes les plus instruites (98 %). À l’opposé, 67 % des femmes les plus jeunes (15-24 ans), 65 % de celles du milieu rural et 64 % de celles qui n’ont aucune 236 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles instruction sont celles qui ont le moins fréquemment déclaré qu’il y a un moyen d’éviter le VIH/sida. Chez les hommes, ce sont également ceux de Ouagadougou (96 %) et les plus instruits (97 %) qui ont le plus fréquemment déclaré que le VIH/sida pouvait être évité. 14.1.1 Connaissance des moyens de prévention du VIH/sida La limitation des rapports sexuels à un seul partenaire fidèle et non infecté ainsi que l’utilisation du condom demeurent les principaux moyens de prévention de l’infection par le VIH. Au cours de l’EDSBF-III, on a donc demandé aux enquêtés s’ils savaient qu’on pouvait réduire les risques de contracter le virus en utilisant ces deux moyens. Les résultats en fonction des caractéristiques socio-démographiques sont présentés au tableau 14.2. Plus de deux femmes sur cinq (45 %) et 60 % des hommes ont déclaré qu’on pouvait réduire ses risques de contracter le VIH/sida en utilisant ces deux moyens. De ces deux moyens, c’est la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire, fidèle et non infecté qui est le plus fréquemment cité : 63 % des femmes et 76 % des hommes l’ont cité contre respectivement, 48 % et 66 % pour l’utilisation du condom. Les résultats selon les caractéristiques socio-démographiques montrent que, chez les hommes ou chez les femmes, ces deux moyens de prévention sont plus fréquemment connus par ceux/celles qui ont entre 20-39 ans, les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels, ceux/celles étant en rupture d’union, les hommes et les femmes de la région des Cascades, ceux/celles qui sont instruits, en particulier au niveau secondaire ou plus et les hommes et les femmes vivant dans les ménages les plus riches. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 237 Tableau 14.2 Connaissance des méthodes de prévention du VIH Pourcentage des femmes et des hommes qui, en réponse à une question suggérée, disent que les gens peuvent réduire le risque de contracter le virus du SIDA en utilisant le condom et en n'ayant des rapports qu'avec un seul partenaire fidèle et qui n'est pas infecté, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique Utilisant les condoms Limitant les rapports à seul partenaire fidèle non infecté Utilisant les condoms et limiter les rapports à un seul partenaire fidèle non infecté Effectif Utilisant les condoms Limitant les rapports à seul partenaire fidèle non infecté Utilisant les condoms et limiter les rapports à un seul partenaire fidèle non infecté Effectif Âge 15-19 45,5 54,7 41,9 2 776 54,9 58,3 47,1 877 20-24 52,1 66,6 48,2 2 274 71,2 78,6 63,9 563 25-29 53,1 67,6 48,9 2 073 73,5 80,4 65,4 438 30-39 50,1 65,3 47,0 3 104 73,8 86,6 70,2 775 40-49 41,5 61,4 39,2 2 250 61,0 80,5 57,0 556 15-24 48,5 60,1 44,7 5 050 61,2 66,2 53,6 1 440 État matrimonial Célibataire 53,4 60,3 48,6 2 337 62,9 66,9 55,1 1 520 A eu des rapports sexuels 72,8 77,6 67,1 771 79,6 79,1 70,6 689 N’ a jamais eu de rapports sexuels 43,9 51,7 39,5 1 566 49,1 56,8 42,3 831 En union 47,0 63,3 44,0 9 655 68,4 83,2 63,8 1 636 En rupture d’union 52,1 67,0 47,5 485 74,8 87,0 71,9 52 Milieu de résidence Ouagadougou 69,5 79,3 63,3 1 418 82,5 78,5 70,2 439 Autres villes 71,3 80,1 67,3 1 279 79,0 87,5 73,4 369 Ensemble urbain 70,4 79,7 65,2 2 697 80,9 82,6 71,7 808 Rural 42,3 58,2 39,4 9 780 60,9 73,2 55,8 2 400 Région Ouagadougou 69,5 79,3 63,3 1 418 82,5 78,5 70,2 439 Boucle du Mouhoun 57,3 78,3 56,1 910 66,4 63,5 56,8 232 Centre (Sans Ouaga.) 47,8 64,6 44,1 239 65,8 74,6 62,1 65 Centre-Sud 42,6 50,6 37,5 735 78,4 80,8 72,4 188 Plateau Central 40,3 46,0 35,1 620 67,4 72,7 62,6 150 Centre-Est 42,2 50,6 38,7 1 054 46,0 77,3 43,6 229 Centre-Nord 57,8 71,1 55,9 1 053 75,1 77,9 69,4 221 Centre-Ouest 35,3 47,9 33,8 905 36,8 64,6 32,9 207 Est 26,6 66,1 25,3 905 48,8 85,7 48,6 233 Nord 46,5 51,1 39,2 1 175 67,6 66,3 56,4 264 Cascades 64,1 80,9 62,3 410 85,5 89,3 80,8 102 Hauts-Bassins 55,5 68,9 52,6 1 606 71,1 84,5 67,4 496 Sahel 31,8 56,5 30,4 848 55,4 62,3 50,3 241 Sud-Ouest 45,1 61,0 43,0 599 66,3 73,7 62,0 144 Niveau d'instruction Aucune instruction 41,3 57,5 38,6 8 941 56,6 69,0 51,0 1 559 Primaire/ Alphabét. 59,8 71,0 55,2 2 451 70,5 80,0 65,1 1 060 Secondaire ou plus 81,2 88,5 74,9 1 085 82,2 84,8 73,9 589 Quintile de bien-être Le plus pauvre 34,9 56,3 32,7 2 190 55,5 69,0 49,1 478 Second 41,8 58,1 38,8 2 290 60,1 72,2 56,9 616 Moyen 42,8 56,7 39,2 2 972 63,6 73,2 58,0 701 Quatrième 48,8 61,1 46,0 2 058 60,2 74,0 54,0 506 Le plus riche 68,8 78,8 64,0 2 967 80,3 83,9 72,2 907 Ensemble 48,4 62,9 45,0 12 477 65,9 75,5 59,8 3 209 14.1.2 Connaissance de la transmission mère-enfant Au cours de l’enquête, il a été demandé à tous les enquêtés s’ils savaient que le virus qui cause le Sida pouvait être transmis de la mère à son enfant par l’allaitement. À cette question, une proportion de femmes légèrement supérieure à celle des hommes (50 % contre 47 %) ont répondu par 238 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles l’affirmative (tableau 14.3). La connaissance de ce mode de transmission est moins fréquente parmi les jeunes femmes et les jeunes hommes de 15-24 ans (respectivement, 46 % et 40 %), parmi les célibataires qui n’ont jamais eu de rapports sexuels (41 % et 35 %). Les femmes et les hommes du milieu rural sont proportionnellement moins nombreux qu’en urbain à savoir que le virus du sida peut se transmettre par l’allaitement (respectivement, 46 % et 44 % contre 64 % et 57 %). De plus, le niveau d’instruction influence la connaissance de ce moyen de transmission puisque 72 % des femmes et 57 % des hommes ayant un niveau secondaire ou plus ont déclaré connaître le rôle de l’allaitement dans la transmission du virus contre seulement 45 % des femmes et 42 % des hommes sans instruction. Tableau 14.3 Connaissance de la prévention de la transmission du VIH de la mère à l'enfant Pourcentage de femmes et d'hommes qui savent que le VIH peut être transmis de la mère à l'enfant par l'allaitement, selon certaines caractéristiques démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes qui : Hommes qui : Caractéristique socio-démographique Savent que le VIH peut être transmis en allaitant Effectif Savent que le VIH peut être transmis en allaitant Effectif Âge 15-19 42,5 2 776 38,0 877 20-24 50,5 2 274 43,6 563 25-29 55,9 2 073 50,9 438 30-39 51,9 3 104 52,3 775 40-49 49,4 2 250 54,1 556 15-24 46,1 5 050 40,2 1 440 État matrimonial Célibataire 47,5 2 337 41,6 1 520 A eu des rapports sexuels 60,5 771 49,8 689 N’ a jamais eu de rapports sexuels 41,0 1 566 34,9 831 En union 50,2 9 655 51,7 1 636 En rupture d’union 52,9 485 54,0 52 Milieu de résidence Ouagadougou 64,5 1 418 53,1 439 Autres villes 64,2 1 279 61,0 369 Ensemble urbain 64,4 2 697 56,7 808 Rural 45,7 9 780 43,7 2 400 Région Ouagadougou 64,5 1 418 53,1 439 Boucle du Mouhoun 58,8 910 44,0 232 Centre (Sans Ouaga.) 49,8 239 45,4 65 Centre-Sud 37,0 735 24,2 188 Plateau Central 40,9 620 44,8 150 Centre-Est 52,4 1 054 57,8 229 Centre-Nord 49,1 1 053 53,5 221 Centre-Ouest 55,5 905 47,2 207 Est 53,1 905 20,1 233 Nord 45,8 1 175 25,4 264 Cascades 49,8 410 74,6 102 Hauts-Bassins 47,3 1 606 59,7 496 Sahel 30,0 848 52,9 241 Sud-Ouest 51,4 599 47,9 144 Niveau d'instruction Aucune instruction 44,7 8 941 42,2 1 559 Primaire/ Alphabét. 58,7 2 451 48,6 1 060 Secondaire ou plus 71,5 1 085 56,6 589 Quintile de bien-être Le plus pauvre 40,2 2 190 37,0 478 Second 44,0 2 290 37,7 616 Moyen 46,3 2 972 47,6 701 Quatrième 51,7 2 058 48,2 506 Le plus riche 63,5 2 967 57,4 907 Ensemble 49,8 12 477 47,0 3 209 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 239 14.1.3 Connaissance correcte de la transmission du VIH/sida et rejet d’idées erronées Au cours de l’enquête, une série de propositions ont été soumises aux enquêtés pour mesurer leur niveau de connaissance correcte concernant la transmission et la prévention du VIH/sida. Les résultats sont présentés aux tableaux 14.4.1 et 14.4.2. Tableau 14.4.1 Idées erronées à propos du sida : femmes Pourcentage de femmes qui, en réponse à une question déterminée, rejette des idées locales erronées à propos de la transmission ou de la prévention du sida, et qui savent q'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Pourcentage de femmes qui savent que : Caractéristique socio-démographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Sida ne peut pas être transmis par les moustiques Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d’un malade du sida Pourcentage rejetant les 2 idées erronées et sachant qu’une personne en bonne santé peut avoir le virus du sida Effectif des femmes Âge 15-19 54,6 28,4 39,2 18,4 2 776 20-24 57,6 31,7 47,5 21,4 2 274 25-29 57,3 29,0 43,9 18,7 2 073 30-39 54,0 22,5 35,7 13,6 3 104 40-49 51,3 20,9 32,5 11,5 2 250 15-24 55,9 29,9 42,9 19,8 5 050 État matrimonial Célibataire 61,5 38,3 51,6 28,8 2 337 A eu des rapports sexuels 79,6 51,0 69,3 43,5 771 N’ a jamais eu de rapports sexuels 52,7 32,0 42,9 21,6 1 566 En union 53,1 23,0 36,1 13,3 9 655 En rupture d’union 57,5 33,5 45,5 23,0 485 Milieu de résidence Ouagadougou 81,1 56,8 76,5 47,5 1 418 Autres villes 78,2 48,6 68,9 39,7 1 279 Ensemble urbain 79,8 52,9 72,9 43,8 2 697 Rural 48,0 18,9 30,2 9,0 9 780 Région Ouagadougou 81,1 56,8 76,5 47,5 1 418 Boucle du Mouhoun 59,3 35,8 45,0 19,8 910 Centre (Sans Ouaga.) 59,3 18,4 43,0 11,7 239 Centre-Sud 51,8 20,3 29,1 8,9 735 Plateau Central 44,0 12,7 25,5 6,8 620 Centre-Est 55,6 17,7 33,4 11,9 1 054 Centre-Nord 54,4 22,9 38,1 13,8 1 053 Centre-Ouest 49,7 14,5 27,6 9,8 905 Est 52,2 26,9 38,8 18,6 905 Nord 59,1 18,4 32,4 9,4 1 175 Cascades 53,6 36,1 43,9 19,4 410 Hauts-Bassins 55,3 29,3 40,9 17,8 1 606 Sahel 22,0 14,8 23,2 2,3 848 Sud-Ouest 47,5 18,8 29,9 9,1 599 Niveau d'instruction Aucune instruction 47,7 18,0 29,7 8,5 8 941 Primaire/ Alphabét. 64,5 31,4 51,6 20,5 2 451 Secondaire ou plus 91,7 82,9 91,5 74,3 1 085 Quintile de bien-être Le plus pauvre 43,4 18,9 27,4 7,8 2 190 Second 45,4 18,5 28,3 8,2 2 290 Moyen 48,8 17,5 31,3 8,6 2 972 Quatrième 52,9 20,2 33,4 10,6 2 058 Le plus riche 77,9 50,7 69,2 41,5 2 967 Ensemble 54,8 26,3 39,4 16,6 12 477 240 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Plus des deux tiers des hommes (69 %) et seulement un peu plus d’une femme sur deux (55 %) savent qu’une personne apparemment en bonne santé peut néanmoins avoir été infectée par le VIH. Cette proportion varie sensiblement selon les caractéristiques socio-démographiques. Chez les femmes, selon le statut matrimonial, les proportions de celles ayant donné cette réponse varient d’un minimum de 53 % chez les femmes en union et chez les célibataires n’ayant jamais eu de rapports sexuels à un maximum de 80 % chez les célibataires ayant déjà eu des rapports sexuels. Selon le milieu de résidence, on constate que les femmes du milieu urbain ont plus fréquemment répondu de manière correcte à cette proposition que les femmes du milieu rural (80 % contre 48 %). La répartition selon la région de résidence laisse apparaître des écarts : c’est à Ouagadougou (81 %) et dans les régions de la Boucle du Mouhoun (59 %) et du Centre (59 %) que les proportions de femmes qui ont répondu correctement sont les plus élevées et, en revanche, c’est dans la région du Sahel (22 %) que les femmes connaissent assez peu cet aspect de la maladie. Les résultats selon le niveau d’instruction mettent aussi en évidence des écarts importants : parmi les femmes sans instruction, seulement 48 % sont correctement informées contre un peu plus de neuf femmes sur dix de niveau secondaire ou plus (92 %). À la proposition selon laquelle le virus du sida ne peut pas être transmis par les moustiques, seulement un peu plus d’un quart (26 %) des femmes ont répondu de manière correcte. Une proportion légèrement plus élevée (39 %) a su répondre correctement à la proposition selon laquelle une personne ne peut pas contracter le VIH en partageant les repas de quelqu’un qui est infecté par le virus. Globalement, seulement 17 % des femmes ont une connaissance correcte de la transmission du sida, c’est-à-dire qu’elle rejètent les deux idées erronées sur le sida et qu’elles savent que quelqu’un apparemment en bonne santé peut avoir le virus du sida. Ce pourcentage varie de 9 % en milieu rural à 44 % en milieu urbain. Pour ce qui concerne les régions, c’est dans celle du Sahel (2 %) que les femmes sont les moins bien informées et à l’opposé, c’est dans celle de la Boucle du Mouhoun (20 %) et dans la ville de Ouagadougou (48 %) qu’elles ont été proportionnellement les plus nombreuses à fournir des réponses correctes. Enfin, on constate que le niveau d’instruction influence considérablement le niveau de connaissance correcte de la transmission du sida puisque 74 % des femmes de niveau secondaire ou plus sont correctement informées contre 21 % de celles ayant un niveau primaire et à peine 9 % de celles sans instruction. Le tableau 14.4.2 présente les mêmes données concernant les hommes. Il apparaît que les hommes sont mieux informés que les femmes. À la première proposition (une personne peut paraître en bonne santé et néanmoins avoir le VIH/sida), 69 % chez les hommes contre 55 % des femmes ont répondu par l’affirmative. Cette proportion est particulièrement élevée parmi les hommes de 25-29 ans (en moyenne, 79 %), les célibataires ayant eu des rapports sexuels (76 %), ceux du milieu urbain (89 %), ceux de la région de l’Est (85 %) ainsi que ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (89 %). En outre, 42 % et 63 % des hommes contre, respectivement, 26 % et 39 % des femmes ont répondu correctement aux deux autres propositions ; ce sont les mêmes catégories d’hommes qui sont toujours les mieux informées. Globalement, près d’un tiers (32 %) ont une connaissance correcte de la transmission du sida et c’est ceux de 25-39 ans (42 %), les célibataires qui ont déjà eu des rapports sexuels (45 %), ceux qui résident en milieu urbain (61 %), les plus instruits (71%) et ceux qui vivent dans les ménages les plus riches (59 %) qui sont les plus correctement informés. