Bénin - Demographic and Health Survey - 2002

Publication date: 2002

2001 Bénin Enquête Démographique et de Santé INDICATEURS DU SOMMET MONDIAL POUR LES ENFANTS Taux de mortalité des enfants (0-4) Probabilité de décéder entre la naissance et l’âge de 5 ans, pour 1 000 naissances vivantes 160,0 Taux de mortalité infantile Probabilité de décéder entre la naissance et le 1er anniversaire, pour 1 000 naissances vivantes 89,0 Insuffisance pondérale Enfants de moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondérale (%) 22,9 Retard de croissance Enfants de moins de cinq ans souffrant de retard de croissance (%) 30,7 Émaciation Enfants de moins de cinq ans souffrant d’émaciation (%) 7,5 Utilisation de l’eau salubre Pourcentage de la population qui utilise une source d’eau salubre pour boire 66,4 Utilisation des sanitaires Pourcentage de la population disposant de latrines améliorées ou traditionnelles personnelles 32,2 Passage en 5eme primaire (CM1) Enfants entrant en CI (première année) qui atteignent éventuellement la classe de 5eme (CM1) (%) 92,4 Fréquentation scolaire Enfants d’âge scolaire de l’enseignement primaire qui fréquentent une école primaire (%) 53,5 Taux d’alphabétisation : Femmes/Hommes Pourcentage de la population âgée de 15 ans ou plus qui est capable à la fois de lire et d’écrire, avec compréhension, un texte court et simple lié à la vie quotidienne Hommes : Femmes : 47,9 24,9 Mortalité des enfants de moins de cinq ans : masculin/féminin Probabilité de décéder entre la naissance et le cinquième anniversaire pour 1 000 naissances : désagrégée par sexe (pour la période de 10 ans avant l’enquête) Masculin : Féminin : 162,3 163,3 Insuffisance pondérale : sexe masculin/féminin Enfants de moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondérale (%) Masculin : Féminin : 24,3 21,5 Prévalence contraceptive Femmes de 15-49 ans qui utilisent une méthode contraceptive (%) 18,6 Soins prénatals Femmes de 15-49 ans consultées au moins une fois durant la grossesse par un personnel de santé (%) 87,4 Soins à la naissance de l’enfant Naissances dont la mère a accouché avec l’assistance d’un personnel de santé (%) 72,9 Poids à la naissance < 2,5 kg Naissances vivantes qui pèsent moins de 2 500 grammes (%) 14,3 Consommation du sel iodé Ménages qui consomment d’une manière adéquate du sel iodé (15 ppm ou plus) (%) 71,7 Compléments de vitamine A Enfants de 6-59 mois ayant reçu un supplément de vitamine A au cours des 6 derniers mois (%) 18,3 Compléments de vitamine A Mères ayant reçu un supplément de vitamine A avant que le bébé n’atteigne l’âge de 8 semaines (%) 20,2 Cécité crépusculaire Femmes qui avaient la cécité crépusculaire durant la dernière grossesse (%) 1,8 Taux d’allaitement exclusif Enfants âgés de moins de 6 mois qui reçoivent exclusivement le sein (%) 37,9 Aliments de complément Enfants âgés de 6-9 mois (180-299 jours) qui reçoivent le sein et les aliments de complément (%) 65,5 Taux d’allaitement continu Enfants âgés de 12-15 mois qui sont allaités (%) 96,3 Taux d’allaitement continu Enfants âgés de 20-23 mois qui sont allaités (%) 61,1 Couverture vaccinale du DTCoq Enfants âgés d’un an vaccinés contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTCoq) (%) 72,5 Couverture vaccinale de rougeole Enfants âgés d’un an vaccinés contre la rougeole (%) 68,0 Couverture vaccinale de polio Enfants âgés d’un an vaccinés contre la poliomyélite (%) 69,3 Couverture vaccinale de BCG Enfants âgés d’un an vaccinés contre la tuberculose (%) 89,9 Vaccination antitétanique Femmes ayant reçu deux doses ou plus du vaccin antitétanique au cours de la grossesse (%) 50,1 Prévalence de la diarrhée Enfants de moins de cinq ans ayant souffert de la diarrhée au cours des deux dernières semaines (%) 13,4 Utilisation du TRO Enfants de 0-59 mois qui avaient la diarrhée durant les deux dernières semaines et étaient traités avec des sels de réhydratation par voie orale ou une solution préparée à la maison (TRO) (%) 31,9 Traitement de la diarrhée à la maison Enfants de 0-59 mois qui avaient la diarrhée durant les deux dernières semaines et avaient reçu davantage de liquides et des aliments (y compris le lait) sans interruption durant l’épisode (%) 35,1 Prévalence des IRA Enfants de moins de cinq ans ayant souffert des IRA au cours des deux dernières semaines (%) 12,0 Traitement des IRA Enfants de 0-59 mois qui avaient des IRA et étaient conduits à un centre de santé (%) 29,3 Pour les indicateurs supplémentaires, se référer à la couverture intérieure arrière. INDICATEURS SUPPLÉMENTAIRES Indicateurs supplémentaires pour le suivi d’autres droits de l’enfant Enregistrement des naissances Enfants de 0-59 mois enregistrés selon les déclarations des mères (%) 69,7 Résidence des enfants Enfants de 0-14 ans vivant dans des ménages mais sans un parent biologique (%) 13,4 Orphelins dans les ménages Enfants de 0-14 ans vivant dans des ménages qui sont orphelins (%) 0,5 Indicateurs supplémentaires pour le suivi de l’initiative de la PCIME et du paludisme Connaissance des soins à chercher Femmes ayant donné naissance au cours des cinq dernières années qui connaissent au moins deux symptômes potentiels pour chercher des soins (%) 62,7 Moustiquaires Enfants âgés de 0-59 mois qui ont dormi sous une moustiquaire traitée la nuit dernière (%) 7,4 Traitement du paludisme Enfants âgés de 0-59 mois qui étaient malades avec de la fièvre durant les deux dernières semaines et qui avaient reçu des médicaments antipaludiques (%) 60,4 Indicateurs supplémentaires pour le suivi du VIH/sida Prévention du VIH/sida Femmes qui ont cité correctement les trois principaux moyens pour éviter l’infection du VIH (%) 34,7 Conceptions erronées du VIH/sida Femmes qui ont identifié correctement trois principales conceptions erronées sur le VIH/sida (%) 17,3 Connaissance de la transmission du VIH de la mère à son enfant Femmes qui ont identifié correctement des moyens de transmission du VIH de la mère à son enfant (%) 60,7 Attitudes vis-à-vis des personnes ayant le VIH/sida Femmes ayant exprimé une attitude discriminatoire vis-à-vis des personnes avec le VIH/sida (%) 19,4 Connaissance d’un endroit pour le test du VIH Femmes qui connaissent un endroit où elles peuvent aller faire un test du VIH (%) 18,9 Femmes testées pour le VIH Femmes qui ont été testées pour le VIH (%) 5,1 Indicateurs supplémentaires pour le suivi de la fécondité Indice synthétique de fécondité Nombre moyen d’enfants par femme en fin de vie féconde 5,6 Âge médian à la 1ere naissance Âge pour lequel la moitié des mères de 20-49 ans ont eu leur première naissance (en années) 19,9 Intervalle intergénésique médian Durée de l’intervalle (en mois) pour laquelle la moitié des mères de 15-49 ans ont attendu avant d’avoir une autre naissance 34,7 Fécondité des adolescentes Femmes de 15-19 ans déjà mères ou enceintes du 1er enfant (%) 21,5 Indicateurs supplémentaires pour le suivi de la nuptialité Femmes de 15-49 ans en union Femmes de 15-49 ans qui sont en union au moment de l’enquête (%) 73,4 Femmes de 15-49 ans en union polygame Femmes de 15-49 ans qui sont en union polygame (%) 45,4 Femmes de 15-49 ans célibataires Femmes de 15-49 ans qui ne se sont jamais mariées (%) 21,7 Femmes de 15-19 ans célibataires Femmes de 15-19 ans qui ne se sont jamais mariées (%) 76,1 Femmes de 20-24 ans célibataires Femmes de 20-24 ans qui ne se sont jamais mariées (%) 25,6 Âge médian à la 1ere union Âge pour lequel la moitié des femmes de 20-49 ans sont entrées en union pour la première fois 18,9 Âge médian au 1er rapport sexuel Âge pour lequel la moitié des femmes de 20-49 ans ont eu leurs premiers rapports sexuels 17,3 Indicateurs supplémentaires pour le suivi des préférences en fécondité Nombre idéal moyen d’enfants Pour les femmes de 15-49 ans, le nombre moyen d’enfants souhaité à la fin de leur vie féconde 4,9 Désir d’espacement des naissances Femmes en union souhaitant espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus (%) 36,7 Désir de limitation des naissances Femmes en union ne voulant plus d’enfants (%) 25,6 Prévalence contraceptive Femmes en union âgées de 15-49 ans qui utilisent une méthode contraceptive (toutes méthodes confondues, et méthodes modernes) (%) 18,6 7,2 Besoins non satisfaits en planification familiale Femmes en union ayant déclaré ne plus vouloir d’enfants ou vouloir attendre deux ans ou plus avant la prochaine naissance et qui n’utilisent pas la contraception (%) 27,2 Demande totale de planification familiale Femmes en union ayant des besoins non satisfaits en planification familiale et pourcentage de femmes utilisant actuellement une méthode de contraception (%) 45,8 Enquête Démographique et de Santé au Bénin 2001 Institut National de la Statistique et de l’Analyse É conomique Cotonou, Bénin ORC Macro Calverton, Maryland USA Juin 2002 Ministère Chargé de la Coordination de l’Action Gouvernementale, de la Prospective et du Développement Institut National de la Statistique et de l’Analyse É conomique ORC Macro Les personnes suivantes ont participé à l’analyse des données de l’EDSB-II et à la rédaction de ce rapport: Chitou Fatahi Gora Mboup Bruno Magloire Nouatin Elise Ahovey Bruno Djagba Andrée Cossi Léopoldine de Souza Rafatou Houndekon Nicaise Kodjogbé Martin H. Laourou Victorine Mensah Hyppolyte Togonou Jean Thomas Tohouégnon Justin Y. Tossou Mêmounath Bissirou Zounon Ce rapport présente les principaux résultats de la Deuxième Enquête Démographique et de Santé au Bénin (EDSB-II), réalisée en 2001 par l’Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique et le Mi- nistère Chargé de la Coordination de l’Action Gouvernementale, de la Prospective et du Développement. L’EDSB-II, initiée par le gouvernement béninois, fait partie du programme mondial MEASURE DHS+ dont l’objectif est de collecter, d’analyser et de diffuser des données relatives à la population et à la santé de la famille, d’évaluer l’impact des programmes mis en œuvre et de planifier de nouvelles stratégies pour l’amélioration de la santé et le bien-être de la population. L’enquête a été réalisée avec l’appui technique de ORC Macro. Elle a bénéficié de l’appui financier de l’Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID), du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), de la Banque Mondiale et du gouvernement béninois. Des informations complémentaires sur l’EDSB-II peuvent être obtenues auprès de l’Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique, BP 323, Cotonou, Bénin (Téléphone : 229-308244 ou 308245 ; Fax : 229-308246 ; E-mail : insae.ci@planben.intnet.bj). Concernant le programme MEASURE DHS+, des renseignements peuvent être obtenus auprès de ORC Macro, 11785 Beltsville Drive, Calverton, MD 20705, USA (Téléphone : 301-572-0200 ; Fax : 301-572- 0999 ; e-mail : reports@macroint.com ; Internet : http://www.measuredhs.com). Citation recommandée : Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique (INSAE) et ORC Macro. 2002. Enquête Démographique et de Santé au Bénin 2001. Calverton, Maryland, USA : Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique et ORC Macro. TABLE DES MATIÈ RES Liste des tableaux et des graphiques . ix Préface .xvii Sigles et abréviations . xix Résumé. xxi Carte du Bénin . xxiv CHAPITRE 1 CARACTÉ RISTIQUES DU PAYS ET ORGANISATION DE L’ENQUÊ TE 1.1 Bref aperçu sur le Bénin. 1 1.2 Politique de population. 2 1.3 Politique en matière de santé. 3 1.4 Organisation de l’enquête. 5 1.4.1 Objectifs . 5 1.4.2 Échantillonnage . 6 1.4.3 Collecte des données . 7 1.4.3.1 Questionnaires . 7 1.4.3.2 Opération de cartographie/énumération . 8 1.4.3.3 Formation et collecte des données. 9 1.4.3.4 Organisation matérielle et logistique. 10 1.4.3.5 Déroulement de la collecte . 10 1.4.3.6 Supervision de l’enquête . 10 1.4.3.7 Traitement des données, apurement et tabulation . 11 CHAPITRE 2 CARACTÉ RISTIQUES DES MÉ NAGES DE L’É CHANTILLON 2.1 Structure par sexe et par âge. 13 2.2 Taille et composition des ménages. 14 2.3 Niveau d’instruction et fréquentation scolaire de la population des ménages. 18 2.4 Caractéristiques de l’habitat et biens possédés par les ménages . 22 CHAPITRE 3 CARACTÉ RISTIQUES SOCIO-DÉ MOGRAPHIQUESET STATUT DES ENQUÊ TÉ (E)S 3.1 Caractéristiques socio-démographiques des enquêtés. 27 3.1.1 Structure par âge des personnes enquêtées. 27 3.1.2 Statut matrimonial des personnes enquêtées . 27 3.1.3 Milieu et département de résidence, religion et ethnie. 29 3.1.4 Niveau d’instruction . 29 3.1.5 Niveau d’alphabétisation . 31 3.2 Utilisation des média . 33 Table des matiè res | iii 3.3 Caractéristiques économiques des enquêtés. 35 3.3.1 Emploi des femmes . 35 3.3.2 Occupation de la femme. 35 3.3.3 Employeur et type de revenu. 38 3.3.4 Décision sur l’utilisation des revenus. 39 3.3.5 Occupation des hommes. 41 3.4 Participation de la femme au fonctionnement du ménage. 41 3.4.1 Participation des femmes dans la prise de décision. 41 3.4.2 Opinion de la femme à l’égard de la violence conjugale . 46 3.4.3 Opinion de la femme envers le refus d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire. 46 CHAPITRE 4 FECONDITE 4.1 Niveaux et tendances de la fécondité . 51 4.2 Fécondité différentielle. 53 4.3 Tendances de la fécondité . 54 4.4 Parité moyenne. 55 4.5 Intervalle intergénésique . 57 4.6 Âge à la première naissance . 59 4.7 Fécondité des adolescentes. 59 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE 5.1 Connaissance de la contraception. 63 5.2 Pratique de la contraception . 66 5.3 Utilisation actuelle de la contraception . 69 5.4 Utilisation de la contraception selon le statut de la femme . 72 5.5 Nombre d’enfants à la première utilisation . 72 5.6 Connaissance de la période féconde. 74 5.7 Source d’approvisionnement en méthodes contraceptives. 75 5.8 Choix de la méthode et information . 75 5.9 Utilisation future de la contraception . 77 5.10 Raisons de non utilisation de la contraception et méthodes préférées par les futures utilisatrices. 80 5.11 Informations sur la contraception. 81 5.12 Opinions et attitudes vis-à-vis de la planification familiale . 83 CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE 6.1 État matrimonial . 87 6.2 Pratique de la polygamie . 90 6.2.1 Niveau de la polygamie . 90 6.2.2 Nombre de co-épouses . 90 iv | Table des matiè res 6.3 Âge a la première union et âge aux premiers rapports sexuels . 92 6.3.1 Âge à la première union . 92 6.3.2 Âge aux premiers rapports sexuels. 95 6.4 Activité sexuelle récente . 98 6.5 Exposition aux risques de grossesse. 101 CHAPITRE 7 PREFERENCES EN MATIERE DE FECONDITE 7.1 Désir d’enfants supplémentaires . 105 7.2 Besoins en matière de planification familiale . 108 7.3 Nombre total d’enfants désirés. 110 7.4 Planification de la fécondité . 110 CHAPITRE 8 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS 8.1 Méthodologie . 115 8.2 Niveaux et tendances. 116 8.3 Mortalité différentielle et groupes à hauts risques . 118 CHAPITRE 9 SANTÉ DE LA MÈ RE ET DE L’ENFANT 9.1 Soins prénatals et accouchements . 125 9.1.1 Soins prénatals. 125 9.1.2 Accouchement . 130 9.2 Vaccination des enfants. 136 9.3 Maladies des enfants . 140 9.3.1 Infections respiratoires aiguës . 140 9.3.2 Fièvre et paludisme . 141 9.3.3 Diarrhée . 148 9.3.3.1 Prévalence de la diarrhée. 148 9.3.3.2 Traitement de la diarrhée. 149 9.4 Tendances des indicateurs de santé maternelle et infantile . 153 CHAPITRE 10 ALLAITEMENT ET É TAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES MÈ RES 10.1 Allaitement et alimentation de complément. 157 10.2 Sel iodé, vitamine A et cécité crépusculaire chez les enfants et chez les femmes . 166 10.2.1 Sel iodé. 166 10.2.2 Consommation de micronutriments chez les enfants . 167 Table des matiè res | v 10.2.3 Consommation de micronutriments et cécité crépusculaire chez les femmes. 167 10.2.4 Anémie chez les enfants et les femmes . 169 10.3 État nutritionnel des enfants de moins de cinq ans. 174 10.3.1 Indices de l’état nutritionnel des enfants . 174 10.3.2 Niveaux de l’état nutritionnel des enfants . 175 10.4 État nutritionnel des femmes. 179 10.5 Tendances de la malnutrition des enfants. 181 CHAPITRE 11 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES ET VIH/SIDA 11.1 Connaissance et attitude face au sida . 183 11.1.1 Connaissance du VIH/sida . 183 11.1.2 Perception des aspects sociaux liés au VIH/sida . 188 11.1.3 Discussions à propos du VIH/sida avec le partenaire. 190 11.1.4 Discussions à propos du VIH/sida dans les média . 190 11.1.5 Attitudes vis-à-vis des personnes porteuses du virus . 190 11.1.6 Attitudes vis-à-vis du test de dépistage du VIH . 194 11.2 Les Infections sexuellement transmissibles. 197 11.2.1 Connaissance des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST). 197 11.2.2 Prévalence déclarée des IST et leurs symptômes . 200 11.2.3 Traitement des IST . 202 11.2.4 Prévention des IST . 202 11.2.5 Activités sexuelles des femmes et des hommes . 203 11.2.6 Connaissance et utilisation du condom . 206 CHAPITRE 12 L’EXCISION 12.1 Connaissance et pratique de l’excision. 211 12.1.1 Connaissance de l’excision . 211 12.1.2 Pratique de l’excision . 212 12.2 Conséquences sanitaires de la pratique de l’excision. 216 12.3 Avantages d’être excisée ou de ne pas être excisée . 217 12.3.1 Avantages d’être excisée . 217 12.3.2 Avantages de ne pas être excisée. 220 12.4 Croyances et opinions sur l’excision. 223 vi | Table des matiè res CHAPITRE 13 DISPONIBILITÉ DES SERVICES COMMUNAUTAIRES 13.1 Équipement des communautés . 230 13.2 Caractéristiques des communautés rurales. 232 13.3 Accès aux services socio-économiques. 232 13.4 Accès aux formations sanitaires . 239 13.5 Principales maladies des jeunes enfants . 249 13.6 Principaux problèmes pour se soigner. 251 RÉFÉRENCES . 253 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE A.1 Introduction . 255 A.2 Structure de l’échantillon . 255 A.3 Répartition de l’échantillon . 256 A.4 Segmentation des grandes ZD. 258 A.5 Probabilités de sondage . 258 A.6 Résultats des enquêtes . 259 ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE . 263 ANNEXE C TABLEAUX POUR L’ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DES DONNÉES. 277 ANNEXE D PERSONNEL DE L’EDSB-II . 283 ANNEXE E CALENDRIER DES OPÉRATIONS. 287 ANNEXE F QUESTIONNAIRES . 289 Table des matiè res | vii LISTE DES TABLEAUX ET DES GRAPHIQUES CHAPITRE 1 CARACTÉ RISTIQUES DU PAYS ET ORGANISATION DE L’ENQUÊ TE Tableau 1.1 Résultats de l’enquête ménage et des enquêtes individuelles . 6 CHAPITRE 2 CARACTÉ RISTIQUES DES MÉ NAGES DE L’É CHANTILLON Tableau 2.1 Population des ménages par âge, sexe et résidence. 13 Tableau 2.2 Population par groupe d’âges selon différentes sources. 14 Tableau 2.3 Composition des ménages . 15 Tableau 2.4 Enfants orphelins et résidence avec les parents. 16 Tableau 2.5 Enregistrement des enfants à l’état civil. 17 Tableau 2.6 Niveau d’instruction de la population des ménages . 19 Tableau 2.7 Taux de fréquentation scolaire . 20 Tableau 2.8 Taux de redoublement et taux d’abandon . 22 Tableau 2.9 Caractéristiques des logements . 23 Tableau 2.10 Produits ou équipements désinfectants dans le ménage . 25 Tableau 2.11 Biens durables possédés par les ménages. 26 Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population . 14 Graphique 2.2 Taux de fréquentation scolaire . 21 CHAPITRE 3 CARACTÉ RISTIQUES SOCIO-DÉ MOGRAPHIQUESET STATUT DES ENQUÊ TÉ (E)S Tableau 3.1 Caractéristiques socio-démographiques des enquêtés. 28 Tableau 3.2 Niveau d’instruction par caractéristiques socio-démographiques . 30 Tableau 3.3 Raisons principales d’abandon scolaire. 31 Tableau 3.4 Alphabétisation. 32 Tableau 3.5 Utilisation des média . 34 Tableau 3.6 Emploi des femmes . 36 Tableau 3.7 Occupation des femmes. 37 Tableau 3.8 Employeur et type de revenus . 38 Tableau 3.9 Décision sur l’utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage. 40 Tableau 3.10 Contrôle du revenu des femmes . 41 Tableau 3.11 Occupation des hommes. 42 Tableau 3.12 Participation des femmes dans la prise de décision. 43 Tableau 3.13 Participation des femmes dans la prise de décision par caractéristiques socio- démographiques . 44 Tableau 3.14 Opinion des femmes à l’égard de la violence conjugale . 47 Tableau 3.15 Attitude des femmes envers le refus d’avoir des rapports sexuels avec leur mari/partenaire . 48 Liste des tableaux et des graphiques | ix CHAPITRE 4 FECONDITE Tableau 4.1 Fécondité actuelle. 52 Tableau 4.2 Fécondité par caractéristiques socio-démographiques . 53 Tableau 4.3 Fécondité selon différentes sources. 54 Tableau 4.4 Tendance de la fécondité par âge . 55 Tableau 4.5 Enfants nés vivants et enfants survivants . 56 Tableau 4.6 Intervalle intergénésique . 58 Tableau 4.7 Âge à la première naissance . 59 Tableau 4.8 Âge médian à la première naissance par caractéristiques socio-démographiques . 60 Tableau 4.9 Fécondité des adolescentes. 61 Graphique 4.1 Taux de fécondité générale par âge selon le milieu de résidence. 52 Graphique 4.2 Indice synthétique de fécondité par caractéristiques socio-démographiques . 54 Graphique 4.3 Tendances de l’ISF des femmes (Cumul des taux de 15 à 34 ans) . 55 Graphique 4.4 Pourcentage d’adolescentes 15-19 ans ayant commencé leur vie féconde . 61 CHAPITRE 5 PLANIFICATION FAMILIALE Tableau 5.1.1 Connaissance par les femmes des méthodes contraceptives . 64 Tableau 5.1.2 Connaissance par les hommes des méthodes contraceptives . 65 Tableau 5.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques socio- démographiques . 67 Tableau 5.3 Utilisation de la contraception à un moment quelconque. 68 Tableau 5.4 Utilisation actuelle de la contraception . 70 Tableau 5.5 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques socio- démographiques . 71 Tableau 5.6 Utilisation actuelle de la contraception par statut de la femme. 73 Tableau 5.7 Nombre d’enfants à la première utilisation . 74 Tableau 5.8 Connaissance de la période féconde. 75 Tableau 5.9 Source d’approvisionnement. 76 Tableau 5.10 Choix de la méthode et information . 78 Tableau 5.11 Utilisation future . 79 Tableau 5.12 Raison de non-intention d’utilisation de la contraception . 80 Tableau 5.13 Méthode contraceptive future préférée. 81 Tableau 5.14 Exposition aux messages sur la planification familiale. 82 Tableau 5.15 Contact des non-utilisatrices de la contraception avec des agents de planification familiale. 83 Tableau 5.16 Discussion de la planification familiale avec le conjoint . 84 Tableau 5.17 Opinion des femmes et de leurs conjoints sur la planification familiale. 85 Tableau 5.18 Attitudes des couples vis-à-vis de la planification familiale . 86 Graphique 5.1 Connaissance de la contraception par les femmes en union de 15-49 ans . 66 Graphique 5.2 Proportions des femmes ayant déjà utilisé la contraception par état matrimonial . 69 Graphique 5.3 Proportions des femmes qui utilisent la contraception par état matrimonial. 77 Graphique 5.4 Utilisation actuelle de la contraception par les femmes de 15-49 ans en union . 79 x | Liste des tableaux et des graphiques CHAPITRE 6 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE Tableau 6.1 État matrimonial actuel . 88 Tableau 6.2 Nombre de co-épouses et d’épouses . 91 Tableau 6.3 Âge à la première union . 93 Tableau 6.4 Âge médian à la première union. 94 Tableau 6.5 Âge aux premiers rapports sexuels. 95 Tableau 6.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels . 97 Tableau 6.7.1 Activité sexuelle récente des femmes. 99 Tableau 6.7.2 Activité sexuelle récente des hommes. 100 Tableau 6.8 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum. 101 Tableau 6.9 Durée médiane de l’insusceptibilité post-partum par caractéristiques socio- démographiques . 102 Tableau 6.10 Ménopause . 103 Graphique 6.1 État matrimonial des femmes de 15-49 ans. 89 CHAPITRE 7 PREFERENCES EN MATIERE DE FECONDITE Tableau 7.1 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d’enfants vivants . 106 Tableau 7.2 Désir de limiter les naissances selon les caractéristiques socio-démographiques. 107 Tableau 7.3 Besoins en matière de planification familiale . 109 Tableau 7.4 Nombre idéal d’enfants . 111 Tableau 7.5 Nombre idéal d’enfants par caractéristiques socio-démographiques . 112 Tableau 7.6 Planification de la fécondité . 113 Tableau 7.7 Taux de fécondité désirée. 114 Graphique 7.1 Désir d’enfants supplémentaires des femmes en union, selon le nombre d’enfants vivants . 106 CHAPITRE 8 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS Tableau 8.1 Taux de mortalité des enfants. 116 Tableau 8.2 Mortalité des enfants de moins de cinq ans. 118 Tableau 8.3 Mortalité des enfants par caractéristiques socio-économiques. 118 Tableau 8.4 Mortalité des enfants par caractéristiques démographiques de la mère et des enfants . 121 Tableau 8.5 Comportement procréateur à hauts risques . 123 Graphique 8.1 Tendances de la mortalité infantile et infanto-juvénile . 117 Graphique 8.2 Mortalité infantile et infanto-juvénile selon les caractéristiques de la mère . 119 Graphique 8.3 Mortalité infantile et comportement en matière de procréation . 122 CHAPITRE 9 SANTÉ DE LA MÈ RE ET DE L’ENFANT Tableau 9.1 Soins prénatals. 126 Tableau 9.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse . 127 Liste des tableaux et des graphiques | xi Tableau 9.3 Vaccination antitétanique . 128 Tableau 9.4 Informations et examens au cours des visites prénatales . 129 Tableau 9.5 Lieu de l’accouchement. 131 Tableau 9.6 Assistance lors de l’accouchement. 133 Tableau 9.7 Caractéristiques de l’accouchement . 134 Tableau 9.8 Soins postnatals . 135 Tableau 9.9 Vaccinations selon les sources d’information . 136 Tableau 9.10 Vaccinations selon les caractéristiques socio-démographiques . 138 Tableau 9.11 Vaccinations avant l’âge de 12 mois par âge actuel de l’enfant. 139 Tableau 9.12 Prévalence et traitement des infections respiratoires aiguës (IRA). 141 Tableau 9.13 Prévalence et traitement de la fièvre . 143 Tableau 9.14 Possession et utilisation de moustiquaires. 144 Tableau 9.15 Pourcentage des enfants de moins de cinq ans qui dorment sous une moustiquaire . 145 Tableau 9.16 Pourcentage de femmes et de femmes enceintes qui dorment sous une moustiquaire . 146 Tableau 9.17 Utilisation des médicaments antipaludéens pendant la grossesse . 147 Tableau 9.18 Prévalence de la diarrhée. 148 Tableau 9.19 Connaissance des sachets de SRO. 149 Tableau 9.20 Traitement de la diarrhée. 150 Tableau 9.21.1 Alimentation pendant la diarrhée . 151 Tableau 9.21.2 Allaitement pendant la diarrhée . 152 Tableau 9.22 Alimentation continue pendant la diarrhée. 153 Tableau 9.23 Santé de la mère et de l’enfant . 154 Graphique 9.1 Soins prénatals et vaccination antitétanique. 125 Graphique 9.2 Assistance à l’accouchement. 132 Graphique 9.3 Vaccination des enfants de 12-23 mois . 137 Graphique 9.4 Enfants de 12-23 mois ayant eu tous les vaccins du PEV et enfants n’ayant eu aucun vaccin. 138 Graphique 9.5 Couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois et de 24-35 mois. 139 Graphique 9.6 Prévalence de la diarrhée et des infections respiratoires aiguës parmi les enfants de moins de cinq ans . 140 Graphique 9.7 Soins prénatals et conditions d’accouchement pour les naissances des trois dernières années, EDSB-I 1996 et EDSB-II 2001. 155 Graphique 9.8 Prévalence des IRA, de la fièvre et de la diarrhée chez les enfants de moins de trois ans, EDSB-I 1996 et EDSB-II 2001. 156 CHAPITRE 10 ALLAITEMENT ET É TAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES MÈ RES Tableau 10.1 Allaitement initial. 158 Tableau 10.2 Type d’allaitement selon l’âge de l’enfant . 159 Tableau 10.3 Durée médiane et fréquence de l’allaitement . 161 Tableau 10.4 Type d’aliments selon l’âge de l’enfant . 163 Tableau 10.5 Fréquence des aliments reçus par l’enfant. 164 Tableau 10.6 Fréquence des aliments reçus par l’enfant dans les sept derniers jours. 165 Tableau 10.7 Sel iodé dans le ménage . 166 Tableau 10.8 Consommation de micronutriments . 168 Tableau 10.9 Consommation de micronutriments pour les mères . 170 Tableau 10.10 Prévalence de l’anémie chez les enfants . 171 xii | Liste des tableaux et des graphiques Tableau 10.11 Prévalence de l’anémie chez les femmes . 172 Tableau 10.12 Prévalence de l’anémie chez les enfants selon le niveau d’anémie de la mère . 173 Tableau 10.13 État nutritionnel des enfants . 176 Tableau 10.14 État nutritionnel des femmes par caractéristiques socio-démographiques . 180 Tableau 10.15 Malnutrition chez les enfants de moins de trois ans. 181 Graphique 10.1 Pratique de l’allaitement des enfants de moins de trois ans . 160 Graphique 10.2 État nutritionnel des enfants de moins de cinq ans. 177 Graphique 10.3 Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans présentant un retard de croissance. 177 Graphique 10.4 État nutritionnel des enfants de moins de trois ans, EDSB-I 1996 et EDSB-II 2001. 181 CHAPITRE 11 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES ET VIH/SIDA Tableau 11.1 Connaissance du sida. 184 Tableau 11.2 Connaissance des moyens d’éviter de contracter le VIH/sida. 185 Tableau 11.3.1 Connaissance par les femmes de moyens importants (d’un point de vue programmatique) d’éviter de contracter le VIH/sida. 186 Tableau 11.3.2 Connaissance des hommes de moyens spécifiques d’éviter de contracter le VIH/sida . 187 Tableau 11.4 Perception des problèmes reliés au VIH/sida. 189 Tableau 11.5 Discussion à propos du VIH/sida avec le partenaire . 191 Tableau 11.6 Discussion à propos du VIH/sida dans les média. 192 Tableau 11.7 Aspects sociaux de prévention et prise en charge du VIH/sida. 193 Tableau 11.8.1 Dépistage du virus du VIH/sida chez les femmes . 197 Tableau 11.8.2 Dépistage du virus du VIH/sida chez les hommes . 196 Tableau 11.9.1 Connaissance par les femmes des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST). 198 Tableau 11.9.2 Connaissance par les hommes des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST). 199 Tableau 11.10 Prévalence déclarée des infections sexuellement transmissibles (IST) et leurs symptômes. 201 Tableau 11.11 Source de traitement des infections sexuellement transmissibles (IST). 202 Tableau 11.12 Protection du mari/partenaire par les femmes qui ont des infections sexuellement transmissibles (IST). 203 Tableau 11.13 Nombre de partenaires sexuels : Femmes et hommes en union . 204 Tableau 11.14 Nombre de partenaires sexuels : Femmes et hommes non en union . 205 Tableau 11.15 Connaissance d’une source d’approvisionnement du condom et accès aux condoms . 207 Tableau 11.16.1 Utilisation du condom chez les femmes par type de partenaire . 208 Tableau 11.16.2 Utilisation du condom chez les hommes par type de partenaire . 209 CHAPITRE 12 L’EXCISION Tableau 12.1 Connaissance et pratique de l’excision. 212 Tableau 12.2 Âge des enquêtées à l’excision. 214 Tableau 12.3 Pratique de l’excision parmi les filles des femmes enquêtées. 215 Tableau 12.4 Personne qui a pratiqué l’excision. 216 Liste des tableaux et des graphiques | xiii Tableau 12.5 Excision des filles et complications . 216 Tableau 12.6.1 Avantages pour une fille d’être excisée (d’après les femmes) . 218 Tableau 12.6.2 Avantages pour une fille d’être excisée (d’après les hommes) . 219 Tableau 12.7.1 Avantages pour une fille de ne pas être excisée (d’après les femmes). 221 Tableau 12.7.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée (d’après les hommes). 222 Tableau 12.8 Croyances au sujet de l’excision . 224 Tableau 12.9.1 Opinion des femmes par rapport à l’excision selon les caractéristiques socio- démographiques . 226 Tableau 12.9.2 Opinion des hommes par rapport à l’excision selon les caractéristiques socio- démographiques . 227 CHAPITRE 13 DISPONIBILITÉ DES SERVICES COMMUNAUTAIRES Tableau 13.1 Équipement des communautés . 231 Tableau 13.2 Caractéristiques des communautés rurales . 233 Tableau 13.3.1 Distance par rapport aux établissements scolaires . 234 Tableau 13.3.2 Distance par rapport aux services socio-économiques . 235 Tableau 13.4.1 Temps de trajet pour atteindre les établissements scolaires . 237 Tableau 13.4.2 Temps de trajet pour atteindre les services socio-économiques . 238 Tableau 13.5.1 Distance par rapport aux formations sanitaires . 240 Tableau 13.5.2 Distance par rapport aux formations sanitaires privées . 241 Tableau 13.6.1 Temps de trajet pour atteindre les formations sanitaires . 243 Tableau 13.6.2 Temps de trajet pour atteindre les formations sanitaires privées . 244 Tableau 13.7 Distance par rapport aux services de santé maternelle et infantile les plus proches . 245 Tableau 13.8 Temps de trajet pour attendre les services de santé maternelle et infantile les plus proches . 246 Tableau 13.9.1 Distance par rapport au service de santé maternelle et infantile le plus proche et assistance à l’accouchement . 247 Tableau 13.9.2 Distance par rapport au service de santé maternelle et infantile le plus proche et couverture vaccinale. 248 Tableau 13.9.3 Distance par rapport au service de santé maternelle et infantile le plus proche et distribution des capsules de vitamine A . 249 Tableau 13.10 Principales maladies des jeunes enfants . 250 Tableau 13.11 Principales maladies des jeunes enfants par milieu de résidence. 251 Tableau 13.12 Principaux problèmes rencontrés pour se soigner . 252 ANNEXE A PLAN DE SONDAGE Tableau A.1 Projections de population pour 2001. 256 Tableau A.2 Répartition en (%) de la population estimée pour 2001 . 256 Tableau A.3 Allocation de l’échantillon cible de femmes . 257 Tableau A.4 Nombre de ménages à sélectionner . 257 Tableau A.5 Nombre de UPS sélectionnés . 257 Tableau A.6 Résultats des enquêtes auprès des ménages et des femmes. 261 Tableau A.7 Résultats de l’enquête auprès des ménages et des hommes . 262 xiv | Liste des tableaux et des graphiques ANNEXE B ERREURS DE SONDAGE Tableau B.1 Variables utilisées pour le calcul des erreurs de sondage. 266 Tableau B.2 Erreurs de sondage : Échantillon national . 267 Tableau B.3 Erreurs de sondage : Échantillon urbain. 268 Tableau B.4 Erreurs de sondage : Échantillon rural . 269 Tableau B.5 Erreurs de sondage : Atacora. 270 Tableau B.6 Erreurs de sondage : Atlantique . 271 Tableau B.7 Erreurs de sondage : Cotonou . 272 Tableau B.8 Erreurs de sondage : Borgou . 273 Tableau B.9 Erreurs de sondage : Mono. 274 Tableau B.10 Erreurs de sondage : Ouémé. 275 Tableau B.11 Erreurs de sondage : Zou. 276 ANNEXE C TABLEAUX POUR L’EVALUATION DE LA QUALITE DES DONNEES Tableau C.1 Répartition par âge de la population des ménages . 277 Tableau C.2 Répartition par âge des femmes éligibles et des femmes enquêtées . 278 Tableau C.3 Répartition par âge des hommes éligibles et des hommes enquêtés . 278 Tableau C.4 Complétude de l’enregistrement . 279 Tableau C.5 Naissances par année de calendrier . 280 Tableau C.6 Enregistrement de l’âge au décès en jours . 281 Tableau C.7 Enregistrement de l’âge au décès en mois. 282 Liste des tableaux et des graphiques | xv PRÉ FACE La réalisation de la première enquête démographique et de santé en 1996 (EDSB-I) a permis de collecter des informations fiables sur la santé maternelle et infantile. Les données de cette enquête ont permis aussi de constater que les indicateurs relatifs à la planification familiale, à la santé des mères et des enfants varient sur le plan aussi bien social que géographique. Ces données ont, enfin, permis d’identifier les besoins en matière de population et de santé au Bénin. Sur la base de ces informations, le Gouvernement béninois, avec la collaboration de ses partenaires au développement, a mis sur pied des programmes ambitieux visant à assurer à sa population un environnement social et sanitaire meilleur. Ainsi, il est important d’actualiser, cinq ans après la première EDS, les informations démographiques et sanitaires pour mieux évaluer les progrès et orienter les programmes. La deuxième enquête démographique et de santé au Bénin (EDSB-II), qui a été organisée en 2001 dans le cadre de la quatrième phase du programme mondial des enquêtes démographiques et de santé fournit des données actualisées sur les phénomènes socio-démographiques et sanitaires notamment la fécondité, la mortalité infantile, les soins prénatals, les vaccinations, l’état nutritionnel de l’enfant et de la mère, les maladies sexuellement transmissibles et le sida ainsi que sur la disponibilité des services de santé. De telles données seront importantes pour planifier de nouvelles stratégies pour l’amélioration de la santé et le bien-être de la population. La publication des résultats préliminaires de décembre 2001 a mis en évidence l’impact positif des différents programmes mis en œuvre par le Gouvernement en matière de santé depuis 1996. Ces résultats ont révélé en particulier la baisse de la fécondité (le nombre moyen d’enfants par femme est passé de 6,3 en 1996 à 5,6 en 2001), une légère baisse de la mortalité infanto-juvénile passant de 166 ‰ à 160 ‰ et une amélioration de la couverture vaccinale marquée par une hausse significative de la proportion des enfants de 12-23 mois (59 % contre 56 % en 1996) ayant reçu toutes les vaccinations : une dose de BCG, trois doses de DTCoq, trois doses de polio et une dose de rougeole. Le présent rapport, fruit d’un travail réalisé depuis dix-huit mois par l’équipe technique de l’Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique (INSAE) en collaboration avec les cadres du ministère de la Santé publique, avec l’appui technique de ORC Macro, analyse en détail les principaux indicateurs. J’exhorte les responsables à divers niveaux et les chercheurs à se servir des différentes publications issues de ce travail comme principal cadre de référence pour l’évaluation et la mise en œuvre des programmes de population et de santé. Enfin, au nom du Gouvernement de la République du Bénin, j’exprime ma vive gratitude à l’USAID et aux représentations de l’UNICEF et de la Banque Mondiale du Bénin, dont les contributions financières ont permis l’aboutissement de ce précieux travail. Bruno AMOUSSOU Ministre d’État Chargé de la Coordination de l’Action Gouvernementale, de la Prospective et du Développement Pré face | xvii SIGLES ET ABRÉ VIATIONS ZD Zone de Dénombrement BCG Bacille Bilié de Calmette et Guérin (vaccin antituberculeux) CDC Centers for Disease Control and Prevention, États-Unis DBC Distribution à Base Communautaire DHS (EDS) Demographic and Health Surveys DTCoq Diphtérie, Tétanos, Coqueluche (vaccin) EDS (DHS) Enquête Démographique et de Santé EDSB Enquête Démographique et de Santé au Bénin ET Écart-type FAO Food and Agriculture Organization FNUAP Fonds des Nations Unies pour la Population IDH Indicateur de Développement Humain IEC Information, Éducation et Communication IMC Indice de Masse Corporelle ISSA Integrated Systems for Survey Analysis ISF Indice Synthétique de Fécondité IST Infections sexuellement transmissibles MST Maladies sexuellement transmissibles NCHS National Center for Health Statistics, États-Unis OMS (WHO) Organisation Mondiale de la Santé PEV Programme Élargi de Vaccination RGPH Recensement Général de la Population et de l’Habitation SIDA Syndrome d’Immunodéficience Acquis SMI/PF Santé Maternelle et Infantile et Planification Familiale SRO Sels de Réhydratation par voie Orale TBN Taux Brut de Natalité TGFG Taux Global de Fécondité Générale TNFS Taux Net de Fréquentation Scolaire TBFS Taux Brut de Fréquentation Scolaire TRO Thérapie de Réhydratation par voie Orale UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance USAID United States Agency for International Development WHO (OMS) World Health Organization Sigles et abréviations | xix RÉ SUMÉ Le niveau encore élevé de la fécondité peut être associé à la précocité de la reproduction. Plus du cinquième (22 %) des adolescentes (15-19 ans) ont déjà commencé leur vie féconde : 15 % ont déjà eu, au moins, un enfant et 6 % sont enceintes de leur premier enfant. Le mariage (formel ou non) est quasi universel au Bénin : à 45-49 ans, seulement 1 % des femmes est encore célibataire. Avant l’âge de 19 ans, la majorité des femmes de 20 ans ou plus sont en union. Plus de quatre fem- mes de 15-49 ans sur dix (45 %) sont en union polygame. CARACTERISTIQUES DE LA POPULATION Les résultats de l’enquête confirment la jeu- nesse de la population béninoise, avec près de la moitié (48 %) âgée de moins de 15 ans ; seule- ment 6 % des personnes sont âgées de 60 ans ou plus. Les ménages comptent en moyenne 5,2 per- sonnes, et pour un ménage sur cinq (21 %), le chef est de sexe féminin. On note, par ailleurs, que plus d’un enfant de moins de 15 ans sur dix (13 %) ne vit avec aucun de leurs parents, et peut ainsi se trouver en situation difficile. Parmi les enfants de 6-11 ans, seulement 54 % fréquentaient une école primaire au moment de l’enquête (60 % chez les garçons contre 47 % chez les filles). La majorité des femmes de 15-49 ans (64 %) n’ont aucune instruction, contre 40 % chez les hommes âgés de 15-64 ans. On note, par ailleurs, que parmi les enfants de moins de cinq ans 70 % ont été enregis- trés à l’état civil. PLANIFICATION FAMILIALE Plus de neuf femmes sur dix (91 %) connais- sent au moins une méthode moderne de contraception. Cependant, 19 % seulement des femmes en union utilisaient une méthode de contraception au moment de l’enquête, dont seu- lement 7 % une méthode moderne (6 % en milieu rural contre 10 % en milieu urbain). Entre 1996 et 2001, l’utilisation des méthodes modernes de contraception est passée du simple au double (3 % contre 7 Les résultats de l’EDSB-II indiquent aussi que les conditions de vie des ménages demeurent pré- caires. Près de huit ménages sur dix (78 %) ne disposent pas d’électricité, quatre ménages sur dix (39 %) ne disposent pas d’eau potable, et un peu plus de deux ménages sur trois ne disposent pas de toilettes (67 %). Le poste radio est le bien le plus fréquemment possédé par les ménages : 72 % contre 16 % pour le poste téléviseur. %). On note, par ailleurs, que plus du tiers (37 %) des femmes aimerait attendre deux ans ou plus avant d’avoir un autre enfant et 26 % ont exprimé le désir de ne plus en avoir. Dans l’ensemble, 46 % des femmes en union ont exprimé un besoin de planification familiale, dont seulement les 41 % sont satisfaits. FECONDITE Avec les niveaux actuels de fécondité, les femmes du Bénin donneront naissance, en moyenne, à 5,6 enfants au terme de leur vie fé- conde (6,4 en milieu rural contre 4,4 enfants en milieu urbain). Par rapport aux résultats de l’EDSB-I de 1996 (6,3 enfants par femme), on note une baisse de la fécondité de 0,7 enfant en l’espace de 5 ans. Au cours des 20 dernières an- nées, la fécondité a enregistré une baisse de près d’un enfant et demi. En effet, l’Enquête sur la Fé- condité au Bénin de 1982 estimait le niveau de fécondité à 7,1 enfants par femme. MORTALITE DES ENFANTS Durant les cinq années ayant précédé l’enquête (1996-2001), sur 1 000 enfants nés vi- vants, 89 sont décédés avant leur premier anniver- saire. La mortalité infanto-juvénile (de la naissance à l’âge de 5 ans exacts) touche 160 en- fants pour 1 000 naissances vivantes, soit une baisse absolue de 7 ‰ par rapport à la période 1991-1996 (EDSB-I, 1996). La mortalité infantile demeure plus élevée en milieu rural qu’en milieu urbain (105 ‰ contre 73 ‰). De même, les en- fants dont la mère n’est pas instruite courent un Résumé | xxi Les résultats de l’enquête indiquent également que 13 % des enfants de moins de cinq ans ont souffert de la diarrhée durant les deux semaines précédant l’enquête. Dans l’ensemble plus de six enfants sur dix (61 %) ayant souffert de la diarr- hée ont reçu soit les sachets de SRO (23 %), soit une solution maison recommandée (12 %), soit plus de liquides que d’habitude (48 %). On note, par ailleurs, que parmi les enfants âgés de moins de cinq ans, 12 % ont souffert de toux avec respi- ration courte et rapide (symptôme des infections respiratoires aiguës, ou IRA) dans les deux derniè- res semaines. Parmi eux, seulement 29 % ont été amenés en consultation dans un centre de santé ou auprès d’un agent de santé. Les résultats de l’enquête indiquent également que plus de quatre enfants de moins de cinq ans sur dix (41 %) ont eu la fièvre durant les deux semaines ayant précédé l’interview, dont 30 % ont été amenés en consultation dans un centre de santé. On note, par ailleurs, que parmi les enfants ayant souffert de la fièvre, la Nivaquine (chloroquine) a été le médi- cament antipaludéen le plus fréquemment utilisé comme moyen de traitement (59 %). risque de décéder avant l’âge de 1 an nettement supérieur à celui des enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus (100 ‰ contre 53 ‰). On note, par ailleurs, que les enfants nés de mère très jeune (moins de 20 ans) ou très âgée (40 ans ou plus) sont plus exposés au risque de décé- der que les enfants de mère âgée de 20-29 ans, surtout au cours de la première année de vie (res- pectivement 115 ‰ et 107 ‰ contre 86 ‰). Les intervalles intergénésiques très courts (inférieurs à deux ans) sont également associés à une mortalité infantile plus élevée (154 ‰) que celle associée aux intervalles intergénésiques plus longs (72 ‰ et 64 ‰ pour, respectivement, des intervalles de 3 ans et 4 ans ou plus). SANTE DE LA MERE ET DE L’ENFANT Près de neuf femmes sur dix ayant donné naissance au cours des cinq dernières années ont effectué des visites prénatales auprès du personnel de santé (87 %), c’est-à-dire d’un médecin (6 %), d’une infirmière ou sage-femme (75 %) ou d’une aide-soignante (6 %). De même, dans 71 % des cas, les mères ont reçu, au moins, une dose de VAT (vaccin antitétanique) durant la grossesse et une femme sur deux (50 %) a reçu au moins deux doses de VAT. On note, par ailleurs, que pour moins du quart des naissances, les accouchements ont eu lieu à domicile (23 %), et cela particuliè- rement dans le milieu rural (26 % contre 15 % en milieu urbain et 2 % à Cotonou). Pour plus de sept naissances sur dix (72 %), les accouchements se sont déroulés avec l’aide d’un personnel de la san- té. ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DES ENFANTS L’allaitement est quasi universel au Bénin : 97 % des enfants nés au cours des cinq dernières années ont été allaités. Ce n’est qu’à partir du 23e mois que la moitié des enfants sont sevrés. S’il est recommandé que les bébés soient allaités jusqu’à l’âge de 6 mois, moins de deux enfants de 0-5 mois sur cinq (38 %) étaient exclusivement nour- ris au lait maternel au moment de l’enquête. Mal- gré son niveau relativement faible, l’allaitement maternel exclusif a enregistré des progrès au cours de ces cinq dernières années. En 1996, seulement 14 % des enfants de moins de 4 mois étaient ex- clusivement allaités contre plus de 40 % en 2001. On note, par ailleurs, que 59 % des enfants de 12-23 mois ont reçu toutes les vaccinations (c’est- à-dire, le BCG, la rougeole et les trois doses de polio et de DTCoq). À l’inverse, 7 % des enfants n’ont reçu aucune de ces vaccinations. Neuf en- fants sur dix de 12-23 mois (90 %) ont reçu le BCG, près de sept enfants sur dix ont été vaccinés contre la rougeole (68 %), ou ont eu la troisième dose des vaccinations de DTCoq et de la po- lio (respectivement 73 % et 69 %). Aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural, la majorité des enfants sont complètement vaccinés (respective- ment 64 % et 56 %). MICRONUTRIMENTS La carence en vitamine A affecte le système immunitaire de l’enfant, et augmente ainsi ses risques de décéder. L’avitaminose A peut égale- ment causer la cécité crépusculaire chez les en- fants, et affecter aussi la santé des mères enceintes ou allaitantes. Toutefois, elle peut être évitée par des suppléments en vitamine A et l’enrichisse- ment des aliments. Dans l’ensemble, moins d’un xxii | Résumé Résumé | xxiii enfant de 6-59 mois sur cinq (18 %) a reçu des compléments de vitamine A. Toutefois, la majori- té (56 %) des enfants de 6-59 mois consomment des aliments riches en vitamine A. Par ailleurs, on note que 20 % des mères ont reçu un supplément de vitamine A dans les huit premières semaines ayant suivi l’accouchement. La carence en iode peut, d’une part, entraîner un retard dans le développement mental de l’enfant et, d’autre part, favoriser l’apparition de goitre à tout âge. On note, par ailleurs, que 87 % des ménages consomment du sel iodé, dont 72 % de la teneur en iode est adéquate (15 ppm ou plus). É TAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES MERES L’état nutritionnel des jeunes enfants résulte, à la fois, de l’histoire nutritionnelle (ancienne et récente) de l’enfant et des maladies ou infections qu’il a pu avoir. Par ailleurs, l’état nutritionnel influe, à son tour, sur la probabilité qu’a l’enfant de contracter des maladies : un enfant atteint de malnutrition chronique ou aiguë est en situation de faiblesse physique qui favorise les infections. Trois enfants sur dix (31 %) souffrent d’un re- tard de croissance, et 11 % présentent un retard de croissance sévère. Cette sous-nutrition qui se tra- duit chez les enfants par une taille insuffisante par rapport à l’âge débute dès le plus jeune âge (10 % à 6-9 mois), et s’aggrave jusqu’à atteindre quatre enfants âgés de 12-23 mois sur dix (39 %). Dans l’ensemble, 8 % des enfants sont émaciés, dont 2 % sous une forme sévère, c’est-à-dire, ont un poids trop faible par rapport à leur taille. Ce sont les enfants de 10-11 mois qui sont les plus atteints (26 %). L’insuffisance pondérale, qui reflète, chez l’enfant, les effets combinés du retard de crois- sance et de l’émaciation, concerne près du quart (23 %) des enfants de moins de cinq ans, dont 5 % sous sa forme sévère. On note, par ailleurs, que 11 % des femmes ont un Indice de Masse Corporelle (IMC) se si- tuant en-deçà du seuil critique (moins de 18,5) et présentent ainsi une déficience énergétique chro- nique ; 6 % sont considérées obèses (IMC supé- rieur ou égal à 30). Les résultats de l’enquête révèlent que 82 % des enfants de 6-59 mois souffrent d’une anémie, dont 51 % sous sa forme modérée et 9 % sous sa forme sévère. Près des deux tiers (64 %) des femmes souffrent d’une anémie quelconque, dont 22 % sous sa forme modérée et 2 % sous sa forme sévère. Les femmes enceintes sont les plus tou- chées par l’anémie sévère (5 %). IST ET VIH/SIDA Depuis près d’une décennie, la lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST) et le sida est l’un des volets prioritaires de la politique sanitaire du pays. Les résultats de l’enquête révèlent que la connaissance du VIH/sida est quasi universelle (96 % des femmes et 98 % des hommes en ont entendu parler). Cependant, la proportion de femmes qui pensent qu’il existe un moyen de lutte contre le VIH/sida est encore faible (57 % contre 80 % pour les hommes). On note, par ailleurs, que la majorité des femmes connaissent les principaux moyens programmatiques de lutte contre le sida : la limitation du nombre de partenaires sexuels (54 %), l’utilisation du condom (50 %) et l’absti- nence (40 %). Les résultats de l’enquête indiquent également qu’au cours des 12 mois précédant l’enquête, la prévalence des infections sexuellement transmis- sibles est de 1 % chez les femmes et 3 % chez les hommes. La majorité des femmes et des hommes qui ont souffert d’une IST ont cherché un traite- ment/conseil dans un établissement sanitaire (res- pectivement 58 % et 55 %). EXCISION Au niveau national, la proportion des femmes de 15-49 ans excisées est estimée à 17 %. Si l’excision est fortement pratiquée dans les dépar- tements du Borgou et de l’Atacora (respective- ment 58 % et 45 %), et dans une moindre proportion dans le Zou (10 %), elle est quasi- inexistante dans les autres départements où elle n’atteint pas les 2 %. Cependant, dans les départe- ments ou l’excision est pratiquée, la grande majorité des personnes enquêtées sont favorables à sa sup- pression. RÉPUBLIQUE DU BÉNIN RÉPUBLIQUE TOGOLAISE RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE DU NIGÉRIA BURKINA FASO NIGER BORGOU/ ALIBORI ZOU/ COLLINES MONO/ COUFFO OUÉMÉ/ PLATEAU ATACORA/ DONGA Cotonou OCÉAN ATLANTIQUE ATLAN- TIQUE BORGOU/ ALIBORI ATACORA/ DONGA ZOU/ COLLINES xxiv | Carte du Bénin Caractéristiques du pays et organisation de l’enquête | 1 CARACTÉRISTIQUES DU PAYS ET ORGANISATION DE L’ENQUÊTE 1 Victorine Mensah 1.1 BREF APERÇU SUR LE BÉNIN Situé en Afrique de l’Ouest, le Bénin couvre une superficie de 114 763 kilomètres carrés. Il est limité au nord par le Burkina-Faso et le Niger, à l’est par le Nigéria, à l’ouest par le Togo et au sud par l’Océan Atlantique avec une façade maritime de 120 kilomètres. Peu accidenté sur le plan géographique, son relief est constitué d’une bande côtière sablonneuse suivie des deux zones de plateau massif de l’Atacora au nord où tous les fleuves prennent leur source. On y observe deux types de climat : - Au sud, un climat subéquatorial caractérisé par deux saisons des pluies (avril à juillet et octobre à novembre) et par deux saisons sèches (août à septembre et décembre à mars), et - au nord, un climat tropical, peu humide, avec une saison des pluies (mai à octobre) et une saison sèche (novembre à avril). Deux grands bassins irriguent le Bénin. Il s’agit du bassin du Niger et du bassin côtier. Le bassin du Niger est arrosé par trois fleuves : le Mékrou, la Sota et l’Alibori. Quant au bassin côtier, il est beaucoup plus arrosé, notamment par les fleuves Ouémé, Couffo et Mono. Tous les fleuves du bassin côtier se jettent dans la mer. Le plus long des trois fleuves qui irriguent le pays est l’Ouémé. La végétation est caractérisée par deux éléments : - la végétation des régions soudanaises qui est présente dans le nord avec une savane arborée dominée par le néré, le karité, le caëcédrat, le baobab et le kapokier. - la végétation dégradée du sud du Bénin qui s’étend de la côte jusqu’à la latitude de Setto dans le Zou. Le long des cours d’eau se développent des forêts et des plantations de teck, d’anacardiers et de manguiers. Sur le plan administratif, le Bénin compte 12 départements depuis le 15 janvier 1999. Ce sont : l’Atacora, la Donga, le Bogou, l’Alibori, l’Atlantique, le Littoral, le Mono, le Couffo, l’Ouémé, le Plateau, le Zou et les Collines. Ces départements sont divisés en 77 communes et villes à statut particulier. Ces dernières sont subdivisées en 566 arrondissements comportant des villages et des quartiers de ville. La population béninoise se caractérise par une pluralité d’ethnies et de langues (une cinquantaine d’ethnies environ) réparties sur des aires géographiques bien déterminées. Le français reste la langue de travail. 2 | Caractéristiques du pays et organisation de l’enquête Après son accession à la souveraineté nationale le 1er août 1960, le pays a connu une période mouvementée, caractérisée par des rivalités politiques qui l’ont conduit à un régime marxiste-léniniste sous-tendu par une économie dirigée pendant près de deux décennies. Depuis 1990, le Bénin est entré dans un processus démocratique et de libéralisme économique. Plusieurs programmes d’ajustement structurel ont été mis en œuvre donnant la priorité à l’assainissement des finances publiques et au rétablissement des agrégats macro-économiques. Ceci a eu pour conséquences la négligence des secteurs sociaux dont la santé et l’éducation. Toutefois, le secteur informel continue à se développer dans le pays. Un processus de décentralisation de l’administration, visant la prise en charge du développement communautaire par les communautés elles-mêmes, est actuellement en cours. L’activité économique dominante dans le pays est l’agriculture : elle occupe 56 % de la population active. Les principales cultures vivrières pratiquées sont le maïs, l’igname, le manioc, le haricot, le mil et le sorgho. Comme produits d’exportation, on peut citer le coton, l’arachide, le café, les palmistes et l’huile de palme. Le secteur secondaire contribue seulement pour 13 % au produit intérieur brut (PIB) contre 52 % pour le tertiaire et 35 % pour le primaire. Le deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-II) de février 1992 a dénombré 4 915 555 habitants, dont 51 % de sexe féminin (les femmes en âge de procréer, 15-49 ans, constituent 44 % de la population féminine totale), 4 % d’enfants de moins d’un an et 18 % d’enfants de moins de 5 ans. Avec 48 % de moins de 15 ans, la population du Bénin est très jeune. Le taux d’accroissement naturel de la population (3,2 %) est très élevé par rapport à la moyenne du groupe des pays les moins avancés (2 %) dont le Bénin fait partie. Avec un taux de natalité et un taux global de fécondité générale estimés par la première Enquête Démographique et de Santé de 1996 (EDSB-I) à respectivement, 42,4 ‰ et 213 ‰, la population béninoise se caractérise par une fécondité élevée. L’indice synthétique de fécondité (ISF) des femmes est estimée à 6,1 enfants selon la même source. D’après les données disponibles au Ministère de la Santé, les principales maladies qui affectent les enfants sont le paludisme, les infections respiratoires aiguës et les maladies diarrhéiques ; les taux de létalité de ces maladies sont relativement élevés. Le Bénin, comme tous les pays en voie de développement, se caractérise par des taux de mortalité élevés à tous les âges. En 1996, l’EDSB-I a estimé le quotient de mortalité infantile à 94 ‰ et le taux de mortalité maternelle à 498 pour 100 000 naissances vivantes. 1.2 POLITIQUE DE POPULATION La prise de conscience par le Gouvernement béninois de l’existence de liens étroits entre la population et le processus de développement a abouti à l’adoption en mai 1996 d’une politique de population pour servir de cadre à la prise en compte des variables démographiques dans les différents plans et programmes de développement. Seize objectifs ont été ainsi définis. Ce sont, entre autres : • Assurer un enseignement de qualité à tous les citoyens béninois, • Faire passer l’espérance de vie de 54 ans en 1992 à 65 ans en 2016, • Promouvoir une fécondité responsable, • Garantir à chacun, en tout temps et en tout lieu, une alimentation suffisante, saine et capable d’assurer un bien-être nutritionnel, • Promouvoir l’habitat sain et la protection et le respect de l’environnement, Caractéristiques du pays et organisation de l’enquête | 3 • Créer les conditions favorables à une pleine participation des femmes au processus de développement et à la jouissance des fruits qui en découlent, • Adapter la mise en œuvre de la politique de population aux spécificités régionales, • Intégrer des éléments de la politique de population dans les plans et programmes de • développement, • Mobiliser la population béninoise autour des problèmes socio-économiques et démo- graphiques du pays, • Améliorer les connaissances socio-économiques et démographiques du pays. Malgré la loi de 1920 qui interdit la propagande contraceptive et qui est toujours en vigueur, le Gouvernement autorise les activités de planification familiale. Plusieurs organisations non- gouvernementales mènent des activités dans ce domaine. La plus ancienne, l’Association Béninoise pour la Promotion de la Famille (ABPF), est née en 1970 de la volonté d’un groupe de Béninois convaincus que le développement économique n’est pas dissociable de la santé maternelle et infantile. Elle a été officiellement reconnue en 1972. Par ailleurs, le Gouvernement a mis en œuvre, depuis 1992, un projet dénommé Santé Maternelle et Infantile/Planification Familiale (SMI/PF), rebaptisé, depuis 1995, Santé de la Reproduction et Planification Familiale. Ce projet a pour but la promotion de la santé familiale par la disponibilité des services de planification familiale dans les centres de santé gouvernementaux. 1.3 POLITIQUE EN MATIÈRE DE SANTÉ La politique sanitaire du Bénin est élaborée par le Ministère de la Santé Publique qui définit les grandes orientations du secteur, les actions à mener et la mobilisation des ressources nécessaires. Depuis 1960, plusieurs plans et programmes ont été ainsi mis en œuvre. Ces plans et programmes visent l’amélioration des conditions socio-sanitaires des populations. Ainsi, entre 1989 et 1993, la politique sanitaire nationale mise en œuvre par le gouvernement béninois a mis l’accent sur le renforcement des activités préventives (vaccinations, santé maternelle et infantile, planification familiale, hygiène et assainissement, information et éducation), les activités curatives avec la mise en place d’une politique pharmaceutique de médicaments essentiels génériques, la réhabilitation et la construction d’infrastructures sanitaires, et la prévention et la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles. Cependant, tous les espoirs n’ont pas été comblés. À la table ronde qui s’est tenue en janvier 1995 sur le secteur de la santé, le Gouvernement a décidé de recentrer sa politique sanitaire et de l’adapter au processus de décentralisation en cours. Ainsi, la politique sanitaire de la période 1997-2001 a pris en compte les axes prioritaires antérieurement définis et a mis l’accent sur l’amélioration des conditions socio-sanitaires des familles à travers deux principaux objectifs : - améliorer la qualité et l’accessibilité des prestations de soins et des services de santé ; et - améliorer la participation communautaire et l’utilisation des services de santé par les populations. Ces objectifs ont pour finalité : - l’amélioration de la couverture sanitaire et de l’organisation de la pyramide sanitaire basée notamment sur la décentralisation de l’organisation du système, - la moralisation et l’amélioration de la gestion du secteur de la santé, 4 | Caractéristiques du pays et organisation de l’enquête - l’amélioration du financement du secteur de la santé, - l’amélioration de la prise en charge des malades, et - l’amélioration des conditions de vie de la mère et de l’enfant sur la base de programme visant à promouvoir la santé de la reproduction et la santé maternelle et infantile. Pour mettre en œuvre cette politique, 24 programmes ont été retenus. Au nombre de ces programmes figurent : - la réorganisation du niveau périphérique de la pyramide sanitaire en créant progressivement 36 zones sanitaires à la base de la pyramide, soit 3 tranches de 12 zones sanitaires ; - le développement des ressources humaines, l’objectif étant de mieux maîtriser et d’améliorer la gestion des ressources humaines du secteur en cherchant à en assurer une utilisation rationnelle et une répartition équitable et à relever le niveau de qualification et de conscience professionnelle du personnel de santé ; - l’amélioration de la santé de la reproduction. Les objectifs du gouvernement dans ce domaine pour la période 1997-2001 sont essentiellement de : • porter le taux de prévalence contraceptive de 3 à 10 %, • prendre en charge 100 % des grossesses à risque dépistées au niveau des maternités, • porter de 54 à 80 % les taux des accouchements assistés, • porter de 27 à 50 % le taux d’utilisation des services postnatals, • dépister systématiquement et prendre en charge les cas de cancer du sein et du col utérin chez les femmes de 30 ans et plus, • traiter au niveau des centres de référence et des hôpitaux les cas d’infertilité diagnostiqués dans les maternités et obtenir l’adhésion des hommes au programme de la santé de la reproduction. - l’amélioration des conditions d’hygiène et d’assainissement. Il s’agit d’actualiser la politique nationale d’assainissement de base et de construire et de promouvoir des ouvrages sanitaires dans les lieux publics ; - la lutte contre le paludisme par la réduction de son incidence moyenne chez les enfants de moins de 1 an de 32 000 à 20 000 pour 100 000 enfants au cours de la période considérée, et la réduction de 25 % de la létalité en ce qui concerne cette maladie ; - En ce qui concerne le Programme Élargi de Vaccination : la lutte contre les maladies et les grandes épidémies par le maintien à 90 % de la couverture vaccinale dans tout le pays (BCG, DTCoq, et VAR à 1 an), l’éradication de la poliomyélite, l’élimination du tétanos néonatal, l’intensification de la vaccination des femmes en âge de procréer contre le tétanos et la réduction de l’incidence de la rougeole ; - la lutte contre les maladies diarrhéiques, notamment chez les enfants de 0 à 5 ans. À ce sujet, la politique prévoit la réduction de la mortalité et de la morbidité au sein de cette tranche d’âges par : la diminution de l’incidence moyenne des maladies de 12 080 à 6 000 pour 100 000 enfants âgés de 1 à 4 ans et de 50 % du taux de mortalité chez les enfants de 0 à 5 ans ; - le développement du système des zones sanitaires et l’amélioration de la couverture sanitaire ; Caractéristiques du pays et organisation de l’enquête | 5 - la prévention et la lutte contre les infections sexuellement transmissibles et le sida ; - le renforcement de la planification, de la décentralisation et de la supervision des activités ; et - la collaboration avec le secteur privé, le renforcement de la mobilisation sociale des communautés et la revitalisation des organes chargés du suivi et de l’exécution des programmes. 1.4 ORGANISATION DE L’ENQUÊTE 1.4.1 Objectifs La deuxième Enquête Démographique et de Santé au Bénin de 2001 (EDSB-II) vise à atteindre un certain nombre d’objectifs à court et à long terme : • recueillir des données à l’échelle nationale, par milieu de résidence et par département permettant de calculer certains taux démographiques, en particulier les taux de fécondité et les taux de mortalité infanto-juvénile ; • analyser les facteurs qui déterminent les niveaux et les tendances de la fécondité et de la mortalité infantile et juvénile ; • mesurer le taux d’utilisation de la contraception par méthode selon le milieu de résidence et certaines caractéristiques socio-économiques ; • mesurer les niveaux des besoins non satisfaits en matière de contraception ainsi que les niveaux de la fécondité non désirée ; • recueillir des données précises sur la santé familiale : vaccination, prévalence et traitement de la diarrhée, de la fièvre et de la toux, visites prénatales et assistance à l’accouchement, allaitement maternel ; • évaluer le niveau de connaissance et d’utilisation de la moustiquaire imprégnée d’insecticide ; • évaluer l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans et des femmes de 15-49 ans par le biais des mesures anthropométriques (poids et taille) ; • mesurer la prévalence de l’anémie chez les enfants et les femmes ; • mesurer la prévalence de l’excision chez les femmes en âge de procréer ; • recueillir des données sur la connaissance, les attitudes et le comportement sexuel des femmes et des hommes, notamment des adolescents, au sujet des IST et du sida ; • évaluer la disponibilité des services de santé et de planification familiale, et • fournir, enfin, aux responsables et administrateurs des programmes de population au Bénin des données de base actualisées sur la fécondité, la mortalité, la planification familiale et la santé. De telles données ne sont pas seulement utiles pour évaluer l’impact de leurs activités, mais elles sont également importantes pour planifier de nouvelles stratégies pour l’amélioration de la santé et le bien-être de la population. 6 | Caractéristiques du pays et organisation de l’enquête Enfin, l’EDSB-II faisant partie d’un programme international, ses résultats sont intégrés dans une base de données utilisable, au niveau mondial, par les organismes et les chercheurs qui s’intéressent aux problèmes de population et de santé. 1.4.2 Échantillonnage L’échantillon de l’EDSB-II est un échantillon représentatif au niveau national, basé sur un sondage par grappes stratifié à deux degrés. Au premier degré, 247 grappes ont été tirées au hasard à partir de la liste des zones de dénombrement (ZD) établie pour le deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH-II) de février 1992. Au deuxième degré, des ménages ont été tirés à partir de la liste des ménages dénombrés dans chaque grappe. Toutes les femmes de 15 à 49 ans résidant dans ces ménages ont été enquêtées. En plus de l’échantillon de femmes, un échantillon d’hommes de 15 à 64 ans a été obtenu dans un sous-échantillon des ménages. Les principaux domaines d’étude retenus sont les départements suivants : Atacora/Donga, Atlantique (sans Cotonou), Cotonou, Borgou/Alibori, Mono/Couffo, Ouémé/Plateau et Zou/Collines. Dans ce document, lorsqu’on cite l’Atacora, il s’agit de l’Atacora et de la Donga ; l’Atlantique, de l’Atlantique sans Cotonou ; le Borgou, du Borgou et de l’Alibori ; le Mono, du Mono et du Couffo ; l’Ouémé, de l’Ouémé et du Plateau ; le Zou, du Zou et des Collines. Par ailleurs, chaque domaine d’études a été ensuite stratifié en urbain et rural, ce qui a donné 13 strates. Compte tenu de la taille variable de chaque strate, différents taux de sondage ont été appliqués à chaque strate et les résultats ont été pondérés au niveau national. Par contre, l’échantillon est auto- pondéré à l’intérieur de chaque strate. Le tableau 1.1 fournit tous les détails sur les résultats des enquêtes ménage, femme, et homme. Pour l’ensemble du pays, 6 206 ménages ont été sélectionnés pour l’enquête ménage dans les 247 zones de dénombrement ou grappes de l’échantillon. Au sein de ces 6 206 ménages, toutes les femmes âgées de 15-49 ans devaient être interviewées à l’aide du questionnaire individuel femme. Parmi les 6 206 ménages, 3 111 (la moitié) ont été sélectionnés pour y réaliser une enquête auprès des hommes âgés de 15-64 ans. Comme l’indiquent les résultats du tableau 1.1, on constate que : - parmi les 6 206 ménages sélec- tionnés pour l’enquête mé- nage, 5 945 ont été identifiés sur le terrain et 5 769 ménages ont pu être interviewés avec Tableau 1.1 Résultats de l’enquête ménage et des enquêtes individuelles Résultats de l’enquête ménage et des enquêtes individuelles femme et homme, selon le milieu de résidence, Bénin 2001 Milieu de résidence Résultat Urbain Rural Ensemble FEMMES Enquête ménage Ménages sélectionnés 2 196 4 010 6 206 Ménages trouvés 2 097 3 848 5 945 Ménages enquêtés 2 031 3 738 5 769 Taux de réponse des ménages 96,9 97,1 97,0 Enquête individuelle femme Femmes éligibles 2 489 3 959 6 448 Femmes enquêtées 2 384 3 835 6 219 Taux de réponse 95,8 96,9 96,4 HOMMES Enquête ménage Ménages sélectionnés 1 105 2 006 3 111 Ménages trouvés 1 063 1 927 2 990 Ménages enquêtés 1 029 1 878 2 907 Taux de réponse des ménages 96,8 97,5 97,2 Enquête individuelle homme Hommes éligibles 1 141 1 737 2 878 Hommes enquêtés 1 073 1 636 2 709 Taux de réponse 94,0 94,2 94,1 Caractéristiques du pays et organisation de l’enquête | 7 succès à l’aide du questionnaire ménage, soit un taux de réponse de 97 %, contre 99 % en 1996. Ce taux est relativement le même en milieu urbain (96,9 %) qu’en milieu rural (97,1 %) ; - au sein des 5 769 ménages enquêtés avec succès, 6 448 femmes éligibles ont été identifiées, parmi lesquelles 6 219 ont été interviewées avec succès à l’aide du questionnaire individuel femme, soit un taux de réponse de 96 % comme en 1996. Ce taux varie peu selon le milieu de résidence (96 % en milieu urbain contre 97 % en milieu rural). - dans la moitié des ménages enquêtés, 2 878 hommes éligibles âgés de 15-64 ans ont été identifiés sur le terrain et 2 709, interviewés avec succès, soit un taux de réponse de 94 %, identique à celui enregistré en 1996. Ce taux est le même en milieu urbain qu’en milieu rural. Ces résultats permettent de conclure que le taux de réponse de l’EDSB-II est tout aussi satisfaisant que celui de 1996, malgré un léger écart. La forte mobilité de la population urbaine souvent évoquée pour expliquer la faiblesse des taux de réponse des enquêtes en milieu urbain a très peu influencé les résultats de l’enquête. Par ailleurs, un test d’hémoglobine a été réalisé dans un ménage sur deux, en l’occurrence les ménages sélectionnés pour l’enquête individuelle homme. 1.4.3 Collecte des données 1.4.3.1 Questionnaires Dans le cadre de l’EDSB-II, quatre questionnaires différents ont été utilisés : • Le questionnaire ménage ; • Le questionnaire individuel femme ; • Le questionnaire individuel homme ; • Le questionnaire communautaire. Les questionnaires ménage et individuel ont été adaptés à partir du questionnaire modèle pour les pays à prévalence contraceptive faible du programme MEASURE DHS+. a) Le but premier du questionnaire ménage est de fournir les informations permettant de déterminer les populations de référence pour le calcul des taux démographiques (mortalité, natalité, fécondité), et d’identifier les femmes et les hommes éligibles pour être interviewés individuellement. Le questionnaire ménage permet d’enregistrer tous les membres du ménage avec certaines de leurs caractéristiques : nom, lien de parenté avec le chef de ménage, sexe, âge, situation de résidence, et niveau d’instruction. Il contient également des informations relatives aux conditions de vie du ménage ainsi que sur l’iodation du sel. À la différence de la première enquête, les mesures anthropométriques sont effectuées à l’aide du questionnaire ménage plutôt que du questionnaire femme. Une telle approche a permis de mesurer également l’état nutritionnel des enfants dont la mère ne vit pas dans le ménage enquêté. Dans le questionnaire ménage est également inclus le module sur la prise de sang pour mesurer le niveau d’anémie chez les enfants de moins de cinq ans ainsi que chez les femmes de 15-49 ans. La possession et l’utilisation des moustiquaires ont également été abordées dans ce questionnaire. En dehors de ces caractéristiques, ce questionnaire comporte une page de couverture pour l’identification du ménage et le résultat de l’interview. 8 | Caractéristiques du pays et organisation de l’enquête b) Le questionnaire individuel femme est utilisé pour enregistrer les informations concernant les femmes éligibles, c’est-à-dire les femmes âgées de 15-49 ans ayant passé la nuit précédant l’interview dans le ménage sélectionné, quel que soit leur statut de résidence. En dehors de la page de couverture similaire à celle du questionnaire ménage, il comprend neuf sections : Section 1 : Caractéristiques socio-démographiques de l’enquêtée ; Section 2 : Reproduction ; Section 3 : Connaissance et utilisation de la contraception ; Section 4 : Santé des enfants ; Section 4a : Grossesse et allaitement ; Section 4b : Vaccination et santé des enfants ; Section 5 : Mariage et activité sexuelle ; Section 6 : Préférences en matière de fécondité ; Section 7 : Caractéristiques du conjoint et activité professionnelle ; Section 8 : IST/SIDA et condom ; Section 9 : Excision. c) Le questionnaire individuel homme a également une page de couverture, semblable à celle du questionnaire femme. Il est complètement indépendant de ce dernier, mais la plupart des questions posées aux hommes de 15-64 ans sont identiques à celles posées aux femmes de 15- 49 ans. Le questionnaire comprend sept sections : Section 1 : Caractéristiques socio-démographiques de l’enquêté ; Section 2 : Reproduction ; Section 3 : Connaissance et utilisation de la contraception ; Section 4 : Mariage et activité sexuelle ; Section 5 : Préférences en matière de fécondité ; Section 6 : IST/SIDA et condom ; Section 7 : Excision. d) Le questionnaire communautaire a permis de collecter, pour les 247 grappes, des informations sur les caractéristiques socio-économiques de leur localité et sur la disponibilité des services de santé et de planification familiale auprès des établissements de santé suivants : • Cabinet médical et cabinet de soins infirmiers ; • Clinique ; • Pharmacie ; • Centre de santé, dispensaire et case de santé ; • Hôpital. À l’instar de l’EDSB-I, tous les questionnaires de l’EDSB-II, hormis le questionnaire commun- autaire, ont été traduits dans les six principales langues nationales parlées dans le pays. 1.4.3.2 Opération de cartographie/énumération La mise à jour de la liste des ménages des différentes grappes tirées dans le cadre de l’EDSB-II en vue de sélectionner les ménages à enquêter et de faciliter leur identification par les agents enquêteurs a nécessité une énumération. Le RGPH-II ayant été réalisé en 1992, il était indispensable d’actualiser cette liste. Par ailleurs, certaines ZD de l’échantillon sont de grande taille et pourraient poser des problèmes au cours de la réalisation de l’enquête. Ainsi, toutes les ZD tirées dont le nombre de ménages dépasse 399 ont été scindées en plusieurs segments dont un seul a été retenu pour l’enquête. Caractéristiques du pays et organisation de l’enquête | 9 Une formation qui s’est déroulée du 14 au 18 mai 2001 a permis de former 40 personnes de sexe masculin dont 8 chefs d’équipe (Agents Permanents de l’État) et 32 occasionnels pour exécuter les travaux sur le terrain. Ces agents ont été répartis en équipes. Chaque équipe était composée d’un chef d’équipe, de deux énumérateurs et de deux cartographes. Huit équipes ont été ainsi constituées pour couvrir les 247 zones de dénombrement tirées. Les travaux de cartographie se sont déroulés du 21 mai au 5 juillet 2001. 1.4.3.3 Formation et collecte des données Les questionnaires ménage, homme et femme ont été traduits dans les six principales langues du pays : Adja, Bariba, Dendi, Fon, Yoruba et Ditamari. La première formation a été celle du personnel chargé d’effectuer le pré-test de ces questionnaires dans ces langues. Cette formation a réuni 30 agents, occasionnels pour la plupart, dont 19 femmes et 11 hommes. La formation et le test du questionnaire sur le terrain ont duré trois semaines, du 15 mai au 5 juin 2001. La pré-enquête s’est effectuée dans 4 grappes choisies aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural, soit deux par milieu de résidence. Au total 300 femmes et 100 hommes ont été ainsi interviewés pendant trois jours dans 73 ménages. La pré-enquête a permis d’identifier les problèmes, les mauvaises interprétations et les objections culturelles à certaines questions. Ces problèmes ont été résolus au moment de la finalisation du questionnaire. En effet, le pré-test a fourni un grand nombre d’informations qui se sont révélées utiles pour la conception finale du questionnaire et dans la planification d’autres aspects de l’enquête. L’enquête principale a démarré par une formation qui a duré trois semaines et demie, du 9 au 30 juillet 2001. Elle a nécessité la participation d’une soixantaine d’enquêtrices, d’enquêteurs et d’agents de santé, presque tous sélectionnés parmi des demandeurs d’emploi ayant un niveau universitaire. À l’issue de la formation, une sélection a permis de retenir 9 chefs d’équipe, 9 contrôleuses, 20 enquêtrices, 15 enquêteurs et 9 agents de santé pour les travaux de terrain. L’enquête principale a duré environ trois mois et demi, du 2 août au 13 novembre 2001. Elle a démarré par un pré-test de l’anémie dans les ménages. Les agents ont été répartis en équipes. Au total, 9 équipes ont été ainsi constituées pour couvrir tout le pays. Cette formation a permis aux participants de prendre connaissance et de se familiariser avec les supports de collecte élaborés et les manuels d’instructions. Au cours de la formation, les agents ont été soumis à des tests de contrôle de connaissance. En effet, chaque section des questionnaires, une fois présentée, a fait l’objet d’un test d’évaluation destiné à mesurer la maîtrise du remplissage des questionnaires. Un test final a permis de sélectionner les meilleurs agents pour le terrain. La troisième semaine de la formation a été consacrée aux simulations en français et dans six principales langues nationales. Ces simulations ou exercices d’interview en langues nationales ont permis aux stagiaires de se familiariser davantage avec les termes appropriés en vue de faciliter la communication avec les enquêtés. Les quatre derniers jours de la formation ont été réservés à la formation théorique pour le test d’anémie et à la pratique dans deux centres de santé à Cotonou. La synthèse faite en salle à l’issue de ces travaux pratiques sur le test d’anémie a permis de recenser les divers problèmes rencontrés au cours de la pratique ; des solutions ont été retenues et des conseils prodigués. Les équipements de mesure anthropométrique (toises et pèse-personnes) et le matériel prévu pour le test d’anémie (HemoCues et accessoires) ont été utilisés lors des travaux pratiques en salle et sur le terrain. 10 | Caractéristiques du pays et organisation de l’enquête Toutes les séances de formation ont été animées par une équipe de démographes et de médecins ayant participé à la conception des questionnaires. Pour le test d’hémoglobine, la formation a bénéficié de l’appui technique d’un spécialiste en santé de ORC Macro. 1.4.3.4 Organisation matérielle et logistique Avant le démarrage de l’enquête, les dispositions logistiques suivantes ont été prises : - Les travaux de cartographie du troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitation étant en cours, le parc de véhicules utilisé dans le cadre de l’EDSB-II était constitué de 11 véhicules, dont neuf loués et deux fournis par l’UNICEF. La location des véhicules a été possible grâce à l’appui du Ministère de la Santé (Projet PSP). - Au fur et à mesure de leur finalisation au cours de la formation principale, les questionnaires ont été envoyés à l’imprimerie pour impression. En tout, 9 000 questionnaires femme, 8 000 questionnaires ménage et 3 500 questionnaires homme étaient disponibles au premier jour de l’enquête. Par la suite, avec l’évolution des besoins exprimés sur le terrain, 300 question- naires ménage et 750 questionnaires femme supplémentaires ont été imprimés. - Tous les autres matériels de terrain (torches, lampes, bidons, nattes etc.) ont été préparé. Chaque équipe devait prendre, outre les questionnaires et les autres moyens logistiques, un pèse-personne, une toise, et du matériel prévu pour le test d’anémie (HemoCues et accessoires). 1.4.3.5 Déroulement de la collecte L’enquête principale s’est déroulée du 2 août au 13 novembre 2001. Les travaux de terrain étaient initialement prévus pour une durée de 3 mois. Deux mois après le démarrage de la collecte, certaines équipes ont été reconstituées, du fait du départ de quatre enquêtrices qui devaient effectuer leur rentrée universitaire. Chaque équipe était généralement composée d’un chef d’équipe, d’une contrôleuse ou d’un contrôleur, de deux enquêtrices, de deux enquêteurs et d’un agent de santé. Le chef d’équipe, après avoir préalablement pris contact avec les autorités locales, à parcouru la grappe avec les autres membres de l’équipe pour une reconnaissance de ses limites et l’identification des ménages tirés à l’aide de la carte de la grappe mise à jour lors de l’opération de cartographie/énumération. Le chef d’équipe et le contrôleur attribuaient les interviews et contrôlaient le travail des enquêtrices et des enquêteurs, et l’agent de santé était responsable du test d’anémie. Pour permettre une évolution normale de l’équipe d’une grappe à l’autre, les contacts étaient pris avant l’arrivée de l’équipe dans la grappe. Le chef d’équipe avait la possibilité de suivre quelques interviews des hommes, tout comme la contrôleuse, les interviews des femmes. Avant de quitter la grappe, il contrôlait l’exhaustivité des questionnaires remplis et les rangeait dans le sac prévu à cet effet. La contrôleuse contrôlait la qualité des questionnaires remplis, procédait à des réinterviews lorsque cela s’imposait, et aidait le chef d’équipe dans l’accomplissement de ses tâches. 1.4.3.6 Supervision de l’enquête La supervision a été assurée par l’équipe ayant encadré les séances de formation. Toutes les deux semaines, des missions de supervision étaient effectuées sur tout le territoire national pour recenser les problèmes qui se posaient au personnel de terrain et collecter les questionnaires Caractéristiques du pays et organisation de l’enquête | 11 remplis en vue d’alimenter l’atelier de saisie. Dans la mesure du possible, des solutions étaient apportées aux problèmes par les superviseurs. Dans le cas contraire, les problèmes étaient étudiés au cours de réunions périodiques à Cotonou et les solutions retenues étaient diffusées au niveau de tout le personnel de terrain. La saisie des données se déroulant en même temps que les travaux de terrain, des tableaux de qualité des données sont produits au fur et à mesure de la collecte. L’analyse de ces tableaux a permis non seulement d’identifier les erreurs de terrain et de procéder à leur correction mais également de redynamiser l’équipe de supervision dans son rôle. 1.4.3.7 Traitement des données, apurement et tabulation Le logiciel ISSA (Integrated System for Survey Analysis) a permis de traiter les données de l’enquête au fur et à mesure que se déroulait la collecte sur le terrain. La saisie a démarré le 17 août 2001 pour prendre fin le 17 novembre 2001. Elle a été effectuée sur six postes reliés à un serveur de réseau et par 11 agents de saisie répartis en deux équipes de rotation qui se relayaient de 7 heures à 14 heures et de 14 heures à 21 heures. Chaque équipe était dirigée par un superviseur qui apportait des solutions aux différents problèmes. Le codage et le recodage ont été faits par une équipe de cinq enquêteurs et enquêtrices de réserve. La saisie a été réalisée en deux étapes : la saisie principale et la saisie vérification. L’édition des données a été assurée par l’équipe de supervision au fur et à mesure de la sortie des listings d’erreurs. Le traitement des données s’est effectué sous la supervision de deux informaticiens de l’INSAE avec l’appui technique d’un informaticien de ORC Macro. L’archivage des questionnaires a été assuré par deux agents qui se sont relayés pour réceptionner les questionnaires au fur et à mesure de leur arrivée au bureau ; les questionnaires devaient être rangés et enregistrés pour être transmis à l’atelier de saisie. Les mouvements des questionnaires étaient également consignés dans le registre d’enregistrement. La vérification des questionnaires consistait à contrôler l’exhaustivité des questionnaires par grappe et à vérifier la cohérence et la vraisemblance des réponses recueillies. Elle a été assurée par une équipe de cinq personnes formées à cet effet. Ces personnes ont aussi suivi la formation des enquêtrices ainsi que celle des agents de saisie. La saisie et la double saisie des données consistaient à entrer les données des questionnaires sur micro-ordinateurs. Six micro-ordinateurs ont été utilisés à cet effet par les 11 agents de saisie travaillant en relais. Toutes les données ont été ressaisies par différentes personnes. La mise en relation des deux fichiers issus de la saisie a permis de disposer d’un état d’erreurs qui était remis à l’atelier de correction manuelle installé pour la circonstance. La correction des listings d’erreurs a été faite par les superviseurs sur la base des listings sortis à cet effet. Le codage des rubriques « autres », les imputations et le calcul des pondérations ont suivi pour permettre de générer le fichier du Standard Recode qui a permis de produire les tableaux analysés dans le présent rapport. Caractéristiques des ménages de l’échantillon | 13 CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES DE L’ÉCHANTILLON 2 Hippolyte Togonou Elise Ahovey Le niveau d’instruction de la population, les conditions de logement du ménage, le sexe du chef de ménage, la taille du ménage et sa composition sont des caractéristiques qui peuvent influencer les comportements du point de vue socio-démographique et sanitaire. Ces différentes caractéristiques sont étudiées dans ce chapitre afin de les relier, par la suite, aux analyses de la fécondité et de la santé reproductive. 2.1 STRUCTURE PAR SEXE ET PAR AGE Le tableau 2.1 illustré par le graphique 2.1 de la pyramide des âges montre que plus de la moitié (52 %) de la population des ménages est de sexe féminin. Ce résultat confirme la tendance observée au RGPH-II de février 1992 et à l’EDSB-I de 1996. Tableau 2.1 Population des ménages par âge, sexe et résidence Répartition (en %) de la population (de fait) des ménages par groupe d’âges quinquennal, selon le milieu de résidence et le sexe, Bénin 2001 Urbain Rural Ensemble Groupe d’âges Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble 0-4 16,1 14,7 15,3 19,0 18,0 18,5 18,0 16,8 17,4 5-9 14,7 14,1 14,4 19,5 17,5 18,5 17,8 16,2 17,0 10-14 14,3 13,6 13,9 16,3 11,8 14,0 15,6 12,5 14,0 15-19 11,0 11,0 11,0 7,5 7,5 7,5 8,7 8,8 8,8 20-24 8,6 9,9 9,3 5,7 7,9 6,8 6,7 8,6 7,7 25-29 7,4 8,6 8,0 6,6 8,3 7,4 6,9 8,4 7,6 30-34 7,3 6,4 6,8 4,9 5,9 5,4 5,8 6,1 5,9 35-39 4,8 5,1 5,0 3,8 4,9 4,4 4,2 5,0 4,6 40-44 3,8 3,9 3,9 3,3 3,6 3,5 3,5 3,7 3,6 45-49 2,8 3,0 2,9 2,7 2,7 2,7 2,7 2,8 2,8 50-54 2,4 3,0 2,7 2,2 3,1 2,7 2,3 3,1 2,7 55-59 1,8 1,9 1,9 1,7 2,2 1,9 1,7 2,1 1,9 60-64 1,2 1,7 1,5 1,9 2,4 2,1 1,6 2,2 1,9 65-69 1,8 1,1 1,4 1,3 1,2 1,3 1,5 1,2 1,3 70-74 1,2 0,7 0,9 1,7 1,0 1,3 1,5 0,9 1,2 75-79 0,5 0,5 0,5 0,7 0,8 0,7 0,6 0,7 0,6 80 ou plus 0,4 0,6 0,5 1,2 1,1 1,1 0,9 0,9 0,9 Manquant/NSP 0,0 0,1 0,0 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 4 958 5 519 10 481 9 005 9 446 18 457 13 963 14 965 28 938 14 | Caractéristiques des ménages de l’échantillon On note également que la pyramide des âges de la population béninoise a une base très large et un sommet rétréci, caractéristiques des populations jeunes à forte fécondité avec un taux de mortalité élevé. Près de la moitié de la population (48 %) est âgée de moins de 15 ans. À partir de 15 ans, on observe un rétrécissement brutal de la pyramide des âges. Ce phénomène, plus accentué chez les hommes, a déjà été mis en évidence par les résultats du RGPH-II et de l’EDSB-I. Il est généralement attribué aux migrations de jeunes gens à la recherche d’emplois dans les pays de la sous-région (INSAE, 1994, Kodjogbé et al., 1997). La structure par groupe d’âges de la population de fait de l’échantillon de l’EDSB-II est quasi identique à celle fournie par l’EDSB-I et le RGPH-II, comme le montre le tableau 2.2. Toutefois, après l’âge de 60 ans, on observe un équilibre entre les effectifs masculins et féminins (6 % pour chaque sexe). Tableau 2.2 Population par groupe d’âges selon différentes sources Répartition (en %) de la population par groupes d’âges, selon différentes sources, Bénin 2001 RGPH-II 1992 EDSB-II 2001 Groupe d’âges Ensemble Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin 0-14 ans 48 51 45 48 51 46 15-59 ans 46 43 49 46 43 48 60 ans et plus 6 6 6 6 6 6 Total 100 100 100 100 100 100 2.2 TAILLE ET COMPOSITION DES MENAGES Selon le tableau 2.3, la taille moyenne des ménages s’établit à 5,2 personnes et elle varie peu entre le milieu rural (5,3 personnes) et le milieu urbain (5,0 personnes). Cette taille moyenne est élevée dans le Borgou (6 personnes), l’Atacora (5,9 personnes) et le Zou (5,5 personnes). On note, cependant, une fréquence assez importante des ménages à une seule personne (12 % au niveau national). On trouve ces ménages aussi fréquemment en milieu urbain qu’en milieu rural. Au niveau départemental, le Mono détient le plus fort pourcentage de ménages à une seule personne (19 %), suivi par l’Atlantique (18 %). Graphique 2.1 Pyramide des âges de la population Bénin 2001 ���� ������� ��������������� ������������� �������������� ��������������������������� ������������������������� ������������������������������ �������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������ ��������������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������� ����� �������� ������������� �������������� ������������������ ���������������������������������� ��������������������������� ����������������������������������� �������������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������������������ �������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������� ��������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������� 80+ 75-79 70-74 65-69 60-64 55-59 50-54 45-49 40-44 35-39 30-34 25-29 20-24 15-19 10-14 5-9 0-4 Âge 0246810 0 2 4 6 8 10 Pourcentage Masculin Féminin Caractéristiques des ménages de l’échantillon | 15 Par contre, dans les départements du Borgou et de l’Atacora, ces types de ménages sont peu fréquents (respectivement 6 % et 8 %). En revanche, ces deux derniers départements détiennent les pourcentages les plus élevés de ménages de grande taille, supérieure à huit (20 % pour chacun d’eux). Les ménages de taille supérieure à huit sont peu fréquents dans les autres départements, en particulier dans l’Atlantique (8 %). Tableau 2.3 Composition des ménages Répartition (en %) des ménages par sexe du chef du ménage et taille du ménage, selon le milieu de résidence et le département, Bénin 2001 Milieu de résidence Département Caractéristique Urbain Rural Atacora Ensemble Atlantique Atlantique Cotonou Borgou Mono Ouémé Zou Ensemble Sexe du chef de ménage Masculin 76,5 80,7 89,7 76,9 77,8 76,1 87,7 71,1 75,6 77,6 79,2 Féminin 23,5 19,3 10,3 23,1 22,2 23,9 12,3 28,9 24,4 22,4 20,8 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Nombre de membres habituels 1 12,4 11,5 7,8 15,8 18,3 13,7 5,9 19,2 11,6 9,3 11,9 2 9,4 10,3 7,8 11,1 11,9 10,3 9,4 13,2 10,5 7,6 9,9 3 15,3 13,3 12,0 15,3 13,6 16,8 15,5 14,1 13,2 13,2 14,0 4 14,2 13,9 13,3 14,7 13,4 15,7 11,5 11,6 14,4 16,7 14,0 5 12,1 12,4 11,9 11,3 12,0 10,6 10,5 12,6 15,2 12,2 12,3 6 11,1 9,7 10,1 10,6 9,3 11,6 10,5 6,8 11,0 11,2 10,2 7 7,8 8,3 9,8 6,9 7,6 6,2 10,1 6,5 8,6 7,7 8,1 8 5,3 6,1 7,5 4,7 5,5 4,1 7,0 4,2 5,4 6,8 5,8 9 ou plus 12,5 14,6 19,9 9,7 8,4 10,9 19,7 11,9 10,1 15,4 13,8 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Taille moyenne 5,0 5,3 5,9 4,6 4,5 4,7 6,0 4,6 4,9 5,5 5,2 Effectif 2 147 3 622 669 1 346 624 723 860 765 1 015 1 113 5 769 Note : Ce tableau est basé sur la population de droit, c.