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 241 Tableau 14.4.2 Idées erronées à propos du sida : hommes Pourcentage d'hommes qui, en réponse à une question déterminée, rejette des idées locales erronées à propos de la transmission ou de la prévention du sida, et qui savent q'une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Pourcentage d’hommes qui savent que : Caractéristique socio-démographique Une personne paraissant en bonne santé peut avoir le virus du sida Sida ne peut pas être transmis par les moustiques Une personne ne peut pas être infectée en partageant les repas d’un malade du sida Pourcentage rejetant les 2 idées erronées et sachant qu’une personne en bonne santé peut avoir le virus du sida Effectif des hommes Âge 15-19 53,9 31,9 48,9 20,3 877 20-24 73,1 47,7 68,4 36,4 563 25-29 80,2 51,4 72,0 41,8 438 30-39 77,8 49,0 71,2 38,5 775 40-49 69,4 37,4 59,8 27,8 556 15-24 61,4 38,0 56,5 26,6 1 440 État matrimonial Célibataire 62,7 43,1 58,9 30,7 1 520 A eu des rapports sexuels 76,0 55,1 73,6 44,5 689 N’ a jamais eu de rapports sexuels 51,6 33,2 46,7 19,4 831 En union 75,2 41,7 65,7 32,4 1 636 En rupture d’union 76,1 45,0 82,6 37,6 52 Milieu de résidence Ouagadougou 87,9 70,8 84,9 60,5 439 Autres villes 89,4 68,5 84,2 60,8 369 Ensemble urbain 88,6 69,7 84,6 60,6 808 Rural 62,8 33,2 55,4 22,0 2 400 Région Ouagadougou 87,9 70,8 84,9 60,5 439 Boucle du Mouhoun 44,6 39,1 52,6 26,8 232 Centre (Sans Ouaga.) 69,2 34,6 69,5 23,0 65 Centre-Sud 77,8 32,3 68,3 28,6 188 Plateau Central 77,0 33,5 58,5 29,2 150 Centre-Est 62,1 24,0 58,0 15,4 229 Centre-Nord 79,0 52,2 72,1 43,4 221 Centre-Ouest 40,2 54,9 48,7 17,6 207 Est 85,4 43,1 65,6 36,0 233 Nord 73,4 37,2 63,8 28,6 264 Cascades 69,6 44,3 72,1 37,9 102 Hauts-Bassins 76,2 42,0 61,0 32,2 496 Sahel 45,2 20,6 41,1 10,0 241 Sud-Ouest 54,6 28,1 48,2 20,0 144 Niveau d'instruction Aucune instruction 58,8 28,8 50,2 18,0 1 559 Primaire/ Alphabét. 73,9 41,8 66,4 30,4 1 060 Secondaire ou plus 88,8 79,5 89,5 70,5 589 Quintile de bien-être Le plus pauvre 58,6 30,5 52,3 22,0 478 Second 60,9 28,1 51,1 17,6 616 Moyen 63,9 34,8 56,1 22,3 701 Quatrième 65,0 36,3 59,6 23,3 506 Le plus riche 87,2 67,7 83,1 58,5 907 Ensemble 69,3 42,4 62,8 31,7 3 209 14.2 STIGMATISATION ENVERS LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH/SIDA Le comportement que les gens adopteraient dans différentes situations face à des personnes atteintes par le VIH/sida est révélateur du niveau de stigmatisation et de discrimination à l’égard des personnes infectées par ce virus. Au cours de l’EDSBF-III, des questions ont été posées aux enquêtés pour connaître leurs attitudes face aux personnes ayant contracté la maladie. Plus précisément, on a cherché à savoir si les enquêtés seraient prêts à s’occuper chez eux d’un parent vivant avec le VIH. On a aussi demandé aux femmes si elles pensaient que l’état d’un membre de la famille qui avait 242 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles contracté le VIH/sida devait être gardé secret. Aux hommes, on a demandé s’ils pensaient qu’une personne vivant avec le VIH et travaillant avec d’autres personnes devait être autorisée à continuer son travail. Les trois quarts des femmes (76 %) ont déclaré qu’elles seraient prêtes à prendre soin chez elles d’un membre de la famille atteint du sida (tableau 14.5.1). Cette opinion varie peu selon l’âge. Par contre, selon l’état matrimonial, les proportions varient sensiblement : les célibataires ayant eu des rapports sexuels (87 %) et les femmes en rupture d’union (85 %) sont celles qui ont déclaré le plus fréquemment être disposées à s’occuper chez elles d’un parent vivant avec le VIH/sida. En milieu urbain, parmi les femmes de niveau d’instruction secondaire, au moins 90 % seraient prêtes à prendre soin d’un parent malade du sida. En milieu rural et parmi les femmes sans niveau d`instruction, ces proportions sont plus faibles (respectivement, 72 % et 73 %). Pour 43 % des femmes, il n’est pas nécessaire de garder secret l’état d’un membre de la famille atteint du sida. Les variations sont peu importantes. Tout au plus peut-on souligner que les femmes du milieu rural (45 %), celles âgées de 30 ans et plus (47 %) et celles du second quintile (48 %) ont exprimé cette opinion plus fréquemment qu’ailleurs. Une proportion d’hommes plus élevée que celle des femmes (81 % contre 76 %) ont déclaré qu’ils seraient prêts à prendre soin chez eux d’un parent ayant contracté le VIH/sida (tableau 14.5.2). Ce sont les hommes à partir de 25 ans (plus de 85 %), ceux en rupture d’union (87 %), ceux du milieu urbain (93 %), ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus ainsi que ceux qui vivent dans les ménages du quintile le plus riche (92 %) qui ont le plus fréquemment déclaré qu’ils s’occuperaient chez eux, d’un parent malade du sida. En outre, plus d’un homme sur deux (56 %) pense qu’il faudrait permettre à une personne vivant avec le VIH/sida et travaillant avec d’autres personnes de continuer son travail. Cette attitude de tolérance est plus répandue parmi les hommes du milieu urbain (77 % contre 48 % en rural), parmi les hommes en rupture d’union (65 % contre 58 % parmi ceux en union), parmi ceux ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (78 % contre 48 % parmi ceux sans instruction). VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 243 Tableau 14.5.1 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH : femmes Pourcentage de femmes ayant entendu parler du sida et exprimant des attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Pourcentage de femmes qui : Caractéristique socio-démographique Seraient prêtes à s'occuper chez elles de quelqu’un ayant le sida Pense qu’il n’est pas nécessaire de garder secret l’état d’un membre de la famille vivant avec le VIH Effectif de femmes ayant entendu parler du VIH/sida Âge 15-19 71,7 36,3 2 557 20-24 76,5 39,1 2 185 25-29 73,9 44,0 2 010 30-39 78,7 46,9 3 015 40-49 76,7 47,2 2 186 15-24 73,9 37,6 4 742 État matrimonial Célibataire 78,2 34,4 2 175 A eu des rapports sexuels 87,1 34,7 761 N’ a jamais eu de rapports sexuels 73,4 34,2 1 414 En union 74,5 44,8 9 304 En rupture d’union 85,2 41,6 474 Milieu de résidence Ouagadougou 90,7 34,6 1 407 Autres villes 88,4 35,9 1 274 Ensemble urbain 89,6 35,3 2 680 Rural 71,6 44,9 9 273 Région Ouagadougou 90,7 34,6 1 407 Boucle du Mouhoun 82,3 52,4 875 Centre (Sans Ouaga.) 85,6 40,6 232 Centre-Sud 88,6 21,9 652 Plateau Central 88,1 32,6 586 Centre-Est 80,1 47,0 989 Centre-Nord 77,8 46,5 1 011 Centre-Ouest 64,2 46,2 891 Est 50,7 51,9 856 Nord 72,8 62,1 1 138 Cascades 87,7 35,2 401 Hauts-Bassins 76,7 29,7 1 581 Sahel 44,0 35,6 767 Sud-Ouest 76,7 62,7 567 Niveau d'instruction Aucune instruction 73,0 43,9 8 462 Primaire/ Alphabét. 76,8 39,7 2 407 Secondaire ou plus 93,5 40,5 1 084 Quintile de bien-être Le plus pauvre 65,0 46,5 2 018 Second 70,2 48,3 2 179 Moyen 72,7 43,3 2 849 Quatrième 77,9 43,7 1 972 Le plus riche 88,2 34,9 2 935 Ensemble 75,6 42,8 11 953 244 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 14.5.2 Attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH : hommes Pourcentage d'enquêtées ayant entendu parler du sida et exprimant des attitudes de tolérance envers les personnes vivant avec le VIH, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Pourcentage d’hommes enquêtées qui : Caractéristique socio-démographique Seraient prêts à s'occuper chez eux de quelqu’un ayant le sida Pense qu’une personne vivant avec le VIH et travaillant avec d’autres personnes devrait être autorisée à continuer son travail Effectif d’hommes ayant entendu parler de VIH/sida Âge 15-19 71,6 45,8 795 20-24 77,3 54,9 552 25-29 85,2 58,9 430 30-39 85,3 62,5 766 40-49 88,4 58,6 555 15-24 74,0 49,5 1 347 État matrimonial Célibataire 77,0 52,3 1 423 A eu des rapports sexuels 83,7 58,4 672 N’ a jamais eu de rapports sexuels 71,1 46,7 751 En union 84,1 58,3 1 623 En rupture d’union 87,2 64,8 52 Milieu de résidence Ouagadougou 93,3 77,9 439 Autres villes 93,0 76,4 368 Ensemble urbain 93,1 77,3 807 Rural 76,6 48,0 2 291 Région Ouagadougou 93,3 77,9 439 Boucle du Mouhoun 72,4 41,7 201 Centre (Sans Ouaga.) 86,7 65,3 63 Centre-Sud 91,3 50,3 184 Plateau Central 95,1 51,4 143 Centre-Est 90,8 55,8 225 Centre-Nord 88,5 65,1 218 Centre-Ouest 50,3 45,6 202 Est 61,5 77,9 230 Nord 80,5 48,3 254 Cascades 89,5 44,3 101 Hauts-Bassins 85,3 50,5 484 Sahel 57,2 38,4 218 Sud-Ouest 88,9 41,2 134 Niveau d'instruction Aucune instruction 74,1 48,0 1 474 Primaire/ Alphabét. 82,8 53,8 1 038 Secondaire ou plus 94,7 78,3 586 Quintile de bien-être Le plus pauvre 67,5 46,9 448 Second 74,6 48,9 578 Moyen 78,8 46,4 675 Quatrième 83,2 49,5 492 Le plus riche 91,9 74,5 905 Ensemble 80,9 55,6 3 098 VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 245 14.3 OPINIONS SUR LA NÉGOCIATION DE RAPPORTS PROTÉGÉS AVEC LE CONJOINT La promotion de comportements sexuels sains fait partie des mesures destinées à contrôler l’épidémie. Pour ce faire, il est donc important de savoir si les femmes ont le pouvoir de refuser des rapports sexuels à risque avec leur mari/partenaire. Au cours de l’enquête, on a donc demandé aux hommes et aux femmes s’ils pensaient qu’il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire si elle sait qu’il a une IST. Plus des trois quarts des femmes pensent que cette attitude est justifiée (tableau 14.6). Une proportion plus élevée d’hommes que de femmes (86 % contre 78 %) pense qu’il est justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire si elle sait qu’il a une IST. Tableau 14.6 Opinion sur la négociation de rapports protégés avec le mari Pourcentage de femmes et d'hommes qui pensent que si le mari a une IST, sa femme peut refuser d'avoir des rapports sexuels avec lui, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Pourcentage de femmes qui pense que : Pourcentage d’hommes qui pense que : Caractéristique socio-démographique Une femme peut refuser les rapports sexuels Effectif Une femme peut refuser les rapports sexuels Effectif Âge 15-19 74,0 2 776 72,4 877 20-24 79,4 2 274 89,6 563 25-29 81,5 2 073 88,7 438 30-39 79,3 3 104 92,0 775 40-49 78,9 2 250 92,4 556 15-24 76,4 5 050 79,1 1 440 État matrimonial Célibataire 74,4 2 337 78,8 1 520 A eu des rapports sexuels 81,3 771 86,1 689 N’ a jamais eu de rapports sexuels 71,0 1 566 72,7 831 En union 79,5 9 655 92,3 1 636 En rupture d’union 75,7 485 89,0 52 Milieu de résidence Ouagadougou 78,2 1 418 88,1 439 Autres villes 74,5 1 279 87,1 369 Ensemble urbain 76,5 2 697 87,6 808 Rural 79,0 9 780 85,2 2 400 Région Ouagadougou 78,2 1 418 88,1 439 Boucle du Mouhoun 82,6 910 85,8 232 Centre (Sans Ouaga.) 72,8 239 74,0 65 Centre-Sud 65,6 735 85,9 188 Plateau Central 73,7 620 89,1 150 Centre-Est 85,6 1 054 83,2 229 Centre-Nord 79,0 1 053 93,9 221 Centre-Ouest 91,5 905 84,0 207 Est 83,9 905 89,3 233 Nord 77,3 1 175 88,0 264 Cascades 65,1 410 78,3 102 Hauts-Bassins 66,7 1 606 78,7 496 Sahel 83,8 848 91,8 241 Sud-Ouest 88,8 599 86,1 144 Niveau d'instruction Aucune instruction 78,1 8 941 85,0 1 559 Primaire/ Alphabét. 78,4 2 451 85,9 1 060 Secondaire ou plus 81,3 1 085 88,2 589 Quintile de bien-être Le plus pauvre 80,3 2 190 84,9 478 Second 80,0 2 290 87,4 616 Moyen 78,5 2 972 85,4 701 Quatrième 79,3 2 058 82,8 506 Le plus riche 75,2 2 967 87,4 907 Ensemble 78,4 12 477 85,8 3 209 246 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles 14.4 CONNAISSANCE D’UN ENDROIT OÙ SE PROCURER DES CONDOMS PARMI LES JEUNES La pratique des rapports sexuels non protégés est un facteur de propagation de l’épidémie, et l’utilisation de condoms est un moyen efficace pour éviter de contracter le VIH/sida. Il est donc important que les condoms soient disponibles et d’accès facile. Au cours de l’enquête, on a donc demandé aux enquêtés s’ils connaissaient au moins un endroit où ils pouvaient se procurer des condoms. Les résultats sont présentés au tableau 14.7 pour les jeunes de 15-24 ans. Tableau 14.7 Connaissance d’un endroit aù se procurer un condom parmi les jeunes Pourcentage de jeunes âgés de 15-24 qui connaissent au moins un endroit où se procurer un condom, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique Connaît un endroit Effectif âgé de 15-24 Connaît un endroit Effectif âgé de 15-24 Âge 15-19 44,3 2 776 63,1 877 20-24 49,6 2 274 83,3 563 État matrimonial Célibataire 52,7 2 246 69,6 1 272 En union 41,6 2 739 80,7 160 En rupture d’union 49,3 65 96,1 8 Résidence Ouagadougou 73,7 727 93,9 186 Autres villes 82,3 624 94,4 179 Ensemble urbain 77,7 1 350 94,1 365 Rural 35,4 3 700 63,1 1 075 Région Ouagadougou 73,7 727 93,9 186 Boucle du Mouhoun 59,2 297 66,2 104 Centre (Sans Ouaga.) 52,1 82 70,4 31 Centre-Sud 26,3 287 78,2 76 Plateau Central 29,2 237 66,3 70 Centre-Est 36,2 402 74,4 106 Centre-Nord 41,2 414 76,8 82 Centre-Ouest 47,0 336 55,4 119 Est 28,5 368 42,9 82 Nord 49,1 473 76,6 117 Cascades 63,1 166 78,3 50 Hauts-Bassins 61,1 689 80,7 243 Sahel 17,3 361 38,0 116 Sud-Ouest 28,0 212 67,4 59 Niveau d'instruction Aucune instruction 32,6 3 143 57,3 623 Primaire/aphabetisation 57,7 1 235 73,3 497 Secondaire ou plus 92,2 671 94,1 319 Quintile de bien-être Le plus pauvre 19,0 843 52,6 209 Second 35,9 876 58,7 262 Moyen 37,6 1 122 63,2 316 Quatrième 47,4 764 71,8 254 Le plus riche 76,0 1 445 94,3 399 Ensemble 46,7 5 050 71,0 1 440 Note : Dans ce tableau les sources suivantes ne sont pas considérés comme source de condoms : amis, membres de la famille et de la maison VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 247 Moins de la moitié des jeunes filles de 15-24 ans connaissent un endroit où elles peuvent se procurer des condoms. Des variations importantes apparaissent selon les caractéristiques socio- démographiques. En milieu urbain, 78 % des jeunes filles ont déclaré connaître un endroit où se procurer des condoms ; en milieu rural, cette proportion n’est que de 35 %. La connaissance d’un endroit où se procurer des condoms augmente avec le niveau d’instruction : en effet, 33 % des jeunes filles sans niveau d`instruction savent ou s’adresser pour se procurer des condoms contre 58 % parmi celles ayant un niveau primaire et 92 % parmi les plus instruites. Une proportion nettement plus élevée d’hommes que de femmes (71 % contre 47 %) connaissent un endroit où se procurer des condoms. Comme chez les femmes, les jeunes hommes du milieu urbain (94 % contre 63 % en rural) et ceux qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus (94 % contre 57 % pour ceux sans niveau d`instruction) savent plus fréquemment que les autres où s’adresser pour se procurer des condoms. 14.5 RAPPORTS SEXUELS À HAUT RISQUE ET UTILISATION DU CONDOM Comme on l’a déjà souligné, le condom est le seul moyen de prévention efficace du VIH/sida, en particulier lors des rapports sexuels à haut risque qui ont lieu entre des personnes qui ont plusieurs partenaires. Dans cette enquête, on a considéré comme des rapports sexuels à haut risque des rapports sexuels qui ont eu lieu au cours des 12 derniers mois avec un partenaire non marital et non cohabitant. Le multipartenariat dans les rapports sexuels affecte le risque de contracter les IST, en particulier le VIH/sida, surtout dans les populations où la prévalence de l’utilisation du condom comme moyen de prévention est faible. Le tableau 14.8 présente les proportions de femmes et d’hommes qui ont eu des rapports sexuels à haut risque au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête ainsi que les proportions de ceux/celles qui ont utilisé un condom au cours de ces rapports sexuels. On constate que 10 % des femmes et 39 % des hommes ont déclaré avoir eu des rapports sexuels à haut risque au cours des 12 derniers mois. Plus de la moitié de ces femmes (53 %) et plus des deux tiers de ces hommes (69 %) ont déclaré avoir utilisé un condom au cours de ces derniers rapports sexuels à haut risque. La définition des rapports sexuels à haut risque incluant les rapports sexuels prémaritaux, cela explique les proportions élevées de femmes et d’hommes de 15-19 ans qui ont déclaré avoir eu des rapports sexuels à haut risque. Cependant, on peut noter que dans ce groupe d’âges, les proportions d’utilisateurs et d’utilisatrices de condoms sont parmi les plus faibles. En outre, la quasi-totalité des célibataires, hommes et femmes, ont déclaré avoir eu des rapports sexuels à haut risque au cours des 12 derniers mois (100 % pour chaque sexe). Parmi eux, 57 % des femmes et 69 % des hommes ont utilisé des condoms. On constate également que les rapports sexuels à haut risque sont plus fréquents en milieu urbain (28 % parmi les femmes et 59 % parmi les hommes), en particulier dans la ville de Ouagadougou (32 % parmi les femmes et 61 % parmi les hommes) qu’en milieu rural (respectivement, 5 % et 31 %). En outre, les résultats montrent que les femmes et les hommes instruits (respectivement, 42 % et 65 %) ont plus fréquemment des rapports sexuels à haut risque que ceux qui ont moins d’instruction (15 % et 39 %) ou pas d’instruction du tout (6 % et 29 %). Parmi ces hommes et ces femmes qui ont plus fréquemment que les autres des rapports sexuels à haut risque, on constate cependant une utilisation du condom beaucoup plus élevée que dans les autres catégories d’hommes et de femmes. 248 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Tableau 14.8 Rapports à haut risque et utilisation du condom aux derniers rapports à haut risque au cours de l'année passée Parmi les femmes et les hommes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois ayant précédé l’enquête, pourcentage de ceux/celles qui les ont eus avec un partenaire non-marital et non-cohabitant (rapports à hauts risques) et parmi ces femmes et ces hommes, pourcentage ayant déclaré avoir utilisé un condom la dernière fois qu'ils ont eu des rapports avec un partenaire non-marital et non co-habitant, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes sexuelle- ment actives au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports à hauts risques Effectif de femmes ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif d’hommes sexuelle- ment actives au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports à hauts risques Effectif d’hommes ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Âge 15-19 36,8 1 155 46,4 425 97,6 197 61,6 192 20-24 13,5 1 714 67,4 231 67,7 361 71,0 244 25-29 5,5 1 547 56,2 84 46,3 322 71,6 149 30-39 3,4 2 257 48,4 78 21,8 679 75,9 148 40-49 1,8 1 495 (29,4) 27 10,2 454 (60,8) 46 15-24 22,9 2 869 53,8 656 78,2 558 66,9 436 État matrimonial Célibataire 99,7 649 57,1 648 99,7 557 69,0 555 En union 1,2 7 364 34,1 89 13,7 1 418 68,3 194 En rupture d’union 70,3 155 42,1 109 (81,0) 38 (77,1) 31 Milieu de résidence Ouagadougou 32,2 916 68,5 295 60,7 326 93,1 198 Autres villes 23,4 879 62,5 206 56,8 249 87,6 142 Ensemble urbain 27,9 1 795 66,0 501 59,0 576 90,8 340 Rural 5,4 6 373 33,5 344 30,7 1 438 52,4 441 Région Ouagadougou 32,2 916 68,5 295 60,7 326 93,1 198 Boucle du Mouhoun 7,8 669 41,7 52 43,9 154 37,3 68 Centre (Sans Ouaga.) 8,9 142 * 13 36,5 39 * 14 Centre-Sud 5,5 417 * 23 44,4 129 75,3 57 Plateau Central 6,8 334 (37,4) 23 37,0 88 60,6 33 Centre-Est 7,8 557 (46,2) 43 19,2 108 * 21 Centre-Nord 4,3 701 (36,6) 30 32,2 142 63,4 46 Centre-Ouest 9,4 468 58,7 44 44,7 96 76,4 43 Est 1,0 524 * 5 7,7 109 * 8 Nord 9,0 824 39,0 74 35,4 181 59,5 64 Cascades 13,5 301 34,1 41 42,2 63 74,2 27 Hauts-Bassins 13,0 1 229 52,3 160 44,6 318 68,6 142 Sahel 3,2 749 (31,6) 24 23,0 177 (19,9) 41 Sud-Ouest 5,1 336 (44,0) 17 23,9 83 (55,0) 20 Niveau d'instruction Aucune instruction 5,5 5 917 34,7 328 28,8 976 51,6 281 Primaire/ Alphabét. 15,1 1 598 51,5 242 39,3 675 69,6 265 Secondaire ou plus 42,1 653 75,5 275 64,6 363 89,6 234 Quintile de bien-être Le plus pauvre 4,7 1 392 34,1 66 26,7 292 35,6 78 Second 4,4 1 491 22,4 66 28,3 349 43,9 99 Moyen 4,9 1 907 24,0 94 29,8 425 57,2 127 Quatrième 7,9 1 392 50,0 110 34,7 307 63,6 106 Le plus riche 25,6 1 987 65,1 509 57,9 640 88,6 371 Ensemble 10,3 8 168 52,8 845 38,8 2 014 69,1 780 * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 249 14.6 ACTIVITÉ SEXUELLE CHEZ LES JEUNES Âge aux premiers rapports sexuels des jeunes En tant que déterminant de l’activité sexuelle, l'âge aux premiers rapports sexuels des jeunes de 15-24 ans est plus important en matière de prévention du VIH que les autres variables. Pour cette raison, le tableau 14.9 présente les proportions d’hommes et de femmes âgés de 15-24 ans qui ont eu leurs premiers rapports sexuels à 15 ans exactement. Tableau 14.9 Âge des jeunes aux premiers rapports sexuels Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-24 qui ont eu des rapports sexuels à l'âge exact 15, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique Pourcentage ayant déjà eu des rapports sexuels en atteignant 15 ans Effectif de femmes 15-24 Pourcentage ayant déjà eu des rapports sexuels en atteignant 15 ans Effectif d’hommes 15-24 Âge 15-17 19,5 1 737 12,2 562 18-19 22,1 1 039 16,1 315 15-19 20,5 2 776 13,6 877 20-22 23,3 1 463 12,9 367 23-24 19,9 811 9,3 196 20-24 22,1 2 274 11,6 563 État matrimonial Célibataire 11,2 2 246 13,4 1 272 En union 28,9 2 739 7,9 160 En rupture d’union 43,7 65 * 8 Milieu de résidence Ouagadougou 12,3 727 22,2 186 Autres villes 19,4 624 18,3 179 Ensemble urbain 15,6 1 350 20,3 365 Rural 23,2 3 700 10,3 1 075 Région Ouagadougou 12,3 727 22,2 186 Boucle du Mouhoun 18,1 297 12,4 104 Centre (Sans Ouaga.) 16,0 82 (17,5) 31 Centre-Sud 16,2 287 12,9 76 Plateau Central 10,6 237 19,4 70 Centre-Est 17,4 402 5,7 106 Centre-Nord 16,4 414 8,6 82 Centre-Ouest 16,3 336 5,5 119 Est 21,4 368 1,9 82 Nord 29,6 473 13,4 117 Cascades 25,8 166 6,8 50 Hauts-Bassins 26,9 689 15,1 243 Sahel 39,3 361 17,2 116 Sud-Ouest 28,9 212 7,6 59 Niveau d'instruction Aucune instruction 24,4 3 143 9,7 623 Primaire/ Alphabét. 18,9 1 235 14,0 497 Secondaire ou plus 10,4 671 17,1 319 Quintile de bien-être Le plus pauvre 27,7 843 10,2 209 Second 25,1 876 9,0 262 Moyen 20,4 1 122 9,4 316 Quatrième 21,2 764 12,7 254 Le plus riche 15,6 1 445 19,5 399 Ensemble 21,2 5 050 12,8 1 440 * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés 250 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles En atteignant 15 ans, une femme de 15-24 ans sur cinq (21 %) a déjà eu des rapports sexuels. La proportion ne varie pas significativement selon l’âge. De 20 % pour les femmes âgées de 15-17 ans au moment de l’enquête, elle passe à 22 % pour celle âgées de 20-24 ans. Les rapports sexuels ont donc lieu à un âge relativement précoce chez les jeunes femmes. Chez les hommes, une proportion plus faible que celle des femmes avaient déjà eu des rapports sexuels en atteignant 15 ans (13 %). C’est en milieu urbain (16 %), en particulier dans la ville de Ouagadougou (12 %), parmi celles de la région du Plateau Central (11 %) et parmi celles qui sont les plus instruites (10 %) que les proportions de femmes qui ont déjà eu des rapports sexuels à 15 ans sont les plus faibles. Chez les hommes, ce sont, contrairement aux jeunes femmes, ceux qui résident en rural (10 %) et ceux qui sont sans instruction qui ont été proportionnellement les moins nombreux à avoir leurs rapports sexuels à 15 ans. Rapports sexuels à haut risque et utilisation du condom chez les jeunes Le tableau 14.10 et le graphique 14.1 présentent les proportions des jeunes de 15-24 ans ayant eu des rapports sexuels à haut risque et les proportions de ceux/celles qui ont utilisé des condoms au cours de ces derniers rapports sexuels à haut risque. Les résultats montrent que 23 % des jeunes femmes et 78 % des jeunes hommes ont déclaré avoir eu des rapports sexuels à haut risque au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Parmi ces femmes, 54 % ont utilisé des condoms au cours de ces derniers rapports sexuels à haut risque. Chez les hommes, la proportion est de 67 %. Le pourcentage de femmes ayant déclaré avoir eu des rapports sexuels à haut risque est plus élevé parmi celles âgées de 15-19 ans que parmi celles de 20-24 ans (37 % contre 14 %). Cependant, la fréquence plus élevée de ces rapports à haut risque à 15-19 ans n’est pas accompagnée d’une utilisation des condoms plus élevée (46 % contre 67 %). Les résultats montrent également que ces rapports à haut risque sont plus fréquents parmi les femmes célibataires (100 %), celles vivant en milieu urbain (52 %) et, en particulier, à Ouagadougou (59 %). De même, la fréquence de ces rapports augmente avec l’élévation du niveau d’instruction : d’un minimum de 13 % parmi les femmes sans instruction, la proportion passe à 29 % parmi celles ayant le niveau primaire et à 66 % parmi les plus instruites. Contrairement à ce qui a été observé en fonction de l’âge, on constate que c’est dans ces catégories de femmes qui ont déclaré avoir eu des rapports sexuels à haut risque que l’utilisation des condoms est également la plus élevée. Plus des deux tiers des jeunes hommes de 15-24 ans (78 %), soit une proportion beaucoup plus élevée que celle des femmes (23 %) ont déclaré avoir eu des rapports sexuels à haut risque au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête. Comme chez les femmes, il s’agit des hommes les plus jeunes (98 %), de ceux vivant en milieu urbain (95 %) et des plus instruits (93 %). C’est également parmi ces hommes, à l’exception de ceux de 15-19 ans, que l’on observe les proportions les plus élevées de ceux qui utilisent des condoms. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 251 Tableau 14.10 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom lors des derniers rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois par les jeunes sexuellement actifs Parmi les femmes et les hommes de 15-24 ans qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, pourcentage ayant eu des rapports sexuels avec un partenaire non-marital et non-cohabitant (rapports à hauts risques) au cours des 12 derniers mois, et parmi ceux-ci, pourcentage qui ont utilisé un condom la dernière fois qu’ils ont eu des rapports sexuels, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes 15-24 ans Hommes 15-24 ans Caractéristique socio-démographique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes sexuellement actives au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports à hauts risques Effectif de femmes ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Effectif d’hommes sexuelle- ment actifs au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports à hauts risques Effectif d’hommes ayant eu des rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois Âge 15-19 36,8 1 155 46,4 425 97,6 197 61,6 192 20-24 13,5 1 714 67,4 231 67,7 361 71,0 244 État matrimonial Célibataire 99,7 591 55,6 589 100,0 406 66,4 406 En union 1,9 2 242 39,0 43 16,0 143 70,7 23 En rupture d’union (66,0) 36 (35,3) 24 * 8 * 7 Milieu de résidence Ouagadougou 59,0 353 73,0 208 (93,6) 100 (97,6) 93 Autres villes 45,1 346 63,7 156 96,0 80 90,8 77 Ensemble urbain 52,2 699 69,0 365 94,7 180 94,5 171 Rural 13,4 2 170 34,8 291 70,4 378 49,1 266 Région Ouagadougou 59,0 353 73,0 208 (93,6) 100 (97,6) 93 Boucle du Mouhoun 25,0 165 49,3 41 (91,7) 34 (37,0) 31 Centre (Sans Ouaga.) 