-à-d. les résidents habituels. Par ailleurs, les résultats du tableau 2.3 indiquent que la proportion de chefs de ménages de sexe féminin est importante au Bénin (21 %), en particulier en milieu urbain (24 % contre 19 % en milieu rural). Dans l’ensemble, cette proportion de 21 % est légèrement supérieure à celle observée à l’EDSB-I (18 %). Ce phénomène de femmes chef de ménage est moins perceptible dans le Borgou (12 %) et surtout dans l’Atacora (10 %) que dans les autres départements, où il concerne plus du cinquième des ménages (variant de 22 % dans l’Atlantique et le Zou à 29 % dans le Mono). Lors de l’EDSB-II, des informations sur la situation de résidence des enfants de moins de 15 ans ont été aussi collectées. Ces informations sont résumées dans le tableau 2.4. On constate ainsi que la proportion d’enfants vivant en situation difficile est importante. En effet, 13 % des enfants de moins de 15 ans ne vivent avec aucun de leurs parents, que ceux-ci soient en vie ou décédés. Ce phénomène touche 16 % des enfants de 5-9 ans et 21 % de ceux de 10-14 ans ; il touche plus les filles que les garçons (17 % contre 10 %), les enfants du milieu urbain que ceux du milieu rural (17 % contre 11 %), les enfants de l’Ouémé que ceux des autres départements, notamment de l’Atacora (16 % contre 11 %). Ces résultats traduisent les réalités du pays en ce qui concerne le placement des enfants. En milieu urbain et, 16 | Caractéristiques des ménages de l’échantillon particulièrement, à Cotonou (20 %) où l’activité économique est la plus importante, les filles sont souvent utilisées pour les travaux domestiques dans les ménages. Tableau 2.4 Enfants orphelins et résidence avec les parents Répartition (en %) de la population d’enfants (de droit) de moins de 15 ans par état de survie et résidence des parents, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Vivant avec la mère seule Vivant avec le père seul Ne vit avec aucun parent Caractéristique Vivant avec ses deux parents Père en vie Père décédé Mère en vie Mère décédée Les deux en vie Père seul en vie Mère seule en vie Les deux parents décédés Manque d’infor- mation sur père/ mère Total Effectif des enfants Groupe d’âges <2 81,3 16,5 1,0 0,7 0,0 0,2 0,1 0,0 0,0 0,2 100,0 2 080 2-4 74,9 12,5 1,5 3,5 0,4 6,0 0,4 0,3 0,1 0,5 100,0 3 075 5-9 63,2 9,9 2,4 7,2 0,8 13,0 0,6 1,8 0,5 0,6 100,0 5 066 10-14 52,9 9,5 5,1 8,7 1,5 16,4 1,1 2,9 1,0 0,9 100,0 4 167 Sexe Masculin 67,8 10,6 2,9 7,1 1,0 7,7 0,4 1,6 0,5 0,6 100,0 7 406 Féminin 62,8 12,0 2,7 4,6 0,7 13,8 0,9 1,5 0,5 0,6 100,0 6 977 Milieu de résidence Ensemble urbain 59,3 13,8 2,5 5,6 0,7 14,3 0,6 2,0 0,5 0,6 100,0 4 684 Cotonou 52,8 17,6 3,3 5,3 0,7 15,7 0,6 2,9 0,5 0,7 100,0 1 254 Autres villes 61,8 12,4 2,2 5,7 0,7 13,8 0,7 1,7 0,5 0,6 100,0 3 431 Rural 68,2 10,1 2,9 6,0 0,9 8,9 0,6 1,3 0,5 0,6 100,0 9 704 Département Atacora 69,0 7,8 4,3 6,3 1,4 8,8 0,1 1,1 0,6 0,6 100,0 2 043 Ensemble Atlantique 59,6 15,7 2,6 4,8 1,1 12,4 0,5 2,0 0,5 0,7 100,0 2 620 Atlantique 65,9 14,0 1,9 4,4 1,5 9,4 0,5 1,2 0,5 0,7 100,0 1 366 Cotonou 52,8 17,6 3,3 5,3 0,7 15,7 0,6 2,9 0,5 0,7 100,0 1 254 Borgou 69,3 7,2 1,7 6,7 0,5 11,3 0,7 1,4 0,4 0,7 100,0 2 644 Mono 68,4 10,7 3,1 4,5 0,5 9,4 0,8 1,7 0,5 0,3 100,0 1 734 Ouémé 61,8 13,8 2,2 5,7 0,5 12,6 0,7 1,6 0,6 0,6 100,0 2 349 Zou 65,3 11,7 3,2 6,8 0,9 9,0 0,8 1,4 0,4 0,5 100,0 2 998 Ensemble 65,3 11,3 2,8 5,9 0,8 10,7 0,6 1,5 0,5 0,6 100,0 14 388 Bien qu’une majorité des enfants vivent avec les deux parents (65 %), le phénomène de charge monoparentale est également important. On note, en effet, que plus du cinquième (21 %) des enfants vivent seulement avec l’un des parents. Ce phénomène concerne aussi bien les filles que les garçons (20 % contre 22 %), les enfants du milieu urbain que ceux du milieu rural (23 % contre 20 % en milieu rural). À Cotonou, ce phénomène est fréquent et atteint une proportion de 27 %. On constate aussi que 11 % des enfants de moins de 15 ans vivent avec la mère seule alors que le père est vivant, contre 6 % qui vivent avec leur père, leur mère vivant ailleurs. Enregistrement des naissances à l’état civil Selon les données du tableau 2.5, parmi les enfants de moins de cinq ans, 70 % ont été enregistrés à l’état civil. Selon le sexe de l’enfant, le taux d’enregistrement des naissances à l’état civil ne varie pratiquement pas (71 % pour les garçons contre 69 % pour les filles). À l’exception des naissances de moins de 6 mois (avec un taux d’enregistrement de 63 %), le taux d’enregistrement des naissances est Caractéristiques des ménages de l’échantillon | 17 quasi identique pour les enfants de 6 mois ou plus (variant de 69 % chez les 48-59 mois à 72 % chez ceux de 24-35 mois). Le niveau relativement faible d’enregistrement des naissances à l’état civil à 0-5 mois peut être associé au fait que certains enfants ne sont déclarés à l’état civil que lorsqu’ils doivent s’inscrire à l’école. Sur le plan départemental, on note les taux d’enregistrement les plus faibles dans l’Atacora et le Borgou (respectivement 54 % et 60 % contre 86 % à Cotonou et 82 % dans l’Ouémé). On note, par ailleurs, que le taux d’enregistrement à l’état civil est plus important en milieu urbain qu’en milieu rural (78 % contre 66 %), et pour les enfants dont la mère est instruite (93 % lorsque la mère a le niveau d’instruction secondaire ou plus et 80 % lorsqu’elle a le niveau d’instruction primaire, contre 65 % lorsque la mère n’est pas instruite). Parmi les raisons principales indiquées par les mères pour le non enregistrement des naissances à l’état civil, on note : la méconnaissance qu’il fallait enregistrer les naissances à l’état civil (19 %), la méconnaissance du lieu où il faut enregistrer les naissances (11 %), l’éloignement du centre d’enregistrement (9 %), le fait de ne pas vouloir payer l’amende en cas de retard dans l’enregistrement (8 %), et le coût élevé de l’enregistrement des naissances (7 %). Tableau 2.5 Enregistrement des enfants à l’état civil Répartition (en %) des enfants ages de 0-59 mois selon que la naissance est enregistrée ou non et les raisons de non enregistrement, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Raisons de non enregistrement Caractéristiques socio-démographiques Nais- sance enre- gistrée Ne sait pas si nais- sance enre- gistrée Nais- sance pas enre- gistrée Total Effectif Coûte trop cher Doit se dépla- cer très loin Ne savait pas qu’il fallait En retard, ne vou- lait pas payer Ne sait pas ou l’enre- gistrer Autre Ne sait pas Effectif d’en- fants pas enre- gistrés Âge de l’enfant en mois 0-5 63,4 3,1 33,6 100,0 535 2,0 8,6 16,9 9,3 15,7 35,6 11,8 179 6-11 70,5 5,8 23,7 100,0 529 9,4 7,5 26,2 5,3 10,2 29,4 12,0 126 12-23 70,2 3,9 25,9 100,0 932 8,2 12,2 19,2 5,1 12,2 27,1 16,0 241 24-35 71,6 4,8 23,6 100,0 916 11,0 6,5 14,4 6,6 11,2 34,0 16,4 217 36-47 71,1 3,3 25,6 100,0 897 7,0 9,4 17,2 11,2 9,8 30,7 14,7 230 48-59 69,2 4,2 26,6 100,0 889 4,6 7,5 23,0 11,9 9,9 24,9 18,2 236 Sexe de l’enfant Masculin 70,6 3,8 25,6 100,0 2 352 5,8 8,7 18,0 7,5 13,0 31,6 15,5 603 Féminin 68,8 4,5 26,7 100,0 2 346 8,2 8,8 20,2 9,3 10,0 28,5 15,0 626 Milieu de résidence Urbain 77,7 3,9 18,5 100,0 1 513 7,6 8,5 18,2 10,3 14,6 31,2 9,7 279 Rural 65,9 4,2 29,8 100,0 3 185 6,8 8,9 19,4 7,9 10,5 29,7 16,9 950 Département Atacora 54,0 9,4 36,6 100,0 650 5,4 5,9 20,3 12,9 10,2 20,0 25,3 238 Ensemble Atlantique 76,3 3,4 20,3 100,0 914 13,6 14,4 16,2 8,1 19,5 21,6 6,6 186 Atlantique 67,6 2,7 29,7 100,0 477 12,7 18,1 15,3 10,6 21,9 16,4 5,0 141 Cotonou 85,8 4,1 10,1 100,0 437 16,7 2,4 19,0 0,0 11,9 38,1 11,9 44 Borgou 59,8 7,7 32,5 100,0 841 1,5 11,2 24,3 12,9 12,1 18,7 19,3 273 Mono 68,8 0,6 30,6 100,0 550 8,2 7,7 3,6 6,2 3,6 54,9 15,9 168 Ouémé 82,0 2,6 15,4 100,0 756 17,4 5,0 15,1 4,6 11,0 32,0 15,0 117 Zou 73,5 1,4 25,1 100,0 987 3,8 7,2 26,8 2,9 11,5 40,7 7,2 248 Niveau d’instruction de la mère Aucun niveau 64,8 4,6 30,7 100,0 3 444 7,0 9,1 20,2 8,5 11,7 27,9 15,6 1 056 Primaire 79,5 3,2 17,3 100,0 880 7,7 7,2 13,8 8,2 7,8 41,2 14,1 152 Secondaire ou plus 92,5 1,9 5,7 100,0 374 0,0 5,0 5,0 5,0 24,5 56,8 3,7 21 Ensemble des enfants 69,7 4,1 26,2 100,0 4 698 7,0 8,8 19,1 8,4 11,4 30,0 15,2 1 229 18 | Caractéristiques des ménages de l’échantillon 2.3 NIVEAU D’INSTRUCTION ET FREQUENTATION SCOLAIRE DE LA POPULATION DES MENAGES Au niveau du questionnaire ménage, des questions ont été posées sur le niveau d’instruction et sur la fréquentation scolaire des personnes âgées de cinq ans ou plus. Selon le tableau 2.6 qui présente les résultats pour les personnes de 6 ans ou plus (l’âge officiel d’entrée dans le primaire), 40 % des personnes de sexe masculin n’ont aucun niveau d’instruction. Chez les femmes, cette proportion s’élève à 63 %. Ce faible niveau d’instruction des femmes est une préoccupation des autorités gouvernementales, qui ont entrepris des actions en faveur des filles à travers, notamment, un projet de scolarisation qui bénéficie de l’assistance financière de l’USAID depuis 1993. Ces mesures ont eu, en l’espace de huit ans, un impact positif qui se traduit par la diminution de la proportion de femmes non instruites par rapport à son niveau observé à l’EDSB-I de 1996 (71 %). On note, en effet, que la proportion de personnes non instruites diminue des générations les plus anciennes aux générations les plus jeunes. La proportion de personnes n’ayant aucun niveau d’instruction est égale à 93 % chez les femmes de 65 ans ou plus, contre 53 % chez celles de 15-19 ans. Chez les hommes, 85 % de ceux âgés de 65 ans ou plus n’ont aucun niveau d’instruction tandis que dans le groupe d’âges 15-19 ans, cette proportion est de 26 %. Cette amélioration de l’instruction est-elle liée à une augmentation des infrastructures scolaires ? Ou est-elle le signe d’un regain de confiance de la population à l’égard du système éducatif national ? Certes, depuis 1987 le pays subit un ajustement structurel, mais la nouvelle politique de l’État en matière de scolarisation et l’action conjuguée des partenaires au développement intervenant dans la scolarisation n’ont-elles pas permis d’obtenir ces résultats ? On note, cependant, que les écarts de niveaux d’instruction demeurent importants entre les milieux rural et urbain (tableau 2.6). En milieu urbain, 24 % des hommes et 46 % des femmes n’ont aucun niveau d’instruction, tandis qu’en milieu rural ces proportions sont, respectivement, de 49 % et 74 %. Il existe également des variations importantes d’un département à l’autre. Si dans la ville de Cotonou, moins du tiers (31 %) des femmes est sans instruction, dans les autres départements, la grande majorité de la population féminine est sans instruction (avec des niveaux variant de 79 % dans l’Atacora à 59 % dans l’Ouémé). Du coté des hommes, la situation est, de loin, moins alarmante que celle des femmes. En effet, à l’exception des départements de l’Atacora et du Borgou ou la majorité des hommes sont sans instruction (respectivement 61 % et 55 %), dans tous les autres départements, moins de la moitié des hommes est dans cette situation (avec des niveaux variant de 44 % dans le Zou à 32 % dans l’Ouémé et à 7 % dans la ville de Cotonou). En plus du niveau d’instruction, l’EDSB-II a collecté des informations sur la fréquentation scolaire de la population âgée de 6 à 24 ans. Ces informations ont permis de calculer les taux nets et bruts de fréquentation scolaire qui sont résumés au tableau 2.7. On note ainsi que le taux net de fréquentation scolaire des enfants de 6-11 ans est de 54 %. Il est de 60 % pour le sexe masculin contre 47 % pour le sexe féminin. Pour le même groupe d’âges, la situation est meilleure en milieu urbain qu’en milieu rural (66 % contre 48 %). Le faible taux net de fréquentation scolaire des enfants de 6-11 ans, surtout en milieu rural, peut être lié à l’insuffisance des infrastructures scolaires. D’autres raisons comme le coût de la scolarité ou encore l’indifférence des parents par rapport à la scolarisation des filles peuvent aussi expliquer cette situation (Guingnido et al, 1999). Il existe également des variations importantes d’un département à l’autre. Si la majorité des filles de 6-11 ans de la ville de Cotonou et des départements de l’Ouémé et de l’Atlantique fréquentait une école primaire au moment de l’enquête (respectivement 68 %, 52 % et 56 %), dans les autres départements, moins de la moitié des filles de 6-11 ans le faisait (variant de 32 % dans l’Atacora à 46 % dans le Zou). Cependant, au niveau des garçons de 6-11 ans, la situation est différente. À l’exception du département de l’Atacora (42 %), dans tous les départements, la majorité des garçons de 6-11 ans fréquentait une école primaire (avec des taux variant de 50 % dans le Borgou à 90 % dans la ville de Cotonou). Caractéristiques des ménages de l’échantillon | 19 Tableau 2.6 Niveau d’instruction de la population des ménages Répartition (en %) de la population (de fait) masculine et féminine des ménages âgées de six ans et plus, par niveau d’instruction atteint, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Aucun niveau Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Ne sait pas/ manquant Total Effectif Nombre médian d’années MASCULIN Groupe d’âges 6-9 39,5 59,3 0,1 0,0 0,0 0,0 1,1 100,0 2 014 0,2 10-14 23,9 64,1 5,8 5,9 0,0 0,0 0,3 100,0 2 176 2,5 15-19 25,8 30,9 6,8 35,5 0,5 0,2 0,3 100,0 1 219 4,3 20-24 34,7 27,1 3,7 28,6 1,8 3,5 0,6 100,0 938 3,3 25-29 39,5 31,6 5,8 16,2 0,9 4,8 1,3 100,0 959 2,1 30-34 38,0 27,4 3,5 23,5 1,6 4,2 1,9 100,0 805 2,5 35-39 43,5 22,0 3,7 23,7 0,7 5,4 1,0 100,0 584 2,0 40-44 50,7 23,2 3,3 14,3 1,4 5,6 1,6 100,0 490 0,0 45-49 54,9 18,8 5,4 15,0 0,7 3,5 1,7 100,0 380 0,0 50-54 64,5 16,2 7,3 7,0 0,6 2,9 1,5 100,0 319 0,0 55-59 58,3 20,9 3,2 11,1 0,5 3,8 2,2 100,0 240 0,0 60-64 72,7 12,8 5,3 7,4 0,0 0,5 1,3 100,0 227 0,0 65+ 85,1 7,0 3,5 1,9 0,3 1,2 1,2 100,0 626 0,0 Milieu de résidence Ensemble urbain 24,2 38,9 6,0 23,9 1,3 4,4 1,5 100,0 4 033 3,3 Cotonou 7,4 35,2 7,9 36,0 2,2 8,9 2,4 100,0 1 315 5,5 Autres villes 32,3 40,6 5,0 18,1 0,8 2,2 1,0 100,0 2 718 2,1 Rural 49,3 38,3 3,0 7,9 0,2 0,6 0,7 100,0 6 951 0,0 Département Atacora 61,4 28,1 2,2 7,0 0,3 0,4 0,6 100,0 1 529 0,0 Ensemble Atlantique 19,1 40,9 5,5 25,0 1,4 6,3 1,7 100,0 2 393 3,8 Atlantique 33,5 47,8 2,7 11,7 0,4 3,0 0,9 100,0 1 078 1,5 Cotonou 7,4 35,2 7,9 36,0 2,2 8,9 2,4 100,0 1 315 5,5 Borgou 55,1 28,6 4,5 9,6 0,3 0,5 1,4 100,0 1 807 0,0 Mono 38,6 45,1 3,7 11,2 0,3 0,8 0,4 100,0 1 259 1,1 Ouémé 31,3 48,2 3,9 13,4 0,7 1,5 1,0 100,0 1 819 1,7 Zou 43,9 39,5 3,9 11,5 0,2 0,6 0,4 100,0 2 175 0,7 Ensemble 40,1 38,5 4,1 13,8 0,6 2,0 1,0 100,0 10 984 1,2 FÉMININ Groupe d’âges 6-9 50,1 48,6 0,1 0,0 0,0 0,0 1,2 100,0 1 966 0,0 10-14 45,4 47,0 2,8 4,1 0,0 0,0 0,7 100,0 1 867 0,9 15-19 52,6 22,3 3,6 20,6 0,2 0,0 0,7 100,0 1 314 0,0 20-24 63,7 20,1 2,1 12,5 0,5 0,9 0,3 100,0 1 294 0,0 25-29 64,9 22,9 2,0 8,8 0,3 0,9 0,2 100,0 1 254 0,0 30-34 65,3 18,5 2,3 12,3 0,2 1,0 0,4 100,0 909 0,0 35-39 75,0 12,1 1,9 9,8 0,3 0,7 0,3 100,0 751 0,0 40-44 77,3 12,4 1,0 5,7 0,4 2,2 1,0 100,0 560 0,0 45-49 77,1 10,3 3,6 6,3 0,3 1,8 0,5 100,0 421 0,0 50-54 85,3 8,0 3,1 3,0 0,0 0,2 0,4 100,0 457 0,0 55-59 89,9 4,0 2,3 3,1 0,0 0,7 0,0 100,0 311 0,0 60-64 90,0 3,4 2,2 2,9 0,0 0,0 1,5 100,0 323 0,0 65+ 93,4 4,5 1,3 0,6 0,0 0,0 0,2 100,0 550 0,0 Milieu de résidence Ensemble urbain 45,7 33,2 3,9 15,1 0,5 1,2 0,6 100,0 4 569 0,6 Cotonou 31,0 37,8 4,6 22,6 0,5 2,7 0,8 100,0 1 527 2,5 Autres villes 53,0 30,8 3,5 11,3 0,4 0,4 0,5 100,0 3 042 0,0 Rural 73,8 21,8 0,9 2,8 0,0 0,1 0,6 100,0 7 419 0,0 Département Atacora 78,5 16,7 1,4 2,9 0,1 0,0 0,5 100,0 1 475 0,0 Ensemble Atlantique 43,8 34,2 3,1 15,9 0,3 1,9 0,8 100,0 2 627 0,9 Atlantique 61,5 29,3 1,0 6,5 0,0 0,8 0,8 100,0 1 101 0,0 Cotonou 31,0 37,8 4,6 22,6 0,5 2,7 0,8 100,0 1 527 2,5 Borgou 69,4 20,9 2,8 5,7 0,2 0,1 1,0 100,0 1 913 0,0 Mono 72,3 23,0 0,9 3,4 0,0 0,0 0,4 100,0 1 431 0,0 Ouémé 58,5 29,9 2,1 8,0 0,4 0,5 0,6 100,0 2 110 0,0 Zou 68,0 25,6 1,4 4,6 0,0 0,0 0,3 100,0 2 431 0,0 Ensemble 63,1 26,1 2,0 7,5 0,2 0,5 0,6 100,0 11 988 0,0 1 Le CM2 achevé avec succès. 2 La terminale achevée avec succès. 20 | Caractéristiques des ménages de l’échantillon Par ailleurs, lorsqu’on considère les taux bruts de fréquentation scolaire, on trouve des niveaux supérieurs à 50 % dans tous les départements, et dépassant 100 % dans tous les départements à l’exception de l’Atacora, du Borgou et du Zou. Tableau 2.7 Taux de fréquentation scolaire Taux net de fréquentation scolaire (TNFS) et taux brut de fréquentation scolaire (TBFS) de la population (de droit) des ménages, selon le niveau d’instruction, le sexe et certaines caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Taux net de fréquentation scolaire1 Taux brut de fréquentation scolaire2 Caractéristique socio-démographique Masculin Féminin Ensemble Masculin Féminin Ensemble Indice de parité de genre3 ÉCOLE PRIMAIRE Milieu de résidence Ensemble urbain 73,2 58,7 65,9 109,2 83,9 96,4 0,8 Cotonou 89,5 68,2 78,1 122,7 95,7 108,2 0,8 Autres villes 68,0 55,1 61,6 104,8 79,5 92,3 0,8 Rural 54,1 40,3 47,6 84,5 56,3 71,2 0,7 Département Atacora 42,4 31,9 37,5 65,2 45,6 56,0 0,7 Ensemble Atlantique 78,9 62,3 70,6 118,5 87,3 102,9 0,7 Atlantique 70,2 56,0 63,6 115,1 78,3 98,0 0,7 Cotonou 89,5 68,2 78,1 122,7 95,7 108,2 0,8 Borgou 49,9 40,7 45,5 68,8 53,0 61,2 0,8 Mono 62,5 42,4 53,2 111,4 71,7 93,1 0,6 Ouémé 70,1 52,2 61,5 108,4 72,5 91,1 0,7 Zou 56,8 45,8 51,5 86,2 62,9 74,8 0,7 Ensemble 59,9 46,5 53,5 92,0 65,6 79,3 0,7 ÉCOLE SECONDAIRE Milieu de résidence Ensemble urbain 32,1 21,2 26,4 51,1 30,6 40,4 0,6 Cotonou 49,8 24,2 35,7 78,6 38,1 56,2 0,5 Autres villes 24,8 19,7 22,2 39,8 26,9 33,2 0,7 Rural 10,6 4,6 7,8 16,5 6,3 11,8 0,4 Département Atacora 9,1 5,8 7,7 16,2 10,0 13,5 0,6 Ensemble Atlantique 33,4 19,5 26,2 52,7 29,6 40,8 0,6 Atlantique 13,6 11,2 12,5 21,5 14,7 18,4 0,7 Cotonou 49,8 24,2 35,7 78,6 38,1 56,2 0,5 Borgou 18,7 10,7 14,6 27,6 17,1 22,3 0,6 Mono 15,3 6,6 11,3 26,3 9,0 18,2 0,3 Ouémé 16,6 14,3 15,4 25,1 16,9 20,9 0,7 Zou 14,9 7,9 11,6 23,3 10,5 17,3 0,5 Ensemble 18,8 11,8 15,4 29,6 16,8 23,4 0,6 1 Le taux net de fréquentation scolaire (TNFS) pour le niveau primaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau primaire (6-11 ans) qui fréquente l’école primaire. Le taux net de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est le pourcentage de la population d’âge de fréquentation du niveau secondaire (12-18 ans) qui fréquente l’école secondaire. 2 Le taux brut de fréquentation scolaire (TBFS) pour le niveau primaire est la proportion des élèves du niveau primaire, quel que soit leur âge, sur la population d’âge officiel de fréquentation du niveau primaire (6-11 ans). Le taux brut de fréquentation scolaire pour le niveau secondaire est la proportion des élèves du niveau secondaire, quel que soit leur âge, sur la population d’âge officiel de fréquentation du niveau secondaire (12-18 ans). Note : Le taux brut de fréquentation scolaire peut excéder 100 %. 3 L’indice de parité de genre pour l’école primaire est le ratio du TBFS au niveau primaire des filles sur le TBFS des garçons. L’indice de parité de genre pour l’école secondaire est le ratio du TBFS au niveau secondaire des filles sur le TBFS des garçons. Caractéristiques des ménages de l’échantillon | 21 Le tableau 2.7 fournit également des informations sur le taux net de fréquentation à l’école secondaire des enfants de 12-18 ans. À ce niveau, le taux net de fréquentation scolaire est relativement faible dans tous les départements (moins 20 % contre 36 % dans la ville de Cotonou). Même lorsqu’on considère les taux brut de fréquentation scolaire, ils sont faibles dans tous les départements (moins de 25 % contre 56 % dans la ville de Cotonou). Les résultats du tableau 2.7 indiquent également que la parité en matière de scolarisation est loin d’être atteinte. En effet, l’indice de parité calculé à partir des taux de scolarisation des filles et des garçons est nettement inférieur à l’unité dans tous les départements, même dans la ville de Cotonou. Cependant, l’indice de parité de genre varie très peu d’un département à l’autre (de 0,6 dans le Mono à 0,8 dans la ville de Cotonou). Les données de l’EDSB-II permettent également d’évaluer les taux de redoublement et d’abandon scolaire au niveau de la population âgée de 6-24 ans (tableau 2.8). Au niveau national, les taux de redoublement sont plus importants au niveau de la 3e, 5e et 6e année du primaire (respectivement 25 %, 26 % et 25 %) qu’au niveau de la 1ere, 2e et 4e année (respectivement 13 %, 19 % et 21 %). On note, par ailleurs, que les redoublements sont aussi importants chez les filles que chez les garçons. Au niveau du milieu de résidence, les taux de redoublements sont plus importants en milieu rural qu’en milieu urbain, surtout en ce qui concerne les deux dernières années, la 5e et la 6e année (respectivement 30 % contre 23 % et 29 % contre 22 %). Au niveau départemental, l’Atacora détient les taux de redoublement les plus élevés, passant de 21 % à la 1ere année à 46 % à la 5e année et à 53 % à la 6e année. Concernant ces deux dernières années, l’Atacora est suivi par le Mono avec un taux de 37 % pour chacune des années. Dans l’ensemble, les taux de redoublement les plus faibles sont observés dans le département du Borgou (variant de 9 % et 8 % pour respectivement la 1ere et la 3e année à 18 % pour la 6e année). On note, cependant, que les taux d’abandon sont relativement faibles (variant de 1 % pour la 1ere, la 2e et la 4e année à 6 % pour la 5e année). Ce constat est valable pour tous les départements et milieux de résidence, aussi bien chez les garçons que chez les filles. Graphique 2.2 Taux de fréquentation scolaire Bénin 2001 ����� ����� ����� ����� ����� ����� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ���� ���� ���� ���� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ���� ���� ���� ���� ���� ���� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� ���� ���� ����� ����� ����� ����� ����� 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 Âge 0 20 40 60 80 Pourcentage Masculin Féminin ���� ���� ���� ���� 22 | Caractéristiques des ménages de l’échantillon 2.4 CARACTERISTIQUES DE L’HABITAT ET BIENS POSSEDES PAR LES MENAGES Le questionnaire ménage a permis, entre autres, de recueillir des informations sur la disponibilité de l’électricité, la source d’approvisionnement en eau, le type de toilettes utilisées et le matériau du sol du logement. Ces informations sont présentées au tableau 2.9. Dans l’ensemble, 78 % des ménages ne disposent pas de l’électricité. En milieu rural, le pourcentage de ménages disposant de l’électricité est insignifiant : 6 % seulement contre 50 % en milieu urbain. Le réseau électrique national est encore trop faible pour couvrir tout le pays. Des efforts sont en cours pour l’étendre par la construction de barrages nationaux ou multinationaux (projets communs avec le Togo), mais le prix du kilowatt-heure, révisé toujours à la hausse, rend l’électricité inaccessible à la plupart des ménages. Le tableau 2.9 fournit également des informations sur la disponibilité de l’eau dans les ménages. Dans l’ensemble, 44 % des ménages disposent de l’eau courante dans le logement ou à l’extérieur du logement ou s’approvisionnent à un robinet public. Cette proportion est de deux fois plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural (68 % contre 30 %). En milieu rural, 16 % des ménages utilisent l’eau provenant des forages contre 5 % des ménages urbains. Les puits protégés sont également source d’approvision- nement pour 6 % des ménages aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Par ailleurs, on constate que l’utilisation d’eau provenant de puits non protégé est encore répandue (21 %), cette proportion n’ayant pas varié entre l’EDSB-I (1996) et l’EDSB-II (2001) ; de plus, il faut noter que 12 % des ménages Tableau 2.8 Taux de redoublement et taux d’abandon Taux de redoublement et taux d’abandon de la population (de droit) des ménages âgées de 5-24 ans, par classe répétée ou d’abandon, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Taux de redoublement1 Taux d’abandon2 Année d’études Année d’études Caractéristique socio-démographique 1 2 3 4 5 6 1 2 3 4 5 6 Sexe Masculin 12,6 19,5 25,1 21,8 26,6 25,4 1,1 0,9 2,1 0,7 3,7 4,7 Féminin 14,2 17,8 25,2 18,6 25,1 23,6 1,6 1,1 3,3 1,9 9,1 4,9 Milieu de résidence Ensemble urbain 11,2 15,6 25,7 16,7 22,5 21,6 1,6 0,3 4,3 2,2 5,6 5,1 Cotonou 12,1 11,8 17,3 17,4 17,9 19,5 4,0 0,0 5,8 2,3 6,4 1,3 Autres villes 10,8 17,1 29,6 16,4 25,0 22,9 0,7 0,4 3,6 2,1 5,2 7,5 Rural 14,5 20,8 24,7 23,8 29,7 29,1 1,1 1,5 1,4 0,3 5,4 4,4 Département Atacora 21,3 29,3 39,5 26,2 46,1 53,1 1,9 1,0 1,1 0,0 0,0 0,0 Ensemble Atlantique 15,6 19,2 23,3 19,2 22,4 19,6 3,0 0,9 5,2 2,6 7,6 2,4 Atlantique 18,6 26,2 30,2 21,6 29,3 19,9 2,1 1,7 4,7 2,9 9,3 5,6 Cotonou 12,1 11,8 17,3 17,4 17,9 19,5 4,0 0,0 5,8 2,3 6,4 1,3 Borgou 9,2 10,3 8,3 13,8 13,1 18,3 0,0 0,0 0,0 0,9 1,8 4,8 Mono 13,3 26,6 42,6 32,9 36,9 36,7 1,9 1,4 1,9 0,0 4,6 6,7 Ouémé 10,2 9,2 20,5 16,3 21,0 14,7 1,1 1,2 2,5 0,9 10,9 8,9 Zou 12,5 22,4 20,3 23,8 25,8 23,6 0,0 1,4 2,4 1,2 3,2 6,0 Ensemble 13,2 18,8 25,1 20,6 26,1 24,7 1,3 1,0 2,6 1,2 5,5 4,8 1 Le taux de redoublement est le pourcentage d’élèves d’une classe donnée durant l’année scolaire précédente qui reprennent la même classe au cours de l’année scolaire actuelle. 2 Le taux d’abandon est le pourcentage d’élèves d’une classe donnée durant l’année précédente qui ne fréquentent pas actuellement l’école. Caractéristiques des ménages de l’échantillon | 23 continuent de s’approvisionner en eau de boisson à la rivière, mare ou marigot, qui sont généralement considérés comme des sources insalubres. Tableau 2.9 Caractéristiques des logements Répartition (en %) des ménages par caractéristiques des logements, selon le milieu de résidence et le département, Bénin 2001 Milieu de résidence Département Caractéristiques Urbain Rural Atacora Ensemble Atlantique Atlantique Cotonou Borgou Mono Ouémé Zou Ensemble Électricité Oui 49,6 5,5 6,9 47,0 16,1 73,7 13,1 7,3 28,6 11,4 21,9 Non 50,3 94,3 92,7 52,8 83,7 26,2 86,3 92,7 71,4 88,6 77,9 Manquant 0,1 0,2 0,4 0,2 0,3 0,1 0,6 0,0 0,0 0,0 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Source d’eau potable Eau courante dans le logement 26,9 1,6 3,1 27,4 5,3 46,4 7,5 3,8 9,7 4,7 11,0 Eau courante ailleurs 35,7 10,4 4,4 38,8 22,0 53,3 10,5 18,7 24,0 10,1 19,8 Robinet public 4,9 18,1 4,6 6,0 12,9 0,0 2,5 4,9 19,6 35,2 13,2 Forage 4,9 16,0 20,4 2,1 4,5 0,0 21,9 18,1 12,8 5,6 11,8 Puits protégé 5,0 5,5 7,7 3,9 8,4 0,0 9,9 2,1 4,7 4,7 5,3 Puits non protégé 16,6 24,2 39,7 13,4 29,0 0,0 35,2 23,7 22,3 6,8 21,4 Source 0,0 2,5 0,0 0,4 0,8 0,0 0,6 10,0 0,1 0,2 1,6 Rivière 5,2 13,7 20,1 3,3 7,2 0,0 11,5 11,4 6,5 15,8 10,5 Eau de pluie dans la citerne 0,5 7,7 0,0 4,6 9,8 0,0 0,0 5,7 0,2 16,5 5,0 Autre eau de pluie 0,2 0,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,5 1,2 0,0 0,2 0,3 Camion citerne 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,3 0,0 0,1 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Temps pour la source d'eau Pourcentage<15 minutes 76,1 55,6 52,6 76,0 64,5 85,9 63,7 56,3 62,0 59,5 63,2 Temps moyen pour la source d’eau 4,6 9,8 9,9 4,6 9,2 4,0 9,3 9,9 9,4 9,5 9,3 Type de toilettes Toilette à chasse 6,3 0,4 0,0 8,0 2,4 12,9 0,0 0,8 3,4 0,1 2,6 Ventilée 30,2 5,3 2,0 40,6 10,0 66,9 5,6 12,9 7,6 5,0 14,5 Non ventilée 25,1 9,0 7,1 9,1 16,4 2,8 14,9 10,9 28,9 17,2 15,0 Nature 37,2 84,7 90,7 41,5 70,5 16,5 78,3 73,0 59,7 77,4 67,0 Autre 1,1 0,6 0,1 0,7 0,5 0,8 1,1 2,3 0,4 0,3 0,8 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Type de sol Terre/sable 18,8 54,4 64,2 22,3 45,4 2,4 45,6 63,3 26,9 44,2 41,1 Bouse 0,3 2,0 0,3 0,3 0,5 0,1 4,1 0,1 2,9 0,4 1,3 Bois planches 0,0 0,1 0,0 0,2 0,5 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,1 Palmes/bambous 0,1 0,6 0,0 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 2,1 0,0 0,4 Parquet ou bois poli 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Carreaux 4,3 0,1 0,1 4,8 1,1 8,1 0,4 0,1 2,5 0,2 1,7 Ciment 76,3 42,8 35,2 71,9 52,4 88,8 49,8 36,4 65,3 55,2 55,3 Autre 0,1 0,1 0,1 0,2 0,0 0,3 0,0 0,0 0,2 0,0 0,1 Manquant 0,1 0,0 0,0 0,1 0,0 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 2 147 3 622 669 1 346 624 723 860 765 1 015 1 113 5 769 24 | Caractéristiques des ménages de l’échantillon Les sources d’eau pouvant être considérées comme potables sont : l’eau courante, installée à l’intérieur ou à l’extérieur du logement ; les robinets publics et les forages équipés de pompe ; et les puits protégés. Dans l’ensemble, 61 % des ménages disposent d’eau potable. C’est en milieu urbain que le pourcentage de ménages disposant d’eau potable est le plus élevé : 77 % contre 52 % en milieu rural. La plupart des projets d’adduction d’eau concernent d’abord les villes. Toutefois, ces dernières années, d’importants moyens ont été mis en œuvre pour multiplier les forages dans le milieu rural, notamment dans les zones ver de Guinée. Ces efforts ont certainement porté des fruits mais il reste encore un peu moins de la moitié des ménages ruraux qui ne dispose pas d’eau potable (48 %). D’autres projets de forage ont permis d’améliorer la situation et les problèmes liés à la réparation des pompes auraient trouvé des solutions durables. Par ailleurs, on note que 63 % des ménages béninois s’approvisionnent en eau en moins de 15 minutes. Cette proportion est de 76 % en milieu urbain contre 56 % en milieu rural. En ce qui concerne la disponibilité des toilettes, on note la très forte proportion de la modalité nature : un peu plus de deux ménages sur trois ne disposent pas de toilettes (67 %), alors que seulement 15 % utilisent des latrines ventilées et 15 % des latrines non ventilées. Le milieu de résidence met en évidence des écarts importants puisque, en milieu rural, la presque totalité des ménages (85 %) ne dispose pas de toilettes. En milieu urbain, par contre, plus de la moitié des ménages (62 %) ont déclaré disposer de toilettes. Concernant le type de matériau du sol, on constate au tableau 2.9 que 55 % des ménages ont un logement dont le sol est recouvert de ciment et 41 % un sol en terre/sable. Les autres types de sol apparaissent avec des fréquences très faibles. Si le sol en ciment est plus fréquent en milieu urbain (76 %), en milieu rural, c’est le sol en terre/sable qui est le plus répandu (54 %). Caractéristiques des ménages de l’échantillon | 25 Hygiène dans le ménage L’EDSB-II a collecté des informations relatives aux équipements d’hygiène dans les ménages. Ces informations indiquent que dans la grande majorité (96 %), les ménages ne disposent pas de produits nettoyants ou d’ustensiles pour se laver les mains. Ce n’est que dans la ville de Cotonou ou l’on trouve une proportion assez significative de ménages disposant d’eau, de produits et d’ustensile pour se laver les mains (12 % avec de l’eau de robinet, 11 % avec du savon ou d’autres types de détergent, 12 % dans une bassine). Cependant, 87 % des ménages de Cotonou ne disposent d’aucun de ces trois éléments (tableau 2.10). Tableau 2.10 Produits ou équipements désinfectants dans le ménage Pourcentage de ménages qui possèdent des produits ou équipements désinfectants pour le lavage des mains, par milieu de résidence, région, source d’approvisionnement en eau, selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristiques socio-démographiques Eau/robinet Savon, cendre, autre détergent Bassine Tous les trois éléments pour se laver les mains Aucun élément pour se laver les mains Effectif Milieu de résidence Ensemble urbain 5,8 6,0 6,7 4,4 92,0 2 147 Cotonou 11,5 11,3 11,9 9,9 87,0 723 Autres villes 3,0 3,4 4,0 1,6 94,6 1 424 Rural 0,4 0,4 1,4 0,3 98,5 3 622 Département Atacora 0,9 1,0 7,5 0,4 91,7 669 Ensemble Atlantique 6,7 6,6 7,0 5,7 92,3 1 346 Atlantique 1,2 1,1 1,3 0,9 98,5 624 Cotonou 11,5 11,3 11,9 9,9 87,0 723 Borgou 0,7 0,9 2,4 0,4 97,4 860 Mono 0,7 0,7 0,6 0,6 99,3 765 Ouémé 2,3 2,6 1,5 1,1 97,3 1 015 Zou 0,8 0,9 1,0 0,5 98,9 1 113 Source d’eau Robinet 5,1 5,2 5,4 3,9 93,5 2 537 Puits non protégé 0,3 0,4 1,9 0,1 97,9 2 221 Marigot 0,0 0,0 1,9 0,0 98,1 698 Autre/Manquant 0,7 0,7 0,7 0,7 99,3 313 Ensemble 2,4 2,5 3,4 1,8 96,1 5 769 26 | Caractéristiques des ménages de l’échantillon La possession d’un bien durable peut être un indicateur du niveau de vie des ménages. C’est pourquoi l’EDSB-II a collecté des informations sur la possession de certains biens durables par les ménages. Il s’agit de la radio, de la télévision, du réfrigérateur, de la bicyclette, de la voiture ou du camion, et de la pirogue dans les villages lacustres (tableau 2.11). Selon le tableau 2.11, on constate que le poste radio est le bien le plus fréquemment possédé par les ménages : 72 % de l’ensemble des ménages, 81 % des ménages urbains et 66 % des ménages ruraux ont déclaré en posséder. La bicyclette vient au deuxième rang des biens possédés par les ménages puisque 46 % des ménages, 55 % en milieu rural mais seulement 29 % en milieu urbain, ont déclaré en posséder une. En milieu urbain, l’aspiration à la modernité et la vie mouvementée de la ville auraient poussé la plupart des ménages vers d’autres modes de déplacement tels que le transport en commun. La mobylette et la voiture sont aussi de nouveaux moyens de déplacement qui révolutionnent quelque peu la vie dans le milieu urbain. Elles sont plus fréquemment possédées en milieu urbain qu’en milieu rural (respectivement 35 % et 9 % en milieu urbain, contre 20 % et 2 % en milieu rural). La possession de biens durables tels que le poste téléviseur et le réfrigérateur semblent rentrer dans les habitudes des citadins. En effet, 33 % des ménages urbains possèdent un poste téléviseur contre 5 % en milieu rural ; 14 % de ménages urbains possèdent un réfrigérateur contre 1 % en milieu rural. Tableau 2.11 Biens durables possédés par les ménages Pourcentage des ménages possédant certains biens de consommation durables, selon le milieu de résidence et le département, Bénin 2001 Milieu de résidence Département Biens durables Urbain Rural Atacora Ensemble Atlantique Atlantique Cotonou Borgou Mono Ouémé Zou Total Radio 80,7 66,3 69,4 78,7 70,6 85,7 71,8 57,0 72,6 73,6 71,7 Télévision 33,3 5,0 4,8 34,2 12,4 53,0 10,0 5,9 18,9 7,0 15,5 Téléphone 8,7 0,7 0,6 8,2 2,9 12,7 1,6 1,6 5,8 1,1 3,7 Réfrigérateur 13,9 1,3 1,8 14,7 3,8 24,0 3,4 2,1 6,4 2,3 6,0 Bicyclette 28,8 55,4 66,0 22,0 38,7 7,5 61,4 44,4 35,7 59,0 45,5 Mobylette 34,7 20,1 18,4 32,8 21,4 42,7 29,3 12,0 26,5 26,3 25,5 Voiture/camion 9,0 1,5 2,5 8,8 3,0 13,9 4,2 0,8 4,5 2,0 4,3 Pirogue 0,4 4,2 0,0 3,3 6,2 0,7 0,0 2,6 7,6 1,8 2,8 Aucun 12,9 19,7 15,9 15,5 21,5 10,3 11,7 31,1 17,1 14,7 17,2 Effectif de ménages 2 147 3 622 669 1 346 624 723 860 765 1 015 1 113 5 769 Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s | 27 CARACTERISTIQUES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES ET STATUT DES ENQUETE(E)S 3 Chitou Fatahi Bruno Magloire Nouatin L’analyse des caractéristiques socio-démographiques des enquêtés revêt un caractère important du fait de l’utilisation de ces informations dans l’explication des niveaux et tendances de la fécondité, la mortalité infanto-juvénile et maternelle, la contraception, la nutrition, la santé familiale etc. La présente étude concerne 6 219 femmes de 15-49 ans et 2 709 hommes de 20-64 ans qui ont répondu aux questions posées lors des enquêtes individuelles femme et homme. Les informations recueillies portent sur les caractéristiques essentielles des enquêté(e)s telles que l’âge, l’état matrimonial, le milieu et le département de résidence, le niveau d’instruction, la religion, l’ethnie, les caractéristiques économiques, l’utilisation des média, la participation de la femme à certaines prises de décision dans le ménage, l’opinion des femmes sur la violence conjugale et l’opinion des femmes concernant le refus d’avoir des rapports sexuels avec le partenaire/conjoint dans certaines circonstances. 3.1 CARACTÉRISTIQUES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES DES ENQUÊTÉS 3.1.1 Structure par âge des personnes enquêtées Au Bénin, les populations surtout rurales ignorent encore l’importance des déclarations des faits d’état civil. Le système de l’état civil y est très mal tenu. Il en résulte un mauvais fonctionnement du système d’enregistrement des événements relatifs aux naissances et décès, rendant difficile la collecte des données sur l’âge. Au moment de l’EDSB-II, pour la collecte de l’âge, un tableau de cohérence âge-date de naissance a été élaboré et des instructions précises ont été données au personnel de terrain concernant les précautions à prendre. Ils devaient d’abord demander la date de naissance, puis l’âge. Si ce dernier ne correspondait pas à la date de naissance déclarée, d’autres questions devaient être posées afin que les informations soient cohérentes. Au besoin, il fallait recourir à la vérification de documents, et le cas échéant, procéder à une estimation en se référant à l’histoire propre de la personne enquêtée, par exemple à l’historique de ses naissances ou au besoin en rapprochant son âge de celui d’une personne de la famille pour laquelle ces informations étaient connues avec précision. La distribution des femmes de 15-49 ans par groupe d’âges quinquennal (tableau 3.1) présente une allure régulière, les proportions de femmes de chaque groupe d’âges diminuant régulièrement au fur et à mesure que l’on avance en âge, passant de 20 % à 15-19 ans à 7 % à 45-49 ans. Comme chez les femmes, les proportions d’hommes diminuent régulièrement en âge, passant de 18 % à 15-19 ans à 8 % à 45-49 ans puis à 3 % à 60-64 ans. La régularité de ces structures par âge permet de déduire que les transferts d’effectifs entre groupes d’âges, qui perturbent souvent les structures par âge des populations africaines, ont été minimes et qu’ils n’auront certainement pas affecté les résultats de l’enquête. 3.1.2 Statut matrimonial des personnes enquêtées Le tableau 3.1 fournit également des informations sur l’état matrimonial des enquêtés. Au moment de l’enquête, 73 % des femmes étaient en union (mariées ou vivant avec quelqu’un). Chez les hommes, ce pourcentage est de 59 %. Plus d’une femme sur cinq (22 %) est encore célibataire contre plus du tiers (37 %) des hommes. Par contre, seulement 3 % de femmes et d’hommes ont déclaré être divorcés ou séparés au moment de l’enquête. 28 | Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s Tableau 3.1 Caractéristiques socio-démographiques des enquêtés Répartition (en %) des femmes et des hommes enquêtés selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Effectif des femmes Effectif des hommes Caractéristique socio-démographique Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Pourcentage pondéré Effectif pondéré Effectif non pondéré Groupe d’âges 15-19 19,8 1 233 1 223 18,3 496 494 20-24 19,5 1 215 1 210 15,1 409 408 25-29 18,8 1 170 1 177 16,2 439 441 30-34 13,9 866 866 13,4 363 360 35-39 12,0 745 748 10,9 296 299 40-44 8,8 548 554 9,2 248 252 45-49 7,1 442 441 7,8 213 211 50-54 na na na 2,9 79 80 55-59 na na na 3,4 92 92 60-64 na na na 2,7 74 72 État matrimonial Jamais en union 21,7 1 351 1 329 36,9 1 001 1 001 Marié(e) 59,0 3 670 3 720 51,1 1 384 1 387 Vivant avec quelqu’un 14,4 893 867 8,2 223 220 Divorcé(e)/séparé(e) 3,2 197 195 3,3 88 88 Veuf/veuve 1,7 109 108 0,5 12 13 Milieu de résidence Ensemble urbain 40,7 2 529 2 384 41,6 1 126 1 073 Cotonou 14,7 912 868 16,1 437 419 Autres villes 26,0 1 617 1 516 25,5 689 654 Rural 59,3 3 690 3 835 58,4 1 583 1 636 Département Atacora 11,2 694 748 12,3 333 362 Ensemble Atlantique 24,1 1 501 1 599 25,6 693 726 Atlantique 9,5 589 731 9,5 257 307 Cotonou 14,7 912 868 16,1 437 419 Borgou 16,0 995 988 16,2 440 441 Mono 11,5 717 832 10,3 280 322 Ouémé 17,8 1 106 1 037 16,6 449 424 Zou 19,4 1 205 1 015 18,9 513 434 Niveau d’instruction Aucun niveau 64,1 3 984 4 039 39,9 1 081 1 100 Primaire 22,1 1 371 1 346 32,1 869 865 Secondaire 13,0 811 782 24,5 663 650 Supérieur 0,9 53 52 3,5 96 94 Religion Traditionnelle 17,0 1 059 1 131 18,1 490 509 Islamique 22,2 1 379 1 366 25,6 694 696 Catholique 31,7 1 971 1 924 31,8 863 846 Protestante Méthodiste 3,5 215 202 4,2 115 112 Autre chrétienne 17,4 1 084 1 092 14,3 389 389 Autre 0,4 27 25 0,5 13 13 Aucune 7,8 484 479 5,4 145 144 Groupe ethnique Adja 15,1 937 1 035 14,0 378 413 Bariba 8,2 511 513 9,6 260 263 Dendi 2,7 165 165 3,2 87 87 Fon 45,0 2 797 2 720 46,2 1 252 1 215 Yoa et Lokpa 3,7 227 240 3,7 100 107 Bétamaribé 5,1 320 342 5,3 144 156 Peulh 3,8 236 243 4,3 117 122 Yoruba 11,9 742 679 10,4 281 258 Autres 0,9 54 54 0,3 9 10 Autres nationalités 3,7 229 227 3,0 80 78 Ensemble 100,0 6 219 6 219 100,0 2 709 2 709 Note : Le niveau d’instruction concerne le plus haut niveau d’instruction atteint, qu’il soit achevé ou non. na = Non applicable Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s | 29 3.1.3 Milieu et département de résidence, religion et ethnie Par rapport au milieu de résidence, on note que, quel que soit le sexe, 41 % des personnes enquêtées vivent en milieu urbain et 59 % en milieu rural. Lors de l’EDSB-I de 1996, ces proportions étaient, respectivement, de 40 % et 60 %. Au niveau départemental, la répartition des personnes enquêtées selon le sexe et le département montre que la représentativité de chaque département dans l’échantillon femme est voisine de celle de l’échantillon homme. Concernant les femmes, les départements les plus peuplés sont le Zou, l’Ouémé et le Borgou (respectivement 19 %, 18 % et 16 %), suivis par la ville de Cotonou (15 %). Toutefois, lorsqu’on considère l’ensemble de l’Atlantique (y compris la ville Cotonou), il devient le département le plus peuplé (24 %). Concernant la religion, on note que près du tiers des femmes et des hommes (32 % pour chacun d’eux) pratiquent la religion catholique, 22 % des femmes et 26 % des hommes, l’islam et enfin, 17 % des femmes et 18 % des hommes, les religions traditionnelles. Par rapport aux groupes ethniques, on note que les Fon et apparentés sont les plus représentés (45 % des femmes et 46 % des hommes), suivis des Adja et apparentés (15 % des femmes et 14 % des hommes) et des Yoruba et apparentés (12 % des femmes et 10 % des hommes). Ces groupes ethniques sont plus localisés dans le sud du Bénin. Dans le nord du pays, nous trouvons des groupes ethniques tels que les Dendi, les Bariba, les Bétamaribé et les Peulh. 3.1.4 Niveau d’instruction Il ressort du tableau 3.1 que les hommes sont plus instruits que les femmes. Dans l’ensemble, 64 % des femmes enquêtées n’ont aucun niveau d’instruction, 22 % ont un niveau primaire, 13 % ont un niveau secondaire et seulement 1 % ont un niveau supérieur alors que chez les hommes, 40 % n’ont aucun niveau d’instruction, 32 % ont un niveau primaire, 25 % un niveau secondaire et 4 % un niveau supérieur. Le tableau 3.2 présente la répartition des femmes et des hommes selon le niveau d’instruction atteint. Sur les 36 % des femmes qui sont instruites, 20 % n’ont pas achevé le primaire et 13 % ont atteint le secondaire sans le compléter. Chez les hommes, parmi les 60 % qui sont instruites, 27 % n’ont pas achevé le niveau d’instruction primaire et 24 % ont atteint le niveau secondaire sans le compléter. En outre, les résultats du tableau 3.2 indiquent que les jeunes générations sont plus instruites que les anciennes. Si la majorité (50 %) des femmes de 15-19 ans est instruite, moins du quart (23 %) des femmes de 45-49 ans l’est. Chez les hommes, cette proportion varie de 78 % pour les 15-19 ans à 43 % pour les 45-49 ans et à 33 % pour les 60-64 ans. Selon le milieu de résidence, on note également que les femmes du milieu rural sont moins instruites que celles du milieu urbain. Moins du quart des femmes (22 %) du milieu rural est instruite contre la majorité (56 %) des femmes en milieu urbain. Dans la ville de Cotonou, près des trois quarts (73 %) des femmes sont instruites. Mieux, l’instruction est quasi universelle chez les hommes de la ville de Cotonou (94 % contre 68 % dans les autres villes et 47 % en milieu rural). Au niveau départemental, les résultats du tableau 3.2 indiquent que peu de femmes sont instruites dans le département de l’Atacora (19 % ont un niveau d’instruction), suivi par les départements du Mono, du Borgou et du Zou (respectivement 23 % et 27 % et 29 %). Dans les départements de l’Ouémé et de l’Atlantique, on note, cependant, une proportion assez importante de femmes instruites (respectivement 41 % et 34 %). Lorsqu’on se limite aux hommes, on constate qu’à l’exception des départements de 30 | Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s Tableau 3.2 Niveau d’instruction par caractéristiques socio-démographiques Répartition (en %) des femmes et des hommes par niveau d’instruction atteint et nombre médian d’années d’instruction, selon les caractéristiques socio- démographiques, Bénin 2001 Niveau d’instruction Caractéristique socio-démographique Aucun niveau Primaire incomplet Primaire complet1 Secondaire incomplet Secondaire complet2 Supérieur Total Effectif Nombre médian d’années de scolarisation FEMMES Groupe d’âges 15-19 49,8 23,9 3,3 22,6 0,3 0,1 100,0 1 233 0,0 20-24 63,1 21,4 1,5 12,4 0,6 0,9 100,0 1 215 0,0 25-29 64,3 24,1 1,5 9,1 0,3 0,7 100,0 1 170 0,0 30-34 64,3 19,4 2,5 12,6 0,1 1,0 100,0 866 0,0 35-39 71,5 15,1 1,4 10,6 0,6 0,7 100,0 745 0,0 40-44 76,2 13,0 1,8 6,9 0,0 2,1 100,0 548 0,0 45-49 77,4 11,9 2,6 6,3 0,3 1,6 100,0 442 0,0 Milieu de résidence Ensemble urbain 44,2 25,8 3,7 23,7 0,8 1,9 100,0 2 529 1,8 Cotonou 27,3 29,4 4,8 33,5 1,4 3,6 100,0 912 4,4 Autres villes 53,7 23,8 3,0 18,1 0,5 0,9 100,0 1 617 0,0 Rural 77,7 16,0 1,0 5,2 0,0 0,2 100,0 3 690 0,0 Département Atacora 81,0 11,6 1,5 5,7 0,1 0,0 100,0 694 0,0 Ensemble Atlantique 42,6 26,1 3,4 24,3 0,8 2,7 100,0 1 501 1,8 Atlantique 66,2 21,0 1,2 10,1 0,0 1,4 100,0 589 0,0 Cotonou 27,3 29,4 4,8 33,5 1,4 3,6 100,0 912 4,4 Borgou 72,7 14,9 2,2 9,9 0,2 0,1 100,0 995 0,0 Mono 76,6 15,7 1,4 6,2 0,0 0,0 100,0 717 0,0 Ouémé 59,3 24,3 1,8 13,2 0,4 1,0 100,0 1 106 0,0 Zou 70,8 19,8 1,4 8,0 0,0 0,0 100,0 1 205 0,0 Ensemble 64,1 20,0 2,1 12,7 0,3 0,9 100,0 6 219 0,0 HOMMES Groupe d’âges 15-19 22,0 26,5 7,7 43,0 0,4 0,3 100,0 496 5,1 20-24 35,1 27,9 4,3 27,9 1,3 3,5 100,0 409 3,3 25-29 38,9 35,6 2,9 17,3 0,7 4,6 100,0 439 2,0 30-34 34,6 30,5 4,2 25,7 0,6 4,4 100,0 363 2,7 35-39 41,2 23,8 3,6 25,5 0,0 5,9 100,0 296 2,4 40-44 54,0 26,3 1,9 11,0 0,7 6,0 100,0 248 0,0 45-49 57,3 20,4 6,1 12,9 0,4 2,9 100,0 213 0,0 50-54 65,9 16,1 9,4 5,7 0,0 3,0 100,0 79 0,0 55-59 56,7 17,0 7,7 15,0 0,0 3,6 100,0 92 0,0 60-64 67,2 21,1 9,0 2,7 0,0 0,0 100,0 74 0,0 Milieu de résidence Ensemble urbain 22,0 27,3 5,8 36,9 1,0 7,0 100,0 1 126 5,1 Cotonou 5,7 26,5 6,2 46,5 1,9 13,1 100,0 437 7,6 Autres villes 32,3 27,8 5,5 30,8 0,4 3,2 100,0 689 3,7 Rural 52,6 27,1 4,3 14,7 0,2 1,0 100,0 1 583 0,0 Département Atacora 61,4 19,9 2,2 16,0 0,0 0,6 100,0 333 0,0 Ensemble Atlantique 16,6 29,8 5,5 36,8 1,2 10,2 100,0 693 5,5 Atlantique 35,0 35,3 4,3 20,2 0,0 5,2 100,0 257 2,4 Cotonou 5,7 26,5 6,2 46,5 1,9 13,1 100,0 437 7,6 Borgou 63,2 15,9 4,5 15,7 0,2 0,5 100,0 440 0,0 Mono 43,6 27,4 7,4 19,8 0,9 0,9 100,0 280 1,9 Ouémé 30,5 37,8 2,9 25,5 0,5 2,8 100,0 449 2,6 Zou 43,8 28,6 6,7 19,6 0,2 1,1 100,0 513 1,4 Ensemble 39,9 27,2 4,9 23,9 0,6 3,5 100,0 2 709 2,3 1 Le CM2 achevé avec succès. 2 La terminale achevée avec succès. Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s | 31 l’Atacora et du Borgou (respecti- vement 39 % et 37 %), la majorité des hommes est instruite dans tous les départements (avec des propor- tions variant de 56 % dans le Zou et le Mono à 69 % dans l’Ouémé et 94 % dans la ville de Cotonou). Comme on l’a déjà noté au tableau 3.2, les proportions de femmes et d’hommes qui n’ont pas achevé le niveau d’instruction primaire ou le niveau d’instruction secondaire sont assez importantes. Aussi, au moment de l’enquête, a- t-on demandé aux femmes et aux hommes de 15-24 ans de fournir les raisons justifiant l’abandon de leurs études. Les résultats du ta- bleau 3.3 indiquent que les causes principales d’abandon scolaire, tant chez les femmes que chez les hommes, sont les échecs répétés (respectivement 28 % et 24 %), le manque d’intérêt pour l’école (respectivement 28 % et 20 %) et l’impossibilité de payer les frais scolaires (respectivement 13 % et 30 %). Ces trois raisons prin- cipales sont valables tant pour les personnes qui ont abandonné l’école au niveau primaire que pour ceux qui l’ont abandonnée au secondaire mais à des degrés divers. 3.1.5 Niveau d’alphabétisation Étant donné que la grande majorité de la population n’a aucune instruction (57 % de l’ensemble) et que parmi ceux et celles qui ont fréquenté l’école, une proportion élevée n’a pas achevé le dernier cycle commencé (31 % de l’ensemble), il est utile d’évaluer la capacité à lire de la population afin de mesurer son degré d’accessibilité à l’information. Du tableau 3.4, il ressort que parmi les femmes enquêtées, environ les trois quarts (74 %) sont incapables de lire, contre 51 % des hommes. Seulement 19 % des femmes peuvent au moins lire entièrement une phrase (dont 14 % de femmes ayant le niveau d’instruction secondaire) contre 40 % chez les hommes. Seulement 6 % des femmes et 8 % des hommes peuvent lire partiellement une phrase courante. Si l’on considère qu’une personne est alphabétisée lorsqu’elle est capable de lire entièrement ou Tableau 3.3 Raisons principales d’abandon scolaire Répartition (en %) des femmes et hommes de 15-24 ans par raison d’abandon de l’école, selon le niveau d’instruction atteint, Bénin 2001 Niveau d’instruction Raison d’abandon scolaire Primaire Secondaire ou plus Ensemble FEMMES Tombée enceinte 1,9 14,3 4,6 S’est mariée 1,1 0,7 1,0 Pour garder les enfants 3,1 0,0 2,5 Pour aider la famille 3,9 0,0 3,0 Ne pouvait pas payer l’école 12,5 12,7 12,5 Avait besoin d’argent 4,5 4,1 4,4 Suffisamment scolarisée 0,2 6,3 1,5 Échec à l’école 29,2 23,1 27,9 N’aimait plus l’école 28,5 26,2 28,0 École inaccessible 0,5 0,7 0,6 Autre 13,0 10,4 12,5 NSP/Manquant 1,5 1,5 1,5 Ensemble 100,0 100,0 100,0 Effectif 528 146 673 HOMMES Pour aider la famille 11,9 1,7 9,5 Ne pouvait pas payer l’école 29,5 31,3 29,9 Avait besoin d’argent 3,0 8,9 4,4 Suffisamment scolarisé 0,0 9,0 2,1 Échec à l’école 26,3 15,7 23,8 N’aimait plus l’école 19,0 22,5 19,8 École inaccessible 1,3 1,7 1,4 Autre 8,2 9,2 8,5 NSP/Manquant 0,8 0,0 0,6 Ensemble 100,0 100,0 100,0 Effectif 229 70 299 32 | Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s Tableau 3.4 Alphabétisation Répartition (en %) des femmes et des hommes par niveau d’instruction atteint et niveau d’alphabétisation, selon les caractéristiques socio- démographiques, Bénin 2001 Primaire ou sans niveau d’instruction Caractéristique socio-démographique Secondaire ou plus Capable de lire une phrase entière Capable de lire une partie de phrase Incapable de lire Pas de carte dans la langue appropriée Manquant Total Effectif Pourcentage d’alpha- bétisés1 FEMMES Groupe d’âges 15-19 23,0 6,7 8,0 61,8 0,3 0,1 100,0 1 233 37,7 20-24 14,0 5,5 5,0 74,6 0,8 0,1 100,0 1 215 24,5 25-29 10,1 5,2 6,8 77,0 0,8 0,1 100,0 1 170 22,1 30-34 13,7 4,9 7,4 73,3 0,8 0,0 100,0 866 26,0 35-39 11,9 4,3 3,4 79,8 0,4 0,1 100,0 745 19,7 40-44 9,0 4,4 3,5 82,3 0,6 0,2 100,0 548 16,9 45-49 8,1 3,0 3,7 84,6 0,5 0,0 100,0 442 14,9 Milieu de résidence Ensemble urbain 26,3 8,7 7,8 56,2 0,9 0,1 100,0 2 529 42,9 Cotonou 38,5 13,0 6,7 41,1 0,5 0,2 100,0 912 58,2 Autres villes 19,5 6,3 8,5 64,7 1,1 0,0 100,0 1 617 34,2 Rural 5,4 2,8 4,5 86,8 0,4 0,1 100,0 3 690 12,7 Département Atacora 5,8 1,9 4,4 87,4 0,4 0,0 100,0 694 12,1 Ensemble Atlantique 27,9 9,6 5,7 56,1 0,5 0,2 100,0 1 501 43,2 Atlantique 11,5 4,3 4,1 79,3 0,5 0,3 100,0 589 19,9 Cotonou 38,5 13,0 6,7 41,1 0,5 0,2 100,0 912 58,2 Borgou 10,2 2,9 5,4 80,9 0,5 0,1 100,0 995 18,5 Mono 6,2 2,5 6,2 84,9 0,0 0,1 100,0 717 15,0 Ouémé 14,7 6,6 6,1 71,3 1,2 0,1 100,0 1 106 27,3 Zou 8,0 3,8 6,9 80,6 0,7 0,0 100,0 1 205 18,7 Ensemble 13,9 5,2 5,9 74,3 0,6 0,1 100,0 6 219 24,9 HOMMES Groupe d’âges 15-19 43,7 13,5 9,9 32,1 0,4 0,4 100,0 496 67,1 20-24 32,7 10,6 8,9 47,0 0,9 0,0 100,0 409 52,1 25-29 22,6 11,5 8,7 55,2 2,1 0,0 100,0 439 42,7 30-34 30,7 10,1 8,8 49,2 1,2 0,0 100,0 363 49,6 35-39 31,4 13,1 6,6 48,2 0,7 0,0 100,0 296 51,1 40-44 17,8 9,1 6,7 65,5 0,9 0,0 100,0 248 33,6 45-49 16,2 12,6 5,1 63,6 2,6 0,0 100,0 213 33,9 50-54 8,7 12,0 7,0 72,3 0,0 0,0 100,0 79 27,7 55-59 18,6 12,2 4,9 63,2 1,0 0,0 100,0 92 35,8 60-64 2,7 15,1 11,2 71,0 0,0 0,0 100,0 74 29,0 Milieu de résidence Ensemble urbain 44,9 14,8 7,6 31,6 1,0 0,1 100,0 1 126 67,4 Cotonou 61,6 16,7 7,4 13,6 0,7 0,0 100,0 437 85,7 Autres villes 34,4 13,6 7,7 42,9 1,1 0,2 100,0 689 55,8 Rural 16,0 9,5 8,5 64,8 1,2 0,1 100,0 1 583 34,0 Département Atacora 16,5 6,1 5,6 71,5 0,3 0,0 100,0 333 28,2 Ensemble Atlantique 48,2 15,0 9,0 27,2 0,5 0,1 100,0 693 72,2 Atlantique 25,4 12,2 11,7 50,4 0,0 0,3 100,0 257 49,3 Cotonou 61,6 16,7 7,4 13,6 0,7 0,0 100,0 437 85,7 Borgou 16,4 6,0 4,1 73,3 0,0 0,2 100,0 440 26,5 Mono 21,6 11,8 13,7 51,6 1,2 0,0 100,0 280 47,1 Ouémé 28,8 13,9 9,3 47,3 0,7 0,0 100,0 449 52,0 Zou 20,9 13,8 8,1 53,5 3,7 0,0 100,0 513 42,8 Ensemble 28,0 11,7 8,1 51,0 1,1 0,1 100,0 2 709 47,9 1 Comprend les personnes qui ont au moins fréquenté l’école secondaire et celles pouvant lire une phrase entière ou une partie d’une phrase. Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s | 33 partiellement une phrase, la proportion de femmes alphabétisées s’établit à 25 % contre près du double chez les hommes (48 %). On note, par ailleurs, que le taux d’alphabétisation des femmes est plus élevé dans les jeunes générations que dans les anciennes (38 % à 15-19 ans contre moins de 20 % chez les 30 ans ou plus), en milieu urbain qu’en milieu rural (43 % contre 13 %), à Cotonou suivi de l’Ouémé que dans les autres départements (respectivement 58 % et 27 % contre moins de 20 % dans les autres départements). Chez les hommes, on observe également les mêmes variations socio-démographiques de l’alphabétisation, avec cependant des niveaux plus élevés. On note, en effet, que plus des deux tiers des hommes de 15-19 ans (67 %) sont alphabétisés contre moins de 35 % chez ceux de 40 ans ou plus. Si les deux tiers des hommes du milieu urbain sont alphabétisés, en milieu rural, cette proportion n’est que de 34 %. À Cotonou, le taux d’alphabétisation des hommes est de 86 % ; dans les départements de l’Ouémé et de l’Atlantique, il dépasse à peine 50 % (respectivement 52 % et 50 %) ; dans les départements du Mono et du Zou, les proportions sont respectivement de 47 % et 43 % et dans l’Atacora et le Borgou, seulement 28 % et 27 % des hommes sont alphabétisés. 3.2 UTILISATION DES MÉDIA Le tableau 3.5 présente les données sur l’utilisation des média (la presse audiovisuelle ou écrite) par les femmes et les hommes. Ces données sont particulièrement importantes pour la mise en place des programmes d’éducation et de diffusion d’informations dans tous les domaines, notamment dans ceux de la santé et de la planification familiale. Les résultats du tableau 3.5 permettent de constater que 33 % des femmes n’utilisent aucun média (journal, radio ou télévision) contre 13 % chez les hommes. Cela signifierait que près de 67 % des femmes utilisent les média et que, chez les hommes, la situation est encore meilleure avec 87 %. Entre le milieu urbain et le milieu rural, il existe une différence significative : 24 % des femmes citadines n’utilisent aucun média (dont 21 % à Cotonou et 26 % dans les autres villes) contre 39 % pour les femmes du milieu rural. Chez les hommes du milieu urbain, ce pourcentage est de 10 % (dont 9 % à Cotonou et 10 % dans les autres villes) contre 16 % en milieu rural. Selon le département, l’utilisation des média est relativement faible dans l’Atacora (51 % des femmes et 27 % des hommes n’utilisent aucun média) et le Borgou (48 % des femmes et 18 % des hommes). Il faut cependant noter que les couvertures radiophoniques et télévisuelles du pays ne sont que partiellement réalisées par les organes nationaux. Dans certaines régions éloignées de Cotonou, la population écoute plutôt les émissions des pays voisins qui peuvent parfois être reçues. C’est cet éloignement qui explique probablement l’importance relative des pourcentages de non utilisation observés dans les départements du nord que sont l’Atacora et le Borgou. Le niveau d’instruction est fortement corrélé avec l’utilisation des média : la non utilisation des média concerne 40 % des femmes sans instruction, 28 % des femmes du niveau primaire et seulement 10 % des femmes du niveau secondaire ou plus. Chez les hommes, ces proportions sont de 21 % chez ceux sans instruction, 12 % chez ceux de niveau primaire et 4 % chez ceux de niveau secondaire ou plus. Les taux d’utilisation se présentent comme suit : Pour la radio : 63 % des femmes l’écoutent au moins une fois par semaine contre 84 % des hommes ; Pour la télévision : 22 % des femmes la regardent au moins une fois par semaine contre 33 % des hommes. 34 | Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s Tableau 3.5 Utilisation des média Pourcentage des femmes et des hommes qui, habituellement, lisent un journal, regardent la télévision et/ou écoutent la radio au moins une fois par semaine, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Lit un journal au moins une fois par semaine Regarde la télévision au moins une fois par semaine Écoute la radio au moins une fois par semaine Utilise les trois média au moins une fois par semaine Aucun des trois média Effectif FEMMES Groupe d’âges 15-19 7,8 31,0 57,2 4,5 34,4 1 233 20-24 5,0 23,7 65,5 3,3 30,5 1 215 25-29 4,7 20,8 65,1 3,2 31,8 1 170 30-34 3,9 20,4 63,9 3,1 33,4 866 35-39 4,2 16,9 62,6 3,2 36,4 745 40-44 5,2 16,7 61,5 3,6 35,7 548 45-49 4,8 12,9 66,2 3,3 31,9 442 Milieu de résidence Ensemble urbain 9,8 41,4 68,0 7,3 24,3 2 529 Cotonou 9,6 56,3 67,2 7,8 20,5 912 Autres villes 10,0 33,0 68,4 7,0 26,4 1 617 Rural 2,1 8,6 59,4 0,9 39,3 3 690 Département Atacora 2,3 7,2 48,4 1,4 50,5 694 Ensemble Atlantique 6,9 42,5 68,7 5,5 22,7 1 501 Atlantique 2,9 21,1 71,2 2,0 26,1 589 Cotonou 9,6 56,3 67,2 7,8 20,5 912 Borgou 4,8 18,8 60,0 3,1 36,0 995 Mono 0,4 5,9 50,6 0,2 47,8 717 Ouémé 10,0 27,8 69,4 6,3 26,6 1 106 Zou 3,8 11,6 67,8 2,0 31,2 1 205 Niveau d’instruction Aucun niveau 0,2 10,0 58,1 0,1 40,1 3 984 Primaire 6,4 27,4 66,2 3,1 27,9 1 371 Secondaire ou plus 26,8 68,6 80,1 20,0 9,6 864 Ensemble 5,3 22,0 62,9 3,5 33,2 6 219 HOMMES Groupe d’âges 15-19 10,8 45,1 81,3 7,7 12,1 496 20-24 12,7 38,5 83,8 9,2 13,6 409 25-29 10,8 34,3 86,7 9,4 12,0 439 30-34 13,3 31,8 84,9 9,5 11,8 363 35-39 15,5 29,3 89,4 11,1 8,9 296 40-44 12,8 22,6 81,8 8,1 17,1 248 45-49 6,9 24,2 80,7 4,5 18,2 213 50-54 6,9 18,9 82,0 5,6 18,0 79 55-59 16,0 29,1 90,1 12,8 8,7 92 60-64 7,3 15,7 76,8 4,4 21,6 74 Milieu de résidence Ensemble urbain 20,9 55,4 85,5 17,4 9,8 1 126 Cotonou 31,3 72,8 81,6 27,0 8,8 437 Autres villes 14,3 44,5 88,0 11,3 10,4 689 Rural 5,3 17,1 83,1 2,4 15,6 1 583 Département Atacora 6,4 10,2 71,5 2,0 27,2 333 Ensemble Atlantique 22,9 57,4 82,5 19,4 10,6 693 Atlantique 8,8 31,2 83,9 6,5 13,5 257 Cotonou 31,3 72,8 81,6 27,0 8,8 437 Borgou 10,5 21,2 82,1 7,1 17,5 440 Mono 7,1 25,7 95,7 5,2 4,0 280 Ouémé 10,8 44,8 89,0 7,8 8,9 449 Zou 4,8 18,8 85,7 2,3 12,7 513 Niveau d’instruction Aucun niveau 0,4 10,7 78,9 0,1 20,6 1 081 Primaire 6,8 32,8 83,9 3,5 12,0 869 Secondaire ou plus 33,8 65,2 91,7 26,6 3,9 759 Ensemble 11,8 33,0 84,1 8,6 13,2 2 709 Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s | 35 La non disponibilité d’un poste de télévision à la maison, due probablement à son coût prohibitif pour une population à faible revenu, peut être une autre raison expliquant le faible taux d’écoute de la télévision. En ce qui concerne la lecture d’un journal, les résultats montrent que 5 % seulement des femmes ont déclaré en lire un au moins une fois par semaine contre 12 % des hommes. Comme on devait s’y attendre, la proportion de femmes sans instruction ayant déclaré lire un journal est extrêmement faible (0,2 %) tandis que chez les femmes de niveau primaire et chez celles de niveau secondaire et plus, respectivement, 6 % et 27 % ont déclaré en lire un au moins une fois par semaine. Chez les hommes sans instruction, la proportion de ceux qui lisent un journal au moins une fois par semaine est également très faible, tandis que 7 % de ceux qui ont un niveau primaire et 34 % de ceux qui ont un niveau secondaire en lisent au moins un une fois par semaine. Cependant, il faut préciser que du fait de la faible production de journaux en langue nationale, ces chiffres ne sont pas le seul reflet du faible niveau d’alphabétisation de la population (voir INSAE, 1994). 3.3 CARACTÉRISTIQUES ÉCONOMIQUES DES ENQUÊTÉS Elles concernent l’exercice d’une activité économique par les femmes et les hommes. 3.3.1 Emploi des femmes Parmi les femmes enquêtées, 18 % ne travaillaient pas au moment de l’enquête : 2 % avaient travaillé dans les 12 derniers mois alors que 16 % n’avaient pas travaillé durant les 12 mois ayant précédé l’enquête (tableau 3.6). La catégorie des femmes n’ayant exercé aucune activité au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête est surtout représentée en milieu urbain (24 % dont 33 % à Cotonou et 18 % dans les autres villes contre 11 % en milieu rural), parmi les jeunes de 15-24 ans (31 % dont 41 % pour 15-19 ans et 22 % pour 20-24 ans, contre moins de 20 % chez celles de 25 ans ou plus) et parmi les femmes ayant une certaine instruction (18 % pour le niveau primaire et 40 % pour le niveau secondaire et plus), ce qui laisse supposer que ce sont des écolières ou étudiantes. Cela se confirme par le fait que le pourcentage le plus élevé de femmes qui n’ont pas travaillé dans les 12 derniers mois est détenu par la ville de Cotonou (33 %), la capitale économique du Bénin qui concentre la plupart des instituts de formation (collèges d’enseignement, instituts de formation professionnels, tant publics que privés, université à proximité). Selon les départements, on constate que le pourcentage des femmes n’ayant pas travaillé au cours des 12 derniers mois varie d’un minimum de 5 % dans le Mono à un maximum de 19 % dans l’Atlantique. 3.3.2 Occupation de la femme D’après les résultats de l’enquête, les femmes béninoises ayant un emploi au moment de l’enquête ont déclaré exercer principalement deux types d’activité : « les ventes et services » (51 %) et le travail agricole (33 %) (tableau 3.7). À Cotonou, les femmes travaillent essentiellement dans les ventes et services (73 %) et, dans une moindre mesure, exercent un travail manuel qualifié (11 %). Dans les autres villes du Bénin, le secteur agricole reste non négligeable car il occupe une femme sur cinq (22 %), bien que 59 % des femmes aient déclaré exercer une activité commerciale. Quant aux femmes du milieu rural, les résultats montrent qu’elles travaillent aussi bien dans le secteur des ventes et services que dans le secteur agricole (respectivement 45 % et 43 %). Au niveau des départements, les résultats montrent que dans quatre départements, les femmes sont nombreuses à exercer une activité agricole : il s’agit du Mono (58 % pour le travail agricole contre 28 % pour les ventes et services), de l’Atacora (49 % contre 44 %), du Zou (48 % contre 42 %) et du Borgou (39 % contre 48 %). Quant au département de l’Atlantique, il se caractérise par la proportion la plus faible de femmes exerçant une activité agricole (28 %) ; par contre, 11 % des femmes y occupent un 36 | Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s Tableau 3.6 Emploi des femmes Répartition (en %) des femmes par le fait d’avoir ou non un emploi, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Occupée au cours des 12 mois précédant l’enquête Caractéristique socio-démographique Actuellement occupée Non occupée actuellement Non occupée au cours des 12 mois précédents Manquant/ Ne sait pas Total Effectif Groupe d’âges 15-19 56,2 2,7 41,0 0,0 100,0 1 233 20-24 76,0 2,4 21,6 0,0 100,0 1 215 25-29 89,3 1,6 9,0 0,1 100,0 1 170 30-34 92,5 0,6 6,7 0,1 100,0 866 35-39 95,1 1,2 3,7 0,0 100,0 745 40-44 94,2 1,3 4,4 0,0 100,0 548 45-49 95,3 1,2 3,5 0,0 100,0 442 État matrimonial Jamais en union 55,0 1,9 43,1 0,0 100,0 1 351 En union 89,8 1,6 8,6 0,0 100,0 4 563 Divorcée, séparée, veuve 88,7 2,5 8,8 0,0 100,0 306 Nombre d’enfants vivants 0 59,9 2,3 37,9 0,0 100,0 1 698 1-2 86,0 1,9 12,1 0,1 100,0 1 828 3-4 92,5 1,5 5,9 0,1 100,0 1 346 5 ou plus 94,8 1,0 4,2 0,0 100,0 1 347 Milieu de résidence Ensemble urbain 74,6 1,8 23,6 0,0 100,0 2 529 Cotonou 65,2 1,3 33,4 0,1 100,0 912 Autres villes 79,8 2,1 18,0 0,0 100,0 1 617 Rural 87,4 1,6 10,9 0,0 100,0 3 690 Département Atacora 85,4 0,7 13,9 0,0 100,0 694 Ensemble Atlantique 70,9 1,2 27,8 0,1 100,0 1 501 Atlantique 79,8 1,1 19,1 0,0 100,0 589 Cotonou 65,2 1,3 33,4 0,1 100,0 912 Borgou 83,9 1,2 14,9 0,0 100,0 995 Mono 94,4 0,7 4,9 0,0 100,0 717 Ouémé 83,1 4,8 12,1 0,0 100,0 1 106 Zou 84,8 1,2 13,9 0,1 100,0 1 205 Niveau d’instruction Aucun niveau 88,1 1,6 10,2 0,0 100,0 3 984 Primaire 79,8 1,9 18,2 0,1 100,0 1 371 Secondaire ou plus 58,4 2,0 39,6 0,0 100,0 864 Ensemble 82,2 1,7 16,1 0,0 100,0 6 219 Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s | 37 Tableau 3.7 Occupation des femmes Répartition (en %) des femmes ayant un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation dans l’emploi actuel, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Profes- sionnelle/ techni- cienne/ gestion Admini- stration Ventes et services Travail manuel qualifié Ménage et domes- tique Travail agricole Ne sait pas/ Manquant Total Effectif Groupe d’âges 15-19 0,8 0,2 39,9 9,1 4,8 31,2 13,9 100,0 727 20-24 1,8 0,5 49,9 11,3 0,6 33,8 2,2 100,0 953 25-29 1,6 1,0 52,0 12,4 0,0 31,9 1,0 100,0 1 064 30-34 1,8 1,1 55,7 8,2 0,1 32,0 1,2 100,0 807 35-39 0,9 0,7 57,0 6,1 0,4 33,9 0,9 100,0 717 40-44 3,2 1,0 52,7 5,2 0,6 36,8 0,4 100,0 523 45-49 2,8 2,7 52,7 7,3 0,0 32,9 1,5 100,0 427 État matrimonial Jamais en union 2,7 1,8 43,0 11,6 5,1 20,5 15,2 100,0 768 En union 1,4 0,7 52,0 8,7 0,1 36,2 0,8 100,0 4 170 Divorcée, séparée, veuve 4,1 2,0 63,9 7,4 1,2 19,2 2,3 100,0 279 Nombre d’enfants vivants 0 2,8 1,3 45,2 12,6 3,7 22,7 11,7 100,0 1 055 1-2 2,1 1,3 51,5 11,7 0,2 32,0 1,2 100,0 1 606 3-4 1,6 0,6 58,1 6,4 0,2 32,5 0,5 100,0 1 266 5 ou plus 0,5 0,3 49,5 5,6 0,2 43,2 0,6 100,0 1 290 Milieu de résidence Ensemble urbain 3,4 2,2 63,0 10,4 2,2 15,3 3,6 100,0 1 932 Cotonou 5,0 4,2 72,6 10,6 4,9 0,2 2,6 100,0 606 Autres villes 2,6 1,3 58,5 10,3 0,9 22,2 4,1 100,0 1 326 Rural 0,8 0,2 44,5 8,3 0,2 43,4 2,6 100,0 3 285 Département Atacora 0,8 0,2 43,7 5,1 0,5 48,5 1,3 100,0 598 Ensemble Atlantique 4,0 2,5 65,0 10,9 3,0 12,3 2,2 100,0 1 083 Atlantique 2,8 0,5 55,4 11,3 0,5 27,8 1,7 100,0 476 Cotonou 5,0 4,2 72,6 10,6 4,9 0,2 2,6 100,0 606 Borgou 1,8 0,9 48,0 9,2 0,3 38,9 0,9 100,0 847 Mono 0,9 0,1 27,5 6,3 0,3 58,0 7,0 100,0 682 Ouémé 1,6 0,6 70,0 13,2 0,9 8,4 5,2 100,0 972 Zou 0,5 0,5 42,2 7,3 0,1 47,5 2,0 100,0 1 036 Niveau d’instruction Aucun niveau 0,0 0,0 48,6 6,2 0,9 43,4 0,9 100,0 3 575 Primaire 0,7 0,5 60,6 16,4 1,3 14,3 6,1 100,0 1 121 Secondaire ou plus 15,9 8,0 50,0 13,2 0,4 1,7 10,8 100,0 521 Ensemble 1,7 0,9 51,3 9,1 0,9 33,0 3,0 100,0 5 217 38 | Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s travail manuel qualifié et surtout 55 % des femmes sont occupées dans des activités de commerce. Dans l’Ouémé, 70 % des femmes sont occupées dans les ventes et services (70 %) et 13 % effectuent un travail manuel qualifié. En outre, on constate que l’exercice de l’activité agricole diminue avec l’augmentation du niveau d’instruction des femmes. En effet, 43 % des femmes sans instruction occupent un emploi dans l’agriculture, contre 14 % chez celles ayant un niveau primaire et seulement 2 % chez celles ayant un niveau secondaire. Par contre, 61 % des femmes de niveau primaire et 50 % de celles ayant un niveau secondaire occupent un emploi dans l’administration. De même, 16 % des femmes de niveau secondaire ont un emploi de technicienne/gestion. 3.3.3 Employeur et type de revenu Le tableau 3.8 montre que les femmes béninoises exercent leur activité de façon indépendante puisque 85 % d’entre elles travaillent pour leur propre compte et seulement 15 % travaillent pour d’autres personnes dont 9 % pour les parents et 6 % pour quelqu’un d’autre. Cette proportion est plus élevée chez les femmes exerçant une activité non agricole (90 % contre 76 % pour les femmes exerçant une activité agricole). Quant au type de revenus per- çus par les femmes en contrepartie de leur travail, on constate que dans l’en- semble, 60 % d’entre elles perçoivent exclusivement de l’argent et 29 % perçoivent des rémunérations en ar- gent et en nature. La proportion de femmes percevant de l’argent est plus élevée chez les femmes ayant une activité non agricole (86 % contre 14 %) ; de plus, parmi les femmes ex- erçant une activité agricole, 70 % per- çoivent un revenu en argent et nature et 7 % en nature. En ce qui concerne la durée du travail des femmes, on s’aperçoit que la majorité des femmes travaillent toute l’année (71 %). Il n’y a que 19 % d’entre elles qui exercent une activité saisonnière et 10 % une acti- vité occasionnelle. Pour les femmes exerçant une activité agricole, 58 % d’entre elles seulement travaillent toute l’année contre 39 % d’entre elles exerçant une activité saisonnière, alors que 78 % des femmes du secteur non agricole travaillent toute l’année contre 13 % travaillant de façon occasionnelle. Tableau 3.8 Employeur et type de revenus Répartition (en %) des femmes ayant un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type de revenus, type d’employeur et continuité de l’emploi, selon le type de l’emploi (agricole ou non- agricole), Bénin 2001 Agricole Non agricole Manquant Ensemble Type de revenus Argent seulement 13,6 85,5 24,3 60,0 Argent et nature 70,0 9,4 1,3 29,1 Nature seulement 7,4 1,2 2,1 3,3 Sans rémunération 9,0 3,9 71,0 7,6 Manquant 0,0 0,0 1,3 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Type d’employeur Travaille pour parents 20,5 3,8 3,9 9,3 Travaille pour quelqu’un d’autre 4,0 6,2 23,5 6,0 Travaille à son compte 75,5 89,9 72,0 84,6 Manquant 0,0 0,1 0,6 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Durée du travail Toute l’année 57,5 77,8 71,5 70,9 Saisonnier 38,8 8,9 21,2 19,2 Occasionnel 3,6 13,3 6,1 9,9 Manquant 0,1 0,0 1,3 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 723 3 338 157 5 217 Note : Le total comprend les femmes dont l’information sur le type d’emploi est manquant. Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s | 39 3.3.4 Décision sur l’utilisation des revenus Le tableau 3.9 confirme que les femmes béninoises sont très indépendantes puisque la majorité d’entre elles (80 %) décident elles-mêmes de l’utilisation de l’argent qu’elles gagnent et seulement 12 % décident avec leur conjoint. Selon la caractéristique socio-démographique considérée, les proportions de femmes qui décident de l’utilisation de leurs revenus varient d’un minimum de 67 % à un maximum de 97 % ; il faut noter que c’est dans la tranche d’âges 15-19 ans que la proportion de femmes qui décident elles-mêmes de l’utilisation de leurs revenus est la plus faible (67 %), cela s’expliquant probablement par le fait que ces femmes n’ont pas encore atteint la majorité. À l’opposé, ce sont parmi les femmes divorcées, séparées ou veuves que la proportion de femmes qui décident de façon individuelle de l’utilisation de leur revenus est la plus élevée (97 %). En milieu urbain, la proportion de femmes qui décident de l’utilisation de leurs revenus (87 %) est plus élevée qu’en milieu rural (80 %). Cette proportion est encore plus élevée chez les femmes urbaines résidant à Cotonou (90 %) ; dans les autres villes du Bénin, 86 % décident de manière indépendante de l’utilisation de l’argent qu’elles gagnent. Les résultats par département font apparaître certaines disparités. Le département de l’Ouémé se caractérise par la proportion la plus élevée de femmes (92 %) qui décident elles-mêmes de l’utilisation de l’argent qu’elles gagnent. Il est suivi de Cotonou (90 %), de l’Atlantique sauf Cotonou (88 %), du Borgou (85 %), de l’Atacora (82 %) et du Zou (77 %). C’est dans le département du Mono que cette proportion est la plus faible (43 %) ; dans ce département, 43 % des femmes décident avec leur conjoint de la façon dont elles dépensent l’argent qu’elles gagnent. Selon le niveau d’instruction, on constate que ce sont les femmes du niveau secondaire ou plus qui détiennent le pourcentage le plus élevé avec 91 %, contre 84 % pour le niveau primaire et 77 % pour les femmes n’ayant jamais été à l’école. Enfin, les femmes qui ne sont pas en union décident moins fréquemment que celles qui sont en union de l’utilisation de leurs revenus (70 % contre 80 %). Comme la grande majorité des femmes interviewées décident seules de l’utilisation de l’argent qu’elles gagnent (80 %), leur contribution dans les dépenses du ménage reste négligeable. En effet, un cinquième des femmes (21 %) participent pour presque rien dans les dépenses du ménage, 27 % pour moins de la moitié, 43 % pour au moins la moitié et seulement 9 % assument entièrement les dépenses du ménage. La proportion la plus élevée des femmes qui assument au moins la moitié des dépenses du ménage se retrouve chez les femmes de 35-39 ans (57 %), les femmes ayant au moins 5 enfants (55 %), les femmes de 45-49 ans (54 %), les femmes de 40-44 ans et les femmes résidant à Cotonou (52 %) et les femmes divorcées, séparées ou veuves (51 %). Quant à celles qui assument entièrement les dépenses du ménage, on les retrouve chez les femmes divorcées, séparées ou veuves (26 %), les femmes résidant dans le département du Mono (19 %), les femmes de 40-44 ans (16 %) et les femmes de 45-49 ans (15 %). Le tableau 3.10 présente les mêmes informations que le tableau précédent en distinguant les femmes en union de celles qui ne le sont pas, selon la contribution des femmes aux dépenses du ménage. Ces résultats montrent que, quelle que soit la contribution des femmes aux dépenses du ménage, et quelle que soit leur situation matrimoniale, la décision d’utiliser l’argent qu’elles gagnent est beaucoup plus individuelle (80 % pour les femmes en union et 79 % pour les femmes non en union) que partagée avec le mari (12 % avec le mari pour les femmes en union) ou avec quelqu’un d’autre (13 % pour les femmes non en union). 40 | Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s Tableau 3.9 Décision sur l’utilisation du revenu et contribution aux dépenses du ménage Répartition (en %) des femmes ayant exercé un emploi rémunéré en espèces au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par la personne qui décide de son utilisation et la proportion dépensée pour les charges du ménage, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Personne qui décide de l’utilisation du revenu Participation aux dépenses du ménage Caractéristique socio-démographique Enquê- tée décide seule En accord avec parte- naire1 Quel- qu’un d’autre décide seul2 Man- quant Total Presque rien Moins de la moitié Au moins la moitié Tout Man- quant Total Effectif Groupe d’âges 15-19 66,9 12,6 20,6 0,0 100,0 67,1 14,8 15,4 2,5 0,2 100,0 453 20-24 74,4 15,7 9,9 0,0 100,0 33,2 32,3 28,5 5,8 0,1 100,0 834 25-29 80,5 12,2 7,1 0,2 100,0 18,8 32,0 42,2 6,9 0,1 100,0 996 30-34 84,5 10,4 5,0 0,0 100,0 12,0 29,4 49,4 9,2 0,0 100,0 768 35-39 82,4 12,3 5,3 0,0 100,0 9,4 23,4 56,5 10,7 0,0 100,0 689 40-44 85,4 9,1 5,3 0,2 100,0 6,3 24,9 52,4 16,3 0,0 100,0 496 45-49 87,0 9,2 3,6 0,2 100,0 7,7 22,7 54,2 15,4 0,0 100,0 412 État matrimonial Jamais en union 69,8 11,1 19,1 0,0 100,0 59,7 20,3 14,8 5,0 0,2 100,0 474 En union 80,3 12,8 6,9 0,1 100,0 17,4 28,8 45,4 8,3 0,0 100,0 3 914 Divorcée, séparée, veuve 96,5 2,1 0,7 0,7 100,0 9,4 13,1 51,2 26,3 0,0 100,0 260 Nombre d’enfants vivants 0 71,5 12,5 16,0 0,0 100,0 55,2 22,6 16,7 5,4 0,1 100,0 725 1-2 81,1 11,7 7,2 0,0 100,0 21,6 30,4 40,1 7,7 0,1 100,0 1 494 3-4 82,6 11,7 5,4 0,2 100,0 12,1 28,7 48,7 10,5 0,0 100,0 1 206 5 ou plus 81,6 12,3 6,0 0,2 100,0 9,7 24,1 54,9 11,2 0,0 100,0 1 224 Milieu de résidence Ensemble urbain 86,9 7,7 5,3 0,1 100,0 21,4 27,7 43,3 7,5 0,0 100,0 1 767 Cotonou 89,8 5,4 4,8 0,0 100,0 20,1 22,6 51,6 5,7 0,0 100,0 569 Autres villes 85,5 8,9 5,5 0,1 100,0 22,0 30,1 39,4 8,4 0,0 100,0 1 198 Rural 75,9 14,6 9,3 0,1 100,0 21,1 26,7 42,1 9,9 0,1 100,0 2 882 Département Atacora 81,9 10,8 7,2 0,2 100,0 18,5 39,0 40,1 2,4 0,0 100,0 493 Ensemble Atlantique 89,1 6,3 4,5 0,0 100,0 17,4 25,5 50,3 6,7 0,1 100,0 1 007 Atlantique 88,3 7,6 4,2 0,0 100,0 13,8 29,4 48,6 8,0 0,2 100,0 438 Cotonou 89,8 5,4 4,8 0,0 100,0 20,1 22,6 51,6 5,7 0,0 100,0 569 Borgou 84,7 3,9 11,2 0,2 100,0 39,0 23,1 32,8 5,0 0,0 100,0 799 Mono 43,1 43,3 13,6 0,0 100,0 13,4 16,4 51,0 19,0 0,2 100,0 558 Ouémé 91,6 4,9 3,3 0,1 100,0 14,5 31,8 45,7 7,8 0,1 100,0 869 Zou 76,9 13,6 9,5 0,0 100,0 22,6 27,9 36,0 13,5 0,0 100,0 924 Niveau d’instruction Aucun niveau 77,4 14,0 8,4 0,1 100,0 20,8 27,2 42,1 10,0 0,0 100,0 3 199 Primaire 83,9 8,3 7,5 0,2 100,0 23,8 27,4 41,3 7,4 0,2 100,0 990 Secondaire ou plus 90,5 5,7 3,9 0,0 100,0 19,0 26,0 49,3 5,8 0,0 100,0 460 Ensemble 80,1 12,0 7,8 0,1 100,0 21,3 27,1 42,6 9,0 0,1 100,0 4 649 1 Avec le conjoint ou quelqu’un d’autre 2 Y compris le conjoint Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s | 41 Tableau 3.10 Contrôle du revenu des femmes Répartition (en %) des femmes ayant exercé un emploi rémunéré en espèces durant les 12 derniers mois par la personne qui décide de son utilisation et l’état matrimonial, selon la proportion dépensée pour les charges du ménage, Bénin 2001 Contribution dans les dépenses du ménage Enquêtée décide seule En accord avec son partenaire Avec quelqu’un d’autre Partenaire décide seul Quelqu’un d’autre seul Manquant Total Effectif FEMMES EN UNION Presque rien 83,4 9,5 1,2 3,8 2,0 0,0 100,0 680 Moins de la moitié 86,8 7,9 0,6 4,1 0,5 0,1 100,0 1 129 Au moins la moitié 76,7 14,4 1,0 6,6 1,2 0,1 100,0 1 777 Tout 70,4 17,0 0,5 10,4 1,6 0,0 100,0 326 Ensemble1 80,3 11,9 0,9 5,7 1,2 0,1 100,0 3 914 FEMMES NON EN UNION2 Presque rien 67,3 na 11,9 na 20,8 0,0 100,0 308 Moins de la moitié 77,3 na 10,3 na 12,4 0,0 100,0 130 Au moins la moitié 93,1 na 2,0 na 3,9 1,0 100,0 204 Tout 92,4 na 4,1 na 3,5 0,0 100,0 92 Ensemble1 79,3 na 7,9 na 12,6 0,3 100,0 735 na = Non applicable 1 Y compris les manquants 2 Femmes jamais en union, divorcées, séparées ou veuves 3.3.5 Occupation des hommes Au moment de l’enquête, 83 % des hommes interrogés ont déclaré avoir un emploi et 17 % n’avoir exercé aucune activité au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête (tableau 3.11). Par rapport au niveau de l’emploi des hommes lors de l’EDSB-I, la proportion des hommes ayant travaillé a diminué, passant de 90 % en 1996 à 83 % en 2001. Cependant, il faut noter que, par rapport à l’ensemble du pays (moyenne nationale de 17 %), la proportion d’hommes ne travaillant pas est beaucoup plus élevée parmi les jeunes de 15-19 ans et de 20-24 ans (respectivement 57 % et 28 %), les hommes du milieu urbain (26 %) et parmi les hommes de niveau secondaire ou plus (41 %). Ce sont soit des étudiants, soit des jeunes diplômés qui n’ont pas encore trouvé du travail. La moitié des hommes (50 %) a déclaré occuper des emplois dans le secteur agricole et 17 %, exercer un travail manuel qualifié. Les proportions d’hommes ayant déclaré avoir un emploi dans le secteur agricole sont particulièrement élevées dans les départements les plus ruraux, à savoir l’Atacora (76 %), le Borgou (74 %), le Zou (60 %) et le Mono (55 %). 3.4 PARTICIPATION DE LA FEMME AU FONCTIONNEMENT DU MÉNAGE 3.4.1 Participation des femmes dans la prise de décision La participation de la femme à certaines prises de décision concernant différents domaines de la vie du couple est un élément essentiel pour son épanouissement social et mental. À l’EDSB-II, on a posé la question suivante aux femmes : « Dans votre ménage, qui a généralement le dernier mot dans les décisions suivantes ? » Les décisions relatives à la santé, aux dépenses du ménage à la visite des parents, etc., ont été énumérées successivement. Les réponses par rapport à chaque décision sont résumées dans le tableau 3.12. 42 | Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s Tableau 3.11 Occupation des hommes Répartition (en %) des hommes ayant un emploi au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête par type d’occupation dans l’emploi actuel, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Ne travaille pas Profes- sionnel/ technicien/ gestion Admini- stration Ventes et services Travail manuel qualifié Travail manuel non qualifié Travail agricole Ne sait pas/ Manquant Total Effectif Groupe d’âges 15-19 57,2 0,4 0,0 2,1 4,3 0,2 26,2 9,6 100,0 496 20-24 28,6 1,0 0,2 4,8 15,3 1,2 43,1 5,8 100,0 409 25-29 6,0 3,7 1,1 7,9 22,9 0,7 53,1 4,6 100,0 439 30-34 0,8 7,5 1,2 5,8 27,9 1,7 50,5 4,6 100,0 363 35-39 1,4 7,3 1,5 8,3 21,8 1,4 55,8 2,5 100,0 296 40-44 2,7 8,6 1,3 4,5 17,9 1,4 59,6 3,9 100,0 248 45-49 2,8 7,2 2,1 4,5 15,8 2,6 61,4 3,6 100,0 213 50-54 1,5 2,7 2,8 2,6 11,1 0,0 75,2 4,0 100,0 79 55-59 6,5 7,7 0,0 10,6 5,5 1,3 62,6 5,8 100,0 92 60-64 2,7 0,0 1,4 6,2 12,1 1,4 76,2 0,0 100,0 74 État matrimonial Jamais en union 42,7 1,9 0,3 4,1 10,6 1,0 30,8 8,7 100,0 1 001 En union 1,2 5,9 1,3 5,8 20,3 1,1 61,1 3,3 100,0 1 607 Divorcé, séparé, veuf 9,8 3,2 1,0 13,3 18,9 3,2 48,4 2,2 100,0 101 Nombre d’enfants vivants 0 38,4 2,3 0,5 4,5 11,5 0,9 33,7 8,3 100,0 1 107 1-2 1,5 5,5 1,2 7,6 28,9 1,7 49,8 3,8 100,0 546 3-4 0,7 7,6 1,5 7,4 20,3 1,7 57,4 3,4 100,0 386 5 ou plus 2,9 4,8 1,2 4,0 13,1 0,8 70,6 2,4 100,0 671 Milieu de résidence Ensemble urbain 25,6 7,3 1,7 9,8 24,7 2,4 21,7 6,9 100,0 1 126 Cotonou 33,4 9,1 2,9 16,9 26,5 3,6 1,2 6,4 100,0 437 Autres villes 20,6 6,1 0,9 5,3 23,6 1,7 34,6 7,1 100,0 689 Rural 10,6 2,2 0,4 2,3 10,9 0,2 69,2 4,1 100,0 1 583 Département Atacora 11,3 3,9 0,5 1,7 6,2 0,0 76,1 0,3 100,0 333 Ensemble Atlantique 27,8 7,6 2,2 12,3 22,7 2,5 20,1 4,9 100,0 693 Atlantique 18,1 5,2 0,9 4,3 16,4 0,6 52,2 2,2 100,0 257 Cotonou 33,4 9,1 2,9 16,9 26,5 3,6 1,2 6,4 100,0 437 Borgou 8,8 1,9 0,7 2,3 9,2 0,5 73,6 3,0 100,0 440 Mono 8,4 2,2 0,3 2,8 14,9 0,0 55,1 16,4 100,0 280 Ouémé 17,7 6,1 0,5 5,2 25,6 1,3 35,6 8,0 100,0 449 Zou 16,4 1,8 0,5 3,0 14,7 1,1 60,2 2,3 100,0 513 Niveau d’instruction Aucun niveau 1,9 0,6 0,0 2,9 9,1 0,6 83,5 1,4 100,0 1 081 Primaire 14,0 1,8 0,7 6,1 27,7 1,7 41,1 7,0 100,0 869 Secondaire ou plus 41,4 12,5 2,6 8,3 14,7 1,3 10,5 8,7 100,0 759 Ensemble 16,8 4,3 0,9 5,4 16,7 1,1 49,5 5,2 100,0 2 709 Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s | 43 Tableau 3.12 Participation des femmes dans la prise de décision Répartition (en %) des femmes selon la personne qui a le dernier mot en ce qui concerne certaines prises de décision, et selon l’état matrimonial et le type de décision, Bénin 2001 Type de décision Enquêtée elle-même Avec son mari Avec quelqu’un d’autre Mari seul Quelqu’un d’autre seul Aucune décision prise/non applicable Manquant Total Effectif FEMMES EN UNION Propres soins de santé 19,5 13,8 1,6 60,8 4,1 0,2 0,1 100,0 4 563 Les achats pour le ménage 14,9 15,9 3,1 61,8 3,9 0,2 0,1 100,0 4 563 Les achats quotidiens du ménage 40,7 18,3 4,2 32,8 3,8 0,1 0,1 100,0 4 563 Les visites à la famille ou aux relations 17,0 30,6 2,9 45,0 3,9 0,4 0,2 100,0 4 563 Quelle nourriture préparer chaque jour 53,6 13,2 5,9 23,4 3,6 0,2 0,1 100,0 4 563 FEMMES NON EN UNION1 Propres soins de santé 21,2 na 2,5 na 74,4 1,7 0,2 100,0 1 656 Les achats pour le ménage 18,8 na 3,3 na 72,9 4,7 0,2 100,0 1 656 Les achats quotidiens du ménage 22,8 na 5,6 na 67,6 4,0 0,1 100,0 1 656 Les visites à la famille ou aux relations 25,7 na 9,7 na 60,6 3,8 0,3 100,0 1 656 Quelle nourriture préparer chaque jour 21,9 na 9,3 na 64,2 4,3 0,3 100,0 1 656 na = Non applicable 1 Femmes jamais en union, divorcées, séparées ou veuves Les résultats du tableau 3.12 indiquent que 54 % des femmes en union décident seules de la composition des repas quotidiens. Concernant les achats quotidiens du ménage, quatre femmes en union sur dix (41 %) décident seules. Par contre, en ce qui concerne les autres types de décision, on constate que les proportions de femmes qui décident en dernier ressort sont nettement plus faibles : seulement 20 % des femmes ont déclaré avoir le dernier mot en ce qui concerne les décisions relatives à leur propre santé ; de même, seulement dans 17 % des cas, les femmes décident en dernier ressort des visites à la famille ou aux amis ; enfin, en ce qui concerne les décisions concernant les achats importants pour le ménage, seulement 15 % des femmes ont déclaré avoir le dernier mot. Dans la majorité des cas, c’est le conjoint ou le partenaire qui décide seul ; on constate que même pour les décisions concernant la santé de la femme, c’est le mari seul qui, dans 61 % des cas, décide en dernier ressort. En ce qui concerne les achats importants pour le ménage, 62 % des femmes ont déclaré que le mari seul prenait la décision finale. Pour les femmes qui ne sont pas en union, les résultats montrent que, quelle que soit la décision, c’est quelqu’un d’autre qui décide en dernier ressort. En ce qui concerne les propres soins de santé de la femme, dans les trois quarts des cas (74 %), c’est quelqu’un d’autre seul qui décide et non l’intéressée. Il en est de même pour les décisions sur les achats pour le ménage (73 %). Le tableau 3.13 fournit le pourcentage des femmes qui décident seules ou conjointement selon le type de décision et les caractéristiques socio-démographiques. 44 | Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s Tableau 3.13 Participation des femmes dans la prise de décision par caractéristiques socio-démographiques Pourcentage de femmes qui déclarent avoir le dernier mot seule ou conjointement en ce qui concerne certaines prises de décision, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Décide seule ou conjointement de : Caractéristique socio-démographique Ses propres soins de santé Faire des achats importants Faire les achats quotidiens Visites à la famille, aux parents ou amis Quelle nourriture préparer chaque jour Effectif Groupe d’âges 15-19 5,8 5,3 11,4 18,0 19,0 1 233 20-24 23,1 21,9 45,3 41,0 56,5 1 215 25-29 29,6 29,9 61,3 51,7 71,6 1 170 30-34 43,4 41,8 69,5 56,9 76,0 866 35-39 48,2 46,2 75,6 58,2 80,9 745 40-44 51,4 48,7 75,3 59,8 80,9 548 45-49 59,9 58,7 82,5 70,3 83,4 442 État matrimonial Jamais en union 11,3 10,2 15,9 24,0 19,2 1 351 En union 34,8 33,9 63,1 50,5 72,6 4 563 Divorcée, séparée, veuve 78,2 74,5 83,6 85,8 83,8 306 Nombre d’enfants vivants 0 13,0 12,8 21,0 26,9 27,5 1 698 1-2 32,0 31,5 57,3 50,7 69,3 1 828 3-4 40,7 39,7 72,1 56,4 78,5 1 346 5 ou plus 46,5 43,5 72,4 55,5 77,2 1 347 Milieu de résidence Ensemble urbain 31,7 30,5 51,6 46,0 57,0 2 529 Cotonou 31,2 28,0 48,6 53,0 60,1 912 Autres villes 31,9 32,0 53,3 42,0 55,2 1 617 Rural 31,9 30,9 55,4 46,8 64,8 3 690 Département Atacora 22,8 20,4 55,8 23,9 63,7 694 Ensemble Atlantique 31,7 31,2 53,8 52,4 63,8 1 501 Atlantique 32,5 36,2 61,8 51,5 69,6 589 Cotonou 31,2 28,0 48,6 53,0 60,1 912 Borgou 20,5 19,3 28,8 31,2 32,7 995 Mono 31,0 30,0 75,1 81,9 78,0 717 Ouémé 39,6 43,8 64,8 49,2 68,6 1 106 Zou 39,8 34,1 50,9 41,1 65,3 1 205 Niveau d’instruction Aucun niveau 32,7 31,0 57,4 46,9 65,1 3 984 Primaire 29,2 31,0 49,9 45,8 57,7 1 371 Secondaire ou plus 31,9 29,5 44,0 45,4 51,5 864 Emploi Ne travaille pas 7,6 8,5 15,6 21,0 28,0 1 100 Emploi rémunéré 40,0 38,7 66,5 54,5 72,3 4 558 Emploi non rémunéré 13,0 10,1 25,6 30,6 40,7 550 Manquant 0,0 16,2 50,4 32,9 51,3 11 Ensemble 31,8 30,8 53,9 46,5 61,6 6 219 Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s | 45 Le tableau 3.13 présente les résultats concernant le niveau de participation des femmes dans certaines prises de décision selon les caractéristiques socio-démographiques. Dans l’ensemble, on remarque que c’est dans la préparation des repas quotidiens et dans les achats quotidiens pour le ménage que les proportions de femmes qui décident en dernier ressort, seules ou conjointement, sont les plus élevées (respectivement 62 % et 54 %). Moins de la moitié ont une influence sur la décision concernant les visites aux parents et amis (47 %). Quant aux décisions concernant les achats importants et les propres soins de santé de la femme, on constate que dans environ 30 % des cas, la femme n’a pas le dernier mot. De plus, on note que le degré de participation aux prises de décision varie selon les carac- téristiques socio-démographiques des femmes. En ce qui concerne les propres soins de santé de la femme, on remarque que c’est chez les femmes en rupture d’union que la proportion de celles qui ont le dernier mot est la plus élevée (78 %) ; de même, 60 % des femmes de 45-49 ans ont déclaré avoir la décision finale pour tout ce qui concerne leur santé. Par contre, cette proportion est très faible chez les 15-19 ans et chez les femmes qui ne travaillent pas (respectivement 6 % et 8 %). Le milieu de résidence et le niveau d’instruction ne font pas apparaître d’écarts en ce qui concerne la participation à ce type de décision. Par contre, on note d’importantes variations selon le département, avec des pourcentages qui varient d’un maximum de 40 % dans le Zou et dans l’Ouémé à un minimum de 21 % et 23 % respectivement dans le Borgou et l’Atacora. En matière de prise de décision pour l’achat des choses importantes du ménage, les femmes en rupture d’union (75 %) et les femmes de 45-49 ans jouissent d’une plus grande autonomie que les autres femmes (59 % contre moins de 30 % chez les femmes de 15-29 ans). En fait, plus la femme est âgée, plus elle est autonome. Les activités ménagères étant traditionnellement dévolues aux femmes, il est normal que les proportions de femmes qui décident en dernier ressort pour la composition des repas quotidiens et pour les achats quotidiens du ménage soient élevées quelle que soit la caractéristique considérée. Selon l’âge, le niveau de participation augmente régulièrement avec l’âge et passe de 61 % à 25-29 ans à 83 % à 45-49 ans. Les jeunes femmes de 15-19 ans participent très faiblement à ce type de décision (11 %) car généralement, elles dépendent encore de leurs parents et vivent sous leur autorité. Les femmes du milieu rural participent un peu plus fréquemment que celles du milieu urbain à la décision concernant les achats quotidiens (55 % contre 52 %). Selon les départements, les femmes du Mono (75 %), de l’Ouémé (65 %) et de l’Atlantique (62 %) participent plus fréquemment que les autres aux décisions relatives aux achats quotidiens. Seules les femmes du Borgou participent faiblement à ce type de décision avec seulement 29 % et dans une moindre mesure les femmes de Cotonou (49 %). De même, les femmes non instruites sont plus fréquemment impliquées que celles qui sont instruites dans la décision concernant les achats quotidiens (57 % des femmes n’ayant aucun niveau d’instruction contre 50 % pour les femmes du primaire et 44 % pour celles du secondaire ou plus). En Afrique et plus particulièrement au Bénin, l’un des rôles dévolus à la femme est d’assurer l’entretien et l’alimentation de la famille. Ceci lui donne une certaine indépendance dans le choix des aliments à préparer chaque jour et montre un degré élevé d’implication concernant la participation du choix du repas quotidien du ménage (au moins 52 % des femmes décident en dernier ressort de la composition des repas quotidiens) comme le montre le tableau 3.13, à l’exception des femmes de 15-19 ans (19 %), des femmes célibataires (19 %), des femmes n’ayant aucune naissance vivante (28 %), des femmes du Borgou (33 %) et des femmes n’exerçant aucune activité (28 %). En ce qui concerne la décision de rendre visite aux parents et amis, on constate qu’à l’exception des femmes de 15-19 ans (18 %), des femmes célibataires (24 %), des femmes n’ayant aucune naissance vivante (27 %), des femmes de l’Atacora (24 %) et de celles ne travaillant pas (21 %), plus du tiers des femmes ont le dernier mot dans la prise de ce type de décision. 46 | Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s 3.4.2 Opinion de la femme à l’égard de la violence conjugale Pour déterminer l’opinion des femmes vis-à-vis de la violence conjugale, la question suivante leur a été posée : Parfois un mari est contrarié ou en colère à cause de certaines choses que fait sa femme. A votre avis, est-il normal qu’un mari frappe ou batte sa femme dans les situations suivantes : Lorsqu’elle brûle la nourriture ; Lorsqu’elle discute ses opinions ; Lorsqu’elle sort sans le lui dire ; Lorsqu’elle néglige les enfants ; Lorsqu’elle refuse d’avoir des rapports sexuels avec lui ? Les résultats du tableau 3.14 montrent que les proportions de femmes qui approuvent le fait qu’un mari batte sa femme varient selon les raisons spécifiques citées. La majorité (51 %) des femmes trouve normal qu’un époux frappe sa femme lorsqu’elle néglige les enfants. Par contre, seulement 17 % des femmes approuvent ce comportement parce qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec le conjoint. En ce qui concerne les autres raisons comme brûler la nourriture, discuter ses opinions ou encore sortir sans le lui dire, les proportions de femmes qui approuvent ce comportement violent sont respectivement de 29 %, 39 % et 44 %. Globalement 60 % des femmes jugent normal qu’un mari batte sa femme pour l’une des raisons citées. Si, au niveau national, plus de la moitié des femmes approuve qu’un conjoint frappe sa femme parce qu’elle a négligé les enfants, cette proportion n’est plus que de 17 % à Cotonou et de 6 % parmi les femmes les plus éduquées. Cependant, dans les autres départements, cette proportion est élevée ; elle varie d’un maximum de 66 % dans le Borgou à un minimum de 47 % dans le département du Zou. C’est également dans le département du Borgou que la proportion de femmes qui approuvent qu’un homme batte sa femme parce qu’elle brûle la nourriture est la plus élevée (54 % contre un minimum de 9 % dans la ville de Cotonou). C’est dans le Borgou également que les femmes qui trouvent normal qu’un homme batte sa femme quand celle-ci discute les opinions de son conjoint sont proportionnellement les plus nombreuses (60 % contre un minimum de15 % dans la ville de Cotonou). De même, dans le Borgou, 58 % des femmes approuvent qu’un homme batte sa femme quand elle sort sans le lui dire. En général, quelle que soit la raison, c’est dans le Borgou que les femmes approuvent le plus fréquemment qu’un homme ait recours à la violence contre sa femme. 3.4.3 Opinion de la femme envers le refus d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire Lors de l’enquête, on a demandé aux femmes si, dans certaines circonstances, elles pensaient qu’il était normal qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint. Dans près de la moitié des cas, quelle que soit la raison citée, les femmes ont déclaré qu’il était normal qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint. Seule, une très faible proportion a exprimé l’opinion contraire. Les proportions de femmes qui approuvent le fait qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint varient selon la raison citée et en fonction des caractéristiques socio- démographiques. Ainsi la majorité des femmes jugent normal qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son époux ou son partenaire lorsque celui-ci a une infection sexuellement transmissible (88 %), quand la femme vient d’accoucher (86 %) ou si elle est fatiguée ou n’a pas envie (73 %). Par contre, seulement 58 % des femmes estiment qu’une femme peut refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari/partenaire quand celui-ci a plusieurs partenaires sexuelles (tableau 3.15). Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s | 47 Tableau 3.14 Opinion des femmes à l’égard de la violence conjugale Pourcentage de femmes qui approuvent certaines raisons spécifiques justifiant qu’un mari/partenaire frappe ou batte sa femme ou partenaire, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Approuve que le mari frappe sa femme quand : Caractéristique socio-démographique Elle brûle la nourriture Elle discute ses opinions Elle sort sans le lui dire Elle néglige les enfants Elle refuse les rapports sexuels avec lui En accord avec au moins une raison spécif. Effectif Groupe d’âges 15-19 28,5 38,6 41,4 48,7 15,1 57,4 1 233 20-24 29,0 39,3 45,0 51,5 17,1 62,1 1 215 25-29 28,9 39,6 43,7 50,1 17,6 59,8 1 170 30-34 28,2 38,4 42,8 49,2 15,9 59,3 866 35-39 31,8 40,2 44,1 53,6 16,8 61,8 745 40-44 28,6 40,2 44,9 52,9 19,9 60,8 548 45-49 30,3 41,9 50,1 55,6 19,4 65,1 442 État matrimonial Jamais en union 23,7 32,0 35,5 41,4 12,0 49,5 1 351 En union 30,9 42,0 46,5 54,0 18,5 63,9 4 563 Divorcée, séparée, veuve 27,0 34,9 43,0 49,7 16,6 56,6 306 Nombre d’enfants vivants 0 25,3 34,9 37,6 44,5 13,5 53,1 1 698 1-2 28,2 38,1 43,7 49,7 17,2 60,1 1 828 3-4 30,6 39,7 46,5 52,3 17,4 61,0 1 346 5 ou plus 34,0 46,8 49,8 59,8 20,8 69,5 1 347 Milieu de résidence Ensemble urbain 20,2 30,6 34,3 38,9 13,5 48,0 2 529 Cotonou 8,6 15,3 14,5 17,3 6,3 24,5 912 Autres villes 26,7 39,2 45,5 51,1 17,5 61,3 1 617 Rural 35,3 45,5 50,6 59,3 19,4 68,9 3 690 Département Atacora 36,2 51,5 53,7 55,4 26,7 65,2 694 Ensemble Atlantique 18,4 29,6 27,0 31,0 8,4 40,5 1 501 Atlantique 33,6 51,8 46,3 52,4 11,5 65,2 589 Cotonou 8,6 15,3 14,5 17,3 6,3 24,5 912 Borgou 54,1 60,4 58,2 66,0 40,4 75,6 995 Mono 29,7 52,1 49,2 53,8 15,4 61,6 717 Ouémé 25,1 29,8 57,1 64,1 10,9 72,7 1 106 Zou 21,3 28,8 32,6 47,4 9,5 58,0 1 205 Niveau d’instruction Aucun niveau 34,6 46,2 50,9 58,3 21,1 68,4 3 984 Primaire 24,2 34,2 38,8 45,6 12,5 55,0 1 371 Secondaire ou plus 12,2 16,7 20,4 26,1 5,5 32,2 864 Emploi Ne travaille pas 21,9 29,7 32,9 38,8 13,2 47,6 1 100 Emploi rémunéré 30,3 41,4 46,1 53,0 18,2 62,6 4 558 Emploi non rémunéré 34,0 42,9 48,4 59,1 15,4 67,8 550 Manquant 28,6 19,6 34,7 62,8 0,0 62,8 11 Nombre de décisions prises par la femme1 0 30,8 39,7 40,5 46,8 19,9 56,6 1 775 1-2 31,9 44,5 47,0 53,0 19,4 62,8 1 619 3-4 26,2 36,6 47,3 55,4 13,3 64,9 1 706 5 27,1 36,1 40,0 48,2 14,6 56,3 1 119 Ensemble 29,2 39,4 44,0 51,0 17,0 60,4 6 219 1 Soit par elle-même ou conjointement avec d’autres 48 | Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s Tableau 3.15 Attitude des femmes envers le refus d’avoir des rapports sexuels avec leur mari/partenaire Pourcentage de femmes qui approuvent certaines raisons spécifiques justifiant qu’une femme refuse les rapports sexuels avec son mari ou partenaire, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Femme trouve juste de refuser les rapports sexuels si : Caractéristique socio-démographique Elle sait que son mari a une IST Elle sait que son mari a une autre partenaire sexuelle Elle a accouché récemment Elle est fatiguée ou n’a pas envie En accord avec toutes les raisons citées En désaccord avec toutes les raisons citées Effectif Groupe d’âges 15-19 83,9 57,2 79,5 65,4 45,6 9,7 1 233 20-24 87,6 59,0 86,6 75,9 49,7 4,9 1 215 25-29 89,2 58,7 88,5 74,7 49,3 3,9 1 170 30-34 89,5 56,9 87,0 72,4 46,9 4,3 866 35-39 89,1 59,6 87,1 75,6 50,5 4,5 745 40-44 89,5 55,8 86,6 76,9 47,0 3,6 548 45-49 86,7 52,0 87,2 73,3 43,8 4,7 442 État matrimonial Jamais en union 86,1 59,9 79,9 68,2 47,7 8,4 1 351 En union 87,9 56,5 87,2 74,2 47,4 4,6 4 563 Divorcée, séparée, veuve 91,8 62,9 88,9 76,3 54,9 4,0 306 Nombre d’enfants vivants 0 85,6 57,7 80,4 66,9 45,7 8,1 1 698 1-2 88,5 60,0 87,8 74,4 50,6 4,6 1 828 3-4 89,9 57,3 87,4 75,4 48,6 3,9 1 346 5 ou plus 87,0 54,4 87,9 76,2 46,0 4,6 1 347 Milieu de résidence Ensemble urbain 89,3 58,9 83,9 72,8 48,8 5,1 2 529 Cotonou 93,7 66,2 88,0 77,8 58,6 3,1 912 Autres villes 86,8 54,7 81,5 70,0 43,3 6,2 1 617 Rural 86,6 56,7 87,0 73,1 47,2 5,6 3 690 Département Atacora 83,5 41,8 80,1 62,6 31,1 8,7 694 Ensemble Atlantique 91,3 63,2 87,9 75,3 53,3 3,8 1 501 Atlantique 87,6 58,5 87,8 71,6 45,1 4,8 589 Cotonou 93,7 66,2 88,0 77,8 58,6 3,1 912 Borgou 77,0 45,0 76,0 65,8 34,4 10,3 995 Mono 94,7 84,5 94,6 86,2 77,3 1,9 717 Ouémé 86,6 55,8 85,7 70,6 44,5 5,3 1 106 Zou 91,4 55,7 89,0 76,3 47,3 3,6 1 205 Niveau d’instruction Aucun niveau 86,5 55,3 86,1 73,2 46,4 5,6 3 984 Primaire 88,7 59,6 85,2 70,0 48,5 5,5 1 371 Secondaire ou plus 91,6 64,8 84,8 76,9 53,4 4,4 864 Emploi Ne travaille pas 86,3 56,5 81,7 70,0 46,6 7,1 1 100 Emploi rémunéré 88,5 57,8 87,3 74,6 48,3 4,6 4 558 Emploi non rémunéré 84,7 58,6 81,6 66,5 46,7 8,2 550 Manquant 53,1 25,7 30,5 23,2 15,9 39,6 11 Nombre de décisions prises par la femme1 0 82,5 54,8 79,3 67,3 43,5 10,4 1 775 1-2 88,2 51,2 85,9 68,9 40,1 4,0 1 619 3-4 92,4 65,1 91,9 81,2 57,2 1,9 1 706 5 88,1 59,8 86,2 75,3 51,6 4,8 1 119 Nombre de raisons justifiant qu’un mari frappe sa femme 0 86,7 58,1 80,2 68,5 47,4 8,3 2 462 1-2 89,6 58,6 88,8 78,0 49,2 3,5 1 426 3-4 88,8 57,0 91,4 76,8 48,2 2,8 1 677 5 84,6 54,7 85,4 69,0 45,4 5,1 654 Ensemble 87,7 57,6 85,7 73,0 47,8 5,4 6 219 1 Soit par elle-même ou conjointement avec d’autres Caractéristiques socio-démographiques et statut des enquêté(e)s | 49 Par ailleurs, les résultats selon les caractéristiques socio-démographiques mettent également en évidence quelques variations. Dans le cas où le conjoint a une infection sexuellement transmissible (IST), le pourcentage des femmes qui approuvent qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels varie de 77 % dans le Borgou à 95 % dans le Mono. Quelle que soit la caractéristique considérée, la grande majorité des femmes est de cet avis. On note également que quelle que soit la catégorie, la grande majorité des femmes approuve le refus d’avoir des rapports sexuels après un accouchement (variant de 76 % dans le Borgou à 95 % dans le Mono) et en cas de fatigue (variant de 63 % et 66 % respectivement dans l’Atacora et le Borgou à 86 % dans le Mono). Par contre, lorsque le mari a une autre partenaire sexuelle, les avis sont partagés. Si dans le Mono, la grande majorité (85 %) approuve le fait que la femme refuse des rapports sexuels avec son mari lorsque que celui-ci a une autre partenaire sexuelle, dans l’Atacora et le Borgou, ces proportions sont inférieures à 50 % (respectivement 42 % et 45 %). Il faut toutefois noter que, à l’exception de l’Atacora et du Borgou, la majorité des femmes approuve le fait que la femme puisse refuser d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint lorsque celui-ci a une autre partenaire sexuelle, et cela quel que soit son niveau d’instruction, son milieu de résidence, son âge, son état matrimonial ou sa parité. Lorsque l’on considère l’ensemble des raisons citées ci-dessus, le pourcentage de femmes qui trouvent justifié qu’une femme refuse d’avoir des rapports sexuels avec son conjoint, quelle que soit la raison, varie respectivement de 31 % et 34 % dans l’Atacora et le Borgou à 59 % dans la ville de Cotonou et à 77 % dans le Mono. Ce pourcentage est estimé à 45 % dans les départements de l’Ouémé et de l’Atlantique et à 47 % dans le département du Zou. Fécondité | 51 FÉCONDITÉ 4 Nicaise Kodjogbé L’un des objectifs de l’EDSB-II est de fournir les indicateurs de niveaux et de tendances de la fécondité au Bénin, et d’étudier leurs variations selon les caractéristiques socio-démographiques de la femme (âge, milieu de résidence, département et niveau d’instruction). L’EDSB-II a collecté des informations sur l’histoire génésique des femmes âgées de 15 à 49 ans : le nombre d’enfants, vivant ou non actuellement avec elle, le nombre d’enfants décédés et, enfin, le nombre total d’enfants nés vivants (en distinguant les garçons des filles). Toutes les naissances de la femme sont ensuite enregistrées dans un tableau depuis la première jusqu’à la dernière. Pour chacune de ces naissances, l’enquêtrice devait noter : - le type de naissance (simple ou multiple) ; - le sexe ; - la date de naissance ; - l’état de survie ; - l’âge au décès pour les enfants décédés. Les questions étaient posées de manière rigoureuse de façon à permettre aux enquêtrices de déceler les erreurs dans les déclarations des mères. À la fin du remplissage du tableau, l’enquêtrice devait rapprocher le nombre total d’enfants enregistrés de celui obtenu à partir de l’historique des naissances pour corriger d’éventuelles incohérences. 4.1 NIVEAUX ET TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ Le tableau 4.1 présente les taux de fécondité par groupe d’âges, selon le milieu de résidence ainsi que l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) et le taux brut de natalité pour les trois années ayant précédé l’enquête. La courbe des taux de fécondité par âge, illustrée par le graphique 4.1, présente une allure classique, celle généralement observée dans les pays à forte fécondité. Lorsque la fécondité n’est pas contrôlée, des études ont montré que la courbe de fécondité a une forme convexe, atteignant son niveau maximal entre 20-29 ans (Henry, 1972). Au Bénin, la fécondité débute très précocement puisque, dès l’âge de 15-19 ans, le taux de fécondité est de 109 ‰. Ensuite, elle croît rapidement pour atteindre son maximum entre 20 et 24 ans (261 ‰). Une baisse sensible de la fécondité est observée à partir de 40 ans pour atteindre un minimum de 27 ‰ entre 45 et 49 ans. Le cumul des taux de fécondité par âge permet d’obtenir l’Indice Synthétique de Fécondité (ISF), qui est une mesure du niveau de la fécondité actuelle. L’ISF représente le nombre moyen d’enfants nés vivants qu’aurait une femme au terme de sa vie féconde (à l’âge de 50 ans), si elle était soumise, à chaque âge, aux différents taux actuels de fécondité. Au niveau national, l’ISF, ainsi calculé, est égal à 5,6 enfants par femme. Le taux global de fécondité générale (TGFG), qui mesure le nombre annuel moyen de naissances vivantes pour 1 000 femmes en âge de procréer, est de 193 ‰, et le taux brut de natalité (TBN), qui correspond au nombre annuel moyen de naissances vivantes survenues au sein de la population totale, est de 41 ‰. 52 | Fécondité Le tableau 4.1 fournit égale- ment les taux de fécondité selon le milieu de résidence. On note que les taux de fécondité du milieu rural sont largement supérieurs à ceux du milieu urbain au niveau de tous les groupes d’âges. Ainsi, à la fin de leur vie féconde, les femmes rurales auront deux enfants de plus que les femmes urbaines (6,4 enfants par femme contre 4,4 enfants par femme). Le niveau de fécondité au Bénin mesuré par l’ISF est inférieur à celui observé en 1996 (6,3). Il est très voisin de celui observé au Togo (5,4 en 1998) mais il reste supérieur à celui observé en Centrafrique (5,1 en 1994) et au Cameroun (5,2 en 1998). Graphique 4.1 Taux de fécondité générale par âge selon le milieu de résidence Bénin 2001 ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ + + + + + + + ! ! ! ! ! ! ! 15 20 25 30 35 40 45 Âge de la femme 0 50 100 150 200 250 300 350 Pour mille Urbain Rural Ensemble ! + ∀ Tableau 4.1 Fécondité actuelle Taux de fécondité par âge, indice synthétique de fécondité (ISF), taux brut de natalité (TBN) et taux global de fécondité générale pour la période des trois années précédant l’enquête, selon le milieu de résidence, Bénin 2001 Milieu de résidence Groupe d’âges Urbain Rural Ensemble 15-19 72 142 109 20-24 204 296 261 25-29 223 283 260 30-34 195 257 233 35-39 126 170 154 40-44 43 99 78 45-49 14 35 27 ISF 15-49 (pour 1 femme) 4,4 6,4 5,6 TGFG (pour 1000) 149 222 193 TBN (pour 1000) 36,0 43,8 41,1 Note : Les taux du groupe d’âges 45-49 ans peuvent être légèrement biaisés du fait de données incomplètes pour ce groupe d’âges. ISF : Indice synthétique de fécondité pour les âges de 15-49 ans, pour une femme TGFG : Taux global de fécondité générale pour 1000 femmes âgées de 15-49 ans TBN : Taux brut de natalité pour 1,000 individus Fécondité | 53 4.2 FÉCONDITÉ DIFFÉRENTIELLE Les données du tableau 4.2 et le graphique 4.2 mettent en évidence des différences de fécondité selon le milieu de résidence, le département et le niveau d’instruction. Comme on l’a observé plus haut, le milieu rural semble garder une tradition nataliste, mise en évidence par les résultats des opérations antérieures (EDSB-I de 1996, RGPH-II de 1992, EFB de 1982). Au niveau départemental, le tableau 4.2 indique que le niveau de fécondité le plus élevé est ob- servé dans le département de l’Ata- cora (6,9 enfants par femme). Les départements du Zou, de l’Atlan- tique, du Borgou et du Mono ont des niveaux de fécondité similaires (variant de 6,1 à 5,9 enfants par femme). Les niveaux de fécondité les moins élevés sont observés dans le département de l’Ouémé (5 en- fants par femme), et surtout à Coto- nou (3,4 enfants par femme). Les femmes sans instruc- tion ont un ISF beaucoup plus élevé (6,3 enfants par femme) que les femmes instruites (4,9 enfants par femme chez celles ayant le ni- veau d’instruction primaire et 3,6 enfants par femme chez celles ayant le niveau d’instruction secon- daire ou plus). Les femmes in- struites, en particulier celles ayant, au moins, le niveau d’instruction secondaire, sont, en effet, celles qui, d’une part, entrent en union plus tardivement et, d’autre part, pratiquent le plus la contraception (voir chapitres 5 et 6). Le tableau 4.2 fournit également la proportion des femmes enceintes au moment de l’enquête. Au niveau national, plus d’une femme sur dix (12 %) était enceinte au moment de l’enquête. Cette proportion est plus élevée dans les départements du Mono, de l’Atacora et du Borgou (13 % pour chacun d’eux), et plus faible dans la ville de Cotonou (8 %). Par ailleurs, de même que pour le niveau de l’ISF, la proportion de femmes enceintes est d’autant plus faible que le niveau d’instruction est élevé : 13 % chez les femmes sans instruction, contre 11 % chez celles ayant le niveau d’instruction primaire et 5 % chez celles ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus. Tableau 4.2 Fécondité par caractéristiques socio-démographiques Indice synthétique de fécondité pour les trois années précédant l’enquête, pourcentage de femmes actuellement enceintes et nombre moyen d’enfants nés vivants pour les femmes âgées de 40-49 ans, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Indice synthétique de fécondité Pourcentage de femmes actuellement enceintes1 Nombre moyen d’enfants nés vivants (femmes de 40-49 ans) Milieu de résidence Ensemble urbain 4,4 8,9 6,0 Cotonou 3,4 8,2 4,6 Autres villes 4,9 9,3 6,6 Rural 6,4 13,3 7,2 Département Atacora 6,9 13,0 7,4 Ensemble Atlantique 4,5 9,6 5,6 Atlantique 6,1 11,7 6,6 Cotonou 3,4 8,2 4,6 Borgou 6,0 12,8 7,3 Mono 5,9 13,2 7,0 Ouémé 5,0 10,8 6,3 Zou 6,1 11,6 7,4 Niveau d’instruction Aucun niveau 6,3 13,2 7,1 Primaire 4,9 11,0 6,3 Secondaire ou plus 3,6 4,8 4,0 Ensemble 5,6 11,5 6,7 1 Taux pour les femmes de 15-49 ans 54 | Fécondité Le tableau 4.2 présente, enfin, le nombre moyen d’enfants nés vivants des femmes âgées de 40-49 ans ; celui-ci est estimé à 6,7 enfants au niveau national. Le nombre d’enfants nés vivants que les femmes déclarent au moment de l’enquête constitue le résultat de leur expérience passée. Il comprend les naissances qu’elles ont eues depuis le début de leur vie féconde jusqu’au moment de l’interview. La comparaison du nombre moyen d’enfants nés vivants des femmes de 40-49 ans (6,7 enfants par femme), qui est un indicateur de la fécondité passée, à l’ISF (5,6 enfants par femme), en tant qu’indicateur de la fécondité actuelle, semble indiquer une tendance à la baisse de la fécondité au Bénin. Cette baisse est perceptible quelle que soit la caractéristique socio-démographique de la femme, mais elle semble particulièrement prononcée chez les femmes citadines et chez les femmes instruites (en particulier de niveau primaire). 4.3 TENDANCES DE LA FÉCONDITÉ Le tableau 4.3 présente les taux de fécondité par groupe d’âges issus de l’Enquête Fécondité au Bénin (1982), de l’EDSB-I (1996) et de l’EDSB-II (2001). Aux jeunes âges (15-34 ans), on note une baisse régulière des taux de fécondité entre 1982 et 2001. Par contre, après 35 ans, la baisse n’est remarquable qu’entre les taux de fécondité d’après l’EDSB-I et l’EDSB-II. Ainsi, le niveau de fécondité est de 0,7 inférieur à celui observé lors de la première EDS de 1996 (6,3 enfants par femme). Par rapport au résultat de l’Enquête sur la Fécondité au Bénin de 1982, 7,1 enfants par femme (INSAE, 1988), on peut donc noter une baisse de la fécondité de près d’un enfant et demi en l’espace de 20 ans. Tableau 4.3 Fécondité selon différentes sources Taux de fécondité par âge, indice synthétique de fécondité, selon différentes sources, Bénin 2001 Groupe d’âges EFB 1982 EDSB-I 1996 EDSB-II 2001 15-19 151 123 109 20-24 314 271 261 25-29 329 283 260 30-34 278 260 233 35-39 193 205 154 40-44 99 90 78 45-49 51 31 27 ISF 15-49 7,1 6,3 5,6 Note : Taux de fécondité par groupe d’âges pour 1 000 femmes. Source : INSAE Graphique 4.2 Indice synthétique de fécondité par caractéristiques socio-demographiques Bénin 2001 � ������������������������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������ ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������ ������������������������������������������������������������������������������������������������������� ������ ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ��������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������ �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� RÉSIDENCE Cotonou Autres villes Ensemble urbain Rural DÉPARTEMENT Atacora Atlantique Cotonou Borgou Mono Ouémé Zou INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou plus 0 2 4 6 8 Nombre d’enfants par femme Fécondité | 55 Tableau 4.4 Tendance de la fécondité par âge Taux de fécondité par âge par période de cinq ans précédant l’enquête, selon l’âge de la mère au moment de la naissance de l’enfant, Bénin 2001 Nombre d’années avant l’enquête Groupe d’âges 0-4 5-9 10-14 15-19 15-19 108 136 152 150 20-24 255 278 287 283 25-29 267 307 316 308 30-34 243 283 298 [302] 35-39 165 207 [246] - 40-44 87 [153] - - 45-49 [31] - - - Note : Les taux de fécondité par groupe d’âges sont pour 1000 femmes. Les taux entre crochets sont calculés sur la base de données incomplètes. Cette baisse est confirmée par les données du tableau 4.4 qui retrace, avec les seules données de l’EDSB-II, l’évolution de la fécondité au cours des 20 dernières années. Si l’on fait le cumul des taux de fécondité jusqu’à 35 ans, on observe que la fécondité a connu une baisse régulière depuis les années 80, passant de 5,2 en 1981-86 à 4,4 enfants en 1991-96, soit un écart de 0,8 enfant (graphique 4.3). 4.4 PARITÉ MOYENNE À partir des informations sur le nombre total d’enfants que les femmes et les hommes ont eus au cours de leur vie féconde, on a calculé les parités moyennes par groupe d’âges, pour l’ensemble des femmes, les femmes actuellement en union ainsi que pour tous les hommes et les hommes en union. Ces informations sont résumées au tableau 4.5. Graphique 4.3 Tendances de l’ISF des femmes (Cumul des taux de 15 à 34 ans) Bénin 2001 ∀ ∀ ∀ ∀ 15-19 10-14 5-9 Période avant l’enquête 3 4 5 6 ISF (15-34) 0-4 56 | Fécondité Tableau 4.5 Enfants nés vivants et enfants survivants Répartition (en %) de tous les hommes et de toutes les femmes et de ceux/celles actuellement en union par nombre d’enfants nés vivants, nombre moyen d’enfants nés vivants et nombre moyen d’enfants survivants, selon le groupe d’âges des femmes et des hommes, Bénin 2001 Nombre d’enfants nés vivants Groupe d’âges 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 ou plus Total Effectif des enquêtés Nombre moyen d’enfants nés vivants Nombre moyen d’enfants encore en vie TOUTES LES FEMMES 15-19 84,6 12,2 2,8 0,3 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 233 0,19 0,16 20-24 33,6 31,9 22,3 9,0 2,5 0,6 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 215 1,17 1,02 25-29 9,7 16,4 21,1 22,1 16,7 9,2 3,5 1,0 0,2 0,1 0,0 100,0 1 170 2,68 2,29 30-34 3,8 8,1 11,3 13,4 19,6 18,2 11,1 8,6 3,5 1,8 0,6 100,0 866 4,17 3,46 35-39 1,3 2,6 6,4 9,1 12,4 16,1 16,6 13,3 11,7 6,6 4,0 100,0 745 5,61 4,53 40-44 1,0 2,7 4,1 5,7 10,0 12,5 13,4 14,1 16,8 9,8 10,0 100,0 548 6,38 5,01 45-49 2,5 1,1 4,9 4,0 6,2 6,0 10,3 14,5 16,7 12,4 21,3 100,0 442 7,17 5,54 Ensemble 26,1 13,5 11,9 9,7 9,2 7,8 6,1 5,2 4,6 2,8 3,0 100,0 6 219 3,09 2,52 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 40,8 45,4 11,9 1,3 0,7 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 287 0,76 0,64 20-24 14,5 38,6 30,0 12,4 3,5 0,8 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 867 1,55 1,34 25-29 5,7 16,2 21,9 23,1 18,0 10,0 3,8 1,0 0,2 0,1 0,0 100,0 1 069 2,84 2,42 30-34 2,4 6,1 11,0 13,7 20,0 19,3 12,1 9,2 3,6 2,0 0,6 100,0 791 4,36 3,63 35-39 0,9 2,3 5,7 9,2 11,8 15,8 17,3 13,8 12,1 6,8 4,3 100,0 700 5,72 4,63 40-44 0,4 1,5 3,7 4,9 9,9 12,2 14,3 14,1 18,0 10,2 10,9 100,0 478 6,60 5,18 45-49 2,1 0,8 4,2 3,0 5,9 5,8 9,5 13,2 18,4 13,2 23,8 100,0 370 7,45 5,75 Ensemble 7,4 15,6 15,1 12,4 11,7 10,0 7,9 6,5 5,9 3,6 3,8 100,0 4 563 3,93 3,21 TOUS LES HOMMES 15-19 98,5 1,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 496 0,02 0,02 20-24 81,6 10,9 5,4 0,8 0,9 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,2 100,0 409 0,32 0,24 25-29 39,4 21,6 16,3 10,3 6,1 3,0 1,5 1,3 0,2 0,2 0,0 100,0 439 1,46 1,23 30-34 12,9 14,0 18,1 15,4 12,4 10,6 6,9 3,8 3,2 1,1 1,6 100,0 363 3,21 2,55 35-39 9,1 6,9 12,6 14,9 12,2 10,0 7,0 4,8 4,5 7,9 10,1 100,0 296 4,90 3,92 40-44 2,7 2,3 8,4 6,9 9,1 7,3 11,7 8,6 11,6 6,2 25,2 100,0 248 7,36 5,66 45-49 1,0 1,4 4,4 4,2 7,5 9,3 10,6 7,2 6,7 5,1 42,6 100,0 213 9,48 7,16 50-54 1,5 1,2 2,3 1,5 1,1 6,3 9,5 6,7 11,0 5,7 53,2 100,0 79 10,84 7,94 55-59 3,9 1,1 0,0 0,0 7,7 3,1 5,4 9,7 5,8 2,2 61,0 100,0 92 11,94 9,16 60-64 0,0 1,1 1,3 4,4 5,7 0,0 5,1 9,6 10,2 2,5 60,1 100,0 74 12,00 9,23 Ensemble 40,0 8,5 8,5 6,6 6,0 4,7 4,4 3,4 3,3 2,3 12,3 100,0 2 709 3,72 2,88 HOMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 * * 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 5 0,63 0,63 20-24 31,1 37,0 22,4 3,4 3,9 1,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1,1 100,0 93 1,26 0,96 25-29 10,6 29,0 25,3 16,1 9,6 4,3 2,4 2,0 0,3 0,4 0,0 100,0 280 2,22 1,86 30-34 4,8 14,3 19,4 16,8 14,1 11,4 8,0 4,4 3,7 1,3 1,8 100,0 312 3,59 2,86 35-39 3,5 6,7 13,1 15,5 12,3 11,3 7,9 4,7 5,1 8,6 11,5 100,0 262 5,32 4,28 40-44 0,9 1,7 7,4 7,3 9,6 6,9 11,7 9,0 11,6 6,4 27,5 100,0 224 7,71 5,90 45-49 0,6 1,5 4,1 2,8 7,6 8,9 10,2 7,7 7,1 5,4 44,1 100,0 201 9,72 7,38 50-54 1,7 0,0 1,4 1,7 1,3 7,0 7,9 5,8 11,1 6,4 56,0 100,0 72 11,25 8,27 55-59 2,2 1,2 0,0 0,0 7,8 3,2 5,5 9,9 5,9 2,3 62,1 100,0 90 12,16 9,33 60-64 0,0 0,0 1,4 4,7 3,2 0,0 5,6 8,9 11,0 1,5 63,7 100,0 68 12,48 9,59 Ensemble 5,7 11,8 13,3 10,5 9,6 7,4 7,0 5,4 5,4 3,8 20,3 100,0 1 607 6,03 4,68 * Basé sur moins de 25 cas non pondérés Fécondité | 57 Chez les femmes, on constate que la série des parités suit une allure régulière ascendante jusqu’à l’âge de 45-49 ans : elle passe de 0,2 enfants chez les femmes de 15-19 ans à 7,2 chez celles de 45-49 ans. La fécondité des femmes en union est encore plus précoce : à 15-19 ans, 59 % des femmes ont déjà donné naissance à au moins un enfant et à 20-24 ans, cette proportion atteint 86 %. Il convient de souligner que 24 % des femmes en union âgées de 45-49 ans ont donné naissance à 10 enfants ou plus au cours de leur vie. Les femmes qui n’ont jamais eu d’enfants représentent à peine 2 % des femmes en union de la tranche d’âges 45-49 ans. Du côté des hommes, l’allure des parités n’est pas aussi régulière que celle des femmes. Elle est ascendante jusqu’à l’âge de 60-64 ans : très faible au départ dans le groupe d’âges 15-19 ans (0,02 enfants), elle croît plus rapidement que celle des femmes pour atteindre 9,5 enfants par femme à 45-49 ans. À partir de ce groupe d’âges où la plupart des hommes sont encore féconds, la parité moyenne continue à augmenter jusqu’à 12 enfants par homme à 60-64 ans. On note, par ailleurs, que la fécondité est plus précoce chez les femmes que chez les hommes : à 20-24 ans, plus de quatre hommes sur cinq (82 %) n’ont pas encore commencé leur vie reproductive tandis que les deux tiers (66 %) des femmes du même groupe d’âges ont déjà eu au moins une naissance. Du fait de la polygamie, à 45-49 ans, la parité moyenne des hommes est nettement supérieure à celle des femmes (9,5 enfants par homme contre 7,2 enfants par femme). Dans ce groupe d’âges, 43 % des hommes contre 21 % des femmes ont eu 10 enfants ou plus. 4.5 INTERVALLE INTERGÉNÉSIQUE On sait que l’espacement des naissances a une influence positive sur la santé des mères et des enfants : des intervalles intergénésiques courts (inférieur à 24 mois) augmentent les risques de morbidité et de mortalité aussi bien chez les enfants que chez leurs mères. Le tableau 4.6 montre que, dans 85 % des cas, l’intervalle entre naissances est supérieur ou égal à 24 mois. Dans 66 % des cas, cet intervalle se situe entre 24 et 47 mois, et les naissances qui surviennent plus de 4 ans après la précédente représentent 19 % de l’ensemble. La durée médiane de l’intervalle intergénésique est de 34,7 mois, soit un peu moins de trois ans. Cette durée médiane est supérieure à celle observée à l’EDSB-I de 1996 qui est de 33,8 mois. Les intervalles intergénésiques sont plus longs chez les femmes âgées de 30 ans ou plus (36 mois ou plus), chez celles de Cotonou (37,4 mois) et du Mono (36,9 mois) et chez les femmes qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus (36,9 mois). De plus, il apparaît clairement que le décès de l’enfant précédent tend à raccourcir l’intervalle intergénésique (28,6 mois en cas de décès, contre 35,4 en cas de survie). Par ailleurs, on constate que les intervalles intergénésiques sont presque identiques, quel que soit le sexe de l’enfant et le milieu de résidence. De même, l’intervalle intergénésique dans le nouveau département de l’Atlantique (médiane de 33,1 mois) est presque identique à ceux observés dans le Borgou (34,0 mois) et dans l’Atacora (33,4 mois). 58 | Fécondité Tableau 4.6 Intervalle intergénésique Répartition (en %) des naissances des cinq années précédant l’enquête par nombre de mois écoulés depuis la naissance précédente, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Mois écoulés depuis la naissance précédente Caractéristique socio-démographique 7-17 18-23 24-35 36-47 48 ou plus Total Nombre médian de mois écoulés depuis la nais- sance précédente Effectif de naissances Groupe d’âges 15-19 14,4 16,4 59,9 9,3 0,0 100,0 28,4 43 20-29 5,5 11,6 44,9 24,9 13,1 100,0 33,0 1 830 30-39 5,2 8,5 35,6 27,5 23,2 100,0 36,2 1 813 40-49 3,3 12,0 34,8 23,1 26,8 100,0 36,0 485 Rang de naissance 2-3 4,6 10,4 41,6 24,3 19,2 100,0 34,3 1 706 4-6 5,6 8,6 39,1 27,0 19,6 100,0 35,3 1 578 7 ou plus 5,7 13,3 37,8 25,9 17,3 100,0 34,3 888 Sexe de l’enfant précédent Masculin 5,5 10,2 39,8 24,7 19,8 100,0 34,8 2 104 Féminin 4,9 10,5 39,9 26,6 18,1 100,0 34,7 2 067 État de survie de l’enfant précédent En vie 3,1 8,8 40,7 27,3 20,1 100,0 35,4 3 511 Décédé 16,4 18,3 35,4 17,2 12,8 100,0 28,6 660 Milieu de résidence Ensemble urbain 5,0 8,9 36,8 23,8 25,3 100,0 35,8 1 202 Cotonou 5,2 6,2 34,7 20,3 33,7 100,0 37,4 306 Autres villes 5,0 9,8 37,6 25,1 22,5 100,0 35,5 896 Rural 5,3 10,9 41,0 26,4 16,4 100,0 34,3 2 969 Département Atacora 5,8 12,3 41,7 24,3 15,9 100,0 33,4 589 Ensemble Atlantique 5,8 9,1 39,3 21,9 24,0 100,0 34,9 724 Atlantique 6,2 11,2 42,6 23,1 16,9 100,0 33,1 419 Cotonou 5,2 6,2 34,7 20,3 33,7 100,0 37,4 306 Borgou 8,0 12,3 39,6 23,6 16,4 100,0 34,0 787 Mono 2,5 8,1 36,5 32,4 20,4 100,0 36,9 508 Ouémé 3,0 8,4 43,1 24,5 21,0 100,0 35,2 632 Zou 5,0 11,0 38,8 28,3 17,0 100,0 34,6 930 Niveau d’instruction Aucun niveau 5,6 10,5 40,6 26,6 16,8 100,0 34,4 3 193 Primaire 4,5 10,5 38,4 24,0 22,6 100,0 35,2 718 Secondaire ou plus 2,7 8,1 34,3 19,4 35,4 100,0 36,9 259 Ensemble 5,2 10,3 39,8 25,7 19,0 100,0 34,7 4 171 Note : Les naissances de rang 1 sont exclues. L’intervalle pour les naissances multiples est le nombre de mois écoulés depuis la grossesse précédente qui a abouti à une naissance vivante. Fécondité | 59 4.6 ÂGE À LA PREMIÈRE NAISSANCE Dans les pays où la pratique de la contraception est faible, l’âge de la femme à la première naissance a une influence importante sur sa descendance finale. Par ailleurs, les accouchements précoces ont des conséquences néfastes sur la santé de la mère et de l’enfant et peuvent être un facteur de risque de mortalité. En outre, les accouchements précoces peuvent constituer une cause de déperdition scolaire et un frein à l’amélioration du statut socio-économique de la femme. Tableau 4.7 Âge à la première naissance Pourcentage de femmes qui ont déjà donné naissance par âge exact et âge médian à la première naissance selon l’âge actuel, Bénin 2001 Âge à la première naissance Âge actuel 15 18 20 22 25 Pourcentage de femmes sans naissance vivante Effectif de femmes Âge médian à la première naissance 15-19 2,1 na na na na 84,6 1 233 a 20-24 4,0 23,8 45,0 na na 33,6 1 215 a 25-29 6,7 27,9 48,4 66,1 83,1 9,7 1 170 20,2 30-34 8,3 33,3 52,7 70,1 85,5 3,8 866 19,7 35-39 7,6 30,8 53,3 70,8 86,0 1,3 745 19,7 40-44 7,9 32,8 53,6 70,6 86,5 1,0 548 19,7 45-49 5,7 30,5 52,0 66,3 84,7 2,5 442 19,8 na = Non applicable a Moins de 50 % de femmes ont eu un enfant Le tableau 4.7 présente la répartition des femmes par âge à la première naissance selon le groupe d’âges au moment de l’enquête. D’après ce tableau, on constate que plus de la moitié des femmes de 20- 24 ans ont eu leur première naissance avant l’âge de 20 ans. Chez les femmes de 30 ans ou plus, l’âge médian à la première naissance (19,7 ans) est légèrement inférieur à celui des femmes de moins de 30 ans. On note, par ailleurs, que chez les femmes de 15-19 ans, 85 % n’ont pas encore commencé leur vie féconde. Le tableau 4.8 montre que l’âge médian à la première naissance est de 19,9 ans pour les femmes de 25-49 ans. Il est nettement plus élevé en milieu urbain (20,7 ans), surtout à Cotonou (22,5 ans), qu’en milieu rural (19,4 ans). En milieu urbain et particulièrement à Cotonou, l’âge médian à la première naissance a connu une nette augmentation dans les générations les plus récentes alors qu’il est resté presque stationnaire en milieu rural. Au niveau de tous les groupes d’âges, on observe que l’âge médian à la première naissance augmente avec le niveau d’instruction : pour l’ensemble des femmes de 25-49 ans, l’âge médian passe de 19,3 ans chez celles sans instruction à 24,1 ans chez celles qui ont un niveau secondaire ou plus. Cela confirme le fait que la scolarisation a pour effet de retarder le début de la procréation. Cependant, entre 1996 et 2001, l’âge à la première naissance n’a presque pas changé. 4.7 FÉCONDITÉ DES ADOLESCENTES L’étude de la fécondité des adolescentes (jeunes filles âgées de 15-19 ans) est importante dans la mesure où l’accouchement précoce a des conséquences négatives sur la santé de la mère et de l’enfant (Gohy, 1999). Le tableau 4.9 présente les proportions de jeunes filles âgées de 15-19 ans qui ont déjà eu un ou plusieurs enfants et celles qui sont enceintes d’un premier enfant, selon certaines caractéristiques socio-démographiques. À la lecture du tableau 4.9, on constate que moins du quart des adolescentes 60 | Fécondité Tableau 4.8 Âge médian à la première naissance par caractéristiques socio-démographiques Âge médian à la première naissance parmi les femmes de 20-49 et de 25-49 ans selon l’âge actuel et certaines caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Âge actuel Caractéristique socio-démographique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Âges 20-49 Âges 25-49 Milieu de résidence Ensemble urbain 23,0 21,6 20,9 19,9 19,7 20,7 21,0 20,7 Cotonou a 23,8 22,8 20,8 20,8 23,0 a 22,5 Autres villes a 20,4 20,1 19,7 19,4 20,5 a 20,0 Rural 19,7 19,4 19,0 19,6 19,7 19,4 19,5 19,4 Département Atacora 19,2 18,3 18,3 19,8 20,2 20,9 19,2 19,2 Ensemble Atlantique a 22,2 21,0 19,9 19,7 20,4 a 20,8 Atlantique a 20,1 19,7 19,3 19,0 19,6 19,7 19,6 Cotonou a 23,8 22,8 20,8 20,8 23,0 a 22,5 Borgou 19,1 18,4 18,8 18,9 19,2 19,8 18,9 18,8 Mono a 20,3 20,0 20,0 20,2 20,1 a 20,1 Ouémé a 21,3 20,2 20,6 20,2 19,8 a 20,5 Zou 19,2 19,7 18,6 19,1 19,3 19,2 19,2 19,2 Niveau d’instruction Aucun niveau 19,5 19,3 18,9 19,3 19,5 19,4 19,3 19,3 Primaire a 21,1 20,3 19,9 19,6 20,2 a 20,4 Secondaire ou plus a a 23,4 23,6 23,1 24,1 a 24,1 Ensemble a 20,2 19,7 19,7 19,7 19,8 a 19,9 a Moins de 50 % de femmes ont eu un enfant (22 %) ont déjà commencé leur vie féconde : plus de 15 % ont déjà eu, au moins, un enfant et environ 6 % sont enceintes d’un premier enfant. On note un recul de la fécondité des adolescentes par rapport à 1996 où, selon l’EDSB-I, plus du quart (26 %) des femmes de 15-19 ans avait déjà débuté leur vie féconde. Un peu moins du tiers des adolescentes de 19 ans (32 %) étaient déjà mères et environ 8 % étaient enceintes d’un premier enfant au moment de l’enquête. Le pourcentage d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde est plus de deux fois plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain (30 % contre 12 %). En milieu urbain, ce pourcentage est plus faible dans la ville de Cotonou (7 %) que dans les autres villes (15 %). Le pourcentage d’adolescentes ayant déjà commencé leur vie féconde décroît de façon drastique lorsque l’on passe des adolescentes sans instruction à celles qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus (33 % contre 5 %) (graphique 4.4). Il est plus élevé dans les départements du Borgou (37 %), et de l’Atacora (34 %). Par contre, dans l’Ouémé (13 %) et dans le Mono (15 %) il est inférieur à la moitié des taux observés dans les départements du nord du pays. Fécondité | 61 Tableau 4.9 Fécondité des adolescentes Pourcentage d’adolescentes de 15-19 ans ayant déjà eu un enfant ou étant enceintes d’un premier enfant par caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Pourcentage de : Caractéristiques socio-démographiques Mères Enceintes d’un premier enfant Adolescentes (%) ayant déjà débuté la vie féconde Effectif des adolescentes Âge 15 3,4 2,5 5,9 244 16 5,8 2,4 8,2 257 17 11,9 7,2 19,1 203 18 23,5 9,9 33,4 321 19 32,2 7,8 40,1 208 Milieu de résidence Ensemble urbain 8,1 3,8 11,9 581 Cotonou 5,0 2,0 7,0 209 Autres villes 9,8 4,8 14,6 372 Rural 21,9 8,1 30,0 652 Département Atacora 28,6 5,1 33,8 107 Ensemble Atlantique 9,0 2,7 11,7 312 Atlantique 17,2 4,0 21,2 102 Cotonou 5,0 2,0 7,0 209 Borgou 27,6 9,1 36,7 212 Mono 8,0 7,4 15,4 151 Ouémé 8,8 4,7 13,4 218 Zou 17,8 8,7 26,4 233 Niveau d’instruction Aucun niveau 23,5 9,1 32,6 614 Primaire 10,8 4,2 15,0 336 Secondaire ou plus 3,3 1,6 4,9 283 Ensemble 15,4 6,1 21,5 1 233 Graphique 4.4 Pourcentage d’adolescentes 15-19 ans ayant commencé leur vie féconde Bénin 2001 � ����������������� ������������������������������������������������� �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������������������� � ��������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������ ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������ ������������������������������������������������������� ��������������������������������������������������������� � ��������������������������������������������������������������������������� ���������������������������������������������� ����������� � ������� ������� ���������������� ������������������������������������������� ������������� ������������� � ������������������������������� ��������������������� ������������������������������������������������������� ����������������������������������������� ����������������������������� � ������������������������������ �������������������� ������ RÉSIDENCE Cotonou Autres villes Ensemble urbain Rural DÉPARTEMENT Atacora Atlantique Cotonou Borgou Mono Ouémé Zou INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou plus 0 10 20 30 40 Pourcentage Adol. avec enfants Adol. 1ère grossesse ���� ���� Planification familiale | 63 PLANIFICATION FAMILIALE 5 Nicaise Kodjogbé Malgré une baisse de moins de deux enfants par femme au cours des 20 dernières années, la fécondité demeure encore élevée au Bénin. Parmi les facteurs qui expliquent ce niveau élevé, on peut citer entre autres une faible prévalence contraceptive. C’est pour cette raison que depuis les conférences internationales sur la population de Mexico (1984) et du Caire (1994), les autorités politiques du pays ont officiellement manifesté leur volonté de promouvoir et de soutenir la planification familiale (PF). Cette volonté s’est traduite par l’adoption en mai 1996 de la déclaration de la politique de population. Depuis la publication des résultats de l’EDSB-I de 1996, cette déclaration se concrétise progressivement par l’élaboration et la mise en œuvre de programmes mieux ciblés en faveur de la santé de la mère et de l’enfant. C’est le cas par exemple du PROSAF dans le Borgou et le programme de coopération Bénin- UNICEF de 1999-2003. Comme à l’EDSB-I, un des objectifs de l’EDSB-II est d’évaluer le niveau d’utilisation de la contraception au Bénin. Elle permet aux décideurs à divers niveaux de disposer d’une série d’indicateurs fiables sur la planification familiale, en vue de l’évaluation et de la définition de stratégies pertinentes. Les données collectées auprès des femmes et des hommes permettent de disposer, entre autres, d’informations sur : • la connaissance et la pratique de la contraception ; • le nombre d’enfants à la première utilisation d’une méthode contraceptive ; • la connaissance de la période féconde ; • les sources d’approvisionnement en contraceptifs ; • l’intention d’utiliser la contraception dans le futur ; • les opinions et attitudes vis-à-vis de la planification familiale. 5.1 CONNAISSANCE DE LA CONTRACEPTION Les informations sur la connaissance des méthodes contraceptives ont été collectées de deux façons différentes. Premièrement, après avoir informé la personne enquêtée de l’existence de méthodes ou moyens qu’un couple pouvait utiliser pour retarder ou prévenir la survenue d’une grossesse, l’enquêtrice lui posait la question suivante : « De quels moyens ou méthodes avez-vous entendu parler ? » Chaque méthode ou moyen cité spontanément était enregistré. Deuxièmement, pour les méthodes non mentionnées, l’enquêtrice devait les décrire et enregistrer si oui ou non l’interviewé(e) en avait entendu parler. Un homme ou une femme connaît une méthode si il/elle l’a citée spontanément ou après description. Pour les besoins de l’analyse, on distinguera deux catégories de méthodes : • Méthodes modernes : stérilisation féminine (généralement ligature des trompes), stérilisation masculine (vasectomie), pilule, DIU ou stérilet, injection, méthodes vaginales (spermicides, mousses, gelée, crème, diaphragme), préservatifs masculins ou féminins, Norplant, méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA) et la contraception d’urgence ou pilule du lendemain ; • Méthodes traditionnelles : Continence périodique, retrait. 64 | Planification familiale Les autres méthodes comme les cordes et les bagues ont été classées dans la catégorie méthodes populaires. Les résultats de l’EDSB-II présentés dans les tableaux 5.1.1 et 5.1.2 et au graphique 5.1 indiquent que neuf femmes sur dix (91 %) connaissent, au moins, une méthode contraceptive. Le niveau de connaissance d’une méthode contraceptive quelconque de l’ensemble des femmes est presque identique à celui des femmes en union (92 %). Pour ce qui est des méthodes modernes, le niveau de connaissance (90 %) est pratiquement aussi élevé que pour celui d’une méthode quelconque (91 %). Les méthodes les mieux connues par les femmes en union sont, par ordre d’importance, le condom masculin (85 %), l’injection (79 %), la pilule (78 %), la stérilisation féminine (56 %), la continence périodique (51 %), le retrait (50 %) et, enfin, le DIU (37 %). Ces niveaux de connaissance sont relativement importants et on constate que plusieurs autres méthodes modernes sont mieux connues que le condom masculin qui a pourtant bénéficié d’une campagne intense Tableau 5.1.1 Connaissance par les femmes des méthodes contraceptives Pourcentages de l’ensemble des femmes, de femmes actuellement en union, de femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives et de femmes qui ne sont pas actives sexuellement qui connaissent une méthode contraceptive, par méthode spécifique, Bénin 2001 Femmes non en union : a eu 1ers rapports sexuels Méthode contraceptive Toutes les femmes Femmes actuellement en union Sexuellement actives1 Non actives sexuellement2 Femmes non en union : pas encore de rapport sexuel N’importe quelle méthode 90,8 91,6 96,1 94,6 77,3 Une méthode moderne 90,0 90,7 96,1 93,8 76,6 Stérilisation féminine 54,3 56,4 57,6 58,9 31,4 Stérilisation masculine 20,1 21,0 26,3 21,6 8,8 Pilule 74,3 78,2 82,5 75,0 40,7 DIU 34,4 37,0 40,0 34,7 11,9 Injection 73,4 78,7 76,7 70,4 35,8 Implant 32,0 34,6 40,4 30,2 10,6 Condom masculin 84,4 84,7 91,4 90,2 71,6 Condom féminin 13,9 12,3 24,0 22,1 10,7 Diaphragme 12,2 12,2 19,8 14,9 4,8 Mousse/gelée 12,3 12,9 18,7 13,6 2,8 Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA) 17,9 20,0 17,4 17,0 3,5 Pilule du lendemain 15,2 15,2 25,0 19,1 5,5 Une méthode traditionnelle 60,8 63,3 71,8 68,6 27,6 Continence périodique 50,5 51,2 65,2 60,7 25,7 Retrait 45,8 50,4 50,9 45,2 9,1 Autres 3,8 3,8 6,0 4,8 1,2 Nombre moyen de méthodes connues 5,4 5,7 6,4 5,8 2,7 Connaît au moins 3 méthodes modernes 74,6 78,6 81,3 77,1 38,7 Effectif 6 219 4 563 304 741 611 1 A eu des rapports sexuels dans le mois précédant l’enquête 2 N’a pas eu des rapports sexuels dans le mois précédant l’enquête Planification familiale | 65 d’Information, Éducation et Communication (IEC) dans le cadre de la lutte contre le sida. Le condom est peut-être mieux connu en tant que moyen de protection contre le sida que comme méthode contraceptive. Le chapitre 11 qui porte sur le sida permettra de répondre à cette question. Par ailleurs, on constate que les femmes sexuellement actives qui ne sont pas en union sont mieux informées des méthodes modernes de contraception que celles qui sont en union (96 % contre 91 %). Le tableau 5.2 présente le niveau de connaissance des méthodes contraceptives selon les caractéristiques socio-démographiques des enquêtés. Chez les femmes en union, on constate que la connaissance des méthodes varie selon l’âge : ce sont les femmes de 20 à 44 ans qui connaissent le mieux les méthodes contraceptives modernes (au moins 90 %). Le niveau de connaissance le plus faible est observé chez les adolescentes de 15-19 ans (81 %). Chez les hommes, la connaissance varie peu selon l’âge et elle est presque partout supérieure à 90 % sauf pour le groupe d’âges 50-54 ans (88 %). Tableau 5.1.2 Connaissance par les hommes des méthodes contraceptives Pourcentages de l’ensemble des hommes, d’hommes actuellement en union, d’hommes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actifs et d’hommes qui ne sont pas actifs sexuellement qui connaissent une méthode contraceptive, par méthode spécifique, Bénin 2001 Hommes non en union : a eu 1ers rapports sexuels Méthode contraceptive Tous les hommes Hommes actuellement en union Sexuellement actifs1 Non actifs sexuellement2 Hommes non en union : pas encore de rapport sexuel N’importe quelle méthode 95,5 95,9 97,8 96,2 90,0 Une méthode moderne 95,0 95,3 97,8 95,8 89,7 Stérilisation féminine 51,9 55,7 57,0 52,1 25,9 Stérilisation masculine 30,1 31,0 34,4 34,0 14,0 Pilule 66,7 70,5 69,8 67,2 42,5 DIU 21,1 22,2 27,2 21,8 7,7 Injection 68,4 75,5 66,7 62,7 41,3 Implant 18,0 20,5 20,1 15,4 6,9 Condom masculin 93,2 93,3 95,5 94,8 87,7 Condom féminin 25,4 22,1 36,0 34,4 17,4 Diaphragme 11,8 11,7 16,5 12,5 6,3 Mousse/gelée 20,5 22,0 27,7 20,5 4,7 Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA) 16,7 21,4 15,5 10,1 3,6 Pilule du lendemain 20,3 20,9 29,8 21,0 5,9 Une méthode traditionnelle 68,9 73,2 80,4 72,2 28,8 Continence périodique 59,6 63,1 69,8 63,1 25,1 Retrait 60,3 65,0 75,1 60,4 20,0 Autres 7,5 8,2 10,3 6,5 3,1 Nombre moyen de méthodes connues 5,7 6,0 6,5 5,8 3,1 Connaît au moins 3 méthodes modernes 70,4 74,7 74,6 71,6 41,3 Effectif 2 709 1 607 311 490 301 1 A eu des rapports sexuels dans le mois précédant l’enquête 2 N’a pas eu des rapports sexuels dans le mois précédant l’enquête 66 | Planification familiale Selon le milieu de résidence, on constate que les femmes du milieu urbain connaissent mieux les méthodes modernes de contraception que les femmes du milieu rural (95 % contre 89 %). Par contre, chez les hommes, les différences de connaissance d’une méthode moderne selon le milieu de résidence sont négligeables. À Cotonou, la connaissance est universelle chez les hommes comme chez les femmes. Sur le plan départemental, le niveau de connaissance des méthodes modernes chez les femmes est élevé, quasi-universel dans les départements de l’Atlantique et du Zou (respectivement 100 % et 98 %) et supérieur à 92 % dans les départements du Mono et de l’Ouémé. Le niveau de connaissance des femmes est relativement faible dans les départements du nord (77 % dans les départements de l’Atacora et du Borgou). Il semble que le niveau d’instruction des femmes influe sur la connaissance des méthodes de planification familiale. On remarque ainsi que plus le niveau d’instruction augmente, plus le niveau de connaissance augmente, les proportions passant de 89 % pour les femmes sans instruction à 97 % pour les femmes de niveau d’instruction primaire ; la connaissance est presque universelle pour celles ayant le niveau secondaire ou plus. 5.2 PRATIQUE DE LA CONTRACEPTION Aux personnes qui avaient déclaré connaître une méthode contraceptive, l’enquêtrice a demandé si elles avaient déjà utilisé cette méthode. Ces informations permettent de mesurer le niveau de pratique de la contraception à un moment quelconque de la vie des enquêtés (tableau 5.3). D’après les résultats de l’enquête (voir tableau 5.3), 46 % des femmes ont déjà utilisé au moins une méthode contraceptive à un moment quelconque de leur vie. Les méthodes traditionnelles, en particulier la continence périodique (26 %), ont été plus utilisées que les méthodes modernes (38 % contre 22 %). Parmi les méthodes modernes, ce sont le condom (10 %), la pilule (7 %) et l’injection (5 %) qui ont été les plus utilisés. En outre, on constate que les femmes en union ont eu davantage recours aux méthodes contraceptives que l’ensemble des femmes (50 % contre 46 %). Elles ont principalement utilisé les méthodes traditionnelles (42 %). Seulement 22 % des femmes en union ont déclaré avoir utilisé une méthode moderne de contraception. En outre, on constate que la proportion des femmes en union ayant Graphique 5.1 Connaissance de la contraception par les femmes en union de 15-49 ans Bénin 2001 ����������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������� � ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ��������������������������������������������������������������������������������������� �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ��������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������ ���������������������������������������������������������������������������������������������� ��������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ������������������������������ �������������������������������������������������������� ������������������ � ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������� MÉTHODE QUELCONQUE MÉTHODE MODERNE Stérilisation féminine Stérilisation masculine Pilule DIU Injection Implant Condom masculin Condom féminin Diagphragme Mousse/gelée Aménorrhée Lactaire (MAMA) Contraception d’urgence MÉTHODE TRADITIONNELLE Continence périodique Retrait 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Planification familiale | 67 utilisé une méthode à un moment quelconque varie selon l’âge de la femme : les femmes de 15-19 ans et celles de 20-24 ans sont celles qui ont le moins fréquemment utilisé une méthode (respectivement 26 % et 45 %) contre plus de la moitié chez les femmes en union âgées de 25 ans ou plus. On note, par ailleurs, que les femmes qui ne sont pas en union mais sexuellement actives ont plus fréquemment déclaré avoir utilisé la contraception que les femmes en union (68 % contre 50 %) (graphique 5.2). On constate le même écart lorsqu’on considère uniquement les méthodes modernes (46 % contre 22 %). Cette différence de niveau provient, en grande partie, d’une utilisation plus fréquente du condom masculin de la part des femmes qui ne sont pas en union (35 % contre 8 % chez les femmes en union). Tableau 5.2 Connaissance des méthodes contraceptives par caractéristiques socio-démographiques Pourcentage de femmes et d’hommes actuellement en union qui connaissent au moins une méthode de contraception et de ceux qui connaissent au moins une méthode moderne, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique Connaît une méthode Connaît une méthode moderne1 Effectif Connaît une méthode Connaît une méthode moderne1 Effectif Groupe d’âges 15-19 82,1 81,0 287 100,0 100,0 5 20-24 90,8 90,4 867 93,5 92,2 93 25-29 92,6 91,4 1 069 96,1 96,1 280 30-34 94,3 93,9 791 97,6 96,9 312 35-39 92,8 92,4 700 97,4 97,0 262 40-44 91,5 90,1 478 96,5 96,5 224 45-49 89,7 87,8 370 94,3 93,1 201 50-54 na na na 88,3 88,3 72 55 ou plus na na na 95,5 93,5 158 Milieu de résidence Ensemble urbain 95,1 94,6 1 572 97,0 96,4 598 Cotonou 99,3 99,1 472 100,0 100,0 193 Autres villes 93,2 92,7 1 100 95,6 94,7 405 Rural 89,7 88,7 2 990 95,2 94,6 1 010 Département Atacora 77,0 76,6 585 88,5 88,5 206 Ensemble Atlantique 99,5 99,4 917 100,0 100,0 339 Atlantique 99,6 99,6 445 100,0 100,0 146 Cotonou 99,3 99,1 472 100,0 100,0 193 Borgou 77,5 77,0 798 89,4 89,4 307 Mono 97,3 94,8 535 100,0 100,0 154 Ouémé 94,0 92,9 769 99,2 97,2 284 Zou 99,5 98,4 958 97,8 96,3 318 Niveau d’instruction Aucun niveau 89,2 88,1 3 294 93,1 91,8 781 Primaire 97,0 96,5 883 98,1 98,1 510 Secondaire ou plus 99,5 99,5 385 99,3 99,3 317 Ensemble 91,6 90,7 4 563 95,9 95,3 1 607 na = Non applicable 1 Stérilisation féminine, stérilisation masculine, pilule, DIU, injection, implants, condom masculin, condom féminin, diaphragme, mousse ou gelée, méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA), et la pilule du lendemain Tableau 5.3 Utilisation de la contraception à un moment quelconque Pourcentages de femmes, de femmes actuellement en union, et de celles qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives qui ont déjà utilisé une méthode contraceptive, par méthode spécifique et âge, Bénin 2001 Méthode moderne Méthode traditionnelle Groupe d’âges N’importe quelle méthode Une méthode moderne Stéril. fém. Stéril. masc. Pilule DIU Injection Implant Condom masculin Condom féminin Diaph- ragme Mousse/ gelée MAMA Contra- ception d’urgence Une méthode tradi- tionnelle Contin. pério- dique Retrait Autres Effectif ENSEMBLE DES FEMMES 15-19 19,4 10,1 0,0 0,0 1,5 0,0 0,6 0,0 8,1 0,0 0,0 0,3 0,5 0,5 14,6 10,6 6,8 0,6 1 233 20-24 48,0 22,9 0,0 0,0 5,9 0,5 1,9 0,3 16,1 0,4 0,1 0,5 1,4 1,4 39,9 27,9 23,6 0,8 1 215 25-29 52,6 23,7 0,2 0,0 9,1 1,1 3,8 0,3 9,5 0,2 0,0 1,0 4,5 1,6 43,8 29,8 28,8 0,7 1 170 30-34 56,8 27,6 0,2 0,1 8,6 1,8 7,7 0,2 11,5 0,0 0,1 1,3 5,5 2,9 47,9 31,0 31,7 1,2 866 35-39 56,6 25,7 0,2 0,0 10,4 2,3 7,7 1,1 6,1 0,0 0,1 1,2 4,5 1,3 46,0 30,1 32,2 2,2 745 40-44 52,9 25,3 0,9 0,0 10,8 3,7 8,8 0,7 5,2 0,0 0,2 1,4 4,0 1,4 41,9 27,2 28,8 2,1 548 45-49 51,5 21,1 1,2 0,0 7,0 1,9 7,4 0,5 3,0 0,0 0,8 0,3 4,6 1,4 43,3 30,6 28,8 2,2 442 Ensemble 46,1 21,6 0,3 0,0 7,1 1,3 4,5 0,4 9,5 0,1 0,1 0,8 3,2 1,5 37,9 25,6 24,2 1,2 6 219 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 25,7 9,3 0,0 0,0 2,7 0,0 0,7 0,0 5,2 0,0 0,0 0,3 2,1 0,4 20,4 13,5 12,2 0,4 287 20-24 44,9 18,7 0,0 0,0 6,1 0,5 2,4 0,5 11,0 0,1 0,2 0,5 1,8 0,9 37,3 23,3 24,4 0,4 867 25-29 51,8 22,6 0,1 0,0 9,0 1,1 3,9 0,4 8,0 0,1 0,0 0,9 4,5 1,3 42,6 28,6 28,4 0,8 1 069 30-34 55,7 26,0 0,2 0,1 8,5 1,9 7,3 0,2 10,0 0,0 0,1 1,1 5,2 2,4 47,6 29,8 32,4 1,2 791 35-39 56,8 25,5 0,3 0,0 10,4 2,2 7,8 1,1 5,9 0,0 0,0 1,2 4,6 1,4 46,5 29,8 33,1 2,2 700 40-44 52,8 25,4 0,8 0,0 10,3 4,1 9,0 0,6 4,4 0,0 0,2 1,4 4,3 1,2 41,7 26,5 29,0 2,0 478 45-49 52,2 21,5 1,1 0,0 7,5 2,3 7,6 0,6 2,4 0,0 1,0 0,3 4,6 1,4 44,1 30,9 30,0 1,9 370 Ensemble 50,4 22,3 0,3 0,0 8,2 1,6 5,4 0,5 7,6 0,0 0,2 0,9 4,0 1,3 41,7 27,0 28,2 1,2 4 563 SEXUELLEMENT ACTIVES NON EN UNION1 15-19 50,1 33,7 0,0 0,0 5,2 0,0 2,6 0,0 27,2 0,0 0,0 0,8 0,0 1,7 34,5 25,5 13,0 3,4 125 20-24 82,8 56,5 0,0 0,0 10,4 2,2 1,9 0,0 49,7 1,1 0,0 1,0 0,0 7,3 67,3 59,6 32,0 0,8 98 25-29 85,4 62,1 0,0 0,0 16,9 4,2 7,8 0,0 45,6 0,0 0,0 4,1 4,1 16,4 77,6 57,1 49,2 0,0 26 30-34 76,5 52,3 0,0 0,0 15,7 4,0 10,3 0,0 37,3 0,0 0,0 8,9 5,3 12,9 52,6 43,2 27,6 3,6 22 35-39 58,2 45,3 0,0 0,0 11,3 12,5 10,7 0,0 21,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 46,9 36,2 36,2 0,0 9 40-44 72,8 31,0 7,3 0,0 15,4 0,0 7,3 0,0 15,6 0,0 0,0 7,3 0,0 7,3 65,5 52,9 51,0 0,0 14 45-49 73,2 53,8 10,2 0,0 10,2 0,0 33,2 0,0 10,4 0,0 0,0 0,0 10,2 0,0 41,2 31,4 21,2 9,7 10 Ensemble 67,6 45,7 0,7 0,0 9,5 1,7 4,9 0,0 35,4 0,3 0,0 2,0 1,1 5,7 52,1 42,2 26,0 2,2 304 MAMA = Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée 1 Femmes ayant eu des rapports sexuels dans le mois précédant l’enquête 68 | Planification fam iliale Planification familiale | 69 5.3 UTILISATION ACTUELLE DE LA CONTRACEPTION Le tableau 5.4 présente les proportions de femmes qui utilisent une méthode contraceptive au moment de l’enquête. Si plus de neuf femmes sur dix ont déclaré connaître une méthode contraceptive et si près de la moitié ont déclaré en avoir déjà utilisé une, seulement 18 % ont déclaré en utiliser une au moment de l’enquête. Cette proportion est de 19 % pour les femmes en union. Très peu de femmes ont recours aux méthodes modernes : 7 % de l’ensemble des femmes. Cette proportion est exactement la même lorsqu’on se limite aux seules femmes en union tandis qu’elle est plus de deux fois plus élevée quand on considère les femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives (17 %). Parmi les méthodes modernes les plus utilisées, on trouve, chez les femmes en union, l’injection et la pilule (2 % pour chacune d’elles) et le condom masculin (1 %). Par contre, une proportion relativement élevée des femmes en général et des femmes en union (11 % pour chaque catégorie) utilisent une méthode traditionnelle (7 % pour la continence périodique et 4 % pour le retrait chez les femmes en union). Comme il a été constaté pour l’utilisation passée, les femmes qui ne sont pas en union mais sexuellement actives utilisent davantage les méthodes de contraception que les femmes en union. Ainsi la proportion de femmes qui ne sont pas en union mais sexuellement actives qui utilisent une méthode contraceptive est deux fois plus élevée que celle des femmes en union (38 % contre 19 %). L’écart est encore plus prononcé lorsqu’on considère les méthodes modernes (17 % contre 7 %), en particulier le condom masculin (12 % contre 1 %). Selon l’âge, le tableau 5.4 montre que, chez les femmes en union, la prévalence contraceptive est plus élevée dans le groupe d’âges 20-44 ans et en particulier dans les tranches d’âges de 30-34 ans (20 %) et 35-39 ans (21 %), que dans les générations plus jeunes et plus âgées (8 % chez les femmes de 15-19 ans et 17 % chez les femmes de 45-49 ans). Toutefois, lorsqu’on se limite aux méthodes modernes de contraception, ce sont les femmes de 40-44 ans qui les utilisent le plus fréquemment (9 %). Graphique 5.2 Proportions des femmes ayant déjà utilisé la contraception par état matrimonial Bénin 2001 ��������������������������������������������������������������������������������������������������������� � ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������ ����������������������������������������������������������������������� �������� ������� �������������� �������������� �� � ��������������������������������������������������������������������������������� ��������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������� � ����������������������������������� ������������������������������������������������ �������������� ���������������� ���������� ��� ��� � � ����������������������������������������������������������������� ������������������������������������������� �������������������������������������������� MÉTHODE QUELCONQUE MÉTHODE MODERNE Condom Pilule Injection Méthode d’aménorrhée lactaire DIU Contraception d’urgence Mousse/gelée Stérilisation féminine MÉTHODE TRADITIONNELLE Continence périodique Retrait 0 10 20 30 40 50 60 70 Pourcentage Femmes en union Femmes sexuellement actives non en union ���� �������� Tableau 5.4 Utilisation actuelle de la contraception Répartition (en %) de l’ensemble des femmes, de femmes actuellement en union, et de femmes qui ne sont pas en union et qui sont sexuellement actives, par méthode actuellement utilisée, selon l’âge, Bénin 2001 Méthode moderne Méthode traditionnelle Groupe d’âges N’importe quelle méthode Une méthode moderne Stérili- sation féminine Pilule DIU Injection Implant Condom masculin Diaph- ragme Mousse/ gelée MAMA Une méthode tradition- nelle Contin. pério- dique Retrait Autres N’utilise pas actuelle- ment Total Effectif ENSEMBLE DES FEMMES 15-19 10,1 4,7 0,0 0,8 0,0 0,3 0,0 3,6 0,0 0,0 0,0 5,4 4,3 0,9 0,2 89,9 100,0 1 233 20-24 21,5 7,7 0,0 1,7 0,2 0,7 0,2 4,5 0,0 0,1 0,4 13,8 9,1 4,4 0,3 78,5 100,0 1 215 25-29 19,3 7,3 0,2 1,7 0,5 1,7 0,2 2,3 0,0 0,2 0,5 12,0 7,8 4,0 0,1 80,7 100,0 1 170 30-34 20,3 6,9 0,2 1,9 1,0 1,9 0,1 1,3 0,0 0,2 0,2 13,4 8,8 4,5 0,1 79,7 100,0 866 35-39 20,5 7,9 0,2 1,5 1,2 2,9 0,9 0,6 0,0 0,1 0,3 12,6 7,3 4,8 0,4 79,5 100,0 745 40-44 17,8 7,9 0,9 1,8 1,3 2,9 0,5 0,2 0,0 0,2 0,0 9,9 7,0 2,2 0,7 82,2 100,0 548 45-49 16,2 7,8 1,2 1,0 0,7 3,1 0,2 0,2 0,8 0,0 0,5 8,5 5,6 2,4 0,4 83,8 100,0 442 Ensemble 17,8 7,0 0,3 1,5 0,6 1,6 0,3 2,3 0,1 0,1 0,3 10,9 7,2 3,4 0,3 82,2 100,0 6 219 FEMMES ACTUELLEMENT EN UNION 15-19 7,9 3,4 0,0 1,9 0,0 0,4 0,0 1,1 0,0 0,0 0,0 4,5 3,2 1,3 0,0 92,1 100,0 287 20-24 18,3 6,6 0,0 2,2 0,3 0,9 0,2 2,4 0,0 0,0 0,6 11,7 5,9 5,8 0,0 81,7 100,0 867 25-29 19,2 7,0 0,1 1,8 0,4 1,7 0,2 1,9 0,0 0,2 0,6 12,2 7,7 4,4 0,1 80,8 100,0 1 069 30-34 20,4 7,2 0,2 2,1 1,1 1,9 0,1 1,2 0,0 0,3 0,2 13,2 8,1 4,9 0,1 79,6 100,0 791 35-39 20,9 8,0 0,3 1,5 1,3 3,1 1,0 0,4 0,0 0,1 0,3 12,9 7,5 5,1 0,3 79,1 100,0 700 40-44 19,0 8,8 0,8 2,1 1,5 3,3 0,6 0,2 0,0 0,2 0,0 10,2 7,3 2,5 0,4 81,0 100,0 478 45-49 17,1 8,4 1,1 0,9 0,8 3,7 0,3 0,0 1,0 0,0 0,6 8,7 5,8 2,6 0,3 82,9 100,0 370 Ensemble 18,6 7,2 0,3 1,8 0,8 2,1 0,3 1,3 0,1 0,1 0,4 11,4 6,9 4,3 0,2 81,4 100,0 4 563 SEXUELLEMENT ACTIVES NON EN UNION1 15-19 31,9 15,4 0,0 2,3 0,0 1,7 0,0 11,4 0,0 0,0 0,0 16,6 14,0 0,8 1,7 68,1 100,0 125 20-24 49,8 20,2 0,0 0,8 0,0 0,0 0,0 18,4 0,0 1,0 0,0 29,6 26,8 2,0 0,8 50,2 100,0 98 25-29 40,3 20,2 0,0 0,0 4,2 7,8 0,0 8,2 0,0 0,0 0,0 20,2 20,2 0,0 0,0 59,7 100,0 26 30-34 25,6 4,8 0,0 0,0 0,0 4,8 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 20,8 20,8 0,0 0,0 74,4 100,0 22 35-39 22,0 22,0 0,0 11,3 0,0 0,0 0,0 10,7 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 78,0 100,0 9 40-44 22,2 7,3 7,3 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 14,9 14,9 0,0 0,0 77,8 100,0 14 45-49 50,2 30,8 10,2 10,2 0,0 0,0 0,0 10,4 0,0 0,0 0,0 19,4 9,7 0,0 9,7 49,8 100,0 10 Ensemble 37,8 16,9 0,7 1,9 0,3 1,7 0,0 12,0 0,0 0,3 0,0 20,9 18,6 1,0 1,3 62,2 100,0 304 Note : Si plus d’une méthode est utilisée, seulement la plus efficace est considérée dans ce tableau. MAMA = Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée 1 Femmes ayant eu des rapports sexuels dans le mois précédant l’enquête 70 | Planification fam iliale Tableau 5.5 Utilisation actuelle de la contraception par caractéristiques socio-démographiques Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union par méthode contraceptive actuellement utilisée, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Méthode moderne Méthode traditionnelle Caractéristique socio-démographique N’importe quelle méthode Une méthode moderne Stérili- sation féminine Pilule DIU Injection Implant Condom masculin Diaph- ragme Mousse/ gelée MAMA Une méthode tradition- nelle Contin. pério- dique Retrait Autres N’utilise pas actuelle- ment Total Effectif FEMMES EN UNION Milieu de résidence Ensemble urbain 21,1 9,8 0,4 2,7 1,3 2,6 0,7 1,7 0,0 0,1 0,3 11,2 8,4 2,7 0,1 78,9 100,0 1 572 Cotonou 22,9 11,8 0,7 3,8 1,1 2,4 1,8 1,8 0,0 0,0 0,2 11,1 9,6 1,6 0,0 77,1 100,0 472 Autres villes 20,3 9,0 0,3 2,3 1,4 2,7 0,2 1,6 0,0 0,2 0,4 11,3 7,9 3,2 0,2 79,7 100,0 1 100 Rural 17,3 5,8 0,2 1,4 0,5 1,8 0,2 1,1 0,1 0,1 0,4 11,5 6,1 5,2 0,2 82,7 100,0 2 990 Département Atacora 5,0 4,0 0,5 1,0 0,5 1,0 0,0 1,0 0,0 0,0 0,2 1,0 0,8 0,0 0,2 95,0 100,0 585 Ensemble Atlantique 25,5 10,0 0,6 2,9 0,8 2,5 0,9 1,9 0,0 0,0 0,4 15,5 9,0 6,4 0,1 74,5 100,0 917 Atlantique 28,3 8,1 0,6 1,9 0,6 2,5 0,0 2,0 0,0 0,0 0,6 20,2 8,4 11,5 0,2 71,7 100,0 445 Cotonou 22,9 11,8 0,7 3,8 1,1 2,4 1,8 1,8 0,0 0,0 0,2 11,1 9,6 1,6 0,0 77,1 100,0 472 Borgou 9,9 8,3 0,1 2,2 1,0 3,0 0,1 0,8 0,0 0,3 0,8 1,6 1,3 0,0 0,3 90,1 100,0 798 Mono 21,6 4,2 0,0 0,6 0,3 1,1 0,8 1,3 0,0 0,0 0,0 17,4 4,2 13,2 0,0 78,4 100,0 535 Ouémé 20,1 6,9 0,3 1,6 0,6 2,2 0,1 1,6 0,0 0,3 0,1 13,2 8,0 5,0 0,3 79,9 100,0 769 Zou 24,7 7,4 0,1 2,0 1,0 2,0 0,1 1,0 0,4 0,2 0,6 17,2 14,0 3,1 0,1 75,3 100,0 958 Niveau d’instruction Aucun niveau 15,8 5,3 0,3 1,1 0,6 1,9 0,1 0,8 0,1 0,1 0,4 10,5 5,7 4,7 0,2 84,2 100,0 3 294 Primaire 20,1 8,9 0,0 3,1 0,5 2,2 0,7 1,9 0,0 0,1 0,4 11,2 7,5 3,6 0,1 79,9 100,0 883 Secondaire ou plus 39,0 19,7 0,8 5,1 3,1 3,6 1,6 4,3 0,0 0,6 0,7 19,3 16,5 2,5 0,3 61,0 100,0 385 Nombre d’enfants en vie 0 4,1 1,8 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 1,5 0,0 0,0 0,0 2,3 2,3 0,0 0,0 95,9 100,0 393 1-2 18,4 6,7 0,1 2,3 0,3 1,1 0,2 2,2 0,0 0,1 0,5 11,6 6,9 4,7 0,0 81,6 100,0 1 641 3-4 21,9 7,8 0,3 1,8 1,0 2,1 1,0 0,9 0,0 0,3 0,3 14,1 8,8 5,2 0,1 78,1 100,0 1 264 5 ou plus 20,1 8,9 0,6 1,8 1,3 3,9 0,1 0,4 0,3 0,0 0,4 11,3 6,6 4,2 0,5 79,9 100,0 1 265 Ensemble 18,6 7,2 0,3 1,8 0,8 2,1 0,3 1,3 0,1 0,1 0,4 11,4 6,9 4,3 0,2 81,4 100,0 4 563 HOMMES EN UNION Département Atacora 17,0 14,3 0,4 1,8 0,9 0,0 0,0 11,2 0,0 0,0 0,0 2,7 2,3 0,0 0,4 83,0 100,0 206 Ensemble Atlantique 41,9 17,3 0,0 3,3 0,9 0,9 0,9 10,9 0,0 0,0 0,6 24,6 18,3 5,7 0,5 58,1 100,0 339 Atlantique 37,3 12,4 0,0 3,3 0,6 0,6 0,6 7,4 0,0 0,0 0,0 25,0 16,8 7,6 0,6 62,7 100,0 146 Cotonou 45,4 21,1 0,0 3,2 1,1 1,1 1,1 13,5 0,0 0,0 1,1 24,3 19,5 4,3 0,5 54,6 100,0 193 Borgou 10,5 5,9 0,7 1,6 0,0 1,3 0,0 2,3 0,0 0,0 0,0 4,7 2,7 0,7 1,3 89,5 100,0 307 Mono 37,9 8,5 0,0 0,6 0,6 0,0 1,1 6,2 0,0 0,0 0,0 29,4 11,8 17,6 0,0 62,1 100,0 154 Ouémé 40,2 15,7 0,0 3,1 0,4 4,2 0,0 8,0 0,0 0,0 0,0 24,6 15,1 8,8 0,7 59,8 100,0 284 Zou 49,1 15,2 0,0 1,9 0,7 2,2 0,0 9,7 0,4 0,0 0,4 33,8 18,2 14,5 1,1 50,9 100,0 318 Ensemble 33,5 13,2 0,2 2,2 0,6 1,6 0,3 8,1 0,1 0,0 0,2 20,3 12,1 7,4 0,8 66,5 100,0 1 607 Note : Si plus d’une méthode est utilisée, seulement la plus efficace est considérée dans ce tableau. MAMA = Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée Planification fam iliale | 71 72 | Planification familiale Chez les hommes en union, la pratique actuelle de la contraception est plus élevée (34 %) que chez les femmes en union (19 %), du fait d’une plus grande utilisation aussi bien des méthodes modernes (13 % contre 7 %) que des méthodes traditionnelles (20 % contre 11 %). Ce résultat est observé dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne (Ezeh et al., 1996). Selon les caractéristiques socio-démographiques, on constate au tableau 5.5 des variations dans l’utilisation actuelle des méthodes de contraception. Ainsi, chez les femmes en union, c’est en milieu urbain que l’utilisation de la contraception est la plus fréquente (21 % contre 17 %). La différence d’utilisation constatée entre les milieux urbain et rural est principalement due à la différence d’utilisation observée au niveau des méthodes modernes (10 % contre 6 %). Sur le plan départemental, on constate aussi des disparités dans le niveau d’utilisation. Tout comme pour la connaissance contraceptive, le niveau d’utilisation d’une méthode quelconque est relativement plus élevé dans les départements de l’Atlantique, du Mono, de l’Ouémé et du Zou que dans les départements du nord (Atacora et Borgou). Ainsi, l’Atlantique (28 %) vient en tête, suivi par les départements du Zou (25 %), Cotonou (23 %), Mono (22 %) et Ouémé (20 %). Les départements du nord, Borgou et Atacora figurent en dernière position avec 10 % dans le Borgou et 5 % dans l’Atacora. Le faible niveau de prévalence observé dans les deux départements du nord est le fait d’une faible utilisation des méthodes traditionnelles. La prévalence des méthodes traditionnelles est inférieure à 2 % dans ces départements, alors qu’elle est beaucoup plus importante dans les autres départements (20 % dans l’Atlantique, 17 % dans les départements du Mono et du Zou et 13 % dans l’Ouémé). La prévalence contraceptive augmente avec le niveau d’instruction : de 16 % chez les femmes n’ayant aucun niveau d’instruction, elle passe à 20 % chez les femmes de niveau d’instruction primaire et à 39 % chez celles de niveau secondaire ou plus. Cet ordre est également observé, qu’il s’agisse des méthodes modernes (respectivement, 5 %, 9 % et 20 %) ou des méthodes traditionnelles (11 % pour les femmes non instruites ou n’ayant que le niveau d’instruction primaire et 19 % pour les femmes de niveau secondaire ou plus). Par rapport à la parité atteinte, le taux de prévalence est très faible chez les femmes sans enfant (4 %). On ne constate pas d’écart réellement significatif selon le nombre d’enfants, les proportions variant de 18 % pour les femmes ayant un à deux enfants à 22 % pour celles ayant 3-4 enfants. 5.4 UTILISATION DE LA CONTRACEPTION SELON LE STATUT DE LA FEMME Le tableau 5.6 indique que la prévalence contraceptive passe de 11 % chez les femmes en union ne prenant aucune décision à 25 % chez celles qui prennent 3 à 4 décisions dans leur ménage, ce qui semblerait montrer que plus la femme est impliquée dans les décisions du ménage, plus son recours à des méthodes contraceptives est élevé. Quand on considère la prévalence contraceptive en fonction des raisons justifiant le refus des rapports sexuels, la prévalence contraceptive passe de 11 % chez les femmes qui considèrent qu’en aucun cas une femme ne peut refuser d’avoir des rapports sexuels avec son mari à 20 % chez celles qui considèrent que dans 3-4 situations, la femme a le droit de refuser les rapports sexuels. En ce qui concerne les raisons justifiant qu’un homme puisse battre sa femme, la prévalence passe de 10 % quand la femme considère que dans 5 situations spécifiques un mari a le droit de battre sa femme à 20 % quand la femme estime que dans aucun cas, un homme n’a le droit de battre sa femme. 5.5 NOMBRE D’ENFANTS À LA PREMIÈRE UTILISATION L’utilisation de la contraception pour la première fois peut, en fonction de la parité atteinte, répondre à des objectifs différents : retard de la première naissance si l’utilisation commence lorsque la femme n’a pas encore d’enfants, espacement des naissances si la contraception débute à des parités Tableau 5.6 Utilisation actuelle de la contraception par statut de la femme Répartition (en %) des femmes actuellement en union par méthode contraceptive actuellement utilisée, selon certains indicateurs du statut de la femme, Bénin 2001 Méthode moderne Méthode traditionnelle Statut de la femme N’importe quelle méthode Une méthode moderne Stérili- sation féminine Pilule DIU Injection Implant Condom masculin Diaph- ragme Mousse/ gelée MAMA Une méthode tradition- nelle Contin. pério- dique Retrait Autres N’utilise pas actuelle- ment Total Effectif Nombre de décisions prises par la femme1 0 10,9 6,5 0,1 1,2 0,1 1,9 0,3 1,4 0,4 0,3 0,8 4,3 2,9 1,3 0,1 89,1 100,0 820 1-2 15,6 6,7 0,4 1,7 0,7 2,0 0,2 1,3 0,0 0,3 0,2 8,9 5,7 3,0 0,1 84,4 100,0 1 352 3-4 24,5 8,2 0,2 2,2 1,2 2,4 0,2 1,4 0,0 0,1 0,5 16,3 8,8 7,4 0,1 75,5 100,0 1 567 5 20,0 6,6 0,4 2,0 0,6 1,7 0,8 0,9 0,0 0,0 0,1 13,3 9,4 3,7 0,3 80,0 100,0 824 Nombre de raisons justifiant le refus de rapports sexuels avec le mari 0 11,3 5,5 0,5 1,3 1,3 2,0 0,0 0,5 0,0 0,0 0,0 5,7 3,3 2,4 0,0 88,7 100,0 209 1-2 15,6 7,0 0,4 1,9 0,4 2,0 0,3 1,2 0,0 0,2 0,5 8,6 4,9 3,6 0,1 84,4 100,0 965 3-4 19,9 7,3 0,2 1,9 0,8 2,1 0,4 1,3 0,1 0,1 0,4 12,6 7,7 4,7 0,2 80,1 100,0 3 389 Nombre de raisons justifiant qu’un mari frappe sa femme 0 20,4 9,0 0,5 2,7 1,1 1,9 0,5 1,7 0,0 0,1 0,4 11,3 7,4 3,8 0,1 79,6 100,0 1 647 1-2 21,2 7,1 0,2 1,9 0,6 2,7 0,3 0,7 0,1 0,2 0,4 14,2 9,1 4,8 0,2 78,8 100,0 1 106 3-4 17,7 6,2 0,1 1,0 0,6 1,9 0,4 1,5 0,2 0,2 0,4 11,5 6,1 5,3 0,1 82,3 100,0 1 275 5 9,8 4,1 0,2 1,1 0,2 1,7 0,0 0,5 0,0 0,0 0,4 5,7 2,8 2,5 0,4 90,2 100,0 535 Ensemble 18,6 7,2 0,3 1,8 0,8 2,1 0,3 1,3 0,1 0,1 0,4 11,4 6,9 4,3 0,2 81,4 100,0 4 563 Note : Si plus d’une méthode est utilisée, seulement la plus efficace est considérée dans ce tableau. MAMA = Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée 1 Soit par elle-même ou conjointement avec quelqu’un d’autre Planification fam iliale | 73 74 | Planification familiale faibles, ou encore limitation de la descendance lorsque la contraception commence à des parités élevées, c’est-à-dire lorsque le nombre d’enfants désiré est déjà atteint. Le tableau 5.7 présente, par groupe d’âges, la répartition des femmes en union selon le nombre d’enfants vivants qu’elles avaient au moment où elles ont utilisé la contraception pour la première fois. En premier lieu, on constate que la proportion de femmes ayant utilisé la contraception pour la première fois alors qu’elles étaient nullipares augmente des générations les plus anciennes aux générations les plus récentes (12 % chez celles de 45-49 ans à 52 % à 20-24 ans et à 84 % chez celles de 15-19 ans). Il semble donc que les jeunes générations ont plus tendance que les anciennes à retarder la venue du premier enfant. Il y a toutefois lieu de constater que les proportions les plus importantes de femmes pratiquant la contraception après la naissance du premier enfant sont observées chez celles de 25-29 ans (43 % contre 31 % pour les 45-49 ans, et 27 % pour celles de 40-44 ans). Cette pratique reste relativement faible chez les 15-19 ans (14 %). Par ailleurs, en ce qui concerne les générations anciennes, on note une proportion importante de femmes ayant commencé à utiliser la contraception à une parité supérieure ou égale à 4 (32 % chez celles de 40-44 ans et 28 % chez celles de 45-49 ans). Cette pratique contraceptive a probablement pour but la limitation des naissances. 5.6 CONNAISSANCE DE LA PÉRIODE FÉCONDE Une meilleure connaissance du cycle menstruel permet l’utilisation efficace de la continence périodique. C’est ainsi que, pendant l’enquête, on a demandé aux femmes si elles pensaient qu’au cours du cycle, il y avait une période durant laquelle elles avaient plus de chance de tomber enceinte et, si oui, à quel moment du cycle se situait cette période. Ces réponses sont regroupées en trois catégories dans le tableau 5.8. • Connaissance exacte : « entre deux périodes de menstruation » (milieu du cycle) ; • Connaissance douteuse : « juste avant le début de période » ou « juste après la fin des règles ». Ces réponses sont vagues, mais elles peuvent correspondre à la période de fécondité : • Méconnaissance : « pendant sa période », « pas de période spécifique », « autre » et « ne sait pas ». Le tableau 5.8 montre que seulement un peu plus du quart des femmes (27 %) ont une connaissance exacte de leur période féconde, 23 % ont une connaissance douteuse tandis que 50 % ne savent pas situer correctement cette période. Parmi les femmes qui pratiquent la continence périodique, les deux tiers d’entre elles (66 %) ont une connaissance précise de la période féconde. À l’EDSB-I de Tableau 5.7 Nombre d’enfants à la première utilisation Répartition (en %) des femmes qui ont déjà utilisé un moyen de contraception par nombre d’enfants vivants lors de la première utilisation de la contraception, selon l’âge actuel, Bénin 2001 Nombre d’enfants en vie à la première utilisation Âge actuel 0 1 2 3 4 ou plus Manquant Total Effectif 15-19 83,9 13,7 1,5 0,0 0,0 0,9 100,0 239 20-24 52,4 40,4 5,9 0,9 0,2 0,2 100,0 584 25-29 31,7 42,9 14,0 6,7 4,5 0,2 100,0 616 30-34 24,3 32,8 19,6 11,9 11,2 0,2 100,0 492 35-39 13,9 33,9 16,6 12,5 22,9 0,2 100,0 422 40-44 11,5 27,1 18,4 10,6 32,0 0,4 100,0 290 45-49 12,0 31,0 18,7 9,7 27,6 0,9 100,0 228 Ensemble 32,8 34,4 13,5 7,3 11,7 0,3 100,0 2 870 Planification familiale | 75 1996, la moitié (54 %) des femmes utilisatrices de la continence périodique avaient une connaissance exacte de leur période féconde. Tableau 5.8 Connaissance de la période féconde Répartition (en %) des femmes qui utilisent la continence périodique, des femmes qui n’utilisent pas la continence périodique et de l’ensemble des femmes par leur connaissance de la période féconde au cours du cycle menstruel, Bénin 2001 Connaissance de la période féconde Utilisatrices de continence périodique Non utilisatrices de continence périodique Ensemble des femmes Avant le début des règles 1,0 1,2 1,1 Pendant les règles 0,5 0,6 0,6 À la fin des règles 23,6 21,6 21,7 Entre deux périodes de menstruation 65,6 23,8 26,9 Autre 1,9 0,2 0,3 N’importe quand 2,5 16,7 15,7 NSP 5,0 35,7 33,5 Manquant 0,0 0,2 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 450 5 769 6 219 5.7 SOURCE D’APPROVISIONNEMENT EN MÉTHODES CONTRACEPTIVES Au cours de l’EDSB-II, on a demandé aux femmes utilisatrices des méthodes modernes de contraception d’indiquer l’endroit où elles ont obtenu leur méthode. Cela permet d’évaluer le rôle joué par les secteurs public et privé dans la distribution des contraceptifs. Les données du tableau 5.9 et du graphique 5.3 montrent que les femmes qui utilisent les méthodes modernes les obtiennent plus fréquemment du secteur public (46 %) que du secteur médical privé (23 %) et autres secteurs privés (27 %). Les centres de santé publics (27 %), les pharmacies (16 %), les parents/amis (15 %) et les boutiques/marchés (12 %) sont les premières sources d’approvisionnement en méthodes contraceptives. Près des trois quarts des femmes utilisatrices du DIU (90 %) et des injections (78 %) les ont obtenus auprès du secteur public. De même, le secteur public constitue la principale source d’approvisionnement pour la pilule (35 %). En ce qui concerne le condom masculin, plus de la moitié des utilisatrices (55 %) s’approvisionnent soit auprès des amis ou parents (35 %), soit dans les boutiques ou marchés (20 %). 5.8 CHOIX DE LA MÉTHODE ET INFORMATION Pour éviter toute déception aux femmes désireuses d’utiliser la contraception, les spécialistes de la planification familiale se doivent de bien cerner leurs objectifs (espacer ou limiter les naissances) et de les informer suffisamment sur les méthodes disponibles afin qu’elles fassent le choix adéquat. À l’EDSB-II, on a demandé aux utilisatrices de méthodes modernes si elles ont été suffisamment informées sur les méthodes (irréversibilité, efficacité, effets secondaires et précautions en cas d’effets secondaires). Le tableau 5.10 présente une synthèse des résultats obtenus. Dans 54 % des cas, on a proposé aux utilisatrices de la contraception moderne d’autres méthodes mais dans seulement 44 % des cas, ont les a informées des effets secondaires de la méthode qu’elles 76 | Planification familiale utilisaient. Moins du tiers (28 %) d’entre elles ont été informées des précautions à prendre en cas d’effets secondaires. Les utilisatrices les mieux informées des effets secondaires de leur méthode sont celles utilisant le DIU (57 %), l’implant (55 %) et l’injection (54 %). On note également que le personnel du secteur public a plus informé les utilisatrices des effets secondaires des méthodes que le secteur privé (58 % contre 53 %). Tableau 5.9 Source d’approvisionnement Répartition (en %) des utilisatrices actuelles de méthodes contraceptives modernes par source d’approvisionnement ou d’information la plus récente, selon les méthodes spécifiques, Bénin 2001 Source d’approvisionnement Pilule DIU Injection Condom masculin Ensemble1 Secteur public 35,3 89,6 77,8 8,2 45,5 Hôpital gouvernemental 6,6 27,0 9,2 0,6 8,9 Centre de santé gouv. 18,0 42,5 56,2 5,2 27,0 Clinique de planification familial 4,6 20,1 9,4 0,7 6,3 Agent de terrain 1,3 0,0 0,0 0,0 0,3 Centre social 0,0 0,0 0,0 0,8 0,5 Agent de santé strat. av. 1,1 0,0 1,8 0,0 0,7 Agent santé/relai comm. 1,2 0,0 0,0 0,8 1,1 Distributeur automatique 1,3 0,0 0,0 0,0 0,3 Autre public 1,3 0,0 1,2 0,0 0,6 Secteur médical privé 28,7 10,4 19,8 28,4 23,4 Hôpital/clinique privé 1,3 0,0 3,4 0,0 1,4 Hôpital confessionnel 0,0 2,6 2,0 0,0 1,2 Pharmacie 24,3 0,0 4,1 27,8 16,0 ABPF 2,3 3,0 3,1 0,0 2,2 Cabinet médical 0,9 2,7 3,5 0,0 1,3 Agent de santé (ONG) 0,0 0,0 1,1 0,7 0,5 Autre privé médical 0,0 2,2 2,6 0,0 0,8 Autre source 30,2 0,0 2,4 55,2 26,7 Boutique/marché 22,6 0,0 0,0 19,8 12,1 Parents/amis 7,6 0,0 2,4 35,4 14,6 Autres 3,5 0,0 0,0 6,9 3,2 Manquant 2,3 0,0 0,0 1,3 1,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 92 36 100 144 415 Note : Le tableau exclut la méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA). Dû à de faibles effectifs, les sources d’approvisionnement des utilisatrices de la stérilisation féminine, de l’implant, du diaphragme et de la mousse/gelée ne figurent pas dans ce tableau. 1 L’ensemble comprend 16 utilisatrices de la stérilisation féminine, 16 utilisatrices de l’implant, 4 du diaphragme et 8 de la mousse/gelée. Planification familiale | 77 5.9 UTILISATION FUTURE DE LA CONTRACEPTION On a demandé aux femmes et aux hommes qui n’utilisaient pas la contraception au moment de l’enquête s’ils avaient l’intention d’utiliser une méthode dans l’avenir. Le tableau 5.11 et le graphique 5.4 présentent la répartition des femmes et des hommes en union et non utilisateurs de la contraception selon leur intention d’utiliser une méthode dans l’avenir. Ce tableau montre que 53 % des femmes en union non-utilisatrices déclarent avoir l’intention d’utiliser une méthode dans un proche avenir (c’est-à-dire, dans les 24 prochains mois). Cependant, 36 % des non utilisatrices de contraception déclarent ne pas avoir l’intention d’en utiliser. L’intention d’utiliser une méthode contraceptive varie selon la parité. En effet, la proportion de femmes en union qui ont l’intention d’utiliser une méthode dans les 24 prochains mois passe de 46 % chez celles qui n’ont pas d’enfant à 55 % chez celles qui ont un enfant et chez celles qui ont trois enfants. Celles qui ont quatre enfants ou plus sont 52 % à avoir l’intention d’en utiliser dans l’avenir. Concernant les hommes en union, 45 % ont l’intention d’utiliser une méthode dans un proche avenir. Contrairement aux femmes, une proportion importante d’hommes (47 %) n’a pas l’intention d’utiliser une méthode dans l’avenir. Toutefois, par rapport à l’enquête EDSB-I de 1996, cette proportion est en baisse ; il y a cinq ans, plus de six hommes non utilisateurs sur dix (61 %) n’avaient pas l’intention d’utiliser la contraception. Graphique 5.3 Proportions des femmes qui utilisent la contraception par état matrimonial Bénin 2001 ����������������������������������������������������������������������������������������������������� � ���������������������������������������������������� ��������������������������������������� ����� �� ����� ���� � ���������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������� ��� �������������������������������������������������� � �������������������� �������������������������� ���� ��������� ���� �� �� � ������������������������������� ��������������������������������������������������������������������������������� ��� MÉTHODE QUELCONQUE MÉTHODE MODERNE Pilule Condom Injection DIU Méthodes vaginales Sterilisation féminine Méthodes d’aménorrhée lactaire MÉTHODE TRADITIONNELLE Continence périodique Retrait 0 10 20 30 40 Pourcentage Femmes en union Femmes non en union sexuellement actives ���� �������� ���� 78 | Planification familiale Tableau 5.10 Choix de la méthode et information Pourcentage de femmes utilisatrices de méthodes contraceptives modernes qui ont choisi la méthode actuelle dans les cinq années ayant précédé l’enquête et qui ont été informées des effets secondaires de la méthode utilisée et pourcentage de celles qui ont été informées sur ce qu’il fallait faire en cas d’effets secondaires, et pourcentage de femmes qui ont été informées des autres méthodes de contraception qu’elles pourraient utiliser et pourcentage des femmes stérilisées au cours des cinq années précédant l’enquête qui ont été informées qu’elles ne pourraient plus avoir d’enfants, par méthode spécifique, source initiale de la méthode et caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Méthode, source et caractéristique Informée des effets secondaires de la méthode utilisée1 Informée sur précautions à prendre contre les effets secondaires1 Informée sur d’autres méthodes qu’elle peut utiliser2 Méthode Stérilisation féminine 12,1 12,1 18,1 Pilule 31,6 19,6 51,0 DIU 56,5 35,9 70,4 Injection 54,1 35,4 62,1 Implant 55,1 31,5 81,4 Autres3 na na 20,0 Première source de la méthode4 Secteur public 58,1 38,4 71,3 Hôpital gouvernemental 54,9 40,7 62,1 Centre de santé gouv. 60,9 39,5 78,8 Clinique planification familial 52,8 42,4 60,8 Agent de santé strat. av. 100,0 0,0 0,0 Agent santé/relai comm. 0,0 0,0 69,2 Autre public 50,4 0,0 71,5 Secteur médical privé 52,8 29,6 68,2 Hôpital/clinique privé 56,9 45,4 54,4 Hôpital confessionnel 68,2 31,8 100,0 Pharmacie 53,5 18,3 58,6 ABPF 70,5 58,5 100,0 Cabinet médical 28,9 28,9 80,6 Autre privé médical 57,1 0,0 79,9 Autre source 3,7 3,7 25,7 Boutique/marché 0,0 0,0 21,3 Parents/amis 9,5 9,5 31,4 Milieu de résidence Ensemble urbain 41,7 26,8 53,0 Cotonou 34,0 22,6 48,1 Autres villes 47,1 29,6 56,1 Rural 46,3 29,8 55,2 Département Atacora 47,4 42,1 61,8 Ensemble Atlantique 32,4 21,8 43,7 Atlantique 29,3 20,1 35,3 Cotonou 34,0 22,6 48,1 Borgou 43,7 38,1 62,0 Mono 61,2 11,1 72,3 Ouémé 49,6 37,1 47,4 Zou 52,4 21,5 57,8 Niveau d’instruction Aucun niveau 41,3 28,1 55,6 Primaire 44,9 30,8 45,1 Secondaire ou plus 48,2 25,7 59,9 Ensemble 43,9 28,2 54,1 Effectif 259 259 288 na = Non applicable 1 Parmi les utilisatrices de stérilisation féminine, pilule, DIU, injection et implants 2 Parmi les utilisatrices de stérilisation féminine, pilule, DIU, injection, implants, condom féminin, diaphragme, mousse ou gelée, et méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA) 3 Condom féminin, diaphragme, mousse ou gelée, et méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA) 4 Source au début d’utilisation de la méthode actuelle Planification familiale | 79 Tableau 5.11 Utilisation future Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union n’utilisant pas actuellement de méthode contraceptive, par intention d’utiliser une méthode dans l’avenir, selon le nombre d’enfants vivants, Bénin 2001 Nombre d’enfants vivants1 Intention 0 1 2 3 4 ou plus Ensemble FEMMES A l’intention d’utiliser 45,9 55,4 53,5 55,1 51,8 52,9 Pas sûre 14,7 13,4 9,3 10,6 8,8 10,4 N’a pas l’intention d’utiliser 38,9 30,6 36,2 33,5 38,8 36,0 Manquant 0,5 0,5 0,9 0,9 0,6 0,7 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 220 706 663 564 1 561 3 714 HOMMES A l’intention d’utiliser 38,9 45,2 50,8 44,8 43,8 44,5 Pas sûre 10,7 9,3 7,5 6,3 8,3 8,5 N’a pas l’intention d’utiliser 50,4 45,1 41,7 48,9 47,7 46,8 Manquant 0,0 0,5 0,0 0,0 0,2 0,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 193 195 181 130 330 1 069 1 Y compris la grossesse actuelle Graphique 5.4 Utilisation actuelle de la contraception par les femmes de 15-49 ans en union Bénin 2001 � ������������������������������� ������������������������������������������������������� ������������������������������������������ ���������������� � ����������� ��������������������������������� ����������������������������������������������������� ����������������������������������������������������� ��������������������������������������� � ��������������� ������������������������������������������������������������������������������������������ ��������������������������������������������������� � ����������������������������� ����������������������������������������������������������� ���������������������������������� ����� � ���� ���� ���������������������������������������������������� ���������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������������ ������������������������������������������������������������������������������� � ��������������������������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������� �������������������������������������������������� RÉSIDENCE Cotonou Autres villes Ensemble urbain Rural DÉPARTEMENT Atacora Atlantique Cotonou Borgou Mono Ouémé Zou INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou plus 0 10 20 30 40 50 Pourcentage Méthodes Modernes Tradititionnelles/populaires ���� ���� 80 | Planification familiale 5.10 RAISONS DE NON UTILISATION DE LA CONTRACEPTION ET MÉTHODES PRÉFÉRÉES PAR LES FUTURES UTILISATRICES À l’EDSB-II, on a demandé aux femmes et aux hommes qui n’avaient pas l’intention d’utiliser la contraception dans le futur d’en donner la raison. Il ressort de l’analyse du tableau 5.12 que les raisons de non intention d’utilisation de la contraception les plus évoquées sont relatives à la fécondité (50 % dont 18 % voulant un autre enfant, 12 % ayant des rapports sexuels peu fréquents et 21 % pour des raisons d’infécondabilité temporaire ou définitive). L’opposition à la pratique contraceptive est citée par 21 % des femmes : dans 15 % des cas, c’est l’enquêtée elle-même qui y est opposée ; dans 3 % des cas, c’est le partenaire qui y est opposé et dans 3 % des cas, l’enquêtée a avancé des motifs religieux. Les raisons relatives à la méconnaissance des méthodes contraceptives ou des sources d’approvisionnement sont évoquées par 8 % des femmes. Les effets secondaires et les problèmes de santé sont cités respectivement par 9 % et 6 % des femmes. Tableau 5.12 Raison de non-intention d’utilisation de la contraception Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union qui n’utilisent pas actuellement une méthode contraceptive et qui n’ont pas l’intention d’en utiliser une dans l’avenir, selon la principale raison pour laquelle ils n’ont pas l’intention d’utiliser la contraception, selon l’âge, Bénin 2001 Femmes Hommes Groupe d’âges Groupe d’âges Raison 15-29 30-49 Ensemble 15-29 30 ou plus Ensemble Raisons liées à la fécondité 35,3 59,0 50,0 48,9 42,1 43,7 Rapports sexuels peu fréquents 7,6 14,5 11,9 9,7 11,9 11,4 Ménopause/hystérectomie 0,0 20,0 12,4 9,3 7,2 7,7 Sous-fécondité/stérilité 7,6 8,5 8,1 9,8 6,9 7,6 Veut un autre enfant 20,1 16,0 17,6 20,1 16,1 17,0 Opposition à l’utilisation 28,6 16,3 21,0 20,5 19,6 19,9 Enquêté(e) opposé(e) 19,1 12,0 14,7 12,6 11,9 12,0 Conjoint(e) opposé(e) 4,6 1,5 2,7 3,0 2,2 2,4 Autres personnes opposées 0,3 0,1 0,2 0,0 0,6 0,4 Interdits religieux 4,7 2,6 3,4 4,9 5,0 5,0 Problèmes liés à la connaissance 12,0 5,6 8,1 9,5 10,0 9,9 Ne connaît aucune méthode 7,0 4,1 5,2 4,8 5,7 5,5 Ne connaît aucune source 4,9 1,6 2,9 4,7 4,2 4,3 Raisons liées à la méthode 18,3 16,5 17,2 14,5 20,2 18,9 Problèmes de santé 4,8 6,0 5,5 1,8 6,4 5,4 Peur des effets secondaires 10,9 7,5 8,8 10,7 10,8 10,8 Difficulté d’accès 0,0 0,5 0,3 0,0 0,4 0,3 Trop chère 1,1 1,1 1,1 2,0 1,4 1,5 Inconvénients à l’utilisation 1,0 0,1 0,5 0,0 0,6 0,5 Interfère avec le corps 0,5 1,3 1,0 0,0 0,6 0,5 Autre 0,4 0,6 0,5 0,8 0,2 0,4 NSP 5,1 1,9 3,1 3,9 4,9 4,7 Manquant 0,4 0,1 0,2 0,0 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 511 825 1 336 100 331 431 Planification familiale | 81 Les hommes ont principalement avancé des raisons liées à la fécondité (44 %). Il faut aussi noter qu’un homme sur cinq a déclaré être opposé à l’utilisation de la contraception. Par ailleurs, on a demandé aux femmes qui avaient l’intention d’utiliser la contraception dans l’avenir la méthode qu’elles souhaiteraient utiliser. Le tableau 5.13 indique que la grande majorité de femmes (80 %) a cité les méthodes contraceptives modernes. Il y a donc un progrès par rapport à 1996, où seulement 68 % des femmes ayant l’inten- tion d’utiliser la contraception préféraient la contraception moderne. Les méthodes les plus citées à l’EDSB-II de 2001 sont l’injection (44 %) et la pilule (21 %). Parmi les hommes favorables à une utilisation future de la contraception, 68 % ont déclaré vouloir utiliser les méthodes modernes, notamment les injections (34 %), le condom masculin (15 %) et la pilule (12 %). 