22,3 47 * 11 * 13 * 10 Centre-Sud 10,6 127 * 13 (80,3) 40 (76,0) 32 Plateau Central 19,7 93 (34,8) 18 83,7 25 (66,0) 21 Centre-Est 19,9 187 (49,3) 37 * 23 * 15 Centre-Nord 10,0 261 (39,5) 26 (67,2) 27 * 18 Centre-Ouest 26,4 141 59,6 37 (82,1) 32 (75,2) 26 Est 0,5 205 * 1 * 21 * 6 Nord 20,3 327 40,4 66 (79,0) 52 (49,1) 41 Cascades 31,8 107 33,5 34 (85,8) 17 (77,0) 14 Hauts-Bassins 28,8 458 46,6 132 84,3 100 71,1 84 Sahel 6,2 299 * 19 (56,7) 56 (15,1) 32 Sud-Ouest 12,2 101 * 12 (62,1) 18 * 11 Niveau d'instruction Aucune instruction 13,3 1 865 36,1 248 68,5 225 51,6 154 Primaire/ Alphabét. 29,1 688 51,8 200 79,7 204 63,1 162 Secondaire ou plus 65,9 316 76,7 208 92,9 129 91,5 120 Quintile de bien-être Le plus pauvre 11,7 489 39,3 57 55,8 88 28,9 49 Second 10,2 533 (25,2) 54 64,2 78 42,7 50 Moyen 12,7 629 22,7 80 72,0 114 55,1 82 Quatrième 20,3 470 51,8 95 85,4 84 59,1 71 Le plus riche 49,4 749 67,4 370 94,6 194 91,8 184 Ensemble 22,9 2 869 53,8 656 78,2 558 66,9 436 * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés 252 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles 14.7 RAPPORTS SEXUELS PRÉMARITAUX ET UTILISATION DU CONDOM PARMI LES CÉLIBATAIRES DE 15-24 ANS Les jeunes célibataires constituent une population à risque dans la mesure où, à cette période de la vie, les relations sexuelles sont généralement instables et le multipartenariat fréquent. Au cours de l’EDSBF-III, il était donc important d’évaluer les types de comportement des jeunes enquêtés âgés de 15-24 ans en matière de prévention du VIH/sida. Le tableau 4.11 présente les proportions de jeunes célibataires de 15-24 ans qui ont eu des rapports sexuels et ceux qui ont utilisé des condoms au cours des derniers rapports sexuels. Un peu plus du quart des jeunes femmes célibataires de 15-24 ans (26 %) ont déclaré avoir eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois. Les rapports sexuels prémaritaux sont plus fréquents parmi les femmes de 20-24 ans (54 %), celles vivant en milieu urbain (36 %), celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus (37 %) et parmi les femmes de la région des Cascades (41 %). Les résultats montrent également que c’est parmi ces femmes qui ont déclaré le plus fréquemment avoir eu des rapports sexuels prémaritaux au cours des 12 derniers mois que l’utilisation des condoms est aussi la plus élevée. Près d’un tiers des jeunes hommes célibataires de 15-24 ans (32 %) ont déclaré avoir eu des rapports sexuels au cours de 12 derniers mois ; parmi eux, 66 % ont utilisé des condoms ; comme chez les femmes, il s’agit des hommes de 20-24 ans, de ceux résidant en milieu urbain et des hommes les plus instruits (54 %, 48 % et 38 %, respectivement). De même que chez les femmes, ce sont ces jeunes célibataires qui ont le plus fréquemment utilisé des condoms. Graphique 14.1 Rapports sexuels à hauts risques parmi les jeunes de 15-24 ans cohabitant et non cohabitant EDSBF-III 2003 15-19 20-24 15-24 15-19 20-24 15-24 0% 20% 40% 60% 80% 100% Jamais de rapports Rapports mais pas les 12 derniers mois Rapports avec cohabitant et condom aux derniers rapports Rapports avec cohabitant mais pas condom aux derniers rapports Rapports avec non cohabitant et condom aux derniers rapports Rapports avec non cohabitant mais pas condom aux derniers rapports FEMMES HOMMES VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 253 Tableau 14.11 Rapports sexuels à hauts risques et utilisation du condom lors des derniers rapports sexuels à hauts risques au cours des 12 derniers mois par les jeunes célibataires Parmi les jeunes célibataires de 15-24 ans, pourcentage ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, et parmi ceux-ci, pourcentage qui ont utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes célibataires 15-24 ans Hommes célibataires 15-24 ans Caractéristique socio-démographique Pourcentage ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Effectif de femmes célibataires de 15-24 ans Pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels Effectif de femmes célibataires de 15-24 ans sexuellement actives au cours des 12 derniers mois Pourcentage ayant eu des rapports sexuels au cours des 12 derniers mois Effectif d’hommes célibataires de 15-24 ans Pourcentage ayant utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels Effectif d’hommes célibataires de 15-24 ans sexuellement actifs au cours des 12 derniers mois Âge 15-19 21,0 1 881 47,1 395 21,8 867 61,4 189 20-24 53,8 365 72,3 196 53,7 405 70,8 218 Milieu de résidence Ouagadougou 34,9 554 74,9 193 51,6 179 (97,6) 92 Autres villes 36,7 399 65,1 147 43,3 172 91,2 75 Ensemble urbain 35,7 952 70,7 340 47,5 351 94,7 167 Rural 19,4 1 293 35,0 252 26,0 921 46,7 239 Région Ouagadougou 34,9 554 74,9 193 51,6 179 (97,6) 92 Boucle du Mouhoun 25,2 156 (50,0) 39 29,3 100 (33,3) 29 Centre (Sans Ouaga.) 25,3 35 * 9 37,9 27 * 10 Centre-Sud 8,0 120 * 10 43,3 59 (71,8) 25 Plateau Central 13,5 122 (34,0) 16 31,8 65 (64,7) 21 Centre-Est 18,1 198 (51,3) 36 15,1 93 * 14 Centre-Nord 19,3 127 (36,9) 25 20,5 69 * 14 Centre-Ouest 19,2 180 61,8 35 22,4 112 (74,4) 25 Est 1,4 70 * 1 8,6 65 * 6 Nord 39,4 150 (39,9) 59 35,5 101 (46,7) 36 Cascades 40,5 82 33,3 33 27,9 45 (81,5) 13 Hauts-Bassins 36,1 308 48,8 111 36,5 222 69,9 81 Sahel 19,1 63 * 12 34,8 88 (13,4) 30 Sud-Ouest 15,3 81 * 12 20,2 48 (57,90 10 Niveau d'instruction Aucune instruction 20,2 1 058 35,0 214 26,7 529 49,8 141 Primaire/ Alphabét. 27,2 631 55,1 172 33,7 434 62,2 147 Secondaire ou plus 37,0 556 76,9 206 38,4 309 91,4 119 Quintile de bien-être Le plus pauvre 17,9 280 41,8 50 27,0 163 26,2 44 Second 18,7 259 22,1 48 20,1 223 40,9 45 Moyen 16,7 420 23,4 70 27,4 273 52,6 75 Quatrième 26,7 290 54,3 77 28,4 233 58,0 66 Le plus riche 34,6 998 68,9 345 46,4 381 91,9 177 Ensemble 26,3 2 246 55,5 591 31,9 1 272 66,4 406 * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés Le graphique 14.2 présente les proportions de jeunes hommes et de jeunes femmes selon la catégorie de risque de contracter le VIH/sida à laquelle ils On constate que 31 % des jeunes femmes de 15-24 ans et 54 % des jeunes hommes de 15-24 ans n’ont jamais eu de rapports sexuels (graphique 14.2) alors que respectivement, 13 % et 7 % ont eu des rapports sexuels mais pas dans les douze derniers mois. De plus, 9 % des jeunes femmes et 15 % des jeunes hommes n’ont eu qu’un seul partenaire et ont utilisé un condom au cours des derniers 254 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles rapports sexuels, 46 % des jeunes femmes et 15 % des jeunes hommes n’ont eu qu’un seul partenaire mais, ils n’ont par contre pas utilisé de condom au cours des derniers rapports sexuels. Moins de 1 % des femmes et 6 % des hommes ont eu des rapports sexuels avec plus d’un partenaire et ont utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels et enfin moins de 1% des femmes et 3 % des hommes ont couru le plus de risques puisqu’íls ont eu des rapports sexuels avec plus d’un partenaire sans avoir utilisé de condom au cours des derniers rapports sexuels. C’est dans le groupe d’âges 15-19 ans que la proportion de jeunes qui courent le moins de risques de contracter le VIH/sida est la plus élevée puisque plus de la moitié d’entre eux n’ont jamais eu de rapports sexuels. Dans le groupe d’âges 20- 24 ans, près des deux tiers des femmes et plus d’un quart des hommes n’ont eu qu’un seul partenaire mais n’ont pas utilisé de condom au cours des derniers rapports sexuels. Enfin, quel que soit le groupe d’âges, et même si les proportions sont faibles, on constate que les hommes ayant eu les comportements les plus à risques (rapports avec plus d’un partenaire et non utilisation de condom au cours des derniers rapports sexuels) sont toujours plus nombreux que les femmes. Un peu plus de la moitié des jeunes hommes de 15-24 ans n’ont jamais eu de rapports sexuels (54 %) ; la fréquence est plus élevée dans le groupe d’âges 15-19 ans (74 %). Un peu plus d’un jeune homme de 15-24 ans sur dix (15 %) a limité les rapports sexuels à un seul partenaire et n’a pas utilisé le condom au cours des derniers rapports sexuels, également 15 % ont limité les rapports sexuels à un seul partenaire et ils ont utilisé le condom au cours des derniers rapports. Contrairement aux jeunes femmes, une proportion plus élevée (6 %) ont eu des rapports sexuels avec plus d’un partenaire et ont utilisé le condom (1 % pour les femmes), et 3 % ont eu des rapports avec plus d’un partenaire et n’ont pas utilisé de condom (cette proportion est de 1 % chez les femmes). 14.8 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST) Dans la mesure où les infections sexuellement transmissibles (IST) favorisent la transmission du virus du SIDA, la prévention et la lutte contre ces infections constituent une priorité. Au cours de l’EDSBF-III, on a donc posé des questions pour essayer de déterminer le niveau de connaissance des IST et d’estimer une prévalence déclarée des IST par les enquêtés. Graphique 14.2 Abstinence, fidélité et utilisation du condom par les jeunes de 15-24 ans EDSBF-III 2003 15-19 20-24 15-24 15-19 20-24 15-24 0% 20% 40% 60% 80% 100% Jamais de rapports Rapports mais pas les 12 derniers mois Un seul partenaire et condom aux derniers rapports Un seul partenaire mais pas condom aux derniers rapports Plusieurs partenaires et condom aux derniers rapports Plusieurs partenaires mais pas condom aux derniers rapports FEMMES HOMMES VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 255 Connaissance des IST Sept femmes sur dix (69 %) ne connaissent pas les IST autres que le VIH/sida (tableau 14.12.1). Cette proportion est particulièrement élevée parmi les jeunes de 15-19 ans (77 %), en milieu rural (77 %), parmi les femmes sans instruction (77 %), celles de niveau primaire ou étant alphabétisées (62 %) et les célibataires qui n’ont jamais eu de rapports sexuels (77 %). Ces femmes ont été aussi très peu nombreuses à pouvoir citer un symptôme d’IST que ce soit chez la femme comme chez l’homme. Tableau 14.12.1 Connaissance des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) : femmes Pourcentage de femmes qui connaissent les signes associés aux infections sexuellement transmissibles (IST) chez l'homme et chez la femme, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Connaissent des symptômes spécifiques des IST chez l'homme Connaissent des symptômes spécifiques des IST chez la femme Caractéristique socio-démographique Ne connaît pas les IST Pas de symptômes cités Un symptôme cité Deux symptômes ou plus cités Pas de symptômes cités Un symptôme cité Deux symptômes ou plus cités Effectif de femmes1 Âge 15-19 77,3 10,4 5,4 7,0 9,6 5,5 7,7 2 776 20-24 67,2 14,9 7,2 10,7 11,5 8,3 12,9 2 274 25-29 64,9 14,6 9,8 10,7 10,9 10,1 14,2 2 073 30-39 66,8 12,9 8,8 11,5 10,5 8,2 14,4 3 104 40-49 68,0 13,5 8,3 10,2 10,6 9,3 12,1 2 250 État matrimonial Célibataire 67,2 14,9 5,8 12,0 12,5 6,2 14,1 2 337 - A eu des rapports sexuels 47,2 22,5 9,7 20,6 17,0 10,1 25,6 771 - N'a jamais eu de rapports sexuels 77,1 11,2 3,9 7,8 10,3 4,2 8,4 1 566 En union 70,1 12,5 8,1 9,2 10,0 8,5 11,3 9 655 En rupture d’union 57,8 15,7 11,7 14,8 13,2 9,5 19,6 485 Résidence Ouagadougou 34,2 27,1 13,3 25,4 20,7 12,5 32,6 1 418 Autres villes 45,1 21,1 11,4 22,4 15,0 12,8 27,0 1 279 Ensemble urbain 39,4 24,3 12,4 24,0 18,0 12,6 29,9 2 697 Rural 77,3 10,0 6,5 6,1 8,5 6,9 7,3 9 780 Région Ouagadougou 34,2 27,1 13,3 25,4 20,7 12,5 32,6 1 418 Boucle du Mouhoun 62,9 12,3 15,7 9,2 10,6 14,6 11,9 910 Centre (Sans Ouaga.) 68,7 12,5 8,6 10,2 10,4 10,1 10,8 239 Centre-Sud 90,3 4,7 1,9 3,1 4,8 1,4 3,5 735 Plateau Central 83,0 7,8 3,8 5,4 7,3 4,0 5,7 620 Centre-Est 80,0 6,7 4,2 9,2 4,1 3,1 12,9 1 054 Centre-Nord 71,7 8,4 9,0 10,8 7,5 9,4 11,4 1 053 Centre-Ouest 81,6 8,2 5,4 4,7 7,1 5,4 5,9 905 Est 86,5 1,9 2,5 9,1 1,2 2,2 10,2 905 Nord 55,4 21,6 13,3 9,7 16,4 17,8 10,4 1 175 Cascades 72,7 7,6 3,3 16,5 5,0 4,2 18,2 410 Hauts-Bassins 64,0 20,1 6,4 9,5 15,0 7,6 13,4 1 606 Sahel 91,6 1,7 3,9 2,9 1,6 4,1 2,8 848 Sud-Ouest 58,8 25,3 11,8 4,1 26,2 10,7 4,3 599 Niveau d'instruction Aucune instruction 77,1 10,6 6,5 5,8 8,6 7,1 7,3 8 941 Primaire/alphabétisée 61,9 15,7 9,5 13,0 12,3 9,9 15,9 2 451 Secondaire ou plus 20,1 28,1 14,5 37,2 22,8 12,9 44,2 1 085 Quintile de bien-être Le plus pauvre 81,6 7,7 6,7 4,1 7,0 6,5 4,9 2 190 Second 77,8 11,0 5,5 5,7 9,3 6,5 6,4 2 290 Moyen 77,0 10,2 7,3 5,4 8,9 6,8 7,2 2 972 Quatrième 73,1 12,4 6,3 8,3 10,0 7,4 9,5 2 058 Le plus riche 42,5 22,2 12,0 23,3 16,2 12,4 28,8 2 967 Ensemble 69,1 13,1 7,8 10,0 10,6 8,1 12,2 12 477 1 Y compris les femmes qui n'ont pas entendu parler du sida 256 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles En ce qui concerne la connaissance de symptômes d’IST chez les femmes et chez les hommes, on constate qu’environ une femme sur dix n’en connaît aucun que ce soit chez les hommes (13 %) ou chez les femmes (11 %). Dans 8 % des cas, les femmes ont pu citer au moins un symptôme chez l’homme comme chez la femme. Enfin, 10 % des femmes ont pu citer au moins deux symptômes chez l’homme et 12 % en ont cité au moins deux chez la femme. Tableau 14.12.2 Connaissance des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) : hommes Pourcentage d'hommes qui connaissent les signes associés aux infections sexuellement transmissibles (IST) chez l'homme et chez la femme, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Connaissent des symptômes spécifiques des IST chez l'homme Connaissent des symptômes spécifiques des IST chez la femme Caractéristique socio-démographique Ne connaît pas les IST Pas de symptôme cité Un symptôme cité Deux symptômes ou plus cités Pas de symptôme cité Un symptôme cité Deux symptômes ou plus cités Effectif d'hommes1 Âge 15-19 73,9 12,0 6,2 7,8 19,5 2,9 3,7 877 20-24 44,4 18,2 14,0 23,4 35,5 8,1 12,0 563 25-29 35,6 14,4 15,3 34,7 39,7 10,0 14,7 438 30-39 23,7 14,4 18,2 43,7 47,0 10,3 19,0 775 40-49 37,7 11,3 13,2 37,7 33,4 11,3 17,6 556 État matrimonial Célibataire 58,8 14,2 10,5 16,4 26,6 5,6 8,9 1 520 - A eu des rapports sexuels 40,2 20,1 14,6 25,1 38,1 7,9 13,8 689 - N' a jamais eu de rapports sexuels 74,2 9,4 7,0 9,3 17,1 3,7 4,9 831 En union 33,4 13,6 14,6 38,4 40,5 10,0 16,1 1 636 En rupture d’union 13,3 11,4 32,0 43,3 51,7 15,9 19,1 52 Résidence Ouagadougou 14,7 22,8 16,7 45,9 54,0 10,9 20,4 439 Autres villes 27,3 21,7 12,1 39,0 42,6 8,2 21,9 369 Ensemble urbain 20,4 22,3 14,6 42,7 48,8 9,7 21,1 808 Rural 53,4 11,0 12,4 23,2 29,2 7,5 9,9 2 400 Région Ouagadougou 14,7 22,8 16,7 45,9 54,0 10,9 20,4 439 Boucle du Mouhoun 60,7 8,7 15,8 14,3 18,6 10,2 10,1 232 Centre (Sans Ouaga.) 52,1 10,7 13,5 23,7 31,3 4,5 12,1 65 Centre-Sud 43,6 31,1 14,4 10,9 39,2 7,8 9,4 188 Plateau Central 46,7 20,9 13,2 19,3 39,8 7,3 6,2 150 Centre-Est 51,6 8,8 0,0 39,6 35,4 0,6 12,4 229 Centre-Nord 48,5 5,6 11,0 34,8 28,5 8,4 14,5 221 Centre-Ouest 52,0 4,4 30,7 12,9 22,6 18,2 7,2 207 Est 75,9 4,3 11,4 8,3 5,8 6,9 11,3 233 Nord 47,2 8,2 18,2 26,4 37,4 8,7 6,6 264 Cascades 41,1 11,4 13,6 33,9 20,1 10,2 28,7 102 Hauts-Bassins 43,5 22,9 8,5 25,1 38,1 7,1 11,3 496 Sahel 38,4 5,0 4,6 52,0 49,0 1,3 11,3 241 Sud-Ouest 50,7 12,1 13,3 23,8 21,0 8,0 20,3 144 Niveau d'instruction Aucune instruction 55,0 9,2 12,6 23,1 28,2 7,0 9,8 1 559 Primaire/alphabétisé 44,0 15,2 14,0 26,9 37,8 8,1 10,1 1 060 Secondaire ou plus 21,0 23,8 11,8 43,3 43,2 10,5 25,3 589 Quintile de bien-être Le plus pauvre 60,3 7,2 10,9 21,6 25,4 7,3 7,0 478 Second 57,9 10,1 10,2 21,8 26,8 6,0 9,2 616 Moyen 51,0 11,2 13,9 23,8 29,6 8,8 10,6 701 Quatrième 50,4 12,9 12,1 24,3 29,8 7,4 12,1 506 Le plus riche 21,0 22,5 15,4 41,2 49,5 9,5 20,1 907 Ensemble 45,1 13,9 12,9 28,1 34,1 8,0 12,7 3 209 1 Y compris les femmes qui n'ont pas entendu parler du sida VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 257 Les hommes connaissent mieux les IST que les femmes : seulement 45 % contre 69 % des femmes ont déclaré ne pas les connaître. En ce qui concerne les symptômes, 28 % ont pu en citer au moins deux chez l’homme. Par contre, la proportion connaissant au moins deux symptômes chez la femme est quasiment identique à celle des femmes (13 %). Les hommes qui connaissent le moins bien les IST sont ceux de 15-19 ans (74 %) et les célibataires qui n’ont jamais eu de rapports sexuels (74 %). Prévalence déclarée d’IST Une faible proportion de femmes (2 %) a déclaré avoir eu une IST au cours des douze derniers mois précédant l'enquête (tableau 14.13). Il est fort probable que cette prévalence déclarée soit sous-estimée du fait que certaines femmes n’osent pas avouer ce type de maladies et parce que certaines femmes ne connaissent pas les signes et symptômes d'IST. Tableau 14.13 Infection Sexuellement Transmissible (IST) et symptômes d’IST déclarés Parmi les femmes et les hommes qui ont eu des rapports sexuels, pourcentage de celles/ceux qui ont déclaré avoir eu une infection sexuellement transmissible (IST) et/ou des symptômes d’IST au cours des 12 derniers mois, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique Pour- centage avec une IST Pour- centage avec des pertes vaginales anormales Pour- centage avec une plaie/ ulcère génital Pour- centage avec IST/ pertes/ plaies/ ulcère Effectif de femmes ayant déjà eu des rapports sexuels Pour- centage avec une IST Pour- centage avec des écoule- ments du pénis Pour- centage avec une plaie/ ulcère génital Pour-centage avec IST/écoule- ments/ plaie/ulcère Effectif d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels Âge 15-19 1,6 3,4 0,8 3,9 1 344 1,3 9,8 4,1 11,5 230 20-24 2,0 5,7 1,1 6,6 2 154 0,6 2,1 0,8 3,4 430 25-29 1,7 3,8 1,3 4,4 2 061 1,3 3,2 2,4 5,3 397 30-39 1,6 4,2 0,8 4,9 3 102 1,1 0,8 0,9 2,0 763 40-49 1,4 2,0 0,8 2,7 2 249 1,1 0,9 1,8 3,1 555 État matrimonial Célibataire 3,8 11,5 2,2 13,1 771 1,2 5,7 2,3 7,2 689 En union 1,5 3,2 0,8 3,8 9 654 1,0 1,0 1,4 2,6 1 634 En rupture d’union 1,6 5,1 2,6 6,3 485 3,3 0,0 1,8 5,1 52 Milieu de résidence Ouagadougou 5,7 14,5 3,0 16,7 1 092 1,6 2,4 2,9 5,2 365 Autres villes 4,1 9,4 4,1 12,3 1 050 2,7 3,9 2,0 7,3 286 Ensemble urbain 4,9 12,0 3,5 14,5 2 142 2,1 3,0 2,5 6,1 651 Rural 0,9 1,9 0,3 2,1 8 769 0,7 2,1 1,4 3,2 1 724 Région Ouagadougou 5,7 14,5 3,0 16,7 1 092 1,6 2,4 2,9 5,2 365 Boucle du Mouhoun 1,0 1,3 0,7 1,8 799 1,3 1,1 0,0 2,4 165 Centre (Sans Ouaga.) 1,0 4,1 0,8 4,4 213 3,7 2,3 0,0 5,1 47 Centre-Sud 0,2 1,0 0,1 1,0 624 1,0 1,0 0,6 2,3 154 Plateau Central 0,8 1,0 0,2 1,2 516 0,5 0,5 0,0 0,5 108 Centre-Est 0,8 3,2 0,6 3,6 899 0,0 3,0 5,6 6,1 145 Centre-Nord 1,6 1,8 0,3 2,0 951 0,0 0,0 0,8 0,8 167 Centre-Ouest 0,6 2,1 0,3 2,4 768 0,0 0,9 3,2 3,4 127 Est 0,3 1,2 0,1 1,2 837 0,8 0,5 0,9 1,6 168 Nord 3,1 5,8 0,9 6,6 1 086 1,5 0,7 0,7 2,2 205 Cascades 2,1 3,3 0,2 4,5 365 1,4 1,4 1,3 1,9 73 Hauts-Bassins 2,0 4,3 2,7 5,8 1 430 1,7 6,8 2,8 9,0 366 Sahel 0,3 0,9 0,2 1,1 798 0,8 3,6 0,4 3,6 185 Sud-Ouest 0,0 3,1 0,5 3,4 534 0,7 1,5 0,0 2,2 101 Niveau d'instruction Aucune instruction 0,8 2,0 0,6 2,4 8 124 0,8 1,5 1,3 2,9 1 177 Primaire/ Alphabét. 3,5 6,6 1,7 7,7 2 011 1,3 3,6 2,4 5,4 772 Secondaire ou plus 5,9 16,0 2,8 18,7 775 1,2 2,3 1,5 4,1 426 Quintile de bien-être Le plus pauvre 0,6 1,3 0,2 1,4 1 970 0,6 2,2 0,8 3,3 356 Second 0,8 1,5 0,4 1,6 2 083 0,5 0,6 1,4 1,6 438 Moyen 0,7 2,0 0,4 2,2 2 634 0,7 2,3 1,2 3,3 506 Quatrième 1,3 2,4 0,6 3,0 1 852 1,1 4,0 2,6 5,6 343 Le plus riche 4,7 11,3 3,1 13,6 2 372 1,8 2,7 2,2 5,5 732 Ensemble 1,7 3,9 1,0 4,6 10 911 1,1 2,3 1,7 4,0 2 375 258 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles Par ailleurs, on a essayé de déterminer si les femmes avaient présenté des symptômes d’IST au cours des 12 derniers mois : 4 % des femmes ont déclaré avoir eu des pertes vaginales malodorantes et 1 % ont déclaré avoir eu une plaie ou un ulcère génital. La prévalence totale déclarée d’IST (selon les déclarations spontanées et selon les symptômes) estimée ici à 5 % parmi les femmes qui ont déjà eu des rapports sexuels, doit être prise comme un ordre de grandeur et non comme une estimation précise car la présence de ces différents symptômes ou signes ne sont pas toujours la preuve d'une IST. On constate néanmoins que les femmes de la ville de Ouagadougou (17 %) et celles de niveau secondaire ou plus (19 %) seraient celles qui auraient eu le plus fréquemment des IST. Une proportion d’hommes équivalente à celle des femmes (1 %) ont déclaré spontanément avoir eu une IST (tableau 14.13). De plus, 2 % ont déclaré avoir eu un écoulement du pénis et 2 % avoir eu une plaie ou un ulcère génital. Globalement, d’après les déclarations spontanées et/ou les symptômes, 4 % des hommes auraient eu une IST au cours des 12 derniers mois. IST et comportement Parmi les femmes ayant déclaré avoir eu une IST et/ou des symptômes associés aux IST au cours des 12 derniers mois, on constate qu’un peu moins de sept femmes sur dix (68 %) ont déclaré avoir recherché des conseils ou un traitement (tableau 14.14). Cependant, près de deux femmes sur trois (60 %) se sont adressées à un professionnel de la santé, un hôpital, une clinique ou un médecin privé pour être traitées. Dans 41 % de cas, les femmes sont allées dans une boutique ou une pharmacie pour obtenir des médicaments ou des conseils et 19 % ont consulté un ami ou un parent proche. Enfin, dans 10 % des cas, les femmes ont consulté un guérisseur traditionnel. Tableau 14.14 Traitement pour les IST Parmi les femmes et les hommes ayant déclaré avoir eu une IST ou des symptômes d'IST au cours des 12 derniers mois, pourcentage qui ont recherché un traitement, selon source de conseils ou traitement, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Source de conseils ou traitement Femmes Hommes Clinique/hôpital/professionnel de santé 59,6 27,0 Guérisseur traditionnel 9,6 9,9 Conseils ou médicament d'une boutique/pharmacie 41,4 15,5 Conseils d'amis/parents 19,1 16,9 Conseils ou traitement de n'importe quelle source 67,7 39,5 Pas de conseil ou traitement 32,3 60,5 Effectif ayant une IST et/ou des symptômes d'IST 496 94 Note : Des pertes vaginales anormales, des écoulements du pénis, plaie ou un ulcère génital sont les symptômes d’IST. Parmi les hommes ayant déclaré avoir eu une IST et/ou des symptômes associés aux IST au cours des 12 derniers mois, on constate qu’une proportion plus importante que chez les femmes (61 % contre 32 %) n’a pas recherché un traitement ou un conseil quelconque (tableau 14.14). Dans un peu moins d’un tiers des cas (27 %), les hommes se sont adressés à une clinique, un hôpital ou un médecin privé ; 10 % ont consulté un guérisseur traditionnel ; dans 17 % des cas, les hommes ont demandé des conseils à des proches et 16 % se sont adressés à des boutiques ou des pharmacies pour obtenir des conseils ou des médicaments. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 259 14.9 ENFANTS SANS LEURS PARENTS Avec l’émergence de l’épidémie du VIH/sida, surtout dans les pays à forte prévalence de VIH, on a observé une augmentation significative du nombre d`orphelins. Cette situation a conduit les programmes de lutte contre le sida à intégrer dans leurs préoccupations les conditions de vie des enfants survivant à leurs parents en raison de leur grande vulnérabilité. Au cours de la présente enquête, les conditions die vie des enfants orphelins de père et/ou de mère quelles que soient la cause de décès des parents ony été analysées. Survie des parents et conditions de vie des enfants Le tableau 14.15 présente la répartition des enfants de moins de 15 ans par survie des parents et par résidence avec les parents. On constate que dans la quasi-totalité des cas (92 %), les deux parents sont en vie. Dans 4 % des cas, les enfants sont orphelins de père et dans 2 % des cas, c’est la mère qui est décédée. Moins de 1% des enfants sont orphelins des deux parents. Tableau 14.15 État de survie des parents et résidence des enfants avec les parents Répartition (%) des enfants (de droit) de moins de 15, par survie des parents et par résidence avec les parents, selon certaines caractéristiques socio- démographiques, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Survie des parents Résidence des enfants avec les parents Caractéristique socio-démographique Les deux parents décédés Seule la mère est décédée Seul le père est décédé Les deux parents en vie Infor- mation sur mère/père manquante Total Mère, père ou les deux décédés Ne vit avec aucun parent Vit avec la mère seule- ment Vit avec le père seule- ment Vit avec les deux parents Total Effectif d'enfants Âge 0-1 0,0 0,3 1,3 98,3 0,1 100,0 1,6 0,4 9,9 0,3 89,3 100,0 4 147 2-4 0,2 0,7 2,5 96,3 0,2 100,0 3,5 3,8 9,6 2,1 84,4 100,0 5 866 5-9 0,8 2,1 4,5 91,8 0,7 100,0 7,5 10,6 7,7 6,0 75,7 100,0 9 666 10-14 1,4 3,2 7,0 86,6 1,7 100,0 11,7 14,8 7,7 8,6 68,9 100,0 8 222 0-14 0,7 1,9 4,4 92,2 0,8 100,0 7,0 8,9 8,4 5,1 77,6 100,0 27 900 Sexe Masculin 0,6 2,1 4,5 91,9 0,8 100,0 7,3 7,9 8,5 5,6 78,1 100,0 14 312 Féminin 0,8 1,7 4,2 92,5 0,8 100,0 6,7 9,9 8,4 4,6 77,0 100,0 13 587 Milieu de résidence Ouagadougou 1,7 2,0 8,4 85,1 2,8 100,0 12,3 16,5 15,1 3,5 64,9 100,0 1 738 Autres villes 1,2 2,1 7,0 88,5 1,2 100,0 10,3 14,9 13,6 5,2 66,3 100,0 2 157 Ensemble urbain 1,4 2,0 7,6 87,0 1,9 100,0 11,2 15,6 14,3 4,4 65,7 100,0 3 895 Rural 0,6 1,9 3,8 93,1 0,6 100,0 6,3 7,8 7,5 5,2 79,5 100,0 24 005 Région Ouagadougou 1,7 2,0 8,4 85,1 2,8 100,0 12,3 16,5 15,1 3,5 64,9 100,0 1 738 Boucle du Mouhoun 0,7 1,5 3,5 93,9 0,5 100,0 5,6 9,0 4,6 4,8 81,6 100,0 2 381 Centre (Sans Ouaga.) 