5.11 INFORMATIONS SUR LA CONTRACEPTION Au cours de l’enquête, on a demandé aux femmes si elles avaient entendu, au cours des derniers mois, à la radio ou à la télévision, un message sur la planification familiale. Le tableau 5.14 indique que près de la moitié des femmes (46 %) n’ont reçu aucun message sur la planification familiale à la radio, à la télévision ou dans les journaux/magazines. Cette sous-information Tableau 5.13 Méthode contraceptive future préférée Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union qui n’utilisent pas actuellement une méthode mais qui ont l’intention d’en utiliser une dans l’avenir, par méthode préférée, selon l’âge, Bénin 2001 Groupe d’âges Méthode 15-29 30 ou plus Ensemble FEMMES Stérilisation féminine 1,3 3,4 2,2 Pilule 23,4 17,2 20,7 DIU 2,5 3,6 3,0 Injection 44,3 43,8 44,1 Implants 5,8 8,9 7,1 Condom 1,5 1,5 1,5 Condom féminin 0,0 0,0 0,0 Diaphragme 0,4 0,2 0,3 Mousse/gelée 0,3 0,2 0,3 Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA) 0,1 0,2 0,1 Continence périodique 2,4 1,9 2,2 Retrait 0,8 2,1 1,4 Autres 1,5 2,3 1,9 Pas sûre 15,6 14,5 15,2 Manquant 0,1 0,1 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 103 863 1 966 HOMMES Stérilisation féminine 1,5 2,2 2,0 Pilule 15,0 11,5 12,4 DIU 0,8 1,5 1,4 Injection 36,5 32,6 33,6 Implants 4,8 4,1 4,3 Condom 18,5 13,2 14,6 Condom féminin 0,0 0,2 0,2 Diaphragme 0,0 0,6 0,5 Mousse/gelée 0,0 0,0 0,0 Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée (MAMA) 0,0 0,0 0,0 Continence périodique 11,8 12,0 12,0 Retrait 5,4 10,7 9,3 Autres 0,0 2,6 2,0 Pas sûr 5,6 8,7 7,9 Manquant 0,0 0,0 0,0 Total 100,0 100,0 100,0 Effectif 124 352 476 82 | Planification familiale des femmes concerne plus celles de 15-19 ans (56 %) et celles de Cotonou (62 %) que celles de 45-49 ans (41 %) celles du milieu rural (45 %). Au niveau départemental, ces proportions varient de 32 % dans l’Ouémé à 61 % dans l’Atacora. Par ailleurs, plus du tiers des femmes (39 %) a reçu des informations sur la planification familiale à travers les affiches, les prospectus, les animations culturelles ou au niveau des écoles. Lorsqu’on considère les sept types de média, on trouve une proportion assez importante de femmes n’ayant reçu aucune information sur la planification familiale (43 %). Le tableau 5.15 indique qu’au cours des 12 derniers mois, la grande majorité (87 %) des femmes non-utilisatrices de la planification familiale n’ont ni reçu la visite d’un agent de santé, ni discuté de planification familiale dans un centre de santé. Le tiers des non utilisatrices (33 %) a visité un centre de santé sans y avoir discuté de planification familiale. Ainsi, dans les douze derniers mois, peu de non utilisatrices ont reçu un message de planification familiale de la part du personnel de la santé (seulement 5 % ont discuté de planification familiale avec un agent de terrain, et seulement 10 % ont discuté de planification familiale dans un centre de santé). La réception d’un message de planification familiale de la part du personnel de santé varie très peu selon les caractéristiques socio-démographiques de la femme. On peut toutefois noter que les femmes non-utilisatrices du groupe d’ages 15-19 ans ont moins discuté de Tableau 5.14 Exposition aux messages sur la planification familiale Pourcentage de femmes qui, au cours des quelques mois précédant l’enquête, ont entendu à la radio, vu à la télévision ou lu dans un journal ou une revue un message sur la planification familiale, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Radio Télé- vision Jour- naux/ maga- zines Aucun de ces trois media Effectif Affiche Pros- pectus Anima- tion cul- turelle À l’école Aucun des ces quatre média Aucun des sept média Effectif Groupe d’âges 15-19 41,0 18,1 6,9 56,0 1 233 8,4 7,4 10,7 11,1 81,9 53,3 1 233 20-24 50,9 16,9 7,7 46,1 1 215 8,6 7,5 17,3 6,4 78,2 43,6 1 215 25-29 56,7 15,4 7,1 41,6 1 170 8,2 7,3 18,5 4,8 77,8 39,6 1 170 30-34 56,5 17,4 9,0 41,3 866 8,9 8,4 21,0 4,6 75,7 39,1 866 35-39 55,1 14,6 6,9 43,8 745 8,0 7,3 21,5 5,2 76,3 40,4 745 40-44 55,7 14,1 8,3 43,4 548 9,0 7,0 15,8 5,7 81,2 41,7 548 45-49 58,4 13,5 6,8 40,7 442 7,8 6,4 17,7 5,5 79,4 39,3 442 Milieu de résidence Ensemble urbain 49,6 27,8 12,5 46,2 2 529 13,8 12,0 18,5 10,3 74,0 43,4 2 529 Cotonou 29,6 26,7 10,9 62,2 912 12,3 11,2 8,4 7,4 81,3 59,3 912 Autres villes 60,9 28,4 13,3 37,2 1 617 14,6 12,4 24,3 11,9 69,9 34,4 1 617 Rural 54,1 8,2 4,1 45,3 3 690 4,8 4,3 16,2 3,9 81,8 43,2 3 690 Département Atacora 38,9 7,1 4,8 60,7 694 4,7 4,4 9,2 3,8 89,9 59,2 694 Ensemble Atlantique 42,9 22,7 8,4 51,3 1 501 9,8 8,5 10,2 5,9 82,0 49,2 1 501 Atlantique 63,6 16,4 4,5 34,3 589 5,9 4,4 12,9 3,5 83,1 33,6 589 Cotonou 29,6 26,7 10,9 62,2 912 12,3 11,2 8,4 7,4 81,3 59,3 912 Borgou 51,0 17,1 11,2 48,1 995 11,3 11,8 24,5 10,4 72,5 43,4 995 Mono 45,8 7,5 1,4 53,0 717 1,6 1,0 4,8 2,6 93,4 52,1 717 Ouémé 65,9 25,5 13,7 32,4 1 106 14,8 12,2 27,0 11,7 67,7 29,7 1 106 Zou 64,1 8,9 2,8 35,6 1 205 4,7 3,6 22,6 3,3 74,4 33,8 1 205 Niveau d’instruction Aucun niveau 50,7 7,5 3,1 48,7 3 984 3,6 3,3 15,6 2,7 83,6 46,5 3 984 Primaire 51,9 20,1 6,5 45,3 1 371 7,6 6,1 16,9 4,9 79,5 43,1 1 371 Secondaire ou plus 60,2 49,9 29,5 32,0 864 32,1 28,5 24,7 26,4 54,6 28,5 864 Ensemble 52,3 16,2 7,5 45,6 6 219 8,4 7,4 17,1 6,5 78,6 43,3 6 219 Planification familiale | 83 planification familiale avec les professionnels de la santé (5 % contre 10 % ou plus chez les femmes de 20 ans ou plus). Tableau 5.15 Contact des non-utilisatrices de la contraception avec des agents de planification familiale Pourcentage des non-utilisatrices de la contraception qui ont été contactées par un agent de terrain qui leur a parlé de la planification familiale et pourcentage de celles qui ont visité un service de santé mais qui n’ont pas parlé des méthodes de planification familiale, au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique A reçu la visite d’un agent de PF qui l’a informée de la PF A été au centre de santé et a discuté PF A été au centre de santé et n’a pas discuté PF Pas reçu visite d’un agent et pas discuté PF dans un centre Effectif Groupe d’âges 15-19 2,3 2,9 20,6 95,1 1 108 20-24 3,5 11,4 36,7 86,2 954 25-29 5,2 15,2 40,4 80,5 945 30-34 6,1 12,4 42,4 83,1 691 35-39 5,3 12,6 34,9 84,0 592 40-44 5,2 6,2 31,1 89,1 450 45-49 6,6 3,4 24,8 90,6 370 Milieu de résidence Ensemble urbain 4,4 7,5 34,5 89,3 2 000 Cotonou 4,3 4,6 42,1 92,2 712 Autres villes 4,4 9,1 30,3 87,7 1 288 Rural 4,5 10,7 32,2 85,5 3 111 Département Atacora 3,3 5,8 22,5 91,9 656 Ensemble Atlantique 3,9 7,2 41,6 89,7 1 146 Atlantique 3,4 11,5 40,7 85,6 435 Cotonou 4,3 4,6 42,1 92,2 712 Borgou 7,0 4,8 31,3 89,6 894 Mono 4,9 13,5 26,2 82,5 586 Ouémé 6,0 8,2 37,7 87,0 889 Zou 1,9 17,9 31,7 80,5 939 Niveau d’instruction Aucun niveau 4,3 10,2 31,1 86,3 3 416 Primaire 4,2 8,5 36,5 88,5 1 127 Secondaire ou plus 6,4 6,8 38,1 87,9 568 Ensemble 4,5 9,5 33,1 87,0 5 110 5.12 OPINIONS ET ATTITUDES VIS-À-VIS DE LA PLANIFICATION FAMILIALE La pratique de la contraception par les femmes est influencée par leurs opinions ou attitudes vis- à-vis de la planification familiale. Au Bénin, les coutumes font que la prise de décision au sein de la famille est souvent influencée par les maris et parfois par les autres membres de la famille. Ainsi, pour cerner l’attitude des femmes et de leurs conjoints à l’égard de la planification familiale, les points suivants ont été abordés : 84 | Planification familiale • la discussion éventuelle avec le mari sur la contraception ; • l’opinion des femmes sur la contraception et l’idée qu’elles se font de l’opinion de leur mari à ce sujet. D’après le tableau 5.16, 61 % des femmes en union déclarent qu’elles n’ont jamais discuté des problèmes de contraception avec leur conjoint. Pour les 39 % qui en ont discuté, 21 % l’ont fait une ou 2 fois et 18 % plus souvent. Les discussions sur les problèmes de contraception sont plus fréquentes chez celles de 30 à 39 ans (44 %) que chez les femmes plus âgées ou que chez les plus jeunes (entre 29 % et 40 %). Tableau 5.16 Discussion de la planification familiale avec le conjoint Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui connaissent une méthode contraceptive, par le nombre de fois qu’elles ont discuté de la planification familiale avec leur conjoint, au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête, selon l’âge actuel, Bénin 2001 Nombre de discussions de la planification familiale Âge actuel Jamais Un ou deux Trois ou plus Manquant Effectif 15-19 71,1 19,1 9,9 0,0 236 20-24 60,2 23,3 16,2 0,3 788 25-29 59,6 21,8 18,3 0,3 990 30-34 55,7 23,9 20,1 0,3 746 35-39 56,3 20,6 23,1 0,0 649 40-44 65,9 19,3 14,7 0,0 437 45-49 69,6 15,1 14,7 0,6 332 Ensemble 60,6 21,3 17,8 0,2 4 178 En ce qui concerne le tableau 5.17, il apparaît que dans plus du tiers des couples (37 %), les deux conjoints approuvent la planification familiale et que dans moins de deux couples sur dix (17 %) les opinions des conjoints divergent en matière de planification familiale. On notera que, quelles que soient les caractéristiques socio-démographiques des couples, lorsque les opinions des couples divergent, les cas dans lesquels la femme approuve et l’homme désapprouve (15 % dans l’ensemble) sont toujours nettement plus fréquents que les cas contraires (2 % dans l’ensemble). Selon le milieu de résidence, il n’y a pas une différence nette entre le comportement des couples urbains et de ceux du rural (38 % des couples urbains approuvent la planification familiale contre 36 % pour les couples ruraux). Cependant, l’analyse selon le département fait apparaître des différences importantes : 44 % dans l’Atlantique contre 25 % dans l’Atacora. On note, par ailleurs, que plus le niveau d’instruction est élevé, plus le niveau d’approbation dans le couple est élevé. Seulement un tiers (34 %) des couples où la femme n’a aucune instruction approuve la planification familiale contre plus de la moitié (53 %) chez les couples où la femme a le niveau d’instruction secondaire ou plus. Planification familiale | 85 Tableau 5.17 Opinion des femmes et de leurs conjoints sur la planification familiale Répartition (en %) des femmes actuellement en union qui connaissent une méthode de planification familiale (PF), selon qu’elles approuvent la planification familiale et selon leur perception de l’opinion de leur conjoint à l’égard de la planification familiale, par caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Enquêtée approuve la planification familiale Enquêtée désapprouve la planification familiale Caractéristique socio-démographique Conjoint approuve Conjoint désap- prouve Manquant Conjoint approuve Conjoint désap- prouve Manquant Enquêtée pas sûre1 Total Effectif Groupe d’âges 15-19 30,6 9,0 32,0 1,2 9,8 6,3 11,1 100,0 236 20-24 42,5 13,5 24,8 1,3 8,1 5,7 4,2 100,0 788 25-29 36,0 18,2 23,0 1,7 9,9 5,7 5,4 100,0 990 30-34 40,6 13,8 22,4 2,5 10,8 4,6 5,3 100,0 746 35-39 36,6 18,9 21,0 3,7 9,5 5,0 5,2 100,0 649 40-44 34,2 15,0 23,1 1,9 10,6 8,4 6,7 100,0 437 45-49 25,9 11,6 26,8 2,6 13,9 9,7 9,5 100,0 332 Milieu de résidence Ensemble urbain 37,7 12,5 23,5 2,9 11,6 5,8 5,9 100,0 1 495 Cotonou 37,0 10,8 23,5 5,2 13,0 4,0 6,5 100,0 469 Autres villes 38,1 13,3 23,5 1,9 11,0 6,7 5,6 100,0 1 026 Rural 36,3 16,8 23,9 1,7 9,1 6,2 5,9 100,0 2 684 Département Atacora 24,7 9,7 37,5 0,8 4,9 12,1 10,3 100,0 450 Ensemble Atlantique 40,3 16,7 18,1 4,1 12,6 3,7 4,6 100,0 913 Atlantique 43,7 23,0 12,3 2,9 12,1 3,4 2,5 100,0 444 Cotonou 37,0 10,8 23,5 5,2 13,0 4,0 6,5 100,0 469 Borgou 37,7 12,0 26,0 1,9 9,8 6,2 6,4 100,0 619 Mono 31,8 13,9 17,5 1,2 14,2 14,6 6,8 100,0 521 Ouémé 37,7 12,3 28,2 1,4 11,2 3,7 5,5 100,0 723 Zou 40,8 21,7 21,3 2,1 7,0 2,4 4,7 100,0 953 Niveau d’instruction Aucun niveau 33,9 16,0 25,1 1,7 10,0 7,0 6,4 100,0 2 938 Primaire 39,5 14,5 23,4 2,8 11,1 3,5 5,2 100,0 857 Secondaire ou plus 53,3 11,4 14,3 4,3 8,0 4,5 4,2 100,0 383 Ensemble 36,8 15,3 23,7 2,1 10,0 6,0 5,9 100,0 4 178 1 Y compris les informations manquantes 86 | Planification familiale Selon le tableau 5.18, plus la différence d’âges entre les conjoints est importante, moins le couple approuve la planification familiale. Le même tableau fait ressortir que le taux d’approbation de la planification familiale par le couple n’est élevé que lorsqu’au moins le mari est instruit. Il est particulièrement élevé lorsque les deux conjoints sont instruits (67 % contre 43 % si aucun d’eux n’est instruit). Tableau 5.18 Attitudes des couples vis-à-vis de la planification familiale Répartition (en %) des couples par leur approbation de la planification familiale, selon les écarts d’âges et de niveau d’instruction avec le conjoint, Bénin 2001 Caractéristique différentielle du couple L’homme et la femme approuvent L’homme et la femme désap- prouvent La femme approuve et l’homme désapprouve L’homme approuve et la femme désapprouve Manquant Total Pourcentage de couples avec la même opinion Effectif des couples Âge Femme plus âgée 50,9 12,8 10,1 12,0 14,3 100,0 63,6 96 Homme plus âgé de : 0-4 ans 55,9 5,3 17,4 9,9 11,5 100,0 61,3 426 5-9 ans 54,7 6,0 18,3 9,3 11,7 100,0 60,7 540 10-14 ans 47,1 6,5 19,3 13,4 13,7 100,0 53,6 297 15 ans ou plus 43,3 10,9 19,6 13,1 13,1 100,0 54,2 244 Niveau d’instruction Homme et femme, aucun 43,4 8,4 22,7 9,0 16,5 100,0 51,8 717 Femme instruite, homme non 44,4 8,1 23,1 13,7 10,8 100,0 52,5 85 Homme instruit, femme non 55,4 7,1 13,6 12,9 11,0 100,0 62,4 494 Homme et femme instruits 66,9 3,6 12,2 11,8 5,5 100,0 70,5 307 Ensemble 51,6 7,1 17,9 11,0 12,4 100,0 58,7 1 603 Nuptialité et exposition au risque de grossesse | 87 NUPTIALITÉ ET EXPOSITION AU RISQUE DE GROSSESSE 6 Jean Thomas Tohouégnon Mêmounath Bissirou Zounon D’un point de vue démographique, la nuptialité constitue avec la fécondité deux composantes essentielles de la dynamique des populations. Ainsi tout changement dans les normes et comportements matrimoniaux peut être important pour l’évolution future du niveau de fécondité. Cela est d’autant plus vrai que le mariage est une institution qui s’impose, dans le contexte du Bénin, à tout individu comme seul cadre marquant l’entrée dans la vie féconde. Toutefois, comme c’est le cas dans beaucoup d’autres pays africains, on note de plus en plus une importante activité sexuelle en dehors de ce cadre, phénomène plus fréquent au niveau des jeunes, qui expose au risque de grossesse et qui contribue à l’augmentation du niveau de la fécondité prénuptiale. Le présent chapitre porte sur les facteurs qui, en dehors de la contraception, jouent un rôle déterminant sur l’exposition au risque de grossesse et donc sur le niveau de la fécondité : il s’agit de la nuptialité, de l’activité sexuelle, de l’aménorrhée et de l’abstinence post-partum. 6.1 ÉTAT MATRIMONIAL Les données de la deuxième Enquête Démographique et de Santé, comme celles de la première, permettent de classer la population en six catégories distinctes selon la situation matrimoniale. Les définitions adoptées sont celles habituellement utilisées au Bénin lors d’opérations statistiques pour identifier l’état matrimonial d’une personne. Il s’agit de : - Célibataire : toute personne ayant déclaré n’avoir jamais été mariée ou n’avoir jamais vécu avec un(e) partenaire ; - Mariée : toute personne qui déclare être mariée avec une personne de sexe opposé au moment de l’enquête ; - Vivant ensemble : est classée dans cette catégorie toute personne qui déclare vivre en union avec un(e) partenaire tout en n’étant pas mariée ; - Veuf/veuve : cette catégorie comprend les personnes qui ont déclaré avoir été précédemment mariées et dont l’union est rompue au moment de l’enquête par suite du décès du conjoint ; - Divorcée : à la différence de la catégorie précédente, le motif de la rupture de l’union est le divorce ; - Ne vivant pas ensemble : il s’agit des personnes en union qui, au moment de l’enquête, vivent séparées de leur partenaire. Le tableau 6.1 fournit la répartition des femmes de 15-49 ans et des hommes de 15-64 ans selon le groupe d’âges et l’état matrimonial. 88 | Nuptialité et exposition au risque de grossesse Tableau 6.1 État matrimonial actuel Répartition (en %) des femmes et des hommes par état matrimonial actuel, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Statut matrimonial Groupe d’âges Célibataire Marié(e) Vivant ensemble Divorcé(e) Séparé(e) Veuf/veuve Total Effectif FEMMES Âge 15-19 76,1 17,1 6,2 0,0 0,5 0,1 100,0 1 233 20-24 25,6 53,1 18,3 0,4 2,0 0,6 100,0 1 215 25-29 5,0 71,8 19,5 0,7 2,0 0,9 100,0 1 170 30-34 2,8 74,3 17,1 1,2 3,3 1,3 100,0 866 35-39 0,9 78,2 15,8 1,2 2,1 1,8 100,0 745 40-44 1,2 77,1 10,2 3,1 3,8 4,6 100,0 548 45-49 1,0 73,6 10,1 1,5 4,8 9,0 100,0 442 Milieu de résidence Ensemble urbain 31,6 50,3 11,8 1,1 3,5 1,7 100,0 2 529 Cotonou 39,6 39,5 12,2 1,2 5,6 1,8 100,0 912 Autres villes 27,0 56,4 11,6 1,1 2,2 1,6 100,0 1 617 Rural 15,0 65,0 16,1 0,8 1,4 1,8 100,0 3 690 Département Atacora 11,0 72,7 11,6 1,3 0,7 2,7 100,0 694 Ensemble Atlantique 31,6 47,2 13,9 1,1 4,6 1,6 100,0 1 501 Atlantique 19,3 59,2 16,5 0,9 2,9 1,2 100,0 589 Cotonou 39,6 39,5 12,2 1,2 5,6 1,8 100,0 912 Borgou 16,0 69,2 11,0 1,6 0,8 1,3 100,0 995 Mono 22,4 68,5 6,1 0,4 1,2 1,4 100,0 717 Ouémé 24,6 58,0 11,5 0,7 3,1 2,0 100,0 1 106 Zou 17,2 52,6 26,9 0,5 1,2 1,7 100,0 1 205 Niveau d’instruction Aucun niveau 12,6 67,7 15,0 0,9 1,7 2,1 100,0 3 984 Primaire 30,1 49,1 15,2 1,1 3,1 1,3 100,0 1 371 Secondaire ou plus 50,3 34,4 10,2 0,7 3,4 1,0 100,0 864 Ensemble 21,7 59,0 14,4 0,9 2,2 1,7 100,0 6 219 HOMMES Âge 15-19 98,7 0,8 0,2 0,2 0,0 0,0 100,0 496 20-24 75,4 18,3 4,4 0,2 1,6 0,0 100,0 409 25-29 33,2 51,0 12,7 0,0 2,8 0,3 100,0 439 30-34 8,9 69,7 16,3 1,9 2,8 0,3 100,0 363 35-39 6,4 76,0 12,5 0,3 3,5 1,3 100,0 296 40-44 1,5 81,5 8,8 5,1 1,7 1,4 100,0 248 45-49 0,4 85,2 9,3 1,8 2,4 0,8 100,0 213 50-54 0,0 87,9 2,4 8,7 1,0 0,0 100,0 79 55+ 0,5 90,5 5,2 2,1 1,1 0,6 100,0 165 Milieu de résidence Ensemble urbain 43,2 42,2 10,9 0,4 3,3 0,1 100,0 1 126 Cotonou 49,6 25,3 18,9 0,2 6,0 0,0 100,0 437 Autres villes 39,1 52,9 5,9 0,5 1,6 0,2 100,0 689 Rural 32,5 57,4 6,4 2,1 0,9 0,7 100,0 1 583 Département Atacora 34,6 50,2 11,6 2,2 0,8 0,5 100,0 333 Ensemble Atlantique 45,7 35,0 13,8 0,5 4,6 0,4 100,0 693 Atlantique 38,9 51,6 5,3 0,9 2,4 0,9 100,0 257 Cotonou 49,6 25,3 18,9 0,2 6,0 0,0 100,0 437 Borgou 28,1 65,6 4,1 1,8 0,2 0,2 100,0 440 Mono 41,6 50,0 5,0 1,9 0,9 0,6 100,0 280 Ouémé 34,5 61,0 2,1 1,4 0,3 0,7 100,0 449 Zou 33,9 52,8 9,2 1,4 2,3 0,5 100,0 513 Niveau d’instruction Aucun niveau 23,9 65,2 7,0 2,1 1,2 0,6 100,0 1 081 Primaire 37,3 49,7 9,0 1,1 2,4 0,6 100,0 869 Secondaire ou plus 55,2 32,6 9,1 0,6 2,3 0,1 100,0 759 Ensemble 36,9 51,1 8,2 1,4 1,9 0,5 100,0 2 709 Nuptialité et exposition au risque de grossesse | 89 L’examen du tableau 6.1 montre que 73 % des femmes enquêtées étaient en union au moment de l’enquête ; le terme union englobant ici les femmes s’étant déclaré être mariée (59 %) et celles ayant déclaré vivre ensemble avec un partenaire (14 %). Les femmes en rupture d’union représentent 5 % de l’ensemble. Enfin, environ une femme sur cinq était célibataire au moment de l’enquête (22 %). Entre 1996 et 2001, alors que la proportion des femmes en union a baissé de 4 %, celle des femmes célibataires et celle des femmes en rupture d’union ont augmenté respectivement de 3 % et 1 %. D’autre part, on constate, chez les hommes, la répartition suivante : 37 % de célibataires, 59 % en union (dont 8 % ont déclaré vivre avec leur partenaire) et, enfin, 4 % en rupture d’union. La forte proportion d’hommes célibataires pourrait être attribuée au fait que les jeunes hommes souhaitent avoir un emploi avant de se marier. Que ce soit chez les femmes ou chez les hommes, les données mettent en évidence la précocité de l’âge d’entrée en première union et l’universalité du mariage. Ainsi, entre 15 et 19 ans, 76 % des femmes sont encore célibataires. Cette proportion décroît rapidement pour atteindre 26 % entre 20 et 24 ans et se situer à 1 % à 45-49 ans, comme l’illustre le graphique 6.1. Chez les hommes, on constate que les proportions de célibataires décroissent moins rapidement avec l’âge que chez les femmes : de 75 % à 20- 24 ans, elles tombent à 33 % à 25-29 ans et à 9 % dans le groupe d’âges 30-34 ans. Dans ce dernier groupe d’âges, seulement 3 % des femmes sont encore célibataires. La répartition des femmes ou des hommes par état matrimonial selon le milieu de résidence montre que 62 % des femmes urbaines sont en union contre 81 % des femmes rurales. Les proportions de femmes en rupture d’union sont plus élevées en zone urbaine qu’en zone rurale (soit respectivement 6 % et 4 %). Chez les hommes, on constate que sur 100, 53 sont en union en milieu urbain contre 64 en milieu rural. Des disparités régionales ont été observées sur la distribution des femmes selon l’état matrimonial. Dans les départements de l’Atacora, du Borgou et du Zou, au moins huit femmes sur dix étaient en union au moment de l’enquête (respectivement 84 % et 80 % pour les deux derniers) contre sept femmes sur dix dans les départements de l’Atlantique, du Mono et de l’Ouémé (respectivement 76 %, 75 % et 70 %) et cinq femmes sur dix dans la ville de Cotonou (52 %). En ce qui concerne les hommes, le célibat est très important dans toutes les régions, avec des proportions variant de 28 % dans le département du Borgou à 42 % dans le Mono et à 50 % dans la ville de Cotonou. Graphique 6.1 État matrimonial des femmes de 15-49 ans Bénin 2001 ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Âge 0 25 50 75 100 Pourcentage Célibataires Mariées Ruptures d’union ����� ����� 90 | Nuptialité et exposition au risque de grossesse On note également que la situation matrimoniale varie par niveau d’instruction. Ainsi on remarque que 50 % des femmes de niveau d’instruction secondaire ou plus sont célibataires contre 30 % de celles ayant un niveau d’instruction primaire et 13 % de celles n’ayant aucune instruction. Il en est de même de l’état matrimonial des hommes (respectivement, 55 % contre 37 % et 24 %). Les autres faits marquants qui se dégagent des données présentées au tableau 6.1 et au graphique 6.1 concernent les faibles niveaux de veuvage et de divorce. Au Bénin, comme dans beaucoup d’autres pays d’Afrique subsaharienne, les faibles proportions de veuf/veuves et de divorcé(e)s sont probablement dues au remariage rapide et intensif des femmes ou au lévirat à la suite des ruptures d’union, du reste fréquentes. En d’autres termes, les femmes passent relativement peu de temps en étant divorcées ou veuves, surtout si la rupture de l’union intervient aux jeunes âges. Chez les hommes, la pratique de la polygamie expliquerait, en partie, ces faibles taux : le décès d’une épouse ou la séparation d’avec l’une des épouses ne modifie pas l’état matrimonial du polygame qui reste marié. La comparaison entre les données de l’EDSB-II et celles de l’EDSB-I laisse supposer un léger recul de l’âge au premier mariage. En effet, la proportion de femmes célibataires dans le groupe d’âges 15-19 ans est passée de 71 % en 1996 à 76 % en 2001. 6.2 PRATIQUE DE LA POLYGAMIE Les opérations statistiques passées ont mis en évidence le fait que la polygamie est un phénomène ancien qui touche une importante frange de la population béninoise (Houèdokoho, 1997). 6.2.1 Niveau de la polygamie Les données de l’EDSB-II montrent qu’au moment de l’enquête, 45 % des femmes âgées de 15 à 49 ans étaient en union polygame contre 29 % chez les hommes de 15 à 64 ans (tableau 6.2). Entre 1996 et 2001, on remarque une baisse du taux de polygamie chez les femmes qui est passé de 50 % à 45 %, soit une baisse absolue de 5 %. Le niveau de la polygamie varie sensiblement selon le groupe d’âges et les caractéristiques socio- démographiques des enquêtés. De façon générale, on constate que, aussi bien chez les femmes que chez les hommes, la proportion de polygames augmente avec l’âge. Ainsi, chez les femmes, on passe de 29 % chez les 15-19 ans à 59 % chez celles de 45-49 ans et chez les hommes, les proportions varient de 9 % dans le groupe d’âges 20-24 ans à 45 % chez les hommes de 55 ans ou plus. Les différences dans la proportion des enquêtés en union polygame selon le milieu de résidence, le département et le niveau d’instruction sont aussi importantes. Les unions polygames sont plus importantes en milieu rural qu’en milieu urbain (50 % contre 37 % chez les femmes et 34 % contre 21 % chez les hommes). De même, les différences selon le département montrent que le Mono est le département où le niveau de polygamie est le plus important (58 % chez les femmes et 38 % chez les hommes). Enfin, on note que les hommes et les femmes sans aucune instruction sont en général plus impliqués dans des unions polygames que le reste de la population (50 % des femmes sans instruction contre 26 % de celles ayant un niveau secondaire et 33 % des hommes sans instruction contre 22 % de ceux ayant un niveau secondaire). 6.2.2 Nombre de co-épouses Le nombre de co-épouses des femmes en union et le nombre d’épouses des hommes sont des indicateurs de l’intensité de la polygamie. Le tableau 6.2 montre que 30 % des femmes n’ont qu’une co- épouse et que 29 % des hommes étaient en union avec au moins deux épouses au moment de l’enquête. De plus, seulement 15 % des femmes ont, au moins, deux co-épouses. Nuptialité et exposition au risque de grossesse | 91 Tableau 6.2 Nombre de co-épouses et d’épouses Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union par nombre d’épouses ou de co-épouses, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Femmes Hommes Nombre de co-épouses Nombre d’épouses Caractéristique socio-démographique 0 1 2 ou plus Man- quant Total Effectif des femmes 1 2 ou plus Man- quant Total Effectif des hommes Âge 15-19 70,9 23,6 5,5 0,0 100,0 287 * * * * 5 20-24 67,2 24,6 8,0 0,2 100,0 867 90,1 8,6 1,3 100,0 93 25-29 58,3 29,8 11,6 0,3 100,0 1 069 85,1 14,9 0,0 100,0 280 30-34 51,3 31,7 16,6 0,4 100,0 791 80,3 19,7 0,0 100,0 312 35-39 42,0 36,5 21,1 0,4 100,0 700 67,3 32,7 0,0 100,0 262 40-44 45,1 30,7 23,7 0,6 100,0 478 61,2 38,8 0,0 100,0 224 45-49 40,4 31,9 27,1 0,6 100,0 370 59,0 41,0 0,0 100,0 201 50-54 na na na na na na 60,2 39,8 0,0 100,0 72 55+ na na na na na na 55,2 44,8 0,0 100,0 158 Milieu de résidence Ensemble urbain 62,6 25,8 11,1 0,5 100,0 1 572 78,4 21,4 0,2 100,0 598 Cotonou 72,6 19,2 7,3 0,9 100,0 472 82,7 17,3 0,0 100,0 193 Autres villes 58,3 28,7 12,8 0,3 100,0 1 100 76,3 23,4 0,3 100,0 405 Rural 49,8 32,3 17,6 0,3 100,0 2 990 66,5 33,5 0,0 100,0 1 010 Département Atacora 53,3 35,0 11,5 0,2 100,0 585 72,4 27,6 0,0 100,0 206 Ensemble Atlantique 66,0 22,3 11,0 0,8 100,0 917 80,2 19,8 0,0 100,0 339 Atlantique 58,9 25,6 14,8 0,7 100,0 445 77,0 23,0 0,0 100,0 146 Cotonou 72,6 19,2 7,3 0,9 100,0 472 82,7 17,3 0,0 100,0 193 Borgou 52,9 33,5 13,6 0,1 100,0 798 70,0 30,0 0,0 100,0 307 Mono 41,8 31,3 26,4 0,5 100,0 535 62,1 37,9 0,0 100,0 154 Ouémé 58,1 30,9 10,9 0,2 100,0 769 67,9 31,7 0,4 100,0 284 Zou 48,5 30,2 20,9 0,4 100,0 958 68,0 32,0 0,0 100,0 318 Niveau d’instruction Aucun niveau 50,0 32,5 17,0 0,4 100,0 3 294 66,8 33,2 0,0 100,0 781 Primaire 61,3 25,6 12,7 0,4 100,0 883 72,8 27,2 0,0 100,0 510 Secondaire ou plus 73,7 19,0 7,2 0,0 100,0 385 78,0 21,7 0,4 100,0 317 Ensemble 54,2 30,0 15,4 0,4 100,0 4 563 70,9 29,0 0,1 100,0 1 607 na = Non applicable * Basé sur moins de 25 cas non pondérés La répartition des enquêtés selon certaines caractéristiques socio-démographiques met en évidence des variations importantes du nombre de co-épouses. Ainsi, à partir de 35 ans, plus d’une femme sur cinq (21 %) ont déclaré avoir, au moins, deux autres co-épouses (indicateur d’une grande polygamie). On note, par ailleurs, que l’écart entre milieu urbain et milieu rural est significatif en ce qui concerne la pratique de la grande polygamie : respectivement, 11 % et 18 % chez les femmes. Le niveau élevé de la polygamie observé chez les femmes en milieu rural ne proviendrait pas d’une plus grande propension des ruraux à pratiquer la grande polygamie. En revanche, c’est la fréquence de la grande 92 | Nuptialité et exposition au risque de grossesse polygamie, notamment dans le département du Mono (26 % des femmes) qui expliquerait le niveau élevé de la polygamie dans ce département. La pratique de la grande polygamie diminue avec l’augmentation du niveau d’instruction des enquêtés. Les proportions passent de 17 % chez les femmes non instruites à 7 % chez celles ayant atteint, au moins, le niveau secondaire. 6.3 ÂGE A LA PREMIÈRE UNION ET ÂGE AUX PREMIERS RAPPORTS SEXUELS L’âge à la première union et l’âge aux premiers rapports sexuels sont deux facteurs essentiels du début de la vie féconde. Alors que le premier marque le début de la procréation au sein des couples, le second indique le début de l’exposition au risque de grossesse, et expliquerait, pour une bonne part, la fécondité prénuptiale. 6.3.1 Âge à la première union Compte tenu de la relation généralement observée entre l’âge à la première union et le début de la vie féconde, il est important d’étudier le calendrier de la primo-nuptialité. Les proportions cumulées de non-célibataires par âge exact à la première union constituent un bon indicateur du rythme d’entrée en première union, et par conséquent du calendrier des premiers mariages (la primo-nuptialité). Le tableau 6.3 présente les proportions de femmes et d’hommes déjà entrés en union à différents âges, ainsi que les âges médians à la première union en fonction de l’âge actuel des enquêtés. On constate que, parmi les femmes de 25-49 ans, une sur deux était déjà mariée à l’âge de 18,8 ans (âge médian). Le pourcentage de femmes qui sont déjà en union à 15 ans exacts (12 %) est relativement élevé et, à 22 ans exacts, 77 % des femmes actuellement âgées de 25-49 ans étaient déjà en union. À 25 ans exacts, sur 100 femmes béninoises du groupe d’âge 25-49 ans, 89 ont déjà contracté une union. On constate que le calendrier de la primo-nuptialité n’a pas connu de modification selon les générations : l’âge médian à la première union des femmes des générations anciennes (âgées de 45-49 ans à l’enquête) est presque identique à celui des femmes de 20-24 ans à l’enquête (soit respectivement 18,8 ans et 19 ans). En d’autres termes, en 5 ans le calendrier de la primo-nuptialité n’a pas connu de changement, quelle que soit la génération à laquelle appartiennent les femmes. Par rapport aux femmes, les hommes se marient relativement tard au Bénin (tableau 6.3). Parmi les hommes de 25 ans ou plus, l’âge médian s’établit à 24,5 ans, c’est-à-dire 5,7 ans plus vieux que pour les femmes (18,8 ans) du même groupe d’âges. On remarque une tendance légère au rajeunissement de l’âge d’entrée à la première union des hommes qui semble se dégager des résultats du tableau 6.3. De 25,3 ans pour les hommes les plus âgés (45 ans et plus), l’âge médian s’établit autour de 24 ans pour les plus jeunes (25-39 ans). Enfin, les résultats de l’EDSB-II semblent indiquer qu’une modification du calendrier dans le sens d’un rajeunissement se soit produite chez les hommes. Pour mettre en relief les différences de comportement, nous allons comparer entre eux les groupes de générations ayant achevé d’être exposés au risque d’entrer en première union entre 15 et 25 ans, pour les femmes et pour les hommes. Le tableau 6.3 indique ainsi que la proportion de femmes non-célibataires à chaque âge exact augmente lorsqu’on passe du groupe le plus âgé (45 ans et plus) au groupe le plus jeune (30-34 ans). En particulier, elle passe de 10 % à 13 % à 15 ans exacts et de 41 % à 43 % à 18 ans exacts. Contrairement au résultat de 1996, cette évolution montre que, dans ces cinq dernières années, par rapport à leurs aînées, les jeunes filles entreraient précocement en première union. Chez les hommes, la situation serait inverse, Nuptialité et exposition au risque de grossesse | 93 ainsi que l’illustrent les données du tableau 6.3. En effet, le rapprochement entre les divers groupes de générations montre que, de manière générale, des groupes de générations les plus anciennes aux plus récentes, la proportion de non-célibataires diminue à tous les âges exacts à la première union. Tableau 6.3 Âge à la première union Pourcentage de femmes et d’hommes non-célibataires par âge exact et âge médian à la première union, selon l’âge actuel, Bénin 2001 Pourcentage déjà en première union à l’âge exact de : Groupe d’âges 15 18 20 22 25 Pourcentage de célibataires Effectif Âge médian à la 1ère union FEMMES 15-19 5,0 na na na na 76,1 1 233 a 20-24 7,5 36,7 58,5 na na 25,6 1 215 19,1 25-29 11,8 39,8 59,2 75,4 88,9 5,0 1 170 19,0 30-34 13,3 42,8 63,0 76,6 87,6 2,8 866 18,7 35-39 10,6 42,1 62,3 78,4 88,7 0,9 745 18,7 40-44 13,8 43,6 63,2 80,1 89,0 1,2 548 18,7 45-49 10,1 41,2 61,0 77,0 89,1 1,0 442 18,8 20-49 10,9 40,4 60,7 na na 8,3 4 986 18,9 25-49 12,0 41,7 61,5 77,1 88,6 2,7 3 771 18,8 HOMMES 15-19 0,2 na na na na 98,7 496 a 20-24 0,7 3,9 9,2 na na 75,4 409 a 25-29 1,8 9,5 18,3 32,9 54,1 33,2 439 24,4 30-34 3,9 10,6 23,6 35,4 55,1 8,9 363 24,3 35-39 1,5 12,6 19,4 30,8 53,9 6,4 296 24,5 40-44 9,5 16,1 25,2 41,2 58,9 1,5 248 23,8 45-64 5,0 12,1 19,4 29,2 48,0 0,4 457 25,3 20-64 3,4 10,3 18,6 na na 23,1 2 213 a 25-64 4,1 11,8 20,8 33,3 53,4 11,2 1 804 24,5 na = Non applicable a Non calculé parce que moins de 50 % des personnes du groupe d’âges x à x+4 sont en union à l’âge x L’âge médian à la première union, caractéristique importante du calendrier des premiers mariages, varie selon le groupe d’âges actuel des enquêtés et leurs caractéristiques socio-démographiques. Le tableau 6.4 indique que ces disparités sont parfois importantes. Les données présentées dans le tableau 6.4 mettent en évidence un âge d’entrée en première union plus précoce chez les femmes du milieu rural (18,2 ans) par rapport à celles du milieu urbain (20,0 ans). Il faut noter que c’est à Cotonou que l’âge médian est le plus élevé (22,4 ans). Par ailleurs, la tendance au rallongement du calendrier, des générations les plus anciennes aux plus jeunes, est plus nette en milieu urbain qu’en milieu rural. En ce qui concerne les hommes, il y a une légère différence entre le milieu rural et les autres milieux urbains. Plus de la moitié des hommes du milieu rural entre en union à 23,7 ans contre 24,9 ans pour ceux des urbains (tableau 6.4). Au niveau régional, on note des écarts importants entre les départements du nord et les autres départements. Dans les premiers, la moitié des femmes entrent en union à un âge toujours plus précoce que dans les autres départements, et ceci quel que soit le groupe d’âges considéré. Par exemple, dans le Borgou et l’Atacora, l’âge médian d’entrée en première union des femmes âgées de 25 à 49 ans est 94 | Nuptialité et exposition au risque de grossesse respectivement de 17,5 ans et 17,3 ans contre plus de 18 ans dans les autres départements. Chez les hommes, les différences de comportement sont moins nettes, l’âge médian variant d’un minimum de 23,3 ans dans le Borgou à un maximum de 24,5 ans dans l’Ouémé. Tableau 6.4 Âge médian à la première union Âge médian à la première union des femmes de 20-49 ans et des hommes de 25-49 ans, selon l’âge actuel et les caractéristiques socio- démographiques, Bénin 2001 Âge Caractéristique socio-démographique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 20-49 25-49/ 25-64 FEMMES Milieu de résidence Ensemble urbain a 20,6 20,3 19,4 19,4 20,1 a 20,0 Cotonou a 22,8 22,8 21,3 21,4 21,5 a 22,4 Autres villes 19,6 19,4 19,2 18,7 17,9 19,5 19,2 19,0 Rural 18,3 18,3 17,8 18,4 18,4 18,2 18,3 18,2 Département Atacora 17,7 17,0 16,9 18,0 17,9 18,6 17,5 17,3 Ensemble Atlantique a 21,1 20,5 19,4 19,2 19,8 a 20,1 Atlantique 18,8 18,7 18,4 18,4 17,7 18,3 18,5 18,4 Cotonou a 22,8 22,8 21,3 21,4 21,5 a 22,4 Borgou 17,5 17,0 17,2 18,4 17,3 18,1 17,5 17,5 Mono 19,3 19,3 19,4 18,9 19,6 19,0 19,3 19,3 Ouémé a 20,1 19,5 19,4 19,4 19,0 19,8 19,6 Zou 18,1 18,5 17,2 17,9 18,4 18,2 18,0 18,0 Niveau d’instruction Aucun niveau 18,3 18,2 17,8 18,1 18,3 18,3 18,2 18,1 Primaire a 19,9 19,3 19,4 19,1 19,7 19,8 19,6 Secondaire ou plus a 24,0 23,4 23,0 24,0 24,3 a 23,6 Ensemble 19,1 19,0 18,7 18,7 18,7 18,8 18,9 18,8 HOMMES Milieu de résidence Ensemble urbain na a 25,6 26,4 24,8 25,6 na a Cotonou na a 28,2 26,9 26,5 26,3 na a Autres villes na a 24,0 25,8 23,7 25,4 na 24,9 Rural na 23,0 23,3 23,5 23,3 25,0 na 23,7 Département Atacora na a 23,0 24,7 24,2 24,9 na 24,4 Ensemble Atlantique na a 27,0 26,4 23,6 25,8 na a Atlantique na 24,0 24,0 23,9 19,9 25,4 na 23,9 Cotonou na a 28,2 26,9 26,5 26,3 na a Borgou na 22,0 21,8 23,3 24,3 25,1 na 23,3 Mono na 24,9 23,8 24,1 26,2 25,2 na 24,6 Ouémé na 24,8 25,1 24,3 22,0 24,8 na 24,5 Zou na 22,9 23,2 24,1 24,2 25,6 na 23,9 Niveau d’instruction Aucun niveau na 23,5 22,1 24,1 23,6 25,4 na 24,0 Primaire na 23,7 24,8 22,9 22,9 24,8 na 24,0 Secondaire ou plus na a 25,5 26,8 25,3 25,5 na a Ensemble na 24,4 24,3 24,5 23,8 25,3 na 24,5 na = Non applicable a Non calculés parce que moins de 50 % des personnes du groupe d’âges x à x+4 sont en union à l’âge x Nuptialité et exposition au risque de grossesse | 95 Enfin, les résultats de l’EDSB-II confirment que le niveau d’instruction influence l’âge d’entrée en première union des femmes. Ainsi, quel que soit le groupe d’âges, l’âge médian à la première union s’élève nettement avec le niveau d’instruction : pour l’ensemble des femmes de 25-49 ans, l’âge médian passe de 18,1 ans chez les femmes sans instruction à 19,6 ans chez celles ayant un niveau primaire et atteint 23,6 ans chez les femmes de niveau secondaire ou plus. 6.3.2 Âge aux premiers rapports sexuels La méthode des proportions cumulées d’événement utilisée pour étudier l’âge à la première union est utilisée pour étudier l’âge aux premières relations sexuelles. L’examen du tableau 6.5 montre que, parmi les femmes âgées de 25 à 49 ans, 16 % ont déjà eu leurs premiers rapports sexuels à 15 ans exacts. A 18 ans exacts, elles représentent déjà 58 % de l’effectif total. Finalement, c’est à 25 ans que la presque totalité des femmes (95 %) ont eu leurs premiers rapports sexuels. Pour les femmes de 25-49 ans, l’âge médian aux premiers rapports sexuels s’établit à 17,3 ans. Il est inférieur de 1,5 ans à l’âge médian d’entrée en première union (18,8 ans). Tableau 6.5 Âge aux premiers rapports sexuels Pourcentage de femmes et d’hommes ayant déjà eu des rapports sexuels par âge exact et âge médian aux premiers rapports sexuels, par âge actuel, Bénin 2001 Pourcentage ayant déjà eu les premiers rapports sexuels à Groupe d’âges 15 18 20 22 25 Pourcentage n’ayant jamais eu de rapport sexuel Effectif Âge médian aux 1ers rapports sexuels FEMMES 15-19 16,0 na na na na 44,2 1 233 a 20-24 13,4 62,4 85,3 na na 5,1 1 215 a 25-29 16,2 58,5 80,0 90,9 96,6 0,3 1 170 17,4 30-34 18,1 61,0 81,5 91,8 95,6 0,0 866 17,1 35-39 14,5 58,2 80,3 89,1 95,0 0,0 745 17,4 40-44 16,4 57,8 77,5 89,9 94,3 0,0 548 17,3 45-49 12,6 52,0 73,6 87,5 94,0 0,0 442 17,8 20-49 15,3 59,2 80,7 na na 1,3 4 986 17,3 25-49 15,9 58,2 79,3 90,2 95,4 0,1 3 771 17,3 HOMMES 15-19 23,8 na na na na 48,9 496 a 20-24 21,5 58,5 79,8 na na 10,6 409 a 25-29 18,8 56,3 76,8 88,9 94,8 2,9 439 17,2 30-34 18,1 54,5 77,6 88,7 95,9 0,3 363 17,6 35-39 17,3 56,9 73,1 88,8 93,8 0,3 296 17,4 40-44 11,3 45,4 69,7 85,5 92,2 0,0 248 18,3 45-64 8,7 39,6 61,1 81,9 90,9 0,0 457 18,7 20-64 16,1 51,8 72,9 na na 2,6 2 213 17,8 25-64 14,8 50,3 71,4 86,6 93,5 0,8 1 804 18,0 na = Non applicable a Non calculés parce que moins de 50 % des personnes du groupe d’âges x à x+4 ont eu les premiers rapports sexuels à l’âge x 96 | Nuptialité et exposition au risque de grossesse Parmi les hommes de 25 ans ou plus, 15 % ont eu leurs premiers rapports sexuels à 15 ans et 50 % à 18 ans (tableau 6.5). Ils sont 94 % à avoir eu leurs premiers rapports sexuels en atteignant leur 25e anniversaire. L’âge médian aux premiers rapports sexuels s’établit à 18,0 ans pour les hommes de 25-64 ans, soit environ un an plus vieux que pour les femmes. Par contre, chez les hommes, quel que soit le groupe d’âges considéré, le rapprochement entre l’âge médian aux premiers rapports sexuels et l’âge médian à la première union indique une activité sexuelle qui précède, de beaucoup, le premier mariage. En effet, la différence entre les deux âges médians est de 6,5 ans (18,0 ans contre 24,5 ans) chez les hommes de 25 ans ou plus, tandis qu’elle est à peine de 1,5 ans (17,3 ans contre 18,8 ans) chez les femmes de 25-49 ans. La comparaison des proportions cumulées pour les différents groupes d’âges montre que les premières relations sexuelles sont plus précoces au sein des jeunes générations. Le phénomène est plus prononcé chez les hommes pour lesquels, à certains anniversaires, la proportion passe du simple au double. Par exemple, à 15 ans exacts, 9 % seulement des hommes de 45 ans ou plus avaient déjà eu leurs premiers rapports sexuels, contre 19 % des hommes de 25-29 ans ; au 18e anniversaire, la proportion varie de 40 % à 56 % pour les deux mêmes groupes d’âges. L’âge médian aux premiers rapports sexuels varie sensiblement selon le milieu de résidence, le département de résidence ainsi que le niveau d’instruction, comme l’illustre le tableau 6.6. Les résultats de l’EDSB-II montrent que l’âge aux premiers rapports sexuels est plus précoce en milieu rural qu’en milieu urbain. En ce qui concerne les femmes, on constate que la moitié d’entre elles ont déjà eu leurs premiers rapports sexuels à un âge plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural, et ceci quel que soit le groupe d’âges considéré. Ainsi, l’âge médian aux premiers rapports sexuels est égal à 16,9 ans en milieu rural contre 17,5 ans en milieu urbain pour les femmes âgées de 20-24 ans ; pour les femmes de 25-49 ans, l’âge médian est estimé à 17,0 ans en milieu rural contre 17,8 ans en urbain. L’écart entre le milieu urbain et le milieu rural est plus faible que ce que l’on a observé pour l’âge d’entrée en première union. Cela pourrait s’expliquer, d’une part, par le fait que, en milieu rural, la majorité des premières relations sexuelles surviennent au moment du premier mariage (plus précoce), et d’autre part, par une activité sexuelle prénuptiale plus importante en ville. Par contre, chez les hommes, l’âge médian aux premiers rapports sexuels varie très peu entre le milieu rural et le milieu urbain. Il est de 17,7 ans chez les hommes du milieu rural contre 18,3 chez ceux du milieu urbain dans la tranche d’âges 25 ans ou plus. La comparaison entre les départements montre que, chez les femmes de 25-49 ans, ce sont les départements du Borgou, de l’Atacora, du Zou et de l’Atlantique qui se caractérisent par les âges médians aux premiers rapports sexuels les plus précoces (respectivement, 16,4 ans, 16,6 ans et 16,7 ans pour les deux derniers départements). À l’opposé, c’est dans l’Ouémé et le Mono que les femmes ont les premiers rapports sexuels le plus tardivement (après 18 ans). Par contre, chez les hommes de 25-64 ans, c’est dans le Mono que l’âge aux premiers rapports sexuels est le plus précoce (16 ans) et c’est dans l’Atacora et le Borgou qu’il est le plus tardif (soit 18,5 ans et 18,3 ans). Les écarts selon le niveau d’instruction sont plus prononcés chez les femmes que chez les hommes. L’âge aux premiers rapports sexuels des femmes ayant un niveau secondaire est plus tardif que celui des autres femmes : 18,5 ans contre 17,8 pour celles ayant le niveau d’instruction primaire et 16,9 ans pour celles n’ayant aucun niveau d’instruction. Chez les hommes, l’âge médian aux premiers rapports sexuels s’établit à 18,0 ans pour ceux sans instruction et pour ceux qui ont le niveau d’instruction primaire contre 17,9 ans pour ceux qui ont au moins atteint le niveau d’instruction secondaire. Nuptialité et exposition au risque de grossesse | 97 Tableau 6.6 Âge médian aux premiers rapports sexuels Âge médian aux premiers rapports sexuels des femmes de 20-49 ans et des hommes de 20-64 ans, par âge actuel et caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Âge des femmes Caractéristique socio-démographique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Femmes de 20-49 Femmes de 25-49 Milieu de résidence Ensemble urbain 17,5 18,0 17,7 17,5 17,3 18,2 17,7 17,8 Cotonou 17,9 18,1 18,1 18,0 17,5 18,3 18,0 18,0 Autres villes 17,4 17,8 17,3 17,3 17,1 18,2 17,5 17,6 Rural 16,9 16,9 16,7 17,2 17,3 17,6 17,0 17,0 Département Atacora 16,9 16,3 16,2 16,7 17,2 18,3 16,7 16,6 Ensemble Atlantique 17,6 17,7 17,5 17,3 17,0 17,3 17,5 17,5 Atlantique 17,0 16,7 16,7 16,8 16,3 16,8 16,8 16,7 Cotonou 17,9 18,1 18,1 18,0 17,5 18,3 18,0 18,0 Borgou 16,4 16,3 16,3 17,1 16,1 16,1 16,4 16,4 Mono 18,3 18,6 18,5 18,4 19,2 18,8 18,5 18,6 Ouémé 17,9 18,2 17,8 18,2 18,5 18,1 18,1 18,1 Zou 16,4 16,7 16,0 16,7 17,1 17,7 16,6 16,7 Niveau d’instruction Aucun niveau 16,8 16,8 16,7 16,9 17,1 17,7 16,9 16,9 Primaire 17,7 17,9 17,4 18,1 17,5 17,3 17,7 17,8 Secondaire ou plus 18,1 18,7 18,3 18,5 18,0 19,8 18,4 18,5 Ensemble des femmes 17,2 17,4 17,1 17,4 17,3 17,8 17,3 17,3 Âge des hommes Caractéristique socio-démographique 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 Hommes de 20-64 Hommes de 25-64 Milieu de résidence Ensemble urbain 17,1 17,7 17,9 17,8 18,5 20,1 18,1 18,3 Cotonou 17,3 17,2 17,9 17,5 17,7 19,5 17,7 17,9 Autres villes 17,1 18,1 17,9 18,3 18,9 20,3 18,3 18,6 Rural 17,5 16,9 17,3 17,1 18,2 18,3 17,7 17,7 Département Atacora 18,2 17,5 19,0 17,5 18,7 19,3 18,5 18,5 Ensemble Atlantique 17,4 17,2 17,6 17,7 17,5 19,0 17,7 17,8 Atlantique 18,0 17,1 17,3 18,2 17,2 18,6 17,8 17,7 Cotonou 17,3 17,2 17,9 17,5 17,7 19,5 17,7 17,9 Borgou 18,2 17,8 18,2 18,2 18,5 18,7 18,3 18,3 Mono 16,1 16,5 15,4 15,8 18,0 17,6 16,0 16,0 Ouémé 17,0 16,2 17,3 17,2 18,0 19,0 17,6 17,8 Zou 16,5 17,9 17,1 16,4 17,7 18,3 17,4 17,7 Niveau d’instruction Aucun niveau 17,1 17,2 17,5 17,6 18,2 18,4 17,9 18,0 Primaire 17,3 17,2 17,3 17,0 18,7 19,0 17,8 18,0 Secondaire ou plus 17,5 17,4 18,0 17,5 17,6 20,3 17,8 17,9 Ensemble des hommes 17,3 17,2 17,6 17,4 18,3 18,7 17,8 18,0 98 | Nuptialité et exposition au risque de grossesse 6.4 ACTIVITÉ SEXUELLE RÉCENTE En l’absence de pratique contraceptive ou de pathologie empêchant la conception, l’exposition au risque de grossesse est étroitement liée à la fréquence des rapports sexuels. Les tableaux 6.7.1 et 6.7.2 présentent la répartition des femmes et hommes selon le moment de l’activité sexuelle la plus récente en fonction des caractéristiques socio-démographiques. Les données du tableau 6.7.1 indiquent que 42 % des femmes ont été sexuellement actives pendant les quatre dernières semaines ; dans 32 % des cas, il s’est écoulé un an depuis les derniers rapports sexuels et dans 16 % des cas, il s’est écoulé une ou plusieurs années. Par ailleurs, on constate au tableau 6.7.2 que, pendant les quatre dernières semaines, sur 100 hommes 53 ont déclaré avoir été sexuellement actifs. Le niveau de l’activité sexuelle récente varie selon certaines caractéristiques socio- démographiques des enquêtés. Chez les femmes, les résultats indiquent que parmi celles âgées de 45-49 ans, 39 % ont été sexuellement actives pendant les quatre dernières semaines, 30 % l’ont été il y a un an et 31 % il y a plus d’une année. Parmi les femmes de 15-19 ans, ces proportions sont respectivement de 22 %, 25 % et 8 %. Signalons qu’un pourcentage important des femmes de ce groupe n’ont jamais eu de premiers rapports sexuels (44 %). Chez les hommes de 55-64 ans, les résultats montrent que 64 % ont été sexuellement actifs pendant les quatre dernières semaines, 22 % ont eu leurs derniers rapports sexuels il y a un an et pour 13 %, cela s’est passé il y a plus d’une année. Chez ceux de 15-19 ans, ces proportions sont respectivement de 16 %, 25 % et 10 %. On note ainsi une moindre activité sexuelle des jeunes. Cette faible activité sexuelle des jeunes s’expliquerait par la prédominance de célibataires dans ces groupes d’âges. Quant à la durée du mariage, son impact sur l’activité sexuelle récente est surtout notable chez les femmes mariées plus d’une fois et celles ayant déjà passé moins de 10 ans en union : 55 % des femmes mariées plus d’une fois ont eu des rapports sexuels pendant les quatre dernières semaines précédant l’enquête contre 53 % ou moins chez celles en union il y a moins de 10 ans. Les données mettent également en évidence des différences de comportement selon le milieu de résidence. Ainsi, on note que les femmes rurales ont été un peu plus actives sexuellement que celles du milieu urbain (43 % contre 41 %). On note des résultats semblables chez les hommes (51 % en milieu urbain et 55 % en milieu rural). Du point de vue du département de résidence, c’est dans les départements de l’Atlantique, du Zou et de l’Ouémé que l’on constate les proportions les plus élevées de femmes ayant déclaré avoir été sexuellement actives durant les quatre dernières semaines (respectivement, 47 %, 46 % et 45 %). À l’opposé ce sont les femmes du Borgou qui ont été les moins actives sexuellement dans les quatre dernières semaines (41 %). Selon le niveau d’instruction, on note que 43 % des femmes non instruites contre 41 % de celles ayant un niveau secondaire ou plus ont déclaré avoir été sexuellement actives durant les quatre dernières semaines. Par ailleurs, on note qu’en ce qui concerne la pratique de la contraception, les femmes qui utilisent une méthode sont nettement plus actives que celles qui ne pratiquent pas la contraception. Par ailleurs, il existe des différences notables entre les utilisatrices des différentes méthodes contraceptives. En effet, les femmes qui utilisent la pilule sont celles qui ont été, sexuellement, les plus actives pendant les quatre dernières semaines (respectivement, 86 % contre 56 % chez les utilisatrices de la continence périodique et 37 % chez les non utilisatrices). Nuptialité et exposition au risque de grossesse | 99 Tableau 6.7.1 Activité sexuelle récente des femmes Répartition (en %) des femmes par activité sexuelle dans les quatre semaines précédant l’enquête et par durée d’abstinence, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Période depuis le dernier rapport sexuel Caractéristique socio-démographique Dans les 4 dernières semaines 1-11 mois1 Une ou plusieurs années Manquant Jamais eu de rapports sexuels Total Effectif Âge 15-19 21,9 25,4 8,3 0,1 44,2 100,0 1 233 20-24 44,4 36,9 13,6 0,1 5,1 100,0 1 215 25-29 50,6 32,7 16,2 0,3 0,3 100,0 1 170 30-34 46,5 35,1 18,3 0,1 0,0 100,0 866 35-39 50,6 33,1 16,2 0,1 0,0 100,0 745 40-44 50,4 29,5 19,9 0,2 0,0 100,0 548 45-49 39,4 29,7 30,7 0,2 0,0 100,0 442 Statut matrimonial Célibataire 18,3 27,4 9,1 0,0 45,2 100,0 1 351 Mariée ou vit ensemble 51,1 33,2 15,6 0,2 0,0 100,0 4 563 Divorcée/séparée/veuve 17,8 33,4 48,3 0,4 0,0 100,0 306 Durée du mariage (en années)2 Mariée une seule fois 0-4 50,1 37,3 12,3 0,3 0,0 100,0 1 020 5-9 53,3 31,9 14,7 0,1 0,0 100,0 873 10-14 51,2 32,5 16,3 0,0 0,0 100,0 601 15-19 48,8 32,3 18,2 0,6 0,0 100,0 490 20-24 49,7 35,3 15,0 0,0 0,0 100,0 365 25 ou plus 42,0 31,3 26,7 0,0 0,0 100,0 310 Mariée plus d’une fois 54,8 30,5 14,6 0,1 0,0 100,0 904 Milieu de résidence Ensemble urbain 41,1 32,6 15,0 0,0 11,3 100,0 2 529 Cotonou 38,6 36,8 13,2 0,1 11,3 100,0 912 Autres villes 42,5 30,3 15,9 0,0 11,3 100,0 1 617 Rural 43,1 31,5 16,3 0,2 8,8 100,0 3 690 Département Atacora 34,8 31,3 27,2 0,5 6,2 100,0 694 Ensemble Atlantique 41,9 35,4 12,5 0,1 10,1 100,0 1 501 Atlantique 46,9 33,4 11,4 0,1 8,2 100,0 589 Cotonou 38,6 36,8 13,2 0,1 11,3 100,0 912 Borgou 41,4 30,6 21,1 0,1 6,9 100,0 995 Mono 42,6 26,1 15,0 0,1 16,1 100,0 717 Ouémé 44,5 31,4 12,4 0,0 11,7 100,0 1 106 Zou 45,7 33,1 12,4 0,2 8,6 100,0 1 205 Niveau d’instruction Aucun niveau 43,1 31,8 17,7 0,2 7,3 100,0 3 984 Primaire 41,0 32,3 13,5 0,2 13,0 100,0 1 371 Secondaire ou plus 40,8 32,1 10,5 0,0 16,6 100,0 864 Méthode contraceptive actuelle Stérilisation * * * * * * 16 Pilule 86,3 11,3 2,4 0,0 0,0 100,0 92 DIU (81,6) (15,2) (3,3) (0,0) (0,0) (100,0) 36 Condom 56,6 42,7 0,7 0,0 0,0 100,0 144 Continence périodique 56,0 37,0 6,5 0,5 0,0 100,0 450 Autre 73,9 21,5 4,5 0,0 0,0 100,0 371 Aucune méthode 37,3 32,5 18,2 0,1 12,0 100,0 5 110 Ensemble 42,3 31,9 15,8 0,2 9,8 100,0 6 219 1 Sont exclues les femmes qui ont eu des rapports sexuels dans les 4 dernières semaines 2 Sont exclues les femmes qui ne sont pas actuellement en union * Basé sur moins de 25 cas non pondérés ( ) Basé sur 25-49 cas non pondérés 100 | Nuptialité et exposition au risque de grossesse Tableau 6.7.2 Activité sexuelle récente des hommes Répartition (en %) des hommes par activité sexuelle dans les quatre semaines précédant l’enquête et par durée d’abstinence, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Période depuis le dernier rapport sexuel Caractéristique socio-démographique Dans les 4 dernières semaines 1-11 mois1 Une ou plusieurs années Manquant Jamais eu de rapports sexuels Total Effectif Âge 15-19 15,9 24,8 10,4 0,0 48,9 100,0 496 20-24 41,1 37,2 10,8 0,3 10,6 100,0 409 25-29 57,5 31,6 8,0 0,0 2,9 100,0 439 30-34 70,1 23,8 5,5 0,2 0,3 100,0 363 35-39 68,0 27,0 4,8 0,0 0,3 100,0 296 40-44 68,2 21,3 10,6 0,0 0,0 100,0 248 45-49 71,7 22,0 6,4 0,0 0,0 100,0 213 50-54 66,1 27,2 6,8 0,0 0,0 100,0 79 55+ 64,3 22,4 13,3 0,0 0,0 100,0 165 Statut matrimonial Célibataire 25,6 32,8 11,6 0,0 30,0 100,0 1 001 Marié ou vit ensemble 70,5 24,1 5,2 0,1 0,0 100,0 1 607 Divorcé/séparé/veuf 45,9 22,5 31,6 0,0 0,0 100,0 101 Durée du mariage (en années)2 Marié une seule fois 0-4 71,7 24,0 4,3 0,0 0,0 100,0 180 5-9 68,0 26,7 5,3 0,0 0,0 100,0 162 10-14 70,0 26,1 3,9 0,0 0,0 100,0 117 15-19 67,0 27,7 5,3 0,0 0,0 100,0 90 20-24 65,7 30,1 4,2 0,0 0,0 100,0 51 25 ou plus 56,7 29,9 13,3 0,0 0,0 100,0 74 Marié plus d’une fois 73,3 21,9 4,7 0,1 0,0 100,0 761 Milieu de résidence Ensemble urbain 50,6 27,9 8,6 0,1 12,8 100,0 1 126 Cotonou 51,8 28,2 7,6 0,0 12,4 100,0 437 Autres villes 49,8 27,7 9,2 0,2 13,1 100,0 689 Rural 54,7 26,8 8,5 0,1 9,9 100,0 1 583 Département Atacora 47,5 26,5 13,8 0,3 11,9 100,0 333 Ensemble Atlantique 53,8 26,1 7,4 0,0 12,7 100,0 693 Atlantique 57,2 22,7 7,0 0,0 13,2 100,0 257 Cotonou 51,8 28,2 7,6 0,0 12,4 100,0 437 Borgou 52,1 29,9 9,2 0,0 8,7 100,0 440 Mono 51,9 28,6 10,5 0,0 9,0 100,0 280 Ouémé 53,4 27,3 8,7 0,3 10,4 100,0 449 Zou 56,5 26,3 5,1 0,0 12,2 100,0 513 Niveau d’instruction Aucun niveau 56,3 26,6 10,4 0,1 6,6 100,0 1 081 Primaire 53,9 27,0 6,8 0,0 12,3 100,0 869 Secondaire ou plus 47,2 28,5 8,0 0,2 16,1 100,0 759 Méthode contraceptive actuelle Stérilisation * * * * * * 3 Pilule 82,8 17,2 0,0 0,0 0,0 100,0 47 DIU * * * * * * 9 Condom 59,6 37,3 3,1 0,0 0,0 100,0 395 Continence périodique 70,1 26,7 3,2 0,0 0,0 100,0 246 Autre 74,4 23,0 2,6 0,0 0,0 100,0 197 Aucune méthode 45,8 26,1 11,4 0,1 16,6 100,0 1 812 Ensemble 53,0 27,3 8,6 0,1 11,1 100,0 2 709 1 Sont exclus les hommes qui ont eu des rapports sexuels dans les 4 dernières semaines 2 Sont exclus les hommes qui ne sont pas actuellement en union * Basé sur moins de 25 cas non pondérés Nuptialité et exposition au risque de grossesse | 101 6.5 EXPOSITION AUX RISQUES DE GROSSESSE À la suite d’un accouchement, pendant un certain temps, la femme n’est pas exposée aux risques de grossesse. Ce temps est déterminé, entre autres facteurs, par la durée de l’aménorrhée post-partum, qui va de l’accouchement au retour de l’ovulation, et par le temps pendant lequel la femme s’abstient de relations sexuelles (ou abstinence post-partum). La combinaison de ces deux facteurs permet d’identifier les femmes non susceptibles d’être exposées aux risques de grossesse et de mesurer la durée de non- susceptibilité. Cette durée se définit comme le temps pendant lequel une femme n’est pratiquement pas soumise aux risques de concevoir du fait de l’aménorrhée post-partum et/ou de l’abstinence post-partum. Elle constitue un important facteur de différenciation du niveau de la fécondité. Une femme non susceptible d’être exposée aux risques de grossesse est celle qui est temporairement protégée parce qu’elle n’a pas repris les rapports sexuels depuis son dernier accouchement (abstinence post-partum) et/ou qui est en aménorrhée post-partum. Dans ce dernier cas, ses risques de grossesse sont négligeables même si elle reprend les relations sexuelles sans couverture contraceptive. Le tableau 6.8 présente les pourcentages de naissances dont les mères sont en aménorrhée, en abstinence et en insusceptibilité post-partum selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance. Il fournit également les durées médiane et moyenne. En outre, le tableau 6.9 présente la durée médiane de l’insusceptibilité post-partum selon les caractéristiques socio-démographiques. Les données du ta- bleau 6.8 montrent que, pour 76 % des naissances sur- venues au cours des cinq années précédant l’enquête, les mères sont restées, au moins, 4 à 5 mois en amé- norrhée après l’accouche- ment. Pour environ 45 % des naissances, les mères ont attendu, au moins, 12 à 13 mois avant de voir le retour des règles. Au-delà de 19 mois, le pourcentage de naissances dont les mères sont toujours en aménorrhée n’est que de 12 % ou moins. Les durées médianes et moyennes s’établissent, re- spectivement, à 11,7 mois et 12,5 mois. L’abstinence post- partum est très largement pratiquée par les femmes qui ont eu une naissance au cours des cinq années qui ont précédé l’enquête. En effet, pour 55 % des nais- Tableau 6.8 Aménorrhée, abstinence et insusceptibilité post-partum Pourcentage de naissances des trois années ayant précédé l’enquête dont les mères sont en aménorrhée, en abstinence et en insusceptibilité post-partum, selon le nombre de mois écoulés depuis la naissance et les durées médianes et moyennes, Bénin 2001 Pourcentage de naissances dont la mère est en : Nombre de mois depuis la naissance Aménorrhée post-partum Abstinence post-partum Insusceptibilité post-partum Effectif de naissances < 2 95,8 95,6 100,0 140 2-3 84,3 85,3 95,8 225 4-5 76,1 66,7 87,9 189 6-7 68,8 55,4 76,8 215 8-9 61,8 43,4 69,3 164 10-11 60,2 51,8 74,4 176 12-13 44,8 45,5 62,8 164 14-15 32,8 41,4 51,7 169 16-17 28,0 29,0 43,6 183 18-19 21,2 29,1 38,1 160 20-21 12,4 20,3 25,6 160 22-23 12,3 20,4 24,1 161 24-25 3,7 13,3 14,6 162 26-27 4,4 12,1 14,9 174 28-29 0,5 5,3 5,8 188 30-31 2,3 7,0 8,7 181 32-33 1,3 3,3 3,9 157 34-35 1,2 5,0 5,0 151 Ensemble 35,3 36,0 46,0 3 121 Médiane 11,7 8,9 15,1 na Moyenne 12,5 12,9 16,3 na Note : Les calculs sont basés sur le statut au moment de l’enquête. na = Non applicable 102 | Nuptialité et exposition au risque de grossesse sances, les mères n’ont pas repris les rapports sexuels 6 à 7 mois après l’accouchement. C’est pour seulement 41 % des naissances que les mères se sont abstenues de relations sexuelles pendant, au moins, les 14-15 premiers mois qui ont suivi l’accouchement. Au bout de 20-21 mois après l’accouchement, seulement une mère sur cinq (20 %) n’a pas encore repris les rapports sexuels. Dans l’ensemble, la durée médiane d’abstinence post-partum est de 8,9 mois et, en moyenne, les mères ne reprennent les relations sexuelles que 12,9 mois après l’accouchement. La comparaison de ces résultats à ceux concernant l’aménorrhée montre que la période d’insusceptibilité est surtout déterminée par l’aménorrhée. En effet, la période de retour de couches est plus longue que celle de l’abstinence post-partum. En conséquence, pour moins de sept naissances sur dix (69 %), les mères sont en période de non-susceptibilité pendant au moins 8 à 9 mois après l’accouchement. Cette proportion tombe en dessous de 50 % à partir de 15 mois, ce qui correspond à la durée médiane d’insusceptibilité qui est de 15,1 mois. Les durées médianes d’aménorrhée, d’abstinence et d’insusceptibilité post-partum varient selon les caractéristiques socio-démographiques des mères, comme l’indique le tableau 6.9. Tableau 6.9 Durée médiane de l’insusceptibilité post-partum par caractéristiques socio-démographiques Nombre médian de mois d’aménorrhée, d’abstinence et d’insusceptibilité post-partum, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Aménorrhée post-partum Abstinence post-partum Insusceptibilité post-partum Effectif de naissances Âge 15-29 10,8 8,2 14,2 1 917 30-49 12,9 9,9 17,4 1 205 Milieu de résidence Ensemble urbain 9,3 7,4 12,6 984 Cotonou 7,2 5,0 9,7 285 Autres villes 9,9 12,6 14,6 699 Rural 12,8 9,5 16,8 2 137 Département Atacora 16,1 22,0 22,9 433 Ensemble Atlantique 9,8 4,9 11,5 606 Atlantique 11,2 4,9 13,3 321 Cotonou 7,2 5,0 9,7 285 Borgou 12,0 16,8 18,2 561 Mono 12,6 8,5 16,2 356 Ouémé 11,3 5,2 14,5 491 Zou 11,1 6,9 13,5 674 Niveau d’instruction Aucun niveau 12,3 12,9 17,0 2 281 Primaire 11,3 6,3 13,3 598 Secondaire ou plus 8,0 4,4 9,8 242 Ensemble 11,7 8,9 15,1 3 121 Note : Les médianes sont basées sur le statut actuel. Les données du tableau 6.9 montrent que les mères âgées de 15-29 ans ont une durée médiane d’aménorrhée plus courte que celles âgées de 30 ans ou plus (10,8 mois contre 12,9 mois). Les mêmes disparités s’observent pour la durée d’abstinence et la période d’insusceptibilité (respectivement, 8,2 mois et 9,9 mois contre 14,2 mois et 17,4 mois). Nuptialité et exposition au risque de grossesse | 103 Les disparités selon le milieu de résidence montrent que les mères urbaines ont des durées médianes plus faibles que celles des femmes rurales : 9,3 mois contre 12,8 mois pour l’aménorrhée post- partum, 7,4 mois contre 9,5 mois pour l’abstinence post-partum et 12,6 mois contre 16,8 mois pour la période d’insusceptibilité post-partum. Ces différences, surtout celles de l’aménorrhée, pourraient s’expliquer en partie par une durée d’allaitement au sein plus courte en ville. Selon le département, les données montrent que la ville de Cotonou se caractérise par la durée médiane d’aménorrhée la plus courte (7,2 mois), et l’Atacora par la durée médiane la plus longue (16,1 mois). Dans les autres départements, la durée médiane d’aménorrhée varie entre 11 mois et 12 mois et demi. Concernant l’abstinence, les comportements sont tout aussi différenciés que dans le cas de l’aménorrhée : on observe les durées médianes les plus courtes dans l’Atlantique (4,9 mois) et dans l’Ouémé (5,2 mois). Par contre, dans l’Atacora et le Borgou, on trouve les durées médianes d’abstinence post-partum les plus longues (respectivement 22 mois et 16,8 mois). Enfin, les durées médianes d’insusceptibilité post-partum sont plus longues dans l’Atacora et le Borgou (respectivement 22,9 mois et 18,2 mois), suivis par le Mono (16,2 mois) et l’Ouémé (14,5 mois) que dans les autres départements, en particulier la ville de Cotonou (9,7 mois). Enfin, on note un important écart entre les durées médianes observées chez les mères non instruites et celles qui ont atteint, au moins, le niveau primaire. Ces dernières se caractérisent par les durées médianes d’aménorrhée les plus courtes (8,0 mois pour le niveau secondaire ou plus et 11,3 mois pour le primaire, contre 12,3 mois pour les femmes sans instruction), probablement en raison d’un allaitement maternel moins long. En ce qui concerne l’abstinence post-partum, on constate qu’après l’accouchement, les femmes instruites ont tendance à reprendre les relations sexuelles plus rapidement que les autres. Cette tendance est particulièrement nette chez les femmes qui ont atteint, au moins, le niveau secondaire (4,4 mois contre 12,9 mois chez celles sans instruction). Corrélativement, ces dernières ont une période d’insusceptibilité plus courte que les femmes qui n’ont aucun niveau d’instruction (9,8 mois contre 17,0 mois). Les femmes cessent d’être exposées au risque de grossesse lorsqu’elles atteignent la méno- pause ou si elles sont en situation d’infécondabilité définitive. Dans le cadre de l’EDSB-II, les femmes sont considérées comme étant en ménopause lorsque, n’étant ni enceintes, ni en aménorrhée post- partum, elles n’ont pas eu de règles depuis, au moins, 6 mois avant l’enquête, ou quand elles se sont déclarées en ménopause. Le pourcentage de femmes en ménopause selon le groupe d’âges actuel des femmes est présentée dans le tableau 6.10. Les données de l’EDSB-II montrent que 10 % des femmes mariées et âgées de 30 à 49 ans au moment de l’enquête sont en ménopause. Cette proportion varie sensiblement avec l’âge des femmes : de 1 % pour les femmes de 30-34 ans, elle atteint 26 % entre 44 et 45 ans pour s’établir à 44 % dans le groupe d’âges 48-49 ans. Tableau 6.10 Ménopause Pourcentage de femmes de 30-49 ans qui sont en ménopause, Bénin 2001 Âge Pourcentage de femmes en ménopause1 Effectif 30-34 0,8 866 35-39 3,3 745 40-41 7,0 304 42-43 16,6 181 44-45 25,8 238 46-47 38,1 131 48-49 43,8 135 Total 9,7 2 601 1 Comprend les femmes qui ne sont ni enceintes, ni en aménorrhée post-partum et dont les dernières règles ont eu lieu 6 mois ou plus avant l’enquête Préférences en matière de fécondité | 105 PRÉFÉRENCES EN MATIÈRE DE FÉCONDITÉ 7 Nicaise Kodjogbé Elise Ahovey L’EDSB-II a abordé le sujet des préférences en matière de fécondité par le biais de questions concernant le désir d’avoir des enfants supplémentaires, le délai d’attente avant d’avoir le prochain enfant et le nombre total d’enfants désirés. L’interprétation des données collectées dans ce domaine est délicate, car les femmes et les hommes enquêtés sont à des moments différents de leur vie féconde. Les réponses qu’ils ont fournies peuvent être influencées par leurs objectifs en matière de procréation pour les jeunes, d’une part, et par l’histoire génésique pour les plus âgés, d’autre part. Néanmoins la plupart des enquêtés (90 %) ont pu fournir des réponses quantitatives aux questions. 7.1 DÉSIR D’ENFANTS SUPPLÉMENTAIRES Le tableau 7.1 montre qu’au Bénin, sur 100 femmes en union, 24 désirent un enfant dans un avenir proche (moins de 2 ans), 37 aimeraient en avoir un plus tard, après deux ans (espacement des naissances) et 26 ont exprimé le désir de ne plus en avoir (limitation de naissances). De même, 44 % des hommes veulent avoir un enfant plus tard, et 20 % ne désirent plus en avoir. On note aussi dans le tableau 7.1 et le graphique 7.1 que le pourcentage de femmes qui veulent limiter les naissances augmente avec le nombre d’enfants vivants, passant de 2 % chez celles qui ont un enfant, à 37 % chez celles qui ont 4 enfants vivants, et à 63 % chez celles ayant 6 enfants ou plus. Les nullipares se distinguent par leur forte proportion (83 %) à souhaiter avoir un enfant dans un avenir plus proche. Au fur et à mesure que la parité augmente, la proportion de femmes désirant un enfant dans un avenir plus proche diminue ; elle passe de 32 % chez les primipares à 15 % chez les femmes ayant 4 enfants. Cette diminution est aussi régulière chez les hommes, où la proportion de ceux désirant avoir un autre enfant passe de 37 % chez les primipares à 24 % chez ceux qui ont 4 enfants. Le tableau 7.2 présente le pourcentage de femmes et d’hommes en union qui désirent limiter les naissances, selon les caractéristiques socio-démographiques. Comme nous l’avons observé au tableau 7.1, le tableau 7.2 indique que la proportion des femmes ayant déclaré ne plus vouloir d’enfants augmente de façon régulière avec le nombre d’enfants vivants. En ce qui concerne la ville de Cotonou, cette proportion passe de 3 % chez les femmes primipares à 33 % chez celles ayant deux enfants. Il faut toutefois noter que dans les autres départements, la proportion de femmes ayant deux enfants qui désirent limiter les naissances est encore faible, variant de 3 % dans le département du Mono à 7 % dans l’Atlantique. Dans ces départements, c’est à partir du quatrième enfant que l’on observe des proportions assez importantes de femmes qui expriment le désir de limiter les naissances, variant de 18 % dans le département du Mono à 46 % dans l’Atlantique et à 68 % à Cotonou. Au niveau du milieu de résidence, les femmes urbaines ont plus fréquemment exprimé le désir de limiter les naissances que les femmes rurales (31 % contre 23 %). On note aussi dans le tableau 7.2 que le niveau d’instruction influence le désir de limiter les naissances. En effet, 36 % des femmes ayant le niveau d’instruction secondaire ou plus désirent limiter leurs naissances, contre 25 % de celles qui n’ont aucun niveau d’instruction. Cependant, on n’observe pratiquement pas de différence significative entre les femmes non instruites et celles du niveau d’instruction primaire (24 %). 106 | Préférences en matière de fécondité Tableau 7.1 Préférences en matière de fécondité selon le nombre d’enfants vivants Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union par désir d’enfants supplémentaires, selon le nombre d’enfants vivants, Bénin 2001 Nombre d’enfants vivants1 Désir d’enfants 0 1 2 3 4 5 6 ou plus Ensemble FEMMES Souhaite avoir un autre enfant bientôt2 82,5 31,8 27,5 23,3 14,9 14,4 8,0 23,8 Avoir un autre enfant plus tard3 3,2 55,2 52,3 48,2 33,2 23,5 13,1 36,7 Avoir un autre mais ne sait pas quand 8,6 8,7 5,3 5,7 5,0 5,6 1,8 5,5 Indécise 1,9 1,5 3,3 5,5 6,5 7,6 6,0 4,6 N’en veut plus 0,0 2,1 9,4 14,6 37,3 42,7 63,2 25,6 Stérilisée4 0,0 0,1 0,0 0,3 0,3 0,4 0,7 0,3 Déclare qu’elle est stérile 2,9 0,5 2,0 1,9 2,7 5,3 7,2 3,1 Manquant 0,8 0,1 0,2 0,6 0,2 0,5 0,1 0,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 236 852 818 703 625 495 834 4 563 HOMMES Souhaite avoir un autre enfant bientôt2 48,7 36,5 28,3 29,3 24,4 25,9 20,2 27,9 Avoir un autre enfant plus tard3 44,3 57,7 59,3 49,0 41,7 33,2 30,7 43,7 Avoir un autre mais ne sait pas quand 4,9 3,4 4,2 3,9 4,1 2,3 3,1 3,6 Indécis 1,1 0,0 0,9 2,3 0,6 2,0 3,1 1,7 N’en veut plus 0,0 1,2 6,1 14,5 26,0 32,8 37,9 20,3 Stérilisé4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 Déclare qu’il est stérile 1,1 0,8 1,2 1,0 3,3 3,8 4,7 2,7 Manquant 0,0 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,2 0,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 108 247 240 211 153 138 511 1 607 1 Y compris la grossesse actuelle (pour les femmes) 2 Veut un autre enfant dans les deux ans 3 Veut espacer la prochaine naissance de deux ans ou plus 4 Y compris la stérilisation féminine ou masculine Graphique 7.1 Désir d’enfants supplémentaires des femmes en union, selon le nombre d’enfants vivants Bénin 2001 �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� 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�������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� 0 1 2 3 4 5 6 + Nombre d’enfants vivants 0 25 50 75 100 Pourcentage Ne veut plus Veut après 2 ans Veut dans les 2 ans Veut NSP quand Indécise Stérilisée Déclarée stérile ����� ����� ����� ����� ����� ����� ����� Préférences en matière de fécondité | 107 Tableau 7.2 Désir de limiter les naissances selon les caractéristiques socio-démographiques Pourcentage de femmes et d’hommes actuellement en union ne voulant plus d’enfants, par nombre d’enfants vivants et selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Nombre d’enfants vivants1 Caractéristique socio-démographique 1 2 3 4 5 6 ou plus Ensemble FEMMES Milieu de résidence Ensemble urbain 3,8 17,3 23,2 52,2 62,7 70,2 30,7 Cotonou 2,6 32,7 39,8 67,9 88,0 97,0 36,5 Autres villes 4,5 9,1 14,1 45,9 56,6 65,5 28,2 Rural 1,3 3,9 10,4 30,3 35,7 61,5 23,4 Département Atacora 2,6 4,6 7,9 28,4 22,8 48,3 20,0 Ensemble Atlantique 2,0 22,6 28,9 56,6 62,6 80,1 34,0 Atlantique 1,1 7,2 12,5 45,6 50,2 74,0 31,2 Cotonou 2,6 32,7 39,8 67,9 88,0 97,0 36,5 Borgou 3,0 6,2 11,3 31,0 31,7 54,6 22,4 Mono 3,1 2,9 6,6 17,5 33,3 52,4 18,7 Ouémé 3,3 5,5 15,8 38,7 53,8 76,2 27,3 Zou 0,7 5,9 11,3 43,2 49,0 71,7 27,5 Éducation Aucun niveau 2,2 5,0 10,3 32,9 38,3 62,1 25,3 Primaire 3,0 13,2 16,8 39,1 55,0 70,6 24,0 Secondaire ou plus 1,1 28,3 42,0 76,0 82,4 90,7 35,6 Ensemble 2,2 9,4 14,9 37,6 43,1 63,9 25,9 HOMMES Milieu de résidence Ensemble urbain 1,8 11,8 19,9 35,2 46,4 49,5 24,5 Cotonou 2,0 32,4 25,0 50,0 63,6 77,8 29,7 Autres villes 1,7 1,6 17,5 28,8 40,4 42,9 22,0 Rural 0,7 1,5 11,4 19,6 26,4 33,1 17,9 Département Atacora 0,0 0,0 0,0 7,2 22,0 21,4 10,7 Ensemble Atlantique 1,4 19,5 21,2 41,4 38,5 49,0 24,2 Atlantique 0,0 0,0 16,3 27,6 17,6 32,4 16,9 Cotonou 2,0 32,4 25,0 50,0 63,6 77,8 29,7 Borgou 3,6 2,6 10,5 15,5 14,8 28,7 13,4 Mono 0,0 0,0 11,1 15,5 31,4 35,1 19,8 Ouémé 0,0 1,9 23,5 42,7 43,8 47,0 26,7 Zou 0,0 2,4 12,4 25,0 36,8 44,0 23,8 Éducation Aucun niveau 0,9 0,0 7,7 20,0 22,0 30,3 16,6 Primaire 2,3 2,4 8,1 25,4 43,6 43,6 19,6 Secondaire ou plus 0,0 21,0 34,6 34,6 49,9 61,5 30,7 Ensemble 1,2 6,1 14,5 26,0 32,8 37,9 20,3 Note : Les femmes/hommes stérilisés sont considérés comme ne voulant plus d’enfant. 1 Y compris la grossesse actuelle 108 | Préférences en matière de fécondité De même que chez les femmes, on constate, chez les hommes, que le milieu de résidence influe sur le désir de limiter les naissances. En milieu urbain, les hommes ont plus fréquemment déclaré vouloir limiter leurs naissances que ceux du milieu rural (25 % contre 18 %). Cet écart est très remarquable dans la ville de Cotonou où 30 % des hommes veulent limiter les naissances. On note enfin que le désir de limiter les naissances varie positivement avec le niveau d’instruction des hommes : 17 % pour les hommes sans aucun niveau d’instruction, 20 % pour ceux du niveau primaire et 31 % pour ceux de niveau secondaire ou plus. 7.2 BESOINS EN MATIÈRE DE PLANIFICATION FAMILIALE Les femmes actuellement en union non utilisatrices de la contraception et qui ont déclaré qu’elles ne voulaient plus d’enfants (limitation des naissances) et celles qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant d’avoir un autre enfant (espacement des naissances) sont considérées comme ayant des besoins non satisfaits en matière de contraception. La demande potentielle totale en planification familiale est constituée par l’ensemble des femmes qui ont des besoins non satisfaits ainsi que par celles qui utilisent actuellement la contraception. Le tableau 7.3 indique que 27 % des femmes actuellement en union ont des besoins non satisfaits en matière de planification familiale. Cette proportion regroupe 18 % des femmes ayant des besoins non satisfaits pour l’espacement et 10 % pour la limitation des naissances. Par ailleurs, 19 % des femmes en union utilisent actuellement la planification familiale, dont 12 % l’utilisent pour espacer et 7 % pour limiter les naissances. Enfin la demande potentielle en planification familiale est de 46 %. En d’autres termes, la prévalence contraceptive passerait de 19 % à 46 %, si tous les besoins en planification familiale des femmes étaient satisfaits. Cependant, la demande en planification familiale n’est satisfaite qu’à 41 %. Les besoins non satisfaits en planification familiale varient d’une manière irrégulière selon l’âge des femmes. Si les femmes de 45-49 ans détiennent le niveau le plus faible de besoins non-satisfaits (22 %), celles âgées de 40-44 ans détiennent le niveau le plus élevé (32 %). Chez les femmes âgées de moins de 40 ans, le niveau des besoins non satisfaits varie de 25 % chez celles de 20-24 ans à 29 % chez celles de 30-34 ans. Les besoins non satisfaits liés à l’espacement sont élevés chez les femmes âgées de 20 à 29 ans (variant de 27 % à 15-19 ans à 24 % à 25-29 ans) et, à l’opposé, les besoins non satisfaits en matière de limitation des naissances sont faibles (variant de 1 % à 15-19 ans à 3 % à 25-29 ans). Cette tendance est inversée chez les femmes âgées de 30 ans ou plus. Les besoins non satisfaits en planification familiale varient selon le milieu de résidence (30 % en milieu urbain et 26 % en milieu rural). La ville de Cotonou se distingue par une proportion plus élevée (38 %) de femmes ayant des besoins en planification familiale non satisfaits. Selon le département, c’est dans celui de l’Atlantique que l’on retrouve la proportion la plus élevée de femmes ayant des besoins non satisfaits (33 %), suivi par l’Ouémé (28 %) et le Zou (27 %). À l’opposé, c’est le département du Mono qui détient la plus faible proportion de besoins non-satisfaits (21 %). Par ailleurs, l’Atlantique se caractérise par une forte demande potentielle totale en planification familiale (61 %), suivi par les départements du Zou (51 %) et de l’Ouémé (48 %). Dans les autres départements, cette demande est encore faible, variant de 28 % dans l’Atacora à 43 % dans le Mono. On remarque également que la demande potentielle en matière de planification familiale varie avec le niveau d’instruction des femmes, les proportions passant de 42 % chez celles qui n’ont aucun niveau d’instruction à 64 % chez elles ayant le niveau d’instruction secondaire ou plus. Préférences en matière de fécondité | 109 Tableau 7.3 Besoins en matière de planification familiale Pourcentage de femmes actuellement en union ayant des besoins non-satisfaits en matière de planification familiale, pourcentage de celles dont les besoins sont satisfaits et pourcentage de demande potentielle totale de services de planification familiale, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Besoins en planification familiale non satisfaits1 Besoins en planification familiale satisfaits (utilisatrices)2 Demande totale de planification familiale3 Caractéristique socio- démographique Pour l’espace- ment Pour la limitation Ensemble Pour l’espace- ment Pour la limitation Ensemble Pour l’espace- ment Pour la limitation Ensemble Pourcen- tage de demande satisfaite Effectif Âge 15-19 27,2 0,6 27,8 7,6 0,3 7,9 34,8 0,9 35,7 22,0 287 20-24 24,7 0,7 25,4 17,9 0,4 18,3 42,6 1,1 43,7 41,9 867 25-29 24,0 2,8 26,8 17,1 2,0 19,2 41,1 4,8 45,9 41,7 1 069 30-34 19,0 10,0 29,0 14,3 6,1 20,4 33,3 16,1 49,4 41,3 791 35-39 10,0 17,4 27,4 7,3 13,6 20,9 17,3 31,1 48,4 43,3 700 40-44 5,9 26,2 32,1 3,4 15,6 19,0 9,3 41,8 51,2 37,2 478 45-49 0,5 21,4 21,9 1,3 15,8 17,1 1,8 37,3 39,1 43,8 370 Milieu de résidence Ensemble urbain 18,2 12,1 30,2 12,0 9,1 21,1 30,1 21,2 51,3 41,1 1 572 Cotonou 23,6 14,0 37,6 11,4 11,6 22,9 35,0 25,6 60,6 37,9 472 Autres villes 15,8 11,2 27,1 12,2 8,0 20,3 28,1 19,3 47,3 42,8 1 100 Rural 17,2 8,5 25,7 12,0 5,3 17,3 29,1 13,8 42,9 40,3 2 990 Département Atacora 16,3 7,1 23,5 2,9 2,1 5,0 19,2 9,2 28,4 17,5 585 Ensemble Atlantique 21,9 13,5 35,4 15,2 10,3 25,5 37,1 23,8 60,9 41,9 917 Atlantique 20,2 12,9 33,0 19,3 9,0 28,3 39,4 21,9 61,3 46,1 445 Cotonou 23,6 14,0 37,6 11,4 11,6 22,9 35,0 25,6 60,6 37,9 472 Borgou 16,5 7,9 24,4 5,9 4,0 9,9 22,4 11,8 34,2 28,8 798 Mono 14,3 6,9 21,2 16,9 4,7 21,6 31,2 11,6 42,8 50,4 535 Ouémé 18,0 10,0 28,0 12,3 7,9 20,1 30,3 17,9 48,2 41,8 769 Zou 16,2 10,5 26,8 16,5 8,2 24,7 32,7 18,7 51,4 47,9 958 Éducation Aucun niveau 17,0 9,6 26,6 10,3 5,6 15,8 27,2 15,1 42,4 37,3 3 294 Primaire 20,8 9,7 30,5 13,6 6,5 20,1 34,4 16,2 50,6 39,7 883 Secondaire ou plus 14,5 11,0 25,5 22,8 16,2 39,0 37,3 27,1 64,4 60,5 385 Ensemble 17,5 9,7 27,2 12,0 6,6 18,6 29,5 16,3 45,8 40,6 4 563 1 Les besoins non-satisfaits pour espacer concernent les femmes enceintes dont la grossesse ne s’est pas produite au moment voulu, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance ne s’est pas produite au moment voulu, et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n’utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir attendre deux ans ou plus avant leur prochaine naissance. Sont également incluses dans les besoins non-satisfaits pour espacer, les femmes qui ne sont pas sûres de vouloir un autre enfant ou qui veulent un autre enfant mais ne savent pas à quel moment elles veulent avoir cet enfant. Les besoins non-satisfaits pour limiter concernent les femmes enceintes dont la grossesse n’était pas voulue, les femmes en aménorrhée dont la dernière naissance n’était pas voulue, et les femmes qui ne sont ni enceintes ni en aménorrhée, qui n’utilisent pas de méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d’enfants. Sont exclues les femmes qui sont en ménopause ou en période d’infécondabilité. 2 L’utilisation pour espacer concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré vouloir un autre enfant ou qui ne sont pas sûres d’en vouloir un autre. L’utilisation pour limiter concerne les femmes qui utilisent actuellement une méthode contraceptive et qui ont déclaré ne plus vouloir d’enfants. Il faut noter que les méthodes spécifiques utilisées ne sont pas prises en compte ici. 3 Les non utilisatrices qui sont enceintes ou en aménorrhée et les femmes dont la grossesse était le résultat de l’échec d’une méthode de contraception ne sont pas incluses dans la catégories des besoins non-satisfaits, mais sont incluses dans la demande totale en contraception (puisqu’elles seraient en train d’utiliser si leur méthode n’avait pas échoué). 110 | Préférences en matière de fécondité 7.3 NOMBRE TOTAL D’ENFANTS DÉSIRÉS Dans le but de mesurer la taille idéale de la famille, l’une des deux questions suivantes a été posée aux femmes, selon leur parité : - aux femmes ayant des enfants vivants : « Si vous pouviez revenir à l’époque où vous n’aviez pas d’enfants et choisir exactement le nombre d’enfants à avoir dans toute votre vie, combien voudriez-vous en avoir ? » - aux femmes sans enfants vivants : « Si vous pouviez choisir exactement le nombre d’enfants à avoir dans toute votre vie, combien voudriez-vous en avoir ? » Le tableau 7.4 indique que, pour l’ensemble des femmes et pour les femmes en union, le nombre idéal moyen d’enfants est, respectivement de 4,9 et 5,2. Ce nombre idéal moyen augmente avec le nombre d’enfants vivants, passant de 4,2 chez les femmes sans enfant vivant à 5,2 chez celles ayant 4 enfants. Il faut remarquer que, pour plus d’une femme sur trois (34 %), le nombre idéal se situe à 4 enfants et que, pour plus d’une femme sur cinq (28 %), il s’établit à 6 enfants ou plus. Pour l’ensemble des hommes et pour les hommes en union, le nombre idéal moyen d’enfants est, respectivement, de 6,6 et 7,5 enfants. Ces nombres moyens d’enfants déclarés par les enquêtés (femmes et hommes) sont assez élevés et cela confirme l’attitude pronataliste des Béninois. Le tableau 7.5 montre que les femmes du milieu urbain désirent avoir moins d’enfants que les femmes du milieu rural (4,3 contre 5,3 enfants). Sur le plan régional, chez les femmes, les départements de l’Atacora et du Borgou se distinguent par le nombre moyen idéal le plus élevé (respectivement, 6,3 et 6,2 enfants) et l’Atlantique, par le niveau le plus faible (4,5 enfants). Selon le niveau d’instruction, les femmes n’ayant aucun niveau d’instruction ont déclaré un nombre idéal moyen d’enfants (5,5) supérieur à celui exprimé par les femmes d’un niveau d’instruction supérieur (4,3 pour celles ayant le niveau d’instruction primaire et 3,4 pour celles ayant le niveau d’instruction secondaire). Lorsqu’on considère l’ensemble des hommes, on constate que ce sont ceux du milieu rural (7,6 enfants), du département du Borgou (8,6 enfants) et de l’Atacora (8,1 enfants) et ceux qui n’ont aucun niveau d’instruction (8,9 enfants) qui désirent le plus fréquemment avoir une grande famille. 7.4 PLANIFICATION DE LA FÉCONDITÉ Au cours de l’EDSB-II des questions relatives à chaque enfant né au cours des cinq dernières années et à la grossesse actuelle ont été posées aux femmes. Ces questions avaient pour objectif de déterminer si, lorsque la femme s’est trouvée enceinte, elle souhaitait être enceinte à ce moment-là, plus tard, ou si elle ne voulait pas tomber enceinte du tout. Les réponses à ces questions permettent de mesurer le degré de réussite des couples dans le contrôle de leur fécondité. Le tableau 7.6 montre que 77 % des naissances survenues au cours des cinq dernières années étaient bien planifiées (c’est-à-dire sont survenues au moment voulu). Dans 18 % des cas, les femmes auraient souhaité la naissance plus tard. On constate que les trois premières naissances sont planifiées dans des proportions élevées et sensiblement égales (79 % pour la première naissance contre 81 % pour la Préférences en matière de fécondité | 111 Tableau 7.4 Nombre idéal d’enfants Répartition (en %) de l’ensemble des femmes et des hommes par nombre d’enfants vivants, selon le nombre idéal d’enfants et le nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes et des hommes et pour celles/ceux actuellement en union, Bénin 2001 Nombre d’enfants vivants1 Nombre idéal d’enfants 0 1 2 3 4 5 6 ou plus Ensemble FEMMES 0 0,7 0,1 0,1 0,1 0,6 0,8 0,4 0,4 1 0,5 0,1 0,3 0,5 0,4 0,9 1,0 0,5 2 14,0 11,7 7,6 5,1 6,9 5,9 3,8 8,8 3 12,0 10,4 3,8 5,2 3,6 5,6 6,0 7,5 4 37,8 38,3 39,7 32,7 28,5 24,8 25,0 33,6 5 8,9 9,8 12,3 15,4 11,9 10,0 9,4 10,8 6 ou plus 15,6 18,2 24,3 31,5 39,7 41,0 41,2 27,5 Réponse non numérique 10,6 11,4 11,9 9,3 8,3 11,0 13,2 10,9 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 519 998 881 745 664 526 886 6 219 Nombre idéal moyen d’enfants pour2 : Ensemble des femmes 4,2 4,5 4,8 5,0 5,2 5,6 5,9 4,9 Effectif 1 357 884 776 675 609 468 768 5 539 Femmes en union 5,1 4,6 4,9 5,1 5,3 5,6 6,0 5,2 Effectif 200 755 723 637 573 442 723 4 052 HOMMES 0 0,6 0,4 0,9 0,0 0,7 1,2 0,6 0,6 1 0,4 0,0 0,0 0,4 0,0 0,7 0,0 0,2 2 8,7 5,1 4,9 3,2 4,8 3,6 2,0 5,7 3 13,1 12,8 6,2 5,7 2,0 5,7 5,2 9,2 4 27,8 28,9 22,3 14,7 17,1 11,2 13,9 22,1 5 13,8 13,3 15,1 15,9 10,3 7,9 4,9 11,8 6 ou plus 29,7 34,2 43,5 47,8 54,2 58,9 57,0 41,3 Réponse non numérique 5,9 5,3 7,1 12,3 10,8 10,8 16,3 9,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif 1 107 288 258 227 159 145 526 2 709 Nombre idéal moyen d’enfants pour2 : Ensemble des hommes 5,3 5,7 6,2 6,7 6,7 7,6 10,1 6,6 Effectif 1 041 273 239 199 142 129 440 2 464 Hommes en union 5,8 5,9 6,2 6,6 6,8 7,6 10,2 7,5 Effectif 102 234 225 186 136 123 430 1 438 1 Y compris la grossesse actuelle 2 Les moyennes sont calculées en excluant les femmes et les hommes ayant donné des réponses non-numériques. 112 | Préférences en matière de fécondité Tableau 7.5 Nombre idéal d’enfants par caractéristiques socio-démographiques Nombre idéal moyen d’enfants pour l’ensemble des femmes et des hommes, par âge et selon les caractéristiques socio- démographiques, Bénin 2001 Âge Caractéristique socio-démographique 15-19 20-24 25-29 30-34 35-39 40-44 45-49 50 ou plus Ensemble FEMMES Milieu de résidence Ensemble urbain 4,1 3,9 4,3 4,3 4,5 4,6 4,9 na 4,3 Cotonou 3,6 3,3 3,6 3,5 3,3 3,6 4,1 na 3,5 Autres villes 4,4 4,3 4,8 4,9 5,1 5,1 5,1 na 4,7 Rural 4,9 5,1 5,3 5,7 5,4 5,9 5,5 na 5,3 Département Atacora 5,5 5,7 6,2 6,9 6,8 7,6 6,5 na 6,3 Ensemble Atlantique 3,8 3,6 3,9 4,0 3,9 4,2 4,5 na 3,9 Atlantique 4,3 4,3 4,5 4,8 4,6 4,9 4,9 na 4,5 Cotonou 3,6 3,3 3,6 3,5 3,3 3,6 4,1 na 3,5 Borgou 5,4 5,7 6,1 6,6 6,5 7,4 7,1 na 6,2 Mono 5,0 5,2 5,6 5,9 6,2 6,7 6,7 na 5,7 Ouémé 4,1 4,2 4,4 4,8 4,5 4,1 4,5 na 4,3 Zou 4,4 4,5 4,7 4,6 4,6 4,3 4,2 na 4,5 Éducation Aucun niveau 5,3 5,1 5,5 5,8 5,6 5,8 5,6 na 5,5 Primaire 4,2 4,1 4,4 4,4 4,4 4,5 4,7 na 4,3 Secondaire ou plus 3,5 3,1 3,4 3,5 3,4 3,5 3,7 na 3,4 Ensemble 4,5 4,6 4,9 5,1 5,1 5,4 5,3 na 4,9 HOMMES Milieu de résidence Ensemble urbain 4,4 4,4 4,7 4,9 5,1 6,4 7,4 8,6 5,2 Cotonou 3,8 3,6 3,5 3,6 3,8 5,3 3,7 3,6 3,8 Autres villes 4,7 5,0 5,8 5,8 6,3 6,9 8,8 9,9 6,1 Rural 6,2 6,5 6,7 7,6 8,3 8,3 9,7 10,1 7,6 Département Atacora 6,0 6,4 6,7 7,8 8,4 10,1 11,1 13,8 8,1 Ensemble Atlantique 4,2 4,3 4,0 4,3 4,9 6,1 5,1 4,8 4,5 Atlantique 4,7 5,8 5,0 5,6 7,4 7,0 6,4 5,7 5,7 Cotonou 3,8 3,6 3,5 3,6 3,8 5,3 3,7 3,6 3,8 Borgou 7,6 7,3 7,8 8,2 9,5 8,5 11,1 12,0 8,6 Mono 6,4 5,7 7,3 7,4 8,2 9,3 11,6 11,3 7,7 Ouémé 4,8 5,4 5,9 5,8 6,1 6,4 6,8 8,9 6,0 Zou 5,2 5,2 5,8 7,0 6,9 6,9 9,7 9,1 6,7 Éducation Aucun niveau 7,4 7,3 7,6 8,2 9,2 9,5 11,2 11,6 8,9 Primaire 5,4 5,3 5,5 6,1 7,5 5,9 6,7 7,6 6,0 Secondaire ou plus 4,3 4,0 3,7 4,7 4,2 5,0 4,8 3,9 4,3 Ensemble 5,4 5,6 5,9 6,4 7,1 7,6 8,9 9,6 6,6 na = Non applicable Préférences en matière de fécondité | 113 Tableau 7.6 Planification de la fécondité Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête (y compris la grossesse actuelle) par type de planification, selon le rang de naissance et l’âge de la mère à la naissance, Bénin 2001 Statut de la naissance Rang de naissance et âge de la mère à la naissance Voulue au moment Voulue plus tard Non désirée Manquant Total Effectif de naissances Rang de naissance 1 78,8 20,5 0,3 0,4 100,0 1 280 2 81,1 18,3 0,2 0,4 100,0 1 067 3 77,6 20,3 1,8 0,4 100,0 897 4 ou plus 74,7 15,0 9,8 0,5 100,0 2 776 Âge à la naissance <20 79,3 20,0 0,4 0,3 100,0 806 20-24 78,3 20,6 0,7 0,3 100,0 1 745 25-29 78,8 18,6 2,4 0,2 100,0 1 545 30-34 76,1 15,9 7,3 0,7 100,0 1 043 35-39 72,6 10,5 16,3 0,7 100,0 606 40-44 69,0 7,0 23,5 0,4 100,0 239 45-49 64,1 2,1 30,6 3,2 100,0 36 Ensemble 77,2 17,5 4,9 0,4 100,0 6 021 deuxième et 78 % pour la troisième) tandis que celles qui surviennent à partir du quatrième rang sont moins bien planifiées (75 %). En conséquence, la grande majorité des grossesses non désirées se retrouve dans les rangs quatre ou plus (10 % contre moins de 2 % pour les rangs inférieurs) et surviennent chez les femmes les plus âgées (31 % à 45-49 ans, 24 % à 40-44 ans et 16 % à 35-39 ans contre moins de 8 % chez les femmes âgées de moins de 35 ans). Dans le tableau 7.7, on a procédé à la comparaison de l’Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et de l’Indice Synthétique de Fécondité actuelle (ISF). Les procédures de calcul de ces deux indicateurs sont pratiquement identiques, mais pour le calcul de l’ISFD, les naissances non désirées ne figurent pas au numérateur. De ce fait, l’ISFD représente le niveau de fécondité que l’on aurait eu durant les trois années ayant précédé l’enquête si toutes les naissances non désirées avaient été évitées. La différence observée entre ces deux indices permet de déterminer l’effet potentiel qu’aurait eu un programme de planification familiale réussi sur la réduction de la fécondité. Au Bénin, pour les trois dernières années, l’ISFD est estimé à 4,6 enfants par femme et l’ISF à 5,6 enfants par femme. Ceci sous- entend que si toutes les naissances non désirées avaient été évitées, les femmes auraient 1 enfant de moins. L’écart entre l’ISFD et l’ISF est relativement élevé dans la plupart des départements. La planification familiale pourrait réduire non seulement la fréquence de naissances non désirées, mais aussi les pratiques abortives (Kouton et al., 1999). 114 | Préférences en matière de fécondité Tableau 7.7 Taux de fécondité désirée Indice Synthétique de Fécondité Désirée (ISFD) et Indice Synthétique de Fécondité pour les trois années ayant précédé l’enquête, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique ISFD ISF Milieu de résidence Ensemble urbain 3,6 4,4 Cotonou 2,7 3,4 Autres villes 4,1 4,9 Rural 5,3 6,4 Département Atacora 6,1 6,9 Ensemble Atlantique 3,4 4,5 Atlantique 4,6 6,1 Cotonou 2,7 3,4 Borgou 5,5 6,0 Mono 5,2 5,9 Ouémé 4,1 5,0 Zou 4,5 6,1 Éducation Aucun niveau 5,2 6,3 Primaire 4,0 4,9 Secondaire ou plus 2,7 3,6 Ensemble 4,6 5,6 Note : L’ISFD et l’ISF sont basés sur les naissances des femmes de 15-49 ans durant la période 1-36 mois avant l’enquête. L’ISF est le même que celui présenté dans le tableau 4.2. Mortalité des enfants de moins de cinq ans | 115 MORTALITÉ DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS 8 Gora Mboup Bruno Magloire Nouatin Le niveau de mortalité des enfants est considéré parmi les meilleurs indicateurs du niveau de développement d’une population. Il est, en effet, l’une des composantes de l’indice du développement humain (IDH) élaboré par les Nations Unies. Les résultats fournis par l’EDSB-II seront utiles pour la mise en place des programmes de santé et de développement socio-économique. Ces résultats concernent les niveaux, tendances et caractéristiques de la mortalité des enfants selon la résidence et l’instruction des mères, le suivi des grossesses et l’assistance à l’accouchement, et selon certaines caractéristiques du comportement reproductif (l’âge de la mère à la naissance de l’enfant, le rang de naissance et l’intervalle entre naissances). 8.1 MÉTHODOLOGIE Les indicateurs de mortalité présentés dans ce chapitre sont calculés à partir d’informations sur l’historique des naissances recueillies dans le questionnaire individuel. Comme indiqué au chapitre 4, l’enquêtrice demandait à la femme de fournir la liste de ses naissances en précisant le sexe, l’âge, l’état de survie et, en cas de décès, l’âge au décès (au jour près pour les décès de moins d’un mois, au mois près pour ceux de moins de deux ans, et en années pour les décès survenus à deux ans ou plus). Les indicateurs suivants sont calculés à partir de ces informations : quotient de mortalité néonatale (NN) : mesure, à la naissance, la probabilité de décéder avant d’atteindre un mois exact ; quotient de mortalité post-néonatale (PNN) : mesure, chez les enfants âgés d’un mois exact, la probabilité de décéder avant d’atteindre le douzième mois exact ; quotient de mortalité infantile (1q0) : mesure, à la naissance, la probabilité de décéder avant d’atteindre le premier anniversaire (le terme taux de mortalité infantile sera aussi utilisé pour désigner le quotient de mortalité infantile) ; quotient de mortalité juvénile (4q1) : mesure, chez les enfants âgés d’un an exact, la probabilité de décéder avant d’atteindre le cinquième anniversaire ; quotient de mortalité infanto-juvénile (5q0) : mesure, à la naissance, la probabilité de décéder avant d’atteindre le cinquième anniversaire. L’estimation de la mortalité à partir de l’historique des naissances présente à la fois des limites d’ordre méthodologique et des risques d’erreurs d’enregistrement. La collecte des informations auprès de personnes vivantes au moment de l’enquête (ici les femmes de 15-49 ans) ne donne aucune information sur la survie ou le décès d’enfants dont la mère est actuellement décédée. Dans le cas où ces enfants, orphelins de mère, seraient en nombre important et où leur mortalité serait différente des enfants dont la mère est en vie (ce qui est certainement le cas), les niveaux de mortalité s’en trouveraient affectés. Dans le cas de l’EDSB-II, les résultats de l’enquête ménage (tableau 2.4 du chapitre 2) indiquent que seulement 2 % des enfants étaient orphelins de mère. Toutefois, en limitant la collecte des données aux seules femmes de 15-49 ans, les informations découlant de l’historique des naissances ne sont pas complètement 116 | Mortalité des enfants de moins de cinq ans représentatives des différents intervalles de la période passée. Si, pour les cinq années précédant l’enquête, la presque totalité des naissances (et de la mortalité infanto-juvénile qui peut s’ensuivre) sont issues de femmes de 15-49 ans à l’enquête, il n’en est pas de même pour les intervalles plus anciens : pour la période 10-14 ans avant l’enquête, aucune information sur les naissances issues des femmes de 40-49 ans à cette époque n’est disponible. Du point de vue de la collecte proprement dite, la validité des données peut être affectée par : • le sous-enregistrement des événements, en particulier l’omission d’enfants qui meurent très jeunes, quelques heures ou jours après la naissance ; • les déplacements différentiels des dates de naissance des enfants, selon qu’ils sont vivants ou décédés ; • l’imprécision des déclarations d’âge au décès, en particulier l’attraction des 12 mois comme âge au décès, en transformant une partie des décès de jeunes enfants (moins de 12 mois) en décès d’enfants plus âgés (12 à 59 mois), peut, à la fois, engendrer une sous-estimation de la mortalité infantile et une surestimation de la mortalité juvénile, sans pour autant modifier le niveau de la mortalité infanto-juvénile. Par rapport à ces problèmes de collecte, Sullivan et al. (1990) ont montré que les limites méthodologiques inhérentes à l’historique des naissances et les risques d’erreurs ou d’imprécisions de collecte n’induisent en général qu’une très faible marge d’erreur dans les mesures des événements récents. Dans le cadre de ce rapport, on n’a donc procédé à aucun ajustement qui nécessiterait, au préalable, une évaluation détaillée de la qualité des données de l’historique des naissances. Étant donné que plus la période de référence est éloignée de la date de l’enquête, plus le risque d’imprécision est important, l’interprétation des changements survenus dans les niveaux de mortalité peut donc en être affectée. Ainsi, nous avons limité l’étude des tendances sur les quinze dernières années. 8.2 NIVEAUX ET TENDANCES Le tableau 8.1 présente les différents quotients de mortalité (néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile) pour les quinze dernières années précédant l’enquête selon trois périodes quinquennales. Durant la période la plus récente (1996-2001), sur 1 000 enfants, 89 décèdent avant d’atteindre leur premier anniversaire, dont 38 ‰ entre 0 et 1 mois et 51 ‰ entre 1 et 12 mois. Ce résultat montre que le Bénin n’a pas atteint l’objectif d’une mortalité infantile de 69 ‰ en l’an 2000 qu’il s’était fixé dans le Programme National d’Action en faveur des Enfants et des Mères (Ministère de la Santé Publique, 1999). Par ailleurs, on note que pour 1000 enfants ayant atteint leur premier anniversaire, 78 décèdent avant d’atteindre leur cinquième anniversaire, et sur 1000 naissances, 160 décèdent avant d’atteindre leur cinquième anniversaire. Tableau 8.1 Taux de mortalité des enfants Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile par périodes de cinq ans précédant l’enquête, Bénin 2001 Nombre d’années précédant l’enquête Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) 0-4 38,4 50,7 89,1 77,8 160,0 5-9 44,7 56,2 100,9 71,8 165,5 10-14 54,0 62,2 116,2 89,7 195,4 1 Calculé comme étant la différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale Mortalité des enfants de moins de cinq ans | 117 Comparé au niveau de mortalité atteint par d’autres pays africains ayant réalisé la même enquête, le niveau de mortalité infantile observé au Bénin est plus élevé que celui observé au Gabon (57 ‰ en 2000), au Cameroun et au Togo, où il est de 80 ‰ en 1998 (Anipah et al., 1999 ; Fotso et al., 1999 ; Barrère et al, 1999). Durant la première année de vie de l’enfant, la situation du Bénin est, toutefois, meilleure que celle de la Guinée (107 ‰ en 1999), du Burkina Faso (109 ‰ en 1999) et du Niger (136 ‰ en 1998). Sur la période des 15 dernières années, on a observé une baisse générale de la mortalité des enfants de moins de cinq ans, aussi bien au niveau de la période néonatale et post-néonatale qu’au niveau juvénile. Avec un taux de mortalité néonatale passant de 54 à 38 ‰ et un taux de mortalité post-natale passant de 62 à 51 ‰ entre 1986-1991 (10-14 ans avant l’enquête) et 1996-2001 (0-4 ans avant l’enquête), la mortalité infantile a baissé, passant de 116 ‰ en 1986-1991 à 89 ‰ en 1996-2001 (graphique 8.1). En ce qui concerne la mortalité juvénile, son niveau actuel (78 ‰) est nettement inférieur à celui observé en 1986-1991 (90 ‰). Le faible niveau de la mortalité juvénile observé dans la période 1991-1996 (72 ‰) par rapport à celui de 1996-2001 (78 ‰) est dû certainement à une sous-estimation de la mortalité juvénile causée par un déplacement des décès de la période 1991-1996 vers la période 1986- 1991. Ainsi, globalement, entre la naissance et le cinquième anniversaire, le niveau de la mortalité a fortement baissé au cours des 15 dernières années, passant de 195 ‰ en 1986/1991 à 160 ‰ en 1996- 2001, soit une baisse globale de 35 ‰. Graphique 8.1 Tendances de la mortalité infantile et infanto-juvénile Bénin 2001 + + + , , , 10-14 5-9 0-4 Période avant l’enquête (ans) 60 80 100 120 140 160 180 200 Décès pour 1 000 Mortalité Infantile (1q0) Infanto-juvénile (5q0) , + Si l’on compare les résultats de l’EDSB-II à celui de l’EDSB-I, on observe une baisse sensible de la mortalité, à l’exception de la mortalité néonatale, dont le niveau reste stable (autour de 38 ‰) comme le montre le tableau 8.2. La mortalité infantile passe de 94 ‰ en 1996 à 89 ‰ en 2001. Cette baisse de la mortalité infantile est due principalement à la baisse de mortalité post-natale (elle était de 56 ‰ en 1996 contre 51 ‰ en 2001). Comme en 1996, le niveau de la mortalité infantile est le résultat de la surmortalité post-néonatale (Djagba et al., 1999), bien que son impact ait légèrement baissé. En effet, si en 1996, 60 % des décès infantiles interviennent entre 1 et 12 mois, cette proportion tombe à 57 % en 2001. 118 | Mortalité des enfants de moins de cinq ans Tableau 8.2 Mortalité des enfants de moins de cinq ans Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période des cinq dernières années précédant les enquêtes EDSB-I (1996) et EDSB-II (2001) Enquête Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) EDSB-I, 1996 38,2 55,8 93,9 80,0 166,5 EDSB-II, 2001 38,4 50,7 89,1 77,8 160,0 Rapport (EDSB-II/ EDSB-I) 1,01 0,91 0,95 0,97 0,96 1 Calculé comme étant la différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale 8.3 MORTALITÉ DIFFÉRENTIELLE ET GROUPES À HAUTS RISQUES Le tableau 8.3 présente les différents quotients de mortalité des enfants selon les caractéristiques socio-démographiques de la mère, pour la période des 10 ans précédant l’enquête (1992-2002). La référence à une période de dix années est utilisée ici pour pouvoir disposer, dans chaque sous-groupe de population, d’un nombre d’événements statistiquement suffisant pour le calcul des différentes probabilités. Le graphique 8.2 illustre les niveaux de mortalité infanto-juvénile selon les différentes caractéristiques de la mère, à savoir le département, le milieu de résidence et le niveau d’instruction, ainsi que les soins prénatals et l’assistance à l’accouchement. Tableau 8.3 Mortalité des enfants par caractéristiques socio-économiques Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période de 10 ans précédant l’enquête par caractéristiques socio-économiques de la mère, Bénin 2001 Caractéristique socio-économique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Milieu de résidence Urbain 32,7 40,2 72,9 65,5 133,6 Cotonou 38,3 17,7 56,0 34,6 88,7 Autres villes 30,7 48,3 79,0 76,4 149,4 Rural 45,3 59,2 104,5 79,3 175,5 Département Atacora 43,0 67,9 110,9 69,0 172,2 Ensemble Atlantique 40,5 36,7 77,2 48,3 121,8 Atlantique 42,4 52,3 94,7 59,6 148,6 Cotonou 38,3 17,7 56,0 34,6 88,7 Borgou 39,7 48,8 88,5 97,7 177,5 Mono 38,0 47,0 85,0 74,4 153,1 Ouémé 32,5 49,2 81,8 78,3 153,6 Zou 51,4 68,8 120,2 79,2 189,9 Niveau d’instruction de la mère Aucun niveau 41,0 59,2 100,2 82,6 174,5 Primaire 48,7 38,7 87,5 58,4 140,8 Secondaire ou plus 27,3 25,8 53,1 29,3 80,8 Ensemble 41,4 53,4 94,8 75,0 162,7 1 Calculé comme étant la différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale Mortalité des enfants de moins de cinq ans | 119 Les risques de décéder avant l’âge de cinq ans présentent des écarts importants selon le milieu de résidence. Quel que soit le type de mortalité des enfants, le niveau de la mortalité dans la ville de Cotonou représente au moins pratiquement la moitié de celui du milieu rural, à l’exception de la mortalité néonatale où il est de 1,2 fois inférieur (38 ‰ à Cotonou contre 45 ‰ en milieu rural). Par contre, le niveau de la mortalité néonatale des autres villes est inférieur à celui de Cotonou (31 ‰ dans les autres villes et 38 ‰ à Cotonou). Bien que la couverture en matière d’infrastructures sanitaires soit générale, Cotonou bénéficie de beaucoup d’autres avantages comme l’hôpital national de référence (CNHU), de meilleures conditions économiques et le faible impact des facteurs socio-anthropologiques traditionnels sur le comportement des ménages, etc. Quant au reste du milieu urbain, son niveau de mortalité est toujours inférieur à celui du milieu rural. La mortalité, surtout infantile, est nettement moins élevée dans les autres villes (79 ‰) qu’en milieu rural (105 ‰). Au niveau départemental, contrairement à la situation observée en 1996 où les départements de l’Atacora et du Borgou détenaient le triste record de zone à forte mortalité, les résultats de l’EDSB-II montrent que le département du Zou devient le département à forte mortalité des enfants, quel que soit le type de mortalité, à l’exception de la mortalité juvénile pour laquelle il se situe en deuxième position derrière le Borgou (79 ‰ pour le Zou et 98 ‰ pour le Borgou). Au niveau départemental, les résultats montrent que : • les départements du Zou, de l’Atacora et de l’Atlantique se caractérisent par des niveaux de mortalité infantile relativement élevés, respectivement 120 ‰, 111 ‰ et 95 ‰. Cet ordre d’importance est respectée tant pour la mortalité néonatale que la mortalité post-néonatale. En dehors de Cotonou (56 ‰), les plus faibles taux de mortalité infantile sont observés dans l’Ouémé (82 ‰) et le Mono (85 ‰), et dans une certaine mesure le Borgou (89 ‰) ; • en ce qui concerne la mortalité juvénile, c’est dans le Borgou (98 ‰), le Zou (79 ‰) et l’Ouémé (78 ‰) que l’on constate les taux les plus élevés. En ce qui concerne la mortalité juvénile, c’est dans la ville de Cotonou que l’on observe le niveau le plus faible (35 ‰), suivie du département de l’Atlantique (60 ‰) ; Graphique 8.2 Mortalité infantile et infanto-juvénile selon les caractéristiques de la mère Bénin 2001 � �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������ ��������������������������������������������������������������������������������������������������������������� � ������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������ ��������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� � ��������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� � ��������������������������������������������������������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������ ������������������������������������������������������������������� � ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ��������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ��������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ��������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������� � ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������ ���������������������������������� RÉSIDENCE Cotonou Autres villes Ensemble urbain Rural DÉPARTEMENT Atacora Atlantique Cotonou Borgou Mono Ouémé Zou INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou plus 0 50 100 150 200 Décès pour 1 000 Mortalité Infantile (1q0) Juvénile (4q1) ����� ���� 120 | Mortalité des enfants de moins de cinq ans • en général, à l’exception de la ville de Cotonou (avec un niveau de 89 ‰), la mortalité des enfants de moins de cinq ans est élevée dans tous les départements avec des taux qui varient de 190 ‰ dans le Zou à 149 ‰ dans l’Atlantique. Selon le niveau d’instruction de la mère, on constate que la mortalité néonatale varie dans une proportion moins forte que la mortalité post-néonatale. Sur 1 000 naissances survivantes au premier mois, on note que la mortalité des enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction est plus du double que celle des enfants dont la mère a, au moins, un niveau d’instruction secondaire (59 ‰ contre 26 ‰). On note un écart moins important pour les décès survenus au cours du premier mois, avec des taux de mortalité respectifs de 41 ‰ et 27 ‰. Un enfant dont la mère est sans instruction a une probabilité de décéder avant le premier anniversaire près de deux fois supérieure à celle d’un enfant dont la mère a le niveau d’instruction secondaire ou plus (100 ‰ contre 53 ‰). Cette différence de mortalité devient plus importante pour la période juvénile (83 ‰ contre 29 pour ‰). Finalement, la probabilité de décéder avant cinq ans est de 175 ‰ pour les enfants dont la mère n’a aucun niveau d’instruction, et de 81 ‰ lorsque celle-ci a atteint, au moins, le niveau secondaire. Chez les enfants de femmes ayant le niveau d’instruction primaire, les niveaux de mortalité infantile, juvénile et infanto-juvénile sont, respectivement, de 88 ‰, 58 ‰ et 141 ‰. Les meilleures conditions de vie, d’hygiène et d’alimentation, mais surtout le recours plus important des femmes instruites aux services de santé (leurs enfants sont plus fréquemment vaccinés que les enfants dont la mère est sans instruction) pourraient expliquer l’essentiel de ces différences de mortalité (voir le chapitre 9, Santé de la mère et de l’enfant). Les niveaux de mortalité des enfants pour la période de dix ans précédant l’enquête selon certaines caractéristiques biologiques des mères et des enfants sont présentés au tableau 8.4 et au graphique 8.3. Durant le premier mois, la mortalité des enfants de sexe masculin est légèrement plus élevée que celle des enfants de sexe féminin (44 ‰ contre 39 ‰). Par contre, durant la période post- néonatale, les différences de mortalité selon le sexe de l’enfant sont négligeables. Enfin, durant la période infantile, on observe plus de décès de garçons que de filles (98 ‰ contre 92 ‰). Par contre entre le premier anniversaire et le cinquième anniversaire, on observe plus de décès parmi les filles que de décès parmi les garçons (79 ‰ contre 72 ‰). Lorsqu’on considère l’ensemble des cinq premières années de vie, les différences de mortalité selon le sexe de l’enfant sont négligeables (162 ‰ chez les garçons contre 163 ‰ chez les filles). Au moment de l’enquête, on a demandé à la mère de fournir une évaluation de la taille de son enfant à la naissance (est-ce qu’à la naissance, l’enfant était très petit, petit, moyen ou gros). Ainsi, le tableau 8.4 fournit les niveaux de mortalité selon la taille estimée de l’enfant à la naissance. Il apparaît que les bébés petits ou très petits (dont les prématurés) ont une mortalité avant un an beaucoup plus élevée que les bébés moyens ou gros (118 ‰ contre 78 ‰). La probabilité de décéder durant le premier mois est près de deux fois plus élevée chez les enfants très petits ou petits que parmi les enfants moyens ou gros (59 ‰ contre 30 ‰). Même après avoir passé le seuil critique des 30 premiers jours, les différences de mortalité demeurent importantes entre les deux catégories d’enfants. En effet, les probabilités de décès post-néonatals sont de 59 ‰ chez les enfants petits ou très petits, contre 48 ‰ chez les enfants moyens ou gros. Les trois autres caractéristiques présentés au tableau 8.4 et au graphique 8.3 concernent le comportement procréateur (âge de la mère à la naissance de l’enfant, rang de naissance et intervalle entre naissances). Mortalité des enfants de moins de cinq ans | 121 Tableau 8.4 Mortalité des enfants par caractéristiques démographiques de la mère et des enfants Quotient de mortalité néonatale, post-néonatale, infantile, juvénile et infanto-juvénile pour la période de 10 ans précédant l’enquête par caractéristiques socio-démographiques de la mère et des enfants, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Mortalité néonatale (NN) Mortalité post- néonatale (PNN)1 Mortalité infantile (1q0) Mortalité juvénile (4q1) Mortalité infanto- juvénile (5q0) Sexe de l’enfant Masculin 44,1 53,5 97,6 71,7 162,3 Féminin 38,7 53,3 92,0 78,5 163,3 Âge de la mère à la naissance <20 55,7 59,3 115,0 79,2 185,1 20-29 35,6 50,7 86,3 70,6 150,8 30-39 44,6 53,9 98,5 81,3 171,7 40-49 41,5 65,4 106,9 70,2 169,6 Rang de naissance 1 46,5 46,3 92,8 68,7 155,1 2-3 34,5 49,7 84,2 69,1 147,4 4-6 36,3 55,4 91,7 81,0 165,3 7 ou plus 58,3 65,4 123,7 83,0 196,5 Intervalle avec la naissance précédente2 <2 69,8 84,3 154,1 85,6 226,5 2 ans 32,2 54,3 86,5 76,8 156,7 3 ans 24,7 46,8 71,5 73,7 140,0 4 ou plus 36,9 26,6 63,5 66,4 125,7 Taille à la naissance3 Petit ou très petit 59,2 58,6 117,8 na na Moyen ou très gros 29,7 48,0 77,7 na na na = Non applicable 1 Calculé comme étant la différence entre les taux de mortalité infantile et néonatale 2 Non compris les naissances de rang 1 3 Quotients pour la période de cinq ans avant l’enquête Du point de vue de l’âge de la mère, les risques de décéder les plus élevés sont observés chez les enfants nés de mères en début (moins de 20 ans) et en fin (40-49 ans) de vie reproductive : en ce qui concerne la mortalité infantile, les taux correspondant à ces deux groupes d’âges de mères sont, respectivement, de 115 ‰ et de 107 ‰, contre 86 ‰ pour les enfants de mère âgée de 20-29 ans. En particulier, le risque de décéder en période néonatale est de plus de 60 % plus élevé pour un enfant né d’une mère âgée de moins de 20 ans (56 ‰) que pour un enfant né d’une mère appartenant au groupe d’âges 20-29 ans (36 ‰). Selon le rang de naissance, les quotients de mortalité infantile, élevés pour le rang 1 (93 ‰), baissent nettement pour les rangs suivants (84 ‰ pour les rangs 2-3), pour augmenter à nouveau et de manière importante pour les enfants de rangs les plus élevés (124 ‰ pour les rangs 7 ou plus). La même tendance s’observe lorsqu’on considère seulement la mortalité néonatale : elle est de 47 ‰ pour le rang 1, baisse jusqu’à 35 ‰ pour les rangs 2-3, et remonte ensuite à 58 ‰ pour les rangs 7 ou plus. 122 | Mortalité des enfants de moins de cinq ans Par ailleurs, la durée de l’intervalle intergénésique apparaît comme étant le facteur qui influe le plus nettement sur les niveaux de mortalité des enfants. Les intervalles très courts, qui sont supposés réduire chez la femme le degré de récupération des capacités physiologiques, entraînent une mortalité néonatale (70 ‰) au moins deux fois plus élevée que celle estimée pour les naissances qui suivent leur aîné de 2 ou 3 ans (respectivement 32 ‰ et 25 ‰) et près du double pour leur aîné de 4 ans ou plus (37 ‰). Les différences de mortalité post-néonatale sont, par contre, moins prononcées (84 ‰ lorsque l’intervalle est inférieur à 24 mois, contre 54 ‰ et 47 ‰ lorsqu’il est respectivement de 2 et 3 ans). Quand l’intervalle est de 4 ans au moins, la mortalité post-néonatale est au moins trois fois inférieur à celle correspondant à un intervalle inférieur à deux ans (27 ‰ contre 84 ‰). Globalement, la mortalité infantile, estimée à 154 pour 1 000 naissances survenues à moins de 24 mois de la naissance précédente, passe à 87 ‰, 72 ‰ et 64 ‰, lorsque les naissances surviennent, respectivement, à 2 ans, 3 ans et à au moins 4 ans après la naissance précédente. Cependant, après le premier anniversaire, les différences de mortalité se réduisent considérablement (86 ‰ lorsque l’intervalle est court contre 77 ‰, lorsque l’intervalle est de 2 ans, et 66 ‰ lorsque l’intervalle entre naissances est de 4 ans ou plus). La mortalité différentielle selon ces trois dernières caractéristiques met en évidence les risques importants que fait courir aux enfants une fécondité élevée, caractérisée surtout par des naissances précoces et des intervalles intergénésiques courts. Le tableau 8.5 présente une classification des naissances des cinq dernières années selon les catégories à hauts risques auxquelles elles correspondent : • les naissances de rang 1, qui présentent un risque plus élevé de mortalité ; • les naissances issues de mères appartenant à une autre catégorie à haut risque unique : âge de procréation précoce (avant 18 ans) et intervalle intergénésique court (moins de 24 mois) ; • les naissances correspondant à une combinaison de catégories de risque selon l’intervalle de naissance et le rang de naissance, selon l’âge et le rang, et selon ces trois caractéristiques ; et, enfin, • les naissances ne correspondant à aucune des catégories à hauts risques définies ci-dessus. Graphique 8.3 Mortalité infantile et comportement en matière de procréation Bénin 2001 � ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� �������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� �������������������������������������������������������������������������� ������ ���������������������������������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������������� ����������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ������������������������������������������������� �������������������������������������������� ÂGE DE LA MÈRE Moins de 20 ans 20-29 ans 30-39 ans 40-49 ans RANG DE NAISSANCE 1 2-3 4-6 7 ou plus INTERVALLE DE NAISSANCES < 2 ans 2 ans 3 ans 4 ans ou plus 0 20 40 60 80 100 120 140 160 Décès pour 1 000 Mortalité des enfants de moins de cinq ans | 123 À la lecture du tableau 8.5, il ressort que 26 % des naissances des cinq années ayant précédé l’enquête ne correspondent à aucune catégorie à haut risque identifié, 16 % correspondent à des risques élevés parce qu’elles sont de rang 1 et issues de femmes âgées entre 18 et 34 ans, 38 % correspondent à d’autres catégories à haut risque unique et 20 % correspondent à des catégories à hauts risques multiples. Dans l’ensemble, plus de la moitié des enfants (57 %) courent un risque de décéder plus élevé parce qu’ils sont nés de mère trop jeune (moins de 18 ans) ou trop âgée (35 ans ou plus), qu’ils sont de rang élevé (trois ou plus) ou qu’ils sont nés à moins de 24 mois après leur aîné. Tableau 8.5 Comportement procréateur à hauts risques Répartition (en %) des enfants nés au cours des cinq années ayant précédé l’enquête par les catégories à hauts risques de mortalité et rapport de risque, et répartition (en %) des femmes actuellement en union par la catégorie de risque si elles tombaient enceintes d’un enfant au moment de l’enquête, Bénin 2001 Naissances dans les 5 années précédant l’enquête Catégorie à hauts risques Pourcentage de naissances Ratio de risque Pourcentage de femmes actuellement en union1 Dans aucune catégorie à haut risque 26,2 1,00 17,7a Haut risque inévitable Naissances de premier rang entre 18 et 34 ans 16,4 0,84 6,5 Un seul haut risque Âge des mères <18 5,5 2,05 0,8 Âge des mères >34 0,6 1,00 2,6 Intervalle entre naissances <24 mois 4,5 1,87 10,5 Rang de naissance >3 27,3 1,12 16,8 Ensemble des hauts risques 37,9 1,34 30,6 Hauts risques multiples Âge <18 & intervalle entre naissances <24 mois2 0,4 2,18 0,3 Âge >34 & intervalle entre naissances <24 0,0 5,50 0,1 Âge >34 & rang de naissance >3 11,7 1,21 26,9 Âge >34 & intervalle entre naissance <24 mois et rang de naissance >3 2,0 2,45 5,3 Intervalle entre naissances<24 mois et rang de naissance >3 5,4 1,91 12,5 Ensemble des hauts risques 19,5 1,56 45,2 Ensemble des hauts risques évitables 57,4 1,41 75,8 Total 100,0 na 100,0 Effectif de naissances 5 305 na 4 563 Note : Le rapport de risque est le rapport de la proportion d’enfants décédés dans les 5 dernières années dans chaque catégorie à risque, à la proportion d’enfants décédés dans aucune catégorie à haut risque. na = Non applicable 1 Les femmes sont classées dans les catégories à hauts risques selon le statut qu’elles auraient à la naissance de l’enfant, si l’enfant était conçu au moment de l’enquête : âge inférieur à 17 ans et 3 mois ou plus âgé que 34 ans et 2 mois, la dernière naissance a eu lieu dans les 15 derniers mois, ou la dernière naissance était de rang 4 ou plus. 2 Y compris la catégorie d’âge de moins de 18 ans et les naissances de rang > 3 a Y compris les femmes stérilisées 124 | Mortalité des enfants de moins de cinq ans Pour évaluer le risque supplémentaire de décéder que font courir aux enfants certains comportements procréateurs des mères, on a calculé des rapports de risque, en prenant comme référence les naissances n’appartenant à aucune catégorie à hauts risques. Le rapport de risque est donc le rapport de la proportion d’enfants décédés dans chaque catégorie à hauts risques, à la proportion d’enfants décédés dans la catégorie sans haut risque. Les naissances de rang 1 ne sont pas évitables mais, lorsqu’elles interviennent à un âge trop précoce, c’est-à-dire avant 18 ans, elles apparaissent ici comme étant des naissances à risque puisque le risque de décéder pour un enfant dont la mère est âgée de moins de 18 ans est de 2,1 fois supérieur à celui de la catégorie de référence. Un enfant appartenant à une catégorie quelconque de haut risque unique (38 % des enfants) court un risque de décéder de 1,34 fois supérieur à un enfant n’appartenant à aucune catégorie à haut risque (26 % des enfants). Considérés isolément, les intervalles intergénésiques courts (inférieurs à 24 mois) font courir aux enfants (5 % des enfants) un risque de mortalité de près de 1,9 fois plus important que pour la catégorie de référence. Les enfants appartenant à la catégorie de hauts risques multiples (20 %) sont les plus exposés, puisque leur mortalité est de 1,6 fois plus élevée que celle des enfants n’appartenant à aucune catégorie à risque. Les enfants de rang de naissance supérieur à 3 et avec un intervalle intergénésique court (2 % des enfants) sont particulièrement exposés avec un rapport de risque de 2,5. À partir de cette analyse relative à la santé reproductive des mères, on a procédé à l’estimation de la proportion de femmes actuellement en union qui, potentiellement, pourraient avoir une naissance à haut risque. À partir de l’âge actuel des femmes, de l’intervalle écoulé depuis leur dernière naissance et du rang de celle-ci, on détermine dans quelle catégorie se trouverait la prochaine naissance, si chaque femme concevait un enfant au moment de l’enquête. Il s’agit donc d’une simulation ayant pour objectif de déterminer, en l’absence de tout comportement régulateur de la fécondité, la proportion des futures naissances qui appartiendraient aux catégories à hauts risques évitables. Comme on peut le voir au tableau 8.5, cette proportion est estimée à 76 %. Elle est nettement supérieure à celle estimée chez les enfants nés durant les cinq dernières années (57 %). Ainsi, la planification familiale et les programmes de santé maternelle et infantile seraient indispensables pour la réduction de la mortalité des enfants liée à la reproduction, en se concentrant sur les actions suivantes : un effort pour le meilleur suivi des grossesses, notamment à la première naissance, une réduction de la fécondité précoce, et un meilleur espacement des naissances. Santé de la mère et de l’enfant | 125 SANTÉ DE LA MÈRE ET DE L’ENFANT 9 Rafatou Houndekon Gora Mboup L’EDSB-II a recueilli des données permettant d’évaluer l’état actuel de la santé des mères et de leurs enfants. Ce chapitre présente les résultats concernant les soins prénatals, les conditions d’accou- chement, la couverture vaccinale et enfin la prévalence et le traitement des principales maladies des enfants, en particulier, les infections respiratoires, la fièvre et la diarrhée. Pour la première fois, des informations sur le paludisme (prévalence, prévention, traitement) chez les enfants et les femmes ont été également collectées. 9.1 SOINS PRÉNATALS ET ACCOUCHEMENTS 9.1.1 Soins prénatals Les risques que comporte l’accouchement peuvent être réduits si la femme enceinte effectue, au cours de sa grossesse, des visites prénatales auprès d’un agent de santé. Toutefois, les soins prénatals, pour être efficaces, devraient intervenir à un stade précoce de la grossesse et se poursuivre de façon régulière jusqu’à l’accouchement. Les soins prénatals au Bénin sont prodigués dans les structures sanitaires publiques ou privées, par le personnel de santé que sont : les médecins, les sages-femmes ou infirmières, les assistantes accoucheuses, les matrones et les accoucheuses traditionnelles. On note au graphique 9.1 et dans le tableau 9.1 que, sur 100 femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq dernières années, 87 ont effectué des visites prénatales auprès du personnel de Graphique 9.1 Soins prénatals et vaccination antitétanique Bénin 2001 � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � RÉSIDENCE Cotonou Autres villes Ensemble urbain Rural DÉPARTEMENT Atacora Atlantique Cotonou Borgou Mono Ouémé Zou INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou plus 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Soins prénatals (au moins une visite) Vaccin. antitétanique (au moins une dose) � � � � � � Note : Soins prénatals par médecin, sage-femme, infirmière ou assistante accoucheuse 126 | Santé de la mère et de l’enfant santé, c’est-à-dire d’un médecin (6 %), d’une infirmière ou sage-femme (75 %) ou d’une aide-soignante (6 %). Que ce soit en milieu rural ou urbain, plus de sept femmes sur dix ont effectué des consultations prénatales auprès de sages-femmes ou infirmières. La proportion de consultations prénatales auprès des médecins est, toutefois, assez significative à Cotonou (26 % contre 5 % dans les autres villes et 3 % en milieu rural). En ce qui concerne les soins prénatals, les matrones et les accoucheuses traditionnelles interviennent rarement (respectivement 2 % et 0,2 %). On note, toutefois, dans les départements de l’Atacora et du Zou, une proportion assez importante de consultations prénatales auprès des matrones (respectivement 8 % et 5 %). Par ailleurs, on note que les consultations prénatales auprès du personnel de santé sont courantes quel que soit le niveau d’instruction des femmes (99 % chez celles ayant le niveau d’instruction secondaire contre 94 % chez celles ayant le niveau d’instruction primaire, et 84 % chez celles sans instruction). Cependant, les femmes ayant le niveau d’instruction secondaire ou plus sont plus Tableau 9.1 Soins prénatals Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années précédant l’enquête, par type de personne consultée durant la grossesse pour la naissance la plus récente, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Médecin Infir- mière/ Sage- femme Aide soignante Accou- cheuse tradition- nelle/autre Matrone Autres Personne Manquant Total Effectif Âge de la mère à la naissance <20 2,8 76,6 6,9 0,2 1,4 0,2 11,7 0,2 100,0 439 20-34 6,6 75,9 6,1 0,2 2,4 0,1 8,3 0,3 100,0 2 484 35-49 5,5 71,5 6,1 0,3 3,4 0,2 12,3 0,9 100,0 601 Rang de naissance 1 8,8 77,2 5,4 0,3 0,7 0,3 7,3 0,2 100,0 710 2-3 7,0 76,7 6,6 0,1 2,0 0,0 7,3 0,3 100,0 1 096 4-5 5,3 76,2 6,1 0,1 2,7 0,3 8,9 0,4 100,0 807 6 ou plus 3,0 71,0 6,5 0,5 4,2 0,1 14,1 0,4 100,0 910 Milieu de résidence Ensemble urbain 11,3 78,2 2,0 0,2 1,1 0,2 6,7 0,3 100,0 1 173 Cotonou 26,3 71,3 0,9 0,0 0,0 0,0 1,2 0,3 100,0 351 Autres villes 4,8 81,2 2,5 0,3 1,5 0,3 9,1 0,3 100,0 822 Rural 3,3 73,8 8,3 0,2 3,1 0,1 10,8 0,4 100,0 2 351 Département Atacora 1,0 69,7 2,3 0,6 8,4 0,0 17,8 0,2 100,0 481 Ensemble Atlantique 15,9 77,5 4,0 0,1 0,1 0,0 1,7 0,6 100,0 703 Atlantique 5,4 83,8 7,2 0,2 0,2 0,0 2,2 0,9 100,0 352 Cotonou 26,3 71,3 0,9 0,0 0,0 0,0 1,2 0,3 100,0 351 Borgou 3,8 68,6 2,5 0,5 1,2 0,0 22,6 0,8 100,0 624 Mono 1,2 76,6 7,1 0,4 0,2 0,2 14,3 0,0 100,0 416 Ouémé 4,1 83,5 9,1 0,0 0,5 0,6 1,9 0,4 100,0 573 Zou 5,6 75,2 11,4 0,0 4,6 0,2 3,1 0,0 100,0 727 Niveau d’instruction Aucun niveau 3,0 73,9 7,3 0,3 2,8 0,2 12,1 0,4 100,0 2 546 Primaire 7,0 82,8 4,5 0,3 1,8 0,0 3,5 0,1 100,0 688 Secondaire ou plus 29,1 69,2 1,0 0,0 0,4 0,0 0,3 0,0 100,0 290 Ensemble 5,9 75,2 6,2 0,2 2,4 0,2 9,4 0,3 100,0 3 524 Santé de la mère et de l’enfant | 127 nombreuses à effectuer des visites prénatales auprès des médecins (29 % contre 7 % chez les femmes ayant le niveau d’instruction primaire et 3 % chez celles sans niveau d’instruction). Au niveau départemental, les proportions de femmes ayant effectué des consultations prénatales auprès du personnel de santé varient considérablement, avec les proportions les plus faibles dans départements de l’Atacora et du Borgou (respectivement 73 % et 75 % contre 85 % dans le Mono et plus de 90 % dans les autres départements). Au tableau 9.2 figurent les données sur le nombre de visites prénatales effectuées et le stade de la grossesse à la première visite. On note que 84 % des mères ont fait, au moins, deux visites prénatales et que 62 % ont fait quatre visites prénatales ou plus. Cependant, 5 % des femmes n’ont effectué qu’une seule visite prénatale, et 9 % des femmes n’en ont effectué aucune durant la grossesse. Selon le milieu de résidence, on constate que les femmes rurales sont plus nombreuses à n’effectuer aucune visite prénatale (11 % contre 9 % dans les autres villes et 1 % à Cotonou). Tableau 9.2 Nombre de visites prénatales et stade de la grossesse Répartition (en %) des femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années précédant l’enquête, selon le nombre de visites prénatales pour la naissance la plus récente et selon le stade de la grossesse au moment de la première visite, Bénin 2001 Milieu de résidence Visites prénatales Ensemble urbain Cotonou Autres villes Rural Ensemble Nombre de visites prénatales Aucune 6,7 1,2 9,1 10,8 9,4 1 2,3 0,9 2,8 5,9 4,7 2-3 16,7 10,2 19,5 24,7 22,0 4 ou plus 71,4 83,5 66,2 56,8 61,6 NSP/Manquant 2,9 4,2 2,4 1,9 2,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Stade de la grossesse à la 1ère visite prénatale Pas de visite prénatale 6,7 1,2 9,1 10,8 9,4 Moins de 4 mois 49,3 69,2 40,8 30,6 36,8 4-5 29,2 21,9 32,3 35,4 33,4 6-7 11,4 5,7 13,9 19,6 16,9 8 mois ou plus 2,0 0,3 2,8 3,0 2,7 NSP/Manquant 1,4 1,8 1,2 0,7 0,9 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Âge médian en mois de la grossesse à la première visite 3,9 3,4 4,3 5,0 4,6 Effectif de femmes 1 173 351 822 2 351 3 524 Par ailleurs, toujours selon les données du tableau 9.2, on remarque que plus de deux femmes sur trois (70 %) ont effectué la première visite prénatale dans les six premiers mois de la grossesse. Par contre, pour 17 % des naissances, la première visite n’a eu lieu qu’à partir de 6 mois de grossesse et, dans 3 % des cas, les femmes ont attendu le huitième mois pour effectuer une première visite. La durée 128 | Santé de la mère et de l’enfant médiane de grossesse à la première visite s’établit à 4,6 mois avec des différences selon le milieu de résidence (3,9 mois en milieu urbain contre 5,0 mois en milieu rural). Le tableau 9.3 présente les résultats concernant la vaccination antitétanique (VAT) des mères pour la dernière naissance survenue durant les cinq années ayant précédé l’enquête. Plus de deux femmes sur trois (71 %) ont reçu, au moins, une dose de VAT durant la grossesse et une femme sur deux (50 %) a reçu au moins deux doses de VAT. À l’opposé, dans plus d’un quart des cas (27 %), la femme n’a reçu aucune dose de VAT durant sa grossesse. Au niveau départemental, on constate que le département de l’Ouémé est celui qui détient le pourcentage le plus faible (63 %) de femmes qui ont reçu durant la grossesse au moins une dose de VAT ; il est suivi par les départements du Mono et du Borgou (67 % pour chacun d’eux). Dans les autres départements, plus de sept femmes sur dix ont reçu au moins une dose de VAT durant la grossesse. Tableau 9.3 Vaccination antitétanique Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante dans les cinq années précédant l’enquête par nombre d’injections antitétaniques reçues durant la grossesse de la naissance la plus récente, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Nombre d’injections antitétaniques Caractéristique socio-démographique Aucune Une injection Deux injec- tions ou plus NSP/ Manquant Total Effectif Âge de la mère à la naissance <20 22,3 17,6 58,3 1,8 100,0 439 20-34 26,6 21,1 50,1 2,2 100,0 2 484 35-49 33,4 19,6 43,9 3,1 100,0 601 Rang de naissance 1 15,2 14,1 68,7 2,0 100,0 710 2-3 27,6 23,2 46,3 3,0 100,0 1 096 4-5 28,7 23,1 46,5 1,7 100,0 807 6 ou plus 34,9 19,6 43,3 2,1 100,0 910 Milieu de résidence Ensemble urbain 24,5 18,4 53,5 3,7 100,0 1 173 Cotonou 16,2 14,4 63,2 6,3 100,0 351 Autres villes 28,0 20,1 49,3 2,6 100,0 822 Rural 28,6 21,4 48,4 1,6 100,0 2 351 Département Atacora 27,8 31,4 39,0 1,7 100,0 481 Ensemble Atlantique 20,6 17,3 58,6 3,5 100,0 703 Atlantique 25,1 20,3 53,9 0,7 100,0 352 Cotonou 16,2 14,4 63,2 6,3 100,0 351 Borgou 30,6 17,3 49,5 2,6 100,0 624 Mono 32,1 16,6 49,9 1,4 100,0 416 Ouémé 34,8 22,1 40,4 2,6 100,0 573 Zou 21,5 19,6 57,4 1,5 100,0 727 Niveau d’instruction Aucun niveau 29,5 21,2 47,3 1,9 100,0 2 546 Primaire 21,4 20,3 55,4 3,0 100,0 688 Secondaire ou plus 21,0 13,4 61,8 3,7 100,0 290 Ensemble 27,2 20,4 50,1 2,3 100,0 3 524 Santé de la mère et de l’enfant | 129 On note, par ailleurs, que les femmes les plus âgées sont plus nombreuses à ne pas recevoir au moins une dose de VAT durant la grossesse (33 % chez celles de 35-49 ans contre 22 % chez celles de moins de 20 ans). De même, plus la parité est élevée, plus les femmes sont nombreuses à ne pas recevoir au moins une dose de VAT (35 % lorsque la naissance est de rang 6 ou plus contre 15 % lorsqu’il s’agit de la première naissance). Durant les visites prénatales, les femmes doivent subir des examens et/ou bénéficier de conseils spécifiques concernant l’état de leur grossesse (Fourn et al, 1999). Il s’agit entre autres du contrôle du poids et de la mesure de la taille, de la vérification de la tension artérielle, des prélèvements d’urine et de sang ainsi que d’une radiographie. En outre, elles peuvent recevoir des suppléments de fer ou des médicaments antipaludéens et elles peuvent également être informées des signes de complications de la grossesse. Le tableau 9.4 indique que parmi les femmes ayant eu au moins une naissance au cours des Tableau 9.4 Informations et examens au cours des visites prénatales Pourcentage de femmes ayant eu une naissance vivante au cours des cinq années précédant l’enquête qui ont bénéficié de soins prénatals pour la naissance la plus récente et ont reçu certaines informations et/ou ont subi certains examens au cours des visites, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Parmi les femmes ayant effectué des visites prénatales Caractéristique socio-démographique Informées des signes de com- plications d’une grossesse Poids mesuré Taille mesurée Tension artérielle mesurée Urine prélevée Sang prélevé Radio- graphie Effectif A reçu des compri- més ou du sirop de fer A reçu des médica- ments antipalu- déens Effectif Âge de la mère à la naissance <20 15,7 95,3 89,8 92,2 74,5 29,7 6,9 387 80,7 79,4 439 20-34 20,2 96,8 91,8 95,7 83,7 29,6 8,9 2 271 85,5 83,5 2 484 35-49 18,8 97,8 94,2 97,3 85,4 27,1 5,8 522 80,8 79,3 601 Rang de naissance 1 18,8 95,9 90,0 93,5 84,8 40,9 12,1 657 87,0 83,7 710 2-3 18,1 96,6 91,6 96,2 82,9 28,4 9,3 1 013 86,1 83,7 1 096 4-5 22,0 97,5 92,9 96,8 83,7 26,9 6,2 733 83,5 83,9 807 6 ou plus 19,4 97,1 93,2 95,1 80,2 22,4 5,2 777 80,0 77,9 910 Milieu de résidence Ensemble urbain 16,3 96,9 90,5 96,9 89,8 46,6 14,8 1 091 87,7 85,5 1 173 Cotonou 17,3 98,5 87,5 98,8 94,8 64,7 24,0 346 93,1 91,0 351 Autres villes 15,8 96,2 91,9 96,0 87,4 38,1 10,6 745 85,4 83,2 822 Rural 21,1 96,7 92,7 94,8 79,2 20,1 4,7 2 089 82,3 80,6 2 351 Département Atacora 15,0 97,9 90,8 89,2 43,3 27,2 4,2 394 74,8 71,4 481 Ensemble Atlantique 16,0 96,7 87,4 96,6 96,0 43,6 15,8 686 92,9 92,6 703 Atlantique 14,6 94,8 87,4 94,4 97,1 22,2 7,5 341 92,7 94,2 352 Cotonou 17,3 98,5 87,5 98,8 94,8 64,7 24,0 346 93,1 91,0 351 Borgou 13,8 95,4 88,9 94,0 71,7 38,7 8,7 478 70,1 68,1 624 Mono 56,3 99,8 98,6 97,8 92,3 19,1 3,4 357 84,0 75,1 416 Ouémé 5,6 97,1 96,5 99,2 95,7 19,8 8,6 559 91,8 88,4 573 Zou 21,4 95,4 92,1 95,0 84,7 22,3 4,6 705 87,8 90,9 727 Niveau d’instruction Aucun niveau 19,8 96,3 92,0 94,8 79,2 22,5 4,4 2 227 81,0 79,2 2 546 Primaire 17,8 98,0 92,7 96,6 89,8 37,9 11,9 663 90,9 88,5 688 Secondaire ou plus 20,6 97,8 90,1 98,7 94,4 60,5 28,6 289 95,7 93,7 290 Ensemble 19,4 96,8 92,0 95,5 82,8 29,2 8,2 3 180 84,1 82,2 3 524 130 | Santé de la mère et de l’enfant cinq dernières années, plus de 90 % ont subi certains examens recommandés comme la prise du poids, de la taille et de la tension artérielle ; pour 83 % d’entre elles, les prélèvements d’urine ont été effectués. Cependant, les prélèvements de sang n’ont été effectués qu’auprès de 29 % des femmes, et seulement 19 % des femmes ont été informées des signes de complication de leur grossesse. On note par ailleurs que plus de quatre femmes sur cinq ont déclaré avoir reçu au cours de leur grossesse des médicaments antipaludéens (82 %) ou des comprimés de fer (84 %). Par rapport au niveau national où une faible proportion de femmes (19 %) ont déclaré avoir été informées des signes de complications de la grossesse, le département du Mono se caractérise par une proportion relativement élevée de femmes qui ont reçu des informations sur les symptômes de compli- cations d’une grossesse (56 %). Si au niveau national, le prélèvement de sang a été un examen peu pratiqué (29 %), dans la ville de Cotonou, par contre, il a été effectué pour près des deux tiers des femmes (65 %). Dans cette même ville, une radiographie a été effectuée pour 24 % des femmes contre 8 % des femmes au niveau national. 9.1.2 Accouchement Le tableau 9.5 indique que plus des trois quarts (76 %) des naissances survenues durant les cinq années ayant précédé l’enquête ont eu lieu dans un établissement sanitaire (public ou privé) ; de plus, la plupart des femmes (90 %) qui ont effectué quatre visites prénatales ou plus ont accouché dans un établissement sanitaire. Il est toutefois important de noter que 23 % des femmes ont accouché à domicile. Cela sous-entend qu’il reste encore des efforts à fournir pour dissuader les femmes d’accoucher à domicile, les accouchements à domicile constituant l’une des premières causes de morbidité et de mortalité maternelle et infantile au Bénin, surtout dans les départements de l’Atacora, du Borgou et du Mono ou ils atteignent des proportions inquiétantes (respectivement 44 %, 43 % et 38 %). Dans les autres départements, la proportion des accouchements à domicile est relativement faible (variant de 11 % dans le département du Zou à 2 % dans la ville de Cotonou). On note, par ailleurs, que les femmes instruites sont plus nombreuses à accoucher dans les établissements sanitaires (voir graphique 9.2). En effet, 28 % des mères n’ayant aucune instruction ont accouché à domicile contre 12 % chez celles ayant un niveau d’instruction primaire, et 1 % seulement chez celles ayant un niveau d’instruction plus élevé. Santé de la mère et de l’enfant | 131 Tableau 9.5 Lieu de l’accouchement Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, par lieu d’accouchement et selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Établissement sanitaire Caractéristique socio-démographique Secteur public Secteur privé À la maison Autres NSP/ Manquant Total Effectif de naissances Âge de la mère à la naissance <20 68,4 8,4 21,9 0,9 0,4 100,0 722 20-34 64,5 11,9 22,5 0,7 0,5 100,0 3 823 35-49 63,3 10,8 24,4 1,0 0,4 100,0 760 Rang de naissance 1 68,6 15,2 15,1 0,6 0,3 100,0 1 115 2-3 66,4 11,4 21,1 0,7 0,4 100,0 1 725 4-5 64,6 9,5 24,4 1,1 0,4 100,0 1 178 6 ou plus 59,7 9,1 29,6 0,9 0,7 100,0 1 287 Milieu de résidence Ensemble urbain 63,5 21,0 14,6 0,4 0,4 100,0 1 657 Cotonou 59,8 37,5 2,0 0,2 0,4 100,0 471 Autres villes 65,0 14,5 19,6 0,5 0,4 100,0 1 186 Rural 65,4 6,8 26,3 1,0 0,5 100,0 3 648 Département Atacora 49,0 6,2 43,7 0,3 0,9 100,0 724 Ensemble Atlantique 64,8 28,3 5,8 0,7 0,4 100,0 1 009 Atlantique 69,1 20,2 9,2 1,1 0,4 100,0 538 Cotonou 59,8 37,5 2,0 0,2 0,4 100,0 471 Borgou 52,1 3,9 42,5 0,8 0,7 100,0 965 Mono 55,5 4,0 38,4 2,1 0,0 100,0 618 Ouémé 80,9 12,2 6,3 0,2 0,4 100,0 835 Zou 78,9 8,8 11,1 0,9 0,3 100,0 1 154 Niveau d’instruction Aucun niveau 63,1 8,1 27,5 0,8 0,6 100,0 3 932 Primaire 70,3 16,4 12,0 1,1 0,2 100,0 981 Secondaire ou plus 68,9 29,6 1,0 0,2 0,2 100,0 393 Nombre de visites prénatales1 Aucune 10,2 0,6 87,8 1,1 0,4 100,0 332 1-3 65,3 10,2 23,9 0,6 0,0 100,0 941 4 ou plus 74,4 15,3 9,3 0,8 0,1 100,0 2 172 NSP/Manquant 53,2 15,0 26,5 0,0 5,3 100,0 79 Ensemble 64,8 11,2 22,7 0,8 0,5 100,0 5 305 1 Concerne seulement la naissance la plus récente dans les cinq dernières années 132 | Santé de la mère et de l’enfant Graphique 9.2 Assistance à l’accouchement Bénin 2001 � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � RÉSIDENCE Cotonou Autres villes Ensemble urbain Rural DÉPARTEMENT Atacora Atlantique Cotonou Borgou Mono Ouémé Zou INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou plus 0 20 40 60 80 100 Pourcentage Etablissement sanitaire Assistance par un personnel de santé � � � � � � � � � � � � � � Pendant les cinq ans ayant précédé l’enquête, pour 73 % des naissances, les mères ont bénéficié au moment de l’accouchement de l’assistance de personnel de santé : 61 % avec l’aide d’une sage-femme ou d’une infirmière, 5 % avec l’aide d’un médecin et 7 % avec l’assistance d’une aide soignante (tableau 9.6). Si très peu de femmes ont déclaré être suivies par une accoucheuse traditionnelle ou par une matrone au cours de leurs grossesses (moins de 1 %) la situation est assez différente lorsqu’il s’agit de l’assistance à l’accouchement. En effet, on constate au tableau 9.6 qu’il y a légèrement plus d’accouchements assistés par une accoucheuse traditionnelle ou par une matrone que par un médecin (6 % contre 5 %). On note, toutefois, des proportions non négligeables d’accouchements n’ayant reçu que l’assistance de parents ou d’amis (9 %), ou n’ayant reçu aucune assistance (10 %). Ces proportions traduisent le niveau assez important d’accouchements à domicile (23 %). Au niveau départemental, on observe d’importantes variations dans l’assistance à l’accou- chement : c’est dans les départements de l’Atlantique, de l’Ouémé et du Zou que les mères ont été le plus fréquemment assistées par du personnel de santé (respectivement 90 %, 93 % et 80 %). Dans la ville de Cotonou, l’assistance à l’accouchement par du personnel de santé est quasi universelle (98 %). Par contre, dans les départements du Borgou et de l’Atacora, l’assistance du personnel de santé au moment de l’accouchement est encore peu courante (respectivement 54 % et 47 %). En ce qui concerne le niveau d’instruction, on note que 68 % des femmes n’ayant aucune instruction ont été assistées par du personnel de santé alors que 99 % des femmes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus ont reçu cette même assistance. Par rapport au rang de naissance, les résultats du tableau 9.6 montrent que l’assistance à l’accouchement par du personnel de santé diminue avec l’accroissement de la parité. Les mères primipares ont été assistées à 82 % par du personnel de santé tandis que celles qui ont six enfants et plus ne l’ont été qu’à 64 %. Santé de la mère et de l’enfant | 133 Tableau 9.6 Assistance lors de l’accouchement Répartition (en %) des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, par type d’assistance lors de l’accouchement, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio- démographique Médecin Infirmière/ Sage- femme Aide soignante Accou- cheuse tradition- nelle Matrone Agent villageois Parents/ autre Personne NSP/ Manquant Total Effectif de naissances Âge de la mère à la naissance <20 2,4 62,3 7,7 3,5 4,4 1,9 8,4 8,9 0,5 100,0 722 20-34 5,0 61,2 7,5 2,4 3,5 0,7 9,2 10,0 0,4 100,0 3 823 35-49 4,3 58,4 6,6 2,3 4,7 1,2 11,2 10,9 0,4 100,0 760 Rang de naissance 1 7,4 66,7 7,6 2,2 2,5 1,4 7,1 4,8 0,4 100,0 1 115 2-3 4,5 62,9 7,7 2,4 3,4 0,8 8,4 9,6 0,4 100,0 1 725 4-5 4,1 59,4 8,2 2,3 3,9 0,8 9,9 11,0 0,3 100,0 1 178 6 ou plus 2,5 54,8 6,2 3,3 5,4 1,1 12,1 14,1 0,6 100,0 1 287 Milieu de résidence Ensemble urbain 9,5 70,4 3,1 1,4 3,0 0,2 5,0 6,9 0,5 100,0 1 657 Cotonou 16,7 79,9 1,3 0,2 0,9 0,0 0,2 0,4 0,2 100,0 471 Autres villes 6,6 66,6 3,8 1,8 3,8 0,3 6,9 9,5 0,7 100,0 1 186 Rural 2,3 56,7 9,4 3,1 4,1 1,3 11,3 11,4 0,4 100,0 3 648 Département Atacora 1,2 43,9 1,4 4,5 10,9 0,8 20,7 16,0 0,7 100,0 724 Ensemble Atlantique 10,9 77,3 5,2 0,6 1,8 0,2 2,5 1,0 0,3 100,0 1 009 Atlantique 5,8 75,1 8,7 1,0 2,7 0,3 4,6 1,5 0,4 100,0 538 Cotonou 16,7 79,9 1,3 0,2 0,9 0,0 0,2 0,4 0,2 100,0 471 Borgou 2,6 47,9 3,6 4,2 1,8 0,7 6,5 31,8 0,9 100,0 965 Mono 3,2 51,0 6,0 2,6 0,4 0,0 25,3 11,4 0,0 100,0 618 Ouémé 5,6 73,6 13,8 0,7 1,6 0,0 3,8 0,5 0,4 100,0 835 Zou 2,7 64,5 12,4 2,9 6,1 3,3 6,2 1,9 0,2 100,0 1 154 Niveau d’instruction Aucun niveau 2,6 56,9 8,1 3,0 4,1 0,9 11,5 12,4 0,5 100,0 3 932 Primaire 6,2 71,5 6,5 1,6 3,9 1,5 4,6 4,0 0,2 100,0 981 Secondaire ou plus 20,0 75,1 3,4 0,2 0,3 0,0 0,0 0,7 0,2 100,0 393 Ensemble 4,5 61,0 7,4 2,5 3,8 1,0 9,4 10,0 0,4 100,0 5 305 Le tableau 9.7 montre que les accouchements par césarienne sont encore peu fréquents au Bénin (3 %). Toutefois, la ville de Cotonou se caractérise par un pourcentage d’accouchements par césarienne non négligeable (14 % contre moins de 4 % dans les autres départements). Ce fort pourcentage pourrait s’expliquer par la présence d’infrastructures de référence à Cotonou que sont : l’hôpital de référence national (CNHU-C) et la Maternité Lagune, qui reçoivent la plupart des cas graves ou compliqués provenant de tous les départements avoisinants. Le tableau 9.7 fournit également des informations sur le poids des enfants à la naissance. Ce poids n’a pu être obtenu que pour 57 % des naissances survenues au cours des cinq dernières années (49 % ayant un poids supérieur ou égal à 2 500 g et 8 % un poids inférieur à 2 500 g). Par contre, pour 25 % des naissances, le poids n’a pas été pris à la naissance, et pour 19 % des naissances, la mère a déclaré ne plus se rappeler ce poids. La proportion élevée de naissances (44 %) dont le poids à la naissance n’est pas disponible rend difficile toute interprétation de cet indicateur. 134 | Santé de la mère et de l’enfant Par ailleurs, on avait demandé aux mères d’indiquer la grosseur de leur enfant à la naissance. Comme l’indique le tableau 9.7, pour 83 % des enfants, les mères ont déclaré qu’il était moyen ou plus gros que la moyenne à la naissance. Par contre, 16 % des enfants étaient petits (11 %) ou très petits à la naissance (5 %). Tableau 9.7 Caractéristiques de l’accouchement Pourcentage des naissances survenues au cours des cinq années ayant précédé l’enquête, selon que l’accouchement a été effectué ou non par césarienne, répartition (en %) des naissances par leur poids à la naissance (mesuré) et leur taille à la naissance (estimée par la mère), selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Poids à la naissance (mesuré) Taille à la naissance (estimée par la mère) Caractéristique socio- démographique Pourcen- tage de césa- riennes Non pesé Moins de 2,5 kg 2,5 kg ou plus NSP/ Manquant Total Très petit Plus petit que la moyenne Moyen ou plus gros que la moyenne NSP/ Manquant Total Effectif de naissances Âge de la mère à la naissance <20 2,7 24,1 12,4 41,2 22,3 100,0 4,9 11,9 82,0 1,2 100,0 722 20-34 3,3 24,8 7,1 50,9 17,1 100,0 4,5 11,1 82,8 1,6 100,0 3 823 35-49 3,6 26,6 6,1 45,2 22,1 100,0 4,5 10,7 83,4 1,4 100,0 760 Rang de naissance 1 5,6 17,9 13,1 51,0 18,0 100,0 5,9 13,3 79,6 1,2 100,0 1 115 2-3 3,0 22,5 7,0 53,1 17,4 100,0 4,4 10,9 83,3 1,5 100,0 1 725 4-5 2,7 26,5 6,1 48,0 19,5 100,0 4,1 10,3 84,3 1,3 100,0 1 178 6 ou plus 2,2 33,1 5,5 41,7 19,7 100,0 4,1 10,5 83,4 2,1 100,0 1 287 Milieu de résidence Ensemble urbain 6,4 15,6 8,7 57,8 17,8 100,0 3,8 12,3 82,3 1,6 100,0 1 657 Cotonou 13,6 2,7 10,9 67,0 19,4 100,0 5,8 12,5 79,0 2,7 100,0 471 Autres villes 3,5 20,7 7,9 54,2 17,2 100,0 3,0 12,2 83,6 1,2 100,0 1 186 Rural 1,9 29,2 7,2 44,6 18,9 100,0 4,9 10,6 82,9 1,5 100,0 3 648 Département Atacora 1,9 44,8 4,9 23,6 26,7 100,0 6,3 9,4 83,3 1,0 100,0 724 Ensemble Atlantique 7,9 9,5 11,0 62,6 16,9 100,0 7,4 13,8 77,1 1,7 100,0 1 009 Atlantique 2,9 15,4 11,1 58,7 14,7 100,0 8,9 14,9 75,3 0,9 100,0 538 Cotonou 13,6 2,7 10,9 67,0 19,4 100,0 5,8 12,5 79,0 2,7 100,0 471 Borgou 1,9 43,2 4,8 27,2 24,8 100,0 3,1 8,1 87,4 1,4 100,0 965 Mono 3,9 41,7 3,9 33,6 20,8 100,0 2,9 14,4 82,2 0,6 100,0 618 Ouémé 3,2 7,7 7,8 67,1 17,3 100,0 5,1 13,5 80,1 1,2 100,0 835 Zou 1,0 14,4 11,0 65,3 9,3 100,0 2,7 9,2 85,7 2,5 100,0 1 154 Niveau d’instruction Aucun niveau 2,4 30,4 6,7 42,8 20,2 100,0 4,3 10,9 83,2 1,6 100,0 3 932 Primaire 4,0 12,8 9,6 61,7 16,0 100,0 5,6 11,3 81,5 1,6 100,0 981 Secondaire ou plus 10,8 1,5 13,6 76,3 8,6 100,0 4,3 13,0 81,9 0,8 100,0 393 Ensemble 3,3 25,0 7,7 48,8 18,5 100,0 4,6 11,2 82,8 1,5 100,0 5 305 Santé de la mère et de l’enfant | 135 L’EDSB-II a également collecté des informations sur les examens postnatals des femmes n’ayant pas accouché dans une formation sanitaire. Les données du tableau 9.8 montrent que 72 % de ces femmes n’ont pas effectué d’examens postnatals. Seulement 12 % ont effectué de tels examens dans les 2 jours qui ont suivi leur accouchement, 5 % dans les 3-6 jours suivants, et 9 % dans les 7-41 jours suivants. L’Atacora, le Borgou et le Mono, qui détiennent les proportions les plus élevées d’accouchements à domicile, ont également la proportion la plus importante de femmes n’ayant pas fait d’examens postnatals (respectivement 71 %, 78 % et 84 % contre moins de 7 % dans les autres départements). Tableau 9.8 Soins postnatals Répartition (en %) des femmes qui ont eu une naissance vivante au cours des cinq années ayant précédé l’enquête et qui n’ont pas accouché en formation sanitaire, selon le temps écoulé entre l’accouchement et le premier examen postnatal pour la naissance la plus récente, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Temps écoulé entre l’accouchement et le premier examen postnatal Caractéristique socio-démographique Dans les deux jours après ac- couchement 3-6 jours après ac- couchement 7-41 jours après ac- couchement NSP/ Manquant N’a pas été examinée1 Total Effectif Âge de la mère à la naissance <20 12,8 4,1 8,5 0,9 73,7 100,0 104 20-34 12,6 5,1 9,9 1,7 70,6 100,0 519 35-49 10,2 7,0 6,8 0,0 75,9 100,0 153 Rang de naissance 1 11,8 4,1 8,2 3,0 73,0 100,0 98 2-3 16,4 4,4 7,6 1,3 70,3 100,0 223 4-5 11,6 5,1 10,3 0,6 72,4 100,0 188 6 ou plus 9,1 6,8 9,9 1,2 73,0 100,0 267 Milieu de résidence Ensemble urbain 11,2 5,9 13,2 1,3 68,4 100,0 168 Cotonou 11,1 0,0 22,2 11,1 55,6 100,0 9 Autres villes 11,2 6,3 12,7 0,7 69,2 100,0 158 Rural 12,4 5,2 8,0 1,3 73,1 100,0 608 Département Atacora 12,2 5,9 9,6 1,8 70,5 100,0 205 Ensemble Atlantique 27,6 5,7 14,6 2,5 49,6 100,0 41 Atlantique 32,5 7,4 12,3 0,0 47,8 100,0 32 Cotonou 11,1 0,0 22,2 11,1 55,6 100,0 9 Borgou 6,4 3,5 10,7 1,6 77,9 100,0 251 Mono 8,5 4,3 3,2 0,0 84,0 100,0 161 Ouémé 20,7 7,4 17,8 0,0 54,1 100,0 40 Zou 26,1 10,8 7,7 1,5 53,9 100,0 77 Niveau d’instruction Aucun niveau 11,8 5,1 8,1 1,1 73,9 100,0 687 Primaire 12,6 7,7 18,0 2,4 59,4 100,0 85 Secondaire ou plus 59,7 0,0 0,0 0,0 40,3 100,0 5 Ensemble 12,2 5,4 9,1 1,3 72,1 100,0 776 1 Y compris les femmes ayant reçu les premiers soins postnatals plus de 41 jours après l’accouchement 136 | Santé de la mère et de l’enfant 9.2 VACCINATION DES ENFANTS L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande que tous les enfants soient complètement vaccinés avant l’âge de 12 mois contre les principales maladies endémiques les plus meurtrières que sont : la tuberculose, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite et la rougeole. Au Bénin, depuis les années 80, la vaccination demeure une activité très importante dans la mise en œuvre des soins de santé maternelle et infantile. Elle a bénéficié d’une attention particulière avec le développement du Programme Élargi de Vaccination (PEV) soutenu par certains partenaires au développement (UNICEF, OMS, USAID, etc.). Deux groupes cibles ont été identifiés : • les enfants de 0 à 11 mois pour les vaccinations contre la tuberculose (BCG), le DTCoq, la polio et la rougeole ; • les femmes en âge de procréer (15 à 49 ans) pour le VAT. Depuis sa mise en oeuvre, le PEV a traversé deux grandes étapes que sont : • 1987-1994 : un environnement favorable caractérisé par une bonne disponibilité des res- sources matérielles, humaines et financières, un développement de stratégies et d’activités efficaces et l’existence de volonté politique ; • 1995-1999 : une période peu favorable caractérisée par le non-renouvellement du matériel médical et la réduction du soutien logistique et des activités sanitaires. Les données du tableau 9.9 concernent seulement les enfants de 12 à 23 mois qui, en fait, ont atteint l’âge où ils devraient être tous vaccinés. Pour collecter ces informations sur la vaccination, l’enquêtrice a demandé à consulter les cartes de vaccination des enfants âgés de moins de cinq ans au moment de l’enquête. Ceci a été possible pour près des trois quarts des enfants de 12-23 mois (73 %). Dans 27 % des cas, l’enquêtrice a dû se fonder uniquement sur les déclarations de la mère. Ainsi, 59 % des enfants âgés de 12 à 23 mois au moment de l’enquête ont reçu toutes les vaccinations du PEV. Ce niveau de couverture vaccinale est de 3 % supérieur à celui obtenu lors de l’EDSB-I (56 %). Cependant, seulement 49 % des enfants ont reçu ces vaccins avant l’âge de 12 mois. La revue externe du PEV réalisée en mai 2001 a révélé ce même niveau de couverture pour les enfants complètement vaccinés (49 %). Tableau 9.9 Vaccinations selon les sources d’information Pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu chaque vaccination spécifique, quel que soit l’âge à la vaccination, et pourcentage de ceux qui ont été vaccinés avant l’âge de 12 mois, selon que l’information provienne d’une carte de vaccination ou des déclarations de la mère, et pourcentage de ceux qui ont été vaccinés avant l’âge de 12 mois, Bénin 2001 DTCoq Polio1 Source d’information BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rou- geole Tous les vaccins2 Aucune vacci- nation Effectif Vacciné à n’importe quel âge avant l’enquête selon : La carte de vaccination 72,4 71,3 67,2 62,4 67,7 71,5 67,4 61,7 57,8 54,3 0,1 683 La déclaration de la mère 17,5 15,9 13,2 10,1 10,7 18,5 15,7 7,7 10,2 4,7 7,2 249 Les deux sources 89,9 87,2 80,5 72,5 78,4 90,0 83,2 69,3 68,0 59,0 7,3 932 Vacciné avant l’âge de 12 mois3 89,2 86,2 79,1 68,5 77,8 88,8 81,5 65,9 55,9 49,0 8,4 932 1 Polio 0 est la vaccination de la polio donnée à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTCoq et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance) 3 Pour les enfants dont l’information était basée sur la déclaration de la mère, la proportion des vaccinations reçues durant la première année est supposée être la même que celle des enfants avec une carte de santé remplie. Santé de la mère et de l’enfant | 137 Le tableau 9.9 et le graphique 9.3 indiquent également que 90 % des enfants de 12-23 mois ont reçu le BCG et presque tous l’ont reçu avant 12 mois (89 %) ; 87 % ont reçu la première dose de DTCoq, 81 % ont reçu la deuxième dose de DTCoq et 73 % ont reçu la troisième dose de DTCoq. On constate encore une déperdition dans la prise du vaccin de la polio, qui chute de 90 % à la première dose à 69 % à la troisième dose. Pour ce qui concerne le vaccin anti-rougeoleux (VAR), 68 % des enfants âgés de 12 à 23 mois l’ont reçu et 56 % l’ont reçu avant l’âge de 12 mois. Le tableau 9.10 et le graphique 9.4 montrent que la couverture vaccinale (pourcentage d’enfants de 12-23 mois ayant reçu tous les vaccins) varie faiblement selon le sexe des enfants (60 % pour les garçons contre 58 % chez les filles). Par contre, les variations de la couverture vaccinale selon le milieu de résidence sont assez importantes (56 % chez les enfants du milieu rural contre 64 % chez les enfants du milieu urbain). Les variations sont également importantes lorsqu’on considère le rang de naissance des enfants, avec une couverture vaccinale plus élevée chez les enfants de rang 1 (68 %) que chez ceux de rang 4-5 (55 %). La couverture vaccinale plus faible observée chez les enfants de rang 4-5 pourrait résulter d’une attention plus faible portée à ces derniers. Par ailleurs, on note que la couverture vaccinale augmente avec le niveau d’instruction de la mère. Seulement un enfant sur deux dont la mère n’est pas instruite a reçu tous les vaccins (56 %) contre les trois quarts des enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus. On observe des différences régionales. Les taux de couverture vaccinale les plus élevés sont enregistrés dans les départements de l’Ouémé et du Zou et dans la ville de Cotonou (68 % dans chacun d’eux). Dans les autres départements, la couverture vaccinale varie de 49 % dans le Borgou à 54 % dans l’Atacora. La couverture vaccinale au Bénin est plus importante que celle observée dans les autres pays francophones d’Afrique de l’Ouest ayant réalisé une EDS. La proportion des enfants complètement immunisés au Bénin est largement supérieure à celle du Burkina Faso en 1993 (35 %), de la Côte d’Ivoire en 1994 (41 %), du Sénégal en 1992-93 (49 %), du Niger en 1998 (18 %) et du Cameroun en 1998 (36 %). Toutefois, cette couverture est inférieure à celle enregistrée en Tanzanie en 1996 (71 %) et au Zimbabwe en 1994 (80 %). Graphique 9.3 Vaccination des enfants de 12-23 mois Bénin 2001 � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � 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mois ayant reçu chaque vaccination spécifique (selon la carte de vaccination ou les déclarations de la mère) et pourcentage de ceux pour lesquels une carte de vaccination a été présentée à l’enquêtrice, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 DTCoq Polio1 Caractéristique socio-démographique BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rou- geole Tous les vaccins2 Aucune vacci- nation Pourcentage avec carte de vaccination Effectif Sexe de l’enfant Masculin 90,2 87,1 81,0 73,6 78,7 89,8 83,8 69,7 69,1 60,1 7,9 70,6 465 Féminin 89,5 87,3 79,9 71,4 78,0 90,3 82,6 69,0 67,0 57,9 6,7 76,1 467 Rang de naissance 1 93,2 91,1 85,0 79,8 83,9 93,8 87,3 75,0 75,5 67,5 4,6 76,5 192 2-3 89,9 86,7 81,0 74,1 79,7 89,2 84,7 71,0 67,4 58,4 8,0 74,4 308 4-5 90,5 87,7 80,3 69,3 80,1 89,7 83,0 66,4 66,8 54,5 6,4 73,2 222 6 ou plus 86,1 83,9 75,8 66,9 69,6 88,1 77,5 64,9 63,5 56,9 9,7 69,0 210 Milieu de résidence Ensemble urbain 91,0 91,0 85,3 80,1 81,6 94,2 88,3 74,0 75,3 64,4 4,7 74,5 325 Cotonou 94,8 94,8 90,6 87,5 84,4 96,9 90,6 76,0 85,4 67,7 3,1 76,0 101 Autres villes 89,3 89,3 82,9 76,8 80,4 93,0 87,2 73,1 70,7 62,9 5,3 73,8 224 Rural 89,3 85,1 77,9 68,4 76,6 87,8 80,4 66,8 64,1 56,1 8,7 72,7 606 Département Atacora 86,2 84,1 75,1 66,8 72,4 88,2 77,8 63,4 58,5 53,7 10,4 70,3 135 Ensemble Atlantique 94,3 89,9 81,0 73,2 83,2 92,8 82,4 68,3 71,9 60,0 4,2 77,0 189 Atlantique 93,8 84,3 70,1 56,7 81,8 88,0 72,9 59,4 56,5 51,2 5,3 78,1 88 Cotonou 94,8 94,8 90,6 87,5 84,4 96,9 90,6 76,0 85,4 67,7 3,1 76,0 101 Borgou 84,7 81,3 74,4 64,0 64,0 87,3 80,3 61,7 61,0 48,8 9,3 63,3 171 Mono 78,3 80,6 75,3 65,7 69,4 81,3 75,3 62,7 61,9 53,0 16,4 66,4 115 Ouémé 97,7 92,6 87,2 81,0 92,3 94,1 90,9 80,2 75,0 68,0 2,3 85,9 137 Zou 94,2 92,3 87,8 82,0 86,5 93,6 89,7 78,1 76,2 68,4 4,5 76,2 184 Niveau d’instruction Aucun niveau 86,8 84,0 76,5 68,2 74,5 87,5 79,1 66,3 63,4 55,7 9,4 72,1 660 Primaire 96,8 94,2 89,4 79,4 86,1 95,3 92,0 74,8 74,7 63,1 2,6 77,4 183 Secondaire ou plus 98,8 96,6 92,1 90,7 91,5 97,9 95,6 80,9 88,6 75,1 1,2 73,8 88 Ensemble 89,9 87,2 80,5 72,5 78,4 90,0 83,2 69,3 68,0 59,0 7,3 73,3 932 1 Polio 0 est la vaccination de la polio donnée à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTCoq et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance) Graphique 9.4 Enfants de 12-23 mois ayant eu tous les vaccins du PEV et enfants n’ayant eu aucun vaccin Bénin 2001 � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � 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qui ont précédé l’enquête (voir tableau 9.11 et graphique 9.5). En effet, le pourcentage d’enfants totalement vaccinés avant l’âge de 12 mois est de 3 points plus élevé chez les enfants âgés de 12-23 mois au moment de l’enquête que chez ceux âgés de 24-35 mois au moment de l’enquête (49 % contre 46 %) et de 7 points supérieur à celui des enfants âgés de 36-47 mois et 48-59 mois (49 % contre 42 %). Cette amélioration de la couverture vaccinale des enfants les plus jeunes se retrouve au niveau de presque tous les antigènes spécifiques. De même, on note une baisse de la proportion d’enfants n’ayant reçu aucune vaccination avant l’âge de 12 mois (8 % chez les enfants de 12-23 mois contre 9 % chez ceux de 36-47 mois puis 12 % des enfants de 48-59 mois). Tableau 9.11 Vaccinations avant l’âge de 12 mois par âge actuel de l’enfant Pourcentage d’enfants âgés de moins de 12-59 mois au moment de l’enquête ayant reçu chaque vaccination spécifique avant l’âge de 12 mois, et pourcentage de ceux pour lesquels une carte de vaccination a été présentée à l’enquêtrice, par âge actuel de l’enfant, Bénin 2001 DTCoq Polio 1 Âge actuel en mois BCG 1 2 3 0 1 2 3 Rou- geole Tous les vaccins2 Aucune vacci- nation Pourcentage avec carte de vaccination Effectif 12-23 89,2 86,2 79,1 68,5 77,8 88,8 81,5 65,9 55,9 49,0 8,4 73,3 932 24-35 89,6 85,4 79,1 68,1 76,2 88,0 81,2 64,3 54,9 45,9 8,0 62,2 916 36-47 88,2 81,6 74,1 62,8 69,3 86,5 77,9 60,4 53,0 41,9 9,2 48,7 897 48-59 83,5 79,4 72,3 62,9 63,5 84,2 76,2 57,5 54,0 41,7 12,4 38,8 889 Total 87,8 83,4 76,3 65,6 71,8 87,0 79,4 62,1 54,6 44,7 9,3 56,0 3 634 Note : L’information était obtenue à partir de la carte de vaccination ou s’il n’ y a pas de carte de vaccination remplie, de la déclaration de la mère. Pour les enfants dont l’information était basée sur la déclaration de la mère, la proportion des vaccinations reçues durant la première année est supposée être la même que celle des enfants avec une carte de vaccination remplie. 1 Polio 0 est la vaccination de la polio donnée à la naissance. 2 BCG, rougeole, les trois doses de DTCoq et les trois doses de polio (non-compris la dose de polio donnée à la naissance) Graphique 9.5 Couverture vaccinale des enfants de 12-23 mois et de 24-35 mois Bénin 2001 � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � BCG DTCoq3 Polio3 Rougeole Tous les vaccins Aucun vaccin 0 20 40 60 80 100 Pourcentage 12-23 mois 24-35 mois � � � � � � � � � � � � � � � � 140 | Santé de la mère et de l’enfant 9.3 MALADIES DES ENFANTS 9.3.1 Infections respiratoires aiguës Selon l’annuaire des statistiques sanitaires de l’année 2000, les infections respiratoires aiguës (IRA) représentent, chez les enfants de moins de cinq ans, la deuxième cause de consultations et la troisième cause d’hospitalisation (Ministère de la Santé Publique, 2001). Pour évaluer la prévalence des IRA chez les enfants de moins de cinq ans, au cours de l’EDSB-II, on a demandé à la mère si l’enfant avait souffert de toux avec une respiration courte et rapide pendant les deux semaines ayant précédé l’enquête. Bien qu’insuffisante pour établir un diagnostic fiable (Houndekon, 1999), la présence de ces deux symptômes n’en demeure pas moins, dans de nombreux cas, révélatrice d’infections respiratoires aiguës et même de pneumonie. Puisque les soins précoces peuvent éviter des complications des IRA, on a également demandé aux mères si l’enfant malade avait été conduit en consultation dans un établissement sanitaire. Les résultats présentés au graphique 9.6 et au tableau 9.12 indiquent que, parmi les enfants âgés de moins de cinq ans, 12 % ont souffert de toux avec respiration courte et rapide (symptôme des IRA) dans les deux semaines précédant l’enquête. Le sexe de l’enfant ainsi que le milieu de résidence ont peu d’influence sur la survenue de cette maladie (12 % chez les garçons comme chez les filles et 11 % en milieu urbain contre 12 % en milieu rural). Par contre, le niveau d’instruction de la mère et l’âge de l’enfant semblent légèrement influencer la prévalence des infections respiratoires aiguës. La prévalence des IRA est plus élevée quand la mère n’a que le niveau d’instruction primaire ou n’est pas instruite (12 %) que quand la mère a un niveau secondaire (9 %). Selon l’âge, les enfants sont plus affectés par les IRA dans les tranches d’âges de 6 à 11 mois (16 %) et de 12 à 23 mois (15 %) que dans les autres tranches d’âges (entre 10 % et 11 %). Le niveau élevé des IRA dans la tranche d’âges 6-23 mois pourrait être associée à la baisse de l’immunité due au sevrage progressif des enfants. Par ailleurs, au niveau départemental, les IRA sont plus fréquentes dans le Mono (15 %) et l’Atlantique (14 %) que dans les autres départements, en particulier dans l’Atacora et la ville de Cotonou (10 % dans chacun d’eux). Parmi les enfants ayant souffert d’infections respiratoires aiguës, 29 % ont été amenés en consultation dans un centre de santé ou auprès d’un agent de santé. Ce pourcentage varie d’un minimum de 18 % dans le Mono à un maximum de 49 % dans la ville de Cotonou. Graphique 9.6 Prévalence des infections respiratoires aiguës et de la fièvre parmi les enfants de moins de cinq ans Bénin 2001 � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � RÉSIDENCE Cotonou Autres villes Ensemble urbain Rural DÉPARTEMENT Atacora Atlantique Cotonou Borgou Mono Ouémé Zou INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou plus 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage d’enfants Enfants avec fièvre Enfants avec IRA � � � � � � � � � � � � Santé de la mère et de l’enfant | 141 Tableau 9.12 Prévalence et traitement des infections respiratoires aiguës (IRA) Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont souffert de la toux avec une respiration courte et rapide (symptômes des IRA) au cours des deux semaines qui ont précédé l’enquête et pourcentage de ceux ayant les symptômes des IRA pour lesquels un traitement a été recherché auprès d’un service de santé, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Pourcentage d’enfants avec les symptômes des IRA Effectif Pourcentage traités au centre de santé ou par un agent de santé Effectif Âge de l’enfant en mois <6 10,8 535 41,1 58 6-11 15,9 529 45,1 84 12-23 15,0 932 32,3 140 24-35 10,7 916 27,2 98 36-47 10,3 897 21,2 92 48-59 10,1 889 13,2 90 Sexe de l’enfant Masculin 12,0 2 352 31,5 282 Féminin 11,9 2 346 27,2 280 Milieu de résidence Ensemble urbain 11,3 1 513 32,1 171 Cotonou 10,3 437 48,8 45 Autres villes 11,7 1 076 26,0 126 Rural 12,3 3 185 28,2 391 Département Atacora 9,9 650 43,4 64 Ensemble Atlantique 12,1 914 38,6 110 Atlantique 13,7 477 31,5 65 Cotonou 10,3 437 48,8 45 Borgou 12,0 841 25,7 101 Mono 14,9 550 17,9 82 Ouémé 12,3 756 23,4 93 Zou 11,3 987 28,7 112 Niveau d’instruction Aucun niveau 12,2 3 444 25,9 419 Primaire 12,3 880 40,0 108 Secondaire ou plus 9,3 374 37,6 35 Ensemble 12,0 4 698 29,3 562 9.3.2 Fièvre et paludisme Le paludisme est l’une des principales causes de décès des enfants de moins de cinq ans au Bénin. Des mesures préventives, en particulier l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticides, peuvent réduire les taux de mortalité des enfants due au paludisme. Dans les régions ou le paludisme est important, les recommandations internationales suggèrent que chez les enfants, la fièvre soit traitée comme s’il s’agissait du paludisme, et de donner à l’enfant un traitement complet à l’aide de comprimés antipaludéens. Les enfants avec des symptômes sévères de paludisme comme une forte fièvre ou des convulsions doivent être amenés immédiatement dans un établissement sanitaire. En outre, les enfants en 142 | Santé de la mère et de l’enfant convalescence du paludisme doivent recevoir des compléments de liquides et d’aliments et, le cas échéant, doivent être allaités. Prévalence de la fièvre D’après les résultats du tableau 9.13 et du graphique 9.6, au niveau national, plus de quatre enfants de moins de cinq ans sur dix (41 %) ont eu la fièvre durant les deux semaines ayant précédé l’interview. Cette fièvre était plus fréquente chez les enfants de 6-23 mois (54 %) que chez les plus jeunes (29 % chez les moins de 6 mois) ou chez les plus âgés (35 % chez ceux de 36-47 mois et 30 % chez ceux de 48-59 mois). Par contre, elle est aussi fréquente chez les filles que chez les garçons (40 % contre 42 %). Selon le milieu de résidence, la prévalence est plus élevée en milieu rural (44 %) qu’en milieu urbain (36 %). En ce qui concerne le niveau d’instruction des mères, ce sont les enfants dont la mère a, au moins, un niveau d’instruction secondaire qui ont été les moins touchés par la fièvre (29 % contre 40 % ou plus chez les femmes sans instruction ou n’ayant que le niveau d’instruction primaire). Au niveau départemental, la prévalence de la fièvre est plus importante dans l’Atacora et le Borgou (respectivement 52 % et 46 %) que dans les autres départements (variant de 38 % dans l’Ouémé à 41 % dans l’Atlantique), et surtout dans la ville de Cotonou (30 %). On note, par ailleurs, que parmi les enfants ayant souffert de la fièvre, 30 % ont été amenés en consultation dans un centre de santé ou auprès d’un agent de santé. Cependant, lorsqu’on se limite aux premières 48 heures de fièvre, seulement 19 % de ces enfants sont amenés en consultation dans un centre de santé, ce qui signifie que 11 % des enfants ne sont amenés en consultation qu’après le premier jour de fièvre. On note, par ailleurs, que 70 % des enfants ayant souffert de la fièvre ne sont pas amenés en consultation auprès du personnel de santé. Le pourcentage des enfants qui sont amenés en consultation auprès du personnel de santé varie de 19 % dans le département du Mono à 42 % dans la ville de Cotonou. Lorsqu’on se limite aux premières 48 heures de fièvre, ce pourcentage varie de 7 % dans le Mono à 29 % dans la ville de Cotonou. Pour les enfants ayant souffert de la fièvre au cours des deux dernières semaines, le tableau 9.13 présente également les différents traitements reçus. On note que la Nivaquine (chloroquine) était la plus utilisée (59 %). Par contre, la Flavoquine et le Fansidar sont utilisés dans une très faible proportion (respectivement 2 % et 1 %). Dans l’ensemble, le taux d’utilisation d’un traitement recommandé (Nivaquine, Fansidar ou Flavoquine) en cas de fièvre est estimée à 60 %. On note, par ailleurs, que parmi les enfants ayant souffert de la fièvre, 19 % ont été amenés en consultation auprès d’un personnel de santé au cours des premières 48 heures. Dans l’ensemble, les deux tiers (67 %) ont reçu un traitement antipaludéen (Nivaquine, Flavoquine ou Fansidar) ou ont été amenés en consultation auprès du personnel de santé au cours des premières 48 heures de fièvre. L’utilisation d’un traitement antipaludéen en cas de fièvre est particulièrement importante dans les départements du Zou et de l’Ouémé (73 % dans chacun d’eux), suivis par l’Atacora, la ville de Cotonou et le Borgou (respectivement 60 %, 58 % et 55 %). Par contre, dans les départements de l’Atlantique et du Mono, moins de la moitié des enfants ayant souffert d’une fièvre ont reçu un traitement antipaludéen (respectivement 50 % et 44 %). On note, toutefois, que d’autres types de médicaments comme l’aspirine ou le paracétamol sont fréquemment utilisés pour traiter la fièvre. Huit enfants sur dix ayant souffert de la fièvre ont été traités à l’aide de ces médicaments. Tableau 9.13 Prévalence et traitement de la fièvre Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont souffert de la fièvre au cours des deux semaines qui ont précédé l’enquête et pourcentage de ceux ayant les symptômes de la fièvre pour lesquels un traitement a été recherché auprès d’un service de santé, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Pourcentage d’enfants avec fièvre Effectif Pourcentage traités au centre de santé ou par un agent de santé Traitement dans un centre de santé dans les 48 heures Fansidar Nivaquine/ Chloro- quine Flavo- quine Fansidar ou Chloro- quine Fansidar, Chloro- quine ou Flavoquine Aspirine Para- cétamol Autres Ne sait pas Traitement dans les 48 heures ou antipaludéen utilisé Effectif des enfants avec fièvre Âge de l’enfant en mois <6 29,1 535 38,1 26,9 0,0 57,5 1,8 57,5 58,1 32,7 33,5 25,4 3,7 67,9 156 6-11 53,4 529 33,5 17,8 1,2 58,8 0,3 60,0 60,0 28,7 43,4 36,7 4,0 65,5 283 12-23 53,6 932 32,9 18,3 0,5 61,2 1,2 61,2 62,1 28,3 46,9 31,8 5,8 68,5 499 24-35 45,6 916 31,3 18,4 1,7 54,9 1,2 55,9 56,6 21,1 50,8 30,7 5,1 63,7 418 36-47 34,7 897 22,2 17,3 1,0 59,1 2,5 59,5 61,3 21,8 51,4 24,6 5,1 69,3 312 48-59 30,3 889 21,3 17,8 0,4 62,2 2,5 62,5 64,1 23,5 50,1 34,4 3,4 68,2 269 Sexe de l’enfant Masculin 42,0 2 352 30,8 18,4 0,7 57,5 1,8 57,8 59,0 24,4 48,2 32,7 5,5 65,8 989 Féminin 40,4 2 346 28,6 19,1 1,0 60,5 1,1 61,2 62,0 26,6 46,4 29,1 4,0 68,4 947 Milieu de résidence Ensemble urbain 35,9 1 513 32,2 23,5 0,4 60,3 2,8 60,3 62,3 24,6 50,0 34,6 3,0 71,5 543 Cotonou 29,6 437 42,3 26,8 0,0 57,7 1,6 57,7 57,7 18,7 54,5 40,7 0,0 75,6 129 Autres villes 38,5 1 076 29,1 22,4 0,5 61,1 3,1 61,1 63,7 26,4 48,6 32,7 3,9 70,3 414 Rural 43,7 3 185 28,7 16,9 1,0 58,5 1,0 59,2 59,7 25,8 46,3 29,5 5,5 65,3 1 392 Département Atacora 51,8 650 32,1 28,1 1,4 58,6 1,7 59,2 60,3 32,5 37,7 18,7 4,9 67,2 337 Ensemble Atlantique 35,4 914 30,5 16,2 0,0 52,1 2,2 52,1 53,0 18,9 55,8 34,0 0,7 62,9 323 Atlantique 40,7 477 22,7 9,2 0,0 48,4 2,6 48,4 49,8 19,0 56,7 29,5 1,2 54,4 194 Cotonou 29,6 437 42,3 26,8 0,0 57,7 1,6 57,7 57,7 18,7 54,5 40,7 0,0 75,6 129 Borgou 46,4 841 31,1 24,3 0,5 53,4 1,0 53,9 54,7 29,3 29,6 22,2 9,7 62,3 391 Mono 38,6 550 19,1 6,5 0,0 43,5 0,4 43,5 43,5 11,4 36,6 26,4 13,4 46,7 212 Ouémé 38,1 756 28,9 14,0 1,0 69,5 3,5 70,2 72,9 15,0 75,2 41,6 0,8 77,4 288 Zou 39,1 987 32,0 17,3 1,8 71,4 0,3 72,3 72,7 36,3 51,7 42,5 1,2 78,8 386 Niveau d’instruction Aucun niveau 42,8 3 444 27,8 17,4 0,8 57,7 1,2 58,2 58,9 25,8 45,5 28,3 5,3 64,5 1 475 Primaire 40,2 880 36,4 22,0 0,3 64,8 1,3 65,1 66,4 24,0 55,5 36,4 4,1 73,9 354 Secondaire ou plus 28,8 374 34,4 25,9 4,0 57,9 6,6 58,8 61,6 25,2 45,9 49,8 0,0 79,2 108 Ensemble 41,2 4 698 29,7 18,7 0,9 59,0 1,5 59,5 60,4 25,4 47,3 30,9 4,8 67,1 1 936 Santé de la m ère et de l’enfant | 143 144 | Santé de la mère et de l’enfant Prévention du paludisme Utilisation des moustiquaires chez les enfants de moins de cinq ans. Des questions concernant les pratiques de prévention du paludisme, comme l’utilisation des moustiquaires imprégnées, ont été posées à l’aide aussi bien du questionnaire ménage que du questionnaire individuel femme. Le tableau 9.14 indique que deux ménages sur cinq (40 %) possèdent au moins une moustiquaire. Si la grande majorité (72 %) des ménages de la ville de Cotonou en possède au moins une, dans les autres départements cette proportion est inférieure à la moitié et dans le département de l’Atacora, elle n’est que de 24 %. Dans les autres villes et en milieu rural, respectivement 37 % et 35 % des ménages possèdent au moins une moustiquaire. Le tableau 9.14 fournit également des informations sur l’utilisation des moustiquaires dans les ménages au cours de la nuit précédant l’interview. Dans les ménages abritant des enfants de moins de cinq ans, pour 34 % des cas, tous les enfants de moins de cinq ans ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’interview. Par contre, dans 62 % des cas, aucun des enfants de moins de cinq ans n’a dormi sous une moustiquaire. Tableau 9.14 Possession et utilisation de moustiquaires Répartition (en %) des ménages selon la présence de moustiquaires dans le ménage, et parmi les ménages dans lesquels vivent des enfants de moins de cinq ans, répartition (en %) selon l’utilisation de moustiquaires par les enfants de moins de cinq ans dans la nuit précédant l’enquête, et selon certaines caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Parmi les ménages abritant des enfants de moins de 5 ans1 : Caractéristique socio-démographique Pourcentage de ménages avec mousti- quaire Effectif de ménages Tous les enfants ont dormi sous moustiquaire Certains enfants ont dormi sous moustiquaire Aucun des enfants n’a dormi sous moustiquaire2 Manquant Total Effectif de ménages Milieu de résidence Ensemble urbain 48,9 2 147 44,9 3,9 49,8 1,4 100,0 1 063 Cotonou 72,0 723 70,4 5,3 22,7 1,6 100,0 328 Autres villes 37,2 1 424 33,5 3,3 61,9 1,4 100,0 735 Rural 35,0 3 622 28,4 2,6 67,8 1,2 100,0 2 042 Département Atacora 23,5 669 13,3 3,0 80,2 3,5 100,0 410 Ensemble Atlantique 58,1 1 346 54,3 4,3 39,8 1,6 100,0 658 Atlantique 42,0 624 38,3 3,3 56,8 1,7 100,0 330 Cotonou 72,0 723 70,4 5,3 22,7 1,6 100,0 328 Borgou 46,4 860 36,3 4,4 57,3 1,9 100,0 521 Mono 31,0 765 27,2 1,7 71,1 0,0 100,0 361 Ouémé 36,1 1 015 35,3 1,8 62,3 0,6 100,0 526 Zou 33,9 1 113 27,5 2,3 69,8 0,4 100,0 629 Ensemble 40,2 5 769 34,1 3,0 61,6 1,3 100,0 3 105 1 Concerne seulement les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l’interview 2 Y compris les ménages qui n’ont pas de moustiquaire Au niveau du questionnaire individuel femme, pour chaque enfant âgé de moins de cinq ans, on a demandé à la mère s’il dort habituellement sous une moustiquaire, et, au cas échéant, s’il a dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête. Dans l’ensemble, le résultat est similaire à celui obtenu au niveau du questionnaire ménage : un peu plus du tiers des enfants (34 %) dort habituellement sous une moustiquaire, et un peu moins du tiers des enfants (32 %) a dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête. À l’exception de la ville de Cotonou (71 %), l’utilisation des moustiquaires la nuit précédant Santé de la mère et de l’enfant | 145 l’enquête est relativement faible dans tous les départements (variant de 15 % dans l’Atacora à 36 % dans l’Atlantique). Lorsqu’on se limite à la moustiquaires imprégnée à l’insecticide, on constate que seulement 7 % des enfants ont dormi sous ce type de moustiquaire la nuit précédant l’enquête. Ce pourcentage varie de 22 % pour la ville de Cotonou à moins de 10 % dans les autres départements. Tableau 9.15 Pourcentage des enfants de moins de cinq ans qui dorment sous une moustiquaire Pourcentage des enfants de moins de cinq ans qui dorment habituellement sous une moustiquaire, de ceux qui ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête, et de ceux qui ont dormi sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide la nuit précédant l’enquête, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Dort habituellement sous une moustiquaire A dormi sous une moustiquaire la nuit passée1 Moustiquaire imprégnée à l’achat Moustiquaire imprégnée après achat A dormi sous une moustiquaire imprégnée la nuit passée1 Effectif d’enfants Âge de l’enfant en mois <6 39,3 37,9 8,8 2,3 9,6 535 6-11 36,9 35,5 5,1 2,4 5,4 529 12-23 34,7 32,7 7,7 4,8 9,5 932 24-35 34,1 31,5 5,6 3,7 6,9 916 36-47 31,7 29,0 5,8 4,0 6,6 897 48-59 32,4 28,9 5,7 4,1 6,2 889 Sexe de l’enfant Masculin 34,0 31,7 6,0 3,6 7,0 2 352 Féminin 34,7 32,3 6,7 3,9 7,8 2 346 Milieu de résidence Ensemble urbain 46,5 42,9 11,4 6,4 13,5 1 513 Cotonou 76,2 71,4 15,6 10,1 21,6 437 Autres villes 34,4 31,3 9,6 4,9 10,2 1 076 Rural 28,6 26,8 4,0 2,5 4,4 3 185 Département Atacora 16,6 15,3 5,2 1,7 5,2 650 Ensemble Atlantique 56,4 52,9 9,6 6,2 12,7 914 Atlantique 38,2 36,0 4,2 2,6 4,5 477 Cotonou 76,2 71,4 15,6 10,1 21,6 437 Borgou 34,8 30,8 6,7 3,7 7,2 841 Mono 27,4 25,8 6,7 3,4 7,7 550 Ouémé 33,5 32,3 5,0 2,7 5,2 756 Zou 29,7 27,7 4,8 4,0 5,6 987 Niveau d’instruction Aucun niveau 28,2 26,7 3,5 2,0 4,1 3 444 Primaire 45,1 40,6 10,3 5,8 11,1 880 Secondaire ou plus 65,6 60,6 23,6 15,0 28,5 374 Ensemble 34,3 32,0 6,4 3,8 7,4 4 698 1 Concerne seulement les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l’interview Utilisation des moustiquaires chez les femmes enceintes. Au moment de l’enquête, on a demandé aux femmes si elles ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête. Dans l’ensemble, le tiers des femmes (33 %) a dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête. Au niveau des femmes enceintes, on observe le même niveau d’utilisation des moustiquaire (33 %). Toutefois, on note une faible utilisation des moustiquaires chez les femmes enceintes de 15-19 ans (20 % contre plus du tiers chez les femmes enceintes de 20-34 ans). Les taux d’utilisation des moustiquaires les 146 | Santé de la mère et de l’enfant plus élevés sont observés dans la ville de Cotonou (63 %), suivie de l’Atlantique (41 %) et du Borgou (39 %). Par contre, le département de l’Atacora détient le taux d’utilisation des moustiquaires le plus faible (20 %), suivi du Mono (23 %) et, enfin, de l’Ouémé et du Zou (29 % pour chacun d’eux). Tableau 9.16 Pourcentage de femmes et de femmes enceintes qui dorment sous une moustiquaire Pourcentage de femmes et de femmes enceintes qui ont dormi sous une moustiquaire la nuit précédant l’enquête, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Femmes ayant dormi sous une moustiquaire la nuit passée Effectif de femmes Femmes enceintes ayant dormi sous une mousti- quaire la nuit passée Effectif de femmes enceintes Âge 15-19 25,3 1 233 20,0 93 20-24 34,0 1 215 34,7 198 25-29 36,8 1 170 33,0 193 30-34 39,9 866 44,8 116 35-39 33,8 745 27,3 76 40-44 30,4 548 (34,7) 32 45-49 34,2 442 * 8 Milieu de résidence Urbain 40,0 2 529 39,0 224 Cotonou 58,6 912 63,4 75 Autres villes 29,4 1 617 26,8 150 Rural 28,7 3 690 30,5 491 Département Atacora 17,9 694 19,7 90 Ensemble Atlantique 49,5 1 501 52,4 144 Atlantique 35,3 589 40,5 69 Cotonou 58,6 912 63,4 75 Borgou 40,5 995 37,8 127 Mono 22,0 717 22,7 95 Oueme 30,1 1 106 28,7 120 Zou 25,7 1 205 28,8 140 Niveau d’instruction Aucun niveau 28,0 3 984 30,2 524 Primaire 36,7 1 371 38,4 150 Secondaire ou plus 52,4 864 52,3 41 Ensemble 33,3 6 219 33,2 716 ( ) Basé sur 25-49 cas non pondérés * Basé sur moins de 25 cas non pondérés Santé de la mère et de l’enfant | 147 Utilisation des médicaments antipaludéens chez les femmes enceintes. Au moment de l’enquête, on a demandé aux femmes ayant eu au moins une naissance au cours des cinq dernières années si elles ont utilisé, lors de la grossesse de leur dernier enfant, des médicaments pour prévenir le paludisme. Dans l’ensemble, les trois quarts (75 %) des femmes ont utilisé la Nivaquine, et 6 % ont utilisé le Fansidar. Enfin, près de huit femmes sur dix ont utilisé un médicament antipaludéen au cours de la grossesse de leur dernier enfant. L’utilisation d’une prophylaxie antipaludéenne est courante dans tous les départements avec des proportions qui varient de 89 % dans l’Atlantique et 84 % dans le Zou à 63 % dans le Borgou. Tableau 9.17 Utilisation des médicaments antipaludéens pendant la grossesse Pourcentage de femmes ayant eu au moins une naissance au cours des 5 dernières années qui ont utilisé un médicament antipaludéen lors de la grossesse de leur dernier enfant, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Fansidar Nivaquine (Chloroquine) Fansidar ou Chloroquine Effectif Sexe de l’enfant Masculin 6,0 76,2 76,7 1 758 Féminin 6,4 74,2 75,0 1 766 Âge de l’enfant en mois < 6 6,6 77,2 77,7 555 6-11 8,6 71,9 72,9 556 12-23 5,2 75,3 75,9 968 24-35 4,9 75,6 75,7 751 36-47 7,5 74,8 75,5 422 48-59 5,9 77,1 78,2 272 Milieu de résidence Ensemble urbain 4,2 76,8 77,7 1 173 Cotonou 1,2 79,9 80,8 351 Autres villes 5,5 75,4 76,4 822 Rural 7,2 74,4 74,9 2 351 Département Atacora 1,2 68,1 68,9 481 Ensemble Atlantique 1,5 84,1 84,9 703 Atlantique 1,9 88,2 88,9 352 Cotonou 1,2 79,9 80,8 351 Bougou 2,1 61,3 62,6 624 Mono 0,4 68,5 68,7 416 Ouémé 9,5 79,7 80,1 573 Zou 18,4 83,5 83,7 727 Niveau d’instruction Aucun niveau 6,6 72,6 73,0 2 546 Primaire 5,9 82,4 83,3 688 Secondaire ou plus 3,6 80,6 82,7 290 Ensemble 6,2 75,2 75,8 3 524 148 | Santé de la mère et de l’enfant 9.3.3 Diarrhée Les maladies diarrhéiques, qui peuvent entraîner notamment la déshy- dratation et la malnutrition, constituent une des principales causes de décès des jeunes enfants. Les statistiques sanitaires publiées en 2000 indiquaient que la diarrhée consti- tuait, au Bénin, la quatrième cause de con- sultation des enfants âgés de moins de cinq ans dans les formations sanitaires et la cinquième cause d’hospitalisation. Pour lutter contre les effets de la déshydratation, le Bénin s’est engagé dans un programme de traitement de réhydratation par voie orale (TRO), en conseillant l’utilisation soit d’une solution préparée à partir des sachets de sels de réhydratation par voie orale (SRO), soit par une augmentation des liquides accom- pagnée d’une alimentation continue chez les enfants qui souffrent de la diarrhée. 9.3.3.1 Prévalence de la diarrhée Au cours de cette enquête, on a demandé aux mères d’enfants âgés de moins de cinq ans si leurs enfants ont eu la diarrhée durant les deux dernières semaines et quel avait été le type de traitement et le mode d’alimentation de l’enfant au cours de l’épisode diarrhéique ; on a également de- mandé aux mères si elles connaissaient les sels de réhydratation orale. Les résultats du tableau 9.18 in- diquent que 13 % des enfants de moins de cinq ans ont été atteints de diarrhée durant les deux semaines précédant l’enquête. Cette prévalence est de deux fois inférieure à son niveau en 1996 (26 % chez les enfants moins de trois ans). La fréquence de la diarrhée est directement liée aux conditions d’hygiène, à la qualité de l’eau consommée et surtout aux habitudes alimentaires auxquelles les enfants sont particulièrement sensibles à cause de leur état immunitaire encore très fragile. Ceci explique la fréquence rela- tivement plus élevée de la diarrhée entre 6 et 23 mois (21 % pour les enfants de 6-23 Tableau 9.18 Prévalence de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans, pourcentage de ceux qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, selon les caractéristiques socio-démo- graphiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Diarrhée dans les deux semaines avant l’enquête Effectif Sexe de l’enfant Masculin 13,2 2 352 Féminin 13,6 2 346 Âge de l’enfant en mois <6 6,9 535 6-11 21,3 529 12-23 20,9 932 24-35 13,5 916 36-47 9,6 897 48-59 8,4 889 Milieu de résidence Ensemble urbain 11,3 1 513 Cotonou 10,1 437 Autres villes 11,8 1 076 Rural 14,4 3 185 Département Atacora 17,7 650 Ensemble Atlantique 11,0 914 Atlantique 11,9 477 Cotonou 10,1 437 Borgou 21,1 841 Mono 13,0 550 Ouémé 9,8 756 Zou 9,1 987 Niveau d’instruction Aucun niveau 14,2 3 444 Primaire 12,5 880 Secondaire ou plus 8,6 374 Nécessaire pour se laver disponible dans le ménage Eau/robinet 6,1 52 Savon, cendre ou autres détergents 1,8 58 Bassine 15,2 96 Les trois éléments 2,8 38 Aucun 13,4 4 586 Source d’eau potable Robinet 10,0 1 858 Puits non protégé 15,9 1 966 Marigot 13,7 618 Autre/Manquant 18,8 255 Ensemble 13,4 4 698 Santé de la mère et de l’enfant | 149 mois contre 7 % chez les enfants de moins de 6 mois et 14 % chez ceux de 24-35 mois). Ces âges de forte prévalence sont aussi les âges auxquels les enfants commencent à recevoir des aliments autres que le lait maternel et à être sevrés. Ils correspondent aussi aux âges auxquels les enfants commencent à explorer leur environnement et sont, de ce fait, davantage exposés à la contamination par des agents pathogènes. Les données relatives à l’allaitement maternel (chapitre 10) ont montré qu’à partir de 6 mois, la quasi-totalité des enfants reçoivent un complément alimentaire. Si la prévalence de la diarrhée a considérablement diminué dans les départements du centre et du Sud (variant de 9 % dans le Zou à 13 % dans le Mono), elle demeure importante dans le nord du pays ou elle atteint 21 % dans le Borgou et 18 % dans l’Atacora. Au niveau du milieu de résidence, les variations de cette prévalence sont moins prononcées avec 11 % en milieu urbain contre 14 % en milieu rural. Par rapport à l’instruction de la mère, on constate que les maladies diarrhéiques sont plus fré- quentes chez les enfants dont la mère n’est pas instruite ou n’a que le niveau d’instruction primaire (respectivement 14 % et 13 %) que chez ceux dont la mère a le niveau d’instruction secondaire ou plus (9 %). Par rapport au sexe de l’enfant, les écarts de prévalence sont quasi inexistants (13 % chez les garçons contre 14 % chez les filles). 9.3.3.2 Traitement de la diarrhée Le tableau 9.19 présente les proportions de mères qui connaissent les sachets de SRO et la répartition des mères selon le type d’alimentation qu’elles pensent qu’il faut donner aux enfants au cours des épisodes diarrhéiques. On observe à partir de ces résultats que la majorité des mères (73 %) connaissent les sachets de SRO ; cependant ce niveau de connaissance est plus important en milieu urbain (82 %) qu’en milieu rural (68 %), chez les mères ayant, au moins, le niveau d’instruction secondaire (94 %) que chez celles ayant le niveau d’instruction primaire (86 %) et que chez celles n’ayant aucun niveau d’instruction (66 %). Au niveau départemental, les proportions les plus faibles sont observées dans les départements du Mono, du Borgou et de l’Atacora (respectivement 56 %, 57 % et 59 %) alors que les plus fortes sont observées dans les départements du Zou, de l’Ouémé et de l’Atlantique (respectivement 81 %, 84 % et 83 %), et surtout dans la ville de Cotonou (92 %). Tableau 9.19 Connaissance des sachets de SRO Pourcentage de mères ayant eu des naissances au cours des cinq années ayant précédé l’enquête qui connaissent les sachets de SRO pour le traitement de la diarrhée, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Pourcentage de mères connaissant les sachets de SRO Effectif Âge 15-19 52,0 189 20-24 70,7 777 25-29 75,8 982 30-34 77,5 694 35-49 71,0 883 Milieu de résidence Ensemble urbain 81,9 1 173 Cotonou 91,9 351 Autres villes 77,6 822 Rural 67,9 2 351 Département Atacora 58,7 481 Ensemble Atlantique 87,3 703 Atlantique 82,8 352 Cotonou 91,9 351 Borgou 56,9 624 Mono 55,7 416 Ouémé 84,0 573 Zou 81,4 727 Niveau d’instruction Aucun niveau 66,4 2 546 Primaire 86,0 688 Secondaire ou plus 94,4 290 Ensemble 72,5 3 524 SRO = Sels de réhydratation par voie orale 150 | Santé de la mère et de l’enfant Le tableau 9.20 présente les types de soins reçus par les enfants qui ont eu des épisodes diarrhéiques pendant les deux semaines précédant l’enquête. Il ressort de ce tableau que l’utilisation des SRO pour le traitement des maladies diarrhéiques est encore faible car seulement 23 % des enfants ayant souffert de la diarrhée ont reçu les sachets de SRO. On note, par ailleurs, que 12 % des enfants ont reçu une « solution maison recommandée ». Dans l’ensemble près du tiers des enfants (32 %) a reçu soit des sachets de SRO, soit une « solution maison recommandée ». L’utilisation des sachets de SRO pour le traitement de la diarrhée est plus courante en milieu urbain (27 %) qu’en milieu rural (22 %). Au niveau départemental, le Zou est le département dans lequel les SRO sont les plus utilisés avec une proportion de 37 % ; à l’opposé, le Mono se place en dernière Tableau 9.20 Traitement de la diarrhée Parmi les enfants de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, pourcentage de ceux qui ont été amenés en consultation dans un établissement sanitaire ou auprès du personnel de santé, pourcentage de ceux qui ont suivi une thérapie de réhydratation par voie orale (TRO), et pourcentage de ceux qui ont reçu d’autres traitements, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Thérapie de réhydratation orale (TRO) Autres traitements Caractéristique socio-démographique Pour- centage amenés dans un centre de santé1 Sachets d’SRO Solution maison SRO ou solution maison Augmen- tation de l’apport liquidien (y com- pris l’al- laitement) SRO, solution maison, ou aug- mentation de l’apport liquidien Gélules ou sirop Injection Perfusion Remède local/ autre Man- quant Aucun Effectif Âge de l’enfant en mois <6 9,8 8,0 2,6 8,0 48,9 48,9 13,1 0,0 0,0 36,2 0,0 24,0 37 6-11 28,9 27,8 14,2 38,5 44,7 60,3 23,5 3,9 0,0 22,8 0,8 17,6 113 12-23 25,6 26,7 13,4 36,4 55,9 69,1 27,0 5,4 0,9 28,7 0,0 11,1 195 24-35 27,3 24,2 12,7 33,8 44,7 60,2 37,3 4,3 1,0 28,0 0,0 15,9 124 36-47 13,8 12,4 11,0 21,2 36,6 46,6 30,1 5,2 0,0 34,0 1,1 15,6 86 48-59 21,7 26,4 9,2 31,5 52,5 63,5 31,9 5,2 0,0 35,5 1,2 14,7 75 Sexe de l’enfant Masculin 25,1 22,7 13,7 33,8 48,9 63,5 28,2 3,4 0,6 30,9 0,3 13,9 311 Féminin 22,0 23,9 10,3 30,2 47,6 58,3 28,9 5,6 0,3 28,1 0,6 16,0 319 Milieu de résidence Ensemble urbain 27,3 27,1 12,5 34,1 52,3 63,1 37,5 3,7 0,6 28,7 0,0 13,9 171 Cotonou 26,2 23,8 11,9 28,6 38,1 47,6 33,3 0,0 0,0 33,3 0,0 21,4 44 Autres villes 27,6 28,2 12,7 36,0 57,3 68,5 39,0 5,0 0,8 27,1 0,0 11,3 127 Rural 22,2 21,9 11,7 31,1 46,7 60,0 25,3 4,9 0,4 29,8 0,6 15,4 459 Département Atacora 28,2 23,3 9,6 27,3 38,7 54,7 25,0 7,3 0,0 31,4 1,6 18,6 115 Ensemble Atlantique 25,7 24,0 10,7 30,8 31,7 47,1 29,6 6,2 0,8 36,0 0,0 18,0 101 Atlantique 25,3 24,2 9,7 32,5 26,7 46,7 26,7 11,1 1,4 38,1 0,0 15,3 56 Cotonou 26,2 23,8 11,9 28,6 38,1 47,6 33,3 0,0 0,0 33,3 0,0 21,4 44 Borgou 30,3 22,1 19,7 37,7 50,6 66,1 30,6 4,4 0,6 19,6 0,5 16,0 178 Mono 6,0 10,8 3,6 13,3 47,0 50,6 37,3 3,6 0,0 25,3 0,0 18,1 72 Ouémé 13,9 20,9 8,5 29,4 54,9 65,9 22,2 1,6 0,0 46,2 0,0 5,4 74 Zou 23,7 36,9 10,5 44,8 69,8 77,7 26,4 2,6 1,3 28,9 0,0 10,5 90 Niveau d’instruction Aucun niveau 22,8 21,6 11,1 29,5 46,8 58,2 26,3 4,9 0,4 31,1 0,4 15,3 487 Primaire 26,3 25,5 13,6 35,3 51,0 66,9 32,4 2,3 1,1 26,2 0,9 15,3 110 Secondaire ou plus 25,0 41,7 19,7 58,1 61,0 79,9 49,9 6,7 0,0 15,9 0,0 9,0 32 Ensemble 23,5 23,3 11,9 31,9 48,2 60,9 28,6 4,6 0,5 29,5 0,4 15,0 630 Note : TRO inclut solution préparée à partir des sels de réhydratation par voie orale (SRO), les solutions maison recommandées (SMR), ou augmentation des liquides. 