1,7 2,0 7,7 87,9 0,7 100,0 11,3 9,7 8,5 5,1 76,8 100,0 602 Centre-Sud 1,0 2,5 4,0 92,0 0,5 100,0 7,5 6,6 7,3 5,2 80,9 100,0 1 690 Plateau Central 0,7 2,8 3,7 92,1 0,8 100,0 7,1 8,3 8,0 6,8 76,9 100,0 1 590 Centre-Est 0,3 1,6 4,4 92,2 1,5 100,0 6,3 6,6 11,3 4,7 77,3 100,0 2 337 Centre-Nord 0,1 1,7 3,3 94,5 0,4 100,0 5,1 6,8 5,2 4,0 84,0 100,0 2 460 Centre-Ouest 1,0 2,2 6,4 89,3 1,0 100,0 9,7 10,6 11,7 6,8 71,0 100,0 2 141 Est 0,7 1,2 4,2 93,2 0,6 100,0 6,2 5,6 6,4 4,0 84,1 100,0 2 329 Nord 0,8 1,9 3,3 93,6 0,3 100,0 6,1 10,8 8,7 5,4 75,1 100,0 2 859 Cascades 0,9 1,4 2,6 94,6 0,5 100,0 4,9 6,3 5,4 6,0 82,3 100,0 961 Hauts-Bassins 0,6 2,2 3,7 93,0 0,4 100,0 6,5 10,1 8,4 6,1 75,5 100,0 3 388 Sahel 0,3 1,2 2,2 95,7 0,5 100,0 3,8 8,1 4,9 3,6 83,4 100,0 1 896 Sud-Ouest 0,9 2,5 7,1 88,2 1,2 100,0 10,7 8,7 13,9 6,2 71,1 100,0 1 528 Quintile de bien-être Le plus pauvre 0,4 2,0 5,0 91,9 0,7 100,0 7,4 7,9 8,9 4,6 78,7 100,0 5 386 Second 0,8 2,2 4,0 92,5 0,5 100,0 7,0 7,4 6,9 5,3 80,4 100,0 5 521 Moyen 0,6 1,8 3,1 93,9 0,6 100,0 5,5 7,4 7,0 5,3 80,3 100,0 7 395 Quatrième 0,6 1,6 4,3 92,6 0,8 100,0 6,5 8,2 8,8 5,4 77,5 100,0 4 976 Le plus riche 1,4 2,0 6,0 89,0 1,6 100,0 9,4 14,8 11,6 5,0 68,6 100,0 4 622 Ensemble 0,7 1,9 4,4 92,2 0,8 100,0 7,0 8,9 8,4 5,1 77,6 100,0 27 900 260 | VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles En ce qui concerne la résidence des enfants, on constate que plus des trois quarts des enfants de moins de 15 ans vivent avec leurs deux parents (78 %). Dans 8 % des cas, ils ne vivent qu’avec leur mère ; dans 5 % des cas, ils vivent avec leur père, et 9 % des enfants de moins de 15 ans ne vivent ni avec leur mère, ni avec leur père, que ceux-ci soient encore en vie ou non. Selon le milieu de résidence, la proportion des enfants de moins de 15 ans vivant avec leurs deux parents est plus élevée en milieu rural (80 % ) que dans la ville de Ouagadougou (65 %) et dans les autres villes (66 %). Selon les régions, la proportion d’enfants vivant avec leurs deux parents varie d’un minimum de 71 % dans la région du Centre-Ouest et celle du Sud-Ouest à un maximum de 84 % dans la région de l’Est et dans celle du Centre-Nord. Quelle que soit la région, les proportions d’enfants vivant seulement avec leur mère (variant de 5 % à 14 %) l’emportent sur celles des enfants vivant avec seulement leur père ou vivant sans aucun des deux parents. Survie des parents et fréquentation scolaire des enfants Il est généralement admis que les enfants orphelins sont désavantagés par rapport aux enfants qui vivent avec leurs deux parents. Pour évaluer ce désavantage sur le plan de la scolarité, on calcule un indicateur (ratio) qui permet de comparer la proportion d’enfants de 10-14 ans orphelins de père et de mère qui fréquentent l’école à la proportion d’enfants de 10-14 ans dont les deux parents sont en vie et qui vivent avec au moins l’un des deux parents et qui fréquentent l’école (tableau 14.16). On constate que 32 % des enfants dont les deux parents sont en vie et qui vivent avec au moins l’un des deux parents fréquentent actuellement l’école. Parmi les enfants orphelins de père et de mère, cette proportion est légèrement plus élevée (35 %). Ce sont les enfants dont la mère seule est décédée qui sont les plus défavorisées puisque seulement 25 % vont à l’école contre 35 % quand seul le père est décédé. Le ratio du pourcentage d’enfants orphelins de père et de mère de 10-14 ans fréquentant actuellement l’école au pourcentage d’enfants de 10-14 ans non orphelins et vivant avec au moins un des deux parents est de 1,1. Ce qui montre qu’au Burkina Faso, il n’y a pas d’écart entre la fréquentation scolaire des enfants orphelins et non orphelins. En outre, les résultats montrent que du point de vue de la fréquentation scolaire, la situation des enfants qui ne vivent pas avec leurs parents alors que ceux-ci sont en vie n’est pas très différente de la situation de ceux qui vivent avec au moins l’un des deux parents. On constate par ailleurs que dans 29 % des cas, les enfants ne vivant avec aucun des deux parents alors qu’ils sont en vie, fréquentent l’école. Cette proportion relativement élevée d'enfants vivant sans leurs parents, mais fréquentant l’école, s'explique en grande partie par l'insuffisance d’établissements d’enseignement secondaire qui oblige les enfants à aller poursuivre leurs études dans des écoles éloignées du domicile familial, et par conséquent à être confiés à d'autres parents ou amis de la famille. VIH/SIDA et Infections Sexuellement Transmissibles | 261 Tableau 14.16 Scolarisation des enfants de 10-14 orphelins ou non selon la survie des parents et la résidence avec les parents Pourcentage d’enfants (de droit) âgés de 10-14 ans qui fréquentent actuellement; l’école, par survie des parents et la résidence avec les parents ; ratio du pourcentage d’enfants orphelins de père ou de mère (ou des deux) au pourcentage pour les non-orphelins, qui fréquentent l’école, EDSBF-III Burkina Faso 2003 Les deux en vie, vivant avec au moins un parent Les deux en vie, ne vivant avec aucun parent Seule la mère est décédée Seul le père est décédé Les deux parents sont décédés Mère, père ou les deux sont décédés Caractéristique socio-démographique % allant à l'école Effectif % allant à l'école Effectif % allant à l'école Effectif % allant à l'école Effectif % allant à l'école Effectif % allant à l'école Effectif Ratio du pourcentage d’enfants orphelins au non-orphelins, fréquentant l'école Sexe Masculin 35,4 3 298 27,7 323 22,3 164 37,6 309 34,7 59 32,2 531 1,0 Féninin 27,8 3 059 29,9 443 29,1 102 32,6 270 35,1 57 31,7 429 1,3 Milieu de résidence Ouagadougou 92,3 317 54,2 117 * 18 (77,1) 90 * 17 78,4 125 0,9 Autres villes 74,6 492 50,6 118 (63,0) 25 63,4 75 (57,7) 16 61,9 115 0,8 Ensemble urbain 81,5 809 52,4 235 69,4 43 70,9 165 (72,2) 32 70,5 240 0,9 Rural 24,5 5 548 18,5 531 16,4 223 21,0 414 20,4 83 19,1 720 0,8 Région Ouagadougou 92,3 317 54,2 117 * 18 (77,1) 90 * 17 78,4 125 0,9 Boucle du Mouhoun 28,3 650 26,4 60 * 13 24,4 45 * 12 22,5 70 0,9 Centre (Sans Ouaga.) 43,7 148 * 13 * 6 (48,8) 25 * 6 43,0 38 1,7 Centre-Sud 34,9 395 (20,3) 35 * 19 (34,2) 26 * 13 34,8 57 1,4 Plateau Central 32,1 365 25,9 42 (14,2) 24 34,3 29 * 6 24,8 58 0,7 Centre-Est 28,2 550 (39,3) 44 * 19 (24,5) 51 * 5 29,3 75 0,5 Centre-Nord 26,3 557 (31,5) 44 * 25 (14,5) 40 * 0 16,3 65 0,0 Centre-Ouest 29,1 522 36,9 61 (25,5) 20 35,9 58 * 13 33,3 92 1,2 Est 12,8 530 (14,0) 35 * 14 (4,2) 36 * 10 4,4 59 0,0 Nord 28,8 589 13,6 81 * 29 (27,7) 48 * 11 19,8 88 0,2 Cascades 33,8 263 26,6 23 * 8 * 9 * 4 40,7 22 0,9 Hauts-Bassins 36,9 753 20,0 143 (31,6) 40 32,2 67 * 10 32,4 117 1,0 Sahel 21,6 381 (10,1) 36 * 11 * 14 * 5 3,9 30 0,0 Sud-Ouest 24,2 336 37,2 33 (8,0) 19 26,9 41 * 5 18,1 65 0,3 Quintile de bien-être Le plus pauvre 16,4 1 234 9,0 99 2,9 48 19,2 124 * 8 14,2 181 0,3 Second 21,9 1 208 13,5 114 12,6 60 10,9 85 * 26 12,2 171 0,8 Moyen 25,7 1 742 18,8 148 24,8 63 19,7 99 * 20 19,6 182 0,1 Quatrième 31,2 1 147 28,0 129 (24,2) 47 32,9 106 (26,4) 21 28,5 174 0,8 Le plus riche 72,6 1 026 48,3 276 64,1 47 71,1 163 (72,1) 41 69,7 251 1,0 Ensemble 31,7 6 357 28,9 766 24,9 265 35,2 578 34,9 116 32,0 960 1,1 * Basé sur trop peu de cas non pondérés ( ) Basé sur un faible nombre de cas non pondérés Prevalence du VIH et Facteurs Associés | 263 PRÉVALENCE DU VIH ET FACTEURS ASSOCIÉS 15 Dr Didier Bakouan et Soumaila Mariko INTRODUCTION L'infection au VIH constitue un véritable problème de santé publique et de développement au Burkina Faso. En 1987, les premières enquêtes conduites auprès des groupes spécifiques indiquaient un taux de séropositivité de 35 % chez les prostituées et de 25 % chez les malades porteurs d'IST. À la même époque, 19 % des malades hospitalisés en médecine au Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU-YO) et 12,5% des tuberculeux de Bobo-Dioulasso étaient séropositifs au VIH. En 1990, une enquête restreinte menée a Gorom-Gorom auprès de la population âgée de 15 à 45 ans chiffrait à 3,5 % Ia proportion de personnes infectées par Ie VIH (PNUD, 2003). L'enquête nationale de séroprévalence réalisée en 1994 auprès de 2 159 femmes enceintes dans huit sites révélait une prévalence de 7,3 %. La même année une autre enquête menée auprès des tuberculeux indiquait un taux de séroprévalence de 33,6 %. En 2000, une étude transversale démographique entreprise par le Centre Muraz en collaboration avec I'UERD de I'Université de Ouagadougou et l'Institut de Médecine Tropicale (IMT) d'Anvers sur un échantillon de 2 364 sujets, donnait une prévalence du VIH de 5,2 %. Depuis 1997, Ie système de surveillance de l'épidémie à travers les sites sentinelles localisés en milieu urbain à Bobo-Dioulasso, Ouagadougou, Ouahigouya, Tenkodogo et Gaoua rapporte régulièrement des données sur les femmes enceintes avec une prévalence moyenne qui est pussée de 7,2 % en 1987 à 4,4 % en 2002 (OMS, 1995). En 2001, la prévalence dans la tranche d’âges 15-24 ans était estimée à 3,9 % et à 2,3 % en 2002. Toujours en 2002, la prévalence estimée à partir des sites sentinelles se situait à 4,7 % dans la ville de Ouagadougou et à 4,4 % pour l’ensemble du milieu urbain (ONUSIDA, 2003). Ces données collectées au niveau des sites sentinelles permettent à I'ONUSIDA, en collaboration avec l'équipe de surveillance de l’épidémie au niveau national, d'estimer la prévalence dans la population générale à 4,2 % en 2003 pour la population d’âge 15-49 ans. L'épidémie au Burkina Faso est qualifiée de généralisée dans la mesure où les taux de prévalence dépassent 5 % dans certains groupes spécifiques et (ou) sont supérieur a 1 % chez les femmes enceintes (seuil défini par l'ONUSIDA et l'OMS dans ONUSIDA 1999). 15.1 APPROCHE SUIVIE POUR LE TEST DU VIH 15.1.1 Méthodologie L’EDSBF-III est la première enquête du Burkina Faso dans le cadre du projet Demographic and Health Survey (DHS) à effectuer le test du VIH dans la population générale. Le Ministère de la Santé et le Ministère de l’Économie et du Développement, à travers l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD), ont été les premiers à solliciter l’inclusion du test de VIH dans le cadre de la troisième Enquête Démographique et de Santé du Burkina Faso (EDSBF-III). L’objectif du test est d’estimer le taux de séroprévalence du VIH (VIH-1 et VIH-2) au niveau national et au niveau de chacune des 13 régions du Burkina Faso. L’assistance technique pour l’enquête et pour le test de dépistage du VIH a été assurée par ORC Macro à travers son programme mondial MEASURE DHS+ financé par l’USAID. Enquête Pilote. Une enquête pilote a été menée du 28 janvier au 4 février 2003 pour tester l’équipement et la logistique utilisés pour le test ainsi que l’acceptabilité des tests par la population. 264 | Prevalence du VIH et Facteurs Associés Au total 120 ménages de la ville de Ouagadougou et de ses villages environnant ont été enquêtés. Dans ces ménages, on a pu interviewer 170 femmes et 50 hommes auprès desquels des échantillons de sang ont pu être prélevés. Le taux d’acceptabilité de 95 % obtenu au cours de cette enquête pilote a montré que le test du VIH dans la population générale était faisable au Burkina Faso. Enquête Principale. Comme précisé plus haut, le test de dépistage du VIH a été conduit dans la totalité de l’échantillon national EDSBF-III, échantillon représentatif de l’ensemble du pays. En plus du milieu de résidence urbain et rural, les 13 régions (la Boucle de Mouhoun, le Centre, le Centre-Sud, le Plateau Central, le Centre-Est, le Centre-Nord, le Centre-Ouest, l’Est, le Nord, les Cascades, les Hauts-Bassins, le Sahel et le Sud-Ouest) et la capitale Ouagadougou, ont été retenus comme domaines d’études. Au total, 400 grappes sélectionnées pour l’EDSBF-III ont pu être enquêtées avec succès et 9 097 ménages ont été enquêtés avec succès parmi les ménages sélectionnés. Dans les ménages interviewés, l’enquêté individuelle a été effectuée avec succès auprès de 12 477 femmes âgées de 15-49 ans. Par ailleurs, l’enquête individuelle homme a été réalisée dans un ménage sur trois : au total 3 605 hommes âgés de 15-59 ans ont été interviewés avec succès. C’est dans ces ménages sélectionnés pour l’enquête individuelle homme que le test de dépistage du VIH et le test d’anémie ont été effectués. Alors que pour le test d’anémie on a mesuré le niveau d’hémoglobine dans le sang chez les enfants de moins de 6 ans, ainsi que chez les femmes de 15-49 ans et les hommes de 15-59 ans, le test de dépistage du VIH n’a été effectué que sur les femmes et les hommes éligibles. Contrairement au test d’anémie, dont le résultat était communiqué immédiatement aux participants au test, le résultat du test de VIH n’était pas annoncé sur le terrain. Le test de dépistage du VIH était anonyme-lié et aucun nom ou toute autre caractéristique individuelle ou géographique n’était lié à l’échantillon du sang. Seule une étiquette contenant un « ’code à barres », généré aléatoirement, était collée sur l’échantillon de sang afin de pouvoir constituer un fichier anonyme de laboratoire contenant les résultats de test. Une autre étiquette avec le même code à barres utilisé pour l’échantillon de sang de l’individu était collée sur le questionnaire ménage. L’utilisation de ces codes a permis, à la fin du traitement des données, la fusion des résultats des analyses de sang avec les caractéristiques socio-démographiques contenues dans les questionnaires. Néanmoins, avant de fusionner les fichiers, toutes les informations pouvant permettre d’identifier les individus (le numéro de grappe d’enquête et le numéro de ménage) sont détruites du fichier informatisé ainsi que des questionnaires de façon à maintenir le caractère anonyme des données. 