1 Non compris les pharmacies, les boutiques et les guérisseurs traditionnels Santé de la mère et de l’enfant | 151 position avec 11 %. Pour tous les autres départements, le niveau d’utilisation se situe entre 21 % et 24 %. Le sexe de l’enfant n’influence pas l’utilisation des SRO. Par ailleurs, les SRO sont plus fréquemment utilisées pour les enfants âgés de 6 à 23 mois (27 %) que dans les autres tranches d’âges. Pour les bébés de moins de 6 mois, cette pratique est très faible (8 %). Par ailleurs, on notera qu’en cas de diarrhée, seulement un enfant sur quatre (24 %) a été conduit en consultation dans un centre de santé. Ce pourcentage est relativement faible dans le département du Mono (6 %) et de l’Ouémé (14 %). Les départements du nord, l’Atacora et le Borgou, se caractérisent par les pourcentages les plus élevés d’enfants ayant eu la diarrhée et ayant été amenés en consultation dans un centre de santé (respectivement 28 % et 30 %). Pour le traitement des maladies diarrhéiques, on recommande non seulement l’augmentation des liquides pour compenser la déshydratation qui est une cause importante de mortalité, mais aussi une alimentation continue, ce qui n’est pas toujours évident. Parmi les enfants qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête, seulement 48 % ont reçu plus de liquides (y compris le lait maternel) que d’habitude. Dans l’ensemble, plus de six enfants sur dix (61 %) ayant souffert de la diarrhée ont reçu soit des sachets de SRO, soit une solution maison recommandée, soit plus de liquides que d’habitude. En dehors de ce type de thérapie de réhydratation orale, les enfants ont été traités à l’aide de gélules ou sirop (29 %), de remèdes locaux (30 %), et, dans une très faible proportion, à l’aide d’injection (5 %) et de perfusion (1 %). L’augmentation de l’apport liquidien, comme l’indique le tableau 9.20, est moins courante dans le département de l’Atlantique (27 %), dans la ville de Cotonou (38 %) et dans l’Atacora (39 %) que dans les autres départements, en particulier dans le département du Zou (70 %). L’utilisation des gélules ou sirop est assez importante dans tous les départements, variant d’un minimum de 25 % dans le département de l’Atacora à un maximum de 37 % dans le département du Mono. Quant aux remèdes locaux, leur utilisation est plus fréquente dans l’Ouémé (46 %) que dans les autres départements, surtout dans le Borgou (20 %). Concernant l’alimentation des enfants durant les épisodes diarrhéiques, le tableau 9.21.1 indique que plus de trois enfants sur dix (31 %) ont reçu moins de liquides ou n’ont pas reçu de liquides du tout, et près de deux enfants sur cinq (39 %) en ont reçu plus. Pour 28 % des enfants, la quantité de liquides reçue est restée inchangée. Concernant la quantité de nourriture reçue, on note que la moitié des enfants a reçu moins que d’habitude ou n’a rien reçu. Seulement 10 % des enfants ont vu leur ration alimentaire augmenter. Concernant l’allaitement pendant la diarrhée, on note que 31 % des enfants ont été plus allaités que d’habitude et 40 % l’ont été comme d’habitude. Par contre, 27 % des enfants ayant eu la diarrhée ont été moins allaités que d’habitude ou n’ont pas été du tout allaités (tableau 9.21.2). Tableau 9.21.1 Alimentation pendant la diarrhée Alimentation des enfants de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au cours des deux se- maines ayant précédé l’enquête selon la quantité de liquides et d’aliments reçus comparée aux quantités reçues habituellement, Bénin 2001 Alimentation des enfants pendant la diarrhée Pourcentage Quantité de liquides reçus Comme d’habitude 28,1 Plus que d’habitude 39,3 Un peu moins 21,3 Beaucoup moins 5,7 Rien 4,1 NSP/Manquant 1,5 Total 100,0 Quantité de nourriture reçue Comme d’habitude 33,5 Plus que d’habitude 10,2 Un peu moins 32,4 Beaucoup moins 9,5 Rien 7,6 Ne mange pas encore 6,2 NSP/Manquant 0,6 Total 100,0 Effectif des enfants 630 152 | Santé de la mère et de l’enfant Au cours des épisodes diarrhéiques, il est recommandé d’augmenter les liquides sans diminuer la quantité d’aliments. Lorsqu’on examine les quantités des liquides et solides donnés à l’enfant, on constate qu’elles étaient insuffisantes pour assurer un traitement efficace de la diarrhée. En effet, les données du tableau 9.22 indiquent que seulement 35 % des enfants ont reçu, au cours du dernier épisode, plus de liquides avec une alimentation continue. Cette forme de thérapie de réhydratation orale, fortement recommandée pour le traitement de la diarrhée, est plus pratiquée dans les départements du Borgou et du Zou (41 % pour chacun d’eux), suivis des départements de l’Ouémé, du Mono et de l’Atacora (respectivement 38 %, 33 % et 32 %), et, enfin, par la ville de Cotonou et le département de l’Atlantique (respectivement 29 % et 17 %). Tableau 9.21.2 Allaitement pendant la diarrhée Allaitement des enfants de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête selon la quantité de lait maternel offert comparée aux quantités reçues habituellement, Bénin 2001 Allaitement des enfants pendant la diarrhée Pourcentage Quantité de lait maternel reçu Comme d’habitude 39,6 Plus que d’habitude 30,7 Un peu moins 18,1 Beaucoup moins 6,6 Rien 1,8 NSP/Manquant 3,2 Total 100,0 Effectif des enfants allaités 343 Santé de la mère et de l’enfant | 153 Tableau 9.22 Alimentation continue pendant la diarrhée Alimentation des enfants de moins de cinq ans qui ont eu la diarrhée au cours des deux semaines ayant précédé l’enquête selon que l’enfant a reçu plus de liquides avec une alimentation continue, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique A pris plus de liquides Alimentation continue1 Plus de liquides avec alimentation continue Effectif des enfants ayant souffert de la diarrhée Âge de l’enfant en mois <6 48,9 58,7 24,8 37 6-11 44,7 71,0 33,5 113 12-23 55,9 73,1 38,0 195 24-35 44,7 79,4 31,3 124 36-47 36,6 83,2 31,9 86 48-59 52,5 86,9 44,8 75 Milieu de résidence Ensemble urbain 52,3 81,9 40,5 171 Cotonou 38,1 88,1 28,6 44 Autres villes 57,3 79,7 44,7 127 Rural 46,7 74,0 33,0 459 Département Atacora 38,7 79,9 32,2 115 Ensemble Atlantique 31,7 75,4 21,9 101 Atlantique 26,7 65,5 16,6 56 Cotonou 38,1 88,1 28,6 44 Borgou 50,6 79,5 41,2 178 Mono 47,0 77,1 32,5 72 Ouémé 54,9 76,5 38,1 74 Zou 69,8 64,5 40,8 90 Niveau d’instruction Aucun niveau 46,8 75,6 33,1 487 Primaire 51,0 77,3 40,2 110 Secondaire ou plus 61,0 81,0 47,7 32 Ensemble 48,2 76,1 35,1 630 1 « Alimentation continue » signifie que l’enfant a reçu plus, la même quantité, ou un peu moins de nourriture que d’habitude 9.4 TENDANCES DES INDICATEURS DE SANTÉ MATERNELLE ET INFANTILE Lors de l’EDSB-I de 1996, les informations sur la santé maternelle et infantile ont concerné uniquement les enfants de moins de trois ans. Pour comparer les indicateurs de l’EDSB-I à ceux de l’EDSB-II 2001 qui concernent les enfants de moins cinq ans (comme présentés dans les tableaux précédents), nous avons recalculé certains indicateurs de santé maternelle et infantile pour uniquement les enfants de moins de trois ans. Le tableau 9.23 fournit, à partir de l’EDSB-II de 2001, pour les enfants de moins de trois ans, les indicateurs de soins prénatals, d’assistance à l’accouchement et de maladies des enfants. Comme on le constate, les niveaux des indicateurs pour les enfants de moins de trois ans sont légèrement différents de ceux pour les enfants de moins de cinq ans (voir tableaux précédents). Si les soins prénatals et l’assistance à l’accouchement sont meilleurs pour ceux de moins de trois ans, les maladies infantiles sont plus importantes pour ces groupes d’âges que pour ceux de moins de cinq ans. Par exemple, la prévalence de la diarrhée est de 16 % chez les enfants de moins de trois ans contre 13 % chez ceux de moins de cinq ans. C’est pour cette raison que la comparaison des deux enquêtes doit être basée sur les mêmes groupes d’âges, ici les moins de trois ans. 154 | Santé de la mère et de l’enfant Tableau 9.23 Santé de la mère et de l’enfant Suivi des grossesses, conditions d’accouchement et maladies des enfants, chez les enfants de moins de trois ans, selon le milieu de résidence et le département, Bénin 2001 Milieu de résidence Département Indicateurs Urbain Rural Atacora Ensemble Atlantique Atlantique Cotonou Borgou Mono Ouémé Zou Ensemble Soins prénatals Médecin 10,9 3,4 1,2 14,7 5,9 24,4 4,3 1,3 4,3 5,5 5,8 Infirmière/Sage-femme 77,7 73,8 69,7 77,9 82,5 72,8 66,8 76,4 84,4 75,4 75,0 Aide soignante 2,2 8,7 1,9 4,9 8,3 1,2 2,9 7,8 9,2 12,0 6,6 Nombre de visites prénatales Une visite ou plus 89,4 88,0 79,6 95,6 97,5 93,5 73,6 85,2 97,5 95,7 88,5 Deux visites ou plus 86,7 81,8 69,8 92,6 92,9 92,3 67,2 78,5 94,3 92,3 83,4 Trois visites ou plus 80,5 73,1 54,5 87,0 84,0 90,2 61,1 70,7 86,1 86,0 75,5 Vaccination antitétanique Aucune dose 26,5 28,9 28,0 22,0 26,1 17,5 32,8 32,7 35,5 21,7 28,1 Une dose 18,2 21,4 31,6 17,4 19,9 14,6 17,0 15,5 22,3 19,7 20,4 Deux doses 37,1 35,7 33,1 39,8 39,7 39,8 35,2 35,0 29,1 41,6 36,2 Trois doses 13,5 11,8 4,4 16,0 12,9 19,5 11,7 14,8 9,4 15,4 12,3 Quatre doses ou plus 2,0 0,9 1,4 1,8 0,5 3,3 1,0 1,0 2,0 0,6 1,3 Effectif des femmes ayant eu au moins une naissance au cours des trois dernières années 899 1 930 398 544 286 259 511 333 442 602 2 830 Lieu de l’accouchement Secteur public de santé 63,7 66,9 51,9 64,5 68,1 60,4 52,6 59,1 80,2 80,1 65,9 Secteur privé de santé 22,1 7,5 6,7 29,0 21,3 37,8 5,3 4,2 13,1 9,1 12,1 À la maison 13,6 24,7 40,5 5,7 9,1 1,8 41,0 35,7 6,7 9,6 21,2 Assistance à l’accouchement Médecin 10,0 2,3 1,7 10,6 5,7 16,4 3,2 4,0 5,1 2,7 4,7 Infirmière/Sage-femme 70,9 58,0 46,0 76,3 73,4 79,6 49,2 52,5 74,7 65,7 62,0 Aide soignante 3,2 10,2 1,3 6,5 10,2 2,2 3,8 6,9 14,0 13,2 8,0 Effectif des enfants de moins de 3 ans 1 002 2 209 442 622 333 289 572 365 508 702 3 211 Infections respiratoires aiguës (IRA) Prévalence 12,3 13,4 11,2 12,4 14,8 9,7 12,6 14,9 14,1 13,4 13,0 Enfants survivants de moins de 3 ans 931 1981 407 571 301 270 513 336 466 619 2912 Traitement dans un service de santé 39,1 33,5 44,8 49,5 40,9 64,0 30,8 24,1 28,6 32,9 35,2 Enfants ayant eu des IRA 114 266 45 71 44 26 65 50 66 83 380 Fièvre Prévalence 39,9 49,6 57,8 39,5 45,3 33,1 52,8 43,3 42,8 45,0 46,5 Enfants survivants de moins de 3 ans 931 1 981 407 571 301 270 513 336 466 619 2 912 Traitement dans un service de santé 35,0 32,4 32,3 37,1 28,2 50,6 33,4 23,1 33,7 35,3 33,1 Enfants ayant eu de la fièvre 372 983 235 226 136 89 271 146 199 279 1 355 Diarrhée Prévalence 13,9 17,2 22,0 13,1 15,1 10,9 24,6 14,6 12,8 11,3 16,1 Enfants survivants de moins de 3 ans 931 1 981 407 571 301 270 513 336 466 619 2 912 Traitement Sachet de SRO 27,4 23,9 25,0 26,4 24,9 28,6 22,2 14,0 22,6 37,3 24,8 Solution maison (sucre, sel, eau) 14,0 12,0 9,3 10,9 8,6 14,3 20,6 3,5 10,6 11,9 12,5 SRO ou solution maison 36,7 33,0 28,1 34,4 33,6 35,7 38,8 15,8 33,1 45,8 34,0 A pris plus de liquides 54,3 47,9 38,5 30,7 22,8 42,9 51,4 50,9 54,3 76,3 49,7 SRO, solution maison, ou plus de liquides 66,0 61,9 55,2 49,0 46,1 53,6 67,0 56,1 66,3 83,1 63,0 Traitement dans un service de santé 31,0 23,6 30,2 32,1 29,8 35,7 30,1 8,7 17,3 23,7 25,6 Enfants ayant eu de la diarrhée 129 340 89 75 45 29 126 49 60 70 469 Note : Ce tableau résume les indicateurs de santé chez les enfants de moins de trois ans. Les tableaux précédents ont été produits pour les enfants de moins de cinq ans. Pour la définition des indicateurs, voir les tableaux précédents. Santé de la mère et de l’enfant | 155 Au graphique 9.7 figurent quelques indicateurs de santé maternelle et infantile chez les enfants de moins de trois ans selon les deux enquêtes. En ce qui concerne les soins prénatals, le pourcentage de femmes ayant eu au moins une consultation prénatale a augmenté en passant de 80 % en 1996 à 87 % en 2001. Concernant le nombre de doses de vaccin antitétanique, son niveau n’a pratiquement pas changé. On note, par contre, une nette amélioration dans les conditions d’accouchement. Si en 1996, pour moins des deux tiers (64 %) des naissances, les mères ont accouché dans un établissement sanitaire, en 2001, cette proportion concerne plus des trois quarts des naissances (78 %). De même, l’assistance à l’accouchement par un personnel de santé (médecin, infirmière ou sage-femme, ou aide soignante) a connu une nette amélioration durant la même période en passant de 64 % en 1996 à 76 % en 2001. On note également une amélioration dans la vaccination des enfants avec une couverture totale qui passe de 56 % à 59 %, et une proportion d’enfants de 12-23 mois n’ayant reçu aucun vaccin qui passe de 14 % à 7 %. Au graphique 9.8 figurent la prévalence des maladies (IRA, fièvre et diarrhée) chez les enfants de moins de trois ans selon les deux enquêtes. En ce qui concerne les maladies des enfants, on constate, entre 1996 et 2001, une nette régression des infections respiratoires aiguës (IRA) avec une prévalence chez les enfants de moins de trois ans qui passe de 16 % à 13 %, mais surtout de la diarrhée avec une prévalence considérablement réduite (26 % contre 16 %). La prévalence de la fièvre a également connu une baisse (54 % contre 47 %). Cependant, les conditions de traitement des maladies ont peu changé. Le pourcentage d’enfants de moins de trois ans ayant souffert des IRA et qui ont été amenés en consultation auprès d’un personnel de santé n’est passé que de 32 % à 35 %, tandis que l’utilisation des SRO pour traiter la diarrhée est passée de 26 % à 25 %. Graphique 9.7 Soins prénatals et conditions d’accouchement pour les naissances des trois dernières années EDSB-I 1996 et EDSB-II 2001 Bénin 2001 80 87 64 78 64 75 � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � 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100 Pourcentage Au moins une visite auprès du personnel de santé Accouchement dans un établissement de santé Assistance à l’accouchement par un personnel de santé 156 | Santé de la mère et de l’enfant Graphique 9.8 Prévalence des IRA, de la fièvre et de la diarrhée chez les enfants de moins de trois ans EDSB-I 1996 et EDSB-II 2001 Bénin 2001 16 13 54 47 26 16 � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � � 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DiarrhéeIRA Fièvre Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères | 157 ALLAITEMENT ET ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS ET DES MÈRES 10 Gora Mboup Jean Thomas Tohouégnon Comme à la première EDS, la deuxième Enquête Démographique et de Santé au Bénin (EDSB-II) a collecté des informations sur les pratiques d’alimentation chez les enfants âgés de moins de cinq ans (allaitement maternel, alimentation de complément et utilisation du biberon). L’EDSB-II a également collecté des informations relatives à l’état nutritionnel des enfants et des mères et des informations sur la consommation de sel d’iodé et de micronutriments. Enfin l’état d’anémie des femmes et des enfants a été examiné. Le présent chapitre a pour but d’analyser le comportement des mères en matière de pratiques d’allaitement et d’évaluer l’état nutritionnel des enfants et des mères à partir des indicateurs anthropométriques. 10.1 ALLAITEMENT ET ALIMENTATION DE COMPLÉMENT Les pratiques d’alimentation jouent un rôle primordial dans l’état nutritionnel des enfants. Le lait maternel parvenu à maturation trente à quarante heures après l’accouchement contient plusieurs centaines d’éléments nutritifs indispensables au bon développement de l’enfant durant ses premiers mois d’existence dont notamment l’eau, les protéines, les graisses, le lactose, les vitamines et les sels minéraux. Les enfants nourris au sein bénéficient également des anticorps de leur mère. L’allaitement, par son intensité et sa fréquence, peut aussi prolonger l’aménorrhée post-partum et, par conséquent, l’intervalle entre deux naissances consécutives. Au cours de l’EDSB-II, des questions ont été posées sur les pratiques d’alimentation des enfants nés dans les cinq années ayant précédé l’enquête. Certaines des questions sont relatives à : • l’allaitement ou non de l’enfant au moment de l’enquête ; • la durée d’allaitement ; • la fréquence d’allaitement dans les 24 heures précédant le passage de l’enquêtrice ; • l’utilisation des aliments de complément. Le tableau 10.1 indique que la quasi-totalité des enfants béninois nés dans les cinq années ayant précédé l’EDSB-II (97 %) ont été allaités au sein. Cette pratique est presque uniforme quelles que soient les caractéristiques socio-démographiques des mères. Le lait maternel et son précurseur, le colostrum, assurent l’adaptation du nouveau-né et son passage sans heurt à une vie postnatale indépendante. La mise au sein de l’enfant dès sa naissance est ainsi indispensable à sa santé et ne pas le faire dès ce moment peut avoir des effets néfastes sur sa santé. Or, 23 % des mères n’ont pas encore adopté cette pratique. En ce qui concerne l’allaitement des enfants dans les premières heures de la naissance, près de la moitié (49 %) des enfants ont été allaités dans la première heure suivant la naissance et plus des trois quarts (77 %) ont été mis au sein pour la première fois durant le premier jour de leur naissance. Entre 1996 et 2001, on note une nette amélioration dans le comportement relatif à l’allaitement du nouveau-né les premières heures de la naissance. À l’EDSB-I, environ 24 % des enfants ont été mis au sein contre 49 % à l’EDSB-II dans l’heure suivant la naissance. La pratique de l’allaitement dans la première journée après la naissance est quasi-uniforme selon le sexe (77 % des garçons contre 78 % des filles). Selon le département de résidence des mères, c’est dans le département du Mono qu’on trouve les plus faibles pourcentages d’enfants mis au sein durant la 158 | Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères Tableau 10.1 Allaitement initial Pourcentage d’enfants nés au cours des cinq dernières années ayant précédé l’enquête qui ont été allaités, pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités dans l’heure qui a suivi la naissance et pourcentage de ceux qui ont commencé à être allaités le jour de la naissance, et pourcentage de ceux ayant reçu une alimentation avant le début de l’allaitement, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Pourcentage ayant été allaité au sein Effectif d’enfants Pourcentage ayant été allaité dans l’heure suivant la naissance Pourcentage ayant été allaité le jour suivant la naissance1 Pourcentage ayant reçu alimentation avant le début de l’allaitement2 Effectif d’enfants allaités au sein Sexe de l’enfant Masculin 97,5 2 668 48,3 76,7 39,3 2 601 Féminin 96,7 2 637 49,0 77,5 39,5 2 550 Milieu de résidence Ensemble urbain 97,8 1 657 53,7 78,3 42,3 1 621 Cotonou 97,3 471 51,6 77,3 54,8 458 Autres villes 98,0 1 186 54,5 78,7 37,3 1 162 Rural 96,8 3 648 46,3 76,5 38,2 3 531 Département Atacora 98,6 724 51,0 66,5 35,0 714 Ensemble Atlantique 96,9 1 009 53,5 84,2 48,1 978 Atlantique 96,6 538 55,1 90,4 42,1 520 Cotonou 97,3 471 51,6 77,3 54,8 458 Borgou 97,6 965 57,0 67,5 36,0 942 Mono 97,2 618 29,7 59,0 55,8 601 Ouémé 96,3 835 49,5 88,7 42,7 804 Zou 96,4 1 154 45,2 87,1 26,4 1 113 Niveau d’instruction Aucun 97,2 3 932 46,8 75,3 40,1 3 820 Primaire 96,2 981 53,6 81,9 37,7 943 Secondaire ou plus 98,9 393 54,1 83,1 37,1 388 Assistance à l’accouchement Professionnel de santé3 96,9 3 868 53,8 84,1 33,7 3 750 Accoucheuse traditionnelle 95,6 135 37,2 64,8 51,4 129 Autre 97,6 749 33,9 64,2 51,9 731 Personne 98,1 529 36,1 49,8 62,1 519 Manquant 95,3 23 20,3 20,3 8,0 22 Lieu d’accouchement Centre de santé 97,1 4 036 53,2 83,8 33,7 3 920 À domicile 97,2 1 203 34,5 56,0 59,6 1 168 Autre 92,1 42 35,8 71,5 33,7 39 Manquant 100,0 25 10,7 17,6 3,9 25 Ensemble 97,1 5 305 48,6 77,1 39,4 5 151 Note : Le tableau est basé sur tous les enfants vivants ou décédés au moment de l’enquête. 1 Y compris les enfants qui ont été allaités dans l’heure suivant la naissance. 2 Les enfants ayant reçu quelque chose d’autre que le lait maternel durant les premiers trois jours avant que la mère ne commence l’allaitement d’une manière régulière. 3 Médecin, infirmière/sage-femme, aide soignante Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères | 159 première heure (30 %) et durant le premier jour suivant la naissance (59 %). Dans les autres départements, plus des deux tiers des enfants ont été mis au sein pendant la première journée qui a suivi la naissance (avec des niveaux variant de 67 % dans l’Atacora et 68 % dans le Borgou à plus de 85 % dans l’Atlantique, l’Ouémé et le Zou). Cependant, au niveau du milieu de résidence, durant le premier jour de naissance, on a autant de bébés du milieu rural que de bébés du milieu urbain qui sont allaités (respectivement 77 % et 78 %). Ainsi, la campagne pour la promotion de l’allaitement au sein menée par le gouvernement avec l’appui des partenaires au développement semble donner de bons résultats, aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Il semble, toutefois, que les femmes qui accouchent dans les formations sanitaires ou qui sont assistées par du personnel de santé lors de l’accouchement sont plus sensibilisées aux avantages d’allaiter le bébé aussitôt après la naissance que celles qui accouchent à domicile ou qui ne sont assistées que par des accoucheuses traditionnelles ou des parents ou amis, ou que celles qui ne sont pas assistées du tout au moment de l’accouchement. Si plus de huit bébés sur dix (84 %) dont la mère a accouché dans un établissement de santé ont été allaités durant le premier jour de naissance, seulement 56 % des bébés dont la mère a accouché à domicile le sont. Le tableau 10.2 et le graphique 10.1 présentent la répartition des enfants de moins de trois ans survivants au moment de l’EDSB-II par type d’allaitement selon l’âge de l’enfant en mois. Tous les enfants survivants (99 %) âgés d’un mois révolu sont allaités, et cette pratique est maintenue jusqu’au premier anniversaire des enfants. Cependant après le premier anniversaire, l’allaitement devient moins Tableau 10.2 Type d’allaitement selon l’âge de l’enfant Répartition (en %) des plus jeunes enfants de moins de 3 ans qui vivent avec leur mère par type d’allaitement, et pourcentage des enfants de moins de trois ans utilisant le biberon, selon l’âge de l’enfant en mois, Bénin 2001 Allaitement au sein et alimentation Âge en mois Non allaité au sein Exclusive- ment al- laités au sein Eau seulement Liquides à base d’eau, jus Autre lait Aliments en com- plément Total Effectif des enfants Utilise un biberon1 Effectif <2 0,7 57,5 19,9 1,6 17,3 3,1 100,0 129 9,1 134 2-3 0,0 42,6 16,9 7,4 16,2 16,8 100,0 216 8,7 219 4-5 0,6 18,7 16,2 9,3 16,9 38,2 100,0 183 10,0 183 6-7 0,5 10,3 9,9 11,5 8,7 59,0 100,0 201 4,4 205 8-9 0,6 4,6 6,3 10,3 3,9 74,2 100,0 149 4,6 151 10-11 0,7 7,7 4,7 7,3 5,7 73,9 100,0 167 1,8 173 12-15 3,8 1,7 3,5 3,6 2,2 85,2 100,0 306 4,3 312 16-19 13,1 1,1 3,8 3,7 1,2 77,1 100,0 314 5,1 323 20-23 37,6 0,6 2,2 1,2 1,0 57,4 100,0 284 2,0 297 24-27 73,0 0,4 0,7 0,4 0,7 24,9 100,0 257 1,3 303 28-31 91,8 0,4 0,7 0,0 0,0 7,1 100,0 274 1,0 338 32-35 90,1 0,0 0,0 0,0 0,0 9,9 100,0 163 0,6 276 <4 0,3 48,2 18,0 5,2 16,6 11,7 100,0 344 8,9 352 <6 0,4 37,9 17,4 6,7 16,7 20,9 100,0 527 9,3 535 6-9 0,5 7,9 8,4 11,0 6,7 65,5 100,0 350 4,5 356 Note : Le statut de l’allaitement fait référence à la période des 24 heures précédant l’enquête. Les enfants classés comme allaitant et consommant de l’eau plate seulement ne consomment aucun complément. Les catégories de non allaitant, allaite exclusivement, allaitant et consommant de l’eau plate, des liquides/jus à base d’eau, autre lait, et complément d’aliments (solides et semi-solides) sont hiérarchiquement et mutuellement exclusives et le total fait 100 %. Ainsi les enfants qui reçoivent le lait maternel et les liquides à base d’eau et qui ne reçoivent pas de compléments alimentaires sont classés dans la catégorie des liquides à base d’eau même s’ils peuvent aussi consommer de l’eau plate. Tous les enfants qui reçoivent des compléments alimentaires sont classés dans cette catégorie même s’ils sont toujours allaités. 1 Basé sur tous les enfants de moins de trois ans 160 | Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères fréquent au fur et à mesure que l’âge avance. À 12-15 mois, la proportion des enfants sevrés est de 4 % ; cette proportion passe à 38 % chez les enfants de 20-23 mois, et à 73 % chez ceux âgés de 24-27 mois. On note, toutefois, une proportion non négligeable (10 %) d’enfants qui ne sont pas encore sevrés aux âges de 32-35 mois. Par ailleurs, le tableau 10.2 indique que, malgré l’universalité de l’allaitement au Bénin, moins de deux enfants de moins de 6 mois sur cinq (38 %) sont exclusivement nourris au lait maternel. Même chez les bébés de moins de 2 mois, l’allaitement exclusif au sein est encore faible (58 %). Cependant, ce niveau est nettement supérieur à celui observé lors de l’EDSB-I de 1996 (17 %). Le lait maternel n’est pas seulement riche en éléments nutritifs ; c’est aussi une substance vivante d’une grande complexité biologique qui joue un rôle protecteur actif ainsi qu’un rôle immuno- modulateur. Il apporte non seulement une protection exceptionnelle contre les infections et les allergies, mais stimule aussi le développement du système immunitaire de l’enfant (Tohouégnon, 1993). C’est pourquoi il est recommandé que l’enfant soit mis au sein exclusivement sans complément d’autres aliments pendant 6 mois. Cependant, malgré cette recommandation et l’adoption de l’initiative “Hôpital Ami des Bébés” par le Bénin, la quasi-totalité des enfants de moins de 6 mois ont déjà reçu des aliments de complément (21 %), 17 % ont reçu d’autres laits, 7 % des liquides à base d’eau ou jus et 17 % de l’eau seulement. Par ailleurs, s’il est conseillé qu’à partir de l’âge de 6 mois, les enfants reçoivent des aliments de complément, on note qu’à 6-7 mois, une proportion assez importante d’enfants sont encore exclusivement allaités (10 %) ; seulement 59 % des enfants de 6-7 mois ont reçu des aliments de complément. Le tableau 10.3 présente les durées d’allaitement selon que l’enfant est mis au sein uniquement ou a reçu des aliments de complément. Il ressort de l’observation de ce tableau que : • la durée médiane de l’allaitement exclusif au sein est de 1 mois ; • la durée médiane pour l’ensemble de l’allaitement des enfants est estimée à 22,3 mois ; • la durée médiane de l’allaitement au sein prédominant est de 3,9 mois ; • la durée médiane varie selon les caractéristiques socio-démographiques des mères. Graphique 10.1 Pratique de l’allaitement des enfants de moins de trois ans Bénin 2001 ���������������������������������������������������������������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������� 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50 75 100 Pourcentage Allaitement seul Allaitement et eau Liquides à base d’eau, jus Autre lait Aliments en complément Non allaité au sein ����� ����� ����� ����� Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères | 161 Tableau 10.3 Durée médiane et fréquence de l’allaitement Durée médiane de l’allaitement, de l’allaitement exclusif et de l’allaitement prédominant (allaitement ou avec de l’eau) des enfants derniers-nés au cours des trois années précédant l’enquête et vivant avec leur mère, et pourcentage d’enfants de moins de six mois, vivant avec leur mère, qui ont été allaités six fois ou plus au cours des vingt-quatre heures ayant précédé l’enquête et nombre moyen d’allaitements de jour ou de nuit, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Durée médiane d’allaitement au sein (en mois) Enfants de moins de six mois allaités au sein1 Caractéristique socio-démographique Ensemble de l’allaite- ment Allaitement exclusif au sein Allaitement au sein prédomi- nant2 Tous les enfants Pourcen- tage allaité 6 fois ou plus dans les der- nières 24 h Nombre moyen d’allaite- ments par jour Nombre moyen d’allaite- ments par nuit Effectif d’enfants Sexe de l’enfant Masculin 21,8 0,7 3,8 1 401 95,5 8,3 3,9 258 Féminin 22,7 1,3 3,9 1 429 95,3 8,1 3,7 270 Milieu de résidence Ensemble urbain 21,1 1,3 3,5 899 96,0 7,7 4,0 182 Cotonou 18,9 1,1 4,1 259 92,5 7,3 4,2 56 Autres villes 21,9 1,3 3,4 641 97,6 7,9 3,9 127 Rural 22,7 0,9 4,0 1 930 95,1 8,5 3,7 346 Département Atacora 25,2 1,7 4,8 398 91,4 9,2 3,6 64 Ensemble Atlantique 20,1 0,7 2,7 544 92,8 7,4 4,1 104 Atlantique 21,7 0,6 2,1 286 93,1 7,6 4,0 48 Cotonou 18,9 1,1 4,1 259 92,5 7,3 4,2 56 Borgou 21,7 1,4 4,7 511 96,6 6,3 3,5 87 Mono 24,0 1,2 5,6 333 96,0 7,9 3,5 65 Ouémé 21,1 0,6 2,5 442 97,5 9,1 4,1 87 Zou 22,2 2,2 3,3 602 97,1 9,2 3,7 122 Niveau d’instruction Aucun 22,8 0,9 4,0 2 063 96,4 8,3 3,7 384 Primaire 20,6 1,5 3,8 546 95,1 8,3 4,1 100 Secondaire ou plus 20,3 0,7 1,8 221 88,0 6,7 4,1 45 Ensemble 22,3 1,0 3,9 2 830 95,4 8,2 3,8 529 Moyenne pour tous les enfants 22,2 3,4 6,3 na na na na na Note : Les durées moyennes et médianes sont basées sur le statut actuel. na = Non applicable 1 Sont exclus les enfants dont la réponse sur le nombre d’allaitements n’est pas valide 2 Exclusivement allaité ou reçoit du lait maternel et de l’eau, des liquides à base d’eau, et/ou des jus seulement (les autres types de lait sont exclus) En milieu rural, la durée médiane de l’allaitement est estimée à 22,7 mois, contre 18,9 mois pour la ville de Cotonou et 21,9 mois pour les autres villes. Au niveau des départements, on remarque que la durée médiane d’allaitement varie de 21,7 mois dans l’Atlantique à 25,2 mois dans l’Atacora. Cette durée médiane, estimée à 20,3 mois pour les enfants des mères ayant atteint le niveau secondaire ou plus, est inférieure à celle des enfants dont les mères sont sans instruction (22,8 mois) et à celle des enfants dont les mères n’ont atteint que le niveau d’instruction primaire (20,6 mois). 162 | Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères Le tableau 10.3 présente également la prévalence/incidence de l’allaitement qui est une estimation de la durée moyenne, faite à partir des naissances d’une période de 36 mois pour éviter les problèmes de saisonnalité et les erreurs possibles de période de référence. Au Bénin, la durée moyenne d’allaitement ainsi calculée est de l’ordre de 22,2 mois. En outre, le tableau 10.3 fournit également des informations sur la fréquence de l’allaitement des enfants de moins de 6 mois au cours des vingt-quatre heures ayant précédé l’interview. On remarque que durant les dernières vingt-quatre heures, 95 % des enfants de moins de 6 mois ont été allaités au moins 6 fois. Cette intensité de l’allaitement est aussi importante pour les filles que pour les garçons, pour les enfants du milieu rural que pour ceux du milieu urbain. On note toutefois que la fréquence de l’allaitement est moins intense pour les enfants dont la mère a au moins le niveau d’instruction secondaire ; durant les dernières vingt-quatre heures, 88 % de ces enfants ont été mis au sein au moins 6 fois contre 96 % des enfants des mères sans instruction et 95 % pour les enfants de mères n’ayant que le niveau d’instruction primaire. De même, on constate que sur 100 enfants du département de l’Atacora, 91 sont mis au sein 6 fois ou plus dans les dernières vingt-quatre heures, contre 98 enfants sur 100 dans le département de l’Ouémé. Le tableau 10.3 fournit enfin des informations sur le nombre moyen d’allaitements au sein (de repas) par jour et par nuit chez les enfants de moins de 6 mois. De l’examen de ce tableau, il ressort que les enfants de moins de 6 mois sont allaités en moyenne 8 fois par jour et 4 fois par nuit. Cette fréquence moyenne de l’allaitement varie peu selon les caractéristiques socio-démographiques de la femme. Le tableau 10.4 fournit des informations sur les types d’aliments donnés aux enfants âgés de moins de trois ans le jour ou la nuit ayant précédé l’interview, selon qu’ils sont encore allaités ou non. On constate que, dans l’alimentation des enfants, donner des préparations pour bébés n’est fréquent que dans les deux premiers mois (17 % contre moins de 5 % pour les autres liquides). Cependant, à partir du deuxième mois, chez les enfants de 2-3 mois, on note dans l’alimentation l’introduction d’autres liquides, de nourriture à base de céréales et de nourriture solide ou semi-solide quelconque (respectivement 22 %, 17 % et 21 % contre 22 % concernant les aliments pour bébé). À partir du quatrième mois, chez les enfants de 4-5 mois, les autres liquides, les nourritures à base de céréales et les autres solides ou semi- solides deviennent prédominants (respectivement 45 %, 37 % et 43 % contre 25 % concernant les aliments pour bébé). Si la proportion d’enfants recevant des préparations pour bébés n’augmente pas avec l’âge de l’enfant, par contre, le recours à d’autres liquides et à des aliments à base de céréales devient plus fréquent au fur et à mesure que l’âge avance. À 6-7 mois, la majorité des enfants reçoivent d’autres liquides (62 %) ou de la nourriture à base de céréales (52 %), ou encore d’autres solides ou semi-solides (64 %). Il faut noter que ce n’est qu’à partir du sixième mois qu’on constate, dans l’alimentation des enfants, l’apparition des fruits et légumes (11 %), de la nourriture à base de viande, volaille, poisson ou œuf (17 %), de la nourriture à base d’huile, de graisse ou beurre (16 %) et de la nourriture riche en vitamine A (19 %). On note, toutefois, que l’introduction de ces aliments devient importante au fur et à mesure que l’âge avance ; à 12-15 mois, leurs proportions atteignent respectivement 60 %, 54 %, 61 % et 68 %. Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères | 163 Tableau 10.4 Type d’aliments selon l’âge de l’enfant Pourcentage des enfants derniers-nés de moins de trois ans vivant avec leur mère, qui ont reçu des aliments particuliers le jour ou la nuit qui ont précédé l’enquête, selon la situation face à l’allaitement et selon l’âge en mois, Bénin 2001 Âge en mois Prépa- ration artificielle Tout autre type de lait/ Produits laitiers Autres liquides1 Nour- riture à base de céréales Fruits/ légumes Nour- riture à base de racines, de tuber- cules Nour- riture à base de légumes Viande/ volaille/ poisson/ oeufs Nour- riture à base d’huile, graisse ou beurre Nour- riture riche en vitamine A2 N’im- porte quel aliment solide ou semi- solide Effectif ENFANTS ALLAITÉS AU SEIN <2 17,2 1,7 4,7 3,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 4,0 128 2-3 21,6 2,9 21,8 16,8 0,9 0,5 1,0 0,5 0,5 1,4 20,7 216 4-5 24,7 6,7 44,6 36,7 2,5 0,0 2,7 1,2 1,8 1,8 43,3 181 6-7 25,6 6,5 61,6 51,7 10,9 1,8 7,0 16,8 15,6 19,2 64,3 200 8-9 17,5 10,0 68,3 68,7 29,8 8,1 9,6 32,8 39,2 40,3 82,1 148 10-11 20,5 12,7 62,3 60,6 31,3 6,8 12,0 37,9 42,8 44,3 82,2 166 12-15 18,1 18,1 60,4 74,7 59,6 12,3 18,6 54,2 60,9 67,9 91,6 294 16-19 14,3 20,4 64,8 72,3 63,7 10,3 21,4 55,7 71,0 71,0 92,4 273 20-23 17,2 16,3 60,8 77,5 69,6 12,3 27,8 60,4 73,3 77,1 95,2 177 24-27 16,6 13,9 57,2 80,2 79,5 21,0 24,6 60,5 76,9 80,2 93,3 70 28-31 9,1 13,4 41,7 82,2 77,9 15,3 21,0 57,5 82,2 74,3 95,9 22 32-35 * * * * * * * * * * * 16 <6 21,6 3,9 25,5 20,4 1,2 0,2 1,4 0,6 0,8 1,2 24,4 525 6-9 22,1 8,0 64,5 58,9 18,9 4,5 8,1 23,6 25,6 28,2 71,9 348 ENFANTS NON ALLAITÉS AU SEIN 16-19 (14,6) (29,6) (60,7) (85,1) (70,3) (17,3) (37,3) (75,1) (80,9) (82,2) (97,1) 41 20-23 8,2 23,1 64,0 79,7 71,6 14,1 24,9 74,6 82,0 90,5 98,9 107 24-27 17,0 20,2 66,0 87,9 77,3 25,3 31,6 79,3 85,5 89,0 98,9 188 28-31 14,2 20,7 55,2 88,6 78,8 19,6 32,5 80,6 90,8 92,6 99,1 251 32-35 12,0 17,9 60,8 84,5 85,1 15,2 34,0 72,5 88,4 91,2 99,5 146 Note : Le statut d’allaitement et la nourriture consommée font référence à la période des 24 heures précédant l’enquête. 1 Ne comprend pas l’eau plate 2 Y compris les potirons, les ignames rouges ou jaunes, les carottes, les patates douces, les légumes à feuilles vertes, les mangues, les papayes et d’autres fruits et légumes locaux qui sont riches en vitamine A * Basé sur moins de 25 cas non pondérés ( ) Basé sur 25-49 cas non pondérés 164 | Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères Tableau 10.5 Fréquence des aliments reçus par l’enfant Nombre moyen de fois que les enfants derniers-nés, âgés de moins de trois ans, qui vivent avec leur mère, ont reçu certains aliments particuliers au cours des vingt-quatre heures précédant l’enquête, selon la situation face à l’allaitement et selon l’âge en mois, Bénin 2001 Âge en mois Prépa- ration artificielle Tout autre type de lait/ Produits laitiers Autres liquides1 Nour- riture à base de céréales Fruits/ légumes Nour- riture à base de racines, de tuber- cules Nour- riture à base de légumes Viande/ volaille/ poisson/ oeufs Nour- riture à base d’huile, graisse ou beurre Nour- riture riche en vitamine A2 Effectif ENFANTS ALLAITÉS AU SEIN <2 0,3 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 128 2-3 0,3 0,1 0,5 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 216 4-5 0,4 0,1 1,1 0,9 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 181 6-7 0,3 0,1 1,5 1,2 0,2 0,0 0,1 0,2 0,3 0,3 200 8-9 0,3 0,2 1,6 1,5 0,6 0,1 0,1 0,5 0,6 0,7 148 10-11 0,3 0,2 1,3 1,3 0,6 0,1 0,2 0,6 0,7 1,0 166 12-15 0,2 0,3 1,3 1,5 1,1 0,1 0,2 0,8 1,0 1,5 294 16-19 0,2 0,3 1,3 1,5 1,3 0,1 0,2 0,8 1,2 1,6 273 20-23 0,2 0,3 1,5 1,8 1,7 0,2 0,3 1,1 1,4 2,1 177 24-27 0,2 0,3 1,1 2,0 1,8 0,3 0,3 1,1 1,5 2,1 70 28-31 * * * * * * * * * * 22 32-35 * * * * * * * * * * 16 <6 0,3 0,1 0,6 0,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 525 6-9 0,3 0,1 1,5 1,3 0,4 0,0 0,1 0,3 0,4 0,5 348 ENFANTS NON ALLAITÉS AU SEIN 16-19 (0,3) (0,6) (1,4) (1,7) (1,3) (0,3) (0,4) (1,1) (1,6) (1,9) 41 20-23 0,1 0,3 1,2 1,6 1,4 0,2 0,3 1,1 1,6 2,0 107 24-27 0,2 0,3 1,2 2,0 1,9 0,3 0,4 1,4 1,7 2,6 188 28-31 0,2 0,3 1,0 2,0 1,9 0,2 0,4 1,4 1,8 2,7 251 32-35 0,1 0,3 1,2 2,0 2,1 0,2 0,4 1,2 1,8 2,7 146 Note : Le statut d’allaitement et la nourriture consommée font référence à la période des 24 heures précédant l’enquête. 1 Ne comprend pas l’eau plate 2 Y compris les potirons, les ignames rouges ou jaunes, les carottes, les patates douces, les légumes à feuilles vertes, les mangues, les papayes et d’autres fruits et légumes locaux qui sont riches en vitamine A * Basé sur moins de 25 cas non pondérés ( ) Basé sur 25-49 cas non pondérés Le tableau 10.5 fournit le nombre moyen de fois que les enfants de moins de trois ans ont reçu certains aliments au cours des vingt-quatre heures précédant l’enquête selon qu’ils sont allaités ou non. Dans la tranche d’âges 6-9 mois, les enfants allaités ont pris au cours des dernières vingt-quatre heures 1,5 fois d’autres liquides et 1,3 fois de la nourriture à base de céréales. Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères | 165 Le tableau 10.6 présente le nombre moyen de fois que les enfants allaités ou non ont reçu certains aliments particuliers pendant les 7 derniers jours, selon l’âge en mois des enfants. Au cours de la semaine précédant l’enquête, les enfants allaités ont pris, en moyenne, 5,7 fois de l’eau, 3,7 fois d’autres liquides, 4,2 fois de la nourriture à base de céréales, 2,7 fois de la nourriture à base d’huile de graisse ou de beurre et 2,3 fois de la viande, du poisson, des coquillages ou des œufs. Quant à ceux de moins de 6 mois, ils ont reçu 3,5 fois de l’eau, 1,8 fois d’autres liquides et 1,5 fois de la nourriture à base de céréales. Les enfants non allaités ont reçu, en moyenne, 6,8 fois de l’eau, 4,0 fois d’autres liquides, 6,4 fois de la nourriture à base de céréales et 5 fois de la viande ou du poisson. L’introduction précoce d’une alimentation de complément et surtout du lait artificiel au biberon a des implications particulièrement importantes sur l’état nutritionnel des enfants. Ainsi les enfants nourris au sein courent moins de risques d’infection ou de malnutrition et donc moins de risques de décéder que ceux qui reçoivent des aliments de complément car ces derniers sont plus exposés aux agents pathogènes, surtout aux maladies diarrhéiques. Cette pratique peut entraîner également le ralentissement de la fréquence de l’allaitement maternel qui, en diminuant la durée de l’aménorrhée post-partum, augmente le risque pour la mère de retomber enceinte. Tableau 10.6 Fréquence des aliments reçus par l’enfant dans les sept derniers jours Nombre moyen de fois que les plus jeunes enfants derniers-nés, âgés de moins de trois ans vivant avec leurs mères, ont reçu certains aliments particuliers au cours des sept jours précédant l’enquête, selon la situation face à l’allaitement et l’âge, Bénin 2001 Âge en mois Eau plate Prépa- ration artifi- cielle Autre lait Jus de fruit Autre liquide Nour- riture à base de céréales Nour- riture à base de tuber- cules Fruits et légumes pauvres en vita- mine A Nour- riture à base de légumes Fromage ou yaourt Viandes, volaille, poisson, coqui- llage, oeuf Nour- riture à base d’huile, graisse ou beurre Potiron, igname rouge/ jaune, carottes, patate douce Tout légume avec des feuilles vertes Mangue, papaye, autres fruits riches en vitamine A Effectif des enfants ENFANTS ALLAITÉS AU SEIN <2 2,1 1,5 0,1 0,0 0,4 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 128 2-3 3,1 1,7 0,2 0,2 1,5 1,2 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 216 4-5 4,9 1,9 0,5 0,5 3,3 2,7 0,0 0,1 0,2 0,1 0,1 0,1 0,0 0,1 0,0 181 6-7 5,9 2,1 0,3 0,7 4,6 4,1 0,1 0,5 0,6 0,2 1,1 1,0 0,1 0,3 0,1 200 8-9 6,5 1,6 0,5 1,0 5,0 5,1 0,5 1,2 0,6 0,4 2,2 2,7 0,3 0,9 0,3 148 10-11 6,3 1,6 0,8 0,9 5,0 4,8 0,5 1,0 1,1 0,6 2,8 3,2 0,6 1,4 0,4 166 12-15 6,7 1,3 0,6 1,2 4,3 5,6 0,8 2,1 1,3 0,8 3,6 4,1 1,3 2,1 0,4 294 16-19 6,8 1,0 0,6 1,5 4,4 5,6 0,8 2,4 1,6 0,9 3,9 4,9 1,4 2,6 0,4 273 20-23 6,9 1,2 0,8 1,3 4,2 5,8 0,9 2,2 1,7 0,8 4,1 5,0 1,4 2,8 0,5 177 24-27 6,8 1,0 0,5 1,1 3,8 5,8 1,0 2,6 1,6 0,6 4,3 5,4 1,8 2,9 0,3 70 28-31 * * * * * * * * * * * * * * * 22 32-35 * * * * * * * * * * * * * * * 16 <6 3,5 1,7 0,3 0,3 1,8 1,5 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 525 6-9 6,2 1,9 0,4 0,8 4,8 4,5 0,3 0,8 0,6 0,3 1,6 1,7 0,2 0,6 0,2 348 Ensemble 5,7 1,5 0,5 0,9 3,7 4,2 0,5 1,3 0,9 0,5 2,3 2,7 0,7 1,4 0,3 1 892 ENFANTS NON ALLAITÉS AU SEIN 16-19 (6,8) (1,1) (1,6) (2,3) (4,7) (6,5) (1,8) (3,1) (2,9) (2,3) (5,5) (6,1) (1,3) (2,2) (1,0) 41 20-23 6,9 0,8 1,0 1,7 4,2 6,1 1,2 2,3 1,9 1,7 5,1 6,0 2,1 2,8 0,7 107 24-27 6,8 1,2 0,9 1,7 4,1 6,4 1,2 2,6 2,0 0,9 4,9 5,9 1,9 2,9 0,6 188 28-31 6,9 1,1 0,8 1,7 4,0 6,6 1,3 2,7 2,2 1,0 5,0 6,1 2,2 3,0 0,8 251 32-35 6,8 0,9 0,8 1,6 3,6 6,2 1,1 2,2 2,0 0,9 4,8 6,1 2,4 3,7 1,0 146 Ensemble 6,8 1,0 0,9 1,7 4,0 6,4 1,3 2,5 2,1 1,2 5,0 6,0 2,1 3,0 0,8 750 Note : Le statut d’allaitement fait référence à la période des 24 heures précédant l’enquête. * Basé sur moins de 25 cas non pondérés ( ) Basé sur 25-29 cas non pondérés 166 | Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères 10.2 SEL IODE, VITAMINE A ET CÉCITÉ CRÉPUSCULAIRE CHEZ LES ENFANTS ET CHEZ LES FEMMES 10.2.1 Sel iodé La carence en iode peut, d’une part, entraîner un retard dans le développement mental de l’enfant et, d’autre part, favoriser l’apparition de goitre à tout âge. Au Bénin, la stratégie de lutte retenue est l’utilisation du sel alimentaire iodé qui demeure la forme de prévention la plus efficace. Tableau 10.7 Sel iodé dans le ménage Répartition (en %) des ménages dont le sel a été testé pour sa teneur en iode, selon le niveau d’iode dans le sel (parties par million), pourcentage de ménages dont le sel a été testé et pourcentage de ménages qui n’ont pas de sel, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Sel iodé consommé dans les ménages Caractéristique socio-démographique Sel non iodé (0 ppm) Contenu en iode inadéquat (<15 ppm) Contenu en iode adéquat (15+ ppm) Total Nombre de ménages Pourcen- tage de ménages testés Pourcen- tage de ménages sans sel Nombre de ménages Milieu de résidence Ensemble urbain 14,5 17,0 68,5 100,0 1 984 92,4 7,3 2 147 Cotonou 20,8 18,7 60,5 100,0 649 89,8 9,6 723 Autres villes 11,4 16,1 72,5 100,0 1 335 93,7 6,1 1 424 Rural 13,2 13,2 73,6 100,0 3 333 92,0 7,7 3 622 Département Atacora 4,0 6,2 89,9 100,0 643 96,0 4,0 669 Ensemble Atlantique 33,0 19,7 47,3 100,0 1 186 88,1 11,4 1 346 Atlantique 47,8 20,9 31,3 100,0 537 86,0 13,4 624 Cotonou 20,8 18,7 60,5 100,0 649 89,8 9,6 723 Borgou 1,7 3,6 94,7 100,0 823 95,7 4,2 860 Mono 15,9 15,1 69,0 100,0 728 95,1 4,8 765 Ouémé 12,6 26,7 60,7 100,0 922 90,9 8,9 1 015 Zou 6,3 11,7 82,0 100,0 1 015 91,2 8,5 1 113 Ensemble 13,7 14,6 71,7 100,0 5 317 92,2 7,6 5 769 Au cours de l’EDSB-II, pour évaluer la qualité du sel consommé par les ménages, on a testé le sel utilisé par le ménage lorsque celui-ci était disponible. Les résultats sont présentés au tableau 10.7. Sur cent ménages enquêtés, 92 disposaient de sel. Parmi ces ménages, dans 14 % des cas, le sel n’était pas iodé (0 ppm), dans 15 % des cas, le sel était faiblement iodé (< 15 ppm), et dans 72 % des cas, il était adéquatement iodé (15 ppm ou plus). Dans l’ensemble, 87 % des ménages consommaient du sel iodé ; ce niveau est plus élevé que celui observé en 1996 (79 %). Cependant, seulement 72 % des ménages consommaient du sel dont la teneur en iode est adéquate. Ce niveau de consommation est pratiquement identique en milieu rural et dans les autres villes (respectivement 74 % et 73 % contre 61 % à Cotonou). C’est dans le département de l’Atlantique que l’on observe le plus faible taux d’utilisation du sel adéquatement iodé (31 %). Par contre, la consommation de sel iodé est quasi universelle dans le département du Borgou (95 %), de l’Atacora (90 %) et dans une moindre mesure dans le département du Zou (82 %). Dans les autres départements (Ouémé, Cotonou et Mono) un peu plus de six ménages sur dix consommaient du sel adéquatement iodé (61 % pour les deux premiers et 69 % pour le Mono). Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères | 167 10.2.2 Consommation de micronutriments chez les enfants La carence en vitamine A, ou l’avitaminose A, affecte le système immunitaire de l’enfant et augmente ainsi ses risques de décéder des maladies de l’enfance. L’avitaminose A peut également affecter la vue et causer la cécité crépusculaire chez les enfants, et affecter aussi la santé des mères enceintes ou allaitantes. Toutefois, elle peut être évitée par des suppléments en vitamine A et l’enrichissement des aliments. L’UNICEF et l’OMS recommandent que dans tous les pays qui ont une mortalité infanto-juvénile supérieure à 70 %, et dans lesquels la carence en vitamine est un problème de santé publique, on mette en place un programme de contrôle de la vitamine A. Au moment de l’EDSB-II, les enquêtrices demandaient pour chaque enfant âgé de moins cinq ans s’il avait reçu, au cours des six derniers mois, des suppléments en vitamine A. Les résultats sont présentés au tableau 10.8. Dans l’ensemble, moins d’un enfant de 6-59 mois sur cinq (18 %) a reçu des suppléments en vitamine A. Selon l’âge de l’enfant, on constate que ce sont les enfants de 10-23 mois qui étaient plus nombreux à avoir reçu des compléments de vitamine A (23 % contre moins de 20 % pour les autres groupes d’âges). De même, les naissances de rang 1 étaient proportionnellement plus nombreuses à avoir bénéficié de suppléments en vitamine A (22 % contre 15 % pour les naissances de rang supérieur à 5). Au niveau du milieu de résidence, on remarque que c’est à Cotonou et dans une moindre mesure dans les autres villes (respectivement 44 % et 23 % contre 13 % en milieu rural) que les proportions d’enfants ayant reçu de la vitamine A sont les plus élevées. De même, la proportion d’enfants ayant reçu des suppléments en vitamine A est plus importante chez les enfants dont la mère a au moins le niveau d’instruction secondaire que chez ceux dont la mère n’est pas instruite ou n’a que le niveau d’instruction primaire (37 % contre respectivement 15 % et 25 %). Au niveau départemental, on constate que dans les départements du Zou et de l’Atacora, une faible proportion d’enfants a reçu des suppléments en vitamine A (respectivement 10 % et 11 % contre 22 % dans le Borgou, 20 % dans l’Ouémé et 44 % dans la ville de Cotonou). Pour éviter l’avitaminose A, il est également recommandé que les enfants soient nourris avec des aliments riches en vitamine A. Au Bénin, la majorité (56 %) des enfants de 6-59 mois consomment des aliments riches en vitamine A. Au fur et à mesure que l’âge avance, la proportion d’enfants consommant des aliments riches en vitamine A augmente : de 29 % chez ceux de 6-9 mois, elle passe à 45 % chez ceux de 10-11 mois, puis à 74 % chez ceux de 12-23 mois et, enfin, à 89 % chez ceux de 24-35 mois. Cette proportion varie peu selon le sexe et le rang de naissance de l’enfant. Cependant, les enfants allaités au sein sont moins nombreux à consommer des aliments riches en vitamine A que ceux qui ne sont plus allaités au sein (42 % contre 90 %). Par rapport au milieu de résidence et au département, les variations de la consommation des aliments riches en vitamine A sont relativement faibles. Toutefois, on trouve moins d’enfants dans le département du Zou qui en consomment (50 % contre 60 % à Cotonou). Lorsque la mère n’est pas instruite, cette proportion est estimée à 55 % contre 63 % chez les enfants dont la mère a au moins le niveau d’instruction secondaire. 10.2.3 Consommation de micronutriments et cécité crépusculaire chez les femmes Auprès des mères ayant eu une naissance au cours des cinq dernières années, l’enquête a également collecté des informations sur les suppléments en vitamine A avant que l’enfant n’atteigne l’age de 8 semaines. Dans l’ensemble, 20 % des mères ont reçu un supplément de vitamine A dans les huit premières semaines ayant suivi l’accouchement (tableau 10.9). Cette proportion varie peu selon l’âge de la femme, mais elle est plus importante lorsque l’enfant est de rang 1 (24 % contre 18 % pour les rangs 168 | Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères Tableau 10.8 Consommation de micronutriments Pourcentage des derniers-nés âgés de moins de trois ans et vivant avec leur mère, et dont les mères ont consommé des aliments riches en vitamine A au cours des sept jours qui ont précédé l’enquête, pourcentage d’enfants de 6-59 mois qui ont reçu des suppléments en vitamine A au cours des six mois qui ont précédé l’enquête, et pourcentage des enfants de moins de cinq ans vivant dans des ménages ayant du sel suffisamment iodé, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique A consommé des aliments riches en vitamine A1 Effectif des enfants A reçu des suppléments en vitamine A Effectif des enfants Vivant dans un ménage disposant de sel suffi- samment iodé2 Effectif des enfants Âge de l’enfant en mois <6 1,2 527 - 0 71,3 526 6-9 28,6 350 16,4 356 70,9 337 10-11 44,7 167 22,3 173 68,0 167 12-23 74,0 904 22,8 932 71,3 887 24-35 89,4 694 19,0 916 71,7 886 36-47 - 0 15,3 897 67,6 860 48-59 - 0 16,0 889 71,2 857 Sexe de l’enfant Masculin 54,8 1 304 18,3 2 092 70,8 2 255 Féminin 56,5 1 338 18,4 2 071 70,2 2 265 Rang de naissance 1 57,4 565 22,4 887 68,4 963 2-3 56,3 870 19,0 1 346 69,4 1 481 4-5 54,4 599 17,4 950 70,1 1 013 6 ou plus 54,5 608 14,7 981 74,3 1 063 Statut d’allaitement au sein Allaité au sein 42,0 1 892 19,0 1 410 71,3 1 870 Non allaité au sein 90,4 743 18,0 2 714 70,0 2 613 Manquant 58,6 8 14,8 39 63,9 37 Milieu de résidence Ensemble urbain 59,3 843 29,0 1 328 65,6 1 461 Cotonou 59,7 245 43,8 382 54,7 415 Autres villes 59,1 598 23,0 946 69,9 1 046 Rural 54,0 1 799 13,4 2 836 72,8 3 059 Département Atacora 57,3 374 11,0 585 84,4 636 Ensemble Atlantique 58,3 517 29,3 810 41,0 861 Atlantique 57,1 272 16,4 428 28,2 446 Cotonou 59,7 245 43,8 382 54,7 415 Borgou 58,5 471 22,2 752 92,4 824 Mono 59,1 312 14,8 485 70,6 542 Ouémé 53,1 415 20,1 667 58,5 720 Zou 49,6 553 10,3 865 78,1 936 Niveau d’instruction Aucun 54,6 1 912 14,6 3 055 72,8 3 310 Primaire 56,8 516 25,1 780 64,0 844 Secondaire ou plus 62,8 214 36,5 329 64,5 366 Âge de la mère à la naissance <20 56,3 339 16,3 564 73,3 598 20-24 58,2 766 18,3 1 227 68,9 1 329 25-29 54,0 700 20,1 1 077 69,1 1 177 30-34 55,6 462 18,0 723 71,6 785 35-49 52,9 375 17,3 572 72,5 630 Ensemble 55,7 2 642 18,3 4 163 70,5 4 520 Note : L’information sur les suppléments de vitamine A est basée sur la déclaration de la mère. na = Non applicable 1 Y compris les potirons, les ignames rouges ou jaunes, les carottes, les patates douces, les légumes à feuilles vertes, les mangues, les papayes et autres fruits et légumes locaux qui sont riches en vitamine A 2 Le sel contient 15 ppm d’iode ou plus. Sont exclus les enfants qui vivent dans des ménages dont le sel n’a pas été testé. Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères | 169 supérieurs à 3). Si dans la ville de Cotonou, près de la moitié des femmes a reçu des compléments de vitamine A, dans le milieu rural et dans les autres villes, ces proportions ne sont respectivement que de 14 % et 25 %. Au niveau départemental, la proportion la plus faible de femmes ayant reçu des compléments de vitamine A est observée dans le département du Zou (7 %), suivi par l’Ouémé et l’Atlantique (respectivement 10 % et 14 %). Après la ville de Cotonou (48 %), c’est le département du Borgou qui possède la proportion la plus élevée de femmes qui ont reçu des suppléments en vitamine A (32 %). On note également que les femmes ayant au moins un niveau d’instruction secondaire sont plus nombreuses à recevoir des suppléments en vitamine A (42 % contre 26 % chez les femmes ayant le niveau d’instruction primaire et 16 % chez ceux n’ayant aucun niveau d’instruction). L’élimination de la cécité crépusculaire nécessite d’abord de lutter contre la carence en vitamine A. Cette affection, qui est un signe de carence en vitamine A (ou avitaminose A), résultant d’une alimentation pauvre et peu variée et d’une prise insuffisante d’aliments contenant cette vitamine, a un effet néfaste sur la santé des femmes. Le tableau 10.9 indique que 10 % des mères ayant eu un enfant au cours des cinq dernières années ont déclaré avoir souffert de cécité crépusculaire durant la grossesse. Cependant, lorsqu’on tient compte des difficultés de voir durant le jour, seulement 2 % des femmes souffraient d’une cécité crépusculaire sans avoir des difficultés de voir le jour. Cette cécité crépusculaire ajustée est plus fréquente chez les femmes de moins de 20 ans (3 %) que chez les femmes plus âgées (1 % à 35-49 ans). On note également que cette forme de cécité est moins fréquente à Cotonou (0,3 %) qu’en milieu rural et dans les autres villes (2 % dans chacun des deux milieux). Au niveau départemental, Borgou et l’Atlantique détiennent les proportions les plus élevées de femmes souffrant de cécité crépusculaire (3 % dans chacun d’eux contre 0,3 % à Cotonou, 1 % dans le Mono et l’Ouémé et 2 % dans l’Atacora et le Zou). Selon le niveau d’instruction de la femme, la cécité crépusculaire ajustée varie de 2 % chez les mères sans instruction à 1 % chez les mères instruites. Le tableau 10.9 fournit également des informations sur la prise de comprimés de fer durant la grossesse. Dans l’ensemble, 85 % des mères ont consommé des comprimés de fer durant la grossesse, dont 23 % pendant une durée inférieure à deux mois, 16 % entre 2 et 3 mois et 40 % pendant trois mois ou plus. Par contre, 15 % des mères n’ont consommé aucun comprimé de fer. Cette proportion est particulièrement importante chez les mères de moins de 20 ans (19 %) et chez les femmes de 35-49 ans (18 %). Dans les autres groupes d’âges, elle est d’environ 14 %. On remarque que le pourcentage de femmes n’ayant pas pris de comprimés de fer est plus élevé chez les dernières naissances (19 % pour les naissances de rang 6 ou plus contre 13 % pour les naissances de rang inférieur à 3). Si à Cotonou, seulement 6 % des femmes n’ont pas pris de comprimés de fer durant la grossesse, en milieu rural, cette proportion est de 17 %. Dans le Borgou, on note une importante proportion de femmes n’ayant pas pris des comprimés de fer durant la grossesse (29 %), suivi par l’Atacora (24 %), le Mono (16 %) et le Zou (11 %). Dans les autres départements, moins de 10 % des femmes n’ont pas pris des comprimés de fer. 10.2.4 Anémie chez les enfants et les femmes L’anémie a des conséquences néfastes sur la santé des femmes et affecte le développement de l’enfant. Les tableaux 10.10 et 10.11 présentent les niveaux d’anémie des enfants de 6-59 mois et des femmes de 15-49 ans. Les valeurs du niveau d’hémoglobine sont obtenues à l’aide de l’appareil d’HemoCue. Les femmes et les enfants ayant un taux inférieur à 7 g/dl sont considérés comme ayant une anémie sévère ; ceux ayant un taux compris entre 7 et 9,9 g/dl présentent une anémie modérée ; les enfants et les femmes enceintes ayant un taux compris entre 10 et 10,9 g/dl et les femmes non enceintes ayant un taux compris entre 10 et 11,9 g/dl ont une anémie légère. 170 | Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères Tableau 10.9 Consommation de micronutriments pour les mères Par les femmes qui ont donné naissance au cours des cinq ans qui ont précédé l’enquête et qui ont reçu une dose de vitamine A au cours des deux premiers mois qui ont suivi l’accouchement, pourcentage de celles qui ont souffert de cécité crépusculaire au cours de la grossesse, pourcentage de celles qui vivent dans des ménages utilisant du sel suffisamment iodé et pourcentage de celles qui ont pris des comprimés de fer ou un sirop durant un nombre déterminé de jours, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Nombre de jours de prise de fer pendant la grossesse Caractéristique socio-démographique A reçu vitamine A dans les deux 1ers mois sui- vant ac- couche- ment1 Cécité nocturne déclarée Cécité nocturne ajustée2 Aucun jour <60 60-89 90 ou plus NSP/ Manquant Effectif de femmes Vivant dans un ménage disposant de sel bien iodé3 Effectif de femmes Âge de la mère à la naissance <20 20,4 11,7 3,3 18,8 22,5 16,7 35,6 6,3 439 73,0 423 20-24 18,6 10,1 1,7 13,1 21,7 16,0 42,6 6,6 944 68,6 911 25-29 21,6 8,6 1,3 14,0 20,8 13,7 44,9 6,6 909 69,2 881 30-34 20,8 10,9 2,2 13,6 24,4 16,1 39,7 6,3 630 71,1 601 35-49 19,7 9,0 1,2 17,7 25,9 16,7 32,7 7,0 601 70,7 576 Nombre d’enfants nés vivants 1 24,1 11,0 1,9 12,7 17,2 14,3 50,7 5,1 710 68,1 687 2-3 20,9 9,8 1,9 12,7 21,8 15,4 42,6 7,5 1 096 69,7 1 060 4-5 18,4 9,0 1,2 15,1 24,4 16,6 38,0 5,8 807 68,0 768 6 ou plus 17,9 9,9 2,2 19,0 26,8 16,2 30,7 7,3 910 74,0 877 Milieu de résidence Ensemble urbain 32,1 7,7 1,3 11,7 16,6 12,1 53,4 6,2 1 173 65,4 1 133 Cotonou 48,2 3,6 0,3 5,7 10,5 6,9 71,0 6,0 351 54,9 331 Autres villes 25,2 9,5 1,7 14,2 19,3 14,3 45,9 6,3 822 69,8 802 Rural 14,2 11,0 2,1 16,5 25,8 17,4 33,5 6,8 2 351 72,4 2 260 Département Atacora 19,8 11,0 1,8 24,4 13,7 18,3 33,9 9,7 481 85,1 471 Ensemble Atlantique 30,9 9,0 1,5 6,3 22,8 11,4 54,8 4,7 703 41,3 662 Atlantique 13,6 14,4 2,8 6,8 35,1 15,9 38,7 3,4 352 27,6 331 Cotonou 48,2 3,6 0,3 5,7 10,5 6,9 71,0 6,0 351 54,9 331 Borgou 31,7 9,8 2,8 28,5 21,3 12,1 33,4 4,7 624 91,3 608 Mono 22,4 4,1 1,0 15,7 38,9 21,1 19,9 4,3 416 70,9 411 Ouémé 10,2 14,7 1,3 7,0 17,1 12,1 57,6 6,2 573 59,2 548 Zou 6,9 9,4 2,1 11,1 25,1 20,7 33,6 9,5 727 77,0 692 Niveau d’instruction Aucun 16,2 10,4 2,0 18,0 24,6 16,8 33,7 6,9 2 546 72,2 2 449 Primaire 25,7 9,3 1,3 8,4 20,6 14,3 50,6 6,1 688 64,2 658 Secondaire ou plus 41,9 6,5 1,3 3,5 11,6 8,5 71,3 5,0 290 65,9 285 Ensemble 20,2 9,9 1,8 14,9 22,8 15,6 40,1 6,6 3 524 70,1 3 392 Note : Pour les femmes ayant plusieurs naissances vivantes dans les cinq dernières années, les données concernent la naissance la plus récente. 1 Dans les premiers mois après l’accouchement 2 Les femmes qui ont déclaré une incapacité de voir la nuit mais n’ont pas déclaré une difficulté de voir le jour 3 Le sel contient 15 ppm d’iode ou plus. Sont exclues les femmes qui vivent dans des ménages dont le sel n’a pas été testé. Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères | 171 Tableau 10.10 Prévalence de l’anémie chez les enfants Pourcentage des enfants âgés de 6-59 mois atteints d’anémie selon la gravité de l’anémie, selon les caractéristiques socio- démographiques, Bénin 2001 Pourcentage d’enfants souffrant d’une anémie Caractéristique socio-démographique Pourcentage d’enfants atteints d’anémie Légère (10.0- 10.9 g/dl) Modérée (7.0- 9.9 g/dl) Sévère (en des- sous de 7.0 g/dl) Effectif Âge de l’enfant en mois 6-9 90,2 23,2 52,0 15,0 184 10-11 86,1 15,5 54,9 15,7 96 12-23 88,5 13,2 60,0 15,3 496 24-35 82,5 22,7 51,9 7,9 491 36-47 78,4 26,4 47,6 4,4 505 48-59 74,5 26,0 45,4 3,1 513 Sexe de l’enfant Masculin 83,5 22,7 52,0 8,8 1 147 Féminin 80,3 21,2 50,8 8,3 1 136 Rang de naissance1 1 77,3 21,9 49,1 6,3 417 2-3 80,3 22,2 50,1 8,0 659 4-5 84,2 20,7 52,6 10,9 477 6 ou plus 86,6 21,5 55,1 9,9 516 Intervalle intergénésique en mois1 Première naissance2 76,9 21,6 48,6 6,7 439 <24 85,1 20,4 55,4 9,3 271 24-47 84,0 21,3 52,8 9,9 1 059 48 ou plus 80,7 23,9 49,1 7,8 299 Milieu de résidence Ensemble urbain 75,8 20,2 48,9 6,8 745 Cotonou 51,5 16,6 33,1 1,8 167 Autres villes 82,9 21,2 53,4 8,2 578 Rural 84,8 22,8 52,6 9,4 1 539 Département Atacora 86,5 13,8 57,8 14,9 350 Ensemble Atlantique 67,2 23,7 39,1 4,4 383 Atlantique 79,2 29,2 43,7 6,3 216 Cotonou 51,5 16,6 33,1 1,8 167 Borgou 87,4 19,5 56,0 11,9 418 Mono 80,9 22,3 55,0 3,6 275 Ouémé 86,2 24,8 51,7 9,6 388 Zou 82,6 26,1 50,1 6,4 469 Niveau d’instruction de la mère3 Aucun 85,4 22,7 53,4 9,4 1 581 Primaire 76,3 20,2 49,0 7,2 395 Secondaire ou plus 62,0 15,2 40,6 6,2 139 Âge de la mère3 15-19 84,7 21,7 48,3 14,7 81 20-24 82,6 20,4 54,3 7,9 475 25-29 82,8 22,4 51,3 9,2 683 30-34 79,5 19,3 53,5 6,7 493 35-49 81,8 25,1 47,6 9,1 552 Enfants des mères enquêtées 82,2 21,6 51,7 8,8 2 068 Enfants des mères non enquêtées Mère vivant dans le ménage 82,8 25,6 50,7 6,5 46 Mère ne vivant pas dans le ménage4 77,9 24,7 47,2 6,1 168 Ensemble 81,9 21,9 51,4 8,6 2 284 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l’interview. La prévalence est ajustée en fonction de l’altitude en utilisant la formule développée dans CDC, 1998. g/dl = grammes par décilitre 1 Sont exclus les enfants dont la mère n’a pas été interviewée 2 Les premières naissances multiples (jumeaux, triplés, etc.) sont considérées comme première naissance car elles n’ont pas d’intervalle intergénésique précédent. 3 Pour les femmes qui n’ont pas été interviewées, les informations sont tirées du questionnaire ménage. Sont exclus les enfants dont les mères ne sont pas listées dans le ménage. 4 Y compris les enfants dont les mères sont décédées 172 | Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères Tableau 10.11 Prévalence de l’anémie chez les femmes Pourcentage des femmes âgées de 15-49 ans atteintes d’anémie, selon la gravité de l’anémie, par les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Pourcentage de femmes souffrant d’une anémie Caractéristique socio-démographique Avec anémie Légère Modérée Sévère Effectif de femmes Âge1 15-19 65,2 42,1 21,6 1,5 598 20-24 65,4 41,4 21,7 2,4 636 25-29 62,8 37,7 23,7 1,4 578 30-34 66,9 42,3 22,2 2,5 431 35-39 61,4 39,6 20,4 1,5 387 40-44 65,4 42,6 21,3 1,5 262 45-49 62,1 39,9 20,0 2,2 234 Enfants nés vivants2 Pas d’enfant 65,0 41,3 22,2 1,6 803 1 65,2 43,3 20,9 0,9 416 2-3 62,0 38,1 21,4 2,4 675 4-5 65,7 40,6 22,8 2,3 550 6 ou plus 64,3 41,2 21,4 1,7 682 Statut de grossesse/ allaitement au sein2 Enceinte 72,7 24,7 43,3 4,7 364 Allaite au sein 60,7 43,4 15,7 1,7 959 Rien des deux 64,6 42,6 20,7 1,3 1 803 Utilise DIU2 Oui 90,6 65,7 24,9 0,0 21 Non 64,2 40,6 21,8 1,8 3 105 Milieu de résidence Ensemble urbain 68,1 43,0 23,3 1,8 1 293 Cotonou 70,2 43,1 26,3 0,7 451 Autres villes 67,0 42,9 21,7 2,4 842 Rural 61,7 39,2 20,7 1,9 1 833 Département Atacora 62,9 38,0 22,8 2,1 349 Ensemble Atlantique 67,9 42,2 24,7 1,0 722 Atlantique 64,0 40,6 21,9 1,6 272 Cotonou 70,2 43,1 26,3 0,7 451 Borgou 69,4 38,5 26,2 4,6 502 Mono 58,7 42,4 14,3 2,0 384 Ouémé 68,8 43,2 24,7 0,9 591 Zou 55,6 38,9 15,7 1,0 577 Niveau d’instruction1 Aucun 62,2 39,6 20,4 2,2 1 999 Primaire 67,1 42,3 23,9 1,0 698 Secondaire ou plus 69,8 43,6 24,6 1,6 428 Ensemble 64,3 40,7 21,8 1,8 3 125 Note : Le tableau est basé sur les femmes qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l’interview. La prévalence est ajustée en fonction de l’altitude en utilisant la formule développée dans CDC, 1998. Les femmes avec un taux d’hémoglobine <7,0 g/dl ont une anémie sévère, les femmes avec un taux entre 7,0 et 9,9 ont une anémie modérée, et les femmes enceintes avec un taux de 10,0 et 10,9 g/dl et les femmes non enceintes qui ont un taux entre 10,0 et 11,9 g/dl ont une anémie légère. 1 Pour les femmes qui ne sont pas interviewées, l’information est tirée du questionnaire ménage. 2 Sont exclues les femmes qui n’ont pas été interviewées Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères | 173 Dans l’ensemble, 82 % des enfants de 6-59 mois souffrent d’anémie, dont 22 % sous une forme légère, 51 % sous une forme modérée et 9 % sous une forme sévère. Selon l’âge, l’anémie dans sa forme sévère touche plus fréquemment les enfants de moins de 2 ans que les autres (15 % chez les enfants de 6- 23 mois contre 8 % à 24-35 mois et 3 % à 48-59 mois). On note par ailleurs que les enfants de rang élevé sont plus touchés par l’anémie sévère (11 % pour les rangs de naissance 4-5 contre 6 % pour les naissances de rang 1). Selon l’intervalle entre naissances, les différences sont peu importantes. Par contre, selon le milieu de résidence les variations sont assez significatives. Si à Cotonou, seulement 2 % des enfants souffrent de cette forme d’anémie, en milieu rural et dans les autres villes respectivement 8 % et 9 % des enfants en souffrent. Les enfants de l’Atacora, du Borgou et de l’Ouémé sont plus nombreux à souffrir de l’anémie sévère (respectivement 15 %, 12 % et 10 % contre moins de 7 % dans les autres départements). De même, lorsque la mère n’est pas instruite, l’enfant souffre plus fréquemment d’anémie sévère (9 % contre 7 % pour ceux dont la mère a un niveau d’instruction primaire et 6 % pour ceux dont la mère a le niveau d’instruction secondaire ou plus). Par rapport à l’âge de la mère, on note que les enfants de mères jeunes (15-19 ans) sont plus affectés par l’anémie sévère que les autres enfants de mères plus âgées (15 % contre moins de 10 %). Le tableau 10.11 indique que près des deux tiers (64 %) des femmes souffrent d’une anémie quelconque, dont 41 % sous sa forme légère, 22 % sous sa forme modérée et, enfin, 2 % sous sa forme sévère. C’est au niveau des femmes enceintes que l’on observe la proportion la plus importante de personnes souffrant d’une anémie sévère (5 % contre 2 % chez les femmes qui allaitent et 1 % chez les femmes qui ne sont ni enceintes, ni allaitantes). On note également que cette forme d’anémie est particulièrement importante dans le département du Borgou (5 % contre 2 % ou moins dans les autres départements). Le tableau 10.12 fournit le niveau d’anémie chez les enfants selon le niveau d’anémie de la mère. On note que lorsque la mère souffre d’anémie, les enfants sont plus nombreux à souffrir également d’une anémie (85 % contre 77 % lorsque la mère ne souffre d’aucune anémie). Lorsque la mère souffre d’une anémie sévère, 94 % des enfants sont touchés par une anémie. Sous sa forme sévère, 19 % en souffraient contre 8 % lorsque la mère n’est pas anémique ou souffre seulement d’une anémie modérée. Tableau 10.12 Prévalence de l’anémie chez les enfants selon le niveau d’anémie de la mère Pourcentage des enfants âgés de 6-59 mois par gravité de l’anémie, selon la gravité de l’anémie chez la mère, Bénin 2001 Pourcentage d’enfants souffrant d’une anémie Anémie chez la mère Atteints d’anémie Légère (10.0-10.9 g/dl) Modérée (7.0-9.9 g/dl) Sévère (en des- sous de 7.0 g/dl) Effectif Atteinte d’anémie 85,0 23,0 52,6 9,4 1 288 Pourcentage de femmes souffrant d’une anémie Légère 83,7 24,0 50,0 9,7 840 Modérée 86,9 21,1 57,8 8,0 417 Sévère 93,6 20,0 54,4 19,3 31 Sans anémie 77,2 19,5 49,8 7,9 766 Ensemble 82,1 21,7 51,6 8,8 2 054 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l’interview. La prévalence est ajustée selon l’altitude (et selon le fait que la mère fume ou non) en utilisant la formule dans CDC, 1998. Le tableau concerne seulement les enfants dont les taux d’hémoglobine sont disponibles pour eux et pour leur mère. 174 | Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères 10.3 ÉTAT NUTRITIONNEL DES ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS Un des objectifs de l’EDSB-II était d’évaluer l’état nutritionnel des jeunes enfants, état résultant, à la fois, de l’histoire nutritionnelle (ancienne et récente) de l’enfant et des maladies ou infections qu’il a pu avoir. Par ailleurs, l’état nutritionnel influe, à son tour, sur la probabilité qu’a l’enfant de contracter des maladies : un enfant atteint de malnutrition chronique ou aiguë est en situation de faiblesse physique qui favorise les infections. L’état nutritionnel est évalué au moyen d’indices anthropométriques. À partir du poids, de la taille et de l’âge de l’enfant mesurés au moment de l’enquête, trois indices sont calculés : la taille par rapport à l’âge (taille-pour-âge), le poids par rapport à la taille (poids-pour-taille) et le poids par rapport à l’âge (poids-pour-âge). 10.3.1 Indices de l’état nutritionnel des enfants Suivant les recommandations de l’OMS, l’état nutritionnel des enfants enquêtés est comparé à celui de la population de référence internationale1. Dans une population en bonne santé et bien nourrie, on s’attend à ce que seulement 2,3 % des enfants se situent à moins deux écarts-type (sous-nutrition modérée), dont 0,1 % à moins trois écarts-type (sous-nutrition sévère) en-dessous de la médiane pour chacun des trois indices de nutrition. L’indice taille-pour-âge est un indice de sous-nutrition chronique : une taille trop petite pour un âge donné est la manifestation d’un retard de croissance. La taille-pour-âge est, en effet, une mesure des effets à long terme de la malnutrition et ne varie que très peu en fonction de la saison de la collecte des données. Un enfant qui a reçu une alimentation inadéquate et/ou qui a été malade pendant une période longue ou encore de façon répétée, peut accuser un retard de croissance staturale. Cependant, son poids a pu rester en correspondance avec sa taille réelle, donnant ainsi un indice poids-pour-taille normal : c’est pourquoi cette forme de malnutrition n’est pas toujours visible dans une population. Un enfant de trois ans présentant cette forme de malnutrition peut ressembler à un enfant de deux ans bien nourri. Les enfants pour lesquels la taille-pour-âge se situe à moins deux écarts-type en dessous de la médiane taille-pour-âge de la population de référence sont considérés comme petits pour leur âge et atteints de retard de croissance ; ceux pour lesquels la taille-pour-âge se situe à moins trois écarts-type en dessous de la médiane taille-pour-âge de la population de référence sont considérés comme atteints de retard de croissance sévère. Les enfants dont le poids-pour-taille se situe à moins deux écarts-type en dessous de la médiane poids-pour-taille de la population de référence sont considérés comme souffrant d’émaciation ; ceux se situant à moins trois écarts-type souffrent d’émaciation sévère. L’indice poids-pour-taille reflète, en effet, la situation nutritionnelle actuelle (au moment de l’enquête). Cette forme de malnutrition est la conséquence d’une alimentation insuffisante durant la période ayant précédé l’observation, ou peut être le résultat de maladies provoquant une perte de poids (diarrhée sévère, anorexie associée à une maladie, par exemple) : un enfant souffrant de cette forme de malnutrition est maigre ou émacié. L’indice poids-pour- taille reflète donc une situation actuelle qui n’est pas nécessairement une situation de longue durée. Cette forme de sous-nutrition aiguë peut être influencée par la saison pendant laquelle s’est effectuée la collecte des données, étant donné que la plupart des facteurs susceptibles de causer un déséquilibre entre le poids et la taille de l’enfant (épidémie, sécheresse, période de soudure, etc.) sont très sensibles à la saison. 1 La référence a été établie par NCHS/CDC/OMS à partir de l’observation d’enfants américains de moins de cinq ans en bonne santé. Cette référence internationale est applicable pour tous les enfants de cet âge dans la mesure où, quel que soit le groupe de population, ils suivent un modèle de croissance similaire. Les données de la population de référence internationale ont été normalisées pour suivre une distribution normale où la médiane et la moyenne sont identiques. Pour les différents indices étudiés, la comparaison de la situation dans l’enquête avec le standard international est effectuée en mesurant la proportion d’enfants observés qui se situent à moins de deux et à moins de trois écarts-type en-dessous de la médiane de la population de référence. Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères | 175 Le troisième indice, le poids-pour-âge, est la combinaison des indices taille-pour-âge et poids- pour-taille. Les enfants dont le poids-pour-âge se situe à moins deux écarts-type en dessous de la médiane poids-pour-âge de la population de référence sont considérés comme souffrant d’insuffisance pondérale ; ceux se situant à moins trois écarts-type souffrent d’insuffisance pondérale sévère. Au cours de l’enquête, tous les enfants de moins de cinq ans vivant dans les ménages devaient être pesés et mesurés : 5 040 enfants âgés de moins de cinq ans répondaient à ces critères. Cependant, les résultats présentés dans ce rapport ne concernent que 81 % de ces enfants. Sont exclus des résultats 19 % des enfants (17 % pour lesquels l’âge en mois est inconnu ou incomplet et 2 % pour lesquels le poids et/ou la taille n’ont pas été mesurés parce que l’enfant était malade ou absent au moment de l’enquête, ou encore parce qu’il a refusé, ou le poids et/ou la taille sont manifestement invraisemblables du fait d’erreurs de report, ou encore d’erreurs de mesure, particulièrement délicates chez les enfants les plus jeunes). 10.3.2 Niveaux de l’état nutritionnel des enfants Le tableau 10.13 présente les pourcentages d’enfants de moins de cinq ans souffrant de sous- nutrition selon les trois indices présentés ci-dessus et selon certaines caractéristiques socio-démo- graphiques. Retard de croissance : taille-pour-âge Le tableau 10.13 fournit des informations sur l’indice taille-pour-âge. Au Bénin, trois enfants sur dix (31 %) souffrent de retard de croissance, et 11 % présentent un retard de croissance sévère. Ces niveaux sont respectivement 13 et 110 fois plus élevés que ceux qui sont supposés exister dans une population où les enfants sont en bonne santé. Durant la première année, le retard de croissance augmente avec l’âge de l’enfant (graphique 10.2) : les enfants de moins de six mois sont les moins touchés (6 %) ; entre 6-9 mois, le dixième des enfants (10 %), et entre 10-11 mois, 16 % des enfants souffrent de cette forme de malnutrition ; à partir de 1 an, la proportion d’enfants atteints devient extrêmement élevée (39 % a 12-23 mois). Le niveau de la malnutrition chronique reste élevé jusqu’au cinquième anniversaire. À partir de cet âge, les retards de croissance staturale acquis ne sont plus rattrapables. Cette malnutrition chronique touche aussi bien les filles que les garçons (31 % pour chacun d’eux), les premières naissances comme les dernières naissances (28 % pour les naissances de rang 1 contre 30 % pour celles de rang 4-5, et 32 % pour celles de rang supérieur). Cependant, du point de vue de l’intervalle entre naissances, on note que la malnutrition chronique touche plus les enfants qui suivent leur aîné à moins de 24 mois (40 %) que ceux qui le suivent à 24-47 mois (31 %) ou à 48-59 mois (26 %). On note également que les enfants qui sont très petits ou petits à la naissance souffrent plus de retard de croissance (respectivement 42 % et 40 %) que les enfants qui sont moyens ou gros à la naissance (29 %). Au niveau du milieu de résidence, le retard de croissance est nettement plus important en milieu rural (34 %) qu’en milieu urbain (24 %) (voir graphique 10.3). Du point de vue régional, le retard de croissance atteint son maximum dans les départements du Borgou et de l’Atlantique (respectivement 36 % et 35 %). À l’exception de la ville de Cotonou (21 %), le retard de croissance concerne plus du quart des enfants dans tous les départements. 176 | Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères Tableau 10.13 État nutritionnel des enfants Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans, considérés comme atteints de malnutrition selon les trois indices anthropométriques de l’état nutritionnel : taille-pour-âge, poids pour taille et poids-pour-âge, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Taille-pour-âge Poids-pour-taille Poids-pour-âge Caractéristique socio-démographique Inférieur à -3 ET Inférieur à -2 ET1 Inférieur à -3 ET Inférieur à -2 ET1 Inférieur à -3 ET Inférieur à -2 ET1 Effectif Âge de l’enfant en mois <6 0,9 5,6 1,0 4,2 0,2 4,4 497 6-9 2,4 9,6 3,1 12,5 3,7 17,0 343 10-11 5,4 15,6 5,5 26,1 8,7 29,9 164 12-23 13,8 38,7 3,4 14,8 8,5 34,1 866 24-35 13,7 36,8 0,6 4,7 7,5 26,4 813 36-47 13,9 37,4 0,4 3,1 3,7 19,5 719 48-59 13,9 39,0 0,7 1,4 2,2 22,9 660 Sexe de l’enfant Masculin 11,1 30,9 1,8 8,5 5,5 24,3 2 029 Féminin 10,8 30,5 1,4 6,4 4,5 21,5 2 033 Rang de naissance2 1 9,1 27,9 1,1 6,9 5,1 21,0 823 2-3 10,7 30,7 1,9 6,8 4,5 22,2 1 286 4-5 10,7 30,1 1,7 8,8 4,5 21,6 872 6 ou plus 12,4 32,3 1,6 7,8 6,0 26,6 883 Intervalle intergénésique en mois2 Première naissance 3 9,5 28,4 1,2 6,9 5,2 21,4 855 <24 16,6 39,8 1,8 6,3 5,2 28,7 361 24-47 11,3 30,8 1,8 7,7 5,0 23,1 2 019 48 ou plus 7,1 26,2 1,4 8,5 4,4 20,5 630 Taille à la naissance2 Très petit 16,5 41,8 2,2 13,5 10,6 39,9 167 Petit 16,4 39,6 2,5 10,5 10,0 35,9 464 Moyen ou très gros 10,0 29,0 1,5 6,8 4,1 20,4 3 403 Manquant 4,2 24,8 0,0 3,6 4,2 8,5 28 Milieu de résidence Ensemble urbain 7,8 24,4 1,3 6,5 3,8 17,9 1 355 Cotonou 5,5 20,5 0,8 4,5 2,1 12,1 390 Autres villes 8,7 26,0 1,5 7,4 4,5 20,3 966 Rural 12,5 33,8 1,8 7,9 5,6 25,4 2 706 Département Atacora 12,0 32,1 2,3 9,5 5,9 26,3 530 Ensemble Atlantique 9,5 28,4 1,1 5,1 3,4 17,8 836 Atlantique 13,0 35,3 1,4 5,7 4,6 22,8 447 Cotonou 5,5 20,5 0,8 4,5 2,1 12,1 390 Borgou 15,0 36,2 2,4 12,7 8,7 29,0 575 Mono 9,1 32,4 0,8 4,3 3,3 19,8 459 Ouémé 8,5 27,1 1,6 7,2 4,1 22,4 733 Zou 12,0 30,6 1,7 7,0 5,3 23,7 929 Niveau d’instruction de la mère4 Aucun 12,3 33,2 1,9 8,1 5,8 25,7 2 803 Primaire 8,0 26,2 1,1 6,9 4,1 17,8 769 Secondaire ou plus 4,2 17,2 0,0 3,7 1,0 10,2 338 Âge de la mère4 15-19 14,3 27,3 3,2 10,2 11,4 24,8 191 20-24 11,6 32,3 2,2 8,1 5,5 24,4 874 25-29 10,1 29,9 1,5 8,1 4,0 22,0 1 224 30-34 10,2 29,5 1,8 6,4 4,8 20,8 836 35-49 11,4 32,0 0,8 6,5 4,9 24,3 936 Enfants des mères enquêtées 10,7 30,3 1,6 7,5 5,0 22,8 3 865 Enfants des mères non enquêtées Mère vivant dans le ménage 13,2 39,0 2,2 7,4 9,7 22,6 45 Mère ne vivant pas dans le ménage5 15,3 37,3 2,2 6,5 4,9 25,5 151 Ensemble 10,9 30,7 1,6 7,5 5,0 22,9 4 061 Note : Le tableau est basé sur les enfants qui ont dormi dans le ménage la nuit précédant l’interview. Chaque indice est exprimé en terme de nombre d’unités d’écart type (ET) par rapport à la médiane de la Population de Référence Internationale du NCHS/CDC/OMS. Les enfants sont atteints de malnutrition s’ils se trouvent à moins de -2 ET (-2 ET et -3 ET) de la médiane de la population de référence. 1 Les enfants qui se situent en-dessous de -3 ET sont inclus dans cette catégorie. 2 Pas d’information pour les enfants dont la mère n’a pas été enquêtée 3 Les premières naissances multiples (jumeaux, triplés, .) sont considérées comme première naissance car elles n’ont pas d’intervalle intergénésique précédent. 4 Pour les femmes qui n’ont pas été interviewées, les informations sont tirées du questionnaire ménage. Sont exclus les enfants dont les mères ne sont pas listées dans le ménage. 5 Y compris les enfants dont les mères sont décédées Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères | 177 Graphique 10.2 État nutritionnel des enfants de moins de cinq ans Bénin 2001 # # ## # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # # ∀ ∀∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀ ∀! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! 0 10 20 30 40 50 60 Âge en mois 0 10 20 30 40 50 60 Pourcentage Emaciation Insuffisance pondérale Retard de croissance Graphique 10.3 Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans présentant un retard de croissance Bénin 2001 � ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ����������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������������������������������������ ������� ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������ ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� �������������������������������������������������������������������������������������������������� ���������������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������� ���������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� ������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������������� RÉSIDENCE Cotonou Autres villes Ensemble urbain Rural DÉPARTEMENT Atacora Atlantique Cotonou Borgou Mono Ouémé Zou INSTRUCTION Aucune Primaire Secondaire ou plus 0 10 20 30 40 Pourcentage Note: Taille-pour-âge inférieure à -2 ET de la médiane de la population de référence L’instruction semble contribuer à la réduction du retard de croissance qui, estimé à 33 % lorsque la mère est sans instruction, passe à 26 % lorsque la mère a un niveau d’instruction primaire, et à 17 % lorsqu’elle a le niveau d’instruction secondaire ou plus. Émaciation Le tableau 10.13 fournit également les proportions d’enfants atteints d’émaciation ou de malnutrition aiguë, exprimées au moyen de l’indice poids-pour-taille. Dans l’ensemble, 8 % des enfants sont émaciés, 178 | Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères dont 2 % sous une forme sévère : ces proportions sont respectivement 3 fois et 16 fois plus élevées que celles attendues dans une population en bonne santé et bien nourrie. Du point de vue de l’âge (graphique 10.2), ce sont les enfants de 10-11 mois qui sont les plus atteints (26 % contre 4 % chez les enfants de moins 6 mois, 13 % chez ceux de 6-9 mois, 15 % chez ceux de 12-23 mois et moins de 5 % chez les enfants de 24 mois ou plus). Selon le sexe de l’enfant, on note des écarts du niveau de la prévalence de l’émaciation puisque 9 % des garçons sont touchés par cette forme de malnutrition contre 6 % chez les filles. Selon le rang de naissance et l’intervalle entre naissances, les variations ne sont guère importantes. Par contre, on note que chez les enfants qui sont de taille petite ou très petite à la naissance (respec- tivement 14 % et 11 % contre 7 % chez les enfants moyens ou gros à la naissance), la prévalence de l’émaciation est particulièrement élevée. Le niveau de la malnutrition aiguë est moins élevé dans la ville de Cotonou (5 %) qu’en milieu rural ou dans les autres villes où elle atteint respectivement 8 % et 7 % des enfants. Au niveau régional, les résultats montrent que cette forme de malnutrition est plus répandue dans le département du Borgou, suivi par l’Atacora (respectivement 13 % et 9 %) que dans les autres départements (moins de 8 %). Concernant l’instruction de la mère, on note que les enfants dont la mère a au moins le niveau d’instruction secondaire se trouvent toujours dans une meilleure situation que les autres enfants (4 % contre 8 % lorsque la mère n’est pas instruite, et 7 % lorsque la mère n’a que le niveau d’instruction primaire). Insuffisance pondérale Le poids-pour-âge est un indice qui reflète, chez l’enfant, les effets combinés du retard de croissance et de l’émaciation. C’est la mesure la plus souvent utilisée par les services de santé pour le suivi de la croissance pondérale, mais sa valeur en tant qu’indice est limitée quand il n’existe qu’une seule mesure dans le temps. Il est présenté ici essentiellement pour permettre des comparaisons avec les résultats des études ou des suivis nutritionnels des enfants qui utilisent cette mesure. Comme le poids- pour-taille, le poids-pour-âge est sensible aux variations saisonnières. Près du quart (23 %) des enfants de moins de cinq ans présentent une insuffisance pondérale, dont 5 % sous une forme sévère (tableau 10.13). Comme l’insuffisance pondérale rend compte à la fois des formes chroniques et aiguës de la malnutrition, les variations du poids-pour-âge selon les différentes caractéristiques socio-démographiques suivent les mêmes tendances que celles observées pour le poids- pour-taille et surtout celles observées pour la taille-pour-âge. Estimée à 4 % chez les enfants de moins de 6 mois, l’insuffisance pondérale atteint 17 % des enfants de 6-9 mois, 3 enfants sur dix âgés de 6-11 mois (30 %) et plus du tiers des enfants de 12-23 mois (34 %). Toutefois, à partir de 24 mois, elle baisse pour atteindre 26 % des enfants de 24-35 mois et moins du quart des enfants de 36 mois ou plus. Toutefois, par rapport au sexe de l’enfant, les variations de l’insuffisance pondérale sont moins importantes (24 % chez les garçons contre 22 % chez les filles). Du point de vue du rang de naissance de l’enfant, on constate que les enfants de rang 6 ou plus souffrent plus d’insuffisance pondérale que les autres (27 % contre moins du quart chez les enfants de rang inférieur). On note également que l’insuffisance pondérale touche plus les enfants qui suivent leur aîné à moins de 24 mois (29 %) que ceux qui le suivent à 24-47 mois (23 %) ou à 48 mois ou plus (21 %). On note, par ailleurs, que le pourcentage d’enfants qui souffrent d’insuffisance pondérale atteint 25 % en milieu rural et 20 % dans les autres villes contre 12 % dans la ville de Cotonou. Du point de vue régional, l’insuffisance pondérale touche plus les enfants du Borgou (29 %) et de l’Atacora (26 %) que ceux des autres départements (moins du quart des enfants souffre de ce type de malnutrition). Les résultats du tableau 10.13 indiquent également que lorsque la mère est sans instruction, la prévalence de l’insuffisance pondérale est élevée (26 %) ; celle-ci atteint 18 % chez les enfants dont la mère a un niveau d’instruction primaire, et 10 % chez les enfants dont la mère a un niveau d’instruction secondaire ou plus. Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères | 179 10.4 ÉTAT NUTRITIONNEL DES FEMMES L’état nutritionnel des femmes est un des déterminants de la mortalité maternelle et du bon déroulement des grossesses ainsi que de leur issue. Il influence aussi la morbidité et la mortalité des jeunes enfants. Plusieurs indices peuvent être utilisés pour mesurer l’état nutritionnel des mères (Krasovec et Anderson, 1991). Dans le cadre de l’EDSB-II, on a collecté des données sur le poids et la taille des femmes ayant des enfants âgés de moins de cinq ans. Le même équipement utilisé pour la prise des mesures du poids et de la taille des enfants a été utilisé pour les femmes. La toise utilisée pour la mesure de la taille était équipée d’une extension capable de mesurer les adultes, tandis qu’un pèse-personne digital d’une précision de ± 100 grammes était utilisé pour obtenir le poids des femmes et des enfants. Le tableau 10.14 donne la répartition, la moyenne et l’écart-type de trois indices anthropo- métriques concernant les femmes : il s’agit de la taille, du poids et de l’indice de masse corporelle (IMC). Ce dernier indice est calculé à partir de la taille et du poids. Bien que la taille puisse varier dans les populations à cause de facteurs génétiques, il existe une association entre la taille et le statut socio-économique. En outre, d’un point de vue anatomique, la largeur du bassin est fonction de la taille des femmes : les femmes de petites taille sont donc plus susceptibles d’avoir des complications pendant la grossesse et surtout pendant l’accouchement. Elles sont aussi plus susceptibles de concevoir des enfants de faible poids. Bien que la taille critique en-deçà de laquelle une femme peut être considérée à risque varie selon les populations, on admet généralement que cette taille se situe entre 140 et 150 centimètres. Les résultats du tableau 10.14 montrent que la taille des femmes béninoises âgées de 15-49 ans se situe nettement au-dessus de l’intervalle mentionné : elle est, en moyenne, de 158,1 centimètres. Seulement 1,4 % des femmes ont une taille inférieure à 145 centimètres. Le faible poids des femmes est un facteur de risque important pour le déroulement et l’issue de la grossesse. Cependant, le poids étant très variable selon la taille, il est préférable de s’intéresser à un indice tenant compte de cette relation. L’Indice de Masse Corporelle (IMC) ou encore indice de Quételet est le plus souvent utilisé pour exprimer la relation poids/taille : il permet de mettre en évidence le manque ou l’excès de poids en contrôlant la taille et, en outre, il présente l’avantage de ne pas nécessiter l’utilisation de tables de référence comme c’est le cas pour le poids-pour-taille. L’IMC est calculé en divisant le poids en kilos par le carré de la taille en mètres (kg/m2). Pour indiquer une déficience énergétique chronique, on utilise généralement comme seuil la valeur 18,5. À l’opposé, pour indiquer un surpoids, le seuil retenu est de 25 ou plus. La valeur moyenne de l’IMC chez les femmes de 15-49 ans non enceintes est de 22,4 (tableau 10.14) ; 11 % des femmes ont un indice se situant en-deçà du seuil critique et présentent donc une déficience énergétique chronique. Par contre, 19 % des femmes ont un indice très élevé (25 ou plus) et entrent sans équivoque dans la catégorie des surpoids ; parmi ces femmes, 6 % sont considérées obèses (IMC supérieur ou égal à 30). Le tableau 10.14 présente également les tailles moyennes et les pourcentages de femmes dont la taille est inférieure à 145 centimètres, les IMC moyens et les pourcentages de femmes dont l’IMC est inférieur à 18,5, selon certaines caractéristiques socio-démographiques. La taille moyenne varie peu selon l’âge des femmes (156,7 cm chez les femmes de 15-19 contre 159,1 chez celles de 30-34 ans). De même, l’IMC moyen varie peu selon l’age des femmes (20,9 chez les femmes de 15-19 ans contre 23,6 chez celles de 30 ans ou plus). Au niveau du milieu de résidence, on note que les femmes du milieu urbain ont une taille un peu plus élevée (158,8 cm) que celle des femmes du milieu rural (157,7 cm). Elles ont également un IMC plus élevé (23,4 contre 21,7 en milieu rural). Au niveau régional, ce sont les femmes du Borgou et de Cotonou 180 | Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères qui ont la taille moyenne la plus élevée (respectivement 159,4 cm et 159,1 contre 156,5 cm dans le Zou). La ville de Cotonou détient l’IMC le plus élevé (24,3 contre moins de 23 dans les autres départements). Selon le niveau d’instruction, les femmes ayant le niveau d’instruction secondaire ou plus ont une taille plus élevée (160,0 cm) que les femmes sans instruction ou ayant uniquement le niveau d’instruction primaire (respectivement 157,6 cm et 158,5 cm). De même, leur IMC est plus élevé (23,9 contre respectivement 21,8 et 23,1). Tableau 10.14 État nutritionnel des femmes par caractéristiques socio-démographiques Pour les femmes de 15-49 ans, taille moyenne et pourcentages de celles dont la taille est inférieure à 145 centimètres, Indice de Masse Corporelle (IMC) moyen et pourcentages de celles qui sont maigres, obèses ou ayant un surpoids, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Indice de Masse Corporelle (kg/m2)1 Taille Normal Mince Surpoids/Obèse Caractéristique socio-démographique Taille moyenne en cm Pourcen- tage en dessous de 145 cm Effectif IMC moyen 18,5- 24,9 (normal) <18,5 (maigre) 17,0- 18,4 (légère- ment maigre) 16,0- 16,9 (modéré- ment maigre) <16,0 (sévère- ment maigre) >=25,0 (surpoids/ obèse) 25,0- 29,9 (surpoids) >=30,0 (obèse) Effectif de femmes Âge 15-19 156,7 2,7 1 218 20,9 77,7 15,8 10,2 3,3 2,3 6,6 5,9 0,6 1 113 20-24 157,7 1,3 1 203 21,7 76,2 11,0 9,0 1,8 0,2 12,7 11,2 1,6 964 25-29 158,6 0,9 1 162 22,2 73,8 10,4 9,2 1,0 0,2 15,8 10,9 4,9 928 30-34 159,1 1,0 861 23,3 68,5 6,5 4,7 1,0 0,9 24,9 15,6 9,4 726 35-39 158,6 0,9 741 23,6 61,8 8,8 6,6 1,8 0,4 29,4 17,9 11,5 652 40-44 158,8 0,5 542 23,7 58,7 9,2 6,9 1,3 0,9 32,1 20,3 11,7 507 45-49 158,8 3,0 440 23,7 58,5 9,6 7,1 1,1 1,4 31,9 18,7 13,2 429 Milieu de résidence Ensemble urbain 158,8 1,0 2 501 23,4 63,2 9,1 6,9 1,5 0,7 27,7 17,1 10,7 2 237 Cotonou 159,1 1,1 891 24,3 61,5 4,7 4,0 0,5 0,1 33,9 19,0 14,8 807 Autres villes 158,7 1,0 1 610 22,9 64,1 11,6 8,5 2,0 1,0 24,3 16,0 8,3 1 430 Rural 157,7 1,7 3 665 21,7 75,3 11,9 8,9 2,0 1,1 12,8 9,9 2,8 3 083 Département Atacora 158,3 1,7 690 21,1 76,2 15,0 10,6 3,0 1,4 8,7 7,3 1,4 587 Ensemble Atlantique 158,9 1,2 1 473 23,6 64,5 7,0 5,5 0,9 0,6 28,6 17,1 11,4 1 311 Atlantique 158,6 1,5 581 22,5 69,3 10,6 7,8 1,4 1,4 20,1 14,2 5,9 504 Cotonou 159,1 1,1 891 24,3 61,5 4,7 4,0 0,5 0,1 33,9 19,0 14,8 807 Borgou 159,4 0,4 987 22,2 71,0 11,8 8,2 2,3 1,3 17,2 12,6 4,6 835 Mono 157,2 2,2 715 21,8 77,0 10,5 9,0 1,3 0,3 12,5 9,1 3,4 606 Ouémé 158,2 1,1 1 099 22,7 66,4 11,6 8,8 1,3 1,5 22,0 14,7 7,3 950 Zou 156,5 2,3 1 203 22,0 72,8 11,6 8,6 2,4 0,6 15,6 11,6 3,9 1 032 Niveau d’instruction Aucun 157,6 1,7 3 952 21,8 74,8 11,6 8,8 1,9 0,9 13,6 10,1 3,5 3 333 Primaire 158,5 1,2 1 358 23,1 64,5 10,1 7,6 1,6 0,8 25,4 16,7 8,7 1 181 Secondaire ou plus 160,0 0,6 856 23,9 59,3 8,1 5,5 1,4 1,1 32,6 19,3 13,3 806 Ensemble 158,1 1,4 6 167 22,4 70,2 10,7 8,1 1,8 0,9 19,1 12,9 6,1 5 320 1 Sont exclues les femmes enceintes et les femmes ayant eu un enfant dans les deux mois précédant l’enquête Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères | 181 10.5 TENDANCES DE LA MALNUTRITION DES ENFANTS Lors de l’EDSB-I de 1996, les informations sur la malnutrition ont concerné uniquement les enfants de moins de trois ans. Pour comparer les indicateurs de l’EDSB-I à ceux de l’EDSB-II 2001 qui concernent les enfants de moins cinq ans (comme présentés dans les tableaux précédents), nous avons recalculé les indicateurs de malnutrition pour uniquement les enfants de moins de trois ans. Le tableau 10.15 fournit, à partir de l’EDSB-II de 2001, pour les enfants de moins de trois ans, les indicateurs de retard de croissance, d’émaciation et d’insuffisance pondérale. Au graphique 10.4 figurent les indicateurs de malnutrition chez les enfants de moins de trois ans selon les deux enquêtes. Tableau 10.15 Malnutrition chez les enfants de moins de trois ans Pourcentage des enfants de moins de trois ans qui souffrent d’une sous-nutrition sévère ou modérée, selon le milieu de résidence et le département, Bénin 2001 Milieu de résidence Département Indicateurs Urbain Rural Atacora Ensemble Atlantique Atlantique Cotonou Borgou Mono Ouémé Zou Ensemble Taille-pour-age: -3 ET 7,1 10,5 10,8 8,0 10,2 5,4 15,2 6,8 6,4 9,5 9,4 Taille-pour-age: -2 ET 22,7 28,8 27,5 25,6 30,3 19,9 35,2 26,7 22,9 25,0 26,8 Poids-pour-taille: -3 ET 1,8 2,4 3,3 1,2 1,9 0,4 2,8 0,9 2,3 2,6 2,2 Poids-pour-taille: -2 ET 9,3 10,5 13,8 7,0 7,6 6,2 15,8 6,0 9,4 9,8 10,1 Poids-pour-age: -3 ET 4,6 6,8 8,1 4,2 5,9 2,1 10,1 3,7 4,4 6,4 6,1 Poids-pour-age: -2 ET 19,1 26,1 29,7 18,1 22,1 13,3 31,6 21,0 20,2 24,4 23,8 Effectif des enfants 869 1 813 352 541 294 246 413 314 460 603 2 682 Graphique 10.4 État nutritionnel des enfants de moins de trois ans EDSB-I 1996 et EDSB-II 2001 Bénin 2001 25 27 14 10 29 24������������������ ������������������ ������������������ ������������������ ������������������ ������������������ ������������������ ������������������ ������������������ ������������������ ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� ����������������� 1996 2001 1996 2001 1996 2001 0 5 10 15 20 25 30 35 Pourcentage Poids-pour-âgeTaille-pour-âge Poids-pour-taille 182 | Allaitement et état nutritionnel des enfants et des mères Comme l’indique le graphique 10.4, entre 1996 et 2001, les niveaux d’insuffisance pondérale et d’émaciation semblent avoir baissé (en passant respectivement de 29 % à 24 %, et de 14 % à 10 %). Par contre, le retard de croissance semble avoir accru en passant de 25 % à 27 %. Si la réduction de l’insuffisance pondérale concerne tous les départements, en particulier l’Ouémé (28 % contre 20 %), l’accroissement du retard de croissance concerne plutôt les départements du Borgou (24 % contre 35 %) et du Zou (22 % contre 25 %). Dans l’Atacora, on observe, par contre, un recul du retard de croissance (34 % contre 28 %), et dans le Mono et l’Ouémé, les niveaux de retard de croissance n’ont presque pas changé. Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida | 183 INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES ET VIH/SIDA 11 Léopoldine de Souza Martin H. Laourou Gora Mboup Justin Y. Tossou Depuis près d’une décennie, la lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST) et le sida est l’un des volets prioritaires de la politique sanitaire du Bénin. Les IST et le sida font actuellement partie des pathologies principales au Bénin. Toutefois, les mesures prises dans le cadre du Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS) et la mise au point d’algorithmes pour le traitement et la prévention des IST n’ont pas encore permis de contrôler leur évolution. L’impact des IST sur l’évolution de l’infection par le VIH a conduit le Bénin à réviser, il y a environ un an, l’approche de la prise en charge de ces infections. La diversité des informations recueillies sur ces affections au cours de l’EDSB-II contribuera à cibler davantage les interventions futures pour la lutte contre la propagation de ces maladies. Les informations ainsi collectées concernent : • la connaissance du sida ; • la connaissance des moyens de prévention contre le sida ; • la connaissance, la prévalence et le traitement des IST. 11.1 CONNAISSANCE ET ATTITUDE FACE AU SIDA 11.1.1 Connaissance du VIH/sida Le tableau 11.1 présente le pourcentage de femmes et d’hommes qui ont entendu parler du sida et le pourcentage de ceux qui pensent qu’il y a un moyen de l’éviter. Ce tableau indique qu’au Bénin, la connaissance du sida est quasi universelle tant chez les femmes que chez les hommes : 96 % des femmes et 98 % des hommes ont déjà entendu parler du sida. Cependant, la proportion de femmes qui pensent qu’il existe un moyen d’éviter le VIH/sida est encore faible (57 %), et elle est beaucoup plus faible que celle des hommes (80 %). Chez les femmes comme chez les hommes, la connaissance du VIH/sida est très répandue, quelle que soit la caractéristique socio-démographique considérée. Ce constat montre, entre autres, que les efforts qui ont été fournis dans le département du Borgou semblent avoir porté leurs fruits puisqu’il y a cinq ans, au moment de l’EDSB-I, le niveau de connaissance dans ce département était relativement faible, comparé aux autres départements (le niveau de connaissance était supérieur à 75 % dans tous les autres départements tandis qu’il n’était que de 55 % dans le Borgou). Cependant, chez les femmes, on note une variation assez importante du niveau de connaissance des moyens de prévention du sida par caractéristique socio-démographique. C’est dans la ville de Cotonou que l’on trouve la plus forte proportion de femmes ayant déclaré connaître au moins un moyen de protection contre le sida (67 % contre 61 % dans les autres villes, et 53 % en milieu rural). Au niveau départemental, cette proportion atteint son maximum dans le département du Mono (72 % contre 32 % dans le Borgou et 47 % dans l’Atacora). Dans l’Ouémé et le Zou, cette proportion est estimée respectivement à 56 % et 65 %. Au niveau des hommes, on observe les mêmes variations dans la connaissance des moyens de prévention du VIH/sida. 184 | Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida Tableau 11.1 Connaissance du sida Pourcentage des femmes et des hommes qui ont entendu parler du VIH/sida et de ceux qui pensent qu’il y a un moyen d’éviter le VIH/sida, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique A entendu parler du VIH/sida Pense qu’il existe un moyen d’éviter VIH/sida Effectif des femmes A entendu parler du VIH/sida Pense qu’il existe un moyen d’éviter VIH/sida Effectif des hommes Âge 15-19 94,5 54,1 1 233 96,2 75,4 496 20-24 95,2 57,5 1 215 98,0 84,2 409 25-29 96,3 59,4 1 170 98,3 86,0 439 30-39 96,1 59,4 1 611 98,4 83,4 660 40-49 95,3 54,9 990 97,3 76,9 461 50-64 na na na 98,4 73,1 244 Statut matrimonial Célibataire 96,1 60,1 1 351 96,6 79,0 1 001 A déjà eu des rapports sexuels 98,1 70,5 740 98,7 85,0 700 N’a jamais eu de rapports sexuels 93,6 47,4 611 91,8 65,2 301 En union 95,3 56,2 4 563 98,5 81,6 1 607 Divorcé(e)/séparé(e)/veuf(ve ) 96,1 60,1 306 97,3 76,1 101 Milieu de résidence Ensemble urbain 97,3 63,2 2 529 98,9 86,3 1 126 Cotonou 99,2 66,6 912 100,0 92,4 437 Autres villes 96,3 61,3 1 617 98,2 82,5 689 Rural 94,3 53,1 3 690 96,9 76,2 1 583 Département Atacora 92,0 31,7 694 91,8 71,4 333 Ensemble Atlantique 99,3 64,0 1 501 99,4 88,6 693 Atlantique 99,5 60,1 589 98,4 82,2 257 Cotonou 99,2 66,6 912 100,0 92,4 437 Borgou 86,8 47,2 995 98,0 84,3 440 Mono 99,4 71,5 717 100,0 80,4 280 Ouémé 96,7 56,0 1 106 97,2 72,2 449 Zou 96,6 64,5 1 205 98,4 79,3 513 Niveau d’instruction Aucun niveau 93,8 48,7 3 984 96,5 71,3 1 081 Primaire 97,7 62,6 1 371 97,7 79,6 869 Secondaire ou plus 99,8 88,1 864 99,6 94,4 759 Ensemble 95,5 57,2 6 219 97,7 80,4 2 709 na = Non applicable Le tableau 11.2 présente le pourcentage de femmes et d’hommes qui connaissent différents moyens d’éviter de contracter le VIH/sida. Les moyens les plus fréquemment cités par les femmes sont, par ordre d’importance, la limitation du nombre de partenaires sexuels (40 %), l’utilisation du condom (36 %) et le fait d’éviter de se raser avec une lame ou un rasoir (14 %). Il est encourageant de constater que l’utilisation du condom pour éviter de contracter le sida est un moyen de plus en plus mentionné par Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida | 185 les femmes. En effet, la proportion de femmes ayant cité ce moyen est plus élevé actuellement qu’en 1996 (36 % contre 30 %). Les autres moyens permettant d’éviter de contracter le sida sont très peu connus des femmes au Bénin. Le tableau 11.2 indique qu’une proportion non négligeable de femmes connaissent le sida, mais ignorent les moyens d’éviter de le contracter (16 %). On note, par ailleurs, que la proportion d’hommes qui ont pu citer spontanément un moyen d’éviter le sida est plus élevée que celle des femmes (80 % contre 57 %). Cependant, on constate que les trois moyens de protection les plus cités par les femmes aussi sont les plus cités par les hommes, sauf qu’ici le condom vient en tête (57 % contre 46 % et 22 % respectivement pour la limitation du nombre de partenaires et le fait d’éviter de se raser avec une lame ou un rasoir). Par rapport à 1996, on constate également une augmentation sensible de la proportion de femmes qui ont cité le condom (57 % contre 39 %). Les tableaux 11.3.1 et 11.3.2 présentent la répartition en pourcentage des femmes et des hommes selon leur connaissance des moyens importants, d’un point de vue programmatique (Mboup et Tossou, 1997), qui permettent d’éviter de contracter le VIH/sida (l’utilisation du condom, la limitation du nombre de partenaires et l’abstinence), ainsi que les proportions de enquêtés connaissant certains moyens spécifiques d’éviter de contracter le VIH/sida selon certaines caractéristiques socio-démographiques. Plus de la moitié des femmes (54 %) connaissent deux ou trois moyens importants d’éviter de contracter le sida ; parmi les moyens spécifiques cités, on constate que 54 % ont cité la limitation des partenaires, 50 % l’utilisation du condom et 44 % l’abstinence. Cependant, plus de deux femmes sur cinq (43 %) ont déclaré ne connaître aucun de ces moyens. Tableau 11.2 Connaissance des moyens d’éviter de contracter le VIH/sida Pourcentage de femmes et d’hommes connaissant le sida qui connaissent différents moyens d’éviter de contracter le VIH/sida, Bénin 2001 Moyens d’éviter le VIH/sida Pourcentage de femmes Pourcentage d’hommes Ne connaît pas le sida ou ne sait pas s’il peut être évité 26,6 10,8 Pense qu’il n’existe aucun moyen d’éviter le VIH/sida 16,1 8,7 Ne connaît pas un moyen spécifique1 0,3 0,2 Abstinence sexuelle 3,6 7,5 Utiliser des condoms 36,4 57,1 Avoir un seul partenaire sexuel/rester fidèle à un seul partenaire 10,0 11,2 Limiter le nombre de partenaires sexuels 39,7 46,1 Éviter rapport sexuel avec les prostituées 8,2 9,2 Éviter rapport sexuel avec des personnes ayant plusieurs partenaires 1,6 1,3 Éviter rapport sexuel avec les homosexuels 0,2 0,1 Éviter rapport sexuel avec les personnes qui s’injectent 0,5 0,4 Éviter les transfusions sanguines 2,0 4,0 Éviter les injections 4,4 5,2 Éviter de se raser avec une lame ou une rasoir 13,9 21,6 Éviter de s’embrasser 0,2 0,3 Éviter les piqûres de moustiques 0,8 0,3 Chercher la protection chez les guérisseurs traditionnels 0,1 0,2 Autre 1,8 1,9 Effectif des enquêtés 6 219 2 709 1 Pense qu’il existe un moyen d’éviter le VIH/sida, mais ne peut citer spontanément aucun moyen 186 | Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida Tableau 11.3.1 Connaissance par les femmes de moyens importants (d’un point de vue programmatique) d’éviter de contracter le VIH/sida Répartition (en %) de l’ensemble des femmes selon leur connaissance des trois moyens importants (d’un point de vue programmatique) d’éviter de contracter le VIH/sida, et pourcentage de celles qui connaissent certains moyens spécifiques d’éviter de contracter le VIH/sida, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Principaux moyens programmatiques d’éviter le VIH/sida Moyens spécifiques d’éviter le VIH/sida Caractéristique socio-démographique Aucun1 Un moyen Deux ou trois moyens Total Utiliser le condom Limiter le nombre de partenaires2 Abstinence Effectif des enquêtés Âge 15-19 46,1 3,6 50,3 100,0 47,6 49,2 41,1 1 233 20-24 42,8 2,5 54,7 100,0 52,8 54,8 43,2 1 215 25-29 40,7 3,7 55,5 100,0 52,9 56,4 46,0 1 170 30-39 40,7 2,9 56,3 100,0 51,0 57,8 46,7 1 611 40-49 45,3 3,7 51,0 100,0 46,2 52,0 42,6 990 Statut matrimonial Célibataire 40,3 4,3 55,5 100,0 52,9 54,0 42,1 1 351 A déjà eu des rapports sexuels 30,0 5,3 64,7 100,0 63,7 63,5 46,1 740 N’a jamais eu de rapports sexuels 52,6 3,0 44,4 100,0 39,8 42,5 37,2 611 En union 43,9 2,9 53,1 100,0 49,3 54,1 44,8 4 563 Divorcée/séparée/ veuve 40,2 2,7 57,1 100,0 53,2 58,4 44,5 306 Milieu de résidence Ensemble urbain 37,0 5,0 57,9 100,0 56,2 58,8 44,9 2 529 Cotonou 34,0 7,3 58,6 100,0 57,5 60,6 40,6 912 Autres villes 38,7 3,8 57,5 100,0 55,4 57,7 47,3 1 617 Rural 47,0 2,0 51,0 100,0 46,2 51,3 43,7 3 690 Département Atacora 68,3 0,5 31,1 100,0 25,9 30,5 28,3 694 Ensemble Atlantique 36,3 5,4 58,2 100,0 55,6 59,7 43,9 1 501 Atlantique 39,9 2,5 57,5 100,0 52,7 58,3 49,0 589 Cotonou 34,0 7,3 58,6 100,0 57,5 60,6 40,6 912 Borgou 53,1 2,5 44,3 100,0 40,5 45,4 37,5 995 Mono 28,6 3,8 67,6 100,0 61,9 68,2 56,7 717 Ouémé 44,1 4,2 51,8 100,0 49,9 52,0 38,9 1 106 Zou 35,5 1,4 63,0 100,0 59,1 62,6 56,5 1 205 Niveau d’instruction Aucun niveau 51,4 2,1 46,5 100,0 42,1 47,1 40,4 3 984 Primaire 37,6 4,1 58,3 100,0 55,0 58,4 46,7 1 371 Secondaire ou plus 12,2 7,3 80,6 100,0 80,6 81,0 57,2 864 Ensemble 42,9 3,2 53,8 100,0 50,3 54,3 44,2 6 219 Note : Les moyens importants du point de vue programmatique sont l’abstinence sexuelle, l’utilisation du condom, et la limitation du nombre de partenaires. L’abstinence sexuelle est mesurée seulement à partir d’une réponse spontanée, alors que l’utilisation du condom et la limitation du nombre de partenaires sont mesurées à partir d’une réponse spontanée et d’une réponse après avoir insisté. 1 Il s’agit de celles qui n’ont pas entendu parler du VIH/sida ou ne connaissent aucun des trois moyens programmatiques d’éviter le VIH/sida. 2 Il s’agit de la limitation du nombre de partenaires sexuels et de la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire/la fidélité à un seul partenaire. Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida | 187 Tableau 11.3.2 Connaissance des hommes de moyens spécifiques d’éviter de contracter le VIH/sida Répartition (en %) de l’ensemble des hommes selon leur connaissance de moyens corrects d’éviter de contracter le VIH/sida, et pourcentage de ceux qui connaissent certains moyens spécifiques d’éviter de contracter le VIH/sida, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Principaux moyens programmatiques d’éviter le VIH/sida Moyens spécifiques d’éviter le VIH/sida Caractéristique socio-démographique Aucun1 Un moyen Deux ou trois moyens Total Utiliser les condoms Limiter le nombre de partenaires2 Abstinence Effectif des enquêtés Âge 15-19 24,7 11,0 64,2 100,0 67,9 63,4 41,2 496 20-24 15,7 14,1 69,9 100,0 75,1 71,4 44,2 409 25-29 14,3 14,0 71,8 100,0 73,8 77,0 39,4 439 30-39 16,8 10,8 72,3 100,0 70,6 77,0 42,7 660 40-49 23,2 17,4 59,4 100,0 58,0 69,3 39,4 461 50-64 27,4 16,8 55,8 100,0 52,3 67,5 32,5 244 Statut matrimonial Célibataire 21,1 13,4 65,4 100,0 69,6 65,8 41,7 1 001 A déjà eu des rapports sexuels 15,2 13,8 71,0 100,0 76,0 71,1 44,8 700 N’a jamais eu de rapports sexuels 35,0 12,5 52,2 100,0 54,6 53,5 34,5 301 En union 18,5 13,2 68,2 100,0 66,6 75,8 40,4 1 607 Divorcé/séparé/veuf 24,7 19,1 56,2 100,0 61,4 60,2 33,5 101 Milieu de résidence Ensemble urbain 13,8 15,3 70,7 100,0 71,9 76,3 40,1 1 126 Cotonou 7,9 23,2 69,0 100,0 71,4 79,2 31,3 437 Autres villes 17,6 10,4 71,8 100,0 72,3 74,4 45,7 689 Rural 23,9 12,2 63,8 100,0 64,3 68,1 41,0 1 583 Département Atacora 28,6 7,2 64,0 100,0 60,1 67,0 48,0 333 Ensemble Atlantique 11,6 20,0 68,3 100,0 68,8 76,3 38,9 693 Atlantique 17,8 14,7 67,2 100,0 64,3 71,4 51,8 257 Cotonou 7,9 23,2 69,0 100,0 71,4 79,2 31,3 437 Borgou 15,9 8,3 75,7 100,0 77,1 76,6 53,9 440 Mono 19,6 6,8 73,6 100,0 72,6 77,3 53,4 280 Ouémé 28,1 15,1 56,6 100,0 55,8 63,0 29,2 449 Zou 21,0 15,4 63,6 100,0 69,8 67,7 29,9 513 Niveau d’instruction Aucun niveau 28,7 11,6 59,6 100,0 58,4 65,1 41,7 1 081 Primaire 20,8 15,4 63,9 100,0 65,5 70,9 35,2 869 Secondaire ou plus 5,7 14,1 80,0 100,0 82,8 81,3 45,3 759 Ensemble 19,7 13,5 66,7 100,0 67,5 71,5 40,6 2 709 Note : Les moyens importants du point de vue programmatique sont l’abstinence sexuelle, l’utilisation du condom, et la limitation du nombre de partenaires. L’abstinence sexuelle est mesurée seulement à partir d’une réponse spontanée, alors que l’utilisation du condom et la limitation du nombre de partenaires sont mesurées à partir d’une réponse spontanée et d’une réponse après avoir insisté. 1 Il s’agit de ceux qui n’ont pas entendu parler du sida ou ne connaissent aucun des trois moyens programmatiques d’éviter le VIH/sida. 2 Il s’agit de la limitation du nombre de partenaires sexuels et de la limitation des rapports sexuels à un seul partenaire/la fidélité à un seul partenaire. 188 | Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida La connaissance de deux ou trois moyens varie peu selon le milieu de résidence. Autrement dit, la connaissance de plusieurs moyens pour éviter de contracter le sida s’observe tant en milieu urbain qu’en milieu rural. Chez les femmes, le niveau de connaissance le plus élevé s’observe à Cotonou, suivi par les autres villes (respectivement 59 % et 58 % contre 51 % en milieu rural). D’après les statistiques publiées par le PNLS, c’est le département du Mono qui est l’un des plus touchés par la pandémie du sida. C’est dans ce département que les femmes (68 %) ont été proportion- nellement les plus nombreuses à citer deux à trois moyens d’éviter de contracter le sida, et c’est également dans le Mono que l’on observe le pourcentage le plus élevé de femmes (62 %) qui ont cité spécifiquement le condom. À l’opposé, c’est dans le département de l’Atacora que l’on constate la plus faible proportion de femmes (31 %) qui ont pu citer deux à trois moyens importants qui permettent d’éviter de contracter le sida ; ce département se caractérise aussi par la plus faible proportion de femmes qui ont cité spécifiquement le condom comme moyen de protection contre le sida (26 %). On note également que la connaissance d’au moins deux moyens de prévention du sida varie beaucoup selon le niveau d’instruction des femmes : de 47 % chez celles qui n’ont aucun niveau, elle est passée à 81 % chez celles qui ont un niveau secondaire et plus. Chez les hommes, comme l’indiquent les données du tableau 11.3.2, la proportion de ceux qui ne connaissent aucun moyen est nettement plus faible que chez les femmes (20 % contre 43 %). On observe également que chez les hommes, la proportion de ceux qui ont cité deux à trois moyens d’éviter de contracter le sida est beaucoup plus importante que celle des femmes (67 % contre 54 %). Les moyens les plus cités par les hommes sont les mêmes que ceux cités par les femmes, soit par ordre d’importance, la limitation du nombre de partenaires, l’utilisation du condom et l’abstinence (respectivement, 72 %, 68 % et 41 %). 11.1.2 Perception des aspects sociaux liés au VIH/sida Le tableau 11.4 présente les opinions des femmes et des hommes sur les personnes susceptibles d’être atteintes du VIH/sida, les moyens de contracter le virus et la connaissance personnelle d’une personne porteuse du VIH/sida. Au tableau 11.4, on note qu’environ une femme sur deux (56 %) a déclaré qu’une personne apparemment en bonne santé peut porter le virus du sida. Si les variations selon l’âge sont faibles, on relève par contre des écarts non négligeables selon le département. C’est ainsi que dans l’Atacora, seulement une femme sur quatre, soit 24 %, a déclaré qu’une personne apparemment en bonne santé peut porter le virus, contre sept femmes sur dix (70 %) dans l’Atlantique. Les femmes ayant le niveau secondaire ou plus ont fait la même déclaration dans 83 % des cas. Chez les hommes, on retrouve les mêmes tendances avec cependant des proportions nettement plus élevées, soit 68 % dans l’ensemble qui ont déclaré qu’une personne apparemment en bonne santé peut être atteinte du sida. S’agissant de la transmission de la mère à l’enfant, les femmes ont déclaré que le VIH peut se contracter pendant l’accouchement (dans 65 % des cas), pendant la grossesse (dans 72 % des cas) ou par l’allaitement au sein (dans 68 % des cas). On relève des écarts non négligeables selon le niveau d’instruction et le département de résidence. Les proportions les plus élevées sont observées chez les femmes ayant le niveau secondaire ou plus (respectivement 80 %, 88 % et 75 % contre respectivement 60 %, 68 % et 65 % chez les femmes sans instruction) et chez les femmes du Mono (respectivement 78 %, 79 % et 79 %), tandis que les proportions les plus faibles sont celles de l’Atacora (respectivement 43 %, 49 % et 43 %) et du Borgou (respectivement 37 %, 51 % et 44 %). Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida | 189 Tableau 11.4 Perception des problèmes reliés au VIH/sida Répartition (en %) des femmes et des hommes qui ont donné leur opinion sur différents problèmes reliés au VIH/sida, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Croit que le VIH/sida peut être transmis de la mère à l’enfant Caractéristique socio-démographique Une personne qui paraît en bonne santé peut avoir le sida Pendant l’accouchement Pendant la grossesse Durant l’allaitement maternel Connaît une per- sonne ayant le VIH/ sida ou morte du sida Effectif des enquêtés FEMMES Âge 15-19 53,1 54,4 63,5 59,5 22,1 1 233 20-24 59,4 65,7 72,5 69,2 26,8 1 215 25-29 58,9 68,7 77,2 72,5 24,5 1 170 30-39 57,2 68,8 75,7 70,5 25,2 1 611 40-49 51,2 66,8 72,4 68,2 23,8 990 Statut matrimonial Célibataire 60,7 60,8 69,7 63,9 24,8 1 351 A déjà eu des rapports sexuels 69,6 67,6 76,6 69,8 29,7 740 N’a jamais eu de rapports sexuels 49,8 52,6 61,3 56,8 18,9 611 En union 54,6 65,8 72,8 68,9 24,2 4 563 Divorcée/séparée/veuve 59,5 71,8 79,8 74,0 28,9 306 Milieu de résidence Ensemble urbain 63,7 69,0 77,6 70,4 26,2 2 529 Cotonou 73,7 76,3 84,1 77,2 31,3 912 Autres villes 58,1 64,8 73,9 66,6 23,3 1 617 Rural 50,9 62,3 68,9 66,4 23,4 3 690 Département Atacora 24,2 43,4 48,6 43,4 14,6 694 Ensemble Atlantique 72,2 76,8 85,1 78,9 29,7 1 501 Atlantique 70,0 77,5 86,6 81,5 27,3 589 Cotonou 73,7 76,3 84,1 77,2 31,3 912 Borgou 35,9 37,3 51,0 43,9 12,9 995 Mono 61,8 78,1 79,2 78,6 36,1 717 Ouémé 58,3 68,4 74,4 73,8 23,2 1 106 Zou 65,9 74,7 82,3 77,2 27,7 1 205 Niveau d’instruction Aucun niveau 48,4 60,4 67,5 64,9 21,0 3 984 Primaire 61,9 69,1 76,9 73,0 28,5 1 371 Secondaire ou plus 82,7 79,8 88,0 74,9 34,6 864 Ensemble 56,2 65,0 72,4 68,1 24,5 6 219 HOMMES Âge 15-19 67,8 50,9 65,6 53,7 22,2 496 20-24 70,1 61,1 71,7 59,6 24,6 409 25-29 71,1 61,8 70,3 63,3 29,1 439 30-39 69,6 58,0 68,0 58,8 30,4 660 40-49 65,3 58,0 69,7 61,5 30,2 461 50-64 59,4 62,3 65,5 63,2 24,6 244 Statut matrimonial Célibataire 69,4 56,0 68,2 55,2 25,2 1 001 A déjà eu des rapports sexuels 73,9 60,9 73,5 58,8 29,5 700 N’a jamais eu de rapports sexuels 58,9 44,4 55,6 47,0 15,2 301 En union 67,2 60,3 69,0 62,2 28,8 1 607 Divorcé/séparé/veuf 64,6 46,4 64,7 60,5 23,2 101 Milieu de résidence Ensemble urbain 77,1 58,7 71,3 56,0 29,3 1 126 Cotonou 92,6 57,3 74,2 50,8 38,7 437 Autres villes 67,2 59,6 69,4 59,2 23,4 689 Rural 61,4 57,8 66,6 62,1 25,8 1 583 Département Atacora 51,5 46,0 52,7 45,7 12,1 333 Ensemble Atlantique 86,8 60,3 76,0 59,4 35,1 693 Atlantique 76,9 65,5 79,0 74,0 29,1 257 Cotonou 92,6 57,3 74,2 50,8 38,7 437 Borgou 59,1 52,5 60,4 52,1 13,3 440 Mono 71,0 88,5 91,6 83,6 42,6 280 Ouémé 53,9 54,9 65,0 57,4 26,1 449 Zou 71,2 54,4 66,4 64,1 31,1 513 Niveau d’instruction Aucun niveau 56,1 52,2 59,6 57,2 20,1 1 081 Primaire 68,1 60,3 69,5 65,4 28,4 869 Secondaire ou plus 84,6 64,3 80,3 56,3 36,2 759 Ensemble 67,9 58,2 68,6 59,6 27,3 2 709 190 | Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida Chez les hommes, les proportions de ceux ayant déclaré que le VIH/sida peut se contracter pendant l’accouchement, pendant la grossesse ou par l’allaitement, sont dans l’ensemble moins élevées que celles observées chez les femmes (respectivement 58 %, 69 % et 60 % contre respectivement 65 %, 72 % et 68 %). Cependant, dans le Mono, on note d’importantes proportions d’hommes qui ont cité ces trois modes de transmission (respectivement 89 %, 92 % et 84 %). Au sujet de la connaissance personnelle d’une personne porteuse du VIH/sida, seulement 25 % des femmes ont répondu par l’affirmative, avec cependant des écarts importants selon le département. Les proportions les plus faibles sont observées dans les départements du Borgou et de l’Atacora, avec respectivement 13 % et 15 %, tandis que les proportions les plus élevées sont observées dans le Mono (36 %) et chez les femmes ayant le niveau secondaire et plus (35 %). Chez les hommes où la proportion de ceux qui connaissent est de 27 %, on retrouve les mêmes tendances que chez les femmes : en effet, 43 % des hommes du Mono ont déclaré connaître personnellement une personne porteuse du VIH/sida. Ce résultat est cohérent avec la situation du Mono qui est, selon des statistiques disponibles, le département où la prévalence du sida est la plus élevée. Par contre, les départements du nord, l’Atacora et le Borgou, sont relativement peu touchés par la pandémie du VIH/sida. 11.1.3 Discussions à propos du VIH/sida avec le partenaire Le tableau 11.5 fournit des informations sur les discussions à propos du VIH/sida au sein du couple. Il ressort de ce tableau que moins d’une femme sur trois, soit 29 %, ont déclaré avoir discuté de la prévention du VIH/sida avec leur partenaire. Celles qui en ont le moins discuté avec leur partenaire sont les femmes de 15-19 ans (17 %), celles du Borgou, de l’Atacora et du Zou (respectivement 18 %, 19 % et 22 %). Les femmes qui en ont le plus discuté avec leurs partenaires sont celles du département du Mono (52 %), ainsi que celles ayant le niveau d’instruction secondaire ou plus (65 %). Au niveau des hommes, 53 % ont déclaré avoir discuté du VIH/sida avec leur partenaire. Les hommes âgés de moins de 25 ans, les hommes de 50 ans ou plus et ceux du département de l’Atacora sont ceux qui en ont le moins discuté (respectivement 45 %, 41 % et 38 %). En revanche, les hommes du Mono (64 %) et du Zou (62 %) ainsi que ceux ayant le niveau secondaire ou plus (75 %) sont ceux qui en ont le plus discuté. 11.1.4 Discussions à propos du VIH/sida dans les média Le tableau 11.6 présente les proportions de femmes et d’hommes ayant déclaré qu’il était acceptable que des discussions au sujet du VIH/sida aient lieu à la radio, à la télévision et dans les journaux. La quasi-totalité des femmes, soit 98 %, trouvent les discussions au sujet du VIH/sida acceptables aussi bien à la radio et à la télévision que dans les journaux. On relève très peu de variations selon les principales caractéristiques socio-démographiques. Les tendances observées au niveau des hommes sont sensiblement identiques à celles qui prévalent chez les femmes, avec les mêmes proportions d’hommes favorables aux discussions à la radio, à la télévision et dans les journaux. 11.1.5 Attitudes vis-à-vis des personnes porteuses du virus Le tableau 11.7 fournit des informations sur les opinions des femmes et des hommes vis-à-vis de la séropositivité d’un parent malade, de la prise en charge d’un parent porteur du VIH/sida, de la possibilité d’exercer un emploi par les porteurs du virus et, enfin, de l’enseignement de l’utilisation du condom aux enfants. Au tableau 11.7, on note que moins d’une femme sur six (soit 16 %) a déclaré qu’elle approuvait le fait qu’une personne atteinte du sida garde son état secret. On relève peu de variations selon l’âge et le statut matrimonial de la femme. En revanche, les écarts entre les départements sont importants, allant d’un maximum de 26 % dans l’Atacora à un minimum de 7 % dans le Mono. Manifestement, les Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida | 191 Tableau 11.5 Discussion à propos du VIH/sida avec le partenaire Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union ou vivant avec un partenaire selon qu’ils ont discuté ou non des moyens de prévention du VIH/sida, avec leur époux/partenaire, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique A discuté des moyens de prévention du VIH/sida N’a jamais discuté de la prévention du VIH/sida NSP/ Manquant N’a jamais entendu parler du VIH/sida Total Effectif des enquêtés FEMMES Âge 15-19 17,0 74,0 0,4 8,7 100,0 287 20-24 27,9 66,8 0,2 5,1 100,0 867 25-29 31,3 64,2 0,7 3,8 100,0 1 069 30-39 32,8 62,9 0,3 4,0 100,0 1 491 40-49 26,1 68,7 0,2 5,0 100,0 848 Milieu de résidence Ensemble urbain 37,3 59,3 0,4 3,0 100,0 1 572 Cotonou 44,1 54,3 0,7 0,9 100,0 472 Autres villes 34,4 61,5 0,3 3,8 100,0 1 100 Rural 25,1 69,1 0,3 5,5 100,0 2 990 Département Atacora 18,8 73,7 0,2 7,4 100,0 585 Ensemble Atlantique 36,3 62,5 0,5 0,6 100,0 917 Atlantique 28,1 71,2 0,4 0,4 100,0 445 Cotonou 44,1 54,3 0,7 0,9 100,0 472 Borgou 18,1 66,9 0,8 14,3 100,0 798 Mono 51,5 48,0 0,0 0,5 100,0 535 Ouémé 34,7 62,2 0,3 2,9 100,0 769 Zou 21,6 75,7 0,2 2,5 100,0 958 Niveau d’instruction Aucun niveau 23,1 70,8 0,3 5,8 100,0 3 294 Primaire 36,6 60,5 0,8 2,2 100,0 883 Secondaire ou plus 65,2 34,0 0,3 0,5 100,0 385 Ensemble 29,3 65,7 0,4 4,6 100,0 4 563 HOMMES Âge 15-19 * * * * * 5 20-24 44,9 53,8 1,3 0,0 100,0 93 25-29 59,6 39,1 0,3 1,0 100,0 280 30-39 58,6 40,1 0,2 1,2 100,0 575 40-49 50,5 47,2 0,2 2,1 100,0 425 50-64 41,1 57,1 0,0 1,7 100,0 230 Milieu de résidence Ensemble urbain 56,8 42,3 0,2 0,7 100,0 598 Cotonou 64,9 35,1 0,0 0,0 100,0 193 Autres villes 53,0 45,6 0,3 1,1 100,0 405 Rural 51,0 47,0 0,3 1,8 100,0 1 010 Département Atacora 37,6 56,7 0,9 4,9 100,0 206 Ensemble Atlantique 58,6 40,9 0,2 0,2 100,0 339 Atlantique 50,3 48,6 0,6 0,6 100,0 146 Cotonou 64,9 35,1 0,0 0,0 100,0 193 Borgou 51,2 46,9 0,0 1,9 100,0 307 Mono 64,4 35,6 0,0 0,0 100,0 154 Ouémé 44,1 54,3 0,4 1,2 100,0 284 Zou 62,1 37,2 0,0 0,7 100,0 318 Niveau d’instruction Aucun niveau 42,7 54,6 0,2 2,5 100,0 781 Primaire 55,6 43,7 0,2 0,5 100,0 510 Secondaire ou plus 75,0 24,6 0,4 0,0 100,0 317 Ensemble 53,2 45,2 0,2 1,4 100,0 1 607 * Basé sur moins de 25 cas non pondérés 192 | Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida Tableau 11.6 Discussion à propos du VIH/sida dans les média Parmi les femmes et les hommes qui ont entendu parler du VIH/sida, pourcentage de celles/ceux qui pensent que les discussions à propos du VIH/sida dans les média sont acceptables, selon le type de média et le département, Bénin 2001 Discussion du VIH/sida est acceptable : Caractéristique socio-démographique À la radio À la télévision Dans les journaux Dans les affiches Dans les prospectus Dans les animations culturelles Dans les écoles Effectif des enquêtés FEMMES Département Atacora 91,8 91,5 91,5 91,5 91,5 91,3 91,1 639 Ensemble Atlantique 99,1 98,9 99,0 99,0 98,9 99,0 98,4 1 490 Atlantique 99,6 99,5 99,2 99,3 99,1 99,2 98,0 585 Cotonou 98,7 98,5 98,8 98,8 98,7 98,8 98,7 905 Borgou 96,1 96,0 96,1 95,7 96,0 96,1 96,2 864 Mono 98,1 98,1 98,1 98,1 98,1 98,1 97,7 713 Ouémé 99,3 99,3 99,3 99,3 99,3 99,4 99,4 1 070 Zou 99,8 99,7 99,7 99,7 99,7 99,8 98,9 1 164 Ensemble 97,9 97,8 97,8 97,8 97,8 97,9 97,5 5 940 HOMMES Département Atacora 93,5 92,9 92,3 91,7 92,3 92,6 90,8 306 Ensemble Atlantique 98,7 98,5 98,2 97,8 97,5 98,4 97,4 689 Atlantique 99,4 98,7 98,0 98,0 97,7 97,4 95,7 253 Cotonou 98,3 98,3 98,3 97,6 97,4 99,0 98,3 437 Borgou 98,0 97,3 97,7 97,3 97,7 97,5 97,0 431 Mono 99,7 99,7 99,7 99,7 99,7 99,7 99,7 280 Ouémé 98,3 98,3 97,8 97,8 97,8 97,7 95,2 437 Zou 99,5 99,5 99,3 99,1 99,1 99,1 99,1 505 Ensemble 98,2 97,9 97,7 97,4 97,5 97,7 96,8 2 648 Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida | 193 Tableau 11.7 Aspects sociaux de prévention et prise en charge du VIH/sida Parmi les femmes et les hommes qui ont entendu parler du sida, pourcentage de ceux qui ont donné des réponses spécifiques aux questions sur les différents aspects sociaux de prévention et de réduction du VIH/sida, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Une personne avec le VIH/sida devrait pouvoir garder son état secret Ne souhaite pas s’occuper d’un parent malade du VIH/sida Personne ayant le sida ne doit être autorisée à travailler On ne doit pas enseigner l’utilisation du condom aux enfants de 12-16 ans Effectif des enquêtés FEMMES Âge 15-19 17,1 51,4 71,2 25,2 1 165 20-24 15,3 51,6 73,4 20,7 1 157 25-29 15,5 55,1 75,1 21,1 1 127 30-39 14,8 53,9 74,5 22,7 1 548 40-49 15,3 48,5 72,2 18,7 943 Statut matrimonial Célibataire 17,6 48,1 67,0 26,4 1 297 A déjà eu des rapports sexuels 19,1 46,1 61,5 25,0 726 N’a jamais eu de rapports sexuels 15,8 50,7 74,0 28,2 572 En union 15,0 53,6 75,5 20,5 4 349 Divorcée/séparée/veuve 14,9 51,3 69,8 21,3 294 Milieu de résidence Ensemble urbain 17,8 50,0 67,3 24,7 2 461 Cotonou 22,6 46,1 63,0 35,5 905 Autres villes 15,0 52,3 69,8 18,4 1 556 Rural 13,9 53,9 77,7 19,8 3 479 Département Atacora 26,0 49,8 72,6 19,7 639 Ensemble Atlantique 17,9 49,5 65,4 32,4 1 490 Atlantique 10,6 54,7 69,1 27,5 585 Cotonou 22,6 46,1 63,0 35,5 905 Borgou 15,3 57,6 74,2 15,7 864 Mono 7,4 53,7 87,6 25,4 713 Ouémé 9,0 59,0 69,7 16,4 1 070 Zou 18,1 46,4 78,1 17,0 1 164 Niveau d’instruction Aucun niveau 13,6 55,4 78,5 20,6 3 738 Primaire 16,8 54,7 75,1 25,9 1 340 Secondaire ou plus 22,0 34,9 48,6 21,2 862 Ensemble 15,6 52,3 73,4 21,9 5 940 HOMMES Âge 15-19 19,7 48,0 59,5 25,2 477 20-24 22,1 43,3 57,5 23,3 401 25-29 19,8 49,8 60,5 22,6 431 30-39 21,0 47,1 61,7 27,5 649 40-49 20,1 46,9 60,1 30,8 449 50-64 17,5 46,3 58,5 36,2 241 Statut matrimonial Célibataire 22,7 44,2 55,4 24,2 967 A déjà eu des rapports sexuels 23,1 42,9 54,4 22,1 691 N’a jamais eu de rapports sexuels 21,5 47,2 58,0 29,6 276 En union 18,5 49,0 63,6 29,0 1 583 Divorcé/séparé/veuf 25,6 43,5 43,6 21,8 98 Milieu de résidence Ensemble urbain 25,5 44,1 46,5 24,8 1 114 Cotonou 36,3 37,5 29,6 17,2 437 Autres villes 18,6 48,4 57,4 29,7 677 Rural 16,5 49,1 69,6 28,6 1 534 Département Atacora 17,1 40,1 54,6 17,1 306 Ensemble Atlantique 32,2 45,5 37,7 21,6 689 Atlantique 25,2 59,3 51,6 29,4 253 Cotonou 36,3 37,5 29,6 17,2 437 Borgou 21,2 48,0 66,5 16,7 431 Mono 8,7 41,3 68,4 15,9 280 Ouémé 21,4 56,1 71,2 55,9 437 Zou 10,5 47,8 73,3 30,2 505 Niveau d’instruction Aucun niveau 14,5 51,6 70,7 26,7 1 043 Primaire 20,7 54,2 63,7 30,4 849 Secondaire ou plus 27,9 32,6 40,6 23,6 755 Ensemble 20,3 47,0 59,9 27,0 2 648 194 | Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida départements les plus touchés par la pandémie du VIH/sida sont ceux où les femmes approuvent le moins fréquemment que les personnes atteintes du sida gardent leur état secret. Chez les hommes, les tendances observées sont comparables à celles des femmes. Un homme sur cinq (soit 20 %) approuve le fait qu’une personne puisse ne pas divulguer son état. En ce qui concerne la prise en charge d’un parent porteur du virus, plus d’une femme sur deux, soit 52 %, ont déclaré ne pas vouloir s’occuper d’un parent malade du sida. Cette proportion est particulièrement importante chez les femmes sans instruction et les femmes n’ayant que le niveau d’instruction primaire (52 % en moyenne contre 35 % chez celles ayant le niveau d’instruction secondaire ou plus). Au niveau départemental, les femmes de l’Ouémé et du Borgou sont moins favorables à la prise en charge d’un parent séropositif (respectivement 59 % et 58 % contre 46 % dans le Zou et Cotonou). Au niveau du milieu de résidence on note que les femmes du milieu rural et des autres villes sont plus nombreuses à ne pas souhaiter s’occuper d’un parent séropositif (respectivement 54 % et 52 % contre 46 % à Cotonou). Les données du tableau 11.7 indiquent également que près des trois quarts des femmes (73 %) et six hommes sur dix (60 %) pensent que les personnes séropositives ne doivent être autorisées à travailler. Chez les femmes, cette proportion varie de 70 % dans le département de l’Ouémé à 88 % dans le Mono ; de 67 % en milieu urbain à 78 % en milieu rural ; et, enfin de 49 % chez les femmes ayant le niveau d’instruction secondaire ou plus à 79 % chez celles sans instruction. S’agissant de l’enseignement de l’utilisation du condom aux enfants, 22 % des femmes la jugent inacceptable, contre 27 % des hommes. Si la ville de Cotonou se démarque nettement avec une proportion de 36 % de femmes hostiles à l’idée d’enseigner l’utilisation du condom aux enfants, c’est plutôt le département de l’Ouémé qui paraît le moins favorable à cette idée au niveau des hommes (56 % contre 30 % dans le Zou ou moins de 20 % dans les autres départements). 11.1.6 Attitudes vis-à-vis du test de dépistage du VIH Les tableaux 11.8.1 et 11.8.2 présentent les proportions de femmes et d’hommes ayant déclaré avoir subi le test et les proportions de ceux n’ayant pas eu le test et qui désirent l’effectuer. Les résultats montrent que 5 % des femmes ont effectué le test de dépistage du VIH/sida. Les plus fortes proportions de femmes ayant déclaré avoir effectué un test de dépistage sont enregistrées en milieu urbain (10 % contre 2 % en milieu rural) en général, et dans la ville de Cotonou en particulier (16 %). Les femmes ayant le niveau d’instruction secondaire ou plus ont également déclaré en forte proportion avoir subi le test (17 % contre 6 % chez celles ayant le niveau d’instruction primaire et 2 % chez celles sans instruction). Malgré la forte prévalence relative du VIH/sida dans le département du Mono, on y relève l’une des plus faibles proportions de femmes ayant effectué un test de dépistage (2 % contre 5 % dans le Borgou et 16 % à Cotonou). S’agissant des hommes, on observe que 7 % d’entre eux ont déclaré avoir subi le test, avec des tendances similaires à celles des femmes (respectivement 11 % en milieu urbain, 18 % à Cotonou et 15 % pour les hommes ayant le niveau d’instruction secondaire et plus). Les résultats des tableau 11.8.1 et 11.8.2 indiquent, par ailleurs, que quelle que soit la caractéristique socio-démographique des personnes, on note une forte proportion de femmes et d’hommes qui désirent être testés (respectivement 64 % et 62 %). Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida | 195 Tableau 11.8.1 Dépistage du virus du VIH/sida chez les femmes Pourcentage des femmes qui ont fait le test du VIH/sida, répartition (en %) de celles qui n’ont pas fait le test du VIH/sida selon leur désir de faire le test, répartition (en %) de celles qui ont fait le test du VIH/sida et pourcentage de celles qui n’ont pas fait le test et qui connaissent un endroit pour faire le test, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 N’a pas subi le test du sida Caractéristique socio-démographique A subi le test du VIH/sida Désire être testée Ne veut pas être testée NSP/ Manquant1 Total Effectif de toutes les femmes N’a pas subi le test du sida mais connaît un endroit pour le test2 Effectif des enquêtées non testées2 Âge 15-19 2,6 62,5 26,4 8,5 100,0 1 233 14,4 1 133 20-24 6,6 64,4 21,5 7,6 100,0 1 215 16,6 1 077 25-29 5,9 66,7 20,2 7,2 100,0 1 170 17,1 1 057 30-39 5,9 63,7 21,6 8,8 100,0 1 611 16,1 1 454 40-49 4,3 59,5 26,4 9,9 100,0 990 11,3 901 Statut matrimonial Célibataire 5,0 60,0 27,8 7,3 100,0 1 351 20,1 1 230 A déjà eu des rapports sexuels 7,8 61,6 26,0 4,7 100,0 740 23,8 668 N’a jamais eu de rapports sexuels 1,6 58,0 29,9 10,5 100,0 611 15,7 562 En union 5,1 64,6 21,8 8,6 100,0 4 563 13,8 4 116 Divorcée/séparée/veuve 6,2 63,0 20,3 10,5 100,0 306 16,8 275 Milieu de résidence Ensemble urbain 9,9 57,5 26,1 6,5 100,0 2 529 23,2 2 212 Cotonou 15,8 41,2 36,9 6,1 100,0 912 27,6 761 Autres villes 6,5 66,7 20,0 6,7 100,0 1 617 20,9 1 451 Rural 1,9 67,6 20,9 9,7 100,0 3 690 10,1 3 410 Département Atacora 1,9 74,2 13,2 10,7 100,0 694 6,9 626 Ensemble Atlantique 11,4 52,9 30,5 5,2 100,0 1 501 23,9 1 320 Atlantique 4,6 70,9 20,7 3,9 100,0 589 18,7 559 Cotonou 15,8 41,2 36,9 6,1 100,0 912 27,6 761 Borgou 4,9 62,5 16,2 16,4 100,0 995 15,0 815 Mono 1,9 62,9 28,4 6,9 100,0 717 18,4 699 Ouémé 2,9 66,8 23,3 7,1 100,0 1 106 8,9 1 039 Zou 3,4 68,7 21,5 6,5 100,0 1 205 14,1 1 123 Niveau d’instruction Aucun niveau 2,2 65,3 22,2 10,2 100,0 3 984 8,8 3 650 Primaire 6,1 62,8 25,0 6,1 100,0 1 371 18,1 1 257 Secondaire ou plus 17,1 56,0 23,5 3,4 100,0 864 43,4 714 Ensemble 5,1 63,5 23,0 8,4 100,0 6 219 15,3 5 621 1 Y compris celles qui n’ont pas entendu parler du VIH/sida 2 Sont exclues celles qui n’ont pas entendu parler du VIH/sida 196 | Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida Tableau 11.8.2 Dépistage du virus du VIH/sida chez les hommes Pourcentage des hommes qui ont fait le test du VIH/sida, répartition (en %) de ceux qui n’ont pas fait le test du VIH/sida selon leur désir de faire le test, répartition (en %) de ceux qui ont fait le test du VIH/sida par source de tests et pourcentage de ceux qui n’ont pas fait le test et qui connaissent un endroit pour faire le test, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 N’a pas subi le test du sida Caractéristique socio-démographique A subi le test du virus du VIH/sida Désire être testé Ne veut pas être testé NSP/ Manquant1 Total Effectif de tous les hommes N’a pas subi le test du sida mais connaît un endroit pour le test2 Effectif des enquêtés non testés2 Âge 15-19 3,7 64,1 21,3 10,8 100,0 496 28,0 459 20-24 7,2 67,1 19,8 5,9 100,0 409 36,3 371 25-29 8,6 67,9 17,2 6,4 100,0 439 36,2 394 30-39 9,0 61,0 22,6 7,4 100,0 660 36,8 590 40-49 6,9 57,0 27,9 8,2 100,0 461 26,0 417 50-64 3,5 52,3 33,9 10,3 100,0 244 28,3 232 Statut matrimonial Célibataire 6,9 63,4 20,1 9,6 100,0 1 001 35,1 898 A déjà eu des rapports sexuels 8,4 65,5 19,9 6,2 100,0 700 39,1 631 N’a jamais eu de rapports sexuels 3,2 58,6 20,6 17,6 100,0 301 25,6 266 En union 6,9 62,0 24,1 7,0 100,0 1 607 30,3 1 472 Divorcé/séparé/veuf 5,2 52,2 33,9 8,7 100,0 101 39,3 93 Milieu de résidence Ensemble urbain 10,7 60,3 19,3 9,7 100,0 1 126 46,3 993 Cotonou 17,7 49,2 20,3 12,9 100,0 437 60,6 360 Autres villes 6,3 67,4 18,6 7,7 100,0 689 38,3 633 Rural 4,1 63,4 25,7 6,9 100,0 1 583 22,9 1 470 Département Atacora 3,9 64,0 17,9 14,3 100,0 333 25,7 293 Ensemble Atlantique 13,2 52,1 25,8 9,0 100,0 693 44,5 598 Atlantique 5,5 57,0 35,2 2,3 100,0 257 20,2 238 Cotonou 17,7 49,2 20,3 12,9 100,0 437 60,6 360 Borgou 3,7 68,0 19,2 9,1 100,0 440 22,3 415 Mono 6,5 77,3 14,6 1,6 100,0 280 30,5 262 Ouémé 4,5 63,9 24,0 7,6 100,0 449 27,7 417 Zou 5,1 59,7 29,5 5,8 100,0 513 35,0 479 Niveau d’instruction Aucun niveau 2,5 62,7 25,2 9,7 100,0 1 081 17,0 1 016 Primaire 4,7 63,8 23,9 7,6 100,0 869 31,9 809 Secondaire ou plus 15,4 59,4 18,9 6,2 100,0 759 57,4 638 Ensemble 6,8 62,1 23,0 8,0 100,0 2 709 32,4 2 463 1 Y compris ceux qui n’ont pas entendu parler du VIH/sida 2 Sont exclus ceux qui n’ont pas entendu parler du VIH/sida Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida | 197 11.2 LES INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES Les informations récentes et fiables sur les IST collectées lors de la deuxième Enquête Démo- graphique et de Santé au Bénin (EDSB-II) permettront certainement de renforcer le contrôle de ces affections. Les informations ainsi collectées sur les IST portent sur : • La connaissance des symptômes • La prévalence • Le traitement • La prévention • La connaissance et l’utilisation du condom 11.2.1 Connaissance des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) Les tableaux 11.9.1 et 11.9.2 présentent les informations recueillies sur la connaissance des hommes et des femmes des symptômes liés aux infections sexuellement transmissibles (IST). Dans ces tableaux, on a distingué les symptômes d’IST chez les hommes de ceux chez les femmes. Dans l’ensemble, les résultats indiquent qu’environ sept femmes sur dix (71 %) ne connaissent aucune IST. Par contre, 16 % connaissent au moins deux symptômes d’IST chez les hommes et 18 % connaissent des symptômes d’IST chez les femmes elles-mêmes. Par contre, les hommes ont un niveau de connaissance très élevé des signes associés aux IST. Parmi eux, seulement 30 % ont déclaré ne connaître aucune IST. En revanche, on remarque que les hommes connaissent mieux les signes liés aux IST chez les hommes eux-mêmes que chez les femmes. Ainsi 46 % des hommes connaissent au moins deux signes liés aux IST chez les hommes contre seulement 25 % pour les femmes. Selon l’âge, on remarque que les femmes les plus jeunes, âgées de 15-19 ans, sont proportion- nellement les plus nombreuses à ne connaître aucune IST (82 % contre 70 % ou moins chez les femmes plus âgées). Selon l’état matrimonial, c’est parmi les femmes n’ayant jamais eu de rapports sexuels (88 %) que figure la proportion la plus élevée de femmes qui ne connaissent aucune IST. Par contre, on note des proportions relativement moins élevées chez les femmes ayant déjà eu des rapports sexuels (60 %) et chez les femmes divorcées (63 %). Selon le milieu de résidence, on constate que c’est à Cotonou que les femmes sont les moins nombreuses à ne pas connaître une IST (59 % contre 87 % dans le Mono). Au niveau départemental, les écarts notés entre les niveaux de connaissance des IST sont importants et varient d’une région à l’autre. Le Mono affiche le taux le plus élevé de femmes qui ne les connaissent pas, soit 87 %, suivi de 79 % pour l’Atacora, 74 % pour le Borgou et enfin 73 % pour l’Ouémé. Dans les autres départements les proportions paraissent moins importantes et s’établissent à 65 % et 63 % respectivement dans le Zou et l’Atlantique. Le niveau d’instruction semble influencer positivement le niveau de connaissance des IST. Environ quatre femmes sur dix (39 %) d’un niveau d’instruction secondaire ou plus ne connaissent aucune IST, alors qu’on recense les pourcentages les plus élevés, soit 79 % au sein des femmes sans niveau d’instruction, et 70 % chez les femmes d’un niveau d’instruction primaire. Chez les hommes selon l’âge, on note que les plus jeunes (15-24 ans) sont les plus nombreux, soit environ 44 %, à ne connaître aucune IST. Selon le statut matrimonial, on constate que les hommes en union et les divorcés ont une meilleure connaissance des IST car seulement 24 % et 17 % ont déclaré ne pas en connaître. Les hommes résidant à Cotonou ont un niveau de connaissance assez élevé des IST par rapport à ceux des autres milieux urbain et rural. Au niveau régional, les variations existantes sont assez significatives. Cotonou se distingue des autres avec un faible taux, soit moins d’un homme sur dix, qui ne connaît aucune IST, suivi du département du Mono dont la proportion est de deux hommes sur dix. Dans les autres départements comme l’Atacora (44 %), l’Atlantique (44 %) et l’Ouémé (45 %), les proportions d’hommes qui ne connaissent aucune IST sont assez élevées. Au plan de l’instruction, on constate que les 198 | Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida hommes sans niveau d’instruction (36 %) ou d’un niveau d’instruction primaire (34 %) qui ne connaissent aucun signe sont deux fois plus nombreux que les hommes d’un niveau d’instruction secondaire et plus (17 %). Tableau 11.9.1 Connaissance par les femmes des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) Pourcentage des femmes qui connaissent les signes associés aux infections sexuellement transmissibles (IST) chez l’homme et chez la femme, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Connaissance des symptômes d’IST chez l’homme Connaissance des symptômes d’IST chez la femme Caractéristique socio-démographique Aucune connais- sance des IST Aucun symptôme déclaré Un symptôme déclaré Au moins deux symp- tômes déclarés Manquant Aucun symptôme déclaré Un symptôme déclaré Au moins deux symp- tômes déclarés Manquant Effectif des enquêtées Âge 15-19 81,5 6,4 3,6 8,5 0,0 6,0 3,1 9,4 0,0 1 233 20-24 70,3 7,5 6,6 15,5 0,1 6,2 5,6 17,8 0,1 1 215 25-29 68,5 8,7 5,8 16,9 0,1 6,6 3,8 21,0 0,1 1 170 30-39 67,3 8,3 5,2 19,1 0,1 5,9 4,9 21,7 0,1 1 611 40-49 70,2 7,3 4,7 17,8 0,0 3,7 4,2 22,0 0,0 990 Statut matrimonial Célibataire 72,4 9,0 5,3 13,3 0,0 7,4 4,7 15,5 0,0 1 351 A déjà eu des rapports sexuels 60,0 12,7 7,1 20,2 0,0 9,7 6,1 24,2 0,0 740 N’a jamais eu de rapports sexuels 87,5 4,5 3,0 5,0 0,0 4,7 2,9 5,0 0,0 611 En union 71,6 7,3 5,1 15,9 0,1 5,3 4,2 18,8 0,1 4 563 Divorcée/séparée/veuve 63,3 7,3 6,9 22,5 0,0 5,1 5,4 26,3 0,0 306 Milieu de résidence Ensemble urbain 65,0 10,3 5,8 18,8 0,0 7,4 5,1 22,5 0,0 2 529 Cotonou 58,5 15,9 5,5 19,9 0,1 9,6 4,8 27,0 0,1 912 Autres villes 68,7 7,1 6,0 18,2 0,0 6,1 5,2 20,0 0,0 1 617 Rural 75,7 5,9 4,8 13,5 0,1 4,7 3,9 15,6 0,1 3 690 Département Atacora 78,9 3,5 3,2 14,4 0,0 3,9 3,5 13,7 0,0 694 Ensemble Atlantique 62,6 13,3 6,0 18,1 0,1 8,7 4,4 24,4 0,1 1 501 Atlantique 68,8 9,2 6,8 15,2 0,0 7,2 3,6 20,3 0,0 589 Cotonou 58,5 15,9 5,5 19,9 0,1 9,6 4,8 27,0 0,1 912 Borgou 74,0 5,8 8,4 11,8 0,0 5,2 7,6 13,2 0,0 995 Mono 86,6 3,2 2,8 7,4 0,0 2,3 2,3 8,9 0,0 717 Ouémé 73,0 7,0 5,2 14,8 0,0 5,5 5,1 16,4 0,0 1 106 Zou 65,4 8,0 4,1 22,3 0,2 6,0 2,8 25,7 0,2 1 205 Niveau d’instruction Aucun niveau 79,1 5,1 4,1 11,7 0,1 3,9 3,2 13,8 0,1 3 984 Primaire 69,7 8,1 5,6 16,5 0,1 6,5 4,5 19,3 0,1 1 371 Secondaire ou plus 38,6 18,9 9,8 32,8 0,0 13,4 9,5 38,6 0,0 864 Ensemble 71,4 7,7 5,2 15,7 0,1 5,8 4,4 18,4 0,1 6 219 Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida | 199 Tableau 11.9.2 Connaissance par les hommes des symptômes des infections sexuellement transmissibles (IST) Pourcentage des hommes qui connaissent les signes associés aux infections sexuellement transmissibles (IST) chez l’homme et chez la femme, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Connaissance des symptômes d’IST chez l’homme Connaissance des symptômes d’IST chez la femme Caractéristique socio-démographique Aucune connais- sance des IST Aucun symptôme déclaré Un symptôme déclaré Au moins deux symp- tômes déclarés Manquant Aucun symptôme déclaré Un symptôme déclaré Au moins deux symp- tômes déclarés Manquant Effectif des enquêtés Âge 15-19 56,5 6,6 14,0 22,8 0,2 24,3 8,2 10,9 0,2 496 20-24 29,8 6,3 17,6 46,0 0,3 35,6 12,1 22,2 0,3 409 25-29 24,0 6,0 18,6 51,4 0,0 35,7 13,2 27,2 0,0 439 30-39 21,5 6,3 18,3 53,7 0,1 36,8 14,3 27,2 0,1 660 40-49 23,5 4,8 18,7 53,0 0,0 28,5 16,1 31,9 0,0 461 50-64 22,8 4,4 20,9 51,9 0,0 27,4 16,4 33,4 0,0 244 Statut matrimonial Célibataire 41,9 7,4 15,2 35,4 0,1 30,3 10,0 17,8 0,1 1 001 A déjà eu des rapports sexuels 31,3 8,4 17,3 43,0 0,0 35,1 11,2 22,4 0,0 700 N’a jamais eu de rapports sexuels 66,4 5,1 10,4 17,7 0,3 19,2 7,1 7,1 0,3 301 En union 23,5 5,1 19,0 52,3 0,1 32,4 15,0 29,0 0,1 1 607 Divorcé/séparé/veuf 16,9 4,0 22,5 56,5 0,0 39,6 14,8 28,7 0,0 101 Milieu de résidence Ensemble urbain 21,3 8,9 18,0 51,6 0,1 39,9 14,0 24,7 0,1 1 126 Cotonou 9,1 12,6 20,0 58,2 0,0 55,4 13,1 22,4 0,0 437 Autres villes 29,1 6,6 16,7 47,5 0,2 30,1 14,6 26,1 0,2 689 Rural 36,2 3,7 17,6 42,3 0,1 26,2 12,5 24,9 0,1 1 583 Département Atacora 44,3 4,5 16,3 34,6 0,3 17,1 15,9 22,4 0,3 333 Ensemble Atlantique 22,1 8,7 20,6 48,5 0,1 47,3 11,4 19,1 0,1 693 Atlantique 44,2 2,0 21,6 31,9 0,3 33,7 8,4 13,4 0,3 257 Cotonou 9,1 12,6 20,0 58,2 0,0 55,4 13,1 22,4 0,0 437 Borgou 23,3 6,1 22,3 48,4 0,0 31,3 19,6 25,8 0,0 440 Mono 16,2 1,9 12,7 69,2 0,0 35,1 11,5 37,3 0,0 280 Ouémé 44,7 10,1 12,1 32,9 0,3 36,4 7,5 11,2 0,3 449 Zou 32,0 1,4 18,7 47,9 0,0 15,4 14,0 38,5 0,0 513 Niveau d’instruction Aucun niveau 36,3 3,4 17,9 42,3 0,2 25,4 13,8 24,3 0,2 1 081 Primaire 33,8 5,5 16,3 44,4 0,0 32,5 11,0 22,6 0,0 869 Secondaire ou plus 16,8 9,9 19,2 53,9 0,2 40,4 14,6 28,1 0,2 759 Ensemble 30,0 5,9 17,8 46,2 0,1 31,9 13,1 24,8 0,1 2 709 200 | Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida 11.2.2 Prévalence déclarée des IST et leurs symptômes Le tableau 11.10 fournit les proportions de femmes et d’hommes ayant eu une infection sexuellement transmissible au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête. Au cours des douze derniers mois ayant précédé l’enquête, 1 % des femmes a eu une IST contre 3 % des hommes. Pour les IST dont les symptômes sont apparents, tels que l’écoulement génital ou la plaie, les fréquences sont légèrement plus élevées au niveau des deux sexes, 3 % chez les femmes et 4 % chez les hommes. Les IST sont en général plus faciles à identifier en raison de leurs manifestations apparentes. Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida | 201 Tableau 11.10 Prévalence déclarée des infections sexuellement transmissibles (IST) et leurs symptômes Pourcentage d’enquêtés ayant déjà eu des rapports sexuels qui ont déclaré avoir eu une infection sexuellement transmissible (IST) et/ou des symptômes associés aux IST au cours des 12 mois précédant l’enquête, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Pourcentage ayant déclaré avoir eu une IST Pourcentage avec écoulement génital Pourcentage avec plaie ou douleur génitale Pourcentage avec IST/écoule- ment/douleur ou plaie génitale Effectif des enquêtés FEMMES Âge 15-19 0,7 1,8 0,9 2,6 687 20-24 1,1 2,7 1,2 3,5 1 153 25-29 1,5 3,3 0,8 3,8 1 167 30-39 1,6 2,0 0,8 2,6 1 611 40-49 1,2 1,2 0,7 2,1 990 Milieu de résidence Ensemble urbain 1,7 3,2 1,3 4,2 2 244 Cotonou 2,1 3,9 1,3 4,8 809 Autres villes 1,6 2,9 1,4 3,8 1 434 Rural 1,0 1,6 0,6 2,1 3 364 Département Atacora 1,4 1,1 0,4 1,6 651 Ensemble Atlantique 1,9 3,6 1,3 4,5 1 350 Atlantique 1,6 3,1 1,4 4,0 540 Cotonou 2,1 3,9 1,3 4,8 809 Borgou 2,1 3,2 1,1 4,3 927 Mono 0,6 0,6 0,3 0,9 602 Ouémé 0,9 2,5 0,6 2,8 977 Zou 0,5 1,3 1,1 1,9 1 102 Niveau d’instruction Aucun niveau 0,9 1,2 0,7 1,9 3 695 Primaire 1,7 3,1 1,1 3,7 1 193 Secondaire ou plus 2,6 6,2 1,3 6,8 720 Ensemble 1,3 2,3 0,9 2,9 5 608 HOMMES Âge 15-19 0,8 3,8 0,4 4,2 253 20-24 3,6 3,8 2,6 5,6 366 25-29 2,4 2,6 1,7 4,4 426 30-39 3,5 2,4 1,4 4,8 658 40-49 2,2 1,9 1,2 2,9 461 50-64 0,4 0,7 0,0 0,7 244 Milieu de résidence Ensemble urbain 4,1 3,4 1,9 5,5 982 Cotonou 6,8 4,9 2,7 8,7 383 Autres villes 2,4 2,4 1,4 3,4 599 Rural 1,3 1,9 1,0 3,0 1 426 Département Atacora 1,6 2,9 2,2 4,4 293 Ensemble Atlantique 4,9 3,9 2,7 7,3 605 Atlantique 1,5 2,2 2,6 4,9 223 Cotonou 6,8 4,9 2,7 8,7 383 Borgou 2,3 1,8 0,5 2,7 402 Mono 1,0 1,4 1,0 2,7 255 Ouémé 1,6 1,9 1,3 2,6 403 Zou 1,6 2,4 0,0 2,4 451 Niveau d’instruction Aucun niveau 1,2 1,7 1,2 2,7 1 010 Primaire 2,5 2,9 1,1 4,0 762 Secondaire ou plus 4,4 3,4 1,9 6,1 636 Ensemble 2,5 2,5 1,4 4,0 2 408 202 | Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida 11.2.3 Traitement des IST Le tableau 11.11 indique que la majorité des femmes et des hommes qui ont souffert d’une IST (y compris l’écoulement génital et la plaie/douleur génitale) au cours des douze derniers mois précédant l’enquête ont cherché un traitement/conseil dans un établissement sanitaire (respectivement 58 % et 55 %). On note cependant que les personnes consultent moins le personnel de santé lorsqu’il s’agit de plaie/douleur génitale ou d’écoulement génital que lorsqu’il s’agit d’autres IST déclarées (au niveau des femmes, respectivement 56 % et 60 % contre 68 %, et au niveau des hommes, 51 % et 52 % contre 71 %). Par ailleurs, on note que près du quart (23 %) des femmes et des hommes ayant souffert d’une IST quelconque n’a cherché aucun traitement ou conseil ni auprès du personnel de santé, ni auprès des guérisseurs traditionnels, des pharmacies ou boutiques, ni auprès des amis. Tableau 11.11 Source de traitement des infections sexuellement transmissibles (IST) Pourcentage des femmes et des hommes qui ont déclaré avoir eu une infection sexuellement transmissible (IST) au cours des 12 mois précédant l’enquête par source de traitement ou de conseil, Bénin 2001 Type de symptôme Médecin de clinique/ hôpital privé Guérisseur traditionnel Conseil ou médicament de boutique/ pharmacie Conseils des ami(e)s/ parents Conseil ou traitement quelconque Aucun conseil ou traitement Effectif des enquêtés FEMMES IST déclarée 67,8 15,0 21,1 20,9 84,2 14,5 72 Écoulement génital 59,5 11,3 22,9 20,1 73,6 24,7 127 Plaie/douleur génitale 55,8 15,9 25,1 35,1 85,9 14,1 50 Ensemble 58,1 11,8 22,4 21,5 74,9 23,2 164 HOMMES IST déclarée 70,9 23,8 45,0 53,5 85,7 10,9 59 Écoulement génital 52,1 25,9 31,4 53,3 74,4 22,3 61 Plaie/douleur génitale 50,7 14,0 32,1 39,6 70,6 26,2 33 Ensemble 55,3 21,2 36,2 44,8 75,1 22,8 96 11.2.4 Prévention des IST Le tableau 11.12 fournit des informations sur le comportement des femmes ayant eu une IST au cours des douze derniers mois précédant l’enquête, vis-à-vis de leur partenaire. On remarque que plus des trois quarts (77 %) des femmes ayant contracté une IST ont informé leurs partenaires de leur infection. Les fréquences les plus élevées s’observent parmi les femmes ayant développé une IST (82 %), alors que les plus faibles se trouvent parmi celles qui ont eu des symptômes associés, soit 74 % pour les écoulements génitaux et 76 % pour une plaie ou une douleur génitale. Par rapport aux dispositions prises par les femmes souffrant d’une IST pour empêcher le mari/partenaire d’être infecté, on note que la moitié (50 %) des femmes ont traité leur infection à l’aide de médicament, 43 % se sont abstenu des rapports sexuels avec leur partenaire, et enfin seulement 8 % ont utilisé un condom lors des rapports sexuels. Dans l’ensemble six femmes sur dix (61 %) ont pris au moins l’une de ces précautions pour ne pas infecter leurs partenaires. La tendance ainsi décrite est pratiquement identique au sein de celles qui ont eu des symptômes associés à une IST. Par contre, il faut noter qu’une proportion non négligeable de femmes (31 %) n’ont pris aucune précaution pour éviter de transmettre leur Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida | 203 infection à leur partenaire. On note, par ailleurs, que 5 % des femmes ont déclaré que leur partenaire était déjà infecté. Tableau 11.12 Protection du mari/partenaire par les femmes qui ont des infections sexuellement transmissibles (IST) Répartition (en %) des femmes qui ont déjà eu une infection sexuellement transmissible (IST) et/ou des symptômes associés aux IST, au cours des 12 mois précédant l’enquête selon qu’elles ont informé leurs partenaires de leur état et pourcentage de celles qui ont pris des mesures pour ne pas infecter leurs partenaires, selon le type de symptôme, Bénin 2001 A informé partenaire(s) Précautions prises pour protéger partenaire Type de symptôme Oui Quelque peu, pas du tout Non Sans par- tenaire/ Man- quant Total A évité rapport sexuel A utilisé condoms A utilisé médi- cament N’impor- te quelle pré- caution Aucune pré- caution Parte- naire déjà infecté(e) Effectif des enquê- tées IST déclarée 82,2 0,0 16,4 1,4 100,0 48,3 13,3 55,5 65,4 24,9 8,3 72 Écoulement génital 74,0 0,0 24,4 1,7 100,0 41,6 6,9 46,8 60,8 30,1 5,8 127 Plaie/douleur génitale 76,3 2,4 21,3 0,0 100,0 44,2 8,5 60,1 70,5 21,4 6,0 50 Ensemble 76,6 0,7 20,8 1,9 100,0 42,8 7,8 49,5 61,0 30,8 5,1 164 11.2.5 Activités sexuelles des femmes et des hommes Dans le tableau 11.13 figurent les proportions de femmes et d’hommes actuellement en union qui ont eu des rapports sexuels avec des personnes autres que leurs époux/épouses ou partenaires au cours des douze derniers mois précédant l’enquête. À l’examen du tableau 11.13, on note que la quasi totalité des femmes enquêtées, soit 99 %, n’ont pas eu de rapports sexuels avec une personne autre que leur époux ou partenaire, contre environ 76 % des hommes. On note, par ailleurs, que les proportions de femmes en union qui n’ont pas eu de rapport sexuel avec une personne autre que leurs époux ou partenaires sont élevées quelle que soit la caractéristique socio-démographique considérée (âge, milieu de résidence, département, niveau d’instruction). Toutefois, on note qu’une proportion non négligeable de femmes ayant le niveau d’instruction secondaire (4 %) ont eu des rapports sexuels avec une personne autre que leur conjoint. En ce qui concerne les hommes, on observe d’importantes variations de la proportion de ceux qui n’ont pas eu de rapports sexuels avec une personne autre que leur épouse ou partenaire. Cette proportion varie de 57 % chez les hommes de 20-24 ans à 88 % chez ceux de 50-64 ans ; de 61 % dans la ville de Cotonou à 90 % dans le Mono, et à 78 % en milieu rural ; de 62 % chez ceux ayant le niveau d’instruction secondaire ou plus à 83 % chez ceux sans niveau d’instruction (tableau 11.13). Le tableau 11.14 présente les résultats des enquêtés qui ne sont pas en union, mais qui ont eu des rapports sexuels avec un certain nombre de personnes au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête. Les résultats du tableau 11.14 indiquent qu’un peu plus de la moitié des femmes non en union (58 %) n’a eu aucun rapport sexuel au cours des 12 derniers mois, alors que 39 % ont déclaré en avoir eu avec une seule personne ; seule une faible proportion (3 %) a eu des rapports sexuels avec plus de deux personnes. Les hommes qui ne sont pas en union sont plus nombreux à avoir déclaré avoir eu des rapports sexuels avec une seule personne (37 %) ou avec au moins deux personnes (21 %). Seulement quatre hommes sur dix (42 %) non mariés n’ont pas eu de rapports sexuels au cours des douze derniers mois. Selon l’âge, on constate qu’à 20-24 ans, 63 % des femmes non mariées ont eu des rapports sexuels au cours des douze derniers mois ; à 20-24 ans, cette proportion est de 52 %. On note également à 204 | Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida Tableau 11.13 Nombre de partenaires sexuels : Femmes et hommes en union Répartition (en %) des femmes et des hommes actuellement en union par nombre de personnes avec qui ils ont eu des rapports sexuels au cours des 12 mois précédant l’enquête, non-compris les époux ou partenaires qui cohabitent avec eux, selon les caractéristiques socio- démographiques, Bénin 2001 Nombre de partenaires sexuels en dehors du conjoint(e) Caractéristique socio-démographique 0 1 2 ou plus NSP/ Manquant Total Moyenne Effectif des enquêtés FEMMES Âge 15-19 98,3 1,3 0,3 0,0 100,0 0,0 287 20-24 97,9 1,8 0,1 0,1 100,0 0,0 867 25-29 98,5 1,2 0,1 0,2 100,0 0,0 1 069 30-39 98,9 0,9 0,1 0,1 100,0 0,0 1 491 40-49 98,9 1,1 0,0 0,0 100,0 0,0 848 Milieu de résidence Ensemble urbain 98,0 1,7 0,1 0,1 100,0 0,0 1 572 Cotonou 97,1 2,7 0,0 0,2 100,0 0,0 472 Autres villes 98,4 1,3 0,2 0,1 100,0 0,0 1 100 Rural 98,9 1,0 0,1 0,1 100,0 0,0 2 990 Département Atacora 97,9 1,6 0,5 0,0 100,0 0,0 585 Ensemble Atlantique 97,7 2,2 0,0 0,1 100,0 0,0 917 Atlantique 98,4 1,6 0,0 0,0 100,0 0,0 445 Cotonou 97,1 2,7 0,0 0,2 100,0 0,0 472 Borgou 97,7 1,8 0,3 0,3 100,0 0,0 798 Mono 99,7 0,3 0,0 0,0 100,0 0,0 535 Ouémé 99,1 0,9 0,0 0,0 100,0 0,0 769 Zou 99,5 0,4 0,0 0,1 100,0 0,0 958 Niveau d’instruction Aucun niveau 98,9 0,9 0,1 0,1 100,0 0,0 3 294 Primaire 98,7 1,2 0,0 0,1 100,0 0,0 883 Secondaire ou plus 95,5 4,3 0,3 0,0 100,0 0,0 385 Ensemble 98,6 1,2 0,1 0,1 100,0 0,0 4 563 HOMMES Âge 20-24 56,9 29,8 12,0 1,3 100,0 0,8 93 25-29 66,1 23,1 9,8 1,0 100,0 0,7 280 30-39 72,2 20,6 5,9 1,2 100,0 0,5 575 40-49 84,5 10,2 4,3 1,0 100,0 0,2 425 50-64 87,9 8,9 1,2 2,0 100,0 0,1 230 Milieu de résidence Ensemble urbain 71,4 18,4 8,9 1,3 100,0 0,6 598 Cotonou 61,1 22,2 16,2 0,5 100,0 1,0 193 Autres villes 76,3 16,6 5,5 1,6 100,0 0,4 405 Rural 78,2 16,4 4,2 1,2 100,0 0,3 1 010 Département Atacora 77,2 16,1 4,9 1,8 100,0 0,3 206 Ensemble Atlantique 65,0 22,3 12,2 0,5 100,0 0,8 339 Atlantique 70,1 22,5 6,8 0,6 100,0 0,6 146 Cotonou 61,1 22,2 16,2 0,5 100,0 1,0 193 Borgou 80,9 15,6 3,2 0,3 100,0 0,2 307 Mono 89,9 7,3 1,7 1,1 100,0 0,1 154 Ouémé 76,1 16,8 4,4 2,7 100,0 0,4 284 Zou 73,6 19,0 6,3 1,1 100,0 0,4 318 Niveau d’instruction Aucun niveau 82,6 13,2 3,2 1,0 100,0 0,3 781 Primaire 73,5 17,9 7,7 1,0 100,0 0,5 510 Secondaire ou plus 62,1 25,7 10,2 2,1 100,0 0,7 317 Ensemble 75,7 17,2 6,0 1,2 100,0 0,4 1 607 Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida | 205 Tableau 11.14 Nombre de partenaires sexuels : Femmes et hommes non en union Répartition (en %) des femmes et des hommes qui ne sont pas en union par nombre de personnes avec qui ils ont eu des rapports sexuels au cours des 12 mois précédant l’enquête, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Nombre de partenaires sexuels Caractéristique socio-démographique 0 1 2 ou plus NSP/ Manquant Total Moyenne Effectif des enquêtés FEMMES Âge 15-19 65,8 32,2 2,0 0,0 100,0 0,4 946 20-24 36,9 60,1 3,0 0,0 100,0 0,7 348 25-29 48,4 45,2 6,3 0,0 100,0 0,6 101 30-39 51,2 42,9 6,0 0,0 100,0 0,6 120 40-49 69,4 29,1 0,8 0,8 100,0 0,4 142 Statut matrimonial Célibataire 56,3 41,1 2,6 0,0 100,0 0,5 1 351 Divorcée, séparée, veuve 65,0 31,5 3,1 0,4 100,0 0,4 306 Milieu de résidence Ensemble urbain 51,1 46,1 2,8 0,0 100,0 0,5 957 Cotonou 44,4 52,5 3,1 0,0 100,0 0,6 440 Autres villes 56,7 40,7 2,6 0,0 100,0 0,5 517 Rural 67,4 30,1 2,4 0,2 100,0 0,4 699 Département Atacora 68,3 30,9 0,8 0,0 100,0 0,3 109 Ensemble Atlantique 47,4 49,9 2,7 0,0 100,0 0,6 584 Atlantique 56,7 41,7 1,6 0,0 100,0 0,4 143 Cotonou 44,4 52,5 3,1 0,0 100,0 0,6 440 Borgou 52,9 41,8 5,3 0,0 100,0 0,6 197 Mono 79,2 20,3 0,5 0,0 100,0 0,2 182 Ouémé 64,9 32,6 2,6 0,0 100,0 0,4 337 Zou 57,2 39,5 2,9 0,5 100,0 0,5 247 Niveau d’instruction Aucun niveau 67,6 30,4 1,8 0,2 100,0 0,3 689 Primaire 56,4 40,9 2,8 0,0 100,0 0,5 488 Secondaire ou plus 45,6 50,6 3,8 0,0 100,0 0,6 479 Ensemble 57,9 39,3 2,7 0,1 100,0 0,5 1 656 HOMMES Âge 15-19 60,2 29,3 10,5 0,0 100,0 0,6 491 20-24 26,2 42,9 30,6 0,3 100,0 1,4 316 25-29 21,2 46,5 32,3 0,0 100,0 2,0 159 30-39 22,6 51,1 26,3 0,0 100,0 1,4 85 40-49 55,2 23,5 18,8 2,5 100,0 1,0 36 50-64 37,5 42,4 20,0 0,0 100,0 1,6 15 Statut matrimonial Célibataire 41,9 37,5 20,5 0,1 100,0 1,1 1 001 Divorcé, séparé, veuf 37,2 35,8 26,1 0,9 100,0 1,4 101 Milieu de résidence Ensemble urbain 40,3 33,0 26,7 0,0 100,0 1,3 528 Cotonou 34,2 27,8 38,0 0,0 100,0 1,9 244 Autres villes 45,6 37,5 16,9 0,0 100,0 0,9 285 Rural 42,5 41,4 15,8 0,3 100,0 0,9 573 Département Atacora 45,6 39,9 13,8 0,7 100,0 0,8 127 Ensemble Atlantique 37,1 28,7 34,2 0,0 100,0 1,7 355 Atlantique 43,7 30,7 25,6 0,0 100,0 1,3 111 Cotonou 34,2 27,8 38,0 0,0 100,0 1,9 244 Borgou 37,6 48,7 13,8 0,0 100,0 0,8 133 Mono 39,3 47,6 13,1 0,0 100,0 0,8 126 Ouémé 48,3 36,8 14,4 0,6 100,0 0,9 166 Zou 44,9 37,6 17,6 0,0 100,0 0,9 195 Niveau d’instruction Aucun niveau 42,2 41,8 15,7 0,3 100,0 0,9 300 Primaire 41,6 39,0 19,1 0,3 100,0 1,1 359 Secondaire ou plus 40,9 33,0 26,2 0,0 100,0 1,3 442 Ensemble 41,5 37,4 21,0 0,2 100,0 1,1 1 102 206 | Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida Cotonou une importante proportion de femmes non mariées ayant eu des rapports sexuels au cours des douze derniers mois (56 % contre 43 % dans les autres villes et 33 % en milieu rural). Au niveau départemental, cette proportion varie de 47 % dans le Borgou à 21 % dans le Mono. On note, par ailleurs, que les femmes non mariées ayant au moins le niveau d’instruction secondaire sont plus nombreuses à avoir eu des rapports sexuels (54 % contre 32 % chez celles sans niveau d’instruction). Par contre, au niveau des hommes non mariés, cette proportion ne varie pratiquement pas selon le niveau d’instruction (58 % chez ceux sans instruction contre 59 % chez ceux ayant le niveau d’instruction secondaire ou plus). 11.2.6 Connaissance et utilisation du condom Le tableau 11.15 fournit les proportions des enquêtés qui connaissent un endroit où se procurer des condoms et qui peuvent s’en procurer personnellement. À l’examen de ce tableau, on observe un taux assez faible, soit 29 %, pour l’ensemble des femmes enquêtées qui connaissent une source d’approvision- nement du condom masculin et moins de la moitié, soit 13 %, qui peuvent s’en procurer. Par contre, plus de six hommes (62 %) connaissent au moins une source d’approvisionnement du condom et une même proportion a déclaré pouvoir s’en procurer. Au niveau des femmes, la connaissance d’une source d’approvisionnement du condom varie selon l’âge (20 % chez les femmes de 40-49 ans contre 35 % chez celles de 20-24 ans), selon l’état matrimonial (59 % chez les célibataires sexuellement actives contre 25 % chez les femmes en union), selon le milieu de résidence (63 % à Cotonou contre 34 % dans les autres villes et 19 % en milieu rural) et selon le département (15 % dans l’Atacora et 17 % dans le Mono contre environ le quart dans les autres départements et 63 % à Cotonou). On observe les mêmes variations au niveau des hommes. Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida | 207 Tableau 11.15 Connaissance d’une source d’approvisionnement du condom et accès aux condoms Pourcentage des femmes et des hommes qui connaissent un endroit où se procurer des condoms, et pourcentage de ceux qui pensent pouvoir se procurer eux-mêmes un condom, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Femmes Hommes Caractéristique socio-démographique Connaît une source d’appro- visionnement du condom masculin Peut s’appro- visionner en condom masculin Effectif des femmes Connaît une source d’appro- visionnement du condom masculin Peut s’approvisionner en condom masculin Effectif des hommes Âge 15-19 30,8 13,0 1 233 70,1 59,4 496 20-24 35,2 16,6 1 215 71,6 70,5 409 25-29 30,6 11,9 1 170 69,4 70,2 439 30-39 28,3 12,7 1 611 63,2 68,7 660 40-49 20,3 7,7 990 50,1 52,8 461 50-64 na na na 32,5 32,7 244 Statut matrimonial Célibataire 42,2 20,0 1 351 71,7 66,6 1 001 A déjà eu des rapports sexuels 58,8 28,6 740 78,8 77,4 700 N’a jamais eu de rapports sexuels 22,0 9,6 611 55,3 41,6 301 En union 25,2 10,2 4 563 56,0 59,0 1 607 Divorcé(e)/séparé(e)/ veuf(ve) 33,5 14,9 306 53,4 52,0 101 Milieu de résidence Ensemble urbain 44,3 18,4 2 529 75,8 70,5 1 126 Cotonou 62,6 24,1 912 91,4 76,6 437 Autres villes 34,0 15,3 1 617 65,9 66,6 689 Rural 19,0 8,6 3 690 51,7 55,2 1 583 Département Atacora 14,8 6,4 694 47,7 54,9 333 Ensemble Atlantique 49,3 18,9 1 501 79,0 67,1 693 Atlantique 28,7 10,9 589 57,9 51,0 257 Cotonou 62,6 24,1 912 91,4 76,6 437 Borgou 23,0 12,1 995 48,0 64,2 440 Mono 16,7 8,5 717 72,6 65,8 280 Ouémé 26,4 8,5 1 106 57,3 56,6 449 Zou 28,2 14,9 1 205 57,1 58,0 513 Niveau d’instruction Aucun niveau 16,7 6,3 3 984 39,1 48,6 1 081 Primaire 37,7 14,9 1 371 65,3 61,5 869 Secondaire ou plus 74,0 38,0 864 89,9 80,0 759 Ensemble 29,3 12,6 6 219 61,7 61,6 2 709 na = Non applicable 208 | Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida Les tableaux 11.16.1 et 11.16.2 présentent les résultats des personnes enquêtées qui ont eu des rapports sexuels au cours des douze derniers mois précédant l’enquête et qui ont utilisé un condom soit avec leur conjoint ou partenaire cohabitant, soit avec un partenaire non-cohabitant ou enfin avec un partenaire quelconque. On constate en général que, quel que soit le partenaire, 4 % des femmes ont utilisé un condom ; seulement 2 % en ont utilisé un lorsque les derniers rapports ont eu lieu avec le conjoint alors que quand les derniers rapports sexuels ont eu lieu avec un partenaire non cohabitant, cette proportion est de 16 %. Chez les hommes, quelle que soit la partenaire, 15 % ont déclaré avoir utilisé un condom lors des derniers rapports sexuels ; 31 % en ont utilisé un avec une partenaire non cohabitante, Tableau 11.16.1 Utilisation du condom chez les femmes par type de partenaire Parmi les femmes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 mois précédant l’enquête, pourcentage de celles qui ont utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels avec leur conjoint ou partenaire cohabitant, avec un partenaire non-cohabitant et avec n’importe quel partenaire, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Conjoint ou partenaire cohabitant Partenaire non cohabitant Un quelconque partenaire Caractéristique socio-démographique Pourcentage Effectif Pourcentage Effectif Pourcentage Effectif Âge 15-19 1,2 247 17,6 328 10,6 575 20-24 3,1 751 20,3 236 7,3 981 25-29 2,4 919 11,3 66 2,9 979 30-39 0,9 1 267 7,2 74 1,3 1 335 40-49 0,3 699 6,2 51 0,6 747 Statut matrimonial Célibataire na na 17,8 590 17,8 615 A déjà eu des rapports sexuels na na 17,8 590 17,8 615 En union 1,5 3 807 11,9 61 1,6 3 848 Divorcée/séparée/veuve 2,1 51 8,8 106 6,7 155 Milieu de résidence Ensemble urbain 2,2 1 379 20,7 498 7,0 1 864 Cotonou 2,9 441 19,6 258 8,8 692 Autres villes 1,8 937 21,9 240 6,0 1 173 Rural 1,3 2 504 7,1 258 1,8 2 753 Département Atacora 1,7 393 16,1 47 3,3 435 Ensemble Atlantique 2,0 841 17,0 327 6,1 1 158 Atlantique 1,0 400 7,5 69 2,0 467 Cotonou 2,9 441 19,6 258 8,8 692 Borgou 1,5 610 19,2 109 4,2 717 Mono 1,7 458 17,4 40 2,9 497 Ouémé 1,6 713 16,7 125 3,9 835 Zou 1,2 869 8,9 108 2,1 976 Niveau d’instruction Aucun niveau 1,0 2 749 5,1 255 1,4 2 990 Primaire 1,7 779 14,4 223 4,5 997 Secondaire ou plus 5,6 356 27,5 278 15,1 630 Ensemble 1,6 3 883 16,1 756 3,9 4 617 na = Non applicable Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida | 209 Tableau 11.16.2 Utilisation du condom chez les hommes par type de partenaire Parmi les hommes qui ont eu des rapports sexuels au cours des 12 mois précédant l’enquête, pourcentage de ceux qui ont utilisé un condom au cours des derniers rapports sexuels avec leur conjointe ou partenaire cohabitante, avec une partenaire non-cohabitante et avec n’importe quelle partenaire, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001. Conjointe ou partenaire cohabitante Partenaire non cohabitante Une quelconque partenaire Caractéristique socio-démographique Pourcentage Effectif Pourcentage Effectif Pourcentage Effectif Âge 15-19 * * 34,0 199 34,1 202 20-24 5,9 71 34,7 272 30,2 320 25-29 9,2 238 29,6 219 17,2 391 30-39 4,7 508 31,7 222 9,8 623 40-49 3,4 392 16,1 78 4,6 421 50-64 1,4 206 21,0 31 2,2 217 Statut matrimonial Célibataire na na 34,7 581 34,5 584 A déjà eu des rapports sexuels na na 34,7 581 34,5 584 En union 4,7 1 403 26,5 376 6,6 1 521 Divorcé/séparé/veuf 0,0 13 23,5 63 21,6 69 Milieu de résidence Ensemble urbain 5,1 531 36,7 480 19,3 884 Cotonou 6,2 184 36,4 235 23,6 349 Autres villes 4,5 346 37,0 245 16,5 535 Rural 4,5 888 25,9 541 11,4 1 290 Département Atacora 9,2 152 34,7 114 18,0 246 Ensemble Atlantique 5,6 321 31,9 340 19,0 554 Atlantique 4,7 137 21,8 105 11,2 205 Cotonou 6,2 184 36,4 235 23,6 349 Borgou 3,7 240 17,4 141 8,4 361 Mono 2,4 146 45,7 91 17,7 225 Ouémé 2,3 271 33,6 146 11,6 362 Zou 5,8 288 28,1 189 13,1 425 Niveau d’instruction Aucun niveau 3,8 665 20,2 302 8,0 897 Primaire 5,8 464 22,3 341 12,2 703 Secondaire ou plus 5,2 290 47,5 377 27,8 574 Ensemble 4,7 1 419 31,0 1 021 14,6 2 174 na = Non applicable * Basé sur moins de 25 cas non pondérés mais quand les derniers rapports sexuels ont eu lieu avec l’épouse ou la partenaire cohabitante, cette proportion n’est plus que de 5 %. Selon les caractéristiques socio-démographiques, l’utilisation du condom est relativement élevée chez les femmes de 15-19 ans et de 20-24 ans (respectivement 11 % et 7 % contre moins de 4 % chez celles de 25 ans ou plus), chez les femmes célibataires (18 % contre 2 % chez les femmes en union et 7 % chez celles en rupture d’union), chez celles du milieu urbain (7 % contre 2 % chez celles du milieu rural) 210 | Infections sexuellement transmissibles et VIH/sida et, enfin, celles ayant le niveau d’instruction secondaire ou plus (15 % contre 5 % chez celles ayant le niveau d’instruction primaire et 1 % chez celles sans instruction). Cependant, au niveau départemental, à l’exception de Cotonou (9 %), les variations sont faibles (4 % dans le Borgou et l’Ouémé contre 2 % dans le Zou et l’Atlantique). Par contre, chez les hommes l’utilisation du condom varie considérablement selon le département, passant de 8 % dans le Borgou à 18 % dans le Mono et l’Atacora, et à 24 % dans la ville de Cotonou. L’excision | 211 L’EXCISION 12 Bruno Djagba Andrée Cossi L’EDSB-II a collecté des informations sur l’excision, ses conséquences immédiates et la perception des enquêtés concernant la continuation ou l’arrêt de cette pratique. Par définition, l’excision est l’ablation d’une partie ou de la totalité des organes génitaux externes de la femme. Bien qu’elle ne soit pas interdite de façon légale au Bénin, elle est combattue par l’État ainsi que par des organisations non gouvernementales et quelques structures bilatérales et multilatérales. En dépit de tous ces efforts, l’excision est une pratique qui persiste au Bénin. De par ses conséquences sur la santé des femmes, elle fait partie des problèmes de santé que cherche à combattre la République du Bénin, dont la stérilité, les IST/sida et les complications liées à l’accouchement. L’EDSB-II est la première initiative prise pour tenter d’évaluer l’ampleur du phénomène sur le plan national et permettre de mieux cibler les actions. Pour cerner ce problème, après avoir demandé aux femmes de 15-49 ans si elles avaient été ou non excisées, on leur a posé des questions sur leur âge au moment de l’excision, les conséquences immédiates de l’excision, et leur avis concernant la continuation ou l’arrêt de cette pratique. Trois points ont été ainsi retenus pour l’analyse. Il s’agit principalement de mesurer le niveau de la pratique de l’excision selon les caractéristiques socio-démographiques des femmes, de mettre en évidence ses conséquences sur la santé et d’étudier la perception ou l’avis des femmes sur cette question. 12.1 CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L’EXCISION 12.1.1 Connaissance de l’excision La pratique de l’excision est un peu plus connue par les hommes que par les femmes au Bénin. Parmi les hommes interrogés, 79 % déclarent connaître la pratique de l’excision contre 71 % des femmes. À l’examen du tableau 12.1, on remarque que ce sont les plus jeunes (15-19 ans) qui connaissent le moins la pratique de l’excision (55 % pour les hommes et 57 % pour les femmes). On observe selon l’âge un écart du niveau de connaissance, qui est de 80 % pour les hommes de 20-24 ans et de 71 % pour les femmes du même groupe d’âges. Ces proportions atteignent respectivement 89 % pour les hommes de 35- 39 ans et 76 % pour les femmes du même groupe d’âges. Le tableau 12.1 montre que le niveau de connaissance varie selon quelques caractéristiques socio- démographiques des enquêtés. Bien que les écarts observés selon le milieu de résidence et le niveau d’instruction soient peu importants, on remarque par rapport aux départements et à l’ethnie qu’il existe une variation importante. Plus de 95 % des hommes du Borgou ont déclaré connaître la pratique de l’excision, contre 62 % pour l’Ouémé, qui se caractérise par la proportion la plus faible. Chez les femmes, 96 % connaissent cette pratique dans le Borgou contre 40 % dans le Mono. Pour ce qui concerne l’appartenance ethnique, on remarque que certaines ethnies affichent un niveau très élevé de connaissance. C’est le cas des Bariba (98 %), des Yoa et Lokpa (96 %), des Peulh (94 % des hommes et 97,5 % des femmes) et des Dendi (85 % des hommes et 96 % des femmes). 212 | L’excision Tableau 12.1 Connaissance et pratique de l’excision Proportion de femmes et d’hommes connaissant l’excision, proportion de femmes excisées, et répartition (en %) des femmes excisées par type d’excision, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Type d’excision Caractéristique socio-démographique Proportion d’hommes connaissant l’excision Effectif d’hommes Proportion de femmes connaissant l’excision Proportion de femmes excisées Effectif de femmes Parties de chair enlevées Entaillée, pas de chair enlevée Non déterminé/ NSP Effectif de femmes excisées Âge 15-19 55,0 496 57,1 12,1 1 233 86,6 8,8 4,7 150 20-24 79,5 409 71,3 13,4 1 215 89,7 6,7 3,6 162 25-29 82,7 439 72,3 16,9 1 170 88,7 6,8 4,5 198 30-34 84,6 363 79,0 18,4 866 87,2 6,0 6,8 159 35-39 88,8 296 75,8 18,3 745 87,5 8,9 3,6 136 40-44 87,1 248 75,1 25,1 548 83,0 9,9 7,1 138 45-49 84,0 213 75,7 23,7 442 85,2 2,7 12,1 105 50-64 89,3 244 na na na na na na na Département Atacora 80,9 333 88,4 45,1 694 89,4 5,3 5,3 313 Ensemble Atlantique 82,0 693 73,5 1,2 1 501 * * * 19 Atlantique 73,2 257 66,3 0,3 589 * * * 2 Cotonou 87,1 437 78,1 1,8 912 * * * 17 Borgou 95,2 440 95,8 57,7 995 83,9 9,9 6,2 574 Mono 74,2 280 39,5 0,1 717 * * * 1 Ouémé 61,9 449 47,1 1,4 1 106 * * * 15 Zou 78,3 513 77,9 10,4 1 205 97,1 1,9 0,9 125 Milieu de résidence Ensemble urbain 82,3 1 126 76,3 12,6 2 529 88,3 6,0 5,8 319 Cotonou 87,1 437 78,1 1,8 912 * * * 17 Autres villes 79,2 689 75,2 18,7 1 617 89,0 6,3 4,7 302 Rural 77,0 1 583 67,3 19,7 3 690 86,5 7,8 5,7 728 Niveau d’instruction Aucun niveau 80,5 1 081 68,6 22,3 3 984 87,1 7,1 5,8 888 Primaire 73,2 869 70,2 8,7 1 371 85,7 10,1 4,1 119 Secondaire ou plus 84,1 759 83,1 4,6 864 90,0 2,3 7,7 40 Groupe ethnique Adja 73,5 378 48,5 0,0 937 * * * 0 Bariba 98,4 260 98,2 77,4 511 85,6 8,6 5,8 395 Dendi 85,0 87 95,8 18,8 165 * * * 31 Fon 75,3 1 252 65,4 0,3 2 797 * * * 7 Yoa et Lokpa 96,2 100 96,0 72,0 227 84,2 9,0 6,8 163 Bétamaribé 65,0 144 77,4 7,0 320 * * * 22 Peulh 94,3 117 97,5 88,4 236 85,4 9,4 5,2 208 Yoruba 78,5 281 74,5 21,7 742 97,3 1,9 0,7 161 Autre 90,3 9 88,8 27,6 54 * * * 15 Autres nationalités 80,7 80 74,8 18,7 229 90,2 5,1 4,7 43 Ensemble 79,2 2 709 70,9 16,8 6 219 87,1 7,2 5,7 1 047 na = Non applicable * Basé sur moins de 25 cas non pondérés 12.1.2 Pratique de l’excision Sur les 6 219 femmes enquêtées au cours de l’EDSB-II, 1 047 ont déclaré avoir été excisées, soit une proportion de 17 %. À l’examen du tableau 12.1, on remarque que, selon l’âge, la proportion des L’excision | 213 femmes excisées évolue à la baisse, passant de 24 % pour les femmes de 45-49 ans à 17 % à 25-29 ans puis à 12 % pour les 15-19 ans. Ainsi, il apparaît que des générations les plus anciennes aux plus récentes, l’excision est moins fréquemment pratiquée. Cependant, on peut envisager que ces faibles proportions de femmes excisées dans les groupes d’âges 15-19 ans et 20-24 ans résultent du fait que toutes les femmes de ces groupes d’âges qui doivent être excisées ne le sont pas encore. Toutefois, comme on le verra plus loin, ce n’est que dans 4 % des cas que l’excision est pratiquée à 15 ans et plus. Cependant, compte tenu de l’écart important constaté entre ces groupes d’âges, en particulier le groupe d’âges 15-19 ans et les âges les plus élevés, on peut penser que cette variation est néanmoins le signe d’une tendance à l’abandon de l’excision parmi les générations les plus jeunes. Le tableau 12.1 montre aussi que la pratique de l’excision varie selon les différentes carac- téristiques socio-démographiques des enquêtées. En ce qui concerne le milieu de résidence, on constate que le pourcentage de femmes excisées est moins importante en milieu urbain qu’en milieu rural (13 % contre 20 %). En dehors de Cotonou, les autres milieux urbains (avec 19 %) présentent un niveau d’excision des femmes assez proche de celui du milieu rural. Au niveau des départements, on constate que c’est dans le Borgou et l’Atacora que les proportions de femmes excisées sont, de loin, les plus élevées (respectivement 58 % et 45 %). Les faibles pourcentages de femmes excisées observés dans le reste des départements permet de supposer que les femmes excisées du sud sont certainement des femmes migrantes originaires des trois départements du Nord et du Centre. D’autre part, les résultats selon le niveau d’instruction font apparaître des écarts : 22 % des femmes sans instruction ont déclaré avoir été excisées contre 9 % de celles ayant un niveau d’instruction primaire et seulement 5 % de celles ayant, au moins, un niveau secondaire. Selon le groupe ethnique, trois grands groupes se démarquent. Il s’agit des Peulh (88 % des femmes excisées), des Bariba (77 %) et des Yoa et Lokpa (72 %). Les résultats du tableau 12.1 indiquent également que la clitoridectomie, qui consiste en l’ablation d’une partie des chairs, est la forme d’excision la plus pratiquée au Bénin (87 %). Cette forme d’excision est pratiquée dans 97 % des cas d’excision dans le département du Zou, contre 84 % et 89 % respectivement dans les départements du Borgou et de l’Atacora. Au tableau 12.2, on constate que pour 70 % des femmes l’excision a eu lieu avant l’âge de 8 ans ; 7 % des femmes ont été excisées tardivement après l’âge de 13 ans (tableau 12.2). Selon le milieu de résidence, on peut noter que l’excision est plus fréquemment pratiquée à 5-8 ans dans les départements de l’Atacora et du Borgou (41 % dans chacun d’eux). Dans ces départements, on note également que respectivement 35 % et 31 % des femmes ont déclaré avoir été excisées dans la petite enfance. Dans le département de Zou, seulement 11 % des femmes ont déclaré avoir été excisées dans la petite enfance. Dans le Zou, les filles sont souvent excisées à un âge plus tardif (32 % entre 11 et 14 ans et 25 % à l’âge de 15 ans ou plus). Selon l’ethnie, on remarque que l’excision a lieu de manière relativement tardive chez les Yoruba (23 % entre 11 et 14 ans et 25 % à l’âge de 15 ans plus). Par contre, chez les Bariba, les Dendi, les Peulh et les Yoa et Lokpa, la grande majorité des femmes ont déclaré avoir été excisées avant l’âge de 11 ans (respectivement 90 %, 81 %, 95 % et 92 %). Au moment de l’enquête, on a également demandé aux femmes ayant au moins une fille vivante, si elle ou l’une d’entre elles avait été excisée. Si plusieurs filles de l’enquêtée ont été excisées, les questions concernant le type d’excision, l’âge à l’excision et les complications portaient uniquement sur celle qui a été excisée le plus récemment. Comme certaines filles des femmes enquêtées étaient trop jeunes au moment de l’enquête pour avoir déjà été excisées, on a également demandé aux femmes dont la fille n’était pas excisée si elles avaient l’intention de la faire exciser. On constate au tableau 12.3 qu’une faible proportion des enquêtées (7 %) avaient déjà fait exciser, au moins, une de leurs filles. En outre, 3 % ont déclaré qu’elles avaient l’intention de le faire et une proportion élevée (66 %) de femmes ont déclaré 214 | L’excision Tableau 12.2 Âge des enquêtées à l’excision Répartition (en %) des femmes excisées par âge au moment l’excision, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Âge au moment de l’excision Caractéristique socio-démographique Dans la petite enfance 0-1 2-4 5-8 9-10 11-12 13-14 15 ou plus NSP Total Effectif de femmes excisées Âge 15-19 38,5 0,7 7,6 33,8 10,5 3,2 0,7 0,8 4,3 100,0 150 20-24 26,0 1,3 3,7 41,1 16,4 4,1 2,7 0,7 4,1 100,0 162 25-29 28,4 0,0 3,4 36,4 12,8 11,9 2,2 3,2 1,6 100,0 198 30-34 26,0 0,0 3,8 41,8 11,9 8,5 2,4 4,2 1,3 100,0 159 35-39 27,8 0,8 3,5 32,3 14,7 4,8 3,3 7,6 5,4 100,0 136 40-44 31,0 0,0 0,7 36,0 15,4 6,4 2,2 6,0 2,3 100,0 138 45-49 32,8 0,0 3,8 26,9 18,8 2,1 1,8 11,1 2,8 100,0 105 Département Atacora 35,4 0,0 2,1 40,5 13,6 3,9 2,7 0,9 0,9 100,0 313 Borgou 31,0 0,0 5,2 40,6 14,9 4,0 1,0 0,4 2,9 100,0 574 Zou 10,5 0,0 1,9 11,5 14,2 24,8 6,7 24,8 5,7 100,0 125 Autres départements 28,7 12,1 3,0 9,4 3,3 0,0 0,0 28,6 14,9 100,0 35 Milieu de résidence Ensemble urbain 29,2 1,3 4,6 30,3 16,5 7,4 3,0 6,1 1,7 100,0 319 Cotonou 25,0 25,0 6,3 12,5 0,0 0,0 0,0 6,3 25,0 100,0 17 Autres villes 29,4 0,0 4,5 31,3 17,4 7,8 3,2 6,1 0,4 100,0 302 Rural 30,1 0,0 3,5 38,6 13,0 5,8 1,8 3,6 3,6 100,0 728 Niveau d’instruction Aucun niveau 31,3 0,0 4,1 36,6 14,0 5,5 1,8 3,9 2,9 100,0 888 Primaire 19,8 1,8 1,7 36,6 13,9 12,5 3,7 7,6 2,6 100,0 119 Secondaire ou plus 25,4 5,3 4,9 22,9 17,4 5,1 5,3 5,6 8,2 100,0 40 Groupe ethnique Bariba 27,6 0,0 4,8 38,7 19,1 5,1 1,2 0,5 3,0 100,0 395 Dendi 62,1 0,0 0,0 9,6 9,3 9,2 3,1 3,4 3,4 100,0 31 Yoa et Lokpa 40,9 0,0 2,3 34,2 14,3 4,1 1,1 0,7 2,4 100,0 163 Peulh 28,5 0,0 4,7 56,5 5,7 1,6 1,5 0,0 1,4 100,0 208 Yoruba 8,5 0,0 2,1 20,4 19,0 18,2 5,0 24,6 2,2 100,0 161 Autres groupes ethniques 49,4 4,8 4,5 17,4 3,4 4,4 4,4 2,1 9,6 100,0 88 Ensemble 29,8 0,4 3,8 36,1 14,1 6,3 2,2 4,4 3,0 100,0 1 047 qu’elles n’avaient pas pris de décision. Au total, on peut donc considérer qu’une faible proportion de femmes (9 %) ont fait exciser ou feront exciser leurs filles. Près d’un tiers des femmes excisées (30 %) ont au moins une fille excisée et 9 % ont l’intention de faire exciser leur(s) fille(s). Par ailleurs, on constate que les catégories de femmes dans lesquelles la prévalence de l’excision est la plus élevée sont également celles où la proportion de femmes qui ont fait ou qui ont l’intention de faire exciser leur(s) fille(s) est la plus élevée : en effet, on remarque que les départements de l’Atacaora et du Borgou se caractérisent par les proportions les plus élevées de femmes ayant au moins une fille excisée (respectivement 21 % et 20 %). Selon le groupe ethnique, ce sont les Bariba (30 %), les Yoa (26 %) et surtout les Peuhl (37 %) qui comptent la proportion la plus élevée de femmes ayant au moins une fille excisée. En ce qui concerne le milieu de résidence, on constate que c’est en milieu rural que la proportion de femmes ayant au moins une fille excisée est la plus élevée en milieu rural (8 %) contre 5 % en urbain. Selon le niveau d’instruction, cette proportion varie de 9 % chez les femmes sans instruction à 2 % chez celles ayant le niveau d’instruction primaire et 1 % chez celles ayant au moins le niveau d’instruction secondaire ou plus. L’excision | 215 Tableau 12.3 Pratique de l’excision parmi les filles des femmes enquêtées Répartition (en %) des femmes ayant, au moins, une fille en vie selon qu’au moins une fille a été excisée et, si non, selon qu’elles ont ou non l’intention de la/les faire exciser, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Aucune fille excisée, et la mère : Caractéristique socio-démographique A au moins une fille excisée A l’intention de faire exciser sa/ses fille(s) Ne sait pas La mère ne connaît pas l’excision Total Effectif de femmes ayant une/des fille(s) vivante(s) Excision de la mère Ne connaît pas l’excision 0,0 0,0 0,0 100,0 100,0 922 Excisée 29,5 9,3 61,1 0,0 100,0 779 Pas excisée 0,8 1,4 97,8 0,0 100,0 1 981 Âge 15-19 1,8 10,0 65,3 22,9 100,0 111 20-24 0,4 5,7 64,7 29,2 100,0 505 25-29 3,9 2,8 66,3 27,0 100,0 802 30-34 6,0 1,6 70,7 21,6 100,0 699 35-39 6,7 2,4 67,0 24,0 100,0 669 40-44 13,6 0,6 60,5 25,3 100,0 494 45-49 14,3 1,8 60,1 23,9 100,0 399 Département Atacora 20,9 8,5 61,2 9,3 100,0 456 Ensemble Atlantique 1,1 0,1 75,1 23,8 100,0 757 Atlantique 1,1 0,2 66,9 31,8 100,0 364 Cotonou 1,1 0,0 82,6 16,3 100,0 393 Borgou 19,7 5,1 72,1 3,1 100,0 645 Mono 0,0 0,4 41,4 58,2 100,0 422 Ouémé 0,2 0,5 51,7 47,6 100,0 648 Zou 1,9 3,0 78,6 16,5 100,0 752 Milieu de résidence Ensemble urbain 5,3 2,1 73,7 18,9 100,0 1 298 Cotonou 1,1 0,0 82,6 16,3 100,0 393 Autres villes 7,1 3,1 69,8 20,0 100,0 905 Rural 7,5 3,0 61,1 28,4 100,0 2 383 Niveau d’instruction Aucun niveau 8,5 3,1 60,2 28,1 100,0 2 660 Primaire 2,2 2,2 75,0 20,6 100,0 709 Secondaire ou plus 1,3 0,3 89,4 8,9 100,0 312 Groupe ethnique Adja 0,0 0,3 49,6 50,0 100,0 512 Bariba 29,7 3,4 65,3 1,5 100,0 330 Dendi 3,7 4,6 90,8 0,9 100,0 104 Fon 0,5 0,3 69,0 30,2 100,0 1 621 Yoa et Lokpa 26,3 10,9 60,1 2,7 100,0 158 Bétamaribé 2,4 7,8 68,5 21,2 100,0 201 Peulh 37,7 12,5 46,4 3,4 100,0 173 Yoruba 3,3 4,5 71,2 21,1 100,0 430 Autre 3,5 3,0 84,1 9,4 100,0 31 Autres nationalités 6,9 2,7 71,3 19,2 100,0 121 Ensemble 6,7 2,7 65,6 25,0 100,0 3 681 216 | L’excision Les résultats du tableau 12.4 présentent la répartition des filles excisées le plus récemment selon la personne qui a pratiqué l’excision. On constate que, quel que soit le type d’excision, elle est essentiellement pratiquée par des exciseuses traditionnelles (90 %), les professionnels de la santé n’intervenant que très rarement (moins d’un pour cent). 12.2 CONSÉQUENCES SANITAIRES DE LA PRATIQUE DE L’EXCISION L’excision, qui est une pratique traditionnelle en Afrique et en particulier au Bénin, peut avoir des conséquences graves sur la santé des femmes. Ainsi, au tableau 12.5, les résultats montrent que dans un cas sur cinq (20 %), les mères ont déclaré que leur fille avait eu, au moins, une complication au moment de l’excision ou après ; dans 10 % des cas, les mères ont déclaré au moins deux complications. En outre, on remarque que la proportion de femmes ayant déclaré que leur fille avait eu au moins une complication est beaucoup plus importante quand on a pratiqué une entaille que quand on a enlevé de la chair (54 % contre 15 %). De plus, plus de deux filles sur cinq (47 %) qui ont subi une entaille ont eu, selon les déclarations des mères, une infection ou des problèmes de cicatrisation et 15 % ont eu des saignements excessifs. Quand l’excision se borne à de la chair enlevée, les complications semblent, selon les déclarations des mères, moins fréquentes. Ces diffé- rents problèmes de santé, en parti- culier les saignements excessifs et les infections, peuvent avoir des consé- quences dramatiques qui peuvent en- traîner le décès des femmes excisées si aucun traitement n’est effectué. En outre, certaines de ces complications peuvent également avoir des consé- quences lors de l’accouchement. Tableau 12.4 Personne qui a pratiqué l’excision Répartition (en %) des filles excisées le plus récemment par la personne qui a pratique l’excision, selon le type d’excision, Bénin 2001 Type d’excision des filles Personne qui a pratiqué l’excision Chair enlevée Entaillée Manquant/ NSP Ensemble Professionnel de la santé 0,5 0,0 0,0 0,4 Médecin 0,5 0,0 0,0 0,4 Traditionnel 99,0 100,0 52,0 91,6 Exciseuse traditionnelle 97,9 100,0 49,3 90,2 Autre traditionnel 1,1 0,0 2,7 1,3 Ne sait pas 0,5 0,0 48,0 8,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif de filles excisées le plus récemment1 194 13 39 246 1 Si la mère a plusieurs filles excisées, les données portent sur la fille excisée le plus récemment Tableau 12.5 Excision des filles et complications Pourcentage des filles excisées le plus récemment qui ont eu des complications au moment ou après l’excision d’après les déclarations de la mère, par type d’excision, Bénin 2001 Type d’excision Complications Chair enlevée Entaillée Manquant/ NSP Ensemble Saignement excessif 8,5 15,1 25,0 11,5 Gonflement 6,4 8,4 20,1 8,7 Infection/cicatrisation 7,0 46,6 32,4 13,1 Au moins une complication 14,9 54,1 37,2 20,5 Deux complications ou plus 6,0 16,0 27,3 10,0 Effectif de filles excisées 194 13 39 246 L’excision | 217 12.3 AVANTAGES D’ÊTRE EXCISÉE OU DE NE PAS ÊTRE EXCISÉE Actuellement, au Bénin, l’excision est une pratique combattue tant par la société civile que par l’État. En dépit des efforts déployés dans le cadre de cette lutte, persistent encore des réalités traditionnelles qui favorisent la pratique de l’excision, notamment dans les départements de l’Atacora et du Borgou et, dans une moindre mesure, dans celui du Zou. Dans le cadre de l’EDSB-II, des questions ont été posées pour connaître les opinions des hommes et des femmes sur les avantages pour une femme d’être excisée ou de ne pas être excisée. 12.3.1 Avantages d’être excisée D’après le tableau 12.6.1, 42 % des femmes pensent qu’il n’y a aucun avantage pour une fille à être excisée. À l’opposé, 9 % ont déclaré que l’excision procurait une certaine reconnaissance sociale et 4 % pensent que c’est une nécessité religieuse. Les femmes qui ont le plus fréquemment déclaré qu’il n’y avait aucun avantage pour une femme à être excisée sont bien entendu celles qui ne sont pas excisées (48 % contre 24 % parmi celles qui ont été excisées), celles du département de l’Atlantique (57 %), celles de Cotonou (56 %) et de l’Ouéme (48 %), et celles ayant un niveau d’instruction secondaire (57 %). À l’opposé, dans l’Atacora et le Borgou, départements où la proportion de femmes excisées est élevée, les proportions de celles qui pensent qu’il n’y a aucun avantage à être excisée sont parmi les plus faibles (respectivement, 29 % et 36 %). Selon le niveau d’instruction, les résultats montrent que plus les femmes sont instruites, plus elles pensent que l’excision est une pratique qui n’apporte aucun avantage à la femme. Dans les départements de l’Atacora et du Borgou où la prévalence de l’excision est élevée, respectivement 17 % et 19 % des femmes ont déclaré que l’excision apportait une certaine forme de reconnaissance sociale. De même, ces femmes ont déclaré, dans respectivement 4 % et 9 % des cas, que c’était une nécessité religieuse. Chez les Peulh où la prévalence de l’excision est élevée, on constate que 28 % des femmes ont cité comme avantage à l’excision la reconnaissance sociale et 4 % la nécessité religieuse. Chez les hommes, on constate au tableau 12.6.2 qu’une proportion beaucoup plus élevée que chez les femmes (70 % contre 43 %) a déclaré qu’il n’y avait pour la femme aucun avantage à être excisée. À l’opposé, 6 % ont avancé que l’excision contribuait à une meilleure reconnaissance sociale de la femme. Par contre, la nécessité religieuse n’a pratiquement pas été évoquée par les hommes (moins d’un pour cent). 