15.1.2 Formation et travail de terrain Pour l’enquête pilote, la formation des infirmières a duré trois jours (du 13 au 15 février 2003) et a été assurée par un spécialiste en santé du Burkina Faso, assisté de l’expert de ORC Macro en la matière. La formation portait sur les techniques de prélèvement des gouttes de sang pour le test d’anémie et des gouttes de sang sur papier filtre pour le test du VIH. La formation portait également sur les techniques de séchage des gouttes de sang, la manipulation et la conservation des prélèvements jusqu’à leur transfert au laboratoire national de référence du CHU-YO. Six infirmières diplômées d’État du Burkina Faso ont pris part à cette formation de l’enquête pilote. Pour l’enquête principale, la formation des infirmières a duré une semaine, du 5 au 11 juin 2003. Quinze infirmières diplômées d’État du Burkina Faso, ont été désignées par le Ministère de la Santé pour participer à la formation de l’enquête. Comme pour l’enquête pilote, la formation a porté sur les techniques de prélèvement des gouttes de sang pour le test d’anémie et des gouttes de sang sur papier filtre pour le test du VIH, sur les techniques de séchage des prélèvements pour le test de VIH, la manipulation des prélèvements et leur conservation jusqu’à leur transfert au laboratoire national de référence du CHU-YO. La formation a été assurée par l’expert de ORC Macro. Pour le travail de terrain, chaque équipe de l’EDSBF-III comprenait une infirmière, dont le rôle était de prélever les gouttes de sang pour le test d’anémie et le test de dépistage du VIH. Avant Prevalence du VIH et Facteurs Associés | 265 que le sang ne soit prélevé, l’infirmière lisait à l’enquêté le texte du consentement1 volontaire pour le test d’anémie, puis elle demandait à l’enquêté s’il acceptait volontairement de participer à ce test. Ensuite, et quel que soit le consentement donné pour le test d’anémie, l’infirmière lisait un deuxième consentement volontaire pour inviter l’enquêté à participer au test de dépistage du VIH. Après avoir lu ces deux déclarations du consentement volontaire, l’infirmière signait le questionnaire pour préciser que les sujets interviewés avaient accepté de participer aux deux tests ou à seulement l’un des deux. Lorsqu’un enquêté acceptait de participer au test du VIH, le prélèvement de sang était réalisé de la manière suivante : • Une étiquette avec un code à barres était collée sur le papier filtre sur lequel le sang de l’enquêté devait être prélevé pour le test du VIH ; • du sang capillaire était prélevé au moyen d’une piqûre faite au bout du doigt à l’aide d’une petite aiguille rétractable (Tenderlette) ; • la première goutte de sang était essuyée à l’aide d’un tampon stérile ; • la deuxième et la troisième goutte de sang étaient déposées sur du papier filtre spécial à l’intérieur de deux cercles de 10 mm de diamètre (la quatrième goutte étant réservée au test d’anémie quand l’enquêté avait accepter ce deuxième test) ; • les gouttes de sang sur papier filtre étaient séchées, pendant 24 heures au minimum, dans une boîte de séchage avec des dessiccants absorbant l’humidité. Ensuite, le papier filtre avec du papier glacé recouvrant les gouttes de sang séché pour les protéger, était placé dans un sac en plastique individuel à fermeture hermétique. Les sacs en plastique individuels, contenant eux aussi des dessiccants pour la protection contre l’humidité, étaient ensuite collectés puis acheminés au laboratoire national de référence du CHU-YO pour la recherche d’anti-corps anti-VIH-1 et anti-VIH-2. Un indicateur d’humidité était constamment placé dans chaque boîte de séchage et dans chaque sac en plastique individuel, pour contrôler l’humidité lors du séchage des prélèvements de sang sur papier filtre et pendant leur stockage et leur transport jusqu’au laboratoire national de référence. 15.1.3 Procédures de laboratoire Choix du laboratoire Le laboratoire national de référence du CHU-YO a été recommandé par les autorités du Burkina pour assurer l’analyse des prélèvements de sang. Une équipe internationale de ORC Macro, qui avait précédemment travaillé avec le CDC au Mali en 2001, a assuré la formation du personnel de laboratoire du CHU-YO et du Centre Muraz. Le CDC-Atlanta a recommandé le Centre Muraz pour assurer la supervision des travaux d’analyse des prélèvements de sang dans le laboratoire. Le personnel du Centre Muraz a effectué 8 visites de supervision et de contrôle des travaux en laboratoire. Le CDC a également recommandé le Centre Muraz pour effectuer les tests de contrôle de qualité externe. 1 Le texte du consentement volontaire a été préparé sur la base du texte standard élaboré par ORC Macro puis soumis, avec le protocole de test du VIH, au Comité d’Éthique pour la recherche en santé publique du Ministère de la Santé. 266 | Prevalence du VIH et Facteurs Associés Tests de validation des gouttes de sang séchés par rapport au plasma L’équipe internationale de Macro et l’équipe du Centre Muraz ont effectué des visites d’évaluation des compétences du laboratoire de référence du CHU-YO et des travaux de validation des tests sur les gouttes de sang séché « Dried Blood Spots » (DBS) par rapport au plasma. La visite d’évaluation des capacités a duré dix jours pendant le mois de février 2003 et celle ayant pour objectif d’évaluer les travaux de validation des tests par le laboratoire s’est déroulée pendant deux semaines au mois de juin 2003. Les résultats du test de validation ont été concluants. Cette étude de validation a porté sur 138 personnes (65 positives et 73 négatives) auprès desquelles ont été prélevés 138 échantillons de sang capillaire pour les DBS et 138 échantillons de sang veineux pour le plasma. Certains prélèvements provenaient de donneurs de sang de la Banque de sang et d’autres provenaient des centres de dépistage volontaire. Les prélèvements ont été analysés selon l’algorithme de diagnostic du VIH recommandé par le programme DHS. Les résultats des analyses du sang séché et du plasma ont été concordants à 100 % pour les prélèvements positifs et à 98,6 % pour les prélèvements négatifs. Le seul cas de discordance, un DBS négatif trouvé positif avec le plasma, a été ensuite confirmé comme négatif avec le Western Blot. Procédure des tests En ce qui concerne les procédures de test en laboratoire, les gouttes de sang séchées sur papier filtre étaient perforées à l’aide d’une poinçonneuse, après l’enregistrement de chaque échantillon reçu. Le cercle de papier coupé, mesurant approximativement 6 mm de diamètre était ensuite plongé dans 150 microlitres de PBS pour extraction et recomposition de la solution de sang entier. Dans le cadre de l’EDSBF-III, le statut sérologique a été déterminé à partir de trois tests Elisa : • le Vironostika VIH Uniform II plus O pour le test de dépistage • le Murex VIH-2, pour confirmer les positifs et, en même temps, discriminer en VIH-2 • le Wellcozyme VIH-1 Recombinant pour confirmer les positifs et discriminer en VIH-1 Le Western Blot était utilisé pour une deuxième confirmation sur les résultats discordants entre le test de dépistage et la discrimination. Les tests ont été utilisés selon l’algorithme de diagnostic suivant : Prevalence du VIH et Facteurs Associés | 267 268 | Prevalence du VIH et Facteurs Associés Contrôle de qualité a) Contrôle de qualité interne Le contrôle de qualité interne a été effectué sur chaque plaque de tests selon les critères du fabriquant des kits. Pour cela, chaque plaque de test était confrontée à la souche de contrôle positive et à la souche de contrôle négative fournie par le fabriquant. Les 19 discordants, c’est-à-dire les 19 positifs au Vironostika VIH Uniform II plus O et négatifs au Murex VIH-2 ou au Wellcozyme VIH-1 recombinant, ont tous été confirmés négatifs par le Western Blot. Dans le protocole du test, on s’attendait à un nombre de discordants d’environ 15, ce qui est très proche des 19 discordants obtenus. Un contrôle additionnel, non prévu dans le protocole initial, consistait à retester tous les échantillons positifs VIH-2 par le Western Blot, qu’ils soient VIH-2 uniquement ou en combinaison avec le VIH-1. Il y a eu 20 VIH-2 et 4 VIH-2+1, soit au total 24 VIH-2 positifs au Murex VIH-2 qui ont été reconfirmés positifs au Western Blot. b) Contrôle de qualité externe Le contrôle de qualité externe a été assuré par le Centre Muraz sur recommandation du CDC. Le contrôle de qualité externe consiste à retester environ 10 % des aliquots négatifs, c’est-à-dire 10 % de l’ensemble des prélèvements de l’EDS dont le résultat est négatif aux deux premiers tests Elisa. Au total, 691 aliquots négatifs ont été sélectionnés aléatoirement par l’ordinateur sur les 7 379 tests négatifs obtenus par le laboratoire de référence du CHU-YO. Les 691 aliquots négatifs sélectionnés ont été ensuite envoyés au Centre Muraz pour être retestés. Tous les aliquots sélectionnés ont été confirmés négatifs par le Centre Muraz (100 %). Les tests de contrôle de qualité externe ont été réalisés en 4 lots de tests étalés sur une semaine. Le premier lot était de 177 tests, puis 91, ensuite 182 et enfin 241 tests, tous confirmés négatifs. 15.2 TAUX DE COUVERTURE DU TEST DE VIH La population éligible pour le test du VIH est la population de fait des ménages, c’est-à-dire la population des personnes qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l’interview de la tranche d’âges 15-49 ans pour les femmes et 15-59 ans pour les hommes. Cette population comprend les résidents habituels présents dans les ménages et les visiteurs qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l’interview. Le tableau 15.1 fournit les taux de couverture du test du VIH chez les femmes et les hommes, selon le milieu de résidence et les raisons pour lesquelles le prélèvement de sang n’a pas été effectué. Dans l’ensemble, 89 % de la population a fourni un échantillon de sang pour le test du VIH. Le taux de couverture est plus élevé chez les femmes que chez les hommes (respectivement, 92 % et 86 %) et plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (respectivement, 93 % et 79 %). On distingue quatre catégories d’enquêtés selon les raisons pour lesquelles le prélèvement de sang pour le test n’a pu être effectué : • ceux qui ont refusé le test à la lecture du consentement par l’infirmière (14 % en milieu urbain et 3 % en milieu rural) ; • ceux qui ont répondu à l’enquête, mais n’étaient pas à la maison lors du passage de l’infirmière pour effectué le prélèvement de sang et n’ont jamais pu être trouvés plus tard par l’infirmière (2 % en milieu urbain et 1 % en rural) ; Prevalence du VIH et Facteurs Associés | 269 • ceux qui n’étaient à la maison ni au moment de l’interview ni au moment du test et donc n’ont été ni enquêtés, ni testés (3 % en milieu urbain et 2 % en rural) ; • ceux dont le résultat à la participation au test est considéré comme « non testé » pour des raisons diverses : parce qu’ils étaient incapables de donner leur consentement au test, ou parce qu’il y’avait discordance entre le code à barres dans le questionnaire et celui du prélèvement de sang sur le papier filtre, ou encore parce qu’il y avait eu des difficultés techniques pour prélever le sang (3 % en milieu urbain et 2 % en rural). Tableau 15.1 Couverture du test du VIH selon le milieu de résidence Répartition (en %) des femmes et des hommes (de fait) éligibles pour le test du VIH selon qu’ils ont été testés ou non, selon le milieu de résidence (non-pondéré), EDSBF-III Burkina Faso 2003 Urbain Rural Total Femmes Testées 84,2 95,0 92,3 Refus 11,7 2,0 4,4 Absentes pour le test 2,1 1,8 1,9 Interviewées à l’enquête 1,2 0,6 0,7 Non interviewées 0,9 1,2 1,1 Autre/Manquant 2,0 1,3 1,5 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 125 3 450 4 575 Hommes Testés 73,0 90,7 85,8 Refus 15,3 3,3 6,6 Absents pour le test 7,7 3,7 4,8 Interviewés à l’enquête 2,5 0,9 1,3 Non interviewés 5,2 2,8 3,4 Autre/Manquant 4,1 2,3 2,8 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 098 2 886 3 984 Ensemble (femmes et hommes) Testés 78,6 93,0 89,3 Refus 13,5 2,6 5,4 Absents pour le test 4,9 2,6 3,2 Interviewés à l’enquête 1,8 0,7 1,0 Non interviewés 3,0 1,9 2,2 Autre/Manquant 3,0 1,8 2,1 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 223 6 336 8 559 Globalement, dans 5 % des cas, les enquêtés ont refusé de participer au test (4 % des femmes et 7 % des hommes) ; la majorité des autres enquêtés qui n’ont pas été testés n’étaient pas à la maison au moment du test (3 %). Chez les femmes, c’est dans la ville de Ouagadougou que le taux de participation au test a été le plus faible (tableau 15.2.1). Selon la région, le taux de participation varie chez les femmes d’un minimum de 86 % dans la région des Hauts-Bassins à un maximum de 97 % dans celle du Centre- Sud. Le niveau d’instruction laisse apparaître peu de différence. Toutefois, on observe une baisse des taux de participation avec l’augmentation du niveau d’instruction, de 93 % parmi les femmes sans instruction à 83 % parmi celles qui ont un niveau secondaire ou plus. En ce qui concerne l’indice de bien-être, on n’observe pas de variation de participation entre les femmes vivant dans les ménages des quatre premiers quintiles. Cependant, la participation est plus faible pour les femmes qui vivent dans un ménage appartenant au quintile le plus élevé (84 %). 270 | Prevalence du VIH et Facteurs Associés Tableau 15.2.1 Couverture du test du VIH pour les femmes de 15-49 ans selon certaines caractéristiques socio-démographiques Répartition (en %) des femmes (de fait) éligibles pour le test du VIH selon qu’elles ont été testées ou non, selon certaines caractéristiques socio- démographiques (non-pondéré), EDSBF-III Burkina Faso 2003 Testées Refus Absentes Autre/Manquant Caractéristique socio-démographique Enquêtées Non enquêtées Enquêtées Non enquêtées Enquêtées Non enquêtées Enquêtées Non enquêtées Total Effectif Âge 15-19 89,4 0,8 4,1 0,8 0,8 1,7 1,4 0,9 100,0 1 059 20-24 91,3 0,1 4,7 1,1 0,5 0,7 0,6 1,0 100,0 829 25-29 92,1 0,3 3,0 0,9 0,9 1,7 0,9 0,3 100,0 697 30-34 91,7 1,1 3,7 0,9 0,7 0,5 0,9 0,5 100,0 566 35-39 92,2 1,2 3,9 0,7 0,5 1,1 0,2 0,2 100,0 564 40-44 93,9 0,7 1,3 0,4 1,3 0,9 0,9 0,7 100,0 458 45-49 93,0 1,5 2,2 1,2 0,2 0,7 0,7 0,2 100,0 402 Milieu de résidence Urbain 83,2 1,0 9,7 2,0 1,2 0,9 1,6 0,4 100,0 1 125 Rural 94,3 0,7 1,5 0,5 0,6 1,2 0,6 0,7 100,0 3 450 Région Ouagadougou 76,3 1,1 12,2 1,9 1,9 0,7 5,2 0,7 100,0 270 Boucle du Mouhoun 94,9 0,3 2,4 0,3 0,3 1,2 0,6 0,0 100,0 334 Centre (sans Ouaga.) 89,1 0,8 8,4 0,0 0,0 0,0 0,8 0,8 100,0 119 Centre-Sud 96,9 0,0 0,7 0,7 0,3 0,0 1,4 0,0 100,0 288 Plateau Central 93,0 0,2 2,2 0,5 1,2 1,5 0,5 0,7 100,0 402 Centre-Est 91,7 0,6 4,0 0,0 0,0 2,5 0,0 1,2 100,0 324 Centre-Nord 95,9 0,0 1,5 0,3 1,2 0,0 0,6 0,6 100,0 340 Centre-Ouest 93,1 1,0 3,7 0,6 0,6 0,2 0,0 0,8 100,0 493 Est 93,4 1,1 2,6 1,1 0,0 1,1 0,4 0,4 100,0 272 Nord 92,1 1,0 0,6 1,6 1,0 1,9 1,0 1,0 100,0 315 Cascades 90,3 0,6 3,1 0,9 1,6 2,5 0,6 0,3 100,0 319 Hauts-Bassins 86,0 1,4 6,8 2,5 1,1 1,4 0,5 0,5 100,0 444 Sahel 93,1 0,4 4,0 0,0 0,4 0,7 0,7 0,7 100,0 276 Sud-Ouest 93,4 1,6 0,8 0,8 0,0 1,6 1,1 0,8 100,0 379 Niveau d’instruction Aucune 93,0 0,8 2,3 0,9 0,6 1,2 0,6 0,6 100,0 3 615 Primaire 88,8 0,5 6,0 0,5 1,8 0,5 1,8 0,2 100,0 569 Secondaire ou plus 82,6 0,8 11,3 1,0 0,8 1,0 1,5 1,0 100,0 391 Quintile de bien-être Le plus pauvre 93,8 0,5 1,3 0,7 0,4 0,9 0,9 1,5 100,0 757 Second 95,4 0,5 0,8 0,6 0,6 0,9 0,9 0,3 100,0 866 Moyen 94,5 0,6 1,6 0,3 0,5 1,7 0,4 0,5 100,0 1 031 Quatrième 92,6 1,1 2,8 0,9 0,8 1,1 0,3 0,5 100,0 761 Le plus riche 84,0 1,0 9,2 1,6 1,2 0,9 1,6 0,4 100,0 1 160 Ensemble 91,6 0,7 3,5 0,9 0,7 1,1 0,9 0,6 100,0 4 575 Chez les hommes (tableau 15.2.2), les taux de participation les plus faibles concernent la ville de Ouagadougou (64 %), la région des Hauts Bassins (77 %), les hommes de de niveau d’instruction secondaire ou plus (77 %) et ceux vivant dans un ménage appartenant au quintile le plus riche (73 %). Les taux de participation les plus élevés se rencontrent chez les hommes du milieu rural (89 %), dans la région du Sud-Ouest (93 %), chez les hommes sans instruction (85 %) et les hommes vivant dans les ménages des trois premiers quintiles. Prevalence du VIH et Facteurs Associés | 271 Tableau 15.2.2 Couverture du test du VIH pour les hommes de 15-59 ans selon certaines caractéristiques socio-démographiques Répartition (en %) des hommes (de fait) éligibles pour le test du VIH selon qu’ils ont été testés ou non, selon certaines caractéristiques socio- démographiques (non-pondéré), EDSBF-III Burkina Faso 2003 Testés Refus Absents Autre/Manquant Caractéristique socio-démographique Enquêtés Non enquêtés Enquêtés Non enquêtés Enquêtés Non enquêtés Enquêtés Non enquêtés Total Effectif Âge 15-19 83,0 2,7 3,4 2,1 0,9 3,7 0,9 3,2 100,0 995 20-24 82,2 2,2 4,4 2,0 2,3 3,1 1,9 1,9 100,0 642 25-29 82,3 1,0 5,2 3,3 1,9 3,9 0,6 1,9 100,0 485 30-34 86,4 1,7 3,6 2,4 0,7 2,9 1,4 1,0 100,0 420 35-39 84,4 1,3 5,5 2,0 2,0 3,3 1,0 0,5 100,0 398 40-44 85,8 1,3 4,4 2,5 0,3 3,5 0,6 1,6 100,0 317 45-49 87,8 1,9 6,1 1,1 0,0 2,3 0,0 0,8 100,0 262 50-54 80,6 3,0 3,7 3,7 2,2 4,1 0,7 1,9 100,0 268 55-59 86,8 1,0 4,6 1,0 1,0 4,1 0,0 1,5 100,0 197 Milieu de résidence Urbain 69,9 3,1 9,7 5,6 2,5 5,2 2,0 2,1 100,0 1 098 Rural 89,2 1,5 2,3 1,0 0,9 2,8 0,6 1,8 100,0 2 886 Région Ouagadougou 64,1 3,9 12,9 5,9 1,6 3,1 5,1 3,5 100,0 256 Boucle du Mouhoun 88,4 1,7 2,3 1,3 0,3 4,0 0,0 2,0 100,0 301 Centre (sans Ouaga.) 77,9 0,0 15,9 0,9 0,0 1,8 2,7 0,9 100,0 113 Centre-Sud 85,7 2,3 1,9 2,3 0,4 2,6 1,9 3,0 100,0 265 Plateau Central 87,0 1,5 2,1 2,4 3,0 3,0 0,3 0,6 100,0 332 Centre-Est 81,4 3,0 3,4 2,1 2,1 6,3 0,4 1,3 100,0 237 Centre-Nord 89,9 0,4 4,7 1,2 1,2 0,4 1,2 1,2 100,0 257 Centre-Ouest 82,1 4,3 3,3 2,8 1,0 3,0 1,0 2,5 100,0 396 Est 89,6 0,0 2,9 1,2 3,3 2,1 0,0 0,8 100,0 241 Nord 87,4 3,2 1,6 2,4 1,2 2,4 0,8 0,8 100,0 247 Cascades 80,5 0,3 6,2 2,9 1,3 6,2 1,0 1,6 100,0 307 Hauts-Bassins 76,9 2,1 7,6 3,2 1,8 5,9 0,0 2,5 100,0 437 Sahel 89,2 0,4 1,5 1,2 0,8 3,9 0,4 2,7 100,0 259 Sud-Ouest 92,9 2,1 0,9 0,9 0,0 1,2 0,6 1,5 100,0 336 Niveau d’instruction Aucune 85,4 2,1 3,0 2,1 1,2 3,5 0,8 1,9 100,0 2 591 Primaire 84,4 1,5 4,2 2,2 0,6 3,9 1,3 1,9 100,0 719 Secondaire ou plus 77,3 1,8 9,5 3,1 2,8 2,8 1,3 1,3 100,0 673 Quintile de bien-être Le plus pauvre 88,7 1,3 2,5 1,0 1,0 2,8 0,7 2,1 100,0 612 Second 90,8 2,4 1,6 0,9 0,9 1,7 0,4 1,2 100,0 750 Moyen 88,3 1,1 2,4 1,8 0,6 3,3 0,5 2,1 100,0 846 Quatrième 85,5 1,9 3,8 1,3 1,3 3,6 1,3 1,4 100,0 635 Le plus riche 72,5 2,6 8,9 4,8 2,4 4,9 1,7 2,2 100,0 1 141 Ensemble 83,9 1,9 4,3 2,3 1,3 3,4 1,0 1,9 100,0 3 984 Note : Y compris 1 homme pour lequel le niveau d’instruction n’est pas connu 272 | Prevalence du VIH et Facteurs Associés Globalement, l’analyse des taux de participation au test selon les différentes caractéristiques socio-démographiques ne met pas en évidence de relation systématique entre la non-participation au test et les variables associées à des risques élevés d’infection au VIH. Ainsi, si la participation au test est plus faible en milieu urbain (où la prévalence est généralement plus élevée) qu’en milieu rural, elle est aussi plus faible parmi les jeunes (groupe d’âges à faible prévalence), et elle ne présente aucun écart significatif selon que les enquêtés ont déjà eu ou non des rapports sexuels (voir Tableaux A.4 et A.5 pour les femmes, et tableaux A.5 et A.7 pour les hommes, en Annexe A). Ces résultats permettent de considérer que les taux de prévalence estimés à l’EDSBF-III fournissent une mesure correcte de la prévalence du VIH dans la population générale. 15.3 PRÉVALENCE DU VIH Prévalence du VIH par caractéristiques socio-économiques La prévalence du VIH dans la population adulte au Burkina Faso est de 1,8 % (tableau 15.3)2. Le taux de séroprévalence chez les femmes âgées de 15-49 ans est de 1,8 %. Il est légèrement inférieur au taux estimé chez les hommes du même groupe d’âges 15-49 ans (1,9 %). Avec ces taux, on estime que la population adulte (femmes et hommes de 15-49 ans) séropositive serait d’environ 91 000 personnes (43 000 hommes et 48 000 femmes) en 20033. Tableau 15.3 Prévalence du VIH selon l’âge Pourcentage de femmes de 15-49 ans et d’hommes de 15-59 ans séropositifs selon l’âge EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes Hommes Ensemble Âge Pourcentage positifs Effectif Pourcentage positifs Effectif Pourcentage positifs Effectif 15-19 0,9 957 0,7 862 0,8 1 819 20-24 1,8 731 0,6 518 1,3 1 248 25-29 2,5 636 2,8 414 2,6 1 050 30-34 2,4 489 3,8 391 3,0 880 35-39 3,6 532 3,0 353 3,4 884 40-44 0,7 392 2,1 277 1,3 669 45-49 0,9 350 2,1 250 1,4 601 50-54 na na 2,8 207 na na 55-59 na na 2,6 157 na na Ensemble 15-49 ans 1,8 4 086 1,9 3 065 1,8 7 151 Ensemble 15-59 ans na na 1,9 3 429 na na na = Non applicable Le graphique 15.1 illustre les variations par âge des niveaux de séroprévalence du VIH présentées au tableau 15.3. On remarque ainsi que le taux de séroprévalence atteint son maximum à 30-34 ans chez les hommes et 35-39 ans chez les femmes. 2 La prévalence du VIH 2 était estimée à 0,3 % parmi les femmes 15-49 ans et 0,4 % parmi les hommes 15-59 ans, avec une prévalence d’ensemble de 0,4 %. La prévalence présentée dans ce chapitre se réfère aux infections du VIH-1, VIH-2 et de la combinaison VIH-1 et VIH-2. 3 Ces estimations sont basées sur une population totale de 4 937 775 hommes et femmes de 15-49 ans (2 243 572 hommes et 2 694 203 femmes) en 2003 au Burkina Faso (INSD/DD, 2003). Prevalence du VIH et Facteurs Associés | 273 Il faut noter que, du fait de la précocité de l’âge aux premiers rapports sexuels chez les femmes burkinabé, le taux de séroprévalence du VIH est relativement élevé à 15-24 ans (0,9 % à 15-19 ans et 1,8 % à 20-24 ans), comparé aux hommes pour lesquels il reste faible aux jeunes âges : 0,7 % à 15-19 ans et 0,6 % à 20-24 ans. Par contre, les hommes sont plus exposés aux infections du VIH que les femmes aux âges plus avancés (2,1 % à 40-44 ans et 45-49 ans chez les hommes contre 0,7 % et 0,9 % chez les femmes des mêmes groupes d’âges). Graphique 15.1 Taux de séroprévalence VIH par sexe et âge EDSBF-III 2003 0.7 0.6 2.8 3.8 3 2.1 2.1 # # # # # # # 0.9 1.8 2.5 2.4 3.6 0.7 0.9 15 20 25 30 35 40 45 50 Âges 0 1 2 3 4 5 Prévalence VIH (%) Femmes Hommes# 274 | Prevalence du VIH et Facteurs Associés Selon le milieu de résidence, et quel que soit le sexe, la prévalence est beaucoup plus élevée en milieu urbain (3,6 %) qu’en milieu rural (1,3 %) (tableau 15.4). Du point de vue régional, le Sud- Ouest (3,7 %), les Cascades (2,4 %), la Boucle du Mouhoun (2,3 %) et le Centre-Ouest (2,3 %), sont les zones où les niveaux de prévalence sont les plus élevés. La région du Sahel est celle où le niveau de prévalence est le plus faible (0,1 %). En ce qui concerne l’indice de bien-être, on constate que les adultes des ménages appartenant au quintile le plus élevé sont, de loin, les plus touchés par l’infection au VIH (3,1 % contre 1,1 % à 1,9 % pour les adultes des ménages des quatre autres quintiles). Tableau 15.4 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio-démographiques Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans séropositifs selon certaines caractéristiques socio- démographiques EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes Hommes Ensemble Caractéristique socio-démographique Pourcentage positifs Effectif Pourcentage positifs Effectif Pourcentage positifs Effectif Milieu de résidence Urbain 4,0 930 3,2 778 3,6 1 708 Rural 1,2 3 156 1,4 2 287 1,3 5 443 Région Ouagadougou 4,4 461 3,9 378 4,2 839 Boucle du Mouhoun 2,2 284 2,4 216 2,3 501 Centre (sans Ouaga.) 0,4 74 0,0 61 0,2 135 Centre-Sud 0,8 217 0,4 175 0,6 391 Plateau Central 1,4 209 1,0 142 1,2 350 Centre-Est 1,6 329 0,9 210 1,3 539 Centre-Nord 0,6 331 1,1 216 0,8 547 Centre-Ouest 1,9 419 3,0 273 2,3 692 Est 0,6 279 3,1 224 1,7 504 Nord 1,0 351 1,4 232 1,1 583 Cascades 2,8 128 2,0 98 2,4 226 Hauts-Bassins 2,2 551 1,1 478 1,7 1 029 Sahel 0,2 272 0,0 230 0,1 501 Sud-Ouest 3,7 182 3,7 132 3,7 314 Niveau d’instruction Aucune 1,5 3 242 1,7 1 908 1,6 5 150 Primaire 3,1 504 1,4 606 2,2 1 110 Secondaire ou plus 2,8 340 2,9 551 2,8 891 Travaille actuellement 1,7 3 508 1,9 2 063 1,8 5 571 Ne travaille pas actuellement 2,6 578 1,8 1 002 2,1 1 580 Quintile de bien-être Le plus pauvre 0,9 652 1,4 445 1,1 1 097 Second 1,1 801 2,9 597 1,9 1 398 Moyen 1,5 953 1,3 677 1,4 1 631 Quatrième 1,7 681 0,4 486 1,1 1 167 Le plus riche 3,4 999 2,7 860 3,1 1 859 Ensemble 15-49 ans 1,8 4 086 1,9 3 065 1,8 7 151 Note : Y compris 5 femmes et 2 hommes pour lesquels l’ethnie n’est pas connue et 2 hommes dont la religion est « autre ». ( ) Basé sur 25-49 cas non pondérés Prévalence du VIH en fonction d’autres caractéristiques socio-démographique Les résultats (tableau 15.5) selon l’état matrimonial montrent que les femmes actuellement en union présentent une prévalence de 1,6 %, beaucoup plus faible que celle des hommes (2,8 %). Les femmes veuves ont un niveau de prévalence très élevés : 6,3 %. Par contre, les femmes célibataires qui ont déjà eu des rapports sexuels ont une prévalence plus élevée que celle de leurs homologues hommes (5,7 % contre 0,8 %). Les célibataires qui déclarent n’avoir jamais eu de rapports sexuels courent aussi un risque non négligeable d’être infectés par le VIH : la prévalence dans ce groupe de célibataires est de 0,5 % chez les femmes et de 0,8 % chez les hommes. Ce niveau de prévalence signifie soit que ces individus ont contracté l’infection par une transmission non-sexuelle, soit qu’ils ont été infectés par transmission sexuelle, mais ils n’ont pas déclaré avoir déjà eu de rapports sexuels. Prevalence du VIH et Facteurs Associés | 275 Tableau 15.5 Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques démographiques Pourcentage de femmes et d’hommes de 15-49 ans séropositifs selon certaines caractéristiques démographiques EDSBF-III Burkina Faso 2003 Femmes Hommes Ensemble Caractéristique démographique Pourcentage positifs Effectif Pourcentage positifs Effectif Pourcentage positifs Effectif État matrimonial Actuellement en union 1,6 3 104 2,8 1 553 2,0 4 657 Veuve/veuf 6,3 97 * 7 7,0 104 En union (1,6) 31 (3,3) 21 2,3 52 Jamais en union 2,2 854 0,8 1 484 1,3 2 338 A déjà eu des rapports sexuels 5,7 288 0,8 681 2,2 969 N’a jamais eu de rapports sexuels 0,5 566 0,8 803 0,6 1 368 Type d’union Union polygame 1,2 1 546 1,5 372 1,2 1 918 Union monogame 2,0 1 558 3,2 1 181 2,5 2 739 Pas en union 2,6 982 0,9 1 512 1,5 2 494 Nombre d’union (non célibataires) Une fois 1,5 2 832 3,3 1 066 2,0 3 899 Plus d’une fois 3,4 400 2,1 515 2,7 915 Grossesse actuelle Actuellement enceinte 2,0 412 na na na na Pas enceinte/pas sûre 1,8 3 674 na na na na Naissance Pas de naissance au cours des 12 derniers mois 2,0 3 394 na na na na Naissance au cours des 12 derniers mois et soins prénatals auprès de personnel formé 1,5 485 na na na na Naissance au cours des 12 derniers mois sans soins prénatals auprès de personnel formé 0,1 207 na na na na Temps écoulé depuis la dernière naissance 0-23 mois 0,9 1 366 na na na na 24-59 mois 2,6 1 002 na na na na 60 mois ou plus 3,4 683 na na na na N’a jamais eu de naissance 1,3 1 035 na na na na Nombre de fois que l’enquêté a dormi ailleurs au cours 12 derniers mois Jamais nd nd 2,0 1 848 nd nd 1-2 nd nd 2,5 665 nd nd 3-5 nd nd 1,3 303 nd nd 5 ou plus nd nd 0,2 243 nd nd Ailleurs pendant plus d’un mois à la suite Ailleurs pendant plus d’un mois nd nd 1,1 515 nd nd Ailleurs, mais jamais pendant plus d’un mois nd nd 2,3 684 nd nd Jamails ailleurs nd nd 2,0 1 848 nd nd Ensemble 15-49 ans 1,8 4 086 1,9 3 065 1,8 7 151 Note : Y compris 6 hommes dont on ne sait pas s’ils ont dormi ailleurs, et 12 hommes dont on ne sait pas s’ils ont dormi ailleurs pendant plus d’un mois. * Basé sur moins de 25 cas non pondérés ( ) Basé sur 25-49 cas non pondérés na = Non applicable nd = Non déterminé Selon le type d’union, les femmes en union monogame et celles qui ne sont pas en union ont une prévalence plus élevée (2,0 % et 2,6 %) que celles qui sont en union polygame (1,2 %). La prévalence chez les hommes suit la même tendance (3,2 % chez les hommes monogames et 1,5 % chez les polygames) que celle des femmes. La prévalence de VIH chez les femmes enceintes est de 2,0 % contre 1,8 % pour celles qui ne le sont pas ou ne sont pas sûre de l’être. 276 | Prevalence du VIH et Facteurs Associés Prévalence du VIH et facteurs à risque Comme pour toutes les IST, certains comportements sexuels sont des facteurs de risque qui affectent le niveau de la prévalence du VIH. Le tableau 15.6 concerne les femmes et les hommes qui ont déjà eu des rapports sexuels. Il indique que 2,0 % des femmes et 2,3 % des hommes qui ont déjà eu des rapports sexuels sont séropositifs. Ces proportions sont légèrement plus élevées que