218 | L’excision Tableau 12.6.1 Avantages pour une fille d’être excisée (d’après les femmes) Pourcentage de femmes qui ont évoqué différents avantages pour une fille d’être excisée, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Avantages de l’excision Caractéristique socio-démographique Pas d’avan- tage Meilleure hygiène Recon- naissance sociale Meilleure chance de mariage Préser- vation de la virginité Plus grand plaisir de l’homme Nécessité religieuse Accou- chement facile Autre/ NSP Effectif qui con- naissent l’excision Excision de la femme Excisée 24,4 1,9 29,2 3,2 2,7 0,6 4,5 4,4 35,4 1 047 Partie de la chair enlevée 24,0 1,5 30,5 3,4 2,8 0,7 4,7 4,4 34,9 912 Entaillée 24,7 6,5 18,9 2,7 3,9 0,0 4,0 6,4 36,8 76 Type d’excision indéterminé 31,3 1,6 22,6 0,0 0,0 0,0 3,1 1,6 41,4 60 Pas excisée 47,9 0,1 2,4 0,5 1,0 0,5 3,8 0,3 43,9 3 365 Âge 15-19 38,2 0,4 7,0 0,8 1,2 0,9 2,9 0,9 48,6 704 20-24 42,3 0,7 7,3 1,0 1,9 0,6 3,6 1,6 43,4 866 25-29 44,7 0,1 8,5 1,3 0,8 0,8 3,9 1,0 40,7 846 30-34 44,0 0,3 9,6 0,9 1,3 0,3 4,3 1,1 39,2 685 35-39 43,7 0,4 7,7 1,1 1,7 0,2 4,4 1,4 40,2 565 40-44 41,7 1,4 12,9 1,6 1,5 0,3 3,9 1,4 38,1 411 45-49 40,4 0,6 11,8 1,9 1,3 0,0 6,2 1,7 40,1 335 Département Atacora 29,3 0,8 17,3 1,9 0,6 0,1 3,5 3,3 46,4 614 Ensemble Atlantique 56,6 0,2 0,8 0,3 1,3 0,5 3,2 0,2 36,8 1 103 Atlantique 57,2 0,0 0,7 0,2 0,6 0,4 7,0 0,0 32,1 390 Cotonou 56,2 0,3 0,9 0,3 1,6 0,6 1,2 0,3 39,3 713 Borgou 35,7 1,6 18,9 1,8 1,3 0,7 2,6 2,9 36,9 953 Mono 30,1 0,0 0,3 0,9 1,8 1,2 0,3 0,0 65,4 283 Ouémé 47,8 0,0 4,9 0,6 1,8 0,2 2,4 0,6 43,9 521 Zou 41,5 0,0 6,9 1,4 1,8 0,5 8,5 0,1 41,9 938 Milieu de résidence Ensemble urbain 47,5 0,3 6,5 0,8 2,1 0,6 3,6 1,1 39,6 1 929 Cotonou 56,2 0,3 0,9 0,3 1,6 0,6 1,2 0,3 39,3 713 Autres villes 42,3 0,3 9,8 1,1 2,4 0,6 5,0 1,5 39,6 1 216 Rural 38,4 0,6 10,5 1,4 0,8 0,4 4,3 1,4 43,8 2 483 Niveau d’instruction Aucun niveau 36,4 0,7 12,3 1,6 1,2 0,4 4,6 1,5 43,8 2 731 Primaire 48,0 0,1 3,8 0,5 1,0 0,5 3,4 1,1 41,8 963 Secondaire ou plus 57,4 0,3 2,0 0,3 2,5 1,0 2,1 0,5 35,1 718 Groupe ethnique Adja 43,4 0,0 0,4 0,6 1,2 0,8 1,4 0,0 52,5 455 Bariba 29,8 1,6 19,1 1,8 0,8 1,0 3,6 5,5 39,8 502 Dendi 39,3 0,0 7,4 2,5 1,9 0,7 0,0 1,2 50,3 158 Fon 52,9 0,0 1,1 0,2 0,8 0,2 5,1 0,1 39,0 1 829 Yoa et Lokpa 33,3 0,9 33,8 1,7 0,9 0,0 1,4 1,4 30,7 218 Bétamaribé 28,3 0,0 10,3 3,0 0,4 0,4 6,0 0,4 54,2 247 Peulh 19,7 4,2 27,8 2,1 2,8 0,4 4,4 6,6 39,3 230 Yoruba 38,3 0,0 14,3 1,9 2,8 1,0 3,7 0,6 41,5 553 Autre 61,6 2,2 8,0 0,0 0,0 0,0 2,2 0,0 25,9 48 Autres nationalités 35,8 0,6 6,2 3,3 5,3 1,2 4,4 0,6 48,0 171 Ensemble 42,3 0,5 8,8 1,1 1,4 0,5 4,0 1,2 41,9 4 412 Note : La somme des pourcentages par avantage cité peut dépasser 100 % car une femme peut citer plusieurs avantages. L’excision | 219 Tableau 12.6.2 Avantages pour une fille d’être excisée (d’après les hommes) Pourcentage d’hommes qui ont évoqué différents avantages pour une fille d’être excisée, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Avantages de l’excision Caractéristique socio-démographique Pas d’avan- tage Meilleure hygiène Recon- naissance sociale Meilleure chance de mariage Préser- vation de la virginité Plus grand plaisir de l’homme Nécessité religieuse Accou- chement facile Autre/ NSP Effectif qui con- naissent l’excision Âge 15-19 60,3 0,7 4,5 0,7 2,5 1,9 0,4 1,3 28,2 273 20-24 70,2 0,0 4,9 0,6 1,2 2,3 0,6 1,8 19,2 325 25-29 74,4 0,6 4,8 0,9 0,8 0,6 0,3 0,5 18,1 363 30-34 74,1 0,6 4,5 0,8 1,1 0,0 0,4 0,7 18,6 307 35-39 70,4 1,1 6,6 0,3 2,7 1,4 0,3 0,0 19,3 263 40-44 74,2 1,3 7,0 0,9 0,5 0,5 0,5 0,8 16,1 216 45-49 68,6 0,5 7,4 1,5 0,5 1,8 1,7 1,3 18,9 179 50-64 65,7 0,0 9,8 2,2 0,4 1,5 0,4 0,9 20,8 218 Département Atacora 68,3 2,0 19,6 3,4 3,0 1,4 0,3 0,4 7,8 269 Ensemble Atlantique 68,4 0,3 4,5 0,7 1,3 1,1 0,3 0,7 23,6 568 Atlantique 79,2 0,4 0,9 0,4 0,5 0,4 0,4 1,0 17,1 188 Cotonou 63,0 0,3 6,3 0,8 1,6 1,4 0,3 0,5 26,8 380 Borgou 83,9 0,7 2,6 0,5 0,7 0,2 0,9 1,2 10,4 419 Mono 69,4 0,0 1,7 0,4 0,8 1,3 0,4 2,9 22,2 208 Ouémé 58,7 0,4 6,1 0,4 0,8 1,6 0,0 0,7 31,7 278 Zou 67,3 0,3 4,1 0,6 1,2 2,1 0,9 0,3 23,3 402 Milieu de résidence Ensemble urbain 68,9 0,5 7,5 0,8 1,6 1,2 0,5 0,7 19,7 927 Cotonou 63,0 0,3 6,3 0,8 1,6 1,4 0,3 0,5 26,8 380 Autres villes 73,0 0,6 8,3 0,8 1,6 1,2 0,6 0,7 14,7 546 Rural 70,9 0,7 4,7 1,0 1,0 1,2 0,5 1,1 20,1 1 218 Niveau d’instruction Aucun niveau 67,8 0,8 8,5 1,5 1,4 1,0 0,9 0,7 19,5 870 Primaire 69,4 0,8 5,1 0,3 0,9 1,3 0,2 1,5 21,3 636 Secondaire ou plus 73,7 0,2 3,1 0,7 1,4 1,5 0,3 0,5 19,1 638 Groupe ethnique Adja 66,5 0,0 2,5 0,3 1,5 1,7 0,3 1,9 25,1 278 Bariba 83,0 0,8 5,3 0,8 0,8 0,0 0,4 1,6 8,9 256 Dendi 79,8 1,4 5,5 1,4 4,1 1,3 0,0 0,0 9,3 74 Fon 70,2 0,3 2,6 0,5 0,4 1,3 0,3 0,6 23,7 943 Yoa et Lokpa 59,8 2,8 26,9 6,6 3,8 0,9 0,0 1,0 9,5 96 Bétamaribé 62,0 2,9 16,1 2,9 5,1 2,0 4,1 0,0 12,0 94 Peulh 78,0 0,9 3,7 0,0 0,0 0,9 0,0 0,0 16,6 111 Yoruba 62,0 0,0 8,3 0,4 1,5 2,0 0,5 1,5 24,3 220 Autre 56,3 0,0 43,7 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 8 Autres nationalités 63,3 0,0 16,0 1,6 3,3 0,0 1,6 0,0 17,3 64 Ensemble 70,0 0,6 5,9 0,9 1,3 1,2 0,5 0,9 19,9 2 145 Note : La somme des pourcentages par avantage cité peut dépasser 100 % car un homme peut citer plusieurs avantages. 220 | L’excision 12.3.2 Avantages de ne pas être excisée Une femme sur six (16 %) (tableau 2.7.1) a déclaré qu’il y a des avantages pour une fille à ne pas être excisée. Pour 20 % des femmes, le fait de ne pas être excisée épargne la souffrance. Pour 18 %, ne pas être excisée signifie moins de problèmes de santé. Dans 7 % des cas, les femmes ont déclaré que ne pas être excisée permettait à la femme d’éprouver plus de plaisir. Certaines raisons sont plus fréquemment avancées par les femmes qui ont subi une excision. Il s’agit surtout des raisons concernant la souffrance : 24 % des femmes excisées l’ont évoquée contre 19 % de celles qui n’ont pas été excisées. Il en est de même des problèmes de santé (22 % contre 17 %). Dans les départements de l’Atacora, du Borgou et Zou, où la prévalence de l’excision est élevée, les raisons liées à la souffrance sont citées respectivement par 17 %, 34 % et 19 %, et celles liées aux problèmes de santé par respectivement 22 %, 25 % et 11 %. Chez les hommes, les résultats du tableau 12.7.2 montrent que 13 % d’entre eux ont déclaré que pour une fille, ne pas être excisée ne comportait aucun avantage. Cependant, pour 25 % d’entre eux, ne pas être excisée signifie pour une fille moins de problèmes de santé ; pour 21 % des hommes, ne pas être excisée permet à la femme d’éviter la souffrance ; enfin, dans 24 % des cas, les hommes ont cité le plus grand plaisir de la femme au nombre des avantages à ne pas être excisée. L’excision | 221 Tableau 12.7.1 Avantages pour une fille de ne pas être excisée (d’après les femmes) Pourcentage de femmes qui ont évoqué différents avantages pour une fille de ne pas être excisée, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Avantages de ne pas être excisée Caractéristique socio-démographique Pas d’avantage Moins de problèmes de santé Évite la souffrance Plus grand plaisir de la femme Plus grand plaisir de l’homme En accord avec la religion Autre/ NSP Effectif qui con- naissent l’excision Excision de la femme Excisée 11,8 22,0 23,5 6,3 9,8 1,4 47,5 1 047 Partie de la chair enlevée 11,1 23,6 25,5 6,8 10,4 1,5 45,3 912 Entaillée 17,1 9,2 11,6 4,0 5,4 0,0 60,9 76 Type d’excision indéterminé 16,7 14,6 8,1 1,6 5,0 1,5 65,4 60 Pas excisée 17,1 17,1 19,2 7,7 3,4 1,8 51,2 3 365 Âge 15-19 13,9 15,0 15,5 5,7 4,6 1,9 57,3 704 20-24 13,1 17,6 19,8 8,5 4,0 1,8 51,9 866 25-29 17,7 18,8 20,9 7,1 5,3 1,6 48,2 846 30-34 17,3 20,0 21,5 7,9 5,1 1,4 47,8 685 35-39 18,2 16,5 20,0 5,5 5,3 0,7 49,6 565 40-44 15,8 19,9 23,0 9,7 7,0 2,7 48,0 411 45-49 15,8 22,7 24,0 7,4 3,6 2,6 47,2 335 Département Atacora 12,4 21,7 16,5 4,3 4,3 1,4 54,4 614 Ensemble Atlantique 12,2 23,2 17,6 12,9 3,1 2,3 53,3 1 103 Atlantique 28,3 12,5 11,7 4,4 2,5 0,8 44,9 390 Cotonou 3,4 29,1 20,8 17,6 3,4 3,1 57,8 713 Borgou 8,6 24,7 34,4 10,3 15,2 1,0 39,4 953 Mono 0,6 12,8 10,9 3,3 0,9 0,0 80,2 283 Ouémé 29,5 8,2 11,3 3,3 0,9 0,9 50,9 521 Zou 26,7 10,9 19,2 3,3 0,6 2,9 46,2 938 Milieu de résidence Ensemble urbain 12,9 22,7 21,4 12,2 5,7 1,6 50,2 1 929 Cotonou 3,4 29,1 20,8 17,6 3,4 3,1 57,8 713 Autres villes 18,5 19,0 21,8 9,1 7,1 0,7 45,9 1 216 Rural 18,1 14,8 19,3 3,6 4,3 1,8 50,5 2 483 Niveau d’instruction Aucun niveau 17,8 16,1 19,9 3,5 4,4 2,0 50,6 2 731 Primaire 15,1 17,3 17,6 7,7 4,0 1,5 54,1 963 Secondaire ou plus 9,5 27,7 25,0 21,3 8,2 0,8 44,8 718 Groupe ethnique Adja 8,7 15,9 12,8 6,2 0,4 0,9 67,8 455 Bariba 8,0 29,0 28,6 9,1 15,3 1,0 41,8 502 Dendi 4,9 26,8 39,4 10,0 13,1 0,7 41,3 158 Fon 22,0 15,8 18,3 8,1 2,4 2,4 46,7 1 829 Yoa et Lokpa 11,8 13,0 20,9 6,7 4,3 1,9 56,9 218 Bétamaribé 17,3 16,3 17,8 3,2 1,6 2,7 54,9 247 Peulh 12,8 23,7 17,7 4,3 10,2 1,3 46,5 230 Yoruba 16,3 14,8 18,6 6,0 4,1 1,0 55,7 553 Autre 2,0 27,0 39,2 10,7 12,5 0,0 46,4 48 Autres nationalités 12,0 22,1 24,8 10,0 5,4 1,2 50,8 171 Ensemble 15,8 18,3 20,2 7,3 4,9 1,7 50,3 4 412 Note : La somme des pourcentages par avantage cité peut dépasser 100 % car une femme peut citer plusieurs avantages. 222 | L’excision Tableau 12.7.2 Avantages pour une fille de ne pas être excisée (d’après les hommes) Pourcentage d’hommes qui ont évoqué différents avantages pour une fille de ne pas être excisée, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Avantages de ne pas être excisée Caractéristique socio-démographique Pas d’avantage Moins de problèmes de santé Évite la souffrance Plus grand plaisir de la femme Plus grand plaisir de l’homme En accord avec la religion Autre/ NSP Effectif qui con- naissent l’excision Âge 15-19 16,2 20,0 18,5 14,9 10,9 0,7 40,4 273 20-24 12,4 26,6 21,8 24,8 18,8 0,4 29,0 325 25-29 12,9 25,6 20,2 22,8 13,9 2,8 32,8 363 30-34 11,3 25,3 21,3 26,5 19,0 1,6 33,9 307 35-39 11,1 22,2 19,7 27,7 17,5 1,4 36,9 263 40-44 15,2 26,6 18,8 26,2 22,6 1,0 28,2 216 45-49 11,0 26,7 25,5 25,0 22,9 2,5 30,3 179 50-64 14,3 25,4 27,5 21,6 19,1 2,1 30,4 218 Département Atacora 42,6 27,7 11,0 10,6 9,2 1,4 22,1 269 Ensemble Atlantique 5,9 23,7 14,5 34,0 11,3 2,2 42,1 568 Atlantique 13,5 19,5 8,8 31,9 21,0 4,9 31,4 188 Cotonou 2,2 25,8 17,3 35,1 6,6 0,8 47,4 380 Borgou 11,3 45,3 23,7 12,9 14,9 1,0 20,1 419 Mono 10,1 11,7 38,5 28,0 36,0 0,8 17,2 208 Ouémé 11,3 7,4 17,5 14,6 5,2 0,4 58,5 278 Zou 7,6 21,8 29,4 32,9 34,1 2,6 30,9 402 Milieu de résidence Ensemble urbain 11,0 26,0 19,0 28,2 13,4 1,3 35,2 927 Cotonou 2,2 25,8 17,3 35,1 6,6 0,8 47,4 380 Autres villes 17,1 26,2 20,2 23,5 18,1 1,7 26,8 546 Rural 14,6 23,8 23,1 20,1 20,9 1,7 31,1 1 218 Niveau d’instruction Aucun niveau 16,9 25,7 23,1 16,1 18,8 2,3 29,1 870 Primaire 13,5 21,4 20,5 20,2 16,2 1,6 38,8 636 Secondaire ou plus 7,3 26,8 19,8 37,3 17,5 0,5 32,3 638 Groupe ethnique Adja 8,3 15,4 30,1 27,8 24,9 1,3 27,6 278 Bariba 8,9 48,9 24,1 17,3 19,6 0,4 19,7 256 Dendi 11,9 38,3 23,8 13,9 8,3 5,5 15,9 74 Fon 8,8 19,7 20,6 31,3 21,9 2,0 39,3 943 Yoa et Lokpa 60,1 11,0 8,1 5,6 6,6 0,0 21,2 96 Bétamaribé 41,3 19,3 12,2 8,1 4,8 2,9 27,4 94 Peulh 12,5 47,0 22,5 7,6 7,6 0,0 27,3 111 Yoruba 10,3 22,7 22,0 20,2 10,0 0,5 38,1 220 Autre 33,0 34,0 0,0 21,5 0,0 0,0 33,0 8 Autres nationalités 8,0 24,9 12,7 18,8 7,5 3,2 51,1 64 Ensemble 13,0 24,8 21,4 23,6 17,6 1,6 32,9 2 145 Note : La somme des pourcentages par avantage cité peut dépasser 100 % car un homme peut citer plusieurs avantages. L’excision | 223 12.4 CROYANCES ET OPINIONS SUR L’EXCISION Bien que parmi les avantages d’être ou de ne pas être excisée figurait le fait que l’excision soit exigée par la religion et le fait que ce soit un moyen de prévenir les relations sexuelles avant le mariage, au cours de l’enquête on a demandé spécifiquement aux femmes et aux hommes s’ils étaient d’accord avec ces deux assertions. Les résultats sont présentés au tableau 12.8. À la première question, une faible proportion d’hommes, comme de femmes, a déclaré qu’ils pensaient que l’excision était une pratique exigée par la religion (8 % des femmes et 9 % des hommes). Chez les femmes c’est dans le département du Borgou (19 %) et dans l’ethnie Peulh (28 %) que cette opinion est le plus fréquemment répandue. Chez les hommes, c’est dans l’Atlantique (31 %) que l’on constate la proportion la plus élevée ayant déclaré être d’accord avec cette opinion. À la deuxième question, une proportion identique d’hommes et de femmes (8 % dans les deux cas) ont déclaré que l’excision était un moyen de limiter les relations sexuelles avant le mariage. Cette opinion est partagée par 13 % des femmes du Borgou et par 16 % de celles de l’ethnie Peulh. Chez les hommes, on constate que 17 % des hommes de Cotonou, 11 % de ceux du milieu urbain et 12 % de ceux ayant un niveau d’instruction secondaire sont d’accord avec cette opinion. 224 | L’excision Tableau 12.8 Croyances au sujet de l’excision Pourcentage de femmes et d’hommes qui connaissent l’excision et qui sont d’accord avec différentes affirmations, par caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Femmes, l’excision: Hommes, l’excision: Caractéristique socio-démographique Est exigée par la religion Prévient relations sexuelles avant le mariage Effectif de femmes Est exigée par la religion Prévient relations sexuelles avant le mariage Effectif des hommes Excisée 20,1 16,1 1 047 na na na Pas excisée 4,6 5,1 3 365 na na na Âge 15-19 9,9 9,1 704 10,4 10,6 273 20-24 6,9 7,8 866 7,9 7,9 325 25-29 7,2 7,8 846 10,8 10,8 363 30-34 8,9 6,5 685 6,6 6,4 307 35-39 7,2 6,4 565 10,0 8,9 263 40-44 9,9 9,4 411 7,0 7,4 216 45-49 9,5 7,0 335 5,5 6,9 179 50-64 na na na 9,2 5,6 218 Département Atacora 8,8 4,5 614 6,2 9,8 269 Ensemble Atlantique 4,5 6,7 1 103 13,9 14,8 568 Atlantique 7,6 2,7 390 31,0 10,5 188 Cotonou 2,8 8,8 713 5,5 17,0 380 Borgou 18,8 12,8 953 8,9 5,2 419 Mono 5,5 8,8 283 1,2 7,1 208 Ouémé 2,4 3,9 521 5,0 6,6 278 Zou 5,7 7,8 938 8,8 2,9 402 Milieu de résidence Ensemble urbain 7,0 9,2 1 929 7,1 10,7 927 Cotonou 2,8 8,8 713 5,5 17,0 380 Autres villes 9,4 9,4 1 216 8,2 6,3 546 Rural 9,2 6,6 2 483 9,8 6,5 1 218 Niveau d’instruction Aucun niveau 10,3 7,9 2 731 8,9 6,8 870 Primaire 5,4 6,8 963 9,3 6,8 636 Secondaire ou plus 4,1 8,2 718 7,5 11,7 638 Groupe ethnique Adja 5,9 5,7 455 4,2 9,0 278 Bariba 21,8 14,1 502 6,7 6,6 256 Dendi 5,7 6,3 158 2,7 6,8 74 Fon 4,4 4,2 1 829 10,3 6,5 943 Yoa et Lokpa 11,8 8,5 218 10,2 10,4 96 Bétamaribé 7,1 3,4 247 12,0 20,0 94 Peulh 28,1 16,2 230 10,8 1,8 111 Yoruba 2,7 11,3 553 6,5 12,0 220 Autres nationalités 7,2 15,9 171 14,4 16,4 64 Ensemble 8,3 7,7 4 412 8,6 8,3 2 145 na = Non applicable L’excision | 225 Dans l’ensemble, 83 % des femmes pensent que l’excision devrait disparaître, 5 % pensent qu’elle devrait être maintenue, et 6 % n’ont pas donné d’avis précis (tableau 12.9.1). Les femmes qui n’ont pas été excisées ont déclaré dans la quasi-majorité qu’il fallait que l’excision disparaisse (86 %). De même, 88 % des mères qui n’ont pas l’intention de faire exciser leur fille, ont déclaré qu’il fallait abandonner cette pratique. En outre, on constate que 86 % des femmes de 25-39 ans, 90 % de celles de l’Atlantique, 90 % de celles de Cotonou et 92 % de celles ayant un niveau d’instruction secondaire, ont déclaré qu’il fallait abandonner cette pratique. À l’opposé, c’est dans l’Atacora (12 %) et chez les Peulh (21 %) que l’on constate les proportions les plus élevées de femmes favorables au maintien de la pratique de l’excision. Plus de quatre hommes sur cinq (86 %) (tableau 12.9.2) se sont déclarés contre la poursuite de l’excision, soit légèrement plus que chez les femmes. Seuls 5 % pensent qu’il faudrait maintenir cette pratique. On ne constate pas d’écarts significatifs selon les caractéristiques socio-démographiques. On remarque néanmoins que dans l’Atacora, 12 % des hommes ont déclaré que l’excision devrait être maintenue. 226 | L’excision Tableau 12.9.1 Opinion des femmes par rapport à l’excision selon les caractéristiques socio-démographiques Répartition (en %) des femmes connaissant l’excision selon leur opinion concernant la continuation ou l’abandon de cette pratique, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Excision devrait disparaître Excision devrait être maintenue Ça dépend NSP Total Effectif de femmes connaissant l’excision Âge 15-19 79,2 7,4 4,2 9,2 100,0 704 20-24 81,7 5,7 6,5 6,2 100,0 866 25-29 86,1 3,5 5,2 5,2 100,0 846 30-34 86,2 3,4 5,8 4,6 100,0 685 35-39 86,0 3,5 6,7 3,8 100,0 565 40-44 82,0 5,8 5,8 6,4 100,0 411 45-49 81,7 4,3 9,1 4,8 100,0 335 Département Atacora 73,3 11,5 9,5 5,7 100,0 614 Ensemble Atlantique 89,7 1,4 4,6 4,3 100,0 1 103 Atlantique 89,1 1,9 5,2 3,9 100,0 390 Cotonou 90,0 1,2 4,3 4,6 100,0 713 Borgou 84,1 9,7 3,1 3,2 100,0 953 Mono 76,9 2,1 8,5 12,4 100,0 283 Ouémé 83,1 1,6 7,5 7,8 100,0 521 Zou 84,2 2,0 6,5 7,4 100,0 938 Milieu de résidence Ensemble urbain 85,5 3,9 5,2 5,4 100,0 1 929 Cotonou 90,0 1,2 4,3 4,6 100,0 713 Autres villes 82,8 5,5 5,8 5,9 100,0 1 216 Rural 81,8 5,5 6,5 6,2 100,0 2 483 Niveau d’instruction Aucun niveau 80,2 6,1 6,9 6,8 100,0 2 731 Primaire 86,1 3,2 5,7 5,1 100,0 963 Secondaire ou plus 92,0 2,0 2,6 3,4 100,0 718 Groupe ethnique Adja 82,9 1,1 7,5 8,5 100,0 455 Bariba 86,4 8,8 1,8 3,0 100,0 502 Dendi 85,4 5,0 7,1 2,6 100,0 158 Fon 88,1 1,2 4,6 6,0 100,0 1 829 Yoa et Lokpa 77,9 15,6 4,7 1,7 100,0 218 Bétamaribé 66,0 9,4 13,1 11,4 100,0 247 Peulh 63,7 21,4 10,5 4,4 100,0 230 Yoruba 84,4 2,6 6,6 6,4 100,0 553 Autre 96,2 1,9 0,0 1,9 100,0 48 Autres nationalités 75,6 6,2 11,3 6,9 100,0 171 Enquêtée n’a pas de fille vivante 83,3 4,9 5,0 6,8 100,0 1 653 Aucune fille excisée 84,8 3,8 6,4 5,0 100,0 2 513 N’a pas l’intention de faire exciser ses filles 87,5 1,5 6,0 5,0 100,0 2 413 A l’intention de faire exciser ses filles 19,4 59,8 14,5 6,3 100,0 100 Au moins une fille est excisée 70,1 14,4 7,9 7,6 100,0 246 Partie de la chair enlevée 73,4 14,2 8,5 3,8 100,0 194 Entaillée 69,6 22,8 7,7 0,0 100,0 13 Type d’excision indéterminé 53,7 12,5 4,9 28,8 100,0 39 Ensemble 83,4 4,8 5,9 5,8 100,0 4 412 L’excision | 227 Tableau 12.9.2 Opinion des hommes par rapport à l’excision selon les caractéristiques socio-démographiques Répartition (en %) des hommes connaissant l’excision selon leur opinion concernant la continuation ou l’abandon de cette pratique, selon les caractéristiques socio-démographiques, Bénin 2001 Caractéristique socio-démographique Excision devrait disparaître Excision devrait être maintenue Ça dépend NSP Total Effectif d’hommes connaissant l’excision Âge 15-19 84,6 6,6 2,6 6,2 100,0 273 20-24 87,5 5,3 3,1 4,1 100,0 325 25-29 86,4 4,0 4,9 4,7 100,0 363 30-34 89,0 3,3 3,6 4,1 100,0 307 35-39 85,6 5,7 6,1 2,6 100,0 263 40-44 85,2 4,8 7,8 2,2 100,0 216 45-49 85,1 2,7 7,3 4,9 100,0 179 50-64 86,0 4,7 6,5 2,8 100,0 218 Département Atacora 80,4 11,9 4,4 3,4 100,0 269 Ensemble Atlantique 84,8 2,4 7,9 4,8 100,0 568 Atlantique 81,4 3,5 10,1 5,1 100,0 188 Cotonou 86,6 1,9 6,8 4,7 100,0 380 Borgou 92,6 4,5 1,7 1,2 100,0 419 Mono 90,4 5,9 2,1 1,7 100,0 208 Ouémé 80,4 3,9 9,0 6,7 100,0 278 Zou 87,9 3,2 3,2 5,6 100,0 402 Milieu de résidence Ensemble urbain 87,6 3,9 4,9 3,6 100,0 927 Cotonou 86,6 1,9 6,8 4,7 100,0 380 Autres villes 88,3 5,3 3,5 2,9 100,0 546 Rural 85,4 5,3 5,0 4,3 100,0 1 218 Niveau d’instruction Aucun niveau 83,2 6,7 6,1 4,0 100,0 870 Primaire 86,3 4,3 5,3 4,0 100,0 636 Secondaire ou plus 90,7 2,3 3,0 4,0 100,0 638 Groupe ethnique Adja 88,0 5,2 3,8 3,0 100,0 278 Bariba 94,2 3,5 0,8 1,5 100,0 256 Dendi 88,1 1,3 10,6 0,0 100,0 74 Fon 86,5 1,8 6,0 5,7 100,0 943 Yoa et Lokpa 76,5 15,5 5,6 2,3 100,0 96 Bétamaribé 72,4 16,7 4,1 6,7 100,0 94 Peulh 86,6 7,4 3,5 2,5 100,0 111 Yoruba 86,0 5,5 4,9 3,6 100,0 220 Autre 78,5 21,5 0,0 0,0 100,0 8 Autres nationalités 80,5 9,8 8,1 1,6 100,0 64 Ensemble 86,3 4,7 5,0 4,0 100,0 2 145 Disponibilité des services communautaires | 229 DISPONIBILITÉ DES SERVICES COMMUNAUTAIRES 13 Chitou Fatahi Bruno Magloire Nouatin Dans le cadre de l’EDSB-II, en plus de l’enquête ménage et des enquêtes individuelles femme et homme, une enquête sur la disponibilité des services communautaires a été menée dans chacune des 247 grappes sélectionnées. Cette enquête avait pour but de collecter, au niveau de chaque grappe, des informations sur l’existence d’infrastructures socio-économiques et sur la disponibilité des services de santé maternelle et infantile. L’existence ou non de ces infrastructures et de ces services, ainsi que leur distance par rapport au lieu de résidence, ont une répercussion certaine sur leur utilisation par les populations et, de ce fait, sur les niveaux de prévalence contraceptive et sur les niveaux de morbidité, de mortalité et de fécondité. Par ailleurs, des informations ont été collectées sur les principales maladies des enfants de moins de cinq ans et sur les principaux problèmes auxquels la population se heurte pour se soigner. Contrairement aux autres questionnaires de l’EDSB-II utilisés au niveau du ménage ou des individus, le questionnaire sur la Disponibilité des Services est appliqué au niveau de l’unité primaire de sondage ou grappe ; pour cette raison, il n’y a qu’un questionnaire par grappe. Bien que le questionnaire individuel femme comprenne des questions sur les endroits où les femmes peuvent obtenir des services de santé et de planification familiale, les données recueillies au niveau de la grappe donnent de meilleures indications sur la disponibilité des services offerts à la population (femmes et enfants) vivant dans les grappes sélectionnées. Cette enquête consistait à interroger un groupe de personnes bien informées : les autorités administratives ou traditionnelles, le personnel éducatif, médical, religieux ou d’autres personnes. Au cours de l’entretien, l’enquêteur devait relever des informations sur les différents types d’établissements de santé (hôpital, clinique, centre de santé communautaire.) et estimer les distances à parcourir et le temps nécessaire pour les atteindre, ainsi que des informations sur les principales maladies et les principaux problèmes auxquels doit faire face la communauté pour se soigner. Les informations présentées ici ne concernent ni le fonctionnement des formations sanitaires, ni leur équipement, ni la qualité des prestations offertes. Il s’agit uniquement de la disponibilité physique des services dans les localités enquêtées ou de leur proximité. Bien que l’enquête sur la disponibilité des services communautaires ait été réalisée au niveau de chaque grappe de l’échantillon, les données sont analysées ici du point de vue de la population des femmes enquêtées dans chaque grappe. En effet, les 247 grappes de l’enquête ont été sélectionnées en fonction de leur taille, en terme de population, et elles n’ont donc pas toutes le même poids. Elles ne sont donc représentatives du Bénin que du point de vue de la population à laquelle elles correspondent. De plus, il est plus intéressant d’analyser ces données du point de vue de la seule population des femmes, dans la mesure où les femmes sont considérées comme étant les premières utilisatrices des services de planification familiale et de santé maternelle et infantile. Ce chapitre comprend cinq sections : la première porte sur les caractéristiques des équipements des communautés, la seconde concerne les caractéristiques des communautés rurales, la troisième présente les résultats concernant la distance par rapport aux services socio-économiques, la quatrième 230 | Disponibilité des services communautaires section porte sur les résultats relatifs à la disponibilité des services de santé et, enfin, la cinquième porte sur les problèmes de santé auxquels fait face la population. 13.1 ÉQUIPEMENT DES COMMUNAUTÉS Au cours de l’enquête, un certain nombre de questions ont été posées au groupe de personnes bien informées de la grappe pour essayer d’évaluer le niveau d’équipement des communautés par rapport à certains services d’hygiène et de voirie. Dans un premier temps, on a demandé si la localité était reliée à un réseau de distribution d’eau et, ensuite, quelle était la principale source d’eau que les habitants de cette communauté utilisaient pour boire. Moins de la moitié des femmes (47 %) vivent dans des communautés reliées à un réseau de distribution d’eau, cette proportion étant beaucoup plus élevée en milieu urbain (74 %) qu’en milieu rural (28 %) (tableau 13.1). Bien évidemment, c’est à Cotonou que l’on constate la proportion la plus élevée de femmes dont la communauté bénéficie d’un réseau de distribution d’eau (85 %). Selon le département, l’Atlantique (70 %) et l’Ouémé (61 %) sont les départements qui bénéficient le plus d’un réseau de distribution d’eau, à l’inverse des départements de l’Atacora (21 %), du Mono (32 %) et dans une certaine mesure du Zou (35 %). Concernant la provenance de l’eau utilisée pour boire, la communauté se divise en deux groupes : - celui des femmes qui s’approvisionnent en eau potable (58 %), constituée d’eau provenant des robinets connectés au réseau ou à des bornes fontaines (29 %) et de l’eau des forages ou puits protégés (29 %) ; - celui des femmes qui s’approvisionnent en eau non potable (40 %) constituée essentiellement d’eau provenant de puits non protégés (21 %), d’eau de surface (12 %) et d’eau de pluie (5 %). Si à Cotonou et dans l’Atlantique le robinet du réseau national est la source principale d’approvisionnement de la communauté (soit respectivement 91 et 64 %), il en est tout autrement des départements de l’Atacora et du Borgou où plus de quatre femmes sur dix vivent dans une communauté où l’on consomme de l’eau de puits non protégés ou de l’eau de surface, soit respectivement 45 et 48 %. Les questions concernant le niveau d’équipement sanitaire de la communauté portaient également sur le type de toilettes utilisées par la majorité des habitants de la communauté, sur le système d’évacuation des eaux usées et sur le ramassage des ordures ménagères. La grande majorité des femmes (72 %) vivent dans des communautés où il n’existe pas de toilettes. Seulement une femme sur quatre vit dans un milieu où l’on dispose de latrines améliorées (17 %) ou de fosses rudimentaires (8 %). La non disponibilité des toilettes est quasi totale en milieu rural (95 % contre 39 % en milieu urbain) et même à Cotonou près d’une femme sur six ne dispose pas de toilettes (15 %). Selon le département, on constate que le Mono (88 %), l’Atacora (87 %) et le Zou (85 %) se caractérisent par des proportions élevées de femmes qui ne disposent pas de toilettes. En ce qui concerne l’évacuation des eaux usées, on constate que presque toutes les femmes vivent dans des communautés qui ne disposent d’aucun système d’égout ou de fosses septiques (95 %). À Cotonou, la situation est pratiquement la même (90 %) Quant au ramassage des ordures ménagères, les résultats mettent en évidence, comme pour l’évacuation des eaux usées, la faiblesse de ce type de service. En effet, seulement 17 % des femmes vivent dans des communautés desservies par un système de ramassage des ordures. À Cotonou, cette Disponibilité des services communautaires | 231 Tableau 13.1 Équipement des communautés Répartition (en %) des femmes par certains équipements disponibles dans leur communauté, selon le milieu de résidence et le département, Bénin 2001 Milieu de résidence Département Équipement des communautés Ensemble urbain Cotonou Autres villes Rural Atacora Atlantique Borgou Mono Ouémé Zou Ensemble Connexion à un réseau de distribution d’eau Oui 73,7 85,3 67,1 28,2 20,6 70,1 38,3 32,1 60,7 35,3 46,7 Non 20,9 9,1 27,5 69,5 77,8 26,0 61,7 65,0 33,1 59,2 49,7 Manquant 5,5 5,6 5,4 2,4 1,6 3,9 0,0 2,9 6,2 5,5 3,6 Principale source d’eau pour boire Eau du robinet du réseau/borne fontaine 62,3 91,4 45,8 6,9 12,3 63,9 18,2 21,1 26,0 13,8 29,4 Puits protégé/Forage/hydraulique villageoise 11,3 0,0 17,8 40,8 42,6 6,8 32,2 37,7 23,9 44,5 28,8 Puits ouvert (non protégé) 16,6 3,0 24,2 23,4 31,3 14,9 38,3 17,3 27,2 2,9 20,6 Eau de surface 7,1 0,0 11,1 16,0 13,8 5,6 9,6 13,1 13,7 20,7 12,4 Eau de pluie 0,4 0,0 0,6 8,6 0,0 4,9 0,0 10,8 4,2 10,9 5,3 Autre 0,0 0,0 0,0 2,6 0,0 0,0 1,7 0,0 2,9 3,9 1,5 Manquant 2,3 5,6 0,4 1,7 0,0 3,9 0,0 0,0 2,1 3,2 1,9 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Type de toilettes utilisé majoritairement W.C. modernes avec chasse d’eau 0,4 1,2 0,0 0,4 0,0 1,6 0,0 0,0 0,0 0,0 0,4 Latrines améliorées 40,2 75,7 20,2 1,5 12,3 47,2 15,3 9,7 3,6 1,6 17,3 Fosses rudimentaires 16,9 2,4 25,1 2,4 1,0 6,3 2,8 2,5 22,3 10,3 8,3 Pas de toilettes/Nature 39,1 15,1 52,7 94,6 86,7 41,1 79,2 87,8 74,2 84,9 72,0 Autre 1,1 0,0 1,6 0,0 0,0 0,0 2,7 0,0 0,0 0,0 0,4 Manquant 2,3 5,6 0,4 1,1 0,0 3,9 0,0 0,0 0,0 3,2 1,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Évacuation des eaux usées Égouts à ciel ouvert 3,0 3,1 2,9 0,0 1,8 1,9 3,5 0,0 0,0 0,0 1,2 Fosse septique 0,4 1,2 0,0 0,0 0,0 0,7 0,0 0,0 0,0 0,0 0,2 Dans la nature 93,8 90,1 95,9 95,8 93,3 93,5 92,0 97,7 97,1 96,8 95,0 Autre 0,5 0,0 0,7 2,0 1,6 0,0 2,7 2,3 2,9 0,0 1,4 Manquant 2,3 5,6 0,4 2,2 3,3 3,9 1,8 0,0 0,0 3,2 2,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Ramassage des ordures Oui 38,8 49,5 32,7 2,7 10,6 39,9 13,7 1,8 15,4 7,3 17,4 Non 56,8 39,7 66,5 92,6 81,8 52,0 84,6 98,2 84,6 85,0 78,1 Manquant 4,4 10,7 0,8 4,7 7,7 8,1 1,7 0,0 0,0 7,8 4,6 Évacuation des ordures des logements Enterrées 0,5 0,0 0,8 1,4 1,8 1,2 0,0 0,0 2,9 0,0 1,0 Brûlées 7,1 0,0 11,1 9,4 2,3 1,7 0,0 1,7 33,7 8,2 8,4 Poubelles et ramassage 31,2 55,4 17,5 1,2 6,4 38,9 3,5 1,8 9,1 4,7 13,4 Jetées dans la nature/dehors 53,6 38,9 61,9 81,9 89,4 54,4 83,1 89,7 41,5 83,9 70,4 Autre 5,4 0,0 8,4 3,6 0,0 0,0 10,2 6,9 10,7 0,0 4,3 Manquant 2,3 5,6 0,4 2,6 0,0 3,9 3,2 0,0 2,1 3,2 2,4 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Connexion au réseau de la SBEE Oui 73,1 85,3 66,2 14,0 16,7 65,5 23,6 24,2 48,7 26,3 38,0 Non 23,9 9,1 32,3 82,0 78,5 30,6 74,7 73,2 49,7 67,2 58,4 Manquant 3,0 5,6 1,5 4,0 4,8 3,9 1,7 2,6 1,6 6,5 3,6 Principal mode d’éclairage Électricité SBEE 55,3 78,0 42,5 4,9 11,5 54,6 21,1 10,9 19,8 14,5 25,4 Groupe électrogène 0,0 0,0 0,0 1,7 0,0 1,7 0,0 0,0 0,0 3,2 1,0 Autre source d’électricité 0,0 0,0 0,0 0,4 0,0 0,0 0,0 2,0 0,0 0,0 0,2 Autre 42,4 16,4 57,1 90,9 88,5 39,9 78,9 87,1 80,2 76,0 71,2 Manquant 2,3 5,6 0,4 2,0 0,0 3,9 0,0 0,0 0,0 6,2 2,1 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif des femmes 2 529 912 1 617 3 690 694 1 501 995 717 1 106 1 205 6 219 232 | Disponibilité des services communautaires proportion est beaucoup plus élevée, et atteint 50 %. Dans la majorité des cas (70 %), les ordures sont jetées dans la nature, notamment 82 % en milieu rural et 54 % en milieu urbain. À Cotonou, 39 % des femmes vivent dans un milieu où les ordures ménagères sont jetées dans la nature. Les résultats concernant la disponibilité de l’électricité montrent que seulement 38 % des femmes vivent dans des communautés reliées au réseau national d’électricité et d’eau (SBEE). Cette disponibilité est assez importante à Cotonou (85 %) et dans les autres villes (66 %) contre 14 % en milieu rural. Selon le département, la disponibilité de l’électricité est plus marquante dans les départements de l’Atlantique (66 %) et de l’Ouémé (49 %). Par contre, seulement 25 % des femmes résident dans une communauté qui utilise l’électricité de la SBEE et 71 % utilisent d’autres sources d’éclairage comme le pétrole. L’utilisation de l’électricité de la SBEE est plus prononcée en milieu urbain (55 % contre 5 % en milieu rural) et plus spécifiquement à Cotonou (78 %). L’utilisation des autres modes d’éclairage est plus importante en milieu rural (91 % contre 16 % en milieu urbain), dans les départements de l’Atacora (89 %), du Mono (87 %), de l’Ouémé (80 %) et du Borgou (79 %). 13.2 CARACTÉRISTIQUES DES COMMUNAUTÉS RURALES Certaines informations ont été collectées uniquement dans les grappes rurales en vue d’évaluer le niveau d’enclavement de cette population. Ces questions ont porté sur les principales voies d’accès à la localité, la distance au centre urbain le plus proche et les moyens de transport disponibles. Le tableau 13.2 présente la répartition des femmes du milieu rural selon les caractéristiques de leur communauté. Tout d’abord, on constate qu’au Bénin, 45 % des femmes rurales vivent dans des communautés dont l’habitat est dispersé et donc relativement isolées et 51 % dans des communautés caractérisées par un habitat dense. Près des deux tiers des femmes du milieu rural (64 %) vivent dans des localités dont la voie d’accès principale est une route en latérite. Dans 28 % des cas, on accède à la localité par une route goudronnée et dans 5 % des cas, l’accès se fait par un sentier. Par ailleurs, on constate que 28 % des femmes béninoises du milieu rural résident à au moins 30 kilomètres du centre urbain le plus proche, 25 % résident à une distance comprise entre 15 et 29 kilomètres et 46 % des femmes vivent relativement à proximité du centre urbain le plus proche (entre 0 et 14 kilomètres). Selon le département, les femmes des départements de l’Ouémé (76 %) et du Mono (63 %) sont celles qui vivent le plus à proximité des centres urbains alors que celles des départements du Zou (47 %), de l’Atacora (45 %) et du Borgou (33 %) sont les plus éloignées de ces centres. En ce qui concerne les moyens de déplacement, on constate qu’un tiers des femmes du milieu rural utilisent l’autobus ou le taxi (34 %) et près de la moitié utilisent les motos taxi (23 %) ou le vélo (24 %). Selon le département, l’autobus et le taxi constituent les moyens de transport les plus utilisés dans le Borgou (53 %), l’Atacora (41 %) et l’Atlantique (32 %) alors que le motos taxi appelées communément “Zémidjan” sont très utilisées par les femmes de l’Ouémé (39 %), du Mono (27 %) et de l’Atlantique (26 %). 13.3 ACCÈS AUX SERVICES SOCIO-ÉCONOMIQUES Les tableaux 13.3.1 et 13.3.2 présentent, par milieu de résidence, la répartition des femmes selon la distance qui sépare leur communauté de certains services socio-économiques, à savoir une école primaire, une école secondaire premier cycle, une école secondaire second cycle, un marché, une boutique, et des services de transport en commun. Il faut souligner que les distances (de même que les temps de trajet présentés plus loin) ont été estimées par les personnes interrogées et sont donc approximatives. Les valeurs présentées ici ne doivent donc être considérées que comme des ordres de grandeur. Pour cette raison, trois grandes catégories de distance à laquelle peut se situer un service ont été Disponibilité des services communautaires | 233 Tableau 13.2 Caractéristiques des communautés rurales Répartition (en %) des femmes du milieu rural selon les caractéristiques de leur communauté, par département, Bénin 2001 Département Caractéristique de la communauté Atacora Atlantique Borgou Mono Ouémé Zou Ensemble Type d’habitat Dispersé 50,3 55,6 8,2 77,1 35,1 46,2 44,8 Dense 49,7 38,4 91,8 17,8 54,7 50,9 51,2 Autre 0,0 6,0 0,0 5,0 10,1 2,9 4,0 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Voie d’accès principale Route goudronnée 13,9 45,3 34,2 20,2 12,6 34,4 27,5 Route latérite 81,1 47,2 51,0 75,8 72,5 59,9 63,9 Sentier 5,0 0,0 14,7 0,0 3,8 5,7 5,1 Voie fluviale/d’eau 0,0 7,5 0,0 0,0 11,0 0,0 2,8 Manquant 0,0 0,0 0,0 4,0 0,0 0,0 0,6 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Distance au centre urbain le plus proche 0-14 km 36,4 39,5 14,4 62,5 76,4 44,9 46,0 15-29 km 18,3 54,5 52,2 23,5 13,0 5,1 25,4 30 km ou plus 45,3 6,0 33,4 14,0 10,6 47,1 27,9 Manquant 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 2,9 0,7 Moyen de transport le plus utilisé Autobus/Taxi 41,4 32,4 52,8 17,4 12,6 44,4 34,3 Taxi brousse/Clando 11,1 8,8 17,4 0,0 11,8 0,0 7,4 Bateau/Pirogue 0,0 15,0 0,0 2,8 11,0 0,0 4,3 Train 0,0 0,0 0,0 4,0 0,0 0,0 0,6 Motos taxi 6,2 25,9 22,9 26,8 39,3 18,4 23,3 Vélo 36,4 17,9 6,9 49,0 3,8 30,1 24,1 Aucun 5,0 0,0 0,0 0,0 21,5 4,2 5,2 Manquant 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 2,9 0,7 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif des femmes 461 500 609 586 600 934 3 690 créées : moins de 5 kilomètres, que l’on considérera comme proche, de 5 kilomètres à moins de 15 kilomètres, que l’on considérera comme éloignée et 15 kilomètres ou plus, que l’on considérera comme très éloignée. On constate, en ce qui concerne la distance par rapport aux établissements scolaires (tableau 13.3.1), que pratiquement toutes les femmes (95 %) vivent à proximité d’une école primaire puisque celle-ci est située à moins de 5 kilomètres, dont 81 % ont des écoles primaires sur place et 14 % ont des écoles primaires situées entre 1 à 4 km. Les résultats par milieu de résidence font apparaître très peu de disparités concernant la proximité des écoles primaires (97 % pour le milieu urbain contre 93 % pour le milieu rural). Par contre, un peu plus de la moitié des femmes (53 %) vivent à proximité d’un établissement secondaire de 1er cycle et 6 % des femmes en sont situées à 30 kilomètres ou plus. La répartition est moins homogène que pour les écoles primaires puisque seulement 35 % des femmes du milieu rural vivent dans une localité proche d’un établissement secondaire du 1er cycle, contre 80 % en 234 | Disponibilité des services communautaires Tableau 13.3.1 Distance par rapport aux établissements scolaires Répartition (en %) des femmes selon la distance par rapport aux établissements scolaires, par milieu de résidence et département, Bénin 2001 Distance à l’établissement scolaire le plus proche Milieu de résidence et département Sur place 1-4 km 5-14 km 15-29 km Estimée à 30 km ou + Non déterminée Total Effectif des femmes ÉCOLE PRIMAIRE Milieu de résidence Ensemble urbain 86,0 11,3 0,4 0,0 0,0 2,3 100,0 2 529 Cotonou 87,7 6,7 0,0 0,0 0,0 5,6 100,0 912 Autres villes 85,0 13,9 0,6 0,0 0,0 0,4 100,0 1 617 Rural 77,7 15,7 3,5 2,1 0,0 1,1 100,0 3 690 Département Atacora 96,8 3,2 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 694 Atlantique 89,9 6,3 0,0 0,0 0,0 3,9 100,0 1 501 Borgou 85,9 11,1 3,0 0,0 0,0 0,0 100,0 995 Mono 76,8 18,7 4,5 0,0 0,0 0,0 100,0 717 Ouémé 68,3 28,7 3,0 0,0 0,0 0,0 100,0 1 106 Zou 71,2 15,5 3,6 6,5 0,0 3,2 100,0 1 205 Ensemble 81,0 13,9 2,2 1,3 0,0 1,6 100,0 6 219 ÉCOLE SECONDAIRE 1ER CYCLE Milieu de résidence Ensemble urbain 45,5 34,9 14,8 2,0 0,4 2,3 100,0 2 529 Cotonou 61,2 29,3 3,9 0,0 0,0 5,6 100,0 912 Autres villes 36,7 38,1 20,9 3,2 0,6 0,4 100,0 1 617 Rural 14,1 20,7 39,3 14,4 10,5 1,1 100,0 3 690 Département Atacora 12,9 15,7 34,8 25,0 11,6 0,0 100,0 694 Atlantique 51,0 24,9 17,7 2,6 0,0 3,9 100,0 1 501 Borgou 29,7 22,5 18,9 21,8 7,1 0,0 100,0 995 Mono 10,6 41,3 34,1 9,5 4,5 0,0 100,0 717 Ouémé 23,5 42,0 31,5 2,1 0,9 0,0 100,0 1 106 Zou 15,4 14,8 44,5 5,2 16,9 3,2 100,0 1 205 Ensemble 26,9 26,5 29,3 9,4 6,4 1,6 100,0 6 219 ÉCOLE SECONDAIRE 2E CYCLE Milieu de résidence Ensemble urbain 35,0 37,5 15,7 2,0 7,5 2,3 100,0 2 529 Cotonou 47,2 40,2 6,9 0,0 0,0 5,6 100,0 912 Autres villes 28,0 36,0 20,7 3,1 11,8 0,4 100,0 1 617 Rural 3,6 2,9 38,5 22,9 31,1 1,1 100,0 3 690 Département Atacora 10,3 6,4 19,4 15,7 48,1 0,0 100,0 694 Atlantique 36,8 27,0 11,8 18,6 2,0 3,9 100,0 1 501 Borgou 13,6 7,8 12,5 23,7 42,4 0,0 100,0 995 Mono 7,1 16,0 46,5 15,9 14,5 0,0 100,0 717 Ouémé 8,5 29,5 41,1 8,7 12,2 0,0 100,0 1 106 Zou 9,4 7,0 49,1 5,0 26,2 3,2 100,0 1 205 Ensemble 16,4 16,9 29,2 14,4 21,5 1,6 100,0 6 219 Disponibilité des services communautaires | 235 Tableau 13.3.2 Distance par rapport aux services socio-économiques Répartition (en %) des femmes selon la distance par rapport aux services socio-économiques, par milieu de résidence et département, Bénin 2001 Distance au service socio-économique le plus proche Sur place 1-4 km 5-14 km 15-29 km Estimée à 30 km ou + Non déterminé Total Effectif des femmes MARCHÉ Milieu de résidence Ensemble urbain 41,2 37,8 16,5 0,0 0,0 4,5 100,0 2 529 Cotonou 30,4 44,8 13,1 0,0 0,0 11,6 100,0 912 Autres villes 47,3 33,9 18,4 0,0 0,0 0,4 100,0 1 617 Rural 40,2 17,3 29,6 9,2 1,9 1,7 100,0 3 690 Département Atacora 69,5 15,2 12,6 2,6 0,0 0,0 100,0 694 Atlantique 32,5 32,7 25,0 0,8 0,0 9,0 100,0 1 501 Borgou 71,2 9,8 19,0 0,0 0,0 0,0 100,0 995 Mono 13,2 28,6 36,9 16,9 4,5 0,0 100,0 717 Ouémé 23,1 46,6 22,8 7,5 0,0 0,0 100,0 1 106 Zou 41,1 15,2 28,4 8,8 3,2 3,2 100,0 1 205 Ensemble 40,6 25,7 24,3 5,5 1,1 2,8 100,0 6 219 BOUTIQUE Milieu de résidence Ensemble urbain 58,9 21,8 14,5 2,0 0,4 2,3 100,0 2 529 Cotonou 68,8 23,8 1,7 0,0 0,0 5,6 100,0 912 Autres villes 53,3 20,7 21,8 3,2 0,6 0,4 100,0 1 617 Rural 20,0 17,9 35,5 9,9 15,6 1,1 100,0 3 690 Département Atacora 31,6 8,9 27,5 12,5 19,4 0,0 100,0 694 Atlantique 59,8 19,6 14,6 2,1 0,0 3,9 100,0 1 501 Borgou 38,2 11,1 17,6 15,7 17,3 0,0 100,0 995 Mono 18,6 35,4 38,8 7,1 0,0 0,0 100,0 717 Ouémé 26,4 31,5 26,1 4,7 11,3 0,0 100,0 1 106 Zou 25,4 11,9 43,4 3,1 12,9 3,2 100,0 1 205 Ensemble 35,8 19,5 27,0 6,7 9,4 1,6 100,0 6 219 SERVICE DE TRANSPORT EN COMMUN Milieu de résidence Ensemble urbain 39,8 38,9 12,8 1,5 0,4 6,6 100,0 2 529 Cotonou 42,1 39,1 4,4 0,0 0,0 14,5 100,0 912 Autres villes 38,5 38,9 17,5 2,4 0,6 2,1 100,0 1 617 Rural 17,8 13,5 38,6 16,6 11,1 2,5 100,0 3 690 Département Atacora 20,5 6,0 34,8 19,3 19,4 0,0 100,0 694 Atlantique 38,4 28,8 14,6 4,7 4,2 9,3 100,0 1 501 Borgou 22,2 20,2 15,6 32,0 5,0 5,0 100,0 995 Mono 25,5 26,2 29,4 14,5 4,5 0,0 100,0 717 Ouémé 20,3 42,8 35,9 0,0 0,9 0,0 100,0 1 106 Zou 26,2 12,0 43,3 2,1 10,8 5,6 100,0 1 205 Ensemble 26,7 23,8 28,1 10,5 6,8 4,1 100,0 6 219 236 | Disponibilité des services communautaires milieu urbain. On constate également que seulement 33 % des femmes disposent d’un établissement secondaire du second cycle dans un rayon de moins de 5 kilomètres. Cependant cette constatation est surtout valable pour le milieu urbain (73 %) car, en milieu rural, 61 % des femmes résident à une distance comprise entre 5 et 30 kilomètres de ce genre d’établissement. En ce qui concerne la distance par rapport aux services socio-économiques du tableau 13.3.2, plus des deux tiers des femmes béninoises (66 %) vivent à proximité d’un marché. En milieu rural, 58 % des femmes vivent à proximité d’un marché contre 79 % des femmes du milieu urbain. Il faut également noter que ce sont dans les départements les plus vastes du Bénin que les femmes sont les plus proches des marchés, à savoir les départements de l’Atacora (85 %) et du Borgou (81 %). Les boutiques ne sont situées à proximité des lieux d’habitation des femmes béninoises que dans 55 % des cas. Cependant, cette proportion élevée cache de fortes disparités, les proportions variant d’un minimum de 38 % en milieu rural à un maximum de 93 % à Cotonou. Pour 16 % des femmes du milieu rural, il faut parcourir au moins 30 kilomètres pour pouvoir atteindre une boutique. Selon le département, les boutiques qui se situent à proximité sont les plus fréquentes dans l’Atlantique (79 %) et l’Ouémé (58 %) qui sont des départements de faible superficie. On constate enfin que plus du quart des femmes (27 %) résident dans une communauté qui dispose d’un service de transport en commun sur place ; dans 24 % des cas, ces services sont disponibles à proximité, dans un rayon de 1 à 5 kilomètres. En milieu urbain, ces proportions sont respectivement de 40 % et de 39 %. Par contre, en milieu rural, un service de transport en commun situé sur place n’est disponible que dans 18 % des cas et dans 69 % des cas, les femmes du milieu rural doivent parcourir entre 1 et 30 kilomètres pour atteindre un tel service. Les tableaux 13.4.1 et 13.4.2 présentent les mêmes informations que celles présentées dans les tableaux précédents mais envisagées cette fois-ci du point de vue du temps de trajet et non de la distance. Dans le tableau 13.4.1, on constate que, pour la quasi-totalité des femmes (90 %), le temps de trajet pour atteindre une école primaire est inférieur à 31 minutes. Cela n’est pas surprenant puisqu’on a vu dans le tableau précédent que 95 % des femmes résident dans une communauté qui bénéficie d’une école primaire dans un rayon de moins de 5 kilomètres. En ce qui concerne le temps de trajet pour atteindre une école secondaire du 1er cycle, on constate qu’il est plus long que celui concernant l’école primaire. Pour seulement 51 % des femmes, il est inférieur à 31 minutes et pour plus d’une femme sur quatre (28 %), il faut entre 31 minutes et 1 heure pour atteindre une école secondaire du 1er cycle, tandis que 18 % des femmes mettent au moins 1 heure pour atteindre ce type d’école. De plus, ce temps de trajet varie sensiblement selon le milieu de résidence. En effet, en milieu urbain, la proportion des femmes dont le temps de trajet est court est de 76 % (dont 86 % pour Cotonou), contre 33 % en milieu rural. Plus d’une femme du milieu rural sur cinq (27 %) doit effectuer un trajet d’au moins une heure pour atteindre une école secondaire du 1er cycle. Le temps de trajet pour atteindre une école secondaire du second cycle est plus long que celui qu’il faut pour atteindre une école secondaire du 1er cycle. Dans l’ensemble, 42 % des femmes ont un temps de trajet court, les proportions variant d’un maximum de 77 % à Cotonou à un minimum de 23 % en milieu rural. Pour 41 % des femmes du milieu rural, le temps de trajet pour atteindre une école secondaire du second cycle est supérieur à une heure. Les résultats mettent, une fois de plus, en évidence la répartition inégale des écoles secondaires sur le territoire et donc les inégalités d’accès, en particulier de la population rurale. Disponibilité des services communautaires | 237 Tableau 13.4.1 Temps de trajet pour atteindre les établissements scolaires Répartition (en %) des femmes selon le temps de trajet nécessaire pour atteindre les établissements scolaires, par milieu de résidence et département, Bénin 2001 Temps de trajet (en minutes) Milieu de résidence et département Court : <31 minutes Moyen : 31-60 minutes Long : 61 minutes ou plus Non déterminé Total Effectif des femmes ÉCOLE PRIMAIRE Milieu de résidence Ensemble urbain 93,3 4,4 0,0 2,3 100,0 2 529 Cotonou 90,9 3,5 0,0 5,6 100,0 912 Autres villes 94,7 4,9 0,0 0,4 100,0 1 617 Rural 88,3 6,3 4,3 1,1 100,0 3 690 Département Atacora 95,2 4,8 0,0 0,0 100,0 694 Atlantique 94,0 2,1 0,0 3,9 100,0 1 501 Borgou 95,0 2,0 3,0 0,0 100,0 995 Mono 76,8 18,7 4,5 0,0 100,0 717 Ouémé 94,2 5,8 0,0 0,0 100,0 1 106 Zou 83,6 5,2 8,0 3,2 100,0 1 205 Ensemble 90,3 5,5 2,6 1,6 100,0 6 219 ÉCOLE SECONDAIRE 1ER CYCLE Milieu de résidence Ensemble urbain 76,2 14,4 5,1 4,4 100,0 2 529 Cotonou 85,7 1,8 1,0 11,4 100,0 912 Autres villes 70,8 21,4 7,3 0,4 100,0 1 617 Rural 33,4 37,8 27,4 1,5 100,0 3 690 Département Atacora 41,6 39,6 18,7 0,0 100,0 694 Atlantique 71,3 14,4 6,9 7,4 100,0 1 501 Borgou 66,7 23,5 9,8 0,0 100,0 995 Mono 24,1 47,2 26,6 2,0 100,0 717 Ouémé 47,1 35,0 17,9 0,0 100,0 1 106 Zou 36,6 25,4 34,8 3,2 100,0 1 205 Ensemble 50,8 28,3 18,3 2,6 100,0 6 219 ÉCOLE SECONDAIRE 2E CYCLE Milieu de résidence Ensemble urbain 69,9 17,5 10,3 2,3 100,0 2 529 Cotonou 77,1 13,2 4,0 5,6 100,0 912 Autres villes 65,8 20,0 13,8 0,4 100,0 1 617 Rural 23,1 33,4 40,5 3,0 100,0 3 690 Département Atacora 38,4 28,4 33,2 0,0 100,0 694 Atlantique 64,1 22,8 9,3 3,9 100,0 1 501 Borgou 47,1 31,2 21,7 0,0 100,0 995 Mono 10,8 37,0 47,8 4,5 100,0 717 Ouémé 45,5 27,2 23,8 3,5 100,0 1 106 Zou 28,5 21,5 46,8 3,2 100,0 1 205 Ensemble 42,1 26,9 28,2 2,7 100,0 6 219 238 | Disponibilité des services communautaires Tableau 13.4.2 Temps de trajet pour atteindre les services socio-économiques Répartition (en %) des femmes selon le temps de trajet nécessaire pour atteindre les services socio- économiques, par milieu de résidence et département, Bénin 2001 Temps de trajet (en minutes) Milieu de résidence et département Court : <31 minutes Moyen : 31-60 minutes Long : 61 minutes ou plus Non déterminé Total Effectif des femmes MARCHÉ Milieu de résidence Ensemble urbain 77,3 13,4 4,8 4,5 100,0 2 529 Cotonou 83,1 5,3 0,0 11,6 100,0 912 Autres villes 74,0 18,0 7,6 0,4 100,0 1 617 Rural 56,5 18,1 23,8 1,7 100,0 3 690 Département Atacora 86,1 10,4 3,4 0,0 100,0 694 Atlantique 72,5 15,7 2,8 9,0 100,0 1 501 Borgou 86,4 6,1 7,5 0,0 100,0 995 Mono 30,1 17,8 52,1 0,0 100,0 717 Ouémé 55,4 25,7 18,9 0,0 100,0 1 106 Zou 55,1 18,8 22,8 3,2 100,0 1 205 Ensemble 64,9 16,2 16,1 2,8 100,0 6 219 BOUTIQUE Milieu de résidence Ensemble urbain 81,2 10,8 5,7 2,3 100,0 2 529 Cotonou 89,6 4,7 0,0 5,6 100,0 912 Autres villes 76,5 14,2 8,9 0,4 100,0 1 617 Rural 44,3 31,2 23,4 1,1 100,0 3 690 Département Atacora 59,3 26,1 14,6 0,0 100,0 694 Atlantique 78,7 16,6 0,8 3,9 100,0 1 501 Borgou 69,0 28,9 2,2 0,0 100,0 995 Mono 45,3 22,8 31,9 0,0 100,0 717 Ouémé 49,5 23,8 26,6 0,0 100,0 1 106 Zou 44,6 23,0 29,1 3,2 100,0 1 205 Ensemble 59,3 22,9 16,2 1,6 100,0 6 219 SERVICE DE TRANSPORT EN COMMUN Milieu de résidence Ensemble urbain 72,9 15,0 5,5 6,6 100,0 2 529 Cotonou 76,3 9,2 0,0 14,5 100,0 912 Autres villes 71,1 18,2 8,6 2,1 100,0 1 617 Rural 46,9 30,4 20,2 2,5 100,0 3 690 Département Atacora 52,5 28,7 18,7 0,0 100,0 694 Atlantique 66,0 19,8 4,9 9,3 100,0 1 501 Borgou 71,7 20,2 3,0 5,0 100,0 995 Mono 57,7 16,2 26,1 0,0 100,0 717 Ouémé 51,3 34,0 14,7 0,0 100,0 1 106 Zou 43,6 25,6 25,2 5,6 100,0 1 205 Ensemble 57,5 24,1 14,3 4,1 100,0 6 219 Disponibilité des services communautaires | 239 Deux tiers des femmes (65 %) vivent dans une communauté où la distance à parcourir pour atteindre un marché est courte (moins de 31 minutes) (tableau 13.4.2). Cependant, il faut souligner qu’en milieu rural, pour 24 % des femmes, il faut plus d’une heure pour atteindre un marché. Pour près de trois femmes sur cinq, le temps de trajet pour atteindre une boutique est court (59 %). Cependant, là encore, pour le milieu rural, ce temps de trajet est nettement plus long puisque pour 31 % de celles qui y vivent, le temps de trajet est compris entre 31 minutes et 1 heure. Pour ce qui est des services de transport en commun, près de trois femmes sur cinq (58 %) appartiennent à une communauté où le temps de trajet pour atteindre ce service est inférieur à 31 minutes. Comme pour les autres services, le temps de trajet en milieu urbain est inférieur à celui du milieu rural (73 % en urbain contre 47 % en rural). Pour 30 % des femmes de la communauté rurale, ce temps de trajet est compris entre 31 et 60 minutes. 13.4 ACCÈS AUX FORMATIONS SANITAIRES Un des objectifs de l’enquête était de collecter des informations sur la disponibilité des formations sanitaires. Ainsi, les tableaux 13.5.1 et 13.5.2 présentent la répartition des femmes selon la distance par rapport aux formations sanitaires spécifiques : les résultats sont présentés selon le milieu de résidence. Dans l’ensemble, 66 % des femmes ont accès à une formation sanitaire dans leur localité. Dans un rayon de 5 kilomètres, 86 % des femmes ont accès à une formation sanitaire (tableau 13.5.1). Au tableau 13.5.1, plus de la moitié des femmes (51 %) habitent à proximité (moins de 5 kilomètres) d’un hôpital. Cependant, 13 % des femmes doivent parcourir 30 kilomètres ou plus pour accéder à ce type d’établissement. Les résultats selon le milieu de résidence mettent en évidence l’éloignement des populations rurales par rapport à ce genre d’établissement. En effet, très peu de femmes vivant dans des communautés rurales disposent d’un hôpital à moins de 5 kilomètres (34 % contre 77 % pour le milieu urbain). À l’opposé, 20 % des femmes du milieu rural doivent parcourir 30 kilomètres ou plus pour atteindre un hôpital. Selon le département, plus d’une femme sur quatre de l’Atacora (28 %) et du Borgou (25 %) doit parcourir 30 kilomètres ou plus avant d’atteindre un hôpital. Une proportion importante de femmes disposent d’un dispensaire/SMI à proximité (64 % à moins de 5 kilomètres) et l’on constate un écart moins important selon le milieu de résidence que pour les formations sanitaires précédentes, puisque 76 % des femmes du milieu urbain et 56 % des femmes du milieu rural vivent à proximité de ce genre d’établissement. Dans 56 % des cas, la distance par rapport à la case de santé la plus proche n’a pu être déterminée. Quel que soit le milieu de résidence, y compris en milieu rural, les proportions de femmes n’ayant pu évaluer la distance par rapport à cette structure sont élevées. Cela s’explique certainement par le fait que les cases de santé ont été peu à peu délaissées au profit des dispensaires et des complexes communaux de santé (CCS) plus modernes et mieux équipés mais localisés dans les chefs-lieux de communes. 240 | Disponibilité des services communautaires Tableau 13.5.1 Distance par rapport aux formations sanitaires Répartition (en %) des femmes selon la distance par rapport à la formation sanitaire la plus proche et selon la distance par rapport aux formations sanitaires publiques par type de formation, par milieu de résidence et département, Bénin 2001 Distance à la formation sanitaire la plus proche Milieu de résidence et département Sur place 1-4 km 5-14 km 15-29 km Estimée à 30 km ou + Non déterminée Total Effectif des femmes FORMATION SANITAIRE LA PLUS PROCHE Milieu de résidence Ensemble urbain 80,9 8,5 7,3 1,0 0,0 2,3 100,0 2 529 Cotonou 94,4 0,0 0,0 0,0 0,0 5,6 100,0 912 Autres villes 73,4 13,3 11,4 1,5 0,0 0,4 100,0 1 617 Rural 56,2 28,0 13,4 1,3 0,0 1,1 100,0 3 690 Département Atacora 60,9 16,8 16,1 6,2 0,0 0,0 100,0 694 Atlantique 91,1 1,3 3,7 0,0 0,0 3,9 100,0 1 501 Borgou 51,4 22,4 23,2 3,0 0,0 0,0 100,0 995 Mono 65,6 29,3 5,0 0,0 0,0 0,0 100,0 717 Ouémé 60,6 31,2 8,2 0,0 0,0 0,0 100,0 1 106 Zou 56,3 27,7 12,7 0,0 0,0 3,2 100,0 1 205 Ensemble 66,3 20,1 10,9 1,2 0,0 1,6 100,0 6 219 HÔPITAL Milieu de résidence Ensemble urbain 34,2 42,6 16,9 1,0 3,0 2,3 100,0 2 529 Cotonou 30,6 49,0 14,7 0,0 0,0 5,6 100,0 912 Autres villes 36,2 39,0 18,1 1,5 4,7 0,4 100,0 1 617 Rural 19,4 14,6 30,0 15,3 19,6 1,1 100,0 3 690 Département Atacora 28,3 8,2 24,9 10,3 28,3 0,0 100,0 694 Atlantique 32,6 33,3 23,6 6,6 0,0 3,9 100,0 1 501 Borgou 27,8 11,8 18,8 16,5 25,1 0,0 100,0 995 Mono 9,4 18,0 30,8 24,8 17,0 0,0 100,0 717 Ouémé 26,3 48,5 21,7 1,3 2,3 0,0 100,0 1 106 Zou 21,6 22,9 29,8 5,2 17,2 3,2 100,0 1 205 Ensemble 25,4 26,0 24,7 9,5 12,9 1,6 100,0 6 219 CENTRE SMI OU DISPENSAIRE Milieu de résidence Ensemble urbain 39,2 36,6 12,6 1,0 0,5 10,1 100,0 2 529 Cotonou 45,4 47,5 0,0 0,0 1,5 5,6 100,0 912 Autres villes 35,7 30,5 19,7 1,5 0,0 12,5 100,0 1 617 Rural 27,6 28,0 27,7 2,5 2,1 12,1 100,0 3 690 Département Atacora 43,9 21,6 24,9 9,5 0,0 0,0 100,0 694 Atlantique 46,4 33,6 4,1 1,4 0,9 13,7 100,0 1 501 Borgou 32,9 26,2 37,9 3,0 0,0 0,0 100,0 995 Mono 23,2 55,3 18,0 0,0 0,0 3,5 100,0 717 Ouémé 27,9 48,9 16,5 0,0 0,0 6,7 100,0 1 106 Zou 17,1 9,0 34,6 0,0 6,5 32,9 100,0 1 205 Ensemble 32,3 31,5 21,6 1,9 1,5 11,3 100,0 6 219 CASE DE SANTÉ Milieu de résidence Ensemble urbain 11,3 2,8 7,0 3,2 0,9 74,9 100,0 2 529 Cotonou 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 100,0 100,0 912 Autres villes 17,6 4,3 10,9 4,9 1,5 60,7 100,0 1 617 Rural 17,7 9,3 17,8 3,8 7,7 43,8 100,0 3 690 Département Atacora 27,5 7,9 9,1 0,0 15,0 40,4 100,0 694 Atlantique 0,9 0,0 5,6 10,5 10,2 72,8 100,0 1 501 Borgou 16,5 0,0 7,5 0,0 0,0 76,0 100,0 995 Mono 38,0 26,8 18,6 5,4 2,0 9,1 100,0 717 Ouémé 6,3 8,8 23,8 0,0 3,2 57,9 100,0 1 106 Zou 18,8 5,6 17,7 1,9 0,0 55,9 100,0 1 205 Ensemble 15,1 6,6 13,4 3,5 5,0 56,4 100,0 6 219 Disponibilité des services communautaires | 241 Tableau 13.5.2 Distance par rapport aux formations sanitaires privées Répartition (en %) des femmes selon la distance par rapport aux formations sanitaires privées par type de formation, par milieu de résidence et département, Bénin 2001 Distance à la formation sanitaire la plus proche Milieu de résidence et département Sur place 1-4 km 5-14 km 15-29 km Estimée à 30 km ou + Non déterminée Total Effectif des femmes CLINIQUE PRIVÉE Milieu de résidence Ensemble urbain 28,1 30,0 16,1 3,1 18,6 4,0 100,0 2 529 Cotonou 36,6 37,9 17,1 0,0 0,0 8,4 100,0 912 Autres villes 23,3 25,6 15,6 4,8 29,1 1,5 100,0 1 617 Rural 3,3 6,5 25,4 14,2 35,9 14,6 100,0 3 690 Département Atacora 4,1 6,4 15,0 6,7 67,7 0,0 100,0 694 Atlantique 28,4 26,4 25,8 8,4 5,5 5,6 100,0 1 501 Borgou 7,7 6,6 7,0 21,2 52,7 4,8 100,0 995 Mono 0,0 14,4 18,5 22,7 41,8 2,5 100,0 717 Ouémé 11,7 27,1 36,2 5,2 14,6 5,2 100,0 1 106 Zou 14,5 7,3 20,9 0,0 21,3 36,0 100,0 1 205 Ensemble 13,4 16,1 21,6 9,7 28,9 10,3 100,0 6 219 CABINET DE MÉDECIN PRIVÉ Milieu de résidence Ensemble urbain 48,6 12,8 8,5 1,5 15,3 13,2 100,0 2 529 Cotonou 85,6 1,7 2,8 0,0 0,0 9,9 100,0 912 Autres villes 27,8 19,0 11,7 2,4 24,0 15,1 100,0 1 617 Rural 8,6 4,0 14,9 8,1 47,5 16,9 100,0 3 690 Département Atacora 0,0 6,4 10,7 11,6 71,2 0,0 100,0 694 Atlantique 62,5 5,4 4,6 9,3 2,0 16,3 100,0 1 501 Borgou 10,7 8,5 11,4 5,4 59,3 4,8 100,0 995 Mono 5,0 0,0 7,0 0,0 82,4 5,6 100,0 717 Ouémé 26,2 21,8 22,1 5,7 11,2 13,0 100,0 1 106 Zou 14,8 1,6 17,7 0,0 25,9 40,0 100,0 1 205 Ensemble 24,9 7,6 12,3 5,4 34,4 15,4 100,0 6 219 CABINET DE SOINS/INFIRMERIE Milieu de résidence Ensemble urbain 44,5 17,0 10,0 3,7 4,4 20,4 100,0 2 529 Cotonou 52,9 13,5 0,0 0,0 0,0 33,6 100,0 912 Autres villes 39,8 19,0 15,6 5,8 6,9 13,0 100,0 1 617 Rural 18,7 14,6 23,3 7,0 19,6 16,8 100,0 3 690 Département Atacora 20,7 11,7 29,1 3,6 35,0 0,0 100,0 694 Atlantique 55,1 10,9 2,0 1,3 0,0 30,7 100,0 1 501 Borgou 25,7 8,2 16,2 15,3 32,1 2,4 100,0 995 Mono 21,4 33,9 36,5 7,0 1,2 0,0 100,0 717 Ouémé 28,0 25,2 24,2 2,3 5,6 14,5 100,0 1 106 Zou 10,4 9,7 15,7 6,6 16,7 40,8 100,0 1 205 Ensemble 29,2 15,5 17,9 5,7 13,4 18,3 100,0 6 219 PHARMACIE Milieu de résidence Ensemble urbain 49,5 30,7 8,2 2,0 7,3 2,3 100,0 2 529 Cotonou 64,9 29,5 0,0 0,0 0,0 5,6 100,0 912 Autres villes 40,8 31,4 12,9 3,1 11,4 0,4 100,0 1 617 Rural 8,7 6,2 33,3 24,1 26,6 1,1 100,0 3 690 Département Atacora 9,0 9,9 22,4 21,9 36,8 0,0 100,0 694 Atlantique 47,3 24,1 10,8 12,0 2,0 3,9 100,0 1 501 Borgou 18,0 12,4 15,0 17,2 37,4 0,0 100,0 995 Mono 10,8 15,0 44,2 25,7 4,5 0,0 100,0 717 Ouémé 30,4 26,3 22,0 12,8 8,5 0,0 100,0 1 106 Zou 17,3 4,6 34,1 9,1 31,7 3,2 100,0 1 205 Ensemble 25,3 16,2 23,1 15,1 18,7 1,6 100,0 6 219 242 | Disponibilité des services communautaires Le tableau 13.5.2 montre que les cliniques privées sont concentrées essentiellement à Cotonou où 75 % des femmes résident à proximité de ce type d’établissement. Il en est de même de 49 % des femmes des autres villes, contre seulement 10 % des femmes du milieu rural. Par ailleurs, on constate que, dans l’ensemble, 33 % des femmes sont situées à proximité d’un cabinet de médecin privé : en particulier, 86 % des femmes de Cotonou contre 47 % pour les autres villes et 13 % pour le milieu rural. Si dans les départements de l’Atacora et du Borgou, respectivement 71 % et 82 % des femmes vivent à 30 kilomètres ou plus de cabinets de médecin privé, dans le département du Zou, dans 40 % des cas, aucun cabinet privé n’a pu être identifié avec précision. Les résultats concernant les cabinets de soins ou les infirmeries sont assez voisins de ceux concernant les cabinets de médecin privé. Ce n’est qu’à Cotonou que près du tiers des femmes (34 %) n’ont pas pu déterminer la distance par rapport à ce type de service. À Cotonou, 66 % des femmes disposent d’une infirmerie dans un rayon de moins de 5 kilomètres. Dans les autres villes et en milieu rural, les proportions des femmes disposant de cabinets de soins ou d’infirmeries sont respectivement de 59 % et 48 %. Plus de deux femmes sur cinq vivent à proximité d’une pharmacie (42 %), mais il s’agit surtout des femmes du milieu urbain dont 80 % ont une pharmacie dans un rayon de moins de 5 kilomètres. Par contre, 24 % des femmes rurales doivent parcourir entre 15 et 29 kilomètres, et 27 % 30 kilomètres ou plus pour atteindre la pharmacie la plus proche. Selon le département, plus de la moitié des femmes de l’Atlantique (71 %) et de l’Ouémé (57 %) vivent à proximité d’une pharmacie. Il faut noter que 59 % des femmes de l’Atacora, 55 % du Borgou et 41 % du Zou parcourent au moins 15 kilomètres pour atteindre une pharmacie. Il s’agit des départements les plus étendus du Bénin. Les tableaux 13.6.1 et 13.6.2 présentent les mêmes types de d’informations que les tableaux précédents, mais il s’agit ici non plus de la distance mais du temps de trajet pour atteindre les différents établissements sanitaires. Les résultats sont assez proches de ceux des tableaux 13.5.1 et 13.5.1 et l’écart observé entre les tableaux 13.5 et 13.6 provient de la non maîtrise des notions du temps et de distance par la population béninoise. Globalement, plus la distance par rapport au service est importante, plus le temps de trajet est long. Que ce soit en terme de distance ou de temps de trajet, on constate que l’accès aux différents services de santé est nettement meilleur en milieu urbain qu’en milieu rural. Disponibilité des services communautaires | 243 Tableau 13.6.1 Temps de trajet pour atteindre les formations sanitaires Répartition (en %) des femmes selon le temps de trajet nécessaire pour atteindre la formation sanitaire la plus proche et pour atteindre les formations sanitaires publiques par type de formation, par milieu de résidence et département, Bénin 2001 Temps de trajet (en minutes) Milieu de résidence et département Court : <31 minutes Moyen : 31-60 minutes Long : 61 minutes ou plus Non déterminé Total Effectif des femmes FORMATION SANITAIRE LA PLUS PROCHE Milieu de résidence Ensemble urbain 92,7 5,0 0,0 2,3 100,0 2 529 Cotonou 94,4 0,0 0,0 5,6 100,0 912 Autres villes 91,7 7,9 0,0 0,4 100,0 1 617 Rural 86,5 11,9 0,6 1,1 100,0 3 690 Département Atacora 87,3 12,7 0,0 0,0 100,0 694 Atlantique 96,1 0,0 0,0 3,9 100,0 1 501 Borgou 90,5 9,5 0,0 0,0 100,0 995 Mono 87,4 9,4 3,3 0,0 100,0 717 Ouémé 88,1 11,9 0,0 0,0 100,0 1 106 Zou 81,6 15,2 0,0 3,2 100,0 1 205 Ensemble 89,0 9,1 0,4 1,6 100,0 6 219 HÔPITAL Milieu de résidence Ensemble urbain 77,8 13,5 6,5 2,3 100,0 2 529 Cotonou 86,4 7,9 0,0 5,6 100,0 912 Autres villes 72,9 16,6 10,1 0,4 100,0 1 617 Rural 45,9 26,7 26,3 1,1 100,0 3 690 Département Atacora 45,3 24,1 30,6 0,0 100,0 694 Atlantique 78,9 10,6 6,6 3,9 100,0 1 501 Borgou 69,7 22,6 7,7 0,0 100,0 995 Mono 37,3 32,1 30,6 0,0 100,0 717 Ouémé 57,7 23,8 18,4 0,0 100,0 1 106 Zou 46,6 23,4 26,7 3,2 100,0 1 205 Ensemble 58,9 21,3 18,2 1,6 100,0 6 219 CENTRE SMI/DISPENSAIRE Milieu de résidence Ensemble urbain 71,7 14,2 4,1 10,1 100,0 2 529 Cotonou 90,6 3,8 0,0 5,6 100,0 912 Autres villes 61,0 20,0 6,4 12,5 100,0 1 617 Rural 60,9 20,8 6,2 12,1 100,0 3 690 Département Atacora 70,7 22,6 6,7 0,0 100,0 694 Atlantique 79,0 7,3 0,0 13,7 100,0 1 501 Borgou 88,2 11,8 0,0 0,0 100,0 995 Mono 68,1 23,8 4,6 3,5 100,0 717 Ouémé 60,2 31,5 1,6 6,7 100,0 1 106 Zou 29,1 18,6 19,5 32,9 100,0 1 205 Ensemble 65,3 18,1 5,3 11,3 100,0 6 219 CASE DE SANTÉ Milieu de résidence Ensemble urbain 18,4 3,4 3,4 74,9 100,0 2 529 Cotonou 0,0 0,0 0,0 100,0 100,0 912 Autres villes 28,8 5,2 5,2 60,7 100,0 1 617 Rural 29,6 15,7 9,9 44,7 100,0 3 690 Département Atacora 39,8 8,4 11,3 40,4 100,0 694 Atlantique 5,6 10,0 11,6 72,8 100,0 1 501 Borgou 22,3 0,0 1,7 76,0 100,0 995 Mono 56,4 27,4 7,1 9,1 100,0 717 Ouémé 25,0 7,4 6,5 61,1 100,0 1 106 Zou 24,4 14,7 4,9 55,9 100,0 1 205 Ensemble 25,1 10,7 7,3 57,0 100,0 6 219 244 | Disponibilité des services communautaires Tableau 13.6.2 Temps de trajet pour atteindre les formations sanitaires privées Répartition (en %) des femmes selon le temps de trajet nécessaire pour atteindre les formations sanitaires privées par type de formation, par milieu de résidence et département, Bénin 2001 Temps de trajet (en minutes) Milieu de résidence et département Court : <31 minutes Moyen : 31-60 minutes Long : 61 minutes ou plus Non déterminé Total Effectif des femmes CLINIQUE PRIVÉE Milieu de résidence Ensemble urbain 63,8 18,2 14,0 4,0 100,0 2 529 Cotonou 82,6 9,0 0,0 8,4 100,0 912 Autres villes 53,1 23,5 21,9 1,5 100,0 1 617 Rural 26,9 21,3 37,2 14,6 100,0 3 690 Département Atacora 24,1 13,8 62,1 0,0 100,0 694 Atlantique 71,5 18,1 4,8 5,6 100,0 1 501 Borgou 40,8 12,5 41,9 4,8 100,0 995 Mono 13,9 38,5 45,1 2,5 100,0 717 Ouémé 52,5 28,5 13,8 5,2 100,0 1 106 Zou 23,0 13,5 27,5 36,0 100,0 1 205 Ensemble 41,9 20,0 27,8 10,3 100,0 6 219 CABINET DE MÉDECIN PRIVÉ Milieu de résidence Ensemble urbain 66,4 7,2 12,3 14,1 100,0 2 529 Cotonou 84,9 2,8 0,0 12,3 100,0 912 Autres villes 55,9 9,7 19,3 15,1 100,0 1 617 Rural 20,9 17,4 44,7 16,9 100,0 3 690 Département Atacora 25,0 8,5 66,4 0,0 100,0 694 Atlantique 67,7 12,5 2,0 17,7 100,0 1 501 Borgou 39,6 19,6 36,0 4,8 100,0 995 Mono 7,3 5,9 81,2 5,6 100,0 717 Ouémé 51,7 21,4 13,9 13,0 100,0 1 106 Zou 20,1 8,6 31,3 40,0 100,0 1 205 Ensemble 39,4 13,3 31,5 15,8 100,0 6 219 CABINET DE SOINS/INFIRMERIE Milieu de résidence Ensemble urbain 69,4 6,4 3,8 20,4 100,0 2 529 Cotonou 66,4 0,0 0,0 33,6 100,0 912 Autres villes 71,1 9,9 6,0 13,0 100,0 1 617 Rural 37,7 23,9 21,6 16,8 100,0 3 690 Département Atacora 58,4 14,7 26,9 0,0 100,0 694 Atlantique 64,8 4,5 0,0 30,7 100,0 1 501 Borgou 59,8 15,1 22,6 2,4 100,0 995 Mono 45,0 35,7 19,3 0,0 100,0 717 Ouémé 53,0 24,6 7,9 14,5 100,0 1 106 Zou 21,8 16,1 21,2 40,8 100,0 1 205 Ensemble 50,6 16,8 14,4 18,3 100,0 6 219 PHARMACIE Milieu de résidence Ensemble urbain 84,0 9,0 4,7 2,3 100,0 2 529 Cotonou 94,4 0,0 0,0 5,6 100,0 912 Autres villes 78,2 14,1 7,3 0,4 100,0 1 617 Rural 36,7 34,3 27,9 1,1 100,0 3 690 Département Atacora 42,7 32,2 25,1 0,0 100,0 694 Atlantique 79,1 12,2 4,8 3,9 100,0 1 501 Borgou 65,3 24,3 10,4 0,0 100,0 995 Mono 36,2 30,9 32,9 0,0 100,0 717 Ouémé 62,1 25,3 12,6 0,0 100,0 1 106 Zou 33,1 28,6 35,1 3,2 100,0 1 205 Ensemble 56,0 24,0 18,5 1,6 100,0 6 219 Disponibilité des services communautaires | 245 Les tableaux 13.7 et 13.8 présentent la répartition des femmes selon la distance et le temps de trajet pour atteindre l’établissement de santé le plus proche offrant des services de santé maternelle et infantile. Les établissements offrant ce type de services sont ceux qui, d’après les enquêtés, offrent des prestations dans les domaines suivants : suivi des femmes, accouchement, suivi des enfants, vaccinations et éducation en matière de santé et de nutrition. Globalement, on constate qu’au niveau national, 54 % des femmes vivent à proximité de ce type d’établissement, avec de très fortes disparités entre les milieux de résidence : en milieu urbain, plus de sept femmes sur dix (73 %) vivent à proximité d’un établissement offrant des services de SMI dont 82 % à Cotonou, contre 40 % seulement des femmes rurales qui, dans 18 % des cas, doivent parcourir 30 kilomètres ou plus pour bénéficier de ce type de services. Les départements où les femmes vivent à proximité d’un établissement offrant des services de SMI sont : l’Atlantique (77 %) et l’Ouémé (63 %) alors que plus d’une femme sur cinq des départements de l’Atacora (33 %) et du Borgou (20 %) devraient parcourir 30 kilomètres ou plus pour bénéficier de ce type de services. Tableau 13.7 Distance par rapport aux services de santé maternelle et infantile les plus proches Répartition (en %) des femmes par la distance par rapport aux établissements de santé offrant des services de santé maternelle et infantile, selon le milieu de résidence et le département, Bénin 2001 Milieu de résidence Département Distance à l’établisse- ment le plus proche Ensemble urbain Cotonou Autres villes Rural Atacora Atlan- tique Borgou Mono Ouémé Zou Ensemble Sur place 38,8 36,4 40,2 21,7 25,0 44,0 22,7 8,3 24,8 32,3 28,7 1-4 km 34,2 45,7 27,8 18,5 16,1 33,3 16,3 27,5 38,0 13,1 24,9 5-14 km 13,7 7,8 17,0 27,0 18,9 14,0 18,6 34,9 15,2 33,0 21,6 15-29 km 2,0 0,0 3,2 10,8 6,9 1,3 22,1 19,2 0,0 2,1 7,2 Estimée à 30 km ou plus 4,1 0,0 6,5 18,2 33,1 0,9 20,3 10,1 7,9 14,0 12,5 Non déterminée 7,0 10,0 5,4 3,9 0,0 6,5 0,0 0,0 14,1 5,5 5,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif des femmes 2 529 912 1 617 3 690 694 1 501 995 717 1 106 1 205 6 219 Concernant les temps de trajet par rapport à ce type de services (tableau 13.8), les valeurs non déterminées sont beaucoup plus importantes que pour les distances (24 % contre 5 %) et, de plus, varient assez selon le milieu de résidence (21 % en milieu rural contre 29 % en milieu urbain). De ce fait les résultats sur les temps de trajet ne fournissent pas une meilleure information sur l’accès aux services de SMI que les données relatives aux distances. Toutefois, au niveau national, 60 % des femmes ont moins d’une heure de trajet pour atteindre des services de SMI dont 41 %, moins de 31 minutes. On constate de fortes variations entre les milieux de résidence : 52 % des femmes urbaines ont moins de 31 minutes de déplacement pour atteindre un service de SMI, contre seulement 33 % des femmes rurales et, parmi ces dernières, 24 % ont un temps de trajet supérieur à une heure pour pouvoir bénéficier de services de SMI. 246 | Disponibilité des services communautaires Tableau 13.8 Temps de trajet pour attendre les services de santé maternelle et infantile les plus proches Répartition (en %) des femmes par le temps de trajet pour atteindre les établissements de santé offrant des services maternelle et infantile, selon le milieu de résidence et le département, Bénin 2001 Milieu de résidence Département Temps de trajet (en minutes) Ensemble urbain Cotonou Autres villes Rural Atacora Atlan- tique Borgou Mono Ouémé Zou Ensemble Court : <31 minutes 52,0 59,0 48,1 33,3 33,0 45,6 69,1 27,6 45,7 19,6 40,9 Moyen : 31-60 minutes 14,6 6,3 19,3 21,9 10,6 10,1 21,1 38,9 23,4 16,9 18,9 Long : 61 minutes ou plus 4,3 0,0 6,7 23,8 33,9 2,9 5,4 27,7 10,8 27,9 15,9 Non déterminé 29,1 34,7 25,9 21,1 22,5 41,4 4,4 5,8 20,1 35,5 24,3 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Effectif des femmes 2 529 912 1 617 3 690 694 1 501 995 717 1 106 1 205 6 219 Le tableau 13.9.1 présente la répartition des naissances survenues au cours des cinq dernières années selon que la mère a bénéficié ou non d’une assistance de personnel de santé à l’accouchement, en fonction de la distance aux établissements de santé fournissant des services de santé maternelle et infantile (SMI). On constate que 54 % des naissances dont la mère a bénéficié d’une assistance à l’accouchement résident dans des localités situées à moins de 5 kilomètres d’un établissement offrant des services de SMI. À l’opposé, seulement 24 % des naissances dont la mère n’a pas bénéficié d’une assistance à l’accouchement résident à proximité de services de SMI et 30 % de ces naissances résident à 30 kilomètres ou plus de ce type d’établissement. L’éloignement d’un établissement de santé offrant des services de SMI semble donc avoir un impact important sur l’assistance des mères à l’accouchement par du personnel de santé. Le tableau 13.9.2 présente la répartition des enfants de 1-4 ans ayant reçu toutes les vaccinations du PEV et de ceux n’en ayant reçu aucune, en fonction de la distance aux établissements de santé fournissant des services de santé maternelle et infantile (SMI). En matière de vaccination, 50 % des enfants ayant reçu toutes les vaccinations du PEV résident à moins de 5 kilomètres d’établissements offrant des services de SMI, alors que les enfants n’ayant reçu aucune vaccination et qui vivent à proximité de ce type de services représentent 31 %. Par contre, 22 % des enfants n’ayant reçu aucune vaccination vivent à 30 kilomètres ou plus des établissements offrant des services de SMI. Là encore, l’éloignement des établissements de santé semble avoir un impact direct sur le niveau de vaccination des enfants. Disponibilité des services communautaires | 247 Tableau 13.9.1 Distance par rapport au service de santé maternelle et infantile le plus proche et assistance à l’accouchement Répartition (en %) des naissances de moins de 5 ans avant l’enquête et de celles pour lesquelles les mères ont bénéficié d’une assistance pendant l’accouchement par du personnel de santé, selon la distance par rapport à la formation sanitaire la plus proche offrant des services de santé maternelle et infantile, par milieu de résidence et département, Bénin 2001 Distance au service de santé maternelle et infantile le plus proche Milieu de résidence et département Sur place 1-4 km 5-14 km 15-29 km Estimée à 30 km ou + Non déterminée Total Effectif de naissances ENSEMBLE DES NAISSANCES Milieu de résidence Ensemble urbain 36,7 28,1 18,1 4,0 6,0 7,2 100,0 1 657 Cotonou 35,0 44,0 9,2 0,0 0,0 11,8 100,0 471 Autres villes 37,3 21,8 21,6 5,5 8,4 5,3 100,0 1 186 Rural 19,0 18,4 27,0 11,5 20,1 4,0 100,0 3 648 Département Atacora 22,6 13,3 18,8 8,3 37,0 0,0 100,0 724 Atlantique 42,9 30,6 18,2 1,5 0,9 5,9 100,0 1 009 Borgou 17,0 13,8 20,0 24,8 24,3 0,0 100,0 965 Mono 6,5 26,5 34,9 21,9 10,2 0,0 100,0 618 Ouémé 23,0 34,8 17,5 0,0 8,6 16,1 100,0 835 Zou 26,8 12,4 35,4 3,0 16,3 6,1 100,0 1 154 Ensemble 24,5 21,4 24,2 9,1 15,7 5,0 100,0 5 305 NAISSANCES AVEC ASSISTANCE À L’ACCOUCHEMENT Milieu de résidence Ensemble urbain 40,5 31,8 13,1 2,4 3,7 8,5 100,0 1 374 Cotonou 35,3 43,7 9,3 0,0 0,0 11,6 100,0 461 Autres villes 43,1 25,7 15,1 3,6 5,6 6,9 100,0 913 Rural 25,1 19,1 26,7 9,9 14,3 5,0 100,0 2 494 Département Atacora 36,2 19,2 17,8 2,8 24,0 0,0 100,0 336 Atlantique 44,4 29,4 17,9 1,2 1,0 6,1 100,0 943 Borgou 25,0 17,9 13,1 25,7 18,3 0,0 100,0 521 Mono 10,1 18,3 36,8 25,3 9,5 0,0 100,0 372 Ouémé 23,1 36,7 15,1 0,0 8,8 16,4 100,0 777 Zou 32,0 13,5 32,3 3,2 12,9 6,1 100,0 918 Ensemble 30,5 23,6 21,9 7,2 10,5 6,2 100,0 3 868 NAISSANCES SANS ASSISTANCE À L’ACCOUCHEMENT Milieu de résidence Ensemble urbain 18,1 10,3 41,9 11,7 17,2 0,7 100,0 283 Cotonou 22,2 55,6 0,0 0,0 0,0 22,2 100,0 9 Autres villes 18,0 8,7 43,4 12,1 17,8 0,0 100,0 273 Rural 6,0 16,8 27,4 14,9 32,8 1,9 100,0 1 154 Département Atacora 10,8 8,1 19,8 13,0 48,2 0,0 100,0 387 Atlantique 20,9 48,5 22,6 4,8 0,0 3,2 100,0 66 Borgou 7,7 9,0 28,0 23,8 31,4 0,0 100,0 443 Mono 1,0 38,9 31,9 16,9 11,2 0,0 100,0 246 Ouémé 22,4 9,2 49,6 0,0 6,9 12,0 100,0 58 Zou 6,5 8,0 47,4 2,0 29,6 6,5 100,0 236 Ensemble 8,4 15,6 30,3 14,3 29,8 1,7 100,0 1 437 248 | Disponibilité des services communautaires Tableau 13.9.2 Distance par rapport au service de santé maternelle et infantile le plus proche et couverture vaccinale Répartition (en %) des enfants de 1-4 ans ayant reçu toutes les vaccinations du PEV et de ceux n’en ayant reçu aucune, selon la distance par rapport à la formation sanitaire la plus proche offrant des services de santé maternelle et infantile, par milieu de résidence et département, Bénin 2001 Distance au service de santé maternelle et infantile le plus proche Milieu de résidence et département Sur place 1-4 km 5-14 km 15-29 km Estimée à 30 km ou + Non déterminée Total Effectif d’enfants ENFANTS AYANT REÇU TOUTES LES VACCINATIONS DU PEV Milieu de résidence Ensemble urbain 38,8 28,9 17,3 2,8 4,6 7,5 100,0 694 Cotonou 33,7 42,2 12,3 0,0 0,0 11,8 100,0 197 Autres villes 40,9 23,6 19,3 4,0 6,5 5,8 100,0 497 Rural 21,1 20,0 25,5 10,4 18,0 5,1 100,0 1 300 Département Atacora 25,8 16,1 17,2 6,5 34,5 0,0 100,0 242 Atlantique 40,1 32,5 19,3 0,8 0,8 6,5 100,0 373 Borgou 25,5 17,0 8,5 26,3 22,8 0,0 100,0 254 Mono 8,6 20,2 28,9 26,9 15,4 0,0 100,0 218 Ouémé 22,6 37,5 17,7 0,0 7,6 14,6 100,0 409 Zou 31,2 12,1 36,3 2,1 11,4 6,9 100,0 498 Ensemble 27,2 23,1 22,6 7,8 13,3 5,9 100,0 1 994 ENFANTS N’AYANT REÇU AUCUNE VACCINATION DU PEV Milieu de résidence Ensemble urbain 21,9 18,5 19,5 17,1 8,7 14,3 100,0 67 Cotonou 17,6 23,5 11,8 0,0 0,0 47,1 100,0 18 Autres villes 23,5 16,6 22,3 23,3 11,9 2,4 100,0 49 Rural 5,9 21,5 34,1 11,1 25,8 1,6 100,0 217 Département Atacora 5,9 4,1 11,8 32,4 45,7 0,0 100,0 47 Atlantique 16,4 28,1 31,1 0,0 0,0 24,4 100,0 34 Borgou 12,5 10,6 32,7 11,6 32,6 0,0 100,0 84 Mono 1,3 49,3 33,3 14,7 1,3 0,0 100,0 65 Ouémé 15,7 28,7 33,9 0,0 15,7 6,1 100,0 19 Zou 13,4 3,3 43,4 3,3 26,6 10,0 100,0 36 Ensemble 9,7 20,8 30,7 12,5 21,8 4,6 100,0 284 Le tableau 13.9.3 présente la répartition des enfants de moins de moins de 1-4 ans ayant reçu de la vitamine A et de ceux n’en ayant pas reçu en fonction de la formation sanitaire la plus proche. Pour ce qui est de la vitamine A, 63 % des enfants qui en ont reçu résident à moins de 5 km de la formation sanitaire la plus proche, alors que les enfants n’en ayant pas reçu et qui vivent à proximité de la formation sanitaire la plus proche représentent 43 % ; par contre, 17 % des enfants n’en ayant pas reçu vivent à 30 kilomètres de la formation sanitaire la plus proche. Là encore, l’éloignement des établissements de santé semble avoir un impact certain sur le niveau de vaccination des enfants. Disponibilité des services communautaires | 249 Tableau 13.9.3 Distance par rapport au service de santé maternelle et infantile le plus proche et distribution des capsules de vitamine A Répartition (en %) des enfants de 1-4 ans ayant reçu de la vitamine A, selon la distance par rapport à la formation sanitaire la plus proche offrant des services de santé maternelle et infantile, par milieu de résidence et département, Bénin 2001 Distance au service de santé maternelle et infantile le plus proche Milieu de résidence et département Sur place 1-4 km 5-14 km 15-29 km Estimée à 30 km ou + Non déterminée Total Effectif des enfants ENFANTS AYANT REÇU DE LA VITAMINE A Milieu de résidence Ensemble urbain 41,7 36,5 8,7 0,9 2,9 9,3 100,0 357 Cotonou 30,7 43,8 10,2 0,0 0,0 15,3 100,0 144 Autres villes 49,1 31,6 7,7 1,5 4,8 5,3 100,0 213 Rural 19,8 27,6 20,9 10,0 18,3 3,5 100,0 361 Département Atacora 30,2 26,0 11,6 0,0 32,2 0,0 100,0 72 Atlantique 34,4 35,8 16,1 0,4 1,2 12,1 100,0 198 Borgou 25,7 27,8 8,6 13,9 24,0 0,0 100,0 177 Mono 14,0 32,1 26,9 20,6 6,4 0,0 100,0 67 Ouémé 27,0 49,8 4,7 0,0 3,3 15,2 100,0 120 Zou 51,7 11,4 32,7 0,0 0,0 4,3 100,0 83 Ensemble 30,7 32,0 14,8 5,5 10,6 6,4 100,0 718 ENFANTS N’AYANT PAS REÇU DE VITAMINE A Milieu de résidence Ensemble urbain 34,2 24,5 21,5 5,8 7,3 6,8 100,0 827 Cotonou 34,4 43,0 8,6 0,0 0,0 14,0 100,0 196 Autres villes 34,1 18,7 25,5 7,6 9,5 4,6 100,0 631 Rural 19,1 17,0 27,7 11,6 20,5 4,1 100,0 2 090 Département Atacora 20,9 9,8 20,5 10,8 37,9 0,0 100,0 440 Atlantique 44,6 29,4 18,3 1,7 0,6 5,4 100,0 506 Borgou 15,0 9,1 23,1 27,7 25,1 0,0 100,0 489 Mono 5,1 27,6 34,2 22,0 11,1 0,0 100,0 366 Ouémé 22,4 31,2 21,0 0,0 10,3 15,2 100,0 461 Zou 25,7 11,8 36,5 2,9 16,4 6,7 100,0 655 Ensemble 23,4 19,1 25,9 10,0 16,7 4,8 100,0 2 916 13.5 PRINCIPALES MALADIES DES JEUNES ENFANTS Afin de mieux connaître les maladies qui frappent le plus fréquemment les enfants, on a posé la question suivante : « Au cours de l’année, quelles sont, par ordre d’importance, les maladies les plus fréquentes des enfants de [Nom du lieu d’enquête] ? » Le tableau 13.10 fournit la répartition des femmes selon les principales maladies spécifiques des jeunes enfants citées en première, deuxième et troisième position ainsi que la fréquence selon laquelle chacune des maladies spécifiques a été citée au moins une fois. Le paludisme (72 %), suivi de loin par l’anémie (8 %), la rougeole (5 %) et la diarrhée sont cités en premier lieu comme étant les principales 250 | Disponibilité des services communautaires maladies des jeunes enfants. Le classement des maladies citées en deuxième position est quelque peu différent : la diarrhée arrive en tête (27 %), suivie de l’anémie, mais dans une proportion bien plus faible, (15 %) et du paludisme (14 %). La rougeole est citée dans 11 % des cas ainsi que les infections respiratoires (8 %) et les vers intestinaux (4 %). En troisième position, c’est la diarrhée qui est la maladie la plus fréquemment citée (20 %), suivie de l’anémie et des infections respiratoires dans des proportions voisines de 13 %, puis des vers intestinaux (10 %). Globalement, on observe que les principales maladies spécifiques des jeunes enfants citées, au moins une fois, sont par ordre d’importance : le paludisme (91 %), la diarrhée (51 %), l’anémie (36 %), les infections respiratoires (21 %), la rougeole (19 %), les vers intestinaux (16 %) et la fièvre (10 %). Tableau 13.10 Principales maladies des jeunes enfants Pourcentage de femmes qui ont cité les principales maladies spécifiques des jeunes enfants en première, deuxième et troisième positions et proportion de maladies spécifiques citées au moins une fois, Bénin 2001 Pourcentage l’ayant citée en : Maladies chez l’enfant 1er 2e 3e Pourcentage l’ayant citée au moins une fois Paludisme 72,4 14,3 4,7 91,4 Diarrhée 3,6 27,3 19,8 50,8 Malnutrition 0,1 2,4 4,2 6,7 Rougeole 4,5 11,3 3,2 19,1 Anémie/Manque de sang 7,8 14,9 13,3 36,0 Tétanos 1,3 3,4 3,2 7,8 Méningite 1,1 1,3 3,6 6,0 Tuberculose 0,0 0,0 0,4 0,4 Coqueluche 0,0 0,5 1,7 2,2 Varicelle 0,9 1,8 2,5 5,2 Fièvre 2,3 3,9 3,6 9,8 Infections respiratoires 0,4 7,7 13,1 21,3 Problèmes de peau/teigne/gale 0,0 0,3 0,7 1,0 Vers intestinaux 1,7 3,8 10,0 15,5 Autre 2,9 4,8 13,4 21,0 Aucun 0,0 0,0 0,7 0,7 Manquant 0,9 2,2 1,9 5,1 Le tableau 13.11 présente la répartition des femmes selon les principales maladies citées en première position et la fréquence selon laquelle chacune des maladies spécifiques a été citée au moins une fois, selon le milieu de résidence. Les cinq principales maladies des jeunes enfants citées en première position sont généralement le paludisme, l’anémie, la rougeole, la diarrhée et la fièvre, dont les fréquences ne varient pas de façon substantielle selon le milieu de résidence. Ainsi, le paludisme a été cité en première position par 86 % des femmes de Cotonou. Dans les autres villes et en milieu rural, ces proportions sont un peu plus faibles, respectivement 72 % et 69 %. Par contre, la fièvre est citée en premier dans 3 % des cas pour les autres villes et à Cotonou et par 2 % des femmes en milieu rural. Si l’on associe le paludisme et la fièvre (la distinction n’est pas toujours aisée), on n’observe pratiquement plus d’écart entre les milieux de résidence. Quant à la rougeole, elle est citée en première position par peu de femmes de Cotonou, mais par 11 % des femmes des autres villes et 3 % en milieu rural. L’anémie est également reconnue comme une maladie majeure par 7 % des femmes des autres villes et 10 % de celles du milieu rural. En ce qui concerne la diarrhée, elle est moins fréquemment citée en première position par les femmes du milieu urbain (2 %) que par celles du milieu rural (5 %). Disponibilité des services communautaires | 251 Tableau 13.11 Principales maladies des jeunes enfants par milieu de résidence Pourcentage de femmes qui ont cité les principales maladies spécifiques des jeunes enfants en première position et proportion de maladies spécifiques citées au moins une fois, par milieu de résidence, Bénin 2001 Pourcentage l’ayant citée en 1er Pourcentage l’ayant citée au moins une fois Maladies chez l’enfant Ensemble urbain Cotonou Autres villes Rural Ensemble urbain Cotonou Autres villes Rural Paludisme 77,4 86,3 72,3 69,0 92,7 88,1 95,3 90,4 Diarrhée 1,7 1,8 1,6 5,0 55,6 58,9 53,7 47,5 Malnutrition 0,0 0,0 0,0 0,2 12,2 11,6 12,6 2,9 Rougeole 6,8 0,0 10,7 2,9 18,5 5,1 26,1 19,5 Anémie/Manque de sang 3,6 0,0 5,6 10,7 24,8 10,6 32,8 43,7 Tétanos 0,9 0,0 1,3 1,5 4,2 0,0 6,6 10,3 Méningite 0,0 0,0 0,0 1,9 3,2 0,0 5,0 8,0 Tuberculose 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,7 Coqueluche 0,0 0,0 0,0 0,0 2,6 0,0 4,1 1,9 Varicelle 0,0 0,0 0,0 1,5 3,6 3,9 3,4 6,3 Fièvre 3,0 3,2 2,9 1,7 8,8 4,3 11,3 10,5 Infections respiratoires 1,0 0,0 1,6 0,0 31,0 65,3 11,6 14,7 Problèmes de peau/teigne/gale 0,0 0,0 0,0 0,0 0,9 0,0 1,3 1,1 Vers intestinaux 1,7 0,0 2,6 1,8 13,9 18,1 11,5 16,7 Autre 1,7 3,0 1,0 3,6 16,6 12,9 18,7 24,1 Aucun 0,0 0,0 0,0 0,0 1,6 2,4 1,1 0,0 Manquant 2,3 5,6 0,4 0,0 9,8 18,8 4,8 1,8 Effectif des femmes 2 529 912 1 617 3 690 2 529 912 1 617 3 690 Quel que soit le milieu de résidence, le paludisme, la diarrhée, la fièvre, la rougeole, l’anémie et les vers intestinaux restent généralement les cinq maladies des jeunes enfants qui ont été citées le plus fréquemment. 13.6 PRINCIPAUX PROBLÈMES POUR SE SOIGNER Le tableau 13.12 fournit la répartition des femmes selon les principaux problèmes spécifiques qu’elles rencontrent pour se soigner cités en première, deuxième ou troisième position, ainsi que la fréquence selon laquelle chacun de ces problèmes a été cité au moins une fois. Au niveau national, on constate que l’accessibilité aux établissements de santé constitue le problème principal, cité en premier lieu dans 43 % des cas, que ce soit du fait de l’inexistence d’établissements (23 %) ou de leur éloignement (20 %). La cherté des médicaments ou des consultations arrive en deuxième position (19 %). Le manque de personnel de santé est également un problème qui a été fréquemment cité en première position (6 %). Enfin, il faut souligner que pour 4 % des femmes, le manque d’équipement des établissements constitue le problème majeur pour se soigner. Parmi les problèmes cités en deuxième position, on retrouve dans l’ordre décroissant des fréquences la cherté des médicaments ou des consultations (22 %), les problèmes d’accessibilité aux établissements de santé (20 %), le manque ou le mauvais équipement des établissements de santé (12 %) et le manque de personnel (8 %). En outre, pour 7 % des femmes, le mauvais accueil ou le manque d’amabilité du personnel a été cité comme un problème important en troisième position. 252 | Disponibilité des services communautaires Tableau 13.12 Principaux problèmes rencontrés pour se soigner Pourcentage de femmes qui ont cité les problèmes spécifiques pour se soigner en première, deuxième et troisième positions et proportion de problèmes spécifiques cités au moins une fois, Bénin 2001 Pourcentage l’ayant cité en : Problèmes pour se soigner 1er 2e 3e Pourcentage l’ayant cité au moins une fois Établissements de santé inexistants 23,4 5,1 1,2 29,7 Établissements de santé trop éloignés/inaccessibles 19,6 14,9 7,4 41,9 Consultations trop chères 4,7 5,3 6,1 16,1 Médicaments trop chers 14,8 16,5 10,6 41,9 Établissements de santé pas/mal équipés 4,3 11,9 7,5 23,8 Établissements de santé n’ont pas médicaments essentiels 2,1 1,7 6,3 10,1 Établissements de santé pas propres/manque d’hygiène 0,0 1,9 0,9 2,8 Mauvais accueil/Personnel pas aimable 2,3 3,4 6,6 12,3 Manque de personnel de santé 6,4 8,4 10,0 24,9 Manque de personnel de santé féminin 0,8 2,0 3,4 6,2 Personnel de santé pas qualifié 1,1 2,8 2,4 6,3 Autre 18,6 19,8 22,5 61,0 Aucun 0,0 4,5 8,8 13,3 NSP/Manquant 1,7 1,7 6,2 6,7 Globalement, les problèmes qui ont été cités le plus fréquemment sont, par ordre d’importance : l’éloignement des établissements sanitaires (42 %), le coût élevé des médicaments (42 %), le manque de personnel de santé (25 %), le manque d’équipement des établissements de santé (24 %), le coût élevé des consultations (16 %), le mauvais accueil du personnel (12 %) et le manque de médicaments essentiels (10 %). Références | 253 RÉFÉRENCES Anipah, K., Gora Mboup, Afi Mawuéna Ouro-Gnao, Bassanté Boukpessi, Pierre Adadé Messan et Rissy Salami-Odjo. 1999. Enquête Démographique et de Santé, Togo 1998. Calverton, Maryland, USA: Direction de la Statistique [Togo] et Macro International Inc. Barrère, Bernard, Gora Mboup et Mohamed Ayad. 1999. Enquêtes Démographiques et de Santé en Afrique de l’Ouest. Calverton, Maryland, USA : Macro International Inc. Fatahi, Chitou Abdoul. 1999. Analyse et stratégies relatives à la mortalité infanto-juvénile et maternelle approche multi-sectorielle intégrée. Rabat, Maroc : INSEA. Djagba, Bruno Kocou, Gora Mboup, Alphonse Guédémé et Bruno Magloire Nouatin. 1999. Facteurs de surmortalité post-néonatale au Bénin. Dans Gora Mboup et Nicaise Kodjogbé, Perspectives sur la planification familiale et la santé de la reproduction au Bénin. Calverton, Maryland, USA : Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique [Bénin] et Macro International Inc. 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Deuxième Recensement Général de la Population et de l’habitation, février 1992. Volume II, Analyse des résultats. Tome 4, Ménages et conditions d’habitation. Habitat au Bénin. Cotonou, Bénin : Institut National de la Statistique et de L’Analyse Économique. Institut National de la Statistique et de L’Analyse Économique (INSAE) [Bénin]. 1988. Enquête sur la Fécondité au Bénin de 1982. Rapport national. Volume I, Analyse des principaux résultats. Cotonou, Bénin : Institut National de la Statistique et de L’Analyse Économique. Institut National de la Statistique et de L’Analyse Économique (INSAE) [Bénin]. 1994. Deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitation, février 1992. Volume II, Analyse des résultats. Tome 0, Évaluation des données. Cotonou, Bénin : Institut National de la Statistique et de L’Analyse Économique. Kodjogbé, Nicaise, Gora Mboup, Justin Tossou, Léopoldine de Souza, Timothée Gandaho, Alphonse Guédémé, Thomas Houedokoho, Rafatou Houndékon, Thomas Tohouegnon, Suzanne Zomahoun, Virgile Capo-Chichi, et Andrée Cossi. 1997. Enquête Démographique et de Santé, République de Bénin 1996. Calverton, Maryland, USA : Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique [Bénin] et Macro International Inc. Kouton, Étienne, Abou Bakary Pio, Elizabeth G. Fourn et Tossou Y. Tossou. 1999. Besoins en planification familiale et perspectives sur la fécondité au Bénin. Dans Gora Mboup et Nicaise Kodjogbé, Perspectives sur la planification familiale et la santé de la reproduction au Bénin. Calverton, Maryland, USA : Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique [Bénin] et Macro International Inc. Krasovec, Katherine et Mary-Ann Anderson. 1991. Maternal nutrition and pregnancy outcomes: Anthropometric assessment. 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Mémoire du Diplôme d’Études Démographiques (DED). Yaoundé, Cameroun : IFORD. Annexe A | 255 PLAN DE SONDAGE ANNEXE A A.1 INTRODUCTION La deuxième Enquête Démographique et de Santé au Bénin (EDSB-II) a prévu un échantillon national d’environ 7 000 femmes âgées de 15 à 49 et environ 3 500 hommes âgés de 15 à 64 ans. Les domaines d’étude de l’enquête sont les milieux urbain et rural, la capitale Cotonou, et chacun des six départements, le département de l’Atlantique étant considéré à part sans Cotonou. Le plan de sondage de l’Enquête Démographique et de Santé de 1996 (EDSB-I) a utilisé l’hypothèse selon laquelle le taux de réponse global serait de 80 %. Mais les résultats de l’EDSB-I ont donné un taux de réponse global de 90 % qui a été utilisé dans les calculs lors de l’élaboration du plan de sondage pour l’EDSB-II. Compte tenu de cette différence dans le taux de réponse global attendu et le taux de réponse global obtenu en 1996, la taille cible de l’échantillon de femmes a été fixée à 7 000 afin de s’assurer que la présente enquête puisse produire des estimations fiables au niveau de chaque département. Cependant, il faudrait souligner qu’en l’absence d’incertitude sur le niveau du taux de réponse global, on aurait pu prévoir une taille d’échantillon cible de 6 000 femmes qui est suffisante pour atteindre les objectifs de l’EDSB-II. L’Institut National de la Statistique et de l’Analyse Économique (INSAE) disposait d’un fichier comprenant la liste des zones de dénombrement (ZD) créées pour le Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) de 1992. Compte tenu de l’accroissement de la population des ZD à l’intérieur des limites existantes et des lotissements de terrains qui ont eu lieu après 1992, plusieurs options1 ont été envisagées pour déterminer une base de sondage pour l’EDSB-II. L’option retenue a identifié toutes les ZD des périphéries de Cotonou et de Porto Novo qui ont particulièrement connu une augmentation importante de leur population depuis 1992 et toutes les ZD des départements du Borgou, de l’Ouémé, du Zou et de l’Atlantique (sans Cotonou) qui ont été touchées par des lotissements de terrains après 1992. Une fois identifiées, ces ZD ont été extraites de la liste et les aires qu’elles occupent ont fait l’objet d’un nouveau découpage en unités supérieures de 500 ménages en moyenne avec des croquis à l’appui. Cette nouvelle liste d’unités supérieures a été utilisée avec la liste des autres ZD de 1992 pour former la base de sondage pour l’EDSB-II. Les nouvelles unités supérieures formaient une strate particulière avec un traitement particulier. Cette option qui a eu l’avantage d’éviter une nouvelle cartographie a permis à la fois de mettre à jour partiellement la liste des ZD de 1992, et de faire face aux difficultés d’identification des limites de ZD. A.2 STRUCTURE DE L’ÉCHANTILLON L’échantillon de l’EDSB-II est un échantillon aérolaire, stratifié et tiré avec plusieurs degrés de tirage. Deux types d’unités primaires de sondage existent: la ZD telle que définie au RGPH de 1992 et l’unité supérieure créée lors du nouveau découpage aérolaire. Chaque département a été séparé en milieux urbain et rural, Cotonou étant entièrement urbain. Compte tenu du nouveau découpage en unités supérieures, Cotonou et les départements du Borgou, de l’Ouéme, du Zou et de l’Atlantique (sans 1 Enquête Démographique et de Santé au Bénin : Rapport sur le plan de sondage du 19 février 2001. 256 | Annexe A Cotonou) ont été stratifiés davantage pour distinguer les deux parties: l’une ayant fait l’objet d’un nouveau découpage et l’autre étant constituée par les ZD de 1992. Au total, l’échantillon contient 20 strates. Dans les strates constituées uniquement par les ZD de 1992, un certain nombre de ZD ont été tirées au premier degré avec une probabilité proportionnelle au nombre de ménages en 1992. Un dénombrement des ménages dans chacune des ZD tirées a fourni une liste de ménages qui a servi à sélectionner des ménages au deuxième degré avec la même probabilité. Avant le dénombrement des ménages, les grandes ZD ont été divisées en segments dont un seul a été retenu pour l’EDSB-II. Dans les strates constituées par les unités supérieures issues du nouveau découpage, un certain nombre d’unités supérieures ont été sélectionnées au premier degré avec une probabilité proportionnelle au nombre de ménages estimé en 2001. Chacune des unités supérieures sélectionnées a été divisée en de nouvelles ZD contenant environ 250 ménages dont une seule a été retenue dans l’échantillon avec une probabilité proportionnelle au nombre de ménages. Ces nouvelles ZD ainsi sélectionnées constituent les Unités Secondaires de Sondage (USS). Un dénombrement des ménages dans les USS sélectionnées a fourni une liste de ménages qui a servi pour le tirage des ménages au troisième degré. Tous les membres des ménages sélectionnés ont été identifiés à l’aide d’un questionnaire ménage et chaque femme âgée de 15 à 49 ans que l’on a identifié a été également enquêtée avec un questionnaire individuel femme. Dans la moitié des ménages sélectionnés, tous les hommes âgés de 15 à 64 ont aussi été enquêtés. A.3 RÉPARTITION DE L’ÉCHANTILLON Les tableaux A.1 et A.2 donnent la distribution de la population selon les projections faites pour 2001 par l’INSAE. Tableau A.2 Répartition en (%) de la population estimée Département Urbain Rural Ensemble Atacora 40,4 59,6 13,0 Cotonou 100,0 0,0 10,5 Atlantique 23,4 76,6 10,7 Borgou 40,0 60,0 18,0 Mono 23,3 76,7 13,3 Ouémé 42,9 57,1 17,8 Zou 29,1 70,9 16,7 Bénin 41,0 59,0 100,0 Source : INSAE Pour déterminer la répartition de l’échantillon, la taille cible de 7 000 femmes a été d’abord répartie entre les différents départements proportionnellement à la racine carrée de leur population, et les nombres ainsi obtenus ont ensuite été arrondis. À l’intérieur de chaque département, le nombre de femmes obtenu a été réparti proportionnellement entre l’urbain et le rural. Le tableau A.3 présente la répartition finale de l’échantillon de femmes. Tableau A.1 Projections de population pour 2001 Département Urbain Rural Ensemble Atacora 332 456 490 531 822 987 Cotonou 666 546 0 666 546 Atlantique 159 123 521 972 681 095 Borgou 458 143 686 900 1 145 043 Mono 197 060 648 185 845 245 Ouémé 485 487 647 498 1 132 985 Zou 308 520 750 786 1 059 306 Bénin 2 607 335 3 745 872 6 353 207 Source : INSAE Annexe A | 257 Tableau A.3 Allocation de l’échantillon cible de femmes Département Urbain Rural Ensemble Atacora 364 536 900 Cotonou 900 0 900 Atlantique 210 690 900 Borgou 440 660 1 100 Mono 233 767 1 000 Ouémé 471 629 1 100 Zou 320 780 1 100 Bénin 2 938 4 062 7 000 Afin d’atteindre ces nombres de femmes, il faudrait sélectionner au total 6 096 ménages (tableau A.4). Le nombre de ménages à sélectionner a été calculé comme suit: global ponser de Taux ménage par femmes de Nombre femmes de cible Nombre = ménages de Nombre é× D’après les résultats de la première EDS au Bénin, le nombre de femmes 15-49 ans par ménage est de 1,31 en milieu urbain et 1,25 en milieu rural. Le taux de réponse étant environ 95 % aussi bien pour les ménages que pour les femmes dans les milieux urbain et rural, le taux global de réponse est donc de 90 %. Le nombre d’unités primaires de sondage (UPS) à sélectionner dépend du nombre de ménages à tirer par UPS. L’expérience des enquêtes démographiques et de santé a montré que le nombre optimum de femmes à sélectionner par UPS est de 20-25 en milieu urbain et 30-40 en milieu rural. En décidant de sélectionner en moyenne 25 femmes par UPS urbaine et 32 femmes par UPS rurale, soit 21 ménages par UPS urbain et 28 ménages par UPS rurale, au total 247 UPS ont été sélectionnées (tableau A.5). Comme signalé plus haut, suite au nouveau découpage en unités supérieures, la ville de